La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ÈT DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L JNDUSTRI
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- TRENTE-NEUVIÈME ANNÉE
- I9II
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C'% ÉDITEURS
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- 39e ANNÉE. — N° 1958.
- 3 DÉCEMBRE 1910.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LE MÉCANISME DU COLMATAGE DE LA BAIE DU MONT-SAINT-MICHEL
- Il se produit dans la baie du Mont-Saint-Michel un double phénomène des plus curieux. Participant au mouvement général de toute la côte nord-ouest
- endiguements pour retenir au rivage le sable en suspension dans l’eau de la marée montante. Nous avons traité ailleurs1 l’histoire de ces luttes entre
- Fig. i. — Vue prise de l’abbaye du Mont-Sainl-Michel. L’embouchure dit Couesnon et la digue insubmersible.
- de la France, la partie du rivage normand qui nous intéresse voit le niveau de son sol baisser de jour en jour ; mais la mer ne profite pas de cette circonstance pour s’établir là où furent des continents, elle s’efforce, par des apports de sable, à combler les terrains qui se dérobent sous les pas du cultivateur.
- Aussi, dès le moyen âge, l’homme chercha-t-il à profiter de cette aubaine et construisit-il de longs
- 3y année. — ior semestre.
- l’homme et l’Océan, combats dont l’avantage reste au profit de l’ingénieur ; nous voulons simplement envisager ici les moyens employés de nos jours qui ont abouti au triomphe du génie humain.
- Il s’agissait de combler une vaste superficie de grèves que la mer, en se retirant, laissait à découvert. Le sol gris de ces grèves, dont chacun connaît 1. Mercure de France, 1er mars 1910, p. 95.
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- LE COLMATAGE DE LA BAIE DU MONT-SAINT-MICHEL
- la grandiose étendue, est formé d’un limon appelé tangue, résidu composé de débris de roches granitiques, de végétaux marins et de poussières de coquillages dont un banc considérable existe près de Jersey. Cette langue se prête à la culture intensive
- se jettent dans la baie, car, à chaque retrait de la marée, elles se creusaient un lit nouveau. Tant que la liberté ne leur était ravie, le colmatage était impossible. Les plus dangereuses de ces rivières étaient la Sée et la Sélune à l’est, et le Couesnon à
- Fig. 2. — Région conquise sur la mer aux alentours du Mont-Saint-Michel et transjormée en pâturages pour moutons.
- Fig. 3.
- Une région de la baie du Mont-Saint-Michel en voie de colmatage.
- et constitue un engrais, riche en potasse, phosphate, azote et iode, des plus précieux pour les terrains argileux l.
- A la surface, dès que les visites delà mer deviennent plus rares, une première végétation apparaît, c’est la criste marine, bientôt suivie par un herbu favorable au possible à l’élevage des moutons dits de prés salés.
- Il appartenait aux ingénieurs modernes de réaliser sur la mer la conquête définitive d’une grande partie des grèves de la baie du Mont-Saint-Michel.
- En 1856, la compagnie Mos-selman, qui venait d’obtenir la concession de 2800 hectares de grèves, se mit en mesure de prendre possession de ces larges espaces, et, pour cela, il lui fallut d’abord en chasser la mer.
- On entreprit alors une série de travaux, qui, conduits avec une méthode admirable, devaient, en moins de 50 ans, amener en grande partie la réalisation du but poursuivi.
- On dut commencer par canaliser les rivières qui
- 1. Yoy. La Nature du 10 sept. 1892, p: 22G.
- l’ouest. Pour immobiliser les premières, on construisit immédiatement la digue dite de Roche-Torin, établie en enrochements ; elle a une hauteur inférieure au niveau des marées de cote moyenne. Parlant de la côte normande d’un point qui lui a donné son nom, elle se dirige vers le Mont-Saint-Michel et n’est interrompue qu’à environ 2 kilomètres de ce dernier (voir la carte ci-contre) ; se comportant comme les filets que les pêcheurs tendent parfois à
- travers les sables, pour capter le poisson qui regagne le large lorsque la mer descend, ce long ruban de4000m. retient contre le rivage, lorsque la mer se relire, la tangue ensuspension dans l’eau. Une autre tâche des plus importantes lui est confiée : celle de rejeter au nord les cours de la Sée et dè la Sélune.
- Le Couesnon,1 d’humeur sans doute plus vagabonde, fut difficile à fixer. La tangue engloutit les premiers travaux d’endiguemejit, et il ne fallut rien moins pour les maintenir que de construire une digue insubmersible de 1800 mètres de longueur..1 L’établissement de cette dernière fut chose fort peu aisée-, car-le-sol, d’une consistance à ped près nulle à
- ÇjLrtc de l«t. du Mont tfiMichüt
- <22 ¥euTdLinb concfoio Herhu en Ar/ncthon.
- . Limite des terrain* Concédés.
- Fig. 4. — Carte montrant les effets produits dans la baie du Mont-
- Saint-Michel par les deux digues et Vopèralion de la dérivation des rivières. Le rivage est figuré dans son état en 1854 et suivant son tracé actuel. *•
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- = COLLECTIVISME CHEZ LES ABEILLES '..3
- cet endroit, n’e'taitpas capable de supporter le poids des roches. Après de nombreux essais infructueux, M. Pillet, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, trouva une solution des plus élégantes. Remarquant que la pierre, du fait de son poids relativement considérable, se frayait un chemin trop facile à travers la tangue, celle-ci, pensa-t-il, même accumulée sur une grande hauteur, devait, grâce à son extrême légèreté, demeurer à la surface des grèves. C’est à cette ingénieuse observation que la digue doit son existence. Seulement, pour la protéger contre les coups de mer, elle fut parementée latéralement d’enrochements posés à sec, sans mortier.
- Cette fois (en 1881), le cours du Couesnon est bien immobilisé et les apports de tangue ne tarderont pas à montrer l’efficacité des mesures prises. On peut, sur notre carte, se rendre compte de l’importance des terrains conquis à l’ouest du Mont-Saint-Michel depuis le moment où le Couesnon fut maîtrisé.
- A l’est, par contre, le colmatage se poursuivit d’une façon plus lente. Il restait en effet, entre le Couesnon et la Selune, une série de fleuves côtiers de moindre importance dont les divagations venaient singulièrement déranger les prévisions. Aussi les recueillit-on dans un même chenal et furent-ils ainsi canalisés, rejetés au delà de la pointe de Roche-Torin, dans l’estuaire de la Sélune.
- Le travail automatique du colmatage s’opéra dès lors librement, et, méthodiquement chaque année, la mer dépose 655 mètres cubes de tangue par hectare dans l’immense triangle dont les sommets sont : Roche-Torin, le Mont-Saint-Michel et la Chapelle Sainte-Anne.
- Ce résultat se poursuit d’année en année sous nos yeux. Déjà, sur certains points, l’herbu n’est guère éloigné que de 500 mètres du Mont-Saint-Michel. C’est surtout au moyen de la construction de la digue de Roche-Torin et par la dérivation des rivières que le but a pu être atteint. On voit fort bien sur notre carte l’effet que produiraient la Se'e et la Sélune, si, au lieu d’être repoussées vers Tombelaine par la digue submersible, elles venaient vagabonder le long du rivage.
- Si aucune mesure vraiment efficace n’intervient en
- ce moment, il est facile de calculer que, dans une vingtaine d’années, le problème posé en 1856 sera complètement résolu et le Mont-Saint-Michel s’élèvera entouré de champs cultivés.
- C’est en considérant les mesures employées pour favoriser le colmatage que l’on peut trouver la solution du problème qui passionne en ce moment ingénieurs et artistes ; nous voulons parler de la question du maintien de l’insularité du Mont-Saint-Michel.
- Nous avons vu que le Couesnon contenu par la puissante tutelle de la digue insubmersible s’était à l’ouest créé un chenal à présent inviolable, mais du fait de sa proximité même du rocher, il forme au pied de la montagne une étendue d’eau qui asstirè de ce côté un isolement suffisant. En effet, la violence du courant que forme la mer en Se heurtant au Couesnon et à la digue insubmersible est telle que la tangue, au milieu de cette agitation, ne peut se déposer et, entraînée vers la haute mer, elle dégage les abords du mont.
- A l’est, la Sée et la Sélune ont une tendance évidente à se diriger vers le Mont-Saint-Michel ; il suffirait donc de raccourcir la digue de Roche-Torin pour permettre à ces rivières de suivre leur cours naturel. Elles viendraient alors baigner la base des fortifications du moyen âge et créer une zone d’isolement comparable à celle existant actuellement à l’ouest du fait du Couesnon.
- Il resterait aux ingénieurs à défendre le rivage contre la fureur des vagues, mais sans doute trouveraient-ils une solution simple et économique comme celles qu’ils ont su imaginer ailleurs.
- La digue insubmersible, si connue des touristes, deviendrait un auxiliaire précieux pour maintenir le nouveau régime des eaux. Il serait à souhaiter toutefois que son tracé fût légèrement modifié, de telle sorte que, se dirigeant plus à l’ouest du Mont, elle dégageât complètement l’entrée de la ville.
- Ainsi l’effort triomphant du génie humain aboutirait au double résultat : d’avoir réussi à conquérir sur la mer plusieurs milliers d’hectares de terres éminemment fertiles et d’avoir sauvegardé un site unique et la silhouette grandiose d’un des plus admirables chefs-d’œuvre du moyen âge.
- Charles-Henri Besnard.
- LE COLLECTIVISME CHEZ LES ABEILLES
- « Une ruche offre un exemple parfait de la constitution égalitaire du socialisme d’État. Ni amour, ni dévouement, ni pitié, ni charité ; tout est immolé à la société et à sa conservation par un travail incessant. Pas de gouvernement, pas de chefs, une discipline sans subordination. C’est l’idéal du collectivisme réalisé. » C’est ainsi que M. Gaston Bonnier terminait une intéressante conférence faite à Y Institut général psychologique, et sa conclusion ne laissera pas que d’étonner ceux qui croient encore que la constitution politique des abeilles est la monarchie. Cette erreur provient de la dénomination de reine que l’on a attribuée, à tort, à l’abeille pondeuse,
- reine qui n’exerce aucune autorité sur ses compagnes et peut même être considérée comme leur esclave. En réalité, les abeilles n’obéissent qu’à elles-mêmes, mais cependant semblent s’entendre entre elles, on ne sait comment, pour se compléter les unes les autres, ne pas faire de travail inutile et tourner tous leurs efforts vers le bien commun; peut-être la direction générale de l’exploitation est-elle confiée à quelques abeilles d’élite, que nous ne savons pas distinguer de leurs sœurs : c’est ce que M. Bonnier appelle le « comité occulte ». et M. Mœterhnck Y « esprit de la ruche ».
- Voici, entre beaucoup d’autres, une expérience, citée
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- 4 —COLLECTIVISME CHEZ LES ABEILLES
- par M. Bonnier, qui prouve nettement l’existence d’un raisonnement collectif : Si l’on attache dans un cadre, au moyen de bouts de ficelles, des morceaux de rayons pris dans une ruche ordinaire de manière à garnir ce cadre totalement, les abeilles, au bout de plusieurs jours, auront soudé entre eux tous ces morceaux, construit de nouveaux alvéoles dans les intervalles, de façon à ce qu’il n’y ait qu’un seul gâteau de cire dans tout le cadre. Mais les bouts de ficelle? Les abeilles n’ont jamais vu de ficelle; il ne doit pas y avoir de ficelle dans une ruche! Le comité supérieur décide qu’il faut se débarrasser de cette ficelle; mais comment faire? Les mandibules des abeilles sont bien faibles pour entamer cette ficelle, puisqu’elles ne sont même pas assez fortes pour percer le calice d’une fleur. N’importe, les nettoyeuses se mettent bravement à l’ouvrage; elles mordillent avec acharnement l’extrémité d’un des morceaux de ficelle et au bout de plusieurs jours, elles réussissent à le détacher. Ce fragment de ficelle tombe au fond de la ruche ; cinq ou six nettoyeuses le tirent, le font passer par la porte, puis le déposent parallèlement aux abords du plateau de la ruche. Ces cinq ou six abeilles se placent alors à peu près à égale distance les unes des autres, et, prenant toutes ensemble la ficelle entre leurs mandibules, elles s’envolent en même temps, tenant toujours la ficelle dans leur bouche; puis, arrivées à quelques mètres de la ruche, elles la lâchent toutes ensemble.
- Chaque abeille part de la ruche avec un ordre commandé et l’exécute ponctuellement. « Dans le bassin de mon jardin, nous dit M. Bonnier, se trouvaient des plantes d’eau à feuilles flottantes. En pleine sécheresse, au moment où il y avait, par conséquent, fort peu de récolte, les abeilles venaient en nombre très considérable prendre de l’eau du bassin en se posant sur ces feuilles. J’ai mis sur différentes feuilles des gouttes de sirop et de miel; je les ai déposées vers une heure et demie de l’après-midi, car je ne voidais pas que les chercheuses qui explorent le matin les alentours de la ruche, les aient découvertes. Les abeilles arrivaient sur les feuilles; elles prenaient de l’eau; mais elles ne louchaient ni aux gouttes de sirop, ni aux gouttes de miel. Elles étaient commandées pour aller chercher de l’eau et non pas du sirop ou du miel; elles exécutaient ponctuellement les ordres précis qu’elles avaient reçus et ne songeaient en rien à les modifier. On peut faire l’expérience inverse : lorsque les abeilles ont besoin de beaucoup d’eau pour les petits, on supprime l’abreuvoir, et l’on met de l’eau près de l’endroit où elles vont récolter le nectar. Quoique la ruche ait le plus grand besoin d’eau à ce moment, les abeilles continuent à visiter les fleurs mellifères sans aller pomper de l’eau. »
- Le « comité directeur » de la ruche semble donner ses ordres sur les renseignements que lui rapportent des « chercheuses », qu’il délègue tous les matins dans les environs. C’est ainsi qu’il arrive à réglementer l’exploitation des plantes mellifères. Aussi, sur un même arbre, ne voit-on que le nombre voulu d’abeilles pour récolter le nectar des fleurs, alors que, si les abeilles agissaient sans ordre, il y aurait « encombrement ». Comment le nombre des butineuses est-il réglé d’une manière proportionnelle dans cette répartition générale? M. G. Bonnier a essayé de s’en rendre compte.
- « J’ai fait, dit-il, cette expérience pendant l’été, à un moment où la récolte est peu abondante. Dix branches fleuries d’une même plante, le Lyciet, coupées et mises dans des bocaux remplis d’eau, ont été placées dans mon
- jardin, à un endroit où ne se trouvait aucune plante visitée par les abeilles. Les branches, étant plongées dans l’eau, produisaient dans leurs fleurs un nectar abondant, plus abondant même que celui des branches de l’arbuste ; par le renouvellement de la section des rameaux et de l’eau des bocaux, cette production de liquide sucré dans les fleurs pouvait être maintenue pendant plusieurs jours. Les dix branches ayant été disposées dans l’après-midi d’une belle journée, aucune abeille ne vint sur ces fleurs ce jour-là; mais le lendemain matin une abeille à l’état de « chercheuse » les avait découvertes. Je marque cette abeille avec une poudre de couleur ; elle revient quelques minutes après, explore les branches fleuries, prend le rôle de « butineuse », et, après avoir pompé du nectar dans deux ou trois fleurs, apparaît de nouveau accompagnée d’une seconde abeille, que je marque à son tour. Au bout de vingt minutes, cinq abeilles se trouvent dans les branches fleuries, et il n’en vient plus d’autres. Ces abeilles marquées vont et viennent des fleurs à la ruche; ce sont toujours les mêmes. Quatre d’entre elles se consacrent à la récolte du nectar, la cinquième, toujours la même, s’emploie à recueillir du pollen sur les étamines des'fleurs de Lyciet. Le lendemain, je retrouve les cinq abeilles, reconnaissables à leurs marques colorées, qui, faites avec une poudre mêlée de talc, n’ont pu être effacées par le brossage que les ouvrières subissent à l’intérieur de la ruche. Mais ce qui était plus intéressant encore au point de vue de la question posée, c’était d’observer les autres abeilles de la même ruche ou d’une autre colonie, qui, à leur tour, découvraient la même station de plantes mellifères. Or, dans la matinée, les abeilles à l’état de « chercheuses », apercevant ces branches fleuries, y trouvaient les abeilles butineuses. Il était facile de les voir évoluer en voletant autour des branches, revenir à leurs ruches, retourner aux branches et, finalement, disparaître, comme si elles s’étaient rendu compte qu’un nombre suffisant de butineuses était occupé à la récolte du nectar et du pollen sur les dix branches fleuries. Un peu plus tard, l’une des butineuses se trouva remplacée par une nouvelle abeille que je marquai à son tour. Le même jour, vers la fin de l’après-midi, je remplace les dix branches fleuries du Lyciet ; j’en dispose, de la même manière et au même endroit, vingt branches à peu près semblables. Le lendemain, à dix heures, le travail de récolte sur ces branches était réglé à nouveau. Aux cinq butineuses précédentes s’en étaient ajoutées six nouvelles. Sur ces onze abeilles, deux récoltaient le pollen et neuf le nectar. »
- L’organisation collectiviste du travail se rencontre aussi à l’intérieur de la ruche, où elle est encore plus indispensable. La pauvre reine y est notamment quelque peu déchue. Pour former le couvain, il faut qu’elle ponde d’une certaine façon et dans un certain ordre. Durant la ponte, elle est suivie d’une sorte d’état-major qui la dirige. La mère est ainsi poussée, bousculée même, d’une cellule à l’autre. De temps en temps on lui donne la becquée, car on ne lui laisse pas le temps de manger. Il faut qu’elle ponde sans cesse, surtout au moment de la miellée, moment où la x’eine peut déposer un à un dans les alvéoles jusqu’à 4000 œufs par jour. Il ne faut pas non plus qu’elle aille pondre au hasard dans n’importe quel alvéole. Accompagnée de son état-major, la mère descend d’un côté du rayon, remonte de l’autre, et pond successivement sur les deux faces de chaque gâteau de cire dans un ordre parfait, et sur des cercles successifs d’alvéoles déterminés à l’avance. Henri Coupin.
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- NOUVEAU PROCÉDÉ DE TRAITEMENT DES ANIMAUX MORTS
- Les villes en s’accroissant donnent naissance à des déchets de plus en plus abondants que, semblables à de gigantesques animaux, elles sécrètent perpétuellement. Il s’agit de s’en débarrasser, la plupart étant encombrants, et beaucoup septicémiques, et, mieux encore de les utiliser avec profit. Plusieurs industries n’ont pas d’autre matière première et pas d’autre but.
- De ce nombre est Y équarrissage.
- L’abatage des vieux animaux de trait, les bêtes mortes de maladie ou d’accident, les viandes reconnues impropres à la consommation alimentent, dans toutes les grandes cités un atelier réservé où s’opèrent le dépeçage des animaux, la cuisson des chairs, l’extraction du suif, la mise à part des os, des cornes, des crins, etc.
- Mais les procédés employés jusqu’à ces dernières années étaient des plus primitifs et généralement contraires à l’hygiène élémentaire.
- Le procédé le plus courant consistait à faire bouillir, à l’eau ou à la vapeur dans des autoclaves, les animaux préalablement dépouillés de leur peau et découpés en quartiers. On produisait ainsi un bouillon qui appauvrissait la viande, sans utilité,
- chés à l’air libre ou dans des séchoirs d’où se répandaient des miasmes fort incommodes. Enfin on pulvérisait cette matière sèche plus ou moins putréfiée pour en faire un engrais de culture qui se vendait
- Fig. 2. — Autoclaves de dessiccation et de dégraissage. Au fond la chaudière de désinfection des liquides condensés.
- rapidement nauséabond, capable d’infecter les terres ou les cours d’eau, puis une masse humide de chair macérée, mélangée d’os que l’on retirait à la main ; on soumettait cette viande chaude à la pression pour extraire du suif mélangé de bouillon aqueux. Les tourteaux ainsi obtenus étaient dessé-
- Fig. i. — Vue générale de l’atelier d'équarrissage.
- au degré d’azote. Les os étaient livrés aux fabricants de colle, les suifs aux savonniers, les crins aux fabricants de brosses; aux voisins de l’usine étaient réservés gratuitement toutes les mauvaises odeurs.
- Bien que beaucoup d’appareils plus perfectionnés aient été imaginés et mis en service pour remédier à ce fâcheux état de choses, les anciens procédés continuent néanmoins à fonctionner dans nombre de villes et à empoisonner leurs faubourgs.
- Dans les villes étrangères, les commissions d’hygiène, beaucoup plus sévères que chez nous, ont fait une guerre acharnée à ces errements ; les ingénieurs se sont attelés à la: besogne — il n’est pas de sot problème pour l’ingénieur — et de progrès en progrès on est arrivé à unêi solution véritablement rationnelle dé; la question.
- Les animaux ayant été dépecés, la viande et les os sont desséchés et cuits à l’étouffée, les os sont séparés, toute la graisse est recueillie, et aucune émanation ne peut s’échapper.
- J’ai vu fonctionner à Oldenbourg, en Allemagne, l’appareil le plus récent qui réalise tous ces desiderata. En voici la description.
- Appareil d’Oldenbourg. — Il se compose d’urt cylindre horizontal fixe, à double enveloppe, en tôle,
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- 6 — NOUVEAU PROCÉDÉ DE TRAITEMENT DES ANIMAUX MORTS
- dans lequel se meut un arbre muni de fortes palettes, À la partie supérieure du cylindre une large ouverture permet d’y introduire d’énormes quartiers de viande, tels un veau entier ou un cheval débité en 5 ou 6 morceaux, préalablement dépecé. Un tel appareil peut, contenir \ 000 à 1500 kg.
- Le cylindre étant ainsi rempli, on ferme hermétiquement l’ouverture, puis on introduit de la vapeur dans la double enveloppe; un tube qui pénètre dans la partie supérieure du cylindre permet l’élimination par éAraporation de l’eau de constitution des animaux.
- Cette eau est’condensée dans un serpentin et les gaz non condensables sont, ou brûlés sous un foyer, ou absorbés par des réactifs chimiques.
- En même temps, on fait tourner mécaniquement les palettes, afin de tenir en mouvement la masse contenue dans le cylindre. f
- A côté du cylindre se trouve un appareil éva-poratoire, dans lequel, à l’aide de vapeur d’eau, on vaporise de l’essence de pétrole ; cette vapeur d’essence se répand par un tuyau dans le cylindre, se mélange aux débris animaux, les pénètre et, absorbant les matières grasses qu’ils contiennent, se condense avec elles. Un liquide huileux, composé d’essence et de graisse, coule sur le sol du cylindre et, par un dispositif approprié, est évacué dans un réservoir extérieur, e* La vapeur d’essence qui a pénétré, nécessairement en excès, dans le cylindre s’en échappe par le même tube que l’eau de constitution ; elle est évaporée et condensée dans le même réfrigérant; l’une et l’autre sont reçues dans un réservoir ; elles s’y séparent par différence de densité ; l’eau occupe le fond ; on en observe la hauteur à l’aide d’un niveau à tube de verre et on évacue de temps en temps cette eau par un robinet.
- Pour comble de précaution, on dirige cette eau dans une petite chaudière où elle est soumise, sous pression, à une haute température pour l’aseptiser complètement avant de la rejeter au dehors. Quant à l’essence condensée, elle ressert aux opérations suivantes.
- La graisse mélangée d’essence, qui a été recueillie dans le réservoir spécial dont j’ai parlé, est traitée par la chaleur d’un serpentin de vapeur, qui élimine
- toute l’essence par évaporation et la sépare de la graisse; cette essence va à son tour se liquéfier dans le condenseur, et la graisse isolée est prête, après un simple lavage à l’acide sulfurique dilué, pour la vente au commerce.
- Une opération complète de cuisson, séchage, dégraissage dure une dizaine d’heures.
- Au bout de ce temps toute la viande est dégraissée, desséchée et mise en miettes ; c’est à peine si elle contient encore 1 à 2 pour 100 de matières grasses; les os, dégraissés également, restent entiers et, grâce au brassage prolongé produit par les palettes, aucune parcelle de viande ou de tendons n’y reste adhérente.
- On retire os et viande par une ouverture à tampon, et on peut à volonté séparer les os de la viande avec un râteau, ou pulvériser les deux produits
- ensemble pour en faire une farine alimentaire pour les porcs ou l'a volaille.
- Ce produit, très nutritif, con-tient plus de 60 pour 100 de protéine; parfaitement sec, il se conserve indéfiniment, et l’on comprend que, étant- propre à l’alimentation, il se vend beaucoup plus cher qu’un engrais de culture.
- Rendements. Avantages. — Je dois à l’obligeance de l’exploitant .d’Oldenbourg la communication de tous les rendements qu’il obtient et leur comparaison avec les résultats qu’il constatait antérieurement alors qu’il se servait des procédés anciens.
- L’usine se trouve dans un quartier éloigné de la ville, sur les confins d’une forêt. Les animaux y sont apportés dans des chariots à caisses closes, et déchargés directement dans le hall d’équarrissage pour être dépecés.
- Il est à remarquer que le cylindre de cuisson qui a son ouverture d’entrée dans ce hall, est encastré dans un plancher; au-dessus du plancher est l’entrée des quartiers de viande, au-dessous du plancher la sortie des produits traités, en sorte qu’aucune communication ne peut avoir lieu entre les chairs ou les liquides que l’on charge, et les viandes desséchées que l’on extrait. Ainsi le prescrivent les règlements d’hygiène. . * : '
- L’usine possède deux cylindres de traitement pouvant travailler ensemble 5000 à 4000 kg de quar-
- Fig. 3. — Broyage et tamisage des viandes desséchées et dégraissées.
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- LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE DANS LES GAZ RARÉFIÉS 7
- tiers d’animaux. En moyenne, 1000 kg de viande traitée donnent, en dehors de la peau, des sabots et des crins, 257 kg de viande et os secs et dégraissés, et 90 kg de suif.
- Avec le procédé ancien, 1000 kg ne donnaient que 210 kg de viande et os secs et 58 kg de suif.
- La différence entre ces chiffres provient de ce qu’une partie de la viande se dissolvait en bouillon et une partie de suif restait dans la viande desséchée, diminuant ainsi sa teneur en azote et par conséquent sa valeur marchande.
- La comparaison de ces résultats démontre que pour une amenée moyenne de 2000 kg de matière animale à traiter par jour, on obtiendra, avec l’ancien procédé, une somme de produits de 126 fr. et
- avec le nouveau une somme de 185 fr., soit une différence de 59 fr. par jour, dont il faut retrancher, il est vrai, la perte d’essence qui est très faible et une consommation un peu plus élevée de combustible ; d’autre part, la main-d’œuvre est moindre.
- En somme, l’intérêt de l’exploitant et l’hygiène sont complètement d’accord ; et ceci mérite d’attirer l’attention des municipalités et des comités d’hygiène, qui sont fondés cà imposer aux équarrisseurs l’emploi d’appareils perfectionnés, ne répandant aucune odeur, ne laissant échapper aucuns résidus solides ou liquides nuisibles, alors que ces nouveaux appareils constituent pour l’exploitant non une perte, mais un bénéfice considérable par rapport aux anciens. V. Cambon.
- Ingénieur E. C. P.
- ASPECT DE LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE DANS LES GAZ RARÉFIÉS*
- La décharge électrique dans les gaz raréfiés est l’un des phénomènes les plus complexes et les plus variés d’aspect que la physique puisse offrir à la sagacité des savants. On peut dire que son étude domine toute la physique de ces dernières années ; c’est en voulant arracher leur secret aux mystérieux tubes de Geissler, de Lenard, de Crookes, que les physiciens modernes ont été amenés à découvrir les rayons X, à préciser nos connaissances sur la phosphorescence, à établir de nouvelles et fécondes hypothèses sur la nature de l’électricité, à imaginer ces « électrons » qui jouent un si grand rôle dans les théories actuelles de l’électricité et de la radioactivité, et dont certains philosophes font l’essence même de toute matière et de toute énergie.
- Nous nous proposons dans l’article qui suit d’analyser le plus clairement possible les phases de la décharge électrique dans les gaz raréfiés. La planche en couleurs qui accompagne cet article et dont l’exécution, il est presque inutile de le dire, fut des plus délicates, permettra à nos lecteurs de mieux saisir les apparences qu’offre le phénomène dans la réalité, apparences que l’on est, en général, forcé de schématiser d’une façon un peu grossière, ainsi qu’il a été fait dans les croquis nos 1, 2, 3, 4.
- L’aspect, de la décharge électrique, à travers un tube de verre contenant un gaz raréfié, dépend de la forme de ce tube et de la na ture du gaz ; mais elle dépend surtout de la pression du gaz, à tel point même qu’on peut l’utiliser pour évaluer cette pression : c’est ainsi que les constructeurs de lampes à incandescence branchent quelquefois, sur la pompe qui vide leprs ampoules, un tube à vide dans lequel ils font passer des décharges électriques; de l’aspect de ces décharges ils déduisent la valeur du vide donné par la pompe.
- 1. La planche en couleurs qui accompagne cet article a été exécutée par M. Millot au laboratoire de l’École Normale supérieure mis à notre disposition par son directeur, M. Abraham. M. Darmois avait bien voulu se charger de monter les expériences.
- Pour faire jaillir dans Pair à la pression atmosphérique une étincelle entre deux conducteurs métalliques, il faut disposer de très grandes différences de potentiel : 4500 volts environ pour 1 millimètre d’étincelle entre deux sphères de 1 centimètre de rayon, 25000 volts pour 1 centimètre. Il est vrai que les différences de potentiel augmentent moins vite que la longueur des étincelles qu’elles peuvent produire, de sorte qu’il est vraisemblable que celles qui produisent des éclairs d’une dizaine de kilomètres ne sont pas hors de proportion avec celles que nous pouvons réaliser avec une machine électrique. L’éclair tel que nous l’apercevons n’est d’ailleurs pas le plus souvent une étincelle unique, mais une suite d’étincelles joignant successivement une série de nuages épars dans l’atmosphère (voy. La Nature, n° 1957). Si nous diminuons la pression du gaz, il oppose une résistance de plus en plus faible au passage de la décharge.
- On opère ordinairement dans des tubes en verre ayant l’aspect de ceux des figures 1, 2, o, de notre planche hors-texte. Des fils de platine traversent le verre aux deux extrémités et aboutissent à des électrodes en aluminium ayant généralement la forme de petites coupelles ou de cylindres minces placés suivant l’axe du tube. Le tube est relié à une pompe à mercure; la mesure du vide obtenu est donnée par un manomètre, ou aux pressions pour lesquelles le manomètre n’est plus assez sensible par un appareil spécial : la jauge de Mac Leod (fig. 5).
- La source d’électricité est soit une batterie de petits accumulateurs à un très grand nombre d’éléments (10 000 au moins), soit une machine électrostatique qui donne difficilement l’intensité de courant nécessaire, de l’ordre du centième d’ampère, soit enfin le plus souvent une bobine de Ruhmkorff. Dans ce dernier cas, le courant produit change de sens deux fois pour chaque interruption du courant primaire de la bobine, chaque électrode du tube est alternativement anode et cathode, et cela empêche une vision nette de l’aspect des phénomènes. Pour remédier <à cet
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- DIVERS ASPECTS DE DÉCHARGES ÉLECTRIQUES DANS LES GAZ RARÉFIÉS
- "La Nature" wms.
- F.Champenois -Papis.
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- DIVERS ASPECTS DE DÉCHARGES ÉLECTRIQUES DANS LES GAZ RARÉFIÉS
- "La NaruRE" wma.
- F. Champenois -Paris.
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- LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE DANS LES GAZ RARÉFIÉS 9
- rage d’une salle est réalisé par un très long tube de Geissler qui s’enroule autour du plafond en répandant une lueur diffuse et uniforme. Ce procédé vient de recevoir tout récemment sa première mise en application pratique à Paris. Les tubes de Geissler sont utilisés sous le nom de tubes de Plücker pour l’étude spectrale des gaz incandescents; on y ménage une partie plus étroite où l’intensité lumineuse est beaucoup plus grande. La figure n° 5 de la planche représente un tube de Plücker rempli d’hydrogène ; la partie effilée met en évidence la raie rouge de ce gaz.
- Si on continue à faire le vide, la lumière positive disparaît peu à peu, la lumière négative s’éloigne de la cathode, l’espace obscur de la cathode grandit, atteignant une grandeur de l’ordre du centimètre pour des pressions de 0 mm. 1.
- Quand la pression a été réduite à quelques millièmes d’atmosphère, l’intérieur du tube demeure
- dr-T'èglagi
- -Pompe
- Fig. 5. — Montage d’une expérience sur la décharge électrique dans les gaz raréfiés.
- presque entièrement obscur, mais un nouveau phénomène se manifeste :
- Les parois du tube deviennent lumineuses d’abord autour, puis ensuite en face de la cathode en répandant une vive lumière généralement verte due à une sorte de fluorescence du verre. L’origine de ce phénomène est dans la cathode ; il est facile de s’en convaincre en interposant un écran entre cette dernière et la paroi opposée du tube : on obtient immédiatement une ombre très nette de l’écran, sur le tube, comme si la fluorescence était excitée par des rayons invisibles partant de la cathode (pi. n° 7).
- C’est à ces rayons émis par la cathode, que l’on a donné le nom de rayons cathodiques ; ils paraissent prendre naissance dans l’espace obscur de Hit-torf. Ils se propagent en ligne droite et partent de la cathode perpendiculairement à sa surface. Si le vide dans le tube n’est pas trop avancé, ils illuminent sur leur passage les derniers restes de gaz et on peut suivre leur trace. Si la cathode a la forme d’un miroir concave, les rayons cathodiques concourront en un foyer unique situé au centre de courbure du miroir (fig. 4 et pi. n°3). On a reconnu que les rayons cathodiques sont constitués par des particules matérielle extrêmement petites, de l’ordre du 1/2000e de l’atome
- d’hydrogène, chargées d’électricité négative et qui se meuvent avec une vitesse de.l’ordre de 50 000 km par seconde, c’est-à-dire environ 1000 fois plus vite que la terre ne se meut sur son orbite. La nature matérielle des rayons peut être mise en évi-
- Fig. 6. — Soupape électrique de Villard.
- dence par l’expérience suivante : un petit moulinet à ailes de mica est traversé par un axe qui roule sur des rails en verre, il est placé en face de la cathode ; aussitôt que le courant passe, le moulinet se met à tourner rapidement et s’éloigne de la cathode ; enfin un obstacle, placé sur le trajet des rayons cathodiques, s’échauffe sous le choc de ces particules: on peut fondre une lame de platine au centre de courbure d’une cathode en forme de miroir concave.
- La charge électrique des rayons peut être mise en évidence de diverses façons ; une des plus simples consiste à observer la déviation du faisceau si on approche du verre le pôle d’un aimant.
- Les soupapes électriques de M. Villard, dont nous avons indiqué plus haut l’usage, sont des ampoules munies de deux électrodes dissymétriques A et G, dont l’une est très éloignée des parois et présente un grand développement, tandis que l’autre est un disque étroit placé dans un tube de faible diamètre (fig. 6 et pi. n° 4).
- Cette ampoule offre un facile passage à la décharge lorsque G est cathode; elle constituera un obstacle pour le courant lorsque la polarité sera inversée ; malheureusement le débit de ces appareils ne peut dépasser deux ou trois centièmes d’ampère, au delà on s’expose à fondre la cathode C.
- Rayons X-
- Fig. 7- — Ampoule à rayons X.
- Comme nous l’avons dit, les parois du tube de verre deviennent phosphorescentes sous l’influence des rayons cathodiques; le verre ordinaire prend une coloration verte alors que le cristal prend une coloration bleue (pi. n° 6) ; cette phosphorescence se montre surtout quand l’espace obscur s’étend à quelques centimètres de la cathode et que toute luminosité a disparu du tube ; il n’y a de lumineux que les objets phosphorescents exposés aux rayons.
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- CHRONIQUE
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- Beaucoup de substances deviennent également phosphorescentes quand on les expose aux rayons cathodiques ; le corps qui s’illumine le plus est le diamant qui prend une belle couleur verte ; le rubis s’illumine en rouge (pi. n° 7) ; l’émeraude en cramoisi, etc.
- Les endroits où le verre de l’ampoule est frappé par les rayons cathodiques émettent à leur tour une nouvelle espèce de rayons qui se propagent au dehors de l’ampoule : ce sont les rayons X découverts par M. Rôntgen en 1895, ils sont exclusivement émis par les objets frappés par les rayons cathodiques. Dans les ampoules, spécialement destinées à leur production, on interpose sur le trajet des rayons cathodiques un réflecteur dit anti-cathode; c’est sur cette anti-cathode que sont produits les rayons X et de là qu’ils sont renvoyés dans une direction bien déterminée (fig. 7). Ils impressionnent la plaque photographique et jouissent de la propriété de traverser tous les corps, mais en y étant plus ou moins absorbés, de sorte que si on interpose entre une source de rayons X et une plaque photographique la main par exemple, les os qui absorbent beaucoup les rayons apparaîtront comme des taches noires, tandis que les chairs, beaucoup moins absorbantes, paraîtront claires à côté, et on aura ainsi une silhouette de la main suffisamment précise pour qu’on puisse l’utiliser en chirurgie.
- Les rayons X rendent fluorescent un écran au platinocyanure de baryum, et on peut pour une
- exploration momentanée substituer un tel écran à la plaque photographique.
- Nous venons de voir que la différence de potentiel nécessaire pour produire la décharge diminue avec la pression; on pourrait croire que ces deux quantités tendent en môme temps vers zéro ; il n’en est rien et, pour une assez grande raréfaction du gaz, la différence de potentiel passe par un minimum, puis augmente de nouveau.
- Quand le vide est aussi parfait que possible, la décharge refuse absolument de le traverser. On le montre à l’aide de tubes que l’on a rempli de gaz carbonique et dans lesquels on a d’abord poussé le vide aussi loin que possible au moyen de la pompe à mercure; les dernières traces de gaz sont ensuite absorbées avec un fragment de potasse introduit d’avance dans le tube et. que l’on chauffe fortement après la fermeture.
- Il arrive qu’à l’usage le vide des ampoules augmente, les dernières traces de gaz disparaissent et elles opposent au passage de la décharge une résistance de plus en plus grande; on rend au vide sa valeur primitive en chauffant dans la flamme d’un bec de gaz un tube de platine qu’on a scellé dans la paroi (Voy. B, fig. 6). A chaud, le platine devient poreux et laisse pénétrer dans l’ampoule un peu des gaz de la flamme.
- Maurice Leblanc fils.
- Ancien élève rte l’Ecole Normale Supérieure Agrégé rte l’Universilé.
- CHRONIQUE
- La météorologie aux Canaries. — Le régime météorologique aux îles Canaries présente un intérêt tout spécial parce que l’on se trouve dans la région des vents alizés classiques : or, actuellement, on me signale que ce régime est absolument extraordinaire et, comme l’année précédente, il tombe à peine de pluie, tandis que des amas nuageux fort menaçants paraissent constamment faire présager des chutes d’eau torrentielles.
- D’autre part, on se rappelle encore avec épouvante l’éruption du 18 novembre 1909 au Chingero et, en se basant uniquement sur la ressemblance des régimes météorologiques, bien des gens s’attendent à la reproduction des manifestations volcaniques.
- Mon éminent ami, Amado Zwrita, me signale qu’il a cru, pendant la nuit, percevoir des trépidations presque imperceptibles bien que, à l’heure présente, on n'eùt pas encore à signaler de tremblements de terre réels, comme ceux de l’année dernière.
- Cependant, parmi les singularités observées, il faut noter plus particulièrement la vague de chaleur qui passait sur Santa Cruz de Ténérife dans la nuit du 3 au 4 novembre, et dont les effets furent contrôlés par M. Jean Yaldevrama, directeur de l’Observatoire météorologique municipal. A minuit 45, le thermomètre mar-
- que 17° centigrades; en une ou deux minutes, il monte brusquement à 26°, se maintient quelques minutes à ce niveau, pour revenir ensuite assez rapidement à 17°; pendant le même temps, le baromètre enregistreur accuse de fortes oscillations. Que nous présagent, encore, toutes ces singularités? Jean Mascaut.
- Les canalisations d’eau stérilisée par l’ozone.
- — On sait que la production d’ozone dans les appareils en présence de vapeur d’eau donne naissance à des composés oxygénés de l’azote. M. Ed. Bonjean {Buü. de Pharm., 1909. 587) montre les dangers que cette réaction peut présenter, lorsque l’ozone est destiné à la stérilisation des eaux potables.
- Dans les tuyaux de plomb, par exemple, ces composés oxygénés, circulant avec le courant d’air ozonisé, se transforment en nitrates de plomb que peut entraîner l’eau.
- Dans les canalisations métalliques, il se forme des sels ferriques, oxydes ou nitrates, qui, annulant le diélectrique, obstruent plus ou moins complètement la canalisation et diminuent notablement la stérilisation de l’eau. M. Bonjean conclut avec logique qu’il faut, pour cet usage, ne se servir que-de canalisations en verre ou en poterie, à l’exclusion des ciments et métaux.
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- LE PLUS GRAND TRANSATLANTIQUE DU MONDE
- Les chantiers Harland et Wolff, de Belfast, viennent de lancer YOlympic, le premier des deux grands paquebots que la Compagnie White Star fait construire pour son service entre Southampton et New-York. Ces deux navires sont les plus grands construits à l’heure actuelle. Ils ont une longueur de 259,25 m. entre perpendiculaires et une largeur de 28,21 m., tandis que les deux célèbres paquebots de la Compagnie Cunard, le Mauretania et le Lusitania, n’ont que 251,80 m. entre perpendiculaires et une largeur de 26,84 m. Leur déplacement est de 50 000 tonnes avec un tirant d’eau de 10,57 m., tandis que les deux paquebots de la Compagnie
- adoptée, mais la Compagnie White Star a préféré une autre combinaison déjà appliquée sur quelques navires de la marine marchande et dont nous avons montré les avantages dans un précédent article de La Nature (n° du 5 oct. 1908). Chacun de ces paquebots est muni de trois arbres d’hélice, ceux de bâbord et de tribord étant chacun actionnés par une machine pilon à mouvement alternatif, à quatre cylindres et triple expansion, tandis que l’arbre central est actionné par une turbine basse pression recevant la vapeur d’échappement des machines alternatives. On obtient ainsi une meilleure utilisation de la vapeur. De plus, on supprime les turbines
- Fig. i. — L’Olympic en montage sur sa cale.
- Cunard ne déplacent que 59 000 tonnes avec le même tirant d’eau. Leur tonnage respectif est de 45 500 tonnes et de 52 000 tonnes. Par contre, la vitesse du Mauretania est de 25,5 nœuds, tandis que celle des deux nouveaux paquebots est réduite à 21 nœuds.
- Une autre caractéristique de ces deux navires ce sont les appareils moteurs. Le Mauretania et le Lusitania sont munis de quatre arbres d’hélice, les deux arbres les plus rapprochés de l’axe longitudinal du navire actionnés chacun par une turbine Parsons haute pression, et les arbres extérieurs chacun par une turbine du même type basse pression munie, en outre, de turbines de marche arrière. La puissance développée est d’environ 75 000 chevaux à la vitesse de 25,5 nœuds. C’est la disposition généralement adoptée pour ce type de navires
- Pour YOlympic cette même disposition eût pu être
- démarché arrière qui, dans ce cas, sont remplacées par les machines à mouvement alternatif, ce qui permet, pour cette marche arrière, une plus grande puissance et, par suite, un arrêt ou des manœuvres plus rapides du navire. Au tirant d’eau de 10,57 m. la puissance développée à la vitesse de 21 nœuds est de 50 000 chevaux pour les machines alternatives et de 16 000 chevaux pour la turbine, soit un total de 46 000 chevaux.
- Comme nous venons de le dire, cette combinaison de moteurs a déjà été appliquée par la Compagnie White Star elle-même sur un de ses navires le Lau-rentic qui, comparé en service avec un navire entièrement semblable de la même compagnie le Megantic, mais muni de deux machines alternatives à quadruple expansion actionnant chacune un arbre d’hélice, a donné en service une économie de charbon de 14 pour 100. Avec la même pression dans
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- les chaudières, le Laurentic a réalisé une vitesse de 5/4 de mille supérieure à celle du Megantic.
- C’est en présence de cès résultats très satisfaisants que la Compagnie White Star s’est décidée à appliquer ce même dispositif aux deux nouveaux paquebots, YOlyrnpic et le Titanic. 11 est bon d’ajouter que cette même combinaison de moteurs vient d’être également appliquée à un navire marchand de 152,50 mètres de longueur, de 19,500 tonnes de déplacement, marchant cà la vitesse de 15 nœuds et construit pour M. G. Thomson, d’Aberdeen. La Royal Mail C° applique ce même dispositif à un de ses paquebots faisant le service de l’Amérique du Sud.
- L’économie ainsi réalisée avec cette combinaison de la machine alternative avec la turbine à basse pression, ainsi que la popularité que ce dispositif
- 39 000 tonnes, marchant à la vitesse de 25,5 nœuds et nécessitant une puissance motrice de 75000 chevaux; l’autre, déplaçant 50 000 tonnes, marchant à la vitesse réduite de 21 nœuds et ne nécessitant qu’une puissance motrice de 46 000 chevaux. Quelle conséquence peut-on tirer de la comparaison de ces deux types ? Vaut-il mieux construire des navires de grand tonnage, marchant à vitesse modérée, que des navires de moins grand tonnage, mais marchant à très grande vitesse et, dans le cas où la première hypothèse serait la plus avantageuse, quelle est la limite du tonnage qui semble pratiquement réalisable ?
- Les grandes vitesses comme celles du Mauretania et du Lnsitania exigent des machines très puissantes, dépensant beaucoup de charbon et, par suite,
- Fig. 2. — L’ensemble des chaudières de /’Olympic avant leur montage sur le paquebot.
- semble acquérir, est d’autant plus remarquable que MM. Harland et Wolff sont parvenus avec les machines alternatives à quadruple expansion à réaliser des consommations de charbon de 0,640 kg par cheval indiqué.
- Les aménagements de YOlyrnpic et du Titanic offrent tout le luxe et le confortable désirables. Aussi leur prix de revient est-il très élevé et peut être estimé à 58 millions de francs, soit 760 fr. par tonne de déplacement. Ces navires peuvent recevoir 730 voyageurs de lre classe, 560 de 2e classe, 1200 de 3e classe, ce qui, avec l’équipage qui se compose de 856 hommes, représente un total de 3346 personnes à bord. Nous devons ajouter qu’ils offrent, même par les plus mauvais temps, une grande stabilité, ce qui les fait préférer par un grand nombre de voyageurs.
- Voici donc deux types de navires : l’un déplaçant
- très onéreuses. De plus, ces grandes vitesses nécessitent des navires dont les extrémités doivent être très affinées ; leur capacité de chargement est donc plus faible que. celle de navires à vitesse modérée, dont les finesses de formes sont moins grandes. Ces derniers sont donc d’un rendement économique plus grand, tant à cause de leur plus grande capacité de chargement de marchandises et du nomlare plus considérable de voyageurs qu’ils peuvent transporter, qu’au point de vue de la plus faible puissance des machines motrices et, par suite, de leur moins grande consommation de charbon. En résumé, les grandes vitesses ne peuvent être réalisées par les compagnies de navigation que dans des conditions spéciales, et lorsque, pour des raisons d’État, elles reçoivent des subventions. Aussi la tendance actuelle est-elle dans l’augmentation du tonnage des navires et l’emploi de vitesses modérées. C’est, du reste, en
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- LE PLUS GRAND TRANSATLANTIQUE DU MONDE
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- se basant sur ces considérations que la Compagnie White Star a toujours construit des navires de grand déplacement et à vitesses modérées dont YOlympic et le Titanic sont le dernier type. La Compagnie
- 10,57 m. qui correspond à celui de YOlympic et du Titanic paraît être un maximum qu’il ne semble guère possible de dépasser. Car il faut que ces géants de la mer puissent entrer dans les ports à
- Fig. 3. — L’Olympic au moment de sa mise à flot.
- Cunard semble également vouloir entrer dans la même voie pour le nouveau navire qu’elle met en chantier. La Compagnie allemande Ilamburg-Àmerica commence également la construction d’un navire dont le déplacement (52 000 tonnes avec un tirant d’eau de 10,57 m.) dépassera celui de YOlymjric et dont la vitesse sera de 22 nœuds au lieu de 21 nœuds, avec une puissance motrice de 60 000 chevaux produite par des turbines actionnant quatre arbres.
- Mais si l’accroissement du tonnage des navires de la marine marchande est, à l’heure actuelle, la tendance générale, on peut, cependant, se demander s’il n’y a pas, dans la pratique, une limite à cet accroissement.
- Au point de vue du tirant d’eau, le chiffre de
- toute heure de marée et, par conséquent, aux plus basses mers. Or, si le chenal Ambroise, qui sert d’accès au port de New-York, a été dragué ces temps derniers à une profondeur de 12,20 m. au-dessous des basses mers, il n’en est pas de même dans les ports européens où, malgré les importants travaux faits ces derniers temps, la profondeur des chenaux d’accès est loin d’atteindre ce chiffre. Ainsi, en Angleterre, le chenal de la Mersey, qui sert d’accès au port de Liverpool, n’a qu’une profondeur de 9,50 m. au-dessous des basses mers, c’est-à-dire inférieure au tirant d’eau de YOlympic. A Southampton, port d’attache de la Compagnie White Star, on termine actuellement des dragages qui donneront dans le chenal d’accès une
- Fig. 4. — Modèle en bois du bâti de la turbine.
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- profondeur de 10,57 m. à peine suffisante pour YOlympic.
- Une-autre question, sur laquelle les armateurs sont loin d’être d’accord, est celle-ci. Par suite de l’accroissement du tonnage des navires le fret des marchandises sera abaisse', mais sera-t-il possible, même sur les lignes à trafic intense, d’avoir à l’aller et au retour et pendant toute l’année une quantité suffisante de marchandises pour remplir un navire d’un aussi fort tonnage. De plus, le temps de chargement et de déchargement des marchandises dans les ports sera plus long et sera la cause d’une plus longue immobilisation de ces navires et, par suite, amènera une perte de rendement qui peut devenir importante.
- Enfin, il faudra, dans les ports qui servent de
- vons ces énormes paquebots. Aucune autre ligne de navigation, en quelque point du globe que ce soit, n’aurait un trafic de marchandises et de voyageurs suffisant pour permettre l’emploi utile d’un pareil tonnage. Les profondeurs d’eau dans les ports seraient, dans tous les cas, insuffisantes.
- - Ainsi le tonnage des paquebots de la Compagnie Péninsulaire orientale qui font le service entre Londres, l’Egypte, les Indes, la Chine et l’Australie est, au maximum, de 14000 tonneaux; celui des navires de la British India C° entre Londres et l’Australie ne dépasse pas 6000 tonneaux. Le maximum de tonnage des navires des Messageries maritimes pour le service d’Asie et d’Australie est de 7000 tonneaux environ. Enfin, les paquebots allemands du Nord-Deutscher Lloyd faisant le service
- Fig. 5. — Le montage de la turbine de /’Olympic.
- point de départ et d’arrivée à ces navires, créer des quais spacieux munis de tous les engins nécessaires pour le chargement et le déchargement rapide et économique des marchandises, construire des formes de radoub suffisantes pour ces navires. C’est dans ce but que l’administration du port de Liverpool vient de décider la construction d’une forme de radoub suffisante pour recevoir un navire de 500 m. de longueur. Ce sont des dépenses considérables qu’il faut faire entrer en ligne de compte et qui viennent contre-balancer les avantages des navires à très grand tonnage. .
- Du reste, ce n’est qu’entre New-York et les ports d’Europe, ligne à trafic très intense, que nous trou-
- d’Australie ont un tonnage maximum de 12000 tonneaux comme ceux de Y Orient line qui font le même service.
- La question est, comme on le voit, très complexe. Si la construction de ces géants de la mer ne présente, au point de vue technique, que des difficultés dont la solution est réalisable, il n’en est pas de même au point de vue économique et commercial. C’est donc ce dernier facteur qu’il faudra faire entrer en ligne de compte, et qui fixera seul le tonnage maximum qu’il sera pratiquement possible d’atteindre pour celte nouvelle classe de navires, maximum qui, dans l’état actuel des choses, tout au moins, semble très près d’être atteint. R. Bonnin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance paraîtra dans le prochain numéro.
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- LE PONT DE CONSTANTINE SUR LE RUMMEL
- Ce pont servira à mettre en communication avec la gare le nouveau quartier qui se crée à Constantine sur l’emplacement de l’ancienne colline du Coudiat Àty, dérasée par des sociétés immobilières. Cette nouvelle voie traverse le ravin du Rummel par une arche en maçonnerie de 70 m. d’ouverture, et le ravin de Gharbatine par une arche de 50 m., en plein cintre. Elle comporte, en outre, d’importants viaducs d’accès. La voie tout entière est en pente; la pente de la route, sur l’arche principale, est de 0,0117 m. par mètre. La voie, sur le pont, a 8 m.
- déplacer pour la construction successive des anneaux. Mais sa largeur eût été trop faible pour résister aux vents violents auxquels il eût été exposé, et les martingales qu’on eût employées pour le soutenir eussent été trop verticales pour être efficaces. La profondeur du ravin au-dessous de la clef de voûte est en effet de 110 m. Ce sont ces raisons qui ont fait employer deux cintres montés simultanément et reliés aussitôt par un solide contreventement.
- La voûte repose sur les couchis du cintre. Ces couchis transmettent la pression de la voûte, par
- Fig. i. — Le pont à deux anneaux sur le Rimmel. Construction des cintres en charpente.
- de largeur entre deux trottoirs de 2 m. de largeur.
- Les ouvrages sont du type à deux anneaux parallèles supportant un tablier en béton armé, système inauguré par M. Séjourné au pont de Luxembourg. Chaque anneau a une largeur de 4 m., l’intervalle entre les deux anneaux, à la hauteur du tablier, est de 4 m. La voûte du pont de 70 m. est en arc de cercle, de 57 m. de rayon et de 25 m. de montée. C’est une vaûte archivoltée dontl’ épaisseur à la clef est de 1,50 m . Elle supporte les piliers des voûtes d’élégissement sur lesquelles reposera le tablier en béton armé.
- On emploie deux cintres retroussés, en charpente de chêne, de 4 m. de largeur du type du cintre de Luxembourg, et dont les calculs ont été spécialement vérifiés par M. Séjourné. On aurait pu n’employer qu’un seul cintre, comme à Luxembourg, et le
- l’intermédiaire des vaux et des contre-fiches, à sept arbalétriers. L’arbalétrier central, qui a 22 m. de longueur, est soutenu par 5 contre-fiches assemblées en éventail, le sommet de l’éventail étant supporté par 6 câbles d’acier.
- Le transport et la mise en place des pièces des cintres, opérations délicates et dangereuses, se sont effectués au moyen de trois télécharges : un à grande portée, dans l’axe du pont, les deux autres au-dessus des deux anneaux, leurs pylônes reposant sur les culées de l’ouvrage. On a monté d’abord, de chaque côté, trois arbalétriers, qui sont retenus par des câbles ancrés en arrière. Pour le montage de l’arbalétrier central, on a procédé de la façon suivante. On a construit d’abord sur deux câbles une passerelle de manœuvre réunissant
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- 16 ======== LE PONT DE CONSTANT1NE SUR LE RUMMEL
- les nœuds des arbalétriers extérieurs. Au moyen de cette passerelle on a pu installer sur des câbles analogues une plate-forme en charpente/sur laquelle on
- prêts à le recevoir. Pendant qu’on montait les arbalétriers, on mettait en place les éléments de cintre. Le montage du cintre a duré 5 mois, de septembre
- a posé, au moyen du télécharge, un échafaudage en charpente qui a servi au montage de l’arbalétrier central et de ses contre-fiches de soutien. Les câbles du support du sommet de l’éventail étaient d’ailleurs
- 1909 à février 4910. La ville de Constantine sera ainsi dotée d’un fort bel ouvrage, qui fait le plus grand honneur aux ingénieurs qui l’ont conçu ainsi qu’à l’entrepreneur qui l’exécute. É. Picard.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuhe, rue de FIcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1959.
- 10 DECEMBRE 1910.
- Fig. i.—
- Succession des mouvements d’un goéland vu suivant l'axe de son vol. (Extrait du <• Vol des Oiseaux » de Marey.)
- COMMENT VOLENT LES OISEAUX ?
- Il y a quelques années à peine, la notion du vol des oiseaux était particulièrement imprécise. Seuls, quelques spécialistes savaient que beaucoup d’oiseaux se maintiennent dans l’air sans être astreints au battement des ailes. 7
- L’observation directe des oiseaux et de leur genre de vol permit de constater que l’oiseau d’une certaine grosseur ne pratique plus exclusivement le vol battu ; il plane dans l’air. On peut dire que ce mode de translation est général au-dessus du poids de 2 kg, comme si la nature n’avait pas sü organiser les gros oiseaux comme les petits pour le même genre de vol.
- Gomment, dans ces conditions, espérer que l’homme, surpassant la nature, parviendrait à faire battre des ailes pour soulever non plus 2 kg, mais son propre poids?
- Les travaux entrepris dans ces dernières années sur le vol des oiseaux sont très nombreux et il devient difficile de se conduire à travers les contradictions, les incertitudes et les obscurités qu’on y rencontre. Toutefois, un certain nombre de faits sont d’ores et déjà acquis, dégagés par la méthode expérimentale souvent corroborée elle-même par de judicieux calculs.
- Le moineau, commensal de l’homme, donne l’impression d’un ressort vivant qui s’enlève brusquement et s’envole à battements rapides pour parcourir quelques mètres . seulement, s’élever à de faibles hauteurs. Le pigeon s’enlève avec la '• même facilité, mais ses battements sont moins rapides et se pro-duisent avec beaucoup plus de régularité; ses
- 39° année. —
- envolées, plus amples que celles du moineau, donnent l’impression qu’elles appartiennent à un puissant volateur, capable de soutenir longtemps son allure. Mais un élément nouveau apparaît dans son vol : la facilité, dont il use fréquemment, de suspendre les battements de ses ailes pour glisser sur l’air. En temps ordinaire, par vent moyen, il se soutient ainsi lorsque d’un point élevé, il veut descendre vers la terre ; il replie à demi ses ailes et se laisse tomber suivant une courbe concave qui peut devenir ascendante. C’est là une pratique fréquemment suivie par les hirondelles, les martinets, les faucons, qui utilisent, pour remonter, la force vive acquise pendant la chute, chacun à des degrés différents. Pendant cette chute et cette remontée automatique, il ne se produit aucune dépense de force de la part de l’animal qui bénéficie de ce temps de repos pour continuer plus longuement son vol. C’est ainsi que les hirondelles parviennent à sillonner l’air presque sans arrêt, du matin jusqu’au soir.
- Dans nos campagnes, le milan, l’épervier, labusc, pratiquent ce genre de vol, que nous appellerons le vol à voile; mais les vrais rois de l’air sont les aigles, les vautours, les condors, qui parcourent l’espace sans un seul battement d’aile, tels des aéroplanes vivants, capables même de rester immobiles, comme
- cloués au ciel.
- L’observation, même superficielle, du vol des oiseaux, permet donc de constater divers modes de vol chez le même animal et d’une espèce à l’autre.
- On admet actuellement deux genres de vol : le vol battu, obtenu exclusivement par le battement des ailes et souvent appelé aussi vol ramé, et le vol 2. — 17
- Fig. 2. — La frégate (Atagex Aquilus). Poids : i,5oo kg; longueur: i m.'avec queue; envergure: 2,3o m.; virtuose du vol à voile.
- icr semestre.
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- 18 : ' COMMENT VOLENT LES OISEAUX?
- plané pendant lequel l’oiseau conserve ses ailes étendues au cours de sa progression aérienne. Le vol plané comprend deux modes différents : le vol plané proprement dit qui est seulement temporaire et accessoire du vol ramé et le vol à voile qui est le mode de locomotion normal des grands oiseaux capables de rester en l’air pendant des journées entières, en utilisant l’action du vent pour se mouvoir. La simple observation permet d’établir, parmi les oiseaux, des catégories à peu près nettement tranchées :
- 1° Oiseaux exclusivement rameurs;
- 2° Oiseaux pratiquant le vol ramé et le planc-ment ;
- o° Oiseaux pratiquant le vol ramé et le vol à voile ;
- 4° Oiseaux pratiquant le vol à voile seul.
- Ces distinctions, basées uniquement sur la variété des modes d’accomplissement de la fonction du vol, sont-elles sous la dépendance de l’organe, de l’aile, et trouve-t-on, dans les ailes des oiseaux, des modifications telles qu’on puisse sans hésiter, leur attribuer l’allure spéciale du vol? De tout temps les observateurs ont répondu par l’affirmative après avoir constaté que la forme de l’aile était essentiellement variable et liée à la nature du vol ; mais c’est aux recherches modernes qu’il revient d’avoir fixé scientifiquement cette dépendance.
- Il existe deux types d’ailes bien définis entre lesquels, évidemment, toutes les gradations s’observent, mais la distinction est facile. Il suffit, en effet, de jeter un coup d’œil sur les deux figures 6 et 7 pour constater que l’aile s’allonge en pointe chez le faucon, tandis qu’elle s’arrondit chez l’aigle. Ceci tient à la longueur des rémiges qui va en décroissant, de la première à la dernière, chez le faucon, tandis que pour l’aigle la rémige la plus longue est la sixième. De plus, l’aile rameuse est homogène sur son bord postérieur, tandis que l’aile voilière est comme déchiquetée. Cette dernière particularité est due à la conformation spéciale des rémiges primaires qui, #au lieu de présenter la forme en couteau des rémiges rameuses, se rétrécissent à partir du milieu de leur longueur et le canon perd de sa rigidité. Il en résulte une certaine souplesse du bord de l’aile voilière qui, pendant le vol, subit plus facilement la poussée de l’air, devient convexe et apparaît dentelée du fait de l’écartement et de la flexion des rémiges. Cette attitude est frappante dans la figure 11. Et c’est précisément ce défaut de rigidité qui rend les voiliers inaptes au vol ramé.
- En dehors de ces caractères basés plutôt sur la morphologie de l’aile, on peut encore examiner le rapport des deux dimensions : longueur et largeur. D’après Mouillard, qui fut l’un des observateurs les plus avisés, les rameurs ont tous des ailes courtes, mais la largeur de ces ailes varie suivant les nécessités créées à l’animal par son genre de vie propre. Le moineau, la perdrix, la caille, n’ont pas de longues distances à parcourir d’un trait, mais il leur faut une aile puissante pour s’enlever du sol
- et s’enfuir au plus vite; leur aile est courte et large. Le canard, le pigeon qui effectuent de longs parcours et ont un vol plus ample possèdent des ailes moins larges qui, en outre, leur facilitent les virages. L’aile s’allonge à mesure que l’oiseau, de rameur devient voilier. Mais ici encore on trouve des ailes larges et des ailes étroites ; ces dernières, établies pour travailler par des vents violents, appartiennent aux oiseaux de mer, pétrel, frégate ; les autres ont été données aux grands rapaces pour profiter des moindres souffles de vent et battre assez d’espace pour découvrir leurs proies.
- Voyons comment l’oiseau se sert de ses ailes pour se maintenir dans l’air et progresser.
- Le vol comporte toujours trois phases ou périodes : le départ ou essor, le vol proprement dit ou régime du vol normal, et enfin l’arrêt. Nous allons étudier ces trois phases chez chacun des groupes d’oiseaux que nous avons définis : rameurs, semi-voiliers et voiliers.
- Vol des rameurs. Essor. — Les espèces moyennes et de petite taille appartenant à ce groupe prennent leur essor à la suite d’un saut exécuté par la détente de leurs jambes accompagnée d’un vigoureux battement d’ailes qui les enlève de terre immédiatement sous un angle de 45°. Le moineau, la caille, la perdrix, les gallinacés, les pigeons, s’élèvent ainsi. Certaines espèces aquatiques aux ailes courtes n’ont pas besoin du saut pour dégager leurs ailes; il suffit aux divers canards de redresser leur corps verticalement pour permettre au premier battement d’ailes de prendre toute son amplitude verticale et d’enlever l’oiseau verticalement. Lorsque ces volateurs sont posés sur un appui élevé, il leur suffit, de se laisser tomber pour acquérir de suite l’élan indispensable au fonctionnement des ailes.
- L’effort nécessité par l’essor est considérable, mais il diminue rapidement à mesure que la vitesse de l’oiseau se rapproche du régime normal. On s’en rend bien compte par l’appréciation de la vitesse et de l’amplitude des battements d’ailes : chez la mouette, l’amplitude atteint 100 à 110° au départ pour s’abaisser à 30 à 40° en vol normal; chez la perdrix la dépense de force est tellement déprimante qu’on attribue à la fatigue les petits cris que cet oiseau pousse au moment de son envol.
- Pendant l’essor, la remontée de l’aile est uniquement obtenue par l’action d’un muscle, le pectoral moyen, qui n’a d’autre fonction que celle-là, fonction intermittente mais qui serait pourtant insuffisante si la nature ne l’aidait, par un artifice, en réduisant à sa valeur minime la résistance de l’air. On constate, en effet, que pendant la remontée des premiers battements, les ailes sont comme des lames de persienne ouvertes, les rémiges se présentant à l’air suivant leur tranche. Cette disposition qui offre le minimum de résistance à la traversée de l’air est due à un pivotement des rémiges sur elles-mêmes, pivotement automatique provoqué par la flexion de l’avani-bras sur le bras, grâce à un agen-
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- COMMENT VOLENT LES OISEAUX?
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- cernent très complexe des ligaments élastiques des rémiges. A mesure que l’oiseau prend de la vitesse, la remontée de l’aile se produit avec une intervention de plus en plus faible du muscle moyen pectoral, et elle devient entièrement passive lorsque l’allure est normale. C’est, en effet, le vent relatif créé par la vitesse de l’oiseau qui agit sur la face convexe de l’aile. Nous retrouvons là encore deux
- Fig. 3.
- Fou de Bassan.
- (Coll. Edmond Seux, de Lyon
- Envergure: i,~6m.
- Surface alaire : o,25o m1.
- Poids: 3,200 kg.
- Surface moyenne de l’aile : 0,14 m.
- rents : le vol plane proprement dit pour lequel l’oiseau utilise la vitesse acquise par une période de vol battu ou par une chute d’un point élevé, et le vol à voile dans lequel l’oiseau a essentiellement besoin du concours du vent.
- Vol plané. — L’oiseau qui plane est en tout comparable à un cerf-volant que l’on entraîne derrière soi en courant et qui s’élève et se maintient l’air étant calme. Tous les rameurs de taille moyenne et de grande taille : hérons, cigognes, buses, goélands, faucons, pratiquent ce genre de vol, et il est toujours facile d’observer les périodes pendant lesquelles ils suspendent le battement de leurs ailes et continuent leur course en tenant les ailes étendues sans presque perdre de leur vitesse; d’ailleurs quelques vigoureux coups d’ailes ont vite fait de les remettre en course. Un tel vol est un glissement sur l’air, et la force vive acquise pendant la période du battement
- Fig. 4. — Fous de Bassan praiiquanl le vol à voile.
- composantes : verticale et horizontale; la première servant à soulever l’aile et l’autre, dirigée en sens contraire du mouvement, vient par conséquent ralentir la vitesse de l’oiseau. Lorsqu’au vent relatif vient s’ajouter le vent absolu, c’est-à-dire lorsque l’oiseau vole contre le vent, le résultat est encore plus caractérisé, c’est ce qui explique pourquoi beaucoup d’oiseaux rameurs cherchent toujours à prendre leur essor le bec au vent.
- Planement. — Tous les auteurs sont actuellement d’accord pour définir le planement comme un mot de particulier de vol que l’oiseau exécute sans battements, les ailes étant plus ou moins étendues. Le planement ainsi entendu reconnaît deux cas diffé-
- est utilisée par l’animal pour prendre un appui sur l’air et continuer sa course soit en s’élevant, soit à la même hauteur, soit en descendant. Suivant que sa trajectoire suit l’une ou l’autre de ces directions, la vitesse diminue rapidement, lentement, ou s’accroît. L’oiseau qui présente le plus fréquemment ces divers modes de vol est le faucon en chasse. Lorsque, d’une grande hauteur, il aperçoit une proie, il se laisse tomber presque verticalement de façon à revenir atteindre sa victime par dessous ; s’il la manque, il oriente ses ailes et son corps dans le but d’utiliser l’énorme force vive acquise pendant la chute pour remonter à une hauteur égale à celle qu’il occupait au moment de son départ; il recommence
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- 20 .. ..: . COMMENT VOLENT LES OISEAUX?
- cette manœuvre, ces passades, sans interruption, et par conséquent sans fatigue, jusqu’à ce que la proie soit atteinte.
- Le pigeon nous offre aussi de fréquents exemples de planement.
- Lorsque, perché sur un toit, il veut descendre à terre, il se laisse tomber verticalement puis éteint sa vitesse en battant des ailes en faisant machine arrière, ou bien, s’il a de l’espace devant
- lui, il se laisse glisser suivant une trajectoire parabolique qui le dépose doucement à terre.
- Des observations faites sur divers oiseaux planeurs, et des expériences exécutées avec des appareils planeurs, il résulte que l’oiseau voulant atterrir le plus loin possible en partant d’un point élevé, c’est-à-dire sans vitesse préalable, il lui faut 1 m. de hauteur de chute pour parcourir une longueur de 8 m. Un oiseau qui planerait à 1000 m. de hauteur, pourrait ainsi atterrir sans fatigue 8000 m. plus loin. On conçoit qu’un aéroplane en venant d’une grande hauteur et auquel surviendrait une panne de moteur, aurait le temps et l’espace voulu pour atterrir.
- Le planement en air calme est une exception, et il est bien rare que l’atmosphère n’offre aucune brise qui vienne en aide à l’oiseau planeur. L’intervention de la réaction de l’air s’effectue dans le planement comme dans le vol à voile, bor-
- nons-nous pour l’instant à le constater. Chez les oiseaux planeurs les qualités susten-tatrices commencent à l’emporter sur les qualités propulsives ; la concavité de l’aile ne devenant plus nécessaire qu’au moment des battements, n’est assurée que par l’élasticité des dernières rémiges opposée à la rigidité des premières ; en outre, la surface de l’aile est réduite et le fouet prend un développement considérable. On réalise ainsi une aile étroite et à bord convexe qui est à la fois un excellent organe de propulsion et un très bon planeur, qualités indispensables pour permettre à ces oiseaux d’assurer leur existence mouvementée par la poursuite d’une proie très fugitive.
- Vol à voile.
- — Nous venons de voir que les qualités propulsives se sont effacées devant les qualités sustenta-trices au fur et à mesure que l’oi-seau a gagné plus Fig . _ Mle müUre d,UH d aptitude au pla- (Extrait du « Vol des oiseaux », nement. On peut de Marey).
- prévoir que cette
- situation, poussée à l’extrême, nous conduira au vol à voile, pratiqué seulement par des oiseaux qui ne sont plus rameurs et qui empruntent l’énergie nécessaire à leur déplacement à une autre source que leurs muscles. Chez les voiliers, les qualités susten-tatrices existent seules : plus de concavité de l’aile, plus de convexité ni de prédominance du fouet, mais des ailes grandes et plates
- Fig. 5. — Aspect d’un oiseau qui plane lentement : la pointe des ailes est portée en avant (Mouillard).
- Fig. 6. —Aile rameuse d’un faucon (Extrait du « Vol des oiseaux »,
- de Marey).
- Fig. 8. — Aspect d’un oiseau qui glisse rapidement sur l’air. La pointe des ailes est portée en arrière ./(Mouillard).
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- COMMENT VOLENT LES OISEAUX? ..........—......... 21
- pourvues de rémiges extrêmement souples, faible étendue du fouet. La forme de l’aile elle-même est modifiée; l’accroissement de surface est obtenu, non pas en augmentant l’envergure, ce qui serait incommode pour le départ, mais en remplissant l’angle du bout de l’aile qui de pointue devient rectangulaire ; les rémiges augmentent de souplesse afin d’aider, à la façon des petits ressorts d’une voiture, à l’atténuation des remous que subit le corps de l’oiseau.
- Ces observations sont réelles. Bien que nié par beaucoup d’auteurs qui n’avaient jamais été témoins d’un acte de ce genre de vol, le vol à voile est
- thèses basées sur l’utilisation des courants ascendants et sur les variations de vitesse du vent. Il est certain que l’oiseau capte l’énergie qu’il trouve dans les courants d’air ascendants ; mais on a noté aussi bien des vols à voile par vent horizontal ou même descendant ; de sorte que, si la théorie du vent ascendant convient très bien à certains cas, comme aussi celle qui utilise les variations de vitesse et de direction du vent, il reste à trouver une théorie générale qui puisse s’appliquer à tous ces cas divers.
- L’oiseau voilier n’ayant que le secours du vent pour se maintenir dans l’air, doit être organisé pour
- Fig. g. — Une troupe de mouettes ; on peut étudier dans leurs évolutions les diverses phases du mécanisme du- vol.
- aujourd’hui définitivement admis, et personne ne. conteste plus que, chez les gros oiseaux, la propulsion et la sustentation sont obtenues uniquement par la réaction de l’air en mouvement, par le vent lui-même. L’accord cesse lorsqu’il s’agit d.’expliquer le mécanisme du vol à voile et en particulier ce fait paradoxal que l’oiseau peut s’élever et progresser contre le vent.
- Beaucoup d’explications ont été proposées : les unes fantaisistes, d’autres dont la discussion conduit à des déductions absurdes telles que la réalisation du mouvement perpétuel; d’autres encore, vraies peut-être dans certains cas particuliers, ne sauraient convenir à une théorie générale. C’est à cette dernière catégorie qu’appartiennent les hypo-
- utiliser le moindre souflle, le plus faible courant d’air, de quelque direction qu’il provienne. Il faut aussi que son organe soit assez délicat pour s’adapter sans retard aux changements presque toujours très brusques de la direction du vent. Ces résultats sont assurés par la souplesse des ailes elles-mêmes et par celle des rémiges ; l’orientation du plan à l’air devant se modifier en effet, chaque changement de sens de la variation du vent exige, si les ailes n’ont pas une souplesse suffisante, une oscillation du corps et des ailes tout d’une pièce ; c’est ce qui se produit chez les semi-voiliers aux ailes relativement rigides dont le fouet est convexe et prédominant : mouette, hirondelle, etc. Il en résulte, chez ces oiseaux, une sorte de balancement très nettement constaté par
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- LES GAZ LIQUÉFIÉS (L’AIR, L’HÉLIUM)
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- les observateurs. Ce balancement est fort, atténué chez les grands voiliers aux ailes souples : le gauchissement des ailes entre enjeu et comme la masse totale du corps et
- dans les à-coups trop violents. Ce gauchissement automatique est indispensable aux oiseaux qui pratiquent le vol à voile, et ceux qui n’en sont pas
- pourvus, les se-
- des
- Fig. ro. — La cigogne (Ciconia Alba) en vol plané; poids : 4 kg; longueur : i,i5 m.; envergure : 2,36 m. ; surface alaire : 0,7080 cm*.
- ailes exige une bien plus grande énergie pour être déplacée de son équilibre, ce sont les ailes seules qui subissent l’effet des changements de sens du vent.
- Et lorsque les variations de ce vent sont très minimes, les rémiges seules, dont l’indépendance respective en fait comme autant de petites ailes au gauchissement indépendant, reçoivent le souflle d’air et absorbent son énergie.
- Les grands voiliers n’ayant à compter que sur le vent sont forcément construits pour utiliser les plus petits souffles d’air; tout chez eux concourt à ce résultat, depuis la sensibilité des rémiges et la souplesse de l’aile, jusqu’à la faculté d’épanouir l’aile comme un éventail lorsque, voulant s’élever, ils ont besoin d’augmenter leur voilure. Ceci nous explique la différence des attitudes reproduites par les figures 5 et 8, la première correspondant à un vent faible pour l’utilisation duquel il faut mettre toutes voiles dehors, l’autre devenant nécessaire lorsque le vent fraîchit, lorsqu’il faut mettre des ris. Entre ces deux cas extrêmes, il y a une infinité de situations intermédiaires que le gauchissement des rémiges, puis celui des ailes si c’est nécessaire, suffit à régler. Les rémiges constituent, en effet, comme un gauchissement automatique qui assure l’équilibre longitudinal et latéral dans les conditions normales ; le concours de l’aile, puis du corps tout entier, n’intervient que
- MMiW
- Fig. 11. — Le vautour oricou en vol plané.
- mi-voiliers, sont de moins bons volateurs par les grands vents, à moins qu’ils ne disposent leurs ailes en éventail comme l’oiseau de la figure ci-dessouspour donner un peu d’indépendance aux extrémités de leurs rémiges. Mais ce léger défaut ne suffit pas à détruire les qualités brillantes de vol que présentent ces oiseaux ; puissants rameurs, ils sont maîtres de l’air, n’étant pas, comme les grands voiliers à la merci d’un calme plat toujours possible qui les réduirait à l’impuissance.
- En somme, ces derniers ont pris leurs qualités aux deux groupes extrêmes : les rameurs et les voiliers pour les utiliser selon les circonstances. Ce sont donc eux, bien mieux que les voiliers qui pratiquent le vol le plus parfait et l’imitation de l’homme, qui est souvent un critérium, en fait foi actuellement : l’aéroplane, tel qu’il est conçu aujourd’hui, n’est autre chose qu’un semi-voilier avec son hélice propulsive qui lui permet de prendre son essor et de se maintenir dans l’air, avec ses plans sustentateurs gau-chissables et ses gouvernails qui lui apportent la direction et font espérer que le jour n’est pas éloigné où leur fonctionnement automatique autorisera la machine à pratiquer le véritable vol à voile sans le secours d’un moteur quelconque.
- Lucien Fournier.
- LES GAZ LIQUÉFIÉS (L’AIR, L’HÉLIUM)
- Les perfectionnements récents des procédés de production et d’utilisation des gaz liquéfiés ont fait passer ceux-ci au premier rang des matières industrielles. Hier ce n’étaient que des curiosités scienti-
- fiques ; aujourd’hui l’industrie les utilise par milliers de tonnes. Que ceux qui, en 1877, assistèrent aux premières tentatives d’obtention d’air liquide en cherchant vainement l’intérêt pratique de telles
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- ...... -.... = LES GAZ LIQUÉFIÉS
- expériences, lisent ces mots de M. d’Arsonval1 .
- « La liquéfaction industrielle de l’air n’est pas seulement une révolution scientifique ; c’est aussi et surtout une révolution économique et sociale. La préparation de l’oxygène et de l’azote à partir de l’air liquide, voilà le point capital destiné à bouleverser à bref délai l’éclairage, la métallurgie, les industries chimiques, l’hygiène, l’agriculture. »
- Il n’est donc guère permis, à l’heure actuelle, d’ignorer les procédés d’obtention de l’air liquide et, d’une façon générale, les conditions de liquéfaction des gaz. Celles-ci n’ont été précisées qu’après de longues et patientes recherches. Je ne peux guère signaler les différentes étapes historiques ; je me bornerai à rappeler qu’il fallut les sensationnelles expériences effectuées en 1865 par le physicien anglais Andrews pour faire apparaître la notion de point critique et donner en même temps la solution théorique complète du problème de la liquéfaction des gaz.
- Depuis Andrews, on sait que, pour produire, la liquéfaction d’un gaz, il faut le refroidir au-dessous d’une certaine température, caractéristique du gaz et appelée température critique.
- Ainsi, l’acide carbonique a pour température critique -f-51°. Il n’y aura de liquéfaction possible que si l’on porte préalablement ce gaz au-dessous de -f- 51°. C’est très facile et l’expérience montre que la simple application à la température ordinaire (-+-15°) d’une pression de 50 atmosphères suffit pour liquéfier l’acide carbonique.
- Le problème devient plus complexe quand il s’agit de gaz qui, comme l’air, l’oxygène, l’hydrogène,
- 1-190
- Fig. 2. — Détente avec travail extérieur.
- l’hélium, ont des températures critiques très basses. Si l’on songe que la température critique de l’hélium est de —268° et qu’il faut descendre au-dessous de cette température pour obtenir de l’hélium liquide, on ne s’étonnera pas qu’une telle 1. G. Ct.AUDE. Air liquide, oxygène, azote (préface).
- (L’AIR, L’HÉLIUM) -.. 23
- liquéfaction n’ait pu être obtenue que récemment par le professeur Kamerlingh Onnes en son laboratoire de Leyde.
- C’est la liquéfaction de l’air et celle de l’hélium qui vont retenir notre attention dans cet article, l’une à cause de son importance pratique, l’autre comme l’un des plus importants résultats scientifiques obtenus dans ces dernières années.
- La liquéfaction de l’air. — La température critique de l’air est —140°; il faut donc porter l’air au-dessous de — 140°. Nous poumons être assez embarrassés de descendre aussi bas dans l’échelle des températures, si nous n’avions à notre disposition, dans le phénomène de la détente, un moyen d’action extrêmement énergique.
- Détendre un gaz, c’est diminuer sa pression. La
- Fig. 3. — Liquéfaction sous pression.
- détente peut se faire « sans travail extérieur » ou « avec travail extérieur ».
- Le premier mode de détente est employé dans les machines du professeur allemand Linde; le second dans celles de l’ingénieur français Claude. Les deux méthodes, à l’heure actuelle, sont appliquées couramment dans l’industrie sur une échelle équivalente.
- Machine de Linde. — Supposons (fig. 1) deux récipients A et B pouvant communiquer par un conduit C; coupons la communication en fermant le robinet R; envoyons dans A de l’air comprimé; ouvrons maintenant le robinet R ; l’air envahit l’espace B ; sa pression diminue ; on dit qu’il se détend et qn’il se détend sans travail extérieur pour rappeler qu’il n’y a eu aucun travail extérieur produit. En même temps l’air se l’efroidit; le froid, provenant de plusieurs détentes successives, convenablement accumulé et utilisé conduit dans la machine de Linde à la production d’air liquide.
- La détente avec travail extérieur (procédés G. Claude). — Au lieu de laisser l’air comprimé passer du récipient A au récipient B (fig. 1) sans lui donner l’occasion d’un effort, employons-le à pousser le piston d’une machine analogue à une machine à vapeur et fonctionnant sous charge. L’air, se détendant, refoule le piston, fait marcher la machine, donc produit du travail. C’est la détente « avec travail extérieur ». Accumulons le froid pro-
- A T B
- Fig. i.
- Détente sans travail extérieur.
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- LES GAZ LIQUÉFIÉS (L’AIR, L’HÉLIUM)
- venant de plusieurs détentes successives; nous dépasserons le point critique et finalement nous aurons de l’air liquide.
- Imaginons donc la machine suivante : l’air com-
- Fig. 4. — Liquéfaction compound.
- primé arrive par le tuyau A (fig. 2), se détend, dans le cylindre C, de 40 à 1 atmosphère en poussant le piston P de la machine M; l’air distendu et par suite refroidi circule, dans l’échangeur de températures E, à l’intérieur des tuyaux B et cède son froid à l’air comprimé qui arrive en A. Ce qui se détend maintenant, c’est de l’air plus froid qu’au moment de la première détente, etc. La température de l’air détendu, qui sort du cylindre C, baisse déplus en plus. Quand elle atteint —-190° (température de liquéfaction de l’air sous la pression atmosphérique)
- Fig. 5. — Un appareil à air liquide de M. Claude. Celte machine à liquéfaction compound produit 5 litres à l’heure.
- l’air commence à se liquéfier et le liquide s’amassant en D est soutiré par le robinet R.
- L’idée est très simple : mettons-la en pratique. La machine, bien construite, bien graissée, en-
- voyons l’air comprimé; cet air se détend, se refroidit ; tout va bien ; nous obtenons de l’air de plus en plus froid..., hélas! des difficultés surgissent : l’huile de graissage se congèle progressivement, les organes fonctionnent de moins en moins bien ; enfin la machine s’arrête complètement paralysée. Et nous sommes loin de la température de — 190° nécessaire à la liquéfaction. La congélation des lubrifiants, voilà la cause de l’insuccès des multiples tentatives faites jusque vers 1900 pour réaliser pratiquement
- Hydrogène
- liquide
- liquide
- Hélium
- liquide
- - Hyd. liquide J-.Ec
- 4 - Air liquide
- Fig. 6. — Schéma des réfrigérants de l’appareil Kamerlingh Onnes.
- une machine qui semble si bonne théoriquement.
- Vers 1900 M. Claude reconnaît que les éthers de pétrole (essences pour automobiles) résistent aux températures très basses obtenues par l’air liquide ; tout au plus deviennent-ils un peu plus visqueux, d’une consistance sirupeuse comparable à celle des lubrifiants industriels. Ceci fait penser que les éthers de pétrole non lubrifiants à la température ordinaire le deviennent à basse température.
- Mettons donc la machine en route en la graissant d’abord avec de l’huile ordinaire; rendons celle-ci de plus en plus incongelable par l’addition d’une quantité de plus en plus grande d’éther de pétrole, de façon qu’aux basses températures nous ayons uniquement de l’éther de pétrole ; la lubrification
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- LES GAZ.LIQUÉFIES (L’AIR, L’HELIUM) 25
- doit être parfaite à tous les stades de refroidissement.
- M. Claude ne tarde pas à vérifier l’exactitude de ces hypothèses, et, vers le mois de mai 1902, il a la satisfaction.de voir la machine marcher, un mince filet d’air liquide s’échappant par le robinet. .
- Constatation intéressante : une fois que l’air liquide apparaît, il se charge du graissage des différentes parties de la machine, il y a « autolubri-fication » et il devient inutile d’envoyer de l’éther de pétrole. De même, dans une turbine hydraulique, l’eau qui ruisselle sur les jT^. jF
- organes élimine v „ * ' 'Art-J
- tout agent lubri- -g t L
- liant étranger.
- La machine, telle que la représente la figure 2, donne des résultats médiocres (0,2 litre d'air liquide par cheval-heure) ; l’air s’y liquéfie sous la pression atmosphérique, c'est-à-dire à —190°; l’air à —190° qui s’échappe du cylindre de détente et passe dans l’échangeur de températures refroidit vers — 140° l’air comprimé à 40 atmosphères qui vient pour se détendre; or, sous 40 atmosphères, la température de liquéfaction est — 140° ; l’air comprimé est donc amené au voisinage immédiat de la liquéfaction. Ce n’est pas encore un liquide qui arrive au cylindre C, mais ce n’est presque plus un gaz et le travail de détente devient détestable.
- Pour remédier à cet inconvénient, M. Claude a substitué à la liquéfaction spontanée par détente la liquéfaction sous pression (fig. 5). L’air venant de travailler dans le cylindre C est à — 190°; on l’emploie à refroidir dans un appareil L, appelé liqué-facteur, l’air d’une dérivation prise sur le courant d’air froid et comprimé à 40 atmosphères; grâce à cette pression, le gaz de la dérivation se liquéfie, non plus à —190°, mais à —-140°; en outre, l’air
- détendu sort du liquéfacteur après s’être réchauffé jusque vers — 130° et, passant dans l’échangeur de températures E, ne refroidit l’air comprimé que vers —100°. Ce qui se détend c’est de l’air à — 100° et non plus à — 140° comme dans le premier procédé; la détente s’effectue dans de meilleures conditions de rendement. Le rendement dépasse cette fois celui de la machine de Linde en devenant égal à 0,7 1. d’air liquide par cheval-heure.
- On peut aller plus loin; en faisant la détente
- par échelons dans plusieurs cylindres (liquéfaction compound), M. Claude a obtenu un rendement de 0,85 1. par cheval-heure.
- L’air de la première détente (effectuée en C) circule dans le liquéfacteur L, liquéfie une partie de l’air comprime à 40 atmosphères et se réchauffe en même temps; il achève de se détendre dans le cylindre C', circule dans le liquéfacteur U et se rend enfin dans l’échangeur de températures E (fig. 4).
- La figure 5 représente un groupe à air liquide (en montage) de 5 litres à l’heure avec liquéfaction compound1.
- La Société l’Air liquide fabrique sur le principe de la détente avec travail extérieur des machines pouvant donner 20 litres (force motrice 30 chevaux, prix 37 500‘fr.), 50 litres (75 chevaux, 70000 fr.), 400 litres à l’heure (430 chevaux, 100000 fr.).
- Tels sont les principaux progrès réalisés par G. Claude.
- Un litre d’air liquide par cheval-heure, cela fait environ, 9 tonnes par cheval-an. Au voisinage d’une chute d’eau, le prix de revient du cheval-an peut
- Fig. 7. — L'appareil et l'installation qui servirent à liquéfier l'hélium dans le laboratoire de M. Kamerlingh Onnes, a Leyde.
- 1. Extraite de Air liquide, oxygène, azote, par G. Claude.
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- LES GAZ LIQUÉFIÉS (L’AIR, L’HÉLIUM)
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- descendre à 50 francs ce qui donne moins de 6 francs pour prix de la tonne d’air liquide.
- Combien de produits sont aussi peu coûteux? Le charbon, pris sur le carreau de la mine, coûte 20 francs la tonne ; il faut s’adresser à des minerais tout à fait vulgaires pour atteindre d’aussi bas prix.
- Malheureusement, si l’on sait produire économiquement l’air liquide, on ne sait pas le conserver d’une façon pratique. On est obligé de l’employer sur place, ce qui limite singulièrement ses applications.
- Lorsque l’on possédera des récipients, aménagés à la façon des wagons citernes, capables de transporter à bas prix dans les usines, l’air liquide fabriqué au voisinage des chutes d’eau, l’oxygène gazeux, la force motrice, le froid seront obtenus à un prix dérisoire. Quelques résultats ont été obtenus dans cette voie comme nous le verrons dans un prochain article.
- La liquéfaction dé l’hélium. — L’hélium, découvert en 1895 par Ramsay, restait, dès 1898, le seul gaz qu’on n’eût pas encore liquéfié. De nombreuses recherches préliminaires furent entreprises pour fixer approximativement la température critique de ce gaz.
- On ne pouvait, en effet, songer à liquéfier l’hélium que par le procédé Linde, c’est-à-dire accumulation par un échangeur de températures du froid résultant de l’effet Joule-Kelvin (détente sans travail extérieur). Or, la température critique de l’hélium pouvait être assez basse, pour qu’en son voisinage l’effet Joule-Kelvin fût trop faible pour permettre l’obtention d’une quantité notable de liquide dans un appareil déterminé et en un temps donné.
- Ces recherches montrèrent que la température critique était comprise entre —267° et — 268° (ces nombres étaient obtenus par des couples thermoélectriques) ; elle aurait été de 3 ou 4° plus bas, la tentative de liquéfaction de l’hélium n’aurait pu être couronnée dé succès.
- En résumé, premier point acquis : si les recherches préliminaires sont bonnes, et il y a lieu de le penser, les chances de réussite ne sont pas complètement nulles.
- Il ne nous reste plus qu’à refroidir le plus possible de l’hélium comprimé à 100 atmosphères (avec de l’hydrogène liquide nous pouvons aller jusqu’à — 258°), produire la détente, refroidir avec ce gaz détendu, dans l’échangeur de températures la nouvelle quantité d’hélium comprimé qui vient se détendre, etc., et baisser ainsi de plus en plus, jusqu’à la liquéfaction, la température du gaz. C’est évidemment très simple.
- L’appareil construit par M. Kamerlingh Onnes, est représenté figure 6 et figure 7. L'hélium, extrait d’avance des sables à monazite et conservé dans des récipients R0 est envoyé dans un compresseur qui porte sa pression à 100 atmosphères et le lance dans une série de réfrigérants : refroidi en A par des vapeurs d’air liquide, l’hélium abandonne son
- humidité; à la sortie de deux réfrigérants R et C, l’un à vapeur d’hydrogène, l’autre à vapeur d’hélium, le gaz passe en D sur du charbon plongé dans l’air liquide ; ce charbon retient les traces d’air qui auraient pu être introduites. L’hélium est refroidi ensuite successivement en Y-par des vapeurs d’hydrogène liquéfié, en W par de l’hydrogène liquide (provenant du récipient G b et siphoné à l’aide du robinet de réglage P), enfin en X par l’hélium qui vient de se détendre et s’est par suite refroidi. On laisse alors le gaz se détendre au moyen du robinet M.
- A quelque distance au-dessous du robinet d’expansion M, on voit le réservoir en maillechort T/z1 d’un thermomètre à hélium ; ce réservoir est soudé à un capillaire en acier T/ia relié à un réservoir ma-nométrique TA* avec tige TL.
- L’hélium liquide, produit dans le vase Dewar Ea, est protégé du milieu extérieur, qui, pour lui, est une véritable fournaise, par deux enveloppes Dewar Eb et Ec contenant, l’une de l’hydrogène liquide, l’autre de l’air liquide. Un quatrième récipient Ert contient de l’alcool.
- Toute la partie inférieure de ces récipients est transparente (on s’en aperçoit bien sur la figure 6) ; en s’arrangeant pour que l’air et l’hydrogène liquides contenus en Ec et E b soient parfaitement limpides, on peut voir, à travers ces liquides l’hélium condensé dans le récipient En.
- Une mémorable expérience. —J’extrais quelques fragments du rapport1 de M. H. Kamerlingh Onnes, sur l’expérience qui eut lieu le 10 juillet 1908.
- Le 9 juillet, la quantité d’air liquide disponible s’élevait, à 75 litres; tous les appareils furent examinés au point de vue de leur étanchéité.... Le 10 juillet, à 5 h. 5/4 du matin, on commença à préparer l’hydrogène liquide; 20 litres étaient prêts à 1 h. 30.... On commença alors à refroidir et à remplir les réfrigérants....
- A 4 h. 20, l’hélium fut mis en circulation dans le liquéfacteur ; vers 6 h. 1/2 le thermomètre indiquait — 268n ; enfin à 7 h. 30 la surface de l’hélium liquide apparut.
- « Une fois que nous eûmes aperçu la surface, nous ne l’avons plus perdue de vue. Elle se dessinait contre la paroi du verre, fine comme le tranchant d’un couteau.... On pouvait parfaitement comparer entre elles les trois surfaces liquides dans leurs verres respectifs ; la différence entre l’hydrogène et l’hélium était frappante. »
- La température d’ébullition de l’hélium sous la pression atmosphérique fut fixée à — 268°,5 environ ; la plus basse température obtenue dans l’appareil fut de — 270°.
- « A 8 h. 30, le liquide était réduit par évaporation à 10 cm5 environ; à 9 h. 40 il n’en restait plus que 2 cm5. Alors on cessa le travail. Non seulement les appareils avaient été chargés à l’extrême limite pendant l’expérience et sa préparation; mais tous
- 1. Archives néerlandaises des Sciences, 1909.
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- ceux qui m’avaient aidé, avaient donné tout ce qu’ils pouvaient. Sans eux, cet assaut livré à l’hélium n’aurait pas eu ce plein succès. »
- On ne peut pas se rendre compte, en lisant cette courte narration, des difficultés qui ont dû être surmontées. On ne peut, de même, acquérir une idée juste des efforts exigés par de telles expériences du corps et de l’esprit du physicien que lorsqu’on est témoin de la durée inquiétante de la journée de travail, pendant laquelle l’attention doit être portée sur une foule de détails qui ne pourraient être négligés sans faire perdre les fruits d’un labeur de semaines et de mois1.
- Le zéro absolu. — La théorie de Yan der Waals suppose la matière composée de molécules qui se trouvent dans un état de mouvement irrégulier; plus l’énergie de ce mouvement est intense, plus la température est haute; plus l’énergie est faible, plus la température est basse. En prenant pour zéro (zéro absolu), un point situé à 273° au-dessous du point de fusion de la glace; en d’autres termes, en comptant les températures à partir de la division — 275 de l’échelle centigrade, on trouve que la température est proportionnelle à l’énergie cinétique. Donc à — 273°, c’est-à-dire au zéro absolu, l’énergie ciné-
- tique serait nulle, c’est-à-dire les molécules en repos.
- Ainsi, aller au-dessous du zéro absolu n’aurait pas de sens parce qu’il ne pourrait plus y avoir d’abaissement de température dès que tout mouvement serait ôté aux molécules.
- Cette température limite de —-273°, on ne peut, comme pour toutes les limites, que s’en approcher, on ne peut pas l’atteindre. Dans l’expérience sur la liquéfaction de l’hélium, on a obtenu —270°; c’est certainement la plus basse température réalisée jusqu’à présent.
- Si l’on songe que quelques degrés de variations à ces très basses températures (chute de — 265° à — 270° par exemple) peuvent avoir sur la matière autant d’effet qu’une chute de 0° à — 200°, on reconnaîtra l’immense intérêt que peut avoir au point de vue scientifique cette course vers le zéro absolu.
- Déjà divers physiciens se sont rendus spécialement à Leyde profiter de l’admirable outillage scientifique du laboratoire cryogène et étudier, aux très basses températures, des phénomènes qui, comme celui de Zeeman, peuvent nous donner les plus utiles indications sur la constitution de la matière.
- G. Bresch.
- PLUIES NORMALES, PLUIES DILUVIENNES ET INONDATIONS
- L’inondation de Paris en 1910 a tristement rappelé à l’attention publique la nécessité de discipliner les eaux.
- Ses causes et les moyens d’en prévenir le retour ont été étudiés par une Commission spécialement compétente, dont le rapport ramène la défense générale contre les crues de la Seine à l’exécution de
- 222 millions de travaux d’art,
- 422 millions de reboisements.
- Lorsqu’on aura effectué ces travaux, et le chiffre des dépenses prévues n’est pas sans inspirer quelques doutes à cet égard, la source originelle des inondations n’aura pas cessé d’exister.
- Il a trop plu !
- Qu’y faire? dira-t-on; mais l’homme est-il réellement impuissant à régulariser dans une certaine mesure la chute des eaux pluviales? La question mérite d’être examinée.
- Les pluies, dans lesquelles se condense l’eau atmosphérique, sont de nature extrêmement variable, et il convient tout d’abord de les répartir en deux grandes classes :
- Les chutes provenant de nuages animés d’un simple mouvement de translation, qui répandent des pluies normales ; .
- Les chutes provenant de nuages orageux ou de ceux animés d’un mouvement giratoire, qui produisent les pluies diluviennes ;
- Les pluies normales, qui répandent sur le sol quelques millimètres d’eau par jour, sont bienfaisantes ; tous les cours d’eau se prêtent, sans dommage, au débit d’une
- 1. II. A. I iOiiEXTz. Archives néerlandaises des Sciences, 1908.
- quantité d’eau bien supérieure à celle que reçoivent annuellement leurs bassins, quand elle est convenablement répartie entre les mois successifs, et toutes les circonstances qui favorisent leur condensation doivent être considérées comme favorables.
- Les pluies diluviennes, qui se manifestent au pluviomètre par des tranches d’eau atteignant 1 cm par heure et parfois 1 décimètre par jour, sont au contraire une source permanente de dangers, et toutes leurs causes de multiplication ou d’aggravation doivent être considérées comme néfastes.
- La régularisation des pluies normales. —Il y a longtemps que les météorologistes font des observations sur le régime des pluies, et Babinet montrait, à la suite des inondations de 1856, que, quand un grand courant d’air s’est établi dans une direction quelconque, il est souvent ralenti dans sa marche, soit par les aspérités du terrain qui le retardent, soit par les forêts et les plantations au travers desquelles il ne se fraie un passage qu’avec des difficultés et des retards qui se communiquent à la masse entière mobilisée1.
- L’influence que les superficies boisées peuvent avoir sur les pluies a fait, depuis, l’objet d’importantes études de l’Administration des eaux et forêts2. On sait, d’après elles, que la présence des forêts augmente légèrement la pluviosité et entretient les sources.
- L’action humaine peut donc utilement appliquer le
- 1. Babinet. De la pluie cl des inondations, Revue des Deux Mo7tdes, 15 août 1856.
- 2. De Drouin de Bouvili.e. Observations de météorologie forestière faites à la station de recherches de l’École Nationale des eaux et forêts, Bulletin du Ministère de l’Agriculture, 1901, n° 2.
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- reboisement à régulariser le régime des pluies normales et bienfaisantes, dont la réduction entraînerait la transformation désertique sans que leur augmentation puisse créer le moindre danger d’inondation.
- L’atténuation des pluies diluviennes. — Les pluies diluviennes, les seules qui soient une source de dangers, correspondent à l’ensemble des météores giratoires, typhons, tornados, trombes, cyclones ou chapelets de grains, que les météorologistes désignent sous la dénomination générale de bourrasques ou de tourbillons.
- Ces météores tourbillonnaires, qui tiennent une place importante dans les études de la Physique du globe, ont des parcours d’une grande amplitude; ils se forment dans l’air comme dans l’eau, où ils sont faciles à observer près des culées d’un pont, en des points à peu près constants par suite de changements brusques dans la direction des courants, et l’itinéraire général de ceux qui nous intéressent principalement diffère peu du tracé de Gulf-Stream ; pouvant voyager sur terre comme sur mer, ils entrent dans l’Amérique du Nord par le Golfe du Mexique, remontent les vallées du Mississipi et de l’Ohio, en sortant par le Saint-Laurent et traversent l’Atlantique avant d’aborder l’Europe Occidentale.
- Lespiault a signalé en 1883, dans un remarquable mémoire1, l’influence que l’action humaine pouvait exercer sur la force vive de ces tourbillons, que l’on s’était habitué trop facilement à considérer comme échappant à la Science. Ayant constaté dans le climat européen une altération que caractérisaient la fréquence et l’intensité des sécheresses persistantes, des pluies continues, des inondations et des tempêtes2, il l’expliqua par les immenses défrichements de forêts que faisaient alors les Américains; les bourrasques entraînées par le fleuve aérien, ne trouvant plus, sur un sol dépouillé d’arbres, les résistances passives que les grandes forêts américaines opposaient autrefois au mouvement giratoire de leur partie inférieure, perdent moins de leur force vive et poursuivent plus loin leurs effets destructeurs.
- L’idée générale de Lespiault ne pouvait manquer d’être évoquée après l’inondation de Paris ; elle fut développée au cours du dernier hiver dans une conférence de l’Association française pour l’Avancement des Sciences3, et plusieurs observations l’ont confirmée depuis cette époque. L’une est due à M. de Perrodil4, témoin en 1892 des ravages d’une tornade qui, après avoir détruit la moitié d’un village aux environs de Dreux, avait fait dans la forêt une trouée de 75 m. « telle que l’eût pu faire un faucheur à travers un champ de blé même » et s’était définitivement évanouie.
- Une observation analogue a été faite dans la forêt domaniale de Chizé (Charente-Inférieure) où un cyclone s’éteignit après avoir fauché les arbres sur un parcours de quelques kilomètres.
- On est ainsi conduit à penser, d’après le mémoire de Lespiault et les observations recueillies que :
- La forêt atténue les tourbillons.
- Une bande boisée de quelques kilomètres de largeur suffit à l’extinction des tornades et des cyclones.
- Quelle que soit d’ailleurs l’origine des mouvements tourbillonnaires de l’atmosphère, qu’ils proviennent de changements brusques dans la direction des courants aériens, des taches du Soleil ou des variations séculaires de données astronomiques, il semble possible à l’homme de les arrêter, ou tout au moins d’en atténuer les ravages.
- Si l’on réduisait de moitié le parcours de chaque tourbillon, la sécurité générale serait doublée; en réduisant aussi de moitié la vitesse giratoire de la moitié non supprimée de leurs parcours, on doublerait de nouveau cette sécurité, qui se trouverait ainsi quadruplée. L’importance d’un résultat de cet ordre justifie certainement l’examen attentif des moyens susceptibles d’y acheminer.
- Il en résulterait une atténuation du même ordre pour les pluies diluviennes qui provoquent les inondations ; la navigation, l’aéronautique et l’aviation profiteraient, dans une mesure au moins égale, de l’atténuation des tempêtes qui les menacent.
- Le modérateur des tourbillons, c’est le reboisement,
- La forêt est le grand régulateur des eaux : non contente de jouer un rôle important dans le puissant phénomène de leur circulation à la surface et dans l’intérieur du sol, elle augmente les pluies bienfaisantes, atténue les chutes d’eau néfastes et réduit par surcroît la violence des vents.
- Il faut donc reboiser.
- Les reboisements américains atténueront les tourbillons transportés par le fleuve aérien depuis le golfe du Mexique; les reboisements français atténueront ceux que ses changements de direction pourraient faire naître dans son sein pendant la traversée de l’Atlantique.
- Il n’est nul besoin de s’attendre les uns les autres : d’ailleurs l’Amérique a commencé.
- Il a suffi pour cela de l’énergie d’un homme. Pendant les onze ans qu’il est resté à la tête du service forestier des États-Unis, M. Gifford Pinchot, s’inspirant de la science française qu’il avait puisée à l’École Nationale de Nancy, a augmenté les forêts domaniales d’une surface plus grande que la France entière, porté de 13 à 2000 le nombre d’agents chargés de leur gestion, créé des forêts brise-vents, provoqué par des conseils et des concours leur création dans les régions non soumises à sa juridiction, et mis en action l’initiative privée, qui vient de souscrire dix millions pour des reboisements dans l’Etat de New-York.
- Il reste à examiner ce qu’il convient de faire en France pour répondre à cet effort vraiment colossal.
- Paul Descombes.
- Directeur honoraire des Manufactures de l’État.
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- Séance du 28 novembre 1910. — Présidence de M. E. Picard.
- Propriétés des bandes de phosphorescence. — M. Poincaré dépose une Note de M. J. Becquerel sur les bandes de phosphorescence. L’auteur montre qu’on peut
- 1. Lispiatjlt. Des déboisements américains et de leur influence météorologique, Procès-verbaux de la Société des Sciencesphysiqiies et naturelles de Bordeaux, 3 mars 1883. — 2. La Nature a donné la description détaillée des tem-
- réaliser, à basse température, pour certaines bandes de phosphorescence communes au spectre de phosphorescence et au spectre d’absorption, une expérience sem-
- pêtes du 14 octobre et du 28 novembre 1881, citées par Lispiault. — 5. La lutte contre les inondations, Revue scientifique, 28 mai 1910. — 4. Édoüard de Pebrodil. Il faut poursuivre le reboisement. L’Éclair, 16 août 1910.
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- blable à celle du renversement des raies dans les vapeurs incandescentes. Avec un cristal rubis émeraude, le renversement est simultané dans les deux spectres principaux, pour toutes les radiations qui forment une bande; il en résulte qu’il y a proportionnalité entre l’émission et le coefficient d’absorption ; que les particules produisant l’émission par phosphorescence sont identiques à celles qui donnent des bandes d’absorption et que les mouvements vibratoires sont orientés de la même façon dans l’un et l’autre cas.
- Propriétés du ferment bulgare. — M. Maquenne résume un travail de M. G. Effront sur les propriétés du ferment bulgare. Cet organisme, grâce à une diastase qu’il sécrète et que l’on n’a pu encore isoler, possède des propriétés digestives infiniment supérieures à celles de la pepsine et de la trypsine. Sous son influence, toutes les matières albuminoïdes sont détruites avec formation d’ammoniaque. Il y aura lieu de tenir compte de cette particularité dans l’emploi du ferment bulgare en thérapeutique.
- Le rendement des pressoirs. — M. Muntz présente une Note sur le rendement des pressoirs en jus. Comme les fruits contiennent suivant leur état 85 à 96 pour 100 de jus, il ne faut pas juger les pressoirs d’après la quantité de liquide retiré de 100 kg de pommes, mais d’après la quantité de jus obtenu relativement à celle contenue dans les pommes pressées. Les essais ont été faits dans les conditions de la pratique, avec une pression de 5 kg par centimètre carré et une durée de 2 heures. Quand la charge pressée avait une hauteur de 20 cm, on a retiré 66,8 du jus contenu dans les pommes; avec une charge de 70 cm on a retiré 49,5 et avec une charge de 1 m. 20, le rendement s’est abaissé à 38,5 de la totalité du jus existant dans les pommes. Il y a donc un grand intérêt à ne presser que des charges divisées par des claies ou des diaphragmes espacés de 20 cm à 30 cm.
- Sporulation d'une moisissure. — M. Dastre communique un travail de M. Linossier relatif à la cause de la non sporulation d’une moisissure, l’aspergillus niger, dans un bouillon de culture. L’auteur a déjà décrit une matière colorante qu’il a extraite des spores de cette moisissure ; cette matière est tout à fait analogue à l’hé-matine du sang des animaux supérieurs. Si l’aspergillus niger ne peut former de spores dans un bouillon de culture exempt de fer, c’est parce que cet élément entre dans la constitution.
- Les langoustes de la côte orientale d'Afrique. — M. Bouvier rappelle que M. Gruvel a été chargé d’une mission ayant pour objet de rechercher quelle était sur la côte orientale d’Afrique la nature et la distribution des poissons et crustacés comestibles. Il indique la distribution géographique particulièrement intéressante des
- crustacés du genre langouste. 11 existe, du nord au sud, trois espèces de langoustes. D’abord l’espèce ordinaire de nos côtes jusqu’à hauteur de la Mauritanie où elle forme une variété à carapace renflée et disparaît à hauteur du Sénégal. Dès la Mauritanie apparaît une langouste déjà décrite par un naturaliste portugais, sous le nom de langouste royale de grande taille et de belle couleur que l’on trouve ensuite en abondance tout le long de la côte jusqu’à l’Angola. Elle est alors remplacée par la langouste du Cap qui est très abondante au Cap où elle est exploitée pour les conserves.
- Dégradation biologique des hydrates de carbone. — M. Schlœsing fils résume un travail de M. Fernbach sur la dégradation biologique des hydrates de carbone. Avec des macérations du tyrothrix tenuis déjà étudié par M. Duclaux comme ferment des matières albuminoïdes, ou mieux avec la poudre des microbes eux-mèmes tués par un mélange d’acétone et d’alcool, il est arrivé à dégrader l’amidon en passant par les termes maltose et dextrose jusqu’au terme dioxyacétone, c’est-à-dire à réaliser pour la première fois le dédoublement des hexoses en trioses par action diastasique. Le tyrothrix tenuis produit encore des oxydases capables d’oxyder les polyphénols, comme le fait la laccase. Enfin ce qui estB plus important et nouveau, ses macérations sont capables d’oxyder lentement la glycérine. Cette oxydation est bien plus active avec les cultures des microbes et a fourni aux dépens de la glycérine assez de dioxyacétone pour que cette substance pùt être isolée à l’état cristallin. M. Fernbach a également observé la transformation de la sorbite en sorbose. Cette bactérie peut encore pousser son action de dégradation plus loin. Les faits qui précèdent sont importants pour la connaissance du mécanisme de la fermentation alcoolique. Les recherches récentes de M. E. Buchner conduisent à supposer que les trioses sont des produits intermédiaires entre les heixoses et l’alcool. Si cette hypothèse est exacte, la dégradation du sucre par la levure doit se faire par un mécanisme comparable à celui que le tyrothrix tenuis met en œuvre.
- Les fleurs cleistogames. — M. G. Bonnier dépose une Note de M. Marin Molliard relative à des expériences sur des fleurs cleistogames, c’est-à-dire sur les fleurs qui ne s’ouvrent pas. L’auteur en cultivant du mouron dans les conditions de lumières où la plante ne donne que des fleurs ne s’ouvrant jamais, a réussi à lui faire porter des fleurs épanouies en le nourrissant avec une solution minérale additionnée de glucose. Le sucre absorbé par le végétal produit donc ici le même effet que la lumière.
- Élections. — M. Lorentz de Leyde est élu associé étranger en remplacement de M. Schiaparclli. Lord Avebury (sir John Lubbock) de Londres est élu correspondant de la section d’anatomie et zoologie en remplacement de M. Ray Lankester.
- Séance du 5 décembre 1910. -
- Les phénomènes glaciaires du Forez. — M. Pierre Termier présente unev Note de M. Ph. Glangeaud sur les phénomènes glaciaires dans les monts du Forez. Ces phénomènes sont de deux ordres. Les formes des cirques élevés situés immédiatement au-dessous de la pénéplaine supérieure font songer invinciblement aux auges des hautes vallées alpines et l’on distingue deux systèmes d’auges emboîtées les unes dans les autres, dont les mé-
- Présidence de M. E. Picard.
- plats sont séparés par de fortes pentes raides garnies de forêts. De plus, on observe çà et là, dans les vallées issues des cirques, des moraines non douteuses à cailloux striés. L’existence des glaciers dans le Forez à une certaine époque est ainsi démontrée d’une façon irréfutable. Il semble qu’il y ait eu tout au début deux glaciations, l’une au pliocène supérieur, l’autre au pléistocène moyen. Cette conclusion est analogue à celle de MM. Fabre
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- et Boule au sujet du Cézallier et de TAubrac. Il est probable que, dans le Massif Central, tous les massifs dont l’altitude est supérieure à 1400 m. ont été à ces deux époques le siège de phénomènes glaciaires.
- Action des radiations ultra-violettes sur l'eau. — M. Lippmann présente ensuite une Note de M. Tian relative à l’action des radiations ultra-violettes sur l’eau. On sait que ces radiations décomposent l’eau oxygénée ; mais, d’autre part, on sait qu’elles provoquent la formation d’eau oxygénée dans l’eau pure. L’auteur explique que la formation et la destruction de l’eau oxygénée ne sont pas dues aux memes radiations. Toutes deux coexistent dans les radiations ultra-violettes. Si l’on arrête les rayons les plus réfrangibles en interposant sur leur trajet une couche d’air suffisamment épaisse, il ne passe plus que les rayons de formation.
- Télégraphie sans fil. — M. Carpentier résume une Note de M. le professeur Glatzel, de Berlin, sur les excitations par chocs en télégraphie sans fil.
- Explication de l’effet liypotensifde courants de haute fréquence. — M. d’Arsonval analyse un travail de M. Lemoine, professeur à la Faculté de Lille, sur les effets physiologiques de la cholestérine. Si on injecte dans le sang, des substances à base de cholestérine, on élève la tension artérielle. M. Lemoine s’est posé la question : dans l’artério-sclérose la cholestérine joue-t-elle un rôle? Il a constaté que les plaques d’athéromes contiennent des substances à base de cholestérine. Une artère athéromateuse renferme ainsi une quantité considérable de cholestérine. L’auteur observe que l’action des courants de haute fréquence favorise l’élimination des sels à base de cholestérine par les voies urinaires. Par suite, ces courants doivent produire un effet hypotensif. C’est bien ce que l’on constate. Ainsi s’expliquerait l’action hypo-tensive des courants de haute fréquence dans l’artériosclérose.
- Circulation souterraine des eaux. — M. Martel adresse un travail sur la désobstruction artificielle des abîmes.
- La stratification de la glace des glaciers. —M. Barrois présente une Note de MM. C. J. M. Bernard et Mougin, inspecteurs des eaux et forêts, sur la stratification des nevés et de la glace dans les régions élevées des bassins d’alimentation des glaciers. Leurs recherches ont porté sur les glaciers de Tète Rousse et de la Griaz au cours de la dernière période de décrue. Us ont à cette occasion fait creuser de grandes tranchées dans les parties élevées et ont pu ainsi constater que si les couches supérieures sont parallèles à la surface, les couches profondes sont
- très inclinées. MM. Bernard et Mougin, s’appuyant sur leurs observations, en tirent l’explication des stratifications de la glace dans les parties élevées des bassins d’alimentation des glaciers.
- Passage de l’électricité par contact. — M. Lippmann expose que le passage de l’électricité à travers deux métaux en contact ne se produit bien que si l’on dispose d’une pression forte, de telle sorte qu’il est certaines expériences dans lesquelles, faute de disposer d’une pression importante, le passage de l’électricité ne se fait pas. M. Lippmann explique que Ton peut obtenir un bon contact en mettant entre les deux surfaces une feuille de papier mouillée d’une solution aqueuse de chlorure de calcium. Il a encore obtenu un bon contact en mettant en présence l’argent avec l’argent amalgamé.
- La vallée de la Moulouya. —- M. P. Termier analyse ensuite un Mémoire de M. Louis Gentil sur le cours inférieur de la Moulouya. Ce géologue montre le rattachement des chaînes marocaines à celles de l’Algérie. Il considère que l’Atlas se sépare en deux chaînes dans Test de l’Algérie, pour donner naissance d’abord à la chaîne littorale très plissée du Tell, laquelle se poursuit au Maroc par le moyen Atlas, puis la chaîne saharienne de structure beaucoup plus simple qui se continue dans Textrême-sud oranais par le haut Atlas, lequel, par une nouvelle direction de ses plis, donne, à partir du Djebel Seroua, naissance au moyen Atlas. C’est ainsi que le massif des Beni-Snassen appartiendrait au moyen Atlas, tandis que le Rif commencerait plus à l’ouest et formerait avec la cordillère bétique un système montagneux tout différent. Le Rif n’appartiendrait pas à l’Atlas. L’auteur distingue dans le cours de la Moulouya trois parties. Les deux parties inférieures sont seules connues; elles sont séparées par des gorges profondes entaillées entre les Beni-Snassen et les Beni-bou-Yahi. Le fleuve a creusé son ht à la faveur de failles dans la dépression synclinale qui sépare ces deux grandes tribus, puis il serpente dans une vaste plaine tertiaire (Trifa) pour aller se jeter à la mer en formant un delta. Dé ce fait, la construction d’un port serait impossible entre le cap de l’Eau et Port-Say, car il serait vite ensablé. Des appontements sont seuls réalisables. M. Gentil entrevoit aussi la construction, difficile, d’un barrage des gorges de la Moulouya, pour la force motrice et l’irrigation. Il croit également possible d’atteindre entre Berkane et Martimprey une nappe artésienne qui pourrait alimenter la riche plaine de Trifa.
- Élection. — M. Lecornu est .élu membre de la section de mécanique en remplacement de M. Maurice Lévy. Cn. de Yilledeuil.
- LA LUMIÈRE MOORE
- Un nouveau procédé d’éclairage par l’électricité vient d’être installé à Paris : le magasin des Galeries Lafayette inaugure dans la pratique la « lumière froide de Moore », connue déjà depuis une quinzaine d’années dans les laboratoires. Un petit nombre d’installations fonctionnent déjà en Amérique et en Europe parmi lesquelles on peut citer : l’hôtel central des postes de New-York, le vestibule de Madison Square à New-York et celui du palais de glace de Berlin.
- Un long tube de Geissler, pouvant atteindre jusqu’à 50 m., cylindre de verre de 44 mm de diamètre et d’environ 1,5 mm d’épaisseur, court au plafond de la pièce qu’on désire éclairer; les deux électrodes, cylindres creux en graphite de 18 à 25 cm de longueur, sont connectées au secondaire d’un transformateur à haute tension. La tension nécessaire croît avec la longueur du tube sans lui être heureusement proportionnelle; ainsi il faut,
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- LA LUMIÈRE MOORE
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- par exemple, environ 5500 volts pour 6 m. de tube et seulement 12000 volts pour 60 m. Par mesure de securité, le transformateur et les extrémités du tube sont enfermés dans une boite grillagée enfer.
- L’aspect général de l’installation parisienne est le suivant : le tube suit le contour du plafond rectangulaire auquel il est suspendu ; un des côtés du rectangle. est , ouvert et les deux extrémités du tube, après un coude à angle droit, pénètrent dans la boîte du transformateur. On aperçoit les extrémités des électrodes de graphite portées au rouge pourpre; au voisinage de ces électrodes le tube est d’une belle couleur orange, puis il prend une coloration rose uniforme à contours imprécis, le tube semble rempli d’une matière floconneuse ; au voisinage seulement des électrodes on remarque des strates.
- Gomme on le sait, le vide des tubes de Geissler augmente quand ces tubes sont en service pendant un certain temps; on dit qu’ils deviennent durs, et ce durcissement se produit après un temps assez court. Lorsqu’il s’agit de tubes possédant un vide très élevé comme les ampoules de Rœntgen, une augmentation du degré de vide produit une diminution de la conductance; ainsi une ampoule exige, pour être traversée par la décharge électrique, des potentiels plus élevés quand elle est usagée que quand elle est neuve. Dans le cas des tubes de Moore où la pression est voisine de 0,1 mm, une augmentation du degré de vide commence, au contraire, par produire une augmentation de la conductance qui se traduit par un accroissement de l’intensité du courant à travers le tube.
- 11 était indispensable, pour conserver aux tubes un régime constant, de trouver un système automatique qui permette des rentrées de gaz, de manière à maintenir constante la pression intérieure.
- La soupape automatique qui remplit ce but est une merveille d’ingéniosité et de sensibilité, elle fonctionne pour des variations de pression de l’ordre du 1/10000 de la pression atmosphérique. Nous empruntons sa description à la Revue Électrique du 15 juin 1910. Par le tube de verre R (fig. 1) pénètre le gaz analogue à celui existant dans le tube luminescent. A la partie inférieure de R est soudé un noyau conique de charbon poreux K noyé sous le mercure Q sur lequel flotte un autre tube de verre pourvu de deux accessoires : un trou L qui permet au gaz aspiré en R d’arriver au charbon K et un noyau À constitué par un faisceau de fds de fer et logé dans le haut du tube. On remarque autour de R les spires d’un solénoïde S traversé constamment par le courant primaire alternatif pris aux bornes Kt, K2.
- Si, par suite du fonctionnement, la raréfaction est poussée trop loin, la conductivité du tube Moore devient trop grande; le courant augmente dans le tube et dans le solénoïde, de sorte que le noyau À se trouve soulevé ; son ascension fait baisser le niveau du mercure Q qui découvre plus ou moins la pointe
- du charbon K. Quand la pression est remontée, le courant diminue dans le solénoïde qui laisse retomber son noyau ; le mercure recouvre de nouveau le charbon et l’accès du gaz est arrêté. Le tube respire ainsi du moins deux fois par minute.
- Le gaz admis par la valve se partage entre les deux branches du tube V soudé très près des électrodes aux extrémités du tube éclairant. Pour empêcher les décharges par ce trajet, on crée une résistance en garnissant les deux jambes du tube en Y de sable maintenu par deux bouchons.
- La couleur de la lumière émise par le tube dépend de la nature du gaz qui le remplit ; on utilise généralement, soit le gaz carbonique qui donne une lumière très blanche, indispensable quand on désire conserver aux objets leurs colorations exactes pour
- E A J
- Fig. i. — Soupape Moore. — T, transformateur
- D, Bobine de réactance; E, électrodes; S, solénoïde; \ A, Noyau en fil de fer.
- l'échantillonnage des soieries par exemple ; soit l’azote dont la coloration est jaune orangé, mais qui donne un rendement lumineux supérieur à celui du gaz carbonique.
- Dans le premier cas, le tube respire du gaz carbonique produit par l’action de l’acide chlorhydrique sur du carbonate de calcium et desséché par son passage sur du chlorure de calcium; dans le second cas, il respire de l’azote produit par le passage d’air sur un bâton de phosphore. La définition de l’intensité lumineuse d’un tube Moore est délicate, sa comparaison avec les étalons ordinaires qui sont des sources ponctuelles étant très difficile. On a défini l’intensité d’un tube Moore par la quantité de lumière visible émise par une tranche de 1 cm de largeur, normale à l’axe. Un tube Moore émet dans les conditions normales environ 50 bougies internationales par mètre courant.
- Quant à la consommation spécifique, elle diminue un peu quand la longueur du tube augmente; pour
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- un tube de 57,5 mètres, l’intensité lumineuse était de 51,4 bougies par mètre et la puissance électrique dépensée correspondante de 87,6 watts, ce qui équivaut à une consommation spécifique de 1,69 watt par bougie, cette consommation s’abaisse à 1,49 watt si on ne tient pas compte des pertes dans le transformateur, le solénoïde, le noyau et la bobine de réactance qu’il est toujours indispensable de monter en série avec le tube. Considéré ainsi, l’éclairage Moore est un éclairage peu économique ; la conclusion est très différente si on envisage la question comme l’a fait M. le professeur Welding, de l’Uni-
- montré un très gros avantage en faveur de son procédé.
- L’entretien du tube serait en outre presque nul ; après plusieurs milliers d’heures, les tubes ne présenteraient aucun noircissement sensible; les frais de remplacement des produits chimiques destinés à donner des gaz purs aux soupapes sont insignifiants. L’installation est en revanche un peu compliquée : les tubes sont formés de tronçons d’environ 2,60 m. de longueur, un tube de 50 m. exige dès lors 12 soudures ; l’ensemble est suspendu de manière à permettre la dilatation des tubes de verre; le vide est
- L’éclairage d’un grand magasin à Paris par la lumière Moore.
- versité de Charlottenbourg. Il plaçait au plafond d’une salle un tube de Moore et des lampes à incandescence au tantale de chacune 45 bougies et d’une consommation totale égale à celle du tube ; on les disposait de manière à réaliser sur le plancher un éclairement aussi uniforme que possible.
- On constata, que dans ces conditions, l’éclairement moyen donné par le tube Moore était supérieur à celui donné par les lampes à incandescence et qu’en outre la différence entre les régions d’éclairement maximum et les régions d’éclairement minimum était beaucoup moins grande dans le cas de la lumière Moore. Des expériences analogues, faites par Moore avec des arcs en vase clos et des lampes Nernst, ont
- fait sur place à l’aide d’une pompe à huile rotative spéciale et demande un temps assez long, une vingtaine d’heures.
- Quoi qu’il en soit, la lumière Moore est aujourd’hui arrivée au stade des applications pratiques ; son emploi paraît cependant limité aux éclairages de luxe où elle n’a la concurrence d’aucun procédé analogue ; elle ne semble pas assez économique comme éclairage industriel malgré son surnom un peu usurpé de lumière froide, quelques centièmes à peine, en effet, de l’énergie électrique dépensée dans le tube sont transformés en radiations visibles, les autres sont encore dissipés sous forme de chaleur. Maurice Leulanc fils.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LE SPECTRE DU BROCKEN
- LA NATURE. — N° 1960.
- 17 DÉCEMBRE 1910.
- Le phénomène des Couronnes antisolaires, qui apparaissent dans certaines circonstances au lever ou au coucher du soleil, et connu également sous le nom de spectre du Brocken, cercle d'Ulloa, etc., surpasse tout ce que l’imagination peut rêver de plus féerique, et cause à ceux qui en sont les témoins, une émotion indéfinissable.
- Il paraît avoir été observé pour la première fois en 1744, par Bouguer et la Condamine, pendant leur .séjour au Pérou, sur le sommet du Pamba-marca.
- « Un nuage dans lequel nous étions plongés et
- Depuis celte époque, le spectre du Brocken a été souvent signalé dans les observations en montagnes. Kaëmtz l’a observé sur le Righi et leFaulhorn; Sco-resby dans les régions polaires; Ramond dans les Pyrénées; de Saussure sur le Mont-Blanc; Boussin-gaull dans les Cordillères ; Tyndall sur le Finste-raarhorn; Mascart sur le Pilate; Brunhes et David au sommet du Puy de Dôme. Ces derniers ont noté à différentes reprises jusqu’à quatre couronnes, sans compter l’auréole centrale blanc jaunâtre, et ils ont pu effectuer quelques déterminations de leurs diamètres1.
- Photographie du spectre du Brocken prise au Pic du Midi par M. Th. Moureaux.
- qui se dissipa, nous laissa voir le soleil qui se levait et qui était très éclatant; le nuage passa de l’autre côté; il n’était pas à trente pas, lorsque chacun de nous vit son ombre projetée dessus et ne voyait que la sienne, parce que le nuage n’offrait pas une surface unie. Le peu de distance permettait de distinguer toutes les parties de l’ombre : on voyait les bras, les jambes, la tête; mais, ce qui nous étonna, c’est que cette dernière partie était ornée d’une gloire ou auréole formée de trois ou quatre petites couronnes concentriques d’une couleur très vive, chacune avec les mêmes A'ariélés que le premier arc-en-ciel, le rouge étant en dehors... ; enfin, aune grande distance, nous voyions un grand cercle blanc qui environnait le tout. C’est comme un spectacle d’apothéose pour chaque spectateur1 ».
- 1. Bouguer. Histoire de VAcadémie pour 1744, p. 264.
- 3$* année. — Ier semestre.
- G. Tissandier, C. Flammarion, J. Glaishcr, W. de Fonvielle ont été témoins du même phénomène dans leurs ascensions aérostatiques, lorsque l’ombre du ballon est projetée par le soleil sur un nuage. .
- : Le 8 août 1895, M. Th. Moureaux a eu la bonne fortune de pouvoir photographier le « spectre du Brocken » de la terrasse de l’Observaloire du Pic du Midi2. Nous reproduisons ci-dessus l’épreuve ;qù’il nous a obligeamment communiquée. On y distingue, au centre d’une couronne, la silhouette de l’opérateur tenant à la hauteur des yeux l’appareil photographique. Sur le sommet du Pic, et dans toute la région de l’Ouest, l’atmosphcre était parsemée de cumulus isolés, et, par instants, dans les éclaircies, le soleil brillait de tout son éclat, tandis que des
- •1. Brunhes. Revue d'Auvergne, scpt.-oct. 1901. .
- 2. Bulletin de la Société astronomique de France, 1907,
- 5. — 33
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- 34 .......•..... =rr LE SPECTRE
- vapeurs épaisses s’élevaient le long des pentes nord du ravin d’Arize; la température était de + 5°. C’est en se plaçant sur le trajet des rayons solaires frappant les vapeurs ascendantes, en un point où ces vapeurs étaient encore au-dessous de l’horizon de la terrasse, que l’observateur vit apparaître le phénomène à la surface du brouillard. C’est la première fois, à notre connaissance, que le « spectre de Broeken » a été fixé par la photographie. Dans les montagnes, le phénomène est en somme fréquent, quand le spectateur se trouve intercalé entre le soleil brillant et un nuage ou brouillard.
- À quel jeu de lumière sont dues les couronnes and solaires?
- Bouguer et Scoresby ont émis l’opinion qu’elles résultent du passage de la lumière à travers des particules glacées. La présence des aiguilles de glace est en réalité tout à fait accidentelle, car de nombreuses observations relatent la production des couronnes à une température incompatible avec l’existence de la glace.
- Elles peuvent s’expliquer simplement par le phénomène inverse de celui qui produit les couronnes directes que l’on aperçoit autour du soleil et de la lune; elles sont dues à des rayons lumineux réfléchis et diffractés par des gouttelettes du nuage.
- Le grand cercle blanc de Bouguer, désigné quelquefois sous le nom de cercle d’Ulloa, a été aperçu à différentes reprises. M. E.-À. Martel a eu l’occasion de l’observer magnifiquement dans les Alpes autrichiennes1, le 20 août 1882, au pied du Gross-Glockner, à 3500 m. d’altitude.
- « A 6 h. 40 m. j’étais debout sur la crête du rocher, tournant le dos au Gross Yenediger : un opaque rideau de nuages, interposé entre moi et l’Orient, balayait la surface doucement inclinée du glacier de Pasterze à 1200 m. sous mes pieds; depuis quelques instants le couchant s’éclaircissait; soudain le soleil éclata dans une vaste trouée bleue : au même moment se dessina sur l’écran de brouillard qui planait dans le gouffre, une ombre immense, entourée d’abord d’un vif arc-en-ciel parfaitement rond, puis d’un deuxième, concentrique et beaucoup plus grand; stupéfait, je fis de la main signe au guide, l’ombre agita le bras comme moi ; c’était le spectre de Broeken. J’avoue que l’étrangeté du fantôme fit sur moi une impression presque effrayante : je me voyais et me sentais suspendu au-dessus des crevasses qui baillaient au fond du précipice. La vision dura 20 minutes, passagèrement effacée à quatre reprises par une légère fumée de brume traversant le disque enflammé du soleil ; la troisième des cinq apparitions fut la plus étonnante : un troisième cercle immense et tout blanc se forma autour des deux autres, sa courbe inférieure semblait effleurer le Pasterze et sa courbe supérieure toucher au zénith. Groupés ensemble, mes deux guides et
- 1. E.-À. Martel. Alpes autrichiennes p. 17, Annuaire du Club alpin français pour 1882.
- DU BROCKEN ...................... ..:
- moi, nous pûmes apercevoir à la fois les contours de nos trois têtes, mais chacun ne voyait bien nette et distincte que sa propre ombre trois ou quatre fois plus grande que lui et répétant exactement le moindre de ses mouvements. » Le même auteur l’a observé en ballon (comme tous les aéronautes) et à 1500 m. d’altitude, dans les Pyrénées sur une petite nuée remontant, sous ses pieds, un étroit ravin du Gourzy, au pied du Pic de Ger, au-dessus des Eaux-Bonnes (25 août 1908).
- Bravais1 attribue le cercle d’Ulloa aux réflexions et réfractions dans les gouttes vésiculaires qui constitueraient le nuage. J’ai indiqué que la formation et la permanence de semblables gouttes est invraisemblable2. Ce cercle est un véritable arc-en-ciel5. La disparition des couleurs tient en partie à l’existence simultanée de gouttes de dimensions très différentes, mais surtout à l’extension progressive des franges colorées à mesure que le diamètre des gouttes diminue. Dans ce cas, les intensités relatives des différentes couleurs conservent une valeur à peu près constante sur la frange principale et il en résulte un achromatisme d'intensité qui rapproche du blanc la couleur de l’arc lumineux.
- La grandeur de l’ombre, signalée comme exceptionnelle dans beaucoup de récits, tient vraisemblablement à cette circonstance que la surface d’un nuage est loin d’être plane et que l’image se projette sur des régions inégalement éloignées. Bien que l’ombre, rapporte le Dr Balzer, parût être de grandeur naturelle, les bras et les jambes semblaient gigantesques lorsqu’on les agitait et on les apercevait projetés sur un nuage plus rapproché que celui sur lequel se voyait le restant de l’ombre.
- Il ne serait peut-être pas nécessaire, pour étudier ces faits curieux, de s’élever au-dessus des nuées. L’observation faite il y a une vingtaine d’années environ, à Uccle, par M. Lancaster, ne paraît pas, en effet impossible à répéter. Dans la nuit du 30 au 31 juillet 1892, assez tard dans la soirée, un brouillard épais avait envahi la Belgique entière. Vers une heure du matin, s’approchant d’une fenêtre ouverte située dans une chambre du second étage de son habitation, M. Lancaster remarqua sur le ciel une assez grande et vive lueur blanche qu’il attribua au reflet de la lumière d’une lampe posée sur la cheminée. Ayant déplacé la lampe et s’étant de nouveau approché de la fenêtre, il aperçut son ombre se profiler sur la plage lumineuse en reproduisant tous ses mouvements. C’était le phénomène du spectre du Broeken. Le brouillard, extrêmement épais à ce moment, constituait un véritable écran, une sorte de muraille sur laquelle l’ombre venait se projeter.
- Il serait intéressant de rechercher s’il est possible de renouveler l’expérience précédente par tout brouillard intense ou bien, s’il faut, pour qu’elle soit re'a-
- 1. A. Bravais. Journal de l'École Polytechnique, l. XYlli, p. 97 ; 1845.
- 2. J. Loisel. La Nature, numéro du 29 mai 1909.
- 5. Signalé déjà par Mariotte, Œuvres, l. I, p. 267.
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- LES V1NERIES INDUSTRIELLES--- 35
- lisable, un brouillard présentant quelques indications spéciales.
- Le Brocken, point culminant du massif montagneux du Hartz, a été aux temps historiques le théâtre du Merveilleux. Les Saxons y célébraient leur culte idolâtre. On y voit encore des blocs de granit désignés sous le nom de siège et à'autel de la sorcière ; une source d’eau limpide est dénommée fontaine de la sorcière, et l’anémone du Broken est la fleur de la sorcière.
- La tradition rapporte que les Saxons croyaient voir dans cette apparition un génie qui se promenait au lever du soleil sur les sommets du Hartz. Ce sont
- les observations de Gersdorf sur le Brocken qui ont fait donner au phénomène le nom de spectre du Brocken1.
- L’auréole dont les peintres et les sculpteurs ont. coutume de ceindre la tête des saints, n’est peut-être pas qu’un symbole mystique. Prêchant, au petit jour, sur la montagne, le dos tourné au soleil levant de façon à voir leurs auditeurs, les apôtres ont pu avoir la tête entourée d’une auréole lumineuse et cette apparition aura certainement frappé l’esprit de leurs adeptes.
- Aujourd’hui la science a dépouillé le phénomène de son origine surnaturelle. J. Loisel.
- LES VINERIES INDUSTRIELLES
- Malgré les préjugés que l’on peut avoir contre l’industrialisation de la préparation des matières alimentaires, cette transformation des anciens arts fait chaque jour de nouveaux progrès.
- En vinification par exemple, immédiatement après les mémorables travaux de Pasteur et de ses émules, on vit les maîtres de chais se munir d’appareils spéciaux pour refroidir les moûts, échauffer, « pasteuriser » les vins ; ils employèrent des levures sélectionnées de grands crus, des antiseptiques de toutes sortes. Il y eut, il y a encore évidemment là des abus, provenant surtout de ce que le plus souvent on sait mal mettre en œuvre ces derniers moyens, qu’on les emploie à dessein dans le but d’utiliser des vins médiocres ou de frauder. Mais cela ne doit pas faire naître d’injustes préventions contre les divers traitements « artificiels » du vin, qui n’ont d’autre but que de régulariser, d’améliorer la marche des phénomènes naturels. D’ailleurs, les divers agents répondent si bien à un impérieux besoin qu’ils sont toujours plus ou moins employés par tous les vinificateurs. Et ce sont parfois de très grands savants, tels que Pasteur, qui imaginèrent de traiter ainsi les vins.
- Conséquence de tout ceci : la fabrication du vin devient de plus en plus une véritable industrie, tant par la nécessité d’employer un appareillage compliqué et dispendieux que par celle d’opérer rationnellement selon les indications du technicien. Il n’est pas jusqu’aux services du Ministère de l’Agriculture qui ne favorisent inconsciemment cette évolution. Tous les six mois paraissent des ordonnances relatives à la teneur maximum des vins en fluor, en sulfites, etc., les petits vignerons sont généralement bien incapables d’y rien comprendre. Ces instructions s’adressent à des chimistes.
- Toutefois les traitements employés dans les chais les plus importants ne différaient pas jusque maintenant en principe de ceux qu’on pouvait appliquer avec des appareils plus petits et quelques variantes, dans les petits pressoirs villageois. Il n’en est pas de même d’un procédé tout à fait nouveau de vinification^ tous points de vue exclusivement «industriel»,
- et qui, appliqué cette année et pratiqué avec succès, semble devoir, tout au moins dans certaines régions, être le début d’une évolution nette et bien marquée des procédés millénaires de la préparation du vin.
- Dès 1907, année de prise des brevets, M. Barbet, alors président de la Société des ingénieurs civils, fit plusieurs conférences, publia les résultats de nombreux essais de laboratoire, pour préconiser le nouveau mode de travail. Mais le procédé différait tellement des méthodes jusqu’alors usitées, la réalisation devait entraîner un tel bouleversement de tous les usages qu’il ne fut adopté nulle part. L’inventeur dut faire construire à ses frais une « vinc-rie » industrielle chez un propriétaire qui consentit à en essayer la valeur. C’est cette usine, située à Misserghin, en Algérie, dont nous décrirons l’installation et le fonctionnement, d’après le rapport du professeur départemental d’Agriculture à Oran, rapport rédigé récemment après visite de la vinerie qui fonctionne normalement depuis les vendanges dernières de 1909.
- En principe, le procédé Barbet consiste à sulfiter le moût, ou jus de raisin non fermenté, de façon à empêcher tout développement des levures et microbes divers. Ainsi préparés après les vendanges, les moûts sont conservés tels quels, puis au fur et à mesure des besoins et au cours de toute l’année, envoyés à l’usine, à la « vinerie », où on procède à. la désulfitation, par le simple barbotage méthodique d’un courant d’air. On a ainsi un liquide identique à celui qui sort des pressoirs après la vendange : on le fait fermenter en employant des levains purs de levures sélectionnées.
- La sulfitation des jus se fait sitôt la vendange, de façon à éviter tout début de fermentation spontanée,) à l’aide d’acide sulfureux liquide, que les vignerons' sont maintenant habitués à employer et qui offrit l’avantage d’être bon marché et surtout de pouvoir? ensuite être enlevé intégralement. Pour faire le vin: blanc, on presse de suite les raisins et on n’ajoute l’acide sulfureux qu’au jus recueilli ; dans la vinilD;
- 1. W. A. Lamjpadius. Systematischer Grundriss der Àt?nos* pharologie, § 87 ; Freyberg, 1806. , _ ’i
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- LES VINER1ES INDUSTRIELLES
- cation en rouge, au contraire, l’antiseptique est ajouté avant pressage. Sous l’influence de la macé-
- Fig. Vue extérieure de la vinerie de Misserghin.
- ration, la matière colorante des rafles se dissout beaucoup plus parfaitement qu’au cours de la fermentation, quoique ce soit à l’état de combinaison sulfitée incolore. Et sitôt privés du gaz sulfureux dissous, les moûts faiblement colorés deviennent d’une nuance rouge vive et très pure. La dose d’anhydride sulfureux employée doit être de 100 gr. environ par hectolitre, ce qui correspond à une dépense de 0 fr. 15 à 0 fr. 20.
- Quand on désire transformer en vin le moût pouvant ainsi être conservé indéfiniment, on le porte à la « vinerie »
- (fig. 1) où il est soumis d’abord à une désulfitation, ensuite et éventuellement à une concentration, puis finalement à la fermentation.
- Les moûts sucrés sont d’abord introduits dans un bac (A, fig. 2) à la partie inférieure duquel une cloche régularisant l’alimentation les conduit dans un réchauffeur à serpentin (C). Le jus chauffé à 7 0° C. environ, ce qui facilite le départ des gaz sulfureux lors du barbotage ultérieur, passe en haut d’une colonne à désulfiter (B).
- Cette colonne est composée de plateaux cylindriques en grès dont le fond porte plusieurs trous circulaires de quelques centimètres de diamètre; au-dessus de ces ouvertures sont scellées de petites calottes de porcelaine perforées de trous rectangulaires. En haut et en bas se trouvent des éléments annulaires. libres formant réservoirs. La partie supérieure communique par l’intermédiaire du condenseur barométrique E avec la machine pneumatique G. L’air, chargé de vapeur humide et sulfureuse,
- est ainsi aspiré en E où il subit l’action d’une pluie d’eau froide condensant la vapeur. Le mélange d’air et de gaz sulfureux est éliminé en G ; quant à l’eau condensée, elle s’écoule naturellement par le bas de E, relié à un bac inférieur par un tube suffisamment long (plus de 10 m.) pour que la pression atmosphérique ne puisse faire remonter l’eau sous l’action du vide.
- Le bas de la colonne à désulfiter comporte, outre la sortie de jus, qui, introduit par le haut, coule naturellement d’éléments en éléments à travers les orifices des calottes, une prise réglable d’air extérieur : dans ces conditions, la couche de liquide, restant au-dessus de chaque étage de la colonne, est parcourue par un violent courant d’air ; il y a de plus ébullition, car si la température n’est que de 70°, il y a vide partiel. Sous ces influences combinées, l’anhydride sulfureux dissous se sépare, les combinaisons sulfitées se dissocient, et, tandis que les vapeurs s’accumulent en haut de la colonne d’où elles passent en E, on extrait du bas de la colonne, sous
- Fig. 2. — Schéma de l’installation d’une vinerie. — A, bac à jus sulfitè ; B, colonne de dèsulfitation ; C, réchauffeur du jus sulfité; t D, réfrigérant; E, condenseur barométrique; F, aérateur; G, Pompe à jus dèsulfité; H, pompe à jus sulfité; K, Pompe à jus dèsulfité; L, appareils à levains purs; M, cuve de fermentation.
- l’action de la pompe K, un moût débarrassé de l’antiseptique assurant sa conservation. Ce moût ne
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- LES VJNERJES INDUSTRIELLES
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- possède aucun goût de « cuit » car, s’il y eut ébullition, ce fut à basse température, ne dépassant pas celle usitée pour le pasteurisage. Toutefois, le liquide obtenu n’est pas encore normal et propre à l’ensemencement du levain ; il doit être ramené à la température ordinaire par passage dans le réfrigérant D, puis aéré par barbotage d’air sous l’aérateur F. Les éléments de l’aérateur comme ceux du condenseur sont analogues, en principe, aux plateaux à barbotage de la colonne à désulfiter.
- Le moût ne contient plus qu’une quantité de sulfites bien inférieure à la limite maximum admise par le service des laboratoires du Ministère de l’agriculture, on lui a rendu l’air dissous, parti lors de l’ébullition dans le vide; il est dès lors absolument semblable au suc de raisin sortant du pressoir. Avec toutefois cette différence qu’il ne contient pas de ferments, ceux qui y préexistaient ayant été détruits et par l’anhydride sulfureux et sous l’influence de l’ébullition. C’est d’ailleurs là un avantage : au lieu de subir des actions microbiennes diverses, capables parfois (quand prolifèrent les microorganismes nombreux produisant les maladies du vin) de l’altérer ; le moût, ensemencé avec des levains purs à base de ferments sélectionnés, subira toujours une fermentation normale.
- Ces levains sont préparés à la façon habituelle dans un appareil (L) hermétiquement clos, par addition de cultures pures à du moût aseptique, au contact d’air stérilisé; après quoi on l’introduit dans les cuves de fermentation (M) contenant déjà du moût désulfité et aéré.
- Quelque compliqué que puisse paraître à première vue l’ensemble des appareils de la vinerie, ils forment en réalité un tout assez simple, dont l’aspect (fig. 3 et 4) rappelle un peu celui des distilleries agricoles, et dont le mode de travail est un peu
- Fig. 4. — L’ensemble des appareils de la vinerie de Misserghin.
- analogue. Aussi le tout fonctionne-t-il sans difficulté.
- Nous avons décrit l’installation type, ne possédant que le strict minimum d’appareils simplifiés. En réalité, l’ensemble comprend certains dispositifs secondaires, tels que : compresseur d'air pour l’appareil à levain, et un grand nombre d’accessoires, manomètres, thermomètres, regards, etc., permettant de surveiller la bonne marche. En outre, l’éta-
- blissement diffère selon les pays et les nécessités diverses de préparation des produits. C’est ainsi qu’à Misserghin, le moût désulfité, refroidi et aéré peut être dirigé vers un appareil à concentrer dans le. vide. On obtient ainsi des moûts pesant jusque 37° B, qui sont infermentescibles et peuvent être
- Fig. 3. — Petite vinerie agricole.
- utilisés pour la fabrication des vins de liqueur.
- Quant à la puissance de production elle peut évidemment varier dans de très larges limites : à Misserghin, on traite annuellement 3 000 000 de litres de moût, mais il existe des installations bien plus réduites (fig. 3) et on construit actuellement en Italie des vinerics beaucoup plus importantes. Le prix de construction et d’installation pour une usine d’une puissance annuelle de production égale à 40 000 hectolitres est d’une cinquantaine de mille francs, somme évidemment trop forte pour un vigneron, mais qui peut facilement être fournie par une coopérative ou une société entreprenant à façon la fabrication du vin.
- Quant au coût du traitement, il est d’environ trente centimes au maximum par hectolitre de moût, non compris les frais d’amortissement.
- Les produits obtenus à Misserghin pendant la première année de fonctionnement furent très variés : selon les commandes reçues, on prépare des vins rouges, des nistelles, des édulcorés riches en sucre pour vinification genre Sauterne, des concentrés pour liqueurs et apéritifs. Les analyses de ces produits, faites dans un laboratoire de l’Etat, ont montré que leur composition était absolument normale ; des essais de la commission de dégustation du syndicat parisien du commerce des vins, il résulte que vins rouges et blancs de Misserghin, de même que les eaux-de-vie qu’ils produisent sont de valeur commerciale supérieure à celle des vins de la même 1 région préparés à la façon habituelle. *
- | On voit qu’à l’intérêt théorique des travaux ' de M. Barbet, s’ajoute une grande importance pra-
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- tique. Soit tel qu’il est actuellement conçu, soit perfectionné, ou remplacé par de nouvelles méthodes analogues, le procédé industriel de vinerie ne peut manquer de prendre un développement considérable, surtout dans les contrées où l’on s’attache non pas à faire des vins classés de grands prix, mais des produits commerciaux de vente courante et à débouchés importants. En effet, pour les mêmes raisons qui amenèrent la substitution des procédés industriels aux anciens arts, l’évolution qui se dessine en vinification paraît devoir se poursuivre avec succès.
- Il est évident qu’en vinerie, le travail doit être généralement mieux conduit que dans les chais. D’abord au lieu de traiter en quelques semaines toute la production de l’année, on travaille toujours de façon égale, avec un personnel exercé, en employant des ferments purs, d’après les indications du laboratoire annexé à l’usine. On peut faire subir au vin des traitements, tels que la concentration, la pasteurisation, d'application toujours difficile et souvent imparfaite dans les exploitations agricoles. Selon les besoins de la clientèle, on fabriquera sur commande des vins fermentés par des levures de Bourgogne, de Bordeaux, modifiant le bouquet; des mistelles, des vins de liqueur, etc. Il est naturel-
- CHEMINS DE FER DE LA WESTRALIE
- Sur les six états composant la Fédération australienne, quatre [New South Wales, Victoria, Queensland et South Australia) communiquent aujourd’hui entre eux par voie ferrée. Seules, la Tasmanie, qui est une île, et la Westralie ( Western Australia, Westralia) restent isolées. Cet isolement même et le fait que la plupart des lignes ont été construites pour desservir des régions aurifères semées au hasard, ont donné au réseau westralien des caractères et un dessin tout particuliers. Au reste, depuis 1902, il est décidé en principe qu’un transcontinental unira l’Australie de l’Ouest à l’Australie méridionale.
- - La Westralie couvre une superficie presque égale à cinq fois celle de la France (2527 633 km2), et n’est encore peuplée (recensement décennal de 1901) que de 184124 habitants. La plus grande partie du pays, surtout au N. et à l’E., est occupée par le désert; mais au S. et au S.-O. abondent les pâturages clairsemés et les forêts d’eucalyptus A C’est dans cette dernière région que la culture des céréales, de la vigne, des arbres fruitiers, l’industrie du bois et l’art pastoral se sont développés. Là aussi se trouvent les principales villes : Perth, la capitale (36274 habitants), et les ports de Fre-mantle, d’Albany et de Geraldton. Pourtant, à l’heure actuelle, la principale richesse de la Westralie est l’or, découvert en abondance, surtout
- 1. Voy. Paul Privat-Deschanel, L’industrie du bois en Westralie. Nature, n° 1749, 1er décembre 1906, p. 6-11.
- DE LA WESTRALIE ::............' ::.:
- lement plus rationnel et plus avantageux d’opérer ainsi plutôt que de préparer des stocks à l’avance ; selon les cours, la vinerie pourra préparer telle ou telle sorte de prix plus rémunérateur. Surtout, le vin préparé ainsi juste pour l’expédition risquera beaucoup moins de se détériorer ; d’abord parce qu’il est de composition convenable, obtenu sans coupages et cuisines de toutes sortes trop souvent pratiquées dans les chais, ensuite parce que la fermentation parfaitement conduite ne provoquera pas la prolifération de microorganismes nuisibles, enfin, parce que le vin ainsi fraîchement préparé supporte mieux les transports.
- Un autre avantage de la vinerie, non le moindre, c’est qu’on y pourra utiliser bien mieux qu’on ne le fait actuellement les divers sous-produits résiduels. L’extraction du tartre des lies se fait usuellement de façon très peu rationnelle; on pourra, en opérant en grand avec une installation convenable, obtenir de meilleurs rendements. Les marcs pressés de raisin sont le plus souvent perdus; additionnés de mélasse puis moulés et séchés, ils constitueront un excellent fourrage pour les bestiaux. On pourra en séparer auparavant, mécaniquement, les pépins qui, moulus, serviront à l’extraction de l’huile et du tanin qu’ils renferment. H. Rousset.
- ET TRANSCONTINENTAL AUSTRALIEN
- depuis 1892 et 1895. Les Champs d'or (Goldfields), dont les plus célèbres sont ceux de Coolgardie et de Kalgoorlie, sont disséminés et comme perdus dans les solitudes de l’intérieur, à d’énormes distances de la côte ; c’est pour eux qu’on a poussé les chemins de fer à travers d’effroyables déserts. L’exploitation des lignes se ressent tout naturellement de leur origine et de leur situation spéciales.
- La première voie ferrée de la Westralie n’a été ouverte qu’en juillet 1879; elle unit Geraldton et Northampton. C’est seulement en 1881 que la capitale Perth a été reliée au port de Fremantle (ligne Fremantle-Guildford). Depuis, les travaux ont été activement poussés et ont suivi l’extension et les progrès de l’industrie aurifère. Pourtant, à l’heure actuelle, on ne trouve encore derailways que dans le Sud-Ouest.
- Contrairement à ce qui s’est en général passé en Australie, pays de chemins de fer d’État, le réseau westralien doit son établissement à des Sociétés financières, qui ont reçu d’ailleurs une aide officielle sous forme de concessions de terres (land grant System). Le gouvernement, dans cette colonie tardivement développée, manquait d’argent pour entreprendre des travaux aussi coûteux et dont les résultats paraissaient à l’origine, avant les grandes découvertes aurifères, un peu aléatoires. Depuis, il est vrai, l’État a racheté plusieurs lignes; un jour prochain viendra où il possédera l’ensemble des , railways coloniaux. Aujourd’hui, sur les deux
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- grandes lignes existantes (trunk Unes), celle de Perth à Albany est gouvernementale, tandis que celle de Perth à Kalgoorlie, par Coolgardie, appartient à une compagnie privée (Midland Rciilway Cy, Ltd).
- La longueur des lignes exploitées — exception faite des lignes privées destinées à l’exploitation minière ou forestière et non ouvertes au trafic général — est de 2180 km. Le chiffre est considérable par rapport à la population ; il y a, en effet,
- 1 km de voies ferrées pour 83 habitants ; à cet égard, l’Australie occidentale est le pays le mieux desservi du monde. La dépense totale s’est élevée à 160 684250 francs, soit 65 pour 100 de la dette coloniale. Le prix moyen du kilomètre construit n’a pas dépassé 27235 francs. C’est peu, très peu, en comparaison des autres colonies australiennes. C’est que, à l’exception de la petite chaîne du Darling Range, qui longe la côte sud-occidentale, la Wes-tralie ne possède, pourainsi dire, pas de montagnes ; elle n’a non plus presque pas de rivières ; les travaux d’art ont ainsi pu être réduits au minimum. Il faut ajouter que l’écartement des rails n’est que de 3 pieds 6 pouces (lm,066).
- Le matériel est malheureusement encore insuffisant pour une contrée qui vise à un actif développement économique. On ne compte en Westralie que 231 locomotives, 543 wagons de voyageurs et 4558 wagons de marchandisès. Il faudra de toute nécessité que la colonie s’impose de grands sacrifices à cet égard.
- Ce matériel est d’origine anglaise, mais il a été transformé pour être adapté aux conditions locales, particulièrement au climat; c’est ainsi que les compartiments sont largement aérés par 6 fenêtres mobiles et que des volets de bois les mettent à l’abri des ardeurs du soleil d’été. Il n’existe que deux classes : les premières (6 places) et les secondes (8 places). Les wagons des trains de grande ligne renferment des lavatories et des compartiments à couchettes. L’électricité est le mode ordinaire d’éclairage, ce qui est fort à apprécier pour de longs voyages. Toutes les grandes gares sont munies de buffets, donnant des repas à 1 fr. 25 et à 2 fr. 50.
- Les avantages accordés aux voyageurs (railway facilities, comme disent les Australiens) sont très sérieux. Sans doute les tarifs sont assez élevés : 0 fr. 15 par kilomètre en première, 0 fr. 08 en seconde; de Perth à Kalgoorlie (603 km), on paye en première 78 fr. 20, alors qu’en France le même trajet ne coûterait que 67 fr. 55. Nulle part pourtant en Australie, on ne paye moins cher ; et d’ailleurs les tarifs métropolitains et suburbains sont sensiblement moins élevés. En outre, les billets d’aller et retour, accordés avec une réduction de
- 50 pour 100 sur l’un des deux voyages, ont une longue durée de validité : 8 jours au-dessus de 25 km, 2 mois au-dessus de 80, 3 mois au-dessus de 322. La franchise de bagages, très large, est de
- 51 kg en première et de 38 en deuxième. Enfin il existe des trains de plaisir, des trains de bains de
- mer, des trains d’excursion à Noël et à Pâques et de fortes réductions sont consenties aux abonnés, aux ouvriers, aux voyageurs de commerce, aux membres de la presse et du clergé, aux enfants allant à l’école et aux personnes se rendant au sermon ; les députés voyagent gratuitement, ainsi que leur femme et deux enfants.
- Les tarifs pour les marchandises, bien que souvent plus élevés qu’en France, ont été établis en vue de favoriser l’agriculture et l’industrie. Les céréales, les légumes, les bois, le charbon, les minerais circulent à bas prix.
- La gestion des railways westraliens, qu’il s’agisse des lignes d’État ou des lignes privées, est sage et pratique et les résultats obtenus sont, malgré la date récente de la mise en valeur active du pays, des plus encourageants. Au cours de l’année statistique allant du 1er juillet 1905 au 50 juin 1906, les recettes brutes ont été de 25115500 francs. Il faut en déduire 17 808 225 francs pour les dépenses d’exploitation et 5181500 francs pour l’intérêt de l’emprunt. Il est donc resté comme bénéfice net 2125775 francs, soit 5571 francs par kilomètre exploité.
- Le nombre des voyageurs transportés a passé en quatre ans de 1 679 816 à 5 872200, et le tonnage des marchandises, durant le même laps de temps, de 434338 tonnes à 1165476. L’augmentation du trafic suit donc en ce moment une progression extraordinaire.
- Par rapport à la population de la colonie, la recette par habitant est de 150 fr. 55 et le tonnage moyen par habitant de 6929 kg. C’est là une proportion considérable.
- L’excellence des résultats apparaît nettement, si l’on tient compte de certaines difficultés inhérentes au pays. Plusieurs lignes courent à travers le désert ; la dépense en eau et en charbon est beaucoup plus forte qu’en Europe; car la houille manque à peu près en Westralie et l’eau est si peu abondante dans l’arrière-pays qu’il faut ou la transporter ou s’en procurer par la distillation de l’eau salée. En outre, la plus grande partie du matériel roulant doit être importée d’Angleterre à grands frais; la main-d’œuvre est fort chère ; enfin les tarifs sont néces--sairement peu rémunérateurs. Cette dernière considération mérite une attention spéciale. Dans un pays neuf et dont il importe avant tout de favoriser la mise en valeur, il faut savoir sacrifier en quelque mesure le présent à l’avenir. C’est pourquoi les tarifs sont établis, moins en vue du bénéfice immédiat qu’en vue du développement progressif des affaires ; il faut offrir des avantages aux agriculteurs, aux industriels et aux commerçants. La Westralie possède les tarifs les moins chers de toute l’Australie. Elle leur a même fait subir, ces dernières années, des réductions qui ont atteint parfois 33 pour 100. C’est qu’à l’origine, quand la durée des champs d'or était encore douteuse, on pouvait craindre que les voies ferrées établies en hâte pour les desservir
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- n’eussent pas longtemps un trafic actif et il semblait juste d’assurer dans un court délai l’amortissement du prix des travaux exécutés, au moyen de tarifs spécialement majorés pour ces lignes. C’est seulement quand la permanence de l’industrie aurifère devint évidente que les tarifs furent abaissés.
- Pour diminuer les frais, on commence à construire dans la colonie locomotives et wagoris.rDe grands ateliers ont été installés' à Fremantle, lieu de débarquement des matières premières venues d’Europe. Depuis, par suite-des effets délétères de l’air salin, on a dû les transporter à Midland Junction, à 59 km à l’E. de Fremantle.
- Le réseau westralien, en raison des circonstances qui lui ont donné naissance, s’est développé au fur et à mesure delà découverte des champs d’or, sans plan préconçu et sans unité d’ensemble. Aussi n’a-t-il pas de centre unique ; leslignes ne divergent pas autour de la capitale. comme elles le font autour de Melbourne ou de Sydney. On y trouve en réalité 5 têtes de lignes : Gerald-ton, Àlbany, Fremantle.
- 1° Geraldton est le point de départ de la ligne de Cue et Nan-nine, qui dessert les Murchison Gôldfields. Le réseau local, constitué autour de Geraldton, communique avec celui qui a pour point de départ Fremantle par la sectionWalkaway-Midland Junction. Le chemin de fer de Geraldton à Nort-hampton a été le premier de la colonie (1879).
- 2° Albany est restée jusqu’en 1900 le port où touchaient les courriers européens. Aussi de bonne heure a-t-on joint cette ville à la capitale Perth. L’importance de cette ligne a d’ailleurs sensiblement diminué depuis que Fremantle est devenue le grand port d’escale de la colonie. Les autres ports dè la côte Sud-occidentale, Bunbury et Busselton, sont également réunis à Perth.
- 5° Fremantle n’est qu’à 19 km de la capitale, à laquelle elle est réunie par voie ferrée depuis 1881. De là part la ligne des principaux centres aurifères : Southern Cross, Coolgardie, Kalgoorlie, Mehzies, Kanowna. Son importance, déjà considérable1, sera augmentée de beaucoup quand elle aura rejoint vers l’Est les. raihvavs sud-australiens.
- Le projet de Transcontinental intéresse non seulement l’Australie occidentale, mais l’Australie tout entière ; son intérêt est d’ordre général ; car il fera cesser l’isolement d’un des membres associés de la Fédération. Porté en 1901 devant le Parlement fédéral, il a été décidé en principe l’année suivante.
- Diverses reconnaissances du terrain ont été faites par les ingénieurs westraliens et sud-australiens et une étude approfondie du tracé a été exécutée par Mr. C. Y. O'Connor, G. C. M. G., ingénieur en chef de la Colonie. Entre temps se tenait à Melbourne, à ce sujet, une conférence entre les ingénieurs en chef des divers États australiens.
- Le Transcontinental est déjà amorcé des deux
- côtés : en Australie occidentale, par la ligne Fre-mantle-Kalgoorlie (625 km) et, en Australie méri -dionale, par la ligne Adélaïde-Terrowie-Por t Augusta (41.7km). Il ne reste à construire que le tronçon Port Au-gus.ta-Kalgoorlie. Deux tracés ont été étudiés : l’un (projet Mon-crieff) passant par Tarcoolad au Nord dulacGaird-ner, l’autre (projet Forrest) contournant au Sud le lac par Eucla. Il est certain aujourd’hui que c’est le second qui sera réalisé; il comporte la construction de 1770 km. Le trajet total de Fremantle à Adélaïde sera ainsi de 2810 km, que les trains franchiront en 72 heures.
- Les difficultés techniques (engineering difficultés) seront médiocres. Le pays est plat, sans rivières ; les eucalyptus et les pâturages naturels abondent; il n’y a pas là de véritables déserts comme plus au Nord. Le seul obstacle sera le manque d’eau; l’eau des étangs et même Féau souterraine sont salées; il faudra installer des appareils de distillation ou transporter le liquide nécessaire dans des wagons-réservoirs, procédé encombrant et coûteux1.
- » . / , • ' . ;. ' • r ‘ f -
- 1. Sur l'approvisionnement en eau çles champs d’or et.sur les grands travaux exécutés '.dans ce but à Coolgardie,' Vdy. Paul; Privat-Déschan.el, La question dé l\eau à-Coolgardie. Géographie., 15 juillet 190(3, p. 13-18. Il a bal lu, à Cool-garrlie, amener l’eau de la. région côtière par un aqueduc de 523 km.
- Kimberley
- Gôldfields
- Grand Désert sablonneux
- AUSTRALIE J
- Désertde G/bson 1 c
- OCCIDENTALE
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- MERIDIONALE !
- (westraue)
- Murchison Goldfielc oNannine
- irand Désert Victoria
- E.MJHJX.U.&X: IIP
- Fig. i. — Carte de la Westralie.
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- Fig. 2. — Type de pont. Construction en acier. (Construction récente. Tous les ponts anciens sont en bois.)
- En commençant les travaux par les deux extrémités, on estime qu’ils seront terminés en quatre ans. Ces prévisions paraissent du reste un peu optimistes. Le coût prévu est de 110 millions de francs, somme qui serait élevée pour la Westralie seule, mais qui ne dépasse pas le crédit de la Fédération.
- Le Transcontinental souffrira touL particulièrement des différences d’écartement des voies, qui sont malheureusement communes en Australie. La ligne Fremantle-Kalgoorlic a l’écartement de 5 pieds 6 pouces (1 m. 065), ainsi que la section Port Augusta-Terrowie ; c'est le même gabarrit qu’aura le tronçon
- , . .. , .. .. à construire ; par contre la ligne Ter-
- • : rowie-Adélaïde est à l’écartement de
- • ’ 5 pieds 5 pouces (1 m. 599). Un
- transbordement sera nécessaire à Terronde.
- Il n’est pas douteux que la circulation sera active sur le Transcontinental. Les champs d’or ont besoin d’être approvisionnés en bétail, en grains, en légumes, en fruits, en bière, en produits chimiques. D’autre part, chaque année, 40 000 voyageurs circulent dans les deux sens entre la colonie de l’Ouest et les colonies de l’Est. Beaucoup seront une clientèle assurée pour la ligne transcontinentale; ce sont ceux qui vont aux mines d’or ou qui en viennent.
- Il leur faut actuellement un jour de r.,__...___.......... -............................................^
- chemin de fer entre Kalgoorlie et ' 1 ' i
- Fremantlc et 8 jours de bateau de ce port à Sydney. Avec le Transcontinental il faudra seulement, de Kalgoorlie à Sydney, 4 jours. Quant aux voyageurs européens, tous ne substitueront pas le train au bateau; car les grandes compagnies de navigation transportent gratuitement de Fremantle à Sydney les passagers venus d’Europe; le même avantage leur est offert au retour. Cependant ceux de première classe, et peut-être ceux de seconde, préféreront
- le trajet par terre, plus court de 5 jours et qui aura surtout l’utilité de leur épargner la navigation dans la Mer du Sud, navigation monotone et fatigante. On estime que 25 à 50 000 personnes useront annuellement du transcontinental. La poste en tout cas prendra la voie de terre.
- Sans doute, les premières années seront onéreuses ; mais les bénéfices suivront le développement de la colonisation inférieure. On ne peut douter que le Transcontinental soit un travail très désirable.
- massif. Pas d'ouvertures. Transport des viandes congelées. Paui. Privat-Deschanei,.
- Fig. 3. — Type des stations de Vintérieur. Planches de pin. Toiture en fer galvanisé. Extrême simplification. (Tôle ondulée.)
- Fig. 4. — Locomotive des trains de marchandises. (Goods engine.) Mécanicien et chauffeurs à l’abri dans une cabine de bois et de métal.
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- ALLUMAGE LEGAL
- Sans être homme de « cette loi que nul n’est censé ignorer », tout Français, respectueux de ses devoirs envers le fisc et la régie, connaît, plus ou moins, un article de notre Code disant, à peu près dans ces termes : Il est défendu à quiconque d’allumer du feu autrement qu’au moyen d’une allumette ou au contact d’un corps déjà enflammé.
- Terrible dilemme; car si nous ne voulons pas nous servir de l’allumette, tout en ayant la ferme et louable intention de rester dans la légalité, il faut que le corps déjà enflammé Tait été par un moyen légal, ou tout au moins se soit enflammé spontanément.
- Quant à se servir de briquets à mousse de platine, de sodium en contact avec une goutte d’eau, ou encore de ces charmantes petites boîtes nickelées contenant un briquet au ferro-cérium, il n’y faut plus songer. Ces briquets au ferro-cérium, qui par leur commodité et leur petit volume avaient séduit tant d’amateurs, ont été et sont toujours l’objet des foudres de la régie. Il peut en coûter trop pour que Ton continue à les tenir en faveur.
- A’ee sujet nos lecteurs ont sans doute encore présent à la mémoire le cas d’un pauvre camelot traduit devant la huitième chambre correctionnelle pour avoir vendu de ces briquets automatiques à la terrasse des cafés des boulevards.
- Ce cas de « concurrence », s’il se fût produit au préjudice de simples particuliers, eut été simplement l’occasion de poursuites civiles en dommages et intérêts.
- Avec la régie il n’èn fut pas de même, et, bien que les bases de l’accusation fussent mal définies, le malheureux fut arrêté et incarcéré préventivement.
- Les magistrats eux-mêmes ont trouvé le procédé suffisamment arbitraire pour se croire obligés d’ordonner la mise en liberté provisoire du prévenu, et de confier à un expert le soin d’examiner si le briquet au ferro-cérium entre bien dans la catégorie des objets pouvant être considérés comme allumoirs « chimiques ».
- Malgré tout, après l’expertise, fût-il considéré comme ce qu’il est réellement, c’est-à-dire comme un appareil à allumage par l’effet d’un frottement purement méca-?iique, nous sommes persuadés que le seul point de vue auquel se placera « le demandeur », est celui du préjudice causé à son commerce par la concurrence, et qu’envers et contre tous il arrivera à obtenir gain de cause.
- Allumette'? Briquet? Si ce n’est toi c’est donc ton frère !
- En somme, ce que veut la régie en ce moment, c’est interdire, non seulement ce qu’elle a défini, assez maladroitement du reste, comme « allumage par moyens chimiques», mais encore ce qu’elle n’ose pas avouer n’avoir pas prévu, c’est-à-dire tout procédé, même purement physique ou mécanique, susceptible d’allumer.
- Il est donc probable que Ton va fortement interpréter (?) les textes de loi déjà existants ; et, si cela ne suffit pas, y ajouter quelques articles concernant tous les procédés possibles d’allumage.
- Il y aurait cependant pour la régie un moyen de conserver ses clients ; moyen auquel elle ne paraît pas du tout avoir songé. Je le lui indique donc gratis, avec la
- £a u
- acidulée
- Appareil à production continue d’hydrogène
- ferme conviction qu’elle n’en abusera pas : C’est de vendre des allumettes qui prennent.
- Quant à vous, très sympathiques contribuables, je considère que le conseil désintéressé donné à « l’ennemi du feu », m’autorise à vous donner, sinon un conseil équivalent, mais du moins à vous indiquer un petit procédé au moyen duquel nous pourrons peut-être arriver à battre en brèche ses tyranniques prétentions, et avoir du feu en dépit de ses textes et interprétations.
- Ce moyen serait donc soumis, pour être à l’abri de toute poursuite, à cette condition fondamentale : Trouver une substance enflammée, sans qu’il ait été nécessaire de l’allumer.
- Ce ne peut être naturellement par l’emploi d’un appareil dans lequel il y aurait une combinaison quelconque, comme l’allumeur automatique, électrique ou autre, que Ton place sur les becs de gaz. Ce ne peut être la mousse de platine du classique briquet à hydrogène. Dans tous ces cas il y a un « truc » qui allume, et hélas! il ne faut pas allumer!
- Non! Il ne faut pas allumer! Du moins, autrement que..., etc. (voir plus haut).
- Eh bien, cher lecteur, si vous aviez un bec de gaz. Si en tournant tout simplement le robinet, ce gaz s’allumait seul, sans qu’il soit besoin d’aucun système additionnel, sans aucun truc ni subterfuge. S’il s’allumait spontanément, c’est-à-dire sans que rien l’allume, ne serait-ce pas là la solution.
- Croyez bien, patient lecteur, que je ne vous inflige pas tous ces si sans l’apporter, cette solution. Elle est du reste bien simple, et peut-être y avez-vous déjà songé. Néanmoins nous allons l’exposer en commençant par un préliminaire utile à cette exposition.
- Tout le monde a encore présent à la mémoire, parmi ses souvenirs d’étude, la description d’un appareil qui se trouve dans tous les traités de Chimie élémentaire, et que Ton désigne sous le nom « d’appareil à production continue d’hydrogène ».
- Il se compose de deux gros flacons communiquant entre eux par leur tubulure inférieure. Dans le fond de l’un se trouvent des fragments de verre au-dessus desquels on place une couche assez épaisse de rognures de zinc ou de fer. L’autre flacon est ensuite empli d’acide chlorhydrique, ou d’eau additionnée d’acide sulfurique, qui s’écoulant par la communication joignant les tubulures inférieures se met à monter dans le premier flacon jusqu’à atteindre la couche de rognures métalliques, au contact desquelles il commence à se produire un dégagement d’hydrogène. Cet hydrogène peut se dégager par un bec de gaz ajusté sur la tubulure supérieure. Si ce bec de gaz est fermé, l’hydrogène s’accumule dans la partie supérieure du flacon, et, par pression, refoule le liquide dans son récipient primitif. A ce moment le dégagement cesse de se produire pour reprendre automatiquement chaque fois que Ton permettra l’écoulement d’hydrogène par le bec. La figure ci-jointe donnera du reste l’idée exacte du dispositif et de son fonctionnement.
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- CHRONIQUE
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- Je vois déjà le lecteur froncer le sourcil : Quoi! Un appareil à hydrogène, tout le monde connaît cela, et si malin soit-on, l’hydrogène ne s’allume pas tout seul.
- Patience! Qui parle d’allumer de l’hydrogène? Il ne s’agit ici que de l'appareil, que nous allons utiliser, et voici comment :
- Prenons cet appareil tel qu’il est, et remplaçons seulement l’acide par de l’eau simple, puis les rognures de zinc ou de fer, par du phosphure cle calcium. Tout fonctionnera selon le même principe que précédemment, mais au lieu d’un dégagement d’hydrogène nous aurons un dégagement d'hydrogène, phosphoré, gaz qui s’enflamme spontanément au contact de l’air.
- Un fois notre appareil ainsi garni nous n’aurons donc qu’à ouvrir notre bec (de gaz), et ledit gaz se trouvera allumé sans qu’il ait été nécessaire d’accomplir le moindre acte délictueux.
- Dans ces conditions, que peut la régie contre un particulier possédant chez lui ce très simple bec de gaz, dépourvu de tout accessoire, et se trouvant allumé du seul fait de l’ouvrir. Car elle ne peut nous empêcher de l’ouvrir. D’un autre côté, nous ne pouvons l’ouvrir sans qu’il s’enflamme. Alors?
- Pourtant, malgré nos excellentes raisons de nous trouver à l’abri de ses tracasseries, j’ose avouer n’ètre pas très rassuré, car à défaut du droit elle a la force.
- La légende ne nous enseigne-t-elle pas les sinistres agissements d’une certaine « régie olympienne », vis-à-vis du malheureux Prométhée.
- Si encofe, conseillée par un improbable élan de générosité, la Yestale incombustible nous permettait de nous servir de l’hydrogène phosphoré pour allumer exclusivement ses allumettes. Mais je crois bien vain cet espoir, elle risquerait d’y perdre trop,* plus d’un contribuable
- malin ne manquerait pas de les allumer par le bout non pourvu de « pyrogène » (?) et cela ferait baisser l’incommensurable boni provenant du déchet.
- Il y a donc tout à parier que, si l’usage de notre procédé se révélait pratique, il serait défendu. Cependant la vente du phosphure de calcium est absolument libre, ce n’est pas une composition au phosphore, c’est une combinaison, telle que les phosphates du commerce, et considérée au même titre au point de vue commercial. Tout le monde peut en acheter chez les marchands de produits chimiques. La préparation de l’hydrogène phosphoré, qui se fait en présence de tous les élèves des cours élémentaires de chimie, est également libre, et si ce gaz s’enflamme, même malgré nous, au contact de l’air, pourquoi n’aurions-nous pas le droit d’utiliser cette combustion indépendante de noire volonté, et imprévue par la loi? Mais dans la loi il y a deux choses terribles : la lettre et l’esprit, que l’on oppose alternativement l’un à l’autre suivant les cas et les besoins.
- En résumé, cette simple question d’ « allumage » est assez banale au point de vue scientifique, mais il serait intéressant de savoir sous quels différents aspects elle pourrait être envisagée, au point de vue juridique, par les professionnels, ou même les amateurs (il y en a) de jurisprudence.
- Enfin il y a le « Grand Juge » ; juge sinon toujours obéi,du moins toujours quelque peu redouté : 1’ «Opinion Publique », dont les lecteurs de La Nature forment une fraction déjà respectable.
- Si ce grand juge arrivait à faire demander merci à ladite dame régie, peu de nous, n’est-ce pas cher lecteur, penseraient à la plaindre ; elle n’est pas de ces personnes dont la vieille galanterie française ne puisse se détourner sans déchoir de ses chevaleresques traditions.
- L. Matout.
- CHRONIQUE
- Fourmis dévalisées par des moustiques. —
- On sait qu’un grand nombre de Fourmis recherchent les Pucerons et que certaines même les parquent et les élèvent à la façon d’un bétail : ils leur servent en quelque sorte de vaches laitières. En effet, lorsqu’une Fourmi vient à rencontrer un Puceron, elle le caresse vivement avec ses antennes, jusqu’à ce que le Puceron laisse sourdre de l’extrémité de son corps une gouttelette de liquide sucré que la fourmi lèche avec avidité et dont elle se nourrit. Une récente étude de M. E. Jacobson (Umschau 1910) portant sur de petites Fourmis noires qui utilisent de cette façon certaines Cochenilles de Batavia, montre que les Fourmis ne sont pas seules friandes du « lait de Puceron » et qu’elles rencontrent de vifs concurrents chez les Moustiques. Ces Fourmis de Batavia sont arboricoles, c’est-à-dire que pour aller à la traite de leur lait préféré, elles grimpent en longues files le long des arbres, sur lesquels des Cochenilles habitent, dans des galeries creusées dans les jeunes rameaux. Un peu plus tard, après avoir visité et « trait » un certain nombre de Cochenilles, et s’être gorgées de liquide sucré, elles redescendent. C’est à ce moment qu’un Moustique les guette. La tête tournée vers le haut, le corps secoué d’un balancement rythmique, il^.leur
- barre la route. Sitôt qu’une Fourmi descend (car le Moustique ne s’inquiète pas de celles qui montent et sont à jeun), il l’arrête et lui frotte rapidement la tête avec ses pattes antérieures et ses antennes. La Fourmi demeure immobile, replie l’abdomen, appuie fortement son corps contre l’arbre en même temps qu’elle écarte violemment les mandibules. Le Moustique cesse alors de se balancer et fait vibrer ses ailes rapidement. A ce moment la Fourmi rejette une goutte de la nourriture sucrée qu’elle emportait et le Moustique s’en empare aussitôt. La Fourmi peut alors continuer sa route, tandis que le Moustique recommence à se balancer, guettant une nouvelle victime.
- Pour contrôler ses observations, M. Jacobson a placé des Fourmis et des Moustiques dans une caisse à expériences. Aux Fourmis, il donna comme nourriture du miel coloré avec du carmin et placé de telle façon que les Moustiques ne pouvaient l’atteindre directement. Or, au bout de quelques heures, il trouva que tous les Moustiques avaient le corps empli de miel coloré en rouge. En présence de tels faits, l’auteur pense que sans les Fourmis, ces Moustiques seraient vraisemblablement incapables de pourvoir eux-mêmes à leur nourriture : ils ne vivent que de pillage ! Guyenot.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 décembre 1910.— Présidence de M. E. Picard.
- Structure des Alpes maritimes italiennes.— M. Fermier résume uu travail de M. Boussac sur l’existence de phénomènes de recouvrement dans les Alpes maritimes italiennes. C’est une nouvelle preuve ajoutée à tant d’autres de la structure en grandes nappes qui paraît être la règle dans toute la chaîne des Alpes. Les terrains nummulitiques de la zone du flysch se prolongent en profondeur sous les terrains triasiques et liasiques de la zone du Briançonnais. Le fait est connu depuis longtemps dans les vallées françaises de la Durance et de l’Ubaye. M. Boussac vient dé le vérifier dans la vallée italienne de la région, d’Albenga. La preuve décisive est fournie par une fenêtre percée dans la nappe de terrains liasiques et triasiques, fenêtre au fond de laquelle on aperçoit les terrains tertiaires qui plongent tout autour sous la nappe surincombante. Le chevauchement est d’au moins 8 km, mais il est probablement beaucoup plus grand en réalité, car les roches tertiaires, du fond de la fenêtre sont très fortement laminées et leur substratum qui se montre en un point a lui-même tous les caractères d’une nappe.
- L’épilepsie et les troubles intestinaux. —M. d’Arson-val analyse ensuite un mémoire de M. Doumer, professeur à la Faculté de'Médecine de Lille, sur l’existence d’une relation entre l’épilepsie et certains troubles intestinaux.' M. Bouchard a déjà émis l’opinion que cette relation existait. M. Doumer confirme l’opinion de M. Bouchard par la preuve expérimentale. Il rapporte, en effet, des cas de crises d’épilepsie qui ont disparu dès que l’intestin a recommencé à fonctionner normalement. Cette guérison de l’intestin il l’a obtenue à l’aide de l’électrisation des fosses iliaques par un courant continu intense, suivant une méthode qu’il a publiée en 1900, au sujet du traitement de la colite muco-membra-neuse. Il cite trois cas de guérison dont le plus ancien remonte à 1903 et le plus récent à 1909.
- L’éclairage au néon. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Georges Claude sur l’éclairage au néon. Ce gaz est(un des gaz rares de l’air dans lequel il entre pour un soixante-millième. Rien d’étonnant à ce qu’il ait passé pendant longtemps inaperçu. Pourtant M. G. Claude a réussi à extraire du néon en abondance, au moyen de ses appareils de liquéfaction de l’air. Or ce gaz jouit de propriétés tout à fait remarquables au point de vue de la luminescence. D’après l’auteur, la propriété d’engendrer la lumière est caractéristique de ce corps, comme la légèreté est caractéristique de l’hydrogène et la pesanteur est attachée au platine. Un simple tube de
- verre contenant un globule de mercure et un peu de néon s’emplit d’une pluie de feu quand on l’agite dans l’obscurité. M. G. Claude a donc eu l’idée d’utiliser le néon pour l’éclairage ; après bien des difficultés, il y est parvenu d’une façon remarquable. Des tubes remplis de ce gaz raréfié — sortes d’immenses tubes de Geissler — fournissent avec une extrême économie (0,6 watt par bougie) une lumière orangée très vive, très bonne pour l’éclairage des théâtres, des halls, des ateliers. L’immense lueur rouge qui embrase chaque soir, en ce moment, la façade du Grand Palais, est produite par 4 tubes au néon chacun de grande longueur que M. Claude a installés sous la colonnade. Chacun de ces tubes donne environ 8000 bougies.
- Capture des papillons par des fleurs. — M. Kunckel d’Ilerculais adresse une Note sur la capture de papillons par les fleurs d’Hedychium. Les Gandasuli sont des plantes des régions intertropicales des Indes orientales qui rivalisent par la variété et la beauté avec les orchidées; leur nom, d’origine sanscrite, veut dire « joie d’une puissance ». Ces plantes, naturalisées au Brésil, ont des fleurs parfumées à très longue corolle tubulaire qui sont visitées par de grands et robustes papillons du groupe des sphingides, ayant jusqu’à 15 cm d’envergure, dont la trompe démesurée peut atteindre jusqu’à 25 cm de longueur. Ces papillons peuvent enfoncer leur trompe dans la corolle tubulaire des fleurs d’hedychium, mais ils ne peuvent l’en retirer. M. Kunckel d’Ilerculais explique le mécanisme de la capture ; la longue trompe est retenue dans la gaine tubulaire incurvée et étroite par arcboulement et aussi à la façon d’un doigt que l’on introduit dans un tube ou dans le goulot d’une bouteille et que l’on ne peut plus arracher qu’au prix des plus grands efforts. Malgré l’énergie qu’ils déploient pour se dégager, les sphinx restent prisonniers et pendus par la trompe, ils meurent lentement. D’autre part, en se débattant, ils ont à coups d’ailes mutilé et rendu impropres à la fécondation non seulement la fleur capturante, mais encore les fleurs voisines. Que devient dans ces conditions le rôle que les lépidoptères sont censés jouer dans la fécondation directe ou croisée des fleurs d’hédychium ? Le fait de la visite des lépidoptères sphyngidés aussi préjudiciable à l’insecte qu’à la fleur, n’est-il pas en contradiction avec la doctrine de l’adaptation réciproque des insectes et des fleurs?
- Élection. — M. Lippmann est élu à l’unanimité vice-président pour l’année 1911. Ch, de Yilledeuil.
- LA PLUS HAUTE CHEMINÉE DU MONDE (EN BÉTON ARMÉ)
- Les cheminées en béton armé,, auxquelles, on ne semble pas accorder en France une confiance‘encore bien grande, ont pris depuis quelques années une extension considérable aux États-Unis, où elles atteignent parfois des dimensions inusitées.
- La cheminée, dont nous donnons ,une illustration, et qui a été construite pour la Colusa Parrot Mining Co, dans l’état de Montana, établit probablement un record, avec une hauteur de 106 mè-
- tres 75 et; un diamètre intérieur de 5 mètres 40.
- Cette cheminée, établie d’après le type dit « Weber Cylindrical Chimney », est formée de deux tubes cylindriques superposés, de diamètres inégaux. La partie supérieure est formée d’une enveloppe simple, comme une cheminée ordinaire; la partie inférieure, au contraire, comprend une double enveloppe, dont les parois sont écartées de 10 centimètres, de façon à ménager un espace annulaire où l’air circule libre-
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- LA PLUS HAUTE CHEMINEE DU MONDE (EN BETON ARME)
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- ment. La hauteur de cette double enveloppe est variable avec les différentes cheminées, suivant la température des gaz et le niveau du raccordement
- des carneaux. Dans les
- Coupe suivant AA
- Coupe suivant B B
- -B-
- Ouverture pour ' la fumée
- -B
- Coupedela base
- Porte de nettoyage
- cheminées courantes pour chaudières, par exemple, on admet un tiers de la hauteur, tandis que pour les cheminées soumises à de hautes températures, comme dans les fours à minerai ou à chaux, le tube intérieur sera conservé sur toute la hauteur. Cette enveloppe intérieure, susceptible de se dilater dans toutes les directions sous l’action des efforts d’expansion, protège, contre les effets directs de la chaleur,
- WM
- ffcéjc
- Fig. i. — Élévation et coupes de la cheminée
- née à résister uniquement aux efforts de flexion résultant du vent, mais elle a aussi pour effet d’empêcher un refroidissement brusque de la première enveloppe, dans le cas d’un abaissement de température de l’air extérieur. Un joint de dilatation est ménagé au point de réunion des deux enveloppes.
- L’armature métallique est constituée par des barres verticales droites et des barres horizontales circulaires, placées à intervalles réguliers.
- La construction s’effectue sans aucun échafaudage extérieur, au moyen d’un coffrage formé de panneaux de bois facilement démontables.
- Les fondations sont constituées par une dalle plate, également en béton armé, qui en répartis-sant le poids de l’édifice sur une large surface de terrain, augmente la résistance aux charges verticales, ainsi que la résistance aux efforts horizontaux tendant au renversement. Cette dalle est armée au moyen de . deux rangées de barres droites, placées
- Fig. 3. — La cheminée en béton armé en cours d’exécution.
- Fig. 2. la plus
- horizontalement à quelques centimètres de ses faces supérieure et inférieure.
- Les avantages de ces cheminées en béton armé, si on les compare aux types ordinaires des cheminées en briques ou en métal, sont les suivants :
- Solidité plus grande et résistance plus efficace aux intempéries, la cheminée formant un véritable monolithe, sans aucun joint depuis les fondations jusqu’au sommet ; construction plus rapide ; poids beaucoup plus faible, ce qui est d’une importance capitale, quand la nature du sol ne permet pas de dépasser un taux de compression relativement bas, et entraîne par conséquent des fondations coûteuses. En ce qui concerne les effets de la température, les nombreuses observations et les expé-x riences pratiques faites depuis de nombreuses années ont démontré que le béton armé était, parmi les matériaux de construction actuellement employés, celui qui résistait le mieux à l’épreuve du feu.
- Enfin, un dernier avantage, qui semble avoir été l’un des principaux facteurs du développement des cheminées de ce type aux États-Unis, est la possibilité qu’elles offrent de pouvoir être construites sans beaucoup de dépenses supplémentaires, dans des régions éloignées ou difficilement accessibles, dépourvues de matériaux artificiels, et où il faut cependant parfois construire 5 ou 6 cheminées à la fois dans un délai restreint. Si ces pays possèdent du gravier et du sable, il suffira d’y transporter du ciment et quelques barres d’acier, ce qui est facile et peu coûteux.
- La société américaine qui construit ce type d’ouvrages, bien que n’existant que depuis une dizaine d’années, a déjà exécuté plus de 500 cheminées aux Etats-Unis, dont 50 dépassent 60 mètres et 5 atteignent 75m. Jacques Rabut .
- — La cheminée de la Colusa Parrot Mining C°, haute construction du genre en béton armé.
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- UN ALTERNATEUR DE 100000 PÉRIODES
- Nos lecteurs savent ce qu’il faut entendre par courant électrique alternatif et par fréquence de ce courant. L’intensité et le voltage d’un courant alternatif, au lieu d’être fixes, sont constamment variables. Ce courant change régulièrement de sens plusieurs fois par seconde, passe par des maxima et des minima et se reproduit toujours le même à des intervalles de temps égaux. Le courant est périodique et le nombre de ses périodes par seconde constitue sa fréquence.
- Le courant alternatif est depuis longtemps passé
- à des moyens différents pour ébranler l’éther : décharges de bobines de Ruhrnkorfî, vibrateurs, arcs électriques. Un bon alternateur à 100000 périodes peut mettre à notre disposition un moyen nouveau, simple et en principe excellent. Ajoutons que les courants à haute fréquence rendent aussi de grands services pour actionner d’une façon simple certains appareils auxiliaires en télégraphie et téléphonie. C’est pourquoi la machine construite sur les plans de M. Alexanderson par la General Electric C° de Schenectady présente un très réel intérêt.
- C’est un alternateur du type Ferranti : un induit mobile, formé d’une série de bobines où se formera le courant, tourne entre deux couronnes sur lesquelles sont montées des bobines inductrices à noyau de fer : ces bobines sont disposées en regard 1 une de l’autre d’une couronne à l’autre et de façon que les pôles de nom contraire se
- A, moteur électrique;
- B, engrenage;
- C, alternateur à haute Jréquence.
- dans le domaine industriel où il rend de grands services : les alternateurs industriels usuels fournissent du courant dont la fréquence reste comprise entre 25 et 100 périodes par seconde.
- L’alternateur représenté ci-dessous fournit du courant à 100 000 périodes par seconde. On comprendra de suite qu’il n’est pas destiné aux usages habituels des alternateurs, c’est-à-dire production d’électricité pour la force motrice et l’éclairage. L’emploi des courants alternatifs à haute fréquence présente un vif intérêt pour certaines applications médicales (d’arsonvalisation) et pour la télégraphie et la téléphonie sans fil. En téléphonie sans fil, on envoie à travers l’espace une série d’ondes électriques, qui sont des ébranlements périodiques de l’éther ; influencées par les sons, elles servent à transporter au loin les modulations de la voix. Il y a intérêt à avoir des ondes très régulières et l’on peut espérer y parvenir au moyen d’alternateurs à haute fréquence. Les alternateurs jusqu’ici réalisés ne dépassaient pas la fréquence de 10000; c’était insuffisant pour rendre des services en radiotéléphonie, et l’on a eu recours jusque maintenant
- L’alternateur à ioo ooo périodes de M. Alexanderson.
- trouvent face à face. Les bobines de l’induit, en tournant dans un champ électro-magnétique ainsi constitué et évidemment périodique, sont traversées par un courant induit dont la fréquence dépend de là vitesse de l’induit mobile.
- La machine de M. Alexanderson compte 600 bobines inductrices montées à l’intérieur d’une armature en fer, et 300 bobines induites montées à la périphérie d’un disque tournant. L’entrefer est réglable; il y a intérêt à le réduire au minimum. Il peut varier entre 0,37 mm et 0,1 mm. Le disque mobile est mû par un moteur électrique ; pour pouvoir fournir les 100000 périodes, il doit tourner à 20 000 tours par minute ; il est monté sur un axe flexible à la façon des disques des turbines de Laval,
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- DIX-HUIT MILLE KILOGRAMMES DE DYNAMITE EN FUMÉE!
- et il reçoit son mouvement du moteur par l’intermédiaire d’un engrenage. Un disque ayant une révolution aussi rapide exige évidemment • une construction mécanique particulièrement étudiée : le diamètre étant de 0,30 m., la vitesse périphérique est supérieure à 1100 km à l’heure. Le métal employé est l’acier chrome-nickel.
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- La puissance de la machine est de 22 kilowatts.' Huit de ces alternateurs sont actuellement en construction, et sont -destinés aux services télégraphiques et téléphoniques entre New-York et Boston. Un alternateur de 35 kilowatts à 50 000 périodes, à peu près du même type, a donné aux essais de bons résultats. R. Yillers
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- Les habitants du petit port de Yarmouth (Angleterre) ont été, le 19 novembre, témoins d’un spectacle peu coutumier : 17 tonnes 1/2 de dynamite qui font explosion d’un seul coup, et à une heure déterminée, c’est-à-dire après que la population avait eu tout le temps de s’installer en bonne place, c’est de ces feux d’artifice qui forment date dans une existence.
- Huit jours auparavant, un voilier du port de Leith,l e Mystery, qui revenait d’Anvers avec une cargaison de dynamite et de géli-gnite, entrait en collision avec un vapeur chargé de ravitailler la flotte de pêche de la mer du Nord. Il cherchait refuge dans le port de Yar-mouth; mais les autorités maritimes, apprenant la nature de sa cargaison, lui donnaient l’ordre de jeter l’ancre à bonne distance des quais, et d’y rester en attendant que des décisions fussent prises à son égard.
- Entre temps, le propriétaire et capitaine du navire avait vainement cherché les moyens de transborder sa dangereuse cargaison. L’eau, en pénétrant dans la cale, avait imprégné un bon nombre de caisses ; et l’on sait que la dynamite, une fois mouillée, peut exploser spontanément. Or, l’explosion accidentelle de ces 18000 kg de dynamite pouvait détruire la ville de fond en comble.
- Après de longs pourparlers entre le Home Office (Ministère de l’Intérieur), les autorités du port et l’armateur, on décida de faire sauter le navire au large de Yarmouth, aussi loin que possible des emplacements fréquentés par les bateaux de pêche.
- Un remorqueur de la flotte britannique le', conduisit à une distance d’une vingtaine de kilo-
- mètres, et l’on procéda aussitôt aux préparatifs.
- Aidé de deux hommes de son équipage, M. Russell monta à bord du voilier, sortit du fond de la soute une certaine quantité de caisses d’explosifs, et les empila sur le pont. Puis, il plaça dans quatre
- de ces caisses autant de détonateurs auxquels aboutissaient des mèches longues chacune de 8 m. Et, ordonnant à ses hommes de descendre dans le canot, il alluma les mèches et sauta à son tour dans la barque.
- Elle s’éloignait déjà, quand M. Russell se souvint tout à coup qu’il avait oublié à bord une valise contenant d’importants papiers d’affaires et de famille. Son premier officier, M. Wares, se hâta d’aller prendre l’objet, et les marins firent force de rames vers le remorqueur, qui se tenait prêt à gagner le large. D’après les calculs de M. Russell, les mèches ne devaient mettre que 14 minutes à se consumer.
- Le remorqueur s’arrêta à un mille de distance pour surveiller l’explosion. Elle se produisit 50 secondes après le moment prévu, soit près de 15 minutes après l’allumage des mèches. Les témoins de ce spectacle extraordinaire virent s’élever du Mystery une immense nappe de flamme, bientôt suivie d’une détonation formidable, qui fit trembler le vapeur. .
- Puis, d’épaisses colonnes de fumée noire, qu’encadraient des volutes de fumée blanchâtre, semblèrent surgir de la mer. Elles montèrent progressivement à une hauteur de 200 m. environ, et parurent rester stationnaires dans l’air, l’espace de 2 minutes, avant d’être entamées par les vents. La mer se sou-
- Les préparatifs de Vexplosion à bord du Mystery : la mise en place des mèches.
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- leva violemment, comme si un raz de marcc allait en bouleverser la surface.
- Quand le King Edward VU rebroussa chemin
- n’échappera pas à nos lecteurs. Elles furent prises du bord du remorqueur. L’une d’elles, celle qui montre les deux panaches de fumée noire, a révélé
- Les phases de l'explosion du Mystery à Yarmouth.
- vers le lieu de l’explosion, le vent avait fini de dissiper la fumée. Du navire disparu, il ne restait plus que quelques débris de bois noirci, flottant au gré des flots.
- L’intérêt des photographies que nous publions
- au développement des détails qui avaient échappé aux regards des observateurs, car on y voit nettement les éclats de charpente projetés dans toutes les directions par la violence de l’explosion.
- V. Forbix.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiidre, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1961. :—. ' ' . --..— 24 DÉCEMBRE 1910.
- LES PROJECTIONS A LA LUMIERE FROIDE
- Avec un matériel très simple et peu coûteux, M. Dussaud vient d’obtenir une lumière absolument froide, qui ne tardera sans doute pas à révolutionner l’art — hier encore si délicat — du projectionniste. Désormais, le plus inexpérimenté des opérateurs pourra, sans danger, et avec une dépense excessivement minime, projeter facilement de jolies vues sur un écran installé n’importe où : soit à l’école du village, soit à la caserne, soit dans une église de campagne, soit même dans une modeste réunion de famille.
- L’auteur de cette découverte a bien voulu répéter devant nous ces expériences, démontrant que non seulement la projection, mais encore le cinématographe et la photographie en couleurs sont maintenant à la portée de tous.
- Pour projeter les scènes, M. Dussaud s’y prend d’originale façon. Il supprime d’abord... la lanterne de projection. Par un moyen de fortune quelconque (figure 1), il maintient, à l’avant et à l’arrière du cliché diapositif, une lentille double. Derrière celle-ci, il met sa «boîte de lumière froide » qui renferme une ampoule de verre à filament métallique actionnée par une pile minuscule et étanche dont un commutateur interrompt le courant d’une façon périodique. Ce courant discontinu détermine dans le filament des « pulsations » qui le rendent lumineux pendant la durée de chacune d’elles. Toutefois les éclats se succèdent à intervalles si rapprochés que cette « lumière pulsative » paraît absolument fixe pour la rétine d’un observateur. En outre, autre conséquence non moins importante, le filament de la lampe se repose pendant chaque interruption de courant et, d’après la théûrie émise par le savant
- 39e année.
- genevois, l'infime échauffement qu’il a acquis durant la période de travail a le temps de se dissiper. On peut donc envoyer dans la lampe un courant de tension inférieure à la normale sans laisser naître un échauffement continu qui volatiliserait le filament. Comme en témoigne notre photographie (fig. 2), on réalise à peu de frais cette transformation de courant. Il suffit de prendre un de ces petits moteurs qu’on rencontre pour 3 ou 4 francs dans
- tous les bazars d’électricité et avec lesquels nous faisions tourner dans notre jeunesse les tubes de Geissler. Puis on trace quatre raies longitudinales équidistantes sur l’axe et on les enduit de gomme. Sur cet axe de rotation, vient s’appuyer une mince lame de métal reliée aux pôles de la pile et on obtient ainsi un courant discontinu.
- Comme je l’ai constaté dans le laboratoire de M. Dussaud, avec un courant de 1 ampère 1/2 sous 8 volts, l’ampoule de la lampe demeure absolument froide au toucher .Et cependant la lumière résultante est assez intense pour remplacer avantageusement la lampe à arc et permettre de faire une magnifique projection en couleurs de 2 m. sur 2 m. Le résultat m’impressionna d’autant plus que nous opérions avec les objectifs les plus ordinaires du commerce et en salle éclairée.
- Donc, grâce à la lumière froide, plus besoin de lanternes de projection coûteuses, de secteurs électriques, de gaz, d’acétylène, d’oxygène, d’alcool ou de pétrole d’un maniement délicat, sinon dangereux. Plus de brûlures à redouter, plus d’incendies à craindre. Les conférenciers pourront donner libre cours à leur éloquence sans s’inquiéter des faits et
- 4. — 49
- semestre.
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- 50 _projections a la lumière froide
- gestes de leurs aides chargés de la présentation des vues. Notons en outre, que, pour les conférences avec projeôtiohs’en couleurs, les effets de fondants, de soleil, de lune,' d’apparitions, de visions, etc.,
- sont des plus aisés par l’adjonction d’une seconde lampe au dispositif précédent.
- Pour l’application de la lumière froide en cinématographie, M. Dussaud a imaginé l’appareil suivant (fïg. 1) qui, entre autres avantages, supprime le scintillement et double l’intensité lumineuse de la projection pour une source donnée. Il fait donç passer une bande négative ordinaire dans deux appareils à tirer les positifs ; dans le premier, elle imprime ses images impaires, dans le deuxième ses images paires. Il introduit simultanément chacune des bandes dans l’appareil et il tourne la manivelle ; pendant1 qu’une image paire reste immobile, une image impaire descend, et vice versa. Une lampe minuscule semblable à celle de tout à l’heure se trouve derrière chacune des deux fenêtres devant lesquelles passent les bandes. D’autre part, grâce à des commutateurs calés convenablement sur le volant du cinéma, chacune de ces lampes n’est allumée que pendant le temps où l’image correspondante reste immobile.
- Pour cela, deux demi-anneaux d’ébonite mis en chicane couvrent la face externe du volant. De la
- sorte, l’écran se trouve toujours éclairé et non alternativement comme dans les cinématographes employés jusqu’ici. Il en résulte que l’œil ne perçoit pas de sautillement et reçoit deux fois plus de lumière.
- Naturellement les deux bandes moitié moins longues coûtent le même prix qu’une bande ordinaire de longueur double, mais la dépense de lumière est identique quoique l’intensité soit deux fois plus forte. Toutefois, malgré la nécessité des deux glissières avec tambour reliées par une connexion souple à la cardan pour assurer la coïncidence des projections, le prix de l’appareil ne se trouve pas augmenté car on supprime la construction de l’obturateur et de son mécanisme d’entraînement.
- L’invention de M. Dussaud apporte également une très grande signification à la photographie en couleurs. Il prend, avec une chambre noire ordinaire et des pellicules appropriées, trois négatifs d’un objet , en mettant successivement devant l’objectif trois verres colorés, le premier en vert, le deuxième en violet et le troisième en orangé. Puis, après avoir développé ces trois clichés, il en tire trois positifs sur pellicule, c’est-à-dire qu’il a, en définitive, trois photographies en noir. Plaçant alors la pellicule dans l’appareil de projection représenté figure 5, et
- Fig. 3. — Appareil Dussaud pour la projection des photographies en couleurs.
- l’allumant, il voit se peindre sur l’écran l’objet avec ses couleurs naturelles.
- Cet appareil comprend, comme on s’en rend compte par notre illustration, trois condensateurs, trois objectifs, trois boîtes de lumière froide et trois
- Fig. 2. — Mécanisme produisant les interruptions périodiques de lumière et réalisant la lumière froide pour projection.
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- TRAVAUX DU TUNNEL DU LOTSCHBERG ---- 51
- écrans respectivement rouge, jaune et bleu dont les lumières convergent sur l’écran et reconstituent ainsi les couleurs naturelles de l’objet en vertu de la loi bien connue des couleurs complémentaires.
- La lumière froide permet donc de faire pratiquement, pour la première fois, des projections fixes avec des pellicules. Dorénavant tout amateur pourra, en prenant des vues en noir avec un appareil photographique ordinaire, les projeter en couleurs moyennant la modique somme de 10 centimes environ par vue (frais de mise sur pellicule des trois clichés en noir). En outre, pas besoin de repérer à chaque fois les clichés, cette opération étant effectuée par le fait même de l’introduction de la bande dans l’appareil.
- Il suffit de tourner la manivelle, qu’on aperçoit à droite du dernier condensateur, pour dérouler la pellicule et substituer une nouvelle vue en couleurs à la précédente.
- Enfin la lumière froide s’appliquera encore à une foule d’autres usages scientifiques et journaliers. Elle sera, en particulier, d’un précieux secours aux chirurgiens et aux médecins pour l’exploration interne du corps humain, aux micrographes pour l’examen des préparations délicates, et d’une façon générale dans tous les cas où, ayant besoin d’un éclairage intense, on doit cependant éviter une élévation même minime de la température ambiante.
- Jacques Boyer.
- LES TRAVAUX DU TUNNEL DU LOTSCHBERG
- Dans un précédent article de La Nature (6 fév. 1909) on a décrit longuement le tracé et les travaux de la nouvelle ligne en construction reliant Berne avec le tunnel du Simplon après avoir traversé les Alpes bernoises. On y a également parlé ° des importants travaux du tunnel qui, entre les stations de Kandersteg et de Gôppenstein doit franchir le massif du Lôtschberg, ainsi que des installations électriques et mécaniques établies aux deux têtes du tunnel contenant les diffférents appareils servant à fournir l’air comprimé nécessaire aux perforatrices, aux locomotives destinées au transport des matériaux, ainsi qu’à la ventilation du tunnel.
- Quelques mois avant ^ l’apparition de cet article, un grave accident venait de se produire dans la galerie d’avancement Nord du tunnel, accident dû, comme nous l’avons longuement expliqué, à l’envahissement de la galerie par des sables et graviers aquifères provenant du remplissage d’une grande dépression existant dans cette partie de la vallée de la Kander et qui, sous une pression énorme, pénétrèrent dans cette galerie en l’obstruant sur une grande longueur et en ensevelissant 25 ouvriers. A la suite de cette catastrophe, arrivée le 24 juillet 1908, les travaux du tunnel furent arrêtés. On entreprit immédiatement des études au sujet, soit de la continuation éventuelle du tunnel suivant le tracé primitif, en traversant les alluvions profondes de la vallée de la Kander, soit d’une déviation du tunnel
- allant franchir plus en amont le thalweg dans une zone où le lit est entièrement constitué par du rocher solide. On reconnut, au moyen de sondages, que l’épaisseur du
- terrain fluent, à l’emplacement, du tracé primitif et sur une longueur de plus de 300 m., était telle que le tunnel se trouverait tout entier dans cette masse fluente. Ôn examina les divers procédés pouvant être employés pour traverser ces terrains fluents, et, après avoir reconnu les extrêmes difficultés pratiques de leur emploi, on décida de dévier le tracé. Le tunnel qui, primitivement, sur une longueur de 13 745 m., se dirigeait en ligne droite ( de la tête Nord à la tête Sud, a été ainsi dévié comme le-montre le plan ci-joint (fig. 1).
- Du côté Nord le nouveau tracé utilise l’ancien tunnel sur une longeur de 1203 m., puis s’inclinant vers l’Est par une courbe de 1100 m. de rayon, il suit la vallée de la Kander sur une longueur de 1658 m. et, après une nouvelle courbe de 1100 m. de rayon, vient la traverser à une profondeur de 250 m. au-dessous du lit de la rivière. Un alignement droit de 5430 m. de longueur, suivi d’une petite courbe, ramène alors le tracé dans la direction primitive, à une distance de 4000 m. environ de la tête Sud. Par suite de cette modification du tracé, la longueur du tunnel sera de 14 536 m., soit une augmentation de 800 m.
- La figure 2 donne le profil en long du nouveau tracé.
- Fig. i. — Nouveau tracé du tunnel du Lôtschberg [plan).
- Vallée de Gastern
- 3rand tunnel dq lôtsLhberç 14536 iMNTON DE BEF
- + CANT
- Fig. 2. — Profil en long suivant le nouveau tracé du tunnel du Lôtschberg.
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- TRAVAUX DU TUNNEL DU LOTSCHBERG
- A partir de la tète Nord, les rails suivent une rampe de 7 pour 1000 par mètre sur une longueur de 6390 m., à
- l’extrémité de laquelle ils atteignent ^ - -—-- une hauteur de 1244,10 m. au-dessus
- du niveau de la mer.
- Après un court palier, la voie redescend ensuite par une pente d’abord de 2,45 millim. par mètre, puis de 3,87 millim. vers la tête Sud qu’elle atteint à la cote de 1220 m. au-dessus de la mer.
- Les travaux arrêtés le 24 juillet 1908 furent repris en février 1909 et, le 5 octobre 1910, les deux galeries d’avancement étaient percées sur une longueur totale de près de 12000 m. 2000 m. restaient donc à percer, soit
- Fig. 3. — Perforatrice à air comprimé en fonctionnement.
- environ le septième de la longueur totale du tunnel.
- L’avancement moyen journalier à chaque front de taille est d’un peu plus de 7 m. et on espère que la rencontre des deux galeries pourra se faire au
- Fig. 4. — Installation des perforatrices à air comprimé au front de taille.
- commencement de 1911. Les terrains traversés par les deux galeries d’avancement sont actuellement les granits de
- . Fig. 5. — Avalanche à Vorifice sud du tunnel.
- Gastern, très solides et ne nécessitant en général que des boisages peu importants.
- .Les sources d’eau sont peu abondantes.
- Mais la température, surtout du côté Sud où l'épaisseur du massif est considérable, comme le montre la figure 2, s’est élevée à 34° C. et commence seulement à diminuer un peu.
- On est obligé de la combattre par une ventilation énergique et l’eau pulvérisée (Yoy. La Nature des 24 oct. et 21 nov.
- 1908). Du côté Nord, où l’épaisseur du
- massif est moins grande, la température a atteint près de 23°. La ventilation du tunnel s’opère au moyen de ventila-
- Fig. 6.— Vallée de GÔppenslein.
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- teurs centrifuges de 5,50 m. de diamètre installés à chacune des têtes et actionnés par des moteurs électriques. Ces ventilateurs, renfermés dans une chambre communiquant avec le tunnel, peuvent, par une simple manœuvre de registre, refouler ou aspirer l’air de celui-ci. Cette installation est définitive et servira à la ventilation du tunnel lorsqu’il sera ouvert à la circulation des trains. Pour le moment, les ventilateurs ne refoulent pas l’air dans la section entière du tunnel maçonné, mais seulement dans une gaine latérale formée, d’un côté, par la paroi maçonnée de la voûte et, de l’autre, par une paroi constituée par une cloison en maçonnerie de briques ou de béton raidie par une armature métallique. A l’extrémité de cette gaine qui se termine au bout de la partie maçonnée de la voûte et qu’on prolonge à mesure de l’avancement de celle-ci, on trouve un ventilateur actionné par un moteur électrique qui refoule, au moyen de tuyaux, l’air envoyé dans la gaine vers les chantiers d’abatage, d’où un relai emprunte l’air nécessaire à la ventilation de l’avancement. Quant à l’air vicié il revient vers la tête du tunnel par la partie restée libre de la section du tunnel maçonné. Cette disposition présente quelque analogie avec celle employée au Simplon où, au lieu de la gaine par laquelle l’air est refoulé dans les galeries, on a percé une seconde galerie de section réduite paral-
- lèle à celle élargie au profil définitif et qui sert aujourd’hui à la circulation des trains (Voy. La JSalure du 24 oct. 1908).
- Le transport des matériaux dans le tunnel se fait au moyen de locomotives à air comprimé à quatre, trois ou deux essieux couplés. Les réservoirs de ces locomotives sont alimentés directement dans le tunnel au moyen d’une canalisation qui leur amène de l’air comprimé à la pression de 120 kg par les compresseurs installés dans les usines de chacune des têtes. Des détendeurs ramènent à la pression de 20 kg l’air admis dans les cylindres et celui-ci est réchauffé au moyen de bouülottes suivant le procédé Mékarski. Grâce à cette installation, ces locomotives n’ont à sortir du tunnel qu’en cas de réparation.
- D’après les nouvelles conventions intervenues entre la Compagnie et les entrepreneurs, la nouvelle ligne doit être livrée à la circulation des trains en 1915.
- Nous rappellerons que la|traction des trains se fera électriquement au moyen du'courant monophasé à 16 périodes et à la tension de 15 000 volts dans le fil de prise de courant. Les locomotives électriques doivent pouvoir remorquer sur les rampes d’accès de 27 millim. par mètre une charge de 510 tonnes à la vitesse de 40 km à l’heure. R. Bo'nkin.
- LA CONSERVATION DES GAZ LIQUÉFIÉS
- La question des vases dans lesquels on doit recueillir et conserver les gaz liquéfiés jusqu’au moment de leur utilisation est capitale, tant au point de vue économique qu’au point de vue sécurité.
- La solution en est aisée pour les gaz liquéfiables par simple compression : il suffit de les renfermer sous pression dans une enveloppe suffisamment résistante.
- Bien plus difficile est le problème de la conservation de l’air liquide qui doit être maintenu au-dessous de — 140° (temp. crit. de l’air), si difficile qu’une solution pratique reste à trouver. On peut affirmer que la découverte d’une telle solution généraliserait dans les usines l’emploi de l’air liquide. Celui-ci, fabriqué économiquement, au voisinage des chutes d’eau, serait ensuite conduit par voie ferrée au lieu
- Fig. r.
- Robinet à pointeau.
- d’utilisation.
- Nous-allons, dans cet article, passer en revue les procédés de conservation des gaz liquéfiés industriels dont nous avons donné précédemment les modes de préparation.
- Les gaz liquéfiés autres que l’air pouvant être amenés à la température ordinaire sans cesser d’être liquides sont conservés dans des bonbonnes hermétiquement closes. La nature de l’enveloppe, la résistance à lui donner sont régies par des règlements officiels. 11 y a en effet là une question intéressant la sécurité publique et les autorités doivent prévenir tout éclatement des récipients.
- Le chlore, le gaz ammoniac, l’anhydride sulfureux liquides doivent être contenus dans des récipients en fer forgé ou en acier doux recuit. Ces récipients sont soumis à une épreuve officielle, renouvelée tous les trois ans et constatant qu’ils supportent, sans fuites ni déformations permanentes, une pression égale à 100 kg par centimètre carré pour le gaz ammoniac liquéfié,
- 50 kg pour le chlore liquide et 50 kg pour l’anhydride sulfureux.
- Les bonbonnes à gaz liquéfiés portent à leur partie supérieure un conduit A de sortie pouvant être fermé par un robinet à pointeau (fig. 1). C’est une vis V à pas très petit, terminée par un cône R, dur, susceptible de s’appliquer exactement sur l’extrémité évasée du conduit A. En agissant sur la vis Y, on soulève le cône R et le gaz* suivant la voie indiquée par les flèches, s’engage
- Fig. 2. — Vase à chlorure de méthyle,
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- dans le conduit C relié aux appareils d’utilisation.
- La figure 3 représente quelques formes de réci-
- Fig. 3. — Formes diverses de récipients métalliques pour gaz liquéfiés.
- pients employés. Le chlorure de méthyle est ordinairement renfermé dans des bouteilles en bronze présentant un second pointeau latéral B. Celui-ci permet de produire un jet de chlorure de méthyle liquide et de le diriger à volonté tout en faisant varier son intensité (fig. 4). Dans les laboratoires, le chlorure de méthyle sert très souvent comme réfrigérant.
- Enfin, dans le commerce, on livre également le gaz sulfureux liquéfié dans des siphons en verre épais.
- Les récipients à gaz liquéfié sont fréquemment munis d’un détendeur, appareil réglant la pression du gaz sortant de la bonbonne (fig- S).
- Pour obtenir à la sortie S, et par suite dans le compartiment I, une pression de gaz déterminée P, il suffit d’une rondelle R qui vienne automatiquement fermer l’extrémité À du conduit d’arrivée dès que la pression tend à dépasser la valeur P. Dans ce but, le compartiment I est limité par une membrane de caoutchouc BC qui presse contre un disque métallique H commandé par un fort ressort G. La tension de ce ressort est réglée au dehors par une vis V. Sous faction du ressort G et tant que la pression du gaz est inférieure à P (valeur qui dépend de la tension du ressort G), la membrane BC presse sur le ressort F et la rondelle R mobile autour de l’axe O quitte l’extrémité du conduit À, Le gaz pénètre
- dans la chambre I et, sa pression augmentant, repousse peu à peu la membrane BC. Celle-ci cesse d’agir sur le ressort F dès que la pression atteint la valeur P. A ce moment donc, la rondelle R vient boucher le conduit A, suspendant l’arrivée du gaz.
- Le gaz s’écoule par le robinet S sous une pression sensiblement fixe, indiquée par le manomètre M, et dont on pourra faire varier la valeur en agissant sur la vis Y.
- Il est inutile de signaler ici les autres perfectionnements de détail, tels que les soupapes de sûreté de certains récipients à gaz liquéfiés. Ajoutons que les soupapes et les robinets doivent être protégés par des chapes M (fig. 1) de même métal que les récipients et vissés sur eux. De plus, les bonbonnes sont construites de manière à ne pas pouvoir rouler. Ces précautions prises, le maniement des récipients n’offre aucun danger, du moins pour les gaz liquéfiés que nous avons étudiés.
- La conservation de l’air liquide. — L’air liquide ne peut se conserver que dans des vases ouverts.
- Qu’arrive-t-il, en effet, si l’on enferme de l’air liquide dans une bouteille close, comme on le fait, par exemple, pour le gaz carbonique? Le liquide s’échauffe peu à peu sous l’influence de la chaleur ambiante; sa température s’élève progressivement. Quand elle dépasse — 140° (température critique de l’air), le liquide disparaît complètement. On sait, en effet, qu’un corps quelconque, porté au-dessus de sa température critique, ne peut exister qu’à l’état gazeux. Si nous avions rempli d’air liquide un récipient d’un litre, nous possédons maintenant un litre d’air gazeux sous la pression de 800 atmosphères, à moins que par suite de cette formidable
- Fig. 4. — Un jet de chlorure de méthyle liquide. Le froid provenant de Vévaporation produit une abondante condensation de vapeur d'eau.
- pression le récipient ne se soit empressé d’éclater. En tout cas, et c’est surtout cela qui nous intéresse, toute goutte de liquide a disparu.
- Nous allons donc conserver l’air liquide dans des
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- vases ouverts. La question de securité, signalée au commencement de cet article, ne se pose plus ; il ne reste que la question économique ; celle-ci prend pour l’air une importance considérable.
- L’air liquide bout, sous la pression atmosphérique, à —190°. Maintenir un tel liquide dans un vase, à la température ordinaire nous semble aussi difficile que vouloir conserver de l’eau au sein d’un four au rouge. Le milieu dans lequel nous vivons, c’est une véritable fournaise pour l’air liquide. Comment empêcher celui-ci de bouillir, de se vaporiser presque instantanément? Nous ne voyons qu’un moyen : c’est d’isoler l’air liquide de cette fournaise
- ambiante ; empêcher la chaleur de se propager de l’une à l’autre.
- Si nous tenons à la main l’extrémité d’une barre métallique tout en enfonçant l’autre bout dans un foyer, la main ne tarde pas à ressentir une impression de chaleur. Nous disons : les parties métalliques chauffées par le foyer ont transmis leur chaleur aux parties voisines, celles-ci à d’autres et ainsi de suite jusqu’à notre main ; il y a eu transport de chaleur du foyer à la main par l’intermédiaire du métal. Ce n’est que grâce à cette présence d’une substance matérielle réunissant le milieu chaud au milieu froid, par exemple le foyer à la main, l’air ambiant à + 15° à l’air liquide à — 190°, qu’un tel mode de transport peut avoir lieu .Nous le supprimerons complètement en réalisant entre les deux milieux un espace vide de toute matière.
- Nous voilà donc conduits à enfermer l’air liquide dans des vases à double enveloppe avec un vide aussi parfait que possible entre les deux enveloppes. Premier résultat : nous constatons que dans de tels vases (fîg. 6) un litre d’air liquide met, non plus quelques secondes, mais quelques heures pour s’évaporer complètement. Il y a progrès.
- Nous pouvons encore faire mieux. Nous n’avons pas barré la route à la chaleur rayonnante : le soleil nous échauffe ; il est cependant séparé de la terre par le vide parfait des espaces interplanétaires ; de même, l’air ambiant échauffera, malgré l’anneau de vide des vases de la figure 6, l’air liquide emmagasiné à l’intérieur. Nous avons supprimé la propagation de la chaleur par conductibilité ; il subsiste la propagation par rayonnement. On élimine celle-ci en argentant les surfaces extérieure et intérieure des vases à double enveloppe. Par ce simple artifice d’argenture, la durée de conservation du litre d’air
- Fig. 5.— Détendeur pour récipient à gaz liquéfiés.
- est portée à 8 jours.Ces récipients, appelés vases Dewar, bien que renfermant un liquide dont la température diffère de la température ambiante de plus de 200°, n’en laissent rien paraître à l’extérieur; on n’y voit
- Fig. 6. — Récipients à double enveloppe et vide intermédiaire pour Pair liquide.
- même pas cette buée qui recouvre aussitôt la carafe d’eau fraîche qu’on apporte dans une pièce chauffée.
- Sur la figure 7, on a représenté quelques vases Dewar. La couche d’argent, rendant la surface des ballons très réfléchissante, on voit, sur la photo-
- Fig. 7. — Récipients Dewar, argentés, à double enveloppe et vide intermédiaire.
- graphie, non seulement les objets environnants, mais aussi le photographe (avec une légère déformation) .
- L’enveloppe extérieure des vases Dewar est assez épaisse : elle peut ainsi résister aux chocs acciden-
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- tels. L’enveloppe intérieure est en verre très mince (quelques dixièmes de millimètre). Les deux ballons sont raccordés- à leurs goulots par une soudure de verre.
- Ori conçoit qu’il n’est pas facile de souffler l’un
- Fig. 8. — Transvasement de Vair liquide.
- dans l’autre deux ballons concentriques dont les parois ne sont distantes que de quelques millimètres; c’est là la raison du prix élevé des vases Dewar (de 30 à 50 francs).
- Ce qu’il y a de remarquable c’est la solidité, à certains égards, de ces appareils; si l’on songe que l’enveloppe intérieure, qui n’a pourtant par endroits que 3/10 de millimètre d’épaisseur, supporte sans se rompre la pression atmosphérique, c’est-à-dire 100 kg par décimètre carré, on est en droit de s’étonner d’un pareil résultat.
- Malheureusement la soudure qui réunit les deux ballons est très fragile; que l’air liquide vienne à la toucher et la fâcheuse rupture a des chances de se produire; le vase est perdu : coût, 50 francs. L’em-magasinement et le transport d’air liquide dans les récipients Dewar sont, par suite, des opérations très ennuyeuses. C’est à cela que l’on doit en grande partie le prix de vente élevé de l’air liquide dans le commerce (5 francs le litre).
- Afin de ne pas mettre en contact la soudure et l’air liquide on ne transvase pas celui-ci à la façon ordinaire ; on emploie le dispositif indiqué figure 8. En pressant sur la poire P, on fait sortir l’air liquide en S, ce qui permet de le recueillir en A. Naturellement l’opération doit être menée soigneusement avec tous les égards dus à un liquide qui bout à 200 degrés.
- Les ballons Dewar isolent l’air liquide du milieu
- ambiant; empêchent la chaleur de se propager de l’un à l’autre. Ils pourront également servir à isoler un liquide chaud, de l’extérieur; empêcher par suite son refroidissement. Les bouteilles « thermos » que l’on emploie, suivant les saisons, à conserver chaudes ou froides, les boissons que l’on y enferme ne sont autres que des récipients Dewar.
- Il est difficile de fabriquer des ballons Dewar d’une capacité supérieure à 5 litres; de plus ceux-ci sont chers et fragiles, de sorte que si l’on connaît une solution convenable pour la conservation de petites quantités d’air liquide, il reste à trouver la solution vraiment industrielle qui permettrait de multiplier à l’infini les applications de l’air liquide. Un grand pas dans cette voie a déjà été fait par James Dewar.
- On peut songer à remplacer les vases en verre que nous venons de voir si coûteux et si fragiles par des récipients analogues en métal beaucoup plus faciles à faire ; mais l’expérience montre que, par suite de la porosité des métaux, le vide une fois réalisé entre les deux enveloppes métalliques, ne persiste pas avec le haut degré de perfection indispensable. L’air rentre peu à peu et rétablit la communication thermique entre le liquide et l’atmosphère extérieure.
- Nous pouvons, et c’est là l’idée de Dewar, absorber au fur et à mesure cet air qui s’introduit, le mettre ainsi dans l’impossibilité d’altérer le vide primitivement réalisé.
- Le charbon a la propriété d’absorber les gaz. Imaginons le récipient en cuivre représenté figure 9 : le tube T contient du charbon de bois ; on a fait un vide aussi bon que possible entre les enveloppes.
- L’air envahissant, par suite de la porosité du cuivre, l’intervalle 1, est absorbé par le charbon ; le vide se maintient et l’air liquide n’a pas plus de motifs de s’évaporer que dans un vase Dewar en verre.
- Les essais faits dans cette voie ont donné les plus heureux résultats. Il ne semble pas impossible de construire, d’après cette ingénieuse idée, des wagons-citernes de grande capacité, très résistants et capables de transporter économiquement l’air liquide des lieux de production aux lieux d’utilisation. Cette solution permettrait d’obtenir à un prix dérisoire l’oxygène et la force motrice. G. Brescii.
- Charbon
- Fig. 9. — Récipient en métal utilisant les propriétés absorbantes du charbon.
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- UN SONDAGE DE 2240 METRES
- Le sondage le plus profond du monde était, il y a peu de temps, celui de Paruschowitz. Aujourd’hui c’est celui de Czuchow en Silésie qui, parti pour atteindre 2500 m., est arrivé à 2239,72 m. Ce trou d’aiguille, qui perfore l’écorce terrestre sur plus de 2 km, est intéressant à bien des égards, mais surtout pour les observations thermométriques auxquelles il a donné lieu1.
- Czuchow est situé à 15 km Sud de Gleiwitz, à peu près à mi-chemin entre cette ville et Rybnik, à environ
- 10 km de Paruschowitz. Le sondage a été commencé le
- 11 décembre 1900 avec un diamètre de 0,44 m., diamètre que l’on a progressivement réduit jusqu’à 0,05. Les étapes du travail sont données par les dates suivantes :
- A la fin de 1907, 1403 m.; en juillet 1908,1748; en décembre, 2171 ; le 15 février 1909, 2239,72 m. On a commencé à forer au diamant à partir de 577 m. Le trou de sonde a été tubé jusqu’à 2087 m. Les mesures de températures, qui vont être résumées plus loin, ont eu lieu dans le courant de mars.
- Les terrains traversés ont été : du quaternaire sur 25 m. ; du tertiaire sur 90 m. ; puis, jusqu’au fond, du carbonifère, dans lequel on a recoupé 163 couches de houille. On peut ajouter que des venues d’eau salines ont été rencontrées à diverses profondeurs et n’ont exercé sur la température aucune influence immédiate : eau à b 10 pour 100, à 527 m. ; à 16 pour 100, à 1026; à 9 pour 100, à 1841; à 12 pour 100, à 2032 m.
- Les mesures de température ont présenté certains traits particuliers intéressants à men-& tionner. Tout d’abord, dans les autres expérimentations ana-“ 2 logues, on avait toujours opéré
- Fig. x. — Disposition de la avec un P?tit nombre d>Pa’ capsule d’acier renfer- reils> en observant successive- ment la température à diverses profondeurs dans des conditions qui n’étaient pas rigoureusement comparables. Ici, grâce au nombre des appareils mis à la disposition des savants par le Ministère du commerce allemand (105 géothermomètres Dunker; 8 thermomètres à maximum), on a pu faire simultanément les observations à tous les niveaux. L’importance de la cause d’erreur ainsi éliminée peut se reconnaître en comparant des observations faites au même point à deux moments différents et qui, notamment par l’effet des circulations aquifères, donnent des résultats absolument différents. Dans le cas présent, au contraire, toutes les mesures subissent la même influence et, si elles ne sont pas rigoureusement exactes, leur rapport reste du moins le vrai : ce qui est l’essentiel pour les études théoriques.
- 1. Michael uxn Quitzow. Die Tcmpcratur Mcssungcn im Tiefbohrloch Czuchow (Jahrb. der Kônigl. Preuss. geol. Landesanstalt fur 1910, t. XXXI, fasc. 1, 22 p.).
- /Æ
- mant les thermomètres a b. Fig. 2. — Détail d’un géothermomètre.
- a ev h,
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- 300
- b
- Les thermomètres à maximum étaient du type ordinaire. Les géothermomètres présentent la disposition représentée par la figure 2 : un récipient a prolongé par un tube b de 0,25 m. coupé en biseau à 60°. Le principe de l’appareil consiste à y introduire assez de mercure pour qu’une partie de celui-ci s’écoule à la température approximativement prévue. L’appareil une fois remonté du fond, il suffit alors d’apprécier ce qui reste du mercure pour savoir quelle température on a atteint. L’un des défauts du système est que le mercure ne s’écoule pas immédiatement après avoir atteint le haut du tube, mais y reste un moment suspendu avant de tomber; il en résulte deux températures, distinctes souvent de 2 ou 3°, d’une façon très inégale : l’une où le mercure atteint le haut (Austritt), l’autre où il tombe (Abfall) ; c’est le premier chiffre qui est le plus exact.
- Cette remarque faite, pour opérer, il fallait protéger ces tubes contre l’introduction de boue et d’eau. On les a, à cet effet, enfermés (figure 1) par groupes dans des tubes d’acier c, de diamètre variable avec celui du sondage au niveau où l’on voulait opérer. Chacun de ces tubes porte, à cet effet, à sa partie supérieure, un bouchon d et un pas de vis qui s’engage dans
- zosx, :r.nv,
- non. tubé'
- Fig. 3. — Coupe du sondage de Czuchow montrant ses sections aux diverses profondeurs.
- l’écrou e rattaché à l’ensemble des tiges : la capsule étant susceptible de résister aux pressions atteintes dans le fond du trou de sonde. On plaçait 2,3 ou 4 thermomètres ensemble dans une telle capsule que l’on intercalait dans la série des tiges en suspension au moment où celles-ci allaient s’enfoncer dans le tube ; d’où résultaient les intervalles de 31 m.
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- 58 ........-...... LE « BLOODHOUND
- déterminés par la hauteur des tiges. Enfin, la hauteur totale des tiges avec tous ces thermomètres étant descendue, on la laissait assez longtemps pour que l’équilibre s’établit bien. On a fait ainsi deux groupes de mesures : l’un au bout de 9 heures, l’autre au bout de 85 heures. La comparaison a montré que le premier délai' était parfaitement suffisant.
- Les causes d’erreur que l’on aperçoit aussitôt dans une mesure de ce genre sont nombreuses. Tout d’abord, il est évident qu’il faut attendre assez pour que réchauffement produit par le forage ait pu s’effacer. Dans le cas présent, on est resté 14 jours après la fin du forage avant de prendre les températures. D’autre part, la température que l’on mesure est toujours, en réalité, non celle du terrain, mais celle de l’eau qui n’est pas d’ordinaire en équilibre avec le terrain avoisinant, surtout s’il y a, comme dans le cas présent, des circulations aquifères à température variable provoquées par des venues latérales. En des cas antérieurs, par exemple à Speren-berg, on avait essayé d’y remédier en descendant des caisses tubulaires en fer de 3 à 4 m. empêchant l’introduction de l’eau dans cet espace où on mettait le thermomètre ; on a constaté ainsi des différences de deux degrés suivant qu’on prenait ou non cette précaution, et cela dans un sens variable suivant les niveaux. Cette influence perturbatrice existe surtout quand le’ sondage est à grand diamètre et se réduit à presque rien dans les petits trous de sonde. A Schladebach, on a préféré remplir le sondage d’une vase qui se mettait en équilibre de température avec le terrain et au centre de laquelle était le thermomètre. A Czuchow, on n’a pu employer ces systèmes; mais, aux grandes profondeurs, la réduction, du diamètre semble atténuer cette influence perturbatrice qui se traduit plus haut par les anomalies de température dont nous allons parler.
- Il faut, en outre, tenir compte des pièces de fer, tubes et tiges, qui conduisent la chaleur. Quand on peut opérer avant le tubage, on évite un peu ce défaut. A Czuchow le tubage existait quand on a pris les mesures. Enfin, la nature des terrains traversés a une influence facilement visible et l’on devrait encore tenir compte de la pression supportée par les récipients de verre malgré leur enveloppe d’acier. Toutes ces causes d’erreurs empêchent d’attacher une précision absolue aux observations de détail. Celles-ci sont cependant, en moyenne, suffisamment concordantes entre elles et tout à fait concordantes dans l’ensemble avec celles du sondage de Paruschowitz,
- LE « BLOODHOUND
- Notons avant tout ce qui distingue le bloodhound, ou limier-de-sang, du chien policier que les malfaiteurs de notre capitale ont appris à redouter. Tandis que le dernier se jette férocement sur son gibier pour lui planter ses crocs dans la chair, le premier, de mœurs plus raffinées, se contente de relever les traces de l’homme qu’il est chargé de découvrir. Quand il se trouve en sa présence, après une poursuite plus ou moins mouvementée, il s’en approche, le flaire longuement, pousse un aboiement de triomphe, et se retire modestement à l’écart, avec un air de dire :
- « Je vous livre votre homme. Faites-en ce que vous voudrez !»
- », CHIEN-DÉTECTIVE ::: : : :
- placé au voisinage immédiat dans des conditions géologiques identiques.
- En deux mots, on peut dire que, dans les niveaux supérieurs, jusqu’à environ 250 m. de profondeur, avec un large trou de sonde laissant au moins dix centimètres de vide pour la montée des eaux chaudes de la profondeur, les mesures sont sans valeur. A partir de 250 m., le diamètre se réduit à 0,185, puis à 0,150 à 550 m., 0,120 à 850 m., etc. En même temps, les mesures deviennent plus exactes. Leur progression est la suivante : 23° à 500 m., 24° à 575 m., 25° à 448, 20° à 480, 27° à 552, 28° à 602 m., etc. : ce qui fait des degrés1 géothermiques de 75 m., 75 m., 32 m., 72 m., 50 m. Puis, de 640 à 730 m, intervient une perturbation qui ramène la température à 29° après qu’on avait atteint un moment celle de 50° 9. Après 730 m.,la progression est à peu près régulière. Sans entrer dans le détail, on atteint 50° à 1160 m., 60» à 1267, 70° à 1583, 80° à 2090 et 85° 4 à 2221 m., ce qui donne des degrés géothermiques moyens encore assez variables, de 10m., 51,60 m. et 50,70 m.
- Une partie de ces anomalies est due à l’influence des couches traversées, d’autres à diverses circonstances précédemment indiquées qui, depuis longtemps, ont déterminé à ne garder de tout un système de mesures semblable que les moyennes générales. En règle générale, les grès ont toujours été moins chauds que les schistes avec couches charbonneuses. Une couche de charbon de 6,32 m., rencontrée à 1690 m., avait une température de 74° 6 intercalée entre deux températures de 75,2 et 72,7.
- Au total, nous arrivons, pour 2220 m., à 83° 4, ce qui fait un degré géothermique moyen de 31,80 m. Auparavant à Paruschowitz, en 1895, on avait trouvé jusqu’à 1959 m. un degré de 51,82 m., avec un maximum de 69° 3, la température moyenne extérieure étant de 7° 8. A Schladebach, dans la Saxe prussienne, jusqu’à 1716 m., on avait trouvé un degré géothermique de 35,70 m. avec maximum de 56° C.
- On constate donc une fois de plus l’accroissement de la température à mesure que l’on s’enfonce dans la terre et un accroissement qui reste, dans ces limites de 2 km, ce qu’on l’avait estimé autrefois. D’où la confirmation des conclusions bien connues sur la profondeur à partir de laquelle les roches doivent atteindre leur point de fusion, sur le rayonnement calorifique de la terre dans l’espace et sur son refroidissement progressif.
- P. Salnon.
- », CHIEN=DETECTIVE
- Les origines de ce chien, peu connu en France, sont enveloppées de mystère, et la littérature exotique a tissé autour de lui d’inextricables légendes qu’il est,presque toujours impossible de réduire au volume d’un fait authentique et précis. Le fameux roman de la Case de l'Oncle Tout, et certaine œuvre de jeunesse de Victor Hugo, nous ont présenté de féroces bloodhounds qui se lançaient sur la piste des esclaves fugitifs et les mettaient en pièces.
- Deux siècles auparavant, les historiens de la conquête du Nouveau Monde nous avaient appris l’existence de régiments de chiens qui accompagnaient les conquistadores espagnols et poursuivaient, pour les étrangler et les dévorer, les mal-
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- heureux Indiens réfugiés au fond des forêts vierges.
- Les rares écrivains qui se sont occupés de la question croient que le limier de sang est issu du Saint-Hubert et d’une race des Ardennes. Il est probable que quelques gentilshommes français, établis dans notre ancienne colonie de Saint-Domingue, eurent l’idée d’utiliser son flair merveilleux et sa grande intelligence pour la poursuite des esclaves marrons. Les colons espagnols de l’île voisine introduisirent à leur tour sur leurs plantations quelques couples de ces limiers, qui, croisés avec des espèces plus féroces, comme celle du grand danois, donnèrent naissance à la variété connue sous le nom de dogue de Cuba. Ce fut elle, précisément, qui fournit ces régiments de chiens dont nous parlions plus haut, et qui contribuèrent largement à l’extermination des races indigènes.
- Quand la Révolution de Saint-Domingue obligea les colons français à s’expatrier, beaucoup se réfugièrent à la Louisiane. Dans les forêts inexplorées qui couvraient alors cet immense territoire, leurs limiers rencontrèrent un champ propice au développement de leurs merveilleuses facultés. D’heureuses sélections avaient singulièrement affiné la race, quand éclata la guerre de Sécession. Les Blood-hounds sudistes, employés à la chasse des espions
- Fig. 2.— Les bloodhounds maîtrisant un criminel fugitif.
- nordistes, devinrent un objet de terreur pour les troupes de l’Union, et ordre leur fut donné d’abattre sommairement tous les limiers qu’elles rencontreraient. On raconte qu’un émissaire nordiste, nommé Meeker, se rendit sous un déguisement dans la ferme
- de Jefferson Davis , le président de la Confédération du Sud, l’un des plus grands éleveurs de bloodhounds de l’époque, et qu’il y empoisonna 47 chiens dépuré racé. Au rétablissement de la paix, le bloodhound put
- Fig. i. — Les bloodhounds tenant en arrêt un criminel réfugié sur un arbre.
- être considéré comme une espèce éteinte. Par bonheur, plusieurs paires avaient été transportées en Angleterre avant l’explosion du conflit par quelques amateurs. Tandis que les Anglais songeaient à mettre à profit les dons de ce chien pour innover un sport dont nous parlerons plus loin, des amateurs réimportaient en Amérique quelques bloodhounds de pure race, et les dressaient à la poursuite des criminels. C’est sous ce jour que nous allons considérer le bloodhound, dont on a dit, avec quelque apparence de raison, qu’il possède un sixième sens, aussi mystérieux que le sens qui ramène au nid le pigeon voyageur.
- Les débuts du bloodhound comme chien détective ne remontent guère qu’à 1890. A vrai dire, plusieurs éleveurs du Far-West avaient déjà aidé la police locale à découvrir des criminels en lançant leurs chiens sur leurs pistes. Mais ces affaires n’avaient pas eu de retentissement. Durant l’été de cette année 1890, un vol audacieux fut commis sur la ligne de l’Union Pacific, dans le Wyoming: une bande de-détrousseurs de trains arrêta un express et déroba près d’un million de francs enfermé dans le coffre-fort du vagon aux valeurs. Une escouade de police se lança sur les traces des bandits; mais ils avaient une avance de plusieurs heures; et, comme ils s’étaient dirigés vers une région très accidentée, il fallait
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- se résigner à perdre tout espoir de les rejoindre.
- C’est alors que la compagnie fit appel au docteur J. B. Fulton, le plus connu des éleveurs de blood-hounds. Elle l’avisait par télégraphe qu’un train spécial partait pour ramener ses meilleurs chiens, et leurs dresseurs. Quatre chiens débarquaient bientôt à Gasper, d’où on les conduisait dans une ferme où l’on savait que les bandits s’étaient reposés après leur exploit. Il est bon de noter que les chiens arrivaient 50 heures après le départ des bandits, que le terrain à parcourir était éminemment rocailleux, et qu’il y avait de fortes chances pour que leur odeur se fût dissipée.
- Cependant, après avoir fait le tour de la cabane, les chiens découvraient la piste et s’élançaient avec un tel entrain qu’ils renversaient les dresseurs qui les tenaient en laisse. Suivis d’une bande d’hommes armés, ils s’engageaient dans la montagne, marchaient pendant deux nuits et un jour, s’arrêtaient enfin près d’un feu de bivouac autour duquel dormaient deux hommes. Ceux-ci protestèrent de leur innocence, et les gens de police, qui n’avaient suivi les chiens qu’à contre-cœur, tournèrent la chose en dérision : les détectives à quatre pattes s’étaient moqués d’eux! Les deux suspects, qui prétendaient n’être que des cowboys égarés à la poursuite de chevaux fugitifs, furent laissés en liberté.... Or, quinze jours plus tard, on apprenait qu’ils avaient réellement participé à l’affaire !
- Un cas plus sensationnel encore mit bientôt en relief la sagacité des bloodhounds du Dr Fulton. Deux habitants de la petite ville de Fairbury (Né-braska), M. et Mme G. W. Baker, avaient été assassinés dans leur maison, et l’on soupçonnait le propre frère du mari. La justice fit appel à M. Fulton, qui envoya aussitôt ses deux meilleurs chiens, Hayons X et Jo-Jo. Toute la population de la ville s’était rendue à la gare pour assister à l’arrivée des chiens détectives, empressement qui rendait leur besogne plus délicate, puisque les traces du criminel avaient été ainsi coupées ou couvertes par des centaines de pistes. On les conduisait dans la maison du suspect, et on leur donnait à flairer ses vêtements.
- Ils s’élancaient aussitôt dehors, faisaient deux fois le tour de la maison, le mufle collé au sol, puis, avec un aboiement de satisfaction, tiraient ardemment sur leurs laisses. Sans hésitation, ils traversaient la ville, puis, un champ de blé, suivis de loin par la foule silencieuse et excitée. Et, revenant vers la grand’route, ils couraient à la maison du crime. L’identité de l’assassin était désormais établie !
- Ils faisaient le tour de la maison, s’arrêtaient à une encoignure, et partaient à toute vitesse vers le Nord. Au bout de 200 mètres, ils faisaient halte pour flairer une cartouche vide de fusil de chasse. On comprit que l’homme était armé, et la poursuite, fut suspendue, le temps de réunir quelques citoyens de bonne volonté. Une heure plus tard, la chasse reprenait. Suivant de nouveau la route, les chiens s’arrêtaient à l’entrée d’un petit aqueduc couvert,
- s’y engageaient pour déboucher dans une ravine, où ils se mettaient à galoper pendant trois kilomètres. Us pénétraient ensuite dans la cour d’une ferme, faisaient halte à la rencontre de deux haies, en indiquant ainsi. que l’homme s’était reposé en cet endroit, et, toujours silencieux, mais plus excités que jamais, bondissaient vers une grange peu éloignée, et s’arrêtaient devant la porte en regardant leurs dresseurs avec un air de dire :
- « Il est là-dedans ! »
- Il était alors près de minuit, mais la lune brillait avec un vif éclat. La police et les volontaires cernèrent la grange, et se concertèrent à voix basse sur le parti à prendre. Puis, une lucarne s’ouvrit sans bruit, et l’on distingua la tête de Baker, qui venait épier les représentants de la loi. Deux minutes plus tard, un coup de feu retentissait dans la grange. Et, quand on enfonça la porte, on se heurta au cadavre du misérable.
- Nous pourrions citer bien d’autres cas, peut-être moins dramatiques, mais tout aussi concluants. En voici un qui prouvera d’une façon plus précise l’extraordinaire sagacité de ces chiens. Le Dr Fulton reçoit un jour par télégraphe l’ordre d’expédier ses meilleurs limiers à Colby (Kansas). Enlevée de force par un inconnu, une jeune fille de bonne famille avait été retrouvée au milieu des champs. Elle avait pu échapper à son ravisseur, mais elle était devenue folle. Les chiens relèvent la piste à deux heures du matin, partent en chasse, arrivent vers une heure de l’après-midi dans la ville d’At-wood, et des centaines de personnes sortent dans la rue pour voir à l’œuvre les bloodhounds. Soudain, ils s’arrêtent près d’un jeune homme mêlé aux curieux et flairent longuement ses habits. C’était le ravisseur. Et, arrêté sur-le-champ, il confessa sa faute.
- Ces chiens ne sont pas employés uniquement à la poursuite des malfaiteurs ; on les utilise également pour retrouver les objets volés ou les animaux dérobés. Aux yeux d’un homme de l’Ouest, le vol d’un cheval est un crime plus haïssable que le meurtre d’un être humain, et il vaut à son auteur un lynchage sommaire. Certains limiers se sont fait une spécialité de suivre à la piste les chevaux volés, et leurs talents deviennent une source de profits pour leurs propriétaires.
- Avant de soumettre nos conclusions, voyons comment nos voisins d’outre-Manche ont tiré parti des qualités du bloodhound. Obéissant à la manie nationale, ils ont fait de ce chien policier un chien sportif, en lui réservant le premier rôle dans la partie de man-hunting. Ce sport, dont la fin de l’automne est la saison favorite, est des plus passionnants. Les maîtres amènent leurs chiens en voiture au rendez-vous, et leur font flairer un homme qui se met aussitôt en route, à travers les champs et les bois, en prenant une avance d’une heure au moins. Il a pour instructions de chercher à tromper les chiens par tous les moyens possibles, soit en franchissant
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- des haies et des ruisseaux, soit même en grimpant à un arbre pour gagner d’une branche à l’autre l'arbre voisin avant de reprendre contact avec le sol.
- Quand l’homme a marché pendant un temps déterminé, soit de une à deux heures, il se cache le mieux possible, soit dans les hautes branches d’un arbre, soit sur la crête d’un mur, ou encore dans une meule de foin. Et c’est aux chiens à le déloger de sa cachette, et, avant tout, à relever sa piste, qu’il a embrouillée à plaisir, en décrivant notamment de doubles boucles, des 8. En règle générale, les bloodhounds découvrent toujours le quarry, après une chasse mouvementée qui peut durer toute une après-midi. Mais ces chiens n’abandonnent jamais la tâche, et ils y apportent un tel entrain, une telle
- du corps. Un chien quelconque, qui cherche son maître dans une foule, ne le reconnaît qu’en flairant le bas de ses vêtements. D’autre part, il est avéré que les bloodhounds modernes sont le produit d’une longue sélection, et que l’éducation, accumulée par l’atavisme, les a spécialisés dans la poursuite à la piste de l’homme et des bêtes domestiques, car nous devons remarquer qu’ils se montrent notoirement insuffisants dans la poursuite des bêtes sauvages.
- Ce développement localisé de l’odorat est interprété chez ce chien par une intelligence qu’il faut hardiment qualifier de supérieure, et qui comprend, en particulier, de hautes facultés de raisonnement. Citons, à ce propos, le cas d’une chienne, Miss Co-
- Fig. 3. — Deux types de bloodhound, au cours d'une chasse à l’homme.
- passion, qu'ils refusent même, tant qu’ils n’ont pas découvert leur homme, de se reposer pour boire.
- Après avoir rappelé que le bloodhound n’attaque jamais son adversaire, qu’il considère son rôle comme terminé dès qu’il l’a découvert, et que ce sport de la chasse à l’homme ne se termine jamais par des coups de crocs, mais seulement par l’aboiement joyeux de la bête triomphante, cherchons à nous expliquer comment le bloodhound peut accomplir d’aussi merveilleux exploits.
- Il est certain que son flair est d’une finesse extrême, et que chaque homme, chaque animal même, possède une odeur qui lui est propre, qui n’est pas identique à celle d’un autre homme ou d’un autre animal. Il est même permis de croire que ces odeurs sont aussi différentes entre elles que -les traits de la physionomie ou que les proportions
- lumbia, qui s’est rendue fameuse aux États-Unis par ses exploits. Quand on l’emploie à la poursuite d’un voleur de chevaux, elle part de l’écurie et suit la piste jusqu’à ce qu’elle la conduise à une route. Elle la suit encore pendant une cinquantaine de mètres, et, certaine désormais que le voleur et la bête volée ont bien pris cette route, elle attend l’approche du cabriolet où son dresseur a pris place. J’aurais dû indiquer que Miss Columbia est l’un des rares bloodhounds qui travaillent en complète liberté, tandis que la plupart doivent être tenus en laisse. Autrement, ils dépasseraient la mesure de leurs forces, dans une poursuite, et, prenant une longue avance sur leur escorte armée, ils s’exposeraient à être abattus par le malfaiteur aux abois.
- Miss Columbia reste tranquille dans la voiture jusqu’à ce qu’un carrefour soit en vue. Spontané-
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- ment, elle saute alors à terre, reprend contact avec la piste, la suit pendant quelques minutes, et, certaine d’être sur la: bonne voie, attend de nouveau le cabriolet, et y reprend sa place, pour recommencer son étrange manège à la prochaine bifurcation. Il est évident qu’elle raisonne comme le ferait une créature humaine : le cheval volé est forcé de suivre une route, et la difficulté de conserver sa piste ne commence qu’à l’endroit où il a pu bifurquer par un autre chemin. Alors, à quoi bon se fatiguer pour rien sur les sections du parcours qui
- n’offrent pas de difficultés à résoudre ! Convenez que cette haine de l’effort inutile est un indice de haute intelligence!
- Insistons, en terminant, sur ce point que la plupart des récits publiés sur le bloodhound sont sujets à caution. Des auteurs enthousiastes ont prétendu qu’il lui suffit de flairer un linge qu’a touché une personne pour la retrouver deux ou trois jours plus tard au cœur d’une ville populeuse. Il est imprudent, à notre époque, de demander des miracles... même à un chien! Y. Fofbix.
- UN JOUET GIGANTESQUE
- C’est un vrai chef-d’œuvre de mécanique : il rappelle ces belles pièces de mécanique qu’exécutaient les artisans d’autrefois pour passer maîtres. L’auteur,
- wagon-couloir de 7 kg 500, de I m. de long et 1 fourgon de 70 cm de long et de 4 kg 800. On peut lui accrocher aussi un convoi de marchan-
- Le train et la locomotive-jouet gigantesques de M. Brianne.
- M. Brianne, est bien connu de nos lecteurs, pour ses jolis jouets mécaniques ou électriques. Cette année il s’est proposé de battre tous les records du jouet; il a construit un chemin de fer miniature, avec locomotive, wagons et fourgons, qui est la minutieuse reproduction d’un luxueux express « Côte d’Azur », et qui mû électriquement, fonctionne d’une façon parfaite. Les chiffres qui suivent permettront de juger de ses dimensions :
- La locomotive pèse 22 kg, mesure 1 m. 55 de long, 22 cm de large, 35 cm de haut. Elle remorque un wagon-lit de 8 kg, et de 90 cm de long, un
- ACADÉMIE D
- Séance solennelle du 19 décembre 1
- M. le Président prend la parole et constate que l’Académie a perdu dans l'année qui vient de s’écouler : trois de ses membres titulaires, MM. Bouquet de la Grye, Maurice Lévy et Gernez ; deux de ses membres libres, MM. Rouché et Tannery; trois de ses associés étrangers, MM. Alexandre Agassiz, Robert Koch et Schiaparelli ; sept correspondants, MM. Kiihn, van Beneden, Huggins, . Treub, Canizzaro, von Leyden et.Mosso.
- dises : wagons à charbon, à fourrage, wagon à plate-forme, et voiture à vigie.
- Le tout est exécuté d’après les dessins remis par la Compagnie P.-L.-M. et est d’une réalité saisissante. La locomotive est l’image réduite des locomotives mixtes pour express et marchandises. Elle présente cependant une différence avec son modèle : elle est mue électriquement au moyen d’un moteur de 1/20 de cheval.
- Objet d’art, plutôt que jouet, le train de M. Brianne, méritait, il nous semble, d’être signalé ici en bonne place.
- ES SCIENCES
- 10. — Présidence de M. E. Picard.
- Il retrace brièvement l’œuvre de chacun d’eux, puis expose ses vues sur l’état actuel de la science.
- « Comme le disait Claude Bernard : « Avant de faire de la science, il faut croire à la science. » Nous avons tous ici cette croyance, et, quand nous nous livrons à nos raisonnements ou à nos expériences, nous ne nous embarrassons pas des discussions, chères aux philosophes de tous les temps, sur le réel et sur le vrai. Et cependant,
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- il nous faut bien par moments prêter l’oreille aux dialectiques subtiles, qui, à une époque où surgissent tant de crises, ont parfois laissé l’impression qu’il y avait une crise de la science.
- « Pour les uns qui partent d’un empirisme radical, la réalité empirique immédiate est de suite déformée sous l’influence de motifs pratiques; la science n’a alors aucune valeur de connaissance Ihéorique et vaut seulement pour l’action. Pour d’autres, la science n’a de valeur que parce qu’elle conduit à une économie de la pensée, ou bien elle se ramène à un système de conventions arbitraires mais commodes.
- « Il semble que les savants, habitués à l’observation et à l’expérience, aient en général peu de goût pour ces controverses philosophiques. Ils n’établissent pas une distinction tranchée entre la connaissance scientifique et la connaissance vulgaire, et ils ne dissocient pas des éléments inséparables. On a souvent noté, depuis Helm-holtz, la nature des éléments actifs dans notre connaissance du réel ; une analyse plus approfondie des conditions dans lesquelles notre représentation du réel doit être regardée comme vraie, montre comment l’arbitraire, qui subsiste dans la formation de nos concepts, se trouve en quelque sorte canalisé. Dans la construction scientifique nous devons parler d’hypothèses, mais non pas de conventions.
- « Nos. concepts et, surtout, nos théories, au contact des faits, sont perpétuellement sujets à révision. La science, devenant de plus en plus objective, et étendant notre connaissance du réel, avance peu à peu par corrections et accroissements progressifs. Qu’adviendra-t-il de ces approximations successives ? Nous posons le postulat, et c’est ce qu’il faut entendre par la croyance à la science, que ces approximations successives sont convergentes, comme disent les mathématiciens, et que nous approchons sans cesse d’un petit nombre de vérités toujours plus compréhensives, synthèse des nombreuses vérités partielles peu à peu découvertes. C’est peut-être une chimère, mais elle soutient , des générations de savants dans leur labeur jamais terminé, et offre un noble but aux efforts de l’esprit humain.
- « Je laisse ici de côté les services admirables que la science rend à l’humanité et qui, pour le plus grand nombre, sont la science même, tandis qu’ils en sont seulement le corollaire. A la découverte d’un phénomène ou d’un corps nouveau, il nous est arrivé à tous d’entendre demander à quoi cela serait utile. Pour qu’une découverte intéresse le savant, il n’est pas besoin qu’elle se traduise en profits quelconques ; ceux-ci viennent, s’il y a lieu, par surcroît. Si intéressantes que puissent être les applications présentes et futures du radium, elles sont secondaires, du point de vue strictement scientifique, en comparaison des vues que cet étrange élément a suggérées sur les transformations de la matière. Rien aussi n’est plus platonique que l’intérêt porté à de lointaines nébuleuses irrésolubles qui n’exercent aucune aclion sur notre planète, mais que nous regardons comme des mondes stellaires en formation. Le sage hébreu disait que celui qui augmente sa science augmente sa douleur, nous pensons plutôt qu’il augmente ses jouissances intellectuelles. On peut railler la science pour, la science, mais cette formule, un peu aristocratique, j’en conviens, reste celle des chercheurs désintéressés qui communient dans le culte du vrai.
- « C’est une des grandeurs de la science qu’elle nous permette de satisfaire la curiosité et le besoin de com-
- prendre si naturels à l’homme; mais qu’est-ce donc que comprendre? Il est peut-être difficile d’enfermer la réponse à cette question dans une formule unique. Nous pouvons cependant, semble-t-il, dire que nous comprenons un phénomène, quand avec nos connaissances acquises nous aurions pu le prévoir. L’explication que nous en donnons consiste à développer cette possibilité de prévision.
- Après cet exposé, M. le Secrétaire perpétuel Van Tie-ghem donne communication d’une Notice sur la vie et les travaux de Claude Bernard.
- La fin de celte étude, œuvre magistrale, caractérise d’une façon lumineuse l’importance des travaux de Claude Bernard.
- « Interrompus trop tôt pour la Science et pour le pays, mais féconds jusqu’au bout, comme on voit, et même par delà la tombe, les efforts de Claude Bernard ont donc créé une œuvre immense, si grande, à la fois comme inventeur et comme législateur de la Physiologie, que l’on comprend et que l’on trouve justifiée la réponse, en apparence excessive, de Dumas b Duruy, qui lui demandait : « Que pensez-vous de ce grand physiologiste? » — « Ce n’est pas un grand physiologiste, c’est la Physiologie eller-même », et que l’on souscrit au mot de Brunetière, disant vingt ans plus tard : « Il fut plus encore que la Physiologie elle-même, il fut vraiment un maître des intelligences ».
- « De cette œuvre ainsi faite, voici ce que Paul Bert disait en 1886 : « Depuis huit ans, le maître n’est plus. La critique de ses rivaux, celle de ses élèves même, a pu s’exercer en pleine liberté. Or, aucun de ses travaux n’a été entamé; son œuvre reste entière, intacte et debout; à peine a-t-on pu, sur quelques points, la pousser un peu plus avant. Il semble qu’elles soient toutes jeunes et nouvelles, ses découvertes ; il semble que leur auteur ne soit mort que d’hier ». C’est aussi ce qu’en d’autres termes M. Dastre répétait en 1894 : « Depuis la mort de Claude Bernard, seize années se sont écoulées, le temps qu’une génération succède à une autre; mais surtout deux révolutions se sont accomplies, les plus profondes qui aient jamais changé la face des sciences biologiques, révolutions que résument les noms illustres de Darwin et de Pasteur. Et cependant, ce long espace de temps et ces grands changements, s’ils ont eu pour effet de détourner vers d’autres problèmes l’attention du grand public, n’ont altéré en rien l’œuvre du maître ; ils n’ont pas diminué la vertu de ses doctrines, affaibli leur puissance ou restreint leur portée. L’édifice est debout, intact. »
- « Eh bien ! ce même jugement, déjà formulé avec tant d’autorité à deux époques si éloignées, aujourd’hui, après trente-trois années, quand ce long temps écoulé, sans rien lui enlever de son puissant relief, a donné à son œuvre tout le recul nécessaire, nous ne pouvons, en terminant, que le redire ici, et plus fermement encore, à notre tour; il est déjà, il restera celui de la postérité. L’œuvre de Claude Bernard demeure vivante tout entière et vivra éternellement, dans toule sa grandeur et toute sa beauté.
- « On a pensé que l’exemple d’une telle vie méritait d’être proposé à ceux qui, venus plus tard à la Science, ne la connaissaient pas encore, rappelé à ceux qui, comme nous, ne l’ayant pas oubliée, aiment à s’en souvenir pour y puiser, aux jours de doute, d’amertume et de découragement, une certitude, une douceur et un réconfort. » Ch. de Vm-EOEtiu.
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- LE PLUVIOMÈTRE EN CORÉE AU XV' SIÈCLE
- On attribuait jusqu’à présent l’invention et le premier emploi du pluviomètre à l’Italien Benedetto Castelli, contemporain de Galilée. D’après le Dr Y. Wada, directeur de l’Observatoire météorologique de Chemulpo ', cet instrument aurait été déjà en usage en Corée deux cents ans auparavant. Dans le tome II des Annales historiques (de Corée), on trouve, dit ce savant, la relation suivante .
- « En l’an 24 du règne du roi Sejo (année 1442 du calendrier Grégorien), le roi fit construire avec du bronze un instrument pour mesurer la pluie. C’est un vase de... de profondeur et de... de diamètre,
- à Taiko et à Ham-heung. D’après les Annales historiques, ces derniers datent de l’an 46 du règne du roi Eijo (année 1770 de notre ère). Ce roi, « suivant l’ancien système du roi Sejo, fit construire de nombreux pluviomètres pour les placer, deux aux Palais à côté des girouettes, et les autres aux chefs-lieux dés huit provinces ».
- Il existe aussi en Corée un certain nombre de piliers pluviométriques privés de leur pluviomètre. Celui du parc du Bureau des registres, au Palais où résidait tout récemment encore l’Empereur détrôné, porte une longue inscription en caractères chinois
- Vieux pluviomètre à Taiko. Vieil observatoire astronomique coréen (Kyong-ju).
- posé sur un pilier. (Les dimensions, indiquées en mesures coréennes, correspondent à 30 cm et à 14 cm). L’instrument a été placé à l’Observatoire et à chaque fois que la pluie tombait les fonctionnaires de l’Observatoire en mesuraient la hauteur pour la faire connaître au roi. Ces instruments furent distribués de même aux provinces et aux cantons, et les résultats d’observations ont été rapportés à la Cour. »
- Malgré des recherches persévérantes, le Dr Wada n’est pas parvenu jusqu’à présent à retrouver aucun de ces instruments ni aucun des registres d’observations, mais trois pluviomètres plus modernes, copiés sur les premiers, ont été retrouvés à Séoul,
- 1. S'cientific Memoirs of the Korean meteorological Observatory. Yol I. — Chemulpo (Korea) 1910.
- qui confirme l’invention du pluviomètre au temps du roi Sejo et la restauration des observations par le roi Eijo. Le Dr Wada ne croit pas que les Coréens aient trouvé en Chine le modèle de leur pluviomètre comme ceux de la plupart de leurs instruments astronomiques. Il pense que l’idée du pluviomètre leur a été inspirée par une circonstance particulière à leur pays. Dans la péninsule coréenne, les pluies ne sont que justes suffisantes pour la culture du riz qui constitue la base principale de l’alimentation publique. La récolte est parfois compromise ou même manquée lorsqu’il ne pleut pas assez, surtout à l’époque de la transplantation du riz. Il est donc naturel qu’on ait ressenti de bonne heure en Corée le besoin de faire des observations pluviométriques. L. B. '
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° Ï962.
- 31 DÉCEMBRE 1910.
- LE CHRONOPHONE GAUMONT A L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- La’ dernière séance de l’Académie des Sciences a été occupée en partie par une présentation qui ne ressemble en rien à celles qu’a coutume d’entendre la docte Assemblée, car celui de ses membres auquel le Président venait de donner la parole était absent... et cependant on le voyait et on l’entendait parfaitement. L’obscurité ayant été faite dans la salle, on vit apparaître sur un écran l’image du D1' d’Arsonval, qui bientôt s’anima et parla. On le vit, on l’entendit prononcer d’une voix forte les paroles suivantes :
- « Le cinématographe, pour nos yeux, enregistre
- o nos compatriotes depuis plus de dix années « s’est acharné à les combattre, et il n’est pas « exagéré de dire qu’il est bien près d’en avoir « triomphé.
- « L’Académie des Sciences prendra certainement « intérêt à constater, sans sortir de chez elle, où « en est aujourd’hui la question. Les résultats « acquis doivent causer un sensible plaisir à notre « confrère Carpentier, parce qu’ils sont l’œuvre « d’un de ses élèves de prédilection, M. Gaumont, « passé maître aujourd’hui. M. Gaumont doit son
- La prise d'une phonoscène avec quatre personnages. A droite le cinématographe et au-dessus le pavillon qui communique avec la cabine où se trouvent les appareils enregistreurs du son.
- « le souvenir du mouvementée phonographe, pour a nos oreilles, enregistre le souvenir de la parole. « Réaliser l’alliance parfaite des deux instruments « c’est reconstituer le souvenir de la vie même.
- « Le problème est ardu, deux grosses difficultés « en compliquent la solution. D’abord, au moment « de l’enregistrement, le phonographe récepteur « ne doit pas paraître dans le champ de l’objectif, « il doit donc être éloigné de la source sonore.
- « Ensuite, au moment de la reconstitution, il « doit y avoir un synchronisme absolu de marche « entre les deux mécanismes répétiteurs, qui, forcé-« ment, se trouvent à distance l’un de l’autre. « Contre ces difficultés, que de chercheurs, dans « tous les pays, sont venus briser leur ardeur et « user leur patience. En France, cependant, un de
- 39" année. — icr semestre.
- (( succès à sa persévérance et au choix qu’il a su « faire de collaborateurs distingués et dévoués.
- « Je ne saurais entrer ici dans le détail des pro-« cédés mis en œuvre, les plus importants ont fait « l’objet, de lapart de M. Gaumont, de plis cachetés « qui ont été déposés dans les archives de notre « Académie. Pour mettre en évidence la concor-« dance complète qui existe entre le geste et l’arti-« culation, il vous suffit de regarder et d’écouter : « je ne crois pas qu’il soit possible d’arriver à plus « de précision. Sans doute il reste encore quelque « chose à faire. Le jour où le phonographe repro • « duira sans altération les diverses valeurs phoni-« ques, la vie intégrale sera reconstituée. Ce jour-là « point ne sera besoin, pour nous, de faire nous-« même nos communications ; nous pourrons les
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- « faire quoique morts. C’est alors que nous serons « véritablement immortels. »
- Nous aurons peu de. chose à ajouter à la note qu’on vient de lire et dans laquelle M. le Dr d’Ar-sonval a parfaitement résumé la question.
- Lorsque M. Gaumont fit sa première communication à la Société française de photographie, en novembre 1902, et lors de la première installation faite au musée Grévin l’année suivante1, le geste et la parole étaient bien enregistrés simultanément; mais, par suite du peu de sensibilité de l’organe enregistreur de la parole, on était obligé de se placer assez près du pavillon et décrier très fort, ce qui dénaturait la voix et nécessitait un effort qui ne pouvait durer bien longtemps. Aussi plus tard, dans la pratique, pour certaines scènes où l’on voulait montrer l’acteur en action, eut-on recours à un artifice qui consistait à faire les deux enregistrements séparément.
- L’acteur parlait d’abord, ou chantait, en se plaçant très près du phonographe; puis ensuite cet appareil lui répétait ce qu’il venait de dire et il se contentait alors de faire, avec autant de concordance que possible, les gestes appropriés aux paroles pendant qu’on le cinématographiait.
- Dans le principe on eut à lutter aussi contre le peu d’intensité du son que rendait le phonographe :
- ET LA SCIENCE .. ' —
- la voix était faible, lointaine : il fallait prêter une grande attention pour la comprendre.
- Un premier perfectionnement fut d’abord apporté de ce côté et le phonographe haut parleur1 permit bientôt de renforcer la voix de l’appareil au point qu’on put le faire entendre distinctement dans tous les points des plus grandes salles de spectacle. Aujourd’hui, c’est l’organe enregistreur qui a été perfectionné, il est devenu d’une extrême sensibilité. Il s’en suit qu’on peut placer les acteurs à plusieurs mètres du pavillon, ils jouent sans avoir à s’inquiéter de rien ; les deux appareils enregistreurs de la parole et du geste fonctionnent simultanément et avec un synchronisme absolu. Nous avons pu voir déjà, et tout le monde verra très prochainement, des scènes à deux, trois et quatre personnages qui sont d’une réalité parfaite.
- On peut prévoir le moment peu éloigné où le chro-nophone permettra de transporter partout les chefs-d’œuvre de notre théâtre, joués par nos meilleurs acteurs. Il permettrait aussi de faire faire dans nos Lycées, dans nos Facultés, certains cours par des professeurs célèbres sans que ceux-ci eussent à se déranger.
- On peut prévoir enfin de nombreuses applications dans le commerce, dans l’industrie et... même en politique. G. Mareschal.
- LE SPIRITISME ET LA SCIENCE’’
- La science moderne traverse, au point de vue philosophique, une phase nouvelle et curieuse. Vers les débuts du xixe siècle, la nature paraissait simple et facile à interpréter. L’heure semblait proche où le savant réussirait à embrasser dans une vaste synthèse l’explication des phénomènes les plus compliqués de l’univers.
- Cette période de confiance enthousiaste s’est lentement évanouie. Loin de se dissiper, les mystères qui enveloppent le monde s’épaississent chaque jour. Renonçant à découvrir la raison première d’un seul phénomène, le savant moderne se borne à déterminer les rapports des choses. Il ignore en quoi consiste la chaleur, l’électricité, la gravitation, la vie, et n’entrevoit aucun moyen de le savoir jamais.
- Le mur que la science se reconnaît impuissante à franchir actuellement, n’arrête pas certains esprits aventureux, avides d’inconnu et qu’angoisse le pourquoi de nos destinées.
- Le besoin d’explication que la science ne saurait donner est, sans doute, une des causes de la diffusion actuelle du spiritisme et de l’occultisme, arts ténébreux bien voisins de l’antique sorcellerie.
- 1. Yoy. nu 1595 du 5 décembre 1903 el n" 1791, du 21 septembre 1907.
- 2. L’ouvrage récent du professeur Lombroso, Hypnotisme et spiritisme, que vient de publier la librairie Flammarion a de,nouveau attiré l’attention du public sur les phénomènes occultistes; nous avons prié le Dr Gustave Le Bon de résumer pour nos lecteurs l’état actuel de la question. [N. T). L. R.)
- Mais alors que la magie des vieux âges n’avait pour défenseurs que des illuminés ou des ignorants, la magie actuelle compte parmi ses adeptes des physiciens célèbres, des physiologistes illustres, des philosophes éminents.
- Les phénomènes qu’ils proposent à notre foi sont plus merveilleux encore que ceux réalisés par tous les devins du passé.
- S’il faut les croire, les morts abandonnent à volonté leurs tombeaux pour causer avec les vivants et les médiums se dédoublent. Un célèbre professeur de la Faculté de médecine de Paris assure avoir vu un guerrier casqué sortir du corps d’une jeune fille, se promener dans la salle, serrer vigoureusement la main des assistants et prouver par des expériences chimiques la perfection de ses fonctions respiratoires.
- Ces convictions de quelques observateurs n’ont pas persuadé tous les savants. La plupart affirment que de tels phénomènes résultent soit de fraudes, d’ailleurs fréquemment constatées, soit d’hallucinations collectives, créées par certains médiums doués d’une grande puissance de suggestion.
- La plupart de ces merveilles cessent en effet de se produire dès qu’elles sont soumises à des investigations scientifiques précises. Fantômes et matérialisations s’évanouissent alors et la conviction s’établit facilement qu’il ne s’agissait que d’illusions.
- Telle est à peu près la conclusion de la commis-
- 1. Voy. n° 1722, du 26 raid 1906.
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- LE SPIRITISME ET LA SCIENCE
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- sion nommée par l'Institut psychologique de Paris. Elle n’a pas reculé devant le temps ni la de'pense, puisque 25000 francs ont été employés à ses recherches, et que 60 séances leur ont été consacrées, avec le concours du plus célèbre médium actuel de l’Europe.
- De tous les phénomènes observés, un seul, la lévitation d’une table, lui a paru susceptible d’être retenu, mais les photographies, au moyen desquelles on a essayé de le mettre en évidence sont peu probantes.
- J’ai eu, personnellement, occasion d’étudier chez moi, à plusieurs reprises, le même médium, avec l’assistance du Dr Dastre, membre de l’Académie des sciences et professeur de physiologie à la Sorbonne.
- Dès les débuts de la première séance, des mains apparurent au-dessus de la tête du médium, mais nous découvrîmes vite qu’elles étaient le résultat de fraudes assez grossières.
- Se sentant bien observé et nous devinant peu suggestionnables, le médium ne tenta plus de nouvelles apparitions et se borna à produire des phénomènes assez dépourvus d’intérêt.
- Un doute cependant nous restait dans l’esprit, relativement à la lévitation d’une table, d’ailleurs très légère. Il était donc nécessaire d’élucider clairement ce point bien circonscrit.
- Pour y arriver, je fondai avec le concours spontané du prince Roland Bonaparte, membre de l’Aca-mie des sciences et du Dr Dariex, directeur des Annales des sciences psychiques, un prix de 2000 francs destiné à récompenser le médium capable de soulever .sans contact un objet quelconque.
- L’expérience devait être faite dans, des conditions qui l’eussent mise à l’abri de toute contestation. Elle aurait eu lieu au laboratoire de M. Dastre, à la Sorbonne, en présence de cinq membres de l’Académie des sciences, d’un prestidigitateur et d’un photographe chargé de reproduire par la cinématographie tous les détails de l’opération.
- Ces conditions impliquaient naturellement que l’expérience fût exécutée en plein jour. Mais ce
- n’était pas là une objection susceptible de faire reculer les spirites, puisque le plus éminent d’entre eux, le Dr Maxwell — dont l’opinion d’ailleurs est confirmée par un occultiste réputé, M. Boirac, recteur de l’Université de Dijon — déclare que les phénomènes de lévitation se produisent très aisément à la lumière du jour.
- L’article annonçant ce prix parut dans le Matin, et ma proposition fut reproduite par presque tous les journaux de l’univers.
- L’émoi dans le camp des spirites devint considérable. Ils m’inondèrent de lettres, de visites et aussi d’injures. Tous déclaraient d’ailleurs, à l’unanimité, que rien n’était plus facile pour un médium que de déplacer un objet sans contact.
- Cinq seulement, cependant, acceptèrent l’essai que je leur offrais, les assurant qu’avec une patience infinie nous répéterions les tentatives d’expérience aussi souvent qu’ils le désireraient. Malgré leur promesse aucun ne se présenta au rendez-vous.
- Je ne veux pas tirer une conclusion définitive des résultats négatifs de cette épreuve. Ils prouvent nettement, en tout cas, qu’un phénomène considéré comme très simple par les spirites, est d’une réalisation tellement difficile, qu’aucun d’eux n’a osé tenter de le reproduire devant des témoins compétents.
- Quant aux apparitions, aux dématérialisations, etc., mieux vaut n’en pas parler. Elles montrent seulement que la crédulité est un abîme sans fond. Le savant lui-même n’y échappe pas quand il quitte le champ de la connaissance pour pénétrer dans celui de la croyance.
- Le plus sûr résultat du spiritisme est d’avoir détraqué entièrement des milliers de cervelles qui n’étaient pas d’ailleurs bien solides. A ceux que ne domine pas le besoin d’une foi nouvelle, il faut donner le conseil d’abandonner aux illuminés et aux mystiques ce peuple de larves, de rêves, de fantômes, fils de la nuit et qu’une lumière suffisante dissipera toujours. Gustave Le Bon.
- CHRONIQUE
- Observations sur deux nouveaux poissons lumineux. —On connaît aujourd’hui un grand nombre de poissons lumineux, recueillis principalement au cours des diverses campagnes scientifiques entreprises pour sonder les abîmes de la mer. Ces poissons, en raison de la très grande profondeur à laquelle ils vivent, arrivent à la surface morts ou mourants; aussi n’avait-on guère pu étudier jusqu’ici la physiologie de leurs si curieux,organes photogènes.
- Les observations faites récemment par 0. Steche (Zeilsch. f. lüissensch. ZooL, 1909) sur deux poissons de l’archipel malais, appartenant aux genres Photoble-pkaron et Anomalops, complètent heureusement nos connaissances sur ce point. Comme ces animaux vivent non pas au fond de la mer, mais à la surface et sur les côtes, l’auteur a pu les étudier à loisir en liberté ou dans un aquarium. Leurs organes lumineux, situés au-dessous.
- de chaque œil, sont de grandes dimensions : ils sont constitués par une glande de structure typique, sécrétant la substance photogène.
- La lumière est produite d’une façon continue; elle n’est influencée par aucune excitation mécanique, chimique ou électrique. Son intensité est suffisante pour permettre de lire l’heure à une montre, même à une distance de 2 mètres. La lumière est fixe chez le Photo-blepharon, intermittente chez Y Anomalops : elle brille 10 secondes, s’éteint pendant 5 secondes et brille à nouveau. Ce fait est dù aux contractions d’un muscle inséré sur l’organe et qui, le faisant basculer, tourne en dedans la surface lumineuse, à peu près de la même façon que l’œil roule dans l’orbite. Ces organes, une fois détachés de l’animal, restent brillants pendant quelques heures; aussi les pêcheurs malais s’en servent-ils en tant qu’amorce pour attirer d’autres poissons.
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- LA BIBLIOTHÈQUE MICRO-PHOTOGRAPHIQUE
- L’accroissement incessant du nombre de travailleurs dans toutes les branches scientifiques complique de plus en plus la recherche documentaire necessaire aux savants, aux ingénieurs, aux industriels. Il est vrai que les catalogues à fiches, ordonnés suivant un principe méthodique (dans les instituts bibliographiques et nationaux récemment créés à cet effet) permettent de s’orienter dans la masse à première vue infinie de documents : Ils ne sauraient par contre épargner la peine d’aller puiser aux sources mêmes et d’y séparer, non sans pénibles efforts dans ce travail de compilation, l’inutile d’avec le nécessaire. Pour obvier à cet inconvénient, on a eu l’idée de joindre aux fiches bibliographiques des données de plus en plus détaillées sur le sujet et le mérite d’un travail donné, au besoin une analyse plus ou moins complète de ce dernier ; mais ce n’est là évidemment qu’un palliatif et la seule solution radicale et idéale à la fois consisterait à reproduire in extenso, sur la fiche, le travail tout entier.
- Or, cette tâche n’est peut-être pas aussi utopiste que l’on serait tenté de le croire ; dès 1865,
- M. Simpson, en Angleterre, signalait la possibilité de faire avec les ressources techniques du temps, des reproductions microphotographiques de documents graphiques quelconques. Lors du siège de Paris, 5 ans plus tard, on a eu l’occasion d’utiliser ces idées pour transmettre à la place assiégée les dépêches provenant de la province. Des pellicules photographiques de 4 centimètres carrés attachées aux jambes de pigeons voyageurs, servirent alors à condenser jusqu’à 1500 dépêches agrandies immédiatement après leur arrivée, afin d’être recopiées et distribuées aux destinataires. Les excellents résultats obtenus à ce propos ont engagé la plupart des États à attacher à leurs armées des sections spéciales affectées au service de renseignements par pigeons voyageurs.
- Dans un mémoire récemment présenté à l’Institut bibliographique international de Bruxelles (la plus importante de toutes les organisations destinées aux classifications de la littérature scientifique) le distingué physicien Robert Goldschmidt et M. Paul Otelet préconisent un procédé analogue pour la reproduction micro-photographique d’articles de revues et de livres entiers. Comme ce procédé vient d’être adopté par l’Institut bruxellois, qui ne tar-
- dera pas à l’introduire dans son service courant, nous en donnerons ci-après une description succincte, suivie de quelques détails relatifs aux appareils imaginés par Goldschmidt pour la reproduction et la lecture de documents pareils.
- Pour photographier un livre, on a le choix entre deux possibilités, suivant que les pages sont découpées et collées côte à côte sur une face unie ou bien photographiées successivement, le livre lui-même restant intact. Tout en paraissant au premier abord plus simple, la première méthode est en réalité peu pratique, en raison du sacrifice inévitable de deux exemplaires de cl laque volume, chacune des feuilles devant être photographiée sur ses deux côtés. Aussi l’appareil dont nous entretenons nos lecteurs est-il destiné à photographier, l’une après l’autre, les pages du livre laissé intact.
- Une paroi comportant une fenêtre de verre bien plan, dont on varie les dimensions au moyen de caches, suivant le format du livre, divise l’atelier photographique en deux compartiments. Devant la fenêtre se trouvent l’appareil photographique et un dispositif d’éclairage et à Barrière, le livre ouvert et le photographe qui, de loin, actionne l’obturateur de l’objectif et le dispositif de déplacement de la plaque sensible. Immédiatement après avoir photographié une page double, il tournera la feuille, et après avoir de nouveau appliqué le livre contre la vitre de la fenêtre, il opérera de sa place le déplacement de la plaque photographique et l’ouverture de l’objectif. C’est ainsi que grâce à de simples dispositifs mécaniques, on rend par la micro-photographie, pendant une demi-heure à trois quarts d’heure jusqu’à 50 pages d’un volume in-8° sur une plaque de 9x12 centimètres.
- Comme le photogramme, malgré la réduction extraordinaire, ne doit rien perdre de sa netteté, M. Goldschmidt recommande de remplacer le procédé sec généralement en usage, par les plaques humides au chlorure d’argent dont on se servait autrefois, d’autant plus que les frais peu élevés de ce procédé sont réduits ultérieurement par la possibilité d’un recouvrement partiel de l’argent employé.
- Après l’avoir traitée par un révélateur lent, on procède au fixage de la plaque, qui une fois lavée et séchée, constituera un négatif utilisable pendant un
- Fig. i.— Documents micro-photographiques. Réduction de tableaux de maîtres.
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- BIBLIOTHÈQUE MICRO-PHOTOGRAPHIQUE
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- temps indéfini. Qu’on désire avoir un positif, on l’obtiendra facilement par le procédé de tirage ordinaire; comme cependant le blanc sur le noir est au moins aussi lisible que le noir sur le blanc, on pourra tout aussi bien utiliser directement la plaque négative. D’autre part, on sera libre de laisser la réduction définitive au procédé positif, pourvu qu’on se serve à cet effet d’une chambre photographique appropriée. Le collodion détaché facilement delà plaque donnera,
- bas et de gauche à droite. Comme un article de revue n’excède que rarement ce total de 72 pages, la grande majorité des articles sera reproduite sur une seule fiche, alors qu’un nombre très limité de fiches suffira pour reproduire un livre quelconque.
- Après avoir pho-... ... tographié le document graphique d’après le procédé décrit ci-dessus, en le condensant par une réduction si considérable dans l’espace minime d’une fiche, il s’agira de le rendre visible, grâce à un agrandissement
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- É
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- Fig. 2. — En bas, à gauche : L’appareil de lecture et de projection disposé verticalement. Le film est éclairé par une lampe Nernsl. L’image se projette sur une feuille de papier blanc. En bas, à droite : L’appareil disposé pour la reproduction photographique. En haut : Lappareil-disposé pour la projection.
- à l’aide de couches de caoutchouc et de gélatine, un carton-film très résistant utilisable immédiatement au lieu des fiches de catalogue.
- En adoptant les dimensions usuelles du Répertoire bibliographique universel, on pourra condenser, sur une fiche de 72 centimètres carrés, un total de 72 pages, en choisissant, suivant le format du livre, une réduction de 50, 100 ou 200 fois. Ces pages seront disposées en colonnes numérotées de haut en
- approprié. Cet agrandissement, pour être pratique, devra s’opérer instantanément et au moyen de dispositifs facilement maniables et de dimensions réduites. Depuis la lanterne magique employée par M. Simpson, les projecteurs perfectionnés d’une façon remarquable, sont entrés dans la pratique courante de l’enseignement technique et scientifique.
- En insérant la plaque micro-photographique
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- LE DANGER DES FUMÉES
- décrite ci-dessus entre le condensateur et l’objectif d’un projecteur à grossissement considérable et en disposant derrière le condensateur une source de lumière quelconque, on projettera, sur le verre dépoli, une image agrandie à volonté et immédiatement lisible du texte et des gravures. D’autre part, en remplaçant le verre dépoli par une plaque photographique, on obtiendra une image agrandie du texte microscopique. La plaque ou l’écran seront déplacés par un mécanisme très simple, de haut en bas et de gauche à droite ou inversement, de façon à rendre visibles les unes après les autres, toutes les pages du livre. Le dispositif de projection et de lecture imaginé par Goldschmidt est d’un prix assez réduit pour être à la portée de toutes les personnes consultant les bibliothèques.
- Quant à l’appareil microphotographique, les bibliothèques (qui du reste pourront tirer et échanger leurs produits à un nombre illimité d’exemplaires) auront seules à se le procurer. La figure 2, en bas à gauche, représente l’appareil de lecture et de projection disposé verticalement. Une lumière intense émise par un filament Nernst ou une lampe à arc tombe verticalement sur le film micropholo-graphique au-dessous duquel se trouve un condensateur. L’image se projette dans les dimensions de l’original sur la table recouverte d’un carton blanc, placée à la partie inférieure de l’appareil. En tournant la manivelle de droite, on fait avancer le film, image par image, page par page, et ce geste équivaut à celui de tourner les feuillets d’un livre ordinaire. Il faut s’habituer à cette manipulation, car la projection est si parfaite qu’on confond au début l’image virtuelle avec une image réelle, au point de vouloir tourner la feuille de carton fixée sur la table. La projection est suffisamment claire pour être visible, même dans une chambre non obscurcie, et il est aisé de calquer les dessins projetés en disposant sur la table une feuille de papier blanc. En relevant ou en abaissant la table, on modifie à volonté l’agrandissement, ce qui est particulièrement commode pour calquer un dessin à une échelle ou à des dimensions déterminées.
- Pour fixer le dessin ou le texte projeté, il suffit de placer le cône comme il est indiqué à la figure 2, en bas à droite, et d’ouvrir un collet qui découvre du papier sensible. En tournant une vis, on peut faire se succéder, sans autre manipulations, 50 feuilles de papier sensible.
- La figure 2 , en haut, représente l’appareil retourné,
- LE DANGER
- Les cheminées d’usines, et surtout l’armée innombrable des cheminées domestiques déversent dans l’atmosphère des grandes villes une foule de produits nocifs. Les poussières de charbon, malgré les apparences, ne tiennent qu’une faible place dans les fumées; le produit le plus . dangereux est invisible ; c’est l’acide sulfurique ; il résulte
- de façon à projeter contre la lecture collective dans un auditoire ou l’illustration d’une conférence. Les vues se succèdent sans qu’il soit besoin d’échanger les clichés, simplement, par l’action de la manivelle ou d’une petite pédale qui permet de ne faire avancer le film que juste la longueur voulue. Cette commande peut être faite également à distance et permettre au conférencier de se passer de tout aide. Il est aisé de se rendre compte de l’avantage de semblables projections, dont le prix de revient est presque 100 fois moindre que celui des vues de projections ordinaires. D’autre part, le danger d’incendie se trouve absolument écarté, une cuve à eau interceptant les radiations calorifiques.
- La partie optique de cet appareil a été réalisée par la maison Winkel, avec la collaboration personnelle de M. Hausman.
- L’introduction générale du procédé Goldschmidt entraînerait évidemment une véritable révolution de de nos bibliothèques. La perte de documents précieux (manuscrits, livres rares, etc.), n’équivaudrait plus à la perte de leur contenu, puisqu’au lieu de l’original, on se servirait facilement et à tout moment, de la reproduction photographique obtenue à un nombre quelconque d’exemplaires. Vu la facilité de reproduction et les dimensions minimes du livre micro-photographique, il serait parfaitement possible de munir chacune des grandes bibliothèques de tous les documents importants, de façon à rendre ses lecteurs indépendants de toute autre bibliothèque. Le stock de livres, qui occupe un espace si considérable, pourrait même être remplacé complètement par une collection de fiches, trouvant sa place dans un nombre très réduit de meubles spéciaux, et les particuliers eux-mêmes pourraient se procurer à des frais relativement peu élevés, une bibliothèque micro-photographique satisfaisant parfaitement leurs besoins. Ce procédé permettrait d’une part une centralisation infiniment plus grande des matières existantes et d’autre part, une diffusion inespérée des documents scientifiques, chaque savant pouvant se rendre acquéreur de l’ensemble de la littérature relative à son domaine.
- La première application de ce procédé consistera à reproduire par la micro-photographie, les collections iconographiques et les articles de revue. L’Institut bibliographique de Bruxelles se chargera de cette tâche, destinée à rendre accessibles les documents en question à un public plus étendu.
- Dr A. Gradknwitz.
- )ES FUMÉES
- de l’oxydation des éléments sulfurés que contiennent la plupart des houilles. Selon M. Strohmeyer, ingénieur de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur de Manchester, les cheminées des maisons particulières de Manchester, chaque jour ne déversaient pas dans l’atmosphère moins de 100 tonnes d’acide sulfurique.
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- LA CONSTRUCTION MÉCANIQUE EN ALLEMAGNE
- La construction mécanique allemande a produit en 1909 deux fois plus de machines qu’en 1905, et il a été exporté en 1908 pour 420 millions de marks de mécanique allemande, soit un peu plus que
- l’exportation américaine de la même année. C’est dire que le développement de cette industrie chez nos voisins est prodigieux.
- Allemagne (milliers de marks).
- 1905 1906 1907 1908 1909
- Exportation. 246.505 288.586 587.282 420.'01 595.551
- Importation. 57.489 67.225 85.194 71.182 65.716
- Angleterre.
- Exportation. 475.208 546.949 648.928 655.716 inconnu
- Importation. 92.708 104.744 108.525 95.299 —
- États-Unis.
- Exportation. 585.750 455.595 507.296 415.249 inconnu
- Importation. 15.254 18.522 19.180 15.619 —
- Il est remarquable qu’un tel succès ait couronné les efforts des constructeurs mécaniciens allemands, malgré l’augmentation du prix de la main-d’œuvre, malgré la concurrence intense et la politique douanière des nations européennes, et surtout à travers des crises industrielles et financières qui ont à peine affecté le chiffre de productions pour l’année 1909.
- La recherche des causes politiques, commerciales et techniques de la prospérité de la construction mécanique en Allemagne, et dans chacun des principaux champs de son activité, ne peut manquer d’intérêt pour nous, qui devons y puiser des leçons,
- des exemples, des méthodes, et au moins des renseignements instructifs.
- I. Machines pour la production de l’énergie. — Les Allemands sont passés maîtres dans l’établissement des machines à produire la force motrice, qu’il s’agisse des installations motrices à vapeur ou des moteurs à gaz.
- Grâce aux progrès réalisés dans les exploitations minières, de nouvelles exigences se sont manifestées
- relativement au rendement et à la régularité de fonctionnement des machines à vapeur puissantes. La lutte s’est engagée sur ce terrain économique entre l’ancienne machine à tiroir, la machine à dis-
- Fig. i. — Distribution à piston-valve, système R. Wolf.
- tribution pour soupapes et la turbine à vapeur. Parmi les dispositifs les plus heureux présentés sur le marché des nouvelles machines à vapeur, nous citerons le système Lentz (construit par Heinrich Lanz à Mannheim, par la Société Hanovrienne à Hanovre-Luiden et Chemnitz) et le système Stumpf (construit en Allemagne par la Société de construction de machines de Stettin et en France par la Société Alsacienne de constructions mécaniques à Belfort). Les machines à vapeur Stumpf, dites à « équicourant », parce que le principe de leur distribution consiste à conduire la vapeur toujours dans le même sens, ont déjà fait l’objet d’une description dans un récent numéro de La Nature. Quant au système Lentz, également très en faveur, il consiste en l’emploi d’une distribution par soupapes : un excentrique fixé sur l’arbre moteur (fig. 2) commande l’arbre de distribution par l’intermédiaire d’une came qui bascule de droite à gauche. De chaque côté de la came l’arbre de distribution manœuvre la soupape correspondante. Ce système a l’avantage de la simplicité, de la précision, de l’étanchéité en même temps que d’un bon rendement.
- La distribution par tiroirs a tenu contre ces distributions nouvelles, grâce à sa simplicité et aux dispositifs introduits pour obtenir un équilibrage complet et une parfaite étanchéité. Ces tiroirs à pistons cylindriques (ou pistons-valves, fig. 1), ont remplacé les anciens tiroirs plats et les distributions genre Rider.
- La surchauffe et le compoundage sont employés, en Allemagne, plus volontiers que chez nous, malgré les reproches de complication faits aux machines qui comportent ces perfectionnements. Dès 1899,
- Fig. 2. — Distribution par soupapes « système Lentz » pour machines demi-fixes et locomobiles. — S4 S2, soupapes; D, arbre de distribution; C, came; R, piston.
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- 72 ' :.LA CONSTRUCTION MÉCANIQUE EN ALLEMAGNE
- il était présenté à 1’ « Association des propriétaires d'appareils à vapeur de Magdebourg » une mi-fixe compound à surchauffe et condensation de 71 à 80 chevaux, selon les brevets Wolf, qui dépensait seulement 0,63 kg de charbon par cheval-heure.
- Pour les grandes puissances (au-dessus de 3 à 400 chevaux) la turbine à vapeur concurrence aujourd’hui la machine à vapeur, et les Allemands ont un important débouché pour leurs turbines dans la construction des navires de guerre et de commerce. On sait combien les flottes allemandes se développent rapidement. Voici, d’après la statistique officielle les proportions de l’exportation dans chacune des catégories de machines destinées à la production de force motrice en 1907 et 1908.
- NOMBRES DE TONNES EXPORTÉES EX
- Chaudières et accessoires de • 1907 1908
- chaudronnerie 23.422 t. 28.173 t.
- Machines à vapeur fixes . . 13.127 t. 15.229 t.
- Locomotives 9.159 t. 9.908 t.
- Turbines à vapeur . . i • 1.975 t. 2.266 t.
- Moteurs à gaz . . . . . . 12.841 t. ; 16.711 t.
- : Totaux . . . . . 60.524 t. 72.287 t.
- Le total des poids des machines motrices de toutes catégories représente environ 20 pour 100 du nombre total de machines exportées hors d’Allemagne. . .
- On remarquera qu’en 1908 le poids des moteurs à gaz a ; dépassé celui des machines à vapeur. On a compris aussi dans cette catégorie les moteurs à pétrole, huiles lourdes, benzol et essence. L’industrie métallurgique allemande emploie des moteurs à gaz de .grande puissance (jusqu’à 2000 chevaux et plus) accouplés directement à des génératrices à courant triphasé; ces moteurs; sont alimentés par les gaz d’échappement des hauts fourneaux ou des fours à coke. Tandis i que le ^rendement calorique n’était que 11 pour . 100 de la chaleur contenue dans ces gaz avec des chaudières à vapeur, il atteint 28 pour 100 avec les-moteurs à gaz. La prospérité et l’importance de T industrie métallurgique ont fait celle de la„fabrication^des gros moteurs à gaz. Comme dans tous les autres pays, d’industrie, le petit moteur à gaz et les moteurs à pétrole et à essence se sont multipliés en-Allemagne, patrie de Daimler. <
- JL. Matériel de chemins de fer. —: Il nous faudrait iplusieurs pages de texte pour parler des locomotives allemandes d’une manière profitable pour le jeçteur aussi nous,réserverons^l’étude, de cette branche spéciale, nous contentant de signaler aujourr d’hüi qüe la plupart de nos Compagnies de' chemins de fer français commandent des locomotives à des maisons allemandes, ce qui est un hommage trop évident, rendu à cette industrie insuffisamment répandue chez nous.
- III. Les machines-outils. — La machine-outil
- allemande est la concurrente acharnée de la machine-outil américaine. Depuis quelques années, une révolution complète a été réalisée dans cette industrie, grâce à l’apparition des nouveaux aciers dits à coupe rapide, qui ont permis d’augmenter la vitesse du fraisage, et aussi grâce à la généralisation du travail en série. La nécessité d’une interchangeabilité rigoureuse des pièces a obligé les constructeurs à la précision dans l’établissement des outils automatiques. La sollicitude des législateurs pour l’ouvrier a fait introduire, en outre, les . dispositifs de protection qui rendent les accidents de plus en plus rares.
- Il faut attribuer le succès de l’industrie des ma-chiries-outils en Allemagne, tout d’abord à l’importance du marché national, protégé par les tarifs douaniers; elle assure un chiffre d’affaires déjà intéressant, et, par suite, donne l’élan pour une production sérieuse. Ensuite, l’organisation de l’enseignement technique, le prix relativement bas de la vie, les qualités de patience, d’application, de persévérance de l’ouvrier et de l’ingénieur allemands, constituent autant d’éléments d’un succès qui s’étend au delà des frontières : En 1908, l’Allemagne a exporté 46 000 tonnes de machines à travailler le bois, soit en tout 13 pour 100 de l’exportation totale des produits des industries mécaniques. Toutefois, l’impression actuelle est qu’il n’y a guère d’accroissements à espérer dans cette branche si ingrate de la construction.
- IV. Machines textiles. — L’industrie anglaise a été pendant longtemps maîtresse absolue du marché pour les machines à filer et à tisser ; l’industrie américaine tenait le marché de la machine à coudre. Aujourd’hui les constructeurs allemands sont arrivés à produire avec succès les machines les plus délicates employées dans les filatures et même des métiers à tricoter et à broder très perfectionnées. A l’Exposition de Bruxelles, on pouvait remarquer des machines automatiques tricotant à mailles retournées (stands Gebr. Nevoigt À. G., Leyfert et Donner), des métiers mécaniques pour tous tissus (stand Sâchsische Webstuhlfabrik de Chemnitz), des machines à ramer et à sécher, des calandres à la fois cylindreurs, mateurs, frictionneurs et beetleurs (stand G. H. Weisbach), etc.
- Voici la statistique d’exportation des machines
- textiles , 1907 1908
- Machines à filer 14.513 t. 15.434 t.
- Machines à tisser 18.923 t. 15.027 t.
- Machines d’apprêtage • . . . . Machines à coudre, tricoter, 10.810, t. 10,376 t.
- broder, etc.. ... . . ... . • 20.973 t. 19.389 t.
- Totaux. . . . . . . 65.219 t. 60 ; 226 t.
- V. Machines agricoles. — Pendant longtemps, l’Amérique et l’Angleterre comptaient seules comme producteurs de machines agricoles ; mais un mouvement considérable s’est effectué en Allemagne en
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- =========== LA CONSTRUCTION MÉCANIQUE EN ALLEMAGNE 73
- faveur de l’agriculture en général, et particulière- I et le gouvernement ne ménage pas les encouragement de l’emploi des machines. Depuis 25 ans la | ments, surtout à la moyenne et à la petite culture.
- Atelier de constructions mécaniques Borsig. Le hall des locomotives.
- « Deutsche Landwirtschaft-Gesellschaït » organise j Non seulement, l’Allemagne importe moins de des expositions locales semblables à nos « comices » 1 machines agricoles que par le passé, mais l’industrie
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- 74
- LA QUESTION DU FUSIL AUTOMATIQUE
- de la machine agricole exporte aujourd’hui plus qu’elle importe.
- ANNÉE IMPORTATION EXPORTATION
- 1908 en milliers en milliers
- — de marks. de marks.
- Pièces travaillées pour ma-
- chines agricoles. . . . 422 ))
- Socs de charrue et ver-
- soir es en tôle 25 895
- Charrues en fer 101 8.864
- Râteaux, arracheurs, lier-
- ses * . . 552 1.796
- Batteuses 1.417 5.804
- Ecrémeuses 2.526 5.918
- Machines à nettoyer. . . 75 2.550
- Tondeuses et machines
- diverses 1.245 5.579
- Charrues à traction méca-
- nique ........ 1.066 420
- Moissonneuses 16.497 505
- L’influence de la prospérité des industries mécaniques produisant les machines à vapeur, à gaz et à pétrole se traduit dans ce tableau par la victoire de l’exportation des batteuses et des petites machines. Les locomobiles à vapeur allemandes ont un succès immense sur tous les marchés. On sait que la production américaine des machines agricoles, dont la
- vente est organisée merveilleusement en France, perd en ce moment du terrain qui se trouve gagné par la concurrence allemande. Les faucheuses et charrues à vapeur sont, en ce moment, l’objet d’études de la part de nombreuses maisons allemandes. Les grandes exploitations de la Hongrie, de la Russie et de l’Orient présentent pour les constructeurs de ce matériel mécanique un champ commercial très étendu. La mise en valeur de terrains immenses en Turquie d’Asie et en Égypte va créer un débouché supplémentaire pour ce genre de machines agricoles.
- Il conviendrait de rattacher aux machines agricoles la construction des machines pour les industries alimentaires (meunerie, brasserie, distillerie, malterie). L’exportation de ce matériel dépasse chaque année 20 millions de marks.
- Il faudrait citer aussi les applications de la construction mécanique à l’imprimerie, à la fabrication du papier, etc., mais nous ne pouvons avoir l’ambition de passer une revue complète de l’industrie mécanique en Allemagne, et nous pensons que les aperçus et les chiffres que nous avons apportés au cours de cet article documentaire ont suffi à donner une idée du développement industriel de la construction mécanique chez nos voisins. R. Villers.
- LA QUESTION DU FUSIL AUTOMATIQUE
- On entend parler de tous côtés, depuis quelques mois surtout, de l’urgence qu’il y aurait à adopter, pour l’armement de l’infanterie, un fusil automatique. Étant donné qu’il existe à l’heure actuelle, tant en France qu’à l’étranger, de nombreux modèles de ces armes, beaucoup se demandent pourquoi les diverses armées paraissent si peu pressées d’en adopter un.
- Nous nous proposons de passer très rapidement en revue comment se pose le problème, comment il a pu être résolu jusqu’ici, et il sera ensuite facile d’entrevoir pourquoi on a le droit de rester hésitant.
- L’observation des résultats meurtriers des armes à feu dans toutes les guerres qui ont eu lieu depuis un demi-siècle, fait ressortir l’extrême difficulté que l’on aura de plus en plus à faire avancer les troupes en terrain découvert. Aussi est-il absolument admis, dans le mode actuel de combat de l’infanterie, que les hommes gagneront du terrain par bonds successifs de couverts en couverts.
- Dans ces conditions, il est évident qu’on a le plus grand intérêt pendant les courts instants où ils seront à découvert, à pouvoir lancer sur eux le plus de balles possible, c’est-à-dire à posséder une arme capable de tirer très vite.
- t Pendant longtemps, on a hésité à adopter des fusils à tir rapide, parce qu’on craignait qu’à la suite d’un gaspillage intempestif des munitions, les fantassins restent désarmés en présence de l’ennemi. Mais les exemples nombreux des guerres récentes, montrent que ces craintes sont absolument vaines.
- D’ailleurs, depuis 1886, toutes les nations ont adopté successivement le fusil à répétition de petit calibre, et se sont ensuite efforcées sans cesse de l’améliorer. Cependant, il y a lieu de remarquer que si l’on veut, en augmentant la vitesse de tir, ne pas nuire à la précision de ses résultats, il faut chercher à résoudre le problème, en diminuant la durée de toutes les opérations de la charge, en facilitant les mouvements du mécanisme et le réapprovisionnement de l’arme, sans raccourcir le temps de la visée afin de ne pas risquer de nuire à la justesse du tir.
- L’arme à répétition actuelle a déjà amené la suppression de l’opération, si longue, qui consistait à prendre une cartouche à la main dans la cartouchière pour l’introduire dans le canon. On voudrait aller plus loin encore, et supprimer toute intervention de l’homme dans les divers temps de la charge, en rendant tous les mouvements automatiques.
- Avant d’expliquer sur quels principes on peut s’appuyer pour résoudre la question, nous rappellerons quelques données fondamentales qu’il est nécessaire de connaître.
- Il est admis, par l’expérience, que le poids d’un ’ fusil de guerre ne doit pas dépasser 4 kg; il est reconnu en outre, qu’avec une telle arme le tireur est violemment incommodé, dès que la vitesse de recul dépasse 5 mètres par seconde.
- Étant donné d’autre part, que pour diminuer les erreurs de hausse, il y a le plus grand avantage à
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- LA QUESTION DU FUSIL AUTOMATIQUE r—: : —z= 75
- avoir des trajectoires très tendues, il est nécessaire d’exiger des vitesses initiales pour la balle de plus en plus considérables. Dans ces conditions, si on ne veut pas en même temps dépasser pour la vitesse de recul de l’arme les limites raisonnables dont nous avons parlé, on est absolument obligé de diminuer peu à peu aussi le poids même du projectile1.
- C’est ainsi qu’en France, lorsqu’on adopta la nouvelle balle D, dont la forme, plus rationnelle au point de vue balistique, permettait une meilleure conservation delà vitesse dans l’air, en même temps que l’on portait la vitesse initiale de 620 m. à 710 m., on réduisait le poids du projectile de 15 gr. à 13 gr. Pour les mêmes raisons, F Allemagne, avec la j balle S, portait la vitesse initiale à 830 m. et diminuait le poids jusqu’à 10 grammes.
- A l’heure actuelle, sauf le Mexique, qui a mis en Service le fusil automatique Mondragon, toutes les nations sont armées du fusil à répétition à tir rapide. Ces armes, dont les calibres varient de
- 5 mm à 8 mm, ont atteint une perfection et une
- puissance considérables, dont les chiffres ci-dessous peuvent donner une idée. FUSIL FRANÇAIS FUSIL ALLEMAND Mod. 1886. Balle 1) Mod. 1888. Balle S
- Calibre 8 mm 7 mm 9
- Poids de la balle. . . 12 gr. 8 10 gr.
- Charge 3gr. 1 3 gr 2
- Vitesse initiale. . . . 710 m 830 m
- Pression des gaz . . . 2500 kg. 3600 kg.
- Flèches / 400 ni . 0 m. 50 0 m. 40
- diverses \ 600 m . 1 m. 40 1 m. 25
- de la < 800 m . 2 m. 05 2 m. 90
- trajectoire / 1000 m . 5 m. 40 5 m. 90
- à ( 2000 in . 42 m 66 m
- Portée limite : Plus de 4 kilomètres.
- Ce tableau fait ressortir, en passant, que notre projectile se comporte mieux dans l’air que la balle allemande, puisque, malgré sa plus faible vitesse initiale, il reprend nettement l’avantage vers 1000 m. ; il montre aussi, que notre poudre fatigue moins les armes, puisque, pour un résultat comparable, la pression maxima des gaz est beaucoup moins élevée.
- Ces constatations faites, il est évident que, si l’on veut adopter une nouvelle arme de guerre, il faut exiger de celle-ci une puissance et des qualités balistiques au moins égales à ce que nous venons d’indiquer.
- 1. Si on appelle P le poids du fusil, v la vitesse du recul, p le poids de la balle, V la vitesse initiale, et u le poids de charge de poudre, on a approximativement :
- On admet : Prr4 kg., v = 5 m., c’est-à-dire Pw = 12.
- TZ
- Quant à — > c’est un facteur assez mal connu dont l’expérience détermine en général la meilleure valeur.
- En pratique, on s’en tient à peu près aux chiffres suivants : lT_ _1_ 1 1 J_ 1 1 11
- P 5,5 5 4 3,5 3 ^ 2 p
- V = 400“ 440” 510” 550” 600” 650” 700“ 750”
- p=28gr. 25gr. 21 gr. 19gr. 17gr.5 15gr.5 13gr.7 12gr.
- Avec les armes à répétition actuelles, le mécanisme du tir rapide se réduit à ouvrir et fermer la culasse, viser et presser sur la détente. L’automatisme consiste à supprimer l’intervention du tireur dans l’exécution de ces diverses opérations.
- Pour un fusil, on se contente d’un semi-automatisme, en laissant au tireur le soin de faire partir le coup, par action du doigt sur la détente. ïl est certain, en effet, que l’automatisme complet tel qu’il est compris dans la mitrailleuse, ne semble guère admissible pour une arme tirée à bras sans support, car la succession rapide des chocs violents et inattendus du recul sur le tireur, l’aflole rapidement, l’empêche de viser convenablement, et conduit par suite au gaspillage des munitions.
- D’ailleurs, le poids total des cartouches à faire porter par l’homme étant limité, on ne peut encore " l’augmenter inutilement par des bandes chargeurs ou des sangles de chargement, comme on en emploie dans les mitrailleuses. Il faut se borner à approvisionner l’arme avec 7 ou 8 cartouches à la fois, comme cela se passe dans un fusil à répétition, et à rechercher seulement la possibilité de les tirer dans un temps très court.
- Pour obtenir l’automatisme ou le semi-aütoma-tisme, sur une arme de ce genre, on emprunte à l’explosif, lors du départ du coup, la force motrice nécessaire pour exécuter toutes les opérations dont nous avons parlé.
- Suivant la manière dont les gaz interviennent pour produire l’ouverture de la culasse, on peut classer les armes automatiques connues, en trois groupes principaux, indiqués schématiquement par la figure 1.
- Dans le premier groupe, les gaz agissent directement sur la pièce de fermeture par l’intermédiaire du culot de la cartouche. On peut opérer de deux manières différentes, suivant que le canon reste fixe ou non.
- 1° Schéma I. — Au départ du coup, le canon B et la culasse A reculent ensemble tout d’abord, puis le canon s’arrête, et la culasse continue à reculer en se séparant du canon, et en bandant un ressort récupérateur R. Pendant ce mouvement, la douille vide est éjectée et le percuteur est armé. A la fin du mouvement, le ressort récupérateur ramène la culasse en avant en provoquant l’introduction d’une nouvelle cartouche, et l’arme est chargée, armée et prête à tirer ;
- 2° Schéma II. — Le canon reste fixe et la pièce de fermeture seule recule, le fonctionnement est analogue au cas précédent sauf qu’au départ du coup la culasse seule est lancée en arrière.
- Dans le deuxième groupe, on utilise une fraction des gaz pour faire reculer la pièce de fermeture, au moyen d’organes de transmission convenables. On appelle aussi ces armes, armes automatiques à emprunt de gaz. Ce sont les plus nombreuses ;
- 3° Schéma III. — La culasse A est reliée par un système de tringles à un piston F. Au départ du
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- LA QUESTION DU FUSIL AUTOMATIQUE
- coup, dès que le projectile dépassé le canal E percé dans la paroi du canon, les gaz agissent sur le piston F pour chasser la culasse A en arrière en
- A
- R
- de commencer à armer le système de percussion D. A ce moment, le canon s’arrête, la culasse mobile s’en sépare, et, en vertu de la vitesse acquise, continue son mouvement de recul en bandant le ressort récupérateur R.
- Pendant ce mouvement, l’étui vide est extrait et éjecté, et le système de percussion D est complètement armé.
- Lorsque la culasse mobile est arrivée à la fin de sa course, le ressort récupérateur se détend et la ramène brusquement contre le canon qui a lui-même été ramené en place par le ressort antagoniste P. Pendant ce mouvement, la culasse a chassé devant elle la cartouche placée à la partie supérieure du magasin E, pour l’introduire dans le canon.
- A ce moment, l’arme est de nouveau chargée, la culasse fermée, le percuteur
- (I)
- Fig. i. — Schémas des divers types de fujils automatiques : (les parties hachurées sont celles qui se déplacent au départ du coup). A, culasse; B, canon; C, crosse; D, fût; E, emprunt de gaz; E, piston; R, ressort récupérateur.
- comprimant aussi le ressort récupérateur R. Le fonctionnement est ensuite analogue aux cas précédents.
- Dans le troisième groupe, la pièce de fermeture reste au contraire fixe, et l’action des gaz en chassant la i
- balle agit en même temps sur le canon pour l’entraîner vers l’avant ;
- 4° Schéma ÏV.—Au départ du coup, le canon R est entraîné en avant en bandant le ressort récupérateur R, et tout le fonctionnement de l’arme est ensuite comparable à celui qui correspondrait au recul de la pièce de fermeture.
- La figure 2 représente le mécanisme d’une carabine automatique Mannlicher établi sur le principe du schéma I. Au moment du tir, le canon A est relié à la culasse mobile R, la pièce de fermeture est maintenue en place par la tête du levier C.
- Au départ du coup, la pression des gaz est transmise par le culot de l’étui à la culasse mobile. Celle-ci entraîne le canon vers l’arrière pendant un temps très court, qui correspond sensiblement à la durée du trajet du projectile dans l’âme.
- Ce léger mouvement du canon a pour but de décaler le levier C, en le faisant glisser légèrement vers le bas, pour,dégager la pièce de fermeture, et
- arme, et prête à partir dès que le tireur appuiera sur la détente L.
- Sur ce principe ont été établis les fusils Griffith, Quist, Hellé et Mannlicher.
- Mannlicher avait en outre établi un fusil automatique dans lequel le canon restait fixe. La culasse mobile portait deux tenons, taillés en pas de vis assez incliné pour pouvoir dévirer sous l’effort développé par les gaz sur le culot de la cartouche. Un
- (II)
- Fig. 2. — Carabine automatique Mannlicher : (I), culasse fermée, le chien abattit et verrouillé. — (II), culasse ouverte, le chien armé : A, canon; B, pièce de fermeture; C, levier de calage; D, chien; E, magasin; F, percuteur avec son ressort de rappel; L, Détente; M, gâchette; N, levier de verrouillage de sûreté; P, ressort de rappel du canon; S, ressort du chien.
- ressort récupérateur, tordu et comprimé pendant le recul de la culasse, était chargé de ramener celle-ci à sa position de fermeture.
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- LA QUESTION DU FUSIL AUTOMATIQUE
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- Sur le principe de l’emprunt de gaz, on trouve de nombreux types d’armes qui diffèrent entre eux suivant la manière dont on utilise les gaz.
- En France le fusil Clair, en Italie le fusil Cei-Rigotti, en Autriche le fusil Mannlicher, au Mexique le fusil Mondragon, procèdent en empruntant les gaz au moyen d’un évent percé dans la paroi du canon. En Belgique, Browning utilise la force des gaz à la sortie du canon au moyen d’un écran de bouche, percé d’un trou pour laisser passer la balle, et qui peut être entraîné en avant par les gaz en actionnant, par un système de tringles de transmission, tout le mécanisme de culasse.
- Sur le principe de l’entraînement du canon vers l’avant, on trouve un type établi encore par Mannlicher vers 1894.
- La figure 5 représente un fusil automatique dît à
- pour commencer à repousser celle-ci en provoquant un mouvement de rotation, destiné à dégager les tenons de fermeture de leur logement.
- Cette rotation d’environ 45°, tord le ressort récupérateur C, et sera reproduite en sens inverse à la fermeture.
- Dès que le dévirage est terminé, la pression qui s’exerce sur le culot de l’étui est encore suffisante, pour projeter en arrière le cylindre qui achève de comprimer le ressort C chargé de ramener la culasse à sa place comme nous l’avons déjà expliqué.
- Quant aux cartouches, elles sont renfermées dans un barillet à ailettes, actionné par le mouvement de va-et-vient de la culasse.
- L’évent peut être obturé à volonté par une vis, ce qui permet de se servir de l’arme comme d’un fusil à répétition ordinaire.
- Ainsi que nous l’avons dit, les fusils automatiques n’existent encore aujourd’hui qu’à l’état de spécimens, et s’il est vrai que le Mexique a déjà
- 3. — Fusil automatique Mannlicher modèle 1900.. (I), schéma indiquant le'fonctionnement :
- A, canon; B, culasse; C, ressort récupérateur ; e, emprunt de gaz; F, piston; G, ressort récupérateur de piston; R, tige de commande; T, tenons de fermeture. — (II), fusil fermé avant le départ du coup. — (III), fusil ouvert après le départ du coup : A, canon; B, culasse; C, ressort récupérateur de culasse, D, chien; E, percuteur avec ressort; F, piston avec emprunt de gaz e; G, ressort récupérateur de piston; H, détente; K, gâchette; L, extracteur; M, extrémité de la tige du piston.
- Mannlicher et dans lequel on emploie à la fois l’emprunt de gaz pour obtenir le commencement de l’ouverture de la culasse, et la force vive directe des gaz sur le culot de la cartouche pour terminer l’ouverture. C’est en quelque sorte un système mixte, que nous décrivons à dessein, puisqu’on peut y voir à la fois l’emprunt de gaz et le recul de la pièce de fermeture seul.
- Nous avons indiqué sur un schéma les grandes lignes du fonctionnement, ce qui permettra de comprendre de suite le mécanisme détaillé de la figure. La culasse porte deux tenons de fermeture et une rainure hélicoïdale.
- Un évent est percé dans le canon à 23 cm environ en avant de la pointe de la balle. Au départ du coup, dès que la balle a franchi ce point, les gaz viennent presser sur le piston F, qui agit par sa tige coudée dans la rainure hélicoïdale de la culasse,
- armé la plus grande partie de son infanterie avec le fusil automatique Mondragon, et qu’en Italie, on ait sérieusement songé à adopter le fusil automatique Cei-Rigotti à emprunt de gaz, toutes les autres armées paraissent vouloir attendre encore, avant de se lancer dans les dépenses considérables, que nécessiterait l’adoption d’un nouveau fusil d’infanterie.
- Il faut d’ailleurs reconnaître, que presque tous les modèles établis jusqu’ici ont besoin d’être encore mis au point, et que leur adoption ne saurait entraîner, pour une armée, des résultats comparables1 à ceux qui ont découlé de la découverte de la poudre sans fumée et de la mise en service des fusils à tir rapide.
- L’arme automatique ne réalise que des progrès mécaniques, sans aucune amélioration balistique. On pourra, avec elle, tirer il est vrai toutes les cartouches du magasin en deux ou trois secondes, alors
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- 78 —:........ =r= LA SYMÉTRIE DES
- que le fusil à tir rapide exigera quatre ou cinq fois plus de temps. Mais dans un tir prolonge', cet avantage sera considérablement réduit par suite de la perte de temps, égale pour les deux armes, qu’entraîne le réapprovisionnement du magasin.
- D’ailleurs, il serait impossible de soutenir longtemps un feu aussi rapide, d’une part parce que l’approvisionnement du fantassin est trop réduit, et d’autre part parce que le canon s’échaufferait hors de toute proportion. En outre, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par les deux exemples que nous avons donnés, le fusil automatique est beaucoup plus délicat, beaucoup plus compliqué, et beaucoup plus
- FLEURS DE NEIGE ' ..
- cher que n’importe quel autre fusil à tir rapide. Aussi est-il sage de rester dans l’expectative, tant qu’aucun modèle ne sera capable de réaliser, sur les armes actuelles, un progrès balistique considérable.
- Toutefois, le facteur moral ayant à la guerre une très grande importance, il est indispensable avant tout que le fantassin soit persuadé qu’il possède le meilleur fusil, et, pour cette raison, il faut se tenir prêt à mettre en chantier un des fusils automatiques que nous possédons, dès que l’une quelconque des grandes armées européennes aura décidé l’adoption pour son infanterie d’une arme semblable.
- Capitaine D.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance paraîtra dans le prochain numéro.
- LA SYMÉTRIE DES FLEURS DE NEIGE
- Peu de personnes ont vu des fleurs de neige présentant la symétrie gracieuse et parfaite que leur attribuent les traités; et l’on a pu se demander souvent si les dessins classiques que l’on connaît n’avaient pas subi une copieuse élaboration dans l’esprit d’observateurs imaginatifs. Je l’ai cru pendant longtemps; mais la publication de microphotographies de cristaux de neige a fourni sur cette question des documents d’une incontestable authenticité 1, et qui confirment les dessins d’autrefois. Au surplus, une observation fortuite, faite un jour où la neige tombait en flocons petits et très espacés, m’a permis de reconnaître un grand nombre d’étoiles hexagonales, très déliées et d’une irréprochable régularité. J’ai compris alors que celle-ci est généralement masquée, dans les chutes plus abondantes, par un enchevêtrement de cristaux distincts, qui ne laissent voir qu’une agglomération informe d’où toute symétrie a disparu.
- Mais, puisqu’il existe de vraies étoiles de neige, formées de six branches partant des angles d’une tablette, et qu’entourent des rameaux en nombre égal, on peut se demander quelle force directrice réalise cet équilibre aussi étonnant qu’agréable à voir.
- Dans un organisme vivant, pourvu d’un système nerveux et d’une circulation complète, on peut comprendre que des forces internes créent la symétrie par une inaction mutuelle des éléments les uns sur les autres ; dans des organismes dont chaque partie a sa fonction, on doit
- 1. Voy. n° 1917, du 19 lévrier 1910.
- considérer la symétrie binaire (animaux supérieurs) ou axiale (vers, oursins, étoiles de mer, fleurs) comme une nécessité fonctionnelle à laquelle se plie une cause interne constante.
- Mais le cas est différent pour les étoiles de neige. Ni circulation ni innervation ne saurait être invoquée pour expliquer la répétition des mêmes éléments tout autour de la tablette initiale; et, si toutes les branches sont constituées de même, il faut bien en chercher ailleurs la cause directrice.
- Partons de la petite tablette hexagonale, qui se forme tout d’abord, comme les cristaux de toutes natures. Elle descend lentement dans l’air refroidi au-dessous de 0°, et contenant encore une quantité de vapeur d’eau en très léger excès sur la saturation. L’eau a donc une tendance naturelle à se déposer sous la forme de glace : mais, cette tendance étant faible à cause du peu de sursaturation, la précipitation ne peut avoir lieu que sur un support solide. Les pointes de la tablette offrent ici les points d’attache naturels à toute nouvelle agglomération. On pourrait dire alors que, les mêmes condi; tions régnant tout à l’entour, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ce serait se contenter à bien peu de frais : que, de temps à autre, une étoile de neige bien régulière puisse résulter d’un haut degré d’uniformité et de simplicité de l’ambiance, c’est ce qui ne saurait être contesté ; mais les étoiles parfaites sont la règle; leur existence a donc sûrement des causes plus précises.
- Examinons le phénomène d’un peu près. Nous savons
- Forme de cristaux de neige. (D’après des photographies prises au Spitzberg, par M. J. Westmann).
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- D0R1S INSUBMERSIBLE
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- que l’abandon par l’air de sa vapeur d’eau sous la forme solide dégage une quantité de chaleur relativement considérable; 700 calories par gramme environ. L’air ambiant est donc desséché, non seulement parce qu’il a laissé déposer son eau, mais bien plus encore parce que sa température s’est relevée. L’évaporation est donc très lente, et, lorsqu’une molécule s’est agglomérée à une branche, celle-ci cesse de croître jusqu’à ce que, dan^
- chacun des angles de la tablette. 'Mais la symétrie des rameaux reste tout aussi mystérieuse.
- Poussons plus loin l’analyse du phénomène. Le dégagement de chaleur consécutif au dépôt d’une infime quantité d’eau produit un dessèchement non seulement local, mais étendu à un petit volume de l’espace ; et, dans tout ce volume, l’air cessant d’être saturé, c’est à sa limite seulement que l’accroissement du cristal peut
- Différentes formes de cristaux de neige.
- (D’après des photographies prises au Spitzberg, par M. j. Westnîann).
- son voisinage, l’air se soit de nouveau sursaturé. Pendant ce temps, les autres branches peuvent réaliser tour à tour une captation semblable, et en devenir également incapables pour un court instant. La régularité devient ainsi automatique; elle ne dépend plus seulement de l’égalité initiale des conditions tout autour de l’étoile, mais bien d’un mécanisme régulateur qui dirige constamment le phénomène.
- Ce mécanisme suffirait à expliquer comment il se fait que l’étoile s’équilibre à peu près, et que des dépôts de même importance approximative se produisent sur
- s’opérer. La tigelle implantée sur un angle de la tablette pousse lentement, et un moment vient où sa pointe est assez éloignée du cristal primitif pour qu’en arrière règne une saturation suffisante provoquant un nouveau dépôt. Un rameau commence alors et grandit aux dépens de l’humidilé ambiante, et crée autour de lui une zone de dessèchement. L’explication que l’on vient de lire est encore précaire, et nécessite une élaboration plus complète ; c’est en réfléchissant aux conséquences d’une observation relatée dans La Nature1 qu'elle m’a semblé pouvoir être proposée, au moins comme hypothèse de travail. Ch.-Ed. Guillaume.
- UN DORIS INSUBMERSIBLE
- Les doris sont de petites embarcations employées à bord des bateaux de pêche. En général, c’est-a-dire dans la pêche côtière, le bateau accompagne les doris dans leurs déplacements, mais à Terre-Neuve, les doris s’éloignent à un ou deux milles pour se livrer à la pêche et rentrent par leurs propres moyens, en godillant.. Lorsque le mauvais temps s’élève, ces embarcations deviennent le jouet des flots; elles sont ballottées pendant des journées et des nuits entières parfois, et les marins subissent, dans ces pénibles circonstances, les privations les plus dures imposées par le manque denourriture, de vêtements chauds : heureux encore si, après plusieurs jours de lutte, ils ne deviennent pas les victimes des Ilots.
- Avant d’être des bateaux de sauvetage, les doris sont construits en vue d’un travail : la pêche. Les engins et le produit de cette pêche occupent presque toute la place disponible, de sorte que les qualités d’insubmersibilité qui seraient cependant exigibles ne peuvent être remplies.
- M. G. Pitre, l’architecte naval bien connu, après avoir étudié pendant plusieurs années le problème de l’insubmersibilité des doris, a présenté récemment aux armateurs de Fécamp un modèle d’em-
- barcation de sauvetage répondant aux conditions de la loi du 17 avril 1907 et des règlements des 20 et 21 septembre 1908, et intervenant comme doris insubmersible spécialement destiné à la grande pêche avec une réserve de flottabilité moindre que l’embarcation de sauvetage, mais pouvant porter les deux hommes et leurs vivres en cas de naufrage. Cette embarcation paraît donc satisfaire à toutes les exigences de la pêche; insubmersibilité et capacité suffisante.
- Le nouveau doris est entièrement construit en tôle d’acier; seuls, le plancher, les plats-bords, les dames-de-nage, sont en bois. Sa grande particularité réside dans l’aménagement de caissons étanches tenant lieu de banquettes et dans lesquels sont embarquées les provisions de toute nature en quantité suffisante pour assurer la vie normale des hommes pendant plusieurs jours. Le modèle courant, construit suivant les mêmes dimensions que les doris actuels, comporte deux banquettes-caissons contenant, l’une de l’eau douce et l’autre des provisions de bouche. Le réservoir à eau est pourvu d’une tubulure par laquelle les hommes peuvent aspirer le liquide ; le caisson à provisions comporte un
- 1. Remarquable dépôt de givre, n° 1651 du 1er janv. 1905.
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- DORIS INSUBMERSIBLE
- hublot à fermeture étanche par lequel on passe le bras pour atteindre les provisions. Enfin l’avant et l’arrière du doris sont également pourvus d’un caisson avec hublot recevant les effets de laine qui permettront aux hommes de changer de vêtements. Ces caissons ont une capacité telle que leur navigabilité est assurée avec plusieurs hommes à bord même si le bateau se retournait. Dans cette dernière alternative les marins trouveraient sur le doris, en admettant qu’il leur fût impossible de le remettre dans sa position normale, une excellente bouée leur permettant d’attendre, pendant de longues heures,
- bord des bateaux de pêche bénéficiera également de cette concession, peu préjudiciable à la quantité des approvisionnements et à la navigabilité, en ce sens qu’il devient possible de les « emporter » par six ou sept sur le pont des navires afin d’éviter l’encombrement.
- Les doris se construisent en trois types différents : le type de 5 m. 50 destiné à la pêche côtière (estuaire des fleuves, bassins, étangs, etc.); le type de 5 m. 80 qui est la copie exacte du doris employé actuellement dans la pêche à Terre-Neuve ; enfin le type de 7 m. 50 destiné aux navires effectuant le cabotage ou la navigation au long cours.
- L’emploi de ces nouvelles embarcations dans la pêche présente donc sur les doris actuels de très sérieux avantages dus à leurs qualités d’insubmersibilité ; chaque année, en effet, surtout à Terre-Neuve, un nombre toujours important de marins trouvent la mort dans les parages extrêmement dangereux Puisqu’il est démontré que les doris constituent de réelles embarcations’ de sauvetage absolument efficaces,
- ‘r. *- -i
- Fig. i. — Doris retourné donnant asile à 4 hommes.
- l’arrivée des secours. Le doris porte en effet, à la base, une ou deux barres de bois suivant le type d’embarcation, avec lesquelles ils se maintiendraient aisément sur le fond du bateau. Bien mieux, les caissons étanches possédant des ouvertures ménagées sur leur fond, ouvertures en tous points semblables à celles qui débouchent sur les banquettes, les provisions qu’ils contiennent pourraient être retirées avec autant de facilité que si le doris n’était pas renversé. C’est là un des avantages les plus précieux que comportent les nouveaux doris sur les anciens.
- Lors des essais effectués à Fécamp, cet été, les qualités d’insubmersibilité et de solidité des doris construits par M. Pitre ont apparu d’une manière frappante; mais les armateurs ont formulé une objection dont l’inventeur a immédiatement reconnu la justesse, et il travaille en ce moment à y, parer. Elle est relative au peu d’emplacement que la présence des caissons laisse au matériel de pêche. La solution est bien simple : le constructeur se contente de diminuer la hauteur des caissons, les armateurs recevront ainsi toute satisfaction au point de vue qui les intéresse. Le transport des doris à
- Fig. 2. — Nouveau doris insubmersible porte-vivres et ancien doris.
- il n’y a plus à hésiter, et les armateurs seraient coupables en se refusant à écouter la voix de l’humanité.
- Les doris insubmersibles ont également leur place toute indiquée sur les paquebots destinés au transport des voyageurs où ils rempliront admirablement l’office de canots de sauvetage. Précieux en ce sens qu’ils peuvent être logés sur le pont d’un navire sans causer trop d’encombrement, ils bénéficient encore de la faculté de pouvoir être mis à la mer sans le secours des bossoirs : jetés par-dessus bord, ils flottent comme des bouées, et si les naufragés ne parviennent pas à les retourner, ils trouveront néanmoins sur le fond de ces bouées une sécurité suffisante pour leur donner de l’espoir et attendre des secours. Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1963.
- 7 JANVIÉR 1911.
- L’ORNITHOPTÈRE LEFÉBURE
- Les extraordinaires succès remportés depuis deüx ans par les aéroplanes ont eu pour conséquence l’abandon presque complet des systèmes d’aviation appartenant à la catégorie des hélicoptères et à celle des orni-thoptères. On sait que les hélicoptères reposent sur le principe de la sustentation à l’aide d’hélices permettant à l’appareil de s’élever sur place ; ils ont inspiré bon nombre d’inventeurs entre autres Ponton d’Amécourt et Penaud, puis, plus récemment, les frères Dufaux,
- Bréguet et Richet, Cornu, Léger, etc. Jusqu’ici, ces efforts ont paru vains, et la plupart de leurs partisans ont abandonné cette solution qui réclame, de la part de l’hélice, un rendement supérieur à celui qu’elle possède actuellement.
- Les ornithoptè-res sont des appareils imitant le vol des oiseaux rameurs comme le vulgaire moineau ou mieux le pigeon. Le mouvement de l’aile de ces oiseaux a été étudié photographiquement par Marey : l’aile exécute un mouvement hélicoïdal d’avant en arrière et de haut en bas.
- Certains inventeurs ont cherché à remplacer cette sorte de torsion variable par un système de roues à aubes, mais sans succès. Penaud, Hureau de Villeneuve, Trouvé, Pichancourt, et beaucoup d’autres avaient été tentés par le problème. Léonard de Vinci lui-même a laissé sur la question des notes et des croquis d’un puissant intérêt. Le 3$e année. — icr semestre.
- capitaine Ferber a montré les difficultés de la solution : faire l’articulation de l’épaule solide, et considérer que nos moteurs actuels actionnent très facilement des mouvements rotatifs et très difficilement des mouvements alternatifs.
- En somme, s’il était possible de construire une aile à articulation solide et capable de donner un mouvement alternatif, le problème pourrait être résolu.
- La nouvelle solution qu’un ami de Marey, M. Le-fébure, vient de concevoir, se rapproche de cette formule. La machine se présente sous l’aspect d’un énorme papillon à ailes enveloppantes, c’est-à-dire capables de saisir une masse d’air et de la projeter vers l’arrière de l’appareil pour réaliser la propulsion et la sustentation. Ces ailes agissent donc à la fois comme des hélices ordinaires et comme des surfaces sustentatri-ces. En somme, M. Lefébure a tourné la difficulté que présente la solution par les mouvements alternatifs ; il conserve le mouvement rotatif en l’utilisant d’une manière extrêmement ingénieuse.
- Le moteur actionne une roue dentée R, qui commande un petit pignon P porté par une équerre tronquée E, E (fig. 3). Cette équerre tourne autour du point B. Elle constitue la partie, rigide de l’aile- et reçoit entre ses branches la surface portante. Celle-ci est plus grande que celle de l’équerre1 ; elle
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- Fig. i. — Uornithoptère Lefébure. Une partie de l’aile relevée est prête à agir sur l’air pour réaliser la propulsion et la sustentation; l’autre partie commence à se replier.
- Fig. 2. — Uornithoptère Lefébure. La partie avant de faite est horizontale et agit comme surface sustentatrice. La partie arrière est entièrement repliée.
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- LA CULTURE LITTÉRAIRE ET LA SCIENCE
- Hotte donc pendant la rotation. Mais l’inventeur a eu l’heureuse idée de l’amarrer par un de ses points à un tourillon mobile À, de telle sorte que la toile tourne autour de la ligne A B. Pendant la rotation, une partie de l’aile s’étend pour opposer une résistance à l’air pendant que l’autre se replie le long du châssis. On obtient ainsi, un mouvement successif de montée et de descente des deux parties de l’aile qui donne les mêmes résultats que le batte-
- Fig. 3. — Une aile de Vornithoptère Lefébure.
- ment réalisé par les oiseaux ; la partie antérieure de l’aile s’abaissant tendue pendant que la partie postérieure se replie pour la remontée.
- Nos photographies montrent les diverses positions occupées par ces ailes pendant le vol. Pendant la rotation, l’avant se développe progressivement, frappe l’air en ramant vers l’avant pour
- rejeter vers l’arrière le cône fluide qu’il a emprisonné. La seconde portion de l’aile se replie peu à peu pour préparer sa remontée en n'opposant aucune résistance à l’air. La seconde photographie est bien caractéristique : elle montre l’avant agissant comme surface sustentatrice et l’arrière entièrement replié.
- Cette aile ne travaille pas comme celle des oiseaux rameurs; elle se comporte d’une manière identique, mais ne lui emprunte pas son mouvement.
- Il ne faut pas oublier, en effet, que toutes les. parties du corps de l’oiseau sont motrices ; il n’existe pas chez lui, comme dans nos machines, un organe moteur communiquant sa puissance à un autre organe actif qui entraîne une masse rigide; les ailes, la tête, le cou, la queue, les pattes, concourent à la propulsion, à la sustentation, à l’équilibre, et chacun de ces organes prend des positions xrariables aux différentes phases du vol. Nous n’obtiendrons jamais un tel résultat avec nos appareils qui doivent être non des oiseaux artificiels, mais des machines volantes. La bicyclette, par exemple, n’est pas un cheval mécanique ; c’est une machine qui donne une; vitesse égale, plus grande même, mais avec des moyens différents.
- D’ailleurs on peut observer que la propulsion chez les animaux est réalisée par les déplacements successifs du centre de gravité, qui obligent les jambes ou les ailes à se porter vers l’avant pour parer à la chute. Dans nos machines, au contraire, le centre de gravité est toujours à la remorque du propulseur.
- Il serait prématuré d’affirmer que le système imaginé par M. Lefébure va révolutionner les procédés actuels de navigation aérienne ; seuls, les essais nous renseigneront sur la valeur propulsive et sustentatrice de ces ailes, lorsqu’elles sont animées d’un mouvement de rotation rapide, à la condition que l’attache soit solide. René Doncières.
- LA CULTURE LITTÉRAIRE ET LA SCIENCE
- Il y a quelques années, un mouvement d’opinion s’est produit contre une éducation trop exclusivement littéraire et classique : « Débarrassez-nous, disait-on, de ces langues mortes !» On a changé et compliqué les programmes, imaginé des cycles et des épicycles. Aujourd’hui, un cri général s’élève dans les milieux industriels : « Si cela continue, nos ingénieurs ne seront bientôt plus capables de rédiger un rapport. Encore un peu et ils seront aussi confus, aussi diffus, que des teutons. Rendez-leurunpeu de français, et, pour cela, de latin ». Ce cri n’est pas poussé par des littérateurs ou des professeurs de rhétorique (pardon, de première!) C’est le comité des Forges de France, c’est la Société des Amis de l’Ecole Polytechnique et les Conseils des Ecoles d’Application ; c’est le Conseil supérieur de l’Instruction publique lui-même, au nom du plus grand nombre des professeurs de mathématiques spéciales ; c’est demain, je crois, le Conseil de l’Ecole Centrale. A ce titre, la question nous touche ici et nous voudrions en dire un mot.
- Quel est le but de la culture intellectuelle donnée à
- l’enfant? On peut, je crois, l’exprimer en trois mots : apprendre à observer, à raisonner et à formuler. J’ajoute, dans un tout autre ordre d’idées, qu’il est indispensable de développer l’instrument mécanique : l’habileté manuelle et la mémoire.
- Or, comment remplir ce programme? L’observation ne s’apprend guère d’aucune manière au lycée et à l’école. Elle s’acquiert bien plus, comme le « débrouillage », dans la rue. On a développé, avec beaucoup de raison, Renseignement visuel, les illustrations des livres de classes, les projections, les promenades sous la conduite du maître ; on a créé les leçons de choses. Cela est fort bien et l’on aura raison de continuer dans cette voie. On a ajouté, dans les basses classes, des leçons relatives aux sciences naturelles, la zoologie, la botanique, la géologie. J’aurais mauvaise grâce à le critiquer et, s’il en restait quelque chose dans la mémoire des élèves qui viennent suivre plus tard l’enseignement supérieur, ce serait même excellent. Mais, forcément, ces sciences apprises en classe trop tôt perdent, avec leur intérêt passionnant, leur caractère
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- LA CULTURE LITTERAIRE ET LA SCIENCE ............:: -83
- réel, et l’on apprend les racines adventives, pivotantes ou tuberculeuses, comme on apprenait autrefois d’autres racines... grecques. Le dessin seul peut-être, sur lequel nous reviendrons bientôt, pourrait, dans un enseignement moderne, développer davantage l’observation précise.
- Pour le raisonnement, on a répudié l’antique logique. Les mathématiques la remplacent suffisamment. Leur seul défaut est de commencer par des subtilités, pour lesquelles il est difficile de faire comprendre la nécessité d’une démonstration quand la vérité paraît déjà évidente. On y a remédié le mieux qu’on a pu, et ce n’est pas non plus de ce côté que je vois à critiquer. J’ajouterai, d’ailleurs, que le raisonnement demande déjà une certaine maturité et ne peut prendre sa place capitale dans l’éducation que relativement tard.
- Reste le point, sur lequel portent les critiques actuelles, très justes à mon avis. Formuler ses pensées ou celles des autres, les formuler par tous les moyens dont doit disposer un ingénieur, voilà ce qui, dans la pratique courante de la vie, est peut-être le plus indispensable et voilà ce qu’on n’apprend plus, et c’est parce qu’on ne sait plus formuler sa pensée que, de tous côtés, dans les milieux pratiques, dans les milieux d’industrie et d’affaires, est parti un cri d’alarme. La première manière de formuler une pensée, c’est de savoir sa langue ; et, plus cette langue est fixée, plus chacun de ses signes conventionnels a une valeur immuable et admise de tous, plus la pensée sera fidèlement transmise de celui qui parle ou écrit à celui qui écoute ou lit. L’un des grands avantages des langues mortes, d’où le français dérive, pour apprendre à exprimer sa pensée avec précision et netteté, c’est précisément qu’elles sont mortes. Il faut ajouter, pour le latin, ses qualités bien connues de concision, de rigidité, son caractère lapidaire, qui en font la langue des juristes. Quelques-unes de ces qualités se retrouvent dans le français, qui est une langue latine, clarifiée par plusieurs siècles de travail classique, un peu trop sèche peut-être, un peu trop menue, un peu trop dépouillée littérairement de certaines qualités de charme et de vague qui font l’attrait poétique, artistique d'autres langues, mais, à cause de cela, admirablement adaptée à l’expression scientifique, à tel point que les théories modernes de la science ne prennent leur valeur et leur relief que lorsqu’elles ont été traduites en français. Il devrait être trop évident de dire que notre premier besoin est de savoir notre langue, de la savoir bien, de la connaître telle qu’elle a été fixée, convenue, avant nous, parce que la « convention » est le seul moyen de mettre les hommes d’accord sur ce dont ils conviennent. Or, je crois que l’on ne peut savoir un français d’homme d’affaires, d’industriel, de savant, de juriste, un français dont tous les termes et la place des termes sont pesés à la balance de précision que lorsqu’on connaît suffisamment les origines et les racines de notre langue dans l’antiquité classique.
- Il faut, en outre, on l’a bien compris dans le principe mais peut-être insuffisamment appliqué, multiplier nos moyens d’entrer en communication avec les hommes des autres pays. En attendant une langue universelle, qui aurait pu être, qui a été jadis le latin ou le français, et qui ne sera sans doute pas l’esperantô, il faut aujourd’hui qu’un jeune homme sache le plus de langues vivantes possible. Un ingénieur, qui veut s’élever un peu au-dessus de la routine et du terre à terre de son métier, doit au moins savoir lire l’anglais et l’allemand, pouvoir baragouiner assez pour un voyage les trois ou quatre langues principales.
- Enfin, le dernier moyen indispensable de traduire sa pensée, qui peut à la rigueur (voir les sourds-muets) suppléer aux autres, c’est la méthode graphique. Le dessin rapide, le croquis, qui expliquent et fixent une explication, sont, pour l’ingénieur et le savant, une langue indispensable, iu risque d’effleurer le paradoxe, je dirais que, dans l’enseignement d’un ingénieur, ce qu’il me parait le plus indispensable d’avoir acquis de bonne heure, ce qui doit être passé dans le sang et devenu instinctif, c’est peut-être moins les mathématiques (on rattrape très vite le retard en mathématiques, quand la maturité d’esprit est devenue suffisante, vers 16 à 20 ans) que le français, les langues vivantes et le dessin.
- Cette nécessité est tellement bien comprise par ceux qui mettent la main à la pâte que, dans ces derniers temps, le même vœu a été émis par le conseil de l’École Polytechnique, celui de l’École des Mines, celui de l’École des Ponts et Chaussées, etc. : voir relever dans les concours d’entrée de l’Ecole Polytechnique qui exercent une influence connue de tous sur l’ensemble de l’éducation française, les points attribués aux connaissances littéraires et à la multiplicité des langues vivantes. Or, et c’est pourquoi s’est produit le mouvement actuel, qu’est-il arrivé? En réponse à ce vœu unanime, l’administration militaire, à laquelle est livrée notre grande école scientifique, a supprimé complètement les points attribués à la culture littéraire. On a, dans la même école, refusé un avantage à ceux qui parlent deux langues. Enfin dernièrement, il a été sérieusement question d’y supprimer complètement le dessin dit « d’imitation » et l’on a commencé par le réduire à presque rien !... La raison de ce singulier mouvement à rebours : elle a la prétention d’être démocratique. Il s’agit d’enlever à certains jeunes gens les avantages qu’ils peuvent tirer d’une situation de fortune supérieure chez leurs parents. On suppose que « les fils de bourgeois » doivent avoir appris davantage le latin et le français, et qu’ils ont eu le moyen de cultiver les langues vivantes en se payant des « bonnes » allemandes et des voyages à l’étranger ; on pousse la chose si loin que, pour ces langues vivantes qu’il s’agit avant tout de parler et de comprendre, les concours continuent à porter presque exclusivement sur des thèmes écrits, à l’exclusion des versions et sur des chinoiseries grammaticales, où l’on voit réussir parfois ceux qui seraient incapables de demander dans une usine quelle est la force d’une machine ou le tonnage d’un haut fourneau. Il serait plus simple, pour achever ce nivellement par en bas, de supprimer tous les concours et de tirer les places d’entrée au sort, ou de les faire attribuer par le suffrage universel, puisqu’en toute hypothèse les « étapes » déjà franchies par une famille créent en faveur d’un jeune homme, ne fùt-ce que par atavisme d’intelligence et de travail intellectuel, une supériorité injuste. Mais cette idée « démocratique » est bien peu sérieuse quand il s’agit d’une école où les deux tiers des élèves sont boursiers, et où il suffit de consulter une liste des demandes de bourses pour voir combien les origines des élèves sont humbles le plus souvent : combien, par suite, la sélection qui se fait est foncièrement démocratique et apte à faire émerger par le concours tous ceux, quelle que soit leur origine, qui acquièrent de bonne heure, à force de travail, les qualités de méthode, de logique et de précision que je donnais tout à l’heure comme le but principal de l’éducation.
- L. De Launay.
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- LA CULTURE DE LA TRUITE A LANGEN, PRES DE MUNSTER (WESTPHALIE)
- A 12 kilomètres nord-ouest de Münster, s’élèvent les vestiges du château de Langen, de fondation très
- ancienne, autrefois la propriété des princes-évèques de Wéstphalie. Pour défendre cette position, on l’entoura jadis d’une double ceinture de fossés, qu’un affluent de l’Ems, la Beyer, fut chargée d’abreu-’.yer. Ici comme ailleurs, le temps, disons plutôt l’homme, a accompli son œuvre dévastatrice. Il n’a guère respecté avec une aile de bâtiment que les fossés remplis d’eau.
- C’est ce que considérait un jour le propriétaire actuel de Langen,
- M. le baron Charles d’El-berfeldt-Beverfœrde, lorsqu’il se demanda comment la génération contemporaine pourrait bien utiliser ces vestiges d’un autre âge. Les pièces d’eau ne pouvaient guère servir qu’à la pisciculture. Mais on gagne péniblement sa vie en élevant des carpes !
- Il fallait donc y faire vivre des truites.
- Cette pensée ne manquait pas d’audace. Chacun sait que la truite aime les eaux claires, vives et froides, les torrents de la montagne aux lits accidentés et rocheux dont les pierres lui fournissent un abri. Or, voici ce que le nouveau pisciculteur avait à lui offrir; un sol exclusivement sablonneux sans le moindre galet, un cours d’eau dépourvu de pente et d’élan, une onde qui dort s’enlise dans le limon et y perd sa limpidité, une température trop souvent surélevée. ... C’était presque une gageure.
- Elle fut gagnée.
- Nous voudrions dire brièvement de quelle manière. Les truites destinées à la reproduction sont par-
- quées dans un bras de la rivière (tîg. 1. A), long d’environ 400 mètres, fermé à ses deux extrémités par un clayonnage. Elles y vivent en liberté, sans jamais recevoir de pâture, car on a constaté que les poissons alimentés artificiellement perdent peu à peu leur puissance génératrice. Dans un espace aussi restreint, on parvient à faire vivre cependant environ 400 sujets dont une centaine de mâles. L’idéal serait de composer le contingent tout entier de truites de montagne : Trutta fario ; mais elle est moins ardente à l’alimentation artificielle; elle croît donc lentement et n’est guère apte à paraître sur le marché qu’à l’âge de trois ans. En conséquence, elle ne forme qu’un sixième du peuplement, d’ailleurs le plus apprécié et qui sert de réclame. Un autre sixième est constitué par la truite américaine salmo fontinalis. Ce poisson, importé d’Amérique, où il vit dans les eaux froides entre le 52e et le 55e degré de latitude septentrionale, présente l’avantage de grandir plus vite que la truite de montagne. Enfin, le reste du contingent 2/3 est fourni par la truite arc-en-ciel salmo iritleus, dont la patrie est proprement le versant américain de l’Océan Pacifique, mais qui, de là, fut transportée
- Fig. 3. — La « pâtée » aux truites du bassin. ;
- à l’est et jusqu’en Europe. Elle supporte mieux l’élévation de la température que les deux espèces
- Fig. 2. — La couveuse Meschede employée à Langen depuis 1908.
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- CULTURE DE LA TRUITE A LANGEN ~--- -- 85
- prénommées et grandit plus rapidement. Elle peut paraître sur le marché à l’âge de dix-huit mois ou deux ans.
- Quelque temps avant l’époque du frai qui commence en novembre-décembre pour les deux premières espèces et en février-avril pour la troisième, les poissons reproducteurs sont sortis du bras de rivière A et déposés dans une pièce d’eau spéciale B pourvue d’un appareil destiné à solliciter les truites prêtes à frayer. C’est une rigole en bois, longue d’environ 10 mètres, large et haute d’environ 50 centimètres, dans l’intérieur de laquelle des augets sont ménagés que l’on garnit de graviers et de sable. L’une des extrémités plonge dans l’eau du bassin, l’autre, qui émerge plus ou moins, reçoit un filet d’eau qui, sautillant d’auget en auget, forme une série de petites cascatelles. C’est justement ce qui attire les truites disposées à déposer leur frai. Rien n’est plus facile que de les saisir à ce moment propice. Une légère pression sur le ventre suffit à faire sortir les œufs de la femelle de même que la laitance du mâle. Les deux éléments fécondants sont reçus jusqu’à la proportion de 3 à 1, dans un vase sans eau, contrairement à la pratique ancienne, et remués avec une plume de volaille jusqu’à péné-
- tration réciproque. De cette manière/il n’y a pas de déchets : on surpasse la nature. Cette pratique est relativement récente. On la doit au Russe "Wraskij, qui l’appliqua dès 1885. Auparavant, on croyait nécessaire d’opérer dans l’eau.
- L’important est d’avoir une bonne couveuse : on
- nomme ainsi le récipient dans lequel les œufs accomplissent leur évolution. M. d’Elberfeldt constata bientôt l’insuffisance des modèles qui lui furent fournis. Les résultats étaient simplement déplorables. Les œufs pourrissaient sans relâche : une vraie débâcle...
- Un examen minutieux établit : 1° que le zinc des récipients formait avec le salpêtre en dissolution dans l’eau de la Bever un sel funeste au développement du frai ; 2° que l’eau de la Bever étant chargée plus que toute autre de Byssus, il fallait la filtrer avec soin et que le filtrage traditionnel, au moyen d’un tonneau rempli de graviers, était insuffisant; 3° que l’eau de la Bever étant trop peu oxygénée, il fallait un afflux d’eau plus considérable dans les couveuses ; 4° que cet afflux d’eau arrivant en flanc amoncelait les œufs en boule et privait ceux de l’intérieur de l’oxygène nécessaire à leur subsistance....
- Une conclusion s’imposait : construire une nouvelle. couveuse. Elle se compose essentiellement de deux récipients quadrangulaires (40 cent. X 50) en laiton qui s’emboîtent l’un dans l’autre. Le récipient intérieur est divisé par des cloisonnages verticaux en 5 compartiments de grandeur inégale. Le premier (fig. 2, a), renferme une éponge remplacée tous les deux jours, qui sert à purifier l’eau à son arrivée. Après avoir été filtrée par l’éponge, l’eau passe en b par dessous la cloison qui sépare a de b. La paroi entre b et c est pourvue jusqu’à mi-hauteur de trous qui donnent issue à l’eau dans le bassine. C’est dans ce compartiment c que se trouvent les œufs. Comme l’eau pénètre de bas en haut,
- Fig. 4. — L'étang E du plan. Sur la droite, les pièces d’eau pour les truites qui n’ont pas un an.
- Fig. 5. — La maison des cotiveuses ; en avant, pièce d’eau pour les alevins durant la première année.
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- 86 ....CULTURE DE LA TRUITE A LANGEN
- elle oxyde le frai dans les meilleures conditions, et, après un mouvement giratoire, elle traverse le filtre qui forme le fond du bassin c, pénètre dans le récipient extérieur d’où elle s’écoule par une encoche.
- Il peut passer ainsi de 4 à 10 litres d’eau par minute dans la couveuse à laquelle on confie une moyenne de 4000 œufs. La période d’incubation est variable en raison de la température de l’eau, plus lente, mais plus favorable si l’eau est froide. C’est ainsi que la truite de montagne, qui fraye en hiver, donne 90 à 95 éclosions pour 100 œufs, la truite arc-en-ciel n’en fournit que 80 à 85 pour 100. Mais toujours le calcul établit que, jusqu’à ce qu’il soit capable de manger, le petit poisson a vécu 6U0 jours-degrés : On appelle ainsi les jours en fonction de la chaleur : exemple, 5 jours à la température de 6 degrés = 18 jours-degrés.
- On comprend que la période délicate est celle des premiers temps qui suivent l’éclosion. Les alevins ne sont pas jetés directement dans les étangs. On les enferme durant les cinq premières semaines dans un appareil spécial que son inventeur a nommé pouponnière (Rinderstube). C’est une caisse longue de 2 m., haute et large d’environ 75 centimètres, dont les parois sont formées d’un grillage très fin. Toujours plongée à l’orifice d’adduction d’un bassin, elle fournit aux petits poissons une eau vive, les empêche de se perdre dans l’immensité de l’étang et permet en même temps de leur apprendre à manger. Cette dernière besogne n’est pas si légère 1 Au début, les jeunes poissons s’y prennent très mal. Il faut leur jeter cinq fois par jour la pâtée habituelle réduite en poudre, du foie ou, du sang, ou, ce qui est encore plus avantageux, des moules marines, Mytilus edulis.
- Le développement des individus durant leur séjour dans la pouponnière, aussi bien que pendant les périodes suivantes, est extraordinairement variable. On pourrait croire de prime abord que c’est là une particularité insignifiante. L’expérience a démontré le contraire. Le fameux dicton de Hobbes « Homo ho-mini lupus », est bien plus vrai encore de la truite. Au moment de la pâtée, les plus fortes se précipitent sur la nourriture sans le moindre égard pour les faibles. Rien n’est plus caractéristique de la voracité proverbiale de la truite que ce spectacle (fig. 3). A l’endroit où tombe la nourriture, avant même qu'elle atteigne la surface de l’eau, surgit avec la brusquerie d’un ressort qui se détend un étrange enchevêtrement dont les ventres blancs et les dos bleuâtres brillent une seconde au soleil. Instantanément la masse retombe dans les clapotis et se dérobe sous les remous. Deux fois, trois fois répété, le geste ne profite pas, ou guère, aux sujets plus faibles. C’est l’éternelle loi de la lutte pour la vie qui sous nos yeux s’illustre d’un nouvel exemple. Autre danger. La truite n’hésite pas à l’occasion à dévorer ses semblables, pour peu qu’ils puissent traverser son pharynx. On comprend dans ces conditions combien il importe que les poissons vivant en commun soient d’égale grosseur. Aussi l’établissement de Langen est
- pourvu d’un appareil spécial ingénieusement combiné pour assortir les tailles les plus diverses. Une description nous entraînerait trop loin. Contentons-nous de signaler la valeur de l’appareil en rapportant que le modèle en a été déposé à Berlin le 18 mai 1900 et breveté sous le numéro 205 329, classe45h, groupe 17. On l’utilise à Langen non seulement durant le bas âge des truites, mais chaque fois que le besoin s’en fait sentir.
- Une fois assortis les alevins sont répartis dans des pièces d’eau de dimensions restreintes (fig. 1, C et D : il y en a 14) où ils continuent à être nourris à | raison de 2 ou 3 repas par jour. Les manuels de.pis-! ciculturepréconisentun régime qui a l’avantage d’être économique 1/4 de farine de seigle, 1/4 de poudre de viande, 1/4 de chair de poisson pilée, 1/4 de crevettes (Crungon vulgaris) moulues, le tout lié avec du lait écrémé. Il se peut que cette nourriture ait donné, ailleurs, des résultats satisfaisants. A Langen peut-être à cause des circonstances défavorables qui rendent le poisson plus délicat, cette alimentation dut être abandonnée. Elle provoquait une inflammation intestinale à laquelle les poissons succombaient. On essaya d’autres régimes théoriquement économiques, viande de cheval, déchets de boucheries, larves développées dans ces derniers. Les résultats ne furent pas meilleurs. On mit en jeu la ruse pour attirer de nuit les moustiques et autres insectes autour de fanaux flottants. Le bénéfice fut médiocre : c’est à peine si le jeu valait la chandelle.
- Finalement il fallut se résigner à l’alimentation naturelle de la truite : du poisson frais ou mieux encore des crustacés. Les alevins reçoivent donc de la chair de moules mélangée de 1/10 d’aiglefin (Gadus ayglefinus).
- Mais il ne suffit pas de nourrir les petits poissons, il faut encore parer aux dangers qui les assaillent. La période des inondations est dangereuse à cause des acides qu’elles drainent dans les forêts résineuses, en mai surtout. A ce moment-là, on se montre parcimonieux d’eau nouvelle. En juillet et août, l’ennemi c’est l’élévation de la température qui dépasse parfois 20 degrés centigrades. On fournit alors le maximum d’eau disponible, 50 litres à la seconde qui circulent de bassin en bassin. Enfin, les truites laissent tomber au fond de l’étang une partie de la nourriture qu’on leur jette, surtout quand l’eau est trouble. Pour éviter toute putréfaction, on a soin de vider les bassins à six semaines d’intervalle et de les nettoyer scrupuleusement à la chaux vive.
- Au bout d’un an, les poissons mesurent de 10 à 15 centimètres. Ils sont alors transportés dans les pièces d’eau de plus en plus grandes (fig. 1, E, H, B) au nombre de 16 qui enveloppent comme d’une ceinture l’installation. La figure 4 représente l’un d’eux E.
- Dès lors, les soins d’hygiène perdent de leur rigueur. Les bassins sont nettoyés 2 fois par an, au printemps et en automne et exposés à l’oxygène de
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- l’air après avoir été chaulés. Entre temps on adjoint aux truites des carpes, Cyprinus Carpio, dont la mission peut être comparée à celle attribuée aux chiens errants de Constantinople. De même que ces derniers passaient pour faire disparaître les immondices, de même la carpe, poisson peu exigeant, est invitée à maintenir la propreté dans les étangs en ingurgitant les débris organiques tombés au fond de l’eau, restes de la pâtée, déjections des truites, etc. Elle s’acquitte si bien de sa tâche qu’elle grossit rapidement. Lorsqu’elle dépasse le kilo, on la remplace par de nouveaux sujets, à raison de cinq en moyenne pour un are de superficie.
- Durant la deuxième année les truites ne reçoivent que deux repas par jour. Leur régime consiste alors en chair d’aiglefin, mélangée de chair de moules pour 1/10. Mais on broyé en même temps dans la pâtée une certaine quantité de valves des mollusques. Pour peu qu’on connaisse le rôle des phosphates de chaux dans l’organisme de l’animal on ne s’étonnera pas que la truite se trouve très bien de cette addition, au premier abord passablement étrange. Elle y puise, entre autres, les éléments d’une solide charpente osseuse. Aussi bien à l’état libre, notre poisson avale maints crustacés sans se donner la peine de les éplucher.
- A l’âge de deux ans la truite pèse de 100 à 250 grammes. Elle peut paraître sur le marché. A 4 ans, elle atteint le kilo; mais de tels sujets ont dévoré plus qu’ils ne rapportent. Aussi préfère-t-on l’élevage à plus courte échéance, et les truites âgées ne sont guère là qu’à titre de spécimens.
- L’expédition à l’état vivant a toujours lieu dans des tonneaux aplatis qui favorisent l’oxygénation de l’eau. Les mouvements du wagon se répercutent dans le liquide (150 litres), qui remplit les récipients aux 4/5 seulement et dont la surface est par là même incessamment touchée par l’air. Grâce à cette précaution, on transporte sans danger les poissons à des distances assez considérables. Au début, ils étaient expédiés jusqu’à Dusseldorf, à
- 120 kilomètres de Münster. Aujourd’hui, tout le poisson disponible est consommé à Münster, trajet en 18 minutes à partir de la gare de Westbevern, là plus rapprochée de Langen.
- Chaque année, on peut livrer ainsi à la consommation environ 25 quintaux de poisson. Ce chiffre correspond à une moyenne de 20 à 25000 truites âgées de 2 ans, représentant les survivants de 55 000 poissons que l’on enregistrait un an auparavant. En remontant l’échelle jusqu’au dernier échelon, on trouve les nombres suivants par approximation, 60 000 alevins âgés de cinq semaines, 85000 œufs éclos, 100 000 œufs pondus par les truites. Une femelle dépose environ 1000 œufs pour 1 kilogramme de son poids. L’établissement se suffit à lui-même et n’achète plus d’œufs au dehors, ayant remarqué que le frai autochtone est beaucoup plus résistant par suite de l’acclimatation.
- Mais il reste toujours tributaire de l’extérieur pour l’alimentation dont la quantité varie avec les saisons. En hiver le poisson témoigne moins d’appétit. C’est en été qu’il mange le plus, spécialement quand la température de l’eau atteint 20 degrés. Durant la période chaude il arrive de Geestemünde sur la Mer du Nord à 255 kilomètres de Münster, chaque jour un demi-quintal d’aiglefin et chaque semaine un demi-quintal de moules. Rendu à domicile l’aiglefin revient à 7 marks et les moules à 2,50 marks (1 mark d fr. 25). De ces dernières on ne peut utiliser que 20 pour 100 du poids total, le reste est du ballast. Il va sans dire que ni l’un ni l’autre ne sont jetés aux poissons sans avoir été hachés, réduits en pâtée à l’aide d’un appareil mécanique analogue à ceux dont sont pourvus nos cuisines.
- lln’yaplus qu’à conclure. N’est-il pas piquant de constater que ces fossés du moyen âge destinés à engloutir des vies humaines, par un renversement imprévu de leur rôle fournissent aujourd’hui aux hommes un aliment de choix, et, d’instruments de mort qu’ils devaient être, ont été transformés en source de vie ?... Louis Boiteux.
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- De la coiffure, dont il constitue l’un des plus beaux ornements, jusqu’aux souliers mignons qu’il attache si élégamment, le ruban fait partie intégrante du costume féminin, et ce n’est pas là, certes, chose nouvelle, puisque le doux poète Ronsard, au xvie siècle, écrivait déjà galamment :
- « Je voudrois estre le riban Qui serre ta belle poitrine. »
- Si, aujourd’hui, l’usage du ruban semble moins répandu qu’aux xvie xvne et xvme siècles, où il s'étalait à profusion sur les somptueux costumes de cour, son emploi dans les plus humbles ménages offre néanmoins aux passementiers un débouché presque illimité.
- Les premiers^ documents précis établissant qu’il existe à Saint-Étienne des « passementiers, riban-diers ou tissotiers » datent de 1585 et de 1650 U C’étaient des^ règlements limitant l’accès de la maîtrise. Saint-Étienne s’affranchit bientôt de ce régime corporatif, qui restait en vigueur à Saint-Chamond, autre centre de fabrication, et c’est ce qui explique le puissant développement que prit, dans la première de ces deux villes, l’industrie du ruban, qui périclita rapidement dans la seconde.
- Pour nous initier aux diverses phases de la fabrication du ruban, nous ne pouvions mieux faire que
- 1. M. Gras, secrétaire général de la Chambre de commerce de Saint-Étienne, a publié sur l’industrie rubanière, un ouvrage statistique très complet et des plus intéressants.
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- de nous adresser à M. Brossy, vice-président de la Chambre de commerce de Saint-Étienne, qui voulut bien nous ouvrir ses vastes ateliers et nous mettre en rapport, pour quelques détails complémentaires, avec MM. Hyvert, cylindreurs, et Vinesse, teinturier.
- Les soies employées à la fabrication du ruban viennent ordinairement du Japon, de Chine ou de France, et sont livrées à l’état de soie grège, en 3, 4 ou 5 fils du cocon.
- blissement qui, depuis 1861, appartient à la Chambre de commerce, et est, pour la soie brute, ce qu’est le Banc d’épreuve pour les armes, les soies non teintes, soies grèges en balles, après avoir été dévidées et ourdies chez le fabricant, sont apportées chez le passementier qui, dans quelques cas, emploie ces soies grèges dans la fabrication de certains rubans qui se tissent sans aucune préparation et sont ensuite teints en pièces.
- Fig. i. — i. Teinture des soies : les flottes de soie placées suides bâtons au-dessus d’une barque de bois garnie de cuivre et remplie de - colorant sont manutentionnées jusqu’à la teinte désirée. — 2: Cannetage. La soie des bobines fixées sur un cadre vertical est enroulée automatiquement autour des can-nettes qui chargeront les nacelles. — . 3. Ourdissage des harnais; les fils venant du dévidage sont enroulés sur l’ourdissoir manœuvrant avec le pied;— 4. Ourdissage mécanique.
- Lorsque les soies sont livrées moulinées, opération qui se fait en France, mais non à Saint-Étienne, elles portent deux appellations différentes suivant la façon dont a eu lieu ce moulinage : la trame, dont chaque fil se compose de deux brins réunis par une simple torsion, et Yorgansin, dont chaque fil se compose également de deux brins, mais réunis par une double torsion, et qui servira pour la chaîne, c’est-à-dire pour les fils qui sont dans le sens de la longueur du ruban.
- Après leur passage à la Condition des soies, éta-
- La trame et l’organsin, au contraire, sont remis au teinturier qui les rendra bientôt complètement transformés. Il est peu de maisons, en effet, qui se chargent elles-mêmes de la teinture de leurs fils.
- La soie, matière animale azotée de la série protéique, ayant une puissante affinité pour les matières colorantes azotées dérivées du goudron de houille, la teinture en est facile. Il n’en est pas de même pour le coton, car il n’existe aucune affinité entre la cellulose des fibres végétales et la matière colorante. Il est donc indispensable, dans ce cas, de faire
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- intervenir des mordants organiques ou végétaux.
- Cette teinture e&Lprécédée du décreusage, opération qui a pour but d’enlever les matières étrangères, et notamment le grès sécrété par la chenille en même temps que la fibroïne, et qui consiste en
- l’infini, suivant la teinte demandée et suivant l’établissement, chaque maison possédant des formules plus ou moins secrètes.
- Mais, ce qui varie peu, c’est la façon d’opérer. Les flolles, ou écheveaux de soie ou de coton, sont
- Fig. 2. — i. U11 métier à la zurichoise, permettant de fabriquer à la fois jusqu’à 3o pièces de ruban façonné. — 2. Un métier Jacquard, avec lequel on peut utiliser jusqu’à 12 navettes (le modèle en a 7) pour obtenir des soies brochées. — 3. Fabrication de velours à l’épingle sur métier muni de lisses
- métalliques. Au Ier plan la pièce de velours, entre les deux rangées de fil de chaîne va passer la navette supportant l’épingle terminée à son extrémité par une sorte de rasoir qui tranchera le poil donnant le velours. Au-, dessus les lisses métalliques. — 4. Cylindrage et brillantage . les rubans imprégnés d’une solution gommée passent sur des cylindres de fonte chauffés au gaz et s’enroulent automatiquement.
- lavages dans l’eau savonneuse en ébullition. La soie est ensuite assouplie.
- Entrons chez le teinturier. Voici, dans une vaste salle, une foule de caisses rectangulaires de bois, appelées barques, de dimensions variables, complètement garnies, intérieurement et sur les bords, d’un revêtement de cuivre, et dans lesquelles sont les liquides destinés à donner à la soie la teinte désirée par le fabricant, qui remet pour cela un échantillon au teinturier. Presque tous ces colorants sont à base d’aniline, mais leur composition varie à
- disposées sur des bâtons d’une largeur supérieure de 40 centimètres environ à la largeur de la barque, et à raison d’une ou deux flottes sur chaque bâton. Les extrémités de ceux-ci reposant sur les bords de la barque, les. flottes plongent, à leur partie inférieure, dans le liquide colorant (flg. 1, n° d).
- Lorsque tous les bâtons d’une barque sont garnis de flottes, et que la partie inférieure de celles-ci s’est bien imprégnée du colorant, deux ouvriers, à raison de un de chaque côté de la barque, repoussent tous ces bâtons à une extrémité, soulèvent chacun
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- une flotte, en la saisissant à la partie qui repose sur le bâton, et la rejettent sur le côté, de façon que la partie qui était dans le bain vienne sur le bâton, et réciproquement. Lorsque ce travail a été fait pour toutes les flottes, les bâtons sont repoussés à l’autre extrémité de la barque, et les premières flottes sont reprises et déplacées à nouveau.
- Cette opération s’appelle User. Elle se répète 5, 4 et même 5 fois, jusqu’à ce que la teinte des flottes soit conforme à celle de l’échantillon envoyé par le passementier. Elle est suivie, après un avivage à l’eau acidulée, d’un lavage à l’eau pure et d’un séchage qui précède le dévidage, lequel a pour but d’enrouler la soie des flottes sur des bobines qui sont ensuite remises au fabricant.
- Les bobines de trame provenant du dévidage sont remises au cannetage, où la cannetière, les fixant sur un grand cadre vertical, dégage l’extrémité du fil et le fixe sur la canette où il s’enroule automatiquement et à grand bruit. Une seule ouvrière peut ainsi surveiller le garnissage d’une dizaine de canettes, remplaçant celles qui sont terminées par des vides, et rattachant immédiatement les fils cassés, afin qu’il n’y ait point d’interruption dans le travail. Les canettes, ensuite, serviront à charger les navettes qui, sur le métier, donneront les fils de la trame (fig. 1, n° 2).
- Les bobines d’organsin passent du dévidage à Y ourdissage où sont réunis les fils de la chaîne, en nombre de fils et en longueur variant suivant le travail auquel ils sont destinés, indications données par le passementier à l’ouvrière chargée de l’ourdissage. Lorsque le travail est fait à l’aide de l’ourdissoir à la main, les bobines sont mises sur une bobinière et les fils, réunis en nombre voulu, sont enroulés sur l’ourdissoir, sorte de haut tambour, composé au centre d’un axe vertical autour duquel tourne tout le système, et, à la périphérie, de huit montants verticaux parallèles à l’axe, auxquels ils sont réunis par les entretoises. L’ouvrière manœuvre cet ourdissoir avec le pied, et, sur ses deux index, guide le fil qu’elle a pour mission de constituer (fig. 1, n° 3).
- L’ourdissage à la main est avantageusement remplacé, aujourd’hui, par l’ourdissage à la machine. Dans ce cas, le tambour, horizontal au lieu d’être vertical, est mû mécaniquement. Les bobines venant du dévidage sont disposées en éventail sur un cadre vertical appelé cantre, et les bouts des fils de chaque bobine sont réunis et groupés par la poule, puis relevés sur le tambour. Là encore, il faut une attention constante à l’ouvrière qui doit, sans cesse, nettoyer les fils, rattacher ceux qui viennent à casser, nouer les fils de deux bobines, et, en un mot, surveiller de près tout le travail.
- Dans l’ourdissoir mécanique, le tambour est muni, à son extrémité, d’une sorte de roue dentée en cuivre, fixée sur la circonférence extérieure du tambour et qui permet de mesurer automatiquement la longueur des fils de chaîne. L’ourdissage des fils se fait ainsi d’une façon plus régulière et plus
- rapide, et l’emploi de cet appareil constitue un progrès sensible dans l’industrie rubanière (fig. l,n°4).
- Les fils de chaîne relevés sur le tambour sont ensuite disposés en rouleaux, pour grandes largeurs et travaux délicats, ou, à l’aide du virolet, sur de petits cylindres ou billots pour former les ensuples, employés pour les travaux de moindre importance.
- Les rouleaux ou ensuples pour les fils de chaîne, les canettes pour la trame, constituent le chargement et sont ensuite remis au passementier. Celui-ci, alors, organise la mise en train qui est assurément, de toutes les opérations nécessaires à la fabrication du ruban, la plus importante et la plus délicate. Il s’agit, en effet, d’ajuster sur le métier tous les fils de chaîne dans un ordre déterminé, de les tendre, en fixant à leur extrémité des poids ni trop lourds, ni trop légers, de garnir les peignes, de tordre et rattacher les fils,' de placer les cartons piqués par le liseur et, enfin, de charger les navettes. Alors, tout est prêt, et le travail peut commencer, mais ce travail nécessite, de la part de l’ouvrier, une surveillance de tous les instants, car il lui faut, sans cesse, corriger, rectifier, renouer les fils cassés, etc.
- Autrefois, l’outillage du passementier consistait en métiers à basses lisses, pour les rubans unis, et en métiers à hautes lisses, pour les rubans façonnés. Avec ces métiers, complètement abandonnés depuis 1850, on ne pouvait faire qu’une pièce de ruban à la fois, et l’on y passait la navette à la main.
- Vers 1750, les premiers métiers à plusieurs pièces furent importés de Zurich, d’où leur nom de métiers à la Zurichoise. Incessamment améliorés depuis leur introduction à Saint-Etienne, ils permettent la fabrication de rubans façonnés au moyen de touches fixées sur des tambours, et qui représentent les dessins à exécuter. Ces touches mettent en mouvement les tringles de bois, portant les lisses qui servent à guider les fils de chaîne. Il est possible, avec ces métiers, employés surtout pour la passementerie et le velours, de fabriquer jusqu’à trente pièces de ruban à la fois (fig. 2, n° 1).
- Sous la Révolution fut installé à Saint-Etienne le premier métier à rubans velours, à rasoir automatique et à doubles pièces. Puis, vers 1818, après nombre de difficultés, la mécanique inventée par l’ouvrier lyonnais Jacquard fut adaptée au métier à rubans et transforma complètement la fabrication. Ce métier, avec lequel on peut utiliser jusqu’à 10 ou 12 navettes, permet, en effet, l’obtention de soies brochées qui sont de véritables œuvres d’art et pour lesquelles il est surtout employé (fig. 2, n° 2).
- D’autres inventions, telles que, notamment, celles du battant brocheur et de la navette oscillante constituèrent de nouveaux perfectionnements. Elles furent heureusement complétées par l’adoption de la lisse métallique, qui a pris une grande extension depuis deux ou trois années. Cette lisse métallique, qui, comme la lisse de chanvre, a pour fonction de guider les fils de chaîne, permet en effet, en raison
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- de sa linesse et de sa résistance, une production supérieure, cause moins d’accidents et donne une tension plus régulière permettant de charger davantage chaque métier, c’est-à-dire d’y installer un plus grand nombre de fils.
- Les dormeurs de poil, employés pour le velours, et qui permettent la descente automatique des plombs, constituent également une innovation heureuse.
- Depuis 1891, la distribution à domicile de la force motrice électrique favorisa l’établissement de nombreux ateliers familiaux, qui sont comme de petites usines en miniature où le mari, la femme et souvent les grands enfants, travaillent en commun au tissage. Sur près de 50000 métiers existant à Saint-Étienne ou aux environs, quelques milliers seulement sont assemblés dans des usines. Les autres, à raison d’un, deux, trois, et même plus par maison, sont disséminés dans ces nombreux ateliers familiaux, et c’est là, certes, au double point de vue moral et physique, une des plus heureuses applications du transport à distance de la force motrice.
- Et les métiers mènent grand bruit, continuant sans arrêt leur tâche délicate. Ici se font des rubans unis, dont la longueur s’accroît d’heure en heure d’une quantité mathématique. Là, sur un métier Jacquard, les soies brochées les plus séduisantes
- Fig. 3.
- Passage du rasoir immobile-séparant la pièce unique en deuxpièces de veloursjuj fur et a mesure de la fabrication duvelours double pièce.
- Fig. 4. — Fabrication du velours double pièce.
- sont créées sous nos yeux ravis. Plus loin, c’est le velours double pièce que sépare en deux un rasoir automatique (fig. 4). C’est, enfin, le velours à l’épingle, où cette épingle, sorte de longue tige d’acier terminée en rasoir, tranche des fils déterminés, appelés poils, et produit le velours (fig. 2, n° 5 etfig. 5).
- Les rubans venant du métier passent à Yémou-chetage, où des ouvrières, armées de ciseaux, tranchent les petits fils qui dépassent à la surface et surtout sur les bords. Si le ruban a été tissé à l’état de grège, il est alors envoyé chez le teinturier. Il y est enroulé sur des roues ou tambours constitués par un axe horizontal aux deux extrémités duquel des tiges de bois sont placées comme les rayons d’une roue et percées de trous à égale distance. Dans les trous les plus proches de l’axe sont passées des barres de cuivre mobiles, et le ruban est enroulé sur ces barres,
- jusqu’à ce qu’elles en soient garnies. D’autres tiges de cuivre étant placées dans les trous voisins, le ruban est enroulé sur ces nouvelles barres, et l’on continue ainsi jusqu’à l’extrémité des rayons. Ce tambour tourne automatiquement, au-dessus d’une barque remplie de colorant, jusqu’à ce que le ruban ait pris la teinte désirée. Il est ensuite procédé à un lavage à l’eau pure.
- Le ruban terminé passe au cylindrage et mbril-lantage, opérations qui ont pour but de lui donner avec uncertain apprêt, du brillant et du coup d’œil. Pour cela, il est imprégné d’abord d’un apprêt qui n’est autre qu’une solution légèrement gommée. De là, il s’enroule sur des cylindres de fonte, chauffés au gaz, et dont la température varie entre 60 et
- Coupe dèlepingle (petitrasoir) tranchant 'fepoif— De chaque côté, fils du poil formant velours après le passage de l'épingle .
- fils d'organsin constituant la chaîne (sens de la longueur).
- , , Poil. OU fil
- fils de trame ( travers ou sens de la largeur) donnant le velours
- - Schéma de la fabrication du velours à l'épingle.
- 90 degrés, puis est attaché sur des tambours qui l’entraînent (fig. 2, n° 4).
- Chez le cylindreur a lieu également le gaufrage, que l’on obtient en faisant passer la soie, sous pression, sur des cylindres de cuivre chauffés, portant en relief le dessin du gaufrage.
- Le ruban terminé est rapporté au siège social où
- ont lieu les dernières opérations : aunage, pliage, encartonnage et emballage. Pour l’aunage, le ruban est enroulé sur un guindre, sorte de tambour et l’ouvrière le mesure
- F Us de trame
- Fils de trame
- vertical en forme de cône sur un mètre de bois. La longueur donnée aux pièces est habituellement de 10 mètres pour la France, 9 mètres pour l’Amérique, 12 mètres pour l’Allemagne, 16 m., 16 m. 35, 16 m. 50 pour l’Angleterre.
- Le ruban auné s’en va au pliage qui est en réalité un enroulage. La pièce, étant déposée dans un panier d’osier ou balle, on en fait passer une extrémité, bien à plat, sur une tringle de verre placée à environ 1 m. 80 du sol, et l’ouvrière l’enroule ensuite au moyen d’une petite machine manœuvrée de la main droite pendant que, de la main gauche, elle appuie le ruban sur sa cuisse gauche afin de le tendre et de bien l’étaler pour éviter les plis.
- L’encartonnage ne suit pas de règles fixes et est fait, suivant les commandes, dans des boîtes de
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- LA TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
- carton qui, à leur tour, sont emballe'es dans des caisses de bois pour l’expédition au client.
- Telles sont, passées très rapidement en revue, les nombreuses opérations auxquelles donne lieu la fabrication du ruban, de ce ruban si recherché qu’il est employé annuellement, pour sa fabrication, à
- Saint-Étienne et aux environs, 1 200 000 kilos de soie, 800 000 kilos de coton et 60000 kilos de schappes,et que son commerce dépasse 100 millions de francs en moyenne et occupe une véritable armée de près de cent mille travailleurs des deux sexes.
- Georges Lanor ville.
- LA TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
- L’Administration des Téléphones a réuni récemment dans l’une des salles du Grand Palais, aux Champs-Elysées, les divers systèmes d’appareils de
- Fig. i. —. Figure schématique montrant les avantages de la téléphonie semi-automatique sur la téléphonie manuelle. — B B B, postes d'abonnés; A A A, bureaux automatiques reliant des groupes d'abonnés avec le Bureau central manuel auquel aboutissent tous les circuits. A droite, un circuit par abonné (téléphonie manuelle). A gauche, un circuit par groupe de 20 abonnés (téléphonie semi-automatique). Dans la téléphonie manuelle : 44 circuits pour 44 abonnés. Dans la téléphonie semi-automatique : 3 circuits principaux pour 60 abonnés.
- téléphonie automatique imaginés jusqu’ici et dont quelques-uns sont déjà en service à l’étranger. Cette exposition a été décidée à la suite des diverses propositions faites à l’administration française par les inventeurs en vue de mettre à l’étude leurs systèmes pour en réaliser ensuite l’application sur une vaste échelle. Le public a été amené ainsi à comprendre le fonctionnement de ces appareils et, sinon à;juger leurs valeurs respectives, du moijs il a pu établir une comparaison entre le mode actuel et l’automaticité.
- La téléphonie automatique apparaît comme devant supprimer radicalement les , petites misères dont se plaignent les abonnés. Jusqu’à un certain point ce but pourrait être atteint parce que les abonnés, ayant devant eux une machine, se conformeraient à ses avertissements sans en mettre en doute l’exactitude. Ce premier point acquis, la rapidité du service paraît devoir bénéficier également de la réforme; M. Ghirardi, ingénieur en chef de la New-York and New-Jersey Company, a reconnu qu’un système automatique peut établir une communication
- en 10 secondes, alors que les téléphonistes mettent en moyenne 16 secondes pour arriver au même résultat. En France, ce temps de 16 secondes est pour ainsi dire toujours largement dépassé, de sorte que si réellement un « automatique » était capable de servir les abonnés en 10 secondes, nous bénéficierions d’un progrès considérable. Ce progrès d’ailleurs est en voie de réalisation dans plusieurs villes européennes, et il paraît nécessaire d’en tenter l’introduction chez nous.
- Les appareils exposés récemment peuvent être classés en deux catégories distinctes : 1° ceux desti-
- Fig. 2. — Schéma montrant le principe des appareils de téléphonie automatique basés sur le système Strôwger. — RE, relais élévatoire'; RR, relais de rotation; ^ IC, commutateur inverseur-; SS, contacts du commutateur reliés au conjoncteur ;-A, arbre mobile verticalement et dans le sens horizontal; LL, lames de contact; DD, contacts des conjoncteurs reliés aux deux-lignes de chaque abonné; La, Lb, communications intérieures du poste automatique ; elles sont toujours prises par Vabonné appelant aussitôt que la communication est établie, c'est-à-dire lorsque les lames LL, étant sur les contacts DD, le commutateur inverseur IC s'est porté sur les butoirs SS; RB, relais de bloquage maintenant l'arbre vertical A dans la position de travail pendant toute la durée de la conversation. Dès que l'abonné remet son récepteur en place ce relais est barcouru far un courant; il attire son armature et débloque l'arbre qui prend la position de repos.
- nés à réaliser la téléphonie semi-automatique, conservant l’institution centrale telle qu’elle existe ac-| tuellement; 2° ceux appelés à résoudre complète-
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- ment le problème de l’automaticité à l’intérieur des villes. Pour ce qui concerne les communications inter-urbaines, en effet, on ne peut songer encore à en confier la commande à un mécanisme quelconque.
- La téléphonie semi-automatique est résolue diver-
- les communications entre ses locataires, chacun d’eux étant possesseur d’un appareil relié au petit multiple commun. Ce travail de téléphoniste sera avantageusement confié à une machine. Le système peut également recevoir une application plus éten-
- Fig. 3. — Appareils du système de téléphonie automatique Steidle. — i, disque de sélection. — 2, multiple du bureau central manuel donnant les communications aux abonnés du système semi-automalique : D D D, disques de sélection, A A, lampes avertisseuses, F F, fiches. — 3, vue générale d’un commutateur automatique de groupes : AA, cadres d’appel [chacun pour deux abonnés), B B, boîte en fer, C, cadres des condensateurs, R R, cadres des relais. — 4, poste d’abonné relié au commutateur automatique de groupes.
- sement par beaucoup de constructeurs. Elle consiste à mettre à la disposition d’un groupe d’abonnés un poste automatique relié au bureau central par un circuit unique. C’est le cas des immeubles abonnés au téléphone. Le concierge est chargé d’établir
- due. Plusieurs immeubles seront, par son intermédiaire, reliés par un seul circuit au bureau central, ces immeubles appartenant à une même localité ou à des localités voisines. On conçoit alors combien la téléphonie rendrait de services dans les campagnes
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- où elle ne pénètre que difficilement à cause du prix très élevé que représente la pose d’un circuit de plusieurs kilomètres.
- Un seul système de ce genre a été exposé au Grand Palais. C’est le Système Steidle, construit par la société Felten et Guillaume Lahmeyer de Mülheim, dont nous allons expliquer le fonctionnement1.
- Une installation comporte trois appareils différents placés : l’un à la station centrale (manipulation manuelle), un second constitue le commutateur de groupe (automatique) et le troisième est le poste de l’abonné (fig. o).
- Le n° 2 (figure 5) montre trois multiples de la station centrale placés l’un à côté de l’autre; ils sont équipés comme les multiples ordinaires avec
- Le commutateur automatique de groupes comporte divers relais, bobines et condensateurs. Tous ces appareils sont disposés sur des cadres ; sur le cadre des relais de gradation se trouve un commutateur circulaire obéissant aux commandes du poste central et établissant la relation entre le bureau et l’abonné appelé. Les constructeurs ne donnent aucun détail relatif au passage des courants dans les relais parce que le système n’est pas encore suffisamment couvert par les brevets (fig. o, n° 5).
- L'appareil d'abonné ressemble à ceux en usage dans les postes à batterie centrale ; la communication s’établit avec le commutateur de groupe en saisissant le récepteur ; une sonnerie complète l’installation. Lorsque en agissant sur le levier placé à la
- Fig. 4. — Multiple système Berliner (Vue avant). — i, relais. — 2, sélecteurs de groupes des 1000. — 3, sélecteurs de groupes des centaines. — 4, présélecteurs. — 5, commutateurs des sélecteurs des dizaines et des unités. — 6, tableau permettant de donner les communications à la main.
- leurs fiches, leurs jacks, leurs lampes avertisseuses, etc., mais comportent un organe supplémentaire (fig. 5, n° 1) appelé disque de sélection pourvu d’une manivelle à l’aide de laquelle la téléphoniste envoie, par le circuit unique qui relie son meuble à ce commutateur automatique de groupe, les courants qui actionneront ce dernier et atteindront l’un des abonnés secondaires. Si la téléphoniste doit appeler l’abonné 8, elle tournera la manivelle jusqu’au chiffre 8 ; huit courants seront envoyés qui établiront la communication demandée. Le disque sert également à interrompre les circuits si un abonné oublie de raccrocher son récepteur.
- 4. Il existe des systèmes français répondant au même but. Nous avons cherché à les connaître, mais nos constructeurs, sans doute trop modestes, gardent jalousement le secret des merveilles qu’ils établisent; pour les étudier il faut acheter un appareil !
- base de l’appareil, la sonnerie fonctionne, la ligne principale est libre. Si la ligne est occupée la sonnerie reste muette, mais en laissant le levier dans la position d’appel, la sonnerie retentit dès que la ligne devient libre. L’abonné n’a qu’à appeler le bureau central téléphonique qui lui donne la communication comme dans la téléphonie ordinaire (fig. 5, n° 4).
- Multiples automatiques. — Nous retiendrons seulement, des multiples automatiques, trois appareils parmi ceux qui étaient exposés : le système Berliner, qui est une modification du système américain Strowger, le système Betulander, en usage en Suède, et le système Lorimer qui a été mis en essais à Lyon l’année dernière.
- Les deux premiers présentent beaucoup d’analogie quant à la disposition générale, mais les appareils diffèrent et sont moins encombrants dans le système Betulander que dans celui adopté par la société Ber-
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- liner. Tous deux font usage de sélecteurs et de présélecteurs qui sont des organes essentiels, auxquels viennent s’adjoindre, chez Berliner des relais de commande. Lorsque l’automatique est destiné à relier i00 abonnés seulement, les sélecteurs seuls interviennent.
- Berliner. — Les cent circuits d’abonnés sont reliés chacun à un tableau de contacts devant lequel se déplacent trois lames établissant les communications. Ces tableaux sont divisés en trois séries de cent contacts chacun (10 rangées de 10). Le contact n° 1 de la première rangée (lre série) est relié à la ligne A de l’abonné 01 et le contact n° 1 de la pre-mière^rangée de la série au-dessus à la ligne B du même abonné. Enfin les contacts de la troisième série sont dits de surveillance; ils protègent les
- l’abonné 55, il soulève d’abord son récepteur, envoie les courants comme nous l’indiquerons plus loin, c’est-à-dire 5 courants par le fil A de son circuit et 5 par le fil B ; l’arbre du sélecteur s’élève d’abord à la hauteur de la troisième rangée des contacts placés en face de ses lames, puis tourne sur lui-même jusqu’à ce que ces lames aient atteint les 5CS plots dans les trois rangées de chaque série. Si la ligne est libre la conversation s’engage aussitôt, l’abonné appelé entendant fonctionner sa sonnerie.
- Si l’abonné est occupé avec un autre, tous les contacts surveillants 55 sont mis à la terre et l’appelant perçoit alors un bourdonnement qui lui est envoyé par un relais spécial afin de l’avertir.
- Le poste de l’abonné comporte quatre leviers mobiles qu’il suffit d’abaisser pour constituer le
- Fig. 5. — Multiple système Berliner ( Vue arrière) (Même légende que la figure 4).
- communications. Chaque contact de chaque série est relié électriquement avec chacun des contacts correspondants des autres séries ; ainsi tous les contacts 10 de chaque série sont reliés entre eux et avec l’abonné 10; la communication avec l’abonné 10 peut donc être établie par l’un quelconque des sélecteurs, c’est-à-dire par l’un quelconque des abonnés puisque chaque abonné a un sélecteur à sa disposition.
- Le sélecteur est constitué essentiellement par un arbre vertical pourvu de trois lames superposées et portant à sa partie supérieure une denture qui lui permet de s’élever sous l’action d’électroaimants et ensuite de tourner sur lui-même. Les lames choisissent sur les trois séries de contacts ceux qui leur sont désignés par la manipulation du poste de l’abonné appelant, et établissent avec eux la relation électrique demandée.
- Si, par exemple, l’abonné 51 désire causer avec
- numéro de l’appelant (dans le ôas où le nombre des abonnés ne dépasse pas 100, deux leviers suffisent). Par l’intermédiaire d’un disque denté actionné par une manivelle, on envoie automatiquement sur la ligne le nombre de contacts nécessaires pour faire fonctionner le sélecteur et mettre ses lames en communication avec les contacts de l’abonné appelé. La manœuvre est donc très simple; elle remplace avantageusement le disque à trous employé en Amérique et à l’aide duquel on envoie les courants en amenant les chiffres à une position limitée par un cran d’arrêt. Il est également plus expéditif.
- Lorsque le multiple est destiné à desservir un nombre d’abonnés supérieur à 100, on est obligé de faire intervenir un nouvel appareil appelé le présé-leçteur. Dans ce cas, les deux lignes de chaque abonné sont reliées à un présélecteur et celui-ci a pour mission de choisir un sélecteur libre. Étant donné que 10 conversations s’échangent, en moyenne,
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- simultanément entre 100 abonnés, il n’est pas nécessaire, en effet, de conserver un sélecteur à chaque abonné; on réduit ce nombre à 10 par cent abonnés afin de diminuer à la fois les frais et l’encombrement des installations. Un central automatique de 10000 abonnés comprendra donc 10 000 présélecteurs, 1000 premiers sélecteurs de groupes, 1000 seconds sélecteurs de groupes et 1000 sélecteurs de
- lignes. Les premiers sélecteurs de groupes recevant l’appel des présélecteurs le conduisent à un deuxième sélecteur de groupes qui lui-même le dirigera sur la ligne.
- Nous n’insisterons .pas davantage sur le fonctionnement de cet appareil qui nous entraînerait trop loin. Lucien Fournier.
- (A Suivre.)
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- Séance du 27 décembre 1910.— Présidence de M. E. Picard.
- La photolyse des composés organiques. — M. Jung-fïeisch dépose une Note de MM. Daniel Berthelot et H. Gau-dechon établissant que la décomposition des corps organiques par les rayons ultra-violets est un phénomène général. Les auteurs ont reconnu qu’à chacune des grandes classes des composés organiques correspond un gaz spécial, l’hydrogène pour les alcools, l’oxyde de carbone pour les aldéhydes, l’acide carbonique pour les acides. Ils ont constaté également que, tandis que les corps à structure binaire se condensent pour donner des carbures liquides ou solides, les composés à structure ramifiée perdent, sous l’influence de la lumière, leurs chaînons latéraux qui engendrent les plus simples des carbures gazeux, le gaz des marais et l’éthane.
- Irrégularités de la vitesse des navires. — M. Bertin expose qu’à l’occasion des études qu’il a entreprises relativement à la détermination de l’espace parcouru par un navire en pleine vitesse lorsqu’on veut l’arrêter dans le temps minimum, il a été amené à rechercher de nouvelles formules qui exprimeraient la loi du mouvement accéléré ou retardé du navire se produisant à tout changement brusque de marche de la machine, mouvement qui se prolonge jusqu’à ce que le régime nouveau de vitesse se soit établi. Les formules en usage considèrent le navire comme un point matériel sans inertie, se mouvant dans un milieu résistant. Or, en réalité, l’inertie est loin d’être négligeable dans des navires qui offrent les masses énormes des navires modernes, d’où des accélérations ou retardements de vitesse. Aussi, lorsqu’on détermine la vitesse d’un navire d’après le temps employé à parcourir une base marine déterminée, c’est-à-dire une ligne fictive comprise entre deux alignements bien repérés, on trouve un résultat faux. Et l’erreur n’est pas négligeable, car elle porte sur le chiffre des dixièmes de nœud, alors qu’on a la prétention d’évaluer les millièmes de nœud. En tenant compte de l’inertie et en faisant une hypothèse d’une exactitude évidemment approchée sur le rendement de l’hélice, M. Bertin a réussi à établir une formule qui donne l’espace parcouru pendant un temps quelconque compté à partir du changement de marche de la machine. Elle conduit à des corrections importantes dans les règles de manœuvre. La nécessité de modifier ces règles déjà anciennes, mais de plus en plus inexactes à mesure que la masse et la vitesse des navires augmente, n’a pas échappé aux bons manœuvriers. Des expériences récentes confirment les résultats des formules théoriques de M. Bertin.
- Action des diverses radiations sur la chlorophylle. — M. Mangin présente une Note de M. Dangeard sur le rôle de chacun des rayons de la lumière solaire dans la décoloration de la chlorophylle. L’auteur, après avoir rappelé que de nombreuses controverses se sont élevées sur cette question, indique une méthode qui ne laisse prise à au-
- cune incertitude. Il recouvre une plaque de verre d’une couche mince de collodion imprégné d’une solution alcoolique de chlorophylle et il soumet cette plaque verte à l’action d’un spectre.très pur. La décoloration qui se produit indique la place exacte des rayons actifs et leur intensité relative dans la production du phénomène. Ce sont principalement les rayons orangés qui décolorent la chlorophylle. La méthode est générale et s’applique à l’étude de tous les pigments et de toutes les substances sensibles à l’action de la lumière.
- Le chronophone Gaumont. — M. J. Carpentier fait mouvoir devant l’Académie un appareil, qui, sous le nom de chronophone, réunit un cinématographe et un phonographe parfaitement synchronisés. Cet appareil imaginé par M. Gaumont donne des effets saisissants de réalité. Tous les assistants entendent ainsi la lecture d’une note de M. d’Arsonval sur l’appareil et suivent sur un écran tous les mouvements des muscles du visage du savant physicien.
- La contamination des huîtres. — M. Ilenneguy résume une communication de MM. Fabre, Doumergue et Legendre donnant la description d’un procédé de recherche du colibacille considéré comme indice de la souillure des eaux et des huîtres. Ce procédé offre cet avantage et cette particularité que son application ne demande pas plus de 24 heures.
- L'or brun. — M. A. Gautier fait connaître un travail de M. Hanriot sur les propriétés physiques de l’or brun. Cet or s’obtient en attaquant par l’acide nitrique un alliage d’or et d’argent. L’argent disparaît et l’or reste dans un état particulier. Lorsqu’dn-le chauffe, il subit un énorme retrait qui peut atteindre 45 pour 100 de son volume. . . <
- . Structure des antennes chez ;lfs< abeilles et les fourmis. — M. Bouvier signale un fait 'mentionné dans un travail de M. Janet sur les abeilles: et-, les fourmis. Les antennes sont des organes sensoriels très fins et prolongés. Comment peuvent-ils recevoir le liquide nourricier? M. Janet a découvert sur le front des abeilles et des fourmis une sorte de cœur frontal d’où partent à droite et à gauche des vaisseaux qui pénètrent jusqu’au fond des antennes.
- La culture d’un champignon comestible. — M. G. Bonnier dépose une Note de M. Matruchot décrivant un procédé de culture pratique d’un excellent champignon comestible, le pleurote corne d’abondance. La culture se fait sur des tranches de bois d’orme. De plus M. Matruchot a obtenu, en culture Pasteur, le développement complet de cette espèce, depuis la spore jusqu’au chapeau porteur de spores.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. A. Sabatier, de Montpellier, correspondant'de la section d’anatomie et zoologie. Ch. de Yilledeuil.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1964.
- 14 JANVIER 1911
- L’UNIVERSITÉ DES SCIENCES TECHNIQUES A BUDAPEST
- Le professeur Aloyse Hauszmann, à qui l’on doit l’achèvement des remarquables bâtiments de l’Université « Joseph », a récemment publié les plans et
- débordé et, moins de vingt ans après, il faut entrevoir un nouveau déménagement.
- Le corps enseignant, pénétré de l’importance de
- Fig. i. — Vue générale de VÉcole polytechnique Royale hongroise Joseph prise de la rive gauche du Danube.
- détails de cette grandiose entreprise qui fait le plus grand honneur, taiit au gouvernement austro-hongrois qu’aux homrnes de mérite qui ont su en assurer l’exécution. *
- L’institution de Géodésie n’était, jusqu’en 1846, qu’une annexe de l’Université de Budapest : l’histoire de son développement est l’histoire même des progrès réalisés en Autriche-Hongrie, tant au point de vue économique que dans le domaine des sciences exactes; et, à cause de son essor rapide, c’est la quatrième fois depuis un demi-siècle qu’il la faut transporter dans des locaux plus vastes et mieux appropriés.
- En 1857, cette école fut élevée au rang d’École Polytechnique : elle comptait alors 15 professeurs et 256 élèvesi En 1872, transportée sur la rive gauche du Danube, l’école compte plus de 500 élèves. Il faut bientôt songer à l’agrandir encore et, en 1882, on l’installe près du Palais du Musée National, sans avoir- assez d’argent, cependant, pour pouvoir faire, tout de suite, aussi grand qu’il aurait fallu; on a bientôt 800 élèves, on est 39° année. — ier semestre.
- ses fonctions et conscient de sa responsabilité, en présence d’un nombre d’élèves (1600) double du nombre des places, malgré toutes les améliorations, adaptations..., ne se lasse pas de demander au Gouvernement la construction d’un nouvel édifice satisfaisant à toutes les exigences de la Science et de la pédagogie modernes. ' .
- Enfin on eut un bel et vaste emplacement; le
- Parlement votait un crédit d’aménagement de 10 000000 de couronnes et, à partir de .1902, on pouvait, s.e mettre à P oeuvre. Le terrain était assez vaste pour prévoir dans les constructions des dimensions très satisfaisantes ; il reste même une réserve de 32 000 mètres carrés pour le cas où un agrandissement quelconque deviendrait nécessaire; le sol est, en majeure partie, gagné sur le Danube, en bordure du ileuve, non loin du centre de la ville; enfin, l’installation dé’l’école dans ce quartier a contribué d’une manière fort avantageuse au développement de toute cette partie de la ville et, en un court espace de temps, Budapest s’est vue augmentée
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- CHRONIQUE
- d’un nouveau et beau quartier, rapidement desservi.
- Les divers bâtiments de l’école ne devaient pas être élevés tous à la fois, mais successivement et dans un ordre déterminé : tout devait être achevé en 1911 — et est terminé, avis à nos architectes! Ce fut d’abord le pavillon de chimie, puis celui d’électricité appliquée et de physique, bâtiment central, pavillon destiné aux élèves ingénieurs des Arts et Manufactures, bibliothèque, section des machines, mécanique appliquée et construction des machines agricoles, mécanique rationnelle, technologie, etc.... La hausse des matériaux et de la main-d’œuvre exigea, d’ailleurs, de larges augmentations de crédit.
- La façade principale, seule, présente un développement de 200 mètres le long du Danube; la hauteur moyenne des étages est de 6 mètres, et une grande cour intérieure, vitrée, est du plus heureux effet; 14 salles d’études renferment de 60 à 540 sièges et les salles de dessin peuvent recevoir environ 2000 élèves.
- Pour la bibliothèque, suivant un principe excellent, on s’est décidé à construire un pavillon distinct : car une bibliothèque, avec ses tablettes et ses salles de lecture, exige de vastes dimensions et une disposition spéciale, de sorte qu’il est bien difficile de l’installer, convenablement dans un bâtiment aménagé pour une autre, destination ; de plus, elle est ainsi moins exposée aux dangers d’incendie.
- La bibliothèque commu-
- nique par un couloir couvert avec le bâtiment central : enfin, sa construction est prévue de façon à pouvoir être agrandie et le nombre des places, actuellement pour 500 000 volumes, peut être porté à 500 000.
- Il nous est impossible d’entrer ici dans le détail des constructions, dans la description des divers laboratoires, salles de collections, et cabinets de travail, soit pour les professeurs, soit pour les élèves; mais assurément, quand on examine le détail de toutes ces constructions, on doit reconnaître que rien n’a été négligé pour se maintenir à la hauteur des progrès rapides de la Science : le bois de parquet est rarement utilisé, tandis que le ciment armé et toutes matières incombustibles sont largement employés; le luxe n’est pas oublié, et les marbres rouge et blanc de Hongrie sont du plus bel effet décoratif, mais la décoration est simple et sans recherche compliquée.
- Avec le regret de ne pouvoir citer tous les concours, toutes les bonnes volontés, qui ont collaboré à cette grande œuvre, bornons ici cette description rapide. A l’heure actuelle, tous les ouvriers peuvent être fiers du résultat : l’École Polytechnique hongroise est logée dans des bâtiments qui, sous le rapport des installations, peuvent supporter la comparaison avec les premières écoles similaires du monde entier. Nul doute que cette belle école ne tienne à honneur de remplir pleinement la mission scientifique pour laquelle elle fut créée. Jean Mascart.
- Fig. 3. — Institut de chimie.
- CHRONIQUE
- L’Éléphant d’eau.— Nous avons obtenu tout récemment des renseignements complémentaires sur le mystérieux animal qui habiterait les lacs de l’Afrique Centrale et que les indigènes.désignent sous ce nom caractéristique, à cause de ses habitudes aquatiques. Voici ce que nous avons pu apprendre de M. Le Petit, l’un des deux explorateurs que le Muséum d’IIistoire Naturelle de Paris vient d’envoyer en mission dans ces. régions encore peu connues, surtout au point de vue de leur faune, témoin l’histoire de l’Okapi.
- C’est à Tomba-Mayi,-sur la rive nord du lac Léopold II, que M. Le Petit a aperçu ces animaux. Ce lac est situé sur la rive gauche du Haut-Congo, dans la région de Loukéni (Congo belge). Les éléphants d’eau formaient une petite troupe de cinq individus, arrêtée à une dislance de 500 m. environ, de telle sorte que M. Le Petit a pu les observer, quelques instants avant qu’ils se jetassent dans lç lac. La trompe et les oreilles sont remarquablement courtes; le cou, par contre, est plus long que chez l’éléphant, et la taille ne dépasse pas 2 m. de haut; on ne leur voyait pas de défenses.
- ' L’empreinte du pied dans la boue est très différente de celle' de l’éléphant, et les indigènes la distinguent parfaitement. Ces animaux, à la vue des voyageurs, se jetèrent
- à l’eau, ne laissant dépasser que le sommet de la tète et la trompe, et nagèrent vers le large.
- Ces renseignements, provenant d’un observateur sérieux, sont assez précis pour ne laisser aucun doute sur l’existence de l’animal, quelles que soient d’ailleurs ses affinités zoologiques. E. Trouessart.
- Les armoiries de l’Union sud-africaine. — Le
- 4 novembre 1910, le duc de Connaught, oncle du roi George V, inaugura solennellement au Cap de Bonne-Espérance le premier Parlement de l’Union sud-africaine. C’est un grand événement, puisqu’il consacre la fusion en un seul organisme politique des quatre colonies du Cap, du Natal, de l’Orange et du Transvaal, et qu’il clôt l’ère de la lutte séculaire entre les colons d’origine néerlando-française d’une part et le gouvernement britannique de l’autre. A cette occasion, le roi George V a doté l’Union sud-africaine d’armoiries dont nous donnons plus loin la description.
- Ce n’est pas la première fois que l’usage médiéval des armoiries est transporté en Afrique australe. En 1804, le commissaire général de la République batave délégué au Cap de Bonne-Espérance, J.-A. de Mist, octroya à la ville
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- ACTIONS CHIMIQUES DU RAYONNEMENT ULTRA-VIOLET ....... 99
- du Cap un sceau; sur un fond d’or se détache une ancre, symbole d’espérance, chargée d’un écu écarlate supportant trois anneaux d’or, armes personnelles de Jehan van Riebeeck, le fondateur de la colonie. En exergue l’inscription : « Zegel von de Kaapstcid, sceau de la ville du Cap ».
- Les nouvelles armoiries de l’Union sud-africaine sont beaucoup plus compliquées, comme on va en juger. L’écu est écartelé. Sur le premier quartier, une femme debout s’appuie de la main droite sur un rocher et de lu gauche sur une ancre; elle figure l’Espérance. Sur le deuxième quartier deux quadrupèdes au galop. Sur le troisième quartier est représenté un oranger chargé de fruits, et sur le quatrième un chariot, le chariot dans lequel les Boers ont accompli depuis 1856 leur grande émigration du Cap jusqu’au fleuve Limpopo. L’écu est couronné d’un lion passant, et supporté par deux animaux de la faune sud-africaine : une antilope et une gazelle. Comme devise : « Ex unilate vires, l’union fait la force. » Henri Deiiéraix.
- Le pont de Walnut Lane. — Le pont en ciment armé de Walnut Lane, à Philadelphie, est en quelque sorte un pont français. Il est construit à l’image du pont de Luxembourg. C’est un pont à deux anneaux, sçlon les idées préconisées et appliquées pour la première fois par M. Séjourné.
- Ce pont comporte une rampe ascendante, dirigée vers
- l’Ouest de 1 1/2 pour 100 jusqu’au centre de l’arche principale et de 1 pour 100 jusqu’au pilier d’appui Est. Le milieu du tablier se trouve à 44,1 m. au-dessus du niveau moyen du fleuve Wissahiekon qui parcourt la gorge. La partie inférieure de la voûte se trouve à 32,9 m. au-dessus du fleuve et à environ 50,9 m. au-dessus de la route longeant la rive. La portée de l’arche principale : 69,9 m. entre les faces intérieures des piliers.
- Ce pont a été construit sous la direction de M. Georges S. Websters; il possède un tablier de 18 m. de largeur ; les deux mi-ponts ont chacun 5,4 m. de large et sont séparés par un intervalle de 4,8 m. de façon à laisser de côté et d’autre 1,2 m. de surplomb. Chaque mi-pont supporte deux murs verticaux de 0,76 m. d’épaisseur sur lesquels repose le tablier. Comme ces murs rentrent de 22,5 cm vers les bords des demi-ponts, la largeur surplombante du tablier, aux bords extérieurs du pont, est en réalité de 1,43 m.
- Les trois nefs longitudinales ainsi formées et que réunit le tablier commun, mesurent, entre les centres des murs, 6 m., 4,2 m. et 6 m. respectivement. Les murs longitudinaux, pleins au-dessus des arches latérales, sont percés de côté et d’autre du sommet de l’arche principale par quatre arcs de 6 m. chacun, de façon à laisser au centre une longueur libre de 18 m. Pour rehausser l’effet architectural, on a élargi les piliers d’appui aux extrémités de l’arche principale ; les puits doubles de ces piliers sont creux et mesurent chacun 1,8 m. x3 m.
- EFFET HERTZ ET ACTIONS CHIMIQUES
- du rayonnement ultra-violet.
- Les lecteurs de La Nature ont été entretenus au mois de mars dernier1 de cette curieuse application de la physique biologique qu’est la stérilisation des liquides par les rayons ultra-violets. Il semble qu’il soit intéressant de rappeler ici quelques-unes des autres propriétés de ces radiations, qui constituent un des champs de recherches les plus explorés mais aussi les plus difficiles de la science moderne.
- Nous renvoyons à l’article cité plus haut pour la description des dispositifs employés dans les différents cas où il est nécessaire d’isoler la source lumineuse elle-même du milieu ambiant. Nous nous contenterons d’indiquer une seule forme d’arc au mercure dans le vide, peu encombrante, facile à manipuler et dont le prix est très inférieur à celui des appareils similaires employés généralement. Cet appareil, dû à M. Pérot, professeur à l’École Polytechnique, a été présenté pour la première fois, au mois d’avril dernier, à l’exposition annuelle de la Société de Physique.
- La figure 2 montre la disposition générale de l’arc. Celui-ci se compose essentiellement d’un récipient de quartz, en forme d’h, où règne un vide de 5 à 4 millimètres de mercure. Les deux jambes a et b de 1 ’h sont remplies de mercure jusqu’en mi et ms : on mastique à leur extrémité inférieure deux fils de platine el et e2, formant électrodes, et destinés à amener le courant à l’intérieur de l’arc. Les jambes a et b plongent en deux éprouvettes A et B, remplies de mercure qui font communiquer les fils F, Fs de prise du courant extérieur avec les électrodes <?, et e2. La partie supérieure de Y h
- 1. Yoy. u" 1919, 5 murs 1910.
- est constituée par une ampoule E, en forme d’olive. Enfin, le récipient Y, dans lequel est soutenue la partie inférieure de l’appareil, par le couvercle CC, contient de l’eau pour éviter réchauffement.
- Dès que le courant est établi, l’arc jaillit entre les ménisques mi et ?n2. Or, on sait que les particules de mercure tendent à suivre le sens du courant, et à quitter
- Fig. i. — Schéma du dispositif de démonstration de l’effet Hertz.
- la colonne A, fonctionnant comme anode, et dont la température est assez élevée, pour aller se condenser sur la colonne cathode B, plus froide. C’est pour éviter cet appauvrissement mécanique de la jambelte a, qu’on l’a surmontée de l’ampoule E : cette ampoule, en effet, se remplit de vapeurs de mercure : mais celles-ci, en arrivant sur les parties supérieures plus froides de l’ampoule, se condensent, et retombent à l’état liquide en a. L’expérience montre que, sous 50 volts et 2 ou 3 ampères, on arrive à maintenir les ménisques m, et ???2 constamment au même niveau. La régularité de marche est alors parfaite, sans interruption ni faiblissement de la lumière.
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- Toutefois, les appareils en quartz sont très fragiles : le moindre choc les brise. Il est donc préférable, dans les cas où il n’est pas nécessaire d’isoler la source lumineuse du milieu ambiant, d’employer une lampe à arc ordinaire. Pour avoir une proportion convenable de rayons ultraviolets dans l’émission, il est bon de faire usage de charbons à âme de zinc ou d’aluminium.
- Les propriétés électriques des radiations ultra-violettes, connues sous le nom de phénomène photo-électrique ou effet Hertz, ont été découvertes par Hertz en 1887. Dès cette époque, des expérimentateurs habiles, Ilalhvachs, Bighi, Stoletow, Elster et Geitel, etc..., ont développé le sujet, et ont donné la plus grande partie des résultats principaux actuellement connus. Depuis lors, des recherches considérables ont été faites; le phénomène a été précisé, mais on n’est pas encore parvenu à en donner une explication satisfaisante.
- Fig. 2. — Coupe longitudinale d’un arc au mercure dans le quartz (dispositif de M. Pérot).
- L’etïet Hertz se présente de la façon suivante : si l’on fait tomber un faisceau de lumière ultra-violette sur une plaque de métal polie, bien isolée, et chargée négativement au préalable, on constate que la charge négative (fig. 1) se dissipe rapidement. L’expérience est facile à réaliser : on remplace la boule d’un électroscope à feuille d’or F, par la plaquette M du métal à étudier : on décompose par le prisme P, la lumière provenant de la source S, et l’on obtient sur M l’image de S par rapport à la lentille L (le prisme et la lentille sont en quartz afin que les radiations de courte longueur d’onde ne soient pas absorbées). Un écran solidaire de l’électroscope' E permet de ne faire tomber sur l’écran M qu’un groupe déterminé. de couleurs voisines. Si, dans ces conditions, l’électroscope a été chargé négativement, et qu’on fasse tomber, sur la plaque M, l’image rouge, bleue ou verte de la source S, les feuilles d’or ff demeurent écartées. Mais, si c’est l’image ültra-violette de la source S qui vient frapper le métal, on voit les feuilles ff retomber rapidement. Si
- l’électroscope avait été chargé positivement, aucune incidence lumineuse n’eùt fait retomber les feuilles d’or.
- Hertz avait été amené à la découverte de cette curieuse propriété en étudiant les phénomènes de résonance. Il avait remarqué que l’éclatement d’une étincelle dans le voisinage d’un interrupteur à boules, fonctionnant comme induit, facilitait la décharge de cet interrupteur. Il serait très intéressant de montrer comment le savant allemand, de déductions en déductions, d’expériences en expériences, est arrivé à éliminer successivement toutes les possibilités électriques, magnétiques, mécaniques ou autres, pour déterminer finalement l’influence du rayonnement ultra-violet. Malheureusement, le compte rendu en serait très long, et nous sommes obligés de le passer sous silence, pour en revenir aux faits.
- On pourrait croire que le phénomène photo-électrique se reproduit constamment de la même façon en faisant usage de la même plaque métallique. Il n’en est rien. Au bout d’un certain temps, la perte de la charge négative, sous incidence de la lumière ne se produit plus : on dit alors que le métal est fatigué. Pour lui rendre sa propriété il faut le polir à nouveau avec du papier d’émeri. Cet effet de fatigue photo-électrique est très mystérieux : les explications les plus diverses et les plus subtiles ont été proposées pour en rendre compte, mais aucune n’est satisfaisante.
- Nous indiquerons seulement, en terminant, que tous les métaux ne se comportent pas de la même façon vis-à-vis du rayonnement ultra-violet : les uns présentent l’effet Hertz très nettement comme le zinc et l’aluminium ; d’autres sont beaucoup moins sensibles, comme le cuivre et l’argent. Si l’on cherche à classifier les métaux suivant leur sensibilité photo-électrique, on retrouve à peu près la série de Volta : c’est-à-dire que les métaux les plus électro-positifs sont aussi les plus photo-électriques.
- Les actions chimiques des rayons ultra-violets n’avaient fait jusqu’à ces derniers temps l’objet que d’études secondaires : on avait cru constater, en passant, la formation d’ozone dans l’air, ou d’eau oxygénée dans l’eau. Mais ces résultats simples eux-mêmes, étaient controversés. Des expériences directes ont été entreprises cette année, qui paraissent fixer définitivement l’effet profond des radiations ultra-violettes. Sous l’irradiation de ces rayons MM. Berthelot et Gaudechon ont pu obtenir la transformation de cyanogène en paracyanogène et celle de l’oxygène en ozone : ils ont mis également en évidence la polymérisation de l’acétylène et de l’éthylène. Ils ont pu effectuer la décomposition de la molécule de gaz ammoniac en azote et hydrogène, l’hydrogène étant oxydé pour donner de l’eau. Enfin, l’acétylène peut être oxydé par l’oxygène pour donner de l’oxyde de carbone, de l’acide carbonique et de l’acide formique.
- Lès résultats généraux énoncés ci-dessus sont extrêmement importants; mais les phénomènes semblent s’entourer d’un mystère impénétrable, et chaque étude nouvelle, paraît souvent infirmer les points qu’on croyait acquis; il faudra peut-être attendre de longues années encore pour que le jour se fasse et que soient enfin ordonnés tous ces matériaux laborieusement entassés. Toutefois, les recherches entreprises dans cette voie marquent un acheminement régulier vers une hypothèse satisfaisante sur la constitution de la matière. C’est un des buts les plus audacieux de la science moderne.
- André Conté.
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- LA FABRICATION DOMESTIQUE DES CHAINES EN ANGLETERRE
- La grave crise industrielle qui sévit dans le Royaume-Uni, où les grèves et les lock-out ont mis en chômage un nombre d’ouvriers qui se comptent
- par centaines de mille, vient d’appeler l’attention publique sur la plus modeste, bien que l’une des plus anciennes, parmi les industries du fer: la fabrication des chaînes.
- Cette industrie s’exerce, depuis un temps immémorial, dans plusieurs petites villes et villages des environs de Birmingham, notamment à Cradley-Heath, où furent prises nos deux photographies. Elle y est devenue une industrie essentiellement domestique, et chaque maison, chaque chaumière, abrite une famille de chain-makers.
- C’est surtout l’élément féminin de la famille qui s’attelle à la dure et ingrate besogne, car le père et les garçons trouvent plus de profit à travailler dans les mines de Birmingham.
- L’outillage est peu compliqué. Une petite forge à soufflet, un étau qui repose sur une caisse de bois emplie de terre, et voilà l’atelier au complet. Un marteau et une pince, un sac de charbon de terre, quelques baguettes de fer, et la pauvre ouvrière peut se mettre à l’ouvrage, sans autre espoir que de fournir du pain à ses enfants.
- L’an dernier, à la suite d’une active campagne de presse, le Lourd of Trade (Ministère du Travail) s’occupa de la navrante situation des chain-makers.
- Il fixa à deux pence et demi (25 centimes) leur minimum de salaire par heure. La mesure devait entrer en vigueur au mois d’août dernier. Son application fut retardée par l’opposition de maisons secondaires, qui infusaient de payer plus de 15 centimes par heure, comme aussi par les exigences d’un certain nombre d’ouvriers, qui demandaient 3 pence et demi, soit 55 centimes. Et le lock-out fut proclamé.
- Une enquête récente a montré qu’une ouvrière devait forger 50 kg de chaîne de charrue pour gagner 7 shillings 6 pence, soit 9 fr. 35, quantité représentant six journées de 11 à 12 heures de travail. Encore doit-elle déduire de ce maigre salaire de 2 fr. 50 à 5 fr. pour l’achat de combustible, et 60 centimes pour la location de la lorge.
- Mais, si le dur métier fait vivre chichement ses adeptes, il semble assurer, d’autre part, des brevets de longévité. Parmi les 800 ouvrières de Cradley-Ileath, on en compte une vingtaine qui sont octogénaires, et qui font encore leurs centaines de mailles par jour. L’une d’elles, qui a 79 ans, et qui travaille depuis l’àge de 12 ans, a eu l'étrange curio-
- sité de mesurer, de semaine en semaine, la longueur des chaînes qu’elle livra aux entrepreneurs; la vaillante doyenne commençait son huitième kilomètre de chaînes, quand le lock-out lui fit des loisirs forcés. V. Forbin.
- Le maillage d’une chaîne.
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- TUNNELS NATURELS DU LAOS
- Sur les instances de M. Pavic, ministre plénipotentiaire dont nous fûmes, jadis, un des collaborateurs en Indo-Chine, les notes inédites qui suivent ont été extraites de nos carnets de tournées et complétées.
- Les curiosités souterraines sont fort nombreuses et variées, au Laos; nous nous bornerons à décrire les principales de celles qui existent dans la Province du Cammouque nous administrons depuis 1901.
- Cette province, dont la superficie égale 30 000 km carrés, possède de très nombreux et importants
- songions à en donner une liste complète. Mentionnons simplement leur existence, leur variété, en escomptant, au mieux, les surprises et 1 admiration qu’elles peuvent réserver à leurs explorateurs.
- Les pertes de rivières sont, dans cette province, au nombre de sept; situées sur cinq cours d’eau différents, affluents ou sous-affluents du Mé Kong. Ces pertes développent, en souterrain, une longueur totale de 19 km environ dont la moitié ont été parcourus, parfois, au grand effroi des indigènes qui redoutaient la vengeance des Phé Tbame et des
- Sortie du Nam Hin-Boun.
- massifs de calcaires anciens, à la base desquels se voient des dykes de lave.
- Là où les lignes, des thalwegs secondaires se sont trouvées barrées par des massifs de roches dures, les eaux sauvages les ont perforés pour se créer un passage afin d’aller rejoindre le grand thalweg inférieur du bassin, c’est-à-dire le lit du Mé Kong. Ces percées constituent les pertes de rivières dont nous nous occupons ici, phénomènes grandioses qu’on ignore trop1.
- D’autres attaques n’ont pu parvenir à perforer entièrement les massifs. Alors ont été creusées des grottes, des cavernes, de formes variant à l’infini, trop nombreuses et trop disséminées, pour que nous
- 1. Elles ont cependant été citées par M. Martel, dans son ouvrage, Les abîmes.
- Phé Nam1. Ce sont les plus grandes qui existent dans le monde entier, en tant que percées de part en part.
- Par ordre d’importance des cours d’eau, les pertes se classent ainsi :
- 1°, 2°, 5° Celles du Nam Kadinh (Kadigue), qu'on suppose être au nombre de trois, passant de l’altitude de 550 à celle de 200 m., sous le massif Pou Tiong (montagne ondulée), dans le Thame Keng Kadinh2. La longueur totale de ces trois pertes qui sont encore totalement inexplorées serait d’environ 7 km?
- 1. Esprits, génies des grottes (Thame) el des eaux (Nam).
- 2. Pou : montagnes; Tiong : ondulé; Thame : grotte, caverne ; Kong : rapide, cascade ; Kadinh, qui rend le bruit des clochettes d’éléphants.
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- 4° La perte de la Sé Rang Fai, passant sous le Pou Pa Koue Ki Thame (massif calcaire : qui est au-dessus de la grotte). Sa longueur est de plus de 4000 m. Entièrement explorée;
- 5° La perte du Nam llin-Boun sous le Pou Kong Lhô (montagne ou l’on a fondu un gong en cuivre). La longueur est d’environ 4 km, entièrement parcourus ;
- 6° La perte du Houei Khi Heup (petite rivière des stalactites), qui passe sous le Pou Thame Khi Iieup (montagne, grotte, stalactite), sur une longueur de 2000 m. Entièrement parcourue;
- ration. Les eaux étant à l’étiage, le mouillage moyen sur les hauts-fonds, dans le souterrain, varie entre 0m,80 et 1 m,50 ; mais comme le radier est loin d’être plan, l’eau y atteint dans des dépressions que les indigènes nomment : « Yang », une profondeur de 8 m. Sur certains points, se présentent des bancs de sable, ou des banquettes rocheuses latérales, restes d’une première érosion, qui permettent de cheminer à pied sec, mais non sans peine, en remorquant le radeau à la cordelle.
- Toutefois, des crues subites sont à craindre. C’est ainsi qu’ayant parcouru quelques centaines de mè-
- Sortie du Houei Khi Heup.
- 7° La perte du Houei Thong (petite rivière du cuivre), passant sous le Pou Nam Pané (montagne aux mille cours d’eau); d’une longueur de 2 km. Inexplorée pour cause d’impraticabilité.
- La Sé Bang Faï (rivière de la fusée) est un des principaux affluents du Mé Kong, dans la province du Cammou, avec un cours de plus de 550 km. Elle fut remontée en août 1904, par le Lagrandière, vapeur de la flottille du Laos, sur une distance de 250 km, jusqu’à l’ouverture de sortie de la perte. Pour l’exploration, on dut confectionner d’une façon toute spéciale un petit radeau de bambous ; préférable à une pirogue, même de dimensions réduites, en prévision des portages éventuels.
- Le mois de mars est le plus favorable pour l’explo-
- tres en plus d’une heure de temps, il arriva que, par suite d’un orage, le niveau de l’eau monta subitement de plus d'un mètre, et un violent courant s’établit qui refoula le radeau, en quelques minutes, jusqu’au point de départ! L’orage, cause de cette crue, s’étant prolongé pendant vingt-quatre heures, il fallut attendre trois jours avant que l’eau du souterrain eût repris son niveau d’étiage.
- La sortie de la rivière qui, pour l’explorateur, est l’entrée du souterrain, représente une énorme cassure triangulaire.
- Le cheminement dans cette rivière souterraine est accidenté à souhait. La voûte et le lit s’élargissent et se resserrent dans des proportions énormes, des rapides doivent être franchis ainsi que des « vangs »
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- au nombre de 29. Ce trajet, qui demande 21 heures de marche, conduit, à -4200 m. environ de la sortie, à l’entrée de la perte, ainsi qu’à une ouverture aérienne, cheminée, par laquelle sont sortis les explorateurs, grâce à une gymnastique assez risquée.
- On a lieu de s’étonner, étant données les dimensions intérieures du souterrain, delà petitesse relative des ouvertures qui permettent à l’eau de s’y introduire, et par lesquelles jadis ont eu accès les agents d’érosion qui l’ont creusé.
- Sur la paroi externe, des traces limoneuses montrent que le niveau de la Sé Bang Faï, en amont de la perte -s’élève, aux époques de crue, jusqu’à plus de 20 mètres au-dessus du plan d’eau actuel ; soit à 10 m. plus haut que le sommet de la grande ouverture, aérienne à l’étiage. , -
- En ce point, la rivière a une largeur de 80 m. Elle est encaissée entre deux parois presque verticales, prolongement du massif, qui s’étendent, en amont, sur 2000 m. à gauche à 200 m. à droite. Au delà, des collines à pentes douces bordent la Sé
- Bang Faï qui sort, à près de 80 km au S.-E. du Pou Mène.
- Le Nam Ilin-Boun coule entièrement dans la plaine alluviale du Mé Kong. Son entrée dans le souterrain s’efïectue par N.-S., et la sortie par E.-O. ; c’est dire que le chenal présente un coude assez prononcé !
- Ici, rien d’imprévu! On se trouve en présence d’une voie liquide souterraine, utilisée assez fréquemment, dans la saison des basses eaux, par les habitants des villages voisins. A l’époque des pluies, le souterrain est impraticable, à cause de la masse des eaux qui s’y engouffrent, et bouillonnent en produisant un bruit terrifiant. L’entrée étant à la cote 260 à 280 m., et la sortie à celle de 250 m., le radier du souterrain présente donc une dénivellation de 50 à 50 m. répartie sur une longueur de 4000 m. en plusieurs gradins, séparés par des paliers. Celte disposition donne naissance à plusieurs rapides qui obligent à des portages de l’embarcation qu’on emploie, même à la descente. Le parcours se fait en pirogue, mais à la condition que l’embarcation soit petite, légère, et garnie de faisceaux de bambous sur chaque bord. A la descente, la traversée du souterrain demande de deux heures et demie à deux heures trois quarts, tandis qu’à la montée on compte une bonne journée.
- L’intérieur du souterrain présente des parties rectilignes, des coudes, des évasements, etc., avec des hauteurs variables du plafond, et toutes les bizarreries de formes, de structure que l’on peut imaginer. Sur la plus grande partie du parcours, aux basses eaux, des banquettes latérales ou des bancs de sable, de galets, permettent de cheminer à pied. Toutefois, les aspérités des rochers offrent de telles difficultés pour la marche que l’on préfère employer la voie liquide, même à la montée, en. n’empruntant banquettes et bancs de sable qu’aux endroits où des rapides nécessitent des portages de l’embarcation. ; .
- Le Houei Thame Ivhi Heup (rivière de la grotte aux stalactites et stalagmites), appelé couramment Houeï Khi Heup ou simplement Houeï Thame, est un modeste affluent de gauche du tham Ilin-Boun, d’une longueur de 20 à 25 km, qui traverse en souterrain, sur une longueur de plus de 2 km, un massif de calcaire, un peu avant son confluent. Le Thame Khi Heup fut parcouru par nous, en 1902, c’est-à-dire le premier en date.
- Sortie de la Sé Bang Faï.
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- Entrée de la perte de la Sé Bang Fat.
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- LA FILARIOSE CHEZ L’HOMME
- La direction du souterrain, de l’entrée à la sortie de la rivière, est sensiblement E.-O.
- Tout croquis, dessin ou plan ne peut donner qu’une idée imparfaite du caractère grandiose du souterrain dans lequel on marche de surprise en surprise. La lumière se reflète, se multiplie aux mille facettes des cristaux de stalactites et de stalagmites aux formes les plus imprévues ! À la saison des basses eaux, le mouillage du Houei Khi Heup, dans le souterrain, varie de 40 cm à plus de 2 m., suivant les endroits, en raison des ondulations que présente le radier; ce qui oblige à faire certaines parties du parcours à la nage. Au moment des hautes eaux, il y a de 5 à 4 m. d’eau au-dessus de l’étiage, et l’on peut naviguer en pirogue sans
- aucune difficulté, la pente étant alors presque nulle, à ce moment.
- L’entrée des souterrains, à l’est dans le sens du courant de la rivière, a une hauteur de 20 m. sur une largeur de 30 m. Un éboulement du massif a
- obstrué une partie de cette entrée, de sorte que le cours d’eau qui, précédemment, se divisait en deux
- branches, à l’intérieur du souterrain, s’engage maintenant dans la seule branche de gauche, restée libre, en bondissant et grondant formidablement.
- À l’époque des crues, le Houei Khi Heup refoule une partie de ses eaux dans la branche de droite, au travers des blocs éboulés, mais l’eau ne dépasse pas un certain point extrême. Encore les eaux n’atteignent-elles ce point que lors des crues exceptionnelles, car en travers du corridor se dresse un énorme pilier, perforé d’un couloir coudé, de moins de 2 m. de large, dont le radier est élevé de plusieurs mètres au-dessus des crues modernes. Ce couloir sert de passage aux piétons, et, comme ce fut notre cas, aux chevaux !
- A hauteur du pilier, la paroi nord du souterrain présente une cheminée oblique, qui débouche à l’air libre, au sommet du massif.
- Bien moins majestueuse est la sortie de l’eau sous une voûte en forme d’arc surbaissé, de 8 m. de flèche. Ce souterrain, remarquable par sa structure et les beautés qu’il renferme peut être parcouru, sans danger, en moins d’une heure, aux basses eaux, et en quelques minutes à la saison pluvieuse, en pirogue, avec faculté d’explorer à loisir les cavernes latérales et même d’y séjourner plusieurs jours, au besoin.
- Nous mentionnerons la perte du Houei-Tong pour mémoire, attendu qu’elle^ est inexplorable, sauf pour les poissons à bouche en forme de ventouse, qui remontent les torrents et les rapides les plus accidentés.
- •?,- Le Houei Tong est un sous-affluent de gauche du Nam Kaflinh, d’une longueur d’environ 20 km, qui coulé à une altitude de 500 m. et dont la profondeur, en saison sèche peut être, à sa sortie de la perte, sous le Pon Nam Pane, de quelques décimètres seulement. PaülMacey.
- Administrateur des Colonies. Membre de la mission Pavie.
- LA FILARIOSE CHEZ L’HOMME
- Au cours de Tannée 1910, à plusieurs reprises, il a étç question de la filariose à propos des troupes noires envoyées en Algérie. Il semble intéressant de dire ici quelques mots au sujet de cette affection.
- La filariose est caractérisée par la présence chez Thomme de vers nématodes que Ton retrouve à l’examen microscopique dans le sang, à l’état de vers embryonnaires. Les adultes sexués, et seuls capables de reproduire des embryons, vivent dans les séreuses telles que le péritoine ou dans le tissu cellulaire sous-cutané.
- La présence de ces nématodes n’occasionne le plus souvent chez Thomme aucun trouble, sauf quelques accès fébriles; dans certains cas, cependant, elle provoque l’éléphantiasis, l’adénolymphocèle ou la chylurie.
- Gomme Ta démontré Manson, ce sont les moustiques
- qui transmettent la filariose, et ainsi s’explique la relation étroite qui existe entre la fréquence de la' maladie et certaines conditions climatériques telles que la chaleur et l’humidité de l’atmosphère< En Afrique occidentale, par exemple, la filariose est très répandue dans la zone intertropicale, mais on doit cependant signaler qu’il existe une grande différence entre les colonies à climat sec, comme le Sénégal et le Haut-Sénégal-Niger, où la filariose est rare, et les colonies plus méridionales, comme la Guinée, la Côte d’ivoire, le Dahomey et le Congo où la saison sèche est très courte ou n’existe pas à proprement parler et où la filariose est très fréquente1.
- 1. Dans les terres continuellement chaudes et humides'qui sont baignées par le golfe du Mexique, la filariose a pu également prendre une grande extension.
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- LA TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
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- On retrouve la même différence entre les pays de l’Afrique septentrionale; l’Egypte est bien plus sérieusement contaminée que l’Algérie, quoique les deux pays aient été soumis aux mêmes causes d’infection et que l’Algérie ait même été de tout temps en communication bien plus directe que l’Égypte avec des régions infectées. Il y a lieu de penser que les inondations périodiques du Nil ne sont pas étrangères à cet état de choses, et cela est d’autant plus probable que c’est surtout la Basse-Egypte qui est contaminée. Dans l’archipel Polynésien, signalé par Thorpe, comme très infecté, la majorité des îles sont plates, marécageuses et dépourvues d’eaux torrentielles; l’île de Yavao, qui est montagneuse, est au contraire relativement indemne.
- On retrouve partout cette influence de l’humidité de l’atmosphère et de la stagnation des eaux sur le sol dans la question de l’intensité de la filariose; en sortant des zones intertropicales, nous ne trouverons, en effet, dans les régions sustropicales de sérieusement atteints que les pays à rizières comme la Chine et le Japon et encore la partie méridionale seule est-elle suffisamment chaude pour être frappée.
- Les fîlaires embryonnaires qui vivent dans le sang de l’homme appartiennent à plusieurs espèces. Pour ne pas compliquer inutilement la question, nous laisserons de côté deux espèces plus spéciales à l’Amériqué du Sud : Filaria démarquayi et Filaria oszardi, pour ne parler que des trois espèces mieux connues que l’on rencontre dans l’ancien continent.
- Parmi ces dernières, Filaria noclurna est la plus répandue ; comme son nom l’indique elle présente une périodicité et on ne l’observe dans le sang circulant que pendant la nuit. Sa distribution géographique est très étendue. En Asie, on la rencontre fréquemment dans l’Inde, au Japon et en Chine; elle a également été signalée en Indo-Chine. En Océanie, on l’observe dans presque tout l’Archipel polynésien et on l’a retrouvée dans le continent Australien jusqu’au 50e degré de latitude sud, à Brisbane. En Afrique, elle a été signalée en Algérie, par
- Cauvet, et il est probable qu’elle y existe depuis longtemps, car dès le ixe siècle les médecins arabes signalaient l’éléphantiasis sur la côte barbaresque et lui donnaient le nom de da-al-phil, pied d’éléphant. Elle est très commune en Égypte et on la retrouve avec une fréquence qui varie avec l’humidité de chaque pays, dans toute la zone interlropicale ; aussi bien sur la côte orientale que sur la côte occidentale. En Amérique, on la rencontre dans tout le golfe du Mexique et au sud jusqu’au Brésil.
- Filaria dhirna ressemble beaucoup à la précédente, mais elle présente une périodicité inverse, c’est-à-dire qu’elle se montre seulement pendant le jour dans le sang circulant. Son aire de distribution est bien plus réduite : on ne la trouve, en effet, qu’à la Côte occidentale d’Afrique au sud du Sénégal et en Algérie où elle a été signalée par Legraire chez un Touareg éléphantiasique.
- Filaria persistans dénommée aussi Filaria minor à cause de sa taille, se distingue facilement des précédentes parce qu’elle est nue et ne présente pas de gaine comme Filaria noclurna et Filaria diurna. On la trouve pendant le jour comme pendant la nuit dans le sang, sans aucune périodicité.
- On l’observe à la Côte Occidentale d’Afrique, au sud du Sénégal; elle a été retrouvée aux Antilles et dans les Guyanes et en Algérie où Sergent et Foley l’ont vue chez un indigène du Béni-Ounif.
- On peut affirmer que le‘s trois espèces de filarioses qui se rencontrent sur la Côte Occidentale d’Afrique, au sud du Sénégal, existent depuis longtemps déjà en Algérie. Elles semblent s’y être peu développées, surtout en comparaison de ce qui s’est passé en Égypte, grâce à des conditions hydrologiques différentes et n’y offrent vraisemblablement que peu de danger. Il est d’ailleurs facile de remédier à ce danger en surveillant le recrutement des troupes noires et, en particulier, les recrues originaires des colonies situées au sud du Sénégal et du Haut-Sénégal-Niger et les soldats rengagés qui y ont fait campagne. Docteur XXX.
- LA TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
- Nous terminerons notre étude des systèmes de téléphonie automatique (V. n° 1963), par l’examen des appareils Bétulander et Lorimer.
- Bétulander. — Nous retrouvons ici un dispositif analogue à celui du système Berliner, mais réalisé avec des appareils moins compliqués.
- Le poste d’abonné actuellement en service en Suède est constitué comme celui du système Steidle par une petite caisse rectangulaire pourvue d’un arbre vertical servant de support à l’appareil téléphonique.
- Sur la face antérieure se trouve un cadran numéroté de 0 à 9 ; une aiguille, montée sur un axe peut venir se placer, à la volonté de l’opérateur, sur l’un quelconque des chiffres. Lorsque cette opération a été effectuée on actionne à la main la magnéto intérieure à l’aide de la manivelle placée sur la droite. L’aiguille revient alors à sa position de départ en envoyant sur la ligne la série de courants déterminée par l’emplacement du chiffre. On procède de
- même pour tous les autres chiffres du numéro de l’abonné appelé et, en fin de compte, la communication est établie.
- Dans le cas où le système à batterie centrale serait adopté l’aiguille revient d’elle-même à sa position de repos dès qu’elle se trouve libre.
- Si le nombre des abonnés ne dépasse pas cent, le bureau central comporte cent sélecteurs dont les communications électriques sont les mêmes que celles du système précédent. Mais ces sélecteurs sont beaucoup plus simplement construits ; ils prennent place dans un tableau rectangulaire que l’on peut accrocher au mur. Tout le mécanisme du sélecteur : quatre électro-aimants et une crémaillère, est logé dans un cadre métallique que l’on met en place sur le tableau à l’aide de deux vis seulement. Comme précédemment les courants font monter la crémaillère; mais ce premier mouvement ascensionnel est transformé en mouvement horizontal par une rampe hélicoïdale dans laquelle est engagé un galet porté par la
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- LA TÉLÉPHONIE AUTOMATIQUE
- crémaillère. De telle sorte que l’e'quipage mobile surmontant la crémaillère et qui comporte un électroaimant et trois lames de contact, se déplace latéralement devant les trois séries de contacts disposés ainsi que dans le système Slrowger. La seconde série de courants soulève verticalement tout le système et lorsque ces lames arrivent en face de leurs contacts
- plus de cent abonnés, on utilise les présélecteurs «à raison de 1 par abonné, semblables aux sélecteurs, mais ne comportant aucun mouvement latéral, des sélecteurs de 1er rang à raison de 10 par cent abonnés (chiffre des 1000), des sélecteurs de 2e rang dans les mêmes proportions (chiffre des centaines) et enfin les sélecteurs ordinaires donnant les chiffres des dizaines
- Fig. i. — La téléphonie automatique par le système Bétulander.
- i. Tableau de dix sélecteurs donnant les chiffres des dizaines et des unités (un des sélecteurs a été enlevé pour montrer les contacts CCC effectuant la-liaison électrique entre le tableau et chaque sélecteur. — 2. Détail d’un sélecteur : Une crémaillère B avec cliquet, liée à la tige C, porte à sa partie supérieure un équipage mobile comprenant un électro-aimant et les lames de contact N N M se posant sur les trois groupes de contacts disposés en rangées que l'on voit en haut de la gravure n° i. Dès la première émission Vèlectro 3 dégage le mouvement général du sélecteur; Vèlectro inférieur fixe l'arrêt de la crémaillère pour l’empêcher de descendre lorsqu'elle est soulevée par l'êlectro 2. Sous l’action des courants traversant les électros, l’équipage, mobile tourne sur lui-même; s’élève pour placer ses contacts N N M en face de ceux correspondant aux lignes de l’abonné appelé et enfin ces contacts s’abaissent sur ces derniers. M esl le contact de protection.
- 3. Poste de l’abonné tel qu’il esl utilisé en Suède.
- respectifs, qu’elles n’ont pas touchés pendant eurs déplacements, elles s’abaissent sur eux et établissent la communication. Si la ligne demandée n’est pas libre le sélecteur fonctionne, mais les lames ne s’abaissent pas; elles attendent, pour exécuter ce dernier mouvement, que l’abonné demandé ait terminé sa conversation avec le précédent.
- Pour ce qui concerne les multiples comportant
- et des unités à cause de leurs deux mouvemenls successifs. Le projet de mise en exploitation en France comporte un appareil d’abonné différent de celui en usage en Suède; il ressemble à l’appareil Berliner à leviers mobiles.
- Lorimer. — Le système Lorimer diffère tout à fait des précédents. Notre photographie va nous permettre d’en expliquer succinctement les diffé-
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- LA TELEPHONIE AUTOMATIQUE — 109
- rentes parties; elle représente un central automatique pour cent abonnés.
- Un moteur électrique actionne par l’intermédiaire d’engrenages un arbre horizontal se prolongeant sous toute la longueur du meuble. Get arbre commande à son tour des arbres verticaux qui entraînent, aux moments voulus, les appareils cylindriques
- contact pendant que dure la transmission du numéro et le balai se remet en route pour guetter d’autres appels. Cet appareil surveille donc les demandes pour les distribuer à ses voisins.
- Le meuble comporte cinq divisions verticales avec chacun cinq appareils cylindriques. Le premier, en haut, s’appelle le connecteur primaire ; il reçoit le
- i. Vue générale d'un multiple. — 2. Détail du multiple: ID indicateur décimal. CO contrôleur d’ordre d’appels. CI contrôleur de l’indicateur décimal. S strater de division. M Moteur électrique. Y arbre vertical actionnant les appareils. Les cinq appareils disposés verticalement à droite des précédents constituent une division. — 3. Poste mobile d’abonné dont le mécanisme a été enlevé. — 4. Autre vue du mécanisme intérieur du poste de l’abonné.
- qui constituent le meuble. Le meuble porte, sur la gauche, un indicateur décimal qui sert à identifier l’abonné. C’est un commutateur à couronnes de contacts reliés aux abonnés. Les cent abonnés sont donc rapprochés sur ce disque. Des balais parcourent constamment les contacts exerçant ainsi une surveillance de tous les instants sur les abonnés. Dès que l’un d’eux appelle, le balai s’arrête sur son
- chiffre des unités : le chiffre des dizaines est reçu, à la suite de celui des unités, dans le connecteur secondaire placé au-dessous du premier dans la même division. Le troisième cylindre est le transmetteur de signaux; il envoie les impulsions nécessaires dans le poste de l’abonné pour mettre en action une aiguille chargée de déchiffrer le numéro demandé. Au-dessous se trouve Y inter connecteur
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- qui sert à indiquer le chiffre des mille et celui des centaines lorsque les numéros d’abonnés ont quatre chiffres. Ces deux chiffres indiquent le meuble dans lequel doit être pris l’abonné appelé ; lorsqu’il n’y a que cent abonnés il indique 00. Enfin le cinquième cylindre est un comm utateur rotatif ; il commande les relais et les appareils actionnant les embrayages, c’est-à-dire tous les organes qui doivent se mettre en mouvement dès qu’une communication est demandée ou arrêter leur communication.
- En résumé la communication entre deux abonnés appartenant à un groupe de 100 est établie par l’intermédiaire de l’indicateur décimal, et des connecteurs primaire et secondaire. Ajoutons cependant, pour montrer combien cet appareillage est compliqué, qu’interviennent encore un starter de division placé au bas et à gauche du meuble, et un contrôleur du répartiteur décimal placé entre le starter de division et l’indicateur décimal.
- Pour augmenter le nombre des abonnés il faut ajouter un meuble semblable à celui dont nous venons de parler par cent abonnés. On voit de suite quelle place importante demanderait l’installation d’un central automatique de ce genre pour 10 000 abonnés.
- L’appareil de l’abonné comporte un combinateur à levier semblable à ceux des précédents systèmes ; la combinaison étant faite on tourne une manivelle et on lance l’appel. Une aiguille se met dans la position d’appel en se déplaçant d’un plot sur une couronne circulaire. Au bout de quelques secondes elle fait un tour eomplet pour transmettre au bureau central le numéro de l’abonné appelé. L’appelant décroche son récepteur, appuie sur un bouton et fait fonctionner la sonnerie de son correspondant ; s’il entend les vibrations de cette sonnerie c’est 'que la ligne est libre ; dans le cas contraire il raccroche son récepteur et renouvelle son appel un peu plus tard.
- Cette rapide et très incomplète revue des appareils de téléphonie automatique est cependant suffisante pour donner une idée générale delà question. Ce que l’on doit redouter, avant tout, ce sont les organes compliqués dont le fonctionnement est toujours sous la menace de dérangements difficiles à trouver. L’automaticité n’est pratique qu’autant qu’elle se présente sous l’aspect d’un appareil très simple et dont tous les organes soient facilement accessibles et interchangeables. Elle ne peut exister qu’à cette condition. Lucien Fournier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 janvier 1911. — Présidence de MM. E. Picard et A. Gautier.
- Transmission de la présidence. — Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, M. le président sortant E. Picard se lève et donne lecture d’un état des changements intervenus dans la composition de l’Académie des sciences au cours de l’année écoulée, puis il renouvelle ses remerciements à ses collègues pour l’honneur qu’il lui ont fait en l’appelant au bureau de l’Académie. M. A. Gautier prend alors la présidence et, après avoir payé à son prédécesseur un tribut mérité de louanges, exprime à son tour sa reconnaissance pour l’honneur qui lui échoit. Il observe que l’on parle beaucoup aux séances de l’Académie, que ces conversations sont nécessaires parce qu’elles permettent un échange de renseignements des plus utiles, mais qu’elles empêchent d’entendre les communications. Les mêmes besoins de communications individuelles existent à la Société Royale et cependant on ne parle pas pendant les séances. Il est vrai que les membres de la Société royale ont pris l’habitude de se réunir une demi-heure avant la séance dans une pièce attenant à la salle des séances dont ils sortent au moment voulu, sur l’invitation d’un huissier. M. A. Gautier ne désespère pas d’organiser quelque chose de semblable à l’Académie des sciences.
- Mécanique appliquée. — M. Alfred Picard présente une Note de M. Leinekugel Le Cocq, ancien ingénieur hydrographe de la marine, sur le sujet suivant de mécanique appliquée ; il considère un système de deux solides indéformables suspendus, constitués par une série de triangles et possédant trois articulations dont une leur est commune. Il pose les équations d’équilibre de ce système sous l’action d’un poids et déduit les efforts développés dans les membrures. Ses formules lui permettent d’établir à quelle condition nécessaire et suffisante
- doivent satisfaire les courbes décrites par les membrures inférieures pour qu’il n’y ait jamais renversement d’effort dans les membrures supérieures. Des formules générales auxquelles arrive M. Leinekugel Le Cocq découlent toutes celles que comporte l’élude des ponts suspendus rigides. Les mêmes formules sont d’ailleurs applicables, sauf changement du signe des effets, aux ponts en arc dérivant des ponts suspendus.
- Carte géologique de la Suisse. — M. Pierre Termier présente une carte géologique des hautes Alpes calcaires entre la Lizerne et la Kander. Cette carte est à l’échelle de 1/50 000; elle a été dressée par M. Maurice Lugeon et a été récemment publiée par la Commission géologique suisse. Cette carte est un véritable chef-d’œuvre, aussi bien par la perfection géologique que par la beauté de la gravure et du coloriage. Jamais on n’a vu apparaître d’une façon aussi saisissante la structure des Alpes bernoises en paquet de nappes superposées, structure que nous savons maintenant être la structure normale de toute la chaîne alpine.
- Modification d’un trypanosome. — M. Laveran présente une Note de M. Roudsky sur la possibilité de rendre virulent, pour d’autres rongeurs que le rat, le trypanosome Lewisi. En se servant de cultures de trypanosome Lewisi dans le milieu connu sous le nom de milieu de Novy, il a obtenu après inoculation du rat un trypanosome plus virulent que le trypanosome ordinaire et qu’il appelle tryp. Lewisi renforcé. Ce trypanosome a été inoculé à la souris et la souris infectée a fourni à son tour un trypanosome actif sur la souris. L’auteur a pu opérer ainsi un grand nombre de passages de souris à souris. Le trypanosoma Lewisi renforcé a pu pareillement infecter le campagnol, le mulot, le lapin, le co-
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- baye, mais chez ces animaux le passage ne se fait pas. Le trypanosome Lewisi, qui n’est point pathogène chez le rat, est au contraire pathogène chez la souris.
- Fragilité des aciers. — M. Bertin résume les conclusions de longues expériences de M. Boudouard sur la fragilité des aciers. Il résulte de ces expériences que le
- fer et l’acier extra-doux, quoiqu’il se rapproche beaucoup du fer, ont des propriétés très différentes. Le fer supporte deux fois plus de vibrations que l’acier extra-doux. De même certaine trempe peut diminuer, dans une très forte proportion, le nombre de vibrations que peut supporter une verge.
- Séance du 9 janvier 1911.
- La résistance des chèvres et des moulons aux trypanosomiases. — M. Laveran résume un travail sur la résistance des chèvres et des moutons aux trypanosomiases et sur l’immunité que possèdent ces animaux après guérison de ces maladies. Les trypanosomiases, toujours mortelles chez un grand nombre d’espèces animales, provoquent souvent chez la chèvre et le mouton des infections n’offrant que peu de gravité et qui guérissent. Il annonce qu’il a en observation des animaux qui ont résisté à des infections successives par trois trypanosomes. Ces animaux jouissent d’une immunité qui persiste depuis deux ans et demi après leur guérison. Leur sérum conserve en mélange son activité pendant longtemps après la guérison. Par suite de leur résistance aux trypanosomes, le mouton et la chèvre sont des animaux précieux dans les régions où ces maladies sont enzootiques. La résistance varie avec les races.
- Nouvelle source de caoutchouc. — M. Guignard présente une Note de M. Jean Dybowski sur une nouvelle source de caoutchouc. L’auteur montre qu’on peut extraire industriellement d’une gomme abondante en Malaisie le caoutchouc de plus en plus recherché sur le marché. Cette gomme est susceptible d’être importée à bas prix; elle contient 10 à 20 pour 100 de caoutchouc.
- Présidence de M. Gautier.
- Alliages de lraluminium et du magnésium. — M. Le Châtelier analyse un travail de M. Broniewski sur les alliages d’aluminium et de magnésium. Combien existe-t-il de combinaisons entre ces deux métaux? La question a été déjà abordée plusieurs fois. M. Broniewski s’est appliqué à la résoudre en se guidant sur un nombre de caractères plus considérables que ceux qui ont été employés. Ces caractères sont au nombre de cinq : conductibilité électrique, force thermo-électrique, force électromotrice de dissolution dans les acides, variation de la conductibilité électrique avec la température, variation de la force thermo-électrique avec la température. Il a ainsi reconnu qu’il existait deux combinaisons,, dont une a déjà été signalée par M. Boudouard.
- Résistance des vignes et des pommes de terre au mildiou. — M. G. Bonnier dépose une Note de M. Jules Laurent, qui a étudié, par une méthode spéciale, la résistance des vignes et des pommes de terre au mildiou. La résistance à l’action du parasite croît avec la concentration du milieu interne de la plante attaquée. Cette concentration moléculaire est mesurée en déterminant le point de congélation des extraits d’organes. Ceux-ci présentent une grande inégalité de résistance au mildiou.
- Cli. DE VlLLEDEUll.
- CHALANDS EN BÉTON ARMÉ SUR LE CANAL DE PANAMA
- Depuis le mois de mai dernier, on emploie sur les travaux du canal de Panama des chalands exécutés entièrement en béton armé. On sait que des embarcations de ce genre ont déjà été construites et expérimentées avec le plus grand succès en Italie sur le Tibre. Les chalands employés au canal de Panama ont été créés en vue de porter les puissantes pompes qui doivent servir à refouler vers les champs de dépôt les millions de mètres cubes de déblais attaqués et désagrégés par les méthodes hydrauliques. Ces pompes devant être déplacées de temps à autre, un support flottant était la solution la plus économique; en outre, un chaland en béton armé est beaucoup moins coûteux qu’un chaland métallique, légèrement plus coûteux qu’un chaland en bois, mais son entretien est à peu près nul.
- LES NOUVEAUTÉS DI
- Notre collaborateur, M. Cambon, de retour de Hambourg, nous donne les renseignements suivants :
- La ferme d’élevage d’autruches, à Hambourg, dont nous avons donné la description dans notre n° 1900 du25oct. 1909, est en pleine prospérité. De nombreux rejetons, dont l’àge varie entre 6 et 21 mois, s’ébattent en plein air sur la neige. Quelques-uns ont atteint une taille surprenante, très supérieure à celle de leurs père et mère. M. Hagenbeck fait observer
- Le type adopté au canal de Panama est le bateau à fond plat, long de 19,50 m. et large de 7 m., employé couramment sur les canaux américains.
- L’armature métallique est formée de barres de 12 mm espacées de 0,22 m. longitudinalement, et de 0,30 m. transversalement, supportant une toile métallique à mailles de 12 mm. Le béton est employé dans les proportions de 1 de ciment pour 2 de sable et de gravier. Le poids mort d’un chaland est de 115 tonnes; son tirant d’eau est de 0,90 m.
- Deux chalands ont déjà été mis en service et se sont très bien comportés. Quelques fissures s’étaient produites au moment de la mise à l’eau, 12 jours après leur achèvement, causant de légères fuites ; mais ces fissures une fois rebouchées ne se sont plus reproduites. J. R.
- PARC D’HAGENBECK
- que c’est là un phénomène presque constant dans les produits de croisements bien assortis et élevés avec tous les' soins que leur nature réclame. Cette considération a conduit le célèbre marchand de fauves à une exploitation d’un autre ordre, mais non moins extraordinaire, le croisement industriel du zéhu asiatique avec les vaches européennes de grande taille. Il compte par cet accouplement, dont plusieurs produits figurent dans son parc, obtenir des animaux qui, comme le zébu, seront réfrac-
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- taires aux maladies épidémiques de la race bovine et en même temps atteindront une taille gigantesque, allant jusqu’à un poids de 1500 kg. La ferme des zébus, dont les mâles sont déjà à Stellingen, occupera une surface de 30 hectares qui seront ajoutés au parc. Pour ne pas laisser s’attiédir la curiosité des visiteurs qui fournissent en somme les fonds nécessaires à ces coûteuses expériences, Ilagenbeck organise en ce moment un grand aquarium dont les viviers à parois de verre sont surmontés de serres chaudes où s’épanouissent des plantes tropicales. De plus, ayant découvert sur les rives de l’Amazone un des derniers refuges de castors, il offrira au public dès
- cette liste 3 villes anglaises, 7 en Allemagne, 3 en Russie, 2 au Japon, Pékin, Bruxelles, Rome, Milan, Mexico et trois capitales de Républiques Sud-Américaines. Mais une œuvre bien autrement retentissante est en projet : une Société américaine composée de gros capitalistes et de plusieurs Compagnies de chemin de fer, négocient avec lui pour la création d’un parc de 10 000 hectares, au Nord du Texas, dans une région où abondent les eaux courantes, les montagnes, les vallées fertiles et les forêts vierges. Il ne s’agit rien moins que de parquer, dans cet espace, des représentants de tous les animaux qui vivent à la surface du globe. Déjà le devis qu’Hagen-
- Le produit du croisement du zébu asiatique et de la vache européenne.
- le printemps de 1911, un parc à castors, parsemé de rochers, d’eaux courantes, de grottes, de troncs de bois, où ces rongeurs se livreront — s’il leur plaît — aux travaux légendaires qu’on leur attribue. Tout auprès sera un parc deNurtias, ces rats géants de l’Argentine d’où on tire des fourrures bien connues.
- Les créations d’Hagenbeck font grand bruit dans le monde. Si, en France, on s’intéresse peu aux jardins zoologiques, puisque nous n’en possédons que deux, à Paris, et si insuffisamment pourvus, qu’il vaut mieux n’en pas parler, à l’étranger on est fort engoué de ces installations. 30 villes ont traité récemment avec lui pour l’organisation de parcs à animaux, sur le modèle de Stellingen. Je relève dans
- beck m’a montré s’élève à une somme qui oscille entre 125 et 200 millions de francs. Dans cette estimation sont compris une voie ferrée, des hôtels, des magasins, une ville à bâtir. Comme l’on s’en doute, les financiers yankees ne font pas là œuvre de philanthropes ou d’artistes, mais poursuivent la mise en valeur de plusieurs centaines de milliers d’hectares qu’ils possèdent en cette région déserte et qu’ils comptent peupler plus encore avec des hommes qu’avec des animaux. On doit espérer toutefois que se perpétueront là maintes races d’animaux tels que : l’éléphant, la girafe, le rhinocéros, l’hippopotame, le bulle, etc., que le génie destructeur de l’homme destine à disparaître dans un prochain avenir. V. Cambon.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahurk, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. —. N° 1965.
- 21 JANVIER 1911.
- LES PROGRÈS SCIENTIFIQUES ET INDUSTRIELS
- EN 1910
- Nous nous proposons de donner chaque année, dans La Nature, sous forme d’un numéro spécial, un sommaire et un tableau d’ensemble des progrès réalisés, au cours de l’année précédente, à la fois dans le domaine proprement scientifique et dans les applications des sciences. La plupart des sujets qui seront ainsi résumés ont été traités antérieurement par nous et nous aurons soin de renvoyer le lecteur à ces articles plus développés. Les lacunes qui pourraient exister seront rapidement comblées.
- Ce travail est l’œuvre collective de nos collaborateurs. Nous avons demandé, à chacun d’eux, un « rapport » sur les faits saillants de l’année dans la partie des sciences où il est compétent. Par l’abondance, la netteté, la valeur de l’information, tous ces rapports ont justifié, dépassé même nos espérances. Nous sommes heureux d’en témoigner notre gratitude à tous ceux qui nous ont ainsi apporté leur précieux concours : MM. Trouessart, professeur au Muséum d’Histoire naturelle de Paris; JeanMascart, astronome à l'Observatoire de Paris ; le capitaine de frégate Sàuvaire Jourdan, R. Bonnin, A. Hébert, J. Loisel, A. Conté, Hughes Toney, A. Cartaz, Marcel Blot, A, Troller, A. Mathieu...............
- L’ASTRONOMIE
- Quels sont les faits saillants de l’astronomie durant l’année qui vient de s’écouler? Quels progrès notables furent réalisés?
- Les faits. — Parmi les faits saillants de 1910, il faut mettre au premier rang deux comètes, une occultation et une éclipse totale de Lune.
- La première comète est celle de Innés ; bel astre brillant, visible à l’œil nu. La caractéristique de cette comète est d’être très photogénique : elle vint très bien sur les plaques photographiques, avec une queue dont la régularité même suscita peu de remarques essentielles : cette comète, bien que très lumineuse,fut trop «classique».
- La seconde est celle de Halley, impatiemment attendue. Son éclat allait-il en diminuant, comme on pouvait le supposer? Ni oui, ni non, rien de plus déconcertant : capricieuse, presque invisible en Europe, cette comète fit, dans les régions équatoriales, une apparition grandiose, surpassant tout ce que l’on pouvait imaginer. Impossibilité de conclure pour les variations d’éclat.
- Et les radiations qu’elle nous envoie, que sont-elles? Tout l’opposé de la comète précédente : la comète de Halley, très belle à l’œil nu, est peu actinique, très pauvre en rayons bleus et violets.
- La queue, cependant, est moins régulière que pour la comète dé Innés : on y remarque des condensations, des nœuds, qui
- 39e année. — ior semestre.
- se déplacent en s’éloignant de la tête et, cela, avec une vitesse croissante ; c’est le même paradoxe que l’on avait déjà noté précédemment avec la comète Morehouse qui, à peine visible, était photogénique, elle, d’une manière extraordinaire. On est, décidément, en plein paradoxe.
- De plus, singularité encore plus exceptionnelle, la Terre devait traverser la queue. Yerrait-on des étoiles filantes? un ciel rouge?... Hélas, les observateurs ne sont même pas d’accord sur l’instant du passage; en bien des points, il fut impossible de séparer ce qui appartenait à la queue et à la lumière zodiacale ; en fait, aucun phénomène important.
- Il serait injuste de négliger le mérite des savants qui se sont efforcés de grouper tous les faits d’observation et d’en tirer quelques conclusions : nous sommes bien réellement passés à travers la queue ; mais, à ce moment, elle était composée de deux parties distinctes, dont l’une s’est attardée auprès de la terre comme un voile, tandis que l’autre passait, indifférente à notre action et insensible à nos moyens d’investigation.
- Est-ce à dire que, faute de conclusions formelles, cette apparition soit sans profit? Il s’en faut de beaucoup : alors que la comète se cachait pour les uns, d’autres prenaient d’importantes séries de photographies, j ournellement.
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- La comète de Halley (photo prise par M.
- . Mascart à Ténériffe).
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- La lunette de l’Observatoire Yerkes (E.-U.)! le télescope-tour de l’Observatoire du Mounl-Wilson {E.-U.); en dessous, cœlo-slat avec deuxième miroir du télescope Snow auMount Wilson; l’Observatoire de Trep-toiv, près Berlin.
- Nouvelles installations astronomiques.
- Nous devions déjà à Barnard une belle série de photographies de la comète Daniel : aujourd’hui, les plus belles, les plus longues séries sont relatives à la comète de Halley.
- Malgré des hypothèses aussi brillantes que captivantes, sait-on bien ce qu’est la queue d’une comète? Ayons le courage de le dire : Non. Mais il est un fait capital, d’une grande importance historique : on possède une série continue de documents photographiques, la plus complète à ce jour; plus tard, dans longtemps peut-être,... on aura tout loisir pour consulter ces éléments et pour conclure.
- Ici, apparaît le caractère essentiel de la science : la continuité de l’effort, l’accumulation de documents dont d’autres générations sauront tirer parti.
- Et ainsi, historiquement, l’importance de la comète de Halley va toujours en croissant : par de patientes recherches, par l’utilisation des plus vieux documents, des savants tels que Cowell et Cromme-lin purent donner une éphéméride précise. Là se révèle dans toute son utilité la liaison étroite des travaux passés avec les découvertes futures.
- Sans insister sur les comètes récentes, trop jeunes pour être fécondes, il faut dire un mot de l’occultation de 7] Gémeaux par la planète Vénus. L’occultation d’une étoile notable par une planète est un phénomène assez rare pour qu’on y prête attention : il permettra, d’une façon élégante, l’estimation des atmosphères planétaires.
- Cette occultation fut un peu négligée, à tort, par certains professionnels puissamment outillés : c’est pourquoi nous devons mentionner particulièrement les résultats des excellents observateurs de Juvisy.
- Et l’éclipse, totale de Lune?
- Hélas, la Lune fut éclipsée aussi par les nuages et par la pluie : c’est dommage, car de telles éclipses sont assez rares. Dans le programme d’observations
- pour une éclipse totale de Lune, on trouvera l’occasion d’élucider bien des points connexes à l’as-Ironomie et à la météorologie, bien des problèmes d’optique atmosphérique.
- Nous ne pouvions passer ces faits sous silence, mais ils n’ont pas l’importance et la répercussion des travaux cométaires : c’est pourquoi nous avons insisté sur la comète de Halley.
- Les conclusions générales à tirer pour l’évolution de l’astronomie paraissent nettement les suivantes :
- 1° Supériorité des travaux de longue haleine sur les improvisations rapides et brillantes; utilisation des anciens documents.
- 2° Séparation profonde entre les indications fournies par l’œil et la plaque photographique.
- 5° Tendance à considérer les documents visuels comme de second ordre et à se cantonner dans l’accumulation des documents photographiques.
- 4° Subsidiairement, avantages des stations de montagne pour la qualité des photographies.
- Les travaux. — Le développement de ces conclusions nous entraînerait fort loin ; mais l’exemple des travaux récents les plus importants mettra mieux encore en relief notre pensée.
- Le travail de longue haleine peut assurément, comme pour les comètes, exiger que l’on remonte aux sources les plus lointaines : il peut en être
- Photographies d’une tache solaire à quatre jours d'intervalle.
- (Travaux de M. Haie
- à l'Observatoire américain du Motcnï- Wilson.)
- autrement, mais la condition essentielle d’un tel travail est de constituer un tout.
- Dans cet ordre d’idées, on peut rappeler les travaux de Gaillot, les recherches de Leveau sur Yesta, le catalogue de nébuleuses de Bigourdan : tels sont les travaux, parmi ceux de nos compatriotes, auxquels l’avenir est assuré. À propos du dernier il faut dire que les Américains ont repris un catalogue photographique des nébuleuses, travail si méritant commencé par Isaac Roberts : nous avons vu d’admirables
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- L'ASTRONOMIE
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- clichés, et c’est une collection photographique qui marquera dans l’histoire.
- Les travaux de calcul proprement dit ont une grande importance également. L’année est particulièrement féconde : nous avons les tables logarithmiques de Andoyer, les tables nautiques du commandant Guyou qui apportent une solution élégante — définitive — au problème du point en mer ; enfin les tables de perturbations de Brendel rendent accessibles tous les calculs relatifs aux petites planètes, qui rebutaient par la longueur du travail et l’incertitude du résultat.
- De ce côté, il est malaisé de conclure à proprement parler. Mais le jeune savant qui saura se consacrer dès le début à l’étude numérique complète d’un astre, ou d’un système, s’il ne parvient pas à une notoriété rapide, acquerra une gloire certaine peut-être plus solide et plus durable.
- Il nous faut revenir à la séparation entre les déterminations visuelles et photographiques.
- D’une manière générale, on cherche à supprimer de plus en plus l’action de l’observateur pour utiliser des procédés mécaniques : synchronisation électrique, chronographes enregistreurs, etc... Est-ce un bien, est-ce actuellement un progrès : cela ne semble pas évident. A l’origine de telles installations, on souffre de mille « pannes » qui viennent sensiblement diminuer le rendement des instruments.
- Mais l’on peut prévoir, dans un avenir prochain, une augmentation certaine du rendement et celle-ci est du plus haut intérêt pour l’astronomie française. On sait le travail grandiose entrepris pour la Carte du ciel, mais on ignore souvent la lourde part que nous avons assumée : très nombreux est le personnel dont toute l’énergie est absorbée par les besognes multiples du Catalogue. Ce n’est pas le lieu de juger l’œuvre avec tous les problèmes qu’elle a suscités; mais on est en droit d’espérer que l’augmentation du rendement, grâce aux appareils mécaniques, nous soulagera dans cette grande et obscure besogne qui se poursuit régulièrement.
- La photographie a posé nombre d’énigmes à la solution desquelles on s’emploie avec activité : dans certains cas, il est indispensable de pouvoir repasser d’une mesure photographique à une mesure visuelle. Ici, pour l’instant, la solution reste mystérieuse. Existe-t-elle? je ne le crois pas : on est en présence de deux organes différents, chacun avec ses qualités et ses défauts ; il se pourrait qu’il fût toujours impossible de trouver la commune mesure permettant le passage d’une série d’observations de l’un des groupes à une série de l’autre.
- La photométrie et la speçtroscopie ont fourni d’importants résultats où l’astronomie française ,est bien représentée : pour les étoiles variables, on s’efforce d’étudier séparément des groupes de radiations, et les bases sont jetées pour obtenir un ,catalogue stellaire photométrique, complément des catalogues visuel et photographique. ,,
- D’ailleurs, après les recherches de Luizet sur les étoiles variables, André fait entreprendre à Lyon la détermination de leurs positions : c’est une œuvre de longue haleine qui permettra de comparer les vitesses radiales aux vitesses tangentielles et de voir si les variables présentent quelque singularité dans leur mouvement. Encore des matériaux accumulés pour les conclusions des générations ultérieures ! • Les Congrès. — Deux réunions notables ont marqué la vie astronomique pendant l’année 1910. Réunion d’un Congrès ( solaire aux États-Unis.
- On a pu admirer, à loisir,® les instruments américains et;"les beaux résultats qui en découlent. La République d’outre-mer est bien partagée : venue plus tard dans l’arène scientifique, elle a pu profiter de l’expérience acquise ; elle a construit tout de suite ce quelle voulait, n’ayant pas à utiliser de vieux bâtiments et de vieux instruments. Du premier coup, les Américains ont bien vu et bien fait; leurs résultats font l’admiration des professionnels et des dilettantes. Ils ont d’admirables instruments; ils travaillent avec méthode ; ils travaillent bien, très bien. L’Astronomische Gesellschaft tenait à Breslau sa réunion périodique, à peu près à la même époque que le Congrès américain. L’éloge n’est plus à faire de cette importante Société et de ses publications. Son Catalogue, ouvrage colossal, se poursuit d’une manière remarquable. Il y a lieu d’insister particulièrement sur l’œuvre essentielle du « Jahresbe-richt », publié sous les auspices de l’Astronomische Gesellschaft : inaugurée par Wislicenus, cette publi cation fut assurée par l’un de nos collègues des plus érudits, Berberich. Mais quelle œuvre surhumaine que de donner une analyse détaillée de tous les mémoires parus ! Qui peut assumer longtemps et seul le labeur de résumer tous les travaux depuis la mécanique céleste jusqu’à l’horlogerie?
- A la suite des décisions de Breslau, la perpétuité de cette précieuse publication est assurée sous le patronage officiel du Rechen-Institut, et Berberich recevra l’assistance et les collaborations nécessaires.
- Le rapport sur les comètes du savant astronome Kobold est une œuvre essentielle dont devront s’inspirer les jeunes savants désireux d’entreprendre un travail de longue haleine et fécond : déjà, l’identité reconnue de la comète Cerulli avec
- Eclipse totale de lune {16-17 novembre igio).
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- 116 LA PHYSIQUE
- la comète Faye en est un exemple remarquable.
- C’est encore à Breslau que Brendel développe la méthode et les résultats de ses Tables numériques pour les petites planètes : il devient possible, pour tout astéroïde convenablement observé, de déterminer une orbite assez exacte pour qu’un calcul peu pénible permette l’identification de l’astre durant un siècle. Au fur et à mesure qu’augmente le nombre de ces petits corps, ce travail de classement devient plus écrasant et absorbe l’activité d’un bureau entier de calculateurs : c’est un des cas où l’entente internationale devient indispensable, pour les observations comme pour les calculs, si l’on veut poursuivre l’étude de cet anneau essentiel dans notre système planétaire. D’importantes
- décisions ont été prises : attendons-en les fruits.
- Au cours de cet exposé général, mais beaucoup trop rapide, je n’ai guère eu l’occasion de citer de noms propres. Ce n’est pas par manque de déférence vis-à-vis de mes éminents collègues : loin de là. Mais, comment faire pour résumer une production trop touffue?
- Avons-nous une bibliographie rapide? Avons-nous un organe d’information comparable aux Astrono-mische Nachrichten? Non, assurément. Sans nier le bel exemple que nous avons donné pour la carte du Ciel, on peut dire que nous manquons d’esprit d’organisation et de collaboration. Nous avons les défauts de nos qualités : plus de brillant dans l’hypothèse que de persévérance dans la recherche.
- Jean Mascart.
- LA PHYSIQUE
- Nous n’insisterons pas sur les travaux considérables qui ont eu pour objet l’ionisation, l’électronique, le tube à vide, les rayons cathodiques: l’énoncé des résultats les plus importants, souvent contradictoires, en serait long et pénible, et ne saurait préciser, de façon satisfaisante, les points acquis. Nous choisirons seulement, dans l’ensemble, un certain nombre de sujets qui paraissent avoir intéressé plus particulièrement soit le public, soit les savants.
- Les basses températures, les gaz rares.
- — Dans un ordre d’idées très général, un champ nouveau d’expériences a été ouvert aux chercheurs, par les résultats pratiques si intéressants, obtenus par M. Claude.
- On sait que M. Claude est arrivé à produire industriellement de grandes quantités d’air liquide, et à séparer, par condensation, de l’air lui-même, les gaz rares de l’atmosphère. Aussi de nombreuses études ont-elles été entreprises, d’une part, pour prolonger l’histoire des phénomènes (phosphorescence, phénomène de Zeemann, magnétisation, etc...) jusqu’à la température de l’air liquide (4 degrés absolus) et, d’autre part, pour faire l’étude physique ou chimique du néons, de l’argon, du crypton, etc... dont on ne pouvait se procurer, jusqu’ici, que des'traces infinitésimales.
- Ce groupe de travaux présente un grand intérêt, par la nouveauté des sujets qu’il aborde.
- La radioactivité. — L’étude de la radioactivité s’est signalée, auprès du grand public, par l’isolement du métal radium. On sait que, jusqu’ici, le radium n’était connu qu’à l’état de composé chimiquement défini, chlorure ou sulfate, par exemple. Mn,e Curie et M. Debierne ont réussi à l’isoler, en utilisant la méthode décrite par Guntz, pour la préparation du baryum métallique.
- Le procédé consiste à préparer l’amalgame de radium, et à chasser le mercure par distillation. Le radium, à l’état de pureté, n’offre pas un intérêt capital, en radioactivité; car, à ce point de vue particulier, le chlorure de Radium présente un pourcentage tel de métal (75 p. 100) que les résultats donnés par le corps lui-même ou par son composé, sont du même ordre de grandeur, et peuvent se déduire les uns des autres. Mais c’est un titre, pour la science française, d’avoir réussi la première dans cette tentative d’isolement, qui présentait de sérieuses difficultés, étant donné le nombre de quintaux de minerai qu’il a fallu traiter pour mener à bien l’expérience.
- Les radiations ultra-violettes. — Les recherches ont été particulièrement nombreuses, cette année, sur les propriétés des radiations de faible longueur d’onde, autrement dit du rayonnement ultra-violet. Les lecteurs de La Nature ont été entretenus des travaux importants qui ont été entrepris pour mettre en évidence la stérilisation par ces rayons des différents liquides, et en particulier des eaux d’alimentation. Le procédé paraît, en lui-même, très intéressant : il semble qu’il soit appelé à rendre des services considérables, dans un avenir peut-être très prochain. Malheureusement, les appareils de production de la lumière ultra-violette ne sont pas encore industriels ; les lampes en quartz, en effet, sont très fragiles.
- Les propriétés de ces radiations de courte longueur d’onde ne se bornent pas aux phénomènes de stérilisation. L’effet Hertz (déperdition d’électricité négative par un métal chargé négativement, sous l’incidence de lumière ultra-violette) ou phénomène photoélectrique, a provoqué tout particulièrement, ces temps derniers, une foule de travaux de toute nature.
- Détermination des longitudes parla T.S.F. : Pendule électromagnétique de la Tour Eiffel.
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- LA PHYSIQUE
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- Les documents s’amassent : mais le mystère dont s’enveloppe le phénomène n’a pas encore été pénétré.
- Les appareils de mesure Ferrie.
- — Le commandant Ferrie a présenté cette année, à la Société de Physique, de nouveaux appareils de mesures, qui sont basés sur un principe très simple, mais très original. Ce principe est le suivant : un phénomène dépendant, par exemple, de deux paramètres, agit sur deux aiguilles qui se déplacent chacune sur une moitié d’un même cadran. À chaque valeur d’un des paramètres correspond, sur le cadran, une courbe, lieu des points de croisement des deux aiguilles pour les différentes valeurs de l’autre paramètre et réciproquement. On peut donc tracer, sur le cadran, deux familles de courbes, qui donneront, à un instant quelconque, les valeurs des éléments variables du phénomène considéré, une fois repéré le point de croisement des aiguilles. Des trois appareils présentés, l’un permettait de lire simultanément l’intensité, le voltage aux bornes et la résistance d’un circuit parcouru par un courant continu : sur le deuxième, on lisait la fréquence d’un courant alternatif. Le troisième était un fréquencemètre pour courants de haute fréquence. Partant du principe énoncé plus haut, on peut imaginer une foule d’instruments, destinés à rendre les plus grands services dans les laboratoires comme dans les usines.
- Le point en mer par la T. S. F. — Depuis longtemps, le commandant Ferrié, dont nous venons de citer le nom, et le lieutenant de vaisseau Tissot se sont fait connaître par leurs beaux travaux de télégraphie sans fil.
- Leur labeur a été couronné cette année par un résultat dont les conséquences pratiques pourront être considérables.
- On sait que la position d’un navire en pleine mer, à un instant donné, se déduit de la connaissance du méridien et de celle du parallèle sur lesquels il se trouve
- à cet instant. La latitude (parallèle) se détermine facilement par l’observation des astres. La longitude, c’est-à-dire l’angle du méridien dans lequel on se trouve avec un méridien origine, celui de Paris par exemple, est une donnée plus difficile à obtenir.
- Si les chronomètres ne variaient pas, on pourrait calculer cette longitude , en comparant l’heure du lieu donnée par le ciel (le soleil, à midi, par exemple) avec l’heure emportée de Paris.
- Mais les chronomètres parfaits n’existent pas, et les instruments, même médiocres, sont d’un prix très élevé.
- Le problème se trouve, dès maintenant, singulièrement simplifié. Un signal d’ondes hertziennes est, désormais, envoyé chaque jour, dans toutes les directions, par la Tour Eiffel, à une heure bien déterminée (11 heures du matin et minuit par exemple).
- Il suffit donc de munir des navires d’antennes réceptrices, c’est-à-dire de quelques mètres de fils de fer, pour recevoir, deux fois par jour, l’heure de Paris, au millième de seconde près.
- Le relais Mercadier-Magunna. — Nous citerons, en terminant, le dispositif télégraphique du à MM. Mer-cadier et Magunna ; il est appelé à rendre les plus grands services, tant aux differentes administrations des P. T. T. qu’au public. Ce relais qui peut s’adapter aux postes télégraphiques les plus divers (Hughes,
- Baudot, etc.), permet d’augmenter de 174 pour 100 le rendement d’une ligne quelconque actuellement existante. Il faut entendre par là que si, à l’heure actuelle, on peut envoyer, sur la ligne Paris-Lyon par exemple, 100 dépêches dans un temps donné, on pourra avec le nouveau dispositif, en envoyer 274 dans le ' Fréquencemètre Ferrié. même temps : et cela, ; ’ ‘
- par simple juxtaposition ' du relais aux appareils actuels, sans modifications coûteuses.
- A. Conté.
- La chute d’une goutte d’eau étudiée photographiquement.
- Pour mesurer la radioactivité. (Appareil Fabre.)
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- LA CHIMIE
- La plupart des travaux de 1910 apparaissent comme des travaux de détail, fragments d’œuvres non encore achevées et se prêtant mal à un résumé d’ordre général.
- La Chimie physique. — Depuis plusieurs années, la chimie théorique s’efforce de ramener les phénomènes compliqués et mystérieux des réactions chi-
- L'usine de la Société de la-fabrique de couleurs d’Elberfeld à Leverkusen.
- miques aux lois fondamentales de la mécanique : Grâce aux travaux de savants comme Gibbs, Van t’Hoff, Nernst, Le Châtelier, la frontière si nette, qui, autrefois, séparait les phénomènes physiques des phénomènes chimiques, s’efface chaque jour davantage.
- . Le fait récent le plus important dans cette voie est certainement l’énoncé par le savant allemand Nernst d’un nouveau principe de thermodynamique chimique. On connaît le principe du travail maximum formulé autrefois par Berthelot.
- « Tout changement chimique accompli sans l’intervention d’une énergie étrangère tend vers la production du corps ou du système de corps qui dégage le plus de chaleur. »
- Cette loi qui aurait le grand avantage d’indiquer le sens des réactions chimiques n’est qu’approximative, et ne serait rigoureusement vraie qu’à la température du zéro absolu. M. Nernst en formule une autre, proche parente de la précédente, mais qui semble mieux d’accord avec les faits et les lois de la thermodynamique. En voici l’énoncé, d’après un récent article de M. G. Urbain1 :
- « La dérivée, par rapport à la température, du travail maximum des systèmes chimiques pris à l’état solide, tend vers la dérivée, par rapport à la température, de la chaleur de réaction, à mesure que l’on se rapproche du zéro absolu, température où ces 2 quantités sont égales ».
- « On peut dire du nouveau principe de Nernst, affirme M. Urbain, qu’il est appelé, s’il se vérifie rigoureusement, à dominer la mécanique chimique. »
- En tout cas, cette vérification suscite actuellement, Revue générale des Sciences. 19 Novembre 1910.
- de la part du savant allemand et de ses élèves, un très grand nombre de recherches et de mesures, effectuées aux basses températures.
- On se préoccupe beaucoup aussi aujourd’hui de l’influence des agents physiques sur les réactions chimiques ; à cet ordre d’idées se rattachent les belles recherches poursuivies depuis plusieurs années sur le rôle chimique de la lumière, MM. Berthelot et Gaudechon ont réalisé, par les rayons ultra-violets, de très intéressantes synthèses de composés ternaires et quaternaires, du carbone; en partant de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau, ils ont ainsi obtenu notamment ; l’aldéhyde formique dont la condensation donne le sucre et l’amidon ; l’amide formique, point de départ des substances albuminoïdes, hase du protoplasma et de la matière vivante.
- Synthèses de produits naturels. — L’année 1910 a vu accomplir celle d’un produit particulièrement important, le caoutchouc.
- Le caoutchouc. — Le caoutchouc est un carbure d’hydrogène de formule brute C10 IUG. Il semble avoir une intime parenté avec l’isoprène, corps obtenu en faisant passer de l’essence de térébenthine dans des tubes chauffés au rouge. C’est donc sur ce corps qu’ont porté depuis longtemps les efforts des chimistes : Heinemann, en Angleterre, Hofmann et Harries en Allemagne paraissent avoir réussi à poly-mériser l’isoprène et à obtenir du caoutchouc identique au caoutchouc naturel.
- Mais il ne s’agit encore pour l’instant que de réac-
- Une plantation malaise de caoutchouc.
- tions de laboratoire. La grande firme allemande, la fabrique de couleurs d’Elberfeld travaille à la mise au point industrielle du procédé ; mise au point qui peut être fort longue, on en a déjà eu l’exemple par l’indigo, qui a demandé plus de 10 années de travail après la découverte des réactions de synthèse.
- Résinés. — Les sous-produits de la distillation du bois permettent d'obtenir des corps résinoïdes, et quoique cette synthèse ne présente pas actuellement l’importance de la précédente, il est néanmoins intéressant de la signaler.
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- LA MÉTÉOROLOGIE
- LES INONDATIONS EN igiO
- La Loire rompant les Inondations de La Seine au pont de l'Alma
- digues de la Divatte. Tokio. le 27 janvier içio.
- Sur ce chapitre, nous avons plus de desiderata à formuler que de résultats saillants à enregistrer. L’année 1910 restera marquée par des troubles météorologiques exceptionnels : pluies et inondations prolongées dans toutes les régions du globe, cyclones, ouragans très fréquents. Mais la science météorologique est trop jeune et pour l’instant encore impuissante à prévoir, elle a dû se borner à noter avec soin tous ces phénomènes, sans vouloir en donner une explication définitive.
- Gomme toutes les sciences de pure observation, à qui l’expérimentation est interdite, elle ne peut progresser qu’en accumulant méthodiquement les observations et en examinant les résultats à la lumière de l’hypothèse et de la théorie pure. Elle offre à ce point de vue de frappantes ressemblances avec l’astronomie.
- Ce qu’il faut donc demander avant tout, c’est une organisation plus parfaite des études météorologiques, la multiplication des observatoires et de leurs ressources. Dans cette voie, les États-Unis avec leur admirable Monthly-Weather Bureau nous montrent l’exemple. Leur effort a été récompensé par d’importants résultats : c’est ainsi qu’ils ont pu établir nettement une corrélation entre les taches et proéminences solaires et les phénomènes météorologiques de notre globe. Mais nous sommes encore loin de la prévision du temps : il fau-
- drait, pour pouvoir établir un rapport, chiffrable, savoir mesurer exactement l’énergie émanée du soleil, puisque c’est elle qui règle tous les phénomènes météorologiques ; or les mesures sont faussées par notre atmosphère même.
- Ce problème de l’actinométrie est donc l’un des plus urgents de la météorologie. Il ne pourra être résolu qu’au moyen d’observatoires de montagne. A cet égard, le massif de Ténériffe semble offrir une situation privilégiée, surtout à cause de son extraordinaire sécheresse. Nos lecteurs savent qu’une importante mission scientifique internationale dirigée par le Dr Pannwitz y a fait cette année un long séjour d’où elle a rapporté de remarquables observations (Voy. n° 1955, 25 juin 1910).
- Notre collaborateur, M. J. Mascart, qui faisait partie de cette mission, a pu constater quelle précieuse moisson météorologique nous réserve encore l’île de Ténériffe : électricité atmosphérique, régime des vents alizés, magnétisme terrestre, diffusion de la lumière, autant de recherches auxquelles l’île paraît se prêter admirablement. Mais, pour les mener à bien, une organisation permanente bien outillée est nécessaire. M. Mascart l’a compris et, depuis son retour, il mène une active campagne en faveur delà création d’un observatoire international à Ténériffe. Souhaitons,pour les progrès de la météorologie, que ses efforts aboutissent rapidement.
- Ténériffe. Le pic de Teyde . vu du mont Guajara (photo Mascart).
- LA BIOLOGIE
- Théorie de l’évolution. — D’une façon générale, l’événement qui domine encore les recherches est la publication, déjà vieille de quelques années, des travaux de De Yries, qu’on a eu l’occasion de signaler ici à propos de la traduction française de son livre Espèces et variétés (voir 1855, 12 décembre 1908. Suppl, p. 14). On sait que, d’après de Vries, le passage d’une espèce donnée à une autre se ferait en général par ce qu’il a appelé une « mutation », c’est-à-dire une transformation brusque produite par des actions internes et indépendante du milieu. On peut dire que la grande majorité des travaux publiés récemment, sans prendre toujours nettement parti pour ou contre la théorie des mutations, ont tou-
- jours, à quelque degré, été conçus « en fonction » de cette théorie. C’est ce qui apparaît même dans des ouvrages de caractère très général, comme Les Théories de l'évolution de Y. Delage et M. Goldr schmidt, dont les auteurs manifestent une préférence marquée pour l’explication lamarckienne « par l’influence du milieu » ; comme Mutation, de l’américain C. B. Davenport, pour qui l’étude des poules montre des phénomènes de mutation tout à fait semblables à ceux que de Vries a décrits dans le règne végétal sur YOEnothera lamarckiana ; comme les recherches de Volterech, réfutant l’exagération évidente de certains partisans des théories de De Vries, qui allaient jusqu’à présenter les variations
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- des êtres vivants comme tout à fait indépendantes des conditions externes, c’est-à-dire du « milieu » de Lamarck ; en expérimentant sur les Daphnides (crustacés) Volterech a pu, au contraire, produire des variations et des transformations de certaines formes les unes dans les autres, précisément par le jeu des agents externes (température, lumière, nourriture surtout) ; comme le récent travail de E. Bordage sur des pêchers de la Réunion, chez qui cet auteur attribue à Faction des facteurs externes l’hérédité d’un caractère acquis (la perte de leur caractère de plantes à feuilles caduques, par transformation en plantes à feuilles persistantes). — Mentionnons, à propos de toute cette direction de recherches, qu’elles paraissent entrer dans une voie très expérimentale : d’une part, le professeur Przibram (Vienne, Autriche) publie une série de répertoires relatifs aux recherches sur le développement, la régénération, la variation, etc. ; d’autre part, le laboratoire du même savant a été organisé tout spécialement à cet effet, muni non seulement d’un aquarium, mais d’un « terrarium », de chambres
- varient les animaux sous l’action des facteurs externes.
- L’hérédité. — Les recherches sur l’hérédité rentrent dans les recherches générales sur la théorie de l’évolution. On est cependant en droit de les mettre à part, comme nous faisons, parce que dès maintenant elles sont en possession de méthodes très définies et de problèmes déterminés. On exposera sous peu à nos lecteurs la différence qu’il y a entre les deux méthodes principales de ces recherches, la méthode « biométrique » et la méthode « génétique », qui s’appuie sur la loi de Mendel. Sans entrer maintenant dans un tel exposé, qui serait trop long, mentionnons quelques-uns des récents travaux accomplis dans une direction ou dans l’autre :
- M. Standfuss, par exemple, a élevé et croisé des papillons de l’espèce Aglia tau et de ses deux formes aberrantes « fere nigra » et « melaina » : par le croisement des aberrantes, il a obtenu une forme nouvelle. Croisant ensuite cette forme nouvelle avec la forme normale, il a obtenu des descendants où cette forme nouvelle manque, mais où réappa-
- Variations d'une même espèce de papillon suivant la nourriture.
- chaudes et froides, d’éclairages d’intensités diverses et avec diverses radiations (bleu, rouge, vert, etc.) de chambres obscures à degré hygrométrique réglable, etc.
- Dès maintenant, un grand nombre de recherches y sont en cours pour étudier sur le vif comment
- raissent les deux aberrantes ordinaires. Cette formation et cette dissociation d’une forme nouvelle relèvent directement de la loi de Mendel. — M. Jo-hansen, de son côté, a surtout travaillé sur la « biométrie » : on reviendra ici sur ce sujet.
- H. Toneï.
- LA ZOOLOGIE
- I. Existe-t-il dans les marais du lac Tchad un grand mammifère encore inconnu des naturalistes? — 11 est difficile d’enregistrer chaque année une découverte aussi importante que celle de l’Okapi. Cependant, il est très possible que « l’Afrique inconnue » nous réserve de nouvelles surprises qui viendraient enrichir sa faune de quelque survivant oublié comme l’Okapi, des temps tertiaires. Depuis plusieurs années, en tout cas, les explorateurs parlent avec insistance d’un mammifère de grande taille, à habitudes amphibies, qui ne serait ni un Lamantin ni un Hippopotame, et aurait sa retraite cachée dans les roseaux et les papyrus qui entourent les grands lacs du centre africain, notamment le Tchad. Cet animal aurait été entrevu, de très loin, par quelques-uns de ces voyageurs et les récits des indigènes confirment son existence. Ne serait-ce pas à lui qu’appartiendrait cette singulière défense, bizarrement con-
- tournée, dont MM. le baron M. de Rothschild et H. Neuville ont fait l’acquisition sur les marchés d’ivoire d’Addis-Ababa sans qu’on puisse leur indiquer l’animal qui la portait pendant sa vie, défense dont ils ont donné la description et la figure en 19U71? L’existence du Rhinocéros camus dans le Soudan, est bien restée, jusque dans ces dernières années, inconnue ou problématique, ainsi que nous l’avons montré ici même (voir n° 1857,16 décembre 1908, p. 50) ; il ne serait donc nullement surprenant qu’un animal, — apparenté peut-être au Dinothérium, tertiaire, ayant comme lui des mœurs amphibies, — soit resté confiné dans les lacs de l’Afrique centrale, où il aurait échappé jusqu’ici aux recherches des naturalistes. Pour tenter d’élucider la question, le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris vient d’envoyer
- î. Archives de Zool. expérim., 4e série, art. 7, 1907, p. 271-333, pl. 22-24.
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- LA ZOOLOGIE
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- en mission vers ces régions inexplorées deux chasseurs-naturalistes, MM. Le Petit et Gromier.
- Si j’ai parlé du Dinothérium, répandu dans tout le sud de l’Europe à l’époque tertiaire, c’est que nous savons maintenant que l’Afrique est le continent où s’est développé ce type si spécialisé des Eléphants actuels. C’est dans les couches éocènes et oligocènes du désert de Fayoum, dans la Basse-Egypte, que le paléontologiste anglais, C. W.
- Andrews, a découvert, il y a cinq ou six ans, les restes incontestables de ces Proboscidiens primitifs que l’on avait vainement cherchés ailleurs. La série, montrant les transformations successives de ce type, est aussi complète que possible, et des plus instructives.
- IL Les zoologistes américains venant découvrir de nouvelles espèces dans la faune de la vieille Europe. — Les recherches zoologiques, aussi bien que les recherches paléontologiques, ont apporté de nouvelles preuves à l’appui de la doctrine soutenue par Lamarck et par Darwin. On trouve de ces preuves même dans la faune actuelle de l’Europe, que nos ancêtres croyaient bien connaître et dont il a fallu faire, tout récemment, une révision complète.
- Ge sont les: naturalistes américains, et plus particulièrement ceux de l'Institution Carnegie, qui se sont faits les protagonistes: de cette révision.
- Il y a quelques années, —exactement en 1902 — les zoologistes européens ont reçu, et ont lu, non sans quelque surprise, une circulaire intitulée : Plan for a biological Survey of the Palearctic Région, c’est-à-dire : « Plan pour effectuer une Exploration biologique de l’Europe ». Cette circulaire était signée de deux noms de naturalistes déjà bien connus par leurs travaux: Leonhard Stejneger, un ornithologiste et Gerrit S. Miller Junior, un mammalogisle.
- Se fondant sur les brillants résultats obtenus dans leur propre pays, les États-Unis, ces deux naturalistes ne craignaient pas d’affirmer que la faune des Vertébrés d’Europe était mal connue. D’après eux, les zoologistes européens avaient le grand tort de s’en tenir à des travaux remontant à plus d’un demi-siècle et rédigés sous l’influence de la doctrine de l’École de Cuvier, qui comprenait l’Espèce dans un sens beaucoup trop large et trop absolu. Ils étaient persuadés que notre faune européenne renfermait un beaucoup plus grand nombre de formes spécifiques qu’on ne l’admettait généralement, et pour le prouver ils se proposaient, grâce à la libéralité de M. Carnegie, devenir explorer la vieille Europe, pour fournir la démonstration de ce qu’ils avançaient.
- Le Rhinocéros blanc.
- Reconstitution du Dinothérium tertiaire, d’après M. Boule, Conférences de Géologie.
- Cette opinion paradoxale semble avoir laissé d’abord assez froids les zoologistes européens. Cependant leurs confrères américains n’ont pas tardé à mettre leur projet à exécution.
- M. Gerrit S. Miller est venu à deux reprises successives passer une année entière en Europe; il en a parcouru toute la région occidentale. Aussi habile chasseur qu’adroit préparateur taxidermiste, tendant lui-même ses pièges pendant la nuit, allant les relever dès l’aube, puis préparant de ses propres mains les petits mammifères ainsi capturés, il a réuni des collections nombreuses et d’un grand intérêt, découvrant dans notre pays des formes nouvelles qu’il s’est empressé de décrire. Les Alpes, les Pyrénées, les provinces encore peu explorées de la péninsule Ibérique, lui ont fourni une ample moisson.
- U est juste de dire que les zoologistes européens, se piquant d’honneur, ont rivalisé de zèle avec lui. MM. Oldfield Thomas, Barret-IIamilton, Andersen, en Angleterre, — Cabrera-Latorre en Espagne, — Mottaz et Ghidini en Suisse, — Cavazza en Italie, — Satunin dans le sud de la Russie et le Caucase,— ont également formé des collections, nombreuses, et décrit des formes nouvelles. En France, un jeune naturaliste plein de zèle, M. Dehaut, est en train de récolter des spécimens, pour le Muséum de Paris, dans la Corse et la Sardaigne, deux grandes îles dont la faune nous était presque totalement inconnue.
- Ces recherches nouvelles détruisent la légende d’après laquelle on s’imaginait que la faune des mammifères d’Europe était si bien connue qu’il n’y avait plus lieu de s’en occuper. Ce préjugé était si bien enraciné que la plupart de nos musées de province, relativement riches en oiseaux du pays, sont encore à l’heure actuelle d’une pauvreté désespérante en fait de mammifères, ne possédant même pas les espèces les plus communes dans les environs
- immédiats de nos grandes villes. Il s’agit pourtant bien souvent d’espèces, — les Campagnols par exemple, — qui pullulent certaines années au point de constituer un véritable fléau pour l’agriculture. Bien plus, en parcourant certains de ces musées, on constate des erreurs singulières : dans l’un des plus considérables du sud de la France, j’ai vu étiqueté « Rat nain (Mus minulus) », un vulgaire mulot (Mus sylvaticus), ce rat des champs dont la charrue du laboureur met à chaque pas les terriers à nu, et qui n’a rien de commun avec l’élégant rat des moissons, beaucoup plus rare, qui accroche son nid aérien au chaume des épis de blé dans la belle saiso n
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- LA BOTANIQUE
- Que sont, au juste, ces nouvelles espèces ou sous-espèces distinguées par les zoologistes modernes, et dont l’auteur de ces lignes a réuni les descriptions éparses en un volume qu’il vient de publier (E.Troues-sart, Faune des mammifères d’Europe, 1 vol. in-8°, 1910)? Il serait assez long de l’indiquer ici. Mais dès maintenant, en attendant l’exposé que je me propose de leur en donner prochainement, les lecteurs de La Nature peuvent en juger par ce qui a été dit ici même d’après une récente communication à l’Académie des sciences (voir n° 1954, 5 novembre 1910, Suppl, p. 178). On peut dire que, dans leur ensemble, tous les faits qui ont été recueillis au cours de ces recherches, en apparence fort imprévues, montrent l’inanité de la doctrine de Cuvier, qui voulait que l’espèce fût coulée dans un moule à jamais invariable. Au lieu de cette immutabilité, l’observateur impar-parlial voit partout dans la Nature une variabilité qui s’explique par les conditions changeantes du milieu dans lequel l’animal est appelé à vivre. L’être vivant doit adapter son organisme à ces conditions nouvelles, ou disparaître; et l’on ne peut plus se refuser à admettre que des espèces nouvelles se forment de notre temps, exactement comme il s'en est formé aux époques géologiques antérieures.
- III. La démarche du Diplodocus. — Si des Mammifères nous passons aux Reptiles, il est impossible de ne pas dire un mol de la vive discussion qui s’est engagée entre les naturalistes au sujet de la pose que M. Holland a donnée, en le reconstituant, au squelette du Diplodocus, et par suite aux divers moulages offerts par M. Carnegie aux musées de Paris, de Londres et de Berlin. Nos lecteurs sont déjà d’ailleurs en partie au courant de la question (voir n° 1893, 4 septembre 1909, p. 221). Ils se rappellent qu’un zoologiste allemand, le Dr Tornier, avait prétendu que le Diplodocus, au lieu de se tenir dressé, rampait sur le ventre comme les cro-
- codiles. M. 0. Abel avait déclaré cette opinion sans fondement. La querelle ne fut cependant pas terminée du coup. MM. Oliver, P. llay et W. I). Matthew ont successivement pris part à cette polémique, et M. Holland lui-même a dû défendre son opinion. Finalement, l’opinion de M. Tornier s’est trouvée tout à fait réfutée et il suffira, sans entrer dans les détails de la discussion, de reproduire les arguments de M. Matthew, un des plus compétents parmi les paléontologistes américains, qui semble avoir dit le dernier mot et tranché nettement la question dans son article inséré dans Y American Naturalist de septembre 1910.
- M. Matthew fait remarquer que si l’on examine avec attention le squelette du Diplodocus, on est frappé tout d’abord de la forme massive de ses membres qui sont, toutes proportions gardées, aussi robustes que ceux de l’Hippopotame. Cependant le Diplodocus n’était pas, malgré sa grande taille, un animal aussi lourd que ce dernier ; toute la partie dorsale de son corps, le cou et la tête, étaient d’une grande légèreté, et sa masse devait encore être allégée par l’habitude de vivre plongé dans l’eau, ne laissant émerger d’ordinaire que son échine et son long cou. Au contraire, les Crocodiles et les Lézards, auxquels on a voulu le comparer, ont des membres relative-men t grêles et qui seraien t incapables de les soulever au-dessus du sol.
- Si donc le Diplodocus était pourvu de membres aussi robustes, plus que suffisants pour soutenir son longcorps soulevé au-dessus de la vase des marais, on doit admettre qu’il ne nageait pas à la façon des Crocodiles, mais marchait sur le fond des lacs et des rivières, — comme le font les Hippopotames, — ne sortant de l’eau que son long cou qui lui permettait de brouter les plantes du rivages sans venir à terre comme ceux-ci sont forcés de le faire. Cet argument, si simple qu’il soit, semble absolument décisif : le Diplodocus marchait et ne rampait pas. E. Trouessart.
- LA BOTANIQUE
- Les plus intéressants des faits qui se rattachent à cette rubrique sont les recherches relatives à la doctrine générale de l’évolution, dont la principale partie a été mentionnée ci-dessus, sous la rubrique « biologie ». De même qu’en biologie générale, les recherches de cet ordre botanique sont dominées par les discussions toujours pendantes sur les théories de Lamarck, de Darwin, de Mendel, de De Vries.
- C’est ainsi que M. Leclerc du Sablon, dans une étude qui a été reproduite ici (n° 1944, du 27 août 1910, Supp., p. 101), a interprété par Y hybridation, cesl-à-dire par la loi de Mendel, les changements de YŒnothera Lamarckiania que de Vries considère comme des mutations. De même M. Berezinski (Crà-
- covie) a interprété par la loi de Mendel les mutations d u raifor t, qu’il a distinguées ainsi des mut alions par traumatisme , du type de celles obtenues par M. Blaringhem.
- Parallèlement, à cette grande série de recherches, mentionnons quelques faits plus particuliers :
- D’abord, un effort très sérieux, de remaniement de la nomenclature botanique, qui a occupé une grosse partie du troisième Congrès international de botanique, tenu à Bruxelles, en mai 1910.
- Puis la poursuite systématique, dans un but à la fois scientifique et economique, de l’étude des végétations exotiques. On a à peine besoin de mentionner ici le considérable travail accompli par M. A. Chevalier en ce qui concerne l’Afrique occidendale.
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- L’ANTHROPOLOGIE
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- Les deux gros faits de l’année sont la publication, à Londres, du Totemism de M. Frazer, et celle, à Paris, des Fonctions mentales dans les sociétés inférieures de M. Lévy-Bruhl. M. Lévy-Bruhl a cherché à mettre en relief, dans les institutions, dans les croyances des peuples primitifs, les lois permanentes de la façon de penser de ces peuples. Il a fait ainsi un tableau de toute leur vie mentale, et, en partie, de leur vie matérielle, qui est le principal effort synthétique accompli dans ce sens depuis une trentaine d’années, c’est-à-dire depuis le livre de M. Tylor sur la Civilisation primitive : la comparaison de ces deux ouvrages est notamment instructive, en ce qu’elle donne une idée fort nette des progrès accomplis pendant ce temps. Le Totemism de M. Frazer, en quatre gros volumes, est essentiellement un recueil des textes. Comme tel, il Poteau totémique, constitue le document le plus complet qu’on ait sur ce système, à la fois religieux, juridique, économique, matrimonial, propre aux plus basses civilisations, qu’on appelle le totémisme. 11 tire son nom du mot totem, emprunté aux civilisations indigènes de l’Amérique du Nord, et qui désigne l’animal (quelquefois la plante, ou même l’objet) avec qui les individus de ce qu’on appelle le « clan totémique » se croient en lien de parenté et même d’identité : par exemple les individus d’un « clan de la tortue » croiront être des tortues, et s’appel-leront de ce nom. Comme tels, ils se considéreront tous comme consanguins, comme frères, et ne pourront pas se marier entre eux. C’est ce que l’on exprime par la formule : « le clan toté- > mique est exogame ». On peut l dire que le « totémisme » a été 1 la plus grande découverte de l’ethnographie contemporaine, par les lumières qu’il apporte sur les débuts d’une quantité d’institutions, par exemple de la famille. Le recueil de textes de M. Frazer est donc capital.
- La préhistoire. — À rigoureusement parler, l’année n’a pas été féconde pour la préhistoire : il n’y a pas eu de « grande» découverte. En effet, les travaux effectués aux Grottes de Grimaldi (V. n° 1777, 15 juin 1907, p. 55) la découverte de la mâchoire de Mauer (Y. n° 1867, 6 mars 1905, p. 220), celle de l’homme de la Gbapelle-aux-Sainls (Y. n° 1872, 12 avril 1909, p. 502), la première trouvaille d’un squelette à la Ferrassie (V. n° 1909, 25 décembre 1909, p. 50) sont de dates déjà anciennes.
- D’autre part, les trouvailles de cette année, celle, par exemple, d’un nouveau squelette à la Ferrassie, n’ont pas encore été étudiées. En fait cependant, la poursuite des publications de M. Boule, relatives à l’homme de la Chapelle-aux-Saints, suffirait, au contraire, à donner une importance très grande à l’année 1910. Ces travaux et mémoires jettent, en effet, quelque lumière sur la première race d’hommes connue en Europe, sous le nom de « race de Néanderthal ». D’une part, par l’examen externe du crâne de la Chapelle-aux-Saints, et par la mesure de sa capacité crânienne,
- M. Boule est arrivé à conclure que cette race devait être réellement inférieure.
- D’autre part, par un moulage habile, il a pu reconstituer l’aspect extérieur du cerveau même de l’homme moustérien, et, par là, fournir des matériaux à l’étude de sa mentalité. Par exemple, si la vieille théorie des localisations cérébrales, fortement contestée il est vrai, devait être admise comme exacte, il résulterait de l’examen de ce moulage que l’homme moustérien parlait peu et mal, peut-être par cris inarticulés ou par gestes, comme le font fréquemment encore les peuples inférieurs de nos jours. D’autre part, le cerveau montre une inégalité dans le développement des deux hémisphères : celui de gauche est plus volumineux que celui de droite. Il est aujourd’hui démontré (Y. n° 1950, 8 octobre 1910, p. 502) que cette inégalité est un caractère lié au fait que l’homme, est « droitier » et non « gaucher ». On peut donc en conclure que, dès le moustérien, les hommes étaient droitiers. Si l’on admet certaines théories auxquelles on a fait allusion ici (Y. n° 1959, 25 juillet 1910, p. 117),celaprouverait, dès cette même époque, l’existence de sentiments et d’idées religieuses, suppposée d’autre part un peu vite d’après certaines apparences de rites funéraires. Parallèlement à ces travaux, qui portent directement sur l’homme, il faut rappeler que la discussion sur le Pithécanthrope ou, exactement, sur son âge géologique (Y. n° 1820, 11 avril 1908, p. 501), n’est pas close. Il est possible d’ailleurs, et c’est une perspective fort intéressante, que nos idées actuelles sur ces questions de préhistoire se trouvent bientôt révolutionnées par les trouvailles, confuses encore et très discutées, effectuées en Amérique du Sud par M. Ameghino ou sous son impulsion, et
- L’homme de la Chapelle-aux-Saints (Extrait de M.Boule: Conférences de Géologie.)
- Squelette delà Ferrassie.
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- dont il a été question ici même (Y. n° 1918, 26 février 1910, Supplément, p. 102).
- Ethnographie. — Il est impossible de caractériser synthétiquement les progrès de l’ethnographie au cours d’une année. C’est moins, à proprement parler, une science qu’une technique, toute descriptive, qui réunit des matériaux et des documents. Dans l’état actuel, la description des sociétés humaines étant, du moins empiriquement, très avancée, elle ne comporte pas de découvertes possibles, du moins de « grandes » découvertes. Nous signalerons simplement que l’année a vu mettre au jour des documents tout particulièrement importants sur l’Australie. Partout ailleurs, le travail accompli n’a été que le développement accoutumé du travail antérieur : les Anglais, les Allemands, et, en Amérique, le bureau d’ethnologie des États-Unis ont poursuivi leurs publications; comme d’habitude, la production française a été tout à fait nulle. — La presse anglaise a cependant fait grand bruit au sujet d’une véritable découverte matérielle en ethnographie, pendant 1910 : c’est celle de populations « pygmées » dans l’intérieur, encore très mal connu, de la Nouvelle-Guinée. Elle est à coup sûr intéressante, mais elle est loin d’avoir l’importance capitale qu’ont voulu lui donner les journaux non scientifiques d’outre-Manche : la théorie qui se plaisait à voir dans les « pygmées » les représentants ou les survivants des premiers types humains, est en effet aujourd’hui, malgré une
- tentative infructueuse et récente du R. P. Schmidt, tout à fait abandonnée.
- Archéologie. — Bien qu’il y ait eu de nombreux travaux, ils sont tous la continuation de recherches antérieures, et aucun n’est assez nouveau ou n’a été assez fécond pour qu’il faille s’y arrêter spécialement. Nous aurions simplement laissé cette rubrique en blanc, s’il ne nous avait semblé préférable de revenir en peu de mots sur les documents rapportés du Turkestan par la mission Pelliot, quoique nous ayons déjà essayé d’en indiquer l’importance fin 1909 (Y. n° 1*908, 18 décembre 1909, p. 42). Ce qu’il y a de neuf, c’est que l’étude des beaux documents rapportés par ce voyageur a été commencée par les orientalistes. Elle a tenu, et dépassé même, toutes les promesses qui résultaient, comme nous l’avons dit, de leur seul examen externe. Bien que rien n’ait été encore publié, et ne doive l’être de sitôt, nous savons, de source sûre, que la recherche s’est montrée très féconde en tout ce qui a trait à l'histoire, jusqu’ici fort mystérieuse, du bud-dhisme au nord de l’Inde et dans toute l’Asie centrale. Il est, dès maintenant, certain qu’elle apportera de vives lumières sur les rapports de civilisation en général et de religion en particulier, de toutes les parties de l’Extrême Orient avec l’Inde, et elle permettra une compréhension plus avancée des rapports, eux-mêmes plus généraux, qui ont lié les civilisations d’Orient à celles d’Europe, particulièrement à celles delà Méditerranée orientale.
- Découverte de sculpture indigène au Congo statue d’un roi nègre.
- LA MÉDECINE
- Parmi les nouveautés de l’année 1910, la plus importante certainement, c’est le traitement de l’avarie par l’injection du « 606 », dû au professeur Erhlich. Nos lecteurs ont pu observer que jusqu’ici nous nous sommes rigoureusement interdits d’en parler, car la découverte d’Erhlich, si importante qu’elle soit, est encore en discussion. Sa méthode a été pratiquée en France, notamment, par de nombreux médecins, et, de l’avis du plus grand nombre, elle aurait une action merveilleuse; toutefois, sans nier cette efficacité, quelques médecins lui ont imputé des accidents plus ou moins graves (cécité, mort, etc.) ; d’autre part, elle ne mettrait pas, à coup sûr, à l’abri des récidives.
- En chirurgie, il convient de signaler, avant tout, les progrès réalisés en chirurgie thoracique, La
- découverte, au cours de ces dernières années, d’appareils spéciaux, permet d’éviter le pneumothorax (pénétration de l’air dans la plèvre), qüi constitue le gros écueil des interventions sur la cage thoracique, car ce pneumothorax est suivi presque fatalement de l’affaissement du poumon, entraînant des troubles graves de la respiration et de la circulation. La découverte de ces appareils, dits à hypo ou à hyperpression intra-pulmonaire, avait déjà permis de faire sur le poumon et sur le cœur, sur l’œsophage, des opérations qu’on n’aurait pas osé tenter autrefois. Mais, depuis la découverte toute récente de Meltzer et Auer qui, par leur méthode d’« insufflation intra-trachéale », sont parvenus à immobiliser le poumon tout en assurant son aération parfaite et, par suite, l’hématose normale, la chirurgie thoracique semble
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- appelée à réaliser des opérations que le chirurgien d’il y a cinquante ans n’osait même pas entrevoir. Non seulement on peut manipuler à l’aise le poumon et le cœur, mais on peut désormais prendre tout son temps pour travailler sur l’œsophage et les gros vaisseaux sortis du cœur, car la chirurgie des gros vaisseaux de la poitrine, de l’artère pulmonaire, de l’aorte en particulier, n’est plus un mythe. L’extraction des caillots de l’artère pulmonaire (opération de Trendelenberg) a déjà été pratiquée une dizaine de fois chez l’homme avec des fortunes diverses. Chez l’animal, Carel a incisé, réséqué l’aorte thoracique avec succès et même remplacé une partie de sa paroi par une pièce empruntée à un autre vaisseau.
- Ces rapiéçages, ces transplantations vasculaires sont aujourd’hui chose courante en chirurgie, et c’est grâce à eux, grâce à la perfection delà technique des sutures vasculaires qu’on a pu réunir ces greffes d’organes dont l’avenir est plein de promesses.
- Il ne nous reste plus à signaler que la brillante rentrée en scène sur le théâtre de la chirurgie d’un vieux médicament auquel on vient de redécouvrir des qualités antiseptiques et cicatrisantes puissantes que le public n’avait pourtant jamais méconnues. Nous voulons parler de la teinture d’iode que les chirurgiens emploient actuellement sur une large échelle pour la désinfection de la peau dans les opérations d’urgence et pour la désinfection des plaies accidentelles, industrielles et des rues, où elle donne véritablement des résultats surprenants : les plaies les plus contuses et les plus sales se sèchent et se cicatrisent avec une rapidité merveilleuse, sans œdème, sans rétraction.
- Nous ne parlerons pas des rayons X, du radium, dont les applications au point de vue du diagnostic et de la thérapeutique s’étendent de plus en plus : leur champ d’action est aujourd’hui extrêmement vaste, et on peut dire qu’il embrasse toutes les branches de la médecine. Dr A. Cartaz.
- LA GEOGRAPHIE
- Les résultats géographiques obtenus en 1910 ne font que continuer en majeure partie des travaux en cours dès 1909. Il faut rappeler comme les plus importants :
- En Afrique, l’achèvement de la mission Tilho, qui a fixé les idées sur le régime du lac Tchad (V. n° 1961, bibliographie).
- La découverte du Pôle Nord (6 avril 1909), par Peary, définitivement proclamée, le 15 décembre 1909, par la National Geogra-phical Society de Washington. Les prétentions du Dr Cook ont été réduites à néant.
- Pour l’Amérique du Sud une convention des 23 et 25 octobre 1909 a fixé un nouveau tracé de frontière entre la Bolivie' et le Pérou, sur l’arbitrage du Chili.
- Le chemin de fer transandin a été inauguré officiellement le 25 mai 1910. On l’avait commencé en 1877. Il faut rappeler, à ce propos, que M. Schrader a fixé à 6953 m. l’altitude de l’Aconcagua, point culminant des Andes, coté 6957 m. par les ingénieurs chiliens et qu’on avait antérieurement estimée à 7010 et même 7300 m.
- Le Pourquoi-Pas? bâtiment de l'expédition Charcot.
- La mission Charcot (1908-1910) a augmenté notablement nos connaissances au S.-O. de la Terre de Graham, exécuté de nombreuses observations scientifiques, et virtuellement établi la continuité du continent antarctique vers l’Ouest, dans la direction de la Terre du Roi-Edouard.
- Une mention est due aux recherches de M. Cvijic dans la péninsule Balkanique : elles font de mieux en mieux connaître les coins les plus rébarbatifs de l’Epire, de la Macédoine, etc.
- Le 29 mars 1910 a été inauguré à Monaco le Musée océanographique, créé par le prince Albert Ier.
- Le service géographique de l’armée poursuit la confection de la carte d’Asie au 1 000 000e, partie considérable de la future carte du monde au 1 000 000e.
- Enfin, la Direction de l’Hydraulique agricole du Ministère de l’Agriculture, continue ses études sur les glaciers, les eaux souterraines et les forces hydrauliques de la France.
- LA MÉCANIQUE —
- Une revue des progrès industriels doit nécessairement commencer par la force motrice dont dépend toute l’évolution industrielle moderne.
- Nos sources de force motrice sont le vent, les chutes d’eau, et la chaleur. L’utilisation du vent a fait peu de progrès : il y a là cependant des réserves immenses, malheureusement intermittentes.
- L’emploi des chutes d’eau par contre se développe rapidement ; tous les pays mettent en œuvre. leurs ressources en houille blanche ; grâce à elles une vie
- LA FORCE MOTRICE
- industrielle intense se développe dans des régions comme la Norvège, la Suède, l’Italie, malgré leur manque de ressources en charbon. En France, les chutes d’eau des Alpes et du Jura sont admirablement exploitées; on a abordé la mise en valeur des Pyrénées. Pas de progrès techniques importants à signaler.
- Dans le chapitre des machines thermiques, au contraire, la concurrence a déterminé, depuis de longues années déjà, de nombreux travaux et des perfectionnements remarquables, La machine à
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- vapeur à mouvement alternatif, la turbine, le moteur à explosion, le moteur Diesel, luttent d’économie et de bon rendement. Il y a lieu de s’en féliciter, pour l’industrie d’abord et pour' la conservation des ressources naturelles de notre globe, dont l’effrayant gaspillage ne laisse pas d’être inquiétant et réclame l’attention des économistes et des hommes d’Etat.
- Machines à vapeur. — Pour assurer une meil-
- Une récente locomotive Pacific du P.-L.-M.
- leure utilisation du combustible, dans les foyers de chaudière et en même temps une bonne fumivorité, on recourt de plus en plus aux grilles à chargement automatique, et l’on substitue le tirage arLificiel au tirage naturel.
- La machine à vapeur alternative, dans sa lutte avec la turbine, a du améliorer l’utilisation mécanique de la vapeur : un progrès important est la création de la distribution Stumpf à courant direct (V. n° 1947, 17 sept. 1910). Ce système supprime les condensations initiales de la vapeur et, par suite, améliore notablement le rendement. En outre, il simplifie les organes de la machine. Notons aussi le développement de la vapeur surchauffée qui s’emploie de plus en plus.
- Parmi les machines à vapeur à mouvement alternatif, celles qui ont suscité le plus d’études sont certainement les locomotives. La chose s’explique par l’augmentation toujours croissante du poids et des vitesses des trains. On réalise aujourd’hui des machines de 1600 et 2000 chevaux et même 2500 aux Etats-Unis. On conçoit aisément au prix de quelles peines un tel résultat peut être obtenu, puisque la locomotive est nécessairement limitée dans ses dimensions et son poids. On a fait un large appel dans certains pays à la vapeur surchauffée, qui procure une plus grande puissance de la machine par mètre carré de surface de chauffe. Le fonctionnement compound se développe également. On n’est du reste pas d’accord sur la question de savoir si le fonctionnement compound doit être adjoint à la surchauffe de la vapeur (solution française) , ou s’il faut employer uniquement la vapeur surchauffée (solution allemande).
- La distribution à soupape Lentz a fait son apparition sur un certain nombre de locomotives allemandes et est à l’essai en France, ainsi que la distribution Stumpf à courant continu de vapeur.
- La turbine à vapeur pour les installations fixes est aujourd’hui parfaitement au point : moins encombrante que la machine à vapeur ordinaire elle l’a
- supplantée définitivement pour les grandes puissances; elle se prête mieux, en effet, à la construction d’unités de grande puissance. Les unités de 10 à 15000 chevaux-vapeur sont courantes; la future centrale de Chicago sera équipée à 12 groupes de 27 000 chevaux chacun. Turbine et machine alternative ne sont pas absolument soeurs ennemies : leur association donne souvent d’excellents résultats : la machine à cylindre utilisant mieux les hautes pressions de la vapeur et la turbine les basses pressions, on fait travailler sur une turbine la vapeur d’échappement des machines alternatives.
- Sur mer, l’expansion de la turbine se heurte à de graves difficultés. Ce problème se complique ici de la nécessité de la marche arrière (elle exige une turbine spéciale), ainsi que l’accouplement défectueux de la turbine, machine à grande vitesse avec l’hélice, appareil à faible vitesse. Actuellement sur un bateau à turbines, on double ou triple pour l’hélice la vitesse de rotation pratiquée avec les machines à piston, d’où perte de rendement de 10 à 15 pour 100. D’autre part pour conserver à la turbine tournant à cette vitesse un bon rendement, il faudrait augmenter ou son diamètre ou le nombre de ses roues (étage), et l’on serait conduit à un poids inadmissible. Là encore on se contente d’un compromis, et l’on se résigne à diminuer la vitesse des roues, d’où une nouvelle perte d'environ 10 pour 100. Jusqu’à des vitesses de 15 à 17 nœuds, cette perte de rendement est à la rigueur acceptable et est compensée par l’encombrement moindre des machines; mais au-dessous la turbine perd tous ses avantages.
- La combinaison qui semble actuellement en faveur et a été appliquée sur l’Olympic (Y. n° 1957, 5 décembre 1910) pour une vitesse de 21 nœuds, est la machine à piston avec emploi de la vapeur d’échappement sur une turbine à basse pression.
- L’idéal serait de laisser tourner turbine et hélice chacune avec sa vitesse propre en les reliant par un réducteur de vitesse convenable. Signalons dans cette voie, des essais d’engrenages (système Westinghouse-Melville, système Parsons (V. n° 1928, 17 mai 1910), et la mise en service en Allemagne du réducteur hydraulique Fôttinguer.
- Les moteurs à explosion et à combustion interne, — Tandis que la vieille machine à vapeur cà piston lutte désespérément pour maintenir sa prédominance dans les unités faibles et moyennes contre l’envahissement de la turbine définitivement victorieuse sur le terrain des puissantes unités fixes, tandis qu’elle semble maintenir ses positions dans le
- Une station centrale électrique mue au moteur Diesel (Friedenau).
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- L'ÉLECTRICITÉ
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- domaine maritime, voici que surgit un concurrent nouveau qui pourrait bien mettre d’accord machine alternative et turbine, en supplantant l’une et l’autre.
- Nous voulons parler des moteurs à explosion, moteurs à gaz pauvre, moteurs de hauts fourneaux qui se multiplient rapidement, et surtout ries moteurs à combustion interne Diesel.
- Celui -ci n’est pas à proprement parler un nouveau venu, il a plus de 15 ans d’existence; mais de progrès en progrès, il est arrivé peu à peu à un état de perfection tel que les ambitions les plus vastes semblent aujourd’hui pour lui légitimes. On l’emploie déjà dans de grandes centrales électriques (Voy. n° 1956,19 novembre 1910) , mais c’est surtout sur mer qu’il paraît devoir à brève échéance trouver
- les plus sensationnelles applications; il a commencé par mouvoir des submersibles et des torpilleurs; on est ainsi arrivé à construire des moteurs de 1000 à 2000 chev. d’un fonctionnement des plus satisfaisants. De toutes parts, on étudie des moteurs beaucoup plus puissants, capables de mettre en mouvement de plus grands bâtiments, demain peut-être des cuirassés. On construit en Allemagne un moteur
- de 6000 chev. pour la marine de guerre; en France le Creusot a en chantier un moteur de 10000 chev.
- Si l’on songe que
- La tomfe Humphrey. !,e m0leur Diese1’
- dans son étatactuel, consomme en poids 4 fois moins de combustible
- que la machine à vapeur la plus économique de même puissance, qu’il est beaucoup moins pesant, moins encombrant, moins compliqué, qu’il supprime chaufferies, chaudières, cheminées, on conçoit quelle révolution résulterait de son adaptation aux grands cuirassés; on comprend la fièvre avec laquelle la
- France et l’Allemagne étudient la question et l’émotion avec laquelle l’Angleterre, fort en retard sur ce chapitre, constate les progrès de sa redoutable rivale germanique. C’est que le moteur Diesel permettrait de construire, à moins de frais et à bien moindre tonnage, des cuirassés aussi rapides, aussi puissants et à plus grand rayon d’action que les plus redoutables « Super-dreadnought ». La nation qui arrivera la première à mettre à Ilot une solide escadre de cuirassés à moteur Diesel, sera pour un . temps la maîtresse des mers.
- Automobiles. — Constatons une petite révolution assez curieuse : le moteur sans-soupape ou moteur à tiroir (Voy. N° 1949, 1er octobre 1910) se répand rapidement ; on sait que les grands moteurs à gaz ont définitivement abandonné le tiroir, trop délicat, que la machine à vapeur elle-même arrive à la distribution par soupapes; par une réaction singulière en apparence, le moteur d’automobile suit la voie inverse : réaction sans doute momentanée ; nous verrons fort probablement les constructeurs des moteurs à soupapes se mettre enfin à l’étude rationnelle et mécanique de la soupape, et de nouveaux progrès en résulteront pour le moteur d’automobile qui sommeillait un peu depuis quelque temps.
- La pompe Humphrey. — La puissance duc à l’explosion des mélanges gazeux a trouvé une remarquable et nouvelle application dans la pompe Humphrey (Voy. Nature, N° 1925, 16 avril 1910), la pression des gaz y agit directement sur la masse d’eau à soulever, et cette eau constitue elle-même le volant nécessaire à ce moteur d’un nouveau genre.
- R. Bonjsin.
- Coufe d’un cylindre du moteur sans soupape Knighl.
- L’ÉLECTRICITÉ
- La « fée moderne » a beaucoup fait parler d’elle en 1910; les inondations à Paris et dans bien d’autres centres, Font frappée d’accès de paralysie partielle dont le public a douloureusement ressenti les effets : ces défaillances ont révélé aux moins avertis la place importante que le courant électrique sous toutes ses formes a conquise dans la vie économique et sociale de notre temps.
- Le courant électrique jouit de deux propriétés fondamentales qui dominent toute l’histoire de son expansion : transmission facile, et à très grande portée grâce à la haute tension ; souplesse merveilleuse qui lui permet de prendre à volonté les formes les plus diverses, motrice, lumineuse, calorifiqueou chimique. A la première de ces qualités, l’électricité doit ses prix de vente économiques, à la seconde la variété de ses applications chaque jour plus nombreuses, deux
- éléments qui sans cesse réagissent l’un sur l’autre et font la prospérité de l’industrie électrique.
- Le schéma simplifié et bien connu de l’industrie électrique est le suivant : une station centrale, empruntant son énergie soit à une chute d’eau, soit à la combustion du charbon ou de tout autre combustible, produit le courant et le répartit, par un réseau de canalisations aériennes ou souterraines, sur toute une région plus ou moins étendue où chacun l’emploie à Une lio.ne élec_ sa guise. trique pour
- La caractéristique de l’industrie transport de force électrique en 1910 a été la concen- a 100 000 vo//i' tration : augmentation du rayon d’action des stations centrales, et, par suite, diminution de leur nombre,
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- L’ÉLECTRJCITÉ
- ' L'usine hydro-électrique de Tui-lière sur la Dordogne (24 000 chevaux; tension de départ :
- 55000 volts).
- augmentation considérable de la puissance individuelle des stations qui subsistent.
- Une seule centrale puissante et géographiquement bien placée sur une belle chute d’eau ou à proximité du combustible, suffit aujourd’hui à de très vastes régions et fait disparaître toutes les petites usines électriques réparties dans le pays.
- La portée d’un transport de force dépend presque
- uniquement de la tension du courant. Aussi voyons-nous a pparaître aux Éta ts-Unis sur câbles aériens les tensions de 135 000 volts (usines des chutes de Cook. Même en Europe, où la densité de la populalion réduit le rayon des réseaux, les tensions supérieures à 100000 volts s’implantent (station de Grôba en Saxe). On peut atteindre aujourd’hui des portées de 200 à 300 kilomètres. Rappelons que voici 10 ans à peine, les distributions à 10 000 volts étaient tenues pour des tours de force et d’audace.
- Où s’arrêtera-t-on dans cette voie? Il semble bien que l’électricité atmosphérique, élément encore mystérieux, mais dont les effets sont parfois terribles, impose une limite à nos ambitions. La protection des réseaux aériens reste la question à l’ordre du jour. Elle est loin d’être résolue. Les canalisations souterraines, malgré les difficultés d’isolement inhérentes aux hautes tensions, suivent l’exemple des lignes aériennes ; on a réussi à faire des câbles souterrains à 35000 volts, essayés à 105 000 volts, et l’industrie n’a pas dit son dernier mot.
- En même temps que la portée des centrales s’agrandit et que leur clientèle s’accroît, les machines qu’elles emploient, turbines, alternateurs
- deviennent plus puissantes! la tendance actuelle du matériel électrique est le grandiose ; l’année 1910 a vu réaliser des unités formidables de 50 000 chevaux (usines d’électricité de Chicago).
- La concentration a dû s’effectuer également dans "le domaine de la construction des machines, et à cet égard, après une lutte très vive où notre pays n’a pris qu’une part assez effacée, nous assistons au triomphe des États-Unis, et en Europe de l’Allemagne, qui ont trusté la construction électrique en l’organisant à la façon d’une immense armée. L’Allemagne aujourd’hui ne compte plus que 5 grandes maisons d’électricité, mais d’une puissance gigantesque : parmi elles, la célèbre A. E. G. en 1910
- Un turto-alternaleur de 10000 chevaux (système Brown-Boveri. Usine d’électricité d’Essen.)
- occupe un personnel de 45 000 ouvriers et employés, son capital va être porté à 120 millions de marks.
- Les prix de vente de l’électricité baissent progressivement et par suite les applications se multiplient : développement de l’éclairage électrique, grâce aux lampes à incandescence au tungstène, à faible consommation ; développement de la force motrice électrique, commode et peu encombrante, dans les ateliers de mécanique, les tissages, les imprimeries et la petite industrie.
- L’emploi de la force motrice électrique pour la traction des chemins de fer paraît également s’être développé; la grande difficulté réside dans l’utilisation de courants à haute tension sur les locomotives ; aucun système ne s’est encore affirmé d’une façon définitive : la lutte reste vive entre partisans du courant monophasé et partisans du triphasé. On a des tendances à venir au courant continu à haute tension. Quoi qu’il en soit, en France, la Compagnie du Midi qui a décidé d’électrifier une partie de son réseau et de profiter ainsi des ressources en houille blanche du massif pyrénéen, procède à de nombreux essais. Les chemins de fer suédois, qui vont desservir les mines de fer de Laponie seront aussi électriques.
- En même temps que se précisait l’évolution générale dont nous venons d’esquisser les grands traits, l’électricité en 1910 nous réservait de remarquables progrès dans certaines branches : l’éclairage, l’élec-trométallurgie, les télécommunications sans fil.
- Éclairage. — Grand progrès dans les lampes à vapeur de mercure : la lampe à tube de quartz réalise une nouvelle économie sur les modèles antérieurs à tube de verre, de consommation déjà faible.
- Et voici que M. Claude nous révèle sa lampe au néon. C’est un tube de Geissler rempli de néon : il donne pour une dépense de 0,9 watt par bougie, une lumière rouge agréable à l’œil.
- Électrométallurgie. — C’est surtout la fabrication électrique de l’acier et du fer qui a fait cette année de grands progrès. L’Exposition de Bruxelles a révélé dans cette branche une activité et une perfection technique que l’on n’aurait pas osé soupçonner.
- L’acier fabriqué au four électrique se caractérise par une absence presque complète de scories et de gaz ; d’où grande malléabilité à chaud et grande résistance au choc. Les matières premières mises en œuvre par le four électrique sont les fers de mauvaise qualité et impurs, riblons, ferrailles ; elles se transforment en acier égal aux meilleurs aciers au creuset. La grande fabrique d’acier au creuset de Remscheid en Allemagne, s’est intégralement convertie en aciérie électrique. Le four électrique remplace également le four Martin pour certains aciers fins. M. Girod à Ugine, les forges d’Allevard, fabriquent au four électrique des obus pour la marine.
- On fait aujourd’iiui avec l’acier électrique de magnifiques moulages sans boursouflure, ni porosité.
- Dans le monde entier il existe près de 120 fours dont la capacité varie de 5 à 15 et même 20 tonnes.
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- On a commencé par employer des fours électriques à revêtements basiques ; on a essayé cette année des revêtements acides qui semblent assurer une désoxydation encore plus parfaite.
- On va plus loin encore : aux Etats-Unis, on commence à raffiner le métal Thomas, dans des fours aussi grands que les cornues ; on peut obtenir ainsi une grande masse de rails, bandages, essieux, ressorts dont la qualité compense le coût plus élevé. Le four électrique donnera peut-être une nouvelle vitalité au procédé Thomas qui en ce moment décline rapidement au profit de l’acier Martin.
- Les Suédois à Domnwarfnet mettent au point la fabrication électrique et directe de la fonte à partir du minerai. M. Arnou fait aux usines de Giffre des essais qui lui ont donné du fer aussi pur que le fer de Suède, en partant du minerai et non de la fonte. Les conséquences économiques des travaux de ce genre peuvent être considérables ; les pays riches en minerai et en chutes d’eau, malgré l’absence du charbon, accéderont à la grande industrie métallurgique.
- Télécommunications sans fil. — L’année 1910 a apporté dans ce domaine, à la fois des événements et des travaux importants.
- En téléphonie sans fil MM. Jeance et Collin ont continué leurs intéressantes expériences, mais la mise au point pratique n’est pas encore achevée.
- En télégraphie sans fil, le système d’émission dit à étincelles rares employé jusque-là, et qui avait l’inconvénient d’être intluencé par les phénomènes électro-magnétiques naturels, a été détrôné par des systèmes d’émission donnant dans les téléphones récepteurs des sons musicaux.
- L’emploi des émissions musicales a conduit à la recherche des alternaleurs à fréquence élevée : l’alternateur dit à résonance J. Bethenod (V. n° du 25 juin 1910) a la propriété de conserver, pour une fréquence variant de 500 à 2000, des caractéristiques aussi avantageuses que celles d’une machine de mêmes dimensions donnant 50 à 60 périodes par seconde. Le C‘ Ferrié a découvert que cet alternateur présentait en outre l’intérêt de permettre la manipulation sur le courant d’excitation qui est toujours faible, tandis que jusqu’ici la manipulation se faisait sur un courant de haute tension, ce qui présentait du danger et de sérieuses difficultés dans les stations puissantes.
- Cette invention a permis aussi de décider le Gou-Arernement français à installer la télégraphie sans fil dans des pays tropicaux où jusqu’ici tous essais de radiotélégraphie avaient échoué par suite des perturbations électriques naturelles. Ainsi, au Congo, où l’on avait dû précédemment renoncer à établir des stations, deux stations sont actuellement en construction à Loango et Brazzaville.
- Signalons aux Etats-Unis l’apparition d’un alternateur à 100000 périodes (Voy. n° 1960, 18 décembre 1910). Une telle machine, réellement au point, permettrait l’émission de signaux hertziens,
- même à grande portée, avec une dépense d’énergie très minime.
- Le problème de la direction des ondes est l’objet d’intéressantes recherches de la part de MM. Tosi et Bellini, mais il n’y a pas encore d’applications pratiques suivies, ce système gardant de nombreux inconvénients, par exemple celui d’être en défaut dès qu’il se produit une asymétrie quelconque dans la constitution des appareils, soit par usure, soit par dérangement accidentel, tel qu’une tache de graisse ou une détérioration en un des nombreux contacts.
- Pour la première fois, la Télégraphie sans fil a été installée en France sur un ballon dirigeable Le Clément-Bayard évoluant entre Grandvilliers et Paris, et autour de Grandvilliers s’est tenu constamment en relations avec Paris et le quartier général de Grandvilliers. L’invention, « grâce à laquelle cette station extrêmement légère (60 kilos), a pu correspondre chaque jour à plus de 100 kilomètres de distance sur terre », est un vibrateur de M; J. Bethenod de fréquence élevée. La station a été installée et.ma-nœuvrée à bord par le G1 Ferrié et le capitaine Brenot.
- La station de la Tour Eiffel, à peine transportée dans les locaux souterrains bétonnés du Champ de Mars, a été gravement détériorée en janvier 1910 par l’inondation. En moins de deux mois tout a été remis en état, grâce à l’activité de MM. Ferrié, Fracques et Brenot. On installe actuellement de puissants appareils qui permettront de mettre en jeu une énergie très supérieure à celle qui fut utilisée jusqu’ici dans notre grande station militaire. Le projet prévoit une puissance de 100 chevaux, tandis que la puissance actuelle n’est que de 15 chevaux. L’émission musicale va aussi être installée au poste de la Tour Eiffel.
- À partir du 1er juillet 1911, tout navire Appareil récepteur de T. S. F.
- , . , j t-n pour dirigeable.
- portant plus de 50 passagers ne pourra sortir d’un port des États-Unis ou de l’Argentine que s’il est muni de la Télégraphie sans fil.
- Une telle loi est en préparation au Parlement français, avec l’obligation pour les compagnies de navigation concessionnaires des services postaux d’employer du matériel de système français, mesures d’autant plus justifiées que notre industrie nationale est aujourd’hui au premier rang pour la télégraphie sans fil.
- Un four électrique à Remscheid.
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- LA GÉOLOGIE ET L’INDUSTRIE MINIÈRE
- Au milieu de très nombreux travaux, nous ne retiendrons, dans le domaine scientifique touchant déjà à l’industrie, que la réalisation par M. Verneuil, de la synthèse du saphir en obtenant la coloration bleue tant cherchée par du ferro-titane (Y. n° 1858, p. 75). M. Termier a donné une interprétation toute nou-
- Une explosion de poussière dans la galerie d’essai de Liévin.
- velle de la tectonique de F île d’Elbe (Y. n° 1883, p. 62). M. Gentil a poursuivi ses études sur le Maroc. M. Lacroix a achevé l’ouvrage monumental consacré par lui à la Minéralogie de la France et de ses colonies.
- Une monographie capitale a été publiée par le Congrès géologique de Stockholm, donnant les ressources en minerais de fer de tous les pays du monde et, pour beaucoup d’entre eux, décrivant à cette occasion leurs gisements avec un grand luxe de détails. Les gisements déminerai de fer complètement connus contiennent 22 milliards de tonnes de minerai capables de fournir 10 milliards de tonnes, et, au train actuel de la production, nous avons déjà de ce côté pour 200 ans de fer devant nous. Mais il y a d’autres gisements, encore mal inventoriés dont la richesse est évaluée à 125 milliards de tonnes de minerai, capables de fournir 55 milliards de fer. Il y a tous les minerais à teneur trop faible pour être actuellement inutilisables. Il y a enfin les pays inexplorés où le fer existe certainement. L’humanité ne manquera donc pas de fer d’ici bien longtemps. Ce Congrès géologique de Stockholm a été, en même temps, l’occasion de toute une série de publications sur la géologie de la Suède, de la Norvège et du Spitzberg.
- Dans la technique de l’industrie minière, le progrès le plus remarquable a été réalisé par les belles expériences de M. Taffanel à Liévin qui ont fourni le moyen pratique de parer aux épouvantables catastrophes causées par l’inflammation'des poussières de houille (Y. n°1958,16 juil. 1910). Le procédé consiste à arrêter la propagation des flammes par des arrêts-barrages de poussières incombustibles obtenus en déposant les poussières sur des planchettes disposées transversalement dans la partie supérieure de la galerie.
- Dans l’industrie minière française, l’attention a été surtout attirée par le développement, peut-être un peu excessif, des exploitations aurifères.
- Quelques succès dont il a été rendu compte ici (V.n°1897, 2oct. 1909) ont suscité de tous côtés des recherches. En revanche, la mise en valeur du bassin houiller lorrain et celle du grand gisement de fer de l’Ouenza sont paralysées par des interventions parlementaires. Peut-être est-il intéressant de signaler, à ce propos, l’infiltration croissante des sociétés françaises dans les charbonnages allemands de Westphalie : mouvement qui compense l’immixtion des Allemands dans nos mines de fer de Lorraine. L’un et l’autre sont également naturels et logiques. La France possède, pour ses besoins, beaucoup trop de minerai de fer et pas assez de houille. 11 est tout simple qu’elle vende le fer pour acheter la houille.
- A l’étranger, le mouvement minier s’est surtout dirigé sur le Canada et le Mexique qui constituent le prolongement industriel des Etats-Unis et vers lesquels se portent, en conséquence, les efforts des Américains du Nord, qui commencent à se sentir à l’étroit dans leur immense pays. Le district de cobalt au Canada produit maintenant plus du dixième de l’argent du monde et la totalité du Cobalt, ayant complètement annihilé la concurrence de la Nouvelle-Calédonie qui avait autrefois le monopole de ce dernier métal. Le même mouvement vers les pays neufs se manifeste également dans l’Amérique du Sud et, pour le continent Africain, dans la-
- Un convoyeur rotatif au travail dans une tranchée.
- Rhodésia et le Congo Belge, dont les mines du Katanga sont depuis le 1er octobre reliées par chemin de fer à la côte. À Madagascar, on a trouvé un petit champ aurifère intéressant à Andavakoera (V. n° 1929, 4 mai 1910). En Sibérie, les capitaux anglais ont activé l’exploitation des placers. Enfin une campagne de spéculation s’est portée sur le nouveau district pétrolifère de Maikop au Caucase (Y. n° 1905, 27 nov. 1009), bientôt ralentie par la lutte entre les deux grands trusts du pétrole.
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- LA MÉTALLURGIE
- Les laboratoires du monde entier ont poursuivi de délicates et importantes recherches sur la constitution des aciers, et les propriétés des alliages. Mais nous ne pouvons entreprendre d’en résumer ici les résultats très spéciaux.
- Toutes les industries ont à se préoccuper de l’économie du combustible : aucune n’en fait une consommation plus considérable que l’industrie sidérurgique : elle a déjà réalisé de très grandes économies par l’emploi judicieux du gaz de hauts fourneaux comme source de force motrice dans des moteurs à gaz pauvre. Les usines métallurgiques d’Ougrée-Marihaye inaugurent un nouveau procédé dû à M. G. Claude et qui paraît appelé à un grand avenir. Il consiste à insuffler dans les fours ou hauts fourneaux, au lieu d’air ordinaire, de l’air enrichi en oxygène. On obtient ainsi une plus haute température de combustion, donc un meilleur rendement calorifique, et, dans le cas particulier du haut fourneau, on évite de chauffer une masse considérable d’azote (l’air en contient en poids 77 pour 100), masse qui ne sert à rien et emporte au dehors, dans les gaz d’échappement, un chiffre considérable de calories irrémédiablement perdues. L’oxygène em-
- ployé par M. Claude est obtenu par distillation fractionnée de l’air liquide dans un appareil produisant 50 m3 à l’heure.
- Un autre procédé visant, lui aussi, à l’économie se répand peu à peu, c’est celui qui consiste à dessécher l’air insufflé dans les hauts fourneaux ; la dessiccation assurerait un gain de 10 pour 100; on y procède par réfrigération (procédé Gayley) ou par absorption de la vapeur d’eau sur le chlorure de calcium (procédé Daubiné et Roy).
- La question des maladies contagieuses des métaux n’est pas neuve; mais on peut dire qu’elle a été révélée en 1910 au grand public français, dans la magistrale conférence faite à la Sorbonne par un savant hollandais, M. Cohen (n° 1935,11 juin 1910).
- Le' coupage des métaux au chalumeau oxhydrique et la soudure autogène ont pris cette année une nouvelle extension. M. A. Le Châtelier a pris l’initiative hardie, d’aucuns l’ont qualifiée d’imprudente, d’utiliser la soudure autogène pour la réparation des chaudières marines. On peut ainsi faire en quelques heures les réparations qui autrefois immobilisaient des navires au bassin pendant de longs jours.
- LES INDUSTRIES DU FROID
- Signalons tout d’abord dans ce domaine les progrès de l’air liquide. Non pas que ses applications se soient développées, mais de ce liquide il est facile aujourd’hui de séparer à l’état de pureté presque absolue par distillation fractionnée (procédés Claude, Linde, Levy, etc.), l’oxygène et l’azote. Ces deux produits ont chacun une valeur marchande et un vaste champ d’application. Nous montrons par ailleurs l’emploi que la métallurgie commence à faire de l’oxygène ainsi préparé. L’azote pur est nécessaire dans la fabrication de la cyanamide, engrais azoté obtenu par fixation de l’azote sur le carbure de calcium.
- On monte actuellement dans une usine italienne de cyanamide des appareils Claude qui fourniront cet azote.
- Nous avons vu réaliser la mise au point définitive d’une très ingénieuse machine, la machine frigorifique à eau de M. Maurice Leblanc (n°1934,18 juin 1910). Elle utilise l’absorption de chaleur considérable que produit l’ébullition de l’eau sous pression réduite. Pour réaliser le vide nécessaire, ou, ce qui revient au
- Machine Claude à oxygène.
- même, pour évacue ravec la rapidité voulue la vapeur formée, M. Leblanc emploie un éjecteur à jet de vapeur vive, qui entraîne vers un condenseur la vapeur produite dans le récipient frigorifique.
- Les applications du froid se développent assez lentement en France ; il semble cependant que notre pays veuille sortir de sa torpeur à cet égard ; il commence à sentir le bénéfice que l’agriculture, le commerce des denrées alimentaires, viandes, fruits, beurre, légumes, celui de fleurs, peuvent tirer de l’emploi bien compris du froid. L’association française du froid a créé à Ghâteaurenard une station expérimentale où l’on étudiera les divers problèmes que peut poser l’application du froid à la conservation et au transport des produits agricoles.
- Notons également des essais entrepris par la marine française pour le refroidissement des soutes à munitions.
- La machine frigorifique Leblanc (installée aux mines de Béthune).
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- LES CHEMINS DE FER
- Augmentation croissante du poids des trains de voyageurs et de marchandises. On fait aujourd’hui des trains de voyageurs de 400 tonnes, sans compter machine et tender. On dispose de wagons de marchandises de 40, 50, et même 60 tonnes.
- Nous avons vu précédemment les améliorations apportées aux locomotives. La traction des trains de 400 tonnes, aux vitesses de 90 à 100 km à l’heure sur profils modérés se fait actuellement, pour les réseaux européens, avec des locomotives type Pacific (3 essieux couplés, bogie à l’avant, essieu porteur à l’arrière), pesant en moyenne 70 t. sans le tender.
- Pour traîner les pesants trains de marchandises actuels, il a fallu augmenter le poids adhérent des locomotives ; le nombre des essieux couplés ne dépassait pas 4 autrefois. Actuellement, il est porté à 5,
- Wagon en acier, pouvant contenir 5o tonnes de houille.
- avec la disposition Golsdorf permettant leur orientation dans les courbes. Peut-être sera-t-on amené aux machines à 6 essieux couplés et sur certains réseaux, au type articulé Mallet.
- La Compagnie du Nord a mis en essais une locomotive à chaudière en partie aquatubulaire, à rapide mise en pression assez analogue aux chaudières marines.
- On a continué en Angleterre les essais pratiques du monorail gyroscopique Brennan. Permettre à un convoi de circuler à grande vitesse sur un rail unique, constituerait un progrès énorme et évident en matière de chemins de fer. Les frais d’établissement des voies seraient énormément diminués. Les essais du Monorail Brennan. système Brennan ont paru
- satisfaisants. Cependant aucune application d'ordre pratique ne peut être jusqu’ici signalée.
- LES TRAVAUX PUBLICS
- Le béton armé. — L’emploi du béton armé dans tous les domaines de la construction, et en particulier dans les travaux publics, se répand avec une surprenante rapidité. On sait que le béton armé ou le ciment armé possèdent réunies deux qualités précieuses : grande résistance à l’extension, grande résistance à la compression. Cette propriété fait de ces substances les matériaux les plus économiques que nous possédions. Les ouvrages en béton ou ciment armé offrent une supériorité sur les ouvrages purement métalliques ; ils ne donnent pas prise à l’oxydation, tandis que les constructions en fer ne peuvent se défendre contre la rouille que par des couches de peinture répétées à fréquents intervalles, et, par suiie, fort coûteuses. Le phénomène de la rouille est, du reste, si complexe que, malgré des recherches de longue haleine, méthodiques et fort ingénieuses poursuivies en Allemagne au Laboratoire de Charlottenbourg, aux Aats-Unis par M. Cushman, on n’est pas encore arrivé à en préciser les conditions. Rien d’étonnant que l’on n’ait pas réussi à trouver contre elle le remède vraiment spécifique ; les meilleures peintures ne sont qu’un palliatif. M.;Rabut a proposé, pour défendre les ouvrages métalliques contre la destruction spontanée qui les menace, l’én-robement dans du ciment.
- L’un des faits qui caractérisent le mieux la faveur actuelle du ciment armé est son emploi de plus en plus f réquent pour la construction de ponts ; il permet d’édifier des ouvrages d’une remarquable légèreté
- d’aspect. Citons, parmi ceux achevés cette année, le pont à poutres droites construit par les chemins de fer de l’Etat sur la ligne de Serqueux.
- Un type intéressant et original est celui des arcs en béton armé à trois semi-articulations. La première application en a été faite avec plein succès en 1907 pour la couverture du bassin du Temple, à Paris (canal Saint-Martin). Plusieurs ponts du même genre sont actuellement soit terminés, soit en construction. M. Boussiron a achevé en 1910 le pont d’Amélie-les-Bains (41 m. de portée). Signalons encore le pont de Carnon, sur le canal du Midi, le pont Notre-Dame-de-l’Ile sur la Seine.
- L’année 1910 a vu s’achever et résister à des essais très durs, les consoles en béton armé de la tranchée des Batignolles (élargissement du goulot de la gare Saint-Lazare (Y. n° 1906, 4 décembre 1909). Les encorbellements, particulièrement audacieux, dus à M. Rabut, ont 7 mètres de portée, ils sont supportés par un mur de soutènement d’une disposition nouvelle.
- Ponts métalliques. — Il nous faut rappeler le pont suspendu rigide, d’un type nouveau, appliqué en grand récemment sur le chemin de fer de Bourg-Madame àVillefranche (Y. n°1903, J3nov. 1909).On n’a . pas oublié la mort tragique de l’invenleur, le commandant Gisclard, dans l’accident de chemin de fer, survenu lors des essais de la voie. Le type de pont créé par lui semble appelé à un brillant avenir.
- Ponts en maçonnerie. — Un fait important à signaler : le développement du type de pont étudié
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- L’ART MILITAIRE
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- par M. Séjourné et appliqué par lui pour la première fois au pont de Luxembourg : deux anneaux
- parallèles supportent un tablier en béton armé; tympans é vidés.
- On termine actuellement deux ponts de ce genre : le pont des Amidonniers à Toulouse, et le pont de Constantine sur le Rummel (V- n° 1958, 3 décembre 1910). Le pont de Walnut-Lane aux Etats-Unis est du même type.
- Les grands travaux. — L’année 1910 a vu s’achever à Paris deux importantes lignes souterraines, le Nord-Sud de Yaugirard à la place Clichy, le Métropolitain de la Villette à l’Opéra. La station de la place de l’Opéra Constitue un remarquable travail à tous égards (Y. n° 1920,12 mars 1910). C’est un immense bloc de béton formant monolithe et traversé par
- S oignes superposées.
- Le développement général du trafic mondial, l’accroissement de tonnages des navires exigent des modifications considérables dans la plupart de nos ports. Le Parlement a voté d’importants crédits pour la mise en état du port de Bordeaux. De grands travaux sont commencés
- au Havre, à Marseille. D’autres s’achèvent à Alger, Oran, Dunkerque, Nantes.
- Après l’inondation qui a si cruellement frappé Paris en janvier 1910, la Commission, présidée par M. Picard, a arrêté un grand programme de travaux, mais qui n’a pas encore été ratifié parle Parlement; il comporte la réfection d’un certain nombre de ponts et de quais, à Paris, des modifications aux barrages de la Seine en avant de Paris, la création d’un canal de dérivation contournant Paris.
- Une campagne de presse est menée actuellement en faveur de Paris port de mer, idée fort ancienne qui a fait à maintes reprises l’objet d’études approfondies, dont les plus récentes sont celles de M. Bouquet de la Grye ; il proposait l’approfondissement du lit de la Seine à 6 m. 20 de profondeur et Canal de Panama. -
- 35 mètres de largeur au Construction des
- i p n • écluses de Gatun.
- plaiond; il faudrait aujourd’hui 7 m. 20 de profondeur. 11 faudrait surtout que la voie d’eau ainsi créée puisse se raccorder au réseau des voies navigables de l’Europe centrale.
- Les travaux des voies transpyrénéennes de Bedous à Canfranc (Somport), et d’Ax-les-Thermes à Bipoll se poursuivent, on travaille aux tunnels.
- Le creusement du canal de Panama (V. n° 1950, 21 mai 1910) avance rapidement, et l’on prévoit pour 1914 l’achèvement de cette œuvre gigantesque.
- La station souterraine du Nord-Sud, gare Saint-Lazare.
- L’ART MILITAIRE
- L’aviation, ainsi que nous l’avons exposé plus haut, a fait cette année ses débuts militaires. Elle
- rendra de grands services. Organe d’exploration rapide et à grand rayon, elle peut un jour révolutionner les conditions de la guerre. Mais nous n’en sommes pas encore là : dans l’état actuel de l’industrie
- aérienne, on ne peut encore compter avec certitude sur l’aéroplane; c’est un auxiliaire précieux, mais qui peut faire défaut au moment critique. La guerre moderne mobilise toutes les ressources d’un pays ; il est donc indispensable que les armées sachent tirer parti de tous les moyens d’action créés par la science ou l’industrie ;
- Canon Krupp de 71 mjm pour tir contre les aéroplanes, sur affût automobile.
- U11 phare automobile-atix grandes manœuvres.
- chaque année marque un progrès dans ce sens. En France, la mobilisation des automobiles en temps de guerre a été décidée et organisée. On a continué . les études sur l’emploi des camions automobiles.
- Le Ministère de la Guerre a continué à suivre avec un vif intérêt le concours des poids
- lourds, et un certain nombre de camions ont été utilisés aux dernières manœuvres.
- Notons aussi des essais de mitrailleuses et canons montés sur automobiles pour donner la chasse aux dirigeables et aéroplanes (Yov. n° 1932, 4 juin 1910).
- Canon Krupp de 65 pour tir contre les ballons, sur affût à roues, transporté par automobile.
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- LA MARINE
- Événements. — Nous laisserons de côté des événements fort importants, mais d’ordre purement militaire comme les grandes manœuvres navales de la Méditerranée. Nous avons à rappeler, tout d’abord, les malheurs et les deuils qui cette année encore ont frappé notre marine : Echouage du Château-Renaut sur les côtes du Maroc, du croiseur Renan à Bizerte ; la perte totale du sous-marin Pluviôse à Calais en 1910. La gravité des accidents établit une parenté de plus entre la navigation aérienne et la sous-ma-rine. Pour l’une et l’autre, les inventeurs se sont mis fiévreusement à l’œuvre et l’on travaille ferme la question de sécurité. Pour les sous-marins un concours doté de 100 000 francs de prix a été récemment ouvert par le ministre de la Marine.
- A côté de ces tristes événements, nous en avons à citer d’autres plus réconfortants, les beaux raids de plusieurs de nos sous-marins, le dépôt par le ministre de la Marine d’un projet de loi portant constitution de notre flotte comme suit : 28 cuirassés, 10 éclaireurs, 10 navires pour campagnes lointaines, 94 sous-marins, 52 torpilleurs de haute mer.
- Progrès et changements dans le matériel. — Progrès notables dans l’emploi des torpilles automobiles, portée 6400 m., vitesse 40 nœuds, charge 113 kg d’explosif. Adoption définitive du type submersible. Augmentation continue de leur tonnage. Sirène : 106 tonneaux, Pluviôse : 450 tonneaux, Archimède : 800 tonneaux.
- Progrès dans la T. S. F. et la téléphonie sans fil. Etude et expérience à Cherbourg pour le renflouage des sous-marins coulés par l’air comprimé. Condamnation et vente de très nombreux navires de toutes catégories, considérés comme hors d’usage. Mise en chantiers à Brest et Lorient de deux cuirassés de 25500 tonneaux,
- Jean-Rart et Courbet.
- Essais du premier cuirassé à turbines Voltaire, à La Seyne. La série des 6 cuirassés type Danton (18 000 tonnes) est prête pour les essais. -—Etudes,, d’un canon de 540 mil-
- limètres pour les gros navires. — Construction de grands bassins de radoub à Lorient, Toulon, Brest. Projet de freins d’arrêts pour les navires. — De toutes parts on étudie l’utilisation du moteur à pétrole lourd, question capitale exposée par ailleurs (Diesel) — La chauffe au pétrole revient en faveur.— On continue des essais de conduite de torpilles par les ondes hertziennes. De nouvelles torpilles de blocus apparaissent et des navires spéciaux sont aménagés pour les mouiller rapidement. De nouvelles torpilles de fond sont adoptées.
- A l'Étranger. —L’Angleterre et l’Allemagne continuent leur course au clocher pour la suprématie navale. La dernière marche d’un pas rapide et sûr à l’achèvement de son programme naval qui lui donnera dans quelques années 57 grands cuirassés, 11 grands croiseurs, 58 éclaireurs, 116 destroyers. L’Angleterre répond en maintenant le tivo powers Standard qui lui permet de tenir tête aux deux plus fortes marines réunies. Elle pense cependant à remplacer ce système par celui du two keels to one, en vertu duquel elle mettrait en chantiers deux navires pour un que construirait l’Allemagne.
- Les nations du Sud Amérique, Brésil, Argentine, Chili entrent dans la carrière maritime ou la poursuivent en faisant construire des cuirassés monstres : Brésil, 5 cuirassés de 20000 tonneaux; Chili, 2 cuirassés de 22 500 tonneaux ; République Argentine, 2 cuirassés de 25000 tonneaux.
- Toutes les autres nations, États-Unis, Autriche, Italie, augmentent à l’envi leur flotte. La Russie reconstitue lentement la sienne. Elle a 4 grands cuirassés en achèvement. L’Espagne elle-même en a mis 5 en chantiers. Le Japon, ayant digéré
- les prises faites à la flotte russe, maintient sa puissance navale au niveau, d’ailleurs relativement restreint, qu’autorise sa situation àl’autre bout du monde, loin de toutes atteintes.
- Sauvaire-Jourdan.
- L’AÉRONAUTIQUE
- Le domaine aérien a été en 1910 l’un de ceux où les activités scientifiques, industrielles ou sportives se sont donné le plus librement carrière. L’année 1910 restera marquée par le souvenir d’exploits merveilleux; elle aura inauguré l’ère des applications pratiques pour l’aéroplane devenu un précieux auxiliaire des armées modernes, elle laisse aussi derrière elle, hélas ! bien des deuils douloureux.
- La navigation aérienne par « plus lourd que l’air » a accaparé l’attention générale et le meilleur des efforts des chercheurs. Ne crions pas trop vite, cepen-pant, à-la disparition du « plus léger que l’air » qui a donné, en 1910, des preuves réelles de vitalité.
- Aviation. — Les pilotes. Les records. — Quand on passe en revue les événements aéronautiques de l’année écoulée, on est frappé tout d’abord par les
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- L’AÉRONAUTIQUE . • . ::=rrz 135
- progrès extraordinairement rapides de toutes les performances d’aviation : durée, vitesse, hauteur, voyages à deux et trois passagers. De ces magnifiques résultats, on ne peut faire hommage aux seuls perfectionnements techniques, si sérieux soient-ils. Il faut faire intervenir en première ligne la science et le courage des pilotes.
- La France est devenue en quelques mois une extraordinaire pépinière de pilotes : l’Aéro-Club a délivré en 1910 plus de 250 brevets, et l’on compte actuellement tout près de 500 élèves, répartis dans ces écoles d’aviation qui ont surgi un peu dans toutes les régions de la France. Cette excellente organisation de l’apprentissage aérien a permis de mettre en ligne, en quelques mois, une petite armée d’aviateurs éprouvés. Les prix alléchants dont la générosité publique ou privée, en France surtout, a doté d’innombrables épreuves, expliquent aussi la multiplication et l’ardeur des aviateurs.
- Le total des sommes distribuées d’août 1909 à septembre 1910, dépasse 3 200000 francs, sans compter les indemnités souvent considérables payées aux aviateurs par les comités des meetings. Certains champions ont touché de véritables fortunes.
- L’année 1910 se termine avec les records suivants :
- Vitesse : Morane, 105 km à l’heure (1909, Blé-riot, 77 km). Graham White sur Blériot (coupe Gordon Bennett) parcourt 100 km en lh lm 4S.
- Durée et distance : Tabuteau le . 50 décembre sur biplan M. Farman : 584,500 km en 7h 42m (1909, H. Farman, 252 km en 41’ 17m).
- Hauteur : Hoxsey à Los-Angeles, 5474 m. (1909, Latham, 455 m.).
- Voyage sans escale : Lieutenant Camerman, avec un passager (237 km).
- Rappelons aussi quelques-uns des plus brillants exploits de l’année, et mettons au premier rang la traversée des Alpes parChavez, le 25 septembre 1910, inoubliable prouesse, mais payée trop cher par la mort du héros. Il faut citer ensuite le voyage de Dubonnet, le 5 avril, de Juvisy à la Ferté-Saint-Aubin (monoplan Tellier, 105 km, prix de La Nature), inaugurant les grands parcours à itinéraire fixe; puis le raid de Paulhan (Londres-Manchester, biplan Farman 27-28 avril, 298 km) ; les performances du meeting de Reims ; le circuit de l’Est, du 7 au 17 août, dont Leblanc sur monoplan Blériot termine victorieusement les 7 étapes, suivi par Aubrun et accompagné par plusieurs aviateurs militaires dont cette épreuve met en valeur l’expérience et l’endurance; le. meeting de Deauville; le voyage de Bielovucie, de Paris à Bordeaux, du 1er au 5 septembre (540 km sur biplan Voisin) ; le voyage
- de Wynmalen, avec un passager, de Paris à Bruxelles et retour en moins de 50 heures (540 km), les 17 et 18 octobre, etc.
- Si les records ont atteint des chiffres inespérés, le nombre des accidents, par contre, a dépassé tout ce que l’on pouvait redouter : 29 aviateurs ont trouvé la mort en 1910. Voici les noms de ces braves :
- Delagrange, le 4 janvier, à Bordeaux ; Le Blon, le 2 avril, à Saint-Sébastien; Hauvette-Michelin, le 15 mai 1910, à Lyon; Zosely, le 2 juin, à Buda-pesth ; Speyer, le 17 juin, à San Francisco; Robbl, le 17 juin, à Stettin; Wachter, le 5 juillet, à Bétheny ; Daniel Kinet, le 10 juillet, à Gand; Rolls, le 12 juillet, à Bourne-mouth ;: Nicolas Kinet, le 5 août, à Bruxelles ; Ch. Waldon, le 5 août, à Minola ; Haas, le 4 août, à Trêves ; le lieutenant italien Vivaldi, le 12 août; Van Masdyck, le 27 août, à Arnhem; Hamilton, le 10 septembre, à Sacramento; Poillot, le 25 septembre, à Chartres; Chavez, le
- 27 septembre, à Domo d’Ossola; Plochmann, le
- 28 septembre; Matsiewitch, le 8 octobre, à Saint-Pétersbourg; le capitaine Madiot, le 23 octobre, à Douai; Blanchard, le 25 octobre, à Issy-les-Moulineaux; le lieutenant allemand Mente, le 25 octobre, à Magdebourg; le lieutenant italien Saglietti, le 27 octobre 1910; R. Johnstone, le 17 novembre, à Denver (États-Unis) ; Cammarota et Castellani, le 5 décembre, à Lenticelle; Grâce, perdu dans la mer du Nord, le 22 décembre, Laffont et Pola à Issy-les-Moulineaux, le 28 décembre; le lieutenant de Cau-mont à Saint-Cyr, le 30 décembre; Moisant, à la Nouvelle-Orléans, le 51 décembre, Hoxsey le même jour à Los-Angeles.
- Les applications. — Pour l’instant, elles sont presque exclusivement d’ordre militaire. L’aéroplane s’est révélé comme un organe d’exploration et de reconnaissance, aussi précieux pour la guerre de siège que pour la guerre de campagne. La France, la première, a créé résolument une flotte d’aéroplanes de guerre; cette flotte constituée au début de 1910 a été augmentée de 30 unités au mois d’août, et s’accroîtra encore en 1911 ; un grand nombre d’officiers ont été exercés au maniement des appareils ; le circuit de l’Est, puis les grandes manœuvres de Picardie ont révélé leur valeur. Un grand concours d’aéroplanes militaires est institué en 1911 entre les constructeurs : les conditions imposées eussent paru pure chimère voici à peine 12 mois : leur teneur permet de juger des progrès accomplis! les appareils devront pouvoir porter 500 kg. au minimum (non compris l’essence et l’Jbuile) et pouvoir faire sans escale 300 km. à la vitesse minima de 60 km. à l’heure.
- La marine a également décidé d’utiliser les
- Les aéroplanes de l'année: A droite : Bréguet.
- A gauche : Paulhan.
- En bas :
- R. Esnaull-Pellerie.
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- aéroplanes et pris des mesures à cet effet.
- La Ligue aérienne a fait de vigoureux efforts pour préparer l’emploi de l’aéroplane aux colonies ; dans ces pays dépourvus de voies ferrées, ce pourrait être une précieuse ressource pour le service postal.
- Les progrès techniques. — Les appareils champions de 1910, Blériot,
- Farman, Antoinette, Sommer, Voisin,
- Wright, ressemblent singulièrement aux modèles de 1909. On aperçoit seulement pour certains d’entre eux quelques modifications dans les gouvernails ou les empennages. Et cependant tous ces appareils peuvent aujourd’hui porter 2, même 5 passagers, tenir l’air de longues heures, faire des vitesses de l’ordre de 100 km. à l’heure. C’est qù’il y a eu progrès dans l’utilisation des matériaux, pas de grandes modifications théoriques ; mais perfectionnements de détail, connaissance plus précise du rôle exact des divers organes, d’où construction plus parfaite. On en trouve un signe évident dans l’apparition de l’acier au lieu du bois pour constituer les carcasses d’aéroplanes (Voisin).
- Quelques appareils nouveaux venus et originaux ont brillamment affirmé leur valeur : le monoplan Nieuport, le biplan Bréguet à ailes élastiques, le biplan Goupy à plans déportés (ces appareils visent à réduire au minimum les résistances passives à l’avancement), monoplan R. Esnault-Pelterie.
- Le Salon nous a révélé un certain nombre d’appareils très intéressants théoriquement, mais qui ont encore à faire leurs preuves : la machine Paulhan à ailes souples, l’aéroplane marin Fabre, le Coanda et sa turbine remplaçant l’hélice.
- Un grand effort s’est porté sur les moteurs : l’aviation dispose aujourd’hui d’excellents moteurs, légers, puissants et durables : le Gnome, l’Antoinette, le Renaut, le Glerget.
- Le Salon a mis en évidence une foule de dispositifs nouveaux; l’année 1911 en fera un tri et nous montrera ceux qui ont une valeur pratique.
- Constructeurs et théoriciens ont longuement discuté sur la fréquence attristante des accidents : les causes, le plus souvent, n’ont pu être clairement discernées, pas plus que les moyens sûrs d’éviter le retour de pareilles catastrophes. Ce sera la tâche capitale de 1911 que d’éclaircir ces points délicats. Les difficultés de l’atterrissage augmentent chaque jour avec les vitesses croissantes des appareils ; peut-être verrons-nous réaliser l’aéroplane à voilure variable, donc à vitesse réglable.
- Les plus légersique l'air. — L’année n’a pas été très heureuse pour lés dirigeables. Les Zeppelin ont
- été de nouveau éprouvés (catastrophe du Deuts-chland, 18 juin). Aux manœuvres de Picardie, le Clément-Bayard a été plusieurs fois retenu au hangar par le vent, tandis que les aéroplanes évoluaient allègrement. Signalons cependant deux beaux voyages accomplis l’un par le Clément-Bayard, le 16 octobre, de La Motte-Breuil à Londres, l’autre par leMorning-Post (aéronef de 10000 m3, type. Lebaudy), le 26 octobre de Moisson à Londres.
- Nous assistons en 1910 à une intéressante tentative de rénovation de la montgolfière ; l’idée est toute naturelle ; la montgolfière, dangereuse et incommode avec les sources de chaleur dont on disposait au xvme siècle, peut devenir un instrument pratique avec un combustible comme le pétrole, et les foyers que crée l'industrie, moderne. Rappelons dans cet ordre d’idéçs l’originale conception de l’aéromobile Costantini,|âéroplane utilisant au besoin les gaz chauds d’échappemen t du moteur pour gonfler une montgolfière ellipsoïdale.
- Le retour à la montgolfière résoudrait peut-être, en la supprimant, la grave question de l’hydrogène, d’un ravitaillement si difficile. Les chimistes et les industriels se sont appliqués à découvrir pour la préparation de ce gaz, des méthodes plus simples et plus économiques que le procédé classique par le zinc et l’acide sulfurique. Trois méthodes principales sont en présence : électrolyse de l’eau, traitement de la soude caustique par le silicium, séparation par réfrigération de l’hydrogène du gaz à l’eau. Nous reviendrons sur ce sujet.
- Les recherches théoriques. —- Le besoin des recherches théoriques en aéronautique se fait vivement sentir : il faut analyser plus intimement les phénomènes avec lesquels les aviateurs sont aux prises ; il faut aussi rendre utilisables leurs observations quotidiennes en les reliant par des théories générales.
- Dans l’ordre des spéculations synthétiques, nous aurions à citer les belles études de M. Soreau; mais leur caractère trop mathématique nous interdit de les résumer ici.
- Dans l’ordre expérimental, citons les travaux de M. Rateau, de M. Legrand sur les hélices, mais surtout les études de M. Eiffel sur la résistance de l’air (Voy. n° 1918,26 février 1910), qui constituent le fait dominant de l’année. M. Eiffel a pesé la pression d’un courant d’air uniforme sur des plaques déformés diverses, et sous toutes inclinaisons. Il a ainsi obtenu la pression et son point d’application avec une remarquable précision. Ses travaux constituent une des hases solides sur lesquelles pourra s’édifier celte science de l’avenir : l’aérodynamique. A. Troller.
- Les deux dirigeables qui ont traversé la Manche : Le Morning-Post, le Clément-Bayard.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahoiie, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1966.
- 28 JANVIER 1911
- L’INSTITUT OCÉANOGRAPHIQUE DE PARIS
- Le 23 janvier 1911, en présence du Président de la République Française, de LL. A. R. le prince et la princesse Georges de Grèce, le prince Roland Bonaparte (président de la Société de géographie), des ministres de l’Instruction publique, des Affaires étrangères et du Commerce, de membres du Parlement et de l’Institut, des principales notabilités scientifiques de Paris et de 600 invités privilégiés, le prince Albert lie Monaco a inauguré solennellement l’Institut Océanographique qu’il a fondé et donné à Paris.
- L’Institut océanographique dt Paris.
- Dans un noble et émouvant discours, marqué d’une imposante et claire simplicité, S. A. S. le prince de Monaco a rappelé ou exposé combien il
- « tager les travaux des savants » ; comment « il faut « voir dans la science, qui est la plus puissante « fructification du cerveau humain, une source de « bienfaits publics », telle, que « les hommes ne « trouveront jamais un terrain de rapprochement « plus favorable que celui de ses conquêtes utiles et « belles » ; comment, enfin, « cet édifice abritera « l’esprit même du travail accompli pour l’Océan,
- « alors que le musée océanographique de Monaco « est l’arche d’alliance des savants de tous les « pays ». Quant au choix de Paris,pour cette création magnifique, il s’explique, tant par des souvenirs personnels, qu’à cause du rayonnement intellectuel de la grande cité « dont l’esprit et le cœur « ont si souvent dirigé l’esprit et le cœur de l’hu-« manité entière ».
- A la suite de ces paroles élevées, MM. Maurice Faure, ministre de l’Instruction publique —• Armand Gautier, président de l’Académie des Sciences — Liard, vice-recteur de l’Université de Paris, et Perrier, directeur du Muséum d’histoire naturelle, ont successivement rappelé les traits principaux de l’océanographie et de l’œuvre scientifique magistrale accomplie par le Prince et ses collaborateurs. Pour en démontrer l’importance, l’intérêt et la curiosité, un de ceux-ci, le lieutenant de vaisseau Henry Bourée, aide de, camp de S. A. S., a terminé la cérémonie par une séduisante conférence résumant à souhait les méthodes, les difficultés et les conquêtes de l’océanographie.
- Les projections dues à ses clichés étaient une saisissante leçon de choses, particulièrement avec les vues cinématographiques de manœuvres, photographiées à bord des yachts du Prince ou des mouvements du curieux animal dit Physalie, et surtout
- Laboratoire de M. Berget.
- était heureux de porter le costume de l’Institut de France « au milieu de l’élite de ce peuple français, « qui marche toujours dans la voie du progrès avec « la noble franchise de son caractère » ; — comment, depuis quarante ans, « la, meilleure partsde « mon existence est celle que j’ai consacrée à par-
- 39e année. — Ier semestre.
- Laboratoire, de M. Joubiiu
- avec les photographies en couleurs (autoebromes) qui, pour la première fois, faisaient une application merveilleusement réussie de ce procédé à la représentation et de l’étude des animaux des abîmes de la mer ; êtres singuliers, fantastiques même, s’il en fût, ramenés'dé plusieurs milliers de mètres de pro-
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- 138 — ...... :. . LE RADIUM MÉTALLIQUE
- fondeur, pourvus parfois d'appareils lumineux phosphorescents encore énigmatiques et dont on nia l'existence jusqu’en 1868.
- L’Institut Océanographique, fondé le 26 avril 1906, avec une dotation de 4 millions et reconnu d’utilité publique'le 26 mai (Voy. notre n° 1927, du 30 avril 1910, sur le Musée de Monaco où on a résumé ce qui touche à l’océanographie), fonctionnait en fait depuis 1906-1907 à la Sorbonne avec les cours professés par MM. Berget, Joubin, Portier. Ces messieurs ont maintenant leurs laboratoires dans le bel établissement du 195, rue Saint-Jacques (Voy. nos figures), « la maison où seront commentés et expliqués les résultats des recherches élaborées ailleurs. »
- Il est français par son Conseil d'administration (vice-présidents MM. le président Émile Loubet et le Dr Regnard, de l’Académie de Médecine et directeur de l’Institut Océanographique; parmi les membres du Conseil siègent MM. Darboux et Cailletet, de l’Académie des sciences, etc., qui assistaient le Prince à la cérémonie du 23) ; et international par son Comité de perfectionnement (direction technique et scientifique) , choisi parmi les savants spéciaux du monde entier (sir John Murray, Buchanan, von Drygalski, Nansen, etc.)1.
- Le monument a été construit, depuis 1906, par M. l’architecte Nénot et décoré par divers artistes de renom. Il renferme un grand amphithéâtre de confé-
- rences, dont l’heureuse disposition, l’élégance et l’acoustique ont été fort appréciés le 25 janvier; un petit amphithéâtre pour les cours; les laboratoires des trois professeurs (Océanographie biologique, Océanographie physique, Physiologie des êtres marins) ; une bibliothèque et des services photographiques.
- Dans les laboratoires, MM. Klein et Louis Germain, et Mme Gatin-Gruzewska, se livreront à des expériences publiques.
- Un long couloir renferme des échantillons de coquillages, de plantes marines et de monstres marins conservés dans des bocaux. A proprement parler, il n’y a pas de collections à l’Institut. Elles se trouvent toutes réunies au Musée Océanographique de Monaco qui fournit l’exposition aux regards des visiteurs, tandis que Paris aura l’enseignement oral. En fait, ce sont les deux établissements qui, par leur union, constituent véritablement l’Institut Océanographique complet, avec les travaux expérimentaux d’un côté et les didactiques de l’autre.
- Les sous-sols sont consacrés aux aquariums, où seront cultivés des alevins, aux machines pour les projections, à la fosse de dissection, à l’atelier de mécanique et à la chaufferie centrale.
- C’est un inestimable accroissement de la richesse et de l’influence scientifiques de Paris.
- E.-A. Martel.
- LE RADIUM MÉTALLIQUE
- Dès le début de leurs recherches sur la radioactivité Pierre Curie et Mmo Curie ont montré que l’énergie émise par les corps radioactifs est une propriété atomique. Pour les sels de radium, par exemple, l’émission d’un rayonnement et la production d’une émanation sont dues à l’élément radium et sont indépendantes des combinaisons dans lesquelles cet élément peut entrer pour former des sels, des amalgames ou des alliages. En 1898, Demarçay a confirmé ce fait par la découverte d’un spectre bien caractéristique de l’élément radium; il a constaté, dans le spectre d’étincelle fourni par un sel de baryum-radifère, la présence de raies n’appartenant 'à aucun élément connu et qui ne pouvaient être attribuées qu’au radium. Plus récemment, Mme Curie a fait une détermination précise du poids atomique du radium. Cette détermination présentait une grande importance parce qu’elle devait apporter la preuve définitive que le radium ést un corps simple et que la radioactivité est une propriété atomique.
- Pour les physiciens, il était ainsi bien établi que le radium est un élément à la façon du potassium, du baryum et du cuivre ; sa préparation à l’état métallique ne devait pas provoquer dp phénomènes radioactifs nouveaux. Toutefois, il fut émis des doutes au sujet de l’existence du radium métallique; c’est ainsi qu’on trouve les lignes qui suivent, dans un livre relativement récent :
- 1. Le président Casimir Perier et Henri Becquerel ont fait partie du Conseil d’administration ; Agassiz, de Lapparent et Giard, du Comité de perfectionnement.
- L’évolution de la matière, par G. Le Bon, 1905 : « En fait, bien que l’opération consistant à séparer un métal de ses combinaisons soit très facile, la séparation du radium n’a jamais pu être effectuée. Ce qu’on obtient aujourd’hui sous le nom de radium, n’est en aucune façon un métal, mais du bromure ou du chlorure de ce métal supposé. Je considère comme très probable que, si le radium existe et qu’on réussisse à l’isoler, il aura perdu toutes les propriétés qui rendent ses combinaisons si intéressantes. » A juste titré on s’était ému de semblables opinions, et, comme, dans un intérêt purement scientifique, l’expérience devait être faite un jour ou l’autre, il importait qu’elle le fût le plus tôt possible. Il y a quelques mois, Mmo Curie, en collaboration avec M. Debierne, a effectué la préparation du radium métallique dans d’excellentes conditions. On ne saurait trop admirer ce résultat, dont le succès est dû au soin et à l’habileté toute spéciale des opérateurs.
- Préparation. — La réalisation d’une semblable expérience présente de très grosses difficultés en raison de la nature même du métal à séparer, de la faible quantité de matière dont on peut disposer et de la valeur intrinsèque de celle-ci.
- On sait que le radium, fait partie du groupe des métaux alcalino-terreux (baryum-strontium-calcium). Ses propriétés sont très voisines de celles du baryum ; il était donc à prévoir que la méthode employée pour préparer le baryum métallique conviendrait également pour la préparation du radium métallique. Dans ce but, M®0 Curie et
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- LE RADIUM MÉTALLIQUE
- m
- M. Debierne ont choisi la méthode indiquée par M. Gunfz pour la préparation du baryum métal. Cette méthode comprend deux séries d’opérations : 10 la préparation d’un amalgame de radium; 2° la séparation du mercure de cet amalgame par distillation ; le radium métallique reste au fond de la coupelle de distillation.
- L’amalgame de radium est obtenu en électrolysant une solution de chlorure de radium parfaitement pur, de poids atomique 226,5. L’expérience est disposée de la façon suivante : La solution, qui renferme 0 gr. 106 de chlorure de radium, est placée dans un petit récipient dont le fond est garni de 10 gr. de mercure pur servant de cathode, l’anode est constituée, par une petite lame de platine iridié. Dans ces conditions, si un courant passe dans la solution, il décompose le sel; le radium se rend vers le mercure avec lequel il s’allie pour former un amalgame; quant au chlore, il se dirige vers l’anode. L’élec-trolyse étant terminée, la solution ne contient plus que 0 gr. 0085 de sel; la presque totalité du radium s’est donc transformée en amalgame.
- L’amalgame préparé dans les conditions précédentes est entièrement liquide1. 11 est très altérable à l’air et surtout à l’humidité. 11 décompose l’eau en formant de l’hydrate de radium et en produisant un dégagement d’hydrogène. L’hydrate de radium se conserve difficilement à l’air; la petite quantité d’acide carbonique qui est toujours contenue dans l’air transforme peu à peu l’hydrate en carbonate insoluble, lïn prenant des précautions particulières et en opérant assez vite, on évite ces actions secondaires sur l’amalgame.
- L’amalgame séché est rapidement transporté dans une nacelle en fer bien nettoyée et débarrassée de toute trace d’oxyde par réduction préalable dans l’hydrogène pur. La nacelle est elle-même placée dans un tube de quartz dans lequel on fait aussitôt le vide.
- La séparation du mercure, qui constitue la deuxième phase de l’opération, est extrêmement délicate; il est en effet nécessaire de choisir des conditions telles que le mercure ait une tension de vapeur appréciable sans jamais atteindre l’ébullition. La moindre ébullition risquerait de projeter des matières dans toutes les parties du tube. Dans ce but, on effectue la distillation dans l’hydrogène pur2 à une pression toujours supérieure à la pression de vapeur saturée du mercure à la température à laquelle on chauffe la nacelle. Le mercure subit alors une sorle d’évaporation lente sans soubresauts. La température de la nacelle est indiquée par un couple thermoélectrique dont une soudure pénètre dans le métal de celle-ci.
- La plus grande partie du mercure distille à 270°. On augmente alors la température en accroissant simultanément la pression du gaz. A 400° l’amalgame qui reste est solide; si l’on élève encore la température il fond et le mercure peut distiller. À 700° tout le mercure a disparu et le résidu contenu dans la nacelle est le radium métallique.
- Propriétés. — Le radium métallique est un métal
- 1. Dans une expérience préalable, effectuée dans les mêmes conditions avec le baryum, Mme Curie et M. Debierne avaient obtenu un alliage liquide mais qui contenait de nombreux cristaux solides.
- 2. L’hydrogène préparé, purifié et séché par les procédés habituels ne peut convenir pour ce genre d’opération ; il altère encore très notablement l’amalgame et le métal. On obtient de l’hydrogène très pur en recueillant l’hydrogène qui a été filtré au travers d’un tube de platine fortement
- ehauilé au moyen d’un petit four électrique à résistance.
- blanc brillant fondant vers 700°. Il est plus volatil que le baryum1. Il s’altère rapidement à l’air, en noircissant par suite de la formation probable d’un azoture. Un petit morceau du métal projeté dans l’eau la décompose énergiquement, il y a mise en liberté d’hydrogène ; quant à l’hydrate formé, il se dissout dans l’eau2. Si le métal a séjourné quelques instants à l’air et si on le projette alors dans l’eau, il reste un petit résidu noirâtre insoluble dans l’eau mais soluble quand on ajoute à l’eau quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Ce résidu est sans doute constitué par un azoture. La dissolution complète du métal dans l’eau additionnée d’acide chlorhydrique indique que le radium métallique préparé parla méthode précédente est exempt de mercure.
- Si l’on place un petit morceau de radium métallique sur une feuille de papier blanc, celui-ci est attaqué, il se produit un noircissement comparable à une brûlure.
- Pour étudier les propriétés radioactives du radium métallique, une partie du métal a été enfermée dans un tube scellé et préalablement vidé. Le rayonnement y qui traverse la paroi du tube permet de suivre les variations d’activité de la substance. Les propriétés radioactives du métal sont bien celles que l’on pouvait prévoir. Les mesures effectuées dès le début ont montré un accroissement d’activité, analogue à celui qu’on observe dans les mêmes conditions sur les sels fraîchement préparés. Cet accroissement correspond à la loi de production de l’émanation.
- En terminant il convient de noter que, plus récemment, M. E. Ébler3 est parvenu par une méthode différente à préparer également du radium métallique. M. E. Ebler transforme le bromure de radium en azoture. D’autre part on sait qu’en chauffant les azotures alcalino-terreux ils se décomposent en métal libre et en azote. Pour préparer l’azoture, on transforme d’abord le bromure en carbonate; le carbonate est traité par la quantité voulue d’acide azothydrique et l’azoture est séché dans le vide jusqu’à poids constant. On le chauffe ensuite progressivement à 180°-250° dans un tube capillaire où l’on fait le vide. Il se forme un anneau miroitant de radium métallique dans une partie du tube. Jacqües Dakke.
- 1. On peut songer à utiliser cette propriété pour le séparer du baryum. Si l’on distille un mélange de baryum et de radium, le radium distille d’abord et peut être recueilli sur une paroi froide convenablement placée.
- 2. Dans une note présentée récemment à l’Académie des Sciences (9 janvier (1911), M. de Forcrand déduit de considérations particulières quelques remarques intéressantes concernant le radium. Certaines d’entre elles sont déjà vérifiées par les expériences de Mme Curie et de M. Debierne, d’autres le seront sans doute à bref délai. Voici, par exemple, quelques-uns des résultats auxquels est conduit M. de Forcrand : La décomposition de l’eau par le radium métallique doit donner
- un dégagement de chaleur de -f- 45 calories pour
- Ra
- 2
- avec
- production à froid d’hydrogène et formation d’un oxyde qui doit être soluble (un peu plus que BaO et un peu moins que ÎSTa20). Ou peut encore prévoir que l’oxyde fournira une base puissante lia (OH)2 en s’unissant à l’eau; que cette base sera un peu plus stable que Ba(OH)2, que l’oxyde anhydre de radium BaO doit se suroxyder aisément au rouge en donnant ItaO2 assez stable et qu’il s’unira avec CO2 pour faire un carbonate à peine décomposable partiellement au rouge vif. Le métal donnera directement avec l’hydrogène de l’bydrurc Hall2. Enfin, il y a lieu de penser que l’action du calcium ou du lithium sur le iluorure ou encore celui du calcium ou de l’aluminium sur l’oxyde pourra donner le métal.
- 5. Voir Le Radium, novembre 1910.
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- LA SCIENCE AU PUY DE DOME
- La saison des sports d’hiver, actuellement si en faveur, est une occasion de rappeler combien divers et importants sont les sujets d’études sur cette belle .sommité, qu’on peut nommer montagne scientifique par excellence.
- En géologie, le Puv de Dôme est célèbre pour sa formation spéciale d’une roche volcanique assez rare, la domite, qui lui a emprunté son nom. Depuis queGuettard en 1751 et Desmarest en 1771 découvrirent la nature éruptive de l’Auvergne, nombre de grands géologues, L. de Buch, Poulett-Scrope, Lecoq, Fouqué, Michel-Lévy, etc., ont au xixe siècle multiplié les écrits sur cet objet; tout récemment, M. Lacroix, le savant professeur du Muséum, à la suite de ses périlleuses explorations à la mon-
- raconte le pillage par les Germains au nie siècle après J.-C. Pendant quelques années, l’Académie de Clermont fit exécuter par M. Bruyerre des fouilles qui mirent à jour des substructions et ruines fort étendues, étonnement de tous les visiteurs de la montagne1. Après une longue interruption, faute de fonds, les recherches furent réorganisées en juillet 1901, par les soins et aux frais de l’Université de Clermont-Ferrand, du département du Puy-de-Dôme, du sous-secrétariat des Beaux-Arts et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et confiées à M. Ruprich-Robert, architecte en chef des monuments historiques et Audollent, professeur à l’Université de Clermont. Dès la première campagne ces nouvelles fouilles donnaient de précieux
- Fig. i. — Temple du Mercure Arverne et sommet du Puy de Dôme.
- tagne Pelée, a établi le mode de formation du Puy de Dôme et ses analogies avec le trop célèbre volcan de la Martinique1 et surtout avec la Guadeloupe.
- En physique, le Puy de Dôme a vu Florin Perrier exécuter le 19 septembre 1648 sa mémorable expérience sur la « pesanteur de l’air », selon les indications de son beau-frère, Biaise Pascal, inspirées par les recherches de Torricelli.
- En archéologie, on sait quelle surprise était réservée aux constructeurs de l’Observatoire (V. ci-après) : dès le début des travaux en 1873, M. Alluard avait présumé que les matériaux de construction seraient fournis tant par la domite meme, que par les pierres toutes taillées d’un vieux mur apparent sur quelques mètres et sans' doute fort étendu. Le dégagement de ce vieux mur révéla les restes importants (fîg. 1) du vaste temple du Mercure Arverne ou Mercure Dumiate (Vasso-Kalete des Gaulois) mentionné par Pline l’Ancien, et dont Grégoire de Tours
- 1. La Montagne Pelée et ses éruptions, Paris, Masson, 1901 et C. R. Ac. Sc., 9 novembre 1908.
- objets (frises, chapiteaux (fig. 2), stèle ornée d’une tête, inscriptions, etc.); la continuation des déblais et des trouvailles (monnaies, fibules, poteries, ex-voto, etc.) semble établir que le temple a subsisté bien plus tard que ne le dit Grégoire de Tours.
- En 1902, un énorme bloc de fer et une pierre de foudre ont été recueillis au sommet du Mont. Le bloc de fer brut pesait de 1500 à 1600 kg, mesurait environ 1 m. de long sur 60 cm à 80 cm d’épaisseur; l’absence de nickel empêche de le considérer comme météorique; il provient sans doute d’une forge anté-historique et a dû être offert au temple comme soi-disant météorique. Quant à la pierre de foudre, c’est simplement une hache gallo-romaine en marbre blanc, de type néolithique, pièce fausse, fabriquée pour être offerte en ex-voto (A. Roujou et G. Gharvilhat, Bulletin de la Société archéologique de la Corrèze à Brive; t. XXV, janvier-mars 1903, p. 133-143).
- 1. V. sur ce monument les publications cle Mathieu, Til-lion, Dourif, Mallay, Monceaux, etc.
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- LA SCIENCE AU PUY DE DÔME r::v:....: ....... 141
- En météorologie, l’Observatoire, inauguré en 1876 au sommet par M. Àlluard1, a rendu les plus grands services. C’est le premier modèle des établissements de ce genre en montagne. La position isolée du mont y permet les plus fructueuses observations. Au moyen de cerfs-volants (fig. 3) on y étudie les lois des courants atmosphériques. L’examen des nébulosités y fournit de précieux renseignements, et les chutes de neige y sont enregistrées en hiver, etc.
- Le fameux spectre du Brocken bien connu des alpinistes (Voy. notre n° I960), s’y montre aussi fréquemment. Le regretté Bernard Brunhes (qui dirigea l’établissement depuis 1901 jusqu’à sa mort prématurée au printemps de 1910) en a donné une savante étude2 avec la collaboration de M. Pierre David son adjoint; il rappelle que cet impressionnant météore est dû, comme les halos et l’arc-en-ciel, à la réflexion et à la diffraction des rayons lumineux par des gouttelettes de pluie.
- MM. Brunhes et David ont relevé encore dans les phénomènes magnétiques du Puy de Dôme des anomalies singulières :
- « En 1902, ils ont constaté qu’autour du sommet du Puy de Dôme la déclinaison est minimum à l’Ouest (12°) et maximum à l’Est (19°). Nombre d’anomalies analogues se retrouveront dans toute cette région volcanique et méritent d’être recherchées ». (Rapport de M. Bouquet de la Grye à l’Académie des Sciences, 29 décembre 1902.)
- Nul touriste n’ignore que le panorama du Puy de Dôme est un des plus étranges qui se puissent contempler, à cause des taupinières et coupes d’anciens
- Fig. 2,— Chapiteau trouvé en içoi.
- cratères étendus à ses pieds de tous côtés. Quand leurs dômes émergent de la mer de nuages le coup d’œil est saisissant. En hiver, il surpasse toute des-
- 1. Décédé en 1908, à l’âge de 93 ans. — V. B. Brunhes,
- Jubilé de l’Observatoire du Puy de Dôme, le 24 août 1901 ; Annuaire Club Alpin, mars-novembre, 1901. ...
- 2. Revue d’Auvergne, septembre-décembre, 1901 et C. R.
- 4c. Sc., 23 décembre 1901 • _ .
- cription et procure des spectacles d’une splendeur rare, comme celui dont j’ai été témoin le 7 décembre 1901 en compagnie de MM. B. Brunhes, Audollent, Girod, Parmentier et David.
- Partis de Clermont par le mauvais temps et enfermés dans les nuées jusqu’au col de Ceyssat, nous
- Fig. 3. — Lancer de cerf-volant. •
- en avions émergé un peu au-dessus de ce col (exactement à 1065 m.) en plein ciel bleu, avec tout l’océan des brumes à nos pieds. Du sommet nous assistâmes pendant tout l’après-midi à l’écoulement lent de cette mer de nuées de l’Ouest à l’Est : entre les créneaux de la chaîne des Puys, les torrents de vapeurs ouatées descendaient, en s’abaissant de plus en plus, avec des aspects de glaciers à séracs vers la vallée de la Limagne. Mes 6 photographies ci-contre (fig. 4) montrent les phases du phénomène enregistrées de midi à quatre heures : la montagne de la Table au Cap est particulièrement renommée pour les déversements d’une nappe de nuages des sommets dans une plaine (Yoy. n° 1271 du 9 octobre 1897). On voit que le Puy de Dôme permet de les contempler aussi en France.
- En même temps nous découvrions à l’œil nu le Mont Blanc étincelant à l’Est, et ceci nous oblige à rectifier les erreurs qui ont jadis été formulées dans La Nature sur la visibilité du grand massif alpestre depuis le Puy de Dôme.
- M. Plumandon, qui fut, pendant environ 25 ans, attaché aux observatoires de Clermont-Ferrand et du Puy de Dôme, a établi le premier que, du sommet du Puy, le Mont Blanc était parfaitement visible (à 303, 305 ou 308 km de distance) par l’échancrure (900 à 1000 m.) des monts du Forez1, au Nord de Pierre-sur-Haute, 1640 m. et du sommet 1206 et au.Sud du Puy-de-Montoncelle (1292 m.), distante de 66 km du Puy de Dôme2.
- 1. Et non pas par-dessus le col de Noirétable (754 m.) comme le dit M. P. Girardin, dans l'article cité plus loin.
- 2. “ La Nature, n°s 715, 12 lévrier 1887, p. 175; 1090, 21 avril 1894, p. 445 et 1556, 7 lévrier 1905, p. 155.
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- M. Ch. Durier, l'ancien président du Club Alpin I profil et à l’identification des cimes neigeuses français, a confirme' le fait, qui avait été con- | réellement vues du Puy de Dôme.
- Fig. 4. — Phasesjl’écoulement d'une mer de nuages vue du sommet du Ptiy de Dôme le 7 décembre /go/. 1 à 3. De midi à 2 heures (au fond le massif du Mont Dore).
- 4 à 6. De 2 à 4 heures (au premier plan les ruines du temple de Mercure sous la neige).
- testé1. Mais tous deux se sont trompés quant au 1. Vov. La Nature, n® 719, du 12 mars 1887, page 220.
- Yoici, en effet, la silhouette que donne par deux fois M. Plumandon (fig. 5).
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- Or la véritable est. celle-ci (fig. G), que j’ai relevée moi-même et qu’il sera facile de contrôler. Celle de M. Plumandon rappelle le profil du Mont Blanc, vu du Nord-Ouest, par exemple du Salève et qui est le suivant (fig. 7).
- Le mien est pareil à celui du Mont Blanc vu de l’Ouest-Sud-Ouest (fig. 9) (par exemple du Mont Joli) et ressemble à la vue de la Tête-Carrée (5752 m.) publiée par Miney et Perracchio dans le Boüetino du Club Alpin italien en 1902 (t.. 55, n° 68).
- J’ajoute qu’une pointe blanche parfaitement distincte à gauche ne saurait être que l’Aiguille Verte (4127 m.) à 10 km en arrière du Mont Blanc.
- M. Plumandon a figuré deux dépressions (col de la Brenva et col du Capucin) qu’on ne saurait apercevoir et cela a complètement embrouillé M. Durier qui, malgré sa grande connaissance du massif du Mont Blanc, a pensé que le Mont Maudit et le Mont Blanc du Tâeul étaient visibles du Puy de Dôme. Il n’en est rien. C’est le Dôme du Goûter qui se montre à gauche de la cime suprême; il n’est nullement plaqué sur le massif mais profilé sur le ciel, et il masque certainement le Mont Maudit (qui a seulement 140 m. de plus et se trouve 2 km. 1/2 plus loin) et le Mont Blanc du Tacul (80 m. plus bas et plus éloigné encore). Quant à la dépression 4051, elle est, bien entendu, totalement cachée et M. Durier a pris une arête pour l’autre. Ayant gravi le Mont Blanc par toute la crête du»Goûter, je connais assez les lieux pour me permettre d’être affirmatif sur cette rectification1.
- 1. Il faut bien reconnaître que ces sortes d’identifications lointaines sont fort délicates ; et, comme le dit très justement M. G. Brun (Y. ci-aprés) : « Au delà de '150 à 200 km, la possibilité de reconnaître certains points avec certitude est fort problématique, et demandé de la part de l’observateur une connaissance géographique et un sens de physicien et de topographe bien rarement rencontrés ».
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- Le profil ci-contre (fig. 8), qui a tenu compte de la sphéricité et de la valeur moyenne de la réfraction, achève de mettre au point la question de la visibilité du Mont Blanc depuis le sommet du Puy de Dôme.
- Dans la Géographie de juillet 1908 (p. 59);, M. Paul Girardin, — à propos de la visibilité du Mont Blanc entre Dijon et Mâcon, — énonce que le
- Mont Blanc, vu du Puy de Dôme (505 km), est « à sa connaissance^, la plus grande extension de la visibilité sous nos climats », et qu’il est rare de le voir de Dijon à 220 kilomètres.
- Assurément, il faut des conditions spéciales de transparence et surtout de calme. dans l’atmosphère (avant ou après les pluies, temps couvert par des nuages très élevés, etc..), pour que se réalisent ces lointaines apparitions. Mais je puis citer au moins deux cas de visibilité excédant la portée du Puy de Dôme au Mont Blanc. Il y en a certes d’autres.
- Le célèbre alpiniste et géographe anglais Fresh-field, — qui a exploré aussi le Caucase et l’IIima-laya, — a vu le Viso (5841 m.), du sommet de
- l’Ortler, à 550 kilomètres de distance1 ; moi-même en septembre 1884 (un peu avant le coucher du soleil), et par un ciel couvert de cirrhus très élevés, j’ai nettement vu, du sommet du Puy Mary (1787 m. dans le Cantal), le massif de la Maladetta à 515 kilomètres au Sud, et le Mont Blanc à 555 kilomètres2.
- Sur cette question de la visibilité à grande distance, on a construit de nombreux tableaux, dont les chiffres ne sont pas d’accord, à quelques kilomètres’ près, à cause des différences dans les coefficients adoptés par l’indice de réfraction 0,10, 0,08/ 0,074, 0,0665 ; on sait que la réfraction relève les
- 1. Y. Echo des Alpes (Genève), n“\7 et 8 de 1897 : La visibilité des cimes et terres éloignées,“par "Albert "Brun.
- 2. V. Bulletin de la section Lozère et Causses du Club Alpin français, n° 5, 1887.
- Fig. 5. — Profil du Mont Blanc vu du Puy de Dôme [selon Plumandon et Durier).
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- . MCWTOHLEtli; . / MO Du foH.CZ.
- Fig. 6. — Vrai profil du Mont Blanc vu du Puy de Dôme.
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- LA SCIENCE AU PUY DE DOME
- sommets visibles au-dessus de l’horizon mathématique, et que l'effet delà réfraction varie constamment selon bien des causes, notamment l’état de la vapeur
- M. Girardin a rappelé les éléments de tous ces problèmes, ainsi que les précédentes études de Delam-bre, Dr Prompt, Jays, L. Fabry, Ch. Dufour, Sal
- MT BLANC
- Charvin : 24'4 i
- Tou mette Semnoz 2^7 * ‘7°^
- MT du Forez Pierre Pamol 1206 > :
- (Viol lard de Don
- Nl^du Lyonnais 863
- Loire Fl.
- Rhône
- Fig. 8. — Rayon visuel du Puy de Dôme au Mont Blanc.
- d’eau dans l’atmosphère. D’autre part, la courbure de la terre abaisse le sommet par rapport à la ligne de vision directe (correction de niveau apparent).
- mojraghi, Duhamel, II. Vallot, colonel Burrard, dans son mémoire (la Géographie de juillet 1908). Il y a lieu d’ajouter à ses indications la « tabelle zur
- Aig. du Goûter Dôme du Goûter Aig. de Bionnassay Mont Blanc Mont Blanc de Cormayeur
- 33^3 m. 433r m. 4061 m. 4H10 m. 4756 m.
- Fig. ç. — Le Mont Blanc vu du sud-ouest.
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- LA LUMIERE AU NEON —....... — 145
- Beurtheilung der Àussichtsweite », dressée par le t prof. E. Lindenthal et publiée en 1887 par la section Kustenland du club alpin allemand et autrichien1. La valeur réelle de la réfraction est trop mal connue, et surtout elle doit être trop variable, pour qu’on puisse donner la préférence à l’un ou l’autre tableau.
- Il est seulement permis de dire :
- 1° « Que dans une atmosphère parfaitement pure, seule, la rotondité de la terre impose prati-
- quement une limite à la visibilité. » (P. Girardin).
- 2° Que la vision réciproque de sommets distants de 300 kilomètres l’un de l’autre est plus fréquente qu’on ne le croit.
- 5° Que le Mont Blanc, l’arête du Goûter et l’Aiguille Verte sont visibles du Puy de Dôme, sur plus oumoins 1000 m. de hauteur (variant avec la réfraction) , quand l’atmosphère s’y prête.
- E.-A. Martel.
- LA LUMIERE AU NEON
- M. Georges Claude, l’inventeur bien connu des procédés pour l'obtention économique de l’air liquide, vient de présenter à la Société de physique un procédé d’éclairage utilisant le néon, un des gaz qu’il obtient comme résidu dans la préparation de l’oxygène pur à partir de l’air liquide.
- Le néon est en effet un des gaz qui composent l’air atmosphérique, il y est d’ailleurs renfermé en quantité extrêmement petite, 1/60 000 environ, aussi sa découverte ne date-t-elle que de 1900 ; elle est due au savant anglais Sir William Ramsay, auquel on doit aussi la découverte des autres gaz rares de l’air. Comme ces derniers gaz le néon se signale par son manque d’affinité chi- Extrémité d'un tube à néon.
- mique pour quel corps que
- ce soit; sa densité est voisine de celle de l’air 9,94;
- Electrode métallique
- mais il est surtout remarquable par quelques propriétés physiques du domaine de l’électricité, sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Le néon fut d’abord obtenu en très petite quantité par distillation fractionnée à partir de l’air liquide; mais les procédés Georges Claude qui permettent d’obtenir la séparation progressive des éléments de l’air pendant le cours même de la liquéfaction, ont facilité grandement sa préparation. En mai 4909 M. Claude présentait un appareil à l’usage des laboratoires (on ne soupçonnait point alors que le néon devînt jamais susceptible d’une application industrielle), appareil qui permettait d’obtenir environ 250 m3 d’oxygène par jour, puis en profitant des — 184 degrés centigrades de l’oxygène liquide obtenu, de préparer 60 m3 d’azote, et enfin grâce aux — 195° de cet azote liquide d’obtenir environ un litre à l’heure d’un mélange de néon, d’hydrogène et d’hélium, surtout riche en néon.
- La température critique du néon est — 230°, c’est un échelon de plus, situé entre ceux de l’azote et de l’hydrogène, dans l’échelle des basses températures que nous savons obtenir et maintenir constantes. , ;
- 1. Et reproduite ausssi dans mes Cévennes, cliap. xv,p. 552. Y. aussi Dr L. Geiringer, dans Atti et Memorie delta Societa Alpina delle Giidie, t. Il, p. 141, Trieste, 1887.
- Un certain nombre de faits faisaient présager que le néon était prédestiné à s’illuminèr . brillamment par le passage de la décharge électrique : d’abord le très vif éclat des tubes de Geisler au néon, ensuite une expérience très brillante qui consiste à renfermer dans un tube de Plücker au néon quelques globules de mercure; en secouant le tube dans l’obscurité on y voit luire comme une pluie de feu; enfin M. Bouty avait compris le néon parmi les gaz qu’il étudiait au point de vue de leur résistance au passage de l’électricité et montré que ce gaz avait une très faible rigidité électrostatique. Les premiers essais de M.Claude furent pour essayer d’améliorer la lumière des tubes à vapeur de mercure en y mais il échoua dans les
- introduisant du néon, mêmes conditions que M. Cooper Hewitt avait échoué avec l’argon. Celui-ci avait constaté que lorsque le tube est froid, par exemple au moment de l’allumage, on a la couleur du spectre de l’argon, mais à mesure que le tube s’échauffe, la couleur du mercure apparaît et finit par éteindre complètement la couleur de l’argon. Si on refroidit artificiellement une région du tube, on y voit réapparaître la teinte de l’argon, et on a alors les deux teintes juxtaposées, mais on ne peut en aucun cas réussir à superposer les vibrations lumineuses des deux gaz de manière à obtenir par. leur mélange une lumière sensiblement blanche.
- M. Claude essaya ensuite d’utiliser le tube Moore et trouva le succès dans cette, voie, non sans avoir eu à vaincre de grandes difficultés dont la principale est que si le néon s’illumine facilement par/le passage de l’électricité, en revanche, sa luminosité est diminuée dans une proportion considérable par la présence de quelques centièmes d’azote. Pour enlever les, dernières traces de ce gaz, M. Georges Claude a(recours à l’ingénieuse méthode de Dewar pour la purification des gaz. . . ; • •
- On sait que le charhonde bois jouit de la propriété d’absorber les gaz d’autant plus que ces gaz sont plus facilement liquéfiables et que la température est plus basse. Vers le centre du tube on ajoute un petit
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- appendice contenant un morceau de charbon, le tout est plongé dans un vase de Dewar à double enveloppe contenant de l’air liquide; peu à peu, tout l’azote vient par diffusion se condenser dans le charbon et quand on juge le gaz suffisamment pur, après une quinzaine d’heures, on ferme l’appendice pour empêcher l’azote de se redégager par le réchauffement du charbon.
- On ne peut naturellement pas, par ce procédé, enlever l’hydrogène plus difficilement liquéfiable que le néon et, dans certaines conditions de fonctionnement du tube, on voit apparaître le spectre de l’hydrogène, surtout au voisinage des électrodes. La couleur du tube à néon est d’un beau rouge. 11 était particulièrement facile de s’en rendre compte sur les tubes que M. G. Claude avait installés pour éclairer le bas des colonnades du Grand Palais lors du dernier salon de l’Automobile, par contraste avec les tubes Cooper Hewitt qui éclairaient en vert le haut des colonnades. Lorsque le tube est isolé et que l’œil est habitué à la couleur, elle donne l’impression du jaune or; comme toutes les lumières monochromatiques, elle dénature complètement la teinte des objets qu’elle éclaire ; le visage humain paraît livide, couleur de cire. D’ailleurs la teinte blanchit quand l’intensité du courant dans le tube augmente.
- Le tube présenté par M. Georges Claude est un tube de verre d’un diamètre de 45 mm et d’une longueur de 6 m., les électrodes sont métalliques.
- La différence de potentiel nécessaire n’est que de 1000 volts, alors qu’il aurait fallu 3500 volts avec
- un tube à azote de même longueur, l’intensité normale du courant est environ 9/10 d’ampère.
- L’intensité lumineuse de ce tube a été mesurée par la méthode indiquée par le professeur Welding pour les tubes Moore et qui consiste à mesurer l’intensité d’un anneau de tube de 1 cm de largeur. Pour le tube cité plus haut et pour lequel la puissance électrique consommée dans le tube seul était d’environ 850 watts, l’intensité était de 220 bougies par mètre, ce qui correspond environ à une dépense de 0,7 w. par bougie; en y ajoutant les pertes dans le transformateur et les différents accessoires, cette dépense s’élève à 0,9 w. par bougie; M. Georges Claude espère faire tomber la dépense dans le tube seul au-dessous de 0.5 w.
- L’appareil n’est pas encore prêt à être livré dans le commerce, une grave question reste encore à résoudre, c’est celle de savoir s’il faudra adjoindre au tube une soupape comme dans le tube Moore, soupape qui permette des rentrées de gaz si, après une certaine durée de fonctionnement, le vide devient trop élevé. Il est déjà probable, cependant, que le rôle de la soupape serait en tous cas bien diminué, car M. Claude a pu faire marcher un tube pendant 60 heures sans le recharger, tandis que le tube Moore doit « respirer » deux fois par minute. Grâce à l’activité de M. G. Claude, on peut donc espérer qu’il ne s’écoulera que peu de temps avant que cet appareil ne soit définitivement mis au point et qu’on puisse ajouter à une liste déjà riche, un nouveau procédé d’éclairage industriel. Maurice Leblanc fils,
- LA TRANSPLANTATION DES MEMBRES ET DES ORGANES
- L’idée d’enlever un membre malade et de trans- j des saints dit à l’autre : « Où .trouverons-nous des planter un membre sain à sa place, est loin d’être 1 chairs fraîches pour mettre à la place des chairs
- originale ou nouvelle.
- Bien des chirurgiens ont eu le désir de greffer sur le moignon d’un amputé un nouveau bras ou une nouvelle jambe. Et les malades se sont parfois bercés du même rêve.
- Dans la Légende Do-rée{, Jacques de Yora-gine raconte que le gardien de l’église que le pape Félix fit construire à Rome en l’honneur de saint Côme et de saint Damien, avait une jambe toute rongée par un cancer. Et voici que, dans son sommeil, le gardien
- vit les saints lui apparaître avec des onguents. L’un
- Cette légende fait le sujet d’un tableau conserve aujourd’hui à Florence ; les saints sont représentés debout au pied
- Fig. i. — Anatomie vasculaire bout à bout par la - méthode de Carrel. — A et B, Transformation de la section A en un triangle B à l’aide de 3 fils d’appui tendus. C, Surjet perforant sur les bords tendus par traction sur les fils d’appui. D, Suture terminée.
- pourries que nous allons couper? » L’autre saint répondit : « On a enterré aujourd’hui un Maure dans le cimetière de Saint - Pierre - aux -Liens, prenons une de ses jambes et donnons-la à notre serviteur ! ». Ainsi firent les deux saints-, ils donnèrent au gardien la jambe du Maure et rapportèrent dans le tombeau de celui-ci la jambe du malade. Et celui-ci à son réveil se voyant guéri, raconta à tous sa vision et le miracle qui l’avait suivie. On courut au tombeau du Maure, on découvrit qu’une des jambes
- du lit du malade. Celui-ci est étendu sur le dos et sa jambe droite est remplacée par la jambe à peau brune du Maure.
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- manquait et que, à sa place, se trouvait la jambe malade du gardien.
- Il appartenait à Garrel, qui relate cette anecdote, de faire passer la légende dans la réalité des faits, en rendant la chirurgie vasculaire facile et sûre. À dire vrai, avant lui, de nombreux chirurgiens avaient pratiqué avec succès la suture des vaisseaux, soit latérale (Durante, Israël, Ricard, Lejars, Tuf-fier), soit circulaire (Burci, Murphy), soit à l’aide d’appareils prothétiques spéciaux (Abbé, Glück, Del-bet, Jaboulay, Payr). Mais, c’est au Français Alexis Garrel (de Lyon), actuellement l’un des directeurs du Rockefeller Institute for medical Research (de New-York) que revient l’honneur d’avoir trouvé en 1902 une méthode nouvelle,la suture directe dite à points d'appui, qui supplante toutes les autres; c’est ce progrès de la chirurgie vasculaire qui permit aux greffes des membres et des organes d’entrer dans le domaine des possibilités et bientôt d’être réalisées.
- En quoi consiste la technique de Garrel? Après avoir mis à nu les deux extrémités du vaisseau à suturer, on place sur chaque bout une pince flexible pour arrêter momentanément le cours du sang, sans léser les tuniques vasculaires. On passe ensuite, à l’aide d’aiguilles courbes ou droites, fines
- Fig. 2. — Isolement de deux reins avec les segments d'aorte, de veine cave, les artères, et le fragment de vessie.
- et acérées et de fil de lin ou de soie fine, 5 points d'appui équidistants et qui traversent les bouts vasculaires en des endroits symétriques. Par traction sur les points d’appui, on transforme la circonférence du vaisseau en un triangle (fig. 1) et on complète la suture par un surjet perforant. On
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- enlève ensuite les pinces qui assuraient l’hémostase, on replace le vaisseau dans son lit qu’on reforme au besoin et on ferme la plaie. Il est évident que cette suture doit être faite avec l’asepsie la plus rigoureuse et en respectant l’intégrité de l’endothélium,
- Fig. 3. — L’hôte préparé pour recevoir les reins représentés dans la figure 2.
- c’est-à-dire de la paroi interne du vaisseau. Sinon il se produirait à l’endroit de la suture un caillot oblitérant la lumière vasculaire. Dans ce but, fils et aiguilles ont été stérilisés dans la vaseline, qui est une substance anticoagulante.
- Cette technique a été adoptée et a réussi pareillement entre les mains du professeur Garré (de Bonn), de Stich et Makkas, de Murphy (de Boston), de Guthrie (de Saint-Louis), de Frouin, de Cottard (de Paris). Désormais la suture vasculaire est devenue pour le physiologiste et pour le chirurgien une opération réglée.
- Grandes ont été les conséquences de cette découverte. Grâce à la suture vasculaire, on a pu anastomoser des artères entre elles, des veines entre elles et même faire communiquer des artères avec des veines. C’est ainsi que Carrel et Guthrie ont pu anastomoser chez des animaux l’artère carotide et la veine jugulaire; au bout de 7 mois, les animaux ne paraissaient ressentir aucun trouble. Sur des chiens, ils ont uni bout à bout la veine rénale droite (bout périphérique) au bout périphérique de l’artère rénale gauche. Le sang veineux du rein droit coulait dans l’artère du rein gauche et revenait à la veine cave, après avoir traversé le rein gauche et la veine rénale gauche. Tuffier a présenté un chien opéré
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- depuis 4 semaines, chez lequel furent anastomosées bout à bout l’artère fémorale (bout central) avec la veine fémorale (bout périphérique) et également les deux autres bouts, artère fémorale (bout périphérique) et veine fémorale (bout central).
- Fig. 4. — Chat opéré depuis 81 jours.
- Il fut donc démontré que les anastomoses entre artères et veines étaient réalisables et restaient parfaitement perméables. Mais substituer un segment de veine à une artère n’était déjà plus une simple anastomose, c’était une véritable greffe. Ce fut le premier temps et le corollaire indispensable de la transplantation des organes.
- La greffe des tissus avait déjà tenté de nombreux expérimentateurs tant en chirurgie expérimentale qu’en chirurgie humaine. Mais la question ne faisait que de lents progrès, car on remarqua bientôt que, chez les animaux comme chez l’homme, les fragments de tissus greffés étaient vite entourés de tissu fibreux, isolés comme un corps étranger et plus ou moins rapidement éliminés; la vascularisation était en effet insuffisante.
- Mais dès qu’ori apprit à greffer des vaisseaux volumineux, les tentatives de transplantation prirent un nouvel essor. Que des vaisseaux puissent se greffer, et l’organe qui leur est appendu, conservant sa vitalité, pourra être facilement transplanté en même temps qu’eux. A la greffe ancienne par simple juxtaposition se substitua alors la greffe par transplantation en masse.
- Ces transplantations sont de nature très différente ; on peut prendre sur l’individu même, qui a besoin d’une greffe, les parties à transplanter, c’est la greffe autoplastique ; on peut emprunter la greffe à un sujet de même espèce, c’est la greffe homoplastique; enfin, quand il s’agit de greffes entre sujets d’espèces différentes, on a affaire à la greffe hétéroplastique.
- Les greffes artério-artérielles et veino-veineuses ont été le premier pas dans la voie des transplan-
- tations de membres ou d’organes (reins, glandes thyroïdes).
- En 1908, Carrel enlève à un chien les deux reins qu’il place dans la solution salée de Locke. Il reprend l’un des reins et le greffe en suturant l’artère rénale, la veine rénale et l’uretère.
- La circulation est rétablie 50 minutes environ après l’extirpation.
- Pour ne pas donner à l’opération une longueur excessive, l’autre rein est jeté. Ainsi l’animal n’a qu’un rein greffé qui doit à lui seul subvenir aux besoins de l’organisme. L’animal est resté d’abord en excellente santé, l’urine ne contenait pas d’albu-
- Fig. 5. — Transplan talion d'un segment de jugulaire du chien sur la carotide du même animal. [La croix indique le point où a été pratiquée la suture.)
- mine. Au bout d’un mois et demi, on y constata la présence de pus, et l’animal succomba environ 2 mois après l’opération, d’infection ascendante.
- Carrel et Guthrie réussirent également des greffes homoplastiques des reins d’un chat sur un autre chat privé auparavant de ses propres reins. Les
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- deux reins sont enleve's en bloc avec leurs vaisseaux et le segment correspondant de l’aorte et de la veine cave, ainsi que l’uretère tout entier (fîg. 2) ; le tout est transplanté sur le deuxième animal à la place laissée libre par une extirpation analogue (fig. 3). La circulation est rétablie par suture circulaire de segments de l’aorte et de la veine cave qui remplacent les segments homologues qu’on a enlevés. L’uretère est transplanté en entier avec une collerette de paroi de la vessie, suturée aux bords d’un orifice pratiqué dans la vessie du deuxième animal; 14 animaux ont été ainsi opérés, la plupart vécurent 8 à 15 jours, l’un mourut au 17e jour
- avec toutes ses artères calcifiées, un autre au 50e jour. Enfin un animal vécut 35 jours pendant lesquels on put recueillir et analyser des urines limpides à peu près normales, contenant 0,25 d’albumine. Le 6 février 1908,
- Cependant il est le résultat d’une greffe homoplastique, la cuisse avait appartenu à un animal, J a jambe à un autre. Ces deux parties ont été greffées l’une à l’autre, en anastomosant les vaisseaux bout à bout par suture vasculaire, en réunissant les nerfs,
- les muscles, la
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- Fig. 6. — Rapiècement de l’aorte avec un morceau de péritoine. [La suture est indiquée par des croix.)
- Carrel extirpe le rein §P
- gauche d’une chienne, §
- qui est lavé et plongé • '' %
- dans la solution de
- Locke à la température 'Jj ^
- du laboratoire; au bout , de quelques minutes, 'A
- on le remet dans la ca- ' 1
- vité abdominale, on su-
- ture les vaisseaux ré-
- naux et les uretères, |
- l’animal se rétablit ra- !
- pidement : 15 jours / É
- après le rein droit est 1
- extirpé : aucun acci- j
- dent ne se produit, pas il
- d’albumine d;insl’urine. %
- En avril 1909, cette Fig. r.
- chienne met bas nor- la
- malement 11 petits.
- Dans la transplantation des membres, la greffe vasculaire a donné entre les mains de Carrel et Gu-thrie d’aussi merveilleux résultats.
- En 1908 Delbet présente à la Société de chirurgie de Paris, un membre postérieur de chien qui, au premier abord, n’offre rien d’anormal.
- étages de suture. Le chien est mort le 22e jour au cours d’une ; épidémie de bron-cho - pneumonie. Le membre parait normal et le cal est déjà solide.
- Les greffés hé-téroplastiques réussissent plus difficilement.
- Hoepfner avait échoué dans ses tentatives. Carrel réussit cependant le 18 novembre 1907 à transplanter un segment de carotide de chien sur l’aorte abdominale d'une vieille chatte; 17 mois après l’opération, la chatte ainsi opérée était en parfaite santé et les pulsations des fémorales étaient absolument normales.
- Carrel a cependant noté que, dans la transplantation d’une espèce à une autre, il se produit des modifications dans la structure de segment greffé : disparition des fibres élastiques, puis des fibres musculaires des vaisseaux.
- On n’a pas hésité à faire l’application de ces méthodes nouvelles en chirurgie humaine.
- Delbet, en 1907, chez un homme de 74 ans porteur d’un anévrisme de l’artère fémorale, essaya de rétablir la circulation par une greffe artérielle homoplastique à l’aide d’un segment d’artère fémorale pris sur un membre qu’on venait d’amputer, à l’instant même, dans un service voisin. Malheureusement les artères du vieillard étaient trop dures, trop calcaires et on ne put faire tenir les sutures. Il n’est pas jusqu’aux transplantations d’organes
- Greffes vasculaires par
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- qui n’aient été tentées chez l’homme. Dès 1906, Ja-boulay (de Lyon) a greffé, chez 2 femmes atteintes de lésions irrémédiables de rein, un rein de porc au pli du coude : la veine rénale fut greffée à une veine du bas et l’artère rénale à l’artère humorale. Une des malades qui émettait à peine 500 gr. d’urine albumineuse par 24 heures, en émet, après la greffe 1500 cent, cubes. Malheureusement les sutures avaient été faites avec l’ancienne technique défectueuse et les vaisseaux anastomosés s’oblitérèrent.
- Nous avons jusqu’ici étudié les greffes veino-vei-neuses.„et açtério-artérielles; plus grande serait l’importance des greffes artério-veineuses, c’est-à-dire le remplacement d’un segment d’artère par un segment de veine. On conçoit les services que rendrait une pareille greffe.
- On pourrait par exemple traiter les anévrismes par l’extirpation de la tumeur et son remplacement pour la carotide par un segment de veine fémorale,ou pour l’humorale par un segment de veine saphène, pris sur le sujet lui-même, qu’on aurait toujours à sa disposition.
- Mais les tentatives faites dans ce but par de nombreux expérimentateurs ( Gluck, Iloefhner) avaient toujours échoué. Il appartenait encore à Carrel de réussir dans cette voie. Le 7 juin 1907, il transplante un segment de veine jugulaire externe sur la carotide d’un chien, la circulation se rétablit parfaitement. Le 1er février 1909, le chien est tué dans une bataille avec ses compagnons. Le vaisseau est examiné. Le calibre de la veine transplantée est un peu dilaté, la paroi est plus épaisse, il semble que la veine se soit adaptée à sa nouvelle fonction, la ligne de suture est presque invisible (lîg. 5).
- Chez l’homme, Lexer tente cette interposition de segment veineux entre 2 bouts artériels. Après avoir réséqué 8 cm d’artère axillaire il transplante un segment d’une veine de la cuisse, la veine saphène, et l’unit à chaque extrémité de l’aorte, par une double suture circulaire, et la circulation se rétablit parfaitement.
- La substitution d’un segment de vaisseau à un autre n’est pas le seul moyen de greffe vasculaire que l’on ait tenté.
- En présence d’un vaisseau dont un lambeau ou un segment plus ou moins long a été détruit, on peut pour obturer la brèche, employer toute membrane qui présente sur une de ses faces un revêtement de même nature qu’un vaisseau comme le péritoine, ainsi que Carrel l’a fait avec succès (fig. 6).
- De même pour remplacer une perte de substance qui n’intéresse que la paroi latérale d’une artère ou d’une veine, on greffe un simple lambeau (patch) pris sur une veine voisine, sur une autre artère ou sur le péritoine, c’est la méthode dupatching (fig.7).
- Si, avec les vaisseaux greffés, on déplace l’organe qu’ils nourrissent, ou si on le transporte sur un autre animal de même espèce, cet organe continue à vivre et à fonctionner. C’est ainsi que Carrel, Garré, Stich et Makkas ont fait de nombreuse transplantations en bloc d’organes (reins, glandes thyroïdes et parathyroïdes, rate) par ce procédé. Après ces greffes vasculaires, les vaisseaux restent toujours perméables et la soudure est rapide : toute trace de suture disparaît en 15 jours.
- On se rend aisément compte de l’énorme progrès accompli grâce aux greffes vasculaires.
- Cela ne veut pas dire que la méthode de greffes par juxtaposition n’avait donné que des insuccès. Lexer, Kausch, Codmann ont pu, sur l’homme, réussir à remplacer tout un segment d’os (humérus, tibia, fémur) enlevé pour tumeur (sarcome) par une portion d’os sain pris sur le même individu ou sur un membre fraîchement amputé. La radiographie ultérieure montra la persistance de la greffe osseuse.
- Sur un enfant, Lexer réussit la transplantation d’une articulation du genou tout entière.
- Mais, dans l’une et l’autre méthode de transplantation, un écueil existe; c’est la difficulté de se procurer les greffons. Actuellement, en France, on ne peut les prendre chez l’homme que sur des membres
- AB C
- Fig. 8. — Radiographies d’une transplantation osseuse (Remplacement du tibia par le péroné, (Codmann), A, avant la transplantation, B, un an après. C, trois ans après.
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- amputés; puisque notre législation ne permet de toucher aux cadavres, même les plus mutilés, que 24 heures après la mort. Mais, qu’on emprunte le greffon à un membre amputé ou à un cadavre frais, il faut une coïncidence rarement réalisée pour qu’on trouve le greffon au moment meme où on en a besoin. Il est donc de la plus haute importance de pouvoir conserver les greffons. Et en 1908, le pro-iesseur Delhet émettait l’espoir de voir un jour, dans chaque service de chirurgie, à côté de la vitrine aux instruments, une armoire où seraient conservées des pièces de rechange, artères, Aœines, viscères, articulations, bras, jambes, membres entiers, et où les chirurgiens de l’avenir puiseraient pour le grand bien de leurs malades.
- Ce vœu est déjà en partie réalisé, pour les vaisseaux du moins. Carrel prélève les vaisseaux sur l’animal vivant ou peu de temps avant sa mort, avec une asepsie rigoureuse. Il les immerge et les lave dans le sérum de Locke et les place dans des tubes de verre stérilisés dont l’atmosphère est rendue humide par l’addition de quelques gouttes d’eau ou de solution; ces tubes sont aussitôt fermés à la lampe et placés dans une
- chambre froide (cold slorage), une glacière à parois épaisses dont la température est maintenue constante entre. 0° et + 1° centigrade.. Au bout de 6 et même 10 mois, la structure des vaisseaux n’a pas changé.
- Quelques minutes avant de se servir du vaisseau pour une transplantation, on enlève le tube de la glacière et on brise son extrémité. On plonge le vaisseau dans la solution de Locke à la température du laboratoire. On l’y lave et on le met dans la vaseline chaude qu’on exprime ensuite soigneusement et on procède à la greffe. Aussitôt après, on voit la partie greffée qui était décolorée prendre l’aspect de l’artère vivante. Carrel a vu les vaisseaux
- Fig. ç. — A, Radiographie de la jambe malade après la première opération (d'après Kaasch). B, Dissection de la pièce enlevée lors de l'amputation (d'après Kausch).
- nourriciers d’une carotide conservée 11 mois en cold storage s’injecter instantanément.
- En novembre 1906, Carrel transplante un segment de carotide de chien conservé pendant 20 jours en cold slorage sur l’aorte d’un chat. Le résultat fut excellent. En mai 1909 la santé du chat est parfaite ; les pulsations fémorales sont normales. Il en fut de même pour une chienne, sur l’aorte de laquelle on
- transplanta un segment de l’artère poplitée d’un jeune homme amputé de cuisse et conservée en cold storage pendant 24 jours.
- Dans le domaine des transplantations osseuses, Kausch a pu également arriver à transplanter un fragment d’os mort.
- Chez une jeune fille de 49 ans, qui présentait une tumeur (sarcome) de l’extrémité inférieure du tibia, Kausch enleva cette portion osseuse sur une étendue de 10 cm, et pour combler la perte de substance, il prit un fragment de tibia qui avait été recueilli quelques jours auparavant au cours d’une amputation. Ce fragment tibial avait été dépouillé de son
- périoste et de sa moelle osseuse et soigneusement bouilli, après dégraissage à l’éther. Grâce à 2 tiges d’ivoire, on put intercaler ce fragment de tibia entre l’extrémité inférieure du fémur et le bout supérieur du tibia réséqué. La malade guérit de son opération, mais 9 mois après, la tumeur récidiva et on dut faire l’amputation de la cuisse. On constata alors que l’os mort transplanté était parfaitement soudé avec le fémur et le tibia : une gaine de périoste s’était reformée autour de l’os transplanté. L’os humain, recueilli sur le vivant, et stérilisé peut donc constituer un bon matériel de greffe osseuse pour combler une large perle de substance.
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- Ces résultats sont intéressants et encourageants. Us montrent qu’une ère nouvelle s’ouvre pour la chirurgie. Celle-ci, jadis surtout destructive, préoccupée d’amputations, de suppressions d’organes, tend de plus en plus à devenir conservatrice. Ces premiers essais de transplantation de membres et
- d’organes permettent de ne plus considérer comme une utopie la possibilité d’une chirurgie restauratrice, capable de remplacer par des tissus sains quelques-uns de ceux dont les hasards de l’existence auraient entraîné la déchéance ou la suppression.
- Dr Burnier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 16 et 23 janvier J911. — Présidence de M. Gautier.
- ~ Découverte d'un métal. — M. Haller résume une Note dans laquelle M. Urbain expose qu’ayant désiré augmenter la quantité de lutécium en sa possession, il a été amené à entreprendre d’extraire de la gadolinite, ce métal qui y est contenu en petites quantités. Le lutécium a été découvert il y a deux ans par M. Urbain. Il a obtenu cette fois une substance dans laquelle la spectro-graphie a révélé un nouvel élément caractérisé par un ensemble de raies du spectre d’arc, dont quelques-unes sont très intenses et dont il a déterminé les longueurs d’onde. Le chlorure de cette terre rare est un peu plus volatil que celui du lutécium et un peu moins que celui du scandium ; son hydroxyde est une base plus faible que l’oxyde de lutécium et de scandium. L’ensemble des autres caractères se rapproche également des caractères du lutécium et du scandium. M. Urbain propose de donner à ce corps le nom de, celtium.
- Crevettes des profondeurs de l’Océan. — M. Bouvier présente une Note de M. Henri Coutière, sur les nouvelles crevettes capturées au cours de l’exploration poursuivie en 1910 par Son A. S. le prince de Monaco à bord du yacht Princesse Alice. La pêche a été très fructueuse, grâce à l’emploi d'un nouveau filet à mailles espacées de 1 cm que l’on peut remonter très vite. Ce filet a été imaginé par M. Bourée; il se remonte assez vite pour que les animaux n’aient point le temps de s’échapper. On peut ainsi opérer des captures à 5000 ou 6000 m. M. Coutière a constaté que les nombreuses cre-vettes ramenées contenaient une sorte de flotteur rempli d’une matière grasse rouge-orangé, ce qui facilite leur locomotion. Ces crevettes ont une carapace molle et papyracée.
- Adaptation d'une mouche au climat. — M. Bouvier présente ensuite un travail de M. Roubaud sur un cas d’adaptation de la mouche de bétail connue en Europe sous le nom de Musca corvina. Un naturaliste russe a déjà remarqué que, dans le Nord de la Russie, cette mouche est ovipare, alors que dans le Sud de la Russie elle est vivipare en été. M. Roubaud a constaté que la musca corvina du Dahomey est exclusivement vivipare. Elle est adaptée aux températures élevées, car elle ne s’y reproduit pas à une température inférieure à 50°. Ses larves y sont moins avancées que dans le Sud de la Russie. Par ces deux caractères la musca corvina du Dahomey constitue une race géographique distincte de la race européenne dont elle ne diffère d’ailleurs ' en rien par la structure.
- Propriété de l’hémoglobine. — M. Roux analyse une Note de MM. Gabriel Bertrand et Rogozinski sur l’hémoglobine. Cette matière colorante rouge du sang se comporte en certaines circonstances comme une diastase cristallisée, à cause du fer qui entre dans sa composition.
- Les eaux météoriques du pôle Sud. — M. Müntz communique le résultat de ses recherches sur les eaux |
- météoriques rapportées par la mission Charcot et qui ont été recueillies par l’enseigne de vaisseau Godefroy. Elles contiennent autant de nitrates que celles des régions équatoriales, malgré l’absence d’orages au voisinage du pôle Sud. Or comme ce sont les décharges électriques qui forment les nitrates flottant dans l’air, on peut en conclure que ceux-ci ont été apportés vers le pôle Sud par les vents du Nord prédominant dans ces régions qui les ont charriés depuis les régions équatoriales où la nitrification est intense.
- Une difficulté dans la mesure d’une base. — M. le général Bassot dépose une Note de M. le colonel Bourgeois relative à une mesure de base géodésique en Algérie. Sur le trajet de la ligne droite mesurée à la règle près de Blida, on a déterminé un segment de 480 m. qui a été mesuré quatre fois, dont deux fois dans un sens et deux fois dans le sens contraire. Les deux mesures dans le sens aller sont concordantes entre elles; de même les deux mesures dans le sens retour sont concordantes. Mais le nombre moyen des mesures aller s’écarte sensiblement du nombre moyen des mesures de retour. La règle est en métal invar. Les opérateurs ont reconnu que cet écart provenait de ce que les pattes du niveau ne donnaient pas l’inclinaison de la ligne des fibres neutres de la règle. Ces pattes, qui sont en cuivre, ont usé très légèrement la surface des fibres neutres, de telle sorte que toutes les mesures d’inclinaison opérées à l’aller sont affectées d’une erreur constante, et que toutes les mesures d’inclinaison au retour sont affectées d’une erreur égale mais de sens contraire. En résumé, la moyenne des nombres admis pour la mesure à l’aller et au retour, est affranchie d’erreur systématique.
- Le rôle des muscles intercostaux. — M. E. Perrier dépose un travail de M. Robinson sur le rôle des muscles intercostaux dans la respiration. Ce rôle, discuté depuis deux siècles, a été considéré comme nul depuis quelque temps. M. le Dr Robinson a entrepris d’élucider la question en disséquant les côtes de différents vertébrés. Il a vu que les muscles intercostaux, au lieu d’être des muscles dégradés, comme le prétendent quelques anatomistes, sont d’une organisation admirablement bien adaptée à l’acte complexe de la respiration.
- Une étoile variable. — M. Deslandres annonce que le spectre d’une étoile variable signalée dans la constellation du Lézard a été étudiée à l’Observatoire de Meudon et qu’on en a photographié le spectre. Cette étoile qui en novembre était de la 5e grandeur était passée à la grandeur 7,5 en décembre. Son spectre présente celte particularité remarquable, que les raies de l’hydrogène y sont d’une intensité et d’une largeur inusitées.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un membre de la section de physique en remplacement de M. Gernez. Par 30 voix, M. Branly est élu; Mme Curie obtient 28 voix. Ch. de Yilledeuil.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N“ 1967.
- 4 FÉVRIER 1911
- UN NOUVEAU CHAMPIGNON COMESTIBLE CULTIVABLE
- Les champignons comestibles sont beaucoup plus nombreux qu’on ne se l’imagine habituellement et plusieurs sont au moins aussi bons — si ce n’est meilleurs que l’éternel champignon de couche, la médiocre girole, le trop momentané cèpe, la vraiment trop onéreuse truffe. Ils n’ont que le tort de pouvoir être confondus avec des espèces vénéneuses, bien qu’à cet égard il y ait beaucoup d’exagération — cinq ou six tout au plus étant mortelles — et, en outre, d’être un peu trop variables dans leur végétation, la même espèce pouvant être très commune une année et très rare l’année suivante. Pour remé-
- pas plus de saveur agréable qu’un morceau de cuir.
- M. Louis Matruchot, un de nos meilleurs botanistes, professeur adjoint à l’Ecole normale supérieure,- s’occupe depuis de longues années de rechercher des milieux de culture favorables à divers champignons comestibles croissant habituellement à l’état sauvage. Il est arrivé, il y a déjà quelque temps, à des résultats positifs en ce qui concerne le Petit pied bleu, le Tricholoma nuduni des mycologues. Yoici maintenant qu’il nous fait connaître un procédé de culture facile du Pleurote Corne d" abondance, également appelé Coquille du chêne
- Pleurote Corne d’abondance, développé sur une rondelle de bois d’orme (Cliché Matruchot).
- dier à cet état de choses, il est bien évident qu’il n’y a qu’à cultiver les champignons les plus suaves en mettant à leur disposition le milieu le plus favorable à leur bon développement. En théorie, cela va tout seul; mais, dans la pratique, il n’en va pas de même : bien que les champignons semblent pousser n’importe où, ils sont d’une exigence inouïe quant à la nutrition ; un peu trop ou pas assez de telle substance qui leur convient, ils ne poussent plus ou végètent lamentablement. Bien plus, quand on a trouvé le milieu favorable, il se trouve parfois que celui-ci convient aussi et quelquefois encore mieux à une autre espèce dont les spores flottent dans l’air et qui, dès lors, s’y implante au détriment du précédent, de sorte que, finalement, au lieu d’obtenir ce que l’on désire, on récolte un champignon n’ayant
- 39e année. — içr semestre.
- et Corne d'abondance du chêne. Malgré ces deux derniers noms vulgaires, ce n’est pas sur le chêne qu’on le rencontre le plus fréquemment, mais plutôt sur les vieux troncs des ormes, en été et en automne. Ce Pleurotus cornucopioides, comme le nomment les botanistes, est d’un blanc de lait, grisâtre ou ocracé pale; son chapeau — de 5 à 10 cm de diamètre — est en entonnoir ou en cornet; le pied est blanc, courbé, presque central et soudé aux pieds voisins de manière à ressembler à un candélabre irrégulier et fantaisiste, qui pourrait servir de motif d’art nouveau ; les feuillets descendent en filet vers la base du pied et sont d’abord blancs, puis blanc rosé ou crèmes, enfin couverts de spores un peu rosées; la chair est blanche à odeur de farine.
- Yoici comment M. Matruchot fut amené à s’oc-
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- LA MONTGOLFIÈRE DU XXe SIÈCLE
- cuper de ce pleurote. Au cours de l’été de 1909, M. Bourrelier, propriétaire à Verrière (Seine-et-Oise), lui signalait l’état précaire de plusieurs beaux ormes de son parc, en même temps que l’existence, sur le tronc de ces arbres, d’assez nombreux chapeaux d’un champignon qu’il reconnut être le Pleurote Corne d’abondance. Par suite de leur état maladif, il fallut les abattre : on reconnut alors que le bois était profondément envahi par le mycélium, c’est-à-dire par les filaments du champignon.
- C’est alors que reprenant un procédé qui est très ancien (puisque, selon Cordier, il remonte jusqu’à Dioscoride) et qui fut repris au siècle dernier par Deveaux, lequel l’appliqua au Pholiota ægerita, M. Matruchot enterra trois des rondelles de tronc d’orme dans le jardin de l’École normale supérieure, en un endroit abrité et frais, sous une couche de terreau de quelques centimètres d’épaisseur. Le sol fut maintenu humide à l'aide de quelques arrosages. Dès le printemps de 4910, la végétation du mycélium se manifesta, et au mois de juin apparurent les premiers chapeaux. L’une des rondelles donna naissance à trois séries successives de champignons, qui furent récoltés le 15 juillet, le 28 août et fin septembre. La seconde rondelle fournit trois récoltes également : 15 juin, 4 juillet et fin août. Enfin la troisième rondelle ne donna que deux récoltes, en juillet et en octobre. Dans tous les cas, les champignons apparurent par touffes sur la hase supérieure et le bord latéral des rondelles de bois; chaque touffe, comme dans la végétation naturelle de celte espèce, comprend de nombreux cha-
- peaux nés sur les ramifications d’un même pied.
- On voit, en résumé, que cette culture est très facile lorsqu’on possède des troncs d’ormes déjà attaqués. Mais on peut espérer qu’on y arrivera aussi en contaminant artificiellement des rondelles d’ormes indemnes soit avec des spores provenant directement d’un Pleurote, soit — ce qui serait sans doute préférable — avec des cultures pures faites d’abord en milieu stérilisé, ainsi que M. Ma-truchôt en a également obtenu.
- Espérons que ces recherches engageront les « amateurs » à faire des expériences analogues sur d’autres espèces analogues. Dans le genre Pleurote, notamment, ils ont un vaste champ à explorer. C’est ainsi que le Pleurote du chêne {Pleurolus dryinus), qui pousse, en été et en automne sur des troncs d’arbres divers, est un comestible excellent à l’état jeune; que le Pleurote du Panicaut (Pleurotus Eryngii), qui pousse sur les tiges du Panicaut, est très bon et se vend d’ailleurs, sur les marchés de La Rochelle, de Bourges et de Perpignan ; que le Pleurote en kuitre (Pleurolus oslreatus), que l’on rencontre en automne et en hiver sur les hêtres et les peupliers, est très estimé dans les Vosges ; que le Pleurote de l’orme {Pleurolus ulmarius), qui végète sur les ormes et les charmes, est bon à manger, fait d’ailleurs connu des paysans qui le nomment Aroubeillo d’Oulmé, Bouli d’Oulmé, Bolet d’Ulm, Comparol d'Ouhné, Ourinerados, Oreille d’Orme. Les amateurs de noms pittoresques peuvent, on le voit, s’en donner à cœur-joie avec les champignons.... Henri Coupin.
- LA MONTGOLFIÈRE DU XXe SIÈCLE
- La première montgolfière, gonflée d’air chaud, quittait le sol à Ànnonay, le jeudi 5 juin 1783. Il y a donc cent vingt sept ans que les frères Montgol-fier réalisèrent leur géniale découverte et cependant les montgolfières de maintenant sont encore ce qu’elles étaient dès cette époque.
- Aucun progrès, aucune modification.
- Pourquoi?
- C’est que le ballon à hydrogène, plus tard à gaz d'éclairage fut seul utilisé et perfectionné; la pauvre montgolfière fut délaissée, et même méprisée. A de rares exceptions, elle servit seulement aux forains qui firent des ascensions dans les fêtes publiques. La montgolfière ne pouvait-elle donc pas profiter des progrès scientifiques de tout un siècle? N’est-elle pas perfectible?
- La montgolfière diffère du ballon à gaz principalement à cause de l’emploi d’air chaud comme source de force ascensionnelle maisaussi par beaucoup d’autres points, notamment le mode de gonflement.
- Nous devons à l’obligeance d’un aéronaute distingué, M.Delagarde, qui a effectué de nombreuses ascensions en montgolfière, les photographies ci-jointes qui permettent de voir les détails d’un gonflement.
- L’enveloppe n’a pas de filet, et la nacelle est suspendue à un cercle disposé à la partie inférieure de la montgolfière. On aperçoit le foyer où se consument des bottes de paille et les deux mâts qui servent pendant le gonflement à tenir l’enveloppe soulevée.
- Une montgolfière qui possède au départ une force ascensionnelle importante s’enlève très vite pour atteindre presque aussitôt sa zone d’équilibre.
- C’est un spectacle impressionnant que de voir s’élever ainsi une montgolfière, mais la chute est aussi rapide que la montée, l’air chaud se refroidit vite et la force ascensionnelle tombe à zéro. Aussi les trajets ne sont-ils jamais bien longs (10 à 20 minutes) ni jamais très grands (de 5 à 20 kilomètres selon la vitesse du vent).
- Et c’est cette brièveté de temps et de distance qui a empêché la montgolfière de se développer comme elle aurait pu le faire.
- Mais, si nous construisions une montgolfière emportant une source de chaleur empêchant la force ascensionnelle de s’abaisser, nous aurions un appareil de tourisme aérien, supérieur au ballon libre à gaz. Jusqu’à ces dernières années, on ne connaissait pas de combustible pratique permettant la
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- solulion de ce problème spécial. Actuellement, on dispose d’un combustible liquide idéal, le pétrole des ménagères, et également de brûleurs permettant la combustion complète grâce à une gazéification préalable.
- Le problème est en somme résolu, et il suffit de grouper ces brûleurs en une chaufferie spéciale qui servira, avant le départ, à gonfler la montgolfière et, pendant la marche, à entretenir la constance de la température intérieure.
- 11 s’agissait donc de construire une telle chaufferie pour rénover la montgolfière. L’idée était dans l’air, et au mois de juillet de cette année 1910, une campagne des plus intéressantes fut menée dans le journal YAéro; les convaincus qui avaient foi en cette résurrection se réunirent en une société qui se proposa comme but exclusif l’étude pratique et la vulgarisation de la montgolfière1. Cette société eut donc à réaliser cette chaufferie qui est maintenant construite et donne toute satisfaction. Nous allons décrire la montgolfière perfectionnée et sa chaufferie ; mais avant, nous croyons utile de rappeler les différences essentielles existant entre un ballon à gaz et une montgolfière ordinaire, et de faire connaître leurs qualités et défauts respectifs.
- Généralement, dans une montgolfière, la source de chaleur reste à terre et comme l’air dilaté avant
- Fig. i. — Schéma de l’installation d’une chaufferie dans une montgolfière. — a, cercle de base; b, galerie; c, brûleurs; d, tube entourant les flammes ; e, enveloppe montgolfière; f, tuyau d’amenée de pétrole; g, nacelle; h, réservoir; i, robinet à deux prises; j, robinet d une prise.
- le départ se refroidit très vite, la force ascensionnelle devient presque instantanément nulle.
- Dans un ballon à gaz, il existe au contraire un excédent de force ascensionnelle disponible sous
- 1. La Montgolfière, société d’encouragement au tourisme aérien, Siège social, 9, rue Saint-Augustin, Paris.
- forme de sacs de sable. Mais si l’on suppose une montgolfière emportant une source de chaleur et à température intérieure constante, les défauts signalés disparaissent.
- Pas besoin de lest, puisqu’on dispose à chaque instant de la faible, force ascensionnelle nécessaire pour s’équilibrer à une altitude donnée.
- Facilité pour monter ou pour descendre, puisqu’il suffit d’augmenter ou de diminuer la quantité de chaleur dégagée par la source.
- Les principaux défauts du ballon à gaz sont les suivants : il utilise un gaz inflammable susceptible de produire àtout instant une explosion; il ne possède qu’une réserve de force as-censionnellelimi-tée malgré le lest emporté ; le gonflement ne peut s’effectuer qu’â proximité d’une usine productrice du gaz nécessaire et les frais de ce gonflement sont très onéreux.
- Or la montgolfière perfectionnée n’aura plus ces défauts, car l’air chaud n’est pas un gaz combustible ; il suffira d’emporter quelques litres de pétrole pour obtenir la constance de la température et le gonflement qui pourra s’effectuer n’importe où ne nécessitera également que peu de pétrole et sera très rapide.
- Abordons maintenant la description dû brûleur, de la chaufferie et de la nouvelle montgolfière.
- Le brûleur (fig. 2, A) est formé de tubes en U, disposés d’équerre et réunis à leur partie supérieure par un croisillon. A leur partie inférieure, ils portent, le tube de dessus, un bec et, le tube de dessous, un écrou fileté permettant le raccord du brûleur sur sa galerie.
- Le liquide arrive par le raccord, monte sous l’action de la pression dans les deux branches du tube correspondant, passe par le croisillon, redescend dans les deux branches du tube portant le petit be.c ou il arrive gazéifié d’une façon absolue, et brûle avec une belle flamme bleue d’autant plus puissante que la pression est grande.
- Fig. 2. — Schéma d’une chaufferie à pétrole. — A. Brûleur; a, arrivée du pétrole; b, bec; c, tubes en U; d, croisillon; e, cercle support. — B, galerie; f, brûleur sans tube de flamme; g, brûleur avec tube de flamme; h, coupelle d’allumage; i, tuyau d’amenée d’essence. C, réservoir; j, robinet à une prise; k, bouchon de remplissage ; 1, pompe a air ; m, manomètre; n, vis d’air sur le bouchon.
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- LE SKI
- On conçoit très bien que le pétrole contenu dans les deux tubes qui sont entièrement dans la flamme est suffisamment chauffé pour acquérir, à son point de sortie, une.température au moins égale à son degré de /vaporisation. Et on voit aussi que la flamme doit s’éteindre dès que la pression au réservoir est supprimée, car le pétrole encore liquide retombe dans le réservoir, le pétrole déjà gazéifié finit de brûler et la flamme s’éteint faute de combustible.
- Le brûleur est
- entouré d’un tube r „r «. , - *
- limitant et dirigeant la flamme, placé sur un cercle fixé à mi-hauteur des tubes en U. A la partie inférieure, une coupelle est disposée pour recevoir l’alcool (ou l’essence) qui permet l’allumage à la mise en marche en échauffant préalablement les tubes en U.
- Quand tout l’alcool de la coupelle est brûlé, le pétrole qui arrive sous pression est suffisam-ment échauffé après passage dans les tubes en U pour qu’il sorte par le bec gazéifié.
- Nous nous sommes longuement étendu sur le groupement des brûleurs et sur la chaufferie.
- La légende du schéma ci-contre est très suffisante pour qu’on puisse se rendre compte de la fonction des différents organes. Il nous reste à indiquer comment la chaufferie et son réservoir seront disposés dans les nouvelles montgolfières.
- Le réservoir sera posé dans la nacelle, la galerie portant une vingtaine de brûleurs sera fixée au cercle de base de la montgolfière et à environ 2 m. du fond de la nacelle, un ou plusieurs tubes flexibles réuniront la galerie au réservoir. Sur le schéma ci-contre, un robinet à 2 prises distribue le liquide par deux tubes et ce dispositif permettrait par exemple de n’éteindre qu’une moitié des becs. Bien entendu, ces dispositions de distribution sont très
- variables et au besoin chaque brûleur pourrait avoir son robinet propre pour qu’on pût l’isoler le cas échéant. Pour protéger l’enveloppe de la montgolfière, il faut entourer la zone de flamme d’une toile métallique à tissu serré , ayant pour but d’éteindre les flammes trop hautes et trop larges, ou d’un tissu très fin d’amiante.
- En résumé, ce qui caractérise la montgolfière du xxe siècle, c’est la seule adjonction d’une chaufferie à pétrole à combustion complète après gazéification.
- Au cours de cette année, nous verrons dans les airs de ces modernes montgolfières et sans nul doute une nouvelle branche d’aéroslation va naître, qui permettra à ses adeptes de faire à leur choix de nombreuses ascensions à prix très réduits ou de longues randonnées aériennes. G. Camus.
- Fig. 3. — Une ascension en montgolfière.
- LE SKI
- Dans bien des régions montagneuses, là neige tombe avec une telle abondance qu’il n’èst pas rare de voir des fermes, des villages, isolés du monde pendant des semaines entières. On veut sortir de
- chez soi? Le pied s’enfonce profondément et à chaque pas on doit le lever d’autant ; on avance mais combien péniblement pour se trouver finalement arrêté par une neige pulvérulente. Qu’on se représente
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- alors la situation d’un malade qui a besoin de secours médicaux immédiats et que d’infranchissables masses de neige séparent du reste du monde.
- Dans de telles régions, il est maintenant possible, grâce aux skis, d’assurer rapidement les communications, et l’on ne saurait trop vanter la valeur éco-
- chauffés, leur permet d’aller glisser sans bruit au milieu des sapins recouverts de givre et surprendre le murmure des torrents prisonniers sous la glace.... » Le ski est une planche longue et étroite dont le bois, la forme, les dimensions varient selon l’usage qu’on veut en faire. La longueur doit généralement se rapprocher de la taille du skieur tenant son bras levé (soit de 2 m. à 2,30 m. environ) ; la largeur, variable en différents points de la longueur, reste ordinairemen t comprise en tre 6 et 10 cm ; l’épaisseur varie en sens inverse de la largeur de 1 à 3 cm. La figure 4 représente un ski de modèle courant.
- À la partie la plus épaisse, sous le pied, on remarque une cavité rectangulaire, taillée au ciseau, et destinée à recevoir les mâchoires de direction. Le ski ed creusé sur les 3/4 de
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- Fig. i. — Une compagnie de chasseurs alpins munis de ski.
- nomique d’un outil qui permet aux montagnards de vaquer, malgré la neige, à leurs occupations habituelles.
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- Fig. 3. — Le skieur Durban-Hansen au Mont-Genèvre Photos Rivière).
- Fig. 2.— Le skieur Iselin au Mont-Genèvre.
- la longueur, à partir du talon d’une rainure. Cette rainure, placée suivant la ligne médiane et longitudinale de glissement, moule comme un rail de neige et facilite, pendant la marche, le maintien du parallélisme des skis.
- Comme le montre la figure 4, le ski est cintré en son milieu : la courbure doit être telle que, sous la charge du corps, le ski repose aplat sur son plan ; elle dépend donc du poids du skieur et de l’élasticité du bois. Si cette cour-
- En beaucoup d’endroits, les facteurs, les médecins, les curés se munissent de skis pour leurs tournées quotidiennes, les enfants s’en servent pour aller à l’école. Grâce aux skis la neige n’est plus un obstacle et la montagne commence à voir des figures qu’elle n’apercevait naguère qu’en été.
- Pour les citadins existe-t-il un sport plus beau que celui qui, les chassant des appartements sur-
- bure n’existait pas, le ski prendrait une formé concave qui rendrait la marche impossible.
- Fabriquer un bon ski n’est pas une opération aussi facile qu’on pourrait le penser. 11 y a toute une série de problèmes délicats à résoudre; le vrai skieur les connaît bien et la vue d’une belle paire de skis le remplit d’aise.
- Le ski de montagne, le seul qui nous intéresse,
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- doit être souple et résistant. Le bois de frêne qui réunit ces deux qualités est celui que l’on emploie ordinairement. 41 a par contre l’inconvénient d’être cher, et beaucoup de montagnards n’hésitent pas à se servir des sapins ou des mélèzes, très abondants dans les Alpes. Ils en sont quittes pour renouveler leurs skis un peu plus souvent.
- On établit aussi des skis avec deux espèces de bois, en choisissant un bois lourd et lisse pour la surface de glissement, un bois léger pour la partie supérieure. On peut employer les combinaisons les plus diverses selon le résultat qu’on veut obtenir. On fera entrer le chêne très dur, mais très lourd, dans la construction des skis de saut. Un ski entièrement établi en chêne aurait un poids excessif.
- Solidité, souplesse, légèreté, bon marché, voilà quatre qualités souvent contradictoires qu’il faut concilier le mieux possible.
- Choisissons le frêne blanc : l’arbre sera abattu en hiver avant la poussée de la sève; on débitera des planchettes de 2 m. 40 X 0 m. 11 X 0 m. 0551 de telle façon que les nœuds soient proscrits, les veines disposées en descendant de la pointe à l’arrière et se présentant obliquement sur la surface du ski (fig. 5). Demandez à un skieur si ces détails n’ont pas d’importance !
- Les planchettes ainsi débitées sèchent pendant un an à l’air; le séchage doit être lent et méthodique. On découpe ensuite à l’aide de gabarits, le contour du ski, son profil, on aplanit le dessous en ayant toujours soin de raboter de l’avant à l’arrière.
- Il ne reste plus maintenant qu’à créer la double courbure qui va nous permettre de filer délicieusement sur la neige immaculée des cimes.
- Cette courbure s’obtient d’une façon générale en mouillant les parties à recourber; le bois est ainsi rendu suffisamment plastique pour qu’à la main ou au moyen de gabarits spéciaux on puisse donner à la planchette la forme que l’on désire; on laisse ensuite sécher le ski.
- Le Dr W. Paulcke2 recommande au montagnard d’opérer simplement de la façon suivante : exposer le ski au-dessus d’un feu de charbon de bois (fig. 6) la surface de glissement étant tournée vers le haut,
- Profil
- Fig. 4. — Ski type Télémark.
- le ski passant entre les planches longitudinales d’un traîneau ou autre support quelconque ; sur la partie à recourber placer un chiffon bien mouillé et à l’aide d’une corde tirer sur la pointe jusqu’à ce que la courbure désirée soit obtenue; il suffit alors d’enlever le chiffon mouillé et de laisser le ski sécher au-dessus du feu, la pointe étant maintenue dans la position convenable. On opère de même pour obtenir la courbure médiane. Il faut particulièrement veiller à ce que la courbure n’ait pas de gauche.
- On est plus sûr d’avoir des skis sans gauchissement en employant des formes à skis simples ou doubles.
- A l’École normale de Briançon, les planchettes suffisamment imprégnées d’humidité sont placées dans les formes1 (fig. 7) spéciales et le tout est mis à sécher au four peu chauffé ou encore dans un local sec, chaud, aéré.
- Ce procédé est rapide mais peut rendre les skis cassants. Dans les fabriques Hagen, la planchette de frêne, séchée pendant un an en magasin, est trempée pendant 10 minutes dans l’eau bouillante. Cette immersion rend le bois si malléable qu’il suffit de le courber à la main sur un chevalet spécial ; le ski est mis à sécher 15 jours à l’air et on lui donne à la main la courbure définitive ; on arrive à fabriquer ainsi une centaine de skis par jour.
- La double courbure étant obtenue d’une façon quelconque, on creuse la rainure médiane, la cavilé devant recevoir les mâchoires de direction et l'on procède au polissage et au vernissage.
- Il reste à fixer au pied le ski que nous venons de terminer. Cette question de la fixation est très débattue et les modèles que l’on trouve actuellement dans le commerce sont légion. Tous ont leurs avantages et leurs inconvénients.
- Une bonne attache doit être simple et solide, permettre une direction aisée du ski, laisser au pied le plus de liberté possible et surtout être facile à mettre et à réparer, même avec des doigts engourdis par le froid. Il est bon en outre que le pied puisse se dégager rapidement de façon que dans certaines circonstances critiques on ne soit pas forcé de choisir uniquement entre un ski brisé ou une jambe cassée.
- 1. Procédés Hagen.
- 2. Manuel de ski du Dr
- W. Paulcke.
- Fig. 5. — Bois à veines obliques.
- L’un des meilleurs systèmes et le plus généralement employé est l’attache Huitfeld à mâchoires métalliques et courroies de cuir à levier E. Les figures 8 la représentent suffisamment pour qu’il soit inutile de la décrire en détail. Au moyen du levier 1. Voir le Guide du skieur du Saint-Bernard.
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- E, on peut tendre ou détendre à volonté la courroie du talon, ce qui facilite la mise ou l’enlèvement de l’attache (fig. 9).
- Nous passons sur les autres fixations (Schüster-Hœk, Ellefsen, Lilienfeld, Muller, etc.). Le lecteur pourra se reporter aux traités spéciaux. Ajoutons
- Feu de charbon de bois
- Fig. 6. — Fabrication familiale des skis.
- d’ailleurs que le skieur ayant quelque peu pratiqué ne tarde pas à combiner et à construire, suivant ses goûts, une attache particulière.
- Le profane se fait souvent, à l’endroit du ski, les idées les plus extraordinaires. Inévitablement vient la question : « comment peut-on marcher avec de pareilles chaussures aux pieds » et s’il entrevoit vaguement la possibilité de glisser à la descente, il déclare carrément la montée impossible. Et pourtant que de sommets ont été vaincus en commençant par le plus haut, le Mont Blanc !
- Cales en bois plus tendre
- Fig. 7• — Forme à ski du capitaine Rivas.
- pour découvrir et éviter à temps les obstacles.... » Ce sport absolument merveilleux se répand de plus en plus dans nos montagnes. Les habitants ont reconnu l’immense profit qu’ils pouvaient en tirer et de toute part les concours s’organisent, attirant les citadins, provoquant des adeptes. Mais il reste
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- Fig. 8. — Fixation Huitfeld.
- encore beaucoup à faire; le ski est en France d’importation toute récente. Si dès l’an 1200, on voit les Norvégiens se servir de skieurs pour leurs opérations de guerre, il faut attendre l’hiver 1901-1902 pour assister aux premiers essais de skis dans l’armée française; essais timides, isolés qui se généralisent peu à peu dans la population civile comme dans l’armée, après la fondation de l’École normale
- Ferm ée
- Fig. g. — Le levier E permet de tendre ou de détendre la courroie.
- Avec une bonne neige, un skieur peut gravir des pentes de 30° aussi vite que le ferait un marcheur en été et compter sur une élévation moyenne de 3 à 400 m. par heure. En plaine, on couvre facilement 8 km à l’heure ; le lapon Tuorda parcourut, en 1884, 220 km en 21 heures 22 minutes.
- Le vrai plaisir du skieur, c’est la descente, juste récompense des efforts dépensés dans la montée. Celui qui n’a jamais skié ne peut se faire une idée de la jouissance qu’on éprouve à voler avec la Altesse du vent, tous les sens tendus
- de Briançon en 1903 et le Concours international du Mont Genèvre en 1907.
- Parisiens qui n’avez que la pluie et la boue, accourez dans les montagnes; vous connaîtrez' à votre tour l’ivresse des glissades infinies, la joie de vivre et de se sentir maître de la montagne, et je suis sûr que, rentrés dans vos. foyers, regardant les photographies rapportées, vous penserez avec émotion et non sans quelque regret aux instants délicieux passés, là-bas, au milieu des grandes étendues blanches. G. Bresch.
- LA LUTTE CONTRE LA MALADIE DU SOMMEIL
- La lutte contre la maladie du sommeil est sans contredit l’un des problèmes les plus sérieux qui se posent dans la colonisation de l’Afrique.
- C’est pourquoi il paraît intéressant d’ajouter aux savantes études déjà publiées ici sur ce sujet, le nouvel effort, fait par la Gr.ande-Breiagne.
- Dans sa lutte contre la maladie du sommeil, l’Angleterre se voit obligée d’orienter ses efforts surtout vers l’Ouganda, indemne de l’épidémie, jus-
- que dans les dernières années du siècle passé, mais où dix ans à peine ont suffi pour convertir en désert des contrées populeuses et bien cultivées. Aussi le gouvernement anglais, vu l’urgence de ce problème, vient-il d’établir à Ouganda une station expérimentale destinée aux recherches relatives à la maladie du sommeil. . j
- Cette station, dirigée par le colonel Sir David Bruce, est située à environ 40 km à l’Est de Kam-
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- logés
- alimenté en eau de pluie pure (identique, grâce à la pureté de l’air, à l’eau distillée) par deux réservoirs de 400 gallons chacun. Les bureaux sont dans les pièces contiguës.
- La maison des singes, sur qui porteront les expériences, est un-vaste hangar de 81 mètres carrés, protégé, contre l’entrée des mouches. Comme du reste les - singes se portent bien mieux à l’air libre et qu’il importe,. dans l’intérêt même des expériences, de rendre les conditions générales de leur existence aussi favorables que possible, on transfère petit à petit les occupants de la maison, dans de petites cages à air libre.
- La maison du directeur est, comme le laboratoire,
- pala, chef-lieu indigène. Le' plus important d’entre les dif férents bâtiments dont elle se compose est un laboratoire de 15,5 m. de long et de 5,4 m. de large construit en tôle ondulée ; six expérimentateurs y peuvent travailler en même temps. Ce laboratoire, qui est muni de tous les instruments et ustensiles nécessaires, est
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- une construction en tôle ondulée. Le casino, comme du reste plusieurs àùtres batiments,- rappelle, par son style, les maisons des indigènes aisés et montre le même toit en foin si typique
- Fig. i.— Laboratoire des recherches microscopiques. — 2. Culture des larves de la mouche Isé-lsé. 3. Le casino de la station. — 4. Indigènes souffrant de la maladie du sommeil.
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- qui l’isole de la chaleur extérieure. Le danger d’incendie par les coups de foudre est réduit, grâce à la proximité des maisons à toit de fer.
- Outre les réservoirs du labo > ratoire, la station comporte une canalisation d’eau qui est alimentée par une citerne de 5000 gallons, taillée dans le minerai de fer du sol.
- Afin d’assurer la propreté des environs, on a installé un four à brûler les ordures, dont -
- la chambre (de 2,25 mètres carrés) a e'Lé également taillée dans le sol. Ce four est chargé d’en haut, par une ouverture circulaire de 40 centimètres de diamètre. Sa face et son toit sont en tôle ondulée, à couches intermédiaires d’argile. La cheminée, laite égale-
- Fig. 2. — i. Les indigènes apportant les bananes, nourriture des singes. — 2. Cages à singes. 3 et 4. La chasse à la mouche tsé-tsè sur les bords de Vicloria-Nyanza.
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- ment en tôle ondulée, est de 2 m. 7 de haut, elle fonctionne parfaitement.
- Comme cette station, en dehors des travaux directement relatifs à la maladie du sommeil, doit aussi se livrer à des études expérimentales sur les différentes maladies trypanosomiques du bétail, on a prévu des hangars et des pâturages spéciaux.
- En raison de l’intérêt spécial que présente la mouche Isé-tsé et de ses relations avec la maladie du sommeil, il convient de disposer toujours d’une quantité assez grande de ces insectes. Les six garçons indigènes chargés de la chasse aux mouches, habitent une cabane distante de 10 km, sur le bord du lac, où naguère encore les marchés indigènes avaient lieu. Or, depuis la suspension de ces marchés (sur le conseil du comité de recherches), on n’y trouve plusaucunemou-
- minés. Il sera intéressant aussi d’établir la nature infectieuse ou non du sang filtré d’animaux infectés. La biologie de la mouche, sa diffusion et ses relations avec les divers trypanosomes feront aussi l’objet d’études détaillées.
- D’autre part, on tâchera d’établir la raison pour laquelle certaines espèces d’animaux sont sensibles à la maladie, tandis que tant d’autres sont immunisées contre elles. D’après une théorie énoncée par
- M. Todd, cette sensibilité serait due au développement des ganglions. On s’occupera de rechercher la part qu’il faut attribuer à la maladie du sommeil dans l’ensemble des cas de démence chez les indigè- . nés. Il faudra approfondir aussi la cause de l’agran-
- Fig. 3. — En haut : Mouche tsé-tsé (glossina palpalis) grandeur naturelle. — Au centre : Trypanosomes dans Vappareil digestif d’une tsé-tsé. — En bas : Indigène souffrant de la maladie du sommeil.
- che tsé-tsé, ce qui oblige les chasseurs à se rendre, en un petit canot, à un . endroit plus éloigné du lac.
- Le programme des recherches poursuivies à la station est trop vaste pour être exposé en détail. Bornons-nous à dire qu’il comprend, en premier lieu, de soigneuses études sur le développement du trypanosome, dans son support ordinaire, la mouche tsé-tsé, et des tentatives de culture du parasite. Le sang des animaux infectés et le contenu intestinal de la mouche infectée seront également exa-
- dissement des glandes et la possibilité, signalée par Koch, de transmettre la maladie par des agents autres que le parasite du sang (contact, etc.). Il s’agira également d’établir si d’autres insectes peuvent infecter l’homme.
- Le traitement par l’atoxyl (alterné avec le mercure et l’antimoine) fera enfin l’objet d’expériences étendues. Ce traitement, appliqué par Koch, a, sans contredit, donné d’intéressants résultats, bien qu’aucun cas de guérison complète ne soit encore connu.
- Dr A. Gradenwitz.
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- LES COMPTEURS D’ÉLECTRICITÉ
- L’énergie électrique est vendue aux abonnés soit « à forfait », soit proportionnellement au courant consommé1. Dans ce dernier cas la quantité d’électricité utilisée par l’abonné est mesurée par un compteur spécial, analogue aux compteurs à gaz ou aux compteurs d’eau, et sur lequel une minuterie enregistre le nombre d’hectowatts-heures consommés.
- Le genre de compteurs le plus généralement adopté est le compteur-moteur. On peut donner une définition élémentaire de cet appareil en disant qu’il se compose d’inducteurs fixes et d’un induit mobile, lequel tourne avec une vitesse proportionnelle à la puissance électrique utilisée dans l’installation. Si aucune lampe n’est allumée, si aucune dépense d’électricité n’a lieu, l’équipage-mobile du compteur reste au repos. Si au contraire l’abonné allume une ou plusieurs lampes, s’il met en service un appareil d’utilisation quelconque, l’équipage mobile du compteur se mettra à tourner avec une vitesse proportionnelle à la puissance utilisée et cela aussi longtemps que le courant sera employé.
- Le nombre de tours que fera ainsi la partie mobile du compteur sera enregistré par une minuterie faisant déplacer des aiguilles sur des cadrans comme dans les compteurs à gaz, ou faisant apparaître des chiffres sauteurs totalisant le nombre de tours.
- Il est établi des compteurs différents pour diverses puissances depuis 2 bectowatts, ce qui correspond à peu près à une installation de 6 lampes de 10 bougies, jusqu’à 1000 hectowatts et plus. On conçoit, en effet, que le nombre de tours de la partie mobile du compteur étant proportionnel au nombre de watts dépensés dans l’installation, un compteur s’appliquant à une installation de 10 lampes par exemple ne pourrait servir pour une installation de 50 ou 100 lampes. La vitesse de rotation deviendrait trop élevée et les organes mécaniques du moteur en souffriraient.
- De même la partie électrique de l’appareil ne pour-
- 1. Voir La Nature n° I960, Variétés.
- rait supporter sans dommage un courant trop fort.
- En général les appareils sont réglés de telle sorte par le constructeur qu’ils font un tour par seconde pour la puissance maximum pour laquelle ils sont établis, et il serait imprudent de les soumettre à un régime plus élevé.
- Nous allons décrire quelques-uns de ces appareils les plus répandus en France :
- 1° Compteur-moteur ordinaire à enroulement sans fer. — Les principaux types commerciaux de ce genre de compteurs sont le « Thomson » et le « Yul-cain » qui ne diffèrent entre eux que par quelques détails de construction.
- Ce sont, en somme, des moteurs ordinaires avec inducteur fixe et induit mobile.
- Les figures 1 et 2 donnent une vue d’ensemble des compteurs Thomson et Yulcain.
- La fig. 5, n° 1 donne un schéma explicatif. L’induit B est une bobine de fil fin enroulée sur une carcasse très légère afin d’obtenir la mise en route du moteur dès qu’une fraction de courant même très faible est utilisée par l’abonné. Il est monté sur un axe pivotant dans un saphir en forme de cuvette et reçoit le courant par ses balais b. AA sont les bobines de l’inducteur fixe, bobines en gros fil.. Le courant total à mesurer passe dans l’inducteur; l’induit est traversé par un courant pris en dérivation sur les deux conducteurs dont l’intensité est proportionnelle à la tension du réseau à l’entrée de l’installation : il est donc soumis à un couple qui tend à le faire tourner, couple dû à l’action du courant des inducteurs sur le courant de l’induit et proportionnel au produit des intensités de ces deux courants, c’est-à-dire en réalité proportionnel au produit de l’intensité du courant total utilisé par l’abonné, par la tension du réseau, soit finalement proportionnel à l’énergie dépensée dans l’installation.
- Ce moteur ainsi constitué commencera donc à démarrer aussitôt qu’il passera du courant dans le gros fil des inducteurs, et comme il tourne à vide il tendra à s’emballer. Pour régulariser ce mouvement on a placé sur le prolongement de l’axe, un
- Fig. i. — Compteur Thomson. A, inducteurs ; B, induit; D, disque régulateur ; F, aimant permanent.
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- COMPTEURS D’ELECTRICITE
- disque plein D en aluminium ou en cuivre qui tourne, avec celui-ci, entre les bras d’un aimant permanent F..Les lois de l’induction électromagnétique démontrent que cette rotation du disque entre les pôles de l’aimant F donne naissance à un couple résistant croissant proportionnellement à la vitesse de rotation. L’ensemble mobile prendra une certaine vitesse de régime telle qu’il y ait équilibre entre les deux couples en présence et cette vitesse de régime sera donc finalement proportionnelle au
- Fig. 2. — Compteur Vulcain.
- A, inducteurs ;
- B, induit; D, disque; F, aimant permanent.
- couple moteur, c’est-à-dire à l’énergie dépensée dans l’installation.
- Ce genre de compteur peut être utilisé indifféremment pour courant continu et alternatif.
- Dans la pratique, les constructeurs ont apporté diverses modifications de montage; on voit, en particulier, la différence de position des inducteurs dans le compteur Thomson, dernier modèle (fig. 2, n° 1) et dans le Vulcain (fig. 2) ; la disposition du Thomson rend le champ magnétique des inducteurs à peu près indépendant du magnétisme terrestre, le type Vulcain, au contraire, exige que le plan des inducteurs fasse avec la direction N.-S. du méridien magnétique terrestre, le même angle lors de son étalonnage au laboratoire et lors de sa mise en place chez l’abonné.
- 2° Compteur moteur d’intensité, ou compteur
- électro-magnétique. — En général, le voltage des réseaux de distribution peut être considéré comme bien régulier, et sur cette observation on a imaginé un type de compteur (exclusivement applicable au courant continu) présentant une grande simplification sur le type Thomson. — C’est le compteur O'K.
- On conçoit, en effet, que si le voltage du réseau est constant, il suffit d’avoir un compteur tel que la vitesse de rotation de l’équipage mobile mesure simplement l’intensité du courant employé dans l’installation. Un simple calcul, consistant à multiplier le chiffre donné par le compteur, par la tension, supposée constante, du réseau, donnera bien évidemment l’énergie électrique consommée. Il va sans dire que cétte multiplication se fait d’elle-même dans la minuterie du compteur et que ces appareils établis spécialement pour tel ou tel voltage donnent par lecture directe sur le cadran le nombre d’hectowatts-heures dépensés.
- On a donc remplacé, dans le compteur 0' K, par un aimant permanent donnant un champ magnétique constant, le circuit à fil fin qui était destiné dans le « Thomson » à donner un champ proportionnel à la tension du courant et on a conservé le circuit à gros fil qui donne un champ proportionnel à l’intensité du courant employé.
- L’aimant permanent est pris comme inducteur (fig. 5, n° 3) et le circuit à gros fil est bobiné sur l’induit. Dans la pratique, on ne fait passer dans le gros fil qu’une très faible partie de l’intensité du courant (par l’emploi d’un shunt approprié).
- Dès qu’il passe du courant dans l’induil, il y a couple moteur et l’équipage mobile se met à tourner avec une vitesse proportionnelle à l’intensité du courant; ce compteur n’a pas besoin de l’adjonction d’un frein régulateur de vitesse, car la force électromotrice qui prend naissance dans l’induit pendant la rotation et qui croît, comme on le sait, avec la vitesse, suffit à réduire le courant déjà très faible, venant du shunt et à éviter l’emballement.
- 3° Compteurs-moteurs à champ tournant. — Nous décrirons enfin un dernier genre de compteurs-
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- moteurs, exclusivement applicables aux courants alternatifs de tous genres :
- Ce sont les compteurs à champ tournant, dits compteurs d’induction, dont il existe plusieurs types commerciaux : le compteur Cosinus (fig. 4, n° 1), le compteur À. C. T. (fig. 4, n°2), etc., etc.
- La figure 5, n° 2 donne un schéma explicatif de ces compteurs.
- La partie mobile est ici un simple disque métal- -liquef en cuivre ou en aluminium. Au voisinage de ce disque se trouvent deux bobines, l’une (bobine à gros fil), traversée par le courant total employé dans l’installation; l’autre (bobine à fil fin), par un courant proportionnel à la tension du réseau et convenablement réglé, décalé, dit-on, par rapport au premier. Chacune de ces bobines produit un champ magnétique donnant naissance à des courants induits dans le disque. L’action réciproque de ces champs sur les courants induits produit un couple moteur. La théorie électrique du réglage de ces champs magnétiques est assez compliquée, et on démontre que le couple moteur est proportionnel à la puissance que consomme l’abonné. Un aimant permanent agissant sur une autre portion du disque, joue le rôle de frein magnétique en produisant un couple résistant proportionnel à la vitesse.
- Ces compteurs, comme on le voit, sont très simples; la partie tournante est extrêmement légère, ce qui donne de grandes facilités de montage et rend l’appareil très robuste. Aussi ce genre de compteurs est-il très employé quand il s’agit de courants alternatifs.
- Les types de compteurs que nous venons de passer en revue, sont les plus répandus en France. Il en existe divers autres parmi lesquels on peut citer les compteurs pendulaires Aron, les compteurs électrolytiques, etc., etc., mais leur emploi est plus restreint.
- Conditions de fonctionnement. — Les compteurs d’électricité, que nous venons de décrire, sont des appareils dont la construction est assez délicate étant données les conditions de bon fonctionnement et d’exactitude qu’ils doivent 'remplir et le bon marché relatif auquel les fabricants sont arrivés à les produire. Les limites de précision qui sont im-
- posées par le syndicat professionnel des usines d’électricité sont les suivantes :
- « Un compteur doit démarrer pour une charge de 1/ 100e de sa charge normale.
- « Les indications du compteur doivent êlre exactes à ±5 pour 100 près, à partir de 1 /20e de la charge normale. »
- En pratique, ces conditions sont parfaitement remplies et de l’expérience déjà ancienne des exploitations électriques, il résulte que le fonctionnement des compteurs est satisfaisant.
- C’est ainsi, par exemple, qu’à Paris, où l’Administration municipale reçoit les réclamations des abonnés qui croient devoir, à tort ou à raison, se plaindre du fonctionnement de leurs appareils, sur 55000 compteurs en service en 1908, il a été reçu 32 réclamations et 3 seulement ont été reconnues fondées. Ce résultat officiel vient infirmer la méfiance injustifiée d’une partie du public à l’égard des compteurs électriques.
- D’ailleurs, dans d’autres villes où les usines d’électricité procèdent elles-mêmes à une vérification à tour de rôle de tous les compteurs en service, des résultats analogues sont constatés. On peut dire que la proportion, des compteurs s’arrêtant spontanément n’atteint pas 2 pour 100; et d’une façon générale, les compteurs défectueux nécessitant une réparation ou un nouveau réglage, sont des compteurs marquant moins et non des compteurs marquant trop. Ceci se comprend d’ailleurs pour qui connaît la construction de ces appareils. Les causes d’inexactitude sont dues le plus souvent à des poussières venant augmenter le frottement des organes, à des défectuosités aux collecteurs ou aux balais, etc., toutes choses tendant à ralentir le mouvement de l’appareil.
- Les défectuosités aux collecteurs se font surtout sentir dans les compteurs type Thomson ou Vulcain où il existe une forte différence de potentiel entre les balais puisque toute la tension du réseau passe dans le fil de l’induit; dans l’O'K, grâce au shunt, le courant passant dans l’induit est à un très faible voltage et ces inconvénients ne s’y observent pas autant. Dans les compteurs à champ tournant, il n’y a rien à redouter sous ce rapport.
- Fig. 3. — Compteur O' K. — A, aimant permanent inducteur; B, induit.
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- COMPTEURS D’ÉLECTRICITÉ
- ^ L’influence de la température, qui peut agir tant sur l’aimantation de l’aimant permanent du frein que sur la conductibilité du circuit à fil fin, est assez bien corrigée par un léger compoundage des inducteurs.
- C’est ainsi qu’un Thomson pour 1 i0 volts consomme 3 watts environ, soit en 24 heures 70 watts-heures. Une telle consommation, entièrement à la charge de l’usine d’électricité, puisqu’elle n’est pas
- Fig. 4. — x. Compteur Cosinus. — A, bobine gros fil; B, bobine fil fin; D, disque; F, aimant. 2. Compteur A. C. T. — A, bobine gros fil; B, bobine fil fin; D, disque; F, aimant permanent.
- Une autre remarque à faire en comparant ces compteurs, est la dépense d’électricité qu’ils nécessitent pour leur propre compte.
- Dans les Thomson, comme dans les compteurs à
- comptée dans le compteur, prend une certaine importance relative dans le cas des petits abonnés.
- Cet inconvénient n'existe pas naturellement dans le compteur O' K qui ne comporte pas de circuit à fil
- Usine
- Usine- ----*
- Usine --->
- Fig. 5. — Schémas de compteurs électriques.
- 1.- Compteur Thomson. A, inducteurs (gros fil); B, induit (fil fin); D, disque de régulation; F, aimant permanent. — 2. Compteur-moteur à champ tournant.. A, bobine de gros fil; B, bobine de fil fin; D, disque mobile; F, aimant permanent. — 3. Compteur O' K. A, aimant permanent (inducteur); B, induit;
- bb, balais; S, shunt.
- champ tournant, il existe, avons-nous vu, un circuit de fil fin qui est branché sur le réseau d’une façon permanente, ce circuit occasionne une dépense de courant qui peut ne pas être négligeable.
- fin, et c’est une des raisons qui justifient le succès de cet appareil, dans les installations à courant continu, pour les petits consommateurs. Par contre, les O' K font une consommation de courant qui n’est
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- EXPLOSION D’ACÉTYLÈNE A NEW-YORK
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- pas négligeable dans le shunt, mais seulement pendant le fonctionnement du compteur. Cet inconvénient, ainsi que l’inexactitude systématique due à l’hypothèse d’une constance absolue de la tension du réseau ont fait restreindre, d’une façon. générale, l’emploi de ces compteurs aux clients de faible importance.
- Les compteurs à champ tournant ont également un circuit de fil fin, mais la consommation à vide y
- ACADÉMIE I
- Séance du 3o janvier 1911. —
- 1 nslallation de M. Branly. — Le Président donne lecture de Fampliation du décret qui nomme M. Branly titulaire de la section de physique, en remplacement de M. Gernez décédé. M. Branly est invité à prendre place parmi ses confrères.
- Botanique. — Les plantes vertes, empruntent leur carbone à l’acide carbonique ; mais pour que la chose puisse se produire, la lumière est nécessaire; à l’obscurité, une plante verte s’étiole et meurt. En cultivant un organisme vert microscopique,: le chlorella derrière un écran de dentelle, M. Dangeard, dit M. Mangin, avait déjà réussi à faire reproduire par l’algue tous les détails de cette dentelle : l’algue ne s’était multipliée et développée, elle n’était visible qu’en face les mailles du réseau, là où elle recevait la lumière. En remplaçant l’écran de dentelle par un spectre où les divers rayons rouges, verts, bleus, etc., par leur réunion, constituent la lumière blanche, l’algue dessine de la même façon les rayons actifs ; en face des rayons indifférents, elle se comporte comme à l’ombre, elle ne se développe
- est plus faible (1/5 environ) que dans les compteurs Thomson. Ces compteurs sont les plus robustes et leur emploi se généralise pour tous genres de courants alternatifs.
- Au point de vue du prix du compteur, le moins coûteux est le compteur à champ tournant, puis viennent les compteurs genre Thomson, dont le prix est de 20 à 25 pour 100 plus élevé que les premiers, à puissance égale. J. Verdier.
- ÎS SCIENCES
- Présidence de M. A. Gautier.
- pas. On a ainsi un véritable appareil enregistreur qui photographie lui-même celles des radiations solaires qui permettent aux plantes vertes de puiser leur provision de charbon dans l’air.
- Les varrons. — M. Bouvier analyse une Note de M. Vanet, de Lyon, sur le développement de l’œstre du bœuf dont les larves appelées « varrons » produisent de grosses tumeurs sous la peau qu’elles perforent M. Vanet étudie la structure de ces larves et confirme à nouveau l’hypothèse de leur migration. Elles pénètrent dans le corps dans l’œsophage, traversent les parois de ce conduit et suivant "des voies diverses, arriveiir sous la peau du" dûs où elles produisent les tumeurs. Ces migrations affaiblissent l’hôte, souvent en déprécient la chair ou en tarissent le lait et toujours se terminent par une perforation de la peau frappant ainsi trois industries importantes, la boucherie, la laiterie, la tannerie. L’œstre du bœuf cause en conséquence dans les pays de l’élevage des pertes considérables.
- (A suivre.) Cfl. DE VlLLEDEUIL.
- UNE EXPLOSION D’ACÉTYLÈNE A NEW-YORK
- L’explosion qui, le 19 décembre, a désolé tout un quartier du centre de New-York, en causant la mort de dix personnes et en blessant plus ou moins grièvement 108 habitants du quartier, prouve une fois de plus que la fréquence des graves accidents aux États-Unis est due presque exclusivement à la proverbiale négligence de l’ouvrier américain.
- Un train électrique du Central New-York Railroad rentrait à vide au dépôt de l’avenue de Lexington. Le mécanicien s’aperçut trop tard que ses freins fonctionnaient mal, et qu’il n’avait pas emporté de sable, contrairement aux prescriptions du règlement. Les roues glis-
- saient donc sur les rails humides, et la motrice démolissait les butoirs et endommageait une conduite
- à gaz acétylène.
- La première négligence du motorman n’était pas de nature à entraîner des conséquences fâcheuses, si l’on avait pris immédiatement la précaution élémentaire de fermer le réservoir communiquant avec cette conduite. Au lieu de cela, un sous-ordre perdait plus d’une demi-heure à faire chercher par huit ouvriers de la voie la fuite par laquelle le gaz s’échappait en sifflant.
- Nous aurions dû préciser en disant que cette conduite était souterraine, et que deux autres con-
- Fig. 1. — Madrier qui, projeté par l’explosion, perça un épais mur de briques.
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- EXPLOSION D’ACÉTYLÈNE A NEW-YORK
- duites, l’une pour l’eau, l’autre pour la vapeur, avaient été endommagées en même temps qu’elle, dans la destruction des butoirs. L’eau et la vapeur qui s’échappaient gênaient donc le travail des ouvriers.
- . Cependant, un employé, chargé de la surveillance
- Fig. 2. — Aspect de l’usine d’énergie électrique après l’explosion.
- du bâtiment qui abritait le réservoir à acétylène, distant de 100 mètres environ, s’apercevait soudain, en jetant un regard vers le gazomètre, que la pression diminuait avec une rapidité anormale. Il sortait aussitôt pour se rendre compte de ce qui se passait. À ce moment, une explosion terrifiante se produisait, détruisant de fond en comble l’usine d’énergie électrique voisine du butoir abattu et couvrant d’une pluie de débris tout le quartier dans un rayon d’un kilomètre.
- Il est douteux que l’enquête judiciaire réussisse jamais à déterminer toutes les responsabilités dans cette terrible catastrophe. On suppose qu’un des ouvriers occupés à chercher la fuite laissa tomber une barre de fer qui, en touchant le rail conducteur d’électricité de la voie, provoqua un court circuit qui enflamma le mélange détonant. On sait d’autre part que la quantité de gaz qui s’échappa de la conduite endommagée, entre la collision et l’explosion, n’était pas inférieure à 14000 pieds cubes. Elle devait être en réalité de plus de 420 m3.
- Le déplacement d’air fut d’une violence formidable. La cathédrale Saint-Patrice, magnifique monument construit entièrement en granit, fut secouée
- sur ses bases, bien qu’elle fût éloignée de plus de 500 m. du lieu de l’explosion. Dans un rayon de 800 à 1000 m. les vitres volèrent en éclats,, et des portes d’appartements furent arrachées de leurs gonds. Un agent de police qui aidait deux fillettes à traverser la chaussée fut soulevé en l’air et projeté à une distance de 12 m. Il se releva sans ^blessures graves, mais il avait emporté dans son vol une des deux fillettes, et il constata avec horreur que la jambe droite de la malheureuse enfant avait été arrachée au-dessus du genou.
- Un tramway électrique fut soulevé d’une seule masse et projeté sur la voie contiguë. Il n’avait pas encore repris contact avec le sol qu’une automobile électrique, repoussée dans la même direction par le déplacement d’air, venait se placer sur cette même voie. Le tramway, en retombant sur elle, l’écrasait. Par un caprice du sort, le chauffeur, protégé par une barre de fer, s’en tirait avec deux doigts écrasés, tandis qu’une jeune passagère était tuée net par une autre barre de fer qui lui9 transperçait la tête. Une autre jeune fille, qui passait sur le trottoir, était projetée sous le tramway au moment où il retombait, et l’on retrouvait plus tard son cadavre affreusement mutilé.
- Notons enfin que des madriers, arrachés à l’usine d’énergie électrique, allèrent percer à 50 m. de
- Fig.
- 3. — Le tramway qui fut soulevé d’une masse par le déplacement d’air:
- distance une muraille de briques épaisse dé 20 cm, et que la toiture de cette même usine, enlevée à une grande hauteur, retomba en vol plané sur un toit distant, qu’elle endommagea. Les' dégâts matériels sont estimés à 17 millions de francs.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N” 1968.
- 11 FEVRIER 1911
- ÉTALONS ET COMPARATEUR DE L’EMPIRE CHINOIS
- La loi fixant dans l’Empire chinois les unités du Système unifié était promulguée depuis peu de temps1, lorsque Son Excellence M. Liou She Shun, ministre de Chine en France, s’adressa au Bureau international des Poids et Mesures, en vue de la réalisation et de l’étude d’étalons représentant les unités chinoises, conformément à leurs valeurs numériques, rapportées au mètre et au kilogramme. Le travail, activement poussé, était terminé l’an dernier à pareille
- époque ; et, dans . ^ ... .
- une cérémonie "
- qui ne manquait pas de grandeur symbolique, et dont La Nature a rendu compte en son temps, les étalons furent pris en charge, au Bureau international, par le ministre de Chine , et transportés à Pékin par M. Ou Ké-Tsao, secrétaire de légation. Ainsi était matériellement établi le premier lien entre les nouvelles unités de l’Empire chinois et les unités métriques, des -quelles elles sont légalement dérivées.
- Sur ces étalons eux-mêmes, je dirai peu de chose. Ceux qui sont devenus les
- représentants fondamentaux des unités chinoises sont en platine iridié, comme les prototypes du mètre et du kilogramme. Pour leurs copies principales, on a utilisé des métaux moins coûteux, le platinite pour l’unité de longueur et le baros pour l’unité de masse et son multiple principal.
- Ces termes, sans aucun doute, ne rappellent rien à l’esprit de la plupart de nos lecteurs. Ils sont assez récents en effet, et ont été créés pour désigner des alliages nouveaux, déjà importants en métrologie. Le platinite est un acier au nickel possédant sensiblement la dilatabilité du platine, d’où le nom qui lui a été donné; il est très peu oxydable et
- 1. Voy. La Nature, n° 1847 du 17 octobre 1908.
- 39e année. — 1er semestre.
- Fig. i. — Comparateur pour étalons à traits ou à bouts, appartenant au Service des Poids et Mesures de VEmpire chinois.
- d’une grande stabilité dans le cours du temps; il prend, de plus, un très beau poli, et supporte d’admirables tracés. Cet ensemble de qualités suffit à le recommander pour la construction des étalons pour lesquels on renonce, eu égard à l’économie réalisée, à l’inattaquabilité absolue des étalons en platine iridié.
- Le baros a été, comme le platinite, réalisé pour la première fois dans les aciéries d’Imphy de la
- Société de Com-# 1 mentry-Four-
- chambault. A ses t- ' belles recherches
- sur les aciers au nickel, M. Louis Dumas avait joint une incursion dans le magnétisme des alliages à haute teneur en nickel; et il en était résulté, par de notables additions de chrome et de manganèse à ce dernier, un alliage non magnétique, pratiquement inoxydable, très dur et susceptible d’un poli parfait. Son application à la construction de poids étalons avait été envisagée, dès le début, comme fort intéressante ; mais de minutieuses études furent nécessaires pour le réaliser en morceaux
- assez volumimeux et parfaitement exempts de fissures ou de piqûres qui constituent, naturellement, pour des étalons de masse, des vices rédhibitoires.
- Depuis quelque temps, on le réussit régulièrement et on a pu, tout récemment encore, faire avec le même alliage le kilogramme étalon qui servira de prototype dans le royaume de Bulgarie.
- Mais le Service de vérification de la Chine bénéficiera d’une autre nouveauté. Il a paru utile de le doter d’un comparateur adapté à ses besoins, et qui pourrait être utile aussi à des organisations plus anciennes.
- Le Bureau international et certains établissements nationaux possèdent des comparateurs qui sont
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- 170 : - ETALONS ET COMPARATEUR DE L’EMPIRE CHINOIS
- d’admirables instruments, permettant d’atteindre un très haut degré de précision, et de satisfaire à des exigences diverses. Mais ces instruments sont d’un maniement délicat, et sont mal adaptés aux expériences de demi-précision, rapides comme doivent l’être celles d’un service très charge de comparaisons nombreuses. Malgré le proverbe populaire, qui peut le plus ne peut pas toujours le moins, et un orfèvre serait bien embarrassé de ferrer un cheval.
- Un bureau principal de vérification doit être en mesure de déterminer des étalons à bouts ou à traits, plans ou à biseau. Ces opérations doivent être rapides, parce qu’ellgs sont nombreuses, mais leur précision est restreinte ; le dixième de millimètre en est la monnaie courante, et le centième la limite extrême.
- Pour le service de vérification de la Chine, la question se compliquait un peu du fait des deux systèmes, métrique et chinois, en fonction desquels il serait appelé à faire ses déterminations. Cependant, le problème a pu être résolu sans trop de peine grâce au nouvel instrument que je vais décrire sommairement.
- Une forte barre de platinite A (fig. 1 et 2), est divisée sur ses deux bords, respectivement en millièmes de tchi (ou dixièmes de fun, soit 0,32 mm) et en cinquièmes de millimètre. Elle est munie, à sa face inférieure, de deux nervures longitudinales en queue d’aronde, et à ses extrémités, de deux plaques verticales BB, portant des vis de réglage pour deux bancs que l’on peut monter ou descendre, mais dont la projection horizontale reste parallèle aux bords de la règle. Deux vis horizontales, montées sur l’une des plaques, commandent sur chaque bord une pièce C glissant sur la nervure, et portant un index qui pointe contre la division correspondante. Une autre pièce D parcourt la queue d’aronde dans toute sa longueur; elle peut être serrée dans une position quelconque au moyen d’une vis, mais un index qui en dépend, et qui est poussé en avant par un ressort, peut encore exécuter
- un mouvement de quelques millimètres le long de la division.
- Enfin, une nervure dorsale sert de support à des loupes qui servent à lire la position des index sur les deux bords de la barre A. Un thermomètre accroché contre la nervure et des couvercles protecteurs complètent l’appareil.
- Rien n’est plus facile maintenant que de déterminer les erreurs de division d’une règle à traits. On la place sur l’un des bancs avec interposition de deux supports ; on la bute contre l’index de départ, et on appuie contre elle l’index à ressort. Au préalable, on a réglé le banc de telle sorte que la surface de la règle soit à très peu près à la hauteur du bord de la division du comparateur. On achève le réglage en observant à la loupe; puis, à l’aide de la vis de commande de l’index, on amène les zéros des deux divisions en coïncidence. Promenant alors l’une des loupes le long du comparateur, on note les écarts des deux échelles.
- Pour un étalon à bouts, la détermination est presque aussi simple. On la saisit entre les deux pièces de contact (fig. 1), et l’on repèrel’in-dex de départ, puis on fait la lecture de la position du trait de l’autre index.
- Or, les index des pièces de contact sont, sur le bord métrique, de 1 mm., sur le bord chinois, de 0,5 fun (1,6 mm.) en arrière de la surface de contact. La longueur directement lue sur l’échelle doit donc être diminuée de 2 mm. sur le bord métrique et de 1 fun sur le bord chinois ; des indications portées par l’instrument rendent cette correction automatique.
- Le comparateur étant d’un type nouveau, il était important de fixer avec précision sa limite d’erreur. Dans ce but, j’ai fait tout d’abord, à l’aide du comparateur universel du Bureau international, une étude des points principaux de sa division, afin de pouvoir appliquer aux observations les corrections appropriées. Puis j’ai mesuré par son moyen, en utilisant les pièces de contact G et D, une série d’éta-
- Fig. 2.
- Détail du comparateur.
- A gauche, coupe du corps de l’instrument et index; à droite, plaque terminale et vis de commande du banc et de l’index.
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- PRÉCIPITATION DES ÉLÉMENTS RADIOACTIFS ======== 171
- Ions à bouts depuis les plus faibles longueurs jusqu’à 1 m. Pour celte opération, l’instrument, muni de ses couvercles, était protégé contre les variations rapides de la température. Tout compte fait, il s’est trouvé que les longueurs mesurées différaient au maximum de 0,01 mm des valeurs des étalons, déterminées par des expériences très précises.
- C’est plus qu’il n’en faut pour les déterminations
- ordinaires d’un bureau central de poids et mesures ; et, pour qui connaît le soin méticuleux qu’apportent les Chinois à tout ce qu’ils entreprennent, il en résulte cette assurance que les étalons distribués aux vérificateurs du Céleste Empire posséderont, par rapport aux étalons métriques, la valeur simple non seulement nominale mais réelle, que le législateur chinois a voulu réaliser dans l’unification décrétée le 29 août 1908. Cii.-Ed. Guillaume.
- SUR LA PRÉCIPITATION DES ÉLÉMENTS RADIOACTIFS
- D’intéressantes expériences récentes de M. Szilard1 sur les réactions chimiques des éléments radioactifs semblent susceptibles d’une application géologique assez étendue. Il s’agit de l’entrainement qui se produit dans certaines précipitations, où un élément insoluble, en se formant et se déposant, entraîne et fixe l’élément radioactif dissous : cas particulièrement net avec le sulfate de baryum, ou les hydrates de thorium et de zirconium, qui entraînent le polonium, l’uranium X, etc. On a quelquefois expliqué ce fait, qui n’est pas spécial aux éléments radioactifs, par une parenté de l’entraîneur et de l’entraîné, par la formation d’une phase solide où interviendrait l’élément radioactif, en résumé par une réaction chimique ordinaire. D’après M. Szilard, au contraire, le phénomène est d’autant plus accentué que la liqueur est plus diluée, que le précipité s’y forme plus lentement, en grains plus fins. Ces grains fins, suspendus dans le liquide comme des grains de colloïde (phases dispersées), se chargent d’électricité au contact du liquide. Ce sont des « ions solides » animés d’un mouvement propre irrégulier, des ions insolubles à faible charge, tout différents des ions électrolytiques ordinaires et susceptibles d’amener une précipitation sans que la solution se sature, sans qu’il y ait de phase solide, simplement parce qu’ils tendent à compenser leur charge aux dépens des ions électrolytiques chargés en sens inverse, parmi lesquels se trouvent les ions des éléments radioactifs. Par suite, et c’est là un fait d’observation, plus la solution est diluée, en quelque sorte homéopathique, plus l’entraînement se fait bien. En même temps, et ceci est encore un fait, l’entraînement ne dépend pas de la matière employée pour le déterminer, mais simplement de la finesse de ses grains : ce qui établit une différence essentielle avec les réactions chimiques normales.
- Ces faits étant admis, la géologie, et spécialement la métallogénie, semblent nous en montrer diverses applications.
- Tout d’abord, en ce qui concerne les dépôts radioactifs et les minerais de radium, j’ai depuis longtemps appelé l’attention sur le caractère- d’altération que présentent presque tous les minerais riches en radium, aussi bien les pechblendes de Joachimsthal que les pyro-morphites d’Issy-l’Evêque2. De fait devient tout naturel d’après les idées nouvelles qui viennent d’être exposées. En effet, au contact des traces de radium disséminées dans toutes les roches primitives, les eaux souterraines acquièrent facilement une très légère teneur en radium.
- 1. Le Radium. Décembre 1910.
- 2. Nos 1665 et 1667, 22 avril et 6 mai 1905.
- S’il est établi que cette teneur se fixe dans leurs dépôts, on comprend qu’une circulation aquifère très lente et très prolongée ait peu à peu, en même temps qu’elle altérait les minerais, amené, sur certains points de concentration, les matières radioactives, antérieurement disséminées dans un champ assez vaste. Le sulfate de baryte, qui facilite tout spécialement celte concentration radioactive, est une des substances auxquelles, comme je l’ai montré, s’applique le mieux l’hypothèse d’un dépôt en rapport avec de tels phénomènes superficiels.
- Peut-être, en ce qui concerne les filons métallifères, peut-on aller plus loin. Ces filons impliquent, tout d’abord, en généra], des circulations très prolongées de dissolutions diluées, appliquées à des corps dont beaucoup passent pour insolubles et, postérieurement, le long de ces filons cristallisés, la circulation encore plus longue d'autres eaux souterraines qui ont dù les transformer complètement. De tels phénomènes ne doivent pas être envisagés uniquement d’après les lois chimiques des solutions saturées, mais en tenant compte des lois applicables aux dilutions très étendues. Les précipitations, qui s’y sont faites par éléments très fins, ont dù amener des entraînements, auxquels il conviendra de faire une place dans les théories. Les phénomènes de métasomatose et souvent de métamorphisme sont au premier chef des phénomènes liés à des liqueurs étendues. Mais l’influence des substances radioactives se traduit surtout en métallogénie dans les réactions superficielles, auxquelles nous revenons, plus que dans ces réactions profondes. Ainsi l’on constate, pour les quartz tapissant les parois de certaines grottes ou géodes des Alpes, des teintes enfumées que l’on reproduit au moyen du radium ; de même, certains quartz filoniens de Madagascar, au sud d’Antsirabé, ont pris, au voisinage de la superficie actuelle, une belle teinte rose qui disparait en profondeur et qui s’efface également rapidement à la lumière. On sait d’ailleurs par quelles expériences récentes on a pu, avec l’intervention de la radioactivité, modifier la couleur des saphirs, des rubis, etc.
- Le même phénomène d’entraînement invoqué plus haut explique aussi pourquoi on trouve plus de matière radioactive dans les argiles et autres constituants du sol superficiel, que dans les matières primitives dont ils proviennent; pourquoi les substances radioactives se concentrent dans les dépôts d’incrustation des sources thermales, qui elles-mêmes ne semblent pas en contenir, ou encore dans les vases des fleuves et les sédiments océaniques ; pourquoi, enfin, dans un autre ordre d’idée, les solutions des substances radioactives « déposent » toutes plus ou moins vite, probablement parce que les parois se chargent d’électricité qui attire et fixe ensuite les ions de la substance active. L. De Launay.
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- LA SÉRICICULTURE SCIENTIFIQUE & L’INSTITUT BACOLOGIQUE DE TRENTE
- L'élevage des vers à soie était autrefois une des richesses de nombreuses régions du Midi de la France. Les ravages exercés par les maladies parasitaires du bombyx ont malheureusement causé peu à peu la ruine presque complète des établissements séricicoles dont il ne subsiste plus chez nous qu’un nombre extrêmement restreint et très peu prospère. Cependant depuis les mémorables travaux de Pasteur, on dispose de moyens puissants d’obvier sûrement au développement du terrible fléau.
- Dans ces conditions, il est, à première vue, difficile d’expliquer la décadence de la sériciculture. Le fait est d’autant plus singulier que, l’industrie française des soieries étant heureusement toujours très florissante, nos fila-teurs importent de l’étranger les cocons qui seront dévidés et tissés en France. Nos rivaux étrangers savent donc mieux que nous pratiquer l’élevage des vers?
- Ils ne sont en effet pas plus indemnes que les Français en ce qui touche aux maladies du bombyx. Hélas ! la simule cause de leur supériorité est qu’ils appliquent bien mieux que nous ne le sûmes faire, ces mêmes mélhodes de sériciculture scientifique qui furent élaborées en France par nos savants. Il ne suffit pas, en effet, de mettre dans la main des praticiens de l’élevage le microscope indispensable en lui donnant des explications sur la manière de s’en servir. Pour que la méthode pastorienne soit suivie intelligemment, appliquée dans tous les détails de la pratique, il est nécessaire de créer une organisation pour la direction et le contrôle des méthodes de sériciculture. Nous ne saurions mieux faire pour montrer l’importance de ces questions secondaires que de décrire l’établissement — d’ailleurs, croyons-nous, unique au monde — que l’initiative privée, aidée il est vrai, des pouvoirs publics, a créé dans une des régions de l’Europe où la sériciculture est actuellement en pleine prospérité : l’Institut bacologique de Trente.
- C’est en 1882 qu’une sorte de Comice agricole régional fonda à Trente, dans le Tyrol Autrichien, un institut spécialement destiné à émanciper le pays de l’aide étrangère pour la production des « graines » de bombyx, l’amélioration des races indigènes, l’instruc-
- tion professionnelle et la divulgation des bonnes méthodes d’élevage.
- L’édifice actuel a toutes les proportions d’un véritable monument ; après plusieurs exodes nécessités par l’extension croissante de ses services, la station y fut installée en 1894, sitôt terminé l’immeuble spécialement construit à cet effet, grâce aux subventions de la Ville, de l’État et du Comice agricole (le coût total fut de 340000 couronnes). Les bâtiments actuels sont d’ailleurs maintenant insuffisants et on projette de nouvelles installations.
- Le rôle de la Station bacologique est triple : d’une part on y produit des a graines » de vers à soie saines et de bonnes variétés; d’autre part, on y fait des recherches sur la sélection des bombyx, les méthodes les meilleures d’élevage ; enfin on enseigne aux intéressés la technique professionnelle.
- La production des graines est de beaucoup l’œuvre la plus importante, non seulement parce que c’est une chose très délicate et qui joue le tout premier rôle dans la nécessité de l’élevage, mais parce qu’on doit fournir aux sériciculteurs des quantités considérables d’œufs de bombyx.
- Les graines sont conservées pendant l’hiver dans une chambre frigorifique à circulation d’air desséché, contenant environ 25 000 onces. Dès avril commencent les expéditions : les graines pesées sont emballées dans des sachets confectionnés sur place. On envoie ainsi de tous côtés, même à l’étranger, des œufs à la fois de haute qualité et dont le prix de l’once est inférieur des deux tiers environ aux prix commerciaux usuels ; l’institut étant organisé industriellement produit à peu de frais, et on ne veut pas y faire de bénéfices. Chaque once donne de 70 à 75 kg de cocons toujours cotés comme les soies des meilleures qualités. Outre les graines destinées à la vente, l’Institut conserve une certaine quantité d’œufs destinés à la reproduction sélectionnée; il n’existe pas moins de 600 élevages ainsi disséminés dans le Trentin de façon que chaque variété soit dans les conditions les plus favorables à son développement. Les élevages locaux reçoivent tout le matériel nécessaire de manière
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- LA SÉRICICULTURE SCIENTIFIQUE
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- que soient mis en œuvre non pas les procédés plus ou moins routiniers suivis dans le pays, mais les diverses méthodes adoptées ou expérimentées par l’Institut; on en jugera par la façon variée dont
- Fig. 2 et 3. — Deux dispositifs employés à VI sur lesquels les vers à
- l’une des plus employées est la mise en cadre (fig. 1) portant des étiquettes avec indication des noms de races et de centres d’élevage. Vient ensuite la période d’éclosion ou de papillonnage; à ce
- itut de Trente pour installer les branchages ie filent leurs cocons.
- sont installés les branchages sur lesquels les vers à soie grimpent pour filer leurs cocons (fig. 2,5,4). Dirigé par d’anciennes élèves de l’Institut, ces élevages sont autant de centres d’enseignement, ils fonctionnent partout d’autant mieux que l’Institut paye très cher les graines ainsi obtenues par les méthodes qu’il désire.
- Les cocons obtenus dans ces stations sont posés de façon à séparer les mâles ( moins lourds ) des femelles, on les trie pour ne conserver que ceux d’un type caractéristique; on en prélève un certain nombre qui sont mis en couveuses à 28-35° G pour hâter l’éclosion. On n’accepte la livraison qu’autant que les papillons ainsi obtenus sont sains 1
- Les cocons sont alors isolés par diverses méthodes ;
- moment, l’Institut n’occupe pas moins de 500 ouvrières travaillant les unes le jour, les autres la nuit; les papillons sont enfermés dans des cellules
- de papier parcheminé ou de gaze qui, réunies sur des cadres, sont accrochées au plafond.
- Quant aux co-cons, ils sont emmagasinés dans de vastes pièces où on tue les quelques papillons nés en retard pour éviter tout risque de contamination ; finalement on envoie la masse aux filatures de « schappe » (soie inférieure faite de brins, peignés. et non dévidés) (fig. 5).
- C’est dans ces cellules que les œufs déposés sont recueillis, les papillons morts étant examinés ensuite au microscope selon les règles élaborées lors du célèbre travail de Pasteur (fig. 6). Il n’y a ainsi pas
- des branchages, employé à Trente.
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- LA SERICICULTURE SCIENTIFIQUE
- moins de trois millions de cellules (25 000 onces de graines) à examiner, ce qui occupe 150 ouvrières (dont 40 micrographes) pendant 4 mois. Le travail ' est très spécialisé, certaines ouvrières ouvrent simplement les sachets, d’autres enlevant les papillons, broyant les cadavres en une bouillie ensuite soigneusement examinée au microscope.
- Les graines issues de papillons sains sont alors extraites des sachets, lavées avec beaucoup de précautions par des ouvrières expertes et mises à sécher sur des claies garnies de toile de lin.
- Outre sa besogne, surtout en
- quelque sorte industrielle et commerciale, de préparation et de vente de graines, l’Institut bacolo-gique a pour mission de stimuler en général tous les progrès de la sériciculture. C’est ainsi qu’il fit construire un i'our à étouffer les cocons d’un système nouveau permettant d’étouffer 50 kg de cocons en 5 minutes ; ce four est loué aux particuliers au moment de la récolte. Dans un local annexe se trouve également une étuve pour le séchage des cocons (3000 kg par jour).
- Un laboratoire d’études permet de sélectionner les variétés de bombyx d’après les caractères
- nettement déterminés des soies obtenues : les soies dévidées dans un petit atelier de filature sont mesurées, pesées, soumises aux essais de traction d’élasticité au moyen de tous les appareils usités dans les laboratoires de conditionnement des textiles.
- Fig. 5. — Le magasin à cocons.
- Fig. 6. — Ouvrières examinant au microscope les cadavres des papillons après la ponte.
- Des cours sont faits aux ouvrières de l’Institut et aux paysannes envoyées par les comices agricoles, les syndicats communaux : chaque année on compte ainsi de 50 à 100 élèves qui, non seulement prennent
- des notes, mais surtout font des travauxpratiques d’élevage, de micrographie appliquée à l’examen des graines. Ces ouvrières restent ensuite en correspondance avec l’Institut qui est ainsi en étroites relations avec tous les pays, peut remédier à tous les accidents et donner partout d’utiles conseils. Toutes les élèves sont gratuitement logées et nourries pendant leur séjour
- (les mois d’hiver) à l’Institut. Enfin le personnel des techniciens de l’Institut se déplace pour organiser des conférences dans tous les centres sérici-coles ; on agit de la sorte sur un plus grand nombre
- de personnes et - - ! sur celles qui ne
- veulent ou ne peuvent pas suivre les cours faits à Trente ; on entretient la culture professionnelle des anciennes élèves et met tous les intéressés au courant des nouveaux progrès de la pratique séri-cicole.
- L’exemple des sériciculteurs du Tyrol est d’autant plus intéressant pour nous que l’élevage français des vers à soie est dans une période de décadence absolue. Cependant notre climat convient à la culture du mûrier et à la reproduction du bombyx, ainsi que le témoigne la longue prospérité d’autrefois des régions séricicoles françaises. Il est donc évident que c’est à leur application rationnelle des
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- méthodes scientifiques que nos rivaux doivent leur supériorité. Il existe bien en France, à Alais par exemple, des stations-laboratoires de sériciculture, mais disposant d’un maigre budget à tous points de vue insuffisant, ne pratiquant de parti pris aucune opération commerciale « officielle », c’est-à-dire ou à peu près, craignant la publicité, les initiatives, les responsabilités ; n’étant pas directement et étroitement lié aux praticiens des campagnes, l’institut français n’a pas réussi à donner à nos sériciculteurs les secours qu’ils eussent pu en recevoir. Sans imiter
- absolument l’organisation trentaine, — il est toujours maladroit de copier sans modification des choses qui conviendraient peut-être mal aux circonstances différentes et au caractère nouveau, —ne pourrait-on modifier nos stations séricicoles dans le sens qui guida les créateurs de l’Institut bacologique de Trente?
- Ce serait d’autant plus opportun que si l’on n’y remédie bientôt, la production française de la soie, amoindrie chaque année davantage, risque de disparaître complètement. H. Rousset.
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- Fig. i. — Le moteur Ligez. Coupe schématique montrant le sens de rotation des pignons. Les axes des pignons B et B' sent immobiles. Le vile-
- On a dit, à propos des moteurs exposés l’année dernière au Salon de l’Aéronautique, qu’ils pouvaient être classés en 6 catégories :
- 1° Moteurs copiés sur le moteur d’automobile (4 cylindres verticaux) ;
- 2° Moteurs copiés sur le moteur Darracq (2 cylindres horizontaux opposés) ;
- 3° Moteurs rotatifs copiés sur le moteur Gnome;
- 4° Moteurs en Éventail copiés sur le R. E. P. ;
- 5° Moteurs en Étoile copiés sur l’Anzani (5 cy-lyndres) ;
- 6° Moteurs en Y copiés sur l’Antoinette.
- Une telle classification ne manque pas d’originalité... et malheureusement ne manque pas non plus d’exactitude.
- Il était évident, même pour des profanes, que bien des constructeurs s’étaient approprié les idées des promoteurs, en les réalisant parfois un peu différemment, en y apportant souvent quelques perfectionnements.
- Nous n’avons pas l’intention de parler des moteurs pouvant entrer dans une des six catégories précitées. Ce que nous en avons dit dans un précédent article1 est suffisant pour qu’on s’en fasse une idée nette.
- Quelques perfectionnements, sans doute, méritent de ne pas être omis.
- C’est ainsi que, dans le Gnome 1911, MM. Seguin ont abandonné la soupape automatique placée dans le piston pour la remplacer par une soupape commandée sur la culasse des cylindres.
- Anzani, modifiant l’angle de calage des cylindres de son célèbre moteur en éventail, en a rendu le couple plus régulier.
- Esnault-Pelterie abandonne aussi sa soupape double....
- 1. Voy. La Nature, n° 1937 du 9 juillet 1910.
- brequin A et D l'ensemble des cylindres tournent en sens contraires l'un de l'autre à des vitesses qui sont dans le rapport de i à 3.
- Ces modifications de détail indiquent d’ailleurs quelques tendances générales de la construction actuelle.
- C’est de ces tendances que nous voulons dire un mot aujourd'hui, pour parler ensuite des moteurs vraiment nouveaux et originaux qui ont vu le jour en l’année 1910.
- Les tendances actuelles.
- — Le Salon de 1910 a montré très nettement comment s'orientait maintenant la construction des moteurs d’aviation.
- Tout d’abord un souci de plus en plus marqué de la sécurité de fonctionnement, trop souvent sacrifiée jusqu’alors à la légèreté extrême.
- Nous avons dit déjà ce que nous pensions de l’utilité de la légèreté à outrance pour le moteur d’aéroplane. Nous n’y reviendrons pas.
- Nous ne pouvons donc que nous féliciter de ce que les constructeurs s’efforcent de mettre au jour des moteurs d’une régularité comparable à celle de la marche de nos voitures. C’est un acheminement vers le tourisme aérien, qu’ont provoqué les nombreuses épreuves de longue distance (circuit de l’Est, coupe Michelin, Grandes Manœuvres).
- Le succès universel du Gnome a engendré d’innombrables rotatifs, traités plus ou moins heureusement.
- Le moteur à cylindres en Y, par contre, perd quelque peu de terrain. Pas de moteurs nouveaux dans cette catégorie. Les plus notables (Antoinette, E. N. V., Renault) restent ce qu’ils étaient l’an dernier.
- La vogue des « Demoiselles » a poussé à la fabrication du moteur à deux cylindres opposés. Rien de bien nouveau, du reste, là non plus.
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- Le vieux moteur vertical à 4 cylindres reconquiert du terrain, tandis que le 6 cylindres ne compte presque plus de champions, à cause, sans doute, de son poids nettement supérieur.
- Les moteurs en étoile font école, avec l’Anzani
- Fig. 2. — Vue du Moteur Filtz à six cylindres, rotatif (côté de l’admission).
- 5 cylindres. Le problème du bon graissage des cylindres renversés n’est plus qu’un jeu : à tel point que Grégoire n’hésite pas à présenter un nouveau GA7P dont le vilebrequin surmonte les cylindres.
- Si maintenant nous entrons dans le détail de la construction, qu’y voyons-nous?
- Le refroidissement par l’air seul suit la fortune des moteurs à cylindres rayonnants, et se généralise donc.
- L’allumage par magnéto est absolument général. Les moteurs boiteux1 eux-mêmes, comme l’Anzani 3 cylindres l’ont adopté.
- Parfois, un système de double allumage pour le départ au contact lui est adjoint.
- L’échappement à fond de course par lumières percées dans le cylindre est pratiqué dans beaucoup de moteurs air-cooled, rien que de très naturel à cela. Tant que les règlements de police sur les moteurs d’automobile ne seront pas appliqués aux aéroplanes, on pourra s’en donner à cœur-joie.
- Les soupapes d’aspiration automatiques disparaissent presque complètement, et l’on ne peut que s’en féliciter.
- Elles sont remplacées presque partout par des soupapes placées dans la culasse, et commandées par le même culbuteur que la soupape d’échappement. Le poussoir unique agit tantôt en poussant, tantôt en tirant. Cela entraîne le remplacement des cames au profil bien connu par un lacet comme on en voyait sur les premiers moteurs Peugeot.
- i. Par moteurs boiteux, nous entendons ceux dont les temps moteurs sont irrégulièrement espacés.
- Les soupapes concentriques paraissent avoir fait leur temps. Le moteur R. E. P. qui les avait lancées les a abandonnées.
- En somme, comme on le voit, on arrive tout doucement aux solutions simples et consacrées par la longue expérience du moteur d’automobile.
- Est-ce à dire que les novateurs sont restés dans l’inaction?
- Il n’en est rien, comme on va le voir par la description de quelques-unes des solutions les plus originales exposées au Grand Palais en novembre dernier.
- Moteurs rotatifs. — Le moteur Ligez. — On sait qu’on a reproché aux moteurs à cylindres tournants, comme le Gnome, de produire des effets gyroscopiques très considérables, dangereux parfois pour la solidité de l’aéroplane, gênants toujours pour sa conduite.
- Dans le moteur Ligez, on a cherché à annuler ces effets, et on y est parvenu d’une façon fort élégante, en faisant tourner en même temps, et en sens inverse, le vilebrequin et l’ensemble des cylindres.
- Le Ligez n’a que trois cylindres, calés naturellement à 120° l’un de l’autre.
- Dans chacun d’eux se meut un piston, dont la bielle attaque le vilebrequin, comme dans tous les moteurs possibles. Le vilebrequin peut tourner autour de son axe, qui est le même que celui de l’ensemble mobile des cylindres.
- Compression
- Détente
- Pi g non
- Echappement
- Aspiration
- Fig. 3. — Coupe schématique du moteur Filtz montrant la position et le sens de rotation des divers pignons. Les bras A, B,, A2B2.... A6B6
- sont à chaque instant parallèles; tous ceux qui correspondent à des cylindres de même parité sont dirigés dans le même sens.
- Calé sur lui, un pignon A (fig. 1) engrène avec deux satellites B, B', dont les centres sont fixes dans l’espace. A leur tour, ces satellites engrènent dans
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- une couronne dentée C, portée par le carter des cylindres.
- La couronne C a un diamètre qui est égal à trois fois celui du pignon A, et par conséquent des satellites.
- Examinons ce qui se passe pendant le fonctionnement de ce moteur.
- Supposons que le cylindre numéroté 1 sur notre figure, vienne d'allumer. — Le piston va donc s’éloigner du fond, sous l’action de la poussée des gaz chauds, entraînant avec lui le vilebrequin, par l’intermédiaire de sa bielle DE, figurée en pointillé.
- Le vilebrequin tournera dans le sens de la flèche (à droite sur la figure), les satellites tourneront à la même vitesse sur eux-mêmes, mais en sens inverse (à gauche).
- La couronne dentée, à son tour, sera entraînée par les satellites, dans le même sens qu’eux, mais à une vitesse trois fois moindre.
- Dans la pratique, les cylindres tournent à 400 tours-minute, et le vilebrequin à 1200 tours, vitesses qui n’ont rien d’exagéré, même pour un moteur de voiture.
- Mais, les mouvements étant de sens contraires, tout se passe comme si, les cylindres étant fixes, le vilebrequin tournait à 1600 tours. D’où une grande vitesse linéaire des pistons, favorable au bon rendement, et plus encore à la puissance massique.
- A cette vitesse relative de 1600 tours-minute, un cycle complet dure, pour chaque cylindre, 1/400e de minute.
- Or, pendant ce 1/400e de minute, l’ensemble des cylindres fait précisément un tour dans l’espace.
- Il s’en suit qu’à chaque tour de la masse des cylindres, il y a trois explosions, une par cylindre.
- Les moments d’inertie des cylindres et du vilebrequin étant fort différents, il se trouve que les effets gyroscopiques de chacune des masses tournantes
- s’équilibrent mutuellement quand l’une tourne trois fois plus vite que l’autre.
- Somme toute, l’effet gyroscopique résultant du moteur est rigoureusement nul ; il se réduit à celui de l’hélice quand le moteur est monté sur un aéroplane. Il est donc, à ce point de vue, meilleur que n’importe quel moteur à cylindres fixes.
- La distribution est commandée par un arbre à cames qui porte précisément les axes dés satellites, et que traverse, dans toute sa longueur, le vilebrequin prolongé.
- C’est par cet arbre à cames qu’est supporté le
- moteur. Il fonctionne parfaitement en porte-à-faux, grâce à la grande portée des coussinets. Inutile d’ajouter, du reste, qu’on peut installer un deuxième palier à l’avant du vilebrequin.
- Un autre avantage du moteur bi-rotatif (c’est ainsi que l’appelle son inventeur) est qu’on peut monter l’hélice soit sur le vilebrequin, soit sur le carter : dans le premier cas, on emploie une hélice de petit diamètre tournant à grande vitesse (1200 tours-minute).— Les partisans des hélices à grand diamètre et à allure lente adopteront l’autre solution. Grâce àlafaible vitesse angulaire del’ensemble des cylindres, les forces d’inertie qui s’y développent (force centrifuge) sont assez peu considérables pour qu’on ait pu adopter la fonte, comme matière des cylindres.— Encore y tra-vaille-t-elle avec un coefficient de sécurité très rassurant.
- Avant de finir, notons un détail qui prouve que tout a été bien étudié dans le moteur Ligez :
- Les orifices d’échappement, placés en dessus des cylindres, sont dirigés en sens inverse du mouvement.
- Le principe du tourniquet hydraulique est ainsi appliqué aux cylindres ; de là un appoint de puissance qui n’est pas négligeable. — Qu’on en juge :
- Fig. 4. — Moteur Weisz, à 4 cylindres verticaux mobiles. Les pistons sont fixes, et portent les soupapes; la bougie est fixée au fond des cylindres.
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- La pression des gaz, à l’e'chappement, est voisine de 3 kg. Supposons qu’elle ne soit plus que de 2 kg dans la chapelle d’échappement. — Celle-ci a une surface d’environ 15 cm2. D’où une force de 15 kg qui agit une fois par tour sur chaque cylindre.
- Et maintenant, si l’on veut des chiffres, le poids du moteur, en ordre de marche, donnant 35 chevaux effectifs ne dépasse pas 70 kg. C’est là de la légèreté de bon aloi.
- Moteur Filtz (fig. 2 et 3). — Le moteur Filtz est aussi un moteur rotatif dont l’ensemble des cylindres
- seulement. Les manivelles Ai A2 B2..., A8 B„ de chacun des moteurs élémentaires sont et restent à chaque instant parallèles entre elles, les manivelles de même parité étant dirigées dans le même sens.
- Il est facile de suivre, sur la figure, les temps des cycles de chacun des cylindres.
- Ces cycles seront décrits complètement quand chaque vilebrequin aura fait deux tours, c’est-à-dire quand le grand pignon (qui tourne moitié moins vite) en aura fait un seul.
- Fixons maintenant le grand pignon : le mouve-
- tourne à une vitesse assez réduite (800 tours-minutes). Il présente cette particularité d’avoir un nombre pair de cylindres.
- On sait, en effet, que, pour obtenir des. temps moteurs régulièrement répartis, on est obligé, dans les moteurs en étoile, de prendre un nombre impair de cylindres.
- Voyons donc comment on est arrivé à un résultat satisfaisant dans ce moteur.
- Il comprend non pas un, mais six vilebrequins distincts, un par cylindre. Chacun d’eux porte, calé sur lui, un pignon de vingt dents, dont l’axe est solidaire du carter commun aux six cylindres.
- Tous ces pignons engrènent avec un pignon de diamètre double, qui est fixe.
- Imaginons, pour un instant, que, au contraire, le grand pignon soit mobile, et les cylindres fixes.
- On voit aisément que tout va se passer comme si six moteurs distincts fonctionnaient ensemble.
- Si chacun d’eux tourne, par exemple, à 1600 tours, le grand pignon qu’ils attaquent tournera en sens inverse à une vitesse angulaire de 800 tours-minute
- ment relatif restant le même, l’ensemble va se mettre à tourner à la vitesse angulaire de 800 tours.
- On arrive ainsi, comme on le voit, à faire fonctionner à grande vitesse chacun des pistons, alors que l’ensemble, tournant seulement à 800 tours, n’engendre que de moindres effets d’inertie.
- Comme il est aisé de le voir, chaque cylindre explose une fois par tour, d’où six explosions par révolution de l’ensemble.
- La distribution est réalisée par six cames.
- D’autres particularités sont encore à signaler.
- Notons d’abord le carburateur automatique, mais dépourvu de flotteur, fixé au bout de l’axe creux du pignon fixe.
- L’admission se fait dans un carter spécial; les gaz carburés sont aspirés par une turbine : dest là une intention digne d’être retenue : on sait, en effet, que la diminution rapide de puissance des moteurs à. explosions avec l’altitude provient de ce que la cylindrée devient par trop incomplète quand l’air se raréfie. La turbine du moteur Filtz pare en partie à cet inconvénient.
- Fig. 6. — Coupe schématique du moteur Eole à 2 vilebrequins.
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- Gomme.poids, le constructeur accuse seulement 1,700 kg par cheval. C’est là un résultat fort appréciable.
- Sous peine de devenir fastidieuse, notre énumération des moteurs sortant de l’ordinaire doit être forcément incomplète. Contentons-nous donc de nommer, parmi les rotatifs, le moteur Canda, à 10 cylindres rayonnants, et passons à la description d’autres types.
- Moteurs à cylindres fixes. — Moteur Weisz (fig. 4). — Le moteur Weisz est un moteur à quatre cylindres verticaux, mais de construction bien spéciale.
- Les pistons sont fixés à demeure sur le bâti, et ce sont les cylindres qui sont animés d’un mouvement de va-et-vient.
- Notre photographie en donne une idée très nette, qui nous dispensera d’une longue description.
- Comme on le voit, les pistons portent les soupapes, commandées par un arbre à cames passant au-dessous d’eux.
- Les cylindres, en acier, pourvus d’ailettes hélicoïdales, sont reliés au vilebrequin par les bielles.
- L’allumage a lieu par magnéto, le graissage à l’aide d’une pompe (le modèle primitif, que représente notre photo, comportait des comptes-gouttes).
- Ce moteur présente une accessibilité parfaite de tous les organes. On peut affirmer hardiment que c’est le seul dont les pieds et têtes de bielles soient visibles sans aucun démontage.
- Moteur Eole à deux vilebrequins (fig. 5-6).
- Le moteur Eole est aussi fort particulier.
- Il comporte huit cylindres horizontaux, situés deux à deux dans le prolongement l’un de l’autre. Les cylindres ainsi accouplés ont une culasse commune, sur laquelle se trouvent les soupapes.
- Les deux pistons fonctionnent donc en s’écartant ou se rapprochant simultanément du milieu.
- Ils attaquent, par l’intermédiaire des bielles, deux vilebrequins placés à chaque extrémité du moteur, et tournant en sens inverses.
- Les mouvements de ces deux vilebrequins sont d’ailleurs rendus solidaires par un arbre, parallèle aux cylindres, pourvu de pignons d’angle à chacune de ses deux extrémités.
- Les deux vilebrequins sont assez distants pour qu’on puisse caler sur chacun d’eux une hélice à deux branches. On les dispose évidemment de façon que leurs pales soient décalées d’un angle droit.
- C’est là une solution élégante du problème qui consiste à munir un appareil d’aviation de deux hélices. L’avantage réside principalement dans la suppression absolue de l’effet gyroscopique.
- L’inconvénient grave des deux hélices indépendantes, en cas d’arrêt de l’une d’elles, disparaît ici, puisque les deux sont absolument solidaires.
- Tous ces moteurs ont été qualifiés de « bizarres », de « monstrueux » même, parfois....N’en a-t-on pas dit autant des moteurs rotatifs il y a quelques années ? Ce n’est qu’à l’œuvre qu’on pourra les juger. Il serait téméraire d’en prédire l’échec ou le succès dès maintenant. Henri Petit.
- Ancien élève fie l’Ecole Polytechnique.
- LA MACHINE A ÉCRIRE ADDITIONNEUSE UNDERWOOD
- L’importance de la place prise par la machine à écrire dans les bureaux commerciaux et administratifs est telle que les constructeurs doivent travailler sans cesse à en perfectionner le mécanisme et à multiplier ses applications. Limitée, à l’origine, à la correspondance ordinaire, la machine se charge actuellement de la confection des notes les plus compliquées, comme les factures; les commerçants eux-mêmes posent de nouveaux problèmes que les techniciens, à force d’ingéniosité, parviennent presque toujours à résoudre.
- L’un des plus récents perfectionnements se rapporte à l’application de l’arithmomètre à la machine à écrire. Il permet d’abord l’impression régulière des nombres les uns au-dessous des autres et ensuite leur totalisation dans le sens vertical et dans le sens horizontal. De plus, il groupe, sur une même feuille de papier, deux colonnes de nombres à additionner possédant chacune leur totalisateur spécial (une place est réservée sur l’appareil pour recevoir un troisième totalisateur) ; les additions peuvent se fractionner pour constituer des totaux partiels suivis d’un total général ou même s’effectuer dans le sens horizontal. Les difficultés les plus imprévues au cours de l’élaboration d’une facture
- reçoivent ainsi une solution réalisée par un assemblage d’organes mécaniques constituant un appareil scientifique de haute précision.
- Nous allons en décrire sommairement le mécanisme. La machine à écrire ordinaire n’a pour ainsi dire subi aucune transformation, surtout pour ce qui concerne le clavier qui comporte seulement, en plus des touches habituelles, une rangée de touches supplémentaires constituant le tabulateur et qui permettent, si on le désire, la séparation des nombres en tranches de trois chiffres, cela dans le but de faciliter la lecture. L’opérateur ayant actionné la touche choisie du tabulateur avant d’écrire le nombre (il appuie sur la touche des centaines de mille, par exemple, s’il a à écrire un nombre de six chiffres), il lui suffit de frapper le nombre d’après les procédés ordinaires sans s’occuper de son emplacement qui est réglé mécaniquement au préalable. Si le nombre à poser au-dessous est formé de quatre chiffres seulement, il viendra se placer sous le premier dans l’ordre arithmétique admis, les unités sous les unités, les dizaines sous les dizaines, etc.
- Sur la facture, l’emplacement de la colonne à additionner est repéré par celui d’un curseur mobile monté derrière le support du papier. Un curseur est
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- affecté à chaque totalisateur. Cette position étant réglée une fois pour toutes, l’opérateur n’a plus à s’en occuper. Ajoutons que le support a été rendu mobile afin de permettre de rabattre le papier pour faciliter le réglage des curseurs et aussi pour assurer éventuellement la discrétion du travail.
- Le curseur actionne, à chaque frappe sur une touche des chiffres (voir schéma, fig. 3), un des peignes appartenant à un groupe de dix (fig. 1
- L’inscription d’un nombre écrit s’effectue mécaniquement dans l’arithmomètre par l’abaissement d’autant de goupilles qu’il y a de chiffres dans le nombre. Une tige verticale abaissée par son peigne soulève une barre horizontale comportant 9 goupilles disposées en une même rangée ; le fait d’abaisser une touche du tabulateur produit un mouvement de bascule qui oblige l’une des goupilles à s’abaisser. Cette goupille est celle du chiffre frappé;
- GG, guide mobile; PP, groupes de beignes actionnés pat les curseurs ; T, louche sdu tabulateur. (Voit sur la légende de la fig. 2 la signification des autres lettres qui désignent les organes du mécanisme additionneur.)
- et 2). Chaque peigne est solidaire d’une tige verticale descendant derrière la machine pour transmettre l’action mécanique issue du choc aux organes de l’arithmomètre logé dans une sorte de socle occupant la base de l’appareil. La liaison entre les deux appareils (machine et arithmomètre) s’effectue donc par l’intermédiaire des deux groupes de tiges (un pour chaque totalisateur) avec leurs peignes et curseurs et ensuite par les tiges verticales prolongeant les touches numériques (fig. 3).
- le chiffre suivant provoquera l’abaissement d’une autre goupille appartenant à la rangée horizontale voisine de la première et ainsi de suite. Un nombre inscrit se trouve donc représenté dans l’arithmo-mètre par les goupilles correspondant à chacun des chiffres qui le constitue. Pour « envoyer » ce nombre au totalisateur, il suffit d’actionner la manivelle M placée sur la droite de l’appareil. On voit sur notre schéma que cette manivelle entraîne le chariot, celui-ci déplace horizontalement toutes les
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- LA MACHINE A ÉCRIRE ADDITIONNEUSE UNDERWOOD 181
- barres dès qu’il rencontre les goupilles abaissées et ces barres, terminées par une crémaillère, agissent sur les disques correspondants du totalisateur.
- Le totalisateur est construit d’après le principe généralement admis. 11 comporte neuf disques por-
- Les organes essentiels dont nous venons de parler sont complétés par d’autres ayant chacun une fonction spéciale. Ainsi, en cas d’erreur de manipulation, il suffit d’appuyer sur le bouton d’élimination placé devant le totalisateur pour annuler le
- LL, leviers destinés à provoquer le bloquage de la mathine en cas d'erreur de tabulation ; B, leviers-bascules des touches numériques; A, articulations commandant les barres-crémaillères; C, cliquets d’arrêt des disques; M, manivelle additionneuse ; TT, totalisateurs ; GG, goupilles; EE, boutons d'élimination; ZZ, boutons de rappel à zéro; SSSS, supports sur lesquels s'engagent les pieds de la machine à écrire.
- ! Touche numérique Manivelle
- rè/gne Curseur'
- Tige
- verticale
- Fig. 3. — Schéma du mécanisme commandé par une touche numérique.
- Goupille a baissée
- Système baseufeur Levier actionné par la Touche numérique
- tant chacun dix chiffres et le renvoi des unités aux dizaines, des dizaines aux centaines, etc., s’effectue comme dans tous les appareils semblables.
- En somme, ce mécanisme paraît plus compliqué qu’il ne l’est en réalité.
- nombre inscrit. Ce bouton remplit les mêmes fonctions que le mouvement de retour de la manivelle ; il permet d’annuler à volonté un nombre quelconque. Le retour au zéro, à la fin de la facture, se fait en appuyant sur un second bouton, placé à côté du
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- premier, et qui a pour effet de produire l’abaissement de toutes, les goupilles 9 ; le retour de la manivelle fait passer les dizaines. Ainsi s’explique la neutralité du dernier disque qui est celui des millions. Le totalisateur s’arrête à 9 999 999 unités 99; le disque des millions n’a pas de crémaillère, il agit automatiquement par le passage aux dizaines.
- De plus, la machine contrôle elle-même son travail, de telle sorte que si un organe quelconque ne se trouve pas à sa place, ou bien si le dactylographe a actionné, sur le tabulateur, la touche des mille au lieu de celle des centaines de mille, par exemple, un bloquage se produit automatiquement et l’opérateur est forcé de s’apercevoir qu’il a commis une erreur.
- Il peut également devenir nécessaire d’inscrire sur le papier, non des chiffres, mais les signes accessoires indiqués sur les touches numériques. Pour obtenir ce résultat il suffit d’appuyer sur la touche des majuscules qui détruit automatiquement l’action des curseurs. La combinaison d’un texte clair et de groupes de chiffres s’effectue donc ici, avec la plus grande simplicité.
- ACADÉMIE E
- Séances des 3o janvier et 6 février
- Le siège de M. Tannery. — L’Académie désigne les membres de la Commission chargée de dresser une liste des candidats à la place vacante dans la section des Académiciens libres en remplacement de M. Tannery décédé. Sont élus : MM. Ch. Émile Picard, Bertin, Müntz, Bonnier, Labbé et Cailletet.
- Les sédiments du détroit Sud-Rifain. — M. Pierre Termier présente à l’Académie une Note de M. Louis Gentil, sur « les sédiments du détroit Sud-Rifain ». On sait que l’océan Atlantique et la Méditerranée communiquaient d’une façon constante à l’époque néogène. Or, le détroit de Gibraltar, qui ne produit d’ailleurs qu’un échange imparfait des eaux des deux mers, ne s’est ouvert qu’au début du Pliocène. 11 faut donc qu’à l’époque miocène une communication facile existât ailleurs. On a' dù renoncer à l’hypothèse d’un passage entre le golfe de Gascogne et le golfe du Lion. Depuis longtemps Tournoüer a signalé, au début du Miocène, une communication par la vallée actuelle du Guadalquivir, c’est ce qu’il a appelé le détroit andalou, et ce que l’on désigne plus généralement sous le nom de détroit Nord-bélique. Mais ce détroit n’a pas tardé à s’obstruer, il était transformé en isthme dès la lin du Miocène inférieur, et comme le détroit de Gibraltar n’était pas encore ouvert, il fallait nécessairement que le passage fût établi plus au Sud. Par ses recherches scientifiques au Maroc, M. Gentil montre aujourd’hui que l’océan Atlantique échangeait ses eaux avec la Méditerranée à l’époque du Miocène moyen et supérieur par un détroit passant par Fez et Taza et resserré entre le Rif et le Moyen-Atlas déjà ébauchés : c’est le détroit Sud-Rifain, d’après les dépôts avec débris de mollusques contemporains laissés par ce passage interocéanique du côté Atlantique dans la région de Fez ou du côté Méditerranéen dans la région des Béni Snassen et de la Mlouya. Il montre aussi comment la mer
- L’arithmomètre se prête également à résoudre les multiplications de la manière suivante, supposons que l’on ait à faire le produit de 3425 par 42. 11 suffira d’additionner d’abord deux fois 5425, puis quatre fois 3425 en décalant le nombre sur la colonne des dizaines, autrement dit 4 fois 34 250. On voit de suite que l’opération s’effectue avec toute la précision voulue.
- Dans cet appareil, l’idée générale réside dans l’application du totalisateur à la machine à écrire ordinaire sans que la réunion de ces deux organes différents introduise un mouvement autre que ceux nécessités par la manœuvre de la machine à écrire.
- Ajoutons enfin que* la commande par la manivelle peut être remplacée par celle d’un moteur électrique. Comme la manivelle chargée de la totalisation effectue en même temps le retour à la ligne ainsi que l’interligne, le moteur remplit aussi ces fonctions. Dans ce cas, l’opérateur appuie simplement, au moment voulu, sur un bouton ad hoc placé à droite du clavier.
- Lucien Fournier.
- SCIENCES
- 1911. — Présidence de M. Gautier.
- Ilelvétienne a avancé progressivement des deux côtés vers Taza puis, après elle, la mer Tortonienne et la mer Sahelienne.
- Expériences physiologiques sur les plantes. — M. Gaston Bonnier expose à l’Académie que M. Marin Molliard a trouvé que partout où disparaît la matière verte des feuilles, il y a augmentation des substances azotées solubles. C’est donc une sorte de surnutrition azotée qui provoque la décoloration chez les végétaux.
- Communications diverses. — M. Dastre entretient l’Académie d’un travail relatif à une épidémie des gardons du lac de Nantua. Cette épidémie est due à un bacille endémique semblable à celui qui décima les écrevisses.
- Propriétés de certains liquides anisotropes. — M. Pierre Termier présente une Note de MM. Friedel et Grandjean sur la structure des liquides à coniques focales. Parmi les liquides anisotropes découverts par Lehmann, il en est, comme l’azoxybenzoate et l’azoxycinnamate d’éthyle, qui renferment des lignes noires très singulières semblables à des. fils et se groupant deux par deux dans des plans rectangulaires. Ces lignes sont toujours des coniques, et leur groupement se fait de telle sorte que chacune des deux coniques a pour sommets les foyers de l’autre. Les récentes observations de MM. Friedel et Grandjean montrent que les coniques en question sont des lignes d’enroulement du liquide biréfringent et par suite des lignes de discontinuité optique. On peut, en effet, dans certains cas, solidifier la masse de telle façon que les coniques persistent et restent visibles. Et si l’on repasse à l’état de liquide biréfringent, elles persistent encore inaltérées. Dans la masse solide à coniques, les petits cristaux solides s’orientent en fibres radiales autour de chaque point d’une conique, et dans le plan perpendiculaire à cette conique. Dans chaque domaine défin.
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- par un groupe de deux coniques foôales, le liquide est enroulé autour de ces coniques ayant en chaque point son axe optique normal à une cyclide de Dupin de la famille des cyclides parallèles définie par les deux coniques; ou, ce qui revient au même, son axe optique tangent à l’une des deux coniques.
- Un nouveau mode de reproduction des sons. — SI. Dastre décrit le principe d’une méthode imaginée par SI. Lifchilz pour reproduire les sons. Dans le phonographe qu’il a construit, SI. Lifchitz applique sur la plaque un petit miroir qui réfléchit sur un film un rayon lumineux. Il obtient ainsi un tracé correspondant au son émis. Il découpe ensuite ce tracé et le fait passer à vitesse assez grande devant une fente s’ouvrant sur une caisse contenant de l’air comprimé. Dans ces conditions, le passage du tracé détermine des vibrations, et ces vibrations reproduisent le son émis initialement. M. Lifchilz fait entendre ainsi, à l’aide de phonographe spécial, une phrase qui a été prononcée devant la membrane. La phrase est parfaitement intelligible ; il est clair que c’est tout ce qu’on peut attendre d’un appareil construit dans un laboratoire; un professionnel de la construction arriverait à un résultat meilleur. M. Lifchitz a été poussé à ses recherches par une vue assez originale, celle de représenter une courbe par un son en faisant défiler devant la fente de l’appareil la courbe découpée.
- Études des qualités du caoutchouc. — M. Léauté dépose une Note de MM. Cheneveau et Ileim indiquant la loi mathématique à laquelle obéit l’extensibilité du caoutchouc. Ce travail poursuivi par le service du caoutchouc à l’Office colonial, montre comment la détermination expérimentale des constantes d’extensibilité permet de préciser les conditions optima de l’industrialisation de chaque gomme et sa valeur propre.
- INONDATIONS DE
- Après la grande crue de la Seine au début de 1910, celle de la Loire à la fin de l’année aura été plus formidable encore. Ces deux événements ont eu des répercussions économiques incalculables. Si Paris et ses environs ont largement souffert de l’inondation, toute la. région de la basse Loire a vu se dérouler des faits désastreux par leur ampleur et leur durée, l'areil débordement n’avait pas eu lieu depuis deux siècles.
- La Seine, comparativement à la Loire, est un fleuve tranquille. Le débit de la Seine de l’étiage aux grandes crues passe de 1 à 52 (d’après Belgrand), tandis que pour la Loire ce rapport devient celui de 1 à 400 ; c’est qu’elle reçoit de nombreux affluents torrentiels, descendus des Cévennes, du Forez, de l’Auvergne et du Massif Central. Le bassin de la Loire, à l’encontre de celui de la Seine, est pour moitié constitué de terrains imperméables ; toutes les conditions favorables au ruissellement sont donc réalisées, et ce fleuve aux variations considérables, au courant puissant, charrie des quantités énormes d’alluvions siliceuses. Les riverains, de même que les voyageurs suivant le cours du fleuve connaissent bien ses aspects changeants : vastes bancs de sable
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- Suractivité de certaines réactions photochimiques. — M. Jungfleisch dépose une Note de MM. Daniel Ber-thelot et Gaudechon faisant connaître que certaines réactions photochimiques sont rendues 5 à 10 fois plus actives par l’addition de traces de sels d’uranium.
- Physiologie du sommeil. — M. Dastre résume ensuite une Note de MM. Piéron et Legendre sur la cause du sommeil. En empêchant des chiens de dormir, ils ont observé, en même temps qu’un besoin croissant de sommeil, des lésions du cerveau antérieur, et de plus ils ont pu, par injection du sang d’un animal privé de sommeil à un animal normal, communiquer à ce dernier et le besoin de sommeil et les lésions caractéristiques de l’insomnie. Le sommeil serait donc dû à la formation pendant la veille d’une propriété hypnotoxique.
- Un champignon pathogène. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Matruchot relative à un nouveau champignon pathogène pour l’homme. Tandis qu’à la suite des travaux de Pasteur, les maladies causées par des bactéries ont été l’objet d’une foule de remarquables travaux, les mycoses ou maladies causées par des champignons ont été au contraire assez négligées. Il y a là cependant, semble-t-il, beaucoup de faits à recueillir. M. Matruchot qui a déjà décrit il y a quelques années le champignon produit par les sporotrichoses, étudie cette fois l’agent d’une maladie dont les caractères cliniques ont été observés pour la première fois à l’hôpital de Bàle par le Dr Bloch. Étant donnés les traits spéciaux du parasite, on peut considérer la maladie qu’il provoque comme le type d’un groupe nouveau de mycoses auxquelles serait donné le nom de cladioses.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Meray, correspondant de la section de Géométrie à Dijon. Ch. de Villedeuil.
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- encombrant son large lit, débordements hivernaux qui transforment les prairies avoisinantes en autant de lacs étendus, vraie accoutumance aux inondations.
- L’allure du fleuve, commandée par son régime et par la disposition du sol, a motivé des moyens de défense, à l’amont de Nantes principalement où, sur la rive gauche, des digues de « levées » ont jadis été construites et consolidées au cours du siècle dernier ; elles ont permis en même temps l’utilisation de vastes superficies marécageuses dont la Loire reprenait trop facilement possession.
- L’effort de la crue récente a vaincu ces remparts. Sous la poussée des eaux, la levée de la Divatte céda le soir du 2 décembre, et consécutivement celle d’Embreil. Si nous revenons sur ces détails décrits en temps voulu, c’est pour en montrer l’ampleur dont on se rend mieux compte après l’abaissement des eaux.
- Les photographies ci-jointes ont été prises un mois après la catastrophe. Elles font voir d’abord la grandeur de la brèche par laquelle les eaux limoneuses du fleuve, après avoir ruiné le village des Amourettes, se répandirent au loin couvrant une superficie de près de 9000 hectares. Des terrains transformés,
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- grâce à la digue, en cultures excellentes, se sont Goulaine dont le cimetière situé dans la partie basse trouvés ramenés à leur primitif état marécageux; du village a été atteint par l’inondation qui l’a baigné
- Fig. i. — i. Rupture de la Divatte. — 2. Dépôts d’al lavions sur les potagers après la rupture de la Divatte. — 3. L'eau dans le cimetière de Basse-Goulaine — 4. Lavoir au-dessous du cimetière, dont le mur est visible à droite.
- après la submersion générale prolongée, des cuvettes sans issue ont retenu des nappes nombreuses. La plupart des cultures se trouvent souillées, des potagers entiers pourrissent dans la vase, ou même, au voisinage de la brèche, sont étouffés sous les alluvions entraînées par la violence des eaux (fig. 2).
- À cette atteinte directe dans les ressources mêmes des habitants , aux immeubles submergés ou détruits, aux préjudices causés par les communications interrompues, ajoutons encore le chapitre des dangers dans l’hygiène publique. Parmi les faits s’y rapportant, il faut citer le cas de Basse-
- pendant trois semaines environ; après le recul des eaux, le mur de soutènement sur ce terrain en pente,
- retenant toute la masse dont le sol s’est trouvé saturé, l’écoulement de cette eau n’a été possible que lentement. La figure 4 sur laquelle des laveuses sont installées au-cles-sous de ce mur, se passe de commentaires !...
- Quelques lignes ne suffisent pas pour retracer l’ensemble d’un tel événement. Les faits reproduits ici n’ont d’autre but que de montrer l’ordre des conséquences entraînées dans cette région qu’il faut avoir parcourue pour concevoir toute l’horreur du désastre. Lucien Rudaux.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1969.
- 18 FÉVRIER 1911
- UN PARASITE OCCASIONNEL DE LA VIGNE : LA CLANDESTINE
- Nul n’ignore combien sont nombreux les parasites contre lesquels la vigne doit se défendre; on comprendra l’émoi que causa parmi les viticulteurs de la région nantaise le bruit qu’un nouvel ennemi venait d’être découvert. L’auteur présumé des méfaits signalés était la Clandestine (Lathræa Clan-destina de Linné). J’avoue que mon étonnement fut grand et que de prime abord je fus incrédule.
- Cependant, appliquant le principe que le premier soin du naturaliste doit être de voir, je priai mon ami, M. Léon Caillé, maire de Monnières, région contaminée, de me faire tenir le corps de délit, ce qu’il fit aussitôt.
- Je constatai, sans difficulté, qu’il s’agissait bien en effet de la Clandestine; restait à vérifier la nature du support; était-ce bien sur les racines de la vigne que le parasite était implanté? J’en étais là de mon enquête lorsque j’appris que M. Col, professeur à l’École de Médecine de Nantes, avait pris la question en main. Sachant bien qu’au point dé vue anatomique, en particulier, elle ne pouvait être en meilleures mains, je me bornai, depuis, à la
- 39e année. — ier semestre.
- suivre avec intérêt. M. Col a publié dans les comptes rendus du Congrès de l’AFAS (Lille 1909) les
- résultats de ses recherches et il m’a paru intéressant d’en faire profiter les lecteurs de La Nature.
- Disons tout d’abord que c’est bien sur les racines de la vigne que le parasite exerce ses méfaits, et présentons à nos lecteurs ce prétendu dévastateur de vignobles.
- La Clandestine est une plante de la famille des Orobanchacées, famille entièrement composée de parasites. Le genre Lathræa comprend deux espèces : la Clandestine (Lathræa Clandestina L.) et la Squamaire (.Lathræa Squa-mariaL.) La première, la seule existant dans la région nantaise, habite le bord des ruisseaux, au pied des arbres, d’où l’on voit souvent émerger, au printemps, ses longues corolles, d’un beau violet, à fleur de terre, accompagnées de paquets d’écailles charnues, blanches ; elle vit sur les racines d’un assez bon nombre d’espèces ligneuses, racines souvent submergées: aulnes, peupliers noirs, frênes, etc., arbres qui ne paraissent pas souffrir de ce parasitisme. On com-
- 12. — 185
- La Lathræa Clandestina (d’après la Revue de Viticulture).— 1, inflorescence; 2, un suçoir sur une racine de vigne; 3, aspect d'ensemble dans le sol : les Petites croix indiquent les suçoirs.
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- prendra qu’a priori, il semblait difficile d’admettre qu’une plante végétant presque dans l’eau, put s’accommoder des terrains généralement secs où se cultive la vigne. La seule mention de la présence du Lathræa Clandestina sur les racines de la vigne, dont on trouve la trace dans la littérature botanique, est celle, très sommaire, faite en 1862 par de Rochebrune1. Au contraire la Squamaire qui habite les bois montueux, en particulier aux environs de Paris, a été signalée dès 1850 par Grenier etGodron (Flore de France) comme envahissant assez fréquemment des coteaux plantés de vigne. Cependant, ainsi que nous l’avons dit, il s’agissait bien, dans l’espèce, de la Clandestine.
- Les organes souterrains de la plante se composent d’une souche rameuse, garnie d’écailles charnues, imbriquées qui se montrent assez souvent à Heur de terre, à la floraison et qui sont munies de stomates; ces écailles, sans chlorophylle, sont des feuilles creuses qui ne peuvent assimiler et jouent le rôle de réservoirs aquifères.
- Mais les racines de la Clandestine se fixent, à l’aide de suçoirs renflés, sur les racines de l’hôte, émettant un cône qui pénètre, comme un coin, dans les tissus de la plante nourricière dont le bois est relié au tissu vasculaire du parasite par un cordon de longues cellules conductrices.
- Maintenant que nous connaissons l’ennemi, signalons ses méfaits, d’après M. Col.
- Le vignoble contaminé est situé au sud-est du département, dans la région de Vallet, région qui produit les meilleurs vins du pays : de La Regrip-pière à Vertou, soit sur 25 km de l’est à l’ouest, et environ 10 km du nord au sud; encore n’y a-t-il dans cette zone qu’une surface relativement restreinte envahie par le parasite. On voit, çà et là, des groupes isolés de o à 4 ceps qui dépérissent lentement et meurent. Parfois de tels groupes sont disséminés sur une assez grande étendue et entre eux la vigne est prospère ; d’autres fois les petites taches qu’ils forment sont confluentes, et l’on voit alors des étendues de plusieurs ares où les ceps sont presque tous rabougris.
- Une très curieuse observation relevée par M. Cas-sard, viticulteur à Bonnefontaine près Vallet et vérifiée par M. Col, est que la présence souterraine du parasite se trahit, par un temps sec, et surtout au printemps, par des places, larges comme une ou deux mains, « ayant l’apparence de la terre qui vient d’ètre arrosée ». C’est le produit de l’évaporation émanant des écailles aquifères.
- L’enquête a établi que de temps immémorial les cultivateurs delà région avaient l’habitude do transporter dans leurs vignes, comme fumure, de la terre enlevée aux prés et même des feuilles sèches
- .1. De RociiEWiuiNt; Bull. Soc. Bot. de France, 1862.
- recueillies au pied des arbres. Il semble donc que c’est ainsi que la Clandestine a pu être introduite et par suite, il n’y a là qu’un parasite occasionnel qui, une fois dans la place, s’est accommodé à la vie sur un substratum nouveau et dans des terrains secs, très différents de ceux qu’il habite ordinairement. D’autre part, à Monnières, nous dit M. Col, une tache couvrant 60 m. sur 10, due à l’introduction de terres des prés, il y a déjà dix ans, n’a pas gagné les vignes voisines appartenant à d’autres propriétaires.
- A Vertou, la terre avec laquelle le Lathræa fut apporté il y a huit ans, ayant été mise dans des fossés creusés entre les rangs de ceps de deux en deux rangs, l’espace séparant deux des fosses parallèles, soit environ un mètre, n’a même pas été envahi.
- En résumé on voit que ce parasite occasionnel n’est pas bien méchant. Il se contente des conditions nouvelles qu’on lui impose. De là à une véritable invasion parasitaire, comme le bruit en a couru, il y a loin.
- Quant aux moyens de défense, le sulfure de carbone, essayé sans grand espoir par M. Viala, a échoué; d’autre part, l’arrachage de la vigne est insuffisant, d’autant plus que la plante graine abondamment et que la capsule, qui contient quatre graines, éclate à la moindre pression, lançant celles-ci au loin avec élasticité. M. Col a fait de plus cette constatation intéressante que le Lathræa peut fleurir et fructifier sous terre, les fleurs devenant ainsi « cleistogames ».
- Il faut donc non seulement arracher la vigne, mais encore extirper du sol, avec soin, les divers organes ou graines de la Clandestine qui peut garder longtemps sa vitalité sans plante nourricière et dont les graines peuvent rester longtemps dans le sol sans perdre leur faculté germinative. Il faut aussi ne pas travailler à la charrue les parties contaminées mais les réserver pour un simple bêchage.
- Voilà, réduite à ses véritables proportions, l’histoire du prétendu nouveau parasite de la vigne, histoire qu’on doit être reconnaissant à M. le professeur Col d’avoir mise au point. Outre l’intérêt pratique qui s’attache à tout ce qui concerne notre viticulture, il y a là, même dans le domaine de la science pure, des faits intéressants : le parasitisme du Lathræa Clandestina sur la vigne ayant été à peine indiqué jusqu’ici et son adaptation à des conditions biologiques un peu différentes de celles qui lui sont habituelles, méritant aussi de retenir l’attention1.
- Emu,u Gadecuau.
- 1. Un consultera avec Irait sur la biologie dos Lathnva, un article de M. P a tir Mausais, in Revue de viticulture, lévrier 1910. — La figure tjui illustre notre article a été faite d’après les documents de cette revue, aimablement communiqués par M. Yiala.
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- LES IDÉES DE M. EDISON
- Quand un technicien s’aventure sur les domaines du poète, il est toujours intéressant d’apprendre quelles impressions il rapporte de son escapade. Quand ce technicien se trouve être un des plus fertiles inventeurs de notre inventive époque, il convient de prêter une oreille attentive, voire passionnée, aux récits que son imagination va puiser dans l’au-delà des années et des siècles, quelque fantastiques que puissent nous apparaître la plupart de ses visions.
- L’illustre inventeur qui sort un moment de son laboratoire, où s’élaborèrent tant de miracles scientifiques, pour se hisser sur le trépied de la pythonisse, est Thomas A. Edison, dont il serait oiseux d’énumérer ici les principales découvertes. Interviewé par un collaborateur du Cosmopoliian Magazine de New-York, le père du phonographe et de la lampe à incandescence s’est souvenu qu’il fut jadis de nos confrères en journalisme, et l’on reconnaîtra tout à l’heure que la plupart des prédictions qu’il formule pourraient servir de thèmes à toute une série de romans-feuilletons qui nous rappelleraient les œuvres de Jules Yerne ou de YVells.
- Il va de soi que M. Edison croit fermement au triomphe de l’électricité sur la vapeur, en tant que force motrice pour l’industrie des transports, et il exprime cette conviction en teimes pittoresques. « La locomotive à vapeur, dit-il, est en train d’exhaler ses derniers souffles. Une génération ne se sera pas écoulée que les enfants des grandes nations civilisées n’entendront plus parler d’elle qu’à l’école, comme une chose du passé, à moins qu’ils n’habitent une région écartée, peu peuplée et mal arrosée. Partout où l’eau sera en abondance, les roues hydrauliques produiront assez d’électricité pour actionner tous les chemins de fer. »
- L’acier, qui a déjà détrôné le bois dans la construction des navires et des maisons, étendra plus loin ses conquêtes, et deviendra essentiellement un métal domestique et familier, car il sera employé pour la couverture des livres et la fabrication des meubles. C’est l’augmentation constante du prix du cuir et du bois qui amènera cette étrange révolution.
- « Tous les meubles, affirme le prophète, seront bientôt fabriqués en acier. Le prix de revient d’un ameublement en acier représente à peu près le cinquième de celui d’un ameublement en bois, et, outre cette énorme économie, le premier est bien plus léger, car sa confection emploie une faible quantité de métal. D’ailleurs, l’acier poli prend une apparence très agréable à l’œil, et il est facile de l’enduire d’un vernis qui en fait une parfaite imitation des essences employées dans l’ébé-nisterie : noyer, chêne, acajou, etc. Les bébés de la prochaine génération assoiront leur menue personne dans des fauteuils d’acier, et c’est sur des tables d’acier qu’ils mangeront leur bouillie. Ils n’auront plus connaissance de meubles de bois. »
- Adieu, les briqueteries ! Finies, les carrières de moellons et. de pierres de taille ! « D’ici trente ans, toutes les constructions se feront en ciment armé, depüis les plus beaux palais jusqu’aux plus élevées des maisons géantes. Les hommes civilisés comprendront combien stupide fut leur folie de faire entrer pendant des siècles le bois dans la construction de leurs abris et de leurs monuments, en encourant de ce chef un formidable tribut payé à l’incendie, et qui, pour la. seule république des États-Unis, monte annuellement à l’effroyable somme de deux mil-
- liards et demi de francs ! Ces immeubles en ciment armé seront éternels, et braveront aussi bien le tremblement de terre que le feu. »
- Le lecteur nous permettra d’ouvrir ici une parenthèse pour constater que ces deux dernières prédictions sont entrées depuis quelques jours en voie de réalisation. De hardis architectes ont commencé à Brooklyn et à Cincinnati la construction de deux maisons de quatorze étages en ciment armé. Et une grande maison d’ameublement de New-York a mis sur le marché des meubles de bureau (chaises, tables, secrétaires) fabriqués exclusivement en acier.
- Plein d’espoir dans l’avenir de l’aviation, M. Edison se montre cependant très sévère à l’égard des types actuels d’aéroplanes, qui, s’il faut l’en croire, n’ont plus que quelques années à vivre. Ils seront remplacés par un type complètement différent, qui pourra s’enlever de terre dans la direction verticale, avant de prendre son vol dans la direction voulue. Il- estime que les constructeurs d’appareils ont eu tort de ne pas étudier le vol de l’humble bourdon, qui est, selon lui, l’être ailé qui aurait dù leur servir de modèle. Mentionnons rapidement cette autre prédiction relative aux sous-marins, qui, grâce à un nouveau système de batterie électrique, deviendront avant peu une arme si redoutable « que les différents gouvernements renonceront à construire des cuirassés ».
- Mais voici de meilleure pâture pour les amateurs de « sensationnalisme ». Que dites-vous de la substitution du livre métallique au livre en papier? Edison affirme que cette révolution bibliographique n’attendra pas au siècle prochain pour bouleverser l’industrie du livre, mais bien qu’elle est à la veille de se produire.
- — Et pourquoi crier à l’impossible? demande-t-il. Le nickel absorbera l’encre d’imprimerie aussi bien qu’une feuille de papier. Une feuille de nickel d’une épaisseur d’un dix-millième de centimètre est meilleur marché, plus résistante et aussi plus flexible qu’une feuille de papier ordinaire, de celui qui sert couramment dans la librairie. Un livre de nickel épais de 5 centimètres, contiendrait 40 000 pages, et ne pèserait que 460 grammes. Or, dès à présent, je me fais fort de fournir 460 grammes de ces feuilles de nickel pour un dollar et quart (Gfr,25).
- Et d’autres détails tendraient à prouver que l’âge de l’indestructible bibliothèque de livres de nickel n’est pas aussi éloigné de nous qu’on pourrait le supposer. Par un procédé électrique qui dépose sur une base convenable une quantité donnée de nickel en dissolution, M. Edison obtient déjà de ces feuilles de papier-métal. Et comme, en matière de plaisanterie, l’interviewer demandait s’il pourrait dès à présent exécuter une commande, il répondit gravement :
- — Oui. Je pourrais dès à présent livrer une feuille de nickel large de 2 m. et longue de 1600 m.
- Après avoir fait remarquer que toutes les grandes inventions industrielles n’ont guère plus d’un siècle d’existence, et qu’il n’y a, en somme, qu’une centaine d’années que l’homme s’exerce à se servir de son cerveau, alors qu’il s’était contenté auparavant de demander des services à ses mains, M. Edison montre que tout, ou presque tout, reste encore à faire dans la transmission de la pensée et de la parole humaines. Les téléphones les plus perfectionnés ne sont que des jouets
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- JALONNEMENT DES ROUTES DE L’AIR
- d’enfants, et leur fonctionnement dépend beaucoup de notre imagination. La preuve en est que nous ne pouvons tenir facilement une conversation au téléphone qu’avec des personnes dont la voix nous est familière, et sur des sujets familiers. Qu’on nous y prononce, par exemple, le nom d’un tiers, et nous sommes obligés de le faire répéter, avant de demander, en désespoir de cause, qu’on nous l’épelle!
- D’après M. Edison, l’homme découvrira tôt ou tard une force nouvelle qui supplantera télégraphe, téléphone et « sans fil », qui « permettra d’utiliser les ondes de l’éther d’une façon plus pratique ». La nature tient en réserve tout un arsenal de forces encore inconnues dont l’existence, que nous commençons à peine de soupçonner, ne nous sera révélée que progressivement, et par le hasard plus que par les recherches des savants. Il cite le cas du radium, « ce merveilleux métal au sujet duquel nous ne connaissons presque rien, si ce n’est qu’il a l’étonnante propriété de transformer un métal bas en un métal précieux ». Et, de ce point de départ, il en arrive à cette prédiction d’un caractère quasi-fantastique :
- « L’étalon d’or, dont notre civilisation se montre si hère, n’a peut-être plus que quelques années à vivre, et l’heure approche où barres et blocs d’or seront aussi en sûreté la nuit dans les rues de nos villes que le sont actuellement lingots de fer et barres d’acier. Car nous marchons rapidement vers la transmutation des métaux, vers la manufacture de l’or. La découverte peut s’effectuer demain. »
- Il n’y a pas de raisons pour qu’elle ne s’effectue pas demain plutôt que dans un siècle, car la fabrication de l’or n’est qu’une question de combinaison et de traite-
- ment de la matière. La matière est une. L’or et l’argent ne diffèrent que parce que la matière a été combinée dans différentes proportions et traitée d’une manière différente dans chacun de ces corps. Si le radium n’a pas le pouvoir d’accomplir ce miracle industriel, on découvrira tôt ou tard un autre métal. « Rien de ce qui est raisonnable n’est impossible, et il est raisonnable de s’attendre à ce que nous découvrions le moyen de faire de l’or. »
- Et l’humoriste qu’est resté le laborieux inventeur se demande s’il n’est pas dangereux désormais de maintenir dans les contrats la clause spécifiant que certaines dettes devront être acquittées en monnaie d’or de bon aloi. Si l’on arrive à fabriquer l’or à raison de 125 francs la tonne, la possession de la plus grande partie de la propriété, dans le monde entier, passerait du jour au lendemain des mains des créanciers dans celles des débiteurs !
- J’ai gardé pour la fin celle des prédictions de M. Edison qui m’a paru la plus pittoresque. Il croit que le principe du métier Jacquard, l’invention qui lui apparaît comme la merveille mécanique de ces cent dernières années, sera bientôt appliqué aux industries les plus diverses. Nous aurons avant peu une machine à l’entrée de laquelle « on versera du drap, des boutons, du fil, du papier de soie et de la pâte à carton, et qui livrera à son autre extrémité des complets tout empaquetés dans des cartons ».
- Partageons le robuste optimisme du grand inventeur qui, avec l’avènement de la maison à bon marché, du vêtement à prix réduit, de la paix universelle, voit poindre, à l’horizon du siècle prochain, la suppression totale du paupérisme. V. Forbin.
- LE JALONNEMENT DES ROUTES DE L’AIR
- Les expériences entreprises ces temps derniers par M. Quinton, président de la Ligue aérienne, le lieutenant Tarron et quelques autres personnalités du monde de l’aviation, dans le but de déterminer les dimensions à donner aux éléments des inscriptions destinées à guider les aviateurs, m’ont suggéré l’idée de fixer les bases théoriques qui doivent y présider. C’est dans l’analyse des fonctions de la rétine, et, en particulier, de la perception des formes, ainsi que des conditions dans lesquelles ces fonctions doivent entrer en jeu qu’il m’a paru nécessaire de les chercher.
- La faculté de percevoir les formes se manifeste par l’acuité visuelle, mesurée par la distance des points les plus rapprochés que l’œilper-çoit séparés, ou, plus exactement, par le plus petit angle sous lequel l’œil peut distinguer la forme d’un objet. Pour l’œil normal d’un adulte, cet angle est, cliniquement, évalué à une minute.
- Un œil doué d’une bonne acuité peut donc reconnaître les lettres de l’alphabet, lorsque chacun des traits qui les forment est vu sous un angle de T et lorsque chaque
- trait est séparé de ses voisins par un intervalle égal à sa largeur. Les caractères latins, par suite de la forme et des proportions de la plupart d’entre eux, ne peuvent, en général, être reconnus par un organe sain que s’ils sont vus dans leur ensemble sous un angle de 5'.
- En supposant que des aviateurs qui cherchent à repérer leur route naviguent à une hauteur maxima de 300 m. au-dessus du sol, les lettres composant les inscriptions destinées à les renseigner doivent donc avoir une hauteur minima de -42 à 45 cm et être formées de traits d’au moins 9 cm de largeur.
- Mais ces dimensions ne constituent qu’une limite inférieure, que l’on dépassera, en pratique, dans une large mesure, car elles ne s’appliquent qu’à un observateur immobile, attentif et doué d’une bonne vue. Un très grand nombre de nos contemporains ne possèdent qu’une acuité inférieure à la normale, et un aviateur, s’il se trouve seul à bord de son aéronat, ne peut distraire son attention de la conduite de l’appareil que pour quelques instants. Alors même que l’observateur est distinct du
- Signaux aériens récemment expérimentés à la Tour Eiffel : Les boules de verre argenté dont sont constitués les chiffres indicateurs.
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- pilote, la vitesse à laquelle il est emporté, vitesse d’environ 80 km à l’heure, c’est-à-dire de plus de 22 m. à la seconde, diminue sa faculté de reconnaître les objets au-dessus desquels il se déplace.
- Aussi me semble-t-il que l’on sera pratiquement conduit à adopter pour les lettres ou chiffres-signaux des routes de l’air des dimensions comprises entre 1 m. et '1,50 m. ; c’est-à-dire au moins deux fois plus grandes que la hauteur minima théorique. Ces caractères seront formés de jambages d’une largeur à peu près égale au cinquième de leur hauteur.
- Il sera bon d’employer de préférence les lettres qui sont le plus facilement reconnues, telles que A,
- E, Y, en évitant l’emploi de celles qu’il est malaisé de reconnaître (S, Z,
- B, li) ou la combinaison de celles qui prêtent à confusion (M et N, B et B, par exemple). Les majuscules dites antiques et les chiffres arabes choisis pour l’établissement du tableau optométrique adopté par le Congrès international d’ophtalmologie de Naples en 1909 sont d’une forme simple, d’une reconnaissance facile et même d’aspect élégant. On devra évi ter toutefois de combiner lettres et chiffres dans une même inscription ou, du moins, de les disposer sur une seule ligne ou dans un même groupement.
- L’acuité visuelle telle que je l’ai définie est l’acuité clinique et non l’acuité physiologique qui lui est sensiblement supérieure : mais, s’il est exact que l’acuité visuelle mesurée, comme on le fait cliniquement, dans un local bien éclairé par des fenêtres, est très inférieure à ce qu’elle serait en plein air, par temps clair et vers le milieu du jour ; il ne faut pas oublier que les aviateurs mettent d’qrdinairc à profit pour leurs envolées le calme, au moins relatif, qui règne dans l’atmosphère aux premières et aux dernières heures de la journée, heures de luminosité atténuée. Il faut se souvenir aussi que, sous nos climats, les couches atmosphériques voisines du sol sont fréquemment chargées de brumes, qu’au-dessus des
- agglomérations elles sont presque toujours obscurcies par des fumées ou des poussières ; enfin, que, deux jours sur trois en moyenne, un voile de nuages vient diminuer l’éclat du jour.
- Ces conditions d’éclairage imposent certaines obligations dans le choix des colorations à donner aux signaux et au fond sur lequel ils se détachent. Le contraste devra être aussi accusé que possible, ce que l’on obtiendra tout naturellement par l’opposition de teintes très claires et de teintes très foncées. Le blanc et le noir sont les couleurs qui, dans leurs teintes les plus pures, répondent le mieux à ces conditions; mais, en pratique, pour les repères d’importance secondaire, on pourra combiner le blanc ou les diverses couleurs dans leurs teintes les plus faiblement saturées avec le rouge brun des vieilles tuiles ou le bleu violacé très foncé de l’ardoise et de certaines tuiles de céramique.
- Des statistiques réunies jusqu’à ce jour, il ressort que 4 à 5 pour 100 des individus examinés tout spécialement au point de vue de la perception des couleurs présentent, sous ce rapport, des anomalies de la vision plus ou moins accusées. Les signaux optiques colorés sont donc à rejeter; ils ont certainement causé bien des erreurs dans la marine et les chemins de fer. Il ne semble pas que les conditions de la navigation aérienne obligent à y recourir; que l’on s’en tienne donc à l’opposition des teintes les plus claires et les plus foncées, du noir et du blanc.
- En somme, des considérations purement spéculatives amènent à proposer pour les signaux d’aviation l’emploi des chiffres arabes ou des caractères antiques d’une hauteur d’environ 1 m. à 1,50 m., tracés en noir sur fond blanc ou très clair ou en blanc sur fond très sombre.
- Mais, c’est à l’expérimentation que nous devons demander la solution définitive de cette question.
- Dr Em. Marmoiton.
- Chiffres à boules de verre vus de la première plate-forme de la Tour Eiffel.
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- LA CONCENTRATION DES JUS SUCRÉS
- Au moment où toutes les sucreries européennes, après le long repos annuel du printemps et de l’été, ont repris tout à coup leur activité ininterrompue il est intéressant d’exposer le principe et les détails d’un des traitements les plus importants qu’y subissent les jus sucrés extraits de la betterave.
- La concentration, ou, comme on dit improprement en sucrerie, « l’évaporation » est assurée par de très ingénieux dispositifs qui ont pour effet de réduire à l’extrême la consommation de vapeur de chauffage. Au cours de ces dernières années, un nouveau très important progrès a permis de substituer aux appareils usuels des nouveaux éva-porateurs dont il ipâporte d’exposer le fonctionnement.
- ’La betterave sucrière contient d’orclinaire moins de 2Ô pour 100 de sucre et d’impuretés solubles, et plus de 80 pour 100 d’eau.
- Comme on en extrait le suc, non par compression, mais, pour mieux épuiser la matière, par <( diffusion », ou lavage à l’eau, malgré l’emploi de lavages méthodiques (chaque volume d’eau employé passe de 10 à 12 fois sur des lamelles de betteraves de plus en plus riches) on se trouve avoir le sucre dilué dans une grande quantité d’eau. Après épuration, ce qui a pour but de les diluer encore un peu, pour en extraire le sucre par cristallisation, il est indispensable de concentrer fortement les jus.
- A l’origine de l’industrie sucrière — et le procédé est encore actuellement usité dans quelques sucreries exotiques de cannes qui ne préparent que des mélanges de sucre et de mélasse pour la consommation locale — on concentrait tout simplement les jus sucrés dans des bassines chauffées à feu nu, comme dans la fabrication ménagère des confitures. Vint ensuite le chauffage par injection de vapeur dans un serpentin ou un double fond fixé aux chaudières; et enfin l’évaporation (( dans le vide ». En mettant le haut de l’appareil évaporatoire, naturel-
- lement clos de la façon la plus parfaite, en communication avec une machine pneumatique industrielle, on provoque un Aide partiel qui a pour effet, et d’activer la vaporisation, et de permettre l’ébullition du jus ou du sirop à bien plus faible température qu’à l’air libre.
- Il faut ainsi moins de vapeur de chauffage et surtout, avantage précieux, le liquide bouillant à moins de 100° C. n’est pas altéré par la formation de caramel, comme c’est le cas quand on chauffe trop. (Les solations sucrées en effet n’entrent en ébullition à l’air libre qu’au-dessus de 100; à 110° par
- exemple quand elles contiennent 87 pour 100 de sucre à 116.
- C’est en 1818 que l’Américain Howard créa le premier appareil à concentrer les sirops dans le vide. Sous sa forme moderne, encore utilisée maintenant en confiserie ou con-fiturerie (fig. 1), l’appareilHoward se compose d’une chaudière chauffée par des serpentins à vapeur ou des faisceaux tubulaires, dans lesquels des canalisations et valves disposées convenablement permettent de faire arriver le liquide et d’enlever le sirop concentré. Cette chaudière, hermétiquement close, communique par la partie supérieure avec une pompe pneumatique qui aspire le mélange d’air et de vapeur de façon à entretenir à l’intérieur de l’appareil une dépression dont l’intensité indiquée par manomètre, correspond au degré de température auquel on veut porter le sirop bouillant.
- En 1830, nouveau perfectionnement de la plus haute importance : un ingénieur français, Prillieux, installe dans une sucrerie d’Amérique un appareil évaporatoire à « double effet ». Le dispositif consiste à concentrer du jus dans une chaudière verticale quelconque, chauffée à la vapeur par un faisceau tubulaire par exemple (fig. 2, I),; mais cette première « caisse » est suivie d’une seconde absolument identique (fig. 2, II) où arrive le jus déjà concentré
- Fig. i. — Chaudière à cuire dans le vide.
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- CONCENTRATION DES JUS SUCRÉS
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- en I et qui est chauffé non par de la vapeur ordinaire, mais par celle provenant de la caisse I. Cette vapeur peut parfaitement assurer 1 ébullition du jus contenu dans la caisse parce qu’il règne en I et en II des dépressions différentes. Tandis, par exemple
- -4— Pompe
- tapeur
- Jus concentré
- Eau de condensation
- Fig. 2. — Schéma de la marche d’un multiple effet.
- que, dans le second « effet », dont le haut est directement relié à la pompe pneumatique, la tension de vapeur correspond à une pression barométrique de 520 mm de mercure (point d’ébullition correspondant 82° C.) ; dans le premier, une température de 96° suffit parfaitement à faire bouillir le jus sucré à la pression de 650 mm. On peut ainsi, et c’est ce qu’on fit plus tard, monter en série 3,4,5 chaudières, formant l’appareil connu en sucrerie sous les noms de triple, quadruple, quintuple effet. On n’est limité que par la nécessité d’avoir, entre chaque « caisse » des chutes suffisantes de température pour que les pertes de chaleur inévitables soient négligeables. Aussi ne dépasse-t-on jamais six effets, et dans la plupart des cas s’en tient-on à trois ou quatre.
- L’avantage du multiple effet est considérable : en chauffant à la vapeur une seule caisse, on provoque l’ébullition dans toutes les chaudières à la fois ; si l’on pense que la plus grande partie du charbon brûlé en sucrerie sert à la concentration des jus, on voit tout l’intérêt de l’emploi des multiples effets.
- Vapeur
- condensation
- Fig. 3. — Triple effet en colonne.
- Aussi les premiers appareils de ce genre, employés en France autrefois, étaient-ils vendus par le constructeur Cail, payables d’après une part du bénéfice résultant de l’économie de charbon, de la même façon que les premières machines à condenseur vendues en Angleterre par le célèbre Watt.
- On peut juger de l’importance des économies ainsi réalisées, de même que de l’intérêt de l’invention dePrillieux, par la comparaison de ce qu’il faut de charbon pour concentrer un mètre cube de solu-
- Fig. 4. — « Caisse « système Kestncr. Concentration des jus sucrés.
- tion à un point donné, que nous reproduisons d’après M. Aulard :
- Dans des chaudières à feu direct. . . . . 220 kg environ
- Chauffage par la vapeur d’un générateur . . 180 —
- Chauffage par la vapeur, ébullition sous pression réduite.................................... 120 —
- Dans un appareil à double effet........... G0 — t
- Dans un appareil à triple effet........... 40 —
- Depuis plus d’un demi-siècle qu’on les emploie, les appareils à multiples effets furent maintes fois perfectionnés; on en construisit à « caisses horizon-
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- taies », composées de chaudières en forme de parallélépipède rectangle surmontées de demi-cylindres, dans lesquels les faisceaux sont disposés en long et à plat. Une maison française exposa en 1889 un singulier triple effet, en forme de colonne, dans lequel la vapeur formée dans chaque caisse se condensait immédiatement dans des tubes placés au-dessus, et réchauffant le liquide de la caisse voisine (fig. 3).
- Tous ces genres d’appareils d’ailleurs ne se sont pas montrés, à l’usage, supérieurs à ceux des types classiques, perfectionnés du reste par l’adjonction de nombreux dispositifs : vase de sûreté dans lequel la vapeur passant d’un effet à l’autre, forcée de traverser des tôles finement perforées se dépouille des gouttelettes de jus sucré entraîné; chauffage réalisé par de la vapeur prélevée dans une caisse de triple effet et conduite dans des calorisateurs pour jus divers; enfin, compression de la vapeur à très basse tension par injection de vapeur plus chaude, ce qui permet d’utiliser de nouveau les calories, perdues sans cela dans l’eau de condénsation (procédé Prache).
- Cependant, depuis quelques années, un type tout nouveau d’appareil à évaporer semble devoir complètement supplanter les anciens « effets » ; il est le préféré dans presque toutes les nouvelles installations; c’est le modèle dit « à grimpage ». Chaque élément de ces nouveaux concentreurs se compose également d’un faisceau vertical, mais à plus petit nombre de tubes très longs (fig. 4) ; le jus à concentrer arrive au bas de l’appareil, pénètre dans la partie inférieure des tubes où, sous l’action de la vapeur entourant le faisceau, il entre en ébullition.
- On peut alors constater l’apparition d’un singulier phénomène : sous l’influence des bulles de vapeur incessamment dégagée, malgré sa viscosité, malgré le manque de pression exercée sur le liquide à sa base,onvoitlejus « grimper » le long de chaque tube ; en haut de la caisse, on recueille du jus concentré à un degré qui peut aisément être réglé d’après l’admission de liquide et le degré de chauffage. Pour assurer la parfaite séparation de la vapeur et du liquide, car la rapidité de marche produit une sorte d’émulsion, et les gouttelettes de jus sucré entraînées souillent les eaux d’alimentation de générateurs, et provoquent des pertes de sucre ; le mélange arrivant en haut de l’appareil se brise sur une lame D qui porte inférieurement une série d’ailettes courbes (fig. 4) obligeant la vapeur à prendre un très vif mouvement de rotation dans le dôme de l’appareil (fig. 5). Sous l’action de la force centrifuge, les gouttes en suspension sont projetées sur la paroi et se réunissent au sirop s’écoulant par le tuyau T. Naturellement les appareils « à grimpage », imaginés par l’ingénieur français Kestner, sont réunis en multiples effets, soit en ligne droite, soit en rang (fig. 5) .
- Les jus sucrés entrant dans le triple ou le quadruplé effet, pèsent en général 6 à 7° Baumé, ce qui correspond à 12 pour 100 de sucre; ils en ressortent à l’état de sirop visqueux à 25° Baumé et contenant 45-50 pour 100 environ de sucre. Le traitement est très facile, l’ensemble de l’appareil étant simplement surveillé par un ouvrier dont le rôle est d’ailleurs tout de surveillance. Une fois mise en route — et on ne l’arrête guère que chaque semaine ou même chaque mois pour le nettoyage — il suffit de
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- Fig. 5. — Batterie circulaire de caisses Kestner.
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- prendre, de temps à autre, la densité des jus aux différents stades de la concentration, pour modifier légèrement en conséquence l’ouverture de diverses valves de canalisation.
- Les nettoyages doivent être effectués quand l’intérieur des tubes est souillé de couche de dépôt siliceux ou calcaires provenant des impuretés salines des jus. Comme il y a évaporation d’une grande quantité d’eau, certains corps peu solubles sont précipités. Pour enlever ces dépôts, au demeurant très faibles dans les sucreries où les jus sont convenablement épurés, on vide chaque caisse, l’ouverture d’un trou d’homme permet de pénétrer à l’intérieur et de passer dans tous les tubes une sorte d’écouvillon à brosse circulaire en fil d’acier, du genre de celui qui sert au nettoyage des canons de fusil.
- La durée de concentration des jus sucrés est variable; avec les multiples effets ordinaires, à élé-
- ments de grande capacité, le jus entrant peut séjourner de une à deux heures dans les différentes caisses, avant de passer à l’état de sirop. Dans un appareil Keslner « à grimpage » la durée de l’évaporation peut être réduite à deux minutes pour un seul corps d’appareil.. Comme d'autre part, la température d’ébullition est basse en raison du vide partiel, il ne peut y avoir destruction sensible de sucre, comme c’était le cas avec les procédés primitifs. Si les sirops sont plus colorés que les jus, cela tient seulement à la moindre quantité d’eau qu’ils contiennent ; il n’y eut pas la moindre caramélisation.
- Le sirop suffisamment dense est alors le plus souvent filtré; après quoi, il est concentré à nouveau dans des conditions différentes de manière que la limite de solubilité étant atteinte, il y ait cristallisation du sucre, ensuite séparé de l’excédent de sirop et livré au raffinage ou à la consommation.
- H. Rousset.
- UNE VISITE AUX GRANDS INSTRUMENTS DES OBSERVATOIRES AMERICAINS
- La Nature annonçait, il y a quelques mois, la curieuse réunion d’un Congrès international des études solaires à près de 2000 m. d’altitude : il s’agissait, on se le rappelle, de la conférence tenue en septembre 1910 au mont Wilson, en Californie. Un grand nombre d’astronomes européens de toutes nationalités, dont nous étions, ont ainsi pu se rendre compte de visu de tous les progrès matériels que l’esprit industrieux des Américains a fait faire à l’Astronomie dans ces dernières années. Il faut d’ailleurs convenir que les précieuses qualités pratiques des hommes de science de là-bas ont été en la circonstance, et depuis longtemps déjà, largement secondées par la générosité des nombreux «, rois » de leur industrie.
- Les observatoires américains frappent surtout le visiteur étranger par le perfectionnement du mécanisme : un peuple de mécaniciens et d’ingénieurs ne pouvait que marquer fortement de son empreinte
- les instruments dont il dotait ses savants. Ce que nous disons là est plus vrai encore bien entendu des observai oires d’aslronomiephy-^ sique que de ceux, d’ailleurs peu nombreux, consacrés à l’astronomie de position. Toutefois le caractère signale plus haut est, croyons-nous, général, et l’on va voir combien il est nettement accusé dans les trois principaux établissements auxquels, pour ne pas abuser du lecteur, nous nous limiterons aujourd’hui.
- L’observatoire Lick. — Cet établissement, célèbre par tous les services qu’il a déjà rendus à la
- La grande lunette de VObservatoire Lick, au Mont Hamilton [Californie).
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- science et les nombreuses découvertes astronomiques dont il a été le berceau, est le type d’une institution achevée pourvue de tous ses organes et fonctionnant avec régularité. Il fut fondé en 1889 à l’aide des 700 000 dollars légués à l’Université de Californie par M. James Lick, riche habitant de San-Francisco, qui est enterré sous le pilier du principal instrument (singulier cimetière, soit dit en passant, même pour un amateur d’astronomie). Juché sur le mont Hamilton, à 1400 m. environ d’altitude, l’Observatoire est à peine à 50 lieues de San-Francisco, mais d’un accès assez difficile : il faut affronter, pour y arriver, au sortir de la gare de San José une quarantaine de kilomètres en automobile par un chemin de montagne des plus tortueux. Aussi le personnel est-il astreint à vivre toute l’année dans l’espèce de petit village qui s’est formé au sommet, ce qui, malgré la beauté du site, ne va malheureusement pas sans de nombreux inconvénients.
- Passons maintenant aux instruments. La grande lunette de Lick a une distance focale de 17,50 m. et une ouverture de 56 pouces, soit 91 cm. L’objectif, construit par le fameux opticien Alvan Clark auquel sont dues tant de pièces remarquables, est achromatisé pour les rayons visibles ordinaires, mais on peut l’employer à la photographie en lui adjoignant en avant du foyer une lentille correctrice ; à condition que cette dernière soit bonne, c’est là, en effet, un procédé excellent. L’opération ne présente aucune difficulté, l’objectif auxiliaire étant monté de façon à s’adapter exactement sur l’arrière de la lunette, dans la position qu’il doit avoir, et sans tâtonnements .
- Les escabeaux, les échelles plus ou moins perfectionnées dont se servent les malheureux astronomes européens pour parvenir à leur oculaire et s’y maintenir dans un équilibre parfois incertain, sont à Lick réduits à un rôle accessoire : le plancher tout entier de la coupole, percé au centre d’un orifice rectangulaire pour laisser passer le pilier de la lunette, s’élève automatiquement à la hauteur désirée : il suffit pour cela de manœuvrer une manette, et un mécanisme hydraulique, dont le réservoir est sur une crête voisine, fait le reste. On
- conçoit la commodité et la sécurité qu’un pareil perfectionnement donne à l’observateur. Les avantages de cette nature, d’ailleurs coûteux, peuvent paraître à première vue secondaires ; mais en affranchissant l'astronome de préoccupations évitables ou même nuisibles à sa liberté d’esprit, en lui permettant d’aller et venir sans perte de temps, ils augmentent grandement la valeur d’un appareil déjà splendide à d’autres égards.
- L’entraînement de la lunette en ascension droite est assuré à l’aide d’un puissant mouvement d’horlogerie qui agit par un engrenage à vis tangente non pas sur un secteur d’une quarantaine de degrés, comme c’est le plus souvent le cas, mais sur un cercle denté tout entier : de la sorte l’observateur n’est jamais interrompu par 'la nécessité de ramener le secteur à sa position initiale. Le régulateur du
- rouage est aussi conçu d’une façon très pratique ; il est à boules et à force centrifuge, mais comme les boules sont relativement énormes — 15 cm de diamètre peut-être — comme aussi toutes les parties mobiles, très massives possèdent une inertie considérable, celle-ci contribue à assurer la régularité du mouvement. C’est d’ailleurs là un principe dont les constructeurs américains font un fréquent usage : de grosses pièces, à fort moment d’inertie, dispensent en partie — mais non pas bien entendu en totalité — de ce soin extrême, de cette minutie où les artistes européens sont passés maîtres, mais qui n’est pas toujours indispensable à la précision véritable. Ce système a de plus l’avantage de donner aux appareils une robustesse et une solidité remarquables. Nous ajouterons que le rouage comporte trois vitesses : une pour les Étoiles, une pour le Soleil, une pour la Lune; et qu’un mécanisme électrique spécial assure la solidarité parfaite du mouvement avec la pendule directrice. La vitesse du rouage tient même compte de la réfraction atmosphérique moyenne en ascension droite, ce qui permet de garder une étoile cinq minutes,sur la croisée du réticule sans toucher aux mouvements de rappel.
- La Grande Lunette sert à plusieurs astronomes qui s’y relayent et y font, les uns des observations spectroscopiques, les autres des mesures d’étoiles
- Télescope-réflecteur de 6o pouces.
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- doubles très serrées que l’instrument est presque seul à dédoubler. Nous avons pu ainsi séparer sans la moindre peine le couple o Petit Cheval dont les deux composantes de 5e grandeur sont à 0",5 et les images étaient,ce jour-là, de qualité assez ordinaire.
- Le second instrument de Lick est le « Crossley Reflector », télescope à miroir de 56 pouces 1/2 d’ouverture. L’appareil, employé surtout pour la photographie, présente une combinaison optique assez originale permettant d’augmenter, si on le désire, sa distance focale : un miroir hyperbolique convexe, placé un peu en avant du foyer du miroir principal renvoie les rayons sur un petit miroir plan à 45°, lequel les rejette sur le côté, vers l’oculaire ou la plaque photographique. On sait, de plus, que c’est généralement en agissant sur les manettes de mouvements lents en ascension droite et en déclinaison, c’est-à-dire en déplaçant toute la lunette, que l’opérateur réussit à maintenir strictement l’étoile au même point de la plaque, indépendamment des irrégularités du rouage. Avec le Crossley Reflector, il en va autrement : c’est 'la plaque seule que l’astronome déplace par rapport au reste du télescope ; on évite ainsi les effets nuisibles de la grande inertie de l’appareil entier.
- Une série de photo-, graphies de nébuleuses et d’amas d’étoiles de toute beauté a pu être ainsi obtenue : elle fait le plus grand honneur aux astronomes auxquels elle est due et à l’éminent directeur de Lick M. Campbell. Mais ce qu’il faut dire aussi, c’est le ciel incomparable du mont Hamilton et en général de tous ces observatoires de montagnes californiens. Dans ce beau pays, où il ne pleut pas souvent, où presque toutes les nuits peuvent être consacrées à l’observation, les images sont bien plus brillantes et bien plus stables que chez nous : même à l’œil nu sur la Voie Lactée, par exemple, il y a un éclat que nous ne lui connaissons pas. C’est ainsi que nous avons vu à Lick la nébuleuse annulaire de la Lyre: l’étoile centrale y était parfaitement visible. Or la prépondérance de son rayonnement ultra-violet ne rend cette étoile accessible en Europe qu’à la plaque photographique et à Meudon avec un objectif peu inférieur à celui de Lick (0,80 m. au lieu de 0,91 m.) nous ne l’avions jamais vue directement.
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- L’observatoire Yerkes. — Nous venons de voir un observatoire de montagne : celui de Yerkes est placé dans des conditions toutes différentes. En pleine campagne, au bord d’un petit lac et presque au niveau de la mer, il n’est qu’à une heure et demie de Chicago et très facile d’accès. Comme Lick, il fut fondé grâce à la générosité d’un riche homme d’affaires dont il porte le nom.
- L’équatorial de 40 pouces ressemble beaucoup dans ses grandes lignes à celui de Lick. Plus large de 10 cm comme ouverture (1,02 m.) cette lunette est à présent la plus puissante du monde, et comme elle a été construite quelques années plus tard que sa rivale, elle a pu profiter de l’expérience acquise, ce qui a permis d’y apporter de nouveaux perfectionnements. Par exemple les calages, c’est-à-dire les mouvements nécessaires pour diriger l’instrument vers le point du ciel que l’on désire se font électriquement : il suffit de presser un bouton pour voir la lunette se déplacer toute seule soit en ascension droite, soit en déclinaison. Comme d’autre part les cercles divisés sont gradués en chiffres très gros, ils sont visibles à l’œil nu du pied de l’appareil, et l’observateur, libre d’arrêter le mouvement à l’endroit voulu, est ainsi dispensé d’une série de manœuvres faciles sans doute, mais qui se traduisent par des pertes de temps : même en astronomie « time is money ». Ajoutons que le mouvement d’horlogerie a été muni d’un mécanisme électrique qui remonte automatiquement le poids moteur dès qu’il est arrivé au bas de sa course. Enfin les déplacements du plancher mobile et de la coupole sont ici assurés par l’électricité, i
- L’objectif et aussi la partie mécanique sont dus aux mêmes praticiens qui construisirent la lunette de Lick : l’opticien Alvan Clark et les mécaniciens Warner and Swasey. Notons ici, à propos de ces derniers, un détail qui n’est pas sans importance. Ce ne sont pas des fabricants de théodolites et de sextants qui se sont chargés de ces puissantes lunettes, mais bien des constructeurs de machines-outils industrielles qui, vers la fin de leur carrière et un peu par goût personnel, ont voulu mettre au service de la Science leur expérience. Dans de semblables entreprises, et quand il s’agit donstruments
- Mont Wilson. — Tèlescope-tour de i5o pieds. L’ascension.
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- dont la partie mobile pèse jusqu’à 20 tonnes, les connaissances de l’inge'nieur sont, en effet, prépondérantes : - elles l’emportent meme sur le talent du spécialiste.
- Ainsi qu’au mont Hamilton, le grand instrument est partagé entre plusieurs astronomes qui y font soit des mesures d’étoiles doubles, soit des travaux spectroscopiques ou photographiques. L’appareil est déplus pourvu d’un spectrohéliographe, c’est-à-dire d’un spectroscope destiné à enregistrer par des mouvements automatiques plus ou moins compliqués les formes des couches gazeuses de l’amosphère solaire. En général, d’ailleurs, les spectrohélio-graphes sont indépendants et fonctionnent à l’aide de cœlostats plutôt qu’ils ne se fixent à de grands équatoriaux : réchauffement irrégulier du tube est ainsi évité. Le spectrohéliographe de Yerkes est cependant fort pratique.
- A citer également le télescope de 24 pouces : il fut, en effet, presque entièrement construit dans les ateliers de l’établissement même par M. Rit-chey, maintenant au mont Wilson.
- L’exécution de cet appareil et de son miroir fut une école pour l’habile opticien : elle lui permit de préparer l’achèvement de pièces beaucoup plus importantes.
- L’observatoire du mont Wilson. — Le mont Wilson est en somme une colonie de Yerkes, qui s’est émancipée, comme beaucoup de colonies. Le directeur, M. Haie, et la plupart de ses collaborateurs ont, en effet, d’abord travaillé à Yerkes pendant plusieurs années avant d’aller fonder non loin de la côte Pacifique et grâce à la libéralité de M. Carnegie, ce superbe établissement plus spécialement consacré à la physique solaire, mais où l’astronomie ordinaire n’est pas une Cendrillon : son généreux tuteur l’a, elle aussi, comme on le verra bientôt, richement dotée. La position du mont Wilson fut choisie avec soin à 1800 m. d’altitude sur une montagne voisine de Pasadena et de Los Angeles; on y parvient en général en 4 ou 5 heures de cheval ou à dos de mulet ; mais, depuis peu, une route permet aussi aux voitures légères d’atteindre ‘le sommet.
- Au pied de la montagne, à Pasadena, se trouvent les laboratoires, le service des mesures, le bureau des calculs et aussi les habitations person-
- La lunette de io pouces de Yerkes : Le plancher mobile à sa plus haute position.
- nelles des astronomes. Ceux-ci viennent travailler à tour de rôle une semaine sur quatre à l’Observatoire ; ils n’en redescendent pas avant la fin de leur « quart » qu’ils passent en commun, tous ensemble dans le « Monastery », tels des Bénédictins du bon vieux temps.
- Le télescope de 1,50 m. (fiOinches) est un instrument à miroir tout à fait « up to date ». Comme chez la plupart de ses pareils américains, le tube n’existe pour ainsi dire pas : une monture à jour que la photographie ci-contre explique d’elle-même suffit à le remplacer et à supporter les spectroscopes ou porte-châssis que l’on peut fixer à son foyer. La Nature1 a déjà donné ses caractéristiques optiques : à l’aide de miroirs auxiliaires, on peut, ainsi que le « Crossley Reflector » de Lick, le transformer en télescope de distances focales variées allant de 7 à
- 45 mètres.
- La monture est assez différente de celle adoptée en général : alors que la plupart des instruments, décentrés par rapport à l’axe horaire, sont équilibrés de l’autre côté par un contrepoids aussi lourd qu’eux, l’axe horaire du « 60inch Reflector » porte à sa partie supérieure une four chette entre les branches de laquelle le télescope
- peut osciller en déclinaison. Cette disposition a l’irtcon-vénient de nécessiter malgré le poids énorme du miroir (865 kg) de forts contrepoids pour contre-balancer la partie antérieure, si ajourée qu’elle soit ; mais on a ainsi le précieux avantage de pouvoir franchir le méridien dans toutes les positions sans heurter le pilier de l’instrument, et partant sans être obligé de le retourner, ce qui compromettrait singulièrement les clichés. Pour soulager en outre, dans la mesure du possible, les coussinets supportant l’ensemble de la partie mobile, on a eu recours à un flotteur cylindrique à bain de mercure : le large cylindre ayant l’aspect d’une meule qu’on aperçoit sur la figure, dans le plan de l’équateur céleste, repose sur du mercure dont la poussée annule l’action de la pesanteur et donne ainsi une douceur de mouvement extraordinaire.
- 'De plus, l’axe horaire est creux : un jeu de miroirs inclinés à 45°, peut, si on le désire, renvoyer dans sa direction les rayons lumineux et les diriger vers un speclrographe fixe situé en contre-bas du ,;!• Voir le numéro du 3 septembre 1910.
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- pilier de l’instrument, dans une pièce à température constante; les inconvénients des variations thermo-métriques (dilatation des prismes ou réseaux notam ment) peuvent de la sorte être grandement évités. Le porte-châssis permettant de suivre en déplaçant la plaque a été minutieusement étudié. Enfin, comme à Yerkes, le rouage se remonte automatiquement, l’inconvénient du « secteur » est supprimé par l’emploi d’un cercle denté de 360°, et un mécanisme électrique maintient le mouvement d’horlogerie en accord constant avec le temps sidéral.
- Les photographies obtenues avec cet instrument laissent loin derrière elles tout ce qui a été fait jusqu’ici; la finesse des détails, la délicatesse et la nouveauté des formes que les nébuleuses révèlent par son entremise sont admirables : nous avons même pu voir, par exemple, à la nébuleuse du Dragon une structure spirali-forme reconnue jadis photographiquement à Meudon, mais qu’aucun instrument ne montre, croyons-nous, directement. Il faut d’ailleurs convenir que, comme à Lick, les conditions climatériques et la pureté du ciel sont ici particulièrement favorables.
- Nous avons principalement eu en vue les appareils astronomiques proprement dits plutôt que ceux d’une construction toute différente, plus spécialisés pour ainsi dire, destinés à la physique solaire et qui ont été, pour M.
- Haie, l’occasion de tant de beaux travaux. Nous dirons cependant quelques mots de l’autre instrument colossal de l’Observatoire : le « 150 foot Tower Telescope».
- C’est une tour de près de 50 m. (48,80 m.) de hauteur ; un cœlostat et un objectif placés à son sommet projettent les rayons verticalement vers le bas et forment au niveau du sol une image solaire de 40 cm de diamètre : il faut dire, comme point de comparaison, que la grande lunette de Meudon, le plus puissant instrument d’Europe, ne donne qu’une image solaire de 14 cm. On n’accédait, il y a quelques mois, au sommet de la tour qu’au moyen d’une sorte de seau mû à l’aide d’un treuil; mais il y
- aura et il y a peut-être déjà un ascenseur plus confortable. Le spectrographe qui permettra aussi de faire des clichés monochromatiques du Soleil (spectrohéliographiques) a 23 m. de distance focale et il est placé dans un puits de 23,80 m.
- On peut se demander la raison de cette disposition verticale d’appareils qu’il serait si simple de placer horizontalement : il faut, avouer qu’elle est discutée. M. Haie espère ainsi éviter les réfractions atmosphériques irrégulières dues au voisinage du sol : aussi est-il allé chercher très haut le rayon solaire primitif. Un puits de 72 m., plus économique, n’aurait pas paré à la difficulté. Malheureusement, il est à craindre que le vent ne se mette de la partie et, en faisant vibrer la tour, ne vienne gâter les choses.
- Ajoutons pour terminer que les savants du mont Wilson comptent ne pas s’en tenir à cet instrument de 50 m., et qu’ils en projettent un plus imposant encore : les ateliers de Pasa-dena, à l'aide d’une machine monstre spécialement construite par M. Ritchey, procèdent actuellement à la taille d’un miroir de 2,50 m. d’ouverture!
- Ainsi qu’on a pu en juger, les astronomes américains, aussi bien au mont Wilson qu’à Lick et à Yerkes, sont en possession d’un outillage splendide, dépassant de beaucoup tous les appareils de l’ancien continent. Et l’on peut dire que, si des ressources colossales et un ciel magnifique assuraient seuls les grandes découvertes, les savants de la vieille Europe n’auraient plus grand chose à faire. Nous avons même quelque mélancolie à constater que, là comme en bien d’autres domaines, l’avenir semble favorable au développement indéfini de la puissance du matériel. Espérons cependant, tout en souhaitant à nos heureux confrères tout le succès auquel leurs talents et leur énergie leur donnent droit, qu’il n’en sera pas toujours entièrement ainsi et que cette évolution ruineuse aura enfin des limites.
- Jean Bosler.
- Astronome à l’Observatoire de Meudon.
- Mont Wilson : Le télescope-tour de i5o pieds.
- LA FIÈVRE MÉDITERRANÉENNE
- La fièvre de Malte (appelée aussi fièvre ondulante, fièvre caprine, fièvre méditerranéenne) dont j’ai conté l’histoire étiologique il y a déjà quelque temps, n’est pas confinée, comme on l’avait pensé, au bassin de la Méditerranée. Les îles de cette grande mer et ses côtes d’azur en formaient en apparence le territoire privilégié parce
- qu’on n’avait pas rangé sous leur vraie étiquette la maladie survenue sur d’autres points et aussi parce que la race caprine y est plus en faveur que le mouton. Dans ces régions montagneuses et agrestes, la chèvre se nourrit et vit plus facilement que les autres animaux de pâture. Ur, la chèvre est, comme on le sait, l’agent de contagion
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- de cette fièvre inconnue jadis ou confondue avec d’autres maladies. Les autorités anglaises estiment que cette dénomination de fièvre de Malte est de nature à porter atteinte aux intérêts commerciaux de l’île et, dans un but de courtoisie aimable, on a décidé dans le monde médical de lui donner le nom de fièvre méditerranéenne, ce qui consacre encore une erreur puisqu’on la rencontre un peu partout.
- Nul pays n’en est exempt. Un des premiers cas signalés en France par Danlos et Wurtz, celui dont je parlais dans ma note, s’est montré à Fontainebleau. Le malade que j’ai vu était un homme sain, vigoureux, mais il avait le malheur d’avoir dans ses étables un lot important de chèvres, et ce sont ces animaux qui lui ont donné, par leur lait, une maladie dont il a eu de la peine à se débarrasser. Depuis, les observateurs avisés ont relevé des cas de fièvre dans diverses régions et établi que, dans le Midi de la France* elle tend à devenir endémique ; l’année dernière, le Dr Cantaloube, de Sumène, signalait une épidémie des plus caractérisées dans la région des hautes Cévennes où il pratique la médecine. En quelques mois les communes de Saint-Martial, de Sumène, de Saint-Roman, de Codières représentant une population d’environ 3500 habitants, fournissaient 200 malades atteints de fièvre de Malte. N’ayant pas au début les cultures nécessaires pour pratiquer la séro-réaction, mais convaincu (et il était absolument dans le vrai, comme l’ont prouvé un peu plus tard les examens bactériologiques) qu’il s’agissait bien de fièvre de Malte, le Dr Cantaloube s’efforça d’élucider la question d’origine : il fit une enquête minutieuse chez tous ses malades. Il apprit tout d’abord que nombre de chèvres avaient avorté, et quand il put faire la séro-réaction il constata que l’avortement était le résultat de la fièvre de Malte. C’est donc, dans la majorité des cas, par le lait que sc fait la diffusion de la maladie, le lait que l’on boit cru. Ce peut être aussi par les fromages frais ou secs fabriqués avec ce même lait contaminé ; sur ce point, le doute est encore permis. Il y a, ce semble, des probabilités pour que le fromage puisse être, comme le lait, un agent vecteur du microbe, mais la nocivité n’est pas encore absolument bien démontrée.
- Pour notre confrère, et pour d’autres observateurs, la contagion doit se faire parfois par d’autres voies. Dans son enquête, M. Cantaloube trouve que sur 144 malades atteints de fièvre et donnant une séro-réaction positive, 91 buvaient du lait cru, 55 n’en buvaient pas ou le buvaient bouilli, 7 ne mangeaient d’aucun fromage. On peut se demander si les légumes arrosés avec le fumier des étables de chèvres, dont l’urine a semé partout le micrococcus, ne peuvent pas être une cause de propagation de la maladie ; de même l’eau de boisson ne peut-elle être, dans certains cas, mise en cause comme pour l’origine de la fièvre typhoïde. Ce n’est pas, disons-le, le cas des communes des Cévennes ou a sévi cette épidémie. Il est encore une cause qui peut être invoquée : le contact simple des animaux malades, contact plus ou moins fréquent par la traite et souvent dans ces étables de montagne par la vie commune, hommes et animaux vivant dans le même réduit.
- Des étudiants ont contracté la maladie dans les laboratoires en maniant les cultures de Micrococcus Meli-Lensis, et la fièvre de Malte éclatait quelque temps après, comme chez ceux qui la tenaient directement de la chèvre. A la séance du 15 novembre 1910 de l’Académie de médecine, MM. Widal, Botoni et Kindley ont expliqué
- que le lait de chèvre est le principal mais non l’exclusif agent de la propagation, et que le moindre contact avec le Micrococcus Melitensis donne la maladie; dans les laboratoires, la simple culture du microbe a provoqué de nombreux cas. Aussi l’Académie a-t-elle demandé que la fièvre de Malte soit comprise dans les maladies à déclaration obligatoire. Les professeurs Debove, Courmont, Arloing ont confirmé ces faits et cette nécessité à la séance du 22 novembre et cité le cas d’un préparateur de bactériologie contaminé de la sorte et chez lequel la maladie dura soixante jours.
- La chèvre est l’animal dangereux, c’est celui qui a répandu la fièvre de Malte. Mais la brebis, contaminée vraisemblablement par la chèvre, est devenue à son tour l’agent de contagion, et dans la région des Causses, Aveyron, Lozère, où l’on élève, pour la récolte du lait et la confection des fromages célèbres de Roquefort, de nombreux troupeaux de brebis, on a eu des épidémies de fièvre tout à fait similaire à la fièvre de Malte. M. Dar-bois en a observé pour sa part, pendant les vacances, une quinzaine de cas chez des bergers ou des domestiques de ferme employés à la traite. Le diagnostic fut nettement établi non seulement par la série de symptômes, mais par le sérodiagnostic sur l’homme et les animaux malades. Va-t-il falloir s’abstenir de toucher à ces fromages si appréciés des gourmets? je ne parle pas du lait, peu de gens, en dehors des pasteurs et des propriétaires de troupeaux, boivent du lait de brebis. Il serait utile de tirer de l’incertitude commerçants et consommateurs par des expériences nettes et précises. Jusqu’ici la nocivité des fromages de chèvre et conséquemment des fromages de brebis n’est pas prouvée.
- Le fièvre de Malte, dite aussi fièvre ondulante, en raison du graphique ondulant du tracé thermique, n’est pas d’un diagnostic très facile quand on ne peut faire un examen bactériologique. Que ce soit en France, à Malte, un de ses berceaux, en Tunisie, en Algérie, en Corse, elle évolue de la même façon, mais avec des modalités capricieuses. Ce n’est pas une maladie d’allures franches : elle tient, chez un sujet, de la grippe ou du paludisme; chez un autre elle revêt des allures, pseudo-tvphiques, rhumatismales. Comme la grippe et beaucoup de maladies infectieuses, d’origine microbienne ou parasitaire, elle frappe un peu tous les systèmes, anémiant, déprimant le malade mais elle est rarement grave et mortelle. Il y a cependant un ensemble de signes qui permet de dépister la maladie : ce sont les sueurs profuses, la constipation, les douleurs quelquefois violentes et surtout les irrégularités de la fièvre, qui l’ont fait appeler fièvre à surprises, fièvre folle. La courbe fébrile est des plus singulières ; ni la grippe, ni la fièvre intermittente, ni la typhoïde n’ont ce caractère ondulant. Les ondulations de la fièvre sautant de 37 à 59, se présentent tantôt avec une certaine régularité, tantôt avec des intermittences assez prolongées pour qu’on y perde son latin. Les vagues thermiques sont courtes ou longues, autant de causes d’incertitude pour le diagnostic, mais leur continuité et l’apyrexie complète dans les périodes intercalaires fournissent des éléments de diagnostic.
- Graduellement la fièvre s’éteint, et après trois à cinq semaines tout parait rentré dans l’ordre. Mais après une rémittence de douze à quinze jours, on voit souvent réapparaître des élévations de température avec fièvre ondulante. La convalescence est, comme pour la fièvre typhoïde, lente.
- Le traitement de la fièvre de Malte doit être à la fois
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- préventif et curatif. Préventif, c’est la prophylaxie, c’est l’hygiène. Comme le fait observer M. Cantaloube, le mal est tellement répandu qu’il sera bien difficile à déraciner. M. Vincent a tenté la vaccination de jeunes chèvres par l’injection de cultures atténuées, puis plus fortes de mi-crococcus melitensis dans l’espoir de les immuniser et d’enrayer par ce moyen l’extension de la maladie. J’ignore quel a été le résultat de ces essais intéressants, mais il ne sera pas très pratique de vacciner les troupeaux de chèvres sur toute l’étendue du territoire français pour ne parler que de notre pays. On le fait, je sais bien, pour le charbon, mais quelles difficultés on a eues et on a encore.
- L’inspection des étables, la défense d’importation des chèvres de Malte ne signifient rien aujourd’hui. Il y a dix ans l’interdiction d’importation eût été bonne, maintenant la maladie a gagné les troupeaux de notre pays et les chèvres de France sont aussi contagieuses que les chèvres de Malle. La vraie mesure prophylactique, c’est d’engager les propriétaires à ne boire que du lait bouilli ; à désinfecter les étables, à ne pas aller promener les chèvres pour les saillies de troupeau en troupeau, disséminant ainsi la maladie. Il faut notamment faire bouillir le lait de chèvre avant de le consommer1.
- Le traitement curatif de la fièvre de Malte n’a pas donné jusqu’ici de résultats bien brillants. On a essayé les médicaments les plus variés, ceux qui agissent d’une façon favorable dans la grippe, les formes rhumatismales, toutes affections que simule cette fièvre capricieuse. Quinine, antipyrine, aspirine, pyramidon, anlither-miques, analgésiques, on a un peu tout donné, sans avoir rien trouvé d’efficace. Il faut cependant lâcher de débarrasser au plus vite les malades de leurs accès de fièvre,
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- Séance du i3 février 1911. —
- Malformations congénitales clu cou. — M. Lanne-longue résume une Note de M. Robinson sur les tumeurs et üstules congénitales du cou. M. Robinson explique l’origine de ces malformations et conseille l’extirpation totale et précoce.
- La formation du détroit Sud-Rifain. — M. Pierre 'fermier présente un nouveau travail de M. Louis Gentil sur la formation du détroit Sud-Rifain ouvert, au début du miocène, dès la fermeture du détroit Nord-Bétique ; il était définitivement obstrué au moment où le détroit de Gibraltar s’est effondré entre les t donnes d’Ilercule. Ce passage, d’abord profond, s’est peu à peu comblé, pour ne permettre finalement, peu le temps avant l’ouverture du détroit de Gibraltar, que des dépôts de mers très peu profondes qui témoignent d’échanges superficiels entre les deux océans.
- Procédés des radiations ultra-violettes. — M. Ilaller analyse une Note de MM. Güntz et Minguin relative à l’action des radiations ultra-violettes sur le benzylidène camphre, le sucre candi, l’anthracène, l’indène, le phosphore blanc et le soufre cristallisé. Les deux premiers corps subissent à la surface des cristaux des corro-
- l. La maladie a disparu de Malle dans les régiments depuis qu’on y a supprime le lait de chèvre ; mais elle continue dans la population civile. De même en Tunisie et à Gibraltar, qui ont interdit l’importation des chèvres de Malte. C’est là une démonstration des plus nettes du rôle étiologique du lait do chèvre.. ...
- des douleurs qui les accompagnent et des complications que l’on voit assez souvent survenir au cours de la lente évolution de cette fièvre. Deux médecins des hôpitaux de Marseille ont peut-être réussi. MM. Audibert et Rous-lacroix ont eu recours à un médicament très antiseptique en même temps qu’un sédatif énergique de la douleur : c’est le bleu de méthylène que l’on conseille avec le plus grand succès dans certaines variétés d’angine ulcéreuse. Le bleu de méthylène diffuse dans l’organisme avec une extrême rapidité. Quinze minutes après son ingestion, on constate sa présence dans l’urine, qui se colore en bleu foncé. Il s’élimine assez lentement, 56 à 48 heures, de sorte que son action doit être prolongée dans l’économie.
- Nos confrères ont administré ce produit à deux malades, et chez tous deux on put constater dès le premier cachet un abaissement de la température, qui ne s’observe pas quand on administre ce médicament dans d’autres maladies fébriles. Quelques jours après la première dose du médicament continué tous les jours à raison de 10 centigrammes, la détente était absolue, l’apyrexie complète et la guérison survenait définitive.
- Le Dr de Giaelouly, de Tunis, avait eu déjà recours à ce produit, sans lui trouver une action particulière.
- Le médicament est inoffensif à la condition, bien entendu, de l’avoir à l’état de pureté absolue. Si l’estomac était intolérant, il serait facile de donner le bleu de méthylène en injections hypodermiques ou associé à un autre médicament: Ce sont là détails de pratique. Toujours est-il que le succès obtenu pour les médecins de Marseille encourage à tenter, en pareil cas, cette médication en attendant que nous ayons à notre disposition un sérum curateur. Dr A. Cartaz.
- 3S SCIENCES
- Présidence de M. A. Gautier.
- sions; l’anthracène et l’indène sont polymérisés, le phosphore blanc est converti en phosphore rouge, le soufre cristallisé passe à l'état de soufre insoluble, le sucre candi est en partie transformé en lévulose et en dextrose. — M. Roux communique un travail de M. Agulhon relatif à l’action de ces radiations sur les diastases. L’auteur a opéré sur huit diastases qu’il a soumises à l’action de la lumière de la lampe à vapeur de mercure. Les diastases exposées à cette lumière deviennent rapidement inactives. Exposées dans des tubes de verre l’action est plus lente et peut même cesser si lè verre a une certaine épaisseur.
- Le noir des vases étrusques. — M. Le Chatclier résume des recherches effectuées par M. Verneuil sur le procédé employé par les Étrusques pour obtenir la coloration noire de leurs poteries, que les céramistes n’ont pu reproduire. La couverte noire est opaque très mince, composée de la pâte à poterie additionnée d’oxyde de fer et de carbonate de soude. Quand on emploie une couverte de ce genre on obtient une coloration brune. M. Verneuil a trouvé qu’il en était autrement si l’on introduisait le fer dans la pâte, à l’état métallique, et si l’on cuisait rapidement. M. Le Chàtelier explique que l’emploi de ce produit vitreux témoigne d’un art et d’une habileté consommées. Car l’argile micacée des poteries étrusques fond à 1100°, et l’on peut affirmer que la cuisson a eu lieu à 1075°. On est en présence d’un véritable tour de force.
- Les glossines de l’Afrique. — M. Bouvier commu-
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- 200 --- WAGONS-AMBULANCES DES CHEMINS DE FER SUISSES
- nique un mémoire de M. Roubaud sur les glossines de l’Afrique. Il constate que la glossina palpalis et la glossina trachinoides qui ne diffèrent que par la coloration appartiennent à des races différentes qui ne donnent point d'hybrides, si semblables qu’elles paraissent.
- Uns maladie parasitaire de l'homme. — M. Guignard présente une Note de M. Fernand Guegen, sur une maladie de l’homme produite par un champignon. Cette « mycose » a été observée à Madagascar sur un Malgache;
- elle consiste en nodosités envahissant, le pied et la jambe et se résolvant en ulcérations à pus fétide. Le liquide de ponction des tumeurs non encore ulcérées, contient une mucédinée du genre Cladosporium, dont on a pu obtenir des cultures en divers milieux. Ces cultures sont pathogènes pour la souris blanche.
- Élection. — M. Ch.-Ed. Guillaume est élu correspondant de la section de physique générale.
- Ch. DE VlLLEDEUIL.
- LES WAGONS-AMBULANCES DE LUXE DES CHEMINS DE FER SUISSES
- Les quatre wagons-ambulances adoptés voici quelque temps, par les chemins de fer fédéraux, permettent aux malades riches de se rendre aux
- Fig. r. — L'intérieur d’un wagon-ambulance.
- stations climatériques suisses dans des conditions d’hygiène et de luxe jusqu’ici inégalées. Destinés à circuler également sur les grandes lignes européennes, ces wagons comportent tous les aménagements techniques si divers (freins, signaux, accouplages) en usage sur chacune d’elles. Us peuvent aussi être transbordés sur les ferry-boats de Scandinavie ou de Sicile.
- Ces wagons sont chauffés par de la vapeur parcourant des tubes lisses ; un radiateur à soupape de réglage permet de graduer la chaleur dans le compartiment du malade. Une installation à air chaud sert à chauffer les wagons dans les stations et, en régime permanent, sur les chemins de fer dépourvus de chauffage à la vapeur. Tous les compartiments sont éclairés électriquement; la dynamo actionnée par l’un des essieux, conjointement avec huit batteries d’accumulateurs, fournit le courant d’éclairage et l’énergie nécessaire pour alimenter les différents dispositifs électriques.
- Le compartiment du malade, situé au milieu du wagon est une véritable chambre de 5 mètres de longueur sur 2 de largeur, munie d’un confortable lit métallique, d’un appareil pour soulever le malade, d’un fauteuil, d’une table de nuit, d’un divan-
- lit pour le garde-malade et d’une tablette mobile se posant au-dessus du lit pour la lecture ou le jeu. Tout y est disposé pour assurer une désinfection et un nettoyage faciles. L’absence de recoins et de joints découverts empêche, en effet, la poussière de se déposer. Tout est en verre, porcelaine, marbre ou métal nickelé; le parquet est garni de linoléum.
- Le lit du malade est chauffé par une chaufferette électrique. Un timbre électrique permet d’y appeler à tout moment le garde-malade. Un ventilateur électrique sert au besoin à activer la ventilation. De larges portes à deux battants donnent accès à ce compartiment.
- Le compartiment attenant, réservé au médecin ou au garde-malade est aménagé comme les compartiments de première classe ; il comporte une petite armoire pour les trousses et la pharmacie.
- Deux compartiments de première (à 4 et à 2 places respectivement) munis de couchettes sont destinés à la famille du malade. Outre le cabinet de toilette attenant au compartiment central, il y en a un autre destiné à l’usage général.
- La cuisine parfaitement aménagée est actionnée à l’électricité. Les réservoirs disposés sur le toit de la voiture contiennent une abondante réserve d’eau.
- Fig. 2. — Le wagon est aménagé pour permettre le transbordement facile des malades.
- Extérieurement ces voitures ressemblent aux wagons à couloir des grands express.
- D1 A. Gradenvitz.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1970.
- 25 FÉVRIER 1911
- UNE NOUVELLE MACHINE A MESURER
- La création des étalons industriels de précision, dont je parlais récemment ici même1, a permis de donner, à la fabrication en série des pièces interchangeables, un essor inespéré. Des établissements spéciaux, officiels ou privés, créent ou contrôlent ces étalons; mais, dans les ateliers où l’on fait un usage étendu de jauges de longueurs très diverses, on s’organise en général pour établir ses propres étalons, au moyen de machines à mesurer fort précises et d’un emploi commode.
- Ces machines sont aujourd’hui courantes en Amérique; elles sont plus rares en Europe, où, cependant, elles commencent à se répandre. Leur
- défaut de principe ; si le déplacement de la poupée n’est pas rigoureusement rectiligne, les distances reportées sur le côté sont faussées par les erreurs de direction du microscope, et les mesures sont erronées d’autant.
- On peut, il est vrai, par une étude serrée de la machine, connaître les mouvements de la poupée, et appliquer aux mesures les corrections ainsi déterminées. Mais l’expérience a montré que les bancs de fonte se déforment dans le cours des années, et que leur étude ne renseigne que pour un temps limité.
- Cette constatation a engagé la « Société genevoise »
- Fig. i. — Vue d'ensemble de la machine a mesurer; à gauche, poupée micro-métrique fixe; à droite, microscopes fixes et chariot mobile portant la règle.
- organisation générale est toujours à peu près la même : une poupée micrométrique sert à la mesure des petites longueurs ou des appoints, tandis que les grandes longueurs sont repérées, à l’aide d’un microscope micrométrique, sur une règle divisée. Mais c’est sur le détail que s’est exercée l’ingéniosité des constructeurs, et il est certaines de ces machines qui renferment de très intéressants dispositifs.
- Dans tous ces instruments, l’étalon à déterminer est pris entre deux pièces de contact dont il faut connaître la distance. En général, celle des deux pièces qui est mobile est solidaire d’un microscope se déplaçant le long d’un banc dressé avec un soin extrême, et dont les visées sur une règle latérale marquent les déplacements.
- Or les instruments ainsi agencés possèdent un
- 1. La Nature, n° 1940, du 30 juillet 1910. année. — 1er semestre.
- à construire un instrument de mesure d’un type nouveau, et dont le principe échappe entièrement à cette dernière critique. Je vais en donner une rapide description.
- A gauche du banc A (fig. 1 et 2, détail fig. 4), est invariablement fixée une poupée portant un micromètre à vis qui entraîne, dans son mouvement d’avancement, un microscope B, monté sur l’écrou de la vis micrométrique, empêché de tourner par une queue C, passant dans des guides. La pièce de contact D qu’un ressort pousse vers l’extérieur, glisse à frottement doux dans l’écrou, et peut rentrer plus ou moins lorsqu’elle s’appuie sur la>tige, à mesurer. Un trait de repère qu’elle porte vient alors se projeter dans le champ du microscope, et marque la position exacte de la butée par rapport à'l’écrou1. Lorsque le trait est encadré par les, fils dont le microscope^ est muni, la butée occupe sa position normale. Là lecture
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- du tambour du micromètre pour les fractions de tour et d’une échelle de repérage pour les tours entiers constituent alors l’un des éléments de la mesure.
- Le banc porte, par ailleurs, un chariot mobile, susceptible d’un mouvement rapide, que complète un entrainement micrométrique par vis tangente. La contre-butée E est la pièce dont on veut connaître les déplacements. C’est pour permettre cette mesure que le chariot porte une règle divisée, invariablement
- aussi, on peut désirer comparer entre eux deux étalons de longueurs approximativement égales; dans ce cas, on les monte sur le support à translation que représente la figure 5. Dans la figure 2, les couvercles protecteurs cachent la partie centrale, ne laissant apparaître que l’avant des supports séparés.
- Voyons maintenant comment interviennent, dans les déplacements du chariot et de la règle, les défauts de rectitude du banc. La visée se faisant tou-
- Fig. 2. — La machine installée pour une mesure. L’étalon est protégé par des couvercles de bois.
- liée à la butée, et que visent deux microscopes F et G alignés parallèlement au banc et dont le champ est éclairé par de petites lampes L.
- Supposons maintenant les deux butées en contact et le microscope de gauche pointé sur son repère. Une lecture du tambour et un pointé fait avec le microscope F renseignent sur les positions respectives du chariot et de la poupée fixe. Écartons maintenant le chariot en interposant, entre les deux butées, la pièce à mesurer. On pourra, en gardant l'œil au microscope B, amener le chariot d’un mouvement micrométrique jusqu’à ce que la butée de gauche occupe sa position normale. Un pointé fait à l’aide du microscope F sur le trait de la division le plus voisin du milieu du champ indique le déplacement exact du chariot. Blais on peut aussi réduire au minimum la mesure à l’aide du microscope F, et faire l’appoint à l’aide du micromètre de gauche ; c’est, pour l’opérateur, affaire de goût ou de sécurité.
- Les étalons eux-mêmes peuvent être étudiés isolément, et déterminés uniquement en fonction des constantes de la machine; alors, ils reposent sur des supports réglables, que l’on aperçoit, dans la figure 1, entre les butées fixe et mobile ; ou bien
- jours dans l’axe, et non latéralement, comme dans la plupart des machines à mesurer, les mouvements de lacet n’entraînent que des erreurs de projection, qui sont du second ordre de petitesse, et par conséquent négligeables tant que la coulisse est raisonnablement rectiligne.
- Cet avantage est si évident que l’on aurait depuis longtemps adopté ce dispositif, à l’exclusion de de ceux comportant la règle latérale, s’il n’entraînait pas un inconvénient qui peut paraître à première vue assez sérieux : le mouvement de la règle s’ajoute à sa propre longueur ; et, si elle doit défiler en entier devant le microscope, le banc devra posséder une étendue totale double de la longueur pour laquelle la machine devra effectivement servir.
- Le dernier microscope, G, remédie à ce défaut. Dans la machine représentée ici, et qui est construite pour effectuer des mesures jusqu’à une longueur totale de 1 mètre, la règle est de 50 centimètres seulement. Lorsqu’elle a défilé devant le premier microscope, son trait extrême se trouve sous le second; ce dernier fait la reprise, et permet un nouveau déplacement d’un demi-mètre. Ainsi, la machine est ramenée à des dimensions aisément
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- Fig. 3. — Transporteur pour la comparaison de deux étalons à bouts.
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- praticables, et qui ne sont plus dans la disproportion que l’on pouvait craindre avec les longueurs à la mesure desquelles elle doit servir.
- Une particularité de cette machine mérite encore d’être signalée. La presque totalité des déterminations auxquelles elle est employée sont faites sur des étalons d’acier, servant ensuite à ajuster des pièces du même métal. Si donc la règle elle-même est en acier, on peut, dans toutes les mesures, ignorer la valeur absolue de la température, à la seule condition qu’elle soit uniforme1. Or la facile oxydabilité de l’acier impose, si l’on veut éviter toute détérioration des traits, de munir la règle de mouches proéminentes, faites en un métal inoxydable.Ces mouches, en nombre forcément limité, espacent largement les traits de la règle2, et obligent à faire d’assez forts appoints avec la poupée micrométrique.
- Or ici encore, les aciers au nickel fournissent une solution tout à fait satisfaisante d’un problème
- dû au fer encore contenu dans l’alliage, est sans aucun inconvénient.
- Au surplus, l’emploi de cet alliage mériterait d’être généralisé dans les calibres destinés à mesurer des pièces d’acier; s’il ne peut être recommandé sans limite, c’est uniquement en raison de son défaut de dureté, qui interdit d’en faire des surfaces de contact auxquelles on impose
- r-------, d’être inusables.
- Les défauts de principe étant évités, dans la machine que nous venons de décrire, sa précision ne dépend plus que de la perfection de tous ses détails et de l’habileté de l’opérateur. Les inégalités de sa température, dues surtout à la présence inévitable de l’observateur, constituent une cause d’erreur que l’on atténue avec une bonne protection. C’est là peut-être encore le point le plus délicat dans l’emploi
- délicat. Vers 55 pour 100 de nickel, leur dilatabilité est, ainsi que je l’ai montré, très voisine de celle de l’acier ; les règles faites avec cet alliage prennent un très beau poli, et supportent des tracés d’une grande perfectionne petit reste d’oxydabilité,
- Fig. 4. — Détail de la poupée fixe; de g a u che à droite: tête et tambour du micromètre ; vis et écrou; microscope B, chaussé sur l’écrou et tige C pour le guidage; D, butée glissant dans l’écrou.
- de cette machine à mesurer, qui, par ailleurs, satisfait entièrement aux besoins les plus précis des déterminations industrielles, et peut même rendre des services dans la haute métrologie.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- Correspondant de l'Institut.
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- Transformateur de vitesse Fottinger
- Nous ne reviendrons pas sur les causes qui ont amené les constructeurs de navires à étudier un dispositif, placé entre l’hélice et la turbine, permettant de donner à celle-ci la grande vitesse de rotation
- 1. On en trouvera les raisons clans l’article précédemment cité.
- 2. Dans des machines américaines, l’espacement est en général de 25 mm.
- pour laquelle elle donne son maximum de rendement, tout en conservant à l’hélice la marche lente qui lui convient le mieux dans Yétat actuel. Nous nous sommes longuement étendus sur cette question dans un précédent article (n° du 7 mai 1910) et, nous avons dit, que pour obtenir le rendement global maximum des deux appareils, hélice et turbiné, on avait, dans ces derniers temps, étudié divers systèmes
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- de réducteurs de vitesse, les uns mécaniques, les autres hydrauliques et électriques. Nous avons même dans cet article décrit deux réducteurs mécaniques
- de vitesse : l’un construit par Westinghouse et étudié par MM. Melville et Mac Alpine et appliqué depuis la publication de notre article à un croiseur américain, l’autre étudié par M. Parsons et monté sur un cargo-boat de la Turbinia Works C°.
- Dans cet article nous parlerons d’un transformateur hydraulique de vitesse dû à M. Fôttinger et construit par les usines Yulcan de Stettin.
- Transformateur de vitesse Fôttinger. — Le transformateur de vitesse Fôttinger se compose de deux caisses en fonte I et II (fig. I) séparées par un diaphragme H et reliées par une couronne de boulons.
- La caisse arrière 1 contient le transformateur de vitesse pour la marche avant, et la caisse II le transformateur pour la marche arrière.
- Ces deux transformateurs ont une disposition analogue.
- Le transformateur de marche avant I se compose d’une pompe centrifuge A fixée à l’arbre T de la turbine à vapeur et munie d’un aubage approprié; de deux roues mobiles B et D conjuguées, également munies d’un aubage et fixées à l’arbre Y de l’hélice. Entre les deux roues mobiles se trouve une partie
- fixe C munie d’aubes qui servent de directrices.
- L’aubage de la pompe centrifuge A qui sert de distributeur à celui des roues mobiles B et D, ainsi que celui des directrices C, sont disposés, comme le représentent les fig. 1 et y, de telle sorte que la poussée du liquide dans les aubes des roues mobiles B et D se fasse dans la même direction, de manière à entraîner l’arbre de l’hélice dans le même sens que celui de la turbine.
- L’arbre de la turbine à vapeur, par son mouvement de rotation, entraîne la pompe centrifuge A qui aspire le liquide et donne à celui-ci une certaine vitesse qui devient maximum à la sortie de l’aubage formant, comme nous l’avons dit, distributeur. A la sortie de ce distributeur l’eau est lancée contre l’aube de la roue mobile B et pousse celle-ci en faisant tourner l’arbre de l’hélice, tout en perdant une partie de son énergie. Le liquide, à la sortie de l’aubage de la roue mobile B, pénètre ensuite dans l’anneau fixe C où l’aubage renverse la direction des filets liquides qui, alors, pénètrent dans l’aubage de la roue mobile D qu’elle pousse dans le même sens que celui imprimé à la première roue mobile B en entraînant l’arbre de l’hélice.
- A la sortie de la seconde roue mobile D, le liquide qui a perdu la plus grande partie de son énergie et de sa vitesse, mais qui conserve encore une certaine vitesse restante, pénètre à nouveau dans la pompe centrifuge A où il est de nouveau aspiré et un second cycle identique au premier recommence.
- Le rapport entre la vitesse de l’arbre de la turbine
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- Fig. 2. — Schéma indiquant la disposition de l’aubage du transformateur.
- à vapeur et celle de l’arbre de l’hélice dépend du nombre des roues mobiles, de celui des roues directrices, ainsi que de la disposition de leur aubage. La diminution de vitesse de l’arbre de l’hélice sera d’autant plus grande que ce nombre sera lui-même
- Fig. i. — Coupe longitudinale du transformateur Fôttinger. — I, transformateur de marche avant; II, transformateur de marche arrière; T, arbre de la turbine à vapeur ; V, arbre de l’hélice; W, distributeur à pistons équilibrés.
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- plus élevé. Dans le cas présent, avec les deux roues mobiles et la disposition de l’aubage, cette réduction de vitesse est dans le rapport de 4,5 à 1.
- mobile G en la poussant dans une direction inverse de celle qui est donnée aux roues mobiles B et D lorsque celles-ci fonctionnent pour la marche avant.
- %r~,i Vapeur e
- Fig-. 3. — Coupe longitudinale montrant l’installation de la turbine à vapeur Curtis et du trans-
- formateur de vitesse à bord du navire. — M, pompe centrifuge actionnée au moyen d’engrenages par l’arbre de la turbine à vapeur servant à envoyer dans le distributeur W l'eau nécessaire au
- fonctionnement du transformateur de vitesse.
- Le fonctionnement du transformateur II de marche arrière est identique. La pompe centrifuge E, fixée à l’arbre de la turbine à vapeur T, aspire dans son
- Cette roue mobile G étant reliée aux deux roues mobiles B et D qui, elles-mêmes, sont fixées à l’arbre de l’hélice, il en résulte que celle-ci prendra une
- Fig. a. — Modèle démonstratif montrant la disposition de l’aubage d un transformateur.
- Face avant. — a, arbre de la turbine à vapeur;
- A, potnpe centrifuge; B,' aubes mobiles actionnant l’arbre d’hélice b; c, aubes directrices.
- mouvement de rotation le liquide qui, après avoir atteint une certaine vitesse, pénètre dans l’aubage fixe F où les filets liquides prennent une direction inverse. Ceux-ci pénètrent ensuite dans la roue
- Face arrière. — b, arbre de l’hélice; B, aubes radiales ramenant l’eau des directrices C vers la pompe centrifuge A.
- direction inverse de celle de l’arbre de la turbine.
- Au-dessous du transformateur se trouve un distributeur à pistons équilibrés W.relié par un tuyau à une pompe centrifuge M qu’on voit sur la figure 5
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- et qui est actionnée au moyen d’engrenages coniques •par l’arbre de la turbine à vapeur.
- Cette pompe centrifuge a pour but, en maintenant une certaine pression dans le distributeur W, de fournir au transformateur hydraulique le liquide qui lui est nécessaire pour son fonctionnement, ainsi que celui nécessaire pour réparer les pertes produites par les fuites. Dans l’état normal, la pression dans le distributeur est toujours suffisante pour permettre d’évacuer le liquide de l’un ou de l’autre des transformateurs et de le faire passer du transformateur de marche avant à celui de marche arrière ou réciproquement.
- Par la manœuvre du levier qui actionne les pistons du distributeur W, on envoie (fig. 1) le liquide soit par le tuyau P dans l’ajutage N qui communique avec le transformateur de marche avant, soit
- par le tuyau Q dans le transformateur de marche arrière par l’ouverture 0 placée à l’entrée de la pompe centrifuge E.
- Les pistons du distributeur W montés sur la même tige, sont disposés de telle sorte que l’une ou l’autre des ouvertures qui communique avec P et Q ne peut être ouverte sans que la seconde soit fermée. De plus, les pistons sont disposés de façon que lorsque le tuyau P ou Q reçoit le liquide refoulé par la pompe centrifuge, l’autre tuyau est en communication avec un réservoir où se vide le liquide du transformateur non en fonctionnement.
- Le transformateur hydraulique Fottinger a été soumis à de nombreux essais préalables et les résultats obtenus ayant été satisfaisants, il a été monté sur un petit navire construit à cet effet par les usines Yulcan. Ce navire d’essai, de 27,75 m. de longueur entre perpendiculaires, de 4,25 m.
- de largeur, a un déplacement de 77 tonnes.
- La figure 5 montre l’installation du mécanisme moteur. La force motrice est produite par une turbine à vapeur à chute de vitesse Gurtis composée de quatre groupes à chute de pression et, dans chaque groupe, de trois roues mobiles à chute de vitesse séparées par deux aubes directrices.
- En arrière se trouve le transformateur entièrement semblable à celui que nous venons de décrire.
- La vapeur est fournie par une chaudière à petits tubes ayant une surface de chauffe de 150 m2 et une surface de grille de 2,90 m2. La pression de la vapeur est de 17 kg.
- La vitesse normale de la turbine à vapeur est de 1750 tours à la minute et, comme le rapport de réduction de vitesse est de 4,5 à 1, la vitesse de rotation de l’arbre de l’héliee est de 590 tours à la
- minute.
- La puissance normale développée est d’environ 500 chevaux à la vitesse de 12 à 15 nœuds.
- Ce petit navire a été soumis à différents essais et parmi ceux-ci nous en citerons un intéressant, rappelé par M. Fot-tinger dans le n° de novembre 1909 des bulletins de la Schiff-bau Technische Ge-sellschaft. Au moment où la turbine à vapeur marchait à la vitesse de 1600 révolutions à la minute et où l’arbre de l’hélice faisait 270 tours, on manœuvra le distributeur de manière à faire marche en arrière en remplissant de liquide le transformateur de marche arrière et en vidant en même temps le transformateur de marche avant. Au bout de 10 secondes, paraît-il, l’arbre de l’hélice tournait en arrière avec une vitesse de 250 tours. Dans le même laps de temps, la marche avant à pleine vitesse était obtenue à nouveau par la manœuvre du distributeur. U résulte des expériences et des renseignements fournis que le rendement du transformateur hydraulique Fottinger serait, dans le cas d’un réducteur de vitesse, de 1 à 4 ou 6, de 80 à 81 pour 100 et, dans le cas d’une réduction de vitesse de 1 à 8, de 80 pour 100, au lieu de 90 pour 100 que donnent les réducteurs de vitesse mécanique, ainsi que nous l’avons dit dans l’article précédent.
- Les expériences qui se poursuivent, du reste, encore à l’heure actuelle, sont trop peu nombreuses et faites sur un trop petit navire pour permettre de
- Fig. 5. — Vue de Vinstallation à bord du navire. — A, turbine à vapeur; B, transformateur de vitesse.
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- pouvoir porter un jugement définitif sur la valeur de ce transformateur de vitesse, sur son rendement et sur son emploi pratique. Il nous revient que M. Fottinger étudie en ce moment diverses modifi-
- cations ayant pour but sa simplification, et nous nous proposons de revenir sur ce transformateur, intéressant à bien des points de vue, lorsqu’il aura été mis complètement au point. R. Bonnin.
- LE DISTRICT DE COBALT AU CANADA1
- Actuellement tout le cobalt consommé dans le monde et un dixième environ de la production mondiale d’argent proviennent du Nord de l’Ontario, d’un pays qui, en 1905, quand on a commencé à construire la ligne du Nord-Ontario, destinée à relier un jour les deux transcontinentaux canadiens, était aussi inconnu qu’inaccessible, couvert uniquement de bois et de lacs à la façon de la Laponie et du Nord de la Finlande. Une fortune analogue à celle qui a fait de la Laponie suédoise l’un des principaux centres d’exploitation du fer ou de l’Alaska et de la Colombie britannique, des champs aurifères célèbres, a valu une fortune rapide à cette région de l’Ontario où les minerais, ayant échappé aux longues périodes d’exploitation historiques et préhistoriques, apparaissent encore vierges à fleur de sol.
- C’est en construisant cette ligne de chemin de fer qui semblait ne devoir rien rapporter, que les ouvriers découvrirent les premiers minerais d’argent natif. A ce moment, il y avait, sous la moraine glaciaire qui couvre la plus grande partie de ce pays, des zones ou le sol poli par les glaces offrait aux regards étonnés de longues bandes d’argent presque pur, si bien que l’on fut amené à dénuder le sol au moyen de pompes puissantes pour faire apparaître ces veines argentifères. Il suffisait alors souvent de piocher un peu, de trier à la main et de fondre dans un creuset chauffé au pétrole pour obtenir des lingots d’argent. Le premier inventeur fut, dit-on, un forgeron de la Compagnie, un Canadien français, nommé La Rose et sa découverte date exactement du 29 septembre 1903.
- Il est inutile de dire quel « rush » de prospecteurs amena, dès l’année suivante, la nouvelle de ces trouvailles. De 1904 à 1906, une ville se construisit à Cobalt et l’on « flotta » des Compagnies dont le capital dépassait un milliard de francs. Puis vint (l’histoire de ces camps miniers étant toujours la même) la réaction ordinaire, qui, en 1907, fit sombrer un grand nombre de Sociétés n’ayant de propriété argentifère que sur le papier, et, en 1908, l’industrie se réorganisa sur une base sérieuse.
- Les expéditions de minerais comptées en kilogrammes d’argent ont été : 1904, 200; 1905, 78530; 1906, 18 700 000; 1907, 300 690; 1908, 583110.
- La valeur exceptionnelle des minerais qui, en 1908, a été en moyenne de 22,5 kg d’argent à la tonne, fait que les Compagnies sont pour la plupart restreintes,' à l’exception de la Nipissing et de La Rose, dont, je dirai bientôt quelques mots. On cite cependant, comme ayant exporté de 2 à 5 millions de francs chacune en 1908, la Crown Reserve, la Goniagas, la Buffalo. Toutes ces mines concentrent les minerais sur place, mais ne les fondent pas encore. On les expédie à des usines de fusion diverses : soit, dans l’Ontario même, àSudbury [Copper Cliff, etc.), où on les passe avec les minerais ordinaires du pays, soit à Swansea, à Hambourg, dans le New-Jersey, le Colorado, etc. Actuellement le prix de revient de l’argent est extrêmement bas, la plus grande partie des bénéfices étant obtenue avec des minerais à haute teneur, mis en sacs après triage à la main. Tandis qu’il est de 67 francs au Mexique, il reste à Cobalt de 42 francs.
- La Nipissing, qui est la compagnie la plus importante, a produit, en 1908 : 694 tonnes de minerai riche à 94,5 kg d’argent à la tonne et 10 pour 100 de cobalt; 2650 t. de minerais siliceux à 6 kg d’argent; 159 t. de minerai cobaltifère à 2,9 kg d’argent et 10,59 pour 100 de cobalt; enfin, 7 t. de pépites à 541 kg d’argent à la tonne. La valeur moyenne de la tonne était de près de 2000 fr. ; le prix de revient, d’autre part, était de 870 fr. ; ce qui faisait ressortir le kilogramme d’argent à 55 fr.
- La La Rose a donné, dans la même année, 80 254 kg d’argent.
- Au total, de 1904 à 1908, le camp de Cobalt a produit, pour 105 millions d’argent, dont il a distribué moitié en dividendes.
- En dehors de cette production argentifère, nous avons vu précédemment que le camp de Cobalt fournissait aujourd’hui à lui seul la consommation totale de cobalt dans le monde. Il pourrait facilement expédier 1500 t. de cobalt par an ; mais la demande mondiale ne dépasse pas 500 t. Il en résulte que le prix de ce métal (employé surtout comme matière colorante), a considérablement baissé, et, par contre-coup, que nos mines de la Nouvelle Calédonie, qui en avaient auparavant le monopole, ont dû cesser complètement leur extraction. Le prix était encore de 25 fr. le kilogramme .en 1907; en 1908, il est tombé au-dessous de 10 fr. ; et la plupart des expéditions de minerais de l’Ontario estiment pour rien le cobalt. Malgré tout, on en a compté en 1908 pour 556 000 fr.
- La statistique mentionne enfin, pour la dernière année, un peu de nickel, et d’arsenic.
- Géologiquement, l’argent se trouve à l’état natif associé avec des sulfures et arséniosulfures de cobalt et nickel dans une gangue de calcite remplissant dés multitudes de veines verticales. Ces veines, qui n’ont le plus souvent que 2 à 5 cm d’épaisseur, ont atteint par endroits 25 ou 50. Elles sont extrêmement irrégulières, sinueuses et sans continuité, ce qui empêche de pouvoir compter sur l’une ou l’autre en particulier; mais leur nombre est très grand, et les richesses qu’elles renferment par endroits sont considérables. Nous en avons donné une idée en indiquant la valeur moyenne des minerais exploités. Il n’est pas rare de rencontrer des minerais à plus de 2000 fr. la tonne. C’est une formation dont on n’avait encore nulle part ailleurs trouvé l’équivalent dans des proportions à beaucoup près semblables. Et il semble -que, dans ces régions du Canada septentrional encore si difficiles d'accès, ce point ne soit pas unique. Déjà on en a signalé quelques autres, vers lesquels vont s’avancer progressivement les voies ferrées. C’est une sorte de Mexique qui s’ouvre aux recherches, mais un Mexique dont les minerais d’argent, au lieu d’appartenir à l’époque tertiaire, correspondent à la période la plus reculée de l’histoire géologique, la période antérieure au cambrien où l’on n’a encore rencontré aucune trace de vie.
- P. Sauior.
- 1. Voy. Doueux. Les régions argentifères du Nord de la provinced’Ontario, 1910. (Ann. des mines du 11 avril, p. 519 à 570.1
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- LES POISSONS DANS L’EAU1
- On sait que les biologistes admettent depuis longtemps, comme une vérité d’ordre très général, une action du milieu ambiant sur les êtres vivants qui
- s’y trouvent. C’était là, jusqu’à ces derniers temps, une pure doctrine, un cadre abstrait d’explication, bien plus que le résultat des expériences, et l’on ne s’était guère préoccupé de chercher à savoir au juste de Modèle de poisson, type court, quelle façon s exerce
- avec nageoires latérales.' cette action du mi-* lieu sur les êtres.
- Il se manifeste depuis quelques années un mouvement d’étude assez net dans cette direction précise. Nous voudrions en montrer l’intérêt au lecteur en résumant, comme exemple, les beaux travaux que M. Houssay, le savant professeur à la Sorbonne, a récemment effectués sur la forme des poissons,‘considérée comme fonction du milieu extérieur.
- La diversité de forme des poissons rend le sujet d’un abord difficile. C’est en définissant le poisson type que l’on parvient à l’intelligence de son adaptation. L’examen d’un poisson nous montre un corps renflé à sa partie antérieure, effilé à sa partie postérieure et en outre aplati horizontalement à l’avant et verticalement à l’arrière. De ce corps émergent des nageoires paires, pectorales et abdominales et des nageoires impaires, dorsale, caudale, anale.
- Le poisson est adapté au milieu aquatique ; cela veut dire que sa forme est le résultat des pressions de l’eau sur son corps plastique. La résistance que l’eau oppose à l’avancement exerce une action modelante; c’est cette résistance qui, sans finalité, a donné au poisson sa forme et a étiré ses nageoires; il s’en est servi ensuite. Essayons d’analyser le mécanisme de cette transformation.
- Lorsque de l’eau s’écoule d’un réservoir par une ouverture ovale, par exemple,'le liquide prend après sa sortie la forme d’un tube de caoutchouc que l’on tordrait sur lui-même de 90°. On a donné à cet aspect biplanaire du liquide le nom de veine inversée. Si, d’autre part, on traîne dans l’eau un corps solidé^elliptique, derrière lui se creuse un vide, que tend à combler, en prenant la forme d’une veine inversée, l’eau comprimée à l’avant du mobile. Or, ce vide, c’est le corps du poisson qui se déplace derrière sa tête ; le corps est comme engainé dans une veine inversée qui le façonne à son image. L’aspect biplanaire du corps des poissons est donc le résultat prolongé de ce modelage.
- M. Houssay a reproduit, dans une expérience aussi simple que remarquable, ce phénomène de mode-
- lage. Il a utilisé un sac allongé de caoutchouc souple rempli d’un liquide plastique et fermé par un obturateur solide. Le sac en progressant dans l’eau, l’obturateur en avant, prend une magnifique forme de veine inversée. Il s’aplatit à l’avant dans un plan horizontal et à l’arrière dans un plan vertical.
- Il faut aussi attribuer à l’action modelante de l’eau l’origine des nageoires. Pour une certaine vitesse, la forme de veine inversée a été prolongée sur ses bords par l’étirement de deux lames minces, l’une antérieure dans le plan horizontal, l’autre postérieure dans le plan vertical. Pour une vitesse accrue, la résistance de l’eau pendant la progression a découpé ces deux lames en un certain nombre de lobes, les nageoires. M. Houssay a montré l’évidence de cette réaction passive en fixant sur la peau de chien de mer et de Cottas bubalis des fils de soie rouge. La disposition de ces fils pendant la marche, avec toutes les combinaisons possibles de croisement devant et derrière les nageoires, prouve abondamment la présence des filets d’eau que nous avons rendus responsables du découpage des lames en nageoires. Nous avons là un bel exemple de l’action puissante du milieu, capable de produire des effets qui retentiront à leur tour sur le milieu. Les nageoires, dues au modelage de l’eau, sont de leur côté aptes à réagir sur l’eau.
- Les cétacés nous fournissent également des cas d’adaptation au milieu liquide. Les cétacés sont des mammifères retournés à la vie aquatique après avoir mené la vie terrestre. L’eau les a pressés, déformés et modelés, mais l’adaptation a été moins parfaite par suite de l’existence antérieure d’un squelette rigide. Aussi la stabilité de ces animaux a été moins bonne; leur corps a eu tendance à tourner autour de leur axe. Les cétacés corrigent l’effet défavorable de cette rotation à l’aide de leurs palettes brachiales et de leur nageoire caudale que commandent les contractions musculaires et aussi avec leur nageoire dorsale d’une façon tout à fait automatique. Ces mouvements engendrent une contre-rotation qui détermine une pression dissymétrique d e l’eau sur le crâne des cétacés et le rend asymétrique, soulageant ainsi le jeu des palettes brachiales. L’asymétrie crânienne fait circuler l’eau sur le corps de façon dissymétrique et lamine la nageoire postérieure qui est alors capable de godiller de telle façon qu’il se forme deux courants
- Type analogue, sans nageoires latérales.
- 1. Photographies communiquées par M. Houssay.
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- d’eau inégaux dont le plus fort rend inutile l’effet de l’asymétrie crânienne. La tête tend alors à recouvrer sa symétrie; elle le fait, en effet, en comblant le côté faible par un dépôt graisseux.
- Ce modelage est mathématiquement exact; chez les cétacés, la dissymétrie crânienne est d’autant plus accusée que la correction de l’instabilité rotative est moins bien assurée par la nageoire dorsale.
- Si la forme des poissons est le résultat nécessaire des pressions dues à la résistance de l’eau sur un corps relativement plastique qui s’y déplace avec une certaine vitesse, les effets de modelage doivent persister jusqu’à ce que la résistance soit minima.
- La preuve en a été faite en mesurant la résistance à l’avancement dans l’eau d’un certain nombre de mobiles ayant même diamètre transversal et ne différant entre eux que par la forme. Six modèles allongés susceptibles de supporter la comparaison avec le poisson furent choisis. Dans chacun, furent étudiées 5 longueurs : 18 cm, 27 cm, 36 cm. Nous ne retiendrons ici que les 3 modèles les plus intéressants.
- 1° Mobile rappelant la forme de veine inversée.
- 2° Mobile en forme de cône surmonté à sa base
- d’une faible calotte sphérique et marchant le gros bout en avant.
- 3° Mobile en forme de poisson.
- Variante des mêmes modèles. C’est un cône retaillé à l’avant par un dièdre à arête horizontale et à l’arrière par un dièdre à arête verticale. Cette disposition se retrouve chez tous les poissons, parfois d’une façon très nette comme chez les squales, quelquefois d’une façon moins nette comme chez les carpes où une compression latérale la dissimule. Tous ces modèles étaient en bois peint et lestés de façon à flotter avec un centre de gravité placé dans la partie ventrale.
- La progression dans l’eau était assurée par la chute d’un poids qui tombait de 16 m. de hauteur.
- Les poids employés ont varié de 25 gr. à 3 kg, donnant des vitesses de 1 km 440 à 25 km 200 à l’heure. Les dimensions des mobiles et les vitesses qu’on leur imprimait étaient en tous points comparables à celles des poissons. Si l’on étudie la puissance perdue par ces différents mobiles ou mieux le rapport de cette puissance à la puissance totale, on obtient le tableau suivant qui donne une idée exacte de la résistance de ces divers mobiles à l’avancement : cône gros bout antérieur, 22 0/0; forme poisson, 29 0/0; forme de veine inversée, 30 0/0.
- Le résultat est déconcertant pour la forme poisson. Mais nous sommes là en présence des carènes oscillantes. Car le mouvement de translation des mobiles est troublé par des mouvements transversaux, causés par les tourbillons d’eau déplacés. On peut dire que
- par suite de ces mouvements un mobile dessine dans l’eau une image virtuelle inverse de la sienne. Ainsi le cône marchant le gros bout en avant oscille sur un cône à pointe antérieure ; le poisson décrit une figure telle que sa tête oscille de bas
- Modèles de poissons allongés en forme de « veine inversée ».
- en haut et sa queue de droite à gauche et vice versa.
- Pour supprimer ces oscillations, aux carènes furent adjointes des nageoires. Pour faire une nageoire, on découpe un triangle dans une lame d’aluminium de 0,1 mm d’épaisseur; on roule un côté en tuyau qu’on enfile sur une tige d’acier enfoncée dans le modèle. Le sommet opposé est percé d’un trou et rattaché au mobile par un caoutchouc. Sous l’influence des remous, la nageoire vibre grâce au caoutchouc dont l’élasticité remplace les muscles qui rectifient les déplacements transversaux. Sur les trois longueurs de la forme poisson et du cône à gros bout antérieur furent disposées de cette façon une paire de pectorales, une première dorsale, une paire
- Modèles de poissons aplatis, avec nageoire latérale en bordure.
- d’abdominales, une seconde dorsale, une anale et une caudale.
- La veine inversée a été stabilisée par l’adjonction de lames d’aluminium que reliaient des caoutchoucs. Ces lames étaient implantées à l’avant dans le plan horizontal et à l’arrière dans le plan vertical.
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- Ainsi gréés, tous les modèles ont pris un mouvement rectiligne permanent. Les oscillations ont disparu, ' car pendant la marche, les nageoires battent vivement autour des charnières afin de rétablir l’équilibre. Mais nous devons remarquer qu’il y a des vitesses pour lesquelles la stabilité est plus précaire. Les 3 longueurs du mobile en forme de veine inversée furent stables à toutes les vitesses. Les 3 mobiles en forme de poisson le furent également, sauf aux petites vitesses; par contre, la longueur moyenne du cône tournait autour de son axe aux grandes vitesses et la grande longueur aux faibles vitesses. D’une façon générale, on peut constater que la stabilisation fait perdre de la vitesse. Une seule forme fait exception : c’est la forme courte de poisson. Elle se montre donc supérieure. En résumé, dans chaque forme stable, la petite grandeur est la meilleure. Pour chaque longueur, on a le classement: 1° poisson; 2° cône; 3° veine inversée.
- La proposition était démontrée d’une façon d’autant plus satisfaisante qu’elle ne s’appliquait pas à la carène seule mais à la forme totale.
- Après avoir déterminé ainsi la résistance à l’avancement de la forme type du poisson et après l’avoir stabilisée, M. Houssay a pensé qu’il pouvait aborder l’étude des autres formes.
- Une de celles-ci est caractérisée par une compression latérale. Elle est très répandue et comprend 2 types :
- 1° Le type des poissons faiblement comprimés : carpes, tanches, qui possèdent une marche lente;
- 2° Le type des poissons très comprimés : dorades, qui sont, dit-on, à grandes vitesses.
- On observe d’abord que les poissons comprimés ont des formes courtes, aussi des modèles de 18 cm de long suffisent. Les essais furent effectués avec une carène reproduisant la forme de la carpe et une autre analogue à celle de la dorade. Ces modèles, en bois de peuplier léger, furent fortement lestés, le centre de gravité toujours en bas. Les nageoires furent établies avec les mêmes plaquettes d’aluminium que pour la forme type. L’anale et la caudale ne changèrent pas. A l’imitation de la nature, la dorsale fut “allongée et les nageoires abdominales furent plantées dans la région ventrale.
- Pour la construction des nageoires pectorales, M. Houssay s’en tint à ses observations personnelles.
- Il avait remarqué qu’elles n’agissent pas de la même façon chez la carpe et chez la dorade. Les pectorales des carpes servent de rames dans la marche lente, mais dans la nage filée, elles restent collées au corps. Dans ces conditions la carène carpe fut privée de pectorales.
- Par contre, les dorades nagent avec leurs nageoires pectorales étalées horizontalement au moins aux petites vitesses. Cette disposition fut imitée en plantant perpendiculairement à la carène dorade une tigelle d’acier qui recevait la nageoire dont la partie libre battante était fixée à des vis par deux caoutchoucs.
- DANS L’EAU ... .:::::::: ..., ,
- La stabilisation des poissons comprimés est délicate , car elle exige une certaine tension des nageoires. Ce ne fut qu’après des tâtonnements persévérants, en relâchant ou en tendant au moyen de vis les caoutchoucs des abdominales et des pectorales, que les résultats pressentis furent atteints. La carpe aux faibles vitesses est aussi bonne que le meilleur poisson, mais dès que la vitesse augmente elle devient mauvaise, prouvant que cette forme naturelle n’est faite que pour la nage lente.
- La dorade, par contre, accuse un mauvais rendement, et les expériences démontrent que pour les grandes vitesses il lui faut dépenser pour se stabiliser une grande puissance musculaire.
- Tout ceci venait à l’appui du rôle important delà tension des nageoires dans la stabilité. Des expériences furent alors reprises sur les formes poisson petite et longue et sur les formes moyenne et longue du cône qui à certaines vitesses avançaient en tournant. L’attache fixe des nageoires fut remplacée par des vis qui permettaient d’augmenter ou de réduire à volonté la tension des nageoires. La forme courte du poisson tourne sur elle-même pour des vitesses variant de 1 m. 20 h 2 m. 70 à la seconde. On la stabilise en allongeant de 2 mm les caoutchoucs des abdominales et des pectorales. Le caoutchouc a alors une tension de 50 gr. qui correspond tout à fait à la puissance musculaire d’un poisson.
- Pour la forme longue du poisson, l’instabilité avait lieu entre 1 m. 50 et 2 m. 30 à la seconde. Pour la stabiliser, il fallut des fils rigides, ce qui, dans ces conditions, ne correspond pas à une contraction musculaire.
- Les cônes sont des mobiles assez défectueux ; il y a des vitesses pour lesquelles on ne peut supprimer la rotation.
- Si la forme cône n’est pas réalisée dans la nature, il n’en est pas de même du grand modèle de poisson. Les squales, excellents nageurs, en sont les représentants. En réduisant les pectorales et en leur donnant l’allure d’ailerons, falciformes, la stabilité devient parfaite avec des tensions de caoutchoucs équivalentes à 40 gr., ce qui peut se comparer à la puissance développée par un muscle. La vitesse n’est pas changée; les nageoires effilées sont donc une condition de stabilité et non- de vitesse.
- En employant de simples bouts de bois, M. Houssay est parvenu à faire évoluer dans le milieu aquatique des modèles inertes copiant les diverses formes de poissons. Il est arrivé au résultat surprenant que toutes ses formes artificielles, sans désir et sans volonté, se comportent dans l’eau comme les poissons vivants qu’elles copient, M. Houssay a conclu :
- 1° La meilleure forme stable demeure la forme courte du poisson.
- 2° Toutes les formes de poisson se stabilisent absolument et à toutes les vitesses à l’aide des nageoires. Sur-les formes courtes, il suffit de
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- relâcher ou de tendre les nageoires paires ; sur les formes allongées, il faut effiler les pectorales.
- 5° La forme conique, à moins qu’elle ne soit courte, ne peut être stabilisée complètement à certaines vitesses par aucun des procédés comparables à ce qui se passe dans la nature.
- Une application qui vient immédiatement à l’esprit est la mise à profit de ces résultats pour la construction des ballons dirigeables. Ceux-ci se déplacent actuellement dans l’air à la façon des modèles non stabilisés, car chacun sait qu’ils tanguent formidablement à l’avant et à l’arrière sous l’action des vents et de leurs hélices.
- On a cherché à corriger ce tangage par des empennages. Afin de se rendre compte de leur valeur, un empennage consistant en 2 nageoires caudales fut mis en croix sur un cône de forme courte. Aux toutes petites vitesses le cône empenné est stable, mais marche moins bien que le petit poisson et le petit cône à nageoires. A 1 m à la seconde, il rattrape le poisson qui à cette vitesse
- est instable; à 2 m à la seconde, il se met à tourner violemment sur lui-même en hélice et ne retrouve plus jamais sa stabilité. Il ressort de tous ces résultats que l’aéronat idéal serait le ballon dirigeable court et garni de nageoires calculées pour la stabilisation dans l’air.
- Depuis qu’il a publié ces premiers résultats, M. Houssay a continué ses expériences, et ses élèves, sous les yeux desquels il travaille, savent qu’il en possède de plus nombreux encore qui sont inédits. Il peut aujourd’hui faire marcher ses carènes le lest en haut ; il a trouvé les raisons d’être de l’homo-cercie et de l’hétérocercie, c’est-à-dire de la disposition de la queue en deux lobes égaux comme chez les poissons ordinaires, ou en deux lobes inégaux comme chez les squales. Il a mesuré par plus de 300 graphiques au cylindre enregistreur la puissance des poissons naturels, et tous ces résultats s’harmonisent dans un ensemble théorique très complet et très démonstratif A
- A. Magnan.
- L’HEURE FUSELAIRE
- I. La nouvelle heure. Son histoire. Ses avantages et ses inconvénients pour le public français. — Le 26 janvier dernier le Sénat adoptait en première lecture cette proposition de loi dont l’importance n’a échappé à personne : « Lheure légale en France et en Algérie est l’heure temps moyen de Paris retardée de neuf minutes vingt et une secondes ». Il faut bien reconnaître que c’est demander aux Français l’abandon de leur heure nationale, et son remplacement par l’heure anglaise de Greenwich.
- La proposition était définitivement adoptée le.
- 10 février 1911.
- Ainsi, aussitôt la loi promulguée, vers minuit, les horloges seront retardées de quelques minutes ; et un arrêté ministériel ultérieur rendra uniformes les heures intérieures et extérieures des gares.
- La France comptera dès lors parmi les adhérents à la convention des fuseaux horaires.
- Le projet de loi, aujourd’hui voté, fut déposé sur le bureau delà Chambre des Députés le 8 mars 1897, par M. Boudenoot, en modification de la loi du
- 17 février 1891 instituant, comme heure légale en France, le temps moyen de Paris. Il donnait une solution au problème de l’unification de l’heure européenne, sans soulever la question plus complexe du changement de méridien, visée par une proposition précédente de M. Deville et qui avait peu de chance d’aboutir.
- Favorablement accueilli par les ministres du Commerce, des Télégraphes et des Travaux publics, ce projet fut énergiquement repoussé par ceux de la Guerre, delà Marine et de l’Instruction publique. Si les premiers entrevoyaient la possibilité d’améliorer les relations internationales du commerce et de l’industrie par l’adoption d’horaires concordants pour la mise en marche des trains, l’envoi des télégrammes et la communication des ordres de bourse, les autres prévoyaient un véritable bouleversement dans les habitudes scientifiques de nos marins, et le discrédit jeté sur le glorieux passé de l’Observatoire de Paris.
- 1. M. Houssay en annonce la publication prochaine sous le titre de Forme, puissance et stabilité des poissons (dans la Collection de morphologie dynamique. Paris, Hermann).
- Ouest 5? iSO ae r OSParis 4™ 8n.‘ nT 16’V 5°. Est
- Avance du temps'légal sur le temps local.
- Retard du temps légal sur le temps local.
- 8 plus do 200 habitants
- I do fao à/ zoo 7uxb. 1.1 moins de fro Tiab,
- La densité de la population française par régions et les écarts entre l'heure locale et l’heure de Paris.
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- Treize anne'es après ces premières discussions, le 20 juillet 1910, le Gouvernement trouvait un terrain d’entente en séparant nettement la question pratique et utilitaire de la question scientifique. Le 22 novembre, M. le sénateur Pauliat précisa d’ailleurs très nettement dans son rapport le but unique de la loi : faire cesser dans le monde cosmopolite des gens d’affaires et des voyageurs les ridicules paradoxes créés par l’emploi exclusif de l'heure locale.
- L’heure locale fut avantageusement employée par nos ancêtres, parce qu’elle s’accorde avec le mouvement du soleil, et que c’est le soleil qui règle notre activité sur la terre, son apparition au-dessus de l’horizon ayant toujours correspondu à un accroissement de mouvement et de vivacité. Les cadrans solaires, automatiquement réglés sur le cours de l’astre du jour, indiquent le temps solaire vrai. Leurs indications corrigées de Véquation du temps servent à régler le temps solaire moyen, et sont en accord constant avec la révolution régulière des étoiles et les battements isochrones d’un pendule. Les indications des horloges réglées sur le temps local sont variables aux différents points de la terre, elles vont en augmentant lorsqu’on se déplace vers l’Est, de quatre minutes de temps exactement pour un degré de longitude.
- De là, entre les différents points de la terre, des divergences d’heures et même de jour, qui ont créé une gêne sérieuse à partir du jour où le développement de la navigation à vapeur, des transports par chemins de fer et des communications télégraphiques a étendu le cercle de nos relations et les a rendues plus rapides. Le problème de l’unification fut en partie résolu par l’emploi d’une heure unique pour une même nationalité. La France adopta en 1891 l’heure de Paris, après la campagne très active d’un grand astronome, M. Faye. A cette même époque tous les Etats adoptèrent une heure nationale qui devint légale, et la Prusse fut la seule à combiner ses horaires de chemin de fer en temps local.
- Après l’unification nationale de l’heure, l’unification mondiale! Dès 188-4, le Congrès de Washington avait indiqué une solution par la Convention des Fuseaux Horaires. Au début de 1911, la France, le Portugal, la Grèce, la Hollande et la Russie étaient les seuls Etats européens en dehors de la convention; et d’ailleurs en France seulement était la dernière résistance sérieuse. Le Portugal, qui a émis un vote favorable au congrès, ne tardera pas à suivre l’Espagne et la France, ses proches voisins. La Grèce adoptera la convention dès qu’elle sera reliée par chemin de fer au réseau européen. La Hollande, de faible étendue, disposée en latitude, et rejetée à la fin du fuseau, mécontenterait ses nationaux sans leur procurer d’avantage immédiat. Enfin
- la Russie n’a pas besoin d’adhérer à la convention puisque les heures nationales de Poulkowo et de Tiflis sont à une minute près celles des 3e et ¥ fuseaux.
- L’adhésion de la France entraîne donc ce résultat remarquable que désormais toutes les horloges du monde civilisé marquent le même nombre de minutes et de secondes, le chiffre des heures étant seul différent. La réalisation de cette importante unification est due à M. l’Ingénieur en chef des mines Lallemand, qui, ces jours derniers, commissaire du gouvernement dans la discussion au Sénat, a dissipé toute équivoque et désarmé les derniers adversaires du projet par la précision de scs déclarations.
- A l’Amiral de Cuverville qui demandait de régler seulement les cadrans intérieurs sur Greenwich, les cadrans extérieurs le restant sur Paris, il fut répondu : que cette dualité d’heure serait mal accueillie par le public. L’avance illusoire donnée aux voyageurs en partance se transformait d’ailleurs en regrettable retard au moment de l’arrivée. Au surplus, pour le moment, les cartes resteront graduées à partir du méridien de Paris, et les éphémé-rides seront calculées sur le temps de Paris. La modification du matériel nautique nécessitant des crédits supplémentaires ne pourra se faire qu’ultérieurement et avec l’entière approbation du Parlement.
- M. Castillard, parlant pour les populations de l’Est, a indiqué les inconvénients que pourrait avoir dans la vie courante le fait brutal de retarder l’heure de quelques minutes. Le temps moyen de Paris est parfois en retard de 15 minutes sur le temps vrai. L’heure de Nancy est déjà en retard de 20 minutes sur celle de Paris; si on la retarde encore de 10 minutes, c’est une divergence de trois quarts d’heure avec les indications naturelles du Soleil. La nuit en décembre tombera sur les 5 heures 1/2 de l’horloge, et comme il est d’usage de travailler de 1 heure à -4 heures, c’est une demi-heure de travail que perdront les ouvriers dans tous les métiers qui nécessitent la lumière du jour. Les législateurs anglais, guidés par les mêmes considérations, voudraient d’ailleurs avancer d’une heure les horloges pendant l’été'. Mais il est évident qu’une loi générale sur l’heure ne saurait efficacement compenser l’inégalité des jours en dépendance étroite avec la latitude. Ce sont plutôt des règlements d’ateliers ou des lois ouvrières qui, dans chaque cas particulier, doivent mettre les heures d’atelier en harmonie avec la lumière.
- On a d’ailleurs répondu à M. Castillard que la réforme qui porte préjudice aux uns avantage les autres. L’écart entre l’heure locale et l’heure légale est une avance de 20 minutes à Nice et un retard de 27 minutes à Brest ; après la réforme, l’écart sera
- Argentan
- Flèche.
- 1-oudur
- Tarbes'
- Les chefs-lieux d'arrondissement les plus rapprochés du nouveau méridien.
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- MINUIT,
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- y , vi , yh i vra
- Planisphère montrant la répartition des fuseaux horaires sur le globe.— En hachures, les pays qui n’ont pas encore adhéré à la convention de
- Washington.
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- de 18 minutes à Brest et de 29 à Nice. On ne pourra jamais empêcher que la différence entre l’heure locale de Nice et celle de Brest ne soit de 47 minutes puisque la nature les a placées à pareille distance, l’une dans l’Est, l’autre dans l’Ouest.
- II. Le congrès de Washington et le système des fuseaux horaires. — Il est intéressant d’examiner par quelle succession d’idées l’unification s’est faite sur la base des fuseaux horaires et de justifier les répugnances de la France à l’égard d’un système en apparence si logique et si simple.
- On eut d’abord l’idée d’établir une heure universelle, c’est-à-dire de donner à chacun le moyen de trouver par une formule ou un calcul simple, en partant du temps local civil observé, le temps qu’il est sur une horloge fictive et unique qui servirait à compter les instants de l’humanité.
- Les savants géodésiens réunis à Rome au congrès de 1885, préparèrent un avant-projet d’heure universelle. On convint de choisir un méridien unique à partir duquel on compterait les longitudes, et celui de Greenwich fut adopté sans discussion. Faye proposa de prendre le temps civil de Greenwich comme heure universelle, et de compter les longitudes de 0 à 12 heures à partir de Greenwich, avec le signe -f à l’Est et le signe — à l’Ouest. Bans ces conditions l’heure universelle est donnée par la formule :
- Temps universel = temps local — longitude.
- Cette formule permet, en chaque point du globe, de déterminer avec des éléments connus l’heure conventionnelle et uniforme que doivent marquer toutes les horloges de la terre. Pour toute la terre le jour universel change lorsque le soleil passe à l’antipode de Greenwich ; il fait nuit alors sur la partie la plus habitée du globe.
- Cette heure universelle avait un grave défaut, elle faisait, par exemple, se lever le soleil à 9 heures du soir au Japon. L’ingénieux artifice des fuseaux horaires permit de résoudre un paradoxe : faire en sorte que le système universel de repérage du temps ne soit pas en désaccord choquant avec les indications du temps local. La formule de M. Faye ayant été adoptée, on convint de diviser les 560° de la circonférence en 24 fuseaux de 45°, chacun d’eux correspondant à 1 heure, puisque les 560° correspondent à 24 heures. Ces fuseaux avaient donc comme longueur :
- 15x 60x 1852
- ------——---------— 1667 kilométrés
- 4U0U
- à l’équateur et 750 kilomètres environ à la latitude de 60° : c’est un peu plus large que la France. Ces fuseaux reçurent des noms et même des lettres indicatrices. Le premier fuseau avait pour axe Greenwich et s’étendait à 7° 50' dans l’Est et à 7° 50' dans l’Ouest. Pour chacune des localités situées dans un fuseau, l’heure légale était l’heure temps moyen des pays situés sur le méridien axial du fuseau, c’est-à-dire l’heure de Greenwich pour le premier
- fuseau, l’heure de Greenwich augmentée d’une heure pour celui qui est adjacent a l’Est, diminuée d’une heure pour celui qui est dans l’Ouest. Les divergences entre le temps légal et le temps moyen local sont ainsi d’une demi-heure au maximum.
- Pour les États-Unis et le Canada, étendus en longitude, avec de grandes voies ferrées dirigées dans le sens des parallèles, la réforme fut intégrale. En Europe, les États, plus petits, ayant à peu près la largeur d’un fuseau, on pensa que l’heure devait être avant tout nationale et que les limites des fuseaux devaient se courber pour suivre la forme des frontières. Il y eut donc un groupement des États de façon à n’avoir que trois heures : l’heure occidentale, l’heure centrale, l’heure orientale.
- Par l’emploi des fuseaux horaires les heures étaient réduites de 74 à 5 pour l’Amérique et de 27 à 5 pour l’Europe.
- Les décisions du congrès n’engageaient pas les États représentés, et les heures légales s’établirent peu à peu à la suite de délibérations dans les corps législatifs. Il est à remarquer que bien des Etats ne s’occupèrent pas de leurs colonies et que certaines, réduites à un petit territoire, modifièrent d’une demi-heure l’heure du fuseau auquel elles appartenaient.
- III. Le premier méridien. — Les discussions les plus délicates du congrès de Washington portèrent sur le choix d’un premier méridien ; si le système des fuseaux horaires ralliait tous les suffrages par sa simplicité, le choix du méridien soulevait des compétitions de nationalités. Les délégués français avaient mission de ne point abandonner le méridien de Paris pour celui de Greenwich. La France réclamait l’adoption d’un méridien universel, choisi dans le même esprit que l’avait été le mètre, afin que la généralité des motifs qui en auraient déterminé le choix fût une garantie de la stabilité de l’institution.
- M. Janssen proposa le méridien de l’île de Fer, qui à part ce petit îlot des Canaries ne rencontre plus que des steppes glacées. Le méridien de M. de Chancourtois qui passe par les îles Fortunées et Saint-Michel des Açores est encore mieux choisi, car il évite l’Islande. Struve, directeur de l’observatoire de Poulkovo, proposa de prendre un nombre entier d’heures à partir de Greenwich, à condition, toutefois, que le méridien ainsi défini tombât dans l’océan, ce qui donnait le choix entre un premier méridien qui passe entre le Brésil et les Açores et un second qui coupe le détroit de Behring.
- En résumé, la géographie indique deux solutions, l’une vers le détroit de Behring, c’est le méridien du Pacifique, l'autre vers les Canaries, c’est celui de l’Atlantique ; et seule la géographie peut donner une indication, car tous les méridiens sont géométriquement identiques, et aucun ne peut se distinguer par ses particularités géodésiques ou astronomiques.
- C’est d’ailleurs avec des idées analogues que les anciens géographes ont choisi sur leurs cartes le zéro des longitudes. Ptolémée d’Alexandrie le plaçait
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- à un demi-degré à l’ouest de l’extrémité la mieux déterminée du monde connu, c’est-à-dire aux îles Fortunées du Gap Vert.
- Plus tard, en 1665, Pûchelieu ayant délimité par traité la zone dans laquelle les navires français pourraient naviguer sans être pourchassés ni inquiétés, la fit commencer au méridien de l’ile de Fer et défendit l’usage de tout autre méridien en matière de géographie. Ce méridien ne fut d’ailleurs qu’imparfaitement relié au continent par les observations du Père Feuillée au pic de Ténériffe, en 1724. Ses calculs présentent des divergences de l’ordre du degré, et le géographe Delille, pour la confection de ses cartes, le plaça à 20° ronds dans l’ouest du méridien de Paris.
- L’impossibilité de se rattacher exactement à un méridien éloigné avait d’ailleurs obligé les géodésiens à rapporter leurs triangles au méridien qui coupait leur réseau en plein milieu, et les astronomes à comparer leurs observations à celles de leur grand observa -toire national; d’où, la multiplicité des méridiens employés au xixe siècle.
- Mais par la dispersion considérable des documents sur lesquels ils étaient imprimés, les méridiens de Paris et de Greenwich faisaient oublier les autres. Il est même certain qu’en 1884 le méridien anglais était de beaucoup le mieux achalandé. Venus après nous dans l’hydrographie, et héritiers des méthodes françaises, les Anglais, pour satisfaire les besoins toujours croissants de leur marine de guerre et de commerce, se mirent à publier en langue anglaise un nombre considérable de documents, eh même temps que leurs bateaux entreprenaient le lever des derniers recoins du monde habité. Récemment, lorsque les États-Unis, l’Allemagne, la Suède et le Japon entreprirent la réfection personnelle de leur hydrographie, ils se servirent des documents anglais comme d’une première approximation et le méridien de Greenwich se trouva naturellement reproduit sur tous leurs documents; ajoutez à cela
- que Y American Ephemeris est calculé en temps de Greenwich et on conçoit,qu’à l’ouverture du congrès de Washington Rutherford proposa l’adoption sans discussion du méridien anglais.
- Si un méridien universel et indépendant de toute nationalité avait été adopté, il eût fallu par des mesures très précises, donc très longues, le rattacher aux observatoires existants.
- Aussi, pour éviter tout retard, le congrès estima qu’il fallait choisir un méridien déjà existant. Sur 27 États représentés, la France, le Rrésil et Saint-Domingue s’opposèrent seuls à l’adoption du zéro de Greenwich.
- IV. La justification des hésitations de la France. — La France adopte donc aujourd’hui une rélorme
- qu’elle repous -sait de toutes ses forces, il y a un quart de siècle. Elle n’a pu résister à l’entraînement général, elle a dû se mettre d’accord avec Y heure fn-selaire pour dissiper une gêne manifeste dans les relations internationales de nos nationaux.
- Mais, cette réforme accomplie, il ne semble pas que la France scientifique ait un intérêt, du moins immédiat, à abandonner son méridien.
- Les méridiens rivaux, définis par un seul point, ne peuvent pas être mieux déterminés l’un que l’autre. A Paris, le repère est le milieu du bâtiment central de l’Observatoire, et à Greenwich le centre du pilier méridien. Mais on peut affirmer qu’à l’Observatoire de Paris se rattache le passé de souvenirs le plus glorieux. Il y a deux siècles et demi, il publia les premières tables astronomiques, et ses éphémérides sont encore .considérées comme les plus parfaites. Des travaux géodésiques de haute précision ont été entrepris à quelques kilomètres de part et d’autre de ce méridien et la grande chaîne méridienne de Delambre et Méchain jalonne admirablement son parcours de Dunkerque à Rarcelone. Récemment des différences de longitude télégraphiques ont été mesurées en grand nombre avec l’Afrique et l’Amérique, et les observatoires du con-
- I heure ' ' ruac.nu i • , o , . v. | j ,
- : retard; Heure deGrccnwich! 1 heure d avance 2 heures d'avance! 3 heures d'avance heures d'avance j
- Carte de l’Europe. — ---- limite des zones. — L'Europe est divisée pour l'heure en trois zones qui respectent les limites d’états, tout en se rapprochant le plus possible des fuseaux horaires de Greenwich.
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- 216 ACADÉMIE DES SCIENCES
- tinent préfèrent se relier à Paris, pour éviter la transmission défectueuse des signaux par câble sous-marin.
- La marine préfère garder le statu quo pour ne pas bouleverser son matériel nautique. Les doubles graduations n’étant utilisables sur une carte marine que si certaines amorces traversent la feuille de part en part ; les tolérer c’est admettre la coexistence de deux corroyages dont la confusion peut amener de fatales erreurs. Pour changer le méridien il faut donc lacérer le stock de cartes existantes, corriger 4000 cuivres et 600 volumes d'instructions nautiques. Le travail, infime en apparence, du changement des méridiens entraînerait, par cuivre, une dépense de plus de 50 francs. Il faut donc compter une dépense approximative de 250 000 francs pour remettre à jour les documents du service hydrographique, et un délai de dix ans pendant lequel les confusions possibles seront un danger de plus pour la navigation.
- Certains remaniements seraient également nécessaires pour la « Connaissance des temps », que publie le Bureau des Longitudes.
- En supposant d’ailleurs que ces transformations soient réalisées, les nombres de l’Observatoire de Paris, quoique très voisins de ceux des éphémérides
- anglaises, garderont néanmoins leur valeur intrinsèque. Les éléments obtenus avec dés instruments placés à Paris ne peuvent être scientifiquement rapportés qu’au temps de Paris, déterminé-par d’autres instruments méridiens, dans le voisinage immédiat des premiers. Et il en sera ainsi tant que la différence de longitude Paris-Greenwich n’aura pas été mesurée d’une façon bien supérieure à la précision moyenne des observations journalières. La confusion des méridiens n’amène donc pas forcément une diminution des attributions de notre bureau des longitudes.
- Par le vote de la loi sur l’heure fuselaire, la France ayant sacrifié son amour-propre dans l’intérêt général, nous ne saurions mieux conclure qu’en répétant les paroles significatives du congrès de Borne, relevées par M. Faye.
- Nous osons espérer que, si le monde entier s'accorde sur Vunification des heures et des longitudes en acceptant le méridien de Greenwich comme point de départ, la Grande-Bretagne trouvera dans ce fait un motif de faire de son côté un nouveau pas en faveur de Vunification des poids et mesures, en adhérant à la: convention du mètre du 20 mai 1875. 1
- H. Catiienod.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 février 1911. —
- La géologie dés Pyrénées. — M. Termier présente une Note de M. Léon Bertrand sur la géologie de la chaîne des Pyrénées dans la région située au Sud de Mauléon, entre la vallée d’Ossau et la vallée de la Nive.
- M. L. Bertrand a retrouvé dans cette région les nappes de charriage qu’il a découvertes et décrites dans les Pyrénées orientales et centrales.
- Un nouveau sphéromètre. — M. Carpentier décrit un perfectionnement apporté au sphéromètre par M. Nugues.
- Cet appareil se pose habituellement sur la sphère au moyen de trois pointes qui déterminent un cercle de la sphère et qui portent un écrou muni d’une vis micrométrique permettant de mesurer la flèche. De la connaissance du rayon du cercle et de celle de la flèche, on déduit aisément le rayon de la sphère. Mais l’on est obligé d’employer des pointes mousses de telle sorte que les indications fournies par l’appareil n’ont pas toute la précision désirable. M. Nugues remplace les pointes par des sphères de rayon connu, de telle sorte que l’appareil se pose suivant un plan invariable qui passe par le centi’e des trois sphères. La précision de l’appareil est ainsi considérablement accrue.
- Effets de l’altitude, sur l’organisme. — M. Roux résume un travail de M. Bayeux, relatif à l’effet de l’altitude sur le fonctionnement de l’estomac. Indépendamment de crises asphyxiques ou syncopales, le phénomène le plus habituel provoqué par l’élévation dans l’atmosphère, est l’anorexie, souvent accompagnée de nausées et de vomissements. Ce dégoût de la nourriture est plus grand par le séjour à l’abri des intempéries ; il est donc indépendant’ du froid et de la chaleur.
- M. Bayeux a emmené à l’observatoire de M. Vallot, au Mont-Blanc, un chien qui avait été opéré d’une fistule gas-
- Présidence de M. Gautier.
- ti’ique à Paris. Cet animal a été l’objet d’expériences comparatives à Chatnonix, puis aux Bosses, puis à Chamonix. M. Bayeux a pu ainsi établir que la diminution du suc gastrique sécrété pendant un temps donné après le repas, a lieu à toute altitude, que l’acidité totale de .ce suc est peu diminuée, que l’activité générale en est fortement ralentie. Ce ralentissement concorde avec celui des combustions; il explique la perte d’appétit ainsi que l’avidité des sujets pour ce qui peut exciter ou suppléer le suc gastrique, comme le jus de citron, le vinaigre, etc.
- Effet des rayons vitaux. — M. le commandant Darget décrit l’expérience suivante qu’il a faite. Une pièce d’or ou une lame d’or est mise sur la couche sensible d’une plaque au bromure d’argent placée dans un bain révélateur. L’opérateur pose un doigt sur la pièce d’or. Au bout d’un quart d’heure, on constate un dépôt d’argent sur la pièce d’or. D’après M. Darget, ce dépôt est provoqué par les rayons vitaux. La communication est renvoyée à une Commission.
- La germination des grains. — M. G. Bonnier, analyse une Note de MUo G. Promsy sur la germination des graines. L’auteur montre que les acides organiques augmentent la respiration des graines et facilitent leur germination. La plantule est plus grande et plus lourde au bout d’un temps donné, sous l’influence de ces acides.
- La reproduction des levures. — M. G. Bonnier, dépose ensuite une Note de M. Guilliermond, dans laquelle l’auteur explique;que les levures peuvent être considérées comme formant un,groupe de champignons chez lesquels la sexualité est en'voie de rétrogradation progressive et doit aboutir à la disparition complète de ce phénomène. / Élection. — M. Eugène Tisserand est élu académicien libre en remplacement de M.Tannery. Cu. de Yilledeuil.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiube, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1971. : ----------...._......~ 4 MARS 1911.
- L’INDUSTRIE DES PSEUDO=TISSUS ARTIFICIELS
- Il nous fut récemment donné d’examiner un échantillon de gaze fabriquée dans une usine de soie artificielle du Nord de la France et vendue comme étant à base de ce textile. De fait, ce genre de tulle possédait le brillant remarquable des soies synthétiques et leur peu de solidité à l’état mouillé. Mais un examen attentif à la loupe nous permit de discerner une singulière particularité de l’étoffe : elle était formée non de fibres élémentaires entrelacées ou entre-croisées, mais d’une même masse (fig. 1). A chaque angle des . mailles hexagonales, les fils constituant le réseau se soudaient l’un à l’autre pour né' plus former qu’un seul brin de" même grosseur que chacun d’eux (fig. 2). Evidemment il s’agissait d’une véritable étoffe artificielle. Le fait est d’autant plus intéressant que, si plusieurs procédés furent brevetés au cours de ces dernières années pour la fabrication de tels produits, les difficultés sans nombre rencontrées dans la réalisation des méthodes avaient fait qu’aucun pseudo-tissu ne put être mis sur le marché. Nous ne pouvions mieux faire à ce propos que de renvoyer à nos travaux précédemment publiés sur les méthodes théoriques d’obtention de ces étoffes1.
- Cependant la gaze examinée, à en juger par la forme et les inégalités .des fibres élémentaires, ne pouvait'avoir été obtenue par l’une de ces méthodes. De fait, et quoiqu’il soit très difficile de se procurer le moindre renseignement sur les procédés de fabrication, jalousement tenus secrets,
- 1 . La-Nature, août 1908 et Revue gén. des Matières colorantes, janvier IdlO. ' ., = . . : .
- 39° année. i— ier semestre.
- nous parvînmes à connaître le principe de leur préparation. Comme il diffère notablement des méthodes connues, précédemment décrites, il est intéressant d’en donner une description succincte.
- Le réseau constituant la gaze est moulé à l’aide d’un cylindre métallique dont le pourtour est finement gravé de lignes convenablement entrecroisées (fig. 5). Ce rouleau tourne le long d’un récipient contenant la solution cellulosique de façon que les creux gravés à la surface se remplissent de mixture ; des rouleaux et racles ad hoc nettoient parfaitement ensuite la surface cylindrique pour que seules les rainures retiennent la pâte. Le cylindre-moule rencontre ensuite une sorte de courroie sans fin sur la surface de laquelle, sous l’influence de la pression, il se produit une espèce de décalque, Le réseau des fibres cellulosiques se détache du cylindre matrice pour adhérera la toile sans fin. Le phénomène eist d’ailleurs assez difficile à obtenir ; la nature de la surface réceptrice joue un certain rôle, et, pour que le réseau se détache du cylindre régulièrement sans déchirement partiel, il faut d’abord amorcer soigneusement au début de la rotation, ensuite réunir un ensemble de conditions indispensables telles que : viscosité des solutions, température de formation des fibres, etc.
- Arrivée à l’extrémité de la course du transporteur, la gaze, est encore extrêmement fragile, mais possdée cependant un peu plus de' consistance qu’au moment de la formation par suite de l’évaporation partielle du solvant; elle est définitivement solidifiée
- 14. — 217
- 'Fig. i. — Gaze artificielle vue à la loupe.
- Fig. 2. — Vue microscopique d’un point de réunion des fils : au lieu d'un entre-croisement, il jf a suture. (Très port grossissement.)
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- LA NOUVELLE ÉTOILE DU LÉZARD
- par immersion dans un bain coagulant (fig. 5). La nature des diverses solutions cellulosiques, (ixatives, dénitrantes ou incombustibilisantes ne diffère d’ailleurs pas, tout au moins en principe, de celles employées usuellement dans les usines de soies artifi-
- Solution
- Fig. 3. — Schéma de la fabrication des tulles artificiels.
- y coagulant
- cielles. Finalement, les pseudo-tissus sont détachés du tablier-support; après quoi, on les fait sécher après teinture ou passage en bains de formol pour augmenter la solidité.
- Pour ingénieux que soit le procédé, et pour satisfaisants qu’aient été les résultats obtenus, les étoffes artificielles obtenues de la sorte ne sont susceptibles que d’applications très restreintes; nous avons vu que la fabrication pratique se bornait aux
- genres gazes et tulles. C’est qu’il serait impossible d’obtenir des produits à fils serrés des genres les plus employés ; on aurait des sortes de pellicules ne possédant pas les caractères des véritables tissus. En effet, les fils trop rapprochés lors du moulage se souderaient les uns aux autres; même s’ils restaient isolés, soudés ensemble aux autres, et ne pouvant glisser aux entre-croisements, ils n’auraient jamais la plasticité des tissus véritables.
- Les procédés usuels de filature et de tissage ne sont donc encore aucunement menacés par les nouveaux systèmes de préparation « synthétique » des étoffes. Peut-être n’en sera-t-il pas de même pour une méthode élaborée, comme celles que nous venons d’examiner, par les techniciens des fabriques de soies artificielles, mais qui d’ailleurs n’est encore qu’à la période d’essais actuellement sans aucun intérêt pratique. En abandonnant à elles-mêmes, dans certaines conditions, des solutions de viscose (xanthate cellulosique employé pour préparer les soies et les pellicules), on obtient de frêles étoffes formées de fibres feutrées spontanément formées au sein de la masse dissoute1.
- En même temps qu’il prédisait de la façon la plus étonnamment exacte la fabrication des soies artificielles, c’est-à-dire en 1734, l’illustre naturaliste de Réaumur prévoyait que l’on parviendrait aussi à préparer avec des solutions solidifiables « des étoffes qui ne fussent nullement tissües ». 11 suffit de songer au rapide développement de l’industrie naissante des soies artificielles, qui suivit de si près les années si difficiles de début des premières usines, pour prévoir presque à coup sûr le prochain succès de la préparation des étoffes artificielles.
- A. Chaplet.
- LA NOUVELLE ÉTOILE DU LÉZARD
- Un cataclysme stellaire
- Nous avons annoncé, il y a quelques semaines, et d’après le bref télégramme parvenu à l’Observatoire central de Kiel, la découverte d’une étoile nouvelle (d’une nova) dans la petite constellation du Lézard. On se rappelle que cette découverte est due à M. T.-E. Espin et a été faite à son observatoire de TW Law, Durham (Angleterre), le 30 décembre dernier.
- Depuis cette date, et malgré l’inclémence du ciel, le nombre des documents et des observations réunis sur cette étoile est considérable, et nous allons les exposer brièvement ici.
- L’étoile du Lézard appartient bien à la catégorie des étoiles temporaires. On sait que l’on désigne ainsi des étoiles qui brillent tout à coup d’un éclat plus ou moins vif, qu’elles conservent un certain temps, après lequel on les voit pâlir et disparaître. Parfois, l’étoile ne s’évanouit pas complètement, mais conserve un faible éclat télescopique. Les astronomes attribuent les phénomènes de ce genre^
- à quelque gigantesque cataclysme stellaire : choc de deux astres, ou explosion.
- On ne connaît guère, aujourd’hui, qu’une trentaine de ces étoiles. L’exemple très frappant le plus proche de nous est celui de l’étoile de Persée, qui, en 1901, brilla subitement à la fin du mois de février dans la constellation de Persée, surpassa les étoiles de T'c grandeur et descendit peu à peu au-dessous de la 11e grandeur et demie, son éclat d’aujourd’hui.
- Comme la plus grande partie des autres étoiles de cette classe, la Nova du Lézard est située en pleine Voie Lactée. Sa position est, pour 1900,0 :
- Ascension droite = 22h31ra45s;
- Déclinaison = -f- 52° 11' 55".
- Pour trouver et observer l’étoile nouvelle du Lézard, une bonne jumelle est nécessaire; en s’aidant de notre figure, on la trouvera aisément. Celte figure est faite d’après une très bonne photographie
- 1. Cf. Beltzkr, Moniteur Scientifique, 1909.
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- obtenue à l’observatoire de Juvisy, par M. F. Quénisset, le 16 janvier 1911 (avec une exposition de 38 minutes, de 6h15m à 6'1 Ô3,n) et que nous reproduisons avec l’autorisation de M. Flammarion. Nous avons tracé, sur notre graphique d’après cette photographie, la forme generale de la constellation du Lézard et indiqué les noms des étoiles principales. La Nova est entourée d’une petite circonférence.
- De nos jours, grâce à la photographie, chaque région du ciel est fréquemment reproduite, soit dans un observatoire, soit dans un autre, et les clichés photographiques existants permettent de reconstituer, de-ci, de-là, l’histoire complète d’une région du ciel, depuis plusieurs années. Un événement céleste étant signalé, on peut en rechercher les antécédents dans ces « fiches anthropométriques » que sont les clichés stellaires1. Et c’est ainsi que l’on a retrouvé la Nova du Lézard sur un grand nombre de photographies antérieures, mais petite, imperceptible, perdue au milieu des plus faibles étoiles.
- M. Max Wolf, directeur de l’observatoire d’Heidelberg, l’a retrouvée sur deux clichés du 13 juillet 1904 et du 9 janvier 1894, comme une faible étoile de 12° à 13e grandeur.
- A Potsdam, un cliché pris par M. Hertzprung, le 22 mai 1910, et donnant les étoiles jusqu’à la 11“ grandeur, ne montre pas la Nova, qui, sans doute, était plus faible.
- M. E.-E. Barnard, à l’observatoire Yerkes (États-Unis), l’a retrouvée sur trois photographies du 7 août 1907, et des 22 et 24 août 1909. Une étoile de 14“ grandeur occupe la position exacte de la Nova. Il en est de meme sur un cliché obtenu à la lentille Willard de 0,15 m. de l’observatoire Lick, le 11 octobre 1893, par M. Barnard. Ces diverses photographies semblent révéler, en outre, une légère variation d’éclat de une grandeur, d’un cliché à l’autre.
- Ainsi donc, depuis 17 ans, depuis 1893, la petite étoile du Lézard était de 14e grandeur environ.
- Le 19 novembre 1910, elle devait être encore bien peu lumineuse, puisqu’un cliché de ce soir-là, pris par M. E. C. Pickering, à l’observatoire de Harvard College, et sur laquelle on voit les étoiles de la 10e grandeur, ne la montre pas. Mais la vibration lumineuse, partie de l’étoile au moment du cataclysme et marchant à raison de 300 000 kilomètres par seconde — depuis combien d’années, nous ne pouvons le dire —,arrive à la Terre ; et une photographie du 23 novembre 1910, donc prise quatre jours après la précédente, montre la Nova à son éclat
- 1. On découvre même d’ « anciennes novæ » en examinant, purl'ois plusieurs années après leur obtention, des clichés stellaires et en les comparant à d’antres d’une époque diü’é-rente de la même région. On a pu ainsi retracer l’histoire complète de certaines étoiles temporaires qui étaient déjà retombées à leur minimum d’éclat lorsque leur existence lut révélée. Une importante collection de clichés, comme celle réunie à l’observatoire de Harvard College, a montré déjà plusieurs de ces astres éphémères qui ont été signalés par Mm° Fleming, conservatrice des photographies de ce célèbre établissement.
- maximum, comparable à l’étoile 9 Lézard, et de l’éclat photographique de la 5e grandeur. Le 7 décembre 1910, l’éclat est encore le même. Mais le 30 décembre, il était réduit à 7,0 et le 51 à 7,1 ou 7,2,
- Ainsi, grâce à la photographie, nous savons que, antérieurement à la découverte visuelle, l’explosion — ou du moins son image — nous a atteints entre le 19 et le 25 novembre. Et, de la 15e grandeur à la 5e, telle est la variation formidable survenue dans la petite étoile, dont l’éclat s’est trouvé tout à coup amplifié quinze cents fois environ.
- Depuis le 50 décembre, l’étoile a été observée visuellement. Il est possible que son éclat ait un peu augmenté dans la première décade de janvier. Voici d’ailleurs quelques observations :
- llalc. Observateur. Lieu. Éclat observi
- 50 décembre M. T. E. Espin. Tow Lan. 8,0
- 1er janvier M. Van Biesbroeck. Ucele. 7,4
- 7 — M. F. de Roy. Anvers. 7,8
- 10 — M. Milloscvich. Rome. 7,4
- 10 — M. Milloscvich. Rome. 7,7
- 16 — M. F. Quénisset. Juvisy. 8,0 ±
- 17 — M. F. Quénisset. Juvisy. 8,0 ±
- Une observation M. Barnard. Dans la grande lunette de 1,05 m. de l’observatoire Yerkes, l’image de la Nova du Lézard a montré la même particularité déjà présentée par la Nova des Gémeaux, découverte par M. Turner en 1905. Elle donnait lieu à deux images focales distinctes et nettement séparées. Une de ces images se formait au foyer habituel et était peu colorée, bordée seulement d’une flamme ou auréole rougeâtre.
- L’autre image,1' également bien définie et d’une belle couleur « cramoisie », était entou-
- curieuse a été signalée par
- Carie de la constellation du Lézard avec l’Etoile nouvelle d'après une photographie prise à Vobservatoire Flammarion, de Juvisy,par M.F. Quénisset, le iô janvier içn. (La Nova est entourée d’une petite circonférence.)
- il-
- rée d’une auréole gris verdâtre. Elle était située environ 8 mm. plus loin de l’objectif que la première (les mesures ont donné 8,9 mm, le 5 janvier ; 7,6 mm. le 8 janvier).
- M. Barnard n’a jamais vu cette particularité dans d’autres étoiles et il est vraisemblable qu’on peut
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- LA PESTE EN EXTRÊME-ORIENT
- l’expliquer par le grand éclat de la radiation Hx de l’hydrogène dans la Nova, ainsi que cela résulte des spectrogrammes1.
- Les photographies du spectre prises par M. Idrac, à l’observatoire de Meudon, par les professeurs W. Munch et Eberhard, à l’observatoire astro-phy-sique de Potsdam et par M. Max Wolf, à Heidelberg, ont montré, en effet, au début de janvier, un spectre continu avec une série de lignes brillantes. A l’ex-
- ception de quelques lignes plus faibles, ce sont surtout les lignes de l’hydrogène, larges et brillantes, qui dominaient dans le spectre, de Hz à Hyj, et une bande très brillante en X 4654. La ligne du potassium semblait être indiquée faiblement.
- Gomme la plupart des novæ, cette étoile du Lézard a été le théâtre d’une formidable explosion, d’un embrasement invraisemblable dont l’hydrogène semble avoir fait tous les frais. Em. Touchet.
- LA PESTE EN EXTRÊME=ORIENT
- Une terrible épidémie de peste sévit actuellement en Mandchourie, aux environs de Kharbine. La mortalité est considérable, et dans certains villages elle serait de 100 pour 100.
- La Chine a d’ailleurs toujours été la terre de prédilection de la peste. Il existe, dans la province de iYunnan, un foyer qui, au même titre que les deux /•foyers indiens de Guhrwal et de Pâli, sont considérés comme les deux foyers primitifs de la peste. Le Yunnan constitue donc une menace constante pour la Chine et le Tonkin. Habituellement c’est par Lieuchu et Pakhoï que la Chine est envahie. En 1894, la peste fut transportée de Pakhoï à Canton où elle fît 180 000 victimes, puis à Victoria, capitale de Hong-Kong, où elle enleva 12 000 Chinois dans le quartier indigène. A côté de ce foyer primitif, il existe des foyers secondaires, dont les plus connus sont ceux de Tripolitaine, d’Assyr, district montagneux du sud du Hedjaz, dont la proximité de la Mecque fait craindre la propagation par les pèlerins musulmans ; le foyer d’Irak-Arabi, l’ancienne Mésopotamie d’où la peste a envahi la Perse en 1877 et le Turkestan russe en 1898; enfin le foyer de l’Ouganda, récemment découvert par Koch, qui est situé en Afrique entre le lac Albert et le lac Victoria ; ce foyer, en raison de l’importance militaire et économique qu’a prise le territoire, peut constituer un véritable danger pour l’Europe.
- La peste a exercé ses ravages dès la plus haute antiquité. Il est difficile cependant d’assimiler à la peste actuelle les épidémies extrêmement graves connues dans l’histoire sous le nom de peste d'Athènes (430 avant J.-C.), de peste d'Antonin sous Marc Aurèle (166 avant J.-C.), de peste de Carthage (255 à 265). Ces trois maladies épidémiques semblent avoir disparu de la surface du globe, car leurs symptômes ne concordent plus avec
- 1. 11 convient de remarquer que l'achromatisme de l’objectif n’étant pas réalisé pour les rayons rouges, ceux-ci forment leur foyer plus loin que les rayons plus lumineux, pour lesquels l’objectif a été corrigé. G’est un phénomène du même genre qui a donné lieu à l’auréole photographique enregistrée en 1901, autour de la Nova de Persée, par MM. Flammarion et Antoniadi, à l’observatoire de Juvisy. Les rayons bleus et violets se croisant en avant de la plaque ont donné pour celle étoile, autour de l’image jaune photographique sur laquelle la mise au point était effectuée, une auréole qui, tout d’abord, parut énigmatique et ne fut expliquée qu’un peu plus tard.
- aucune autre affection actuelle. La première épidémie de peste authentique est connue sous le nom de peste de Justinien (542) ; partie du delta du Nil, elle ravagea d’une part la Perse, d’autre part le littoral méditerranéen. En France, la mortalité fut si considérable, qu’au dire de Grégoire de Tours, on ne peut évaluer le nombre des victimes. Du xi° au xiv° siècle, on compte en Europe 32 épidémies. Ce fut pendant l’une d’elles, lors de la dernière croisade, en 1270, que saint Louis mourut devant Carthage. Mais celle qui laissa la plus profonde impression, si l’on en juge d’après les nombreuses relations des historiens, des poètes et des médecins, fut la terrible peste noire du xive siècle. Elle partit de Chine en 1534, puis envahit successivement l’Inde, la Perse, la Russie, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, enfin l’Angleterre et la Norvège (1347-1351). Ce fléau exerça des ravages considérables, il détruisit 25 millions d’habitants sur les 105 millions que l’Europe comptait alors. D’après un rapport adressé au pape Clément VI, on évalue à 42 856486 le chiffre de décès du monde entier. Il régnait partout une véritable terreur. On accusa les Juifs d’avoir empoisonné les puits en y jetant une mixture faite d’araignées, de sang de bubons et d’animaux venimeux. Ce fut le prétexte de persécutions terribles qui coûtèrent la vie à des milliers de Juifs.
- Aux xvic et xvue siècles, on signale quelques épidémies plus restreintes en Italie (1575), à Londres (1665), en Suisse (1669). En 1720 éclata la fameuse épidémie de Marseille, célèbre à cause du dévouement de l’évêque Belzunce ; importée de Sÿrie par le navire le Grand Saint-Antoine, elle fit en 15 mois 40000 victimes à Marseille et ravagea ensuite la Provence. En 1743 : 43 000 personnes moururent à Messine, et en 1770,survint l’épidémie de Moscou.
- A la fin du xvme siècle et au début du xixe, l’Égypte a été,un foyer permanent de peste. On n’y compte pas moins de 21 épidémies de 1783 à 1844. La plus célèbre est l’épidémie de 1799 qui fit périr 2000 hommes de l’armée française au siège de Saint-Jean-d’Acre.
- En 1878-79, du foyer d’Irak-Arabi, la peste envahit la Perse, puis Astrakan1 etWetlianka, aux portes de
- 1. On a signalé récemment des cas de peste bubonique à Astrakan (février 1911).
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- LA PESTE EN EXTRÊME-ORIENT
- la Russie. L’Europe ne fut préservée du fléau que grâce aux mesures énergiques du comte Loris Me-likof, qui entoura les localités atteintes d’un triple cordon sanitaire et qui brûla les effets et les maisons des pestiférés. En 1894, le foyer endémique du Yunnan se réveilla brusquement et envoya des irradiations ci Canton et à Hong-Kong, puis à Bombay (1896). De là, l’épidémie se Iransporta un peu partout : à Maurice (1899), la Réunion, Tamatave, l’Australie, la Nouvelle-Calédonie; puis en Egypte, au Portugal (Oporto 1899), en Angleterre (Glascow 1900); Londres, Marseille réussirent à étouffer les épidémies dans les navires ou au lazaret. En août 1905, la peste débarqua avec des chiffons venus de Bombay dans la banlieue de Marseille à la carton-
- 221
- peste des rongeurs et celle des hommes se trouve dans la Bible. Dans le livre I de Samuel, on raconte que, lorsque les Philistins volèrent aux Juifs le tabernacle, ils furent punis par Dieu qui leur envoya la peste. Pour en être débarrassés, ils durent faire un sacrifice de cinq rats et de cinq souris en or. Au xive siècle, le rat noir venant d’Asie se répandit en Europe et fut si insupportable qu’il fut excommunié par l’Église. Son arrivée coïncida avec la fameuse épidémie de peste noire. Cette idée de relation entre la peste des rats et la peste de l’homme s’était conservée en Orient ; mais en Europe, elle semblait oubliée. Il y a quelque 50 ans, un consul de France en Chine, Rocher, insistait sur la mortalité des rats qui précède et accompagne les
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- Fig. 1. — Carie des épidémies modernes de peste. Les taches noires désignent les foyers permanents.
- nerie Saint-Barnabé. Mais l’épidémie fut vite enrayée. A l’occasion et à la suite de la guerre Sud-Africaine les relations directes entre l’Inde et le Cap se multiplièrent et la peste débarqua à plusieurs reprises au Natal et au Transvaal; l’épidémie finit même par traverser l’Atlantique, frappant pour la première fois l’Argentine, le Paraguay, le Brésil (1903), le Venezuela (1905).
- On le voit, la peste a erré par le monde depuis des siècles, sans qu’aucun effort humain réussît à arrêter sa marche irrégulière et capricieuse. Il faut arriver aux temps modernes pour voir se préciser les causes de cette maladie. A vrai dire, les Chinois savaient depuis une haute antiquité que la peste leur était apportée par les rats, et ils désignaient la peste sous le nom de « maladie du rat ». Le document le plus ancien qui parle d’un rapport entre la
- épidémies de peste ; il en concluait simplement que la peste était due à des miasmes dégagés par le sol si bien que les petits animaux vivant dans les égouts ou sous la terre étaient atteints les premiers. Cette idée, empruntée aux indigènes et aux missionnaires de Chine, a prévalu jusqu’aux expériences par lesquelles Yersin démontra qu’un microbe faisait périr à la fois les rats et les hommes.
- C’est en juin 1894, au cours de l’épidémie de Hong-Kong que deux bactériologistes, Kitasato, délégué par le Japon, et Yersin désigné par l’Institut Pasteur de Paris, furent envoyés pour étudier la peste et rechercher son microbe. Le 7 juillet 1894 Kitasato annonçait qu’il avait réussi à isoler et à cultiver ce microbe; le 30 juillet de la même année Yersin faisait la même communication. Mais chacun des savants avait décrit un microbe différent, et il
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- 222 .... —— LA PESTE EN EXTREME-ORIENT
- est actuellement prouve' que le véritable microbe de la peste est le microbe de Yersin, et que celui de Kitasato ne joue aucun rôle dans la maladie. Le microbe-de Yersin est un coccobacille, c’est-à-dire
- un bacille court, trapu, dont les deux extrémités se colorent fortement et laissent entre elles un espace central plus clair. C’est donc un microbe en navette (fig. 4). Ce bacille pesteux est retiré, à l’état de pureté, des ganglions dans la forme bubonique, des crachats dans la formepneumonique, du sang danslaforme septicémique.
- C’est qu’en effet, les manifestations de la peste ne sont pas toujours identiques. Après une incubation de 24 heures à 5 jours, la peste peut évoluer différemment. Parfois le malade est pris brusquement, en pleine santé apparente, d’un frisson intense ; la fièvre monte à 40 et même 42 degrés : il existe de violentes douleurs de tête, du délire, du vertige; le malade tombe rapidement dans le coma et meurt au bout de 24 ou 56 heures, sans avoir présenté aucun signe apparent de la peste : c’est la forme foudroyante ou septicémique.
- Mais la forme la plus fréquente est la forme bubonique. Ici la caractéristique est le bubon, c’est-à-dire un engorgement ganglionnaire douloureux siégeant soit aux aisselles, soit à l’aine, soit au cou, et qui apparaît souvent dès lë 1er jour, parfois seulement du 2e au 4e. Ces bubons forment des tumeurs dures atteignant le volume d’une noix, d’un œuf de poule, quelquefois même celui d’une tête d’enfant (fig. 5 et 5) Ce bubon peut disparaître de lui-même ou au contraire suppurer, à moins que la mort ne vienne interrompre le.cours de la maladie. Le pus contient un grand nombre de bacilles pesteux. Ordinairement l’apparition du bubon est précédée de fièvre qui peut monter brusquement à 39° et 40°. Simond a insisté sur un signe fréquent du début, c’est une tache lenticulaire ressemblant à une piqûre de puce ou de punaise qui devient douloureuse, l’épiderme se soulève : il se forme une bulle, une phlyctène (fig. 2) contenant un liquide d’abord transparent, puis trouble et sanguinolent. Parfois la peau se gangrène à ce niveau, mais l’escarre noirâtre dépasse rarement le diamètre d’une pièce de 5 francs, cette forme constitue le charbon pesteux. Dans certains cas, il existe des hémorragies multiples se formant
- sur le nez, la bouche, l’intestin; des hémorragies cutanées soit punctiformes, soit en nappe siégeant au cou, sur la poitrine et les membres; parfois, elles sont si nombreuses que la peau en reste bigarrée comme si elle avait été fouettée, c’est la forme hémorragique ou peste noire.
- Certaines épidémies (comme l’épidémie actuelle de Mandchourie) se caractérisent par la fréquence des phénomènes pulmonaires : cette forme, dont la mortalité est extrêmement élevée, constitue la peste pneumonique ou pneumonie pesteuse. La maladie débute par des frissons, un malaise, des nausées, de la fièvre, un point de côté, de la gène respiratoire, puis apparaissent des crachats d’abord aqueux, puis rosés, souvent nettement sanguinolents, et riches en bacilles de Yersin. La langue devient sèche, le pouls rapide, le délire s’établit et la mort survient au bout de 5 à 5 jours.
- Telles sont, brièvement résumées, les différentes formes que peut revêtir la peste. Les formes pneumonique et septicémique sont particulièrement graves. La forme bubonique peut parfois guérir. Dans ces formes atténuées, les bubons sont ordinairement indolores, évoluant sans fièvre et se terminent soit par résolution, soit par suppuration.
- Toutes les races présentent à peu près la même réceptivité vis-à-vis de la peste, mais toutes n’offrent pas la même résistance au virus. Dans l’Inde, la mortalité des Européens n’a été que de 58 à 59 pour 100, alors que la mortalité des Musulmans a été de 70 pour 100, celle des Indous de 80 et même 90 pour 100 dans les castes inférieures; une première atteinte confère généralement l’immunité.
- Comment se propage la peste? Il a fallu de
- Fig. 3. — Bubon de la face (planche de VInstitut Pasteur).
- nombreux efforts pour aboutir, après plusieurs années, à percer le mystère du mécanisme assez compliqué par lequel se fait la transmission et à préciser les conditions nécessaires à la manifestation d’une épidémie. On sait aujourd’hui qu’une épidémie de peste est toujours précédée d’une épizootie
- Fig. 2. — Comment commence la peste; phlyctène initiale de la jambe.
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- murine, et parmi les espèces qui sont particulièrement sensibles au virus pesteux, il faut signaler le surmulot (mus decumcinus), le rat de grenier (mus rattus), la souris domestique (mus. musculus). Il est aujourd’hui établi que la peste du rat et celle de l’homme constituent une seule et même maladie : identité des lésions, identité de microbe. Zabolotny, le directeur actuel des services sanitaires on Mandchourie, a attiré l’attention sur un rongeur de Mongolie, une sorte de marmotte, YArctomys Bobac ou Tarabagane qui présente de temps en temps des gonflements ganglionnaires ; sa chair sert de nourriture aux indigènes, et sa fourrure est fort appréciée. D’après certaines dépêches, ce seraient les peaux de ces animaux tués en grand nombre par les chasseurs chinois, au commencement de l’hiver, qui auraient déterminé l’épidémie actuelle de Mandchourie.
- D’autres animaux sont encore sensibles à la peste et susceptibles de la propager : tels l’écureuil de l’Inde (Sciurus palmarum), les singes, les chats et les chiens. Mais c’est le rat qui, sans contredit, est le commis voyageur habituel de la peste.
- Pour expliquer la propagation de la peste parmi les rats, on a invoqué la transmission alimentaire, les rats vivants dévorant les cadavres des rats morts. Il n’en est rien. Loin de là, les rats sains, inquiets d’un voisinage si suspect, émigrent rapidement vers des cieux plus cléments. On a pensé également que les rats sains contractaient la. peste au contact des sécrétions nasales très virulentes des rats pesteux.
- Fig. 4. — Le microbe de la peste; frottis de bubon vu au microscope (planche de l’Institut Pasteur).
- Ce mode de contagion, s’il existe, doit être exceptionnel, car le rat meurt de peste bubonique et non de peste pneumonique. Tout porte à croire, au contraire, que la trànsmission de la peste s’opère d’une façon active, qu’elle relève d’un agent vivant, et enfin que cet agent est un parasite commun au
- rat et à l’homme, susceptible de passer de l’un à l’autre, suivant les circonstances.
- C’est à P.-L. Simond, médecin des troupes coloniales, que revient l’honneur d’avoir démontré que
- Fig. 5. — Un pestiféré atteint d’un bubon de Vaisselle fi. (planche de l'Institut Pasteur).
- la puce est ce parasite qui joue le rôle important dans cette transmission du rat au rat et du rat à l’homme. Parfois, la punaise peut se substituer à la puce comme agent de transmission d’homme à homme, mais à titre exceptionnel ; on a également accusé les mouches, les moustiques de transporter le virus pesteux, sans preuves d’ailleurs.
- Parmi les nombreuses espèces de puces, quelques-unes seulement concourent à la transmission de la peste; d’abord les espèces qui piquent habituellement le rat (Ctenopsylla musculi; Cerato-phyllus fasciatus) ; puis toules les espèces capables de piquer alternativement le rat et l’homme, telles la puce de l’homme (Pulex irritons), la puce du rat (Pulex cheopis), la puce du chat [Pulex felis), la puce du chien (Pulex serraticeps) ; de toutes ces puces, celle du rat est l’agent le plus habituel de transmission de la peste.
- Le microbe de Yersin, absorbé avec le sang du rat par la puce, se multiplie dans son estomac. Le nombre des microbes s’accroît jusqu’au 4e jour, puis décline. Ces microbes peuvent persister pendant 21 jours; la durée du pouvoir infectant de la puce est donc considérable, mais ce pouvoir est surtout marqué pendant les deux premiers jours qui suivent la piqûre du rat. Simond a minutieusement étudié le mécanisme par lequel la puce transmet le microbe de Yersin. Après avoir enfoncé sa trompe dans les tissus, la puce projette de la salive dans la plaie qu’elle vient de creuser. On pourrait croire que la puce infectée injecte le virus avec la salive, comme cela se passe pour l'agent du paludisme qui, de l’estomac du moustique, passe dans ses glandes salivaires et est injecté dans les tissus pendant la piqûre. Il n’en est rien. Le bacille de Yersin, introduit dans l’estomac de la puce, ne peut arriver aux glandes salivaires. Simond a remarqué que la puce, pendant la succion, quand elle commence à être gorgée de sang, vide en partie son tube digestif et dépose le plus souvent ses déjections, riches en microbes pesteux, au voisinage immédiat du point piqué. C’est par cette voie que l’organisme est infecté.
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- Cette transmission parasitaire est donc bien démontrée pour la peste bubonique. En ce qui concerne la peste pneumonique, celle qui sévit en
- oculaire (comme dans le cas d’une infirmière de Bombay), pour transmettre la peste. La peste bubonique engendre, en effet, presque toujours la peste pneumonique et sa transmission semble indépendante de l’intervention des rats.
- Cependant, diverses objections se présentent à l’esprit. S’il est permis d’affirmer que, chez les indigènes de la basse classe de Chine et de l’Inde, ignorants des règles les plus élémentaires de l’hygiène, la transmission directe soit fréquente, il est plus difficile de penser qu’il en est de même pour les médecins et les infirmiers si souvent victimes de leur dévouement. Ceux-ci, conscients du danger, familiarisés avec la propreté et l’antisepsie médicales, ont dû se garantir le visage et les mains contre les souillures des mains, des vêtements ou des crachats des pestiférés. Comment expliquer cette contagion?
- Simond a remarqué que la transmission de la peste se produit, non pas tant durant la maladie que peu avant ou même après la mort du malade, c’est-à-dire à partir du moment où les microbes pullulent dans le sang; il en déduit que, même dans la forme pneumonique, la transmission s’effectue également par l’intermédiaire des puces. Ainsi s’expliquent les cas de peste survenus parmi les personnes ayant veillé un cadavre pesteux. Ainsi s’explique la contagion plus fréquente dans les cases indigènes où pullulent les parasites, que dans les hôpitaux, où la literie est bien tenue.
- Fig. 6, 7, 8. — Un pestiféré atteint de la peste depuis 2 heures; un cordon de troupes chinoises empêchant les habitants suspects de quitter les territoires contaminés ; la gare de Kharbine.
- Mandchourie, le mécanisme de la contagion est plus simple. La sécrétion nasale, les crachats des pestiférés renferment en abondance du bacille de Yersin, il suffit d’une parcelle de crachat arrivant au contact de la muqueuse nasale ou de la conjonctive
- Cette notion de la transmission parasitaire de la peste constitue le fondement de l’hygiène et de la prophylaxie de la maladie.
- La partie essentielle de la défense contre la peste est la destruction des rats. L’idée de déclarer à ces
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- rongeurs une guerre d’extermination est partie du Danemark, où Zuschlag a e'té l’apôtre de cette nouvelle croisade. En France, Granjux a cto l’initiateur
- surtout pour la destruction des rats dans les calles des navires; enfin le système des primes qui a été reconnu le plus efficace et qui a été' adopté par
- Fig. g. — Un foyer- de peste : campement de Chinois en Mandchourie.
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- du mouvement. Tous les procédés employés pour la destruction des rats se réduisent à 5 systèmes : les préparations toxiques (mort aux rats à base d’acide arsénieux, phosphore, strychnine), le virus de
- l’Angleterre, dans l’Inde et le Hong-Kong, et par la France au Tonkin. À Hanoï, la prime était de 10 cents par rat au début ; mais, devant la fraude des indigènes qui se faisaient expédier des rats des
- Fig. io. — La limite d’un campement Chinois.
- Danysz (culture d’un bacille spécial, virulent pour les rats, et absolument inolîensif pour l’homme et les animaux domestiques), les pièges à rats employés surtout par les chasseurs de rats, les gaz asphyxiants (oxyde de carbone, acide sulfureux, formol) utilisés
- frontières de Chine, on fut obligé de la ramener à 1 cent. En un mois, 640000 rats furent exterminés.
- Tout malade atteint de peste et tout cas suspect doit être signalé à l’autorité sanitaire et dirigé immédiatement sur un hôpital spécial et isolé.
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- Toute maison où s’est produit un cas de peste doit être soumise à une désinfection sévère qui a surtout pour but d’atteindre les puces et les rats. Quand il s’agit de cases malpropres d’indigènes, où la désinfection est impossible, le procédé le plus efficace est la destruction par le feu du village, des vêtements souillés, et même en cas de grande épidémie, l’incinération des cadavres.
- La quarantaine d’isolement des habitants ou du navire contaminés ne sera levée qu’après l’extinction de l’épidémie; on ne rendra leur liberté aux sujets suspects qu’après une nouvelle désinfection du corps et des vêtements.
- Ce sont ces moyens prophylactiques qu’a employés le iDr Oswald Cruz pour combattre la peste quia sévi à Rio de Janeiro de 1900 à 1909. Les résultats ont été très concluants. En 1905, on compte 142 décès; en 1906, 115; en 1907, 70; en 1908, 53; en 1909, 15 décès seulement.
- Il existe enfin une méthode qui doit être placée au premier rang des moyens qui peuvent coopérer à la préservation des habitants d’un foyer : la vaccination, elle doit être recommandée à tous et imposée à ceux qui provenant de maisons pestiférées peuvent se trouver en période d’inoculation.
- Parmi les méthodes de la vaccination préventive, citons le sérum préparé par Roux, Yersin, Calmette et Borel dès 1894, en immunisant le cheval contre la peste par l’injection de cultures de peste en bouillon tués à 65°. L’injection de 10 cm5 de sérum du cheval ainsi immunisé, complètement indolore, immunise l’homme immédiatement; mais la durée de l’immunité n’est que de 10 jours au minimum; il faut donc au bout de ce temps renouveler l’injection.
- La lymphe de Haffkine, qui est une culture de peste en bouillon tuée par la chaleur, n’immunise l’homme qu’à partir du 8e au 12e jour, objection grave en temps d’épidémie, mais l’immunisation est de plus longue durée qu’avec le sérum de Yersin. Par contre, l’injection est très douloureuse; elle provoque des réactions locales et générales très vives. Aussi les Asiatiques opposent-ils une vive résistance à l’injection préventive du vaccin. Yersin et Carré ont essayé de pratiquer la vaccination à la lancette, comme pour le vaccin jennerien, à l’aide de bacilles pesteux atténués vivants. Mais cette méthode n’a pas encore été employée sur une grande échelle dans des foyers épidémiques.
- D’autres vaccins obtenus par émulsion de cultures sur gélose tuées par la chaleur, ont été préparés par Calmette, par Besredka, par Lustig et Galeotti. Les propriétés vaccinantes de ce vaccin au laboratoire sont très encourageantes : il est à souhaiter qu’on les utilise dans le vaste foyer de peste actuel.
- Actuellement deux sérums ont été essayés dans le traitement de la peste une fois déclarée : le sérum antitoxique de Lustig a donné une mortalité de 59,1 pour 100 dans l’épidémie de Bombay en 1898. Le succès dépend de la précocité de l’injection. Trois cas
- de septicémie ont guéri, parce que l’injection a pu être faite le 1er jour; mais la forme pneumonique semble incurable.
- Le sérum antitoxique et antimicrobien de Yersin a donné des résultats fort variables. Pendant ses premiers essais en Chine, Yersin avait obtenu des résultats magnifiques : 21 guérisons sur 22 cas. Plus tard dans l’Inde, les statistiques furent moins favorables (49 pour 100 de mortalité). A la Réunion la mortalité des cas traités par le sérum fut de 38,8 pour 100, tandis que celle des cas non traités par le sérum fut de 80,3 pour 100. Comme précédemment, il faut agir vite et énergiquement. En 1897, à Bombay, les pestiférés inoculés le 1er jour avec le sérum de Yersin donnèrent une mortalité de 12 pour 100; ceux qui le furent le 4e jour donnèrent une mortalité de 60 pour 100.
- En somme, nous ne possédons actuellement de vaccin ni de sérum dont le pouvoir préventif et curatif soit absolument efficace. Dans l’épidémie actuelle, tous les sérums sont également impuissants. On a même fait quelques injections avec le nouveau composé arsenical d’Ehrlich, on obtint une légère amélioration, rien de plus. Mais ce traitement n’est guère applicable dans les circonstances actuelles.
- Le gouvernement chinois a fait appel aux gouvernements étrangers, demandant des médecins pour rechercher les causes de la peste et les méthodes préventives à employer contre elle. Les médecins européens, sous la direction du docteur russe Zabolotny, sont installés dans un wagon de chemin de fer. Tous ont été inoculés avec le lymphe Haffkine ; ils sont pourvus de masques avec tampon de gaze iodoformée, de bottes en toile cirée et de vêtements spéciaux pour approcher les pestiférés.
- Dans l’épidémie actuelle le rôle des médecins est plus sanitaire que médical. Pour éviter la contagion par les cadavres pestiférés, le seul moyen vraiment pratique et radical est la destruction par le feu des villages et l’incinération des cadavres. Plus de 2000 cercueils, renfermant les cadavres des pestiférés, furent brûlés dernièrement à Kharbine par ordre du gouvernement chinois. La terre est trop gelée pour qu’on puisse ensevelir les morts.
- Le froid intense qui sévit, en effet, actuellement en Mandchourie, loin d’enrayer la marche du fléau, est un facteur nouveau du désastre. La population est pauvre; les gens, affolés de froid, s’arrachent les vêtements des morts, et le fléau fait toujours de nouvelles victimes. Comment faire comprendre à cette race, insouciante du danger, lafolie de son acte !
- Souhaitons que les mesures sanitaires énergiques prises par les gouvernements chinois, russe et japonais encerclent le foyer actuel et arrêtent la marche de la peste vers l’Europe.
- Adressons aussi aux médecins européens, qui là-bas luttent contre le fléau, et dont plusieurs déjà sont morts, victimes de leur dévouement, modestement, en héros, le tribut de notre sympathie et de notre admiration. Dr R. Burnier.
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- LE GYROSCOPE ET L’AÉROPLANE
- Bien des inventeurs ont cherché dans le gyroscope un remède au défaut de stabilité dont souffre l’aéroplane et qui nous a valu les douloureux accidents de l’année 1910.
- Le gyroscope est un merveilleux appareil de mécanique ou de physique expérimentale; il constitue à bien des égards un remarquable stabilisateur automatique ; mais ses propriétés paradoxales risquent fort de rendre son emploi en aviation assez décevant; les inventeurs feront sagement de les méditer.
- Le gyroscope, brutalement appliqué à l’aéroplane, serait sans doute plus dangereux qu’utile. La preuve, c’est qu’il existe déjà à bord de tous nos oiseaux artificiels, un important gyroscope constitué par les masses tournantes des moteurs et de l’hélice, et qu’il faut très probablement lui imputer une bonne part des accidents d’aviation. La théorie du gyroscope nous conseille déjà la méfiance ; divers auteurs, en particulier M. Noalhat dans son livre : Navigation aérienne et Navigation sous-marine, l’ont signalé fort nettement; des expériences très simples, mais très probantes, exécutées par M. Bouchaud-Praceiq devant la Société des ingénieurs civils, sont venues confirmer les indications théoriques.
- La théorie définit gyroscope un solide de révolution tournant avec une grande vitesse autour de son axe de figure. Elle en étudie les propriétés lorsque l’axe a un point fixe. Elle montre alors que l’effort à exercer sur un point de cet axe pour lui donner une vitesse déterminée est proportionnel à cette vitesse et à la vitesse de rotation du gyroscope1 ; dans ce principe réside la vertu stabilisatrice du gyroscope. Son axe ayant une direction déterminée, il faudra des efforts très considérables pour le faire dévier, il tendra à se déplacer toujours parallèlement à lui-même.
- Mais, d’autre part, si l’axe vient à céder, il va prendre une direction en apparence paradoxale, car le point d’application de l’effort déviateur se déplacera perpendiculairement
- Fig. i. — L’axe d’un gyroscope, fixé en O, et tournant dans le sens de la flèche, se déplace dans le sens C quand on exerce sur lui une traction dans le sens BB'.
- '1. La formule est F = —— i F désignant l’effort à exercer
- pour donner à un point de l’axe la vitesse Y, n est la vitesse de rotation du gyroscope, l la distance du point d’application de l’effort au point fixe, G un coefficient constant. Remarquer l’inlluence de la distance du point d’application de l’effort. Les gouvernails, très éloignés du corps de l’appareil, réduisent considérablement les effets gyroscopiques.
- à l’axe et à 90° de la direction de l’effort. L’expérience peut se faire aisément sur un de ces gyroscopes jouets dont foisonnent les boulevards à l’approche du Nouvel An. Exercez avec une ficelle une traction suffisante sur l’axe d’un de ces petits appareils en mouvement; ne croyez pas qu’il va céder à votre effort et se déplacer dans la direction où vous tirez.
- Il part à 90° de la ficelle.
- Bevenons à l’aéroplane; pour étudier son équilibre, il faut considérer l’appareil dans son mouvement relatif par rapport à l’air, et c’est alors un solide pouvant tourner autour de son centre de gravité. Celui-ci est, sur
- 30" 25” 20" 15" 10” a*,
- Duree des virages en secondes (temps décroissant)
- S" 4" 3" 2" l" 0"
- Fig. 2. — Courbe établie par M. Bouchaud-Praceiq montrant la face des réactions gyroscopiques en fonction de la vitesse des virages.
- beaucoup d’appareils, très voisin de l’axe de l’hélice et du moteur, et nous nous trouvons alors presque dans les conditions théoriques du gyroscope précédent, avec cette différence toutefois, que les parties tournantes à bord de l’aéroplane ne constituent pas un solide de révolution homogène.
- Que va-t-il se passer au cours des diverses manœuvres imposées à l’aéroplane? Prenons d’abord un virage : le pilote en tournant son gouvernail de direction, imprime un effort sur l’axe de l’aéroplane; celui-ci, en vertu de ses propriétés gyroscopiques, refuse de céder et ne dévie que faiblement, donc impossibilité de prendre des virages brusques : direction quelque peu paresseuse; en même temps la seconde propriété du gyroscope joue ; le point d’application de l’effort, ici l’extrémité de l’appareil, file, perpendiculairement à l’axe et à la direction de l’effort sur le gouvernail, donc vers le sol ou vers le ciel : l’appareil se cabre ou pique du nez. Les pilotes connaissent du reste parfaitement ces phénomènes et ne s’en inquiètent guère, car ils ont l’habitude, précisément pour les rendre inoffensifs, de manœuvrer dans les virages non seulement le gouvernail de direction, mais aussi l’équilibreur qui annule les effets de cabrage ou de renversement.
- Cela est fort bien, si l’aviateur a le temps ou l’espace pour effectuer correctement son virage. Mais qu’il soit obligé pour une raison ou une autre de tourner court, il agit violemment sur son gouvernail; l’effort gyroscopique répond immédiatement avec la même brutalité; l’appareil s’incline brusquement dans un sens ou dans l’autre ; si l’aviateur
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- 228 : ---: LE PÉTROLE DANS LES CHAUDIÈRES MARINES
- est près du sol, il n’a pas le temps de réagir et viendra s'abîmer contre terre ; même à grande hauteur, si l’inclinaison ainsi imprimée à l’axe de l’appareil dépasse un certain angle, il devient impossible de reprendre appui sur l’air, l'appareil tombe comme un caillou.
- Une brusque saute de vent, le passage dans des remous, dans le courant d’air d’une vallée, produira le même effet qu’un virage brusque, avec cette circonstance aggravante que le pilote sera cette fois pris absolument à l’improviste.
- M. Bouchaud-Praceiq a calculé pour les aéroplanes actuels, en tenant compte de la proportion du poids des masses tournantes au poids total, la puissance de l’effet gyroscopique et l’a représentée sur la courbe de lafig. 2 ; on y voit très nettement combien l’effet déviateur et dangereux croît avec la « sécheresse du virage ». Pour un virage lent (15 à 20 secondes par exemple) l’effort gyroscopique peut à la rigueur être considéré comme négligeable ; mais plus le virage devient sec, plus la perturbation devient violente, elle A prend la forme de chocs de plus en plus ’ïï brutaux. A l’appui de sa théorie, M. Bouchaud-I! Praceiq a monté, comme l’indique la fig. 3, J \ deux gyroscopes, sur une planchette de bois I | représentant un aéroplane (sans organes de ' !
- Fig. 3. — Dispositif expérimental de M. Bouchaud-Praceiq. Deux gyroscopes montés sur une planchette représentant l’aéroplane. Quand les deux gyroscopes tournent ensemble et dans le même sens, on ne peut faire virer la planchette sans la faire capoter.
- direction et d’équilibrage). Il a respecté approximativement les proportions de la réalité entre les masses tournantes et les masses fixes; or si l’on met les deux gyroscopes en rotation dans le même sens (cas du moteur et de l’hélice en mouvement), il est impossible de faire virer la planchette, sans avoir à développer un effort considérable, et en même temps sans incliner la planchette sur le plancher ou le plafond. Si un seul gyroscope est en mouvement, le virage devient plus aisé; si tous deux sont arrêtés, ou s’ils
- tournent en sens inverse, le virage ne donne plus aucune inclinaison longitudinale à la planchette; dans le dernier cas, celui où les gyroscopes se neutralisent en quelque sorte, leur présence n’est cependant pas inutile, car ils donnent à la planchette une grande stabilité sur sa trajectoire.
- Si l’on se reporte aux relations des accidents d’aviation récents, de ceux pour lesquels aucune explication plausible n’a pu être fournie, on voit que souvent la catastrophe s’est produite au cours d’un virage brusque (accidents de meetings, aucun accident mortel n’est encore survenu en rase campagne), souvent aussi les témoins rapportent qu’ils ont vu l’appareil capoter brusquement sans cause apparente ; c’est le cas de Chavez, arrivant à Domo d’Ossola, de Laffont quittant le champ de manœuvres d’Issy, de Blanchard également à Issy, après un long voyage sans incidents. L’accident survient à l’atterrissage ou au départ sur un aérodrome encaissé ; il y a toutes raison de croire que les effets gyroscopiques provoqués par des changements de courant d’air à trop faible distance du sol, doivent être ici encore incriminés.
- L’aviation a donc, jusqu’ici, de fortes raisons de se méfier du gyroscope ; loin de vouloir en installer partout, elle doit commencer par annihiler les effets de celui que le moteur et l’hélice lui imposent; il ne paraît pas très difficile d’y parvenir au moyen d’une masse convenablement calculée et tournant en sens inverse. Bappelons aussi l’élégante solution du moteur Ligez (Voy. n° 1968. Les moteurs d'aviation, p. 176) qui fait tourner, en sens inverse, le vilebrequin et l’ensemble des cylindres. On pourra aussi sans doute, quelque jour, monter dans l’appareil deux moteurs tournant en sens inverse, commandant l’un une hélice tractive, l’autre une hélice propulsive, les deux hélices tournant également en sens contraire l’une de l’autre et s’équilibrant exactement. Cette solution aurait l’avantage de permettre le débrayage simultané des deux hélices sans introduire d’effets gyroscopiques si l’on arrête les hélices sans arrêter le moteur.
- Tout cela ne prouve pas, bien entendu, que le gyroscope ne rendra jamais aucun service à l’aéroplane.
- Mais les quelques considérations qui précèdent suffiront à faire comprendre combien complexes et parfois décevants sont les effets gyroscopiques et, par suite, quel effort d’ingéniosité et quelle somme d’études exigera l’adaptation du gyroscope à l’aéroplane. A. Troller.
- LE PÉTROLE DANS LES CHAUDIÈRES MARINES
- L’emploi du pétrole ou mieux des résidus du pétrole dans les foyers des chaudières marines n’avait pas trouvé en France, jusqu’à ces dernières années, la faveur dont ce procédé jouit dans plusieurs marines étrangères, et nous devons reconnaître que nous sommes, en cette matière, sensi-
- blement en retard sur la plupart de nos voisins.
- La raison de cette sorte d’indifférence réside sans doute en ce que notre sol ne produit pas de pétrole et que, pour la marine de guerre tout au moins, on hésitait jusqu’ici à user en grand d’un combustible dont, en temps d’hostilités, on n’était pas assuré de
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- LE PETROLE DANS LES CHAUDIÈRES MARINES 229
- pouvoir faire entrer dans nos ports les quantités nécessaires. Aussi, on peut dire que l’emploi du pétrole n’a jamais été tenté chez nous qu’avec l’arrière-pensée qu’il faudrait toujours nous tenir prêts à nous en passer. Pour cette raison on a surtout cherché à utiliser la chauffe mixte, c’est-à-dire le pétrole brûlant en même temps que la houille, de façon à pouvoir, sans modifications aux foyers des chaudières , revenir à tout instant à l’unique et 1 " -, traditionnelle chauffe au charbon.
- Cependant les résultats obtenus dans les marines étrangères, par l’emploi du pétrole seul, ont été si probants, que nous avons dû enfin ouvrir les yeux et marcher à notre tour dans une voie où se dessine un avenir fécond et où la sagesse nous fait d’ailleurs un devoir strict de nous engager, car il faut bien dire qu’au train où marche la consommation du charbon dans le monde (plus d’un milliard de tonnes par an, près de trois millions de tonnes par jour), consommation qui ne peut qu’augmenter avec l’essor formidable de la production industrielle, les réserves de ce combustible contenues dans les entrailles de la terre et qui nous sont accessibles, finiront tout de même par s’épuiser. Il est donc prudent d’envisager, dès à présent, l’emploi des autres sources de chaleur auxquelles nous serons obligés un jour ou l’autre d’avoir recours, et parmi lesquelles le pétrole se présente en première ligne.
- Le combustible liquide employé pour la chauffe des navires porte les noms de mazout, astatki, naphte-line, fuel oïl, résidus de pétrole, huile de naphte, pacoura, huile de soler et improprement pétrole.
- Ce combustible est obtenu par la distillation du pétrole brut dont on a retiré principalement la ben-1 zine et l’huile lampante. La densité de ce produit varie de 0,890 à 0,955. La température à laquelle il est susceptible de s’enflammer avoisine 80° C.
- 1 kg de ce résidu vaporise 11 kg 769 d’eau, alors que 1 kg du meilleur charbon (Cardiff) n’en vaporise que 8 kg 5. II résulte de cette comparaison qu’un kilogramme de résidu équivaut à 1 kg 58 de Cardiff.
- En théorie la puissance calorifique du résidu est de 10 256 calories, pratiquement elle s’élève à 10 500 alors que celle du Cardiff est de 8080 seulement.
- Pour pousser aussi loin que possible la comparaison, il faut dire encore que la combustion d’un kilogramme de résidu nécessite 14 kg 5 ou 10 m3 088 d’air, celle de 1 kg de Cardiff en exige
- 11 kg 59 ou • 8 m3 97.
- ( Pour produire / 1000 calories il
- faut théorique -ment 1 kg d’air en brûlant du résidu, et 1 kg 40 en brûlant du Cardiff.
- Le poids des gaz résultant de la combustion du résidu est de 1 kg 47, il est de 1 kg 55 pour le Cardiff.
- On m’excusera d’avoir produit ici tous ces chiffres, mais ils sont nécessaires pour asseoir l’incontestable supériorité du pétrole brut sur la houille dans le principal des services qu’on peut lui demander, la vaporisation de l’eau. Mais cet avantage s’entoure de beaucoup d’autres extrêmement importants pour la marine de guerre ou de commerce. L’emploi du pétrole supprime, en effet, ou du moins réduit à peu de chose une des principales préoccupations du commandant d’un bâtiment ou d’une force navale en temps de guerre, celle du ravitaillement en combustible. En effet, une même quantité de pétrole logée à bord fournira au moins un rayon d’action bien plus étendu que le charbon et permettra par conséquent de tenir la mer beaucoup plus longtemps; de plus, ce ravitaillement, quand il sera devenu nécessaire, s’opérera avec la plus grande aisance en faisant passer le liquide des citernes flottantes qui le porteront au moyen de manches et en tournant simplement quelques robinets. On pourra même, sans aucun doute, faire cette opération à la mer sans grosses difficultés. C’en sera fini donc de ces longues, malpropres et ennuyeuses manipulations de charbon auxquelles sont actuellement condamnés, à des intervalles très, trop rapprochés, les navires modernes qui vident leurs soutes avec une si grande rapidité.
- Il faut noter encore que le pétrole pourra être emmagasiné à bord dans une foule de compartiments, à double fond, où le charbon ne pouvait être arrimé et que de ce fait seul l’approvisionnement en com-
- Fig. 2. — Exemple du nuage de f uméeproduit par une seule chaufferie d'un croiseur cuirassé chauffant au charbon.
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- 230 LE PÉTROLE DANS LES
- bustible deviendra beaucoup plus considérable.
- Un autre avantage du pétrole mérite d’être signalé. Lorsque la combustion s’opère dans de bonnes conditions, que le mélange d’air est bien fait, que les systèmes de brûleurs employés sont bons, il ne sort plus par les cheminées que peu ou presque pas d’une fumée décolorée, invisible à une certaine distance. C’est là un point bien important et qu’apprécieront tout particulièrement les marins. Actuellement c’est par nuages effroyables que la fumée sort à flots pressés des 4, 5 ou 6 cheminées qui s’alignent sur le pont de nos navires : ce torrent fuligineux s’élevant dans les airs où il séjourne pendant de longues heures lorsque le temps est calme, décèle à des distances énormes la présence des bâtiments qui l’ont vomi, alors que le plus souvent ils auraient grand intérêt à ne pas voir leur position connue1.
- Il faut aussi compter pour quelque chose la suppression des escarbilles, ces petits morceaux de charbon incomplètement brûlé, qui ont un si déplorable penchant à se loger dans les yeux, et qui déshonorent, de leur poussière noire, les ponts et les murailles dont la blancheur est le grand souci du marin.
- L’emploi du pétrole supprimant à bord l’énorme travail de la manipulation du charbon, puisque tout se réduit avec lui au maniement de quelques robinets, comporte encore une notable économie de personnel. Chauffeurs et soutiers préposés à l’entretien des feux des chaudières dans lesquelles il faut enfourner le charbon presque incessamment et en quantités énormes, deviennent en effet en majeure partie inutiles.
- De plus, avec le pétrole, la chauffe, soustraite aux à-coup que provoque inévitablement l’ouverture des portes des foyers pour la charge ou le décrassement, prend une grande régularité dont bénéficie naturellement la production de la vapeur et la bonne marche des machines. Il n’y a plus de mâchefer sur les grilles, les feux sont toujours propres et en bon état, ce qui se traduit par un accroissement de la puissance moyenne.
- Voilà évidemment bien des atouts dans le jeu du pétrole. Pourquoi donc ne remplace-t-il pas d’ores et déjà et complètement la houille dans les foyers des chaudières marines ? Deux raisons interviennent ici. Tout d’abord on a mis fort longtemps à trouver le procédé qui permet d’amener le mazout sur les grilles des fourneaux et de l’y enflammer dans des conditions vraiment pratiques.
- En deuxième lieu, les seuls pays qui produisent le pétrole étant jusqu’à présent la Russie, la Roumanie et les Etats-Unis, les autres nations, parmi lesquelles
- 1. On a essayé de tirer parti de cet inconvénient et l’Amiral de Maigret, je crois, commandant la Division navale de l’Atlantique, avait essayé d’échanger des communications entre navires placés hors de la vue directe les uns des autres, en produisant, ce qui n’est pas difficile, des jets de fumée à intervalles plus ou moins réguliers.
- CHAUDIÈRES MARINES ..........:
- nous sommes, doivent, comme je l’ai déjà dit plus haut, envisager F éventualité de ne plus pouvoir s’approvisionner de ce combustible, notamment en temps de guerre. Enfin le mazout qui coûte très bon marché quand on le prend et le consomme aux sources mêmes d’où il jaillit (on le paie en effet 29 fr. 50 la tonne à Constanza, Roumanie), voit son prix s’accroître singulièrement quand il faut le manipuler et le transporter à des distances considérables.
- C’est ainsi que l’Allemagne le paie 80 francs la tonne rendu à Dantzig, la Russie de 31 à 50 francs la tonne rendu dans la mer Noire; l’Angleterre 70 à 80 francs; quant à nous, il nous revient de 55 à 60 francs la tonne rendu dans un de nos ports de commerce, mais par un de ces phénomènes trop fréquents dans notre pauvre pays, empêtré dans les mille ficelles d’une administration tatillonne et imprévoyante, lorsque ce mazout arrive aux soutes des navires de guerre qui doivent l’utiliser, son prix de revient s’élève à 140 francs la tonne environ (.Moniteur de la Flotte du 8 octobre 1910), alors que le charbon coûte de 30 à 32 francs1.
- Mais en cette matière, il est évident que des mesures faciles à prendre telles que marchés plus étendus, construction de vastes réservoirs permettant la suppression des voyages en fûts, approvisionnements apportés par navires spéciaux, réduction ou suppression de formalités, etc., ramèneraient le prix du mazout à un chiffre acceptable.
- En l’état, voici en quelque mots où en est la question de la chauffe au pétrole dans les différentes marines.
- L’Angleterre, placée dans les mêmes conditions que nous, s’y est portée avec ardeur. Depuis 1907 elle emploie la chauffe mixte sur ses grands navires, et ses a Dreadnoughts » ont à bord environ 400 tonnes de pétrole. Sur ses destroyers la chauffe au pétrole était seule employée jusqu’en 1907. A cette époque, par raison d’économie, et pour éviter la hausse du mazout, on était revenu au charbon seul, mais depuis 1909, le pétrole est redevenu l’unique combustible employé dans les chaudières des petits bâtiments anglais.
- Pour remédier aux difficultés de ravitaillement en temps de guerre, des approvisionnements considérables ont été créés. Portsmouth, Plymouth, Chatam, Douvres, Portland, Haulbowline, Gibraltar, Malte, Rosyth, possèdent des réservoirs cylindriques dont chacun contient 5000 tonnes de mazout. Portland seul en à six. Chacun de ces réservoirs est muni de tuyautages qui distribuent le combustible aux appontements où les navires viennent accoster.
- De plus, deux anciens cuirassés transformés en
- 1. Le Ministre de la Marine, à qui celte anomalie n’a pas échappé, vient de faire acheter, pour le compte de la Marine un vapeur de 7000 tonnes haplisc « Rhône » qui ira chercher le mazout à Costanza et en approvisionnera directement nos navires. Le prix de la tonne sera ainsi ramené à 65 francs.
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- LE PETROLE DANS LES CHAUDIERES MARINES
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- navires-citernes et pleins de pétrole séjournent sur les rades ainsi que trois autres navires pétroliers appartenant à l’Amirauté.
- Le stock général de la marine anglaise s’élève à 500 000 tonnes auxquelles viendront s’ajouter 100 000 tonnes commandées récemment.
- L’Allemagne ne fait usage de la chauffe mixte (charbon et pétrole) sur les grands bâtiments que dans des cas exceptionnels. Sur les nouveaux contre-torpilleurs une des chaudières est installée pour utiliser exclusivement le pétrole.
- On trouve à Dantzig un réservoir de 1200 m5 permettant d’approvisionner 10 torpilleurs à la fois,
- Wilhelmshaven possède cinq réservoirs et Kiel un.
- Aux Etats-Unis on installe la chauffe mixte sur plusieurs cuirassés en construction. Les nouveaux contre-torpilleurs brûlent exclusivement du mazout. Plusieurs dépôts de 2000 tonnes sont en voie d’installation.
- L’ I talie emploie également la chauffe mixte sur quelques-uns de ses grands navires et le pétrole seul sur ses torpilleurs récents. Le ministère de la Marine a passé des marchés pour trois ans pour une fourniture annuelle de 50000 tonneaux.
- En France, la chauffe mixte pour les grands bâtiments essayée à plusieurs reprises, sans grands succès, avait été abandonnée. Nous allons y revenir à bord des cuirassés de 23 000 tonneaux dont deux unités, Jean-Bart et Courbet, sont en cours de construction. La combustion du pétrole pourra y être poussée jusqu’à 100 kg par mètre carré de grille des foyers des chaudières. On s’occupe, un
- lier, mus par des turbines identiques mais chauffés au charbon n’ont donné que 28 et 29 nœuds.
- De même les contre-torpilleurs américains munis de chaudières Normand avec brûleurs à pétrole ont atteint les vitesses de 35 nœuds au lieu de 29 garanties au contrat.
- Les dispositifs employés sont sensiblement les mêmes partout à quelques détails près ; le mazout, qui se trouve à l’état visqueux dans le réservoir où il
- Cheminée
- " 'LiXîbeU&U. Gn*
- BrûfeurLeduc
- Fig. 4. — Quelques types de brûleurs pour mazout.
- peu mollement, de construire des réservoirs à Cherbourg, Brest et Toulon. Nos contre-torpilleurs nouveaux chaufferont leurs chaudières au pétrole seulement.
- A bord du premier d’entre eux, le Cavalier qui vient d’être livré à la marine par les chantiers Augustin Normand, du Havre, les résultats obtenus par ce système ont été hautement encourageants. On a obtenu la vitesse de 31 n. 15 aux essais, alors que deux navires exactement semblables au Cava-
- Fig. 3. — Installation de la chauffe au mazout sur nos sous-marins.
- est logé, y est comprimé par une pompe à vapeur ou à air puissante et s’écoule alors facilement par le tuyau qui l’amène à la chaudière. En route il est réchauffé dans un appareil à circulation de vapeur. Ceci est nécessaire pour qu’il arrive à la grille du foyer à une température permettant son inflammation, soit environ 80°. Le mazout débouche sur la grille par une série de tubulures en forme de becs formant pulvérisateur, d’où il sort en poussière. Cette poussière de pétrole se mélange aussitôt avec une certaine quantité d’air amenée par un ventilateur ou une autre tubulure et s’enflamme au contact du pétrole qui brûle déjà.
- Les becs des pulvérisateurs sont des formes les plus variées, le plus souvent les orifices sont circulaires ou annulaires.
- La difficulté de ce genre de chauffe réside dans le réglage des deux jets, mazout et air, d’où dépend la qualité du mélange combustible. Les brûleurs, usités dans la marine française pour les sous-marins dont les chaudières sont uniquement chauffées au pétrole, sont du système Leduc qui utilise la vapeur par contact direct pour comprimer et réchauffer le mazout et Kœrling dans lequel le mazout est comprimé par l’air et réchauffé dans un appareil à circulation de vapeur. Les gaz enflammés du pétrole mélangés à l’air du ventilateur sortent sous une forme de cône et vont se briser sur les revêtements réfractaires de l’avant-foyer.
- Les chaudières de nos sous-marins portent 5 brûleurs, dont 2 Kœrting et un Leduc. Ce dernier, moins économique puisqu’il dépense de la vapeur, est employé seulement en cas d’encrassement des deux autres. Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
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- Séance du 27 février 1911.
- La différenciation des microbes pathogènes. -MM. Laveran et Thiroux font connaître les résultats auxquels ils sont parvenus relativement à l'identification des trypanosomes pathogènes. Cette identification est quelquefois facile lorsque le trypanosome présente des caractères morphologiques tranchés ou encore lorsqu’il produit sur un animal une réaction pathogène déterminée. Dans la plupart des cas l’identification est difficile. MM. Laveran et Mesnil ont déjà indiqué deux procédés d’identification, dont le premier dit de l’immunité croisée est lent mais sûr. De son côté M. Levaditi a imaginé un procédé. MM. Laveran et Thiroux, après une série d’expériences portant sur un grand nombre de trypanosomes, conclut que l’immunisation croisée donne seule des résultats toujours satisfaisants.
- Émulsion insecticide. — M. Mangin présente une Note de M. G. Gastine relative à l’application des sapo-ninès à, la préparation d’émulsions insecticides et de mixtures insecticides et anticryptogamiques. Les saponifies possèdent des propriétés émulsionnantes remarquables. L’auteur préconise surtout l’emploi de celle qui existe dans le fruit du Sapindus utilis d’Algérie dont le péricarpe pulvérisé est très riche en saponine. Complètement inoffensive pour les végétaux, la saponine offre, sur tous les savons alcalins, l’avantage de pouvoir être associée, sans décomposition ni précipitation, à des liqueurs acides: ou chargées dé sels métalliques. , Ces solutions qui possèdent une faible tension superficielle sont très mouillantes, et cette tension est encore notablement affaiblie lorsqu’on y ajoute des huiles de goudron de houille, du pétrole, créosote, phénol, etc. Cette même propriété mouillante permet la pénétration des corps solubles, sels de cuivre par exemple, dans la cuticule des feuilles, et, pour les corps insolubles, arsé-niates de plomb et de cuivre par exemple, elle assure,
- Présidence de M. A. Gautier.
- une meilleure et plus durable adhérence. La saponine du sapindus peut être obtenue à très bas prix; son emploi offre donc un grand intérêt pour la lutte contre les insectes et cryptogames parasites des plantes.
- Recherches sur l’isospartéine. — MM. Moureu et Valeur adressent une Note décrivant des recherches auxquelles ils se sont livrés sur l’isospartéine. Ils ont tiré de ce corps une base nouvelle non saturée, la méthylisospartéine.
- Les nitrates artificiels. — M. Jungfleisch résume une méthode nouvelle de préparation des nitrates. En raison de l’importance des nitrates pour l’agriculture et de l’épuisement progressif des gisements du Chili, la .fabrication artificielle en nitrate par combinaison de l’azote et de l’oxygène de l’air, au moyen de l’arc électrique, a été entreprise depuis quelques années, sur une échelle immense, dans des usines hydro-électriques, notamment dans la région des Alpes. MM. Daniel Berthelot et Gaude-chon viennent de découvrir que les rayons ultra-violets réalisent rapidement et facilement,. à froid, toutes les réactions de la nitrification. Voici donc, indépendamment de la stérilisation des eaux potables, un nouveau champ d’application de ces rayons.
- Un filtre remarquable. — M. Doux dépose une Note de MM. Fouard et de Torinay Charente, qui rappelle l’attention sur la question si importante de là stérilisation des liquides par filtration. Les membranes de collodion ont la propriété de retenir tous les microbes du liquide filtrant. Ils.ont perfectionné ces membranes en incorporant dans ces pellicules fragiles une armature en toile métallique. Ils se servent de ces pellicules ainsi préparées pour confectionner des filtres très robustes donnant une épuration si parfaite qu’ils arrêtent même les molécules
- des sels en dissolution. Cii. de Villedeuil.
- CHRONIQUE
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- La nouvelle capitale de l’Australie. —- Nos architectes et paysagistes français auront incessamment une occasion grandiose de faire. triompher leurs mérites ,à l’étranger. Le gouvernement de la Fédération Australienne, après de longs pourparlers entre les six colonies qui prétendaient toutes à„ l’honneur de voir édifier la capitale fédérale sur leur territoire respectif, a enfin arrêté son choix, sur Yass-Canberra, région des Nouvelles-Galles du Sud qui présente un vaste amphithéâtre de collines, avec deux belles percées vers le Nord et le Nord-Est. Tout en protégeant la future cité contre les vents néfastes qui soufflent principalement du Sud, ces collines serviront de bases aux principaux édifices publics. La Fédération a l’ambition de construire la plus belle capitale du monde. Dans ce but, elle ya' organiser, comme l’avait fait l’Universitësde Californie, un-concours international pour lequel elle fa déjànvqté, un. premier crédit de 45000 livres sterling (soit 1 075 000 fr.). Tous les' architectes et architeCtèsfpaysagistes du monde entier seront conviés à participée .la ce concours, qui se subdivisera en plusieurs catégories ; plan général de la ville, palais du Gouvernement,qpalais du Parlement, etc. C’est le ministre de l’Intérieur, (HoméAffairs) qui organisera et surveillera cet intéressant concours.
- La légende de Marsyas. — L’histoire de la rivalité musicale du berger phrygien Marsyas et d’Apollon est une des plus célèbres de l’antiquité classique, où elle .a fait l’objet de nombreux poèmes. Elle nous est familière à tous par les beaux poèmes latins où le-berger, ayant défié Apollon à la flûte, est'vaincu par lui et écorché Vif. . ' ' V
- M. Salomon Reinach a dernièrement montré, à : l’Académie des Inscriptioûs et Belles-Lettres, les réalités qui se cachent sous ce récit. M. Reinach montre d’abord . que Marsyas est un dieu phrygien, non sous forme humaine. Comme tous les Silènes et comme lev dieu phrygien Midas, Marsyas est à l’origine un âne sacré. Or,. Pindare nous dit qüe les ânes étaient sacrifiés à Apollon ' dans la Grèce du Nord, patrie, primitive des Phrygiens. On chercha , plus tard: le motif <M'supplice, transformé dé rite en châtiment. On le trouva dans? là natüré de : Fane ennemi de la musique et dès Muses. Quand .1 la légende eut harmonisé: Marsyas, l'ennemi de la müsique devint le musicien rival d’ApollonyLerôle prépondérant de la flûte dans les cultes asiatiques, l’antagonisme de la flûte et de la cithare devenu très vif à Athènes air ve^ siècle contribuèrent à fixer et à populariser la légende sous la forme où nous l’ont transmise les anciens;
- Lé: Gérant : P, Masson, '— Imprimerie L'ahore, rué'de Fleurus, 9, à Paris.,
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- LA NATURE. — N° 1972.
- U MARS 1911
- LA SOURIS NAINE, LE BOCAL ET LA PAILLE
- Comme chez l’homme, la captivité développe chez les animaux, en l’exaspérant, l’amour formidable de la liberté. Placés dans des conditions spéciales, non prévues par la nature et pour lesquelles ils ne sont pas faits, on voit apparaître en eux des instincts nouveaux qui se traduisent par une énergie farouche et obstinée chez certains, et, chez d’autres, par une surprenante logique et des ruses inattendues.
- Henri Milne-Edwards cite le cas d’un orang-outang enfermé dans un appartement où se trouvaient plusieurs sièges. Voulant sortir et étant trop petit pour atteindre la serrure, il monta sur une chaise, placée près de la porte. On supprima cette chaise, mais il alla en chercher une autre, la traîna jusqu’à la bonne place et atteignit la clef.
- Nous avons entendu jadis Alphonse Milne-Edwards citer un autre fait peut-être encore plus intéressant, car s'il était aussi le résultat de la captivité chez son
- année. — ier semestre.
- auteur, il n’émanait pas, comme pour l’orang cité plus haut, du désir impérieux de la liberté. Il s’agissait d’un chimpanzé, lequel, n’ayant pour se distraire qu’une corde après laquelle il se balançait et la trouvant trop longue, malgré le nœud qu’y avait fait son gardien, la raccourcit en en faisant un second.
- C’est le souvenir de ces deux faits qui nous a amené à présenter aux lecteurs de La Nature une observation faite par nous sur une souris naine (Mus Minutus) qu’un de nos aimables collègues de la Société Entomologique, M. Estiot, nous avait confiée pour quelque temps. Transportée d’une grande cage dans un vulgaire bocal, la mignonne bête, très bien soignée, très bien nourrie, paraissait accepter avec patience son changement d’existence. Avec
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- sollicitude et pour la mettre à l’aise, nous lui avions construit une demeure avec quelques brins de paille, entre lesquels nous avions placé une boule de foin dont, en peu de temps, elle fit un nid confortable, rappelant ceux que ses congénères bâtissent dans les prés et dans les champs. Rien n’était plus joli que l’apparition, à la porte ronde, du museau rose, aux longues et fines moustaches, de la minuscule bestiole dont les allures charmantes avaient tenté notre crayon. Alerte et gaie, allant, venant, l’œil vif et la patte preste, elle semblait vivre sans le moindre souci et ignorer sa captivité. Confiant en ce calme trompeur, nous avions laissé le sommet de sa prison fermé par du canevas à tapisserie entouré d’une ficelle. Un jour, un visiteur eut la malencontreuse idée de faire passer par un trou du canevas le bout de cette ficelle qui alla voisiner ainsi dans le bocal avec une des pailles soutenant le nid (1). On connaît la surprenante agilité de la souris naine et ses gestes d’acrobate. En une seconde elle fut en haut de la paille, gagna la ficelle et atteignit le canevas sur lequel, de suite, les mignonnes dents se mirent à l’ouvrage. D’un choc léger on fit retomber la bestiole et on retira la ficelle. Mais, dès lors, tout changea. D’avoir entrevu la chère liberté, notre souris perdit la tranquillité et passa désormais sa vie à grimper le long des fétus, restant le nez en l’air à chercher au plafond le câble libérateur (2).
- Pour la distraire nous plaçâmes dans le bocal quelques pailles terminées par de beaux épis de blé que nous avait envoyés pour elle un de nos amis. Notre pensionnaire parut d’abord noyer son chagrin dans la gourmandise. Couper les épis, les transporter avec des attitudes cocasses ou gracieuses dans tous les coins (3), les vider et les gruger (4), telle semblait être sa seule préoccupation. En réalité, elle en avait une autre.
- Un jour on la vit transporter d’un air innocent les plus longues pailles privées de leurs épis. Gentiment, notre souris prenait dans sa mâchoire le sommet d’un chaume; puis, maintenue solidement sur son échafaudage par les deux pattes postérieures et la queue prenante (5), elle faisait, avec ses pattes de devant, glisser entre ses dents le léger madrier jusqu’à son autre extrémité et le laissait retomber au petit bonheur sur son nid. Nous étions à cent lieues de soupçonner où elle voulait en venir ; cependant son travail se perfectionnait et, plus souvent qu’au début, la paille retombait, non en travers mais verticalement, formant ainsi une échelle dont le bas portait sur le nid, gagnant une certaine hau-
- CHAUFFAGE AU GAZ DES
- Le progrès triomphe péniblement de la routine industrielle. Les fabrications séculaires surtout ne s’améliorent qu’avec peine, car les novateurs se heurtent à des résistances intéressées et ne trouvent souvent que de trop rares concours. La panification
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- teur, et dont le sommet venait s’appuyer contre les parois du bocal. Alors, tout affairée, oubliant son blé et le reste, voire même les tranches d’excellentes pommes reinettes qu’on lui offrait et dont elle était très friande, notre bestiole, prise d’un affolement inexplicable, se précipitait (G), montait et descendait sans cesse le long de cette paille, se livrant en des équilibres inouïs à des voltiges invraisemblables.
- Plein d’une absurde confiance, nous l’avouons humblement, nous regardions notre trotte-menu faire cent fois par jour cet exercice et la raillions sans vergogne de sa patience, lui donnant paternellement de bons conseils dont elle n’avait cure et pour cause.
- Un beau matin, on vit déambuler par l’appartement un petit rongeur dont le dos roux ressemblait étonnamment à celui de notre prisonnière. On sc précipita vers le bocal et on constata un trou au plafond et la fuite de l’innocente. Une longue paille retombée juste au bon endroit (7), lui avait permis d’atteindre enfin le canevas et ... le reste se devine.
- De l’atelier au salon, de la cuisine à la salle à manger, avec de courtes apparitions dans les chambres, telle une boule de laine rousse chassée par un courant d’air, notre évadée trottinait, moquerie vivante, imperceptible et insaisissable, sur le tapis de l’appartement. L’affolement fut général ; à la crainte de la voir fuir par l’escalier, se suicider par le balcon, se joignait celle de la trouver écrasée entre deux portes ou blottie sous un traversin. Il fallait en finir avec le monstre et, grâce à une souricière à bascule acquise au prochain bazar, nous eûmes la satisfaction de reprendre dans l’après-midi notre La-tude en miniature.
- Poussiéreuse et effarée, elle fut réintégrée dans son bocal, où elle se cacha honteusement dans sa boule de foin pendant deux jours. Privée, non de dessert, mais de pailles trop longues, elle a depuis recommencé son manège; mais, au bout de peu de temps, reconnaissant sans doute l’inutilité de ses efforts et la puissance de l’injustice humaine, elle a abandonné tout espoir, cesse toute lutte, et passe son temps à manger et à dormir.
- Combien d’autres, assoiffés d’idéal, amoureux des grands ciels et des vastes espaces, ont essayé, eux aussi, de quitter la vie étroite pour les horizons larges et, vaincus dans leur rêve, ont été ramenés par la main brutale de la réalité à la médiocrité tranquille et casanière du placide bocal, transparente prison de notre souris des moissons.
- A. Millot.
- FOURS DE BOULANGERIE
- ne semble pas faire exception à cette règle commune et, à l’instar du vieux rat de La Fontaine, les boulangers considérèrent un peu les perfectionnements comme des blocs enfarinés, ne leur disant rien qui vaille! Pourtant les méthodes scientifiques
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- et rationnelles finissent par s’introduire, petit à petit, au fournil. Au pétrissage à bras, si pénible pour les ouvriers, on tend à substituer les pétrins mécaniques. Les constructeurs inventent chaque jour des machines pour faciliter la manutention ou le nettoyage et pour façonner la pâte des pains de tous poids.
- Aujourd’hui, nous nous proposons de parler du chauffage au gaz des fours de boulangerie, sur lequel on vient d’effectuer de concluantes expériences. Cette nouveauté nous parait d’autant plus intéressante à signaler que son adoption présenterait non seulement une réelle économie, mais permettrait la suppression du travail de nuit, puisqu’on peut enfourner presque immédiatement sans avoir besoin d’at-
- Fig. 3.
- Modèle d'essai du brûleur de la Société du gaz de Paris, construit par M. Lequeux.
- Fig. i.
- Le brûleur IJelcé.
- Fig. 4.
- Four à gaz pauvre, système Méker pour biscuiterie.
- tendre une heure après la cessation de la chauffe, comme dans le cas du chauffage au bois.
- Les divers ingénieurs qui se sont attachés à solutionner le problème imaginèrent des appareils capables de chauffer les fours construits en vue de l’utilisation du bois ou du charbon. Sembard, boulanger parisien, posa la question, il y a quelque trente ans, mais ces essais ne pouvaient aboutir à des résultats pratiques que depuis l’abaissement du prix du gaz à 0 fr. 20 le mètre cube.
- Avant de décrire les principaux types de brûleurs, indiquons les dispositions habituelles d’un four de boulanger qui ressemble grosso modo à un œuf coupé en deux dans le sens de la largeur. La sole en est plane et s’incline légèrement vers l’orifice du four. Les deux côtés se nomment les rives et la portion supérieure de la voûte, la chapelle. Les produits de la combustion s’évacuent par les ouras, doubles carneaux qu’on
- Fig. 2.
- Appareil Méker pour four de boulangerie.
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- règle au moyen de registres. D’ordinaire, le boulanger répartit son' bois sur la sole de manière à uniformiser la température dans toute l’enceinte. Il s’agit donc de chauffer, de la même façon, avec le gaz; en particulier, la sole ne doit pas être trop chaude près de la bouche, sinon le pain mis à cet endroit se « ferrait », autre-
- Fig. 5. — Coupe verticale d’un four de boulangerie chauffé au moyen du brûleur de la Société du gaz de Paris.
- s’attacherait aux carreaux et se brû-
- ment dit lerait.
- Un four de dimensions usuelles (longueur 5 m. 5 et largeur 2 m. 50) se trouve porté aux environs de 550° au moment où l’on cesse la chauffe, mais après l’enlèvement de la braise et l’écouvillonnage (nettoyage delà surface de la sole), la température s’abaisse à 275° et il faut attendre une heure environ pour enfourner les pains afin que la température soit répartie uniformément et la sole suffisamment refroidie.
- Dans le chauffage au gaz, la répartition de la température s’effectue d’elle-même. Le combustible n’ayant pas été en contact direct avec la sole, on peut alors se contenter de chauffer à 27 5°, température nécessaire à l’enfournement. On laisse « poser » le four de 5 à 10 minutes, ce qui permet d’accélérer considérablement le travail. Le boulanger s’arrange, en etfet, pour que les pâtes de ses fournées successives soient prêtes au moment voulu afin d’enfourner très peu de temps après le défour-nement précédent.
- Parmi les appareils imaginés pour remplir de telles conditions nous décrirons les brûleurs Méker, Helcé et celui récemment breveté par la Société du Gaz de Paris.
- M. Méker réussit, le premier, à construire un appareil pratique pour le chauffage au gaz des fours de boulangerie. Ce chauffe-four (fig. 2), supporté par un chariot qui permet de l’amener à pied d’œuvre, repose sur le même principe que les brûleurs ordinaires inventés par ce savant ingénieur et qu’on utilise depuis longtemps déjà dans les labo-
- ratoires, les biscuiteries, etc., mais il offre de plus grandes dimensions et quelques dispositions nouvelles. Il comporte un unique et énorme bec Bunsen, en tôle débitant de 25 à 30 mètres cubes par heure, autrement dit l’équivalent de la consommation de 150 beçs d’éclairage ordinaires. Un tuyau flexible en acier étamé de 45 mm de diamètre intérieur, amène le gaz à l’injecleur en bronze. En outre, un certain nombre de trous disposés sur le pourtour de l’appareil permettent l’admission de l’air réglable à volonté par la manœuvre d’une bague. Un robinet d’arrêt ouvre ou ferme l’arrivée du gaz, tandis que deux petits tubes, placés à droite et à gauche de l’appareil, prennent le gaz en amont de ce robinet en pénétrant à l’intérieur de la chambre de mélange, et viennent l’amener à deux veilleuses brûlant à la surface de deux cloisonnages garnissant l’extrémité des brûleurs. Cette chambre de mélange se termine par une portion légèrement relevée et séparée en deux parties allant en s’écartant ; de la sorte, la chaleur se trouve mieux répartie, les flammes étant dirigées d’un côté vers la chapelle du four et, d’autre part, vers chacune des rives. Enfin des cloisonnages en nickel de 200 X 95 mm (du type spécial qu'emploie M. G. Méker pour ses brûleurs), obturent les deux orifices et évitent les retours de flamme aux injecteurs.
- La manœuvre du chauffe-four Méker est des plus aisées, et, après une heure d’apprentissage, tout mitron peut s’en servir. Il ouvre d’abord le robinet de barrage, celui de l’injecteur restant fermé. Le gaz arrive alors aux deux veilleuses qu’il enflamme. Puis après avoir vérifié que la bague obture complètement les trous d’air, il introduit l’appareil dans le four, en engageant son
- Fig. 6. — Coupe horizontale du brûleur de la Société du gaz de Paris.
- extrémité de 20 cm environ. À ce moment, il ouvre le robinet de l’injecteur, le gaz l’enflamme et il n’a plus qu’à régler convenablement l’admission de l’air en manœuvrant les manettes de la bague obturatrice.
- Dans le four à gaz pauvre du même système installé à la Biscuiterie Georges (fig. 4), on emploie des brûleurs Méker multiflammes ayant une seule
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- CHAUFFAGE AU GAZ DES FÔUftS DE BÔULANGERJE ====== 23?
- canalisation d’arrivée de gaz et d’air dont le brassage parfait s’obtient dans la chambre de mélange sise au commencement de l’appareil. La distribution se fait par une série de becs donnant des flammes parfaitement régulières et semblables entre elles.
- Comme notre photographie l’indique, des tubes placés à l’intérieur du four dirigent les différentes flammes en dessus et en dessous de la sole tournante sur laquelle se mettent les pâles à cuire. Grâce à la combustion intégrale du mélange gazeux et aux isolants >péciaux utilisés dans sa construction, ce four a permis au fabricant de réaliser une économie de 50 pour 100 sur le charbon, tout en augmentant sa production et en diminuant les frais de main-d’œuvre.
- Le brûleur Helcé (fig. 1) comprend un faisceau de sept Bunsen divergents d’une boîte unique par laquelle arrive le gaz. Celui-ci, après avoir traversé un tube qui le conduit dans un réchaufïeur disposé en avant d’une plaque de tôle destinée à obturer la bouche du four, revient du réchauffeur par un autre conduit qui l’amène finalement aux injecteurs des Bunsen.
- En avant du robinet d’arrêt et de sécurité du tube d’amenéc du gaz au réchauffeur, vient se greffer un plus petit tuyau, destiné à alimenter deux becs veilleuses. D’autre part, cette conduite secondaire porte un robinet disposé de telle sorte qu’il faut l’avoir ouvert pour pouvoir ouvrir à son tour celui des Bunsen. Cet agencement a pour but d’éviter toute explosion puisqu’on ne peut donner le gaz, sans avoir préalablement allumé les veilleuses. En outre deux poignées facilitent la manœuvre de l’appareil Helcé, peu encombrant et pesant une douzaine de kilogrammes. Quant au réglage des Bunsen, on l’effectue de façon à empêcher tout retour de flamme à l’injecteur.
- Le brûleur breveté par la Société du Gaz de Paris et construit par M. Lequeux, peut s’adapter également à tous les fours de boulangerie pour permettre de les chauffer au gaz et sans qu’il soit nécessaire d’apporter aucune modification essentielle à leur construction. On l’a, en outre, étudié de façon à produire une combustion complète du gaz à
- l’intérieur de la chambre de chauffe, ce qui assure à la fuis le chauffage maximum et le minimum de consommation.
- Le modèle d’essai (fig. 5), primitivement installé par M. Lequeux au Syndicat de la boulangerie, comportait deux rangées de 5 Bunsen; mais après expérience on a reconnu qu’une seule rangée suffisait. Aussi dans le type définitif 1911, il n’v a plus que 5 Bunsen (fig. 5 et 6).
- Un support en fonte placé latéralement au four se termine à la partie supérieure par une cuvette ayant l’aspect d’une grosse genouillère dont le boisseau se rattache au tube AB ; les surfaces rodées sont absolument étanches et lubréfiées par l’huile contenue dans la cuvette. Le gaz arrive dans l’appareil par la base de cette genouillère qu’un robinet de barrage relie à la canalisation générale.
- Quand on veut procéder au chauffage du four, on ramène vers l’intérieur du fournil le tube AB, et après avoir fermé les robinets des brûleurs a,a,a,a, on ouvre celui du barrage afin de donner le gaz aux veilleuses, qui se trouvent à côté de chaque brûleur. On allume alors ces veilleuses, on introduit ensuite le groupe des brûleurs dans le four. Cela fait, l’ouvrier ouvre les ouras, tourne successivement les robinets de chacun des brûleurs, puis réduit convenablement les registres des ouras pour diminuer le tirage, assurant ainsi la meilleure combustion avec le minimum d’air secondaire. La plaque à ressort, EFF, permet en outre, une fermeture parfaite de la bouche du four.
- Ces dispositions de principe restent toujours identiques ; mais, d’après les conditions locales, la forme et les dimensions du four, on peut apporter quelques modifications de détails dans la construction du brûleur. Par exemple, dans le bec photographié ci-contre (fig. 7) et qui' a servi aux expériences récemment poursuivies chez M. Favrais, boulanger de Paris, de décembre 1910 à janvier 1911, on avait ajouté deux brûleurs divergents b,b (fig. 6), afin d’assurer une meilleure chauffe du four, qui présentait une forme spéciale plus évasée que de coutume.
- Avec cet appareil, mis au point après une longue série d’essais, on règle méthodiquement l’intro-
- Fig. 7. — Nouveau brûleur breveté par la Société du gaz de Paris. (Les deux veilleuses sont allumées et l’ouvrier s'apprête à introduire l'appareil dans le four.)
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- duction de l’air, ce qui est aisé; on chauffe juste à la température voulue et on ne perd pas plus d’une dizaine de minutes entre l’arrêt du chauffage et l’enfournement lorsque la pâte se trouve prête pour chacune des fournées; de la sorte, le four n’a pas le temps de se refroidir. En suivant ces prescriptions, que tout homme de métier peut observer sans peine, on ne consommera guère que 21 m. cubes de gaz pour 4 fournées représentant 300 kg de pains de toutes sortes, soit à raison deOfr. 201emè-trecube,une dépense de 4 fr. 20 environ. Le prix du bois nécessaire pour cuire un poids semblable de pains serait à Paris de 5 fr. 20 à 5 fr. 50, braise déduite, mais manutention comprise. Indépendamment des autres avantages (rapidité plus grande de travail, moindre usure de la tôle, frais d’emmagasinage, de découpage et de séchage du bois), la substitution du gaz à ce dernier combustible ferait donc réaliser aux boulangers une économie de 1 fr. environ pour les 4 fournées quotidiennes de 300 kg de pain. D’ailleurs l’adoption de ce mode de chauffage ne modifie en rien la construction existante, et si pour une cause quelconque, le gaz venait à manquer, on pourrait reprendre les cuissons au bois sans arrêter la panification.
- Donc, d’après ces expériences, il semble hors de doute que le gaz peut soutenir victorieusement la lutte contre le bois.
- Ce mode de chauffage offre même d’incontestables avantages et, associé au pétrissage mécanique, il permettra sans doute d’ici peu la suppression du travail de nuit pour les boulangers et son remplacement par la panification matinale. Ce progrès social s’accomplira sans changer les habitudes du public qui aura toujours son pain dès l’aube, aussi appétissant et aussi savoureux que par le passé.
- Quant au boulanger, il bénéficiera de la réforme comme ses ouvriers. En effet, il n’aura plus besoin de locaux pour emmagasiner ses réserves de bois ou de charbon, son fournil sera plus propre, la sole de son four sera toujours nette et s’usera moins. Il réalisera, d’autre part, des économies appréciables de temps et de main-d’œuvre, puisque le cassage du bois nécessaire à 4 fournées (et nombre de maisons de Paris font de 7 à 10 fournées quotidiennes), exige une heure de travail environ. En outre, le chauffage au gaz est près de deux fois plus rapide que celui au bois. Avec ce dernier combustible, la préparation du four exige au moins une heure pour la première fournée et 25 minutes pour les fournées ultérieures, tandis qu’avec le gaz 25 à 50 minutes suffisent pour la pemière mise en marche et 10 à 12 pour les autres. En définitive, tout boulanger citadin, soucieux de son intérêt, de la propreté de son fournil et du progrès social, doit adopter le chauffage au gaz. Jacques Boyer.
- SUR L’ORIGINE DE LA VIE
- Selon la thèse des évolutionnistes les êtres organisés, depuis les plus simples, jusqu’aux plus élevés dans l’échelle zoologique, auraient pour origine commune une cellule primitive : le protoplasma. La question de l’origine de la vie se trouve donc ramenée à celle de cette cellule originelle, et nul n’ignore combien de théories ont été émises pour expliquer son apparition sur la Terre.
- Parmi ces théories, celle qui eut à son heure le plus grand succès, fut celle dite de la panspermie, très soutenue par Arrhénius.
- Arrhénius attribue l’apparition de la vie sur notre globe à la dispersion des poussières cosmiques dans les espaces interplanétaires, ces poussières pouvant être quelquefois formées de germes organiques infiniment petits et susceptibles de produire Y ensemencement des planètes arrivées à leur période biologique. Cette théorie, présentée d’une façon extrêmement ingénieuse, tient compte de la plupart des facteurs physiques susceptibles de permettre, ou même de favoriser cette dispersion. Il est ainsi supposé qu’une cellule seule, pouvant par sa petite dimension échapper aux lois de la gravitation, est susceptible d’être, par des mouvements atmosphériques, transportée aux limites extrêmes d’une atmosphère, et de là, par suite de la pression de radiation de la lumière du (ou des) soleils, dispersée dans le vide sidéral jusqu’à ce qu’elle rencontre un lieu favorable à son développement.
- Une objection sérieuse a cependant été opposée à cette théorie. L’étude de l’action de la lumière ultra-violette, appliquée aux recherches biologiques depuis quelques années, a en effet démontré d’une façon incontestable
- l’action destructive de cet agent physique sur tous les germes vivants. Il paraît donc impossible que des germes ou cellules organiques puissent approcher de la Terre sans être détruits par l’ultra-violet émané du Soleil.
- D’autre part, un jeune savant des plus distingués, M. Paul Becquerel, au cours de ses curieuses expériences sur la vie latente des germes, spores, microbes, et même des graines végétales, a pu démontrer que ces organismes, totalement desséchés, placés dans le vide, et soumis aux très basses températures de l’air ou de l’hydrogène liquides, pouvaient se conserver d’une façon quasi indéfinie, alors que, dans les conditions ordinaires de la vie, leurs seules fonctions organiques limitent considérablement leur durée de conservation.
- Cette double condition d’un milieu vide et d’une très basse température, se trouve réalisée dans l’espace interplanétaire. Il est donc permis de supposer que, dans ce milieu, les germes organiques sont dans des conditions de conservation particulièrement favorables. Aucun échange chimique ne peut en effet se produire entre ces germes et l’espace dans lequel ils se meuvent, ils peuvent donc subsister indéfiniment tant que leur état de vie latente ne sera pas modifié par une cause extérieure.
- Cette constatation a suggéré l’idée que, dans ces conditions particulières de suspension de la vie, les organismes pouvaient être moins sensibles à l’action de la lumière ultra-violette. Ainsi serait levée l’objection apportée à la théorie d’Arrhénius. L’expérience paraissait du reste trop facile à réaliser pour ne pas la tenter.
- Nous avons donc, avec M. Paul Becquerel1, soumis i. Comptes Rendus. Académie des Sciences, 4 juillet 1910.
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- quelques cultures, provenant de son laboratoire, à l’action des rayons émanés d’une lampe à arc au mercure, en quartz: ces cultures1 étant dans le vide, et amenées à la température de l’air liquide, soit — '190°.
- Les résultats, il faut le dire, ne furent pas une démonstration absolue pour ou contre la fameuse théorie. Ils montrèrent cependant, selon la prévision de M. Paul Becquerel, que les organismes mis en expérience sont beaucoup plus résistants dans cet état de vie latente que dans leur état de vie normale.
- En effet, dans les mêmes conditions d’intensité de la source lumineuse, et de distance de cette source aux organismes, il faut 6 heures pour obtenir la destruction de ces derniers lorsqu’ils sont desséchés, refroidis et placés dans le vide ; alors que trois minutes suffisent à cette même destruction dans des conditions ordinaires d’atmosphère et de température.
- De cette expérience nous ne pouvons constater qu’un fait : sinon l’immunité conférée aux germes organiques par le milieu sidéral vide et froid, du moins une augmentation considérable de leur, résistance à l’action des l’ayons solaires. Il ne faut pas oublier toutefois que, dans l’expérience, il est presque impossible de séparer les organismes d’une partie du milieu de culture où ils se sont développés. De leur contact avec ce milieu peuvent naître encore quelques échanges chimiques malgré la basse température maintenue pendant la durée de l’exposition aux radiations. Rien ne prouve donc que des germes totalement isolés de tout contact avec un corps étranger n’eussent pas résisté à peu près indéfiniment.
- Il serait nécessaire d’appuyer cette supposition par de nouvelles expériences démontrant le rôle, actif ou passif, que jouent les corps en contact, ou servant de support aux germes à étudier.
- En réalité, tant que les organismes en expérimentation n’auront pas été isolés de tout contact avec des matières, susceptibles d’échanges chimiques avec eux, ou même capables de manifester seulement des effets photoélectriques qui supposent toujours une certaine modification moléculaire, nous ne pourrons affirmer une opinion pour ou contre la théorie d’Arrhénius, quoique au fond de notre pensée les présomptions soient plutôt
- L’ASSAUT DU
- Après une nouvelle contestation (portant d’ailleurs 1 sur une approximation d’une vingtaine de kilomètres), Peary vient d’être définitivement proclamé découvreur du Pôle Nord à la date du 6-7 avril 1909. Le récit de ce sensationnel succès qui couronne 18 années d’efforts continus, tous de plus en plus énergiques, vient d’être publié par Peary lui-même2. Nous avons attendu la consécration définitive et le procès-verbal précis du haut fait pour en rendre compte en meilleure connaissance de cause. Complétant la préface de Gilbert Grosvenor, directeur de la National Géographie Society de Washington, nous en profiterons pour rappeler, avec dates et chiffres, les étapes principales de l’assaut du
- 1. Cultures d’Aspergillus niger, du Sterigmatocyslis et du Charbon.
- 2. La découverte du Pôle Nord, in-8°, 342 p. Paris. Pierre Laffite, 1911, Prix : 25 francs.
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- contre. Mais comment se faire une opinion ferme, sinon en réalisant expérimentalement, chose difficile, mais probablement possible, toutes les conditions, sauf celle du temps, qui se rencontrent dans le vide interplanétaire.
- Toutes les théories panspermistes qui ont été émises jusqu’à l’heure actuelle ne considèrent que deux modes de dispersion des germes vitaux dans l’espace : d’abord par le transport de ces germes eux-mêmes, infiniment petits et isolés; ensuite par le moyen des météorites.
- De ce dernier moyen, l’état d’incandescence dans lequel ils arrivent après avoir traversé l’atmosphère, semble démontrer l’impossibilité, à moins toutefois que quelques-uns des germes, s’il y en avait, aient pu se détacher au premier contact des couches atmosphériques élevées, et avant réchauffement.
- Mais, indépendamment de ce dernier cas, et du premier, si douteux, vu l’action de l’ultra-violet, rien n’empêche d’imaginer un moyen terme, en supposant, par exemple, aux germes infiniment petits des supports légers, suffisants à la fois pour les protéger contre l’action nocive des radiations, et assez peu denses pour que leur amortissement sur les hautes couches atmosphériques empêchent la trop forte élévation de température qui se produit dans le cas des corps lourds que sont les météorites.
- Combien encore de suppositions ne pourrait-on faire, en faisant appel à la fécondité des imaginations !
- Comme on peut le voir, les faiseurs de théories ont encore beau jeu à discuter sur l’origine de la vie, mais au fond que veulent-ils nous apprendre : que la vie est venue sur la Terre d’autres planètes. A quoi bon! Ce n’est que reculer le problème sans le résoudre. Il faudra alors qu’ils expliquent comment elle est apparue sur ces « autres planètes » ! Cela peut mener loin, d’autant plus que, s’ils trouvent une explication à l’apparition de la vie sur une planète qui l’aurait transmise à la Terre, rien n’empêche d’appliquer la même explication à cetle apparition directement sur la Terre !
- Quoi qu’il en soit, l’idée d’un ensemencement mutuel possible des mondes, ne manque pas d’originalité ni même d’une certaine grandeur. p. Matout.
- Assistant au Muséum.
- PÔLE NORD
- Pôle Nord. L’attaque fut suggérée dès 1527 à Henri VIII, par Robert Thorne, mais ne commence en fait qu’en 1553 par l’essai de Willoughby vers le Nord-Est, qui aboutit à ouvrir la mer Blanche au commerce anglais ; en 1558, John Davis reconnaît le détroit de son nom jusqu’à 72°41'. Barentz opère autour de la Nouvelle-Zemble de 1594 à 1596. En 1607, Hudson découvre l’île Jan Mayen et atteint au Spitzberg 80° 23'. En 1773, Phipps (accompagné de Nelson, alors âgé de 15 ans) pousse 40 km plus au Nord. Au xixe siècle, on commence par chercher beaucoup moins le pôle lui-même qu’une voie praticable par le Nord de l’Amérique (passage du Nord-Ouest) ou le Nord de l’Asie (l’une et l’autre voie devaient se révéler trop glacées pour les échanges commerciaux). En 1806, William Scoresby mène son navire à 81° 30' au large du Spitzberg. En 1819, Parry passe le premier au Nord du pôle ma-
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- gnétique, puis, le 25 juillet 1827, au Nord du Spitzbcrg, il atteint 82°45' et s’arrête en constatant « que la dérive des glaces le ramenait chaque jour en arrière d’une distance sensiblement égale à celle qu’il lui était possible de parcourir en une étape quotidienne ». De 1829 à 1854, l’expédition de Hoss précise remplacement du pôle magnétique ; celle de sir John Franklin, en 1845-1848, se termine par un désastre, dont nul n’est revenu, et dont les
- cet océan, et à 82°16/, la plus haute latitude alors atteinte par un navire; il meurt tragiquement sur la route du retour et dix-neuf de scs compagnons reviennent à la dérive sur un glaçon pendant 186 jours. En 1875, V expédition Narcs (Albert et Discovery) parvient à 82°48' (Aldrich, le 27 septembre) dépassant le record de Parry, et, le 12 mai 1876, Mar-kham monte même à 85° 20'. dans la mer de Lincoln. Grecly, Américain, envoie son lieutenant Lockvvood
- Fig. i.
- lugubres restes ont été trouvés bien des années après. Mac Clure effectue le passage du Nord-Ouest en 1850-1855, mais en partie àpied sur la glace; l’exploit ne fut renouvelé qu’un demi-siècle après par Roald Àmundsen, 1905-1907, avec le tout petit Gjoa. L’Américain Kane, 1855-1855, découvrit le bassin qui précède les chenaux menant à l’océan polaire et donna pendant quelque temps l’illusion d’une mer libre polaire, propagée aussi par Hayes en 1867. En 1871, Hall, un autre Américain, mène le Polaris, à
- à 85°24' (15 mai 1882), mais sept hommes seulement reviennent de cette expédition ; dix-sépt moururent de faim. Entre temps, Nordenskjôld forçait le passage du Nord-Est (1879) et, en 1881, De Long avait péri au Nord de la Sibérie, avec la Jeannette, naufragée le 15 juin et dont on retrouva certains débris de caisses de provisions en 1884, sur la côte Sud-Est du Groenland ; de ce fait, on déduisit qu’un grand courant dérivait du détroit de Behring au Groenland en passant à l’Est et près du
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- Pôle Nord ; cela suggéra à Nansen l’expédition du F ram qui. en effet, fut entraîné par cette dérive mais sans dépasser 85° 57r, tandis que Nansen et son compagnon Johansen conquéraient le record de 86° 14', le 7 avril 1895. Le duc des Abruzzesestparti de la terre François-Joseph pour que son capitaine,
- Cagni, parvînt le 25 avril 1900, à 86°54'. Quant à Peary, il fut le seul à garder la préférence pour la route des détroits américains après le désastre deGreely; son premier voyage remonte à 18911 et il commença par résoudre le problème de l’insularité du Groenland vers le Nord (Indepen-dance-Baie, 4 juillet 1892). Le 21 avril 1906, il battait Cagni par 87° 6' au Nord du Groenland, et, le 6-7 avril 1909, il conquit enfin « le prix quatre siècles de luttes ».
- Comment? II l’explique lui-même en exposant son plan, déjà relaté à son précédent volume Plus près du Pôle, et qui comporte 6 facteurs principaux :
- 1° Utilisation du détroit de Smith ou route américaine, le meilleur de tous les chemins d’attaque au Pôle ;
- 2° Hivernage au cap Sheridan ;
- 5° Emploi des traîneaux et des chiens esquimaux (en nombre suffisant pour faire face àundéchetde60p.l00);
- 4° Collaboration des Esquimaux eux-mêmes ;
- 5° Partage en plusieurs divisions ou groupes de relais, que l’on renvoie successivement en arrière au. cours de l’aller ;
- 1. Successivement il atteignit : 81°,35 en 1892; 81°,40 en 1895 ; 81°,50 en 1899; 83°,52 en 1900; 84°,17 en 1902;
- 6° Retour par la même voie en utilisant la piste et les igloos de l’aller.
- L’expédition partit de New-York sur le Roosevelt,
- le 6 juin 1908 et fut au cap Sheridan, pour l’hivernage, le 5 septembre. Le voyage en traîneau commença le 15 février 1909; on quitta la côte, c’est-à-dire le cap Columbia pour s’engager sur les glaces de l’Océan arctique même, le 1er mars 1909, etle6avrilà 10 h. du matin, le Pôle Nord était conquis, en compagnie de Matt lien-son et 4 Esquimaux. Le 25 avril Peary revenait au cap Columbia. Les difficultés ont été résumées par un des Esquimaux Ootah, en cette formule : « Il faut que le diable ait dormi ou qu’il ait eu des ennuis avec sa femme, sans quoi nous ne serions jamais revenus aussi facilement. »
- « Une seule ombre plane sur ce record », ajoute Peary, « une « ombre tragique, la « mort lamentable du « professeur Ross G. « Marvin (secrétaire de « l’expédition) noyé « (dans une crevasse) le « 14 avril 1909, à 45 « milles au Nord du cap « Columbia. »
- Un détail indique l’importance des soins les plus minutieux : Peary pense qu’il aurait peut-être échoué, s’il n’avait rencontré un système de bouilloire permettant de faire le thé en 10 minutes au lieu d’une heure ce qui lui faisait gagner une heure et demie sur « chaque jour d’effort « vers le Pôle, alors que le temps était l’essence « même de la réussite » . Et, à 55 ans, les orteils
- 87°,6 en 1906; 1909 ne fut que le dernier terme de celle progresssion.
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- gelés et perdus en 1899, Peary j ouait sa dernière partie.
- On sait que les frais de l’expédition ont été faits par les membres et amis du Peary Arctic Club. Le navire était commandé par le capitaine Robert Bartlett « le plus brave et le plus utile des compagnons. »
- L’auteur donne de nouveau les plus curieux détails sur ses amis les Esquimaux, et dit que sa « plus grande fortune fut d’avoir su les utiliser » ; il décrit humoristiquement « l’offense à l’odorat des nuits « passées dans leurs igloos, où l’atmo-« sphère en hiver pourrait être facilement remuée à « la pelle, mais qui fournissent du moins chaleur, « souper et sommeil. Pratiquement les Esqui-« maux ne se nettoient jamais. La révélation
- la glace « espaces d’eau libres déterminés par le jeu « de la glace sous la pression du vent et des « marées... cauchemar perpétuel de la marche au « Pôle... qui peut le séparer à jamais de la terre et « de la vie, laissant l’explorateur errer jusqu’à ce « qu’il meure de faim sur la rive nord du maudit « canal. »
- Le départ du cap Columbia eut donc lieu le 1er mars en 6 divisions comprenant 24 hommes, 19 traîneaux, 133 chiens, et la course s’accomplit dans l’état d’âme que voici : « Quand on voyage « sur la glace polaire, il faut en accepter les chances « de toutes sortes. Il arrive souvent que l’on doit « choisir entre le risque de se noyer en avançant
- Eig. 4. — Le Pâle Nord.
- « de la brosse à dents leur fut un ébahissement. »
- « Le mariage à l’essai est chez eux une coutume indéracinable » et le divorce amiable est permanent, etc. Toutes les pages sur les Esquimaux sont des plus distrayantes. Le Roosevelt en embarqua 59 (22 hommes, 17 femmes, 10 enfants) plus 246 chiens (fig. 2) [réduits à 160 dès le 25 novembre]. L’installation pour l’hivernage du navire,les chasses et pêches pour les approvisionnements en viandes d’ours, bœufs musqués, caribous, etc., les préparatifs du grand raid, la construction des traîneaux, l’éducation des chiens, les risques d’écrasement du navire sous la pression des glaces, les incidents, labeurs et périls d’étapes répètent les difficultés et épreuves communes à toutes les expéditions polaires.
- Rappelons seulement le péril des « brisures » de
- « ou de mourir de faim en attendant, et décider de « son destin en choisissant l’alternative la plus « brève et la moins pénible. »
- 6 avril 1909. — « Le Pôle, enfin! Le prix de « trois siècles d’efforts. Mon rêve, mon but de « vingt ans. Il est à moi, enfin!... Nous plantâmes « cinq drapeaux au sommet du monde » (fig. 3). Cinq hommes assistaient Peary : Matthew Ilenson et les quatre esquimaux Ootah, Eginghwah, Seegloo, Ooqueah. Ils y restèrent trente heures dans la solitude, où « de quelque côté qu’il se trouve, le regard « n’aperçoit que l’immensité morne et blanche de « la banquise! » (fig. 4).
- Le 25 avril on regagnait le cap Columbia, et le 21 septembre le Roosevelt rentrait au port de Sydney. Au point de vue scientifique, les sondages de
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- LA TELEPHONIE ET LES BOBINES PUP1N ====== 243
- l’océan Arctique ont donné 1509 m. par 84° 29' et plus de 2745,50 m. à 5 milles marins du Pôle (le fil cassa à cette profondeur). Le F ram de Nansen avait trouvé plus de 3000 m. par 85° 20'. Il n’y a donc point de continent au pôle arctique, par opposition au pôle antarctique : tel est le grand résultat géographique de la découverte. Les marées ont été constatées et étudiées; elles sont très faibles, nulles même en un certain point de la mer de Lincoln et probablement aussi au Pôle. Il doit y avoir une terre entre l’archipel arctique américain et la Sibérie. Au cap Sheridan la température minima fut de —55° en décembre 1908 et la maxima de 4- 25° en juin 1909.
- Voici, pour terminer, comment Peary est allé au-devant de la mesquine objection qui ne devait pas manquer de lui discuter l’atteinte précise du point mathématique du Pôle; en expliquant toutes les précautions qu’il a prises pour déterminer treize altitudes simples du soleil, il ajoute qu’ « en trait versant la glace dans diverses directions, il a
- « laissé une marge d’environ dix milles pour les « erreurs possibles d’opérations, pouvant varier de « un à dix milles. » Une estimation de cinq milles lui paraît raisonnable, et il n’a pas prétendu, avec ses instruments et ses yeux fatigués par la réverbération des neiges, « déterminer la position précise « du Pôle à plus d’un ou deux milles près. Mais « après l’avoir trouvé ainsi approximativement et « en coupant et recoupant une aire de dix milles en a plusieurs sens différents, personne ne doutera « qu’à un moment ou à l’autre, je n’aie rasé, à le « toucher, le point précis et que, peut-être, j’aie mis « le pied dessus. »
- Quant aux esprits chagrins ou jaloux, qui ont cru devoir chicaner, en dernier lieu, la conquête du Pôle Nord à 20 kilomètres près, il faut leur déclarer tout net que leur critique sera acceptable, seulement le jour où eux-mêmes auront été la démontrer sur place, avec la persévérance, l’audace et l’endurance qui ont fait aboutir la glorieuse entreprise de l’Américain Robert E. Peary. E.-A. Martel.
- LA TÉLÉPHONIE ET LES BOBINES PUPIN
- Depuis plusieurs années on poursuit avec activité, un peu dans tous les pays, l’étude des bobines Pupin et l’on s’évertue à en tirer partie pour améliorer la portée des conversations téléphoniques.
- La Nature a déjà eu l’occasion de signaler des essais de cet intéressant dispositif sur un câble sous-marin mis en expérience sous le lac de Constance (v. n° 1795, p. 353). Le nouveau câble téléphonique sous-marin posé à travers le Pas de Calais entre la France et l’Angleterre est muni de bobines Pupin. Nous voulons aujourd’hui donner
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- Fig. i. — Montage de la bobine Pupin avec parafoudre.
- quelques détails relatifs à l’emploi de ces bobines sur les fils téléphoniques aériens. C’est l’administration allemande qui est actuellement le plus en avance à cet égard et nous résumerons les résultats par elle obtenus.
- Rappelons tout d’abord ce qu’est une bobine Pupin. Les techniciens, nous l’avons dit, voient en elle le moyen d’augmenter la portée des courants téléphoniques. Celle-ci, on le sait, est relativement limitée ; on a considéré longtemps comme un joli tour de force de pouvoir faire causer deux correspondants l’un à Rome, l’autre à Paris. Inutile de dire que la netteté de l’audition n’est pas toujours parfaite à de telles distances.
- On comprend tout l’intérêt pratique offert par un
- dispositif qui promet de bonnes communications téléphoniques à des distances beaucoup plus considérables.
- Quelle est la cause qui arrête ainsi en route le courant téléphonique ? « Un fil téléphonique, lorsque « sa longueur devient considérable, se comporte « comme un véritable réservoir d’électricité; les « vibrations de la parole, par l’intermédiaire du « microphone, communiquent à « cette électricité des mouvements « qui se transmettent, le long du « câble, à l’appareil récepteur ;
- « mais en raison de la grande « masse d'électricité accumulée « dans le câble, le mouvement, par « une sorte de phénomène d’iner-« tie, ne cesse pas aussitôt que la « cause qui l’a fait naître disparaît ;
- « alors que le son qui l’a provo-« qué s’est déjà éteint, le monye-« ment qui en résulte existe encore,
- « impressionnant encore le télé-ci phone récepteur. La voix est « constituée par une succession « rapide de sons; on conçoit donc « que si la ligne est trop longue,
- « c’est-à-dire si sa capacité élec-« trique est trop forte, ces sons « viennent faire vibrer la plaque « du téléphone, alors que ceux qui les précèdent « ne sont pas encore éteints1 ». D’où un mélange confus et inintelligible.
- Or, les théories électriques indiquent, ainsi que
- 1. Les câbles téléphoniques Pupin. La Nature, n° 1795, 19 octobre 1907.
- Fig. 2. — Para-foudre à vide entouré de ses deux enveloppes métalliques.
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- 244 —------LA TÉLÉPHONIE ET
- l’a montré M. 0. Heaviside, que l’on peut annuler ou tout au moins réduire les effets de capacité d’un
- Fig. 3. — Équipement à bobine simple [ligne Berlin-Stralsund).
- câble, en leur opposant les effets de self-induction. C’est sur ce principe que reposent les bobines Pupin. On les embroche de distance en distance sur le câble ou le fil à améliorer, et elles se comportent comme des ressorts qui s’opposeraient aux mouvements résiduels d’électricité dont nous venons de parler.
- Nous rappellerons que le premier circuit ainsi équipé fut celui de Berlin à Magdebourg. On détermina tout d’abord dans quelles conditions les bobines étaient capables de résister aux décharges atmosphériques et on reconnut la nécessité d’utiliser des parafoudres court-circuitant les bobines (fig. 1). Ces parafoudres sont des appareils à vide entourés d’une enveloppe de verre et de deux capsules métalliques dentelées très rapprochées l’une de l’autre, de telle sorte que si le verre vient à se briser les enveloppes métalliques entrent en contact par l’action du ressort à boudin de l’appareil. Les coups de foudre trouvent donc un passage direct par
- Fig. 4. — Appareillage à bobines doubles et parafoudres séparés {ligne Berlin-Magdebourg).
- cette liaison qui abrite parfaitement les bobines.
- La ligne de Berlin-Magdebourg n’ayant que 150 km, l’Administration allemande résolut d’ex-
- LES BOBINES PUPIN —............'.............—
- périmenter le système sur un circuit Berlin-Erancfort-sur-le-Mein (580 km) en fil de 2,5 mm. spécialement construit et permettant de comparer les résultats avec les circuits ordinaires de 4 et 5 mm. Les bobines furent montées tous les 5 km, et les parafoudres, logés sur un isolateur spécial, se trouvaient enfermés dans une cloche d’ébonite. Les essais montrèrent que le circuit ordinaire de 5 mm donnait de meilleurs résultats que celui équipé avec les bobines Pupin (2,5 mm), mais sur ce dernier la parole arrivait avec plus de netteté que sur le circuit ordinaire de 4 mm.
- Ces premiers essais ont été poursuivis sur d’autres circuits, en particulier sur celui de Berlin-Stralsund, constitué par un fil de fer enrobé de cuivre, dont la longueur est de 240 km et le diamètre de 4 mm. Les bobines furent placées à 4 km l’une de l’autre enfermées dans des récipients en porcelaine, et toujours pourvues de parafoudres. Une amélioration notable de la sonorité a été constatée.
- Le circuit bimétallique de Iiambourg-Kœnigsberg
- Fig. 5. — Appareillage à bobines doubles avec parafoudres ; l'ensemble ne protège pas le chapeau, métallique.
- (920 km.) de 5 mm fut ensuite équipé avec des bobines Pupin. Normalement la « sonorité » de ce circuit est égale à celle d’un circuit en bronze de 5 mm. Enfin la ligne suit, presque sur la totalité de son parcours, les fils télégraphiques desservis par les appareils les plus divers : Morse, Hughes, Wheal-stone, et sur 200 km elle est parallèle au fil des appareils extra-rapides Siemens.
- Les premiers essais révélèrent tout d’abord la production de bruits gênants provenant des lignes télégraphiques voisines. Pour les éviter on procéda à des croisements systématiques tous les kilomètres d’abord, puis à chaque 500 m. ; ils ne disparurent pas complètement, même après vérification très minutieuse des soudures entre les fils d’entrée des bobines et le fil bimétallique.
- Une enquête assez longue permit de reconnaître que les lignes desservies par les appareils Morse ne causaient pas de dérangements appréciables ; celles desservies par les Hughes produisaient des dérangements perceptibles, et l’appareil Wheatstone fut considéré comme le plus dangereux pour les conversations téléphoniques, ainsi d’ailleurs que l’appareil
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 245
- Siemens. Mais l'action perturbatrice atteignait son maximum dans le voisinage immédiat de la transmission télégraphique. Ces dérangements ont pu être atténués par l’emploi de bobines de self-induction sur les lignes télégraphiques.
- D’autre part une ligne téléphonique pourvue de bobines Pupin est plus sensible à l’induction qu’une ligne téléphonique ordinaire de même diamètre. D’après les observations faites par l’administration autrichienne, cette sensibilité serait due à ce fait que les lignes téléphoniques sont par elles-mêmes très sensibles aux dérangements dans leur symétrie. Les décharges atmosphériques modifient cette symétrie sur le circuit parce qu’elles sont differentes sur la ligne d’aller et sur celle de retour. Ces difficultés, surtout l’équipement obligatoire des fils télégraphiques, ne permirent pas de continuer les essais; néanmoins on put constater une bonne augmentation de l’intensité du son par l’emploi des bobines Pupin.
- La société Siemens et Halske reprit ensuite les essais sur la ligne de Berlin à Francfort après avoir modifié mécaniquement les bobines. Mais on constata que les nouveaux appareils ne résistaient pas assez aux changements de température ; une grande partie des têtes de porcelaine sautèrent et l’humidité avait pénétré dans les appareils. Les efforts des constructeurs se portèrent alors sur la partie mécanique. La bobine fut enfermée dans une gaine en métal, les fils sortant par des isolateurs en porcelaine. Le chapeau métallique empêcha la pluie de tomber sur l’isolateur et, par conséquent de diminuer la valeur de l’isolement. On constata alors que la valeur de la ligne « pupinisée » était égale à celle de la ligne en bronze de 5 mm. Cette ligne est en service régulier depuis dix-huit mois et aucun dérangement mécanique ne lui est survenu.
- Les constructeurs ont également établi des bobines doubles qui présentent certains avantages sur les bobines simples. Avec ces dernières, il faut, en effet, monter des appareils spéciaux sur la ligne d’aller et sur celle de retour; avec les premières, au contraire, chaque poste de bobines comporte un
- ACADÉMIE E
- Séance du 6 mars 1911. —
- L’eau de la nappe profonde nancéenne. M. le Président expose qu’avec M. Moureu il a procédé à un examen de haute précision de l’eau de la nappe profonde nancéenne. Cette eau vient au jour par un puits d’une profondeur de 9(10 m. environ; MM. A. Gautier et Moureu l’ont étudiée au point de vue physique aussi bien qu’au point de vue chimique. Ils y ont dosé de faibles traces de lithium, d’antimoine, d’étain, de manganèse, d’iode, de brome, de fluor, et, à l’état gazeux, l’azote, l’argon, l’hélium.
- Bombardement moléculaire. — M. Villard met sous les yeux des membres de l’Académie des tubes de verre préparés par M. Dunoyer, qui a réussi à y obtenir, dans un vide presque parfait, un bombardement moléculaire qui mérite le nom de rayonnement moléculaire, par
- seul appareil, le même noyau de fer servant pour les deux enroulements du circuit. De plus les bobines sont moins coûteuses à construire et la symétrie sur les lignes est mieux assurée.
- En vue de déterminer tout d’abord dans quelles conditions les nouvelles bobines résisteraient à l’action des orages, on expérimenta des appareils de ce genre sur la ligne de Berlin à Magdebourg. Un pot de fer dans lequel se trouve la bobine double, comporte deux manchons de sortie en ébonite par lesquels passent les fils se rendant aux deux enroulements des bobines. Ce pot est monté directement sur une traverse de la ferrure entre deux isolateurs doubles et l’un des deux isolateurs de chaque groupe porte un parafoudre. En l’espace de quelques années une seule bobine a été détériorée par un coup de foudre. A la suite de ces résultats plusieurs lignes ont été équipées avec ces bobines.
- On emploie également sur les chemins de fer de Prusse des bobines doubles avec parafoudres. L’autriche adopte aussi le système.
- Dans une conférence faite à l’Electrotechnische Verein1 M. A.Edeling s’est attaché à montrer quelle est la valeur économique du procédé. Supposons, dit-il, que l’ou veuille « pupiniser » une ligne en bronze de 3 mm.
- Les postes de bobines seront distants de 8 km. (les essais effectués en Autriche ont montré que cette distance est suffisante).
- La ligne étant en bronze de 5 mm donne un rendement au moins égal à une ligne simple en bronze de 4,5 mm. Le prix du fil de 3 mm est de 220 Marks, celui d’un fil de 4,5 mm est de 500 M. ; une économie de 280 M. par kilomètre peut donc être réalisée : il convient de diminuer 50 M. par kilomètre pour le prix des bobines, de sorte que, tout compte fait, on économise 230 M. par kilomètre de fil en employant les bobines Pupin. On voit que la différence est très sensible. Ajoutons enfin que ces lignes n’exigent pas plus d’entretien que les autres, les défauts constatés dans les appareils primitifs ayant disparu dans la construction actuelle. L. F.
- :S SCIENCES
- Présidence de M. Gautier.
- l’analogie des effets d’ombre et de propagation rectiligne qu’il permet de réaliser et des effets que l’on observe habituellement dans la propagation du faisceau de rayons cathodiques. Mais ici, la source d’énergie des rayons est purement thermique. Uue petite quantité d’un métal alcalin, très peu volatil à la température ordinaire, est chauffée dans le vide. Les molécules de vapeurs sont agitées dans tous les sens, et certaines d’entre elles viennent passer à travers deux diaphragmes convenablement disposés. Elles ont alors des vitesses parallèles, ce qui les met à l’abri des rencontres entre elles. Si le vide a été effectué, elles continuent leur chemin en ligne droite, avec une vitesse de quelques centaines de
- 1, Journal Télégraphique.
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- 246 L’HARMONIE DU MOUVEMENT
- mètres par seconde, jusqu’à ce qu’elles rencontrent une paroi où elles se fixent en produisant un dépôt métallique sur lequel se dessinent les ombres d’obstacles interposés. Cette expérience, qui permet d’atteindre pour la première fois les vitesses moléculaires, réalise la conception de M. Poincaré d’un gaz à une dimension, et ouvre le champ à de nombreuses recherches de cinétique expérimentale.
- Caractères biologiques des bostrychidés. — M. Bouvier présente une Note de M. Lesne dans laquelle l’auteur a résumé les observations ou renseignements qu’il a recueillis pendant près de 15 ans sur les bostrychidés. Cette Note fait ressortir les variations du régime alimentaire de ces insectes qui constituent un fléau dans les régions tropicales. Ils se nourrissent habituellement de bois mort, mais ils s’attaquent aussi aux amoncellements de céréales et de tubercules farineux. Ils perforent les jeunes pousses, comme font les scolytides, xylophages du bois vivant ou fraîchement coupé. Mais au moment de la ponte, ils viennent pondre dans les vieux troncs des arbres. M. Lesne émet l’hypothèse que le régime granivore ou tuberculivore correspond à un caractère acquis d’origine récente et lié à la présence de l’homme.
- Utilisation industrielle des courants de haute fréquence. — M. d’Arsonval expose les résultats de recherches expérimentales entreprises par M. F. Ducretet et E. Roger ayant pour objet de désélectriser les matières textiles au cours des opérations pratiquées dans l’industrie textile. Pour obtenir de bons produits dans cette industrie (laine, coton, soie, film) il convient de remédier à l’électrisation de ces matières qui serait une cause de déchets très importants et nuirait à la qualité des produits. On emploie généralement, dans ce but, le procédé d’humidification, qui a l’inconvénient d’obliger les ouvriers à travailler dans des salles surchauffées dans lesquelles toute ventilation est interdite. Dans le procédé de MM. Ducretet et Roger, la désélectrisation est produite en utilisant les courants de haute fréquence et de haute
- ET LA CHRONOPHOTOGRAPHIE :
- tension, tels qu’ils sont employés en médecine et en télégraphie sans fil, avec le dispositif connu sous le nom de résonnateur de Oudin. Les conducteurs aériens ou antennes sont ici remplacés par des conducteurs distribués le long des métiers en regard des matières à traiter. Les résultats obtenus dans une filature de Four-mies où ce matériel fonctionne depuis le mois de mai, ont été très avantageux : la solidité à la traction est augmentée de 7 à 15 pour 100, l’élasticité est accrue de 19 pour 100 ; la diminution des déchets a parfois atteint 28 pour 100 avec des laines de basse qualité. Ces avantages concordent avec une amélioration considérable de l’hygiène des filatures.
- Dissymétrie des oreilles. — M. Ed. Perrier présente une Note de MM. Marie et Mac Auliffe, sur l’asymétrie des oreilles chez les aliénés. Comme on l’observe fréquemment chez des individus normaux, on voit qu’elle n’a qu’une faible valeur comme signe objectif de l’aliénation.
- Le pouvoir germinatif des graines et la rouille du blé. — M. Bonnier.dépose une Note de M. Lesage, relative à des essais de détermination du pouvoir germinatif des graines. On sait que dans des lots de graines mûres bien conformées, il est impossible de savoir à l’avance si ces graines germeront ou ne germeront pas. En ce qui concerne le cresson alénois, les graines qui ont perdu leur pouvoir germinatif colorent une solution de potasse et, au contraire, ne la colorent pas lorsqu’elles peuvent germer. M. Bonnier dépose ensuite un travail de M. Beauverie sur la rouille du blé.
- Décès. — M. le Président annonce la nouvelle de la mort de M. Yan-t’-Iloff et retrace l’œuvre accomplie par ce savant, qui fut l’un des fondateurs de la chimie physique.
- Legs à VAcadémie. — M. le Président donne lecture, en fin de séance, du testament par lequel M. Loutreuil lègue à l’Académie des Sciences une somme de 5 500 000 francs pour en employer les revenus dans l’intérêt de la Science. Ch. de Villedeuil.
- L’HARMONIE DU MOUVEMENT
- L’ordre ne s’établit pas d’emblée dans nos mouvements; notre machine compliquée doit s’exercer à un apprentissage continuel pour tirer parti de ses ressources. Quelques personnes arrivent vite à se débrouiller; ce sont les adroits et les habiles, mais combien d’autres demeurent dans un état d’infériorité sans culture et sans progrès ; ce sont les plus nombreux, incapables de faire aucun travail de leurs mains et de manier leur corps. Gauches et maladroits dans tous leurs mouvements, ils se fatiguent pour le moindre effort parce qu’ils gaspillent leur énergie sans résultat utile.
- Cela provient d’un manque d’éducation; si l’on n’a pas pris dès l’enfance l’habitude de se mouvoir avec souplesse et économie, il est bien difficile de reconquérir plus tard ces qualités de premier ordre.
- L’éducation peut tout améliorer au début; elle est aussi nécessaire pour apprendre à bien marcher que pour tenir sa plume ou jouer du piano. Donner un coup de marteau savant où l’on utilise toute la vitesse du marteau sans se frapper sur les doigts
- ET LA CHRONOPHOTOGRAPHIE
- n’est pas chose si aisée, l’expérience nous l’indique et il en est de même de tous nos mouvements.
- L’art de se mouvoir en utilisant tous nos efforts sans rien en gaspiller est un art spécial. Un enfant bien guidé prend alors possession de toute sa machine vivante et peut exécuter ensuite toute espèce de travail avec le minimum de fatigue et le maximum de sûreté. C’est par l’éducation de nos mouvements qu’on arrive à ces résultats, mais cette éducation ne consiste pas dans l’exécution à peu près d’exercices quelconques, sans précision. Il ne suffit pas de se remuer ou de s’agiter ni même de se livrer avec ardeur aux sports; il faut accomplir les mouvements avec perfection et essayer tous les mouvements possibles pour les avoir bien en main. C’est ce que l’on ne fait jamais ; on se remue sans méthode et l’on n’exécute pas tous les mouvements permis par la structure de nos articulations ou la conformation de nos muscles. Des parties de notre corps restent inactives qui pourraient être utilisées et les centres nerveux qui leur commandent par-
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- LE HALO DU 21 DÉCEMBRE 1910 :..r—247
- tagent cette inaction ; la faculté de nous mouvoir se restreint par cela même.
- Les exercices de la gymnastique sont destinés à rétablir cet équilibre rompu ; mais ils sont souvent fort conventionnels et consistent dans des mouvements isolés des bras, des jambes et du tronc, c’est-à-dire dans une analyse peu naturelle.
- La perfection de l’organisme humain ne consiste pas dans la réunion d’organes fonctionnant bien isolément, mais dans les rapports parfaits de ces organes entre eux, dans un accord et une harmonie de toutes les fonctions.
- L’adresse, la souplesse, la grâce dans les mouvements est le résultat de l’harmonie de nos contractions musculaires en vue d’un effort à accomplir. C'-s qualités s’acquièrent par l’exercice ; mais, l’exercice qui développe les muscles n’est pas celui qui rend adroit ; l’harmonie de nos mouvements dépend de l’éducation intelligente de nos centres nerveux. Pour prendre possession de tout notre système musculaire, il faut nous rendre compte de nos actes et acquérir la sensation parfaite de l’équilibre, de la position de nos bras et de notre corps dans l’espace.
- Il est indispensable pour cela d’exécuter le mouvement complet en étendue et en direction et de rendre à volonté les contractions musculaires indépendantes ou solidaires les unes des autres en restant toujours souple en même temps que fort.
- La démonstration de ces principes d’éducation a
- Une élève de M. Demeny exécutant des mouvements synthétiques d’après la méthode des trajectoires.
- été donnée d’une façon particulièrement frappante par G. Demeny au dernier Congrès d’hygiène scolaire et au 5e Congrès international d’éducation physique de Bruxelles.
- M. Demeny dont nous avons maintes fois publié des articles sur le mouvement, fit exécuter par une de ses élèves une série de mouvements complets continus et arrondis suivant une méthode nouvelle. La souplesse, la grâce et la résistance de son sujet étaient la conséquence de l’harmonie de ses mouvements.
- Ayant étudié pendant de longues années les mouvements au moyen de la chronophoto-graphie, M. Demeny a remarqué que les trajectoires décrites dans l’espace par les points principaux du corps sont tout à fait différentes suivant la qualité des mouvements.
- Unedanseuse gracieuse ou un ataxique ont chacun leurs courbes caractéristiques, l’une décrit des trajectoires arrondies sans à-coups ni points d’arrêt, l’autre au contraire trace dans l’espace des lignes à crochets ou arrêtes de rebroussement. On arrive à voir dans l’espace la forme de ces trajectoires et en cherchant à les reproduire, on doit reproduire les actes musculaires et nerveux du sujet d’élite qui leur a donné naissance.
- Cette méthode, basée sur la réversibilité, constitue une utilisation nouvelle de la chronophoto-graphie à laquelle on n’avait pas encore songé. Les résultats de l’éducation basée sur l’harmonie des mouvements sont tout à fait pratiques; on a l’occasion de les appliquer à tout instant de la vie.
- A bonne machine, meilleur rendement se traduisant dans le cas actuel par l’acquisition de la résistance, de l’adresse et de la beauté.
- G. Chaljiarès.
- Harmonie des contractions musculaires obtenue par les mouvements complets, continus et arrondis.
- LE HALO DU 21 DÉCEMBRE 1910 : UN ARC TANGENT QUI N’EST PAS TANGENT
- L’arc circumzénithal est appelé souvent arc tangent supérieur du halo de 46°. A proprement parler, il n’est presque jamais rigoureusement tangent à ce halo dont il peut être fort éloigné.
- C’est ce que montre notre figure, qui reproduit un phénomène optique, observé à Paris, le 21 décembre dernier à 2 h. 14 du soir. Tout à fait en haut est l’arc circumzénithal, dont le centre est au zénith.
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- LE HALO DU 21 DÉCEMBRE 1910
- Immédiatement au-dessous est le halo de 46°, qui a pour centre le soleil et est ici réduit à sa partie supérieure. Les deux courbes étaient séparées Tune de l’autre par un intervalle au moins égal à la largeur de l’arc circumzénithal. Celle-ci devait être peu inférieure à 5°, car toutes les couleurs étaient visibles avec un vif éclat, y compris le violet qui formait à lui seul une bande très large. Le grand halo était pâle.
- On voyait en même temps, à gauche et à droite du soleil, les deux parhélies ordinaires, très vivement colorés et prolongés verticalement par des arcs du halo ordinaire, très pâles. A 22° au-dessus du soleil, une tache lumineuse marquait le point où le halo de 22° est touché par son arc tangent supérieur (pour cet arc, il y a toujours tangenee réelle, au sens géométrique).
- En ce qui concerne l’arc circumzénithal, la théorie de Bravais indique qu’il n’est exactement à 46° du soleil que si celui-ci est à 22° de l’horizon. Lorsque l’astre s’écarte de cette hauteur, dans un sens ou dans l’autre, la distance qui le sépare de l’arc
- augmente, pour atteindre 58° lorsque le soleil est à l’horizon ou à 52°, limites au delà desquelles l'apparition de l’arc est impossible.
- Ces indications théoriques ont été entièrement vérifiées par l’observation. Dans le cours de ces dernières années, la hauteur de l’arc a été fréquemment mesurée à l’Observatoire de Montsouris, pour les hauteurs de soleil les plus variées et a toujours été trouvée conforme à la formule de Bravais.
- Le halo du 21 décembre igio.
- Mais, jusqu’à ce jour, toutes les fois qu’on avait vu paraître simultanément la halo de 46° et l’arc circumzénithal, ces deux courbes s’étaient toujours montrées en contact l’une avec l’autre.
- Dans un cas seulement, on avait observé un défaut de coïncidence des couleurs au point de contact : le 1er mai 1754, Dufay note que le rouge de l’arc circumzénithal touche le bleu du halo. Cette
- remarque subtile donne une haute ' idée des qualités
- d’observateur de celui qui l’a faite et Bravais, dans son mémoire sur les halos, la considère comme extrêmement précieuse pour la théorie.
- L’observation du 21 décembre 1910 aurait pu être faite par le premier venu, mais elle n’en a que plus de valeur comme confirmation de la théorie, car cette fois la non-tangence des deux courbes ne peut laisser aucun doute.
- Pourquoi une telle apparence est-elle si rare? C’est qu’elle implique la coïncidence de deux événements peu fréquents l’un et l’autre. En effet, il faut tout d’abord que l’arc et le halo soient visibles simultanément, ce qui
- est déjà exceptionnel. D’autre part, pour que les deux courbes se montrent nettement séparées, il faut, vU leur largeur, que le milieu de l’arc soit au moins à 2° de celui du halo, ce qui exige que le soleil soit au-dessous de 14° ou au-dessus de 28°, conditions peu favorables à l’apparition de l’arc circumzénithal, qui, 6 fois sur 10, se produit par hauteurs solaires comprises entre 15° et 25°. Louis Besson.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1973. - —- - - —.....18 MARS 1911
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DE VIERNY (1)
- La télégraphie sans fil nous a familiarisés avec l’idée de causer entre la' tour Eiffel et le Canada par ondes simplement transmises à travers l’espace.
- Il n’en est pas moins curieux de, constater qu’un cataclysme survenu au cœur de l’Asie a pu communiquer de lui-même la nouvelle par ondes sismi-(| u e s jusqu’à Paris avant l’arrivée de tout télégramme.
- Je rappelle, en deux mots, que les observations sismiques sont faites au moyen d’appareils disposés par couples, orientés dans des plans différents, afin de surprendre toutes les directions de mouvements (Yoy. u0 1754, du 18 avril 1906). Quand un ébranlement se produit au loin, l’appareil enregistreur (pendule vertical, pendule horizontal, etc.), inscrit d’abord une phase préliminaire, avec de petites vibrations dont la période varie de un dixième de seconde à cinq secondes. Puis vient une seconde phase avec des vibrations d’amplitude plus grande et de période plus longue.
- Enfin, une troisième phase a de grandes ondes à période atteignant trente secondes. Les deux premières phases ont été considérées comme transmettant la secousse à travers le globe, et la troisième comme agissant le long de l’écorce corticale. Le premier groupe de vibrations peut parcourir le
- 1. ' D'après le Bul. de l'Acad, des Sciences de St-Pçtersbourg.
- 39* année.
- diamètre terrestre en 22 minutes à raison de 9,6 kilomètres par seconde (ce qui implique un milieu
- interne deux fois plus rigide que l’acier) ; la vitesse moyenne dé la deuxième phase est, pour le même diamètre, de 5 kilomètres ; enfin la troisième phase est transmise à raison de 5 à 5,5 kilomètres.
- 11 est facile, dès.lors, de comprendre comment la différence entre les temps d’arrivée en un même point de deux de ces phases peut permettre de déterminer la distance du point d'ébranlement, d’après des courbes que les observations antérieures ont donné le moyen de tracer. D’autre part, grâce au deux pendules accouplés qui enregistrent les composantes rectangulaires du mouvement vibratoire, on obtient la direction.
- Or, dans la nuit du 3 au 4 janvier, à la station sismique de Pul-kova, près de Saint-Pétersbourg, de premières vibrations arrivaient à 25 h. 32 m. 16 s. Un peu après à 25 h. 57 m. 45 s. la seconde phase produisait une secousse si violente que, mettant l’appareil hors de service, elle n’a pas permis l’enregistrement de la .troisième phase. Quelques instants après les mêmes ondes sismiques venaient, apprendre à Paris la même catastrophe. Aussitôt on se mit à calculer la position du centre superficiel des secousses du l°r février, fjiiï nous est communùjuc par M. Yermololf.
- IG. — 249
- Fig. 1. — Crevasses ouvertes par le tremblement de terre à Vierny.
- Fig. 2. — La tour de . Tamerlan (1détruite par le tremblement de terre).
- 1er semestre.
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- 250: LE TREMBLEMENT DE TERRE DE VIERNY
- ou épicentre, et l’on trouva 5690 km. de Pulkova, avec une direction 81°,51 ; ce qui donnait les coordonnées géographiques : 45°, 14 nord et 78°,24 est, soit un point situé près du lac Issyk-Koul, non loin de Vierny, sur le flanc nord de Tien-Chan, en Asie Centrale.
- Bientôt la comparaison des observations faites en plusieurs observatoires distincts, c’est-à-dire l’enregistrement des moments différents où y étaient parvenues les ondes sismiques, vint fournir un moyen plus précis de contrôler ce qu’il pouvait paraître hardi de calculer d’après les mesures d’un seul observatoire.
- Région; abvœriZée, lu 9 Juin/1882
- arkaralinsk
- O Secousses violentes chu
- Zones épicenstrales chu
- Régions ébranlées les 3 Janjuier 1911 y'"
- Zones vLolsente, chu
- ZoTces épicerutraZa chu
- alkach
- Lepsinsk
- Dcharkent
- IssyKou!
- Aksou
- kobelef -y
- P A NI l R
- Kerki
- ment ébranlée par un séisme du 2 juin 1887, avait été reconstruite avec des maisons plus basses et plus légères.
- Il est à noter que la grande secousse du 5 janvier avait été précédée, le 401 janvier, par deux petites secousses dans la même région et que le mouvement a continué d’une façon restreinte au moins jusqu’au 16 janvier.
- Nos vues (fig. 1 et 2) montrent les crevasses ouvertes par le tremblement de terre, les maisons détruites et la fameuse colonne deTarmerlan renversée. Viernv est malheureusement familiarisé avec ce
- Fig. 3. — Carte de l’Asie Centrale permettant de comparer les effets des tremblements de terre de i88~ et içn.
- Le mouvement avait été tel que sa phase principale n’avait pu, nous l’avons dit, s’enregistrer. Le prince Galitzin est arrivé néanmoins, par des moyens détournés, à calculer que le déplacement du point lumineux par lequel sont tracées les courbes de vibrations sur les sismogrames, aurait dû être de 5,4 m. alors que, pour le grand tremblement de terre de Messine dont l’origine était plus rapprochée (seulement 2600 km.), on avait eu 0,9 m. La secousse du tremblement de terre de Vierny a été environ quatre fois plus forte que celle de Messine. S’il n’a causé que des dommages beaucoup plus restreints, cela tient à ce qu’il a eu lieu dans une région peu habitée, où la ville principale, Vierny, déjà forte-
- genre d’épreuves, et notre figure 5 permet de comparer les deux graves désastres de 1887 et 1911. En 1887, une région de 100 sur 50 km. autour de Vierny, a subi des mouvements violents, qui se sont étendus plus faiblement à 27 000 milles carrés. Les crevasses ouvertes étaient NW. La zone épicentrale située au pied de l’Alatau avait eu 55 km. de long sur 5 de large. Il y eut 552 morts et 5000 maisons délruites. Le tremblement de terre du 5 janvier 1911 a commencé, par une très singulière coïncidence, exactement à la même heure que celui de 1887, 4 b. 40 de temps local. Le centre principal a été, cette fois, comme le montre notre carte, un peu plus méridional qu’en 1887, entre l’Alatau et le
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- PEUT-ON VAINCRE LA
- RÉSISTANCE DE L'AIR?
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- lac Issyk-Koul. Sa violence plus grande se traduit par l’extension de la zone d’ébranlement qui atteint Karkaralinsk et Boukara et comprend tout le territoire du Ferghana, sur lequel des champs pétrolifères attirent en ce moment l’attention. La zone épicentrale, beaucoup plus allongée dans le sens EW, qui est celui des grands accidents tectoniques, plissements et cassures géologiques de la région, a affecté surtout la vallée de Bolchoi-Kebin, où, d’après Mouchketow, de nombreuses failles affectent les schistes métamorphiques. Il s’est produit là de grandes cassures EW de 2 à 5 m. de large, avec des affaissements, glissements, renversements des terrains. D’une façon générale, le mouvement a d’abord eu l’allure d’ondulations, qui se sont terminées par des secousses verticales. On n’a pas entendu les bruits souterrains
- qui, en 1887, avaient causé une terreur profonde. Le nombre des morts a été de 390, dont 44 à Yiernv, où pas une maison n’est restée intacte.
- Si on se reporte d’ailleurs aux cartes qui marquent les grands foyers sismiques du globe depuis longtemps connus, on voit que cette région de Tien-Chan est aussi prédestinée à ce genre d’émotions (et même plus encore) que Messine. Il y a ainsi, au cœur de l’Asie, une large zone où des mouvements violents du sol continuent, sans doute, par déplacements progressifs, les vastes déplacements verticaux, d’époque géologique relativement récente, qui ont porté si haut le Toit du monde et le Tibet et, en même temps, creusé des fosses d’effondrement si singulières, descendant parfois au-dessous du niveau delamercomineauSuddeTourfan. P. Sallior.
- PEUT-ON VAINCRE LA RÉSISTANCE DE L’AIR ?
- Aujourd’hui que l’aviation a rendu manifeste aux yeux de tous l’importance des forces développées par l’air sur les corps qui le traversent, personne n’ignore la loi fondamentale, dite du carré de la vitesse, selon laquelle s’exercent ses efforts.
- On sait qu’une surface plane de forme carrée ayant un mètre de coté, et qui frappe l’air normalement avec une vitesse de 1 mètre par seconde, éprouve une résistance à l’avancement d’environ 80 grammes. 80 grammes sont fort peu de chose, par rapport aux efforts musculaires que l’homme peut développer : c’est pourquoi les, réactions qu’oppose l’air à nos mouvements nous sont très peu sensibles, et ne le deviennent que par des vents très violents.
- Nous ne percevons, par exemple, aucune différence dans l’aisance de nos mouvements lorsque nous nous déplaçons avec un livre à la main, au lieu d’avoir les mains libres. Tout cela est dû à ce que les vitesses qui entrent ici en jeu sont faibles.
- Mais la loi du carré de la vitesse nous enseigne que si Ton va deux fois plus vite, c’est quatre fois plus de résistance qu’on rencontre. Si Ton va dix fois plus vite, cent fois plus de résistance.
- D’autre part, la puissance motrice nécessaire pour vaincre cette résistance se trouve multipliée en même temps non plus par 4 et par 100, mais par 8 et par 1000.
- Et Ton comprend alors comment, dans les chemins de fer, dans les automobiles, qui réalisent couramment des vitesses de 15 ou 20 mètres par seconde, et qui offrent d’autre part des surfaces de front relativement importantes, la résistance de l’air peut prendre une importance considérable.
- C’est bien ce qui se passe, en effet. Au fur et à mesure que Ton augmente la vitesse des véhicules, le problème qui se pose est bien moins de vaincre la résistance au roulement sur le sol que la « résistance à l’avancement » ou « à la pénétration » dans l’air.
- Dans les chemins de fer, dans les automobiles, une fraction très considérable de la puissance du moteur est employée à assurer cette pénétration.
- D’ailleurs, chacun sait bien aujourd’hui que les ailes d’aéroplane, en heurtant l’air avec une vitesse égale à celle des chemins de fer, éprouvent les poussées de 300, 400, 500 kg, qui sont nécessaires pour soutenir les ap-
- pareils plus lourds que l’air dont l’envol est aujourd’hui chose si commune : et ces chiffres, bien qu’ils mesurent ici des forces utiles et non plus des résistances nuisibles, donnent une idée de la grandeur des réactions développées par l’air.
- Il résulte de là, qu’on cherche par tous les moyens à
- Courant d'air
- Direction delà vitesse prise par le chariot.
- réduire, à éluder ou à vaincre cette résistance à la pénétration.
- A cet effet, on s’est depuis longtemps avisé de munir les véhicules à grande vitesse de proues fuyantes et effilées (et aussi de poupes ayant un contour suffisamment allongé, pour permettre aux masses d’air écartées par le passage du mobile de se rejoindre dans des conditions favorables à l’arrière du véhicule). Par ce moyen, on élude la difficulté, ce qui revient à dire qu’on s’en débarrasse dans une certaine mesure, et c’est bien quelque chose. , •
- Mais, récemment, un inventeur français, M. Constantin, a proposé une solution autrement radicale. Il s’agit d’aborder l’ennemi de front, de l’enrôler de force, peut-on dire, en le mettant au service de la puissance motrice qui est chargée de le combattre. Yoici en deux mots le principe de cette invention, qui malgré son apparente simplicité, soulève des questions d’une étonnante complexité lorsqu’on cherche à l’analyser dans ses détails. Supposons qu’à l’avant d’une automobile ordinaire, lancée par son moteur avec une certaine vitesse, on dispose, pour recevoir le premier^choc de l’air déplacé, non plus des armatures fixes, mais des parties mobiles, capables de céder aux actions exercées par l’air : une roue de turbine par exemple. Le vent relatif créé par la course du véhicule fera tourner la turbine dans un. certain sens-L’air, en s’échappant à travers les aubages, usera sur eux sa force, et, si l’orientation de ces aubages est conve-
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- LA GUERRE CONTRE LES RATS
- nabie, communiquera à l’ensemble de la roue un mouvement de rotation, et, par conséquent, une certaine énergie. Cette énergie, créée par le déplacement de l’air lui-même, M. Constantin propose de la détourner en quelque sorte au profit du moteur de l’automobile : il lui suffit pour cela de relier la turbine aux roues motrices par une transmission mécanique telle que la turbine entraîne précisément ces roues dans le sens qui correspond à l’avancement : c’est là une simple affaire de sens à donner aux engrenages de commande.
- Pour mieux se rendre compte de la chose, on peut raisonner ainsi qu’il suit : supposons qu’à l’avant d’une automobile ordinaire on installe un moulin à vent; celui-ci se mettra à tourner sous l’impulsion du vent relatif créé par la course, et l’on pourra utiliser son travail à toute autre besogne que celle de moudre des grains : par exemple, précisément à aider le moteur du véhicule.
- D’autre part, cette énergie supplémentaire que l’on fournit ainsi au moteur, on la soustrait justement à la résistance qu’auraient rencontrée les parties fixes de la proue, masquées maintenant par le moulin à vent. Bien entendu, ces parties fixes rencontreront toujours de l’air devant elles, mais ce ne sera plus que de l’air usé par son passage à travers le moulin à vent ou la turbine, et l’inventeur estime que le gain réalisé au total sera très important.
- Des expériences n’ont encore pu être faites dans les conditions exactes que nous venons de décrire. Mais M. Constantin a réalisé un dispositif, d’ailleurs très rudimentaire, avec lequel il a obtenu des résultats très curieux, qu’il considère comme une vérification de ses théories dans un cas particulier, celui où le moteur du véhicule est éteint, ou inexistant. Le modèle de démonstration présenté par M. Constantin consiste en un simple petit chariot d’aluminium ne pesant guère que 1200 grammes, et dépourvu de toute puissance motrice propre.
- Devant la proue se trouve disposée, en guise de turbine, une sorte d’hélice conique, c’est-à-dire dont les pales sont inclinées vers l’avant. L’arbre de cette hélice commande les roues par des engrenages dont le sens choisi de telle manière que les roues soient entraînées selon la direction des flèches (fig. 1) lorsque l’hélice tourne sous l’action d’un courant d’air dirigé de l’avant vers l’arrière du chariot.
- Placé dans un courant d’air très faible, obtenu à l’aide d’un simple ventilateur d’appartement, ce chariot au lieu de reculer se précipite au-devant du courant d’air. « Se précipite » est le mot exact, et c’est précisément l’énergie surprenante de l’action motrice ainsi développée par le vent contraire, qui constitue le principal intérêt de ce petit appareil. INous l’avons vu fonctionner, et il a été soumis par son auteur à l’examen de diverses personnalités compétentes. Non seulement ce petit chariot prend une grande vitesse à l’encontre de l’air qu’on lui insufflerais encore il est capable, dans ces conditions, de remonter de fortes pentes, de plus de 6 pour 100 par exemple. Essayé au Conservatoire des Arts et Métiers avec un ventilateur plus important, il a démarré avec une surcharge de 10 kg. Le spectacle était des plus curieux.
- L’expérience seule dira quelle peut être l’importance de celte invention. Mais il est clair que si les idées que nous avons reproduites plus haut étaient confirmées par des expériences méthodiques, on aurait là le moyen de réaliser dans les automobiles, les locomotives, les bicyclettes, les motocyclettes, et même les ballons dirigeables, les aéroplanes, et les sous-marins, des économies de puissance dont le total constituerait peut-être une épargne formidable. L’application la plus immédiate et la plus concevable en pourrait d’ailleurs êlre faite aux navires voiliers, auxquels un tel dispositif permettrait, d’avancer directement contre le vent sans avoir à louvoyer. R. Chassériauü.
- LA GUERRE CONTRE LES RATS
- Voici déjà plusieurs années que l’Angleterre s’alarmait de la multiplication des rats dans ses ports. Une ligue fut même fondée à Londres, il y a trois ans, dans le but d’organiser méthodiquement l’extermination du vorace rongeur. Des statistiques, répandues dans le public par la voie de la presse ou de la brochure, mirent en relief les dommages matériels énormes que l’espèce faisait subir à la nation; pour la seule ville de Londres, les dégâts étaient évalués, pour une seule année, à plusieurs millions de livres sterling! Dès cette époque, la ligue s’efforçait de montrer que la présence de l’innombrable armée de rongeurs en sol anglais deviendrait un péril national, si la peste asiatique faisait un jour son apparition dans le pays. Ce jour était moins éloigné que ne l’avaient supposé sans doute les organisateurs de la campagne.
- Durant le printemps de 1910, un bactériologiste avait signalé que les cadavres de plusieurs rats t rouvés dans les docks de Londres contenaient en abondance des bacilles de la peste ; et l’on prit alors des mesures énergiques pour exterminer les rats dans les docks infestés. Le péril semblait conjuré, quand, le 13 septembre dernier, une fillette du
- village de Freston (Suffolk), Annie Goodall, succombait, en trois jours de temps, à une mystérieuse maladie, qui emportait presque aussitôt sa mère, son beau-père et une voisine. Les médecins locaux ne surent pas identifier la cause de ce quadruple décès; mais, à tout hasard, et comprenant qu’ils étaient en présence d’une maladie contagieuse, ils firent mettre en quarantaine une douzaine de personnes qui avaient soigné ou louché les défunts.
- Bientôt, on découvrit chaque matin dans les champs environnants des cadavres de rats, de lièvres et de lapins de garenne. Et c’est alors qu’un médecin de village, soupçonnant la vérité, soumit un cadavre de rat à un bactériologiste de la ville voisine, Ipswich. Tout doute disparut dès le premier examen : l’épidémie qui venait d’éclater dans le Suffolk, aux portes de Londres, était bien la peste bubonique, le terrible fléau, qui, sous le nom de black ]3est, avait balayé, deux siècles et demi aupa-vant, le tiers de la population des Iles-Britanniques, après avoir désolé 1 Italie et la Provence (peste de Marseille).
- Cette fois, la peste noire trouvait à qui parler. Vigilante gardienne des destinées delà race humaine,
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- la bactériologie, en la personne du Français Yersin et du Japonais Kitasato, avait enfin isolé le microbe spécifique de la peste. Cette grande découverte allait permettre, sinon de faire disparaître le fléau, tout au moins de lutter avec avantage contre lui. Une série d’observations recueillies dans les principaux foyers actuels de la peste, aux Indes et en Perse, démontrait que la maladie est essentiellement spécifique aux rongeurs, que le bacillus pestis croît et se multiplie plus volontiers chez ces animaux que chez toute autre espèce, et que leurs puces, une
- Sans recourir à des moyens aussi radicaux, les municipalités du Suffolk organisaient aussitôt la lutte, sous la haute direction d’une commission de savants et d’officiers coloniaux hâtivement constituée par le gouvernement. Le massacre des rats et autres rongeurs était entrepris sur une grande échelle, et une affiche officielle, répandue à profusion, conviait le public à seconder les autorités. Des rat clubs se formaient dans les moindres villages, et les membres s’engageaient sous serment « à tuer de n’importe quelle façon tous les rats et les souris qu’ils pourraient atteindre ». Villes et villages créaient des charges de chief rat catcher (ratier en chef), en mettant sous les ordres de ce fonctionnaire d’un nouveau genre un effectif de ratiers secondaires. Une échelle de primes, allant jusqu’à deux sous,^ par tête de rat, était établie. Usinier|r ét minotiers suspendaient tout tra\: vail et employaient leur personnel' ouvrier à la chasse au rat. Des distributions gratuites de poison fournissaient aux paysans comme aux
- Préparation de la bouillie empoisonnée avec des germes mortifères.
- fois infectées, servent de véhicule au terrible germe, lorsqu’elles abandonnent leurs cadavres pour se réfugier sur un être humain ou sur un animal domestique.
- Lorsque, durant ces cinq dernières années, plusieurs villes de l’Afrique Australe et de la côte américaine du Pacifique furent menacées par le fléau, elles surent comment conjurer l’invasion : en organisant l’extermination des rats.
- Dans certains ports de la Californie et de l’Orégon, les municipalités prirent des mesures dictatoriales : les caves et sous-sols de toutes les maisons et entrepôts furent bétonnés aux frais des propriétaires, et de solides grillages fermèrent l’accès des gouttières et des bouches d’égouts, en même temps que les locaux suspects étaient soumis à des fumigations mortifères. Dans les quartiers sordides, particulièrement dans les rues habitées par des Chinois, on détruisit par le feu de nombreuses maisons. Une sorte d’état de siège, ou loi martiale, fut même proclamé à Portland, et la direction de la campagne fut confiée à un officier supérieur. Grâce à ces mesures énergiques, le fléau fut conjuré.
- Ratiers officiels chassant les rongeurs à l’aide de furets.
- citadins le moyen de poursuivre chez eux l’extermination.
- Il est impossible de savoir, à plusieurs milliers près, combien de rats furent mis à mort dans le district infecté, c’est-à-dire dans la péninsule formée par les estuaires du Stour et de l’Orwell, d’une superficie un peu supérieure à celle du département de la Seine. Des quantités de rongeurs périrent dans leurs souterrains, dont on avait bouché les issues au ciment, ou furent noyés dans ces deux rivières. Mais, grâce aux fours publics installés pour l’incinération des cadavres, grâce aussi au système de primes, on a pu constater officiellement qu’une
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- moyenne quotidienne de 9000 rats (surmulots, rats noirs, etc.) avait formé le bilan d’une campagne de quatre semaines, soit environ 300 000 rats tués en un mois dans ce seul district. Comme l’extermination s’organisa également dans les comtés voisins, notamment dans l’Essex, où l’on avait trouvé des cadavres de rats infectés, il n’est pas exagéré de dire que l’Angleterre se débarrassa en un mois d’un million de ses rats.
- Certains incidents valent la peine d’être notés. Comme le bruit avait couru que la petite Annie
- par le D1' Danysz, de l’Institut Pasteur de Paris, et qui consiste, comme on sait, à inoculer à un rat un certain bacille qui développe en lui une maladie mortelle et contagieuse, spécifique aux rats, et à laquelle l’homme et les animaux domestiques sont réfractaires. Nous ne savons pas encore dans quelle mesure ce procédé a contribué à l’extermination des rongeurs du Suffolk, mais on ne saurait mettre en doute son efficacité, si l’on se rappelle ce qui se passa il y a deux ans à Little-Cumbrœ. Cette île, située dans l’estuaire de la Clyde, était infestée par des hordes de surmulots. On pré-•J para de la bouillie de navet que l’on contamina avec le bacille du Dr Danysz, et, quelques semaines plus tard, l’ile ne contenait plus un seul rat.
- Un autre procédé scientifique, que l’on a utilement employé à Ipswich, est celui de l’électrocution. Il consiste à disposer un fil conducteur le long de la base d’un mur, à 2 centimètres de ce mur et à 5 centimètres du sol. On amorce avec des parcelles de lard ou de gâteau, légèrement
- Car imaginé dans l’Essex pour recueillir les cadavres de rats pesteux en vue de l’incinération.
- Goodall avait caressé le chat de la maison avant de tomber malade, les villageois, cédant à la terreur du fléau, et persuadés que tous les chats de la région étaient contaminés, les massacrèrent. De fait, un chat, appartenant au recteur du village de Stutton, tomba malade après avoir étranglé un rat. Quand on apprit que treize furets étaient morts à Bromeswel après s’être repus de la chair d’un lapin de garenne, lapins et furets furent mis à l’index.
- D’une façon générale, on se méfia désormais de la viande de gibier de poil ou de plume. A Londres même, les lapins, offerts à bas prix, ne trouvaient plus d’acheteurs. Ce seul détail suffirait a montrer qu’il y eut réellement une panique dans le Sud de l’Angleterre, pendant le courant de novembre.
- Les moyens les plus variés furent employés dans cette guerre aux rats. A Ipswich, un bactériologiste eut recours au procédé ultra-scientifique, imaginé simultanément par M. Neumann, savant danois, et
- Plaques ie zinc pour empêcher les rats d’envahir les navires en grimpant aux amarres.
- saupoudrées de graines d’anis concassées, dont l’odeur attire les rats. Ils se dressent pour flairer la friandise, touchent le fil, tombent foudroyés. Ce procédé est particulièrement efficace dans le voisinage des docks.
- Il s’est trouvé des pessimistes pour prédire que le retour de la belle saison verrait le terrible fléau se déchaîner sur l’Angleterre. Souhaitons que nos voisins mettent à profit les trois mois d’hiver pour pousser à outrance la guerre qu’ils ont déclarée à son propagateur. Y. Forbin.
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- COMMENT ON FABRIQUE UN GRÈS ARTISTIQUE
- A notre époque pratique par excellence s’est produite, cependant, une véritable petite révolution artistique qu’il convient de signaler et d’encourager. Au foyer le plus humble même, en effet, ont peu à peu pris place des objets destinés à l’embellir, à l’orner, à y apporter une note discrète d’élégance et de beauté qui attire l’attention, repose le travailleur et lui fait aimer son modeste logis.
- Au premier rang de ces objets décoratifs se placent les grès artistiques, très recherchés aujourd’hui. En nous inspirant des procédés mis en œuvre à la Faïencerie des Yvelines, par Rochefort-en-Yvelines (Seine-et-Oise) où, avec la bienveillante autorisation de M. Arnaud, son Directeur, ont été prises les photographies qui illustrent cet article, nous allons montrer comment on obtient ces grès.
- « Le grès cérame, dit Brongniart, doit, après cuisson, donner des pièces solides, dures, imperméables à l’eau sans le secours d’aucun vernis et pouvoir fournir des objets de très grandes dimensions, susceptibles de recevoir des colorations variées et des ornements en relief délicats et nets. »
- D’après le savant Directeur des travaux techniques1, de la Manufacture de Sèvres, M. G. Yogt, la composition, après cuisson, de la pâte à grès, doit être :
- Silice (Si O2)................................ 76 p. 100
- Alumine (Ala02 + Fea O3)...................... 21 —
- Alcalis (Ca0 + %0-f-Ka0 + Ma20)......... 3 —
- ÎÔÔT
- Cette pâte est obtenue avec :
- Après élimination de l’eau au rouge.
- Argile de S'-Amand-en-Puisaye . 56 50
- Argile de Randonnai ...... 27 25
- Sable de Decize............ . 26 25
- 109 100
- La pâte employée à la faïencerie des Yvelines diffère un peu de celle préconisée par M. Yogt. Elle renferme, en effet :
- Silice..................................... 70 à 75 p. 100
- Alumine.................................... 20 __
- Alcalis.................................... 5 à 10 —
- La vitrification des grès, qui assure leur imperméabilité, étant d’autant plus complète que leur pâte contient plus d’alcalis, il a paru avantageux d’augmenter la teneur en alcalis de la pâte employée pour la fabrication de ces grès.
- Les argiles utilisées pour cette fabrication sont expédiées à l’usine en wagons complets. Elles contiennent ordinairement de 60 à 70 pour i 00 de silice, 20 à 21 pour 1 00 d’alumine, des alcalis divers, de l’oxyde de fer et de l’eau.
- Le sable renferme environ 85 pour 100 de silice pure et 8 à 10 pour 100 d’alumine. Le reste est composé d’alcalis et d’eau.
- Tous ces produits, employés à l’état naturel, sont déversés dans une grande cuve appelée délayeur, où ils se trouvent mélangés avec une grande quan-i. Notice sur la fabrication des grès (Paris, 1900).
- tité d’eau, dans des proportions indéterminées et d’ailleurs indifférentes, et où une hélice, tournant sans arrêt, les délaye complètement dans cette eau.
- La bouillie obtenue, qui est très liquide, est alors déversée dans un blutoir fermé par une toile métallique excessivement fine, qui permet à la bouillie seule de passer, et la débarrasse de toutes les impuretés qu’elle peut contenir. Cette bouillie tombe dans une grande cuve creusée dans le sol où elle est maintenue sans cesse en mouvement par un agitateur qui a pour but d’empêcher la terre de se déposer au fond. Reprise par de puissantes pompes aspirantes et foulantes, elle est envoyée dans des châssis-presses. C’est ici que cette bouillie se débarrasse de l’eau en excès qu’elle renferme. Lorsque, sous forme de galette, on la retire de ces châssis, la terre, en effet, ne contient plus que 25 à 50 pour 100 de son poids d’eau, quelle que soit la quantité de cette eau dans laquelle elle a été délayée. C’est pourquoi l’admission de l’eau dans la cuve où se fait le délayage n’a pas besoin d’être réglée mathématiquement.
- Les galettes de terre obtenues dans les châssis-presses sont ensuite portées dans le malaxeur placé dans un angle de cette même salle et actionné mécaniquement, comme tous les appareils précédents. Celui-ci a pour but de donner à la terre plus d’homogénéité. Elle en sort sous forme de cubes, de parallélépipèdes rectangles, plutôt, et prête à l’emploi. Elle est alors douce, grasse, onctueuse, Huant entre les doigts comme du beurre un peu ferme. La teneur en eau, comme au sortir des châssis-presses, est toujours de 25 à 30 pour 100.
- C’est cette pâte qui va être confiée au potier. Celui-ci, maintenant, a abandonné le vieux tour mis en mouvement avec les pieds, et que nombre de gravures ont popularisé. Le tour du potier, aujourd’hui, est mû mécaniquement. Devant un volant, ou plateau vertical, de 40 centimètres de diamètre, tournant autour de son centre, à la vitesse d’environ 300 tours à la minute, glisse à frottement une toupie métallique de 15 centimètres de diamètre environ dont la partie de la circonférence tangente au plateau se trouve, à l’état de repos, sur le centre même de ce plateau vertical. A l’aide d’une pédale que l’ouvrier actionne de son pied droit, la toupie peut être remontée le long du plateau vertical. Elle est alors entraînée par celui-ci dans son mouvement de rotation, et fait elle-même tourner l’arbre vertical sur lequel elle glisse et qui porte à sa partie supérieure, le tour proprement dit, ou plateau horizontal, appelé girelle. Le rapport des diamètres du plateau et de
- la toupie étant de
- 40
- 15’
- lorsque ce plateau tourne à
- 300 tours à la minute, la girelle peut prendre toutes les vitesses intermédiaires entre 0, lorsque la
- toupie est au point central, et = 800 tours
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- COMMENT ON FABRIQUE UN GRES ARTISTIQUE
- à la minute, lorsque la toupie est entraînée par la partie extrême du plateau.
- Une corde en hoyau, attachée à la pédale et roulant sur des poulies, aide à la manœuvre du levier qui soulève la toupie, et à l’extrémité duquel un contrepoids ramène cette toupie au point central lorsque l’ouvrier n’agit plus sur la pédale.
- Cet ouvrier, assis devant son tour, prend un paquet de glaise, le dépose, masse informe, sur le plateau supérieur, puis met en mouvement le tour. Il approche, ses mains mouillées d’eau de la pâte, et soudain, la masse noirâtre semble s’animer et vivre. I)’un bond, elle s’élance, (leur monstrueuse comme par enchantement éclose, et s’élève verticalement. De la paume des deux mains, appliquées à la partie supérieure, l’omrier la rabat, la comprime, lui donne en une seconde cent formes variant à l'infini. Ce travail a pour but de resserrer la pâte.
- Il commence ensuite à lui faire prendre sa forme définitive, et pour obtenir le vase que nous représentons, d’un coup de pouce h l’intérieur, il creuse une cavité, l’agrandit, fait en même temps s’élever le vase qui prend vaguement la forme d’un mortier. |M
- Puis, la main gauche plongée à l’intérienr, cependanl que la main droite, à l’extérieur, régularise le contour et règle l’épaisseur, il produit le renflement du vase, rétrécit le
- i; Salle de préparation de la pâte : au fond, à gauche, le délayeur et le blutoir; en avant, à gauche, les châssis-presses; au fond, à droite, le malaxeur. — 2. Le volant, ou plateau vertical, tournant à 3po tours à la minute : en avant, la toupie, qui peut tourner à 800 tours à la minute et actionne le plateau horizontal supérieur, ou girelle; à droite, la pédale au moyen de laquelle l’ouvrier fait monter la toupie, r— 3. Fabrication d’un vase, première phase : l’ouvrier serre la pâte entre ses mains pour la comprimer. — 4. Fabrication d’un vase, dernière phase : l'ouvrier creuse la'cavité de sa main gauche pendant’qu’il égalise le contour de sa main droite. — 5. Salle des fours, avec ses trois fours, dont un de 70 nü et deux de chacun 5o nv\ Un Peu partout les cazettes qui servent à renfermer les pièces pour la cuisson. — 6. Placement des pièces dans les cazettes. Lorsque ces pièces sont de grandes dimensions, une cazette renversée sert de couvercle, et le Point est' luté avec'-
- de la pâte à grès.
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- COMMENT ON FABRIQUE UN GRES ARTISTIQUE ... 257
- col, ’Jd'ôntie à la pièce sa forme définitive. Son travail est1 terminé. Avec le calibre fixé à demeure près du tour, il vérifie les dimensions du vase, enlève, à l’aide d’une petite lame, l’excédent de pâte, et, au moyen d’une autre lame très mince, détache la pièce du plateau et la porte au séchoir.
- Les anses, lorsque le vase en comporte, peuvent être obtenues à la main ou par moulage.
- On emploie le procédé à la main pour la fabrication des anses artistiques, le moulage dans des inouïes de plâtre pour les anses communes.
- Après un commencement de séchage qui a pour but de leur donner plus de fermeté, les anses sont posées sur le vase à demi sec, lui aussi. Il suffit, pour cela, de les appliquer sur ce vase, à remplacement qu’elles doivent occuper.^ après avoir treni-pé les parties de l’anse qui vont être en contact avec les parois extérieures du
- vase dans une solution épaisse de pâte.
- Elles se collent instantanément. La solution employée est égalisée tout autour des points en contact, avec une petite spatule, puis l’excédent est enlevé avec une éponge.
- La pièce est alors mise au séchage qui peut durer de un à quinze jours suivant l’endroit où il a lieu, un jour dans les galeries qui entourent, à la partie supérieure, la salle des fours, cinq, dix, quinze jours dans les autres salles, suivant la saison, l’exposition et le degré de siccité de l’atmosphère.
- Le retrait.après séchage et cuisson, est d’environ un neuvième, ce qui obligé à donner 56Pm,25 à un vase qui devra avoir, cuit, 50 cm de hauteur.
- La cuisson des grès se fait dans des fours en brique réfractaire. Le nombre de ces fours, à la faïencerie des Yvelines,est de trois. Ils sont de forme cylindrique et mesurent, pour deux d’entre eux, et intérieurement, 4in,50 de hauteur sur 4 mètres de diamètre, ce qui leur donne une capacité d’environ 50 mètres cubes. Le troisième, plus élevé, et d’un plus grand diamètre, mesure environ 70 mètres cubes. Tous trois sont contenus dans une même salle, et chacun d’eux est chauffé par six foyers appelés alandiers.
- Dans cette salle des fours, un peu partout, sont empilés des vaisseaux de terre réfractaire qui ont vaguement la forme de cartons à chapeaux ou de
- boîtes de conserves, et dont les dimensions et la forme variént suivant lés objets qu’ils sont appelés à renfermer. Ce sont les cazettes ou gazettes.‘On y enferme les pièces séchées pour la mise au four, et ces pièces y sont entassées de façon à en utiliser le mieux possible la capacité. Lorsque, comme c’est le cas pour l’ouvrier que représente notre gravure, il s’agit de mettre au four quelque « vase à long col et d’étroite embouchure » une seconde cazette servant de couvercle est retournée sur la première, et le joint entre les deux bords est lu té avec de la pâte à grès. Les cazettes sont entassées dans le four les unes sur les autres, le fond de chacune servant de couvercle à celle qui se trouve dessous, et une mince bande de pâte bouchant les interstices, de façon à empêcher l’action du feu de se faire senlir directement sur les pièces, qu’elle rougirait infailliblement.
- Lorsque toutes les cazettes sont
- empilées dans le four, la porte de celui-ci est murée à l’aide de briques réfractaires, et la cuisson commence. Pour cette première cuisson, qui
- donne le biscuit —improprement nommé, — et appelé aussi dégourdi, la température doit être de 800° à 900°. Elle est mesurée avec uni1,
- approximation suffisante à Laide des « montres Se-ger ».
- Pour le dégourdi, on em-
- ploie les montres 015 a, 014 a, 015 a, 012 a, 011 a et 010 a1, qui tombent aux températures respectives de 790°, 815°, 855°, 855°, 880°, 900°. Il est placé en un point déterminédu four, de façon qü’élles puissent être retirées, pour être examinées au cours de la cuisson, quelques-unes de ces montres, de degrés différents. ^
- Lorsque tombe celle qui correspond à la plus basse température, c’est une indication d’avoir à surveiller la cuisson. On arrête celle-ci lorsque s’incline à son tour la montre correspondant au degré de chaleur désiré. La durée de la cuisson varie entre 10 et 15 heures, suivant la grosseur des pièces.
- Après le refroidissement de ces pièces, qui peut
- 1. Nouvelle série.
- 7. — Décoration des grès à l'aide des couvertes. Les couvertes unies sont disposées sur les grès à l'aide d’un pulvérisateur spècial appelé aérographe. — 8. Des applications de la même couverte, ou d'une couverte différente sont faites ensuite au pinceau et permettent de varier à l'infini la décoration de ces grès.
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- durer de 48 à 72 heures pour le biscuit, les cazettes sont sorties du four et les pièces cuites en sont extraites. Quelques-unes sont brise'es. Pour celles qui n’ont subi aucune détérioration au cours de la cuisson va commencer la décoration, qui est obtenue, pour les grès artistiques, à l’aide de couvertes ou vernis mats ou semi-mats.
- Toutes les couvertes colorées, aux Yvelines, sont à base de pegmatite, sorte de roche cristalline composée de granit à gros grain et de mica blanc, provenant surtout de la Haute-Vienne, et qui est composée d’environ 75 pour 100 de silice, 11 pour 100 d’alumine, 10 pour 100 d’alcali (notamment potasse et soude), d’oxyde de fer et d’eau.
- La pegmatite est mélangée avec du kaolin argileux, du sable de Nemours et de la craie, dans des proportions qui varient, suivant l’efîet et la teinte désirés, entre :
- Pegmatite.......................... 50 à 55 p. 100
- Kaolin argileux. ............... . 12 à 25 —
- Sable de Nemours ... ........ 12 à 47 —
- Craie.............................. 15 à 28 —
- Il y est ajouté, pour l’obtention des diverses couleurs, du rutile, ou oxyde naturel de titane, employé pur, ou mélangé au colcothar (peroxyde de fer) ou à l’oxyde de cobalt. Suivant que ces colorants sont employés purs ou mélangés, on obtient des tons variant des jaunes divers aux bruns et aux violets.
- Suivant aussi que l’on cuit en feu oxydant, c’est-à-dire avec apport d’une grande quantité d’oxygène, ou en feu réducteur, qu’on produit en diminuant considérablement le tirage, on obtient des tons verts, dans le premier cas, rouges dans le second, en ajoutant de l’oxalate de cuivre et de l’oxyde d’étain calciné à un mélange de pegmatite, sable quartzeux, oxyde de zinc, carbonate de baryum, borax et carbonate de sodium qui, fondu au creuset, donne un verre qui est ensuite pulvérisé.
- . Ces divers produits, broyés dans un mortier, puis dilués avec de l’eau, sont appliqués uniformément sur le biscuit à l’aide d’un pulvérisateur à air comprimé actionné par la machine à vapeur, et qui porte le nom d’aérographe.
- La pièce, posée sur un support tournant manœuvré à la main par l’ouvrier, présente successive-
- ment toutes ses parties à l’opérateur. Le tout, est à l'intérieur d’une sorte de caçe de verre fermée en avant, à la partie supérieure, par une lame de verre reposant sur des supports et qui protège la figure et notamment les organes respiratoires de l’opérateur, contre les projections possibles de couverte, celle-ci, souvent, contenant des produits toxiques et, dans tous les cas malsains.
- Au fond de la cage est un grillage métallique derrière lequel fonctionne un ventilateur qui aspire immédiatement les particules infinitésimales de couverte, afin, là encore, de diminuer autant que possible les risques d’intoxication de l’ouvrier.
- La pièce ainsi enduite de couverte ne donnerait, après la cuisson, qu’un grès sans relief et d’un ton uniforme. Pour en varier la décoration, l’artiste fait, au pinceau, et en quelques endroits seulement, des applications de la même couverte ou d’une autre moins diluée que la précédente, puis l’objet à décorer, ainsi préparé, peut être soumis immédiatement à une nouvelle cuisson qui peut également n’avoir lieu que quelques semaines ou quelques mois après.
- Celle-ci a lieu à une _ température de 1510 à 1520° (montres Seger noS 9 et 11). Elle dure de 60 à 70 heures, et nécessite un refroidissement dont la durée peut être de 48 à 72 heures.
- C’est alors, sous l’action mystérieuse du feu, que les grès prennent ces teintes admirables qui font se pâmer d’aise les artistes. Des coulées d’or fauve, de rouge sombre, de carmin, de malachite, d’améthyste, s’étalent capricieusement sur la pièce, formant des ornements aux contours imprévus, des saillies et des reliefs d’un dessin élégant et pur.
- Pour donner plus de cachet encore aux grès, quelques pièces, après refroidissement, reçoivent une application d’or liquide qui permet l’obtention des grès métallisés. Cette application nécessite une troisième cuisson à 730° (montre 017) dont la durée doit être de 8 à 10 heures. Les pièces qui ont reçu cette application ont absolument l’apparence de bronzes, et non de bronzes neufs, mais de ces vieilles statues patinées par le temps, semblables à celles que fondit Keller au grand siècle, et dont quelques-unes ornent encore les parterres majestueux de Versailles.
- Georges Lanorvilije.
- LA NOUVELLE CENTRALE TÉLÉPHONIQUE DE HAMBOURG
- La centrale téléphonique de Hambourg, qui vient d’être mise en service, est non seulement le bureau téléphonique le plus grand du monde, mais, par la nouveauté - de- ses installations, elle permet d’étudier, sur le vif, tous les récents progrès de l’art téléphonique.
- L’idée de concentrer en un bureau unique, le trafic téléphonique si intense d’un centre commercial comme Hambourg, est due à l’Administration des Postes et Télégraphes elle-même. En sè chargeant de cette tâche vraiment gigantesque et sans •précédent, les usines téléphoniques allemandes
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- (Deutsche Telephonwerke) n’ignoraient pas les difficultés qu’elles auraient à vaincre, pour créer un service téléphonique de la sécurité voulue et d’une rapidité en rapport avec l’intensité de la vie commerciale de Hambourg.
- Le choix du système le plus approprié à une installation téléphonique si étendue devait évidem-
- comme signaux de lampes à incandescence automatiques, permet d’appeler plus facilement l’attention des téléphonistes. Enfin, grâce à leur moindre encombrement, on peut donner aux appareils de la centrale une disposition plus compacte et plus facile à surveiller.
- Le système de répartiteurs adopté pour la
- Fig. i. — Les câbles du bureau téléphonique de Hambourg.
- A gauche : Entrée des câbles des rues. — A droite : Entrée des câbles menant aux tableaux-commutateurs.
- ment se fixer sur celui des batteries centrales, qui, aujourd’hui, remplace un peu partout l’ancien système à batteries locales. La grandeur de l’ins-allation nécessitait cependant des modifications spéciales, et notamment une ingénieuse combinaison
- Fig. 2. — Vu’e partielle des trois sections de service.
- avec un système de répartiteurs, inventé par un ingénieur danois.
- On sait que, grâce à la constance des intensités acoustiques et à la simplification des appareils extérieurs au bureau central, le système à batterie centrale réduit au minimum les perturbations inévitables dans une installation mécanique, tout en facilitant leur contrôle et leur suppression. L’emploi
- première fois dans la centrale de Hambourg permet, à son tour, d’attribuer à chaque abonné demandant une communication, une téléphoniste inoccupée au moment de l’appel, ce qui ajoute à la sécurité du service, la rapidité.
- Fig. 3. — Salle de service du bureau local équipée provisoirement pour 4000 abonnés.
- Les répartiteurs. — Ce système de répartiteurs est basé sur le principe d’une division de travail, dont l’utilité résulte d’observations précises.
- Tandis qu’en effet, dans les installations actuelles, chaque téléphoniste est chargée d’un certain nombre de lignes d’abonnés pour lesquels elle devra, à elle seule, opérer toutes les communications désirées, le système de répartiteurs fait passer les appels, avant
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- la réponse, par un endroit où une répartition uniforme en est faite entre toutes les téléphonistes de façon que chacune de celles-ci ne soit chargée, à un moment donné, que de l’expédition d’un seul appel. Cet endroit, dit bureau réparti leur, comporte, en
- Fig. 4. — Les meubles du bureau interurbain consacrés au service à longue distance.
- disposition compacte, les signaux d’appel (par lampes à incandescence) de toutes les hgnes d’abonnés (provisoirement 40000). De ce bureau, des lignes de communication vont au poste de chaque employée d’une autre section de la centrale, le bureau des demandes. Des lampes-signaux spéciales, au bureau répartiteur, permettent de reconnaï tre à tou t momen t, lesquelles des demoiselles préposées au service des demandes sont occupées et lesquelles sont prêtes à se charger d’un appel. Chaque appel apparaissant au bureau répartiteur est donc immédiatement transmis «à l’une des téléphonistes momentanément inoccupées ; celle-ci demande alors à l’abonné le nom du groupe désiré (dans le service téléphonique de Hambourg les lignes d’abonnés sont subdivisées en groupes de 10000 chacun).
- De la demoiselle préposée au service des demandes, l’appel arrivera au bureau de jonction, subdivisé en sections parfaitement identiques dont chacune correspond h un groupe. De même que les demoiselles chargées des demandes au bureau répartiteur, les téléphonistes de ce bureau de jonction ont, aux différents postes du bureau des demandes, leurs lampes-signaux faisant voir si elles sont occupées ou non. C’est ainsi que dans cette partie du service aussi, chaque appel
- parvient immédiatement à une employée prête à opérer la communication. Après avoir demandé le numéro d’abonné désiré, la demoiselle du bureau de jonction effectuera la communication, et l’appel du second abonné se fait automatiquement, à des intervalles donnés, jusqu’à ce qu’une réponse soit arrivée.
- Ce nouveau système de répartiteurs permet donc d’opérer les communications avec une rapidité1 très grande et toujours identique, indépendamment de toutes fluctuations dans l’intensité du service. D’autre part, il évite le surmenage, trop fréquent suivant l’ancienne méthode, d’une partie du personnel et l’inactivité simultanée d’une autre partie; bref l’utilisation du personnel se fait d’une manière beaucoup plus satisfaisante et pour le public et pour les employés eux-mêmes et le service y gagne en sécurité.
- La nouvelle centrale de Hambourg est installée dans un bâtiment spécial, érigé par l’Administration des Postes de l’Empire. L’architecture de ce bâtiment s’harmonise parfaitement avec l’extraordinaire importance des installations qu’il renferme.
- La salle du service intérieur (urbain), située à l’étage supérieur, est un hall imposant de 132 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur et 9 mètres de hauteur. Les extrémités de cette salle
- •t'ÿ-t»
- Fig. 5. — Table d’enregistrement des conversations de ville à ville et poste pneumatique.
- vont aboutir à des coupoles, dont l’une renferme le bureau répartiteur. Les tableaux commutateurs des différents groupes d’abonnés se trouvent installés en quatre rangées imposantes, disposées suivant la longueur de la salle ; la longue rangée de tableaux du bureau des demandes se trouve daus l’axe central.
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- Une salle attenante renferme les bureaux administratifs du service urbain, le cerveau pour ainsi direde l’installation, surveillant et régularisant toutes les diverses parties du service, reprenant les erreurs, avertissant les paresseux, observant les variations du service et leur adaptant le nombre d’employées.
- Les installations techniques du bureau local comportent 12 700 relais pour fermer et rouvrir les circuits des lampes d’appel et autres lampes-signaux (au total 70000).
- 55000 bandes de jacks, comportant un total de 1100 000 jacks individuels, servent à opérer les mises en circuit et des jonctions quelconques. Un million de mètres de câbles, aux conducteurs comportant une longueur totale de 35000 000 de mètres, ont dû être posés à l’intérieur de la centrale pour relier ces jacks entre eux, et avec les relais, les commutateurs, les cordes de connexion et autres appareils. Chacun de ces fils comporte, pour son isolement, un double guipage de soie, et en dessus un guipage en fil de coton. Leurs
- connexions avec les appareils ont été opérées par soudage; le nombre total des soudures se monte à 15 millions.
- Le courant électrique pour actionner les microphones de tous les appareils d’ahonnés, les lampes-
- Fig. 6. — Le bureau interurbain.
- signaux si nombreuses et les relais, est fourni par deux batteries d’accumulateurs, chacune a une capacité de 7800 ampères-heure, ce qui suffit pour fournir le courant nécessaire à la centrale pendant vingt-quatre heures.
- Pour effectuer le service téléphonique total de Hambourg et des communes d’Altona et de Wands-beck, on dispose d’un personnel qui actuellement se chiffre par 1500 et pour lequel on a prévu, en dehors des salles de service, des vestiaires, des buffets et des salles de récréation fort spacieux.
- Le bureau destiné aux communications de ville en ville se trouve dans une salle située au second étage. A l’égal du bureau local, cette partie de la centrale est munie, des appareils les plus modernes, Douze rangées doubles de tableaux commutateurs y effectuent* par 240 lignes à longue distance les communications avec l’Allemagne tout entière et les villes principales des pays limitrophes. Au milieu de la salle sont groupées les employées préposées au service des demandes, elles reçoivent environ 5000 demandes de conversation) par jour, de la part des abonnés de Hambourg, tandis que le rendement total quotidien de cette partie de la centrale est de plus de 11000 conversations de ville en ville. I)1' A. Gradenwitz.
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- Séance du i3 mars igii. — Présidence de M. A. Gautier.
- L'or noir. — M. A. Gautier présente un nouveau travail dé M. Ilenriot sur l’or noir, c’est-à-dire sur l’or obtenu; en faisant disparaître à basse température l’argent, dans,un alliage d’or et d’argent. L’or noir constitue un> véritable état allotropique de l’or ordinaire; quand on le chauffe à la température de 800°, il se transforme en or ordinaire. Au-dessous de cette température, il est adhésif à l’or: ordinaire ; il y a entre les deux substances une union cristalline. ;
- Portrait cle Le Verrier. — M. Bigourdan offre à l’Académie deux clichés d’un portrait de Le Verrier à 1'époque île la découverte de la planète Neptune. Ce portrait est dû au peintre Daverduing. Lés personnes qui ont connu l’illustre astronome vingt-cinq ans plus tard y retrouvent très bien ses traits. Ce portrait est un document précieux, car jamais Le Verrier ne posa plus devant un peintre et jamais il ne consentit à se laisser photographier.
- Le plankton aérien. — M. G. Bonnier rend compte des premières séries d’expériences qu’d a effectuées avec MM. Malruchot et Combez au sujet de la numération et de la détermination des germes de microbes transportés par l’air, Jusqu’à présent l’attention s’était surtout portée, à ce point de vue, sur les bactéries, et, l’on s’était peu
- occupé des germes de champignons parmi lesquels il en est cependant qui déterminent des maladies. Non seulement le nombre mais aussi la nature des organismes transportés par l’air varie beaucoup suivant que l’air est pris près ou loin des endroits habités; la nature des germes constatés varie également avec l’altitude, avec la localité à égalité d’altitude, avec le milieu de culture employé. Par exemple, dans une futaie de la forêt de Fontainebleau, on trouve des milliers de germes, tandis que sur les rochers découverts de cette forêt on n’en compte qu’une cinquantaine. Des expériences faites dans les Alpes dauphinoises ont vérifié ce fait, découvert par Pasteur, que les germes deviennent moins nombreux à mesure qu’on s’élève dans les montagnes. Mais à 2200 m . les champignons microscopiques sont encore en quantité notable. De la neige, récoltée aseptiquement à de grandes altitudes dans les Pyrénées, s’est montrée relativement riche en microbes.
- Une source de lumière très intense. — M. Branly présente une Note de M. Dussaud sur une ampoule à vide parfait de 4 centimètres de diamètre fonctionnant à l’aide d’une petite pile donnant .15 volts 1 ampère. La lumière de cette ampoule rend la main transparente et
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- permet de la photographier avec ses os, ses chairs, ses vaisseaux. Cette lumière, quoique froide, est si vive, qu’elle permet avec des cartes postales ordinaires, des clichés fixes, des pellicules cinématographiques, d’obtenir une projection de 4 m. sur 4 m. et cela sans danger d’incendie.
- Transport des particules métalliques. — M. Lippmann résume une Note de MM. Reboul et Grégoire Bolîemont relative au transport des particules métalliques, lorsque deux métaux sont en présence à une température élevée. L’auteur décrit spécialement le cas du cuivre et du platine ; la température de l’expérience est de 400°. Le cuivre a été découpé pour rendre l’expérience plus frappante. On voit bientôt, en effet, le platine se recouvrir d’une couche de particules de cuivre reproduisant la forme de la plaque. L’intensité du phénomène augmente avec la température. Il semble qu’il se produise à la fois deux actions antagonistes, une projection de matière et une volatilisation de la couche déposée.
- Les métaux en contact. — M. Bouty analyse un travail de M. de Broglie relative à l’ancienne question de la différence de potentiel qui s’établit lorsque deux métaux sont en contact. Cette différence variable avec les mé-
- taux est aussi variable avec la. pression de l’air. Des savants allemands ont émis l’opinion que le phénomène serait dû à la couche d’humidité recouvrant les métaux en contact. M. de Broglie a combiné l’expérience de manière à empêcher tout dépôt d’humidité. Non seulement les métaux étaient enfermés dans une caisse dont l’air était rigoureusement desséché, mais les surfaces de contact ont été polies à l’intérieur de la caisse. Dans ces conditions, la force électromotrice qui se développe au contact n’est plus que de quelques millièmes de volt. Il est intéressant de savoir s’il y a une relation d’égalité entre la différence de potentiel apparente au contact et la force électromotrice thermoélectrique, l’une des soudures étant au 0 absolu.
- La charge éléctrique de la pluie. •—M. Baldy communique le résultat de recherches sur la charge électrique de la pluie. Ces recherches ont été effectuées à l’Observatoire du Puy de Dôme. Elles ont montré que les charges électriques positives sont plus fréquentes. Peu de travaux ont été faits sur cette question. On ne connaissait qu’un exemple de charges positives prédominantes ; il a été observé aux Indes.
- (A suivre). Ch. DE VlUÆüEUiL.
- LE DIAGNOSTIC RAPIDE DES MINÉRAUX
- Dans le numéro de La Nature du 2 mars 1907, j’ai décrit un procédé permettant de distinguer l’espèce minéralogique de grains sableux microscopiques au moyen de leur indice de réfraction qui leur communique la propriété de disparaître presque complètement à la vue lorsqu’on les examine sous le microscope après les avoir immergés dans un liquide de même indice que celui qu’ils possèdent eux-mêmes. Ce mode de diagnostic, notablement perfectionné en Hollande et aux Etats-Unis, est devenu, grâce à ces améliorations, tellement commode, rapide et précis qu’il rend maintenant les plus grands services à l’étude des roches.
- Des grains divers étant plongés ensemble dans un liquide d’indice connu, il est en effet devenu possible de reconnaître immédiatement parmi eux ceux dont l’indice est inférieur, égal ou supérieur à celui du liquide.
- Supposons un grain à bords plus ou moins amincis, ce qui est le cas pour des grains irréguliers dispersés pèle-mèle sur une lame de verre et, après l’avoir mouillé d’une goutte de liquide d’indice connu, observons-le au microscope en lumière transmise, convergente et un peu oblique. Dans ce but, il suffit de disposer au centre de la platine tournante, une petite lentille fortement convergente sur laquelle on dépose la lame de verre porte-objet. Interposons alors, au-dessous de cette lentille de manière à ombrer la moitié environ de la préparation, un écran opaque ou tout simplement le bout du doigt, puis après avoir mis au point sur le bord de l’écran aperçu à travers a lentille convergente, modifions légèrement en l’abais-
- sant le tirage du système portant cette lentille de façon que l’image paraisse un peu floue. Enfin mettons au point le grain par déplacement vertical convenable du corps du microscope.
- Si le liquide et le grain M (fig. 1, I) ont même indice, les rayons lumineux, quelle que soit leur obliquité, ne subissent de réfraction ni dans le liquide ni dans le minéral, de sorte que sauf la couleur, si elle est différente pour le minéral et le liquide, on ne distingue pas le grain dont les bords sont devenus invisibles à l’exception d’une mince et pâle frange bleue du côté de l’ombre et rouge du côté opposé due à ce que l’indice n’ést jamais rigoureusement le même pour toutes les couleurs du spectre pour le minéral et pour le liquide. L’invisibilité des bords caractérise don c l’identité de valeur des indices du minéral et du liquide.
- Si l’indice du minéral M est plus élevé que celui du liquide (fig. 1, II), l’écran étant, par exemple, à gauche, les rayons lumineux d’autant plus obliques qu’ils sont plus loin de l’écran, subissent une réfraction en passant d’abord du liquide dans le minéral, puis du minéral dans le liquide avant de pénétrer dans le microscope, et comme à l’entrée dans le minéral l’obliquité de AB est moindre que celle de CD, à la sortie dans l’air, le rayon AB, du même côté que l’écran, est moins dévié, pénétrera dans le microscope et arrivera à l’œil, tandis que celui du côté opposé, plus dévié, y pénétrera très obliquement et ne parviendra pas jusqu’à l’œil. En d’autres termes, sur une même étendue du minéral, il y aura plus de rayons lumineux du côté du champ sombre que
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- DIAGNOSTIC RAPIDE DES MINÉRAUX
- du coté opposé. Les bords du'minéral seront donc plus éclairés du côté de l’écran. Pour le grain et le champ, la lumière et l’ombré seront disposées en. sens inverse.
- Dans le cas où l’indice du minéral est plus faible que celui du liquide, l’écran demeurant toujours à gauche (fig. 1, III), les phénomènes sont inverses, les bords du grain sont plus sombres du côté de l’écran de sorte que la répartition de l’ombre et dé la lumière est dans le même sens pour le champ et pour le minéral.
- Pour l’expérience, je me sers d’une série de mélanges liquides en proportions convenables de naphtaline mono-bromée (n = l,67) et de vaseline liquide (n = 1,48) dont les indices respectifs mesurés préalablement avec un réfractomètre quelconque donnent par degrés aussi rapprochés qu’on le désire toute la gamme des indices compris entre 1,48 et 1,67.
- Dans le but de fournir un exemple typique de la netteté avec laquelle se fait l’expérience, je décrirai la distinction si importante et si fréquente en pétrographie, du quartz et des divers feldspaths dont le mélange forme la portion blanche dans la plupart des roches cristallines.
- thite (?i —1,566) ombrés dans le sens inverse'et d’or-those [n = 1,529) ombrés dans le même sens que le champ.
- La distinction des divers feldspaths entre eux se ferait sans difficulté en mouillant avec des liqueurs d’indice convenable ainsi que le montre le tableau ci-dessous.
- L’approximation d’une mesure d’indice par ce procédé est d’environ 5 unités de la 3e décimale.
- On n’oubliera pas que lés minéraux biréfringents possédant deux ou trois indices principaux, il en résulte que dans certaines positions, il pourra se faire une confusion entre deux grains de nature différente, l’un vu, par exemple, dans la direction de son indice maximum, l’autre suivant son indice minimum de valeurs presque égales. Il suffira le plus souvent, dans ce cas, de changer la position des grains en remuant la gouttelette.
- Remarquons enfin que ces expériences sont beaucoup plus nettes en réalité que sur des photographies, le phénomène du déplacement de l’ombre dans un sens ou dans l’autre ayant surtout lieu, de part et d’autre, au voisinage de la limite entre l’ombre et la lumière, sur le
- Fig. 2. — Nu i. Quartz hyalin dans la vaseline; —N° 2. Quartz hyalin dans la naphtaline monobromée; N° 3. Quartz hyalin, anorthite et orthose dans la liqueur n — 1.548.
- On détache de la roche un très petit fragment que, pour plus de simplicité, je supposerai uniquement composé de quartz hyalin, d’orthose et de labrador ou d’anorthite. On le pulvérise au mortier d’Abich, puis au mortier d’agate; on prend la portion tamisée entre les tamis 100 et 150 et on dépose quelques grains de la poussière obtenue sur un verre porte-objet ; on mouille avec une gouttelette de liqueur d’indice 1,548, indice moyen du quartz et on porte sur la lentille convergente placée sur la platine du microscope. On avance le doigt par-dessous, entre la lentille et le miroir réflecteur ; on observe, ainsi qu’il a été dit précédemment. Les grains de quartz disparaissent à peu près complètement sauf leur légère frange rouge d’un côté, bleue de l’autre et l’on ne peut les apercevoir que par la lumière polarisée. En revanche, les grains de labrador ou d’anorthite, d’indice supérieur à la liqueur, seront ombrés du côté opposé au doigt, tandis que ceux d’albite et surtout d’orthose, d’indice inférieur, seront au contraire ombrés du côté du doigt.
- La figure 2 représente du quartz hyalin (n = 1,548) dans la vaseline (n —1,48); sur la figure 5, le même minéral est dans la naphtaline monobromée (n—1,67) par conséquent ombré de sens opposé à celui de la figure 2. La figure 4 montre, dans une liqueur (n= 1,548), un mélange de grains de quarlz presque invisibles, d’anor-
- champ. En faisant alternativement avancer et reculer le doigt, on transporte cette zone de netteté de manière à la faire passer successivement sur tous les grains dont on constate alors au mieux la réaction optique et par conséquent la nature minéralogique.
- 1.566 1.562 1.557 1.556
- 1.554
- 1.555 1.549
- 1.548
- 1.544
- 1.542
- 1.540
- 1.538
- 1.537
- 1.554
- 1.532
- 1.529
- 1.526
- 1.525
- 1.519
- Anorthite.
- Labrador.
- Quartz.
- Andésine.
- Albilc.
- Oligoclase
- I
- Agate. Silex.
- Liqueur
- du
- Quartz.
- . Opale.
- Calcédoine.
- /
- Orthose. \ Sanidine. 1
- Mieroclme.
- Quarlz.
- Agate.
- Calcédoine.
- J. Thoulet.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Nancy.
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- NOUVELLE APPLICATION DU PRINCIPE DU « TROTTOIR ROULANT »
- La ville de New-York, bien que déjà pourvue de trois systèmes rivaux de transport rapide (chemins de fer aériens, tramways de surface et lignes souterraines), estime qu’elle n’a pas encore donné une solution satisfaisante au problème de la circulation de ses millions d’habitants, problème qui prend une gravité spéciale dans une ville resserrée entre deux larges cours d’eau, et construite toute en longueur. Dans ce but, elle a remis à l’étude le système du trottoir roulant, qui fit, comme on s’en souviendra, une triomphale apparition à notre dernière Exposition Universelle.
- Une commission d’études, dont fait partie l’ingénieur en chef de la Commission des services publics, a déposé un rapport qui recommande l’adoption du système et conseille de l’appliquer dans un des nouveaux tunnels du métropolitain, notamment dans celui qui traversera l’Ue de Manhattan entre l’East Hiver et l’Hudson, en dessous de la 34e rue.
- Les notes suivantes, empruntées au même rapport, nous apportent quelques précisions sur le plan adopté en principe.
- La voie roulante, munie de banquettes à dossier mobile, marchera à raison de 20 km à l’heure, vitesse d’autant plus appréciable qu’elle sera continue, sans aucun arrêt. Effectivement, elle sera reliée au quai par trois plates-formes contiguës, roulant aux vitesses de 5, de 10 et de 15 km respectivement, la moins rapide servant bien entendu de premier marche-pied aux voyageurs qui embarquent. Ceux-ci, après avoir acheté leur ticket et: traversé un tourniquet aborderont de face la plateforme à 5 km, traverseront les trois plates-formes a vitesses réduites, et gagneront leurs sièges. .
- Au lieu d’établir des stations à intervalle de’
- 500 m. environ, comme on l’a fait pour le métropolitain souterrain new-yorkais, on établira des escaliers d’accès à tous les carrefours, ou peut-être plus fréquemment. Le quai d’accès, construit en arcades, offrira, en somme, une longue promenade couverte, que borderont les vitrines des sous-sols de magasins, comme le montre notre dessin. Les flâneurs — s’il en existe à New-York — pourront donc interrompre leur promenade le long des étalages au moment qui leur conviendra, acheter un
- ticket à un distributeur automatique, franchir le premier tourniquet qu’ils rencontreront, et s’embarquer sur la voie roulante.
- La capacité de transport de ce système serait, d’après les calculs de la Commission, très supérieure à la capacité maxima des trains électriques souterrains du système actuel. Celle-ci, aux heures de presse (rush-hour time) est de 36 000 pas-usagers par heure avec des Ira in s express de 8 voitures,etde 22 500 avec les trains omnibus à 5 voitures, tandis que la plate-forme roulante transportera par heure 75500 voyageurs. On déclare, en outre, qu’elle: offrira, pour les distances inférieures à 7 km, un moyen de transport plus rapide et plus confortable que les trains omnibus électriques, en raison du grand nombre d’arrêts imposés à ceux-ci.
- Nous n’avons pas à revenir ici sur l’agencement mécanique de ces voies roulantes, qui a déjà fait l’objet de nombreuses descriptions techniques, principalement à l’occasion de l’inauguration du trottoir roulant de l’Exposition de 1900. Constatons donc que le projet new-yorkais n’est pas une innovation,
- : mais simplement une application sur unie plus vaste échelle d’un moyen de transport dont Paris eut la ' primeur. J. u’Izier.
- Projet de trottoir roulant souterrain pour New- York (d’après Scientific American).
- Le ['Gérant : P..Masson, — imprimerie Lauuhe, rue île Fleurus, U, à Paris
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- LA NATURE. — N° 1974.
- 25 MARS 191
- UN ETANG TROPICAL EN SUISSE
- Les promeneurs de Zurich, qui s’égarent dans le beau parc Belvoir, y rencontrent depuis quelque temps un spectacle magnifique et extraordinaire. En pleine Suisse, ils se trouvent tout à coup en présence d’un lac dont la flore aquatique et riveraine évoque aux yeux la flore des pays tropicaux, ou, — pour parler plus exactement, ce n’est pas une évocation, c’est la flore tropicale elle-même. Les bords, encadrés d’une jungle de bambous et de longues plantes grimpantes aux feuilles ajourées, semblent un fragment de forêt vierge méridionale transportée
- serpentins; les chaudières en fonte sont logées dans la maison voisine du jardinier. La surface de l’étang (170 mètres carrés) comporte une surface de chauffage d’environ 17 mètres carrés ; celle des chaudières est d’environ 12 mètres carrés. Afin de pouvoir utiliser la chaufferie, en hiver, pour le chauffage de la maison du jardinier, on a distribué cette superficie de 12 mètres carrés sur deux chaudières, dont la plus petite correspond à la consommation de chaleur de ce bâtiment. La surface de chauffe excédente suffit pour fournir à l’étang la chaleur
- L'étang tropical du parc Belvoir, à Zurich.
- miraculeusement, et rappellent en particulier, d’une façon saisissante, les merveilleux rivages du Telaga-warna, l’admirable lac de Java, qui s’enserre dans le cratère du Puntjakpan. Sur la nappe même de l’eau, s’étalent les feuilles larges de tous les nénuphars tropicaux, jaunes, rouges, bleus. Entre leurs disques plats flottent çà et là, comme de grosses rosaces d’un vert pâle, les choux aquatiques du Pistia, et s’enchevêtrent, en minuscules forêts nageantes, les Eichhornia crans ipes des fleuves de Guyane.
- Comment a été réalisé ce tour de force? Par une simple application du chauffage central ! On a, en eflet, installé dans l’étang une circulation d’eau chaude, dont la température est maintenue de 25 à 50° G. La surface chauffante est fournie par des conduites de gaz posées dans le sol sous la forme de
- 39e année.
- qu’il nécessite, même par un vent violent et à une température extérieure d’environ 15° C.
- Ce sera surtout l’été prochain, lorsque les feuilles géantes des Victoria regia se balanceront sur les flots, portant leur fleur incomparable sur leur disque plat, que l’étang tropical produira tout son effet. Alors, à côté des papyrus égyptiens, fleuriront la canne à sucre, le riz et cinquante autres plantes tropicales qui, avec leur aspect toujours changeant, ne cesseront de charmer, et à la fois d’instruire les promeneurs.
- Il est à souhaiter que l’initiative du jardinier municipal suscite de nombreuses imitations : il y a là, en effet, un très original moyen de décorer les jardins et un dispositif très recommandable pour les institutions botaniques. Dr A. Gradenwitz.
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- Ier semestre.
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- LA THÉORIE DE SVANTE ARRHÉNIUS
- et quelques données récentes de la physique et de la géologie.
- Rappelons d’abord en quelques mots l’ingénieuse théorie mise en avant par Svante Arrhénius pour expliquer les périodes glaciaires qui, on le sait, ont marqué diverses périodes de l’histoire géologique. Le globe terrestre reçoit de la chaleur du Soleil et en rayonne à son tour dans l’espace, cette dernière provenant tant de celle reçue du Soleil que de la sienne propre. D’après les expériences de Langley, l’acide carbonique et la vapeur d’eau contenus dans l’atmosphère seraient plus opaques pour les rayons calorifiques émis par la Terre que pour les rayons de longueurs d’onde différente émanés du Soleil. Le savant suédois en conclut naturellement que, plus il y aura d’acide carbonique et de vapeur d’eau dans l’atmosphère, plus la Terre sera protégée contre le refroidissement et plus la température à sa surface sera élevée. Pendant les périodes glaciaires, la Terre aurait possédé une atmosphère pauvre en acide carbonique et en vapeur d’eau; pendant les périodes chaudes, au contraire, une atmosphère riche en ces deux gaz. Il est intéressant de voir si cette très ingénieuse et séduisante théorie, déduite des expériences de Langley, concorde avec les résultats expérimentaux obtenus de divers cotés par des physiciens mis en éveil par les vues d’Arrhénius, d’autre part si elle concorde avec l’ensemble des données géologiques actuellement acquises.
- L’acide carbonique contenu dans l’atmosphère provenant en grande partie des mofettes et des éruptions volcaniques, les périodes à atmosphère riche en acide carbonique (périodes chaudes) devraient être en même temps celles de grande activité volcanique, et vice versa. C’est sur ce point de la théorie de Svante Arrhénius que les géologues sont appelés à donner leur avis. Jusqu’ici les opinions ont été très partagées ; en Allemagne notamment les discussions ont été assez vives : Frech (Breslau) s’est constitué le champion de la théorie d’Arrhénius, très attaquée d’autre part par Emm. Ivayser (Marburg), Phi-lippi (Iéna), etc. Il est en effet très intéressant de savoir si tout s’est réellement passé comme si la théorie d’Arrhénius était exacte. Si cela avait lieu, en effet, la vérification purement physique de l’hypothèse fondamentale d’Arrhénius diminuerait un peu d’intérêt. Il est possible qu’elle se vérifie moins bien dans les laboratoires que dans la nature ; pour passer des premiers à celle-ci il faut toujours extrapoler très audacieusement.
- Les expériences relatives à l’hypothèse physique fondamentale de Svante Arrhénius sont nombreuses et il ne peut être question de les résumer toutes ici. Arrhénius lui-même soutient qu’une diminution de moitié dans la teneur en acide carbonique de l’atmosphère abaisserait de 5° la température de la surface de la Terre, la moitié de cet abaissement de température étant due à la diminution de la teneur de l’atmosphère en acide carbonique, le reste, à la diminution corrélative de la teneur en vapeur d’eau. Arrhénius a étudié le rayonnement d’un corps à la température du laboratoire sur un corps froid à — 80° jouant par rapport au premier le rôle de l’espace sidéral par rapport à la Terre. Il trouva que l’absorption du rayonnement calorifique par l’acide carbonique croit continuellement en fonction de la masse de ce gaz. La quantité de chaleur absorbée pourrait dépasser 30 pour 100, et l’interprétation qu’il avait primitivement donnée des expériences de Langley est, selon Arrhénius, complètement confirmée par ses expériences ultérieures.
- Un physicien allemand, Koch, trouve de son coté que la même masse d’acide carbonique absorbe plus fortement la chaleur sous une forte que sous une faible pression, ce qui paraîtrait, a priori, assez désavantageux pour la théorie. Mais les expériences de Rubens et Ladenburg sont actuellement les plus importantes pour notre sujet. Elles ont été différemment interprétées. Yoici les faits. En étudiant au spectroscope les bandes d’absorption produites par l’interposition d’une épaisseur déterminée d’acide carbonique devant un corps émettant de la chaleur sombre, on constate qu’il existe trois bandes d’absorption correspondant respectivement aux longueurs d’onde 2,6 p.; 4,4 y.; 14,7 p. Or si les deux premières ne s’élargissent pas quand on augmente l’épaisseur de la couche absorbante d’acide carbonique, la troisième s'élargit, témoignant ainsi d’une absorption croissant dans le même sens que la masse d’acide carbonique; le tableau ci-dessous indique la grandeur de ce phénomène tout à fait remarquable et favorable à la théorie d’Arrhénius : Epaisseur île la couche
- de Go-................i cm 20 100 200 500 100
- Absorption pour cenl . . 9,2 14,8 18,5 20,25 21,55 22,45
- Rubens et Ladenburg, peu prévenus en faveur de la théorie d’Arrhénius, estiment que cet accroissement de ce pouvoir absorbant de l’acide carbonique est trop faible pour expliquer les périodes glaciaires. Cette conclusion ne s’impose pas. Le résultat de ces expériences vient en tout cas à l’encontre de celle de II. Ivayser, de Bonn, qui avait prétendu démontrer par l’expérience qu’au-dessus d’une épaisseur de 7 cm l’absorption n’était plus influencée ni par l’augmentation ni par la diminution de la quantité d’acidé carbonique interposée. Ce savant n’avait évidemment pas tenu compte de la bande 14,7 p..
- Au point de vue géologique quelques faits seulement sont significatifs. Comme favorable à la théorie d’Arrhénius, nous signalerons que les périodes glaciaires du Carbonifère supérieur, du Permien et du Tertiaire succèdent à des périodes (Carbonifère, Crétacé supérieur) où d’énormes quantités de carbone ont été fixées sous forme de charbon ou de lignite (formation houillère; houille et lignite crétacés' de Fuveau, des Balkans, etc.). La richesse de l’atmosphère en acide carbonique a donc pu s’en trouver diminuée. Les éruptions du Permien supérieur auraient mis fin à la période glaciaire qui se place à la limite du Carbonifère et du Permien. Ce fait géologique favorable à la théorie d’Arrhénius est du reste isolé. Les faits défavorables sont plus nombreux. Le Permien et le Tertiaire sont des périodes à grande activité volcanique; elles doivent donc être, dans l’ensemble, des périodes chaudes, ce qui est exact. Mais dans le détail il n’y a plus parallélisme entre la température et l’activité volcanique Les riches flores que l’on connaît actuellement de la période tertiaire montrent que le climat s’est progressivement refroidi de l’Oligocène au Miocène, du Miocène au Pliocène. Or il y a eu au Miocène une période d’extrême activité volcanique qui aurait du enrayer ce refroidissement si les vues d’Arrhénius étaient exactes ou si quelque phénomène plus puissant que la teneur de l’atmosphère en acide carbonique n’avait influencé la température. De même la température presque uniforme qui régnait sur toute la terre à l’époque Mésozoïque devait être assez élevée (faune subtropicale existant au Crétacé inférieur
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- sur la côte ouest du Groenland sous 70° de latitude nord). Or ce fait concorde mal avec l’extrême pauvreté de tout le Mésozoïque en éruptions volcaniques.
- Du reste il n’y a pas de nécessité absolue à ce que les périodes glaciaires soient dues à un refroidissement général de la température du globe en relation avec une diminution de la teneur de l’atmosphère en CO2. L’existence indéniable de nombreux phénomènes glaciaires dans l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, a fait conclure peut-être un peu prématuré-
- ment à l’existence de périodes glaciaires plus ou moins généralisées. Il est très possible que l’on soit en présence de phénomènes essentiellement locaux, en relation par exemple avec une modification des conditions climatériques dues à un simple changement dans la répartition des terres et des mers.
- Les géologues apportent donc des confirmations moins décisives à la théorie d’Arrhénius que n’avaient semblé le faire les physiciens Rubens et Ladenburg.
- R.0ISEUT Docvillé.
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- Les six grands secteurs, qui fournissent aujourd’hui l’électricité à Paris, fusionneront en 1913 en une compagnie unique dont les canalisations sillonneront alors toutes les artères de la Capitale. A celte époque, la Ville Lumière se trouvera partagée en trois zones possédant chacune un régime électrique distinct1. Pour mener à bien ce vaste programme, on éventre actuellement de nombreux trottoirs, on dépave force rues et boulevards en divers quartiers. Que font les ouvriers dans ces tranchées, si gênantes parfois pour la circulation urbaine? Comment pose-t-on ces câbles qui amènent le courant depuis l’usine génératrice jusqu’au seuil des maisons parisiennes? A quoi servent ces boîtes en fonte émergeant du sol et où s’entre-croisent les lignes? Comment les ingénieurs s’assurent-ils du bon fonctionnement des ramifications de cet immense réseau souterrain? Voilà les questions que se pose sans doute plus d’un de nos lecteurs et auxquelles nous nous proposons de répondre brièvement.
- Si on amène d’une façon aisée l’eau et le gaz aux consommateurs, la distribution de l’électricité ne s’effectue pas si facilement. Les lampes électriques brillent à une certaine tension qu’on ne saurait dépasser sans inconvénient. Il faut donc que les conducteurs leur envoient le courant sous un voltage convenable et que la mise en circuit ou la suppression d’un nombre quelconque d’entre elles n’empêche pas les autres de fonctionner.
- A Paris, les canalisations électriques souterraines se composent de cables armés, et, ne pouvant décrire toutes les particularités de détail adoptées dans chaque secteur, nous prendrons pour type ceux de la Compagnie parisienne d’air comprimé qui emploie le système à 5 fils et distribue à ses abonnés du courant continu à 110 volts par pont et 440 volts entre les extrêmes. Ces câbles sont formés d’un toron de fils de cuivre électrolylique de haute conductibilité et d’un isolant constitué par du papier paraffiné ou du jute ciré. Une gaine de plomb entoure cette première couche isolante et une seconde épaisseur de filin asphalté et de jute recouvre le plomb lui-même. Puis autour de ces diverses matières s’enroulent encore deux rubans de feuillard d’acier doux qui les « arment » solidement. Enfin une der-
- i. Yoy. La Nature, n° 1954 du 18 juin 1910.
- SOUTERRAINES DE PARIS
- nière enveloppe de filin ou de ruban goudronné protège l’ensemble.
- Une fois fabriqués, on enroule ces cables sur de grosses bobines qui permettent de les transporter à pied d’œuvre. Là, on les déroule (fig. 1, n° 2) dans leurs tranchées et on les y enfouit à une profondeur variant de 1 mètre à 1 m. 50. Ils reposent sur une couche de sable fin, et, à 20 centimètres au-dessus d’eux, on étend, pour les protéger contre les coups de pioche, un grillage (fig. 1, n° 1) qu’on recouvre ensuite d’une épaisseur de sable avant de remettre les déblais.
- On réunit entre eux les tronçons de câbles par des manchons de jonction formés d’une boîte oblongue en fonte se composant de deux parties boulonnées ensemble. A leur entrée et à leur sortie, les bouts des câbles se fixent par des colliers amovibles et par des bouchons dévissables insérés sur le couvercle du manchon; on y coule, à la fin de l’opération, de la matière isolante chaude (mélange de résine, paraffine, bitume, cires, huiles minérales). A chaque croisement des câbles de distribution, par exemple aux extrémités des rues, se trouvent des boîtes de dérivation dites de réseau (fig. 1, n° 3), permettant d’établir les connections nécessaires. Ces boîtes, formées d’une partie inférieure surmontée d’un cuvelage, se posent dans les trottoirs de manière que leur sommet afHeure le sol. Pour connecter les conducteurs et les maintenir dans leurs positions respectives à l’intérieur de la boîte (fig. 1, n° 4), on monte les différents serre-fils sur un croisillon isolé lui-même par de l’ébonite. Chacun des câbles est relié au croisillon par des plombs fusibles permettant de sectionner les canalisations. Grâce à ces ingénieuses dispositions, les câbles conservent après la pose, d’une façon permanente, des résistances d’isolement variant de 600 à 800 mégohms par kilomètre.
- Pour raccorder les immeubles à ces canalisations urbaines, on branche sur elles, à l’aide de manchons, des dérivations à 5 ou à 5 fils. Ces 3 ou 5 petits câbles, sous plombs armés, portent un nombre égal de manchons et aboutissent à une boîte de distribution dite de branchement. Ces boîtes en fonte sont à deux étages et parfaitement étanches grâce au joint de caoutchouc inséré entre le couvercle et la partie intérieure ; elles renferment,
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- en outre, du chlorure de calcium pour dessèchement et des coupe-circuits fusibles permettant d’isoler les abonnés et garantissant la canalisation en cas d’accident chez un locataire de la maison.
- De cette boîte de distribution, les câbles se dirigent vers une prise de courant placée soit dans la cave, soit derrière la porte cochère de l’immeuble. Puis, après avoir traversé cours et corridors, sous moulures bien ajustées, ils atteignent l’escalier de service où ils rejoignent généralement la colonne
- matériel comprend d’abord un galvanomètre balistique Carpentier avec son trépied, son shunt capable de réduire les déviations de l’instrument au 10e, 100e et 1000e et son échelle divisée sur laquelle se déplace le spot lumineux (fig. 2, n° 1). Une clef d’inversion permet d’envoyer le courant dans un sens ou dans l’autre, de façon à pouvoir lire les déviations sur la droite ou la gauche de l’échelle galvano-métrique. Une clef de mise en court-circuit supprime, le cas échéant, le courant dans le galvanomètre.
- montante. Ces colonnes montantes électriques s’établissent aussi sous moulures en bois, passent dans des trous à chaque étage et amènent l’électricité à l’entrée de l’appartement ou de l’atelier du consommateur.
- D’ailleurs, à la porte de chaque abonné d’une habitation, on installe des prises, consistant en un coupe-circuit, destiné à relier la colonne montante à chacune des canalisations intérieures.
- Une fois posés et avant de mettre en service les canalisations nouvelles, on les soumet à une électrification de 750 volts durant dix minutes et ensuite à un essai d’isolement. Pour y procéder d’une manière pratique et comme les mesures doivent s’effectuer, dans la rue, au bord même des tranchées, on a réalisé de véritables laboratoires ambulants.
- Une de nos photographies montre en opération la voiture employée par les ingénieurs de la Compagnie de l’air comprimé (fig. 2, n° 5). Son
- On rencontre encore, dans la voiture d’essais, une première boîte de résistance de 1 me'gohm (divisée en 10 résistances de 100 000 ohms) pour la mesure des grandes résistances, et une deuxième boîte de résistances de 100 000 ohms (divisée én 10 résistances de 10000 ohms) pour la mesure des résistances plus faibles. Enfin une batterie d’accumulateurs de 750 volts environ, qu’on aperçoit reposant à droite sur le fond du chariot, fournit le courant nécessaire aux mesures, tandis que sur une bobine munie d’un dévidoir on a enroulé 50 mètres de fil d’essai à gros isolement.
- Afin d’éviter toute détérioration pendant le transport, on suspend le galvanomètre au moyen de supports en caoutchouc puis, une fois arrivé à l’endroit où doivent se faire les essais, on le met sur son trépied qui passe par trois ouvertures pratiquées dans le plancher de la voiture et s’appuie sur le sol. De la sorte, l’ingénieur règle l’instrument sans s’in-
- Fig. i. — N" i. Mise du grillage qui recouvre les câbles; — jN° 2. Déroulement du câble dans les tranchées; — N° 3. Grande boite de dérivation pour courant continu 5 fils; — N° 4. Vue intérieure d’une boîte de dérivation.
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- quiéter de l’équilibre du véhicule. De son côté, un de ses aides déroule le fil d’essai par un trou ménagé à cet effet, l’attache d’une part sur le câble à essayer et relie son autre extrémité à la borne d’amenée du courant qui, venant du pôle de la batterie, passe successivement à travers le galvanomètre, le shunt et la boîte de résistance. Nous apercevons un autre ouvrier reliant directement à la terre le pôle négatif de la batterie (fig. 2, n° o).
- Tout est donc prêt pour un essai d’isolement. On y procède par la méthode de la déviation, ainsi nommée parce que dans certaines conditions, remplies d’ordinaire dans la pratique, les résistances d’isolement y sont inversement proportionnelles aux déviations lues sur l’échelle galvanométrique. Sans entrer dans les détails techniques pour lesquels nous renvoyons aux traités spéciaux, indiquons que le principe de la méthode consiste à comparer les déviations obtenues dans le galvanomètre, en insérant
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- mégohmmètre Carpentier est réglé pour mesurer des résistances allant jusqu’à 5 mégohms.
- Le courant nécessaire aux mesures est fourni par une petite machine magnéto - électrique qu’un homme actionne à l’aide d’une manivelle, comme on le voit sur notre illustration. L’induit de cette, machine se divise en huit sections, en sorte que le courant obtenu se trouve suffisamment continu pour les essais de câbles possédant une grande capacité. L’appareil donne au moins 120 volts avec une vitesse de 100 tours de manivelle par minute. Des variations de vitesse très notables n’influencent pas, du reste, les indications de l’ohm mètre. Pour effectuer un essai d’isolement avec cet instrument, on place les deux cadres, l’un directement sur la source du courant, l’autre en série avec la résistance à mesurer et en dérivation sur, le premier ; ils produisent donc deux forces rectangulaires dont la résultante passe par un minimum quand l’un des
- Fig. 2. — NJ i. Ingénieur en train de mesurer l’isolement des canalisations après la pose; — N° 2. Essais d’isolement des branchements et installations des abonnés; — N° 3. Voiture de la Compagnie de l’air comprimé procédant à des mesures d’isolement dans une boîte de dérivation.
- successivement, dans un même circuit, une résistance connue et la résistance du câble à mesurer.
- Les essais d’isolement des branchements et installations des abonnés (fig. 2, n° 2) s’exécutent très simplement au moyen du mégohmmètre Carpentier qui comprend deux cadres galvanométriques superposés et unis dans deux plans perpendiculaires. Ce système, monté sur un axe vertical pivotant entre deux chapes en saphir, peut tourner dans un champ magnétique intense créé par des aimants permanents. Au centre de chacun des cadres, un cylindre de fer doux fixe concentre les lignes de force dans l’entrefer laissé libre pour les mouvements, de cet équipage mobile. Le déplacement d’un index le long d’un cadran divisé indique, à chaque instant, l’orientation des deux cadres galvanométriques auxquels le courant arrive par l’intermédiaire de deux fils très fins enroulés en hélice et correspondant aux bornes du mégohmmètre. L’équilibre électrique de l’ensemble ne dépend que du rapport des intensités des courants qui parcourent les deux cadres, en sorte que la graduation de l’appareil reste indépendante de la force électromotrice employée. Le
- circuits agit seul (résistance infinie) et maxima lorsque les deux circuits agissent ensemble avec les courants maxima (résistance zéro). Le chiffre qu’on lit en face de la manette servant à manœuvrer les shunts complétant l’appareil, est le coefficient de multiplication des lectures, faites sur le cadran gradué de 0 à 50 000 ohms.
- Quand l’isolement des câbles de la canalisation est supérieur à 100 mégohms kilométriques, on peut les utiliser et on les vérifie ensuite deux fois par an. Si l’isolement descend au-dessous de ce chiffre, on procède à la recherche des défauts et, de même en cas d’accidents sur le réseau. Diverses méthodes simples en théorie permettent de déterminer l’emplacement de la défectuosité, mais de nombreuses difficultés surgissent dans leur application à des cas particuliers. Souvent il faut toute la science et l’expérience d’un praticien consommé pour ne pas se tromper sur la localisation de l’endroit cherché. Enfin, une fois toutes ces mesures terminées et si les ingénieurs jugent leur résultat satisfaisant, on met la ligne en service.
- Jacques Boyer.
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- LA PARTHÉNOGENÈSE EXPÉRIMENTALE
- ' La Nature a publié (N° 1927 du 30 avril 1910) dans le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences, du 18 avril 1910, une courte Note relative aux résultats de parthénogenèse expérimentale obtenus par M. Bataillon, doyen de la Faculté des Sciences de Dijon, professeur de Biologie générale.
- Ges expériences, intéressantes en elles-mêmes, ont, au point de vue biologique, une importance considérable. C’est pourquoi elles méritent un plus long développement.
- Voici en quoi consistent ces dernières expériences de M. Bataillon :
- Au mois de mars 1910, il prit des œufs de grenouilles (Variété Rana temporaria, grenouille rousse des champs),; mûrs, c’est-à-dire prêts à être pondus, à point pour être fécondés par l’élément (gamète) mâle de l’espèce.
- Il étala ces œufs sur des récipients plats, puis, avec un stylet de platine, de verre ou de manganine, de tle millimètre de diamètre, préalablement aseptisé, il piqiia chacun de ces œufs.
- Trois quarts d’heure après le traitement, ces œufs, recouverts'd’eau, tournaient leur pôle noir en haut. (Les œufs de batraciens présentent deux pôles : l’un noir en bas, l’autre blanc en haut.)
- Le premier mouvement de l’œuf fécondé est une rotation sur lui-même (ce qui place en haut son pôle noir).
- Trois à quatre heures après, — ce qui serait un délai normal pour un œuf fécondé — à la loupe, on voyait le départ d’une segmentation régulière.
- Au début du troisième jour, apparition d’inclices qui prouvent qu’un embryon s’ébauche, et de fait, quelques jours plus tard, M. Bataillon avait des têtards bien conformés, dans la proportion de2à5pour 100 des œufs piqués.
- Quelques-uns ont survécu, et à la date du 16 juin dernier, cm nous présentait trois spécimens en bonne voie de métamorphose : l’un possédait ses deux paires de patte ; un.second avait les pattes postérieures bien constituées et les pattes antérieures en voie de sortie ; le troisième en retard, n’avait que ses pattes postérieures.
- C’est donc là une évolution complète, obtenue sans le concours du noyau mâle. C’est ce qu’on appelle une parthénogenèse.
- La mature nous fournit de fréquents exemples de ce processus.
- Tel le cas des pucerons. De l’œuf d’hiver qui éclôt au printemps, sort une femelle qui, sans fécondation, pondra des œufs d’où sortiront des femelles. Celles-ci en feront autant, et le même phénomène se répète durant toute la belle saison. A l’automne, sans doute sous l’influence de conditions climatériques différentes, les œufs pondus par la dernière génération de femelles, évoluent de deux manières: les uns donnent des mâles, les autres des femelles, et leur union donne l’œuf d’hiver et le cycle recommence.
- Les dernières expériences de M. Bataillon sont la suite d’autres nombreuses et fort longues, tentées les années précédentes.
- Dans l’évolution complète d’un œuf, il y a lieu de considérer deux choses distinctes :
- 1° Le mécanisme de la segmentation de cet œuf qui donne 2, puis 4, 8... 2n cellules qui se différencient jusqu’à donner l’embryon ;
- 2° La morphogenèse spécifique. .
- ~ Le premier point seul est ouvert à nos investigations et permet l’expérimentation.
- L’œuf mûr est inerte jusqu’à ce qu’il ait été en
- contact intime avec le noyau mâle de son espèce.
- Les biologistes ne sont pas d’accord sur les causes de la segmentation de cette cellule œuf. Ils ont réussi à la provoquer artificiellement, et même à la pousser très loin, puisque M. Delage a pu obtenir des oursins adultes par ce procédé.
- M. Bataillon pense que ce phénomène est dû à une modification de l’équilibre osmotique de l’œuf, accompagnée d’une réaction propre de ce dernier.
- L’œuf maturant rejette au dehors une partie de ses fluides, une partie de son noyau par l’émission de ce que nous appelons les globules-polaires et modifie l’état osmotique de son milieu intérieur. A cet instant, il lui faut un excitant qui rectifie cet équilibre interne et lui donne le tonus nécessaire à sa segmentation. Cet excitant sera le gamète mâle ou toute autre cause.
- La pénétration du gamète mâle serait accompagnée d’une contraction de l’œuf qui s’épure en rejetant les déchets qui le gênent. Si l’œuf mûr est inerte, c’est qu’il est saturé de déchets.
- Dans tous les cas étudiés, en effet, le premier phénomène de fécondation observé sur l’œuf, c’est la formation autour de lui d’une atmosphère fluide limitée par ce que Loeb appelle la « membrane de fécondation ». Cet exsudât formé aussitôt après l’introduction d’un seul gamète mâle, semble posséder une toxine qui arrête tous les autres.
- Auparavant, M. Bataillon avait tenté des expériences de fécondation croisée entre des formes de batraciens très éloignées : œufs de Pélodyte ou de Bvfo Calamita (Crapaud des joncs) avec gamète mâle du Triton alpestris.
- Dans tous ces essais (expériences 1908 et 1909), les œufs ébauchent un développement : apparition de la cuirasse fluide, segmentation irrégulière pendant quelque temps, puis arrêt. A l’examen microscopique, ces œufs fixés montrent que les éléments mâles de triton qui ont provoqué la mise en train, ou bien n’ont pas pénétré, ou bien sont restés inertes à l’intérieur de l’œuf ; jamais leur noyau n’est intervenu, jamais il ne s’est ajouté au noyau femelle. Le gamète mâle du triton, n’a été qu’un excitant.
- Ce qui est frappant, c’est que la couche fluide, ainsi émise sous une influence artificielle, est capable d’arrêter les éléments mâles de la même espèce : l’œuf ainsi traité est infécondable et la segmentation provoquée par le seul gamète de triton s’arrête bientôt.
- M. Bataillon en déduisit que dans le mécanisme de la mise en segmentation d’un œuf mûr, l’action du gamète mâle n’a rien de spécifique ni d’indispensable.
- L’élément mâle du triton détermine sur l’œuf de Pelodyte un traumatisme, traumatisme suivi d’une réaction propre de l’œuf.
- De là, l’idée qu’on pourrait provoquer cette segmentation par irritation mécanique aussi bien que par les excitants physiques ou chimiques, utilisés chez les formes inférieures1.
- C’est ainsi que M. Bataillon tenta, avec le succès que l’on sait, les expériences de parthénogenèse expérimentale par piqûre, sur les œufs de Rana temporaria.
- E. Perrot.
- Licencié ès Sciences naturelles.
- 1. Expériences de Loeb et Kupelnsieser (1908). Mise en train d’œufs d’oursins par élément J1 de moule. Expériences de Kobleski : œufs d’oursins et éléments d1 A’Antédon.
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- LA DÉRIVATION DE LA NESTE ET LES BARRAGES DES HAUTES=PYRÉNÉES
- La Neste est un torrent tributaire de la Garonne et qui arrose le département des Hautes-Pyrénées : elle est formée par la réunion de plusieurs cours d’eau aux eaux abondantes (Ouïe, Neste deCouplan, Rioumajou, Louron), qui descendent des pittoresques vallées pyrénéennes bien connues des touristes.
- Après avoir quitté les régions montagneuses, la rivière s’infléchit brusquement vers l’Est, laissant au Nord le plateau de Lannemezan, contrée aride et monotone où prennent naissance un assez grand nombre de maigres rivières : Save, Gers, Baïse, Gimone, etc... disposées en éventail et pour la plupart, tributaires de la Garonne. Pendant longtemps toute la contrée du Gers a souffert de l’irrégularité de ses cours d’eau : pendant six mois de l’année, c’était la sécheresse absolue ; des distances considérables devaient être franchies pour la mouture des grains sur la Garonne ou sur la Neste, et l’abreuvage du bétail était des plus difficiles. Une alimentation artificielle pouvait seule remédier à un tel état de choses : il était naturel de songer à utiliser la grande quantité d’eau que la Neste déversait presque en pure perte à quelques lieues au Sud.
- La question est extrêmement ancienne : les Romains avaient eu l’intention d’établir un canal de dérivation à travers les Landes de Lannemezan. Depuis, plusieurs projets furent étudiés : le plus célèbre, présenté par l’ingénieur Galabert (1825), envisageait même la création d’un canal de navigation allant aboutir au bec du Gave, à cinq lieues de Bayonne; cette proposition ne devait pas recevoir d’exécution ; mais elle eut le mérite d’appeler l’attention sur la question des eaux de la Neste, et à cette époque se place la naissance d’une idée dont la réalisation complète est proche après soixante-dix années d’études et de travaux : c’est en effet, en 1839 que l’ingénieur Montet songeait à retenir les eaux des hautes vallées par la construction de plusieurs barrages-réservoirs et à les distribuer aux rivières du plateau par un canal ayant sa prise près de Sarrancolin.
- I. Les réservoirs. —Le projet n’était pas sans présenter de grandes difficultés : il fallait étudier d’abord la question fort complexe des débits et celle du cube d’eau à emmagasiner. En second lieu,
- ce n’était pas chose aisée que de construire des barrages-réservoirs à 2000 m. d’altitude, dans une région d’accès difficile, audimat rude, ou le transport des matériaux devait être pénible et onéreux.
- Tout d’abord, il fut décidé que le canal de dérivation aurait un débit de 7 m3 d’eau par seconde ; des jaugeages effectués dans la Neste venaient bien de montrer que le débit d’étiage de cette rivière ne descendait pas au-dessous de 10 m3 ; mais la nécessité de laisser une certaine quantité d’eau dans la Basse-Neste pour les besoins des riverains, ne permettait pas l’établissement d’une dérivation pure et simple : ainsi la création des ressources hydrauliques artificielles s’imposait dès le début.
- Comme 6 m5 devaient être laissés à la Basse-Neste, il fallait, à l’amont de la prise d’eau, un débit de 6 H- 7 = 15 m3. On estima que pour arriver au but désiré, une retenue de 23 000 000 m3 était nécessaire.
- Après avoir abandonné l’idée de créer, dès l’origine, un système complet de six retenues, on voulut s’attacher au projet d’un barrage unique : il devait être établi à Orédon, à l’origine de la Neste de Couplan, à une altitude de 1852 m. au-dessus du niveau de la mer; sa hauteur dépassait 30 m. et la retenue qu’il exerçait était de 15000 000 .m3; ainsi, du premier coup, on résolvait presque complètement le problème puisqu’il ne restait plus à emmagasiner que 8 000 000 ms d’eau.
- On recula toutefois devant la dépense et on se contenta d’établir un premier réservoir de 7 269 000 m3 ; la construction fut achevée à Orédon en 1873; la tranche d’eau disponible offre une superficie de 50 hectares et une hauteur de 24 m.
- Cependant, un fait nouveau rendait la situation particulièrement grave; vers le milieu du siècle, probablement par suite de la dévastation des forêts, le débit d’étiage de tous les cours d’eau pyrénéens diminua dans de très notables proportions ; pour la Neste, l’étiage d’hiver s’abaissa jusqu’au 1/5 de la limite autrefois observée. L’augmentation des ressources artificielles s’imposa donc plus impérieuse que jamais, et l’on résolut de créer de nouvelles retenues en barrant les hautes vallées qui descendent des montagnes de Néouvielie.
- En 1900, on établit le barrage d’Aumar; la retenue est de 1 100000 m3 sous 7 m, d’eau, avec une superficie de 20 ha (altitude 2214 m.).
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- Fig. i.
- Les sources de la Neste.
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- LA DÉRIVATION
- DE LA NESTE
- En 1907, on achevait celui de Capdelong; la retenue est de 7 000000 ni3 d’eau sous 19 m. ; la superficie est de 40 ha (altitude 2120 m.).
- Les travaux se terminent actuellement au lac d’Aubert (altitude 2164 m.); ils ont pour but une décantation de 6 m. et un exhaussement de 7 m., soit une augmentation de volume correspondant à 13 m. d’eau; on obtiendra un volume de 4500000 mètres cubes (superficie 35 hectares). La carte (fig. 1) montre-que les réservoirs précédents rdéversent tous leurs eaux dans lé lac d’Oré-don d’où sort la NestedeCouplan.
- — La haute vallée du Louron,r qui se réunit à Arreau à la NestedeCouplan, est également barrée : la retenue de Caillaouas est de 6 600000 mètres cubes sous 15 m. d’eau, la superficie étant de 40 ha (altitude 2164 m.).
- On peut voir qu’au total déchiffré de 23 000000 mètres cubes est nettement dépassé; mais, étant donnée la baisse de l’étiage naturel, peut-on considérer l’em-magasinement comme suffisant?
- Des graphiques établis, iLrésulte que l’on pare d’une façon très convenable aux insuffisances qui se produiraient du 15 février au 15 septembre, c’est-à-dire pendant la période d’irrigation; mais on ne saurait se désintéresser de l’étiage d’hiver, et le barrage de Loule,dont les travaux ont été entrepris récemment, complétera le magnifique ensemble des retenues des Hautes-Pyrénées. ' : ; i -! .
- II. Constitution des barrages. — Ils appartiennent à deux types : lorsqu’on' a pu extraire aèséz aisément du granit, on a fait 'un ouvrage en maçonnerie : c’est le cas du barrage de- Capdelong qui ne comprend pas moins de 8000 m5 de maçon-
- nerie de chaux. Pour assurer une bonne étanchéité, le parement amont a été recouvert d’une couche de ciment à fort dosage.
- Les barrages d’Orédon et d’Aubert sont en terre, avec un revêtement en béton à l’amont. Deux conditions sont à réaliser dans la construction de pareils ouvrages : il faut qu’il n’y ait aucun tassement dans le remblai; en second lieu, toute cause d’infiltration doit être soigneusement écartée.'
- La première condition est obtenue en traitant les terres par l’eau, les déblais apportés sont ainsi purgés de toute matière en-traînable, les expériences ont montré que. le tassement était ri-goureusemen t nul.
- Quant aux infiltrations, on les écarte en interposant un drainage général entre le remblai et le revêtement; le remblai est revêtu d’une mince couche de béton sur le talus amont : sur cette couche est établi un perré à pierres sèches qui constitue le drain général : c’est sur ce drain que repose une deuxième couche de béton, munie d’une chape bitu-mineuse; des drains collecteurs ménagés sur les deux rives communiquent avec le drain général par des barbacanes.
- Les inclinaisons générales du remblai sont de 3 de base pour 2 de hauteur èn amont et de 2 de base pour 1 de hauteur en aval : cela suffit à assurer la résistance statique de l’ouvrage.
- Des canalisations d’un diamètre de 0,30 m. ou de 0,40 m. aboutissent aux robinets de prise d’eau.
- III. Le canal de Sarrancolin. — Les travaux du canal furent commencés vers 1850; la prise d’eau est à Beyrède-Jumet sur la rive gauche de la rivière à'300 m. en amont du village de Sarrancolin. Le canal, établi d’abord sur le flanc des montagnes qui
- Labarthe
- Fig. 2.
- Le canal de Sarrancolin.
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- LA DÉRIVATION DE LA NESTE
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- Fig. i. — Lacs d’Aubert et d’Aumar (Phot. Rudaux).
- Fig. 2. — Haute vallée d'Aure : Lacs de Capde-long (2182™) et d’Orèdon (i8qçm) (Phot. Labouche Toulouse).
- Fig. 3. — Lac d’Orèdon (i#7 çw) barrage-déversoir et M ont-Pelat (Phot. Labouche).
- Fig. 4. — Haut-Louron. Lac de Caillaouas (2i65m).Fond des Gours-Blancs et Pic Noir (8028IH) (Phot. Labouche).
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- STABILISATION DES AÉROPLANES
- limitent la vallée à l’Ouest, traverse deux gorges, au moyen de ponts-aqueducs, puis rejoint le versant Est du plateau de Lannemezan ; il atteint ce plateau à 500 m. en amont de la Save et le contourne en allant vers l’Ouest, pour aboutir à la Baise-Darré (carte 2); dans ce trajet, il alimente directement cinq rivières; les autres, dont les origines sont plus éloignées, reçoivent l’eau par des rigoles secondaires.
- Le débit assuré à chacune des dix-neuf rivières alimentées est donné dans le tableau suivant :
- Save Litres . . 574 Gers Litres 1044
- Avet . . 91 Sollc 127
- Louage . . 586 Galavetlc 78
- Noue . . 209 Baïse devant (brandie
- Nère . . 209 orientale) 572
- Touch . . 4M Baïse devant (brandie
- Aussoue . . . . 197 occidentale'. . . . 47
- Saygonade . . . . . 91 Baysollc 256
- Gesse . . 450 Baïse Darré 916
- Gimone . . 500 Boues 550
- Arrats . . 500
- Débit total. . . 7008 litres par seconde.
- La longueur totale du canal est de 28 450 m. La longueur totale du réseau de distribution des eaux de la Neste est de 90 km environ.
- Les cours d’eau précédents sont tous tributaires de la Garonne, sauf le Roués qui se jette dans l’Adour.
- Les eaux de la Neste rendent d’inappréciables
- services aux cinq départements entre lesquels on les a distribuées ; l’abreuvage du bétail est aisé aujourd’hui; l’irrigation des prairies se fait dans des conditions excellentes et rapporte des bénéfices considérables; dans toute la contrée, autrefois pauvre, le bien-être général s’est considérablement accru.
- La force vive des eaux ainsi répandues est loin d’être perdue : des minoteries remarquablement outillées se sont fondées dans le pays, en particulier sur les bords de l’Àrrats. Cette énergie est loin d’être négligeable si l’on considère que, dans une seconde, le travail effectué par l’eau est celui d’un poids de 15 tonnes, parti d’une altitude moyenne de 2200 m. ; si l’on veut un terme de comparaison, il suffira de rappeler que l’usine d’alimentation de la ligne électrique de Cerdagne ne demande pas un débit de 2 m" par seconde avec 400 m. de hauteur de chute; l’eau vient de la Têt alimentée par le réservoir des Bouillouses à 6 m5 par seconde. N’est-il pas permis d’espérer une utilisation industrielle complète de l’énergie accumulée dans les réservoirs des Hautes-Pyrénées? Nul doute cpie, dans un avenir plus ou moins éloigné, ce souhait ne se réalise. Dans tous les cas, les résultats obtenus jusqu’à ce jour sont magnifiques et font le plus grand honneur à tous ceux qui ont contribué à la création de ce vaste ensemble de canaux et de réservoirs. C. Malégaril.
- STABILISATION DES AÉROPLANES AU MOYEN DES GYROSCOPES
- Dans le numéro 1971, M. Troller a fort clairement exposé les inconvénients graves qu’il y aurait à employer des gyroscopes pour assurer la stabilité des aéroplanes en les utilisant brutalement, comme on a pu le faire dans le chemin de fer monorail, ou dans certains essais de stabilisation des navires.
- Si on veut pouvoir utilement tirer parti des curieuses propriétés du gyroscope, il faut l’utiliser comme l’a fait le capitaine d’artillerie Lucas-Girard ville sur son aéroplane, en le faisant agir à la manière d’un servomoteur pour commander la manœuvre de certains organes appropriés.
- Pour bien saisir le principe de cette utilisation, nous rappellerons très brièvement les expériences faites par cet officier, et quelle propriété principale du gyroscope il a appliquée.
- Étant donné un gyroscope à axe vertical OZ, ayant son centre au point O, et complètement libre d’osciller dans tous les sens autour de ce point, si on suppose qu’une force sollicite l’axe de rotation OZ à se déplacer dans le plan ZOY, cet axe va résister à cet effort, et s’échapper en décrivant contre le plan XOZ, perpendiculaire au précédent, une série de demi-cones..................
- Fig. i. — G, gyroscope à axe vertical o z; ox, oy, oz, trois axes de coordonnées rectangulaires; F, force appliquée à l’axe du gyroscope dans le plan z o y p, q, r, s ... série de petits demi-cônes constituant la précession P P'; a b, valeur de la nutation.
- Dans ces demi-cônes, l’amplitude ab parallèle à OY, appelée nutation, a une valeur inverse de la force vive de rotation, elle est extrêmement faible et négligeable pour une grande vitesse.
- Ce qu’on constate finalement, c’est un déplacement, à vitesse moyenne constante vers OX, de l’axe de rotation, ce mouvement constituant ce qu’on appelle la précession.
- C’est précisément ce déplacement, qui est utilisé pour commander des gouvernails susceptibles de rétablir à chaque instant l’équilibre de la machine.
- À cet effet, les gyroscopes sont montés dans un carter muni de deux tourillons, qui lui permettent d’osciller autour d’un axe perpendiculaire à l’axe de rotation.
- Si cet axe de tourillonnement est dirigé dans le sens de la direction à stabiliser, par exemple dans le sens de la marche, au moment où l’aéroplane voudra s’incliner dans un sens ou dans l’autre, par rapport à cette direction, le gyroscope réagira en prenant un mouvement d e précession autour d e l’axe de tourillonnement. Ce mouvement pourra commander, par exemple au moyen d’un câble solidaire d’une poulie calée sur un des tourillons, un gouver-
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- STABILISATION DES AEROPLANES ; ' ' 275
- nail de profondeur approprié, dont l’action sur l’air rétablira l’équilibre.
- On a pu se rendre compte, au moyen d’expériences préalables, de l’efficacité de ce système. Le gyroscope et le gouvernail avaient été installés sur une charpente oscillante, disposée comme un fléau de balance, l'axe de tourillonnement du carter était placé parallèlement au fléau.
- Le gouvernail se trouvait exposé au vent d’une soufflerie organisée pour donner un courant d’air uniforme et homogène, et le tout était réglé pour demeurer en équilibre. Dans ces conditions, si on dérangeait le fléau, soit en le chargeant d’un poids additionnel, soit en le balançant, le gyroscope, en déplaçant son axe de rotation autour de l’axe de tourillonnement, agissait sur le gouvernail de telle manière que ce dernier, par l’action du vent, rétablissait l’équilibre.
- En raison de la très grande sensibilité de l’appareil, il avait fallu disposer un amortisseur d’oscillation, formé d’une cuve pleine d’eau et d’un plongeur. Dans la pratique, les expériences, exécutées sur des modèles d’aéroplanes, ont montré que, même avec 12 m2 de surface portante, les réactions de l’air sur la voiture suffisaient, et remplaçaient parfaitement l’action du frein hydraulique. On a pu constater, en effet, qu’en vol libre les appareils ne prenaient aucun mouvement périodique sensible sous l’action du gouvernail gyroscopique.
- Au cours de ses expériences, le capitaine Lucas-Girardville a pu constater qu’en vol libre, soit en dérangeant artificiellement l’équilibre de la machine par des changements dans la répartition de la charge, soit en opérant par des vents irréguliers, les gouvernails gyroscopiques ont toujours manœuvré, dans le sens convenable, avec une efficacité suffisante pour rétablir l’équilibre.
- À l’heure actuelle, cet officier poursuit à l’établis-
- Fig. 3. — Balance d’expérience pour les gyroscopes :
- AB, fléau support; C, pied; D, gyroscope à axe vertical; tt', tourillons parallèles au fléau actionnant l’axe M N du gouvernail E; S, soufflerie perpendiculaire au fléau ; P, amortisseur hydraulique.
- sement d’aviation militaire de Yincennes la mise au point d’un aréoplane spécial, sur lequel sont installés des stabilisateurs gyroscopiques.
- Pour cet appareil, on a cherché à réaliser une surface portante considérable, 100 m2, tout en présentant une solidité à toute épreuve, grâce à une construction particulière.
- L’ossature principale est constituée par une pyramide verticale en bambou, qui sert de support central à une immense jante en tubes d’acier, suspendue au moyen de trois paires de nappes de rayons en fil d’acier. Cette construclion, absolument comparable à celle d’une immense roue de bicy-
- Fig. 2. — Gyroscope actionné par un flexible et deux manchons à cardans à glissières permettant le déplacement de l’axe. — Le carter est monté sur deux tourillons visibles sur la figure.
- dette de 7 m. de diamètre, dont la pyramide serait le moyeu, permet d’obtenir un solide indéformable en tous sens, d’une très grande résistance.
- En deux régions diamétralement opposées de cette jante, sont fixés deux prolongements latéraux comparables aux deux ailes d’un monoplan ordinaire. Le grand cercle et les deux ailes, recouverts de toile, constituent le plan supérieur d’un biplan, dont le second plan est constitué par une surface inférieure rectangulaire allongée transversalement, et d’importance beaucoup plus réduite que la surface supérieure.
- Deux moteurs Gnome, du nouveau type 70 chevaux, ont été prévus, l’un à l’avant de l’aéroplane, l’autre à l’arrière, dans l’axe de la marche. Ces deux moteurs, indépendants l’un de l’autre, tournent en sens inverse, de manière à compenser leur effet gyroscopique sur les virages. Afin d’unir leurs efforts pour assurer la propulsion dans le même sens, ils actionnent chacun une hélice à pas contraire de l’autre. En cas de panne d’un des moteurs, le second permet de prolonger et d’adoucir la descente de l’appareil.
- Des gyroscopes ont été installés pour assurer la stabilité longitudinale. Dans les premières expériences, leur énergie était entretenue par le moteur au moyen d’une transmission à flexibles et à galets de friction ; actuellement on a substitué à ce dispositif une commande aérodynamique, dans laquelle on emprunte l’énergie, nécessaire à la rotation des gyroscopes, à une hélice auxiliaire de petit diamètre exposée au vent des hélices propulsives.
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- 276 ...~=: STABILISATION DES AÉROPLANES
- Les gyroscopes sont eux-mêmes constitués par des masses tournantes de 5,800 kg, auxquelles on donne une vitesse de rotation d’environ 6000 tours à la minute, ils assurent la stabilité longitudinale de l’aéroplane, et sont par suite disposés de manière à tourillon-ner autour d'un axe parallèle à la direction de marche de l’appareil.
- Dans ces conditions, lorsque la machine tend à piquer du nez ou à se cabrer, l’axe du gyroscope s’incline à droite ou à gauche en actionnant un gouvernail convenable qui tend à rétablir l’équilibre.
- Il y a lieu de remarquer qu’il n’est nullement question ici de remplacer, dans tous les cas, l’action du pilote en ce qui concerne la commande des gouvernails de profondeur : on a seulement cherché à corriger soit un déséquilibrage intempestif, soit une défaillance du pilote, soit encore une fausse manœuvre.
- Au moyen de deux gyroscopes, on pourrait ainsi assurer, dans une certaine mesure, la stabilité longitudinale et la stabilité latérale.
- Un des appareils, tourillonnant autour d’un axe longitudinal, pourrait commander des gouvernails de profondeur appropriés; l’autre, mobile autour d’un axe perpendi-
- culaire à la marche, devrait actionner des ailerons convenables ou le gauchissement.
- Dans l’application, que nous venons d’exposer,
- du gyroscope à la stabilisation des aéroplanes, il faut retenir que cet engin n’agit qu’indirectement pour rétablir l’équilibre, en actionnant des organes mobiles, dont le pilote peut à volonté, soit annihiler l’effet, soit augmenter l’action, par des organes analogues placés sous sa dépendance. Ils n’exercent aucune action directe sur l’aéroplanedufait de leur mouvement, puisqu’ils ne lui sont pas liés d’une manière fixe.
- Le problème se pose, en effet, tout à fait différemment dans le chemin de fer monorail, où il suffit d’empêcher les wagons de tomber sur le côté, tandis que le rail assure la stabilité longitudinale en offrant une ligne d'appui qui empêche le véhicule de se cabrer ou de piquer du nez. Un gyroscope, dont l’axe est solidaire du wagon, empêche la chute latérale en cherchant à prendre un mouvement de précession perpendiculaire, rendu impossible par le fait du rail, alors que sur un aéroplane il causerait une chute ou un cabrer.
- Capitaine D.
- Fig. 4. — Charpente circulaire de 4 m. de diamètre, poids 22 kg.
- Fig. 5. — Aéroplane en voie de construction stir la charpente circulaire de 7 m. comme châssis.
- Fig.6.— U aéroplane Lucas-Girardville à peu près achevé : p p, gouvernail automatique de profondeur ; P, gouvernail commandé de profondeur; II, gouvernails automatiques latéraux; LL, appareils commandés latéraux; g g, gyroscopes; b, volant de direction actionnant les gouvernails commandés de profondeur et latéraux.
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- ^ ^ ^ ~3 :
- LE PARASITISME DE LA CUSCUTE
- Tout le monde a pu remarquer, dans les champs de trèfle et les luzernières, des espaces circulaires à peu près dénudés, où la plante fourragère, desséchée et squelettique, disparaît sous les étreintes d’un parasite filamenteux, aux tiges grêles et enchevêtrées comme des cheveux. C’est la cuscute qui cause ces ravages ; c’est à elle qu’appartient l’envahissant réseau.
- Les cuscutes forment, pour les botanistes actuels, une petite famille détachée des Convolvulacées, groupe auquel on les rattachait autrefois ; elles ont avec les liserons d’étroites affinités, qui s’affirment encore en un point très spécial et difficile à voir, la forme des grains de pollen. Mais ces affinités se trouvent masquées, à un examen superficiel, par la physionomie particulière qu’imprime aux cuscutes leur parasitisme.
- C’est ainsi que la couleur verte, indice de la vie végétale libre, ne se retrouve pas chez les cuscutes : elles
- Fig. i. — La petite cuscute, sur une tige de Galium.
- sont roses, rouges ou jaunes; de même elles sont dépourvues de feuilles, et cela s’explique, puisque ce sont les feuilles qui élaborent, sous l’influence de la lumière, la matière verte.
- Leurs tiges sont filiformes, allongées, rameuses, seulement munies de distance en distance de très petites écailles colorées, dans Faisselle desquelles s’engendrent les rameaux. Ces tiges sont parasites sur d’autres végétaux, au moyen de suçoirs qu’elles émettent, et qui pénètrent dans les tissus de leur hôte.
- N’ayant pas de feuilles, les cuscutes lèvent sans cotylédons : leur embryon consiste uniquement en un petit axe cylindrique enroulé en spirale autour de l’albumen.
- Les fleurs, menues et d’ordinaire délicatement nuancées, sont réunies en petits groupes, ou glomérules, qui se forment de préférence au voisinage de la plante nourricière; s’ils naissaient ailleurs, ils constitueraient pour les tiges frêles de la cuscute une charge trop lourde qui, sous l’effort du vent par exemple, pourrait les faire rompre. Ces fleurs étalent leur grâce et leur gaîté sur les ruines de leur victime, tuée dans sa propre floraison par les morsures du bourreau qui s’attache à ses flancs.
- Les fruits de la cuscute sont des capsules marquées de petits points creux très superficiels, et couvertes par les temps humides d’une légère couche mucilagineuse offrant une apparence de mailles. Chacune de ces capsules développe ordinairement quatre graines, réparties par deux en deux loges.
- On trouve des cuscutes dans toutes les régions chaudes et tempérées du globe. Elles vivent aux dépens d’un grand nombre de plantes herbacées ou même ligneuses, qu’elles épuisent en leur empruntant une sève tout élaborée. Contrairement aux habitudes générales des parasites, chacune de leurs espèces peut attaquer plusieurs hôtes différents, appartenant parfois à des familles fort éloignées les unes des autres.
- Parmi les espèces françaises, nous voyons la cuscute du trèfle (Cuscuta trifolii) végéter aux dépens du trèfle et de la luzerne; celle du lin (C. epilinum) infester les
- Fig. 2. — Portion de tige et crampon grossis, de la petite cuscute.
- champs de lin; la grande cuscute (G. major), parasiter indifféremment l’ortie dioïque, le houblon, la vesce, la pomme de terre, et envahir même les pédoncules de la vigne, faisant avorter les grains et couvrant de filaments les grappes attaquées, que les vignerons désignent sous le nom de raisins barbus. La petite cuscute (C. epillnj-mum) vit sur diverses plantes à basse tige : le serpolet, le genêt à balais, l’ajonc nain, les bruyères ; nous l’avons personnellement recueillie sur le panicaut (Eryngium) et le caille-lait (Galium).
- Le vulgaire a donné à ces plantes des noms qui rappellent leurs méfaits : c’est la teigne, le bourreau du trcfh ou du lin, les fils du diable.
- La cuscute, disait Guettard, « est un parasite d’une espèce particulière, puisqu’elle ne le devient qu’après avoir tiré de la terre sa première nourriture, en quoi elle diffère du gui )). Une loi irrésistible, agissant comme un impérieux instinct, la dirige vers ses victimes : telle l’aiguille aimantée se tourne toujours vers le pôle magnétique.
- Elle se propage sur place par l’extension de ses filaments, et à distance par ses semences, mêlées aux graines des plantes fourragères. Elle cause la ruine des prairies
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- 278 —... : ACADEMIE DES SCIENCES
- artificielles dans lesquelles elle pénètre, et, en outre, elle nuit au bétail en provoquant de l’inappétence, un arrêt de la rumination et une exagération de la salivation.
- La graine de la cuscute germe en terre; son embryon développe dans le sol une radicule, point d’appui pour la tige qui, à l’extrémité opposée, se dirige vers la lumière; la jeune plante vit donc pendant quelque temps comme un être libre et autonome.
- Mais bientôt la petite tige opère un mouvement de révolution, grâce auquel elle parvient à proximité d’un
- hôte capable de la nourrir; elle s’attache à cet hôte, s’y enroule, et de distance en distance enfonce dans scs tissus des suçoirs, qui lui permettront d’en extraire la sève. Dès qu’elle peut y trouver une nourriture suffisante, ses rapports avec le sol où elle a germé cessent; la partie inférieure de sa tige se détruit, et l’évolution entière du parasite, formation des rameaux qui le propagent alentour et des fleurs destinées à assurer l’avenir de l’espèce, s’eflectuc par la suite aux dépens de la plante nourricière.
- A. Acloqoe.
- CHRONIQUE
- Pouvoir absorbant des argiles. — Un sait que diverses substances pulvérulentes, et notamment les argiles, possèdent pour certains corps un pouvoir absorbant assez considérable et cette propriété est souvent mise à profit pour faire certaines opérations, par exemple, pour enlever les taches de diverses substances sur les étoffes, les parquets, etc. M. Rohland a étudié les propriétés absorbantes de l’argile de Fraustadt. Il a constaté que cette argile peut absorber des carbures d’hydrogène non saturés, de formule G" II3" et G" Ii-n - - ; elle permet
- la séparation de ces carbures des carbures saturés C" II2"^2 qu’elle n’absorbe pas.
- Le même auteur a étudié les propriétés absorbantes de la silice, de l’alumine, de l’oxyde de fer hydratés, préparés au moyen de la même argile. Ces corps ont la propriété d’absorber les principes oxygénés, l’eau, l’alcool, l’acétone et les carbures d’hydrogène saturés non aromatiques. Par contre, la benzine, le toluène, le sulfure de carbone empêchent la diffusion et ne sont pas absorbés par ces mêmes substances.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 mars 1911 (suite).
- Prairie sous-marine. — M. Mangin communique une observation faite à Pile Petermann où hiverna l’expédition zoologique française. Vers la deuxième quinzaine d’octobre les rochers de l’ile complètement dénudés par la débâcle des glaces deviennent verdâtres. En moins de trois semaines il poussait une véritable prairie sous-marine d’algues du genre Monostroma. Certaines d’entre-elles avaient 55 cm de hauteur. Puis peu à peu la houle, les fragments de glace arrachèrent ces algues des rochers sur lesquelles elles étaient fixées.
- Le dosage du Krypton. — M. Deslandres résume une communication de MM. Moureu et Lepape sur le dosage du Krypton. Jusqu’à présent on ne connaissait que la méthode de distillation fractionnée qui exige une grande quantité de gaz. Le procédé imaginé par les auteurs est purement spectral; il ne nécessite que quelques millimètres cubes de gaz. 11 est fondé sur l’extrême sensibilité spectrale du Krypton et l’accroissement continu de la raie jaune du spectre quand la proportion de Krypton augmente. Ils ont donc dù procéder à une sorte d’étalonnage spécial. Le procédé de MM. Moureu et Lepape est d’une précision extrême.
- Les roches vertes . des Alpes dauphinoises. — M. Pierre Termier fait une communication sur l’ancienneté des roches vertes de la chaîne de Belledone. Ges roches vertes gabbros et serpentines sont très rarement en contact avec des terrains sédimentaires bien datés. Mais Charles Lory a signalé un point près du Tabor, aux environs de Lavaldens (Isère) où la serpentine touchait le lias et semblait le métamorphoser, lin réalité, ce contact a lieu entre la serpentine et les calcaires du trias et non du lias, et il n’y a aucun phénomène de métamorphisme. On observe seulement des mélanges mécaniques par écrasement des deux roches en présence. Les roches vertes en question ne sont donc ni post-lia-siques, ni post-triasiques : elles sont de l’âge des gneiss qui les contiennent et certainement antérieui’es au houiller de la région, lequel est stéphanien.
- Un nouveau transformateur électrique. — M. J. Car-
- — Présidence de M. Gautier.
- pentier résume un travail de M. Maurice Joly relatif à un nouveau système de transformateur électrique destiné non seulement à la mulation du voltage d’un courant alternatif, mais encore de sa fréquence. Ce système, conçu d’après des vues théoriques, a donné du premier coup des résultats conformes aux prévisions, et il a déjà servi de base à la construction de doubleurs et de tri-pleurs de fréquence fonctionnant très bien. Les applications de ce système seront nombreuses. C’est ainsi que dans le cas de basses fréquences utilisées en traction électrique, il permet, sans groupe auxiliaire, de faire servir à l’éclairage le courant des générateurs. En partant des fréquences communément utilisées dans les réseaux d’éclairage, il fournit des fréquences précieuses pour la télégraphie sans fil.
- Les déplacements des thons dans la Méditerranée.
- — M. Dastre présente une Note de M. Bounhiol sur le déplacement des thons dans la Méditerranée. Il constate que c’est une opinion répandue parmi les pêcheurs que les thons viennent de l’Atlantique et parcourent les côtes de la Méditerranée en progressant en sens inverse des aiguilles d’une montre; de plus, on croit également qu’ils s’approchent des côtes pour les besoins de la ponte. M. Bounhiol détruit la première opinion en montrant que les thons de la Méditerranée et ceux de l’Océan n’appartiennent pas aux mêmes espèces; il récuse également la seconde en montrant que sur tout le pourtour de la Méditerranée, la ponte a heu de la 26 à la 4° quinzaine de juin et que les bandes de thons renferment des animaux âgés, d’autres adultes, d’autres jeunes. Ce ne sont donc pas les conditions de la ponte qui amènent à d’autres moments les bandes de thons près des côtes. La solution est d’un autre ordre. Chez les thons plus que chez les autres poissons, les réflexes locomoteurs sont amorcés pour le mouvement de l’eau, et cela a pour résultat de les pousser à une marche contraire aux courants. Or, les courants dans la Méditerranée sont superficiels et soumis au régime des vents. C’est donc à la direction des courants à. certaines époques de l’année
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- qu’est due l’apparition des thons et cette apparition est toujours plus abondante sur les points où l’eau est agitée, tels que caps et îles.
- L’introduction du radium dans les tissus. — M. Chauveau communique une Note de MVl. llaret, Danne et Jahotin, sur une nouvelle méthode de l’introduction du radium dans les tissus. Les auteurs recourent à l’électrolyse. Ils ont fait de nombreuses recherches sur le lapin, la génisse et les malades. Ils ont reconnu que le radium passe dans les tissus par ionisation et que celle-ci est nécessaire pour
- que le métal passe dans les tissus sans déchirure de la peau. La pénétration indépendante de la circulation sanguine se fait à une assez grande profondeur et le radium persiste un temps suffisamment long dans les tissus pour permettre, par des séances successives, d’obtenir des résultats thérapeutiques. Les effets de cette ionisation ne sont d’ailleurs pas nocifs, et des applications faites par le Dr Haret sur plusieurs malades, ont démontré que l’ion radium a une action sédative et agit favorablement sur certaines tumeurs. Cn. de Villedeuie.
- DEUX NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES PORTATIFS
- Nous avons naguère, ici même, formulé quelques remarques concernant les cadrans solaires fixes, pratiques et précis lorsque la direction du style est parallèle ou sensiblement parallèle à l’axe du monde, et nous avons fait ressortir l’utilité qu’on pouvait tirer d’un dispositif de ce genre. Aujourd’hui nous décrivons deux cadrans légers et transportables qui peuvent rendre les mêmes services, avec la mobilité en plus ; tous deux ont été successivement combinés par le vicomte ; d’Àurelle - Montmorin, ex-chef d’escadrons d’artillerie, astronome amateur très compétent. !
- Le plus ancien en date est le moins original. Il consiste essentiellement, comme le montre la reproduction ci-jointe, en 1° un cadre rectangulaire évidé, muni de deux pieds mobiles (dont l’un G se distingue seul sur la figure) permettant d’incliner convenablement le cadre qui repose sur son rebord horizontal H ; 2° un rapporteur A mobile sur le plan du cadre autour de son axe, et sur lequel sont tracées heures et divisions ; 7>° un style B, mobile également mais perpendiculairement au cadre et au rapporteur.
- Le réglage en latitude s’opère en déplaçant les pieds G jusqu’à ce que la distance de l’axe de ces pieds au rebord II atteigne une longueur fournie par des tables et d’ailleurs proportionnelles à la tangente trigonométrique de la latitude R. Pour le réglage en longitude, on dispose l’axe transversal du cadran dans la direction du méridien, direction supposée connue, ou déterminée au préalable, ou encore on fait coïncider l’ombre du style avec l’heure indiquée par une bonne montre.
- Celle-ci ne fournira, il est vrai, que l’heure légale moyenne et non l’heure vraie locale. Mais comme le rapporteur A peut tourner autour de son centre, on le déviera d’un angle suffisant par rapport au repère médian m, pour corriger la différence exprimée en temps, des méridiens de Greenwich et
- du lieu d’observation. Ainsi à Saint-Brieuc ce repère devra être fixé vis-à-vis de midi 11, à Toulouse vis-à-vis de 1 1 h. 5-4. Ayant ensuite ramené le trait central d’une des plaques mobiles D, D vis-à-vis le biseau E correspondant fixé au rapporteur, on immobilise la plaque en question par serrage, puis si l’équation du temps n’est pas nulle, on amène le biseau jusqu’à la date du jour gravé sur la plaquette 1), ce qui déplace de nouveau le rapporteur jusqu’à sa situation définitive. Dans la figure, le cadran est disposé pour fonctionner vers le 10 octobre à Saint-Brieuc, dont la longitude occidentale rapportée au méridien de Greenwich compense presque l’équation du temps à cette date.
- Une fois la direction du méridien connue, théoriquement ou empiriquement, on repérera avec précision la trace du bord du cadre II sur le plan d’appui toujours supposé bien horizontal, pour orienter à chaque expérience, et on ne touchera le cadran, si l’on ne change pas le lieu d’observation, que pour rectifier l’équation du temps au moyen du biseau E.
- Nous recommandons cet instrument comme précis, très portatif et peu coûteux. Il peut rendre de bons services dans des régions solitaires, ou tout simplement dans les centres un peu isolés, moins peut-être pour fournir des indications continues que comme régulateur permettant de vérifier la marche des horloges, pendules ou montres.
- On pourrait objecter que son emploi comporte ou la possession d’une boussole coûteuse parce que précise, ou le tracé d’une méridienne astronomique, ou, pour une première fois dans un lieu donné, le contrôle d’une bonne montre. Or, comme le but du cadran est précisément de suppléer à celle-ci, il se présente un cercle vicieux.
- Le régulateur solaire Yauto évite tout à fait cet inconvénient. Sauf à l’époque des équinoxes et en dehors de certaines heures défavorables de la journée,
- Fig. i. — Premier type de cadran solaire portatif de M. le commandant d’Aurelle.
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- DEUX NOUVEAUX CADRANS SOLAIRES PORTATIFS
- Fig. 2. — Figures schématiques expliquant te fonctionnement de Z’auto traversé par le rayon lumineux après réglage pour la latitude h et la déclinaison solaire boréale 6.
- il peut s’orienter « automatiquement », d’où son nom. Le réglage en latitude s’opère comme ci-dessus, une fois pour toutes dans une même station, au moyen d’un pied mobile C qu’on éloigne ou qu’on approche du rebord jusqu’à ce que le plan II du cadran soit parallèle à l’équateur céleste après orientation (fig. 2).
- Perpendiculai- ~—. 's
- rement à ce plan se dresse une plaque rectangulaire P munie d’un curseur E percé lui-même d’un petit trou o.
- Le curseur se meut le long d’une échelle graduée et le trou o est exactement disposé dans le plan principal de l’appareil. Nous sommes en été et le soleil S se meut
- au nord de l’équateur suivant un cercle dont la déclinaison pour la date du jour est o. Au moyen de tables annexées à l’instrument, nous réglons le curseur de façon que la hauteur h du trou o au-dessus du cadran corresponde à la tangente trigonométrique de l’angle S. Ceci fait, plaçons le cadran sur un plan bien horizontal1 exposé à la lumière solaire. Orientons grossièrement la base du cadre de l’est à l’ouest et faisons-le doucement pivoter sur lui-même jusqu’à ce que le pinceau lumineux issu du trou o éclaire exactement le milieu de la tranche du cadran. L’appareil dès lors est orienté, et il ne reste plus qu’à lire l'heure : 2 heures du soir par exemple, sur la tranche antérieure (invisible sur la grande figure). La lecture s’opère dans les meilleures conditions possibles lorsque la division horaire bissecte exactement le cercle lumineux. On peut ainsi se procurer l’heure locale vraie ; un calcul très simple, mais qui permet d’économiser un diagramme, ramène ensuite l’observation a l’heure moyenne universelle.
- Comme durant le semestre d’hiver, de septembre à mars, le soleil circule au-dessous de l’équateur,
- ! 1. C’est pour delà que nous, avons figuré les vis calantes d’un trépied étranger à Y auto proprement dit.
- Fig. 3.
- L’auto (face antérieure) installé pour une déclinaison- boréale positive.
- nous aurons soin à chaque équinoxe d’automme de dévisser la plaque du curseur pour la fixer inférieurement jusqu’au printemps suivant lorsque o redeviendra positif.
- L'auto, simple instrument de contrôle, d’ailleurs, n’est pas gradué aux environs de midi parce qu’alors
- la trajectoire de S la tache lumi-
- neuse, lors de la rotation, traverse la tranche trop obliquement, ce qui rendrait le passage critique sur l’axe médian difficile à observer. D’autre part, le matin de bonne heure ou vers le déclin du jour, les rayons solaires, trop obliques, s’insinuent mal dans le trou du curseur.
- Donc notre régulateur occasionnel ne fonctionnera que de 8 h. 1/2 à 10 h. 1/2 du matin et l’après-midi de 1 h. 1/2 à 5 h. 1/2, intervalles bien suffisants encore si le soleil daigne briller.
- Précautions à prendre : veiller strictement à l’horizontalité du support, et, en s’aidant d’un bon double décimètre et d’une loupe, réaliser fidèlement les nombres marqués pour le réglage en latitude et en déclinaison.
- Bien entendu ce dernier seul devra être renouvelé chaque jour, sauf pendant les périodes solsticiales.
- Ainsi mis au point avec minutie, au l/5e de millimètre près, Y auto fournit l’heure avec une erreur de moins d'une minute, comme nous l’avons plusieurs fois vérifié. Cette approximation dépasse celle des régulateurs des meil-
- Fig. 4.
- L’auto (face postérieure) installé pour une déclinaison australe négative.
- leurs horlogers des grandes villes.
- Ajoutons, pour
- finir, que l’instrument est robuste, maniable, léger, médiocrement coûteux, peu encombrant et qu’il constitue un excellent appareil de démonstration de cosmographie élémentaire. Avec cela il fournit immédiatement la direction est-ouest sans boussole ni observations d’astres. . .
- AiVrOLVE de SxroRTA.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuhe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N’ 1975.
- 1er AVRIL 1911
- L’ÉCUREUIL-VÔLANT D’AUSTRALIE
- Ce terme vulgaire d’e'cureuil volant est applique, plus ou moins exactement, à diverses espèces de petits mammifères répandues dans les deux mondes, et qui n’ont guère entre elles d’autres points de rapport que l’existence d’une membrane: qui prolonge la peau des. flancs et lait office de parachute. La plus connue de ces espèces est celle du polatouche (Sciuropterns Volans), qui abondait encore dans le Nord de l’Europe (Scandinavie et Laponie) au commencement du siècle dernier, mais qu’on ne rencontre plus qu’en Sibérie. Deux espèces parentes vivent au Japon (Sciuropterus Momoga) et dans le Nord de l’Amérique (Sciuropterus Vo-lucella). Citons encore le pté-romys (Pteromys Petaurista), resté abondant dans toute l’étendue de l’Inde, dans le ! ^ •
- Sud de la Chine, et . dans plu- , A
- sauvages et les œufs d’oiselets. Qui dit phalanger, dit marsupial ; et l’élégante petite bête, en tant que spécimen de la faune australienne,-ne saurait faire exception à lâ règle, puisque tous les mammifères de lile-continent, le dingo excepté (et ce chien sauvage est peut-être d’origine exotique), - sont dotés de la poche ventrale.
- Sa fourrpre laineuse, d’une couleur agréable (blanchâtre ou grise avec .reflets roux), mais peu estimée dans l’industrie de la pelleterie, envahit jusqu’au bout de ses pattes, admirablement constituées, avec leurs cinq doigts bien dégagés, pour grimper aux arbres. Et sa queue, longue et touffue, avec l’extrémité prenante comme chez certains singes de l’Amérique du Sud, lui sert littéralement de gouvernail lorsqu’il se . lance à travers l’espace, pour se trans-
- it .
- Wj
- L'Ecurcuil-volaht d’Australie.
- A droite et à gauche : Deux attitudes favorites de Vanimal. En haut : La membrane « parachute » de. VEcureuil. \
- sieurs lies voisines de la péninsule hindoustanique.
- Toutes ces espèces, à l’habitat si dispersé, appartiennent nettement à l’ordre des rongeurs, si bien qu’on a pu les ranger toutes dans la grande famille des sciuridés, dont notre gracieux écureuil est le prototype. Il n’en est pas de même du curieux animal qui nous occupe ici, et dont les mœurs sont diamétralement opposées à celles de ce dernier, sauf sur un point; il est, autant que lui, arboricole.
- Mais c’est la seule analogie; Ce petit phalanger (Petaurus Sciurns) est un nocturne et un insectivore, mais ne dédaigne pas à l’occasion les baies
- 39e année. — icr semestre.
- porter d’un arbre à l’autre. Elle lui permet, en outre,! de s’agripper, aux branches, tout en gardant le libre usage de ses quatre pattes, j’allais écrire de ses quatre mains, tant elles ont l’apparence de mains gantées. ' .
- Il est presque impossible d’étudier les mœurs des animaux nocturnes. Aussi, ce que nous connaissons des habitudes du pétauroïde se limite-t-il à quelques traits. Il passe toute la journée au fond d’un trou creusé au sommet de quelque arbre à l’écorce glissante, et se résigne difficilement à en sortir., môme quand les indigènes,1 très friands de sa chair, et
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- 282 .....QUAND LE SOLEIL EST-JL A L’EST?
- avides de sa fourrure, heurtent le pied de l’arbre à coups de massue.
- Les naturels prétendent qu’il ne boit jamais, et, de fait, il ne descend jamais sur le sol. Après le coucher du soleil, on commence à entendre son cri, qui ressemble au piaillement d’un oiseau. Et, pour peu que l’observateur reste immobile, et que la lune brille, il ne tarde pas à assister aux gracieuses évolutions des gracieux planeurs.
- Soit pour saisir un insecte au vol, soit pour jouer entre eux, les petits phalangères s’élancent d’un bond du sommet d’un arbre, et, après une courte ascension, allongent leurs quatre pattes, mouvement qui a pour effet de développer les replis de leur membrane. L’étrange parachute ralentit aussitôt la
- descente, qui, au lieu de se produire dans le sens de la verticale, se transforme en une courbe tendant vers l’oblique. Et l’atterrissage, qui s’effectue sur une branche, et sans le moindre heurt, constitue un exploit gracieux, et des plus impressionnants.
- Les observateurs ne sont pas d’accord sur la portée maxima du vol des pétauroïdes ; mais il paraît prouvé qu’ils peuvent franchir ainsi une distance de 25 à 50 mètres, prouesse que nos aviateurs leur eussent enviée, il y a seulement trois ou quatre ans ! Comme tous les mammifères nocturnes, ces curieuses créatures supportent mal la captivité, même dans leur pays d’origine; et on les voit rarement figurer dans les collections des jardins zoologiques. Y. Forbm.
- QUAND LE SOLEIL EST-IL A L’EST?
- Voilà une Et pourtant
- question qui parait oiseuse à- première vue 1 elle sert de litre à une courte étude
- \ 33 Jun.ru
- Or, une pareille affirmation, empruntant son autorité aux règlements, s’impose aux officiers et aux hommes de troupe de l’armée de terre1, alors qu’un peu de réflexion peut leur en faire voir le malfondé, même comme simple approximation. Il nous a semblé qu’il était temps de rétablir la vérité qui intéresse d’ailleurs tout le monde.
- Les figures 1 et 2 vont nous guider.
- Dans notre figure 1, supposons la Terre réduite à un point en O, au centre de la sphère céleste. Chaque jour le Soleil occupe sur l’écliptique une position différente et décrit un cercle apparent dont le centre est sur la ligne des pôles, axe du mouvement diurne apparent. — Par exemple, le 20 août, le Soleil est en S sur l’écliptique et décrit le cercle dont le centre est en K sur la ligne des pôles.
- ----Soleil
- Le _$><? A
- Joie Sul4
- scientifique que nous résumons ici.
- Le 22 mars et le 22 septembre, jours des équinoxes de printemps et d’automne, et pour toute la Terre, le Soleil se lève à 6 heures du matin à l’Est et se couche à (5 heures du soir à l’Ouest. Les autres jours de l’année il est quelque part dans le ciel à ces mêmes heures, mais ce n’est plus ni à l’Est ni à l’Ouest.
- Nos règlements militaires, aussi bien que ceux des armées étrangères, contiennent à ce sujet (chapitre de l’orientation) une erreur grave. Ils disent en effet :
- « Le Soleil est à l’Est à fi heures du matin, à l’Ouest à fi heures du soir )), sans aucune restriction relative au jour de l’année ni à la latitude.
- 1. Nous en avons maintes Fuis acquis la preuve. Bien en-
- ’pt'aii Ou.c.îfc-Effr /
- Vtdjn Ae. \ Jv-p ^«.1^ \ ^ \ \ \ \ /\y* Nord. \ \ V \ r-t \
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- r/ \ • ^ A —TTE Nr V—7
- / Oucscn (Cuud,cr)C Z dm i
- / ."W
- Fig. 2.
- NCY Ysovizan
- Svwd.
- La figure
- représente le cercle vu de Paris où la
- tendu les marins, comme tous ceux qui s’occupent d’astronomie, ne s’v trompent pas.
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- LOCOMOTIVES POUR TRAINS RAPIDES ET LOURDS 283
- ligne des pôles l'ait avec l’horizon un angle égal à la latitude de Paris. Elle montre en traits pleins la partie du cercle visible de jour, en traits pointillés la partie invisible correspondant à la nuit. (Le cercle, devenu une ellipse en perspective, vient vers celui qui regarde la ligure.) La bgne Nord-Sud, la ligne des pôles et la verticale de Paris (Paris-Zénith) sont dans le plan du méridien qui est vertical.
- La ligne Ouest-Est et la ligne Paris-Zénilh forment le plan vertical Ouest-Est perpendiculaire au méridien.
- La ligne Ouest-Est et la ligne des pôles forment un autre plan incliné vers le Nord et qui est perpendiculaire au cercle du Soleil, puisqu’il contient la ligne des pôles, axe du mouvement. Je l’appelle plan de six heures.
- Ce plan, différent du plan Ouest-Est, et perpendiculaire au cercle du Soleil, contient le centre K du cercle ; il partage donc ce cercle en deux parties égales séparées par le diamètre AKB. Ce plan est aussi perpendiculaire à celui du méridien puisqu’il contient la ligne Est-Ouest perpendiculaire par définition au méridien. Ce plan et celui du méridien, étant ainsi à angle droit l’un sur l’autre, découpent le cercle du Soleil en quatre parties égales AM, MB, BM', M'A, égales chacune à 90°, parcourues chacune en un quart de jour, soit six heures.
- Ceci posé, si l’on suit la marche du Soleil sur son cercle, on le voit se lever en L (pour Paris), franchir en A le plan de six heures, franchir en E le plan Est-Ouest, traverser le méridien en M, franchir à nouveau le plan Est-Ouest en O, franchir à nouveau le plan de six heüres en B et se coucher en C (pour Paris).
- Au point M il est midi. Au point A, six heures avant,
- il est 6 heures du matin. Au point E, distinct du point A, le Soleil est exactement à l’Est de Paris. Au point 0, il est exactement à l’Ouest, au point B, il est 6 heures du soir.
- Ainsi, on voit l’écart. Sa valeur peut être aisément calculée avec les ressources les plus élémentaires de la géométrie et de la trigonométrie. C’est ce que nous avons fait pour tous les jours de l’année et toutes les latitudes. Des tableaux et des courbes enregistrent le calcul.
- Par exemple, le 22 juin, jour où l’écart est d’ailleurs maximum, le Soleil passe à l’Est de Saint-Pétersbourg à Gh 58 matin — à l’Ouest de Paris à 4h 51 soir — à l’Est de Perpignan à 7h55 matin — à l’Ouest de Pékin à 5h 54 soir — à l’Est de Montevideo à 8h 52 matin — à l’Ouest de Fort-Dauphin (Madagascar) à l128 soir — à l’Est de Santos (Brésil) et de File de Philœ à llh 50 matin, à l’Ouest de ces mêmes points, ce même jour, à midi 10'.... etc.1
- L’erreur d’orientation que l’on commet en donnant comme direction de l’Est celle du Soleil à 6 heures du matin varie de 0 à 400 millièmes de la distance (0 aux pôles, 400 millièmes aux tropiques). Elle est déjà considérable en France. Nous donnons d’ailleurs des exemples typiques des conséquences graves, ou pour le moins ridicules, qu’elle peut entraîner à la guerre, aux manœuvres, dans le tourisme automobile et dans l’aviation, pour ceux qui appliqueraient imprudemment les données des règlements, et nous proposons une rédaction nou-ve^e2> L. Piarrost de Mondésir.
- Colonel du Génie, breveté.
- LES LOCOMOTIVES POUR TRAINS RAPIDES ET LOURDS DU TYPE PACIFIC
- A l’Exposition
- Sur les grandes lignes de chemins de fer, la charge des trains va constamment en s’accentuant ; elle atteint aujourd’hui 400 tonnes, non compris la locomotive et le tender. La vitesse de ces trains ne cesse également de croître, et une vitesse moyenne de 100 km à l’heure devient la règle sur les lignes à profil modéré, c’est-à-dire ne dépassant pas 5 pour 1000 par mètre. La puissance des locomotives destinées à la remorque de ces trains doit donc être considérable et peut atteindre 2000 chevaux. Le poids de cette machine alors excessif, vient s’ajouter, comme poids mort, à la charge déjà considérable à remorquer. Il faut donc, tout en conservant à la locomotive la puissance nécessaire, arriver à diminuer son poids mort par cheval, en améliorant le rendement de la vapeur, c’est-à-dire en réduisant la quantité de vapeur consommée par cheval et, comme conséquence, la quantité de combustible également consommée par cheval. Il faut également augmenter la puissance de vaporisation de la chaudière tout en diminuant les dépenses d’entretien de celle-ci. C’est dans cet ordre d’idées qu’on a mis à l’essai sur divers réseaux la chaudière Brotan, dont nous avons parlé
- 1. Nous n'avons pas fait, état, ici, de l’équation du temps, et les heures sont celles du lieu. Bans notre élude complète, les corrections à faire sont indiquées.
- de Bruxelles
- dans un précédent article et que la Cie du Nord-Français a fait construire une chaudière avec foyer à tubes d’eau, dont les résultats semblent très satisfaisants.
- Afin d’augmenter le rendement de la vapeur, deux procédés sont employés : le fonctionnement compound et l’emploi de la vapeur surchauffée. Nous ne reviendrons pas sur les avantages de ces deux modes de fonctionnement, ayant déjà longuement traité cette question dans deux articles précédemment parus dans La Nature (nos du 15 mars et du 10 avril 1909).
- Comme nous le disions, ces deux modes de fonctionnement tendant à produire le même résultat, un certain nombre d’ingénieurs ont pensé qu’il était avantageux de superposer les deux modes de fonctionnement. C’est ce qui a été fait en France et par les administrations des chemins de fer de l’Allemagne du Sud (Bavière et duché de Bade). D’autres ingénieurs, au contraire, préfèrent séparer les deux modes de fonctionnement et employer la vapeur surchauffée avec simple expansion dans les cylindres. C’est le système presque unanimement adopté par les administrations des chemins de fer
- 2. N. U. L. B. La brochure du colonel Piarrou de Mou-désir, qui porte le même titre que cet article, vient -d'être éditée chez Bcrger-Lcvrault et Cie.
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- allemands et par la Belgique qui est entre'e résolument dans cette voie. L’Italie et l’Angleterre elle-même semblent se rallier à cette même idée.
- Lequel des deux procédés donnera le meilleur résultat, tant au point de vue économique, qu’au point de vue pratique (entretien et facilité de service) l’expérience seule pourra fixer sur ce point encore aujourd’hui douteux. Aussi suivra-t-on avec un vif intérêt les essais en cours à l’heure actuelle, notamment ceux entrepris par la Cie P.-L.-M., qui vient de faire construire deux locomotives, type Pacific, entièrement semblables, mais dont l’une est compound à quatre cylindres équilibrés et l’autre à vapeur surchauffée, simple expansion dans quatre cylindres égaux équilibrés.
- Nous citerons également le dispositif actuellement à l’essai sur une locomotive de la Cie de l’Est Français compound et à quatre cylindres équilibrés et où le surchauffeur de vapeur hélicoïdal, placé
- pas le cas et force a été d’ajouter à l’arrière et sous je foyer un sixième essieu qui est porteur. On a ainsi obtenu le type « Pacific » caractérisé par un bogie à l’avant, un essieu porteur à l’arrière entre lesquels sont intercalés les trois essieux moteurs couplés. C’est, à l’heure actuelle, le type le plus répandu pour la traction des trains rapides.et lourds des grandes lignes tant en France qu’à l’Etranger. La Cie du Nord, dans son nouveau type de locomotive express pour trains lourds, qu’elle construit actuellement, remplace l’essieu porteur arrière par un bogie.
- Une dernière condition s’impose encore. Afin d’éviter les effets perturbateurs (lacet, tangage et roulis) résultant du mouvement alternatif des différents organes moteurs de la locomotive (pistons, tiges de pistons, bielles, etc.), on a dû remplacer les deux cylindres généralement employés par quatre cylindres dont deux intérieurs et deux exté-
- Fig. i. — Locomotive à grande vitesse compound à 4 cylindres et à vapeur surchauffée type « Pacific » n° 3o52. (Cie des Chemins de fer du Midi.)
- dans les tubes à fumée est divi&é en deux parties, la première surchauffant la vapeur vive avant son entrée dans les cylindres haute pression, la seconde surchauffant la vapeur du réservoir intermédiaire avant son entrée dans les cylindres basse pression.Cette machine est à trois essieux couplés et bogie à l’avant.
- Si l’un ou l’autre de ces deux modes de fonctionnement ou leur superposition permet d’augmenter le rendement de la vapeur et, par suite, de diminuer lé poids par cheval de la locomotive il faut, cependant, que le poids adhérent de celle-ci, c’est-à-dire la charge portée par les essieux couplés, soit suffisante pour vaincre la résistance du poids total du train, non seulement en palier, mais aussi sur les rampes. Il faut aussi que la charge par essieu ne dépasse pas 18 tonnes, charge maxima admise tout au moins en France. Dans ces conditions, avec les charges remorquées indiquées précédemment une locomotive à trois essieux couplés et bogie à l’avant suffirait, s’il était possible de lui faire porter une chaudière ayant une surface de grille et de chauffe suffisante. Malheureusement ce n’est
- rieurs actionnant soit un seul essieu couplé (type von Borries), soit deux essieux couplés (type de Glehn) et dont les manivelles sont disposées de telle sorte, que le mouvement des masses alternatives s’équilibrent, comme nous l’avons indiqué dans le précédent article (n° du 15 mars 1909).
- Donc, en résumé, le type actuel pour la remorque des trains lourds et rapides des grands réseaux français et étrangers est, comme nous venons de le dire, le type Pacific avec quatre cylindres équilibrés et fonctionnement, soit en compound avec superposition de la vapeur surchauffée, soit par simple expansion et vapeur surchauffée.
- L’exposition de Bruxelles, qui vient de se terminer, nous montre un certain nombre de modèles intéressants de ce type de locomotion.
- 1° Une locomotive construite par Maffei, destinée aux chemins de fer de l’État bavarois, fonctionnant en compound et vapeur surchauffée. Elle est à quatre cylindres équilibrés, placés en ligne et actionnant le deuxième essieu couplé. Le diamètre des roues motrices est de 1,87 m. La surface de
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- LOCOMOTIVES POUR TRAINS RAPIDES ET LOURDS : . 285
- grille est de 4,50 m2, la surface de chauffe totale de 218,40 m2 et celle du surchauffeur Schmidt, dans les tubes à fumée, de 50 m2 ; le timbre de la chaudière est de 15 kg. Le poids total en charge
- et deuxième essieux couplés. Le diamètre des roues motrices est de 1,94 m. La surface de grille est de 4,02 m2, la surface de chauffe totale de 214,57 m2 et celle de surchauffeur de 64,45 m2.
- Fig. 2. — Locomotive compound à 3 essieux accouplés et surchauffe type « Pacific ». (Cie d'Orléans.)
- est de 86 500 tonnes et le poids adhérent de 48 tonnes. L’effort maximum théorique de traction est de 15 664 kg en compound. Cette locomoLive est d’un type semblable à celui fourni antérieurement par le même constructeur pour les chemins de fer de l’État badois et dont la vue est donnée dans le n° du 10 avril 1909.
- 2° Une locomotive construite par la Société
- Le timbre de la chaudière est de 16 kg. Le poids total en charge est de 91,5 tonnes et son poids adhérent de 54 tonnes. L’effort maximum théorique de trac ion est de 15,141 kg en compound. Cette locomotive remorque des trains de 500 tonnes à la vitesse de 80 km sur les lignes de Bordeaux à Irun.
- 5° Une locomotive construite par les anciens éta-
- Fig. 3. — Locomotive à vapeur surchauffée type < Pacific » de l'État Belge.
- alsacienne, pour la Cie du Midi Français, fonctionnant en compound et vapeur surchauffée avec surchauffeur Schmidt, dans les tubes à fumée (fîg. 1). Elle est à quatre cylindres équilibrés actionnant les premier
- blissements Cail pour la Cie d’Orléans fonctionnant en compound et vapeur surchauffée avec surchauffeur Schmidt dans les tubes à fumée (fig. 2). Les pistons des quatre cylindres équilibrés aclionnantles premier
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- et deuxième essieux coudés. Le diamètre des roues motrices est de 1,85 m. La surface de grille est de 4,27 m2 ; la surface de chauffe totale de 210,97 m2, et celle du surchauffeur de 62,50 m2. Le timbre de la chaudière est de 16 kg. Le poids total en charge est de 92 000 tonnes et le poids adhérent de 52 650 tonnes. L’effort maximum théorique de traction est de 15168 kg en compound. Cette machine a la plus grande ressemblance avec la précédente, mais avec des roues motrices d’un peu plus faible diamètre. Sa puissance effective est d’environ 1800 chevaux.
- 4° Une locomotive construite par Five-Lille pour les chemins de fer de l’État Français fonctionnant en compound, mais avec vapeur saturée. Les pistons des quatre cylindres équilibrés actionnent les premier et deuxième essieux couplés. Le diamètre des roues motrices est de 1,85. La surface de grille est de 4 m2 et la surface de chauffe totale de 296,38 m2. Le timbre de la chaudière est de 16 kg. Le poids total est de 91 tonnes et le poids adhérent de 53,4 tonnes. L’effort maximum théorique de traction est de 12 321 kg en compound.
- 5° Trois locomotives de l’État Belge du même type 10 construites par les usines Cockerill, Saint-Léonard et Zimmerman destinées à la remorque des trains express sur la ligne Bruxelles-Namur-Arlon-Luxembourg, présentant de longues rampes de 16 mm par mètre et sur laquelle circulent les trains internationaux Ostende-Bàle (fig. 3). Ce type de machine est destiné à remplacer le type 9 à trois essieux couplés et bogies à l’avant, à vapeur surchauffée et simple expansion dans quatre cylindres égaux équilibrés dont la puissance était suffisante pour les lignes à profil modéré, mais trop faible pour la ligne Namur-Àrlon.
- Ce type 10 de l’État Belge représente, à notre connaissance, la plus puissante locomotive type Pacific, construite à l’heure actuelle, tout au moins en Europe.
- Cette locomotive étudiée par M. Flamm, ingénieur aux chemins de fer de l’Etat Belge, fonctionne avec de la vapeur surchauffée, mais avec simple expansion dans quatre cylindres égaux équilibrés. Le diamètre de chacun de ces cylindres est de 0,50 m et la course des pistons de 0,60 m. Les cylindres intérieurs, placés tout à fait à l’avant du bâti et faiblement inclinés sur l’horizontale, actionnent le premier essieu couplé. Quant aux cylindres extérieurs, qui sont horizontaux, ils actionnent le deuxième essieu couplé. Le diamètre des roues motrices est de 1,98 m. La chaudière, dont le diamètre extérieur moyen est de 1,80 m., contient 230 petits tubes de 45 mm de diamètre et de 31 gros tubes de 118 mm de diamètre contenant les tubes du surchauffeur Schmidt. La longueur de ces tubes est de 5 m. et l’axe de la chaudière est à 2,85 m. au-dessus des rails. La grille a une surface de 5 m2. Pour alimenter un pareil foyer qui consomme au minimum 2000 kg de charbon par heure, le travail du chauffeur devient excessif. Aussi ces foyers sont-ils alimentés exclusivement avec des briquettes jetées sur la grille sans être cassées. La surface totale de chauffe est de 240 m2 et celle du surchauffeur Schmidt, dans les tubes à fumée de 62 m2. Quant au timbre de la chaudière, il est de 14 kg. Le poids total en service de la locomotive est de 102 tonnes, dont 57 tonnes comme poids adhérent, soit 19 tonnes par essieu couplé. L’effort maximum théorique de traction est de 24 330 kg. La longueur totale de la machine entre tampons est de 14,32 m.
- Le tender de cette locomotive est à trois essieux et pèse en service 43 tonnes. Il peut contenir 7 tonnes de charbon et 24 m3 d’eau. Sa longueur totale entre tampons est de 7,10 m., de telle sorte que la longueur totale de la machine et du tender entre tampons est de 21,41 m. et le poids total en service (locomotive et tender) de 155 tonnes.
- R. Bonnin.
- CHRONIQUE
- Le vent peut-il soulever un être humain ? —
- Le cas a été tranché récemment à Bradford (Angleterre), à propos de la mort étrange d’une fillette, lary Bailey, âgée de 16 ans, et qui avait succombé à une chute d’une certaine hauteur. On croyait d’abord qu’elle s’était suicidée en se jetant du toit de l’école, mais l’enquête judiciaire prouva que cette hypothèse était insoutenable. De nombreux témoins vinrent en effet établir d’une façon très concordante que la victime n’était pas montée à l’étage de l’école avant l’accident et qu’au surplus elle était très gaie. Il fut prouvé ensuite que Mary Bailey n’avait pas quitté le préau de la « Hanson School » dans lequel elle s’était aventurée malgré le vent très violent. Un voyageur, M. Parsons, qui fut témoin de ce fait singulier, raconta que peu avant 9 heures il attendait une voiture près de l’école, quand il vit tout à coup dans les
- airs une fdlette dont les jupons étaient gonflés comme un ballon. Elle se trouvait à une hauteur de 25 à 30 pieds (8 à 9 m.) et tomba sur le sol. Au moment où il l’aperçut, elle était au niveau du balcon de l’école, mais ne venait pas de là. Jamais, dit-il, depuis 15 ans, je n’avais vu un vent aussi terrible que celui de ce matin-là. La mère de la fdlette vint déposer que celle-ci portait un jupon ordinaire qui lui descendait un peu au-dessous du genou. Le jury, édifié par ces témoignages, rencbt un verdict de « mort accidentelle » résultant d’une chute provoquée par un coup de vent soudain et très violent.
- D’après la justice anglaise, par conséquent, il est établi que le vent peut soulever à 8 m. de hauteur, dans certaines circonstances, une fillette de 16 ans vêtue d’un jupon ordinaire.
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- LE FROMAGE DE ROQUEFORT
- du célèbre fromage Roquefort remonte à la plus haute antiquité, car elle est vieille de plus de 20 siècles ; au début de notre ère, Pline l’Ancien en parlait déjà dans son Histoire naturelle, et en faisait « le fromage le mieux estimé à Rome ».
- Si depuis lors les pratiques fondamentales de sa fabrication se transmettant fidèlement de génération à génération, n’ont pas changé, on le croit du moins, le travail mécanique, par contre, a été modernisé. Les antiques et légendaires grottes exiguës, souvent d’accès difficile, ont été agrandies et transformées en immenses caves dotées généreusement d’éclairage électrique, de monte-charges, de nombreuses machines spéciales à cette industrie, et d’installations frigorifiques, le tout concourant à faciliter et à multiplier le travail de façon prodigieuse.
- Ces innovations ont permis en peu d’années de quadrupler la production du Roquefort, produit national par excellence, connu et consommé dans le monde entier.
- Fabrication. — Ce fromage est de pâte grasse et non pressée (tandis que des auteurs mal renseignés en font, dans leurs publications, un fromage sec et pressé), fait avec du lait entier de brebis, et fermenté à basse température (à H-7° C. environ), dans les fameuses caves de Roquefort ; il est caractérisé par une saveur et un bouquet d’une vivacité et d’une délicatesse remarquables.
- Roquefort prépare annuellement 10 000 000 de kilogrammes de fromage, correspondant à un chiffre d’affaires de 35 à 40 000 000 de francs, qui, toutes proportions gardées, fait de ce petit village de 900 habitants, le centre commercial le plus important du globe terrestre !
- Tout ce fromage est obtenu de 41 000 000 de litres de lait très riche, fournis par 500 000 brebis en 7 mois de l’année : de décembre à juillet ; ce lait contient de 5 à 8 pour 100 en poids de caséine, et de 8 à 12 pour 100 de beurre.
- Une telle quantité de fromage ne peut être fabriquée à Roquefort même; elle l’est aux environs, sur un rayon de 70 à 80 km, dans 400 fromageries construites sur les lieux mêmes de production du lait. À Roquefort, le fromage est seulement affiné, pour être ensuite, de là, livré à la consommation mondiale.
- Sur une distance maxima de 2 à 5 km à la ronde, chacune de ces fromageries est approvisionnée de lait qui y est porté tous les matins par les fournisseurs. Dès l’arrivée, le lait est mesuré, filtré, et puis chauffé à la température voulue pour le présurage fait de façon qu’il soit caillé en une heure et demie. Le coagulum formé est broyé et mis, en le saupoudrant de spores bleuâtres de Pénicillium glaucum (appelées « pain moisi », en termes du métier), dans des moules cylindriques de tôle étamée mesurant 95 mm de hauteur avec un diamètre double ; le fromage obtenu, quand il sera mûr, pèsera 2,1 kg à 2,5 kg.
- Le coagulum prend en moules une réaction franchement acide, et durcit lentement en exsudant son petit-lait. Au bout de 6 à 8 jours, il a acquis la consistance nécessaire pour pouvoir subir Raffinage en de bonnes conditions; il est alors démoulé et porté à Roquefort sous forme de fromages qui y sont salés dès leur arrivée.
- Préparation des fromages à l’entrée aux caves. — On sale les fromages en les frottant vigoureusement avec du sel fin qui y adhère, et on les dépose à plat, par piles de 4, sur le sol du « saloir », salle spécialement affectée à cette opération, contiguë à la cave d’affinage. Cinq à six jours suffisent au sel pour accomplir son œuvre à la fois organoleptique et bactéricide, après lesquels, l’épiderme des fromages devenu gluant, doit être nettoyé avec un linge sec. Dans les grandes exploitations on procède plus rapidement à cette toilette à l’aide de machines spéciales munies de brosses verticales, tournant à trente tours à la seconde, entre lesquelles passent les fromages à raison de vingt par minute.
- Propres et secs, ils sont percés de part en part sur les plats, au moyen d’une batterie de 30 à 40 pointes y ouvrant autant de cheminées d’aérage de 5 mm de diamètre. Par ces ouvertures, arrive, à l’intérieur de la pâte, l’oxygène de l’air nécessaire au développement des marbrures bleues produites par la végétation du pénicillium, qui dans la maturation joue un rôle physiologique important, et contribue pour beaucoup au goût sui generis du roquefort.
- Il ne reste plus maintenant qu’à laisser mûrir les fromages dans les caves.
- Formation géologique de Roquefort. — Les caves de Roquefort sont situées en pleins éboule-ments calcaires dont la formation est due à un phénomène géologique extrêmement curieux et intéressant. En avant du grand plateau du Larzac, s’avance de l’Est à l’Ouest la montagne du Com-balou, longue de 2 1cm avec une largeur moyenne de 500 m., qui du côté Nord surplombe Roquefort, le berceau du « Roi des Fromages ». De ce côté, c’est un escarpement abrupt, de formation d’ailleurs peu ancienne, hérissé de rochers à pic, dont la hauteur est de plus de 100 m.
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- Faisant partie jadis du plateau, ces rochers, disloqués, ont glissé sur leur assise argileuse. Dans leur chute ils sont venus s’enchevêtrer comme dans
- un véritable chaos, laissant subsister entre eux des galeries, des grottes même, au fond desquelles, par l’infiltration des eaux de pluie, se sont formées des mares, et par où s’établissent des courants d’air d’une grande intensité dont la vitesse dépasse fréquemment 5 m. à la seconde.
- Dans cet éboulis, l’air se sature d’humidité au contact de l’eau qu’il y trouve en permanence, et ses mouvements déterminent une évaporation rapide, et, partant, un abaissement de température jusqu’à 4 ou 5° centigrades, qui provoque la formation de courants par différence de densité. Ces courants d’air, circulant à travers les failles des rochers, viennent rafraîchir et humidifier ces grands bâtiments ayant jusqu’à 6 étages en sous-sol, que l’on appelle les caves de Roquefort.
- L’aménagement intérieur des caves est très curieux à voir ; le touriste qui va en Lozère faire la descente des gorges du Tarn et visiter les grottes de Dargilan, ne doit pas manquer de pousser jusqu’à Roquefort, où il sera certainement très intéressé. Cette diversion est d’ailleurs facile à faire, le village étant à proximité de Millau, sur la grande ligne Paris-Cerbère, d’où, au passage, on l’aperçoit en entier, dominé par le grand rocher du Combalou.
- Le visiteur est tout étonné de se trouver, dans ces immenses locaux, au milieu de quantité de fromages qu’il voit de tous côtés méthodiquement arrangés sur de longues étagères bien alignées, sans en percevoir la moindre odeur; cette odeur pénétrante et caractéristique de fromages voyageant par les fortes chaleurs, qu’il a déjà le pressentiment d’y rencontrer là, encore plus accentuée que partout ailleurs. Cette absence complète de gaz odorants est due à la forte ventilation naturelle qui s’établit dans
- l’éboulemcnt, et à une propreté méticuleuse des caves et des agrès.
- Affinage dans les caves. — Le fromage salé, nettoyé et percé est descendu dans les caves, où, placé de champ sur les étagères en bois, il va s’affiner lentement à une température supérieure de 1° à 2° C. à celle des galeries d’aération.
- Du 8e au 10e jour, apparaissent par îlots, à la surface, des touffes veloutées blanches, bleuissant peu à peu; elles sont produites par la végétation de cryptogames (champignons microscopiques) où domine le Pénicillium glaucum, copieusement ensemencé dans la pâte lors de la mise en moules.
- Vers le 20e jour, les moisissures recouvrent complètement le fromage d’une belle fourrure blanche zébrée de bleu.
- Ce développement blanc et bleu a duré tant que la pâte était acide ; mais dès que, par suite des phénomènes de combustion dus à la prolifération des champignons, l’acidité originelle a disparu, le terrain est préparé pour une seconde nature de ferments, et alors un
- Fig. 3. — Le salage des fromages.
- enduit visqueux rougeâtre, où grouillent des myriades de microbes, tend, non sans difficultés toutefois, à envahir la surface à travers les mucédinées.
- Fig. 2. — Réception des fromages frais à l’arrivée aux Caves de Roquefort.
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- Dès que le changement de couleur s’annonce, on doit procéder au « revirage », ou raclage au couteau de l’épiderme du fromage, pour enlever le mycélium des champignons qui empêche l’action de l’oxygène de l’air, et gêne ainsi le développement du rouge en même temps que l’évolution normale de l’affinage. On dit alors que le fromage prend « sa première reviraison » ; ce travail est fait par des femmes nommées « Cabanières ».
- L’affinage entre maintenant dans une nouvelle phase. Le fromage endosse librement son habit rouge fabriqué par la seconde équipe de ferments, équipe composée surtout de bactéries alcalinisantes, éLudiées et appelées « tyrothrix » par E. Duclaux ; elles l’amèneront progressivement à sa complète maturité.
- Du 12e au 15e jour le changement de décor est nettement apparu sur toute la surface; on doit aussitôt procéder à une nouvelle toilette, par un deuxième revirage, après lequel l’épiderme reste avec sa couleur primitive blanc-crème.
- Mais ces tyrothrix n’arrêtent pas de travailler ;
- Conservation. — Par chaque revirage on enlève 1,5 pour 100 de son poids au fromage; d’où perte, augmentant avec le nombre de reviraisons.
- Fig. 4. — de champ,
- Fig. 5. — Vue intérieure d'une cave.
- tous les 15 jours on va avoir à revirer le fromage, et cela tant qu’il restera en cave, c’est-à-dire jusqu’au moment de la vente.
- Brossage et perçage du fromage : Le fromage, mis passe entre deux brosses verticales et de là tombe dans un augel, où il est percé.
- D’ailleurs cette diminution de poids n’est pas le seul préjudice causé au fromage et au commerce à mesure que la maturation avance.
- C’est, en effet, à la 2e ou tout au plus à la 3e rc-viraison que le produit est bien mûr à point pour être mangé. Si la vente est trop peu rémunératrice pour s’en débarrasser à ce moment-là, de même que le nombre de reviraisons augmente, la couleur de la pâte ternit, la saveur et l’odeur s’accentuent, et la maturation avance trop pour les amateurs, qui sont la grande majorité, de fromages doux.
- Nonobstant la perte de poids qui donne des sujets de plus en plus petits, on arrive donc, en fin de saison, à les avoir trop mûrs pour la majeure partie des consommateurs, et on trouve difficilement à les vendre ; de ce fait la production est très limitée, ou plutôt elle l’a été jusque vers la fin du siècle dernier.
- Mais à cette époque-là, la mise au point industrielle de machines utilisant la vaporisation des gaz liquéfiés pour produire du froid est venue changer les conditions économiques de cette industrie.
- On a pu, et la chose est tout à fait aujourd’hui, du domaine de la pratique, donner à chacun le fromage comme il le préfère ; on le lui sert au degré de maturité qui lui convient le mieux, parce que à l’aide du froid, on arrête les fermentations lorsque ce degré est obtenu.
- On a donc eu recours au « Froid artificiel » ; et pour cela on a mis les fromages en chambres réfrigérées.
- Mais au début, cette application du froid n’a pas marché sans de désagréables surprises, fort heureusement enrayées dès la deuxième année, car l’analyse des produits avariés indiqua la cause de leur mal et son remède.
- Dans cette atmosphère plus froide que celle des caves d’affinage, l’action des microbes comburants
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- étant paralysée, Voxydation, caractérisée par la présence d’acide formique, avait marché, donnant un goût suiffeux au fromage, tandis que la saponi-
- À l’heure actuelle il en existe neuf, toutes des systèmes Linde ou Fixary, se servant de l’ammoniaque anhydre comme agent frigorifique. Dans ces diffé-
- fication, signe caractéristique d’une maturation normale, ne s’était pas produite; c’est-à-dire qu’ici tout s’était passé à l’inverse de ce qui se passe en cave. En outre, les fromages s’y étaient fortement desséchés; à leur surface, s'était faite une abondante évaporation due à ce que les chambres étaient refroidies par le système à circulation d’air froid dans lequel elles étaient le point chaud du circuit.
- Il fallait donc, en refroidissant les fromages, les préserver du contact de l’air, pour éviter à la fois l’oxydation et la dessiccation ; à cet effet ils furent recouverts individuellement d’une enveloppe imperméable. Après quelques essais, la feuille mince d’étain fut choisie pour cette isolation, et le succès de la réfrigération fut complet.
- Les installations frigorifiques à Roquefort. —
- rentes installations, rien n’a été négligé pour assurer un fonctionnement régulier ; aussi disposent-elles toutes de deux compresseurs, dont chacun est capable de fournir le nombre total de frigories nécessaires au refroidissement complet de
- leurs chambres.
- Pour la réfrigération, le seul mode adopté est, comme il vient d’être dit, celui à circulation d’air refroidi par contact direct avec un bain incongelable , pour lequel les chambres sont le poirçt chaud du circuit.
- À Roquefort, le volume des salles de conservation y est, à ce jour, suffisant pour emmagasiner toute la production fromagère d’une année ; cela seul suffirait à préserver son commerce d’une dé-bf,cle- P. Lebrou.
- Ingénieur ries érls e( Manufactures.
- Fig. T- — Les deux compresseurs d’ammoniac d’une installation frigorifique.
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- LE KATANGA ET L’AFRIQUE NOUVELLE
- L’un des faits capitaux de notre temps est à coup sûr la transformation prodigieuse qui s’accomplit depuis vingt-cinq ans en Afrique, comme elle avait eu lieu près d’un siècle plus tût aux Etats-Unis, mais cette fois accélérée par la puissance des engins modernes. Dans cette métamorphose si rapide, l’année 1910 marquera une date importante. Sans parler des progrès de la pénétration française elle a vu, en effet, trois événements qu’on ne saurait laisser passer inaperçus : la constitution de l’Union sud-Africaine ; l’arrivée du chemin de fer Cap au Caire dans le district du Katanga et les premiers bénéfices de la Char-tered. Désormais, c’est une ère nouvelle qui commence et il importe d’en préciser le caractère.
- Deux mots d’abord pour rappeler le passé.
- C’est avec la découverte des diamants de Kimber-ley en 1870 qu’a commencé la prospérité de l’Afrique du Sud. C’est alors qu’un pays d’agriculteurs est devenu un pays minier.
- Les diamants de Kimberley ont attiré l’attention de l’Europe sur ce continent nouveau.
- Kimberley a édifié les fortunes et façonné les hommes qui ont ensuite créé le Transvaal, créé la Rhodésia, amené la pénétration par le Sud dans le Congo Belge.
- De Kimberley sont partis presque tous ceux qui, depuis 1887, ont fondé Johannesburg et les mines d’or du Witwatersrand. De Kimberley provenait ce Cécil Rhodes, auquel l’Angleterre doit un pays tout entier.
- La seconde étape ayant été la mise en valeur des mines d’or transvaaliennes, les capitaux et les hommes étant désormais de plus en plus attirés vers ce coin du monde, on a vu rapidement le Transvaal se transformer. Là encore nous nous bornons à rappeler des faits, connus de tous. Chacun sait que ce petit coin du Witwatersrand est aujourd’hui le grand fournisseur d’or dans le monde : 770 millions de francs en 1910 contre 489 dans tous les Etats-Unis, sur une production mondiale de 2590 millions. On sait moins peut-être que, suivant l’évolution ordinaire, après avoir été seulement producteur d’or, le Transvaal est devenu grand producteur d’étain et de métaux secondaires, de diamants, de houille et deviendra demain producteur de fer.
- En même temps, la pénétralion s’accentuait vers le Nord, par la fondation de la Chartered qui a colonisé les vastes territoires de la Rhodésia. La ligne du Cap à Kimberley était en 1894 à Mafeking, en 1896 àPalapye. Après une interruption de deux ans causée par la malheureuse guerre anglo-boer de 1900 à 1902, de nouveaux progrès ont été accomplis. En 1905, un embranchement allait de Bulawayo à Salisbury et Ayreshire; un autre avait déjà dépassé les chutes du Zambèzé vers Ka-lomo. C’est ce dernier qui arrive aujourd’hui au sud du Congo belge dans le grand district cuprifère du Katanga, dont les premières importations de cuivre
- viennent de parvenir en Europe.
- Avant d’insister sur ce district du Kalanga, ajoutons quelques mots sur la Chartered (British South Africa O). Fondée en 1889, cette grande compagnie à charte, dont l’objet était la mise en valeur d’un immense territoire, a longtemps vécu d’espérances. D’années en années, comme il était facile de le prévoir, les dépenses augmentaient pour coloniser tout un continent inconnu. Aujourd’hui cette étape est franchie enfin. Quelques chiffres mettront en évidence le progrès accompli. En 1904-1905, on a eu un déficit de 257 000 £. pour 041 000 £. de recettes brutes; en 1907-1908, un déficit de 155 000 £. pour 741 000 £. de recettes brutes; en 1908-1909, un déficit de 66000 £. pour 827 000 £.; en 1909-1910, un bénéfice de 28 000 £. pour 955 000 £. de recettes. Désormais la courbe ascendante des recettes a donc dépassé celle des dépenses. Et cette transformation s’accuse de toutes parts, surtout dans la Rhodésie du Sud dont les exportations montent aujourd’hui à 2 800 000 £. En même temps, la population indigène a passé de 449 000 en 1900 à 697000 en 1910; le bétail a augmenté dans les mêmes proportions : 250000 bœufs contre 56 000; 216 000 moutons contre 42 000. Sur les chemins de fer, les recettes brutes ont passé de 717 000 £. en 1907 à 1 549 000 £, en 1910 et les recettes nettes ont triplé de 229 000 £, à 692 000 £.
- Mais, si les mines d’or de la Rhodésie, réorganisées depuis deux ans par des Sociétés puissantes, semblent
- Les voies d'accès au Katanga.
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- 292 :... r ACADÉMIE DES SCIENCES
- appelées à donner de belles productions, leur essor peut paraître secondaire à côté de l’avenir qu’il est permis d’attribuer au Katanga.
- Déjà les premiers explorateurs de ce pavs étaient revenus enthousiasmés des richesses minières qu’il renferme. Cette impression a été accrue et précisée par l’expédition Cornet de 1891, mais surtout par les travaux industriels enlrepris depuis 1907. Aujourd’hui il n’est pas douteux que le Katanga sera un jour, peut-être en 1915 ou 1920, l’un des principaux centres cuprifères du monde, en attendant qu’il devienne plus tard un centre stannifère, puis sidérurgique. Il va se passer là ce qui s’est produit dans l’Arizona il y a un demi-siècle, au Lac Supérieur quarante ans plus tôt. Seul, l’éloignement de ce pays, situé au centre du massif continent africain, accessible d’abord seulement par la côte ouest et parle Congo, pouvait paralyser son essor. Mais, depuis le 1er octobre 1910,1e chemin de fer du C ip au Caire, par Sakania et Elisabethville, atteint le Katanga. Bientôt, chose qui aurait paru invraisemblable il y a vingt ans, ce pays lointain aura le choix entre trois voies concurrentes pour descendre, soit à l’océan Atlantique, soit à la mer des Indes. Ce sera un premier nœud des chemins de fer centre-africains (voir la carte).
- Vers le Sud-Est, c’est la ligne anglaise, aboutissant, par un trajet de 2795 km que l’on réduira un jour, à Beira (frais de transport à la côte, 240 fr. par tonne). Vers l’Ouest, ce sera, dans trois ans, la ligne plus courte de Benguela et Lobito, dont 525 km sont déjà construits (frais de transport à la côle, 178 fr. par tonne). Enfin, vers le Nord, c’est la voie belge par Bukama, centre des gîtes d’étain, le Lualaba, le chemin de fer des grands Lacs, le Congo, Léopoldville et Matadi, que l’on peut raccourcir aisément en reliant Lusamba sur le Kasai à Bukama l.
- Géologiquement il y a là une grande zone cuprifère qui part à l’est, de l’Etoile du Congo pour se diriger vers l’Ouest, en laissant Kansanshi au Sud, par Kadushi, Luushia, Kampove, Buncurume, Pump (où se trouvent des gisements d’étain), Kohvezi et Dikluwe, sur 300 km de long.
- Dans cette région de grès, schistes et conglomérats primaires, des formations cuprifères prennent, tantôt l’allure, de filons-couches interstratifiés, tantôt celle de fractures plus nettes. Les minerais, tels qu’on les voit aujourd’hui, sont exclusivement des minéraux oxydés à gangue siliceuse, surtout des carbonates. Un certain nombre de tunnels sont restés, sur 80 à 100 m. d’épaisseur, dans les minerais, parfois plus longtemps. Ainsi à l’Etoile du Congo, située à 60 km de la frontière de Rhodésia, on a reconnu 50 m. de large et 600 m. de long en plein minerai. A Kambove, Kolwezi, on a de grandes quantités de minerais à 15 pour 100 de cuivre.
- Industriellement, l’organisation des exploitations gigantesques, que comportent ces gisements, présente des difficultés évidentes: situation géographique entraînant le haut prix du coke, nature oxydée des minerais ne se prêtant pas à une concentration par l’eau et nécessitant une métallurgie spéciale, etc. Mais la teneur est si élevée qu’on en viendra à bout, sauf à rencontrer peut-être au début quelques difficultés financières. Dès le mois de mars 1908, on a commencé les fusions à Kansanchi; dès octobre 1910, les expéditions de cuivre en Europe. On organise l’Étoile du Congo sur le pied de 50 000 tonnes par an, chiffre équivalent à celui de Rio Rinto, et, dès le mois de mai, on pense marcher à raison de 12 000 tonnes. A Kambove on doit atteindre de 10 à 15 000, à Kansanshi de 10 à 12. Le pays, situé à environ 1500 m. d’altitude, est très sain et son climat comparable à celui de l’Arizona ou du nouveau Mexique. Deux puissantes compagnies, la Tanganyika Concession depuis longtemps propriétaire de la mine Kansanshi, et l’Union minière du haut Katanga, sont maintenant à l’œuvre. Si leurs espérances se réalisent, elles donneront du cuivre à 400 ou 600 fr. la tonne sur place, auxquels il faudrait ajouter 260 à 280 fr. la tonne pour le transport en Europe par Beira. L’Afrique viendra alors concurrencer l’Amérique sur le marché du cuivre (en attendant l’essor de l’Amérique du Sud), comme elle la domine déjà de très haut pour l’extraction de l’or. P. Salltor.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 20 et 27 mars 1911. — Présidence de M. A. Gautier.
- Les eaux mères des marais salants. — M. Schlœsing père présente un travail résumant de très nombreuses analyses d’eaux mères des marais salants.
- Vaccination antHyphicfue. — M. Chauveau résume les conclusions d’un mémoire de MM. Courmont et Rochaix sur la vaccination par l’intestin. Les auteurs, qui ont poursuivi sur ce sujet des recherches depuis trois ans, ont trouvé qu’on peut obtenir l’immunisation en introduisant dans le tube digestif des toxines soit par ingestion, soit par le rectum, au mryen d’une longue canule. Ce dernier procédé est préférable; il ne provoque aucune réaction de l’organisme. La méthode est générale; elle a été d’abord spécialement appliquée à la vaccination antityphique. Après une phase négative, le sérum devient agglutinant et bactéricide : l’animal est vacciné. Il résiste
- 1. Le réseau belge du Congo avait, à la fin de 1909, 1215 km. On construit vers l’Est la ligne de Kongolo au lac Tanganyika qui aura 300 km. On projette la ligne de Bukama à Elisabcllivillc qui permettrait aux Belges de concurrencer la ligne anglaise.
- à des injections intra-veineuses virulentes. Il en est de même pour l’homme. Au bout de 10 jours et après Irois lavements de 100 centimètres cubes, le sérum a acquis les propriétés du sérum des animaux vaccinés. La méthode est bien supérieure, au point de vue de l’absence de malaises chez le sujet, à la méthode sous-cutanée.
- La tempête du 15 mars 1911. — M. Violle présente une Note de M. Guilbert sur la tempête du 15 mars courant. Cette tempêLe a surpris par sa soudaineté. En effet il n’existait, peu avant, qu’une petite dépression sur l’Irlande et les méthodes anciennes de prévision du temps ne donnaient pas lieu de redouter une tempête. L’auteur explique au contraire que si l’on se reporte aux règles de prévision qu’il a indiquées, l’arrivée d’une tempête caractérisée par une - chute barométrique de 20 mm était probable. M. Guilbert a, en effet, enseigné que les dépressions entourées de vents convergents se comblent et qu’au contraire les dépressions entourées de vents divergents s’accroissent ; il a donné le moyen de déterminer l’importance de la baisse du baromètre et le
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- sens du déplacement de la dépression. Or, la dépression 1 qui a donné naissance à la tempête du 15 mars était de la seconde catégorie.
- Utilisation thérapeutique des boues aclinifèrcs. —
- M. d’Àrsonval communique un travail de Mme Fahre, de MM. Zimmern et G. Fabre dans lequel les auteurs montrent, par des expériences in vitro, que le passage d’un courant continu à travers les boues actinifères employées en thérapeutique augmente la pénétration dans les tissus des principes radioactifs de ces boues. Ils ont appliqué ce procédé à une série de maladies que l’on traite habituellement par les rayons X et les rayons du radium, arthrites, adénopathies, etc.
- Parthénogenèse traumatique. — M. Delage rappelle que M. Bataillon a déjà fait connaître qu’il a pu obtenir le complet développement d’œufs de grenouille en les piquant avec une aiguille très fine. La cause du phénomène devait donc être ou le traumatisme même ou la sortie d’une quantité minuscule de matière de l’œuf. M. Bataillon ayant constaté que le succès de l’expérience varie dans la proportion de 1 à 25, a pensé que, si l’on pouvait élucider la raison de cet écart, on éluciderait du même coup la cause même du phénomène. Il a piqué jusqu’à 10 000 œufs et a trouvé que, si l’on opère de façon à ne rien introduire dans l’œuf, la parthénogenèse ne se produit pas. Donc le traumatisme seul est insuffisant. Au contraire, si l’on pique les œufs, après qu’ils ont baigné dans la lymphe ou le sang de l’animal, on obtient un pourcentage avantageux. Le même résultat est favorable si l’on a recours à la lymphe ou au sang d’autres amphibiens et même du brochet. Il semble donc que l’introduction d’une substance organique dans l’œuf joue un rôle primordial.
- Les cellules en présence du dextrose et du lévulose. — M. Schlœsing père expose les résultats d’un travail de M. Lindet sur le pouvoir électif des cellules végétales vis-à-vis du dextrose et du lévulose : les embryons en germination, les champignons aérobies, les cellules de levure peuvent végéter sur chacun de ces sucres. Mais les cellules semblent préférer le lévulose pour former leurs tissus et le dextrose pour assurer leur respiration. Ces recherches confirment celles que l’auteur a publiées précédemment sur la végétation des feuilles de betterave.
- La mortalité du diabète. — M. Le Golf adresse un mémoire sur l’augmentation extraordinaire du nombre des décès causés par le diabète à Paris dans ces dernières années. En 1880, l’Annuaire statistique de la ville de Paris a enregistré 128 décès causés par le diabète; en 1890, 504; en 1900, 464; en 1909, 525. Le nombre des décès dus au diabète a quadruplé en 50 ans. D’après l’auteur, cet accroissement provient à la fois de l’extension de la maladie et de l’insuffisance ou du défaut de soins donnés 5 la maladie.
- Élection. — M. Hilbert de Gœttingue est élu correspondant de la section de géométrie.
- MM. les professeurs Forster de Berlin et Tamermann de Gœttingue assistent à la Séance ainsi que M. Blaserna de l’Académie dei Lyncei.
- Décès. — M. le Président annonce la nouvelle de la mort deM. Saturnin Arloing, professeur de physiologie, correspondant de la section d’économie rurale, et relate les nombreux et importants travaux qui forment l’œuvre de ce savant.
- Tensiomètre des fils métalliques. — M. Carpentier rappelle combien la connaissance de la charge qui supporte un fil est utile pour la construction et même la conduite des aéroplanes. En vue du réglage de ces appa-
- reils, les fils principaux sont munis de tendeurs à vis, et les fils d’entretoise du fuselage sont fixés par leurs extrémités à des organes qui permettent également de les tendre au moyen de vis : or dans la pratique, deux ou trois tours de trop des vis de tension donnent un excès de tension que rien n’indique et qui approche de la limite de rupture. Donc journellement les aviateurs se livrent à des vols audacieux que rendent plus périlleux encore les remous et les rafales qui déterminent des brusques variations du travail des fils. Pour déterminer la tension des fils métalliques M. le capitaine Largier a inventé un appareil utilisant la loi des vibrations transversales des cordes. Cet appareil se compose en principe d’une règle disposée sur une caisse sonore et portant deux chevalets dont l’un est mobile. On appuie le fil de tension sur les deux chevalets et l'on Lappe sur la partie de ce fil comprise entre les chevalets. On déplace ensuite le chevalet mobile jusqu’à ce que le fil vibre à l’unisson d’un diapason rendant le la3 par exemple. Il suffit alors de lire la distance des deux chevalets pour que l’on en déduise immédiatement la tension par unité de surface.
- La perte d'azote dans Vépuration des eaux d'égout. — MM. Muntz et Lainé ont constaté au cours de l’épuration biologique des eaux d’égout des pertes d’azote très élevées. Ils montrent que c’est à tort que l’on attribue dans le processus de l’épuration une part exclusive aux bactéries nitrifiantes. A côté de celles-ci fonctionnent avec énergie des organismes divers qui opèrent une véritable combustion des matériaux d’infection, lesquels sont détruits, comme ils le seraient par le feu, en donnant les produits gazeux de la combustion ignée, et sont ainsi des agents d’épuration très actifs.
- Les roches écrasées de Vile d'Elbe. — M. Pierre Termier appelle l’attention sur les mylonites ou roches écrasées de l’île d’Elbe dont il a signalé l’existence en 1909 et qui lui ont permis d’établir que l’île d’Elbe est comme la Corse orientale un pays de nappes. Il décrit quelques-unes de ces mylonites en répondant à MM. No-varèse et Aloisi qui en ont récemment contesté l’existence.
- Les Calas des Baléares. — M. P. Termier présente ensuite une Note de M. Jean Brunhes sur les Calas des Baléares. La plupart sont des vallées torrentielles affaissées et partiellement envahies par la mer; d’autres sont de simples criques découpées par érosion marine. Le mot Cala ne correspond donc pas à quelque chose de bien défini et M. Brunhes propose de l’abandonner.
- Orogénie. — M. Stanislas Meunier adresse une noie sur l'efficacité orogénique des tremblements de terre.
- Décomposition de l’eau par le carbone. — M. Yignon a découvert qu’un mélange intime de charbon et de chaux ou d’une matière riche en charbon avec de la chaux décompose l’eau à une température beaucoup moins élevée. La réaction est exothermique et produit un gaz composé d’hydrogène, de méthane, d’éthylène et d’oxyde de carbone, dont la composition se rapproche de celle du gaz de houille. La production de carbure d’hydrogène dans ces conditions semble avoir concouru à la formation des pétroles. On conçoit, en effet, que des débris végétaux, au contact de dépôts calcaires du sol, aient pu donner naissance en présence de l’eau à de l’hydrogène et à des carbures d’hydrogène. Ces substances, par des réactions et des condensations successives, ont ensuite abouti au pétrole.
- La maladie des cerfs de Chantilly. — M. Edmond Perrier communique un mémoire de M. Brumpt sur la nature d’une épidémie qui a détruit presque tous les
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- cerfs de Chantilly. L’auteur a constaté que ces animaux mouraient de strongylose, c’est-à-dire d’une maladie parasitaire causée par un nématode du genre strongvlus. Le parasite de la maladie des cerfs ne peut appartenir à aucun type connu, il envahit spécialement les poumons.
- Les ptomaïnes des conserves. — M. A. Gautier présente un travail de MM. Desgrez et Caius intéressant à la fois la santé publique et une industrie importante, celle des conserves alimentaires. Les auteurs établissent que les ptomaïnes, alcaloïdes d’origine microbienne découverts par M. A. Gautier, se rencontrent fréquemment dans les conserves de poissons et de crustacés. Dix-huit conserves de provenances différentes, sur lesquelles ont porté ces recherches contenaient des ptomaïnes à des doses variant
- entre 20 et 60 centigrammes par kilogramme. Les conserves de poissons entiers avec arêtes et peau contiennent plus de ptomaïnes que celles de thon, de homard et de saumon. Dans une boîte ouverte, les ptomaïnes ne commencent à augmenter de façon appréciable que deux jours après l’ouverture des boîtes, et, chose surprenante, l’huile n’entrave pas la marche de cette augmentation. MM. Desgrez et Caius poursuivent leurs recherches sur les circonstances de la fermentation et l’influence de ces alcaloïdes sur la santé. Ils constatent que nombre d’entre eux sont peu toxiques et exercent même, à faible dose, comme ceux qui ont été découverts dans l’huile de foie de morue par M. A. Gautier, une influence favorable sur l’appétit et sur la nutrition. Ch. de Yilledeuil.
- L’ALLEMAGNE ET L’AVIATION
- Couramment, nous entendons en France, proclamer hautement le retard considérable de l’Allemagne en ce qui concerne la navigation aérienne. Si cette grosse erreur, car erreur il y a, n’avait d’autre inconvénient que de constituer un manque de justice à l’égard de nos voisins, il n’y aurait que demi-mal. Mais elle a une conséquence beaucoup plus fâcheuse.
- C’est d’endormir les constructeurs non avertis dans une trompeuse confiance et de les inciter à l’inactivité, pendant qu’à côté d’eux on travaille ferme.
- Car, il faut qu’on le sache bien, l’Allemagne étudie l’aviation avec un entrain merveilleux. Les inventeurs essaient de nouveaux modèles et dès que l’un d’entre eux a obtenu quelque résultat, on construit. Des usines se montent qui, secondées par d’imposants capitaux et soutenues par l’encouragement moral que constitue la confiance de tous les compatriotes, étudient et lancent des appareils fonctionnant assez bien pour la plupart. On peut évaluer à 150 à l’heure actuelle, le nombre des aéroplanes allemands volant réellement. Parmi ces appareils, il faut reconnaître que peu comportent des détails originaux et qu’ils sont presque tous semblables aux aéroplanes primitifs de Wright, Voisin, Blériot et Farman.
- Ce n’est pas dans l’invention elle-même que cherchent à se distinguer les ingénieurs aviateurs allemands. C’est dans la construction de l’appareil, ils s’attachent tout particulièrement, et même avec quelque excès ÿ à diminuer le prix de vente de la machine ; c’est ainsi qu’une maison allemande très connue fournit, avec garanties très sérieuses de vol en circuit fermé, un aéroplane monoplan muni d’un
- moteur de 18/24 chevaux, pour la somme de 5700 marks, soit 4625 francs. C’est là évidemment une exagération du bon marché, étant données les conditions actuelles. Nous sommes à une période d’expériences qui doit durer encore quelques années
- et le temps n’est pas venu de réaliser des prouesses économiques.
- Cependant, il ne faut pas croire que ce soit là une règle générale en Allemagne. Nous ne signalons ce fait que pour mon trer la tendance qui se manifestera dans l’avenir et non comme une généralité.
- Au contraire, les maisons importantes, dont nous décrirons brièvement les appareils, ont maintenu leurs prix à des taux qui permettent de fournir d’excellents matériaux et de réaliser d’importants bénéfices. Certains constructeurs vendent même très cher, et ce sont ceux qui ont le plus de clients. Citons Euler et Grade comme exemples.
- Ainsi, un petit monoplan de Grade de 20 mètres carrés de surface, muni du moteur 4 cylindres de 16/24 chevaux, pour une personne, est vendu 12 500 francs. Étant donnée la simplicité de cet appareil, cela permet une construction irréprochable et laisse au constructeur un certain crédit pour poursuivre des études intéressantes. Ce qui fait surtout progresser l’aviation en Allemagne, c’est la facilité de trouver des capitaux importants dès le jour où l’on a trouvé une invention intéressante. De hautes personnalités industrielles se sont intéressées dès le début à cette science nouvelle et lui ont apporté les moyens de se développer. De plus, des encouragements officiels viennent s’ajouter aux premiers; car il faut dépasser la France;' et c’est, non pas avec étonnement que l’on a vu, là-bas, le grand essor
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- de notre aviation militaire, mais avec impatience : on stimule donc le zèle des constructeurs par des promesses en cas de réussite.
- À chaque instant, à Johannisthal, à Darmstadt,etc., des délégations officielles viennent assister Fig. 2. — L’aéroplane Grade.
- aux expériences.
- Enfin, le prince Henri de Prusse lui-mème s’est mis à faire de l’aviation et il a passé son brevet de pilote sur un aéroplane Euler. Ce fait, qui passe ici presque inaperçu, a eu en Allemagne un immense retentissement. Il a consacré le nouveau mode de locomotion et c’est là une chose capitale vis-à-vis de • l’opinion publique.
- Par les quelques lignes qui précèdent, on comprend donc l’état d’esprit de l’Allemagne : c’est celui du coureur qui sent devant lui un concurrent avec qui il peut lutter, mais qui a beaucoup d’avance.
- Le début de l’aviation allemande date réellement de l’Exposition Internationale d’Aéronautique qui se tint à Francfort-sur-Mein, du 10 juillet au 10 octobre 1909. A cette exposition, on trouva un seul appareil réellement capable de voler : c’était celui qu’exposait M. August Euler, L’aéroplane Euler n’était alors autre chose que la licence allemande des frères Voisin. Quoi qu’il en soit, M. Euler fut le premier aviateur qui put passer en Allemagne son brevet de pilote. Un peu avant lui, Grade avait réussi quelques sauts sur un triplan de son invention. Et c’était tout. Mais Euler commença vite à faire des élèves et il s’attacha à modifier ses appareils. Actuellement il a créé un biplan qui tient du Voisin et du Farman et sur lequel le prince Henri de Prusse a passé son brevet de pilote le 19 novembre dernier à Griesheim près de Darmstadt.
- Entre temps, d’innombrables appareils, tous plus ou moins sérieusement construits, ont été expérimentés, mais seuls quelques-uns d’entre eux, conçus par des ingénieurs capables, ont fourni d’intéressants résultats : ce sont le Grade, le Harlau, le Dorner, etc.
- En dehors de ces appareils entièrement construits en Allemagne, il faut noter les Wright et les
- Fig. 3. — Le monoplan Elrich-Rumpler.
- Antoinette. Les premiers sont construits par la Flügmaschine Wright Gesells-chaft m. b. h. et les seconds par P « Albatros », tousdeuxàJohan-nisthal. Les aéroplanes de Farman sont construits sous la marque « Aviatic» .Ilsont eu un succès tout
- particulier, conduits par Jeannin et Amérigo. Enfin le monoplan autrichien de Igo Etrich, très intéressant et nouveau dans sa conception et dont on a entendu les exploits au meeting de Budapest est construit par Rumpler, à Berlin.
- Voici donc, brièvement exposé, l'état de l’industrie de l’aéroplane proprement dit en Allemagne. Nous voudrions décrire en quelques mots les appareils réellement allemands mais, auparavant, arrêtons-nous un peu aux moteurs.
- Le nombre des moteurs d’aviation allemands est énorme. Parmi ceux-ci, peu fonctionnent d’une façon satisfaisante. Et nous ne connaissons guère que Y Argus qui soit capable de fournir un temps de marche assez long.
- Beaucoup de constructeurs ont copié l’Anzani trois-cylindres sans y changer quoi que ce soit; ainsi, c’est le cas d’un petit 25 chevaux de la Gesellschaft fiir Flugmaschinen und Apparatebau m. b. h., de Cologne-Ossendorf, du moteur L. E. W. de Stettin, du moteur Sylphe-Triplex, construit par la Niirn-berger Motoren und Maschinenfabrik, de Nüremberg, ainsi que de beaucoup d’autres.
- Le cinq-cylindres Haaeke rappelle beaucoup l’Anzani 50 chevaux.
- Par contre, certaines maisons ont construit des moteurs très intéressants. C’est le cas des moteurs Escher à cylindres horizontaux, fournissant une grande régularité de marche. L’un d’eux, un 18/20 chevaux, a été monté sur l’aéroplane de M. Ursinus, à Francfort-sur-Mein.
- Les moteurs Palous et Beuse sont assez caractérisés par la disposition de leur arbre à cames au sommet des cylindres, comme dans le moteur anglais Green.
- Il faut aussi signaler le moteur à deux temps de Grade, — le moteur Daimler, le moteur Ililz, le
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- moteur Huth, — le Kumpler, et une foule d’autres à cylindres horizontaux, en Y, verticaux, en éventail ou en étoile.
- Alors que, pour les moteurs à cylindres fixes, les constructeurs allemands se sont en général, attachés à copier les moteurs- français, il n’en est, plus de môme en ce. qui concerne les moteurs rotatifs. Et quoique aucun moteur rotatif allemand n’ait: fourni de résultat appréciable, il. faut noter les recherches réellement; intéressantes dé Esclier, de Hoffmann, qui orit . construit des moteurs trois-cylindres et cinq-cylindres, très simples. Les moteurs Hoffmann notamment, sont intéressants parce qu’il en existe des modèles de .25 chevaux, puissance que l’on ne trouvé malheureusement pas dans la série des moteurs Gnome' et qu’il serait assurément aussi intéressant d’avoir à sa disposition que des puissances de 100 chèvaux.
- Pour nous résumer, nous pouvons dire que les moteurs d’aviation allemands sont' presque tons imparfaits. Il leur .
- manque une con-, ^ ^ ’• t,;
- et une étude rationnelle, en général.
- Ceci étant dit, nous pouvons revenir aux aéro-
- - i
- Les aéroplanes allemands qui ont actuel! em en t fourni des résultats probants
- sont : le biplan ;
- Euler, le monoplan Grade, le monoplan ’Harlan.
- Le biplan Euler dérive du Yoisin et il n’est arrivé à sort état actuel que par modifications successives. C’est actuellement un excellent appareil, capable de rendre des services au point de vue militaire. Il battit le record allemand de durée le 25 octobre dernier par un vol de o11 6m18s.
- Il comporte un équilibreur à l’avant comme le biplan Farman. Son gouvernail de direction se compose de 5 plans verticaux et. solidaires les uns des autres. Une curieuse remarque est à faire ici. Les plans de direction ont une épaisseur qui augmente de l’avant vers l’arrière. En cet endroit, ils ont à peu près 10 cm; d’épaisseur. M. Euler pense que cette forme doit augmenter leur action.
- L’aéroplane. à 50 mâ de surface y compris les plans stabilisateurs et le gouvernail de profondeur. Le poids à vide est 290 kg. L’appareil a 9 m, de longueur et 10 m. d’envergure. 11 est mû par un moteur Gnome actionnant une hélice de 2,60 m. de diamètre.
- Après le biplan Euler, le monoplan Grade est le
- Fig. 4. — Le monoplan Harlan.
- plus ancien des aéroplanes allemands. 11 a un aspect remarquable de simplicité. Il a pris part à divers meetings d’aviation, piloté par Grade lui-même. A Héliopolis, il se fit assez remarquer par son aptitude à virer dans un petit espace et par sa vitesse.
- Le type le plus courant, pour un passager a 50 m2 de surface. II est muni d’un moteur 16/24 chevaux tournant à 1800 tours. Il pèse 125 kg à vide. Sa, vitesse est de 80 à 85 km à l’heure.
- Comme le montre notre photographie,'cct appareil offre l’aspect de la « Demoiselle >) de. Santos-Dumont, mais il en diffère totalement au point de vue technique. Il a une stabilité très grande. Le pilote,se trouve placé sous les ailes. Au-dessus, à l’avant des ailes, est fixé le moteur qui actionne l’hélice* Un simple bambou sert, de fuselage. Il est naturellement, maintenu, rigide par une fine charpente de tubes et de fils d’acièr.
- Enfin,: nous arrivons au monoplan Harlan. Celui-ci offre peu de nouveauté. Seul son.châssis constitue - . une réelle inno-
- vation dans son ensemble. Nous ne pouvons mal-heureusement pas nous engager ici dans une description beaucoup trop longue.., Le rüonoplan Harlan rappelle beaucoup le monoplan Hanriot. On peut s’en rendre compte par notre photographie.
- Cet appareil est très bien construit. Il est muni d’un moteur Argus de 50 chevaux. Dès le premier essai il quittait le sol après avoir roulé une trentaine de mètres et atteignait 20 m. de hauteur. Au deuxième vol, il parcourait 5 km, c’est-à-dire deux tours du champ d’aviation dé Johannisthal. A sa dix-huitième sortie il restait 2|111,M5S en l’air, piloté par l’ingénieur Grulich.É . .. '
- Nous pourrions encore citer un grand nombre d’appareils allemands remarquables, mais' il est préférable de se limiter à ceux que nous venons de décrire, qui sont véritablement les seuls capables de figurer auprès des Blériot, des Farman, des Antoinette, Yoisin, Sommer, Nieuport, Bréguct, etc.
- Nous terminerons donc ici cet exposé général de l’activité aéronautique, qui se manifeste actuellement en Allemagne et nous serons satisfait si par ce petit travail, nous avons pu réussir à attirer l’attention de quelques personnes sur la question et à leur éviter l’erreur où leur chauvinisme entraîne beaucoup de nos compatriotes. F.-B.,Petit.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus, 9, à Paris
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- LA NATURE. — N° 1976. :: ' -- . :r: -...... - _ 8 AVRIL 1911
- CONSTRUCTION DU NAVIRE LE PLUS GRAND DU MONDE
- Le paquebot en construction depuis quelques I tesque formée des membrures transversales (près de mois, sur les chantiers hambourgeois des usines | 2 m. de hauteur) disposées de côté et d’autre d’une
- Le fond du « Vulcan
- Vulcan dépassera, par ses dimensions gigantesques, tous ses devanciers. Destiné à faire le service de Hambourg à New-York de la Hamburg-America-Linie, il aura unecapacité de 50 000 tonnes; environ 31 m. de hauteur, sur 50 m. de largeur et 268 m. de longueur. Son poids, sans les machines, les chaudières et la charge, sera de 53 800 t.
- En dehors de l’espace nécessaire pour contenir une cargaison fort importante., ce
- navire ne logera pas moins de 5000 personnes.
- . Les chantiers sont occupés actuellement à fabriquer le fond double du vaisseau, structure gigan-
- 3^' année. — ier semestre.
- en construction. . .
- poutre centrale de 254 m. de longueur, — la quille — et garnie en haut et en bas, d’énormes plaques
- d’acier.
- Ce fond double assurera au nouveau paquebot une sécurité remarquable, en empêchant la formation dès voies d’eau dans le cas ou il viendrait à échouer, la coque étant entièrement fermée par le fond intérieur, même dans l’éventualité d’une avarie au bord : extérieur.
- Les plus grandes membrures transversales (de 26 m. de longueur sur 1 m. 80 de profondeur) permettent à un adulte de se tenir debout commodément dans
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- Poutre gigantesque faisant partie de la membrure du « Vulcan ».
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- les compartiments d’acier du fond double. Ces membrures puissantes se rangent à moins de 1 mètre de distance, de côLé et d’autre de la quille, en 550 sections, dont les plus grandes ne pèsent pas moins de 5600 kg. Les plaques garnissant le haut et le bas de la structure sont encore plus pesantes ; celle sur laquelle, à la figure 2,
- se tient le contremaître, pèse en effet 4300 kg., sa longueur étant de 10 m. et sa largeur de 2 m. Chacun des rivets servant à les attacher pèse 2 kg. 5.
- Bien que destinée à supporter un gratte-ciel de 11 étages, une telle base de vaisseau doit vraiment paraître indestructible. D1 A. C.
- LA MOUCHE TSÉTSÉ ET LE GROS GIBIER AFRICAIN
- Les bandes nombreuses d’herbivores qui peuplent le Centre africain sont une de ses plus belles parures et constituent un puissant attrait pour les chasseurs qui, depuis plus d’un siècle, ont parcouru ce pays. Mais le vaste domaine où ces bandes erraient librement autrefois s’est réduit de jour en jour devant les progrès de la colonisation. La ceinture équatoriale du continent, qui s’étend du Sénégal aux sources du Nil, et que l’on désigne sous le nom de Soudan, est la seule région qui conserve encore en partie cette faune si riche et si variée qui couvrait au xvme siècle l’Afrique presque entière jusqu’à la colonie du Cap.
- Il n’est pas douteux que ce dernier refuge de la vie animale — qui nous donne une idée de ce que notre pays était à l’époque tertiaire — verra ses limites se réduire encore avant peu d’années. Pour retarder, autant qu’il est possible, ce résultat inévitable, les gouvernements européens qui possèdent des colonies en Afrique — la France seule exceptée — ont établi des règlements de chasse et institué des Réserves, vastes étendues de pays où le gibier peut vivre et se reproduire en toute liberté, sans avoir à fuir sans cesse devant le fusil du chasseur.
- Mais ce n’est pas seulement le sportsman ou le naturaliste dont ce magnifique gibier excite la convoitise. A la suite des premiers explorateurs, toute une nuée de trafiquants avides s’est ruée sur l’Afrique, recherchant avant tout le plus noble de ces animaux, le gigantesque Éléphant porteur d’ivoire, substance précieuse que sa rareté fera bientôt payer au poids de l’or.
- Dans la région au Sud du Zambèze, avant les nouveaux règlements de chasse, des marchands arabes prenant à leur solde des centaines d’indigènes, les avaient munis de fusils de pacotille avec mission de rapporter la dépouille de tout le gros gibier qu’ils pourraient atteindre ; en quelques mois leurs magasins se remplissaient de milliers de défenses d’Éléphants, de cornes de Rhinocéros, de massacres de Buffles et d’Antilopes. Les règlements de chasse n’ont pas mis fin à ces tueries largement organisées. Dans le Nyasaland, aujourd’hui, beaucoup d’indigènes sont munis de permis de chasse et de fusils perfectionnés; malgré la défense, ils tuent indifféremment mâles, femelles et jeunes, approvisionnant presque journellement de venaison les
- marchés de Blantyre et de Zomba, villes principales de ce pays.
- Et, comme si ce gibier, décimé de toute part, n’avait pas assez de persécuteurs, voici qu’un nouveau danger le menace, et c’est au nom de l'humanité et de l’intérêt public, en se retranchant derrière les découvertes récentes de la science, que des hommes mal informés ou masquant leur convoitise sous des dehors utilitaires, n’ont pas craint de demander qu’on lève toutes les prohibitions et qu'on détruise en masse le gros gibier qui subsiste encore dans les colonies africaines.
- On sait que certaines régions de l’Afrique — plus étroitement limitées qu’on ne le suppose généralement — sont désolées par deux maladies endémiques qui les rendent k peu près impropres à toute colonisation. L’une attaque les hommes, l’autre les mammifères domestiques que l’homme amène à sa suite. Toutes deux sont dues à la piqûre de mouches du genre Glossina que l’on appelle vulgairement « Tsétsé »l, et qui transportent avec leur trompe d’un homme à l’autre, ou d’un animal à l’autre, des parasites du groupe des Protozoaires que l’on désigne sous le nom de Trypanosomes, et qui pullulent dans le sang des hommes ou des animaux piqués. La « maladie du sommeil )), qui décime les blancs aussi bien que les nègres, est transmise par la Glossina palpalis ; le « Nagana », qui atteint les Mammifères non acclimatés en Afrique et les tue en peu de temps, est transporté d’un animal à l’autre par la trompe de la Glossina rnorsitans. L’homme piqué par cette dernière ne contracte pas la maladie.
- Dès l’entrée dans une contrée où vit la Tsétsé, dit le lieutenant-colonel Sir David Bruce2, « on n’est pas longtemps à ignorer la présence de la mouche ; on voit les indigènes frapper leurs jambes nues, les chiens mordre en rond et les chevaux ruer. En quelques minutes, dans les espaces couverts de broussailles, on peut être attaqué par 50 ou 40 mouches. » La mouche n’est pas venimeuse par elle-même comme le croyait Livingstone, mais simplement parce qu’elle suce alternativement le sang d’animaux atteints de Nagana et d’animaux encore sains, et qu’elle inocule à ces derniers les Trypa-
- 1. Ce nom, qui imile le bourdonnement de la Mouelie, est emprunté à la langue Zoulou.
- 2. Qu’il ne faut pas confondre avec le célèbre voyageur James bruce, morl en 1894.
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- LA MOUCHE TSÉTSE ET LE GROS GIBIER AFRICAIN
- nosomes pathogènes, comme Bruce a été le premier à le démontrer.
- Il n’est pas douteux que la Tsétsé du Nagana (Glossina morsitans), qui nous intéresse exclusivement ici, vit depuis longtemps aux dépens du gros gibier africain ; mais puisque ce gibier est encore très abondant dans beaucoup de régions où la mouche existe, il est évident que ces animaux sauvages présentent actuellement, sinon une immunité complète, tout au moins une tolérance très grande en face du parasite qui vit dans leur sang en petit nombre sans occasionner de troubles graves. Mais c’est dans ce sang que la Tsétsé puise les germes de la maladie pour les transporter dans le sang des animaux domestiques récemment importés.
- Ces faits, bien établis par Bruce, Foà et d’autres, on en a tiré immédiatement des conséquences beaucoup trop générales et trop exclusives.
- « La Tsétsé suit le gros gibier, disent MM. Lave-ran et Mesnil dans leur premier travail sur les Trypanosomes1, ce qui permet d’espérer que la zone d’infection se restreindra de plus en plus. Au fur et à mesure que les chasseurs s’avancent dans l’intérieur, le gibier recule, entraînant la Tsétsé; le jour où l’on aura détruit l’un, écrit Foà, l’autre disparaîtra. »
- Telles sont les paroles dont on s’est emparé pour demander l’extermination du gibier dans toutes les contrées où le Nagana exerce ses ravages. Les chasseurs vraiment sportsmen et les naturalistes n’ont pas tardé à s’élever contre cette mesure pour en démontrer toute l’inanité.
- Tout d’abord, et c’est là une constatation rassurante, les localités où existe la Tsétsé sont relativement restreintes par rapport à la vaste superficie du continent africain. La plupart de ces localités sont impropres, indépendamment de la mouche, à l’exploitation agricole, car ce sont des régions où le paludisme sévit.
- Tous les voyageurs ont remarqué que c’est à l’approche des rivières, lorsque les bœufs et les che vaux s’y précipitent pour boire, que ces animaux sont attaqués par de véritables essaims de Tsétsé qui se tenaient à l’affût dans les broussailles qui bordent la rive. Il n’est que trop vrai, malheureusement, que la Glossina morsitans, qui semble avoir moins besoin d’humidité que la Glossina pal-palis, se trouve aussi dans les plaines herbeuses, entrecoupées de buissons, qui servent de pâturage aux troupeaux d’herbivores. Mais c’est principalement dans les parties basses de la contrée que le fait se présente. Si l’on jette les yeux sur la carte de l’Afrique Nord-Est publiée par A. Balfour2, on voit qu’à l’exception de deux ou trois points situés dans les vallées encaissées des rivières, les colonies
- 1. Laveran et Mesnil, Recherches sur les Trypanosomes du Nagana ou maladie de la mouche Tsétsé (Annales de l’Institut Pasteur, XVI, 1904, p. 9).
- 2. À. Balfour, Second Report of the welcome research Laboratory at Kharlourn, 1906, p. 28.
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- anglaises et allemandes de cette région sont indemnes du Nagana. C’est que tout ce pays est formé de plaines élevées qui sont de véritables steppes. Mais lorsqu’on passe à l’Ouest du Nil, dans les marais du Bahr-el-Gazal, la Tsétsé se montre en abondance.
- Plus à l’Ouest encore et au Sud de la forêt équatoriale, on arrive dans la vaste dépression qui forme le bassin du Congo. C’est le lieu d’élection des deux Glossina. Cependant, à mesure que l’on remonte l’Oubanghi et la Sangha en se dirigeant vers le Soudan, la Mouche du Nagana devient de plus èn plus rare, et l’on constate en même temps que le gibier devient plus abondant, sans atteindre la richesse qu’il présente à l’Est du lac Tchad.
- Dans cette région de l’Afrique centrale, le commandant Lenfant, convoyant un troupeau de 500 têtes de bétail, a pu faire une longue marche dans la vallée de la Penndé, affluent du Logone, sans perdre une seule bête du fait de la piqûre de la Tsétsé. Il est vrai que le pasteur Peul, qui avait la direction de ce magnifique troupeau, choisissait avec soin les abreuvoirs et allumait chaque nuit des feux tout autour de son parc pour écarter les insectes. Par contre, plusieurs des porteurs de la colonne furent atteints de la maladie du sommeil, signe certain qu’ils avaient été piqués par la Glossina pal palis1.
- H semble donc, au premier abord, qu’il existe un rapport étroit entre la présence de la Tsétsé et la rareté du gros gibier. Mais pour le naturaliste qui a étudié les lois qui régissent la distribution géographique des Mammifères herbivores, cette distribution est tout à fait indépendante de celle de la mouche et dépend, avant tout, de la configuration géologique et hypsométrique du pays. Les Zèbres, les Rhinocéros et les Girafes n’ont jamais habité le Congo, parce qu’ils ne vivent bien que dans les plaines sèches et élevées ; les Zèbres en particulier, comme tous les Solipèdes, sont des animaux caractéristiques des régions de steppes et de montagnes, et c’est là seulement qu’on trouve des animaux de cette famille en Asie, où le Nagana n’existe pas.
- De même les Antilopes qui habitent le Congo diffèrent de genres, et par suite de mœurs, de celles qui habitent le Soudan et l’Afrique orientale ou méridionale. Au Congo appartiennent les espèces aquatiques, forestières et buissonnières; au Soudan, toutes celles, beaucoup plus nombreuses, qui ne se plaisent, comme les Zèbres, que dans les plaines élevées où l’herbe jaunit rapidement sous les rayons du soleil. Sur une centaine d’espèces d’Antilopes connues en Afrique, une vingtaine, et non des plus grandes, habitent le Congo; toutes les autres sont du Soudan ou de l’Afrique méridionale.
- L’Éléphant, l’Hippopotame et les Buffles sont, à peu près, les seuls herbivores qui soient communs aux deux régions. Or, on n’a jamais signalé de Trypanosomes dans le sang de l’Éléphant et de l’Hip-
- 1. Lenfant, ha découverte des grandes sources du Centre, de l’Afrique, 1909, p. 168 et suiv.
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- popotame, dont la peau, sans doute, est assez épaisse pour les mettre à l’abri de la piqûre de la Tsétsé. Mais, en plus de leur ivoire et de la viande qu’ils fournissent, ces deux grands animaux devraient être respectés en raison de leur utilité. Ce sont les Éléphants qui ont tracé et défriché les grandes routes de l’Afrique centrale, sans lesquelles nos explorateurs auraient eu beaucoup de peine à franchir la forêt équatoriale. De même ce sont les Hippopotames qui ont débarrassé, le long des rivières, les abreuvoirs des broussailles et des hautes herbes qui en défendaient l’accès et servaient de repaire aux mouches meurtrières.
- Le cas des Buffles est bien différent : de l’avis de tous les voyageurs en Afrique, la Tsétsé a pour eux une prédilection toute particulière, et partout où il y a des Buffles, on trouve des mouches infestées de Trypanosomes. D’un autre côté, le Buffle est le plus dangereux de tous les gibiers africains; farouche, brutal et sournois, il est — avec le Rhinocéros moins dangereux peut-être — le seul qui attaque l’homme sans provocation. Aussi, personne ne songe à prendre sa défense. Les chasseurs les plus intré-pides le verront sans regrets, de même que le Rhinocéros, confiné dans les Réserves — comme le Bison l’est actuellement en Europe — et détruit partout ailleurs, où sa présence est incompatible avec celle du Bœuf domestique, si sensible à la piqûre de la Tsétsé.
- La question dont nous venons d’exposer les facteurs principaux ne présente peut-être qu’un intérêt secondaire au Congo, où le gibier est déjà tellement rare, que le commandant Lenfant attribue à cette pénurie les habitudes de cannibalisme que les peuplades sauvages de cette contrée ne cherchent même pas à cacher. Il n’en est pas de même dans les colonies anglaises de l’Afrique orientale où le gibier, comme nous l’avons dit, est encore très
- abondant et protégé par des règlements de chasse des plus sévères.
- Aussi, les sportsmen anglais, se sont-ils vivement émus des tentatives faites pour décider les gouvernements de leurs possessions africaines à lever les prohibitions qui sont la sauvegarde de cette faune. Le grand journal de sport anglais, Field, a reproduit récemment les appréciations pour ou contre, émanant des principaux voyageurs en Afrique qui ont pu étudier les ravages de la Tsétsé. Nous n’en retiendrons que l’avis de F.-C. Sélous, l’un des vétérans de la chasse en Afrique. Après avoir rappelé les principaux faits que nous venons d’exposer, Sélous ajoute : « Il est notoire que dans deux districts de la Rhodésia, l’un au Nord-Ouest des monts Hartley, l’autre au Nord de la Mangoudi’s, la Tsétsé a fait subir aux troupeaux des colons de sérieuses pertes. Par suite, les administrateurs décidèrent que le seul moyen de se débarrasser de la mouche était de tuer ou chasser tout le gros gibier vivant dans le pays. Je ne sais si ce procédé a réussi.... Mais ce que je sais, c’est qu’à Hartley Hill on a ouvert des mines que l’on exploite au moyen de chariots traînés par des bœufs, et ceux amenés du Nord-Est Rhodésia étaient infestés par la mouche. Dans toutes les autres parties de la Rhodésia, on a maintenu les règlements de chasse ». De son côté, M. Maughan déclare nettement : « La Tsétsé ne dépend d’aucune espèce de Mammifères pour sa subsistance, et si on l’a cru, c’est sur de fausses observations. »
- Il est facile, en effet, de prédire ce qui arriverait si tout le gros gibier africain était exterminé. Les Glossines se jeteraient sur les petits Mammifères, Damans, Rongeurs et autres, sur les Oiseaux1, les Reptiles, même sur les Batraciens et les Poissons du genre Ctenopoma (qui sortent de l’eau pour monter au tronc des arbres), comme elles le font dès à présent. Le nombre des Tsétsés diminuerait peut-être, mais l’espèce ne s’éteindrait pas, et dût-on rester dix ans sans amener d’animaux domestiques dans le pays, la mouche meurtrière recommencerait à pulluler et à exercer ses ravages au bout de ce temps avec plus d’ardeur encore que par le passé. Ajoutons que dans l’intervalle, la famine sévirait cruellement sur la contrée si imprudemment dévastée, car l’Européen se passe de viande encore moins facilement que le Nègre.
- Une semblable mesure est manifestement inapplicable. Par ailleurs, on ne doit pas oublier que tous les animaux piqués par la Tsétsé ne
- 1. On a cependant avancé que la température dü sang des Oiseaux (42°), était trop élevée pour que le Trypanosome du Nagana puisse vivre chez ces animaux.
- Fig. i. — Abondance du gibier dans VAfrique équatoriale : antilopes au repos vers le milieu du jour, dans une région protégée par les règlements de chasse.
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- Fig. 2. — Abondance du gibier dans l’Afrique équatoriale: troupe de zèbres et d’antilopes dans une région protégée par les règlements de chasse.
- succombent pas, et ceux qui guérissent sont généralement vaccinés contre une nouvelle atteinte de la maladie. Lorsqu’on achète un cheval, dans la San-gha, on ne manque pas de s’informer près du vendeur sil’animal est « salé », c’est-à-dire prémuni contre le Nagana par une atteinte antérieure, et son prix s’élève en conséquence. Parmi les belles races de bétail qui habitent le Soudan, on devra rechercher celles qui semblent, à l’exemple des mammifères sauvages, présenter une immunité plus ou moins marquée à la piqûre des Tsétsés, Enfin, nous avons dès à présent le droit d’espérer que les savants expérimentateurs de l’Institut Pasteur trouveront un remède efficace contre le Nagana, comme ils en ont déjà trouvé pour combattre d’autres maladies qui s’en rapprochent par leur nature.
- Mais c’est, avant tout, vers les mesures prophylactiques, vers ce que j’appellerai Y hygiène du sol — ce qui réussit si bien pour l’extinction du paludisme — que les efforts des colons doivent se tourner. C’est ce qu’a démontré clairement M. E. Rou-baud, à la suite de sa mission au Congo, consacrée à l’étude de la maladie du sommeil. Ce qui s’applique à la Glossina palpalis peut s’appliquer avec plus de rigueur encore, à la Glossina morsitans dont la dispersion est beaucoup plus étendue.
- Ces Diptères étant pupipares, où ne peut s’attaquer aux larves, mais il faut détruire méthodiquement, au voisinage des exploitations agricoles, les buissons et les broussailles qui servent de retraite aux insectes parfaits et à leurs pupes. On défrichera donc avec soin le sous-bois formé par ces broussailles, en éclaircissant les taillis, jusqu’à une certaine distance des fermes, des écuries et des étables. On arrachera et l’on détruira de même les buissons qui bordent les chemins de communication, ceux qui entourent ou entrecoupent les prairies servant de pâturage ; on dégagera largement les abreuvoirs des broussailles et des hautes herbes qui en encombrent les abords; on arrachera et l’on brûlera l’herbe courte qui pousse à l’abri des buissons, afin de détruire les pupes qui y sont tombées et qui en sortiraient sous forme de mouches adultes. Si le bétail passe la nuit en plein air, on allumera autour du pacage des feux produisant une abondante fumée pour en éloigner les insectes. S’il est nécessaire de construire des clôtures, on remplacera partout les haies vives par de simples palissades ou des treillages dépourvus de feuillage pouvant offrir un abri aux Tsétsés. Enfin, on veillera avec le plus grand soin à ne pas introduire dans une localité indemne des animaux provenant d’une localité infestée par le Nagana.
- Je crois avoir démontré, dans les lignes qui précèdent, que cette maladie ne dépend nullement de l’abondance du gibier dans une région donnée. Dès lors, sachant par expérience que ce gibier disparaît progressivement devant les progrès delà colonisation, et que cette ressource alimentaire, si précieuse autrefois pour les populations africaines, leur fait de plus en plus défaut, il devient plus nécessaire que jamais d’appliquer aux colonies françaises les règlements de chasse et d’y installer les Réserves qui donnent de si précieux résultats dans les colonies anglaises et allemandes. Si le gibier est devenu rare dans le Bas-Congo, on en trouve encore des bandes plus ou moins nombreuses lorsque l’on remonte vers le Soudan en suivant les vallées de l’Oubanghi, de la Sangha et de la Likouala. Maintenant que la France s’occupe d’étendre son influence à l’Est du lac Tchad, sur le Ouadaï, pour y réprimer le trafic des esclaves et y faire pénétrer la civilisation, les Européens vont se trouver, dans cette région, en face d’une faune aussi riche et aussi variée que celle qui a fait, près des chasseurs, la célébrité du British East Africa. L’établissement d’un règlement de chasse s’y impose comme une impérieuse nécessité.
- On nous permettra donc, en terminant, de faire un respectueux et pressant appel à notre nouveau ministre des Colonies, en lui rappelant que, sur la demande d’un de ses prédécesseurs, le Muséum a rédigé uù rapport très circonstancié sur le permis de chasse et les Réserves qu’il est indispensable d’instituer dans toutes nos colonies africaines, ne fût-ce que pour mettre un terme au trafic scandaleux de l’ivoire qui s’y fait librement. Ce rapport a été déposé dans ses bureaux : il n’est que temps d’en appliquer les conclusions, avant qu’il soit trop tard pour le faire utilement. ! *
- E. Trouessart,
- Professeur au Muséum.
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- FABRICATION MÉCANIQUE DES CHAÎNES
- Une industrie très curieuse, autant par ses origines que par la diversité des opérations qu’elle nécessite, est la fabrication mécanique des chaînes : chaînes de montre en acier, chaînes pour chapelets, laisses en acier pour chiens, chaînes pour ciseaux et couteaux, bracelets d’acier, etc.
- L’une des plus importantes usines s’occupant de cette fabrication est l’usÿse de Vaux, par Étréchy (Seine-et-Oise) appartenant à MM. Monin et Duran-deau, qui ont bien voulu nous autoriser à la visiter et à y photographier les diverses phases de la fabrication des Chaînes.
- L’origine de cette fabrication, avons-nous dit, est des plus curieuses. Il y a environ un demi-siècle, il était fréquemment fait usage, dans l’armée, d’un ornement formé d’une chaînette épinglée sur la tunique et qu’on décernait aux meilleurs tireurs. C’était l’épingletle. Ces chaînettes, à cette époque, étaient fabriquées à la main, par les pompiers, et les employés de l’octroi de Paris, à qui on avait accordé le monopole de cette fabrication, afin de permettre d’augmenter leur maigre traitement, et on leur payait cet ornement à raison de un franc le mètre environ.
- Au nombre de ces employés d’octroi figurait un M. Bellair, homme très intelligent et plein d’initiative. Comme ses collègues, M. Bellair, à ses moments perdus, fabriquait de la chaîne épinglette. Il ne tarda pas à se demander, cependant, s'il ne serait pas possible de faire cette chaîne mécaniquement, et bientôt cet homme, qui ne possédait qu’une instruction très rudimentaire, n’ayant jamais fréquenté que l’école primaire de son village, se mit à étudier les machines, à compulser de revêches traités de mécanique, à dessiner des pièces de machines qu’il faisait exécuter de droite et de gauche.
- Cela dura dix ans, et les insuccès, on le conçoit, furent nombreux. Après cette longue période de tâtonnements, cependant, une première machine était créée, et produisait par jour, une centaine de mètres d’épinglette. Une seconde machine s’ajouta à la première, puis une troisième, et, bientôt, une petite usine fut montée à Paris, puis une seconde en province.
- D’autres usines suivirent, et les machines s’y multiplièrent. Le nombre de celles qui fabriquent les chaînes, dans la seule usine de Vaux, la plus importante, est de 200 environ. Plus de la moitié de ces machines, sont réunies dans une même salle, et c’est, assurément, un spectacle curieux que celui qu’elles présentent, lorsque, toutes en mouvement, elles débitent l’une après l’autre, au milieu d’un vacarme assourdissant, des centimètres de chaînes, qui, à la fin de la journée feraient des kilomètres s’ils étaient mis bout à bout.
- Les^fils de fer employés à la, fabrication des chaînes sont envoyés des usines en rouleaux. Us arrivent à Vaux plus ou moins oxydés, et ne pour-
- raient être employés dans cet état. Aussi, avant toute fabrication, est-il procédé à un dérochage dans une solution cà 2,5 pour 100 d’acide sulfurique à 66° Baumé. Les rouleaux de fils de fer y séjournent pendant 3 heures. Ils sont ensuite lavés à l’eau pure, puis plongés dans l’eau de chaux afin de neu-Iraliser l’excès d’acide. Après séchage, ils sont démêlés sur des dévidoirs et graissés, puis enroulés sur les « tournettes » (sorte de tambours verticaux), qui, à raison de une par machine, tournent au fur et à mesure du travail de cette machine afin de lui fournir le fil nécessaire à la fabrication des chaînes.
- Les fils de cuivre et d’argent, après démêlage et graissage, sont immédiatement enroulés sur les tournettes, et le travail mécanique commence.
- Arrêtons-nous auprès d’une de ces machines. Sur un solide bâti de fonte, boulonné avec soin, ce ne sont que ressorts, cames et crémaillères, manœuvrant sans relâche, sans effort apparent, sans que l’œil, de prime abord, puisse se rendre compte du rôle de chacune de ces pièces si nombreuses (fig. 2).
- Si, cependant, débrayant l’une de ces machines, on la manœuvre à la main, à l’aide de la manivelle dont chacune d’elles est munie, il devient facile de se rendre compte des phases successives du travail.
- En premier lieu, une tige du métal employé : fer, cuivre, argent, amenée par les pièces dites d'amenage, apparaît à l’extrémité d’un cône arrondi, percé d’un trou de la grosseur du fil, et appelé grain, et vient s’introduire dans la dernière maille faite par la machine. A ce moment, un crochet animé, à lui seul, de quatre mouvements réglables, qui, jusqu’alors, était engagé dans cette maille et soutenait la chaîne déjà faite, se dégage automatiquement et se relève. En même temps, une cisaille d’acier, actionnée par une came à l’aide d’un grand levier, et dont la lame attaque obliquement la tige de métal, descend sur cette tige au moment précis où elle a la longueur nécessaire pour faire une maille, et la sectionne nettement (fig. 3).
- Alors entrent en jeu les pièces, supportées par des pignons, qui ont pour mission défaire la maille. Elles sont actionnées par des crémaillères ayant un va-et-vient qui leur imprime, par l’intermédiaire des pignons, un mouvement de rotation alternatif et partiel, dans une position oblique par rapport l’une à l’autre. Ces pièces donnent absolument, chacune, l’impression du pouce et de l’index.
- Deux petites tiges tronconiques, — une sur chaque pignon, — semblables aux deux index, portent le nom de broches. Elles appuient sur la tige de métal, en son milieu, et donnent la forme intérieure à la maille, cependant que deux autres pièces, les courbeurs, rappelant vaguement la forme du pouce, recourbent les extrémités de la tige sectionnée pour les rapprocher l’une de l’autre, et obligent le fil à tourner autour des broches, comme le feraient les pouces, si l’on voulait plier le fil à la main. Le
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- FABRICATION MÉCANIQUE DES CHAINES
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- pince-fil, pièce d’acier verticale, soutient le tronçon de fd par dessous et l’empêche de dévier pendant le travail des courbeurs. En même temps, le crochet redescend, puis s’engage dans la maille en formation, et la cisaille remonte.
- Les broches et les courbeurs continuant à tourner, les extrémités du tronçon de tige se rapprochent de plus en plus, tout en prenant la courbure nécessaire. Trois mâchoires formant étau viennent alors comprimer la maille dans les deux sens, de façon à la calibrer et à la resserrer.
- La maille est alors terminée, et les crémaillères sont à bout de course. En reprenant leur position
- subir une torsion qui donne à la chaîne un aspect très élégant.
- Toutes les machines, quelles qu’elles soient, sont munies d’un déhrayage automatique. Si le fil vient à casser pendant sa torsion, la chaîne tombe, et la machine s’arrête automatiquement. Lorsque l’ouvrier chargé de la surveillance de cette machine, — chacun d’entre eux en dirige une dizaine, — s’aperçoit de cet arrêt, il remonte la chaîne avec un petit crochet, fait une maille à la main, au moyen de la manivelle, replace le débrayage, embraye à nouveau, et le travail recommence.
- Cinq sortes de chaînes sont faites par les ma-
- Fig. i. — Fabrication de la chaîne : Vue d’ensemble d’une salle de machines fabriquant des chaînes (plus de 100 machines)..
- première, elles font tourner les pignons en sens contraire. La chaîne dégagée retombe, entraînée par son poids,et n’est plus soutenue que parle crochet. A ce moment, une autre tige de fer vient s’engager dans la maille, le crochet inutile remonte, et la cisaille redescend pour sectionner la tige. C’est la première phase du travail qui recommence.
- Ce dispositif peut varier légèrement, suivant la maille désirée, mais le principe reste le même. Dans une autre machine, très perfectionnée, et qui ne compte pas moins de 850 pièces, les maillons sont formés d’anneaux droits s’attachant l’un à l’autre à angle droit; mais, plus bas, pendant que l’un des maillons est immobilisé par une mâchoire, une autre mâchoire saisit la maille voisine et lui fait
- chines : 1° la chaîne e'pinglette, ou 3/4, se rapportant à la machine décrite et photographiée; 2° la chaîne forçat, dont les mailles sont à angle droit ; 3° la chaîne gourmette, chaîne forçat dont les mailles ont subi une'torsion ; 4° la chaîne ovale, ou de jalousie, qui est du genre forçât, avec fermeture sur le côté; 5° la chaîne ronde ou de balance.
- Suivant l’usage auquel elles sont destinées, les chaînes de cuivre sont sectionnées en tronçons de longueur variable. Les chaînes de fer, qui doivent être polies, sont coupées en fragments de 40 cm de longueur et portées à la cémentation. Déposés dans une sorte d’auge en bois, où ils sont mélangés avec de la sciure de bois, ces fragments sont ensuite placés dans des creusets de fonte, de forme cylin-
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- drique, sur une couche de cément, mélange de matières riches en carbone, auquel on ajoute un peu de sciure de bois. Lorsque les creusets, par couches alternatives de chaînes et de cément, sont remplis, on les introduit dans un four où ils restent pendant 8 à 10 heures, suivant la marche du four, à une température d’environ 600 à 800°, et jusqu’à ce qu’ils aient pris une teinte rouge cerise. La cémentation, qui, pour cès petites pièces, est d’ailleurs toute superficielle, est terminée. Les creusets sont alors sortis du four, on les fait glisser sur une plaque de fer dont l’une des extrémités repose à l’entrée de ce four, et l’autre sur le bord d’un grand
- Les chaînes sont mises dans les tonneaux, tout d’abord, avec du grès pulvérisé qui produit un polissage grossier. Elles y sont ensuite introduites avec de l’oxyde de fer, ou rouge à polir, enfin avec de la sciure de bois et de l’eau pure. Au cours de ce polissage, qui, souvent, ne dure pas moins de dix à douze jours pour chaque compartiment, il se produit des fermentations qui donnent naissance à des gaz abondants, dont la pression peut devenir assez considérable pour faire sauter les bouchons. Aussi, avant d’ouvrir les tonneaux, a-t-on soin de faire échapper les gaz en ouvrant les petites bondes. Celles-ci sont desserrées à coups de maillet et
- Fig. 2. — Une machine sur un solide bâti de fonte. Les pièces sont actionnées par des cames, des crémaillères et des ressorts.
- récipient rempli d’eau froide, puis, lorsqu’ils sont près de ce récipient, on les fait basculer, de façon que leur contenu soit déversé d’un seul coup dans l’eaUj sans cesse renouveléé pour que sa température ne s’élève pas. C’est la trempe.
- Il est alors procédé au polissage qui a lieu dans des tonneaux en bois très épais, à trois compartiments, consolidés par de solides armatures de fer, et dont les fonds sont munis de tourillons reposant sur des coussinets. Dans chaque compartiment est percée une ouverture d’un diamètre suffisant pour qu’on puisse y passer le bras, et fermée à l’aide d’une robuste bonde de bois. Une autre ouverture plus petite, percée dans la partie diamétralement opposée, est également fermée à l’aide d’une bonde.
- bientôt chassées par la pression. Alors seulement on dégage les grandes ouvertures pour retirer les chaînes à polir qui, de temps en temps, doivent être démêlées.
- La vitesse de rotation des tonneaux ne doit pas dépasser 25 à 50 tours à la minute, car, si cette vitesse était trop grande, les chaînes, en vertu de la force centrifuge, viendraient se caler contre les parois des tonneaux, et ne se poliraient pas. Le polissage, au total, peut durer environ 30 jours.
- Les chaînes sont ensuite séchées dans la sciure de bois, puis a lieu le montage des mousquetons, pattes, anneaux, et même des cuirs, pour celles qui sont simplement polies. Les pièces qui doivent être cuivrées, nickelées ou argentées sont dégraissées
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- FABRICATION MÉCANIQUE DES CHAÎNES ====== 305
- dans un bain de potasse chaude, puis rincées. 11 est ensuite procédé au décapage qui a lieu dans un bain d’acide sulf urique très étendu, pour le fer, et est suivi d’un rinçage, d’un bain de chaux, et d’un dernier rinçage à l’eau pure.
- Pour les pièces de cuivre, le dégraissage dans une lessive bouillante de potasse est suivi d’un lavage dans l’eau. La pièce, pour le dérochage, est ensuite passée dans un bain d’acide sulfurique à 15 pour 100, rincée, séchée, passée à l’eau forte vieille, rincée et séchée de nouveau, puis passée pendant quelques secondes seulement, à l’eau forte vive, contenant 1 pour 100 de sel de cuisine et de suie calcinée.
- Aussitôt le décapage terminé peuventavoirlieu les opérations du cuivrage, du laito-nisage, du nicke-lage et de l’argenture, obtenus par la galvanoplastie.
- Les chaînes d’acier peuvent être cuivrées, lai-tonisées, nickelées ou argentées, cette dernière opération étant précédée d’un cuivrage. Les chaînes de cuivre sont
- Fig. 3. — Fabrication d’une maille. ior phase : le fil de métal introduit dans la dernière maille ayant la longueur nécessaire, la cisaille vient le sectionner, le crochet se retire et remonte.
- 2e phase : les crémaillères faisant tourner les pignons, les broches appuient sur la pièce de métal, lui donnant sa forme intérieure et les courbeurs la recourbent en lui donnant sa forme extérieure. 3e phase : les pignons continuent leur mouvement, les extrémités de la tige se rapprochent et la maille est terminée.
- nickelées ou argentées.
- Les chaînes moyennes ou longues, suspendues à des crochets supportés eux-mêmes par les barres de cuivre qui constituent l’électrode négative, ou cathode, subissent l’opération galvanoplas-tique suivant le procédé ordinaire. Pour les petites chaînes, il estfaitusaged’un barillet, sorte de cylindre ou plutôt de prisme octogonal de bois dont les hases et les faces latérales sont percées d’une multitude de petits trous, et qui est traversé, du centre d’une base au centre de l’autre base, par une barre de cuivre constituant la cathode, et à laquelle sont attachées des chaînettes dont la longueur est au moins égale au rayon des bases. Le barillet étant sorti du bain et ouvert, les chaînettes y sont déposées, puis le barillet fermé est redescendu dans le bain et tourne autour delabarre immobile. Dans ce mouvement, les chaînettes, sans cesse en contact entre elles et avec celles qui descendent de l’électrode négative, se recouvrent, sous l’in-
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- fluence du courant, du métal qu’on veut y déposer.
- Pour le cuivrage, le bain est à base d’acétate de cuivre, auquel il est ajouté du carbonate et du bisulfite de soude, ainsi que du cyanure de potassium. A l’anode sont suspendues des plaques de cuivre rouge natif. .
- Pour le laitonisage, l’anode soluble est en laiton. Le bain est à base d’acétate de cuivre (ou verdet) et de chlorure de zinc, auxquels on ajoute du carbonate et du bisulfite de soude, du cyanure de potassium et de l’ammoniaque. Cette opération doit être conduite avec le plus grand soin, car il faut que les deux métaux, cuivre et zinc, se déposent exactement dans les proportions qui donnent le laiton, faute de quoi la couleur obtenue serait ou trop rouge (excès de cuivre) ou trop blanche (excès de zinc). Dans le premier cas, on ajoute du chlorure de zinc, dans le second cas, de l’acétate de cuivre, dissous l’un et l’autre dans le cyanure de potassium.
- Pour le nickelage, l’anode soluble est en nickel pur, le bain à base de sulfate double de nickel et d’ammoniaque.
- L’argenture des petites chaînes de cuivre se fait chimiquement par la décomposition du nitrate d’argent. Pour les chaînes de fer, elle se fait électrolytiquement, comme le nickelage, dans un bain à base de nitrate d’argent et de cyanure de potassium, l’anode étant d’argent pur. Plus
- économiquement, on cuivre d’abord ces chaînes par le procédé électrolytique, et on les argente ensuite chimiquement. La quantité d’argent déposée sur les chaînes est d’ailleurs peu considérable, 200 gr. d’argent suffisant pour 60 kg de petites chaînes.
- Il est également donné, à un grand nombre de chaînes de cuivre, une teinte dite demi-rouge ou simili-or des camelots, qui est très recherchée parce qu’elle imite la dorure. Pour l’obtenir, on cuivre rouge, d’abord, on passe ensuite au bain de laiton, puis on revient au rouge, jusqu’à ce qu’on ait la couleur désirée. Entre chaque opération, on passe à l’eau-forte.
- Pour toutes les chaînes, quelles qu’elles soient, le polissage et les opérations galvanoplastiques sont suivis d’un rinçage à l’eau pure, puis d’un séchage qui se pratique dans la sciure de bois de plus en plus fine et de plus en plus sèche. Il est ensuite procédé à l’emballage.
- Telles sont, passées brièvement en revue, les phases principales de la fabrication des chaînes. A cause de ses origines, de la perfection des machines qu’elle emploie et des opérations accessoires : cémentation, polissage et galvanoplastie, qu’elle nécessite, cette industrie nous a paru curieuse et de nature à intéresser nos lecteurs.
- Georges Lanorville.
- cuirassés et batteries de côtes
- Il est admis aujourd’hui, que la défense de la majeure partie du littoral d’un État est assurée par des troupes mobiles composées de toutes armes. On se borne ensuite à mettre à l’abri des tentatives de l’ennemi, les grands ports militaires et commerciaux, qui renferment des richesses de toute sorte, et qui pourraient servir de base aux armées d’invasion, en même temps que de liaison avec leur flotte. On protège également les grandes rades et les grands mouillages, tant pour empêcher les débarquements ennemis, que pour favoriser la retraite des navires amis, et leur permettre de reprendre l’offensive.
- C’est ainsi qu’en France, en dehors des cinq ports militaires, Cherbourg, Brest, Lorient, Roche-fort et Toulon, on s’est arrêté en principe à protéger les rades et les ports importants, Le Havre, La Hougue, Douarnenez, Hyères, Marseille, ainsi que les embouchures de la Seine, de la Loire, de fa
- Gironde, les côtes d’Algérie, de la Corse et des îles frontières.
- On espère ensuite, grâce à la rapidité des communications (télégraphes, chemins de fer, etc.) être toujours averti assez tôt pour pouvoir déjouer les tentatives de l’ennemi, au moyen de la défense mobile, sur toute zone comprise entre les points précédents.
- Dans cette courte étude, nous nous proposons seulement d’examiner succinctement les conditions du combat d’un navire de guerre, soit contre un autre navire, soit contre une batterie de côte, et pour cela d’analyser très brièvement les propriétés personnelles des deux adversaires en présence.
- Pour apprécier un cuirassé moderne, au point de vue de son aptitude au combat, il faut passer en revue successivement ses qualités nautiques, la puissance de son armement, et l’efficacité de ses moyens de protection.
- Au point de vue nautique, le navire doit flotter
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- tout en étant très solide et très stable; ses évolutions doivent être faciles, il doit posséder une vitesse suffisante et un grand rayon d’action.
- La flottabilité est assurée par l’étanchéité absolue de la coque, dont l’ossature (fig. 1) est constituée par une série de formes métalliques, appelées couples, réunies et entretoisées dans le sens de la longueur par des lisses. L’enveloppe extérieure étanche porte le nom de bordé, et, par mesure de sécurité, une seconde enveloppe intérieure, appelée vaigre, constitue une double coque, qui permet l’organisation d’un dispositif de cloisons étanches, grâce auquel les avaries peuvent être localisées.
- Pour rendre possible le service à bord, on divise le navire dans sa hauteur en plusieurs étages, au moyen de ponts, qui servent en outre
- respond à la marche la plus économique. (Dans la pratique c’est la vitesse de 10 à 11 nœuds.) Quand on veut augmenter la vitesse, la consommation de charbon croît très rapidement, et le rayon.d’action diminue ; on peut atteindre une dépense de plus de 1 kg de charbon par cheval-heure, soit 20 tonnes à l’heure pour une puissance de 20000 chevaux.
- Les cuirassés en marche peuvent, en général, faire demi-tour en 5 minutes environ, sur un cercle d’un diamètre de quatre fois leur longueur.
- En ce qui concerne l’armement offensif, ces navires possèdent des tubes lance-torpilles, un éperon et de l’artillerie. Les tubes lance-torpilles sont parfois supprimés, l’éperon est constitué par un prolongement effilé du cuirassement, il a une importance très variable d’un navire à l’autre. Quant à l’artil-
- Couph
- Eperon
- Quille Quille
- Fig. i. — Schéma montrant couples, lisses, ponts, etc.
- Tourelle barbette latérale 'x
- Poste télémétnque - ' "et projecteur
- Pont des gaillards ; Pont
- 2e Entrepont
- Tube
- monte chargé' Cuirasse c/e ceinture'"]
- Pont blindé supérieur \ Tourelle /R
- Ch em inée
- Blockhaus
- Tourelle A/
- Ier Entrepont
- Soutes al
- charbonl
- Caisson
- Tube blindé
- Pont cuirassé
- Eperon
- Caisson blindé
- Soutes J;
- Soutes
- Vaigrage •
- QuiUe'de *“*
- Vaigrage roulis
- Fig. 2. — Coupe longitudinale d'un cuirassé. Fig. 3. — Coupe transversale d’un cuirassé.
- Gouvernail
- à renforcer la solidité de la coque (fig. 2 et 3).
- Toutes les parties du navire situées au-dessous de la ligne de flottaison, qui contiennent les organes vitaux du navire dont la conservation est indispensable, ont reçu le nom d’œuvres vives, le reste constitue les œuvres mortes (fig. 4).
- La vitesse, transmise au navire par deux ou trois hélices placées à l’arrière, dépend de la puissance des machines employées. Elle s’évalue en nœuds, et on dit qu’un navire file 20 nœuds,' lorsque sa vitesse à l’heure est de 20 milles marins de 1852 m.1.
- Le rayon d’action s’évalue, en général, par la distance que l’on peut parcourir sans ravitaillement de charbon, en adoptant comme vitesse celle qui cor-
- 1. Si on prend en chiffres ronds le mille égal à 1800 m., un moyen simple d’avoir approximativement la vitesse d’un navire en mètres par seconde, consiste à prendre, pour cette vitesse, la moitié du nombre de nœuds.
- Exemple: un navire file 24 nœuds ou 12 m. par seconde.
- Fig. 4. — Œuvres vives et œuvres mortes.
- lerie,on peut la classer en trois catégories, suivant les calibres des pièces qui la composent :
- 1° Les canons de perforation, d’un calibre supérieur à 190 mm, sont destinés à perforer les cuirasses des navires ennemis et éventuellement à agir
- contre le littoral.
- Actuellement les calibres préférés sont voisins de 305 mm, avec tendance à légère augmentation.
- Ces pièces sont généralement installées par deux, dans des tourelles cuirassées dont la paroi peut atteindre 30 cm d’épaisseur. Dans certains cas, les pièces et le plafond seuls de la tourelle peuvent tourner (tourelle barbette) ; dans d’autres, toute la tourelle est mobile autour d’un axe vertical (tourelle fermée (fig. 5 et 6). Les tourelles des pièces de perforation sont en général placées à l’avant ou à l’arrière du navire, afin de leur assurer, sans gêne poür les autres pièces, le plus grand champ de tir possible.
- La vitesse moyenne de tir des pièces de 305, peut atteindre 2 coups en 3 minutes, et le navire
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- disposer seulement de \ 00 coups, par pièce de ce calibre.
- 2° Les canons de moyen calibre, dont les calibres varient de 100 à 190 mm, sont disséminés sur tout
- Case du chef de tourelle et de pointage
- blindé
- Fig. 5. — Tourelle barbette. . '
- le navire, afin d’être moins vulnérables. Ils sont abrités, seuls ou par deux, dans des tourelles ou dans des casemates cuirassées, protégées par des blindages de 10 à 15 cm d’épaisseur.
- Depuis que l’on a adopté, sur les navires, des cuirasses légères et des ponts cuirassés, ces pièces, dont les obus explosifs sont presque impuissants contre les cuirassements, ont perdu beaucoup de leur importance ; on les utilise surtout contre les parties mal protégées et contre les œuvres mortes du navire ennemi.
- Leur vitesse de tir est de 4 à 7 coups par minute; elles sont approvisionnées à 200 coups par pièce.
- Les affûts de tous les canons précédents ne permettent pas le tir sous de grands angles, il en résulte un assez grave inconvénient dans leur emploi contre les batteries de côte.
- 3° Les canons de petit calibre, dont le calibre est inférieur à 100 mm, sont destinés à agir contre les torpilleurs ennemis et contre le personnel; ils sont installés dans les hauts du navire, protégés par de simples masques; leur vitesse de tir est d’environ 10 coups par minute.
- Au point de vue défensif, le cuirassé doit être organisé pour résister aux attaques des torpilleurs et des sous-marins, ainsi qu’aux avaries que pourraient produire l’éperon d’un cuirassé ennemi, ou les effets destructeurs des projectiles.
- Contre les torpilleurs, c’est «surtout par une surveillance active et vigilante et l’action de l’artillerie de petit calibre, que le cuirassé pourra se défendre le plus facilement.
- Contre la torpille du sous-marin, l’éperon, ou l’artillerie ennemie, on protège le navire par le cuirassement et le cloisonnement.
- Dans le duel incessant entre la cuirasse et le canon, on a vu varier dans d’assez larges mesures, soit l’épaisseur des cuirasses, soit l’étendue des parties protégées.
- Au début, une ceinture générale de 12 cm d’épaisseur était suffisante, mais on dût bientôt atteindre 45 cm pour éviter la perforation, et afin de ne pas alourdir outre mesure le navire, il fallut se borner à protéger aussi fortementles parties essentielles seules.
- Actuellement, la plupart des cuirassés ont une ceinture épaisse de 30 cm, qui fait tout le tour du navire et qui est surmontée d’une cuirasse légère de 8 à 12 cm d’épaisseur (fig. 7 et 8).
- Les ponts sont constitués par des tôles de 4 à 8 mm d’épaisseur, à l’épreuve des éclats et forment deux à deux, des caissons blindés insubmersibles, grâce à l’organisation de nombreuses cellules étanches. On protège, en outre, d’une manière toute spéciale, par des blindages assez épais, les organes vitaux du navire, blockaus du commandant, passages des munitions, tubes des tourelles, réseaux des communications, etc.
- Pour localiser enfin les effets des projectiles, des
- Case du chef de tourelle
- Chambre de chargement
- Fig. 6. — Tourelle fermée.
- torpilles, et limiter l’invasion de l’eau, on divise l’intérieur du navire, dans le voisinage de la ligne de flottaison, en un très grand nombre de cellules étanches, qui constituent le cloisonnement.
- Quant aux batteries de côte, leur aptitude au
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- combat dépend de leur protection, de leur emplacement, et surtout de la puissance de leurs canons.
- En ce qui concerne la construction et l’organisation des batteries, on peut les diviser en trois groupes distincts que nous nous bornons à énumérer : Les batteries cuirassées dont les pièces sont sous tourelles ou sous coupoles métalliques, il en existe à Malte, à Gibraltar, à Anvers; les batteries casematées, où les pièces sont abritées par de la maçonnerie, du béton de ciment, ou le roc vierge, on en trouve à Cherbourg, à Brest, à Plymouth; enfin les batteries à l’air libre (les plus nombreuses) dans lesquelles la protection des pièces est limitée à un simple parapet.
- Parmi ces batteries, les unes sont réservées à faire du tir de rupture, en tirant à courte distance des projectiles très puissants contre les cuirassements, les autres ont pour mission d’exécuter un tir de bombardement sur les navires ennemis, jusqu’aux plus grandes distances de combat.
- Les emplacements sont choisis, soit au niveau de la mer (le plus bas possible pour les batteries de rupture), soit à une certaine hauteur au-dessus des (lots, d’où les noms de batteries basses ou de batteries hautes.
- L’élévation de la batterie présente soit des avantages, soit des inconvénients suivant les cas. Lorsque la batterie est haute, le tir de plein fouet devient plus plongeant, les projectiles ont plus de chance de pénétrer dans le navire, en évitant la muraille verticale de la cuirasse épaisse, la composante verticale de la vitesse de chute est augmentée, l’observation des coups est plus facile. De plus, du fait que les affûts de bord ne permettent pas le tir sans de grands angles, les navires sont obligés de tirer de plus loin pour atteindre la batterie, les trajectoires sont plus rasantes, les coups difficiles à observer et le tir moins efficace.
- En revanche, il existe en avant de la batterie un
- Cuirasse épaisse Réduit cuirassa pour S canons de i5s m/m
- Fig. 8. — Cuirassé anglais « King-Edouard VII ».
- angle mort, qui échappe au tir de ses canons. Avec les affûts de côte, on peut difficilement tirer à plus de 5 degrés au-dessous de l’horizon, ce qui donne pour des altitudes comprises entre 100 et 400 m., des angles morts de 900 à 2500 m., dans lesquels il serait impossible d’atteindre un navire.
- Mais cet angle mort peut être battu par une ou plusieurs batteries basses annexes, ou même par une batterie de rupture.
- Suivant le rôle réservé à la batterie, on lui affecte des canons plus ou moins puissants.
- Les batteries de rupture destinées à obtenir la perforation des cuirassements les plus épais, sont en général armées de canons de fort calibre (27 à 57 cm) tirant à très grande vitesse initiale. Le canon de 305 mm convient parfaitement dans ce cas.
- Quant aux batteries de bombardement auxquelles on réserve les rôles les plus variés, on leur affecte toutes les pièces dont on dispose, depuis les canons de 90 mm jusqu’aux canons de 240 mm et les mortiers de 270 mm et de 30 cm. En outre,
- blockhaus du Commandant ToureHepour2 canons de 3o5
- Cuirassa ifflUt)"— 'légère
- Fig. 7.
- Cuirasse épaisse
- Cuirassé français « Le Suffren ».
- Casemate pour 2 canons de ï6lfm/m y
- quelques batteries spéciales, placées sur des passes, peuvent être armées de canons à tir rapide de petit calibre, destinés à agir contre les torpilleurs.
- Pour compléter ce rapide aperçu, il nous reste à indiquer brièvement la nature des projectiles employés par les deux adversaires, et les effets destructeurs que l’on peut en attendre.
- Les obus employés par la marine, à bord ou à terre, peuvent se ramener aux quatre types suivants :
- L’obus de rupture en acier chromé trempé ; cet obus, en général à ogive pointue, contient ‘une charge intérieure de poudre assez réduite, destinée à s’enflammer par la chaleur du choc et à produire l’éclatement après perforation. Réservé aux pièces de gros calibre, il peut traverser les cuirasses les plus épaisses, lorsqu’il est tiré à distance assez faible, 1000 à 1500 m. environ. Celui de la pièce de 305 pèse environ 350 kg.
- L’obus de semi-rupture, réservé aussi aux pièces de gros calibre, diffère du précédent par la plus grande place réservée à la charge d’éclatement, qui est en outre constituée par un explosif puissant. Il s’emploie comme le premier, mais contre les cuirassements légers.
- L’obus à charge d’explosif, qui figure dans les approvisionnements de tous les calibres, est organisé de manière à présenter la plus grande capacité intérieure possible pour la charge d’éclatement, uniquement constituée par un explosif très brisant, mé-linite, crésylite, fulmi-coton, etc. Ce projectile, en raison même de la fragilité de ses parois, est absolument impuissant contre les cuirassements de quelques centimètres d’épaisseur, mais il est capable, dans un tir plongeant, de traverser tous les ponts blindés d’un navire, ou toutes les parties in» suffisamment protégées, en produisant des avaries extrêmement graves. Sous l’effort brisant de l’explosif, l’obus est pour ainsi dire pulvérisé, il se pro-
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- duit un souffle capable de luer tout le personnel placé aux environs, et les gaz dégagés ont un effet asphyxiant extrêmement dangereux.
- C’est-de cette manière précisément que le 15 décembre 1904, à l’attaque du fort de Iükouan-Nord, un obus japonais de 28 cm, qui avait pénétré dans une casemate, asphyxia le général russe Kondra-tenko, ainsi que tous les officiers qui conféraient avec lui dans une casemate voisine communiquant avec la précédente.
- Quant aux obus à balles ou à mitraille, leur emploi se borne au tir contre le personnel, leur éclatement .produit une gerbe analogue à un coup d’arrosoir.
- Il est facile, pour terminer, de prévoir que dans la lutte du navire contre la batterie de côte, c’est le premier qui doit succomber.
- La batterie est fixe, souvent dissimulée ; elle voit nettement le but qui lui est offert, et elle peut corriger facilement son tir, au moyen de plusieurs observateurs latéraux s’il y a lieu.
- Le navire, au contraire, est obligé de se mouvoir sans cesse pour gêner le réglage ennemi ; son tir est difficile en raison de l’agitation de la mer, de son déplacement propre, et de l’incertitude sur la position exacte de la batterie ennemie. Ce tir, pour être efficace, sur un but aussi mince qu’une batterie, exige une précision extrême, qu’il est difficile d’obtenir dans de telles conditions.
- Il est à peu près certain que, sauf pour appuyer un débarquement, ou effectuer le bombardement d’un point important, le navire devra éviter de s’exposer, malgré son formidable système défensif, aux coups d’une batterie de côte. Capitaine D.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 avril jc>jj. —
- Le repérage des roules aéronautiques. —M. Ch. Lallemand, après avoir signalé l’insuffisance des indications que peuvent fournir aux aviateurs les boussoles installées sur les aéroplanes, expose les résolutions que, sur sa proposition, la Commission permanente de navigation aérienne, instituée par le ministre des travaux publics, vient de prendre en vue de l’établissement d’une carte internationale et de repères aéronautiques. Chaque feuille dessinée au 200 000e d’après un modèle provisoire soumis par l’Aéro-Club, embrasserait un degré en longitude et en latitude, les longitudes étant comptées vers l’Est, de 0'à 500°, à partir de l’anti-méridien de Greenwich, et les latitudes étant remplacées par des distances polaires comptées de 0 à 180°, du pôle Sud vers le pôle Nord. La carte du monde au millionième, sur l’exécution de laquelle les principaux Etats civilisés se sont récemment entendus, servirait de tableau d’assemblage à la future carte aéronautique. Les repères installés sur le sol ou sur le toit des édifices seraient, conformément à une proposition émanant de M. le lieutenant-colonel Estienne constitués par un demi-trapèze reproduisant avec l’orientation convenable l’image de la moitié supérieure ou inférieure de la feuille de la carte à laquelle le point appartient. Un gros point marquerait sur la figure la position même occupée par le heu du signal sur la terre. Deux gros chiffres ayant la tète au Nord et placés l’un à gauche, l’autre à droite de la bordure donneraient le numéro de la feuille réduit aux unités de degrés, une erreur de 10°, soit de 700 km à 1100 km dans l’appréciation de la position de l’aéroplane étant tout à fait
- Présidence de M. A Gautier.
- improbable. À titre d’essai l’Aéro-Club va faire établir et repérer de la sorte trois feuilles de cette carte dans la région des prochaines manœuvres. Une entente internationale devra plus tard intervenir pour l’adoption de signes conventionnels uniformes.
- La faune des eaux profondes. — S. A. le prince de Monaco expose que la dernière campagne scientifique qu’il a entreprise à bord-de son yacht la Princesse-Alice Il a été la plus fructueuse de toute la série, grâce au filet imaginé par M. Bourée. Ce filet est construit de telle façon qu’il peut être promené à toutes les profondeurs, avec une vitesse de 15 km à l’heure qui surprend les animaux grands nageurs formant la population des espaces immenses compris entre le fond des mers et les eaux superficielles. Cet appareil, traîné par la Princesse-Alice II en 1910 jusqu’à la profondeur de 5000 m., rapportait en 12 jours une douzaine d’espèces nouvelles et huit genres nouveaux, sans compter les animaux réputés rares et ceux appartenant à d’autres groupes tels que les crustacés. L’importance de ce fait au point de vue scientifique est sensiblement augmentée par un autre succès de M. Bourée qui, grâce à un dispositif de son invention, réussissait pour la première fois la photographie en couleurs, sur le pont du navire, de tous les animaux fraîchement tirés de la mer.
- Élection. — M. Thomson, de Cambridge, est élu correspondant de la section de physique générale par 47 voix en remplacement de M. Lorentz nommé récemment associé étranger.
- (A suivre.) Cil. DE VlLLEDKl'lE.
- LA QUESTION DU MOINEAU AUX ÉTATS-UNIS
- La nature, malgré les vifs contrastes qu’elle présente, forme un ensemble harmonieux dont il est toujours dangereux de troubler l’ordre et de déranger l’équilibre, même sous le prétexte de l’améliorer ou de l’embellir!D’innombrables exemples viennent à l’appui de cette constatation. L’introduction de ceps américains en terroir français, qui permit au phylloxéra de s’acclimater sous notre ciel, coûta des
- milliards de francs aux vignerons de France et d’Europe. Un autre exemple classique nous est fourni par l’imprudence que commit, il y a quelque quarante ans, un club de fermiers australiens, chasseurs en leurs moments perdus. Pour se constituer une garenne, ils importèrent d’Europe plusieurs couples de lapins, sans soupçonner qu’ils allaient déchaîner sur leur patrie d’adoption un terrible
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- fléau. Un autre cas classique, c’est celui des planteurs de la Jamaïque, qui introduisirent dans leur ile des mangoustes pour détruire les serpents. Quand les reptiles eurent été exterminés, les rats, désormais sans ennemis, se mirent à pulluler, et à dévaster les champs de canne à sucre.
- L’introduction volontaire du moineau franc dans l’Amérique du Nord appartient au même ordre de phénomènes. Il est certain que le vorace petit passereau n’aurait jamais caqueté sous le ciel du Nouveau Monde, sans l’intervention humaine. Mais, vers 1850, quelques fermiers d’origine anglaise ou écossaise, établis dans la vallée de l’Ohio, passèrent par une crise sentimentale. Un peu de vie ailée qui animerait les haies et les buissons de leurs jardins égayerait, pensèrent-ils, leur exil. Les chants du rossignol et de la fauvette, les piaillements des moineaux, évoqueraient à tout instant le cher souvenir de la terre natale.
- Et les braves gens se cotisèrent pour payer le voyage du camarade chargé de rapporter du « vieux pays » une collection variée de passereaux.
- Pour le malheur des générations suivantes, elle comprenait quelques couples de passer domesti-cus. Lâchés en liberté, les petits émigrants n’affrontèrent pas avec un succès uniforme la rude épreuve de l’expatriation, qu’ils abordaient d’ailleurs à inégalité d’armes. Comme frappés de mélancolie, les rossignols étaient les premiers à s’avouer vaincus : ils renonçaient à nicher, et disparaissaient dès la deuxième année, sans laisser de traces. Plusieurs couples de fauvettes à tête noire se construisaient des nids ; mais leurs œufs étaient stériles, et l’espèce était éliminée dans le cours de la troisième année. Les autres espèces insectivores s’étiolaient, puis, s’éteignaient.
- Par contre, les moineaux remportaient une victoire éclatante. Dès la première saison, les trois paires importées fondaient autant de familles. Dès la troisième année, les ornithologistes amateurs de la vallée de l’Ohio commençaient à comprendre que leur initiative sentimentale équivalait à une ruineuse bévue : des nids rapidement multipliés s’abattait sur leurs semences toute une horde d’effrontés pillards ! Moins de dix ans plus tard le « moineau anglais » (English sparrow), traité à ses débuts américains comme un « passereau de luxe », passait au rang
- d’oiseau nuisible! Et bientôt, plusieurs comtés ruraux édictaient des ordonnances pour arrêter les progrès de l’espèce.
- Il était bien temps ! L’indomptable émigrant avait déjà élargi considérablement son habilat. Vingt ans après sa déportation, le pierrot européen avait conquis les meilleurs terrains de la zone tempérée de l’Amérique septentrionale, aux dépens des espèces indigènes, dont il s’appropriait cyniquement les nids et dont il détruisait les couvées. Il abonde désormais dans toute l’immense région qui s’étend entre les rivages de l’Atlantique et les Montagnes Rocheuses. 11. a fondé des colonies prospères au Canada. Et, depuis quelques années, on signale sa présence en Californie et dans l’Orégon. Maintenant qu’il a franchi la formidable barrière des Rocheuses, sa poussée vers l’Ouest ne s’arrêtera qu’aux rivages de l’Océan Pacifique.
- Si le moineau compte encore dans nos villes d’Europe des partisans qui le rangeraient volontiers parmi les oiseaux utiles, citadins et paysans américains parai ssent décidés à lui vouer une haine sans merci. On ne saurait songer désormais 'a poursuivre l’extermination de l’espèce, mais on prend des mesures pour en arrêter les progrès. Le Ministère de l’Agriculture s’est décidé, après une enquête approfondie, à prendre la direction du mouvement, en publiant des brochures et des affiches qui dénoncent le « moineau anglais » comme le pire ennemi de l’agriculture. On l’y traite de feathered pest (peste emplumée) ; on l’y compare au rat, et à l’avantage de ce dernier ; on y exhorte les fermiers à partir en guerre contre l’insatiable pillard.
- « Il détruit, précisent les circulaires officielles, les fleurs, les bourgeons et les fruits naissants des arbres cultivés. Dans les jardins et potagers, il mange les graines à mesure qu’elles arrivent à maturité, et dévore les pousses des légumes dès quelles émergent du sol, en s’attaquant plus particulièrement aux pois, aux haricots et aux laitues. Dans les champs, il endommage le blé et les autres céréales, en prélevant successivement un lourd tribut sur les semences, sur les épis et sur les gerbes. Il chasse les utiles espèces d’oiseaux insectivores indigènes, et provoque leur disparition en s’emparant de leurs nids et en détruisant leurs couvées.... »
- La guerre aux moineaux : Emploi des pièges.
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- Dénoncer le péril ne suffit pas : il faut le conjurer. Dans ce but, on s’efforce avant tout de montrer aux foules que le moineau est un ennemi public et national, et qu’il n’est digne d’aucune pitié, car il a chassé impitoyablement les passereaux indigènes qui
- La guerre aux moineaux : Emploi dé la fusée romaine.
- égayaient . jadis de leurs'pliants lès bosquets des parcs citadins. Les circulaires énumèrent ensuite différents'procédés de destruction. L’un d’eux consiste à brûler des fusées et des chandelles romaines dans les massifs de vigne vierge et autres plantés grimpantes qui recouvrent généralement les murs des habitations, et où le moineau aime à nicher. Mais, s’il,déguerpit pour plusieurs saisons après cette attaque, le procédé est insuffisant ' pour mettre en échec l’extraordinaire fécondité de l’espèce. Chassé d’un cottage, l’expulsé trouve aisément une autre retraite.
- Plus efficace est le deuxième procédé conseillé. A l’aide d’une lance d’arrosage, on peut facilement atteindre tous les nids, qu’ils soient cachés dans un massif de lianes ou dans les branches d’un arbre, ou qu’ils soient logés aU fond d’une crevasse de la muraille ou derrière l’arrête d’une pierre. Si le jet d’eau ne détruit pas les œufs, il noie la couvée. Ce système a déjà donné* déclare-t-on, d’excellents résultats.
- L’emploi de pièges et de trappes est vivement conseillé. Plusieurs municipalités en distribuent gratuitement des quantités à leurs administrés. On dispose aussi dans les arbres de petites boites où l’on entretient une provision de grain. Quand un
- couple y a élu domicile, une visite nocturne en assure la capture. f .
- Enfin, dans les districts ruraux particulièrement infestés, les autorités ont établi un système de primes, qui varient de dix cents (sous) à deux francs .par cent têtes d’oiseaux. Les gamins dés villes et des villages ont salué, la bonne aubaine, qui leur procure gloire et profit, car le nom de celui qui livre le plus grand nombre de victimes est affiché durant huit j ours à la porte de la Maison-de-Ville. Le massacre des moineaux tend à devenir. une industrie juvénile. On cite des associations de trois à quatre enfants de moins de dix ans qui livrent chaque semaine au city clerk (employé , de mairie) un millier d’oiseaux et encaissent de ce chef une vingtaine de francs, dont une partie.est versée dans la caisse de l’association en vue dé renouveler le’ matériel d’exploitation par l’achat de trappes et de pièges perfectionnés !
- Mais voici bien le moyen le plus curieux employé par les organisateurs de la croisade'. Conférenciers et publicistes s’efforcent de prouver qu’en dépit du préjugé populaire, la chaire du moineau est saine et fortifiante, que lès mauviettes et ortolans servis dans les restaurants les plus coûteux né .sont que de vulgaires pierrots, et qu’il serait absurde de
- ne pas profiter de cette nouvelle source d’alimentation, à un moment, ou la hausse de la viande de boucherie menace d’affamer les familles pauvres.
- . Ces arguments culinaires seront le coup de grâce pour le misérable moineau. ! f Y. Forbin.
- La guerre aüx moineaux : Emploi du jet d’eau.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de-Flèurüs, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 1977. -...-=r-^r7--- =z. : ------^=r 15 AVRIL 1911.
- PHOTOGRAPHIES D’AURORE BORÉALE
- Grâce aux procéde's de la physique moderne, on commence à pénétrer le secret de ces mystérieuses lueurs, connues sous le nom d’aurores boréales (ou plus exactement d’aurores polaires) . Nombreuses sont les théories et les hypothèses sur la nature de ces illuminations, dont le siège paraît se trouver à plusieurs centaines de kilomètres dans la haute et ultra-raréfiée atmosphère. ,
- Pour une telle étude, à laquelle la spectroscopie est venue déjà apporter un concours précieux, on ne pouvait manquer d’essayer d’y appliquer celui non moins utile de la photographie. Il s’agit, en effet, de fixer des formes fugitives indécises, mais riches aussi en rayons invisibles pour notre œil; puis afin d’en déterminer l’altitude, des mesures doivent être effectuées en deux stations différentes, et dans ce cas encore la photographie à condition d’être pratique, est capable de jouer un rôle très important.
- Mais les aurores polaires ont déjoué en grande partie les tentatives entreprises pour fixer convenablement leur image. Leur faible et variable luminosité, leur immobilité parfois extrême sont
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- autant d’obstacles très sérieux. En somme, les bons clichés ont été plutôt rares jusqu’à présent et
- peuvent presque se compter.
- Parmi ceux-ci rappelons ceux./ qui ont été pris au Spitsberg par M. Westmann et reproduits ici (n° 1733, du, 11 août 1906) avec ; l’indication de leur < mode; d’obtention.
- . Ce domaine, vient d’être considérablement; enrichi, grâce à; M. C. Stôrmer, ; professeur à, l’Université d e Christiania, qui a trouvé le moyen de fendre le problème accessible à une solution générale.
- M. Stôrmer choisit des combinaisons d’objectifs et de plaques possédant la sensibilité voulue pour enregistrer
- une luminescence si faible et si mobile.
- Son choix s’arrêta sur un objectif cinématographique de 25 mm de diamètre et 50 mm de distance focale, et sur des plaques Lumière à étiquette violette.
- Grâce à cette combinaison, il réussit, lors d’un récent voyag'e d’exploration, à Bossekop (Fin-marken) à obtenir 400 photographies parfaitement nettes d’aurores boréales, sur un total de 800, avec des poses variables — suivant la luminosité et
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- Fig. 1. — Photographie frise far M.- Cari Stôrmer à Bossekop le ier mars igio à 8h28™46* {temps de Greenwich) d’une aurore sous forme de plaque coruscante.
- Fig. 2. — Draperie d’aurore boréale, photographie prise à Bossekop par M. Cari Stôrmer le Ier mars rçio à 5h40m 2fs, temps de Greenwich. (Pose 4 secondes.)
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- LA BOUSSOLE ET L’AVIATION
- la vivacité du phénomène — entre une fraction de seconde et une vingtaine de secondes.
- Dans de telles conditions, ces vues photographiques donnent le moyen de déterminer l’altitude de l’aurore boréale et de déterminer- sa position exacte dans l’espaCe.
- Il suffît, en effet, de la photographier simultanément, à deux stations communiquant par le téléphone, et de comparer les positions de l’aurore boréale relativement aux étoiles
- Fig. 3. — Photographie d'une aurore boréale prise par M. C. S'tormer, à Bossekop (Finmarken).
- on obtiendra intéressants.
- sans doute les
- environnantes sur l’une ou l’autre de ces plaques.
- Le temps et les propriétés optiques de l’objectif étant connus, on possède toutes les données nécessaires pour calculer l’altitude et la position exacte de l’aurore.
- Grâce à un emploi systématique de cetle belle méthode récemment présentée à l’Académie des Sciences, résultats les plus
- LA BOUSSOLE ET L’AVIATION
- A propos du voyage Paris-Puy de Dôme.
- Les grandes randonnées en aéroplane vont devenir de plus en plus fréquentes. Les progrès, chaque jour réalisés dans les divers éléments qui constituent l’oiseau mécanique, les permettent désormais et c’est évidemment vers les longs vols, les grands
- Sahara pour laquelle on s’organise en Algérie, devra être tentée sans espoir de rencontrer des points de repère. De plus si on peut penser à utiliser un jour l’aéroplane comme porteur de projectiles qu’il devra laisser tomber sur des forts ou des places de guerre,
- Compas
- Moteur
- Fig. i. — Schémas montrant Vinstallation du compas sur l'aéroplane de Rénaux.
- voyages que se dessine l’avenir de l’aviation. Ces longs voyages comportent tous à peu près nécessairement des parcours dans la brume, sur la mer, dans l’obscurité de la nuit. Au point de vue de l’utilisation militaire, spécialement, il faut admettre les traversées au-dessus de pays dont les aviateurs ne connaîtront pas suffisamment les détails pour pouvoir se guider par le simple aspect des terrains ou les silhouettes des monuments, au-dessus desquels ils seront d’ailleurs obligés de se tenir à bonne hauteur pour éviter les coups de fusil. La traversée du
- c’est bien vraisemblablement dans la nuit que seront tentés ces bombardements.
- Donc pour la plupart des cas qu’ils ont ou auront à envisager, les aviateurs doivent se préoccuper d’installer à bord de leur aéroplane un instrument qui leur permettra de suivre leur route mécaniquement et les affranchira de la nécessité de reconnaître des points à terre.
- Faute de quoi on verra se produire, lorsque la vue du sol manquera pour une cause quelconque, nuit ou brume, ces changements de direction incontrôla-
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- LA BOUSSOLE
- blés qui ont, bien souvent déjà, fait dévier nombre d’aéroplanes de leur direction primitive, et ont même ramené quelquefois sur ses pas plus d’un aviateur qui croyait toujours suivre la ligne droite.
- Or il est un rapprochement qui s’impose. C’est celui qui s’établit tout naturellement entre la navigation marine et la navigation aérienne. Au point de vue qui nous occupe tout spécialement, celui de la route et des moyens qui permettent de la suivre, il est bien évident que l’analogie est complète ; les instruments qui permettent au marin de se tirer d’affaire doivent donc convenir à l’aviateur. C’est par conséquent à la boussole, ou si l’on veut me permettre de conserver à cet instrument le nom que la tradition maritime consacre, c’est au compas qu’il faut tout d’abord songer.
- Cette idée est d'ailleurs si logique que tout le monde a, dès les premiers grands vols, pensé à installer des compas à bord des aéroplanes. Mais il ne suffit pas de placer, vaille que vaille, une boussole quelconque dans un coin quelconque d’un fuselage ;
- Brume
- Chartres
- MontargisX . 10t>2' *1*2
- Orléans
- Auxerre
- Bourges
- A Nevers
- f esc/ue) V 1T?53'30'M TNWdi7'37"j
- Châteauroux
- Guéret
- Gannat
- l4®3m J3/U ^5S'
- puydedomeb-S* ;
- 2 h 23'20 " Uerrnjanl’Ferrand
- Fig. 2. — Itinéraire schématique d’Eugène Rénaux dans le Grand Prix Michelin.
- cette installation demande une étude et des soins minutieux, l’instrument lui-même doit être approprié aux services qu’il doit rendre, et, c’est là le plus important de l’affaire, il faut savoir s’en servir.
- En effet, un compas placé au milieu de masses métalliques, telles qu’en comporte un aéroplane,
- ET L’AVIATION —: —— . .. : 315
- doit être compensé1, sans quoi il donnera les indications les plus folles, la déviation restante après la compensation doit être connue, parce qu’il faudra en tenir compte pour la correction de la route. Cette route devra encore être corrigée de la déclinaison
- Fig. 3.
- Le compas de Rénaux.
- propre aux latitudes que l’on traverse; il sera nécessaire aussi d’observer le nombre de degrés dont l’aéroplane sera emporté à droite ou à .gauche de sa route par le vent soufflant de travers et de corriger encore la route vraie de cet angle qui se nomme la dérive.
- Bref, il y a là toute une petite série d’opérations correspondant à des connaissances techniques assez délicates, sinon très compliquées, que les aviateurs doivent prendre la peine d’acquérir sous peine de ne pouvoir tirer aucun parti du seul instrument qui leur permette de faire leur route correctement et d’arriver à leur but.
- Grâce à la présence dans notre brillante phalange d’aviateurs militaires ou civils, de quelques officiers de marine2 à l’esprit de qui les considérations que je viens d’émettre se sont présentées dès le premier jour et qui se sont tout naturellement servis du compas comme ils l’auraient fait à bord de leurs navires, la nécessité de s’en remettre au compas pour diriger la route des aéroplanes fait son chemin et ne tardera pas à s’imposer.
- Parmi les premiers qui l’ont compris et ont suivi l’exemple donné par les officiers de marine aviateurs, il faut placer Rénaux et son passager Senouque, les
- 1. La compensation consiste à détruire la plus grande partie de l’action que les masses de fer avoisinantes exercent sur l’aiguille aimantée. Ces corrections se font au moyen de barreaux et de sphères de métal.
- 2. Le lieutenant de vaisseau Byasson, l’enseigne de vaisseau Dclagc, etc.
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- 316 LE LABORATOIRE FORESTIER DES ETATS-UNIS
- brillants vainqueurs du Puy de Dème. Au cours de l’entraînement me'thodique auquel ils se sont livrés avant de se lancer à la conquête du prix Michelin, ils ont mis au premier rang de leurs préoccupations l’emploi de compas, se sont fait donner sur ce point par M. Mascart, lieutenant de vaisseau, toutes les indications utiles, et les ont appliquées dans de nombreux vols préparatoires à Bue. Et ils n’hésitent pas à proclamer aujourd’hui que, sans leur boussole dont ils ont su utiliser les indications aussi bien que le peuvent faire sur mer les meilleurs navigateurs, ils auraient perdu beaucoup de temps dans la traversée des bancs de brume qu’à plusieurs reprises ils ont trouvés sur leur route, et que peut-être même il leur aurait été impossible de voir et d’atteindre leur but.
- La lecture du journal de route1 des deux aviateurs montre, en effet, que de Paris à Montargis la direction fut suivie presque uniquement au compas, en tenant compte d’une dérive de 10°, et, dans la dernière partie du voyage, c’est encore en se fiant à leur compas que les navigateurs aériens tombèrent droit sur le Puy de Dôme, que la brume leur cacha jusqu’au moment où ils n’en étaient plus qu’à 7 km, soit à quelques minutes.
- L’instrument qui a fourni à Rénaux et à Senouque les moyens d’accomplir leur exploit est d’un modèle spécial mais semblable au compas dont on place un exemplaire à bord des embarcations exposées à naviguer par brume. Il a été établi par la maison Lepaute, qui s’est fait dans la construction des instruments nautiques une réputation universelle et bien méritée.
- Le compas qui a servi à Rénaux est du genre liquide, c’est-à-dire que la rose portée sur son pivot d’agathe est enfermée dans une boite clanche pleine d’eau et d’alcool, dont la présence amortit les mouvements trop vifs de la rose et facilite la tenue de la route et la lecture des caps.
- La cuvette et le couvercle du compas portent un trait noir, appelé ligne de foi, qui, dans le montage de l’instrument, est placé exactement dans l’axe, de l’aéroplane. C’est ce trait, visible en À sur la figure 5, qui indique sur la rose le nombre de degrés dont la route que l’on suit s’écarte du Nord à droite ou à gauche.
- Le compas est monté sur une suspension cardan qui maintient son horizontalité quelle que soit l’inclinaison prise par l’aéroplane. La boîte en bois qui le contient est fixée sous les yeux du pilote comme le montre la figure 1 qui représente exactement l’installation faite sur l’aéroplane de Rénaux.
- L’usage du compas à bord d’un aéroplane est rendu beaucoup plus aisé par la présence de deux voyageurs. Cette navigation exige, en effet, une quantité d’opérations, d’observations telles que la surveillance de la route et son tracé sur la carte, l’observation des éléments qui peuvent servir à faire le point, l’appréciation de la dérive, etc., que le second passager n'ayant pas le souci du mécanisme de l’appareil pourra mener à bien en toute tranquillité.
- Mais, je crois devoir le répéter, le compas ne peut être utile qu’à ceux qui auront appris à s’en
- Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
- LE LABORATOIRE FORESTIER DES ÉTATS=UNIS
- Les Etats-Unis, qui ne possèdent que depuis peu une'administration forestière bien organisée, consomment, par tête d’habitant, plus de bois qu’aucun autre pays. En 1907 par exemple, la consommation totale se montait à 20 billions de pieds cubes, d’une valeur d’environ 6400 millions de francs.
- Or, les procédés de fabrication, et l’abatage même du bois, entraînent d’énormes pertes de matière. Les expériences faites par l’Administration forestière font voir par exemple que 20 pour 100 du volume total des arbres abattus restent dans la forêt. Des troncs transportés à la scierie, 22 pour 100 se perdent sous la forme de planches inutilisables ou de souches, 14 pour 100 sous celle de sciures et 13 pour 100 sous celle d’écorce.
- Quant aux produits finis, d’énormes quantités s’en perdent par le feu, les insectes, les vers, etc. Les États-Unis ne perdraient, de ce chef, pas moins de 740 millions de pieds cubes par an. D’autres pertes sont dues au vieillissement artificiel du
- 1. Voir L'Acrophile du iô mars 1911.
- bois et aux procédés de fabrication eux-mêmes.
- Aussi, à mesure que le pays se dépouille de ses forêts, la nécessité d’une juste économie se fait-elle de plus en plus urgente. A ce propos, il s’agit plus particulièrement de résoudre les problèmes suivants :
- 1° Les quantités de bois perdues actuellement peuvent-elles trouver des usages profitables?
- 2° Les procédés de vieillissement et de traitement des produits forestiers peuvent-ils être perfectionnés de façon à réduire les pertes?
- 5° La vie moyenne du bois industriel peut-elle être prolongée?
- 4° Parmi les essences américaines, y en a-t-il qui puissent remplacer celles qui se font de plus en plus rares?
- 5° Dans quelles proportions le bois peut-il être remplacé avantageusement par d’autres substances?
- Le laboratoire forestier, récemment fondé, s’est donné la tâche d’étudier ces différents problèmes et d’assurer ainsi, par une collaboration systématique avec les industriels, une économie plus grande dans la consommation du bois.
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- LE LABORATOIRE FORESTIER DES ÉTATS-UNIS
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- Ce laboratoire, dirigé par M. Mac Garvey Cline, est géré, de concert avec î’Université de Wisconsin, par l’Administration forestière. L’Université donne, sans frais, les bâtiments et les magasins ainsi que la chaleur, la lumière, l’eau et la force motrice, tandis que l’Administration forestière pourvoit au paiement des employés, à l’équipement des bâtiments et aux autres frais de service. D’autre part, les experts attachés au Laboratoire font de temps en temps, à l’Université de Wisconsin, des cours sur l’économie forestière et l’usasre du bois.
- dureté, la rigidité, etc., on détermine l’influence exercée par les substances préservatrices sur les propriétés mécaniques du bois naturel. Les expériences relatives à l’influence des nœuds et autres inégalités de structure sur la résistance du bois, donneront des résultats intéressants surtout pour les architectes et les ingénieurs.
- On a réalisé d’assez bons résultats, en imprégnant le bois de substances susceptibles d’arrêter la déchéance naturelle et d’empêcher les attaques des insectes et des vers. Tous les problèmes se rapportant à cette intéressante question sont étudiés à fond dans la troisième section. C’est dans celle-là aussi qu’on poursuit les expériences relatives aux substances préservatrices. Elles sont faites dans un puits dont les compartiments son inoculés de différentes espèces de champignons nuisibles au bois, l’humidité et la température étant choisies de façon à favoriser leur croissance. La façon dont le bois imprégné de différentes matières se comporte vis-à-
- Fig. i. — Le laboratoire d’essais mécaniques des bois.
- En plus des investigations scientifiques, le Laboratoire aide les industriels dans l’application des procédés et des principes rationnels d’exploitation.
- Le Laboratoire se subdivise en six sections destinées respectivement aux recherches suivantes :
- 1° Examen physique du bois;
- 2° examen mécanique du bois;
- 5° conservation du bois; 4° distillation du bois ; 5° la cellulose
- et ses emplois; 6° investigations chimiques.
- Dans la section de physique on étudie la structure et les propriétés physiques du bois ainsi que l’influence exercée sur ces facteurs par les différents procédés de séchage. Les examens microscopiques permettront d’établir une méthode nouvelle d’identification, basée sur les seules différences de structure. D’autres expériences sont destinées à déterminer la conductibilité des principales essences industrielles, facteur de grande importance pour le séchage.
- Dans la seconde section du Laboratoire, l’on s’occupe d’expériences sur la résistance mécanique, la
- Fig. 2. — Le laboratoire de conservation des bois.
- vis des champignons nuisibles permet de reconnaître l’efficacité de ces matières. Les problèmes mécaniques relatifs aux procédés d’imprégnation eux-mêmes sont, à leur tour, étudiés par des appareils fonctionnant à l’air comprimé.
- Dans la section de distillation, on étudie l’obtention des produits secondaires d’une utilité industrielle. Outre les expériences relatives à la quantité et à la qualité des produits retirés des différentes essences (alcool, térébenthine, créosote, acétates), on prépare la construction des machines pour fabriquer ces produits et l’on s’occupe du raffinage des produits bruts.
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- 318 = PERFECTIONNEMENTS DANS LA CHARCUTERIE MÉCANIQUE
- Dans la section de la cellulose, on étudie, non seulement les problèmes relatifs à l’industrie du papier, mais l’utilisation des déchets de bois pour la fabrication des produits fibreux. Cette section est munie de machines fort complètes pour fabriquer le papier.
- Dans la section de chimie, on étudie enfin les propriétés chimiques du bois, des produits ligneux et des différentes substances d’imprégnation. Ces recherches permettront de trouver de nouvelles
- applications aux produits jusqu’ici peu précieux. Les problèmes chimiques pouvant se présenter au cours des travaux des autres sections, y sont également étudiés.
- En dehors de ces différentes sections, le Laboratoire comporte un atelier à travailler le bois et un petit atelier mécanique, muni de toutes les machines-outils nécessaires et où les dispositifs de laboratoire sont fabriqués ou modifiés.
- Dr A. Gradenwitz.
- CHRONIQUE
- Pourquoi les moteurs à explosion fonctionnent mieux au lever et au coucher du soleil?
- — Les automobilistes ont tous pu ..faire la remarque que le moteur de leur voiture préfère certaines heures de la journée ; il est particulièrement alerte et régulier à l’aube, et le soir quand le soleil s’enfonce sous l’horizon. Les aviateurs ont également fait l’expérience de ce phénomène : dans les débuts de l’aviation, alors que les appareils étaient encore très imparfaits et qu’il fallait obtenir le maximum de rendement des moteurs, les aviateurs n’étaient à peu près sûrs de leurs moteurs que le matin et le soir.
- M. Repin, de l’Institut Pasteur, recherche, dans la
- Revue scientifique, les causes de ces singuliers caprices. Il montre que l’on ne peut incriminer ni les variations de la teneur de l’air en acide carbonique ou en eau, ni les oscillations de la pression barométrique. Il attribue le phénomène à l’ionisation de l’air. La lumière solaire produit en effet des ions, centres électrisés flottant dans l’atmosphère.
- Ces ions ont la propriété de condenser autour d’eux les vapeurs en gouttelettes. M. Repin suppose que leur présence dans l’air aspiré par le moteur a pour effet d’empêcher la vaporisation parfaite de l’essence au carburateur. D’où carburation irrégulière, et, par suite, mauvais rendement du moteur.
- RÉCENTS PERFECTIONNEMENTS DANS LA CHARCUTERIE MÉCANIQUE
- Les fameuses machines du constructeur marseillais dans les orifices desquelles on introduisait des porcs vivants qui ressortaient de l’autre côté sous forme de saucisses et de boudins ne sont presque plus des mythes ! Les photographies ci-contre nous montrent, en effet, à l’œuvre, des appareils récemment installés aux portes de Paris et qui réalisent, en quelque sorte, cette humoristique fantaisie.
- Chicago possédait jusqu’ici le monopole de ces tueries mécaniques où de sinistres engins sacrifiaient et dépeçaient en un clin d’œil des milliers de compagnons de saint Antoine. Mais tous les visiteurs de ces établissements américains ont décrit la barbarie du procédé, la malpropreté des planchers tout ruisselants de sang et les buées infectes qui se dégageaient des cuves à saindoux. Tandis que de notre visite aux abattoirs de la société « La Nationale » récemment installés à Aùbervilliers, nous n’avons rapporté que de favorables impressions. En traversant l’Atlantique, la méthode yankee a subi les retouches et les perfectionnements nécessaires pour son adaptation au génie français. Tout se passe dans l’établissement français de la façon la plus humanitaire ; on y fait souffrir les victimes le moins longtemps possible avant de leur donner le coup fatal, et les opérations successives s’y exécutent de la manière la plus conforme aux lois de l’hygiène moderne.
- Pénétrons d’abord dans la porcherie dont le sol, les murs ainsi que les mangeoires sont imperméables. Ce hangar dans ses 24 compartiments est assez vaste pour abriter 400 porcs répartis à droite et à gauche d’une allée centrale, à l’extrémité de laquelle se trouve une bascule. Au sortir de la voiture qui les amène, les porcs subissent un premier pesage, puis on les parque dans cette porcherie dont on leur facilite l’accès à l’aide d’un chariot-déchar-geoir installé lors de chaque arrivage, dans le couloir du milieu, entre deux barrières mobiles en fer.
- De là, on dirige les animaux à abattre, d’ordinaire par douze à la fois, vers un réduit voisin dont le sol est dallé et les murs entièrement recouverts de carreaux de faïence. Là se voit adossée à un contre-mur une grande roue d'attrapage (fig. 1) pleine, à cercle d’acier, mesurant 3,75 mètres de diamètre et pesant 1000 kilos environ. Cette roue, actionnée électriquement, peut tourner lentement autour d’un axe vertical à raison de 3 révolutions environ par minute et porte, symétriquement placées sur sa circonférence, 6 fortes chaînes mobiles autour de leur point de fixation, de façon à rester verticales pendant la rotation de l’appareil et dont les extrémités libres se terminent par de robustes crochets. C’est à cette roue qu’un homme va successivement suspendre , tous les porcs. Ainsi qu’on le voit sur notre illustration, il se sert pour cela de chaînettes portant,
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- PERFECTIONNEMENTS DANS LA CHARCUTERIE MÉCANIQUE —-: 319
- d’un côté un crochet simple qui lui permettra de faire une espèce de nœud coulant autour d’une patte postérieure de l’animal et, d’autre part, un double crochet destiné d’abord à s’agripper à l’une des chaînes fixées à la roue d’attrapage. Cette chaînette maintiendra ultérieurement le porc sur le rail aérien où, après l’avoir enlevé de terre, la roue l’abandonnera au cours de son mouvement de rotation.
- Laissons un instant notre porc sur son monorail, et avant” d’assister à sa mort, rendons-nous compte du système utilisé dans toute l’usine pour le transport des animaux. Ce chemin de fer aérien, dont nous emprunterons la description au mémoire de M. Tachon, publié dans l’Hygiène de la viande et du lait, se compose de barres cylindriques de 5 centimètres environ de diamètre, soutenues, de loin en loin, par des crochets arrondis, également en acier et qui s’appuient sur des fers à double T. Sur ces rails lubréfiés peuvent glisser à frottement très doux les différents appareils de suspension (crochets, chaînes et tinets écarteurs) servant à accrocher les porcs avant ou après l’abatage. Les crochets simples employés surtout pour accrocher les animaux par la gorge sont forgés d’une seule pièce; ils comportent deux ailes glissières à leur partie supérieure et se terminent inférieurement par un crochet simple. Les tinets écarteurs ont la forme d’un T renversé dont la tige supporte la glissière, tandis que la barre horizontale est armée de deux crochets terminaux qui permettent de fixer les membres postérieurs des porcs grillés ou échaudés. En divers endroits de leur parcours, ces lignes aériennes offrent la pente nécessaire pour que les animaux suspendus puissent s’y déplacer automatiquement en vertu de leur propre poids. Quant aux aiguillages qu’on rencontre de-ci et de-là, pour faciliter la manutention, ce sont des bouts de rail à charnière droits ou courbes. Au repos, ces parties métalliques s’élèvent au-dessus de la voie principale, avec laquelle elles font un angle de 90° ; mais comme leur extrémité libre est taillée en bec de flûte, on peut, quand le travail l’exige, les connec-
- ! ter avec le rail principal en les manœuvrant soit à la main, soit au moyen du levier, i Revenons maintenant à notre patient que nous
- avons laissé gigotant, la tête en bas, tout en glis-
- sant vers le couloir où se tiennent ses bourreaux. Le voilà arrêté au-dessus du défibrinateur en fer
- étamé, surmonté d’un entonnoir dont le rebord vertical empêche les éclaboussures lors de la saignée. Un aide l’immobilise alors par les oreilles, tandis que le saigneur lui plonge son couteau dans la gorge. Le sang gicle dans l’appareil dont l’électricité actionne le batteur central, à deux rangées d’ailettes en croix, et les mouvements imprimés à la masse liquide empêchent sa
- coagulation. On laisse les bêtes saignées égoutter dans ce couloir jusqu’à ce que leurs derniers mouvements convulsifs aient cessé.
- Une fois tous les animaux de la fournée sacrifiés, une tuyauterie, installée le long des parois faïencées du local d’abatage, laisse écouler, sous forme de jets une assez grande quantité d’eau pour qu’en quelques minutes toutes traces de la tragédie sanglante aient disparu même si l’hécatombe a porté sur 2 ou 300 porcs. Au cours du lavage, des ouvriers balayent les résidus sanguins dans une citerne étanche d’où une pompe électrique,pourvue d’une conduite d’échappement à double voie, les aspire pour les rejeter dans des tonneaux destinés aux fabricants d’engrais et déverse, d’autre part, les eaux résiduaires dans l’égout.
- Nos porcs sont à présent saignés et ressuyés, il faut les aiguiller vers les appareils de grillage ou d’échaudage. L’accomplissement automatique de la première de ces opérations offrait une difficulté technique, car au sortir du lieu d’égouttage, les animaux se trouvaient suspendus par un membre postérieur, et vu la disposition du four à griller, on devait les retourner pour les y introduire, la tête la première. M. Godard, le mécanicien chef de l’abattoir, a imaginé le système mécanique suivant pour faciliter la tâche des hommes. Deux roues pleines en acier de un mètre de rayon tournant en sens inverse et adossées à un contre-mur de faïence, constituent les organes principaux de l’appareil que complète un
- Fig. i.— La roue d’attrapage mue électriquement ; l’homme accroche un porc par la patte à une des chaînes de l’appareil, qui l’élèvera en tournant jusqu’au monorail aérien où, grâce au crochet terminal d’une chaînette fixée à son membre, l’animal restera suspendu.
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- PERFECTIONNEMENTS DANS LA CHARCUTERIE MECANIQUE
- trottoir roulant installé au-dessous. L’une de ces roues porte en un point de sa circonférence un bras horizontal où s’accrochent les porcs au passage, tandis que l’autre se trouve armée de deux chaînes à
- Fig'. 2. — Hissage automatique du porc dans le four à griller; sur la droite, se trouvent les animaux qui attendent leur tour de grillage et, à gauche, ceux qui viennent de sortir tout grillés du four, un instant auparavant.
- crochet, jouant un rôle identique. Un simple levier de débrayage suffit à mettre l’ensemble en marche; alors le bras de la première roue, qui tourne de droite à gauche, accroche en passant la chaîne de suspension du premier porc rangé sur le rail du couloir de saignée et l’entraîne. Dans ce mouvement l’animal monte puis redescend. Quand il arrive vers le bas de sa course, un aide qui se tient à proximité s’en empare, et lorsque la partie antérieure de son corps vienl se poser sur le trottoir roulant, il le libère de sa chaîne. Le porc chemine sur le trottoir roulant jusqu’à une table fixe munie de rouleaux et légèrement inclinée. A ce moment, un autre ouvrier, après lui avoir inséré un crochet simple à glissières dans la' gorge, le fixe à l’une des chaînes de la seconde roue. Celle-ci tournant en sens inverse de la première, hisse la bête, pendue cette fois comme il faut, jusqu’au rail voisin sur lequel le crochet sustentateur vient se pendre automatiquement. Grâce à la pente de la voie aérienne, le porc ainsi accroché glisse par son propre poids jusqu’auprès du four à griller (fig. 2) où on le hissera à l’aide d’une chaîne élévatrice actionnée encore au moyen d’un treuil électrique. Après un séjour de 30 secondes à une minute au milieu de cette fournaise, le porc ressort
- parfaitement grillé, et le coût de l’opération ne dépasse pas 20 centimes par sujet. Deux ouvriers (un au four pour guider l’ascension de l’animal et l’autre au treuil) assurent le grillage de 440 à 160 porcs à l’heure.
- Lorsque, après la saignée, on a aiguillé les bêtes vers la voie qui les conduit à l’échaudage (fig. 3), un balancier de plongée les dépose * dans une cuve pleine d’eau chauffée par un tuyau de vapeur provenant de la machinerie.
- Une fois l’animal échaudé, une herse mobile mise en marche au moment opportun, le rejette sur la table d’épilage formée par des fers en T espacés de 10 cm. et ayant un double fond en toile métallique mobile servant à recueillir les soies enlevées. Le prix de l’échaudage revient à un demi-centime par porc. i .
- Les animaux grillés, grattés, et lavés ou échaudés' et épilés sont pourvus d’un tinet écarteur, puis remis sur une ligne aérienne qui les conduit au pendoir à air libre. Là, on termine leur « toilette ». On découvre leurs viscères (foie, poumons, cœur), qu’on laisse adhérents par la trachée jusqu’à ce qu’un inspecteur du service sanitaire de la Ville les ait
- Fig. 3. — Uèchaudoir et la table d'épilage; on aperçoit, vers le milieu de la photographie, un porc que la herse mobile vient de rejeter sur la table' d’épilage où des hommes procèdent au raclage d’autres animaux.
- visités. Puis on les enlève et on fend les animaux en deux. Chacune de ces parties, toujours suspendue aux rails aériens, continue son voyage jusqu’aux frigorifiques. Après un séjour suffisant dans ces dernières salles refroidies par une machine Linde à
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- ammoniaque, les animaux passent aux mains des ouvriers découpeurs. La viande dépecée va de là dans les ateliers où on la transformera, selon les morceaux, en jambons ou en saucissons, en lard fumé ou en saucisse, en boudins ou en saindoux.
- Les 15 fumoirs occupent 5 étages d’un bâtiment. Le foyer où brûle le combustible se trouve au sous-sol, tandis que les différentes chambres communiquent entre elles, et la fumée, après avoir parcouru les divers étages, s’échappe par une cheminée.
- finement. Après quoi, des machines à pousser permettent de l’introduire dans des boyaux pour en faire des saucisses ou des saucissons (fig. 6).
- Quant aux gras, on les fond dans de vastes chaudières, après les avoir débités en petits morceaux à l’aide des hachoirs, puis des pompes envoient ces produits bruts chauds dans un malaxeur et ensuite à travers un filtre-presse formé de plateaux recouverts de toile à trames fines, de façon à arrêter toutes les impuretés. On dirige alors le saindoux recueilli
- Des hachoirs et des broyeurs de plusieurs systèmes réduisent la chair en pâle plus ou moins ténue suivant sa destination. Le hachoir Vigne représenté ci-contre (fig. 4) se compose de 7 lames actionnées électriquement par deux bielles qui leur impriment « un balancement alternatif sur un billot tournant, grâce à un engrenage fixé sous sa partie inférieure.
- Au moyen de cet appareil, 50 kilogs de viande se hachent en 10 à 15 minutes.
- Quant au broyeur mécanique (fig. 5), son organe principal est une hélice intérieure tournant dans un cylindre où l’on enferme des morceaux, gros comme le poing, par un entonnoir supérieur. Au bout de l’arbre en acier traversant cette hélice dans le sens de sa longueur, se trouvent fixés 5 couteaux qui, en travaillant par friction, sur des plateaux percés de trous de diamètre différent, selon le genre de charcuterie désirée, broient la \iande plus ou moins
- dans une baratte ou cuve cylindrique verticale dans l’axe de laquelle se meut un arbre muni de bras horizontaux. La masse s’émulsionne et on la coule encore liquide dans des barils ou dans des moules carrés recouverts intérieurement de papier paraffiné, de façon qu’après refroidissement on n’ait plus qu’à rabattre les feuilles et à retirer des caissettes la substance prête à expédier. Enfin, dans de vastes séchoirs aux fenêtres pourvues d’un treillis serré, des kilomètres de saucissons pendus acquièrent la fermeté indispensable en quelques semaines.
- Une machine Corliss-Cail de 150 chevaux fournit la force nécessaire à la mise en activité de toute l’usine, et, grâce aces ingénieux dispositifs, F « habillage » d’un porc s’effectue à « La Nationale » deux fois plus vite que dans les abattoirs ordinaires, avec un rendement très économique et dans les meilleures conditions hygiéniques. Jacques Boyer.
- Fig. 4, 5 et 6.
- En haut à gauche : Hachoir Vigne actionné électriquement ; cet appareil débite la chair et les gras en petits morceaux. — En haut à droite : Broyeur mécanique destiné à réduire la viande en pâte plus ou moins fine. — En bas : Confection des saucisses au moyen des machines à pousser.
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- REPRODUCTION DES SONS
- d’après le graphique de leurs vibrations.
- Dans les phonographes habituels, l’enregistrement du son est obtenu sous forme de sillon tracé dans la cire au moyen d’un style fixé à la membrane
- Fig. i. — Impression du film photographique.
- vibrante. La reproduction du son est ensuite réalisée par réversion, c’est-à-dire en faisant parcourir le sillon par une aiguille semblable. Si le style n’exécutait pas de vibrations provenant de sons parasites ou d’autres causes, l’enregistrement réalisé donnerait une représentation graphique exacte du son à reproduire. Mais ce résultat n’est pas atteint parfaitement. M. Lifchitz, pour atténuer cet inconvénient, a imaginé un phonographe dans lequel le style est modifié et l’aiguille supprimée.
- Il commence par préparer des surfaces découpées qui remplacent les sillons dans la cire. Dans ce but, l’extrémité d’un cornet est fermée par une membrane vibrante P dont les mouvements sont transmis par une pièce de liaison p à un petit miroir plan M oscillant autour d’un point o placé à son extrémité (fig. 1), à côté d’un autre petit miroir plan fixe.
- Chacun de ces miroirs reçoit un rayon lumineux
- Fig. 2. — Films découpés.
- émanant d’une source L; ces rayons subissent la réflexion et se croisent en un point I. En ce point passe un film photographique animé d’un mouvement de déplacement dans le plan des deux rayons.
- Lorsque la membrane P est au repos, le point I trace sur le film une ligne droite dans le sens de la longueur de la bande ; mais si cette membrane entre en vibrations sous l’effet d’un son, le rayon réfléchi par le miroir fixe continue seul cette ligne droite,
- tandis que la pointe p communique au miroir mobile une série de déplacements très petits autour du point o. Dans ces conditions, le rayon réfléchi par ce dernier miroir vient tracer sur le film une ligne sinueuse autour de la droite enregistrée par le premier rayon. Cette droite est l’axe des abscisses delà courbe qui s’inscrit sur le film photographique. On découpe ensuite mécaniquement les surfaces comprises entre l’axe des abscisses et la courbe. Finalement on obtient un ruban ajouré ayant l’aspect donné par la figure^.
- Examinons maintenant le phonographe de M. Lifchitz. Nous y trouvons deux pièces principales, une chambre à air percée d’une fente et divisée en deux parties par une cloison devant laquelle vient se placer exactement l’axe des abscisses.
- L’un des compartiments de Ig caisse à air est en rapport avec une pompe foulante et l’autre avec une pompe aspirante, de telle sorte que l’air subit un excès de pression dans un compartiment et un abaissement dans l’autre. Il suit de là que l’air du 1er compartiment de la caisse va s’échapper dans
- Fig. 3. — Coupe de la casse à air à deux compartiments.
- l’atmosphère par une moitié de la fente, tandis que l’air extérieur va se précipiter dans le 2e compartiment par l’autre moitié de la fente. On fait défiler devant la fente le ruban découpé en ayant soin de régler l’appareil de manière que l’axe des abscisses se maintienne pendant toute la durée du mouvement du film dans le plan de la cloison. Le courant d’air soufflé ou aspiré subira des variations d’écoulement qui déterminent des vibrations reproduisant un son. La hauteur de ce son est proportionnelle à la rapidité du passage de la bande, et l’intensité à l’excès ou au déficit de pression dans les compartiments. La figure ci-dessous montre, en coupe, la caisse à air coupée par une cloison horizontale.
- On comprend donc, par les explications données plus haut, comment il est possible d’obtenir une découpure correspondant à tout un chant; pour que ce chant soit reproduit dans le « ton », il suffira que la vitesse du film à l’enregistrement et la vitesse de la découpure soient exactement égales. Cette vitesse est de 0,50 m. à 1 m. par < seconde.
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- REPRODUCTION DES SONS
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- Le phonographe de M. Lifchitz peut également fonctionner avec une caisse à air simple, c’est-à-dire ne contenant que de l’air comprimé, et ce mode de fonctionnement est évidemment plus facile à réaliser. Mais, pour cela, il est nécessaire que les rubans découpés soient préparés d’une manière différente.
- Cette fois on projette sur le film, non plus un point lumineux, mais une raie lumineuse. Lorsque l’appareil est au repos, cette raie coïncide avec une fente percée dans un écran interposé devant le film photographique et son extrémité affleure le bord de l’écran.
- Lorsque la plaque terminale du cornet vibre sous l’effet d’un son, la raie lumineuse se déplace, déborde sur l’écran et, par suite de l’entraînement du film photographique, balaye une certaine surface de ce film. Le film est donc impressionné sur une surface; on découpe mécaniquement cette surface et l’on obtient des rubans ajourés ayant un aspect différent du précédent (fig. 5 et 6). On peut d’ailleurs utiliser pour la préparation de ces rubans la propriété que possède la gélatine bichromatée de se laisser enlever par un lavage à l’eau chaude prolongé, puis ensuite ronger par un acide le support de la couche sensible ainsi mis à nu.
- Fig. 4. — Phonographe Lifchitz.
- Ce sont ces surfaces ajourées qui vont passer devant la caisse à air.
- Si l’on désire renforcer le son par un pavillon, le sommet de celui-ci est muni d’une pièce d’embouchure comportant une surface lisse contre laquelle passe la bande FF' découpée, comme il a été dit. La chambre à air est placée de telle sorte que sa fente soit exactement en face de la fente percée dans la pièce d’embouchure. Dans ces conditions, les variations dans l’écoulement de l’air reproduisent les vibrations enregistrées sur le ruban.
- Selon une remarque faite par M. Lifchitz, les tambours qui portent la bande FF' peuvent également porter une deuxième bande purement cinématographique, de telle sorte que le son et l’image seraient synchronisés et d’une manière continue.
- Si l’enregistrement cinématographique a été effectué sans avancement saccadé, par le procédé Lumière, c’est-à-dire avec un objectif mobile, l’image et le son pourront être enregistrés sur un même ce film, qui assurerait la synchronisation complète.
- Le phonographe de M. Lifchitz a fonctionné d’une manière satisfaisante devant l’Académie des Sciences
- Fig. 5. — Ruban ajouré obtenu après l’impression du film photographique par la raie lumineuse que réfléchit la plaque du phonographe.
- dans la séance du 6 février, et encore devant les membres de la Société de Physique, dans la soirée du 17 février. Les membres de cette Société ont entendu la première phrase d’une chanson russe. Cet instrument est peut-être appelé, entre les mains de constructeurs habiles, à réaliser un perfectionnement dans la phonographie et même à faciliter la synchronisation du phonographe et du cinématographe. Mais en ce qui concerne cette synchronisation, les vues de l’auteur semblent encore théoriques ou du moins, il n’a pas mis le public français à même de [constater les résultats qu’il aurait pratiquement obtenus dans cette voie.
- Il est à noter que l’appareil de M. Lifchitz se prête à une représentation d’une fonction périodique, ou du moins de certaines fonctions périodiques, par le son. Rien n’est plus facile que de découper une sinusoïde par exemple ou une autre courbe, et de la faire défiler devant la fente de la
- Fig. 6.
- Autre exemple de ruban ajouré.
- caisse à air à deux compartiments ; on obtient ainsi un son prolongé caractéristique de la courbe1,
- Ch. DE VlLLEDEUIL.
- 1. Lors de la communication faite par M. Lifchitz à la Société de Physique dans la séance du 17 février 1910, l’un des assistants, M. Armengaud, a fait connaître que M. Gaumont avait pris, il y a plusieurs années, un brevet pour un phono-
- graphe analogue à celui de M. Lifchitz, mais que toutefois, le mode de préparation, à l’aide d’une raie lumineuse, des surfaces à découper, appartenait en propre à M. Lifchitz. Celui-ci a déclaré qu’il ne connaissait pas ce brevet.
- c£§'î'&.^C&)
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- L’alternateur Goldschmidt à haute fréquence.
- La Nature & déjà expliqué l’intérêt que présenterait pour la télégraphie sans fil un alternateur à haute fréquence produisant directement, pour ainsi dire, les ondes hertziennes, sans l’intermédiaire des étincelles, ou des arcs électriques actuellement employés pour provoquer l’ébranlement de l’éther. On gagnerait en rendement et en régularité.
- M. R. Goldschmidt, professeur à l’École Polytechnique de Darmstadt, vient de construire un alternateur à haute fréquence, qui, d’après les renseignements de la presse quotidienne allemande, semble avoir donné d’intéressants résultats pratiques.
- La plupart des machines de ce genre déjà con-
- stationnaire peut être considéré comme la résultante de 2 champs tournants, avec des vitesses égales, en sens contraire l’un de l’autre, la vitesse d’une révo-
- 1
- lution étant égale à la durée j une période du
- courant alternatif. De ces 2 champs, l’un tourne dans le même sens et avec la même vitesse que le champ inducteur, il n’a sur lui aucun effet, l’autre tourne avec la même vitesse, mais en sens contraire. Il induit donc dans les enroulements de l’armature inductrice un courant de fréquence 2 f, double de la fréquence du courant créé dans l’induit. A son tour, ce courant réagit sur l’induit et ainsi de suite.
- L'alternateur à haute fréquence Goldschmidt.
- struites ont été des machines à induction; elles comprenaient essentiellement une armature ou rotor, tournant à grande vitesse et formée d’un grand nombre de dents; autour de celles-ci sont disposés les enroulements de fil où circule le courant d’excitation ; ces circuits en tournant induisent, dans les enroulements fixes du stator, le courant à haute fréquence.
- M. Goldschmidt a fait appel à un principe tout différent et fort original que nous exposons d’après la « Revue Électrique ».
- Imaginons un alternateur constitué comme suit : l’armature inductrice, toujours formée de dents porteuses d’enroulements, est mobile; l’induit est fixe. Le champ tournant du rotor provoque, par induction, un courant alternatif de fréquence f, dans l’induit fixe. Ce courant, aussitôt né, réagit sur celui qui lui a donné naissance ; la théorie électrique montre que le champ créé par un courant alternatif
- Bref, de par la construction de cette machine, il naît dans l’induit une série de courants de fréquence f, 5 f, 5 /, etc., et dans l’inducteur une série de courants de fréquence 2 /', 4 /’, 6 f, etc.
- Dans les machines ordinaires, on cherche à éviter autant que possible ces harmoniques, que l’on juge très fâcheuses pour les réseaux ; et du reste, elles sont le plus souvent étouffées, pour ainsi dire, à leur naissance, par suite de l’amortissement que leur opposent les enroulements têls qu’on les constitue.
- Dans la machine Goldschmidt, le problème est précisément l’inverse, recueillir une harmonique de l’ordre le plus élevé possible. On dérive dans des courts-circuits effectifs convenablement-réglés toutes les basses fréquences inutilisables et l’on ne laisse arriver à l’antenne radiatrice que les fréquences mêmes que l’on désire employer. Le court-circuit offert aux fréquences mortes permet à la ma-
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- LAMPE ÉLECTRIQUE POUR PROJECTIONS
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- chine de garder un rendement très satisfaisant.
- Le stator et le rotor peuvent se comparer à des miroirs fixes, l’autre tournant, entre lesquels l’énergie électrique serait réverbérée, comme un rayon de lumière. La réflexion (en raison du mouvement relatif des miroirs) s’accompagne d’un accroissement de fréquence; elle est d’autant plus parfaite que les miroirs eux-mêmes absorbent moins d’énergie, c’est-à-dire que les circuits vibratoires sont plus exempts d’amortissement. Aussi l’inventeur propose-t-il pour la nouvelle machine la désignation de « génératrice à réflexion ».
- Notre figure représente la première machine de ce genre qui depuis quelque temps fonctionne à la sta-
- tion radio-télégraphique de MM. C. Lorenz À.-G., à Eberswalde, près Berlin. Cette machine fournit 12,5 kw avec une longueur d’onde de 10 000 m et donne encore 8-10 kw avec une longueur d’onde de 5000 m. Il n’y a aucune difficulté à construire des machines de 60, 80 kwou davantage ni à engendrer des ondes de 5000 m. Pour les ondes de 10 000 m de longueur, le coefficient économique est d’environ 80 pour 100.
- A part l’énergie considérable des radiations émises par celte machine, celle-ci présente un autre avantage considérable, à savoir de permettre, grâce à de simples changements de connexions, la production à volonté d’un grand nombre de fréquences.
- LAMPE ÉLECTRIQUE POUR PROJECTIONS
- La photographie des couleurs, qui est de plus en plus répandue aujourd’hui, présente un charme de plus quand on peut montrer ses œuvres sur l’écran de projection. Il semble qu’on soit en présence de véritables tableaux qui, souvent, seraient volontiers signés par un Maître de la peinture.
- Mais il faut pour bien réussir dans ce genre de projections, pour que l’œil soit pleinement satisfait , avoir une lumière suffisante. Les plaques auloehromes sont en effet revêtues, comme on sait, d’une couche formée de grains de fécule colorés, et il est évident que l’absorption de lumière est plus grande que quand il s’agit de clichés en noir. Il ne faut pas chercher à faire de trop grandes images quand on ne dispose pas d’une forte intensité lumineuse. Avec le chalumeau oxhydrique, ou la lampe Nernst de 700 bougies, il est préférable de ne pas dépasser 80 centimètres ou un mètre de coté au maximum. Si on veut obtenir I m. 50, il faut la lumière électrique à arc et environ 18 ampères sous 110 volts, soit à peu près 2000 watts. On voit que nous sommes assez loin des 12 watts avec lesquels certains inventeurs ont prétendu obtenir des projections en couleurs de 2 mètres de côté ! !
- Et même avec ces 2000 watts il ne faut pas encore s’attendre à un très bon résultat, si on est obligé d’employer le courant alternatif, ce qui est malheureusement le cas dans beaucoup de quartiers de Paris, notamment sur la rive gauche. Gela tient
- à ce que, avec ce courant, l’arc ne sc fixe pas; il ne forme pas le cratère brillant qu’on constate au
- charbon positif des lampes montées surlecourant continu.On arrive cependant à pallier en partie cet inconvénient en plaçant les deux charbons perpendiculairement l’un à l’autre, et M, Korsten a construit dans ce but une lampe très bien comprise . Le système d’attache des charbons est ; très robuste et ! .(leur réglage, par rapport au centre du condensateur de la lanterne, se fait d’une façon précise par suite de leur déplacement facile dans tous les plans.
- On voit en effet (fig.) qu’un système de crémaillère permet de déplacer toute la lampe en hauteur ou latéralement, en manœuvrant les deux boutons H ou L. Mais en outre un système de débrayage très ingénieux permet de régler avec un seul bouton B la position relative des charbons C etD. Dans la position d’embrayage on peut les rapprocher ou les éloigner l’un de l’autre d’une quantité égale ; dans la position de débrayage, qu’on obtient en tirant légèrement sur le bouton, on agit sur le charbon inférieur D seul, en le faisant monter ou descendre à volonté. Oh a donc très facilement tous les moyens d’obtenir un centrage parfait. Il est clair que, sur le courant continu, cette même lampe donne encore de meilleurs résultats, parce qu’on a soin de placer le charbon positif C horizontalement et on obtient alors le maximum de rendement du cratère qui se forme à son extrémité. G- M,
- Lampe'Korsien pour projections. Détail du bouton à débrayage.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 3 avril (suite) et 10 avril 1911. — Présidence de M. Gautier.
- MM. Forster, Blaserna, Stratton, Gill, von Lang, Gau-lier et Egorof, savants étrangers, assistent à la séance.
- La Méditerranée à l'époque du miocène supérieur. — M. Cayeux adresse un travail dans lequel il montre que dans File de Crète, il existe un système de couches marines intercalées entre le miocène moyen et le pliocène proprement dit. Elles représentent incontestablement le miocène supérieur. Or on admettait jusqu’à présent que la Méditerranée avait à cette époque une étendue très réduite et ne couvrait guère que le Nord de l’Algérie, d’où le nom de sahéliens donné à ces dépôts. Il résulte des observations de M. Cayeux que la mer à cette époque se prolongeait à l’Est de la fosse égéenne.
- La salinité de l’eau des mers. — S. A. le prince de Monaco présente ensuite une Note de M. Berget, professeur à l’Institut océanographique, sur la détermination physique dè la salinité de l’eau de mer. L’auteur mesure à cet effet l’indice de réfraction. En opérant sur des eaux de mer artificielles, puis naturelles, de salinité croissante, il a déterminé leur salinité avec une précision au moins égale à celle des meilleurs aéromètres.
- Radiations nécessaires à la végétation des algues. — M. Dangeard expose qu’en employant une méthode qui lui a permis récemment d’enregistrer photographiquement les radiations nécessaires aux plantes vertes pour leur croissance, il a étudié la végétation des algues bleues. Il a reconnu que ces algues utilisent non seulement les mêmes radiations que les plantes vertes, mais d’autres radiations situées dans la région ultra-rouge du spectre. Ces renseignements font connaître plus exactement le rôle des différents rayons solaires dans la végétation du globe.
- Le sens de la direction chez les aveugles. — M. De-lage résume une communication de M. Truschel, de Strasbourg, sur le sens de direction qui permet aux aveugles de se diriger assez facilement en semblant éviter les obstacles comme s’ils disposaient de perceptions spéciales. Certains auteurs, pour expliquer ces phénomènes, ont admis l’existence d’un nouveau sens appelé quelquefois '6° sens des aveugles. On a même soutenu que les obstacles se font sentir par des émanations inconnues. M. Truschel a repris à Paris, en présence de M. Marage et de. M. le Censeur de l’Institution des aveugles, des expériences qu’il avait faites autrefois à Strasbourg. Elles ont démontré que les aveugles ont en effet la faculté de percevoir les objets à quelque distance, mais qu’il ne s’agit pas d’un 6e sens, la sensation reposant exclusivement sur la réflexion des bruits et n’étant pas uniquement propre aux aveugles. Par exemple, sur un sol recouvert de neige, ou sur un plancher recouvert d’un tapis, les aveugles ont la plus grande difficulté à s’orienter. Aussi ne peuvent-ils plus percevoir les objets qu’on approche d’eux silencieusement, lorsque dans la salle d’expériences règne un silence complet. Par contre, quand la tête de l’aveugle est enveloppée de papier, de toile, la perception persiste. Seul un vaste cylindre environnant la tête peut supprimer la sensation parce qu’il produit le même effet que l’objet approché. M. Truschel suppose que l’organe de ces perceptions est le labyrinthe, , et que le sens de la direction, si développé chez certains animaux, pourrait s’expliquer de la même façon.
- La mesure des angles en géodésie. — M. le général
- Bassot dépose une Note de M. Broca sur un perfectionnement apporté à la méthode de mesure des angles par répétition. Les mesures d’angles effectuées aujourd’hui par le procédé de la réitération ne permettent pas de dépasser la précision de 5/100 000°. On a abandonné depuis longtemps la méthode de la répétition due à Borda, qui théoriquement permet d’atteindre une précision illimitée, mais qui, pratiquement, ne donne pas une extrême précision. M. Broca a montré que cela était dû à une mauvaise construction des axes de rotation actuellement en usage. Il a pu construire des axes parfaitement stables et réaliser un appareil assez bon pour éliminer les graves causes d’erreur qui avaient entraîné l’abandon de la méthode. 11 peut mesurer des angles avec une précision de 1/600 000°, ce qui correspondrait à une erreur probable de ± 2/1 000 000°. Par cette méthode on arrive, dans la mesure des angles, à la même précision que dans les mesures de bases. On pourra également voir jusqu’à quel point les angles géo-désiques sont stables et ne sont influencés, ni par la réfraction atmosphérique, ni par la dilatation de l’écorce terrestre.
- Les Asclépiadées sans feuilles de l'Ouest de Madagascar. —• Les régions sèches de l’Ouest de Madagascar, surtout dans le Sud, sont caractérisées par une flore étrange, composée d’arbres à tronc ventru et difforme, de plantes sans feuilles, ou à tige grasse et épineuse. La plupart des plantes grimpantes de cette flore sont des Asclépiadées, dont MM. Jumelle et Perrier de la Bathie viennent de décrire une vingtaine d’espèces. Très distinctes par leurs fleurs, toutes ces Asclépiadées, sous l’influence du climat, ont pris le même aspect général et acquis les mêmes caractères biologiques. Chez toutes, les rameaux, nombreux et grêles, revêtus d’une épaisse couche cireuse verdâtre, retombent de tous côtés, en s’entremêlant, sur les arbres qui leur servent de tuteurs et donnent à ces arbres l’aspect qui leur a valu, quand les tiges de la liane sont relativement grosses, le nom vulgaire d'arbres-saucisses. Ces plantes fleurissent en saison sèche, au moment où les autres Asclépiadées à feuilles sont déjà en fruits. Certaines fleurs ont l’odeur de la rose. Les fruits, qui sont charnus, s’ouvrent tardivement; les Mahafaly mangent ceux du Cynanchum edule ou rangan Kibo, dont la pulpe est sucrée.
- Les haricots greffés. — M. Bonnier résume un travail de M. Daniel sur la descendance des haricots greffés et non greffés. Il en résulterait, d’après l’auteur, au point de vue des caractères de la dimension, une hérédité de caractères acquise à la suite du greffage.
- La vaccination antityphique intestinale. — M. Lan-nelongue présente un mémoire de MM. J. Courmont et A. Rochaix dans lequel ces auteurs exposent le résultat de leurs nouvelles recherches sur la vaccination antityphique par administration de lavements de cultures complètes tuées par la chaleur. Us montrent que non seulement les animaux sont vaccinés contre le bacille d’Eberth, mais qu’ils ont acquis une immunité antitoxique. Il suffit de trois lavements de 100 c. c. pour que le lapin résiste à l’injection intraveineuse de 4 doses mortelles de toxine. Le sérum des lapins vaccinés mélangé à la toxine neutralise celle-ci. En somme, la vaccination antityphique par la voie intestinale confère une immunité à la fois contre le bacille et contre ses toxines.
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- LES CÉRÉMONIES DU MARIAGE EN ANNAM ========== 327
- Le repérage des routes aériennes. —M. Carnot expose les vues de M. Sarrauton relativement au mode de repérage des routes aériennes à suivre par les aviateurs. Il constate d’abord que l’on n’est gêné par aucune tradition et que l’on a par conséquent toute liberté dans le choix du système. Il adapte le système de marques apposées sur les toits d’édifices pour désigner la feuille
- de la carte dans laquelle tombe le point au-dessus duquel l’aviateur plane. Mais il exprime l’avis que les longitudes et les latitudes devraient être inscrites en grades et que le méridien initial de la carte devrait être celui du détroit de Behring. Cette communication est renvoyée à la section de géographie et navigation.
- Ch. DE VlLLEDEUIL.
- LES PIERRES LUMINESCENTES DE BOLOGNE
- Ces pierres, qui présentent des phénomènes particuliers de phosphorescence et dont il a été parlé ici à plusieurs reprises, ont été étudiées en détail par MM. Va-nino et Zumbusch. Celles qui sont obtenues en partant des hyposulfites à haute température ou par calcination d’oxydes avec du soufre, renferment des polvsulfures ; ces derniers composés paraissent avoir une influence sur leur phosphorescence, car les produits qui en sont exempts ne présentent qu’un phénomène lumineux à peine perceptible. Cependant la teneur en soufre des pierres fortement phosphorescentes est très faible, et les divers essais ont montré que l’addition du soufre n’augmentait aucunement la phosphorescence. La préparation des pierres à hase de strontium ou de baryum est plus avantageuse en employant les carbonates et les hyposulfites, ces derniers donnant par calcination des pen-tasulfures et des produits très phosphorescents. L’obtention d’une bonne pierre luminescente dépend surtout des substances employées, de leurs proportions, de leurs actions réciproques et de la température.
- Cependant la théorie de cette préparation est encore bien obscure car, même en se plaçant dans des conditions identiques, on ne réussit pas toujours à préparer des pierres de même qualité. On sait néanmoins que certains métaux : cuivre, plomb, manganèse, bismuth, thorium, thallium, en très faible quantité, ont une grande influence sur la phosphorescence; la teneur en bismuth la plus favorable est de 0 milligr. 155 pour 1 gramme de la masse; ce métal est 29 fois plus actif que le manganèse. La luminescence de ces pierres est provoquée non seulement par la chaleur, mais aussi par l’action d’agents chimiques liquides : eau bouillante, benzine, alcool amylique, glycérine, acides, bases, solutions salines.
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- LES CÉRÉMONIES DU
- La Chine a compté l’Annam parmi ses provinces pendant tant de siècles que les deux pays ont conservé en commun un grand nombre de coutumes. En particulier, les lois réglant le mariage, telles qu’elles sont encore pratiquées en Annam, ne sont qu’une modification des codes chinois.
- Les pourparlers préliminaires à la cérémonie sont confiés à un intermédiaire qui, dans les villes annamites, exerce de ce fait une profession fructueuse : il est à la fois l’homme le plus répandu de l’agglomération qui connaît toutes les familles, et le chef du protocole matrimonial, réputé pour sa connaissance approfondie de l’étiquette.
- Le jeune homme qui a remarqué une jeune fille le charge de rendre visite aux parents de cette dernière.
- Si la demande est agréée, la famille du jeune
- Avec l’acide sulfurique bouillant, les pierres à base de calcium, strontium ou baryum donnent respectivement une belle luminescence bleue, vert émeraude ou jaune orangé en même temps qu’il se produit une vive réaction avec élévation de température et dégagement d’hydrogène sulfuré. Enfin la composition des pierres luminescentes varie suivant la coloration que l’on veut obtenir; on peut indiquer à ce sujet les formules suivantes :
- Luminescence jaune :
- 1° Carbonate de strontium............100 grammes.
- Soufre.............................. 50 —
- Carbonate de sodium anhydre. . , 2 —
- Chlorure de sodium............... 0,5 —
- Sulfate de manganèse............. 0,2 —
- 2° Carbonate de strontium...............100 —
- Soufre............................ 100 —
- Chlorure de potassium............ 0,5 —
- Chlorure de sodium............... 0,5 —
- Chlorure de manganèse............ 0,4 —
- Luminescence vert jaunâtre :
- Carbonate de strontium........... 40 grammes.
- Soufre........................... . 6 —
- Carbonate de lithium................. 1 —
- Nitrate de thorium............... 0,01 —
- Luminescence rouge orangé :
- Carbonate de baryum................. 40 grammes.
- Soufre............................... 0 —
- Carbonate de lithium................. 1 —
- Carbonate de sodium anhydre. . . 0,02 —
- Carbonate de rubidium............ 0,4? —
- MARIAGE EN ANNAM
- homme écrit son nom, son âge, le lieu de sa naissance, sur une carte rouge, que l’intermédiaire porte à la famille de la jeune fille, qui lui remet une carte analogue.
- L’intermédiaire fixe la date de la cérémonie, et les deux familles commencent à faire des sacrifices en l’honneur des ancêtres et à leur adresser des prières. C’est alors que sonne l’heure des multiples solennités qui constituent la cérémonie du mariage chez les Annamites.
- Suivi d’une procession de notables, le jeune homme se présente chez la famille de la promise, à qui il offre des cadeaux consistant en noix de bétel, noix d’arèque et autres fruits. S’ils sont acceptés, il se considère, dès ce moment, comme un membre de la famille, et vit désormais dans la maison. Dans les hautes classes, il se contente de s’étendre sur
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- 328 ====== LES CÉRÉMONIES DU MARIAGE EN ANNAM
- une natte pendant un moment, puis, retourne chez lui et ne reparaît chez la fiancée qu’à la date fixée.
- C’est la date des fiançailles officielles. Accompagné de ses.parents et de ses amis, tous habillés de leurs plus beaux vêtements, et précédé de joueurs
- de flùlc, il apporte à la promise un grand choix de présents.: des bracelets, des étoffes de soie, deux cierges rouges, deux pelites coupes remplies d’alcool de riz, un cochon de lait rôti, et sans oublier les noix de bétel et d’arèque.
- Quand ces présents ont été disposés sur l’autel, dans la chapelle de la famille (ou dans une salle transformée ad hoc), les deux cierges rouges sont allumés, et les deux pères, puis les deux mères, se prosternent ensemble devant l’autel, en priant les mânes des ancêtres. Un repas, où règne une étiquette sévère, termine la solennité.
- Nous arrivons enfin au jour du mariage, marqué par des fêtes plus imposantes. Lepère du fiancé assemble tous ses parents devant l’autel des ancêtres et leur présente le fils qui va se marier. Pour la troisième fois, celui-ci se rend processionnellement chez la. fiancée, entouré d’une foule de parents et d’amis, et précédé de serviteurs chargés de présents.
- Dés pourparlers s’engagent devant la maison; puis, tout le monde pénètre, pour se ranger autour de l’autel, au pied duquel le futur se prosterne, avant d’offrir à ses beaux-parents du vin de riz et des noix de bétel. Durant ce temps, son père a lu à haute voix l’inventaire des cadeaux apportés.
- Les deux jeunes gens sont alors conduits dans une pièce, où se dresse un autel dédié aux divinités du mariage; on y allume des cierges, on y brûle de'
- l’encens ; et les parents leur souhaitent une longue postérité et les exhortent à rester unis jusqu’à la mort.
- C’est le moment le plus solennel. Autrefois, à ce qu’il paraît, la jeune épouse relevait alors son voile, et le jeune homme feignait d’apercevoir son visage pour la première fois. Maintenant, elle se contente de se prosterner quatre fois devant l’époux, politesse qu’il ne lui rend qu’une fois. Après quoi, ils échangent une coupe de vin de riz, et la cérémonie est terminée. Elle est suivie d’un banquet auquel participe le jeune couple.
- Nous avons décrit là les cérémonies du mariage en usage dans les districts civilisés de F Annam, et quand il s’agit d’un mariage dit de premier degré, car un Annamite qui prend une deuxième ou une troisième femme, se contente de signer avec la famille une sorte de contrat de vente. Dans certaines provinces, notamment chez les Thaïs montagnards, la cérémonie de l’échange du vin prend une forme très curieuse, comme le montrent nos photographies, obligeamment communiquées à La Nature par M. l’abbé Rey, missionnaire en Annam.
- Après la présentation des deux fiancés, le sorcier les fait s’accroupir face à face devant une grande urne remplie de vin de riz, et, croisant, comme le
- montre l’une des photographies, deux longs chalumeaux, il les présente aux deux jeunes gens, en leur souhaitant longue vie et postérité. Après quoi, toutes les personnes de la noce s’accroupissent en demi-cercle autour de l’urne, et boivent à la santé des époux en tirant chacun sur un chalumeau. V. Forain.
- Fig. i. — Mariage Thaï : les deux fiancés, sous la direclion d'un prêtre, boivent le vin de riz fermenté.
- Fig. 2. — Après les époux, les assistants boivent le vin de'riz fermenté.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N' 1978.
- 22 AVRIL 1911
- LES PYGMÉES DE L’AFRIQUE ÉQUATORIALE
- Au milieu des épaisses forêts africaines, dans une zone étroite qui longe l’équateur au Nord et au Sud, vivent de curieuses tribus, remarquables par la petitesse de leur taille.
- Connus des Anciens, retrouvés dès le xvne siècle au Congo et au Loango, ces Pygmées, queBuffon considérait comme des êtres fabuleux, ont été signalés par les voyageurs modernes dans toute la région qui s’étend du Gabon et du Congo au pays d es dallas.
- Beaucoup d’auteurs en ont parlé, et La Nature leur a déjà consacré deux articles1 ; mais les portraits qu’on a tracés sont tellement contradictoires que le lecteur se demande où est la vérité. Grâce aux renseignements recueillis depuis quelques années par nombre d’explorateurs, grâce surtout aux observations vraiment scientifiques dont nous sommes redevables à trois Français, le DrPoutrin, leD1' Begnault et M. Bruel, il est permis, dès maintenant, de tenter une mise au point de la question et surtout de faire justice des exagérations manifestes de quelques écrivains.
- Les Négrilles2 sont certainement des nains par comparaison avec lés grands Nègres qui vivent dans leur voisinage, mais méritent-ils vraiment le nom de Pygmées? C’est une question qu’il convient tout d’abord d’examiner.
- En 1625, dans le recueil de Pur-chas, André Battell affirmait que la stature des Matimbas ne dépassait pas celle d’un garçon de 12 ans5. En 1868, l’amiral Fleuriot de Langle a mesuré au Gabon un petit Nègre adulte qui atteignait 1 m. 39 ou 1 m. 40. Crampel attribua aux Bayagas une taille moyenne de 1 m. 40, et Falkenstein trouva le chiffre de 1 m. 44 pour la stature moyenne de quatre Babongos.
- A l’autre extrémité de la zone occupée par les Négrilles, le P. Léon des Avranchers a signalé les Cincallés dont la taille moyenne serait d’environ
- 1- Cf. La Nature n° 1686 du 16 septembre 1905 et n° 1827 du 30 mai 1908. — ‘2. Négritie est un diminutif de iyhgrc. C’est le terme employé par les anthropologistes pour
- 3ÿe année. — i®r semestre.
- Cases babingas, (Phot. Régnault.)
- Femme babinga (im,3ç) à côté d’un métis de im,63. (Phot. Régnault.)
- 1 m. 50, et Emin Pacha a trouvé exactement la même moyenne pour quatre Akkas qu’il a mesurés. Ce dernier voyageur a rencontré une femme de 1 m. 164, et celle dont le British Muséum possède le squelette ne devait pas dépasser 1 m. 22. Une autre femme Àkka, de 20 à 25 ans, observée par Marno, atteignait 1 m. 36.
- Ces chiffres, d’après Stanley, seraient loin de représenter le minimum de la stature chez les Pygmées africains. S’il attribue aux Batonas une taille de 1 m. 41, il nous dit qu’il a mesuré un Ouamboutti adulte de 1 m. 22 ; que / la reine d’Inde KarouVv âgée de 19 à 20 ans?' ne dépassait pas 1 m. 12; qu’une jeune femme de 17 ans, observée par lui dans l’Itouri, ne mesurait que 84 cm ; et enfin que la stature des Babourous serait de 60 cm seulement! Il est vrai que l’explorateur avoue n’avoir jamais vu un individu de cette tribu.
- Il n’est pas téméraire, aujourd’hui, d’affirmer qu’aucun des chiffres que je viens de citer ne correspond à la taille moyenne des Négrilles. Souvent les voyageurs ont dû mesurer des individus qui n’avaient pas atteint leur complet développement (on sait combien il est difficile de connaître avec certitude l’âge d’un Nègre), ou bien des sujets que l’exiguïté de leur taille signalait spécialement à l’attention d’un Européen. En tout cas, le nombre des observations était trop restreint pour autoriser à en tirer des conclusions générales. Voici quelques faits qui le démontrent.
- Au Gabon, Du Chaillu et Marché ont obtenu, comme moyenne de la taille chez diverses tribus négrilles, 1 m. 50 à 1 m. 52 pour les hommes, et 1 m. 40 à 1 m. 45 pour les femmes. M. Clozel évalue à 1 m. 50 ou 1 m. 55 la stature des Babingas de la Sangha,
- designer l’ensemble des Pygmées d’Afrique ; les petits Nègres d’Asie et d’Océanie constituent le groupe des Négritos. — 5. Cf. Histoire générale des Voyages, t. XIII, p. 441.
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- 330 .... LES PYGMÉES DE L'AFRIQUE ÉQUATORIALE
- et le Dr Régnault, qui vient d’en mesurer un grand nombre, arrive sensiblement au même résultat. Dans le Haut-Nil, les prétendus Pygmées atteignent et dépassent souvent 1 m. 50. Schwein-furth a mesuré une Akka de 1 m. 52. Miani avait échangé à Mounza, roi des Mombouttous, deux Akkas contre un chien et un veau; en mourant, il les légua à la Société de Géographie italienne, et ils furent élevés par le comte Miniscalchi Erizzo. L’un mourut avant d’avoir atteint l’âge adulte; l’autre fut incorporé, à 19 ans, dans un régiment de Vérone et mesurait 1 m. 55. Une femme akka amenée en . Allemagne atteignit 1 m. 60.
- Il faut bien se garder, en semblable matière, d’ajouter foi aux renseignements fournis par les Nègres, comme l’a fait Stanley en bien des circonstances, et même de s’en rapporter aux assertions de certains Européens. Ainsi, lorsque le Dr Poutrin arriva au Congo, on lui affirma que sur les bords du lac Tumba, il rencontrerait des JBatouas de taille minuscule. Or, de ses observations et de celles de Starr, il résulte que la stature moyenne est de 1 m. 52 pour les hommes et de 1 m. 44 pour les femmes.
- Rencontrera-t-on des Pygmées de taille beaucoup plus réduite dans les forêts de l’Itouri? l’avenir seul nous l’apprendra. Toutefois, les résultats auxquels conduisent les centaines de mensurations pratiquées sur d’autres Négrilles autorisent à croire que les affirmations de Stanley sont bien sujettes à caution.
- Une autre erreur consiste à attribuer à tous les Négrilles une tête globuleuse, raccourcie d’avant en arrière et très volumineuse. Certes, il existe en Afrique quelques petits Nègres à tête courte, mais un grand nombre de Pygmées ont le crâne allongé. C’est en me basant sur ce fait, confirmé par les observations récentes, que je me suis cru en droit de conclure à la pluralité des types ethniques chez les Négrilles. Quant au volume de la tête, il varie dans des limites fort étendues.
- On a encore prétendu que les Pygmées d’Afrique, sans exception, ont, pendant toute leur vie, le corps couvert d’un fin duvet, de nuance roussâtre, comparable au lanugo du nouveau-né européen. Le Dr Régnault n’a pas observé ce caractère chez les Babingas.
- Ce qui semble plus démontré, c’est que les Négrilles sont moins nègres, si je puis dire, que leurs voisins. Leur teint est plus clair, leurs lèvres sont plus minces et leur bassin s’évase en haut comme dans les races blanches, ainsi que je l’ai noté il y a déjà longtemps. Il y a loin de ces petits Nègres au chaînon reliant l’homme au singe que Stanley avait cru découvrir en eux.
- A beaucoup d’autres points de vue, les Pygmées ont été très mal jugés, ou, du moins, certains au-
- teurs ont eu le tort de vouloir étendre à tout le groupe négrille quelques observations isolées. Ainsi, on a prétendu qu’ils ne possèdent pas de maisons, et chaque fois qu’un voyageur a pénétré dans leurs villages il s’est trouvé en présence de cases, partout les mêmes, qui affectent à peu près la forme d’un œuf coupé par le milieu dans le sens longitudinal et qui sont pourvues d’une entrée fort basse.
- On a considéré les Négrilles comme de véritables esclaves dont leurs maîtres — les grands Nègres à côté desquels ils vivent — font si peu de cas qu’ils croient faire une bonne opération en troquant un nain contre un chien ou un veau. D’après Schwein-furth, Mounza, roi des Mombouttous, regardait même les Akkas comme une sorte de bétail puisque souvent il en sacrifiait un pour le servir sur sa table. Or le Dr Régnault, dans une récente communication à l’Institut français d’Anthropologie, a montré que les Babingas ne sont en aucune façon des esclaves. Chaque village a son chef qui traite de pair à pair avec les grands Nègres voisins. Grands chasseurs d’éléphants, mais nullement agriculteurs, ils échangent leur ivoire contre du millet, du sorgho et d’autres productions du sol. Si les conditions qu’on leur offre ne leur conviennent pas, ces prétendus esclaves n’hésitent pas à changer de territoire et à aller traiter avec d’autres tribus. C’est ce qui explique qu’on rencontre assez fréquemment des villages de Pygmées abandonnés, sans qu’on puisse en conclure que la peur fait fuir les habitants dès que l’approche d’un étranger est signalée.
- Les voyageurs, en effet, sont presque unanimes à rendre hommage à leur bravoure et à leur intelligence, de même qu’ils s’accordent à dire que les Négrilles se marient entre eux, souvent dans leur propre famille; les mariages exogamiques, les croisements avec les grands Nègres constituent de très rares exceptions.
- Peu à peu la lumière se fait sur les Pygmées d’Afrique; peu à peu les exagérations de la première heure font place à des appréciations plus conformes à la réalité. Mais il est grand temps de recueillir des documents précis sur ces intéressants petits Nègres, menacés d’une extinction prochaine. Déjà, ils ne nous apparaissent plus comme des êtres sans morale, sans intelligence, à peine supérieurs aux singes anthropomorphes. A ceux qui leur dénient toute qualité de cœur, j’opposerai cette touchante déclaration faite par le chef des Bayagas, à l’infortuné Crampel, qui avait distribué quelques menus cadeaux à la tribu : « Nous n’avons rien à le donner en échange, car nous sommes pauvres; mais quand nous resterons seuls, quand les M’Fangs qui t’ont conduit seront partis, nous ferons tam-tam pour toi comme pour un de nos fétiches. »
- Dr R. Verneau.
- Professeur d’Anthropologie au Muséum.
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- LE MATE
- Bien que généralement peu employé en France, ce | Spencer prétendait que la graine de ce végétal ne deve-
- produit ne mérite pas moins d’être connu : les Branche de quinze millions d’habitants de l’Amérique du enfleurs Sud consomment l’inîusion de maté comme nous buvons le vin ou nos voisins la bière ; le Paraguay et le Brésil en produisent annuellement plus de 60 millions de kilogrammes, qui sont vendus plus de 35 millions de francs. Au reste l’histoire du maté est extrêmement intéressante.
- Le maté, qu’on trouve en France chez les pharmaciens et certains spé-
- •V
- nait capable de germer qu’après passage dans l’appareil digestif de quelque oiseau : malgré des centaines d’essais pratiqués dans cette on ne put obtenir aucun résultat. On ne fut guère plus heureux en faisant macérer la graine dans des liquides acides, alcalins, à base de matières en décomposition. Toutefois, il semble que certains expérimentateurs aient obtenu des résultats intéressants, jl et le problème sera sans doute f bientôt résolu, comme il l’avait été autrefois par les jésuites colonisateurs du Paraguay qui créèrent, près de leurs établissements, de fort beaux hervals, mais emportèrent leur secret lors de l’expulsion. Actuellement, il n’existe que de petites plantations sans grande importance, faites avec de jeunes arbres transplantés de la forêt; encor e n’acquièren t-ils j amais ainsi qu’une petite taille.
- Force est donc d’aller récolter le maté dans la forêt. Et comme très
- cialistes en denrées coloniales, se présente sous forme de petits fragments réguliers de feuilles séchées et concassées.
- Ges feuilles, encore que désignées souvent sous le nom di « thé du Paraguay », proviennent de Yherva mate, végétal n’ayant aucune ressemblance avec le thea chinensis. La herva est un arbre d’assez belles dimensions croissant spontanément dans les forêts du Parana et des contrées avoisinantes où on le rencontre groupé en amas au milieu de vastes espaces exclusivement occupés par d’autres essences. Gomme la récolte des feuilles d’herva est très rémunératrice, on fit maintes tentatives pour créer des a hervas » cultivées; mais, malgré les efforts de quantités de chercheurs, il fut jusqu’à présent pratiquement impossible d’obtenir des hervas par semis. Herbert
- longues distances sans aucun chemin tracé, en dehors de tout endroit habité, il s’agit de véritables expéditions. Sous les ordres d’un capatar, une quinzaine de hervateiros, recrutés toujours parmi les gens du pays habitués au climat et à la vie en forêt, partent à l’aventure en se frayant un chemin à coups de hache ou de raachète, dans une direction choisie un peu au hasard. Ils vivent d’abord de provisions telles que haricots, riz, maïs et viande sèche, puis des produits de leur chasse. Dès que la
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- LE MATÉ
- troupe aperçoit un bouquet à’araucaria brasiliensîs, arbre très grand et commensal habituel de la herva, elle se dirige de ce côté à la recherche du herval, puis explore les environs pour tâcher d’en découvrir quelques autres.
- Ceci fait, on passe à la cueillette; après avoir débarrassé une herva des plantes parasites diverses, on grimpe à l’arbre et coupe au machète tout le feuillage; seules restent les branches déplus de deux centimètres de diamètre et un petit bouquet terminal. Les branches sont ensuite ramassées et portées sur un endroit débroussaillé où l’on fait un feu de bols sec. Chaque branche est alors rapidement passée dans la flamme, en évitant que les feuilles se carbonisent ; ainsi traitées, ces dernières ne se flétriront pas à l’air. Finalement, on réunit la récolte en tas qui sont portés à la hotte jusqu’au campement.
- Ce dernier est fixé au centre du herval et à proximité d’un ruisseau. C’est là que, tous les deux ou trois jours, les récoltes centralisées de tout le personnel sont définitivement séchées, soit au carijo, soit maintenant plus souvent avec le barbacua. Le carijo est une sorte de gigantesque gril fait de traverses grossières de trois à quatre mètres de long, placées sur des fourches hautes de deux mètres. On place sur les traverses les branches liées en petites bottes et on allume au-dessous plusieurs petits feux espacés d’un demi-mètre, s’étendant sur toute la surface du carijo et brûlant pendant environ vingt-quatre heures. Des haches protègent le tout contre la pluie.
- '{ La barbacua est de construction moins rudimentaire, mais le principe du fonctionnement est analogue. A l’intérieur d’un bâtiment de branchages, on dispose une grande claie sur laquelle seront placées les bottes de feuillages ; au centre et à fleur de terre débouche la cheminée souterraine d’un feu entretenu à proximité de l1 installation.
- Dans l’un et l’autre cas, le feu doit être fait avec des branches sèches produisant peu de fumée inodores, pour ne’pas altérer l’arome du maté.
- Les bottes mises à sécher sont retournées de temps à autre. Quand une réunion d’hervals importants sont exploités depuis longtemps à proximité des lieux habités, il arrive que ces installations rudimentaires sont remplacées par des constructions stables. Dans ce cas, on peut employer des fours mécaniques spéciaux donnant du maté qui fait prime sur le marché; mais on n’emploie actuellement de tels appareils que tout à fait exceptionnellement.
- La torréfaction terminée, les hottes sont jetées sur une aire de terre battue, la cancha où l’on procède au broyage à l’aide de gros bâtons ayant une arête aiguisée. Le maté est alors sous forme de fragments grossiers, qui peuvent être directement utilisés par les paysans brésiliens. On emmagasine le produit
- au centre du herval dans le noque, hutte bien close en branchages portant un plancher surélevé pour garantir les feuilles de l’humidité.
- Au moment du transport au dehors de la forêt, le maté est empaqueté sous forme de surraos, par une ingénieuse méthode qui permet de suppléer au manque de presses mécaniques. Le surrao est un sac formé en cousant ensemble, avec des filets de cuir, des morceaux de peaux encore fraîches; le sac mouillé est bourré de maté, fermé par une dernière couture et exposé au soleil. En se séchant, le cuir se contracte et on obtient des surraos pesant de 60 à 140 kg sous le volume le plus réduit possible.
- Transporté à dos de mules jusqu’aux entrepôts des villes les moins éloignées, le maté est finalement tamisé, trié en sortes plus Ou moins fines et emballé en boîtes métalliques ou dans des tonneaux de bois blanc. Ainsi préparé, le maté vaut en moyenne, rendu à bord des vaisseaux exportateurs, environ 70 centimes le kilogramme.
- Ce prix est extrêmement avantageux si on le compare à ceux du thé de Chine et du café. Le maté, en effet, ne le cède en rien à ces produits au point de vue de la valeur alimentaire. On en pourra juger par les chiffres d’analyses se rapportant à ces divers produits (d’après le Dr Moreau) :
- Thé.
- Composants pour 10C0. Yci’i. Noir. Cale. Maté.
- Huiles essentielles . . , . . 7,9 0 0,4 . 0,1
- Chlorophvllc. . . . . . 92 2 18,1 15,6 02,0
- Résines 22 2 50.4 15,0 20,7
- Tanin . 178,0 128) 8 10,4 12,5
- Alcaloïde (calcine, théine, etc.) 4,5 4,5 2,7 2,5
- Cellulose . 175,8 285,2 178,8 180
- Cendres . 85,0 25,0 25,0 58,1
- Nous n’avons pas à revenir sur le mode de préparation des infusions de maté1 qui, d’un prix de revient bien inférieur à celles du thé ou du café, possèdent les mêmes propriétés stimulantes, et un goût fort agréable. Comme nous l’avons dit, le maté est la boisson nationale dans toute l’Amérique du Sud, où indiens, paysans et citadins la préfèrent en général à toute autre. Et peut-être est-ce à cet usage qu’il faut attribuer la résistance des classes laborieuses sud-américaines à l’alcoolisme qui exerce en Europe tant de ravages. Nombreux aussi commencent à devenir en Allemagne et en Angleterre les consommateurs de maté. Nul doute qu’il en soit de même en France quand on connaîtra mieux le produit et ses précieuses propriétés2. À. C.
- 1. Décrit dans nos Recettes de décembre 1910.
- 2. Pour plus de détails, ou pourra consulter l'intéressante communication de M. P. Wales à la Société de Géographie commerciale (1910) d’après laquelle nous avons reproduit les photographies ci-contre.
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- LA DISSÉMINATION DES GERMES DANS L’UNIVERS '
- Un illustre physicien de la Suède, Svante Arrhénius, auquel nous devons d’admirables découvertes de chimie physique, a émis au sujet de l’origine de la vie sur la Terre une hypothèse extrêmement ingénieuse qui attire l’attention de tous les biologistes.
- Comme beaucoup de savants panspermistes éminents, Arrhénius croit qu’il est aussi chimérique de rechercher l’origine delà vie que celle delà matière et de l’énergie. Il estime que la vie existe de toute éternité dans la Nature, et qu’elle s’est toujours disséminée de monde en monde avec l’aide de germes microscopiques emportés à travers le ciel.
- S’étant rendu compte que l’ensemencement des planètes parla chute des météorites ou d’étoiles filantes n’est pas possible, il s’est mis à la recherche d’un autre mode d’apport des germes, et il à cru le trouver dans une très curieuse propriété de la lumière, sa pression de radiation. D’après la profonde théorie de Maxwell et les remarquables expériences de Lebedefï, on savait déjà que la lumière exerçait une pression sur tous les corps qu’elle éclaire ; mais on ne croyait pas que cette pression fût suffisante pour emporter des poussières microscopiques.
- La démonstration en a été faite, il y a quelque temps par deux physiciens américains, Nichols et Ilull.
- Ils ont porté au rouge des spores d’un Champignon, la Vesse-de-Loup, qui ont un diamètre de deux millièmes de millimètre. Us ont alors obtenu des petites particules spongieuses de charbon, d’une densité moyenne de 0,1. Ces particules, mélangées avec de la poudre d’émeri, furent ensuite introduites dans une grande ampoule de verre étranglée en son milieu, comme un sablier.
- Après avoir réalisé le vide, le plus complètement possible, en retournant l’ampoule, on laissa tomber le mélange en filet très mince, dans la partie inférieure.
- Chaque fois que le filet de cette fine poussière était éclairé latéralement par un rayon lumineux concentré avec une lentille et émanant d’un puissant arc électrique,
- • chaque fois, les particules charbonneuses étaient repoussées contre la paroi, comme si la lumière soufflait dessus, pendant que les grains d’émeri beaucoup plus lourds tombaient verticalement au fond du tube.
- On a mesuré la valeur de cette pression de radiation, et on a trouvé qu’elle était largement suffisante pour propulser avec une assez grande vitesse des corpuscules et les soustraire à l’action de la pesanteur, lorsqu’ils ont une circonférence égale ou un peu inférieure à la longueur d’onde des rayons incidents.
- Ainsi, pour de fines gouttelettes parfaitement réfléchissantes, ayant la même densité que celle de l’eau et un diamètre de 16/10 000e de millimètre, la pression devient dix fois plus forte que l’attraction émise par le Soleil.
- Comme les bactériologistes ont découvert des microbes qui ont des dimensions voisines, ces derniers doivent être certainement soumis à la pression de radiation et rapidement emportés au milieu des espaces célestes. Telle est l’idée de la remarquable hypothèse d’Arrhénius.
- L’éminent physicien a prévu minutieusement toutes les conditions de l’expulsion des germes, de leur voyage dans l’infini, enfin de leur arrivée sur un autre monde.
- Pour leur départ, la pression de radiation n’étant pas suffisante, il fait appel aux grands courants aériens et
- t. Paul Becquerel. La panspermie interastralc devant, les faits. Revue rose. "18 lévrier 1911.
- aux forces répulsives électriques qui existent toujours dans la haute atmosphère.
- Une fois dans le vide des espaces interplanétaires,, seule la force propulsive de la lumière intervient.
- Selon certains calculs, un germe ayant 16/10 000e de millimètre de diamètre doit mettre 20 jours pour aller de l’orbite de la Terre à celle de Mars, o mois à celle de Jupiter, 14 à Neptune, enfin 9000 ans pour atteindre le système stellaire le plus proche de nous a du Centaure.
- Mais comme tous les systèmes solaires émettent également une très forte lumière propulsive, les germes seront repoussés de soleil en soleil. Alors comment vont-ils pénétrer dans l’intérieur d’un nouveau système solaire?
- De simples grains de poussière cosmique, qui sont répandus a profusion autour de tout le système solaire, résoudront facilement la difficulté.
- Les germes attirés par attraction n’auront qu’à adhérer à la surface de ces grains de poussière et si ces grains n’ont qu’un diamètre 10 fois plus grand qu’eux, ils subiront de nouveau l’action des forces attractives cosmiques.
- Supposons que des germes venus d’un autre univers se trouvent en ce moment sur de semblables grains de poussière aux confins de notre système solaire près de Neptune. A leur départ, leur vitesse étant nulle, ils seront emportés de l’orbite de Neptune à celle d’Uranus en 21 ans, de celle d’Uranus à Saturne en 12 ans, de là à Jupiter en 4 ans, sur Mars en 5 ans, enfin de Mars à la Terre en 84 jours.
- Dès lors, ces germes, se trouvant liés à des particules dont la pesanteur est neutralisée par la propulsion de la lumière de 90 à 96 pour 100 de son intensité, ne pénétreront dans les atmosphères des planètes, qu’avec une vitesse très lente de quelques kilomètres à la seconde.
- L’élévation de température qu’ils éprouveront au contact de l’air pendant leur chute ne sera pas suffisante pour les tuer.
- Il est ainsi possible, conclut Arrhénius, que a la vie ait été apportée de cette façon,' sur la Terre et que, depuis des temps infinis, elle se transmette d’un système solaire à l’autre, ou de planète à planète dans un même système1. »
- Cette hypothèse de la transmission des germes par la lumière est d’une merveilleuse ingéniosité. Elle échappe à toutes les objections formulées contre celles des météorites. Mais pour l’établir sur des bases solides, il restait à vérifier des points très importants.
- Il fallait s’assurer si le vide interplanétaire, sa basse température et les radiations ultra-violettes stellaires qui le traversent perpétuellement, ne seraient pas des conditions défavorables à la conservation des germes. C’est ce que mes dernières expériences sur la résistance des spores, des bactéries et des champignons ont résolu2. Avec l’aide très dévouée de M. Matout, qui, dans cette circonstance m’a prêté son concours pour installer, sur mes indications, le dispositif expérimental que j’avais préparé, j’ai constaté dans mon laboratoire, après de nombreux essais, que les spores desséchées de l’aspergille et du charbon, qui ont la réputation d’avoir la plus grande
- 1. Arriiéxius. L’évolution des inondes, pages 226-246, traduction Seyrig. Ch. Béranger, éditeur, Paris.
- 2. Paul Becquerel. L’action de l’ultra-violet et l’origine cosmique de la vie. C.R. Acad, des Sciences, 4 juillet 1910.
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- résistance, sont toujours tuées, lorsqu’en dehors de leur milieu de culture, sur des lamelles de verre, elles ont été exposées pendant six heures à l’action de l’ultraviolet dans le vide, aux basses températures de l’air liquide. M. Matout, ainsi qu’il l’a expliqué dans un article paru ici1, trouve ces résultats peu décisifs. S’il est exact, m’objecte-t-il, que toutes les spores les plus résistantes sont tuées dans les conditions précitées, cela ne prouve pas qu’il en sera de même dans les espaces interplanétaires. Car dans ces espaces, les germes se trouvant, isolés, en dehors de leur milieu de culture, sans support matériel, ne doivent pas subir des effets photoélectriques, ni des échanges chimiques au contact de substances étrangères, ce qui probablement occasionne ici leur mort! C’est là une objection que son auteur n’aurait jamais formulée s’il m’avait consulté, s’il avait mieux connu mes conditions expérimentales, et surtout, s’il avait su qù’Arrhénius lui-même, ainsi qu’il a été dit plus haut, admet que les germes pour entrer dans un système planétaire, doivent toujours adhérer à un support matériel, à un gros grain de poussière cosmique mille fois plus volumineux, où ils se trouveront exposés à l’ultra-
- violet stellaire, non pas seulement pendant six heures, mais pendant des années entières.
- Cet argument de « matières, en contact », n’a aucune valeur parce que d’abord, il s’agit de substances sèches, sans eau, sans gaz, dans le vide à—190°, incapables de réagir les unes sur les autres, et ensuite, parce qu’il est prouvé que toutes les substances organiques constituant les êtres en vie latente ou active, qu’elles soient isolées ou non, sont toujours décomposées dans leur partie insolée. L’effet photo-électrique se produit donc sur les substances protoplasmiques elles-mêmes. C’est ce que démontrent mes expériences relatives à l’action de l’ultra-violet sur les graines1 ; c’est ce qu’établissent surabondamment toutes les recherches actuelles publiées à l’Académie des Sciences, spécialement celles de Victor Henri et de Daniel fîerlhelot.
- Dans ces comblions, mes résultats sont complètement décisifs. La théorie d’Arrhénius, si séduisante, trouve devant elle un obstacle infranchissable, et l’hypothèse de l’ensemencement de la Terre par des germes venus d’un autre monde, devient une chimère.
- Paul Becquerel.
- COMMENT S’ALIMENTE UN HAUT FOURNEAU MODERNE
- Hauts Fourneaux de Fumel (Lot-et-Garonne)
- Au fur et à mesure que s’augmente la capacité des hauts fourneaux modernes, leur alimentation et leur chargement deviennent de plus en plus l’objet des préoccupations des métallurgistes. C’est qu’il ne s’agit pas seulement d’approvisionner et de manutentionner chaque jour quelques milliers de tonnes de matières, il faut aussi les monter et les décharger au gueulard dans un ordre régulier, par charges com-posées, égales et successives, d’une façon continue et sans risque d’arrêt, et, enfin, il faut que la plus grande économie préside à toutes les opérations. Une remarquable innovation qui ne manque pas de hardiesse, vient d’être réalisée dans ce but par la Société métallurgique du Périgord pour ses hauts four-
- 1. Matout. Sur l’origine de la vie. La Nature, 11 mars 1911.
- neaux de Fumel. Les installations qu’on y a récemment inaugurées sont certainement uniques en
- France et méritent d’être décrites avec quelques détails.
- Il y a trois mois les matières destinées aux hauts fourneaux étaient déchargées sous un hangar dont le sol était au niveau de la voie normale. Comme dans les autres usines, les matières étaient ensuite reprises à la pelle et chargées dans des wagonnets s’ouvrant par le fond. Ces wagonnets, qui, pleins, pesaient jusqu’à 1800 kg, étaient roulés jusqu’au monte-charge par une équipe de rouleurs. Il fallait au moins 2 hommes pour rouler 1 wagonnet et autant pour le charger. Dans ces conditions il fallait
- 1. Paul Becquerel, Recherches sur la vie latente des graines (110 pages). Thèse de doctorat. Annales des Sciences naturelles, 1907. (Publiées sous la direction de M. Van Tieghem).
- Fig. i. — Un haut fourneau ancien aux Établissements de Fumel.
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- 25 hommes par poste pour assurer dans le bas T alimentation des hauts fourneaux. Les wagonnets étaient montés 2 par 2 au gueulard par un monte-charge hydraulique, espèce de balance d’eau très simple, mais manquant de souplesse.
- Organisation méthodique des approvisionnements. — A présent, les approvisionnements sont loin des hauts fourneaux. Les matières destinées au chargement arrivent par 4 voies parallèles nos 1,2, 5, 4 de la coupe ci-après (fig. 5). De chaque côté de ces voies se trouvent, sur une longueur de 50 m., des trémies longitudinales ou silos, dont le fond est un plan incliné à 45°. Pour permettre le glissement des matières , ce fond est revêtu de plaques de fonte.
- Sous la \oie, la profondeur de ces trémies est de 4 m. et sa largeur de 4 m. aussi suivant le plan de la voie.
- Chaque \oie se trouve alors portée par une esta-cade formée de montants, de longerons et de traverses en ciment armé et chacune d’elles dessert 2 accumulateurs longitudinaux.
- On peut donc décharger les wagons soit à droite, soit à gauche, et, pour que les matières ne retombent pas dans la voie quand les stocks sont trop pleins, celle-ci est bordée latéralement de chaque côté par un parapet en bois solidement fixé qui s’élève jusqu’au niveau de la plate-forme des wagons. Une cloison longitudinale x, établie sous l’axe de la voie, sépare l’accumulateur de droite de l’accumulateur de gauche quand les minerais qu’ils renferment ne sont pas de même nature. En outre, l’ensemble des 4 voies et des 8 trémies est recouvert par 4 travées de hangars séparés longitudinalement par des cloisons en ciment armé m. La quantité de matières ainsi emmagasinées et
- abritées est considérable et se chiffre par plusieurs milliers de tonnes assurant la consommation des hauts fourneaux pour une quinzaine de jours au moins. De plus, les voies se prolongent au delà des hangars dans un parc de grande surface où l’on peut mettre encore en dépôt d’immenses réserves en coke et minerai. Les manœuvres des wagons sont faites sur ces voies au moyen de 2 locomotives, qui ont avantageusement remplacé la traction animale dans l’usine.
- Le transport des matériaux. — Au-dessous de chaque estacade, à l’aplomb de la voie, se trouve une galerie souterraine dont le sol est à 5,50 m. au-dessous du niveau de la voie. On a ainsi 4 galeries longitudinales nos 1,2, 5, 4, qui partent d’une même galerie transversale MN, se poursuivent sur toute la longueur des ac-cumulateurs, c’est-à-dire 50 m. et aboutissent à une 2e galerie transversale parallèle à MN (Voir fig. 4).
- Chacune de ces 4 galeries nos 1, 2, 3, 4 dessert 2 accumulateurs latéraux et chacun de ces accumulateurs communique avec la galerie par 17 ouvertures p, munies de trappes spéciales et prolongées par des goulottes ou couloirs g. Chaque galerie possède donc au total 34 portes de trémies disposées en quinconce comme le représente la figure 4. Ces portes servent au chargement des bennes qui doivent monter au gueulard des hauts fourneaux. Ces bennes circulent sur un rail aérien suspendu dans l’axe de chaque galerie au moyen de chaises en fonte fixées par des étriers à des traverses en ciment armé. Ces 4 rails longitudinaux nos 1, 2, 3, 4 sont reliés par les aiguilles i, a, b, et la courbe au rail transversal TT, qui part d’une station S S et
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- parcourt la galerie transversale MN ; ils se relient aussi par les aiguilles e, d, c et la courbe c, au rail transversal qui parcourt la galerie KH. Cette galerie transversale donne accès à son extrémité à une 5e galerie longitudinale BC, parallèle aux 4 premières et qui aboutit à la station SS qui est la gare de départ des bennes pour le gueulard des hauts fourneaux. Le rail IvH se continue donc dans la galerie n° 5 et arrive en R à la station S. Une ligne électrique parcourue par un courant de 110 volts se trouve à 40 cm environ au-dessus de chacun de ces rails. Les aiguilles i, a, b sont' maintenues fermées par des contrepoids, mais peuvent s’ouvrir au moyen d’électro-aimants dans lesquels on envoie le courant en établissant un contact avec de simples manettes disposées dans la cabine A.
- 'Les aiguilles c, d, e sont normalement fermées, s’ouvrënt au passage des bennes venant des galeries nos 2,3 et 4 et se referment automatiquement, car elles sont aussi munies d’un contrepoids.
- Il est dès lors facile de comprendre le mouvement des bennes dans ces galeries. Ces bennes sont suspendues à un chariot électrique, actionné par un petit moteur récepteur de 110 volts et dont la puissance est d’environ 1 cheval. Il prend le courant à la ligne par un petit trolley en fil de cuivre t qui peut s’élever ou s’abaisser en agissant sur l’index u ou eh le tirant en arrière avec une gaffe. Si le courant passe, le moteur tourne et les 2 galets porteurs qu’il commande roulent sur le rail.
- Supposons alors que l’on veuille charger une benne de coke dans la galerie n° 2 (fig. 6) . La benne vide arrivant du gueulard à la station en Y avec son trolley levé^ elle se meut elle-même sur le rail T. L’aiguilleur .qui est dans la cabine A fait le contact correspondant à l’aiguille h. Actionnée par l’électro-aimant, celle-ci s’ouvre et laisse passer la benne
- Fig. 3. — Benne chargée se déplaçant d’elle-même sur un porteur et se rendant au gueulard du hautfourneau.
- dans la galerie n° 2. L’ouvrier abaisse le trolley devant la porte où il veut charger et la benne s’arrête. La porte est fermée par le volet v mobile autour de la charnière r et qui est commandé par le petit câble xyz qui trace sur des galets un.renvoi pour arriver sur la paroi en face de la porte. L’ouverture de la porte est également restreinte par une tôle o qui empêche les matières de venir dépasser la hauteur du volet v dans la goulotte. Pour charger la benne, l’ouvrier n’a qu’à lever le levier L qui agit sur le câble xyz et le volet v s’abaisse et
- _______ _______ vient s’effacer sur
- Z/ 7 / Ie fond de la gouc
- alors descend, remplit la benne et quand celle-ci est pleine l’ouvrier abaisse le levier L dont le contrepoids W empêche le volet u de céder au poids de la charge qui est alors arrêtée. Il suffit de relever le trolley et en appuyant sur l’index n pour faire repartir la benne qui chemine toute seule dans la galerie, ouvre pour passer l’aiguille c, revient par la galerie KH (fig. 4) et le couloir des bennes pleines BC et, après avoir franchi gracieusement plusieurs contours, arrive à la station en R où une bascule aérienne la pèse presque sans arrêt. Elle est prête à partir au gueulard.
- Toutes ces galeries larges de 2,50 m. avec trottoirs latéraux, cimentées de toutes parts ainsi que la station, sont d’une propreté remarquable, bien éclairées par des lampes électriques spéciales ; elles sont aussi bien aérées, car les 2 galeries MN et KH communiquent avec l’extérieur ainsi que la station. Une voie de garage G sert à conduire les bennes défectueuses à l’atelier de réparation qui est aussi en sous-sol et voisin. Un homme dans chaque galerie suffit pour assurer le chargement des 2 hauts fourneaux, de sorte que, en comptant l’aiguilleur, on exécute aujourd’hui avec 5 ouvriers le travail qui en demandait 25 il v a 5 moi?.
- câble
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- L’alimentation automatique du haut fourneau. — Le monte-charge est un transporteur aérien construit par la maison Neyret-Brenier de Grenoble et qui se compose de 5 câbles : 1 câble porteur des bennes pleines, 1 câble porteur des bennes vides et 1 câble tracteur sans fin pour bennes pleines et vides.Un train d’engrenages réducteur de vitesse, transmet directement le mouvement d’une dynamo de 32 chev. à 480 volts à la poulie motrice du câble tracteur dont la vitesse atteint 2 m. à la seconde.
- Or, chaque benne porte à mi-hauteur de sa suspension une sorte d’étau I dont la double mâchoire
- Atelier de réparation
- E^ndanchement : Bennes pleines
- Fig. 4. — Plan d’une série d'accumulateurs destinés à Vemmagasinement des matériaux nécessaires pour l'alimentation du haut fourneau.
- remet en marche en relevant leur trolley. Le courant électrique les amène alors dans l’axe du câble tracteur et les entraîne même au delà d’un système de glissières guides, fixées à hauteur des contrepoids O qui viennent appuyer contre elles et en suivent la courbure. Cette courbure les astreint à tourner et provoque ainsi la rotation du levier de serrage. La benne ainsi se trouve enelan-chée, la ligne électrique ne va pas plus loin et la benne suspendue
- au câble porteur qui prolonge le rail de la station, est entraînée par le câble tracteur jusqu’à la station du gueulard. Elle y arrive en ligne droite après avoir
- peut se fermer en tournant d’un certain angle le double levier Q (fig. 7).
- Le câble tracteur vient juste au niveau de cet étau et la benne est guidée de telle façon qu’il vient se placer à l’intérieur de cette double mâchoire. Il n’y â qu’à faire tourner le levier Q, muni de contrepoids qui le maintiennent dans sa position, pour pincer le câble tracteur, qui, dès lors, entraîne la benne dans son mouvement. Cette rotation du levier Q se fait automatiquement. Un ouvrier se trouve à la station en R pour peser les bennes. Après les avoir arrêtées pour le pesage il les
- franchi 3 pylônes intermédiaires, et le chariot quitte le câble porteur pour rouler sur un rail horizontal comme à la . station inférieure.. Le trolley qui est
- resté levé vient de lui-même et immédiatement se mettre en contact avec une ligne électrique établie au-dessus du rail. La benne entraînée à la fois par le moteur électrique du chariot et par le câble tracteur traverse une glissière guide analogue à celle du bas mais à courbure inverse, qui a pour effet d’appuyer sur les contrepoids du levier serrage et d’amener celui-ci dans sa position primitive. Ainsi la mâchoire s’ouvre et la benne quitte
- Fig. 6. Dispositif pour Vouverture des trémies et le chargement mécanique des bennes. — Fig. 7. Dispositif de transport électrique des bennes.
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- automatiquement le câble tracteur pour se rendre toute seule au-dessus des hauts fourneaux où elle va se déverser. Le déversement aussi est automatique. En effet, l’axe de suspension de la benne est au-dessous de son centre de gravité et ne rencontre pas la verticale de ce centre.
- Dans ces conditions, la benne serait normalement renversée si elle n’était maintenue droite par un levier coudé à fourche n (Bg. 7), qui vient emprisonner un petit segment ou rebord fixé à la paroi verticale delà benne. Ce levier est porté par la tige de la suspension et peut tourner autour de son axe horizontal, de sorte que si l’on veut faire basculer la benne il suffit de tirer ce levier en arrière par la
- inférieure. Elle y arrive portée par le câble porteur des bennes vides parallèle à celui des bennes pleines, se déclanche d’elle-même, emprunte la voie T d’où elle va électriquement et sans arrêt dans les galeries de chargement.
- Avec ce système, le chargement au gueulard est assuré par 2 hommes seulement pour l’ensemble des 2 hauts fourneaux : l’un redresse et enclanche les bennes, l’autre ouvre l’appareil de chargement pour faire tomber les matières dans le haut fourneau (fig. 8).
- Le progrès réalisé de ce côté est considérable puisque dernièrement, il fallait encore 2 hommes pour rouler les wagonnets, montés par le monte-
- Fig. 8. — La benne, arrivée au sommet du haut fourneau, est déchargée par deux hommes dans le gueulard.
- manette n, la fourche abandonne le rebord de la benne et celle-ci se renverse par son propre poids. C’est ce qui a lieu au gueulard. Un peu avant d’arriver au centre du « cup and cône », la manette du levier n rencontre un taquet vertical rigide qui lui barre le passage et provoque la rotation du levier à fourche qui finit par tomber en arrière pendant que la benne, qui n’est plus retenue par lui, se déverse dans la trémie du haut fourneau.
- La position du taquet est calculée de façon que la benne arrive à verser son contenu exactement dans l’axe du four. La benne vide et renversée continue son chemin sans s’arrêter, elle contourne la plate-forme du gueulard et revient à la recette du haut sur un rail parallèle au premier. Un homme se trouve là pour la redresser et pour l’enclancher au câble tracteur qui doit la redescendre à la station
- charge hydraulique, sur le haut fourneau. On avait ainsi 2 chargeurs à chaque fourneau et un homme spécial pour tenir le frein du monte-charge.
- Les gravures indiquent suffisamment la différence qui existe entre hier et aujourd’hui. Un téléphone haut-parleur relie le gueulard à la station du bas, de sorte que l’aiguilleur de la cabine A peut facilement correspondre avec le chargeur du haut.
- D’une façon générale cette installation a réalisé une grande économie de main-d’œuvre, économie qui a permis à l’administrateur de l’usine de modifier l’organisation du travail et de remplacer par 3 postes de 8 heures l’ancienne et habituelle formation de 2 postes de 12 heures.
- L. Durupt.
- Ingénieur civil des mines.
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- CURIEUX EFFETS DE LA FOUDRE
- Une antenne de télégraphie sans fil volatilisée par un éclair.
- L'éclair en boule.
- On utilise les antennes de télégraphie sans fil pour observer, enregistrer et même prévoir les orages.
- Un' de nos professeurs d’Université, qui fut naguère le premier à faire sur de petites distances de la télégraphie sans fil1, M. Turpain, professeur à l’Université de Poitiers, observe depuis plusieurs années et enregistre les météores orageux au moyen d’un appareil fort simple qu’il a combiné.
- Ce sont, à l’image de Fényi, des aiguilles à coudre ordinaires, placées en croix qui forment cohéreur et constituent la partie sensible aux ondes électriques d’origine atmosphérique.
- L’action graduée des ondes sur l’appareil (fig. 1) se traduit par les déplacements d’une aiguille sur un cylindre enregistreur. Une description de ce dispositif a été donnée naguère ici2.
- Un poste d’observations d’orages, destiné à des comparaisons avec celui déjà en fonction à Poitiers, fut installé par M. Turpain à La Rochelle le 2 novembre dernier. Le fil d’antenne, accroché au sommet d’une cheminée d’usine, celle de la Scierie mécanique de MM. Méhaignery, Mailhoet Cie, a une longueur de 100 m; un coude
- 1. Dès 1894, dans les caves de la Faculté des Sciences de Bordeaux où il répétait les expériences de Hertz et où il découvrit le fonctionnement simple du résonateur à coupure, M. Turpain transmit, et reçut des ondes électriques, avant M. Marconi, à travers quatre murs de 50 cm d’épaisseur chacun et à travers tout un corps de calorifère, et cela à 25.m. et plus de distance sans fds interposés. Il recevait ces ondes
- brusque de 25° est nécessité, à 58 m du sommet, par le retour de l’antenne vers le poste enregistreur. C’est cette antenne, dont le plan de la figure 2 donne la disposition, qui vient d’être foudroyée, le 15décembre dernier, dans des conditions des plus curieuses. La foudre a frappé l’extrémiLé supérieure de l’antenne :
- 64 m de fil de cuivre de 2 mm de diamèlre furent littéralement volatilisés; on n’en a plus trouvé trace. Le reste du fil, 35 m, est resté indemne et l’appareil lui-même a été seulement traversé par une partie de la décharge qui arracha simplement le fond de tôle sans rien endommager des «délicats dispositifs intérieurs. Mais ce qui est le plus curieux, c’est la production, au point M (fi,_. 1) où le fil d'antenne cesse brusquement d’être volatilisé, d’un éclair en boule qui, frôlant les maisons d’habitation, vint trouer, comme à l’emporte-pièce, un carreau sur une hauteur de 28 cm.
- M. Turpain vient de communiquer à la Société française de Physique cette, intéressante observation et de montrer les restes de l’antenne et l’appareil foudroyé.
- On remarquera sur la figure 3 quelques
- au moyen du résonateur à coupure qu’il avait imaginé et dans la coupure duquel se trouvait inséré un téléphone. Un résonateur à coupure armé d’un téléphone schématise de la manière la plus simple en même temps que la plus exacte, le dispositif récepteur actuel des postes de télégraphie sans fd.
- 2. "Voy. La Nature, n°1875 du 1er mai 1909, p. 543, fig. 4.
- Fig. i. — Poste enregistreur des orages de M. Turpain. L'appareil, construit par la maison J. Richard, est suspendu au moyen d’un fort bracelet de caoutchouc. Il comporte un milliampère mètre enregistreur qui indique à chaque instant et conserve les états de cohération du cohéreur. Une plume spéciale, visible sur le côté, marque les décharges, indiquant la décohération.
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- 340 : ...: CURIEUX EFFETS DE LA FOUDRE
- particularités fort curieuses : en a et en b, à l’extrémité supérieure de l’antenne et au coude brusque, les débris de fils présentent, aux points où se limita la fusion, des crochets très nets. Le fil s’est trouvé brusquement retourné à 180° environ de sa position normale. Il semble que l'allongement provenant de la fusion ait été si brusque que, par suite de son inertie, la dilatation qui dut s’en suivre ne put se faire jour en augmentant la flèche de la chaînette du fil tendu; elle eut donc pour effet de repousser brusquement les parties momentanément ramollies qui forment dès lors les crochets des débris actuels.
- M. Turpain pense être en présence des conditions de formation de ce phénomène si curieux et assez rare de l’éclair en boule, dont Arago donne, dans son étude sur le tonnerre, quelques descriptions dignes de foi.
- Il espère même pouvoir observer à nouveau le phénomène qui s’est fortuitement produit à La Rochelle et où l’éclair en boule consécutif du foudroiement de l’antenne doit être attribué selon lui à la self-induclion du coude brusque de l’antenne en B (fig. 1), qui fit se diviser l’énergie de la dé-
- Fig. 3. — Débris de l’antenne foudroyée : (a), extrémité supérieure de l’antenne fixée aie sommet de la cheminée d’usine en A (voir plan de la fig. i); (b), coude brusque de l’antenne, B (fig. i). Les extrémités du débris de fil ont été tordues à r#o° par la foudre.
- charge ; une partie continuant le long de l’antenne et allant foudroyer l’appareil enregistreur en se perdant à la prise de terre ; une autre partie coupant un fil téléphonique voisin et produisant sur les toits quelques légers dégâts ; une troisième partie enfin
- donnant naissance à l’éclair en boule qui en disparaissant brisa comme à l’emporte-pièce le carreau d’une habitation proche. Six personnes, dont les témoignages concordent, auraient vu une boule de feu
- Scierie
- Ràbotterie
- -Terre
- Cour
- Fig. 2. — Plan de l’antenne du poste enregistreur des orages de La Rochelle, installé par M. Turpain à la scierie Mehaignery, Mailho et Cie.
- au point même qui est celui où la fusion de l’antenne cessa brusquement.
- M. Turpain se propose de disposer une antenne à coudes brusques, en un lieu élevé, au domaine de Mauroc appartenant à l’Université de Poitiers, où, sans danger, le foudroiement possible de l’antenne pourra encore être suivi de la production d’éclair en boule.
- Voici d’ailleurs un résumé des observations les plus intéressantes de l’éclair en boule :
- Le 24 août 1720, le registre journalier des religieux bénédictins de l’abbaye de Montvilliers décrit avec un grand soin et une curieuse naïveté la production d’un éclair en boule. Une procession fut même instituée à cette date et continuée jusqu’en 1792 parce que l’éclair en boule avait brûlé toute la tapisserie de la niche d’une statue de la Vierge et respecté la statue laquelle était en bois.
- Le 19 avril 1888, un éclair en boule se déplace sur les fils télégraphiques à Hirschberg en Silésie et les brûle; en 1894 pareil phénomène et semblable dommage est observé au poste télégraphique d’Oder-berg en Prusse; enfin, le 9 juin 1901, M. Violle observe la chute d’un éclair en boule à Gevrey-Chambertin (Côte-d’Or). Son observation est contrôlée par un second observateur qui eut la même perception. Aucun aérolithe ne fut trouvé là où l’éclair avait frappé.
- Depuis les observations citées par Arago, dont la dernière remonte à 1852, aucun savant, sauf cependant M. Violle, n’a observé ce curieux phénomène. L’éclair en boule a donné lieu à des descriptions extrêmement fantaisistes et parfois incroyables.
- L’étude des ondes électriques va-t-elle, après tant d’aperçus nouveaux jetés sur les phénomènes de l’électricité, nous faire pénétrer et comprendre ces phénomènes si bizarres et si peu connus dans leurs détails, de la foudre et des éclairs? Espérons-le avec le professeur de Poitiers.
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- LE MUSÉE DE LA PAROLE
- On a signalé naguère la création à Paris d’un musée de la parole, due à l’initiative de M. Alfred Ponge, professeur au lycée Condorcet. Une proposition relative à ce musée doit être faite prochainement au Conseil municipal de Paris, et M. Ponge, à cette occasion, a réuni dans une petite brochure tous les renseignements nécessaires sur son œuvre. Il est donc facile, en même temps qu’opportun, d’apporter au public des précisions sur un organisme qui l’intéresserait sans doute vivement s’il en comprenait la destination.
- Un « musée de la parole » n’est qu’en apparence une conception contradictoire : depuis la découverte du phonographe, il n’y a évidemment plus d’obstacle matériel à un « conservatoire » de la voix humaine. C’est cet appareil, inventé par Edison, qui constitue à peu près tout le matériel du musée, ou plutôt qui lui fournit ses pièces — des disques phonographiques. Le disque semble, en effet, préférable au rouleau, notamment parce que, sous un moindre volume, il peut contenir la matière verbale de deux à quatre rouleaux. C’est d’ailleurs sous cette forme que le phonographe a été adopté aux Archives phonographiques de Vienne.
- A côté du phonographe, machine parlante, un musée de la parole doit faire une place égale à ce que M. Ponge désigne du mot « phonémographes », ou appareils muets. Beaucoup moins connus que le phonographe, ces appareils sont appelés et ont déjà commencé d’ailleurs à rendre de très appréciables services à la science des éléments du langage ou phonétique. Comme l’indique leur nom, ils ne servent pas à noter en bloc des fragments de discours humains, mais à en dissocier, en analyser, en mesurer ces éléments derniers que les linguistes appellent les « phonèmes ». Ils ont ainsi pour but, comme le dit fort exactement M. Ponge, de « forcer les organes phonateurs à inscrire eux-mêmes leurs mouvements, à mesurer leur effort, à marquer avec précision les moments divers où ils entrent en jeu et cessent de fonctionner, etc. ». Ces appareils sont très nombreux et l’on ne saurait entreprendre ici d’en donner la description. Nos lecteurs les connaissent déjà d’ailleurs dans ce qu’ils ont d’essentiel par des articles que La Nature a consacrés à diverses reprises aux travaux dans ce sens de Marey, du Dr Marage, etc. Quel qu’en soit le type, ils aboutissent toujours, plus ou moins directement, à des « graphiques », transposant le son du domaine de l’ouïé dans le domaine de la vue et permettant ainsi d’en effectuer l’étude à loisir, en la faisant porter tour à tour sur tous les facteurs dissociables, la durée, la hauteur, l’intensité, le timbre.
- Ces deux types d’appareils, les uns d’audition, les autres d’étude, constituent les deux sections du musée, dont tout le matériel se trouve conslitué par les originaux des graphiques et par les moules galvanoplas-tiques, en cuivre pellicule d’or, des phonogrammes.
- Tel qu’il existe aujourd’hui, le Musée de la parole, installé 9, rue Soufflot, à Paris, est encore une institu-
- tion très modeste : les originaux de graphiques et les moules de phonogrammes tiennent dans quelques armoires, et, malgré le patronage de MM. Boutroux, membre de l’Institut, G. Dumas, F. Brunot, l’abbé Rousselot,P. Passy, professeurs ou attachés à la Sorbonne, au Collège de France, à l’Ecole des Hautes-Etudes, le budget de l’œuvre est nul. Il en est à faire appel aux mécènes, état, municipalités, institutions, individus. Indiquons brièvement pourquoi cet appel mérite d’être entendu, toutes réserves faites d’ailleurs des garanties que les collectivités ou les individus jugeront légitimement nécessaires. ;
- La création d’un musée de la parole n’est pas un caprice individuel ; conditionnée par les progrès de la technique, en particulier par l’invenlion du phonographe, elle a sa cause dans le progrès des sciences du langage et des sciences anthropologiques, cause qui s’est spontanément manifestée un peu partout par la collection de documents phonographiques sur les langues ou les musiques des peuples aux divers niveaux de civilisation : les Archives phonographiques, créées par l’Académie des Sciences de Vienne, ont groupé ainsi des documents verbaux sur les habitants de la Nouvelle-Guinée, les Eskimos, la Bretagne,, la Provence ; la Smilhsonian Institution des États-Unis ébauche une collection phonographique relative aux tribus peau-rouge; empiriquement et en s’attachant trop à l’exceptionnel, l’utilisation commerciale du phonographe et aussi, par exemple, l’enregistrement, pour le Musée de l’Opéra, de voix de grands chanteurs, sauvent de l’oubli bien des curiosités qui seront précieuses pour un musée scientifique.
- D’aulre part, l’idée d’étudier et de fixer l’élément même de la parole humaine, la Yoix, devait fatalement se produire. Il suffit pour s’en rendre compte de rappeler en quelques mots ce qu’a été l’évolution historique de tout cet ensemble de moyens destinés à « matérialiser » la pensée, qui forment ce qu’on appelle l’écriture. L’homme a d’abord noté sa pensée sous forme d’images sans signification précise; il a passé ensuite à la notation d’idées, puis de mots, représentés d’abord sous la forme idéographique, et ensuite en notation phonétique, c’est-à-dire décomposés en leurs éléments. Puis, après les « lettres », on a inventé les « notes », pour fixer la musique après avoir fixé la phrase. La notation de la voix elle-même est dans la suite logique de celte histoire.
- Les services que rendrait d’ailleurs un musée de la parole sont évidents. Ils sont les uns purement sentimentaux, se ramenant au plaisir de connaître des voix éteintes; les autres scientifiques, un tel musée devant fournir au linguiste, au phonéticien, des matériaux d’études pleins de valeur. Ënfin, ce musée de la parole aura certainement une action éducatrice, en permettant d’introduire plus d’esprit scientifique dans la culture de la voix et d’étendre largement cette culture, infiniment trop délaissée et méconnue.
- J. Delsaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance paraîtra dans le prochain numéro.
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- LES TRAMWAYS OÙ L’ON PAIE EN ENTRANT
- En Amérique, où les voyageurs sont libres de monter dans les tramways en aussi grand nombre
- Fig. i. — Tramways où Von paie en entrant.
- qu’ils peuvent tenir, les Compagnies exploitantes se sont aperçues qu’avec le mode de perception des places, usité jusque dans ces derniers temps et consistant à faire passer, comme en Europe, le conducteur auprès des voyageurs entrés, une quantité de voyageurs, non pas infime, mais très appréciable, ne payaient pas leur place, parce qu’étant trop tassés, ils échappaient, avec un peu d’aplomb, au contrôle du conducteur.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a trouvé une solution très simple qui consiste à faire payer les voyageurs en entrant. Pour arriver commodément à ce résultat, on a établi des voitures du type dit « où l’on paie en entrant » (pay-as-you-enter-cars) dont la plate-forme d’arrière est divisée par une petite barrière (comme on le voit sur la figure 1) en 2 parties : l’une par laquelle les voyageurs sortent librement et l’autre, assez étroite, par laquelle les voyageurs montent un à un et paient leur place au conducteur placé derrière la barrière; s’il y a une issue sur la plate-forme d’avant, elle est affectée uniquement à la sortie, et le mécanicien veille à ce que personne n’y monte.
- Cette méthode, introduite il y a deux ans environ, a obtenu en Amérique un grand succès. Elle est appliquée maintenant dans toutes les grandes villes sur des milliers de voitures, et le public l’a acceptée partout d’emblée sans la moindre difficulté. C’est qu’en dehors du mérite qu’elle a d’empêcher toute
- fraude, ce qui était le but principal cherché par les Compagnies, elle présente des avantages accessoires, aussi bien pour le public que pour les exploitants. Un a constaté nettement une augmentation de la vitesse commerciale sur tous les tramways où l’on paie en entrant, en raison des stationnements moins longs aux arrêts : le service se trouve accéléré parce que les voyageurs entrants, au lieu d’être obligés d’attendre que les voyageurs sortants soient descendus, peuvent monter aussitôt que le tramway est arrêté. Les deux courants inverses s’écoulent avec ordre et méthode, il n’y a plus aucune bousculade entre eux et l’on évite ainsi les accidents dus à cette cause, qui en Amérique étaient assez nombreux.
- Enfin il est agréable pour le voyageur de ne plus être dérangé, souvent à plusieurs reprises, par le conducteur venant vous réclamer votre place. Quant au conducteur, sa fatigue est beaucoup moins grande, et n’ayant plus, dans l’intervalle des arrêts, à aller chercher les places dans l’intérieur de la voiture, il peut consacrer toute son attention à la bonne marche de son véhicule.
- Ce système, qui n’exige qu’une très légère modification au matériel existant (il est applicable à tous les types de voitures, même à entrée centrale, ainsi qu’on l’a déjà réalisé en Amérique), mériterait d’être essayé dans les grandes villes de France, comme il vient de l’être dans une ou deux villes d'Allemagne. Il ne demande aux voyageurs que le petit effort de se munir d’avance de la menue monnaie dont ils ont besoin.
- Afin de leur éviter même cette peine, on a créé récemment l’appareil dont la figure 2 donne la vue, qui perçoit automatiquement le prix de la place (supposée bien entendu uniforme, comme c’est le cas presque toujours on Amérique) quelle que soit la pièce d’argent qu’on lui donne et qui vous rend la monnaie.
- Il suffit de glisser la pièce dans celle des fentes supérieures qui correspond à sa valeur et l’on reçoit presque instantanément la monnaie dans la coupe inférieure; la machine peut faire, paraît-il, jusqu’à 100 encaissements par minute. Si l’on voulait faire chez nous un essai de ce genre, il n’y aurait même probablement pas besoin d’aller chercher des machines en Amérique, car nous croyons savoir qu’un constructeur français étudie en ce moment une caisse encaisseuse et changeuse destinée aux magasins, mais qui s’appliquerait tout aussi bien dans les tramways. Jacqüin.
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- Fig. 2. — Appareil américain encaisseur et changeur de monnaie pour tramways.
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- V-V- s'- s' - ^<0.
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- CHRONIQUE
- Une route modèle. — Après cinq années d’études et de démarches, une association américaine, le National Ilighways Club, constituée pour doter les Etats-Unis d’un réseau de routes carrossables, vient d’obtenir définitivement du Gouvernement l’autorisation de construire à ses frais une grand’route entre New-York et Washington. Elle aura 47 m. de large et comportera six chaussées parallèles. Deux d’entre elles, c’est-à-dire celles situées sur les deux bords extérieurs, seront publiques, et toutes les catégories de véhicules pourront y circuler librement, tandis que les quatre autres seront soumises à un droit de péage calculé selon la dislance paicourue.
- De ces quatre chaussées, deux serviront aux trolleys (une pour chaque direction), et les deux autres aux automobiles; celles-ci, également, ne recevront chacune que des voitures allant dans la même direction. Ces quatre chaussées payantes seront bordées de clôtures et franchiront les voies de chemins de fer soit à l’aide de ponts, soit à l’aide de tunnels, tandis que les chaussées publiques les traverseront par des passages b niveau défendus par des barrières. Le coût de construction du mille (soit environ 1600 m.) reviendra entre 450 000 et 500 000 francs. Pour mener à bien cette entreprise importante, le National Ilighways Club a constitué une société anonyme au capital de 125 millions de francs.
- Le stylographe en 1725. — Un de nos lecteurs, M. Réteaud, nous écrit : En parcourant un vieux volume daté de 1725 et signé du « Sieur Bion, Ingénieur du roi pour les instruments mathématiques, quai de i’IIorloge,
- chez qui l’on trouve ces instruments dans leurs perfections », je suis tombé sur la description de la plume sans fin que voici sans commentaires :
- C’est un instrument composé de trois pièces F. G. H, jointes ensemble. La pièce F porte une plume adaptée sur un tuyau à vis taraudé intérieurement et soudé à un autre petit tuyau de la grosseur du dedans du couvercle G, dans lequel est soudée une vis, qui sert à monter et descendre ce couvercle, afin de boucher le trou I par lequel l’encre sort. L’autre pièce, sert à boucher l’orifice supérieur du réservo:r et contient un portecrayon à vis.
- Pour se servir de la plume, il faut dévisser G, secouer un peu la plume, après quoi l’encre vient doucement tant qu'on écrit. A condition, ajoute l’auteur, que le crayon bouche, bien l’orifice de II pour empêcher l’air de peser sur l’encre et de la faire sortir d’un coup.
- Et dire que chaque jour nous
- Le slylographe de 1725.
- Figures extraites de l’ouvrage de Bion.
- entendons vanter ’esprit pratique et ingénieux des Américains, qui ont inventé le stylographe.
- CIBLE ENREGISTREE ÉLECTRIQUE
- On sait qu’il existe déjà différents systèmes de cibles automatiques, à actionnement électrique ou électro-pneumatique principalement.
- Les plus intéressantes sont basées sur la division de la cible en un certain nombre de segments portant des numéros et qui, légèrement mobiles, ferment, lorsqu’ils sont touchés par la balle, un circuit électrique dans lequel est inséré un indicateur à voyants, placé dans le box de tir.
- Un système intéressant vient d’être réalisé en Angleterre, sous le nom de cible enregistrice électrique Rose, pour permettre de faire connaître au tireur, avec une précision plus grande qu’il n’est généralement possible au moyen des cibles à segments, la position du point touché par la balle.
- Il est très ingénieux, bien qu’il paraisse approprié aux installations de tir réduit plutôt qu’aux stands militaires.
- L’installation comprend deux catégories d’organes ; les premiers constituent la cible et les seconds, le reproducteur.
- La cible (fig. 1) est essentiellement formée par un système de deux rouleaux, actionnés par un moteur électrique, auquel le mécanisme est relié par un embrayage électromagnétique ; une bande de papier est emmagasinée sur le rouleau de droite et passe sur le rouleau de gauche lorsque le mécanisme est mis en mouvement.
- L’ensemble des rouleaux et des transmissions est contenu dans une boîte protectrice ouverte à l’avant; du côté gauche se trouve une rangée de doigts de contacts touchant la surface de la bande; ces doigts sont reliés au circuit électrique de l’indicateur ainsi qu’à celui de l’embrayage magnétique du mécanisme.
- Dans les conditions normales, tous les doigts sont relevés par le papier et le système est en mouvement; mais si un trou se présente sous l’un des doigts, ce doigt bascule et établit un contact qui ferme le circuit de l’indicateur et, en même temps, d’un relai provoquant la rupture du circuit et l’embrayage électro-magnétique. Le mécanisme se trouve donc immobilisé.
- L’indicateur ou reproducteur consiste en un galvanomètre dont l’aiguille porte un long index terminé par une petite palette ronde ; cette palette se trouve, dans la boîte contenant l’appareil, derrière un transparent portant un fac-similé de la cible.
- A l’index est en outre combiné un équipage mobile, qui se déplace en même temps que la bande de papier de la cible, de telle sorte que la palette se trouve toujours dans une position qui détermine, dans le sens vertical, la position du trou fait par la balle.
- Lorsque, par suite du basculement de l’un des I doigts, le mécanisme du transmetteur est arrêté,
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- celui du reproducteur s’immobilise de même; les deux mouvements sont en effet conjugués mécaniquement ou électriquement; la transmission électrique s’emploie pour les grandes distances; elle
- placé à mi-hauteur et dont le passage sous le doigt de contact correspondant arrête le mécanisme.
- Le tireur, après le tir, ferme momentanément une clef qui coupe le circuit du relai de l’em-
- Mécanisme de la cible enregistrice électrique. Cible à silhouette mobile.
- consiste très simplement en un système de roues à rochets.
- Parallèlement aux doigts de contact est disposé un rhéostat électrique divisé en sections égales; lorsque l’un des doigts tombe,une partie du rhéostat dont il s’agit est mise en circuit avec le galvanomètre du reproducteur.
- Le courant envoyé audit reproducteur a donc une intensité dé-terminée pour chaque doigt; il en résulte que l’aiguille du galvanomètre dévie plus ou moins selon que le trou de la bande de papier se trouve plus bu moins haut sur cette bande ; la palette marque ainsi derrière le transparen L la position du trou, si le courant est convenablement réglé, ce qui s’obtient à l’aide d’un rhéostat adjoint ;à l’appareil.
- La bande de papier du transmetteur, c’est-à-dire de la cible, est percée de place- en place d’un trou
- brayage électro-magnétique; ce dernier agit et accouple le mécanisme d’entrainement du papier au petit moteur de commande.
- Les deux systèmes, transmetteur et récepteur, se
- mettent dès lors en marche, jusqu’à ce que le trou fait par la balle se présente sous les doigts de contact; l’un de ceux-ci déclanche alors et la palette du galvanomètre montre au tireur la place qu’il a touchée.
- On peut aussi procéder au tir à la cible à silhouette mobile (fig. 2) en tirant, pendant que le papier se déroule, entre deux trous consécutifs de la bande.
- Les appareils se relient à un circuit électrique ordinaire au moyen d’un socket et d’un culot de lampe; une poire sert à fermer le circuit de mise en marche; l’indicateur et la cible peuvent être éclairés par une lampe à incandescence branchée dans le circuit des appareils intéressés. H. Marchand.
- L’installation de tir.
- Près de chaque tireur se trouve placé le reproducteur électrique.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuue, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1979. ' 'v ' ’ r=^... =::::: 29 AVRIL IPI I
- L’IRRIGATION DES DÉSERTS AMÉRICAINS
- Le 18 mars, les autorités du Territoire d’Arizona ont inauguré une œuvre de grande envergure, la digue (Dam) Roosevelt, qui va servir à fertiliser une vaste étendue de terrain au cœur même du désert d’Arizona. Un chiffre indiquera l’importance de l’œuvre : sa construction a coûté 18 millions de francs environ.
- Il s’agissait d’emmagasiner les eaux de la Rivière Salée et de son affluent, le Tonto Creek, en utilisant comme réservoir un canyon où aucun blanc n’aurait osé s’aventurer il y a une vingtaine d’années. C’était là que s’étaient réfugiés les débris de la farouche tribu des Apaches, et l’aspect inaccessible de ce dédale de profonds couloirs, creusés en plein roc par la Sait River, leur avait offert une forteresse inexpugnable. Actuellement encore, la voie ferrée la plus proche du réservoir est dis tante de plus de 100 km.
- Pour y parvenir, il faut traverser d’abord une plaine large de 32 km, couverte de petits buissons épineux, et totalement dépourvue d’eau, puis, s’engager, sur une distance de 65 km, dans une des régions les plus accidentées du Nouveau Monde, avant d’atteindre la gorge large et profonde, aux falaises perpendiculaires, où les ingénieurs du Gouvernement américain ont édifié la massive construction dont nous allons parler.
- Pour faciliter l’accès des chantiers, ils durent
- 3<)c année. — jc1' semestre.
- avant tout construire un chemin long de 70 km, qui coûta un million et demi, et forer des puits pour alimenter les convois, et aussi les camps d’ouvriers. En même temps, grâce à une dérivation prise à 30 km en amont de l’emplacement du réservoir, ils purent installer une usine d’énergie électrique, de la capacité de 4000 chevaux, qui servit à éclairer la ville naissante, à actionner la machinerie des ateliers, et à pomper l’eau de la rivière pour arroser les terrains de deux fermes chargées d’approvisionner en légumes et en fourrage les ouvriers et leurs bêtes de transport. Par mesure d’économie, le gouvernement installa un moulinàciment,actionnéàl’électricité, et d’une capacité quotidienne de 500 barrils. Ce moulin produisit 340 000 barrils de ciment de première qualité, qui revinrent à 3 millions de francs de moins que la somme demandée par les soumissionnaires.
- La question de la main-d’œuvre désespéra un moment les ingénieurs, car les ouvriers de race blanche refusaient de venir dans cette solitude. Finalement, ils s’adressèrent aux indigènes de la région, et constatèrent, à l’encontre des préjugés établis, que les Peaux-Rouges faisaient d’aussi bonne besogne que les « Visages Pâles ».
- Pour la première fois dans l’Histoire de l’Amérique, on vit des équipes d’Indiens travailler sur des chantiers,
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- 346 r— z:: LA CARTE AERONAUTIQUE DE L'ARMÉE
- et sous la direction de contremaîtres de leur race.
- C’est après avoir résolu toutes ces difficultés que les entrepreneurs, MM. O’Rourke and C°, de Galves-ton (Texas), entreprirent la construction de la digue, dont les dimensions sont les suivantes : longueur totale, 560 m. ; épaisseur à la base, 56 m. ; épaisseur au faîte, 5 m. ; hauteur maxima, 92 m. La digue est percée de trois ouvertures de dimensions
- variées permettant de régler l’écoulement des eaux. Comme elles sont destinées à arroser des territoires situés à plus de 100 km. du réservoir, il a fallu construire tout un réseau de canaux de distribution, formant un ensemble de 525 km. La première pierre de cette massive muraille fut posée le 20 septembre 1906, et le travail de maçonnerie ne fut terminé que le 5 février 1911. Y. Forbin.
- LA CARTE AÉRONAUTIQUE DU SERVICE GÉOGRAPHIQUE DE L’ARMÉE
- ' La question de l’établissement d’une carte aéronautique a été posée en France depuis quelques années, mais elle n’a été mise sérieusement àletude que depuis 1909 et surtout après le circuit de l’Est et les grandes manœuvres de Picardie en 1910.
- Le développement considérable de l’aéronautique (ascensions libres et records de hauteur, voyages, raids et reconnaissances en dirigeable et en aéroplane) fait ressortir de plus en plus que les cartes topographiques ordinaires ne répondent qu’imparfaitement aux besoins particuliers de la navigation aérienne.
- Comme le disait, fort judicieusement, le lieutenant de vaisseau aviateur Byasson, les futurs pilotes des navires aériens seront de véritables capitaines au long cours et, pour cela, ils auront besoin de cartes spéciales.
- Tous nos aéronautes et aviateurs militaires nous
- ont exprimé à maintes reprises leurs desiderata au point de vue cartographique. Ces renseignements, réunis à ceux que nous avons recueillis auprès des différentes personnalités aéronautiques ou qui ont fait l’objet d’articles dans les revues et journaux sportifs, nous ont guidé dans l’établissement du projet de carte que nous avons présenté à l’Ëtat-Major de l’Armée le 21 septembre 1910.
- Notre idée à été d’établir une carte ne donnant que les choses indispensables au pilote pour qu’il puisse se diriger par n’importe quel temps et éviter les points d’atterrissage dangereux.
- L’échelle à adopter était d’une grande importance, car il fallait tenir compte :
- 1° Des détails à porter sur la carte qui, tout en étant assez nombreux, devaient être clairs et lisibles du premier coup d’œil ;
- I 11 III IV
- Fig. i. — Les signes de la carte aéronautique.
- I. — r, Routes nationales et départementales ; 2, Chemins divers; 3, Chemins de fer à 1 ou 2 voies; 4, Chemins
- de fer à voie étroite ou tramways; 5, Parc d'aviation et terrain d'atterrissage; 6, Dépôts de gaz hydrogène; p, Hangars et Stations de dirigeables; S, Hangars et Stations d’aéroplanes.
- II. — Points de repère : 1, Lieux habités; 2, Clochers, Cathédrales; 3, Gares et Stations de Chemins de fer;
- 4, Moulins à vent; 5, Cheminées d’usine; 6, Arbres isolés;p, Forts) 8, Châteaux; 9, Colonnes, Pyramides.
- III. — 1, Cours d’eau; 2, Canaux ; 3, Lacs et Étangs; 4, Marais, 5, Bois; 6, Cotes d’altitude; p, Lignes
- de haute tension électrique.
- IV. —- Atterrissages dangereux : Fils de fer, Vignes,} Vergers, Jardins, Iloublonnièrcs, Carrières, Terrains
- coupés de Haies ou de Fossés.
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- 2° De la dimension des feuilles et de la superficie du terrain qu’elles représenteraient pour ne pas obliger le pilote à se charger inutilement de papier.
- Les indications essentielles pour la direction, sont :
- 1° Le réseau routier ordinaire (routes nationales et départementales, chemins de grande communication) ; la représentation de toutes ces voies a son importance, car s’étant décliné avant le départ et en prenant des points de repère sur le sol, le pilote qui vole au-dessus d’un lieu habité ou d’un embranchement de routes sait quel est le chemin qu’il doit suivre pour rester dans la direction de son itinéraire ;
- 2° Les lignes ferrées, en distinguant celles à deux voies, et plus, de celles à voie unique, ces dernières n’étant plus visibles à partir d’une certaine altitude (400 m.) et cette distinction étant importante au point de-vue des repères sur l’itinéraire suivi;
- 3° Les cours d’eau, canaux navigables, lacs et étangs, que le miroitement de l’eau fait apercevoir de très loin et qui sont très appréciables comme indications de direction ;
- 4° Les bois, avec leurs taches sombres, leurs clairières et leurs grandes artères forestières ;
- 5° Les lieux habités avec l’emplacement exact de leurs églises etjçlochers, et la forme réelle de leurs contours, indications très importantes pour les reconnaître, surtout avec tous les chemins y aboutissant.
- 6° Les châteaux, moulins à vent, colonnes, arbres isolés se détachant sur le sol et les cimetières assez éloignés des lieux habités qui seront d’une indication très importante comme points de repère ; il en sera de même pour les cheminées d’usines qui) quoique ordinairement dans les thalwegs, n’eri révèlent pas moins leur présence par les panaches de fumée ;
- 7° La configuration du sol (vallées et thalwegs importants, plateaux et versants, mamelons isolés et promontoires saillants) avec des cotes d’altitude qui, tout en servant de repères remarquables, indiqueront au pilote à quelle hauteur il doit se tenir;
- 8° La déclinaison magnétique moyenne de la région qui permettra de se décliner avant de partir, de se diriger dans l’obscurité et de revenir dans la direction quand une cause atmosphérique l’a fait dévier.
- La carte devra indiquer en outre :
- a) Les points d’atterrissage dangereux (vignes, vergers, jardins, houblonnières, fossés, haies, carrières, lignes de force électrique à haute tension) ;
- b) Les aérodromes, terrains de manœuvres, hangars à dirigeables et à aéroplanes, dépôts de gaz hydrogène, etc...).
- Sans nous arrêter à tous les systèmes de repérage préconisés, qu’il s’agisse de la coupure des feuilles en grades ou en degrés, du méridien de Paris, de Greenwich ou de Behring, de chiffres ou de signes plus ou moins visibles, nous avons pensé
- qu’il fallait commencer par établir une carte lisible et compréhensible par tout le monde, que l’on connaisse ou non la topographie.
- De plus, il ne fallait pas oublier que le pilote dispose de peu de temps pour comparer sa carte avec le sol étant donné la vitesse de plus en plus grande à laquelle il vole ; il était donc de toute nécessité que cette carte fût d’une lecture facile et rapide, en un mot qu’elle donnât l’image du terrain, tel que le pilote le voit fuir sous son appareil.
- Le Service Géographique de l’Armée, seul établissement cartographique réunissant tous les éléments nécessaires pour mener à bien et rapidement ce travail, reçut, de l’État-Major de l’Armée, l’ordre d’établir à titre d’essai la feuille de Châlons qui serait expérimentée par les officiers aviateurs du camp de Châlons.
- Cette feuille dont nous donnons un fragment (reproduction en noir), fig. 2 a été établie d’après notre projet et à l’échelle du 200 000e en prenant comme base et coupure celles de la carte à la même échelle éditée par le Service Géographique de l’Armée ; elle correspond à 4 feuilles de la carte de l’État-Major à l’échelle du 80 000e (Reims, Verdun, Châlons, Bar-le-Duc) ; elle est imprimée en six couleurs et mesure 40 X 65 cm représentant une longueur de 128 km et 80 km de large.
- Le réseau routier et les eaux ont été réservés sur une teinte chamois clair qui, recouvrant le fond de la carte et combinée avec l’estompage des mouvements de terrain, en font un camaïeu et font ressortir les routes en blanc et les eaux en bleu clair argenté1.
- Les bois sont indiqués par une teinte vert sombre.
- Les lieux habités dans leur forme réelle, les forts et tous les points d’atterrissage dangereux sont indiqués en rouge.
- Les voies ferrées et leurs stations sont tracées en noir.
- Les côtes d’altitude sont inscrites en chiffres noirs bien apparents.
- Les cathédrales et clochers importants, les tours et colonnes sont représentés par une silhouette noire donnant le vrai profil de l’édifice.
- Les cheminées d’usines, châteaux, moulins à vent et arbres isolés, par des signes conventionnels spéciaux (fig. 1).
- Les aérodromes et terrains de manœuvre ont été réservés en blanc sur la teinte de fond et portent en rouge des signes appropriés indiquant les hangars à dirigeables et à aéroplanes et les dépôts de gaz hydrogène.
- La déclinaison magnétique a été calculée pour la région que représente la feuille et est portée en grades et en degrés dans la marge.
- 1. Dans le compte rendu de son ascension à 9000 m. d’ai- titude, le 9 avril 1911, l’aéronaute français Bienaimé dit qua /cette hauteur, il apercevait assez nettement la terre et qu’il devinait les routes à certaines lignes blanches»
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- L’ADAPTATION DES VÉGÉTAUX A LA VIE AQUATIQUE r 349
- Mathématiquement exacte au point de vue des distances, la carte est en même temps une photographie du terrain, elle donne les mêmes renseignements que la carte militaire à l’échelle du 200 000e du Service Géographique et pourra ainsi être utilisée par l’État-Major pour la rédaction des ordres et par les aviateurs et aéronautes pour les reconnaissances stratégiques et les grands raids.
- Etant donnée la lisibilité de toutes les routes car-
- rossables et la forme exacte des lieux habités, elle sera d’une grande utilité aux automobilistes.
- Le Ministre de la Guerre vient de donner l’ordre au Service Géographique de l’Armée d’établir, sur le même modèle, les feuilles intéressant le terrain où auront lieu les grandes manœuvres d’armée en 1911 et compris dans le quadrilatère Paris-Àmiens-Givet-Bar-le-Duc1. Commandant P. Pollacchi.
- du Service Géographique de l'Armée.
- L’ADAPTATION DES VÉGÉTAUX A, LA VIE AQUATIQUE
- Les Hydrophytes.
- Dans notre précédent article, nous avons placé l’eau au premier rang des facteurs susceptibles d’entraîner chez les végétaux, des phénomènes
- plier aux exigences de leur habitat. Nous les diviserons tout d’abord en deux catégories : les Hydrophytes absolues et les Hydrophytes amphibies.
- Fig. 3. — Berle à larges feuilles. Fig. 4. — Renouée amphibie.
- . Forme ordinaire. Feuille laciniêe. Forme aquatique à feuilles flottantes. Forme terrestre.
- d’adaptation. Le milieu aquatique crée, en effet, pour eux, des conditions biologiques très différentes de celles du milieu terrestre, conditions qui retentissent sur leur organisation.
- Nous allons examiner comment se traduit chez les différents organes des plantes, soumises à la vie dans les eaux, la nécessité où elles se trouvent de se
- Dans les premières, les appareils assimilateurs et reproducteurs sont entièrement confinés dans l’eau
- 1. Les feuilles des manœuvres qui porteront les noms de Paris, Châlons, Amiens, Mézières, seront mises en vente au fur et à mesure de leur édition, au prix de 1 fr. 50 la feuille, chez tous les libraires militaires et agents de vente du Service Géographique de l’Armée.
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- ou à la surface (Cornifle1, Nénuphar, etc.) ; dans les secondes, ils s’élèvent plus ou moins hors de l’eau, dans l’atmosphère (Roseau, Massette2, etc.).
- Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut se rappeler que l’assimilation, chez les plantes submergées a lieu, non pas exclusivement par la racine,
- Fig. 5. — Deux feuilles de Drosera rotundifolia grossies dont Vune a englué un moucheron.
- comme chez les plantes terrestres, mais par toute la surface de la plante ; leurs feuilles peuvent parfois absorber les liquides et jouer ainsi, en partie, le rôle de racines. Il s’en suit que, dans les Hydro-phytes absolues, les racines sont, en général, peu développées quand elles ne sont pas même complètement nulles et, dans le premier cas, elles semblent destinées uniquement à fixer ou à régulariser l’équilibre. Il importe de ne pas confondre avec les racines les puissants rhizomes, tantôt souterrains, tantôt rampants, à fleur de sol, dont beaucoup d’Hydro-phytes amphibies sont munies et qui sont en réalité des tiges, comme nous le verrons tout à l’heure.
- Les Lentilles d’eau (Lemnæ) et Y Hydrocharis Moi'sus Ranæ (fig. 1 et 7), ont les racines réduites à des filaments sans contact avec le sol. Mais il existe tout un groupe important de plantes aquatiques complètement dépourvues de racines. Ces organismes navigants, livrés aux fluctuations des eaux, lorsqu’ils appartiennent aux cryptogames microscopiques (Diatomées, etc.), font partie du Plank-tonz ; les macrophytes soumis aux mêmes conditions biologiques ont reçu le nom de Pleuston/f. Parmi les espèces les plus répandues de ce dernier groupe, on peut citer les Cornifles et les Utriculaires (ûg. 6), qui forment des amas très denses, au sein des eaux douces, à faible courant.
- La tige des Hydrophytes absolues est remarquable par sa flexibilité; les tissus de soutien, les fibres,
- 1. Ceratophyllum. — 2. Typha. — 5. Plankton : du grec TtlaY'/.TÔç = vagabond (voir notre article dans ce journal :
- 5 juin 1909, n° 1880). — 4. Pleuston : du grec tcao-jç = navigation.
- sont le plus souvent peu développés, en raison du support naturel que le milieu aquatique constitue à la plante par sa densité. D’un autre côté, la tige est souvent soumise à la nécessité de s’allonger, parfois très longuement, pour que la fleur ou la feuille flottante parviennent à la surface (Lobelia Dortmannci, Potamogeton ncitans, lig. 7) ; ses ramifications sont parfois très nombreuses (Renoncule d’eau1, Myriophylle). Enfin, la réduction du système vasculaire est la conséquence du mode d’assimilation que nous avons décrit.
- De même que nous avons vu les Hydrophytes absolues susceptibles d’absorber les liquides nourriciers par toute leur surface, de même nous verrons que, chez elles, les phénomènes de respiration ne sont plus dévolus uniquement à la feuille ; toutes les parties submergées absorbent ou émettent de l’oxygène et de l’acide carbonique. Ainsi s’explique par l’absence de transpiration et d’échange de gaz, la pauvreté ou l’absence de stomates. Les feuilles submergées en sont dépourvues et les feuilles flottantes n’en ont ordinairement qu'à la face supérieure, qui est en contact avec l’atmosphère (Nénuphar, Limnanthème, fig. 8). De ces conditions résulte pour la plante aquatique une certaine difficulté à se procurer de l’oxygène, attendu que, si l’eau est plus riche que l’air en acide carbonique, elle est plus pauvre en oxygène dissous, et la diffusion de ces gaz, en eau tranquille, se fait très lentement.
- Ce qui précède nous fait prévoir les adaptations nombreuses et variées auxquelles se prêtent les feuilles des Hydrophytes. Les unes ont pour but évident d’augmenter la surface de contact avec l’eau, en multipliant les divisions en lanières nombreuses, capillaires, analogues aux branchies des poissons, à épiderme mince (Renoncule d’eau, Myriophylle, fig. 9); les autres sont destinées à procurer à la plante de l’air atmosphérique, soit en augmentant l’étendue des feuilles flottantes, munies de stomates (Nymphéa-cées), soit en créant Fig. 6. — Utricules grossies dans le tissu cellu- d’Utriculaire commune. laire de la feuille de
- nombreuses lacunes constituant de véritables chambres à air (Zostère, Potamots, fig. 2).
- Le polymorphisme de la feuille dans les plantes aquatiques pourrait faire l’objet, à lui seul, d’un article détaillé. Souvent, par exemple, les feuilles primordiales sont très différentes de celles qui apparaissent ensuite (Sagittaire, Nénuphar)2. D’autre part, la feuille varie considérablement avec la pro-
- 1. Batrachium. — 2. Voir la planche IY de mon ouvrage Le lac de Grand-Lieu,
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- 7. — Hydrocharis morsus-ranæ.
- fondeur de l’eau; certaines espèces d’Alisma1 et de Pota-mots2 émettent des feuilles flottantes, dans certaines conditions et n’en montrent pas dans d’autres. Beaucoup d’espèces ont des formes terrestres qui se produisent lors du dessèchement estival et des formes aquatiques qui reparaissent avec le retour de l’eau (Renoncule aquatique, Renouée amphibie5, etc., fig. 4). Certaines Hydrophytes amphibies ont souvent des feuilles ou des folioles entières à un certain niveau d’immersion et très découpées à un autre (Cresson amphibie4, Berle à larges feuilles5, fig. 3).
- Les fleurs des Hydrophytes sont fréquemment d’une grande beauté. S’il n’est pas donné à tous nos lecteurs d’admirer les splendeurs de la végétation des eaux équatoriales (Victoria Regia, Nelumbium speciosum), véritables merveilles du règne végétal, ils ont pu apprécier le caractère hautement esthétique de la fleur de nos Nénuphars, du Limnanthème6, du Trèfle d’eau7 et de tant d’autres.
- En général, les Hydrophytes absolues allongent leurs pédoncules de façon à conduire leur fleur à la surface où s’opère la fécondation, à l’air, quelquefois avec l’intervention des insectes (IJoltoniapalustris, Utricularia, etc.). L'exemple de la Vallisneria spiralis est trop connu pour que nous y insistions. On sait moins que, chez certaines espèces, cette fécondation peut avoir lieu sous l’eau ; entre autres chez les Naias, herbes annuelles à rameaux piquants qui vivent à une assez grande profondeur, de même que chez les Cornifles. Cependant, dans l’ensemble, la fécondation de cette catégorie de plantes s’opère assez difficilement et, par suite, beaucoup de ces espèces fructifient peu. Mais la nature a pourvu à leur reproduction et à leur extension par d’autres moyens ; aussi les espèces d’Hydrophytes sont-elles, en général, très répandues sur toute la surface du globe, de même que dans leurs propres stations.
- Chez les Hydrophytes absolues le bouturage naturel ou artificiel remplace avec avantage la reproduction sexuelle
- 1. Alisnia Plantago (Plantain d’eau). — 2. Polamogelon hcterophyllus. — 5. Polygomtm amphibium. — 4. Nasiur-tium amphibium. — a. Sium lalifolium.— 6. Limnanthemum Nymphoides. — 7. Menyanthes trifoliata.
- Potamogeton
- heteropliyllus.
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- L’ADAPTATION DES VÉGÉTAUX A LA VIE AQUATIQUE :
- jr ^
- - Limitaitthemum peltatum.
- et compense amplement la quasi stérilité de certaines espèces. Dans le premier cas, nous voyons le végétal se fragmenter spontanément, à l’approche de l’hiver. Les nombreuses lacunes remplies d’air dont nous avons parlé plus haut s’injectent, à ce moment, de liquide et F « hibernacle », devenu plus lourd, gagne ainsi le fond pour hiverner à son aise. Au printemps suivant, le phénomène inverse se produit; la bouture remonte et se développe sous la double influence de la lumière et de la chaleur. Ne voilà-t-il pas d’intéressantes adaptations?...
- Le bouturage accidentel, résultant de la fragmentation du végétal par l’entremise des poissons, des vagues, de la navigation, est une autre cause de dispersion étendue; on sait qu’il a suffi d’un fragment d’une plante américaine1, échappée d’un petit bassin où elle était cultivée en Angleterre, comme objet de curiosité, pour produire, dans les canaux, les rivières, les lacs de notre-région et d’une grande partie de l’Europe occidentale, une véritable obstruction, rendant même la navigation difficile et obligeant certains États à dépenser de fortes sommes pour essayer d’avoir raison de cette « Peste des eaux ». Les Cornifles et les Potamots sont susceptibles de se multiplier avec la même intensité par simple scissiparité.
- Quant aux Hydrophytes amphibies, quoique fructifiant normalement, elles trouvent un procédé d’extension plus efficace dans leurs puissants rhizomes, tiges souterraines s’étendant longuement dans la vase (Rubanier2, Massettes, etc.), ou bien elles émettent des stolons qui s’étendent au ras du sol sur une longueur parfois très considérable. C’est là l’une des causes de l’exubérance de cette végétation de « Rouches » d’un caractère tellement envahissant 1. Elodea canadensis. Voir F. Crépin, Gand, 1862. — 2. Sparganitm ramosum.
- Trapa natans.
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- SËiÉHHBI
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- Renoncule d'eati forme aquatique.
- V
- Fig. 9. — Renoncule d’eau forme terrestre (Succulentus)
- qu’elle peut arriver, avec l’aide du temps, à dessécher des lacs tout entiers ainsi que j’ai pu en étudier un exemple frappant au lac de Grand-Lieu, près Nantes1.
- Après avoir passé en revue les adaptations des divers organes des végétaux au milieu aquatique, il nous reste à examiner rapidement l’influence spéciale de chacun des facteurs écologiques.
- La lumière. — L’absorption par l’eau des radiations lumineuses produit nécessairement une diminution d’éclairage de plus en plus sensible au fur et à mesure que la profondeur augmente. Il en résulte, pour la plante, une difficulté, croissant avec celle-là, de former de la chlorophylle et d’assimiler. Cependant, en général, les Hydrophytes entièrement submergées, sont adaptées à une lumière plus ou moins atténuée et même beaucoup meurent si l’intensité lumineuse est trop forte. D’après Magnin2, une algue (Thamnium Lemani) végète encore à 60 m. de profondeur dans le lac de Genève et nous savons qu’un grand nombre de Characées et d’Isoétées occupent la zone profonde de presque tous les lacs. L’affaiblissement de la lumière produit chez les Hydrophytes, aussi bien que chez les plantes terrestres, la réduction des organes reproducteurs et le développement des organes végétatifs; ceux-ci s’allongent souvent, dans les eaux, comme chez les plantes croissant à l’ombre.
- Parfois intervient chez les espèces à feuilles flottantes, en particulier chez la Macre ou Châtaigne d’eau, une curieuse adaptation qui permet à chaque3 feuille, grâce à l’élongation graduelle des pétioles du centre à la circonférence, d’obtenir une part égale de lumière.
- La chaleur. — Les variations de température du milieu aquatique sont de beaucoup inférieures à celle du milieu aérien, l’eau absorbant les radiations calorifiques avec intensité. En général, dans l’Europe tempérée, les Hydrophytes se contentent, pour végéter, d’un degré de chaleur peu élevé et ne peuvent supporter les hautes températures. Cependant, le réveil de la végétation, dans les eaux, chez les Phanérogames, ne se manifeste qu’assez tard, au Printemps. Mais certaines cryptogames (Characées, Algues) qui descendent à de grandes profondeurs doivent se contenter d’une lumière très affaiblie en même temps que d’une température très basse, mais à peu près uniforme.
- Le sol. — D’après ce que nous avons dit du rôle atténué ou même nul de la racine, chez les Hydrophytes absolues, on a pu voir que le milieu aquatique leur tient lieu de sol puisque le végétal y puise sa nourriture, utilisant directement les aliments carbonés et azotés en dissolution dans l’eau, décomposant le bicarbonate de calcium, s’emparant de l’acide carbonique et précipitant le carbonate de chaux. Toutefois, l’abondance ou la rareté de l’élément calcaire, dans les eaux, ne semble pas avoir la même importance que dans le sol, et lorsque l’on constate au lac de Grand-Lieu, par exemple, dont les dépôts n’offrent aucune trace de calcaire, la présence de dix-sept espèces de Characées, plantes qui passent pour calciphites, on est conduit à attribuer leur abondance à la variété des condi-
- 1. E. Gadeceau. Le lac de Grand-Lieu. Monographie phylogéographique. Nantes, Dugas et Cie. 1909. — 2. Axr. Magma-. Les lacs du Jura. Paris. Klincksieck, p. 578, 1904.— 5. Trapa nalans.
- a.
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- 354 ....: L’ADAPTATION DES VÉGÉTAUX A LA VJE AQUATIQUE
- dons physiques du sol (vase, sable, cailloux) et à l’ensemble du milieu biologique et non pas à l’in-iluence chimique. De telles conditions créent, au profit des ces plantes, l’une de ces Associations ouvertes que nous avons définies dans notre article précédent1.
- L’air, le vent. — Nous avons vu, tout à l’heure à quels procédés ingénieux la plante aquatique a recours pour se procurer de l’air. Nous parlerons donc seulement ici de la double action du vent sur les Hydrophytes.
- Le mouvement des eaux, dù aux courants, aux vagues, facilite la diffusion des gaz contenus dans l’air et cette influence est une des causes de la richesse plus grande de la flore des lacs au voisinage des affluents. Par contre, la houle véritable est, pour les Hydrophytes à feuilles flottantes, un sérieux obstacle ; aussi ne s’aventurent-elles guère au delà du pourtour, ordinairement abrité, des lacs. D’un autre côté, la flexibilité des tiges de la plupart des Hydrophytes amphibies, appelées à végéter « sur les humides bords du royaume du vent », les aide à supporter ses assauts. Tel, le Hoseau qui « plie et ne rompt pas ».
- Les animaux. — Un certain nombre de nos Hydrophytes sont, nous l’avons dit, fécondées par l’intermédiaire des insectes; nous ne reviendrons pas sur les adaptations très importantes auxquelles donne lieu ce processus, ayant traité le sujet dans nos précédents articles2. Mais quelques-unes de ces plantes tirent, dit-on, de ces auxiliaires, un profit plus direct : elles les capturent et les dévorent. On a publié, depuis Danvin, de nombreux travaux sur ce sujet que nous ne pouvons ici qu’effleurer. Le fait de la capture est incontestable; elle s’opère souvent en quantités considérables : Goëbel3 a pu compter plus d’un millier de mouches ainsi capturées par un Drosera, dans une végétation (fig. 5) ; mais nous ne croyons pas qu’on ait démontré, jusqu’ici, d’une façon irréfutable, que ces plantes digèrent véritablement leurs captifs. On a fait remarquer que nos plantes dites carnivores se rencontrent surtout parmi les Hydrophytes, et principalement chez les habitants des marais tourbeux à sol acide, dont les éléments nutritifs sont très difficilement assimilables par les plantes A II y aurait donc là une sorte de compénsation.
- Les plantes de notre région qui passent pour carnivores sont les Ulriculaires, les Rossolis3, les Parnassia et les Grassettes3.
- Les Utriculaires, comme leur nom l’indique, ont les feuilles munies d’ampoules (utricules) (fig. 6)
- U Yoy. le n° 1954, du 5 novembre 1910.
- 2. Numéros 1814, février 1908; 1847, octobre 1908.
- 5. GoEBEii (K.). Pllanzenbiologische Schinderungen Marburg,
- 1891.
- 4. Ce sont là mes dyslrophophytes ' (lac de Grand-Lieu), de : Suç, mauvais, xpoçï], nourriture et cpuxov, végétal.
- 5. Drosera.
- 6. Pinguicula,
- dont l’orifice est fermé par une sorte de couvercle. « Cette soupape remplit l’office des filets des nasses, c’est-à-dire qu’elle permet bien l’entrée vers l’intérieur, mais pas la sortie » : si bien que les insectes, attirés dans ces utricules par le mucus qui s’y trouve, une fois entrés ne peuvent plus sortir. Ils y meurent et se décomposent très rapidement et, d’après Goëbel, « il n’est pas douteux que la substance animale, divisée, ne soit absorbée ». Les deux prolongements antenniformes qui se trouvent à l’entrée de la vésicule de Y Ulricularia vulgaris, auraient pour fonction d’écarter les gros insectes qui l’endommageraient tout en y conduisant, au contraire, les petits; et les poils à deux ou quatre branches qui se trouvent sur la paroi interne de la vésicule seraient les appareils digestifs. Le même auteur considère comme des tentacules les poils glandulifères de la face supérieure des feuilles des Rossolis. Ils attirent les insectes par leur couleur rouge et par les gouttes brillantes sécrétées par les glandes et les capturent par leur inflexion vers le centre de la feuille sous l’influence d’une irritation produite par l’adhérence d’un corps étranger qui n’est autre que l’insecte lui-meme. Quant aux Parnassia et aux Grassettes, leurs feuilles sont enduites de poils glanduleux ou d’une matière gluante qui jouent le rôle que nous venons d’indiquer.
- Au point de vue des Associations végétales, les Hydrophytes d’eau douce correspondent tout d’abord aux deux grandes catégories que nous avons signalées au début de notre étude :
- 1° Les Hydrophytes absolues, plus ou moins submergées mais menant une vie purement aquatique et qui constituent la flore lacustre proprement dite, répondent à la Formation des Limnées1 en y comprenant, à notre point de vue, le Pleuston;
- 2° Les Hydrophytes, plus ou moins amphibies, c’est-à-dire les plantes qui, à leur état normal, ont leurs racines submergées, mais attenant au sol (Benthos) et leurs rameaux s’élevant dans l’air, au-dessus des eaux, peuvent se diviser en deux Formations : la Formation des Hélophytes- ou plantes de marais et la Formation des ürylophytes3 ou plantes des tourbières.
- Chacune de ces Formations se compose d’un certain nombre d'Associations que j’ai essayé de caractériser dans mon récent ouvrage; ce sont là des groupements végétaux qui, comme nous l’avons dit, sont nés de conformité ou de diversité d’exigences. Les plantes qui les composent y trouvent la satisfaction des nécessités biologiques auxquelles elles sont soumises. Emile Gadecfau.
- ]. Warmixg. Pro maj. pari.
- 2. Hélophytes : de eXoç = marais et <pyxov, végétal.
- 5. Oxylopliytes : de o?u; = acide; qpuxov, végétal. Ma Formation des Dyslrophophytes répond exactement à celle des Oxylophytes de YVarming ; mon élude Le lac de Grand-Lieu venait de paraître cpiand j’eus connaissance du récent ouvrage du maître : Eue. Wàioii.vg. OËcology of Plants, Oxford, 1909.
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- = =============== 355
- LA RÉSISTANCE DE L’AIR ET L’AVIATION
- Les expériences de M. Eiffel.
- a La résistance de l’air et l’aviation », tel est le titre d’un magnifique volume que vient de publier M. Eiffel. On y trouve la description du Laboratoire ae'rodynamique créé par lui au Champ de Mars, et l’exposé méthodique des résultats d’une campagne d’investigation de plus de 18 mois. Nos lecteurs connaissent le Laboratoire du Champ de Mars et son outillage (Voy. le n° du 26 février 1910). Nous nous bornerons donc à résumer les résultats que publie M. Eiffel. Ils sont assez importants pour mériter qu’on s’y arrête quelques instants.
- Les études deM. Eiffel ont porté sur des plaques planes, carrées ou rectangulaires, sur des plaques courbées, sur des corps ronds, sur des ailes d’aéroplanes en réduction et enfin sur de petits modèles complets d’aéroplanes.
- On voit que chacune de ces séries d’expérience a une portée pratique du plus vif intérêt.
- Les chiffres donnés par M. Eiffel trouvent, en effet, une application immédiate dans la con-struction des aéroplanes. Cette industrie si jeune, est pauvre encore en données numériques précises et sûres permettant d’établir un appareil avec le minimum de tâtonnements et de risques.
- De nombreuses machines volantes sillonnent aujourd’hui l’atmosphère, mais les propriétés dynamiques de l’air, celles qui rendent possible le vol mécanique, sont encore, sinon mystérieuses, du moins assez mal connues. L’industrie aérienne offre à cet égard une situation assez analogue à celle que présentait la machine à vapeur voici quelque 80 ans, avant les expériences de Dulong et surtout celles de Régnault ; on construisait des machines utilisant la force élastique de la vapeur d’eau, et l’on ne connaissait exactement ni la valeur ni les variations de cette force; on construisait à l’aveuglette, d’in-nomhrables accidents en furent la rançon. Il en va un peu de même actuellement pour l’aéroplane; pendant longtemps tout n’a été qu’incertitude au sujet des réactions de l’air sur les diverses parties d’un appareil.
- Des travaux qui, comme ceux de M. Eiffel, viennent enfin substituer aux chiffres douteux des valeurs certaines rendent à l’aviation un service comparable à celui que Régnault rendit autrefois à la machine à vapeur.
- Lorsqu’une surface plane se déplace avec une vitesse Y dans un air calme, ou ce qui revient au même, si restant immobile elle est exposée à un courant d’air de vitesse Y, la réaction de l’air ambiant lui fait subir un effort R sensiblement normal à son plan. Si S désigne la valeur de la surface, cet effort qui représente la résistance de l’air est donné par la formule fondamentale : R = KSY2; K étant un coefficient indépendant de la vitesse Y
- Cette formule, aujourd’hui universellement admise, indique que la résistance de l’air est proportionnelle à la surface et au carré de la vitesse. Reste à trouver le coefficient K; or, les divers expérimentateurs qui ont cherché à la déterminer donnent des. chiffres très différents les uns des autres.
- La confusion des résultats augmente encore lorsque la plaque, au lieu d’être normale au courant d’air, est inclinée sur lui; la résistance dépend évidemment de l’inclinaison de la plaque, mais dans quel rapport?
- M. Eiffel a eu le mérite de jeter quelque clarté dans cette question embrouillée. Rappelons qu’il soumet les surfaces étudiées à un vent uniforme et constant ; il pèse la pression résultante, détermine le centre de pression et étudie la répartition des pressions sur l’étendue des plaques.
- Étude des surfaces planes. — Surfaces normales au vent. — Le coefficient K, si longtemps surnommé le mystérieux, varie selon la forme et la grandeur des surfaces. La cause en est, fort proba-
- 1. Pour appliquer la formule, en utilisant les chiffres qui seront indiqués ci-dessous, ne pas oublier que Y est exprimé en mètres à la seconde, S en mètres carrés, R en kilogrammes.
- Fig. r. — Le Laboratoire de M. Eiffel. Une expérience pour mesurer la résistance d’un groupe de deux disques parallèles.
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- 356 LA RÉSISTANCE DE
- blement, à l’action du bord des surfaces sur les filets d’air.
- En tout cas, pour des plans carrés normaux au vent, le coefficient Iv croît de 0,065 avec des plaques de 10 cm. de côté, jusqu’à 0,08 avec les plaques de 1 m2. Cette dernière valeur est probablement une limite pour les grandes surfaces.
- Le coefficient d’un rectangle normal au vent augmente avec l’allongement. Pour des rectangles de 225 cm2, la valeur du coefficient augmente de 10 pour 100 quand on passe du carré à l’allongement 6 et de 47 pour 100 quand on passe du carré à l’allongement 50.
- Ces premiers résultats montrent déjà clairement combien les effets de la résistance de Pair sont variés et divers. Cette constatation deviendra plus frappante encore sur les plans obliques.
- Plans obliques. — Un plan normal au vent subit une poussée R ; inclinons-le progressivement jusqu’à ce qu’il devienne parallèle au vent ; dans cette dernière position, il ne subit plus aucune poussée; au premier abord on est tenté de croire que la poussée R décroît progressivement en même temps que l’inclinaison et diminue régulièrement jusqu’à zéro. M. Eiffel*démontre qu’il n’en est rien.
- Yoici tout d’abord une plaque carrée de J5x25npm. de côté. Soit R90 sa résistance quand
- 09 10? 209 30° 40° 50° 60? 70? 80° ono
- Fig-. 2. — Plans obliques. Variations de la résistance de l’air, suivant l’angle d’inclinaison. — Les 4 courbes représentées ci-dessus résument les résultats obtenus pour 4 rectangles d’allongement : 1 (carré); i,5; 2; et i/3; en abscisses les angles d’incli-
- ni
- naison; en ordonnées le rapport -5— correspondant.
- m»
- elle est perpendiculaire au vent; si nous l’inclinons, sa résistance commence par augmenter, pour passer par un maximum vers 37° ; elle diminue ensuite régulièrement, pour s’annuler lorsque l’incidence devient nulle. Le graphique ci-contre met nettement le fait en évidence. Sur l’axe Oæ sont portés les angles
- d’incidence, sur l’axe Oy, le rapport Ri étant
- R 90
- la résistance correspondant à l’angle de i° (fig. 2).
- L’AIR ET L'AVIATION ..:
- Ce phénomène paradoxal de maximum dépend évidemment de la forme de la surface ; on le retrouve, mais à un degré moindre, sur des plans rectangulaires ; on voit sur le graphique les variations du
- rapport ^ pour des plaques d’allongement 15, 2
- R90
- (grands côtés perpendiculaires au vent) et 1 /5 (petits côtés perpendiculaires au vent).
- Pour les petits angles d’inclinaison de 0 à 12°, le Ri
- rapport -p- varie sensiblement proportionnellement R90
- à l’angle d’inclinaison.
- Plaques courbes. — M. Eiffel, après les plans, a étudié les surfaces courbes. La Nature, dans son
- 8y
- 0,10
- 3C o y X 0,09
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- s y y < v N, *
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- PÆ6- s* o?J h Hllio.00
- Kx 0,10 0,09 0,08 0,07 0,06 0,05 0,04 0,03 0,02 0,01 0,00
- Fig. 3. — Plaques courbes. Diagrammes polaires;
- en trait plein celui d’une plaque courbe de
- çox i5 cm. ayant une flèche de ; en pointillé,
- le diagramme polaire d’une plaque plane de
- 9o x i5 cm.
- n° du 20 février 1910, a indiqué quelques-uns des résultats obtenus. Ceux-ci dépendent essentiellement de la forme de la surface. M. Eiffel les a condensés pour chaque plaque dans un graphique qu’il nomme diagramme polaire et qui permet fort commodément de comparer entre elles les différentes surfaces. Notre figure 3 représente quelques-uns de ces diagrammes. Pour un angle d’inclinaison i, la résistance unitaire Kf de la surface a une composante horizontale Ivr, une composante verticale ; on porte la première suivant Qx, la seconde suivant 0y ; le point correspondant décrit le diagramme polaire. Prenons, par exemple, sur l’une des courbes le point marqué 10° ; son abscisse indique pour l’inclinaison de 10°, la ' résistance unitaire horizontale de la plaque, son ordonnée : la résistance verticale ; joignons-le au point 0, la droite ainsi obtenue représente la résultante, en grandeur et direction.
- En superposant de semblables diagrammes obtenus pour diverses surfaces, on peut comparer immé-
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- LA RÉSISTANCE DE L’AIR ET L’AVIATION ============ 357
- diateraent la façon dont elles se comportent dans l’air.
- Autre constatation intéressante : pour des surfaces planes, le centre de poussée se rapproche constamment du bord d’attaque à mesure que l’angle d’inclinaison diminue.
- Pour les surfaces courbes, dont le graphique est représenté ligure 5, M. Eiffel a constaté au contraire qu’aux faibles incidences le centre de poussée rétrograde vers le bord de sortie quand l’angle diminue.
- Surfaces parallèles. — Les surfaces parallèles jouent un rôle important en aviation. Sans parler des surfaces portantes des biplans, les montants, les haubanages, les fuselages, etc., nous en offrent de nombreux exemples. Il était donc utile d’étudier comment se comportent de semblables surfaces, et l’appoint qu’elles apportent soit à la force sus-tentatrice de l’appareil, soit aux résistances passives.
- Quand des rectangles parallèles, plans ou courbes, sont disposés comme dans les aéroplanes biplans et peu inclinés sur le vent, ces deux surfaces se gênent réciproquement et, suivant que l’écartement est des 2/3, des 3/3, ou des 4/3 de la profondeur des plans, les poussées sont réduites à 0,65, 0,70, 0,75 de ce qu’elles seraient sur un monoplan de même surface totale.
- A noter aussi les résultats obtenus sur deux disques de 0,30 m. de diamètre d’écartement variable, parallèles entre eux et normaux au vent; la poussée sur l’ensemble décroît à mesure que l’écartement augmente, jusqu’à ce que ce dernier atteigne 45 cm., c’est-à-dire 3 fois le rayon; puis la poussée augmente progressivement; pour 90 cm, d’écartement elle est de 9,5 kg; la poussée sur deux disques isolés serait de 13,5 kg. La réduction d’effort est donc encore de 4 kg.
- On peut constater au surplus que le disque arrière est tout d’abord attiré vers le disque avant. L’effort d’attraction est maximum pour l’écartement de 0,45 m. et atteint 2,6 kg.
- D’où la curieuse expérience suivante : sur une tige parallèle au vent, on dispose deux disques de 0,30 m. dont l’un est fixe, et dont l’autre, placé derrière le premier et soutenu par une légère armature est mobile le long de la tige; si l’écartement est supérieur à 0,68 m., ce disque est repoussé par le vent ! Si l’écartement est inférieur, il est attiré et progresse contre le vent jusqu’à ce qu’il vienne toucher le premier disque (Gg. 4).
- On peut aisément constater en automne, sur les grandes routes, un phénomène du même genre ; les automobiles attirent et entraînent derrière elles, dans leur sillage, tout un cortège de feuilles mortes. C’est l’effet de la dépression de l’air à l’arrière d’une plaque soumise à un courant d’air d’une certaine vitesse.
- Après une étude spéciale des corps ronds : cylindres de différentes longueurs, ayant leurs axes parallèles ou perpendiculaires au vent, cônes, sphères, demi-sphères concaves et convexes, cylindres à base hémisphérique, corps sphéro-coniques, nous arrivons à la partie de l’ouvrage de M. Eiffel qui présente l’intérêt pratique le plus immédiat : l’étude des ailes d’aéroplanes et des modèles réduits d’aéroplanes.
- Ailes d’aéroplanes. — Dix-huit types d’ailes ont été étudiés, sept sont définis géométriquement, les autres sont des réductions d’ailes existantes : Blériot, Bréguet, Farman, Voisin, Wright. Nous ne
- pouvons résumer ici les résultats d’une telle étude; signalons seulement qu’ils sont condensés en une série de diagrammes,chaque aile a donné lieu à 6 diagrammes sur le premier sont portées les valeurs des efforts unitaires, totaux, verticaux et horizontaux, pour des angles d’inclinai son (angle entre la corde et le vent) variable de 0 à 16°. Ces valeurs multipliées par la surface de l’aile et le carré de la vitesse donnent l’effort total, la sustentation et la résistance horizontale. Le second diagramme représente le rapport de la résistance horizontale à la sustentation, et l’inclinaison de l’effort total. Le troisième est le diagramme polaire dont nous
- Fig. 4. — Déplacements d'un disque protégé contre le vent.
- Fig. 5. — Essai d'un modèle réduit de monoplan Nieuport.
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- 358======= LA RÉSISTANCE DE L’AIR ET L AVIATION
- avons parlé plus haut; il permet de comparer rapidement et clairement les cjualités des divers types. La position du centre de poussée est donnée par deux diagrammes : l’un indique les positions successives de ce centre sur la ligne médiane de l’aile lorsque celle-ci tourne autour du bord d’attaque, l’autre indique la distance du centre de pression au bord d’attaque en pour cent de la largeur
- moyenne sur la face inférieure. On peut dire que l’aile est deux fois plus aspirée sur sa face dorsale qu’elle n’est poussée sur sa face inférieure. »
- Signalons encore d’intéressantes expériences sur des modèles au d /10e de monoplans Esnault-Pelterie et Nieuport.
- Toutes ces observations ont été faites sur des modèles réduits ; les chiffres ainsi trouvés en Labo-
- 4-1-8
- W? 30“ 20? KR O» 10° 20? 30° 40°
- Fig. 6, ", 8. — Diagrammes relatifs à l’aile de la figure 9, aile genre Wright.
- Fig. 6. — Distance du centre de poussée au bord d’attaque en 0/0 de la largeur de l’aile (en abscisses, les angles i de la corde et du vent):
- Fig. 7. — Diagramme indiquant les positions successives de la ligne médiane de l’aile et sous chacune d’elles la position correspondante du centre de poussée.
- Fig. 8. — Répartition des poussées sur la ligne médiane de l’aile inclinée à 6°, la courbe en trait plein indique pour chaque point de la section la valeur de la pression sur la face concave de l'aile, la courbe en pointillé indique les valeurs de la pression sur la face convexe.
- de l’aile (üg. 6 et 7). Enfin le sixième diagramme figure la répartition des pressions dans la section médiane pour l’inclinaison de 6° (fig. 8).
- On peut constater ainsi que près du bord d’attaque la pression atteint des valeurs énormes; on arrive parfois à des chiffres de 120 l<g par mètre carré. Jamais sans doute les constructeurs d’aéroplanes n’avaient imaginé que pareils efforts puissent se développer sur les membranes de leurs appareils.
- Les nervures et les tendeurs devront désormais être calculés en conséquence et les ailes étudiées de façon à mieux répartir les pressions sur foule l’étendue de la surface portante.
- « En général, fait remarquer M. Eiffel au sujet des ailes qu’il a étudiées, la dépression moyenne du dos de l’aile est environ le double de la pression
- ratoire sont-ils valables pour les grands appareils qui doivent affronter l’atmosphère? M. Eiffel a fait à ce sujet quelques expériences qui lui ont montré, que dans les calculs pratiques relatifs aux aéroplanes grandeur réelle, il fallait, pour tenir compte de l’accroissement des surfaces, augmenter de l/10c les chiffres trouvés au Laboratoire. Dans ces conditions, les calculs effectués sur des appareils existants ont montré une coïncidence parfaite avec les faits observés par les constructeurs et les pilotes. D’où cette conclusion dont il est à peine besoin de souligner l’importance, au point de vue de la construction des aéroplanes : « L’essai d’un modèle d’aéroplane, ou à la rigueur l’essai d’un modèle de ses ailes, permet de prévoir les conditions du vol normal. » A. Trolleii.
- Fig. g. — Coupe du modèle réduit d’aile Wright expérimenté par M. Eiffel. Ce modèle avait 900 111m d’envergure.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 1 8 et 24 avril 1911. — Présidence de M. A. Gautier.
- Décès. — M. le président fait part de la nouvelle de la mort de M. Bosscha, correspondant de l’Académie, survenue le 15 avril. Il rappelle que M. Bosscha a le premier montré comment l’on pouvait expédier simultanément plusieurs dépêches sur un même fil. M. Bosscha est l’auteur de nombreux travaux d’électricité; il était également très versé dans la métrologie. Secrétaire perpétuel de la Société royale de Harlem, il a préparé la publication des œuvres de Huyghens.
- Reproduction photographique d'un imprimé. — M. d’Àrsonval présente une note de M. Guillaume de Fontenay, décrivant un procédé de reproduction photographique, en vraie grandeur, d’un imprimé. On applique la pièce imprimée sur la couche sensible d’une plaque photographique et l’on éclaire la plaque par une lumière placée du côté de la glace. La lumière traverse la glace, [tuis la couche sensible et voile légèrement celle-ci, puis elle se réfléchit également sur la feuille imprimée et impressionne de nouveau la couche sensible. En faisant disparaître le voile par les procédés ordinaires, puis en renforçant l’image, on a une reproduction en vraie grandeur de la pièce imprimée, reproduction réalisée sans intervention d’objectif.
- Détermination de la vitesse des navires. — M. Berlin présente un nomogramme construit par M. Maurice d’Ocagne pour déterminer la valeur de la vitesse d’un navire lorsque l’on change les conditions de marche de la machine. Ce nomogramme fournit en moins d’une minute, par la méthode graphique, la solution des équations compliquées qui ont été données récemment par M. Berlin.
- Production de la lumière froide. — M. Dussaud adresse ur;e Note contenant la description d’un appareil de lumière froide pour application de celte lumière à l’éclairage, à la cinématographie, aux projections. Cet appareil a été construit sur ses indications par MM. Du-cretet et Roger; il permet de dépenser 50 fois moins, si l’on utilise le courant du secteur, ou de remplacer ce courant par une pile d’un prix d’achat et d’un prix de revient d’entretien fort peu élevés.
- Végétation fossile. — M. R. Zeiller présente une Note de M. Armand Rénier chargé de cours à l’Université de Liège, sur des épis i'ructificateurs d’équisétinées observés par lui dans la zone inférieure du bassin liouiller de Liège, dans la couche Grande Delsemme du charbonnage de AVer es ter. Grâce à l’obliquité variable de ces épis par rapport au plan de la roche, montrant leurs coupes en divers sens, M. Rénier a pu étudier en détail la constitution de ces épis et les identifier au Calamostachys Ludwigi qui n’était connu que par un échantillon unique à structure conservée. II a, de plus, constaté par l’observation de connexions directes que ces épis appartenaient à V Aslerophyllites longifolius dont on ne connaissait jusqu’à présent que les rameaux stériles.
- L'arséniate de plomb employé comme insecticide. — M. Schlœsing fils résume un travail de MM. Moreau et Vinet relatif à l’emploi de l’arséniate de plomb comme insecticide de la vigne. Cette substance donne de bons résultats et elle est à bas prix; aussi est-elle d’un usage facile. Il existe bien un autre insecticide qui donne des résultats au moins aus.-i bons et qui ne peut présenter aucun danger, c’est la nicotine. Mais ce produit est peu abondant; il a manqué l’année dernière et, de ce fait, la viticulture française a subi une perte énorme. Il est donc
- très intéressant de reconnaître si l’arséniate de plomb offre des dangers pour les consommateurs de vin. D’après les auteurs, l’arséniate de plomb ne se retrouve pas dans le vin, quoiqu’il fasse tache sur les grains et sur les râpes ; il s’en va avec les lies. Il est seulement nécessaire de traiter les vignes avant l’époque de la floraison. M. A. Gauthier fait observer que l’Académie de médecine et le Comité d’hygiène de la Ville de Paris, appelés à étudier la question de l’arséniate de plomb, ont formulé des réserves expresses. La possibilité de trouver de l’arséniate dans le vin est trop grave pour être négligée.
- Troubles physiologiques chez les aviateurs. — M. Dastre présente une Note de MM. Cruchet et Mouli-nier sur les troubles physiologiques que déterminent la montée et la descente rapide dans l’air chez les aviateurs. Us ont pu examiner, avant et après l’ascension, divers aviateurs s’assurer de l’état de leur cœur et mesurer leur tension artérielle. Us ont pu ainsi constater que la descente détermine une augmentation de la tension artérielle. Le bourdonnement d’oreilles pendant la montée parait être le trouble physiologique dont se plaignent les aviateurs. MM. Cruchet et Moulinier sont organisés pour reprendre leurs observations lors d’une prochaine grande course d’aéroplanes.
- Les vomissements incoercibles de la grossesse. — M. Labbé expose un travail de M. Robinson sur le traitement des vomissements incoercibles de la grossesse. Ces vomissements déterminent parfois un état extrêmement grave de la malade ; la thérapeutique est impuissante à leur égard et l’on est obligé de recourir à une délivrance anticipée par une opération chirurgicale. La relation que des anatomistes ont constatée entre l’altération des capsules surrénales et l’altération d’autres glandes évidemment intéressées dans cet état maladif avaient donné l’idée d’appliquer la méthode opothérapique inventée par Brown Séquard qui consiste à injecter au patient des extraits d’organes frais correspondant à l’organe malade. Deux médecins italiens avaient en conséquence essayé de traiter par l’adrénaline, principe actif des glandes surrénales, les vomissements incoercibles de la grossesse. Ils avaient obtenu de bons résultats; néanmoins leurs tentatives n’ont pas déterminé l’adoption du procédé. M. Robinson vient de reprendre ces tentatives. Il a administré l’adrénaline d’abord sous forme d’injections de 10 gouttes d’une solution au millième. Les vomissements cessèrent, ils reprenaient dès que le traitement était suspendu. Il a soigné ainsi deux femmes qui se trouvaient dans l’état le plus grave et a pu les amener sans difficulté au terme de leur grossesse.
- Vu parasite du bœuf. — M. Bouvier présente une Note de MM. Varney et Teinturier qui ont entrepris des recherches sur le parasite des bœufs connu sous le nom de varron. L’évolution de la larve met une année environ. Les bœufs ingèrent les œufs en été ; les œufs éclosent dans leurs organes digestifs et les larves ou varrons gagnent la peau après avoir traversé tous les tissus. Elles déterminent à la surface de la peau des pustules dont elles s’échappent pour se piquer en terre et ressortir à l’état d’insecte parfait. Or, on observe quelquefois des pustules à la fin de l’automne et même en octobre. Les auteurs montrent qu’il s’agit de larves retardataires restées sous la peau après que l’orifice de la pustule s’est refermé. Ch. de Viijledeuil.
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- LE REGIME PENITENTIAIRE AU JAPON
- Le Congrès International Pénitentiaire, qui se réunit' tous' les cinq ans depuis 1872, et qui s’est tenu cette année à Washington, a montré une fois de plus, et avec plus d’énergie que jamais, que les nations civilisées étaient résolues à défendre la société contre « le flot montant de la criminalité », pour employer ici l’expression consacrée. Une remarquable coïncidence a voulu qu’à l’époque où les délégués européens s’embarquaient à destination des États-Unis, une délégation de la plus vieille monarchie du monde débarquât à Marseille, chargée d’étudier le régime pénitentiaire des grandes nations
- qui ont radicalement transformé leur régime pénitentiaire, en s’empressant avant tout de supprimer la torture. Le Japon compte actuellement 56 prisons et 92 maisons de détention ou de correction. Ces établissements, organisés à l’Européenne, abritent 56 000 condamnés, dont 3000 femmes. Pourvus d’un confortable que pourrait leur envier la trop fameuse prison de Fresne elle-même, ce sont autant de shoiv places, comme dirait un Américain, des établissements que l’orgueil national se complaît à montrer à l’étranger.
- Nos deux photographies ont été prises dans la prison de Sugamo, à Tokyo. L’une représente l’atelier des tailleurs, qui confectionnent les vêtements du personnel aussi bien que ceux des prisonniers; l’autre nous introduit dans la cuisine centrale, qui est une merveille de propreté. Cette qualité se manifeste dans toutes
- Un atelier de « tailleurs » dans une prison (Prison de Sugamo).
- occidentales. La Chine, à son tour, entre dans le mouvement.
- Elle aura fort à faire pour créer des prisons comparables aux établissements des nations civilisées. Car elle en est encore à ce régime barbare qui consiste à torturer les prévenus pour leur arracher des aveux. Les lois de l’empire autorisent les magistrats judiciaires à employer dans ce but trois sortes de tortures : 1° l’application de planches en bois dur qui, progressivement resserrées, broient les chevilles et les genoux; 2° l’emploi de cinq bâtonnets ronds sur lesquels on attache les doigts, pour les écraser lentement; 3° la bastonnade, à l’aide de cannes en bambou. Mais les mandarins s’entendent, hélas! à varier le programme. Par exemple, le prévenu soumis à la torture devra se tenir pieds nus sur une couche de verre pilé saupoudré de gros sel. Si la souffrance le contraint à s’agenouiller, les éclats de verre ensanglantent ses genoux, et le sel, en pénétrant dans les plaies, ajoute à la souffrance. La Chine pourra prendre exemple sur ses voisins,
- La cuisine de la prison de Sugamo.
- les parties de la prison, ainsi que dans les prescriptions du règlement, car tous les condamnés sont tenus de prendre un bain chaud chaque jour, obligation qui répond d’ailleurs à l’idéal d’hygiène du Japonais, à quelque classe sociale qu’il appartienne. Les prisonniers qui se font remarquer par leur bonne conduite sont récompensés d’une façon curieuse : les manches de leur vareuse s’ornent d’un ou dé deux galons, insignes qui leur assurent certains privilèges.
- Des distinctions honorifiques à des condamnés? Après tout, le procédé est de nature à susciter parmi eux une bienfaisante émulation, et, comme tel, il mériterait de retenir l’attention des administrations pénitentiaires d’Europe. J. d’IziER.
- Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1980.
- 6 MAI I9H.
- LES GRUES A BRAS PIVOTANT
- Gomment faire passer des marchandises d’un bateau dans un magasin, ou inversement, sans gêner la circulation des véhicules qui viennent assurer le chargement ou le déchargement direct des bateaux?
- C’est pour répondre à ce besoin essentiel de la circulation des véhicules, et en particulier des wagons, que l’on emploie si souvent les grues à portique : l’instrument de levage est monté sur une sorte de chariot très surélevé ; celui-ci roule sur des voies spéciales grâce à des galets disposés au bas des piliers très hauts qui forment le portique; sous ce portique passent les voies charretières ou les rails du
- ne l’a point muni d’une volée mobile pivotante ; cependant, comme il est essentiel que le dépôt ou la prise des marchandises par les panneaux des cales s’effectue à l’aplomb même de ces panneaux, on a donné une très grande longueur à la volée, qui est complètement horizontale quand elle est en service ; on l’a, de plus, faite mobile dans le sens vertical, ce qui lui permet de s’effacer complètement, quand les opérations de chargement ou de déchargement sont terminées, et qu’elle pourrait gêner les mouvements du navire, la mâture de celui-ci venant à s’y heurter. Le pivotement de la volée durant les opérations est inutile, puisque, ici comme avec tous les trans-
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- :
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- Fig. i. — La grue en position de manœuvre.
- chemin de fer desservant le port. Dans une foule de ports, en France ou à l’étranger, on trouve en services des appareils de levage de ce genre. Ces grues à portique sont néanmoins encombrantes, et elles reviennent proportionnellement fort cher, quand elles ne sont destinées qu’à présenter une puissance de soulèvement assez réduite. C’est pour cela que des constructeurs anglais, MM. Àpplebys, de Glasgow et Leicester, ont imaginé le type de grue que nous allons décrire : le modèle est loin d’être nouveau, il est utilisé depuis longtemps en Angleterre et en Allemagne. Il rend de grands services : ceux-ci ne paraissent pas avoir été jusqu’ici appréciés en France. Nous croyons donc utile de les signaler. La grue se monte et se déplace sur le toit même des magasins bordant les quais à desservir. Et, pour ne pas alourdir inutilement F appareil, et ne pas trop charger la charpente du magasin où court le transporteur, on
- 39" année.
- bordeurs, la charge court suspendue à un petit chariot le long du bras même de l’appareil, pour descendre au point convenable.
- Cette disposition a un autre avantage. Rien de plus simple que d’installer un transbordeur de ce genre pour desservir un magasin bordant l’eau même, et devant lequel il n’existe pas le moindre terre-plein pour faire courir une grue ordinaire. C’est un cas qui se présente souvent dans les ports, comme à Londres le long delà Tamise. Et les navires peuvent venir, de leur mâture, raser presque les magasins, une fois le bras du transbordeur relevé.
- Voyons maintenant un peu comment, au point de vue mécanique, fonctionne l’ingénieux appareil dont il s’agit. Le chariot du transbordeur, qui comporte une sorte de châssis triangulaire normal à la surface de la toiture, roule par deux jeux de roues sur deux files de rails, disposées l’une le long du
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- jer semestre.
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- LES GRUES A BRAS PIVOTANT
- bord extérieur de la toiture du côté de l’eau, l’autre au sommet du faîtage. En ce point, il est aisé de trouver un appui solide pour la charge, relativement légère., du ; reste, que représente le transbordeur même avec sa charge maximum. Ces machines sont susceptibles de manutentionner des poids d’un peu plus de 1500 kg. Dans l’exemple que nous avons en vue plus particulièrement, et qui existe sur les magasins des Docks de la Mersey, la charge peut être portée jusqu’à une distance de 14,50 m. hors du bord extérieur de la toiture, ramenée ensuite jusqu’à moins d’un mètre de cette ligne ; si bien qu’il est facile d’atteindre le colis et de le tirer à l’intérieur des magasins.
- D’autre part, la distance verticale dont on peut déplacer la charge est de 25 mètres et un peu plus, et le transporteur dessert aisément tous les étages d’un magasin, si élevé qu’il soit.
- Les mouvements de l’appareil sont des plus simples et des plus rapides.
- Bien entendu, on peut soulever une charge ou la faire descendre ; on peut aussi faire mouvoir le chariot porte-crochet pour amener cette charge
- à l’aplomb de tel ou tel point. Les deux mouvements de soulèvement ou d’abaissement et leurs engrenages de commande sont reliés par un embrayage à friction, et actionnés par un seul moteur; une fois l’embrayage de rotation en prise, on peut obtenir un mouvement d’enroulement dans un sens ou dans un autre, suivant la direction dans laquelle on déplace une manette de contrôle. Quand une charge se trouve soulevée à la hauteur voulue, d’un mouvement de levier spécial on fait venir vers la terre le chariot ; il est inutile d’arrêter le moteur de soulèvement, son arrêt se fait
- Fig. 2. — Le bras mobile de la grue relevé.
- automatiquement; en sens inverse, quand le chariot, durant un embarquement de marchandises, a été conduit au large à la distance que l’on juge convenable, on peut immédiatement assurer l’abaissement de cette charge par le simple mouvement du levier ad hoc, et sans manoeuvre préalable. On a recours à un moteur électrique (comme pour les autres mouvements) pour le soulèvement ou l’abaissement de la volée du transbordeur ; on voit nettement les
- câbles métalliques obliques qui servent de haubans à la volée et assurent ce soulèvement. On peut remarquer que la volée forme passerelle avec garde-fou ; un homme peut ainsi surveiller les opérations d’accrochage ou de décrochage des charges, et signaler les manœuvres nécessaires au mécanicien - électricien, qui se tient dans la cabine installée dans la culasse de l’appareil. Un frein a été prévu pour modérer la descente de la volée, et pour parer aux ruptures de câbles.
- Le soulèvement d’üne charge de 1500 à 1600 kg se fait à raison de 75 m. à la minute; à vide, le crochet peut monter à raison de plus
- de 200 mètres à la minute également; les déplacements du chariot chargé se font à 18 mètres environ, et enfin la volée peut être complètement relevée en 2 minutes seulement. On atteint la grue et la cabine du mécanicien par des escaliers et des passerelles légères, qui montent extérieurement aux bâtiments, puis le long du châssis de la grue. Un homme suffit à toute la manœuvre, car, de sa cabine, par suite de la pente du toit des magasins, il aperçoit ce qui se passe en bas sur le pont du bateau où l’on opère. P. de Mériel.
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- STÉRÉOSCOPE TRANSPOSITEUR
- ou Directoscope Balmitgère
- Tous ceux qui s’occupent de stéréoscopie savent qu’on ne perçoit le relief que si on a transposé les images données par le cliché négatif. Quand il s’agit d’un positif sur papier, rien n’est plus simple puisqu’il suffit de couper en deux l’épreuve obtenue au châssis-presse ordinaire, pour coller à droite l’image qui est à gauche et réciproquement ; quand on fait des positifs sur verre, ce qui est beaucoup plus avantageux au point de vue de la beauté des images, l’opération n’est pas beaucoup plus compliquée, car on fait des châssis de tirage spéciaux qui permettent d’obtenir en deux poses successives la transposition voulue. Il n’en est plus de même s’il s’agit de vues en couleurs sur plaques autochromes; ici on se trouve en présence d’un positif direct, et, pour faire la transposition, il faut couper le cliché en deux, ce qui est toujours assez dangereux; car, en supposant qu’on soit très sûr de soi dans le maniement du diamant de vitrier, ce qui n’est pas toujours le cas chez les amateurs photographes, il reste encore le risque de détacher la gélatine du verre au moment de la séparation des deux morceaux coupés. De plus, une fois l’opération terminée, il faut procéder à un montage spécial pour remettre les deux images transposées l’une à côté de l’autre. 11 serait donc préférable de pouvoir conserver le cliché tel qu’il a été obtenu, et, même dans la photographie en noir, il serait souvent plus commode de transformer son cliché en positif direct, car on en tire rarement plus d’une épreuve; nous indiquerons plus loin le moyen d’obtenir ce résultat. Pour voir des épreuves non transposées, il faut nécessairement un stéréoscope spécial dans lequel la transposition se fasse automatiquement : c’est cet appareil que M. G. Balmitgère a imaginé, et qu’il construit sous le nom de Directoscope. Le résultat est obtenu en regardant chacune des images dans un miroir. L’appareil se compose d’une boîte de forme irrégulière, sur l’un des côtés de laquelle on place le positif à examiner G et qui n’a pas subi la transposition habituelle. Deux miroirs M et N, platinés, afin d’éviter la double réflexion, forment avec ce positif un angle tel que chaque image s’y réfléchit complètement pour l’œil placé contre les ouvertures À et B pratiquées dans la paroi opposée de la boîte. On obtient bien ainsi
- le retournement voulu, mais la superposition des deux images ne se fait pas parce que, par suite de la position inclinée du cliché, l’une d’elles est plus éloignée que l’autre : les deux images virtuelles n’ont pas la même dimension. Il a fallu remédier à cet inconvénient en employant pour regarder ces images deux oculaires de foyers différents, calculés de telle façon qu’elles soient transportées optiquement dans un même plan de l’espace où elles ont la même dimension et se superposent exactement.
- Il est à remarquer que cette superposition se fait très facilement pour tout le monde, grâce à la position des miroirs qui permet de rapprocher les images l’une de l’autre autant que cela est nécessaire. Ceci ne peut pas avoir lieu dans les stéréoscopes ordinaires dans lesquels les images sont toujours forcément écartées au moins de 0 m. 063, distance moyenne de T écartement des yeux; il résulte de cet écart, toujours trop grand, qu’on n’obtient la superposition qu’au prix d’une accommodation spéciale de l’œil que tout le monde n’obtient pas facilement et c’est pour cela qu’on trouve fréquemment des gens qui ne perçoivent pas le relief stéréoscopique.
- Avec le Directoscope, au contraire, tout le monde le perçoit immédiatement.
- Nous avons dit plus haut que la transposition n’étant plus nécessaire, il y aurait souvent intérêt à obtenir pour la photographie en noir un positif direct; ce qui n’empêcherait pas d’ailleurs d’avoir ultérieurement, par contact au châssis-presse, un négatif si cela devenait utile. Toutes les plaques ne se prêtent pas également bien au traitement que nous allons indiquer, celles à couche mince sont préférables aux autres; il faut dans tous les cas qu’elles soient munies d’un antihalo. M. G. Balmitgère recommande le traitement suivant qui lui réussit bien. Après le développement, qu’il faut pousser très loin jusqu’à ce que l’image soit visible au dos, la plaque ri est pas fixée, mais simplement lavée et mise à sécher. Elle peut très bien se conserver dans cet état, pourvu qu’on ne la mette pas à la grande lumière du soleil, mais elle peut servir à tirer des positifs à la lumière diffuse ou sur bromure à la lumière artificielle, et ceux-ci sont souvent meilleurs que si on les tirait avec un cliché fixé. Pour obtenir
- Le Directoscope Balmitgère. — Stéréoscope ne nécessitant pas la transposition des images.
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- 364-.... ' L’ART DU PHOTOGRAPHE ANIMALIER
- la transformation en positif, on passe le cliché dans le bain suivant :
- Eau . .................... 100 c. c.
- Sulfate de cuivre pur .... 5 grammes.
- Sel marin. . . ........... 15 —
- Au sortir du bain, quand le cliché a blanchi complètement, on le lave quelques minutes et on le passe dans une solution concentrée de sulfite de
- soude; l’image devient alors positive. On lave de nouveau et on peut, si on veut avoir une image plus intense, passer le cliché dans un bain de développement quelconque à une vive lumière; en passant ensuite à l’hyposulfite, on éclaircira l’image. En traitant de cette façon un cliché, on évite toujours cette sensation d’effet de neige qui se produit si souvent dans les positifs stéréoscopiques.
- G. Mareschal.
- L’ART DU PHOTOGRAPHE ANIMALIER
- Les photographies instantanées d’animaux sauvages prises en dehors d’une ménagerie, c’est-à-dire dans le propre habitat de ces fauves, trouvent parfois auprès du public un accueil sceptique, voire
- « truquage bon enfant », et le gros fil dont il est cousu ne trompe pas les connaisseurs. Il en est autrement de certaines photographies admirablement agencées qui donnent une telle impression de
- Fig. i. — La caravane d’un photographe en Afrique Orientale.
- ironique. On les condamne d’un mot sévère : c’est du truquage. Convenons franchement que l’accusation est souvent justifiée.
- J’ai en ma possession d’admirables photographies montrant des chasseurs aux prises avec un ours grizzli, et l’un d’eux, sur le point d’être dévoré, exprime par ses traits de visage une indicible horreur. Affreuse tragédie des Montagnes Rocheuses!... Mais un examen à la loupe permet de découvrir que le cliché a été habilement retouché. Certes, ce sont bien de vrais chasseurs et un ours véritable ; et le cadre est authentique, avec ses amas de rochers dénudés. Mais l’authenticité ne va pas plus loin : l’énorme plantigrade avait déjà succombé aux effets d’une balle explosive, quand ses exécuteurs, amis d’une pittoresque mise en scène, hissèrent son cadavre sur la face oblique d’une roche, pour faire croire qu’il se tenait encore debout sur ses pattes postérieures.
- C’est là ce que nous appellerions volontiers le
- réalité, que personne ne songe tout d’abord à en contester le caractère authentique. Et ce n’est qu’à la longue que la supercherie est mise à jour.
- Il y a trois ou quatre ans, une splendide série de photographies montrant les grands fauves en pleine jungle courut les rédactions des illustrés d’Europe et d’Amérique. Elles présentaient des lions, des léopards, des tigres, des panthères, surpris par l’éclair du magnésium au moment où ils déchiraient à pleins crocs des antilopes ou autres herbivores. Comment suspecter de pareils documents? L’apparence de vie réelle des terribles carnassiers était trop évidente, et, d’autre part, la végétation qui les entourait, eux et leurs victimes, ne permettait pas de supposer que ces instantanés eussent été pris dans un enclos de ménagerie.
- Or, c’était précisément le cas ! Publiées dans des magazines connus pour leur amour de l’authenticité, ces photographies attirèrent l’attention d’un observateur sagace, qui fit remarquer que la plupart de
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- ces « tragédies de la jungle » se déroulaient sur un emplacement unique, et entre les mêmes arbustes. En outre, le tigre asiatique dérangé dans son repas dévorait une antilope africaine, qui gisait sur des graminées qui ne poussent pas en Asie. Et ces curieuses observations furent bientôt confirmées par une découverte : ces coins de jungle étaient tout simplement des coins écartés choisis dans l’un des parcs zoologiques d’Europe les plus connus !
- Signalons une autre catégorie de truquage pho-
- Mais il ne faudrait pas déduire de ces différents cas que toutes les scènes photographiques d’histoire naturelle sont forcément agencées.
- Précisément, nous nous proposons de présenter à nos lecteurs, dans une série d’études, l’œuvre de plusieurs naturalistes enthousiastes, autant que sincères, qui risquent leur santé et leur vie pour aller, l’appareil en main, surprendre les fauves dans leur habitat propre, étudier leurs mœurs, et fixer sur la plaque sensible leurs moindres
- Fig. 2. — M. 'Cherry Kearton en embuscade dans un arbre où il a installé son appareil.
- tographique moins blâmable que la précédente. Les grandes compagnies stéréoscopiques d’Amérique s’entendent admirablement à agencer, pour le profit de leurs opérateurs, des parties de chasse très mouvementées, et qui donnent l’illusion du réel. De nombreux rabatteurs, mobilisés pour la circonstance, poussent le gibier dans une direction convenue à l’avance, c’est-à-dire vers la cachette où le photographe s’est posté avec ses appareils. Ce procédé donne des résultats vrai ment remarqua blés. Appliqué désormais aux expéditions cinématograph:ques, il nous a valu depuis peu des films d’un caractère impressionnant.
- gestes, gestes que dénature ou supprime la captivité.
- Pour entreprendre de pareilles- expéditions, plusieurs qualités sont indispensables. Un homme qui s’enfonce au cœur de l’Afrique dans le seul but d’en rapporter quelques clichés qui ne lui vaudront qu’une gloire fort limitée, doit posséder l’âme d’un héros et le désintéressement d’un missionnaire. Souvent, il aura à défendre sa vie; toujours, il sentira rôder autour de lui ces terribles fièvres paludéennes qui finissent par terrasser les plus robustes. Et la balance financière de son expédition se traduira fatalement par des pertes.
- Un Européen ne peut pas s’aventurer seul dans là
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- brousse, et l’expédition la plus modestement montée doit engager au moins une vingtaine de porteurs, deux ou trois domestiques, un cuisinier, trois ou quatre chasseurs professionnels, habiles à relever les traces des fauves. Un de mes amis, M. Cherry Kearton, le photographe-animalier bien connu, qui passa l’autre année trois mois au fond de l’Ouganda, et qui vient de partir aux Indes pour chasser au tigre photographiquement, m’a confié que ces trois mois de jungle africaine lui avaient coûté près de vingt mille francs. Aussi, pour couvrir les frais de ses lointaines expéditions, M. Kearton s’est-il décidé à faire quelques sacrifices à l’industrialisme en emportant désormais un matériel cinématographique. C’est lui, soit dit en passant, qui rapporta du fond de l’Ouganda ces curieux films montrant M. Théodore Roosevelt à la chasse, et qu’un syndicat américain acheta pour une somme considérable.
- ! Incontestablement, la principale qualité requise d’un photographe-naturaliste, c’est la patience, une patience qui apparaît d’autant plus admirable qu’elle doit, à l’improviste, céder le pas à une activité fébrile. Il peut lui arriver de rester des journées entières accroupi au creux d’un buisson ou juché sur la fourche de deux branches élevées avant que le moment se présente à lui de braquer utilement son appareil sur le fuyard ailé qu’il s’est promis de por-traicturer. Et il tremble qu’une somnolence passagère n’arrête la rapidité de son geste, quand la seconde propice se présentera soudain.
- Par bonheur, l’ingéniosité du photographe-naturaliste est égale à sa patience, et il sait trouver des procédés qui allègent singulièrement sa besogne. Nous les passerons rapidement en revue.
- Certains opérateurs ont imaginé d’obtenir du modèle qu’il se photographie lui-même. L’appareil est disposé, selon le cas, aux abords du nid de l’oiseau ou de la tanière du fauve, et l’on prend soin de le dissimuler le mieux possible derrière un rideau de feuillage ou un amas de pierres. L’obturateur est commandé par un fil d’acier que l’animal sera obligé de toucher en rentrant au gîte.
- Ce système ne donne, généralement, que des résultats médiocres..., quand il en donne! Dans de pareilles conditions, la mise au point est pure question de hasard. Et combien de plaques gâtées! Que de déconvenues ! Une branche morte qui tombe d’un arbre et effleure le fil, met le dispositif en action, et, au développement, l’infortuné photographe, qui croyait déjà tenir l’instantané tant désiré, ne trouve sur sa plaque que de banales végétations.
- Il faut aussi qu’il se méfie du flair des animaux. S’il n’a pas pris la précaution de manier le fil métallique et l’appareil avec des gants neufs, ces objets conserveront assez de son odeur humaine pour que la vigilance de la bête (surtout s’il s’agit de carnassiers) évente le piège, pour inoffensif qu’il soit. Certains opérateurs poussent la prudence encore plus loin : ils se frottent les mains de suif ou de saindoux avant de mettre l’appareil en place,
- ou même ne le manient qu’à l’aide de pincettes.
- Gens inventifs, les photographes savent combiner ce procédé avec l’emploi de la flamme de magnésium, et les résultats sont alors plus certains. Dans l’obscurité, le lion n’aperçoit pas le fil tendu en travers de la sente où ses traces fraîches furent relevées le matin précédent, et il déclanche le dispositif (amorce ou petite batterie électrique) qui incendie la poudre de magnésium. Il s’enfuit, épouvanté par la soudaineté de l’éclair, mais non sans avoir impressionné la plaque habilement disposée.
- Quand il s’agit d’étudier des colonies d’oiseaux (pélicans, hérons, flamants, etc.), les deux systèmes que nous venons d’indiquer ne sont plus d’aucune utilité. C’est alors que l’opérateur doit redoubler de patience et de ruse. Un procédé qui s’impose dans de telles circonstances est celui de l’écran. Prenons le cas d’une colonie de flamants.
- On sait que ces grands échassiers se rassemblent par centaines sur les bords d’un marais saumâtre, dès les premiers jours du printemps, pour y construire de véritables villes où leurs nids, grosses buttes de terre battue en forme de cônes tronqués, se dressent à intervalles très rapprochés. L’apparition d’un être humain met en fuite tous les oiseaux, et les femelles elles-mêmes préfèrent abandonner leurs œufs ou leur couvée pendant des heures, plutôt que de subir le contact du visiteur ou d’essuyer ses coups de fusil. Si la tentative est répétée plusieurs jours de suite, la population entière finit par déserter la ville; et cette couvée perdue est une menace d’extinction pour l’espèce.
- Il y a cinq ou six ans, un ornithologiste américain, M. Chapman, apprit à ses dépens qu’on ne saurait prendre trop de précautions pour photographier une colonie de flamants. Après avoir passé des semaines à parcourir les rivages de la Floride avant de découvrir la roockery qu’on lui avait signalée dans ces parages, il imagina, pour s’approcher à bonne distance des premiers nids, d’utiliser une sorte de paravent en feuillage qu’il portait devant lui tout en transportant son bagage photographique. Il réussit ainsi à prendre deux ou trois clichés, mais d’un intérêt douteux. En volant de leurs nids vers les terrains de pêche, les oiseaux avaient découvert sa présence derrière l’écran suspect ; et il dut renoncer d’autant plus vite à l’entreprise, qu’un séjour prolongé dans l’eau du marécage, sous les rayons d’un soleil tropical, avait compromis sa santé.
- Quand il revint l’année suivante, la cité des flamants était désertée : des nègres, voleurs d’œufs, avaient chassé les oiseaux. Ce ne fut que deux ans plus tard que M. Chapman découvrit une autre colonie, et, cette fois, il s’y prit plus habilement. Il avait confectionné une petite tente, peinte en vert sombre, et qui ne faisait pas tache dans le milieu ambiant. Un matin, avant le lever du soleil, il fit transporter l’abri aussi près que possible des premiers nids, et il eut la joie de constater que les oiseaux, qui caquetaient joyeusement de nid à nid,
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- ne remarquaient même pas la présence de la toile verte. Le lendemain matin, il faisait transporter la tente quelques mètres plus loin. Enfin, le troisième matin, quand il vint s’enfermer sous la toile percée de meurtrières, il s’aperçut au lever du soleil qu’il était devenu pour ainsi dire un citoyen de la ville des flamants. En étendant le bras, il aurait pu toucher deux des nids !
- Désormais, durant deux semaines, l’ingénieux ornithologiste se faufila chaque matin dans son refuge, où il restait blotti plusieurs heures tout en enrichissant sa collection de clichés. Et, profitant de la confusion qui marquait toujours la relève, quand les mâles, gavés de mollusques, venaient remplacer
- édifier une hutte de feuillage près d’une source encadrée d’une dépression de terrain; et, renvoyant son escorte, il s’y installait pour la durée de la journée. Quand les indigènes revinrent avant la tombée du jour, ils cherchèrent vainement la cabane; mais, quand ils eurent découvert le lendemain, à quelques centaines de mètres de la source, des ossements rongés et des lambeaux de vêtements, il devint possible de reconstituer la scène.
- L’approche d’un lion avait mis en fuite les innombrables herbivores massés autour de l’eau, et, dans leur fuite éperdue, ils avaient renversé le fragile abri, et piétiné le photographe. Grièvement blessé,
- Fig. 3. — Ce lion se photographia lui-même au magnésium en touchant involontairement un fil tendu dans la jungle par M. Kearton.
- les femelles et monter la garde sur les nids, il reprenait le chemin du campement, dans l’attente de l’aurore prochaine.
- C’est une modification du système de l’écran que le photographe-animalier emploie, quand il s’adresse à des mammifères, de grande ou de petite taille. Une cabane de feuillage, convenablement installée aux abords d’une source ou d’une mare, dans une région médiocrement arrosée, peut donner d’excellents résultats, comme dans l’Afrique Orientale, par exemple, où antilopes et zèbres s’assemblent par bandes innombrables autour des rares abreuvoirs. Mais le système a ses dangers. Il y a deux ans, dans l’Ouganda, il coûta la vie à un Anglais, et dans des circonstances dramatiques.
- Ardent amateur de photographie, il s’était fait
- le malheureux devenait une proie facile pour le lion.
- Une aventure analogue, mais qui ne se dénoua pas dans la note tragique, survint dans l’Ouganda à M. Cherry Kearton, dont nous mentionnions plus haut le talent et l’intrépidité. Ses rabatteurs avaient relevé les traces fraîches de deux rhinocéros, et il prit ses dispositions : les Masaïs devaient rabattre les deux pachydermes dans la direction d’un écran de feuillage dressé entre deux arbres, et derrière lequel le photographe se serait posté.
- Les deux monstres se laissèrent rabattre docilement, dirigés comme ils l’étaient dans leur fuite par les sons des tamtams. Et M. Kearton savourait déjà les clichés qui s’annonçaient si bien, quand l’un des rhinocéros, éventant son odeur, baissa son front cornu jusqu’à toucher le sol et se lança au galop
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- droit sur l’écran, qu’il traversa comme un clown crève un cerceau en papier. Mais, prompt comme l’éclair, l’opérateur avait eu le temps de s’abriter derrière: un des arbres servant de supports. Et, sans renouveler leur assaut, les deux monstres disparaissaient dans la brousse.
- Craignant de lasser l’attention du lecteur, nous nous contenterons de mentionner un dernier procédé adopté par le photographe-animalier, et qui a donné d’excellents résultats, comme nous le verrons dans un prochain article. Il consiste à faire choix, en pleine jungle, d’un arbre isolé, bien touffu, et aux
- branches basses et robustes. L’opérateur s’y aménage aisément un observatoire du haut duquel il court la chance de prendre des clichés intéressants, et sans s’exposer au danger de se trouver face à face avec un grand carnassier. Et il peut même aider le hasard, en disposant au pied de l’arbre un appât de viande qui attirera à portée de son appareil de nombreux modèles.
- Après cet exposé, le lecteur reconnaîtra avec nous que la photographie engendre elle aussi ses héros, prêts à sacrifier leur vie « pour l’amour du document! » Y. Forbin.
- LE VENT
- Le vent est de l’air en mouvement. Le mouvement s’effectue dans une direction généralement très voisine de l’horizontale, de sorte que, dans la
- pratique, le vent peut être regardé comme horizontal. Il est caractérisé, à chaque instant, pour un lieu donné, par sa direction et sa vitesse.
- La direction du vent s’observe à l’aide d’instruments appelés anémoscopes, girouette simple ou girouette transmettant et enregistrant mécaniquement cet élément. La figure 2 représente l’anémo-scope Richard, et la figure 1 est une reproduction d’un diagramme fourni par cet instrument.
- L’examen de ce diagramme montre que la direction du vent ne reste généralement pas constante pendant un certain temps, mais oscille autour d’une position moyenne.
- L’étude de cet élément a fourni à la météorologie quelques-unes de ses lois les plus positives.
- La vitesse du vent se mesure au moyen d’appareils désignés sous le nom à'anémomètres. On peut évaluer : soit sa vitesse proprement dite en le faisant agir sur un moulinet à ailettes inclinées, comme
- dans l’anémomètre Robinson, l’anémo-cinémographe enregistreur Richard (fig. 3), etc.... ; soit la pression qu’il produit en exposant normalement à sa direc-
- tion une plaque plane de surface connue, maintenue sur la face opposée par un ressort, comme dans l’anémomètre d’Osler, de Baxendell, de Wild; soit enfin l’aspiration ou la compression qu’il exerce en agissant sur un tube ouvert par le haut et dont la partie inférieure communique avec un récipient fermé, comme c’est le cas pour l’anémomètre Dines.
- Très souvent on se borne à estimer directement la force du vent en lui attribuant un chiffre approprié suivant une échelle déterminée. Sur terre, l’échelle adoptée va de 0 (calme) à 6 (ouragan) ; sur mer, où le vent est plus fort et plus régulier, on emploie d’ordinaire une échelle allant de 0 (calme) à 12 (ouragan).
- Le tableau ci-dessus contient, d’après MM. Angot et Koppen,la concordance de ces deux échelles, la désignation de leurs degrés en langage ordinaire et en langage maritime, enfin, les vitesses en mètres par
- ÉCHELLE terrestre (/')
- 0 calme ....
- 1 faible ....
- 2 modéré . . .
- 5 assez fort . .
- 4 fort..........
- 5 violent. . . .
- 6 ouragan . . .
- ECHELLE maritime (*)
- 0 Calme.
- 1 Presque calme.
- 2 Légère brise.
- 5 Petite brise.
- 4 Jolie brise.
- 5 Bonne brise.
- G Bon frais.
- 7 Grand frais.
- 8 Petit coup de vent.
- 9 Coup de vent.
- 10 Fort coup de vent.
- 11 Tempête.
- 12 Ouragan.
- VITESSE EN MÈTRES par seconde d’après
- M. Angot.
- 0 à 1
- 4 à G 6 à 8
- 8 à 10 10 à 12 12 à 14 14 à 16 16 à 20 20 à 25 25 à 30 plus de 30
- M. Kiippcn.
- 4.7 3,1
- 4.8
- 6.7
- 8.8 10,7 12,9 15,4 18,0 21,0
- PRESSION en lulogs par m4.
- 0 à 0,1
- 0,2
- 0,7
- EFFETS PRODUITS
- Calme complet. La fumée s’élève verticalement ou à peu près ; les feuilles des arbres restent immobiles.
- Sensible aux mains et à la figure; fait remuer un drapeau ; agite les petites feuilles.
- Fait flotter un drapeau; agite les feuilles et les petites' branches des arbres.
- Agite les grosses branches des arbres.
- Agite les plus grosses branches et les troncs de oetit diamètre.
- Secoue tous les arbres ; brise les branches et les troncs de petites dimensions.
- Renverse les cheminées; enlève les toits des maisons ; déracine les arbres.
- 1. La première est appelée aussi échelle télégraphique, et la seconde échelle de Beaufort.
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- LE VENT
- seconde et les pressions en kilogrammes par mètre carré qui leur correspondent.
- La vitesse du vent atteint parfois des valeurs prodigieuses, que l’esprit peut difficilement concevoir et qu’il n’est pas toujours possible de traduire en unités de pression.
- Voici quelques observations remarquables qui en donneront une idée.
- Lors du cyclone du 20 octobre 1882 qui dévasta Manille, l’anémomètre fut arraché de son support et emporté dans les airs au plus fort de la bourrasque après avoir enregistré une vitesse de 54 m. par seconde, ce qui fait 194 km à l’heure.
- Le 11 janvier 1878, l’anémomètre de la station météorologique du mont Washington, aux États-
- Fig. i. — Diagramme de Vanèmoscope Richard
- (27 juillet iqio).
- Unis, accusa la vitesse inouïe de 85 m. à la seconde, soit 298 km à l’heure! C’est, à notre connaissance, la plus grande intensité du vent déterminée expérimentalement.
- Quant à la force vive, mise en jeu par des masses d’air qui se meuvent à de pareilles allures, elle doit être vraiment formidable, et l’on conçoit que le vent peut accomplir des effets mécaniques en apparence incroyables.
- La photographie (fig. 4) donnera une faible idée des désastres que peut occasionner le vent; car, dans les régions tempérées, sa puissance ne saurait être comparée à celle qu’il possède dans les régions tropicales1. Dans ces contrées, les convul-
- 4. Dans le grand coup de vent du 42-15 novembre 1894, l’anémo-cinémographe Richard à vitesses instantanées installé au sommet de la Tour Eiffel, a enregistré, au commencement
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- sions de l’atmosphère, auxquelles s’ajoutent parfois la rage destructive de la mer et les éclats de la
- Fig. 2. — Anémoscope J. Richard.
- foudre, « sont peut-être, après les éruptions volcaniques, les météores les plus effrayants de notre
- Fig. 3. — Anèmo-cinémographe J. Richard.
- planète. » Elles sèment la destruction et la mort
- de la tempête, une vitesse de 42,5 à la seconde. Mais, l’appareil ayant cessé de fonctionner au bout de peu de temps, ce chiffre n’est pas le maximum de la vitesse instantanée.
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- sur leur passage, et il en est qui laissent un long souvenir dans la mémoire des hommes. Dans son Rapport sur le terrible cyclone, surnommé le grand ouragan, dont le centre passa le 10 octobre 1780 sur l’île des Barbades, Sir G. Rodney écrivait :
- Fig. 4. — Dégâts occasionnés à Cravant (Loiret) par l’ouragan du 4 juillet iço5.
- « 11 est impossible de décrire l’horreur des scènes qui eurent lieu. Je n’aurais jamais pu croire, si je ne l’avais vu moi-même, que le vent seul pouvait détruire aussi complètement une île remarquable par ses constructions nombreuses et solides. »
- Parfois, au milieu de la tourmente, le vent tombe brusquement, le calme succède aux rafales et le ciel s’éclaircit. C’est Y œil de la tempêtei. Mais ce calme est trompeur. Bientôt le vent reparaît, reprend toute sa force et poursuit son œuvre de destruction en tordant ses immenses spirales.
- Les Japonais, témoins quotidiens de ces formidables mouvements de l’atmosphère, ont personnifié le génie des tempêtes sous la forme d’un monstre qui vole dans les airs au milieu de la pluie noire en portant sur les épaules son outre toujours enflée (fig. 5).
- Lorsque l’on examine les diagrammes fournis par les anémomètres enregistreurs, on est tout de suite frappé par leur allure tourmentée. On y remarque des fluctuations incessantes et brusques de la vitesse du vent, comme le montre bien nettement la figure 6, qui reproduit un diagramme enregistré à Paris de 9 heures du soir à 7 heures du matin les 2-3 mars 1910.
- L’existence de ces irrégularités, et d’autres re-
- M. Àngot a pointé à deux reprises différentes, à l’aide d’un chronographe, des vitesses moyennes de 45 m. par seconde. Dans ces conditions, il est probable que si le cinémographe à vitesses instantanées avait fonctionné, les vitesses indiquées auraient atteint 50 m. par seconde, une différence de 4 à 5 m. étant chose fréquente entre la vitesse moyenne dans un petit intervalle et le maximum de la vitesse dans une rafale.
- 1. Ce caractère est beaucoup moins marqué dans les dépressions des régions tempérées que dans les cyclones des contrées tropicales où il est extrêmement net. Cette accalmie momentanée a été décrite avec puissance par Victor Hugo (Les travailleurs de la mer).
- marques, ont jadis suggéré à J.-C. Houzeau, cette idée que le phénomène du vent ne saurait être comparé à l’écoulement d’une nappe ou d’une veine liquide continue, toujours sensiblement homogène, s’épanchant dans l’atmosphère avec une vitesse à peu près uniforme à la manière d’un fleuve entre ses rives, et que l’on y doit admettre l’existence d’un mouvement intérieur distinct du mouvement général, semblant consister dans un transport de masses détachées, de « projectiles aériens », traversant à la manière d’une sorte de « mitraille » la masse générale de l’atmosphère.
- Cette nature complexe des mouvements de l’air se rencontre même par un temps calme. Divers faits d’observations ne laissent aucun doute à cet égard et j’en citerai un, caractéristique, recueilli par M. Lancaster, au Texas. « Je me promenais, dit-il, par un temps calme; la chaleur était modérée et le vent faible. Par moments, la tête et une partie du corps se trouvaient tout à coup comme plongés dans l’air d’une fournaise. La sensation durait à peine quelques secondes. C’était chaque fois une bouffée d’air très chaud qui passait, enclavée comme une cellule dans la masse aérienne à température normale. Le phénomène se reproduisit plusieurs fois dans l’intervalle de quelques minutes, et chaque fois l’impression que je ressentis fut très étrange. Certainement l’état élastique de cet air devait être dans des conditions absolument différentes de celles
- Fig. 5. — Le dragon des typhons d’après un dessin japonais. (Figure donnée par C. Flammarion dans l’Atmosphère.)
- des couches environnantes; on se trouvait ici, en présence de véritables projectiles d’air surchauffé. » L’observation a montré que ces « pulsations » ne se produisent pas seulement dans les couches inférieures de l’atmosphère, mais que l’on rencontre dans les hautes régions et à toute altitude des variations locales comparables à celles que nous
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- CHRONIQUE .............:.. .:.371
- observons avec certitude à des hauteurs moindres1.
- Lors d’une ascension faite à Namur, par exemple, il y a quelques années, par vent violent, les aéro-nautes virent leur aérostat soumis à d’étranges oscillations. Il « titubait » tandis que les voyageurs essuyaient dans la nacelle de véritables coups de vent.
- De même encore, lorsque l’on suit les ballons-sondes à l’aide d’un théodolite, ceux-ci paraissent le plus souvent vibrer et avancer par saccades dans le champ de l’instrument.
- Nous pouvons penser que ces mouvements internes s’ils ne sont pas en opposition directe avec le mouvement principal, peuvent l’être relativement, c’est-à-dire que les uns sont plus lents, les autres plus rapides.
- Sans invoquer « l’esprit » dont parle Maxwell, le « génie classificateur » de Lord Kelvin, doué de la faculté de choisir parmi ces mouvements internes pour obtenir sans dépense notable d’énergie une force agissant contre le courant principal, le phénomène du vol, où l’oiseau, guidé par le seul instinct, plane parfois longtemps dans l’air semblant s’abandonner au balancement de vagues invisibles , ou bien s’élève contre le vent sans le moindre battement d’ailes, n’est-il pas une démonstration pratique offerte par la nature, de la possibilité de cette action ?
- Quelle est la cause de l’hétérogénéité du vent ?
- Le sol par son relief, par les obstacles et les aspérités qu’il présente au libre mouvement de l’air, doit évidemment intervenir pour une certaine part dans les effets que nous venons de signaler, et l’on admet généralement que le vent souffle avec plus de
- régularité en pleine mer, mais il serait très important de vérifier jusqu’à quel point cette assertion est exacte lorsqu’il s’agit de tempêtes et d’ouragans.
- Il n’est peut-être pas impossible non plus que cette nature troublée de l’air en mouvement tienne en partie aussi à l’existence de vagues dans les hautes régions de l’atmosphère, lesquelles en se rapprochant de la surface de la terre troubleraient l’équilibre des couches inférieures2.
- Mais avant de songer à donner une explication et d’envisager la question à la lumière d’une possibilité théorique, il serait bon de bien constater ce que l’on peut appeler, suivant l’expression même de Houzeau, la « texture » du vent, de chercher à connaître le nombre, les dimensions, l’espacement relatif de ces projectiles d’air.
- Le mot vent ne signifie donc pas une chose aussi simple, aussi facile à comprendre qu’on le suppose ordinairement, c’est-à-dire un déplacement d’air approximativement uniforme. Il doit être, au
- contraire, con sidéré comme le nom générique d’une série de phénomènes étonnamment complexes et peu connus, manifestation de l’existence d’une énergie latente interne, vrai-semblab lement considérable3.
- Le problème de la nature du vent mérite d’appeler et de retenir l’a tention ; il offre un vaste champ de recherches. Mais en pareille matière il est aisé de se tromper et si beau que soit l’éloge fait par Tyndall, du rôle de l’imagination dans les sciences, on ne doit pas oublier le jugement porté par Pascal sur « cette partie décevante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours ». J. Loisel.
- ôh 10 U 12 1 2 3 4
- Fig. 6. — Diagramme de Vanémo-cinèmographe Richard (3 mars iqio).
- CHRONIQUE
- Les dangers de la benzine. — Promelheus publie la statistique des accidents occasionnés par la benzine en Allemagne au cours de l’année '1910. Elle a causé 215 accidents entraînant la mort de 47 personnes : en outre 210 personnes ont été grièvement blessées, 41 légèrement; 83 accidents sont survenus du fait de moteurs à explosion, causant 5 décès et blessant grièvement 58 personnes; 64 accidents se sont produits au cours du trans-
- 1. Ne faudrait-il pas voir dans ces pulsations une des causes du « capotage » des aéroplanes?— 2. H. von Helmholtz. Sur les mouvements atmosphériques, Silzungsberichte der Kôn
- port, ils ont tué 12 personnes, blessé grièvement 60 autres ; on relève 26 accidents dans les dépôts et magasins de vente avec 14 morts et 42 blessés grièvement ; notons spécialement 32 accidents à mettre à la charge des usages domestiques de la benzine, nettoyages, lampe à essence : ces accidents ont été particulièrement graves; ils ont causé la mort de 14 personnes et valu des blessures sérieuses à 40 personnes.
- Preuss; Alcad. der Wissenschaften, 1888, p. 647-665; 1889, p. 761-780. — 5 S. P. Langley. Le travail intérieur du vent. Académie Nationale des Sciences, Washington, 1893.
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- 372
- PISTOLET AUTOMATIQUE MANNLICHER
- Dans le n° 1962, nous avons donné les principes sur lesquels on s’appuie pour l’établissement des
- ^ D 1-===^75—^
- ' E _
- mm
- I- G
- 4 * K*
- * " Fig. t. — Vue latérale, le
- chien bloqué par la pièce de sûreté. — h, canon; B, bloc glissant; C, pièce desûreté; D, chien; E, cadre de recouvrement; F, poussoir quadrillé bloque-cartouches; G, crosse; H, couvercle à charnière; M, guidon; N, cran de mire; K, détente; L, cliquet de démontage du cadre.
- armes automatiques, et nous avons décrit quelques-unes d’entre elles. Au moment où, de tous côtés, on agite la question du droit au port d’armes pour se défendre contre les malandrins, M beaucoup de nos lecteurs, touristes ou voyageurs de commerce, nous ont demandé de leur signaler un pistolet puissant, quoique de dimensions acceptables, dont la place serait tout indiquée dans une des poches de leur voiture.
- Le Browning, déjà décrit en détail par La Nature, peut être à juste titre considéré, dans son modèle le plus réduit, comme la véritable arme automatique de poche, pour tous ceux qui sont exposés aux attaques nocturnes. Nous avons cherché un spécimen d’arme analogue, facile à trouver dans le
- Cette arme se classe dans la catégorie des pistolets à canon fixe, dans lesquels l’automatisme est obtenu par l’action directe des gaz sur le culot de la cartouche pour lancer en arrière la pièce de fermeture.
- En réalité, dans le Mannlicher, le canon est fixe, et il n’y a pas de hoîte de culasse pour servir d’appui à la pièce de fermeture, c’est le dessus de la carcassse qui remplit cet office.
- La fermeture est constituée tout entière par un bloc glissant, sans organe spécial de calage, qui est simplement maintenu en place, au départ du coup, par un appui du corps du chien. Entre ce bloc et la carcasse, se trouve un ressort récupérateur, qui a pour objet de ramener à sa place le bloc de fermeture quand il a reculé.
- Le magasin se trouve logé dans la partie centrale
- K" B
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- Fig. 2. — Vue latérale gauche, le cadre de recouvrement enlevé, chien armé.
- — Mêmes lettres que I avec, en plus, P, gâchette; Q, ressort à 3 branches de gâchette, détente et languette de détente; S, languette de détente; T, levier de sûreté avec son ressort plat; U, étouteau du levier desûreté; V, poussoir.
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- commerce, et d’une très grande puissance pour des dimensions assez réduites. Parmi les quelques armes
- Fig. 3. — Vue latérale droite, cadre enlevé, chien abattu. — Mêmes lettres avec, en plus, levier d’arrêt du bloc; R, grand ressort du chien.
- que l’on peut ainsi aisément trouver chez tout armurier, nous avons choisi le pistolet automatique Mannlicher, parce que son mécanisme est très simple, très facile à démonter sans le secours d’aucun outil, et qu’il présente une puissance et une vitesse de tir considérables.
- de la crosse, il a une forme prismatique allongée, et peut être garni de sept cartouches au moyen d’une lame chargeur. Ces cartouches, une fois logées, sont constamment poussées vers le haut par un élévateur actionné par un ressort, elles sont arrêtées à la partie supérieure, par un bloque-cartouche muni d’un poussoir de commande.
- Les divers organes du mécanisme sont répartis de part et d’autre du magasin, ainsi que le montrent les figures. Pour cette raison, le chien a une noix évidée, dont les deux joues embrassent le magasin, la joue droite est en relation avec le grand ressort, et la joue gauche avec le système de détente et de gâchette par les crans visibles sur la vue latérale gauche. Toutes les pièces du mécanisme sont protégées par un cadre de recouvrement, également à deux joues, maintenu en place par un simple cliquet de démontage.
- Le fonctionnement de ce pistolet est extrêmement simple :
- L’arme étant fermée et le magasin vide, sans
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- PISTOLET AUTOMATIQUE MANNL1CHER
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- armer le chien au préalable, on tire à la main le bloc en arrière, jusqu’à ce qu’il se trouve enclanché par le levier d’arrêt. Ce mouvement découvre le magasin, arme le chien, et comprime le ressort récupérateur ; on garnit le magasin de ses sept cartouches au moyen d’une lame chargeur, et la cartouche supérieure reste maintenue par le bloque-car touche.
- A ce moment, en agissant sur le chien, comme pour le bander davantage, on provoque l’effacement de la dent du levier d’arrêt, et le bloc s’échappe en chassant devant lui dans le canon la cartouche supérieure du magasin.
- A la fin du mouvement, le bloc se trouve contre le canon, l’extracteur accroché sur la douille, et le chien armé.
- En appuyant sur la détente on détermine le départ du coup.
- A cet instant le chien, par son appui, maintient le bloc à sa place assez longtemps pour que la balle soit sortie du canon, et aussitôt, sous l’effet de la poussée du culot de la douille, le bloc est rejeté en arrière en produisant automatiquement tous les mouvements dont nous venons de parler, y compris la surbande du chien nécessaire à dégager la dent du levier d’arrêt, ce qui permet le rechargement et la fermeture de l’arme, en la replaçant exactement dans les conditions où elle se trouvait avant le départ du coup précédent.
- Lorsque l’arme est ainsi chargée et prête à tirer, si on veut la mettre de côté
- Fig. 5.
- Lame chargeur.
- facilement dans une des poches de la voiture, et comme on peut s’en rendre compte par la pénétration de la balle dans le bois, c’est une arme d’une grande puissance eu égard à ses faibles dimensions.
- On peut en effet la comparer au revolver modèle
- sans risque de départ intempestif, il suffit d’abaisser vers l’arrière le taquet de sûreté, et de remettre le chien à l’abattu en agissant sur la détente.
- Comme nous venons de le voir par cette courte description, cette arme est aussi peu compliquée que possible; ainsi qu’on peut le voir sur les figures, le démontage du cadre de recouvrement, par le simple déclic du cliquet de démontage, se fait sans aucune difficulté, et le bloc peut ensuite lui-même se retirer par l’arrière très facilement, d’une manière analogue. Toutes les pièces de la platine sont alors accessibles et d’un entretien très aisé.
- Les diverses caractéristiques de l’arme ^ sont les suivantes :
- Calibre, 7mm,65; longueur totale, 0m,22; épaisseur totale, 0m,05; poids vide, 0kg,800; poids garni, 0ks,880; poids de la cartouche, 8&r,8; poids de la balle, 5er,5 ; vitesse initiale, 300 m. ; pénétration dans le sapin, 0m,15; nombre de coups tirés en 30 secondes, 40.
- Son épaisseur, très faible, permet de le loger très
- Fig. 4.
- Démontage du bloc, chien armé. Mêmes lettres.
- 1892, en service dans l’armée française, dont nous rappelons pour mémoire les caractéristiques.
- Calibre 8mm, longueur 0m,23, épaisseur O111,058, poids vide 0ks,840, poids garni 0ks,915, poids de la cartouche 12 gr., poids de la balle 8 gr., vitesse initiale 300 m. environ, pénétration dans le sapin 011',20.
- Le pistolet automatique offre d’ailleurs l’avantage de ne pas présenter de discontinuité entre la chambre et le canon, comme il en existe forcément dans le revolver entre le barillet et le canon. On évite ainsi les fuites de gaz d’une part, et l’inconvénient qu’il y a à ne pouvoir faire prendre la rayure à la balle dès son départ de la cartouche d’autre part.
- Quant au recul, ses effets sur la main du tireur sont beaucoup moins sensibles et moins brusques
- Fig. 6. — Coupe par le plan médian. — Mêmes lettres avec, en plus, X, ressort du percuteur ; Y, extracteur ; Z, ressort récupérateur du bloc; a, élévateur de cartouches; b, cartouches ; d, ressort d’accrochage du couvercle; r, ressort élévateur.
- que ceux que produit le revolver, parce que précisément c’est une arme à déformation élastique, qui absorbe, dans son fonctionnement même, la plus grande part du travail du recul.
- Capitaine D.
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- LES COLORATIONS DE LA LUNE PENDANT LES ÉCLIPSES
- Chez tous les peuples primitifs, l’éclipse de Lune était beaucoup plus remarquée que l’éclipse de Soleil. Le fait s’explique aisément : l’éclipse partielle de Soleil n’est pas plus sensible que le passage d’un nuage et peut aussi bien manquer à fixer l’attention ; quant à l’éclipse totale, elle est extrêmement rare. La Lune, au contraire, à l’époque de ses éclipses, demeure toute la nuit sous les yeux, et tout homme qui veille suit sans éblouissement les changements qui surviennent à son disque.
- Quand la Lune s’éclipsait, les Incas, dont les connaissances astronomiques étaient par ailleurs très développées, croyaient à une maladie de cet astre. L’inquiétude se répandait dès qu’on la voyait entamée; si elle allait disparaître tout entière, pensait-on, ce serait le signe qu’elle aurait trouvé la mort. Alors elle ne pourrait plus se soutenir au ciel et, en tombant sur la Terre, elle écraserait les pauvres mortels et le monde finirait. C’est pourquoi, aussitôt que quelqu’un s'apercevait d’une de ces éclipses, dont le peuple était incapable de prévoir les dates, tous se jetaient sur les instruments qui pouvaient leur tomber sous la main, tambours, trompettes, timbales, faisant un vacarme épouvantable. En même temps ils attachaient les chiens et les fouettaient, pour leur faire pousser des cris lamentables ; car ils étaient persuadés que la Lune aime les chiens et que, touchée de leurs gémissements, elle ferait un effort pour se ranimer. Les Grecs de l’antiquité classique auraient-ils parlé autrement de Diane chasseresse?
- Partout la même frayeur. La Lune est dévorée par le démon, par un chien gigantesque, un jaguar, un requin, un loup terrible, un dragon, entourée par les anneaux d’un serpent : partout, même préoccupation de la délivrer. Et ce qu’il y a de remarquable et de surprenant dans la terreur causée aux hommes par le phénomène des éclipses, pendant l’état d’ignorance, ce n’est pas tant le sentiment de frayeur que l’analogie étroite des superstitions et la similitude extraordinaire des moyens employés pour détourner le malheur.
- Qui expliquera pourquoi le chien, l’otarie, etc..., aboient à la Lune?
- Mais ce que nous disons s’applique à une humanité lointaine et c’est par quarantaine de siècles qu’il faudrait compter pour remonter à cette époque éloignée.
- Peu à peu, l’observation se dégage des superstitions et, depuis la plus haute antiquité, on trouve cette remarque que, pendant les éclipses totales ou partielles de notre satellite, la partie éclipsée de la Lune (celle qui est plongée dans l’ombre de la Terre), au lieu de disparaître complètement à nos yeux, se colore très souvent de teintes rouges assez éclatantes allant du rouge sombre au brun cuivré. Encore ce phénomène est-il variable et capricieux.
- Il fallait attendre le xixe siècle, avec les progrès de la physique, pour avoir une idée précise de ces apparences.
- La lumière blanche n’est qu’un composé, résultante de diverses radiations colorées : et si, dans les milieux traversés, affectés d’absorptions sélectives, les rayons bleus et violets sont particulièrement arrêtés, la composante définitive aura une prédominance rouge. La qualité d’absorber ainsi le bleu et le violet a été reconnue à la vapeur d’eau : c’est pourquoi, très généralement, les astres paraissent rouges à l’horizon ; c’est pourquoi, également, la coloration rouge de l’ombre terrestre est due au passage ou à la réfraction des rayons solaires dans les couches de notre atmosphère les plus voisines du sol, et aussi les plus chargées en vapeur d’eau.
- Parfois, il est vrai, pour certaines éclipses, la partie éclipsée de la Lune disparaît complètement et l’on ne peut plus apprécier aucune coloration : il est probable que cette disposition tient à une opacité exceptionnelle de l’atmosphère terrestre, par exemple à cause de nombreuses poussières volcaniques en suspension. Divers auteurs, et notamment M. Flammarion, ont cru pouvoir noter, en effet, que les éclipses de cette nature suivaient toujours d’assez près d’intenses éruptions volcaniques.
- Mais l’observation devint aussi plus minutieuse : dans un grand nombre d’éclipses, on vit un cercle gris ou gris-bleu entourer cette couleur rouge de l’ombre et se fondre avec elle ; ainsi, à sa surface extérieure, et sur une certaine épaisseur, le cône d’ombre de la terre serait donc bleu et non plus rouge. Or, si les auteurs sont assez bien d’accord pour expliquer aisément la teinte rouge de la partie éclipsée centrale, il n’en est pas de même de la couleur bleue : diverses hypothèses ont été émises, dont aucune ne paraît entièrement satisfaisante.
- M. Baldet propose, assez logiquement, de recourir à un mécanisme du même ordre pour expliquer les deux teintes, bleue et rouge. La teinte bleue provient des rayons solaires qui ont traversé les régions les plus élevées de notre atmosphère, avec un minimum de réfraction qui les maintient sur les parties externes du cône d’ombre; or, dans les hautes régions atmosphériques, l’air est très sec et cette absence de vapeur d’eau suffit à expliquer le manque de coloration rouge. II faut aller plus avant pour légitimer la bande bleue caractéristique. Cerlains gaz, absorbant particulièrement les rayons rouges, joueraient un rôle prédominant et, à l’opposé, donneraient une prédominance bleue à la teinte finale : cette absorption sélective se rencontre avec l’ozone, en particulier, et comme l’ozone est relativement plus riche dans les hautes régions que près du sol, on entrevoit nettement le mécanisme inverse de celui qui se produit pour les rayons passant près du sol.
- L’explication est ainsi très plausible. Le spectroscope, appliqué pendant les éclipses à l’étude de ces deux teintes lunaires, tranchera définitivement, et nous saurons alors si les colorations de la Lune éclipsée doivent être considérées comme élucidées. J. Mascart.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du Ier mai 1911. — Présidence de M. A. Gautier.
- Appareil de mesure des hautes tensions. — M. Villard décrit un appareil qu’il a imaginé avec M. Abraham pour la mesure des tensions pouvant atteindre 500 000 volts. Cet appareil présente le grand avantage d’être peu encombrant et d’être sensible même au delà de 150 000 volts.
- Hypothèse sur la catalyse. — M. Villard résume ensuite une Note de M. Duclaux contenant une explication ingénieuse des phénomènes de catalyse. Les corps comme le noir de fumée présentent une quantité innombrable de cavités très petites. Il arrivera évidemment souvent
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- UNE UNIVERSITÉ
- que deux de ces cavités communiqueront entre elles. En vertu du mouvement brownien, il sera fréquent que l’une des cavités sera vide et que, dans l’autre, la pression sera double de la pression normale. De même, il arrivera facilement que la température s’élèvera de quelques centaines de degrés dans l’une des cavités, et, cela, un très grand nombre de fois par seconde. On s’explique ainsi que les corps poreux, par leur seule présence, puissent provoquer des réactions chimiques : par exemple l’inflammation d’un mélange d’hydrogène et d’oxygène.
- La mesure des longitudes par la télégraphie sans fil. — M. Poincaré, après avoir rappelé que l’on avait pu avec un plein succès opérer des comparaisons de pendule entre Paris et Brest par la télégraphie sans fil, fait connaître que l’on vient d’appliquer le procédé entre Paris et Bizerte, c’est-à-dire sur une distance de 1500 km. Une première expérience conduite par MM. Driencourt, Claude, commandant Perrier, n’a pas donné des résultats importants à cause du temps couvert qui a contrarié l’opération. Mais, si l’on considère que la comparaison des pendules opérée au moyen d’un signal émanant de Bizerte et la comparaison des mêmes pendules quelques instants plus tard à l’aide d’un signal venu de Paris, doivent, toutes corrections faites, présenter un écart qui représente le double de la durée de propagation de l’onde hertzienne, on a pu constater que, bien que l’on se trouve à la limite de précision des appareils, l’écart ne dépasse pas beau-
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- UNE UNIVERSITÉ
- Située dans le massif méridional des Montagnes Rocheuses, la ville d’Albuquerque doit à sa situation cet avantage inappréciable que l'atmosphère y possède une pureté exceptionnelle. Le haut plateau qui lui sert d’assises, la proximité de vastes régions désertiques, que l’irrigation s’efforce péniblement de rendre fertiles, la rareté des pluies, tout contribue à lui assurer un climat chaud et sec, d’une salubrité exceptionnelle.
- Ce préambule expliquera en grande partie le succès qui a couronné l’œuvre des fondateurs de l’Université du Nouveau-Mexique, territoire dont Albuquerque est la principale ville. Cet établissement, qui reçoit des élèves des deux sexes, a attiré sur ses bancs un grand nombre de jeunes gens de constitution faible ou maladive qui achevaient de ruiner leur santé dans les Universités de New-York, de Philadelphie ou de Boston. L’air pur d’Albuquerque, son soleil radieux, leur ont valu ce double résultat d’acquérir en même temps leurs brevets universitaires et le complet rétablissement de leur santé.
- Cela seul suffirait à retenir l’attention du grand public, en Amérique comme en Europe. Si nous n’hésitons pas à déclarer que l’école d’Albuquerque est unique en son genre, c’est que ses fondateurs, foulant aux pieds les préjugés de leur race, n’ont pas craint d’emprunter à la race conquise un type d’architecture jusqu’alors dédaigné, ou méprisé.
- Ce n’est pas par esprit d’imitation, par « snobisme », que le Dr William G. Tight, président de l’Université, et son collaborateur, M. E. B. Christy,
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- coup 0S,01. Or, si l’on admet que la vitesse de propagation des ondes hertziennes est identique à celle des ondes lumineuses, il est aisé de calculer que, pour parcourir 5000 km, l’onde doit mettre 0S,01.
- Aspects de la surface de Mars. — M. Bigourdan résume les résultats obtenus par M. Jarry-Desloges de ses observations de la planète Mars pendant l’opposition de 1909-1910. L’accroissement et la diminution des calottes polaires ont suivi les saisons martiennes avec régularité. Mais l’auteur n’a pu déceler la présence d’un produit liquide quelconque résultant de la disparition de la surface blanche. En juin et juillet 1909 on a constaté une décoloration anormale de toutes les plages sombres de la région équatoriale. Cette décoloration, sans rapport avec les saisons martiennes, ne paraît pas pouvoir être expliquée par l’apparition d’une végétation périodique. Certaines plages ont montré des variations de coloris qui parfois étaient en rapport avec la journée martienne.
- Action des rayons ultra-violets sur les gousses de vanille. — M. Guignard communique un travail de M. Pouguet sur le développement de P arôme de la vanille. Même mûre, la gousse de vanille n’exhale pas d’odeur. Il faut l’exposer à la chaleur qui développe une sorte de fermentation accompagnée de noircissement progressif. Mais si l’on soumet aux rayons violets les gousses vertes maintenues à une température de 50°, au bout de quelques heures elles donnent de la vaniline. . Ch. de Yilledeuil.
- EN PLEIN DÉSERT
- se sont décidés à reconstruire l’école dans le style créé par les Indiens Pueblos. Cette architecture s’adapte merveilleusement au climat, avec ses larges balcons et ses terrasses où les habitants peuvent dormir à la belle étoile, avec ses épaisses murailles à'adobe, ou terre battue, plus efficace contre la chaleur et contre le froid que les briques et les pierres.
- D’après les informations qu’a bien voulu nous fournir M. John D. Clark, l’un des professeurs de l’Université, le coût des constructions en style Pueblo est bien inférieur à celui des édifices de tout autre style. L’économie réalisée n’a aucune influence sur la solidilé de l’œuvre; elle s’explique par ce fait que le style indien ne connaît pas l’arche, et qu’il est assez élégant par lui-même pour se passer d’une façade aux ornementations coûteuses.
- Les deux photographies que nous reproduisons sont des plus instructives. L’une nous montre le Pueblo de Zuni en son état actuel : c’est dans ce village de Hopis, tribu de la nation des Indiens Pueblos, que M. Christy alla puiser son inspiration avant d’établir le plan de l’édifice que représente notre seconde photographie.
- Cette construction, qui sera l’un des côtés de l’édifice quadrangulaire définitif, est le dormitory (dortoir) des élèves-femmes. Il a nom Eokona, mot emprunté à la langue des Hopis, et qui signifie a le Nid des Papillons ». Le dortoir des élèves-hommes, dont l’une des ailes est également terminée, est appelé Kwataka, littéralement « l’Àigle-Guerrier », du nom d’un héros indien. Les autres constructions
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- sont dans le même style, y compris celle qui abrite l’usine génératrice d’électricité.
- Le même souci d’art s’est manifesté dans la distribution, intérieure des édifices, comme dans la décoration des chambres d’étudianls, qui ne com-
- Gomme nous l’indiquions plus haut, cette résurrection de l’art indien fait le plus grand honneur à l’éminent président de l’Université de Nouveau-Mexique, le Dr William Tigbt.
- Ajoutons que l’école d’Albuquerque est destinée
- Fig. i. — L'un des bâtiments, en style Pueblo, de l'Université d’Albuquerque.
- portent ni papier peint ni draperies. Les murs sont simplement ornés de peintures à fresque imitées des motifs de la poterie indienne. Sans les clo-
- à devenir un centre actif d’études ethnographiques. Un musée de reliques indiennes sera adjoint à la bibliothèque, où l’on s’occupe avec succès de
- Fig. 2. — Le Pueblo de Zuni, type de l’architecture des Indiens du Nouveau-Mexique.
- chettes de verre des lampes électriques, l’illusion serait complète; le visiteur pourrait se croire transporté dans l’intérieur d’une de ces vastes maisons que les Indiens pré-colombiens construisaient avec tant d’art, et dont les imposantes ruines attirent le touriste jusqu’au fond du désert de F Arizona.
- recueillir les folklores des Indiens de la région.
- Les étudiants de l’Université publient un journal hebdomadaire, le U. N. M. Weekly, dont j’ai eu l’occasion de lire plusieurs exemplaires, qui contenaient des études fort documentées sur les traditions et légendes des Indiens Pueblosl J. d'Izier.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1981.
- 13 MAI 191!
- LES HEROS DES GRATTE=CIEL AMERICAINS
- L’usage de la construction métallique appliquée à l’habitation date de 1879, mais il s’est développé sur tout aux États-Unis depuis dix ans. Le premier gratte-ciel à ossature , de fer et d’acier est un immeuble de dix étages appartenant à la Home
- nieurs, soit comme ouvriers. Les forgerons en bâtisses et les pontonniers se groupent dans un syndicat professionnel « Ilouse-smiths and Brid-gemen’s Union». C’est une curieuse classe que celle de ces hommes qui risquent à chaque instant
- Insurance Cy élevé en 1885. Depuis lors, certains « skys scrapers » ont atteint d’effrayantes proportions et nous devons citer le Singer Building qui a 47 étages et 207 mètres de hauteur. Les règlements des travaux publics de l’État de New-York autorisent l’édification d’immeubles de 600 mètres de hauteur ayant 150 étages. Y arrivera-t-on ?
- Toujours est-il que la construction de ces immenses cages d’acier et de fer, occupe aujourd’hui un personnel spécial, soit comme ingé-
- 39" année. — Ier semestre
- Quelques positions périlleuses d'ouvriers travaillant au sommet de sky scrapers.
- leur existence et vivent pour ainsi dire face à face avec la mort menaçante.
- Ils constituent des troupes d’émigrants qui vont de place en place, s’arrêtent pour, réparer les désastres des tremblements de terre ou du feu. Ici ils construisent un pont colossal; là ils bâtissent le premier gratte-ciel d’une nouvelle ville. Ils ont un air heureux, simplement habillés de vêtements aux sombres couleurs et coiffés d’un feutre déformé ou d’une casquette à visière.
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- 378 ===== LES HEROS DES GRATTE-CIEL AMERICAINS
- On compte aux États-Unis vingt mille de ces ouvriers du fer et de l’acier. Mais combien sont hâtivement frappés par la mort ou mutilés? Il y a de bonnes raisons pour ne pas dresser d’exactes statistiques : elles seraient peu encourageantes pour ce métier. Il semble certain cependant qu’avec les constructions de plus en plus élevées le taux de la mortalité est augmenté. La mort prélève presque régulièrement sa dime sur l’équipe de chaque grand travail. A New-York, la construction du bâtiment Singer a coûté quinze vies humaines ; le grand pont d’East River, cinquante-six, le pont de Manhattan, cinq. La grande tour du Métropolitain, le plus haut des gratte-ciel avec ses cinquante étages, a coûté onze vies avant que le 21e étage ait été atteint. Sept hommes sont morts durant la construction du Bel-nord Hôtel. Il n’a pourtant que 18 étages, et les constructeurs de gratte-ciel l’ont surnommé dédaigneusement « le chenil ». Il y a, à New-York, 24 constructions de vingt étages au moins.
- Ces hardis travailleurs sont-ils convenablement rémunérés pour leur adresse professionnelle et les dangers affrontés dans l’exercice de leur métier? Tandis que les salaires des autres ouvriers sont souvent de 20 à 25 francs par journée de 8 heures, les leurs peuvent facilement s’élever à 200 francs par semaine ou même davantage. Le désastreux tremblement de terre de San Francisco détermina une pressante demande de main-d’œuvre; aussi à ce moment il y eut, venant de tous les points du monde, une invasion vers la côte du Pacifique. Les chercheurs d’or de jadis furent remplacés par des chercheurs d’or qui cherchaient dans l’air, et non plus dans les entrailles de la terre, le précieux métal. On vit alors des constructeurs de gratte-ciel gagner 500 francs par semaine.
- L’élévation d’une charpente en fer exige la solution de difficultés très diverses. L’architecte peut donner carrière à son ingéniosité. Les fondations doivent remplir des conditions spéciales pour supporter d’énormes charges. Les traverses et poutres en fer des petites constructions ont des dimensions déterminées, mais ces traverses, qui dans les gratte-ciel pèsent souvent plusieurs tonnes, ont des formes et des dimensions variées selon les enlacements combinés. L’assemblage facile dans les premiers étages devient difficile à partir du quatrième ou cinquième.
- En conséquence, on prend des dispositions spéciales. Des fils téléphoniques sont posés d’étage en étage; de jeunes ingénieurs sortant des écoles et apprenant leur métier de constructeurs se tiennent à proximité sur l’échafaudage pour demander en bas par le fil les poutres en fer. Les treuils ronflent, les palans électriques grincent tandis que les riveuses
- pneumatiques font grand tapage. Une longue chaîne descend jusqu’à terre ; on y attache la poutre de fer sur laquelle grimpe un homme chargé de la guider. Nonchalamment perché, il surveille la montée pour que la pièce ne puisse buter contre un obstacle. Parfois, mais assez rarement, la pièce glisse dans la chaîne ; le guide est broyé, sans parler de tous les dégâts qu’occasionne la chute d’un poids de trois ou quatre tonnes d’une hauteur de vingt ou trente étages. Par suite des précautions prises, les accidents sont rares et l’élévation des poutres est un travail relativement peu dangereux. La poutre est mise provisoirement en place au moyen de tiges d’acier fixées dans les trous et les ouvriers riveurs font alors leur office.
- Les intempéries des saisons ne comptent pas pour ces hardis constructeurs de gratte-ciel ; le travail se poursuit hiver et été par les températures les plus froides ou les plus chaudes ; parfois même les équipes d’ouvriers se succèdent de jour et de nuit sans aucun arrêt. Ces hommes courageux, intrépides en face du danger, ont pourtant leur part de faiblesse humaine. Beaucoup ne travaillent le lundi qu’avec un certain effroi, c’est pour eux « le lundi bleu » — Blue monday — parce que ce jour de la semaine un plus grand nombre trouvent la mort. Les entrepreneurs en attribuent la cause à la journée de la veille. Chacun a ses préjugés. Ainsi on cite le cas d’un ouvrier assis sur une traverse, les pieds pendants dans l’espace à un vingt-quatrième étage, occupé à manger son déjeuner et qui déclarait à un camarade n’avoir jamais voulu rouler en automobile parce qu’il considérait cela comme dangereux.
- On cite de nombreux exemples d’héroïsme à l’actif des ouvriers de « skvs scrapers ». Il en est un bien connu. Deux ouvriers étaient occupés à travailler à 50 mètres, de haut sur la tour de Queensborough, un des ponts de New-York, en décembre 1907. La poutre de fer, sur le point d’être fixée à sa place, se mit à glisser. Jugeant aussitôt que sa chute serait la cause de nombreuses morts d’hommes, ils engagèrent leurs mains dans une ouverture sous la pièce et la bloquèrent ainsi. Leurs mains furent complètement broyées ; leurs moignons sanglants témoignèrent de leur généreux exploit.
- Un grand nombre d’ateliers aux États-Unis fournissent du fer et de l’acier pour les constructions. Cette production pour 1908 s’est élevée à
- 1 085 181 tonnes. Ce chiffre dépasse actuellement
- 2 millions 200 000 tonnes, ce qui permet de juger
- de l’importance de la construction métallique, si on se rappelle que la production totale du fer et de l’acier aux États-Unis en 1887 était seulement de 2 159 659 tonnes. N. Lallié.
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- LES MŒURS DES VEDDAS
- Un ethnologue anglais, M. G. G. Seligmann, en collaboration avec Mrs B. Z. Seligmann, vient de publier une belle monographie des Yeddas de Geylan1.
- Pendant longtemps on a considéré les Yeddas, on ne voit vraiment pas pourquoi, comme le peuple le plus arriéré de la terre, comme le type même du « sauvage » : de ce fait, quoique les anthropologues fussent en somme tous d’accord pour rejeter cette idée courante, il était urgent de les ctudier avec rigueur. Urgence d’ailleurs accrue par le petit nombre d’individus dont ce peuple est composé, par sa tendance à l’extinction prochaine, et par les modifications rapides qu’il éprouve au contact des Tamils et des Cinghalais.
- « En fait, déclare M. Seligmann, en cherchant bien, j’ai tout juste été capable de rencontrer quatre familles, et d’entendre parler de deux au surplus qui, je crois, n’avaient jamais pratiqué la culture. » De plus, il est courant parmi eux de jouer le rôle d’« hommes primitifs professionnels » : ils vont se faire interviewer par les voya geurs en quête de couleur locale, vêtus du costume vedda tra- ! dilionnel, et retournent ensuite chez eux où ils ! s’habillent à la façon des paysans cinghalais, leurs l voisins.
- Les Yeddas sont loin d’occuper toute la surface de Geylan. Ils se cantonnent en un grossier triangle, entre les pentes occidentales du massif montagneux central de l’île et la mer, répartis ainsi surtout sur la plus grande partie de la province de l’Est, une des neuf divisions de Ceylan, et arrivent jusqu’à quelques kilomètres de sa capitale, le port de Batti-caloa. Cette région est d’aspect très varié, réunissant tous les types du paysage cinghalais, coupée de pro-
- 1. C. G. et B. Z. Seligmann. The Yeddas. Cambridge. Uni-vcrsity Press. 1911, in-8°. — Cl. sur les Yeddas : E. Dès-champs. Au paijs des Yeddas. Paris; P. et F. Sarasin. Die Weddas von Ceylon and die sie umhegenden Vôlkerschaf-ten, 1893 : L. Rutimeyer. Die Nilgalaweddas in Ceylon {Clobus, 1903). Dans La Nature : E. Desciiaaips. Jais Yeddahs de Ceylan (11 juillet 1891).
- fondes vallées, couverte d’une végétation touffue, riche en eau.
- Ce domaine géographique représente le minimum de l’extension des Yeddas, qui fut autrefois beaucoup plus considérable, et qui a couvert tout au moins la moitié de l’île : peut-être même a-t-elle été plus large encore, si, comme il est très probable, il faut identifier avec les Yeddas les Yakkas dont parlent les anciennes chroniques du pays, et en particulier le recueil buddhique, le Mahawansa. Au temps de cette grande extension, les Yeddas étaient politiquement organisés, et l’on possède des documents historiques du XVIe et du xvne siècles, attestant qu’alors encore ils avaient des chefs : d’après le Mahawansa,
- ils auraient eu un roi suprême et des chefs subordonnés. Cette organisation est disparue aujourd’hui, et les Veddas se présentent comme un peuple dont la civilisation est en voie de destruction. Cela ne veut pas dire du tout qu’ils en soient à l’état « d’hommes primitifs ». Le recueil de M. Seligmann montre fort bien au contraire qu’ils doivent être placés assez haut sur l’échelle des civilisations.
- Physiquement les Veddas sont de taille courte (I m. 555 d’après les frères Sarasin); ils ont la peau d’un brun noir ou jaunâtre, la tête longue, étroite (indice céphalique moyen : 70,5 d’après les frères Sarasin), la face plutôt longue, le nez assez aplati, mais non écrasé, leur capacité crânienne moyenne (d’après les mêmes) est de 1278 c. c.
- Chaque Yedda appartient à un groupement qu’ils appellent waruge, c’est-à-dire un clan, qui est exo-game, c’est-à-dire que les individus qui en font partie n’ont pas le droit de contracter mariage à l’intérieur du clan. L’enfant appartient au clan, ou waruge de sa mère, ce qu’on exprime en disant que la descendance se fait dans la ligne maternelle. Bien entendu, cette division en classes n’est qu’une division matrimoniale, une classification des individus au point de vue de la parenté, et nullement une division géographique ou territoriale, plusieurs classes
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- ayant normalement des représentants sur un même territoire.
- En réalité les Yeddas, qu’il s’agisse des Yeddas les plus arriérés, des Yeddas de villages, ou de ceux de la côte, vivent groupés en communautés qui comprennent de 1 à 5 familles, ayant en commun les droits de chasse sur un même territoire, celui d’y récolter le miel, d’y pêcher, d’y user des abris sous roche comme habitation. Cependant l’ensemble de ces communautés ne se meut pas sur son territoire en une bande compacte, et le plus souvent on ne trouve vivant et chassant ensemble que les membres d’une même famille ou des petits groupes de deux familles. Le sentiment de la propriété collective du groupe communautaire n’en est d’ailleurs pas moins nettement marqué. En général, les limites du territoire qui lui appartient coïncident avec des frontières géographiques aisément reconnaissables, et ces frontières sont scrupuleusement respectées par tous; mais lorsqu’elles ne sont pas naturellement nettes, on prend soin de les marquer en gra-vant sur les arbres qui en suivent le contour des dessins représentant un homme porteur d’un arc. Des marques analogues , de types divers, sont placées sur les objets et les rattachent à un groupe ou à un individu déterminés. — Chacune des familles dont le groupement constitue la communauté se compose des parents (le père et la mère) et des enfants non mariés, auxquels s’ajoutent en général les filles mariées et leurs maris : la descendance se faisant, en effet, comme nous l’avons dit, dans la lignée maternelle, la famille est groupée autour de la femme au lieu de l’être autour de l’homme comme c’est la règle dans les sociétés à descendance masculine, et c’est le mari qui vient habiter chez la femme. Il semble d’ailleurs à plusieurs indices que, chez les Yeddas, la descendance ait tendu à se faire par les mâles et qu’ainsi la famille « paternelle » ait tendu à se substituer à la famille « maternelle » : peut-être faut-il voir un de ces indices dans le fait que lorsqu’une femme se trouve veuve, elle épouse le plus souvent le frère de son mari mort. L’existence, aux xvie et xviie siècles et antérieurement, de chefs masculins, montre d’autre part que la puissance politique et
- sans doute aussi la propriété appartenaient aux hommes, ce qui indique généralement le déclin d’une société à descendance maternelle. — Tous ces traits montrent que les Yeddas s’étaient élevés sur l’échelle sociale beaucoup plus haut que les sociétés australiennes et même que certaines sociétés peaux rouges, — élévation qui, étant donnée leur faible puissance numérique, n’implique pas forcément d’ailleurs une complexité de l’organisation sociale aussi grande que celle de ces sociétés.
- M. Seligmann décrit avec soin le mode de vie des groupes familiaux ou communautaires que nous venons de définir d’après lui. On peut dire qu’en règle générale le Yedda est un habitant d’abris sous roche, un troglodyte. Même ceux qui pratiquent la culture en chena (c’est un « défriché » provisoire dans la forêt), n’ont pas d’autre habitation permanente, et tous les mouvements de la commu -nauté ou de la famille, d’un abri sous roche à un autre, sont réglés suivant la saison et la provision disponible de nourriture, de façon à éviter autant que possible la construction de huttes. Plutôt que de recourir à celles-ci, le Yedda préfère s’astreindre chaque jour à de longues courses à la chasse, quitte à camper en plein air, sous un abri de fortune, s’il ne peut pas rentrer le soir. Un certain nombre cependant se construisent des huttes temporaires deux ou trois fois l’an, dans certaines circonstances. Par exemple, pendant les mois chauds, alors que les rivières sont presque à sec et que le gibier se rassemble près de leur cours dans le fond des vallées, on voit des familles, pour les commodités de la chasse, installer une hutte à proximité de l’eau : dès que surviennent les pluies, on s’empresse d’ailleurs de quitter ces établissements temporaires et de retourner aux abris rocheux de la montagne. Un autre cas est celui d’une famille qui, selon Nevill, cité par M. Seligmann, fait une « partie de pique-nique » pour quelques semaines, ou qui va installer une hutte au milieu de champs de fleurs abondantes prometteurs d’une riche récolte de miel. Quant aux vrais villages, dont il existe un certain nombre, ils appartiennent à des Yeddas qui, à la chasse, à la récolte de miel, ont ajouté, peut-être sous l’influence singhalaise, la culture du grain, la récolte des
- Fig. 2. — La danse de la flèche : un des danseurs se penche sur la flèche; Vautre est possédé. (D’après Seligmann.)
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- ignames : encore ne consistent-ils très fréquemment qu’en de simples abris sous roche collectifs.
- L’organisation de ces abris est faite de façon à respecter l’individualité de chaque famille, qui y possède sa place propre, à l’intérieur de laquelle sont distinctes au surplus celle des hommes et celle des femmes. En même temps le caractère collectif de la propriété apparaît dans plusieurs faits. Ainsi, la cuisine, qui est à la charge des femmes, est faite par elles pour toute la communauté. De même, les hommes ne gardent pas les arcs et les flèches dans leur case familiale, mais ils rassemblent toutes les armes dans une division spéciale, affectée à ce seul usage et qui est l’arsenal de la communauté.
- Nous ne saurions suivre M. Seligmann au cours des longs et copieux chapitres qu’il consacre à la vie religieuse et aux croyances des Yeddas. Nous en retiendrons seulement ce qui est nécessaire à l’intelligence des « danses cérémonielles » qu’il dé crit avec beaucoup de soin et qui sont la partie capitale de son livre. Le centre de la vie religieuse des Yeddas est la croyance aux yaku (pluriel de yaka) ou esprits des morts.
- Pour M. Seligmann « la religion vedda est essentiellement un culte des morts » et « la propitiation des esprits des parents morts (les nae yaku) est son point le plus important et le plus évident ». Parmi ces yaku quelques-uns ont pris une importance particulière et tendent visiblement à jouer le rôle de héros légendaires. « Le plus important est Kande Yaka, le yaka de Kande Wan-niya, un chasseur illustre qui vivait il y a plusieurs générations et dont on invoque l’assistance pour la bonne chasse. Kande Yaka aide spécialement à traquer le cerf aboyeur (Cervus unicolor)1 et l’antilope tachetée (l’axis, Cervus axis)1 ; on lui associe souvent Bilindi Yaka, le yaka de son jeune frère Bi-lindi. Lorsqu’un cerf a été tué, la tête est mise de côté et, avec du riz et du lait de coco (si on en a) dédiée à Kande Yaka, après quoi on la mange avec le riz ». Un lien est établi entre Kande Yaka et les yaku des parents morts (nae yaku) ; on pense que ceux-ci vivent autour de lui et deviennent eu quelque sorte ses serviteurs, de sorte que Kande Yaka, et
- 1. Identifications dues à l’obligeance de M. E. Trouessart, professeur au Muséum.
- souvent avec lui Bilindi Yaka sont invoqués au début des cérémonies pour les nae yaku. :
- Ce sont ces esprits, ces yaku, que mettent en service les « danses cérémonielles » 1 décrites par M. Seligmann. Leur but est d’obtenir des yaku du succès dans les entreprises qui constituent l’activité des Yeddas et, avant tout naturellement, à la chasse, qui est la principale, ce qui explique le rôle prédominant de Kande. Leur procédé est très simple, au moins en principe : il s’agit, par toute une série de rites, de devenir possédé par le yaka que l’on a en vue. C’est dire que ces danses sont pantomimiques : elles illustrent à la fois les étapes et les conditions de la possession, et elles miment les actions qu’on désire pouvoir accomplir, — leur aboutissement uniforme étant un évanouissement subit, qui est censé se produire quand le yaka quitte le corps du
- possédé (ou quelquefois, plus rarement, quand commence la possession) .
- En règle générale, la conduite de la danse, la récitation des chants, et surtout la possession, sont un rôle dévolu en particulier au dugganawa, le prêtre, ou plus exactement le shaman2 de la communauté, qui a le pouvoir et la science requise pour l’appel des yaku. Voici comment il opère : tout en dansant, il chante une invocation, spécialement appropriée à la circonstance, et tourne, ce faisant, autour de l’offrande qui a été préparée pour les yaku par les spectateurs, qui sont ceux pour qui est faite la cérémonie et qui accompagnent volontiers le chant du shaman ; le chant bientôt s’accélère, la danse devient plus vive et désordonnée, la voix du chanteur devient rauque; bientôt il devient possédé, l’esprit invoqué entre en lui, et, dans cet état, il mime les actes désirés, fait les promesses, donne les indica-lions demandées. A ce moment, après avoir accepté
- 1. Le terme « danse cérémonielle » est certainement juste mais il est vague : en réalité, il semble possible de reconnaître dans toutes celles qui sont décrites, des « sacrifices » bien caractérisés, ayant pour but de faire participer les « sacrifiants » au pouvoir des esprits invoqués. Sur le sacrifice : Hubert et Mauss. Essai sur la nature et la fonction du sacrifice (Année sociologique, t. I).
- 2. Mot toungouze, qui, dans la langue de l’ethnographie, désigne le prêtre-médecin qui connaît l’art d’évoquer les es-prils.
- Fig. 3. — La danse du lait de coco : pour obtenir le succès à la chasse, le Shaman mime la poursuite d’une antilope. (D’après Seligmann.)
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- l’offrande, il entre en contact avec les spectateurs, en les touchant soit directement aux épaules, soit par l’intermédiaire d’un objet sacré : il semble qu’en agissant ainsi, il transmette aux spectateurs la puissance de l’esprit qui est en lui, ce qui est l’objet même du rite. Tout cela fait, le shaman s’évanouit généralement quelques instants : l’esprit a cessé de le visiter, la cérémonie est finie. — Le pas de la danse, très simple, vaut cependant la peine d’être décrit. Il consiste essentiellement en pas alternatifs de chaque pied, chaque pas étant suivi, du pied qui est en avant, par ce qu’on nomme, en langage d’escrime, deux « appels », puis d’un demi-tour1. Le rythme est marqué par le balancement des hanches.
- A chaque demi-tour en avant, le corps est incliné en avant, la tête penchée, les cheveux pendent sur la face; à chaque demi-tour en arrière, la tête est rejetée en arrière.
- Le mouvement est d’abord lent, les deux pieds touchent ensemble le sol au moment des appels, mais bientôt la mesure s’accélère, un seul pied touche le sol à la fois, ce sont des bonds et des gestes éperdus.
- Les gravures ci-jointes, empruntées à l’ouvrage deM. Selig-mann, donnent une excellente idée de ces danses, ou plutôt de deux d’entre elles, car elles sont nombreuses, et il serait fastidieux de les décrire toutes.
- La plus simple est la danse de la flèche, qui se danse assez souvent sans l’office du shaman, chaque assistant en jouant le rôle pour son compte. Elle a pour but d’obtenir le bonheur à la chasse, grâce aù yaka de Kande, le héros chasseur dont nous avons parlé plus haut. Pour cela, on fiche en terre une flèche que l’on décore avec des feuilles de l’arbre na (.Messua ferruginea) et les chasseurs dansent à l’entour, suivant le pas décrit, en chantant les paroles appropriées. L’esprit de Kande ne tarde pas à descendre, non pas dans les hommes, mais dans la flèche, laquelle joue ainsi le rôle d’intermédiaire qui ! appartient en général au shaman. Pour participer à
- 1. C’est la description de M. Seligmann; elle est inexacte ou incomplète : prise à la lettre, le pas est inexécutable.
- sa présence et à sa puissance, chaque danseur va à son tour puiser le yaka qui se trouve ainsi dans l’arme, ce qu’il fait en se penchant sur la flèche, de façon à faire reposer ses cheveux sur les feuilles qui la décorent : il devient aussitôt possédé, et souvent si abattu de fatigue, si surexcité en même temps, que les assistants doivent le soutenir pour l’empêcher de tomber.
- La danse kirikoraha, ou danse du lait de coco, offre un rituel du même type, mais plus compliqué. Gomme celle de la flèche, elle agit sur Kande Wan-niya et aussi sur Bilindi son frère. Elle doit son nom à la présence, qui y est obligatoire, d’un vase de lait de noix de coco (extrait de la pulpe de la noix dans de l’eau) qui s’accompagne souvent d’autres offrandes. La présence d’un shaman y est indispensable. Quand il arrive à la possession, il joue, en pantomime, le personnage de Kande Wanniya (dont il possède le yaka) poursuivant et finalement tuant une antilope fictive.
- Ces « danses cérémonielles » suggèrent les mêmes réflexions que l’organisation sociale. Elles témoignent, malgré une simplicité apparente, d’une pensée assez élaborée, qui met les Veddas au-dessus des Australiens, et qui est contradictoire avecl’idée de voir en eux les « vrais hommes primitifs ». On est en droit de se demander d’ailleurs si cette erreur, désormais dissipée, n’a pas eu sa source dans la vie surtout chasseresse des Veddas, et si elle n’était pas un écho de la vieille idée simpliste qui faisait de la vie chasseresse la caractéristique du « primitivisme ». Quoi qu’il en soit, l’exemple des Veddas suffit à prouver que cette vie de chasse, si simple qu’elle soit, est fort compatible avec une organisation sociale, des institutions, des modes de pensée, de beaucoup supérieurs à ceux et à celles des « primitifs ». En fait, c’est dans ces organisations, dans ces institutions, dans ces modes de pensée, qu’il faut chercher à mesurer la hauteur qu’une société occupe sur l’échelle des civilisations, et non pas dans le type de vie, chasseur ou agricole.
- Jean-Paul Lafitte.
- Fig. 4. — Un type de Vedda : il recite une invocation aux Y aku [esprits des morts) pour savoir lequel d’entre eux est la cause d’une maladie : au moment où sera prononcé le nom de l’esprit responsable, l’arc se balancera. (D’après Seligmann.)
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- L’EXPOSITION ANNUELLE DE LÀ SOCIETE FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- L’Exposition de la Société française de Physique a été l’occasion, cette année, d’une manifestation scientifique de premier ordre, tant par les concours qui ont été apportés aux organisateurs par les savants français et étrangers, que par l’intérêt des nouveautés présentées par les constructeurs.
- Tout d’abord les membres de la Société ont été autorisés à visiter, deux jours de suite, la station radiotélégraphique de la Tour Eiffel. Chacun sait que, sous l’impulsion profonde et éclairée de M. le commandant Ferrié, il a été installé au Champ de Mars un vaste laboratoire de télégraphie sans fils, dont les antennes trouvent un magnifique support en la Tour de 300 m. Nous ne reviendrons pas sur la description de ce poste, dont le lecteur1 connaît déjà les dispositions générales, nous nous contenterons, en rendant hommage à son organisateur et directeur, de rappeler que cette Station a déjà rendu d’immenses services aux points de vue militaire, maritime et scientifique.
- Le commandant Ferrié est venu lui-même décrire aux membres de la Société, la Station radio-télégraphique de la Tour Eiffel : sa conférence a eu lieu, le mercredi 19 avril, dans l’amphithéâtre de physique de l’Ecole Polytechnique : elle y a été suivie d’une autre conférence de M. le professeur Zeemann, de l’Université d’Amsterdam, qui a magistralement exposé le cas général de la décomposition des raies spectrales et son application en astrophysique.
- Le lendemain, le professeur sir William Ramsay, de l’Université de Londres, dont les travaux sur la liquéfaction des gaz et les phénomènes radioactifs sont encore présents à toutes les mémoires, a traité : de la pesée des quantités minimes et de son application aux problèmes de la radioactivité. Il a montré qu’on pouvait atteindre une sensibilité de 2 à 3 millionièmes de milligr. avec une balance de son invention, faite en fils de silice fondue. Nous ne développerons pas ici les procédés employés pour arriver à ce résultat merveilleux; nous ne pourrions que donner des indications sommaires dans cet article et ce sujet intéressera suffisamment les lecteurs de La Nature pour qu’il semble nécessaire de lui consacrer une place particulière dans la suite. La personnalité de sir W. Ramsay lui assurait déjà un succès considérable ; mais l’élégance de son langage et la facilité de son élocution lui ont valu une véritable ovation de la part de son auditoire.
- Enfin, le 21 avril, M. le professeur Planck, de l’Université de Berlin, célèbre théoricien des doctrines thermodynamiques modernes, a exposé ses idées sur les relations entre « l’Energie et la Température ». Il a montré que les physiciens ne s’étaient pas assez préoccupés jusqu’ici des rapports qui existent entre la quantité de chaleur et la température,
- 1. Voir La Nature, n° 1931 du 28 mai 1910.
- et il a indiqué la direction dans laquelle, selon lui, les savants devaient désormais orienter leurs recherches. Le professeur Langevin, du Collège de France, l’éminent introducteur de la théorie électronique en France, a terminé cette brillante série de conférences, par une causerie sur l’emploi de l’électro-mètre à quadrants pour réaliser les expériences de cours en électrostatique.
- L’Exposition proprement dite a été ouverte le jeudi 20 avril dans les salles de la Société d’Encou-ragement pour l’industrie nationale. Les constructeurs y sont venus si nombreux qu’il nous sera impossible de parler en détail de chacun d’eux : nous nous bornerons à signaler les principes des appareils
- Fig. i. — La machine électrostatique à 20 plateaux.
- les plus nouveaux ou de ceux qui, ayant déjà fait leurs preuves, n’ont pas encore été présentés ici.
- Dans la salle du rez-de-chaussée, brillamment éclairée par les tubes à néon de M. Claude1, on pouvait admirer la nouvelle machine électrostatique à 20 plateaux, spécialement construite par M. Roy-court, sur les indications de MM. Abraham et Vil-lard ; c’est le plus grand appareil de cette sorte qui ait été construit jusqu’à ce jour. Mais ce n’est pas dans le seul but de faire « plus grand » qu’on a tenu à réaliser cet instrument. On sait, en effet, que les physiciens ont à leur disposition, dans les laboratoires, deux sources principales de potentiels élevés : les machines électrostatiques d’une part, et les bobines de Ruhmkorff d’autre part. Mais, tandis que celles-ci, véritables transformateurs, produisent du courant alternatif, celles-là donnent du courant continu. Un point commun aux appareils des deux types généralement employés, c’est que l’intensité du cou-
- 1. Voir La Nature, n° 1966 du 28 janvier 1911.
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- rant débité est extrêmement faible, de l’ordre de quelques microampères. Avec la nouvelle machine électrostatique à 20 plateaux, au contraire, on obtiendra vraisemblablement, outre des différences de potentiel de plusieurs centaines de milliers de volts, une intensité atteignant 5 ou 4 milliampères. Les belles études que MM. Abraham et Yillard ont entreprises sur la décharge, pourront donc être prolongées dans un domaine jusqu’ici inaccessible.
- A côté de cette curiosité scientifique, on avait
- Fig. 2. — Cinéma Ducretet.
- ménagé la distraction d’un cinématographe, présenté par la maison Ducretet : mais ce n’était pas un de ces cinématographes muni d’une énorme lanterne de projection et consommant jusqu’à 2 500 ou 3 000 watts : c’est un appareil miniature, dont le volume ne dépasse pas 250 c. c. et qui ne consomme que 15 watts environ. Malgré ses dimensions réduites et son faible poids, il permet de réaliser des projections de 5 m. sur 5 avec dès clichés 8 1/2-6.
- L’artifice, qui a permis de réduire la dépense d’alimentation dans de telles proportions est le suivant. On sait que, dans les lanternes de projection ordinaires, on est obligé de placer la source lumineuse à une quinzaine de centimètres environ du système de lentille, formant condenseur de lumière, pour que celui-ci ne se brise pas à la chaleur de la lampe. Ces conditions sont évidemment très défavorables, puisque l’intensité d’éclairement d’une source est inversement proportionnelle au carré de la distance : le problème à résoudre est donc de. rapprocher le plus possible la lampe du condenseur. C’est ce que M. Ducretet a pu réaliser, en prenant comme source une ampoule au tungstène de M. Dussaud1, fortement survoltée : pour réduire encore la quantité de chaleur dégagée par cette (( lumière froide », on pro-1. Voir La Nature, n°,1961 du 24 décembre 1910.
- duit automatiquement l’extinction de la lampe au moment où la vue actuellement projetée va être escamotée, et l’allumage, au moment où la vue suivante a pris sa place. Dans ces conditions, l’ampoule Dussaud reste rigoureusement froide et on peut la placer à 1 mm seulement du condenseur sans crainte de le briser. Ce résultat fait concevoir d’une façon frappante toute l’attention qu’on doit attribuer, dans la pratique, aux lois quadratiques (loi du carré de la distance). Nous constatons ici que, pour une différence de 14 cm dans les positions respectives des pièces d’une lampe de projection, on peut réduire la dépense de courant dans le rapport de 2.500 à 15.
- La maison Carpentier exposait cette année une
- Fig. 3. — Appareil de mesure à 2 aiguilles.
- foule d’appareils tous très nouveaux et tous plus ingénieux les uns que les autres : nous ne ferons que
- Fig. 4. — Fréquencemètre Ferrié.
- signaler les appareils à deux aiguilles du commandant Ferrié1, ohmmètre, fréquencemètre, etc..., dont le principe a déjà été exposé ici. Mentionnons, -1. Voir La Nature, n° '1965 du 21 janvier 1911, page 117.
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- en passant, les compteurs de tours qui par le déplacement d’une aiguille sur un cadran donnent à chaque instant la vitesse d’une machine : à cet effet, l’arbre d’une petite magnéto est accouplé à l’arbre de la machine à essayer : plus celle-ci tourne vite plus grand est le courant débité par la magnéto. Ce courant passe dans le cadre d’un galvanomètre dont l’aiguille se déplace sur un cadran : il suffit de graduer, une fois pour toutes, ce cadran pour y lire le nombre de tours, fonction de l’intensité du débit.
- On remarquait, tout particulièrement aussi, de nouveaux enregistreurs bien reconnaissables à leur forme longue et à leur aiguille verticale, comme les représentent ici les figures 5 et 6 : ces appareils, qu’ils soient enregistreurs de niveau à distance, pyromètres, indicateurs de plots, etc., reposent tous sur le principe suivant. Un équipage mobile, composé de deux cadres de galvanomètre Deprez-d’Arsonval accolés et montés sur le même axe pivotant, est disposé dans un champ magnétique
- Fig. 5. — Enregistreur universel Carpentier.
- dont l’axe est parallèle à l’axe pivotant précité, mais légèrement excentré. Les deux courants à comparer passent chacun dans l’un des cadres : comme les forces magnétiques qui sollicitent les deux cadres ne sont pas égales, par suite du décentrement signalé, il correspond à chaque rapport différent des courants une position différente d’équilibre de l’équipage.
- Ceci posé, on conçoit qu’on puisse, en un grand nombre de cas, ramener l’étude d’un phénomène à la comparaison de deux courants, l’un de ceux-ci étant fixe et l’autre variable. Veut-on avoir un indicateur de niveau à distance ? Un flotteur ayant été disposé sur le bassin dont on veut connaître, à chaque instant, le niveau, on fera porter par ce flotteur un contact mobile, qui se déplacera devant une résistance ; plus le flotteur sera haut, par exemple, plus le contact mobile introduira de résistance dans le circuit variable, plus l’intensité du courant variable sera faible et inversement. Veut-on un pyromètre? Le circuit variable comprendra un fil fin dont la résistance, selon les lois connues, augmentera avec la température. On voit par ces deux exemples que les applications du principe que
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- nous avons exposé, peuvent être infiniment variées. Nous ne ferons que mentionner un voltmètre élec-
- Fig. 6. — Enregistreur de niveau Carpentier.
- trostatique destiné à mesurer les différences de potentiel très élevées (de l’ordre de plusieurs mil-
- Fig. 7. — Voltmètre électrostatique.
- liers de volts), sur le fonctionnement duquel notre figure 7 renseigne suffisamment. Enfin nous ne
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- quitterons pas l'exposition de la maison Carpentier sans avoir cité le tripleur statique de fréquence, dû à M. Maurice Joly. On sait que les usines génératrices fournissent le courant alternatif à une fréquence déterminée : on imagine facilement que la fréquence ainsi imposée ne puisse convenir à toutes les industries du même secteur. Ainsi, le monophasé à 13 ou 15 périodes est employé dans certaines villes à la traction : mais il ne peut convenir à l’éclairage (l’œil, en effet, n’a la sensation de lumière continue que pour un minimum de 30 périodes par seconde). Il faut donc pouvoir changer la fréquence, la multiplier dans le cas considéré. Le tripleur de M. Maurice Joly répond à la question : il possède l’avantage d’être statique, c’est-à-dire de ne pas comporter de pièces en mouvement ; il a enfin un rendement des plus satisfaisants, de 80 à 90 pour 100.
- La maison Pellin présentait cette année, outre la nouvelle balance électromagnétique de MM. Cotton et Sève, et un grand cercle de Jamin de 35 cm de diamètre, un spectroscope de MM. Broca et Pellin, sur lequel nous pensons devoir attirer particulièrement l’attention du lecteur : la caractéristique de ce spectroscope consiste dans la fixité du collimateur et de la lunette d’observation. C’est la plate-forme du prisme qui est mobile : son mouvement de rotation, commandé par une tige à tambour divisé, dont la mollette est placée sous la main de l’observateur, est calculé de façon que le système optique reste constamment au minimum de déviation. La perfection de l’appareil est telle qu’il permet d’obtenir la précision du micron.
- C’est dans les salles du premier étage, somptueusement illuminées, que la foule des visiteurs était la plus compacte : c’est à peine si, dès 9 heures du soir, on pouvait encore circuler dans les allées. On remarquait, à l’entrée, l’exposition de MM. Radiguet et Massiot; cette maison présentait, outre ses modèles de moteurs d’aéroplanes, un banc d’optique, d’après M. Chassagny, aménagé pour pouvoir servir en même temps à l’étude des lois de la pesanteur : et aussi des appareils de projection universels, qui par un simple jeu des systèmes optiques, permettent de projeter soit des vues photographiques ordinaires, soit des préparations microscopiques, etc...
- Nous insisterons particulièrement sur un appareil qui n’a pas encore été décrit dans La Nature et qui est appelé à rendre les plus grands services dans les laboratoires. C’est la pompe Moulin. M. Berle-mont en avait déjà exposé un modèle en verre, l’an dernier. M. Ch. Beaudoin y adjoint, cette année, un modèle entièrement métallique. Celui-ci possède sur celui-là l’avantage d’être plus résistant : nous devons toutefois ajouter que, avec un peu de soin, on peut obtenir, dans les laboratoires, toute satisfaction de l’appareil en verre, qui est peu coûteux et, somme toute, peu fragile.
- On sait que les trompes ou pompes destinées à obtenir des vides sérieux (de l’ordre du millième de millimètre de mercure) ne fonctionnent le plus gé-
- néralement qu’avec l’aide d’un appareil auxiliaire. Si l’on opère avec une pompe de Gaede, par exemple,
- Fig. 8. — La pompe Moulin.
- il faut brancher sur la Gaede une trompe à eau qui vide le système (pompe-récipient en expérience)
- Fig. io.
- Corps de potnpe à fond de course
- ofi h ne
- jusqu’à une pression de 2 cm de mercure environ. Il est, en outre, nécessaire de continuer à faire le vide
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- dans la Gaede, pendant tout le temps que celle-ci travaille.
- La pompe Moulin, au contraire, permet d’obtenir les pressions les plus basses, en partant de la pression atmosphérique, sans appareil auxiliaire, et cela très rapidement. C’est ainsi qu’on peut vider en 4 minutes, jusqu’au centième de millimètre, un récipient de 1 litre. On obtient encore, en 5 minutes, la fluorescence verte dans un tube à décharges cylindriques, d’une capacité de 300 m3.
- Nos coupes (fig. 9 et 10) mettent en évidence la simplicité de l’appareil. Comme toute pompe, celle-ci se compose essentiellement d’un corps et d’un piston : mais ici, c’est le corps de pompe À qui est mobile; toutefois, le piston, qui n’est autre que la cloche C, possède un petit mouvement d’entraînement, sa course étant limitée en haut par la butée R et en bas par l’épaulement E. L’étanchéité est obtenue par la viscosité du mercure qui remplit l’appareil jusqu’au niveau mn (fig. 10). L’intérieur du piston est mis en communication avec le récipient à vider par le tube central, où se trouve une bille formant clapet de retenue, pour empêcher le mercure de monter dans le tube. Quand le corps de pompe A descend, le mercure baisse et finit par dégager les ouvertures dd ; le gaz du récipient s’échappe et la cloche C s’en emplit. À la relevée, le gaz est comprimé en C par le mercure; puis, la cloche se soulevant, il est chassé de F à travers les ouvertures pp par le mercure, qui vient remplir le haut du tube F : il n’y a pas d’espace nuisible. C’est à cette absence d’espace nuisible que l’instrument doit sa qualité.
- Ajoutons que la pompe Moulin est munie d’un volant qui peut être actionné soit à la main par une manivelle, soit mécaniquement par un petit moteur de 1 dixième de cheval environ. On se rend compte des services que peut rendre cet appareil, aussi bien dans les laboratoires que dans l’industrie, tant par la simplicité de son fonctionnement, que par la perfection
- Fig. i3. — La désélectrisation des laines.
- de son travail et la facilité de son entretien.
- Nous n’insisterons pas sur le compas azimutal hertzien Bellini-Tosi que les ateliers Ducretet exposaient à nouveau, cette année : les lecteurs en ont déjà été entretenus1. Nous donnons ici, toutefois, la photographie du nouveau poste pour navires. La .cen-sibililé de l’appareil a été accrue par la mise en service de 4 circuits actifs, au lieu de 2, et de 8 antennes, au lieu de 4. Enfin une disposition nouvelle a été adoptée pour diminuer l’encombrement horizontal du système (fig. 11 et 12).
- Une heureuse application des courants de haute fréquence a été faite auxindustries textiles par MM. Paillet, Ducretet et Roger. On sait que, pendant l’opération du tissage, la laine, et par suite les métiers, se chargent de quantités considérables d’électricité positive. On ne pouvait, jusqu’ici, limiter cette production d’électricité qu’en maintenant l’atmosphère des ateliers en isolement complet de l’air extérieur, en établissant partout doubles portes et doubles fenêtres et en les maintenant soigneusement fermées : il en résultait que cette atmosphère, où travaille un nombreux personnel, était rapidement viciée et
- Fig. il et 12. — Les appareils Bellini-Tosi.
- 1. Voir La Nature, n° 1825 du 2 mai 1908.
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- 388 EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- que l’humidité provenant de l’eau qui imprègne les laines, y atteignait le taux très excessif de 75 à 80 pour .100.
- Pour remédier à ce fâcheux état de choses, qui commençait à agiter l’Inspection du travail, MM. Paillet, Ducretet et Roger eurent l’idée de mettre en communication les bâtis des machines à lisser avec
- Fig. 14. — Appareil Régnier pour stériliser Veau à domicile par l’ozone.
- un producteur d’ondes de télégraphie sans fil : cette opération avait pour but de faire naître dans la masse des appareils des courants alternatifs à potentiel très élevé, qu’on sait être inoffensifs pour l’organisme. Dans l’esprit des inventeurs, les machines violemment sollicitées un grand nombre de fois par seconde par des charges alternativement positives et négatives, ne devaient plus pouvoir s’orienter électriquement et, ne sachant où aller, devaient s’en tenir au potentiel zéro (fig. 15).
- L’expérience a été faite dans une usine du nord de la France : elle a donné des résultats merveilleux. On a pu déterminer les plus violents courants d’air dans les ateliers, sans constater la moindre électrisation des laines. Bien plus, on s’aperçut que le déchet après usinage diminuait et que le rendement des machines était accru dans de notables proportions. L’explication en était, d’ailleurs, facile à trouver : n’étant plus électrisé, le corps des fils de laine ne repoussait plus les brins peu adhérents, chargés de la même électricité, et ces brins, au lieu de tomber à terre, venaient concourir à la formation du fil.
- Ce procédé semble être appelé à jouer un rôle considérable dans l’industrie textile : nous avons tenu à le soumettre, dès son apparition, aux lecteurs de La Nature ; l’avenir nous apprendra jusqu’à quel point il pourra être généralisé.
- Nous signalerons en terminant un curieux appa-
- reil, dû à l’ingéniosité de M. Régnier, qui permet au père de famille de stériliser lui-même son eau d’alimentation, en se mettant à table. Le principe en est le suivant : on fait barboter dans l’eau de la carafe de l’air, qui a été ozonisé par son passage à travers un tube de caoutchouc durci, à l’intérieur duquel on provoque une effluve électrique. Mais la stérilisation ne peut être satisfaisante qu’à la condition que l’eau soit brassée énergiquement par l’air ozonisé. L’expulsion de l’air au sein du liquide, à travers une sorte de pomme d’arrosoir très fine, ne suffirait pas à assurer ce brassage, car quelque soin qu’on apporte à la construction, il se trouvera toujours, parmi les trous de la pomme d’arrosoir, un orifice qui sera un peu plus grand que les autres et à travers lequel tout le jet d’air passera. La difficulté était donc de constituer, à bon marché, un exutoire percé d’un grand nombre de trous très fins et tous rigoureusement du même diamètre. M. Régnier a heureusement résolu le problème, en soudant sur un grand cercle d’une petite sphère de verre une série de bouts de fils de platine de 1 centième de millimètre de diamètre et en les dissolvant ensuite dans l’eau régale. Cet artifice peut être appliqué dans bien des circonstances, où l’on a de pareilles conditions à réaliser.
- Nous ne quitterons pas l’exposition de la Société de physique sans indiquer que l’éclairage électrique et la force motrice y étaient fournis par une dynamodynamomètre du commandant Krebs, actionnée par un des nouveaux moteurs sans soupapes de la Société des anciens établissements Panhard et Levassor. Les nombreux visiteurs étaient frappés du silence et de
- Fig. i5.
- Dynamo-dynamomètre du Cl Krebs.
- la souplesse de ce moteur, qui, monté sur un bâtis de fortune, tournait dans des conditions si différentes de son régime normal (à 450 tours au lieu de 16 à 1800).
- André Conté;
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- L’HYDROGÈNE AÉRONAUTIQUE
- La sustentation des premières Montgolfières fut réalisée au moyen de l’air chaud. L’hydrogène est venu ensuite à cause de sa grande légèreté, et aucun des autres gaz légers n’a pu prendre la place qu’il a acquise en aéronautique à cause des inconvénients divers que présentent les uns et les autres. Le gaz d’éclairage seul est encore utilisé pour le gonflement des ballons libres. Comparé à ce dernier, l’hydrogène donne un supplément de force ascensionnelle de 450 gr. par mètre cube, ce qui représente 5400 kgr. sur un croiseur aérien moderne de 8000 mètres cubes.
- L’hydrogène destiné au gonflement des ballons doit posséder deux qualités essentielles : être produit aussi pur que possible et à un prix de revient minime. Cette formule résume le but des recherches effectuées par divers industriels et par les savants en vue de la préparation de ce gaz. D’autre part, les besoins aérostatiques sont de deux sortes selon que l’usine appartient à un parc où les ballons se ravitaillent ou bien si l’usine génératrice est destinée au service des ballons en campagne, susceptibles de venir se réapprovisionner à proximité. Les procédés employés dans le premier cas doivent viser avant tout à la production économique ; pour les autres on sacrifie ce facteur à la facilité de transport et à la rapidité de la production. Un nombre assez important de procédés ont été envisagés pour répondre à ces nécessités ; nous allons étudier ceux qui sont les plus répandus.
- En raison de la faible production journalière que les générateurs établis dans les parcs fixes peuvent se permettre, on cherche à obtenir dans ces usines un gaz pur par des procédés simples en employant des matières premières d’un prix peu élevé : l’eau et le gaz d’éclairage. L’eau est en effet, de par sa composition chimique (II2 + 0) le corps naturel le plus capable de fournir de l’hydrogène abondamment et à bon marché.
- Le plus ancien procédé, celui de la préparation par le fer et l’acide sulfurique est trop connu pour que nous insistions sur l’opération. Cependant le colonel Renard a appliqué à ce procédé le principe de la circulation continue employé jusqu’à présent dans tous les établissements aérostatiques militaires.
- Action de l’acide sulfurique sur le fer. — Dupuy de Lôme employait pour préparer l’acide sulfurique par ce procédé, un tonneau de 700 litres donnant 48 fois son volume de gaz en 3 heures. Un appareil à circulation continue de 5 mètres cubes donne de 120 à 160 fois son volume avec un débit de 250 mètres cubes à l’heure. Dans ce cas l’épuration par le lavage est insuffisante ; le gaz entraîne des sulfures facilement transformables en acide sulfurique qui attaque l’enveloppe et des sels d’arsenic toxiques. On doit procéder à une épuration chimique avec du permanganate. Le prix de revient de l’hydrogène est de 1 franc le mètre cube. L’emploi du zinc est encore plus coûteux. Avec l’acide chlorhydrique le. prix de revient est inférieur, mais il est à peu près impossible de débarrasser l’hydrogène des vapeurs d’acide chlorhydrique qui l’alourdissent et sont de plus extrêmement dangereuses parce qu’elles attaquent les étoffes à ballons.
- Méthode du Colonel Renard : circulation continue. — 1° Par le fer : le fer employé est en tournure. Le générateur est presque entièrement rempli de tournure de fer. A la base arrive l’eau acidulée à 42°. Les deux réservoirs d’eau et d’acide sont placés en
- charge au-dessus du générateur et débouchent tous deux dans un vase de mélange. L’eau monte dans le générateur, forme du sulfate de fer et sort par un trop-plein, mais ne contient plus d’acide. Les générateurs sont soit en tôle doublée de plomb, soit en cuivre rouge. Le gaz se rend dans un laveur et de là à l’épurateur qui contient le mélange Lameng où il se débarrasse de l’hydrogène sulfuré (plomb des vidangeurs), à la colonne à soude, à la cloche d’épreuve où sont disposés du papier bleu au tournesol et du papier blanc à l’acétate de plomb (le papier bleu rougit en présence des acides, et le second noircit sous l’action de l’hydrogène sulfuré). Si les papiers conservent leurs couleurs c’est que l’hydrogène est pur. Le gaz est ensuite dirigé vers le ballon.
- 2° Par le zinc. — On emploie le zinc dans les voitures de campagne utilisées dans tous les parcs mobiles avant l’adoption de l’hydrogène comprimé. Ces installations mobiles sont à circulation continue et fonctionnent comme les appareils fixes, mais le gaz n’est pas épuré parce que l’opération s’effectue en plein air; on se contente de le laver. Par ce procédé, la production de 600 m3 d’hydrogène nécessite 2100 kg de zinc et 5600 kg d’acide sulfurique.
- Procédé Dellwik-Fleischer. — Par le fer au rouge et la vapeur d’eau. Le minerai de fer introduit dans les cornues est transformé, à la suite d’une première opération, en une masse spongieuse de fer réduit, éminemment apte à l’oxydation. Du gaz à l’eau est employé pour obtenir cette réduction. On fait passer ensuite dans la conduite de la vapeur d’eau qui oxyde le fer et libère l’hydrogène. Cette méthode présente un inconvénient. Le gaz à l’eau contient, en effet, de l’oxyde de carbone qui est décomposé un peu au-dessous de 700° et donne un dépôt de carbone qui dégage de l’oxyde de carbone pendant la période d’oxydation. On évite le dépôt de carbone en tenant la température de réduction au-dessous de 700° ou encore par l’addition préalable au gaz d’un volume de vapeur d’eau supérieur au volume d’oxyde de carbone et d’hydrogène carburé. Le mélange est dirigé dans une cornue contenant une matière poreuse (oxyde de fer) et donne une réaction (CO + I42 O = II2 + CO2) ne contenant aucun dépôt de carbone si l’on a soin de condenser l’excès de vapeur.
- On peut encore procéder par le chauffage préalable du gaz à l’eau entre 500 et 400° pour déterminer la décomposition partielle de l’oxyde de carbone et le dépôt de carbone. Dans le cas où les cornues seraient un peu encrassées avant la fin de l’oxydation du fer réduit, on arrête l’arrivée de vapeur d’eau et on envoie un courant d’air chaud qui achève l’oxydation du fer et brûle le carbone.
- La durée des opérations de réduction est de trois quarts d’heure et celle d’oxydation de un quart d’heure. La force ascensionnelle du gaz obtenu est de 4150 à 1480 et il contient un peu d’acide sulfurique, d’azote et d’acide carbonique.
- Procédé Howard-Lam. — Même procédé que le précédent, employé d’ailleurs par Coutelle et Conté en 1794 et Giffard en 4875. Une usine est établie au camp d’Al-dershot et en Russie. Le gaz obtenu contient 97,2 pour 100 d’hydrogène. Le gaz réducteur est produit dans des gazogènes où on brûle tous combustibles minéraux; il contient 42 pour 400 d’hydrogène et 37 pour 400 d’oxyde de carbone. Les cornues, dans chacune des usines instal-
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- lées d’après ce procédé, sont chauffées par du gaz pauvre contenant 15 pour 100 d’hydrogène et 25 pour 100 d’oxyde de carbone. Celles de la chaudière à eau sont groupées-en trois batteries dont deux sont toujours en régénération et une en oxydation par suite de ce fait que la réduction de l’oxyde magnétique (Fe304) est deux fois plus lente que l’oxydation du fer. Le gaz réducteur est épuré chimiquement et physiquement ainsi que l’hydrogène produit. Le prix de revient de l’hydrogène par ce procédé est de 0 fr. 20 le mètre cube.
- Procédé du Dr Dieffenbach. — Ce procédé, employé à Friedrichshafen, est également basé sur la décomposition de la vapeur d’eau sur du charbon à une haute température. Du charbon de bois concassé est imprégné de silicate de potasse et de carbonate de potasse. Après dessiccation on le mélange à de la chaux et on introduit le tout dans une cornue verticale que l’on chauffe. Le mélange gazeux est dirigé dans des laveurs et des colonnes de chaux où il se débarrasse de l’acide carbonique qu’il contient. L’hydrogène ainsi obtenu revient de 15 à 18 centimes le mètre cube.
- À Friedrichshafen, on utilise également le procédé par dissociation de l’acétylène comprimé qui, sous l’action d’une étincelle électrique, se décompose en hydrogène et charbon en poussière. L’explosion se produit dans le cylindre contenant l’acétylène comprimé à huit ou dix atmosphères. Le gaz sort du récipient à une très grande vitesse ; il entraîne le charbon pulvérulent, puis se rend dans une chambre de détente où le charbon se précipite. L’hydrogène va au gazomètre. Ce procédé est intéressant en ce sens que le sous-produit, le charbon, se vend 1 franc le kilogramme comme noir d’encre d’imprimerie; mais il n’est pas tout à faitinofîensifpuisqu’il a provoqué l’explosion de l’usine l’an dernier.
- Procédé Mauricheau-Beaupré. — En 1885, le colonel Renard signalait que l’aluminium pouvait être employé avec la soude caustique. Ce procédé a été utilisé par les Russes pendant leur guerre avec le Japon. Cet emploi présente de nombreux défauts, ainsi que l’a montré le Dr Gustave Le Bon, et il y aurait avantage, d’après ce dernier auteur, à prendre un sel de mercure comme substance excitatrice. De ces travaux, le DrlFelbiga tiré une réalisation industrielle. L’aluminium en contact intime avec un métal plus électro-négatif, forme un couple voltaïque qui fournit, par son action sur l’eau, un poids d’hydrogène égal au 1/9 du poids de l’aluminium. Le Dr Ilelbig a constaté que le bichlorure de mercure constitue le meilleur corps excitateur.
- M. Mauricheau-Beaupré, étudiant la technique de cette opération, sans connaître d’ailleurs les résultats obtenus par le Dr Ilelbig, s’est arrêté à une préparation consistant en un mélange d’aluminium en limaille, de bichlorure de mercure et de cyanure de potassium. A sec le mélange est réduit en poudre et il devient homogène. La présence du cyanure de potassium a pour effet de porter le rendement à 90 et 95 pour 100, alors que sans ce corps la réaction sur-l’eau est incomplète et atteint seulement 60 pour 100 du rendement théorique.
- Pour réaliser une fabrication aussi complète que possible, dit le lieutenant-colonel Espitaller qui a suivi la marche des opérations, on utilise la chaleur même produite par la réaction en maintenant la température à 70°. Cette température est atteinte dès le départ en versant tout d’abord peu d’eau sur le mélange. Peu à peu on ajoute le liquide nécessaire et une circulation extérieure assure ensuite un refroidissement convenable qui
- permet de ne pas dépasser 80°. On doit employer un aluminium très pur; de plus, l’appareil générateur doit être inattaquable par le mercure. Enfin, en ajoutant un peu de pétrole au mélange, on supprime la formation de poussières nocives contenant du bichlorure et du cyanure. Le mélange est effectué à l’avance et transportable dans des cartouches; il a l’aspect d’une poudre grise. Le produit excitateur a reçu le nom d’hydrogénite ; il contient 1,50 pour 100 de cyanure, 1,50 pour 100 de bichlorure de mercure et 2 pour 100 de chlorure de calcium ; 100 parties du mélange renferment donc 95 pour 100 de poudre d’aluminium. Un kilogramme du mélange donne environ 1500 litres d’hydrogène.
- Décomposition de l’eau par le coke au rouge.—Par ce procédé il est impossible d’éliminer complètement l’oxyde de carbone qui, existant normalement dans le gaz d’eau, est oxydé par un second passage sur la vapeur d’eau. Le prix de revient serait très peu élevé, 2 centimes le mètre cube — ce qui nous parait exagéré — mais il faudrait épurer le gaz avec l’air liquide qui condenserait l’oxyde de carbone. Dans une usine à Ulrechl le coke est porté au rouge par un courant d’air produit à l’aide d’un ventilateur. Lorsque le coke atteint la température nécessaire on y projette, après avoir arrêté le ventilateur, des résidus de pétrole, de l’huile à gaz, du goudron de gaz à l’eau, du goudron de gaz de houille. Ces matières se décomposent en hydrogène et carbone, ce dernier étant brûlé par le courant d’air. En combinant la durée du soufflage avec la quantité des matières introduites, on parvient à produire un gaz riche en hydrogène. Le gaz obtenu contient 96 pour 100 d’hydrogène et le dégagement serait assez abondant pour supprimer l’emploi des gazomètres.
- Hydrogène électrolytique. — Le procédé électrolytique est représenté en France par une dizaine d’usines appartenant à des sociétés industrielles ou à l’armée, comme celle de Chalais-Meudon. L’anode et la cathode sont des cylindres de tôle ou de fonte concentriques séparés par un diaphragme de toile amiantée ; l’eau acidulée est remplacée par une solution de soude à 15 pour 100. Un élément prend 505 ampères sous 2,7 volts; il donne 158 litres d’hydrogène à l’heure. Le procédé a été perfectionné en rendant les plaques bipolaires, c’est-à-dire qu’elles portent l’anode sur une face et la cathode sur l’autre. On supprime ainsi le diaphragme. Le prix de revient du gaz est de 0 fr. 75 le mètre cube environ.
- Usine de Lamotte-Breuil. — La Société industrielle de produits chimiques de Lamotte-Breuil (usine de soude et de chlore) a eu l’idée de récupérer Fhydrogène qui s’échappait dans l’atmosphère. Ce gaz étant un sous-produit, le prix de revient du mètre cube est très peu élevé puisqu’il est calculé d’après le coût des installations de récupération. Cette usine produit 2000 mètres cubes d’hydrogène par jour qui sont à la disposition des dirigeables de M. Clément.
- Procédé par l’hydrure de calcium. — Ce procédé a été découvert par Moissan. Préparé industriellement par Jaubert, un kilogramme d’hydrolithe donne 1145 litres d’hydrogène. Dans la pratique, on compte un mètre cube de gaz par kilogramme du produit dont le prix de revient est de 5 à 6 francs le kilogramme. Ce procédé convient tout à fait au gonflement des ballons en campagne.
- Dans l’aéronautique militaire on transporte l’hydrogène comprimé soit dans des voitures à tubes contenant 150 mètres cubes (6 tubes à 135 kg) pesant 5000 kg, soit des tubes de 6,5 mètres cubes pesant 75 kg. D’une
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- façon générale, il faut 10 à 12 kg'de tubes pour transporter un mètre cube d’hydrogène; les poids des robinetteries, carrosseries, etc., sont en plus. Avec l’hydro-lithe il suffit de 600 kg de la substance pour gonfler un ballon de campagne de 540 mètres cubes; mais il ne faut pas oublier qu’il est nécessaire de se procurer de l’eau à raison de 15 litres par kilogramme d’hydrolithe.
- Silicium et soude caustique. — La Société Schukert établit des usines productrices d’hydrogène par la réaction chimique des matières a (soude caustique) et b (silicium et carbonate de chaux) déterminée par de la vapeur d’eau à 2 kg de pression. On dépense environ 500 gr. de vapeur d’eau par mètre cube de gaz, 800 gr. de
- matière b et 1600 gr. de matière a ; le gaz produit contient 99 pour 100 d’hydrogène dont le prix de revient est d’environ 1 franc le mètre cube.
- Ajoutons enfin, pour terminer cette étude condensée des principaux procédés de production de l’hydrogène, que l’on construit actuellement à Chalais-Meudon de nouveaux appareils de production d’hydrogène qui seront prochainement installés dans les parcs d’aérostation militaire. On utilise la soude caustique et le ferro-silicium qui sont des matières courantes dans l’industrie française. Ces appareils, plus simples que ceux de la Société Schuckert, n’exigent pas l’emploi de la vapeur et donnent l’hydrogène à meilleur marché. Lucien Fournier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 mai 1911. — Présidence de M. A. Gautier.
- Photographies à couleurs changeantes. —M. Lippmann adresse une Note de M. Estanave sur les photographies à aspect changeant. M. Estanave a déjà retenu l’attention de l’Académie sur des images photographiques à aspect changeant. Un cliché obtenu par lui donnait un portrait de femme, les yeux ouverts ou fermés.. On voyait les paupières battre. Cette fois le sujet reste le même; ce sont les couleurs de ce sujet qui changent selon le point de vision de l’observateur. M. Estanave produit un cliché représentant un jardin où les fleurs prennent des colorations diverses quand on incline légèrement le cliché. Ce résultat est obtenu par une application de réseaux horizontalement formés de lignes colorées. Grâce à l’effet parallactique, les fleurs sont vues successivement derrière ces lignes colorées et se colorent diversement.
- Recensement des forces hydrauliques de la France. — M. Lallemand expose que la détermination de la force hydraulique d’un cours d’eau dépend de deux éléments : le débit à l’étiage et la hauteur de chute. Le premier élément est facile à recueillir à l’aide des procédés de jaugeage, mais le second exige un nivellement très précis. MM. les ingénieurs des Ponts et Chaussées Tavernier et De la Brosse ont demandé, pour l’exécution de ce nivellement, le concours du service du nivellement général de la France. Depuis 1904, ce concours a été fourni. M. Ch. Lallemand a réuni dans une notice la description des instruments et méthodes imaginés pour le relevé du profil des torrents des Alpes et Pyrénées pour l’établissement d’un recensement des forces hydrauliques de la France, publié par ordre du Ministère de l’agriculture. Les travaux ont été poursuivis sans interruption dans les bassins de l’Isère et de la Durance. Les résultats, avec les
- chiffres correspondants du jaugeage, sont donnés par MM. les Ingénieurs en chef Tavernier et De la Brosse en deux volumes que M. Lallemand offre à l’Académie.
- Le carbone des plantes. — M. Cnilletet communique une Note sur l’origine du carbone des plantes. On admet que les feuilles des plantes décomposent l’acide carbonique et fixent le carbone. Cette dissociation nécessite sinon l’action directe des rayons solaires, au moins la lumière diffuse; et l’intensité de cette lumière parait variable pour les diverses plantes. Les fougères notamment vivent en un milieu peu éclairé, où la décomposition de l’acide carbonique semble ne pas devoir se produire. Si cette décomposition a lieu, c’est en quantité insuffisante pour fournir le carbone dont la plante a besoin. M. Cail-letet a recherché si des fougères placées dans un sol privé d’engrais organique et dans un milieu faiblement éclairé se développent aux dépens de l’acide carbonique de l’air. 11 a constaté que des fougères du genre adiantum se desséchaient ainsi en quelques semaines alors que des fougères témoins plantées dans la terre de bruyère se développaient. M. Cailletet conclut que c’est dans les réserves organiques du sol que ces plantes puisent le charbon, comme certains champignons qui dans l’obscurité vivent de matières animales et végétales en décomposition. Les plantes à chlorophylle sur lesquelles il a expérimenté semblent donc, suivant l’éclairage, jouir de la propriété de tirer du carbone soit de l’air, soit du sol, soit même de ces deux sources à la fois. C’est l’exemple d’une fonction qui peut s’accomplir chez les végétaux avec le concours de deux organes différents. Il a d’ailleurs démontré autrefois qu’il en était ainsi pour l’eau.
- [A suivre.) Cil. DE ViLUEDEUlL.
- UN RECORD EN HORLOGERIE
- Il est parfois dangereux de parler de records. Laissons donc à nos lecteurs le soin de déeider si la nouvelle horloge que construisent actuellement MM. Gent, dans leurs usines de Faraday (Leicester, Angleterre), est bien la plus grande du monde, privilège qu’elle enlèverait en tout cas au Big Ben, le gigantesque‘cadran du Palais de Westminster, considéré jusqu’ici comme la plus grosse horloge en existence.
- La nouvelle horloge est destinée à l’immeuble que fait construire à Liverpool une compagnie d’as-
- surances, la Royal Liver Society; quand elle sera en position au sommet de sa tour, elle sera élevée de 72 m. au-dessus du niveau de la rue.
- Voici quelques chiffres qui donneront une idée de ses dimensions. Ses quatre cadrans mesurent chacun un peu plus de 8 m. de diamètre; la longueur des aiguilles des minutes est de 4,55 m., avec une largeur maxima de 0,914 m. Les huit aiguilles sont en tôle de cuivre, renforcée par des côtes fabriquées avec de l’acier pour canon, larges de 0,225 m. Elles pourront ainsi, dans leur posi-
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- RECORD EN HORLOGERIE
- tion élevée, résister a la pression des vents les plus violents. Pour en terminer avec le chapitre des dimensions, disons que les douze caractères des heures ont 1 m. de long sur 0,45 m. de large, que le cercle portant les marques des minutes mesure 21,21 m., et que la longueur de chaque marque de minute est de 0,353 m.
- Ajoutons que chacun des quatre cadrans, non compris le poids des aiguilles, pèse 3 tonnes et demie, et que, pour faciliter le transport et la mise en place, le cadre extérieur de chacun d’eux a été construit en 12 sections, mesurant chacune environ 2 m. sur 1,69 m. Chaque espace de 5 minutes de ce cercle pèse 275 kg.
- Les constructeurs se sont préoccupés des dommages que la force des éléments pourrait faire subir à une horloge aussi haut perchée, danger qui s’adressait plus particulièrement aux disques blancs des cadrans, destinés à supporter sous une brise ordinaire l’énorme pression de 11 tonnes et demie. Ils ont fabriqué ces disques avec du verre opalin translucide qui, bien que n’ayant que 0,003 m. d’épaisseur, est capable de résister à une pression de 270 kg par pied carré.
- En dépit de ses dimensions, l’horloge de Liverpool marquera le temps aussi exactement, sinon plus, qu’un chronomètre de précision, grâce à l’application de plusieurs inventions de MM. Gent, dont l’une, appelée waiting-train movement, a pour effet d’imprimer aux aiguilles un mouvement continu et régulier au lieu de les faire avancer par saccades d’une demi-minute, comme cela se produit pour les horloges électriques ordinaires. Le dispositif en question consiste en un moteur spécial à marche lente chargé de faire tourner les aiguilles, et que contrôle un « transmetteur de temps » de précision inventé depuis quelques années par MM. Gent, et que la plupart des grands observatoires ont adopté.
- Ge système présente de grands avantages en
- ce qu’il soustrait les aiguilles à l’influence des éléments, puisque, dans certaines circonstances, le mécanisme qui règle leur marche devient indépendant de celui qui suit le temps. Par exemple, si un vent violent retarde ou active la marche des aiguilles,
- cet effet ne réagit pas sur les rouages directement contrôlés par le transmetteur de temps. Ce dernier est relié par fil spécial à l’Observatoire de Greenwich, et, grâce à un réseau électrique, il pourra régler un certain nombre d’horloges plus petites installées dans les immeubles voisins.
- Les quatre cadrans seront éclairés à l’électricité. Un dispositif fort ingénieux allumera automatiquement les lampes à la tombée du jour et les éteindra à l’aube. Le mécanisme tient compte de la variation dans la durée du jour, au cours des saisons. Ainsi, comme le mouvement dit de waiting-tinan dispense de monter périodiquement dans la tour pour remonter l’horloge, les gardiens pourront également se dispenser d’aller chaque semaine réajuster, selon le lever et le coucher du soleil, la commande automatique de l’illumination. Dans leurs calculs, les constructeurs ont tenu compte des années bissextiles, et la précision a été poussée si loin qu’il ne se produira qu’un écart de 10 minutes en l’espace de 30 années dans le fonctionnement de cette commande. Cette erreur sera corrigée tous les 30 ans en moins d’une minute, et sans que l’horloger ait à se servir d’outils.
- La gigantesque horloge sera bientôt en place au sommet de sa tour. En attendant l’inauguration solennelle, les constructeurs ont tenu à célébrer l’achèvement des cadrans d’une façon peu banale. L’un des énormes disques avait été transporté par sections dans la grande salle du Free Trades Hall, à Lei-cester, et cinquante convives, assis autour de cette « table ronde » d’un nouveau genre, fêtèrent joyeusement la venue au monde de la plus grande horloge des deux hémisphères. Y. Forbiv.
- Un cadran de l'horloge géante : il mesure 8 mètres de diamètre.
- L'horloge géante :
- L'une des aiguilles des minutes.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiidre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- 20 MAI 1911
- LA NATURE. — N® 1982.
- Ce sont de que ceux que présentait récemment notre confrère anglais Knowledge et que nous pouvons reproduire ici grâce à son obligeante courtoisie.
- Ils ont été obtenus, sans chambre noire ni lentilles, sous Faction des décharges électriques, par M A.
- W. Clayden,1 principal du Royal Albert Memorial Uni-versity College, à Exeter.
- M. Clayden, séduit par la beauté des effluves électriques à haute fréquence obtenues au moyen du transformateur de Tes-la, s’était proposé d’en fixer l’image par la photographie. Ainsi, lorsque l’on dispose sur une plaque de cuivre une plaque de verre, sur celle-ci des pièces métalliques arrondies, et que l’on relie la plaque de cuivre et les pièces métalliques respectivement aux 2 piles du transforma-, teur, on voit les pièces de métal s’entourer de magnifiques couronnes rayonnantes, causées par la décharge. Il était tout naturel, pour enregistrer ce phénomène, de substituer à la plaque de verre une plaque photographique sensible; c’est ce que fit M. Clayden, il prit comme pièces de métal des pièces de monnaie et des
- 39e année. — 1er semestre.
- côté sensible de la plaque et il fit passer la décharge pendant une seconde ou deux., :
- Au développe^ ment, il constata que non seulement le détail des décharges rayonnantes était enregistré d’une façon parfaite, mais i que, en outre, l’image de la médaille se trouvait très exactement reproduite.
- Comme, sous l’action du : transformateur de Testa, les pièces de métal qui lui sont connectées deviennent lumineuses sur toute leur surface, on s’expliquerait tout naturellement le phénomène par une action photographique ordinaire, si l’observation suivante ne venait montrer qu’il s’agit d’un phénomène d’un autre genre. Pour que la médaille se reproduise avec netteté, il faut que sa . face soit en contact immédiat avec la couche sern sible de ta plaque p h 0 to graphique. Soulevons-la de 1 ou 2 mm à peine et son image délient floue. La fir ;gure 2 montre les images obtenues avec 3 médailles; •2 petites et une plus grande posée sur les deux petites, la grande médaille n’a donné sur la photographie qu’une tache imprécise. -
- PHOTOGRAPHIES ELECTRIQUES
- très curieux effets photographiques | médailles placées sur le
- Fig. 1 et 2. — En haut : Images électriques obtenues avec six pièces de monnaie disposées en forme de croix. — En bas : Images électriques de trois médailles; les deux plus petites en contact direct avec la plaque photographique, la plus grande est posée sur les deux prémières et son image est floue.
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- PHOTOGRAPHIES ELECTRIQUES
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- Quelle est, dans ces phénomènes, la part due à l’action des rayons lumineux, et celle- due à l’action directe des courants électriques sur la couche sensible, il semble assez difficile de le préciser.
- En tout cas, le dispositif de M.
- Clayden permet d’obtenir facilement des photographies du plus hel effet et d’y faire d’intéressantes observations sur la forme des effluves électriques.
- C’est ainsi que l’on remarquera les couronnes d’étincelles rayonnantes qui entourent chaque médaille, et la façon dont elles diminuent d’intensité lorsque deux d’entre elles se réunissent (fig. 4). On notera aussi sur cette même figure et sur la figure 1 les fines étincelles qui relient les diverses médailles.
- La figure 3 représente un effet particulièrement remarquable; il a été obtenu avec une simple médaille et 7 petites pointes réparties autour d’elle à diverses distances.
- L’un des pôles du transformateur est connecté à la médaille, l’autre à un anneau en fil de cuivre de 15 cm. de diamètre environ et con-centrique à la médaille. Après
- une décharge d’une seconde, la plaque fut développée.
- Fig. 3 et 4. — En haut : Image obtenue avec une médaille entourée de sept petites pointes. — En bas : Image obtenue avec des monnaies diverses, au centre une médaille japonaise.
- La couronne qui entoure la médaille rappelle, dit M. Clayden, l’apparence de la couronne solaire; les
- lueurs autour des pointes évoquent, selon lui, le souvenir des queues de comètes.
- Les pointes trop écartées de la médaille centrale en sont presque complètement dépourvues.
- L’appareil employé par M. Clayden était une bobine d’induction donnant une étincelle de 15 centimètres et chargeant deux bouteilles de Leyde de taille moyenne.
- La décharge des bouteilles est ensuite dirigée dans le primaire d’un petit transformateur à huile, et on règle l’intervalle de l’éclateur jusqu’à ce que les pôles du transformateur atteignent leur maximum de luminosité.
- Bien entendu, l’ensemble du transformateur est recouvert d’une enveloppe opaque qui empêchera la lumière des étincelles de venir influencer la plaque photogra-phique.
- Ajoutons que M. Clayden ne prétend pas avoir fait de découverte.
- Des effets du même genre, ont déjà été, il le dit lui-même, décrits dès 1892 par M. Smith de Trinity College.
- Mais les photographies obtenues par ce dernier n’ont jamais été publiées. A. T.
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- UN NOUVEAU MICROSCOPE D’ENSEIGNEMENT
- La Nature a relaté une Note présentée le 20 mars dernier à l’Académie des Sciences par M. Gaston Bonnier, professeur de botanique à la Sorbonne, au sujet d’un nouveau microscope : le microscope Dau-fresne-Nachet, dont le but est de simplifier l’enseignement de la micrographie. Nous croyons intéressant pour nos lecteurs de leur décrire rapidement l’appareil et de leur signaler quelques-unes de ses nombreuses applications.
- Le microscope Daufresne-Nachet peut se définir : un microscope à "double corps, avec oculaires à repérage, pour observations simultanées. A l’aide de
- Trois particularités distinguent ce microscope : 1° le double corps; 2° le système de repérage; 3° l’appareil de polarisation.
- 1° Le double corps. — Le double corps est constitué par deux tubes coudés (fig. 1) munis chacun d’un oculaire et fixés sur les deux côtés d’une boîte triangulaire contenant un prisme à réflexion totale. Cette boîte, sous laquelle s’adaptent les objectifs, est placée à l’extrémité d’un tube semblable au tube des microscopes ordinaires ; elle est ainsi mue par la crémaillère pour la mise au point rapide et par la vis micrométrique pour le mouvement lent.
- cet instrument, deux observateurs — le maître et l’élève — peuvent regarder et identifier en même temps le même détail d’une préparation microscopique1.
- 1. Dès 1853, M. Nachet avait construit un microscope permettant à deux personnes d’observer en même temps; peu après, il en construisit un autre pour trois observateurs; mais ces appareils n’avaient aucun système de repérage et leur réglage, à cette époque très difficile à réaliser, en faisait des instruments peu pratiques pour les travaux courants. Il fallut bientôt renoncer à leur construction.
- L’importance de plus en plus grande que les études microscopiques ont prise dans ces dernières années devait faire revivre un jour ou l’aulre, l’idée, oubliée depuis plus de 50 ans, du microscope pour deux observateurs, à la condition, cependant, qu’elle produisît un appareil vraiment pratique et d’un réglage parfait. C’est ce que M. A. Nachet a réalisé sur nos données et avec la collaboration de son ingénieur, M. Patel. Al. Daufresne.
- L’écartement des oculaires, porté au maximum compatible avec Ja bonne correction des objectifs employés, attein|Éjî5 cm d’un axe à l’autre, distance suffisante pour !p|e; les observateurs ne se gênent pas mutuellement' comme on peut s’en rendre compte dans la ligure k.;
- La figure 2 indiqué la’marche générale des rayons lumineux dans l’instrument. Le faisceau lumineux provenant de l’objectif rencontre le prisme P à travers lequel il se divise en deux faisceaux secondaires qui éprouvent la réflexion totale. Chacun de ces faisceaux, à son tour, est dévié par un grand prisme M, placé au coude de chaque corps du microscope et forme une image réelle de l’objet AB pour laquelle l’oculaire joue le rôle de loupe.
- Ce dispositif permet d’utiliser les objectifs nos 3, 4, 5 et 6 de la maison Nachet.
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- 396 .:... UN NOUVEAU MICROSCOPE D’ENSEIGNEMENT
- Le grossissement maximum atteint environ 600 diamètres, ce qui est suffisant pour les travaux courants de micrographie.
- L’un des oculaires est muni d’une petite crémaillère commandant une mise au point indépendante. Elle sert quand la vue de l’un des observateurs diffère de celle de l’autre.
- 2° Le système de repérage. — Le repérage est
- B.IÜJ A
- Fig. 2. — Marche des rayons lumineux dans le microscope Daufresne-Nachet.
- obtenu à l’aide d’un réticule formé de deux fils d’araignée se croisant à angle droit et fixés au foyer du verre d’œil de chaque oculaire1. Tout point de la préparation amené, à l’aide de la platine mobile, à l’intersection des deux fils de l’un des oculaires est vu exactement à l’intersection des deux fils de l’autre. La figure 3 donne l’aspect du champ du microscope. On voit l’équivalence des deux images et leur repérage rigoureux.
- 3° L'appareil de polarisation. — Le nouveau microscope peut être transformé en microscope polarisant. Pour que les deux observateurs examinent en même temps les effets produits par la lumière polarisée, il fallait nécessairement rendre le nicol polariseur mobile et les deux niçois analyseurs fixes, à l’inverse de la disposition adoptée dans les microscopes polarisants ordinaires.
- Le nicol polariseur, placé sous l’objet, dans le porte-diaphragme, peut tourner autour de son axe vertical à l’aide d’un petit levier qui se manœuvre à la main. Les deux niçois analyseurs sont réglés de manière à être maintenus dans une position fixe. Naturellement, le nouveau microscope polarisant comporte l’emploi des accessoires courants : lames sensibles, quartz compensateur, lames de mica 1/4 d’onde, etc.
- Telles sont les dispositions d’ensemble du microscope Daufresne-Nachet. Nous croyons cet instrument appelé à jouer un rôle important, principalement dans l’enseignement pratique de la micrographie agricole. En effet, quand cet enseignement s’adresse à un grand nombre d’élèves à la fois, la tâche du
- 1. Dans l’un des oculaires, deux petites vis latérales permettent de déplacer légèrement les fils du réticule, de manière à assurer une coïncidence parfaite avec le réticule de l’autre oculaire. Cette condition est essentielle pour que l’instrument soit réglé.
- professeur devient des plus difficiles, pour faire comprendre aux élèves la manière dont ils doivent interpréter leurs préparations. C’est ce qui se présente à l’Institut agricole de Beauvais, pour lequel le premier exemplaire du nouveau microscope a été construit. Dans ce magnifique établissement que dirige avec une si haute distinction M. Julien Ba-vencove, le programme des études comprend précisément un cours pratique de micrographie agricole. On imagine facilement la longueur du temps nécessaire au professeur, avec les microscopes ordinaires, pour vérifier dans les leçons et dans les examens, si les élèves ont compris les explications données.
- Avec le nouvel appareil, cet inconvénient est singulièrement atténué. En outre, le système de repérage donne au professeur la possibilité d’expliquer à un élève les régions intéressantes d’une préparation en les faisant passer successivement devant le point fixe vu dans chaque oculaire; et celle de contrôler sur place les interprétations de l’élève ; réciproquement, ce dernier peut interroger le maître au cours même d’une observation.
- Dans les examens à faire passer sur les travaux pratiques, l’instrument est de la plus grande utilité, car il permet de juger sûrement et rapidement la valeur des notions acquises par les élèves.
- Pour que le lecteur puisse juger l’étendue des services que rend le microscope Daufresne-Nachet dans l’enseignement pratique de la micrographie agricole, citons quelques chapitres du cours que nous professons actuellement à l’Institut agricole de Beauvais :
- 1° Caractères morphologiques des grains d’amidon des principales céréales ;
- 2° Structure histologique des graines de céréales, aspect de l’épicarpe, du mésocarpe, de l’endocarpe, assise protéique, etc., en vue de l’identification des
- Fig. 3. — Coupe transversale de peau de mouton, vue au microscope Daufresne-Nachet.
- (Équivalence des deux images et repérage rigoureux.)
- débris de téguments rencontrés dans les farines ;
- 3° Analyse microscopique des farines ; aspect des farines avariées, des fleurures, des spores des principales maladies cryptogamiques des céréales, etc. ;
- 4° Anatomie des téguments des principales graines de tourteau : lin,arachide, coton, colzas divers,etc., et des principales graines des champs que l’on trouve le plus communément mélangées aux tourteaux : bleuet, coquelicot, nielle, sanve, etc.;
- 5° Aspect des principaux éléments étrangers que l’on trouve dans les tourteaux ; sciure de bois,
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- ACADÉMIE DES SCIENCES ================ 397
- paille hachée, débris de îéculerie, farines avariées, sable, etc.;
- 6° Etablissement du pourcentage d’impuretés dans un tourteau quelconque;
- 7° Manière de reconnaître un lait malade : aspect du pus, du sang, des cellules épithéliales, du colostrum, etc. ;
- 8° Manière de reconnaître les falsifications du beurre à l’aide de la lumière polarisée ;
- 9° Recherche et analyse des parasites internes et externes des- animaux domestiques ;
- 10° Appréciation de la marche d’une fermentation, etc.
- Dans un ordre d’idées plus général, le nouvel ap-
- pareil devient d’une grande utilité dans l’enseignement de la biologie, de l’histologie humaine et comparée, normale et pathologique; de l’embryologie, de la médecine légale, de la parasitologie, de l’anatomie botanique, de la cryptogamie, etc. Il n’est pas jusqu’à la minéralogie qui pourra l’employer; car on sait combien est difficile pour les débutants, l’interprétation des effets de la lumière polarisée sur les différents éléments des roches.
- Nous croyons donc que le microscope Daufresne-Nachet est appelé à donner une impulsion considérable à la vulgarisation des études microscopiques.
- Alexandre Daufresne,
- Professeur de microbiologie à l’Institut agricole de Beauvais.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 mai 1911 (suite). — Présidence de M. Gautier.
- L'emploi du ciment armé dans les travaux d'art. — M. Alfred Picard, après avoir rappelé l’importante impulsion que donna M. Considère à l’emploi du ciment armé, résume une Note de M. Rabut sur l’emploi de cette matière pour l’élargissement du goulet livrant passage aux voies ferrées entre la rue de Rome et le square des Bati-gnolles. Ce goulet, limité par deux murs de soutènement verticaux, apportait une gêne excessive à l’exploitation de la gare Saint-Lazare. Le supplément de largeur nécessaire pour la pose des voies était de 12 m. ; il a été obtenu par le recul de ces murs compensé par l’installation d’encorbellements en ciment armé, l’un de 7 m., l’autre de 5 m. Chacun de ces encorbellements est constitué par un platelage et des consoles ; celui de la rué de Rome supporte sur 4 m. un trottoir asphalté et sur 3 m. une partie de la chaussée. Les consoles ayant leur partie supérieure tendue, ont reçu une vigoureuse armature qui se prolonge dans l’épaisseur des murs de soutènement et s’accroche à une pièce longitudinale d’ancrage également en béton armé. Très hardis, les murs de soutènement présentent une innovation intéressante. Au lieu d’être élargis à la base, ils sont élargis au sommet, ce qui a diminué le prisme de poussée, les déblais à grande profondeur, les emprises sur le sol de la voie publique et le danger de dommage aux maisons voisines. Les épreuves très dures subies par les ouvrages ont donné les résultats les plus satisfaisants. Dès maintenant les ingénieurs envisagent la possibilité d’encorbellements allant jusqu’à 50 m.
- Lueurs dans les ampoules électriques. — M. Bouty analyse une communication de M. Iloullevigue sur un phénomène lumineux qui s’observe dans les lampes à incandescence à filament de charbon lorsque l’on emploie un courant de trop grand voltage. On voit dans ce cas une lueur bleuâtre remplir l’ampoule et persister pendant une minute. Cette lueur donne les raies caractéristiques de la vapeur de mercure; M. Iloullevigue montre qu’elle provient de l’ionisation de la vapeur de mercure qui reste dans l’ampoule par les électrons qu’émet le filament de charbon de la lampe.
- Épuration des eaux d'égout. — M. Munlz présente un mémoire rédigé en collaboration avec M. Laine sur l’épuration des eaux d’égout. Les auteurs ont comparé les résultats de l’épandage sur les terres et ceux du pas-
- sage sur lits bactériens. On admettait que ces deux procédés ont un processus identique caractérisé par la nitrification de la matière azotée. Déjà ces auteurs ont montré qu’avec les lits bactériens, la nitrification n’est qu’un phénomène secondaire et que l’action des organismes ordinaires de la combustion proprement dite est prédominante. MM. Muntz etLainé viennent de trouver qu’il n’en est pas de même lorsque l’on purifie les eaux d’égout par l’épandage. Dans ce cas, au contraire, une nitrification énergique intervient alors que l’activité ordinaire des agents de la combustion est très restreinte.
- Différence entre les consonnes et les voyelles. — M. d’Arsonval résume un travail de M. Marage sur les consonnes. Une consonne est un bruit supra-laryngien qui commence où finit une voyelle ; la parole articulée se trouve donc composée de deux sortes de librations différentes : des vibrations intermittentes, les voyelles ; et des bruits, les consonnes. M. Marage a étudié les consonnes au moyen de l’appareil de photographie de la voix qu’il a imaginé. Les tracés des différentes consonnes présentent entre eux des ressemblances qui permettent de les classer en trois groupes et la classification correspond à celle des grammairiens. Si l’on étudie les consonnes à l’intérieur des mots, on est tout surpris du peu d’importance qu’elles ont, quant à la durée, par rapport aux voyelles. On comprend alors pourquoi certains sujets entendent encore les voyelles alors qu’ils ne perçoivent plus les consonnes ; celles-ci durent trop peu de temps et ne peuvent mettre en mouvement l’oreille ankylosée. Puisque les consonnes ne sont que des débuts ou des fins de voyelles, il est logique, quand on apprend à lire aux enfants, dès les premières leçons, d’appuyer les voyelles sur les consonnes en suivant le procédé conforme à la méthode de Janicot.
- La faune du pôle austral. — M. Bouvier annonce qu’il a terminé l’examen des pycnogonides rapportés par la première expédition de M. Charcot au pôle Sud. Au point de vue de cette variété d’animaux, l’expédition de M. Charcot a donné les résultats les plus riches qui aient jamais été obtenus. Les animaux précités appartiennent à 28 espèces dont la moitié sont nouvelles. On est conduit à admettre que la faune du pôle Sud est beaucoup plus riche que celle du pôle Nord. Cela s’explique par ce fait qu’au pôle antarctique, il y a un continent
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- et de nombreuses îles, que les pentes de ces îles plongent dans la mer en portant une végétation, que les animaux phytophages trouvent leur subsistance et sont eux-mêmes la pâture d’autres animaux.
- La lutte contre la chenille du chêne-liège. — M. Bouvier présente une Note de M. Lesne relative aux moyens de combattre les chenilles xylophages de la Zeuzèrequi au cours de ces derinères années ont envahi les forêts de chênes-lièges de l’Edough. Cette chenille se creuse dans l’arbre, du haut en bas, de longues galeries. M. Lesne, après avoir réalisé sa destruction en injectant dans la cavité du sulfure de carbone, a perfectionné le
- procédé. Il préconise l’emploi de capsules à enveloppes gélatineuses, effilées, que l’on peut pousser aisément dans les galeries. L’orifice de la galerie étant obturé avec de l’argile, il suffit d’un temps court pour que l’enveloppe gélatineuse se dissolve. La chenille est tuée par la vapeur. Le sulfure n’a d’ailleurs aucune influence fâcheuse sur la végétation du chêne-liège. Il ne reste qu’à compléter l’opération par l’élagage des menues branches attaquées. Cette méthode, appliquée avec soin depuis plus de trois ans dans certaines forêts de l’Edough, a permis d’enrayer l’invasion de la Zeuzère, et le procédé de traitement est en voie de se généraliser.
- Séance du j 5 mai 191 j. — Présidence de M. Gautier.
- Tracé des tangentes à une courbe. — M. Carpentier décrit un appareil imaginé par M. Guillery pour tracer une tangente à une courbe donnée. Ce tracé présente, pour les questions de mécanique appliquée, une très grande importance; il ne peut être résolu qu’avec une approximation insuffisante par les procédés usuels. M. Guillery découpe d’abord un gabarit métallique de la courbe ; il applique ensuite sur cette courbe une réglette isolée portant une pointe de platine noyée dans une lame de verre et faisant une saillie infinitésimale. La réglette est reliée à une pile et à une sonnerie. Lorsque la pointe touche le gabarit, le courant passe, la sonnerie résonne ; à ce moment la réglette est tangente. Elle porte à son extrémité une pointe en face de laquelle on place un point. On peut donc ainsi construire le lieu géométrique des points situés à une distance donnée de la courbe sur des tangentes à la courbe. Pour avoir la tangente en un point quelconque de la courbe donnée il suffit de décrire de ce point un arc de cercle avec un rayon égal à cette distance. En joignant l’intersection au point de la courbe on a la tangente.
- Le treponemci pallidum dans Vorganisme. — M. Lan-nelongue présente un travail de M. Hallopeau sur l’invasion de l’organisme par le tréponème pâle. Il convient de modifier la doctrine admise relativement à cette invasion. Ces parasites ne restent pas circonscrits à l’accident primitif; ils n’envahissent pas non plus d’emblée tout l’organisme. Les ganglions inguinaux et pelviens leur opposent une barrière qui fait obstacle à leur propa-
- gation pendant les six premières semaines de l’infection. 11 résulte de là que si l’on parvient à détruire les tréponèmes dans toute la région d’invasion initiale, on enraye par cela même l’évolution de la maladie. Si quelques parasites ont échappé et ont pénétré dans la circulation générale, ils sont sans action et la résorption des parasi-ticides employés localement suffit pour les tuer.
- Effet du traumatisme sur les végétaux. — M. Mangin présente une Note dans laquelle M. P. Becquerel recherche si, par des traumatismes, on a produit des formes végétales nouvelles, c’est-à-dire ayant apparu pour la première fois à la surface du globe. D’après l’auteur, les caractères obtenus en mutilant des espèces polyhv-brides telles que le zinnia et le maïs, ne seraient pas nouveaux. Ce seraient des caractères ataviques ou des caractères tératologiques que ces plantes ont toujours présentés chaque fois qu’elles se sont trouvées dans les mêmes conditions exceptionnelles.
- L’éclairage au néon. — M. D’Arsonval résume un travail dans lequel M. Claude expose ses recherches relatives au moyen de maintenir en service les tubes de néon pendant un temps considérable. La luminescence des tubes au néon s’affaiblit rapidement ; le phénomène est dû à l’absorption du néon par les électrodes. M. Claude a donc modifié les électrodes et est arrivé à obtenir des tubes dans lesquels la luminescence persiste pendant 1000 heures. Ces tubes de 5 à 6 m. de longueur peuvent être fabriqués en usine et transportés tout prêts sur les lieux d’utilisation. C11. de Yilledeuil.
- «Çlâ*
- , LE BISCUIT
- L’origine du biscuit se perd dans la nuit des temps. La variété que l’on connaît sous le nom de « biscuit de mer » est une sorte de pain sec, sans sel, qui se ramollit et se gonfle trempé dans l’eau ; il est fabriqué à l’état de galette ronde ou carrée avec une farine dure, peu levée et très cuite, en vue d’une longue conservation. Sous cette forme, il a joué un rôle dans l’antiquité. A l’époque des Anto-nins, il était l’approvisionnement de campagne des Romains. Plus tard, il entra dans l’alimentation habituelle des armées vénitiennes.
- Au xvie siècle, en France, on discuta longtemps sur la place qu’il convenait de faire au « pain de
- pierre des Turcs » — ainsi appelait-on le biscuit — dans la nourriture de nos troupes à la guerre. On ne l’adopta qu’à titre de supplément. Sous Louis XIV et sous Louis XV, les généraux en faisaient fabriquer au commencement de chaque campagne. Un règlement du 5 Avril 1792 accordait du biscuit aux soldats à défaut de pain de munition. Bonaparte aurait désiré que les troupes pussent fabriquer elles-mêmes un pain aussi commode à tous égards ; mais il s’occupa trop tardivement de cette question. '
- Le biscuit est presque exclusivement employé aujourd’hui par la Marine, exceptionnellement par les soldats en campagne. On fait encore des distri-
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- LE BISCUIT ' ....— ; 399
- butions de biscuits aux soldats dans les casernes, mais ces biscuits sont médiocres et fort peu estimés.
- La consommation du biscuit de mer ou de biscuits analogues dans certains pays est importante. Ainsi, les populations du Nord ont un pain de seigle très compact et très dur fabriqué avec du seigle non moulu. Les grains de seigle sont trempés d’eau, puis pilés et cuits, sous forme de très minces galettes percées d’un trou, ce qui permet de les conserver en les enfilant avec un bâton ou une cordelette.
- Les Italiens ont un pain du même genre percé au milieu et peu appétissant, que consomment les populations des côtes. On le nomme « pane duro ».
- Ces divers biscuits, malgré qu’ils soient les respectables ancêtres de nos biscuits modernes, sont fort différents de ces derniers. Le biscuit que nous aimons à voir sur notre table est un aliment de luxe ou de dessert, qui n’est pas déplacé à côté des pâtisseries les plus fines. Il s’en rapproche au reste beaucoup par les ingrédients qui entrent dans sa composition et plus encore par les soins donnés à sa fabrication.
- Depuis longtemps, les pâtissiers français fabriquent avec des jaunes et des blancs d’œufs battus séparément, mêlés de sucre en poudre, vanille, jus de citron, fleur d’oranger, fleur de farine ou farine de pommes de terre, des biscuits agréables à manger frais. Les pâtissiers de Reims, les premiers, avec une pâte analogue, mais plus sèche, ont préparé des biscuits destinés à être trempés dans le vin et susceptibles de se conserver. Aussi les biscuits sucrés sont connus sous le nom de biscuits de Reims ou biscuits à la cuillère. Dès 1841, M. Guillout en com-
- Sortie du four du Petit-Beurre.
- mença la fabrication industrielle. En 1860, l’industrie des biscuits peu sucrés établie en Angleterre, y prit sans beaucoup tarder une extension assez considérable. Non seulement la métropole anglaise se mit à exporter ce nouveau produit en grandes quantités dans ses nombreuses colonies, mais elle en importa également en France. La première sorte de biscuit qui eut un réel succès et qui est restée un
- type du genre portait le nom d’Albert, en l’honneur de l’époux regretté de la Reine Victoria.
- L’industrie française ne pouvait manquer de suivre si bon exemple. Elle s’y essaya sans y parvenir parfaitement au début. Honoré Jean Olibet, fils d’un boulanger de Bordeaux, dès 1862, importa en France
- Machine à découper le Petit-Beurre.
- les procédés de la fabrication anglaise. La manufacture des biscuits Pernot fut fondée en 1869 et, vers la même époque, la maison Lefèvre-Utile de Nantes. Dès lors, l’industrie des biscuits secs français était définitivement créée ; après avoir reproduit d’une façon parfaite les biscuits anglais, elle s’est ingéniée à trouver des variétés nouvelles, plus sucrées, décorées et parfumées de façon à plaire au goût national. Bon nombre de ces biscuits furent à leur tour copiés par les fabricants anglais. Aujourd’hui, l’industrie française des biscuits secs est très prospère ; elle fait un chiffre d’affaires considérable, et exporte une notable quantité de ses produits qui rivalisent par la qualité avec ceux des meilleures marques anglaises.
- La ville de Nantes, centre d’industries alimentaires, possède plusieurs grandes fabriques de biscuits : la biscuiterie Nantaise ; la biscuiterie Ducasse et Guibal ; la plus ancienne et la plus importante est la manufacture de biscuits Lefèvre-Utile. C’est là que nous allons suivre les opérations industrielles de la fabrication du biscuit.
- Comme toute maison bien tenue qui a un portier chargé de surveiller l’entrée des visiteurs, la manufacture en question a un laboratoire d’analyses où les matières premières sont soigneusement examinées avant leur emploi. La surveillance à exercer sur elles est d’autant plus nécessaire qu’elles sont toutes très susceptibles de s’altérer naturellement.
- Les matières premières sont nombreuses et très diverses :
- Les œufs, achetés comme frais, sont comptés, pesés et vérifiés à la mireuse, c’est-à-dire examinés un à un par transparence tandis qu’ils sont éclairés du côté opposé par un rayon lumineux. On juge ainsi de leur état de fraîcheur. — Le lait, apporté des environs de Nantes chaque matin, doit être frais,
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- 400 r: • ...........-..... LH BISCUIT
- riche en beurre, absolument pur. On s’en sert tel quel à faire des sirops pour les pâtes, ou bien on en retire mécaniquement à récrémeuse centrifuge la crème nécessaire à certaines fabrications, — Le beurre, après vérification, dégustation et analyse, subit une série de préparations, lavages à l’eau glacée et ma-
- Sortie du four des biscuits Boudoir et Champagne et transport aux étuves de séchage.
- laxage, qui ont pour but de le rendre homogène en le débarrassant de tout ce qui pourrait déterminer un rancissement rapide. Si le beurre n’est pas employé immédiatement, il est salé et déposé dans des chambres frigorifiques où la conservation est pratiquement indéfinie. — Les sucres, provenant des sucreries indigènes ou des sucreries coloniales qui travaillent la canne à sucre, sont choisis pour leur blancheur, la grosseur de leur grain ou leur bon goût. — Les farines de froment, farines de gruaux venant de Hongrie ou fleur de farine, spécialement préparées, doivent avoir une composition ou une consistance parfaitement déterminées pour assurer une fabrication bien suivie et sans à-coups. Les farines de maïs et de seigle sont également utilisées très accessoirement.
- Divers fruits sont indispensables pour la fabrication des biscuits de fantaisie. Amandes de Provence, passées à l’eau chaude ou grillées, puis émondées, hachées et broyées; noisettes, noix de coco râpé, sont employées dans quelques pâtes ; de même les framboises, les cerises, les abricots, l’angélique, l’écorce d’oranges, le cédrat sont utilisés conservés ou à l’état de gelée, ou bien confits et découpés pour la décoration des gâteaux. Certains parfums jouent un grand rôle, surtout la vanille en gousse qui n’a point son équivalent dans la vanilline, puis l’essence de citron, l’amande amère, le néroli, la bergamotte, la menthe, l’anis, le rhum, le kirsch. On se sert aussi de beurre de cacao, des raisins de Corinthe ; le miel de Bretagne entre dans la confection des pains d’épices.
- La simple énumération de ces produits, qui doivent être travaillés séparément, chacun avec des machines appropriées, montre déjà quelles sont la
- complication et l’importance de l’outillage nécessaire au bon fonctionnement d’une biscuiterie. Et nous n’avons encore rien dit de la fabrication elle-même, c’est-à-dire de la préparation des pâtes dans lesquelles viennent se réunir, se mêler, se combiner par la cuisson, tous les éléments constitutifs pour produire enfin le biscuit.
- Dans la préparation des pâtes, tout est méthodiquement déterminé, tout est compté, pesé, mesuré. C’est là une impérieuse nécessité aussi bien pour que l’industriel puisse établir exactement le prix de revient, que pour donner au biscuit fabriqué la qualité indispensable au point de vue du goût et d’une, bonne conservation.
- Voici d’abord les pâtes molles à base d’œufs. Bien n’est plus curieux que de voir l’albumine des blancs, sous le fouet en métal de la machine, perdre bientôt sa transparence et s’enfler soudain pour remplir les larges bassines aux flancs arrondis. Ces blancs battus en neige sont mélangés aux jaunes, au sucre et à la farine avec des batteuses mécaniques spéciales. La pâte d’un jaune clair et mat est coulée dans des moules et sert à faire les genres biscuits à la cuillère et gâteaux de Savoie, cuits en peu d’instants dans des fours circulaires à sole tournante, chauffés au coke à une température relativement peu élevée.
- Les pâtes très molles, qui sont véritablement liquides, sont coulées dans des gaufriers où elles se cuisent par le passage dans un four chauffé au gaz, où la température doit être élevée, mais très exactement réglée. Les feuilles repliées sur elles-mêmes deviennent des biscuits à la vanille, légers et très délicats. Une fabrication curieuse en ce genre est celle des gaufrettes à la vanille, et plus encore
- Presse à pâte molle pour macarons.
- celle des gaufrettes à la confiture. Il faut vaincre de grandes difficultés de fabrication pour coller ensemble leurs deux feuilles de pâte cuite, qui ne sont guère plus épaisses que des feuilles de papier, tout en intercalant une gelée de fruits qui ne doit pas les ramollir en les mouillant.
- Les pâtes blanches ordinaires, composées de lait, de farine et de sucre, sont les plus généralement
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- utilisées dans la fabrication. Les sirops de lait sont préparés d’avancé dans des bassines en granit et la farine y est ajoutée ensuite à l’aide des pétrins mécaniques du genre Werner, c’est-à-dire constitués par des nervures d’acier coudées, animées d’un rapide mouvement de rotation. Ce même outillage, au cas d’une mobilisation des troupes, serait réquisitionné par l’Intendance militaire pour faire le pain de guerre.
- Ces pâtes blanches sont douées d’une cohésion tout à fait remarquable ; on les voit s’allonger, se laminer entre des cylindres métalliques, se déplacer sans aucune déchirure et sans adhérence sur des toiles sans fin pour arriver à l’extrémité de la machine sous les découpeuses à emporte-pièce. Les petits gâteaux de pâte, aussitôt découpés, s’alignent automatiquement sur des plaques ou sur des grilles, d’où ils se rendent au four à cuire, tandis que le reste de pâte, comme une dentelle ajourée, est repris pour être laminé à nouveau entre les cylindres.
- La cuisson s’opère avec une sûreté et une régularité parfaites, dans les fours continus. Ces fours sont des massifs de maçonnerie réfractaire chauffés au charbon par dessous ; ils ont jusqu’à 14 mètres de longueur. A l’intérieur cheminent lentement des chaînes horizontales tendues qui supportent les plaques de biscuits. La vitesse de la traversée du four est exactement réglée à la main et correspond au temps nécessaire à la cuisson.
- Les pâtes blanches, dites fines, qui servent à la confection du petit-beurre,' sont traitées absolument
- de la même façon. Ces pâtes ne diffèrent des précédentes qu’en ce qu’elles contiennent du beurre et des aromates et sont brassées dans des pétrins à palettes verticales dont les mouvements ont plus de douceur.
- Toute la fabrication est dirigée vers les salles de mise en boîtes. Parmi les biscuits, les uns n’y sont apportés qu’après avoir subi un séchage dans des étuves, les autres s’y rendent directement grâce à des ascenseurs ou transporteurs obliques. Ce sont de larges toiles métalliques sans fin qui glissent sur un plan incliné, qui partent des ateliers de fabrication et se rendent aux ateliers de mise en boîtes.
- Les biscuits, au fur et à mesure de leur arrivée à l’étage supérieur, sont distribués entre les équipes de femmes qui les mettent en boîtes.
- Ce qui caractérise l’usine moderne, c’est l’extrême division du travail, qui assure la perfection et la rapidité, mais c’est aussi la centralisation d’ateliers annexes où sont travaillées les matières mises en œuvre, qui accompagnent le produit principal fabriqué. Aussi, dans l’usine que nous avons visitée, on trouve une fabrique de boîtes de fer-blanc, avec un outillage assez perfectionné pour être utilisé par des femmes. Plus loin se fait le nettoyage complet et même la réparation des boîtes vides renvoyées par le client pour servir à nouveau. Notons encore une scierie mécanique et l’installation frigorifique qui est indispensable pour la bonne conservation de tous les produits alimentaires entrant dans la fabrication. Norbert Lallié.
- L’HISTOIRE DU PACIFIQUE
- et les récentes explorations océanographiques.
- Comme conclusion aux récentes croisières océanographiques du navire américain Albalross, célèbre depuis les mémorables
- campagnes d’Alex. Agas-siz, John Murray et G. W. Lee1 viennent de faire paraître les résultats d’ensemble de l’exploration du Pacifique ayant trait aux profondeurs et à l’étude des sédiments marins. Voici quelques-uns de ces résultats qu’il est intéressant, d’autre part, de compléter par les données récemment acquises sur la géographie et la géologie des
- Géosynclinal
- ASIE
- fique est une des régions les plus inconnues du Globe. Tandis que, grâce aux échanges de faunes
- entre l’ancien et le nou-
- Géosynclinal
- CONTINENT PACIFIQUE C'
- ^AMERIQUE
- .Ynxtirt ii,rv
- }’£fid~actvel Cdu focifîtfâb
- B* D
- Fig. i. — Diagramme montrant que les conditions de dépôt dans les géosynclinaux qui ont toujours bordé l’Asie à l’est et l’Amérique .à l’ouest ont été les mêmes avec ou sans continent Pacifique. La hauteur absolue CC' seule est en cause. Les chaînes bordières du Pacifique se sont formées sur l’emplacement des géosynclinaux B et D et c’est à l'intérieur de la Cordillère des Andes, par exemple, que l’on observe les sédiments qui se sont déposés en D au cours des périodes géologiques.
- régions polaires.
- Au point de vue de l’histoire de la terre, le Paoi-
- 1. John Murray et G. W. Lee. The Deplli and Marine depo-sits of the Pacific. Mon. ofithe Mus. of comp. Zool. al Harvard College. XXXVIII, n° 2, 1909. Cambridge U. S.
- veau continent, nous pouvons suivre presque pas à pas, à travers les époques géologiques, l’histoire de l’Atlantique, tandis que, par exemple, nous savons qu’au moins sous sa forme actuelle il est très récent, nous ne connaissons à peu près rien de l’histoire du Pacifique.
- Certains géologues considèrent cet océan comme l’élément le plus ancien et le plus stable de toute la surface du globe. Ils basent leur conviction sur les séries sédimentaires marines remarquablement complètes que l’on observe partout sur ses bords, qui auraient donc été baignés par la mer à toutes les époques géolo-
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- giques. D’autres, au contraire, estiment que la plus grande partie de l’océan Pacifique était, jusqu’à une date relativement récente (jusqu’au Tertiaire), occupée par un immense continent. Ce continent, le continent j. jj jj, Pacifique, aurait été entouré par une
- f ^ n F ^ ^ ceinture ininterrompue de dépres-
- sions profondes de géosynclinaux1 où la mer aurait circulé à toutes les époques et déposé les séries sédi-mentaires continues dont nous parlions plus haut. Dans le premier cas on estime qu’une coupe schématique (fig. 1) aurait donné pour la région Pacifique, avant l’ère actuelle,, un profil tel que ABCDE ; dans le second un profil tel que ABC'DE. On voit que dans les deux hypothèses, les conditions de dépôt, dans les deux géosynclinaux B et D auraient été les mêmes et, par conséquent, que l’observation directe des sédiments qui s’y sont déposés ne peut rien apprendre. La hauteur CC' seule est en discussion. Il n’y a pas de raison à priori de lui donner une valeur plutôt qu’une autre. Mais c’est compliquer gratuitement les choses que d’invoquer l’hypothèse d’un cataclysme aussi formidable que celui qui aurait fait s’abîmer sous les flots un pareil continent, et tout au moins serait-il logique de supposer que le Pacifique actuel serait un ensemble complexe de continents submergés et d’anciennes mers. Nous allons du reste voir plus loin que les notions actuellement acquises sur la structure du fond de l’océan Pacifique ne paraissent pas favorables à l’hypothèse d’un âge récent de cet océan.
- Mais, auparavant, rappelons en quelques mots l’origine de cette hypothèse du continent Pacifique qui, pour ne pas parai tre devoir se vérifi er, n’en est pas moins intéressante. Cette origine est essentiellement d'ordre biologique. On a surtout mis en avant l’existence possible d’un continent Pacifique pour y placer l’origine des Mammifères supérieurs ou placentaires qui apparaissent brusquement dans l’Eocène inférieur d’Europe et d’Amérique.
- Ce serait également, d’après E. Haug, l’origine des plantes Dicotylédones qui auraient envahi les deux inondes au Crétacé.
- Ces arguments sont évidemment faibles. Si nous invoquions l’existence de terres ou de mers nouvelles chaque fois que nous ne connaissons pas l’origine d’un groupe zoolo-
- 1. Les géologues américains James Hall et Dana ont appelé ainsi des dépressions considérables de l’écorce terrestre, sous-marines, qui n’auraient jamais été très profondes (100 à 900 m., d’après E. Ilaug),
- mais dont le fond s’affaissait sans cesse. Il s’ensuit que la sédimentation, se poursuivant sans interruption, les a peu à peu remplies de dépôts, déposés à une profondeur relativement peu considérable, mais toujours en continuité parfaite les uns avec les autres.
- Dans les Appalaches, ce phénomène aurait produit des accumulations continues de sédiments dépassant 13 000 m. d’épaisseur! E. Haug a appelé bathijals les sédiments qui se déposaient ainsi dans les gèosynclinaux, entre 100 et 900 m. de profondeur.
- Murray et Lee, loc. cit. Les parties teintées en noir correspondent aux projondeurs supérieures à 3ooo m. A : zone du méridien i8o° de Greenwich où les grandes profondeurs sont alignées N.-S.; c’est un trait ancien de la structure du Globe. B : zone dite méditerranéenne où elles sont alignées E.-W.; c’est également un des traits les plus anciens et les plus fondamentaux de cette structure. C,D,E .• fosses continentales en rapport avec les géosynclinaux qui ont de tout temps bordé l'Asie et l’Amérique et dont elles sont peut-être les derniers vestiges.
- Fig. 2. — Les Stades de la formation du géosynclinal. — I. Entre B et Ç s’étend une vaste dépression, recouverte d’une hauteur d’eau toujours médiocre mais dont le fond s’enfonce progressivement dans le sens de la flèche f (définition du géosynclinal). Une immense quantité de sédiments (figurée par les hachures) s'accumule peu à peu dans ce géosynclinal; — II. Comprimé violemment par deux forces agissant en sens contraire (F, F'), le géosynclinal a fait place à une chaîne de montagnes D et à une fosse profonde E. Les sédiments « bathyals » déposés dans le géosynclinal, constituent la chaîne de montagnes D. Ce type final du géosynclinal s'observe dans le Pacifique aux points marqués C,D,E sur la figure 3. — II'. La même compression FF' qui du stade ,1 a conduit au stade II peut conduire également au stade II', qui diffère de II en ce qu’il ne s’est par formé de fosse prof onde en E. Ce cas est le plus général. Le cas contraire, où il se serait formé une fosse sans chaîne de montagnes associée, n’est pas connu.
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- gique, la Terre serait bientôt trop petite pour les contenir. Nos connaissances sur le développement des êtres, quelques progrès qu’elles aient pu faire depuis un siècle, ne sont pas encore telles qu’on ne puisse leur attribuer la responsabilité de nos ignorances. Du reste, tel groupe « cryptogène » pour un naturaliste, ne le sera pas pour un autre, disposé à accueillir plus facilement la notion de parenté. On a également invoqué des raisons d’ordre zoogéographique relatives aux faunes actuelles des îles du Pacifique et notamment à celle des îles Galapagos, en face de l’Equateur : « Les caractères particuliers de la faune (de ces îles) avaient déjà frappé Darwin, qui avait remar-r qué que certains genres, répandus sur tout l’archipel, sont représentés sur chaque île par des espèces spéciales..-.. Les Galapagos ne peuvent donc avoir reçu leur faune d’un continent voisin, car cette faune serait la même dans toutes les îles1. »
- Autrement dit, la faune actuelle des Galapagos serait une faune « résidu » de celle du continent Pacifique. Ce raisonnement est spécieux, car rien n’empêche d’admettre que depuis le moment où ces îles ont été peuplées, par immigration par exemple, d’un certain nombre de genres, ceux-ci n’aient déjà eu le temps de varier pour donner des espèces spéciales respectivement en relation avec les conditions du milieu de chaque île. Ne pas admettre cette explication revient à croire qu’il faut énormément de temps pour que les formes animales varient, notion actuellement battue en brèche. Quant aux roches grani-
- tiques signalées à Tahiti et qui pourraient peut-être faire considérer cette île comme un ancien témoin du continent Pacifique, rien ne prouve encore qu’elles ne sont pas venues au jour à l'état d’enclaves dans des roches éruptives récentes. Un connaît le grand nombre de volcans récents qui accidentent le fond du Pacifique. Rien n’empêche, du reste, que le fond de cet océan ne soit accidenté localement décrétés ou de pitons granitiques.
- Voyons maintenant si les explorations de Y Albatross conduisent à considérer le Pacifique comme un trait ancien de la structure de la Terre.
- On savait depuis longtemps qu’il existait au milieu de cet océan toute une série de dépressions, de « fosses » plus ou moins profondes, considérées souvent comme des fosses d’effondrement comparables, par exemple, à celles qui accidentent le fond de la Méditerranée. Mais le dessin de ces fosses était assez confus. Les précisions apportées par les récentes explorations océanographiques (Albatross, Yettor Pisani, Planet‘, bateaux poseurs de câbles, etc.) mettent en évidence des faits curieux. Certaines dépressions, comme la grande fosse en arc qui borde 1. E. Maug, Les Géosynclinaux et les aires continentales, 1900.
- Bernes àj Globigérines et à, Ptéropodes. EH3 Sexümentî terrigénes .
- Vase à. Badiolaires
- Fig. 5. — Esquisse de la répartition des sédiments marins dans le Pacifique, d’après John Murray et G. W. Lee, loc. cit.; l’extension de la boue à Globigérines dans l’hémisphère austral a été complètement modifiée par les campagnes de l’Albatross.
- E53 iooo à 3ooo MB plus de 3ooo ™
- Fig. 4. — Le bassin polaire arctique d’après l’expédition Nansen (The Nor-wegian North Polar expédition. Scien-tific results, 1904). Cette figure montre le remarquable alignement des grands fonds de la « Méditerranée » arctique le long du méridien de Greenwich. Les isobathes de la région N.-W. sont encore hypothétiques. L’expédition Amundsen, qui partira en automne du détroit de Behring, a pour objectif de les préciser.
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- à l’est le Japon, celles beaucoup plus petites que l’on observe le long de la côte occidentale de l’Amérique du Sud et de la côte méridionale de l’Australie,paraissent être manifestement en rapport avec les continents dont elles jalonnent la bordure actuelle ou ancienne.
- Ce sont vraisemblablement les restes des anciens géosynclinaux de bordure dont nous avons parlé plus haut. Au contraire celles qui se croisent au milieu du Pacifique paraissent indépendantes des continents. En premier lieu on distingue (fîg. 3) des dépressions alignées N.-S. presque rigoureusement. La direction de ces dépressions passe par le détroit de Behring et
- coïncide exactement avec celle des dépressions de la mer arctique que nous a fait connaître l’exploration du Fram (fig. 4).
- Cette zone de dépressions de plus de 3000 mètres coupe en deux le Globe sur presque les 2/3 de sa circonférence ! Tous les effondrements que nous connaissons autres que les effondrements méditerranéens, paraissent avoir été en général des phénomènes es -sentiellement localisés. Il nous semble donc probable que cet immense alignement dedépressions profondes, alignées à peu près dans le plan du méridien de Greenwich, est un trait ancien de la structure du Globe.
- marins renferment plus de jr5°/0 de carbonate de chaux, d'après John Murray et G. W. Lee, loc. cit. En A, cette teneur exceptionnelle tient à la présence de formations coralliennes très développées, en B à celle de boues à Globigérines particulièrement riches.
- Passons aux dépressions orientées dans le sens de l’Équateur. Ce sont des dépressions méditerranéennes. On n’en connaît pas dans l’Atlantique ( golfe du Mexique excepté) en raison, sans doute, de son âge relativement récent, mais on en connaît, aux points de vue géologique et géographique, presque partout autour du Globe. La Méditerranée a existé, à l’état de mer étroite et profonde, à toutes les époques géologiques. C’est un des traits les plus constants de la structure, terrestre. Or ce trait n’a point été effacé de la morphologie du Pacifique comme il l’a été de celle de l’Atlantique. Il y a là une présomption en faveur d’un âge considérable
- ! AT LAN T ! Q'U E
- cer°L?_ie°ie;ne -— *
- Terre
- d'Enderby
- Fig. ~. — Le continent antarctique d'après le professeur Penck (Plan einer deutschen antarktischen expédition, Zeitschr. d. Ges. f. Erdkunde z. Berlin, igio, n° 3J.. Les parties en grisé correspondent aux terres reconnues; celles en barré aux terres hypothétiques. Le sillon marin séparant les deux Antarctides expliquerait, selon Penck, le caractère flottant de la Grande Barrière de glaces. Les prochaines expéditions de Scott, Bruce et Filchner résoudront peut-être le problème.
- du premier de ces deux Océans et d’une non-existence du continent Pacifique.
- La précision des sondages de YAlbatross a conduit à modifier notablement la carte lithologique du Pacifique. La petite carte simplifiée de la figure 5 comparée par exemple avec celle donnée il y a quatre ans par Léon W. Collet1 montre de notables différences. L’étendue des surfaces comprises entre 3700 et 5800 mètres a augmenté, celle des surfaces supérieures à 5800
- mètres a “diminué. La répartition de la boue à Globi-1. Dr Léon-W. Collet. Les dépôts marins, in-16, 325p.,1908
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- CHRONIQUE .............. .... : 405
- gérines dans l’hémisphère austral a été entièrement modifiée. Voici comment se répartissent actuellement les fonds du Pacifique : au-dessous de 4800 mètres : 9 pour 100; de 4800 à 5600 : 46,8 pour 100; de 5600 à 5400 : 67 pour 400; de 5400 à 7500 : 6,8 pour 400 ; plus de 7500 : 0,4 pour 100. On connaît 2 fosses mesurant plus de 5000 brasses (9144 m.) : celle du Néro (9641 m.) et celle d’Al-drich (9455 m.). La vase à diatomées, autrefois considérée comme localisée dans les régions froides, a été rencontrée par YAlbatross, exceptionnellement il est vrai, sous les tropiques, par 42° de latitude sud (côte de l’Amérique du Sud). La carte de la figure 5 montre la richesse en calcaire de certains dépôts sédimentaires du Pacifique. Près des côtes ces dépôts correspondent aux formations coralliennes; loin des côtes, à certaines boues à Globigérines.
- Terminaison australe du Pacifique. Nous savons qu’au nord, séparée du « grand Océan » par le seuil du détroit de Behring s’étend la profonde cuvette de la « Méditerranée arctique » (fîg. 4) si bien décrite par Nansen. Nous possédons dès maintenant quelques données précieuses sur sa terminaison vers le sud. Les expéditions de de Gerlache et d’Otto
- Nordenskjold ont montré que la Terre de Graham (fîg. 7) est une chaîne de montagnes formée de roches cristallines ou métamorphiques du côté du Pacifique, de roches sédimentaires — crétacées ou tertiaires — du côté de l’Atlantique. Le géologue de l’expédition de la Belgica, Arctowski, avait émis l’hypothèse que la chaîne de la terre de Graham était le prolongement direct de la Cordillère des Andes. Les découvertes ultérieures d’Ammonites du genre Simbirskites à la fois dans l’Argentine (Simbirskites Barboti, Payeri) et sur le versant atlantique des « Antarctandes » (S. Skidegatensis) viennent à l’appui de cette hypothèse en montrant que le même faciès paléontologique se rencontre dans les deux chaînes. De même, la découverte récente du genre spécial de polypier paléozoïque Archæo-cyathus (très commun dans le Cambrien australien) dans les matériaux rapportés par l’expédition Shaldeton, tendrait à montrer qu’il en est de même en Australie et dans l’Antarctide. Amérique du Sud et Terre de Graham, Australie et Terre Victoria auraient donc fait partie des mêmes chaînes. Un cercle ininterrompu de montagnes aurait toujours et partout entouré le Pacifique. Robert Dotjvillé.
- CHRONIQUE
- Calvitie et incendie. — Un phénomène qui mérite d’attirer l’attention des spécialistes est relaté par les journaux allemands. Après avoir travaillé à l’extinction d’un incendie qui avait enflammé un tank de benzine à Rummelsburg, faubourg à l’Est de Berlin, quatre pompiers de la capitale, tous quatre sains et vigoureux, perdirent subitement tous leurs cheveux. Les médecins de Berlin s’efforcèrent vainement pendant des semaines de regarnir les têtes dénudées. Il a fallu quatre mois pour que les cheveux se décidassent à repousser. Mais ils sont
- blancs comme neige. Il ne saurait être question, pour expliquer le cas, d’une infection commune, les quatre pompiers appartiennent à des postes différents. Il faut également exclure comme cause de cette calvitie subite, une frayeur extraordinaire ; les sujets ayant tous plus de 20 ans de service sont habitués dès longtemps à des alarmes analogues. Il reste peut-être que les vapeurs dégagées par la benzine enflammée agissant sur la coiffure des pompiers aient produit un composé chimique funeste au bulbe capillaire.
- ASTRONOMIE ET ASTROLOGIE
- Bien que tombée dans le plus complet discrédit depuis deux siècles, l’astrologie compte encore assez d’adeptes dans notre Europe civilisée pour qu’il soit imprudent de la tourner en ridicule. Aussi bien, ce serait nous écarter de notre sujet que de rappeler à quelles énormes bévues les astrologues durent leur définitive disgrâce.
- Mais, du jour où Morin, l’auteur d’Astrologia Gallica, eut prédit, avec tant d’années d’écart, la mort de Louis XIII, les profanes purent annoncer, et sans recourir à l’inspection des astres, que la fausse science fondée par les Chaldéens venait d’entrer en agonie.
- Et, de fait, l’emploi ' d’astrologue de la Cour, qu’avait illustré Nostradamus, était bientôt supprimé.
- A ce point de vue, comme à tant d’autres, l’Asie est restée immuable : elle garde sa foi ardente à l’astrologie, dont l’astronomie n’est à ses yeux qu’un
- rejeton sans importance. Le charlatan qui prétend pouvoir lire l’avenir en suivant les évolutions des planètes a gardé chez les Persans, en Chine, aux Indes, en Malaisie, le prestige et la puissance qui s’attachèrent à leurs fonctions dès les temps les plus reculés.
- Au Japon même, les astrologues sont restés en faveur, bien que la Cour du mikado affecte de ne plus les consulter officiellement. En leur souci de paraître... plus Européens que les blancs d’Occident, les Nippons croiraient s’exposer au ridicule en faisant un appel public à leurs devins.
- Les radjahs et autres princes indiens n’éprouvent pas les mêmes scrupules'; ils entretiennent ouvertement des astrologues qu’ils consultent en toutes occasions. Et c’est à leur intention qu’ils entretiennent en bon état les observatoires élevés sous la domination mogole, constructions qui, dans certains cas, ont un aspect vraiment monumental.
- Tel, l’observatoire de Lahore, que représentent
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- ASTRONOMIE ËT ASTROLOGIE :
- nos photographies, et qui peut être considéré comme un modèle du genre. C’est, en somme, une copie à peine modifiée des tours d’observation qu’élevaient les Chaldéens et-les Égyptiens.
- C’est au sommet de ces maçonneries bizarres que s’installent, par les nuits étoilées du Penjab, les astrologues des princes indiens. C’est de ces plates-formes aériennes qu’ils étudient l’aspect du ciel, non dans l’espoir d’y découvrir une comète, mais bien pour y rechercher le thème de nativité de tel personnage que leur maître a l’intention d’appeler à une'charge de confiance.
- A ,eux de décider si les angles des figures géométriques formées par différentes planètes autorisent la décision que s’apprête à prendre lé radjah ! -"£<îj£ÿis il ne faudrait pas croire que les princes indigènes soient seuls à encourager les astrologues. Leur influence est considérable sur toutes les classes.
- Si les castes inférieures, en raison même de leur, pauvreté, hésitent. à recourir à l’intervention de l’astrologue— car l’excellent homme n’accepte point de « monnaie de singe » en échange de ses con-
- notaires des deux familles intéressées président aux premières négociations qui servent de préface aux fiançailles. Aux Indes, les graves tabellions sont remplacés par deux astrologues, qui, en de longs conciliabules, étudient et comparent les thèmes de nativité des deux jeunes gens.
- Leur décision est sans appel : si les deux horoscopes ne « s’accordent »pas, les familles renoncent à la réalisation de leur rêve. En agissant autrement, elles exposeraient le jeune couple aux pires malheurs !
- Le rôle de l’astrologue n’est pas moins important dans les rites qui précèdent la naissance. Durant les dernières semaines avant sa délivrance, la mère doit être tenue au courant de la position des astres. Malheur à la pauvrette si elle sort de sa maison pendant que telle planète se voit en tel point du ciel ! Au lieu du garçon attendu, elle mettra au monde une fille, et qui aura peut-être le bec-de-lièvre !
- Et malheur à elle encore si une éclipse se produit durant cette période! C’est la preuve que la terre est envahie par de mauvais esprits, et elle devra se garder de manger, de boire, de fumer, de couper ou
- L’Observatoire de Lahore, avec ses nombreuses plates-formes.
- sultations, — les radjputs (caste guerrière) et les familles aisées font appel à sa « science » en maintes circonstances.
- Notre chère civilisation occidentale veut que les
- de casser quelque chose pendant la durée du phénomène. Ses proches parents devront prendre les mêmes précautions, s’ils ne veulent pas qu’elle accouche d’un monstre.
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- L’OR DES SÉPULTURES COLOMBIENNES -. 1 ---: 407
- Il y aurait beaucoup à dire sur les astrologues indiens, et sur la tyrannie qu’ils exercent. Par exemple, comme ils possèdent assez de connaissances astronomiques pour prédire à l’avance les éclipses, ils annoncent le phénomène en le faisant passer
- ce point les théories de ses confrères d’Europe, ne considère pas la lune comme un astre bienfaisant. Au contraire, l’influence de notre satellite est considérée comme des plus néfastes.
- Cette méfiance est poussée si loin dans certaines
- La principale tour d’observation, employée plus particulièrement par les astrologues de la Cour.
- pour une manifestation de la colère des divinités.
- Ils profitent de l’effet produit pour engager les âmes craintives à se mettre sous la protection d’une planète bienfaisante, excellent prétexte pour tirer des horoscopes que la bêtise humaine leur paie royalement.
- A noter que l’astrologue indien, repoussant sur
- régions des Indes qu’un homme qui s’oublierait à regarder l’astre en son plein devrait aussitôt accomplir une cérémonie propitiatoire.
- Elle consiste à ramasser cinq cailloux blancs, à s’en frotter le front, et à les jeter sur le toit du voisin..., pour lui passer le mauvais sort!
- V. Forbin.
- L’OR DES SEPULTURES COLOMBIENNES
- LaColombiea été, jusqu’en 1848, le grand producteur d’or dans le monde avec le Brésil et on estime qu’elle a pu en fournir 4,7 milliards. Aujourd’hui, pour bien des raisons, son extraction minière est restreinte à 15 ou 20 millions par an. Mais, si on travaille peu sur les alluvionsou les filons, une catégorie spéciale de mineurs y recherche, par une exploitation méthodique qui fera frémir d’horreur les archéologues, les richesses accumulées dans un lointain passé1.
- Avant l’arrivée des Espagnols, trois branches indiennes occupaient la région aurifère d’Antioquia : Gatios, Nutabes et Tahamis. La civilisation des Nu-tabes et des Tahamis était assez avancée pour qu’ils connussent le filage des textiles, la fabrication des poteries et (bien qu’ils ignorassent l’usage du fer) l’extraction et la métallurgie de l’or. Leurs tombeaux,
- 1. Voir A. Demangeon, L’industrie aurifère en Colombie (Dunod, 1907).
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- L’OR DES SÉPULTURES COLOMBIENNES
- qui sont à peu près tout ce qui reste d’eux, contiennent de nombreux bijoux, fondus, soudés, martelés et parfois couverts d’inscriptions hiéroglyphiques, encore - indéchiffrées. Toute une population de guaqueros , ou exploitants de guacas (sépultures) a pour profession, dont les artifices se transmettent de père en fils depuis des générations, la recherche de ces tombeaux précieux; et ces hommes ont acquis un flair surprenant pour reconnaître les endroits propices, distinguer le léger enfoncement produit par le tassement séculaire de la terre remuée, décou -vrir au premier
- coup de pioche si la tombe a déjà été violée, etc.
- Les guacas qu’ils explorent se distinguent en deux groupes : les tombes isolées qui sont peu productives et les pueblos, ou réunions de tombes analogues à nos cimetières, qui se prêtent à une véritable exploitation industrielle.
- Ces guacas sont de divers types : simples fosses (guacas de cajon); osarios ou abris souterrains contenant de grandes jarres, dans lesquelles on trouve soit un squelette entier, soit une multitude d’ossements de la même espèce, par exemple des accumulations de molaires; enfin guacas de resbalon, qui sont des pavillons souterrains destinés à de grands personnages, avec escaliers, salles multiples aux niches garnies de poteries, etc.
- Quand le. guachero a découvert une tombe isolée ou un pueblo situé sur un sommet, il , vide chaque fosse avec soin. Et d’abord il trouve des poteries, des pointes de flèche en, silex qu’on jetait au-dessus du corps dans l’inhumation: Puis, quand il atteint le corps, l’extraction de l’or commence. Ce sont les pendants d’oreilles, anneaux de nez, parfois une plaque
- Vases en or trouvés à Pajarito, près Yarumai, dans une sépulture indienne. Le vase de droite à o m. 3o de haut.
- Objets en or trouvés dans les sépultures indiennes.
- ou un diadème; ce sont, sous la tête, sous les aisselles, entre les jambes et sous le corps lui-même; tout le trésor du mort, bijoux, vases, idoles. Pour les
- pueblos, où la disposition topographique s’y prête, on fait même une véritable exploitation hydraulique en amenant un courant d’eau et travaillant la terre comme une alluvion géologique. Dans les deux cas,les objets en terre, considérés comme sans valeur, sont également détruits.Toutce qui pourrait avoir un intérêt historique est méprisé. L’or seul est porté à la ville, comme delà poudre d’or et des pépites, pour être vendu au poids ou fondu. Aussi l’antique civilisation colombienne est-elle infiniment moins connue que celles du Mexique et du Pérou. Cependant les musées commencent à recueillir quelques épaves dont nous reproduisons ici divers spécimens. On remarquera surtout les deux grands vases en or qui atteignent 0,50 m. de haut. ' Parmi les bijoux d’or, beaucoup portent une grenouille, à laquelle on a donné diverses interprétations. Peut-être étàit-ce une décoration militaire. Il existe, en effet, dans le pays une petite grenouille assez rare, d’une couleur noirâtre; avec, de chaque côié du corps, un liséré caractéristique jaune clair, qui sert à préparer un curare vénéneux tout différent de celui de l’Amazone, obtenu par la coction de lianes. Ayant cette « rana del Choco » , on la suspend par un bout de ficelle au-dessus d’un foyer ardent et l’on recueille une humeur épaisse et jaunâtre, une sorte de transpiration visqueuse, qui tombe de sa bouche. C’est un poison dont on enduit les flèches. La grenouille a pu devenir ainsi, qui l’eût cru, un symbole belliqueux. P. Sallior.-
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Pans,
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- LA NATURE.
- N° 1983.
- 27 MAI 1911.
- LE NOUVEL ECHIDNE DU JARDIN ZOOLOGIQUE D’AMSTERDAM
- Peu d’animaux sont aussi étranges que les Échidnés,, Mammifères de l’ordre des Monotrèmes qui habitent
- i •
- Fig. i. — L’Échidnè de la Nouvelle-Guinée, actuellement au Jardin Zoologique d’Amsterdam.
- l’Australie et la Nouvelle-Guinée, comme les Orni-thorhynques, leurs proches parents. Revêtus de piquants semblables à ceux des Porcs-épics, dépourvus de dents comme les Tama-noirs, ils ont comme ces derniers une très petite bouche ouverte à l’extrémité d’un museau démesurément allongé; par contre, leur langue très longue et protactile, revêtue d’une salive
- gluante, leur sert à recueillir les insectes et particulièrement les Fourmis qui sont leur nourriture habituelle. Toute l’organisation de ces curieux Mammifères indique un type très ancien, ayant gardé beaucoup de caractères qui les rapprochent des Oiseaux ou des Reptiles. La femelle pond un œuf à coque par-cheminée, toujours unique, qu’elle couve quelque temps en le portant dans une poche abdominale. Le petit en sort bientôt et s’attache aux mamelles placées en avant de cette poche dans deux fossettes peu profondes.
- Ces mamelles n’ont pas de mamelon, mais le lait coule le long des poils qui entourent l’orifice de la glande, et que le petit lèche facilement; à sa naissance d’ailleurs, sa tête est moins allongée et son museau plus large que celui de ses parents.
- 39” année. — 1er semestre.
- té-} A
- Fig. 2. — L’Échidnè avalant les vers de terre qui constituent son repas de prédilection.
- La température du sang chez les Échidnés est très pêu élevée : elle ne dépasse pas 28°, tandis que
- celle des Mammifères ordinaires atteint 37 à 38°. Cependant, l’animal est mal protégé par sa peau couverte de piquants grossiers et dépourvue de^ glandes sudori pares. Aussi, dès^* que la tempéra-v ture de l’air s’abaisse au-dessous de 5°, l’Échidné est-il forcé d’hiverner, comme la Marmotte, en se creusant un trou dans le sol. Il n’est pas mieux protégé contre la chaleur que contre le froid; dès
- que la température extérieure dépasse 35°, l’animal souffre et cherche à se cacher sous terre; si on l’en empêche, sa température monte brusquement à
- 38°, et il meurt d’apoplexie, comme un homme frappé d’un coup de chaleur1.
- On conçoit que dans ces conditions, il soit très difficile de garder ces animaux en captivité et surtout de les transporter loin de leur pays natal; aussi est-il très rare de voir des Échidnés vivants en Europe.
- Celui que vient de recevoir le Jardin Zoologique d’Amsterdam, propriété de la célèbre Société
- Nalura Artis Magistra, n’appartient pas à l’espècè la plus anciennement connue et la mieux étudiée,
- Ces observations ont clé faites sur FEcliidné d’Australie ; il est possible que celui de la Nouvelle-Guinée se comporte un peu différemment.
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- qui habite l’Australie (Ecliidna aculeata). Celui-ci provient de la Nouvelle-Guinée hollandaise et appartient .à une espèce beaucoup plus rare, que très probablement on voit pour la première fois vivante en Europe. C’est le Zaglossas bruyni nigro-aculeatus, décrit par l’honorable L. W. Rothschild en 1892. Le genre Zaglossus diffère du genre Echidna par la forme du museau qui est plus long que celui des Échidnés australiens, et recourbé vers le bas comme une trompe.
- C’est à l’extrême obligeance du D1' C. Kerbert, directeur de la Société Royale de zoologie et de l’Aquarium d’Amsterdam, que nous devons de pouvoir donner aux lecteurs de La Nature la primeur des deux belles photographies qui représentent ce curieux animal.
- On sera frappé tout d’abord de sa pose, qui est très différente de celle qu’on donne d’ordinaire aux Echidnés dans les figures publiées par les traités de zoologie et dans les montages des musées. On croyait que l’animal se traînait sur le ventre comme un reptile, et on le représentait les griffes des pattes postérieures dirigées en arrière, commes celles d’un Lézard, i
- L’attitude de l’animal vivant est bien différente : il se tient dressé sur ses quatre membres comme un Ongulé : les griffes postérieures sont bien dirigées en dehors, mais nullement en arrière, et l’aspect, à première vue, est tout à fait celui d’un petit Éléphant tout couvert de piquants, illusion que la forme en piliers de ses pattes, la brièveté de son tronc et l’allongement de son museau dirigé vers le bas comme une .trompe, contribuent singulièrement à favoriser. C’est la comparaison qui m’était venue à l’esprit tout d’abord, en recevant les photographies du Dr Kerbert; la traduction du texte hollandais qui les accompagnait, et que M. A. llaun, de la bibliothèque du Muséum, a bien voulu me traduire, prouve que le naturaliste d’Amsterdam a eu exactement la même impression. « Cet ensemble trapu, dit-il, ne répond guère à l’idée qu’on se fait
- d’un animal fouisseur et menant une vie souterraine !»
- On remarque, en examinant cet Echidné, que le pavillon de l’oreille est bien visible, tandis que cet organe ne semble plus exister sur les spécimens en peaux naturalisés dans les musées. M. Kerbert suppose que l’animal est une femelle : en effet, il porte au tarse un organe rudimentaire qui semble correspondre à l’ergot bien développé que le male présente d’ordinaire à cette place. Tout indique d’ailleurs que l’individu est adulte.
- On sait que, dans leur patrie, les Echidnés se nourrissent surtout de Fourmis qu’ils déterrent à l’aide de leurs fortes griffes, et qu’ris engluent avec leur langue filiforme, couverte de papilles cornées.
- Au Jardin zoologique d’Amsterdam, on a offert à ce nouveau pensionnaire la même nourriture que l’on donnait à l’Échidné d’Australie (Echidna aculeata) qui a vécu précédemment dans cet établissement. Cette nourriture consiste en lait, œufs frais battus et viande hachée lin, que l’animal absorbe à l’aide de sa langue. Il a semblé cependant que l’animal préfère à tout le reste les vers de terre, fait d’autant plus intéressant que l’Échidné d’Australie n’avait jamais voulu toucher à ces derniers.
- Le Zaglossus s’en accommode au contraire parfaitement, comme le montre notre photographie. 11 est très curieux d’observer comment l’animal s’y prend pour avaler cette espèce de macaroni vivant,: bien qu’il n’ait pas la large bouche des pilfcrari napolitains. 11 cherche toujours à prendre les vers-par l’extrémité pointue, qui est la tête, et dès qu’il la tient, c’est merveille de voir avec quelle rapidité le vers le plus gros est aspiré et disparaît par cette étroite fente buccale. 1
- Il n’est pas douteux que cet animal si rare et si singulier donnera lieu à des recherches et à des observations du plus haut intérêt, que M. le D1'Kerbert ne manquera pas de nous faire connaître, quand il aura eu le temps de l’étudier à loisir.
- E. Trouessart.
- Professeur au Muséum.
- NOUVELLE STATION RADIOTÉLEGRAPHIQUE MILITAIRE DE LA TOUR EIFFEL
- Tant par la hauteur de la Tour Eiffel qui lui sert de gigantesque support d’antenne que par la portée obtenue eu égard à la faible puissance mise en jeu, la nouvelle station radiotélégraphique militaire du Champ-de-Mars est unique dans l’univers entier. Ses appareils peuvent actuellement envoyer, à travers l’espace, des signaux jusqu’au poste de Glace Bay situé sur la côte du Canada, à 5600 km de Paris.
- De misérables baraquements en bois commencèrent à abriter les premiers instruments de télégraphie sans fil que le génie militaire avait installés à cet endroit en 1905 pour correspondre avec les places de guerre, les navires, l’Algérie, le Maroc, etc.
- Puis, vers la fin de 1909, l’administration militaire jugeant cette installation de fortune indigne des savants officiers qui, tout en assurant léservice, y poursuivaient d’intéressantes expériences, décida d’aménager des locaux en souterrain et d’y placer un matériel plus puissant. Mais, à peine le poste transformé fonctionnait-il, que l’inondation l’envahit (janvier 1910). Une fois le cataclysme passé, le capitaine Becq réédifia la station en béton armé; puis, le commandant Ferrié, aidé du capitaine Bre-not, du lieutenant Vieillard et de divers constructeurs, entre autres la Compagnie générale radio-télégraphique (C. G. R.) et la Société française radioélectrique (S. F. R.) y disposa de remarquables
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- NOUVELLE STATION RÂDiOTÉLÉGRÀPHiQUE MlLITAÎRË —... 4U
- instruments de télégraphie sans fil que nous allons maintenant voir fonctionner.
- Le nouveau poste radiotélégraphique proprement dit comprend, indépendamment du logement du personnel de garde, plusieurs vastes salles : l’une sert de chambre de haute tension ; dans les autres, se trouvent des appareils de réception, d’émission et d’expériences.
- L’antenne se compose d’une nappe de six conducteurs aériens. L’extrémité supérieure de chaque fil aboutit à trois isolateurs successifs en porcelaine amarrés aux arcades surmontant la troisième plate-
- l’antenne totale, elle correspond à une longueur d’onde de 2000 m. environ.
- Le secteur de la rive gauche alimente provisoirement la station. La station de la Tour Eiffel comprend actuellement deux postes d’émission en service : l’un de 75 chevaux à étincelles rares, l’autre de 15 chevaux à étincelles musicales. Nous les décrirons successivement. Dans le poste à étincelles rares un transformateur abaisse la tension du courant alternatif de 5000 à 220 volts, deux bobines de self-induction réglables permettent d’obtenir la résonance primaire. Deux groupes de lampes à incan-
- Fig. 1. — L’émission : Tableaux de distribution et appareils de mise en marche. — ri, turbine à mercure et son moteur; B, relai pour l’envoi des signaux horaires; C, petit manipulateur de commande; B, manipulateur à charbon Gaiffe; E, appareil de mise en marche de l’éclateur; FF, interrupteurs; G, lampes de protection; H, manettes de mise en marche du moteur et du ventilateur; I, ampèremètres et voltmètres; K, watlmètres et fréquencemètres ; L, ondemètres à lecture directe.
- forme de, la Tour Eiffel. Des câbles tendeurs avec interposition d’isolateurs spéciaux prolongent les portions actives de ces conducteurs. Sur chacun de ces derniers, viennent se fixer des fils de jonction, qui se réunissent à une cinquantaine de mètres du sol, en un seul faisceau maintenu par un large collier isolant en caoutchouc et pénétrant dans la salle de haute tension par une ouverture ménagée à cet effet.
- Un certain nombre de plaques de zinc enfouies dans le sol et dont la surface totale atteint plusieurs centaines de mètres carrés, constituent la prise de terre. Quant à la période propre d’oscillation de
- descence tubulaires à filament droit forment des lignes de fuites aboutissant à la terre afin de préserver le circuit d’alimentation des oscillations.
- Après avoir traversé la salle de manipulation où on l’utilise de la sorte, sous un voltage non dangereux, le courant arrive dans la salle de haute tension entièrement capitonnée d’une double épaisseur de tentures feutrées, afin d’amortir le bruit des décharges électriques. Le transformateur charge, sous une tension de 110000 volts environ, le condensateur du circuit oscillant comprenant 896 tubes Moscicki dont nous emprunterons la description à un travail de M. de Yalbreuze. Ces tubes, de 6 cm de dia*
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- mètre et de 1 m. de longueur, sont repartis en 7 batteries de 128 unités semblables. Chaque batterie, haute de 2,40 m., large de 1,20 m. et profonde de 1,16 m., se compose de deux groupes de 64 tubes horizontaux connectés en série et supportés par un châssis en fer. L’ensemble des batteries, qui sont reliées en parallèles, offre une capacité totale de 1 microfarad pour une tension de charge de 110 000 volts.
- C’est donc le condensateur radio-télégraphique le plus puissant de tous ceux qui existent aujourd’hui.
- Pour rémission, le manipulateur du « sans-filiste » va provoquer le déclanchement de cette force accumulée, qùi se traduira par une aveuglante et assourdissante étincelle longue de 30 à 35 mm entre les cylindres de zinc de l’éclateur mis en mouvement par une petite dynamo auxiliaire. Le gros serpentin de cuivre rouge, disposé entre celui-ci et l’antenne, sert à régler l’accouplement des postes transmetteur etrécepteur.
- La manipulation de courants aussi intenses doit se faire d’une façon spéciale.
- Aussi le commandant Ferrié a-t-il inventé un manipulateur pouvant être commandé à distance à l’aide d’un faible courant circulant dans un circuit auxiliaire. Pour cela, une petite turbine rotative envoie du mercure sous pression dans un ajutage qui peut basculer autour d’un axe horizontal. En position normale, cet ajutage, maintenu par un ressort, est braqué obliquement vers le bas et le jet de mercure va frapper la partie fixe de la turbine. Mais si l’on envoie un faible courant dans un solénoïde placé au-dessus de l’appareil, celui-ci attire un noyau
- qui, par l’intermédiaire d’une tige, redresse l’ajutage. Le jet liquide gicle alors sur une couronne en cuivre, qui, calée sur l’axe de la partie mobile de la turbine et animée d’un mouvement de rotation rapide,ferme le circuit électrique. Pour envoyer des
- signaux, le télégraphiste n’a qu’à manœuvrer u n petit manipulateur ordinaire qui commande le solénoïde.
- On se sert également à la sta-lion de la Tour Eiffel, d’un manipulateur à char bon Vedovelli et Priestley.
- Mais la principale nouveauté du poste de la Tour Eiffel réside dans le poste à étincelles musicales : avec l’alternateur à résonance Béthenod1 (10 kilowatts), on peut produire des décharges très rapprochées (400 à 500 à la seconde) qui détermineront dans le récepteur téléphonique non plus un roulement, mais un son musical. Si par exemple, au moyen du manipulateur, le « sans filiste » envoie
- 435 vibrations par seconde, on percevra le la3. Il suffit du reste, de 3 ou 4 notes pour répondre à tous les désiderata de la pratique télégraphiste, et grâce à ce nouveau système, réceptions ou transmissions ne seront plus gênées par les bruits de friture parasites dus à des phénomènes électriques si fréquents dans les pays chauds, les sons musicaux se percevant aisément et se différenciant nettement des bruits atmosphériques.
- Pour la réception, on utilise soit le détecteur électrolytique du commandant Ferrié, soit le détecteur à cristaux du capitaine Brenot. Sur notre photo-1. Yov. n0 1935, du 25 juin 1910.
- Fig. 2. — La chambre de haute tension. — A, transformateur à résonance; B, condensateur Mosciki; C, éclateur; D, résonateur Oudin; E, moteur de l’éclateur.
- Fig. 3. — Self de résonance et rhéostats. — A, selj de résonance des circuits d’alimentation ; B, rhéostats pour la manipulation; C, conduits de réfrigération.
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- graphie, deux hommes écoutent seulement, mais au courant dans un sens déterminé, chaque fois que besoin trois récepteurs peuvent fonctionner à la fois les ondes reçues dans l’antenne influencent le
- Fig. 4. — Les appareils de réception. — 4, boîte de condensateurs réglables; B, potentiomètre sur détecteur électrolytique C: D, condensateurs ; E, détecteur à cristaux; F F, microphones téléphoniques.
- et comme chacun d’eux comporte quatre téléphones, la même dépêche peut, le cas échéant, être contrôlée par quatre télégraphistes.
- Le détecteur du commandant Ferrié étant bien connu1, nous parlerons seulement de celui du capitaine Brenot qui repose sur l’emploi d’un ou de plusieurs cristaux de carhorundum spécial enchâssés dans un socle métallique à l’aide d’amalgame d’étain. On amène en contact, contre une arête vive d’un de ces cristaux, une petite surface de platine portée par une tige articulée à piston sur laquelle agit un ressort à boudin. Cet appareil offre quelques particularités précieuses en diverses circonstances. Gomme on le sait, le détecteur laisse passer un 1. Yoy. n° 1935, du 25 juin '1910.
- circuit. Le passage du courant fait vibrer la plaque d’un écouteur téléphonique de manière qu’à chaque
- arrivée d’un train d’onde, le télégraphiste entend un bruit dans son récepteur téléphonique. La succession de ces bruits, en séries longues ou courtes, selon les séries d’émission, reconstitue les signaux Morse expédiés par le poste d’émission. Or, la résistance du détecteur Brenot varie entre de très larges limites suivant que le contact entre l’arête et la surface métallique est très léger ou plus intime. A ces variations de résistance correspondent des variations de l’amortissement offert par le circuit récepteur et par suite des variations de l’accord du poste récepteur avec les ondes agissantes. D’où résultat intéressant :
- Fig. 5. — Arrivée des antennes dans le poste souterrain. — A, point d’entrée de la chambre de haute tension; B, isolateur à courroie de caoutchouc ; C, tendeurs avec isolateurs d’ébonite.
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- on peut recevoir très distinctement les signaux d’un poste déterminé si l’on réalise un contact très léger de la surface et du cristal ou au con-traire d’une autre station, si l’on .frotte un peu la surface de platine contre le cristal afin de réaliser un contact plus intime. Grâce à tous ces instruments si perfectionnés, le poste radio télégraphique de la Tour Eiffel peut transmettre régulièrement l’heure aux ^navires en mer, corres-
- pondre avec de nombreux postes français ou étrangers, permettre de déterminer des longitudes avec une précision inconnue jusqu’alors et d’exécuter de nombreuses expériences scientifiques. D’ici peu d’ailleurs, il possédera un puissant moteur Diesel qui lui permettra de produire lui-même son électricité et d’actionner un nouveau poste d’émission « Radio-Electrique» d’une puissance et d’une portée considérables. Jacqües "Boyer.
- 1
- Fig. 6. — Le groupe de io kilowatts à émission musicale qui a permis d'envoyer des radiotélègrammes à àooo km de la Tour Eiffel.
- LES FOUILLES SOUS-MARINES DE MAHDIA (TUNISIE)'
- En 1907, des pêcheurs d’éponges montant une sacolève, trouvèrent au large du cap Africa, à près de 5 km (4,800 m.) de la pointe de Madhia, l’antique Tapsus, des vestiges d’antiquités, et annoncèrent le gisement de colonnes de marbre.
- Ce fait ayant été signalé à la direction des antiquités de Tunisie, le directeur, M. Merlin, fit entreprendre des fouilles régulières avecle concours de l’État et des subsides accordés par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Ces fouilles, commencées en 1907, se poursuivirent pendant les années 1908, 1909, 1910 et ne paraissent pas encore terminées.
- Leur succès a été réel malgré les grandes difficultés de leur exécution, puisque les scaphandriers, la plupart d’origine grecque, devaient plonger à 39 m. de profondeur et ne pouvaient rester sous l’eau que 30 à 40 minutes. Mais la méthode qui présida à ces fouilles, et la persévérance de M. Merlin, ont abouti à une large récolte d’objets divers, provenant de la Grèce, peut-être d’Athènes même, et le musée du Bardô s’est enrichi d’une manière remarquable en antiquités grecques : statue, statuettes et objets en bronze, en marbre, en inscriptions, etc. Sur la gaine de l’un des bustes, comme il sera dit plus bas, on a relevé la signature de l’artiste, et par les inscriptions trouvées, ainsi que certaines pièces d’un caractère bien défini, on peut estimer que le naufrage du bateau qui les portait remonte entre le ne et le me siècle avant notre ère. Le tout formait la cargaison d’un vaisseau marchand
- 4. C’est avec l’autorisation du Directeur des fouilles de Tunis, M. Merlin, que nous publions cet article. Il a, non seulement, publié une série de rapports, avec figures, dans les Comptes Rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1908-1910), mais encore des articles dans les Monuments Piot, 1910, dans d’autres revues et fait des conférences. La plupart des planches nous ont été communiquées par lui ; qu’il veuille bien agréer tous nos remerciements.
- grec, long de près de 30 m., et large de 7 à 8, et dont la charge trop lourde a pu provoquer le naufrage au moindre coup de vent un peu violent. Quelle était sa destination? Se dirigeait-il vers l’Italie apportant des matériaux pour la construction d’une villa? Les vents trop violents l’avaient-ils rejeté sur cette côte des Syrtes après des avaries et n’a-t-il pu atteindre une plage ou un port?
- Une rapide description des principaux objets avec quelques reproductions, démontrera toute l’importance de cette découverte archéologique.
- Pour ne pas encombrer par des répétitions qui viendraient trop fréquemment, il est nécessaire d’indiquer dans quel état la plupart des objets ont été recueillis. Les bronzes, souvent brisés, étaient recouverts d’incrustations calcaires et de coquillages, mais étaient intacts au-dessous ; les marbres présentaient un phénomène curieux. Toute la partie engagée dans la vase et en dehors du contact direct de l’eau de mer, était bien conservée en général; au contraire, tout ce qui se trouvait en contact avec l’eau était profondément corrodé, transpercé souvent ou creusé de trous innombrables dus aux pholades et autres animaux marins. Le bois du navire était entièrement décomposé et seules, quelques grosses pièces, formant la carène, avaient gardé leur forme et ont pu être retirées.
- Ceci dit, on exposera le produit des découvertes en commençant par les marbres.
- Une soixantaine de colonnes de diverses grandeurs gisaient sur les flancs du navire, sur plusieurs rangs d’épaisseur. Elles sont en marbre blanc veiné de gris, d’une longueur variable entre 5 m. et 3 m. 95 Avec elles, des chapiteaux et des bases de colonne ont aussi été retirés de la mer, les uns d’ordre corinthien et les autres ioniques, toutes d’un marbre semblable à celui des colonnes.
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- Quatre grands vases ou cratères monumentaux ont été extraits par fragments, quelques-uns assez bien conservés pour être reconstitués. Ces cratères vont par paire, il y a donc deux types différents. Sur l’un des types, le bord supérieur est rehaussé d’une rangée d’oves; au-dessous de l’évasement, garni d’une branche de vigne et de grappes, se voient des personnages en bas-relief, circulant tout autour de la panse. Le fond était godronné et la base supportait une tête de Silène.
- On remarque, parmi les personnages divers, un faune bondissant semblant poursuivre un animal qui devait tenir dans ses pattes antérieures un thyrse. Un homme à demi drapé s’appuie sur l’épaule d’une jeune fille jouant de la lyre. Les anses sont cannelées. Ce cratère est, en somme, avec quelque dissemblance dans les moulures, une répétition du fameux vase Borghèse, au Louvre.
- L’autre paire est une répétition de celui du Campo Santo de Pise.
- Parmi les autres pièces en marbre à signaler, sont les suivantes : une tête de femme, les yeux levés, dans une pose un peu théâtrale. La base du cou amincie, était disposée pour s’emboîter dans le corps ; sa hauteur est de 0 m. 47.
- Une autre tête de femme (fig. 2), aux traits réguliers, les cheveux divisés en bandeaux, le visage légèrement penché à gauche. Elle est d’une bonne facture et assez bien conservée. Le buste seul est corrodé. Sa hauteur est de 0 m. 70.
- Deux autres têtes de femme, l’une de 0 m. 40 de hauteur, l’autre de 0 m. 35, très maltraitées par l’eau de mer. Un torse d’homme nu, sans membres ni tête, intact de la poitrine, mais rongé sur le dos (hauteur :
- 0 m. 95). Une tête de femme ayant de la ressemblance avec celle de la figure 4. Un buste d’homme avec l’attache du bras droit (hauteur : 0 m. 59), informe et détérioré; une Colonnette (hauteur :
- 1 m. 25), dont la base et l’une des moitiés sont rongées, mérite d’attirer l’attention à cause d’une inscription de 15 lignes gravée sur le fût, mais incomplète à droite et à gauche; c’est un décret émis par les 7totpaXot. Un bas-relief deO m. 35 de hauteur
- sur 0 m. 56 de longueur; il représente une scène de banquet sacré avec les images d’Àsklépios et d’Hygiéia. Quatre bases triangulaires, probablement celles de grands candélabres en marbre avec ornements et sculptures. Les trois panneaux représentent un cadre plat en saillie avec une ligne de perles sur l’arête. Des griffons sont sculptés à chaque angle et sont séparés par des rosaces et divers dessins (hauteur : 1 m. 06).
- Plusieurs fragments de statues en marbre plus grandes que nature, mais fort détériorés. Une statuette d’Artémis à laquelle il manque la tête, les bras et la jambe gauche (hauteur : 0 m. 50). Son exécution est assez médiocre. Enfin deux statuettes d’enfants assis, le torse tourné à droite (hauteur ; 0 m. 45). Ce type s’est retrouvé plusieurs fois, mais toujours fortement endommagé surtout à la tête. Deux têtes de jeunes satyres rieurs (hauteur : 0 m. 65) ; sur l’une on distingue la partie gauche de la poitrine ; la partie droite du visage qui était rapportée manque à la seconde. Les cheveux sont relevés sur toutes deux et deux petites cornes émergent de la chevelure.
- Deux plaques de marbre avec inscription méritent une mention particulière. La première est une stèle de 0 m. 75 de hauteur sur 0 m. 55 de largeur ; elle se termine par un fronton à acrotèr e. Il y a 23 lignes gravées en petit caractère. Le texte de l’inscription est un décret rendu par les 7càpaXoi en l’honneur d’un personnage nommé Mei:;iYev7|ç [Mt?] xwvoç XoXXetSïjç et déjà cité comme prêtrede Dionysos dans un décret attique antérieur à l’Olympiade 114.5 (522/1 avant J.-C.).
- La deuxième inscription est gravée sur un bas-relief aux contours effacés, surmonté d’un fronton à acrotère. C’est une énumération des dons faits par le ovjuoç 6 AQy|Vxc'cüv,en particulier à Ammon, sous l’archontat dé Charikleidès (322/2 av. J.-C.). Mais les découvertes les plus intéressantes sont celles des pièces de bronze qui, bien souvent brisées, ont pu néanmoins être restaurées avec les nombreux fragments qu’on a retrouvés à différentes reprises. Le bronze a subi peu de détérioration,
- Fig. 2. — Buste de femme [Marbre).
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- il n’était jamais corrodé ou du moins peu profondément, mais de nombreuses incrustations calcaires et des coquillages marins le recouvraient.
- La première pièce et la plus remarquable de toutes peut-être, est une grande statue mesurant 1 m. 40 de hauteur découverte en 1907, ramenée à la surface de l’eau par les plongeurs d’éponges, et dont la trouvaille a provoqué toutes les recherche'' ultérieures. On n’en a1*ail ramené qu’une partie, buste avec un bras et um jambe; le bras et la cuLm gauches qui manquaient on été recueillis en 1909. C'est un Eros, la réplique de celui de Praxitèle (tig. 5). Il est nu et ailé et devait tenir de la
- probablement. Cette statue a été coulée en plusieurs morceaux juxtaposés et soudés ensuite, comme on le distingue par les ailes. Il faut signaler ensuite une tête d’Hermès de Dionysos montée sur une gaine carrée (fig. 1). Lamoustache esttom-bante, la barbe calamistrée et coupée carrée; les cheveux sont réunis en touffe derrière la tête et par-dessus s’entrecroisent des bandelettes qui enveloppent la tête. Sur la nuque, ces bandelettes forment un gros nœud dont les extrémités retombent dans le dos. Cette télémesuré Om.25 de hauteur et repose, comme il a été dit sur une gaine carrée de 0 m. 75 de hauteur, sur 0 m. 15 de largeur. Débarrassée des concrétions dont elle
- Fig. 3. — Hermaphrodite lampadophore {Bronze).
- main droite un arc, il s’appuie sur sa jambe gauche, son pied portant tout entier sur le sol, tandis que le pied droit est projeté un peu en arrière par une flexion du genou et s’appuie sur une surface plus élevée que le sol. Le mouvement des jambes, très gracieux, le représente en marche. Pour donner plus de stabilité à l’ensemble de la statue dont le poids des ailes l’aurait rejetée en arrière, on a coulé du plomb dans chacun de ses pieds et celui de gauche a une semelle de plomb de 0 m. 06 d’épaisseur. Les orbites sont creuses et les yeux devaient être d’une autre matière que le corps, en ivoire
- Fig. 5.— En haut : statue d’Eros [Bronze). Fig. 6. — En bas : Eros jouant de la cythare [Bronze).
- étaitincrustée,onapu lire la signature de l’artiste gravée en caractères pointillés sur la gaine. BOH0O2 KAAXH A0NT02 E1IOIEI.
- Ce Boethos, né à Chalkedon, était fils d’Athænaion ; son œuvre s’étend de la fin du ine siècle au milieu du ne siècle avant J.-C.
- Deux têtes en haut relief dont chacune décore l’angle d’une corniche en bronze; ces pièces terminées en biseau et moulurées dans le haut devaient servir de décoration angulaire soit au haut, soit au bas d’un meuble. Elles ont 0 m. 20 de haut et se
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- font vis-à-vis; celle qui semble êlre de gauche a le front ceint d’un'e légère bandelette et une couronne de lierre dans les cheveux ; elle parait représenter Dionysos ; l’autre qui pourrait être Ariane n’a pas de bandeau, mais seulement une couronne. L’épaule gauche de cette pièce qui manquait a été retrouvée plus tard. Les yeux, dont les cavités sont creuses, ont dû être, comme pour l’Eros, d’une autre matière (fig. 7).
- Une statuette d’Her-maphrodite tenant une torche dans sa main gauche. Le dessus de la tête et une partie des jambes manquent, le bras droit est brisé, mais il a été retrouvé plus tard.
- C’est un Hermaphrodite lampadophore (tig. 5) qui, d’après le mouvement du corps, paraît courir. Il prend part à une lampadédromie. Par sa structure intérieure, la statuette pouvait servir de lampe. Un plan oblique coupe la poitrine et empêche toute communication avec le bras droit ; la tête et le haut du corps formaient réservoir; la mèche se plaçait dans le flambeau.
- Un Erosandro-gyne de 0 m. 50 de haut ; c’est une des plus belles pièces retrouvées par la finesse et l’élégance de son corps (fig. 4). Il avait la même destination que 1 ’ Hermaphrodite lampadophore dont il vient d’être question. Il est nu et devait être ailé d’après les traces laissées sur le bronze; l’artiste l’a aussi représenté courant, tenant un flambeau dans la main gauche et prenant part à une lampadédromie. Bien que mutilé, certaines pièces retrouvées en 1910 ont permis de le reconstituer.
- Un masque d’enfant rieur qui a dû servir d’applique; un petit satyre en bronze, le corps très endommagé puisqu’il manque les bras et le pied gauche (hauteur : 0 m. 19); trois lampes, l’une à
- 1 bec, l’autre à 2 becs, la troisième à trois branches. Cette dernière est ornée de guirlandes de fruits à sa partie supérieure : elles sont soutenues près de l’orifice par les trois bras du lampadaire.
- Un benu buste-applique, représentant Athéna, d’une belle facture ; il mesure 0 m. 18 de hauteur. La gorge est dégagée ; la poitrine est revêtue d’une tunique et de l’égide à tête de Gorgone. Elle porte un casque à trois aigrettes d’où se dégagent des bandelettes qui retombent sur ses épaules. Des fragments de grands lampadaires en bronze avec chapiteaux et colonnes, trouvés en plusieurs fois et reconstitués après coup.
- Parmi les autres statuettes découvertes, on peut indiquer les suivantes : un Amour aux lignes lourdes; l’autre, un grotesque en acteur, les bras étendus, la face recouverte d’un masque (hauteur : 0 m. 10). Cinq autres statuettes fort bien conservées : un Eros de 0 m. 42
- de haut rappelant les figurines en terre cuite de Myrina ; il danse en jouant de la cithare (fig. 6) ; deux femmes dansant au son des crotales (hauteur : 0 m. 295, fig. 8 et 9). Un bouffon qui marche en se contorsionnant et grimaçant (hauteur :0 m. 520). Un autre, assis, les main sur son ventre, la tête revêtue d’un masque comique (hauteur : 0 m. 15.).
- Il serait trop long de faire la nomenclature des petites pièces retrouvées, telles qu’appliques diverses et pieds de siège, têtes de cheval, de mulet, masques de bacchantes et d’acteurs tragiques, rivets, crampons, clous en cuivre, etc. ; d’après les débris de meubles retirés, on peut y reconnaître des analogies de
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- forme avec ceux découverts à Pompéi, à Bosco-reale, etc.
- En plus des marbres et des bronzes, on a retiré de là mer de nombreux tessons et des fragments de grandes amphores, les unes cylindriques avec anses et terminées par une pointe, les autres trapues et courtes et mesurant environ 0 m. 80 de hauteur; des plats en poterie vernissée, un petit bol avec anses (0 m. 06 de haut sur 0 m. 05 de diamètre) ; deux moulins à broyer le grain, composés chacün de deux meules, ont aussi été retirés. Tous ces objets, ainsi qu’une lampe en terre cuite renfermant encore la mèche, ont dû être utilisés par l’équipage du navire.
- Des plaques de terre cuite avec arête au centre et une tuile faîtière ont aussi été trouvées ; les plaques, mesurant 0 m. 47 sur 0 m. 30 avec 0 m. 05 à 0 m. 06 d’épaisseur, devaient être des tuiles pour couvrir un toit; la tuile faîtière mesurait 0 m. 70 de haut.
- Enfin, des lingots de plomb de 40 kg environ et mesurant de 0 m. 42 de longueur sur 0 m. 09 d’épaisseur et portant des estampilles, ont aussi été
- tirés de l’eau. Les estampilles qu’on y remarque sont : .
- M-PLANI L-F (imda7nhcreufuche) RYSSTNI L- PLAN-J.-F RVSSINI (ancre en creux J
- CN-ATELLA /// F- ME NE.
- On a ramené aussi du fond de l’eau, avec beaucoup de peine, de grandes pièces de plomb de 2,45 m. de longueur et dont l’une d’elles pèse 700 kg. Elles se composent d’une branche verticale terminée à un bout par un épaulement et à l’autre bout de deux branches latérales s’incurvant vers l’intérieur de la grande branche. Ce ne pouvaient être que des ancres.
- Voilà, dans un aperçu rapide, les richesses archéologiques retirées de ce vaisseau grec. Il n’est pas douteux que leur étude sérieuse, déjà commencée par M. Merlin, n’apporte quelque éclaircissement nouveau sur la vie maritime des Grecs, d’une part, et de l’autre sur les transactions commerciales des Grecs avec les Romains. Albert Maire,
- Bibliothécaire à la Sorbonne.
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- Quand on examine les photographies du disque solaire obtenues dans des conditions atmosphériques favorables, on constate qu’il est couvert d’une granulation générale constituée par une multitude de nodules ou petits grains brillants que séparent des interstices formant un réseau plus sombre. Sur cette surface lumineuse ou pjhotosphère (sphère de lumière), apparaissent fréquemment des taches de formes et de grandeurs très diverses, composées d’un noyau sombre entouré, presque toujours, d’une pénombre à contours assez bien limités1.
- La figure 3 est la reproduction d’un groupe de taches solaires d’après une planche du grand Atlas photographique publié par l’Observatoire de Meudon.
- La durée des taches est très variable ; elles peuvent disparaître au bout de quelques jours ou persister plusieurs semaines. Enfin elles se déplacent, entraînées dans un mouvement général dû à la rotation du globe solaire.
- Considérées dans leur ensemble, sur une longue étendue de temps, les taches présentent, soit au
- 1. La découverte des taches paraît devoir être attribuée à Galilée (1610). Quelques-unes présentent des dimensions gigantesques et l’on peut les apercevoir à l’œil nu en regardant le Soleil à travers un verre fumé. La Terre y serait aisément engloutie.
- point de vue de leur nombre, soit au point de vue de leur étendue, une variation manifeste dont la période est d’environ 11 ans. D’une manière générale, elles augmentent progressivement pendant environ 3 ans, restent 1 an ou 2, à peu près stationnaires, puis diminuent au cours des 6 ou 7 années qui suivent pour recommencer ensuite un cycle de variations analogues1.
- Le Soleil n’est d’ailleurs pas la seule étoile offrant de semblables fluctuations. La courbe des changements d’éclat de t| Aigle, par exemple, présente une oscillation périodique analogue.
- Le Soleil est incontestablement la cause première de chaque manifestation de puissance organique ou inorganique, physique ou vitale, s’accomplissant à la surface de notre globe, en un mot de toutes les énergies terrestres. Aussi de très nombreuses recherches ont-elles été tentées pour trouver une connexion entre la distribution dans le temps des taches, dont l’apparition n’est qu’une manifestation particulière de l’activité solaire et les variations des phénomènes atmosphériques.
- Cette relation est extrêmement nette en ce qui concerne le magnétisme et les aurores polaires.
- On sait que la direction de l’aiguille aimantée
- 1. Loi énoncée par Schwabe (1841).
- Fig. i. — Type de protubérance solaire.
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- n’est jamais fixe, que la force qui la sollicite vers le Nord varie constamment en grandeur et en direction, et qu’elle pre'sente des variations diurnes, annuelles, séculaires, heureusement très faibles. On peut affirmer que l’amplitude de l’oscillation diurne de l’aiguille aimantée offre nettement une variation périodique voisine de 11 ans 2/3 L
- De même, l’ensemble d’observations embrassant plus d’un siècle, atteste que le nombre des aurores boréales que l’on observe chaque année, présente une variation périodique qui concorde d’une façon presque parfaite avec celle qui régit le phénomène des taches solaires.
- Cette correspondance entre le développement des taches, la variation de la déclinaison magnétique et le nombre annuel des aurores est rendue manifeste par les courbes du diagramme delà figure4 qui résument, d’après M. Wolff, de Zurich, les observations de ces trois éléments de 1778 à 1878.
- La même périodicité s’étend-elle aux divers éléments météorologiques proprement dits?
- Dans son ouvrage sur le Soleil, le P. Secchi déclarait que & les variations de l’activité solaire pourraient se communiquer à la Terre (en produisant sur notre globe des phénomènes météorologiques ou électriques), par quelque moyen encore inconnu, par exemple, l’induction électrique ». Depuis cette époque, la question a fait l’objet de nombreuses recherches dues à Sir N. Lockyer2, R.
- Merecki3,F.-H.Bigelow C. Flammarion5, Meldrum8,
- 1. Lamont. Poggendorffs Annalen, décembre 1851.
- 2. Proceedings Royal Society, 1902, 1904, 1906. Solar Physics Comittee, Monthly mean values of barometric pressure, 1908, 1902, 1904, 1906. A discussion of Austra-lian meteorology 1909.
- 3. Prace matematyczno fizyczne,t.XIVett.XVI, 1903,1905.
- 4. American Journal [of Science, 1894, 1908, 1910. —
- A. Poëy7, Koppen8, etc., pour ne citer que quelques noms.
- Disons tout de suite, que les résultats obtenus jusqu’ici pour les phénomènes météorologiques sont moins nets que pour le magnétisme terrestre et les aurores polaires.
- La première idée qui se présente est que les taches doivent correspondre à des changements dans la quantité de chaleur émise par le Soleil, et par suite, à des variations dans les températures terrestres.
- D’après les recherches de MM. Gould, Stone, Piazzi-Smith, Koppen, Nordmann, il y aurait une diminution de température moyenne aux années de maximum, une augmentation aux époques de minimum de taches. Les courbes de la figure 4 montrent cette relation.
- Mais ces résultats intéressent surtout les régions tropicales9 et il n’est nullement rationnel d’appliquer à toute la surface du globe les conclusions que suggère la comparaison des séries de quelques stations plus ou moins éloignées. C’est ainsi, par exemple, en ce qui concerne les observations faites à Paris, depuis une trentaine d’années, que les courbes des taches et des températures sont à peu près parallèles de 18 79 à 1897 et qu’à partir de cette époque elles ne présentent plus aucune analogie (C. Flammarion).
- En réalité, le problème est plus compliqué qu’il ne le semble au premier abord. La température n’est vraisemblablement pas une fonction simple de la fréquence relative des taches solaires ; elle dépend certainement
- Monthly Weather Remew, 1903-1904.
- 5. Bulletins de la Société astronomique de France.
- 6. Nature 1872, vol. VI.
- 7. C. R. 24 novembre 1875.
- 8. Zeitschrift fur Météorologie, 1875.
- 9. Les observations antérieures à 1816 semblent indiquer une relation opposée.
- Fig. 2. — La surface du soleil.
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- aussi d’autres facteurs, et n’est que la résultante de phénomènes dynamiques intéressant l’ensemble de l’atmosphère.
- Après les taches, il convient de mentionner deux autres manifestations de l’activité solaire, également liées, d’une manière générale, à la période undécen-nale et qui affectent vraisemblablement aussi tous les éléments terrestres. Ce sont les facides et les nrolubérances.
- Les f acides, plages lumineuses, plus brillantes que le fond moyen de la surface solaire représentent un phénomène plus persistant que la tache
- solaires. Aux États-Unis, en Islande, en Écosse, en Russie, dans l’Asie centrale, elle serait inverse. Dans la région des Montagnes Rocheuses et en Sibérie elle serait indépendante. Mais lorsqu’on examine de près les courbes de variations que F.-H. Bigelow a tracées, on constate que, le plus souvent, les corrélations sont loin d’être démontrées d’une façon indiscutable1.
- L’éLude des pluies a conduit à des conclusions moins nettes encore que celle de la température2; par contre, les cyclones de la partie australe de l’océan Indien et ceux des Antilles seraient, paraît-
- 13781280 1790 1800 1810 1320 1830 I8&0 1850 2880 1870 1878
- 1790
- 1830
- 1850
- 1870
- 1828
- H ^
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- r'
- Fig. 4. — Comparaison entre les variations des taches solaires, les variations de l’oscillation diurne de l'aiguille aimantée et le nombre des aurores boréales.
- et l’inûuence qu’elles peuvent exercer doit être probablement plus directe.
- De même encore, les protubérances, explosions formidables qui se manifestent sous la forme d’immenses gerbes de flamme s’élevant du globe solaire à des hauteurs prodigieuses, ont assurément leur répercussion sur les éléments terrestres.
- D’après le professeur H. Bigelow, la période d’environ 3,5 années des protubérances solaires, découverte par Tacchini, semblerait jouer aussi un certain rôle dans les variations de la température. En Afrique, dans l’Europe méridionale, aux Indes, en Australie, dans l’océan Pacifique, dans l’Amérique centrale et dans l’Amérique du Sud, la marche des températures moyennes annuelles serait parallèle à celle de la fréquence des protubérances
- il, plus fréquents au moment des maxima qu’aux moments des minima des taches solaires3.
- Signalons enfin la période de 55 ans environ envisagée par le D1' E. Brückner4 d’après les observations de température de pluie, du niveau des lacs faites en Europe occidentale et réglée par un cycle analogue des taches solaires. L’étude des variations de la pluie en quelques stations de l’Europe et de l’Inde semble confirmer, en partie, les conclusions de Brückner. Cependant, M. C. Easton5 pense que les variations sont tout autres que Brückner ne les
- 1. II. Arctowski. U enchaînement des variations climatiques.
- 2. Lock ter. Solar Physics, 1874.
- 3. Meldrüm. Nature, 1872, vol. VI.Poey. C. /!., 24nov. 1873.
- 4. Klimaschwankungen, Vienne, 1890.
- 5. Petermann's Geographische Mitteilungen, 1903.
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- a admises et qu’elles ne sont que le résultat purement accidentel de la combinaison des séries d’observations prises en considération. Au récent Congrès de Lausanne de la Société helvétique des sciences naturelles F.-A. Forel a formulé celte opinion à propos des variations séculaires de la jiluie, en Europe, d’après les données de G. Ilellmann, qu’il y a dans chaque station, apparition d’un cycle de variations d’un tiers de siècle environ, mais que ces variations sont individuelles, souvent opposées dans les diverses stations1.
- En résumé, les recherches relatives à l’influence des taches solaires sur les phénomènes que nous observons dans notre atmosphère ne peuvent être considérées comme suffisamment concluantes; la question reste obscure et demande des études méthodiques nouvelles.
- Il est possible qu’en orientant les investigations dans une autre voie, on arrive à établir d’une façon
- que ces déplacements puissent se traduire sur les phénomènes météorologiques par des résultats différents d’une région à l’autre : variations parallèles à celle des taches dans une contrée, opposées dans une autre, ou bien enfin, sans aucune corrélation dans d’autres.
- Mais, protubérances, taches et facules ne sont simplement que les phénomènes les plus apparents, les plus faciles à reconnaître. L’atmosphère solaire est le siège d’un ensemble de perturbations qui doivent assurément exercer aussi une action sur toutes les choses terrestres.
- En tout cas, cette dépendance ne saurait être vraisemblablement attribuée à des changements dans la quantité de chaleur émise par le Soleil; elle serait due plutôt à des variations dans la proportion relative de certaines radiations que nous envoie cet astre, comme par exemple, dans l’émission de radiations ultra-violettes, de rayons cathodiques, d’ondes
- 1820 1825 1830 1835
- 181i5 1850 1355 1860 1865 1880 1825 1830 1885 1890 1895 1900
- H ... z' \ \ h* f—
- v: H i—
- 1820 1825 1830 1835 l8!fO 1855 1850 1855 1860 1865 1820 1825 1880 1885 1890 1895 1900
- Fig. 5. — Comparaison entre les températures (courbe supérieurej et les taches solaires {courbe inférieure).
- plus évidente la réalité d’une corrélation. Ainsi, O. Pettersson considère les régions polaires comme étant « les centres d’action » principaux de variations périodiques des courants marins et des phénomènes météorologiques2. J. Iiann3 en comparant entre elles les données de Stykkisholm, Punta, Del-gada, Greenwich, Bruxelles et Vienne, a trouvé que les anomalies climatériques de l’Europe occidentale semblent dépendre des variations du gradient barométrique4, entre le centre de hautes pressions des Açores et le centre de basses pressions de l’Islande5.
- Dans cet ordre d’idées, on pourrait rechercher si les taches solaires n’exercent pas une influence sur la circulation générale de l’atmosphère, sur la position et le développement relatifs des divers centres de hautes et de basses pressions On conçoit, en effet,
- 1. Actes de la Société helvétique des Sc. naturelles, 1900.
- ‘2. Ur svensha Itydroqrafisk biologiska Koniniissionens Skrifter. Goteborg, 1905.
- 3. Sitzungsberichte der inathemalisch-nalurwissen-schaftlichen. Masse der kôniglichen Akademie der Tt'zs-senschaften, CXIII, Wien, 1904.
- 4. On nomme gradient barométrique la diminution de pression (exprimée en millimètres) entre deux points situés
- hertziennes, dont la production est intimement liée aux causes générales qui assurent la permanence de son rayonnement.
- L’élude de la variation périodique des éléments météorologiques et de leur relation avec l’activité solaire apparaît aujourd’hui comme le problème capital et tout à la fois le plus obscur de la météorologie et de la physique du globe.
- Les glaciers arctiques et antarctiques, les glaciers alpins sont en recul. Est-ce un recul définitif?
- L’Afrique et l’Asie centrale se dessèchent. Des changements en sens inverse peuvent-ils se produire? A quels phénomènes météorologiques se rattache le phénomène géographique, et comment les faits météorologiques eux-mêmes dépendent-ils des faits astronomiques?
- sur une ligue qui coupe les isobares à angle droit et situés à une distance de Ml km.
- 5. Lorsque l’on envisage l’ensemble de la circulalion de l’atmosphère sur les cartes de moyennes, on voit que certaines régions sont occupées par de grands maxima et d’autres par de grands minima barométriques. En raison de l'importance de leur rôle dans la circulation générale, on les désigne sous le nom de grands centres d’action de Vatmosphère.
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- La solution de ce problème, en dehors de son importance philosophique, intéresse à un hautdegré l’avenir de l’homme sur la terre. Elle ne pourra être obtenue « qu’au prix de longues années de collaboration active entre hommes de bonne volonté
- de tous les pays, et entre savants adonnes à des recherches spéciales dans des sciences diverses, physique, astronomie, géographie, qui doivent plus que jamais être soucieux de coordonner leurs efforts. » „ J. Loisel.
- CHARLES NODIER NATURALISTE
- Le? gens de lettres prennent souvent de singulières libertés avec la science, et c’est un jeu facile de relever leurs bévues quand ils se servent du vocabulaire savant. On a indiqué ici dernièrement (n° 1955, p. 60) quelques-unes de leurs erreurs favorites en ce qui concerne la géologie, en oubliant, je ne sais pourquoi, de citer ce vers de Hugo, aussi plaisant pour le géologue que pour rhistorien, où, parlant de Notre-Dame de Paris, il y voit :
- ... deux tours de granit faites par Charlemagne!
- Ni tous les auteurs ni tous les poètes, heureusement, ne sont de cette force-là : on en a vu qui, parlant de quelque chose, savaient de quoi ils parlaient, et dont les connaissances scientifiques réelles donnaient de la solidité et une saveur spéciale à leur talent. Le charmant livre que M. Magnin, doyen honoraire de la Faculté des Sciences de Besançon, Arient de consacrer à Charles Nodier, naturaliste1 prouve que l’auteur de Trilby, de la Fée aux miettes et de tant d’autres beaux contes, était de ce nombre.
- Sainte-Beuve, dans ses Portraits contemporains (I840j, M. Michel Salomon dans Ch. Nodier et le groupe romantique (1908), quelques autres encore, avaient déjà signalé qu’en dehors de la littérature, Nodier avait consacré une partie de sa vie aux sciences naturelles, mais leurs indications à ce sujet avaient été très peu précises : c’est M. Magnin qui nous apprend le premier toute la vérité.
- Cette vérité, c’est que pendant près de vingt ans, de 1794 à 1812 ou 1814, Nodier, né en 1780, ne s’est préoccupé d’autre chose, ou du moins à très peu près, que d’histoire naturelle et particulièrement d’entomologie. Collectionneur distingué, il avait réuni une série très complète des lép'doptères et des coléoptères d’Europe, — il avait publié, dès 1796, en collaboration avec son amiLuczot une Dissertation sur Vusage des antennes, et en 1801 une Bibliographie enlomologique qui lui avait valu les éloges de Lamarck, — il avait préparé plusieurs autres ouvrages qui n’ont pas été publiés et qui semblent aujourd’hui perdus, — il avait enseigné plusieurs années de suite l’histoire naturelle, il avait été sur le point d’être nommé en 1811 à la chaire d’histoire naturelle de la. nouvelle université de Besançon. Enfin dans la dernière période de sa vie, lorsqu’il eut définitivement abandonné les sciences naturelles pour le métier d’auteur et pour la bibliothè jue de l’Arsenal, il ne les oublia pourtant jamais, continua de collectionner, parla souvent des insectes dans des écrits de circonstance, versa dans son œuvre littéraire ses souvenirs et sa science d’entomologiste.
- Nodier fut un type tout à fait remarquable d’enfant précoce. On vient de voir que c’est à 16 ans qu’il publia sa Dissertation sur l’usage des antennes, où il prétendait démontrer que celles-ci sont les organes auditifs des insectes ! Et ce travail montre que dès lors Nodier possédait les deux qualités essentielles du bon naturaliste, d’un côté une connaissance objective des faits, de l’autre un esprit synthétique et théoricien. M. Magnin n’hésite pas
- I. Dr Magnin. Charles Nodier, naturaliste. Paris, Hermann, 1911, in-8°.
- à dire que s’il eût continué dans cette voie, Nodier eût pu prendre place parmi les très bons naturalistes de son temps. Mais...
- Mais, dit M. Magnin, « Nodier avait l’imagination trop vive, l’esprit trop curieux, pour s’attarder longtemps sur les mêmes sujets : il a été toujours et partout, un observateur inquiet et un promeneur inlassable; il a observé d’abord les plantes et les insectes, puis les gens et les institutions, il s’est observé lui-même, étudiant sa personnalité intime, ses rêves, ses maladies; il s’est promené dans les prairies et dans les bois, dans les sentiers les plus variés de la science, de l’histoire, de la littérature, notant ce qui lui paraissait curieux, original, digne d’être étudié ; et de ces promenades, de ces excursions, il rapporte des collections de plantes ou d’insectes, des collections de faits; il en établit des systèmes et des classifications; il en décrit les plus intéressants, d’abord dans des ouvrages didactiques, puis dans des œuvres de forme entièrement littéraire.... Nodier a été, en effet, surtout en science, un observateur assurément consciencieux, mais entraîné bientôt à côté par la folle du logis; c’était un savant doublé d’un poète. ))
- On ne saurait mieux dire, et pour sentir combien cette appréciation est vraie, qu’on lise dans la reproduction de M. Magnin, les deux articles du Temps (de 1832) où Nodier fait l’examen critique d’un livre de Mulsant : Lettres à Julie sur l'entomologie. Le premier article est singulièrement caractéristique de cette façon dont Nodier est toujours « entraîné à côté » ; à une mention près, de pure politesse, vers la fin, il n’y est pas dit un mot de l’ouvrage examiné ; toute la place est prise par une apologie, ou mieux, une louange éclatante de « l’insecte » (comme dit de nos jours M. Fabre) : Nodier (qui était évolutioniste et, comme Gœthe, admirateur de Geoffroy Saint-Hilaire) s’y exerce sur le thème suivant : un temps viendra sans doute, « si la création est intelligente », où le monde appartiendra aux insectes. « Elle a commencé par les sauriens et les pythons ; elle se lasse de l’homme, en quoi je la trouve très judicieuse; et je me trompe fort, ou l’insecte arrivera. Si la perfectibilité n’est pas un mensonge impertinent dans l’histoire progressive des espèces, j’en prends acte pour les abeilles et pour les scarabées.... La semaine de la fin ne sera pas plus difficile à remplir que celle du commencement : Dieu se contentera de donner à quelques-unes des mouches agiles et dorées que nous foulons sous nos pieds la proportion des grands quadrupèdes. » De même, le second article est un éloge des femmes : il est vrai que c’est par là une critique sévère du ton adopté par Mulsant dans ses Lettres à Julie : Nodier aimait infiniment les femmes et à cause de cela les respectait, il ne voulait pas qu’on les traitât comme des jouets ou qu’on leur parlât comme à des enfants.
- Un témoignage de Dumas père montre, avec la belle verve qu’avait toujours le grand conteur, combien était attentive chez Nodier la préoccupation du naturaliste. Le passage, qu’on ne saurait tronquer, est par malheur trop long pour être reproduit ici. D’après Dumas « Nodier avait inventé un animal, il l’avait baptisé. Puis il l’avait,
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- de sa propre autorité, sans s’inquiéter de ce que Dieu en disait, doté de la vie éternelle. Cet animal, c’était le tarenlatello. » Le tarcntatello, c’est le rotifère, cet animal mystérieux dont on a cru si longtemps qu’il ressuscitait après sa mort : on sait aujourd’hui que, plus simplement, le rotifère, lorsqu’il est privé d’humidité, entre en état de vie ralentie, présentant les apparences de la mort, et ne rentrant en activité qu’en présence de l’élément humide. Nodier avait trouvé des rotifères dans le sable de sa gouttière lorsqu’il était étudiant, et avait découvert leur singulière propriété. Voici en quels termes Dumas décrit la physionomie du tarentatello que Nodier examinait au microscope : « ... Il vit se mouvoir un animal étrange ayant la forme d’un vélocipède, armé de deux roues qu’il agitait rapidement. Avait-il une rivière à traverser, ses roues lui servaient comme celles d’un bateau à vapeur ; avait-il un terrain sec à franchir, ses roues lui servaient comme celles d’un cabriolet.... » . ' '
- Tout le charme du sujet en lui-même, tout le charme qu’ajoute M. Magnin dans sa manière de l’exposer, ne doit
- pas, il faut bien l’avouer, faire illusion. Nodier était de Besançon, Franc-Comtois, et son biographe naturaliste semble bien l’être aussi : il l’a un peu loué comme on ne loue que quelqu’un de chez soi.
- La vérité, qu’il faut bien reconnaître toute simple, après avoir lu froidement le livre, c’est que Nodier fut en science naturelle, comme il fut d’ailleurs en archéologie, en philologie, et — pourquoi ne pas le dire? — en littérature, un amateur, distingué à coup sùr, précoce aussi, mais sans force, sans profonde originalité. Littérateur et érudit, il est seulement un des suiveurs du romantisme, et il n’est pas plus personnel, quoique sensible et intelligent, en science. Ce par quoi seulement il présente un réel intérêt, c'est par son adhésion dès 1852 à la doctrine de Geoffroy Saint-Hilaire. L’histoire de l’attitude exacte des esprits vis-à-vis du transformisme pendant la sorte d’interrègne de Lamarck à Darwin, est encore à faire, et elle ne pourra se faire que par le recensement d’une quantité d’opinions individuelles : celle de Nodier est à noter et à retenir. Joseph Delsaüx.
- HORLOGES ELECTRIQUES
- [ni
- La vie moderne, si affairée et si compliquée,'ne s’accommode plus d’une connaissance approximative de l’heure. Nos journées sont découpées en tranches bien exactes de minutes et de secondes. La moindre erreur entraîne des conséquences pour le moins désagréables. D’où la nécessité, pour chacun, de pouvoir mesurer le temps avec précision. De là aussi, le prodigieux développement de l’industrie horlogère, caractéristique de notre époque, au même titre que l’expansion des chemins de fer, de la navigation à vapeur ou de l’électricité.
- Celte évolution peut se décomposer en deux grandes phases. Dans la première, l’usage des montres et des horloges s’est vulgarisé largement, au point de devenir pour chacun de nous une nécessité individuelle; dans la seconde, l’extension des instruments collectifs à mesurer l’heure étant devenue universelle, on a tendu et on tend encore à donner à ceux-ci une précision de plus en plus grande. Sans remonter jusqu’à l’époque presque légendaire des horloges à corde de Charles-Quint, dont la variation quotidienne allait jusqu’à trois heures, sitôt après le progrès et la vulgarisation des montres et chronomètres portatifs de tous genres, on s’est aperçu de l’imperfection des horloges d’appartement. Les horloges usuelles sont le plus souvent des instruments assez grossiers : se déréglant très facilement et fort irréguliers ; leurs écarts quotidiens atteignent parfois un chiffre de minutes fort élevé. Ajoutons enfin une cause d’erreur inhérente
- non plus l’oubli du
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- Pendule électrique de / mètre de long en acier Invar.
- à l’appareil, mais à son propriétaire ; remontage.
- Ces dernières années ont apporté à l’ancienne horloge de très importants progrès : La Nature a déjà entretenu ses lecteurs de pendules de 400 jours qui, grâce à l’acier Invar, peuvent garder l’heure exacte pendant plus d’un an sans être remontées.
- Elle a signalé aussi (v. n° 1854, 18 juillet 1908), le très remarquable dispositif de pendule électrique imaginé par M. Féry. Celui-ci supprime complètement la nécessité fastidieuse du remontage; bien plus, il supprime tout rouage et tout organe délicat. Tant que dure la pile électrique dont le courant entretient le pendule, l’horloge fonctionne avec une constante régularité, et réalise ce tour de force paradoxal d’un appareil de précision qui n’exige qu’un minimum d’attention et d’entretien.
- Le dispositif de M. Féry est entré aujourd’hui dans la pratique industrielle, et son emploi a permis de réaliser des types d’horloge qui méritent d’attirer l’attention de nos lecteurs. Ces horloges sont construites par la Société Magnéta-Brillié.
- Rappelons en gros le principe de l’ap-pareiî de M. Féry : l’entretien du pendule est assuré par l’attraction qu’exerce un solénoïde sur un aimant en forme de C, disposé à l’extrémité du balancier, le courant du solénoïde est commandé par le mouvement du balancier. Celui-ci garde ainsi une amplitude d’une très grande régularité : d’où, pour la pendule, grande précision de marche. C’est ainsi qu une horloge à balancier d’un mètre possède une
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- précision de 1/10 de seconde par jour. C’est la précision d’une horloge astronomique. Les types d’horloges usuelles ont des balanciers de 0 m. 25 et une précision encore fort honorable de 1 seconde par
- Carillon mis en mouvemenl par un pelit moteur que commande une horloge électrique.
- jour. Bien entendu le balancier est en acier Invar.
- Un des avantages de l’horloge électrique est de se prêter très aisément à la distribution de l’heure : dans un atelier, dans un hôtel, ou dans tout immeuble important où un grand nombre d’horloges sont nécessaires, on pourra se contenter d’une seule horloge complète et celle-ci enverra l’heure à des horloges réceptrices plus simples, donc plus économiques. On résoudra en même temps l’important problème de faire marquer a tous les cadrans horaires d’un même établissement une heure unique et exacte.
- L’horloge-mcre n’est autre chose que le régulateur dont nous avons parlé plus haut, mais légèrement modifié pour envoyer toutes les minutes ou toutes les demi-minutes un courant de piles dans les horloges réceptrices commandées par elles et qui marquent une heure rigoureusement concordante avec celle de l’horloge-mère, leur chef d’orchestre. Les horloges réceptrices . ne comportènt pas de
- mécanisme. Elles se réduisent à un dispositif électro-magnétique dont l’armature fait avancer les aiguilles sous l’influence des courants alternés envoyés par l’horloge-mère. Les mouvements récepteurs peuvent être établis aussi bien pour des pendules de très petites dimensions que pour des cadrans ayant jusqu’à 1 m. 20 de diamètre, sans qu’il soit nécessaire de protéger les aiguilles par un verre.
- Pour les pendules que nous avons vues fonctionner, il suffit d’employer comme fils électriques le laiton, en fil de 9/10 de diamètre ; un élément de pile peut alimenter 8 réceptrices environ.
- Ce même dispositif général peut s’appliquer non seulement aux horloges d’appartement, mais encore aux cadrans monumentaux d’églises ou d’édifices publics. L’horloge-mère enverra toutes les demi-minutes, par exemple, le courant de plusieurs éléments Leclanché dans un petit moteur électrique commandant les aiguilles. On peut l’employer encore à mettre en mouvement à heures fixes des cloches ou des carillons.
- Horloge électrique distributrice de l’heure.
- On voit, par ces quelques exemples, que l’horloge électrique a aujourd’hui devant elle un beau champ d’applications, qu’elle est, du reste, en train de conquérir très rapidement. R. Villeks.
- Le Gérant : P. Masson. —Imprimerie Laiicue, rue de Flcurus 0, à Paris.
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- LA NATURE
- TRENTE-NEUVIÈME ANNÉE — 1911
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles el fourmis : structure des antennes, 96.
- Abeilles (Le collectivisme chez les), 5.
- Acétylène : explosion à New-York, 167.
- Aciers : fragilité, 111.
- Aéronautique en 1910, 134.
- Algues : radiations nécessaires à leur végétation, 326.
- Allemagne : la construction mécanique,
- 71.
- Allumage légal, 42.
- Alpes dauphinoises : les roches vertes, 278.
- Alpes maritimes italiennes : structure, 44.
- Alternateur de 100 000 périodes, 46.
- Alternateur Goldschmidt à haute fréquence, 324.
- Altitude : effet sur l’organisme, 216.
- Aluminium et magnésium : alliages, 111.
- Ampoules électriques (Lueurs dans les), 597.
- Animaux morts : nouveau procédé de traitement, 5.
- Anthropologie en 1910, 123.
- Argiles : pouvoir absorbant, 278.
- Armoiries de l’Union Sud-Africaine (Les), 98.
- Arrhénius (La théorie de Svante), 266.
- Arséniate de plomb comme insecticide, 359.
- Asclépiadées sans feuilles de l’Ouest de Madagascar, 326. ^
- Aspcrgillus niger : sporulation, 29.
- Astronomie en 1910, 115.
- Astronomie et astrologie, 405.
- Aurore boréale : photographie, 513.
- Supplément au u° 1985 de La Nature
- Australie : chemin de fer de l’Ouest cl transcontinental, 38.
- Australie : nouvelle capitale, 232. Aveugles : sens de la direction, 326. Aviateurs : troubles physiologiques, 559. Aviation en Allemagne, 294.
- Azote : perte dans l’épuration des eaux d'égout, 295.
- B
- Baléares : les Calas, 293.
- Base géodésique : difficulté de mesure, 152.
- Benzine (Dangers de la), 571.
- Bernard (Claude) : éloge par M. Picard, 62.
- Bibliothèque microphotographique, 68.
- Biologie en 1910, 119.
- Biscuit (Le), 598.
- Bœuf (Parasite du), 359.
- Bombardement moléculaire, 245.
- Boslrychidés : caractères biologiques, 246.
- Botanique en 1910, 122.
- Boucs actinifères : utilisation thérapeutique, 293.
- Boussole et aviation, 514.
- Budapest : l’Université des sciences techniques, 97.
- c
- Cadrans solaires portatifs d’Aurellc, 279. Calvitie et incendie, 405.
- Canaries : météorologie, 10.
- du 27 mai 1911.
- Caoutchouc : nouvelle source, 111.
- Caoutchouc : qualités, 185.
- Carbone des plantes, 591.
- Carte aéronautique du service géographique de l’armée, 546.
- Catalyse (Hypothèse sur la), 574.
- Cellules en présence du dextrose et du lévulose, 295.
- Celtium, métal nouveau, 152.
- Cerfs de Chantilly : maladie, 293.
- Chaînes : fabrication domestique en Angleterre, 101.
- Chaînes : fabrication mécanique, 502.
- Chalands en béton armé sur le canal de Panama, 111.
- Champignon comestible cultivable (Nouveau), 153.
- Champignon comestible : culture, 96.
- Champignon pathogène, 183.
- Charcuterie mécanique : récents perfectionnements, 518.
- Cheminée en béton armé la plus haute du monde, 44.
- Chemins de fer eu 1910, 152.
- Chemins de fer de la Westralic et transcontinental australien, 58.
- Chenille du chêne-liège (Lutte contre la), 598.
- Chiens : le Bloodhound, chien-détective, 58.
- Chimie en 1910, 118.
- Chlorophylle: action des diverses radiations, 96.
- Chronophone Gaumont, 96.
- Chronophone Gaumont à l’Académie des Sciences, 65.
- Chronophotographie et l’harmonie du mouvement (La), 246.
- Cible enregistrice électrique, 343.
- Ciment armé dans les travaux d’art
- (Emploi du), 397.
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- 426 i ........ .....— :
- Cobalt au Canada (Le district de), ‘207. Conserves : plomaïnes, 294.
- Consonnes et voyelles : différences, 597. Cou : malformations congénitales, 199. Courants de haute fréquence (Explication de l’effet hypotensil’de), 30. Courants de haute fréquence : utilisation industrielle, 246.
- Crevettes des profondeurs de l'Océan, 152.
- Cuscute (Parasitisme de la), 277. Cuirassés et flatteries de côtes, 500. Cycles solaires et météorologiques, 419.
- D
- Détroit Sud-Rilain : formation, 182, 199. Diabète : mortalité, 295.
- Doris insubmersible, 79.
- Dynamite : dix mille kilogrammes en fumée ! 47.
- E
- Eau de la nappe profonde nancécnne, 245.
- Eau : décomposition par le carbone, 293.
- Eaux : circulation souterraine, 50.
- Eaux d’cgout : épuration, 397.
- Échidnc vivant du Jardin Zoologique d’Amsterdam, 409.
- Eclairage au néon, 44, 598.
- Ecureuil volant d’Australie, 281.
- Edison : ses idées, 187.
- Elbe (Roches écrasées de l’ilc d’), 293.
- Électricité (Les compteurs d’), 163.
- Électricité en 1910 (L’), 127.
- Électricité par contact (Passage de 1’), 30.
- Éléphant d’eau (L’), 98.
- Emulsion insecticide, 252.
- Épilepsie et troubles intestinaux, 44.
- Équarrissage : nouveau procédé de traitement des animaux morts, 5.
- Étalons et comparateurs de l’empire Chinois, 169.
- Étang tropical en Suisse, 265.
- Étoile du Lézard (La nouvelle), 218.
- Étoile variable, 152.
- Exposition annuelle de la Société française de physique, 583.
- F
- Faune (des eaux profondes, 310.
- Forces hydrauliques de la France : recensement, 391.
- Ferment bulgare : propriétés, 29. Fièvre méditerranéenne, 197.
- Filariose chez l’homme (La), 106.
- Filtre stérilisant, 232.
- Fleurs cleistogames, 29.
- Forez : phénomènes glaciaires, 29. Foudre : curieux effets, 339.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Fournus dévalisées par les moustiques, 43.
- Fours de boulangerie : chauffage au gaz, 254.
- Froid en 1910 (Industries du), 131. Fromage de Roquefort (Le), 287. Fumées : danger, 70.
- Fusil automatique (La question du), 74.
- G
- Gaz liquéfiés : conservation, 55.
- Gaz liquéfiés : l’air, l’hélium, 22.
- Gaz raréfiés (Aspect de la décharge électrique dans les), 7.
- Géodésie : mesure des angles, 526.
- Géographie en 1910, 125.
- Géologie et induslric minière en 1910. 130.
- Germes dans l'univers (La dissémination des), 533.
- Germination des graines, 216.
- Glace des glaciers : stratification, 50.
- Glossines d’Afrique, 199.
- Graines : pouvoir germinatif : 246.
- Gratte-ciel américains (Les héros des), 377.
- Grès artistique (Comment on fabrique un), 255.
- Grossesse : vomissements incoercibles, 359.
- Grues à bras pivotant, 361.
- Gyroscope et l’aéroplane (Le), 227.
- Gyroscopes pour la stabilisation des aéroplanes, 274.
- H
- llagenbeck : nouveautés de son parc,
- 111.
- Halo du 21 décembre 1910 (Le), 247. Haricots greffés, 326.
- Hautfourneau moderne (Comment s’alimente un), 554.
- Hémoglobine : propriétés, 152.
- Heure fuselaire (L’), 211.
- Horlogerie (Un record en), 591. Horloges électriques, 425.
- Huîtres : contamination, 96.
- Hydrates de carbone : dégradation biologique, 29.
- Hydrogène aéronautique, 589.
- I
- Inondations de la Loire en 1910, 185. Inondations et pluies, 27.
- Institut océanographique de Taris, 137. Irrigation clés déserts américains, 345. Isospartcine, 232.
- J
- Japon : le régime pénitentiaire, 360. Jouet gigantesque, 62.
- Jus sucrés : concentration, 190.
- K
- Ka tanga et l’Afrique nouvelle (Le), 291. Krypton : dosage, 278.
- L
- Laboratoire forestier des Etats-Unis, 516.
- Lampe électrique pour projections, 325.
- Langoustes de la cèle orientale d’Afrique, 29.
- Le Verrier : portrait, 261.
- Levures : reproduction, 216.
- Ligues électriques souterraines de Taris, 267.
- Liquides anisitropes : propriétés, 182.
- Locomotives pour trains rapides et lourds du type Tacific à l’exposition de Bruxelles, 283.
- Longitudes : mesures par la télégraphie sans fil, 575.
- Lütschberg : travaux du tunnel, 51.
- Lumière au néon, 145.
- Lumière froide : production, 359.
- Lumière Moore (La), 50. *
- Lumière : source très intense, 261.
- Lune : coloration pendant les éclipses, 574.
- M
- Machine à écrire additionneuse Un-derwood, 179.
- Machine à mesurer nouvelle, 201. Madhia : fouilles sous-marines, 415. Maladie du sommeil (La lutte contre la), 159.
- Maladie parasitaire de l’homme, 200. Marais salants (Les eaux mères des), 292. Mariage en Annam (Les cérémonies du), 527.
- Marine eu 1910, 134.
- Mars : aspect de la surface, 575.
- Marsyas : sa légende expliquée, 232. Maté (Le), 551.
- Mécanique en 1910, 125.
- Médecine en 1910, 124.
- Méditerranée à l’époque du miocène supérieur, 526.
- Météorologie en 1910, 119.
- Métallurgie en 1910, 131.
- Métaux en contact, 262.
- Météorologie aux Canaries, 10.
- Microbes pathogènes : différenciation, 232.
- Microscope Daufresne-Nachet, 395.
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- Mildiou : résistance des vignes cl des pommes de terre, 111.
- Militaire en 1910 (Art), 153.
- Minéraux : diagnostic rapide, 262.
- Moineau aux États-Unis (La question du), 310.
- Moisissure : sporulation, 29.
- Montgolliérc du xxc siècle (La), 154.
- Mont Saint-Michel : mécanisme du colmatage de la baie, 1.
- Moteurs à explosion : pourquoi fonctionnent-ils mieux au lever qu’au coucher du soleil'.' 518.
- Moteurs d’aviation nouveaux, 175.
- Mouche : adaptation au climat, 152.
- Mouche tsé-tsé et le gros gibier africain (La), 298.
- Moulouya (Vallée de la), 30.
- Muscles intercostaux, 152.
- Musée de la Parole (Le), 341.
- N
- Navire le plus grand du monde, 297. Navires : détermination de leur vitesse, 559.
- Navires : irrégularités de vitesse, 96. Neige (La symétrie des Heurs de) 78. Néon : éclairage, 44, 598.
- Ncsle et les barrages des Hautes-Pyrénées (La dérivation de la), 271. Nitrates artificiels, 252.
- Nodier, naturaliste (Charles), 422.
- O
- Observatoires américains : visite aux grands instruments, 193.
- Oiseaux (Comment volent les), 17.
- Or brun, 96.
- Or noir, 261.
- Oreilles : dissymétrie, 246.
- Ornithoptère Leféburc, 81.
- Ozone (Canalisations d’eau stérilisée par P), 10.
- P
- Pacifique et les récentes explorations océanographiques (L’histoire du), 401. Papillons : capture par des Heurs, 44. Parthénogenèse expérimentale, 270. Parthénogenèse traumatique, 293. Particules métalliques : transport, 262. Peste en Extrême-Orient (La), 220. Pétrole dans les chaudières marines (Le), 228.
- Phosphorescence (Propriétés des bandes de), 28.
- Photochimiques (Suractivité de certaines réactions) 183.
- Photographe animalier (L’art du), 564. Photographies à couleurs changeantes,
- 391.
- Photographies d’un imprimé, 559.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Photographies électriques, 593. Photolyse des composés inorganiques, 96. Physique en 1910, 116.
- Pierres luminescentes de Bologne, 327. Pistolet automatique Mannlicher, 372. Plankton aérien, 261.
- Plantes : expériences physiologiques, 182. Pluie : charge électrique, 262.
- Pluies normales, pluies diluviennes et inondations, 27.
- Pluviomètre en Corée au xv° siècle, 64. Poissons dans l’eau (Les), 208.
- Poissons lumineux, 67.
- Pôle austral : faune, 397.
- Pôle Nord (L’assaut du), 259.
- Pôle Sud : eaux météoriques, 152.
- Pont de Constanline sur le ltummel, 15. Pont de Walnut Lane (Philadelphie), 99. Prairie sous-marine, 278.
- Pressoirs : rendement, 29.
- Progrès industriels et scientifiques en 1910, 115.
- Projections à la lumière froide, 49. Pueblos : université en plein désert, 375.
- Puy de Dôme (La science au), 140. Pygmées de l’Afrique équatoriale, 529. Pyrénées : géologie, 216.
- R
- Radiations ultra-violettes, 199.
- Radiations ultra-violettes : action sur l’eau, 30.
- Radioactifs (Sur la précipitation des éléments), 171.
- Radiotélégraphie : station militaire de la Tour Eiffel, 410.
- Radium métallique, 138.
- Radium : introduction dans les tissus, 279.
- Rats (La guerre contre les), 252.
- Rayonnement ultra-violet : effet Hertz et actions chimiques, 99.
- Rayons vitaux, 216.
- Résistance de l’air et aviation, 555.
- Résistance de l’air? (Peut-on vaincre la), 251.
- Route modèle, 543.
- Routes aériennes : repérage, 527.
- Routes aéronautiques : repérage, 310.
- Routes de l’air : jalonnement, 188.
- Rubanerie à Saint-Etienne (Industrie de la), 87.
- S
- Salinité de l’eau des mers, 526.
- Science et culture littéraire, 82. Sédiments du détroit Sud-Rifain, 182. Sépultures colombiennes (L’or des), 407. Sériciculture scientifique et l’Institut bacologique de Trente (La), 172.
- Ski (Le), 156.
- Soleil : quand est-il à l’Est? 282. Sommeil : physiologie, 183.
- Sondage de 2240 mètres, 57.
- Sons : nouveau mode de reproduction, 183.
- —...... :........... : 427
- Sons : reproduction d’après le graphique de leurs vibrations, 322.
- Souris naine, le bocal et la paille (La),
- ' 233.
- Spectre du Brockeu (Le), 33. Sphéromètre, 216.
- Spiritisme et la science (Le), 66. Stéréoscope transpositeur, 563. Stylographe en 1725, 345.
- Suisse, carte géologique, 110.
- T
- Tangentes à une courbe : tracé, 598.
- Télégraphie sans fil, 30.
- Téléphonie automatique, 92.
- Téléphonie automatique, 107.
- Téléphonie et bobines Pupin, 245.
- Téléphonie : la nouvelle Centrale téléphonique à Hambourg, 258.
- Tempête du 13 mars 1911, 292.
- Tensiomètre des fils métalliques, 293.
- Tensions (Appareil de mesure des hautes), 574.
- Thons dans la Méditerranée : déplacements, 278.
- Tissus artificiels (L’industrie despseudo-), 217.
- Tramways où l’on paie en entrant (Les), 542.
- Transatlantique le plus grand du monde (1 ’Olympic), 11.
- Transformateur électrique, 278.
- Transplantation des membres et des organes (La), 146.
- Traumatisme : effet sur les végétaux, 398.
- Travaux publics en 1910, 152.
- Tremblement de terre de Yierny, 249.
- Treponema pallidum dans l’organisme, 398.
- Trottoir roulant : nouvelle application, 264.
- Truite : culture à Langen (Westpha-lie), 84.
- Trypanosome (Modification d’un), 110.
- Trypanosomiases : résistance des chèvres et des moutons, 111.
- Tunnels naturels du Laos, 102.
- Turbines à hélice : transformateur de vitesse Fottinger, 203.
- U
- Université en plein désert, 375.
- V
- Vaccination antityphique, 292. Vaccination antityphique intestinale, 526. Varrons (Les), 167.
- Vases étrusques (Le noir des), 199. Veddas (Les mœurs des), 579.
- Végétation fossile, 559.
- Végétaux : adaptation à la vie aquatique, les Hydrophytes, 549.
- Vent (Le), 568.
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- 428
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Vent peut-il soulever un être humain? (Le), 286.
- Vie (Sur l’origine de la), 258.
- Vigne : un parasite occasionnel : la Clandestine,-185,
- Vineries industrielles (Les), 55.
- w
- Z
- Wagons ambulances de luxe des chemins de 1er suisses, 200.
- Zoologie en 1910, 120.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloquf, (A.). — Le parasitisme de la rnscute, 277.
- ÜEr.QïïEnEr, (P.). — La dissémination des germes dans l’univers, 555.
- Besnard (Ch.-II.). — Le mécanisme du colmatage de la Laie du Mont Saint-Michel, 1.
- Besson (L.). — Le pluviomètre en Corée au xvc siècle, 64.
- — Le halo du 21 décembre 4910 : un arc tangent qui n’est pas tangent, 247.
- Boiteux (L.). — La culture de la truite à Langen, près de Münstcr (VYcslphalie), 84.
- Bonnix (B.). — Le plus grand transatlantique du monde, 11.
- — Les travaux du tunnel de Lotschberg, ni. — La mécanique, la force motrice en 1910, 125. — La question delà turbine et de l’hélice, transformateur de vitesse Fottinger, 203. — Les locomotives pour trains rapides et lourds du type Pacific à l’exposition de Bruxelles, 285.
- Bosi.kr (J.). — Une visite aux grands instruments des observatoires américains, 195.
- Bover (J.). — Les projections à la lumière froide, 49. — Chauffage au gaz des fours de boulangerie, 254. — Les lignes électriques souterraines de Paris, 267. — Récents perfectionnements dans la charcuterie mécanique, 518. — La nouvelle station radiotélégraphique de la Tour Eiffel, 410.
- Bresch (G.). '— Les gaz liquéfiés (l’air, l’hélium), 22. — La conservation des gaz liquéfiés, 55. — Le ski, 156.
- Burnier (I)r). — La transplantation des membres et des
- ' organes, 446. — La peste en Extrême-Orient, 220.
- Carbon (V.). — Nouveau procédé de traitement des animaux morts, 5. — Les nouveautés du parc d’Hagenbeck, 111.
- Camus (G.). — La Montgolfière du xxe siècle, 154.
- Cartaz (IP' A.). — La médecine en 1910, 124. — La fièvre méditerranéenne, 197.
- Cathenod (IL). — L’heure fusclairc, 211.
- Chauiarès (G.). — L’harmonie du mouvement et la chrono-photographie, 246.
- Chapi.et (A.). — L’industrie des pseudo-tissus artificiels, 217.
- — Le maté, 551.
- Ciiassériaud (R.). — Peut-on vaincre la résistance de l’air? 251.
- Conté (A.). — Effet Hertz et actions chimiques du rayonnement ultra-violet, 99. — La physique en 1910, 116. — L’exposition annuelle de la Société française de physique, 585.
- Courix (II.). — Le collectivisme chez les abeilles, 5. — Un nouveau champignon comestible cultivable, 155.
- D. (Capitaine). — La question du fusil automatique, 74. — Stabilisation des aéroplanes au moyen des gyroscopes, 274. — Cuirassés et batteries de côte, 306. — Pistolet automatique Mannlicher, 372.
- Danne (J.). — Le radium métallique, 138.
- Daufresne (A.). — Un nouveau microscope d’enseignement, 595.
- Dehérain (IL). — Les armoiries de l’union sud-africaine, 98. De Launay (L.). — La culture littéraire et la science, 82. — Sur la précipitation des éléments radioactifs, 171.
- Dei.saux (J.). — Le musée de la parole, 341. — Charles Nodier, naturaliste, 422.
- Descombes (P.). — Pluies normales, pluies diluviennes et inondations, 27.
- Doncières (R.). — L’ornithoptère Lefébure, 81.
- .Douvili.é (R.). — La théorie de Svante Arrhénius et quelques données récentes de la physique et de la géologie, 266. — — L’histoire du Pacifique et les récentes explorations océanographiques, 401.
- Durupt (L.). — Comment s’alimente un haut fourneau moderne : hauts fourneaux de Fumel (Lot-et-Garonne), 534. Forbin (V.). — Dix-huit kilogrammes de dynamite enfumée! 47. — Le « bloodhound », chien-détective, 58. — La fabrication domestique des chaînes en Angleterre, 101. — Les idées de M. Edison, 187. — La guerre contre les rats, 252. — L’écureuil volant d’Australie, 281. — La question du moineau aux Etats-Unis, 310. — Les cérémonies du mariage en Annam, 327. — L’irrigation des déserts américains, 345. — L’art du photographe animalier, 564. — Un record en horlogerie, 591. —Astronomie et astrologie, 405.
- Fournier (L.). — Comment volent les oiseaux? 17. — Un doris insubmersible, 79. — La téléphonie automatique, 92. La téléphonie automatique, 107. — La machine à écrire additionneuse Underwood, 179. — La téléphonie et les bobines Pupin, 243. — L’hydrogène aéronautique, 389. Gadeceau (E,). — Un parasite occasionnel de la vigne : la Clandestine, 185. — L’adaptation des végétaux à la vie aquatique, les Ilydrophytes, 349.
- Gradenwitz (DrA.). — La bibliothèque microphotographique, 68. — La lutte contre la maladie du sommeil, 159. — Les wagons ambulances de luxe des chemins de fer suisses, 200. — La nouvelle Centrale téléphonique de Hambourg, 258. — Un étang tropical en Suisse, 265. — Construction du navire le plus grand du monde, 297. — Photographies d’aurore boréale, 315. — Le laboratoire forestier des Etats-Unis, 516.
- Guiluaume (Cu.-E.). — La symétrie des fleurs de neige, 78. — Etalons et comparateurs de l’Empire chinois, 169. — Une nouvelle machine à mesurer, 201.
- Guyenot. — Fourmis dévalisées par des moustiques. 45.
- Izier (J. d’). — Nouvelle application du principe du « trottoir roulant », 264. —Le régime pénitentiaire au Japon, 360. — Une université en plein désert, 575.
- Jacquin. — Les tramways où l’on paie en entrant, 542. Lafitte (J.-P.). — Les mœurs des Veddas, 579.
- Laleié (N.). — Les héros des gratte-ciel américains, 577. — Le biscuit, 598.
- Lanorvili.e (G.). — L’industrie de la rubanerie à Saint-Etienne, 87. — Comment se fabrique un grès artistique, 255. — Fabrication mécanique des chaînes, 302.
- p.429 - vue 434/655
-
-
-
- 430 . ....., — LISTE DES
- Leblanc fils (M.). — Aspect de la décharge électrique dans les gaz raréfiés, 7. — La lumière Moore, 30. — La lumière au néon, 145.
- Le Bon (G..). — Le spiritisme et la science, 66.
- Lebrou (P.). — Le fromage de Roquefort, 287.
- Loisel (J.). — Le spectre du Brocken, 33. — Le vent, 368.
- — Cycles solaires et météorologiques, 419.
- Macey (P.). — Tunnels naturels de Laos, 102.
- Magnan (G.). —Les poissons dans l’eau, 208.
- Maire (A.). — Les fouilles de Madhia, 415.
- Malégarie (G.). — La dérivation de la Neste et les barrages des Hautes-Pyrénées, 271.
- Marchand (H.). — Cible enregistrice électrique, 543.
- Maresciial (G.). — Le clironophone Gaumont à l’Académie des sciences, 65. — Lampe électrique pour projections, 325. — Stéréoscope transpositeur ou directoscope Bal-mitgère, 363.
- Marmoiton (Dr Ed.). — Le jalonnement des routes de l’air, 188.
- Martel (E.-à. — L’institut océanographique de Paris, 137.
- — La science au Puy de Dôme, 140. — L’assaut du pôle Nord, 239.
- Mascart (J.). — La météorologie aux Canaries, 10. — L’Université des sciences techniques à Budapest, 97. — L’astronomie en 1910, 113. — La coloration de la lune pendant les éclipses, 374.
- Matout (L.). — Allumage légal, 42. — Sur l’origine de la vie, 238.
- Meriel (P. de). — Les grues à liras pivotant, 561.
- Millot (A.). — La souris naine, le bocal et la paille, 253. Perrot (E.). — La parthénogenèse expérimentale, 270.
- Petit (IL). — Les moteurs d’aviation nouveaux, 175.
- Petit (F.-R.). — L’Allemagne et l’aviation, 294.
- Piarron de Mondiîsir (L.). — Quand le soleil est-il à l’Est? 282.
- Picard (E.). — Le pont de Gonstantine sur le Rummel, 15. Pollacchi (Commandant P.). — La carte aéronautique du service géographique de l’armée, 346.
- AUTEURS
- Privat-Desciianel. (P.). — Chemins de fer de la Westralie et le transcontinental australien, 58.
- Rabut (J.). — La plus haute cheminée du monde en béton armé, 44.
- Roosset (H.).— Les vineries industrielles, 55. — La sériciculture scientifique et l’institut bacologique de Trente, 172. — La concentration des jus sucrés, 190.
- Rbdaux (L.). — Inondations de la Loire en 1910, 183.
- Sallior (P.). — Un sondage de 2240 mètres, 57. — Le district de Cobalt au Canada, 207. — Le tremblement de terre de Yierny, 249. — Le Katanga et l’Afrique nouvelle, 291. — L’or des sépultures colombiennes, 407.
- Saporta (A. de). — Deux nouveaux cadrans solaires portatifs, 279.
- Sauvaire-Jourdan. — La marine en 1910, 134. — Le pétrole dans les chaudières marines, 228. — La boussole et l’aviation à propos du voyage Paris-Puy de Dôme, 314.
- Thoueet (J.). — Le diagnostic rapide des minéraux, 262.
- To.ney (IL). — La biologie en 1910, 119.
- Touciiet (E.). — La nouvelle étoile du Lézard, un cataclysme stellaire, 218.
- Troller (A.). — L’aéronautique en 1910, 136. — Le gyroscope et l’aéroplane, 227.— La résistance de l’air et l'aviation : les expériences de M. Eiffel, 355. — Photographies électriques, 393.
- Trouessart (E.). — L’éléphant d’eau, 98. — La zoologie en 1910, 120. — La mouche tsé-tsé et le gros gibier africain, 298. — Le nouvel échidné du Jardin Zoologiquc d’Amsterdam, 409.
- Verdier (J.). — Les compteurs d'électricité, 163.
- Verneau (R.). — Les Pygmées de l’Afrique équatoriale, 529.
- ViLLEDEUii. (Cii.de). — Reproduction des sons d’après le graphique de leurs vibrations, 322. — Académie des sciences, séances hebdomadaires, 28, 44, 62, 96, 110, 152, 167, 182, 199, 216, 232, 248, 261, 278, 292, 310, 536, 559, 374, 391, 397.
- Vielers (R.). — Un alternateur de 100 000 périodes, 46. — La construction mécanique en Allemagne, 71. — Horloges électriques, 423.
- XXX (R.). — La filariose chez l’homme, 106,
- p.430 - vue 435/655
-
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- 1. - ACADÉMIE DÉS SCIENCES.
- Séances hebdomaires de l’Académie des Sciences (Cit. de Villedeuil), 28, 44, 62, 96, 110, 152, 167, 182, 199, 216, 252, 218, 261, 278, 292, 310, 536, 359, 574, 391, 397.
- II. - ASTRONOMIE. — MATHÉMATIQUES.
- L'astronomie (1910) (J. Mascart).........................113
- Une visite aux grands inslruments des observatoires
- américains (J. Bosler).................................193
- La nouvelle étoile du Lézard : un cataclysme du Lézard
- (E. Todciiet)..........................................218
- Quand le soleil est-il à l’Est? (L. Piaiikon de Mondésir). 228 Les colorations de la lune pendant les éclipses (J. Mascart). 574
- Astronomie et astrologie (Y. Foumx)......................405
- Une étoile variable......................................152
- Portrait de Le Verrier. ................................ 261
- Aspect de la surface de Mars.............................575
- Tracé des tangentes à une courbe.........................398
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Aspect de la décharge électrique dans les gaz raréfiés
- (M. Leblanc iils)..................................... 7
- Les gaz liquéfiés (l’air, l’hélium) (G. Bresch)...... 22
- La lumière Moore (M. Leblanc fils)..................... 30
- Allumage légal (L. Matout).............................. 42
- La conservation des gaz liquéfiés (G. Brescii)....... 53
- Effet Hertz et actions chimiques du rayonnement ultraviolet (A. Conté).................................... 99
- La physique (1910) (A. Conté)...........................116
- La lumière au néon (M. Leblanc iils)....................145
- Etalon et comparateurs de l’Empire chinois (Ch.-Ed.
- Guillaume)...........................................169
- Sur la précipitation des éléments radioactifs (L. De
- Launay)..............................................171
- Une nouvelle machine à mesurer (Ch.-Ed. Guillaume). 201 Beproduclion des sons d’après la graphique de leurs
- vibrations (Ch. de Villedeuil).......................522
- L’exposition annuelle de la Société française de physique (A. Conté).....................................585
- Un nouveau microscope d’enseignement (À. Daufresne). 595
- Propriétés des bandes de phosphorescence............... 28
- L'éclairage au néon...............................\ 44
- Fragilité des aciers...................................111
- Propriétés de certains liquides anisotropes.............182
- Un nouveau mode de reproduction des sons .... 183
- Procédés des radiations ultra-violettes................199
- Un nouveau sphéromètre.................................216
- Un filtre remarquable..............................252
- Bombardement moléculaire.......................... 245
- Une source de lumière très intense.................261
- Transport des particules métalliques...............262
- Les métaux en contact..............................262
- Tensiomètre des fils métalliques...................295
- Production de la lumière froide....................559
- Appareil de mesure des hautes tensions.............574
- Différence entre les consonnes et les voyelles. . . . 397
- L’éclairage au néon................................598
- 2. Électricité.
- Un alternateur de 100 000 périodes (R. Yillers) ... 46
- La téléphonie automatique (L. Fournier).............. 92
- La téléphonie automatique (L. Fournier)..............107
- L’électricité (1910).................................127
- Le radium métallique (.1- Banne)..................... 158
- Les compteurs d’électricité (,T. Verdier)............165
- La téléphonie et les bobines Pupin (L. F.)...........243
- La nouvelle Centrale téléphonique de Hambourg (I)1' A.
- Gradenyvitz).....................................258
- Les lignes électriques souterraines de Paris (J. Boyer). 267
- Lampe électrique pour projections (G. M.)............525
- Télégraphie sans fil : l’alternateur Goldschmidt à haute
- fréquence........................................524
- La nouvelle station radiotélégraphique militaire de la
- Tour Eiffel (J. Boyer)...........................410
- Horloges électriques (R. Yillers)....................423
- Explication de l’effet hypotensif de courants de
- haute fréquence.................................. 30
- Passage de T électricité par contact................. 30
- Utilisation industrielle des courants de haute fréquence.................................................246
- Un nouveau transformateur électrique.................278
- La mesure de la longitude par la télégraphie sans fil, 375 Lueurs dans les ampoules électriques . . . . . . . 397
- 3. Chimie
- La chimie (1910).....................................118
- Dégradation biologique des hydrates de carbone. . 29
- Action des radiations ultra-violettes sur Veau. . . 50
- La photolyse des composés organiques................... 96
- L’or brun.............................................. 96
- Alliage de l’aluminium et du magnésium...............1 11
- Découverte d'un métal..................................152
- Suractivité de certaines réactions photochimiques . 185
- Étude des qualités du caoutchouc.......................185
- Recherches sur l'isosparléine..........................252
- L'or noir..............................................261
- Pouvoir absorbant des argiles..........................278
- Le dosage du krypton.................................. 278
- Les eaux mères des marais salants......................292
- Décomposition de l’eau par le carbone..................295
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-
-
-
- 432 :----- = TABLE
- La perte d'azote dans l’épuration des eaux d'égout.
- Les ptomaïnes des conserves.................
- Les dangers de la benzine...................
- Hypothèse sur la catalyse...................
- 4. Photographie.
- Les projections à la lumière froide (J. Boyer) .... Le chronophone Gaumont à l’Académie des Sciences
- (G. Mareschat.).................................
- La bibliothèque micropho t ograph iqlie(J)r A. Gbadenwitz). L’harmonie ,du mouvement et la chronophotographie
- (G. Chalmarès)..................................
- Stéréoscope transpositeur ou directoscope Balmilgère-
- (G. Mareschat.).................................
- Photographies électriques (A. T.)..................
- Le chronophone Gaumont.............................
- Reproduction photographique cl’un imprimé. . . .
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- La géologie et l’industrie minière (1910)..........
- Le tremblement de terre de Yierny (P. Sallior)
- Le diagnostic rapide des minéraux (J. Tuoulet) .
- La théorie de Svanie Arrhénius et quelques données récentes de la physique et de la géologie (P,. Douvillé).
- Fies pierres luminescentes de Bologne..............
- L’histoire du Pacifique elles récentes explorations océanographiques (R. Douvillé). . .......................
- Les phénomènes glaciaires du Forez.................
- La vallée de la Moulouya...........................
- La stratification de la glace des glaciers.........
- Structures des Alpes maritimes italiennes..........
- Carte géologique de la Suisse......................
- Une difficulté dans la mesure d’une base...........
- Les sédiments du détroit Sud-Rifain................
- La formation, du détroit Sud-Rifain................
- La géologie des Pyrénées. . .......................
- L'eau de la nappe profonde nancëenne ......
- Les roches vertes des Alpes dauphinoises
- Les Calas des Baléares.............................
- Les roches écrasées de l'ile d'Elbe................
- La mesure des angles en géodésie...................
- La Méditerranée à l’époque du miocène supérieur
- 2. Météorologie.
- La météorologie aux Canaries (J. Mascart)............
- Pluies normales, pluies diluviennes et inondations
- (P. Descombes)....................................
- Le spectre de Brocken (J. Lotsel)....................
- Le pluviomètre en Corée au xve siècle (L. B.)
- La symétrie des fleurs de neige (Crr.-E. Guillaume)
- La météorologie (1910)...........................
- Le halo du 21 décembre 1910 : un arc tangent qui n’est
- pas tangent (L. Besson)..............
- Photographies d’aurore boréale . . ..................
- Curieux etfets de la foudre : une antenne de télégraphie sans fil volatilisée par un éclair ; la foudre en
- houle.........................................
- Le vent (J. Lotsel)................................
- Cycles solaires et météorologiques (J. Lotsel) .....
- La charge électrique de la pluie.............
- Le vent peut-il soulever un être humain?
- La tempête du 13 mars 1911 ..........................
- MATIÈRES ---
- 3. Biologie. — Physiologie.
- La biologie (1910) (II. Toney)......................119
- Sur l’origine de la vie (L. Matout).................238
- La parthénogenèse expérimentale (E. Perrot) .... 270
- La dissémination des germes dans l’univers (P. Becquerel) ...............................................555
- Le rôle des muscles intercostaux.......................152
- Propriété de l'hémoglobine.............................152
- Expériences physiologiques sur les plantes.............182
- Physiologie du sommeil.................................185
- Effet des rayons vitaux ............................. 210
- Effet de l'altitude sur l’organisme....................216
- Caractères biologiques des boslrychidés.............. 246
- Le plankton aérien.....................................261
- Parthénogenèse traumatique.............................295
- Les cellules en présence du dextrose et du lévulose . 293
- Le sens de la direction chez les aveugles...........526
- Effet du traumatisme sur les végétaux...............598
- 4. — Zoologie.
- Le collectivisme chez les abeilles (11. Counx).......... 5
- Fourmis dévalisées par des moustiques (Gdvenot) . . . 43
- Le a Bloodhound », chien-détective (V. Foriux) .... 58
- La culture de la truite à Langen, près de Munster
- (Westphalie (L. Boiteux)............................ §4
- L’éléphant d’eau (E. Troüessart)....................... 9g
- Les nouveautés du parc d’Hagenbeck (V. Camiion) . . . 44 j
- La zoologie (1910)..................................4 20
- Crevettes des profondeurs de l’Océan...................152
- Les poissons dans l’eau (A. Magnan)....................908
- La souris naine , le bocal et la paille (A. Mili.ot). . . 253
- L’écureuil volant d’Australie (Y. Forbix)..............281
- La mouche tsé-tsé et le gros gibier africain (E. Tboues-
- sart) ............................................. 298
- La question du moineau aux États-Unis (V. Foriux) . . 310
- L’art du photographe animalier (V. Foiuiin)............564
- Le nouvel échidné du Jardin Zoologiquc d’Amsterdam
- (E. Troüessart).....................................409
- Les langoustes de la côte orientale d'Afrique. ... 29
- Capture de papillons par clés fleurs................... 44
- Observations sur deux nouveaux poissons lumineux. 67 Structure des antennes chez les abeilles et les fourmis. 96
- La contamination des huîtres........................... 90
- La résistance des chèvres et des moutons au trypanosome ................................ ...... 111
- Adaptation d’une mouche au climat.................... 452
- Les varrons........................................... 407
- Les glossines de l'Afrique.............................499
- Emulsion insecticide...................................252
- Dissymétrie des oreilles...............................246
- Les déplacements des thons dans la Méditerranée . 278
- La maladie des cerfs de Chantilly......................295
- La faune des eaux profondes. ..........................540
- Un parasite du bœuf. ..................................55g
- L'arséniate de plomb employé comme insecticide . . 559
- La faune clu pôle austral............................. 397
- 5. Botanique.
- La botanique (1910). . .................................... 22
- Un nouveau champignon comestible cultivable (H. Coupin). 153 Un parasite occasionnel de la vigne : la clandestine
- (E. Gadeceaü)........................................ jgq
- Le parasitisme de la cuscute (A. Acloque)................277
- Le laboratoire forestier des États-Unis (Dr A. Grarenyvitz). 516
- Le maté (A. C.)............................................
- L’adaptation des végétaux à la vie aquatique : les hvdro-
- phytes (E. Gadeceaü)................................ 549
- Sporulation d’une moisissure............................. 29
- Les fleurs cleistogâmes................................ 29
- DES
- 293
- 294
- 571
- 574
- 49
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- 30
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-
-
-
- ...........:..—-----—................- TABLE
- Action des diverses radiations sur la chlorophylle ,
- La culture d’un champignon comestible............
- Résistance des vignes et des pommes de terre au
- mildiou. :....................................
- Nouvelle source de caoutchouc....................
- Un champignon pathogène..........................
- La reproduction des levures......................
- La germination des graines.......................
- Le pouvoir germinatif des graines et la rouille du blé.
- Prairie sous-marine..............................
- Les Asclépiadces sans feuilles de I. Ouest de Madagascar.
- Les haricots greffés.............................
- Radiations nécessaires à la végétation des algues. .
- Végétation fossile ...........................
- La Lutte contre la chenille du chêne-liège .....
- V. - MÉDECINE. - HYGIÈNE.
- La lilariose chez l’homme (Dr XXX).................
- La médecine (1910) (Dr A. Cartaz)..................
- La transplantation des membres et des organes (Dr Burnier) ............................................
- La lutte contre la maladie du sommeil (Dr A. Graden-
- witz)...........................................
- La lièvre méditerranéenne (ür A. Cartaz)...........
- La peste en Extrême-Orient (Dr R. Btjunier)........
- La guerre contre les rats (V. Forbin)..............
- Propriétés du ferment bulgare......................
- L’épilepsie et les troubles intestinaux............
- Modification d'un trypanosome......................
- Malformation congénitale du cou....................
- Une maladie parasitaire de l'homme.................
- La différenciation des microbes pathogènes.........
- L'introduction du radium dans les tissus...........
- Vaccination anlityphigue. . .......................
- La mortalité du diabète............................
- Utilisation thérapeutique des boues aotinifères. . .
- La vaccination anlilyphique intestinale............
- Les vomissements incoercibles de la grossesse. . . .
- Epuration des eaux d'égout.........................
- Le treponema pallidum dans l’organisme.............
- Calvitie et incendie.............. ................
- VI. - GÉOGRAPHIE.
- 1. — Géographie. — Ex loration.
- Le mécanisme du colmatage de la baie du Mont Saint-
- Michel (Cil.-II. Besnard).......................... .
- L’Université des sciences techniques à Budapest (J. Mas-
- cart).............................................
- Les armoiries de l’Union Sud-Africaine (11. Dehérain) .
- Tunnels naturels du Laos (P. Macey)..................
- La science au Puy de Dôme (E.-A. Martel)...............
- Le district de Cobalt au Canada (P. Sali.ior)........
- L’heure l'uselaire (II. Cathenod)....................
- I/assaut du pôle Nord (E.-A. Martel).................
- Le Katanga et l’Afrique nouvelle (P. Sallior)........
- L’irrigation des déserts américains (V. Forbin) ....
- Le régime pénitentiaire au Japon (J. r’Izier.........
- Une Université en plein désert (J. r’Izier)..........
- Les héros des gratte-ciel américains (N. Lallié). . . .
- Les eaux météoriques du pôle Sud.....................
- La nouvelle capitale de l’Australie..................
- 2. — Océanographie. — Hydrologie.
- L’Institut océanographique de Paris (E.-A. Martel) . .
- MATIÈRES ..........: ......... 433
- Inondations de la Loire en 1910 (L. Ruraux) ..... 185
- La salinité de l’eau de mer...............526
- VII - ANTHROPOLOGIE — ETHNOGRAPHIE. ARCHÉOLOGIE.
- La fabrication domestique des chaînes en Angleterre
- (V. Forbin)............................................ 101
- L’anlliropologie (1910). •.............................. 125
- Les cérémonies du mariage en Annam (V. Forbin) . . 527
- Les Pygmées de l’Afrique équatoriale (R. Yerneau) . . 529
- Le musée de la parole (J. Delsaux)....................541
- Les mœurs des Yeddas (J.-P. Lafitte)..................579
- ‘L’or des sépultures colombiennes (P. Sallior) .... 407
- Les fouilles de Madhia (A. Maire).......................415
- La légende de Marsyas.............................'.. j • 252
- Le stylographe en 1725............................... 545
- VIII. - SCIENCES APPLIQUÉES
- 1. — Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- Nouveau procédé de traitement dés animaux morts
- (Y. Cambon).......................................... 5
- Les vineries industrielles (11. Rousset)................ 55
- Un jouet gigantesque...............,.................... 62
- L’industrie de la rubanerie à Saint-Etienne (E. Laxor-
- ville).................................................. 87
- Chalands en béton armé sur le canal de Panama (J. R.) . , 111 La mécanique, la force motrice (1910) (R. Bonnin) . . 125
- Les industries du froid (1910)............................ 151
- Une explosion d’acétylène à New-York.......................167
- La sériciculture scientifique et l’Institut bacologique de
- Trente (II. Piousset)...................................172
- La machine à écrire additionneuse Underwood (L. Fournier)...................................................... 179
- La concentration des jus sucrés (H. Rousset).............. 190
- L’industrie des pseudo-tissus artificiels (A. Ciiaplet) . . 217
- Chauffage au gaz des fours de boulangerie (J. Boyer) . 254
- Comment on fabrique un grès artistique (G. Lanorville). 255 Nouvelle application du principe du trottoir roulant
- (J. d’Izier).......................................... . 264
- Un étang tropical en Suisse (Dr A. Gradenwitz). . . . 265
- Deux nouveaux cadrans solaires portatifs (A. be Saporta), 279 Le fromage de Roquefort (P. Lebroü;........................287
- Fabrication mécanique des chaînes (G. Lanorville) . . 502
- Récents perfectionnements dans la charcuterie mécanique (J. Boyer)......................................518
- Comment s’alimente un haut fourneau moderne : hauts
- fourneaux de Fumcl (Lot-et-Garonne) (L. Durupt). . 554
- Les grues à bras pivotant (P. de Mériel).............561
- Un record en horlogerie (V. Forbin)..................591
- Le biscuit (N. Lallié)............................... . 598
- Le rendement des pressoirs.............................. 29
- Le danger des fumées.................................. 70
- Mécanique appliquée................................... 110
- Les nitrates artificiels............................... 232
- Pourquoi les moteurs à explosion fonctionnent mieux au lever qu’au coucher du soleil........................318
- 2. — Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Le pont de Constantinc sur le Itummel (E. Picard). . . 15
- Les plus hautes cheminées du monde (en béton armé)
- (J. Rabut).......................................... 44
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- Dix-huit raille kilogrammes de dynamite en fumée!
- (V. Forbin).....................................
- Les travaux du tunnel du Lotschberg (R. Bonn in) . . .
- Un sondage de 2240 mètres (P. Sallior).............
- La construction mécanique en Allemagne (R. Villers) ,
- Les travaux publics (1910).........................
- Les idées de M. Édison (Y. Forbin).................
- La dérivation de la Neste et les barrages des Hautes-
- Pyrénées (C. Malégarie).........................
- Les canalisations d’eau stérilisée par l’ozone. . . .
- Le pont de Walnut Lane.............................
- Une route modèle...................................
- L’emploi du ciment armé dans les travaux d’art. .
- 3. — Mines et métallurgie.
- \
- La métallurgie (1910)....................
- 4. — Transports : Chemins de fer. — Automobilisme.
- Chemins de 1er de la Westralie et transcontinental
- australien (P. Privat-Desciianel)................
- Les chemins de fer (1910)...........................
- Les wagons ambulances de luxe des chemins de fer
- suisses (Dr A. Gradenwitz).......................
- Les locomotives pour trains rapides et lourds du type Pacific à l’exposition de Bruxelles (R. Bonxin). . . . Les tramways où l’on paie en entrant (Jacquin). . . .
- 5. — Aéronautique.
- Comment volent les oiseaux? (L. Fournier)..............
- L’ornithroptère ,Lefébure (R. Doncières)...............
- L’aéronautique (1910) (A. Trouer)......................
- La montgolfière du xxe siècle (G. Camus)...............
- Les moteurs d’aviation nouveaux (H. Petit).............
- Le jalonnement des routes de l’air (Dr Eu. Maiimoiton).
- Le gyroscope et l'aéroplane (A. Troller)...............
- Peut-on vaincre la résistance de l’air? (R. Ciiassériaud). Stabilisation des aéroplanes au moyen des gyroscopes
- (Capitaine D.)......................................
- L’Allemagne et l’aviation (F. R. Petit). . ............
- La boussole et l’aviation à propos du voyage Paris-
- Puy de Dôme (Sauvaire-Jourdan)......................
- La carte aéronautique du service géographique de l’armée (Commandant P. Pollaccei) . .......................
- MATIÈRES . r--------
- La résistance de l'air et l’aviation, les expériences de
- M. Eiffel (A. Troller)................................555
- L’hydrogène aéronautique (L. Fournier)................589
- Le repérage des routes aéronautiques..................510
- Le repérage des routes aériennes....................527
- Troubles physiologiques chez les aviateurs............559
- 6. — Marine. — Art militaire.
- Le plus grand transatlantique du monde (R. Bonnin). . 11 La question du fusil automatique (Capitaine D.) . . . 74
- Un doris insubmersible (L. Fournier).................... 79
- L’art militaire (1910)....................................155
- La marine (1910) (Sauvaire-Jourdan).......................154
- La question de la turbine et de l’hélice : transformateur de vitesse Fôttmger (R. Bonnin)......................205
- Le pétrole dans les chaudières marines (Sauvaire-Jour-
- dan)...................................................228
- Construction dunavire le plus grand du monde (D‘'A. G.). 297
- Cuirassés et batteries de côtes (Capitaine D.) . . • - . 500
- Cible cnregislrice électrique (II. Marchand). ..... 545
- Pistolet automatique Mannlicher (Capitaine D.) .... 572
- Irrégularités de la vitesse des navires................... 96
- Détermination de la vitesse des navires...................559
- IX. — DIVERS.
- Le spiritisme cL la science (G. Le Bon)...................... 00
- La culture littéraire cl la science (L. De Launay) . . . 82
- Le ski (G. Bresch)...........................................loti
- Charles Nodier, naturaliste (J. Delsaux).....................422
- X.
- Numéro spécial.
- Les progrès scientifiques et industriels en 1910. 115 à 150
- XI.
- Planche en couleurs.
- Ce volume contient une planche en couleurs, qui illustre l’article : Aspect de la décharge électrique dans les gaz raréfiés (M. Leblanc fils) : à placer en face de la page 7.
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAIIURE 9, Rue de Fleuras, 9
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- LA NATURE
- Revue des Sciences* et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : J 20, Boulevard Saint-Germain, Paris fYTe}
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N4 1958 — 3 DÉCEMBRE 1910
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- INFORMATIONS
- a*,.
- SUPPLÉMENT
- Notre service de renseignements. — Nos
- lecteurs ont pu apprécier depuis longtemps toute futilité de notre service de renseignements. Nous y apportons aujourd'hui une innovation dont l intérêt ne leur échappera pas. En effet, au service des renseignements proprement dit qui continuera à fonctionner comme par le passé avec l'aide de tous nos collaborateurs, nous adjoignons un service spécial de recherches et d’essais pratiques à tusage de nos abonnés.
- Nous ne faisons ainsi que donner une extension nouvelle à une organisation déjà existante : depuis un certain temps, pour contrôler les renseignements que nous publions sous la rubrique « Recettes et Procédés utiles », nous avons été amenés à créer un laboratoire de chimie pratique : à sa tête es t un chimiste bien connu de nos lecteurs, qui ont eu souvent f occasion de constater la sûreté dé s.-s informations et que sa modes-lie seule nous empêche de nommer.
- Désormais, tes services de ce laboratoire seront mis
- à la disposition de nos abonnés; nous g étudierons et chercherons à résoudre, avec les ressources de l'investigation scientifique, toutes les questions qu'ils voudront bien nous poser, et dont la solution pourra donner lieu à une recette ou un procédé d'intérêt général. Nous espérons ainsi faciliter à nos lecteurs f application des ressources scientifiques aux problèmes divers que soulève la vie journalière, problèmes que trop souvent ton se contente de résoudre, imparfaitement, par la seule routine.
- D'autre part, nous entendons nous cantonner exclusivement dans ce domaine de la vie pratique et des tours de main d'amateur : nous écarterons délibérément toute étude d'ordre industriel, commercial, ou médical.
- Les services de notre laboratoire seront absolument gratuits. Il suffira aux demandeurs de justifier de leur qualité d’abonné par l'envoi, de la dernière bande du journal. ;
- Nécrologie : O. Chanute.— Nous apprenons le décès à New-York de M. O. Chanute, celui que l’on a pu appèler le père de l’aviation.. Chanute reprit en Amérique les expériences de Lilienthal et apporta aux pro cédés du savant allemand de nombreux perfectionnements : il fit des planements avec des triplans, puis des biplans, il se préoccupa notamment de l’équilibrage des planeurs, réalisant l’équilibre latéral par le déplacement automatique des surfaces portantes, l’équilibre longitudinal au moyen d’une queue stabilisatrice. Ses élèves Herring et Avery sur ses indications réussirent des milliers de glissades aériennes. Ce sont leurs succès qui amenèrent au sport du planement, puis à l’aviation les frères Wright. O. Chanute était d’origine française.
- La première transmission de force motrice européenne à 110 000 volts. — Les usines mécaniques de Lauchhammer, situées respectivement à Burghammer, Lauchhammer, Grôditz et Riesa, avaient été. jusqu’ici alimentées par des stations de force motrice séparées. Or, comme l’usine de Lauchhammer, suivant les récentes recherches géologiques, se trouve sur un abondant champ de lignite, ses directeurs conçurent le projet d’installer une transmission de force motrice alimentée par une grande station génératrice, afin de faire profiter du lignite les autres usines de la Société. Pendant qu’était à l’étude cet intérèssant projet, une société industrielle s’apprêtait à installer, à Grôba, une station centrale destinée à distribuer l’énergie électrique à quatre districts du royaume de Saxe (Grossenliain, Meis-sen, Oschatz et Dôbeln). C’est ce qui suggéra l’idée de combiner ces deux projets et de conclure avec la Société
- d’Electricilé de Grôba, un contrat aux termes duquel une grande quantité d'énergie électrique serait fournie à une station transformatrice spéciale, destinée à l’alimentation des usines de Grôditz et de Riesa. La station génératrice comporte actuellement trois turbo-alterna-leurs de 5ooo kilowatts, auxquels deux nouvelles unités viendront s’ajouter sous peu. Après de sérieuses expériences, faites eu Allemagne et à l’étranger, la maison Lauchhammer adopta pour la transmission de l’énergie, une tension de 110000 volts, c’est-à-dire le voltage de beaucoup le plus élevé qu’on ait jusqu’ici employé en Europe. L’ensemble très complet de l’usine transformatrice, des tableaux de distribution et des appareils, est fourni par la maison Siemens-Schuckert. L’usine transformatrice comporte actuellement trois transformateurs triphasés, à bains d’huile, de 6800 kilovolt-amp., chacun, qui élèvent la tension de 5o5o volts, à la tension de transmission de iroooo volts. L’énergie électrique engendrée à la station transformatrice, sert à alimenter l’installation de distribution de Grôba, soit à fournir du courant aux usines, distantes d’environ 5o km de Grôditz et de Riesa.
- Bureau « Veritas » des navires de l’air. — M. Basil Zaha.rôf, le généreux ingénieur à qui l’on doit la création de la chaire de locomotion aérienne de la Sorbonne, vae'ht de donner 5oooo francs'pour l’organisation d’un bureau « Veritas aérien ». Comme le bureau maritime, ce bureau aurait pour mission le recensement des navires de l’air, qui seraient catalogués et dont l’état d’entretien serait vérifié périodiquement. Les ministères compétents, l’Aéro-Club, la Chambre syndicale de l’Aéro-
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- INFORMATIONS
- nautique, la Société des ingénieurs civils, sont favorables à ce projet, qui intéresse la sécurité des aviateurs et l’avenir de la locomotion aérienne.
- L’aviation et la marine. — On sait que d'intéressants essais ont eu lieu récemment aux Etats-Unis dans le but de démontrer que les aéroplanes pouvaient devenir pour la marine de guerre comme pour la navigation en général d’utiles auxiliaires. A peu près à la même date, c’est-à-dire entre le 12 et le i5 novembre, deux essais prirent place, l’un à bord du paquebot transatlantique Pennsylvania, de la ligne Hambourgeoise-Américaine, l’autre à bord du croiseur américain Birmingham, et tous les deux avec des machines du type Curtiss. Notre photographie montre comment la plateforme d’envolée avait été installée à l’arrière du Pennsylvania. Longue d’une dizaine de mètres, elle se terminait par un plan légèrement incliné qui devait aider
- le biplan à prendre son élan. Le programme, dans ce cas, comportait que l’aviateur emporterait du bord un sac contenant des lettres écrites par les passagers du transatlantique, et qu’il remettrait aux autorités postales de Governor-Island. Plusieurs remorqueurs devaient se tenir prêts à secourir l’aviateur, en cas d’accident, quand il s’envolerait pendant que le steamer ferait machine arrière. On sait que ce premier essai échoua. M. Eugène Ely, de son côté, put s’envoler du pont du Birmingham. Mais une branche de son hélice se faussa au départ, et, après un vol de près de 4 km, il dut atterrir sur la plage de la Baie de Chesapeake_, en renonçant à son projet de se rendre à l’Arsenal de Norfolk.
- Un nouveau stimulant économique. — C’est tout simplement le « babeurre » ou liquide résiduel du barattage de la crème pour l’extraction du beurre. Divers médecins l’avaient déjà employé avec succès, pour le traitement de certaines maladies infantiles, mais sans expliquer exactement le mécanisme de l’action reconstituante. MM. Dornic et Daire viennent d’établir que le babeurre devait ses propriétés à sa forte teneur en léci-thines, combinaisons organiques phosphoréés facilement assimilables; or on sait ,toute l’importance de Ces aliments pour la nutrition des tissus nerveux et osseux. Les combinaisons préexistant dans le lait sont entraînées dans la crème par les globules butvreux et restent dans le babeurre ; en raison de leur altérabilité, on doit consommer le produit frais toute fermentation ou chauffage même borné à la pasteurisation, provoquant une perte de
- lécithines. La constatation est d’autant plus intéressante que dans la plupart des laiteries, le babeurre considéré comme n’ayant aucune valeur, est jeté à l’égout. Désormais, on le devra conserver soigneusement soit pour l’emploi médical, soit, à défaut de ce débouché plus rémunérateur, mélangé au petit lait pour la nourriture des jeunes veaux.
- La guerre aux mouches. — Une campagne énergique, dirigée de New-York par le Dr W. Hornaday, le directeur du Jardin zoologique de Broux Park, s’organise aux Etats-Unis pour la destruction des insectes nuisibles. Le moustique et la mouche de maison sont particulièrement visés. Depuis qu’on a reconnu son rôle actif dans la propagation de la fièvre typhoïde, la mouche est traitée sans merci ; et il se fonde un peu partout des ligues pour sa destruction. Il vient de s’en fonder une à Washington qui, par l’intermédiaire des instituteurs, paie 4 cents (o fr. 20) aux enfants pour chaque centaine de têtes de mouches qu’ils apportent. Et les écoliers accueillent avec enthousiasme cette mesure, qui leur permet de tirer un prolit.d’un amusement devenu un service public.
- La crue de la Seine. — La décrue de la Seine, que nous avons signalée dans notre précédent numéro, ne s’est pas longtemps maintenue. La photographie ci-dessous
- prise au pont de la Concorde au moment du dernier maximum, permet de constater nettement la différence entre le niveau de la crue actuelle et celui de la crue de janvier qui a laissé sa trace imprimée sur le pont.
- Le chemin de fer Transsibérien. — On procède actuellement à d’importants remaniements du Transsibérien; ils ont pour but de mettre la voie dans de meilleures conditions d’exploitation, d’atténuer certaines rampes et certaines courbes trop accentuées. On a été ainsi amené à modifier le tracé en bien des points. La section de Perm à Ekatei inenbourg par Nijni Tagilsk a été remplacée par une ligne plus courte de 353 km passant par Kuara au delà d’Ekaterinenbourg; l’ancien tracé passait par Cheliabinsk et Trumen, et arrivait à Oursk sur l’Irtisch. Le nouveau passe par Cheliabinsk, Kurgun (sur le territoire asiatique) et Petropavlosk pour aboutir à Pnisk; la longueur se trouvera réduite de 160 km. Enfin pour relier Pékin directement au réseau Européen par le Transsibérien, on doit construire une ligne partant du Nord de la capitale chinoise et traversant la Mongolie orientale. La partie de cette ligne qui va de Pékin à Talgan est déjà en exploitation. Le prolongement rejoindra le Transsibérien vers Missawaïa au Sud du Baïkal. Cette ligne aura près de 1600 km. Lorsque ces projets seront exécutés, le trajet Paris-Pékin (10 i5o km au lieu de 12000 par Karbin et Moukden) pourra être exécuté en 9 jours 1/2 au lieu de 14 actuellement.
- Le record des turbines à vapeur. — Les turbines à vapeur prennent chaque jour des dimensions plus colossales. Les unités de i5ooo chevaux se construisent aujourd’hui couramment : les unités les plus puissantes réalisées jusqu‘à ce jour sont celles,de la Commonwëalth Edison C°, de Chicago, qui installe actuellement dans sa nouvelle station centrale 12 groupés de 27 000 CV chacun. Chaque groupe est constitué par une dynamo et une turbine verticale Curtis de’ 8,40 m. de haut, sur 4,5o m. de diamètre et marchant à 750 tours.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Hygiène
- Le galvo-filtre. — La purification des eaux de boisson, malgré tous les progrès faits dans le choix et l’adduction des eaux potables, reste un des grands problèmes de notre époque. La solution idéale ne paraît pas encore trouvée; mais l’on doit dire qu’il existe de nombreux moyens, en somme très pratiques, qui permettent de supprimer d’une façon satisfaisante les risques de contamination par l’eau. Il y a aujourd’hui beaucoup de bons filtres ; ils exigent seulement un entretien attentif et fréquemment renouvelé. Le galvo-filtre ne rentre peut-être pas absolument dans cette catégorie d’appareils; en tout cas, il nous doit encore ses preuves officielles. Mais c’est un appareil très simple, très pratique et économique et qui, à défaut de mieux, assurera au moins un bon dégrossissage de l’eau.
- Le galvo-filtre a pour lui en effet l’avantage d’une disposition remarquablement pratique; c’est un simple petit récipient ayant la forme d’un brise-jet et qu’on adapte au robinet. Il est renflé à sa partie médiane;
- approprié (tel que l’iodure d’amidon) que ce liquide est une solution d’hyposulûte. La conclusion de MM. Lumière est donc la suivante : pour effectuer l’élimination de l’hypo dans une série de dix épreuves i3x 18, tirées sur papier au citrate, on les immergera sept fois pendant chaque fois 5 minutes dans une cuvette contenant un litre d’eau pour chacun de ces lavages ; on aura soin de les agiter, de façon à ce qu’elles ne collent pas entre elles mais restent bien séparées dans l’eau. Après chaque lavage on mettra les épreuves l’une sur l’autre dans une cuvette sèche, l’image tournée vers le fond et on pressera fortement avec la main pour exprimer le liquide, puis on humectera avec une petite quantité d’eau et on les séparera; on les placera les unes à côté des autres entre deux feuilles de buvard et on passera dessus le rouleau en caoutchouc.
- Après ce traitement on peut être assuré que les épreuves se conserveront longtemps.
- **> Objets utiles
- comme on le voit sur la coupe 2, il contient à la partie supérieure une cloison formée d’une toile métallique fine ; à la partie inférieure se trouve une autre cloison composée de trois épaisseurs, d’une toile métallique faite de cuivre, d’alliage de zinc et de bronze ; ces deux cloisons sont reliées électriquement par une spirale formée de deux fils métalliques tressés ; cette spirale s’étend à travers le charbon qui remplit la chambre comprise entre les deux cloisons.
- L’inventeur du filtre attribue une puissante action microbicide à la présence de métaux différents et juxtaposés, formant couple galvanique. Nous avouons rester, jusqu’à plus ample informé, un peu sceptiques sur l’efficacité réelle de ce dispositif. Une chose est certaine, en tout cas, c’est que le double tamis et le charbon opèrent effectivement une purification assez efficace, mais qui, à notre avis, ne peut en aucun cas dispenser, si l’on soupçonne une contamination de l’eau, de recourir à la seule mesure hygiénique certaine : faire bouillir son eau.
- Il reste au galvo-filtre le mérite d’enlever les impuretés non microbiennes, de clarifier et d’aérer l’eau, et en même temps de constituer un excellent brise-jpt. — L’appareil est vendu chez M. Foutrier, 17, rue Martel, Paris. Prix : ifr,5o.
- ïh> Photographie
- Élimination de l’hyposulfite dans les épreuves sur papier. — On se donne beaucoup de peine pour laver les épreuves positives afin de les débarrasser de l’hypo-sulfite de soude qui a servi à les fixer : on y parvient difficilement. Cela tient à ce que l’opération est mal faite. Laisser séjourner longtemps les épreuves dans l’eau, même dans l’eau courante, fait plus de mal que de bien; l’image et le papier s’abîment, se déchirent facilement... mais l’hyposulfite reste. Un seul moyen est efficace, ainsi que l’ont prouvé MM. Lumière et Seyewetz, c’est de presser fortement les épreuves, de les essorer. On peut s’en rendre compte en faisant subir cette opération à des épreuves lavées à l’eau courante pendant plusieurs heures et en recueillant le liquide qui sort de ces épreuves : on constatera, au moyen d’un réactif
- Parapluie inretournable. — Le petit perfectionnement mécanique apporté par M. Kramer à la monture classique du parapluie sera, sans doute, apprécié par ces périodes de tempête dont la météorologie ne nous laisse pas entrevoir la fin.
- Le parapluie normal est disposé pour offrir une grande résistance aux coups de vent qui le frappent sur sa convexité; mais il se comporte beaucoup moins bien vis-à-vis des rafales qui s’engouffrent dans sa concavité ; une sphère creuse résistera toujours mieux au vent si on l’expose par son côté convexe que si on le fait par la face concave; néanmoins, on peut améliorer la résistance de celle-ci. Yoici ce qu’a fait dans ce but M. Kramer :
- L’armature du parapluie se compose en principe de grandes baleines convergeant autour d’un point du manche et d’autre part de petites La m0Bture du parapluie inretour-bobines de contrevente- nable et le taquet à a arrêts, ment articulées sur les
- premières et assurant la rigidité de l’ensemble quand le parapluie est ouvert Elles se réunissent sur une douille coulissant le long du manche. M. Kramer a renforcé l’attache de ces baleines sur la douille par les petits tirants A. En outre le taquet à ressort qui maintient la douille en haut de sa course comporte 2 arrêts M N ; le premier retient cette douille dans le cas habituel si l’effort du vent, tend à refermer le parapluie : l’arrêt N au contraire retient la douille dans le cas accidentel où le vent tend à retourner le parapluie. — Le parapluie inretournable est en vente chez Kramer, 20, rue Dussoubs, Paris.
- Brosse aseptique Yédy. — L’originalité de cette brosse est d’avoir substitué aux crins de fines tiges d’acier bleui, très souples, fixées sur une nappe de caoutchouc; d’où l’avantage suivant : on peut, après usage, flamber la brosse à une flamme d’alcool, et détruire tous les microbes qu’elle a recueillis au cours de son travail.
- Ajoutons que la brosse a la même souplesse que les brosses classiques. Toutefois, il serait peut-être imprudent de l’employer sur les étoffes fines et délicates. — L’objet est en vente chez M. Pollak, 11, rue d’Enghien, Paris. Prix : 7 fr. 85.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Coupe-cor de sûreté. — On a inventé, voici plusieurs années déjà des rasoirs dits de sûreté; ils évitent absolument les estafilades que s’administrent si généreusement les manieurs maladroits du rasoir ordinaire.
- Tout le monde sait comment sont construits les rasoirs de sûreté Gillette ; on a eu l’idée d’appliquer le même principe au coupe-cor ; emploi d’une lame mince parfaitement coupante, serrée entre deux plateaux A et B, de façon à ne présenter que la partie coupante, c’est-à-dire i millimètre à peine : il est évidemment impossible avec pareil outil d’entamer les chairs. Le coupe-cor de sûreté aura vraisemblablement même succès que le rasoir. — On le trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris.
- Gaveuse perfectionnée. — Cet appareil permet d’introduire très rapidement la quantité prévue d’aliments dans l’estomac de la volaille que l’on veut engraisser; il a en outre l’avantage de laisser libre la respiration de l’oiseau, ce qui lui rend l’opération moins pénible. La gaveuse perfectionnée est munie d’un petit piston formé d’une simple rondelle métallique qui se place verticalement quand on soulève la tige du piston, et horizontalement quand on abaisse cette tige ; les aliments sont ainsi refoulés énergiquement et rapidement dans l’œsophage de l’animal. La course du piston étant limitée, il ne peut pas venir heurter l’intérieur du cou de l’oiseau ni le blesser, ce qui arrive fréquemment lorsqu’on emploie une gaveuse ordinaire à piston libre. Alin d’éviter de blesser l’oiseau quand on introduit la gaveuse, celle-ci est garnie à sa base d’une douille de caoutchouc C qui se retrousse à l’intérieur du tube de fer-blanc. L’entrée d’air pour la respiration de l’oiseau est assurée par des rainures R assez profondes et en nombre suffisant, qui sont embouties sur les parois du tube introduit dans le cou de la bête. Les trous T laissent passer le liquide qui lubrifie les muqueuses du cou et facilite la sortie du tube.
- L’inventeur de ce petit appareil semble s’être préoccupé autant du bien-être de la volaille que de faire gagner du temps à l’opérateur, ce sont là des intentions louables. — Cette gaveuse perfectionnée est construite par les usines B. R. C., 67, boulevard de Charonne,à Paris.
- La canné qui boit. ;—1 Ingénieuse invention d’un philanthrope, cette canne paradoxale trouvera sans doute aussi quelque succès auprès des amateurs d’inofîensives mystifications. Vous plongez le bec de la canne dans un
- verre plein de liquide, et subrepticement vous manœuvrez le levier A. Presque instantanément tout le contenu du verre disparaît, absorbé par la canne. C’est une coutume très eu honneur chez beaucoup de commerçants que de conclure leurs transactions chez le marchand de vins ; et cette coutume fait le désespoir de la plupart des voyageurs de commerce, que leur métier oblige à absorber quotidiennement une quantité d’alcool bien supérieure à
- ce que tolère une saine hygiène. La canne qui boit leur rendra service ; elle leur permettra de concilier adroitement les exigences de la politesse commerciale et celles de leur santé.
- Le mécanisme de la canne est fort simple : la canne est creuse bien entendu; le bec est percé de trous, il est traversé par un tube de caoutchouc recourbé qui forme amorce de siphon ; en levant et abaissant le levier A, par le jeu de l’air expulsé, le siphon s’amorce et le verre se vide dans la canne, il ne reste plus qu’à vider la canne; cela s’opère fort simplement en dévissant de quelques tours le bouchon B placé à la partie inférieure ; il est construit de façon à pouvoir se dévisser et se revisser dans la rue entre deux pavés. — La canne qui boit est ei vente chez M. Kratz-Boussac, 14, ruç Martel.
- Coquetière de voyage Barbary. — Cuire un œuf est une de ces opérations banales sur lesquelles nous croyons indigne de porter notre attention ou notre réflexion. La méthode habituelle n’est-elle pas la simpli-cité même ? Elle ne semble donc pas être perfectible. Et cependant, regardez-y de près et essayez : vous verrez que c’est en somme une opération assez délicate ; faut-il mettre l’œuf dans l’eau froide ou chaude, et combien de temps l’y laisser? On n’arrive que par tâtonnements au résultat désiré ; l’antique sablier, autrefois de rigueur dans toutes les cuisines pour mesurer exactement le temps de la cuisson, est d’un usage assez décevant. La coquetière Barbary nous apporte une méthode beaucoup plus scientifique, en même temps qu’un instrument fort peu encombrant et capable de rendre en voyage de très réels services. C’estune petite étuve à vapeurA, B dans laquelle on enferme l’œuf, en même temps qu’une petite quantité d’eau puisée au moyen de la mesure C. La capacité de cétte mesure a été déterminée à la suite de nombreuses expériences. L’étuve repose sur le socle d’une petite lampe à alcool, dont le foyer est constitué par un tampon d’amiante. La quantité d’alcool dont s’imbibe le tampon plongé dans une bouteille d alcool, est celle qui est précisément nécessaire pour vaporiser l’eau placée dans l’étuve. On met donc l’œuf et l’eau dans l’étuve que l’on ferme ; on allume l’alcool, l’eau se vaporise et l’œuf est cuit d’une façon bien régulière; puis quand la flamme s’éteint, l’opération est terminée et l’œuf cuit à point. — La coquetière est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel.
- le v Jouets <<*
- Tir aux aéroplanes. — C’est, on le sait, un problème très difficile que celui d'atteindre par le canon ou le fusil des aéroplanes en plein vol. Le jouet, devenu de nos jours, pour la plus grande joie des enfants, le reflet exact des préoccupations des grandes personnes, ne pouvait se désintéresser d'un tel problème. M. Kratz-Boussac a imaginé pour nos enfants un tir aux aéroplanes qui leur donnera un avant-goût des difficultés que rencontrent, en réalité, les artilleurs dans leur lutte contre les machines volantes.
- Le jouet comporte un canon pivotant autour d’un axe horizontal, canon se chargeant par la bouche et tirant des projectiles sphériques ; les aéroplanes ou les oiseaux qui constituent le but s’accrochent à une croix légère suspendue par un pivot au-dessus d’un pilier vertical; un ressort dissimulé dans le bâti du jouet, fait tourner la croix et les aéroplanes miniatures, et nos petits artilleurs n’ont plus qu’à chercher à coups de boulets, à les précipiter sur le sol. Ce sera pour eux, durant les longues journées d’hiver, une distraction qui leur fera attendre patiemment le moment de revenir aux jeux d’aéroplane en plein air qui actuellement font fureur. — Le tir aux aéroplanes est en vente chez M. Kratz-Boussac, i4> rue Martel.
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- VARIETES
- Les travaux du canai de Panama. — France Amérique (novembre) donne les détails suivants sur l’état d’avancement des travaux du canal interocéanique, d’après de récents travaux de MM. G. Porquier et Y. Cornish. Actuellement une véritable armée de travailleurs — 25ooo hommes — lutte, en collaboration avec des machines des modèles les plus récents et les plus perfectionnés (dragues, malaxeurs, perforatrices horizontales et verticales, ftc.) actionnées ici par l’air comprimé, là par l’électricité, contre les formidables obstacles que la nature semble s’être plu à accumuler sur les 64 km qui séparent Colon de Panama, taillant, creusant et perçant, ce qui reste à tailler, creuser et percer sur le parcours du canal, dont la largeur sera encore de 62 m. dans la partie la plus étroite. Ailleurs, le long des 16 km de chenaux maritimes qui compléteront et prolongeront jusqu’aux eaux profondes la nouvelle voie navigable, on aménage la nature pour la plus grande commodité humaine. On sait que c’est à Gatun que, du côté de la mer des Antilles, commencent les obstacles montagneux : une série de trois systèmes d’écluses jumellées, de 3o5 m. de longueur sur 36 de largeur (de quoi loger la Mauritanie et les plus grands vaisseaux de guerre du type Dreaclnoughl) permettront aux navires de s’élever jusqu’au point culminant du canal, dont le plan d’eau sera à 28 m. au-dessus des deux océans Atlantique et Pacifique, Puis une nouvelle série de trois écluses (à Pedro-Miguel et Miraflores) fera descendre les bâtiments jusqu’au niveau du Pacifique. Déjà, surtout à Gatun, les massifs des écluses s’élèvent à une certaine hauteur au-dessus du sol; au même point commence la construction d’une longue digue de 245o m., large de 45o à la base, destinée à créer un lac intérieur dont les eaux du Rio Chagres formeront le principal appoint. A la Gulebra d’autre part, point où la masse des matériaux à élever sera la plus considérable, le travail est très avancé ; lors du passage récent de M. Porquier,
- 65 millions de mètres cubes avaient déjà été enlevés du sol sur le parcours du canal, et les ingénieurs américains évaluaient à 80 millions la masse des déblais qu’il restait encore à extraire. Même en faisant la part à l’imprévu, il semble bien, au dire des deux voyageurs cités plus haut, que la mise en place des portes des écluses pourra être effectuée, conformément aux traités, avant la date extrême du Ier janvier 1916. Déjà, simultanément, San Francisco et la Nouvelle-Orléans se disputent l’honneur d’abriter en 1915 l’Exposition universelle destinée à célébrer l’achèvement du canal, invoquant à l’appui de leurs revendications, qui des arguments d’ordre historique et économique, qui des arguments d’ordre géographique et démographique. — D’autre part, il est bon de signaler que le secrétaire américain de la guerre, M. J. M. Dickinson, a soumis au président Taft le plan des fortifications destinées à protéger le canal de Panama. On n’a pas oublié, en effet, qu’en novembre igo3, les Etats-Unis, en même temps qu’ils obtenaient de la jeune République de Panama la cession à perpétuité d’une zone de 8 km de chaque côté du canal, devenaient propriétaires de tous les points de la côte situés dans le rayon de défense du même canal et des îles à la base de Panama. Dans le projet de M. Dickinson, les plus puissantes batteries seraient placées du côté du Pacifique, trois dans les îles à i5 milles de la côte, et. d’autres, destinées à les soutenir, à l’embouchure même du canal. En outre, à 6 milles dans l’intérieur, une batterie défendrait les systèmes d’écluses de Pedro-Miguel et de Miraflores ; du côté de l’Atlantique, un poste militaire serait établi à la Culebra, et des batteries placées sur les hauteurs d’El-Bocho. L’ensemble de ces travaux est prévu pour une dépense de 37 5ooooo dollars. Il faut y ajouter les travaux qui doivent être exécutés à Guanta-namo de Cuba, pour faire de cette localité une base navale surveillant l’entrée du canal interocéanique sur la mer des Antilles.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les injections sous-cutanées d’oxygène. — Les
- inhalations d’oxygène sont un des moyens les plus efficaces pour combattre les asphyxies qui n’ont pas d’origine mécanique proprement dite, telles que celles dues à des empoisonnements par des gaz délétères, oxyde de carbone, gaz d’éclairage, gaz méphitiques des fosses d’aisances, etc., et celles beaucoup plus communes qui résultent de l’engorgement des voies respiratoires par des mucosités, comme dans le catarrhe bronchique ou la pneumonie. Le malade succombe parce que le gaz vivifiant ne peut pénétrer jusqu’au fond des alvéoles pulmonaires. L’oxygène est le principe de la vie, c’est en même temps un agent antiseptique énergique par ses propriétés oxydantes. J’ai signalé ici les beaux succès dus à l’emploi de ce gaz par le professeur Weill, de Lyon, dans les formes graves de la coqueluche.
- Mais les inhalations d’oxygène ont souvent de la peine à pénétrer dans les voies respiratoires, soit que le malade soit déjà dans un état d’inertie avancée par asphyxie profonde, que le mécanisme respiratoire ne fonctionne déjà que fort imparfaitement, soit qu’il y ait dans les bronches et les canaux pulmonaires un engorgement par des exsudats difficiles à rejeter. C’est pour ces cas, qu’un jeune médecin des hôpitaux, leDrRamon, a eu l’idée d’introduire l’oxygène dans l’organisme par injections sous-cutanées ; c’est là une application toute nouvelle des injections gazeuses et qui lui a donné des résultats qui méritent d’être connus.
- Yoici comment il procède : après désinfection de la peau par le procédé le plus simple actuellement, le badigeonnage à la teinture d’iode, on enfonce dans le tissu sous-cutané de la cuisse ou de l’abdomen une aiguille de seringue de Pravaz. Il est indispensable de s’assurer qu’on n’a piqué aucune veinule pour éviter la produc-
- tion d’une embolie gazeuse. Cette précaution prise, on met un peu d’ouate dans le châton de l’aiguille pour filtrer l’oxygène et arrêter les poussières plus ou moins septiques qu’il pourrait contenir et on ajuste l’extrémité du ballon d’oxygène à l’aiguille au moyen d’un petit tube de caoutchouc stérilisé emboîtant l’ajutage. On fait alors pénétrer lentement sous la peau un litre à un litre et demi d’oxygène. Je dis bien un litre, la dose n’a rien d’extraordinaire, puisqu’un malade consomme facilement en inhalations par ballons de 5 à 10 litres de ce gaz. La pénétration de l’oxygène sous la peau donne lieu à la formation d’une boule volumineuse, un véritable emphysème sous-cutané qui se résorbe en quelques heures.
- La technique est, on le voit des plus simples, des plus faciles. Sous l’influence de cette pénétration intime d’oxygène, on voit la cyanose s’effacer, la respiration devenir plus facile, plus profonde; l’asphyxie en un mot disparaît peu à peu. Il n’y a aucun inconvénient à répéter ces injections plusieurs fois par jour, si besoin est, et M. Ramon a vu les malades les réclamer, tellement ils en éprouvent de soulagement.
- C’est surtout dans la forme asphyxiante due aux infections par bronchite capillaire, par catarrhe bronchique ou pneumonie que ces injections sont précieuses. Elles permettent d’attendre la crise libératrice qui débarrassera le malade des mucosités, des crachats qui encombrent les voies d’accès de l’air. L’oxygène a de plus l’avantage d’oxyder les produits infectieux, de faciliter la diurèse, et de diminuer l’intoxication générale. La méthode des injections d’oxygène mérite d’entrer dans la pratique courante et devra être appliquée avec bénéfices dans tous les cas d’asphyxies toxiques, comme les empoisonnements par le charbon ou autres gaz délétères. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- La crasse des vêtements. — Quoique la question soit très intéressante en raison de l’énorme quantité de linge et d’effets salis journellement, on ne s’était pas occupé jusqu’à présent de déterminer la nature et la proportion des souillures produites à l’usage sur les vêtements de toute sorte. Le Dr Christiani, de Genève, a comblé cette lacune en soumettant à l’action de la benzine des effets de toute sorte ayant plus ou moins servi et déterminant la perte de poids produite par dissolution de la crasse.
- Tandis qu’un linge de coton venant d’être blanchi ne perd par ce traitement que 0,06 à 0,08 pour ioo de son poids, s’il a seulement servi à une auscultation, la perte est de 0,16 pour ioo, elle passe à o,68 pour 100 après six auscultations ; mais avec la personne examinée malpropre, on trouve 1,29 pour 100 de crasse après une seule opération! Une taie d’oreiller salie normalement contient 1,46 pour 100 décrassé. Quant aux vêtements non lavés comme le linge, ils peuvent renfermer de 2,37 pour 100 (doublure de robe en coton) à 4,25 pour 100 (col de corsage), 5,i pour 100 (col de peignoir très sale) et même 7,71 pour 100 (ruban de satin porté autour du cou). Rapportés à la surface de tissu, ces chiffres correspondent à des quantités de crasse variant, pour des carrés de tissu de 10 cm de côté, de 1 milligr. (linge bien propre), de 11 à 12 milligr. (six auscultations, taie d’oreiller), g5 à 100 milligr. (cols de peignoir et de corsage) et même 366 milligr. (ruban de cou).
- Ces chiffres intéressent et l’hygiéniste et le technicien du blanchissage ou du nettoyage. Ils donnent d’utiles renseignements sur la souillure des benzines de détachage. Ils montrent qu’il est nécessaire de faire dégrais ser les vêtements absolument comme on fait blanchir le linge.
- Nettoyage des lampes électriques à filament métallique. — Le fil dés lampes à filament métallique étant très flexible à chaud, il est bon d’allumer les lampes pour les nettoyer ou les essuyer.
- Mélanges réfrigérants. — Le mélange de deux liquides est souvent accompagné d’un abaissement de température. Pour certains couples de liquides, cet abaissement est suffisant pour qu’on puisse obtenir ainsi de véritables mélanges réfrigérants : c’est ce qui
- arrive avec le sulfure de carbone et le formiate de méthyle, pour lesquels la variation de température atteint 160. De tels mélanges ne sont jamais employés : ils sont trop coûteux, et la dissolution d’un sel (N03NH4 par exemple) dans l’eau donne un effet réfrigérant plus énergique à bien meilleur compte.
- M. /. Duclaux a pensé qu’on pouvait les utiliser dans des conditions différentes, en profitant de ce qu’ils se prêtent à l’accumulation de l’effet frigorifique. Soient deux liquides qui se refroidissent en se mélangeant : les premières portions mélangées peuvent servir à refroidir séparément les portions suivantes; celles-ci à leur tour refroidiront les suivantes à un degré plus bas, et ainsi de suite, de telle sorte que la température ira sans cesse en baissant. Il suffira pour obtenir ce résultat d’appliquer le principe des échangeurs de température, ou récupérateurs de froid, c’est-à-dire d’introduire les deux constituants, par deux longs tubes, jusqu’au point où ils devront se mélanger, et d’obliger le mélange à refluer, à l’extérieur des deux tubes, sur toute leur longueur jusqu’à la sortie de l’appareil. La construction de cet appareil est très simple, car des tubes du plus petit diamètre (1 mm), qui se plient à toutes les formes, suffisent à laisser passer les très faibles quantités de liquides nécessaires (1 à 2 gouttes par seconde).
- En choisissant des liquides convenables, on peut arriver ainsi à des températures assez basses. Le mélange le plus avantagenx, d’après M. Duclaux, est celui de sulfure de carbone et d’acétone ; il permet d’arriver rapidement à la température de — 48°, et la dépense en est très faible : elle a été, par exemple, dans une des expériences de l’auteur, de 100 cm5 de CS2 et 70 cm3 d’acétone à l’heure pour maintenir une température de — 43°,5 dans un volume de 20 cm3, protégé par un tube à double paroi argentée, la température extérieure étant de 220. Il est facile d’ailleurs de régénérer les constituants en profitant de leur inégale solubilité dans l’eau, car il suffit d’agiter le mélange à trois reprises avec la moitié de son volume d’eau pour réaliser une séparation à peu près complète, qu’on achève par distillation.
- Une fois réglés, les appareils construits sur ce principe permettent de maintenir pendant plusieurs heures une température à peu près constante, ce qui est difficile avec les mélanges réfrigérants ordinaires.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits, d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Rectification. — La fontaine hygiénique. — Nous avons décrite, dans notre n° 1949 An ier octobre 1910 sous ce titre, une intéressante fontaine avec pipettes individuelles permettant de boire sans gobelets. Cette fontaine avait été installée au lycée Passos, à Lisbonne, par M. Fontoura da Costa. Un obligeant correspondant nous signale que le mérite de l’idée originale de ce dispositif semble revenir à un médecin français, M. Le Méhauté, médecin de la marine qui, en igo5, fit construire un appareil de ce genre à bord du vaisseau-école Duguay- Trouin.
- Communications. — Le monument de Parmentier. — Dans la Boîte aux lettres du 5 novembre 1910, nous avons exprimé le regret de ne rien savoir sur le monument de Parmentier; le Dr A. Barillé, pharmacien principal de iro classe en retraite, veut bien nous communiquer la notice suivante : Antoine Augustin Parmentier, pharmacien inspecteur des armées, officier de la Légion d’honneur, membre du Conseil de santé de l’armée, membre de l’Institut de France, du Conseil général des
- hospices civils de Paris est né à Montdidier (Somme), le 12 août 1737, et mort à Paris rue des Amandiers Popincourt, n° 12 (aujourd’hui avenue Parmentier), le 17 décembre i8i3. — Il a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à Paris (division 3g, près de Fallée La Fontaine et de l’avenue transversale n° 1) où sa modeste tombe est encore entretenue par les soins de la Ville de Paris. Une grille en fer entoure ce pieux monument où l’on remarque un médaillon en bronze avec le buste de Parmentier. Des fêtes magnifiques ont eu lieu à Montdidier en mai 1886 pour célébrer le centenaire de ce savant, propagateur de la pomme de terre et bienfaiteur de l’humanité, qui fut attaché à l’armée pendant 40 ans comme pharmacien militaire, portant au début le titre d’ « apothicaire major des camps et armées du Roy ». La statue de ce célèbre agronome, comme on l’appelle également, s’élève sur une des places de la ville de Montdidier. La ville de Neuilly (Seine) possède aussi, sur l’une de ses places, derrière la mairie, une statue de « Parmentier étudiant la pomme de terre » par Adrien Gaudez. On peut y voir, en outre, à la mairie, salle des fêtes, une belle toile de Gervez, de tonalité claire, « Louis XVI et Parmentier à Sablonville. »
- Renseignements. — J. D., à Orléans. — Taches d’acide azotique sur moquette rouge. En traitant par l’ammoniaque aussitôt après formation, il est facile d’éviter toute détérioration; employé trop tard le même
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- réactif permettra peut-être de régénérer la teinte, mais les fibres (surtout le coton ou le chanvre de l’envers) resteront altérées. Si la nuance brunissait par l’ammoniaque, laver le lendemain à l’eau vinaigrée.
- Dr Ch. Lamoin, à Muzzano, près Lugano, Tessin. — Les huiles siccatives de lin se préparent toujours par cuisson avec des produits divers. Peut-être néanmoins obtiendriez-vous de bons résultats en mélangeant à froid l’huile et du « siccatif solide » des peintres en badigeon facile d’ailleurs à préparer en broyant 980 gr. de blanc de zinc avec 20 gr. d’un mélange à poids égaux de sulfate de zinc, sulfate de manganèse et acétate de manganèse.
- M. A. Cordier-Dupas, à Crépy. — Toutes les formules de développement sont bonnes pour réussir dans le sens que vous indiquez.
- M. David Elysée, à Saint-Etienne. — Rouille sur fils d'acier. Si vous ne pouvez pas employer un abrasif (papier de terre ou toile d’émeri par exemple), ce qui serait le moyen le plus simple et le plus efficace, mettez longuement en contact d’une solution de citrate d’ammoniaque et frottez avec une brosse : le fer est inatta-qué et la rouille solubilisée. Mais si la couche de rouille est épaisse, il faut beaucoup de patience.
- M. A. B., Château de Coppières. — Taches de brou de noix sur les mains. Laver à l’extrait d’eau de Javel et rincer à l’eau. Si c’est insuffisant, traiter les taches : i° par une solution concentrée de permanganate de potasse ; 20 par du bisulfite de soude du commerce mouillé de son volume d’eau.
- M. R. Marchand, à Bagnères-de-Bigorre. — Impossible de répondre à la question ainsi posée. Il existe des centaines de bonnes formules d’imperméabilisation, mais pour chaque tissu, en vue de chaque application, on doit employer certaines et non d’autres Si vous voulez nous envoyer un échantillon du tissu, et nous donner le détail de vos essais infructueux, nous ferions volontiers quelques essais et pourrions peut-être vous mieux renseigner.
- M. M. F., à Cambrai. — Pour avoir des bouillottes conservant longtemps leur chaleur, il suffit de remplacer l’eau par une solution saturée d’acétate de soude ; le
- chauffage est beaucoup plus long, mais la bouillotte met très longtemps à se refroidir.
- M. R. Rollero, à Compiègne. — Il est très difficile d’enlever les vieilles taches d’huile sur les parquets. Peut-être obtiendrez-vous un résultat appréciable en appliquant sur les endroits souillés une bouillie bien homogène de craie et de benzine ou d’essence de pétrole. On laisse sécher naturellement et on enlève la poudre qui a absorbé des matières grasses. Le traitement doit être répété à plusieurs reprises.
- /. M. 72. — Nous ne connaissons pas d’autre ouvrage répondant à votre désir que les Joanne. Nous ne saurions trop vous engager à ne pas chercher à improviser un ciment dentaire. Les produits en usage demandent une préparation assez délicate.
- M. H. V. de B., à Anvers. — La circulation d’eau par pompe dans les automobiles présente les avantages suivants : sécurité, grande vitesse de circulation, petite tuyauterie, installation facile, et du tuyautage et du réservoir d’eau. Par contre, elles compliquent le mécanisme, par suite de la nécessité d’une commande, elles demandent de l’entretien. La pompe centrifuge paraît être indiscutablement le meilleur des types de pompes à employer. Le thermosiphon, bien installé, donne également de bons résultats ; il a l’avantage de la simplicité; mais il exige une tuyauterie minutieusement étudiée ; si vous achetez une automobile d’une marque sérieuse, vous pouvez vous en rapporter à l’avis de votre vendeur pour vous déterminer dans votre choix.
- M. Cordier, à Crépy-en-Valois. — Vous trouverez un excellent et récent ouvrage sur le Mexique à la librairie Delagrave, i5, rue Soufflot, Paris.
- M. J. Lascombe, à Tournon. — Vous trouverez le café sans caféine chez M. Max, 31, rue des Petites-Ecuries, Paris.
- B. G., 3o5. — Yoyez les articles suivants : Machines à papier à grande production, n° 1880, 5 juin 1909, p. 3; Y Examen microscopique des papiers, n° 1886, 17 juin 1909, p. 102; Cellulose et industrie chimique, Variétés, n° 1889, 7 août 1909; le Papier de sorgho, Variétés, n° igo5, 27 novembre 1909; le Brésil, réserve de pâte à papier, Variétés, n° 1910, ior janvier 19x0.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de’notre précédent numéro.
- Une mine polaire : L. De Launay. — Le dirigeable « Clément-Bayard II » : Lucien Fournier. — Le raffinage des caoutchoucs : A. Chaplet. — La foudre et les éclairs : J. Loisel. — Nouvelles presses rotatives à grand débit : André Conté. — Le prix Nobel pour la physique : R. de Baillehache. — Académie des sciences; séance du 21 novembre 1910 : Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — L’iode dans les minerais salins. — Une application pratique du télégraphone. — Le phonographe en téléphonie. — La securité en aéroplane. — Voitures de remorque en aluminium pour tramways. — L’automobile électrique aux Etats-Unis. — La vitesse du système solaire dans l’espace.
- Formulaire pour la construction des aéroplanes. Un volume de poche. Librairie Aéronautique, 32, rue Madame. Paris, 19x0. Prix : 3 francs.
- Excellent petit livre condensant avec concision et précision les formules théoriques et les renseignements pratiques nécessaires aujourd’hui aux constructeurs et manieurs d’aéroplane. Il comprend 5 chapitres. Résistance de l’air; Dynamique de l’aéroplane; Propulseurs aériens; Moteurs; Résistance des pièces d’un aéroplane.
- Nouveaux mécanismes et nouvelles méthodes pour l’essai des métaux, par Pierre Breuil. In-4° de 316 pages, avec 253 fig. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris. Prix : 12 francs.
- M. Pierre Breuil a réuni en un volume les études qu’il a faites sur les nouveaux mécanismes et méthodes pour l’essai des métaux. Il a fait l’examen critique et approfondi des innovations récentes dix domaine de l’expérimentation des métaux. Les 25o figures qu’il
- contient complètent la valeur de ce volume si documenté et où les meilleurs travaux français et étrangers sont exposés.
- Teinture, corroyage et finissage des cuirs, par M.-C. Lamb, F. G. S., traduit par Louis Meunier et Jules Prévôt. Encyclopédie industrielle, M.-C. Lechalas. In-8° (25-16) de vi-470 p., avec 2o3 fig. et 4 pL d’échantillons, 1910 (Gauthier-Yillars). Prix : 20 fr.
- Depuis vingt ans, l’apparition du tannage au chrome et le développement rapide de l’emploi des extraits tanniques ont déterminé un changement d’orientation complet dans l’industrie de la tannerie et de la mégisserie; Ce mouvement s’est manifesté principalement en Angleterre. Cette traduction de l’ouvrage de M. Lamb s’adresse tout particulièrement aux contremaîtres et aux chefs d’atelier; nous espérons qu’elle rendra service également aux chimistes et aux élèves de l’Ecole française de Tannerie. Ils y trouveront, exposés sous une forme simple, à côté des questions qui leur sont familières, des indications nouvelles sur les méthodes de travail et les tours de mains usités en Angleterre pour certaines spécialités encore peu développées en France.
- Les fonctions mentales dans les sociétés inférieures, par L. Lévy-Bruhl. Paris. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain. 1910. 1 vol. in-8\ Prix; 7fr,5o. (Bibliothèque de philosophie contemporaine. Travaux del’Année sociologique.)
- Le livre de M. Lévy-Bruhl est une excellente tentative pour coordonner, en un ouvrage d’exposition, les résultats acquis sur la mentalité des peuples primitifs par l’école anthropologique anglaise et par les socio-
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- i BIBLIOGRAPHIE
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- lognes français. Après avoir montré que la mentalité primitive est avant tout essentiellement mystique, et que comme telle elle procède beaucoup moins par association que par confusions d’idées (ce que M. Lévy-Bruhl appelle : la loi de participation), il suit la vérification de ces principes dans toute une série d’exemples qui sont empruntés tour à tour au langage, à la numération, puis aux institutions (chasse, pèche, guerre, pratiques relatives à la mort, etc.). Sou livre constitue une sorte de tableau d’ensemble de la vie primitive, qu’on ne saurait trop recommander de lire, comme complément et contre-partie de celui de M. Tylor sur la Civilisation primitive.
- La Préhistoire. Origine et antiquité de l'homme, par G. et A. De Mortillet: Paris. Schleicher, 8, rue Mon-siçur-4e-Prince. i vol. in-8°, 730 p. (Bibliothèque des sciences contemporaines). Prix : br , irr,çp ; cart., 2rr,\A
- . L’ouvrage fondamental de G. et A. de Mortillet sur
- la Préhistoire est connu de tous. La présente édition le met à la portée de chacun, et contribuera sans nul doute vigoureusement à la divulgation de la préhistoire.
- Philosophie d'une guerre (1870), par Emile Gllivier, de l’Académie française. (Bibliothèque de philosophie scientifique, dirigée par le Dr Gustave Le Bon). Paris. Flammarion, in-12. Prix : 3fr,5o.
- « Il est peu d’histoire aussi tragique que celle-là, je vais la raconter», déclare l’auteur et « prouver aux pacifistes que les peuples ne sont pas libres d’éviter les guerres qu’un adversaire leur impose ». Le livre de M. Emile Ollivier montre, en effet, que malgré les volontés de l’Empereur Napoléon III et de ses ministres qui voulaient éviter la guerre, malgré la volonté du roi de Prusse qui ne la souhaitait pas davantage, elle fut imposée par les intrigues de Bismarck qui la voulait à tout prix.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Du Four (Parc Saint-Maur, altitude
- OUSERVATIONi . 7 HEURES DU MATIN TIIENM LM ÊTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PIXIK EN MILLIMÈTRE
- Lundi 21 nov. 1910. — 0°,8 N. T Brouillard. 0.1
- Mardi 22 — 2°,0 S. S. W. 1. Nuageux.
- Mercredi 23 ... -5°,3 S. S. E. 1. Couvert. 7.6
- Jeudi 24 6°,8 E. S. E. 1. Couvert. »
- Vendredi 25 . . 2°.0 E. S. E 2. Pluie. 14.6
- Samedi 26 . - 2°,2 N. N. W. 2. Beau.
- Dimanche 2-7 ... . 1M S. S. E. 1. Couvert. 1,5
- OBSERVATIONS GENERALES
- Pluie de 0 li. n O1’ 15; cour, le m., beau le s.; brouillard; gel. bl. Nuagx, coüy. dans la s. ; gel. ld.; halo ; givre ; brouil à part, de 10b. Couv.; brouil. jusq. 15 h ; grésil, puis neige à partir de 18 h. Presque couvert.
- Couv. ; pluie à part, de 5 h. 15, presq. continue, neige et grésil. Beau jusq. 15 b., ngx ensuite ; gel bl.; brouill. à 10 h. et à 21 h. Couvert ; gelée blanche ; pluie à diverses reprises 1 ap.-midi.
- NOVEMBRE 1910.— SEMAIN ~ DU LUNOI 21 AU DIMANCHE 27 NOVEMBRE 1910.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à, l'abri A boule mouillée. _ ‘
- Du, 21 au novembre. — Le ai. La dépression des Iles-Britanniques s’étend sur l’E. : Yalencia, 760; Roche-fort, 761 Copenhague, 754. Pluies et neiges sur le Centre et l’O. ; en .France .:LGap, 45: Biarritz, 12 ^Bordeaux, Lorient, 10; Marseille, 6; Brest; 4 ! Paris, 3. Temp. du malin : Seyd sfjord, :—4'05 Paris, — 1 ; Alger, ï4; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris :. —o°,3 (normale : 4°,3). — Le 22. Dépression sur l’Atlantique et sur l'Allemagne : Dantzig, 75?! pression supérieure à 765 sur nos régions et sur-le-NNE. dù continent. Pluies sur le N. et l’Ô'. ; en France : Toulouse, i3; Brest, 12 ; Clermont-Ferrand, Lyon, 4. Temp. dû mâtin : Uleaborg, — 4°; Paris, 2; Alger, 17; Puy de Dôme, 7 ; moyenne à Paris : -— i°,4 (normale : 4°>6). —Le 23. Les basses pressions dé Jl’Atlantique se propagent vers les Iles-Britan-niqiies : Irlande, 762; Arkhangel,-77.6. ' Pluies sur le N. et l’O. ; en France : cap Bearn, 17; Brest, 14 ; Nantes,
- i3; Biarritz, 6. Temp. du matinf: Arkhangel, —i3°; Paris, —3; Alger, 16; Puy de Dôme, — 4 ;,moyenne à Paris —o0,7 (normale : 4°»5). — Le 24. Dépression au large des Iles Britanniques : Irlande, 756; Scandinavie, 775; Arkhangel, 77g. Pluies et bpige sur le Centre et l’Ô. ; en France : Puy de Dôme, 34; Le Mans, 17; Cherbourg, 16; Bordeaux, g; Nantes, Paris, 8; Brest, 6. Temp. du matin : Arkhangel, —90; Paris, 1 ; Bordeaux, 13 ; Puÿ de Dôme, ' — 5 ; moyenne à Paris : a°,6 (normale : 4°,4).— /,e'a5> Dépression sur l’O. de la France: Nantes, 750; Arkhangel, 778. Pluies sur PÔ. et l’E.; en France : Lorient, 26; Cherbourg, 20; Rochefort, :i3; Brest, iô: Le Havre, 4) Paris, T. Temp. du matin : Arkhangel, - g0: Paris, 2: Alger, 17; Puy de,Dôme, 5; moyenne à Paris : 20,8 (normale : 4°,3). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 23, à 6 h. 22 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY . j E.-A. MARTEL
- , | •
- Professeur à l’École des Mines j Ancien Président de la Commission centrale
- et à l’École des Ponts et Chaussées. | de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L,ü Nature » doit être .adressé aux bureaux du journal : "Boulevard Saint-Germain, Paris ("VF)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d'origine.
- 10 DECEMBRE 1910
- SUPPLEMENT
- INFORMATIONS
- Inondations en France. — Des pluies générales sévissent à nouveau sur toute la France et de nombreuses régions sont douloureusement atteintes par le fléau des inondations. Le bassin de la Seine a été cette fois relativement épargné, et les eaux du fleuve sont restées nola^ blement au-dessous du niveau atteint le 20 novembre dernier (6,80 m. au pont Royal). Il n’en est malheureusement pas de même dans les bassins de la Loire, du Rhône et de l’Orne, où les crues ont dépassé les cotes de janvier dernier et provoqué des catastrophes. La vallée de la Loire depuis 1711 n’avait plus connu d’aussi désastreuses inondations. Depuis le 24 novembre, Sau-mur, Angers, Ancenis, Nantes et la plupart des bourgs et villages échelonnés le long du cours inférieur de la Loire, sont envahis par les eaux. Les régions de Nantes et Ancenis sont particulièrement éprouvées par suite de la rupture des digues qui enserrent la Loire dans leur voisinage. Les habitants ont dû à la hâte abandonner leurs demeures,'et les dégâts atteindront des chiffres énormes. A Caen, l’Orne a envahi la ville. La Vilaine et l’Ille inondent Rennes. La Charente submerge les bas quartiers de Saintes. Dans le bassin du Rhône, les départements de l’Ardèche et du Gard sont très éprouvés. Avignon est menacé et les communications sont interrompues en de très nombreux endroits. Le nouveau désastre qui frappe la France paraît aussi grave que celui du début de l’année.
- Le concours de moteurs de la Ligue Nationale Aérienne. — Voici les principales dispositions du règlement du concours de moteurs organisé par la Ligue Nationale Aérienne. Ce concours comporte 20 000 francs de prix. Les inscriptions sont reçues, dès maintenant, au siège de la Ligue Nationale Aérienne, 27, rue de Rome, jusqu’au icr juin 1911. Le concours commencera le ier juillet 1911. Les moteurs admis à concourir. seront, d’après leur puissance effective, divisés en trois catégories : i° Puissance inférieure ou égale à 35 chevaux; 20 Puissance comprise entre 35 et 70 chevaux ; 3° Puissance égale ou supérieure à 70 chevaux. Dans chaque catégorie, la hase du classement sera le poids par cheval. Sera classé premier le moteur le plus léger au cheval. Dans chaque catégorie le moteur placé premier recevra un prix de 5ooo francs. Des trois moteurs ainsi primés, celui qui sera le plus léger au cheval recevra .un prix supplémentaire de 5ooo francs auquel viendra s’ajouter, le cas échéant, le reliquat du montant des engagements. Les épreuves officielles consisteront en deux séances de marche continue à pleine puissance, d’une durée de 5 heures chacune. Ces séances auront lieu au cours de deux journées consécutives.
- Les lampes à quartz à vapeur de mercure. — Nos
- lecteurs connaissent les lampes électriques à arc de mercure, et savent qu’elles fournissent un éclairage fort économique. Celte qualité a été. encore accrue dans les lampes où l’enveloppe est faite de quartz fondu et non
- de verre. On sait aujourd’hui fabriquer couramment les tubes de quartz; l’emploi des lampes à quartz pour la stérilisation par les rayons ultra-violets a favorisé les progrès de cette technique. On peut se demander pourquoi une lampe à quartz qui fournit la bougie moyennant une dépense de o,25 à o,5o watts est plus économique qu’une lampe à enveloppe de verre. Notre collaborateur, M. Maurice Leblanc fils, l’explique fort clairement dans la Lumière électrique. La dépense d une lampe à arc de mercure est fonction de la pression de la vapeur de mercure dans l’arc. A partir d’uue certaine pression, elle diminue rapidement quand la pression augmente. Dans les lampes en verre, le meilleur rendement est obtenu par une pression d’ordre du millimètre. Si la pression augmente, la dépense augmente tout d’abord; mais, quand on est arrivé à la pression de l’ordre de l’atmosphère, la dépense tombe sensiblement au-dessous de ce qu’elle était pour les cas de faible pression de 1 mm. Avec le rerre on ne pouvait songer à atteindre les pressions de l’atmosphère, car elles correspondent à une température de la vapeur à laquelle le verre fondrait. Le quartz au contraire qui ne fond que vers 1800° résiste parfaitement. Cette haute température a en outre l’avantage d’améliorer la couleur caractéristique de l’arc de mercure; elle devient plus jaune. Le quartz a, pour les applications de la stérilisation, l’avantage de ne pas absorber les rayons ultra-violets seuls microbicides. Les prises de courant de la lampe se font au moyen de cônes en métal invar engagés dans un tube unique en quartz, le tout recouvert de mercure pour faire joint hermétique. Le métal invar et le quartz ont un coefficient de dilatation à peu près semblable et presque nul.
- Les travaux de File d’Helgoland. — L’île d’Helgo-land, dont nous avons déjà parlé assez longuement dans un précédent article de La Nature (7 janv. 1905) et qui, en 1890, a été cédée par l’Angleterre à l’Allemagne, est un point stratégique de. la plus haute importance dominant l’entrée de l’Elbe et du Weser. Aussi le gouvernement allemand y a-t il prodigué tous les moyens de défense. Ce rocher complètement isolé, d’une hauteur moyenne de 60. m. au-dessus de la mer, dont la plus grande longueur est de’ 1600 m. et la plus grande largeur de 55o m. est bordé de falaises à pic, constituées de roches argileuses qui, sous l'influence du choc des lames pendant les tempêtes, s’érodent au point de faire craindre, si on n’y prenait garde, la disparition complète de l’île dans un temps limité. Il était donc urgent, comme on le disait dans l'article précédent, de prendre les mesures nécessaires pour arrêter ces érosions des falaises. C’est ce que le gouvernement allemand s’est décidé à faire en défendant le pied des falaises sur la plus grande partie de la périphérie de l’île, c’est-à-dire sur 48oo m. de longueur, par un mur en béton armé soutenu par des contreforts en maçonnerie de 4,80 m. d’épaisseur. Ces murs de défense ont une hauteur de
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- INFORMATIONS
- 8 m. De plus, afin de consolider les parties fissurées de la falaise au-dessus du mur et empêcher les éboule-ments à la suite des gelées, on a rempli ces crevasses de massifs en béton armé. Les travaux de défense contre les érosions de la mer aujourd’hui terminés et qui ont déjà subi le choc de plusieurs tempêtes, ont coûté i5s> millions de francs, soit 32000 fr. par mètre courant. On a également décrit dans le précédent article les travaux entrepris pour consolider l'îlot des Dunes situé à 1200 m. d Helgoland et lui donner une stabilité suffisante pour servir de base à un port de refuge à l’Est de l’île et, par conséquent, abrité des vents violents du N.-O. Ce port est destiné à recevoir l’escadre allemande de la mer du Nord. Les travaux de consolidation de l’îlot des Dunes qui sont aujourd’hui terminés, ainsi que ceux du port de refuge, ont coûté la somme de 4i millions de francs. C’est donc, sans tenir compte des dépenses considérables nécessitées par la construction du fort établi au sommet de l’île et des autres travaux accessoires militaires, une somme de iq3 millions de francs actuellement dépensés. Ceci montre l’importance stratégique que le gouvernement allemand attache à l’île d’Helgoland et explique son désir d’y établir un port militaire de premier ordre.
- Transbordeur pour cholériques. — L’invasion du choléra dans la partie occidentale de la Russie a porté les autorités médicales de l’empire à faire construire
- plusieurs chaloupes à vapeur pour le transport des malades au lazaret de Wilna. Le premier de ces navires, commandé à la succursale de MM. John I. Thornycroft et C°, à Helsingfors (Finlande), vient d’être accepté par l’amirauté russe après des essais satisfaisants, qui ont fourni la AÛtesse prévue de io nœuds. Il présente des particularités intéressantes. Long de 14 m. sur une largeur de 3 m., il n’a que 4o cm de tirant d’eau, ce qui lui permet de s’engager dans les rivières les moins profondes. Divisée en six compartiments, la quille comporte à l'avant un réservoir de paraffine, d’une capacité de 5oo litres. Le deuxième compartiment est la chaufferie, qui renferme un moteur à paraffine de la force de 36 ch.-v. Le troisième sert de cabine pour l’équipage avec ses lits pliants et sa claire-voie, qui assure une ample ventilation. Tient ensuite un espace ouvert pour la timonerie, suivi d’une vaste cabine-salon à l’usage des officiers du service de santé, et qui contient des lits-sofas, tables, armoires, etc. La seconde moitié du navire, séparée de la première par une cloison étanche, est consacrée aux malades, dont six peuvent prendre dans une vaste cabine bien aérée par une claire-voie où ils ont accès soit par une porte qui ouvre sur le passage ménagé autour de la partie hôpital, soit par une porte à glissière percée dans la toiture. De cette façon, l’équipage n’est jamais en contact avec les malades, qui ont leur lavabo particulier.
- Distillation des boues d’égout. — Nous avons signalé dans nos informations du 5 novembre 1910 l’utilisation en Angleterre des boues d’égout distillées; Une application du même genre a été faite récemment à Brünn (Autriche) par M. le Professeur Honig. Les boues distillées fournissent un gaz employé pour l’éclairage public. Une installation d’étude fonctionne depuis 1906 et les résultats viennent d’être publiés. Nous les résumons d’après notre confrère Le Gaz. La quantité d’eau d’égout de Brünn est d’environ 23 000 m5 en 24 heures, la moyenne des analyses poursuivies depuis 3 ans donne la composition suivante par mètre cube : 16 600 gr. de matières solides constituées par 4I)4o pour 100 de cendres, 3i,o4 pour 100 de carbone, 3,g5 pour 100 d’hy-
- drogène, 20,73 pour 100 d’oxygène, 2,87 pour 100 d’azote, i,63 pour 100 d’acide phosphorique, 0,42 pour 100 de potasse. Le résidu solide supposé débarrassé de cendres a un pouvoir calorifique voisin de celui de la tourbe. Le résidu de la distillation laissera en outre des produits azotés utilisables comme engrais. Les èaux d’égouts sont décantées durant 3 à 4 heures. Ce dépôt est traité dans un filtre-presse spécial, imaginé par M. Alt. On obtient ainsi chaque jour 16 600 kg de boues pâteuses. Ces boues sont ensuite desséchées totalement et distillées dans des cornues identiques à celles qui servent à fabriquer le gaz d’éclairage ; les charges par cornues sont de 55 kg; la distillation s’effectue en 2 heures et demie. Le gaz de boue sèche a un pouvoir calorifique égal à celui du gaz de houille ; le rendement est de 23,8 m3 de gaz et 14,5 kg de coke par 100 kg de boue. On distille par jour 37 tonnes de boues sèches. Ajoutons que le traitement de toutes les boues d’égout donnerait encore par an 3oooo fr. de sulfate d’ammoniaque. Dans ces conditions, l’épuration des eaux d’égout, opération absolument indispensable à la santé publique, cesse d’être onéreuse et amortit d’elle-même ses frais d’installation et d’entretien.
- Le renflouement du « Maine ». — On sait que, dans le port de la Havane, gît depuis 12 ans au fond des eaux, les débris d’un cuirassé américain Le Maine, dont l’explosion, encore mystérieuse, a provoqué la guerre entre les Etats-Unis et l’Espagne. Le président des Etats-Unis, M. Taft, vient d’approuver un projet de renflouement du navire, élaboré par le génie militaire américain. Les opérations commenceront très prochainement. Ce travail est évalué à 1 5ooooofr. On construira autour de l’épave un grand bâtardeau formé de piliers cylindriques en acier. On épuisera l’eau à l’intérieur de ce bâtardeau et l’on pourra se rendre compte exactement de l’état de la coque et des moyens les plus efficaces pour la dégager. On se rendra compte en même temps de la cause exacte de la perte du navire : explosion d’une mine déposée avec la complicité du gouvernement espagnol, comme l’ont prétendu les Etats-Unis, ou explosion des munitions du navire comme l’assurait l’Espagne ? On avouera qu’au lieu de se lancer dans une guerre longue et onéreuse, les deux nations eussent agi plus sagement, pour trancher leur différend, en se livrant de concert aux investigations en somme peu coûteuses qui vont être maintenant entreprises. Le Maine
- Plan du batardeau à tubes d’acier, destiné à mettre à nu la coque du Maine.
- repose actuellement sous 11,10 m. d’eau sur un fond de vase et d’argile de 18 m. environ, en dessous duquel on trouve le roc solide. Les piliers du batardeau seront enfoncés de 9,90 m. dans le sol argileux. La disposition du bâtardeau sera celle représentée sur la figure. Le but réel de ce travail, l’intérêt historique mis à part, n’est pas de retirer une épave très probablement sans valeur; si elle est renflouable, elle constituera pour les Etats-Unis une magnifique pièce de musée; mais ce que l’on désire avant tout, c’est dégager le port de La Havane qui se trouve obstrué au plus grand détriment du commerce ; aussi est-il fort probable que l’on se contentera de dégager la coque de façon à permettre d’entraîner aisément le navire sur la haute mer où il serait définitivement abandonné.
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- s»s. Agriculture
- Charrue réversible. — Cette charrue consiste en un corps de Brabant double dont l’age peut décrire une demi-circonférence autour d'un axe horizontal, pour prendre à volonté la position de travail à droite ou à gauche; ce mouvement de rotation de l’age est commandé par la barre d’attelage au moyen de secteurs dentés coniques. La charrue est montée sur trois roues réglables en hauteur pour faire le labour à la profondeur convenable et les roues directrices sont montées à pivot, ce qui leur permet de prendre dans le sillon une position correcte alternativement en avant et en arrière du corps de charrue ; cette disposition permet aussi le réglage de la largeur de bande.
- A l’extrémité d’un sillon, le conducteur n’a pas à
- La charrue pendant le renversement de l’age.
- descendre de son siège, il appuie sur la pédale verrouillant la barre d’attelage et fait évoluer ses chevaux dont son siège suit le mouvement. Pendant cette manœuvre, le corps de charrue bascule automatiquement; à fond de course, quand l’attelage a pris la nouvelle direction, la barre d’attelage s’enclanche automatiquement et la charrue est prête à tracer un nouveau sillon.
- Ce dispositif évite les pertes de temps nécessaires pour faire changer de direction une charrue ordinaire et diminue de beaucoup la largeur de l’espace non labouré à chaque bout du champ. Quoique un peu plus lourde qu’un brabant double ordinaire, cette charrue n’exige, paraît-il, pas un effort de traction plus considérable. Elle est construite par M. Bajac, à Liancourt (Oise).
- Aviation
- Le tachymètre P. P. extra-léger pour aviation.
- — Il existe un nombre considérable de tachymètres dont la construction repose sur les principes les plus différents : dans certains même, on fait intervenir l’électricité. Sans doute le moyen le plus simple de constater la vitesse de rotation d’un engin mécanique quelconque est d’employer un compteur de tours dont on applique l’extrémité de l’arbre contre la pièce en mouvement et son axe de rotation et cela pendant un temps donné. Cette opération, qui nécessite une certaine habitude, car il faut en même temps tenir le compteur de tours en bonne position et suivre la mai’che d’un chronomètre, n’est pas toujours très
- Ijr'
- Fig. i:
- c d
- Fig. 2.
- Coupe
- du
- tachymètre.
- aisée, et dans certains cas elle est même radicalement impossible.
- Ainsi comment un aviateur en plein vol pourrait-il la pratiquer pour reconnaître la vitesse à laquelle tourne
- une hélice ? Evidemment à terre, au point fixe c’est très facile, mais il n’en est plus de même après le départ. Cependant la connaissance exacte de la vitesse de rotation des hélices d’aéroplanes en marche est une donnée des plus précieuses d’autant plus que cette vitesse n’est plus la même pour une puissance déterminée du moteur au point fixe et en plein vol par suite du déplacement rapide de l’appareil dans ce dernier cas.
- Le tachymètre P. P. a été spécialement construit pour son utilisation à bord des aéroplanes. Il est entièrement mécanique et par conséquent à l’abri de toute cause de perturbation comme les changements de température par exemple, de plus son poids, 3oo gr. environ, ne
- l
- mécanisme
- tachymètre.
- constitue pas une surcharge bien appréciable pour des appareils où la question des poids à transporter a cependant une importance primordiale.
- Le fonctionnement est basé sur l’effort de redressement d’un tore qui tourne autour de son axe mais subit en même temps l’action d’un ressort qui tend à le faire dévier du plan perpendiculaire à son axe de rotation. D’une façon schématique le tore A (fig. i) tourne autour de l’axe XX’ et tend à prendre les positions A1, A2, A3, etc. et viendrait tourner dans le plan YY' perpendiculaire à l’axe XX' s’il n’éprouvait pas la résistance opposée par le ressort antagoniste. La valeur de la vitesse à laquelle tourne à chaque moment l’arbre XX’ est donnée par la variation de l’angle a.
- L’arbre a du tachymètre est relié de façon convenable avec l’appareil dont il doit contrôler la vitesse ; il porte un axe y autour duquel peut pivoter le tore b dont l’axe de rotation est le même que celui de l’arbre a. Un ressort soigneusement taré r fixé à l’arbre a tend à maintenir le tore b dans une position inclinée par rapport à son axe (fig. 2 èt 3).
- Le toreù porte une biellette c qui transmet à un petit piston d les mouvements qu’il subit sous l’action de la force centrifuge. Ce piston d se déplace à l’intérieur de l’arbre a du tachymètre et, par l’intermédiaire d’une petite tige e actionne un levier f. Sur l’axe du levier f est monté un secteur denté g qui met en mouvement un train d’engrenages ayant pour but d’imprimer à l’aiguille du tachymètre un déplacement convenable sur le cadran.
- En h et en i sont deux butées, l’une réglable, l’autre fixe destinées à limiter l’amplitude de la course de l’aiguille.
- < Le tachymètre P. P. est réglé pour contrôler des vitesses de 5oo à 2000 tours par minute, ce qui est amplement suffisant pour les vitesses usuelles des mo-
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- Pi
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- teurs actuellement employés en aviation. Dans les cas où il est préférable de pouvoir orienter à volonté le cadran du tacliymètre, celui-ci peut être pourvu d’une commande par engrenages au lieu d’avoir une commande directe et fixe.
- Cet appareil peut rendre de grands services aux constructeurs d’aéroplanes, de moteurs, d’hélices car il arrivait très souvent jusqu’ici qu’ils avaient des idées assez erronées sur les vitesses de leurs appareils en plein vol. — Lé Tachymètre P. P. est vendu par la Société « Propulsa », 2, avenue de Messine, Paris.
- Projection
- Les « Reclamograph ». — Voici deux petits dispositifs. pratiques et relativement peu' coûteux, pour faire automatiquement la réclame lumineuse; l’un projette
- une vue fixe, paysage ou annonce, Pautre donne une vue animée ou ci-n é matographique. Ils peuvent être employés simultanément, le petit spectacle de cinématographe servant à atlirer l’attention des passants sur les annonces lumineuses qui succèdent à la vue animée.
- Le Reclamo-graph pour vues fixes, se compose d’une lanterne à projections munie d’un grand disque en tôle perforé sur son pourtour de
- 36 ajours dans
- lesquels sont serties des lamelles
- transparentes, , en verre, gélatine ou celluloïd, sur lesquelles sont photographiées les vues ou annonces à projeter. Ces photographies sont de la grandeur de celles des films de cinématographe (36 mm sur 25 mm). Le
- disque portant’les r...—;_r.------ ------— ..
- vues est entraîné par un mouvement d’horlogerie placé dans le socle de l’appareil et au moyen d’une came qui arrête chaque vue pendant une minute devant l’objectif. Quand l’appareil est remonté, les réclames lumineuses défilent successivement sans que la présence d’un opérateur soit nécessaire.
- Le Reclamo-grapli pour vues animées comporte un appareil cinématographique et une lanterne avec une forte lampe à ncandescence électrique. Le cinématographe est mû par un petit moteur électrique placé dans l’angle haut à droite du socle de l’appareil ; on voit à l’extérieur de ce socle le rhéostat de démarrage de ce petit moteur. Le mouvement du cinématographe peut
- Le Reclamograph pour vues fixes.
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- Le Reclamograph pour vues animées.
- être continu ou alterné automatiquement par son moteur lui-même. Le film est une bande sans fin qui peut avoir jusqu’à 3o m. de longueur, enroulée sur des poulies en bois disposées en bas et en haut dans l’intérieur du socle du Reclamograph. C’est donc toujours le même film qui passe dans le cinématographe, et ce film peut comporter deux ou trois petites scènes qui se répètent indéfiniment. Les spectateurs se renouvelant constamment devant l’écran, ce spectacle invariable n’en est pas moins nouveau pour ceux qui passent et c’est tout ce qu’il faut pour attirer leur attention sur les réclames que projette l’autre appareil. — Les Reclamograph sont construits par M. G. Mendel, 10 bis, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris; ils ont le grand avantage de fonctionner sans aucune surveillance, en économisant ainsi les frais d’un ou deux opérateurs généralement nécessaires pour les réclames lumineuses.
- c#*s. Mécanique *«&»
- Robinet « Le simple. » — Il existe un nombre infini de robinets ; la plupart se détériorent très rapidement, et il est nécessaire, si l’on veut les réparer, d’arrêter l’eau dans la colonne montante et d’emporter l’appareil à l’atelier. Cet inconvénient n’existe pas avec « Le simple » que nous allons décrire.
- Il se compose de deux parties principales : une rallonge (fig. 2) qui se visse sur le raccord de la conduite comme sous les robinets et le robinet proprement dit. La rallonge affecte toutes les formes imposées par l’installation.
- Le robinet comporte le mécanisme. Le tube d’arrivée d’eau C est vissé sur la rallonge, il se termine par une partie filetée extérieurement permettant les déplacements verticaux d’une pièce cylindrique mobile AB que l’on actionne en tournant à la main un croisillon A. La pièce AB est rétrécie à sa partie inférieure; elle renferme une soupape D dont le plateau est garni d’une rondelle de fibre très résistante; la soupape s’engage à baïonnette à l’intérieur en la maintenant par le bec G et se retire de la même manière.
- En agissant sur le croisillon A, de droite à gauche,
- pic», dans la position de fermeture. « Le Simple ». Position d’ouverture.
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- Fig. 1. Le robinet « Le Simple ». — Fig. 2. Coupe longitudinale du robinet « Le Sim-Fig. 3. Le robinet
- on fait tourner dans le même sens la tubulure AB qui descend sur le tube d’arrivée d’eau C. Ce mouvement produit en même temps la descente de la soupape principale E dont le plateau s’éloigne progressivement de l’orifice du conduit d’arrivée d’eau. La soupape E descend donc automatiquement en même temps que la seconde soupape D, et le robinet ouvert se présente comme le montre notre troisième dessin. Si on continue à tourner le croisillon, la soupape E vient alors appuyer sur son siège H et elle obture complètement la chute de l’eau. Par conséquent, le robinet est encore dans une position de fermeture lorsque la pièce AB est au bas de sa course. On peut alors sortir la soupape principale D pour procéder aux réparations. Le mécanisme de ce robinet est donc très simple, robuste; de plus, il permet le démontage sans qu’il soit nécessaire de couper l’eau au compteur. Ajoutons enfin que la soupape principale D est munie d’un brise-jet. — Le robinet « Le simple » est en vente aux établissements de robinetterie moderne, io, rue Gobert, à Paris.
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- VARIETES
- Essais comparatifs de trois croiseurs de la marine américaine. — L’amirauté des Etats-Unis vient de publier son rapport relatif aux essais qu elle vient de terminer sur trois croiseurs, le Birmingham, le Chester et le Salem. Les coques de ces trois navires sont identiques, ainsi que les chaudières, sauf pour celles du Chester qui, quoique ayant même surface de grille, ont une surface de chauffe un peu plus faible. Les machines du Birmingham sont des machines à pilon, à mouvement alternatif, à triple expansion et quatre cylindres sans enveloppe de vapeur actionnant deux arbres d’hélice. Les quatre arbres d’hélice du Chester sont actionnés par une série de six turbines Parson de marche avant et par deux turbines de marche arrière. Quant au Salem, ses machines se composent de deux turbines à impulsion Curtis, actionnant chacune un arbre d’hélice.
- Ces expériences avaient pour but de mesurer la puissance de chacun de ces moteurs au point de vue de la marche arrière et, en même temps, de comparer leur consommation de vapeur. Le rapport publié dans Y Engineering News du ier septembre 1910, contient de nombreux tableaux donnant les résultats complets de ces essais ainsi que les méthodes employées pour obtenir des résultats aussi exacts que possible. La place nous manquant pour résumer même brièvement ces expériences intéressantes, nous nous contenterons de donner les conclusions du rapport. Au point de vue de la marche arrière, il ressort des . essais qu’avec la machine alternative à pilon on obtient pour cette marche une puissance sensiblement égale à celle de la marche avant et cela sans augmentation du poids de la machine, sauf celui très faible provenant de l’excentrique de cette marche arrière. Avec les turbines, il est nécessaire d’ajouter à celles de marche avant des turbines de marche arrière et, comme il est de toute nécessité de ne pas augmenter dans de trop grandes proportions le poids total des machines, on est conduit à donner à ces turbines auxiliaires la puissance strictement nécessaire et qu’on admet actuellement être de 40 pour 100 de la puissance des turbines de marche avant. C’est dans ces conditions que des essais de marche arrière ont été faits aux vitesses de 10, 16, 22 et 24 nœuds. On a trouvé qu’à ces différentes vitesses la machine alternative offrait une grande supériorité sur la turbine Curtis et que celle-ci était supérieure à la turbine Parson. Au point de vue de l’utilisation de la vapeur, il résulte des essais que jusqu’à la vitesse de 20,6 nœuds correspondant à la demi-puissance des moteurs, le Birmingham a donné des résultats supérieurs à ceux des deux autres types de moteurs ; mais que pour des vitesses supérieures à
- 22,25 nœuds, la machine alternative devenait inférieure aux turbines. Par suite de fuites considérables qui se produisaient aux .stufflngbox des moteurs du Chester, la combinaison des six turbines de ce navire a été moins économique que celle des cinq turbines au-dessus d’une vitesse de 17,4 nœuds, et la combinaison de ces cinq turbines a toujours donné des résultats supérieurs à ceux obtenus avec quatre turbines, et cela jusqu’aux vitesses maxima. Aux vitesses supérieures à 19,45 nœuds, les quatre turbines du Chester ont donné de meilleurs résultats que l'équipement à deux turbines Curtis du Salem. Ces essais paraissent démontrer qu’il y a tout avantage pour les navires de guerre à diminuer le nombre des arbres d’hélice et des turbines. Elle semblerait donc confirmer l’opinion qu une disposition aussi simple que possible des moteurs est la plus avantageuse.
- Innovations chirurgicales. — La guerre de Mandchourie aura été fertile en enseignements pour nos grandes armées occidentales. Elle a mis particulièrement en évidence ce fait que les troupes japonaises durent une bonne part de leurs succès à la merveilleuse organisation de leur corps médical. La leçon n’a pas été perdue. Toutes les nations militaires, s’appliquent à perfectionner le matériel destiné à transporter les blessés et à les soigner sur place.
- Signalons, dans cet ordre d’idées, une invention due à un officier anglais, M. le colonel Donegan, et qui a été expérimenté avec succès à des manœuvres dites médicales, organisées dans la plaine de Salisbury. Elle comprend deux articles indispensables au chirurgien militaire : une civière et une table d’opérations. Ces deux objets sont renfermés dans une caisse si peu volumineuse qu’un soldat peut la charger sans encombres sur son dos.
- L’aluminium a été largement employé dans la fabrication des deux articles. La civière est constituée par des lattes métalliques entrecroisées, formant treillage; repliée, elle n’occupe qu’un volume infime ; dépliée, elle présente l’aspect d’un brancard d’ambulancier, avec ses quatre pieds et ses quatre poignées. Une toile imperméable, où le blessé est enfermé comme dans une sorte de tente-sac, s’agraffe sur le châssis.
- La table est également aussi pratique qu’ingénieuse. Elle est constituée en partie par les parois de la caisse, et comporte différents plans dont l’inclinaison est réglée par des crémaillères. En moins de cinq minutes, un homme peut démonter la caisse et monter la table. Cet équipement est complété par un havresac où l’ambulancier peut transporter i3oo bandages de toile fine.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Un nouveau remède contre les brûlures. — Il
- s agit tout simplement de levure (levure sèche de grain, ou levure humide des brasseries) délayée dans de l’eau bouillie tiède et appliquée sur les brûlures aussi rapidement que possible. La douleur est ainsi calmée très efficacement et la cicatrisation hâtée de façon remarquable (Dr Plantier). Il semblerait, d’après les récents travaux de Fernbach, que ces propriétés proviendraient de la sécrétion de toxines bactéricides par les cellules de la levure.
- Recherche de l’écriture sur le papier calciné. —
- C’est là un problème qui peut être intéressant aussi bien au point de vue de la recherche de certains documents historiques ou autres, qu’au point de vue légal. On a étudié les cendres d’un grand nombre de papiers et les traces que laissent sur ces cendres diverses encres et divers crayons. Toute trace d’écriture avec une encre à colorant organique ou constituée par du charbon : encres bleues, rouges, violettes et encres d’imprimerie, dispai’aît à la calcination, tandis que les encres à base
- de fer, généralement employées en Europe, laissent un résidu brun rouge d’oxyde ferrique. Dans ce cas, les traces d’écriture deviennent très visibles sur les cendres du papier complètement incinéré, et on peut ainsi reconstituer des documents intéressants qui se sont trouvés consumés accidentellement ou intentionnellement.
- Fraude de l’arséniate de soude. —Sitôt que quelque nouveau produit est employé en grand, on signale invariablement diverses falsifications. C’est ainsi que l’arsé-niate de soude employé par les vignerons pour les pulvérisations anticryptogamiques est parfois fraudé avec du sel marin : au lieu de 1 pour 100, quantité normale, plusieurs échantillons analysés dans les laboratoires agronomiques accuseraient une teneur de 28 pour 100.
- Non seulement cette addition frauduleuse constitue un véritable vol, le chlorure de sodium étant bien meilleur marché que l’arséniate; mais elle provoque de graves inconvénients, le sel pouvant brûler les vignes. Aussi les vignerons devront-ils, au moindre insuccès, se rendre compte de la composition de l’arséniate employé.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond egalement, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et ^des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Mesure de la solidité des couleurs (V. n° ig55-i2 nov. 1910. — S’adresser à l’inventeur, M. Dosne, 204, boulevard Ras-pail, Paris.
- Question à nos lecteurs. — Un de nos lecteurs nous prie de poser la question suivante : Peut-on se procurer, même en tomes déparaillés, les Secrets du Seigneur, Alexis Prémontois, si possible dans l’édition de Genève (David Godefroy. 1682).
- Renseignements. — N° 5765-453o. — Ouvrages sur la boulangerie : Manuel du boulanger (collection Roret), chez Mulo, rue Hautefeuille, Paris. Prix : 4 francs. — Le pain, par l’intendant militaire Sérand (1909). 1 vol. 162 p., chez Dunod et Pinat, 49> quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : 4,r>5o. — Le pain et la panification, par Boutroux, chez Baillière et fils, rue Haute-féuille. Prix : 5 francs. La maison Meker, 37, rue Dantbn, Levallois-Perret, s’occupe du chauffage au gaz des fours de boulangerie. Sur le séchage des fruits, voyez les Sécheries agricoles, par D. Siderski. 1 vol. in-8° (1910), chez Laveur, 13, rue des Saint-Pères. Prix : 3 francs.
- M. de Meuron, à Verderena (Portugal). — Adressez-vous directement à M. Bessonet-Favre à Châtelleraut.
- M. G. Lebold, Bourgoin. — Adresse du journal Le Ciment, 20, rue Turgot, Paris.
- A. S., à Varsovie. —Nous sommes précisément en train d’étudier la question que vous nous soumettez.
- Cercle militaire, à Paris. — L’eau mêlée de chlorure de baryum se refroidit beaucoup plus lentement que l’eau pure.
- M. Paul Briault, Le Blanc (Indre). —• i° Les cartes de la Lune de Beer et Miidler et de Schmidt sont épuisées, mais on les trouve parfois d’occasion. Un exemplaire de la carte de Schmidt a été vendu récemment pour 200 francs. En vous adressant à la librairie William Wesley and Son, 28, Essex Street, Strand, à Londres, vous pourrez sans doute obtenir ces ouvrages, dès qu’un exemplaire sera signalé. La même librairie vous procurera l’album lunaire de Krieger. — 20 Les deux volumes d’Isaac Roberts : Photographs of stars, star-clusters and nebulae sont également épuisés. On peut les consulter, à Paris, à la Bibliothèque nationale, à la Bibliothèque Mazarine, à la Bibliothèque de l’Observatoire. En vous adressant également à la librairie William Wesley, vous pourriez profiter d’une occasion possible. — Vous trouverez un ouvrage tout récent sur la micrographie à la librairie Hermann, rue de la Sorbonne,
- Paris, et dans Y Encyclopédie Léauté, la Mélallographie, par Revillon, 1 vol., chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Abonnement 63g2. — Il n’y a pas de livres spéciaux sur l’essence de géranium, mais vous trouverez des livres généraux sur l’extraction des parfums chez J.-B. Baillière, rue Hautefeuille, à Paris; chez Tignol, quai des Grands-Augustins, et chez Fritsch, 3o, rue du Dragon, à Paris (Fabrication des essences et des parfums, par J.-P. Durvelle).
- M. Cuenond Landolf, à Lausanne. — Il suffit d’imprégner les rubans dans un bain colorant tiède, puis d’exprimer entre deux rouleaux. Vous trouverez dans nos Recettes publiées en novembre 1906 et août 1908 (encres pour machines à écrire), des recettes de bains convenables. Pour avoir des tons bleus, au lieu de prendre du violet méthyle B ou R, préférer les marques 6 B ou 8 B. Vous n’obtiendrez d’ailleurs jamais ainsi de très bons rubans, parce qu’à l’usage, non seulement il y a perte de couleur, mais, les fils du tissu incessamment martelés parles types, sont aplatis et abîmés; or si vous pouvez obvier au manque d’encre, vous ne pouvez pas rajeunir le tissu.
- Cercle, à M. — Il est certainement possible d’enflammer de l’essence de pétrole avec une machine de Wims-hurst. La seule question importante à résoudre est d’assurer un mélange satisfaisant d’air et de vapeur d’essence de pétrole. On compte en général 16 litres d’air par gramme d’essence. Nous répondrons prochainement, après essais, à vos deux autres questions.
- M. G. Fiore, à Corigliano d’Otrante. -— La composition de la poudre noire de guerre est la suivante : salpêtre 74)00 pour 100; soufre 10,5o pour 100; charbon de chanvre i5,5o pour 100. C’est une préparation extrêmement délicate et dangereuse, que nous ne vous conseillons pas de tenter. Les grandes forces propulsives ne sont plus obtenues aujourd’hui avec la poudre noire, mais avec des poudres progressives, telles que la cor-dite (mélange de 58 pour 100 de nitroglycérine, 37 pour 100 de coton-poudre et 3 pour 100 de vaseline) ou la poudre B française. Comme explosifs brisants vous avez à côté de la poudre noire, la dynamite.
- M. A. M., cercle militaire, à Châlons. — Nous n’avons pu trouver l’adresse des maisons qui s’occupent des chiffons graisseux. Adressez-vous à notre confrère le Papier, a, rue de Vienne, Paris!
- M. JL A., à M. — Sur la télégraphie sans fil, voyez l’ouvrage de M. de Valbreuze, publié par le journal La Lumière Electrique, 142, rue de Rennes, Paris. — Moteurs électriques triphasés : voyez l’ouvrage de Silvanus Thomson, traduit par Boistel, publié chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- M. II. Mamel, à Bordeaux. — Lampes en quartz à vapeur de mercure : Société Westinghouse, 4, rue Auber, Paris; S. A. E. G., 42, rue de Paradis, Paris; Herœus à Hanau (Allemagne).
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le mécanisme du colmatage de la baie du Moiit-Saint-Michel : Cha.ri.es Henri Besnard. — Le collectivisme chez les abeilles : Henri Courra. — Nouveau procédé de traitement des animaux morts : V. Cambon. — Aspect de la décharge électrique dans les gaz raréfiés : Maurice Leblanc ries. — Chronique. — Le plus grand transatlantique du monde : R. Bonnin. — Le pont de Constantine sur le Ruinmel : E. Picard.
- Supplément. — Notre service de renseignements. — La crue de la Seine. — L’aviation et la marine. — Bureau « Veritas » des navires do l’air. — La première transmission de force motrice européenne à ï 10 000 volts. —Les travaux du canal de Panama.
- La marine de guerre, par A. Sauvaire Jourdan, préface de l’amiral Fournier, i vol. avec 280 fig. et 8 pl. de A. Sébille. Vuibert et Nony, édit. Paris, ign.
- Notre marine militaire est assez mal connue, malheureusement, du grand public. M. Sauvaire Jourdan a
- voulu combattre cette ignorance; il s’est proposé, ainsi que le dit excellemment en sa préface M. l’amiral Fournier, de rendre la carrière maritime attrayante à la jeunesse et intéressante pour tous nos compatriotes, et il a apporté dans cette tâche, en même temps qu’une science approfondie des choses de la mer, ce clair talent que nos lecteurs ont su, de longue date, apprécier. Son livre est une description précise et lumineuse des divers organes qui constituent un bâtiment de guerre, une flotte, un arsenal; c’est aussi le tableau pittoresque et vécu de la vie à la mer et dans les ports. En termes simples, d’une émotion contenue, M. Sauvaire Jourdan sait faire comprendre et admirer toute la grandeur du métier de marin.
- Genèse de la Terre, par II. Lenicque. Paris, 1910. Hermann. In-8° de 270 p., 57 fig. (dont 42 pl.). Prix : 7 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- M. Lenicque explique la genèse de la Terre au moyen des phénomènes récemment étudiés par les chimistes sur les réactions des corps entre eux aux températures du four électrique. En développant successivement les conséquences qu’il tire de ces phénomènes il montre que la Terre a dû passer progressivement de la nébuleuse au sphéroïde incandescent; puis elle a pris l’aspect d’un soleil pour devenir enfin une planète refroidie, où la vie s’est développée, aidée dans son évolution par l’apparition des roches : cette apparition a été accompagnée de phénomènes chimiques qui ont purifié l’atmosphère en la rendant respirable. Les théories, quelque peu paradoxales, de l’auteur, ont du moins le mérite d’échapper à la banalité et d’inviter à une révision des idées reçues.
- Dernière évolution du moteur à gaz, par A. Witz. i vol. gr. in-8 de 469 p., avec 168 fig. Geissler, éd., Paris, 1910. Prix : 17 fr. 5o.
- Cet ouvrage est le complément de la 4e édit, du magistral traité des Moteurs à gaz et à pétrole, de M.Witz, édition parue en 1904. En ces 6 dernières années, les progrès des moteurs à gaz et à pétrole ont été rapides, depuis l’énorme moteur à gaz pauvre de grande puissance, jusqu’aux minuscules moteurs d’aéroplane. M. Witz nous donne un bilan très complet de ces progrès, en même temps que la philosophie qui se dégage des efforts des constructeurs : il montre en particulier que le moteur à gaz n’a pas dit son dernier mot, et que la plus parfaite de nos machines à feu actuelles offre encore cependant une grande marge de perfectionnement ; il la compare au canon dans un instructif chapitre ; il constate que le rendement du canon est très supérieur à celui du plus économique des moteurs connus, le Diesel, et il en déduit d'utiles enseignements. L’auteur passe en revue successivement les combustibles qui conviennent aux moteurs, étudie les gazogènes, puis après une théorie générique et expérimentale des moteurs, passe l’examen détaillé des organes, et monographie les principaux des moteurs actuellement sur le marché. Signalons encore d’intéressants développements sur les turbines à gaz.
- L’Ozone et ses applications industrielles, par H. de La Coux, 2 e édition. In-8 de vi-614 pages, avec i5g fig. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris, 1910. Prix : broché, i6fr,5o.
- Après avoir bien fait connaître l’ozone, son action sur l’organisme, et son rôle en thérapeutique, l’auteur étudie longuement les moyens divers de production de l’ozone. La stérilisation de l’eau par l’ozone fait l’objet d’un grand développement et constitue l’une des parties les plus remarquables de l’ouvrage de M. H. de la Coux; l’action microbicide de l’ozone est soigneusement étudiée, de même que son utilisation à la stérilisation de l’air, des produits organiques d’origine animale et à leur conservation. Ensuite, c’est une étude de l’emploi de l’ozone : dans l’amélioration et le vieillissement des eaux-de-vie, des spiritueux et des vins, dans la fabrication du vinaigre, en cidrerie, en brasserie, en distillerie et sucrerie. L’auteur nous fait ensuite pénétrer dans les usines de blanchiment des textiles et de matières diverses, dans l’amidonnerie, la féculerie, la dextrinerie, le traitement des huiles et graisses, la savonnerie, la fabrication des huiles siccatives, des vernis, des laques et dégras, industries où l’ozone est également employé.
- Au pays Landais. Exploitation des forêts résineuses, par J, H. Ricard. Paris. J. B. Baillière et fils. 191 x.
- Intéressante description des Landes ; la fixation des dunes, les mœurs des Landais et l’exploitation des pins ; une bibliographie de 117 numéros termine l’ouvrage.
- La race slave. Statistique, Démographie, Anthropologie, par Lubor Niederle. Traduit du tchèque et précédé d’une préface par L. Léger. Paris. Alcan, 1910. 1 vol. in-16 (Nouvelle collection scientifique). Prix : 3tr,5o..
- Professeur d’archéologie et d’ethnographie slave à l’Université tchèque de Prague, auteur d’importants
- travaux archéologiques, M. Niederle poursuit depuis plusieurs années les recherches qu’il a résumées dans ce livre. Ce manuel offre la solution de maints problèmes obscurcis par les préjugés ou les passions politiques. Il ne pouvait trouver un traducteur plus expérimenté que le célèbre académicien, qui avoué sa vie tout entière à l’étude de la race slave.
- Practical physiological chemistry, par R.-II.-A. Plimmer, Lôndres. Longmans, Green and C° (39, Paternoster Row. E. C. 1910), 1 vol. in-8°. 6 sh.
- L’ouvrage de M. R..-H.-A. Plimmer est pour une partie un traité de chimie physiologique, mais c’est surtout un admirable guide pratique pour le travail de laboratoire : toutes les indications techniques, bien classées, y sont fournies avec abondance et précision. Des planches coloriées, de nombreuses figures facilitent la mise directe en application des indications fournies par l’auteur.
- Le traité de Francfort. Etude d’histoire diplomatique et de droit international, par Gaston May, professeur à l’Université de Paris. In-8°. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. Paris et Nancy, 1910. Prix : 6 francs.
- Tableau de cette sombre période de 1871-73, où la France abattue, en proie aux luttes intestines, cherchant sa voie au milieu d’embarras de toute sorte, débattait avec ses vainqueurs les conditions d’une paix qui lui permît de vivre. Ce livre particulièrement important pour les juristes, les diplomates et les hommes politiques, raconte l’épilogue de la guerre de 1870, et dresse le bilan raisonné des pertes que nous avons faites.
- Manuel d’Art Byzantin, par Ch. Dieiil. In-8°, xi-837 p. et 43o fig. Paris. Alph. Picard, édit. 1910. Prix : i5 francs.
- Le savant auteur de Justinien et la Civilisation byzantine et tant d’autres beaux livres sur l’Orient, nous donne un magistral tableau de cet art, qui fut prestigieux et dont tant de splendeurs subsistent de Ravenne et Venise à Salonique, Constantinople et Moscou. Voici les divisions de l’ouvrage, abondamment pourvu de parlantes illustrations.
- I. Origines et formation de l’art byzantin; L’Evolution de l’art chrétien au ivB siècle ; R.ôle de Constantinople.
- II. Le premier âge d’or de l’art byzantin; Sainte-Sophie; L’art byzantin de Justinien aux iconoclastes; La querelle des images.
- III. Le second âge d’or de l’art byzantin; Epoque des Macédoniens et des Comnènes (xie-xiT siècle) ; L’art profane à Byzance.
- IY. La dernière évolution de l’art byzantin (du milieu du xuT au milieu du xvT siècle) ; La renaisance de l’art byzantin au xiv6 siècle.
- Il faut rappeler que ce livre constitue une vraie encyclopédie de l’art oriental avec les 2 volnmes précédemment publiés sur l’art oriental.
- Grèce, par Bædeker, 17 cartes, 32 plans, 3 pl. Paris, 1910. Ollendorf. Prix : 12 fr. 5o.
- Cette première édition française sera la bienvenue dans le milieu des archéologues et le monde des touristes. Instructif et pratique comme tous les volumes de la célèbre collection, ce guide est pourvu d’une histoire de l’art dans la Grèce antique, p. lxi-xcix, par M. Henri Léchât, correspondant de l’Institut. Quinze pages sont consacrées à l’excursion en Crète.
- Les grottes de Grimaldi (Baoussé-Roussé), tome I, fascicule III. Géologie et Paléontologie (suite), par Marcellin Boule, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, in-4°, imprimerie de Monaco, 1910.
- Ce 4e fascicule (le fasc. I dut. II est déjà paru) de la monographie consacréeauxBaoussé-Roussé parles soins du prince de Monaco, nous a donné les résultats paléontolo-giques patiemment et savamment obtenus par M. Boule. Les cartes montrant la répartition géographique, aux temps quaternaires, des divers animaux recueillis (en débris plus ou moins importants), cartes aussi claires
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- BIBLIOGRAPHIE
- qu’instructives, sont le fruit de très longues recherchés. L'Elephas antiquus est représenté par d’assez nombreux débris; un fragment de défense est douteusement attribué au mammouth. Sans citer tous les fossiles pléistocènes rencontrés, notons seulement les pages relatives à l’origine des chevaux ; — la présence de l’hippopotame, qui indique un pays « où les eaux ne gèlent jamais »; — la rareté des mélanges d.e faunes chaudes et froides qui « résultent ordinairement soit " de confusions, soit de remaniements »; — et surtout la présence (très'rare, il est'vrai) du renne, ' que, jus-
- ’qü’à ces dernières annéés, on avait cru absent de ces latitudes; il devait vivre plutôt sur les plateaux voisins, moins chauds, où on allait le chasser; M. Boule nous montre à ce propos que le renne s’est répandu jusqu’à Gérone et Santander en Espagne : quant au bison (aurochs), dont, pour M. Boule, il est « très difficile de distinguer les dents de celles du bœuf primitif » (Bos primigenius, ou Urus), il demeure l’objet de grandes confusions; aux Baoussé-Roussé son mélange avec le bœuf peut être affirmé. — 16 planches en admirable héliogravure accompagnent le fascicule.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- F Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o®,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATION.? 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE YEN T uhiectiox et force DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PI-UIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 nov. 1910. 12°.4 S. S. W. 5. Couvert. 3,7 Très nuageux, pluie de 11 h. à 12 li. 43.
- Mardi 29 5°,9 E. S. E 0. Couvert. 0,7 Très nuageux, petite pluie de 10 h. à 11 li. et à 17 h. 50.
- Mercredi 50 . . . 6°, 4 Ni. N. E. 2. Couvert 0,7 Couv. jusq. 151'; 1res ugx. jusq. 19h ; beau ensuite; pluie fine le m.
- Jeudi 1er déc . . . 7°,0 S. E. 2. Couvert. 0.3 Très nuageux ; petite pluie de 18 h. à. 19 h. 15.
- Vendredi 2 P O E. S. E. 0. Nuageux. » C.el, 1)1.; nuageux jusq. 14 h., couv. ensuite. Brouillard épais le m.
- Samedi 5 5°,fi E. 3. (.ouvert. 4,8 Couvert ; pluie de 15 h. 45 à 21 li.
- Dimanche 4 7°,fi . S. 2. Couvert. 2,8 l’résq. couv.: pi. de 1 h 10 à 1 h. 50 et de 12 h. à 12 h. 45.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1910. — SEMAINE DU LU NCI 28 NOVEMBRE AU DIMANCHE 4 DÉCEMBRE 1910.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques [baromètre vamené à 0, au niveau de la moi), courbe plus mince, the} nionièiie à labi i a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- JJa '26 novembre au 4 décembre. — Le 26. Dépression sur l’O. et le N. : Skudesness, 750; Moscou, 779. Pluies sur l’O. ; en France : Ouessant, 34; Rochefox't, 14 ; Brest, 5; Paris, Bordeaux, 3. Temp. du matin : Haparanda, —8°; Paris, 5; Alger, 19; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : y°,ô (normale : 4°,2). — Le 27. Dépression de la Baltique aux Iles-Britanniques fortes pressions sur le S. et le Centre. Pluies sur l’O. ; en France : Cherbourg, 38; Nantes, 24; Charleville, 18; Gap, ,14.;. Brest,. 5. Temp. du matin : Moscou, —io°; Paris, 4;,1 Alger, 19; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris ::8,0,9 (normale : — Le 28. Même situation
- atmosphérique. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Biarritz, 471 Clermont, 34;. Boulogne, 28; Nancy, 20; Gap, 17;, Marseille; 12; Paris, Orléans, 4- Temp. du matin : Seydisfjord, —7; Paris, 6; Alger, 19; Puy de Dôme, 4 ; moyenne à Paris : io° (normale : 40). — Le 29. Centre de dépression vers Skudesness (744) ’> dépression sur le golfe de Gascogne : Biarritz, 751 ; hausse sur l’Irlande : Valencia, 760; de même sur la Russie : Moscou, 78g. Pluies, sur l’O., l’Europe centrale, la Scandinavie ; en France : ballon de Servan.ce, 24 ; Aigoual, 18; le Mans, Nice,; Nancy, 8 ; Paris,'4.' Temp. du matin : Moscou,, —15°; Paris, 6 ; Biarritz; x8; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 6°,6 (normale1 : 3°,9). — Le 3o. Minimum barométrique près dé Roehefort : 749; Brest, Marseille, Charleville, '765 ;' Stôrnoway, 765; Russie, •780. Pluies sur le S.-O. et le N. ; en France : Aigoual,
- i3a ; Ouessant, 35; Calais, 29; Cette, 26; Le Havre, 23; Limoges, i3 ; Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, — ï4°; Paris, 6; Alger, 20; Puy de Dôme, 4: moyenne à Paris : 8°,i (normale : 3°,8). — Le ier décembre. Pression basse sur la France et la Méditerranée : Rennes, 753; fortes pressions sur les Iles-Britanniques : Stornoway, 771. Pluies sur l’O. et le S. ; en France : Marseille, 37 ; Cherbourg, 36; Gap, 28; Aigoual, 22 ; Calais, 21; Nantes, 17; Paris, i. Temp. du matin : Moscou, —- 14°; Paris, 2; Alger, 20; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 70,8 (normale : 3°,7). — Le 2. Zone de basse pression sur l’O. de la France et le N. de l’Espagne : Biarritz, Brest, 756: îles Feroé, 772; Kharkof, 770. Pluies générales ; en France : Dunkerque, i3; Nice, 8; Bordeaux, 6; Brest, Limoges, 5 ; Biarritz, 3. Temp. du matin : Moscou, — 13°: Paris, 2; Alger, i3;. Puy de Dôme., —3; moyenne à Paris : 4°, 1 (normale : 3°,6). — AeB; Dépression sur l’O. : golfe de Gascogne, 752 : Sud de la Norvège, mer du Nord, 772. Pluies sur l’O. ; neige, sur le N. et UE.; en France : Dunkerque, Nantes, 7; Roche-fort, 4; Brest, Nancy, 1. Temp. du matin : Moscou,
- — 12°; Paris, 4; Barcelone, i3; Puy Me Dôme, — 2 ; moyenne à Paris : 5°,2 (normale : 3°,5). — Lè 4- Dé -pression sur l’O. : Brest, -jSo. Pluies sur FO.; en France.: Ouessant, 18; Cherbourg, 9; Paris, 4- Temp. du’matin : Arkhangel, —io°; Paris, 7 ; Alger, i3; Puy de Dôme, —2 moyenne à Paris : io° (normale : 3°,4)-
- — Phase de la Lune : Nouvelle Lune le Ier, à 9 h. 20m. du s.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YTe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La r^oroduction dés articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° I960 — 17 DÉCEMBRE 1910
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- C3Jf
- Souscription pour un monument à Philippe Thomas. — Nous croyons devoir, à titre tout à fait exceptionnel, signaler une souscription actuellement ouverte, dont l’objet nous semble particulièrement intéressant. Il s’agit d’élever un monument à Tunis à Philippe Thomas, l’inventeur des phosphates de l’Afrique du Nord. Vétérinaire de l’armée, Philippe Thomas, qui s'occupait incidemment de géologie, découvrit dès 1885 les phosphates de Gafsa, puis la plupart de ceux de la Tunisie et de l’Algérie tels que Kalaat es-Senam et Tébessa. Avec un désintéressement absolu, ce savant modeste fit connaître à tous l’existence d’une richesse qu’il évaluait lui-même sans aucune exagération à plusieurs centaines de millions et dont il n’a tiré aucune espèce de profit. Thomas est mort dans la situation la plus modeste, ayant dote l’Afrique française d’un élément de fortune qui Ta transformée. C’est par les phosphates que la Tunisie est devenue ce qu’elle est, que ses lignes de chemins de fer se sont multipliées, que ses autres industries minières se sont pour la plupart créées. A la fin de 1908, la Tunisie, avait déjà'jeté pour 108 millions de phosphates sur le marché mondial. Ce qu’elle et l’Algérie en renferment encore et pourront en exporter 6 mesure que les voies ferrées se créeront est incalculable. Peu d’inventeurs ont rendu un plus grand service à leur pays, — Les souscriptions sont reçues : en France, dans toutes les succursales du Comptoire national d’escompte ; en Algérie, dans celles de la Banque de l’Algérie.
- Le lieutenant-colonel Moll. — Un deuil national frappe la France en lui enlevant le lieutenant-colonel Moll. Comme le commandant Lamy au Tchad, le vaillant officier meurt en même temps que l’ennemi qu’il a châtié et vaincu. Mais c’est une trop coûteuse victoire. A 3g ans, Moll avait déjà conquis la gloire et un haut grade dans l’armée, après une remarquable exploration 1905-1906, au centre af ricain, connexe de la délimitation du Cameroun allemand et du Congo français. Chargé de soutenir l’influence française dans la région de l’Ouadaï, il remplissait avec éclat et succès cette grande mission. Saluons et regrettons ce nouveau héros, mort pour laisser là-bas notre drapeau grand éployé.
- La mission Charcot. — Elle a été reçue à la Sorbonne le 7 décembre, par le gouvernement, et le 12 parla Société de Géographie. Ainsi, le public parisien a pu comprendre quelle lacune géographique le valeureux petit Pourquoi-Pas a comblée sous le cercle polaire antarctique, en reliant virtuellement la terre d’Alexandre (en bas de l’Amérique du Sud) à la terre du Roi Edouard VII (en dessous de l’Australie). Pour les .résultats scientifiques, M. Rudaux nous les a exposés au n* ig45 (3 sept. 1 g 10).
- Les mines de la mer Rouge. — On se représente volontiers toute l’Egypte d’après la vallée du Nil, et l’idée de mines dans ce pays commence par surprendre. Mais, lorsqu’on se rapproche de la mer Rouge, on entre dans üne région toute différente, où les anciens Egyp-
- tiens trouvèrent autrefois en abondance les métaux, l’or notamment, et où les modernes recommencent à en extraire. Là, des terrains tertiaires disloqués et découpés par des effondrements plutôt que plissés, sont recoupés par de puissantes formations ignées, en rapport probable avec lesquelles sont des filons métalliques divers. A l’antique mine d’Um-Rus, on n’a pu reprendre t utilement les travaux arrêtés depuis plusieurs milliers d’années. Mais les Anglais exploitent fructueusement les filons de Baramia à beaux cristaux d’or natif. Près de là, il existe, en divers points, du plomb et du zinc. On a, par exemple, exploré récemment, à une quarantaine de kilomètres au sud d’Um-Rus, un assez curieux gisement de zinc, qui se présente sous la forme d’une calamine terreuse à 40-4^ pour 100 dans une argile renfermant elle-même 12 à i5 pour 100 de zinc. Le tout accompagne superficiellement des terrains d’argiles tertiaires avec gypse très abondant et sel. On ne voit pas les calcaires qui ont ordinairement déterminé la formation des calamines; mais ils sont pourtant, représentés par des blocs épars de dolomie. L’action relativement récente des eaux de surface dans la constitution de ces terres zincifères s’accuse par le fait que le zinc y est presque totalement sous une forme soluble. La terre, lavée avec de l’eau salée, ne retient que 2 à 3 pour 100 de son zinc sur i5. Dans un pays où aujourd’hui il ne pleut jamais, les argiles gardent le fer à l’état de protoxyde verdâtre; mais il suffit d’en emporter un échantillon dans nos climats pour voir la couleur de rouille y apparaître. Enfin, la température élevée qui règne dans les travaux de mines dès qu’on s’enfonce, indique la présence probable de sources thermales ou du moins un degré géothermique très bas tenant à des manifestations éruptives récentes.. Dans la même région, on a essayé récemment des sondages pour pétrole. Ceux-ci, probablement arrêtés à une profondeur trop faible, n’ont trouvé que des formes altérées d’hydroparbures, des pétroles lourds, pauvres en huile lampante avec beaucoup de gaz combustibles. Nous avons signalé autrefois (1728, 7 juillet 1906) les exploitations de péridot situées un peu au sud du parallèle d’Assouan dans l’ilôt de Sebinget.
- Un concours pour le sauvetage des équipages de sous-marins. Un prix de 100 000 francs. — La patriotique générosité d’une Française a permis au ministre de la Marine d’instituer un concours qui sera doté d’un prix de cent mille francs. Ce concours porte sur les appareils qui permettraient à l’équipage d’un sous-marin coulé, de quitter l’épave sains et saufs, de remonter à la surface et de s’y maintenir en attendant les secours.
- Le ministre de la Mariné vient de décider que chaque centre de stationnement de sous-marins, posséderait un matériel de fortune propre à relever les sous-marins coulés et à aider au sauvetage des équipages. Ceci en attendant mieux. Ces moyens de fortune ne sont autres que ceux qui ont été utilisés jusqu’à présent; ils com-
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- portent des gabarres à vapeur qui seraient utilisés pour des sous-marins du type Naïade et au-dessous (68 tonnes). Pour les unités de tonnage supérieur, on dispose de chalands, au nombre de deux ou trois par poste. Ces chalands sont disposés pour le but spécial qu’on se propose, et recevront les installations appropriées, les chaînes nécessaires seront préparées et munies d’éme-rillons. Chaque chaland en portera quatre ainsi qu’une pompe d’épuisement.
- Comète Cerulli 1910 e. — La cinquième comète de l’année a été découverte par M. Cerulli, le 9 novembre. Sa position, à 8'‘20m.8 (temps moyen de Rome) : C’était ascension droite = 3h 38“ 35% 87 ; Déclinaison =: -f- 8° 43’ 20”. Mouvement diurne : en ascension droite =—8S; en déclinaison =—19% io%2 grandeur. D’après les Astronomische Nachrickten, la comète a été notée généralement de 10e grandeur, et même avec un noyau de g%8, d’aspect granulé. Une légère queue a été visible dans l’angle de position 3oo° (Schiller, à Bothkamp). Diamètre de la nébulosité : 2' (Hartwig, à Bamberg). M. Ebell a calculé, d’après les observations des 9, 10 et 11 novembre, une orbite provisoire dont voici les éléments :
- T =1910 septembre 15,0637, t. ni. de Berlin; r. = 168° 33' 21"; 1 Q =211° 59'11"; ( 1910,0 i = 15° 35'98": J log g — 0.loi 16.
- L’éphéméride suivante a été calculée sur ces éléments, pour 12 heures, temps moyen de Berlin :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON ÉCLAT
- 1" décembre 1910 . 5 h. 56 m. 52 s. +4° 24',5 10"‘,4
- 3 — 5 b. 36 m. 52 s. -t- 4° 10',1
- o — 3 h. 30 m. 51 s. +3° 57',3 10‘“,5
- On pourra rechercher la comète Cerulli à l’aide d’une lunette de moyenne puissance.
- Il a été reconnu depuis que cette nouvelle comète n’est autre que la comète périodique de Faye, dont la période est de 7 ans, 3q. L’attention de M. Ebell et de plusieurs astronomes avait été attirée sur ce point par la ressemblance existant entre’ les éléments provisoires donnés plus haut et ceux de la comète de Faye. Il est bon de rappeler qu’en 1903 la comète de Faye est passée au périhélie le 4 juin, quatre mois en avance sur l’éphéméride du professeur Stromgren, par suite des perturbations planétaires.
- M. Pickering a communiqué par télégramme, le 19 novembre, les éléments calculés par M. Meyer Lewy, d’après trois observations des 9, 11 et i3 novembre. Ces éléments ne laissent subsister aucun doute sur l’identité de la comète Cerulli avec la comète de Faye. Le passage au périhélie a eu lieu le 12 novembre. La comète s’éloigne du soleil et diminue d’éclat.
- Téléphonie sans fil. — On effectue en ce moment, dans l’escadre de la Méditerranée, de très intéressantes expériences de téléphonie sans fil, sous la direction du capitaine de frégate Collin et du lieutenant de vaisseau Jeance. Les appareils ont été installés à bord des cuirassés Justice et Vérité. Les communications ont été parfaites jusqu’à n5 km, et à cette distance, les conversations ont été échangées entre les deux navires avec la plus grande facilité. Il était très important de savoir dans quelle proportion des émissions d’onde provenant de bâtiments étrangers placés dans le voisinage, troubleraient les échanges de communications par téléphonie sans fil. On a constaté que jusqu’à la distance de 3o km, ces ondes parasites, émises à toute puissance par les cuirassés mouillés dans le voisinage, ne gênaient en rien l’échange des conversations entre la Justice et la Vérité.
- L’innocuité de l'acide sulfureux dans le vin. — On
- sait que l’acide sulfureux est très employé en œnologie, notamment en Gironde ; il constitue un antiseptique puissant et, à ce titre, sert à divers effets; il permet de conserver des moûts sucrés à l’abri de la fermentation; dans la confection des vins blancs, il paralyse l’effet néfaste d’une oxydase introduite par le hotrytis cinerea, champignon qui vit sur la baie du fruit et sans lequel on ne peut faire, en Gironde, de vin blanc doucereux. On s’est demandé si la présence de l’acide sulfureux dans le vin, à l’état libre ou combiné, n’était point dangereuse pour les consommateurs. On conçoit toute l’importance de la question pour les viticulteurs bordelais. Des expériences ont été effectuées par un comité scientifique que
- présidait M. Gayon, professeur à la Faculté de Bordeaux. Le Dr Caries vient de rendre compte dans diverses communications des résultats obtenus. Les essais ont été faits d’abord sur des chiens, puis sur des hommes. Les essais préliminaires sur les chiens ont montré que si l’acide sulfureux dissous dans l’eau est nuisible à l’animal, il cesse de l’être aux mêmes doses quand il est mêlé au vin; l’équilibre physiologique de la bête reste très satisfaisant. Les expériences ont été ensuite pratiquées sur 8 sujets mâles de 28 à 38 ans, pesant de 66 à 70 kg, entraînés à la consommation de 1 à 3 litres de vin par jour. Les hommes pendant trente jours, soumis à un travail modéré et à une surveillance constante, recevaient nne alimentation uniforme. Mais les uns buvaient du vin sans acide sulfureux, d’autres du vin en renfermant de 0,100 de libre et o,3oo de combiné. La ration quotidienne de 1 litre fut progressivement portée à 1,60 litre. L’examen médical des sujets fut fait chaque jour, ainsi que l’analyse des urines. L’état de chaque individu s’est toujours montré excellent. Aucun organe n’a été troublé dans son fonctionnement. D’où la conclusion : l’innocuité de l’acide sulfureux dans les vins blancs est complète à la dose par litre de 400 milligr. d’acide sulfureux, dont 100 milligr. libre. Ces résultats rassureront tous les amateurs des vins blancs réputés du Bordelais.
- L’aviation en Californie. — A l’issue du meeting de Belmont-Parck, des délégués californiens convièrent les principaux aviateurs présents à New-York à un dîner à l’hôtel Astor. D’après une dépêche que publie le Daily Mail de Paris, M. Wilbur Wright causa une vive surprise parmi les convives, quand il se dressa pour déclarer qu’il avait été le premier homme à voler, qu’il ne volait plus, mais qu’il n’autoriserait pas ses élèves à participer à la réunion de San-Francisco, si on ne lui versait pas personnellement 75 000 francs, « en reconnaissance de ce qu’il avait fait ». Les autres aviateurs protestèrent aussitôt, estimant que la demande de M. Wrigt n’avait d’autre but que de faire consacrer la validité de ses brevets. Les délégués offrirent de déposer cette somme dans une banque jusqu’à ce que les tribunaux américains se soient prononcés sur la question. Puis, les rivaux de M. Wright demandèrent à leur tour des garanties pécuniaires : M. Grahame White, ia5 000 fr. ; M. Moisant, 100000 fr. ; M. Hamilton, 100000 fr. ; et les autres à l’avenant. Les délégués firent alors remarquer que de pareilles exigences obligeraient le comité de San-Francisco à réunir 5ooooo fr., plus les 370000 fr. de prix, et que le meeting projeté n’aurait probablement pas
- lieu.
- La récolte mondiale de la soie. — D’après une publication de l’Union des négociants en soie français, la récolte de soie totale produite en 1909 par l’Europe orientale a été de 5 385 000 kg, dont 435iooo kg en Italie et 674000 en France. Le Levant" et l’Asie centrale ont produit 3 o38 000 kg, dont 600 000 kg en Perse, 66 5oo kg en Turquie d'Asie et 44^000 kg en Syrie et à Chypre. La Chine a récolté 8480000 kg, le Japon 8372000 kg. La récolte totale de l’Extrême-Orient se chiffre par 16087000 kg. La récolte totale du monde s’est élevée à 24 510 000 kg contre 24080000 kg en 1908. La récolte moyenne des années de 1904 à 1908 a été de 21 277 000 kg.
- Le commerce maritime des Iles Britanniques. —
- Un document officiel expose la statistique du mouvement des ports de Grande-Bretagne pour l’année 1909-Par comparaison avec la précédente année, on constate une diminution des voiliers parmi les navires qui ont pénétré dans ces ports (5i voiliers et 93 000 tonnes de moins qu’en 1908); par contre, le nombre des vapeurs a augmenté sensiblement (soit 656 steamers et près d’un million de tonnes de plus qu’en 1908). L’importance respective des six principaux ports, quant aux mouvements d’entrée et de sortie, est indiquée comme suit : Londres, Cardiff, Liverpool, les ports sur la Tyne (y. compris Newcastle et les deux Shields), Southampton et Hull. Le mouvement maritime pour Londres indique une progression régulière de 5ooooo tonnes par année. Enfin, on note que la flotte commerciale du Royaume-Uni s’est augmentée en 1909 de 276 voiliers formant un total de 3o 429 tonnes, et de 5oo vapeurs (d’un total de 487399 tonnes), mais qu’elle a perdu d’autre part 421 voiliers (132072 t.) et 388 vapeurs (340758 t.b
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- **> Automobilisme agricole
- Nouveau tracteur-treuil. — Jusqu’ici les agriculteurs étaient sollicités vers deux machines distinctes pour tirer la charrue : le tracteur et le treuil. M. Bajac vient d’adopter une solution nouvelle qui pourrait bien rallier les partisans de l’un et de l’autre système : le tracteur-treuil. La machine permet, en effet, le labourage par traction directe, le tracteur étant attelé devant la charrue, ou par câble. La forme extérieure est celle d’un tracteur actionné par un moteur de 25 CY qui commande, soit les roues arrière, soit le treuil, soit encore une poulie qui peut recevoir une courroie de transmission destinée à relier le moteur à des instruments fixes à la ferme. Des cornières-crampons entourent les roues arrière afin d’assurer l’adhérence pendant la traction directe. Lorsque l’on veut se servir du treuil, le tracteur est conduit à aoo m. environ en avant de la charrue, le treuil est embrayé et le câble s’enroule en tirant la charrue. Celle-ci étant arrivée près du tracteur, on avance de nouveau ce dernier de 200 m. et ainsi de suite. Le labourage d’une raie étant terminé, le tracteur vire et on recommence la même opération dans le sens opposé.
- Les départs et les arrêts successifs du tracteur néces-
- sitent la présence d’un système de calage dont le fonctionnement soit très rapide. M. Bajac a adopté une sorte de patin très large, mobile derrière chaque roue arrière. Pendant la marche, ces patins se relèvent automatiquement et des forts ressorts les maintiennent suspendus. Au moment où se produit l’arrêt, le moteur comprime ces ressorts et les patins tombent sous les roues pour servir de point d’appui. Tout l’effort de traction s’exerce alors sur le treuil. Le tracteur-treuil est à trois vitesses, la plus grande étant de 12 km à l’heure; il est pourvu également d’une marche arrière pour faciliter les virages. La vitesse d’enroulement du câble autour du treuil varie de 60 cm à 1 m. par seconde. Quant au rendement il est de 4 à 5 hectares en 10 heures pour les lab ours de i5 cm de profondeur. Avec une charrue bascule à 3 socs pesant 1200 kg, le rendement a été de 2 hectares 1/2 à 25 cm de profondeur. A 35 cm avec une charrue semblable à la précédente, mais à double soc seulement, du poids de 1000 kg, on laboure 1 hect. ^5. Deux hommes suffisent au labourage et la consommation de benzol varie de 80 à 100 litres en 10 heures. — Le tracteur-treuil est construit par M. Bajac, à Liancourt (Oise).
- Photographie
- Lampe électrique pour chambre noire. — La
- lumière électrique est évidemment d’emploi idéalement commode en photographie par suite de ia facilité et la rapidité d’allumage. Aussi construit-on plusieurs modèles de lampes spéciales pour photo fonctionnant avec le courant électrique : lampes à montures métalliques, lampes à enveloppe cylindrique de verre rouge, lampes à incandescence dont l’ampoule est en verre inactinique. \ oici un modèle extrêmement simple et peu coûteux qui soutient avantageusement la comparaison avec les lampes du commerce :
- On emploie une lanterne à bougie du modèle le plus simple des bazars, dont le prix varie de 0,95 à i,25 fr. (fig. 1) dont on enlève le fumivore, d’ailleurs très facilement démontable. On prend alors une lampe quelconque, placée sur une monture reliée à la canalisation par cordon souple (fig. 3) ; on retire l’ampoule de la douille et on l’introduit, le verre étant enlevé, à l’intérieur de la lampe. La douille terminant le conducteur est alors passée par le trou supérieur du fumivore, après quoi on replace le culot de la lampe dans la garniture à baïonnette. En prenant une lampe de dimensions convenables (la Canello de 18 bougies par exemple convient fort bien), l’extrémité de l’ampoule vient se loger dans le petit bougeoir métallique du fond de la lanterne, et la lampe est ainsi très solidement maintenue (fig. 2). Il suffit alors de bourrer le joint formé par l’ouverture supérieure de la lanterne et la monture de la lampe, avec un tortillon d’étoffe pour obtenir une lanterne rendant absolument les mêmes services que tel appareil coûtant cinq ou dix fois plus.
- ïp> Jouets < Jt
- Le wind-ball. — C’ est un jeu fort paisible, mais dont les règles rappellent à ses amateurs, pendant les mauvaises journées d’hiver, les joies vigoureuses du foot-ball. Le wind-ball se joue sur un carton drapé partagé en deux camps, avec divisions identiques à celles que l’on trace dans les terrains de foot-ball. Le problème est d’amener une petite boule de liège dans un camp ou dans l’autre; cette boule qui représente le ballon est pourchassée par les deux joueurs au moyen de poires en caoutchouc munies de tubulures. Les deux extrémités du tapis sont légèrement en pente et sont perforées de place en place de manière à recevoir la balle dans le camp ennemi.— Le wind-ball se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris.
- Cum-bac. — C’est un jouet destiné aux enfants du premier âge qui aiment à voir quelque chose qui remue. Si on leur donne une balle ils la lancent et il faut aller la leur chercher. Le cum-bac, comme son nom l’indique (viens en arrière) évite cet ennui ; il revient de lui-même vers celui qui l’a lancé. Ce résultat est obtenu d’une façon très simple au moyen de deux caoutchoucs C, tendus entre les deux bases du cylindre et entre lesquels est pincé un balancier P en plomb. On comprend que quand le cylindre, étant lancé en avant, tourne sur lui-même, les caoutchoucs s’enroulent, ou plutôt se tordent, grâce au contrepoids dont le centre de gravité est assez bas. Au moment de l’arrêt, les caoutchoucs se détordent en entraînant le cylindre en sens inverse. On peut aussi, en tournant le cylindre dans la main, remonter pour ainsi dire le ressort et alors, dès qu’on le pose à terre, il prend de lui-même sa course.— Le cum-bac se trouve chez M. Mathieu, galerie de Valois, Palais-Royal.
- gü> Divers
- Pèse-lettre de poche. — Il est vraiment difficile de concevoir un pèse-lettre de poche plus léger et moins encombrant que l’appareil représenté par la gravure. Il mesure environ 5 cm de longueur, 3 de largeur et 5 mm d’épaisseur et le tout ne pèse pas i5 grammes. Néanmoins
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- SCIENCE APPLIQUEE
- il peut peser, avec une approximation très suffisante, jusqu’à 60 grammes.
- Comme construction, deux minces feuilles de métal argenté ont été estampées de manière à former une petite boîte rectangulaire après avoir été agrafïées. La plaque supérieure a été découpée en forme d’arc de
- cercle et sur la partie découpée et rabattue a été imprimée une graduation de o à 60.
- Devant cette graduation peut se déplacer l’extrémité libre d’une mince lame de ressort dont l’autre extrémité est rivée à l’angle supérieur gauche de la boîte.
- Vers le deuxième tiers de sa longueur le ressort porte une petite chaînette d’environ 5- ou 6 cm, terminée par une petite pince qui doit tenir la lettre à peser.
- C’est tout. Cette extrême simplicité permet de vendre ce pratique et amusant petit appareil à très bas prix (otr,5o et ofr,G5 par la poste), Il ne faut pas lui demander plus de précision qu’il ne peut en donner, mais, tel quel, il est commode et d’une ingéniosité vraiment amusante.
- — Cet appareil est vendu par M. L. Magniant, 4, rue du Parc-Royal, Paris.
- Porte-clefs. — Un trousseau de clefs est familier à celui qui l’emploie habituellement, mais s’il s’agit de diverses portes, qui doivent pouvoir être ouvertes par plusieurs personnes, il est bon d’étiqueter chaque clef. Les étiquettes séparées sont gênantes et se mêlent entre elles, aussi est-il préférable d’employer le porte-clefs représenté ci-contre. On voit que chaque clef est bien à sa place en face de la case sur laquelle on écrit à quelle porte elle est destinée. Le papier sur lequel sont faites les inscriptions est pincé entre les deux plaquettes qui constituent l’appareil et on peut le remplacer si on change la destination des cases. — Le porte-clefs se trouve chez M. Mathieu, rue de Valois, Palais-Royal.
- Pince-support 1’ « Envers « pour fer à repasser.
- — Nous avons déjà signalé ici des supports spéciaux destinés aux fers à repasser qu’on doit mettre à l’envers pour certains travaux tels que le repassage des velours, dentelles, rubans de soie et en général les tissus délicats qu'il ne faut pas écraser avec le fer. La mise en place
- Fig. i.
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- d’un fer très chaud sur un support de ce genre n’est pas toujours facile, c’est pourquoi M. Bazin a imaginé le système représenté ci-contre qui constitue en même temps la pince et le support. On voit (fig. i) qu’il est
- formé par une bande de feuillard contournée de façon à présenter deux sortes de pinces sur lesquelles coulissent deux anneaux C C qui permettent de les serrer. Le fer étant sur le réchaud, on en coiffe la poignée avec la pince, et on pousse à fond les deux anneaux C (fig. 2). Il n’y a plus alors qu’à saisir la partie supérieure, formant socle, et à retourner le tout qu’on pose sur une table; on a alors les deux mains libres (fig. 3) et on peut se livrer seul, sans aucun aide, aux travaux de
- repassage à l’envers. —La pince-support se trouve chez M, G. Bazin, 40, rue Championnet, Paris.
- Porte-montre de poche. — Il est préférable de ne pas mettre les montres à plat sur une table dans l’intérêt des pivots qui auraient dans ce cas une tendance à s’user inégalement, ceux du dessous travaillant plus que ceux du dessus. C’est pour cela, et aussi pour qu’on puisse voir l’heure facilement sans se déranger, qu’on a imaginé les porte-montres qui les tiennent sinon verticalement, du moins assez peu inclinées. Oo n’a pas toujours cet objet sous la main quand on voyage, et le petit appareil ci-contre est destiné à le remplacer.
- C’est comme on le voit (fig. 1) un véritable porte-montre dont la base B repose sur la table, tandis que le crochet A maintient la partie supérieure de la montre. Quand on ne l’utilise pas, il se referme de lui même (fig. 2) grâce au ressort logé dans la charnière et ne présente plus alors que l’épaisseur des deux lames de métal dont il est formé. Il est essentiellement portatif et peut se mettre dans une poche de portefeuille. — Se trouve chez M. Mathieu, galerie de Valois, Palais-Royal.
- Cadenas nouveau genre. — Il est formé d’un fort anneau en acier nickelé A, ouvert et sur lequel coulisse un petit cylindre B. A l’intérieur de ce cylindre se trouve un piston qui, poussé par un ressort, vient se loger dans la partie ouverte de l’anneau quand on fait coulisser jusque-là le cylindre B; le cadenas est alors fermé. Pour l’ouvrir, on introduit la clef C à l’extrémité du cylindre; elle porte à l’intérieur un pas de vis, qui vient s’adapter à l’extrémité du piston, et l’effet de tourner la clef fait
- remonter celui-ci jusqu’à le faire sortir complètement de l’espace où il s’était logé. On peut alors faire coulisser le cylindre B, ce qui démasque l’ouverture. Le pas de vus de la clef est à gauche, ce qui contribue encore à dérouter celui qui n’est pas initié à ce système de fermeture qui, bien que peu compliqué comme mécanisme, est cependant incrochetable. — Le cadenas se trouve chez M. Mathieu, galerie de Valois, Palais-Royal.
- Bouchon hermétique pour vin de Champagne. —
- Que faire d’une bouteille de Champagne entamée? C est un petit problème qui se pose assez fréquemment dans les ménages économes et très souvent dans les cafés, ou les tisanes de Champagne commencent à se substituer au néfaste apéritif. Le Champagne en bouteilles non hermétiquement bouchées, perd rapidement ses qualités primordiales.
- M. de Lossy a imaginé un bouchon très simple, qui assure un bouchage hermétique, et est en outre d’un maniement des plus faciles. Pareil bouchon peut rendre de très réels services.
- Voyons comment il est constitué : c’est une capsule métallique munie d’un axe autour duquel pivotent 2 branches. A l’intérieur de la capsule, fixé par une bague vissée, est un tampon en caoutchouc, qul viendra s’appuyer sur le goulot. Ce tampon appuyé sur un ressort à boudin, formera fermeture hermétique. Pour boucher il suffit de rapprocher les deux branches mobiles sous la bague de la bouteille ; le tampon vient obstruer le goulot. Pour la déboucher, au contraire, presser sur le bouchon avec la paume de la main et dégager les 2 branches de dessous la bague. — Le bouchon est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel.
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- VARIETES
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- La vente de l’électricité. — La vente de l’énergie électrique se prête à un grand nombre de combinaisons au point de vue du mode de tarification. L’électricité devenant d’un usage de plus en plus général, nous croyons être utiles à nos lecteurs en les guidant dans le dédale des cahiers des charges.
- Les entreprises concessionnaires de distribution d’électricité sont soumises d’après leurs cahiers des charges à des tarifs maximums, très variables d’ailleurs d’une région à l’autre, et qui ont pour but de limiter le prix auquel pourra être livré le courant.
- Le plus souvent les tarifs maximums sont fixés à un certain prix pour les applications à l’éclairage et à un autre prix, très inférieur, pour les applications à la force motrice; mais, d’une façon générale, les concessionnaires sont laissés libres de consentir à leurs abonnés sur les prix maximums fixés, des rabais à déterminer d’un commun accord entre le consommateur et eux.
- Une loi, du 15 juin 1906, sur les distributions d’énergie électrique, met pour l’avenir à l’exercice de ce droit des concessionnaires, la très justifiée réserve suivante :
- « Si le concessionnaire abaisse pour certains abonnés le prix de vente de l’énergie électrique avec ou sans conditions, au-dessous des limites du tarif maximum, il sera tenu de faire bénéficier des mêmes réductions tous les abonnés placés dans les mêmes conditions de puissance, horaire, consommation, utilisation ou durée d’abonnement. »
- Les tarifs appliqués sont très variables suivant les régions et suivant la nature de l’usine distributrice.
- Ainsi les usines hydrauliques emploient fréquemment le tarif dit « tarif à forfait » dans lequel un abonné paie une somme fixée à priori pour l’année, quelle que soit sa consommation. Le forfait est déterminé d’après la puissance maxima de l’installation de l’abonné, et il est spécifié que celui-ci ne doit pas augmenter le nombre ou la puissance de ses lampes ou de ses moteurs.
- Certaines usines modifient ce « tarif à forfait » en y ajoutant un compteur à « dépassement ». Lorsque l’abonné emploie une quantité de courant supérieure à celle prévue au forfait, l’excédent seul est enregistré par un appareil spécial et est payé à un prix convenu d’avancé en supplément du prix du forfait. Parfois le prix du « dépassement » est variable suivant l’heure à laquelle a lieu ce dépassement, cher s’il a lieu pendant les heures de grande consommation (entre 5 heures et 8 heures du soir), moins cher s’il a lieu à d’autres heures.
- Les usines qui produisent l’électricité par la vapeur emploient plus généralement des combinaisons de « rabais » sur les prix maximums fixés :
- i° Rabais suivant l’importance de la consommation annuelle ou mensuelle de l’abonné auquel on consent des réductions de prix croissantes avec sa consommation ;
- i° Rabais suivant le mode d’emploi que fait l’abonné du courant qu’il consomme ; le prix étant différent et plus élevé pour l’éclairage que pour le chauffage et la force motrice ;
- 3° Rabais suivant le moment de la journée où le courant est employé. C’est ainsi qu’un abonné qui utilisera le courant, pour force motrice par exemple, dans le cours de la journée ou dans la nuit, paiera moins cher que celui qui utilisera le courant aux heures de forte consommation, c’est-à-dire entre 5 heures et 8 heures du soir ;
- 4° Rabais suivant l’importance de la consommation par rapport à la puissance des appareils installés chez l’abonné. Ainsi, un abonné ayant 100 lampes installées, pourra à un moment donné employer du courant pour la totalité de cette puissance, puis le reste du temps n’en utiliser qu’une faible partie, 10 ou i5 lampes seulement. Il est clair que l’usine génératrice de courant, qui devra être prévue assez importante pour satisfaire à la consommation maxima possible que peuvent exiger les abonnés, a intérêt à ce que son matériel soit bien utilisé et que sa puissance maxima, qu’elle a été obligée d’installer pour parer à toute éventualité, soit utilisée pendant le plus grand nombre d’heures possible. Elle est ainsi amenée à traiter plus avantageusement l’abonné qui utilise pendant plusieurs heures tous les jours la puissance maxima qu’elle a dû installer pour répondre à ses besoins éventuels, que celui qui n’utilisera que rarement, pendant 1 heure seulement par jour,
- ou moins encore, cette même puissance maxima.
- On peut se demander ce qui pousse ainsi les concessionnaires de distribution d’électricité à pratiquer des tarifs aussi variables, et dont l'application, toujours délicate, ne laisse pas que de présenter d’assez grandes difficultés, alors que pour des distributions comparables, telles que le gaz et l’eau par exemple, il n’est employé généralement que des tarifs fixes, un pour les emplois domestiques et un pour les emplois industriels.
- Les entreprises d’eau et de gaz sont cependant soumises, tout comme les entreprises d’électricité, à une irrégularité régulière, pourrait-on dire, dans la consommation suivant les heures de la journée. C’est ainsi que telle usine à gaz, par exemple, qui fabrique 1000 m3 de gaz à l’heure, soit 24000 m3 par 24 heures, ne distribuera de 6 heures du matin à 5 heures du soir que 3oo ou 35o m3 par heure; puis de 5 heures à 9 heures du soir, 3 ou 4000 m3 par heure ; puis de 9 heures du soir à 6 heures du matin, 5 à 600 m5 par heure seulement. Mais il n’en résulte pour l’entreprise aucune difficulté spéciale grâce aux « gazomètres » qui lui ont permis d’accumuler pendant la journée l’excédent de sa production, afin de pouvoir satisfaire pendant les heures de forte consommation aux besoins de ses abonnés.
- Il n’en est pas de même pour les entreprises d’électricité qui ne possèdent pas d’appareil analogue aux gazomètres des usines à gaz ou aux réservoirs des distributions d’eau. Il en résulte que les usines d’électricité doivent être construites assez puissantes pour satisfaire non pas à une production horaire de 1/24° de la consommation journalière totale, mais bien à une production horaire égale (et même légèrement supérieure pour parer aux imprévus) à la consommation horaire maxima qu’elle doit prévoir1.
- C’est ainsi que, dans l’exemple précédent, notre usine à gaz aurait dû être 4 fois plus forte qu’elle n’est en réalité si, n’ayant pas de gazomètre, elle avait dû fournir les 4000 m5 de gaz à l’heure qui sont dépensés pendant les heures de forte consommation.
- On voit de suite la différence systématique qui existe entre les distributions d’électricité et les distributions de gaz ou d’eau et l’intérêt qu’ont les premières à uniformiser autant que possible les demandes d’électricité des abonnés pendant tout le cours de la journée, en appliquant une forte réduction de prix à l’électricité consommée dendant les heures de faible débit. Un abonné nouveau qui demande de l’électricité de 6 à 9 heures du soir, oblige l’usine à augmenter son matériel de production et de distribution; au contraire, pour un abonné qui demande du courant dans la journée, ou dans la nuit, aux heures de faible débit, on se contente de puiser dans le large excédent de puissance alors disponible.
- On comprend également pourquoi le prix du courant est plus élevé pour l’éclairage que pour la force motrice : c’est que pour l’éclairage le courant est employé par tous les abonnés aux mêmes heures qui sont justement les heures de dépense maxima, tandis que pour la force motrice, le courant est en général employé d’une façon plus régulière au cours de la journée ou même au cours de la nuit.
- Ces combinaisons de tarifs que nous venons d’exposer dans leurs grandes lignes, sont couramment employées en France et à l’étranger. Dans nos principales villes, Lyon et Marseille en particulier, les prix maximums prévus aux cahiers des charges ne sont presque jamais appliqués ; les combinaisons de rabais sont très nombreuses et judicieusement emplojrées, en observant ce principe fondamental que « les tarifs doivent être établis au profit commun de l’entreprise et du consommateur ».
- Nous ne parlons pas ici de la ville de Paris, et pour cause, car les prix maxima fixés par les cahiers des chai’ges pour l’éclairage et la force motrice y sont impitoyablement appliqués, ce qui n’est pas de nature à favoriser l’emploi du courant électrique, particulièrement pour la force motrice. Espérons que ce traitement de faveur n’est que momentané.... J. Verdier.
- 1. A vrai dire, les accumulateurs constituent bien des réservoirs d’électricité, puisqu’ils peuvent emmagasiner du courant pendant la journée et le restituer le soir, au moment do la forte consommation; mais ce sont des « gazomètres » très coûteux d’installation et d’entretien et qui, en outre, ne rendent guère que 60 pour 100 de l’énergie qu’on y emmagasine.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Distinction entre l’écaille ou la galalithe. — Il est
- facile de distinguer l’écaille véritable de son imitation obtenue on le sait en faisant agir dans certaines conditions l’aldéhyde formique sur la caséine. Il suffit de chauffer l’objet à examiner avec de l’acide nitrique : l’écaille se dissout partiellement et donne une sorte de squelette transparent; avec la galalithe, au contraire, il ne reste qu’un résidu cristallin insoluble dans l’eau.
- (Laboratoire de La Nature).
- Confection des infusions de maté. — Si le thé du
- Paraguay ou maté n’a pas eu en France le succès trouvé en d’autres pays, c’est, d’après les essais de M. Fournier, qu’on employa trop souvent jusqu’ici et des produits de qualité inférieure et une mauvaise méthode de préparation des infusions. Pour obtenir d’excellents résultats, il suffit d’employer les matés brésiliens qui, préparés par grillage des feuilles d’une sorte de houx, dans des établissements modernes, n’a jamais le goût âcre de brûlé des produits torréfiés sans soins. Quant à la confection de l’infusion, on doit l’effectuer différemment, selon qu’on veut obtenir une tisane chaude sucrée, ou une boisson froide ordinaire.
- Pour avoir une infusion chaude, on met le maté dans l’eau froide qu’on porte ensuite à l’ébullition; on retire du feu, on laisse infuser cinq minutes et on passe. Les doses sont de une cuillerée à café (a gr.) pour une tasse à thé d’eau, ou de deux cuillerées à soupe (12 gr.) pour six tasses (un litre et quart). On peut ou non sucrer. On aromatise avec du lait, du cognac, etc.
- Une boisson hygiénique, sans goût de maté prononcé et pouvant servir à couper le vin pris aux repas, se pré-
- pare avec 2 gr. de maté, un demi-gramme de sommités de centaurée et 1 litre et demi à 2 litres d’eau. On fait d’abord bouillir l’eau, on échaudé le récipient dans lequel on projette ensuite les plantes, on verse l’eau dessus, on couvre, on laisse infuser cinq minutes et on passe.
- Avec du maté de bonne qualité, vendu au détail 2 fr. 5o le kg, le prix de revient d’une tasse d’infusion ou d’un litre de boisson est d’environ un vingtième de sou. Quoique extrêmement économique, le maté possède des qualités stimulantes très marquées : il contient de 20 à 4o gr. de caféine par kilogramme.
- Inscriptions sur verre. — On obtient des traits assez résistants en employant un vernis quelconque ou du ripolin. Mais il est facile de préparer soi-même une mixture donnant d’excellents résultats en mettant digérer dans l’alcool, dénaturé ou non, des morceaux de cire à cacheter de première qualité. Après une nuit de contact, on délaie de façon à avoir une bouillie bien fluide qui est appliquée sur les flacons à numéroter ou étiqueter, à l’aide d’un pinceau ou d’un tube de verre effilé qu’on emplit par aspiration. Le verre doit être sec, mais après séchage des traits (ce qui se fait très rapidement), la surface peut être sans inconvénient mouillée ou placée dans un endroit humide. On peut aussi manipuler fréquemment les fioles ainsi marquées, les laver, les mettre au contact de liquides froids alcalins ou acides ; par contre, la chaleur déforme et fait disparaître les inscriptions, qu’il est facile d’enlever tout à fait en grattant avec le dos d'une lame de couteau.
- (Laboratoire de La Nature).
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les II faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — Abonné 5695-6225. — Vous trouverez des indications sur le sujet qui vous intéresse dans les ouvrages Construction du navire, par Croneau et Résistance des carènes, par Fricker, tous deux à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Prix :
- 3 francs le volume.
- M. Vines, à Huannin. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécialement consacré à l’étain; vous trouverez les renseignements qui vous seront utiles dans l’ouvrage Métallurgie : zinc, mercure, étain, par Schosabel, traduit par le Dr Gauthier. Chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : 3o francs.
- M. Seynave-Dubocage. — Nettoyage des jeux de cartes : on ne peut fixer absolument une méthode sûre, l’efficacité dépendant de la nature des souillures et de la qualité des cartes. Nous avons obtenu de bons résultats en frottant légèrement avec un tampon de coton imbibé d’essence de pétrole ou de benzine.
- Abonné 6642 G. 12. — Nous publions une recette répondant à vos souhaits. Elle est originale et nous en avons constaté l’efficacité.
- Cercle des officiers de Marseille. — i° Nous ferons . des essais pour élucider le problème; 20 il est très facile de préparer économiquement cette mixture en faisant dissoudre de 10 à 20 gr. de paraphénylène d’amine dans un litre d’eau. Ne pas négliger de laver abondamment la tête sitôt le noir développé, certains dérivés du produit pouvant provoquer des commencements d’empoisonnement (ce qui est d’ailleurs le cas pour les produits préparés du commerce qui n’ont pas d’autre composition).
- M. Lataste, à Santiago. — Nous ne connaissons que deux maisons construisant des machines à fabriquer les fers à cheval : Société air et feu, 16, rue du Buisson -Saint-Louis, Paris ; Eisemvalzwerk-Hanse, Brême.
- M. Mamias, à Bar-le-Duc. — Le sulfure de zinc pré-
- cipité en poudre n’est pas, en ell’et, phosphorescent. Pour réussir à préparer du sulfure phosphorescent, il faut observer certaines précautions. Voici ce qu’indique Verneuil à ce sujet : prendre de la chaux provenant de la calcination d’un calcaire dense comme celle que fournit au rouge la coquille de YHippoculatus maculatus de Lamarck (vulgo bénitier) ; 20 gr. de cette chaux finement pulvérisée sont mélangés avec 6 gr. de soufre en canon et 2 gr. d’amidon ; ce mélange est additionné de 8 cm3, ajoutés goutte à goutte d’une dissolution contenant o,o5 gr. de sous-nitrate de bismuth, 100 cm3 d’alcool absolu et quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Après une demi-heure d’exposition du mélange à l’air, on le chauffe dans un creuset couvert, pendant 20 minutes, au four Pérot, au rouge-cerise clair. Après refroidissement complet, on enlève la mince couche de plâtre qui recouvre le culot obtenu, on pulvérise et on calcine une deuxième fois à la même température pendant un quart d’heure. On obtient de petits grains à peine agglomérés, très phosphorescents.
- Mlle B., à B. — i° Comment les marins nomment-ils le mouvement des vagues quand il se fait dans la même direction que le vent? Il n’y a aucune locution spéciale. On dit que la mer vient du vent (du côté du vent). — 20 Pas davantage de désignation particulière pour ce cas qui se produit notamment quand la direction du vent et celle du courant ne sont pas de même sens, ou bien encore lorsque le vent change subitement de direction. La surface se couvre dans ce dernier cas de petites vagues très courtes et frisées qui peuvent avoir donné naissance à la locution la mer écaille, mais ce n’est là qu’une figure et non une expression courante du langage maritime. — 3° Les cartes son placées dans un meuble ad hoc, fixé sur la passerelle, dans une cabine spéciale, nommée chambre des cartes, où elles restent sous l’œil de l’officier de quartj qui a constamment besoin de les consulter. Les instruments utiles à la navigation restent également à sa disposition. Les chronomètres, dont les indications sont indispensables pour les calculs de points, sont renfermés dans une armoire spéciale, placée dans une partie du bâtiment où-ils sont autant que possible à l’abri des grandes variations de température et des vibrations occasionnées par les machines.
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- BIBLIOGRAPHIE
- QtfL
- CSsT
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Comment volent les oiseaux? : Lucien Fournier. — Les gaz liquéfiés (l’air, l’hélium) : G. Bresch. — Pluies normales, pluies diluviennes et inondations : Paul Descombes. — Académie des sciences; séances des 28 novembre et 5 décembre 1910 : Ch. de Villedeuil. — La lumière Moore : Maurice Leblanc Fils.
- Supplément. — Le concours de moteurs de la Ligue Nationale Aérienne. — Inondations en France. — Los lampes à quartz à vapeur de mercure. — Les travaux do l’ile d’Helgoland. — Transbordeur pour cholériques. — Le renflouement du « Maine ». — Essais comparatifs de trois croiseurs de la marine américaine. — Un nouveau remède contre les brûlures. — Recherche de l’écriture sur le papier calciné. — Fraude de l’arséniatc de soude.
- Le problème de l’éclairage à l’usine et à l’atelier. Avantages et inconvénients des différents systèmes d’éclairage au point de vue de l’installation, de l’économie et de l’hygiène, par Jean Esgard. In-8° de 56 p. (H. Dunod et E. Pinat, édit.). Prix : afr,5o.
- Dans cette courte étude, M. J. Escard, définit d’abord les principaux' modes d’éclairage. Il étudie ensuite leurs avantages et leurs inconvénients réciproques, soit au point de vue du rendement (rendement lumineux et rendement économique), soit au point de vue du fonctionnement (mécanisme de réglage, allumage, hygiène).
- La technique pratique des courants alternatifs, à l’usage des électriciens, contremaîtres, monteurs, etc., par G. Sartori. 3e édit, française, traduite et complétée par J.-A. Montpellier. —Tome I.Exposé élémentaire et pratique des phénomènes du courant alternatif. In-8° de x-642 pages, avec 341 fig- H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris. Prix : broché, i5 francs; cartonné, i6fr,5o.
- L’ouvrage dont M. Montpellier a fait pour les électriciens une traduction française a trouvé le moyen de se mettre à la portée de ceux qui n’ont pas la pratique des calculs mathématiques. Ce premier volume est particulièrement utile aux électriciens, qui y trouveront l’explication de tous les phénomènes relatifs aux courants alternatifs, présentés au point de vue purement physiques et, par conséquent, faciles à comprendre. Il sera également lu avec intérêt par les nombreux ingénieurs qui, ne s’étant pas spécialisés dans les applications électro-techniques, désirent néanmoins acquérir une connaissance assez complète de l’électricité industrielle.
- Atlas pittoresque de la France publié sous la direction d’Onésime Reclus sous les auspices de la Société de géographie de Paris. H. Attinger frères, éditeurs. Tome Ier. Prix : 43 francs.
- Le fascicule 13, qui vient de paraître, termine le tome ier qui décrit 29 départements, de l’Ain à l’Eure-et-Loir avec table. Cet important recueil, dont les trois volumes contiendront 1200 reproductions photographiques classées par arrondissements et avec des cartes, n'est pas seulement un album de vues, mais une réelle géographie très détaillée ; c’est un tableau varié et complet de toutes les curiosités et de tous les traits caractéristiques de notre pays. Sans faire aucunement double emploi quant à l’illustration avec les sites et monuments du Touring-Club, il renferme même comme texte beaucoup plus de détails descriptifs et instructifs ; c’est tout autant un dictionnaire qu’un livre de lecture et un ouvrage d’enseignement. L’exécution matérielle est excellente et les éléments photographiques ont été fournis par les photographes et les spécialistes les plus autorisés.
- Les vieilles villes du Rhin. A travers la Suisse, l’Alsace, l’Allemagne et la Hollande, par A. Robida, in-8°, 34o pages, 200 dessins originaux de l’auteur et une eau-forte. Dorbon aîné, éditeur. Prix : 20 francs.
- Nul sujet ne pouvait mieux convenir à l’artistique crayon de notre ancien collaborateur. C’est un vrai régal des yeux que de revoir avec lui les logis de bois sculptés, les pignons crénelés, les bourgs féodaux, les monuments épiscopaux, les rathaus bourgeois, les grosses tours, ponts, fontaines et horloges de ces
- musées en plein air, vieux de cinq ou dix siècles qui se nomment Aix-la-Chapelle, Andernach, Baccharrach, Coblenz, Cologne, Francfort, Fribourg, Heidelberg, Mayence, Limbourg, Spire, Strasbourg, Worms, etc. Comme ses quatre aînés des vieilles villes d’Espagne, Italie, Suisse, Flandres, ce joli volume ne tardera pas à être épuisé.
- Les Agendas Dunod pour 1911. — 9 petits volumes 10 X 15, reliés en peau souple, 25o p. de texte et 128 pages blanches. Dunod et Pinot, éditeurs, Paris, 47, quai des Grands-Augustins. Prix du volume : 3 francs.
- Ces utiles ouvrages, dont l’ensemble constitue un véritable formulaire général de l’industrie, ont été cette année encore perfectionnés et complétés. Les travaux publics, le bâtiment, sont traités par M. Au-canus, l’électricité par M. Montpellier, la mécanique par M. Izart, la construction automobile par M. Fa-vron, les mines et la métallurgie par D. Levât, les chemins de fer par P. Blanc, la chimie par E. Janet, la réglementation et législation industrielles par P. Razous.
- Primitive paternity, the myth of supernatural birth in relation to the history of the family, par E. Sidney Hartland. Londres. David-Nutt, 57-59, Long Acre. 1909-1910. 2 vol. in-8°, 18 shill. (22fr,5o).
- M. S. Hartland montre que les « mythes de naissance surnaturelle » sont en relation avec l’histoire de la famille au cours des âges. C’est pour lui l’occasion d’une magistrale revue, faite surtout par la méthode ethnographique, des idées et des mœurs matrimoniales des civilisations primitives.
- L’Année scientifique et industrielle, fondée par Louis Figuier, 52e année (1908), parM. Emile Gautier. In-16. Paris, Hachette, édit. Prix : 3,r,5o.
- Nouveaux essais d’électroculture, par F. Basty, i vol. in-8° de 96 pages. Ch. Amat, éditeur, 11, rue Cassette, Paris.
- Nous avons récemment consacré aux expériences de l’auteur une étude exposant les résultats marquants obtenus. On trouvera dans le volume qui vient de paraître, après une brève étude historique de la question, les détails complets des essais faits par M. Basty, au cours de ces dernières années, ainsi que des comparaisons aux résultats obtenus simultanément par les savants anglais et allemands, et la discussion critique des enseignements expérimentaux.
- La route de l’air, aéronautique, aviation, par Alphonse Berget, i grand volume in-40 richement illustré. Hachette.
- Ce nouvel ouvrage de M. Berget, conçu comme un beau volume d’étrennes, et imprimé avec luxe, fera certainement le bonheur de tous les jeunes gens qui désirent se mettre au courant rapidement, sous une forme aisément accessible, de toutes les étapes déjà franchies dans l’étonnante conquête de l’air. C’est, suivant l’expression de l’auteur, une bonne introduction à l’étude de l’aéronautique.
- La réglementation des appareils à vapeur et des autres appareils à pression de vapeur ou de gaz, par Ch. Walckenaer, ingénieur en chef des mines. 1 vol. de 204 p., extrait du Répertoire de droit administratif. Librairie administrative Paul Dupont.
- Cet ouvrage se distingue aussitôt de tous les traités plus ou moins similaires par la compétence remarquable de son auteur qui, ayant pendant de longues années dirigé le service de contrôle des appareils à vapeur de la Seine, a apporté, dans l’étude des questions qu’il a traitées, toutes les lumières d’un esprit perspicace et le soin d’un travailleur minutieux. Il suffit pour mettre au courant d’un ensemble de questions très intéressant pour quiconque manie, possède ou touche un appareil à vapeur ou à pression de gaz.
- D. G. Rossetti et les préraphaélites anglais, par Gabriel Mourey. Paris, H. Laurens, 1910, 1 vol. in-8°. 24 pl.
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- BIBLIOGRAPHIE
- hors texte. Prix: br., 2 fr. ; rel., 2 fr. 5o. (Les grands artistes.)
- L’Ecole préraphaélite anglaise est fort mal connue en France, où sa réputation a été tuée par quelques faciles épigrammes de Whistler. Elle n’exerça pas seulement son influence sur la peinture, mais aussi les arts du bois, du métal, du cuir, du papier, imprégnés de tendances nouvelles que propagèrent avec ardeur les Ruskin et les William Morris.
- Reisce und Forschungen in westlichen Klein-Asien, par
- le D1' Alfred Philippson, 1"’ partie, suppl. n° 167 aux Petermann's Mittheilungen die Gotha, «Justus Perthes, ier août 1910. Prix : i5 francs.
- Ces recherches en Mysie et dans la région de Per-game révèlent la géologie d’une contrée à peu près inconnue, et qui est à la veille d’acquérir beaucoup d’importance, par suite du projet de chemin de fer de Soma (Smyrne) à Panderma (mer de Marmara), qui raccourcira la voie de terre de Smyrne à Constantinople. n gravures et une carte géologique au 3oo ooo°, avec courbes de niveau de 100 m.
- ><
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- est
- Observations de M. Ch. DuFour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o).
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES Dü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL FLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 déc. 1910 . 11°,4 S. i. Couvert. 0,2 Couv. jusq. 9 h., puis ngx, beau après 17 h.; un peu de pluie à S h.
- Mardi 6 . . . . . . S°,(J S. E. 3. Couvert. 0,6 Couvert ; gelée blanche ; pluie de 8 h 30 à 9. h.
- Mercredi 7 6°,0 S. 2. . Couvert. )) Couv. le m., nuageux le s.; gel. bl.; brouill. de 800 m. à 9 h.
- Jeudi 8 ..... • 7°,6 S. E. 3. Qq. nuages. 6,7 Couv. à partir de 8 h.; rosée; pluie de 14 h. 1U à 19 h. II).
- Vendredi 9. . . . . 5°, 5 S. S. E. 2. Eclaircies. 0,1 Nuageux jusq. 15 h., couv. ensuite ; rosée ; brume à 20 h. 15.
- Samedi 10 S°,S S. S. E. 4. Couvert. 1,7 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 11 . . . . 9°,5 S. 3. Couvert. 0,2 Très nuageux : un peu de pluie à 3 h. 50.
- DECEMBRE 1910. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 DECEMBRE 1910.
- ————ena——m 1 .r wo————a—————a—
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi 1 Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 5 au 11 décembre. — Le 5. Situation toujours troublée sur l’O. : îles Scilly, 735; Nantes, 746; Biarritz, 790; Odessa, 773. Pluies sur l’O.; en France : Ouessant, 10; Rochefort, 9; Cherbourg, 4; Boulogne, Bordeaux, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Arkhangel, — 14?; Paris, 11 ; Alger, i3; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : io°,4 (normale : 3°,3). — Le 6. Même situation atmosphérique : zone de basses pressions de l’Islande à la Méditerranée occidentale et aux Açores • îles Feroé, 736; Odessa, 778. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France : Marseille, 26; Nice, Cette, 22; Clermont-Ferrand, i5; Brest, 6; Charleville, 2. Temp. du matin : Nicolaïef, —170; Paris, 8; Alger, 16; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 8°,3 (normale : 3°,3). — Le 7. Pression basse sur le N. et PO. : îles Feroé, 740; S.-E. du continent, 770. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France : Aigoual, 70; Nice, 38; Cette, 3a; Lyon, 3o; Clermont-Ferrand, 27; Nancy, 8; Paris, 1. Temp. du matin : Kharkof, — i4°; Paris, 6; Alger, 16; Puy de Dôme, — 1; moyenne à Paris : 8° (normale : 3°, 2). — Le 8. Dépression sur l’O. : Yalencia, 724; Brest, 735; Biarritz, 742. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Gap, 19; Nantes, 5;
- Toulon, 4; Brest, Bordeaux, 2. Temp. du matin : Kharkof, —140; Paris, 8; Alger, 20; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 8°,9 (normale : 3°,i). — Le 9. Pression basse sur l’O. : Yalencia, 726. Pluies sur l’O.; en France : Nice, 53; Besançon, 16; Clermont-Ferrand, 10; Paris, Cherbourg, 7; Dunkerque, 4l Brest, 3 Temp. du matin : Kharkof, —12»; Paris, 6; Alger, 14; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 3°). — Le 10. Même situation atmosphérique : Valencia, 724 ; Brest, 732; Dunkerque, 740; Biarritz, 742. Pluies sur l’O.; en France : Lorient, 11; Nice, 10; Nantes, Brest, 6; Boulogne, 1. Temp. du matin : Vardoe, —70 Paris, 9; Alger, 16; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 9°,4 (normale : 3°). — Le 11. Pression très basse sur tout l’O. : Irlande, 734: Bretagne, 740; Provence, 747 Pluies sur le N et l’O.; en France : Nice, 62; Turin, 5o; Lugano, 38; Gap, 28; Lorient, 16; Besançon, i3; Paris, 12. Temp. du matin : Haparanda, —-200; Paris, 9; Marseille, 14 ; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 90,7 (normale : 2°,g). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 9, à 7 h. 14 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L, DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La NâtUfe » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Taris (YJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1961 — 24 DÉCEMBRE 1910
- SUPPLÉMENT
- Jteo
- MJ
- INFORMATIONS
- atL
- Action de la soude caustique fondue sur les métaux. — Il est bien connu que les alcalis caustiques, et notamment la soude, à l’état fondu, attaquent un certain nombre de métaux. MM. Le Blanc et Bergmann ont étudié méthodiquement ce phénomène, en opérant à l’abri de l’air et dans un courant d’azote pour éliminer l’influence oxydante de l’atmosphère. L’appareil employé se composait en principe d’un tube de porcelaine fermé à un bout et dont l’intérieur est protégé par un tube d’argent; deux tubes d’argent pour l’arrivée et la sortie de l’azôté traversent le dispositif de fermeture de l’autre extrémité qui est refroidie. Le tube est chauffé verticalement dans un bain de sable, dont un couple thermoélectrique indique la température. Le métal à expérimenter et la soude sont placés dans un creuset d’or au fond du tube d’argent; on apprécie l’énergie de la réaction par lé dégagement d'eau et d’hydrogène que l’on absorbe dans des appareils convenables. On a constaté que la soude peut être déshydratée complètement à 4oo° et reste sans action sur le creuset d’or jusqu’à 726°; l'argent est attaqué avec formation d’oxyde d’argent et dégagement d’hydrogène; le creuset d’or est légèrement altéré par l’argent. Le cuivre réagit sur la soude vers 568° et forme également un alliage avec l’or, ce qui n’a pas lieu à la même température en l’absence de soude. Le fer ne réagit pas sensiblement sur la soude à 4oon, mais à 7000 l’attaque est très vive. Avec le nickel, il y a une légère action et le creuset d’or est attaqué. Le platine réagit au-dessus de 4oo°; le zinc détruit le creuset d’or au-dessous de 42°°; l’aluminium, au contraire, ne l’attaque pas et la réaction avec la soude se produit vers 5oo°. Le magnésium a été chauffé avec la soude dans un creuset de nickel; la réaction est très vive déjà à 4°°° > elle a pu être réalisée dans un creuset d’or à 3oo°. L’action du sodium sur la soude a été étudiée de même dans un creuset de nickel; elle est très vive vers 55o°. Il y a là des éléments qui fixent les idées sur l’action de la soude sur les principaux métaux et qui pourront peut-être recevoir leur application dans diverses circonstances d’ordre pratique.
- L’industrie du fer et de l’acier en Allemagne et en Angleterre. — Pendant presque tout le xixe siècle, l’Angleterre a été le plus puissant pays métallurgique du monde. Vers la fin du siècle, elle a dû céder la première place aux Etats-Unis, mais elle gardait sur l’Europe une indiscutable prépondérance. Cette prépondérance lui a été en ces dernières années arrachée de haute lutte par l’Allemagne; on pourra en juger parles chiffres suivants relatifs à l’année 1909 ; nous les empruntons au Times Engineering Supplément. La production de la fonte en Allemagne s’est élevée à 12918000 tonnes contre 9664000 en Angleterre: la production d’acier : 12 ô5o 000 en Allemagne, contre 5882000 en Angleterre. Les exportations allemandes en fer et acier ont été de 4 o44 000 fi ; les anglaises de 4381000 tonnes. Tout fait prévoir qu’en
- 1910, l’exportation allemande l’emportera sur l’anglaise. La victoire allemande paraît due non à des raisons géographiques, les importations de minerais nécessaires pour alimenter l’industrie sidérurgique étant plus considérables en Allemagne qu’en Grande-Bretagne, mais bien à des raisons de meilleure organisation industrielle et commerciale.
- Aviation. — 8 heures en aéroplane. — Le 18 décembre, à Etampes, Henri Farman a tenu l’air sans arrêt de 9 h. 12 du matin jusqu’à 5 heures du soir, soit 8 h. i3. 11 concourait pour la coupe Michelin; mais s’il a pu battre le record de durée, il n’a pu, en raison du vent, battre celui de distance : il est resté de quelques centaines de mètres au-dessous des 465 km couverts par Tabuteau.
- Traversée de la Manche. — Le même jour, l’Anglais Sopwith concourait pour le prix de 100000 fr. du baron de Forest, prix décerné à l’aviateur anglais qui, en igio, partant de la côte anglaise, sur un appareil anglais, atterrira le plus loin à l’intérieur du continent. Sopwith a effectué une traversée dramatique de la Manche, seul et en pleine tempête; il a atterri à Beaumont, en Belgique.
- Paquebots plus grands que F « Olympic ». —
- L'Olympic, dont nous annoncions tout récemment le lancement, numéro 1928 du 3 déc. 1910, ne jouira pas longtemps du privilège d’être le plus grand navire à flot. La Gunard Line annonce qu’elle a commandé aux chantiers John Brown Ld, de Glydebank, et à la maison Swan, Hunter et Wigham Richardson, de Wallsend-on-Tyne, un paquebot dont le tonnage sera de 5oooo tonnes, soit 5ooo de plus que Y Olympic. Tandis que la vitesse de ce dernier n’est prévue qu’à 21 nœuds, le nouveau géant devra fournir 23 nœuds. Il coûtera 2 millions de livres sterling (plus de 5o millions de francs), et ses chaudières seront chauffées au pétrole. On ajoute qu’il y régnera un luxe sans précédent, qu’il comprendra une salle de théâtre, une piscine, des bains turcs, etc. Sa capacité de transport sera de 65o passagers de première classe, 740 de deuxième, 2400 de troisième. Un second navire de mêmes dimensions sera commandé incessamment par la Gunard Line.
- D’autre part, ainsi que nous l’avons annoncé, la Compagnie Hambourgeoise-Américaine se propose de construire un paquebot plus immense encore.
- Ce géant de l’Océan dont le nom n’est pas encore fixé, vient d’être commencé dans les chantiers de Vulcan, à Hambourg. On tient encore secrètes les dispositions spéciales de ce navire ; mais nous savons que ses principales dimensions sont : longueur entre perpendiculaires 268 m. {YOlympic 259,25), largeur au maître couple 29,90 m. {YOlympic 28,31 ) ; le déplacement sera de 53 000 tonneaux, la hauteur des 3 cheminées de 58 m. ; la passerelle du commandant s’élèvera à 24 m.
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- INFORMATIONS
- au-dessus des (lots. Il sera actionné par des turbines Parsons. Le programme ne comporte pas une très grande vitesse, mais une stabilité, un confort et un luxe extraordinaires en même temps qu’une énorme capacité de chargement pour les marchandises. Tout dernièrement, la célèbre Compagnie de navigation de Hambourg fêtait le chiffre de i million de tonneaux que l’ensemble de sa flotte vient de dépasser cet automne. Le relevé
- Nouveau liner de la H. A L. ( 29,90 m )
- Olympic (28,21m)
- Kaiserin Auguste Victoria (23,47m)
- Mauretania (26,82m)
- Deutschland (20,42m)
- du tonnage des principales compagnies de navigation du monde donnait au ier janvier 1910 les chiffres suivants :
- tonnes.
- Ligne Hambourgeoise-Américainc (Allemagne) . . . 934.000
- Nordcleutscher Lloyd, Brème (Allemagne)................. 679.000
- White Star Line, Southamplon (Angleterre) .... 461.060
- British India Stcam nav. (Angleterre)................... 452.000
- Allermunn line (Angleterre)............................. 450.000
- Péninsulaire et orientale (Angleterre).................. 412.000
- Alfred llolt et C°...................................... 581.000
- Elder Dompter (Allemagne)............................... 345.060
- Nippon Yusen Kaisha (Japon)............................. 307.060
- Messageries maritimes (France).......................... 296.000
- Union Castle line (Angleterre).......................... 295.600
- N’avigazionc generale (Italie).......................... 290.000
- Deutsche Dampseliilf Dansa (Allemagne).................. 272.000
- Compagnie générale transatlantique (France). . : . 269.000
- Furness line (Angleterre)............................... 268.000
- Cunard line (Angleterre'................................ 234.000
- Il est important de remarquer que les Compagnies anglaises, tout en étant moins puissantes isolément que les grandes firmes allemandes, sont infiniment plus nombreuses ; mais le tonnage moyen de chaque unité est plus élevé en Allemagne qu’en Angleterre. Y. C.
- Un musée de la parole à Paris. — Depuis quelque temps, grâce aux efforts de M. Ponge, professeur du lycée Condorcet, il y a un musée de la parole à Paris. Il convient de lui souhaiter tout le succès scientifique qu’il mérité; il vise à remplacer le vieil adage « verba volant » par une nouvelle formule « verba manent ». L’Académie des sciences de Vienne (Autriche), a déjà créé le « musée phonographique » dans un but analogue; d’autre part, depuis longtemps, le laboratoire de M. l’abbé Rousselot capte et fixe les « ondes vocales ». Pour peu qu’on le veuille, la parole ne doit plus se perdre. Le Musée de la parole recueille, sous forme de « diagrammes », des collections d’une valeur documentaire incontestable car seules elles révéleront au xxie siècle les secrets de la phonation du xxe. D’un siècle à l’autre, on le sait, la prononciation change; des rimes cessent de rimer, des lettres « meurent » et deviennent introu vables. Cherchons les ail mouillées », ce sont des y que nous trouvons. Quant au patois, c’est la mobilité même : du grand-père au père, d’un village-à l’autre, l’évolution est mystérieuse et perpétuelle. Des voyelles s’ouvrent, se ferment, se « nasalisent » ; des consonnes durcissent, mollissent, sifflent. On voudrait se pencher, pour l’interroger, sur ce grand creuset humain où la matière sonore démêle et groupe ses molécules suivant des lois mal connues. Mais comment l’interrog*-r ? L’oreille est un mauvais instrument d’analyse; les variations infinitésimales lui échappent et, d’ailleurs, elle ne
- peut entendre que successivement les sons à comparer. Le Musée de la parole de M. Ponge offre au contraire de la parole visible sous forme de courbes, d’agrandissements micro-acoustiques au centième, au deux centième de seconde. En superposant les diagrammes, on fait, on fera surtout par la suite, les plus instructives comparaisons, et cela avec très peu de dépense et beaucoup d’utilité.
- Coke naturel de la Virginie. — Un gisement de coke naturel existe dans la Virginie, bassin de James River, à environ 3a km de Richmond. La localité la plus voisine est Gayton ou Carbon Hill. Ce gisement, relié avec la ligne du chemin de fer Chesapeake and Ohio. peut être mis facilement en communication avec James River. Déjà il a été exploité, vers le commencement du siècle, par une société de capitalistes de Boston, etl’Old Dominion Development C° serait sur le point de reprendre cette exploitation, entravée par une préparation qui s’impose, en vue d’éliminer les impuretés existantes dans la veine. Le coke naturel est une sorte de fantaisie géologique, attribuée à une action volcanique, sur les dépôts de charbon. On la rencontre quelquefois, mais, en général, le produit n’offre pas un intérêt commercial. Le plus souvent, la transformation en coke est imparfaite. Cependant, une partie de la matière volatile a été expulsée du charboD, en sorte que la teneur en carbone est plus élevée. Le coke naturel de James River contiendrait 80,76 pour 100 de carbone fixe. La cendre atteindrait 9,96 pour 100 et le soufre 1,25 pour 100. La puissance calorifique serait d’environ i3,5oo B. T. U.
- Les minerais de fer du Transvaal. — Le Transvaal est bien connu comme pays minier pour l’or, les diamants, la houille et même l’étain. Il est possible qu’il joue un j«ur également un rôle important en sidérurgie. On y connaît, en effet, des gisements considérables de minerais de fer titanique à 55 pour 100 de fer sans trace de phosphore ou de soufre, par exemple dans les districts de Frétoria et de Rustenberg. Le jour où l’électro-métallurgie donnera le moyen de traiter directement de tels minerais, en utilisant les grandes forces hydrauliques ou même les richesses en houille du pays, une industrie du fer pourra se créer sur place pour fournir le matériel aux mines et aux chemins de fer dont le réseau se multiplie rapidement. Un autre centre sidérurgique africain est également appelé à se créer dans le Katanga.
- Les inventeurs et l’aviation. — Le Patent Office, à Washington, a déjà délivré 3ooo brevets relatifs à l’aviation (dirigeables et aéroplanes), et il reçoit en moyenne 90 demandes de brevets de même objet chaque mois. L’étude d’ensemble de ces demandes montre que les inventeurs s’occupent moins des aéroplanes eux-mêmes que de la force motrice qui leur est nécessaire. L’élec-iricité les attire plus particulièrement, et l’on note qu’ils se préoccupent de trouver un moyen pratique d’utiliser dans ce but l’électricité atmosphérique. Un point qui stimule l’ingéniosité des inventeurs, c’est la question de stabilité. En cas d’accident, les aéroplanes ont tendance, comme on sait, à se retourner sens dessus dessous. U semble que les dernières inventions déposées ont amélioré sensiblement la situation, sur ce point. Enfin, de très nombreux brevets visent à solutiouner la question de la rapidité d’envolée et d’atterrissage, car on sait que les aviateurs demandent une machine capable de s’élever toute seule comme fait l’oiseau, et d’atterrir n’importe où, et sans avoir à décrire des circuits.
- Pour la flotte japonaise. — De source officielle, on annonce que le Japon a commandé un cuirassé du type dit Super-Dreadnmight aux ateliers Vickers Sons and Maxim, de Barrow-in-Furness. Le contrat qui vient d’être signé spécifie que le navire en son entier, y compris les plaques de blindage et les affûts des pièces d’artillerie, sera construit par la même maison, qui n’aura pas le droit de faire construire en dehors de ses ateliers une partie quelconque du navire. Le déplacement du nouveau cuirassé sera de 27000 à 28000 tonnes; après achèvement, et en comprenant dans ce chiffré le prix de l’armement et des munitions, il coûtera un minimum de 63 millions de francs. Il devra être prêt à prendre la mer 3o mois après la signature du contrat. Ce sont ces mêmes chantiers Vickers Sons and Maxim, qui avaient construit le Mikasa, le navire-amiral de l’amiral Togo.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Freinage par le moteur sur les automobiles. — Un
- certain nombre de nos lecteurs nous ayant demandé si l’on pouvait sans inconvénient se servir du moteur, sur une voiture automobile, pour faire frein dans les descentes, nous avons jugé la question assez intéressante pour lui donner quelque développement.
- Le freinage par le moteur peut s’obtenir de deux manières diil'érentes : soit en utilisant le moteur comme frein, sans aucune modification, uniquement en profitant de ses résistances passives ; soit en transformant momentanément le moteur en pompe à air pour augmenter encore l’effort résistant.
- i° Freinage par le moteur sans aucune modification. — Il est facile de se rendre compte, en tournant un moteur à la main, qu’il faut une force réellement appréciable pour entretenir le mouvement. Par suite, dans une descente, en coupant l’allumage ou en étranglant complètement l’admission, on créera dans le véhicule une résistance qui s’opposera à sa marche.
- Pour apprécier la valeur des résistances qu’il faut opposer, nous examinerons rapidement un exemple.
- Supposons un véhicule, pesant au total i5oo kg, descendant une pente de 5 pour joo, et cherchons quelle sera la force qu’il faudra opposer à la pesanteur pour ne pas dépasser la vitesse de 36 km à l’heure, ou io m, par seconde.
- Nous admettons un rendement de 70 pour 100 pour la transmission totale entre le moteur et les roues motrices (chiffre habituel).
- La résistance au roulement d’un véhicule de idoo kg sur terrain ordinaire est d’environ 3o kg; la résistance de l’air dépend du maître couple de la voiture, nous la prendrons, pour ce cas particulier, de 5 kg.
- La pesanteur, dans une pente de 5 pour 100, exerce sur un véhicule de i5oo kg, un effort moteur de i5 X 5 = 75 kg.
- La voiture est donc finalement entraînée sur la pente par une force totale égale à la différence des chiffres précédents, c’est-à-dire 75 — 3o —5 = 40 kgr. Si on veut arrêter, il faut opposer une force de sens contraire au moins égale.
- La voiture étant supposée à la vitesse de 10 m. par seconde, c’est un minimum de 40 X 10 = 400 kilogram-mètres à équilibrer.
- Les transmissions absorbant pour leur part 3opour 100, le moteur devra, pour retenir efficacement, opposer une puissance de 280 kilogrammètres ou 3,7 chevaux.
- En pratique, un gros moteur opposera une résistance plus efficace qu’un petit, pour retenir un véhicule de poids donné, parce qu’en valeur absolue, les résistances que pourra fournir le gros moteur seront plus considérables.
- Il est également facile de se rendce compte, qu’en se servant en outre d’une démultiplication plus grande de la voiture, en prenant la 3e vitesse au lieu de la 48> ou la 2e au lieu de la 3°, on obtiendra une résistance de plus en plus importante.
- L’expérience prouve que le meilleur freinage s’obtient en coupant l’allumage, et en étranglant presque complètement les gaz. En se servant en outre judicieusement des changements de vitesses, on a là un excellent moyen de freinage applicable à un véhicule quelconque.
- Toutefois, il est essentiel de veiller avec le plus grand soin à ne pas laisser emballer le moteur peu à peu, comme il tend à le faire, si son action est insuffisante. Il en résulterait fatalement des avaries graves.
- Dès que le moteur dépasse la vitesse de régime normale, il faut, par l’emploi momentané du frein de friction qui ne débraye pas, ralentir le véhicule pour remettre les choses dans l’ordre. De cette manière, avec un emploi très espacé et très modéré des freins de friction, le moteur est parfaitement capable de rendre de grands services dans le freinage.
- En pays de montagne, ces périodes d’emploi du moteur à vide, auront pour effet de le refroidir, ainsi que
- toute la circulation d’eau. Le seul inconvénient qu’il y a à marcher à vide admission étranglée, est que l’huile de graissage des cylindres a une tendance à passer peu à peu dans la chambre à explosion, et à produire, au moment de la reprise, une fumée abondante. Cet ennui est évidemment bien peu de chose, à côté de l’accident grave qui pourrait résulter du grillage des freins de friction sur une descente de plusieurs kilomètres.
- En pratique, en restant embrayé en 4° ou 3e vitesses, on peut retenir sur une pente ne dépassant pas 5 pour 100; en 20 vitesse, sur une pente comprise entre 5 et 8 pour 100, et en ire vitesse sur une pente quelconque; il faut, dans ces conditions, maintenir la voiture, le cas échéant, par de légers coups de frein espacés, à l’allure qu’elle aurait, si elle montait la même rampe avec la démultiplication adoptée.
- 20 Freinage par le moteur avec dispositif spécial. — Lorsqu’on utilise le moteur au freinage comme nous venons de le dire, il est facile de se rendre compte que le travail absorbé pendant la compression, par exemple, est restitué par la détente au temps suivant, et qu’en dehors des résistances dues au frottement, il n’y a guère comme travail absorbé, que la différence entre le travail nécessaire à la compression ou à l’aspiration d’une cylindrée de gaz, et la restitution du même travail par détente, qui n’est forcément pas intégrale à cause des fuites ou cîes pertes de chaleur.
- Il est très simple de rendre le travail résistant très important, en commandant les soupapes de distribution de manière, non seulement à supprimer toute jestitution de travail, mais encore à augmenter le travail absorbé.
- Le dispositif adopté en particulier par la maison Panhard sur ses voitures, dérive de ce principe, et consiste à agir uniquement sur la soupape d’échappement de la manière suivante :
- Le moteur devant fonctionner comme frein, on ferme la manette d introduction des gaz, de sorte qu’au premier temps le piston, au lieu d’aspirer, fait le vide dans le cylindre.
- Lorsque le piston est à fond de course en bas, le cylindre n’est rempli de cette manière que de gaz très raréfiés; pour rendre la période de montée résistante, on ouvre à fond de course en bas la soupape d’échappement et on la referme aussitôt.
- Le cylindre se remplit ainsi immédiatement de gaz b'ûlés ou d’air, contenus dans la tuyauterie d’échappement, et à la remontée du piston il y a un travail de compression résistant. Pour éviter la restitution de ce travail par détente, la soupape d’échappement s’ouvre à fond de course en haut, laisse échapper les gaz comprimés, et se referme aussitôt.
- Le piston redescend en faisant de nouveau le vide qui se trouve comblé à fond de course par une ouverture de la soupape d’échappement, etc.
- En pratique, on obtient le fonctionnement ci-dessus, en déplaçant longitudinalement l’arbre à cames de l’échappement, de manière à faire passer, sous les lève-soupapes, des cames de forme spéciale convenables. On n’a pas cru devoir modifier la came, en ce qui concerne le temps normal d échappement du moteur, de sorte que le travail de freinage peut se résumer de la manière suivante, par rapport aux temps habituels des moteurs à explosion.
- ior Temps. — Aspiration, soupape d’aspiration ouverte sur conduite fermée avec production d’une dépression comblée à fond de course par ouverture brusque de la soupape d’échappement (pression de retenue sur le piston inférieure à 1 kg)
- 2° Temps. — Compression, toutes soupapes fermées avec échappement immédiat à fond de course (pression moyenne et retenue supérieur à 2 kg).
- 3° Temps. — Aspiraiion, toutes soupapes fermées avec fonctionnement normal de la soupape d’échappement vers la fin de la course (pression de retenue inférieure à 1 kg).
- 4° Temps. — Echappement de l’air introduit à la fin du temps précédent par la soupape d’échappement (pression de retenue à peu près nulle).
- Il est facile de se rendre compte qu’on obtient ainsi
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- m,
- a®*:
- trois temps très résistants, et qu’on dispose au total d’un travail de freinage considérable.
- L’expérience montre que le travail résistant opposé ainsi par le moteur, peut atteindre les 65 pour ioo du travail qu’il peut développer lorsqu’il est employé comme moteur.
- D’autre part, avec un rendement total des transmissions de 70 pour 100, le travail résistant pour le frei-
- j • °.65 r\ , ,, ,
- nage devient-----= 0,92. Un peut en conclure, et l expe-
- Oy'JO
- riencele démontre, qu’il est possible de retenir efficacement sur une descente avec le frein moteur, en mettant le levier des vitesses sur la combinaison d’engrenages qu’il aurait fallu adopter pour monter la même pente.
- L’avantage du freinage par le moteur, avec ou sans dispositif spécial, est de permettre de descendre en toute sécurité une pente d’une longueur quelconque, en conservant intacts les freins de friction pour parer à un incident imprévu.
- En pays de montagne surtout, les freins de friction s’échauffent très rapidement dans un usage prolongé, et peuvent arriver à manquer par cela même.
- En tout cas, une précaution indispensable à prendre sur toute voiture automobile, est d’exiger qu’un des freins au moins ne débraye pas, afin de pouvoir, tout en retenant par le moteur, agir aussi en cas de besoin avec un frein de friction. Capitaine D.
- Chauffage
- Le Calorifère « Agaz » au benzol. — Depuis quelques années on a créé un nombre considérable d’appareils de chauffage facilement transportables, calorifères, tables chauffantes, etc... fonctionnant soit au pétrole, soit à l’essence de pétrole, soit à l’alcool, etc.... Dans
- toutes les pièces où l’on ne dispose pas d’un appareil utilisant le gaz de ville, ces appareils sont d’un emploi extrêmement commode, car ils sont allumés et éteints instantanément; le réglage de leur flamme étant opéré ils ne réclament aucune surveillance et surtout ils ne produisent ni cendres, ni poussières et ne nécessitent ni les manipulations plus ou moins salissantes du charbon ou du coke, ni l’attention constante qu’exige un feu de bois.
- Un nouveau système vient d’être inventé, le calorifère « Agaz » qui utilise un combustible dont l’emploi industriel s’accroît chaque jour, le benzol. De plus, il se contente d'aspirer, si l’on peut s’exprimer ainsi, le benzol à l’aide d’une simple mèche de coton, par capillarité, ce qui supprime tout réservoir en charge sur l’appareil.
- Ce calorifère consiste essentiellement en un bunsen du type employé pour les becs d’éclairage de la même marque. En A est une mèche de coton qui plonge dans le réservoir B et conduit le benzol jusqu’en C dans le tube D. Ce tube D est entouré à sa partie supérieure d’un gaine E qui sert à protéger le réservoir contre la chaleur que le tube D pourrait lui communiquer par conductibilité. Une plaque en fibre vulcanisée F joue le même rôle protecteur contre toute transmission de chaleur au réservoir de benzol par la coupelle circulaire G entourant la partie supérieure du tube D et dans laquelle
- on peut verser quelques gouttes d’alcool qu’on enflamme pour échauffer le bunsen et l’amorcer pour ainsi dire. Au sommet du tube D les vapeurs de benzol passent par uu petit canal H que ferme en totalité ou en partie, pour le réglage, une aiguille lv manœuvrée par un bouton molleté. En L se trouvent des events par où arrive l’air nécessaire à la combustion des vapeurs de benzol.
- Les vapeurs de benzol se mélangent à l’air dans la chambre M et viennent brûler au-dessus de la grille métallique N. Dans les becs pour l'éclairage ce bunzen chauffe un manchon à base de terres rares, du genre des manchons Auer; un tel manchon serait peu utile pour un calorifère et beaucoup trop fragile. Il est remplacé par un fort mauchon en tissu d’amiante O qui vient coiffer le champignon N de la chambre de mélange.
- Ce manchon O porté par le bunsen « Agaz » à la température du rouge vif joue le rôle de corps radiant.
- Une nouveauté de ce calorifère est la présence de deux troncs de cône renversés P et Q, l’un au-dessous, l’autre au-dessus du manchou d’amiante O. Le cône P a pour but de protéger le réservoir B contre le rayonnement calorifique du manchon. Il serait pour le moins inutile que le benzol du réservoir se trouvât échauffé. Le cône Q lui, doit réfléchir, renvoyer en dehors de l’appareil la chaleur dégagée par le manchon O. Pour arriver à ce résultat les deux troncs de côue P et Q ont été choisis en tôle blanche émaillée qui a été reconnue la plus efficace à cet égard.
- Deux poignées R servent à soulever et à transporter facilement le calorifère qui est complété par une enveloppe ajourée en tôle émaillée S et un dôme en cuivre T. Le dôme T est fixé à l’enveloppe S par un verrouillage à bayonnette, de même que l’enveloppe S au réservoir B.
- Si l’on enlève le dôme T on découvre un support en fer U sur lequel peut être placée une bouilloire.
- En démontant l’enveloppe S, à laquelle est fixé le cône Q, et retirant le manchon O puis le cône P, on obtient un bec bunsen au benzol qui peut rendre de précieux services dans un laboratoire et dans toute circonstance où l’on a besoin d’une température très élevée.
- Dans cet appareil ii ne faut brûler que du benzol de bonne qualité, bien purifié, débarrassé de toute matière goudronneuse et ayant pour densité environ o,885, benzol qui peut être couramment obtenu. Il faut se garder d’employer de l’alcool ou du pétrole auxquels il n’est pas destiné.
- A l’aide d’une petite burette spéciale etlrès ingénieuse on verse, au moment de l’éclairage dans la coupelle G exactement la quantité de benzol nécessaire et pas davantage. — Société des Etablissements « Agaz », 1, rue Po-lonceau, Paris.
- Jouets
- Le domino. — Le jeu de dominos dont l’origine se perd dans la nuit des temps, semblait aussi immuable dans sa forme que dans ses règles. Signalons donc comme une petite révolution, une modification récente de sa construction. Le domino classique est constitué par une plaquette d’ivoire fixée sur une monture d’ivorine ou de bois au moyen de 2 petits rivets dont les têtes dépassent légèrement la plan d’ivoire. Ces têtes de
- Structure d’une pièce de domino.
- rivets sont fort gênantes, quand on mélange les pièces ; elles s’accrochent au tapis ou rayent la table.
- Le nouveau domino est constitué par une monture en ivoire ayant la forme représentée ci-dessus ; le périmètre forme très légèrement saillie et encastre une petite plaquette de celluloïd, enfilée sur 2 tenons ayant exactement l’épaisseur du celluloïd ; donc plus de pointes proéminentes, le rebord du domino protège la table blanche qui se salit moins vite. Ajoutons que, de par sa construction, ce domino moderne est meilleur marché que l’ancien. — Il se vend chez M. Ivratz-Boussac, 14, rue Martel.
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- VARIÉTÉS
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- L’inflammation des gaz terrestres à Neuengamme (Allemagne). La direction des Ponts et Chaussées de Hambourg avait ordonné il y a déjà quelques mois de pratiquer des forages à Neuengamme, bourgade relevam de l’administration hambourgeoise, pour trouver de l’eau potable destinée à l’alimeutation de la seconde ville de l’Allemagne.—Grand fut l’etonnement des ingénieurs lorsqu’au puits N° i5 au lieu de rencontrer l’eau qu’ils cherchaient, ils se trouvèrent en présence du feu! On était arrivé à forer le puits N° i5 jusqu’à la profondeur de 23o m.et rien d’anormal ne s’était encore manifesté; machines et ouvriers continuaient leur œuvre lorsque vers 235 m., un bruit sourd se fit entendre dans la terre, quelques mètres encore, le bruit graudissait et le lendemain,
- 4 novembre 1910, par la profondeur de 242.90 m un jet violent de gaz se produisit réduisant en miettes une partie de la tour où se trouvaient les tuyaux qui auraient amené l’eau à Hambourg; un seul d’enire eux ayaut la forme d’une croix a résisté à la poussée des gaz, c’est par ses trois orifices qu’ils s’échappèrent et s’enflammèrent aussitôt. Comment les gaz se sont-ils enflammés ? Est-ce par le feu des locomo-biles voisines, ou par simple frottement le long des parois métalliques qui formaient une gaine autour du puiis ? Sur le sol gisent des plaques de fer toutes rouges; l’eau d’un ruisseau voisin est entré en ébullition et dans une circonférence de 20 m., la terre n’est que de la poussière.
- Il n’est pas étonnant que le tuyau à 3 branches continue à résister à l’action du feu, car, comme dans le brûleur Bunsen, la flamme ne prend naissance qu’à quelque distance du métal. Quant au hurlement que font les gaz en se pressant aux trois sorties, il est provoqué par la pression considérable à laquelle il sont soumis
- et qui est évaluée entre 55 et 60 atmosphères. Géologiquement, cette inflammation des gaz terrestres à Neuen-: gamme n’a rien de surprenant. Le sol sur lequel reposent Hambourg et l’état hambourgeois est exclusivement constitué de sable et de marnes salifères dans lesquels sont intercalées des couches de sel gemme et de sels de potassium ; en outre, dans les profondeurs de ce sol se trouvent les assises fissurées d’un puissant ancien système de montagnes. Ces fissures ont d’ailleurs été en partie explorées et on y a rencontré des dépôts de chlorure de potassium et de sodium avec des traces de chlorure de magnésium, comme d’ailleurs à Wietze et
- Sleinbôrde où l’on s’est en outre trouvé en présence de naphte. Nous 11e sommes d’ailleurs pas bien loin de Heide dans le Ilolstein où une source jaillissante d’huile de pétrole a été découverte le i3 février 1880, et de la lande Lunebourg où se trouvent des poches t outerraines de naphte. Les gaz qui s’échappent de ces fissures et de ces poches sont des composés hydrogénés, contenant enmajeure partie du CH4, c’est-à-dire que ce sont des combustibles par excellence. A Neuengamme la quantité de gaz qui s’est échappée du sol en 10 jours est dé Go millions de mètres cubes, elle serait suffisante pour 1 alimentation de Hambourg pendant un mois environ. Si l’on pouvait arriver à capter ces gaz, ce serait là pour l’Allemagne du Nord une source nouvelle d’industrie et de revenus ; mais comment réaliser ce problème? Peut-être s’éteindront-ils d’eux-mêmes par suite de l’encrassement du tuyau abducteur ou de leur épuisement. Tout ce que l’on peut conclure de ce « miracle du feu », c’est qu’on doit se trouver en présence d’un nouveau gisement de naphte, de sel gemme ou de sels potassiques qui pourront peut-être concurrencer ceux de Stassfurt. Bourcekiu.
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- HYGIENE ET SANTE
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- L’acide carbonique neigeux comme agent thérapeutique. — Le froid est un caustique aussi violent que les corps chauds ; comme dans les brûlures, les réactions qu’il produit sur les tissus organisés sont de degrés différents suivant l’intensité de la réfrigération et surtout suivant sa durée. Depuis la simple engelure que connaissent beaucoup de gens, depuis l’érythème léger jusqu’aux phlyctènes, aux ulcères et à la gangrène totale d’un itiembre, on observe tous ces degrés. Jusqu’ici la réfrigération capable de donner des réactions aussi violentes n’avait pas été utilisée en thérapeutique; on se servait des mélanges réfrigérants, glace pilée ou mélange de glace et de sel pour donner une anesthésie locale qui permettait au chirurgien d’ouvrir sans douleur un abcès, un panaris, d’arracher un ongle incarné. La glace pilée a fait place aux vaporisations d’éther, de chlorure d’éthyle, puis aux injections de cocaïne, novo-coeaïne, stovaïne, etc.
- Cependant il y a quelques années, sous l’impulsion de Wite, Dade et d’autres chirurgiens, on avait essayé d’utiliser la cautérisation produite par l’air liquéfié; en repassant à l’état gazeux, ce liquide donne un refroidissement énorme, une réfrigération qui va jusqu’à la cautérisation la plus énergique. Mais l’air liquide est assez difficile à se procurer; aussi s’est-on rejeté, dans ces dernières années, sur un corps qui donne des réactions aussi violentes et qui est peut-être d’un maniement beaucoup plus aisé. On a recours à l’acide carbonique solide; de nombreux médecins anglais, allemands et américains ont essayé cet agent dans un certain nombre d’affections cutanées et s’en sont bien trouvés. Je ne crois pas qu’on en ait fait grand usage en France; tout
- au moins n’ai-je pas eu sous les yeux de documents relatifs à son emploi.
- L’acide carbonique se liquéfie, on le sait, à la température de o° sous une pression de 36 atmosphères. On le prépare communément avec l’appareil Thilorier. Le liquide, renfermé dans des cylindres d’acier, donne, dès qu’on ouvre le robinet, un jet qui prend l’état gazeux en laissant une gelée blanche qui n’est autre que de l’acide carbonique solide. Si l’on dirige le jet liquide dans une coupelle de plaiine, à parois minces, une partie du liquide se solidifie instantanément et donne une petite masse de neige blanche cotonneuse.
- Pour obtenir cet acide solide, cette neige sous une forme commode à manier, on peut employer le moyen suivant : on enveloppe le robinet du cylindre contenant l’acide liquide d’une peau de chamois (le tissu dont je parlais l’autre jour pour les lésions du décubitus, peau de mouton ayant subi l’opération du chamoisage). Cette peau forme une poche lâche, dans laquelle le liquide, en se condensant, laisse une boule de neige carbonique; on la malaxe à travers la peau de chamois et en se garantissant les mains avec des gants épais, de façon à la réduire en boule et sur cette boule, on taille des fragments de la grandeur voulue pour la surface à cautériser. Le Dr Tousey, de New-York, recueille le jet de liquide dans un étroit cylindre formé par des feuilles bien serrées de papier buvard; il obtient ainsi une sorte de crayon Caustique qu’il manie aisément pour les cautérisations.
- La réfrigération obtenue par l’acide carbonique solide est un peu moindre que celle que donne l’air liquide, mais la température est suffisamment basse pour les
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- besoins puisqu’elle atteint au delà de trente à quarante degrés au-dessous de zéro. On pourrait, en le mélangeant à d’autres corps, obtenir une température beaucoup plus basse ; avec l’éther par exemple, on arrive à — ioo degrés, mais un froid aussi intense est abso lument inutile et serait môme dangereux.
- C’est en dermatologie qu’on a fait surtout usage de l’acide carbonique solide; on l’utilise contre le lupus, les verrues, les végétations condylomateuses, les nævi, les tumeurs érectiles; on l’a meme employé, et avec succès, contre les épiihéliomas cutanés. Le Dr Morton, de Londres, communiquait récemment à l’Association britannique une statistique de plus de deux mille cas traités par cette méthode, sans aucun accident et avec les résultats les plus satisfaisants. Nobl, de Vienne, l’a employé pour les mêmes cas, lupus, épithéliomas cutanés, verrues et tumeurs érectiles avec autant de succès.
- Comment agit la neige carbonique ? il n’y a vraisemblablement qu’une action due à l’abaissement considérable de température ; par lui-même l’acide carbonique a bien une action anesthésique et légèrement irritante;
- mais les effets sont le résultat du froid et de la cautérisation. Sous Faction de cette congélation, les cellules deviennent rigides et se solidifient; les cellules anormales sont détruites tandis que les cellules saines ne subissent aucune réaction mauvaise, elles résistent et reprennent leur vitalité, une fois l’acide carbonique enlevé. Il va sans dire que si on prolonge le contact au delà du temps nécessaire, les cellules saines ne seront pas plus indemnes que les cellules anormales. Il faut donc manier la neige carbonique avec beaucoup de prudence ; la durée d’application ne doit pas dépasser trente à quarante secondes dix secondes quand on veut obtenir un effet superficiel, quarante secondes et plus s’il s’agit, par exemple, d’un durillon épais, d’une couche cornée. Il est nécessaire d’exercer avec la petite boule ou le crayon de neige une pression assez forte pour arrêter la circulation. D’après Morton, les effets de l’acide carbonique neigeux sont analogues à ceux du radium, avec cet avantage que le premier est beaucoup moins cher que le second et qu’on peut se le procurer dans tous les grands centres urbains.
- Dr A. Cartaz.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d un interet général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — /. D., à Paris. — Les membranes dont on se sert sont bien des vessie de porc ; encore faut-il ne pas les prendre trop résistantes et faire un vide suffisant.
- Abonné 6200-4917, à Paris. —Vous trouverez dans les Mémoires de la Société académique de l’Aube trois communications de M. l’abbé Gaspard Ferrari-Moreni sur une <c Méthode élémentaire pour la détermination des orbites des planètes et des comètes », avec formules et exemples numériques. La première communication a paru dans le tome LXII, en 1898 , la seconde dans le tome LXV, en 1901 ; la troisième dans le tome LXX1, en 1907. Elles forment une suite complète, mais le troisième mémoire suffit pour calculer un orbite numériquement. — Vous pouvez consulter, pour plus de renseignements, un mémoire sur cette question paru dans les Annales de i Observatoire de Paris, par Callandreau ; Celestial Vecha-tiics, par Moulton; Theoretical Astronomy, par Watson ; Lehrbucli zur Bahnbestimmung der Cometen und Pla-neten, par Th. Oppolzer; Guide du calculateur, par Ëoccardi où figure une exposition par Encke de la méthode d’Olbers avec schéma de calcul. Ce dernier volume est édité par la librairie Hermann, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. A. Ternynck, à Lausanne. — Nous n’avons pas de renseignements sur la traduction de Y Aide Mémoire que vous nous indiquez. Sur la machine et la turbine à vapeur : voyez les ouvrages édités par Y Encyclopédie Scientifique Doin, place de l’Odéon, Paris ; Les Chaudières, par le commandant Cordier ; La Machine à vapeur, par Nadal; L.a Turbine à vapeur, par le commandant Cordier. Sur la téléphonie sans fil : voyez l’ouvrage de Ruhmer, traduit par Ancel, chez Desforges, quai des Grands-Augustins, Paris.
- MM. R. Varaldi, La Bocca et P. B., h Paris. — Nous avons publié plusieurs recettes de colle pour faire adhérer le papier au métal (août en novembre 1905, juillet 1906, décembre 1907). A défaut de ces formules, vous obtiendrez de bons résultats en additionnant la gomme arabique ou la gélatine en dissolution de jo pour 100 d’acide acétique. Bien nettoyer le métal au papier de verre ou à la soude avant application.
- M. L. Mortier, à Paris. — Quand on ne consomme que j>eu de ces produits, il est plus pratique de les acheter tout faits que de les préparer soi-même. Pour éviter l’altération du récipient entamé, prenez les mixtures contenues non dans des flacons, mais dans des tubes
- d’étain, en sorte que pendant la vidange, il ne puisse y avoir contact de l’air.
- Marquis d’Urre Anadoili, à lîissar. — Merci de vos indications, nous ne manquerons pas de faire des essais à ce sujet, dont nous publierons les résultats.
- M. Gauchard, à Paris. — La question des rayons ultra-violets, de leur action microbicide, de leur utilisation a été étudiée très activement par MM. Courmont, Nogier, V. Henri, de Reclinghausen, Cernovodeann. Vous trouverez les résultats de leurs travaux exposés dans les comptes rendus de l’Académie des Sciences de ces deux dernières années. Il n’y a pas de papier à réactif pour déceler l’oxyde de carbone. La méthode la plus simple est celle de MM. Lévy et Pécoul, exposée dans La Nature, n° 1692, 28 octobre igo5.
- M. M., à Paris. — Nous ne pouvons vous renseigner. Vous nous donnez seulement le nom de l’appareil, qui peut n’être qu’une simple marque de fabrique : il faudrait que vous nous disiez en quoi consiste 1 appareil.
- M. d’Escrienne, à Rennes. — Il serait difficile de teindre à proprement dire le bois surtout s’il s’agit de meubles ou de coffrets. Mais vous obtiendriez facilement une teinte « Bois de Spa » en appliquant une couche d’un vernis coloré Sœhenée ou autres (du genre de ceux dont se servent les modisies pour vernir et nuancer les pailles à chapeaux).
- M. Martz-Sêsanne, à Paris. Vous trouverez du corindon chez Delaunay, 29, rue Saint-Ambroise, Paris. Ce corps n’a pas encore été, à notre connaissance, employé de la façon que vous vous proposez. Roues à aube et pièces détachées. Singrün, à Epinal.
- M. G. R , à Lignières. — Nous publierons sous peu une telle recette. Mais comme il existe divers genres de ces produits, selon les usages auxquels ils sont destinés, mieux vaudrait vous documenter sur des travaux beaucoup plus complets que ce que nous pouvons publier ici. Par exemple les études publiées dans la revue Caoutchouc et Gutta de cette année, par Hefter. Vous savez que ces factices ne sont pas employés directement, mais mélangés à des caoutchoucs, des charges minérales, puis vulcanisés. Pour les usages immédiats, il existe des produits à base de gélatine insolubilisée.
- M. Peltier, à Loué (Sarthe). — Le bec Anor est vendu par la Société La Couronne, 17, rue Alibert, Paris.
- M. P. Lebas, à Billancourt (Seine). — Vos piles sont épuisées : l’alimentation de 3 lampes de 8 volts est une charge considérable pour des piles de cette capacité; il faut donc rajouter du sel ammoniac et de l’eau dans vos piles; les zincs ne doivent pas être encore usés; mais songez que la production de 1 kwt-heure consomme en moyenne 1,07 kg de zinc.
- Abonné 6»88, à Poitiers. — Vous pourriez vous renseigner utilement auprès de la maison Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le spectre du Brockea : J. Loisel. — Les vineries industrielles : H. ftoUSSET. — Les chemins de fer de la Westralie et le Transcontinental australien : Paul. Privât Deschanel. — Allumage legal : L. Matout. — Académie des sciences ; séance du 12 décembre 1910 : Ch. de Villedeuil. — La plus haute cheminée du monde (en béton armé) : Jacques Rabut. — Un alternateur de rooooo périodes : R. Vili-ers. — Dix-huit mille kilogrammes de dynamite en fumée ! : Y. Forbin.
- Supplément. —Le lieutenant-colonel Moll. — La mission Charcot. Souscription pour un monument à Philippe Thomas. — Comète Cerulli 1910 e. — Téléphonie sans fil. — L’innocuité de l’acide suliureux dans le via, etc.
- Traité de physique de O. D. Chwolson. Tome III, 20 fasc. Ttiermodynamique générale, fusion, vaporisation, 1 vol. traduit sur les éditions russe et allemande, par E. Davaux. 206 fig. dans le texte. A. Hermann et fils, éditeurs. Paris, 1910, Prix: 11 francs.
- Ce fascicule du grand ouvrage de Chwolson est particulièrement remarquable. Rien n’est plus difficile à exposer que le thermodynamique, cette partie de la science, malgré les études magistrales qu elle a suscitées n’est pas encore arrivée à l'état de perfection que rêvent les théoriciens. M. Chwolson a su dégager la part d’incertitude qui subsiste dans certains énoncés thermodynamiques, ou du moins les conditions exactes où ils sont légitimement applicables. L’ensemble de l’ouvrage est tenu au courant des plus récents travaux.
- Introduction à la métallo graphie microscopique, par P. Goerens, traduite par A. Corvisy, avec 157 figures et 34 planches hors texte renfermant 97photogrammes. Gr. in-8° de i3o pages, A. Hermann et fils. Prix : 10 francs.
- La métallographie est une science toute récente qu’ont mise à jour une série de recherches exécutées par un grand nombre de savants et en particulier de savants français, à la suite des découvertes et des travaux remarquables de F. Osmond. Les applications pratiques de la métallographie se sont développées parallèlement et en union intime avec la science. Ce livre a pour but de mettre en France à la portée des savants, des ingénieurs et des industriels cette science toute française. Après un court exposé des propriétés physiques de la matière, où sont passées en revue les conceptions modernes de l’état physique, de l’allotropie, etc., se trouve décrite la technique des procédés pratiques actuels de l’élude des métaux : d’une part, l’etude physico-chimique, les méthodes thermiques; d’autre part, l’étude microscopique comprenant les renseignements les plus complets que l’on possède actuellement sur les moyens rapides de polissage, d’attaque et de développement de la structure des métaux. La description détaillée de tous les microscopes en usage et l’étude de la photomicroscopie terminent cette partie L’étude des alliages forme la deuxième partie de l’ouvrage.
- Equilibre, centrage et classification des aéroplanes, par R. Saulnier, ingénieur E. C. P. 1. vol. in-8®. Librairie aéronautique, éditeurs, 32, rue Madame, Paris. Prix : 3 francs.
- M. Saulnier, constructeur d’aéroplanes et aviateur a su, dans son livré d’une remarquable clarté exposer avec une méthode parfaite, les divers facteurs qui influent sur l’équilibre d’un aéroplane. Avec le minimum de calcul, il étudie mécaniquement le vol en ligne, il en déduit une classification rationnelle des appareils selon la position respective des centres de gravité et de pression, puis passe aux virages, à la tenue dans le vent, à la stabilité.
- Formulaire des sciences aéronautiques, par L. Ventou-Duclaux. ingénieur du Laboratoire d’essais de l’Automobile Club de France. 1 vol. format 10 x 16 de 3oo p^ges. Vivien, éditeur, 20, rue Saulnier, Paris. Prix broché : 3fr,5o.
- Cet ouvrage est, non seulement un recueil de formules, mais encore un précis d’aéronautique. Il permet de trouver rapidement les éléments d’établissement d’un projet d’aéroplane ou de dirigeable. Il donne, de
- plus, en même temps que la formule pratique, le moyen de la retrouver en mettant le lecteur à même de reprendre le raisonnement qui a conduit à établir cette formule. Les différents paragraphes sont classés par ordre alphabétique et les recherches peuvent ainsi être faites très rapidement.
- Im aeroplan iiber die Alpen. Géo Chavez, Simplon flug, par P. W. Bierbaum. i vol. 123 p. avec 23 fig. Editeur Orell Füssli. Zurich, 1910. Prix: 2 francs.
- M. Bierbaum a voulu être le premier à fixer l’épopée de Chavez. Son récit est celui d’un témoin enthousiaste et sincère ; c’est aussi celui d’un historien.
- Les Indes Néerlandaises, par Antoine Cabaton. E. Guil-moto. Paris. Prix : 8 francs.
- Professeur de malais à l’Ecole des langues orientales, l’auteur nous donne un aperçu instructif de ces admirables îles Java, Sumatra, Bornéo, Célèbes, les Moluques, eic..., et fait comprendre combien il est désirable que les Indes Néerlandaises continuent à apparienir aux Hollandais «évolués depuis trois cents ans avec elles et les connaissant aujourd’hui à fond. »
- Ministère des Colonies. Documents scientifiques de la Mission l’ilho (1906-1909). T. I. Paris. Imprimerie Nationale, 1910.
- Du 26 août 1906 au i6r février 1909, la Mission Tilho était chargée de délimiter sur le terrain, de concert avec une mission anglaise, la frontière convenue par le traité du 29 mai 1906 entre la France et l’Angleterre, du Niger au lac Tchad. Ce travail diplomatique a doté la géographie africaine de documents précieux et nouveaux sur le mystérieux lac Tchad et les régions environnantes. On sait maintenant que le fameux lac n’a pas toute l’étendue que lui ont prêtée les premiers explorateurs; que c’est, pour la plus grande partie, un marécage sans profondeur et que le relief insensible de ses rives capricieuses explique les considérables variations d’étendue sur lesquelles on a tant discuté. « Variations dues principalement aux va-« riations des apports de ses tributaires. Dans l’état « actuel de nos connaissances sur la climatologie du « Centre-Afrique et sur le Tchad lui-même, il paraît « impossible de définir une loi périodique de ces « variations. Le Tchad, déversoir de fleuves puis-« sants, continuera à subsister pendant une longue « période de temps, au moins en temps que ma-« rais. » Trois belles cartes au i/5ooooo accompagnent ce premier volume et seront suivies de cinq autres.
- L’Art théâtral moderne, par Jacques Rouché (grand in-8°, Edouard Cornély et Cio, Paris). Prix : 5 francs.
- Cette luxueuse plaquette contient plus de 5o gravures et 2 hors-texte en couleurs se rapportant aux costumes, aux décors, à l’agencement de la scene, etc. M. Rouché y expose, sur l’Art théâtral moderne, des idées qu’il a mises récemment en pratique au théâtre des Arts, en les appuyant sur une description des efforts accomplis dans le même sens par des réfom mateurs étrangers.
- L’évolution des théories géologiques, par Stanislas Meunier, i vol. in-16 de la. Nouvelle collection scientifique, Félix Alcan. Prix : 3fr,5o.
- La géologie est une des sciences naturelles où les hypothèses tiennent le plus de place. M. Stanislas Meunier a essayé de montrer l’évolution historique de ces théories.
- Les acides du naphte et leurs applications, par N. Cher-cheffsky, ingénieur-chimiste, expert près les tribunaux H. Dunod et E. Pinat. In-8° de 54 p- Prix: 3Jr,5o.
- L’auteur consacre cette monographie à l’étude si importante des acides naphténiques, extraits des lessives de raffinage, et dont les emplois actuels sont extrêmement restreints, malgré les quantités énormes provenant du raffinage de certaines provenances, traitées comme matières d’encombrement et jetées à la mer. Successivement, l’auteur passe en revue : la chimie de ces composés, leurs caractères analytiques et enfin les emplois divers qui s’offrent comme débouchés.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Notions générales de médecine. d hygiène et de soins aux malades, par le Dr Paul Cantonnet. Paris. Bloud et Gie. 1910. 1 vol. in-8°, 700 pages illustré. Prix : 6 francs; relié, j!r,5o.
- L’instruction chez soi : Les sciences physiques et naturelles, par Henri Coupin. Paris. Flammarion. 1 vol. • in-18. Prix : 3tr,5o.
- Des difficultés entre propriétaires et locataires, par Em. Guilx.lot, architecte. In-8° de xiv-igG p. (II. Dunod et E. Pinat, édit., Paris). Prix : 3fr,5o.
- Ge manuel n’est pas un ouvrage de droit, mais la condensation de tout ce qui peut intétesser sur la location. M. Guillot y a joint de nombreux renseigne ments, modèles et tarifs sur certaines questions, spécialement étudiées, notamment : les baux, les contributions et taxes, les assurances, les obligations de police, la voirie, les états de lieux, les congés, les réparations locatives, etc. On y trouvera, en outre,
- l’étude des obligations modernes relatives : au chauffage, à l’éclairage, aux ascenseurs, téléphone, automobiles et bicyclettes. Enfin, il est complété par des observations et conseils, particulièrement pour ce qui a trait aux difficultés entre propriétaires et locataires.
- Troyes et Provins-,, par Lucien Morel-Payen. Paris, H. Laurens, 1910. 1 vol. in~4°, 120 gr. Prix : br., 4 fr. ; rel., 5 fr. [Les villes d'art célèbres.)
- L’ancienne capitale de la Champagne, Troyes, avec ses dix églises (parmi lesquelles une magnifique cathédrale et l’incomparable bijou gothique qu’est la collégiale Saint-Urbain), une foule d’hôtels privés et de monuments civils de la plus attrayante : variété, le tout semé au milieu d’un amusant dédale de quartiers antiques et de vieilles maisons de bois, ainsi que sa rivale en richesse et en grandeur, Provins, la seconde capitale des comtes de Champagne, ont trouvé en M. L. Morel-Payen un panégyriste aussi fervent que documenté.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ' OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 déc. 1910. 8°,9 S. S. W. 3. Couvert. 1,7 Très nuageux; pluie à 6 h. 10 et de 15 h. à 17 h.
- Mardi 13 7°,3 S. 3. Beau. 0,8 Rosée ; nuageux ; pluie le soir.
- Mercredi 14 . . . • 6°, 4 S. S. W. 3. Très nuageux. 2,3 Ilosée ; très nuageux ; brume ; couronne lunaire ; pluie de 22 h. 10.
- Jeudi 13. . . • 8°, 9 S. 4. Beau. L5 Pluie cesse vers 1 h. 15 ; pluie dans la journée; très nuageux.
- Vendredi 16 ... . 8°,8 S. 6. Pluie. 7.1 Pluie de 4 h. à 9 h. 30; couv. le m., nuageux le s.; halo lunaire.
- Samedi 17 9°,0 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Nuageux ; gouttes à 8 h. 20.
- Dimanche 18... . 6°,9 N. W. 3. Pluie 0,7: Gelée blanche ; pluie entre 5 h. 15 et 8 h.
- DECEMBRE 1910. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 DÉCEMBRE 1910.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé; thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- Du 12 au 17 décembre., -r- Le 12. Centre anticyclonique au S.-O. des Iles-Britanniques : Yaîencia, 732; Bretagne, 746. Pluies sur 10.; en France : Gap, 22; Nice, 20; Lyon, 11; Bordeaux, 8; Cherbourg, 7; Brest, 4. Temp. du matin : Uleaborg, —26°; Paris, 9; Alger, 15 ; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 9°,4 (normale : 20,8). — Le i3. Yaîencia, 726; Brest, 743. Pluies presque générales; en France : Brest, i5; Lorient, 13 ; Nantes, 12; Cherbourg, 6; Dunkerque, Paris, 2; Lyon, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —. 180; Paris, 8; Biarritz, 15 ; Puy de Dômè, 3; moyenne à Paris : 90 (normale : 20,8). —Le i4- Relèvement sur le N.-O. : Ecosse, 735; Nice, 756. Pluies sur l’0. et le N.; en France : Nice, 28: Marseille, 17; Lyon, 16; île d’Aix, i5; Lorient, 4; Paris, Nancy, 1. Temp. du matin : Haparanda, — 210; Paris, 6; Cagliari, i3; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : 8°,3 (normale : 2°,7);—Le i5. Centre cyclonique au large des Iles-Britanniques : Yaîencia,
- 739. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Nantes, 28; île d’Aix, 26; cap de la Hague, 22; Limoges, 16; Charleville, i4; Bordeaux, 6; Paris, 5. Temp. du matin : Arkhangel, —ii°; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : io° (normale : 2°,6). — Le 16. Dépression sur 10. de l’Europe : Irlande, 747; Valencia, 728; Brest, 748. Pluies sur l’O. : en France : Paris, 3a; Bordeaux, 57; Lyon, 86; Lorient, 112; Nice, 3o5 ; Aigoual, 600. Temp. du matin : Arkhangel, —i3°; Paris, 9; Biarritz, 17; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : io°,3 (normale : 2°,6). — Le 17. Skudesness, 737; Nantes, 755; Açores, 775. Pluies sur l’O. et le N-; en France : Besançon, 27; Limoges, Bordeaux, 18; Gris-Nez, 12; Cherbourg. 8 ; Paris, 3. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : io° (normale : 2°,5). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 16, à 11 h. 14 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
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- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
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- Ancien Président de la Commission centralà,'^
- de la Société de Géographie. 'v-&v
- Tout ce qui concerne « Lâ Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1962— 31 DÉCEMBRE 1910
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Aviation. — L’aviateur Cecil Grâce perdu en mer. — L’aviateur anglais, Cecil Grâce, le 22 décembre 1910, après une première et heureuse traversée de la Manche en Angleterre, des îles Sheppey à Calais, décida, malgré un brouillard intense, de regagner l’Angleterre le même jour, par la voie aérienne. Depuis, on n’a plus eu de nouvelles de Grâce; il est malheureusement certain que l’audacieux pilote s’est perdu en mer.
- Record de la distance. — Conquis le 21 décembre par Legagneux, à Pau, sur monoplan Blériot, dans un vol de 515,900 km en 5h 59'.
- Record du voyage sans escale. — Conquis le 21 décembre par le lieutenant Camerman accompagné du capitaine Hugoni : sur biplan militaire Farman, parcours de 237 km, Mourmelon-Montigny-sur-Aube et retour en 4-k 1'.
- Le concours d’aéroplanes militaires. — La date de clôture des engagements pour le concours d’aéroplanes, organisé par le Ministère de la Guerre, primitivement fixée: au ier janvier 1911, est reculée jusqu'au Ier juillet 1911.
- Le carat métrique. — C’est le 1" janvier prochain que le carat métrique de 200 milligrammes, remplacera définitivement en France le carat de 2o5,3 milligrammes, l’esté usuel jusqu’ici, et qui, à partir de cette date, ces-sera de bénéficier de la tolérance grâce à laquelle il avait pu subsister contrairement à la loi sur les poids et mesures. Un arrêté vient de fixer les conditions d’application de la loi instituant le nouveau carat. Les poids auront la forme ordinaire à bouton, ou une forme rectangulaire ; il porteront l’indication de leur valeur en grammes et en carats, suivie des lettres C M ; ils pourront être faits en l’un des métaux ou alliages usités dans la fabrication des poids de précision. Ces poids suivront la série métrique, des multiples et sous-multiples décimaux du gramme, de leur double et de leur moitié; en plus, les étalons de 2 carats (0,4 g.) et de 0,2 carat (0,04 g.) seront tolérés. En même temps qu’en France, le carat métrique deviendra légal à l’exclusion du carat usuel en Bulgarie, en Espagne, en Norvège, en Roumanie et en Suisse. Dans la plupart des pays, la loi est déposée, et viendra prochainement en discussion ; on peut donc espérer que l’année 1911 établira la concordance métrique universelle dans le commerce des pierres précieuses.
- Volatilité du bromure de radium et des bromures alcalino-terreux. — La volatilité des bromures de baryum, de strontium et de calcium a été étudiée systématiquement par calcination progressive dans un tube de quartz fondu. La température d’apparition d’un sublimé était de 7200 pour le bromure de calcium, de 770° pour le bromure de strontium et de 820° pour celui de baryum. On a fait de la même façon des distillations, fractionnées de bromure de baryum renfermaut des proportions variables de bromure de radium en chauffant
- chaque fois quelques heures à 900°; on trouve que le bromure de radium étant moins volatil que celui de baryum le résidu s’enrichit peu à peu en radium. On pourrait en déduire uu mode opératoire pour obtenir des produits d’une richesse relative en radium.
- Présence de l’ozone dans les flammes. — En 1870. M. Loew avait signalé la formation très nette d’ozone en quelques instants toutes les fois qu’un fort courant d’air est insufflé à travers la flamme d’un bec Bunsen, Il y a quelque temps, M. Manchot a donné de ce fait une démonstration plus élégante et moins primitive. On sait que l’ozone, qui peut être considéré comme un produit de condensation de l’oxygène et, somme toute, comme un oxygène plus actif, possède la propriété particulière d’oxyder l’argent, même à froid. Or, si l’on chauffe à 260° une des extrémités d’une bande d’argent bien découpée; si, sur l’autre extrémité, on dirige le dard d’une bonne flamme d’hydrogène, ou d’un chalumeau à bouche, ou encore d’un chalumeau oxhydrique, il se fait bientôt une tache noire en rapport avec les parties les plus chaudes, tandis que si l’on opérait à froid, il faudrait un gaz à 2 pour 100 d’ozone au moins, pour noircir ainsi le métal. L’action n’est pas due à des oxydes d’azote qui, du reste, n’attaquent l’argent qu’à des températures inférieures à i55°; il faut en conclure que le phénomène a lieu par suite de la présence d’ozone dans la flamme.
- Mesure électrique des pressions. — Pour mesurer les hautes pressions, M. Lafay propose de recourir au mercure dont la résistance électrique varie avec la pression qu’il subit; il suffirait de maintenir la température constante à un quart de degré près.
- L’automobilisme à New-York. — Comme suite à la notice que nous avons consacrée récemment aux progrès de l’industrie automobile américaine, enregistrons les chiffres suivants, que nous empruntons à un rapport officiel analysé par le Daily Mail. A la date du i5 mai, le nombre des automobiles enregistrées dans le seul Etat de New-York (dont la population est d’environ 8 millions d’âmes) dépassait. 100 000. Le nombre des chauffeurs munis de leur permis était de $7 000. Les demandes de permis sont en moyenne de 260 par jour. Dans ce même Etat, les capitaux engagés dans cètte industrie s’accroissent de 7 5oo 000 francs par semaine. New-York et Brooklyn sont les villes qui possèdent le plus d’automobiles, elles en enregistrent journellement cinquante en moyenne chacune. Buffalo les suit de près.
- De Londres à Bombay en une semaine. — Un
- membre de la Douma, M. Svegintseff, a fait récemment connaître les grandes lignes d’un projet gigantesque formé par un groupe de capitalistes et d’ingénieurs russes. Il s’agit de la création d’une voie ferrée qui relierait directement la Russie aux Indes. La. station
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- INFORMATIONS
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- frontière russe serait Bakou, la voie ferrée traverserait la Perse et le Baluchistan pour venir se raccorder à Nuhski au réseau hindou. Cette ligne aurait tout près de 25oo kilomètres de long et ne coûterait pas moins de 5oo millions de francs. Mais elle présenterait des avantages économiques considérables : le voyage de Londres à Bombay par Berlin, Breslau, Taganrog, Bakou ne durerait que 6 jours et coûterait 1000 francs.
- Le géant des ponts à bascule. — La ville de Philadelphie inaugurera dans quelques mois, sur un des canaux qui aboutissent à son port, un pont à bascule qui sera certainement le plus grand pont dans ce genre. La longueur totale des vantaux mobiles est de %'i'] pieds, soit environ 76 m., longueur prise entre les axes de rotation, alors que le fameux pont à bascule de Chicago n’a que 61 m. de passe libre. Chacun des deux vantaux supporte à son pied un contrepoids de plus de 600 tonnes. L’installation électrique qui permettra à un unique opé rateur de manœuvrer la gigantesque structure est située à l’une des extrémités du pont-levis. La longueur totale du pont, qui, en outre de la partie mobile, comporte toute une structure de fermes et de tabliers supportée par des piles en ciment armé, est de 1235 pieds, soit près de 400 m. Après achèvement, il aura coûté 3 000000 fr. Comme le montre notre photographie, les vantaux sont construits debout. On a évité ainsi la construction coûteuse d’échaffaudages qui auraient gêné la circulation
- des navires. Les ingénieurs espèrent qu’après achèvement, les extrémités des vantaux se juxtaposeront exactement, et que la solution de continuité maxima sera inférieure à 3 mm.
- La sécurité en aéroplane. — M. le commandant, Brossard de Corbigny nous a soumis une idée intéressante sur cette question toujours à l’ordre du jour. On sait que si par malheur, l’angle d’attaque de l’aéroplane dans une descente vient à dépasser une certaine limite, la sustentation disparaît et l’aéroplane tombe comme un caillou. On pourrait rétablir l’équilibre à ce moment redoutable, par exemple en redressant l’avant des ailes. M. de Corbigny propose d’assurer automatiquement ce mouvement, de la façon suivante : Le siège du pilote serait monté sur une glissière, et pourrait se déplacer vers l’avant de 0,20 environ lors de l’inclinaison critique ; le déplacement automatique dégagerait un déclic qui libérerait les cordes souples retenant en temps normal des ailerons collés à l’avant de chaque aile, ceux-ci sont libérés par en dessous et relevés par le jeu de ressorts antagonistes ; en se relevant ils redressent également l’aéroplane.
- Les progrès du commerce des principales nations.
- — D’apïès les plus récentes statistiques françaises, voici quel serait le pourcentage des progrès du commerce extérieur des principales nations depuis vingt ans Celui du Japon a augmenté de 212 pour 100; celui du Canada, de 179; celui de l’Egypte, de 160; celui des Etats-Unis, de 141 ; celui de la Chine, de 129; celui de l'Allemagne, de 124; celui de la Belgique, de 121 ; celui des Pays-Bas, de m; celui de l’Italie, de io5; celui de la Suisse, de 80; celui de la Russie, de 78; celui de la Hongrie, de 63, et celui de l’Angleterre, de 60 pour 100 (Mouvement géographique, 20 novembre).
- Quelques statistiques sur l’Inde. — Le Livre Bleu que le Gouvernement Anglo-Indien publie chaque année en septembre contient toujours des chiffres intéressants. Celui qui vient de paraître nous rappelle que la vaste péninsule est encore hantée par de redoutables fauves. Pendant l’année 1908, les tigres ont tué 909 personnes; Les léopards, 3o2 ; les loups, 269. Et 686 personnes ont été égorgées par d’autres bêtes sauvages. Les serpents, de leur côté, ont fait 19788 victimes. Les mêmes catégories d’ennemis ont prélevé un terrible tribut sur le bétail; les léopards ont abattu 42 427 têtes; les tigres, 28 258; les loups, environ 10000; les serpents, si redoutables pour les humains, n’ont tué que 9800 zèbres ou chèvres. Mais l’homme a pris sa revanche en tuant 17 926 tigres, léopards et loups, et 70498 serpents. Les primes payées de ce chef ont formé un total de plus de •260000 francs. Le recensement de la population, qui remonte à 1901, accuse 294 36i o56 âmes et 55 84* 3i5 maisons. Les deux tiers de cette population sont composés d’Hindous; et l’on compte 62 000 000 demusulmans et 3 000 000 de chrétiens. La grande masse est illettrée, car on estime à i5 5oo 000 le nombre des personnes sachant lire et écrire, ce qui explique que la poste n’ait transporté en douze mois que 8y5 255 832 lettres, cartes postales ou paquets, soit une moyenne fort médiocre de 3 articles par tête d’habitant. Le même Livre Bleu indique une grande décroissance de la peste, qui n’a causé que 174874 victimes en 1909, contre i3i58g2 en 1907. Sur les 584 498 malades ou infirmes reconnus, on a compté 107340 lépreux, 35o 000 aveugles, i5oooo sourds-muets, 65 000 aliénés. Voici enfin d’autres chiffres sur les métiers et professions qui comptent le plus d’adeptes. Les barbiers de l’Inde sont au nombre de 1 023 g32, tandis que le blanchissage du linge fait, vivre 600000 hommes et 5oo 000 femmes, 268 000 acteurs, musiciens ou bateleurs (dont un cinquième de femmes) s’occupent à amuser le public, et 1 i5o 525 prêtres s’efforcent de sauver les âmes. 284 421 pâtissiers ou confiseurs forment une autre corporation importante. Mais celle des mendiants l’emporte par le nombre avec plus de 4000000 de membres, dont 2 433 n5 fakirs et autres charlatans.
- Institut de paléontologie humaine. — Un décret du i5 décembre [Journal Officiel du 25) reconnaît, comme établissement d’utilité publique Y Institut de paléontologie humaine, fondé à Paris par S. A. S. le Prince de Monaco, pour « étudier les origines de l’humanité et poursuivre méthodiquement les recherches destinées à éclairer et à établir l’histoire, encore incertaine, des plus anciennes sociétés ». Le" Conseil d’administration comprend six membres de nationalité française un comité de perfectionnement comprendra les savants les plus qualifiés de la France et de l’étranger. Le patrimoine de l’Institut se composera d’un immeuble à construire à Paris, des collections réunies à Monaco et d’un capital de 1600000 francs. Le rapport motivant le décret souligne avec raison que « les services éminents rendus à la science, au cours de sa vie laborieuse par Son Altesse Sérénissime sont pour le nouvel Institut un gage certain de succès et de prospérité ».
- Institut français d’anthropologie. — Par une
- curieuse coïncidence, l’initiative du Dr Verneau, professeur au Muséum, vient de provoquer la constitution (le 2i déc.) d’un Institut français d’anthropologie (I. F. A.) ayant pour but l’étude de toutes les sciences de l’homme (anthropologie. ethnographie, sociologie, préhistoire, etc.). Cette société fermée n’admettra que les compétences reconnues : elle se composera de cinquante membres titulaires seulement; mais chaque année cinq seront nommés titulaires honoraires pour faire place aux nouveaux candidats méritants. Ces deux catégories de membres composeront les membres actifs; il y aura, en outre, des membres honoraires, bienfaiteurs et correspondants. Ce mécanisme assure un travail sérieux et utile. Pour trois ans ont été nommés : Président, M Salomon Reinach, membre de l’Institut; vice-président, M. M. Boule, professeur au Muséum.
- Sections radiotélégraphiques maritimes. —- Le département de la marine, aux Etats-Unis, se disposerait à installer, sur le littoral de l’Océan Atlantique, un certain nombre de stations fe télégraphie sans fil. Chacune d elles aurait une puissance de 25 kw et pourrait communiquer avec la station centrale de Washington.
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- Un dispositif de protection pour les circuits à haute tension. — Malgré les précautions les plus rigoureuses, il est matériellement impossible d'éliminer, dans les travaux d installation et de réparation des lignes de haute tension, les dangers du courant électrique. C’est pourquoi le dispositif de protection, imaginé par la Linemen Protector C°, à Detroit, Mich., nous semble appelé à rendre de réels services.
- Ce dispositif, adopté avec de bons résultats par les Sociétés d’Electricité les plus importantes des Etats-Unis, n’est autre qu’un isolateur supplémentaire, affectant la forme d’un bouclier en caoutchouc de 8 à 20 cm d’épaisseur et qui entoure, en en épousapt les contours, non seulement les conducteurs traversés par le courant, mais les fils de suspension. L’ouvrier doit avoir soin de garnir d’un bouclier pareil tous les conducteurs de la ligne, à la seule exception du fil en cours de réparation ou d’installation.
- Après avoir saisi ce dispositif par ses manettes de
- Ouvriers réparant une ligne à haute tension et protégés par les boucliers en caoutchouc.
- caoutchouc, de façon a l’interposer entre les mains et le 111 de ligne, l’ouvrier glissera sur chaque extrémité du bouclier, un anneau en caoutchouc durci, comportant une ouverture d’environ 1 cm pour donner passage au (il. Ces anneaux serrent le bouclier solidement sur le fil, en évitant toute possibilité d’une chute, susceptible de compromettre la sécurité des passants.
- Ce dispositif est destiné aux lignes parcourues par une tension de 7500 volts au maximum. Bien que les tensions supérieures à cette limite puissent donner naissance, au moins dans un air humide, à des charges statiques de la surface, on se sert assez fréquemment des boucliers pour des tensions allant jusqu’à 10000 volts. Avant de sortir de l’usine, ces boucliers, composés de caoutchouc de Para pur, exempt de particules métalliques, sont soumis à un examen soigneux à l’eau, à une tension maxima de 3oooo volts.
- Notre photographie, prise dans le service pratique, représente l’emploi et le fonctionnement de ce dispositif si utile. Grâce aux manettes de caoutchouc, l’ouvrier attachant les boucliers se trouve en sécurité absolue. Ces mêmes boucliers servent de points de support dans les installations de conducteurs aériens ou souterrains, pour garantir les ouvriers électriciens contre les court-circuits et les décharges à la terre.
- Grâce à eux, l’on peut donc faire les travaux les plus divers, sans mise hors de circuit d’une partie quelconque des conducteurs. L’expérience a montré que l’adoption des boucliers supprime les accidents naguère inévitables. Il va sans dire que leur présence ne doit pas engager les ouvriers à toucher inutilement les fils parcourus par une tension exceptionnellement élevée. — L’appareil est construit par la Linemen Protector C°, à Detroit Michigan (Etats-Unis).
- *> Mécanique
- Charpentes démontables à éléments interchangeables. — Notre collaborateur, M. René Champly, a étudié un moyen simple et pratique de construire rapidement
- Fig. 1. Fig. 2.
- Trinngle rectangle formé par Les quatre poutrelles et les les poutrelles. boulons d’assemblage.
- des charpentes légères, démontables à volonté et ce avec un nombre très restreint d'éléments interchangeables respectivement entre eux. Si l’on considère une série de quatre poutrelles percées à chaque bout d’un trou d’assemblage et que l’on fasse les longueurs de centre en centre des trous dans les proportions a, a\]3, 2a, on voit que
- l’on obtient les éléments d’un triangle rectangle ayant un angle de 3o degrés. On remarque qu’il faut percer un trou d’assemblage au milieu de la poutre 2 a et un autre à une distance a dans la poutre a\J3. Avec ces quatre types de poutrelles on peut faire des charpentes
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- - Fig. 3. — Mode d’assemblage des poutrelles.
- de toutes formes, depuis quelques mètres carrés jusqu’à plusieurs centaines de mètres carrés de surface couverte ; on peut faire avec les mêmes quatre poutrelles des ponts ou passerelles, des tours ou échafaudages; car les combinaisons que permet le triangle rectangle avec angle de 3o degrés sont très nombreuses : en effet ces quatre poutrelles peuvent donner : 4 triangles équilatéraux, 3 triangles isocèles, 1 triangle rectangle avec angles de 3o et 60 degrés, 1 triangle rectangle avec angles de 45 degrés, 4 carrés, 4 rectangles, 2 trapèzes, des losanges et des parallélogrammes ; et tous ces polygones se raccordent entre eux sous des angles de 90, 60, 4$ et 3o degrés en formant des figures indéformables, telles qu’il les faut pour la constitution des charpentes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Remarquons de suite qu’il est inutile de repérer ces poutrelles, car elles se distinguent à première vue l’une de l’autre ; il en résulte un montage très rapide des charpentes et une grande facilité dans l’emploi de ce matériel.
- M. Champly a résolu d’une façon très simple l’assemblage de ces poutrelles interchangeables au moyen de boulons ordinaires et de crochets forgés dans une tige de fer filetée d’un bout et munie d’un écrou : la figure 3 montre l’assemblage de 3 poutrelles dans un même plan au moyen du boulon et de a poutrelles, dans un plan
- Fig. /f. — Charpente assemblée par boulons et crochets.
- perpendiculaire au premier, au moyen du crochet qui vient s’accrocher sur le corps du boulon. Ce système d’assemblage est d’une rigidité et d’une solidité considérables, qui ne sont limitées que par la rupture du boulon et du crochet; il est évident que l’on donne à ces organes peu coûteux un diamètre suffisant et en rapport avec la grosseur et la portée des poutres que l’on veut assembler. D’autre part, le serrage des poutrelles se fait sur des rondelles en fer de diamètre et d’épaisseur convenables. -
- Notre collaborateur se met du reste à la disposition de nos lecteurs pour leur donner des détails complémentaires sur ce nouveau mode de construction des charpentes légères et pour leur montrer les spécimens qu’il a construits à titre de démonstration. — S’adresser à M. R. Champly, 7, rue Tardieu, à Paris.
- ji*> Jouets <4^
- Eurêka Browning. — Tout le monde connaît ce jouet classique qu’est le tir Eurêka, avec sa carabine et ses arbalètes caoutchoutées. Tout le monde connaît aussi le pistolet Browning, le citoyen Browning, comme l’on dit dans certains milieux, où l’usage et l’abus de cette arme se répandent avec une rapidité qui ne laisse pas d’être inquiétante. Voici que le paisible jouet prend la forme de son fougueux collègue : la carabine qui fit la
- L’Euréka Browning.
- joie de notre enfance se transforme en un menaçant Browning, qui ne tire heureusement que des flèches inofîensives. Il est curieux de constater l’adaptation du jouet aux exigences de l’actualité. Une collection de jouets modernes représenterait l’histoire de notre époque aussi fidèlement qu’une collection complète de journaux.
- Pour en revenir au Browning, je connais beaucoup de moralistes sévères qui déploreront l’apparition d’un tel jouet. C’est, selon eux, faire trop d’honneur à un objet, somme toute, malfaisant. L’enfant prend ainsi de bonne heure l’habitude du revolver, et cela n’est pas sans danger r-— L’Euréka Browning est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, -rue Martel.
- « Lance-balles » divers. — On s’est ingénié à employer une foule de moyens divers pour lancer en l’air une balle ou un volant muni de plumes. En voici quelques-uns des plus récents.
- Le plus simpte est constitué par l’antique pistolet à
- ressort des enfants (fig. ij/On a muni l’extrémité du canon d’une coupelle sur laquelle vient reposer la balle à lancer, qui est en général en celluloïd. L’extrémité du ressort de pistolet est garnie de liège ou de cuir et sa longueur est calculée de façon à ce qu’elle viennejbuter
- Fig. J. — Le pistolet-balle.
- contre la balle ; celle-ci bénéficie alors de la vitesse acquise et continue la course. On peut, soit lancer la balle à un autre joueur, qui doit la recevoir dans la coupelle de son pistolet, soit jouer seul et recevoir soi-même la balle lancée, comme au bilboquet.
- Le Fly (fig. 2) est basé sur un autre principe. Un compas en bois présente, fixée à l’extrémité de ses deux branches, une bande d’acier très souple au milieu de laquelle est attaché un petit panier en fil de fer ; dans celui-ci se place la balle ou le volant à plumes.
- Après avoir rapproché les deux branches du compas, qu’on tient avec les deux mains, on les écarte vivement. On tend ainsi la bande d’acier qui devient horizontale et la balle se trouve lancée à une hauteur d’autant plus grande qu’on a écarté les mains avec plus de force. Il s’agit ensuite d’être assez adroit pour recevoir la balle dans son panier lorsqu’elle retombe.
- L’aéro-halle (fig. 3) est constitué par une raquette courbe en forme et gouttière dans laquelle roule la balle ; près de la poignée on fixe au moyen d’une douille une corbeille en osier ou fil de fer; on l’a rendue mobile pour qu’on puisse la retirer quand on ne joue pas de façon que l’appareille tienne peu de place. Le poids de la balle a été établi pour obtenir le maximum de rendement, et les joueurs exercés peuvent la lancer à plus de 200 m. Le principe est celui de la fronde ; la balle court le long de la gouttière et s’échappe par la langeante. Les mouvements combinés du poignet et du bras lui donnent sa direction. L’aéro-balle se prête à
- — L’aéro-balle.
- une foule de combinaisons, pelote basque, longue paume, tennis, etc.... On peut pour commencer jouer seul en faisant décrire à la balle une courbe ovale et en la rattrapant dans sa corbeille; ou en la faisant rebondir sur un mur, ou sur le sol avant de la rattraper. Le jeu à deux ou plusieurs joueurs peut être soumis à des règles multiples qu’on établit soi-même selon les circonstances. C’est un excellent exercice sportif qui développe les muscles et exige de la décision et de l’adresse.— « Le Pistolet lance-balle chez M. Rousseau, 34, me des Ecluses-Saint-Martin » ; « le Fly, chez M. Vigne, i32, rue du Faubourg Saint-Martin » ; « l’Aéro-balle, 5i, rue du Rocher, chez M. Engler, Paris ».
- La Baraquette. — C’est un jeu d’adresse : le problème consiste à faire tomber dans les trous numérotés, et en évitant les galeries latérales, 3 ou 5 «culbutants», c’est-à-dire des cylindres lestés avec de petites sphères de plomb libres. Les mouvements, en apparence paradoxaux de ces masses, sont divertissants et compliquent assez le problème pour en faire un jeu non dénué de difficulté. — Le jouet se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris.
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- Fig. 2. — Le Fly.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’observatoire du Parc-Saint-Maur, en novembre 1910, par M. Ch. Dufour
- Le baromètre a été généralement bas pendant ce mois. La moyenne mensuelle de la pression, inférieure à la normale de près de est non seulement la plus
- faible que l’on rencontre en novembre dans les observations du Parc Saint-Maur mais encore l’une des plus faibles que l’on trouve dans les observations de Paris depuis un siècle.
- L’examen des valeurs mensuelles de la pression à Paris, publiées par E. Renou1 montre, eù effet, que depuis 1809, fl n’y a eu que deux mois de novembre dont la pression moyenne, ramenée à l’altitude actuelle du baromètre de l’Observatoire du Parc Saint-Maur (5om,3) ait été inférieure à celle de novembre 1910. Ce sont : le mois de novembre 1810 (pression moyenne : 748”®,8) et le mois de novembre 1838 (pression moyenne :
- 748-®,4). .
- Des minima barométriques absolus inférieurs à celui de novembre 1910, se sont, au contraire, pré-
- sentés assez fréquemment dans la série du Parc Saint-Maur. En novembre 1880, le baromètre est descendu, à la même altitude, à
- La température a été très variable. Elle est surtout basse du 21 au 23 où les moyennes diurnes sont inférieures de 5° à 6° aux normales correspondantes. Le minimum absolu du mois, —3°,G, s’observe le 2Î. Elle se relève beaucoup du 28 au 3o; le 28, elle est en excès de 6°,i sur la normale; la moyenne mensuelle reste en déficit de o°,7.
- Le rapport à la normale de la quantité d’eau recueillie au pluviomètre est. de 2,47. La hauteur mensuelle'de pluie atteint n3”m,6. Ce total n’a été dépassé, depuis l’origine des observations du Parc Saint-Maur, qu’en novembre 1882 qui a fourni ii4mn,,6 en 23 jours de pluie. Il y a eu, en novembre 1910, 24 jours pluvieux; on en trouve 25 en novembre 1878 pour une hauteur totale de pluie notablement inférieure. On compte pendant le mois écoulé 4 jours de neige dont la première est tombée le 18; le sol est resté couvert de neige le 23 et la matinée du 24. On a entendu le tonnerre le 2.
- Les pluies de novembre ont eu pour conséquence une élévation considérable du niveau de la Marne. Celui-ci, qui n’était que de 2m le ier, après quelques fluctuations, dépassait 4“\8o le i3 et la rivière débordait. Elle atteignait la cote 6m,48 dans la journée du 19. Ce dernier niveau est le plus élevé que nous ayons observé en novembre; il est supérieur de om,4o au maximum de novembre 1882. La hauteur moyenne de la rivière a été de 4m>56; son niveau à la date du 3o novembre est de ^.Si-
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des a4 heures : 75omm,6o; minimum absolu : j35mm,o le 3 à 22u i5“; maximum absolu : 7Ô3mœ,5 le xo à ioh 20”.
- Température. Sous l’abri. — Moyennes : des minima, i°,82; des maxima, 8°,74; des 24 heures, 5°,09. Minimum absolu : —3°,6 le 23; maximum absolu : i3°,8 le xcr. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 6°,92; la plus élevée, i2°,2 le i3; la plus faible, 3°,o le 29. Sur le sol gazonné. —- Moyennes : des minima, —o°,96; des maxima, 120,11. Minimum absolu, —7°,i le 22; maximum absolu, 2i°,o le 4- Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois : (profondeur om,3o), à 9 heures : 70,79; à 21 heures : 70,76; (profondeur om,65), à 9 heures : 9°,4o; à 21 heures : 9°,34; (profondeur 1 mètre), à 9 heures : io°,53; à 21 heures ; io°,4o.
- De la Marne. — Moyennes : le matin, 6°,46; le soir, 6°,53. Minimum, 3°,5o les 22, 23, 27; maximum, ix°,46 le ier.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5mm,79. Minimum, 2mm,9 le 18 à i5 heures; maximum : (omm,o le Ier à 14 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,4. Minimum : 41 le 16 à x5 heures; maximum : 100 à
- 17 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,24. Minimum : 0,8 le 10; 2 jours entièrement couverts le 23 et le 25.
- Insolation.— Durée possible : 274 heures ; durée effective : 63h 8 en 2t jours; rapport : 0,24.
- Pluie : total du mois : n3mm,6 en ggh 9.
- Nombre de jours : de pluie : 24 ; de pluie supérieure ou égale à 1" : 19; à 5mm : 7; à io“ra : 4; de neige, 4'» de grêle, 2; de grésil, 2; de gelée, 8; d’orage, 1; de brouillard, 5; de givre, 2; de verglas, 1; de rosée, 2; de gelée blanche, i3; de brume, 7; de halos, 5.
- Fréquence des vents : calmes, 20.
- N . . . 16 S. E. . . . 38 W . 28
- N. N. E. . 19 S. S. E. . . 65 W. N. W. 3i
- N. E . • 16 S 71 N. W, • • • 28
- E. N. E. . 3 S. S. W . . 141 N. N. W . 29
- E. . . 7 S. W . . . l32
- E. S. E. . 3o W . s. w. . 46
- Vitesse du vent en mètres par seconde.— Moyenne des 24 heures : 4m>23. Moyennes diurnes : la plus grande, 8m,3 le 14; la plus faible, im,i le 22. Vitesse maximum : i5“,2 le 14 à 5h 8m par vent S. S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 4m>56. Minimum, 2m,oo le ior; maximum, 6m,48 le 19.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression,
- — 6mm,84; température, —o°,j3; tension de la vapeur,
- — omm,52 ; humidité relative, -j- 0,4 ; nébulosité, +0,18; pluie, -f- 67mra,fi; jours de pluie, -f- 9; insolation, ~f- iho.
- Taches solaires : On a suivi 2 taches ou groupes de taches en 8 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 4. 6. 9, 10, 12. .
- Perturbations magnétiques : Faibles les 4-5, 9, 10, 16, 20, 21, 25-26, 28, 3o; modérées les 8, 17, 29; assez forte le 1 g ; forte le 18.
- Radiation solaire : La radiation solaire n’a pu être observée que 7 fois à 3 dates différentes. La seule valeur voisine de 1e*1 a été obtenue le 2 à ioh39m. Q = o0al,g53.
- Mouvements sismiques : Les mouvements sismiques ont été plus importants qu’en octobre. Les principaux se rencontrent aux dates et heures suivantes indiquées en temps local : le 6 (pli. pie. de 2ih2o“ à 2211); le 9, début 6h 3im, ph. pie. de 7h3om à 8h3om, fin vers xo heures (probablement deux mouvements différents superposés pendant cet intervalle); le 14, début à 8h8m, ph. pie. de 8h32m à 8U 54”, fin vers 10 heures ; le 15, début à i4h 46ra, ph. pie. de i5h20m à i5h4om, fin après 17 heures; le 26, début à 5K 1 1.“, ph. pie. de 6 heures à 6h 35™, fin 8h45m; le 29, début à 3 heures, ph. pie. de 3h25m à 3h45ra, fin vers 4h20m.
- Les sismographes ont enregistré en outre des mouvements plus faibles les 2, 10, 12 et 25 novembre.
- I. E. Renou. Etudes sur le climat de Paris irc partie {Annales du Sureau Central météorologique pour 1880. T. I, pp. B 41-90).
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Comment s'orienter avec une montreP — M. le lieutenant de Bullet nous écrit à propos d’un article sur ce sujet paru le 20 avril 1909 : « Il existe un truc encore plus simple, car il ne com-
- porte même pas l’emploi d’une allumette. Ce truc doit être vieux comme les montres, il m’a été enseigné à Saint-Cyr voici i5 ans, et je continue à l’enseigner à mes troupiers.. Il repose d’ailleurs sur le même principe, à savoir que le soleil à midi se trouve au Sud, que sa révolution apparente est de 24 heures tandis que celle de la petite aiguille est de 12 heures et il se résume en ceci. : Mettez votre montre à plat, dirigez la petite aiguille vers le soleil, le milieu de l’arc compris entre midi et le point où se trouve la petite aiguille vous donnera, joint au pivot, la direction du Sud. Il me
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- semble que le truc précédemment décrit n’est qu’une complication de celui-ci. »
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Tachy. mètres pour aviateurs. — M. Guggenheim, fabricant d’instruments d’optique à Bâle, nous informe qu’il fabrique des tachymètres de tout point semblables à celui qui a été décrit dans notre n° ig5g du io octobre.
- Renseignements. — M. R. Gerson, à Paris. — Papier réactif à l’iodure d'amidon : Délayer 3 gr. amidon dans 200 c. c. d’eau, puis faire bouillir en remuant; ajouter alors i gr. iodure de potassium et i gr. carbonate de soude et compléter le volume à i litre. Plonger dans le liquide des bandes de papier filtré et laisser sécher à l’air.
- M. A. Bertin, à Salon. — Adressez-vous à l’Institut Marey, avenue de la Reine, Parc des Princes, Boulogne-sur-Seine.
- Ge-Es. — Votre théorie du vol à voile chez l’oiseau pêche par la base : votre plan n’ayant aucun point d’appui et l’air ayant une vitesse et une direction constantes, il n’y a aucun effort exercé par le vent sur le plan libre ; il y a simplement la réaction provenant de la résistance de l’air contre le plan tombant en chute libre, réaction qui ralentit la chute, mais ne peut expliquer le planement.
- M. E. P. Tinau. — Pourquoi ne pas employer de tôles galvanisées? Toute peinture, surtout à la mer, s’use assez rapidement.
- M. Ducoté, à Fleurville. — Divers types de travaux en béton et en béton armé ont été étudiés et appliqués dans divers pays : Allemagne, Etat bavarois, Italie (chemin de fer de l’Adriatique), Angleterre, France (P.-L.-M. (type Sarda), Etats-Unis. Voir pour la description de ces types de traverses le rapport de M. Ziffer au XVIe Congrès des tramways et chemins de fer d’intérêt local tenu à Bruxelles du 6 au n septembre 1910. L’emploi des traverses en béton mérite l’attention, mais elles sont encore dans la période d’essai et, dans l’état actuel des choses, il n’est pas encore possible d’émettre un jugement définitif sur leur emploi et sur le type à adopter.
- M. J. B., à Paris. — Vous avez à Paris l’Institut de chimie appliquée, dirigé par M. Chabrié, avenue de l’Observatoire; c’est une dépendance de la Sorbonne. Vous avez également l’excellente Ecole municipale de physique et chimie industrielles, rue Lhomond.
- M. le Dt Morat, à Boulogne. — Ces taches ont, presque toujours, pour origine l’humidité. Le seul moyen de les éviter est de conserver les papiers ou eaux-fortes dans des endroits très secs.
- Un abonné. — Le cinématographe actuel est un instrument beaucoup trop lent encore pour pouvoir s’appliquer aux éclairs.
- M. Chabany, à Lyon. — Le sirop iodotannique n’est pas une préparation à la portée de tout le monde. Il faut prendre : Iode, 2 gr. ; tanin, 4 gr. ; eau distillée, 36o gr. ; sucre blanc, 640 gr. Pulvérisez l’iode, mettez-le, ainsi que le tanin, dans un vase en verre avec les 36o gr. d’eau. Maintenez le tout au bain-marie à -f- 6o° environ jusqu’à ce que l’iode soit dissous et que le liquide ne bleuisse plus le papier amidonné. Ajoutez alors le sucre. Il sera plus simple, je crois, d’acheter le sirop tout préparé. A la pharmacie Guilliermont, de Lyon, le tanin est remplacé par une macération de roses de Provins.
- M. Caron, à Saint-Nazaire. — Filtrage d’air sur la ouate : Si l’épaisseur d’ouate est suffisante pour que l’air soit obligé d’être bien filtré, nul besoin de l’imbiber d’antiseptiques pour assurer la pureté de l’air. Comme Pasteur l’a reconnu, les microbes sont arrêtés mécaniquement. Pour empêcher la pollution de l’air au contact accidentel de l’ouate, le mieux serait de prendre un des produits antiseptiques de la pharmacie (ouate formolée, iodoformée, etc ), en choisissant le moins malodorant.
- M. L. L., à Noisy. — Le réactif d’Essbach est obtenu en dissolvant dans 100 gr. d’eau, 2 gr. d’acide citrique et 1 gr. d’acide picrique.
- M. Barthélemy, à Alger. — Pour assortir les teintes des tissus d’ameublement et du papier tenture, on pourrait décolorer l’étoffe dans un bain d’hydrosulfite, mais il faudrait teindre ensuite et surtout apprêter à
- neuf, ce qui serait fort difficile. On ne peut décolorer le « Tekko »; mais nous avons fait virer la teinte à la nuance du velours en l’enduisant d’une très mince couche de vernis « blond » Sœhné, pour reliure.
- M. H. Jeqitier, à Carthagène. — Le procédé de purification des gaz dans l'industrie, paru dans le n° ig53 de La Nature, dont parle votre correspondant, a été extrait du « Zeitschrift fur angewandte C hernie », tome 22, page 2490.
- M. Constantin Turnescu, à Bucarest. — Le bruit que vous entendez dans la transmission de votre 20-3o Fiat, provient uniquement du jeu obligatoire qui existe dans les joints de cardans placés sur la transmission, entre l’embrayage et l’essieu arrière. Vous devez, sans doute, marcher en 4° vitesse à une allure beaucoup trop lente au ralenti. Avec une voiture de cette puissance, il est difficile de descendre au-dessous de 12 à i5 km à l’heure, si on ne veut pas s’astreindre à soulager de temps à autre le moteur en débrayant. Donc : i° lorsque vous êtes en 4e vitesse, et que vous marchez au ralenti en laissant tomber l’allure au-dessous de 12 km à l’heure, si vous restez embrayé sans aucun soulagement, il se produit du fait même que le moteur est très faible à ce moment en présence des légers accidents du sol, une série d’à-coups qui occasionnent une discordance entre la vitesse de rotation du moteur et celle des autres arbres de la transmission. Il en résulte que les joints de cardan sont sollicités dans un sens ou dans l’autre alternativement, ce qui produit précisément à cause du jeu qu’ils ont, une série de chocs désagréables et nuisibles ; 20 lorsque la voiture étant lancée à pleins gaz, vous fermez brusquement l’accélérateur, le même bruit doit forcément se produire, parce qu’à ce moment le moteur cesse de tirer la voiture pour être au contraire entraîné par elle. Toutes les articulations de cardans qui travaillaient à entraîner la voiture, se mettent à r etenir, et le jeu passe d’un côté à l’autre avec choc. En résumé, ce que vous signalez est un bruit normal, qui se produit dans toutes les voitures. Il peut être évité uniquement avec un peu plus de doigté dans la manœuvre de l’accélération et de l’embrayage, dont il faut jouer sans cesse pour donner du moelleux dans l’allure. Capitaine D.
- M. C. F., h Lyon. — M. Roze Petit habitait à l’époque où nous avons parlé de son procédé, 11, boulevard de Clichy. Sa formule n’a pas été publiée. Nous croyons nous souvenir que la maison Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, vendait ses produits. Manuel de photographie vitrifiée et des émaux, par René d’Hélié-court, Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas. Recettes photographiques, de Louis Sassi, traduits par E. Jac-quez, chez Gauthier-Villars.
- F. A., à Paris. —Vous trouverez des écrans phosphorescents chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris. Sur le sélénium il a paru récemment un ouvrage allemand : Die elektrischen Eigenschaften und die Bedeutung des Selens, par Ch. Ries, publié en 1908 par le journal der Mechaniker, Berlin-Nikolassee. Il contient une abondante bibliographie.
- M. M. Régnier, Bar-sur Loup. — S’il s’agit de préparations micrographiques de métaux, voyez le récent ouvrage publié sur ce sujet par la librairie Hermann 6, rue de la Sorbonne, Paris et l’ouvrage de M. Révillon, La Métalloqraphie. 1 vol. chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 francs. S’il s’agit de biologie microscopique, voyez Guide pratique de micrographie, par H. Beauregard et Y. Galippe. 1 vol. chez Masson et Cie. Prix : i5 francs.
- R. S., à M. — Selon Scheurer-Kestner, l’acide sulfurique mêlé de produits nitreux attaque le platine, même à froid ; mais le rôle et l’efficacité des produits nitreux sont très discutés; en tout cas, l’attaque, si elle existe, est fort lente et décelable seulement par des pesées précises. Le platine est attaqué à 35o° par l’acide sulfurique, nitreux ou non; l’attaque est assez lente encore, et ne peut pas être comparée à l’action de l’eau régale sur l’or. Dans la métallurgie du fer, le charbon joue le rôle de réducteur au même titre que l’oxyde de carbone. Mais il est impossible, et du reste sans grand intérêt, de préciser la part exacte qui revient à chacun de ces éléments.
- P. F., à Paris; M. P. Simon, à Lyon. — Nous avons posé la question à un spécialiste de la T. S. F. et espérons pouvoir vous répondre prochainement.
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- M. A. Sareau, République Argentine. — Pour tout ce qui concerne le Solarium commuais, adressez-vous à M. Labergerie, agriculteur, à Verrières (Vienne), France.
- M. Gayral, à Perrégaut. — Le plus souvent l'épuration des eaux s'opère en traitant par la chaux pour transformer le bicarbonate de chaux en carbonate insoluble, et par le carbonate de soude pour transformer les sulfates de chaux, les sels de magnésie, en carbonates insolubles. U y a d’autres procédés. Mais il faut dans chaque cas une analyse minutieuse des eaux pour se rendre compte, du procédé le plus efficace ainsi que des proportions de réactifs à employer. Voyez l’ouvrage : Epuration des eaux, par Taveau, i vol. Prix : 3 francs (Encyclopédie Léauté). Masson et C’% éditeurs, 120, boulevard Saiut-Gennain, Paris.
- M. Vernachet, le Richardais. — La construction en béton armé est un art très délicat. Les ouvrages publiés vous donneront le moyen de calculer les éléments con-
- stitutifs d’une construction; mais l’expérience du métier jusqu’aujourd’hui est nécessaire pour conduire un travail de ce genre. Vous trouverez de bons ouvrages sur la question à la librairie Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- P. Giraud, à Saint-Etienne. — Pour l’extraction des corps gras des chiffons d’usines, adressez-vous au journal Le Papier, 2, rue de Vienne, Paris. Utilisation des ordures ménagères : nous ne connaissons pas d’ouvrages spécialement consacrés à ce sujet : voyez les articles parus dans La Nature dans les années 1908 et 1909. Le journal La Technique Sanitaire, 73, avenue Michel-Ange, Bruxelles, a publié plusieurs études techniques bien documentées sur la question.
- Erratum. — L’atlas pittoresque de la France (Attin-ger, frères, éditeurs), annoncé dans la bibliographie du n° 1660, contiendra 12000 gravures et non 1200. Son prix est de 44 fr. (et non 43) broché et 49 R- relié.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les projections à la lumière froide : Jacques Boyer. — Les travaux du tunnel de Lôtscliberg : R.. Bonnin. — La conservation des gaz liquéfiés : G. Bresch. — Un sondage de 2240 mètres : P. Sauuior.. — Le « Bloodhound », chien-détective : V. Forbin.
- — Académie des sciences; séance du 19 décembre 1910 : Ch. de Viuledeuie. — Le pluviomètre en Corée au xv° siècle.
- Supplément, — Action de la soude caustique fondue sur les métaux.
- — Les minerais de fer du Transvaal. — L’industrie du fer et de l’acier en Allemagne et en Angleterre. — Un musée de la parole à Paris. — Paquebots plus grands que T « Olympic ».
- 1 L’inflammation des gaz terrestres à Neuengamme (Allemagne), f — L’acide carbonique neigeux comme agent thérapeutique.
- La géologie et les richesses minérales de l’Asie, Historique, Industrie, Production, Avenir, Métallogénie. —- Sibérie, Oural, Caucase, Turkestan, mer Egée, Asie Mineure, Perse, Inde, Insulide, Indo-Chine, Chine, Japon, etc., par L. De Launay, i vol. in-8°, cartonné, de 816 p. et 10 pi. dont 3 en couleurs (Béranger). Prix : 25 francs.
- Cet ouvrage considérable, édité avec un grand luxe de planches et de cartes géographiques, ne s’adresse pas seulement aux géologues et aux techniciens de la métallogénie, mais aussi aux géographes et aux économistes qui y trouveront des vues d’ensemble et des descriptions détaillées sur ce vaste continent, hier encore inconnu pour la plus grande partie, aujourd’hui ouvert en tous sens à nos efforts industriels comme à nds investigations scientifiques. La mise en œuvre d’innombrables documents étrangers — dont beaucoup écrits en russe, hollandais, etc , sont à peu près inabordables à des lecteurs français — en fera un instrument d’étude précieux et un répertoire de faits, que l’auteur s’est attaché, par la multiplicité des tables, des renvois, des bibliographies, à rendre aussi facilement abordable et utile que possible.
- Télégraphes et téléphones, par Lucien Fournier, i vol. 3o8 pages, 200 illustrations documentaires, 16 pi. hors texte. Librairie F. Juven, i3, rue de l’Odéon, Paris, 1910.
- Ce tableau complet de l’état actuel de la télégraphie et de la téléphonie est d’une lecture des plus agréables. 11 décrit les appareils actuellement en usage; en fait rhmtO'-iqüe> il remonte même aux Grecs, aux Gaulois s et aux Romains (fort curieux chapitre). Les grandes divisions sont les suivantes : télégraphie aérienne (Chappe), télégraphie électrique (Lesage, Ampère, Morse, Hugues, Baudot), télégraphie soüs-marine, téléphonie, télégraphie et téléphonie aux armées (bataille de Magenta), appareils télégraphiques extrarapides, télévision, télégraphie, téléphonie et télémécanique sans fil.
- Wonders of physical Science, par E.-E. Fournier. ï vol.
- 201 p. illustré. Macmillan et C° éiiteurs. Saint-Martin’s Street, Londres 1910.
- Ce pelit livre conte d’une façon anecdotique et fort agréable comment ont été réalisées un certain nombre de grandes découvertes physiques et ses récits, simples et clairs, ont une très haute valeur instructive.
- Génératrices de courants et moteurs électriques. Introduction à l’étude de l’électrotechnique appliquée, par C. Gutton. H. Dunod et E. Pinat. In-8° de x-292 pages, avec 2i3 fig. Prix, broché : 9 francs. Paris, 1910.
- Cet ouvrage reproduit des leçons faites à l’Institut électrotechnique de l’Université de Nancy, et relatives aux conditions de fonctionnement des diverses machines électriques couramment employées. Intermédiaire entre un cours d’électricité et un traité purement technique, il aidera les débutants dans l’art de l’ingénieur électricien et rendra service au lecteur qui désire connaître les machines électriques, soit par curiosité, soit parce qu’il est appelé à les utiliser.
- Leçons sur Vexploitation des mines et en particulier sur Vexploitation des houillères, par F. Heise et F. He-rbst. Traduit de l’allemand par J.-G. Bousquet. Chez Béranger. 1 vol. in-8° cartonné de 738 p., tome Ier. Prix : 25 francs. Paris, 1910.
- Ce volume ne fait pas, comme son titre pourrait donner à le croire, double emploi avec les traités d’exploitation des mines assez nombreux que nous possédons en France. Il est très particulièrement consacré aux méthodes adoptées par les Allemands dans leur grand champ d’exploitation wesphalien qui, à bien des égards, par la nouveauté même de beaucoup de ses installations, présente les formes les plus modernes. On y trouve des chapitres sur les sondages, l’abatage, les explosifs, les méthodes d’exploitation, l’aérage, la ventilation, qui lui assurent une place dans la bibliothèque des exploitations de mines de houille.
- L’instruction chez soi : Les sciences physiques et naturelles, par Henri Goupin. Paris. Flammarion. 1 vol. in-18. Prix : 3,r,5o. Paris, 1910.
- Cet ouvrage est fait par demandes et par réponses, forme pratique pour que les faits essentiels soient très facilement compris et retenus.
- Aérostation et aviation. Catalogue de la Bibliothèque de l’Université de Paris, par A. Maire, i vol. 55 p., publié chez Honoré Champion, 5, quai Malaquais, Paris, 1910.
- Le catalogue dressé par M. Maire nous révèle les richesses aéronautiques que récèle la bibliothèque de la Sorbonne et à ce titre rendra service à tous ceux qui s’intéressent à la navigation aérienne.
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- Survival and reproduction, par H. Reiisheimer. Londres. S. M. Watkins, ai Cecil Court. Charing Cross Rd. W. C., 19x0. i vol. in-8° x-401 p. Prix :.8 sh. (iofr.), Ce volume — Survivance et reproduction — est [la suite et le complément d’un travail sur la nutrition et l’évolution. Pour la plus grande partie, c’est une critique de la notion de « sélection naturelle » ou de « survivance du plus apte » qui a été introduite dans la science par Darwin, et en qui M, Reinheimer croit reconnaître, en définitive, les idées directrices deMal-thus. M. Reinheimer combat très vivement la théorie
- darwinienne, montrant d’une part que le rôle de la sélection naturelle a été très exagéré, et d’autre part, que, n’eût-on pas exagéré ce rôle, elle serait très impuissante à expliquer l’évolution. Pour lui, le facteur essentiel de l’évolutiôn est la nutrition, èt il montre en effet toute son importance dans les phénoinènes de la reproduction. Il insiste également sur les faits de parasitisme, à qui il assigne une importance presque aussi grande. Le livre, très audacieux de pensée, est quelquefois difficile à suivre, mais toujours du plus haut intérêt.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. DuFour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A ô ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 déc. 1910. 2°,0 S. 2. Couvert. 0,4 Couv.; gel fil.; brunie ; bruine de 13 à 16 b. et de 23 h. 30 à 24 b.
- Mardi 20. ..... 8°,0 S. S. W. 2. Brouillard. 0,1 Couvert ; bruine dans la matinée ; faillie brouillard à 7 h.
- Mercredi 21 . . . • 6°,6 S. S. E 2. Couvert. )) Couvert jusqu’à 11 h., nuageux ensuite; brouillard; halo.
- . Jeudi 22 — 0°,9 E 0. . Beau. }) Beau jusqu’à 13 b , couvert ensuite : brouillard toute la journée.
- Vendredi 23 . ; • . 1°,2 S, W. 1. Couvert. » Couvert ; brouillard jusqu’à 18 b , de 200 à 10U m.; rosée.
- Samedi 21 2°,1 S. S. W. 4. Couvert. 4,1 Couv.; pluie de 9 h. à 11 h. 30, de 19 b, à 20 b 50 et à 23 b. 40.
- Dimanche 25. . . . 7°,0 W. S. W. 3. Couvert. 0,3 Très nuageux; pluie de 7 h. 15 à 45 et un peu de pi. à 15 h. 30.
- DÉCEMBRE 1910. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 DÉCEMBRE 1910. *
- Lundi
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre A l'abri à boule mouillée.
- Du 18 au 25 décembre. — Le 18. Hausse sur l’O. : Irlande, Bretagne, 768; dépression sur la Norvège : Christiania, 742. Pluies sur le N.; en France : Besançon, 37 ; Clermont-Ferrand, '22 ; Biarritz, i5; Nantes, 10; Dunkerque, 6; Paris, 1. Temp. du matin : Arkhan-gel,''—70; Paris, 7 ; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : a°,5). -- Le 19. Fortes pressions sur l’O. et l’Atlantique : golfe de Gascogne, 773; dépression sur la Finlande et l’Islande : Seydisfjord, 747- Pluies sur le N. le Centre et l’O. en France : Pic du Midi, 41 ; Puy de Dôme, 27; Besançon, g; Le Havre, Brest, 1. Temp. du matîn : Arkhangel, a®; Paris, 2 ; Alger, 10; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 6°.4 (normale : 2°,5). ~ Le 20. Même situation : golfe de Gascogne, 770 ; Islande, 750. Pluies sur le N. et l’O,; en France : Paris, 7 ; Le Havre, 4- Temp. du matin : Arkhangel, —4°; Paris, 3; Alger, 12; Puy de Dôme, -— 3; moyenne à Paris : 8°,7 (normale : 2°,4). — Le 21. Dépression sur les Iles-Britanniques et l’Islande : Seydisfjord, 744; Ecosse, 749; pression élevée sur le S. : Açores, 780. Pluies sur le Centre et l’O.; en France : Brest, 7; Cherbourg, Le Mans, Dunkerque, Nancy, 1. Tëmp. du matin : Hernosand, —n°; Paris,
- 7; Alger, 14 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : 20 (normale : 2°,8). — Le 22. Même situation : Ecosse, 748; Biarritz, 768. Pluies sur l’O. et le N.; en France : Brest, 8; Cherbourg, 4- Temp. du matin : Haparanda, — 8°; Paris, 6; Alger, i5; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : o°,6 (normale : a°,3). — Le 23, Aire de forte pression sur le S. du continent et l’Atlantique : Centre de la France : 774 ; Islande, 734* Pluies sur le N. Temp. du matin : Haparanda, —8°; Paris, 1; Alger, i3; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : 2°,4 (normale : 2°,2). .— Le 24. Dépression sur le N. de l'Europe : Kuopio, 737; pressions fortes sur le S, : Biarritz, 760. Pluies sur l’O.; en France : Paris, 4- Temp. du matin : Arkhangel, — a°; Paris, 5; Alger, 12; Puy de Dôme, —a; moyenne à Paris : 4°i6 (normale : 2°,2). — Le 2Ô. Dépression profonde sur la Finlande : Kuopio, 722; pressions supérieures à 765 sur la péninsoïe Ibérique, l'Algérie et les Açores. Pluies sur l’O.; en France : Nancy, i3; Charleville, 12; Cherbourg, 6; Pai’is, 4) Nantes, y, Toulouse, 1. Temp. du matin : Uleaborg, —4°: Paris, 7; Alger, 11; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : 2°,i). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le a3, à 10 h. 4& du malin. .
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJej
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1963 — 7 JANVIER 19II
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- INFORMATIONS
- Notre prochain numéro. — Notre prochain numéro paraîtra.sur 24 pages au lieu de 16 et sèra consacré à une revue générale des progrès scientifiques et industriels accomplis au cours de l’année 1910.
- Aviation. — Accidents mortels. — La fin de l’année 1910 a été marquée par une série de lamentables catastrophés. L’aviateur Picollo. s’est tué à Sao Paulo (Brésil). Le 28 décembre, le monoplan du pilote Laffont, portant Mario Pola comme passager, prenait le départ pour Bruxelles, à Issy-les-Moulineaux ; pris vraisemblablement par un remous, l’aéroplane eut une aile brisée quelques instants après, et les deux aéronàutes précipités sur le sol périrent presque sur le coup. Le 3o décembre, à Saint-Çyr, lé lieutenant de Caumont, un des pilotes militaires que mirent en évidence le circuit de l'Est et les grandes manœuvres, périt dans un accident analogue. Le 3i décembre, Moisant se tua à la Nouvelle-Orléans. Le même jour, l’aviateur américain Hoxley, qui venait de conquérir quelques jours auparavant le record de hauteur, - 34oo m., périt à Los Angeles, au cours d’une descente en spirale de plus de 3ooo m.
- La coupe Michelin. — L’échéance de la coupe Michelin a provoqué de magnifiques performances au cours de ces derniers jours. Le vainqueur est Tahuteau qui, le 3o décembre, à Bue, sur biplan Maurice Farman, tient l’air 7h4^m fit couvre 584 km 5oo.
- Réduction du chlorure ferrique à la lumière des lampes, à mercure. — Ces lampes, dont La Nature a entretenu ses lecteurs à plusieurs reprises, provoquent certains phénomènes de réduction qui ont été étudiés. C’est ainsi que le chlorure ferrique en solution alcoolique passe à l’état ferreux quand il est soumis à la lumière de ces lampes. La vitesse de cette réduction ne dépend pas de la concentration des substances réagissantes, mais seulement de l’énergie lumineuse disponible; la lumière n’agit pas catalytiquement, mais elle se transforme en énergie chimique.
- Décomjposition spontanée de gélatine fulminante.
- •— On sait que la difficulté d’emploi de tous les explosifs consiste dans leur instabilité plus ou moins grande qui peut provoquer leur brusque décomposition et amener ainsi de graves accidents. A ce sujet, des chimistes anglais, MM. Ilenderson et Mac Call signalent un cas très curieux de décomposition de gélatine fulminante, qui s’est produit à Selheim (Queensland).' Une des caisses contenant cet explosif laissait suinter un liquide noirâtre et présentait une odeur nitreuse lors de son ouverture. Plusieurs cartouches de l’explosif étaient complètement décomposées et avaient rongé leur, enveloppe de carton et dissous partiellement l’enveloppé de caoutchouc qui les entourait. Faute de pouvoir procéder sur place à une analyse et étant donné le danger du transport dés cartouches décomposées, on n’a pu déterminer les causes de celte altération spontanée, qui indique qu’on ne saurait prendre trop de précautions dans le maniement de ces dangereuses matières. .
- Le cyanogène du gaz d’éclairage. — La consommation des cyanures s’étant accrue dans de notables proportions en ces dernières années par suite de leur emploi dans le traitement des minerais d’or et d’argent, l’industrie a dû chercher des moyens nouveaux pour fabriquer ces produits dont elle avait besoin. Depuis plus d’un an, le procédé Davis-Neill est adopté aux usines à gaz de Liverpool et y donne les résultats les plus satisfaisants ; il est basé sur le traitement des masses épurantes du gaz d’éclairage, lesquelles contiennent - des quantités appréciables de cyanogène, qui étaient perdues autrefois. Le procédé consiste à faire barboter le gaz d’éclairage dans une solution de carbonate de soude venant du carbonate ferreux en suspension. Cette solution est obtenue en ajoutant du carbonate de soude en excès dans du sulfate ferreux en dissolution, et le passage du gaz se fait après qu’on l’a débarrassé de son ammoniaque, mais avant son épuration. On ne sait trop à quelles réactions cette opération donne lieu, ni dans quel.ordre elles se succèdent, mais, on constate la formation de ferrocyanure de potassium. On le décante, on le concentre par évaporation, puis on fait cristalliser; après quoi on lave les cristaux qu’on redissout et laisse recristalliser lentement, ce qui permet d’obtenir les cris-taux volumineux qu’exige le commerce. Le rendement est augmenté par une distillation plus rapide et à température plus élevée.
- Le pain est-il stérilisé par la cuisson ? — Nous avons dernièrement exposé le résultât des études de M. Undet qui constata dans lés pâtes à pain la présence normale en quantités considérables de microbes panifiants'. Comme dans la plupart des fournils la pâte est préparée par pétrissage à la main, avec de l’eau non toujours filtrée, et sous les exhalaisons du « geindre » que l’on entend respirer durement en cadence, il est probable, il est certain que la pâte contient outre les millions de ferments, d’autres microbes sans doute moins bénins. Dans cés conditions, il importe que la cuisson puisse parfaitement détruire la trop riche flore de la pâte à pain. Après d’autres expérimentateurs, le Dr Aüché, vient d’effectuer à -Bordeaux une série d’essais pour apprécier le degré de stérilisation de la cuisson effectuée dans les conditions usuelles. Il introduisit, • au centre de pains non cuits, de formes et de grosseurs différentes, un centimètre cube de bouillon de cultures diverses, et fit cuire aussitôt en boulangerie les pains ainsi inoculés. Ensuite, on coupait la masse de façon à recueillir dés parcelles de mie ayant été pénétrées par le liquide lors de l’injection. On s’assurait par les essais usités en technique bactériologique, de la présence ou de l’absence de microbes vivants. Tous les essais donnèrent les mêmes résultats : ni le bacille de la tuberculose, ni celui de la typhoïde, pas plus qu’une infinité de microbes moins dangereux, ne résistent à la température de la cuisson. Comme on devait s’y attendre après cela, dès analysés effectuées sur des pains achetés dans diverses boulangeries, ne révèlent jamais non plus la
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- INFORMATIONS
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- présence de la moindre bactérie. Il est donc bien acquis que, préparé de n’importe quelle façon, le pain est toujours un aliment parfaitement aseptique.
- Projet de chemin de fer pour Mytilène. — L’ile de Mytilène semble devoir être la première de l’Archipel qui aura son chemin de fer. En effet, d’après l’Asie française (octobre) les habitants de l’ile, cultivateurs et commerçants de race grecque, proposent la somme nécessaire et demandent seulement au Parlement ottoman l’autorisation de construire. Mytilène, qui possède une étendue appréciable de vignobles et d’olivettes, a besoin de ce chemin de fer, qui serait à voie étroite, pour le transport des produits de son agriculture aux ports d’embarquement. Les habitants songeraient à confier à des ingénieurs anglais la construction de cette voie ferrée.
- Nouveauté dactylographique. — On mande de New-York, qu’un inventeur de Boston, M. W. P. Kidder, déjà connu pour la presse d’imprimerie qui porte son nom, a inventé une machine à écrire basée sur un principe tout nouveau, et qui permet d’écrire aussi silencieusement qu’on le fait avec une plume. L’impression du caractère sur le papier s’effectue par pression, et non plus par choc, comme dans toutes les machines existantes. Dans la nouvelle machine, le rouleau d’ardoise, sur lequel le caractère, projeté par le marteau, vient s’arrêter en frappant le papier, ne sert plus qu’à guider ce dernier, le contre-coup étant reçu par une étroite bande d’acier. Le typewriter silencieux, comme on le surnomme déjà, fonctionne de la façon suivante : Une légère pression sur la touche projette en avant le caractère, qui reste en place pendant que la feuille de papier vient s’appliquer contre lui, avec une pression de 3 kg produite par un ingénieux dispositif. La machine est aussi rapide et robuste que les meilleures connues, et elle offre ce double avantage, qui sera très apprécié des dactylographes et de leur entourage, qu’elle cause moins de fatigue et qu’elle ne pi’oduit pas le moindre bruit.
- Une nouvelle méthode d’amortissement du roulis des vaisseaux. — Parmi les méthodes imaginées, pendant ces dernières années, pour amortir le roulis des vaisseaux — cause principale du mal de mer — celle du giroscope de M. Schlick est la plus efficace. Or, à la récente réunion de la Société d’Architecture Navale (Schifïbautechische Gesellschaft), M. H. Frahm, de Hambourg, vient de signaler dans ce même ordre d’idées un autre procédé appelé, semble-t-il, à un grand succès. Le roulis est amorti par des réservoirs à eau, grâce à la loi de résonance (en vertu de laquelle les corps susceptibles d’osciller autour d’une position d’équilibre sont mis en oscillations violentes par des impulsions relativement faibles, pourvu que la période de celles-ci concorde avec la période propre du corps). Entre les oscillations du corps et celles de l’impulsion, il existe un déplacement de phase de 90°. Comme les mouvements de roulis importants doivent toujours être attribués à des effets de résonance entre les vagues et le vaisseau, M. Frahm se sert d’une résonance secondaire, introduite par voie artificielle, pour compenser l’effet de la résonance principale. Cette résonance secondaire est produite par une colonne d’eau susceptible d’osciller, dans un réservoir en forme de U, insérée par travers, avec une fréquence caractéristique égale à la fréquence caractéristique du vaisseau. Le réservoir affecte la forme d’un système de vases communicants se composant de deux bras verticaux disposés sur les bords et reliés en bas par une branche horizontale. L’eau remplit la branche horizontale tout entière et à peu près la moitié des branches latérales. Comme le tube horizontal est étudié pour provoquer entre les impulsions des ondes et les oscillations de l’eau du réservoir, un déplacemenl de phase total de 900 + 900 = 1800, ces dernières agissent à l’encontre des premières. Aussi les oscillations du vaisseau sont-elles limitées par l’effet de résonance secondaire dans les branches latérales du réservoir, où le moment de rotation exercé sur le vaisseau par le mouvement alternativement ascendant et descendant de l’eau compense le moment opposé, dû aux impulsions des vagues, ce qui s’oppose à l’accroissement d’amplitude d’une impulsion à l’autre, qui se produit dans les vaisseaux non amortis. C’est ainsi que le vaisseau n’exécute plus que des oscillations très faibles, qui impriment à l’eau du réservoir des déplacements
- suffisamment importants. Lors des expériences récemment faites à bord de plusieurs navires de fort tonnage, l’installation de ces réservoirs à eau a permis de réduire l’amplitude d’oscillation à 1/6 de la valeur non amortie.
- Gisements de pouzzolanes en Crimée. — Les pouzzolanes sont exploitées actuellement pour un certain nombre d’usages, notamment pour la fabrication de certains ciments ; aussi, cherche-t-on volontiers à déterminer la position des gisements de cette substance. Une nouvelle source en a été trouvée en Transcaucasie, aux environs de Mariapol et enfin en Crimée, dans le mont Kara-Dajh, près de Fœdosia. Les gissements de Crimée sont particulièrement intéressants, car le voisinage de la mer (i5oo m. environ) en rend l’exploitation facile; la quantité de pouzzolanes qu’ils renferment est estimée à 7 millions de tonnes, et les frais d’extraction sont très minimes. Leur composition moyenne est la suivante ;
- Silice insoluble........23,67 pour 100
- Silice soluble..... 16,66 —
- Alumine et oxyde de fer. . 3q,oo —
- Chaux .................... 5,01 —
- Magnésie............ 1,07 —
- Soude et potasse .... o,i5 —
- Perte au feu........12,61 —
- Acide sulfurique .... o,5o —
- L’industrie minérale en Corée. — Depuis la loi du 28 juillet 1907, l’industrie minérale de la Corée se développe. Alors qu’il n’existait à cette date que six mines d’or et de cuivre (une appartenant à un syndicat japonais et les autres exploitées par des compagnies américaines, française, anglaise et italienne), actuellement quinze compagnies sont entrées dans la période d’exploitation. A la fin de 1908, le nombre des concessions accordées par le gouvernement coréen monte à 361, comprenant 10g placers, dont 6 sont attribués à une compagnie américo-japonaise, 8 à des compagnies anglaises et 5 à des compagnies allemandes. Toutes les autres sont à des Coréens ou à des Japonais. En général, il s’agit plutôt de spéculation que d’exploitation effective. Il n’y a guère que 24 mines et 27 placers, sur 36i concessions, qui fassent l’objet d’une exploitation régulière. Ils produisent de l’or, du cuivre, du charbon, du graphite et du zinc. Les résultats sont satisfaisants. Le principal district minier se trouve dans la province de Hpyeng-An et une partie de Hoang-Hai-To, entre la ville de Hpyeng-Yang et la frontière septentrionale de la Corée. On y rencontre divers produits minéraux, notamment de l’or, de l’argent, du minerai de fer, du charbon, du graphite, du cuivre. La production des mines d’or, en 1908, atteignit 4040 kg. Les mines de fer d’Hoang-IIai ont exporté, au Japon, la même année, 100000 tonnes de minerai, d’une teneur de 55 pour 100, revenant environ à 6 yen (environ i5 fr.) par tonne métrique. Les mines de charbon produisent annuellement 55 000 tonnes, dont 3oooo sont exportées au Japon et employées à la fabrication des briquettes pour la flotte. Ce charbon est de bonne qualité, mais sa friabilité ne permet pas de longs transports, à l’état naturel. L’industrie du graphite est florissante, ses mines, situées sur la côte orientale et desservies par Gensan, sont, pour moitié aux mains de sociétés anglaises. Le graphite coréen ne vaut pas celui de l’Inde. Ce dernier a sur le marché de Londres une valeur de 75o fr. la tonne, le premier est à peine coté 125 fr., d’où il faut déduire le frêt, ce qui réduit le prix, pour le vendeur, à 75 ou 80 francs environ, cela n’empêche pas le vendeur dé réaliser un bénéfice de a5 pour 100. La production annuelle de ce produit coréen est d’environ 10000 tonnes, sur une production mondiale d’environ i3oooo tonnes. La production coréenne peut se développer largement, la superficie productive est évaluée à 4000 hectares. Les mines de cuivre de Corée sont aussi susceptibles d’uii certain développement. M. Paillard, consul de France à Séoul, qui fait connaître cette situation, est d’avis que l’industrie minérale de la Corée se développera; on peut même lui présager un bel avenir; mais il faut se teniren garde contre les tentatives de concessionnaires de gisements n’ayant que peu de valeur. La loi du i3 août 1908 est favorable à ce développement; d’une part, elle affranchit les machines et les explosifs destinés aux mines d’or, d’argent et de cuivre du droit de douanes et, de l’autre, les minerais d’or, d’argent et.de cuivre n’ont à supporter aucune taxe d’exportation.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- "Electricité
- Avertisseurs d’incendie et extincteurs automatiques. — On a imaginé dans ces derniers temps d’ingénieux avertisseurs d’incendie et des extincteurs à fonctionnement automatique. Les usines Siemens et Halske viennent d’avoir l’idée de combiner ces deux
- Générateur d’acide carbonique pour extincteur automatique.
- genres d’appareils en une installation d’un nouveau genre, signalant tout accroissement dangereux de température et éteignant spontanément tout commencement d’incendie par l’action de l’acide carbonique. Ces installations se prêtent surtout à la protection des pièces renfermant des matières sujettes à la combustion spontanée, magasins d’huile, d’essence de pétrole, de couleurs, etc., soutes à poudre et à munition, trémies à charbon, bibliothèques, archives, etc.
- Une telle installation se compose de deux parties, à savoir le générateur d’acide carbonique et la partie
- Les avertisseurs d’incendie système Siemens et Halske.
- électrique, qui comporte un système d’avertisseurs automatiques, d’indicateurs, d’appareils de contrôle et de batteries.
- Le générateur d’acide carbonique, installé dans la pièce à protéger, est un vase en tôle galvanisée.
- Ce vase est muni d’un couvercle comportant au milieu un petit' raccord pour décharger l’acide carbonique et pour intercepter toute solution qu’il entraînerait. Il contient un réservoir en fer forgé tournant autour d’un axe qui, à l’extérieur du vase, comporte un levier maintenu en position verticale par un cliquet. Ce dernier, retenu par l’armature d’un électro-aimant, est déclanché par l’attraction de cette armature, de façon à faire
- basculer le réservoir en raison de son excès de poids.
- Le vase extérieur renferme, à environ un tiers de sa hauteur, une solution de potasse; le réservoir à bascule est rempli d’acide sulfurique concentré.
- En faisant basculer le réservoir, on laisse l’acide s’écouler à travers de petits trous, de façon à venir frapper directement la solution de potasse et à développer en 25-3o secondes, 5ooo à 15 ooo litres d’acide carbonique (suivant les dimensions de l’appareil), chassés au dehors par un excès de pression d’environ 1/2 atmosphère. Le bon fonctionnement de cet appareil n’est aucunement dérangé par un repos, même de quelques années.
- La partie électrique de l’installation se compose des avertisseurs d’incendie automatiques et des indicateurs. Les premiers comportent une bande métallique recourbée, qui est formée de deux métaux à dilatation thermique différente, réunis intimement par le laminage à pression très élevée. A mesure qu’augmente la température, la double bande métallique se détend, jusqu’à ce qu’à un certain point, calculé à volonté entre 35 et ioo°C., le contact de l’avertisseur se relève.
- Cette installation, suivant les méthodes actuelles, fonctionne avec le courant permanent. L’indicateur est un tableau de distribution comportant tous les instruments requis pour contrôler le fonctionnement de l’installation, et un nombre approprié de timbres d’alarme. Grâce à une distribution spéciale des connexions, on prévient la mise en œuvre accidentelle du générateur d’acide carbonique en cas de rapture d’un conducteur, en ne faisant sonner qu’un timbre d’alarme.
- Afin d’empêcher le fonctionnement du générateur d’acide carbonique pendant la présence d’une personne dans la pièce à protéger, on attache à la porte un commutateur qui, aussitôt qu’on y entre, met hors circuit l’aimant déclancheur du générateur. Les connexions peuvent aussi être disposées pour permettre d’actionner l’appareil à la main à l’aide de boutons de pression disposés au dehors.
- L’installation décrite ci-dessus peut, au besoin, être munie d’un signal préliminaire, actionné par un accroissement donné de la température de la salle (45° par exemple) sans mettre en marche l’extincteur, qui ne sera démarré qu’à une température plus élevée (700 par exemple).
- Les expériences faites avec cette ingénieuse combinaison d’avertisseurs d’incendie et d’extincteurs automatiques, au Bureau Royal des Essais, par les directions du service d’incendie à Hanovre et à Kiel et à bord d’un vaisseau de la marine allemande, ont donné des résultats excellents.
- Chauffage
- Radiateur à vapeur chauffé directement au gaz. Le Wright. — L’abaissement notable du prix du gaz qui s’est produit ces dernières années, et tout spécialement à Paris, a eu pour résultat un accroissement considérable de son emploi comme combustible pour les usages domestiques. Sans doute il a quelques inconvénients et demande à être utilisé avec prudence, sans quoi il peut causer des accidents graves, asphyxie, explosion, etc...; mais ces dangers étant évités en prenant les précautions nécessaires, il est incontestable qu’il constitue un mode de chauffage propre et facile.
- La principale difficulté qu’il offre en général vient de l’utilisation de la chaleur dégagée par sa combustion. Il n’est pas toujours commode en effet d’obtenir un rayonnement convenable de la chaleur produite par un appareil de chauffage. A cet égard, il est un type d’appareil qui donne un excellent rendement et dont l’emploi devient chaque jour plus considérable, il s’agit du radiateur à eau chaude ou à vapeur.
- A vrai dire, ce n’est pas un système de chauffage aussi varié dans ses aspects, aussi élégant, pourrait-on dire, que le chauffage électrique, mais il est infiniment moins dispendieux que celui-ci.
- Le chauffage par radiateurs à eau chaude ou à vapeur exige toute une installation spéciale avec chaudière et canalisations, ce qui restreint forcément son emploi. Ôn a cependant trouvé le moyen de le combiner de façon
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- simple avec un brûleur à gaz, de telle façon qu’une installation de ce genre puisse bénéficier dans la mesure du possible des avantages que présente le gaz comme combustible et le radiateur à vapeur comme appareil de chauffage.
- Cet appareil, le « Wright » se compose essentiellement d un certain nombre d’éléments ou colonnes creuses et doubles A commun'quant entre elles par des ouvertures dans le haut en B et dans le bas en C. Ces colonnes doubles sont réunies les unes aux autres par des joints étanches et fortement serrées entre elles par des tirants D.
- En dessous de la partie inférieure de ces éléments de radiateur se trouve une rampe à gaz E à laquelle le gaz arrive par l’éjecteur F, entraînant avec lui la quantité d’air nécessaire. L'air pénètre par l’ouverture annulaire G. Ce qui constitue l’originalité particulière de cet appareil, c’est le réglage automatique de débit du gaz. L arrivée de celui-ci se fait par la tétine H qui est vissée sur un chapeau K à l’intérieur duquel se trouve une soupape M. Le mécanisme de la soupape est plus ou moins avancé, à l’aide d’un écroü L, contre un diaphragme mobile N. Si le diaphragme N ne se trouve pas complètement pressé contre l'orifice de la soupape M, une certaine quantité de gaz peut passer, s’écouler par le tube O et arriver à l’éjecteur F.
- Pour mettre l’appar-eil en état de fonctionner, il faut mettre dans le bas une certaine quantité d’eau, par Forifice P, jusqu’au niveau Q. Ce niveau est visible à travers le tube spécial en verre R. Au bas du tube de
- i. Coupe longitudinale du radiateur Wright.
- 2. Coupe latérale. — 3. Vue en bout (côté de l’entrée du gaz).
- niveau se trouve le trou de vidange fermé par un bouchon S. Sur une des colonnes creuses terminales se trouve en T un échappement d’air automatique qui constitue en même temps soupape de sûreté. L’intérieur du radiateur peut également être mis en communication avec l’atmosphère à l’aide du bouchon U qui est percé d’un canal coudé; il suffit pour cela de dévisser plus ou moins le bouchon U.
- Le fonctionnement de l’appareil est très simple. La quantité d’eau nécessaire ayant été introduite, on ouvre le robinet du gaz et on allume celui-ci au-dessus des brûleurs E. L’eau s’échauffe, dégage de la vapeur qui va chauffer les colonnes creuses formant radiateurs. Après un certain temps, tout l’ensemble étant suffisamment chaud, la vapeur incluse se trouvera avoir une certaine j>ression, suffisante pour presser plus ou moins le diaphragme N contre le siège de la soupape M, ce qui aura pour résultat de mettre plus ou moins en veilleuse la rampe de gaz E. Il faut donc pour cela qu’à l’aide de l’écrou L la position de la soupape M ait été judicieusement réglée.
- Cet appareil, qui possède une surface de rayonnement considérable, est somme toute un radiateur à vapeur qui bénéficie de la simplicité que comporte le chauffage au gaz. — Le radiateur est vendu par Glaenzer, Perreaud et Thomine, 18, faubourg du Temple.
- Le cornet calorifique. — Comment faire du feu à bon marché? Problème qui se pose chaque hiver et que nous résolvons, le plus souvent, fort mal, car les plus parfaits de nos systèmes de chauffage actuels ont un très faible rendement et gaspillent follement les calories amassées dans le combustible. Le cornet calorifique n’a
- pas la prétention de remplacer les poêles, ni les cheminées ; mais il dégage assez rapidement et économiquement une quantité respectable de chaleur, il ne laisse rien perdre et constitue, en même temps qu’un mode de chauffage, un foyer où l’on peut faire chauffer de l’eau, faire cuire un œuf, etc.
- C’est un simple cornet placé au-dessus d’une lampe à alcool, par exemple ; il est percé d’ouvertures à sa base; il constitue donc cheminée d’appel et assure à la lampe un excellent tirage ; le combustible est brûlé à fond et dégage son maximum de calories ; les gaz brûlés viennent chauffer l’eau dont nous parlions tout à l’heure, puis ils se répandent dans la pièce et contribuent à en élever la température. Il n’est pas très hygiénique, sans doute, de déverser, sous prétexte de chauffage, des gaz irrespirables dans une salle; mais le cornet calorifique ne vise qu’à chauffer 1_ par intermittences. Encore faut-il noter, qu’assurant une combustion complète, il élimine tout danger de formation d’oxyde de carbone, gaz infiniment toxique, d’autant plus dangereux qu’il est inodore; l’acide carbonique rend la respiration plus difficile et borne là ses | méfaits ; mais l’oxyde de carbone corrompt le sang. — Le cornet calorifique est vendu chez M. Renaud, boulevard de Strasbourg. Prix : 6 fr. 5o.
- Hygiène
- Blaireau hygiénique. — Notre siècle se pique d’hygiène : on peut pourtant constater dans la vie de tous les jours de singuliers oublis des principes les plus élémentaires. Ainsi, chez le coiffeur, nous nous laissons très philosophiquement barbouiller la figure avec le blaireau qui, un instant avant, a rempli le même rôle sur les jones d’un monsieur que nous ne connaissons pas et qui peut être affligé de maladies dé peau graves ou tout au moins désagréables. Si les coiffeurs ont pris la bonne habitude d’aseptiser leurs rasoirs et leurs ciseaux chaque fois qu’il s’en servent, ils ne se sont pas encore décidés, que nous sachions, à en faire autant pour leurs blaireaux. C’est sans doute que pareille opération comporterait de sérieuses difficultés. Voici un élégant moyen de les tourner. On vient d’imaginer un blaireau à pinceau amovible ; chaque pinceau ne sert qu’une fois et est jeté aussitôt après ; les pinceaux sont fournis, bien entendu, aseptiques et sous enveloppe étanche.
- L’ensemble de l'instrument est des plus simples : un manche muni d’une monture à viroles de métal, qui maintiennent et servent de pinces; celles ci fixent le pinceau. — Le manche coûte 3 fr. 5o ; les pinceaux o fr. i > pièce. Chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris...
- SfjtsS* Divers
- Pour sebouchér les oreilles.
- — Petite invention à l’usage de tous ceux, et ils sont nombreux, dont les nerfs finissent par être ébranlés du tapage incessant de la vie moderne : autobus, machines/métiers,' à la longue, nous assourdissent bel et bien.
- On a donc imaginé pour l’oreille des protecteurs, plus élégants et plus propres que l’habituel tampon d’ouate. Ce sont de petits obturateurs en ivoire, ayant la forme représentée ci-contre.
- — Ils sont vendus chez Renaud,
- 43, boul. de Strasbourg, Paris
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- QT
- OSSC
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1911
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L’activité solaire, bien qu’à son minimum, a présenté à plusieurs reprises en 1910, de vives recrudescences. Les variations continuelles de la surface solaire exigent une observation de chaque jour. Les statistiques — malheureusement publiées avec un long retard — établies par l’Observatoire de Greenwich, d’après les photographies prises, aux observatoires de Greenwich, Maurice et Dehra-Dun, constituent un travail parfait qui surpasse tout ce qu’un amateur isolé peut entreprendre. Mais les observations de détail (taches, facules, etc.), ne doivent jamais être négligées, des variations très rapides se produisant parfois.
- L’équinoxe de printemps se produira le ai mars, à i8h 4ra-
- Observer, par les soirées très pures et sans clair de Lune, loin des villes, en février et mars, la lumière zodiacale. Cette lueur diffuse, couchée dans l’écliptique, est plus brillante que la Voie lactée, sa position souvent défavorable près de l’horizon empêchant. seule de l’observer plus fréquemment. Elle est visible, le soir, après le coucher du Soleil et dès la nuit venue. Des observations suivies de ce phénomène sont utiles à entreprendre, notamment en ce qui concerne sa forme, sa position et son éclat. Rechercher également s’il y apparaît des rayons, des zones d’éclats différents, etc., et noter les variations possibles. Cette élude, qui exige simplement une bonne vue et parfois une jumelle grossissant très peu, peut être entreprise par tout le monde et nous la recommandons spécialement à nos lecteurs.
- Jupiter, entre les constellations de la Vierge et de la Balance, est visible dans la seconde moitié de la nuit. On le trouvera sans difficulté à l’aide de la petite carte ci-jointe que nous reproduisons d’après l'Annuaire astronomique pour 1911, avec l’aimable permission de M. Camille Flammarion.
- Jupiter sera en quadrature occidentale le 3 février. Il se lève de plus en plus tôt : à 2h4om, le 5 janvier; à oh 53m le 6 février; à 23h7m, le 6 mars. Le diamètre équatorial de la planète, à ces dates, est respectivement" de 33",8; 37",o; 4o,\3. • :
- Nous insisterons ici, comme nous avons soin de le faire depuis plusieurs années, sur l’intérêt que présente
- une observation suivie de la surface de cette planète. Cette surface est en perpétuel changement, et offre des colorations très curieuses, notamment avec des instruments puissants. On en verra un bel exemple dans la planche en couleurs reproduite au numéro de janvier 1911, du Bulletin de la Société astronomique de France, d’après un dessin exécuté à la grande lunette de Meudon, par M. E.-M. Antoniadi.
- Les quatre principaux satellites, constituant une miniature du système solaire, sont visibles dans la plus petite lunette ou longue vue. Ils donnent lieu à une série de phénomènes : occultations, éclipses, etc., que l’on suivra avec le plus grand intérêt.
- Saturne, entre le Bélier et la Baleine, est observable le soir en de bonnes conditions. Il sera en quadrature orientale, le 21 janvier.
- Nous donnons ci-dessous le diamètre de la planète et les éléments de l’anneau :
- Vier.ge
- IL — PLANÈTES
- ' Mercure traverse, pendant ces ti'ois mois, les constellations du Sagittaire, du Capricorne et du Verseau. Il atteindra sa plus grande élongation du matin le 2 février, à 25° 17’ à l’Ouest du Soleil. Dans sa traversée céleste, Mercure sera en conjonction avec l’étoile tz du Sagittaire (gr. 3,i), le 3i janvier, à 2 heures, à o° io' au Sud et avec Uranus, le 10 février, à 17 heures, à o° 5' au Nord. Le diamètre apparent de Mercure varie de 4^,5 à i2",o, suivant sa position par rapport à la Terre. Voici ce diamètre pendant le prochain trimestre : 5 janvier, 9",3; 6 février, 6",2 ; 6 mars, 4, .9-
- Vénus est visible le soir après le coucher du Soleil. Elle s’écartera peu à peu de celui-ci. Toutefois, les observations ne pourront guère être entreprises qu’après le mois de mars, la planète, jusque-là, se couchant peu de temps après le Soleil. Diamètre de Vénus : le j janvier, 10",o; le 6 février, 10",4; le 6 mars, 11",1.
- Mars est visible le matin, mais en de mauvaises conditions. Il nous réserve une belle opposition pour la fin de l’année et nous en reparlerons dans les prochains Bulletins.)
- Dates Grand axe extérieur de Diamètre 1 anneau. Petit axe extérieur de l’anneau. Hauteur de la Terre au-dessus du plan de Panneau. Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau.
- 0 jauv. 1911 18",6 42", 2 Il",5 — 15° 49' —17° 58'
- 4 iév. — 17", 6 59", 9 11 ".2 — 16° 20' — 18° 21'.
- 8 mars — 16",7 38",0 11”,4 — 17° 24' — 18° 41' •
- Uranus, dans le Sagittaire, est inobservable. Neptune, dans les Gémeaux, sera en opposition le 11 janvier. On le trouvera aux positions suivantes :
- DATES
- 3 janvier 1911. 6 lévrier — . 6 mars — .
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 7 h. 28 m. -4- 21° 16' 2”,3
- 7 h. 24 m. •+- 21° 24' 2",3
- 7 h. 22 m. + 21° 50' 2'',3
- Petites planètes. — On pourra rechercher la petite planète Vesta aux positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DECLINAISON CRANDEUI
- 8 janvier 1911 . . 1 h.
- IG — — . . 2 h.
- 24 — — . . 2 h.
- fm. +4° 58' 7,6
- 3 ni, +-5° 55' 7,7
- 9 m. -t- G0 55' 7,9
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- III. — PHÉNOMÈNES INTÉRESSANTS.
- Conjonctions :
- Le 5 janvier, Mercure en conjonction avec Vénus, à 18 h., à 2° 50’ Nord. Le 9 janvier, Saturne eu conjonction avec la Lune, à 5 h., à 1°4' Sud. Le 25 janvier, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 6 h., à 0° 57' Nord. Le 51 janvier, Mercure en conjonction avec ~ Sagittaire (gr. 5,1), à 2 h., à 0° 10' Sud.
- Le 5 février, Saturne en conjonction avec la Lune, à 13 h., à 1° 18' Sud. Le 10 février, Mercure en conjonction avec Uranus, à 17 h., à 0° 5’ Nord. Le 19 février, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 18 h., à 1°31' Nord. Le 2 mars, Vénus en conjonction avec la Lune, à 18 h., à 2° 20' Nord.
- Le 4 mars, Saturne en conjonction avec la Lune, à 25 h., à 1° 39' Sud. Le 29 mars, Vénus en conjonction avec Saturne, à 6 h., à 2° 25' Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne comprend que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR 1MMEI I1S10N ÉMERSION
- 11 janv. 1911 u Taureau. 4,2 18 h. 20 m. 19 h. 24 m.
- 11 — 72 Taureau. 5,4 18 h. 52 m. 20 h. 1 m.
- 12 — 125 Taureau. 5,1 22 h. 56 m. 23 h. 38 m.
- 15 — 139 Taureau. 4,7 6 h. 3 m. 6 li 49 m.
- 21 — 0 Vierge. 4,6 1 h. 10 m. Appulseà5’,8 (lu bord.
- 25 — 19 Scorpion. 4,9 4 h. 56 m. Appulseàl',7 du bord.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR IMMERSION ÉMERSION'
- 26 janvier 1911 A Ophiuclius. 4,7 5 li. 40 m. 6 h. 56 ni
- 28 — T Sagittaire. 3,5 7 li. 13 m. 8 h. 2 m
- 7 iev. 1911. À Taureau. 4,5 5 h. 28 m. 6 h. 21 m
- 21 — o Scorpion. 2,6 2 h. 8 m. 2 h. 54 m
- 7 mars 1911 A Taureau. 4,5 0 h. 8 m. 0 b. 58 m
- 21 — 22 Scorpion. 4,8 0 li. 56 m. 1 h. 53 m
- 28 — v Verseau. 4,3 5 h. 58 m. 6 h. 58 m
- Il y a lieu de signaler, comme particulièrement intéressantes, les occultations d’u Taureau, le 11 janvier, et surtout de ô Scorpion, le ai février.
- Étoiles filantes. — Les a et 3 janvier : chute des Bootides. Radiant jf Bouvier. Ces météores sont, en général, rapides et donnent de longues trajectoires.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Per-sée) :
- Le h janvier (22 h. 30 m.) ; 7 (19 h. 19 m.); 25 (0 h. 14 m.); 27 (21 h.
- 4 m.); 30 (17 h. 53 m.). — Le 16 février (22 li. 49 m.); 19 (19 h.
- 38 m.). — Le 9 mars (0 h. 54 m.); 11 (21 h. 25 m.) ; 31 (23 h. 7 m.).
- Observer Mira Celi (o de la Baleine) dont le minimum doit se produire vers le a6 février. Celte étoile varie de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,5, et il serait très utile de déterminer avec précision l’époque du minimum.
- Em. Totjchet.
- 2SSD,
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Coloration du laiton en noir mat. — Nous avons obtenu les résultats les plus satisfaisants, au cours d’assez nombreux essais de formules préconisées par divers auteurs, en employant les bains de patinage ci-après :
- A) Laisser l’objet bien décapé, complètement immergé pendant quarante-huit heures dans un mélange de io c. c. d’ammoniaque à 36° et de un litre d’eau. On rince à grande eau avant de faire sécher pour éviter la formation des marbrures vertes.
- B) Plonger, jusqu’à ce que la teinte ne change plus,
- dans une liqueur portée à l’ébullition et composée, pour un litre d’eau, de 70 gr. sulfate cuprique, 5o gr. hypo-sulfite sodique et 20 gr. crème de tartre. Laver et laisser sécher. (Laboratoire de La Nature).
- Patines brunes du laiton. — Les teintes obtenues par les procédés ci-dessou§ sont grises, ternes, d’apparence plutôt sale; toutefois elles pourraient être utilisées quand il s’agit de communiquer aux objets modernes l’aspect de choses très vieilles — ce qui ne peut manquer d’intéresser antiquaires et collectionneurs !
- On obtient un brun pâle par courte immersion dans une liqueur bouillante composée de 8 gr. sulfate cuprique, 2 gr. chlorhydrate d’ammoniaque et 100 gr. d’eau. On doit enlever rapidement les objets, sous peine de voir le brun virer au rouge.
- Un brun plus foncé est donné en recouvrant à l’aide d’un pinceau le métal chauffé (jusqu’à ce que l’eau grésille par contact) d’une couche de liqueur composée ainsi : faire dissoudre 5 gr. d’acétate acide de cuivre et 5 gr. de chlorhydrate d’ammoniaque dans un litre d’eau ; laisser déposer quelques heures et ajouter un litre d’eau. (Laboratoire de La Nature).
- Patines rouges fauves du cuivre et du laiton. —
- On obtient une patine très brillante, très solide au frottement et qui peut être rendue plus chaude et nettoyé par un vernissage; en traitant le laiton bien dégraissé
- par un bain composé de :
- Carbonate de cuivre. . 10 gr.
- Ammoniaque à 36° B. . 70 c. c.
- Eau................ 1 5 c. c.
- Faire dissoudre le carbonate dans l’ammoniaque, ajouter l’eau ensuite.
- On n’obtient aucun résultat sur cuivre rouge, bronze, zinc. Il importe d’employer l’ammoniaque et l’eau aux doses exactes.
- Sur cuivre rouge, on obtient une teinte brillante rouge brun à reflets bleus (lesquels peuvent être supprimés en appliquant une couche de vernis) en plaçant simplement les objets dans une étuve : de 12 à 24 heures si l’étuve est à ioo° C., moins si elle est plus chaude.
- Pour avoir une teinte rouge mat (pins foncée et plus grise que la nuauce naturelle du métal), on plonge pendant assez longtemps dans une liqueur bouillante com-
- posée de :
- Sulfate de cuivre...................... 8 gr.
- Chlorhydrate d’ammoniaque.............. 2 —
- Eau...................................100 —
- (Laboratoire de La Nature).
- Pour donner au laiton l’apparence du cuivre rouge, il suffit de plonger les objets à patiner, après nettoyage soigné, dans une solution bouillante de 80 gr. de sulfate cuprique et 20 gr. de chlorhydrate d’ammoniaque par litre d’eau. Là nuance rouge mate obtenue peut être brillantée par brunissage à l’agate.
- (Laboratoire de La Natures
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les statues de Parmentier. — A la note publiée en Boîte aux Lettres n° ig58 du 3 décembre 1910, il faut ajouter les renseignements suivants : « Une statue de Parmentier, en bronze, faisant pendant
- à celle de Vauquelin, est érigée également dans le jardin d’honneur, façade Est de l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire). En outre, à la salle des actes de l’Ecole se trouve un portrait de Parmentier, signé F. Dumont, daté de 1814, il y est représenté en tenue d’Académicien, tenant à la main un bouquet (fleurs de pommes de terre, blé et maïs). » Lanterne de laboratoire. — A propos de l’article sur ce sujet paru dans notre numéro du 17 décembre dernier, un de nos lecteurs nous écrit : « II existe un procédé plus simple encore; il consiste à prendre une boîte
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- BOITE AUX LETTRES
- en carton quelconque, à y placer une ampoule et à remplacer le couvercle par une, deux ou trois épaisseurs de papier rubis spécial, fixé avec un peu de colle. En mettant la boîte debout (on peut la rendre stable en la fixant à une planchette), on a une lanterne parfaite, à ce point qu’ayant imaginé cette installation de fortune un jour où j’étais privé de ma lanterne habituelle, je laisse depuis lors cette dernière de côté. Une lampe de 5 bougies suffit très amplement.
- Renseignements. — M. Mamias, à Bar-le-Duc. — Nous avons communiqué votre lettre à M. Boyer.
- M. J. Durand, à Limoges. — La gélatine bichromatée sert à une foule de choses en photographie. De quel procédé voulez-vous parler. Est-ce de la collographie ? En ce cas demandez la Photographie pour Tous, par Laynand, chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. A. F., Amiens. — i° Nous ne pouvons vous recommander aucun ouvrage : la médecine exige une grande précision et ne peut concilier les besoins impérieux de la documentation exacte avec les nécessités de la vulgarisation. Comme ouvrage complet, vous avez le Traité de Bouchard et Brissaud en io vol., prix : 160 fr., chez Masson et Cic, 120, boulevard Saint-Germain. — 20 Précis d’ophtalmologie, par le Dr Morax, x vol., 12 fr. Masson et Ci0, éditeur. — 3° Les combustibles industriels, par F. Colomer, chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris. — 4° Il n’y a pas d’agenda Dunod consacré exclusivement au charbon.
- M. Gyvel, à Paris. — Pour conserver les œufs, vous avez le choix entre les procédés suivants, les plus usuels et les plus simples : i° Procédé à l’eau de chaux. Prendre : chaux éteinte, 100 gr. ; sucre en poudre, 10 gr. ; mêler intimement et délayer dans quantité d'eau pour contenir 200 œufs, qu’on y laisse plongés pendant quinze jours; — 20 Recouvrir les œufs d’une couche protectrice (cire, gomme arabique, matières grasses sans odeur, plâtre), et les rouler dans du charbon de bois pulvérisé, en ayant soin de les placer la pointe en bas ; — 3° Mettre les œufs dans un mélange de sel et de son, ou sable et charbon, ou farine de blé, ou cendres de bois fraîches ; — 4° Procédé à l’acide salicylique : mettre les œufs dans un baril, les recouvrir d’une dissolution
- froide de cet acide, maintenir le tout au moyen de quelques petites planches flottant sur le liquide et recouvrir d’un linge. Pour préparer la solution, dissoudre l’acide salicylique dans l’eau bouillante (une cuillerée à bouche d’acide pour 5 litres d’eau) ; ne faire bouillir qu’une partie de l’eau, le reste est ajouté froid ; ne pas mettre la dissolution en contact avec du métal; local bien aéré ; — 5° Procédé Campanini, au saindoux : Enduire très régulièrement les œufs de saindoux, sans excès, les déposer ensuite dans des corbeilles ou des caisses en bois, en mettant sous les œufs une légère couche d’étoupe ou de frisure de bois ; les ranger de façon qu’ils ne se touchent pas entre eux, en les isolant avec de l’étoupe; opérer dans un local bien sec. On peut préparer ïoo œufs en une heure, et il n’en coûte, pour cette quantité, que 20 centimes de saindoux.
- M. J. Pascual, à Navarcles. — Nous publierons prochainement des recettes sur ce sujet.
- M. R. J., à Tunis. — La stérilisation des eaux parles rayons ultra-violets est théoriquement parfaite. Cependant le procédé est encore dans la période de mise au point (prix de revient, durée des appareils, etc.). Les appareils expérimentés à Marseille ont donné de bons résultats ; ils sont construits par la Société Westinghouse, 4) rue Auber, Paris.—Nous nous documenterons sur votre première question.
- M. Gilon, à Nogent-sur-Marne. — Vous trouverez dans le second volume (page 201) des Recettes, de Tis-sandier (Masson édit.), un procédé pour ramollir et souder la corne sans emploi d’aucune matière. Les objets ainsi obtenus sont très solides.
- M. le Dr Manuel Inglesias, à Vera-Cruz. —Il n’existe aucun moyen de détruire ou de masquer la^coloration du permanganate de potasse sans détruire le corps. Si vous nous aviez dit dans quel but et pour quelle application vous vouliez cela, peut-être eussions-nous pu vous indiquer un substitut du produit.
- M. L. L., à Noisy. — Le réactif d’Esbach est obtenu en dissolvant dans 100 gr. d’eau, 2 gr. d’acide citrique et 1 gr. d’acide picrique.
- M. P. Goldschmidt. — Votre explication du vol à voile est excellente et s’applique certainement à un grand nombre de cas ; mais elle ne paraît pas encore s’adapter à tous les cas observés.
- Upc
- BIBLIOGRAPHIE
- OJfc
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le chronophone Gaumont à l’Académie des sciences : G. Mares-chai.. — Le spiritisme et la science : Gustave Le Box. — La bibliothèque micro-photographique : Dr Alfred Gradenwitz.
- — La construction mécanique en Allemagne : R. Villers, — La question du fusil automatique : Capitaine D. — La symétrie des fleurs de neige : Ch.-En. Guilhaume. — Un doris insubmersible : Lucien Fournier.
- Supplément. — Aviation. — Le carat métrique. — Yolatilité du bromure de radium et des bromures alealino-terreux. — Présence de l’ozone dans les flammes. — Mesure électrique des pressions.
- — De Londres à' Bombay en une semaine. — Le géant des ponts à bascule. — La sécurité en aéroplane. — Automobilisme à New-York. — Quelques statistiques sur l’Inde.
- Traité d’Hygiène militaire, par G.-H. Lemoine, professeur d’Hygiène à l’Ecole d’Application du Service de santé militaire du Val-de-Gràce. 1 vol. gr. in-8° de xxiv-758 pages avec 89 figures dans le texte. Masson et Cio, éditeurs, Paris 1901. Prix : 12 francs.
- Ce traité vient à son heure pour mettre en relief les progrès hygiéniques accomplis dans l’armée au cours de ces vingt dernières années, grâce au zèle déployé par les médecins militaires et aux efforts du commandement.. Il indique non seulement ce qui a été fait, mais ce qui reste à faire pour sauvegarder la santé de nos soldats. Ce Livre écrit avec le souci constant des applications pratiques, rendra de signalés services.
- Ministère de VAgriculture. Direction de VHydraulique et des améliorations agricoles. Service d’études des grandes forces hydrauliques. Région des Alpes. Etudes
- Glaciologiques. Tirol Autrichien. Massif des Grandes Rousses, 1909.
- MM. Flusin et Bernard rendent compte de la mission qui leur a été confiée en 1906 pour aller étudier dans l’Œtzthal l’appareil de sondage de l’épaisseur des glaces, imaginé et appliqué par MM. Blumcke et Hess au glacier de Hintereis.
- MM. Flusin, Jacob et Ofïner donnent la monographie des glaciers des Grandes Rousses en Dauphiné avec une magnifique carte au 1/10000 dressée en 1905 et 1906 avec courbes de niveau équidistantes de 10 mètres. Ce travail, capital pour les problèmes de la houille blanche, fait le plus grand honneur aux auteurs qui ont su le mener à bien et à l’administration supérieure qui en a compris l’importance et assuré l’exécution.
- Recueil de problèmes avec solutions sur l’électricité et ses applications pratiques, par H. Vieweger, traduit de l’allemand par G. Capart, 2e édition, revue et augmentée. In- 8° de vni-396 pages, avec 174 figures et 2 planches. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 9 francs.
- On a constaté, dans la plupart des ouvrages concernant l’électricité et ses applications, l’absence presque complète des problèmes et exemples aptes à faire saisir le sens exact et pratique des lois et des formules, aussi bien à l’ingénieur qu’à l’étudiant. M. Vieweger, dans une série remarquable de problèmes a su mettre à la portée de tout le monde ce complé-, ment naturel de tous les excellents ouvrages d’électricité parus en ces dernières années.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les irrigations en Egypte, par Julien Barois. Paris et Liège. Ch. Béranger, 2" édition, 1911. In-8°, 17 pl. et go fig- Prix :
- La nouvelle édition de cet important ouvrage fait connaître toutes les modifications si discutées, imposées au régime du Nil, par les grands barrages d’Assiout, d’Esneh, de Zifta et d’Assouan; c’est un tableau historique et technique complet des crues du Nil, des inondations de l’Egypte, de son agriculture et des ouvrages d’art destinés à emmagasiner les eaux des crues. Il est d’une actualité spéciale, à la suite des inondations qui ont ravagé la France en 1910.
- L’Annuaire international de Vacétylène (édition 1910-1911), par MM. R. Granjon et Pierre Piosemberg. Bibliothèque de l’Office central de l’acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris. Prix : 3 francs franco.
- VAnnuaire de 1909 contenait tous les renseigne-
- ments techniques utiles, celui de 1910-1911 offre des documents nouveaux et inédits sur l’exploitation de l’indusirie de l’acétylène en France et dans le monde entier. Signalons une intéressante enquête internationale sur « l’acétylène dans le monde ».
- The Télégraphie transmission 0f photographs, by Thorne Baker, i vol. illustré 146 pages. Constable et C°, éditeurs, 10, Orange Street Leicester Sqpare W-I. Londres, 1910. ' ~ .........
- Exposé des travaux du Dr Korn sur la transmission télégraphique des photographies, travaux repris par l'auteur qui a perfectionné l’appareil de Korn. L’appareil de M. Thorne Baker est actuellement en service au journal Daily Mirror de Lonires. Un chapitre en outre est consacré aux travaux de M. Belin; un autre aux efforts faits pour réaliser par télégraphie sans fil la transmission des images.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M, Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATION^ 7 HEURES DU-MATIN THERMOMÈTRE VEiNT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉBALES
- Lundi 26 déc. 1910. 2°,0 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,9 Gelée blanche ; très nuageux ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 27. . . . . . 5°.4 N. N. W. 0. Couvert. 5,5 Forte pluie le malin ; très nuageux. 'Gelée blanche; beau. • .
- Mercredi 28 . . . . —1°,0 ' N. 3. Beau. »
- Jeudi 29. . i . . . —1°,3 S. 2. Couvert. )) Gelée blanche : couvert ; gouttes le matin ; brume.
- Vendredi 50 . . . . .2°,2 S. W. 2. Couvert. » Gelée blanche ; couvert le matin ; très nuageux le s ; gouttes le ni. . Gelée.blanche ; brouillard toute la journée de 20 m. h 12 h. Gel. 1)1.; couvert; pluie à diverses reprises entre 14 h. et 21 h.
- Samedi 31 . . ... . Dimanche 1”' janv. . — 2°,1 1°.5 Calme. S. 2. Beau. Couvert. »
- DÉCEMBRE 1910-JANVIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 26 DÉCEMBRE 1910 AU DIMANCHE 1" JANVIER 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri < boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. . ~ . ..
- Du 26 au 3i décembre. — Le 26. Pression basse sur presque toute l’Europe : Kuopio, 729: Skudesness, 740; Rome,. 739; fortes pressions des Açores à la péninsule Ibérique : Madrid, 765. Pluies sur l’O. et le N.;, en France : Lyon, 8; Limoges, Bordeaux, 4i Brest, 3; Cherbourg, Charleville, 2. Temp. du matin : Uleaborg, -—7°; Paris, 2 ; Alger, x3; Puy de Dôme,—4; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 2°,2). — Le 27. Vaste zone de basse pression sur le N., le Centre et l’E. : Laponie, 789 ; Nancy, 748. Pluies sur presque tout' le continent; en France : ballon de Servance, 41 ; Puy de Dôme, 32; Pic du Midi, 29; Besançon, 14 ; Charleville, 11 ; Paris, 6; Limoges, 4l Bordeaux, 3. Temp. du matin : Uleaborg, — 90; Paris, 3; AÎger, i3; Puy de Dômeg4; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 2°,i). —Le 28. Hausse sur l'O. : Bretagne, 769; dépression sur Je golfe de Gênes, 745,' et sur l’Islande, 730. Pluies ou neige sur tout le continent; en France : Pic du Midi, 63; Puy de Dôme, 56; Dunkerque, 9; Biarritz, Besançon, 5; Mar-
- seille, Brest, x. Temp. du matin : Haparanda, —x5°; Paris, —1; Alger, 'g; Puy de Dôme, —10; moyenne à Paris : o°,7 (normale : 2°,i). — Le 29. Pression élevée sur le Centre et l’O. : Bretagne, 778; Prague, 770. Dépression sur l’Islande et sur les Açores. Pluies sur le N.-O. et le S.-E. Temp. du matin : Haparanda, — io°; Paris, —i ; Alger, 9;.Puy de Dôme, —10; moyenne à Paris : o°,3 (normale : 20, i:). — Le 3o Pression élevée sur l’O. : Brest, 774; Christiania, 753. Pluies sur l’O.; en France. : Puy de Dôme, 3; Toulouse, Bordeaxxx, 2. Temp. du xnatin ; Arkhangel, — 160; Paris, 2; Alger, 12; Puy de Dôme, —3; moyenne à Paris : 3°,5 (normale : 2°, 1). — Le 3i. Hausse sur l’O. et le N..: Bretagne, 776; Nord: de, la Russie, 770; dépression sur l’Islande, la Norvège, l’Italie : Brindisi; 752. Pluies sur le N. et l’Italie. Temp. du matin : Arkhangel, —20°; Paris, — 2; Alger, .10; Puy de Dôme, —7; moyenne à Pai’is : 3°2 (normale : a°,x). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 31, à 4 h- 3o m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout Ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /2o, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1964 — 14 JANVIER I9II
- SUPPLEMENT
- ><^D
- 1*50
- INFORMATIONS
- Les ports aéronautiques en Allemagne. — Les
- récents progrès de la navigation aérienne ont nécessité l’installation de nombreux ports aéronautiques, hangars énormes, construits- d’après les méthodes les plus variées. Après la méthode des structures métalliques,
- vents même les plus forts. Le côté arrière est fermé par une paroi en treillis garnie de planches. Le port aéronautique de Gotha sera probablement muni ultérieurement de portes glissantes. Les fondations du hangar consistent en piliers de béton, reposant sur de fortes
- on préconise le système des constructions en bois, appliqué pour la première fois à l’installation du hangar de l’Exposition Aéronautique Internationale. Ce système vient d’être appliqué à la construction du hangar de Gotha, et comme ces deux constructions sont de dimensions sensiblement identiques, la description suivante se rapporte indifféremment à l’une et à l’autre. Ces hangars ont i5a m. de long, 35 m. de largeur et 27 m. de hauteur maximum. Ils comportent chacun 17 fermes circulaires, qui s’adaptent parfaitement à la forme arrondie des aérostats. Ces fermes reposent sur des supports en treillis de bois, d’une hauteur de i3 m. et qui laissent l’intérieur du hangar parfaitement libre. Les parois et le comble sont garnis de planches. Des fenêtres latérales, aussi bien que des lucarnes, des abat-jour et des tourelles à cheval sur le faîte, assurent une ventilation et un éclairage très suffisants. Le comble est garni de rubéroïde. Un grand rideau en toile à voiles, renforcé par plusieurs câbles tendus, ferme le front du hangar; solidement ancré dans le sol, ce rideau est à l’abri'des
- bases en béton. Le plancher se compose de la même matière. .Les parois latérales sont enduites de carbo-linéum, protégeant le bois contre les intempéries. Ces deux hangars ont été construits par la Société Stephans-dach, à Dusseldorf, celui de Gotha en quatre mois. Ils renferment chacun environ 1000 mètres cubes de bois et 2 5 tonnes de fer. Le hangar sera doté de ponts roulants de grande- puissance.
- Rôle de l’amidon dans la fabrication du papier.
- — On sait que le papier, pour ne pas absorber l’encre et pour que l’écriture soit nette, doit subir un « collage » particulier. L’amidon était à l’origine la seule matière employée pour le collage du papier; son usage disparut en Europe au xive siècle, mais il fut de nouveau utilisé beaucoup plus tard, lorsqu’on commença à se servir des fibres végétales. M. Traquait a étudié en détail les conditions dans lesquelles l’amidon doit être incorporé au papier; il a reconnu qu’on obtient les meilleurs résultats en ajoutant l’amidon à la pâte à l’état semi-gonflé,
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- INFORMATIONS
- c’est-à-dire gardant sa forme de granule, mais étant rendu plastique par l'action de l’eau chaude. Sous cette forme, les granules adhèrent facilemeni entre les fibres, en bouchant les pores, en même temps qu’ils retiennent la charge qu’on ajoute habituellement au papier : sulfate de chaux, talc, etc. L’amidon peut être remplacé pour le collage du papier par le mélange de ses éthers formiques connus dans le commerce sous le nom de fécu-lose, qu’on peut également substituer à la gélatine dans la préparation des papiers couchés.
- La grotte de Coufin (Isère). — Dans la vallée de la Bourne, presque en face de Bournillon (voy. n° 1677), ^es travaux d’accès de la grotte de Coufin ont été inaugurés
- Le souterrain de Coufin (Isère).
- le 28 août par le Syndicat d’initiative de Pont-en-Royans. L’eau du petit lac qui barrait l’entrée de la grotte ayant été pourvue d’un écoulement, on a pu pénétrer très aisément à l’intérieur. Quelques marches taillées dans le rocher et une petite digue d’une dizaine de mètres ont
- Pluie de cristal, à Coufin (Isère).
- rendu facile pour tous l’entrée de la grotte de « Coufin » ; ses stalactites, longues de 1 à 2,5o m. sont remarquablement fines, de 2 à 4 mm de diamètre seulement. C’est par milliers qu’elles se reflètent dans un joli lac formé au confluent de deux ruisseaux découvert par M. Dé-combaz. C’est une véritable « pluie de cristal » dont on ne connaît l’équivalent qu’aux grottes du Drach (à Majorque) et à la grotte de Rosée (Belgique). Les dispositions sont prises pour que les curieux n’abîment point ces extraordinaires aiguilles, dont un seul coup de canne briserait des centaines i
- Le « métal liège ». —- Par ces temps d’aéronautique, on cherche volontiers des matériaux extrêmement légers pour les faire entrer dans la construction des plus lourds ou des plus légers que l’air, qui ne peuvent que gagner à l’allègement de leur poids, pourvu naturellement que ce ne soit pas aux dépens de leur solidité. On a préconisé à ce sujet, il y a quelque temps, un « métal liège » qui a figuré dans diverses expositions aéronau-
- tiques, et qui est de 4° pour 100 plus léger que l’aluminium, sa densité étant 1,762. Sa surface, est blanc grisâtre brillant et présente des rayures analogues à celles de l’aluminium mal travaillé. Sa composition est la suivante :
- Aluminium Fer, . . .
- Zinc . . . Sodium. . Magnésium
- 0,04 poui 0,017 0,48 0,21 99,3°
- 100.
- Il est constitué somme toute par du magnésium additionné d’une faible quantité de zinc; il dégage de l’hydrogène au contact de l’eau. Les inconvénients qu’il présente ne nous paraissent pas balancer les avantages de sa légèreté et, jusqu’à présent, ce n’est guère qu’à titre de curiosité qu’on peut le citer.
- Un papier sensible à l’ultra-violet. — Nos lecteurs savent que les papiers sensibles préparés jusqu’à ces derniers temps, ne réagissent que sous l’influence des radiations plus ou moins visibles. On a obtenu assez récemment un papier sensible aux radiations ultra-violettes, c’est-à-dire aux radiations obscures du spectre du côté du violet. Ce papier est à base de nitrite de paraphénylènediamine et vire au bleu.
- Le Monell-Metal. — Nous avons déjà signalé cet intéressant produit métallurgique. Nous croyons utile de donner quelques détails complémentaires. A Sud-bourg (Canada) existent des gisements de minerais contenant du cuivre et du nickel qui sont traités pour matte à 80 pour 100 de cuivre et nickel; comme jusqu’ici on n’employait que du nickel pur dans les aciéries, il était nécessaire de séparer le cuivre du nickel, opération pénible et coûteuse. Les Américains ont cherché à renoncer à cette séparation. En grillant la matte à 80 pour 100 et en la réduisant, ils ont obtenu un alliage à 72 pour 100 de nickel et 28 pour 100 de cuivre environ qu’ils ont nommé « monell métal » „et c’est cet alliage qu’ils essaient de vendre. Un des principaux usages du nickel étant la fabrication des aciers au nickel, on a été amené à faire des essais d’acier au cuivre-nickel. Jusqu’ici, ces essais ne portent que sur des aciers ou des fers très purs (et par suite très chers) auxquels on a ajouté des quantités variables soit de monell métal, soit de cuivre et de nickel. Les résultats semblent indiquer que l’acier au monell métal jouit de propriétés sensiblement identiques à celles des aciers au nickel, le cuivre paraît agir comme le nickel, mais plus énergiquement. En sera-t-il de même quand on fondra le monell métal avec des aciers ordinaires contenant des impuretés, du soufre en particulier? Il serait très important de le savoir; si, en effet, il en était ainsi, le prix des aciers au nickel baisserait considérablement.
- Population des Etats-Unis. — Les résultats du recensement des Etats-Unis en 1910 donnent, pour la population totale, 91272267 hab. contre 75994 676 en 1900, soit une augmentation de 21 pour 100. Les Etats les plus peuplés sont ceux de New-York, 9 n3 276 hab. ; de Penrsylvanie, 7 665 m; d’Illinois, 5 638-5cji; l’Ohio, 4767121.
- Réaction caractéristique des « sels naturels de Vichy. » — Comment distinguer la véritable eau de Vichy des eaux contrefaites que l’on vend si souvent sous ce nom? M. Mallard, dans le Journal de pharmacie et de chimie (16 décembre 1910), indique un moyen très simple. Les véritables sels de Vichy contiennent toujours des sels de lithium qui font défaut dans les contrefaçons, fabriquées avec de l’eau et du bicarbonate de soude.
- Or, le lithium donne, à l’analyse spectrale, une raie rouge absolument caractéristique. Donc, ., pour reconnaître l’authenticité d’une eau de Vichy, on en prendra quelques centilitres, on laissera s’évaporer; le résidu solide sera porté à l’incandescence dans une flamme de brûleur Bunsen et on examinera cette flamme au spectroscope. Si l’on n’y trouve pas la raie rouge du sodium, on a affaire à de l’eau falsifiée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- osSL
- it> Objets utiles <«*
- Les allumeurs de poche automatiques. — Ils comprennent les briquets au ferro-cérium, qui ont fait tant parler d’eux ces derniers temps et ont eu l’honneur d’une vire discussion au Parlement. L’emploi de ces petits allumeurs est aujourd’hui autorisé, mais non sans réserves; la loi qui les concerne a été publiée au Journal Officiel le 3o décembre dernier. En voici les principaux articles :
- « La vente et la mise en vente des appareils n’ayant pas plus de 0,10 m. sur une quelconque de leurs dimensions ne pourra avoir lieu que dans les bureaux de tabacs. Toutefois, ceux en or, en argent, ou en platine pourront être vendus chez les orfèvres et les bijoutiers.
- « Les appareils n’ayant pas plus de 0,10 m. sur une quelconque de leurs dimensions sont frappés d’un impôt de 2 francs par appareil en métal commun, de 5 francs par appareil en argent, de 20 francs par appareil en or ou platine. Les appareils seront revêtus d'une estampille. »
- La fabrication des allumeurs hors des établissements autorisés, la vente hors des bureaux de tabac, la détention par les commerçants ou les particuliers d’appareils non estampillés sont punies de peines sévères.
- A l’importation les briquets sont taxés 5oo fr. les 100 kg au tarif minimum, j5o fr. au tarif général.
- Ceci dit, il ne fera pas sans intérêt d’examiner de plus près le mécanisme de ces petits appareils.
- Les briquets pyrophoriques. — Les briquets pyro-phoriques ont revêtu deux formes bien tx-anchées : le briquet à amorces et le briquet au ferro-cérium.
- Le briquet à amorces, le premier inventé, se compose d’une petite boîte métallique, séparée en deux parties dans le sens de l’épaisseur (fig. 3). La partie avant KN est tout entière occupée par une lampe plate, à essence immobilisée; cette lampe, dont le bec porte-mèche s’engage, quand le couvercle est abaissé, dans le chapeau à ressort L, peut facilement glisser dans deux rainures longitudinales, permettant ainsi la recharge en décou-
- A
- Le briquet à amorces. Fig. 1, coupe verticale. Fig. 2, une bande . d’amorces. Fig. 3, coupe horizontale.
- vrant la pax*tie mécanique. Cette partie (fig. 1 et 3) comporte en H un axe fixe, destiné à recevoir un rouleau dont s’alimentera le briquet. Ce rouleau est constitué par une bande de papier sur laquelle, de 7 en 7 mm (fig. 2), ont été collées une centaine d‘’amorces, dont l’inflammation, sous le choc d’un chien, se produira automatiquement à chaque ouverture du couvercle, provoquant l’allumage de la lampe. Supposons en effet cette bande en position, c’est-à-dire passant par le ressort-guide P, l’enclume- D et fixée solidement par son extrémité libre au tambour-enti’aîneur F. Si j’abaisse le couvercle pour fermer la boîte, le chien BC, enti’aîné dans le sens de la flèche, engage son extrémité recourbée ad hoc au-dessus du butoir M, tandis que le doigt-moteur BE fait avancer d’une dent le pignon du tambour qu’immobilise le ressort G; par ce mouvement, une amorce neuve est amenée en D au milieu de l’enclume. Si maintenant j’appuie du doigt sur le bouton J, le couvercle, sous l’action d’un puissant ressort, s’ouvre
- brusquement; le chien dont l’exlrémité C est entraînée par le butoir M se lève avec lui; mais comme son axe de rotation B est excentrique à l’axe de rotation du couvercle O, un peu avant que ce dernier n’arrive au terme de sa course, il se trouve libéré, et, entraîné par son ressort propre, il tombe brusquement sur l'enclume, enflammant l’amorce qui allume la lampe.
- Cet appareil, autorisé par l’Etat depuis longtemps, se trouve à la manufacture d’armes et cycles de Saint-Etienne et se vend 3,r,75.
- Il a bien cependant un petit inconvénient : il n’est pas très économique, puisque chaque bande d’amorces ne peut donner que 100 allumages et coûte or',20. Il fallait trouver mieux; grâce au Dr Àuer on y est parvenu. Après de longues recherches, celui-ci a fait Breveter, ainsi que La Nature a déjà eu l’occasion de l’exposer, un alliage très résistant de fer (2 à 3o pour 100) et'de cérium dont un gramme permet d’obtenir 5ooo à 6000 étincelles. L’allumeur était trouvé, il n’y avait plus qu’à construire l’allumoir. Il semble bien que pour ce faire, on se soit inspiré de la mécanique des briquets à amorces. Dans ces nouveaux briquets (fig. 4) 1^ lampe à essence MN est reléguée dans la pai’-tie inférieure de la boîte, ce qui a permis d’en réduire l’épaisseur. Le moteur est constitué par un fort ressort dont le point d’appui est en G, et qui d’un côté, en H, commande le mouvement du couvercle, tandis que de l au-tre, en F, il presse fortement le bloc de fei’ro-cérium E contre la râpe semi-circulaire CB, fixée sur le tambour D.
- Le mouvement du couvercle est transmis à cette râpe d’acier par la bielle AB. Si, en effet, on abaisse le couvercle de la boîte, la bielle AB entraîne la râpe BC dans
- le sens de la flèche. En appuyant sur le bouton J, le couvercle se relève et la râpe se trouve brusquement ramenée à sa position de x'epos, en faisant jaillir du bloc pyropborique une gerbe d’étincelles très chaudes qui enflamment instantanément la lampe I.
- Fig. 4. — Le briquet au ferro-cérium.
- ÎP v JOUetS
- Jouets du Jour de l’An. — Comme chaque année, Pai'is à l’approche de la nouvelle année est envahi par une foule de jouets mécaniques, fort amusants. Leur principale caractéxùs-lique est de suivre de très près l’ac-
- La chasse au rat. L’entravée.
- tualité. Ces petits automates, en réalité, sont très souvent de piquantes caricatures. C’est le cas pour « l’entravée », dont notre illusti’ation représente la silhouette : élégante personne, à qui le mécanisme imitateur de la mode impose une démarche menue et sautillante.
- Voici aussi la chasse au rat, allusion évidente à une question qui a soulevé pendant l’année une vive émotion dans toute l’Europe; la chasse au rat a été pratiquée avec ardeur dans tous les ports .européens, menacés
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- SCIENCE APPLIQUEE
- constamment d'une invasion de peste ou de choléra, dont ce rongeur est l’un des plus dangereux agents propagateurs. Le jouet représente une ménagère chassant un rat à grands coups de balai, fort comiques.
- A côté de ces jeux de l’année, il faudrait en rappeler d’autres un peu plus anciens déjà décrits ici qui retrouvent cette année leur habituel succès, les aéroplanes d’abord, puis les oiseaux mécaniques, l’automobile, l’autopatte.
- Constatons seulement que l’industrie française du jouet continue à déployer ses traditionnelles qualités d’ingéniosité et d’esprit.
- La « chasse au rat » et « l’entravée » ont été construits par M. Félix Martin, 88, boulevard Ménilmontant, Paris.
- *»> Photographie
- Châssis pour plaques en couleurs. — On sait que les plaques en couleur exigent d’être regardées par transparence, pour apparaître avec leurs belles colorations. On a donc imaginé un grand nombre de châssis permettant de se livrer aisément à cette opération ; ils sont tous basés sur l’emploi d’une glace réfléchissant la lumière du jour ou d’une source artificielle à travers la plaque regardée.
- Nous avons déjà décrit un grand nombre de ces appareils, en voici un nouveau, toujours fondé sur le même
- principe ; son originalité est de se plier à la fois à l’observation des sujets en hauteur ou en largeur. Le châssis comporte un cadre principal mobile sur lequel est fixée la photographie en couleur; le cadre est articulé par son petit côté à un cadre intermédiaire, lequel est articulé par son grand côté à un troisième cadre, contenant la glace réfléchissante; celle-ci sera posée sur une table, et renverra à l’observateur la lumière qui aura traversé la plaque photographique. Le cadre intermédiaire est relié au cadre porte glace et au cadre porte-photographie par des soufflets qui protègent latéralement contre la lumière ambiante. Pour voir la photographie dans le sens de la hauteur ou de la largeur, il suffit évidemment de laisser le cadre intermédiaire appliqué contre le cadre porte-glace, ou au contraire contre le porte-photographie.
- Les plaques sont maintenues dans le cadre supérieur par des ressorts assez vigoureux pour qu’on puisse donner à ce cadre toutes les inclinaisons sans crainte de les voir tomber et se briser. — Ce châssis a été imaginé par M. Ed. Kempter, 23, rue Notre-Dame-de-Lorette, à Paris; châssis i3 x 18. Prix : 14 francs.
- *>> Aviation <-*
- Manteau-parachute pour aviateurs. — Les accidents mortels qui ont endeuillé cette année le monde de l’aviation n’ont pas découragé les conquérants de l’air, comme l’a prouvé une fois de plus le meeting de Belmont-Park, et comme en ont témoigné MM. Legagneux, Farman, Tabuteau, Laurens, Camerman, Letheux, dans les belles prouesses qui ont marqué la fin de l’année
- I9I0\ A . .
- Mais ces mêmes accidents ont stimulé l’ingéniosité des inventeurs qui rêvent, sinon d’empêcher les chutes aériennes, du moins d’en diminuer le danger. Il y a quelques semaines, l’un d’eux proposait un « complet » qui enveloppe de chambres à air le buste, les bras et la tête de l’aviateur, et doit nécessairement amortir tout choc brusque.
- Cette fois; c’est un jeune sportsman allemand qui offre dans le même but aux aviateurs et aux aéronautes un manteau destiné à servir de parachute.
- Il nous est impossible pour le moment de décrire techniquement l’appareil, car l’inventeur, qui n’a pas encore obtenu tous ses brevets, est tenu à la discrétion. Mais, en étudiant attentivement les diverses photographies que nous avons eues entre les mains, et dont l’une est reproduite sur cette page, il est facile de constater que le manteau est constitué par une étoffe à la fois légère, souple et résistante, qui recèle dans ses plis longitudinaux des baleines métalliques destinées à augmenter la résistance pendant la chute, et à empêcher que le manteau ne se rabatte au-dessus de la tête de l'aviateur.
- Les quelques témoins qui ont assisté aux essais, exécutés dans les environs de Berlin, disent que le manteau ne pèse guère plus lourd qu’un pardessus ordinaire. Il ne comporte pas de manches, et se fixe à l’aide d’épau-lières. Le col est pourvu d’un cordon à coulisse qui permet d’adapter le manteau (fallmantel, ou manteau à chute, comme l’appelle l’inventeur) à toutes les corpulences. Il faut avoir soin de le boutonner du haut en bas avant de prendre place dans l’aéroplane ou dans le ballon, recommande avec insistance l'inventeur. Autre-
- ment, il ne prend pas sa forme arrondie pendant la chute.
- On ne saurait dire des essais qu’ils ont été concluants, puisque l’aviateur berlinois qui les a exécutés s’est contenté de se laisser'tomber d’une hauteur de 7 m., et sur un champ fraîchement labouré qui facilitait l’atterrissage. Mais cette performance, si modeste qu elle ait été, suffira à attirer l’attention des intéressés sur cette curieuse invention.
- Divers
- Gratte-boue hygiénique. — Ce qu’une tache de boue peut renfermer de microbes est incalculable, et cependant on n’hésite pas à la gratter avec l’ongle ! et c’est précisémentcette
- partie de la main qui offre aux microbes le meilleur refuge. Le gratte-boue représenté ci-contre permet de renoncer à cette pratique déplorable ; c'est un petit morceau de celluloïd replié sur lui-même et maintenu par un œillet métallique qui joue désormais l’office de l’ongle. Il se monte sur un petit manche en bois (fig. 1) ou, mieux encore, il peut se visser à l’extrémité de la brosse (fig. 2) ; de cette façon, on est plus sûr de ne pas l’égarer et de l’avoir toujours sous la main au moment opportun. — Chez M. Mathieu, galerie de Yalois, Palais-Royal,
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- VARIÉTÉS
- Ipp
- L’industrie des fleurs naturelles sur la Côte d’Azur. — Favorisée par un climat exceptionnel, l’horticulture de la Côte d’Azur s’adonne de plus en plus à la production des fleurs naturelles. Dans le seul département des Alpes-Maritimes, 2000 hectares sont exploités par près de 10000 floriculteurs. Le capital engagé serait de 5o à 60 millions. La petite propriété domine dans ce genre spécial de culture, et l'hectare y vaut, en moyenne, i5ooo francs, alors que jadis, il atteignait seulement 2000 à 3ooo francs. Le rendement brut, qui est le plus élevé de toutes les branches agricoles, arrive assez souvent de 6000 à 8000 francs. On cite des familles laborieuses de petits horticulteurs qui ont réalisé une jolie fortune dans une dizaine d’années.
- Les facilités qu’accordent les compagnies de chemins de fer favorisent singulièrement l’écoulement des produits et la conquête des marchés européens.
- C’est surtout d’octobre à avril que cette industrie agricole revêt son caractère de grande activité. Il importe de produire pendant la saison hivernale, alors que les fleurs manquent ailleurs, dans les régions septentrionales, en particulier. Si les floriculteurs sont aidés en cela par la douceur du climat, ils ne dépensent pas moins beaucoup de patience, de sagacité et d’intelligence.
- Dans les endroits les mieux exposés on cultive en plein air. Mais comme il faut compter avec les gelées, on met à contribution le couvert des oliviers, des orangers, et les paillassons sur fil de fer. Mais pour tenir les plantes à peu près sûrement à l’abri des assauts brusques du froid, on les élève dans des sortes de serres rustiques démontables, ou bâches à châssis vitrés, que l’on installe sur les plates-bandes au début de l’automne. Ces petites constructions, qui s’étagent sur les coteaux, donnent un aspect tout particulier à la campagne pendant l’hiver. Plus rares sont les serres mieux conditionnées, qui permettent le chauffage au thermo siphon ou au simple poêle.
- Du i5 octobre au i5 mai se tiennent, chaque jour, et de grand matin, des marchés, dans les principales villes, où les commissionnaires et les expéditeurs viennent s’approvisionner. Les œillets (spécialité d’Antibes), roses, giroflées, anémones, anthémis, narcisses, constituent la majorité des apports; les mimosas, violettes, freesias, tubéreuses, renoncules, jacinthes, etc., sont en moindre quantité.
- Un train spécial, dit train des fleurs, quitte Nice chaque jour à midi et demie et ramasse sur la côte les colis postaux de 3, 5, 10 kg. Ce sont des paniers rectangulaires, faits de lattes de roseaux de Provence tressées. Les fleurs délicates y sont emballées dans du papier de soie. Les paniers qui doivent voyager dans les pays froids sont garnis d’ouate et enveloppés dans du papier. On utilise, aussi, les boîtes en carton et les caisses plus étanches. A l’approche des chaleurs, la glace, (la mousse, sont aussi mises à contribution. Les wagons réfrigérants trouveraient là un judicieux emploi. Même, l’hiver, ils garantiraient du froid par leurs parois isolantes.
- Les expéditions, comme les prix, d’ailleurs, atteignent leur maximum, en décembre-janvier (Noël, premier de l’An). A ce moment, il n’est pas rare de voir payer sur le marché, les belles variétés, 4 à 5 francs la douzaine d’œillets, 10 à 12 francs la douzaine de roses, 6 francs le kilo de violettes, etc.
- Chaque année les gares du littoral des Alpes-Maritimes expédient 750000 colis.
- Le Yar (Hyères, Ollioules, Sanary, Bandol, Carquei-ranne, Solliès-Pont), exporte 3 5oo 000 kilos de fleurs (violettes, roses, œillets, jacinthes, narcisses, renoncules), soit 800000 à 900000 colis postaux de 3 à 5 kg, représentant une valeur de 4 à 5 millions, emballage et frais de transport compris. Ollioules, Hyères, Solliès-Pont, Toulon, se sont fait une spécialité d’oignons et bulbes à fleurs : jacinthes, narcisses, freesias, lys, anémones, tulipes, glaïeuls, dont il est expoité jusqu’à 26 700 000, de 18 (narcisses) à 120 francs (jacinthes) le mille. La moitié, environ, va aux Etats-Unis, le reste, dans les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse. Les plantes ornementales, les palmiers, surtout (Hyères et environs, Antibes, Cannes, etc.) commencent à être l’objet d’un commerce d’exportation important. Les principales régions de destination, en dehors de la France, dont Paris est le plus important débouché, sont l’Allemagne, l’Angleterre et la Suisse pour les fleurs coupées. Sur les i5 millions de francs de fleurs que consomme Paris, 9019 000 francs sortent des Halles. Sur ce chiffre, 5 millions proviennent du Midi (1 million et demi de francs pour 2 millions de douzaines de rosés,
- 2 millions 3ooooo francs pour 6 millions de douzaines d’œillets ; 5oo 000 francs pour 6 millions de paquets de violettes, et 3oo 000 francs pour divers).
- La Ligue florale et horticole du S.-È., dont le siège est à Nice, a pris en mains la défense des intérêts généraux. Des producteurs demandent la création à Paris d’une Halle aux fleurs, où se concentreraient les produits. D’autres, voudraient des coopératives de vente dans le pays. On a fait prévoir une surproduction possible, et la concurrence de la Riviera italienne, plus favorisée que nous, encore, au point de vue du climat. Des producteurs italiens, qui obtiennent, ainsi, leurs fleurs à meilleur compte, viennent vendre sur nos marchés.
- La Provence fleurie récolte encore les fleurs de parfumerie. L’oranger bigarade fournit (avril-mai) jusqu’à
- 3 millions de kilogrammes (ofr. 3o à 1 fr. 25 lekilogramme) de fleurs aux parfumeries de Grasse, la capitale des parfums (les 3/4), Cannes, Yallauris, Nice, Menton. L’oranger prospère sur les coteaux qui courent de Cannes à Gattières et Nice. La rose pour parfumerie est cultivée sur 65o hectares, et donne 2 millions de kilogrammes (ofr. 25 à 1 fr. 5o le kilogramme). Le jasmin produit de juillet à octobre, surtout dans la plaine de Grasse, 600 000 kg (de 2 fr. 5o à 4 francs). Lecassie (de Grasse à Cannes) sur i3o hectares rend de septembre à novembre 100000 kg de 5 à 10 francs le kilogramme. Les violettes de Vence, Grasse et les environs, fournissent 400000 kg (février à avril). Citons encore la menthe (Yilleneuve-Loubet et environs, Grasse, Pé-gonas), i 45o 000 kg de 8 à 10 francs les 100 kilogrammee (juillet-août) ; la tubéreuse, à peu près dans les mêmes centres et la plaine de Grasse, avec i5o 000 kg à 3 francs (août à septembre). La jonquille, le géranium rosat, le réséda, la verveine, sont cultivés sur des espaces moindres. En fin de saison, les œillets, le mimosa, pour bouquets, vont à la parfumerie.
- La plupart des producteurs ont des marchés passés avec les parfumeurs, dans des conditions déterminées. Un certain nombre exploitent, aussi, leurs produits en commun dans des coopératives de parfumerie comme celles de Yallauris, La Colle, Grasse. Antonin Rolet.
- Ingénieur-Agronome.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- Le diagnostic des fourrures. — La mode est plus que jamais aux fourrures, bien que depuis quelques années nos hivers, peu rigoureux, ne réclament pas le port de ce vêtement agréable et bon défenseur contre le froid. Mais c’est la mode, et du haut en bas de l’échelle sociale féministe, c’est à qui se parera d’une étole, d’un manteau de fourrure. Alors, pour répondre à ce besoin de plus en plus impérieux, pour satisfaire les demandes les fourreurs ont haussé leurs prix, et comme les belles fourrures deviennent rares en raison de la destruction intensive des pauvres animaux qui les fournissent, il
- faut avoir des fortunes princières pour s’offrir une de ces peaux soyeuses et rares. On ne s’est pas contenté de hausser les prix, il a fallu fournir à qui en veut, et des fourrures de marte, de skong, de fouine, ont été fabriquées de toutes pièces avec des peaux d’animaux plus roturiers. Pour les trois quarts des fourrures de bas prix c’est maître Jeannot qui en fournit les éléments. La peau de lapin travaillée, maquillée, transformée, remplace les peaux d’animaux moins répandus et plus difficiles à atteindre. En un mot, beaucoup de fourrures sont falsifiées, car il est rare, je crois, qu’on vous vende
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- HYGIÈNE ET SANTE
- carrément une fourrure de lapin pour du lapin, toujours elle poi’te un autre nom, dissimulant sous une fausse étiquette sa vraie origine.
- Y a-t-il moyen de reconnaître les fourrures, de diagnostiquer leur authenticité? Les fourreurs, les marchands peuvent, grâce à une longue habitude, faire ce diagnostic sans hésitation. Pour le public, c’est impossible, l imitation est trop parfaite. Dans certains cas, les fourreurs de profession ont de la peine à n être pas trompés; le froid est un moyen de distinguer les unes des autres. Les peaux ordinaires sont traitées par des agents chimiques ou tinctoriaux pour donner l’aspect d’une peau plus rare ou plus recherchée. Or, dans la conservation par le froid ces agents chimiques réagissent quelquefois d’une façon désastreuse et l'on peut constater des altérations très nettes des fourrures falsifiées, après la conservation dans les magasins, que n’éprouvent pas les vraies fourrures.
- Il est un moyen encore plus parfait que le Dr Baltha-zard nous fait connaître dans son ouvrage sur le poil de l’homme et des animaux. C’est l’étude du poil par le microscope, le véritable agent révélateur de la plupart des falsifications. Mais je vous l’ai dit, ce n’est pas un procédé à la portée de tous. Une mignonne acheteuse ne peut s’amuser à ces études de laboratoire, il faut qu’elle s’en rapporte à la bonne foi du marchand ou à sa bonne étoile. Toujours est-il qu’on peut très aisément distinguer les poils des divers animaux et reconnaître si de l’hermine, par exemple, n’est pas du vulgaire lapin.
- Le poil de tout animal est composé d’une gaine enfermant un canal médullaire, le tout partant d’une papille
- dans le derme et entouré de glandes qui déversent au niveau de la sortie du poil les matières grasses destinées à lubrifier la peau. Chez les animaux, deux espèces de poils, le jarre, poil long et raide, qui disparait par le travail des peaux dans beaucoup de fourrures, et le poil fin et soyeux, le duvet. L’examen microscopique révèle par la forme du poil, l’aspect du canal médullaire, la disposition et la forme des cellules qui remplissent ce canal, les écailles du revêtement, le pigment, etc., la nature précise de chaque variété. Dans quelques cas, le diagnostic est embarrassant quand on n’a que des poils de fin duvet, mais on y arrive en prenant certaines précautions. M. Balthazard décolore le poil par l’eau oxygénée quand la teinte est trop foncée, puis on le monte dans le baume du Canada et on se livre à l’examen des cellules médullaires et de tous les détails de structure du poil. Avec quelque habitude il sera des plus faciles de noter les divergences de quelques espèces et d’établir un diagnostic précis de la fourrure. Le poil du lapin a un aspect des plus caractéristiques différant absolument du poil de l’hermine qu’il remplace pourtant bien souvent. La loutre d’Hudson n’a pas le même poil que la loutre marine ou que l’ondatra ou rat-loutre. Même différence entre le poil de renard argenté, fourrure si rare et si coûteuse et le poil du blaireau. Le microscope est un révélateur sûr de la fraude, et quand un doute subsistera sur l’authenticité d’une fourrure, soyez persuadé que l’examen micrographique aura plus de valeur et de certitude que les connaissances techniques du plus habile et du plus consciencieux fourreur.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Coloration du laiton en noir brillant à reflets métalliques. -— Un noir gris à reflets formé d’un dépôt d’antimoine peut être obtenu en appliquant sur les surfaces métalliques bien décapées une solution de io gr. chlorure d’antimoine (beurre d’antimoine) dans ioo c. c. d’acide chlorhydrique ordinaire. La patine résiste trèsbien au frottement ; elle ne peut être obtenue sur cuivre rouge.
- Des noirs à reflets très brillants, bleus plus ou moins violacés sont obtenus par immersion dans un bain bouillant composé de :
- Orpiment pulvérisé...................... i gr.
- Carbonate de soude cristallisé. . . io gr.
- Eau....................................5oo gr.
- Il importe de broyer finement le sulfure d’arsenic dans l’eau de façon à ce qu’il ne se forme pas de petites masses dont l’intérieur ne serait pas mouillé. Bien agiter pendant le bain pour éviter que le dépôt insoluble ne provoque des inégalités de coloration sur le métal. Les teintes sont très jolies, plus ou moins bleutées selon la durée du traitement; elles résistent très bien à l’air et aux frottements. (Laboratoire de La Nature).
- Patinage du zinc en beau noir. — On obtient de jolies nuances très solides en plongeant le zinc bien décapé dans une solution aqueuse de bichlorure de platine. Eviter d’employer des liqueurs acides, qui, avantageuses pour patiner le cuivre, attaquent rapidement le
- zinc. Eviter les solutions concentrées qui agissent rapidement mais donnent des dépôts noirs de platine adhérant mal au zinc. A la concentration de 3 pour xooo, on a un beau noir adhérent; avec 3 pour ioooo, un joli noir gris à reflets colorés. (Laboratoire de La Nature).
- Virage « Brunitol » Lumière. —Les éprejives qu’on obtient sur les papiers au bromure soit par contact, soit par agrandissement, ont souvent un ton gris assez froid qui ne plaît généralement pas. On préfère les tons chauds sépia donnés par les virages aux papiers au chlorure ou au citrate. Le Brunitol est un virage destiné à trans-foi'mer le ton gris du bromure en ton chaud ; il peut être employé aussi bien avec des épreuves anciennes, qu’avec celles fraîchement tirées.
- On dissout le Brunitol dans l’eau et on y plonge les épreuves, l’image disparaît presque complètement; on lave quelques minutes puis on fait reparaître l’image dans une solution de sulfite de soude additionnée d’hyposulfite, d’acide tartrique et d’alun. Au bout de quelques instants le ton définitif est-obtenu. Avec i5 gr. de Brunitol on peut préparer un litre de bain qui permet de traiter ioo épreuves i3x 18 ; le bain d’hyposulfite et de sulfite dont la formule exacte est donnée avec chaque dose de Brunitol, n’a pas de valeur appréciable; c’est donc un virage très économique.— Ce virage est en vente chez tous les fournisseurs de produits photographiques.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Projections à la lumière froide. M. Dussaud, qui a imaginé le procédé de projection décrit dans notre numéro 1961, habite 19, rue Guillaume-Tell, Paris.
- Renseignements. — M. J. Sers, à Paris. —1° Sur la motoculture, lisez : Machines pour la mise en culture des terres, par Ringelmann. 1 vol., chez Danod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins. Prix : 5 fr. — 20 La Spéléologie, par E. A. Martel. 1 vol., chez Gauthier-Villars. Prix : 2/r,a5. Manuel de préhistoire, publié par la Société Préhistorique de France, 21, rue Linné. — 3° Vous trouverez des renseignements sur l’analyse des terrains dans l’ouvrage Contribution à l’étude de la chimie agricole. 1 vol., par Schlœsing, édité chez Dunod et Pinat. Prix : iafr,5o.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. P. Dolffus, à Paris. —Le charbon est bon conducteur de l'électricité ; pour le métalliser, électrolyser une solution métallique convenable, le charbon servant d’électrode métallique. C’est avec des moules en graphite que l’on fait des reproductions galvanoplastiques.
- M. C., à Nice. — Pour la mise en culture de 2000 hectares de terrains, en Nouvelle-Calédonie, le matériel répondant le mieux à une semblable entreprise comporterait l’emploi de machines à grand travail caractérisées par le treuil de labourage mû par moteur à pétrole lampant ou tout autre moteur à explosion, faisant la traction de la charrue, à l’aller et au retour, par le moyen d’une poulie de renvoi avec système d’ancrage; ou par treuil à vapeur, pour défoncements et labours ordinaires, soit à une, soit à deux locomobiles, avec câbles de traction; ou encore avec tracteur-treuil automobile, pour labourage par traction directe, ou par câble, avec moteur à distance (type Bajac).. Les charrues à employer seraient de l’un ou l'autre genre, suivant la situation, la nature du terrain et la main-d’œuvre : charrue-bascule polysoc, charrue-bascule défonceuse, pour les travaux de défoncement et de défrichement, pouvant exécuter de forts travaux, par traction mécanique, ou charrue défonceuse simple; charrue brabant double adaptée à la nature du terrain et du travail à effectuer. On peut indiquer également, pour les labours de défoncement et de déboisement, le treuil à manège construit avec bâti en acier avec charrues-bascules ou charrues simples, suivant les cas. Actuellement, le matériel le plus perfectionné, et qui conviendrait le mieux pour une entreprise de ce genre, est celui de Bajac. Pour tous renseignements Complémentaires : composition du matériel, devis, choix à faire et prix, on peut s’adresser à M. Gosset, directeur des Ateliers Bajac, à Liancourt (Oise).
- M. E. D., à Medenine.— Les travaux du Dr Sulzer, ont été publiés dans les Annales d'Oculistique, chez Doin, 8, place de l’Odéon.
- Abonné 6655-541B, — Bancs de cuivre à la Société d'Electro-Métallurgie de Dives, 97, rue des Boulets, Paris; chez Aubin, ifi, rue de Turenne, Paris; Compagnie des Métaux, 10, rue Volney, Paris. — Mica : chez Arlsine, 12 bis, avenue des Gobelins, Paris.:
- M. Dumont, à Hardricourt. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette question.
- M. J.-B. J., à Aubiry. — Nous ne connaissons que la couveuse électriqué de Resel, grande boîte rectangulaire montée sur quatre pieds, munie d’un couvercle à paroi intérieure tapissée d’un fin réseau de fils métalliques, sous lequel se trouve un radiateur électrique en connexion avec le courant principal, et ne fonctionnant que lorsque le couvercle est baissé. Les œufs, placés dans un tiroir, reçoivent la même quantité de chaleur;
- température constante de 3o°C., rendue égale par un commutateur automatique. Un thermomètre à mercure est fixé sur un des côtés de l’incubateur. Les variations de température sont extrêmement minimes, ne dépassant pas un dixième de degré pendant une période de plusieurs mois. L’aération est contrôlée par deux panneaux à glissières fixés au sommet de l’appareil latéralement. Un second thermomètre, dit de contrôle, est placé dans la partie antérieure du tiroir à œufs. L’air, préalablement humidifié, est introduit dans l’appareil par les panneaux à glissières. Un hygromètre extra-sensible permet de doser très exactement l’humidité. Sous le réseau du radiateur électrique, formant comme le fond du tiroir, est placée une lampe incandescente servant à observer le développement progressif de l’embryon; on peut, ainsi, reconnaître les œufs infertiles et les supprimer au bout de quelques jours. Un compartiment spécial reçoit les poussins éclos qui, au bout de vingt-quatre heures, passent dans une éleveuse automatique, chauffée à une température constante par l’électricité. On peut s’adresser à M. G. Kesel, à Ivempten, district de Souabe.
- M. R. /., à Tunis. — L’alkasil est un silicate sodique de la formule SiO3 Na2 -f- 9H2 O qui contient plus de sodium que le verre soluble usuel du commerce. Voir pour les procédés de préparation (E. P. Bacon) et les propriétés, la Revue gén. de Chim, 1909, pp. 283 à 298. Pour les adresses de fabricants, s’adresser à l’agent dé l’inventeur pour la France qui, croyons-nous, est M. Fr. Beltzer, ingénieur, boulevard Bineau, à Levallois-Perret (Seine).
- Pourquoi parles grands froids les rivières, fument-elles? —- L’eau possède une très grande chaleur spécifique. Elle est donc également lente à s’échauffer ou & se refroidir. C’est pourquoi les rivières et les fleuves présentent une variation diurne d’amplitude bien moindre que celle de l’air. D’autre part, l’instant où est atteint le minimum de la température de l’air, précède d’environ une heure celui du lever du soleil. Il résulte de tout cela que la vapeur d’eau provenant de l’évaporation qui se produit à la surface des rivières, pourra parfois rencontrer, en pénétrant dans les couches d’air immédiatement voisines (d’autant plus froides, toutes choses égales, que le ciel est plus clair) des conditions suffisantes pour provoquer sa condensation. Elle deviendra ainsi visible en déterminant l’apparence signalée.
- Erratum. — Les projections à la lumière froide. — Dans l’article paru sous ce titre (N° 1961, 24 décembre 1910) lire :
- p. 49 col. 1, ligne 59 au lieu de fig. 1 lire fi(j. 2.
- p. 49 col. 2, ligne 4 — — inférieure — supérieure.
- p. 50 col. 2, ligne 20 — — signification — simplification.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’oinithoptère Lefébure : René Doncières. — La culture littéraire et la science : L. De Launay. — La culture de la truite à Langen, près de Munster (Westplialie) : Louis Boiteux. — L’industrie de la rubanerie à Saint-Etienne : Georges Lanor-yilee. — La téléphonie automatique : L. Fournier. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — Réduction du chlorure ferrique à la lumière des lampes à mercure. — Décomposition spontanée de gélatine hilmihaute. — Le cyanogène du gaz d’éclairage. —Le pain est-d stérilisé par la cuisson? — Projet de chemin de fer pour Mytilène. — Coloration du laiton en noir mat. — Patines brunes du laiton.
- fie «Pourquoi Pas » dans V Antarctique, 1908-1910, parle D1- J. Charcot, x vol. in-8°, 3oo grav. et cartes. Flammarion, édit. Prix : i5 francs.
- On verra, page 78, comment, cette fois encore, les écueils de l’Antarctique ne réussirent pas à triompher de l’énergie de l’expédition. Si Charcot entreprend un troisième voyage, il aura le droit d’appeler son navire Quand. Même ou Malgré Tout. Dans cette suite du Français au Pôle Sud, on trouve, raconté dans le même style vaillant et simple, la vie de courage et
- d’endurance de l’état-major et de l’équipage pendant deux années d’incessant labeur et de volonté. Les résultats de cette expédition sont beaucoup plus importants que ceux du Français, et les détails scientifiques sont mis à la portée de tous par ce volume qxii donne les mystères de ces régions si périlleuses à explorer'. . < , r
- Evolution et transformisme ou Les lois de Vunivers, par Albert et Alexandre Mary. T. IY, « Les organismes primordiaux ». Paris. J. Rousset, 1, rue Casimir-Delavigne, 1910. 1 vol. br. in-8\ Prix : 3fr,5o. -(
- Suite des travaux déjà signalés de cesyauteurs, cet ouvrage traite spécialement de l’état colloïdal, d’é l’osmose, des formes organiques.; ( ,7
- Traité dès maladies du nourrisson, par le Dr A. Lesage, médecin des hôpitaux de Paris. 1 vol. in-8°, âè vi-736 pages avec 68 figures dans le texte. Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1910. Prix : 10 francs. ' *
- Pour saisir les causes des maladies spéciales du nourrisson, il est nécessaire de connaître le mieux possible le fonctionnement normal de son organisme, Ce sont les connaissances actuelles sur 'cë point que
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- BIBLIOGRAPHIE
- l’auteur a rassemblées dans la première partie de ce livre. 11 a ensuite étudié la pathologie du nourrisson, avec aperçus nouveaux sur les gastro entérites, la maladie spasmodique, la fièvre de déséquilibre, le coup de chaleur, la maladie d’été, la scarlatine, l’albuminurie scarlatineuse, les cachexies et l’anesthésie du sevrage, la cachexie dermo-lymphatique, les septicémies, la méningite cérébro-spinale, la méningite tuberculeuse. Ces observations sont le résultat des recherches que le Dr Lesage a poursuivies depuis vingt-cinq ans.
- Le xer Congrès International pour la protection des Paysages (Paris 17-20 octobre 1909). Compte rendu par Raoul de Clermont, Fernand Crosmàyreyieille et Louis de Nussac. Société pour la protection des paysages de France, 1910.
- Ce fascicule de x54 pages rappelle tous les efforts réalisés depuis le icr juillet 1901 par la Société, sous l’active impulsion de son président, M. Bauquier, député du Doubs. Une revue complète de la protection des sites dans les divers pays occupe les pages 34 à 70, et la protection des forêts donne lieu à plusieurs notices affirmant de plus en plus les nécessités du reboisement.
- A travers la Hollande, par Léon Gérard, in-8° de 48 dessins à la plume par J.-B. Heukelom et 3 cartes. Pierre Roger et Cie, éditeurs, 54, rue Jacob, Paris. Prix : 3,r,5o.
- La Hollande c’est « le pays conquis sur la mer » grâce au labeur séculaire de ses habitants.
- L’auteur nous dépeint l’aspect d’une nation bien moderne vivant dans un décor presque archaïque.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M, Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o)
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATION-7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 janv. 1911 . 0°,8 W. N. W. 2. Éclaircies. 0,0 Très nuageux le 111 , couv. le s.; gel. bl.; grains de neige à 10 h.
- Mardi 5 1°.0 N. E. 2. Couvert. 0,2 Nuageux de 10 à 17 h., couv. av. et a|> ; bruine de 4 à S h.
- Mercredi 4 1°,0 N. 4. Couvert. 0,0 Couvert; gelée blanche ; un peu de grésil à 9 h.
- Jeudi 5 0°.7 N. 3. Couvert. 0.0 Couvert ; trace de bruine à 9 heures.
- Vendredi 6 . . . . 0°,8 S. 2. Couvert. 1.7 Couvert ; neige dans la soi: ô \
- Samedi 7 0°,4 S. 2 Couvert. 1,6 Couvert, neige cosse av. le jour, faible brouill. à partir de 15 h.
- Dimanche 8 . . . • —1°,5 S. 3. Couvert. » Gelée blanche, brouillard, couvert, bruine de 17 à 20 h.
- JANVIER 19-11. — SEMAINE DU LUNCI 2 AU DIMANCHE 8 JANVIER 1911.
- Lundi
- Mardi ! Mercredi j Jeudi | Vendredi
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- .. Du 2 au 8 janvier. — Le 2. Centre de dépression vers Hambourg (748); fortes pressions de la péninsule Ibérique à l’Islande : Féroé, 773; Valencia, 772. Neige et pluie sur le N. et l’O,; en France : Dunkerque, 10; Clermont-Ferrand, Besançon, 6; Belfort, Brest, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Arkhangel, —3°; Paris, 1; Alger, 10; Puy de Dôme, —6; moyenne à Paris : i°,8 (normale ; 2°). — Le 3. Dépression sur la Méditerranée : Gênes, 748; hausse sur le N. de l’Europe : Suède, Finlande, 779; Ecosse, 771. Pluies générales; en France : Biarritz, 14*, Dunkerque, 11 ; Nice, 5; Clermont, 4-Temp. du matin : Arkhangel, —220; Paris, 1; Alger, 12; .Puy de Dôme, -—8; moyenne à Paris : i°,i (normale Y 20). Le 4- Baisse de pression sur l’Ecosse (762) ; anticyclone sur la Finlande (787). Neiges et pluies sur le Centre et l’O.; en France : Clermont, 2; Cherbourg, Brest, 1.. Temp. du matin : Kuopid, —20; Paris, i ; Alger, 8 ; Puy de Dôme, — 8 ; moyenne à Paris : ï°,4 (normale : 2°)1.— Le 5. Dépression sur l’Islande : 725; pression élevée en Finlande : 782. Neiges et pluies ‘sur le N. et l’O. Temp. du matin : Kuopio, —20°;
- Paris, 1 ; Alger, 8 ; Puy de Dôme, — 8 ; moyenne à Paris : i° (normale : 20). — Le 6. Dépression profonde sur l’Islande et l’Irlande : Seydisfjord, 714; Irlande, 745; pression élevée en Russie : Moscou, 789 Neiges et pluies sur le N. et l’O. ; en France : Le Havre, 4; Biarritz, Toulouse, Clermont, 2; Nancy, 1. Temp. du matin : Haparanda, — 20; Paris, 1 ; Alger, 9; Puy de Dôme, —9; moyenne à Paris : i°,2 (normale : 20). — Le 7. Pression basse sur le N.-O. et l’Islande : Sey-disfjord, 738; pression élevée sur l’E. et le S. : Madrid, Vienne, 771 ; Moscou, 788. Neiges et pluies sur le N. et l’O.; én France : Brest, x3; Cherbourg, 10; Nantes, 8; Dunkerque, 4 ! Paris, 3. Temp. du matin : Moscou,
- — 16°; Paris, —2; Alger, 9; Puy de Dôme, —4l moyenne à Paris : o° (normale : aP). — Le 8. Pression élevée en Russie : Moscou, 784. Neiges et pluies sur le N. et l’O. Temp. du matin : Haparanda, — i8°; Paris, 1; Alger, 9; Puy de Dôme, —3; moyenne à Paris :
- — o°,4 (normale : 20). —Phases de la Lune : Premier Quartier le 8, à 6 h. 29 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à PIndustfie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1965 — 21 JANVIER 1911
- SUPPLEMENT
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : Gustave Leveau. — En citant l’importance des recherches de Leveau, dans une rapide Revue d’Astronomie, nous ne pensions pas. avoir à reprendre la plume pour déplorer la perte sensible que vient de faire l'Astronomie française : Leveau, né à Paris le 4 mars 1841, s’est éteint en pleine activité le 10 janvier 1911. Après des études rapides, Leveau entre en 1857 au Bureau des Calculs de l’Observatoire de Paris : là, ses véritables maîtres sont Puiseux et Lever-rier et, avec un courage inlassable, il poursuivra sans cesse’ lui-même sa propre instruction. En 1867 il est attaché au Service mëridien; en 1884.il reprend, par dé nouvelles méthodes, la détermination de la latitude de l’Observatoire de Paris, trouve la valeur 48° 5o' 10",8, déjà obtenue par Villarceau, et qui sera vérifiée plus tard par Périgaud. Enfin, la discussion précise des observations méridiennes dont il surveillait la publication lui fait, découvrir une erreur systématique que l’on reconnut provenir d’une mauvaise, valeur pour les parties du niveau. Outre ses travaux d’observations proprement dit, Leveau a effectué des travaux personnels qui constituent une application complète de toutes les parties de l’astronomie et de la mécanique céleste à l’astronomie planétaire : c’est, de beaucoup, la partie la plus importante de son œuvre. Il fait la théorie de la planète Héra, en tenant compte des perturbations produites par Jupiter, Saturne et Mars : les éphéméricles qui en résultent permettent l’observation méridienne de cet astre en divers observatoires importants, durant les oppositions de 1875, 1876 et 1877 et se,s travaux à cet égard, publiés de 1868 à 1878, constituent une théorie complète qui satisfait aux observations. La comète périodique d’Arrest est uné de celles dont la théorie offre le plus de difficultés à cause des.grandes perturbations qu’elle eut à subir de la part de Jupiter : à une certaine époque, la distance des deux astres n’était que les trois dixièmes de la distance de la Terre au Soleil. Reprenant les premières recherches de Villarceau, dès 1870 Leveau obtient une éphéméride qui, publiée en temps utile, a permis de retrouver la comète et d’en faire un grand nombre d’observations. Ses recherches sur la comète d’Arrest ont été poursuivies durant plus de vingt années. Sans, insister ici sur une note importante en ce qui concerne la longitude de Mars, on peut dire que le travail de Leveau sur Vesta constitue son œuvre principale, et le meilleur de ses titres à la reconnaissance des astronomes. Appliquant et développant la méthode de Hansen au cours de divers mémoires parus dans les Annales dé VObservatoire de Paris, Leveau put achever ce labeur considérable et donner des Tables de Vesta qui cadrent avec l’observation d’une façon remarquable et sont considérés par les professionnels comme un modèle dans les travaux de ce genre pce sont les seules Tables;.complètes qui aient été publiées en France depuis la mort de Leverrier. En 1884, Leveau était, nommé astronome titulaire; en 1892, l’Académie des Sciences lui accordait l’une de ses plus hautes
- récompenses, le prix Damoiseau. Leveau était un des derniers survivants de l’école de Leverrier et sa perte laisse un vide dans une branche importante de l’astronomie : à cette école, il avait pris le goût des travaux importants et continus, des recherches de longue haleine, avec le mépris des improvisations hâtives; fuyant la renommée tapageuse et éphémère, il sut acquérir uue notoriété de bon aloi et plus durable, car son nom restera longtemps attaché à des tâches lourdes et difficiles. . Jean Mascart,
- La valeur de F unité de force électro-motrice. —
- D’après la décision de la Conférence internationale de Londres (1908), la valeur, en voit international, de la force électromotrice de l'élément Weston normal (contenant un excès de cristaux de sulfate de cadmium) doit être déduite de l’ohm international défini comme résistance mercurielle et de l’ampère international défini par un dépôt d’argent dans un voltamètre à azotate d’argent. La valeur provisoire à 2o°C. avait été fixée en 1908 à 1,0184. Le Comité scientifique international nommé à Londres, décida que des expériences seraient faites au printemps 1910 au Bureau of Standards, à Washington, par des représentants de la Phÿsikalisch technische Reichsanstalt d’Allemagne, du National Phy-sical Laboratory d’Angleterre, du Bureau of Standards des Etats-Unis et du Laboratoire central d’Ëlectricité. ; Le but assigné à ces recherches était de fixer la valeur qu’il convenait de prendre pour la force électromotrice du Weston en précisant les conditions expérimentales dans lesquelles devait être effectué le dépôt d’argent. A la suite de ces mesures, le Comité international des unités électriques a décidé de recommander pour la valeur de la force électromotrice de l’étalon Weston normal, à 2o°C., i,oi83 volt international. Lé laboratoire central d’électricité, à partir du ier janvier 19x1, se conformera à cette recommandation, ce qui entraîne aussi pour les mesures de résistance, l’adoption de Tôhm international tel qu’il a été provisoirement réalisé dans les expériences de Washington. Cette manière de faire n’est pas contradictoire avec le décret du 2 5 avril 1896 sur les unités électriques en France, car cela revient à admettre que l’élément Latimer Clark a .la force électromotrice i,434 h la température de i3°,8 C., le décret n’ayant pas fixé la température à laquelle la force électromotrice de l’élément doit être mesurée.
- Une nova dans la constellation du Lézard. — Le
- 3i décembre, l’observatoire central de Kiel a reçu, de l’observatoire royal de Greenwich, l’annonce télégraphique de la découverte, par M. Espin, à Tow Law, le 36 décembre, d’une étoile nouvelle dans la constellation du Lézard. La position de cette nova est :
- Ascension droite = 22h32m9s,5.
- Déclinaison =,-j- 52° 15'21".
- Eclat de 8e grandeur. Le spectre contient des lignes
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- INFORMATIONS
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- brillantes. M. Max Wolf, directeur de l’observatoire d’Heidelberg, ayant recherché cette nova sur les clichés pris à cet établissement depuis plusieurs années, a pu la retrouver sur chacun d’eux, mais avec un éclat compris entre la 126 et la i3e grandeur.
- L’action directe du radium sur le cuivre et sur
- l’or. — On sait que la transmutation des corps sous l’influence du radium, annoncée par Ramsay, est encore très discutée. Pour éclairer la question, un auteur anglais, M. Perman, a^étudié l’action directe des radiations d’un sel de baryum radifère sur un sel de cuivre pur placé dans de petites capsules couvertes et enfermées dans un large tube ; celui-ci était scellé après qu’on y avait fait le vide. Dans le cas de lor, les deux sels étaient mis ensemble en solution, et dans une autre expérience, l’or et le sulfate de baryum radifère étaient précipités ensemble, bien lavés et abandonnés à eux-mêmes. Au bout de quatre mois, l’auteur a examiné de nouveau tous ces produits. On n’a pu caractériser dans ces essais aucune trace de lithium par la méthode spectroscopique, et, par suite, s’il y a conversion de l’or et du cuivre en lithium, ainsi que l’avait annoncé Ramsay, cette transformation ne peut dépasser par jour la cent millionnième partie dans le cas de l’or, étant données les conditions des expériences et la sensibilité des recherches spectroscopiques.
- Propriétés antiseptiques du cuivre. — MM. Springer signalent dans un des derniers numéros de la Chemiker Zeitung la constatation fortuite qu’ils ont faite, que des traces de cuivre introduites accidentellement dans le lait, par des appareils de stérilisation ou autres, donnaient à ce liquide des propriétés toutes spéciales, qui y avaient fait soupçonner l’introduction frauduleuse d’un antiseptique. Les sels de cuivre, à la dose de i/aSoooo, se montrent nettement antiseptiques vis-à-vis de certains organismes : Clostridium Fætidum, Proteus vul-garis, mirabilis et Zenkeri. Les auteurs attachent à cette propriété une importance considérable au point de vue préventif contre les maladies causées par infection et au point de vue curatif. On peut d’ailleurs facilement reconnaître la présence de traces de cuivre dans le lait; dans ce cas, ce produit, traité par l’ammoniaque, prend une coloration rouge brun et reste trouble après addition de plus de 0,2 pour ioo d’ammoniaque. S’il ne contient pas de cuivre, la coloration se produit, mais le trouble ne persiste pas.
- Record du prix d’aviation. — Il y a deux mois, deux grands quotidiens du Far-West, la Post de Danver et la Post de Kansas-City, annoncèrent qu’ils offraient chacun un prix de 1000 dollars au premier aviateur qui franchirait le continent américain dans toute sa largeur, soit de la côte de l’Atlantique au rivage du Pacifique, en passant par ces deux villes. Un directeur de journal, M. William R. Hearst, ajouta aussitôt 1S0 000 francs à ces deux sommes. Up aviateur millionnaire, M. Cliffort B. Harmon, offre maintenant 10000 dollars, si la course a lieu avant le ior mai 1911. Un club de San Francisco promet de son côté une somme égale si cette ville est choisie comme point terminus. En faisant le total des différentes souscriptions, on trouve que le vainqueur de cette course de 4000 km à travers l’Amérique et pardessus les Montagnes Rocheuses, est certain de toucher 92 000 dollars, soit environ 465 000 francs. Si l’on tient compte des promesses faites par différentes villes qui voudraient se voir comprises dans l’itinéraire, on atteint le fantastique total de 25oooo dollars, soit 1 313 5oo fr., à attribuer au vainqueur.
- Recensement des animaux domestiques. — Une
- statistique dressée par le ministère de l’Agriculture des Etats-Unis, et que publie son recueil périodique, le Crop Reporter, nous fournit des chiffres imposants sur l’effectif mondial des principales catégories d’animaux domestiques. Il va de soi que les chiffres sont approximatifs dans leur ensemble, car il est impossible, pour certains pays, notamment pour la plus grande partie de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, d’obtenir des statistiques de cette nature. On estime que les mammifères domestiques dans le monde entier sont au nombre de i.5oo.ooo.ooo; dont les principales espèces sont évaluées comme suit : 58o.ooo.ooo moutons; 95.000.000 chevaux; 9.000.000 ânes; 7.000.000 mulets; 2.000.000 chameaux; 21.000.000 buffles; 100.000.000 chèvres;
- 900.000 rennes; i5o.ooo.ooo porcs. Les Etats-Unis d’Amérique sont les plus grands producteurs de porcs (5o millions) et de chevaux (a5 millions), bien que, sur ce dernier article, ils soient presque égalés par l’Empire Russe. Pour la production du mouton, le premier rang appartient à l’Australie, avec 88 millions, les Etats-Unis venant en troisième rang avec 57 millions, l’Argentine occupant le deuxième rang. La moitié de l’effectif des mulets du monde appartient aux Etats-Unis, et le tiers de celui des chèvres est trouvé dans les Indes. C’est aussi à ce dernier pays qu’appartient le premier rang dans la possession du gros bétail, avec 70 millions de bœufs ou zébus.
- Sur quelques papiers antérieurs au moyen âge.
- — M. Robert a étudié récemment quelques papiers d’origines diverses et donne à leurs sujets quelques détails intéressants dans le Zeitschrift fur angewandte Chemie. Avant le vne siècle, le traitement des végétaux employés à la fabrication du papier était purement mécanique; après le vu0 siècle, on fit intervenir un traitement chimique au moyen de cendres végétales et de chaux. Les charges de ces papiers étaient organiques, et formées d’amidon de riz ou de blé, ou minérales, et formées de craie, de gypse et de sable pulvérisés. Aucun des papiers étudiés n’était chargé à la colle. La proportion des cendres en était très variable et allait de 6 à 25 pour 100; ces cendres renfermaient des chlorures, sulfates et silicates à l’état de sels de chaux, de magnésie et de fer.
- Az-Zahra, une ville musulmane exhumée en Espagne. — Le Times, du 28 décembre 1910, donne sous le titre « Une Pompeï Arabe », une lettre d’un « correspondant spécial », en date de Séville, 9 décembre, relatant de très importantes découvertes archéologiques effectuées, d’après ce correspondant, en Andalousie. L’auteur de cette lettre est évidemment bien au courant des questions archéologiques espagnoles et son texte ne présente rien qui doive le faire tenir en suspicion. Comme on le verra plus loin, il offre pourtant certains caractères mystérieux qui appellent quelque réserve. S’il faut en croire le correspondant du journal anglais, le gouvernement espagnol fait pousser très activement des fouilles, déjà très avancées, qui sont en train de mettre au jour une cité de l’époque de l’Espagne musulmane, Az-Zahra et son faubourg Àz-Zahira ou Balis, à quelques kilomètres de Cordoue. Le fait est d’autant plus considérable pour l’archéologie qu’un tel vestige, non remanié, de l’occupation musulmane est unique en Espagne. En effet, après la « reconquête » sur les Mores, les Espagnols ont en général adopté et adapté pour leur usage personnel les constructions élevées par les envahisseurs, de telle sorte que, faute au surplus de données historiques précises, il est très souvent difficile, pour ne pas dire impossible, en Andalousie, de discerner dans un monument, ce qui est la part espagnole et ce qui est la part musulmane. Or, Az-Zahra a été, on le sait, une ville purement musulmane. De plus, un laps de temps très court — 73 ans — s’est écoulé entre sa fondation et sa destruction. Ce qu’on peut en exhumer a donc une valeur historique extrêmement rigoureuse. La ville en effet futïbâtie, comme séjour de plaisir, par le grand khalife Abderrahman III, de g36 à 961, et complétée par ses successeurs, puis mise à sac et détruite en 1009. D’après le témoignage oculaire du correspondant du Times, les fouilles auraient déjà mis au jour, outre plusieurs maisons et divers autres bâtiments, un grand nombre d’objets de valeur, en particulier des sculptures : l’école musulmane d’Az-Zahra, anathématisée d’ailleurs pour ce fait par les Sunnites de Cordoue, admettait librement la représentation de la vie animée, cela très probablement sous l’influence personnelle d’Abderrahman lui-même, qui était fils d’une mère chrétienne. Des mosaïques ont été également mises au jour, ainsi que de la verrerie, de la poterie, et tout un système d’adduction d’eau. Ce qu’il y a de singulier dans les conditions de ces fouilles, c’est qu’elles semblent effectuées par le gouvernement espagnol dans un secret volontaire. L’existence même en était tout à fait ignorée à Cordoue, et le correspondant anglais n’en dut la connaissance qu’au hasard. Il raconte même qu’en dépit de hautes recommandations, on lui fit contracter, à son arrivée sur les lieux, l’engagement de ne prendre ni photographies, ni croquis, ni même de notes.
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- Un nouveau piège pour détruire les mulots. —
- Les invasions de mulots, qui se sont produites avec une particulière intensité, durant ces dernières années, ont •causé, à l'agriculture, des pertes considérables, et l’on s’est ingénié de toutes parts à trouver un mode de destruction vraiment pratique, simple et économique.
- Récemment, nous signalions ici même, un appareil imaginé pour détruire ces rongeurs, au moyen de la fumée et des vapeurs de soufre introduites dans leurs galeries souterraines.
- ^oici un nouveau procédé qui paraît encore plus intéressant en raison de sa simplicité, de son application facile dans toutes les situations, et qui n’exige pas l’emploi de dispositions spéciales ou d’un ingrédient quelconque. Il consiste en un piège, simple boîte carrée, en fer étamé, ouverte à sa partie supérieure, haute de ao à 25 centimètres et de largeur égale. Cette boîte porte, à sa partie supérieure, deux trappes à charnières, munies de contrepoids basculeurs, faisant office de trébuchets.
- Au milieu, c’est-à-dire entre les trappes, est placé un petit auget mobile destiné à recevoir les grains de blé servant d’appât. Ce piège, ou mulotière, est recouvert d’un faîtage formant toit à deux pentes, qui garantit l’appât contre la pluie.
- Pour installer la mulotière dans les champs, on creuse
- un trou et on l’y enterre jusqu’à la hauteur des trappes ; de la sorte, l’appareil, à peu près complètement caché dans le sol, n’éveille pas la méfiance des mulots. Pour s’assurer que les trappes fonctionnent convenablement, on règle les contre-poids fixés à l’extrémité de minces tiges de fer. L’engin une fois installé, on l’abrite avec une petite moyette de paille vers laquelle sont attirés les mulots à la recherche d’un refuge. Il suffit de placer une planchette de 5o cm de longueur, 20 cm de largeur, avec quatre petits pieds de io cm de hauteur, pour protéger les mouvements des trappes, et de dresser la moyette de paille à l’aide d’un piquet enfoncé en terre, afin qu’elle résiste au vent.
- Les mulots, attirés par l’appât, s’engagent sur les trappes, lesquelles s’abaissent et se relèvent automatiquement. Les rongeurs tombent dans le récipient— que l’on a préalablement rempli d’eau jusqu’au tiers environ — et s’y noient. En changeant les mulotières de place chaque matin ou tous les deux jours, on parvient, avec un certain nombre de ces pièges, à détruire, en quelques jours, des quantités considérables de mulots, trois, quatre et jusqu’à dix et douze par piège et par nuit.
- Les essais récents faits en Beauce, ont établi la réelle valeur pratique de ce système. Avec i5 pièges, on a détruit, en trois nuits, 244 mulots; avec 25 pièges, en une seule nuit, 223 mulots; avec neuf pièges, en deux jours, 187 mulots. En cinq jours, un seul cultivateur a détruit, à l’aide de 80 pièges, io34 mulots. L’inventeur est M. Abel Lhomme, Béville-le-Comte (Eure-et-Loir).
- Mathématique amusante
- Comment deviner mathématiquement l’âge d’une personne? — C’est un jeu de société fort connu que celui qui consiste à deviner la date de naissance d’une personne de l’assistance : jour, mois, année, d’après le seul énoncé d’un chiffre en apparence cabalistique. La Nature l’a déjà, signalé voici de longues années. Il paraît etre de nouveau à la mode. Il se pratique en général de la façon suivante : le devin indique une suite d'opérations à effectuer sur les inconnues du problème ; c’est une série de multiplications et d’additions successives dont on lui révèle seulement le résultat final; ce nombre
- ne semble avoir aucun rapport avec les éléments du problème ; il suffit cependant au devin pour trouver presque instantanément la solution. Résultat paradoxal en apparence, puisque le problème comporte 3 inconnues et qu’il devrait'être impossible de les déduire d’une seule donnée.
- M. Haton de la Goupillière a donné récemment, dans les Nouvelles Annales de mathématiques, la théorie complète de ce petit jeu de société; théorie très simple qui ne met en jeu que l’arithmétique la plus élémentaire. On peut formuler plusieurs règles de divination; voici, parmi celles qui donnent à l’opération une réelle apparence de mystère, la plus simple.
- Nous sommes en 1 gr 1, et il s’agit, par exemple, de trouver l’âge d’une personne née certainement dans le xixe siècle ; vous la priez d’effectuer secrètement les opérations suivantes et de vous en donner le résultat.
- Doubler le jour de naissance, ajouter 1, multiplier par 5o, ajouter le mois, multiplier par 100, retrancher l’âge. Il faut compter l’âge, en admettant qu’il s’accroît d’une unité non pas à l’anniversaire, mais au i01' janvier en même temps que le millésime.
- Supposez que la personne interrogée soit née le 28 février 1882, elle a 29 ans, elle donne au devin, après avoir effectué les opérations ci-dessus, le nombre 285 171.
- Il suffit au devin d’en retrancher le nombre 4889 pour découvrir la solution; il obtient en effet le chiffre 2802 82, où l’on retrouve le mois, le jour et la date de naissance. On voit qu’il faut être sûr à l’avance du siècle, puisque l’on n’obtient que les 2 derniers chiffres du millésime. Quant au nombre 4889, il est immuable pour l’année 1911 ; il décroît d’une unité à chaque ier janvier.
- Il est facile de pénétrer le secret du devin ; une très simple formule nous permettra de voir clair dans son truc : Désignons par j le jour de naissance, par m le mois, par a l’âge, par p le millésime de l’année actuelle, par s les centaines du siècle de la naissance en question. Le nombre à deviner, 28 02 82 dans l’exemple précédent, c’est :
- 10 000 j -f- 100 m -f- [p — a — 100 s).
- Il peut s’écrire :
- [Q j + 1) 5o + wi] 100 — a — (5ooo + 100 s — p).
- Sous cette dernière forme on reconnaîtra aisément le série des opérations effectuées d’abord par la personne d’âge inconnu, puis par le devin.
- [(27 -j- 1) 5o + m] 100 — a est l’expression même, en langage algébrique, de la règle formulée plus haut et donne dans notre compte le nombre 285 171.
- (5ooo-{~ïoos—p) est un nombre invariable; si p~ 1911 et s — 18, c’est-à-dire si la naissance remonte au xix" siècle, ce nombre vaut bien 4889, il suffira de la retrancher du nombre précédent pour avoir la solution.
- S’il s’agissait d’un enfant né après le Ier janvier 1900, le nombre à retrancher serait 4989. On comprend aisément que l’on pourrait formuler une infinité d’autres règles; mais pour que le jeu reste un jeu de société, il faut que les opérations à faire soient simples, offrent peu de chances d’erreur, et que cependant la règle arithmétique qui les dicte reste dissimulée. Au fond, en dictant les précédentes opérations, le devin a tout simplement fait écrire, par la personne interrogée elle-même, les chiffres inconnus.
- Voici une autre règle qui cache peut-être encore mieux le « secret » du devin :
- Doubler le jour, ajouter 4, multiplier par 5o, ajouter le mois, multiplier par 100, retrancher l’âge.
- Du chiffre ainsi obtenu, il faut, en 1911, retrancher 19 889 pour trouver les éléments inconnus.
- Objets utiles
- Réchaud de table. — Rien n’est plus agréable que de pouvoir maintenir les plats au chaud sur la table même où ils sont servis; et depuis longtemps déjà, on a créé à cet effet des supports chauffants, maintenus à la température voulue au moyen d’eau chaude, Us n’étaient pas très pratiques, précisément parce qu’il faut les remplir d’eau chaude, l’opération est assez ennuyeuse et doit être assez souvent renouvelée. Le réchaud représenté ci-contre est en somme une simple veilleuse à huile qu’il suffit d’allumer au moment où i’on commence
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- à servir. Il n’est que la modification d’une chaufferette à veilleuse que nous avons décrite autrefois. lia été calculé de façon à assurer une combustion complète, donc sans odeur de l’huile delà veilleuse et unebonne utilisation de la chaleur dégagée. La plaque supérieure du réchaud est v. maintenue à 45°- — Le
- réchaud de table se trouve chez M. Renaud, 43, boule-yard de Strasbourg, Paris. Prix : 10 francs.
- Bouchon-verseur de sécurité. — La manipulation domestique du pétrole ou de l’essence exige un certain nombre de précautions, au double point de vue de la propreté et de la sécurité, surtout quand ces substances très inflammables sont contemies dans des bouteilles et non dans des récipients métalliques à fermeture de sûreté.
- Le bouchon-verseur représenté ci-contre suppléera dans une certaine mesure à l’emploi de bidons spéciaux. C’est un bouchon de liège traversé par un double tube intérieur.Ce tube est double de façon à laisser rentrer l’air librement par l’une des parties, tandis que le liquide s’écoule par l’autre. Aussitôt que le niveau du liquide dans la lampe vient à allleurer l’extrémité du tube du bouchon-verseur, l’air ne pouvant plus rentrer, l’écoulement du liquide s’arrête de lui-même. Impossible donc de répandre du pétrole ou de l'essence hors de la lampe, que l’on peut remplir, daivs ces conditions, même dans l’obscurité. Le remplissage terminé, on obture par un petit chapeau l’extrémité du tube, de sorte qu’aucune vapeur dangereuse ou désagréable ne.pourra se répandre.— Le bouchon-verseur est vendu chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix : o",85.
- Bouchon-verseur de sécurité.
- Divers
- . Le bouche-clefs. — Ce petit appareil fort utile porte un nom qui prête quelque peu à méprise : son rôle est en effet non de boucher les clefs, mais de les empêcher de se boucher,par accumulation de poussières. Tout le monde a éprouvé cette surprise désagréable, de voir un beau jour la clef refuser de pénétrer à fond dans la serrure et vous laisser penaud devant la porte fermée.
- Il faut avoir sous la main une aiguille assez longue pour extraire séance tenante les pous-/V sières qui forment tampon, sinon l’on se
- I J trouvera très sérieusement embarrassé.
- ^ - * L’appareil consiste® simplement en un
- petit tampon monté ‘ sur deux tiges d’acier formant j’es sort ; on introduit à fond ces deux tiges dans la clef, et le tampon vient boucher hermétiquement l’ouverture:
- Bien entendu, au moment de se servir.de la clef, il faut en retirer le bouche-clef; l’inventeur, M. Yer-gnaud, a imaginé en même temps un support., dans lequel on peut placer à ce moment l’appareil ; ce support s’accroche par exemple à l’anneau de clefs.
- Bref le bouche-clef et son support constituent un ensemble très simple et très pratique, destiné à nous éviter de fort sots désagréments. — L’appareil est en vente chez M. Yergnaud, i5o, avenue Parmentier, Paris.
- Table de multiplication automatique. — Les règles à calcul ne sont pas à la portée des enfants qui doivent
- apprendre d’abord la table dite de Pythagore; il y en a beaucoup qui ont bien du mal de la retenir. La nouvelle table automatique représentée ci-contre leur rendra service.
- Elle est basée sur la théorie des logarithmes; sa disposition est très simple, parce qu elle est limitée aux nombres de 1 à 10 et que le cadran des produits, qui a 12 cm. de diamètre, est assez grand pour que les chiffres soient très lisibles.
- L’emploi est facile et consiste à manoeuvrer deux aiguilles ; l’une A, qui est peinte en jaune, se place sous le multiplicande, elle entraîne avec elle le cadran du multiplicateur auquel elle est fixée. On place ensuite la flèche B, qui est peinte en bleu, sous le chiffre multiplicateur. La flèche C, peinte en rouge, vient d’elle-même se placer sur le produit.
- Ce petit appareil servira en outre à initier les enfants aux principes élémentaires qui permettent de construire des machines à calculer. — La table de multiplication automatique se trouve chez M. Mathieu, galerie de Yalois, Palais Royal.
- Machine à enfiler les perles. — Les ouvrages en perles, ou plus exactement grains de verre, tels que couronnes mortuaires, franges d’abat-jour, etc., nécessitent d’abord l’enfilage des grains, un par un sur un fil de fer, de coton ou de soie. C’est un travail toujours assez long, quelle que soit l’habileté des ouvrières entraînées à le faire.
- On pourrait penser que pour arriver à enfiler ces grains mécaniquement, il faut une machine compliquée et on se demande même comment on peut obliger chacun d’eux à présenter normalement à l’aiguille le trou dont il est percé; il ne faut pas oublier, en effet, que ces grains sont fort irréguliers dans leur forme. M. Ma-
- thieu a cependant construit un petit appareil (car on ne saurait vraiment lui donner le nom de machine,-tant sa simplicité est grande) qui résout admirablement le problème. 11 suffit, en effet, de mettre les grains pêle-mêle dans une sébille et de faire tourner celle-ci vivement au moyen d’une manivelle et d’une courroie de.transmission. En plongeant alors dans la sébille une-aiguille courbe, la pointe en avant; dans Te : séils iüvers'é’à éêliUÎ de la rotation, on voit les; perlés s’enfiler-d’elIesSmêmes’ et sè pousser les unes les autres jtl'sqjr’às occuper très rapidement tonte la longueur deT’aigùiller'A ïâ'rnâin im’ les fait filer en bloc vers l’arrière, où est le fil dêsïiné à les recevoir et cm recommence.. ' u* f
- Il n’y a pas de mécanisme et c’est en somme la probabilité qui joue ici le principal^ rôle. Dans la quantité considérable^, de grain s-réunis dans la
- sébille, il' faut v ^
- bien admettre qu’il y en aura toujours quelques-uns qui, grâce à la rotation et au déplacement continué! qu’ils, subissent,, présenteront à la pointe de l’aiguille le trou qui les traverse,_et c’est ce qui a lieu en réalité.. Commeja rencontre brusque des perles avec l’aiguille ne sè fait.pas sans que quelques-unes soient projetées au dehors, on. a prévu une barrière qui les arrête et les rassemble dans le fond delà boîte servant de support; il suffit de reverser de temps en temps dans la sébille le tiroir que le. sqçle porte à cet effet.— Chez M. Mathieu, rue de Yalois, Paris.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’observatoire du Parc-Saint-Maur, en décembre 1910, par M. Ch. Dufour
- La pression barométrique a été très basse du icr au 17, variable ensuite. La moyenne mensuelle est inférieure à la normale de plus de 5mm.
- La température moyenne 6°,3 est supérieure de 3°,6 à la moyenne générale de 5o ans. Une période très chaude, pour la saison, s’étend du i‘r et surtout du 4 au 21. Les moyennes diurnes sont en excès sur les normales correspondantes-d’au moins 70 les 5, 11, i5, 16 décembre. Le maximum absolu du mois i4°,8 a été observé le 16. La température s’est abaissée notablement le 22 et Je 23 et surtout les 28 et 29. Le thermomètre est descendu le 29 à —- 5°, 2.
- Les pluies de décembre 1910 ont été fréquentes (on compte 21 jours pluvieux au lieu de i5 en moyenne', mais peu intenses. La hauteur totale de l’eau recueillie au pluviomètre 4bmm,o est sensiblement normale, le rapport est i,o3.
- La Marne est restée élevée pendant ce mois. Le niveau moyœn a été de 4m>91- Cette cote moyenne est la plus forte que nous ay-ons observée après celle de décembre 1882. Le niveau de la rivière n’est pas descendu au-dessous de 4ra>88, cote relevée le 20; il a atteint 5m,4o les 6 et 7 décembre.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 753mm,46; minimum absolu : 736mœ,i le 10 à 14 heures; maximum absolu : le 3i à 10 heures.
- Température. Sous l’abri. — Moyennes : des minima, 3°,48; des maxima, 9°,oi ; des 24 heures, 6°,32. Minimum absolu : —5°,2 le 29; maximum absolu : i4°,8 le x6. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 5°,53; la plus élevée, 8°,9 le 29; la plus faible, 2°,5 le 23. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, —o°,3o; des maxima, ii°,i6. Minimum absolu, — n°,2 le 29; maximum absolu, i7°,o le 5. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois : (profondeur ora,3o), à 9 heures : 6°,78; à 21 heures : 6°,80; (profondeur ora,65), à 9 heures : 7°,68 ; à 21 heures : 7°,64; (profondeur x mètre), à- 9 heures : 8°,34 ; à 21 heures : 8°,3i. De la Marne. — Moyennes : le matin, 6°,66 ; le soir, 6°,81. Minimum, 2°,oo le 3x; maximum, 8°,32 le 18.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,32. Minimum, 2œm,i le 28 à i5 heures; maximum: xomm,o le 16 à 12 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,4• Minimum : 42 Ie a8 à x5 heures; maximum : 100 à
- 12 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,81. Minimum : 0,0 le 28; 4 jours entièrement couverts.
- Insolation. —- Durée possible 256 heures ; dui’ée effective : 44h 9 en 20 jours; rapport : 0,17.
- Pluie : total du mois : 46ram,o en 53h2.
- Nombre de jours : de pluie : 21 ; de pluie supérieure
- ou égale à imm : 10; à 5mm : 3 ; de gelée, 5 dont 4 consécutifs du 28 au 3i; de brouillard, 7; de brume, 3; de halos, 3; de rosée, 6; de gelée blanche, 12.
- Fréquence des vents : calmes, 19.
- N . . . . 23 S. E. . . . 61 W . . . . r9
- N. N. E.. 18 S. S. E. . . 102 W. N. W. 6
- N. E . . . 14 S 164 N. W. . . 20
- E. N. E. . 8 S. s. w . . i5g N. N. W . 24
- E i3 s. w . . . 58
- E. S. E. . 11 w. s. w. . 25
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m>44; moyennes diurnes : la plus grande, 8m,3 le 16; la plus faible, om,7 le 22. Vitesse maximum : i3m,3 le 16 à i5 heures par vent W. S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 4m?9I- Minimum, 4m»'58 le 20; maximum, 5m,4° les 6 et 7.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression, — 5mœ,26; température, +3°,58; tension de la vapeur, J- humidité relative, — 1,2; nébulosité, —o,5a;
- pluie, J- imm,5; jours de pluie, -J- 6 ; insolation, —4h8.
- Taches solaires : Cette observation n’a été possible que les 9, 17 et 28 décembre. A ces dates, le Soleil a paru complètement dépourvu de taches.
- Perturbations magnétiques : Faibles les 1, 3-7, i5, 19, 25, 3o et 3i; modérées les 22 et 24; assez fortes les 2, i3-i4 ; très fortes les 28-29.
- Radiation solaire : La radiation solaire n’a pu être observée que le 9 et le 28. A nhim le 28 on a trouvé
- Q = ical,097.
- Mouvements sismiques : Des microsismes ont été enregistrés aux dates et heures suivantes : le ier, début à 16’' X2m, ph. pie., i6’'5om à i7h20m, fin vers 17 heures 1/2; le 3, léger mouvement de 8h 5om à 10 heures; le 4> ph. pie., i2h42i“ à i'3h5m, fin x3h3om environ; le 5, faible mouvement entre i7ll3bmet'i8 heures; le 10, début un peu incertain vers 9h48m; ph. pie., de ioh35m à nh20m, fin vers i2h3o“; le ï3, début’1 x11 58t; ph. pie., 12h iqm à i2h4ora, fin vers x5h3om;. le 14, léger mouvement de 2ih i5ra à 22 heures; le 16, début 15h 14™J' ph. pie., 151' 47“ à i6h i5m, fin après 18 heures; le 16, faible mouvement de 20 heures à 2011 3om environ; le 18, légers mouvements de 3h 5om à 4h 3o“ et de à
- 6h6m; le 23, ph. pie., de ih i8m à xll3om; le 29, ph. pie., de i4ll20m à i4h3om; le 3o, faibles mouvements entre ih 55œ et 21'iom et S^So™ à 4 heures. Quelques-uns de ces mouvements ont une assez grande intensité ; ceux du 10 et du 16 et surtout celui du i3. Ce dernier pourrait peut-être se rapporter à un tremblement de terre qui a amené la rupture de plusieurs câbles sous-marins axix environs de Zanzibar.
- Floraisons : Le 5, nax’dosmia fragrans; le 14, chimo-nanthus ; le 22, rose de Noël. '
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- VARIÉTÉS
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- Les, cantines médicales incendiaires. — Le petit fait divers rapporté' par le journal médical Le Caducée montre lé danger' de contact de certains produits chimiques. Pendant les deimières manœuvres, un médecin majdr: fait à un artilleur blessé un petit pansement en puisant dans la cantine régimentaire. Le pansement terminé, la batterie et la voiture d’infirmerie partent au galop en avant; l’infirmier n’a que le temps de rassembler à la hâte dans la cantine les divers objets de pansement. Mais, tout à coup, dé la fumée filtre'à travers les parois de la cantine, la voiture s’arrête et l’on constate, en ouvrant la caisse, que le coton hydrophile est en train.de brûler. LJncendie est vite éteint, ne causant que des dégâts insignifiants.
- Quelle était la cause de cet incendie ? Le médecin major constata que le flacon de glycérine était cassé et que le liquide s’était répandu sur des paquets antisep-
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- tiques de permanganate de potasse. Pour en avoir le cœur net, notre confrère, le Dr Bonnette, fit quelques; expériences pour vérifier le bien fondé de ses soupçons. Il place une petite quantité de permanganate de?potassé sur un plateau, et verse par-dessus une quantité égale de glycérine officinale ; en quelques secondes on voit, à; l’air libre, la réaction se produire; un petit bouillonnement est accompagné de crépitation, puis le petit amas de sel se boursoufle et s’enflamme. Si l’on’recouvre le mélange d’un peu de coton hydrophile, il y a une légère explosion et le coton prend feu, comme dans là cantine. Pour que la réaction se produise, il faut qu’il n’y ait.; pas excès de glycérii e, mais que lès deux corps soient en px’oportion à peu près égale. Petit détail à connaître et à ajouter à la liste des médicaments explosifs par suite de mélanges intempestifs.
- . . .. : , Dr A. C., .
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour jasper le cuivre et le laiton en noir, il suffit de projeter sur la surface métallique bien nettoyée des gouttelettes d’une solution aqueuse de bichlorure de platine à 5 pour ioo, légèrement acidulée par l’acide chlorhydrique (4 à 5 gouttes pour ioo c. c.). On opère soit comme font les relieurs pour le jaspage des tranches avec un pinceau-brosse frottant sur un morceau de toile métallique placé au-dessus de la surface à décorer ; soit comme pour la peinture à la « bruine », mais en employant alors un pulvérisateur à tubes de verre (le métal serait attaqué). On peut en interposant des caches de papier ou de feuilles diverses desséchées, réserver des parties non jaspées et en former des ornements de tous genres. Formés d’un dépôt de platine métallique, les points noirs sont inaltérables aux agents chimiques ; mais en raison de la faible épaisseur, un léger frottement à la toile émeri les enlève très facilement.
- (Laboratoire de La Nature).
- Colorations grises du laiton. — On obtient un gris mat à reflets jaunâtres en plongeant les pièces à patiner pendant environ 5 minutes (après décapage extrêmement soigné) dans une solution aqueuse de bichlorure de platine à 3 gr. par litre. En employant cette solution neutre, on a un dépôt un peu plus rapide, mais tenant moins bien, aussi est-il préférable de l’aciduler avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique. On peut foncer la teinte en prolongeant l’immersion.
- On obtient un gris métallique très brillant, à reflets changeants en plongeant le laiton dans un bain bouillant composé de :
- Sulfate de cuivre........................ 7 gr.
- llyposulfite de soude.................... 5 —
- Crème de tartre.......................... 2 —
- Eau.....................................ioo —
- L’immersion doit être très courte. Dès que la teinte désirée est obtenue (en laissant plus longtemps, on a des gris à reflets moins jolis), on rince à l’eau et laisse sécher. (Laboratoire de La Nature).
- Coloration du cuivre rouge en noir mat. — Les
- solutions suivantes dans lesquelles sont immergés les objets à noircir, parfaitement nettoyés auparavant, nous ont donné de bons résultats :
- A) Bichlorure de platine à 3 gr. par litre d’eau. On laisse l’objet pendantjjenviron une minute dans le bain à la température ordinaire; si on le laisse trop longtemps non seulement le noir n’est pas plus vif, mais la couche colorée de platine réduit tend à s’écailler. Le noir est plutôt un gris très foncé, à reflets métalliques bleuâtres ; on obtient une nuance plus régulière sans ces reflets en recouvrant d’une couche de vernis.
- B) Solution aqueuse contenant i pour ioo de sulfure de potassium et 2 pour ioo du chlorate de sodium. On obtient rapidement un très beau noir, mais la patine s’écaille très facilement et on ne peut la conserver qu’en vernissant le métal avec précaution. En employant ce bain dilué de neuf fois son volume d’eau, on obtient une action plus lente, une patine d’un noir moins profond ; mais la solidité au frottement est très notablement améliorée. L’un et l’autre de ces derniers bains ne donnent absolument rien sur le laiton.
- (Laboratoire de La Nature).
- Lut pour métaux, verre, faïence, etc. — Pour sceller des joints devant résister aux acides, on emploie souvent un mélange d’amiante et de silicate sodique; mais le produit, excellent à d’autres points de vue, est rapidement désagrégré par les vapeurs d’acides forts mélangées de vapeur d’eau. Dans ce cas, on obtient d'excellents résultats en mélangeant des poids égaux de fleur de soufre et de limaille de fer et en gâchant avec une solution de chlorhydrate d’ammoniaque (20 gr. sel ammoniac pour 100 c. c. d’eau) en quantité convenable pour obtenir une sorte de mastic très mou. La mixture ainsi préparée ne se solidifie bien qu’en plusieurs heures, ce qui donne toute facilité pour l’emploi; le fer se sulfure peu à peu et la masse acquiert une forte compacité. En chauffant ensuite, la dureté s’accroît encore.
- (Laboratoire de La Nature).
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — A. B., à Nice. — i° Traité Elémentaire de Chimie, par L. Troost, revu par Péchard. x vol., 906 p., 8 francs, librairie Masson, Paris. 2° L’ouvrage de M. Claude n’a pas encore paru.
- C. B., à Poitiers. — Nous publierons prochainement une série de recettes qui donneront satisfaction à votre premier désidératum. —Ouvrages sur l’usage du microscope : Beauregard et Galippe, Guide pratique de micrographie. 1 vol., i5 francs, Masson, éditeur, Paris.
- M. Abel, à Lourdes.— Lavez à l’acide chlorhydrique étendu, vous enlèverez ainsi les incrustations de carbonate de chaux; s’il subsiste un dépôt, ce dépôt est vraisemblablement formé de sulfate de chaux, que vous pourrez éliminer en traitant par une solution chaude de carbonate de soude : cette solution agit lentement; il faut la maintenir assez longtemps au contact du dépôt.
- M. G. T., & Nantes. — L’expérience n’a pas été réalisée dans les conditions donnant la certitude exigée.
- M. Ed. Main, rue Nollet, Paris. — Merci de vos renseignements. Nous publierons prochainement les renseignements souhaités sur le maté et sur les matières fusibles vers x5o° C.-2000 C.
- M. Guilleinaud, rue d’Antin, Paris. — Pour la déco-
- loration par les rayons ultra-violets, voir Scheurer, Bulletin de la Soc. Lnd. de Mulhouse, juin, 1910. Les procédés de décoloration en général ne sont étudiés que dans les ouvrages sur le blanchiment, dont vous trouverez liste et substance dans le petit volume de A. Cha-plet sur Le Blanchiment (Masson, édit., 3 fr.). Il a été pris plusieurs brevets pour la décoloration par certaines radiations, mais nous ne savons quelle est leur valeur pratique.
- M. L. Capéran, à Muret. — Vous trouverez des allu-moirs électriques chez R. Heller, 18, cité Trévise, Paris.
- M. Herné, à Pithiviers. — M. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, Paris. — M. Lallié, 24, boulevard Delorme, Nantes.
- 6919-5671. R. fi., Lyon. — Pour nettoyer les statuettes de terre cuite, enduisez-les d’une bouillie faite en délayant de l’amidon ou du blanc d’Espagne dans l’eau (si elles sont très sales, remplacer l’eau par la benzine ou l’essence da pétrole). On laisse sécher : l’enduit s’écaille spontanément en entraînant la crasse. Renouveler deux ou trois fois le traitement si c’est nécessaire.
- M. Ravinet, ingénieur à Sèvres. — Nous nous sommes procuré le produit et l’avons analysé : c’est tout simplement de la paraffine. Nous consacrerons au procédé de décalque une prochaine recette.
- Erratum.—La géologie et les richesses minérales de l’Asie. — Le prix de cet ouvrage est de 35 fr. et non 25 fr. comme une faute d’impression nous l’a fait dire dans notre N° 1962 (Bibliographie).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- aüsf
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L'Université des Sciences techniques à Budapest : Jean Mascart.
- — Chronique : L’éléphant d’eau, etc. — L’effet Hertz et les actions chimiques du rayonnement ultra-violet : André Conté.
- — Tunnels naturels du Laos : Paul Macey. — La filariose chez l’homme : Docteur XXX. — La téléphonie automatique : Lucien Fournier. — Académie des sciences; séances des 3 et 9 janvier iqii : Ch. de Villedeuil. — Les nouveautés du parc d’Hagenbeck.
- Supplément, — Les ports aéronautiques en Allemagne. — Rôle de l’amidon dans la fabrication du papier. — La grotte de Coufin (Isère). — Un papier sensible à l’ultrat-violet. — Le « métal liège ». —Le Monell-Métal. — Population des Etats-Unis.
- La télégraphie sans fil. La téléphonie sans fil. Applications diverses, par B.-E. Petit et Léon Bouthillon, ingénieurs des Postes et Télégraphes, i vol. iy5 iig. Ch. Delagrave, éditeur. Paris, 1910.
- Les auteurs sont deux spécialistes de la Télégraphie sans fil ; ils ont écrit, sous une forme très brève, un ouvrage qui donne un tableau très exact de l’état actuel de la T. S. F.; sont passés en revue les appareils et les méthodes opératoires, actuellement en usage. Tout en évitant les détails trop arides, les auteurs ont su être complets. Signalons une étude très claire et très intéressante sur la propagation des ondes électromagnétiques. Le livre se termine par 3 notes savantes sur l’emploi des hautes fréquences d’étincelles en T. S. F., sur les nouveaux détecteurs à conductibilité unilatérale et sur la télégraphie sans fil dirigée.
- Le blanchiment. Chimie et technologie des procédés industriels de blanchiment, par A. Chaplet, ancien directeur d’usines et H. Rousset, ingénieur-chimiste. In-8° (19-12) de 171 pages, avec 10 figures. Masson, Paris 1910. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire). Prix : broché, 2fr,5o; cartonné, 3 francs.
- Les auteurs ont réuni en un Aide-Mémoire complet quoique très succinct, quantité de renseignements sur les principes théoriques de l’industrie du blanchiment et sur les applications pratiques. L’ouvrage se compose de deux parties : les premiers chapitres sont consacrés aux généralités sur les divers agents de blanchiment, les procédés de décreusage, le chlorage, les méthodes de lavage, traitements mécaniques, l’essorage et le séchage. Le seconde partie se compose de la description des divers traitements usités en pratique industrielle pour le blanchiment des toiles et cotonnades, de la iaine et de la soie, enfin, des matières diverses telles que corps gras, minéraux, aliments, etc.
- Machines frigorifiques, construction, fonctionnement, applications industrielles, par le Dr H. Lorenz et le Dr ing. C. Heinei., traduit de l’allemand par P. Petit et Pii. Jacques. 2e édition française considérablement augmentée. 1 vol. in-8° (a5-i6) de vin-424 pages, avec 314 figures; 1910. Encyclopédie industrielle C, Lecha-las. Gauthier-Yillars. Prix : i5 francs.
- Le but de cet ouvrage est d’offrir aux industriels qui possèdent des installations frigorifiques, comme aussi à l’ingénieur-constructeur, tous les renseignements nécessaires à la solution des problèmes pratiques qu’ils sont appelés à résoudre. Les auteurs ont évité les développements théoriques trop étendus ; ils se sont attachés à mettre surtout lé lecteur en état de se faire une opinion documentée, dans chaque cas particulier, plutôt qu’à étudier en détail tous les problèmes qui peuvent se poser. 11 à paru nécessaire d’étudier d’une façon plus complète, dans cette nouvelle édition, le côté construction, de préciser ce qu’on demande de chaque organe en particulier, de présenter les différentes solutions possibles et enfin d’examiner les àvantages et les inconvénients des types les plus courants.
- Notice sur le Matériel exposé par la Compagnie des Chemins de fer du Midi à l’Exposition de Bruxelles. 1 vol. In-folio. Danel, Lille 1910.
- La Compagnie du Midi décrit dans une nolice spéciale son dernier modèle de locomotive, type Pacific, à quatre cylindres qu’elle expose à Bruxelles. Sur dix machines de ce type, six sont compound et vapeur saturée et quatre autres également compound mais à vapeur surchauffée (système Schmidt). C’est ce dernier type qui est exposé. Timbrée à 16 kg, la chaudière a une surface de grille de 4m2>02,une surface de chauffe des tubes de 2i4m2,i7 et une surface de surchauffe de 6i“2,44- Le diamètre des cylindres haute pression est de om,4o et celui des cylindres basse pression de om,62 ; la course des pistons est de om,65. Le diamètre des roues motrices est de in,,94 et le poids de la machine en service de 9il,3oo.
- Le Far-West chinois : Kientchang et Lolotie (Chinois. —> Lolos. — Sifans). Impressions de voyage, étude géographique sociale et économique, par le Dr A.-F. Legendre. Paris. Plon-Nourrit et Cie, 1910. 1 vol. in-16. Prix : 5 francs.
- Après trois nouvelles années de séjour en.Chine, le D‘ Legendre vient de donner une suite à ses intéressantes observations sur le Far-West chinois, si actuelles à l’heure où le péril jaune hante les imaginations européennes. Ce nouveau livre, accompagné d’une carte et de nombreuses illustrations, nous fait pénétrer au cœur des populations encore très peu connues, nous initie aux mœurs, à la mentalité, à la façon de vivre d’un grand peuple que les événements récents ont placé au premier plan de l’histoire contemporaine, de l’histoire de demain peut-être.
- Insects and diseuse, par R. W. Doane. Londres. Constable. 1 vol. in-8°, 1910. Prix : 8 sh. (10 francs).
- L’ouvrage est de vulgarisation plutôt que de science, mais il est fait avec soin, méthode et précision. Comme tel, il constitue un excellent tableau du rôle des insectes comme agents de transmission des maladies, notamment dans le paludisme. Une bonne bibliographie permet au surplus d’en faire le point de départ d’une étude plus approfondie.
- L'œuvre de Vingénieur social, par W.-IJ. Tolman, directeur du Musée américain de sécurité, avec préfaces de M. Carnegie et de M. Levasseur. Paris» Yuibert et Nony. 1 vol. in-40. Prix : 6 francs.
- Comme le dit fort bien M. Carnegie, ce sont les individus qui peuvent seuls résoudre le problème social. M. Tolman a voulu dans son livre signaler quelques-unes des initiatives individuelles qui sont dès maintenant possibles à chacun pour « laisser le monde un peu meilleur qu’il ne Ta trouvé. » Le contenu du livre ressort fort bien de la table des matières que nous résumons brièvement : L’augmentation du rendement. — L’hygiène et le confort à l’usine. — La protection contre les accidents du travail. — Le logement. — La sécurité en cas de chômage forcé causé par les accidents, la maladie ou la vieillesse, en cas de mort du chef de famille. Institutions mutualistes et patronales. — Les formes modernes du salaire. La participation aux bénéfices. L’épargne. — L’instruction. — La récréation. — L’amélioration industrielle et le développement des agglomérations ouvrières. —• Les organes de direction. Une nouvelle profession : le secrétaire social. Les conseils d’ouvriers. Le « Suggestion System. »
- Introduction à Vétablissement des lignes aériennes de transports d'énergie électrique, par Octave Cahen. H. Dunod et E. Pinat. In-8° de vi-3o8 pages, avec fig. Prix : 9 francs.
- Dans un premier chapitre, l’auteur expose l’état actuel dé la législation concernant les distributions d’énergie ; la dernière réglementation date de mars
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- BIBLIOGRAPHIE
- ÜÉ
- igM
- 1910. Dans un chapitre suivant, il donne la classification et un résumé de la législation des voies du domaine public qu’empruntent ou traversent toutes les distributions électriques. Il fait suivre cette législation des études suivantes : i° piquetage; 20 recherche des autorisations particulières; 3° recherche des autorisations administratives; 4° forme de la demande.
- Cours élémentaire d'électricité industrielle, par P. Ro-berjot. H. Dunod et Pinat. In-16 de xii-352 pages, avec 368 figures. Prix : 4fr,5o.
- Le livre de M. Roberjot se recommande par sa clarté. Il étudie successivement l’énergie et les diverses formes, les conducteurs, les générateurs et récepteurs électriques, les piles et accumulateurs, le - magnétisme et l’électromagnétisme, les voltmètres et ampèremètres, les dynamos, les électromoteurs,
- l’éclairage électrique, les courants alternatifs, les alternateurs et transformateurs, les alternomoteurs et termine par la téléphonie et le chauffage électrique.
- Aplicaciones expérimentales à la biologià de las pro-priedades de las soluciones coloidales, par Horacio Damiaxovich, professeur de chimie physique à l’Université de Baenos-Ayres. 1 broch. 48 p- Buenos-Ayres, 1910. Imprenta « Juan A. Alsina ». Galle Mexico, 1422.
- Etude des champs de force dans les solutions colloïdales, et des phénomènes qui en résultent, division, segmentation, groupement de substances, phénomènes analogues à ceux que présente la cellule vivante. L’ouvrage se termine par une intéressante étude de l’action de certaines solutions colloïdales sur la germination, et sur les micro-organismes.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉBALES
- Lundi 9 janv. 1911 . 1°,3 S. 3. Pluie. 5,0 Couvert; pluie le malin et le soir de 21 h. 45 à 24 h.
- Mardi 10 1°.8 N. N. W. 4. lieu u. 0,2 Pluie cesse à 0 b. 35; gelée hl.; peu nuageux; brouill. Las à.21 h.
- Mercredi 11 . . . . — 2°,8 S. 2. Beau. » Gel. bl , givre, brume ; très nuageux ; couronne et'halo lunaire.
- Jeudi 12. . . . 1°.0 S. 0. Pluie, grésil. 3,9 Pluie, grésil-et neige à diverses reprises; couvert; brouill. à 15 b.
- Vendredi 13 . . . —1°,0 N. 5. Beau. fi Beau; un peu de:grésil avant 6 b.
- Samedi 14 — 4°,6 N. N. E. 3. Beau. 0 Gelée blanche; givre; beau.
- Dimanche 13. . . . — 5°,0 N. N. E. 3. Beau. » Beau ; gelée blanche.
- JANVIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 JANVIER 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la me?'); courbe plus mince, thei'momètre à l'abri à boule sèche; coui'be en pointillé, thermo?nêt?'e à l’abri à boule mouillée.
- Du 9 au i5 janvier. — Le 9. Pression très élevée sur la moitié S. de l’Europe : Centre de la France, 780; S. de la Russie, 784; dépression dans l’extrême N. : Yardoe, 749. Pluies sur le N.-O.; en France : Cherbourg, 4; Boulogne, 3; Le Mans, 2; Paris, Charleville, 1. Temp. du matin : Kharkof, —i5°; Paris, ï; Palerme, i3; Puy de Dôme, —i°; moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 2°). — Le 10. Pression en hausse sur le N.-O.; Irlande, Bretagne, 779; dépression sur le N. de la Russie et la Scandinavie : Yardoe, 743. Pluies sur la moitié N.-O. de l’Europe; en France : Dunkerque, Toulouse, 20; Charleville, 11; Limoges, 3; Cherbourg, Paris, 2. Temp, du matin : Kharkof, —16°; Paris, 2; Alger, 12; Puy de Dôme, —2. — Le 11. Pression en baisse sur. l’O. : Dunkerque, 760. Pluies sur l’O. Temp. du matin : Vardoe, — io°; Paris, 2 ; Alger, ti; Puy de Dôme, — 4; moyenne à Paris : —o°,9 (normale : 20). — Le 12. Pression troublée sur l’O. et le N. : Le Mans, 745; Dunkerque, 746; fortes pressions des Açores aux Iles-Britanniques et à l’Islande. Pluie et neige sur le N.-O. de l’Europe; en France : île d’Aix, 17; Calais, 16; Cherbourg, 14 ; Brest, 11; Le Havre, 7. Temp. du
- matin : Haparanda, —-i6°; Paris, 1? Alger, 9; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris ; i°,t (normale : 2°). — Le i3. Hausse rapide sur l’O. : Irlande, 774; Bretagne, 766 ; dépression sur la Méditerranée occidentale. Pluies sur l’O. et le N.; en France : Le Havre, 16; Dunkerque, 14 ; Biarritz, 9;'Charleville, 7; Paris, 4; Toulouse, 2. Temp. du matin : Haparanda, — 160; Paris, —U Alger, 12; Puy de Dôme, —6; moyenne à Paris : o°,i (normale : 20). — Le i4- Fortes pressions de l’O. en extension vers le Centre : Yalencia, 771; Prague, 769; dépression sur la Méditerranée : Cagliari, 754, et sur l’Islande : Seydisfjord, 746. Pluies et neiges sur presque tout le continent; en France : Marseille, 53; Perpignan, 35; Boulogne, 8; Lyon, 5; Biarritz, 4* Temp-du matin : Uleaborg, — 160; Paris, —- 5 ; Puy de Dôme,
- — 11 ; moyenne à Paris : —2°,4 (normale : 20). — Le i5. Fortes pressions générales : Pays-Pas, 774- Neige et pluie sur le N. et le S. Temp. du matin : Charleville,
- — 90 ; Paris, — 5 ; Alger, 9 ; Puy de Dôme, — 2 ; moyenne à Paris : —2°,4 (normale : 20). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 14, à 10 h. 35 m. du soir.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « Là Nat II TÊ t> doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (~VJe}
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 1966 — 28 JANVIER 1911
- SUPPLEMENT
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- Emploi des solutions de phosphore pour l’analyse des gaz. — Nos lecteurs savent que, dans les analyses de gaz, pour absorber l’oxygène, on emploie le phosphore qui fixe rapidement ce gaz en s’oxydant à un état plus ou moins avancé suivant les conditions de l'expérience. Mais l’emploi du phosphore est assez désagréable, voire même dangereux; aussi a-t-on cherché à le remplacer par l’usage de solutions phosphorées, notamment de solutions de phosphore dans l’huile de ricin. On "prépare ce réactif en introduisant dans un ballon d’un quart de litre a3o gr. d’huile et 3 gr. de phosphore bien sec; on bouche légèrement, on chauffe au bain d’huile à 2000, on enlève du bain et on agite fortement jusqu’à ce que la dissolution soit complète en fermant solidement le ballon. Pour absorber l’oxygène dans un mélange gazeux avec cette dissolution, on l’introduit suivant les procédés habituels de l’analyse dans l’éprouvette contenant le gaz et on agite jusqu’à disparition de phosphorescence. On obtient ainsi des résultats très exacts et on évite le désagrément de l’emploi du phosphore en nature.
- Six minutes après l’arrêt de la voiture, la station, dont le rayon d’action est de 160 km, est prête à fonctionner.
- Capture d’un requin au Grau-du-Roi. — M. Maire, bibliothécaire à la Sorbonne, nous signale le fait suivant : « Des pêcheurs du Grau-du-Roi ont capturé récemment un squale de forte taille, d’une façon assez inattendue. Partis pour pêcher le thon à environ 2 milles de la côte, ils ont senti une résistance inusitée en voulant relever leurs filets après les avoir laissé traîner pendant quelques heures. Devant l’impossibilité d’y réussir, ils ont appelé à leur aide une des barques du même port qui rentrait. Les quatre hommes jjarvinrent à amener le filet jusqu’à la surface de l’eau. Ils s’aperçurent alors qu’un squale d’une grandeur démesurée s’y était pris, en poursuivant probablement un thon. En se débattant au contact des mailles, il n’avait fait que resserrer le filet, et malgré les énormes déchirures de celui-ci, il n’avait pu réussir à s’en tirer. Le filet était entortillé plusieurs fois autour de son corps, et c’est
- Saccharification de la cellulose. — On a mis de
- nombreuses fois en avant la possibilité de saccharifier la cellulose et d’en tirer de l’alcool par fermentation du glucose ainsi produit. La Nature a d’ailleurs à plusieurs reprises entretenu ses lecteurs des tentatives plus ou moins heureuses qui ont été faites dans ce but. Deux auteurs allemands, MM. Ost et Wilkening viennent de préciser les meilleures conditions de transformation de la cellulose en glucose par hydrolyse sulfurique. Elles consistent à dissoudre la cellulose dans l’acide sulfurique à 7a pour 100 à la température ordinaire (à raison de 100 parties de cellulose pour 1000 parties d’acide), à étendre avec de l’eau de façon à avoir de l’acide sulfurique à 3 pour 100, à chauffer unè heure à iao° en autoclave, enfin à neutraliser la liqueur obtenue par le carbonate de chaux. La solution glucosique ainsi préparée peut être concentrée ou mise à fermenter. Le rendement en glucose est à peu près théorique ; la fermentation fournit 83 pour 100 de la quantité théorique d’alcool. Ces indications pourront peut-être faciliter les essais qu’effectuent de nombreux auteurs pour obtenir dans de meilleures conditions économiques l’alcool dont les applications se développent de plus en plus.
- Station de télégraphie sans fil pour la cavaleri allemande. — Le grand état-major allemand a l’inten tion de donner à chaque division de cavalerie une auto mobile portant tous les appareils nécessaires à là télé graphie sans fil. La voiture, construite comme un limousine, transporte 6 hommes, ainsi que le matérh d’un poste. En quelques minutes, le mât, agencé d’aprè le système télescopique, peut être mis en place et ancr eu sol, et un fil qui communique avec les appareil disposés à l’intérieur de la voiture est mis en place
- Requin capturé au Grau-du-Roi.
- ainsi que le squale fut pris. Les deux barques, marchant de conserve, gagnèrent péniblement le port ; heureusement que le temps était au beau et sans vent. Pendant le traînage le squale s’était asphyxié; il fut hissé avec beaucoup de peine sur le quai de la rive droite du canal où tout le monde pouvait le voir à l’aise. De passage pour quelques jours chez mon frère, médecin de la localité, je m’empressai de déterminer ce squale et d’en prendre un croquis. La longueur du corps depuis la pointe du museau jusqu’à l’extrémité de la queue mesurait 5,5o m. ; sa circonférence, après avoir été vidé de toute l’eau qu’il avait absorbée dans son traînage, mesurait encore, dans la partie la plus large de son corps, 3,5o in. ; son poids net était de 2î5o kg. On a retrouvé dans son estomac la moitié postérieure d’un thon dont l’autre moitié se trouvait à l’entrée du palais; ce thon, de forte taille, devait peser plus de 60 kg. Enfin dans les intestins se trouvaient les restes d’un dauphin presque digéré. La couleur de sa peau était gris-violet tirant sur l’ardoise, sur le dos jusqu’à mi-corps; par une dégradation lente cette couleur passait au blanc sale sous le ventre et sous le museau. Les dents étaient à
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- INFORMATIONS
- une rangée seulement, de forme triangulaire sur le devant de la mâchoire, plus aiguës vers le fond; elles étaient très finement dentelées. Par la forme de son museau faisant saillie, sa dentition, ses nageoires ainsi que les autres caractères de son corps, on reconnaissait la lamie (Lamia cornucobia). Les pêcheurs qui ont capturé ce squale l’ont exhibé pendant plusieurs jours à la foire de Nîmes qui se tenait à cette époque. Déjà, en 1874, j’avais vu à Avignon un grand squale, un requin franc, puisque les dents étaient sur une triple rangée. Il était venu s’échouer, après une forte tempête, sur la plage du Grau, en face du cimetière ; sa longueur dépassait 8,5o m. ».
- Voyage d’aéroplane avec 3 passagers. — Le
- 22 janvier, Weymann, sur biplan Farman militaire, a effectué avec 3 passagers, le voyage aérien Bouy-Reims et retour, avec escale à Reims.
- Aéroplane marin. — A San Francisco, le 19 janvier, l’aviateur américain Ely, montant un biplan muni de flotteur, a réussi à descendre au large sur le croiseur Pennsylvania.
- Les fouilles de Céphalonie. — M. Cawadias, député au Parlement grec, a tout récemment entretenu l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres des fouilles qu’il a fait exécuter à Céphalonie, dans la plus grande île de la mer Ionienne. Ses recherches out révélé trois étapes de civilisation suivie à Céphalonie : i° une civilisation néolithique (fouille à Crâne, près d’Argostoli) qui remonte à 3ooo ans au moins avant notre ère. Elle est reconnaissable par une poterie monochrome grossière et très primitive. Le peuple habitait dans des cabanes en bois ; il enterrait ses morts soit dans ces cabanes, soit dans l’espace compi'is entre les cabanes. Les tombeaux consistaient en de simples trous creusés dans le sol qui avaient une forme irrégulière, circulaire ou ellipsoïde; 20 une civilisation prémycénienne (fouille entre Cocolata et Menejata), qui remonte à 2000 ans au moins avant notre ère. Elle est reconnaissable par une poterie noire dépourvue de tout ornement. Les tombeaux ont une forme oblongue, rectangulaire; ils se composent de quelques plaques de pierre calcaire ; 3° une civilisation mycénienne (fouille, à Mazaracata) dont la date peut être fixée entre le xv° et le xe siècle siècle avant notre ère. Dans cette dernière fouille, M. Cawadias a fait des trouvailles intéressantes. Il a mis à jour des objets en or, en bronze, en pierre et en pâte de verre, une ceinture d’or, des agrafes de bronze, des épingles, des poignards, des pointes de flèches, des pierres gravées, etc., etc. Il a pu a'ussi faire des remarques très intéressantes sur le rite funéraire. Les morts étaient déposés accroupis dans la tombe. L’incinération des morts, ainsi que l’usage du fer, étaient inconnus. M. Cawadias a comparé en terminant le résultat de ces fouilles à des fouilles faites à Ithaque et à Leucade et en a conclu que Céphalonie doit être regardée comme la région la plus intéressante du royaume d’Ulysse.
- L’or en Î9S0. — Après l’accroissement si rapide et si continu qui avait marqué les dernières années, la production mondiale de l’or en 1910 est restée presque exactement au chiffre de 1909 : 2274 millions contre 2272. Cependant le Transvaal a gagné 20 millions pour atteindre 875 millions ; mais les autres grands producteurs ont diminué un peu ; 480 millions contre 498 aux Etats-Unis ; 325 contre 355 en Australie. Dans la production américaine, le premier rang revient à la Californie (io5 millions) ; puis viennent le Colorado (100 millions); le Nevada (90 millions).
- La téléphotographie à l’aide des rayons cathodiques. — Les rayons cathodiques, grâce à l’instantanéité de leur déviation électromagnétique, permettent la construction d’un récepteur téléphotographique exempt d’inertie. MM. Dieckmann et Clage1 utilisent la disposition suivante : un faisceau de rayons cathodiques est délimité par un diaphragme muni d’un trou fin. Le style du transmetteur lance dans quatre électro-aimants, deux composantes de courant qui agissent sur le faisceau
- 1. V. Baumann, Zeitschr.f. Sckwachstromt., n° 22, 1910.
- cathodique de façon à lui faire exécuter, simultanément avec le style, les mêmes mouvements que ce dernier. Aussi le rayon lumineux excite-t-il dans une substance convenable, telle que la craie, une fluorescence laissant dans l’œil de l’observateur l’impression d’une ligne lumineuse qui embrasse les différentes positions du point lumineux. Dans la disposition du transmetteur on se sert d’un artifice employé depuis longtemps en télau-tographie, en décomposant le mouvement du style en deux composantes converties en intensités de courant. La modification suivante de ce pi'océdé présente une certaine importance pratique ; une petite dynamo reliée à un régulateur de voltage engendre des courants qui excitent lés électro-aimants de façon à faire exécuter aux rayons cathodiques un mouvement vertical de va-et-vient continu, chaque mouvement individuel entraînant un petit déplacement latéral. C’est ainsi que le point phosphorescent explore, en environ 0,1 seconde, un carré de 3 cm X 3 cm. Par suite de la persistance des impressions lumineuses, l’œil a l’illusion de voir réellement un carré lumineux. Le transmetteur comporte également un carré de 3 cm X 3 cm exploré successivement par de petits balais métalliques, en synchronisme avec le carré du récepteur. Le temps nécessaire pour terminer une exploration entière n’est également que de 0,1 seconde. Une batterie est reliée d’une part aux balais métalliques, d’autre part, à travers la ligne, à deux bobines dévia-trices dont le fonctionnement est expliqué dans ce qui suit : Un petit patron métallique constitue l’objet qui doit être rendu visible à la station réceptrice, il est relié en avant du carré transmetteur et à travers la ligne télégraphique, aux autres bornes des deux bobines électromagnétiques. C’est ainsi que les balais minuscules explorent, les unes après les autres, les différentes portions du patron métallique, en fermant chaque fois le courant de ligne qui parcourt les bobines électromagnétiques. Ces dernières dévient le rayon cathodique déjà en avant du diaphragme, de façon à faire disparaître sur l’écran à chaque fermeture du courant le point phosphorescent. C’est dire qu’à chaque contact, à la station transmettrice, entre les balais et le patron métallique, tous les endroits correspondants du récepteur se présentent en noir et qu’une silhouette du patron apparaît en noir sur le fond lumineux. Gomme le point lumineux, après avoir exploré en 0,1 seconde l’ensemble des 9 cm2, recommence ces déplacements, la silhouette du patron, sur le carré récepteur, suit exactement et continuellement les mouvements exécutés par le patron du transmetteur. Dans cette disposition, 0,0002 seconde environ suffit pour engendrer un élément d’image. Afin d’éliminer les perturbations dues aux conducteurs de transmission, les auteurs de ce procédé ont l’intention d’utiliser les ondes électro-magnétiques, pour la transmission des impulsions.
- La plus haute cheminée du monde. — Ce serait, d’après le Bulletin des ingénieurs civils, la cheminée des usines métallurgiques de la Boston and Montana Cop* per and Silver Mining C°, à Great Falls-Montana (Etats-Unis). Cette cheminée mesure i54,3o m. de hauteur au-dessus du niveau du sol, son diamètre est de 22,58 m. à la base,Cet de 15,25 m. à la partie supérieure. Elle a été calculée en vue de pouvoir doubler éventuellement la puissance de l’usine; elle peut évacuer par minute 112 000 mètres cubes de gaz à 3oo° C. Le volume actuel n’est que de 56000 mètres cubes. Ces gaz sont les gaz des fours de fusion du cuivre. La cheminée est à 600 m. de la salle des fours, et sa base est à 72 m. au-dessus du niveau de cette salle. La construction des fondations a commencé en 1907; celle du fût le 7 avril 1908, le couronnement était posé le 23 octobre de la même année. On a employé, pour le fût seul, i3 000 tonnes de briques de formes spéciales, 3075 barils de ciment, 3155 mètres cubes de sable et 200 tonnes de ciment à l’épreuve de l’acide. Quant aux fondations, qui sont en béton, elles ont exigé 5200 barils de ciment, i5oo mètres cubes de sable, 3ooo mètres cubes de laitiers broyés. Voici une autre cheminée remarquable sur laquelle un de nos lecteurs, M. Fayn, d’Anvers, nous communique d’inte-ressauts détails ; c’est la cheminée en briques de l’usine de désargentation d’Hoboken, près d’Anvers. Cette cheminée mesure iz5 m. de haut; son diamètre à la base est de i3 m., à la crête 4 m. Le soubassement a 20 m-de diamètre.
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- Couveuse industrielle à grande production. — L incubation artificielle a fait, durant ces dernières années, de sérieux progrès ; mais en raison du développement sans cesse croissant de la consommation de la volaille, nécessitant l’orientation de l’aviculture dans le sens industriel, il est certain que les méthodes d’incubation des œufs, permettant de réaliser en grand l’éelo-sion, exigent des recherches pour déterminer, d’une façon précise, dans le sens pratique, les conditions à observer en vue de l’exploitation rationnelle de cette industrie.
- A ce point de vue, les expériences qui ont été faites récemment, au Jardin d’Acclimatation, à Paris, présentent un réel intérêt. Ces expériences, dues à l’intelligente initiative de M. Lourdel, de Reims, inventeur d’un système breveté de couveuse industrielle à grande production, mettent en lumière la valeur pratique d’une méthode d’incubation artificielle basée sur l’observation même des éléments qui président à l’incubation naturelle.
- Depuis des milliers d’années, les Egyptiens utilisent un procédé leur permettant, avec des frais restreints, de produire des milliers de poussins, et les Chinois eux-mêmes mettent en pratique, depuis longtemps, un mode d’incubation des œufs de cane, à l’aide duquel ils parviennent à obtenir l’éclosion de grandes quantités d’œufs. Avec les systèmes de couveuses actuellement employés en France, on ne peut mettre plus de 3oo œufs en incubation; il est donc nécessaire d’utiliser plusieurs couveuses pour conduire l’opération industriellement,
- Fig. i.— Coupe verticale longitudinale d’un étage de la couveuse.
- d’où frais élevés en achat de machines, chauffage, conduite, etc.
- Le problème consistait donc à imaginer une couveuse de grande capacité, adaptée aux pratiques industrielles, et permettant de réduire au minimum les frais d’exploitation. Toutes les couveuses actuellement en usage en Europe et en Amérique fournissent aux œufs de la chaleur rayonnante, mais celle-ci ne suffit pas pour l’éclosion, il faut aussi de l’air pur — l’embryon respirant à travers la coquille — et c’est là le point , faible des couveuses à rayonnement. Une bonne ventilation est d’autant plus difficile à réaliser, que l’appareil est plus grand. Peu importe la façon dont les œufs reçoivent la chaleur, le point essentiel est que les embryons puissent avoir à leur disposition, au moment voulu, le nombre de calories nécessaire à leur développement. Partant de ce principe, on peut recourir à des modes de transmission de la chaleur autres que le rayonnement, et notamment à la conduction, comme le font les oiseaux, imités, d’ailleurs, par les Chinois, qui entourent les œufs de cane avec de la balle de riz chaude, et réchauffée ensuite, de temps en temps, dans des chaudières.
- Suivant le principe de physique, la chaleur peut se transmettre également par convection, le foyer et le corps froid baignant dans le même fluide, l’air par exemple, les molécules de ce fluide se chargent de calorique au contact de la source de chaleur, puis, vont frapper le corps à échauffer et lui cèdent ce calorique, produisant ainsi'une conduction au second degré.
- Ce mode de chauffage permet de résoudre, dans l’incubation artificielle, le problème de l’aération. La chaleur spécifique de l’air étant, à masse égale, environ cinq fois plus faible que celle de l’œuf, et sa densité à peu près 774 fois plus petite, si on l’emploie comme véhicule de la chaleur, il en faut un volume tellement
- considérable que les embryons reçoivent une ventilation bien plus que suffisante.
- Enfin, pour des œufs contenant des embryons vivants, le dessèchement n’est pas à craindre, car il est plutôt
- Fig. 2. — Coupe transversale d’une couveuse à trois étages, suivant la ligne AA' de la figure r.
- nuisible d’humidifier l’air chaud, même légèrement, pendant la première moitié de l’incubation.
- C’est sur ces principes qu’est basée la nouvelle couveuse à grande production imaginée par M. Lourdel, dans laquelle le courant est distribué sans parcimonie et atteint continuellement tous les œufs à la fois. Il s’agit, en somme, d’une couveuse dans laquelle les œufs sont soumis à un courant d’air chaud, provenant d’un calorifère fixe, installé en contre-bas de la couveuse. Un tuyau amène ce courant sur uu des côtés et un peu au-dessus du tiroir à œufs; il échauffe ceux-ci en les frappant directement ou en se diffusant plus ou moins complètement dans l’atmosphère qui les entoure ; puis, l’air chaud va se perdre au dehors. Un des caractères essentiels de cette invention consiste en ce que la vitesse du courant d’air doit être assez grande pour que l’atmosphère qui entoure les œufs soit toujours agitée ; afin d’éviter le refroidissement et de fournir aux embryons la chaleur nécessaire à leur développement normal, un nouvel afflux d’air provenant du calorifère doit remplacer rapidement celui qui a cédé sa faible provision de calorique. Dans la seconde partie de l’incubation, lorsqu’au contraire les embryons dégagent de la chaleur, on peut, sans inconvénient, diminuer le volume d’air passant sur les œufs.
- La figure 1 représente une coupe verticale longitudinale d’une couveuse à uu étage; les figures 2 et 3 représentent des coupes transversales suivant les lignes A A’ et B B' de la figure t, respectivement d’une couveuse à trois étages.
- Une caisse 1, construite eu matériaux isolants, est munie de deux couvercles mobiles 2 et 3 et divisée en étages par des cloisons horizontales 4- Vers l’une des extrémités de chaque étage de cette caisse, se trouve un tuyau 5 percé d’une fente 6, ou de trous rapprochés pour répartir l’air chaud uniformément sur toute la largeür du plafond. A l’autre extrémité de la caisse se trouve une fente 7, de même largeur environ, par laquelle s’échappe l’air chaud à sa sortie de l’appareil.
- Les œufs sont placés dans les tiroirs 8, que l’ou peut, au moyen de cales 9 et 10, incliner plus ou moins, selon la grosseur des œufs, les besoins de l’incubation et la vitesse du courant d’air. Inversement, le tiroir peut être horizontal et le plafond 4 en pente; l’un et l’autre
- Fig. 3.
- Coupe transversale d’une couveuse à trois étages,
- suivant la ligne BB' de la figure r.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- peuvent même être horizontaux. Le tiroir peut être à claire-voie et suspendu au plafond, et sa longueur croître avec la rapidité du courant d’air, la différence des températures à l’entrée et à la sortie étant d’autant moins grande qu’il s’écoule un plus fort volume d’air dans un temps donné. Suivant les cas, la ventilation peut être naturelle ou artificielle. Il est possible de superposer plusieurs caisses semblables isolées l’une de
- Fig. 4. — Yue de la couveuse industrielle.
- On retourne les ceufs du tiroir supérieur.
- Dans la couveuse, on voit, en place, le tiroir extérieur.
- l’autre en n’ayant de commun que la chambre de distribution d’air chaud et le conduit de dégagement de cet air ; on a alors une couveuse à étages permettant de traiter une grande quantité d’œufs dans un espace restreint. On peut aussi employer une seule caisse divisée en plusieurs compartiments par de simples planches.
- Dans ce cas, la chaleur d’un étage influence toujours l’étage supérieur et échauffe plus ou moins les œufs à leur partie inférieure; néanmoins, on obtient ainsi de bons résultats en abaissant légèrement la température de l’air envoyé dans la couveuse. On peut même faire alterner les entrées et les sorties, de telle sorte que les œufs placés à la sortie d’un tiroir reçoivent le plus possible de la chaleur perdue par l’étage inférieur.
- Dans les expériences faites au Jardin d’Acclimatation avec une couveuse de 1000 œufs, répartis dans deux tiroirs superposés, on obtint 724 poussins très vigoureux. Pour faciliter le déplacement, et le retournage des œufs, on placerait dans le tiroir, des casiers contenant chacun une centaine d’œufs; de la sorte, une seule personne pourrait préparer l’éclosion de 10000 œufs.
- Dans cette couveuse à grande production, le chauffage est obtenu au moyen du gaz de houille, procédé le plus pratique pour un appareil de cette contenance. La dépense est évaluée à 3 centimes en moyenne par poussin éclos. Avec le gaz fourni par un carburateur à essence, le résultat serait à peu près le même. L’acétylène ne serait pas utilisable à cause de son prix élevé et de l’impossibilité de brancher sur un régulateur de température, les brûleurs de Bunsen qui en consomment. L’électricité serait préférable à tout autre mode de chauffage, mais le prix en serait encore trop élevé. Cependant, on pourrait l’employer pour le chauffage mixte, mais elle ne serait pas économique pour les couveuses de a5o, 5oo, xooo et 2000 œufs. Dans le cas d’un couvoir industriel traitant à la fois de grandes quantités d'œufs aux diverses périodes de l’incubation, il y aurait lieu de produire d’abord de l’air à 3o° ou 35° dans un calorifère chauffé à la houille, le courant serait alors dirigé sous les petits calorifères placés au-dessous de chaque appareil, où il n’aurait plus qu’à acquérir quelques degrés pour être utilisé ensuite. On arriverait ainsi à abaisser très notablement le prix de revient du poussin.
- Jusqu’ici, les couvoirs industriels, encore peu répandus, ont produit exclusivement des poussins de races sélectionnées, payés assez cher par la clientèle spéciale. 4 .
- Enfin, la demande d’œufs frais pendant la mauvaise saison étant de plus en plus active, on n’a pas à craindre la surproduction ni l’avilissement des cours, et grâce à
- ce nouveau procédé d’incubation, la production et le commerce des poussins peuvent donner lieu à une industrie appelée à un brillant avenir.
- *> Objets utiles
- Appareil plisseur. — Comment confectionner chez soi rapidement et sans fatigue, ces ornements, jabots ou autres, aux mille plis élégants? Le petit appareil que nous allons décrire paraît devoir rendre fort aisé ce travail un peu délicat. Il comporte un simple plateau en cartonnage épais garni d’une série de lamelles en parchemin sur lequel on applique le tissu; on le place très à plat, en ayant soin de dégager le bas, de façon que l’étoffe puisse monter librement ; avec l’un des couteaux dont est garni l’appareil, on introduit l’étoffe entre les lamelles successives. Ceci terminé, on applique sur l’étoffe une feuille de papier, et l’on appuie à l’aide d’un fer bien chaud. On laisse refroidir, on dégage le tissu en tirant de bas en haut. Le plissage est terminé. La machine comporte une série de couteaux qui permettent de donner plus ou moins d’ampleur au plissé. — La plisseuse est vendue 6rr,g5 chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- **> Sauvetage
- Bouée de sauvetage lumineuse. — Quand un homme tombe à la mer par une nuit sombre, il est matériellement impossible de lui porter secours. Il lui est impossible de distinguer la bouée de sauvetage que ses compagnons de bord ont lancée dans sa direction, même si elle est tombée à peu de distance de lui. Un inventeur
- Bouée de sauvetage lumineuse.
- anglais a proposé à l’Amirauté britannique un engin qui sera bien accueilli par la navigation. C’est une bouée de sauvetage qui, bien que ne pesant que 20 livres, peut permettre à quatre naufragés de se maintenir à la surface de la mer. Elle comporte quatre lampes à incandescence, deux sur chaque face, qui s’allument dès que la bouée prend la position horizontale. Des essais satisfaisants ont eu lieu récemment dans une piscine publique de Londres, en attendant les épreuves définitives, qui s’exécuteront en pleine mer.
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- Le sulfitage des vins à la petite propriété. —
- Depuis les expériences comparatives faites de 1901 à 1907, au laboratoire et à la propriété, par MM. Dupont et Yentre, le rôle important et multiple de l’acide sulfureux en vinification a été démontié d’une façon si évidente qu’un certain nombre de propriétaires de grands vignobles se sont empressés de recourir à ce bienfaisant agent qui, aux doses restreintes autorisées par la loi, est, à la fois, antiseptique, anlidiastasique, clarifiant et microbicide, sans la moindre nocivité.
- Jusqu’ici, dans la pratique courante, l’acide sulfureux est employé sous deux formes : anhydrique sulfureux liquéfié et acide sulfureux solidifié, c’est-à-dire combiné à des bases alcalines, chaux, soude, potasse, pour constituer des sels cristallisés : sulfites, métabisulfites, lesquels, à l’état de pureté, en contiennent environ la moitié de leur poids. Mais en dépit des avantages qui en résultent, le sulfitage, ainsi qu’il arrive souvent au début d’une découverte, n’est encore l’apanage que d’une élite de viticulteurs dont l’esprit plus ouvert aux progrès de la science œnologique, les adopte de confiance et s’efforce à les réaliser. On estime, cependant, qu’en l’espace de deux ans, la campagne de sulfitage entreprise par MM. Ventre, Dupont et Andrieux a gagné à ce traitement plus de 10000000 d’hectolitres.
- Derrière cette avant-garde éclairée, il reste la masse des vignerons, des petits viticulteurs d’autant plus inféodés aux coutumes ancestrales que leurs connaissances scientifiques ainsi que leurs ressources sont plus légères; aussi, est-ce parmi ces producteurs si intéressants à tant d’égards qu’il faut faire pénétrer cette nouvelle méthode de vinification par une incessante propagation, afin de les délivrer de la plus grande partie des aléas qui grèvent parfois si lourdement leur récolte.
- C’est, d’ailleurs, le but qu’a poursuivi et qu’atteindra certainement un ingénieur agricole, M. Roland de la Celle, si la brochure1 qu’il vient de publier trouve chez les viticulteurs le large accueil auquel lui donnent droit la clarté, l’esprit pratique et l’impartialité qu’il a apportés dans sa rédaction et dans l’exposé des résultats soumis au contrôle de ses propres expériences, car l’auteur,
- ce qui ajoute encore à son crédit, est propriétaire viticulteur.
- Ne pouvant entrer dans les détails, je dirai simplement que, pour le sulfitage, M. Roland de la Celle préfère à l’anhydride sulfureux liquéfié le métabisulfite de potasse, parce que son affusion sur la vendange à l’état de solution dans l’eau chaude ou le moût de raisin peut paraître au vigneron d’un emploi plus facile que celui d’un tube en acier et d’appareils doseurs. Pour se conformer aux exigences de la loi, il ne recommande que 20 grammes de métabisulfite par hectolitre. Le premier remontage, d’une durée de trois quarts d’heure, a lieu aussitôt la cuve pleine de vendange, et le deuxième le lendemain; on effectue encore deux remontages les deux derniers jours avant le décuvage. Mais lorsque la cuve est remplie en deux jours, on sulfite aux 2/3 ou aux 3/4 le premier jour, et on fait trois remontages au lieu de deux.
- M. Roland de la Celle a conclu de ses expériences que les avantages du sulfitage au métabisulfite de potasse, sur les vins ordinaires rouges et blancs, les seuls qu’il ait bien étudiés et qui intéi’essent plus spécialement les petits viticulteurs, égalent ceux de l’anhydride sulfureux liquéfié. Ils se traduisent par la suppression de la casse et des maladies telles que pousse, tourne, piqûre, graisse ; une augmentation de la couleur des vins rouges de 20 à 25 pour 100; une limpidité bien plus rapide, souvent même dès le mois de novembre; une augmenta-' tion de 4/1 o à 8/10 de degré alcoolique; une finesse, une franchise et une fraîcheur de goût beaucoup plus prononcées, et, comme à ces qualités s’ajoute encore une solidité plus grande, il s’ensuit que les vins sulfites acquièrent par là une plus-value de deux et trois francs par hectolitre sur ceux qui ne l’ont pas été.
- Il y a donc lieu de souhaiter que le sulfitage au métabisulfite, qui est une opération très simple, se propage rapidement à la petite propriété pour que le vigneron, en possession d’un vin de bonne qualité et solide, ne le cède plus à des prix de misère dont profitent seuls d’éhontés spéculateurs, mais puisse le conserver jusqu’au jour où des cours loyalement établis lui en donnent un prix justement rémunérateur. A. Truelle.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Hygiène et chauffage. — Il est reconnu que le seul mode de chauffage susceptible d’être complètement approuvé par l’hygiène est celui par rayonnement, c’est-à-dire la flamme à luminosité joyeuse pétillant dans la cheminée. Une cheminée bien construite, munie d’un tablier de tôle pour activer au besoin le tirage, chasse au loin toute fumée, éloigne tout gaz incommode ou nuisible et non seulement n’altère pas la composition de l’air de l’habitation, mais encore établit la plus régulière et la meilleure des ventilations, la ventilation par appel. La cheminée qui tient, comme le dit un vieil auteur, « si dolce compaignie » est d’invention française, et il est certain que l’on n’aurait pas cherché à supplanter son action, si elle était aussi économique que salubre. Les célèbres expériences du général Morin ont démontré qu’une cheminée ouverte n’utilisait guère que les i3/ioo de la chaleur développée, le reste s’enfuit au dehors, en pure perte.
- Les calorifères à air chaud, à vapeur ou eau chaude, à cause de leurs gros frais d’installation, ne servent guère qu’à chauffer les édifices publics ou de spacieuses et somptueuses demeures. Parmi les nombreux, les très nombreux poêles qui se disputent la faveur du public, le poêle en faïence est encore le moins mauvais, surtout s’il est placé dans une vaste pièce ou dans un vestibule ou antichambre. Tout poêle, quel qu’il soit, est, en effet, un appareil plus ou moins complet de viciation de l’air parce qu’il n’entretient dans la pièce qu’une faible ventilation; pour peu que soit tournée la clé destinée à
- 1. Nouveaux Procédés de Vinification par la sélection artificielle des levures et la destruction des ferments de maladie avec l’emploi rationnel du métabisulfite de potasse. — Chez l’auteur, à Saint-Amour (Jura).
- diminuer le tirage, déjà faible, les produits malsains de la combustion refluent immédiatement dans le local. Quant aux poêles en fonte, on doit les rejeter en raison de leur perméabilité par l’oxyde de carbone à haute température.
- Convenablement installées, les cheminées-poêles, les cheminées dites à la prussienne, etc., participent aux avantages économiques de la chaleur par contact tout en empruntant au chauffage par cheminée ordinaire les avantages d’un calorique rayonnant et ventilateur. Il n’en est pas de même pour les poêles mobiles, portatifs, américains, etc., qui exigent une grande surveillance, parce que dans ces sortes d’appareils, la combustion du charbon, s’opérant de bas en haut, l’acide carbonique produit se transforme presque entièrement en oxyde de carbone. Leur transport d’une pièce à une autre entraîne également, malgré les précautions prises, un échappement de gaz toxiques et ils ne peuvent être exactement assujettis aux tabliers de cheminées. Même construit en tôle et adapté par un long tuyau à une cheminée reconnue pour avoir un excellent tirage, le poêle économique est toujours malsain, du moins dans nos appartements ordinaires.
- N’importe quelle économie réalisée dans le chauffage ne saurait s’opérer qu’au détriment de l’oxygène de l’air; or, l’oxygène n’est pas seulement l’élément de la combustion du feù, il doit aussi assurer une combustion autrement importante, la combustion vitale. Par conséquent, un chauffage selon l’hygiène ne doit pas brûler cet élément primordial de la vie, mais il doit amener, par la ventilation, une certaine quantité d’oxygène supplémentaire, venu du dehors, dans nos appartements clos de toutes parts. Il découle qu’en cette matière
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- HYGIENE ET SANTE
- l’épai’gne n’est point d’accord avec notre santé et qu’il vaut mieux donner la préférence à la rationnelle cheminée ordinaire pour si coûteux que soit ce mode de chauffage. Les Anglais, en gens pratiques, agissent ainsi même pour le chauffage de leurs hôpitaux.
- Il faut aussi se garder de tout appareil de chauffage dont le tirage est insuffisant ou incomplet. Une expérience du professeur Grehant a montré qu’un chien placé dans une pièce vitrée de io niètres cubes avec un semblable poêle, mourut en une heure et demie empoisonné par l’oxyde de carbone. Outre l’oxyde de carbone, les poêles sans tuyaux, ainsi que tous les poêles mobiles ou non, dont le tirage est insuffisant, les poêles à gaz sans communication suffisante avec l’air extérieur, etc., dégagent encore une grande quantité d’acide carbonique, également fort nuisible au jeu de la respiration et par suite à la santé.
- Il nous parait bon, puisque nous- parlons plus haut des conséquences, parfois mortelles, que la fuite de gaz délétères provenant de fourneaux ou de poêles d’un tirage imparfait, peut occasionner à notre organisme, d’indiquer les propriétés toxiques de chacun de ces gaz, oxyde de carbone et acide carbonique. Beaucoup de personnes font, en effet, confusion.
- L’on sait que chaque fois que du charbon brûle en excès au contact de l’air, il se dégage de l’oxyde de carbone qui est toujours mélangé d une certaine quantité d’acide carbonique. Mais l’on se figure que la flamme d’un bleu pâle que l’on remarque au sommet de la partie en combustion, est de l’acide carbonique, alors que c’est réellement de l’oxyde de carbone. Or, l’acide carbonique ne se produit que bien après la naissance de la flamme, sous l’action de l’air; il est incolore, mais reconnaissable à son odeur caractéristique, qui est légèrement piquante, et à sa saveur aigrelette. Au contraire, l’oxyde de carbone est inodore; il n’en est pas moiûs dangereux. Il l’est même d’autant plus qu’il ne trahit sa présence que par ses funestes effets. Les malaises, les vertiges, les douleurs de tête, que parfois on éprouve, sont les premiers symptômes d’empoisonnement que longtemps on a attribué à l’acide carbonique, et dont l’oxyde de carbone était la véritable cause.
- Cependant, il ne faudrait pas croire à l’innocuité de l’acide carbonique. Ce n’est sans doute pas un gaz vénéneux; il asphyxie pourtant parce que les poumons, ne pouvant l’absorber d’une façon profitable pour l’oxydation du sang, il en résulte un arrêt des mouvements respiratoires, et par suite de la vie. Si une personne était placée dans l’atmosphère lourde et viciée de ce gaz, elle ressemblerait à une allumette que l’on plongerait enflammée dans l’acide carbonique. Mais, tandis que celle-ci s’éteindrait faute d’oxygène, chez l’homme, la mort ne serait qu’apparente ; la vie pourrait renaître en lui par les procédés de la respiration artificielle.
- L’asphyxie ou l’intoxication par l’acide carbonique ne s’explique que par le défaut ou l’insuffisance d’oxygé-
- nation du sang dans le poumon, lorsque le sang se trouve soustrait en totalité ou partiellement à l’influence vivifiante de l’oxygène. On s’étonne parfois de la rapidité avec laquelle l’asphyxie et l’intoxication portent la mort dans les plus fortes constitutions, c'est qu’on oublie que le sang parcourt en quelques minutes le système circulatoire, et qu’en quelques minutes aussi les éléments qui le constituent acquièrent et perdent le pouvoir de régénérer les diverses parties de l’organisme. Les poumons, la peau dégagent de l’acide carbonique, donc assez rapidement l’air d’une pièce où il n’existe pas de bouche d’aération, peut être vicié, à tel point que l’hématose ne se produisant plus, l’asphyxie ou la mort survient surprenante et vertigineuse ; elle est encore plus rapide si la pièce est saturée d’oxyde de carbone qui a une action stupéfiante sur le système nerveux central.
- Un mot maintenant sur les combustibles. Parmi les combustibles, le bois (a5oo à 3ooo calories) est celui qui produit la chaleur la plus régulièrement douce et agréable, surtout si c’est du bois de chêne ou de hêtre bien sec. La houille (7000 à 85oo calories) brûle incomplètement et émet des vapeurs sulfureuses, dues aux pyrites qu’elle contient ; si elle est grasse, elle a cet autre inconvénient d’un dégagement trop intense de^ fumée. Le coke (7000 à jüoo calories), quoique rerélant beaucoup d’oxyde de carbone, est un bon combustible de cheminée, lorsqu’il brûle au fond d’une grille .bien conditionnée, c’est-à-dire dont la disposition défend aux émanations de se rabattre dans la pièce. Les briquettes perforées donnent une chaleur saine et économique et pas sans gaîté. La tourbe (3ooo à 35oo calories), et la tannée sont de médiocres combustibles dégageant, en outre, une odeur des plus désagréables. Quant au chauffage par le gaz (io5oo à n 000 calories), il est ou insuffisant ou asphyxique quand il n’est en plus fort cher; son usage ne se comprend que pour les pièces où il est nécessaire d’élever la température rapidement et en peu de temps. Les bons appareils à gaz ne sont pas non plus des plus nombreux.
- Dans toute pièce où l’on se tient d’une façon constante, doit être placé un thermomètre lequel, autant que possible, ne devra pas marquer moins de i3° et plus de i5° G. Une température plus élevée occasionne des congestions, des hémorragies, de la faiblesse et pour le moins une diminution singulière de la résistance de l’organisme aux impressions météoriques, tandis qu’une température inférieure à i3° peut causer des rhumatismes, des névralgies et des rhumes. Les docteurs et les hygiénistes indiquent également que la chambre à coucher doit être toujours munie d’une cheminée, mais qu’on ne doit pas y entretenir un feu constant, seulement matin et soir, durant vingt minutes, allumer.une’ flambée de petit bois sec, et cette flambée terminée, abaisser ensuite complètement le rideau.
- M. Bousquet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment choisir une huile de graissage. — Les
- points essentiels sur lesquels il faut porter son attention dans le choix d’une huile de graissage, sont : la neutralité absolue, la viscosité, le point d’inflammabilité.
- i° La neutralité absolue est l’indice d’un raffinage parfait et d’une épuration complète ; l’huile ne contenant ni acide, ni caustique, ne risque pas d’attaquer les sur-facès lubrifiées. On reconnaît la neutralité d’une huile, en la traitant au moyen d’une lessive de soude un peu forte; toute huile contenant des acides gras, se saponifiera en partie ou en totalité.
- 20 La viscosité à une influence sur la consommation, sur la résistance au frottement, et sur l’élévation de température des organes lubrifiés. Plus l’huile est visqueuse, plus la consommation est faible, mais plus la résistance au frottement et l’élévation de température sont grandes. C’est donc l’expérience qui permet dans chaque cas particulier de choisir entre ces deux termes contraires. La viscosité se détermine au moyen de l’ixo-mètre Barbey ou du viseosimètre Engler, dans lesquels on recherche, par rapport à un tableau comparatif, la
- quantité de centimètres cubes qui s’écoule à l’heure, à diverses températures, en général 35°, 5o°et ioo°. On a par exemple les chiffres suivants pris à ioo° : huile d’olive, 224; huile de colza, 169; huile à cylindre très visqueuse, 82.
- 3” Le point d’inflammabilité est le degré auquel l’huile dégage les premières vapeurs; il indique jusqu’à quelle température l’huile continue d’être lubréfiante, sans risque de brûler, ce qui occasionnerait des dépôts. Ce point est très important, en particulier pour les huiles destinées aux cylindres.
- Le point d’inflammabilité et le point de combustion, sont déterminés dans un vase ouvert chauffé au bain d’huile ou de sable. Le point d’inflammabilité est le degré auquel l’huile dégage les premières vapeurs qui s’enflamment au contact d’une mèche allumée; le point de combustion est le degré où l’huile elle-même prend feu au contact de cette même mèche. On a pu, pour certaines huiles à cylindre, avoir un point d’inflammabilité à 33o° et un point de combustion à 38o°.
- Capitaine D.
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — A propos de l’article : la construction mécanique en Allemagne (n° 1961, ier janvier 1 g 11 ), M. Thirion, ingénieur E. C. P., nous adresse une lettre fort intéressante dont nous extrayons les considérations qui suivent :
- « L’article de M. Villers fait une fois de plus ressortir notre infériorité industrielle en général et particulièrement dans la construction mécanique. Ce fait paraît dû à une cause primordiale :
- « Notre insuffisante instruction pratique, qui se manifeste dans toutes les catégories de l’instruction : professionnelle, secondaire, technique supérieure.
- « Les ouvriers dépourvus d’enseignement professionnel et de connaissances théoriques, ne sont que d’inconscients collaborateurs des bureaux d’études avec lesquels ils manquent de compréhension, d’entente et de cohésion..
- « Les acheteurs les mieux instruits sont nourris de cette instruction secondaire essentiellement artistique et antipratique, qui les éloigne le plus possible des réalités ; ils restent dépourvus de moyens sérieux d’appréciation personnelle. Ils jugent les machines sur l’apparence extérieure et sont plus exigeants sur l’esthétique que sur les qualités mécaniques....
- « Quant à l’instruction technique supérieure, elle est tout à fait insuffisante et, de même que l’apprentissage professionnel, elle se fait en quelque sorte sur le tas, dans la pratique même de l’industrie et, par conséquent, au hasard.
- « Les grandes écoles d’enseignement technique effleurent si légèrement les questions pratiques de construction mécanique, que leurs élèves sont beaucoup plus ignorants de ces questions que les dessinateurs industriels.
- « Ainsi, si l’ouvrier est imbu des préjugés que lui ont inculqués ses maîtres d’apprentissage, et de ceux qu’il s’est personnellement forgés, l’ingénieur, lui-même, n’acquiert qu’une pratique entachée du particularisme de l’établissement où il l’a acquise.
- « Comme on le voit, c’est, du haut au bas de l’échelle sociale, sur l’école mutuelle qu’est basé notre enseignement professionnel. C’est le conservatoire des préjugés et des errements du passé. »
- M. Thirion, pour remédier à cet état de choses, préconise la création d’écoles d’apprentissage professionnel et d’écoles régionales supérieures d’enseignement technique spécial.
- Pour le cas particulier de l’industrie mécanique, il semble, dit M. Thirion, que l’école technique qui lui fournira ses ingénieurs devra concentrer son enseignement sur les branches suivantes : A, moteurs thermiques et à vapeur; B, appareils hydrauliques et aéro-dynamiques ; C, machines-outils ; D, machines de filature et de tissage; E, appareils de levage; F, machines de précision et instruments de mesure; G, machines agricoles.
- Les élèves admis après concours sur un programme de connaissances générales, se perfectionneraient uniquement sur la mécanique générale et la -physique appliquée; puis se spécialiseraient sur une ou plusieurs des branches prévues ci-dessus.
- Renseignements. — Matières phosphorescentes : sulfures de calcium, de baryum, de strontium, chloro-phane (fluorure de calcium). La pâte au sulfure de calcium est peut-être la plus facile à préparer : calciner dans un creuset de terre un mélange de fleurs de soufre et de carbonate de chaux. Il faut un carbonate de chaux d’une nature particulière ; on en obtient un qui donne de bons résultats en calcinant des coquilles d’huîtres. Mélanger 3 parties de la substance ainsi obtenue avec 1 de fleur de soufre ; chauffer au rouge à l’abri de l’air. Voir pour plus de détails La Nature, n° 313, 3i mai 1879, p. 41 2.
- M. A. M., à Tourcoing. — Thermomètres avertisseurs : chez Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, Paris; chez Rousselle et Tournaire, rue de Dunkerque, Paris; Carpentier, 20, rue Delambre.
- M. A. F. S. — Lisez les ouvrages de Van Tieghem, librairie Masson, Paris. Voyez la Flore des Etats har-baresques, par Cosson, 2 vol. Prix: 3o francs. Librairie Masson, éditeur, Paris.
- M. P. de B., La Salle (Loire). — Le bois de Welling-tonia (Séquoia gigantea) est utilisable comme celui des autres résineux; mais il n’est pas facile d’en déterminer exactement la valeur commerciale et industrielle, non plus que les usages auxquels il peut se prêter. Cette essence, importée de Californie en France, est peu répandue; elle ne se rencontre pas à l’état de massifs forestiers, sous le climat français, mais plutôt comme essence isolée, dans les parcs d’agrément et les jardins paysagers ; elle ne figure pas sur la cote du commerce des bois, non plus que parmi les essences couramment employées dans les industries du bois. Toutefois, il y a tout lieu de penser que le Wellingtonia se prêterait à un débit et à des emplois analogues à ceux du sapin commun. Pour être fixé de façon certaine, tant au point de vue de la valeur, de la vente que de l’utilisation de ce bois, le mieux serait de consulter l’Inspecteur des Forêts de votre circonscription. Pour la vente, vous pourriez faire une offre à un spécialiste du commerce des bois; voici une adresse : M. Fernand Drouliin, 217, boulevard Voltaire, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les progrès ’ scientifiques et industriels en 1910 : L’astronomie: Jean Mascart. — La physique : A. Conté. — La chimie. — La météorologie. — La biologie : H. Toney. -— La zoologie : E.. Trouessart. — La botanique. — L’anthropologie. — La médecine : Dr A.. CartAz. — La géographie. — La mécanique, la force motrice : R. Bonnin. — L’électricité. — La géologie et l’industrie minière.; — La métallurgie. -— Les industries du froid. — Les chemins de fer. — Les travaux publics. —; L’art militaire. — La marine. — L’aéronautique.
- 'Supplément. — Record du prix d’aviation. — Mathématique amusante, etc. •
- Le Frigorifique. Histoire d’une invention moderne, par Ch..Telwer, ingénieur. 1 vol., 456 p. Librairie Dela-grave. Paris, 19x0. Prix : i5 francs.
- Le Frigorifique est ce navire, qu’en 1876, un inventeur génial, Ch. Tellier, eut l’audace d'équiper en vue de transporter en France les viandes de l’Argentine conservées par le froid sec. Ce mode de conservation
- et de transport a pris depuis une énorme extension; mais son créateur n’y a gagné que peines, déboires et ruine. Ch. Tellier nous conte, aujourd’hui, sans du reste la moindre amertume, par quelle série de travaux il fut ainsi amené à créer les transports frigorifiques ; il narre toutes les difficultés techniques, financières et humaines, qu’il eut à vaincre, et les multiples péripéties qui entourèrent la naissance de son œuvre; nul roman n’est plus attachant que cette autobiographie; en même temps nul livre n’est plus instructif, car de son expérience si douloureusement acquise au cours d’une vie de savant et d’ingénieur admirablement remplie, Ch. Tellier fait généreusement profiter ses lecteurs; frigoristes, mécaniciens et physiciens y trouveront les plus utiles enseignements historiques, théoriques et pratiques.
- La découverte du Pôle Nord, par R. Peary. In-8°. Nombreuses illustrations et 1 carte. Pierre Lafitte, éditeur. Paris, 19xi.Prix : 25 francs.
- Le 6 avril 1909, Peary a atteint le Pôle Nord. Son
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- BIBLIOGRAPHIE
- volume nous décrit dramatiquement la suite d’efforts surhumains développés dans ce raid effrayant. Les chenaux d’eau libre sont un permanent danger. L’un d’eux a englouti unmembrederexpédition, le jeune professeur Marvin. Nous reparlerons de ce beau volume dans un prochain article sur l’assaut du Pôle Nord.
- Contre l'alcoolisme, par J. Reina.ch. Fasquelle, éditeur. Paris, 1911. Prix : 3rr,5o.
- C’est le rapport du député des Basses-Alpes distribué aux membres des deux Chambres. Tous ceux que préoccupe le redoutable problème voudront lire cette forte et éloquente étude ainsi que les discours sur la même question, que M. Joseph Reinach a réunis dans le même volume. Ce livre aidera à la propagande et à l’enseignement anti-alcooliques, questions purement vitales pour la France.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1911, (47e année), par Camille Flammarion, i vol. in-16 illustré de 94 fig-, cartes et diagrammes. Paris. Ernest Flammarion, éditeur. Prix : ifr,5o.
- Ce volume contient, outre les positions quotidiennes des astres avec des cartes, des renseignements sur la physique, la météorologie, la géographie, les mouvements de la Terre, l’heure dans tous les pays, une notice explicative sur les pluies et les inondations actuelles, etc.
- Moteurs d’aviation et de dirigeables, par Ch. André. 1 vol. in-8, 102 fig. Geisler, éditeur. Paris, 1910. Prix, broché : 5 francs.
- Historique et généralités sur les moteurs légers. Monographies d’un grand nombre de moteurs pour dirigeables et aéroplanes.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o™,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 janv. 1911. — 5°, 4 N. 2. Beau. )> Beau; gelée blanche ; bruine le matin.
- Mardi 17 — 5°, 3 N. N. E. 2. Beau. » Beau; gelée blanche; givre; forte brume le matin.
- Mercredi 18 . . . . — 2°,0 N. N. E. 2. Couvert. T) Couvert; gel. bl. ; givre ; brouil. le m.; brume le s., bruine à 21\
- Jeudi 19 0°,2 S. 0. Couvert. » Couvert; verglas; brouillard le malin.
- Vendredi 20 ... . 2°,2 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert; brunie; bruine dans la soirée.
- Samedi il 0°,1 S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert; gelée blanche; bruine à 6-7 h.; brume.
- Dimanche 22 ... . 1°,1 W. N. W. 0. Couvert. ” Gelée blanche ; couvert ; brnme.
- JANVIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 JANVIER 1911.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri i boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 16 fau 22 janvier. — Le 16. Même situation barométrique : aire anticyclonique de l’O. à l’E. et profonde dépression dans l’extrême N. ; Bodoe, 736; Irlande, Nord de la France, Autriche, 776. Neiges et pluie sur le N. Temp. du matin : Arkhangel, —170; Paris, —5; Alger, 8; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : -— i°,8 (normale : 20). — Le 17. Pression très élevée sur l’O. et le Centré : Nord de la France, Belgique, 782; zone inférieure à 760 sur le N. Neige sur l’E. Temp. du matin : Arkhangel, — i5°; Paris, —3; Alger, 10; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris ; —o°,5 (normale : 20). — Le 18. Pression très élevée sur l’O. et le Centre : Irlande, 780; Nord de la France, 782; dépression sur l’extrême N. Neige sur la Finlande et la Russie. Temp. du matin : Arkhangel, —1 a0 ; Paris, —4; Alger, 11; Piiy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 2°,i). —Le 19. Baisse légère sur l’O. : Iles-Britanniques, 775 ; Brest, 780. Pluies dans quelques stations du N. et du Centre. Temp. du matin : Haparanda, —3°; Paris,
- o; Alger, i3; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : i°,i (normale : 2°,i). — Le 20. Baisse sur l’O. : Irlande : 773 ; N. de la France, 777 ; dépression sur l’extrême N. : 740. Neiges et pluies dans quelques stations du N. Temp. du matin : Moscou, — 170; Paris, 2; Alger, 12; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : 2°,2 (normale : 2°,i). — Le 21. Dépression assez importante sur le N.-O. : Christiansund, 744; anticyclone sur l’O. et le Centre : Prague, 77M Neige et pluie sur le N. Temp. du matin : Kharkof,—160; Paris, o; Alger, 11; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : o°,i (normale : 2°.i). — Le 22. Dépression sur le N. de la Russie et la Scandinavie, relèvement sur l’O. : îles Feroé, 774; Clermont-Ferrand, 772. Pluies sur les Iles-Britanniques. Temp. du matin : Haparanda, —6°; Paris, —1; Alger, 10; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : —i° (normale : 2°,2), — Phases de la Lune -. Dernier Quartier le 22, à 6 h. 3o m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Na.tU.re » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, "Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1967 — 4 FÉVRIER 19II
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Direction des ondes hertziennes. — Nous recevons de MM. Bellini et Tosi, les inventeurs du système de télégraphie sans fil dirigée, la lettre suivante qui contient d’intéressants renseignements sur les applications de leur système : « Dans votre numéro du 21 janvier igii, en résumant les progrès de la télégraphie sans fil en 1910, on a cité d’une façon pas tout à fait exacte les travaux de MM. Bellini et Tosi sur la direction des ondes. Le système Bellini-Tosi a eu déjà des applications pratiques, soit à terre, soit sur les bateaux, et les appareils installés ont donné toute satisfaction. En France, par exemple, l’administration des P. T. T. a installé un poste du système Bellini-Tosi à Boulogne-sur-Mer. Il est en service depuis le mois de janvier 1910 sans interruption et fonctionne parfaitement; le dernier rapport sur lé budget des Postes et Télégraphes qui mentionne ce poste indique qu’il a une loDgueur d’onde de 3oo m. et une portée d’exploitation de 3oo km et rend de très grands services. A bord, on a fait une application spéciale du système permettant de déterminer la position du bateau en temps de brume, au moyen de postes radiotélégraphiques côtiers. Le point est obtenu avec la même exactitude qu’on obtient quand, en temps clair, on fait le point avec les procédés ordinaires de navigation. »
- L’hélium et l’âge des roches. — Nous avons déjà mentionné l’application ingénieuse qu’on a voulu'faire des nouvelles théories sur l’évolution du radium au calcul de l’àge des roches. Strutt a même proposé une formule extrêmement simple, d’après laquelle, il serait développé par année 9,i3xio~8 cm3 d’hélium par gramme de U30s, ce qui permettrait de savoir exactement par une simple analyse chimique en quelle année a cristallisé un minéral. Cette théorie soulève des objections de tous genres. Récemment Piutti (le Radium, janvier 1911) en a mis en évidence une nouvelle qui suffit pour ôter toute valeur à la théorie de Strutt. Il a montré, en effet, comment des minéraux en fusion pouvaient absorber de l’hélium gazeux, ce qui explique la présence de l’hélium dans les minéraux non radioactifs comme la stibine. Tout ou partie de l’hélium renfermé par les minéraux peut ainsi avoir été englobé par eux dès l’origine. Et, comme, d’autre part, il suffit d’une chaleur assez faible, à laquelle les roches ont dû être fréquemment soumises depuis leur consolidation (4oo°) pour en extraire la plus grande partie dans le vide, la relation entre l’âge et la teneur en hélium n’est susceptible d’aucune précision et peut seulement être utilisée en gros pour ün groupe de minéraux très déterminé.
- Préparation de solutions colloïdales.— On a indiqué un grand nombre de préparations de solutions colloïdales de métaux, basées généralement sur la réduction des sels métalliques par diverses substances et dans des conditions déterminées. En dehors de l’intérêt scienti-
- fique qui s’attachait à la production de ces solutions, leur préparation pouvait avoir aussi un but pratique, puisque plusieurs de ces solutions de métaux colloïdaux, et notamment l’agent colloïdal, ont été employés en thérapeutique. M. Svedberg a indiqué un nouveau mode d’obtention de ces solutions colloïdales en appliquant la pulvérisation des métaux dans la lumière ultra-violette. Le métal, dont la surface est bien exempte d’oxyde, est placé sous une légère couche de liquident soumis aux rayons d’une lampe Heraeus placée à quelques centimètres au-dessus du liquide. L’argent, le cuivre, l’étain et le plomb donnent ainsi facilement des solutions colloïdales ; le platine, l’aluminium et le cadmium n’en donnent pas. Les expériences faites avec l’argent et le plomb au sein de l’eau, des alcools éthylique et isobuty-lique, de l’éther, de l’acétone, des acétates d’éthyle et d’amyle montrent que le nombre et les dimensions des particules colloïdales sont très variables et que la désagrégation dépend de la nature du liquide employé.
- Solidité à la lumière des colorants dérivés do goudron de houille. — On a prétendu de divers côtés que la solidité à la lumière des tapis teints avec des colorants artificiels ne pouvait égaler celle des tapis teints avec les colorants naturels; ce fait n’est exact que pour les colorants de mauvaise qualité. Par contre, la teinture du papier et du bois est moins avancée. Beaucoup de colorants qui donnent des teintures solides sur. laine ou sur coton passent rapidement sur papier; pour ce dernier, on doit conseiller de préférence l’emploi des colorants riches en soufre qui donnent des couleurs plus solides. Enfin, la teinture du bois exige un mordançage spécial et ne donne de tons solides qu’avec un nombre très restreint de colorants.
- L’Allemagne et les câbles sous-marins. — L’Allemagne déploie une grande activité aux fins de créer par son industrie un réseau international de câbles sous-marins. On jugera de ses progrès par. les datés suivantes qui résument son œuvre et que publié notre confrère Prometheus : xer septembre 1900: Inauguration du premier câble transatlantique allemand : Emden-New-York; ier juin 1904 : Inauguration d’un deuxième câble Emden-New-York; avril xgo5 : Pose d’un câble germano-hollandais, Menado-Guam-Jap ; 20 juillet igo5 : Inauguration du câble Constantza-Gonstantinople ; icrnovembre igo5 : Inauguration du câble germano-hollandais, Jap-Guam, Jap-Menado et Jap-Shanghaï; ier janvier 1906 : Concession d’un câble Emden-Vigo à une compagnie allemande; 26 août 1909 : Inauguration du câble Emden-Ténériffe ; 21 mars 1910 : Inauguration du câble Ténériffe-Monrovia.
- Aviation. — Voyage à 6. — R. Sommer a emmené 5 passagers sur son biplan et leur a fait faire le voyage Douzy-Remilly et retour.
- 160 kilomètres au-dessus de VAtlantique. — Mac
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- INFORMATIONS
- Curdy, sur biplan Gurtiss, parti de Ivey-Wesl (Floride), a tenté, le 3o janvier, d’atteindre La Havane par la voie des airs. Il est tombé en mer à 16 km de la Havane, et a été recueilli aussitôt par le destroyer Paulding. L’aviateur, qu’escortait une flottille de contre-torpilleurs, est resté 2h8m dans les airs et a parcouru environ 160 km au-dessus de la mer.
- Un « atterrissage » en pleine mer. — Voici des détails circonstanciés sur l’intéressant exploit de l’aviateur californien, M. Ely, qui a réussi, sur un biplan Curtiss, à atterrir sur le pont d’un croiseur, au large de la baie de San-Francisco. Après entente avec le commandant du Pennsylvania, l’intrépide aviateur s’envola du rivage à u h. 45, et, bien que contrarié par une brume épaisse, s’éleva au-dessus de la baie. Dès que les vigies l’aperçurent, la sirène du croiseur se mit à mugir à intervalles réguliers pour l’aider à se guider dans le brouillard. Les nombreux spectateurs massés sur la rive le perdirent bientôt de vue. L’équipage du croiseur le distinguait nettement, désormais, tandis qu’il s’approchait à moins de 5 m. au-dessus de l’eau, et en décrivant un cercle. Il passa à une centaine de mètres de distance, tourna autour du navire, s’éleva de 5 à 6 m., et, finalement, vint se poser légèrement à l’arrière, que les ailes de l’appareil recouvrirent entièrement. La sirène du Pennsylvania chanta bruyamment l’heureux dénoùment de l’audacieuse entreprise, et tous les vapeurs en rade se joignirent au concert en faisant retentir les sifflets de leurs chaudières. On constata que l’atterrissage avait à peine froissé quelques organes accessoires de l’appareil. De fait, M. Ely reprenait bientôt son vol et retournait à son point de départ, le champ d’aviation militaire de Selfridge-field. Le voyage d’aller avait duré 16 minutes, et celui de retour, i5 minutes. L’expérience est d’autant plus intéressante que, si des aéroplanes se sont déjà envolés d’un navire en marche, c’est la première fois qu’une machine volante ait atterri sur un pont de navire. Et c’est une preuve de plus des services que l’aviation est appelée à rendre à la marine de guerre.
- Revêtement solide au feu pour fours à ciments.
- — On a proposé jusqu’à présent différentes substances pour le revêtement intérieur des fours à ciment, sans penser à la plus simple, c’est-à-dire au ciment lui-même. M. Valeur a montré récemment qu’un revêtement d’un béton de ciment pur, d’une épaisseur de 20 cm est très résistant et supporte une température de près de 18000; sa durée est de 3 à 6 mois dans les parties du four les plus exposées et de plusieurs années dans les autres zones du four. Il est en outre de beaucoup le plus économique; ses frais d’entretien varient de 0,8 centime à 1 centime pour un fût de 170 kg de ciment, au lieu de 3 à 6 centimes pour les anciens revêtements de ces fours.
- Inconvénients et dangers du lait des vaches nourries de résidus industriels. — M. E. Aviragnet, dans un mémoire que résume la Presse Médicale, formule les conclusions suivantes, résultat de toute une série d’observations cliniques : T les pulpes de betteraves provenant de sucrerie et de distillerie doivent être rejetées de l’alimentation des vaches. Fraîches, elles sont parfois nuisibles; conservées dans des silos, la putréfaction et la fermentation qu’elles ont subies les rendent dangereuses. Seules les pulpes desséchées peuvent être conseillées ; 20 les drêches de distillerie sont nocives et doivent être rejetées ; 3° les drêches de brasserie constituent une bonne alimentation quand elles sont très fraîches. De date ancienne, avancées, elles sont dangereuses ; 4° les tourteaux étrangers sont le plus souvent mauvais ; seuls, les tourteaux du pays doivent entrer dans l’alimentation des vaches laitières. Ces conclusions s’appliquent au lait commercial, mais pour le lait destiné aux nourrissons et aux malades, il conviendra de supprimer tous les résidus industriels, comme cela existe en certains pays (Allemagne, Amérique, etc.) où des ordonnances très sévères ont été édictées.
- Farine de banane. — La banane est un fruit dont la consommation se répand de plus en plus par suite delà rapidité actuelle des transports, rapidité qui permet l’arrivée de ces fruits sur nos marchés dans un état de conservation suffisant. Cependant, dans les pays d’origine, la production est parfois supérieure à la consommation et à l’exportation. Aussi a-t-on envisagé depuis longtemps
- la production de farine avec les bananes en excès. Cette farine présente la composition suivante :
- Eau..................1 a,77 pour 100
- Cendres.............. 2,45 —
- Matières azotées. . . . 4,70 —
- Matières non azotées. . 78,32 —
- Graisse.............. 0,49 —
- Si cette fabrication prenait de l’extension, elle jetterait sur le marché un aliment extrêmement nutritif et susceptible des préparations culinaires les plus variées.
- Le pétrole dans l’Ouest américain. — Le pétrole qui, aux Etats-Unis, provenait autrefois presque exclusivement de l’Est, vient, aujourd’hui, pour la plus grande part, des bassins de l’Ouest, comme le montre le tableau suivant de la production, évaluée en millions de barils
- (de 190 litres) : 1907 1908 1909 1910
- Californie 4o 45 58,2 74,3
- Kansas et Oklahoma . . . 47-6 5o,7 46,8 53,6
- Illinois 24,5 38,8 30,9 35,o
- Appalaches 25,5 24,2 25,4 26,1
- Golfe (Texas et Louisiane). 16,9 18,0 12,6 i4,9
- Lima (Indiana et Ohio) . . 8,0 7-3 6,2 5,2
- Total (avec divers) .... i64,5 184,7 182,1 210,6
- Ce tableau met en évidence le développement énorme de la Californie, où le prix dix pétrole extrait dépasse maintenant celui de l’or, tandis que le bassin des Ap-palaches parvient à peine à rester stationnaire. Cette production pétrolifère a, sur l’ensemble de l’industrie ouest américaine, une influence capitale. Le charbon, qui abonde dans l’Est, fait, en effet, défaut dans l’Ouest, si riche en mines métalliques, et le prix élevé qu’il y atteint par suite empêche l’industrie de se développer. Aussi, s’est-on jeté sur les pétroles lourds employés comme combustibles. Les grandes lignes de chemins de fer, y compris le Canadian Pacific, ont adopté le pétrole pour leurs machines jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres dans l’intérieur. Les navires caboteurs de la côte pacifique s’en servent. On en utilise dans les travaux du canal de Panama et jusque sur la côte de l’Amérique du Sud. C’est là un état de choses d’autant plus intéressant à noter qu’il apparaît singulièrement précaire. L’épuisement de ces champs pétrolifères essentiellement limités, et sur lesquels on travaille avec une telle ardeur, est l’affaire d’un petit nombre d’années et, le jour où ils auront disparu, les industries qui se sont créées pour en profiter subiront une crise redoutable.
- Les télégraphes en France en 1909. — La France possédait, en 1909, 178960 km de lignes télégraphiques et 19 2Ô2 bureaux contre 135896 km de lignes et i2 4i5 bureaux en 1899. Le nombre des télégrammes expédiés a été de 48 o54 843 dont 4 sg3 553 internationaux. Le total des recettes s’est élevé à 43 967 096 francs contre 37 577 243 francs en 1899. Le poste central télégraphique de Paris à lui seul a dû effectuer 24 000 000 de transmissions.
- Le « taxi-auto » à Londres. — Les statistiques que vient de publier le Royal Automobile Club d’Angleterre nous fournissent des chiffres curieux sur la lutte engagée à Londres entre les fiacres automobiles et les fiacres hippomobiles. Au 3i décembre 1904, les premiers n’étaient encore qu’un objet de curiosité, puisqu’on n’en comptait que deux dans toute la capitale, contre 11 o5y horse-cabs. L’année suivante, leur nombre n’était encore que de 19, et celui des fiacres ordinaires avait monté à 11 g3i. Mais,pour ceux-ci,c’était l’apogée, le chant du cygne! Dès la fin de 1906, leur phalange était sérieusement entamée par la marche conquérante du taxicab, dont la centaine passait au millier. L’année 1910 leur a valu la victoire définitive, car leur nombre s’est élevé à 6336, alors que celui des malheureux rivaux est descendu à 4701. Constatons, en terminant, que le nombre total des voitures publiques n’a pas sensiblement varié à Londres, pendant ces sept dernières années, malgré la lutte engagée : 11 o5g en 1904, et 11037 en 1910. Notons aussi que le triomphe du taxicab londonien est, en somme, une victoire française, puisque la grande majorité des automobiles publiques qui circulent dans les rues de la capitale anglaise est fabriquée par des Français.
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- Automobilisme
- Compresseur d’air Ham. — Une réserve d’air comprimé rendrait aux automobilistes les plus précieux services : gonflement rapide des pneus, mise en marche du moteur, actionnement du cric, des freins, autant d’opérations qui se pourraient exécuter aisément grâce à ladite réserve. Mais comment la constituer avec une machine simple, peu encombrante et surtout automatique, n’exigeant aucune surveillance ? C’est le problème que s’est attaché à résoudre M. Marcou.
- Voici sa solution qui nous paraît ingénieuse et pratique. Il fallait tout d’abord emprunter le moins possible de force au moteur : aussi celui-ci ne sert-il qu’à tendre deux ressorts, dont la détente agissant sur une pompe à air refoule l’air dans le réservoir.
- L’appareil comprend un corps de pompe A; un piston s’y déplace, fixé à l’extrémité d’une tige H et constamment ramené à fond par les deux ressorts B, B. Le clapet R permet à l’air comprimé de pénétrer dans le réservoir S, sans jamais pouvoir revenir dans le corps de pompe. A l’extrémité de la tige du piston en G, s’attache un ruban d’acier qui s’enroule sur un tambour en fibre. Celui-ci est monté fou sur l’arbre E, dont il peut être rendu solidaire au moyen du cliquet F ; l’extrémité de ce cliquet forme crochet et vient tomber dans l’évidement Iv de la bague L solidaire de l’arbre E. Le cliquet entraîne donc le tambour dans son mouvement de rotation. Mais lorsque sa queue vient rencontrer le bâti de l’appareil, c’est-à-dire quand le piston est au bout de sa course aspirante, le tambour cesse d’être solidaire de
- l’arbre E, sollicité par les ressorts et le ruban d’acier, il revient à sa position primitive, le mouvement est régularisé par la masse S ; il a pour effet de ramener le piston à fond de course et de réaliser le temps de compression.
- La masse S a encore pour effet de guider la tige du piston en coulissant sur deux tiges parallèles V V'.
- Le mouvement communiqué à l’arbre E est très lent, car cet arbre est entraîné par un engrenage hélicoïdal M, mû par une vis sans fin O. Celle-ci démultiplie dans les proportions de io à i le mouvement transmis à la vis sans fin par la poulie P, elle-même reliée par courroie à l’arbre de la voiture dont le mouvement se trouve démultiplié dans les proportions de 3 à i.
- Le fonctionnement de l’appareil est automatique en ce sens que la limite de pression dans le réservoir ne peut être supérieure à la force développée par les ressorts ; dès que cette limite est atteinte, la pompe cesse de fonctionner utilement; dès que la pression baisse, par contre, le piston reprend sa course intégrale.
- Pour empêcher complètement le fonctionnement de la pompe, il suffit, par un dispositif très simple, d’empêcher le crochet F de tomber dans l’évidement K.
- On peut emmagasiner de l’air à la pression de i4 kg par centimètre carré. — Le compresseur Ham se trouve chez M. Perrot, io, rue Saint-Pierre, à Neuilly-sur-Seine. Prix : 165 francs.
- “Hygiène <$>*&>
- Pompes domestiques déferrisantes. — Si le fer est un élément d’une utilité incontestable, nulle part il n’est plus déplacé que dans l’eau destinée à l’alimentation. Les eaux qui en contiennent ont l’inconvénient, on le sait, de se décomposer au contact de l’air atmosphérique en formant un précipité d’hydrate de fer qui les rend non seulement désagréables à la vue, couleur ocra-cée, mais également au goût, saveur atramentaire.
- Lorsqu’à la campagne, on tombe sur une de ces eaux, ou bien elle est abandonnée, ou l’on utilise pour la
- déferriser le tonneau (tarichfilter) de Dunbar et Orth. L’agencement un peu primitif de ce dernier en limite forcément le rendement, ou plutôt l’application à des eaux peu ferrugineuses. On ne peut, en effet, pour ces dernières eaux, recourir notamment aux procédés physiques employés par l’industrie, parce que ces procédés ont la plupart le défaut d’exiger assez de temps et de patience et de nécessiter la construction de véritables édifices avec une distribution compliquée de tuyaux et de réservoirs.
- Deux ingénieurs allemands, MM. Deseniss et Jacobi1, ont cherché à réaliser, à condenser dans un appareillage aussi simple que possible, très maniable et peu encombrant, toute la technique de certains procédés physiques industriels. Leur système, qu’ils dénomment procédé ci courant direct, consiste dans le mélange intime d’un volume considérable d’air avec l’eau à déferriser, obtenu par refoulement au moyen du piston d’une pompe à travers un filtre fermé rempli d’un sable à grains absolument uniformes, dans lequel le limon hydrateux est retenu, par contact
- L’importance ajoutée par quelques constructeurs à la substance d’un filtre sans qu’ils puissent la prouver ou l’expliquer scientifiquement, est ramenée ici exclusivement à l’action absorbante des interstices de la couche filtrante. Plus petits seront donc les interstices, plus rapidement le fer Fig. i. se séparera de l’eau, pourvu, bien entendu, que l’air l’accompagne partout dans sa traversée; on comprend que différemment le procédé ne vaudrait que comme un filtrage ordinaire par rétention mécanique.
- Dans l’appareillage en question, la pompe spéciale pour refouler avec l’eau un volume convenable d’air dans le filtre a reçu le nom de pompe bâtarde ; quant au filtre, il est appelé filtre catalytique.
- La figure 4 nous montre un des types de ces pompes bâtardes à mains ; il prévoit le placement du filtre séparé dans une chambre souterraine, de sorte qu’on a seulement besoin de mettre en communication le filtre et la pompe avec le puits. On y voit le cylindre a surmonté par un autre plus large b, lequel porte à sa partie inférieure la soupape d’admission de l’air. Pour débarrasser le filtre du limon ferrique, opération nécessitée au bout d’un temps variable avec le débit et la quantité de fer apporté par ce dernier, il suffit de redresser le courant en sens inverse, c’est-à-dire de bas en haut par l’intermédiaire du robinet à quatre voies c. Seule l’eau n’agirait pas dans cette circonstance avec assez d’énergie, mais avec l’air qui l’accompagne, le nettoyage est parfait et peut se pratiquer à tout instant sans que I on soit obligé de déranger, comme on le voit, quoi que ce soit dans l’intérieur du filtre ni de remplacer le sable qu’il contient.
- En renversant le courant, la pression tout d'abord s'élève un peu pour ensuite s’abaisser rapidement. On comprend que le temps voulu pour cette vidange est en raison directe de l’accumulation, mais pour se rendre compte de la périodicité convenable, la pratique est encore le meilleur guide.
- Le reste de la figure est facile à deviner. Au lieu de joindre les deux cylindres a et b, rien n’empêche de séparer celui réservé exclusivement à l’eau en le plongeant. dans le puits comme cylindre de travail; il n’y a pour cela qu’à prolonger la verge autant qu’il est nécessaire. Egalement la vidange peut dépendre d’un robinet à main, que l’on aura le soin de protéger par un chaperon; dans ce cas la direction du courant est indiquée, nous disent les inventeurs, par des inscriptions appropriées, « eau pure « et « vidange » de telle sorte qu’il n’est pas possible de se tromper.
- La figure 3 représente une petite installation complète, filtre catalytique, réservoir et pompe bâtarde à main dite pompe à paroi, débitant, suivant la grandeur, de i5
- 1. x33-135, Wendenstrasse, Hambourg-Borgfeld.
- Fig. 2.
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- à 25 litres à la minute. Dans une semblable installation, le réservoir ne doit pas être à une hauteur de plus de 20 mètres de la pompe. Par le robinet d’essai, on peut extraire de l’eau épurée sortant du filtre directement; ce même robinet fermé, l’eau passe au réservoir. Si on fait tourner le levier sur « vidange », nécessairement le robinet précédent doit rester ouvert afin de ne pas diriger l’eau impure au réservoir. Cette installation peut se modifier en mettant le filtre près du réservoir; à moins de circonstances particulières, il y a même avantage. En effet, dans le travail mécanique nécessité, on doit distinguer la portion absorbée par la compression d’air et celle nécessaire pour forcer le passage dans le filtre ; ro celle-là diminue avec la charge au delà du filtre, c’est
- pourquoi on cherchera à placer le filtre le plus haut possible ou tout près du réservoir. Notons en passant que la résistance de la couche filtrante peut être estimée à i,5o m. à 2,5o m. d’eau pour les modèles usuels de ces pompes.
- Le même ensemble de la figure 4» mais sous une forme plus compacte, est réalisé dans l’appareil de la figure i. Le pilier d’aspect plus lourd que ne le comportent habituellement les pompes ordinaires, contient le tout. Le Fig. 3. cylindre occupe le centre, le
- dôme porte l’appui du balancier. A côté de la boîte à étoupe, on distingue le robinet de vidange surmonté d’un manchon détachable, cela afin d’empêcher tout accident ou abus de mains inexpérimentées.
- Quoique simple, ce petit modèle est toujours prêt à être posé et est d’un transport aisé. Son mécanisme a cet autre avantage, dû d’ailleurs à l’agencement des détails intérieurs, c’est que l’épuration ne s’opère plus en refoulant, mais en aspirant l’eau; l’effet, en somme, est le même, seulement les petites irrégularités que l’introduction de l’air produit dans l’écoulement en forçant ces deux éléments, air et eau, à traverser toute la couche filtrante, y sont de cette façon écartés. Cela s’explique, si l’on songe qu’en comprimant l’air son volume diminue et qu’en quittant la pression, l’état primitif tend à se réta blir. Il arrive que l’air qui ne se dissout pas dans l’eau — du moins en quantité infinitésimale dont il n’y a pas lieu ici de tenir compte — s’en dégage brusquement sous forme de bulles plus ou moins grosses ou bien par intervalles le soulève pour s’échapper seul. Cet écoulement tumultueux qui n’a, au surplus, aucune influence sur l’épuration, cesse lorsqu’on fait entrer les deux éléments dans le filtre par aspiration.
- La figure 2 est une variante de la précédente, sous une forme plus élégante.
- Ainsi, avec cet appareillage, on peut satisfaire à n’importe quelle condition particulière ou de local, c’est-à-dire que si le filtre ne peut être placé sur le sol à côté de la pompe (fig. 3), ou dans une chambre souterraine (fig. 4)> on peut le placer à même sur le tube d’aspiration du puits (fig. 1).
- Le désir formulé il y a quelques années par le Dr Dun-bar, directeur de l’Institut hygiénique de Hambourg, d’un appareil permettant d’utiliser l’eau d’un puits en la forçant à passer directement dans un filtre qui serait inséparable de la pompe, au lieu de la soumettre à des traitements chimiques ou mécaniques, généralement compliqués et par conséquent coûteux, se trouve parfaitement réalisé par la pompe bâtarde à mains Deseniss et Jacobi.
- M. Bousquet.
- ttgo-s* Mécanique ^.§32
- Une machine à fabriquer les fers à cheval. — Le
- rôle des maréchaux-ferrants a, dans ces dernières années, perdu beaucoup de son ancienne importance. Au lieu de les forger eux-mêmes au fur et à mesure des besoins, ces utiles artisans doivent en effet se borner à attacher les fers à cheval que l’industrie moderne leur livre tout faits.
- Les usines Eisemvalzwerk Hansa, à Brême viennent de mettre au point une machine d’une remarquable perfection et qui produit automatiquement les fers à cheval dans une seule chauffe, par un véritable laminage et à des frais bien moindres que d’autres machines destinées à un usage analogue. Cette machine comporte un établi sur lequel est fixée la partie inférieure (en saillie) d’une matrice.
- Une crémaillère combinée à un ingénieux mécanisme d’accouplage fait avancer cet établi sur des rails, pour le ramener à son point de départ, après avoir atteint l’extrémité opposée de la machine.
- La barre de fer à convertir en fer à cheval est taillée à la longueur voulue et portée au rouge, après quoi, on l’insère dans la machine. L’avance de l’établi, grâce à l’action de roulettes de compression, produit la courbure voulue de la barre de fer. Pendant que l’établi continue sa marche en avant, la partie supérieure (creuse) de la matrice sera mise en rotation par des segments dentés, la forçant sous une forte pression sur
- La machine à fabriquer les fers à cheval.
- la b arre de fer recourbée, enchâssée entre les deux parties du moule, de façon à lui faire épouser exactement la forme de la matrice supérieure, en même temps que la matière en excès s’étire en arrière. C’est ainsi que le fer sur le côté inférieur prend la forme conique impossible à produire par une autre machine quelconque et qui jusqu’ici devait être donnée par la main du maréchal ferrant.
- Les trous de fer à cheval sont produits par un poinçon actionné par un excentrique. Les échancrures ménagées dans l’établi, en frappant des butoirs, abaissent en effet ceux-ci, en entraînant le chariot et en imprimant une rotation à l’excentrique. Une fois les trous produits, le chariot est relâché et réduit à sa position initiale.
- L’établi continuera de 200 mm sa marche en avant, en même temps que des goupilles sortant des échancrures de la matrice inférieure relèvent le fer à cheval au-dessus de cette dernière, en la plaçant sur un plateau déchargeur qui s’introduit entre les deux.
- L’établi renverse ensuite automatiquement sa marche, et après avoir fait basculer le plateau de décharge, retourne à sa position initiale.
- C’est ainsi qu’une barre de fer de la longueur voulue, insérée à l’extrémité avant de la machine, est déchargée de l’extrémité postérieure, sous la forme de fer à cheval tout fait. L’opération tout entière se fait automatiquement en une seule chauffe. Comme la machine (actionnée par un moteur de 7,5 chevaux) fait 5 doubles courses par minute, son rendement est de 20oo-3ooo fers par journée de 10 heures. Deux hommes suffisent pour surveiller son service. Le poids total de la machine est de 9000 kg.
- venant du puits
- 76 I»
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- VARIÉTÉS
- aOL
- <5êt
- Le bambou « plante à papier » de l’avenir. — La
- consommation du papier, par suite des multiples emplois auxquels on le soumet, en dehors de son usage primitif de dépositaire de la pensée humaine, a pris depuis plusieurs années une extension si considérable qu’on s’alarme à bon droit de la crise dont l’éclosion redoutable s’avance à grands pas. Tandis que pour là conjurer ou la reculer, certains entreprennent de minutieuses investigations dans les pays les moins explorés, afin d’y découvrir les plantes à cellulose assez abondantes pour constituer les réserves du papier de l’avenir, d’autres, en constatant les minces trouvailles auxquelles, jusqu’ici, ces efforts ont abouti, pensent que s’il est bien de rechercher des plantes nouvelles, il est peut-être mieux de recourir à celle qui, parallèlement à l’antique papyrus, a servi si longtemps aux peuples de l’Extrême-Orient, j’ai désigné le bambou.
- On sait que six siècles avant J.-C. les Chinois écrivaient sur des écorces de bambou finement épluchées, avec une pointe qui, 3oo ans plus tard, fut remplacée par le pinceau encore en usage de nos jours. Toutefois, ce n’est que 200 ans avant notre ère que, sous la dynastie des Han, le marquis Tsai, à qui l’on attribue l’honneur de la découverte, inventa le papier dont la fabrication, d’abord primitive, et ne disposant pas encore, aujourd’hui, de la machinerie usitée en Europe, y livre cependant un produit très estimé surtout quand il provient des provinces du Nord-Ouest
- Mais voici, d’après The Journal of the Royal Society of Arts, qu’il vient de se fonder, au Japon, une compagnie, dans le but d’utiliser le bambou industriellement. A la suite d’une série d’expériences très satisfaisantes effectuées à sa station scientifique près de Kobé, il lui a été concédé à bail perpétuel, dans l’île de Formose, une étendue de huit mille acres (38 373 hectares 36) de forêts de bambous, et elle est en voie de construire près de Kagi une usine pourvue de l’outillage nécessaire pour produire, actuellement, 3oo tonnes de pulpe de bambou par mois, quantité pouvant être facilement doublée.
- À l’encontre des Chinois, qui n’emploient que les jeunes pousses, parce qu’elles se travaillent plus facilement, les Japonais se servent de tous les genres de bambous, jeunes et vieux, mais plus particulièrement de la variété nommée « Rei chiku » qui s’y trouve à profusion. L’approvisionnement en matière première ne sera jamais, d’ailleurs, une question sérieuse, car la croissance de ce végétal est très rapide. La seule difficulté dans la fabrication du papier de bambou seul, tient à ce que le procédé actuellement suivi est plus coûteux que celui du papier à pulpe de bois. Ce procédé exige, en effet, les manipulations suivantes : i° division du bambou en petits morceaux d’un à deux pouces (25 à 5o millimètres) en volume; 20 cuisson ou digestion en autoclave avec du sulfite de chaux; 3° lavage à l’eau: 4° blanchiment à la poudre ou à l’électricité suivi d’un lavage; 5° laminage à la machine pour l’aplatissage en forme de tissu; 6° séchage à la vapeur; 70 roulage en bobines ou découpage en feuilles.
- La pulpe sera expédiée au Japon en rouleaux ou en feuilles, et elle y sera transformée en deux sortes de papier selon sa destination pour les journaux ou les
- livres. Il est probable que la fabrique de pulpe de Formose et les moulins de Kobé, où ce produit recevra ses derniers apprêts, concentreront sous peu l’attention des grandes papeteries du monde.
- Le rendement du bambou en pulpe n’a pas été indiqué, mais déjà vers 1874, aux Indes Orientales, un Anglais, Thomas Routledge, cherchant à fabriquer ce papier sur une grande échelle, avait imaginé un procédé qui lui permettait d’obtenir 60 pour 100 de pulpe brute. Il estimait qu’une récolte annuelle, par acre (4.0 ares 4671) de 40 tonnes de tiges de bambou vertes, perdant 75 pour. 100 d’humidité pendant la dessiccation, laisserait 10 tonnes de tiges sèches, et que celles-ci, au taux de 60 pour 100 produiraient 6 tonnes de pulpe brute à l’acre. On sait, d’autre part, que les tiges pesées à l’état de siccité normale et traitées par les procédés mécaniques et chimiques appropriés fournissent une proportion de pâte blanche variant entre 37 et 43 pour 100, suivant l’âge et l’espèce de la plante.
- Au cours de son exploration en Amani (Afrique occidentale allemande), le professeur-docteur A. Zimmermann, a constaté non seulement que les bambous, qui s’y trouvent en abondance, constituent d’excellentes plantes à papier, mais qu’il existe d’autres genres rapprochés : Dendrocalamus Oreobamhus, Gigantochia, possédant une teneur en cellulose sensiblement égale. Mais le plus intéressant, c’est que se.s expériences sur la multiplication des deux sortes très répandues, Bam-basa vulgaris et B. quadrangularis, en vue de la création de plantations, ont bien réussi dans cette contrée, et sans aucune difficulté sérieuse. Ce savant avance même qu’il en sera toujours ainsi quand le milieu de culture, le sol ne fût-il que de valeur moyenne, associera une chaleur élevée à une atmosphère humide. Dans ces conditions, une plantation peut, après trois ou quatre ans d’âge, être exploitée pendant plusieurs dizaines d’années. Au Japon, on obtient ainsi, par hectare, entre 600 et 1400 tiges annuelles, les meilleures pour la confection du papier, encore bien que celles de deux ans conviennent également.
- Les renseignements que je ne puis donner ici sur la propagation du bambou sont contenus dans un article du professeur Karl Sajo paru récemment dans Brome-theus.
- En résumé, bien que la dispersion des nombreux genres de bambous dans les régions tropicales ou tempérées de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Océanie, où ils forment souvent d’immenses forêts, soit suffisante pour nous rassurer sur le rôle qu’ils rempliront, certainement comme réserve dans l’industrie du papier, la facilité avec laquelle on les multipliera, quand des études, qui se poursuivent, auront indiqué les genres répondant le mieux aux exigences culturales et industrielles, le garantit absolument. Et ce sera un résultat universellement apprécié : en se rappelant que si la frêle écorce de bambou, défiant les morsures du temps, a pu nous conserver les premières manifestations intellectuelles de nos ancêtres si éloignés, on ne doutera plus de pouvoir, sur son léger, blanc et .fin papier, transmettre, d’une façon convenable, aux âges futurs les gestes et les pensées de nombreuses générations.
- A. Truelle.
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- HYGIENE ET SANTE
- 03§ST
- L’hordénine contre l’entérite. — Le Conseil supérieur de santé des colonies a introduit dans la pharmacopée officielle des hôpitaux coloniaux un nouveau produit qui a donné, dans les diarrhées des pays chauds, dans les entérites de tous genres des résultats dignes d’être signalés: La découverte de ce produit est assez originale. On emploie, dans les laboratoires de bactériologie, pour préparer les bouillons de culture, les résidus des radicelles de malt ou d’orge germé des bi-asseries, résidus qu’on appelle touraillons. Un médecin de Lyon, le Dr G. Roux constatait lorsqu’il se servait des bouillons préparés avec les touraillons que les vibrions cholériques non seulement ne se déve-
- loppaient pas dans ce milieu, mais qu’ils y étaient même détruits au bout de quelques heures. Il pensa tout naturellement que les touraillons d’orge, impropres à la culture des bacilles intestinaux et du plus dangereux de tous, devaient avoir une efficacité réelle si on les employait en boisson ou en lavement dans le traitement des entérites de tous genres.
- La prévision du Dr Roux était fondée ; dans une épidémie de diarrhée qui sévit dans le midi, l’essai des touraillons donna de bons résultats, mais ces résultats furent très variables, ce qui donna à penser que la qualité des touraillons variait suivant leur provenance, le traitement qu’ils avaient subi. M. Léger, pharmacien
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- HYGIÈNE ET SANTE
- des hôpitaux de Paris, essaya d’isoler de ces germes d’orge le principe astringent, et il parvint, après des essais nombreux dont il a rendu compte à l’Académie des Sciences, à isoler une sorte d’alcaloïde, l’hordénine, qui a des propriétés bien définies qui ont été mises en évidence par de nombreux médecins coloniaux.
- On emploie surtout le sulfate d’hordénine, produit cristallisé en aiguilles et très soluble dans l’eau, ce qui permet de l’administrer en solution, en lavement ou en injections sous-cutanées. Sa composition chimique le rapproche un peu des alcaloïdes de l’opium, dont il a l’action calmante et astringente, mais sa toxicité est très faible, ce qui permet de le donner à des doses assez élevées sans crainte d’accident. Les doses moyennes
- sont de 2S à 5o centigrammes en injections hypodermiques, et 2 à 3 gr. pris par la voie stomacale.
- Toutes les formes de diarrhées sont favorablement influencées par l’hordénine, mais ce sont surtout les diarrhées des pays chauds, les dysenteries, les entérites si rebelles des coloniaux qui sont rapidement améliorées par le produit. Bien d’autres moyens thérapeutiques sont efficaces dans ces maladies, mais il en est tant qui se montrent rebelles à toute médication qu’il est utile d’avoir plusieurs cordes à son arc. L’hordénine a l’avantage d’un médicament fort simple, très facile à prendre et qui n’offre pas de danger à doses moyennes.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Teinture d’iode décolorée. — La teinture d’iode a le petit inconvénient, à côté de ses grands avantages d’antiseptique et de révulsif, de tacher les tissus en brun foncé. La tache n’est pas indélébile, mais il faut du temps et un frottement, un brossage assez énergique des tissus pour la voir disparaître. En Angleterre et aux États-Unis on se sert de teinture d’iode décolorée. A vrai dire, ce n’est plus la teinture d’iode classique, car il entre dans sa préparation divers agents qui modifient un peu sa composition. Pour ceux qui auraient envie de préparer cette teinture, voici la formule que conseille M. Demachy dans le Bulletin des sciences pharmacologiques.
- Faites dissoudre dans xo gr. d’eau distillée, 10 gr. d’iode et 10 gr. d’hyposulfite de soude. Après dissolution ajoutez le mélange suivant : solution d’ammoniaque à 10 pour xoo, i5 gr. ; alcool à 900, 75 gr Laissez reposer au frais et après quelques heures, filtrez le mélange, vous aurez la teinture d’iode décolorée.
- La teneur en iode est égale à celle de la teinture du Codex, 10 pour 100 au lieu de un treizième de l’ancienne formule modifiée par la convention internationale. Dr A. C.
- Conservation du raisin. — Depuis qu’en 1848, on imagina de conserver les grappes de raisin en baignant les sarments dans l’eau, un grand nombre de variantes furent apportées à son procédé. Une des plus ingénieuses est celle proposée récemment par M. Richard, de Lédignan (Gard) : les vases sont remplacés par de petites ampoules de verre reliées aux pédoncules des grappes par un petit manchon de caoutchouc (fig.). Il devient ainsi beaucoup plus facile de conserver les grappes, aisément maniables et pouvant être facilement suspendues par l’intermédiaire de l’ampoule elle-même, à des claies ou râteliers disposés à cet effet dans le fruitier.
- Recherche des matières colorantes artificielles dans le vin. — Le nombre des couleurs synthétiques est maintenant si élevé que les procédés d’analyse par réaction spécifique sont d’une complication dont les chimistes peuvent seuls se faire idée. Heureux encore si leur application permet de déceler sûrement les fraudes. La méthode imaginée par M. Carpène est plus simple : on prend des levures alcooliques, de préférence celles prises dans les dépôts laissés par le vin blanc aux premiers transvasements. On les lave sur un filtre jusqu’à ce que l’eau de lavage soit neutre et on conserve en flacons bien bouchés. Le vin suspect, dont on n’emploie que quelques centimètres cubes, est additionné d’un peu de ferment et on observe une goutte du mélange avec un petit microscope.
- La matière colorante du vin ne teignant pas les cellules, chaque grain de levure doit paraître incolore;
- s’il y a coloration, on peut en conclure à la présence de matières synthétiques. Aucas oùily aurait doute, on re-commenceraitl’essai sur du vin concentré par évaporation.
- Bouillies bordelaises albuminées. — On a préconisé l’addition de certains épaississants pour augmenter l’adhérence de bouillies cupriques aux feuilles; le Dr Ca-seneuve recommande dans ce but l’emploi de matières riches en albumine : blanc d’œuf ou sang desséché, à raison de 100 gr. de produit pour 1 kg de chaux vive et 2 kg de sulfate cuprique. Le sulfate est dissous dans 90 litres d’eau; la chaux après extinction est délayée dans 20 litres et le blanc d’œuf ou le sang sont dissous dans 10 litres. La liqueur calcique est versée dans la solution sulfatée: on ajoute ensuite au mélange le liquide albuminé. L’adhérence est nettement supérieure à celle des bouillies bordelaises et même des mixtures sucrées.
- (yRevue Viticole).
- Savons liquides. — On emploie chaque jour davantage ces sortes de produits dans les hôtels, paquebots, lycées, etc., où l’emploi de distributeurs-doseurs permet de réaliser une économie de savon et de supprimer le passage antihygiénique des savonnettes de main en main Aux recettes que nous avons déjà publiées pour la préparation de ces savons (mars et août 1904, octobre 1907), on préférera celles-ci, d’application plus simple et dont nous pouvons assurer la valeur.
- Savons liquides pour le visage. — A) Faire dissoudre x kg de savon de Marseille découpé en minces copeaux dans un litre d’eau et un litre d’alcool à 80-90° ; le savon obtenu est très mousseux. B) Agiter jusqu’à complète dissolution un mélange de : 1 kg de graisse de coco, 5oo gr. potasse caustique, un litre de glycérine et un litre et demi d’alcool à 80-90°. On peut ajouter, surtout si le savon est employé au nettoyage des cheveux, 100 c. c. d'extrait de quillaya.
- Savons liquides économiques et très détersifs, pour lycées, ateliers.... — A) Famé dissoudre 1 kg de savon de Marseille et 5oo gr. de carbonate sodique dans un mélange de : 1 litre alcool à brûler et 1 litre sulforici-nate d’ammoniaque ou de soude. En raison des mauvaises odeurs de l’alcool dénaturé et du sulforicinate, il est bon de parfumer le produit en ajoutant 10 à 20 c. c. d’essence de lavande. B) Solution de : 1 kg de savon noir dans un litre d’alcool dénaturé additionné de un demi-litre fie sulforicinate. Le savon est également mal odorant.
- Détails de préparation. — Dans tous les cas, l’opération doit être effectuée à chaud, mais sans aller à l’ébullition. On peut opérer dans une casserole en émaillé, ou mieux en porcelaine allant au feu. Les produits solides seront toujours employés en très petits fragments : copeaux ou râpures. Pendant toute la durée du chauffage, on ne cessera pas d’agiter avec une baguette de verre ou de bois. Dès que tout est dissous, on cesse de chauffer : le savon est formé. Pour obtenir des produits bien limpides, de belle apparence et ne xùsquant pas d’obturer les appareils distributeurs, il est indispensable de laisser le mélange l’eposer au frais pendant assez longtemps (une nuit par exemple). Après complète clarification, on décante en employant le résidu de suite ou le faisant passer dans le savon qu’on préparera ensuite.
- (Laboratoire de La Nature).
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Couteau, à Saint-Denis-d’Au-gerous. — Nous faisons des essais à ce sujet et espérons pouvoir bientôt donner une recette vous convenant (il n’en existe pas que nous sachions).
- M. Forestier, à Esternay. — Vous trouverez dans le Recueil de Tissandier (t. I, p. 125, 3° formule, Masson, édit.), une bonne formule d’encre pour métaux; mais pour les plaques de bicyclette, il est bien préférable de graver. On recouvre à chaud d’un mince enduit de paraffine, on trace les traits avec une fine pointe d’acier et on les recouvre, avec un pinceau ou un copeau de bois, d’un mélange à parties égales d’eau et d’acide nitrique. Quand la gravure est assez forte, on lave, on fait chauffer doucement et on essuie.
- M. Seyert, Le Mans. — Pour coller les morceaux de votre vitrail, enduisez les cassures à rapprocher de baume de Canada et mettez à l’étuve très peu chaude verticalement, de façon à ce que les bords aient tendance à se rapprocher. La fente devient invisible après qu’on a gratté au canif les bavures de baume. Comme la soudure n’est pas solide, il faut ensuite mettre le vitrail entre deux verres blancs.
- M. le J)T K., à S. P. Q. — La présence de fils d’électricité dans votre maison ne lui assure aucune protection contre les coups de foudre directs et ne lui fait pas davantage courir de dangers. Vous n’avez rien à redouter que la répercussion des décharges de foudre sur la ligne des tramways, et encore à condition que l’effet s’en soit manifesté sur la dérivation qui vous relie
- à la ligne. Le danger dépend donc surtout de la disposition de cette dérivation. Si votre installation a été très bien faite, ce danger a été prévu et des mesures prises en conséquence. Si vous avez des doutes, fermez votre interrupteur en temps d’orage et vous n’aurez absolument rien à craindre.
- M. F. R. à Voiron. — On cherche à réaliser, de divers côtés, des appareils de ce genre. Nous n’en connaissons pas qui soient dans le commerce en France.
- M: Fondeur, à Paris. — Nous avons transmis votre lettre.
- M. Pierre C., à Paris. — Traité sur le sélénium : lisez Die electriscken Eigenschaften des Selens, par le le Dr Ch. Ries, i brochure publiée par le journal allemand Ber Mechaniker, Berlin, Nikolassee.Vous trouverez à la même librairie un ouvrage de Rühmer sur le même sujet. Prix : 2,40 m. —Vous pouvez employer la trompe à eau. Vous n’obtiendrez évidemment pas un vide très poussé.
- M. Ch. M. de Boucle-Saint-Denis, à Gand. — Vous trouverez des moteurs sans soupape Knight, en France à la Société Panhard-Levassor, 19, avenue d’Ivry, Paris, et chez Outhenin-Chalandre, 4, rue de Chartres, à Neuilly; en Angleterre ces moteurs sont construits par la Société Daimler.
- M. Nicod. — Préparation de la liqueur de Fehling. — D’une part dissoudre 34,65 gr. de sulfate de cuivre cristallisé pur dans 200 cm3 d’eau ; d’autre part, dissoudre 173 gr. de tartrate de potassium et de sodium (sel de Seignette) dans 480 cm5 de lessive de soude de densité 1,14 (contenant 12 pour 100 de soude caustique). On mélange les deux solutions et on ajoute de l’eau pour faire 1 litre à la température de i5°. Garder cette liqueur en flacons remplis, noirs et dans l’obscurité. Ou mieux conserver séparément les deux solutions et ne les mélanger qu’au moment d’utiliser la solution.
- JfeD
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La science au Puy de Dôme : E.-A. Martel. — La lumière au néon : Maurice Leblanc fils. — La transplantation des membres et des organes : Dr Burnier. — Le radium métallique : Jacques Danne. — Académie des sciences; séances des 16 et a3 janvier 1911 ; Ch. be Yilledeuil. — Inauguration du Musée Océanographique.
- Supplément, — Emploi des solutions de phosphore pour l’analyse des gaz. Saccharification de la cellulose — Station de télégraphie sans fil pour la cavalerie allemande. — Capture d’un requin au Grau-du-Roi. — Les fouilles de Céphalonie. —L’or en 1910. — Le. sulfitage des vins à la petite propriété. — Hygiène et chauffage.
- Les moteurs d’aviation, par G. Lumet, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol. illustré, 100 p. Dunod et Pinat. Paris, 1910. Prix : 4rr,5o.
- Après de judicieuses considérations sur le problème du moteur léger, M. Lumet publie les procès-verbaux des essais effectués par les concours de moteurs de l’Automobile-Club en 1909 et 1910; ces essais ont porté sur les moteurs Renault, Gnome, Chenu, Gyp, Aster, Lemale. L’auteur donne ensuite les caractéristiques essentielles de la plupart des nombreux moteurs créés pour l’aviation dans ces derniers mois. Dans ce livre est condensée une précieuse documentation.
- La géographie humaine, par . Jean Brunhes. In-8°, 202 gravures et cartes dans le texte et 4 cartes hors texte. (Félix Alcan, éditeur). Prix : 20 francs.
- Ce livre veut expliquer par quelles séries de faits visibles se révèlent à la surface de la terre l’activité et l’ingéniosité des hommes et comment on doit observer et étudier ces manifestations matérielles ? Les maisons et chemins qui s’associent pour constituer les agglomérations, correspondent « aux faits d’occupa-tion improductive du sol ». Les « faits de conquête végétale et animale » forment un second groupe. Les « faits d’économie destructive », englobent tout ce que
- l’homme détruit sans restitution : pêche, chasse, dévastations forestières et exploitations minérales (la houille surtout). Les derniers chapitres déterminent les relations et les limites entre la géographie humaine et les autres sciences de l’homme, l’ethnologie, l’histoire et la statistique. L’ouvrage est plein d’aperçus nouveaux et formels. Signalons la légère erreur qui dans la légende de la planche fig. 11 a fait marquer la pluie en millimètres au lieu de centimètres.
- Internaciona Matematikal Lexico en Ido, Germana, Angla, Franca et Italiana, par le Dr L. Couturat. Gustav Fischer, éditeur. Iena. 1910.
- Il est hors de doute qu’une langue universelle rendrait, en matière scientifique surtout, les plus grands services. Tout le monde est d’accord sur ce point. On l’est moins sur le choix de cette langue internationale. L’esperanto a eu un certain succès, mais il a des concurrents ; l’ido est un de ceux-là. La brochure ci-dessus est un lexique mathématique en cette langue nouvelle. Il a été rédigé par un mathématicien français, d’une haute compétence.
- La vaccinothérapie, par Emm. Pozzi-Escot. Paris. J. Rous-set, 1, rue Casimir-Delavigne, 1910, 1 vol. in-16 (Les Actualités chimiques et biologiques). Prix : ifr,5o.
- L’auteur expose les faits principaux concernant l’histoire des vaccins, et résume dans leurs grandes lignes les progrès accomplis depuis Pasteur, qui fut l’initiateur de cette nouvelle médication. Il traite ainsi successivement les sujets suivants : vaccin antivariolique de Jenner, vaccination du charbon, vaccination antirabique (Pasteur), vaccination anti-typhique (Chante-messe et Widal), vaccination antipesteuse (Yersin), vaccination anticholérique (Koch), vaccination de la tuberculose.
- La conquête du Sahara : Essai de psychologie politique, par E.-F. Gautier, i vol. in-18 jésus. Armand Colin. Prix : 3fr,5o.
- ' Ce livre très original est l’œuvre d’un observateur
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- BIBLIOGRAPHIE
- sagace et peu crédule. L’auteur y raconte la conquête du Sahara dont il a été le témoin de 1902 à igo5. Il essaie ensuite de voir quels ont été et quels peuvent être les résultats de la conquête. Il conclut que la construction du chemin de fer transsaharien est la conséquence inévitable des évènements, et que ce projet, qui souleva jadis un enthousiasme passager, est tombé dans un discrédit injuste et qui ne peut pas être durable.
- Guide to the Limestone caverns of New-South-Wales [Australia), par O. Trickett'. Immigration and Trafic Bureau, Sydney, igo5. Prix : 5 fr. y5.
- Album descriptif publié par les soins du ministre des arts et de l’agriculture, des grandes cavernes de Jenolan (20 édit. igo5) Womhejanet Yarrangohilly. Très étendues, magnifiques/ pourvues de rivières
- souterraines et pas encore complètement explorées, ces grottes sont la propriété du gouvernement. Les simili-gravures et plans en font bien apprécier la beauté et l’importance.
- Les Grandes institutions de France. — L’Université de Paris, par Louis Liard. 2 vol. in-8°. H. Laurens, éditeur. Prix : 7 francs.
- L’Université de Paris est le corps formé par la réunion des Facultés de Droit, de Médecine, des Sciences et des Lettres, de l’Ecole supérieure de Pharmacie et de l’Ecole normale supérieure. M. Liard nous dit son histoire, nous décrit son organisation générale et ses écoles diverses. Une illustration très abondante montre les établissements universitaires de Paris, en particulier la nouvelle Sorbonne, les édifices et les principales d’entre leurs œuvres d’art.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o™,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 janv. 1911. —1°,9 S. S. E. 0. Couvert. 0,2 Couveit ; petite neige de 15 h. à 17 h.
- Mardi 24 0°,3 S. 1. Couvert. » Couvert; bruine.
- Mercredi 25 . . . . -1°,1 S. S. W. 2. Couvert. j> Gelée blanche ; couvert; brouillard; bruine.
- Jeudi 26 2°,9 S. 2. Couvert. 0,1 Couvert; bruine; forte brume.
- Vendredi 27 ... . 4°,1 S. S. w. 0. Couvert. » Couvert ; léger brouillard le matin.
- Samedi 28 5°,1 E. I. Couvert. » Couvert ; léger brouillard le soir.
- Dimanche 29. . . . — 1°,5 N. E. 2. Beau. » Beau ; gelée blanche ; givre ; léger brouillard à 6 h.
- JANVIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 JANVIER 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pi'essions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. '
- MBÊBWBBBitBBiBtHHÊBRiKBtHKSBHKKMBHSSBKMHBKBBtKÊRBBBSMBSMiEZMEXBWKBBÊKWÊiMMxfcm'KiWiiwu..h*!i'julkjbpbctp i' 'i»",iinii"iiM,t«lfc»iin KukaaiwmraMaBiraftm *rrrnnr-mmmmmim^KmammmMmmmiÊmmamiama*s
- Bu a3 au 29 janvier. — Le 23. Aire de forte pression sur l’O. et le Centre : Hambourg, 777; Lyon, 775; dépression sur l’Irlande. Pluies sur l’O. et le N.; en France n Brest, 3; Bordeaux, 2; Toulouse, Limoges, Dunkerque, 1. Temp. du matin : Arkhangel, — ii°; Paris, — 2; Alger, 11; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : — i° (normale : 2°,2). — Le 24. Dépression sur la Scandinavie et les Iles-Britanniques : Seydisfjord, 73i ; Ecosse, 755; Nantes, 776; Prague, 775. Pluies sur la Russie et sur l’O.; en France : pointe Saint-Mathieu, 5; Cherbourg, 2 ; Nancy, Calais, 1. Temp. du matin : Nicolaïef,.— io°; Paris, o; Puy de Dôme, —9; moyenne à Paris : i° (normale : 2°,2). — Lé 25. Vaste zone de basse pression sur tout le N. : Bodoe, 734; Clermont Ferrand, 777. Pluies sur le N.-O.; en France : Charleville, 3; Gris-Nez, 2; Cherbourg, Nancy, 1. Temp. du matin : Kharkof, —ii°; Paris, —1; Puy de Dôme, — 9; moyenne à Paris : i° (normale : 2°,3). —- Le 26. Situation troublée sur le N. : Laponie, 728; France du
- Centre, 778. Pluies et neiges sur le N.; en France : pointe de la Hague, 4; Charleville, 3; Nancy, 1. Temp. du matin : Moscou, —15°; Paris, 3; Cherbourg, 9; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : 4°, 3 (normale : 2°,3). —Le 27. Pression supérieure à 776 sur toute la France : Vardoe, 731. Pluies sur le N.; en France : Charleville, 2; Nancy, Pointe de. la Hague, 1. Temp. du matin : Moscou, — i3d; Paris, 4; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 5° (normale : 2°,3). — Le 28. Régime anticyclonique persistant sur l’O. et le S. : France, 77$; Arkhangel, 754. Pluies et neiges sur la Scandinavie, le Danemark et l’E. de l’Allemagne. Temp. du matin : Kharkof, 15°; Paris, 3; Alger, 11 ; Puy de Dôme, — 4; moyenne à Paris ; 20 (normale : 2°,4)- — Le 29. Même situation : France, 778. Pluies sur le N. Temp. du matin : Arkhangel, —n°; Paris, 4; A.lger, n; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : i°,8 (normale : 2°,5). — Phases de la Lune : Néant.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Ali nés et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N# 1968— II FÉVRIER 1911 SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Nature des matières volatiles du charbon dégagées dans diverses conditions. — Pendant leur emmagasinage, certains charbons dégagent des gaz de composition analogue au gaz naturel; d’autres charbons absorbent l’oxygène de l’air pour donner de l’acide carbonique. La nature des produits volatils, dégagés aux basses températures dans les premiers moments du chauffage, varie avec les différents charbons et est en rapport avec leur tendance plus ou moins grande à la formation de la fumée. La matière volatile des charbons se compose d’une proportion considérable de matière non combustible, variable avec chaque charbon.
- Un nouveau minéral, la risœrite. — Hauser a signalé, il y a quelque temps, un nouveau minéral trouvé à Risœr, dans le sud de la Norvège, qu’il a désigné sous le nom de risœrite. C’est un corps brun jaune, d’une densité de 4,179 à 160, d’une dureté de 5 1/2, infusible, en tube fermé, doué de propriétés radioactives, inattaquable à froid par les acides organiques, attaquable à grand’peine par l’acide sulfurique, beaucoup mieux par le bisulfate de soude, soluble dans l’acide fluorhydrique à 40 pour 100 avec précipitation de fluorure lourd des terres du groupe de l’yttria. Il est constitué par un orthoniobate des terres de l’yttria avec substitution aux constituants principaux de l’acide tantalique ou des terres du groupe du cérium avec un peu de titanate de chaux et de fer. L’auteur a décelé dans ce minéral la présence du cérium, du lantane et du niobium, parmi les éléments du groupe du cérium, et l’existence d’une petite quantité d’uranium (0,1 pour 100) et de proportions relativement grandes d’hélium (0,15 pour 100).
- Variation de la teneur en asphalte des huiles minérales épaisses. — Les huiles minérales consistantes renferment une certaine quantité d’asphalte que l’on peut extraire du résidu de leur distillation; et l’on a constaté que la teneur de ces huiles en asphalte augmente avec le temps, phénomène que l’on a expliqué par la condensation ou la polymérisation spontanée des composés non saturés que renferment ces produits naturels. On a recherché sur cette condensation l’influence de l’obscurité, des rayons du radium, de la lumière. Seule, la lumière semble accélérer la formation de l’asphalte.
- Cinématographe à main. — Les membres de la Société de Physique ont assisté dans la séance du.G janvier à la présentation d’un appareil destiné à rendre de grands services aux photographes reporters à la poursuite de scènes d’actualité. Il s’agit d’un cinématographe à main, imaginé par M. Proszinski, à peine plus embarrassant qu’un grand appareil photographique à magasin, muni comme lui d’un viseur avec lequel on suit les personnages dont on désire enregistrer les gestes. L’inventeur avait remarqué qu’une des principales raisons du
- manque de netteté des images cinématographiques était une mauvaise superposition des images successives provenant des déplacements de l’axe de visée de l’appareil photographique au moment de la prise des épreuves ; ces déplacements sont causés par les secousses imprimées à tout l’appareil par la manivelle avec laquelle on déroule le film à la main. Il a, pour éviter ce défaut, muni son appareil d’un gyroscope dont l’axe est parallèle à l’axe de visée et qui porte toute la partie optique. Ce gyroscope est entraîné par un petit moteur à air comprimé qui sert en même temps à dérouler le film Un moteur électrique qui exigeait des accumulateurs lourds et embarrassants et un moteur à ressort avaient d’abord été essayés sans succès. L’air comprimé est enfermé dans un petit réservoir que l’on remplit avec une pompe à bicyclette ordinaire quand il est nécessaire. Il suffit de tourner un robinet pour mettre le moteur en marche. L’inventeur a présenté une série de scènes ciné-matographiées avec son appareil et mettant en évidence la netteté des images qu’il permet d’obtenir.
- Les constructions navales en 1910. — U Engineering publie par pays le bilan des constructions navales en 1910, navires de guerre et de commerce dépassant 100 tonnes. Pour les navires de commerce les chiffres sont : .
- Angleterre. États-Unis. Allemagne. France. Hollande.
- 1910. . 1.143.169 t. 331.318 159.503 80/751 70.945
- 1909. . 991.066t 209.604 128.696 42.197 59.106
- Le total mondial est de 1.987.853 tonnes contre 1.602,057 en 1909. Pour les navires de guerre, l’on trouve :
- Angleterre. Allemagne. France. États-Unis.
- 1910. . . 153.525 t. 49.024 21.063 50.287 1909. . . 98.7901, 99.116 95.740 48.639
- Total mondial : 3io.854-
- Les benzols bruts et l’automobilisme. — L’automobilisme emploie parfois dans l’alimentation de ses moteurs certains benzols plus ou moins purifiés. On a établi en Allemagne, par des essais directs, que l’emploi de benzols bruts doit être déconseillé. L’encrassement qu’ils provoquent et leur teneur en matières sulfurées sont une cause de frais dont le montant dépasse le prix de la purification dès benzols bruts.
- La conservation des poteaux en bois. — UÉlectro-technik und Maschinenbau, signale dans un article que résume la Lumière électrique, un nouveau procédé de conservation des poteaux en bois, expérimenté par MM. Malenkovic et Netzsch. Il consiste à imprégner le bois par immersion dans une solution étendue de fluorure de zinc acide. Cette solution est environ 5 fois plus active que le sulfate de cuivre ou le chlorure de zinc, d’emploi usuel. Les résultats seraient inférieurs cepen-
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- INFORMATIONS
- dant à ceux que donne le sublimé, mais d’autre part, le procédé serait beaucoup plus économique. La solution mère employée contient 20 pour 100 de fluorure de zinc acide de formule Zn F2, 2 HF, son degré de concentration est de 20° Baumé. Au moment de l’usage, on l’étend jusqu’à ce qu’elle titre 5°,5 Baumé environ. Des essais, mais de laboratoire seulement, ont été faits également avec un produit à base de fluorure de sodium, les résultats auraient été comparables à ceux obtenus avec le sublimé.
- Aviation. — Du camp de Châlons à Satory. — Le Ier février l’adjudant Ménard, avec le capitaine Camine comme passager, a accompli, sur biplan Farman militaire, le voyage Mourmelon-Satory en 2 heures, soit une vitesse moyenne de 100 km à l’heure.
- De Paris à Pau. — Le capitaine . Bellanger, sur monoplan Blériot, a effectué les ier et 2 février un raid magnifique. Parti de Yincennes à 8h35/ du matin, il arrivait le même jour à Bordeaux à 5h3', couvrant 585 km en8h28'. En défalquant la durée des arrêts à Pont-Levoy et à Poitiers, le temps du vol se réduit à 5h2i'. Yoici les étapes de cette première journée : Vincennes-Pont-Levoy : 8h Sô'-io113a' ; Pont-Levoy-Poitiers : nll22'~ ih28'; Poitiers-Bordeaux : 2h45'-5h3'. Le lendemain le capitaine Bellanger effectuait avec plein succès la
- seconde étape de son voyage et atterrissait à l’aérodrome de Pau.
- Huit personnes en aéroplane. — Le 2 février, un monoplan Blériot nouveau modèle a volé 5 minutes emportant 8 personnes. L’appareil pèse 5oo kg et peut soulever 733 kg.
- Un aéroplane abordant sur un navire. — Nous avons, la semaine dernière, donné des détails sur cet exploit de l’aviateur américain Ely. Nous reproduisons ici une photographie montrant l’aéroplane au moment où il vient se poser sur le bâtiment.
- Ciment armé avec du bois. — Un ingénieur anglais, M. G. O. Cases, de Westminster, vient, dit l’Engineering, de proposer un nouveau système de ciment armé, non avec des tiges d’acier, mais avec des poutres et lattes de bois. Il donne à ce produit le nom de ligno-concrete; il remplacerait non le ciment armé proprement dit, mais les bois simples dans nombre de leurs applications ; on arriverait ainsi à beaucoup mieux utiliser la matière en faisant travailler le bois à l’extension, le ciment à la compression. En outre, l’enveloppe de ciment assure au bois une excellente protection.
- Comment on combat la poussière dans les rues de Berlin. — On répand, sur le pavage en bois une émulsion d’huile de westrumite à 1 pour 100; avec un tonneau de cette huile, on peut arroser 55oo m2 de chaussée. Cet arrosage doit être renouvelé 5 fois par an. L’essai a coûté 17 490 marks pour une surface de 2 811 000 m2. Pour le pavage en pierre, on renonce à la westrumite trop glissante pour employer des solutions de chlorure de calcium ou de chlorure de magnésium, qu’il faut renouveler tous les 2 ou 5 jours. Cet arrosage empêche les détritus d’adhérer au pavage, et par suite facilite le nettoyage des rues. Il faut i5oo litres environ par 5o 000 m2.
- Nouvelle grotte à stalactites arborescentes à Majorque. — M. E. Sagrista (de Palma) a récemment
- Fig. 1. — Stalactites arborescentes à Majorque.
- découvert près de Manacor (île Majorque, Baléares) une caverne (El Hams, ou de Cova redona) pourvue de petits lacs souterrains et surtout de ces concrétions singulières qui ont depuis peu attiré l’attention sous le nom de stalactites excentriques ou arborescentes ou filiformes (grottes de Wyandotte, Etats-Unis ; de Jenolan, Australie ; de Rosée, Belgique ; Géante, Istrie ; de la Blue-John-Mine, Angleterre; du Drach et du Pont, île Majorque; de Lacave, Lot, etc.). Elles croissent en tous sens, au mépris des lois de la pesanteur et peut-être par un phénomène d’osmose encore
- Fig. 2. — Stalactites arborescentes à Majorque.
- mal expliqué, au cours duquel en tout cas la force cristallisante l’emporte sur la gravité, sans doute en raison de Y état capillaire des suintements au début de la formation des concrétions. La lumière électrique a été installée dans cette nouvelle grotte1.
- 1. Vov. E.-4. Ma rtec. Evolution souterraine, p. 126, et Cavernes de Belgique, t. II, p. I, et 66. annexes, p. 65, etc,, et pl. XXI à XXV. — Prinz. Cristallisations des qrottes de Belgique, 1908.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Récréation mathématique <<*
- Résoudre un problème à trois inconnues avec un seul nombre donné.
- Nous avons résumé récemment (Voy. n° 1965) l’article de M. Haton de la Goupillière sur le moyen de deviner par 1 arithmétique, l’âge d’une personne dans une société. M. le Dr Thibout nous adresse à ce sujet l’intéressante communication qui suit :
- Cet article m’a remis en mémoire un problème-devinette que je me suis parfois amusé à proposer, en manière de distraction, dans des réunions d’amis. C’est un cas d’analyse indéterminée, d’ailleurs très simple, mais qui, présenté d’une façon tant soit peu paradoxale, peut intriguer de jeunes mathématiciens.
- On apprend, dès le début de l’algèbre, que, pour résoudre un problème à plusieurs inconnues, il faut posséder autant de relations distinctes qu’il y a d’inconnues (ce qui est d’ailleurs parfaitement exact).
- Eh bien! mon calculateur ou, si l’on veut, mon devin se fait fort de déterminer trois inconnues avec une relation. Il se charge même, pour corser l’intérêt, de calculer ces trois inconnues au moyen d’autres quantités également inconnues, par une série d’opérations à effectuer en dehors de lui et dont on ne doit lui communiquer que le résultat final exprimé par un seul nombre. En d autres termes, l’opérateur prétend résoudre l’équation :
- X# + Yy+Zz = A
- dans laquelle la quantité A. est seule donnée.
- Voici comment le problème peut être posé :
- L opérateur, étant muni, ainsi que son partenaire, d’une feuille de papier et d’un crayon, commande :
- « Pensez une date quelconque, passée, présente ou future ; écrivez l’année, le mois et le jour (quantième) de cette date. Ce sont ces trois quantités que je dois trouver. »
- « Ecrivez l’année de votre naissance, puis multipliez-la par l’année à trouver. »
- « Ceci fait, doublez l’année de votre naissance, prenez le nombre formé par les deux premiers chiffres à gauche de ce double et multipliez-le par le numéro du mois 1 à trouver. Ajoutez ce produit au produit des années. »
- « Prenez maintenant le nombre formé par les deux derniers chiffres à droite de l’année de naissance; multi-pliéz 1 année à trouver par ce nombre et retranchez ce produit de la somme précédente. »
- « Ajoutez au reste le numéro du jour à trouver. »
- « Enoncez le résultat final. »
- Solution. — Diviser le nombre donné par 1800; le quotient est Vannée cherchée. Diviser le reste par 37 ; le quotient de cette seconde division est le mois cherché et le reste le jour du mois.
- Explication. — Appelons a l’année à trouver, m le mois et j le joui*. Soient A et B deux facteurs arbitraires.
- Je pose :
- An -j- B m -j- j = S ( 1 )
- S peut être considéré comme le dividende d’une division dont A est le diviseur, a le quotient et B m -\-j le reste. : La condition nécessaire et suffisante est que l’on ait
- A>B m+y (2)
- puisque dans toute division le reste doit être inférieur au diviseur. Supposons la division effectuée et soit R le reste, l’on a :
- B m -j- j =z R.
- En raisonnant comme précédemment, on trouve que. R est le dividende d’une division dont B est le diviseur, m le quotient et j le reste, avec la condition
- B >./•!• (3)
- r . En supposant, bien entendu, les mois numérotés de 1 à 12, de janvier à décembre.
- Les inégalités (2) et (3) permettent de limiter les valeurs à attribuer aux facteurs A et B.
- D’après (3), B doit être supérieur à j. Donc, puisque j peut varier de 1 à 31, B doit être au moins égal à 3a.
- Je pose par exemple B = 37.
- Remplaçant B par cette valeur et j par sa plus grande valeur possible 3i dans l’inégalité (2), celle-ci devient
- A > 37 m -j- 3i,
- ou, puisque m peut varier de 1 à 12
- A > 37 x 12 -j- 31,
- A > 475.
- Je pose par exemple A= 1800.
- Si l’on veut se reporter à l’énoncé du problème, on verra que toutes les opérations que le devin fait exécuter se réduisent à
- 1800 a -j- 37 m -j- j = S,
- S étant le résultat final fourni.
- On peut remarquer que le problème n’est possible que parce que m et j ne sont susceptibles de varier qu’entre certaines limites. D’ailleurs, malgré les apparences, l’opérateur connaît, non pas seulement une relation, mais bien trois relations existant entre les inconnues, ainsi qu’il est indispensable pour les déterminer. Ces trois relations sont fournies par l’équation (1) et les inégalités (2) et (3).
- L’année de naissance n’est qu’une sorte de trompe-l’œil destiné à dérouter le public ; elle n’intervient que pour fournir les facteurs 1800 et 3j.
- En désignant cette année par 1800 + x, les opérations auxquelles elle sert de prétexte se ramènent à
- (1800 -f- a?) a -j- 37 m — ax,
- ou en développant
- 1800 «])+ ax -)- 37 m — ax,
- ce qui élimine x.
- Il est évident que tout ceci s’applique à une personne née entre 1800 et 1899, ce qui est le cas de beaucoup le plus fréquent. Si l’opérateur supposait avoir affaire à un partenaire plus jeune ou plus âgé, il lui serait facile de modifier l’énoncé en conséquence, le mécanisme du problème une fois saisi.
- Pour terminer, je me permettrai de donner un conseil à ceux de mes lecteurs qui seraient tentés de jouer le rôle du devin.
- Il peut arriver qu’une dame, surtout d’âge mûr, hésite à inscrire la date dé sa naissance. Ne manquez pas de la rassurer en lui faisant observer que vous vous servirez de cette date, mais que vous ne la connaîtrez pas, ce qui est absolument vrai.
- Et puis, à supposer que cette dame voulût se rajeunir de quelques années, cela pourrait lui faire plaisir et ne troublerait en rien la solution du problème.
- P. S. — Nous avons pris comme exemple une devinette qui consiste à trouver trois nombres formant une date; il est évident que le même problème peut être présenté de façons très diverses et avec tel nombre d'inconnues que Von voudra. ,
- Soit d’une façon générale, x, y, z, t, u, v.... ces inconnues, il suffit de poser
- Ax -j- By -|- Cz -|- Df -j- En -]- Fr -}- .... = S
- et de déterminer les facteurs A, B, C, D, E, F.... au moyen des inégalités
- A > By -f- Gz-4- Df -j—Eit -|- Fv -j- ....
- B > Cz -|- Df+fEtt + Fr + ....
- On peut remarquer que l’inconnue x est la seule à laquelle on puisse donner une valeur quelconque, à condition que ce soit une valeur entière. Les autres inconnues ne peuvent varier qu’entre certaines limites. Si l‘on a soin de choisir comme inconnues des quantités qui ne puissent varier qu’entre des limites assez étroites, on réduit d’autant la valeur des facteurs arbitraires, ce qui permet d’augmenter le nombre des inconnues, et
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- c’est là précisément le point intéressant, car ce qui intrigue surtout le public dans cette devinette, c’est le grand nombre d’inconnues que l’opérateur déduit d’une seule quantité donnée.
- Voici, à titre d’exemple, une devinette à cinq inconnues qui ne demande de la part de l’assistance que quelques multiplications portant sur des nombres de i à 4 chiffres. On remarquera que l’énoncé — assez charlatanesque, comme il convient — réalise certainement le minimum de données à exiger pour la solution d’un problème :
- « Etant donné le nommé Pitois, soldat du génie, dont on ne sait rien, déterminer le régiment, le bataillon, la compagnie, la section de ce militaire, ainsi que son numéro matricule. »
- Je laisse à la sagacité de mes lecteurs le soin de calculer les facteurs nécessaires et de les tirer, en apparence, d’un nombre inconnu, tel que la date de naissance du nommé Pitois.
- Enfin, rien n’empêche d’ajouter aux quantités à trouver l’âge du capitaine, celui de la cantinière, etc., etc.; tout cela ne dépend que du temps dont on dispose et de la patience des auditeurs. Ernest Thibout.
- Mécanique
- Nouvel appareil à souder. — Il n’est pas d’outil plus indispensable chez soi, que le fer à souder. A chaque instant, pour ainsi dire, on se voit dans l’obligation de recourir à ses services. Récemment des inventeurs ont mis à la disposition de chacun des soudures
- spéciales n’exigeant aucun travail préparatoire ; on chauffe le fer, on nettoie la pièce à souder, et il suffit d’approcher cette soudure du fer chaud pour que l’opération s’effectue sans aléa. C’est déjà un excellent progrès ; mais il demeure incomplet parce que les amateurs ne savent pas chauffer leur fer : ils le « brûlent. » Et quand bien même ils auraient acquis cette science, ils n’en demeurent pas moins soumis à l’obligation de perdre un temps précieux pour chauffer à nouveau le 1er si l’opération est assez importante. Il en résulte une perte de temps accompagnée d’un ennui. Le nouvel appareil à souder met entre les mains de l’amateur l’outil qui lui convient réellement.
- Le fer est construit comme tous les fers ordinaires ; mais il porte avec lui un chalumeau qui le chauffe constamment pendant toute la durée de l’opération. Ce chalumeau est extrêmement simple. Il est constitué par un récipient tubulaire complètement rempli par une mèche sur laquelle on verse de l’essence. Ce tube se ferme par un bouchon à vis pourvu d’une soupape de sûreté. L’autre extrémité porte un trou par lequel s’échappent les vapeurs d’essence après le chauffage préalable; elle est également pourvue d’un petit manchon qui se rétrécit à l’avant pour former chalumeau et qui est percé d’ouvertures par lesquelles l’air peut entrer et se mélanger aux vapeurs d’essence avant de sortir de l’appareil. C’est tout.
- On porte le chalumeau à une certaine température en le soutenant au-dessus d’une coupelle à alcool livrée avec l’appareil. Lorsque le dégagement des vapeurs d’essence s’effectue, elles s’enflamment à la sortie et vont frapper le fer qui est disposé juste en face comme le montre notre figure. Celui-ci conserve donc la même température aussi longtemps qu’il y a de l’essence dans le tube, c’est-à-dire pendant un quart d’heure environ, temps suffisant pour un travail même important.
- Cet appareil, qui permet à volonté l’utilisation des soudures toutes prêtes ou l’ancien procédé, réalise donc un grand perfectionnement dans la pratique du travail du soudeur. Or, tout le monde est soudeur, par profession ou par nécessité; l’appareil convient donc à chacun, quelles que soient ses occupations. Son prix est de 6 francs avec un échantillon de soudure métallique, des pièces de rechange pour la soupape et une aiguille spéciale pour déboucher le trou de sortie des vapeurs d’essence. Il est en vente chez M. P. Larzat et Cis, rue du Ranelagh, 3, à Paris.
- *> Sauvetage
- Le bec Fédéral. — Le bec Fédéral est une nouveauté en matière d’éclairage à l’acétylène, et est destiné, à rendre de grands services partout où l’emploi de cet éclairage trouve son application.
- Comme chacun sait, pour l’avoir vu bien souvent de près sur les phares d’automobiles, la forme papillon de la flamme obtenue par les becs d’acétylène es le résultat de deux jets de gaz convergents qui s’écrasent l’un contre l’autre. Le bec d’acétylène affecte donc la forme d’un Y et sa flamme est placée au centre de l’Y. Les inconvénients nombreux de ce système ont frappé un fabricant de phares d’automobiles, M. Auteroche, qui a substitué à la forme en Y des becs d’acétylène celle en A renversé que l’on voit sur la gravure ci-contre.
- 11 a ainsi obtenu un bec beaucoup plus résistant qui peut être vissé à la main, alors que les becs connus jusqu’à ce jour ne manqueraient pas, avec cette manière si simple de serrer un objet, de se rompre sous l’effort de la torsion. Donc plus besoin de pinces qui, elles-mêmes, brisaient bien souvent le culot des anciens becs au moment du serrage.
- Cette nouvelle forme a permis également à son inventeur de réserver une prise d’air (à la place de la barre de l’A) qui joue un rôle considérable, comme en toute matière de combustion de gaz, et qui permet ainsi au bec Fédéral de produire une lumière extrêmement blanche et qui ne vacille pas. De plus, avec cette perfection de combustion, il se produit moins d’encrassements.
- Ajoutons que la fabrication de ce nouveau bec étant beaucoup plus simple que celle des précédents, son prix de revient permet, malgré sa nouveauté, de trouver le bec Fédéral partout au prix de itr, io et en gros aux phares Auteroche, 70, rue d’Angoulême, Paris.
- Électricité <«*
- Suspensions élastiques pour lampes à filaments métalliques. —- Les lampes à filaments métalliques, bien qu’ayant été grandement perfectionnées, ont l’inconvénient de résister mal aux chocs et aux vibrations répétées. Très bonnes lorsqu’elles sont placées à poste fixe, elles sont mauvaises pour des lampes mobiles.
- Voici un petit amortisseur de chocs qui est assez facile à réaliser. Il est constitué par 2 anneaux en laiton entrant l’un dans l’autre; une tige est fixée à l’anneau supérieur et elle entre à frottement dans l’anneau inférieur. L’intervalle entre les 2 anneaux est maintenu par un ressort très souple.
- L’anneau inférieur porte la douille à incandescence, l’anneau supérieur est relié au support de la lampe.
- Quand le bras-support de la lampe subit un choc ou des vibrations, le système des anneaux et du ressort amortit ces actions ; le déplacement latéral étant amorti par la rotation des anneaux dans leurs supports respectifs et la rotation de l’anneau inférieur autour de la tige amortisseuse ; le déplacement vertical étant amorti par la flexibilité du ressort à boudin. Ce petit dispositif ne coûte pas cher à fabriquer et on peut le faire assez petit pour que son adjonction sur une lampe à incandescence ne soit pas disgracieuse.
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- Observations
- La pression moyenne 756“"’ à la moyenne générale (1851-1900). Il n’y a, en effet, que trois mois dont les moyennes soient supérieures aux normales correspondantes : le mois d’octobre (écart -f- xmm,o), le mois de septembre (écart + 3mm,3) et le mois de mars (écart + 4mm,5). Les moyennes mensuelles des neuf autres mois sont inférieures aux normales ; les écarts atteignent 5mm,3 en décembre, 5mm,4 en février et 6ram,8 en novembre.
- Le baromètre est descendu à 72^ram,o le 24 janvier; le maximum absolu de la pression se rencontre également en janvier, 772mm,6 le 7. L’amplitude de la variation est donc de 45m“\6.
- La moyenne annuelle de la température est supérieure de o°,3 à la moyenne générale. Le mois de mars est sensiblement normal, janvier, février, octobre et surtout décembre sont chauds; au contraire, les températures moyennes d’avril à septembre inclus et celle de novembre sont basses. Le mois le plus froid relativement est le mois de juillet dont l’écart à la normale dépasse légèrement 20. Si, avec M. Angot1, on appelle mois très froids ou mois très chauds ceux dont la température moyenne diffère de la normale des 5o ans d’au moins 2 fois l’erreur probable, le mois de juillet 1910, comme juillet 1909, quoiqu’à un degré un peu moindre,' est un mois très froid; l’erreur probable pour juillet est en effet de ± o°,9g.
- Le minimum absolu de la température —6°,i a été observé le 27 janvier. Le maximum absolu, 27°,6, le i5 juillet, est la plus faible qui ait été relevé au Parc Saint-Maur depuis l’origine des observations. On ne trouve, depuis 1874, que deux années où le thermomètre n’ait pas atteint ou dépassé 3o°; ce sont les années 1878 et 1891 dont les maxima absolus, identiques, sont seulement de 29°,5, supérieurs encore de presque 20 à celui de l’année 1910. M. Angot a signalé2 que ce maximum est en outre le moins élevé que l’on ait noté dans toute une saison chaude dans la région de Paris depuis i85x et probablement depuis une centaine d’années.
- Le rapport à la normale de la quantité de pluie tombée en 19x0 est de i,3o. La hauteur totale de l’eau recueillie au pluviomètre atteint 75om,n,4 soit o""11^ de moins qu’en 1878 où le total annuel s’élève à 75ora“,8; mais si l’on considère non plus l’année civile mais l’année météorologique (xer décembre 1909-1" décembre 1910), celle-ci est la plus pluvieuse de toute la série. La hauteur de pluie correspondant à l’année météorologique 19x0 est alors 775““,4,
- La hauteur maximum de pluie recueillie en 24 heures a été de 35mm,5 le 2 octobre, on avait mesuré 23mm,i le 22 juin.
- Le nombre de jours de pluie en 19x0 a été de 194 au Heu de 161, nombre moyen.
- Le nombre de jours d’orages est remarquablement élevé. On compte, en moyenne dans nos régions, 27 jours d’orages par an; en 1910, on a entendu le tonnerre à 43 dates différentes et certaines journées ont été marquées par plusieurs orages distincts. Le mois de juin a été le plus orageux (i3 jours); viennent ensuite mai et juillet (8 jours chacun).
- La Marne a atteint au cours de l’année qui vient de s’écouler des hauteurs que l’on n’avait pas encore rencontrées depuis l’origine des observations poursuivies sans interruption depuis le ier septembre 1875.
- Pour cinq mois, janvier, février, mai, juillet et novembre les cotes mensuelles maxima de 1910 sont en même temps les cotes maxima des mois correspondants de toute la série; la rivière a pour la première fois débordé en juillet et l’on sait que le maximum absolu de l’année 7”,92, atteint le 28 janvier, dépasse de plus d’un mètre celui de janvier i883.
- VALEURS MOYENNES ET EXTRÊMES DES ÉLÉMENTS MÉTÉOROLOGIQUES EN I9IO
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures 756mm,o6; minimum absolu : 727”“,o le 24 jan-
- 1. A, Angot. Études sur le climat de la France, xro partie. (Annales du Bureau Central Météorologique pour 1897, T. I p. b. roi).
- 2. Bulletin mensuel du Bureau Central Météorologique, oct, 1910.
- M. Ch. Dufour
- vier ; maximum absolu : 772miII,6 le 7 janvier; écart extrême : 45mm,6.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mini-ma, 6°,22; des maxima, i4°,94; des 24 heures, io°,34-Minimum absolu : —6°,i le 27 janvier; maximum absolu : 270,6 le i5 juillet. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima : 3°, 12; des maxima, 26°,46; de l’année, i4°,79; minimum absolu : —n°,2 le 29 décembre; maximum absolu : 48°>3 le 9 juin. Le thermomètre sur le sol est descendu à o° au-dessous à ia3 dates différentes réparties comme suit : janvier 20, février 16, mars 26, avril 18, mai 7, septembre 1, octobre 3, novembre 18, décembre 14. Dans le sol gazonné. — Moyennes annuelles : (profondeur om,3o), à 9 heures, io°,82; à 21 heures, ii°,o5; (profondeur om,65), à 9 heures, n0,O2; à 21 heures, ii°,oi; (profondeur
- I mètre), à 9 heures, n°,o3; à 21 heures, n°,o3. Extrêmes : (profondeur om,3o), minimum, x°,92 les 2-3 février, maximum, i8°,75 le 20 août, variation annuelle, 16°,83 ; (profondeur om,65), minimum, 3°,60 le 3 février, maximum, 17°,90 le 23 août, variation annuelle, i4°,3o; (profondeur 1 mètre), minimum 4°.70 le 5 février, maximum 17°, 17 le 23 août, variation annuelle, i2°,47. De la Marne. — Moyennes : le matin, 11 °,54 ; le soir, ii°,82..Minimum : i0,2o le 2 février; maximum : 22°,82 le 18 juillet.
- La moyenne diurne n’a été égale ou supérieure à 200 que le 10 juin, et en juillet du x5 au 21.
- Tension de la vapeur. — Moyenne annuelle : 7“”,92. Minimum : 2m,x le 28 décembre; maximum ; i6“,m,7 le 16 juillet.
- Humidité relative. — Moyenne annuelle : 81,8. Minimum : 24 le i5 mai; le maximum 100 a été atteint dans tous les mois sans exception, le plus fréquemment en octobre, 20 jours.
- Nébulosité. — Moyenne (6 h. à 21 h.) : 6,78, la plus faible en mars, 4>66, la plus élevée en décembre 7,80.
- II n’y a eu que 9 jours de nébulosité nulle : x en janvier, 5 en mars, 1 en septembre, 1 en octobre, 1 en décembre; on compte 35 jours complètement couverts.
- Insolation. — Rapport de la durée effective à la durée totale de la présence du Soleil au-dessus de l’horizon : o,34- Valeur mensuelle la plus grande : 0,48 en mars, la plus faible 0,17 en décembre. Durée effective totale : i53oh,2 en 296 jours.
- Pluie. — Total de l’année : 75oœm,4 en 585h,a réparties sur 194 jours, dont 5 ont fourni plus de i5m“. Hauteur maximum recueillie en 24 h. : 35mm,5 le 2 octobre.
- Nombre de jours de : gelée 5i, rosée 126, gelée blanche 97, brouillard 47> brume 74, orages 43, éclairs seuls 2, neige 13, grêle 14, grésil 3, givre 16, verglas 1, halos solaires ou lunaires 58. La dernière gelée de l’hiver 1909-1910 s’est produite le 18 avril; la première de l’hiver 1910-1911 le 10 novembre. La dernière gelée blanche du printemps est du 8 mai, la première de l’automne a été notée le 21 septembre.
- Fréquence des vents (8760 observations) : calmes, 234-N .... 559 S. E . . . 402 W . . . .396
- N. N. E.. 624 S. S. E . . 667 W. N. W. 249
- N. E. . . 58i S.........963 N. W. . . 3a7
- E. N. E. . 234 S. S. W. . i3i 1 N. N. W . 367
- E. . . . . 237 S. W. . . 923
- E. S. E. . 234 W. S. W . 45a
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne annuelle des 24 heures : 3m,78; moyenne mensuelle la plus élevée : 5m,o5 en février, la plus faible : 2m,68 en octobre. Vitesse maximum : 17”,9 le 18 mars par vent N. N. W.
- Hauteur de la Marneb — Moyenne de l’année : 3m,68; moyenne mensuelle la plus élevée : 5m,52 en février, la plus faible : 2”,09 en octobre. Minimum absolu : im,96 le 27 octobre; maximum absolu : 7”,92 le 28 janvier.
- Comparaisons aux valeurs normales (1851-1900). — Pression : — imm,68;’température : + o°,28; pluie : + i75mm,i.
- Comparaisons aux valeurs moyennes des 35 années (1874-1908). — Pression : — imœ,8i; température : -j-o°,28; tension de la vapeur : -f omm,38; humidité relative : + 3,o; nébulosité : -f 0,66; pluie : + 191““,4;
- 1. Au-dessus du zéro de l’éclielle (altitude 3om).
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- RÉSUMÉ METEOROLOGIQUE
- QÊt.
- faites à l’observatoire du Parc-Saint-Maur, pendant l’année 1910, par
- ,06 est inférieure de imm,68
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- jours de pluie : +33; jours d’orages : + 16 ; henres d’insolation : — 32+, i.
- Taches solaires. — On a suivi 47 taches ou groupes détachés en 118 jours d’observations; minimum mensuel : o groupe en décembre ; maximum : 8 groupes en janvier et septembre. Le Soleil a paru dépourvu de taches à 32 dates différentes : les 4, 8, 9, 10 février; 7, 18, 25, 27 avril; 5, 8, 9, i5, 19, 20 juin; 22, 26 juillet; 18, 24, 25 août; 14j *7» 18 septembre; 9, i5 octobre, 4, 6, 9, 10, 12 novembre; 9, 17, 28 décembre.
- OBSERVATOIRE MAGNÉTIQUE DU VAL-JOYEUX (M. .T. ITIÉ)
- Magnétisme terrestre. — Moyennes annuelles des éléments magnétiques en 1910 : Déclinaison, i4°25',73;
- Inclinaison, 64°43r>o; Composante horizontale, 0,19738; Composante verticale, 0,41789. Ecarts diurnes, moyennes de l’année, D : 8',5o;I : i',6i ; H : 0,00027; Z 10,00019; Variation séculaire, D = — 7', 14 ; 1=—o',85 ; H = + 0,00011; Z = — o,oooo3.
- Observations météorologiques. — Pression (altitude 1 i4m), moyenne à 9 heures : 75omm,55; température, moyenne à g heures : io°,i6; moyenne des minima, 5°,72 ; moyenne des maxima, i4°,78. Minimum absolu, — 11°,o le 27 janvier ; maximum absolu, 2j0,g le 15 juillet.
- Pluie. — Total de l’année 83gmm,5 en 199 jours. On a noté 11 jours de neige; 14 de grêle; i5 de grésil; 62 de gelée; 38 d’orages, 2 d’éclairs seuls; ioi de rosée; 56 de gelée blanche; 34 de brouillard; 2 de givre.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Le rouge écarlate. — Le rouge écarlate, scharlach rot, est une poudre qu’on emploie depuis deux ou trois ans en Allemagne avec grand succès pour la cicatrisation terminale des plaies. Cette poudre était employée en histologie comme simple colorant, lorsque divers chirurgiens allemands et américains eurent l’idée de l’utiliser comme agent de pansement. Les essais tentés chez nous ont donné des résultats aussi satisfaisants.
- Le rouge écarlate est un composé de matières dia-zoïques et d’amines aromatiques à base de benzol : il se présente sous forme d’une poudre brun rouge foncé, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et s’incorporant très facilement avec les huiles et les corps gras. C’est du reste dans ce mélange avec la graisse qu’on s’en sert; on en fait des pommades en fondant à chaud de la lanoline et de la vaseline et en dissolvant le rouge par trituration. Pour obtenir un mélange intime, on dissout le rouge dans le chloroforme et on triture le soluté dans le corps gras jusqu’à évaporation complète du chloroforme.
- Cette pommade a une action remarquable, elle provoque d’une façon très rapide l’épidermisation des plaies, à la condition que la plaie soit en bon état, sans gonfle-
- ment. Elle réussit, en effet, beaucoup moins dans les plaies malpropres, sur les surfaces suppurantes ou enflammées. Elle semble agir comme ces vieux onguents qu’on employait autrefois, l’onguent styrax, qui excitait le bourgeonnement de la plaie et activait sa cicatrisation.
- Le produit est assez actif pour qu’il ne faille pas d’emblée recourir à des doses trop fortes; l’emploi de la pommade au vingtième est le plus courant. On étend la pommade en couche légère sur de la gaze stérilisée, égale à la surface à couvrir et on la laisse en place vingt-quatre heures, quarante-huit heures au maximum s’il n’y a pas d’irritation. On applique alors de la gaze huilée pendant deux à trois jours, puis on revient à la pommade. En enlevant le pansement, on trouve que le tissu de granulations a pris une teinte grisâtre et en général il se produit une suppuration assez abondante, mais on voit en très peu de temps se dessiner un liséré épidermique qui gagne peu à peu et ferme définitivement la plaie. Dans un certain nombre de cas, où la marche de la cicatrisation est lente, ou traîne trop, on utilisera avec avantage ce nouveau médicament.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour enlever les taches d’acide nitrique sur les mains. — Les colorations jaunes de l’épiderme soumises à l’action de l’acide azotique, résistent si bien à la plupart des réactifs qu’il faut se résigner à attendre la desquamation ou à la provoquer par l’emploi répété de la pierre ponce. On obtient de bons résultats en employant le suif hydrate d’ammoniaque, auquel on ajoute un peu de soude ou potasse caustique ; par exemple une solution contenant environ a5 pour 100 de sulfhy-drate et' 10 pour 100 de lessive potassique ou sodique concentrée, les proportions pouvant varier dans de très larges limites. Le liquide détachant ainsi préparé sent très mauvais, mais les mains ne conservent finalement aucune odeur.
- Le réactif n’agit pas par réduction sur la matière colorée, mais il transforme les cellules brûlées par l’acide en une matière savonneuse qui part si on frotte avec Tongle ou une brosse forte. En fait, il s’agit d’un produit analogue aux mixtures épilatoires, qui agit par dissolution sur la matière dermique; cela, d’ailleurs, n’abime aucunement les mains, car les parties tachées à l’acide nitrique doivent tôt ou tard disparaître : le tissu est mort. Eu lavant finalement avec un peu d’eau acidulée par l’acide sulfurique, on élimine toute trace dangereuse du réaétif; la peau reprend sa blancheur première.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Désinfection des graines de céréales destinées aux semailles. — Un agronome suisse, M. Martinet, avait déjà établi que l’immersion des grains de blé dans un bain d’eau formolée était un préservatif très efficace contre la carie. Le même traitement vient d’être préconisé (Journal d’Agriculture pratique de janvier) per un agronome algérien, M. Couston, pour débarrasser le blé et les autres céréales des spores de charbon qui les infectent. Plusieurs années d’essais culturaux faits par divers expérimentateurs dans des conditions differentes de concentration, de durée d’immersion, etc-.-> permettent d’affirmer maintenant la valeur du traitement et de fixer tous les détails de son application. On doit employer des bains très dilués : un demi-litre de formol du commerce (contenant 40 pour 100 d’aldéhyde formique) mélangé à 100 litres d’eau donne un liquide très efficace; pour la carie en particulier, un bain de formol à o,5 pour 100 produit plus d’effet que le traitement usuel au sulfate de cuivre et à la chaux. La duree de l’immersion doit être suffisante pour permettre la bonne imprégnation de la fente des grains et de leur houppe de poils : 10 minutes suffisent à cela- Aucun danger n’est à craindre du fait de l’absorption d’humidité; outre que celle-ci est très faible, les graines semées après mouillage sont naturellement séchées dans la terre si les conditions favorables à la germination n y sont pas encore réunies.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. A. B. Z. — Vous trouverez dans la Revue générale des chemins de fer (Dunod et Pinat, éditeurs) et notamment dans les articles publiés par M. G. Marié des renseignements sur la question,
- M. Lory, à Nantes. — Pour fixer au mur un calicot destiné à être peint, le mieux est de passer une couche, d’appliquer le tissu pendant qu elle est encore fraîche et de badigeonner légèrement dessus. Le tout fait corps et tient très solidement.
- M. C. Turnescu, à Bucarest. — Voyez les Leçons sur la voiture automobile, par Marchis. Librairie Dunod et Pinat, 49. quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. F. E., à Saulieu (Côte-d'Or). — i° Pour matériel de cidrerie, s’adresser à Marmonier fils, ioi, avenue Félix-Faure, à Lyon; Meunier, fils, 25, rue Saint-Michel, Lyon. — 2° Pour les pommes à cidre : Lemaire-Danzel, à Warloy-Baillon (Somme) ; Carette, à Harcelaines, par Gamaches (Somme); Simon-Philippe, à Châtelaudren (Côtes-du-Nord) ; syndicat des marchands de pommes à cidre et de l’industrie cidricole, 8, faubourg Montmartre, Paris et au secrétariat général de l’Office de renseignements cidricoles, 16, boulevard Jules-Verne, à Amiens.
- M. Noël, à Caen. — Il est très difficile d’enlever des taches de ripolin sur étoffes de laine. Vous obtiendrez les meilleurs résultats en laissant macérer, puis lavant successivement à l’alcool et au perchlorure d’éthylène.
- M. Guittard, technicien, à Nice. — Nous venons de publier de nombreuses recettes pour patiner laiton et
- cuivre. La place nous est mesurée et nous ne pouvons allonger outre mesure la série. Mais nous reviendrons sur le sujet après, comme vous nous demandez de le faire, étude spéciale des procédés de patinage sur étain.
- M. Bruneton, Paris. — Nous avons publié en septembre 1904, sous le titre : « Pour remplir les lettres sur les plaques gravées », des recettes d’enduits blancs et noirs convenant tout à fait pour l’application projetée.
- M. L. B. (Maine-et-Loire). — L’insuccès dans le barattage de la crème pour l’obtention du beurre est assez fréquent durant l’hiver ; quoiqu’on ne puisse, sans autre renseignement, en préciser, a priori, la cause certaine, il y a lieu de penser que cet insuccès doit provenir, soit de l’alimentation donnée aux animaux (aliments trop aqueux, d’où diminution de la teneur du lait en matières grasses), soit de la défectuosité du mode opératoire dans le barattage de la crème. Il faudrait donner une nourriture plus riche, faire entrer des aliments concentrés (tourteaux) dans les rations des vaches; et, d’autre part, observer, pour la fabrication du beurre, les conditions suivantes : température de la crème à baratter, i3 à 140; en hiver et en temps de gelées, envelopper la baratte avec une couverture chaude ou un linge trempé dans de l’eau tiède, ajouter à la crème un peu de lait chaud ou plonger la baratte dans l’eau tiède, l'approcher à quelque distance du foyer ou bien encore y introduire un vase rempli d’eau chaude; ne pas la remplir à plus de la moitié; avec les barattes ordinaires, il faut parfois 5 à 6 heures, en hiver, pour obtenir la formation du beurre ; on peut faciliter cette formation à l’aide d’un mélange par parties égales d’eau-de-vie et de vinaigre, une cuillerée à bouche de chaque pour 5 ou 6 litres de crème; rincer la baratte avec ce mélange, avant d’y introduire la crème, qui doit toujours être fraîche.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un nouveau champignon comestible cultivable : Henri Coupin.
- — La montgolfière du xx° siècle : G. Camus. — Le ski : G. Bresh. — La lutte contre la maladie du sommeil : Dr Aefred Gradenwitz. — Les compteurs d’électricité : J. Verdier. — Académie des sciences; séance du 3o janvier 1911 : C11. de Vieeedeuil. — Une explosion d’acétylène à New-York.
- Supplément. — Directions des ondes hertziennes. — L’Allemagne et les câbles sous-marins. — Un « atterrissage » en pleine mer.
- — Préparation des solutions colloïdales. — Solidité à la lumière des colorants dérivés du goudron de houille. — Revêtement solide au feu pour fours à ciments. — L’hordénine contre l’entérite. — Teinture d’iode décolorée.
- Jahrbuch der Automobile und Motorboot-industrie, par E. Neuberg. 1 vol. 320 pages, 689 fig. dans le texte, publié chez Boll et Pickart. Berlin, 1910.
- Ce livre résume les progrès techniques et pratiques réalisés par l’industrie automobile, par le moteur et le canot, de dirigeable et d’aéroplane pendant l’année qui vient de s’écouler. C’est une riche mine de documents excellemment classés et ordonnés. Il donne en outre un résumé des brevets relatifs à l’automobile pris en Allemagne, Autriche, Amérique et Angleterre (pays d’éxamen préalable des brevets). On retrouve dans cet ouvrage la marque de l’esprit méthodique et patient habituel à nos voisins* on y retrouve aussi la marque de l’effort continu et puissant fait par l’industrie allemande pour concurrencer notre industrie automobile, nos constructeurs feront sagement d’y prendre garde.
- Histoire de VHygiène sociale, par Tu. Weyl, traduite de l’allemand par Robert André. In-8° de vin-472 p., avec 8 fig. et 2 pl. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris. Prix : 9 francs.
- Le Dr Weyl a entrepris de traiter dans ce livre quelques-uns des points les plus importants de l’hygiène sociale dans leur développement historique.
- Il montre comment l’antiquité se pourvut d’eaux potables, comment elle entretint la propreté de ses rues et veilla à l’hygiène de ses habitations, quelle barrière elle opposa aux épidémies, comment enfin elle secourut les malades, les pauvres et les malheureux.
- Blanchissage et nettoyage, par A. Ciiaplet, ancien directeur d’usines, et H. Rotjsset, ingénieur-chimiste. In-8° (19-12) de 162 pages avec 39 figures; 1910 (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire). Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain, 1910. Prix : broché, 2fr,5o; cartonné, 3 francs.
- Sous une forme réduite, l’ouvrage contient tout ce qu’il importe de connaître, aux points de vue théorique et pratique, des procédés industriels et ménagers du blanchissage et du nettoyage des linges et vêtements. Les auteurs examinent successivement au cours des premiers chapitres, d’abord les généralités historiques et économiques, puis l’étude de l’essangeage, du lessivage, des lavages, de la méthode par « bouillage », enfin du séchage et de l’apprêt du linge. La seconde partie est consacrée aux di’vers procédés de nettoyage des vêtements.
- Les arts plastiques et industriels. T. II, par Gaston Migeon (Précis historique des civilisations musulmanes). In-8° Lxxxm-477 p. et 376 fig. Prix : i5 fr.; Picard, éditeur. Paris, 1911.
- La peinture, la miniature. — La sculpture. — Les bois sculptés. — Les ivoires. — L’orfèvrerie et la bijouterie. —Les monnaies. —Les cuivres incrustés. — Les bronzes, le fer. — Les armes. — La céramique. — Les verres émaillés. — Cristaux de roche et pierres . gravées. Les tissus. — Les tapis. — Conclusion : Les influences de l’art musulman sur les arts de l’Occident. — Suite de l’Art byzantin et du 1.1 de Y Art musulman, ces trois incomparables volumes doivent être aux mains de tous les amateurs d’art et de souvenirs orientaux.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Aide-Mémoire de photographie pour 1911, par C. Fabre. 35° année. 1 vol., 264 pages, chez Gauthier-Yillars. Paris. Prix :
- Résumé des progrès accomplis dans l’année ainsi que les formules et renseignements pratiques nécessaires à l’opérateur.
- Le vol à voile. Etude historique, critique anatomo-physiologique et théorique du vol des oiseaux voiliers et.son application à l’homme. 1 vol. in-8° broché avec 85 figures, par le Dr J. Cousin. F. Louis Vivien, libraire-éditeur, Paris, 20, rue Saulnier. Prix : yrt,5o.
- Dans cet ouvrage le Dr Joseph Cousin analyse le vol des grands voiliers pour arriver à le reproduire. Il explique qu’il voudrait ramener l’aviation à l’étude
- des modèles que nous devons et pouvons imiter, c’est-à-dire les grands voiliers. La méthode suivie est celle des sciences naturelles, l’observation, et l’analyse. Partant de l’observation des manœuvres des voiliers, de leur structure, de leurs mouvements, l’auteur cherche à préciser le mécanisme de leur vol. Il étudie les lois qui régissent le vol sans coup d’ailes; loi de la résistance de l’air, loi de la vitesse, loi de la masse; après une étude du vol sans coup d’ailes où il montre l’analogie du bateau et de l’oiseau voilier, il passe en revue les théories émises jusqu’à ce jour et arrive à une théorie physiologique du vol à voile. Ce livre est très intéressant : de plus il est clair, et quoique scientifique à la portée de tout le monde.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 janv. 1911. —1°,7 E. N. E. 2. Beau. » Beau ; gelée blanche ; givre.
- Mardi 31 — 4°,4 N. E. 3. Beau. » Beau.
- Mercredi 1" fév. . . — 7°,0 N. E. 2. Beau. » Beau ; gelée blanche.
- Jeudi 2 —1°,2 N. E. 2. Très nuageux. u Eclaircies le m., couvert le s. ; gelée blanche ; brume le matin.
- Vendredi 3 1°,7 N. W. 2. Couvert. j) Couvert jusq. 15 h., beau ensuite; faible brouillard à 9 h.
- Samedi 4 —1°,9 N. N. E. 3. Couvert. » Couv. jusq. 18 h., beau ensuite ; gel. bl.; givre ; forte brume le m.
- Dimanche 3 1°,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,3 Couvert; neige fondue à 6 h.; forte brume.
- JANVIER-FEVRIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 30 JANVIER AU DIMANCHE 5 FÉVRIER 1911.
- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : „„...be épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- Du 3o janvier au 5 février. — Le 3o. Pression élevée sur toute l’Europe : Scandinavie, 780; Vienne, 773; Dunkerque, 771 ; Lisbonne, 761. Pluies sur le S.-O. Temp. du matin : Uleaborg, —25°; Paris, 2; Alger, 11; Puÿ de Dôme, 1; moyenne à Paris : o°,6 (normale : 20,5). — Le 3i. Allemagne, 782; N. de la France, 778; la Corogne, 750. Neiges sur le Centre, pluies sur le S.-O. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —200; Paris, —4î Alger, i3; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : i°,9 (normale : 2°,5). — Le ior février. Iles-Britanniques, N. de la France, 781; Autriche, 776. Neiges èn Finlande et Pologne, pluies sur le S.-O.; en France : Cette, 20; Biarritz, 6. Temp. du matin : Khar-kof, —200; Paris, —7; Alger, 12; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : i°,5 (normale : a0,5). — Le 2. Même situation atmosphérique. Neiges sur le N. Pluies sur le S.-O. Temp. du matin : Arkangel, —220; Paris, —4°
- Alger, ia; Puy de Dôme,—7; moyenne à Paris : i°; (normale : 2°,6). — Le 3. Allemagne, 780. Neiges et pluies sur le N. et le S.-O. Temp. du matin : Khar-kof, -—25°; Paris, —2; Alger, 11; Puy de Dôme, —8; moyenne à Paris : a0,2 (normale : 2°,6). — Le 4- Stor-noway, 780 ; dépression sur le N.-E. : Saint-Pétersbourg, 739. Neiges et pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Kharkof, — 270; Paris, —2; Alger, 11; Puy de Dôme, — 9; moyenne à Paris : o°,7 (normale : a°,7). — Le 5. Pression élevée surtout l’O. : Irlande, 778; Centre de la France, 774; dépression sur la Russie : Moscou, 747; Horta, 757. Pluies sur l’E. et le S. Temp. du matin : Moscou, —190; Paris, 1; Alger, 8; Puy de Dôme, —6; moyenne à Paris : 2°,4, (normale : 2°,7b — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 3o, à 9 h. 54 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l'Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature « est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1969 - 18 FÉVRIER 1911 SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Magnétisme ancien et actuel. — Une nouvelle note de M. P -L. Mercanton (Comptes Rendus Académie des Sciences, 5 décembre 1910) Sur l état magnétique des diabases de VIsfjord au Spitzberg, se rattache aux observations récemment rapportées ici même (n° 19^1, 6 août 1910 et dans le Bulletin de la Société préhistorique de France, 1910, p. 5oa, 566, 644> Par le Dr M. Gué-bhard) sur le moyen de rechercher l’état magnétique du globe aux temps préhistoriques ou géologiques. Le savant physicien suisse avait soigneusement repéré la position de chaque spécimen, par rapport à la verticale seulement, n’ayant en vue que le contrôle de l’inclinaison magnétique terrestre. Une première série d’échantillons n’a pas montré autre chose que « la distribution magnétique que prendrait la lave en se refroidissant aujourd'hui » ; cela tendrait à faire penser à l’immobilité permanente de l’aimant terrestre; mais au contraire, une autre série, composée de diabases d’âges probablement différents, a plutôt confirmé la possibilité, énoncée par M. Folgheraiter et J. Brunhes, d’un retournement complet à travers les temps géologiques. Ainsi le défaut de concordance de multiples observations, très soigneuses, rend probable l’existence d’un élément perturbateur inconnu; il y aurait lieu de le rechercher par la continuation de ces délicates expériences.
- Expériences de parachute de M. Hervieu. — Les
- nombreux accidents d’aéroplanes siirvenus ces derniers
- L’arrivée du parachute et du mannequin sur le sol.
- temps, stimulent le zèle des inventeurs d’engin de sauvetage. Parmi les remèdes possibles, le parachute,
- essayé en vain autrefois pour les ballons, semble susceptible d’applications pour les aéroplanes. M. Hervieu s’est livré à d’intéressantes expériences à ce sujet. Il a
- La carcasse d’aéroplane servant aux expériences de M Hervieu,
- lancé du haut du premier étage de la tour Eiffel une sorte de carcasse d aéroplane, montée par un passager mannequin; celui-ci était muni d’un parachute : tandis que la carcasse venait se briser sur le sol, le parachute se développait et posait le mannequin à terre sans choc trop brusque.
- Photochimie de l’acide sulfurique. — Nous avons entretenu à diverses reprises les lecteurs de La Nature du nouveau procédé de fabrication de l’acide sulfurique consistant en principe à faire passer sur un catalyseur quelconque chauffé à une température convenable, un mélange de gaz sulfureux et d’oxygène ou mieux de gaz sulfureux et d’air, l’acide sulfureux et l’oxygène se combinant pour donner de l’anhydride sulfurique que l’on condense à cet état ou que l’on recueille dans de l’acide sulfurique plus ou moins étendu qui se trouve ainsi renforcé jusqu’au degré que l’on désire. Ce procédé, bien que devenu industriel, est encore soumis à des perfectionnements plus ou moins efficaces, et sa technique n’est pas encore définitivement fixée. Deux auteurs allemands, MM. Cœhn et Becker ont étudié dernièrement l’action, sur ce mélange gazeux d’acide sulfureux^ et d’oxygène ou d’air, des nouvelles radiations produites par les lampes à mercure. Leur appareil comporte principalement une de ces lampes dans laquelle des tubes en quartz permettent de faire circuler un courant du mélange gazeux refroidi par un
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- INFORMATIONS
- courant d’eau froide. L’état d’équilibre auquel donne lieu cette réaction,- effectuée à cette lumière spéciale, diffère de celui qu’on observe à l’obscurité. La formation d’anhydride sulfurique dépend de l’intensité lumineuse, mais est indépendante de la température jusqu’à 8oo°. Il serait alors possible de remplacer, dans la synthèse industrielle de l’acide sulfurique, les corps catalyseurs par une lampe à vapeur de mercure dont l’entretien serait certainement beaucoup moins coûteux que celui des catalyseurs dont la plupart sont à base de platine et immobilisent par suite un capital important en même temps que leur régénération est assez coûteuse et compliquée. Des essais industriels sincères peuvent seuls maintenant nous fixer sur la valeur pratique de la nouvelle méthode.
- La houille blanche dans les Alpes françaises. —
- D’après une statistique récemment établie parle service de l’hydraulique agricole, la puissance totale des usines hydrauliques actuellement installées dans la région comprise entre les Alpes, le Rhône et la Méditerranée, s’élève à 4^3 ooo chevaux-vapeur. Cette région couvre 56ooo km2 et englobe io départements : Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Var, Yaucluse. La puissance actuellement installée se décompose comme suit : métallurgie 200000 chevaux; force et lumière ioooo; produits chimiques 60000; papeteries, carton-neries, industries du bois 25 000; traction 10 000 ; divers 8000 chevaux. La puissance minima aux plus basses eaux est d’au moins i5o 000 chevaux. On compte en outre 80 000 chevaux pour usines en construction ou concédées, 600000 pour usines à l'étude ou projetées.
- Minerais d’or et de wolfram dans le Cantal. —
- M. Isidore Maranne nous communique quelques renseignements intéressants sur les recherches d’or qui sont faites en ce moment dans le Cantal, comme dans le reste du Plateau Central, dans la Mayenne, dans la Loire-Inférieure, etc. On veut notamment reprendre les tentatives déjà plusieurs fois renouvelées sur les mispickels aurifères de Bonnac qui, d’après M. Pagès Allary, contiennent 6. à 10 gr. d’or par tonne L’installation de l’usine est commencée. De l’or a été signalé aussi à Massiac, à Sainte-Marie-le-Plain, dans la vallée de l’Allagnon, en cristaux d’or natif dans le quartz associé au mispickel. On a également annoncé à tort la découverte de l’or à Leucamp, près de Montsalvy. Il s’agit là uniquement de pyrites plus ou moins décomposées en hématite et limonite, mais renfermant, du wolfram.
- Un manuscrit mexicain. — Notre éminent collaborateur, le Dr Capitan, vient de présenter à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres un manuscrit mexicain inédit du plus vif intérêt. C’est une bande en papier d’agave, qui porte sur une face diverses figures de têtes d’animaux et de vêtements, et sur l’autre un texte espagnol daté de l’an 1534- Ce texte, qui constitue un document particulièrement rare, est celui d’une plainte formulée par les habitants des villages de Totolapan et d’Atlatlao, contre le corregidor Luiz de Berio : ils l’accusent de leur avoir volé des poules, du maïs, des vêtements, deux esclaves et une bourse remplie d’or. A cette plainte est ajouté un texte de jugement qui dessaisit de ses fonctions le corregidor coupable. Un des intérêts de ce document est qu’il montre un petit épisode de la vie sociale des Espagnols et des Mexicains peu de temps après la conquête.
- L’héliotropisme chez les animaux et chez les plantes. — On appelle héliotropisme la réaction des organismes vivants à la lumière : il y a héliotropisme positif lorsque les organismes considérés se rapprochent ou tendent à se rapprocher de la source lumineuse ; négatif lorsqu’ils s’en éloignent ou tendent à s’en éloigner. La Revue Scientifique résume (4 février) les recherches les plus récentes dans le but de comparer l’héliotropisme chez les plantes et chez les animaux. Ou savait déjà d’une manière générale, à la suite des nombreuses expériences du grand biologiste américain Loeb, que l’orientation des animaux vis-à-vis d’une source de lumière, se fait suivant les mêmes lois qui régissent l’orientation héliotropique des plantes : Sachs avait montré que derrière un écran rouge les réactions
- héliotropiques des plantes sont nulles ou à peu près, tandis que derrière un écran bleu elles sont aussi nettes, à peu près, que dans la lumière blanche ; Loeb établit qu’il en est exactement de même pour les animaux. Depuis, on a étendu le champ de ces recherches en étudiant l’héliotropisme dans les diverses régions du spectre. C’est ainsi que Loeb et Maxwell, opérant suide jeunes larves d’un petit crustacé (le Balanus perfora-tusj ont constaté que ces larves ont un. héliotropisme très marqué et se rassemblent surtout dans le vert et le vert jaune. Ce qui semble au premier abord assez surprenant, c’est que ces mêmes crustacés, à l’état adulte, ont au contraire un héliotropisme négatif et se rassemblent surtout dans la partie rouge ou violette du spectre. Le résultat semblerait donc bien différent de celui qu’on obtient avec des organismes végétaux, dont l’héliotropisme, d’après les données classiques, serait surtout prononcé dans la lumière bleue et violette. En réalité, l’objection n’a pas une bien grande portée. Loeb, dans de nouvelles expériences, a pu obtenir sur des végétaux des résultats tout à fait identiques à ceux qu’il avait obtenus sur les crustacés : dans la lumière du spectre, en effet, des algues du genre Chlamydoceras, positivement héliotropiques, se rassemblent, comme ceux-ci, dans l’espace de quelques minutes, dans la partie verte, et cela d’une façon très nette. D’autre part, Loeb a encore signalé qu’on peut provoquer aussi bien chez des animaux (Daphnies) que chez des plantes (Vol-vox) l’héliotropisme positif au moyen de l’acide carbonique. Les premières conclusions sur la grande analogie des héliotropismes animal et végétal sont donc confirmées, en même temps que nuancées, par les recherches récentes.
- L’industrie des termites. — Les termites, ou fourmis blanches, sont des insectes qu’on peut dire illustres par leurs mœurs d’animaux vivant en société. M. Bu-gnion, de Lausanne, vient de publier, dans les Annales de la Société entomologique de France, des observations nouvelles à ajouter à ce qu’on savait déjà à leur sujet, M. Bugnion a étudié spécialement les espèces de l’île de Ceylan. — Chez la première (Eutermes inanis), la colonie habite sous terre, souvent entre les racines d’un cocotier. Une sorte de tunnel sinueux, de la grosseur d’un crayon, est appliqué le long du tronc et permet aux insectes d’aller butiuer dans la région supérieure de l’arbre, au niveau des feuilles. La paroi du tunnel est construite au moyen de grains de sable ou de débris ligneux agglutinés par une sorte de ciment spécial expulsé du rectum sous forme de petites gouttelettes jaunâtres. Lorsqu’on enlève une partie de la paroi du tunnel, les Termites la reiUplacent sans tarder. On voit alors les « ouvriers » s’approcher de la brèche, et les uns déposer les gouttelettes jaunâtres tandis que les autres appliquent des grains de sable sur celles-ci. Les individus désignés sous le nom de « soldats », parce que leur rôle serait de défendre la termitière contre les ennemis qui peuvent la menacer, coritribuènt aussi au travail de réparation; mais ils se bornent à mâchonner le bord de la brèche et à l’imbiber de leur salive. — Chez une espèce voisine [Termes Redemannï), la termitière peut atteindre une hauteur de 2 mètres environ au-dessus du sol. Ici, c’est simplement la salive de l’insecte qui sert à agglutiner les particules de terre employées à la construction et à la réparation de la termitière. — M. Bugnion a trouvé, dans certaines termitières, des formations spéciales ou <c corps spongieux » sur lesquelles se développent les fameux jardins de champignons » dont on a si souvent parlé ici même et que nos lecteurs connaissent bien. D’après l’auteur, ces formations seraient constituées par des déjections stercorales qui renfermeraient, dès l’origine, une certaine proportion de conidies, lesquelles donneraient naissance aux « jardins ». En effet, l’intestin de divers Termites contient des champignons plus ou moins digérés et des débris de bois Les champignons qui se développent sur l’amas stercoraire servent en partie à la nourriture des Termites. Mais les conidies nejCsônt pas digérées et se retrouvent dans les excréments. Comme ceux-ci sont ajoutés continuellement aux «• corps spongieux », il en résulte que les « jardins » s’accroissent sans interruption et fournissent aux Termites une nourriture inépuisable. (Voir sur les Termites champignonnistes notre n° 19^3, du 2 avril 1910, p. 273.)
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- Cé£,
- Mécanique
- Chimie ‘S'C&J
- Vue arrière de la machine à distribuer les cartes à jouer.
- The Square Dealer. — D’origine anglaise ou américaine, cette petite machine à distribuer les cartes à jouer est certainement l’œuvre d’un cerveau très différent de notre mentalité; seul, le pays de l’automaticité à outrance pouvait enfanter une mécanique de ce genre. Et cependant nous comprenons qu’elle ait été inventée ; nous sommes tout disposés à nous en servir ; mais ce que nous ne comprendrons jamais, c’est qu’un homme ait eu cette idée de mettre à la disposition des joueurs un appareil qui leur distribue les cartes.
- L invention est belle par sa simplicité. Un pied à quatre rayons, lourd, porte une masse terminée à sa partie supérieure par une couronne dentée C et une tige verticale servant d’axe au mécanisme. Celui-ci comporte un châssis rectangulaire RR devant lequel est placé le panier P recevant le paquet de cartes. Ce panier est mobile verticalement sur deux tiges T T : il suffit d’appuyer sur le bouton B pour que lepaniers’abaisse. A ce moment on place les cartes, puis on laisse agir les ressorts qui font remonter le panier. La partie arrière des cartes vient alors en contact avec un cylindre de caoutchouc K monté sur un axe A pourvu à l’une de ses extrémités d’un petit pignon denté D engrenant avec la roue C. Voilà tout le mécanisme.
- Lorsque l’on tourne le mécanisme de droite à gauche en tenant la molette M, le pignon D roulant sur la couronne C oblige l’axe A à tourner sur lui-même et en même temps le cylindre K. Ce cylindre entre donc en rotation tout en accompagnant tout le mécanisme dans son mouvement de révolution autour du pivot central porté par le pied. Mais les cartes appuient fortement contre le cylindre de caoutchouc; aussi ce dernier entraîne-t-il la carte qui le touche et l’oblige à rester en place pendant la rotation générale. Restant en place, elle sort du panier qui tourne et elle tombe. La carte suivante est immédiatement saisie par le cylindre, immobilisée à son tour jusqu’au moment de sa chute, et ainsi de suite. Toutes les cartes suivent avec une précision
- mathématique et B se groupent en
- quatre tas parfaitement réguliers devant les joueurs.
- Pour que deux cartes ne soient pas entraînées en même temps, l’arrière du châssis porte une petite pièce métallique V que l’on approche assez près du
- Fig 2. — Vue avant de a The Square Dealer ».
- cylindre K en agissant sur la molette Z. Ce réglage sommaire se fait une fois pour toutes.
- Sur le cylindre repose une lamelle métallique F qui appuie assez fortement, étant sollicitée par un petit ressort. Elle est destinée à empêcher la rotation de gauche à droite. Ajoutons enfin que la machine ne doit pas être mise en rotation lorsque le plateau n’est pas chargé de cartes, parce que le fond de ce plateau est poussé contre le cylindre de caoutchouc qui se détériorerait rapidement si on forçait la rotation.
- L’appareil a eu un beau succès de curiosité au récent salon de l’automobile, succès qu’il mérite par son originalité. Aux joueurs de dire s’il leur convient. On ne peut, dans tous les cas, lui refuser le mérite de la plus parfaite correction pendant la distribution des cartes. — The Square Dealer se trouve chez M. Charles Rouaud, 16, rue Debelleyme, Paris (IIIe).
- Le sucre et le miel dans le chocolat. — La définition classique du chocolat considéré comme légal et marchand est bien connue : « Le chocolat est une préparation composée de semences de cacao torréfiées, décortiquées et broyées, avec du sucre en poudre, additionnée ou non d’une substance aromatique. » Dans le chocolat le sucre n’intervient, en proportions plus ou moins fortes, que pour atténuer, pour corriger l’amertume du cacao torréfié et transformer en un produit alimentaire des plus agréables une substance dont les qualités nutritives sont bien connues mais qui est par elle-même fort peu savoureuse.
- Qu’il soit considéré comme une simple friandise ou que l’on veuille le regarder comme un aliment substantiel, le chocolat répondant à la définition qui vient d’être rappelée, possède une assez fâcheuse propriété pour nos voies digestives, et les gens qui en font une abondante consommation sans absorber en même temps des fruits, des légumes verts et autres produits rafraîchissants risquent parfois d’en être réellement incommodés.
- Sans doute la pharmacopée offre d'inépuisables ressources pour combattre cet inconvénient. Bien?des produits pourraient être incorporés au chocolat dont les effets sur notre organisme pourraient être atténués ou même radicalement transformés. Mais alors un tel chocolat ne serait plus un aliment, mais un remède. Le pharmacien seul pourrait vendre légalement un chocolat contenant, en quantité si minime fût-elle, un produit pharmaceutique quelconque.
- 11 existe cependant une substance sucrée, et dont le pouvoir édulcorant est d’ailleurs considérable, qui possède heureusement une propriété qui est l’antithèse exacte de celle à laquelle il était fait allusion précédemment pour le chocolat. Ce produit n’est autre que le miel.
- Il était donc assez naturel et parfaitement logique de vouloir remplacer le sucre par le miel dans cette fabrication. L essai fut tenté et l’on réussit à incorporer dans le chocolat une certaine quantité de miel, suffisante d’ailleurs pour obtenir le produit désiré. Seulement le sucre n’avait pas été remplacé en totalité par le miel, chose dont il est d’ailleurs extrêmement facile de se rendre compte.
- C’est ce qui arriva à l’un des inspecteurs du service de la répression des fraudes alimentaires qui porta au laboratoire de triage un échantillon de « chocolat au miel » dans lequel il était manifestement visible, et le laboratoire se rendit bien vite compte que le miel n’était pas le seul produit ajouté au cacao et qu’il s’y trouvait encore du sucre. Le fabricant n’avait d’ailleurs jamais prétendu supprimer le sucre qu’il prétendait au contraire indispensable pour obtenir une bonne fabrication.
- Des poursuites furent néanmoins dirigées contre lui et, l’affaire étant venue devant la justice, deux chimistes-experts près les tribunaux, MM A.-Ch. Girard et Francis Maire durent étudier la question. Celle-ci se posait de manière fort simple : le miel devait-il remplacer intégralement le sucre dans un chocolat au miel ou bien devait-il être considéré comme une substance aromatique, au même titre que la vanille, la cannelle, etc...' substances aromatiques dont la présence dans le chocolat est parfaitement légitime d’après la définition classique elle-même du chocolat?
- Le fabricant déclarait absolument impossible la sub-stiiutiou totale du miel au sucre, les experts commis par le tribunal avaient donc pour premier devoir de se rendre compte par eux-mêmes de l’exactitude de ce fait.
- Une expérience officielle fut donc faite à l’usine même. La quautité nécessaire de cacao fut versée dans deux broyeuses que l’on avait eu la précaution de chauffer de façon aussi uniforme que possible, puis les appareils furent mis en marche. La masse de cacao broyé fut alors additionnée de sucre dans les proportions usuelles. Le tout fut intimement pétri et broyé; finalement le mélange se présenta avec une consistance pâteuse et une apjsa-rence très homogène.
- Une première addition de cinq cents grammes de miel fut alors faite. Presque immédiatement la masse de chocolat changea d’aspect : elle se durcit, se solidifia et
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- exigea un nouveau broyage pour lui faire reprendre sa consistance primitive. De nouvelles adjonctions de miel, de cinq cents grammes chacune, furent ainsi faites à différentes reprises. Chaque fois se renouvelait, en augmentant d’intensité, le phénomène du durcissement de la pâte de chocolat. Chaque fois il fallait augmenter la durée du broyage nécessaire pour obtenir la fluidité nécessaire. En même temps l’opération devenait de plus en plus pénible, à tel point que les meules des broyeuses étaient parfois bloquées complètement, ce qui prouve combien devenaient dures et compactes les masses de chocolat aggloméré.
- Bief, quand la proportion de miel ajoutée au chocolat atteignit huit pour cent, le travail des broyeuses devint complètement impossible. Le chocolat fabriqué de cette manière avait un aspect aussi peu commercial, aussi peu appétissant que possible : il était pris en grumeaux, sa consistance était molle et il ne pouvait ni être mis en tablettes ni recevoir une forme quelconque. A ce moment d’ailleurs la saveur du miel se trouvait trop accentuée dans le chocolat, car s’il est bon de parfumer le chocolat, encore faut-il le faire avec discrétion et ne pas masquer ou altérer son goût propre.
- L’expérience officielle qui fut faite devant les chimistes-experts est des plus intéressantes, car rien ne pouvait en somme faire logiquement prévoir l’impossibilité d’incorporer, même à chaud, du miel dans le chocolat au delà d’une certaine proportion. Aucune donnée n’était connue à cet égard, ce qui explique parfaitement la surprise dont a été victime le service de la répression des fraudes alimentaires qui devra donc considérer comme un parfum le miel ajouté au chocolat et non comme un succédané du sucre.
- Objets utiles
- L’analyse des urines. — Albumine et sucre. —
- L’examen des urines est certainement une des choses les plus importantes quand il s’agit de constater l’état de notre santé. Leur moindre trouble, la plus légère variation dans leurs éléments constitutifs sont pour le médecin des indices de la plus haute valeur. C’est à tel point que par simple mesure de précaution chacun devrait de temps à autre faire procéder à leur analyse. Toute maladie, qui serait ainsi décelée à son début, pourrait être guérie de la façon la plus sûre et la plus rapide.
- Parmi les maladies qu’il serait de la plus haute importance de dépister dès leur origine, il faut nommer le diabète et l’albuminurie. Et cependant, le plus souvent, on ne fait appel aux médecins que si les premiers symptômes négligés se sont aggravés et que l’on ait ne l’œdème, une soif inextinguible, une fatigue continue, un amaigrissement anormal. Il est alors quelquefois un peu tard pour enrayer vigoureusement le mal.
- La trousse « la Dosurine » permet à chacun de faire soi-même ces analyses sans difficulté, c’est une sorte de petite boîte, ayant l’aspect extérieur d’un livre et qui contient tous les instruments et réactifs nécessaires.
- Il existe trois modèles de trousses « Dosurine ». La trousse Index, qui permet à chacun de voir, par une analyse aussi simple que rapide, si par hasard il ne se produit pas intempestivement du sucre ou de l’albumine. La trousse A est destinée aux albuminuriques; grâce à elle ils peuvent doser leur albumine; quant à la trousse D, les diabétiques peuvent s’en servir pour doser le sucre contenu dans l’urine.
- Au point de vue chimique, ces diverses trousses ne constituent pas des innovations, car elles permettent de déceler et de titrer le sucre avec la liqueur de Fehling, l’albumine avec la liqueur de Tanret qui sont des réactifs bien connus et parfaitement classiques. Cependant ces réactifs ont été très légèrement modifiés, le premier pour le rendre inaltérable et très sensible, le second pour qu’il soit très sensible, même avec des urines fortement alcalines et pour éviter toute confusion entre des peptones et de l’albumine.
- Le grand avantage de ces trousses est de renfermer, dans des ampoules fermées à la lampe, les réactifs indispensables. Il en résulte que ces derniers sont d’une conservation pratiquement indéfinie.
- La trousse « Index » contient cinq ampoules pour la recherche du sucre et cinq pour celle de l’albumine, un compte-gouttes, deux tubes à essais jaugés, un petit
- appareil très pratique pour les nettoyer et un paquet de grains spéciaux qui favorisent l’ébullition des liquides mais sans avoir aucune action chimique sur ceux-ci.
- La trousse <c D » est composée de la même manière mais ne contient que du réactif pour le sucre. La trousse « A », destinée à doser l’albumine, contient seulement le réactif nécessaire*, et l’un des tubes à essais est remplacé par une petite éprouvette portant une graduation spéciale et fermée par un bouchon de caoutchouc. La manière d’opérer avec ces trousses est des plus simples. Pour rechercher le sucre, on introduit de l’urine dans un tube à fond rond de la trousse « Index » jusqu’au trait rouge. On y jette a ou 3 des grains spéciaux et on y verse le contenu d’une ampoule de « réactif glucose. » On chauffe lentement jusqu’à ébullition; si la teinte bleue disparaît ou s’atténue sensiblement, c’est que l’urine contient du glucose. Mais si la teinte bleue se conserve sans altération, on peut être rassuré, l’urine ne contient pas de glucose.
- S’il s’agit de déceler l’albumine, on verse de l’urine jusqu’au trait rouge dans un des tubes à fond rond, et l’on y ajoute le contenu d’une ampoule de réactif albumine. Il ne se produit aucun trouble s’il n’y a pas d’albumine. Dans le cas contraire, on chauffe jusqu’à l’ébullition; s’il n’y a pas d’albumine, le trouble de la liqueur disparaît, mais si ce trouble persiste, on doit conclure à la présence de l’albumine redoutée.
- Quant au dosage du sucre avec la trousse D, il est extrêmement simple : il suffit de verser dans le tube à
- essais le contenu d’une ampoule de la trousse et de le chauffer à ébullition après y avoir ajouté deux ou trois grains spéciaux. Avec le compte-gouites on ajoute de l’urine en comptant le nombre de gouttes nécessaires pour faire disparaître complètement la teinte bleue du réactif. Il n’y a plus qu’à se reporter à la table glucosi-métrique de la trousse pour connaître la teneur en sucre.
- Le dosage de l’albumine s’effectue comme il suit avec la trousse A. On verse de l’urine jusqu’au trait U de l’éprouvette graduée ou albuminimètre, puis de l’eau ordinaire jusqu’au trait E, et enfin le contenu d’une ampoule de réactif albumine. On ferme l’éprouvette avec le bouchon de caoutchouc et l’on renverse et redresse l’albuminimètre une dizaine de fois, après quoi on le pose debout et le laisse reposer. L’albumine coagulée se dépose au fond du tube, et pour en connaître la quantité exacte par litre d’urine, il suffit de lire, au bout de 12 heures, le chiffre de la graduation en face duquel arrive le niveau de l’albumine coagulée.
- Cette brève description indique combien sont faciles et simples les manipulations nécessaires avec ces « trousses Dosurine » pour rechercher et doser le sucre et l’albumine. Il n’est pas du tout nécessaire d’être, chimiste pour se servir de ces petites boîtes qui constituent de véritables laboratoires portatifs. Bien des médecins de campagne seront heureux de pouvoir procéder rapidement à quelque analyse indispensable; mais, sans compter les diabétiques et les albuminuriques qui auront là un moyen fort aisé de surveiller leur maladie, les personnes en bonne santé pourront s’assurer qu’un trouble momentané de celle-ci est sans gravité, puisqu’ils ne produisent ni sucre, ni albumine. — Chaque « Trousse Dosurine » est vendue 5 francs; (>fr,3o par poste, au Laboratoire de la Dosurine, 16, rue Charlemagne, Paris. -
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- VARIÉTÉS
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- L’océanographie et l’Académie des Sciences. — Dans notre article sur l’inauguration, à Paris, de l’Institut océanographique fondé par le prince de Monaco (n° 1966, p. i'3y) nous avons brièvement mentionné le discours de M. Armand Gautier, au nom de l’Académie des Sciences. Ce discours' vient d’être publié et nous croyons utile d’en donner un résumé et des extraits.
- M. A. Gautier a surtout exposé, en abrégé, l’historique des études et des travaux dont l’océanographie est redevable aux membres de l’Académie des Sciences, depuis la réorganisation de cette société en i8o3.
- Lors de cette réorganisation, deux grands marins furent inscrits sur les listes : Bougainville et Claret de Fleurien. On sait ce que l’on doit au premier : exploration de tout le Pacifique, découverte de l’archipel des Malouines, descente à Tahiti. Claret de Fleurien avait étudié surtout les courants marins et leur influence sur la marche du navire, perfectionné les montres marines, rectifié de nombreuses données hydrographiques.
- Beautemps-Beaupré et Dortet de Tessan, leurs successeurs, établirent les premières bonnes cartes marines.
- Beautemps-Beaupré releva toutes les côtes de la France; Dortet de Tessan dressa celles du nord de l’Afrique et, plus tard, à bord de La Vénus, de Brest au cap Horn et au Kamtchatka, recueillit les plus utiles documents océanographiques et météorologiques. Peu d’années après, en 1817, sur L’Uranie, de Saulses de Freycinet faisait son « voyage autour du monde », dont treize volumes furent consacrés aux observations d’hydrographie, de géographie, de magnétisme terrestre, d’histoire naturelle.
- De 1822 à 1825, Duperrey exécuta un nouveau voyage autour de la Terre, dressa les cartes des archipels Dangereux et des îles de la Société, établit la configuration de l’équateur magnétique, entreprit l’étude méthodique des marées et de l’établissement des ports. Puis eurent lieu, peu d’années après, sous les auspices et avec les instructions de l’Académie, les voyages de Dumont d’Urville sur Y Astrolabe et la Zélée, d’où l’on rapporta, après 38 mois de navigation, d’innombrables cartes et plans de mouillages et de mers alors mal connues.
- Vers la même époque, à la suite du naufrage de la Méduse, Roussin dressa la carte hydrographique de l’ouest de l’Afrique, et plus tard du Brésil sur plus de i3oo lieues de côtes.
- Il faudrait ajouter, à cette rapide énumération, les noms des amiraux Pâris, Jurien de la Gravière, de Jonquières, qui s’occupèrent, à vrai dire, de navigation et de construction de navires plutôt que d’océanographie. L’amiral Mouchez, au contraire, après avoir sillonné en tous sens les mers de la Chine, de l’Inde et de l’Océanie, et couru, au fond de l’océan Austral, observer, à l’île Saint-Paul, le passage de Vénus, fit au cours de ses longs voyages les relevés de géographie maritime les plus sûrs grâce aux méthodes astronomiques qu’il cultivait particulièrement. On sait qu’il devint par la suite le directeur de l’Observatoire de Paris et qu’il entreprit alors l’audacieuse exécution de la Carte du Ciel avec 5o millions d’étoiles.
- « Toutefois, dit M. Armand Gautier, ceux qui parmi nous se sont préoccupés des grands problèmes de la mer n’ont pas tous été des navigateurs.
- « L’étude des marées, la détermination du niveau moyen des mers en chaque point du globe, la connaissance des courants marins superficiels ou profonds, la densité, la salinité, la température de la mer aux divers niveaux, ses échanges avec l’atmosphère, son influence
- sur les climats, les migrations des animaux qu’elle héberge, la composition de ses eaux et les moyens d’en tirer un parti industriel, les mystères que nous cachent les abîmes de l’Océan, tous ces problèmes ont fait le. sujet de travaux des membres de notre Compagnie. Chacun évoque leurs noms estimés ou illustres. »
- Les phénomènes des marées furent surtout étudiés, par les astronomes et plus particulièrement par Delau-nay qui essaya d’en donner la théorie dès 1843. A sa suite, de nos jours, M. Lallemand, grâce à son médi-marémètre, est parvenu à démontrer l’uniformité du niveau des mers, à quelques centimètres près, sur toutes, les côtes de nos continents. Le niveau moyen annuel de l’Océan est ainsi devenu le zéro commun de tous les. nivellements européens.
- La connaissance des courants superficiels ou profonds qui parcourent les océans a été, de son côté, le sujet de l’étude d’un grand nombre de marins. Agassiz en fit une étude approfondie; Faye les rattacha à ses, mouvements tourbillonnaires; Bouquet de la Grye, à la densité des eaux de la mer, variable avec la température et la salinité. ;
- Quant aux courants superficiels ils ont été étudiés surtout à l’époque moderne, et eela par le fondateur même de l’Institut d’océanographie, le prince de Mo^ naco.
- « De 1885 à 1889, dit M. A. Gautier, de sa goélette Y Hirondelle, 1675 grands flotteurs métalliques, datés et numérotés, furent lancés, suivant quatre directions, dans l’Atlantique nord. Beaucoup de ces flotteurs, recueillis plus tard en divers points du globe, permirent de déterminer la marche des eaux marines, il fut ainsi démontré qu’à la surface de l’Atlantique les eaux parcourent un trajet circulaire autour d’un centre situé au Sud-Ouest des Açores. Le bord externe de cette vaste nappe gagne, le grand banc de Terre-Neuve et, s’infléchissant au Sud, longe les côtes de l’Europe et de l’Afrique occidentales jusqu’à la hauteur des Canaries, puis va rejoindre le courant équatorial avec le bord septentrional duquel il se confond, puis passant aux Petites Antilles, remonte, au Nord-Ouest pour fermer le circuit en se raccordant avec le Gulf-Stream. Ce sont là des faits dont la navigation et les industries de la mer sont, en grande partie, redevables au Prince, auquel, pour ces beaux travaux et ceux que je vais encore rappeler, l’Académie des Sciences conféra d’abord le titre de Correspondant en 1891, puis celui d’Associé étranger. »
- Les explorations des profondeurs des mers commencées vers 1867, par les savants de la Suède, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, furent reprises, de 1880 à 1882, sur les côtes de l’Europe, par A. Milne-Edwards, Filhol, etc., à bord du Travailleur, puis en 1889; dans les grandes fosses de l’Atlantique, sur le Talisman. Elles révélèrent la prodigieuse richesse de vie, jusque-là insoupçonnée, des profondeurs marines. Là où l’on avait imaginé la mort et la désolation, la vie débordait. Le prince Albert de Monaco s’attacha particulièrement à poursuivre ces recherches à bord de la Princesse-Alice et permit ainsi à une série de jeunes savants, ses collaborateurs, de faire connaître les hôtes extraordinaires de ces mystérieuses contrées.
- En même temps, grâce à l’initiative de Coste, de Ch. Robin et de Lacaze Duthiers, étaient créées des Stations aquicoles et des Laboratoires maritimes. Les deux plus remarquables de ces établissements sont celui de Naples, et le Musée océanographique de Monaco et son aquarium ouverts l’an dernier aux savants.
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- Le traitement de la tachyphagie. —- J’ai souvent parlé des méfaits dus à la tachyphagie, l’heureux néologisme imaginé par mon ami Jacquet pour dire que l’on mange trop vite. Efflorescences cutanées, boutons à la peau, au visage, dartres, eczémas, combien de ces éruptions ne sont dues qu’à une insuffisance de mastication; je ne parle pas des dyspepsies, qui sont légères, et qui d’abord simples petits maux d’estomac, lenteurs de digestion, finissent par dégénérer en gastro-entérites
- rebelles. Jadis nos aieux se mettaient à table à heure précise; à midi sonnant le diner(c’était le mot afférent à ce repas de la méridienne) était servi et on mangeait beaucoup, peut-être trop, mais on prenait son temps. Aujourd’hui tout marche à la vapeur; on mange quand on peut, à l’heure libre, et en quelques minutes, on engloutit les aliments, on les avale sans les mâcher. Le repas hâtif, surtout celui du matin, le déjeuner (dîner d’autrefois) est devenu la règle et cette habitude mau-
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- HYGIENE ET SANTE
- vaise liait par retentir sur la bonne assimilation des mets, sur la digestion régulière et petit à petit sur la Santé générale.
- Un Américain, qui avait éprouvé tous les désagréments inhérents à cette alimentation vicieuse, qui était devenu lourd, gros, obèse, chercha à réformer ses habitudes. Il se dit que la quantité et la nature des aliments ne signifient pas grand chose pour la bonne digestion et la bonne nutrition, ce qui importe avant tout, c’est de bien mastiquer, de réduire viande, pain ou légumes en une pulpe facilement assimilable. Pour vivre longtemps, il faut mâcher longtemps, disait Flechter et mettant cet axiome en pratique, il est arrivé par la simple mastication prolongée, à modifier son poids, ses forces, sa santé. Le Flechtérisme est devenu pour bien des gens une règle, et ces gens s’en trouvent bien; il repose sur les principes suivants formulés en commandements au nombre de cinq.
- i? Attendre l’appétit; 20 consulter l’appétit dans le choix des aliments ; 3° mâcher l’aliment de manière à en retenir tout l’élément nutritif ; 4° consacrer au repas toute la durée qu’il réclame, ne jamais se presser, se rappeler que l’on mange et s’absorber systématiquement dans cette opération en n’y admettant aucun trouble; 5° se rappeler que tout repas est un actif décisif de la vie et l’accomplir de telle sorte qu’il réponde invariablement et totalement à son but.
- En un mot, manger lentement et mastiquer longtemps; de tachyphage, comme dit Jacquet, il faut devenir l’opposé, bradyphage. Est-ce chose facile : si vous avez l’habitude de manger vite, essayez et vous verrez que ce n’est pas aussi simple qu’on le croit. Mon compatriote Linossier, un maître dans ces questions de diététique, a essayé de formuler quelques règles pour modifier cette habitude devenue chez beaucoup, une seconde nature. Comme il le dit, chez beaucoup de nerveux elle a pris les caractères d’une véritable névrose, et il faut plus que de la persuasion pour arriver à triompher de ce défaut. On écoute volontiers le conseil, on commence son repas lentement, on mâche avec conscience, et puis survient un incident, un rien, et l’attention disparaît, on se reprend à avaler les aliments à peine introduits dans la bouche.
- On peut cependant traiter la tachyphagie, et le traitement n’a rien d’épouvantable. Ecoutez les conseils
- donnés par le Dr Linossier dans le Paris médical. Le sujet doit bien entendu être prévenu des difficultés de la cure qui réclame plus de patience et de bonne volonté de sa part que de la part du médecin, il n’est pas question de drogues, de potions, mais de règles à observer et à observer mathématiquement et trois fois par jour.
- On peut imposer, dit notre confrère, une durée minimum pour chaque repas, par exemple, trois quarts d’heure pour le repas du midi, une heure pour le l'epas du soir. Mais il faut prendre garde que le malade ne s’amuse à manger pendant toute cette durée. Il faut donc imposer une quantité d’aliments strictement dosés et lui interdire absolument de se servir lui-même dans un plat laissé à sa portée. Le pain en particulier devra lui être donné en quantité limitée, car les tachyphages non seulement mangent vite, mais ne savent pas s’arrêter de manger tant qu’ils ont des aliments devant eux. On indique un temps global pour le repas et un temps mesuré à la montre pour chaque bouchée. On facilitera beaucoup les efforts du patient en lui donnant exclusivement des mets qui exigent une mastication. Lui dire, comme les adeptes du flechtérisme, de mâcher même les liquides c’est lui imposer un effort antiphysiologique. Il vaudra mieux accorder la prédominance aux aliments secs et un peu résistants et ne pas donner de purées. On en abuse beaucoup trop aujourd'hui, dit Linossier, et notre génération astreinte pour le moindre trouble digestif aux purées, aux pâtes, aux compotes, se déshabitue de mâcher. Il faut autant que possible supprimer les boissons aux repas pour imposer la nécessité d’insa-liver les aliments. On remplace le liquide nécessaire par l’ingestion de boissons en dehors des repas.
- Tous ces préceptes qu’on peut suivre facilement, qu’on peut, sans l’aide de personne, appliquer dès le premier repas, ne suffisent pourtant pas toujours. Il faut, chez certains tachyphages, une surveillance continue, un véritable contrôle du temps employé à mastiquer. Cela peut paraître dur, mais j’imagine que lorsqu’on souffre depuis des années de troubles digestifs et qu’on est sûr de les amender et de les guérir par un changement dans ses habitudes, la chose vaut la peine de tenter ,1’expérience qui n’est dure ni bien difficile à réaliser. Patience et bonne volonté suffisent.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Décalque de l’encre d’imprimerie. — Certains camelots parisiens vendent à cet usage des petites plaques d’une matière translucide dont ils montrent l’efficacité et la façon de se servir par des démonstrations publiques. Le dessin ou les caractères à reproduire sont recouverts d’une feuille de papier blanc quelconque sur laquelle on a frotté en tous sens la plaquette du produit, il suffit alors de lisser en appuyant fortement le dos de l’ongle sur la feuille pour que sous l’influence de la pression, il y ait décalque partielle. Comme l’image est alors inversée, on peut la reproduire une seconde fois de la même manière, mais les traits perdent alors beaucoup de leur intensité.
- Le mystérieux produit —vendu ainsi plus de dix fois
- sa valeur — est tout simplement de la paraffine légèrement teintée par des traces d’une couleur d’aniline. Et la décalque est produite par l’affinité de la paraffine pour la matière grasse de l’encre d’imprimerie. Aussi toutes les encres ne se reproduisent pas avec une égale facilité. En particulier — et les camelots le savent bien, qui prennent toujours soin d’opérer sur un journal du jour ou de la veille — l’encre oxydée du papier imprimé depuis quelque temps déjà, ne se décalque plus. Cela retire beaucoup d’intérêt à l’ingénieuse méthode ; on peut essayer d’y obvier en imbibant les traits à reproduire, quelques heures avant d’opérer, d’un peu d’essence de térébenthine, mais ce n’est pas sans dommage pour le document à décalquer.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. —- Dans la boîte aux lettres, là Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du posstble, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Remède contre les engelures. — Un de nos lecteurs d’Harbonnières nous écrit : « Voici « pour faire passer les engelures un procédé dont je me « suis servi cette semaine et qui m’a donné satisfaction. « J’ai fait bouillir une tige de céleri dans un litre d’eau
- « environ. J’ai trempé la main dans cette eau aussi chaude « que possible et cela 3 ou 4 fois dans la journée'. Dès « le premier soir, les démangeaisons ont disparu, et le « lendemain mes engelures dégonflèrent. »
- Renseignements. — Un lecteur à Harbonnières. — Nous publierons prochainement un article sur la question qui vous intéresse.
- Bibliothèque des officiers, à Cosne. — On trouvera les produits demandés chez les grands droguistes de Paris, mais surtout : i° Pharmacie centrale de France, bureaux et magasins, 21, rue des Nonnains-d’Hyères ou
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- % BOITE AUX LETTRES
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- 7, rue de Jouy; 20 chez Darrasse frères, i3, rue Pavée, Paris, 4e-
- M. B., à Saint-Jean-de-Losne. — Avec une admission de vapeur de 70 pour 100 dans le petit cylindre, la machine à vapeur, avec les dimensions données, peut faire, comme travail indiqué dans les cylindres, environ 3o chevaux.
- M. V. A. S., à Marseille. — Isolant pour fours à chaux ou magnésie : inutile d’employer un fondant.
- M. Ch. Petit, à Tourcoing. — Le procédé le plus rapide pour préparer les os est de les traiter par une solution bouillante de potasse caustique. Pour les détails des procédés divers que l’on peut employer et les précautions à prendre, nous ne pouvons les exposer ici. Reportez-vous, par exemple, à la Technique des autopsies, 1 vol., par le Dr Roussy et Ameuille. Doin, éditeur,
- 8, place de l’Odéon, Paris. Prix : 9 francs.
- M. Chalas, à Cannes. — Vous trouverez d’amples renseignements sur ces questions dans divers chapitres delà Chimie industrielle de Wagner et Fisher, 2 vol., chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Il existe aussi de bons ouvrages traitant séparément les questions : L’Or, 1 vol., chez Baillère, rue Hautefeuille, prix : 6 francs; l’Argent, par M. De Launay, même librairie, 1 vol., prix : 6 francs. —Repoussage des métaux sur le tour : voyez
- Tous nos remerciements pour la recette que vous nous communiquez.
- M. L. S., à Lyon. — Comme Histoire de France complète, bien illustrée et pas trop volumineuse, nous ne saurions mieux vous recommander que celle publiée par la Librairie Larousse (i5, rue Montparnasse, à Paris) en 2 volumes in-4°, 25oo gravures et cartes. Le tome II et dernier (1610 à 1871) vient de paraître (1911). Le prix est de 27 francs chaque volume broché. La documentation iconographique est d’après les monuments mêmes. Nous donnerons prochainement la bibliographie de cet important et excellent ouvrage.
- M. M. Degonzague, à Dinard. — On peut transformer poussiers de houille et de bois en combustibles facilement utilisables par l’agglomération avec du brai ou autres produits résiduels de la distillation des goudrons et de naphtes. Mais c’est une véritable industrie, qui se fait à l’aide d’un matériel coûteux (presses mécaniques, trieurs, malaxeurs). Pour plus de détails, voir l’ouvrage de Colomer et Lordier sur Les combustibles industriels (Dunod, éditeur).
- M. Gosse, à Beauvais. — La question est étudiée dans notre laboratoire. Nous espérons pouvoir publier bientôt la réponse sous forme de recette.
- M. J. de la Gardelle. — i° Pour les nouveaux appareils destinés à contrôler les aplombs du cheval, on pourrait se renseigner en s’adressant à M. Marcelin
- Ferrier, directeur de l Ecole de maréchalerie d’Arles (Bouches-du-Rhône), aux Ecoles de maréchalerie de Paris, Bordeaux, Reims, Naucy, Roubaix, Tourcoing et Lyon; ou à un hippiâtre bien connu, M. le comte de Comminges, 46, rue du Bac, à Paris; voir aussi M. G. Moussu, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort (Seine) ; M. Bouscatel, vétérinaire du Jardin d’acclimatation, (à Paris, et à la maison de l’Eperon d’or (rayon hippique), 83 bis, rue de Rivoli, Paris. Nous ne connaissons pas l’adresse du vendeur, en Amérique, mais il faudrait nous accorder le temps nécessaire pour la rechercher. — 20 Pour le fer à cheval antidérapant, s’adresser à la Société Westinghouse, 4. rue Auber, Paris.
- N° 6099. — 1° Nous ne connaissons que l’ouvrage suivant : Traité de séchage des fruits, par Nanot et Tritschler, librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris 20 — Pour préparer le tabac en poudre ou à priser, on emploie, dans les manufactures, les bouquets de feuilles desséchées de tabac ou manoques et les déchets de la fabrication des cigares, ou nervures des feuilles. On fait fermenter les feuilles en masses ; de l'ammoniaque et de l’acide acétique sont produits, tandis que de la nicotine se dégage. Au bout de- six mois, le tabac est réduit en poudre dans des moulins mûs par la vapeur. On fait aussi cette préparation avec du tabac en carottes (feuilles fermentées puis roulées ensuite). Ces carottes râpées donnent le tabac à priser; on préfère, pour cette préparation, les tabacs les plus corsés, ceux du Pas de-Calais et du Nord. L’Etat ayant le monopole des tabacs et sous-produits, la fabrication est interdite aux particuliers. — 3° Pour nettoyer les noix en coque, les laver d’abord, en les brassant énergiquement, et leur faire subir un léger soufrage, en les mouillant préalablement. Pour soufrer, se servir de vieux tonneaux hors d’usage, de 5oo à 600 litres, placés, debout; un des fonds, enlevé, sert de couvercle, une claie est disposée à o m. 3o du fond inférieur; deux ouvertures permettent, l’une d’introduire le soufre, l’autre, de retirer les noix après l’opération. On utilise aussi des claies rectangulaires horizontales, au-dessous’ desquelles on brûle le soufre. L’anhydride sulfureux, au contact des coques humides, leur rend leur teinte jaune et les préserve des moisissures; ensuite, on étend les noix sur une épaisseur de 5 à 10 centimètres pour les faire sécher. — 4’ On trouve des étuveurs pour fruits chez Ph. Mayfarlh et C‘% 48, rue d’Allemagne, Paris.
- M. Verhagen, Bruxelles. — Vous trouverez une excellente encyclopédie des sciences mathématiques, en cours de publication, chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris; elle paraît par fascicules coûtant de 3 à 5 francs ; 11 fascicules sont parus (ensemble 57 fr. 25).
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- BIBLIOGRAPHIE
- CSK"
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Etalons et comparateur de l’Empire chinois : Ch.-Ed Guillaume.
- — Sur la précipitation des éléments radioactifs : L. De Launay.
- — La. sériciculture scientifique et l’Institut Bacologique de Trente : H. Rousset. — Les moteuis d’aviation nouveaux : Henri Petit. — La machine à écrire additionneuse Underwood : Lucien Fournier. — Académie des sciences; séance du 6 lévrier 1911 : Ch. de Vili.edeuil. —Inondations de la Loire en 1910 ; Lucien Rudaux.
- Supplément. — Aviation. — Nature des matières volatiles du charbon dégagées dans diverses conditions. — Variation de la teneur en asphalte des huiles minérales épaisses. — Cinématographe à main. — Les constructions navales en 1910. — Récréation mathématique.
- Recherches sur1 Vépuration biologique et chimique des eaux d’égout, par lé Dr A. Calmette, E. Roberts, E. Boullanger, F. Constant, t. VI, 1911, Paris, Masson. Prix : 6 francs.
- Poursuivant leurs importantes expériences à la Madeleine, près Lille, le Dr Calmette et ses collaborateurs détaillent les progrès de l’épuration biologique dans 5i localités de France et Algérie, ainsi
- qu’en Grande-Bretagne, en Allemagne et aux Etats-Unis. L’élimination des matières en suspension, l’utilisation des boues, les lits bactériens, l’épandage continuent à faire l’objet de fort intéressants chapitres.
- Manuel d’art musulman. T. I. L’architecture, par H. Sa-ladin. Alph. Picard, éditeur, in-8D xxni-Sgô p. et 420 fig. Prix : i5 francs. «
- Notions préliminaires : I. Généralités. — II. Les cinq Ecoles. — III. Plan du manuel. — IV. Définition et origines de l’art musulman. — V. Arts antérieurs et leur influence sur les premiers édifices musulmans, leurs survivances dans les édifices postérieurs. — VI. Influences orientales. i° Survivances assyro-chal-déennes. 20 L’art sassanide. — VIL L’influence byzantine. — VIII. Influences occidentales. — IX. Origine de l’ornementation géométrique. — Ecole syro-égyptienne (Egypte, Syrie, Arabie). — Ecole du Mo-greb (Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne, Sicile). —-Ecole persane (Perse, Mésopotamie, Turkestan). — Ecole ottomane (Turquie d’Europe, Asie Mineure). — Ecole indoue. — Monuments musulmans de Chine et d’Extrême-Orient.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les substances isolantes et les méthodes d’isolement usitées dans l’industrie électrique, par Jean Escard. i vol., 313 p., 182 fîg. Gautier-Villars, édit. Paris, 1911.
- M. Escard a étudié les phénomènes généraux de la conductibilité électrique et les propriétés spéciales des diverses substances isolantes employées en électricité. Ces matières sont aujourd’hui fort nombreuses ; M. Escard les examine dans l’ordre suivant : isolants constitués par des métalloïdes; isolants à base de matières minérales; verres isolants; porcelaine, caoutchouc et ébonite ; résines, gutta, gomme-laque et bitumes; huiles, paraffines et matières albuminoïdes ; isolants dérivés de la cellulose. Le livre de M. Escard contient en abondance, et classés avec ordre, chiffres et renseignements de tous ordres; les
- électriciens y trouveront sur nombre de produits commerciaux des détails fort utiles et généralement ignorés.
- La Vie économique, par Frédéric Passt. Paris. Larousse, 17, rue Montparnasse, 1 vol. in-8° (Bibliothèque Larousse). Prix : br., ifr,2o; rel., irr,5o.
- M. Fr. Passy traite avec son autorité et son habileté habituelles, des questions économiques les plus troublantes de l’heure actuelle : travail, capital, salaire, grèves, assistance, guerre, etc. Ce sont autant de vues pleines de sagesse et de bon sens, qui réjouiront tous les bons patriotes, et mettront fort habilement en garde contre les tendances utopistes trop facilement admises. Le livre est vraiment digne du « Franklin français ».
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 fév. 1911. . 2°,o N. 2. Couvert. * D Quelques éclaircies ; brume.
- Mardi 7 2°,0 N. N. E. 2. Couvert. 9 Gelée blanciie ; couvert ; à 19 h. 30, couronne lunaire.
- Mercredi 8 2°,2 N. W. 3. Couvert. » Couvert ; brume.
- Jeudi 9 — 2°,8 N. E. 1. Beau. 9 Gelée blanche; givre; beau.
- Vendredi 10 ... . -5°,3 S. E. 1. Peu nuageux. 9 Gelée blanche ; peu nuageux ; halo solaire et lunaire.
- Samedi 11 .... 2°,0 S 2. Pluie. 2,2 Gelée blanche ; pluie de 5 h. 30 à 11 h. ; couv. jusq. 16 h.
- Dimanche 12. . . . — 4° ,4 Calme. Brouillard. » Gel bl ; givre ; brouillard le m., de 60 m. à 7 h. ; beau le m.
- FEVRIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 FEVRIER 1911.
- Lundi i Mardi I Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi l Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 6 au *ii février. — |Ze 6. [Fortes pressions sur le N.-E. : Irlande, 779; Danemark, 776; Finlande, 777; dépressions sur la mer Noire et l’Islande. Pluies sur le S. et l’E.; en France : Puy de Dôme, 3; Dunkerque, 2. Temp. du matin : Haparanda, —28°; Paris, 3; Alger, 8; Puy de Dôme, —8; moyenne à Paris : 3°,6 (normale 20,7). — Le 7. Pression élevée sur l’O. et le Centre; Irlande, 780; Aulriche, 776; dépression sur l’Extrême N et sur les Açores. Pluies sur le N. et le Centre; en France : Puy de Dôme, 4; Dunkerque, 2. Temp. du matin : Arkhangel, — 28°; Paris, 4; Puy de Dôme, —8; moyenne à Paris : 2°.g (normale : 2°,8). — Le 8. Régime anticyclonique surtout l’O. : Iles-Britanniques, 780; France, 775 ; dépression vers l’Autriche : Lemberg, 759. Pluies et neiges sur le N. et le Centre; en France ; Dunkerque, Charleville, Belfort, 1. Temp.
- du matin : Moscou, —28°; Paris, 2; Alger, xo; Puy de Dôme, — 8 ; moyenne à Paris : 2°,8 (normale : 2°,.g).- A— Le 9. Déplacement vers l’E. des fortes pressions : Allemagne, N. de la France, 775. Neige sur le N. et le Centre. Temp. du matin : Kharkof, —28; Paris, 2; Alger, 10; Puy de Dôme, —9; moyenne à Paris : 20 (normale : 2°,9). — Le xo. Allemagne, 772; Pluies et neiges sur le N. ét le Centre. Temp. du matin : Haparanda. — 25; Paris, 2; Alger, 9; Puy. de Dôme, ~ 8 ; moyenne à Paris : o°,4 (normale : 3°). — I.e ii; Pression uniforme, entre 765 (N.-O.) et 770 (S.-E. et N.-E.). Neiges sur le N. et le Centre; en France : Nantes, 5; Brest, Le Mans, 2. Temp. du matin ; Arkhangel, —25; Paris, 2; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : (normale : 3°). — Phases de la Lune :
- Premier Quartier le 6, à 3 h. 37 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société »de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N" 1970— 25 FÉVRIER IPX 1
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Une momie de reptile Dinosaurien. — La galerie de Paléontologie du Muséum d’Histoire naturelle va s’enrichir d’un nouveau et très curieux fossile. C’est une momie de Dinosaurien qui a probablement plus d’un million d’années d’existence, car elle date du Crétacé du Kansas, aux Etats-Unis. Les ossements de Dinosauriens ne sont pas rares, mais c’est la première fois que l’on rencontre des squelettes entiers recouverts de leur peau à peu près intacte. Ce Dinosaurien est le Trachodon insignis, désigné quelquefois sous le nom d’Hadrosaurus. Nous avons figuré, il y a quelques années (La Nature, iV a*nn-, a® sem., 6 juillet 189^, p. 89), une restauration idéale de ce reptile, beaucoup mieux connu aujourd’hui. Le professeur Fairfield Osborn vient de donner la description de celle de ces momies qui. est la mieux conservée. Le Trachodon atteignait 10 m. de longueur totale et 5 m. de haut; son crâne a 1,18 m. de long et se termine par un bec large et aplati comme celui du Canard spatule ou de FOrnithorhynque, dépourvu de^ dents en avant, mais portant, dans sa partie rétrécie, des dents en pavés très nombreuses : on en compte plus de 2000 entre les deux mâchoires. La peau est couverte de granules et de tubercules de taille variable suivant les régions du corps, et qui sont encore en place. M. Osborn pense que les cadavres de ces reptiles, échoués sur le rivage des fleuves qu’ils habitaient, sont restés quelque temps exposés aux rayons d’un soleil ardent qui les a desséchés, les os et la peau résistant pendant que les chairs pourrissaient. Puis, répris par un courant violent, ils sont allés s’arrêter dans un bas-fond, où ils se sont enfouis dans la boue crayeuse qui, se moulant sur eux, les a conservés jusqu’à nous. Ces Dinosauriens se dressaient, comme 1 ’ Iguanodon. sur leurs fortes pattes postérieures, mais les momies montrent que les courtes pattes antérieures .du--'Trachodon étaient dépourvues de griffes, semblables à de véritables mains. Le derme de la peau à éonservé des traces de coloration, qui .font supposer que l’animal était plus foncé sur sa face antérieure que sur sa face postérieure. E. Trotjessart.
- Expédition océanographique danoise du « Thor ». *— M. J. Schmidt signale dans la Géographie (janvier 1911, p. 67), les premiers résultats connus de l’expédition océanographique danoise dans l’Atlantique et la Méditerranée, accomplie par le Thor du 28 avril au a5 septembre 1910. La première partie de l’expédition fut consacrée à des observations hydrographiques et à des études pratiques pour les pêcheries autour des Féroë. Puis, d’accord avec le vapeur écossais des recherches océanographiques, furent exécutées des séries de soudages sur des lignes rayonnant des Féroë vers l’Ecosse, les Hébrides, les Shetlands, en même temps que des observations hydrographiques et biologiques dans chaque station. La seconde partie de l’expédition
- (21 juin-7 septembre) fut consacrée à la Méditerranée, où le vaisseau fit 120 stalions, de Gibraltar à Rhodes, de Gênes et de Barcelone à la Grande Syrte et dans les Dardanelles, la mer de Marmara, le Bosphore, la mer Noire. Ces stations ont confirmé l’hypothèse émise en 1908-1909, à savoir que la couche d'eau intermédiaire (entre les eaux de surface et les eaux de fonds) à haute température et à salinité élevée, que l’on rencontre dans le bassin occidental, provient du bassin oriental, où elle forme la couche superficielle : grâce à l’évaporation intense, ces eaux superficielles deviennent si salées, que l’abaissement de température détermine leur descente. Au point de vue biologique, il faut signaler que les dragages effectués dans la mer Noire et la mer de Marmara ont donné une faune et une flore bien différentes de celles de la Méditerranée, et, par certains côtés, rap-prochables de celles des eaux danoises. Il faut noter, d’ailleurs, que ces deux mers et les eaux danoises se ressemblent, en ce qu’elles ont une salinité beaucoup plus faible que celle de la Méditerranée.
- Nouveau biplan Voisin. — On verra dans les concours aériens de cette année un nouvel appareil Voisin dont la forme est assez curieuse. Comme le montre la.
- photographie ci-contre, l’aéroplane n’a pas de queue, tous les gouvernails sont à l’avant ; le pilote et le passager sont en avant et en dehors de la cellule portante, l’hélice et le moteur sont à l’arrière.
- La population de l’Etnpire russe. — D’après le Bulletin de la Ckaifihre de commerce russe de Paris (août, 1910. Cf. l.a Géographie, novembre 1910, p. 347), au icr janvier 1910, la population de l’Empire russe, s’élevait à 160.095.200 habitants, soit une augmentation de 26,2 pour 100 (33.199.000 individus) par rapport au
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- INFORMATIONS
- recensement de 1897. Après la Chine et l’Inde, la Russie est donc l’Etat le plus peuple de la terre, l’emportant de 77 millions sur le chiffre d’habitants des Etats-Unis. La population de l’Empire se répartit ainsi :
- Russie d’Europe .... n6.5o5.ooo
- Pologne................ . 11.671.800
- Caucase................ . 11.392.400
- Sibérie............... 7.878.500
- Asie centrale......... g.63i.3oo
- Finlande............... . 3.o 15.700
- La densité moyenne (8,3 par verste carrée) est faible, et comme on voit la répartition fort irrégulière. On a, par exemple, par verste carrée, 0,1 (province d’Iakoutsk), o,5 (gouvern. d’Arkhangel) ; 97,6 ( Podolie) ; 96,3 (gouv. de Moscou) ; 69,8 (gouv. de Pétersbourg) ; 65,1 (gouv. de Kharkov) ; 63,3 (gouv. de Toula) ; 166,6 (gouv. de Pio trokof, Pologne); 4.2 (Tomsk) ; 1,5 (Obi); 19,1 (Samarkand; 4,1 (Syr-Daria); 0,8 ( l'ranscaspie). Enfin, sur les 160 millions d’habitants, la population urbaiue n’est que de 21 millions, soit un huitième L’immense majorité de la population vit dans les campagnes du produit de l’agriculture et de l’industrie.
- L’ex’tension du choléra pendant l’année 1910 et le rôle de l’émigration. — MM. Chantemesse et Borel ont établi dernièrement, devant l’Académie de Médèciue, le bilan du choléra pendant l’année 1910. L’épidémie a atteint, en Russie, 214000 individus, avec une mortalité de 46 pour 100; le choléra a sévi à Naples ; on a signale 4 cas à Marseille; en Turquie, on a compté environ 5ooo victimes. Dans l’ensemble, le choléra a accentué sa marche de l’Est à l’Ouest; on ne peut espérer que l’épidémie soit éteinte dans tous les foyers où elle existait au commencement de l’hiver. MM. Chantemesse et Borel citent plusieurs faits qui montrent l’importance du microbisme latant et le rôle redoutable des émigrants dans le transport du choléra. Des individus ayant quitté depuis vingt-cinq à trente jours un foyer d’infection, plusieurs fois visités par des médecins sanitaire-restent infectés quelquefois. Si donc on veut lutt> r sérieusement contre le choléra, il faut que les prochaines conférences sanitaires se préoccupent de l’exten sion toujours croissante de l’émigration.
- Emploi du pétrole brut comme agent de réduction pour les minerais de zinc. — Dans certaines conditions économiques, la réduction des minerais de zinc en vue de la préparation du zinc métallique est assez coû teuse quand on se sert du charbon comme agent réducteur. MM. Hughes et Haie ont constaté que ces minerai s pouvaient être réduits avec succès, après grillage préalable, parle pétrole brut, si commun dans certaines contrées. Ce dernier produit est doué d’un pouvoir réducteur élevé et l’état gazeux de l’oxyde de zinc et de l’agent réducteur favorise la réaction.
- La corrosion des appareils industriels en fer. —
- Deux auteurs anglais, MM. Warnes et Davey ont étudié les altérations que subissent les appareils en fer employés dans certaines industries, notamment dans la production des gaz combustibles. Ils ont Constaté que les liqueurs ammoniacales froides ne sont pas un corrosif sérieux pour le fer. Le goudron, au contraire, peut corroder les tubes à distillation, principalement par suite de la présence des chlorure, sulfure, sulfhydrate et cyanure d’ammonium qu’il contient; ces composés se dissocient et leurs produits de dissociation agissent ensuite sur le fer formant la matière des tubes distilla toires. Les parties des tubes qui sont soumises à une déformation inégale par suite de dilatations et de contractions successives, dues au changement de température, sont celles qui se corrodent le plus rapidement Il y a là des indications dout les fabricants d’appareils industriels feront bien de tenir compte.
- Nouvelles fourrures artificielles, -r- Si ce n’est à cause de l’importance pratique de ses applications, le procédé imaginé récemment par M. Marche, et naturellement breveté aussitôt, mérite d’être décrit pour sa curieuse ingéniosité. L’inventeur tend lés peàüx assemblées en mosaïque, poil en dessus au fond d’un récipient; on arrose et on fait congeler ; on obtient de la sorte des galettes de glace qui sont sciées de façon à détacher juste l’épaisseur de la peau. On obtient en chauffant, des peaux utilisables en tannerie. D’autre part, la plaquette de glace contenant les poils, est
- placée près d’une paroi chauffée jusqu’à fonte d’une mince couche de glace : on badigeonne alors la base des poils ainsi rendus libres, avec une solution de caoutchouc, ou laisse sécher puis on chauffe. On obtiendrait ainsi des fourrures d’une seule pièce sans couture; moins chères, puisque la peau est utilisée d’autre façon, et résistant aux attaques des insectes par suite de la substitution du caoutchouc aux tissus animaux.
- Les dons de M. Carnegie. M. Carnegie offre à la Carnegie Institution de Washington, dont nous avons déjà souvent parlé, un nouveau don de 100 millions de francs, ce qui porte le total de ses libéralités envers cette institution scientifique à près de 1 milliard. On auuouce eu outre que M. Carnegie offrira prochainement un nouvel et puissant telescope à l’observatoire de Mount-Wilson.
- La séparation de l’huile des eaux de condensation par électrolyse. — On sait que dans les machines à vapeur, les eaux de condensation sont toujours mélangées d’une certaine quantité d’huile provenant du graissage des différentes pièces participant au mouvement. On peut souvent avoir intérêt à séparer ou à récupérer ces matières grasses qui possèdent une valeur notable. Le séparateur Davis-Perret peut réaliser cette séparation; sou principe est le suivant : l’eau de condensation, tenant l’huile en suspension à l’état d’émulsion très stable, est électrolysée avec des élec-1 rodes en fer, après addition de carbonate de soude. Dans ces conditions, il se forme un sel basique de fer qui englobe les gouttes d’huile et les précipite; par tiltration, on élimine ce précipité et il passe de l’eau claire. M. Ellis a constaté que l’addition d’une certaine quantité d’oxyde de fer colloïdal produit le même effet. Le même appareil peut d’ailleurs servir à clarifier des liquides quelconques troublés par des émulsions ou par la presence de matières colloïdales.
- Protection contre les accidents du travail. Les concours de l’Exposition de Turin. — A l’occasion de 1 Exposition de Turin, le gouvernement italien institue sixcôuéuurs dotés de prix : i° concours pour une étude théorique et expérimentale sur la mise à la terre dans les installations iudustriel'es (prix de 10000 lires. Clôture du concours : 3o septembre 1911 ) ; — a0 création d’un appareil à placer à côté d’une poulie motrice pour effectuer le montage de sa courroie pendant la marche de la transmission (prix de 4000 lires. Clôture le 3o avril 19 r 1 ) ; — 3° création d’un appareil transportable pouvant servir à effectuer le montage des courroies sur des poulies ayant des diamètres différant peu entre eux et montées sur des arbres de diamètre quelque peu différent (prix de 4o°o lires. Clôture 3o avril 1911); — 4° création d’un appareil éliminant les dangers auxquels les ouvriers sont exposés dans le travail à froid des métaux en introduisant les bandes et plaques de plomb, d’étain, de cuivre ou de laiton entre les cylindres de laminoirs (prix 2000 lires. Clôture 3o avril 19x1); — 5° étude des mesures aptes à éliminer les dangers d’infection charbonuéuse auxquels sont exposés les ouvriers de tanneries, chargés du transport et de la manipulation des peaux- (prix 10000 lires. Clôture le 3o septembre 191 <). — 6° création d’un appareil, apte à mettre hors circuit une ligne à potentiel élevé dès que se produit la rupture d’un conducteur. Pour tous renseignements s’adresser au Comité des Concours de l’Exposition. Via Po, N. 2, Toriuo.
- Contre les Skyscrapers. —La ville de Chicago a décidé de limiter la hauteur des immeubles; c’est la mesure que vient d’édicter, après de longs débats qu’avait précédés une interminable enquête, le Conseil municipal de la « Reine-des-Lacs ». Déjà, il y a dix ans, la presse et le public avaient mené une ardente campagne contre les maisons géantes, et un édit provisoire avait autorise les architectes à construire encore pendant sept années des immeubles d’une hauteur maxima de 260 pieds (soit environ 79 m.) comportant vingt étages Celte tolérance prendra fin le x*r septembre prochain. A partir de cette date, les architectes ne pourront donner aux maisons de Chicago qu’une hauteur de joo pieds (soit 61 m.). On peut supposer qu’il» proliterout du délai, et que les ouvriers de la corporation ne manqueront pas de travail, pendant l’été qui vient.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *i> Appareil
- Comparateur Roost. — On perd souvent beaucoup de temps dans , les usines importantes pour le calcul du temps employé à là fabrication d’un article déterminé.
- Le système des fiches constituées à la main donne lieu à des erreurs fréquentes. Les fiches sur lesquelles les heures du commencement et de la fin d’un travail sont inscrites au moyen d’un appareil horaire offrent plus de précision et demandent moins de temps. Mais elles laissent toujours .subsister la difficulté des soustractions dans lesquelles on est forcé de tenir compte du temps pendant lequel l’usine est fermée.
- Si par exemple une usine ferme de midi à une heure et demie, et qu’un ouvrier ait été occupé à un certain travail -de 9 h; 10 du matin à a h. 40 . du soir, le calcul de son temps effectivement employé s’obtiendra en ajoutant lés 2 h. 5o du matin avec les 1 h. 10 de l’après-midi. Le total de 3 heures aura nécessité trois opérations.
- 1 M. Roost s’est attaché dans le petit instrument dont nous donnons la représentation d’après une photographie, à supprimer toutes ces opérations et partant toutes les chances d’erreur, le résultat cherché étant fourni automatiquement.
- Ce comparateur se compose de deux parties, la plateforme A et le disque curseur B.
- o
- Le disque curseur est muni d’un bouton destiné à faciliter les opérations et dont le prolongement consti- ' tue un pivot qui s’emboîte dans la plateforme. Pour la facilité des lectures, le disque est noyé, dans la plateforme,, les deux surfaces se trouvant ainsi exactement àu même niveau.
- Plateforme et disque ont leur circonférence divisée en 120 parties correspondant à 10 heures — la journée à l’usiue dont M. Roost est le directeur technique est de 10 heures — subdivisées en 12 fractions de 5 minutes chacune.
- La division de la plateforme porte les heures marquées de o à 10, tandis que le curseur porte une division allant de 7 heures du matin à 6 heures 1/2 du soir — heures d’entrée et de sortie de l’ùsine — ce qui correspond également à 10 heures exactement, si l’on tient compte dé la fermeture de midi à 1 heure et demie:
- Pour lire sur la division de la plateforme le temps éconlé depuis le commencement jusqu’à la fin d’une opération déterminée, il suffit de tourner le curseur jusqu’à ce que Pheure du début se trouve en face du o de la division de la plateforme. On trouvera le temps cherché sur cette division en face de l’heure du curseur correspondant à la fin de l’opération.
- Prenons comme exemple celui que nous fournit le dessin ci-dessus.
- En face du o de la plateforme nous trouvons 5 h. 10 au curseur. Si l’opération a été terminée à 6 heures, c’est qu’elle a duré 5o minutes, chiffre indiqué par la plateforme en face de 6 heures.
- Supposons que l’opération commencée à 5 h. 10 du soir ait été terminée seulement le lendemain à 4 h. 55 après-midi, nous trouverons en face de 4. h. 55 du cur-
- seur, 9 h. 45 sur la plateforme. 9 h. 45 sera le temps total cherché, ainsi qu’on peut s’en rendre compte facilement en remarquant que le temps de fermeture de l’usine de 6 h. 3o du soir à 7 heures du matin et de midi à une heure et demie est comptée pour zéro sur la plateforme.
- L’appareil que nous venons de décrire a été combiné pour une journée effective de 10 heures, avec entrée à 7 heures, repos d’une heure et demie à midi, et sortie à 6 heures et demie du soir. Il peut s’établir pour tout autre type de journée sur le même principe.
- Il ne laisse plus place qu’à une seule erreur de lecture. C’est-à-dire la seule que la mécanique ne puisse pas supprimer.
- Il est appelé à rèndre bien des services dans l’industrie et à éviter bien des contestations dans les ateliers.
- Automobilisme
- Coupc montrant l’assemblage des rais et des iantes 'de la roue 'double Kap.
- Rôtie double Kap. — Depuis que l’automobile est employée pour les poids lourds, le problème du bandage élastique des roues est devenu de plus en plus difficile à résoudre. Après les très gros pneus coûtant fort cher et susceptibles d’être mis hors de service par une seule avarie, on a proposé les pneus jumelés doubles ou triples. C’était une solution élégante et pratique, car, un pneu venant à crever, il en reste un ou deux pour assurer la rentrée au garage.
- Mais l’emploi des pneus jumelés exige des jantes très larges présentant de chaque côté des rais un grand porte-à-faux : ces jantes doivent, en conséquence, être très solides donc très lourdes, ce qui est un inconvénient. D’autre part, le changement des pneus, sur ces jantes larges est assez long et difficile.
- M.. Ivapferer, auquel on doit la vulgarisation de la jante amovible, a imaginé de construire une roue formée de deux roues légères accolées et réunies par des boulons aux rais et des boulons avec emretoises à la jante. Il obtient ainsi un système‘plus léger et plus rigide qu’avec une jante large unique, à cause de l’espace vide qui sépare les deux roues élémentaires, comme le montre la figure ci* dessus : 1, économie de poids peut atteindre jusqu’à 4o pour 100 d.ü poids de la roue à jante unique.
- Chaque roue élëmentairé est munie d’une jante amovible Ainet qui reçoit le pneumatique tout gonflé. Entre chaque jante, se trouve un cercle portant les cales inter-médiaires* qui doivent maintenir l’écartement correct des jantes amovibles et assurer leur serrage parfait sur la jante de chaque roue élémentaire. A cet effet, les dites cales ^ont constituées par des blocs d’acier à deux pentes opposées qui viennent se coincer entre la jante de la roue et lés jantes amovibles.
- L’ensemble des jaûtes amovibles et du cei’cle portant les cales intermédiaires est maintenu par le serrage des 7 ou 8 boulons qui relient entre elles les jantes des roues élémentaires. Le montage et le démontage de 2 ou 3 pneus accolés pour former le pneu jumelé se fait donc très facilement et rapidement, puisqu’il suffit de visser ou dévisser 7 ou 8 écrous de bronze avec un vilebrequin spécial que chaque chauffeur a dans le coffre de sa voiture.
- L’expérience indique pour les divers poids supportés par l’essieu arrière, jusqu’à:
- 1100 kilogrammes double pneu de. 90 tfioo -—, —- — de io5
- 2000 — —- . — de 120
- Au-dessus de cette charge, on emploie une roue triple et un triple pneu, comme on peut le voir sur les nouveaux omnibus parisiens. Pour renseignements s’adresser à M.. Fapferer, 2, avenue de Messine, à Paris.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Électricité
- Support de conduits métalliques. — Quand on pose des conducteurs électriques dans des tubes métalliques Bergmann ou autres, on les maintient dans les plafonds ou sur les parois au moyen de brides qui ont l’inconvénient d’exiger deux trous de fixation et qu’on est
- obligé de démonter complètement pour enlever le tuyau; il en est de même pour le démontage quand on emploie des crochets. Voici un support amovible exécuté par la Yonkers Specialty Cy de New-York. Un piton ou une vis v de forme et de système d’ailleurs quelconque (la figure montre le cas d’une fixation sur une planche P accessible sur les deux faces) supporte une sorte de jarretière en zinc a qui encercle le tuyau t et qui se démonte instantanément, car il suffit de retirer la languette de l’oeillet. Ce système est naturellement applicable à tous genres de tuyaux, d’eau, de gaz, et même de câbles électriques isolés ou armés.
- *> Objets utiles <<*
- Valets de laboratoire. — Ces indispensables accessoires du chimiste consistent en une couronne de paille ou de jonc tressé qui, placées sur une table, permet d’y poser en équilibre des ballons, cornues, capsules ou
- Fig. i. Fig. 2.
- autres vases dont la partie inférieure est arrondie. Ceux que l’on trouve dans le commerce présentent l’inconvénient de se carboniser quand on les met accidentellement au contact, de parois trop chaudes ou de gouttes d’acides forts : une fois quelques bandes de jonc ou de paille partiellement détruites, le valet ne tarde pas à se détériorer complètement.
- Il est facile de faire confectionner, par le garçon de laboratoire, des valets beaucoup plus résistants, et ce en utilisant les vieux bouchons de liège des flacons à larges cols contenant les produits chimiques. Ces bou-
- chons sont très plats, souvent de médiocre, qualité et il en éxiste un stock dans tous les laboratoires.
- Après en avoir réuni quelques douzaines de même diamètre, on rogne obliquement l’une 3 es faces de chacun (fîg. i), puis on les traverse en leur centre par un fil de fer, la pile étant formée de façon à ce que toutes les parties minces soient" placées du même coté. Dans ces conditions le fil se courbe naturellement (fig. a) et l’ensemble des bouchons prend la forme d’un tore. Quand le fil de fer forme cercle, ce qui dépend du nombre de bouchons et du biseautage des faces, si l’on veut diminuer ou agi'andir le diamètre, on interpose quelques bouchons fortement taillés en coins ou au con-
- traire, demeurés intacts. (Avec un peu d’habitude, on sait d’ailleurs très bien régler l’obliquité de la coupe en raison des dimensions désirées pour les valets.)
- Après avoir bien serré les bouchons et donné à la couronne une forme régulière, on croise les fils (fig. 3) en tirant fortement sur les deux extrémités, on les enroule trois ou quatre fois en sens contraire, puis on coupe les bouts dépassants. Les valets ainsi obtenus (fig. 4) sont inusables. On peut leur donner un aspect plus régulier en frottant la surface Fig. 5.
- avec une râpe à bois, ce qui
- fait disparaître les angles apparents de chaque élément. On peut, pour cacher la ligature du fil de fer, serrer complètement les bouchons et interposer finalement à l’endroit de jonction un dernier élément évidé au centre et coupé selon un rayon (fig. 5).
- Serre-voilette. — Ce petit objet épargnera aux dames bien des mouvements d’impatience, car il supprime les épingles nécessaires pour fixer la voilette, et la serrer contre le visage selon les règles de la mode. Il faut, pour placer ou retirer une épingle ordinaire, un véritable travail, qu’on a cherché à réduire à sa plus simple expression. Voici comment on y est parvenu.
- Imaginez une petite barrette de 2.5 cm environ de longueur, d’un dessin élégant; à cette barrette est articulée une petite pince ayant la forme d’une épingle à cheveux ondulée; elle est en métal oxydé de façon à se confondre avec la voilette et la chevelure.
- On épingle la voilette à la nuque en prenant les cheveux exactement comme l’on ferait avec une épingle neige, puis on rabat la barrette et par une légère pression l’on
- ferme. Un petit bouton placé à l’extrémité du motif vient se placer entre les tiges de la pince et la maintient en formant ressort. — Le serre-voilette est en vente chez Kirby-Beard and C°, 5, rue Auber.
- Prix : 3n',5o.
- Malle démontable. — Cette nouvelle malle est destinée à rendre de grands services aux personnes qui voyagent beaucoup.
- Elle est essentiellement formée de compartiments horizontaux amovibles pouvant être placés les uns au-dessus des autres en nombre quelconque. Ils sont solidement assemblés entre eux par des loquets à ressort en fer cuivré, ainsi que par des boucles de rappel en cuivre poli, pièces plates peu volumineuses, très résistantes et
- dres et par suite inaccessibles de l’extérieur, une fois le couvercle de la malle fermé.
- Les compartiments coïncident exactement et sont joints entre eux par une bande élastique de feutre imperméable fixée dans une gorge formée de liteaux en bois encadrant la partie supérieure de chaque compartiment. ; 5
- La malle est fermée au moyen d’un couvercle amoi vible, articulé à l’aidé de charnières sur un cadre qui se fixe à l’ensemble de la même manière que les autres compartiments. Ce couvercle est muni de serrures.
- Celte malle se fait en toutes tailles, de 8o cm à i m. io. *— Pour renseignements, s’adresser à M. G. Oyex, fabrique générale d’articles de voyage, z, rue dé Braque, Paris (IX0). -
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- RÉSUMÉ METEOROLOGIQUE
- Observations faites à l'observatoire du Parc-Saint-Maur, en janvier 1911, par M. Ch. Dufour
- La hauteur barométrique n’est inférieure à la normale que du 2 au 4 et le 12 où elle s’abaisse à 741"1”,5 entre midi et 1 heure du soir; la pression est élevée tout le reste du mois, et la moyenne mensuelle supérieure de près de 7““ à la moyenne générale de janvier pour les 5o années (i85i-igoo).
- La température moyenne a été inférieure de i°,5 à la normale. Le thermomètre est descendu le 16 à —6°,i sous l’abri et à — i2°,o sur le sol gazonné; le maximum 70,g a été observé le 10 et le 29.
- La nébulosité moyenne est à peu près normale bien qu’on ait compté 16 jours entièrement couverts; le ciel a été en effet absolument clair du 13 au 17 et du 29 au 3i sauf le 16 à 6 heures du matin où l’on a constaté la présence de quelques nuages.
- La transparence de l’atmosphère a été particulièrement grande le 3o et surtout le 3i où l’intensité de la radiation solaire, mesurée au pyrhéliomètre d’Angstrôm, a été vers midi, de ical, 19. C’est la valeur la plus élevée que nous ayons jusqu’ici observée en janvier.
- La hauteur mensuelle de pluie n’est que de 13mni,7, soit les o,35 ou le tiers environ de la normale, et il n’y a eu que 10 jours de pluie appréciable. On compte en outre 7 jours de bruine ou pluie non mesurable au pluviomètre. IL y a eu 5 jours dé neige d’ailleurs peu abondante.
- Le niveau moyen de la Marne a été de 3m,67. La rivière a baissé à peu près régulièrement du commencement à la fin du mois ; la hauteur qui était de 4m>83 le 1" est descendue à 2m,g5 le 3i. Elle était inférieure à la normale depuis le 18 janvier.
- Pression barométrique (ait. 5ora,3). — Moyenne des 24 heures : 765ram,9i ; minimum absolu : 741“, 5 le 12 à i2h3om et i3 heures; maximum absolu : 777““,9 le 18 à I2hi5m.
- Température. Sous l’abri. — Moyennes : des minima,
- — i°,29; des maxima, 3°,22; des 24 heures, o°,79. Minimum absolu : —6°,i le 16; maximum absolu : 70,9 les 10 et 29. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 4°,5i; laplus élevée, io°,o le 16; la plus faible, o0,g le 22. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima,
- — 3°,89; des maxima, 6°,i3. Minimum absolu : —12°,o le 16; maximum absolu : i3°,9 le 29. Dans le sol gazonné.
- — Moyennes du mois : (profondeur om,3o), à 9 heures : 20,42; à 21 heures : 2°,43 ; (profondeur om,65), à 9 heures : 4°>oo; à 21 heures : 3°,98; (profondeur 1 mètre), à 9 heures : 5°,28 ; à 21 heures : 5°,24. De la Marne. — Moyennes : le matin, 3°,o5 ; le soir, 3°,24. Minimum : i°,5o le ier; maximum : 4°>79 le 28.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,2. Minimum : le 3o à 14 heures et i5 heures; maxi-
- mum : 100 à r8 dates différentes.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 4mm,28. Minimum, imm,g dans la nuit du 3o au 3i; maximum : 7mm,2 le 9 à 24 heures.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 6,78. Minimum : 0,0 du i3 au 15, le 17, du 29 au 3i ; 16 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible : 269 heures ; durée effective : 7211 7 en i3 jours; rapport : 0,27.
- Pluie : total du mois : 13“m,7 en 3gt,4-
- Nombre de jours : de pluie, 17 dont 7 de pluie inappréciable; de neige, 5; de grésil, 4 5 de givre, 6; de verglas, 1 ; de gelée, 22 dont g consécutives du 10 au 18
- et 2 sans dégel les 22 et 23; de brouillard, 10; de brume, 12; de gelée blanche, i5; de haie lunaire, 1. Fréquence des vents : calmes, ig.
- N . . . . 65 S. E. . . . 21 W . ... 7
- N. N. E. . 124 S. S. E. . . 27 W. N. W. 17
- N. E... 93 S.....i3i N. W. . . 9
- E. N. E. . 36 S. S. W . . 100 N. N. W . 16
- E.......47 S. W. ... 12
- E. S. E. . 18 W. S. W. . 2
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3m,56. Moyennes diurnes : la plus grande, 6m,4 le i3; la plus faible, im,o le 21. Vitesse maximum : i3m,4 le 10 à oh 3ora par vent N.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,67- Minimum, 2m,g5 le 31 ; maximum, 4m,83 le ier.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression, -4-6mm,g5; température, —i°,52; tension de la vapeur, — omm,Sg; humidité relative, -f-0,2; nébulosité, —0,27; pluie, —25mm,8; jours de pluie appréciable, —3; insolation, -(-io1'8.
- Electricité atmosphérique : Moyenne générale (27 jours), n3 volts; moyenne diurne la plus élevée, 178 volts le 19; la plus faible, 64 volts le ior. Moyenne des 21 jours pendant lesquels le potentiel est resté constamment positif, 121 volts. Moyenne diurne la plus élevée 178 volts le 19; la plus faible 80 volts le 22. Moyenne des i3 jours où l’on n’a observé aucun des phénomènes suivants : pluie, neige, grésil, bruine ou brouillard persistant, 134 volts. Amplitude diurne correspondante 0,27, amplitude nocturne o,5i.
- Radiation solaire : La radiation solaire a été observée 17 fois à 8 dates différentes. Les valeurs les plus élevées ont été : ical,i25 le 3o à i3hi2m; 1e31,180 le 3i à nh36m; icaT, 195 le 3i à iih49“.
- Taches solaires : On a suivi 1 seul groupe de taches en 7 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 14, 16, 17, 3o et 3i.
- Perturbations magnétiques : Faibles les 1*2, 5, 6, i3,
- £5-16, 18, 29; modérées les 2-3, 8-11, 26 28, 3o; assez forte le 3i ; très forte le 24-25.
- Mouvements sismiques : Des mouvements sismiques très faibles ont été enregistrés les 2, 12, 14 et 3o janvier. D’autres, plus importants, se rencontrent aux dates et heures suivantes que nous donnons à partir du ier janvier 1911 en temps moyen civil de Greenwich afin de faciliter la comparaison des indications fournies par les sismographes du Parc Saint-Maur avec celles des autres observatoires.
- Le Ier, début à ioh26m27% phase principale ioh49m ^ ioh56m, fin 12 heures; le ior, début i5h7m4g‘; phase principale de i5h3im à i5h35m, fin vers 16 heures. — Le 3, phase principale de 7h 54m à 8h iom, fin vers 9 heures. — La nuit du 3 au 4 (grand tremblement dé terre du Turkestan) : début 23h34“l44h Au moment du maximum le déplacement réel du sol paraît dépasser i“"; les instruments restent agités jusqu’après 4 heures. Un second mouvement, peut-être une réplique du précédent, se produit dans la matinée du 4 avec phase principale de ioh5m à iohi5m; enfin, le même jour, un troisième microsisme présente une phase principale entre 22h im et 22h7m. — Le 7, début vers 2t4(>m> phase principale de 3h i3m à 3h4om, fin vers 4\3ore. — Le 25, phase principale de ih27m à ih3om.
- VARIÉTÉS
- Un perfectionnement dans la conservation des oeufs par le froid. — De sérieux progrès ont été réalisés dans la conservation des œufs. Il restait à appliquer à ce produit alimentaire le principe de la conservation par réfrigération en vue d’en faciliter le commerce d’exportation.
- M. Fernand Lescardé, ingénieur, ancien élève de 1 Ecole Polytechnique, a expérimenté un procédé qui marque un progrès très notable et peut faire l’objet d’une nouvelle branche d’industrie. Ce procédé permet de conserver les œufs d’une saison à l’autre, c’est-à-
- dire pendant environ dix mois, sans qu’ils perdent les apparences et les propriétés organoleptiques des œufs fraîchement pondus.
- A leur arrivée à l’usine frigorifique, les œufs sont déballés, mirés, toqués et mis à refroidir dans une salle spéciale où s’opère le remplissage des caisses à1 œufs en vue de la conservation. Ces caisses, au lieu d’être en bois, comme dans le procédé de conservation par le froid seul, sont en fer-blanc et peuvent être fermées hermétiquement; elles ont une forme rectangulaire, portent à leur partie supérieure, une large
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- VARIÉTÉS
- ouverture qui permet d!y loger facilement les œufs sans qu’il se produise de casse, et sont entourées de deux chapes en bois à claire-voie, l’une extérieure, qui permet l’arrimage des caisses dans les chambres froides, l’autre intérieure, qui facilite la circulation de l’atmosphère gazeuse autour des œufs. Ta contenance moyenne de chaque caisse est de 5oo œufs, le poids moyen de 40 kilogrammes.
- Les caisses étant remplies d’œufs, on place, à l’intérieur, un peu de chlorure de calcium anhydre, dont l’effet est de maintenir une atmosphère sèche favorable à une bonne conservation, puis, on soude les couvercles, en ne laissant, comme ouverture, qu’un petit trou circulaire de 5 millimètres de diamètre, pour livrer passage aux gaz dans les opérations qui.suivent.
- Au fur et à mesure qu’elles sont soudées, les caisses sont déposées sur de petits chariots lesquels sont introduits dans un autoclave ayant la forme d’un cylindre couché horizontalement sur des pièces de bois entaillé. On fait le vide dans cet autoclave, on enlève ainsi l’air qui entoure les œufs, et les gaz en dissolution dans l’albumine. On introduit ensuite dans l’autoclave de l’anhydride carbonique provenant d’une sçurce liquide, ce gaz étant préalablement réchauffé afin d’éviter qu’il n’arrive trop froid sur les œufs et qu’il n'en brise les coquilles. Quand la pression dans l’autoclave est devenue légèrement supérieure à la pression atmosphérique, on arrête l’introduction du gaz carbonique, on voit alors lè manomètre baisser petit à petit en raison de l’absorption du gaz par lalbumine des œufs; de temps à autre, on introduit à nouveau de l’anhydride-carbonique, jusqu’au moment où le manomètre restant immobile, on a la certitude que les œufs sont saturés de ce gaz. Ce premier résultat atteint, on laisse partir l’excès de pression à l’intérieur de l’autoclave, afin d’éviter que l’anhydride carbonique liquéfie à la longue l’albumine et diminue la qualité intrinsèque et la valeur marchande des œufs. Avec la pompe à vide, on enlève donc une certaine quantité de gaz carbonique que l’on remplace par de l’azote à l’état de gaz comprimé, au besoin, fabriqué sur place en faisant passer de l’air sur du cuivre passé au rouge.
- Lorsqu’on juge que l’albumine des œufs est saturée d’azote, on arrête l’introduction de ce gaz, on ouvre l’autoclave pour en sortir les caisses d’œhfs, et on ferme par un grain de soudure lès petits trous circulaires laissés ouverts sur lë couvercle des caisses. Par les manipulations qui précèdent, les œufs sont donc placés dans un milieu gazeux composé d’acide carbonique et d’azote, sans oxygène, et . les propoétions respectives de ces deux gaz, à l’intérieur comme à l’ex-" térieur des œufs, sont, celles que l’on rencontre dans l’albumine des œufs lorsqu’ils sont fraîchement pondus.
- Pour assurer la conservation, il ne reste plus qu’à transporter lês caisses dans des chambres froides où règne une température de o° à u9.
- Les avantages de ce traitement préalable des œufs peuvent se résumer ainsi : la conservation ayant lieu en vase clos, il n’y a plus d’évaporation à la surface des œufs et ils conservent intégralement leur plein; les phénomènes d’oxydation étant supprimés, les œufs n’ont plus le goût de vieux, ils peuvent être mangés à la coque même après dix mois de conservation; l’albumine conserve la belle couleur blanchâtre qu’elle a dans les œufs fraîchement pondus.
- Les œufs peuvent attendre un certain temps à leur sortie des chambres froides, avant d’être livrés à la consommation; il n’en est pas de même des œufs conservés par le froid seul. En effet, le traitement imaginé par M. Lescardé permet d’anéantir les bacilles, qui sont tués par le milieu gazeux antiseptique, tandis que dans le procédé ordinaire par le froid, comme ils augmentent beaucoup en nombre pendant le séjour en chambre froide, ils deviennent assez nombreux pour amener une décomposition rapide dès qu’ils se trouvent dans des conditions de croissance plus favorables. Enfin, les bactéries et les moisissures périssent au bout de peu de temps, sous l’action combinée de la température basse et du mélange gazeux antiseptique, on ne rencontre ni œnfs pourris, ni œufs moisis, donc plus de déchet; les œufs livrés au consommateur sont sains, tous les germes pathogènes ayant été tués.
- La conservation se faisant en vase clos, on n’a plus à se préoccuper de la ventilation des locaux, ni du degré hygrométrique de l’air des chambres froides ; on peut employer uniquement le mode de refroidissement basé sur la circulation d’un liquide incongelable.
- Le réchauffement progressif des œufs à leur sortie des chambres froides, et avant leur emballage pour l’expédition, se fait à l’intérieur même des caisses, et ne nécessite pas d’installation spéciale.
- Les œufs conservés par ce nouveau procédé peuvent être vendus à des prix très élevés, car ils peuvent être mangés à la coque, leur chambre à air est très petite, et, au mirage, rien ne les différencie des œufs fraîchement pondus. Leur prix de revient n’est que très peu supérieur à celui des œufs conservés par le froid seul. La caisse en fer-blanc contenant 5oo œufs coûte 8 fr., soit une dépense de 16 fr. pour loger un mille d’œufs. Les caisses peuvent durer dix ans et au delà; en calculant l’amortissement à 8 pour 100; la dépense annuelle relative au logement hermétique des œufs ressort à irr,3o le mille. Le traitement par l’acide carbonique et l’azote revient à 0^,70 par mille d’œufs traités. La dépense supplémentaire occasionnée par le perfectionnement réalisé par M. Lescardé, s’élève à 2 fr. par mille d’œufs; c’est une dépense insignifiante si on ia compare à la plus-value donnée aux œufs.
- Ce procédé de conservation est particulièrement destiné aux industries importantes ayant pour but la conservation des œufs, en vue du commerce sur une vaste échelle. " Henri Blin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- or
- Pour enlever les traces de doigts sur les clichés.
- — Un lecteur de Camarii Craft signale qùe’ pour enlever les traces de doigts que i’ôu rencontre parfois sur les clichés, il suffit de frotter ceux-ci avec une touffe de ouate imbibée d’une solution constituée par quelques gouttes d’acide chlorhydrique dans 100, cm3 d’eau.
- [Photo-Gazette.)
- Une méthode originale pour conserver le beurre.
- —-Le problème industriel qui se pose au sujet de la conservation des beurres a, depuis fort longtemps, préoccupé les chercheurs et, s’il a été possible de lui proposer des solutions variées, il faut bien avouer qu’à l’heure actuelle, il n’en existe pas encore qui puisse être considérée comme parfaite et définitive. L’addition, notamment, de matières antiseptiques, est interdite. par la loi en raison des inconvénients multiples qu’elle présente au point de vue de l’hygiène.
- « L'industrie du beurre » (*3 octobre 1910) signale cependant un procédé curieux qui ne saurait tomber sous le coup d’aucun texte légal. Le but poursuivi est
- d’empêcher simplement lè contact de la matière grasse avec l’air qui l’oxyde, et qui véhicule les microgermes destructeurs ou permet leur prolifération.
- Pour l’atteindre, le beurre étant au préalable soigneusement lavé et façonné en mottes prismatiques, on recouvre çés dernières d’une faible couche d’un vernis spécial. Celui-ci est simplement composé d’une solution épaisse de sucre blanc en poudre dans de l’eau distillée. A l’aide d’ün pîttcéàu très doux, on enduit la surface du beurre de ce sirop, porté à une température de 5o° environ : la chaleur faisant fondre le beurre de surface -ur une petite épaisseur, sirop et matière grasse se mêlent intimement et, refroidissant dans cette intimité, donnent une mince croûte laquée imperméable à l’air, ayant en outre l’avantage précieux de n’être pas désagréable à l’œil.
- Le succès de l’opération réside évidemment dans l’habileté de l’opérateur qui ne doit oublier aucun coin de la motte. En tous cas, cette méthode est simple, à la portée de tous et n’entraîne pas de gros frais pour qui veut l’expérimenter.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- machiue à mesurer est construite par la Société géne-voise pour la construction d’instruments de physique et de mécanique, 5, rue Gourgas, à Genève.
- Renseignements. — M. H. Mathieu, à Gartagena. —.. Pour tout ce qui concerne les propriétés et les méthodes d’analyse de l’acide stéarique, consulter les Traités classiques de Post, Chevallier-Baudrimont, sur les essais de produits commerciaux. Voir en particulier le Traité d'analyse des matières grasses, de Cheffersky (Baillière, éditeur).
- Le service public de l’heure à l’Observatoire. — Un de nos lecteurs nous demande quelques précisions sur ce service assez ignoré du grand public. C’est à la suite d’un vœu de la Chambre syndicale d’horlogerie, que l’observatoire du Bureau des longitudes (Montsouris), a organisé un service de transmission précise de l’heure par téléphone. La personne qui désire connaître l’heure précise téléphone donc à Montsouris. Dès qu’elle a obtenu la communication, le fil téléphonique est connecté à la pendule astronomique. Les bruits de la pendule sont transmis directement au moyen d’un microphone spécial, placé dans la boîte de l’instrument. Deux ou trois battements sont numérotés à la voix par l’expéditeur, et le destinataire continue à compter les battements reçus. L’heure est obtenue à Montsouris par des observations astronomiques faites quand le temps le permet Des comparaisons journalières de quatre bonnes pendules permettent dans l’intervalle des observations une bonne extrapolation de l’heure. (Voir sur ce sujet, une Note du commandant Guyou, Compte rendu de l’Académie des Sciences, 29 mai 1905.
- M. R.. W, B., à Paris. — Il n’existe pas de produits dissolvant les seules cellules cornées sans attaquer les tissus cutanés. Quoi qu’en disent les fabricants, toules les pâtes épilatoires dissolvent à la longue l’épiderme
- M.. B., à Paris. -—Pour enlever les taches de vin sur le linge, les imbiber d’une solution de bisulfite de soude, puis traiter par l’eau vinaigrée et rincer finalement à grande eau. ^
- M. R. G., à: Ariane.. — La maison André, i5, boulevard de Picp.us, vend une machine pour le lavage ménager du linge par bouillage (« Idéale »).
- Abonné joijt-SSig-Q. 12. — Reportez-vous à l’article <( L’éclairage intensif par le gaz » dans notre numéro du a juillet 19.1.0.;.
- M.,A. Tesniere,. à. Paris. — Il n’y a pas d’autre moyen
- que de faire émailler votre cafetière, mais le procédé est peu pratique et plus coûteux que l’achat d’une nouvelle cafetière.
- Mc Millier, Rouen. — Badigeonner les morceaux de bois avec une solution de bleu diamine, additionnée ou non d’un peu de jaune diatniae. Etant donnée la quantité infime de colorant employé, nul danger à craindre.
- M. Plassard, à Paris. — Pour les renseignements demandés, adressez-vous à la Société La Montgolfière, 9, rue Saint-Augustin, à Paris.
- M. Boriivert, Bressoux-Liége. — Pour raccommoder les objets d’écaille, bien nettoyer les surfaces à réunir puis les plonger quelques instants dans l’eau bouillante jusqu’à ramo lissement. On applique alors forlem< ut les pièces à joindre l’une contre l’autre en maintenant la pression jusqu’à complet refroidissement : l’écaille est alors soudée à elle-même et le tout est assez solide.
- M. L. T., Montpellier. — Voici une formule de poudre à faire pondre, bien préférable à celle que vous rappelez et qui serait trop échauffante. : carbonate de chaux (ou calcaire), 3 parties; sel dénaturé, 3 parlies ; charbon de bois en poudre, 2 parties; soufre, 1 partie; matières végétales excitantes et aromatiques (tiges, feuilles, fleurs et surtout graines des plantes suivantes, classées par ordre de mérite et bien triturées : anis, fenouil, gentiane (racine), cumin, carvi, coriandre, pbellandre aquatique, calamus), 1 parlie; ou bien, carbonaie de chaux, 3 parties; sel, 3 parties ; charbon, 2 parties; mélanger après avoir bien pulvérisé. Distribuer la poudre dans la pâtée du matin, à la dose d’une forte cuillerée à bouche pour 10 poules; suspendre l’emploi toutes les trois semaines à un mois pendant quelques jours. Mais l’effet de ces poudres est d’autant meilleur que les poules reçoivent une nourriture animalisée et des pâtées riches en éléments azotés : farines ou granules de viande boucanée d’Amérique, pain condensé à base de viande, pommes de terre, son, tourteaux de maïs pu de coprah, déchets de viande, sang, verdure, grain (avoine ou sarrasin, 40 à 60 grammes par tête et par jour), ajouter aux pâtées, de temps en temps, des coquilles d huîtres broyées et du grain chaulé.
- Mm° Luisier, à Saint-Maurice. — Le seul moyen, du reste instamment recommandé par tous les hygiénistes, est d'arroser légèrement avant tout balayage ; ou mieux encore de ne pas balayer et de passer sur le parquet un linge humide.
- M. A. H. Nous ne croyons pas que l’appareil soit dans le commerce. Vous pouvez écrire à M. Proszinski, _ à la Société de. Physique, 44» rue de Rennes, Paris.
- Question à nos lecteurs. — Un de nos lecteurs, M. le D.r Taillefer, de Châteauneuf, nous prié de poser la question suivante.: Où peut-on se procurer actuellement des. plans de la ville de. Strasbourg avant la guerre ?.
- JfeD
- BIBLIOGRAPHIE
- OÊL
- 03^
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un. parasite occasionnel de la vigne : la Clandestine : Emue Gade-Ceau. — Les idées de M. Edison : V. Forbin. — Le jalonnement des routes de l’air : Dr Eh. Marmoiton. — La concentration des jus sucrés î H. Ruusset. — Une visite aux grands iusfruments des observatoires américains : Jean Bosi.eh — La fièvre Méditerranéenne : Dr A. Car.taz. — Académie des sciences; séance du i3 lévrier 1911 : Ch. be Villedeuil, — Les wagons-ambulaoces de luxe des chemins de fer suisses : Dr Alfred Gradenwitz.
- Sup/dément. — L’Industrie des termites. — Photochimie, de l’acide sulfurique. — Un manuscrit mexicain. — Minerais d’or et de wolfram dans le Cantal, etc.
- Sparks Spectra of the Metals, by Charles E. Gissing, membre de la Société Royale des Arts. 1 vol. 21 pages avec planches, chez Baillière, Tindall et C°, 8, Hen-rietla Street, Cov.ent Gardi-n, Londres, 1910.
- Ce volume donne le tablean exact des raies des
- divers spectres de tous les métaux connus; il est imprimé avec une clarté parfaite et accompagné de magnifiques illustrations; il constitue un document scientifique de la plus haute valeur à tôus. égards, et rendra de grands services aux chercheurs de la spec-troscopie, ainsi qu’à un grand nombre de praticiens, géologues, minéralogistes, qui, en certains cas, peuvent tirer de grands avantages de l’analyse spectrale.
- Précis d’électricité industrielle, par A Goulliart, professeur à l’Institut électro-technique de Lille, 1 vol. in-16 avec 400 fig. dans le texte (Félix Alcan, éditeur). Prix : 3fr,5o.
- L’ouvrage comprend une étude logique de l’électricité au point de vue industriel, avec de multiples applications pratiques. Le lecteur ÿ trouvera des tableaux relatifs aux divers montages de sonneries et de téléphones, des indications pour la construction, la réparation, le montage, la mise èn route des dynamos ordinaires, — des détails pratiques se rappbr-
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- BIBLIOGRAPHIE
- tant à la construction des divers organes de l’électro-moteur. Enfin des tables terminant le livre fourniront au lecteur, à la façon des manuels, des indications précises et immédiates dispensant ainsi de calculs plus ou moins compliqués.
- Pêches maritimes d'autrefois et d’aujourd'hui, par M. A. Hérubel. Paris. E. Guilmoto, 6, rue de Mé-zières, i vol. in-16, 342 p- Prix : 5,r,5o (Bibliothèque des amis de la marine).
- L’auteur étudie la capture et la vente du poisson de grande consommation. La première partie est consacrée aux poissons (espèces comestibles, terrains de pêche, océan nourricier, destruction, la loi et la pêche, repeuplement, pêche scientifique, problèmes de la pêche; la seconde à la production (vie sociale le long
- des côtes, ports de pêche, bateaux et engins, pêcheurs, rendement, pays de pêcheurs, grandes pêcheries, évolution de la pèche française, marchés, débouchés).
- Chantilly et le musée Condé, par Gustave Maçon, in-8", 36 phototypies et 3 plans. H. Laurens, éditeur. Paris,, 1911. Prix : j 2 francs.
- Ce joli livre est consacré à l’histoire de Chantilly et1 à l’ensemble des collections du Musée Condé. Organisateur depuis i883 et conservateur du Musée Condé depuis 1896, l’auteur a condensé en 3oo pages une matière immense. L’ouvrage est divisé en douze chapitres, neuf pour l’histoire de Chantilly et trois pour la vie et l’œuvre du duc d’Aumale. On les lit avec tout le plaisir qu’on trouve dans les beaux sujets traités avec compétence et talent.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- assr
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE . VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 fév. 1911 . 0°,7 N. 1. Couvert. » Couv. jusq. 17 h., beau ensuite ; luib. brouill et i'aib. verglas le m.
- Mardi 14 — 2°,5 N. N. E. 2. Beau. V Beau; gel. bl. ; givre; brume; brouillard dans la soirée.
- Mercredi 13 . . . . — i°,7 S. E. 1. Couvert. 0,0 Couv.; gel bl ; givre; brume; bruine dans la soirée, avec brouill.
- Jeudi 16 4°.l S 2. Couvert. 0,6 Presque couvert ; petite pluie à 8-9 heures.
- Vendredi 17 ... . 7°,0 S. W. 4. Couvert. Couvert le matin, très nuageux le soir.
- Samedi 18 .... 8°.9 S. S. W. 3. Couvert. 0,2 Couvert; un peu de pluie avant 6 h. ; bruine à 12 h. 13.
- Dimanche 19. . . . 8°,1 S. W 3. Couvert. 1,9 Nuageux ; pluie à diverses repri-es.
- FEVRIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 FEVRIER 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0,- au niveau de la mer); courbe plus .mince, thermomètre à l’abri à bouté sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- j : Du 12 au 18. — Le 12. Pression barométrique élevée sur toute l’Europe. Neiges et pluies sur le Centre et le S. Temp. du matin : Arkhangel. —28°; Paris, —1; Alger, 11 ; Puy de Dôme, — 8 ; moyenne à Paris : — o°,3 (normale : 3°,2). — Le i3. Même situation : Ouest de l’Europe, 776 ; Seydisfjord, 730. Neiges et pluies sur le Centre et le S.; en France : Cette, 3i; Marseille, 7; Lyon’, 6; Belfort, Nice, 5. Temp. du matin : Arkhangel, — 31 ; Paris, —1; Alger, 12; Puy de Dôme, -—8; moyenne à Paris : —o° 9 (normale : 3°;3). — Le i4-Dépression sur le N. : Bodoe, 7.50; Lyon, 780; Kief, 786. Neiges et pluies sur le N -O.; en France : Dunkerque, Boulogne, a. Temp. du. matin : Nicolaïef, —28°; Paris, —1; Alger, 14' Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : o°,9 (normale : 3°,3) — Le i5. Même situation : Bodoe, 756; Moscou, 78a. Neiges et pluies sur le N. et l’O. Temp. du matin : Arkhangel, —290; Paris, o;
- Alger, i3; Puy de Dôme, — 3; moyenne à Paris : 20, x (normale : 3°,3).. — Le .16 Dépression sur le N. : Bodoe, 738 ; Ecosse, 748 ; Centre de la France : 780. Neiges et pluies sur le N. ;'en France : Dunkerque; 3; Cherbourg, Nancy, 1. Temp. du matin : Odessa, —210; Paris, 4; Alger, i3; Puy de Dôme, o: moyenne à Paris : 6° (normale : 3°,4). — Le 17. Dépression vers Christiania, 730; Pays-Bas, 786 : Ecosse, 754; Madrid, 780. Pluies et neiges sur le N. Temp du matin : Khay-kof, — 2t°; Paris, 7; Alger, 12; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 90 (normale : 3°,5). — Le 18. Dépressions sur le N. : Saint-Pétersbourg, 726; Stornoway, 743: Madrid; 774- Pluies sur le N., le Centre et l’O.; en France : Brest, 3; Belfort, 2. Temp. du matin ! Haparanda, — 18° ; Paris, o; Alger, 12; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 70 (normale : 3°,5). — Phases de la Lune : Pleine. Lune le i3, à 10 h. 46 ni. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJ*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 1971 — 4 MARS 1911 SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Sur une étoile rouge. — Le n° 4469 des Astrono-mische Nachrichten contient une curieuse observation, signalée par M. Max Mundler, de Mundenheim, concernant la faible action photographique produite par une étoile de huitième grandeur environ. Sur un cliché du 11 septembre 19x0, avec a heures d’exposition, et un autre du i3 octobre 1910, exposé 1 heure, l’étoile B.D. -j- 34°,56, de la grandeur 8,1, dont la position est (i855,o) :
- Æ = ohi9m5x5,8; (D — + 34°46/,9, n’est pas visible, quoique sur les deux plaques les étoiles jusqu’à la grandeur 10 1/2 environ soient photographiées. Il s’agirait probablement là, selon M. Mundler, d’une étoile très rouge. Le professeur O.-C. Wen-dell a trouvé, d’après les Annales de Vobservatoire de Harvard College, que dans quatre nuits (du 10 février 1906 au 2 octobre 1906), d’après ses mesures photométriques, cette étoile — qui est inscrite avec le n” 39 dans le catalogue d’étoiles colorées de Kruger — a présenté une variation d’éclat de o,36 grandeur. Ajoutons — et c’est un fait bien connu — que, par suite de leur richesse en rayons inactiniques, les étoiles rouges viennent très faiblement dans les photographies. Un exemple classique est celui de la belle étoile Aldébaran, a du Taureau, de ire grandeur, que les plaques ordinaires réduisent à la 4° grandeur. On se rendra mieux compte de cet effet en consultant une curieuse photographie de la constellation du Taureau, prise en 1898 à l’observatoire Flammarion de Juvisy, et dont la reproduction se trouve dans le Bulletin de la Société astronomique de France, année 1898, p. 134- La forme de la constellation, pour les observateurs habitués à la voir au ciel, devient difficile à reconnaître, par suite de la diminution d'éclat, presque totale, de la plus brillante de ses étoiles.
- Machine frigorifique du Dr Repin. —M. le Dr Repin vient d’imaginer une nouvelle machine frigorifique à affinité qui repose sur un principe intéressant. On sait en quoi consiste théoriquement la machine à affinité; le froid est produit par l’évaporation intense d’un liquide volatil, en pratique c’est le plus souvent l’ammoniaque liquéfié; puis on récupère les vapeurs du liquide réfrigérant en les absobant dans un corps pour lequel il présente de affinité, en pratique l’eau où l’ammoniaque se dissout en quantités énormes. Pour avoir à nouveau de l’ammoniaque liquide, on chauffe l’eau le gaz ammoniaque se dégage, vient se rassembler dans un récipient refroidi où il se comprime de lui-même et se reliquéfie. Ce type de machine avait un grave défaut qui l’a fait peu à peu abandonner, l’ammoniaque en se dégageant entraîne
- pour 100 d’eau. M. Repin a indiqué une combinaison nouvelle qui ne présente pas cet inconvénient. Au lieu d ammoniaque, il emploie le gaz sulfureux, qui est, lui
- aussi, facilement liquéfiable et constitue pour une évaporation un bon agent réfrigérant. Comme absorbant, il indique le camphre qui absorbe 3o pour 100 d’acide sulfureux, et forme avec lui une solution à tension de vapeur peu élevée et très stable. Celte solution, par contre, se dissocie complètement sous l’action de la chaleur en laissant les deux constituants inaltérés. Elle présentait cependant l’inconvénient de laisser du camphre fondu se prêtant mal à une nouvelle absorption de gaz sulfureux, et pendant le réchauffage, de donner une mousse exagérée et gênante. M. Repin a vaincu cette difficulté en mélangeant le camphre avec 20 pour 100 de naphtol ; on obtient ainsi un liquide huileux, qui garde pour le gaz sulfureux toute l’affinité du camphre, mais sans aucun des inconvénients précités. Le dégagement de l’acide sulfureux est complet avant d’atteindre ioo°, la pression du gaz pendant la distillation ne dépasse pas 5 à 6 atm. et Ton obtient un abaissement de température de — 8°. Ce système semble permettre l’établissement d’appareils frigorifiques à petites productions simples et économiques, qui rendront de précieux services notamment dans les laboratoires.
- L’hydratation du ciment de Portland. — On a constaté récemment qu’en réalisant l’hydratation du ciment de Portland, en pâte fluide, au sein de l’eau ou de l’eau de chaux, il se forme des produits cristallins parmi lesquels on a pu caractériser l’aluminate tétracalcique et le sulfoaluminate calcique.
- Une donation de 7 millions à la science française
- — Le Temps annonce que M. A. Loutreuil, décédé en Suisse, il y a une quinzaine de jours, a légué 100 000 fr. à l’Institut Pasteur, 1 million à la Caisse des Recherches Scientifiques, 2 5oo 000 fr. à l’Université de Paris, 3 5oo 000 fr. à l’Académie des Sciences. Le généreux donateur, né à Neuville, dans l’Orne, a tenu une place considérable dans la colonie française de Moscou.
- L’aéronautique dans la marine anglaise. — L’amirauté anglaise fait construire par la Société Yickers, à Barrow, un grand dirigeable dont les essais viennent de commencer.' On les déclare très satisfaisants. La longueur du ballon est de i53 m. 60; son diamètre 14 m. 5o. La section transversale a la forme d’un décagone dont les 10 sommets s’appuient sur autant de tiges dirigées dans le sens de la longueur du! ballon, et et qui lui constituent une armature rigide. La carcasse est en « duralumin » ; c’est un alliage de magnésium et d’aluminium (91 pour roo de ce dernier métal), dont le** poids spécifique est d’environ 2,8. Cette substance présente une grande résistance à l’extension et à la rupture; malgré sa grande légèreté, elle peut entrer en parallèle avec l’acier doux. Le ballon est muni de 2 nacelles, chacune porte un moteur à 10 cylindres Wolseley.
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- INFORMATIONS
- Un curieux phénomène : l’adhésivité. — M. Hanriot a récemment (i3 février) signalé à l’Académie des sciences un curieux phénomène auquel il a donné le nom d’adhésivité. Lorsqu’on chauffe deux lames d’or brun dans les limites de température de leur transformation en or ordinaire, ces deux lames restent soudées l’une à l’autre. Il n'y a aucune attraction à distance : le contact des deux lames est nécessaire pour que l’adhérence ait lieu ; on ne peut donc invoquer une action électrique ou magnétique. On ne peut davantage attribuer le phénomène à une soudure, effectuée à la faveur du ramollissement du métal par l’action de la chaleur : car le phénomène se poursuit quelque temps après le refroidissement complet des lames; le métal à ce moment n’est pas mou; mais plutôt cassant. L’adhésivité ne peut s’obtenir à froid, ni entre deux morceaux d’or brun, ni entre deux morceaux d’or jaune. Une lame dsor brun, chauffée à sa température de transformation n’adhère pas à une lame d’or brun non transformée; mais elle adhère à une lame d’or brun chauffée antérieurement, même si celle-ci est refroidie après plusieurs jours. L’adhésivité se manifeste énergiquement lorsque la première de ces lames est chauffée entre 3oo et 35o°.
- Curieuse tentative architecturale. — Les Américains ont reproché non sans raison à leurs constructeurs de sky-scra-pers d’encombrer l’horizon de leurs villes, de « piles » de maçonnerie aux lignes anti-artistiques. L’architecte chargé de construire le Woolworth Building a tenu compte de cette critique, et Ton conviendra que son projet ne manque pas de grâce majestueuse, en dépit de ses proportions gigantesques. La boule qui surmontera sa coupole sera située à 2S0 m. au-dessus du pâvé de Broadway, ce qui lui assurera la troisième place sur la liste des monuments lés plus élevés du monde, après la Tour Eiffel et la Metropolitan Tower de New-York; La basé de l’immeuble comportera 28 étages, qui seront desservis par 10 ascenseurs, et 5 étagés de caves et sous-sols, creusés dans l’assise de roche. A ces chiffres s’ajouteront les 25 étages de la partie supérieure, que desserviront 5 ascenseurs. ,
- Les fouilles de Knossos (Crête), en 1910. —
- M. A. Evans, l’archéologue anglais, a fructueusement poursuivi ses fouilles de Knossos au cours de 1910. Il a notamment à peu près complètement vidé de son remplissage le profond réservoir fermé, au-dessus duquel était bâti le quartier sud du palais. Ce réservoir, muni intérieurement d’un escalier èn spirale qui s’arrêtait à l’ouverture d’accès des eaux, était alimenté par des sources aujourd’hui desséchées. Il a été,^ semble-t-il, comblé lors de la construction d’un palais antérieur, dont il ne reste plus de traces aujourd’hui, et en partie pour permettre des fondations plus solides au.; porche méridional et aux parties voisines du mur d’enceinte. Un second remaniement intervint ensuite lorsqu’il fallut faire place à la cour du nouveau palais. Il semble donc de plus en plus probable, pour M. Evans,; qu’un prédécesseur du grand palais minoen a existé antérieurement sur le même emplacement, et qu’il était du type de cette architecture Cretoise qui ne le cédait en rien comme science à celle des constructeurs égyptiens des pyramides de la 5° et de la,6e dynastie. — Les fouilles poursuivies
- en même temps dans les sépultures )d’Isopata ont fourni d’autre part des documents relatifs à une période plus récente, mais non moins intéressante, puisqu’elle correspond au milieu du xv° siècle avant notre ère, c’est-à-dire à la 18* dynastie égyptienne; il est très probable qu’elles apporteront des précisions, non seulement sur la civilisation minoenne, mais aussi sur les mystérieuses civilisations étrusques et hittites (Petennann s MitteiL-Globus, 1911, I, a3).
- Les métaux précieux en 1910. — On possède maintenant, pour la plupart des grands pays, la production des métaux précieux en 1910, et on peut se rendre compte des transformations réalisées par rapport aux années précédentes. Pour l’or, la production globale a été de 2 4^8 millions contre 2 38o en 1909. C’est le double de la production de 1897, le quadruple de celle de 1890. Néanmoins, la loi d’accroissement s’est notablement ralentie depuis quelques années. Tandis qu’on gagnait i5o millions de 1904 à igo5 ou 78 de 1908 à, 1909, on en a gagné seulement 48 dans la dernière année. Il semble donc que cette marée montante approche de son point culminant pour décroître ensuite. Quand on examine le tableau de détail donné plus loin, on voit le fait se manifester nettement pour les deux pays où la grande production aurifère'date déjà d’un demi-siècle, les Etats-Unis et l’Australasie, où maintenant on en est au déclin.
- 1909 1910
- Transvaal 779 807
- Etats-Unis. . . ... . 516 497
- Australasie . . 370 35o
- Empire russe . .... 168 2.44
- Mexique 117 n8
- Rhodésie 66 66
- Indes britanniques. . , . 60 • 55
- Canada. . . . . . . . 62 .'59
- Chine, Japon, Cot ée . . 5i 52
- Afrique occidentale . . 23 !9
- Madagascar. . . . . . 10. 10
- France . . . . - • • • 7 8
- Total avec divers . . . . 2880 2428
- De même l’Inde est en décroissance, l’Afrique occidentale continue à décevoir les espérances qu’on avait fondées sur elle, et le Mexique fait à peine un pas en avant. Le premier de tous les pays producteurs d’or, lé Transvaal, ralentit lui-même un peu ses progrès. Néanmoins, le seul petit coin du Witwatersrand es t'arrivé à produire cette fois 770 millions, le tiers de la production mondiale. Cet affaiblissement général tient évidemment à ce que, dans la plupart dés pays, la première phase romantique où l’on se jette sur les champs d’or vierges d’un pays nouveau est maintenant terminée. C’est, par exemple, le cas pour les fameux placers de l’Alaska, dont l’épùisement a contribué à amoindrir la production des Etats-Unis, pour ceux du Klondyke, qui ont donné 140 millions de francs par an, tandis que le Canada tout entier n’atteint plus 60, Les progrès à espérer viennent maintenant des régions comme la Sibérie, où l’afflux actuel des capitaux européens permet de vider les anciens placer s classiques, ou de contrées neuves comme le Nord du Canada, où l’on vient de découvrir un grand district aurifère à x,5o km N. W. du district argentifère de Cobalt, comme l’Asie centrale, ou comme l’Amérique du Sud. Si nous passons à l’argent, il est intéressant de remarquer que la production a repris son essor interrompu. Le total mondial qui était de 2200 millions de kilogrammes en 1880,! de 2700 en 1883, 34oo en 1890, 49°9 en i8g5, 5200 én 1900. a atteint >t34 en 1906, 5729 en 1907, 6820 en 1908, 6568 en 1909 et enfin 6773 en 1910. Le pays qui tient la tête est de plus en plus le Mexique. Puis viennent les Etats-Unis que le Canada tend à rejoindre. Le prix de ce métal est particulièrement bas. Alors que le pain est de 60 pence l’once standard, on est descendu à 23. On produit actuellement ep poids 8 fois autant d’argent que d’or. De 1896 à 1900, la proportion était de i3;; elle était de 20 entre 1886 et 1890. Cette proportion moindre correspond au besoin moins grand d’argent pour l’emploi monétaire. Néanmoins l’entrée en jeu des pays neufs assure, outre l’absorption constante en Extrême Orient, un débouché à cet énorme stock de métal blanc-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Agriculture
- Un appareil à faire les meules de foin. — Il semblait que le progrès mécanique en agriculture fût intimement lié à l’automobilisme. Le moteur actionne ou nst susceptible d’actionner en. effet toutes les machines qui ont été introduites dans la ferme depuis une cinquantaine d’années, et ses emplois se généralisent de plus en plus. Mais on sent bien que les animaux domestiques conserveront longtemps encore, peut-être toujours, la plupart de leurs attributions. La machine ne peut aller partout; il lui faut des routes, des chemins bien entretenus, et surtout un terrain exempt d’aspérités ; les services qu’elle peut rendre demeurent subordonnés à des conditions telles que souvent on est obligé d’avoir recours aux antiques attelages de chevaux ou de bœufs pour terminer le travail qui lui a été confié. L’enlèvement du fourrage, par exemple, sa mise en meules, sont des travaux qui incombent aux procédés d’exploitation manuelle et dans lesquels la main de l’homme est indispensable.
- On peut néanmoins rechercher des méthodes nouvelles, voire même un nouveau matériel, capable de réduire les frais occasionnés par la main-d’œuvre en diminuant le nombre des ouvriers. C’est le problème
- n’a pas à s’occuper de la forme de la meule, la cage servant de gabarit. Il n'a qu’à égaliser le fourrage au fur et à mesure qu’il le reçoit et à le^tasser. En un quart d’heure, quatre ouvriers confectionnent une meule de 45o bottes, tandis que par l’ancien procédé il eût été nécessaire d’employer sept ou huit ouvriers pendant une heure et demie de travail.
- La meule étant terminée, le chariot est conduit à sa destination et le déchargement s’opère avec une très grande rapidité. Il suffit, en effet, de lâcher les leviers qui retiennent les barres transversales ; celles-ci tombent sur le sol. En même temps on ouvre les deux panneaux d’arrière; l’extrémité de chacune des deux barres longitudinales est alors libérée. L’attelage mis en marche entraîne alors le chariot et la meule reste sur le sol en conservant la forme très régulière qu’elle a prise pendant sa confection.
- Lorsque la dessiccation du fourrage n’est pas complète, il est néanmoins possible de procéder à la mise en meule sans craindre réchauffement en constituant une sorte de cheminée centrale avec des montants supplémentaires. On enlève ces montants après la construction, et la cheminée d’aération reste.
- Nos photographies montrent la confection d’une meule de 45o bottes, il est possible de construire avec le même chariot des meules plus petites si on le désire : 25o
- que s’est posé M. Bajac et qu’il a résolu d’une manière fort intéressante en créant un outillage inédit : le chariot-mo lil e.
- Ce chariot, traîné avec lenteur par un attelage de bœufs, constitue un réel progrès. Il est destiné à faciliter la confection des meules de foin et à leur transport en un endroit quelconque de la prairie, sur le bord d’une route, par exemple, en vue d’un enlèvement final ultérieur ou pour y mélanger ensuite les secondes coupes.
- Le chariot se présente sous l’aspect d’une vaste cage circulaire faite de montants de bois fixés sur le châssis et reliés par un treillis métallique. Le châssis est porté par six roues : deux appartiennent à l’avant-train pivotant; deux autres placées de chaque côté, sont montées sur fusées; enfin, tout à fait à l’arrière, se trouvent deux galets fous qui soutiennent les panneaux-portes. Le fond du chariot est fait de deux barres longitudinales fixées à l’avant du châssis et simplement soutenues à l’arrière par des crochets. Deux autres barres transversales, amovibles, maintenues par des leviers, les soutiennent à cause de leur assez grande portée. Le double encadrement de ce châssis soutient les montants verticaux. L’arrière comporte deux panneaux mobiles s’ouvrant comme une porte à deux battants et roulant chacun sur un galet.
- Le chariot circule dans la prairie avec autant d’aisance qu’une voiture ordinaire; il est tiré par deux bœufs et un homme occupe l’intérieur pour recevoir le foin que lui envoient plusieurs ouvriers chargeurs. Le travail du « tasseur » est donc très simplifié puisqu’il
- bottes par exemple en disposant à l’intérieur du cadre une cloison amovible qui réduit le diamètre de la cage.
- Ce nouvel outil apporte donc une grande rapidité dans l’exécution d’un travail jusqu’ici long et minutieux en même temps qu’il supprime pour ainsi dire le façonnage; de plus, il autorise la manipulation avant la dessiccation complète, avantage précieux puisque les feuilles sont conservées et les qualités du fourrage en bénéficient. Nous n'insisterons pas sur la forme rationnelle de la meule qui se trouve par suite mieux protégée contre la pluie surtout si on a soin de la couvrir d’un capuchon. Enfin, l’évaluation de la récolte devient extrêmement facile puisque l’on connaît la capacité de chaque meule. Tous ces avantages font du chariot-moule un instrument agricole qui deviendra rapidement indispensable dans les grandes exploitations.
- Chimie pratique <*<&>
- Pissette à jet violent pour le détachage des précipités. — On fait constamment usage dans les laboratoires de chimie de fioles à jet ou « pissettes » (fig. 2) qui, servent pour les lavages de verres, ballons, filtres, etc.,: et dans toutes les circonstances où on emploie un liquide sous forme de jet très fin lancé dans toutes les direc-^ tions désirées. Il arrive parfois que les parois d’un verre, par exemple, sont recouvertes d’une couche mince de précipité adhérent que le jet de la pissette ne peut détacher. Nous avons obtenu de meilleurs résultats, et, à puissance de souffle égale, une force de jet nette-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- ment supérieure en employant le dispositif ci-après :
- A l’aide du chalumeau, on perce un trou sur le tube coudé à angle aigu, dans la partie se trouvant à la hauteur du col du ballon. On introduit alors sur le tube un manchon formé d’un fragment de tube en caoutchouc (lig. 3) dont le diamètre est légèrement inférieur à celui du tube de verre. Le manchon étant introduit par glissement à l’endroit troué, on perce la membrane qui recouvre l’orifice d’un coup d’aiguille : le caoutchouc, légèrement tendu, ne se referme pas la piqûre (fig. i). Dans ces conditions, quand on souffle danslapissette, sous l’influence de la pression de l’air, l’eau monte bien par le tube de dégagement; mais, à l’endroit perforé, la pression étant plus forte à l’extérieur qu’à l’intérieur (la différence est égale au poids de la colonne d’eau comprise niveau du liquide dans le ballon), arrivée continue d’air qui forme chapelet dans le haut du tube. Et le jet devient discontinu, les gouttelettes d’eau et les bulles d’air sortant alternativement du tube. Ces gouttelettes, projetées sur la surface à nettoyer, exercent une action beaucoup plus énergique que le jet simple.
- Pour filtrer vite et bien. — On croit généralement que pour obtenir le maximum de rapidité d’écôulement dans un filtre de papier plissé posé sur un entonnoir, il faut y poser simplement le filtre grand ouvert (fig. i). En opérant ainsi, la filtration est pourtant retardée, surtout quand il ne reste que peu de liquide dans le filtre. C’est que, sous l’influence de la pression exercée par son contenu, le papier du filtre est appliqué contre la paroi de verre; et ce d’autant mieux que vers la partie pointue, les plis ne sont que faiblement prononcés. Dans ces conditions, tant que le filtre est plein, le liquide filtre amoncelé entre le verre et les évidements externes des plis, exerce une pression suffisante pour se frayer un passage dans le bas de l’entonnoir en écartant le papier de la: paroi. Mais dès qu’il ne reste plus
- entre le trou et le il se produit une
- qu’une faible quantité de liquide, la filtration devient interminable.
- Il est facile d’obvier à cet inconvénient : en plaçant le filtre, on introduit son extrémité dans le haut de la douille de l’entonnoir de façon à ce qu’elle y pénètre le plus possible (fig. 2) (sans naturellement exagérer ; on est limité par la faiblesse du papier qui plierait si on appuyait trop fort). En versant ensuite le liquide, le filtre s’épanouit comme à l’ordinaire et la filtration se poursuit normalement. Les plis de la pointe du filtre ménageant vers le bas des canaux où le liquide peut passer librement, aucune pression n’est nécessaire pour vaincre une résistance au passage du liquide. Gomme les essais comparatifs permettent de le constater, la filtration est dans ce cas notablement plus rapide.
- Mécanique
- Renvoi à débrayage monocorde. — Quand on veut embrayer une machine-outil, on fait passer la courroie de commande de la poulie folle sur la poulie fixe. Cette opération se fait par l’action d’une fourche qui est manœuvrée par un levier et qui force la courroie à venir se placer sur la poulie à actionner. Le débrayage se fait par la manœuvre inverse.
- Dans les ateliers cet organe est presque toujours un organe de fortune, et le levier de commande une barre de bois agissant sur la fourche qui exige une place assez grande vu l’amplitude nécessaire du grand bras du levier (v. fig- 1).
- Nous allons décrire un débrayage dans lequel le levier est supprimé et dans lequel le déplacement de la fourche est obtenu par la traction d’une chaîne aussi bien pour l’embrayage que pour le débrayage. Voici com-mentle dispositif fonctionne (fig.2).
- En tirant la poignée, le pendule Aest engagé sous la came B et de ce fait est chassé d’un côté accrochant et entraînant la glissière C. A fin de course, la glissière C engage la came B etdecette façon la déplace et la met en position pour le prochain tirage, ce qui a pour effet de faire glisser le pendule dans l’autre direction et de chasser la glissière du débrayage dans la direction opposée à la première.
- La glissière du débrayage est maintenue en position par l’index P’ qui vient s’engager en D ou E.
- La manette de commande est attachée par une corde à la glissière G du pendule, et ce dernier après une traction, revient dans la position initiale à l’aide d’un ressort antagoniste à boudin. Si la poignée n’est pas tirée à fond, la glissière G engage au moyen de l’index F, l’un ou l’autre des plans inclinés H ou I suivant le cas et pousse la glissière C à l’une ou l’autre de ses positions extrêmes. Par suite, le débrayage est complètement déplacé d’un côté ou de l’autre et ne peut pas s’arrêter au milieu de sa course.
- A chaque retour le pendule est guidé et ramené dans sa position initiale à l’aide du bord inférieur à la plaque J formant couvercle.
- Cet embrayage monocorde légèrement modifié peut s’appliquer à des courroies de différentes largeurs en changeant une
- G, poulie'fixe; H, poulie l’olle; I, tambour; J, arbre de transmission de l’usine.
- Fig. 3.
- — Vue d’ensemble du débrayage.
- petite came d’engrenage; le balancier A agit alors "par l’intermédiaire d’une crémaillère.— Agence de Machines-outils, 89, avenue des Ternes, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- JfeD
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- La fièvre méditerranéenne et les fromages de Roquefort. — Dans l’article que La Nature publiait la semaine dernière sur la lièvre méditerranéenne, je disais que l’on n’était pas encore fixé sur la nocivité des fromages fabriqués avec les laits de chèvre et de brebis. Mais au moment où l’article était sous presse, M. le Dr Dartois communiquait à la Société de Biologie un résumé d’expériences très concluantes sur la vitalité du microbe de la fièvre, le microccocits melitensis
- Ce micrococcus résiste très bien dans le lait à l’action de la fermentation lactique, il résiste même mieux que le bacille de la tuberculose. Mais cette résistance ne dépasse pas en général le dix-huitième jour; passé ce délai il devient introuvable, il a été détruit.
- Les laitages, crème, beurre, petit-lait, fromages frais, fabriqués avec un lait contaminé, peuvent donc contenir le microccocus melitensis pendant les trois premières
- semaines de leur fabrication et doivent être considérés comme susceptibles de propager l’infection méliten-sienne pendant ce laps de temps. C’est ce qui explique les cas de contagion dans lesCévennes parles fromages mangés frais.
- Mais les fromages qui ne sont consommés qu’après une préparation de plus d’un mois, qui subissent une fermentation prolongée, ne sont aucunement nocifs. Tel est le cas du Roquefort, dont la maturation dans les caves célèbres dépasse trois mois. En admettant qu’il ait été fabriqué avec du lait contaminé, le microbe est détruit depuis longtemps quand il est livré à la consommation.
- Gourmets, réjouissez-vous; vous ne contracterez pas la fièvre de Malte en mangeant votre fromage préféré. Les expériences de mon collègue Dartois l’ont démontré sans réplique. Dr A. C.
- Jso
- VARIÉTÉS
- Teintures « végétales » pour cheveux. — Le grand public ayant en général pour les produits dits « chimiques » une crainte d’autant mieux ancrée qu’elle est le plus souvent irraisonnée, d’ingénieux parfumeurs ont imaginé de baptiser de « végétales » leurs teintures pour cheveux. Et pour qu’aucun doute n’eflleure plus la pensée de leurs clients et clientes, ils ne manquent pas d’exposer en leurs vitrines des coupes remplies de poudres blondes et brunes : c’est là le henné qui constitue sans doute la base de leurs préparations. Le henné est en effet une plante croissant en Arabie dont les feuilles séchées et pulvérisées furent employées dès l’antiquité par les orientaux pour les soins de la toilette. Mais il n’existe qu’une espèce de henné, laquelle ne peut fournir qu’une seule coloration : le rouge acajou. Toutes les teintures donnant des nuances différentes contiennent donc des éléments actifs autres que le henné. Sont-ce des matières végétales? A part la noix de Galle et les bois tannifères qui ne peuvent produire leur effet qu’en combinaison avec des sels métalliques — et l’on retombe alors dans les colorants à base de « produits chimiques » — l’on n’emploie pour la teinture des cheveux que l’indigo ; encore les Perses sont-ils seuls à utiliser cette matière qui se fixe seule-mént à chaud et en présence de vapeur d’eau (l’opération dure de 3 à 4 heures pendant lesquelles les patients séjournent dans des sortes d’étuves à vapeur annexées aux établissements de bains). Rappelons d’ailleurs à ce propos que le henné lui-même doit être appliqué sous forme de bouillie aqueuse et tiède dont on enveloppe chaque mèche de cheveux ; le cataplasme ainsi posé restant de i à 3 heures selon l’intensité de teinte désirée. Or le mode d’emploi de toutes les teintures végétales du commerce est autrement commode.
- C’est tout simplement que ces produits, s’ils ne contiennent pas de sels métalliques, comme l’annoncent en effet les prospectus, n’ont de végétal que l’épithète; c’est un dérivé de l’aniline : }a parapliénylènediamine qui en constitue l’agent actif. Comme toutes les matières colorantes dérivées du goudron, ce produit a un pouvoir tinctorial très considérable; il suffit donc de l’employer
- en très petite quantité. De plus, il ne colore pas directement les cheveux; ceux-ci imprégnés d’une solution de sel de paraphénylène diamine ou de « para » comme disent plus simplement les coiffeurs, ne virent au noir que si Ton ajoute un oxydant, de l’eau oxygénée par exemple. IL y a alors condensation de la molécule du produit et formation d’ùn dérivé oxydé : la base de Bandrowsky; la couleur ainsi formée ayant outre la beauté de sa nuance, la solidité des couleurs d’aniline formées sur les fibres et non dans le bain de teinture.
- Ceci serait parfait, et le subterfuge des parfumeurs pourrait leur être pardonné, s’il n’y avait pas quelquefois au cours du traitement formation accidentelle d’un dérivé du para moins oxygéné que la couleur normale : la quinonediamide, qui est un poison violent. Un grand nombre d’accidents résultant de l’application des lotions pour teinture de cheveux furent relevés en France et en Allemagne pendant ces dernières années. Et cela provient justement de ce que, trop confiants aux promesses du prospectus, les coiffeurs négligent quelquefois d’observer certaines précautions ; il suffit, pour éviter tout danger, immédiatement après application de la teinture, de laver soigneusement les cheveux à grande eau pour les débarrasser de l’excès de solution colorante y adhérant. IL n’y a donc, en réalité, et quoi qu’annoncent réclames et prospectus, que des teintures pour cheveux à base de produits chimiques. On peut toutefois faire choix entre l'es « progressives » à base de sels de plomb (Cf., notre recette publiée dans La Nature du 23 octobre 1909), les « rastiks » à base d’acide pyrogallique et de sels de cuivre ou de fer, et les solutions de sels de « para ». Les secondes seules sont absolument inoffensives; mais leurs teintes, tout en étant supérieures à celles données par les premières, sont bien inférieures à celles des dérivés de l’aniline. On doit donc préférer ces dernières; mais, et c’est sur ce point qu’il convenait d’insister, en prenant minutieusement tous les soins nécessaires, et se gardant bien de croire, sur- les indications de l’étiquette ou du fournisseur, que l’emploi des teintures « végétales » permettait à la fois d’éviter tout danger et de négliger toute précaution.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre pour écrire sur le cuivre et le laiton. —
- Pour certaines applications spéciales, on peut être amené à préférer à la gravure — qui d’ailleurs reste le seul moyen d’obtenir des inscriptions indestructibles et de meilleur effet, — un procédé permettant de recouvrir les surfaces métalliques de traits très lisibles et résistants, mais pouvant être facilement effacés au besoin. C’est le cas, par exemple, pour les étiquettes des passe-partout de boîtes à dossiers, de tiroirs à fiches, etc., qu’il est plus propre de faire avec de minces plaques métalliques qu’avec des cartes ou papiers tou-
- jours salissants. On a proposé dans ce but un certain nombre de vernis spéciaux ou d’encres ordinaires légèrement épaissies : mais les traits ainsi obtenus ne sont fixés que très imparfaitement aux parois. Nous avons obtenu de bien meilleurs résultats en employant des liquides contenant un réactif capable de réagir chimiquement sur la paroi métallique pour donner un composé coloré.
- Voici deux recettes d’encre permettant d’écrire sur le laiton; dans Tune le dépôt noir formant les inscriptions est à base de platine, dans l’autre les traits sont
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- formés par de l’argent. On sait, en effet, que les métaux obtenus par précipitation ont le plus souvent l’aspect de poudres noires; ils n’acquièrent le brillant métallique que par fusion ou polissage à l’agate.
- SBichlorure de platine......... 5 gr.
- Acide chlorhydrique............ i cm3
- Eau............................5o cm3
- j Azotate d’argent............... i gr.
- I Eau............................5o cm3
- Les concentrations pouvant être assez largement modifiées selon les convenances de chacun. Si l’on désire des traits immédiatement colorés (car surtout avec l’encre A, les traits n’apparaissent en noir que petf à peu), il suffit de remuer dans le liquide un bâton d’encre de Chine jusqu’à obtention de la teinte désirée.
- L’une et l’autre encre doivent être appliquées sur des surfaces parfaitement décapées (savonnées d’abord pour enlever les matières grasses, puis frottées avec un chiffon imbibé d’acide nitrique, puis enfin lavées à grande eau et séchées; si elles sont bien planes, un simple émerisage suffit). L’encre au platine s’emploie de préférence sur des surfaces légèrement tiédies, ce qui a pour effet de hâter la formation des traits; on peut aussi écrire à froid et chauffer ensuite. L’encre à base d’argent agit plus rapidement et à froid.
- Les dépôts obtenus sont relativement solides aux agents chimiques mais ne résistent pas à un frottement prolongé. On conçoit, en effet, qu’il ne puisse y avoir comme pour l’écriture sur papier ou sur bois, pénétration de l’encre dans les parois : le métal est bien attaqué, mais tout à fait superficiellement. Aussi convient-il pour l’usage et pour protéger la surface brillante de l’oxydation de la vernir avec un des nombreux vernis pour métaux.
- L’encre de platine est un peu plus chère, mais donne des tons plus vifs ; dans les deux cas, on n’obtient jamais d’ailleurs un noir charbon, mais plutôt une sorte de gris très foncé. On peut, du reste, renforcer l’intensité des traits en les repassant plusieurs fois à l’encre. Pour effacer les inscriptions, il suffit de frotter légèrement au papier d’émeri.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Désinfection du linge sale. — On sait que la manipulation du linge sale provenant de personnes atteintes de maladies contagieuses est une opération extrêmement dangereuse. Les crachats, sueurs et autres excrétions se sont desséchés et produisent des poussières nocives que l’on absorbe par les voies respiratoires. Le Dr Laudouzy attribue la grande fréquence de la tuberculose chez les blanchisseurs à la seule manipulation des linges avant lavage. Aussi est-il indispensable de désinfecter les linges contaminés avant toute manipulation. On a proposé pour cela l’emploi de solutions de sulfate de cuivre ou de zinc dans lesquelles on trempe le linge; mais ces sels peuvent altérer les fibres. C’est pourquoi il convient de préférer les antiseptiques organiques. Le Dr Barillé recommande l’emploi d’une émulsion composée de :
- Crésyline...............200 grammes.
- Savon vert..............100 —
- Cristaux de soude . . 5oo —
- Eau...................... 10 litres.
- Émulsionner la crésyline dans l’eau de savon, ajouter ensuite le carbonate sodique dissout.
- Le linge à désinfecter est immergé pendant 12 heures dans l’émulsion portée à 6ou C. L’opération servant d’essangeage, il suffit ensuite de lessiver comme à l’ordinaire. Les essais bactériologiques de l’auteur lui montrèrent que l’effet ainsi produit est absolument sur; aucun microbe pathogène ne résiste au traitement.
- Glues pour la préparation de bandes-pièges destinées à engluer les insectes. — Aux produits du commerce, vendus souvent assez chers et présentant l’inconvénient de ne pas toujours conserver assez longtemps leur gluant, M. Truelle recommande de préférer les glues préparées selon les formules suivantes :
- Formule française. — Chauffer, jusqu’à réduction du volume aux deux tiers 5oo gr. d’huile de colza et autant de saindoux. Ajouter 5oo gr. de térébenthine, 5oo gr. de colophane et remuer jusqu’à fusion complète. Si la
- masse est trop épaisse, on ajoute un peu d'huile; si elle est trop fluide, ou prolonge la cuisson. Bien préparée, la glue reste visqueuse pendant trois mois.
- Formule allemande. — Faire fondre 1 kg de colophane dans un vase en terre, ajouter 1 kg d’huile de lin, et remuer jusqu’à ce que le mélange soit bien épaissi.
- Formule usitée en France et en Allemagne. — Chauffer avec précaution dans un récipient de fer 700 gr. de goudron de bois et 5oo gr. de colophane, en agitant continuellement. Ajouter, après fusion complète, d’abord 5oo gr. de savon noir, puis 3oo gr. d’huile de poisson. On retire du feu et continue à remuer jusqu’à refroidissement.
- Encre sympathique. — On a publié quelques recettes plus ou moins compliquées de ces encres, dans lesquelles il entre de l’ammoniaque associé le plus souvent à des corps gras. Ces derniers produits ne jouent aucun rôle utile ; il suffit d’écrire avec de l’ammoniaque ordinaire et de laisser sécher, pour obtenir des caractères absolument invisibles, et qui ressortent en traits gris bien nets dès qu’on immerge dans l’eau ou qu’on mouille la feuille de papier. Les traits disparaissent à nouveau si l’on sèche, pour réapparaître ensuite sous l’influence de l’eau. On doit employer l’ammoniaque pure, les traits déjà peu foncés, devenant pins pâles si le liquide est dilué.
- Il est probable que l’alcali exerce sur la cellulose une action gélatinante et hydrolisante analogue à celle de la soude ou de la potasse ; mais avec l’ammonique les fibres ne sont ni contractées ni désagrégées comme sous l’action de ces alcalis et lé papier n’offre aucuue altération apparente. (Laboratoire de La Nature.)
- Le vieillissement artificiel du bois. — On a parfois intérêt, dans un but artistique, à donner à certains objets en bois, une teinte ou un aspect qui les fasse paraître plus vieux ou plus usagés. La coloration du bois par imprégnation, en vue d’imiter le vieux bois, ne donne généralement pas de résultats très satisfaisants. Lorsqu’on soumet le bois à l’action du gaz ammoniac en présence d’air et de vapeur d’eau surchauffée, les effets obtenus se rapprochent plus du vieillissement naturel. Le meilleur procédé pour imiter le vieux bois consiste à le soumettre à l’action lente de l’air humide et ammoniacal; à cet effet, le bois est disposé dans des fosses formées par un sol humide, exempt de bactéries, non argileux et pas trop sablonneux, renfermant un peu d’humus, et additionné dé 1 à 2 pour 100 de chaux et de chlorhydrate d’ammoniaque. Les scories de houille conviennent bien pour la formation de ce sol. Les amateurs pourraient peut-être mettre cette recette à profit pour vieillir artificiellement certains articles et leur donner une apparence plus artistique ou plus antique.
- Pour « abattre » la mousse qui se forme lors de l’ébullition des extraits végétaux tels que jus sucrés de betterave, liquides de lavage de bois tinctoriaux ou tan-nifères, bouillons de gélatine, on projette un peu de matière grasse à la surface du liquide. C’est ainsi que dans les sucreries, par exemple, on empêche les bacs de déborder, ou les vapeurs des appareils évaporatoires d’emporter de la mousse, partant du sucre.
- Or, toutes les huiles et graisses employées à cet usage ne possèdent pas la même efficacité. C’est ce qui résulte des expériences que vient de publier un technicien allemand, M. Gonuermann, dans le Centralblatt für Zuc-kerendustrie. Ce chimiste additionna des quantités égales de liquides sucrés, de doses croissantes d’huiles, jusqu’à ce qu’il ne se forme aucune mousse à l’ébullition. Il trouva de la sorte que le saindoux, la vaseline, la graisse de suint sont particulièrement efficaces; les huiles de résine, de paraffine et l’huile de pétrole le sont moins; enfin les huiles végétales (ricin, sésame, colza, arachides) et surtout l’huile de pied de bœuf doivent être employées en quantité considérable.
- Au point de vue de la dépense de graisse pour obtenir un effet donné, ce qui industriellement présente beaucoup d’importance, le suint et la vaseline procurent le maximum d’économie (coût du trait^ent par mètre cube de jus : onze centimes) ; la vaselinebt.les huiles minérales sont préférables aux huiles végétales, l’huile de ricin devant être préférée parmi ces dernières.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison dé l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Enlevage des taches de graisse sur parquets. — Un de nos lecteurs du Brésil, M. W .-Sturtz, a l’obligeance de nous communiquer une recette qui lui permit de nettoyer parfaitement des taches vieilles de plusieurs semaines, faites sur sapin avec de la graisse bouillante.
- Les taches sont recouvertes de pétrole; on laisse le liquide bien pénétrer dans le bois et dissoudre la matière grasse ; puis après trois ou quatre heures d’imbi-bition, on recouvre d’une bouillie très épaisse faite d’eau et d’argile. On laisse sécher; la porosité bien connue de l’argile provoque l’attraction de la graisse qui,peut être dès lors enlevée par simple balayage. Pour obtenir un nettoyage bien complet, il faut parfois répéter l’application de la bouillie argileuse; aussi, pour que la dessiccation se fasse rapidement, doit on n’en mettre qu’une mince couche de trois millimètres environ d’épaisseur.
- Renseignements. — M. R. Fatta, Tripoli. — Ayez soin de n’employer que des olives bien mûres, et de suivre minutieusement toutes les précautions d’usage dans cet industrie. Voyez le récent ouvrage : Y Huilerie moderne. i vol, chez Béranger, iâ, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : 4rr)5o. Noüs ne comprenons pas très bien votre deuxième question.
- Une abonnée de S.-et-O. — Employez l’éau formolée.
- M. F. Ë., à Saulier. — Ajoutez à notre liste de maisons fournissant du matériel de cidrerie, l’importante maison Simon frères, à Cherbourg.
- M. Ch. Bar, à Paris. — Vous trouverez dans le volume sur le « bronzage des métaux » de Y Encyclopédie Roret (Mulo, éditeur, à la page 63), la façon d’obtenir une teinte laiton sur cuivre rouge.
- M. P. M., à Versailles. — Pour colorer la peau en beau brun, la laver avec une solution de permanganate à i pour ioo et exposer à l’air. La teinte, très solide, est facilement enlevée par lavage avec une solution aqueuse de a pour ioo bisulfite de soude et i pour 100 acide chlorhydrique. Mais s’il est très facile d’appliquer le traitement aux mains, il serait délicat d’en faire autant sur le visage, l’œil, la bouche devant être parfaitement protégés du contact des liquides.
- M. le Dr L. À., rue d’Hauteville. — Nous ne croyons pas pratique d’essayer en petit de décaféiner le café ; les méthodes industrielles permettent de tirer parti de la caféine extraite, et de récupérer tous les solvants. On ne pourrait faire cela en petit, si bien que la manipulation, au demeurant assez compliquée, deviendrait fort coûteuse.
- L. C. T. — L’éclairage électrique par courant alternatif basse tension est très avantageux pour la lampe à incandescence.il permet de réaliser de sérieuses économies de courant et de lampes.
- M. 'F. M.. à Saragosse. —- Pour la couveuse industrielle à grande production, expérimentée au Jardin d’Âcciimatation, et décrite dans le numéro du 28 janvier, s’adresser à l’inventeur, M. E. Lourdel, pharmacien, 5, rue Gambetta, à Reims (Marne).
- M. L. Charmolüe, à Beaugency. —On pourrait coller les bords sur le velours à la seccotine, mais il faudrait beaucoup de précaution pour ne pas faire de tache. Le mieux serait, avec du plâtre, de sceller à l’intérieur dix médaillon une ou deux boucles de gros fil de fer. Vous perceriez un ou deux trous dans la planchette pour passer une forte ficelle qui tirerait sur les boucles.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notte précédent numéro.
- Une nouvelle machine à mesurer : Ch.-En. Guillaume. — La question de la turbine et de l’hélice : transformateur de vitesse Fôttinger : R. Bonnin. — Le district de cobalt au Canada :
- •:P„. Sali.ior. — Les poissons dans l’eau : A. Magnan. — L’heure: tuselaire : H. Cathenod. — Académie des sciences ; séance du 20 février 1911 : Ch. de Vii/ledeuil.
- Supplément. — Une momie de reptile Dinosaurien. — L’expédition océanographique danoise du Thor. — Nouveau biplan Voisin, — La population de l’Empire russe. — L’extension du choléra pendant l’année 1910 et le rôle de l’émigration. — Nouvelles fourrures artificielles. . ,
- L’astronomie, évolution des idées et des méthodes, par G. Bigourdan. Paris. E. Flammarion, 1911. 1 vol. m-18 Bibliothèque de philosophie scientifique) 3rr,5o.
- M. G. Bigourdan montre que le « besoin » a dès l’origine imposé l’étude de l’astronomie à l’homme, obligé de diviser le temps et de s’orienter, tant sur terre que sur mer. Grâce aux récentes découvertes faites en Chaldée, nous assistons à la naissance de l’astronomie mathématique: Ce furent les Grecs, philosophes et raisonneurs, qui fondèrent l’astronomie proprement dite. Avec Copernic commence une nouvelle période, et un siècle est nécessaire pour établir définitivement ses idées : Képler découvre la nature elliptique des orbes planétaires ; Newton synthétise les lois de Képler en une seule, celle de la gravitation universelle. L’auteur expose aussi la répercussion de l’avancement de l’astronomie sur la mesure du temps, la géodésie et la géographie.
- Sous les flots, par A. Agloque. Tours, Marne et fils, 1 vol. in-8°. Prix : atr,5o.
- M. Acloque imagine que son récit forme les Mémoires d’un crabe — et il joint un tableau tout à la fois complet et très vivant de la faune de nos côtes. L’auteur a su à chaque instant s’élever sans effort jusqu’à des questions parfois très compliquées de
- physiologie, et de biplogie, qu’il a toujours rendues claires et instructives-
- L’art appliqué à Vindustrie, par G. Broquelet. T vol. illustré^ 400 p; Garnier, éditeur, Paris 1911.
- Ce volume réunit sous une forme à la fois agréable et condensée des renseignements et des indications pratiques sur une foule d’arts industriels et de travaux d’amateurs; Nous nous bornerons à énumérer rapidement les principaux sujets traités : Bijouterie, ciselure, émaillage ; étain, argent, cuivre repoussé et ciselé; pyrogravure, pyroscülpture; velours frappé ; travail de la corne; découpage du bois, marquetterie," mosaïque. : ; ' - , -
- Mantegna. L’OElivre du maître. Petit in-40, 200 reproductions. Hachette et Cio. Prix : 10 francs.
- Faisant suite aux études sur Albert Durer, Michel-Ange et Raphaël, ce volume nous montre comment entre le Moyen Age et la Renaissance s’accomplit l’évolution par un art vraiment nouveau. Le cbef dé l’Ecolé de Mantoue doit à un mélange d’archâïsmè et de modernisme une puissance d’expression singulière. Le bel album qui vient de*paraître l’à démontré péremptoirement à ceux qui n’ont pas eu la joie d’admirer les chefs-d’œuvre'originaux eux-mêmes. •
- Handbuch derVerglëichenden Physiologie, sous la direction de H. Win'îerstein. Iéna. G.'Fischer. 1911.1 vol. in-8°, 13° livraison. Prix : 5 Mk. „ „ „ . C .
- Suite des fascicules > précédemment signalés, Let suite, en particulier, du chapitre/consacre à la physiologie comparée de la nutrition par W. Biedermaiin. Distributions d’énergie électrique..—^hoi du i5 juin 1906 et règlements annexés. Décisions diverses rendues pair le ministre des Travaux publics, 1 vôl., Béranger, édi- *. teur, Paris, 1911. Prix: 5 francs.
- La nouvelle loi de 1906 a modifié profondément les lois précédentes, en ce qui concerne le régime des
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- BIBLIOGRAPHIE
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- distributions électriques. Aussi a-t-elle exigé nombre de précisions et d’explications données sous forme de règlements d’administration publique, d’arrêtés ministériels, de décisions et de circulaires. C’est le recueil de tous ces textes importants que le libraire Béranger publie aujourd’hui sous une forme claire et pratique. L’ouvrage contient aussi les textes officiels relatifs à l’établissement des lignes télégraphiques d’intérêt privé, ceux émanant du Ministère du Travail relatifs à la réglementation du travail, à l’hygiène et à la sécurité des travailleurs, etc.
- La chimie dans la vie quotidienne, par le Dr Lassar Cohn, professeur à l’université de Kônigsberg (douze conférences traduites de l’allemand par H. Sauvalle). a° édition, revue et augmentée : un fort vol. in-8° écu avec gravures dans le texte. Pierre Roger et Cie, éditeurs, 54, rue Jacob, Paris. Prix broché : 4 francs.
- On a réuni sous ce titre les conférences faites à l’association d’instruction complémentaire de Kônigsberg par le Dr Lassar Colin, chimiste allemand très réputé. C’est un livre qui fait comprendre le rôle prépondérant que la Chimie joue dans notre existence. Les pages consacrées à l’alimentation et à la valeur nutritive des aliments, à la préparation des corps gras et des matières colorantes, à l’utilisation des engrais, à la tannerie, la peinture, la verrerie, la photographie, aux procédés modernes de la métallurgie et enfin aux récentes et merveilleuses découvertes de la chimie organique, sont plus particulièrement à signaler.
- Aéro-Manuel 1911, par Ch. Faroux et Bernard, i vol. in-8°, 604 p- Dunod et Pinat. Paris, 1911. Prix cartonné : 10 francs.
- Répertoire historique, sportif, technique et commercial de l’aéronautique et de son industrie. .
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- OSL,
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 fév. 1911 . 1°,0 S. 2. Peu nuageux. » Gelée blanche; nuageux jusqu’à 17 h., beau ensuite.
- Mardi 21 — 0°,7 S. 2. Peu nuageux. » Gelée blanche ; couronne lunaire à 6 b.; nuageux.
- Mercredi 22 . . . . 6°, 5 S. S. W. 5. Couvert. 0,3 Très nuageux le matin, nuageux le s.; un peu de pluie vers 9 b.
- Jeudi 23 3°,4 S. S. W. 2. Couvert. 1,1 Gelée blanche; très nuageux; pluie et bruine le soir.
- Vendredi 24 ... . 7“,0 W. 5. Très nuageux. 0,0 Nuages ; averse avec un peu de grcle à 11 b. 30.
- Samedi 25 .... 6°,6 S. W. 3. Huie. 3,8 Pluie de 1 h. à 8 h. 30 ; faible pluie de 15 à 17 h.
- Dimanche 26... . 7°,3 S. W. 3. Couvert. 0,1 Un peu de pluie à 7 b. 45; peu nuageux; vent fort.
- FÉVRIER 1911. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 FÉVRIER 1911.
- -«airatinaHranp'HHraMr Mme-flawt. mrntr^mmc mmm , mmbc mm*’ mmz- mm. i
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- osai
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, ia direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule sèche: courbe en pcintUlé thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- jou 19 au 26 février. — Le 19. Centre de dépression sur la Norvège (729); baisse générale sur le continent. Pluies presque générales; en France : Le Havre, Char-leville, 6; Dunkerque, 5; Brest, 4 ; Nantes, 2; Besançon, 1. Temp. du matin : Uleaborg, —24°; Paris, 8, Alger. x5; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 3°,6). — Le 20. Basses pressions sur le N. et l’E. : Moscou, 734; Stettin, 740; Nice, 756; Irlande, Bretagne, 765. Pluies presque générales ; en France : Besançon, 17; Le Havre, 10; Bordeaux, Nancy, 5; Toulouse, Paris, 2. Temp. du matin : Haparanda, —270; Paris, 1 ; Alger, 12; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris : 4°>7 (normale : 3°,7). — Le 21. Dépressions : Ecosse, 747; Yalentia, 754 ; Arkhangel, 738. Pluies et nuages sur la moitié N. Temp. du matin : Haparanda, — 3i°; Paris, —1; Alger, 12; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 4°>5 (normale : 3°, 9). — Le 22. Islande, 721; Ecosse, 737 ; Pays-Bas, yÜ2. Pluies sur le N.-O.; en France : Nantes, 4; Cherbourg, Charleville, 3; Brest, Limoges, 2; Dunkerque, 1. Temp. du malin : Arkhangel, —200; Paris, 7; Alger, i3; Puy de Dôme, 2 ; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 3°,9). — Le 23. Laponie, 720; îles Feroé, 728. Pluies et neiges sur toute
- l’Europe; en France : Calais, Charleville, Limoges, Toulouse, 2; Belfort, 1. Temp. du matin : Moscou, — io°; Paris, 3 ; Alger, i3 ; Puy de Dôme, — i ; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 3°,9). •— Le 24. Christiansund, 721; Danemark, 731; golfe de Gênes, y 56. Pluies sur presque toute l’Europe; en France : Nancy, 12; Charleville, 4; Nantes, 8; Gap, 7; Toulouse, Limoges, 6; Dunkerque, 5; Paris, 4- Temp. du matin : Bodoe, — io°; Paris, 7; Alger, 14; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris, 8°,4 (normale : 4°-4)- — Le 25. Dépression sur le N.-O. : îles Feroé, 734; Ecosse, 742; Saint-Pétersbourg, 733. Pluies sur l’O. ; en France : Cherbourg. 10; Calais, 5; Nancy, Brest, 4: Paris, Limoges, 3; Biarrilz, 2. Temp. du matin : Haparanda, —25°; Paris, 7; Alger, i5 ; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 90,6 (normale : 4°,*): —Le 26. Christiansund, 735; Stornoway, 737; Utrecht, 750. Neiges et pluies sur le N. et l’O.; en France : Nancy, 16; Clermont-Ferrand, 10; Biarritz, 4; Le Havre, 3; Brest, 2; Paris, x. Temp. du matin : Haparanda, —28°; Paris, 7; Toulouse, 11; Puy de Dôme, —x; moyenne à Paris : 8°,3 (normale : 4°>2)- — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 21, à 3 h. 53 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à PIndustrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La NatlirB » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- Ne 1972 — Il MARS 1911 SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
- L’explosion de New-York et l’acétylène. — Nous avons relaté dans notre n° 1967 du 4 février 19 ti la terrible explosion qui détruisit voici quelques semaines, une gare centrale de New-York, en faisant de graves dégâts et de nombreuses victimes dans le quartier environnant. Nous avions attribué la cause initiale de la catastrophe à la rupture d’une conduite d’acétylène, endommagée par un train électrique déraillé. Des renseignements que nous avons reçus depuis, il résulte que l’acétylène n’est nullement coupable, et qu’il s’agissait en fait d’une conduite de gaz d’huile. Le gaz d’huile est assez analogue au gaz d’éclairage, il est obtenu par la distillation d’huiles lourdes minérales au lieu de houille. Les Compagnies de chemins de fer l’ont einployé beaucoup, soit pour l’éclairage de leurs gares, soit pour l’éclairage des wagons; elles le fabriquent elles-mêmes dans de petites usines spéciales. Nous devons au surplus reconnaître que dans l’état actuel des choses, les chemins de fer n’ont pas à redouter de l’acétylène un accident semblablë à celui de New-York; aucune gare en effet ne fabrique d’acétylène pour l’envoyer par tuyaux, sous la voie à proximité des wagons. L’acétylène employé en matière de chemins de fer l’est toujours sous forme d’acétylène dissous dans l’acétone sous pression et enfermé dans des récipients spéciaux.
- Formes polymères de l’arsenic métallique. —
- Nos lecteurs savent qu’un assez grand nombre d’éléments chimiques sont susceptibles déformer des produits de polymérisation dont les propriétés diffèrent plus ou moins de celles de l’élément primitif ; nous rappellerons à ce sujet l’exemple classique de la transformation de l’oxygène en ozone qui n’est que de l’oxygène polymérisé. L’arsenic est susceptible de présenter ce genre de phénomène. C’est ainsi que MM. Erdmaun et Reppert ont étudié il y a quelque temps plusieurs formes polymères de cet élément : L’arsenic jaune As4 se produit lorsqu’on refroidit brusquement au-dessous de o° les vapeurs d’arsenic; il est rapidement transformé en arsenic métallique par les rayons ultra-violets, moins rapidement par les rayons rouges et n’est pas transformé par les rayons du radium. L’arsenic brun, As8, s’obtient par l’action de l’oxygène sur une solution du polymère précédent dans le sulfure de carbone. On peut encore le préparer en laissant cette solution exposée à la lumière ou même en l’abandonnant à l’obscurité pendant un assez long temps. L’arsenic gris, As2, se forme pendant la préparation de l’arsenic jaune ou par action de la lumière sur l’arsenic jaune solide. Sous l’action de la chaleur, il se transforme à 3o3° en arsenic métallique. Les deux dernières formes d’arsenic ne sont pas conductrices de l’électricité.
- Les ports aéronautiques allemands. — L’Aérophile publie le relevé de hangars à dirigeables dont dispose actuellement l’Allemagne; ils sont a5 dont 22 de yS m.
- de long et plus. Les aérostiers militaires en possèdent 7 ; un huitième est subventionné par l’Etat, ia se trouvent le long du Rhin et du lac de Constance, 1 en Bavière, 9 au Centre y compris Berlin, 3 au Nord et à l’Est. Les plus grandes constructions sont : Düsseldorf (hangar de 148 m. de long, 25 de large); Cologne, Birkendorf (140 m. de long, 28 de large); Mannheim ( 145 m. de long, 28 de large); Metz (i5o m. de long, 40 de large) ; Strasbourg (140 m. de long, 28 de large); Friedrich-shafen (chantiers Zeppelin : 1 hangar de 145 m. sur 28; 1 hangar de 178 m. sur 46 ; 1 hangar de i3o m. sur 28); Gotha (i45 m. sur a5); Bitterfeld (180 m. sur a5) ; Berlin-Biesdorf (i5o m. sur a5); Kœnigsberg (160 m. sur 45).
- 200 kilomètres en aéroplane au-dessus de la Méditerranée. — Le lieutenant Bague .a effectué le 5 mars, sur monoplan Blériot, une émouvante traversée de la Méditerranée; parti d’Antibes, avec l’intention d’atterrir en Corse, l’aviateur se trouva bientôt rejeté par le vent hors de sa route ; il chercha à atteindre la côte italienne ; après 6 heures de Vol, il décida de descendre vers la petite île rocheuse de Gorgona à 3o km de Livourne ; à l’atterrissage l’appareil fut complètement brisé. L’aviateur est sauf; M. Bague détient le record du plus long voyage aérien au-dessus des flots; la distance de Gorgona à Antibes en ligne droite est de 220 kilomètres.
- L’altitude devient un délit. — On sait déjà que l’aviateur américain, M. Charles Hamilton, monté sur un biplan actionné par un moteur de 110 chevaux, a accompli la semaine dernière un exploit intéressant dans le Nord du Mexique, région en proie à la guerre civile. C’était la première fois qu’un aéroplaue jouait un rôle dans une véritable guerre. Après entente avec le général des insurgés qui assiégeaient Ciudad-Juarez, M. Hamilton partait de la ville américaine d’El-Paso, s’élevait à une hauteur de 3oo m., traversait le Rio Grande et se dirigeait vers Ciudad-Juarez, distante de 35 km. 11 ne tardait pas à distinguer les baïonnettes des assiégés qui scintillaient sous le soleil. A mesure qu’il approchait, les détails de la défense (retranchements protégés par des réseaux de ronces métalliques, etc.) lui apparaissaient plus précis, et il notait les emplacements des principaux casernemsnts, dans des cours de couvents et à l’intérieur d’un cirque servant aux combats de taureaux. Il fit deux fois le touh de la ville et rapporta des renseignements, avec la conviction qu’il aurait pu aisément laisser tomber des bombes sur lés agglomérations de soldats. Ceux-ci étaient épouvantés la vue de la machine volante, et aucun ne songeait à tirer dans la direction de l’aviateur, bien que le gouvernement mexicain eût donné l’ordre de tirer sur tout aéroplane qui passerait la frontière. Des sentinelles postées le long du fleuve éprouvèrent une telle frayeur, qu’elles se jetèrent à l’eau en entendant ronfler le mo-
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- INFORMATIONS
- teur. D’autre part, on mande de Saint-Louis (Missouri) qu’un député, M. Warner, qui était l’ami de Ralph Johnstone et d’Arch-Hoxsey, les deux aviateurs qui périrent l’automne dernier après avoir conquis successivement le record de l’altitude, a déposé un projet de loi tendant à punir de cinq ans de prison tout aviateur qui s’élèvera à plus de 1000 pieds (3oo m.) d’altitude; il sera poursuivi pour « tentative de suicide. » Tout aviateur participant à un concours devra déposer une caution de ioooo dollars (plus de 5oooo francs) pour garantir qu’il ne violera pas la loi.
- Exposition de petit outillage à Anvers. — La ville d’Anvers organise du i3 mai au i3 juillet 1911 une exposition de petit outillage destinée aux moteurs utilisables pour les petits métiers, aux machines-outils et outils perfectionnés à l’usage de la petite industrie et des artisans.
- Le pétrole dans la marine. — Nous annoncions l’an dernier que l’Amirauté britannique avait décidé de remplacer sur ses navires le chauffage au charbon par le chauffage au pétrole. Les essais poursuivis dans cette voie ont dû donner pleine satisfaction, car l’Amirauté, qui avait commandé l’an dernier 100 000 tonnes de pétrole, a décidé de soumissionner cette année le double de cette quantité, soit 200000 tonnes. Tous les nouveaux navires sout maintenant pourvus de réservoirs à pétrole. Un crédit de 45 000 livres (1 i25ooo fr.) a été inscrit au budget pour la construction de réservoirs à Chatham, où les navires de guerre pourront s’approvisionner. D’autres réservoirs à pétrole seront construits à Ply-mouth et dans les autres ports militaires.
- Moteurs Diesel appliqués à la marine militaire.
- — Les ateliers et chantiers de la Loire qui ont fourni récemment deux moteurs Diesel de 85o chevaux et qui en construisent en ce moment deux autres de la même puissance, ont obtenu la commande d’un nouveau moteur Diesel du type à deux temps devant produire une puissance de 4800 chevaux avec une consommation maximum à pleine marche de 200 gramm par cheval.
- Nouveau chemin de fer transcontinental aux Etats-Unis. — La question des chemins de fer est plus que jamais à l’ordre du jour, en France et ailleurs. Les Etats-Unis ne font pas exception à la règle, depuis que le Congrès Fédéral a voté tout un ensemble de lois hostiles aux grandes compagnies de transport, qui n’auront plus le droit de s’amalgamer entre elles, ni celui de modifier leurs tarifs. Le moment paraît donc mal choisi pour développer le réseau ferré de la vaste république. Mais telle n’est pas l’impression d’une de ces grandes compagnies, la Union Pacific Railway, qui vient de décider que sa ligne transcontinentale sera doublée entre le Missouri et San Francisco, et qu'elle en agira de même avec d’autres sections de son réseau, notamment avec la ligne qui suit la vallée du Columbia pour atteindre Portland (Orégon). Ce sera là une entreprise gigantesque, puisqu'elle entraînera la transformation de 2600 km de voie, et qu’elle se traduira par une dépense de 38o millions de francs.
- Statistique de l’éclairage au gaz et à l’électricité en France. — D'après le Moniteur du gaz et de l'électricité, il y a actuellement en France : io3g communes possédant une usine génératrice d’énergie électrique, ia38 desservies par une usine située hors de la localité, 290 ayant à la fois une distribution d’énergie électrique et une distribution de gaz. D’autre part, on compte 783 communes ayant une usine à gaz et 5ii communes desservies par une usine située hors de la localité.
- Nouvelle expédition antarctique. — Tandis que le capitaine Scott, à bord du Terra-Nova, s’avance vers la conquête du Pôle Sud, une autre expédition antarctique achève ses derniers préparatifs à Sydney. Organisée par des Australiens, et subventionnée grâce à des souscriptions recueillies en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle se propose d’exécuter un programme moins « sensationnel » que celui de l’expédition anglaise, mais qui promet d’être plus fertile en résultats scientifiques. Son chef est M. David, professeur à l’Université de Sydney, qui se propose avant tout d’explorer les 3ooo km de côte qui s’étendent depuis le Gap Nord, à l’Est, jusqu’au point appelé Gaussberg, à l’Ouest. Cette vaste
- étendue de côtes est pratiquement ignorée, puisque nous n’en connaissons que la région de la Terre d’Adélaïde, découverte par Dumont-d’Ürville en 18Î8 183g. Quelque temps après, le commandant Wilkes, du navire américain Vincennes, rapporta qu’il avait suivi de loin, sur une longueur de centaines de kilomètres, la silhouette d’un immense plateau, dans ces mêmes parages. Des expéditions récentes ont confirmé ce fait que la partie du continent antarctique qui fait face à l’Australie et à l’Afrique du Sud, est constituée par un haut plateau qui se termine abruptement par d’énormes falaises hautes de a5oo à 3ooo mètres. Et l’on sait que l’expédition anglaise de 1907-1909 a reconnu, à l’Ouest du Cap Nord, la continuation de ce même plateau sur une longueur de 60 km. Il s’agit, pour l’expédition australienne, de vérifier ecs rapports et de tenter l’escalade de ce haut plateau. Son programme comportera l’étude d’une question d’un autre ordre. Sir Ernest Shackleton avait confié l’arrangement de ses notes et échantillon géologiques à M. Ray Priestley, le géologue bien connu, qui, pour ce travail, s’assura la collaboration de M. le Professeur David. Les deux savants furent fort surpris de constater qu’un fossile, rapporté du glacier de Beard-more, appartenait à une formation rare (archæo-cya-thiræ) découverte tout récemment dans l’extrême sud de l’Australie. Ce fait, ajouté à cet autre que les mêmes fossiles (spongiaires et corallinés) ont été retrouvés en Australie et dans l’Antarctique, vient à l’appui de la théorie qui veut que les deux continents aient été jadis unis.
- La sériciculture en France. — L’article que nous avons publié récemment (n° 1908) sur l’Institut bacolo-gique de Trente nous a valu une intéressante rectification de M. Dadre à Alais. M. Rousset avait constaté dans son article la diminution de la production séri-cicole en France, et il en voyait en partie la raison dans l’oubli des règles scientifiques révélées par Pasteur, pour l’élevage des vers à soie. Selon M. Dadre les sériciculteurs français n’ont nullement négligé ces méthodes, et ils ont appliqué dès le début la sélection microscopique. Il faut donc chercher une autre cause à la décadence indéniable de l’industrie du ver à soie en France. Cette «prise, selon M. Dadre, provient uniquement du renchérissement de la main d’œuvre en France, et du défaut de taxes douanières protectrices sur les cocons et soies étrangers. D’autre part, il paraît à peu près impossible de frapper ces produits de droits d’entrée réellement protecteurs, sous peine de mettre en danger notre industrie des soies, qui consomme actuellement i5 fois plus de soies étrangères que de soies françaises, et ne pourra jamais, quelque prospérité que l'on suppose à la sériciculture nationale, trouver en France toute la matière première nécessaire.
- Le langage d’un chien. •— On pourrait se méfier de l’information suivante, si elle avait un rapport, si distant qu’il fût, avec le monde des impresarii de cirque ou de music-hall; mais tel n’est pas le cas, Bon, le « chien qui parle », ainsi qu’on le désigne déjà en Allemagne, a pour maître un garde-chasse des domaines royaux de Theerhulte, M. Ebers, qui a permis à une Commission de savants, comprenant M. le professeur Pfungst, de l’Institut psychologique de Berlin, et M. le professeur Coffeler, directeur du Jardin zoologique de Hambourg, d’étudier le phénomène. Cette Commission a fait subir au chien, de la race des setters, une série d’épreuves qui ont prouvé qu’il prononce d’une façon très intelligible, et avec une intonation rappelant presque parfaitement la voix humaine, un certain nombre de mots allemands, dont les suivants : hunger (faim), kuchen (gâteaux), laben (besoin), ia et nein (oui et non), roke (tranquille), et son propre nom. Il les prononce soit en réponse à des questions, soit spontanément. Ainsi, il articulera le mot rohe en entendant les chiens du voisinage aboyer trop bruyamment. Dans son rapport, la Commission insiste sur un point; les mots que prononce Bon ne sont ni des grognements ni des aboiements, mais bien des sons nettement articulés. Au cours des épreuves, ce fut d’abord M. Ebers, puis, sa petite fille, qui « engagèrent la conversation » avec le chien. Subséquemment, les investigateurs s’enfermèrent dans une chambre avec lui, et réussirent sans difficulté à lui faire répéter ses exploits linguistiques. Ils prirent ensuite des records phonographiques de sa voix.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *»> Chimie <<*
- Le pouvoir calorifique des combustibles gazeux et sa. mesure. — La mesure du pouvoir calorifique des
- Fig. i. — Calorimètre Junkers,
- combustibles gazeux est une des questions les plus intéressantes dans la technique des gaz industriels. Elle touche aussi le grand public, qui veut et a le droit de connaître la qualité des produits qu’il utilise. Le gaz d’éclairage tient un rôle important dans notre civilisation, rôle qu’il doit aujourd’hui presque exclusivement à son pouvoir calorifique.
- Que faut-il entendre par ce terme ?
- Gomment mesurer cet élément primordial? C’est ce que nous allons préciser.
- Le pouvoir calorifique est la quantité de calories que dégage par sa combustion complète, l’unité de poids ou l’unité de volume d’un combustible. Ainsi, pour la houille, le coke, l’essence de pétrole, etc., on exprime le pouvoir calorifique en nombre de calories dégagées par la combustion de i kilogramme du combustible ; ce pouvoir calorifique varie de 6000 à 8000 calories pour la houille, et pour le coke, de 10 à 11 000 pour l’essencé de pétrole.
- Pour les combustibles gazeux, gaz de houille, gaz à l’eau, gaz de gazogène, on mesure le pouvoir calorifique par mètre cube, c’est ainsi que l’on a 5ooo calories environ pour un mètre cube de gaz de houille, 2700 pour un mètre cube de gaz à l’eau, 1000 à 1400 pour les divers gaz de gazogène.
- On comprend que le pouvoir calorifique constitue le meilleur critérium de la valeur d’un combustible dans ses emplois au chauffage. L’efficacité des divers combustibles est en effet directement proportionnelle à leur pouvoir calorifique.
- Pour les applications à l’éclairage, il est aujourd hui démontré que dans les becs à incandescence, le rendement lumineux du gaz est également fonction directe de son pouvoir calorifique. Or, l’emploi des becs à incandescence est devenu courant, et on peut dire que l'éclairage au moyen des anciens brûleurs à flamme libre est presque complètement abandonné.
- Il en résulte que pour le gaz de houille par exemple, qui est employé aussi bien pour le chauffage que pour l’éclairage, le véritable critérium de sa qualité est son pouvoir calorifique et que, par contre, le pouvoir éclairant à flamme libre tel qu’il est défini depuis 60 ans dans les contrats en vigueur entre villes et sociétés concessionnaires n’intéresse plus à aucun degré le consommateur.
- C’est ce qu’a fait ressortir avec beaucoup d’autorité M. Dausset, dans son rapport au Conseil Municipal de Paris, à l’appui des propositions budgétaires de 1911, disant entre autres excellentes choses :
- « Le gaz étant ainsi devenu, presque exclusivement, « un agent de chauffage, c’est évidemment son pouvoir « calorifique qui importe dans l’appréciation de sa « valeur.... »
- Et plus loin,
- « Cette question (le remplacement de la détermination « du pouvoir éclairant du gaz par la détermination du « pouvoir calorifique) a été résolue partout par l’affir-« mative. Dans les usines municipales d’Allemagne, de « Suisse et d’Angleterre, on n’essaie plus le gaz qu’au « point de vue du pouvoir calorifique, comme nous « avons pu le constater dans les visites que nous avons « faites.... »,
- On a imaginé plusieurs appareils pour la mesure du pouvoir calorifique. Le premier en date s’appliquant aux combustibles gazeux est l’obus Malher, appareil très précis, mais d’une manipulation longue et délicate.
- On a proposé depuis le calorimètre à courant d’eau de Junkers (fig. 1) qui est en réalité un « chauffe-bain » construit de telle façon que le rendement de l’appareil soit approximativement de 100 pour 100. On mesure dans cet appareil l’élévation de température obtenue sur une quantité d’eau connue, par la combustion d’un volume mesuré de gaz. L’appareil a été complété pour un dispositif d’enregistrement automatique.
- Les mesures sont assez faciles et la précision de l’appareil très suffisante pour une détermination industrielle.
- Ces dernières années, M. Féry a proposé un appareil
- très ingénieux basé sur les propriétés des piles thermq-électriques.
- Il se compose essentiellement (fig. 2) d’un thermo-couple T chauffé par les produits de la combustion d’une flamme F et relié par deux fils conducteurs fk un compteur d’électricité C.
- Le thermo-couple est formé de l’ensemble de quinze
- Fig. 2. — Calorimètre Féry,
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- SCIENCE APPLIQUEE
- lames verticales L en nickel et constantan soudées en séries et isolées entre elles par des feuilles d’amiante. Ces lames sont placées à l’intérieur d’un cylindre en laiton A, reposant sur un plateau isolant P supporté par deux pieds. La flamme du gaz essayé brûle en F au milieu de l’espace limité par les lames et entre leurs soudures supérieures et inférieures. Les produits de la combustion s’échappent en S entre les soudures supérieures qu’ils échauffent. Tout l’air nécessaire à la combustion passe entre les soudures inférieures qui restent ainsi à la température ambiante. Les lames verticales sont refroidies par un courant d’air passant à l’intérieur du cylindre A, lequel est percé de trous à sa partie inférieure.
- La température des soudures chaudes ne s’élève pas à plus de aoo° dans-les conditions ordinaires du fonc-, tionnement de l’appareil. Les soudures ne s’altèrent donc pas à l’usage.
- La différence de température entre les soudures chaudes et froides fait naître entre elles une différence de potentiel qui lui est proportionnelle comme on le sait. Les couples thermo-électriques étant différentiels par leur nature même, la différence de potentiel entre leurs soudures n’est pas influencée par les variations de la température extérieure.
- Or, les expériences faites avec le calorimètre Féry ont démontré que la différence de température des soudures était proportionnelle au pouvoir calorifique du gaz employé dans des limites très étendues.
- La différence de potentiel est mesurée directement par un voltmètre de construction appropriée.
- On conçoit que le débit du gaz à essayer étant connu et restant constant grâce à un régulateur, il est possible de graduer directement le voltmètre en calories. Cette graduation une fois faite, on pourra employer l’appareil pour l’étude d’un gaz de houille quelconque et lire sur le voltmètre le pouvoir calorifique.
- On peut aussi employer l’appareil d’une façon continue, le gaz brûlé étant mesuré par un compteur à gaz et les différences de potentiel étant totalisées dans un compteur d’électricité O’Kecenann, étalonné au préalable en calories, on peut par la lecture des deux compteurs obtenir le pouvoir calorifique moyen du gaz pendant la durée de l’expérience qui peut être prolongée aussi longtemps qu’on le désire.
- L’appareil restant continuellement en service, on a ainsi très simplement le pouvoir calorifique moyen du gaz utilisé pendant la journée.
- On trouve dans le commerce ces appareils étalonnés par le Conservatoire des Arts et Métiers.
- Pour éviter les pertes de liquide au cours d’une filtration. — Quand pour filtrer un liquide ou simplement pour le verser d’un récipient dans un autre, on place sur un flacon à col cylindrique étroit, un entonnoir dont la douille est de diamètre extérieur voisin du diamètre intérieur du col, il arrive qu’une partie du
- liquide, à sa sortie de l’entonnoir, reste dans l’espace annulaire par suiie de l’attraction capillaire des parois rapprochées. C’est ce qui se passe quand on place un assez grand entonnoir sur un litre par exemple ou sur les fioles jaugées employées dans les laboratoires de chimie. Dans ces conditions, si les surfaces cylindriques en regard sont régulièrement rapprochées, il y a formation d’un anneau de liquide qui empêche le dégagement d’air. Sous l’influence de l'arrivée de liquide, il se forme alors à l’intérieur du récipient qui s’emplit, une certaine pression ayant pour effet, non seulement de ralentir la rapidité de filtration; mais, ce qui est
- plus grave, de rejeter à l’extérieur le liquide annulaire pour permettre à l’air en excès de se dégager. L’anneau liquide étant ainsi continuellement formé et expulsé, il peut couler sur la paroi extérieure du vase une quantité de liquide parfois notable ; le plus souvent on ne s’aperçoit du fait qu’en voyant la table mouillée ou le liquide couler à terre : s’il s’agit d’une opération de chimie analytique par exemple, tout est le plus souvent à recommencer.
- Il est facile de remédier à cela soit en interposant entre la douille de l’entonnoir et le col du flacon un morceau de bois ou un tortillon de papier, soit en posant l’entonnoir sur l’anneau d’un support spécial (fig’. i). Mais il est un moyen peut-être plus simple et plus élégant que nous employons journellement et qui donne d’excellents résultats. Il consiste à munir la douille de l’entonnoir d’un manchon de caoutchouc (simple fragment de tube à gaz) dont la partie inférieure, formant ou non bourrelet, porte des entailles qui donneront passage à l’air (fig. 2).
- On peut aussi employer de même un bouchon percé dans l’axe et dont l’une des faces est rainurée radiale-ment (fig. 3), mais l’épaisseur d’un tube de caoutchouc est très suffisante. Si, en effet, le manchon pénètre à l’intérieur du col du flacon à emplir, les surfaces annulaires sont suffisamment éloignées pour rendre illusoire toute crainte de perdre le liquide par capillarité. Et alors toute précaution spéciale est inutile.
- Naturellement, il est bien entendu que le caoutchouc doit simplement poser sur le col du récipient, ou, s’il pénètre à l’intérieur, ne pas former bouchon. Il y aurait dans ce cas effet tout à fait opposé à celui que l’on veut obtenir : pression à l’intérieur du flacon et arrêt de la filtratioD.
- Objets utiles
- Le relieur « Terpi ». — Un relieur pratique permettant de relier soi-même d’une façon provisoire ou définitive les publications périodiques, en lui donnant l’élégance d’un livre sortant de chez le relieur, une solidité à toute épreuve, tel est le problème résolu par le «Terpi».
- Le système en. est fort simple et le maniement très facile.
- Comme on peut en juger par la figure ci-dessous, le dos est constitué par une sorte de gouttière métallique et creuse, qui se trouve emboitée dans un cartonnage. Au moyen d’une aiguille ou navette à laquelle est fixée une bobine de fil qui peut se dérouler, on passe le fil dans le dos creux, on le ramène dans le centre de la publication et on fait un nœud coulant très solide.
- Les relieurs sont calculés pour chaque publication pour un certain nombre de numéros et lorsque le semestre ou le trimestre est complété, le volume est parfait. Il peut alors trouver sa place dans n’importe quelle bibliothèque.
- La maison Terquem a fait établir un relieur en toile pleine pour relier un semestre de la Nature et en vente au prix de 3 francs. —
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La vaccination antityphique. — La fièvre typhoïde est une des maladies endémiques les plus meurtrières et qui sévit sur tous les points de notre territoire. Grandes villes de préférence, cités industrielles, casernes, agglomérations ouvrières et aussi petites villes, bourgades et cabanes de paysans, sont le siège d’épidémies. Chaque année, notre population, si difficile à maintenir à son niveau, paie un lourd tribut de huit à neuf mille victimes. Et quelles victimes, l’élite de la jeunesse, les adolescents, les hommes et femmes de 18 à 3o ans. La connaissance de l’origine hydrique de la maladie a fait beaucoup pour la prophylaxie. L’apport d’eau potable pure dans les casernes, les grands centres, a réduit dans des proportions notables le taux de morbidité et partant de mortalité dans la plupart des villes. Mais cela ne suffit pas, d’autant que l’origine hydrique n’ëst pas toujours en cause dans l’étiologie de la maladie, qu’il faut tenir compte du surmenage des sujets, de la contagion et de la diffusion de la maladie parles porteurs de germes.
- Il y aura bientôt un quart de siècle, c’était en effet en 1888, Chantemesse et Widal qui n’élaient alors ni l’un ni l’autre professeurs, avaient fait sur des animaux des expériences d’immunisation par un sérum. Les souris inoculées résistaient à l’infection eberthique, lorsqu’elles avaient été immunisées par le sérum. Quelques années plus tard, fort de ces premiers résultats, Chantemesse pensa pouvoir appliquer dans son service ses essais de laboratoire et justifier par des statistiques, que j’ai notées à ce moment (Voy. La Nature, p. 98, igo3), le bien fondé de ses expériences.
- Les premières recherches dues à la sagacité ingénieuse de Chantemesse et Widal ont été répétées et reprises par de nombreux observateurs, et la question s’est singulièrement élargie depuis cette époque éloignée. Elles ont été le point de départ d’une série de tentatives pour immuniser l’homme contre les maladies infectieuses et contre la fièvre typhoïde en particulier. Depuis une quinzaine d’années, Pfeiffer, Kolle en Allemagne, Wright en Angleterre, pour ne citer que les principaux, recommandent les injections de culture du bacille- typhique et, ces vaccinations sont devenues pratique courante dans un certain nombre de corps des armées anglaise, allemande et américaine. Fort de ces documents déjà nombreux (on ne compte à cette heure pas moins de 100000 vaccinations), M. Chantemesse a demandé à l’Académie de Médecine de se prononcer sur la valeur de cette méthode. Une Commission a longuement étudié les statistiques et les résultats communiqués sur ce sujet et, le savant professeur du Val de Grâce, M. Vincent, a déposé ces jours derniers un rapport des mieux documentés et des plus impartiaux qui conclut en faveur de l’adoption facultative de la vaccination antityphique comme un moyen sûr d’atténuer et de diminuer la morbidité et par suite la mortalité de la fièvre typhoïde.
- Si l’on consulte les statistiques des hôpitaux, et les plus probantes à ce sujet sont celles fournies par le ministère de la Guerre, puisque le contingent hospitalier est à peu près exclusivement fourni par les sujets dont l’âge facilite la contagion typhique, si, dis-je, on consulte ces statistiques, on voit que, en dix années (1900-09), l’armée métropolitaine a compté plus de ai 000 malades et 2800 morts et l’armée d’Algérie et Tunisie, 11000 malades avec 1800 décès, soit en dix ans plus de 4000 morts. Ces chiffres parlent plus haut encore si on les compare à ceux des armées anglaise, allemande ou autrichienne. Voici à cet égard
- deux tableaux forts démonstratifs. Le premier marque
- le taux de morbidité.
- Armée Armée Armée Armée
- française. austro-hongroise. allemande. anglaise.
- igo5 5,1 *»9 0,67 0,60
- 1906 5,i 2,0 0,41 0,60
- 1907 4,3 2,1 o,5o 0,70
- La mortalité pour la même période est de :
- igo5 0,68 0,26 0,08 0,11
- 1906 0,66 0,28 0,06 0,09
- 1907 0,61 0,27 0,06 0,11
- En ne prenant que les chiffres de la dernière année, on constate avec douleur que l'armée française a deux
- fois plus de typhoïdiques que l’armée autrichienne et huit fois plus que l’armée anglaise. Et cependant depuis longtemps, les approvisionnements d’eau potable sont bien surveillés dans les casernes et dans tous les établissements militaires.
- On sait, par une expérience fort ancienne, qu’une première atteinte de fièvre typhoïde préserve d’une façon assez efficace le malade contre une nouvelle atteinte; je dis assez efficace, car on peut de temps en temps relever des infractions à cette règle. Dans l’esprit des partisans des vaccinations, on peut espérer le même résultat en injectant préventivement à un jeune sujet, exposé à contracter la maladie, soit le bacille typhique lui-même, plus ou moins modifié dans sa virulence par des cuL tures appropriées, soit des extraits ou autolysats procédant de ce microbe. C’est ce qu’ont fait Chantemesse, Wright, Pfeiffer et à leur suite un grand nombre de médecins. Je passe sur les détails de préparation de ces vaccins, car ils sont nombreux, chaque auteur ayant une préférence avouée pour sa façon de faire, mais tous procédant d’un point de départ identique.
- Quels sont les effets de l’introduction dans l’économie de ces substances vaccinantes? Généralement, il y a, comme chaque fois qu’on introduit dans l’économie des éléments microbiens ou des extraits bacillaires, une réaction assez vive. On l’observe avec le sérum anticholérique, avec le sérum antidiphtérique, voire même avec le sérum contre les morsures de serpents. Elle est avec le vaccin antityphique assez forte,; il y a de la douleur locale, un peu d’inflammation au point d’inoculation et parfois à distance, de la fièvre avec dépression. Ces phénomènes varient d’intensité suivant les sujets, mais ce n’est pas, comme le dit le Dr Smith qui a essayé sur lui-même ces inoculations, une expérience agréable. Elle l’est d’autant moins, que pour être efficace, il est bon de pratiquer, à quelques jours de distance, une deuxième et même une troisième inoculation. Les phénomènes de réaction varient encore suivant le vaccin employé; le vaccin polyvalent de Vincent semble être un de ceux qui provoquent le moins de symptômes désagréables; il est vraisemblable que la technique de préparation arrivera à se perfectionner et à fournir des liquides de moins en moins dangereux.
- Dans certains cas, cette inoculation détermine, et c’est là un des gros reproches qu’on fait à la méthode pendant une à trois semaines, une diminution de la résistance du sujet à l’égard de l’infection typhoïdique. Il peut en résulter une prédisposition momentanée à cette infection; mais le fait n’a rien d’absolu, et est même contesté par un des auteurs qui ont fait le plus de vaccinations, le Dr Leishman. On doit cependant tenir compte de cet état particulier, possible ou probable, en opérant les vaccinations préventives avant l’époque d’apparition d’une épidémie. Inutile d’ajouter que ces inoculations ne doivent jamais être pratiquées chez des sujets atteints de tare viscérale ou autre, chez les alcooliques, les tuberculeux; on risquerait évidemment des mécomptes et des accidents certains qui ne seraient pas absolument imputables à la méthode.
- Voyons maintenant les résultats fournis par la vaccination antityphique ; je rappellerai une des premières statistiques publiées par M. Chantemesse. Pendant une période de vingt mois, on a relevé dans divers hôpitaux de Paris 1478 entrées de malades atteints de fièvre typhoïde, 286 ont succombé; mortalité 19,3 pour 100.
- Pendant le même temps, Chantemesse reçoit dans son service, au bastion 29, 186 typhiques, tous reçoivent des injections vaccinales, il n’en meurt que 7, soit 3,7 pour 100. L’écart est considérable et le même traitement, injection à part, avait été appliqué aux divers malades.
- Les résultats communiqués par le médecin Wright sur l’armée des Indes en 1900 et igoi montrent une décroissance notable de la morbidité et de la mortalité.
- En 1900 on vaccine 5999 soldats, il n’y a sur ce total que 52 cas de fièvre typhoïde et 8 décès; 54 554 soldats non vaccinés fournissent 731 cas de fièvre typhoïde et donnent 224 décès, proportion quadruple pour 100.
- Mêmes résultats ou à peu près en 1901.
- Pendant la guerre du Transvaal où la dothiénentérie causa de grands ravages, la colonne de lord Methuen, à Modder River donna pour 2335 vaccinés, 26 cas de maladié et, pour 10981 non vaccinés 257 cas.
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- HYGIENE ET SANTE
- Mi.
- En réunissant les résultats des principales statistiques publiées en Angleterre et aux Indes sur la valeur du sérum de Wright, on trouve que :
- 216811 hommes stationnés dans les colonies anglaises et non vaccinés, ont eu 4677 cas de fièvre typhoïde, ai,5 pour 100 et 1018 décès (4,68 pour 100).
- 28710 hommes des mêmes garnisons ayant reçu des vaccinations, une ou plusieurs, ont eu ai5 cas de fièvre typhoïde (7,29 pour 100) et 35 décès (1,20 pour 100).
- La différence est, on le voit, assez marquée pour qu’on ne puisse imputer à une autre cause que le vaccin les résultats si avantageux de la deuxièms série. Aussi la direction du corps médical anglais a-t-elle encouragé dans la plus large mesure les applications de ce procédé de prophylaxie. Dans une note communiquée par le Dr Netter, le colonel Firth, du Royal Army medical
- corps, se déclare de plus en plus satisfait de ces inoculations pour leur armée des Indes. En 1909, le nombre des soldats inoculés était de 33 000 contre 34 200 non inoculés. En 1910 (en 10 mois), le nombre des inoculés atteint 5oooo, et il ne reste qu’environ 17 000 non inoculés. La morbidité et la mortalité sont abaissées dans de fortes proportions chez les vaccinés. Et cette remarque consolante se fait jour dans toutes les statistiques, d’où qu’elles émanent : France, Allemagne, Etats-Unis.
- La démonstration semble faite et la Commission me paraît avoir conclu très sagement, en disant que la vaccination est à la fois utile et sans danger et qu’il y a lieu d’en recommander l’emploi facultatif comme un moyen rationnel et pratique de diminuer, dans des proportions sensibles, la fréquence et la gravité de la fièvre typhoïde en France et dans nos colonies. Dr A. Cart.vz.
- JÈD
- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- ossT
- Pour limer, roder ou perforer le verre à l’aide d’outils en acier ou de meules en abrasifs divers, on humecte généralement l’objet à travailler soit d’huile de vaseline, soit d’une dissolution de camphre dans l’essence de térébenthine. Ce dernier liquide possède une odeur désagréable, tandis que l’autre a l’inconvénient de graisser le verre, l’outil et les mains de l’opérateur. C’est pourquoi M. Denijès, le distingué professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, préfère leur substituer une solution de 10 gr. de camphre et 3o gr. d’huile d’amandes douces ou d’olive dans 100 c. c. de benzine cristallisable. La mixture est inaltérable et permet de limer le verre aussi facilement que du fer. Il suffit de laver finalement à la benzine pour enlever toutes traces de matières étrangères. (Bulletin de la Société de pharmacie de Bordeaux).
- La neige des paysages-miniatures de presse-papier. — Tout le monde connaît ces petits presse-papier formés d’une boule de verre du milieu de laquelle une petite silhouette figure un paysage d’hiver. Il suffit de remuer le tout pour provoquer la mise en suspension de flocons blancs imitant la neige qui se déposent ensuite peu à peu. Ces boules sont creuses et remplies d’eau. Quant à la pseudo-neige, elle est d’ordinaire composée tout simplement de râclure, ou mieux de tournure d’ivoire. On peut substituer à cette matière, qu’il n’est pas toujours facile de se procurer, des paillettes d’acide borique mises dans de l’eau saturée de sucre pour élever la densité et permettre aux flocons de mieux rester en suspension. Toutefois, la neige ainsi obtenue est plus cristalline, plus translucide, moins blanche et moins naturelle que celle à base d’ivoire.
- BOITE AUX LETTRES
- ont
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux'demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de îa correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Les métaux précieux en 1910. N° 1971. Informations, p. 106, col. 2, ligne 74, au lieu de pain, lire pair.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Comparateur Roost (ne 1970), s’adresser à M. Roost, directeur technique de l’u9ine d’horlogerie de Billodes, Le Locle (Suisse).
- Renseignements. — M. CiriloOnagosty, Buenos-Ayres — Votre lettre a été transmise à M. Pitre, 19, rue des Entrepreneurs, Paris.
- M. L. Bertrand, à Saint-Jean-de-Losne. — Tous nos remerciements.
- M. Ramon~Puig-Font, Barcelone. — Les ondes hertziennes peuvent dans certaines conditions provoquer des courants électriques à travers des corps conducteurs : les courants peuvent produire des actions chimiques qui résultent des propriétés générales des courants électriques, actions du reste très faibles dans 1-état actuel de l’industrie des ondes hertziennes. Nous ne connaissons pas d’expériences spéciales sur cè sujet.
- M,E. N., à Reims. — i° Le procédé de conservation des œufs par le froid, décrit dans le numéro du a5 février, est déjà exploité industriellement, et notamment en Belgique. Vous aurez toüs renseignements désirables en vous adressant à l’auteur du procédé, M. Fernand Lescardé. ingénieur civil, 5i, boulevard de La Chapelle, Paris, qui a, du reste, à son laboratoire, 4, rue du Delta, à Paris, une installation pour l’application dudit procédé; 20 Pour les autres procédés frigorifiques, se renseigner au Secrétariat général de l’Association française du froid, n, rue Denis-Poisson, Paris, et pour les divers modes de conservation, voir à
- la Boîte aux Lettres du n° 1903, du 7 janvier 1911. Comme spécialités, il y a le conserve-œufs, Masson, Elevage Saint-Lazare, La Ferté-Milon (Aisne) ; Yovisolat, i, boulevard Gambetta, Grenoble ; le combinus Barrai, 11, rue Lecuirot, Paris,
- M. O. B., à Bressuire. — Nous ne connaissons pas de machine-outil pouvant exécuter le travail dont vous parlez; mais vous pourriez rechercher dans les Vosges, où l’industrie sabotière est assez répandue, et qui constitue une industrie rurale. Voici l’adresse d’une personne susceptible de vous renseigner : M. Adam, professeur d’agriculture, à Epinal. Voir aussi les maisons construisant les machines-outils et les machines à travailler le bois : Dard et fils, 34, rue de Pérignon, Paris; Baras, 206, avenue Daumesnil, Paris; Société des anciens établissements Panhard-Levassor, 19, avenue d’Ivry, Paris; Guilliet et Cio, à Auxerre (Yonne); Daniel et C‘e, à Louvroil (Nord). .
- M. A. Campioni, Milana. —- Pour faire traverser par un fil de platine soudé, la paroi d’un tube de verre, on porte ce dernier au rouge avec le dard de la flamme. On touche alors avec l’extrémité d’un fil de platine : le verre adhère, on tire et la paroi s’effiloche encore (opérer très vite pendant que le verre reste bien chaud). On brisé la pointe du cône, on y introduit le fil de platine et on chauffe le tout à la lampe d’émailleur jusqu’à fusion du verre qui se ramasse autour du fil.
- ' Pour ces genres de manipulations, vous pouvez consulter le traité de H. Ebert « Guide pour le soufflage du verre » (Gauthier-Villars, éditeur).
- M. A. Picard, Boom. — Celluloïd en feuilles : Compagnie Française du celluloïd, n, rue Bailly, Paris; C. Hecht, 5, passage Violet, Paris; Société industrielle de celluloïd, Oyonnax (Ain).
- M. Atenao, à Barcelone. — Les piles les meilleures pour sonneries domestiques sont les piles Leclanché, i58, rue Cardinet, Paris.
- fnquisitor. — Adressez-vous à M. Proszinski, à la Société de physique, 44, rue de Rennes, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. R. Minaret, Dordogne. — i° Voici les ouvrages que vous pourriez consulter Flore de France, par A. Aclo-que, i2fr,5o; Flores régionales de la France, par le même auteur, jtr,5o ; Le monde des plantes, par P. Constantin, 24 fr. Librairie Levasseur et Cia, 33, rue de Fleurus, Paris. — 20 Pour dégraisser votre lime, il suffit de la laver dans une solution préparée avec des cristaux de soude ou de potasse; l’enduire d’un corps gras, vaseline ou paraffine, pour l’empêcher de rouiller.
- — 3° Le rougissement du son de frêne, sous l’influence de l’air, est dû à une oxydase qui se produit dans le latex, et sans doute aussi au tanin que contient ce bois.
- — 4° En terrain sec, argilo-siliceux, assez riche en humus et à sous-sol granitique, il faudrait savoir s’il s’agit du choix de cépages français ou de cépages américains porte-greffes. Dans le premier cas, il conviendrait de donner la préférence aux cépages locaux : grappe de la Dordogne, Côt, Sémillon, Sauvignon, Ver-det, Cabernet, Muscadelle. Comme cépages américains, les Riparias à gros bois et à larges feuilles et les Rupestris sélectionnés, non buissonuants. Pour l’adaptation certaine, consultez le professeur, titulaire de la chaire départementale d’agriculture, à Périgueux.
- M. Godchau, à Paris. — En 1902, le sous-marin Triton, est accidentellement descendu à une profondeur de 45 mètres au large de Cherbourg. Il en est revenu sans que sa coque ait faibli sous l’énorme pression que l’eau exerce à cette profondeur. C’est, croyons-nous, la plongée la plus profonde qui ait été exécutée.
- M. G. B., rue des Messageries, à Paris. — i° Il n’existe pas d’ouvrage traitant spécialement du triage des semences, mais vous trouverez des indications sur la technique et la pratique de cette opération dans les ouvrages consacrés au génie rural (matériel et machines agricoles) notamment dans les ouvrages suivants : Machines agricoles, par Gaston Coupan, 5 fr. ; Le matériel agricole, par G. Buchard, 4 fr., librairie Levasseur et C‘e, 33, rue de Fleurus, Paris; Génie rural. Constructions rurales et machines agricoles, par J. Phiibert, 10 fr. ; Travaux, instruments et machines agricoles, par Hervé-Mangon, 45 fr. Librairie Dunod et Pinat, 47, quai des Grands-Augustins, Paris. — 20 La récolte et le battage des céréales se faisant séparément pour chaque espèce (blé, seigle, orge, avoine), on ne s’explique pas le cas ou ces diverses sortes de semences peuvent se trouver mélangées, si ce n’est qu’accidentellement et pour des quantités restreintes; partant, il n’existe pas de machine pouvant en effectuer le triage, qui ne peut s’appliquer qu’à des grains de forme et de grosseur différentes. On pourrait, à cet égard, consulter M. Ringelmann, directeur de la Station d’essais de machines, 47, rue Jenner, Paris.
- Accumulateurs Edison. — De nombreux lecteurs nous demandent où l’on peut se procurer les nouveaux accumulateurs Edison. La société qui les construit la Edison Storage Battery, à Orange — N. J. (Etats-Unis), nous écrit que la vente de ces accumulateurs n’est pas encore organisée en France.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’industrie des pseudo-tissus artificiels •: A. Chaplet. — La nouvelle étoile du Lézard; Un cataclysme stellaire : Em. Touchet.
- — La peste en Extrême-Orient : Dr R. 'Burnier. — Le gyroscope et l’aéroplane : A. Troller. — Le pétrole dans les chaudières marines : Sauvàihe Jourdan. — Académie des sciences ; séance du 27 février 1911 : Ch. de Vtlledeuil.
- Supplément. — Sur une étoile rouge. — Machine frigorifique du Dr Repin. — Une donation de 7 millions à la science française.
- — L’aéronautique dans la marine anglaise. Un curieux phénomène d’adhésivité. —- Curieuse tentative architecturale. — La vaccination antiseptique, — Teintures « végétales »» pour cheveux.
- Suède et Norvège, manuel du voyageur, par Karl Bæde-ker, Leipzig et Paris (Ollendorff), 1911. Prix; iafr,5o.
- Cette -4e édit, de l’excellent guide renferme 44 cartes, 26 plans, un manuel de conversation et deux excursions en Islande et au Spitzberg.
- Traité d’hygiène (de Brouardel et Mosny). Fasc. XII, Hygiène générale des villes, par Macé. Imbeaux, Bluzet, Adam. Paris, Baillière, 1910, 700 p. Prix: 12 francs.
- Etude, mesures, législation, surveillance de la salubrité générale, de l’assainissement des établissements classés, etc.
- Fascic. XVII, Etiologie et prophylaxie des maladies transmissibles par la peau, par Achalme, Sergent, Marchoux, Simond, Levaditi, Thôinot, Ribierre, Morax, Jeanselme, Mouchotte, id. 1911, 720 p. et 199 fig. Prix : 16 francs.
- Etude des microbes et des affections suivantes : charbon, morve, rage, fièvre aphteuse, maladies de peau, du sommeil, filario.se, paludisme, fièvre jaune, peste, typhus, ophtalmie, maladies vénériennes.
- Histoire de France Larousse, 2 vol. in-40, 2028 grav. et 148 cartes et pl. T. I : des origines à. i6ro; t. II : de 1610 à 1871. Paris, Larousse, édit 1910 et 19x1. Prix : 27 francs chaque volume broché (53 francs les deux).
- Cette belle publication met les choses elles-mêmes sous les yeux du lecteur, dans un ouvrage de dimensions moyennes, au moyen d’une illustration excellente, et d’un texte précis et sérieusement documenté. Au courant des travaux les plus récents et absolument impartial, c’est l’exposé concis mais sans lacune de tout ce qu’il faut savoir de notre vie nationale. On a fait une place considérable à l’histoire même de la
- civilisation, à la formation des institutions politiques et administratives, aux conditions des diverses classes de la société, au développement économique, au mouvement artistique, littéraire, scientifique et philosophique. Des bibliographies soigneuses permettent une étude plus approfondie. L’illustration photographique montre les monnaies, médailles, portraits authentiques, meubles, monuments et paysages où se sont déroulés les événements, etc.; les tableaux des peintres célèbres ont fourni parfois un suggestif puissant. Dans les 43 planches en couleurs, F. Hoffbauer, l’aüteur de Paris à travers les âges, a reconstitué les Français des différentes époques avec l’histoire du costume et de l’armure. C’est un beau livre, instructif pour les familles, utile au travailleur et commode pour l’écrivain.
- Recherches sur l’exhalaison volcanique, par Albert Brun, in-4°, 277 p., 87 fig. et 34 pl. Genève, Kundig et Paris, Hermann, 1911. Prix : 3o francs.
- L’auteur de ce monumental travail et de ce luxueux volume a consacré dix années à étudier les différents problèmes de la vulcanologie pour lesquels il s’est documenté sur place. Il explique, dans sa préface, que son livre « n’est pas un exposé descriptif, mais un recueil de données numériques et d’observations précises, concernant les phénomènes physiques et chimiqueé qui se passent dans la couche de terrain du volcan la plus rapprochée de la surface terrestre, couche du reste assez mince ». Son but a été de pousser aussi loin que possible la connaissance de l’exhalaison volcanique, des grandioses panaches blancs qui sortent du cratère, de l’explosif gazeux, des fumerolles, plus particulièrement du rôle réel de l’eau. Ses conclusions diffèrent profondément de celles admises par la plupart des géologues de nos jours. s-
- Le livre comporte les divisions suivantes : Définitions, Les propriétés volcaniques des magmas, Les gaz, leur genèse et leurs réactions, L’eau, Evolution générale de l’exhalaison volcanique. C’est en particulier dans l’Etude du rôle de l’Eau que l’auteur sort complètement des idées reçues. Pour lui « la théorie aqueuse est fausse ». Et il s’appuie sur ses expériences personnelles au Vésuve, au Semeroe, au Krakatau, au cratère même du Kilauea, etc. Toute controverse mise à part, ce livre constitue un document géologique de grand intérêt. La conclusion est que « chaque éruption représenté une perte actuelle
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- BIBLIOGRAPHIE
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- « et future d’oxygène pour notre atmosphère, d’eau « pour notre atmosphère et une augmentation de « pluie pour les mers ». L’exécution des planches en phototypie est magnifique.
- Les Chemins de fer français à VExposition de Bruxelles 1910. Un album in-40 carré (28 X 22) de 64 pages avec 74 illustrations ou planches. Prix : 2 francs. — Publications Lucien Anfry, 164, rue de la Convention, Paris (XY‘J.
- Les Compagnies de chemins de fer français avaient groupé, dans la classe 32 de l’Exposition de Bruxelles,
- leurs machines les plus puissantes, les plus perfectionnées et leur matériel le plus confortable. Il y avait là pour ceux que la question intéresse un ensemble unique qui constituait tout un enseignement. L’ouvrage Les Chemins de fer français à l’Exposition de Bruxelles 1910, luxueuse brochure, illustrée de nombreuses reproductions photographiques et de planches, décrit locomotives, lenders, voitures à voyageurs, wagons, présentés tant par les Compagnies que par les constructeurs de matériel roulant. Les descriptions claires et précises sont complétées par des tableaux de caractéristiques, des dessins et des photographies.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude îom
- 3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 Jfév. 1911 . 1°,4 S. 1. Très nuageux. 0,0 Couvert; gelée blanche; halo; brume le m.; gouttes à 13 h. 50.
- Mardi 28 9°,2 . S. S. W. 4. Couvert. 0,1 Couvert ; bruine de 9 h. à 11 h.
- Mercredi 1" mars 6°,8 W. N. W. 4. Nuageux. 2,8 Nuageux; pluie de Oh. à 0 h. 30; gelée blanche.
- Jeudi 2...... . . 3° ,4 S. S. W 2. Couvert. 0,0 Couvert; gelée blanche; gouttes à 9 h. 40.
- Vendredi 3 10°,0 W. N. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert; bruine avant 7 li.; forte brume le matin.
- Samedi 4. . . . . . 7°,2 W. 2. Très nuageux. 0,0 Couvert ; bruine à 7 h. 40 et de 8 h. 45 à 9 h.
- Dimanche S 5°,2 N. 3. Couvert. 0,4 Pluie de 4 il. 50 à 5 h. 50; nuageux; halo à 17 h. 30. .
- FÉVRIER-MARS 1911. — SEMAINE DU LUNDI 27 FÉVRIER AU DIMANCHE 5 MARS 1911.
- Lundi Mard' Mercredi 1 Jeudi | Vendredi I Samedi Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 28 février au 6 mars. — Le 28. Dépression sur le N., les Iles-Britanniques, l’Islande : Seydisfjord, 71g; Féroé, 725; Pays-Bas, 753, pression voisine de 765 sur l’Eiirope centrale et le N. de l’Afrique. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Dunkerque, 9; Charleville, 4> Nantes, 2; Lyon, Toulouse, 1. Temp. du matin : Arkhan-gel, —290; Paris, 9; Alger, 16; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : io° (normale : 4°>4)- — Le ï*r. mars. Déplacement vers l’E. et l’Europe centrale de la dépression du N. : Norvège, 734 ; hausse sur l’O. : Espagne, 772 ; golfe de Gascogne, 770. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Cherbourg, 19; Charleville, 8; Besançon, 6; Brest, 4î Paris, 3; Nantes, Biarritz, 1. Temp. du matin : Moscou, —200; Paris, 7; Alger, 17; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : it° (normale : 4°>5)- — Le 2. Pression élevée sur tout le S.-O. : golfe de Gascogne, 774; dépression sur la Norvège, 732. Pluies sur le Centre et l’O. Temp. du matin : Arkhangel, — 120; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : 7°,! (normale : 4°>6). — Le 3. Pression très élevée sur le S.-O. : golfe de Gascogne, 780; dépression sur le N.-E. et sur l’Islande : Seydisfjord, 729. Pluies et neiges sur le Centre et l’O.; en France : Nancy, 10; Besançon, 8; Le Havre, 5; Lyon, 1. Temp. du matin :
- Uleaborg, —70; Paris, 10; Alger, 12; Puy.de Dôme, o; moyenne à Paris : xo°,7 (normale : 4°.7)- — Le 4. Centre de dépression sur la Scandinavie : Bodoe, 742, pression en baisse sur l’O., voisine de 770 sur la France. Neiges et pluies sur la majeure partie de l’Europe; en France : Besançon, 12; Nancy, 120; Charleville, Le Havre, Brest, Nantes, 1, Temp. du matin : Haparanda, —8° ; Paris, 7 ; Alger, i3; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 8° (normale : 4°»8). — Le 5. Dépression sur le N. et le Centre : Stockholm, 748; baisse sur les Iles-Britanniques (769). Pluies sur l’O. et le N.; en France : Dunkerque, 5; Cherbourg, 3; Brest, Biarritz, 2 ; Besançon, Charleville, 1. Temp. du matin : Hernosand, —-8°; Paris, 5; Alger, 16; Pùy de Dôme, —3; moyenné à Paris : 6°,4 (normale : 4°>8). —Le 6. Pression basse sur presque toute l’Europe, supérieure à 760 sur la France et la péninsule Ibérique : la Corogne, 769; Saint-Pétersbourg, 748; Ecosse et golfe de Gênes, j5j. Pluies sur l’O. ; neiges sur le N. ; en France : Puy de Dôme, 3; Ouessant, 2 ; Nantes, Rochefort ; Biarritz, 1. Temp. du matin : Haparanda, —70; Paris, —o°,4; Alger, 12; moyenne à Paris : 4°,2 (normale : 4°>9)- — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le Ier mars, ào h. 40 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à PIndustrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /jo, Boulevard Saint-Germain, Taris (Y1e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N* 1973 — 18 MARS 1911
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- La télégraphie sans fil et la détermination des longitudes. — La détermination de la longitude d’un point nécessite la connaissance de la différence des heures, à un instant donné, entre le point considéré et le méridien origine. Comme la transmission des signaux de télégraphie sans fil s’effectue, pour ainsi dire, d’une façon instantanée, on a pensé, dès l’origine, à employer ce nouveau mode de communication pour transmettre en un point quelconque, à tel moment choisi, l’heure du méridien origine : c’est une application à des transmissions qui seraient inabordables pour la télégraphie ordinaire, et la nouvelle méthode permettra même de communiquer avec des régions inaccessibles au télégraphe ordinaire, notamment en Afrique.
- Une organisation complète a été réalisée dans ce but, depuis quelques" mois, à la station de radiotélégraphie militaire de la Tour Eiffel, et chacun sait la part essentielle qui revient au commandant Ferrié dans une organisation aussi délicate.
- La station permet de procéder à deux sortes de déterminations de longitudes : d’abord, à des déterminations exactes et précises des différences de longitudes, entre des observations par exemple, et nous n’insisterons pas sur ce point qui nous entraînerait au développement de questions trop techniques; ensuite, à des signaux que les marins peuvent utiliser pour déterminer leur longitude en mer, assurer la marche de leurs chronomètres et préciser leur route.
- A cet effet, les astronomes de l’Observatoire corrigent de leur mieux une pendule qui, automatiquement, par l’intermédiaire d’un relai, déclanche les signaux de la Tour Eiffel : on est arrivé, non sans difficultés de réalisation, à envoyer de la sorte des signaux hertziens uniques, brefs, et qui peuvent être perçus avec un récepteur quelconque. La pendule de l’Observatoire envoie ces signaux tous les jours à iihom, iiham, nh4m le matin (sauf le dimanche) et toutes les nuits à minuit om, minuit am et minuit 4m-
- Quelle précision peut-on attendre de ces signaux?
- Le commandant Ferrié, à qui l’on doit cette organisation remarquable par tous les détails qu’il s’agissait de mettre au point, en a décrit le mécanisme et les applications dans deux conférences, devant la Société de physique et devant la Société astronomique. Il attribue à deux de ses collaborateurs l’application des coïncidences auditives pour les comparaisons de chronomètres,: c’est là une petite erreur sur laquelle il n’y a pas lieu d’insister, car la méthode des coïncidences — revenant au vernier — a été appliquée de tout temps aux chronomètres. Donc, lapsus. Mais, fait plus grave, nous entendons dire que, dans les déterminations de précision, la longitude peut être obtenue au i/(oo% et même au i/aooc de seconde ! à 2™ 5o près dans nos latitudes!
- Il y aurait grand danger, à nos yeux, à illusionner le
- public sur la précision des procédés scientifiques. Or, la coïncidence de deux traits, de deux battements, ne peut dépasser la précision même de la division à comparer : et puisqu’il est illusoire de régler chaque chronomètre à plus de i/io® de seconde près, la comparaison de deux chronomètres ne donnera jamais une division du temps plus précise que i/ioede seconde. Nous allons voir dans quelle mesure on peut garantir ce dixième.
- Pour l’envoi de l’heure aux marins, on annonce qu’il est fait à i/'io* de seconde près. Or, de quoi les marins ont-ils besoin? Ils n’utilisent leurs chronomètres que pour des observations avec d’autres instruments, le sextant par exemple, dont la précision correspond à 8 secondes de leur chronomètre ; mettons que les calculs auxiliaires, ou certaines circonstances défavorables, les engagent à doubler la précision sur l’heure ; il en résulte qu’ils auront besoin de l’heure à 4 secondes près. Une plus grande précision, en mer, ne pourra leur être d’aucune utilité.
- Et puis, qui donc va envoyer cette heure exacte à i/ioe de seconde près? La Tour Eiffel : donc la pendule de l’Observatoire. Gomment se règle cette pendule? Sur le ciel. Car il n’y a qu’une pendule parfaite : le ciel. Encore cette pendule n'a aucun mérite puisqu’elle est choisie parfaite par définition. Et si le ciel reste caché? La pendule de l’Observatoire pourra s’écarter de la perfec-tiou de quelques dixièmes de seconde, de une seconde même, de une seconde et demie avec de la malechance et de fortes perturbations atmosphériques; comment, dans ces conditions, garantir i/ioe de seconde?
- Une sécurité illusoire est beaucoup plus grave qu’une imperfection reconnue. Dans les mesures de haute précision, on peut chercher à garantir i/to6 de seconde; pour les marins, on leur envoie l’heure à i seconde environ. Tous ceux qui ont réfléchi à l’histoire de la mesure du temps, aux merveilles de mécanique qu’il a fallu créer pour vaincre les difficultés successives, reconnaîtront que ce résultat est assez beau par lui-même : il n’est pas besoin d’exagération. J. Mascabt.
- Le chemin de fer des Causses. — Sur les instances de M. Monestier, député de Florac et. de M. Bàlitrand, député de Millau, le minisire des Travaux Publics a récemment décidé d’entreprendre l’étude d’une voie ferrée entre Aguessac (réseau du Midi), Peyreleau et Meyrueis, au pied de l’Aigoual. Une pareille ligne est, en effet, devenue indispensable pour l’exploitation agricole, forestière et minière des Causses et dés Cévennes, et surtout pour le développement du tourisme : elle accédera directement aux curiosités des magnifiques canons du Tarn, de la Jonte, des giuttes de Dargilan, Bramabiau, etc.
- Le prix Michelin. De Paris au Puy-de-Dôme en aéroplane. — Le prix Michelin a été gagné le mardi 7 mars par M. Rénaux accompagné de M. Senouque
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- INFORMATIONS
- comme passager, sur biplan Maurice Farman. Ce prix de iooooo francs institué voici 3 ans, au lendemain des premiers vols en circuit de II. Farman devait être remis au premier aviateur qui, accompagné d’un passager, effectuerait en 6 heures au maximum le parcours du parc de F Aéro-Club de Saint-Cloud au sommet du Puy de Dôme (1463 m.) avec obligation de doubler la cathédrale de Clermont-Ferrand. La distance à vol d’oiseau est de 38o km., M. Rénaux la franchit en 5 h. io m. 40 s. Cet exploit est d’autant plus remarquable que, outre toutes les difficultés inhérentes au voyage lui-même, l’atterrissage au sommet du Puy, sur une plate-forme étroite et rocailleuse, apparaissait des plus périlleux. M. Rénaux, l’heureux vainqueur de la redoutable épreuve, ne s’était révélé jusqu’ici par aucun haut fait aérien: Son succès n’est cependant nullement
- L’appareil Mauriee Farman, sur lequel Rénaux a gagné le prix Michelin.
- un effet du hasard, le courageux aviateur s’était entraîné depuis plusieurs semaines, avec beaucoup de patience et de méthode : il avait même organisé à l’aérodrome
- L’arrivée de Rénaux en vue du Puy de Dôme.
- de Bue un a Puy de Dôme artificiel », terrain d’atterrissage simulant les conditions de celui du Puy et où il s’exerçait à prendre ses atterrissages.
- Voici quelques détails sur le voyage : départ de Saint-Cloud à 9 h. nm. du matin, arrivée à Nevers (225 km.) à n h. 5o m. Escale en cette ville, départ à midi 17 m., atterrissage à 3 h. a3 m. Le biplan Maurice Farman de M. Rénaux était muni d’un moteur Renault
- Câbles électriques souterrains à haute tension.
- — On sait que certaines lignes aériennes de transport de force véhiculent du courant électrique sous des tensions formidables dépassant parfois 100 000 volts, tensions qui permettent d’envoyer le courant à de très grandes distances. Mais ce n’est pas sans des dangers que l’on imagine aisément; le passage de pareilles lignes à proximité d’endroits fréquentés, voire dans des villes, donné à frémir. Il serait certainement avantageux, dans bien des cas pour la sécurité publique, de pouvoir remplacer les câbles aériens par des câbles souterrains. Ceux-ci sont demeurés longtemps en retard sur les premiers : ils sont, en effet, de construction beaucoup plus compliquée, et exigent l'intervention d’isolants appropriés. On en est resté longtemps pour
- les canalisations souterraines à des chiffres voisins de ro 000 volts. Mais aujourd’hui, on peut noter des progrès très rapides ; il existe de nombreux câbles souterrains à 20 000 volts et même 3o 000. Les électriciens affirment que l’on peut aller beaucoup plus loin et avec certains câbles atteindre sans danger les tensions de 60000 et 100000 volts. Dans des essais récemment faits en Allemagne et en France, on a soumis des câbles à des épreuves de 220000 volts et ils se sont bien comportés. L’emploi de portions de canalisations souterraines pour les lignes de transport de force à grande distance devient donc certainement possible. La prochaine Exposition de Turin nous permettra d’assister à cet égard à une réalisation fort audacieuse due à l’initiative française : la Société industrielle des téléphones, et MM. Vedovelli et Priestley établiront dë concert une ligne de transport de force à 100 000 volts, mi-aérienne, mi-souterraine.
- Composition de deux momies égyptiennes. — Un
- certain nombre de momies provenant de l’ancienne Egypte ont été retrouvées plus ou moins intactes, et certaines figurent même au Musée du Louvre, dans la section des antiquités égyptiennes. M.P. Haas a examiné assez récemment deux échantillons de ces momies au point de vue de leurs constituants minéraux. Ces momies dataient de la XIIe dynastie ; l’une contenait des restes se présentant sous forme d’une poudre brunâtre renfermant des fibres musculaires et de la peau, et l’autre, humide et brune, contenait des fragments de cuir chevelu. L’analyse ,a montré que, tandis que l’emploi de sels de sodium, chlorure ou carbonate, était commüh dans les embaumements, la première momie n’en renferme pas, tandis que la seconde avait été au contraire traitée au natron ou carbonate de soude naturel. La présence d’alumine qu’on a constatée dans ces restés tendrait à indiquer que des sels d’aluminium ont été employés dans certains procédés de conservation dès momies.
- L’étude des infiniment petits. — Le Muséum d’histoire naturelle de New-York a entrepris d’organiser une collection de bactéries qui sera rendue aussi complète que possible par des acquisitions successives. Elle sera organisée, bien que sur une plus grande échelle, sur le modèle de celle qu’a réunie le bactériologiste autrichien bien connu, le professeur lirai, qüi, dans son laboratoire de Prague, possède, dit-on, la plus riche collection de germes vivants. Ce nouveau département du muséum new-yorkais, qui dispose, comme on sait, de ressources financières importantes, sera richement doté, et pourra constituer un corps de germ-hunters qui entreprendront méthodiquement dans les pays les plus reculés la recherche de microbes d’espèces inconnues. Deux bactériologistes expérimentés dirigeront l’établissement et entreprendront sur une grande échelle la culture des germes, non seulement pour en étudier les mœurs, mais pour en tenir des spécimens à la disposition de tous les savants qui s’occupent de bactériologie. La collection, que le public américain appelle déjà le microbe zoo (jardin zoologique de microbes), sera divisée en six classes, correspondant aux six grandes divisions des bactéries : coccus, staphylococcus, streptococcus. bacillus, vibrio, ferments.
- Statistique des bœufs et chevaux en France. —
- Une récente communication de M. Marcel Vacher à la Société Nationale d’agriculture fournit les renseignements suivants sur l’élevage en France. Le nombre des chevaux est passé de 3 2i5 65o têtes en 1908 à 3 236 i3o en 1909 malgré la crise de diminution prévue en raison du développement des automobiles. Il est vrai que cette diminution est sensible à Paris (17 pour 100, soit 91 261 chevaux en 1909 et 76 463 en 1910, la Compagnie des omnibus à elle seule étant passée de i5 8a3 chevaux en 1909 à 9449 en 1910). Il y a diminution aussi sur les chevaux de selle. L’augmentation porte en réalité sur le cheval de trait, pour le commerce, l’industrie et l’agriculture, et sur les départements des Ardennes, du Nord et dii Centre, de Bretagne, Perche, Bourbonnais. Pour l’espèce bovine, elle passe de 12 996 954 têtes en 1882, à 13 708997 têtes en 1892, et à 14 520 832 têtes en 1900 et à 14 297 570 en 1909. Au contraire, l'espèce ovine diminue. Pour l’espèce porcine, en 1909, elle se chiffrait à 7 3o5 85o têtes. Elle varie suivant les prix et les besoins du marché.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Jouets scientifiques
- Aéroplanes en miniature. — M:'-Massiot. vient d'établir, sùr les plans de AÏ. l’ingénieur Marcel Martin, un •certain nombre de minuscules moteurs, réduction de quelques types connus qu’on rencontre sur les aérodromes. Ces moteurs* malgré leur petite taille, fonctionnent réellement. Une extrême simplicité caractérise ces appareils qui sont polycylindriques à deux temps, marchent au moyen d’un fluide sous pression et avec distribution rotative unique. On a construit les différents types soit avec cylindres tournants et arbre fixe, soit avec cylindres fixes et axe tournant.
- Le fluide dont on se sert (vapeur ou acide carbonique) pénètre dans un des cylindres par l’intermédiaire du distributeur, imprime au piston un mouvement rectiligne qui se trouve transformé en mouvement circulaire par une bielle calée sur le manneton de manivelle de l’arbre. Il en résulte un déplacement angulaire de l’admission de vapeur dans le cylindre voisin, ce qui assure la continuité de la marche tant qu’on alimente la machine. En outre, comme pour les modèles à partir de 3 cylindres il n’y a pas de point mort, on n’a pas besoin
- Dans le moteur à cinq cylindres tournants et à arbre fixe genre Gnome (figv'-ùet3) le carter pentagonal, en aluminium avec cylindres décalés par rapport au plan principal perpendiculaire à l axe, tient tout entier dans la paume d’une main ordinaire comme en témoigne notre illustration. On accouple les 5 bielles sur le manneton unique de la manivelle et la distribution se fait à l’aide d’une glace rotative par friction, grâce à un ressort réglable suivant la pression. Le modèle de ce genre à cylindres fixes et arbre tournant, comporte un carter pentagonal en aluminium à fermeture hermétique, qui constitue le réservoir d’huile. On a disposé les 5 cylindres dans le même plan perpendiculaire à l’axe et on a monté les têtes de bielles sur des manne-tons distincts, calés sur une bielle maîtresse à tourillons. La distribution rotative par pression se fait dans une boîte à fluide, sorte de cage circulaire à joints étanches avec presse-étoupe pour le passage de l’arbre moteur. Cette disposition assure une étanchéité parfaite et diminue la perte de fluide, tandis qu’un système de lubrification radiale permet le fonctionnement normal de l’ensemble.
- Le moteur à six cylindres (fig. 4) est du type AntoL nette. Son carter a la forme d’un V avec enveloppe
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- d’adapter un volant sur l’arbre, d’où diminution du poids de l’ensemble.
- Dans le moteur à deux cylindres correspondant au Santos-Dumont, le type à cylindres fixes et à arbre tournant comprend un carter rectangulaire en aluminium avec les-a cylindres calés suivant l’axe horizontal, et un volant sert à régulariser le fonctionnement.
- Dans le type à cylindres rotatifs et à arbre fixe, qui convient très bien aux appareils alimentés par-une chaudière de faible surface de chauffe, le poids du moteur se trouve réduit au minimum, le volant n’étant pas indispensable.
- Dans le moteur a trois cylindres fixes et avec arbre tournant genre Gnôme(fig. i), le tiroir fixe de distribution s’applique sur la glace des cylindres qui est rotative et comporte 3 orifices. La vapeur arrive par le tube dans une galerie circulaire pendant i3o°, passe par l’un des trous de la glace dans le cylindre correspondant et chasse le piston en avant, en agissant ainsi sur la manivelle par l’intermédiaire de la bielle. Le piston, en remontant, échappe sa cylindrée par le même orifice que l’admission lorsque cet orifice passe à la partie évidée du tiroir fixe et cela pendant que le suivant se trouve déjà en pleine action. D’autre part, un levier mobile sur secteur à crans d’arrêt, déplace le tiroir fixe et permet de régler l’avance ou le retard à l’admission ou à l’échappement, ainsi que de renverser le sens de rotation, même à pleine vitesse. Cette dernière atteint 2000 tours, et la puissance variant selon la pression peut être estimée de i à 3 kg sous pression de i à 6 kg.
- Dans le cas des cylindres rotatifs avec arbre de manivelle fixe, un arbre secondaire tourne en même temps que le carter. De plus, une console maintient le carter ainsi que les 3 cylindres calés à 1200.
- démontable et son arbre porte un vilebrequin. On a calé les cylindres à 6o° avec bielles accouplées deux à deux et on y a adopté le système de distribution rotative précédemment décrit.
- Mais la question technique la plus difficile que M. Massiot ait eu à résoudre fut celle du générateur. Pour les modèles à 2 et 3 cylindres, il a utilisé une chaudière à grande surface de chauffe avec brûleur à gazd’aleool alimenté par ; réservoir séparée Pour - les. modèles à partir de 5 cylindres, si l’on se contente d’une faible énergie et si on nè s’inquiète pas du poids, on peut employer une chaudière d’assez grande capacité ou une chaudière à vapeur surchauffée et à vaporisation instantanée. Mais pour les aéroplanes, qui nécessitent une grande énergie sans durée de marche prolongée, l’usage de l’acide carbonique paraît le procédé le plus simple.
- Toutefois, pour obtenir un rendement satisfaisant et utiliser jusqu’à épuisement complet le gaz l'enfermé dans le petit récipient d’acide carbonique qu’on rencontre dans le commerce, M. Massiot a-dû imaginer un système spécial de réchauffage (fig. 3) afin de lutter, contre .le froid intense produit par la détente. Nul doute donc que ces moteurs si bien étudiés n’intéressent non seulement les aviateurs en herbe, mais encore les techniciens plus âgés. Jacques Boter.
- Le ramier, oiseau à ailes battantes. — Les aéroplanes-jouets se sont multipliés en ces derniers temps, à proportion de la vogue croissante de l’aviation. Yoici qu’apparaît un Oiseau-mécanique jouet. Serait-ce le signe précurseur d’une orientation nouvelle de la locomotion aérienne et le retour vers l’étude de ce mystérieux modèle qu’est resté l’oiseau?
- i /AeropTah'ë* "muni ct’un moteur 3 cylindres (genre Gnome). —- 2. Moteur: 5 cylindres j. genre Gnome (en haut). — 3. Moteur 5 cylindres, genre Gnome démonté, avec hélice, récipient à acide carbonique et réchauffeur. — 4. Moteur 6 cylindres, type Antoinette, moteur 2 cylindres, type Santos-Dumont, chaudière et réservoir démontés (au-dessous).
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- L’oiseau mécanique de M. Oudet est fort simplement constitué; mais malgré son mécanisme élémentaire, une fois dans les airs, il donne l’illusion de la réalité. Ses ailes sont en étoffe de soie montée sur des tringles de bois très légères. Tout le mécanisme réside dans le léger bâti de bois qui constitue comme le corps de notre animal artificiel; deux caoutchoucs longitudinaux que l’on tord entraînent une petite manivelle dont le mouvement est transmis par le jeu de petits pignons
- Le ramiër à ailes battantes.
- d’angle cachés dans la tête de l’animal. D autre part, les deux tiges qui portent les caoutchoucs, sont en leur milieu repliées, à la façon d’un vilebrequin d’automobile; et en ces points s?articulent de petites bielléttes fixées d’autre part, chacune à l’un des côtés de l’aile souple. Laissez le caoutchouc se détordre ; les tiges tournent à grande vitesse, les biellettes et, par suite, les ailes, vont et viennent, et l’oiseau s’envole fort gracieusement pendant un temps raisonnable. — L’oiseau-ramier est en vente chez M. Vire, 60, rue de Paradis, Paris.
- Jiygiene
- Désinfecteur et purificateur d’air « Antimorbine ».
- — Le désinfecteur Antimorbine ést; caractérisé par la simplicité de sa construction. Cet appareil est en somme un pulvérisateur par compression, grâce auquel le liquide spécial destiné à la désinfection de l’air et convenablement dilué dans l’eau est pulvérisé sous une haute pression en gouttelettes excessivement ténues ; non seulefiaent l’air, est saturé d’humidité d’une façon uniforme, mais encore le liquide finement divisé pénètre
- ainsi dans tous les joints et dans toutes les fentes. L'effet? obtenue est donc complet.
- Il produit une buée très dense qui est projetée avec une force considérable contre la poussière tenue en suspension dans l’air; la poussière est immédiatement englobée et précipitée sur le sol avec la buée. En même temps, les microbes (bacilles, bactéries, etc.) adhérents à la poussière, ou ceux qui, constamment voltigent librement dans l’air sont détruits par le liquide qui est un antiseptique puissant comme nous le verrons plus loin.
- Tout en chassant les mauvaises odeurs, l’appareil donne à l’air une senteur non seulement agréable, mais rafraîchissante, l'humidifie et en abaisse là température. Le maniement en est très simple? La figure i montre la façon de remplir l’appareil : dévisser le bouchon latéral près de la tête du piston, verser le liquide antiseptique
- - . dilué, revisser so-
- lidement le, bouchon ; l’appareil est alors rempli, mais pendant cette opération de remplis-' sage, il faut avoir
- soin de pousser à fond le* piston.
- La figure 2 montre la manière de pulvériser; la pulvérisation est d’autant plus line que le piston est, cela se comprend, poussé avec plus, de rapidité et plus de force. ' "" '
- Pour faire fonctionner l’appareil, le tenir verticalement et l’agiter de gauche à droite, tirer lentement à soi le piston deux ou trois fois, puis le pousser rapidement ou fermer l’appareil. Dans le mécanisme de vaporisation se trouvent un petit ressort et une bille; il faut veiller à ne pas perdre la bille, le ressort et la spirale lorsqu’on viendra à ouvrir le mécanisme, on doit donc
- faire attention à les replacer dans l’ordre suivant : d’abord la bille dans le trou, puis le petit ressort et enfin la spirale dont la pointe sera dirigée vers le bas ; différemment l’appareil ne fonctionnerait plus. En cas d’engorgement, il suffit de passer une aiguille fine dans l’ouverture de pulvérisation.
- Bien que la plupart des désinfectants utilisés jusqu’à cè jour, possédant un pouvoir antiseptique reconnu, soient plus ou moins propres à la désinfection de l’air, il a été composé un liquide dénommé par l’inventeur de l’appareil « Antimorbine » dont la composition est telle qu’il est facilement soluble dans l’eau et ne laisse déposer aucun élément gras ou résineux susceptible d’obstruer les fins tuyaux de l’appareil. Ce liquide antiseptique n’est pas toxique pour l’homme et les animaux, il ne tache pas les meubles, vêtements, rideaux, glaces ou objets en métal; il est formé essentiellement d’une combinaison d’huiles éthérées (essences) extraites de plantes de montagnes et de fleurs des champs avec l’aldéhyde formique (formol) (25 pour 100) dont la puissance antiseptique incomparable est connue. — L’Anlimorbine est en vente chez Strasser et G”, usine à Gablonz (Bohême), dépôt à Paris, 9, rue de Paradis.
- Objets utiles
- Anneau de clefs à 10 usages. — « Le sage porte sa fortune sur soi ». M. Bleton s’est un peu inspiré de cette maxime antique, lorsqu’il a combiné son anneau de clefs et, que d’un simple disque de métal, il a fait
- un outil à multiples usages, dont certains plutôt inattendus. - '
- L’anneau a la forme d’un double D. La lame transversale peut être légèrement soulevée pour donner passage aux clefs. Les deux échancrures inégales qui se terminent en croissant A et B, peuvent être engagées l’une oit l’autre sur le canon d’une clef avant défaire pénétrer celle-ci dans la serrure. L’anneau devient ainsi (fig. 2) un cache-trou, arrêtant tout regard indiscret. Les becs en croissant des deux échancrures sont taillés de façon à servir de cure-ongles.
- L’un d’entre eux, est affûté et sert de coupe-ficelles.
- Un côté du bord externe, C de l’anneaü, très résistant servira à l’occa-sipn de tournevis, pouvant dévisser un moyeu de bicyclette, l’autre côté est taillé de façon à pouvoir dévisser tin/ bouchon de bidon d’essence. La laine transversale forme lime à ongles.
- Les trous E F G H seront utilisés comine chasse-goupilles ou arrache-clous.,
- Enfin, la lame médiane formant ressort contre la périphérie de l’anneau, l’objet peut encore servir de pincè-notes; on peut aussi y glisser un billet de chemin de fer, un ticket d’omnibus ou tout autre bout de papier que l’on tient à ne pas perdre. L’anneau étant un disque plat, peut recevoir eu gravure le nom et l’adresse de son propriétaire; ceci à l’usage des gens distraits qui ont l’habitude de semer leurs clefs dans les rues. — L’anneau est en vente chez M. Bléton, 18, rue Béranger, Paris. Prix : ifr,25 franco. Avec gravure du nom de la personne et numéro, 2rr,5o.
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- Fig. 3.
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- VARIETES
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- L’évolution de l’industrie du gaz en Allemagne.
- — Au début du xxe siècle, il n’existait sur les territoires de langue allemande aucune conduite de gaz rayonnant au delà du ressort d’une ville donnée.
- En 1903, la commune de Sainte-Marguerite, située dans la vallée du Rhin, en amont du lac de Constance, désirait installer chez elle l’éclairage au gaz. Trop faible à elle seule (elle ne compte que 2000 âmes) pour établir une usine indépendante, elle constitua un syndicat d’éclairage, de concert avec huit autres communes formant un total de 18 000 habitants. On comprend que l’installation, qui fut le fruit de cette association comportait un prolongement notable des conduites de gaz jusque-là usitées. Ce fut le premier pas dans une voie qui s’est sans cesse développée.
- La même année le port de Travemünde, éloigné de Lübeck de 23 km, s’épargnait la construction trop dispendieuse d’un gazomètre en se rattachant à Lubeck. Les deux villes trouvèrent profit à cette entente, la grande en utilisant plus régulièrement son usine à gaz, la petite en se procurant un éclairage à meilleur compte qu elle n’aurait pu le produire elle-même.-
- Ces deux essais couronnés d’un plein succès, trouvèrent bientôt des imitateurs, et l’on compta en peu de temps plus de 40 installations d’éclairage au gaz à grandes distances, répandues sur tout le territoire allemand.
- La découverte d’un nouveau procédé dans la fabrication du coke, ouvrit un champ plus vaste à la hardiesse des entreprises. Le gaz qui se dégage du coke pendant sa préparation était jusqu’ici nécessaire. Comburé au-dessous et autour des fours qui renferment la houille en manipulation, il servait à la surchauffer et à la transformer en coke. Depuis l’invention de nouveaux fours on économise une très grande partie du gaz mis en liberté. Que faire de ce gaz ? Le grand industriel Thyssen (on peut voir sur cette personnalité les pages que lui a consacrées Jules Huret dans son ouvrage En Allemagne, t. I, Rhin et Westphalle) eut l’idée^de le mélanger à celui des usines à gaz de Mülheim sur la Ruhr, et bientôt il en alla de même à Essen. D’expériences en expériences, on se convainquit que ce gaz des cokeries pouvait, à lui tout seul et sans mélange, rendre exactement les mêmes services que celui des usines à gaz.
- La ville de Barmen se trouvait justement dans un grand embarras. Par suite du développement considérable de cette ville industrielle, son usine à gaz était trop petite. Elle représentait d’ailleurs un modèle suranné et avait fourni un long service. Il fallait rebâtir et agrandir. Mais où? Ceux qui ont passé une seule fois en chemin de fer à Barmen savent combien resserrée se trouve la ville dans son étroite vallée. C’est là qu’on a dû construire au-dessus du cours d’eau le tramway aérien connu du monde entier (Schwebebahn). Faute de place il fallait transporter l’usine à gaz hors de la ville et bouleverser les installations antérieures : Barmen s’adressa à Thyssen qui s’engagea à lui fournir tout le gaz nécessaire à sa consommation (17 millions de mètres cubes annuels). L’industriel les prend dans son usine de Hamborn près de Duisbourg et leur fait franchir 5o km pour les rendre à Barmen. En totalisant les frais : intérêts du capital, amortissement, entretien et surveillance des 5o km de tuyaux, machines à comprimer le gaz, on reste au-dessous d’un prix dé transport de 1 pfennig par mètre cube (le pfennig = x centime a5).
- Cette innovation remonte au printemps de. l’année 1910. Elle a eu plus d’un contre-coup. Tout d’abord lès villes situées sur le parcours de la conduite ont saisi avec empressement l’occasion de se pourvoir de gaz à bon marché. Encouragées par l’exemple, Essen et Mülheim sur la Ruhr ont fermé leurs usines à gaz et sont maintenant totalement tributaires des cokeries voisines au point de vue de l’éclairage. Elles y trouvent certainement leur compte : Essen en particulier obtient le gaz à 2 pfennigs 1/2 le mètre cube rendu au gazomètre.
- Le mouvement fait tache d’huile. En Westphalie la
- ville de; Bockum abandonne aussi son usine à gaz et. s’adresse à la maison Krupp qui au même prix qu’à Essen, l’approvisionnera de gaz extrait de ses deux mines de houille Annihal et Hanovre. La ville de Gelsenkirchen vient de limiter; avec elle Hamborn, Eickel, Wanne, Bottrop, Borbeck, Gladbeck et Dorsten sont éclairées au gaz de coke. Sont en pourparlers dans le même but, Oberhausén, Kettwig-le. Pont, Heiligen-haus, Neviges-Velbert, Witten, Hagen en Westphalie, Solingen, Remscheid, Lennep, Ohligs, Wald, Giâfrath, : Ronsdorf et Luttringhausen. Enfin, à la date du 28 septembre dernier, le conseil provincial de Westphalie autorisait la Société Rhénane Westphalienne à utiliser les routes provinciales, pour l’établissement de conduites de gaz à grandes distances, sous condition que le gaz serait livré aux gazomètres des villes et communes situées sur le parcours, au prix maximum de 3 pfennigs et demi le mètre cube.
- Il va sans dire que le bassin houiller de la Silésie et celui de la Saare, quoique moins importants suivent aussi le mouvement. Dans ce dernier bassin en particulier la ville de Saarbrücken a traité avec les établissements Stumm pour la fourniture du gaz de coke.
- Il est incontestable quë'cës faits ont reculé l'horizon des techniciens. Si l’on songe que dans le seul bassin de la Ruhr les cokeries disposent journellement aujourd’hui de 5 100 000 m3 de gaz à peu près sans emploi, on comprendra quelle nouvelle source d’énergie s’offre aux ambitions des Allemands. C’est environ 2 milliards de mètres cubes de gaz par an. A 2 pfennigs le mètre cube, ils représentent une valeur de 4° millions de marks (t mark =1 fr. 25). L’énergie mécanique qu’ils renferment se chiffre par 2 milliards de kilowatt-heures, en calculant selon l’usage 1 m3 par kilowatt-heure. C’est donc 20 fois plus que l’énergie produite (100 millions de kilowatt-heures) par les compagnies d’électricité du bassin de la Ruhr, la société Rhénane- Westphalienne et la société la Westphalie. Dè cette masse d’énergie on prévoit que Tété prochain verra un notable contingent mis en oeuvre, 100 millions de kilowattheures, autant que les sociétés électriques du même réseau en produisent actuellement. Et les Allemands triomphent. On leur avait tant répété que jamais sur le continent le gaz ne pourrait trouver une si large diffusion qu’en Angleterre, Les frais seraient trop élevés.— Une fois de plus l’industrie allemande vaincra sa rivale britannique : Deutschland über ailes....La statistique oblige du reste à réfréner un peu l’enthousiasme germanique. Si la technique allemande rivalise avec celle d’Albion, et peut-être la dépasse aujourd’hui, la consommation du gaz, calculée par tête, reste, fin 1910, au moins 7 fois plus considérable en Angleterre qu’en Allemagne.
- On comprend que la redoutable concurrence des cokeries ait excité même et surtout en Allemagne l’émulation des usines à gaz. Harcelées par le danger, celles-ci se défendent vaillamment. Plusieurs ont péri, nous l’avons vu. C’est qu’elles étaient trop vieilles ou trop près de l’ennemi. Il en est d’autres qui, utilisant le génie inventif des Allemands, disposent maintenant d’armes nouvelles dans la lutte pour la vie. Les fours verticaux et les fours à chambre (Kammerofen), d’origine allemande, mais qui se répandent sur toute la surface du globe, permettent d’employer huit fois moins d’ouvriers dans les usines à gaz, leur assurent un travail moins exposé aux ardeurs du foyer et partant plus hygiénique, et enfin accroissent le rendement du gaz. Grâce à ces innovations, les usines à gaz peuvent, en certains cas, non seulement soutenir la concurrence des cokeries, mais encore livrer le gaz à un prix inférieur. C’est le cas pour Dusseldorf et pour Cologne, devant les murs desquelles lés conduites de gaz des cokeries sont contraintes de s’arrêter.
- Il y a plus, certaines usines à gaz prennent hardiment les devants dans la voie ouverte par les cokeries et transportent l’éclairage à des distances jusqu’ici inconnues. Il n’est pas possible de donner sur ce point des renseignements abondants et précis, car les négociations sont en cours entre les grandes villes et leur voisinage et pour différentes raisons, ces négociations restent secrètes
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- VARIÉTÉS
- jusqu’à la conclusion définitive du traité. Mais on sait que Berlin, par exemple, livre du gaz par delà sa ban-lieu surtout au Nord et à l’Est, jusqu’à 47 km du centre de production. A l’Ouest, la Société impériale du gaz continental étend ses tuyaux sur un vaste territoire du côté de Potsdam, jusqu’à la : rencontre du ressort d’une entreprise analogue, la Société allemande du gaz continental. De Potsdam même, cette dernière compagnie s’est chargée de l’éclairage de la plupart des petites villes (GarténstàdteJ situées entre les deux centres.
- En Haute-Silésie on a dépassé tous les chiffres jusqu’ici indiqués; A Bismarckshütte, s’élève aujourd’hui une station centrale qui grâce à son installation nouvelle sera en mesure de fournir du gaz jusqu’à 60 km de distance et d’éclairer un vaste réseau..
- Une circonstance digne de mention, c’est que ce même territoire silésien est déjà pourvu d’un réseau d’énergie électrique. Ajoutons encore, pour l’édification des lecteurs de la presse à un sou, que si Thyssen a le premier utilisé le gaz des cokeries, c’est à un électricien, un homme d’affaires, Stinnes, directeur de la Société d’électricité rhénane-westphalienne, qu’il faut attribuer l’idée de le transporter à de grandes distances.
- Rien ne prouve mieux combien est erronée l’opinion journellement répétée que l’électricité est l’ennemie du gaz et réciproquement. Le gaz et l’électricité se distinguent par des traits spécifiques qui leur assurent des domaines distincts. A l’électricité incombe la tâche d’actionner les chemins de fer, les tramways et sans doute aussi les automobiles, les aéroplanes, les dirigeables, les navires de l’avenir. Au gaz sera réservé le chauffage sous ses formes les plus variées. Là même où ils se rencontrent sur un terrain commun : l’éclairage, le gaz et l’électricité sont deux concurrents plutôt que deux ennemis. Leur concurrence ne peut qu’être profitable au consommateur, en lui faisant voir de quel côté se trouve, en un cas donné, le maximum d’avantages. C’est ainsi que les villes de Charlottenbourg, Stutt-
- gart, Cologne pourvues simultanément du gaz et de l’électricité, ont donné la préférence au gaz pour l’éclairage de leurs avenues. Les expériences faites à Berlin avec le gaz comprimé ont été, sur ce point, pleinement convaincantes.
- Ne nous ébahissons donc pas devant l’horoscope grandiose que certains esprits hardis tirent aujourd’hui pour le gaz. Ils prétendent qu’il n’y a aucune raison de refuser à la houille ce que le pétrole possède depuis longtemps, à savoir, comme en Amérique, ces conduites longues de plusieurs centaines de kilomètres qui supprb ment toute manipulation et transport coûteux. Dans un avenir rapproché on n’utilisera pas seulement en entier le gaz des cokeries, mais on établira à l’orifice des mines de houille de gigantesques usines à gaz, De là le gaz s’en ira tout seul, dans les longs tuyaux mis .à sa disposition, porter au loin l’éclairage^ le chauffagé et la force. Plus d’encombrement de chemins de fer, d’attelages coûteux à proximité des gares, .plus de contact répugnant avec le combustible à l’état solide. La ménagère la plus modeste obtiendra à la minute le combustible gazeux, tout comme les robinets artistiques le délivrent aujourd’hui dans les luxueuses habitations. Ce sera une triple économie d’argent, de temps, de travail. Ce sera en même temps un progrès hygiénique permettant aux femmes les moins fortunées de préparer à leurs maris et à leurs familles des repas chauds, devant lesquels la dépense les fait trop souvent reculer.
- On obtiendra le chauffage en hiver avec la même facilité et le même bon marché. Le pétrole nauséabond et malpropre disparaîtra tout comme la houille. La petite,, industrie, et peut-être la grande, subiront une transformation dont les moteurs à gaz, de plus en plus perfectionnés, nous donnent déjà lè secret. Bref après avoir, eu l’ère de la houille, celle de l’électricité, nous verrons, l’ère du gaz.... L’avenir nous dira dans quelle mesure ces optimistes espérances sont appelées à se réaliser....
- Louis Boiteux.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Encre pour tampons à timbrer les œufs. — Il est
- de mode depuis ces dernièrès années de timbrer les œufs de choix destinés à être mangés à la coque pendant l’hiver; c’est une marque d’authenticité et un contrôle de fraîcheur, puisque le timbre porte non seulement le nom du producteur, mais la date de ponte. Un de nos lecteurs nous fait remarquer à ce sujet que les encres ordinaires à tampons donnent des traits qui disparaissent lors de la cuisson dans l’eau chaude; c’est un inconvénient pour les restaurateurs et hôteliers, les œufs paraissant de ce fait de moindre qualité dans l’esprit du consommateur. Il est facile d’obtenir des inscriptions résistant à l’action de l’eau bouillante en employant une encre composée de : -
- Eau............... ; . 35 grammes.
- Glycérine. . . . ,. .' . 4’".
- Sucre.............'AV-' i ' 7- V’pf’-Y
- Albumine sèche: . . 'S.;" P. • ' 4',
- Violet de mythyl . . < 7 — : '
- On mélange et laisse en contact sans chauffer, en agitant de temps à autre jusqu’à complète dissolution. Sous l’action de l’eau bouillante, l’albumine de l’encre est coagulée et fixe la matière colorante.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Empoisonnements par la margarine. -*• On a fait grand bruit, l’an dernier, dans la presse allemande, autour de cas d’empoisonnement, à la vérité fort nombreux, sinon suivis de morts, causés par l’ingestion dé margarine. Aussi, laboratoires des industriels menacés de mévente, et Instituts officiels d’hygiène étùdièrent-ils la question pour établir si réellement la margarine devait être mise en cause et comment on pouvait remé-' dier à ces accidents. On consomme en effet chez nos voisins beaucoup plus de margarine que chez nous, et les intérêts mis en cause étaient des! plus importants. Tout d’abord, et bien que les essais d’ingestion à des animaux aient montré la nocivité des margarines, on ne
- sut à quoi l’attribuer : aucun antiseptique dangereux, aucun microbe producteur de toxines, aucun poison minéral accidentel ne put être trouvé. C’est en étudiant une à une toutes les matières premières mises en œuvre que fut résolue l’énigme : une huile de « Cardamome » importée de l’Inde, et ingérée à des chiens à faible dose (1 gr. par a4 heures) suffît à les tuer en quatre ou cinq jours. Le fait était d’autant plus singulier qu’employée depuis longtemps en margarinerie pour fluidifier les graisses animales, cette huile n’avait jamais produit d’accident. Èn poursuivant l’enquête et en remontant davantage encore auxsources, l’explication de cette anomalie fut trouvée : l’huile provenait non de cardamomes, mais . d’ « hydnocarpes » dont les graines sont de formes semblables à celles des premières, mais contiennent de uolents poisons. Il s’agit probablement de produits du goure de la « ricine » principe actif de l’huile purgative de ricin,: dont la toxicité est telle que selon Ehrlich, un gramme du produit pur suffit à empoisonner un million et demi de cobayes ! De ce fait la margarine est réhabilitée. Encore pour être inoffensive doit-elle être préparée avec des matières premières sérieusement choisies. Il faut espérer que la dure leçon infligée aux fabricants, leur sera profitable et que pour lutter contre la mévente suivant chaque accident, ils n’emploieront dorénavant que des matières de tout premier choix.
- Instruction des limaces. — Des récents et nombreux essais faits par M. Noël à la station entomolo-gique de Rouen, il résulte que l’arsénite de cuivre est l’agent de destruction le plus efficace. Voici de quelle façon on doit mettre le produit en œuvre pour obtenir un effet certain. On mélange t kg de gros son de blé, 100 gr. d’arsénite cuprique et environ a5o cm3 d’eau. Quand le tout est amené à l’état de pâte homogène on façonne en boulettes, qui sont placées sur la terre aux endroits fréquentés par les parasites. Au bout d’une semaine, presque tous' sont disparus.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Les
- wagons-ambulances décrits dans notre n° 1969 du 18 février 1911, sont construits par la Société d’industrie Suisse à Neuhausen, près Schaffhausen (Suisse).
- Renseignements. — DT Taillefer, à Châteauneuf. — Vous trouverez très probablement à la librairie Berger-Levrault, rue des Beaux-Arts, Paris, les renseignements que vous désirez.
- M. J. de Mare, à Orvaux. — La cause du phénomène semble être, dans le cas présent, la vaporisation de l’eau toujours incluse dans le silex.
- A. B., à L. — Nous ignorons la formule de ce sirop qui-m’a l’air d’une spécialité. L’addition de chlorure ne modifie pas sensiblement le produit.
- M. Gilly, Bouffarik. — Nous ne croyons pas que vous
- puissiez trouver de méthodes pour le dosage de l’acide phénique dans ces produits : leur efficacité désinfectante n’est pas due seulement au phénol, mais à certains produits complexes en rapprochant plus ou moins. Pour en apprécier la valeur, on a toujours recours à des méthodes d’essais bactériologiques.
- M. H. Vilcoq, r. Sainte-Cécile, Paris. — Nous ne connaissons le procédé Marche que par la publication de ce brevet. Dans ce cas, comme en général pour les citations analogues, il faut, pour entrer en relation avec l’inventeur, vous adresser à l’Office National de propriété industrielle, au Conservatoire des Arts et Métiers, rue Saint-Martin. On pourra vous indiquer la soit l’adresse du titulaire du brevet, soit celle de l’ingénieur-conseil qui le représente.
- L. P. — Voyez Le diabète sucré, par Em. Schner, 1 vol., chez Masson et Cia, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Prix : 5 francs ou YHygiène des diabétiques, par Proust et Mathieu, même librairie. Prix : 4 francs.
- M. R. A., Paris. — Nous n’avons pas de renseignements particuliers sur cette question. Veuillez vous adresser aux auteurs de la note aux bons soins du Secrétariat de l’Académie des Sciences.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Là souris naine, lè bocal et la paille : À. Millot. -— Chauffage au gaz des fours de boulangerie ; Jacques Boter. — Sur l’origine de la vie : L. Matout. — L’assaut du Pôle Nord : E.-A. Martel. — La téléphonie et les bobines Pupin : L. F. — Académie des sciences; séance dû 6 mars ign, par Ch. de Villedeuil. — L’harmonie du mouvement et la chronophoto-graphie : G. Chalmarès. — Le halo du 21 décembre 1910; Un arc tangent qui n’est pas tangent : Louis Besson.
- Supplément. — L’explosion de New-York et l’acétylène. — Formes polymères de l’arsenic métallique. — Les ports aéronautiques allemands. — L’altitude devient un délit. —- Le pétrole dans la marine. — Moteurs Diesel appliqués à la marine militaire. — La vaccination antityphique.
- La résistance de Vair et l'aviation. Expériences effectuées aü laboratoire du Champ de Mars, par G. Eiffel. 1 vol. illustré, 153 p.., 27 planches hors texte. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1910.
- Les lecteurs de La Nature connaissent le laboratoire installé par M. Eiffel au Champ de Mars, pour y étudier la résistance de l’air sur des surfaces de formes les plus diverses. Le présent volume fait connaître les résultats des expériences qui furent poursuivies patiemment et méthodiquement par M. Eiffel depuis plusieurs mois. La moisson est si abondante que nous ne pouvons la résumer ici en quelques lignes, nous y reviendrons prochainement dans un article détaillé : surfaces planes, circulaires, modèles réduits d’ailés d’aéroplanes, aéroplanes réduits, tel est l’ensemble sur lequel porte la série actuelle des investigations de M. Eiffel; elle nous fait connaître des données que tous les constructeurs s’accordent à trouver capitales, et dont certaines, malgré leur importance, étaient pour ainsi dire insoupçonnées. Rien n’est plus aride en général que des chiffres ; ceux de M. Eiffel ne présentent point cependant ce caractère : groupés en graphiques, courbes et tableaux clairs et ingénieux, ils parlent immédiatement à l’œil et à l’esprit; l’on perçoit de suite tous les usages pratiques qui peuvent en être faits pour l’étude, la construction et la comparaison des aéroplanes. Ajoutons que l’ouvrage est luxueusement imprimé et fort bien illustré; sa lecture est aussi agréable qu’utile.
- Analyse chimique des chaux et ciments, par J. Malette. In-8 de vm-66 pages, avec figures. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris, VP. Prix : 3tr,5o.
- Cet ouvrage rappelle d’abord les opérations analytiques usuelles pour les chaux et ciments. M. Malette indique, pour chaque dosage, le principe sur lequel il repose, le mode opératoire détaillé qu’il convient
- de suivre et, s’il y a lieu, le calcul qu’il faut appliquer. La liste des réactifs et des solutions avec le degré de concentration, la nomenclature du petit matériel nécessaire, un tableau synoptique résumant la marche de l’analyse facilitent à l’opérateur la tâche qu’il s’impose. Enfin l’auteur a réuni tous les documents administratifs et les règlements en vigueur pour les fournitures de chaux et de ciment à faire aux services des ponts et chaussées, règlements adoptés par les administrations similaires.
- Taligkeit der beiden Funkentelegraphen-Abteilungen in Südwest Africa, 1904-1907, rédigé d’après les renseignements officiels par M. Hauptmann Flaskamp. i vol. 52 p., avec 3 cartes hors texte. LibrairieEisenschmidt, Berlin, 1910.
- Cette brochure relate avec une grande abondance de détails, l’œuvre des télégraphistes sans fil allemands pendant la guerre des Herreros. Les stations mobiles de télégraphie sans fil ont rendu les plus grands services dans cette campagne difficile; la relation précise, nourrie et vécue du capitaine Flaskamp, offre pour nous un vif intérêt documentaire, et nous espérons qu’elle sera étudiée comme il convient par nos officiers et nos techniciens de la T, S. F.
- A Monograph on albinism in man, par K. Pearson, E. Nettleship, C. H. Usher, B C CAMB. London! Dulau and C°, 87 Soho Square W. 1911. 1 vol. in-40 (texte) 266 p. + 1 vol, in-4° (atlas) 5a planches. Prix : 35 shillings. (Department of applied mathematics. University College, university of London. Drapers Company Research Memoirs : Biométrie sériés VI.J
- Ce très remarquable mémoire se rattache à la série des recherches biométriques et eugéniques, poursuivies si activement en Angleterre sous l’impulsion de Fr. Gallon. Nous croyons utile de profiter de cette publication pour dire quelques mots de l’ensemble où elle se place et qui est trop peu connu en France. L’objet du laboratoire est l’étude directe de l’hérédité qu’il poursuit au moyen de méthodes statistiques (bio’ métrie). Il publie notamment {The treasury of human inheritance) une collection de « pedigrees » familiaux, dans le but d’illustrer la transmission héréditaire chez l’homme, des caractères mentaux et physiques, des anomalies, etc. Ces recueils sont faits de planches et de textes. Ils ont porté jusqu’ici sur lés sujets suivants (au point de vue de l’hérédité) : diabète, pied bot, déformation des doigts, tuberculose, surdimutité, hémophilie, nanisme, folie, etc. A côté de ces vastes recueils de faits, se place la série eugénistique proprement dite, qui étudié le rôle de l’hérédité dans
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- BIBLIOGRAPHIE
- les phénomènes sociaux. Le présent livre se rattache à la première série. C’est un recueil de documents, statistiq tes et photographiques, qui a pour but de donner un tableau aussi lidèle que possible de l’état actuel de nos connaissances relatives à l’albinisme dans les cinq parties du monde.
- La Mission des troupes noires, par le lieutenant-colonel Mangin. Paris. Comité de l’Afrique française, ai, rue Cassette, i broch., 44 P-
- La question de la création de troupes noires en Afrique, que le lieutenant colonel Mangin a pris à tâche de réaliser, est connue de nos lecteurs. On trouvera dans cette brochure le compte rendu de la
- récente mission que le savant officier a effectuée récemment dans ce but en Afrique occidentale.
- L’Juxois dans les temps préhistoriques, par Hippolïtk Marlot, Semur-en-Auxois, 1908.
- Petit résumé de la préhistoire de France avec détails particuliers sur les environs de Semar.
- L’officiel des catalogues de Vautomobile pour 1911. Brochure in-8° jcsus, 40 pages. Bibliothèque Omnia, 20, rue Duret. Paris. Prix : if ,5o.
- Donne par ordre alphabétique l’indication des caractéristiques de tous les modèles de machines françaises et d’un grand nombre de modèles étrangers.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur,
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique
- de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 mars 1911 . — 0°.4 N. E. 0. Nuageux. . » Gelée Blanche ; nuageux; halo solaire et lunaire.
- Mardi 7 1°.0 .N. E. 2. Très nuageux. » Gelée blanche; nuageux; halo à 10 heures.
- Mercredi 8 1°,2 N. 5. Couvert. D Gel. bl. : très nuag. le m., peu nuag. le s,; halo solaire et lunaire.
- Jeudi 9 i°.0 S. S E 1. Couvert. 0.4 ... Gelée hlauehe; très nuageux; un peu de pluie à 18 h. 30.
- Vendredi 10 . . . . — 0°.o N. \Y. 1. Beau. )) Gelée blanche; brouillard; quelques nuages.
- Samedi 11 0°.4 S. 2. Couvert. » Gelée blanche; très nuageux; halo et arc circumzènilhal à 9 h.
- Dimanche 12. . . . rv',5 s. s. w. 1. Couvert. 0,9 Couvert; gouttes; pluie à partir de 22 h.
- MARS 1911. — SEMAINE DU LUNDI 6 MARS AU DIMANCHE 12 MARS 1911.
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi
- Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures., la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 7 au 12 mars. — Le 7. Relèvement de pression sur le N.-O. de l’Europe : Iles-Britanniques, 770; dépression sur la Méditerranée occidentale : Toulon, 756; de même sur l’Islande : Reykiavik, 740. Pluies sur TO.; en France : Brest, 15 ; Biarritz, 11; Toulouse, 7; Chas-siron, 5; Lorient, 4: Cherbourg, 3. Temp. du matin : Hernosand, — n°; Paris, 1; Alger, 12; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : 4°.2 (normale : 5°). — Le 8. Baisse sur le3 Iles-Britanniques; Islande, 745; Brest, 768. Pluies sur TO. : neiges sur le N. et l’E.; en France : Perpignan, 5; Biarritz, Cherbourg, Ouessant, 1. Temp. du matin : Hernosand, —ii°; Paris, 1; Toulouse, 3; Puy de Dôme, -*-'5; moyenne à Paris : 3°,6 (normale : 5°,2). — Le 9. Dépression sur les Iles-Britanniques et la Manche, et sur l’Algérie : Laghouat, 700; Horta, 774. Pluies sur TO. et le N.; en France : Brest, 6; Belle-Ile, Cherbourg, 4: Le Havre, Nantes, 1. Temp. du matin : Ivuopio, —ii°; Paris, 1 ; Alger, 13 ; Puy de Dôme, 4° (normale : 5°,2). — Le 10. Dépression sur
- tout le N.-O. : Islande, 780; Irlande, 756; Lorient, 770; Kief, 771. Pluies sur TO.; en France : Calais, Toulouse, 4; Nantes, 3; Bordeaux, Limoges, Boulogne-sur-Mer, 2. Temp. du matin : Haparanda, 140; Paris,
- — 1; Alger, 12; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 4°,2 (normale : 5°,3).— Le xi. Centre de dépression sur l’Islande (741); Brest, 736. Pluies sur le N. et TO.; en France : Pointe Saint-Mathieu, 12 ; cap de la Hague, 5; Lorient, 4'. Nanles, le Havre, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —23°: Paris, 0; Alger, 12; Puy de Dôme,
- — 3; moyenne à Paris : 4°>3 (normale : 5°,4)- — Le 12. Dépression sur le N.-O. : Yalèntia, 755; fortes pressions sur l’E. : Moscou, 77!. Pluies sur le N. O. et le S.; en France : Nantes, 14ï Lorient, 2; Le Havre, 1. Temp. du matin : Moscou, — ii°; Paris, 4; Alger, 12; Puy de Dôme, —4: moyenne à Paris : 4°>2 (normale : 5°,5). — Phases de la Lune : Premier• Quartier le 7, à 11 h. 10 m. du soir.
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- N AT U
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La NâttirG » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, "Paris (YJfj
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N" 1974 — 25 MARS 1911
- SUPPLEMENT
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Vail t’Hoff. — Le grand chimiste Yan t’Hoff, professeur à l’Université de Berlin, Hollandais d’origine, vient de mourir. Voici les paroles que prononçait M. Armand Gautier, le 6 mars 1911 en annonçant son décès à l’Académie des Sciences, dont il était correspondant pour la Section de mécanique.
- « Berthollet, Henri Sainte-Claire Deville, Pasteur, Berthelot, Yan t’Hoff peuvent être cités parmi les principaux fondateurs de la Mécanique chimique.
- « Au sortir de l’Ecole Polytechnique de Delft, Yan t’Hoff venait en 1871 étudier, à Paris, la Chimie pratique au laboratoire de Wurtz. C’est là qu’il conçut, en même temps que son camarade Le Bel, sorti de notre Ecole polytechnique française, le mécanisme de l’isomérie physique des corps organiques fondée sur la structure des molécules dans l’espace en partant de la conception des quatre valences égales du carbone.
- « Van t’Hoff et Le Bel, chacun de leur côté, établirent que le pouvoir rotatoire moléculaire est dû à la dissymétrie de l’édifice atomique et ils formulèrent cette loi : Pour qu’une molécule présente le pouvoir rotatoire, il faut et il suffit qu elle ne possède aucun plan de symétrie.
- « Cette théorie, généralisée par les travaux de Le Bel, Wislicenus, von Bæyer, Pope, Naumann, Knorr, Ladenburg, Hantzsch, etc., n’a jusqu’ici rencontré aucune exception. Elle reste le fondement de la stéréochimie.
- « En montrant toute l’importance de la conception de la masse active de Guldberg et Waage, défiuie comme le produit du nombre, par unité de volume, des molécules du corps réagissant multiplié par le coefficient d’affinité (variable avec la nature des corps et la température), Yan t’Hoff a imprimé à la Chimie physique un remarqttable essor.
- « C’est à lui surtout qu’on doit la démonstration définitive de ces notions toutes modernes qu’un corps dissous est entièrement comparable à un gaz; que sa pression osmotique est égale à celle d’une masse gazeuse qui, à nombre de molécules égal, occuperait le volume de la solution; que l’accroissement de cette pression osmotique, sous l’influence d'une élévation de température, suit numériquement la même loi que l’accroissement de pression des gaz dans les mêmes circonstances.
- ; « M. Yan t’Hoff publiait depuis des années, avec M. Ostwald, le Zeitschrift filr physikalische Chemie, le recueil le plus connu de cette Chimie physique qu’ils niltivaient l’un et l’autre avec tant de succès. »
- La lumière zodiacale. — Cette époque de l’année est celle de la meilleure visibilité du soir de la lumière zodiacale. Dans le n° 4474 des Astronomische Nachrick-ten, M. Th. Banachiewicz, de l’Observatoire Engelhardt, près Kasan, écrit que le 26 et le 27 janvier celte
- lumière apparaissait d’une manière surprenante et s’étendait jusqu’à Saturne. En comparaison de la teinte blanc bleuâtre de la Voie Lactée, considérée à la même distance zénithale, la lumière zodiacale était un peu rougeâtre. L’éclat intrinsèque, comparé à celui de la Voie Lactée, était difficile à estimer à cause de la structure différente des images; néanmoins, elle pouvait être du même rang de grandeur. M. E.-A. Fath, dans le Bulletin n° i65 de l’Observatoire Lick, rend compte des observations qu’il a effectuées d’abord au mont Hamilton, puis au mont Wilson. Elles tendent à confirmer l’opinion la plus générale, celle d’après laquelle la lumière zodiacale n’est que de la lumière solaire réfléchie. On a bien noté l’apparition, dans le spectre de la lumière zodiacale, d’une raie de Paurore polaire. Mais ce serait là une pure coïncidence. M. Fath a réussi, non sans difficultés, à obtenir sur ses clichés les raies H et K du spectre solaire. Il y est parvenu en utilisant les plaques les plus sensibles et en accumulant les poses de i3 jours différents.
- Le lait à Dieppe. — M. J. Cussel vient de publier sur la question du lait à Dieppe (Lille, 1910) une monographie strictement locale, mais dont les conclusions ont une portée générale au sujet de la question si importante de l’hygiène du lait. Voici le résumé de ce travail, d’après l’Hygiène de la viande et du lait (10 mars 1911 ). L’auteur a surtout traité la question au point de vue de la teneur en matière grasse. Il cite des laits vendus à Dieppe ne titrant que i5 et même ii.5 de matière grasse et rappelle qu’il y a une douzaine d’années plusieurs cas de fièvre typhoïde observés en ville eurent pour origine des contaminations du lait chez quelques laitiers (bacille d’Eberth dans l’eau des mares et citernes des fermes infectées). Il rappelle le cas d’un expert qui retrouva dans le lait à analyser, fortement mouillé, un alevin de truite. Ces faits sont déjà anciens, et, aujourd’hui, grâce aux consultations de nourrissons, aux concours beurriers, au contrôle permanent et à la sélection des laitiers, on a obtenu quelques résultats dignes d’être soulignés. La teneur moyenne en matière grasse serait dans la région de Dieppe de 3a (traite du matin), 5o (traite du midi) et 44 gr- par litre (traite du soir). Tout lait mélangé contenant moins de 28 gr. est suspect d’écrémage. Pour les laits individuels, aucun minimum de matière grasse ne peut être fixé (variation entre 37 et 67 gr. pour 3o analyses). Dans les concours beurriers on trouve des variations individuelles allant de 14 à 110 gr. Pour un lait individuel, le point cryoscopique est de o.54o à o.585 ; au-dessous de 0.54, il y a suspicion de mouillage. Presque tous les laits sont malproprement récoltés; et leur conservation est assurée d’une façon déplorable. La mise en vigueur de la loi du i*raoût 1905 n’a nullement amélioré la qualité du lait à Dieppe. Le
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- INFORMATIONS
- lait vendu o fr. 3o et o fr. 20 est de très mauvaise qualité. Pour 80 laits, la quantité moyenne de beurre est de 23 (au lieu de 40-42) l’extrait sur 118 (au lieu de i35-i4o). Il faudrait, d’après l’auteur, interdire la vente du lait écrémé, obliger les laitiers à mélanger la traite du soir à celle du matin, fonder un syndicat de consommateurs ou de laitiers pour la surveillance du lait, faire des prélèvements de contrôle à l’étable.
- Stérilisation et dessiccation des plantes médicinales. — Les plantes médicinales éprouvent fréquemment de profondes modifications dans leur composition chimique et dans leurs propriétés thérapeutiques lorsqu’on les soumet à la dessiccation. M. Bourquelot, qui a récemment démontré le fait dans une note à l’Académie de Médecine, a fait voir en effet que les ferments oxydants et hydratants, que renferment les plantes, se diffusent dans les sucs cellulaires dès que ces plantes sont soustraites à la vie. Les ferments solubles agissent alors en hydrolysant les polysaccharides et les gluco-sides, et en oxydant certains alcaloïdes et divers composés à fonction phénolique. Beaucoup de principes actifs sont ainsi détruits ou insolubilisés, en particulier pendant la dessiccation des drogues d’origine végétale. Après avoir exposé ce mécanisme, M. Bourquelot a indiqué le moyen d’y remédier. Grâce à une stérilisation rapide, en plongeant les plantes, incisées, dans l’alcool à 900 bouillant, il a réussi en effet à éviter l’action destructive ultérieure des ferments solubles — à isoler des principes chimiques préexistant dans la plante — à perfectionner l’analyse des substances d’origine végétale — et partant à constituer de nouvelles préparations pharmaceutiques.
- Fruits et primeurs français au Danemark —
- D’après une communication du ministre de France à Copenhague, la vente des fruits et primeurs français pourrait être considérablement développée en Danemark. Pour les fruits, nous faisons déjà quelques ventes dans ce pays, mais dans des proportions encore assez restreintes qui pourraient être facilement augmentées. Les variétés susceptibles de trouver surtout des débouchés sont : les Raisins noirs et blancs, dont les importations globales annuelles sont évaluées à aôoooo fr. ; les Cerises et les Prunes, dont les importations atteignent 160000 fr. environ; les Abricots et les Pêches, et enfin les Poires Duchesse, qui sont très demandées et pour lesquelles on payerait jusqu’à 1 fr. la pièce. La vente des primeurs, par contre, n’a pas encore pu réussir à s’organiser d’une façon régulière et active ; seuls les envois d’Asperges et d’Artichauts ont réussi, jusqu’ici; mais pour les autres primeurs celles qu’on a tenté d’envoyer avaient toujours, à l’arrivée, perdu leur fraîcheur. Il serait nécessaire, avant tout, pour organiser, à Copenhague, et peut-être de là dans le reste de la Scandinavie, un marché direct de nos légumes, de s’assurer des moyens de transport rapides permettant d’effectuer les livraisons dans un délai court, fixe et régulier. Il serait utile aussi de modifier les emballages.
- Une Exposition rétrospective normande — À l’occasion des fêtes du millénaire normand (9x1, fondation du duché de Normandie), la ville de Rouen a organisé, de juin à septembre 1911, une « Exposition rétrospective normande » qui sera installée dans l’ancienne église Saint-Laurent, et qui sera d’un vif intérêt, historique, géographique, ethnographique, puisqu’elle réunira tout ce que la race normande a su créer depuis dix siècles, dans toutes les branches de l’art, sous toutes les formes de l’activité humaine artistique : Peinture, Sculpture, Architecture, Gravure, Dessins, Imprimerie, Reliure, Sigillographie, Numismatique, Orfèvrerie, Armurerie, Tapisserie, Serrurerie, Céramique, Mobilier, Costumes, Etoffes, Dentelles, Art populaire, Miniature, etc., etc.... Pour atteindre son but, la ville de Rouen fait appel à tous les collectionneurs et possesseurs d’œuvres et d’objets intéressants. — Adresser toutes communications ou demandes de renseignements à M. Paume, président de la section des Expositions, i'ue Restout, à Rouen.
- Pour marquer les professionnels du crime. — On
- sait que jusqu’en i832, en France, on marquait au fer rouge les criminels dangereux. Le procédé fut trouvé barbare et disparut. On proposa alors de le remplacer par un tatouage de petite dimension sur une région cachée. L’idée, plusieurs fois reprise, ne fut cependant
- pas adoptée; on lui reprochait avec juste raison d’être trop évidente, et surtout d’être indélébile jusqu’à la mort du tatoué, même si celui-ci était rentré dans le droit chemin. Tous les criminalistes s’accordent cependant à reconnaître qu’une marque physique des criminels serait très souhaitable, à condition de n’être ni évidente, ni infamante. Le Dr Icard, de Marseille, vient de faire dans les Archives d’anthropologie criminelle une proposition dans ce sens, qui selon lui résoudrait la question. Son procédé consiste à injecter à froid, sous la peau, une certaine quantité de paraffine, de manière à déterminer une petit nodosité dont l’origine judiciaire resterait ignorée des non initiés. Les points de la peau choisis pour l’injection varieraient suivant la nature des crimes ou délits et aussi suivant le danger que présenterait le criminel. Comme le remarque très justement M. Icard, tous les travailleurs honnêtes portent des marques physiques particulières qui sont caractéristiques de leur profession : pourquoi les criminels échapperaient-ils à cette loi générale du travail et ne seraient-ils pas porteurs, eux aussi, d’un signe professionnel?
- Un Congrès universel des races. — Ce Congrès, le premier de cette espèce, aura lieu à Londres du 26 au 29 juillet 1911. On y traitera des relations générales entre les peuples de l’Occident et les peuples de l’Orient, en considérant aussi isolément que possible chaque cas particulier du contact des races européennes avec les civilisations développées des Chinois, Japonais, Indiens, Turcs et Persans, et en laissant de côté les questions d’ordre politique. De plus, une exposition de photographies des types humains les plus élevés, de livres, de diagrammes, de crânes, etc., sera jointe au Congrès sous la direction de l’éminent ethnologiste anglais’ A. C. Haddon. Pour renseignements s’adresser à M. G. Spiller, 63, South Hill Park, Hampstead, Londres.
- Congrès préhistorique de France. — Le septième Congrès préhistorique de France aura lieu celte année à Nîmes, du 6 au 12 août. jPour tous renseignements s’adresser au Dr Marcel Baudouin, 21, rue Linné, à Paris.
- Un Institut ethnographique international vient d’être fondé à Paris, pour donner une impulsion nouvelle aux études qui s’occupent des civilisations de tous les temps et de tous les pays. Le président est M. J. de Morgan et le secrétaire général M. G. Regelsperger. La cotisation annuelle est de 25 francs.
- La première « poste aérienne ». — Il ne faudrait pas prendre « au pied de la lettre » la dépêche publiée ces jours-ci par nos confrères de la presse quotidienne, et d’après laquelle le Gouvernement Indiên aurait organisé un service postal par aéroplane. La vérité se résume à une fort modeste tentative. Une exposition locale, appelée un peu trop pompeusement l’Exposition des Provinces-Unies (juridiction qui comprend les deux provinces d’Agra et d’Oudh), se tient actuellement à Allababad. Un aviateur anglais, M YVindliatn, qui s’est fait connaître sur les aérodromes d’Angleterre et de France, et a exécuté quelques vols aux Indes, offrit au Gouvernement Indien de démontrer que l’aéroplane pourrait rendre des services en temps de guerre en assurant le service postal d’une ville assiégée. Le direc-,; teür des Postes de ces deux provinces lui permît de transporter des lettres et des cartes-postales qu’il prenait en charge dans l’enceinte de l’exposition, pour aller les remettre à l’Hôtel des Postes d’Allahabad, soit un modeste trajet de quelques centaines de mètres. A titre exceptionnel, il fut autorisé à percevoir par pli transporté six annas, ou environ 60 centimes, et les sommes ainsi recueillies furent versées dans la caisse d’une œuvre universitaire. Les lettres et les cartes postales ainsi transportées reçurent un timbre supplémentaire, fabriqué pour l’occasion dans les ateliers nationaux d’Aligarh, et qui montrait un aéroplane volant par dessus une chaîne de montagnes, avec la légende : First Aerial Post. U. P. Exhibition. Allahabad, 1911,. On voit qu’il s’agissait plutôt d’un amusement que d’une tentalive sérieuse. Et nous devons ajouter, pour les philatélistes, que le timbre émis pour l’occasion n’a que la valeur d’une étiquette quelconque, puisque le Bureau international de Berne n’avait pas même été consulté.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *>> Agriculture
- - Appareil pour le bottelage mécanique des pailles et fourrages. — La manutention des pailles et des fourrages, après la récolte, entraîne des dépenses et absorbe un certain temps, lorsqu’il s’agit de livrer la paille et le foin en bottes. Il faut,un certain nombre d’ouvriers employés spécialement au liage. Or l’agriculteur manque souvent de main-d’œuvre ; celle-ci, tout en se raréfiant, coûte cher. On a donc songé à effectuer le bottelage mécaniquement.
- L’appareil, que représente la figure ci-contre, lequel est breveté, constitue une invention très intéressante et très pratique, en ce qu’il simplifie considérablement le travail de bottelage, augmente la force de l’ouvrier qui le dirige et permet de lier des bottes et des gerbes de toutes grosseurs. L’opération se fait rapidement et on
- peut supprimer les liens de paille habituellement employés. En outre, ce nouvel appareil permet d’utiliser les vieilles ficelles usagées des moissonneuses-lieuses, ce qui procure une sérieuse économie, puisqu’on évite l’achat de liens. Avec cette machine, on peut faire des bottes de 5. à i.3 kg, à volonté, suivant, leur grosseur. Elle est construite en bois ou en acier, facilement transportable, et peut être manœuvrée même par un enfant ; elle donne dés bottes d’un serrage parfait avec le minimum de force, qü’il s’agisse de paille de céréales ou de fourrage.
- 'L’agencement de la botteleuse est extrêmement simple : sur un madrier suffisamment épais, muni d’une embase transversale à chaque extrémité, pour en assurer la stabilité, est fixé un cintre en bois armé d’une garniture ferrée. A la partie postérieure s’articule un grand levier de pression permettant d’exercer, sans effort, un serrage énergique. Latéralement au levier de pression se meut une cheville de bois en forme de sabre recourbé, coulissant dans une étroite applique en fer fixée sur le côté du -levier de pression, et plus bas contre une roulette, sorté de came ou galet mobile sur son axe. Enfin, une combinaison ingénieuse forme le nœud de liage quand le levier de pression est abaissé. Ce dernier est limité dans sa course par une tige verticale, enfer, armée d’tin œil, sur laquelle il porte lorsque le serrage à fond de la botte de paille ou de fourrage est obtenu.
- La mise en fonctionnement de l’appareil et le liage des bottes et gerbes se font par des manœuvres très simples, et demandent moins de temps que ne nécessite l’explication.
- Ce nouvel appareil botteleur, à leviers et à cheville automatique, a été imaginé et construit par M. Paul Avond, à' Mesgrignÿ-Méry (Aube). Il parait appelé à rendre de très grands services.
- *>> Mécanique <«*
- Petite locomobile agricole. — La Société des moteurs Gnôme a exposé, au concours agricole de Tunis, une petite locomobile agricole constituée par Un moteur
- léger, marchant à l’essence ou au pétrole lampant, muni de tous ses accessoires, tels que carburateur, magnéto, refroidisseur, radiateur, graisseur automatique, etc.
- L’originalité de cette machine, qui ne diffère pas, dans ses éléments moteurs, de la généralité des loco-mobiles à moteur thermique, est son chariot qui présente des dispositions nouvelles. Ce chariot est formé d’un véritable affût en tôle emboutie, monté sur deux grandes roues, et pourvu d’une bêche de calage, ainsi que le montre la gravure ci-jointe. Ainsi construite, cette machine peut être manœuvrée et déplacée très facilement par deux hommes, même en mauvais terrain, tandis que les locomobiles agricoles, les plus légères, nécessitent un ou plusieurs chevaux d’attelage pour leur manœuvre.
- Cette petite locomobile qui peut développer une puissance de six chevaux est donc remarquable, non seulement parla conception nouvelle de sa forme, mais aussi par son côté pratique. — Elle est construite par la Société des moteurs Gnôme, 49> rue Laffitte, Paris,
- Manchons d’accouplement élastiques et isolants.
- — La Société des fonderies de l’Horme (Loire) construit un manchon d’accouplement composé de deux plateaux, l’un portant des dents perpendiculaires aux rayons du cercle et d’une forme spéciale (fig. i); l’autre portant des bossages semi-circulaires en nombre égal à celui des dents du premier plateau (fig. a).
- Le diamètre intérieur de ces bossages semi-circulaires est calculé de façon que les dents puissent y entrer avec un certain jeu. Sur chaque paire de bossages semi-circulaires estpla-cé un bracelet en cuir. Il est facile de comprendre que l’entraînement d’un des plateaux paç l’autre se fait par la pression des dents sur lesdits bracelets en cuir. Ce dispositif présente l’avantage d’entraîner également bien dans, un sens de rotation ou dans l’autre, et d’annuler, jusqu’à un certain point, les chocs et vibrations de la transmission.
- Il supporte les grandes vitesses et les grandes forces, à condition que son diamètre et le nombre des tractions soient proportionnés à la puissance à transmettre. Fig. 2.
- Il conserve aussi le jeu
- latéral des arbres en relation et supplée, par son élasticité, aux petits défauts de dégauchissage qui peuvent se produire par suite d ’ u sur e où d’affaissement dés fondations des machines accouplées.
- La partie métallique des dents du plateau mâle, n’étant en contact qu’avec le cuir du plateau femelle, il en résulte un isolement électrique des deux arbres transmetteur et récepteur.
- Le plateau mâle forme boîte et recouvre intérieurement les bracelets et les dents en prise. Ce nouvel accou- Fig. 3.
- plement élastique d’une
- construction simple, nous paraît appelé à rendre des services, spécialement dans les machines à grande vitesse et pour les commandes par moteur électrique.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>
- Automobilisme
- Fig. i. — Organe à protéger.
- Gaines de protection pour automobiles. — Quoique la plupart des organes d’une voiture automobile soient - ,, à l’abri de la pous-
- sière, dans des carters étanches, certaines articulations de la direction et de la transmission restent exposées à la poussière et à la boue. Il en résulte une usure rapide, que l'on a cherché à empêcher en entourant ces articulations au moyen de gaines en cuir plus ou moins bien étudiées ; ces gaines manquaient d'étanchéité et d’élasticité et ne remplissaient qu’à peu près le but désiré. Les nouvelles gaines extensibles que représentent nos gravures paraissent résoudre convenablement le problème. Elles sont, en effet, constituées par un cuir embouti et plissé en accordéon; l’écartement du cuir étant maintenu par des cercles intérieurs, et la forme spéciale de la gaine lui conservant toutes les facultés extensibles et rétractiles nécessaires pour qu’elle puisse suivre les mouvements des organes accouplés qu’elle protège.
- Ces gaines sont faites en cuir chromé, tanné spécialement pour supporter l’eau et l’huile.
- Leur jonction parfaite avec les barres métalliques dont elles doivent protéger Fig.3.— Dispositif les articulations, est assurée soit au de gaine plissée. moyen de bracelets métalliques, se serrant au moyen d’un écrou à oreilles, soit au moyen de ligatures en fil de fer galvanisé.
- On peut, si besoin est, munir ces gaines d’un petit bouchon à vis qui sert à introduire de l’huile ou de la
- Fig. 2. — Organe avec la gaine plissée.
- D
- Fig. 4- — Autre dispositif de gaine plissée,
- graisse consistante sur l’articulation. —- Ces gaines protectrices sont fabriquées par MM.- Getting et Jonas, rue Coquenard, à Saint-Denis (Seine).
- Plus n’est besoin, dorénavant, d’avoir recours à un escabeau ou à une longue perche à griffe, pour tourner le bouton du plateau obturateur ; il suffit, dans cet appareil, de tirer simplement sur l’une des deux chaînettes appendues au plafond et à la portée de la main pour commander le clapet pivotant et tenir fermé ou ouvert le tuyau d’évacuation.
- Comme on le voit, ce système se prête à toutes les combinaisons possibles, puisqu’il ne présente Taquet aucun dispositif spécial; il peut d'arrêt donc s’adapter, dans des cas particuliers, à une manœuvre par poulies de transmission, le long des murs et dès plafonds.
- Pour bien aérer une pièce, il faut, d’après les indications formulées par la plupart des Commissions d’hygiène, une entrée et une sortie d’air frais d’au moins un quart de décimètre carré chacune par mètre carré de surface de plancher. Mais il importe aussi que la hauteur sous plafond soit suffisante pour qu’en tout temps les gaz viciés planent au
- delà de la zone de respiration. Fig. Type A, pour ex-
- Partant de ces données, voici positions à tirage ordinaire, un tableau qui indique quelle est,
- approximativement, la surface utilement aérée selon l’énergie d’as pi talion de ce ventilateur :
- Un ventilateur tic 0"’, 10 de diamètre ventile lin espace de
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- 3 mètres carrés. 7 —
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- 311 —
- La figure 2 montre une variante du ventilateur dans le cas d’une exposition à tirage contrarié; il ne diffère du précédent type que par le chapeau. Mais dans l’un comme dans l’autre type, le tuyau étant démontable, il est donc toujours possible de l’allonger ou de le diminuer à volonté. Ordinairement chaque appareil comprend 2 m. de tuyau et deux chaînettes dé 4 m- de longueur chacune.
- Ce système de ventilateur qui est en fonction depuis quelque temps dans plusieurs établissements scolaires belges, convient également bien aux hôpitaux, hospices, asiles, refuges, caser- Fig. 2. Types B,pour exposi-nes, salles de réunions, meune- fions à tirage contrarié, ries, distilleries, bureaux, ateliers, dépôts de matières, écuries, etc.— Baillot frères, constructeurs, à Embourg, près Liège (Belgique).
- *->
- Chimie
- <«*
- *»> Hygiène
- Ventilateur B. P. — L’on a cherché de tout temps à réaliser un appareil complet de ventilation énergique et peu coûteux, d’une manœuvre commode et réglable à volonté, s’adaptant partout, ne présentant aucun danger, et surtout n’exigeant aucune a j oute ni autre travail d e place -ment que son raccordement pur et simple à la toiture.
- Le ventilateur suivant a été conçu dans cet ordre d’idées; il se compose essentiellement :
- a) D’un entonnoir d’aspiration E, garnie d’une rosace perforée, R (fig. 1, coupe):
- b) D’un tuyau ou conduit d’évacuation T renfermant un clapet de fermeture A;
- c) D'un chapeau C préservant son orifice supérieur contre les influences du dehors ;
- d) De deux chaînettes en acier, B, commandant leclapet.
- Nouveaux entonnoirs filtrants pour laboratoires.
- — Les récents progrès réalisés dans la fabrication des pâtes céramiques poreuses pour bougies filtrantes permirent de réaliser une nouvelle application de cette matière. On sait combien est difficile la filtration des liquides contenant un précipité d oxalale de chaux, de sulfate de baryte ; il faut faire usage de papiers spéciaux à pores extrêmement fins. En employant des pâtes céramiques convenables, on peut fabriquer des entonnoirs filtrants qui retiennent sûrement tout le précipité : entonnoir et filtre sont réunis en un même objet qui peut facilement être taré, séché, pesé et nettoyé, soit mécaniquement, soit mieux par dissolution du précipité dans un liquide convenable. Si bien que les nouveaux filtres non seulement retiennent sûrement les précipités mieux que les meilleurs papiers, mais qu’ils sont absolument inusables. — Boulanger, constructeur faïencerie de, Choisy-le-Roy.
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- Observations faites à l’observatoire du Parc-Saint-Maur, en février 1911, par M. Ch. Dufour.
- La moyenne mensuelle de la pression est supérieure à la normale de 5mm,6. Le baromètre s’est maintenu élevé du icr au 17 sauf le 10 et le 11 ; la pression a été variable, plutôt basse ensuite.
- Au point de vue de la température, le mois de février se partage également en deux périodes bien nettes : une période froide du ier au i5, une seconde période, à température généralement élevée du 16 au 28. La moyenne mensuelle 4°>2 est en excès d’un demi-degré sur la moyenne générale de 5o ans. Le minimum absolu de février, qui est également celui de l’hiver a été de
- — 70,1 le xor ; le maximum absolu, i4°,i a été observé le 17 et le 22.
- Comme en janvier la pluie a été très faible. On n’a recueilli en février qué iomm,6 ou leso,34de la normale en 10 jours de pluie réelle et 2 jours de pluie inappréciable.
- Il est tombé un peu de neige le 5 et on a entendu 2 coups de tonnerre le a5 vers 6 heures du matin. La Marne a continué à baisser jusqu’au 19 où elle a atteint son minimum 2m,52 ; sa hauteur maximum a été seulement de 3m,22 le 27. Le niveau moyen du mois 2“,72 est inférieur à la normale de plus de om,8o.
- Pression barométrique (ait. 5om,3|. — Moyenne des 24 heures : 764""”,5o; minimum absolu : 747™,7 le 23 à i7h4om; maximum absolu : 775““,4 le itr à 23h20m.
- Température. Sous l’abri. — Moyennes : des minima, o°,65 ; des maxima, 8°,09; des 24 heures, 4°, 17. Minimum absolu : —7°,! le ter; maximum absolu : i4°,i le 17 et le 22. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 70,44; plus élevée, i3°,5 le 10; la plus faible, 2°,7 le 18. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima,
- — 3°,24; des maxima, i5°,66. Minimum absolu: —i5°,o le Ier; maximum absolu : 270,5 le 22. Dans le sol gazonné,
- — Moyennes du mois : (profondeur om,3o), à 9 heures : 20,82 ; à 21 heures : 3°,00; (profondeur om;65), à 9 heures : 3°,42; à 21 heures : 3°,46; (profondeur 1 mètre), à 9 heures : 4°,o6 ; à 21 heures : 4°,08. De la Marne. — Moyennes : le matin, 4°>46; le soir, 4°,73. Minimum : 2°,56 le 5; maximum : 7°,6o le 28.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 7“m, 13. Minimum, 2mm,o le xerài5-i6 heures ; maximum : 9mm,6 le i5 à 16-17 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 82,2. Minimum : 3î le 9 à i3 heures; maximum : 100 à 12 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 6,81. Minimum : 0,0 les ier, 9 et 14 ; 5 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible : 283 heures ; durée effective : 8oh 6 en 19 jours; rapport : 0,29.
- Pluie : total du mois : iomm,6 en 23l'7.
- Nombre de jours : de pluie, 12 dont 2 de pluie inappréciable; de neige, 1; de grêle, 1 ; de gelée, i3, dont 7 consécutives du 9 au i5; d’orage, 1; de brouillard, 7; de brume, 7; de givre, 6; de verglas, r; de halos solaires, 4; lunaire, 1 ; de gelée blanche, i5.
- Fréquence des vents : calmes, 14.
- N . . . . 58 S. E. . . . 12 W . . . . 52
- N. N. E.. 79 S. S. E. . 6 W. N. W. 8
- N. E . . . 67 S.... . . 38 N. W. . . 32
- E. N. E. . 21 S. s. w . . 126 N. N. W . *7
- E 6 s. w.. . . 85
- E. S. E. 7 w. s. w. . 44
- seconde. — Moyenne des
- Vitesse du vent en mètres par 24 heures : 4m;4b- Moyennes diurnes : la plus grande, 7m,8 le 24; la plus faible, om,8 le 12. Yitesse maximum : i5m,5 le 26 à 9h 3m par vent N. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,72. Minimum, 2m,62 le 19; maximum, 3m,22 le 27.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression, + 5“m,58; température, -j-o°,53; tension de la vapeur, -)-omm,07; humidité relative, —o,5; nébulosité, —0,01; pluie, —2omm,7; jours de pluie appréciable, —3; insolation, — 4ho.
- Electricité atmosphérique : Moyenne générale (a3 jours), 89 volts; moyenne diurne la plus élevée, 138 volts Je 20; la plus faible, 3o volts le 18. Moyenne des 21 jours pendant lesquels le potentiel est resté constamment positif, io3 volts. Moyenne diurne la plus élevée 138 volts le 20; la plus faible 75 volts le 21. L’amplitude diurne correspondant à ces jours au cours desquels on n’a observé aucun phénomène tel que pluie, grêle, etc., est o,34; b amplitude nocturne 0,52.
- Taches solaires : On a suivi 2 taches ou groupes de taches en 9 jours d’observations Le Soleil a paru dépourvu de taches les 1", 9, 20, 21, 22, 26.
- Perturbations magnétiques : Faibles les ior, 2, 5-8, 16-19, 25, 26; modérées les 23, 24, 27, 28; fortes les 13-14, 22; très forte le 21.
- Radiation solaire : La radiation solaire a été observée i5 fois à 6 dates différentes; les valeurs les plus élevées ont été : i0aI,O94 le ior à i3h6m et iotll,i66 le 9 à i3h i3m et le 22 à ioh34m.
- Mouvements sismiques : Des microsismes très faibles ont été enregistrés le 5 de 5h4m à 5U i5m et le xi entre xil‘54m et midi. Deux mouvements importants se rencontrent le 18 : le ier, débute à i8h5om49, présente une ph. pie. entre i9h5m et i9h20m et se termine vers 20b, 7 ; le 2e, plus faible, coi'respond à un tremblement de terre ressenti en Turquie d’Europe. Il débute à 2l1,38,“57,; ph. pie. entre 2ih441” et 2ih5o“; les sismographes sont encore agités à 22 heures. Les courbes du 19, portent la trace nette du tremblement de terre d’Italie (Emilie, Toscane); début à 7h2o“; maximum à 7h 23m. Le 23, un mouvement dont le début est difficile à préciser mais serait plutôt antérieur à iibS” a une ph. pie. de i2h iam à 12h x8m et se continue jusque vers i3h, 2; enfin le 26, les appareils indiquent un faible mouvement entre i3h nm et i3h22m.
- Floraisons : Le 19, perce-neige, le 23, pâquerette.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- C2K.
- Le citrate de soude contre les vomissements des nourrissons. — Un grand nombre de nourrissons ont des troubles dyspeptiques : plus rare chez ceux qui ont l’allaitement au sein, la dyspepsie^ est fréquente chez ceux qui sont nourris au biberon.” La mauvaise qualité du lait, son altération dans des vases mal nettoyés provoquent des troubles digestifs qui s’accusent par des vomissements et de la diarrhée verte. Alors même que le lait est d’excellente qualité, on voit survenir ces vomissements quand on le donne en trop grande abondance à chaque tétée ou quand on rapproche trop les tétées ou les données de biberons. Les vomissements sont dus dans ce cas à la suralimentation : l’enfant est incapable de digérer la dose trop élevée qu’on lui donne, d’où rejet du superflu et petit à petit, vomissements fréquents et continus. Dans certains cas, peu fréquents, mais nettement établis, les troubles digestifs tiennent, au contraire, à l’hypo-alimentation, c’est à-dire à une ration insuffisante. L’estomac ne
- recevant pas la dose nécessaire se contracte spasmodiquement, comme s’il était surchargé et rejette le lait. L’entourage a de la peine à s’imaginer que l’enfant n’a pas ce qui lui est nécessaire; comme on impute à tort ces vomissements à la suralimentation on diminue la ration alors qu’elle devrait être augmentée; les vomissements persistent et l’enfant est atteint de troubles graves d’inanition. Ce sont des faits dont l’interprétation est parfois malaisée : le Dr Variot qui a la plus grande expérience des maladies infantiles et qui a étudié tout spécialement ces troubles dyspeptiques par hypo ou suralimentation a observé des faits convaincants. J’ai vu, dit-il, plusieurs jeunes mères dont les enfants vomissaient à chaque tétée, lorsqu’ils ne prenaient qu’un sein dont la sécrétion était peu abondante et qui cessaient de vomir dès qu’on faisait donner les deux seins coup sur coup.
- Il faut tenir compte de tous ces détails dans l’appréciation des troubles dyspeptiques chez le nourrisson ; il
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- HYGIENE ET SANTÉ
- est indispensable d’en préciser l’origine. On peut voir, en effet, des enfants, nourris an sein ou au biberon, qui ont une irritabilité spasmodique de l’estomac et qui, alors même qu’ils sont très bien réglés comme rations, ont des vomissements.
- C’est contre ces accidents fréquents et qui peuvent entraver la croissance de l’enfant que le Dr Variot conseille depuis longtemps l’administration du citrate de soude. Le Dr Poynton, de l’hôpital des enfants de Londres, a été le premier, si mes souvenirs sont exacts, à imaginer l’adjonction du citrate de soude au lait donné dans le biberon. Notre ami Yariot a utilisé ce procédé thérapeutique dans son service d’hôpital, l’a trouvé excellent et il a généralisé l’emploi de ce sel dans les dyspepsies infantiles. Entendons-nous, il ne s’agit pas de le donner à tout venant et n’importe comment, dès qu’il y a un trouble digestif. Il faut en réserver l’usage aux enfants ayant des vomissements fréquents et rebelles par sur ou hypo-alimentatidn ; quand il y a mauvaise qualité du lait il faut d’abord remédier à cette cause.
- Le citrate de soude n’est pas toxique; on peut donc l’administrer sans inconvénient. Pour le préparer bien neutre, il faut combiner les proportions suivantes : acide citrique 23 gr., bicarbonate de soude 35 gr. Yous trouverez aisément, j’imagine, dans les pharmacies, le sel tout préparé, neutre et de bonne qualité. Pour combattre les vomissements, on recourra, comme le prescrit Yariot, à la solution suivante qui sera administrée à la dose d’une cuillerée à soupe, soit avant la tétée au sein, soit ajoutée au biberon :
- Eau distillée................... 120 grammes.
- Sirop simple.................... a5 —
- Citrate de soude.................. 2 gr. 5o
- Chaque cuillerée contient 25 centigrammes de sel, et on en peut donner, suivant la gravité du cas, 4 à 7 cuillerées à soupe par 24 heures. Mais on peut être assuré de voir les vomissements s’arrêter, les troubles s’amender et le bébé reprendre forces et santé. Le citrate de soude est suspendu, cela va sans dire, dès que les troubles dyspeptiques ont disparu. Dr A. C.
- Jfeq
- BOITE AUX LETTRES
- QflL
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres^ la Rédaction publie les faits d’un interet général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — N° 1964 du 14 janvier, p. 112, la photographie ne représente pas le produit du croisement du zébu asiatique et de la vache européenne, mais un jeune taureau Zébu Gujérati destiné à ces essais de croisement (rectification due à M. C. Hagenbeck).
- Adresses relatives aux appareils décrits — Le cadran d’Àurelle a été construit par M. R. Mailhat, 4i, boulevard Saint-Jacques, Paris; — L’ « auto » a été construit par la maison Château frères, 125, boulevard de Grenelle, Paris.
- Accumulateurs Edison. — M. Bachelard, ingénieur, 35, rue Saint-Julien, Nancy, nous avise qu’il est à lïiême dë fournir des accumulateurs Edison.
- Renseignements. — Abonné : Petit Quevilly. — Employezdu,jus de citron; vous n’aurez pas, bien entendu, l’illusion complète du sel; mais ce sera un palliatif.
- M. P, Æ., Nice. — Le cuivre sous forme de sulfate s’administre à l’intérieur comme antispasmodique à la dose de i ou 2 centigrammes par jour, l’indication du reste peu ou pas employée. A la dose de 10 à 20 centigrammes il agit comme vomitif. C’est pour cela qu’il est moins toxique qu’on ne l’a cru. Yoir les expériences de Galippe à propos de l’affaire Danval. En tous cas, ce n’est pas un médicament à conseiller à l’intérieur.
- M. P. P., à Monlfort-l’Armaury. — Il est exact que l’apparition de la maladie dont vous parlez, et qui est la rouille grillagée du poirier, due au développement d’un cryptogame parasite, la Ræstelia cancellata Rubenh, est souvent provoquée par la présence de genévriers dans le voisinage. Les taches brunes constatées sur les feuilles constituent l'extrémité de spermogonies ’ ou aecidioles, dont l’organisation est tout à fait analogue à celle des organes de même nom que l’on trouve associés aux aecidies de l’Epine-vinette, des Borraginées, etc.; l’infection du poirier par le genévrier atteint de rouille s’explique donc comme la rouille du blé par la présence de l’Epine-vinette, c’est là un fait couramment observé. Les sporidies de la rouille du Geiièvrier Sabine (Juni-perus Sabina) caractérisée par le Gymhosporangium Sabinæ, ,semées sur les feuilles de poirier , donnent naissance à des conceptacles de Ræstelia ; la preuve est donc faite de l’infection des poiriers par la rouille du Genévrier Sabine qui se développe aussi sur d’autres espèces de Genévriers (Juniperus Oxycedrus, J. Virgi-niana, J. Phœnicea, /. Sphœrica, J. Japonica, J. Ma-crocarpa, etc.), qui peuvent donner asile à d’autres formes du Gymnosporangium parasite (Gynmosporan-
- gium confusion, G. Clavariæforma, G. Juniperinum) sur le cognassier, le sorbier, l’alisier, le pommier, le néflier, l’aubépine et sur divers Cratægus. Il résulte de ces observations l’indication d’éviter, autant que possible aux arbres fruitiers, le voisinage des genévriers, ce voisinage pouvant leur être nuisible.
- M. A. C., Alger.— i° Pour l’ecoller l’ambre, enduire les surfaces à réunir d’une solution concentrée de soude ou de potasse caustique, chauffer légèrement et appliquer en contact en serrant : l’alcali ramollit l’ambre qui se soude ainsi à lui-même bien plus solidement qu’avec une colle. 20 Le vernis blond ou blanc Sœhnée c< pour veau, basane, parchemin... » convient très bien; tous les marchands de couleurs peuvent vous les procurer.
- M. 1). V., Alençon. — Yoyez dans le tome II des petites recettes de Tissandier (Masson, éditeur) la façon de préparer les peaux de lapin. Yous obtiendrez de bons résultats avec les peaux de taupe, mais en prenant soin de bien tendre, de bien gratter et de bien faire sécher les peaux; sans cela, les badigeons antiseptiques sont insuffisants.
- M. G. Hess, Le Havre. — Pour couper circulairement un rase de verre ébréché, remplir d’alcool jusqu’à l’endroit où on veut sectionner, allumer la surface du liquide, puis après 5 minutes, plonger le tout dans l’eau froide en tenant le vase bien droit : l’annèau supérieur, chauffé par l’alcool se sépare brusquement. Quand le moyen ne réussit pas, on emploie le charbon « Bérkeline » des chimistes (Poulenc, boulevard Saint-Germain, ou Rieul, rue des Ecoles) dont on tient l’extrémité en ignition près de la fêlure : en promenant le charbon, on allonge la cassure comme on veut, le long d’un trait circulaire tracé à l’avance avec de l’encre. Finalement, on doucit les angles du verre en frottant sur du grès mouillé, ou en passant une petite lime demi-ronde très fine.
- M. José Oliver, Palma de Mallorca. — S’agit-il d’un savon spécial pour enlever les taches ? d’un savon blanc ordinaire ? d’un savon mou? Nous ne pommns répondre à votre désir que s’il est plus exactement défini.
- La fabrication mécanique des sabots: — Nous complétons, après recherches spéciales, les renseignements demandés sur cette question. Il existe des machines-outils pouvant fabriquer presque complètement le sabot en bois (qui se fait, le plus souvent, en bois d’aulne et de hêtre), mais une retouche à la main est nécessaire pour la partie intérieure où repose le pied. Quant à la façon de la partie extérieure, elle est parfaite, bien supérieure à la façon manuelle. Par contre, la fabrication à la machine emploie plus de bois qu’à la main et, d’autre part, on estime que le rendement des machines n’est pas encore suffisant et que cette fabrication mécanique n’a pas encore donné de résultats bien remarquables. Tous les constructeurs d’appareils pour faire la « forme » construisent la machine-outil pour sabots ;
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- BOITE AUX LETTRES
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- ôn peut s’adresser à la maison Guilliet, à Auxerre (Yonue), et se procurer le catalogue de ses machines à reproduire, sabots, formes, etc.
- M. V. B., à Gouneville-sur-Merville. — D’après vos explications et l’examen des plumes que vous nous avez envoyées, vous vous trouvez en présence, non pas d’une nouvelle race de poule ni d’un nouveau genre, mais bien, au contraire, d’une sorte de dégénérescence résultant d’un croisement défectueux avec la race dite de Fave-rolles qui, à proprement parler, n’est même pas une race, mais un type de volaille issu des métis Dorking et Cochinchinois, Le plumage duveteux et les plumes rudimentaires de la queue et des ailes sont le fait de l’atavisme engendré par la Faverolles, qui a transmis ces caractères de la race Cochinchinoise (variété blanche), puisqu’elle provient, elle-même, d’une infusion de sang de cette race, laquelle a les cuisses très fournies de fin duvet, les ailes petites. La queue, chez le coq, n’a qu’une mince touffe de plumes, pas de faucilles. La poule a la queue très petite et presque cachée par les plumes du dos, très abondantes, et formant une espèce de coussin sur sa partie postérieure. La race' de Crève-cœur a le plumage entièremenl noir; mieux vaudrait, certainement, vous en tenir à cette race, en la faisant reproduire par une sélection sévère. Mais si vous tenez à recourir au croisement, il faut accoupler, de préfé-
- rence, des sujets de plumage identique. La race de Crèvecœur et celle de Langshan réalisent un croisement parfait : l’une a la chère exquise et de gros œufs; l’autre a une forte apparence et est bonne couveuse ; les sujets provenant de ce croisement sont très rustiques. Mais il ne faut pas oublier que le produit d’un croisement est difficile à fixer, à maintenir tel qu’on le souhaite, les métis accouplés entre eux ne transmettant pas régulièrement les qualités que l’on recherche, mais ressemblant tantôt à l’un des ascendants, tantôt à l’autre.
- M. Ch. I. Th., Angoulins-sur-Mer. — Nous ne pouvons, sans avoir assisté au phénomène, essayer de l’expliquer. Les ailes sont-elles visibles en même temps que les boules ? Peut-être les variations de vitesse des boules sont-elles la cause de l’apparence signalée.
- M. A. Tardif, Aix. — Yous trouverez toute une série de recettes dans l’étude publiée récemment par la Revue générale des matières colorantes (a numéros à 2fr,5o : janvier et mars 1911, 64, Chaussée d’Antin, Paris, sur la teinture des cheveux. Parmi les produits commerciaux inoffensifs, les « Oréal » sont des rasticks.
- M. R. Mansoi.tr, Constantinople. — Aucun réactif n’agit sur le pigment des encres à base de carbone, et vos taches sont sans doute indélébiles. Yous pouvez essayer de frotter à l’eau de savon tiède, c’est encore ce qui pourra vous donner les moins mauvais résultats.
- BIBLIOGRAPHIE
- cssr
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le tremblement de terre de Vierny : P. Sali.ior. — Peut-on vaincre la résistance de l’air ? : R. Chassériaud. — La guerre contre les rats : Y. Forbin, — Comment on fabrique un grès artistique : Georges Lanorvilee.. —La nouvelle centrale téléphonique de Hambourg : Dr À. Gradenwitz;—Académie des sciences; séance du i3 mars 1911 : Ch. de Vieledeuil. — Le diagnostic rapide des minéraux : J. Thoulet.—. Nouvelle application du principe du « Trottoir roulant » : J. d’Izter.
- Supplément. — La télégraphie sans fil et la détermination des longitudes. — Le prix Michelin. De. Paris au. Puy de Dôme en aéroplane. — L’évolution de l’industrie du gaz en Allemagne.
- Description et usage de Vastrolabe à prisme, par A. Claude, membre adjoint du Bureau des longitudes et L. Driencourt, ingénieur hydrographe en chef de la marine. In-8° (22-16) de xxx-392 pages, avec 35 figures et 7 planches. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1910. Prix : i5 francs.
- L’astrolabe à prisme est devenu, pour l’astronomie géôdésique, un instrument de la plus haute importance, car il permet des observations à la fois précises, simples et rapides. Les auteurs du présent ouvrage ont, par leurs travaux, puissamment contribué à la mise au point et à la vulgarisation de cet instrument et des méthodes qu’il comporte. Leur livre donne une description très claire des différents astrolabes à prisme, et de leur réglage; une étude théorique approfondie des méthodes d’observation et de calculs afférentes à l’appareil. Une seconde partie est plus spécialement consacrée à des indications pratiques sur les observations et les calculs ; elle constitue une sorte de manuel accessible à quiconque peut avoir à utiliser l’astrolabe à prisme. L’ouvrage de MM. Claude et Driancourt rendra les plus grands services notamment aux voyageurs et aux explorateurs.
- Formulaire du graissage industriel : Les lubrifiants. Fabrication. Raffinage. Confection des mélanges. Contrôle chimique. Applications pratiques, par J. Fritsch, chimiste. 1 vol., 3o2 p. avec 36 fig. Desforges, édit., 29, quai des Grands-Augustins, Paris, 1910.
- Ce volume rendra les plus grands services à tous les industriels en leur apprenant la nature et les propriétés exactes des substances qu’ils emploient pour les opérations si diverses et si importantes du graissage. M. Fritsch étudie pour diverses catégories de
- machines la lubrification la plus avantageuse; il montre ainsi que le graissage repose sur des principes rationnels que l’on ne doit pas méconnaître, sous peine dç déboires, et son livre donne le moyen de résoudre dans tous les cas ce grave problème. On trouvera également dans ce volume les conditions imposées aux huiles par les cahiers des charges de la marine et des chemins de fer.
- Force motrice d'atelier, par Allain-Launat. Guide pratique pour le choix et l’installation de la force motrice dans les ateliers. 1 vol., 161 p., 12 fig. Béranger, éd., Paris, 1911.
- M. Allain-Launay rend un grand service à tous ceux qui, sans être des spécialistes de la mécanique, ont à créer des ateliers avec force motrice. Il leur indique très brièvement, et en même temps d’une façon très complète, tous les éléments qui interviennent dans l’installation de la force motrice, l’ordré des dépenses à prévoir pour le premier établissement et l’exploitation, les précautions à prendre, techniques et administratives; il étudie ainsi la machine à vapeur, le moteur à gaz de ville, à gaz pauvre, le Diesel, le moteur électrique; il indique pour diverses industrie un chiffre très important : le coefficient d’utilisation des machines; l'ouvrage est bourré de chiffres précieux et très clairement classés sous forme de tableaux comparatifs. C’est bien réellement un guide, dont les excellents conseils éviteront à ceux qui lés suivront, bien des erreurs et des mécomptes dans leurs devis.
- Chimie analytique, parleDr F.-P. Treadwell, professeur à l’Institut polytechnique de Zurich, traduit de l’allemand par Stanislas Goscinny. Tome I : Analyse qualitative. In-8 de xvi-522 pages, avec 23 fig. et 3 planches spectrales. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, VI0. Prix : cart., 9 francs. >
- Il existe actuellement en France de nombreux traités de chimie analytique qualitative plus ou moins complets, plus ou moins appréciés, mais tous sont des recueils de recettes utiles pour bien réussir une analyse et pas un ne cherche à expliquer les opérations analytiques en rattachant les effets à leurs causes. Si l'ouvrage du savant professeur Treadwell a obtenu le plus vif succès dans les pays de langue allemande, c’est précisément parce qu’il a comblé cette lacune, en étant à la fois scientifique et pratique. Les principes sur lesquels repose la science analytique ÿ sont exposés avec méthode et clarté, et, en consultant ce livre, l’étudiant pourra se rendre compte du but des
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- BIBLIOGRAPHIE
- réactions qu’il effectue et auxquelles les autres traités d’analyse chimique l’avaient habitué à faire appel d’une façon pour ainsi dire inconsciente.
- Sur le terrain, guide pratique de topographie usuelle, par E. Liger. In-8° de iio pages, avec 5i lig. et 3 pl. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Prix : 2fl\5o.
- L’ouvrage de M. Liger est surtout destiné au jeune personnel des travaux publics et particuliers. J/auteur s’est attaché à résoudre les diverses questions au moyen de la géométrie simple, et de quelques notions, très élémentaires, de géométrie descriptive et de trigonométrie.
- La fièvre de Malte en France, par M le Dr Paul Canta-loube, Paris. A. Maloine, 1911.
- La lièvre de Malte (Mélitococcie) a pour origine l’absorption du lait cru des chèvres malades; le Dr Can-taloube décrit et étudie très curieusement l’épidémie qui, en 1909, a frappé plus de 200 personnes dans les hautes Cévennes du Gard. Jusqu’en décembre 1908, on considérait celte maladie comme exotique, il est maintenant certain qu’elle est fréquente entre Nîmes, Le Yigan, Alais et Montpellier (en août 1910, nous avons eu occasion d’en entendre parler avec terreur aux environs de Yalleraugue, Gard, et deVébron, Lozère).
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 mars 1911, 4°.l VV. s. Couvert. 4,1 Couvert le malin, nuageux le soir: pluie ou goultes jusq. 10 h.
- Mardi 14. ... . 1°.8 NV. 2. Couvert. 2.3 Couv.; gel Jd ; pluie, neige et grésil une partie du temps.
- Mercredi lo . . . . 1° 0 \Y. 2. Neige. 6,0 Presq. couv.; grésil, neige et pluie une grande partie du temps.
- Jeudi 16 . . . ... 2 >.7 NV. 3. Couvert. 1,5 Presq. couv. ; pluie, neige et grésil à diverses reprises.
- Vendredi 17 ... . — 0U.7 Câline. Beau. 0 Très nnng.; gel bl.; brouill jusq. 9 h., de 10D m. à 8 h.
- Samedi 18 .... . 5°.4 E. S E. 2. Dluie. 2,6 Nuaz. d 1 i à 18 li., couv. av. et après ; pluie de 6 à 10 h. ; halo.
- Dimanche 19 ... . 5°. 2 E 0. Très nuageux. » Nuageux; halo.
- MARS 1911. — SEMAINE DU LUNDI 13 MARS AU DIMANCHE 19 MARS 1911.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi !
- Jeudi
- Vendredi | Samedi I Dimanche |
- G-’MIDES'-MIN 6.MIDU&’WN,&/MIDI--G MIN 6- MIBt3&NlN MIDFG, MINNâvÿMiPLGViHINvG; MIDI’G
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la me?'); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du i3 18 mars. — J.e i3. Centre cyclonique sur les Pays-Bas; fortes pressions sur la Russie : Moscou, 773. Pluies sur le N. et l’O. Temp. du matin : Arkhan-gel, — 14°; Paris, 3; Alger, i3; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 4°>5 (normale : 5°,6). — Le i4- Dépression sur le Danemark et le golfe de Gênes : Nice, 749 ; fortes pressions sur l’Islande et la Russie : Moscou, 771. Pluies sur le N. et 10.; en France : Charle-ville, 7; Dunkerque, Belfort, 6; Monaco, 3; Paris, Brest, 1. Temp. du matin : Moscou, —i3°; Paris, 3; Alger, 14 ; Poy de Dôme, — 6°; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 5°,7). — Le i5. Pression basse sur l’O., le Centre et le S. : Pays-Bas, 745 ; golfe de Gênes. 748; Moscou, 771. Neiges et pluie sur le N.-O. et le S.; en France : Biarritz, 18; Monaco, 13 ; Cbarleville, 6; Dunkerque, 6; Brest, Paris, 2. Temp. du matin : Kharkof-— n°; Paris, ï ; Alger, 12; moyenne à Paris : 20 (nor, male : 5°,8). — Le 16. Etat stationnaire : Groningue,
- >sef
- 749. Pluies sur le N., le Centre, l’O.; en France : Biarritz, 24; Nancy, 12; Paris, 6; Le Havre, Bordeaux, 3; Clermont-Ferrand, 1. Temp. du matin : Belfort,
- — i°; Paris, 3; Alger, i3; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 5°,9). — Le 17. Nouvelle dépression sur les côtes de l’Atlantique : Yalentia, la Corogne, 762; extrême Nord, 772; Islande, 776. Neiges et pluies sur le N., le S. et le Centre; en France : Toulouse, Besançon, 6; Brest, Marseille, 3; Paris, Nantes, 2. Temp. du malia : Arkhangel, —24°; Paris,
- — 1 ; Alger, 12; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 2°,3 (normale : 6°). — Le 18. Dépression sur l’O. : Bretagne, 748; Islande, 777. Pluies sur le Centre et l’O.; en France : Cherbourg, 11; Le Mans, 7; Bordeaux, 3; Brest, 2; Paris, 1. Temp, du matin : Arkhangel, 170; Paris, 3; Alger, t6; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 20,7 (normale : 6°, 1). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 15, à 0 h. 7 m. du matin.
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- NATUR
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « Là JVâtUre » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (Y1e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N* 1975 — 1C1 AVRIL IPI 1
- SUPPLEMENT
- JtD
- INFORMATIONS
- La conjonction de Vénus et de la Lune. — Le
- Ier avril 1911, une conjonction de Vénus et de la Lune
- se produira à 18 heures, à o0^' Nord. Très beau phénomène à observer dès le coucher du Soleil. Le plus grand rapproc hement pour Paris aura lieu à i9h34f,,i Vénus se trouvant à 20' du Bord lunaire.
- La Lune, à son deuxième jour, présentera un croissant très fin encadrant une lumière cendrée très intense. La figure ci-jointe, dessinée et calculée par M. G. Blum, montre l’aspect du phénomène dans lé ciel du couchant, la lettre Z indiquant la direction du zénith.
- Pour le laboratoire de M. Branly.— Un comité vient de se former, sous la présidence de M. A. Mé-zières, afin d’organiser une souscription pour permettre à M.; Branly de continuer ses recherches dans de meilleures conditions matérielles que celles dont il dispose. Les souscriptions sont reçues chez M. Roland Gosselin, agent de change, trésorier, 62, rue Richelieu.
- Formation de bioxyde d’azote dans la combustion de l’oxyde de carbone. — On sait qu’un certain nombre de foyers industriels sont alimentés d’une façon plus ou moins directe par des gaz combustibles dont une grande partie est formée par de l’oxydé de carbone. Pendant la combustion de ce gaz au contact de l’air, on a à tenir compte, non seulement de l’oxygène, mais aussi de l’azote, contenus dans l’atmosphère. On a démontré en effet, il y a quelque temps, que, sous la pression atmosphérique, il.se fait toujours un peu de bioxyde d’azote dans la combustion de l’oxyde de carbone dans l’air, même si l’on élève jusque vers 8oo° la température de la flamme en chauffant les gaz avant de les enflammer. Il se fait d’ailleurs encore davantage de produits nitreux quand on opère sous une pression de plus dé cinq atmosphères.
- Les produits radioactifs en Allemagne.— M. Otto Hahn, de Berlin, étudie depuis plusieurs années les produits de transformation du thorium employé par grandes quantités dans l’industrie des manchons à incandescence. Il y a découvert plusieurs éléments radioactifs dont le plus important est le mésothorium; il a réussi à l’isoler des résidus sans valeur de la fabrication du thorium. Ona cal-
- culé à ce propos que, de ces résidus de fabrication, l’Allemagne pourrait extraire par an une quantité de produits radioactifs équivalant comme puissance à iogr. de bromure de radium pur. L’ensemble des sels de radium actuellement préparés dans le monde entier n’atteint pas ce chiffre.
- Le biplan Bréguet enlève 12 personnes. —
- M. L. Bréguet avec son biplan muni d’un moteur de 100 chevaux, a enlevé à'i5 m. de hauteur sur une distance de 1 à 10 km, 11 passagers, soit avec le pilote 12 personnes. Le poids soulevé fut de 5gy,g5o kg pour les passagers, et i3 kg d’approvisionnement. Soit en tout 632,900 kg. L’appareil à vide pèse 55o kg.
- Un nouveau mode de production du sel. —
- M. James Ilodgkinson de Manchester, vient d’achever la mise au point d’un nouveau procédé pour la fabrication du sel. Ce procédé semble exciter en Angleterre un vif intérêt. On dit que l’inventeur a déjà vendu ses patentes pour l’Amérique au prix de 25 millions de francs. En Angleterre et dans toutes les régions où le soleil n’a pas une ardeur suffisamment vive et régulière, le sel s’extrait de l’eau de mer par une évaporation partielle à l’air libre, suivie d’une concentration dans des récipients chauffés à la houille. Le procédé de M. Ilodgkinson consiste à réaliser la précipitation du sel par concentration dans 7 récipients, dont 3 sont clos, les 4 autres ouverts à l’air libre ; tous les 7 sont chauffés par un même foyer. La qualité et les dimensions des cristaux de sel dépendent, dans une forte proportion, de la température. Celle-cij dans le nouveau procédé, peut être réglée de façon à produire à volonté telle catégorie de sel que l’on désire. Le premier récipient dit notre confrère anglais Nature, est clos et produit, par cristallisation seulement, un sel de table si fin qu’il n’a plus besoin d’être moulu. Les gaz chauds du foyer vont chauffer les récipients suivants autour desquels ils circulent; de même la vapeur qui se dégage du premier récipient circule dans les autres et y favorise la précipitation. Le second et le troisième récir pient sont également clos ; ils produisent un sel un peu plus grossier que le premier; les suivants sont à l’air libre et produisent du sel pour les salaisons .de poisson. Le foyer est à chargement mécanique; l’appareil comporte en outre un système de déchargement automatique du sel. Le procédé expérimenté d’abord à Northwich s’est montré, entre autres avantages, doué d’une fumivorité parfaite. L’inventeur prétend qu’il peut produire, dans le même temps, 4 ou 5 fois autant de sel que par les anciens procédés anglais, et qu’il économise 3 tonnes dè houille sur 4- ' ;'
- Le fer électrolytique. —Le professeur Franz Fischer de Berlin a imaginé un procédé de préparation du fer, fort original et qui donne de curieux résultats : il consiste à précipiter le fer d’une dissolution saline par le courant électrique; procédé analogue à celui employé en
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- INFORMATIONS
- grand aujourd’hui pour fabriquer le cuivre dit électrolytique. Le procédé Fischer est actuellement mis au point dans les grands ateliers d’électrolyse Langbein-Pfannhauser, à Leipzig. Le fer obtenu est très pur; on le détache de l’électrode sur laquelle il s’est déposé, à l’état de tôle très brillante, très solide aussi, facile à travailler; en choisissant convenablement l’électrode on peut obtenir des tubes par exemple, ou des formes des plus compliquées. Le fer électrolytique, grâce à sa pureté, possède des propriétés magnétiques intéressantes : il se magnétise et se démagnétise avec beaucoup plus de rapidité que le fer doux ordinaire : ce serait un avantage précieux dans la construction des électroaimants, donc de la plupart des machines électriques.
- Le triangle équilatéral à Carthage. — A l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, M. Philippe Berger, étudiant les fouilles faites par nos officiers sur l’emplacement de l’îlot amiral à Carthage, a appelé l’attention sur diverses lignes, symboles et caractères puniques qu’on trouve, soit peints à l’encre, soit gravés au trait sur les blocs des soubassements puniques de cet îlot, notamment le triangle mystique de la déesse Tanit. Il* les a rapprochés des signes analogues trouvés sur les fondations du temple de Jérusalem et, plus récemment, sur les murs du temple d’Eryx, en Sicile, et enfin par M. Clermont Ganneau à Tripoli. M. Dieulafoy a remarqué à ce propos que le triangle équilatéral avait joué dans l’antique Orient un rôle analogue à celui du triangle rectangle en Egypte. L’un et l’autre étaient considérés comme sacrés. Les fouilles nouvelles ajoutent une preuve nouvelle à celles qu’il avait données en étudiant la restitution rythmique du mausolée d’Halicarnasse. A l’appui de cette curieuse interprétation des propriétés géométriques du triangle équilatéral, M. Dieulafoy a rappelé que Xénocrate, de Chalcédoine, interprète des superstitions scientifiques de l’Orient, professait lui aussi que le triangle équilatéral était le symbole de Dieu. On s’explique ainsi le rôle considérable joué par cette figure dans les tracés des édifices élevés par les Chai-déens, les Perses, puis les Grecs d’Asie mineure, les Grecs d’Europe et les Romains, et dont on retrouve encore l’équivalent actuel.
- Les gros calibres de la marine anglaise. — Au
- cours de la récente discussion sur le budget de la Marine, des orateurs ont été amenés à faire des comparaisons entre les pièces d’artillerie des principales flottes. Il est donc intéressant de noter que l’arsenal de Devon-port vient de recevoir (14 mars) la première paire de canons de i3,5 pouces dont il a été tant parlé, et qui serviront à l’armement du Lion, le nouveau croiseur du type Dreaàpougkt. Comme on en jugera par les chiffres suivants, ces pièces marquent un progrès considérable sur les canons de 12 pouces dont sont armés tous les cuirassés et croiseurs du même type actuellement en service, 'Le poids total dè métal que lanceront les 10 canons de, 13,5 pouces du Lion sera de 12 5oo livres, alors que 10 pièces de 12 pouces ne lanceraient qu’.un poids total de S5oo livres, soit une augmentation de près d’un tiers. Quand l’armement du nouveau croiseur sera terminé, l’Amirauté placera des pièces de ce même calibre sur les quatre'nouveaux cuirassés1 du type Orion, soit sur Y Orion, le Thunderer, le Monarch et le Con-queror. Malgré la puissance redoutable du nouveau calibre, on annonce déjà qu’il ne sera que transitoire, car'; potir!repjreïidre son avance sur l’Allemagne, qui fabrique actuellement pour sa flotte des pièces de *4 pouces, l’Amirauté Britannique, si nous en croyons 1 q*.Daily- Mail, poursuit depuis trois mois des essais avec un canon de 15 pouces.
- La parthénogenèse artificielle. — On a lu dans le dernier numéro l’article de M. Perrot sur les remarquables expériences de parthénogenèse artificielle effectuées par :Mv Bataillon sjlr des Céuf.à’de grenouille. Il est intéressant à ce propos de signaler le récent travail de M. Dàudin [Bulletin scientifique de la France et de la Belgique, 1909) où cet auteur établit une revue des principaux travaux de cet ordre parus jusqu’en 1909 et expose lès principaux résultats acquis. Ces résultats varient extrêmement suivant les groupes animaux expérimentés : dans les uns ils sont pour ainsi dire nuis, tandis qu’ils sont très remarquables chez d’autres. Pour les Coelentérés, lés Némertiénsyles Lâinellibranches et
- les Ascidies, les œufs n’ont pu être conduits par les expérimentateurs au delà du stade d’une segmentation rudimentaire. Les œufs de Poissons et de Batraciens ont été amenés à un stade de segmentation plus avancé, mais sans aller encore jusqu’à des formes larvaires proprement dites. Au contraire, les types suivants ont pu être poussés par parthénogénèse artificielle jusqu’à des stades larvaires plus ou moins avancés, et les ont même quelquefois dépassés. Ainsi les Holothuries et les Gastéropodes ont été conduits jusqu’au stade blastula, qui est la plus simple des formes larvaires, ;— les Arthropodes jusqu’au stade gastrula, qui fait suite au précédent, mais qui est encore une forme larvaire inférieure, commune à un très grand nombre d animaux, — les Polychètes et les Géphyriens jusqu’à ce qu’on appelle des stades de larve active, c’est-à-dire, jusqu’à ces formes larvaires beaucoup plus avancées (Bipinnaria, Pluteus, Trochophore) qui ne sont plus communes à de vastes ensembles, mais spéciales à des groupes déterminés. Enfin, parmi les Echinodermes, les oeufs d’Etoiles de mer et d’Oursins ont pu être poussés jusqu’à la forme adulte, an delà par conséquent des formes larvaires. Il faut même signaler que parmi six oursins que M. Yves Delage avait pu, après parthénogénèse, amener au développement adulte, deux ont continué à vivre depuis la date dé leur métamorphose (août 1907) jusqu’en janvier et février 1909; l’un de ceux-ci a été reconnu comme étant de sexe mâle, arrivé à maturité et parfaitement apte à se reproduire; il avait done achevé le cycle complet de son évolution.
- Le pétrole dans la marine de guerre britannique.
- — Comme conséquence de l’adoption du pétrole comme combustible par l’Amirauté anglaise, on vient de lancer à Greenoclc le premier bateau pétrolier pour la marine de guerre anglaise. Ce bâtiment doit opérer en pleine mer le ravitaillement des « Dreadnoughts ». Le cuirassé à munir de combustible prend en remorque le pétrolier et des pompes puissantes refoulent le combustible liquide dans les réservoirs du cuirassé. Le nouveau pétrolier, le Burma, peut recevoir 25oo tonnes de pétrole, réparties entre 12 réservoirs. Il a une vitesse propre de 12 noeuds.
- L’élevage des vers à soie sauvages. — On produit en Chine, au Japon et dans l’Inde, une notable quantité de soie, avec les cocons formés spontanément sur certains arbres par des insectes qui y vivent à l’état sauvage. La quantité mondiale de cocons ainsi récoltés est d’ailleurs très faible comparativement à la production des vers à soie ordinaires : 35 millions de kg sur un total d’environ 4oo millions. Elle est cependant notable, et mérite de fixer d’autant mieux l’attention que la plupart des variétés de vers sauvages peuvent vivre dans nos climats et que, se nourrissant de feuilles de chêne par exemple, il devient inutile de cultiver spécialement les plantes destinées à leur nourriture. M. Lambert, directeur de la Station séricicole d’Alais, examine dans le « Bulletin de l’Office des renseignements du Ministère de l’Agriculture », les nombreux essais faits en Europe et particulièrement en France pour l’acclimatation des vers à soie du chêne et du prunier (surtout avec les variétés yama-maï et pernyi.) Dans la plupart des cas on obtient des résultats appréciables : la récolte annuelle d’un seul éleveur atteignit 40 000 cocons, pesant 200 kg. Cependant aucun des essais ne fut suivi d’application généralisée, quoique certains éleveurs aient poursuivi leurs essais pendant plus de dix ans. Cet insuccès provient, d’après M. Lambert, de causes multiples : difficulté de se procurer des œufs, vendus au cent à des prix élevés ; incertitude de la réussite des élevages en raison de l’impossibilité de détruire les oiseaux ennemis de l’insecte ; prix élevé de la main-d’œuvre nécessaire pour la cueillette des cocons ; bas prix de la soie sauvage qui, dans les centres chinois de production est vendue au prix du coton; enfin, défiance routinière exercée, surtout dans les campagnes, contre toute industrie nouvelle à laquelle on n’est pas habitué. Mais ces obstacles ne sont pas insurmontables. Et peut-être, comme propose de le faire M. Lambert, serait-il possible d’acclimater en France l’élevage des vers à soie sauvages par des distributions gratuites de graines, l’autorisation de chasser les oiseaux destructeurs, et l’attribution de primes aux soies obtenues par dévidage domestique chez les habitants de la campagne.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- QS£,
- > Le vernissage au four par l’électricité; — La
- General Typewriter Exchange Inc., à New-York, vient d’adopter avec succès: le chauffage électrique pour le dessèchement des' vernis de leurs machines à écrire.
- Les radiateurs électriques dont se sert Cette société comportent1 deux compartiments de 0,9 m. de profondeur, sur 0)9 m. de largeur et 1,10 de hauteur. Les parois doubles enduites d’amiante ont des intervalles d’air. ;
- Ces; radiateurs sont chauffés par les plaques de chauffage (au nombre de 6) disposées au bas et dont l’arrangement permet de mettre en circuit dans chaqùe compartiment deux ou quatre oui bien toutes les six à la fois. La température ainsi réalisée varie suivant l’emploi spécial,: entre 80 et 160° C. . , . .. •’
- Ces radiateurs sont utilisés irrégulièrement ; on fait fonctionner tantôt l’un ou l’autre compartiment, tantôt tous les deux; bien des fois l’on ne traite qu’une ou plusieurs machines dans chaque compartiment. Le nombre maximum de machines à écrire desséchées simultanément est de 20 par compartiment.
- Suivant les expériences de la société, il faut 0,6 kilowattheures d’énergie électrique pour dessécher le vernis
- plus constant, permettant l’utilisation plus complète II des radiateurs. : 3 . ||
- En faisant passer le courant dans toutes les plaques de chauffage, il faut ih 33 à ih45 pour atteindre, une température d’environ i5o° C. par compartiment.
- Pour plus de commodité, on ! relie deux plaques de chauffage à une clef et quatre plaques à une autre ; c’est ainsi qu’en desséchant l’émail, on met en circuit foutes les plaques de chauffage à la fois, tandis que la dessiccation du vernis n’en demande que deux ou quatre. Après avoir établi la température voulue du radiateur; on interrompt le passage du courant sans donner lieu, ,E pendant le reste du temps que dure l’opération;-(2 à ' 3 heures), à une perte de chaleur supérieure à 5-io° G. C’est ainsi qu’on réalise une importante économie de courant.
- . Un avantage spécial du chauffage électrique dans. le. cas présent, c’ést l’abséncé dé gaz èt d’autres impuretés;
- . On recommande de disposer au haut, du radiateur, un tube ventilateur et au bas un dispositif d’aspiration; en établissant une circulation d’àir, on accroît, en effet, plus rapidement la température que dans l’air parfaitement calme.
- Les portes;et angles, des radiateurs sont sensiblement étanches à l’air.
- Un four électrique pour microscopes. — Après avoir modifié si profondément l’industrie métallurgique, le four électrique, sous des dimensions minuscules, vient d’être adopté comme utile accessoire du micro-
- Fig. 1. Microscope muni dé son four ; à droite, rhéostat de réglage.
- scope. Les objets destinés à l’examen microscopique doivent souvent être portés à une température élevée, Un dispositif de chauffage est donc bien des fois indispensable. /
- Le four électrique en miniature construit à cet effet par M. E. Leitz, à Wetzlar, peut être disposé sur la table d’un microscope quelconque (fig. 2) ; deux pince-objets suffisent au besoin à le fixer. Le courant dé chauf-fâge, emprunté en général à la canalisation électrique, est réglé par un rhéostat qpi permet des variations de température quelconques. Après'avoir relié une borne diï four à l’une des bornes du rhéostat, on attache chacune des deux bornes qui restent à l’un des pôles de la , station centrale, sans tenir compte du signé. \ f *
- ; Le rhéostat comporte un butoir qui empêche la mise hors circuit d’une partie trop grande de sa résistance et, par conséquent, protège le four contre les .accroissements de température excessifs: Lés températures d’en- vîron 800 degrés G sont atfèinleé sains compromettre l’instrument. V. Ak 'fit-, •
- .Dans le cas où üü Chaüffàge plus faible est"suffisant; ik y a souvent avantage à se servir du courant de quelques éléments d’accumulateurs (4-6), reliés directement au four, bien que des rhéostats spéciaux, reliés à la canalisation, puissent également être employés pour des températures allant jusqu’à a5o degrés.
- vOn se rend compte aisément des avantages que présente le chauffage électrique àu point de vüéde la propreté et de la facilité de manipulation et de réglage.
- Une petite enveloppe ..‘protectrice garantit ^l’objectif,
- 1 3 Fig. 2. — x et 2. Deux dispositifs de fours.
- 3. L’enveloppe protégeant l’objectif,... . . : ?
- même dans le cas d’un chauffàgé permanent de l’objet, contes,., un accroissement 4d,e. ±empéE%turse^é^c#s|jf,.ü qu’il soit nécessaire de recourir à des dispositifs de refroidissement: spéciaux (par, circulation d’eau> etc;),-, ; -Là teiMpérature de Eobjét est mesurée, avec une haute précision, au moyen d’ùirelément de théKtüôpilèsi'Potîn déterminer, deàxYàïeiurs.; >app
- ployer un rhéostat gradué directement en températures.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie '*«*».
- La Chambre lumineuse. —r On sait combien il est difficile d’obtenir un jour favorable pour faire des portraits photographiques, c’est ce qui explique comment les photographes obtiennent des résultats convenables,
- parce qu’ils disposent d’un atelier dans lequel ils varient à leur volonté les e-ffets de lumière.
- M. Georges Mendel, io bis, boulevard Bonne-Nouvelle;1 auquel on doit déjà de nombreuses inventions, concernant la Photographie, le Phonographe et le Cinématographe, vient d’imaginer un dispositif peu encombrant et même démontable, auquel il a donné le nom de « Chambre Lumineuse ». ..
- Cet appareil est une sorte de grande armoire, fermée sur 5 côtés par des plaques de fibro-ciment et ouverte en avant. A l’intérieur de cette petite chambre est disposée une deuxième cabine, dont les côtés et le plafond sont formés d’une toile translucide et incombustible; les "parois de cette cabine étant distantes d’environ 25 cm. des murs de la précédente. Il existe donc un espace continu et clos entre les deux cabines.
- Les dimensions intérieures de la cabine sont suffisantes, pour qu’une ou deux personnes puissent y tenir à l’aise; le fond est revêtu d’une toile peinte représentant un fond photographique.
- En haut, en avant, ou sur le côté se trouve une lampe électrique ou un bec de,gaz ou toute, autre source lumi? neuse de faible importance.
- Sur la droite et en avant-* en M sur notre gravure, est. une coupelle métallique dans laquelle on met un peu ;dé magnésium en poudre. r
- _ Cette coupelle de magnésium est placée sur un petit chariot qui peut se déplacer d’un bout à l’autre de la cabine et entre les deux parois, de façon,que l’opérateur puisse produire où bon lui semble béclair lumineux, etJ aussi afin que les fumées du magnésium restent enfermées dans l’espace clos, entre les deux cabines concentriques.
- L’appareil photographique est placé en avant de la cabine, et mis au point, au moyen de l’éclairage de la iarnpe placée au-dessus du sujet. L’inflammation instantanée du magnésium est obtenue au moyen d’une bobine d’induction à rupteur automatique alimentée par. une petite batterie d’accumulateurs de quatre volts, ou par des piles. Le contact électrique est donné au moyen d’une poire (D) qui peut être disposée pour déclancher en même temps l’obturateur de l’appareil photographique
- Une cheminée V ést établie au-dessus de la Chambre Lumineuse, de façon à emmener au dehors, et très rapidement les fumées produites par le magnésium, qui , restent, en tous cas, confinées dans un espace clos, sans incommoder le sujet à photographier ni l’opérateur.
- Les àvahitages du dispositif inventé par M. G. Mendel sont très nombreux.
- D’abord lè ëüjet à photographier étant enfermé dans une cabine presque entièrement close n’est pas distrait par les personnes avoisinantes ; on peut lui faire prendre facilement la pose et la lui faire conserver.
- Ensuite, la distribution de la lumière produite par le magnésium se fait d’une façon très égale, par diffusion à travers la toile translucide et par concentration, entre les parois rapprochées de cette chambre lumineuse; il èn résulte beaucoup de fondu dans les portraits, et une mise en valeur très exacte des teintes des couleurs.
- C’est ainsi que la photographie d’une femme blonde est absolument différente de celle d’une femme brune et fait parfaitement ressortir la teinte des cheveux. Il en est de même pour les fleurs, les. vêtements, etc., dont les couleurs ; sont appréciables; sinon au point de vue de leurs teintes, du moins au point de vue de leur intensité lumineuse.
- Dans la figure ci-contre, l’appareil photographique est muni d’une poire de déclanchement (A), tandis que le dispositif d’inflammation du" magnésium est muni d’une autre poire de déclanchement (D).
- Mais nous avons, dit que les deux - déclanchements pouvaient être faits au moyen d’une seule poire ; c’est au photographe: de choisir le procédé qui lui plaît le mieux, en vue d’obtenir le maximum d’effet artistique.
- La Chambre lumineuse de M. G. Mendel a environ i,5o m. de largeur, i,5o m. de profondeur et 2 m. de hauteur. :
- Elle remplace très avantageusement l’atelier du photographe, dans lequel: on a besoin de la lumière du jour pour faire un portrait.
- Ici, au contraire, le portrait peut se faire de jour comme de nuit, et l’instantané de la lumière du magnésium permet de surprendre le sujet, au moment où sa pose et son expression sont les meilleures.
- Cette petite invention nous paraît donc destinée à rendre bien des services, aussi bien aux professionnels, qu’aux amateurs de photographie. Re>ü': Champi.y.
- Objets utiles -S'c&j :
- Le pupitre forestier. — Le « pupitre forestier » do M. A. Barbey, a été imaginé dans le but précis de permettre aux forestiers d’effectuer leur travail de prises de notes en plein air, sans se soucier des intempéries et même du plus mauvais temps. Comme lè montre la figure le pupitre se compose de deux parties : Uné plançhette-support, qui est la table, le pupitre proprement dit, et un protecteur, formé d’une feuille de celluioï d transparent qui, en cas de pluie, se rabat sur le pupitre et, en s’appuyant sur un petit volet triangulaire, placé à. la gauche de l’opérateur, détermine une chambre close on celui-ci a toute liberté pour faire son travail. Le pupitre proprement dit a été conçu en vue d’être aussi peu que possible soumis à l’action de l’humidité : dans ce but, il est formé de 3 et 5 couches de tilleul et de noyer alternées. 11 mesure 29 cm sur 35 cm, c’est-à-dire les dimensions voulues pour recevoir les carnets et calepins de l’administration française à l’usage des . martelages, balivages, re-colements, etc. Enfin il peut être réplié sur lui-même et placé facilement " dans un sac de course ou porté? en bandoulière : il pèse environ 600 grammes.
- Au surplus de l’application spéciale que nous venons d’envisager, le pupitre rendra des services également fort appréciables à tous ceux qui sont appelés à dessiner ou à prendre des notes en plein air, par n’importe quel temps : artistes, ingénieurs, géologues, etc. Le fabricant a d’ailleurs prévu le cas et il a constitué un type du pupitre mesurant 3g cm sur 25, destiné à recevoir les formulaires des tirs militaires et les feuilles de dessins des géomètres et des ingénieurs topographes. —Le « Pupitre forestier » est en vente à Genève, 4> rue du Marché, chez Och frères, au prix de i5fr,5o.
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- VARIETES
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- Le cas pathologique de don Quichotte. — Don
- Quichotte n’est pas seulement le type de la générosité chevaleresque poussée à un degré admirablement déraisonnable : c’est aussi, par le fait même, un fou. A ce titre, il échappe au domaine exclusif de la littérature, et les médecins sont autorisés à revendiquer comme étant pour une bonne part de leur compétence la puissante figure évoquée par le génie de Cervantes.
- Cela est si exact que le médecin espagnol Menendez y Pelayo a pu considérer les psychiâtres comme « les critiques les plus autorisés de don Quichotte », et qu’à un étudiant qui lui demandait un conseil sur le choix des meilleurs auteurs à consulter pour l’étude de la folie, Sydenham répondait : « mon ami, lisez don Quichotte. »
- Don Quichotte est un cas pathologique, relevant de cette monomanie d’extravagance chevaleresque qui sévit endémiquement dans toute l’Europe à la suite des Croisades, et que les théologiens comme les moralistes s'efforcèrent d’extirper. Le roman tout entier de ses aventures n’est que le développement presque scientifique de sa démence particulière.
- . Quelques médecins se sont attachés à l’étude médico-,physiologique de Quixada, dont l’état mental a été tracé'par Cervantes avec assez de précision pour offrir -.toute la valeur d’une observation clinique et réelle. Le premier en date est le médecin espagnol Moréjon qui, dans son histoire bibliographique de la médecine espagnole, parue en 1842, a consacré tout un chapitre à l’examen étiologique, symptomatique et évolutif de la folie de don Quichotte.
- En 1876, le Dr Lovèau soutint devant la Faculté de Montpellier une thèse sur la manie dans Cervantes: Dans un livre paru en 1886, le Dr Pi y Molist, directeur de l’Asile de la Santa Cruz, à Barcelone, étudiant le cas de don Quichotte, y voit tous les traits d’une monomanie des grandeurs, caractérisée par un délire primitif et fondamental sur lequel se greffent d’autres conceptions délirantes secondaires, le tout favorisé par des illusions de la vue, de l’odorat, du toucher, provenant d’une altération permanente de la sensibilité affective.
- En 1898, M. Villechauvaix soutient une thèse sur Cervantes malade et médecin, où don Quichotte noüs est présenté comme un exemple classique du V déliRé systématisé des persécutions ». En 1905, dans un ouvrage publié à Saragosse, le Dr Ricardo Royo Yilla-noya définit la folie spéciale de don Quichotte : un délire systématisé ou partiel du type expansif; forme mégalomaniaque, variété philanthropique. Enfin, le plus récent travail qui ait été fait sur cet intéressant sujet est une thèse de M. Lucien. Libert, la folie de don Quichotte (1909), où la question est reprisé à nouveau et ingénieusement analysée avec les ressources que la science peut fournir pour l’examen d’un cas qui, somme toute, reste imaginaire et inventé.
- Cette fois, il nous est dit que la démence du chevalier de la Triste-Figure est bien clairement un spécimen caractérisé du délire d’interprétation. Si les devanciers de M. Libert n’ont pas formulé cette opinion, c’est, pense-t-il, parce qu’ils ont commis la grave erreur de
- ne pas faire un départ exact entre l’hallucination et l’illusion.
- Les troubles des sens sont rares dans l’histoire de Quixada, et cette rareté des- hallucinations sensorielles est précisément la caractéristique du délire d’interprétation. Dans la nouvelle théorie, le chèvalérésque fou est donc un interprétateur, qui, sans être conduit à cela par aucune perversion, aucune erreur des sens, et sous la seule direction des idées de sentimentalisme,".de grandeur et de persécution'qui le dominent, ramène^ et adapte tous les événements extérieurs aux, chimères écloses dans son imagination malade/ Le plat a;-.barbé pris pour l’armet de Maïnbrin,Te moulin mué en château, les moulins à vent transformés en géants, tout cela est du domaine de l’interprétation, non du domaine de l’hallucination. . ..... . .
- Voilà pour le diagnostic; M. Libert ne s’est pas fait faute de pousser quelques recherches vers l’étiologie.: La folie ne naît pas et n’évolue pas sans cause ; celle de don Quichotte est évidemment lé produit de certaines circonstances d’époque, de lieu, d’ambiance. Ces circonstances peuvent être au moins partiellement Reconstituées. . ; .
- L’époque, d’abord. C’était le moment de la plus grande vogue des romans de chevalerie, qui exerçaient sur toutes les cervelles une action si pernicieuse que lés souverains espagnols durent les proscrire : cé qui n’empêcha pas d’ailleurs leurs éditions de se multiplier, et. leur malfaisante carrière de se poursuivre. Un esprit bien organisé n’eût pu absorber sans se troubler le poison contenu dans les livres que le barbier et lé. curé découvrent dans la bibliothèque de leur malheureux ami. Or, des prédispositions morbides avaient déjà diminué la résistance cérébrale de don Quichotte.
- Quant au milieu, on sait que la Manche, pays natal du chevalier, était, — elle l’est encore — une contrée sauvage et inculte, propice à la neurasthénie et génératrice de psychose. Sous l’implacable soleil de son ciel bleu, le sol n’y offrait qu’une désolation permanente, et l’horizon n’y montrait de-tous côtés que des bûttes de terre rouge, où les arbres rabougris et rampants ne donnaient point d’ombre. Les habitants de ce désert acceptaient avec crédulité, par contraste, les fables de pays enchantés où vivaient des fées et des géants.
- Don Quichotte n’est pas le seul fou de l’œuvre de Cervantes; il a des frères, dont plus particulièrement le curieux et spirituel Licencié-de-verre, qu’un religieux hiéronymite guérit si malencontreusement d’une démence qui le faisait vivre* Où donc Cervantes avait-il puisé sa science de psychiâtre ? Sa robuste santé intellectuelle ne permet guère de s’arrêter à l’hypothèse qu’il eût été fou lui-même. >
- Mais on croit avec assez de vraisemblance que son père, don Rodrigo, était médecin et chirurgien, et avait pu lui inculquer des notions de son art; notions plus ou moins étendues, qui devaient lui permettre de soigner ses amis ou ses Compagnons de captivité en terre africaine. A moins qu’il ne se soit tout simplement documenté dans les asiles d’aliénés de Tolède, de Séville et de Valladolid, villes où nous savons qu’il a fait des séjours. A. Acloque.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- L’alimentation par les corps gras_____Bon nombre
- de malades ou convalescents ont besoin, pour réparer leürs forces compromises, leur santé altérée, d’une alimentation riche en graisses. Les tuberculeux, les rachitiques, parfois même certains diabétiques doivent absorber une certaine quantité de graisse. Il y a quelques années, on avait adopté le système de la suralimentation, les résultats furent déplorables. Ce gavage intempestif amena la fatigue de l’estomac, des troubles digestifs, et loin de se suralimenter, les malades soumis à ce régime d’ingestion forcée et continue de substances nutritives ne s’alimentaient plus du tout. On est revenu avec juste raison de cette pratique absurde, on alimente le mieux possible, on ne suralimente pas.
- Les corps gras, les graisses sont des plus utiles dans l’alimentation réparatrice, mais on sait quelles difficultés on éprouve à les faire prendre par les malades. Dégoût souvent insurmontable, tolérance difficile allant jusqu’aux troubles digestifs, obligeant à diminuer les dosés ou même à supprimer tout à fait lés corps gras, tels que l’huile de'foie de morue. - ' -
- Deux médecins de Bordeaux, MM. Bonnes et Elloy viennent de tourner la difficulté de tolérance des matières grasses en les présentant sous une forme spéciale qu’ils appellent une émulsion aérienne. Ils les font prendre ainsi sans dégoût et les rendent plus aisément assimilables. Ils conseillent pour obtenir de bons résultats, de n’avoir recours, en fait d’alimentation, qu’à certains
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- HYGIENE ET SANTE
- corps gras, tels le beurre, l’huile de foie de morue, la moelle osseuse et les huiles végétales (olive, sésame, arachides). La méthode idéale pour les administrer sepait celle des injections sous-cutanées, mais l’absorption serait trop minime et trop lente. Les huiles et graisses doivent être prises par la bouche, et pour être bien assimilées, il faut les émulsionner. Prenez des jaunes d’œufs, faites-en une émulsion et vous constaterez que 78 pour 100 des matières grasses sont absorbées. L’émulsion est donc une condition essentielle de la bonne et complète absorption.
- Partant de ce principe, MM. Bonnes et Elioÿ ont tenté d’établir des émulsions sans corps émulsifs, en se servant simplement d’une graisse alimentaire, sous un volume restreint, et voici comment ils ont résolu le problème, en se servant du beurre préparé de certaine façon.
- . Dans uü récipient de. porcelaine mettez une quantité suffisante de beurre frais non salé, faites fondre au bain-marie, vers 4b0 sans jamais dépasser 5o, en agitant continuellement. Aü bout d’un certain temps, environ B à 10 heures, les matières impures et les éléments étrangers à la graisse, eau, caséine, sucre de lait, tombent aü fond du vase ou forment à la surface une écume plus ou moins épaisse, ce que l’on appelle d'ans maints* pays la crasse de beurre et qu’on mange étendue sur
- du pain comme les rillettes. On laisse refroidir, on égoutte, et le beurre ainsi purifié est reporté au bain-marie jusqu’à fusion complète; on met alors le récipient contenant le beurre dans un vase rempli d’eau froide et on bat le beurre avec une machine à battre les blancs d’œufs jusqu’à formation d’une crème persistante. Il faut bien avoir soin de faire ce battage pendant que le beurre est encore en fusion.
- Le produit ainsi obtenu est blanc, d’aspect agréable et plus digestible; c’est une véritable crème qui a perdu 17 à 20 pour 100 du poids initial. Grâce à sa pureté et protégée du contact de l’air, elle est à l’abri du rancissement et même sans salure, ce beurre peut se conserver' au moins un an sans altération. En’ raison de son goût et de son aspect de crème, on peut le sucrer êt le prendre comme une crème fouettée ou l’additionner de sel et le mélanger aux autres aliments.
- C’est avec cette crème que l’on peut préparer les mélanges d’huiles de diverses sortes, huile de foie > de morue, moelle osseuse, huiles végétales. Le mélange’ avec l’huile de foie de morue n’a pas l’aspect répu'gnaût de l’huile pure et conserve cependant une légère odeur sui generis, mais peut être administré plus aisément et surtout assimilé sans peine. Les émulsions aériennes méritent d’être introduites dans la pratique thérapeutique et alimentaire. Dr A. C.
- " Taches de sels d’argent sur le linge. — Soit en faisant de la photo, soit en s’occupant dé chimie, soit? même en employant certains, médicaments, il arrive
- jusqu’à dissolution du chlorure blanc restant, un bain tiède d’hyposulfite sodique (T de la figure). !
- Au cours de chacun de ces traitements, Pargênt métâl-
- Témoin.
- Extrait de Javel. Extrait de Javel. Chlorure . .sodique et. . : Bichlortire Iodure de Cyanure de'
- Permanganate. bichlorure de de cuivre. , potassium.. potassium,
- mercure. -
- -Témoin.
- qu’ôn môuille accidentellement le. linge de solutions de ; divers sels d’argent. Rapidement décomposé sous l'action de la lumière, le produit tache les fibres d’un précipité brun-rouge foncé d’argent métallique. Ges taches âont très difficiles à enlever et ne cèdent qu’à des traitements compliqués; force est de suivre une méthode inverse de la marche^de formation des taches v4rans-former d’abord l’argent en un sel, puis dissoudre ce sel.
- Les divers traitements .recommandés donnent des résultats très inégaux comme on en peut juger d’après notre figure représentant une série de lettres qui tracées sur toile avec une solution de nitrate d’argent (L et E) furent successivement soumises à des lavages de cinq minutes dans les solutions aqueuses des produits men-, tionnés (employés presque tous à 10 pour 100 et tièd®s)- ,¥oici le détail, des .manipulations à effectuer pour obtenir de bons résultats :
- 1“ Traiter dans l’extrait de Javel additionné de cinq fois, son volumë d’eau. Rincer, passer dans Une solution froide dé permanganate (5 pour 100), puis dans un bain de bisulfite de soude (10 pour 100) acidulé par l’acide chlorhydrique (16 pour 100) (Premier A de la figure).
- > . '.Plongerdans un bain froid de bichlorure de mercure (10 pour 100) et de sel marin (10 pour 100); après décoloration, laver dans unë solution tiède de sel marin (lôpour 100). „ -, ,
- 3° Faire agir d’abord jusqu’à blanchiment des traces, une solution de bichlorure cuprique (20 pour 100), puis
- . lique est d’abôrd amené à l’état de chlorure blanc, et'
- : ce sel ensuite éliminé par dissolution. ' v . ’
- ‘ . ' r ; (Laboratoire de La Nature.) ' .
- Destruction dé L Endemis, parasite de Ha vigne.
- Ces dangereuses chenilles, qui jusqu’à présent ne se : multipliaient ( guère que dans les régions du Midi 1 s’attaquent maintenant aux raisins cultivés près de Paris. D’après M. P.' Marchai, le savant'professeur de l’Institut agronomique, qui s’est livré à de nombreux essais comparatifs de destruction, il est facile de tuer le parasite en pulvérisant une bouillie bordelaise additionnée de i,3 pour 100 de nicotine titrée. A défaut de ce dernier produit, qu’il est parfois très difficile de se procurer, on peut employer la liqueur suivante dont l'effet, est équivalent : ^ ; ^
- A) Résine . . ... Y ... . , i5 grammes.
- Carbonate de soude cristallisé. ' ‘15 - ' ?
- ‘ Eau.. . '. i . ‘v - •. . . a5o à 3oô — !'y\'
- Chauffer jusqu’à complète, dissolution. : J’
- B) Poudre fraîche de pyrèthre. ., iB grammes.
- i Alcool méthylique............... ... i5o c. c. ..
- Laisser macérer pendant, 24 heures dans,, un vase, clos..
- On mélange lès deux liquides, on complète un litre ! avec de l’eau ou de la bouillie bordelaise neutre et on : pulvérise. Le coût assez élevé delà mixture, en restreint pratiquement l’emploi an traitement des chasselas et autres raisins de table.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Cadran solaire portatif. — La maison Mailhat, Mou-ronval frères, successeurs, a pour adresse, non 41, boulevard Saint-Jacques, mais 10, rue Emile Dubois, XIV0. C’est elle que M. d’Aurelle a chargée de fabriquer Y auto.
- — L’Antimorbine décrit dans notre n° 1973, est vendu par M. S. Berliner, 9, rue de Paradis . — Etang tropical.
- — Les constructeurs de cet étang, décrit dans notre numéro du 2 5 mars sont MM. Sulzer frères, à Win-terthur.
- Correspondance. — Plans de Strasbourg avant la guerre. — M. Toussaint, de Metz, nous écrit, à propos de cette question, que nous posions il y a quelque temps à n'os lecteurs : « Si les plans du vieux Strasbourg ne sont pas contenus dans l’ouvrage dus Alte Strasburg, pàr Scyboth (Karl Trübner, libraire-éditeur, Strasbourg), je crois qu’en s’adressant à la Bibliothèque Impériale de l’Université (Landesbibliothek, place Impériale, docteur professeur Euting, directeur), soit à là Bibliothèque Municipale, on trouverait des volumes les concernant. Ces bibliothèques prêtent leurs livres dans toute l’Allemagne moyennant une somme minime. »
- Renseignements. — M. Meyer, à Paris. — On pourrait réaliser dans les immeubles, les communications
- téléphoniques au moyen de petits postes automatiques d’immeubles qui dispenseraient de l’intervention 'du concierge. Vous pouvez vous adresser à la Société Lorimer ou à la Société Berliner.
- M. Guillemé, La Roche-sur-Yon. — Pour conserver le brillant du cuivre, pas d’autre moyen qu’un bon vernissage. Employer un produit commercial de bonne marque (vernis transparent ou jaune d’or pour laiton de Sœhnée par exemple) de préférence à ceux qu’on fabrique soi-même, fin prenant un vernis « or » le métal sera bien plus brillant et joli que s’il est simplement astiqué.
- M. P. B., à I. — Il suffit d’appliquer la formule P — KSV2, où P représente la pression en kilogrammes sur la surface considérée du brise-vent, S cette surface en mètres carrés, V la vitesse de l’automobile en mètres à la seconde; prenez pour K la valeur 0,08. Si l’on incline la glace sur l’horizontale, la résistance varie suivant une loi assez compliquée, mise en évidence par M. Eiffel et sur laquelle nous reviendrons très prochainement.
- M. A. Elosegui, à Tolosa. — Il faut faire recuire ces plaques à l’abri de l’air et les laisser refroidir lentement.
- M. L. U., à Paris. — Voyez : i° Analyse oenologique, par Pellet, Hermann, éditeur, 6, rue de la Sorbonne, Paris; — 20 Analyse chimique de Threadivell, Dunod eit Pinat, éditeurs, 49» quai des Grands-Augustins ; -4-3° Le manuel de l’aviateur, par Banet, Rivet et Caldç-ràra, même librairie. . ;
- Dv C. H., à Montpellier. — Il faudrait vous adresser à l’inventeur, M. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, Paris.
- \M. A. W. B., à Paris. — Le mieux serait de voir un oçuliste, car le larmoiement tient le plus souvent à üp rétrécissement du conduit ou des points lacrymaux____i
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un étang, tropical en Suisse : Dr A. Grabenwitz. — La théorie de Svante Arrhénius et quelques données récentes de la physi-: que et de la géologie : Robert D ou ville. — Les lignes élee-itriques souterraines de Paris : Jacques Boyer. — La.parthénogenèse expérimentale : E. Perrot. —La dérivation de la Neste et les barrages: des Hautes-Pyrénées : C. Malégarie. — Stabilisation des aéroplanes au moyennes gyroscopes : Camtaine D.
- — Le parasitisme de la cuscute : A. Acloque. — Chronique.
- — Académie dès sciences : Ch. be Villedeuil, — Deux nouveaux cadrans solaires portatifs : Antoine be Saporta.
- Supplément. — Nécrologie : ..Van t’Hoff. — La lumière zodiacale.
- — Le lait à Dieppe, etc.
- L'Angleterre moderne, son évolution, par L. Cazamian. Paris. E. Flammarion. 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o. (Bibliothèque de philosophie scientifique).
- L’auteur résume le progrès intérieur dé l’Angleterre au xix" siècle. Laissant dè côté la ! politique étrangère et le détail des événements, il marque les grandes étapes du mouvement intellectuel et social. Embrassant les principaux aspects de la vie nationale, de i832 à nos jours, il aide ainsi à suivre, jusqu’aux années .présentes, le développement, les origines et le sens de la crise actuelle. Il s’efforce en effet d’expliquer les causes économiques et psychologiques de 1’accélération remarquable qu’a subie récemment, l’évolution anglaise. Le peuple britannique, son tempérament, ses idées, ses tendances, les désirs et les décisions de sa volonté de puissance, apparaissent ainsi légèrement différents, à notre époque, de l’image traditionnellément acceptée; èt le souci des réalités, semble-t-il, doit introduire quelques nuances dans nos jugements, quelques réserves dans les exemples que l’on cherche volontiers outre-Mançhe.
- Le Ferro-Magnêtisme. Applications industrielles, par R. Jotjaust, chef de travaux au Laboratoire Central d’Electricité. 1 vol. in-i8 jésus, cartonné toile, de
- 420 pages avec 55 figures dans le texte. Encyclopédie Scientifique, O. Doin, Paris 1911. Prix : 5 francs.
- Les progrès réalisés depuis quelques années dans le calcul des machines dynamo-électriques ont nécessité une connaissance approfondie des matériaux magnétiques entrant dans leur construction. La fabrication de ces substances, bénéficiant des études dont elles étaient l’objet, a fait d’autre part depuis quelque temps de très grands progrès. Dans le présent ouvrage, on trouvera rassemblé l’ensemble de nos connaissances sur cet important sujèt. Ce livre se divise én deux parties principales : la première, s’adressant plutôt à l’ingénieur électricien, passe en revue les phénomènes du ferro-magnétisme et le rôle qu’ils jouent dans le fonctionnement des machines; la seconde, s’adressant plutôt au métallurgiste, examine les divers procédés de fabrication employés pour obtenir des aciers répondant aux desiderata des électriciens, aussi bien pour la construction de leurs machines que pour la réalisation des aimants permanents.
- L'hygiène du violon, de l’alto et du violoncelle, par L. Greijlsamer. Paris, r vol. in-ï6. Delagrave. Prix : 3 francs.
- Conseils pratiques, sur l’acquisition, l’entretien, le réglage, la conservation des instruments à archet.
- L’Australie : Comment se fait une nation,, par. J. F;. Fraser. Paris. 1 vol. in-16. P. Roger. Prix, : 4 francs.
- Cette monographie se range à côté de celles que nous avons déjà signalées sur l’Allemagne au travail, VAmérique au travail, la Belgique au travail. ;On y trouvera la même abondance de renseignements' que dans ces précédents ouvrages. , : i, y : ;
- IIow to attract and • protëct wild birds - par Mi Heesé-mann. 'London "Witherby and C° X26 High HplboMj 1911. : 1 broch. 1 feh. 6. • 1 : X ~ 1
- Ce petit volume (ïoô p.) est Un admirable traité-guide pour la protection des oiseaux sauvages ; il donne des indications très détaillées sur le nichagé, la nourriture, là lutte contre lés parasites, etc.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La voiture de tourisme, par L. Lessard, i vol., 135 fig. Delagrave, éditeur, Paris 1910.
- C’est une sorte de bilan de l’automobile que M. Lessard s’est proposé d’établir. Il passe en revue les différents organes de la voiture l’automobile, en ne retenant, parmi les innombrables mécanismes créés par l’industrie nouvelle, que ceux qui ont victorieusement subi l’épreuve de la pratique. L’ouvrage quoique rédigé par un technicien très documenté, est très clairement écrit et reste constamment à la portée du grand public.
- Internaciona biologial lexilco, en ido, germana, angla, franca, italiana, ed hispana, par M. Boubier. Iéna. G. Fischer. 1911. 1 vol. in-16. Prix : 1 Mk 5o.
- Lexique international, en langues ido, etc., des termes de biologie.
- Weather Instruments : IIow to use them, by O. H011-ner. 1 brochure 48 p., chez Witherby et C°, 326 High Holborn. Londres, 1910. Prix : 6 pence.
- Petit manuel des instruments météorologiques usuels et accessibles aux amateurs.
- Les plantes à gommes et à résines, par H. Jacob de Cordemoy. Paris, O. Doin, 1911, 1 vol. in-16, 412 P-(.Encyclopédie scientifique, Bibliothèque de botanique appliquée). Prix : 5 francs.
- L’étude des plantes à gommes et à résine n’est pas faite seulement au strict point de vue botanique, mais aussi, et même surtout, au point de vue chimique et industriel. Le livre est, de ce fait, une excellente introduction à Putilisation de ces produits, et à la culture et à l’exploitation, européenne ou exotique, des plantes qui leur donnent naissance. Bibliographie abondante.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o)
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DS 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 mars 1911. 8°,4 S. E. 3. Très nuageux. 0,2 Petite pluie à 1 heure; très nuageux; halo à 12 heures.
- Mardi 21 7\1 S S. E. 1. Très nuageux. p Gelée blanche; nuageux; à 18 h. 45 à l’W ; éclairs et IL; tonnerre.
- Mercredi 22 . . . . 8°,6 S. S. E. 5. Très nuageux. 0,0 Gelée bl. ; nuageux; gouttes le m et à 13 h. 45; halo solaire.
- Jeudi 25 5°.0 S. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Vendredi 2l . . 6°,9 N. 3. Couvert. 0 Gelée blanche; brouillard le malin; couvert.
- Samedi 25 1°,1 N. N. W. 3. Très nuageux. 0,8 Gelée bl. ; très nuageux; grésil.et neige à diverses reprises.
- Dimanche 26 ... . ü°,0 N. 4. Neige. 6,6 Couvert; pluie et neige presque continues.
- MARS 1911.
- SEMAINE DU LUNDI 20 MARS AU DIMANCHE 26 MARS 1911.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- BmBBHiaiaaMmananEamH) WBBEaEa&BezjisinaBBantsjoa BsaBHcssBKaB
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent * courbe' épaisse; les pressions ' barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 21 au 26 mars. — Le 21. Pression en hausse sur le S.-O. et l’E., en baisse sur le N.-O. : Ouessant, 760; Saint-Pétersbourg, 775. Pluie sur la France : Ouessant, 47 î Brest, 23, cap Sicié, 20; Lyon, gj-Limoges, 8; Le Mans, 7. Temp. du matin : Paris, io°; Alger, i5; moyenne à Paris : io°,4 (normale : 6°,5).—Le 22. Zone inférieure à 760 sur l’O. : îles Scilly, 754; Kharkof, 780. Pluies sur le S.-O.; en France : Ouessant 42; Cette, 24; Perpignan, 16; Calais, 7 ; Lyon, Cherbourg, 1. Temp. du matin : Helsingfors, — i3°; Paris, 9 ; Alger, i5: Puy de Dôme, o; moyenne à Paris ; xi°,i (normale : 60 gj — Ze a3. Hausse sur l’O. et le N.-O. : Angleterre, 769;Feroé, 772; dépression.sur la Méditerranée: Malte, 755;. Vardoe* 752. Pluies sur TOi;;. en France : Cette, i4; Dunkerque, 11 ; Marseille, 10; Le Mans, 9; Limoges, 5; Bordeaux, 3, Temp, du matin : Kharkof,
- —140; Paris, 5; Alger, i3; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : io°,9 (normale : 6°,7). — Le 24. Dépression sur l’O, ; Cherbourg, 759. "Pluies sur l’O. ; en France : Paris, 14. Temp. du matin : Kharkof, —120; Paris, 2; Alger, 12; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 6°,8). — Le 25. Dépression profonde sur l’O. Pluies sur l’O. Temp. du matin : 'Arkhangel, —20; Paris, 1; Alger, 12; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris5: 2°,3 (normale : 6°,9). — le 26. Profonde dépression sur l’Europe centrale et la Méditerranée : Nice, 749; Lisbonne, 754. Pluies et neiges 'sur' 1-0. ; , en France : Belfort, 14 ; Biarritz, 10; Boulogne, 8; Clermont-Ferrand, 5; Nantes, Paris, 1. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —. i3°; Paris, 0 ; Alger, 16; Puy de Dôme, — 9; moyenne à Paris : i°,i (normale : 70). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 23, à minuit 35.
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- LA
- Revue des
- Sciences et de "leurs Applications aux
- et à rindustrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL /
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout Ce qui concerne « La! Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : > 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (YJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1976 — 8 AVRIL 1911
- SUPPLEMENT
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- contre ces procédés malhonnêtes, et qui ne peuvent que déconsidérer le commerce et l’industrie.
- Les satellites de Mars. — M. Lowell, dans le Bulletin n° 5o de l’Observatoire Lowell, donne le résultat de ses observations des deux minuscules satellites — Phobos et Deimos — qui gravitent autour de la planète Mars. Ces observations ont été effectuées lors de l'apparition de 1909, apparition très remarquable par la grande hauteur de Mars sur l’horizon en même temps que par sa proximité de la Terre. Elles s’étendent du 16 septembre au 24 octobre. M. Lowell pense que, malgré le nombre relativement petit des observations, il semble exister une variation d’éclat de l’un ou de l’autre des satellites, et peut-être même des deux, dépendant de leur position dans leur orbite autour de Mars. Ce serait le cas si la surface de ces satellites n’offrait pas partout le même pouvoir réflecteur — le même albedo -7-- ou si leur forme était irrégulière et en même temps si leur rotation s’effectuant dans la même durée que leur révolution, ils présentaient ainsi toujours la même face à leur planète. Ces déterminations conduisent toutes à montrer que Phobos est plus grand que Deimos. Si on prend le diamètre de Deimos pour unité, on trouve :
- Deimos. Phobos.
- Diamètre. .............. 1 - 2,48,
- Surface visible........ 1 6,15
- Masse (en supposant une
- densité égale). .... x i5,a>
- L’altération des soies traitées par les sels d’étain sous 1 influence de la lumière. — Dans un grand nombre de cas, les soies naturelles sont traitées, pour teinture ou pour apprêt, par des sels d’étain et notamment par du chlorure stannique ; mais on a remarqué que les tissus ainsi obtenus sont fréquemment altérés au bout d’un certain temps. On a constaté que cette altération est due vraisemblablement à une oxydation dans laquelle l’étain jouerait le rôle d’un catalyseur qui la rendrait plus rapide. Les essais monti’ent que la résistance des tissus est maxima quand ils sont conservés dans un gaz inerte tel que l’hydrogène ou l’azote, à l’abri de la lumière Cette remarque est intéressante pour la conservation des pièces de collection possédant une grande valeur, telles que celles de musées ou d’églises.
- Nombre des composés organiques.—Le nombre des composés chimiques organiques, c’est-à-dire à base de carbone, connus avec précision s’élève aujourd’hui à i5oooo; et la chimie, chaque année, nous en révèle de 5ooo à 8000 nouveaux.
- Falsification de l’essence de térébenthine. — En
- Allemagne, M. Vaubel vient de signaler une essence de térébenthine falsifiée par 3o pour 10O d’essence d^ copal. Le mélange distille de i55 à 1900. Cette falsification peut d’ailleurs se reconnaître aisément par les propriétés acides du résidu de la distillation et par la détermination de la quantité de brome qu’il peut fixer. Il était néanmoins bon de la signaler pour mettre les consommateurs d’essence de térébenthine en garde
- Neuf personnes en aéroplane pendant une heure. et demie. — Sommer, le 3o mars, à Douzy, a tenu l’air, en biplan pendant une heure et demie avec huit passagers. Le poids total enlevé fut de 455 kg. . A
- Chute mortelle de l’aviateur Ceï. —- L’aviateur Ceï s’est tué le 28 mars. Il était parti en biplan, du champ d’Issy-les-Moulineaux pour aller atterrir à Puteaux., Arrivé près de Puteaux, on vit l’aéi’oplane tomber brusquement d’une hauteur de plus de . 600 m. L’appareil vint s’abîmer dans Pîle-Rothschild. Ceï, très grièvement blessé, expirait 3 heures après. ; , •
- Voyages en aéroplane. — Deux beaux voyages aériens ont été effectués le 28 mars; Védrine s sur monoplan Morane a effectué en 3h 10 le parcours Paris-Poitiers. Il comptait pousser jusqu’à Pau; mais deux atterrissages trop brusques entraînèrent pour l’appareil quelques avaries et Védrine s dut s’arrêter à Poitiers pour réparer. Wynmalén, sur biplan, a effectué le voyagé Châlons-Paris en 2h 20.
- Le 3i mars, Védrinès, ayant renoncé à son voyage à Pau, revient de Poitiers à Paris en 21' 12. La distance de Poitiers à Paris étant de 355 km, ce temps représente une vitesse moyenne de i5o km 900, certainement la plus élevée que jamais aéroplane ait réalisée. Le même jour, 3 monoplans Blériot, montés respectivement par le capitaine Bellanger, les lieutenants de Malherbe et de Rose quittaient Pau à 7 heures du matin, pour tenter de gagner Paris. Le lieutenant de Malherbe dut s’arrêter à 40 km de Châteauroux. Le capitaine Bellanger et le lieutenant de Rose firent escale à Châteauroux. Le lendemain, le capitaine Bellanger parti à 8h 2 atterrissait à il 25 à Vincennes; le lieutenant, de Rose parti à 8 heures, atterrissait à son tour à 2h 5o.
- Routé aérienne Colomb-Tombouctou. — Le Gouvernement général de l’Algérie a fait parvenir à la Ligue nationale aérienne une série de documents du plus haut intérêt concernant la nalure du sol au-dessus duquel serait appelé à voler un aéroplane allant de Colomb-Béchar à Tombouctou. De l’ensemble dé cés documents, il résulte que la fraction de route comprise entre Colomb-Béchard et- In-Salah est toute tracée et comporte plus de sécurité qu’aucune route européenne. Seuls les 100 km qui séparent le bas Touat du Tidikelt et qui se déroulent au-dessus de la plaine la plus propice aux atterrissages, sont dépourvus de jalonnement et de points de repère. Mais on indique que dés postes seraient élevés à peu de frais auprès des puits.
- Les grands Concours d’aviation 1 en 1911. — L’année 1911 fera époque dans les annales de F aviation* grâce aux nombreuses épreuves organisées par la grande presse quotidienne de France et d’Angleterre, et qu’elle a dotées dès à présent d’un ensemble de prix qui formeront un total de près d’un million et demi de francs. C’est d’abord, par ordre de date, la course
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- INFORMATIONS
- Paris-Madrid, organisée par le Petit Parisien, et qui se courra en mai prochain. A l’heure où nous mettons sous presse, nous ignorons encore les détails du règlement, que notre confrère a soumis à l’approbation de l’Aéro-Club de France. On sait déjà que cette belle épreuve, la première qu’on ait jamais organisée entre les capitales des deux sœurs latines, est dotée d’un prix de iooooo francs, auquel s’ajouteront vraisemblablement des prix offerts par la presse et les municipalités d’Espagne. De son côté, le Petit Journal fera courir au mois de mai l’épreuve Paris-Rome Turin, avec le concours des comités des expositions qui vont s’ouvrir dans ces deux dernières villes. Un ensemble de 4oo ooo francs de prix est attaché à cette course, en comprenant dans cette somme ïàoooo francs attachés à deux meetings auxquels les concurrents pourront participer, soit à Rome, soit à Turin. Renonçant à une partie de l’itinéraire qu’il avait tout d’abord fixé à son « Circuit Européen d’Aviation », le Journal s’est arrêté aux étapes suivantes : Paris, Liège, Utrecht, Bruxelles, Londres, Paris. Le départ aura lieu le 18 juin à Vin-cennes. L’ensemble des prix (dont 200000 francs offerts par le Journal) forme le total-record de 412 5oo francs, y compris la contribution du Standard de Londres (6a 5oo francs), celle du Petit Bleu de Bruxelles (25 000 francs), et celles des municipalités belges et hollandaises. Enfin, le Daily Mail publie le règlement de ses Mille Milles en Grande-Bretagne, magnifique épreuve ouverte aux concurrents de toutes nationalités, et à laquelle est attaché un prix de a5o 000 francs. Elle commencera le 22 juillet, pour se terminer le 5 août, à 7h 3o du soir. Le départ aura lieu de l’aérodrome de Brookeland, où aéroplanes et moteurs seront identifiés, les concurrents n’ayant droit qu’à des réparations partielles ou remplacements d’organes, le règlement spécifie qu’ils ne devront pas changer de moteur en route. Cette dernière clause donnera un intérêt technique tout spécial à cette grande épreuve des Mille Milles, dont les points de contrôle ont été choisis parmi les les principales villes du royaume, notamment à Hendon (Londres), Harrogate, Newcastle, Edimbourg, Glascow, Carlisle, Manchester, Bristol, Exeter et Brighton.
- Les tunnels du Lotschberg et du Simplon. — Le
- percement du tunnel du Lotschberg vient d’être terminé, du moins quant à la rencontre, heureusement réalisée, des deux galeries d’avancement. Des fêtes ont eu lieu à ce sujet à Kandersteg. Il résulte de cet événement un contre-coup important pour le tunnel du Simplon. Comme il a été dit dans différents articles parus dans La Nature, le tunnel du Simplon se compose de deux galeries parallèles, l’une servant à la voie montante et l’autre à la voie descendante. Une seule galerie a été entièrement terminée et l’autre n’a été que partiellement ouverte. La circulation des trains dans le tunnel se fait donc à voie unique. Cette voie unique suffirait amplement au trafic actuel si l'ouverture prochaine de la nouvelle ligne internationale de Berne, à Brigue passant par le Lotschberg ne venait apporter prochainement une augmentation considérable au trafic devant passer par le tunnel du Simplon.
- Aussi l’administration des Chemins de fer Fédéraux vient-elle de décider et de voter les fonds nécessaires pour l’ouverture entière de la: seconde galerie et Rétablissement de la seconde voie dans le tunnel. La société Brandt, Brandau et Cio, qui a construit le tunnel du Simplon, ayant décliné l’offre qui lui était faite d’entreprendre ce travail; les chemins de fer Fédéraux viennent de mettre en adjudication l’ouverture de cette seconde gâterie y compris; la pose de la voie, La rencontre des deux galeries d’avancement du tunnel du Lotschberg dont La Nature, à:décrit les travaux de percement dans son numéro du 34 décembre 1910, a eu lieu le 3o mars dernier avec une différence inappréciable des axes des deux galeries Nord et Sud, .
- Un moteur à hydrogène. — M. Letombe étudie , actuellement lin moteur pour sous-marin, d’un principe intéressant. Pour la marche en plongée le moteur consommerait , comme combustible de l’hydrogène-, comme comburant de l’oxygène; ces deux gaz étant emmagasinés à haute compression dans des réservoirs ad lioc. L’hydrogène est le plus léger des combustibles connus : 72 grammes de ce corps en brûlant dégagent autant de calories que 200 grammes de pétrole. Le produit de la combustion est de la vapeur d’eau; or, cette vapeur
- rejetée par le moteur constituera de la vapeur surchauffée capable d’actionner une turbine à condensation. Le moteur réunirait donc les avantages du moteur à combustion et de la turbine à vapeur.
- Les taches invisibles dans le blanchiment et l’impression des cotonnades.— La Société industrielle de Mulhouse a récemment attiré l’attention des fabricants de tissus sur l’inconvénient qu’il y avait à employer des huiles minérales pour apprêter les fils et; graisser les métiers. Ces huiles contiennent, en effet, des paraffines résistant au blanchiment usuel. Dès lors, il arrive que les tissus bien blancs sont néanmoins souillés de taches « invisibles » : quand on les teint ou qu’on les imprime, la matière grasse imprégnant les fibres empêche la matière colorante de pénétrer, ce qui provoque la formation de taches, cette fois trop visibles ! Or les techniciens rouennais qui font cependant les mêmes articles que leurs collègues alsaciens, ne se plaignent pas de cela. Cependant, les tisseurs de ; l’Ouest -emploient comme ceux de l’Est des huiles minérales. D’où provient alors la différence des effets obtenus lors de l’impression? On l’avait d’abord attribuée à ce fait que les huiles minérales employées à Rouen avaient été déparaffinées par congélation. Mais il résulte de l’enquête faite à ce sujet que ce mode d’épuration, n’est pas toujours employé, et qu’au demeurant, le raffinage n’est jamais parfait. La réalité est plus simple. Dans les tissages du rouennais, les ouvriers sont habitués à faire sur les mêmes métiers, et des étoffes destinées à être blanchies puis imprimées et des tissus vendus directement sous forme écrue. Aussi, pour ue pas salir ces derniers articles, ce qui les déprécierait près de l’acheteur, travaillent-ils toujours avec soin, de façon à ce que la graisse des machines ne souille jamais la pièce en confection. Et quand il se produit accidentellement des taches, on prend soin de les enlever par lavages à la benzine. Il sera donc facile à tous les fabricants de tissus d’éviter maintenant la formation de ces taches si nuisibles lors de l’impression : il suffira de prendre quelques soins supplémentaires. Cette petite réforme aura les plus heureux effets, car c’est un grand dommage que cause dans les imprimeries sur étoffe la présence des taches « invisibles ». Cela oblige fréquemment à recommencer des pièces de réassortiment. Or on sait que pour tous les genres d’impression en couleurs, la « mise en route » constitue une opération longue, délicate, coûteuse, qui ne doit être faite qu’en vue d’un tirage suffisant à amortir le prix de 1 opération.
- Invasion ailée. — De curieitses invasions d’animaux ont été parfois signalées : telles, une invasion de lapins qui désole depuis un an certains districts de Californie, et une invasion de faisans qui fait le désespoir des fermiers du Canada occidental. En Amérique du Sud et aux Antilles, on voit périodiquement s’abattre sur telle ou telle région des nuées de papillons aux ailes jaune clair dont le défilé dure de quatre à huit jours. Mais c’est la première fois, à notre connaissance, que se soit produite une invasion de pigeons ramiers comparable à celle qui sévit depuis deux semaines dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Le gros de l’invasion paraît s’être concentré dans les vastes plaines de Salisbury; mais les comtés limitrophes de Dorset, Gloucester, Berk, Hert-ford, Sussex et Surrey, n’y ont pas .échappé. Dans le seul comté de Wiltshire, on évalue à 600000 le nombre des ramiers qui s’y sont fixés au cours de l’hiver. D’où viennent ces millions de pigeons? On pense qu’ils ont été chassés des forêts de Scandinavie et des Provinces baltiques par les rigueurs de l’hiver. Leur multitude constitue un véritable fléau, car les voraces envahisseurs ruinent les cultures, dévorent les jeunes pousses de raves, de navets et autres légumes, dévastent les champs de choux et de sainfoin, anéantissent lès pâturages réservés pour les moutons. Sur la plainte des fermiers, les autorités anglaises ont autorisé les garnisons de la région à organisées de très vastes battues auxquelles prennent part 5ooo à 6000 fusils. En une seule de ces battues, les chasseurs ont tué jusqu’à 10000Û oiseaux. Mais le remède est inefficace, et plusieurs municipalités ont établi une échelle de primes qui alloue un penny (10 centimes) par tête pour 100 oiseaux tués dans un mois, et 56 centimes par tête pour iôoo pigeons tués dans le même intervalle.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- iî> Photographie
- Les progrès de la photographie sont arrivés aujourd’hui à un tel point que les nouvelles méthodes, les nouveaux appareils se font de plus en plus rares; quand il s’en présente, nous ne manquons pas de les signaler ici, ou dans le corps du journal, selon leur importance.
- Nous avons pensé qu’il serait utile, surtout pour ceux qui ne font de la photographie que depuis quelques années, de revenir un peu en arrière, de rappeler certains procédés, certains principes qui ont été peu approfondis, ou même oubliés, et de traiter avec quelque ampleur certains sujets qui, sans être nouveaux, méritent cependant d'attirer Vattention.
- C’est dans ce but que nous nous proposons d’écrire ici, une fois par mois environ, une causerie dans laquelle nous nous efforcerons de traiter surtout les questions qui touchent à la pratique.
- Développement des agrandissements pendant la pose. — Ce procédé a l’avantage d’être rapide et économique* et de résoudre en même temps la question du temps de pose qui, dans la pratique de l’agrandissement, est presque aussi importante que pour l’obtention du cliché. Ordinairement on tâtonne et on gâche une ou deux feuilles de papier sensible avant de réussir.
- Le développement pendant la pose permet d’opérer plus sûrement. Ce n’est pas qu’on puisse voir très facilement l’image positive à mesure qu’elle se dessine sur le papier où elle est agrandie; on comprend qu’il ne peut pas en être ainsi puisque l’image négative lui est superposée. En principe, l’une doit annuler l’autre et le résultat devrait être parfait au moment où il y aurait équilibré et où par conséquent on ne distinguerait plus rien qu’ùne teinte générale grise plus ou moins foncée. Mais ce serait un guide peu sûr et on en possède heureusement un autre qui consiste à arrêter un instant l’image négative en plaçant devant l’objectif le bouchon muni d’un verre jaune et devant celui-ci un verre dépoli blanc; on voit alors très bien l’image positive seule et on peut juger du moment où il faut l'arrêter.
- La façon la plus pratique de procéder est la suivante :
- On dispose devant la lanterne une planchette verticale recouverte d’une toile cirée blanche qui sera très favorable à la mise au point de l’image.
- On trempera ensuite la feuille de papier sensible dans le révélateur que nous indiquons plus loin et on l’applique simplement sur la toile cirée où elle adhère toute seule grâce à son humidité. La mise en place de l’image est facile, puisqu’on voit celle-ci sur la toile cirée et qu’elle est inactiniqué grâce au verre jaune dont est muni le bouchon 4de l’objectif. Quand on a choisi l’emplacement où doit être le papier sensible, on passe dessus un blaireau imbibé du révélateur pour aplanir les endroits qui n’auraient pas adhérê complètement et on enlève le bouchon à verre jaune. On voit alors les grands blancs de l’image griser peu à peu et on suit plus complètement l’action du révélateur en opérant comme nous l’avons dit plus haut.
- La formule suivante donne de bons résultats :
- A) Eau .............> . . . .100 c. c.
- ,Sulfite de soude anhydre. 8 gr. :a
- Hydroqüinone................... 2 gr. 5
- Métol.......................... 2 gr.
- Bromure de potassium. . . 1 gr.
- B) Eau. ...... . . ,". . ioo c. c.
- Carbonate de soude anhydre. 8 gr.
- Pour l’emploi on prend parties égales de A et de B,
- et on ajoute 25 pour 100 de glycérine. Pour un 18x24 par exemple, on prendra 5o c. c. de A, 5o c. c. de B et 25 c. c. de glycérine. Le révélateur ainsi composé est ve' sé dans une cuvette et la feuille de papier sensible y est mise à tremper pendant 2 ou 3 minutes jusqu’à ce qu’elle soit complètement imprégnée. Grâce à la pré^-
- sence de la glycérine elle ne sèche pas pendant la pose, mais si celle-ci se prolongeait, on pourrait facilement entretenir l’action du révélateur en passant rapidement sur le papier un blaireau trempé dans la cuvette.
- On peut aussi, pour certains clichés un peu durs, avoir sous la main un peu de révélateur plus concentré et avec un pinceau en imprégner les parties de l’image qui seraient en retard sur les autres, de même que les parties qui viendraient trop vite pourraient être retardées en les badigeonnant avec un pinceau enduit d’une solution de bromure de potassium à 10 pour 100.
- Il est préférable de ne pas avoir recours à ces truquages, mais il n’est cependant pas inutile de les indiquer. Quand l’image est complète on la lave et on la fixe dans l’byposulfite comme d’habitude.
- Impression en noir des plaques en couleurs. — L’un des reproches qu’on fait généralement à la photographie des couleurs est de ne donner qu’une épreuve unique; si on veut faire des politesses à ses amis, on se croit obligé ou bien de faire plusieurs fois le même cliché, ou bien, si on veut économiser la. couleur et se contenter du noir, faire le même cliché sur une plaque ordinaire. Mais cela n’est pas nécessaire, car avec le cliché en couleurs lui-même, on peut, une fois rentre chez soi, obtenir un très bon négatif en noir qui permettra de tirer autant d’épreuves qu’on le voudra. 11 y a deux façons d’obtenir ce négatif : par contact ou à la chambre. Les résultats sont sensiblement leë mêmes, mais le second procédé permet de faire une réduction si on le désire, et il évite les risques de casse par suite de la pression dans le châssis-presse. Nous devons dire cependant que ce risque est très faible si on a soin de prendre un châssis avec une glace épaisse bien plane et des ressorts assez faibles ; c’est toujours au châssis-presse que nous avons opéré et nous n’avons jamais rien cassé. Le procédé est très simple puisqu’il suffit de mettre la plaque en couleurs dans le châssis-presse, gélatine en dessus bien entendu, et déplacer dessus, gélatine contre'gélatine, la plaque sensible. L’exposition à la lumière devra être plutôt longue que courte, et à cet effet on prendra de préférence, pour obtenir le cliché, des plaques lentes ; ou bien si on n’a que des plaques relativement rapides, on se placera loin de la lumière et celle-ci sera faible.
- Üne exposition prolongée, 10 à 20 secondes par exemple, est en effet nécessaire pour éviter que le grain ou la trame, selon la plaque en couleurs employée, ne soient trop marqués sur le négatif, et on ne peut arriver à ce résultat qu’en donnant au châssis, pendant la pose, un mouvement qui le fasse passer par un grand nombre d’inclinaisons différentes.
- Le tirage en positif n’a jamais la grande netteté qu’aurait donnée un négatif direct, mais, dans le paysage notamment, on obtient des images très satisfaisantes.
- " ' G; M.
- **> Automobilisme ^
- Compteur kilométrique pour automobile. — Ce
- petit compteur kilométrique sè place sur une des roues
- avant de tout véhicule et spécialement dès. voitures autor mobiles. De la grosseur d’une montre, il est fixé au moyen de deux vis B et G sur le chapeau de. la roue, de
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- manière que Taxe A dépasse à l'intérieur du chapeau (fig. i). Le petit levier que l'on voit sur notre gravure, est légèrement recourbé vers l’intérieur et vient accrocher à chaque tour de roue la goupille d’arrêt qui se trouve au bout de la fusée d’essieu.
- La Minuterie du Compteur est entraînée, dans le sens de là marche en avant de la voiture, par l’axe A, au moyen d’un rochet, qui permet l’entraînement en avant, mais non en arrière.
- De cette façon, le Compteur Houdaille indique exactement le nombre de kilomètres, effectivement parcourus en avant par la voiture, ce qui n’a pas lieu dans la généralité des compteurs kilométriques actuellement en service.
- A cet égard, ce petit appareil présente un réel intérêt ; il est en vente chez MM. Houdaille et Sabot, 62, boulevard Malesherbes, Paris.
- *»> Mécanique
- HT
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- Fig. i.’“ Le wagon Mangin dans sa position normale.
- Un wagon à déchargement automatique- — Les
- wagons actuellement employés sur les grands chantiers de terrassement, dans les exploitations minières et principalement pour la construction ou la réparation des lignes de chemin de fer, érigent, pour leur déchargement, la présence d’un nombreux personnel ouvrier. De plus ce déchargement s’effectue difficilement lorsque les matières transportées adhérent sur le fond de la caisse parce que l’inclinaison donnée au wagon 11’est pas suffisante pour obliger les matériaux à glisser rapidement.
- •Ce dernier inconvé-f £, ,, . . . 5 I nient peut être sup-
- ^.prinaé sj, on élève 'davantage les caisses sur le wagon ; mais il en résulte" une ' trop grande instabilité sur ies rails ; de plus la hauteur démesurée du jet dé pelle fatigue les ouvriers.
- Sou.vént, aussi, les ouvriers occupés au d é c h a r g e'm ent sont victimes d’accidents. Pour ouvrir la ; p o rte, ils sont forcés de se . placer entre le wagon et le remblai; ils chassent ensuite le crochet de retenue avec la tête d’une-pioche, la porte s’ouvre brusquement et le contenu se déverse en masse sur l’ouvrier qui n’a pas éü- le temps de se garer, gêne à la fois par la rame de wagons pt la presence-.du remblai.
- Un inventeur ' perspicace, M. Charles Mangin, est parvenu â supprimer ces multiples inconvénients en construisant un appareillage spécial qui met entre les mains du mécanicien la commande de tous les mouvements effectués pour le déversement des wagons chargés et i leur remise eh place, et cèla "quelque soit le nombre des unités composant une , rame- Il .utilise l’air comprimé s de la manière sui--- vante. - • - ; :
- Chaque wagon est constitué par quatre lambourdes, celles du- mi- lieu 'étant -plus faibles que les deux autres. Un piston dé rhô mm d’alé-sagê appartient à un corps de pompe cylindrique dans lequel pénètre l’air comprimé amené par une canalisation A reliée à la circulation générale de la rame. Le piston sè terminé par une tige /'fixée à là caisse, vers l’arrière;
- Fig. 2. — Le wagon Mangin pendant le déchargement.
- La caisse est montée sur deux tourillons bc (fig F) qui lui permettent le mouvement de bascule lorsque; l’air comprimé, chassant le piston dans le corps de pompe, soulève l’arrière de la caisse.
- Si le mécanisme se résumait à ce simple mouvement il y aurait lieu d’émellre certains'doutes pour ce qui concerne le poids à soulever ainsique pour réaliser une. inclinaison süffisante. L’inventeur a eu l’heureuse idée de monter les deux supports des -tourillons sur une glissière actionnée par le levier h qui entre en fonction dès que le mouvement de bascule commence à-s'effectuer. La caisse glisse alors sur lès deux longerons extérieurs du wagon ; le centre de gravité së trouve déplacé et l’inclinaison qu’elle peut prendre atteint 85 à 88°. Cet angle est suffisant pour obliger les mûtiShés com- pactes à quitter en-Une seule masse; léfond' de la caisse; ;
- En outre iLest indispensable, si l’.on désire supprimei; l’emploi des ouvriers auhlé'chargëment, d'effectuer: automatiquement l’ouverlurë -èt la fërmetnre dé Ma 'caièsfe'-Cëttè nécessité a été réalisée par l’emploi d’une sérié de leviers h, kl, X:3, À3 oscillant autour du point m et articulés deux à deux. Ces leviers agissent, en effet, sur deux autres p et (j, ce dernier ouvrant la porté dès que le mouvement de bascule se dessine et la fermant à la remontée.
- La remise en place dë la caisse' s’effêclué d’ellc-mêmë dès que le mécanicien fait évacuerTair contenu dans le cylindre! 'Il ' envoie ùnê ’ nouvelle masse d’air sûr le ’ piston qui descend au fond du cylindre où il se bloque afin d’as-surer l'immobilité complète de la caisse sur le wagon. , 1 :..r.-- • -
- Ce mécanisme, dont il est impossible de nier l’ingéniosité. présente l’inconvénient d’élever lè prix de revient du' wagon d’environ i5o à goo francs, d’après ; l’inventeur. ; Celte modique augmentation, dû ; pris: du> thatér ici ne saurait résister devant les avantages qui découlent de l’adoption du' système, car le fait de supprimer radicalement tout concours manuel pour le déchargement compense très largement le débôürs supplémentaire. — L’inventeur est M. Charles Mangin, à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).
- Jjt»> Pêche
- Poisson artificiel réversible. :— Cet appât artificiel, destiné à la pêche au lancer, va combler de joie tout pêcheur an spinning. Chacun sait les ennuis causés, par le vrillage de la ligue; malgré de nombreux çmerillons,'J
- le poisson artificiel, tel- qu’il a été fabriqué ’jusqu’à ce jour, n’a- jamais cessé de tortiller la soie, quelquefois même au point de la rendre inutilisable.
- Le''nouvel appareil,1 ré-présenté ci-contre, évite cet inconvénient. A chaque « Devon réversible .» peuvent s’adapter alternaii veinent.'- 2 hélices tournant, en sens contraire. Quand la ligne vrille, on remplace l’une des hélices ,par l’autre, cette dernière la dévrille en lui imprimant un mouvement opposé à celui de la première.
- Le changement d’hélices se fait; très simplement : il suffit de dévisser la tête du poisson, sans qu’il soit nécessaire de démonter l’appât, la ligne passant par la fente pratiquée dans l’hélice. — Le pois.son,artificiel est en vente chez Wyers frères, 3o, quai du Louvre, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- CÆ.
- AVRIL-MAI-JUIN 19 II
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24, heures à partir de minuit*
- I. — SOLEIL
- \Le Solstice d’été-se produira le 22 juin, à i3h 45ra. Ce moment correspond aux plus* longs jours de l’année et à la plus grande durée de présence du Soleil sur notre horizon. Loin des villes et des lumières artificielles, vers l’époque-du solstice et par les nuits sans Lune, on observe, au Nord, vers- minuit, la lueur du crépuscule, le - Soleil n’atteignant* pas eneiîet l’abaissement de i8u sous l’horizon correspondant à la nuit complète.
- II. — PLANÈTES
- Mercure, pendant ce trimestre, traverse les constellations des Poissons, du Bélier et du Taureau. Le i5 avril, il atteindra sa plus grande élongation du soir, à 19° 3/ à l’Est du Soleil. Lorsque Mercure est dans cette portion orientale de son orbite, il s’approche de nous pour passer bientôt entre la Terne et le Soleil, pas exactement toutefois, . par, suite de. l'inclinaison des orbites l’une sur l’autre. La petite planète sera ainsi en conjonction inférieure avec le Soleil le 5 mai. Elle s’en écartera Jr.ès rapidement pour atteindre, le ier juin, sou élongation maximum du malin, à 24° *5' à l’Ouest du Soleil. On pourra espérer observer Mercure 5 à 6 jours de p.art et d'autre .de ses élongations, .c'est-à-dire du 10 aq-.:2q avril le; soir et du .25 mai au 6 juin le matin Diamètre de Mercure : le 5 avril, 6",o; le 5 mai, 11",g; le 6/ju.in, 7;--le 26 juin, 5",2. , ' .
- Le 29 mai/ Mercure sera en conjonction avec Saturne, à 3 heures, à i°35' Sud. ’v
- Vénus brillé d’un merveilleux,éclat tous les soirs au couchant jetant, dans là lueur rouge du crépuscule, sa blanche lumière semblable à un phare lointain. Elle continue de s’écarter du Soleil et se couchera de plus en plus tard jusqu’à fin mai : 211' 25,n, le 5 avril; 22l'45“, le 5 mai ; 23h 5m, le 6 juin. Diamètre de Vénus le 5 avril : i2")3; le 5 mai, i4",2; le 6 juin, 17",7; le ,26 juin, 20",3. A titre d’indication, rappelons les constellations que parcourra Vénus en ce trimestre : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux et le Cancer. . ù ,, .
- Au cours de son voyage céleste, la planète Vénus se trouvera en'conjonction avec l’étoile 83 du Cancer, le 23 juin, à 6 heures, à o°6' aù Sud.
- Mars redevient visible et va donner lieu, en novembre prochain, à une très belle opposition, car il sera à plus de 6o° de hauteur au-dessus de l’horizon de Paris. Nous nous en occuperons spécialement au prochain Bulletin. Voici toutefois les heures de son lever à Paris et son diamètre équatorial : 5 avril, 3h4bm et 5",6;
- 5 mai, 2h39m et 6",3; 6 juin, Cig™ et 7//,2; 26 juin, oh28ra et 7",9. On ne peut guère commencer les observations lorsque Mars présente un diamètre aussi faible, à moins de posséder un très puissant instrument.
- Jupitér, entre la Balance et la Vierge, sera en opposition le ior mai. C’est la véritable période pour l’observer. Voici les heures de son lever et son diamètre équatorial : 5 avril, 20h 59“ et 43,,»3; 5 mai, i.8h 37“ et 44",4; 6 juin, i6h i3“ et 42",7. r -- V
- Cette planète est intéressante à observer, même avec -une simple longue vue. Une lunette de moyenne puissance (om,108) permettra de faire de véritables études de sa surface.
- Les quatre principaux satellites sont visibles également dans une petite longue vue. On trouvera leurs configurations dans VAnnuaire astronomique de M. Flammarion, pour chaque jour de la période d’observation [avril à août).
- Nous avons publié, au dernier Bulletin, la carte du déplacement de Jupiter sur le ciel pendant l’année 1911.
- Saturne, entre la Baleine et le Bélier, est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil le ier mai.
- - Uranus, dans le Capricorne, sera en quadrature occidentale, le 20 avril. Il se présente sous l’apparence d’un disque bleuâtre de 4” de diamètre environ. De l’éclat de la 6e grandeur, il peut être observé avec une simple jumelle. Certains observateurs parviennent même à le
- suivre à l’œil nu. On trouvera Uranus. aux positions ci- dessous : •
- dates ascension droite déclinaison, diamètre
- 5 avril 1911 ... ' 20.h. 5 m. —20°55' 5",8 . .
- 5 mai — ... . 20 lî. 7 m. — 20“ 19' 5",9
- 6 juin — ... 20 h. 5 m. ; — 20165.'- - 1",0,
- Neptune, dans les Gémeaux, sera en quadrature orientale le 9 avril. Ou i pourra l’observer en avril et mai et le trouver à l’aide des positions suivantes :
- DATES
- 5 avril 1911.
- 5 mai — .
- 6 juin — .
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 7 li. 21 m. ' -I- 21° 52'- . 2",5
- 7 h. 22 m. -t- 2l° 30' " - 2",'2
- 7 h. 26 in. +- 21° 4' • . 2",2
- III — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale dé Soleil, invisible à Paris, aura lieu le 28-29 avril 1911-; de 1 g1' 5Sm :du, 28, à ih i5m du 29. L’éclipse centrale à midi vrai aura lieu à 2J‘2-6A, dans lé lieu dé la Terre situé par i5;°3'de longitude Est, et o°36' de latitude australe. - -- .
- La plus. longue durée de la totalité sera de 5m2s. Malheureusement, la ligne centrale tout entière traverse” ..l’océan Pacifique. Elle passe cependant , sur quelques, îles de l’Océanie d’où la totalité pourrait être observée.
- Éclipse de Lune par la pénombre. — On sait que par suite de son opacité, la Terre en interceptant les rayons du Soleil donne lieu à un long cône d’ombre. Lorsque la Lune pénètre dans ce cône d’ombre, il y a éclipse de Lune,. M<ii,s l’ombré géométrique est entourée d une pénombre, résultant- du diamètre*,apparent du So- -leil, et où tout observateur"-y pénétrant, ne verrait plus qu’une partie du disque solaire; Il arrive que, parfois, ' la Lune ne lait que traverser, la pénombre, C’est, ce qui aura lieu le r3- mai.ple phénomène sera théoriquement en partie observable à Paris, car, en 1 fîet,-: la Lune se couchera 22. minutes seulement après l’entrée dans la pénombre. D’ailleurs il fera jour. Le phénomène sera bien observable en Amérique. '-Voici ses données :
- Knlrcc daiis l’ombre...... r ." 3 h. 55 m. ' ‘ ’
- Coucher de la Lune à Paris . . . .. . .... ,4 lu 1J m.
- Lever du Soleil,à Paris. .........4 Iv. 25 ni.
- Milieu de l’éçlîpse. ........... 6 h-: 6 .rn.
- Sortie ilëTa pénombre. . .' ....' 8 fi. 17 m.
- Conjonctions. — Le ior avril 1911, conjonction de Vénus et de la Lune, à 18 heures, à o°i4' Nord (voir n° 1975. du 1 ”5 avril 1911 ).
- Le 15 avril, Jupiter eu conjonction avec la Lune, à 5 h., à 1° 41' Nord.
- Le 8 juin, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 5 h.-, à 1° 0' Nord. -
- Le 21 juin, Mars en conjonction avec la Lime, à 1 h.,à 0° 12' Nord.
- Très beau phénomène à observer dès le lever des deux astres (vers oh45m). Compaier les colorations de la Lune et de Mars Cette distancer de o° 1/ est géo-centrique. Il est possible que, calculée p’dür Paris, comme M. G. Blum l’a fait pour la ^conjonction du: i6‘ avril, on trouverait une valeur un peu différente.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne comprend que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- 'uAi-Ès ÉTOILE OCCULTÉE ’ GRANDEUR ' COMMENCEMENT FIN
- 4 mai 1911. c Gémeaux. 5,5 0 h. 30 m. 0 h. 48 m.
- 13 - 1 Balance. 4,3 5 h. 6 m. 4 h. 16 m.
- 10 juin 22 Scorpion. L3 21 h. 50 m. 23 h. 9 m.
- Étoiles filantes. — Du 19 au 22 avril,' chute des
- Lyridex 4. Radiant 104 Hercule.
- 11 -Du 1“ au 6 mai, chute des Aquarides : Radiant v; Verseau.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée)- : ‘ ' - r-T' .
- 3 avril (19 li. 57 m.) ; 23 (21 h. 40 m.).
- Le 3o juin ; maximum de Mira Ceti (0 Baleine), variable de’ 3,3 à 8,5. Em. Touchet.
- 1. Depuis le 11 mars 1911, l’heure légale en France étant celle de Greenwich, il conviendra, pour avoir l’heure marquée à nos horloges au moment d’un phénomène astronomique quelconque, de retrancher 9m 2iB des heures données dans ce Bulletin .astronomique.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- cstf
- Conservation des plantes et des animaux. — Le
- procédé imaginé par M. Wickerschener, préparateur au Zoologische Muséum de Berlin, est d’une telle valeur que le gouvernement prussien acheta le brevet de l’inventeur pour le livrer au domaine public. Le liquide préservateur se prépare ainsi : Dans trois litres d’eau bouillante, faire dissoudre 100 gr. d’alun, 25 gr. de sel commun, 12 gr. de salpêtre, 60 gr. de carbonate de potasse et 10 gr. d’acide arsénieux. À dix volumes de ce liquide neutre, incolore et inodore, ajouter quatre volumes de glycérine et un volume d’alcool méthylique. Le procédé dë conservation, applicable aux cadavres humains et animaux, ainsi qu’aux végétaux (complets ou partiels), consisté à imprégner par trempage dans ce liquide les objets à traiter.
- Si les préparations doivent être conservées à l’état sec, il faut les laisser dans le bain de six à douze jours selon dimensions, et faire ensuite sécher à l’air. Si l’on veut conserver depetits animaux (lézards, grenouilles, etc.) ou des végétaux .sans en altérer les couleurs, il ne faut pas faire sécher; on les laisse dans lé liquide. Si les cadavres doivent être conservés momentanément en vue de dissection ultérieure, on procède par injections : la proportion de liquide employé varie dans ce cas, selon la grandeur de l’objet, de un litre et demi pour un enfant de deux ans, à cinq litres pour une grande personne. Pour éviter alors le brunissement de l’épiderme et conserver l’aspect frais du corps, il convient de frotter l’extérieur avec le liquide et d’enfermer le cadavre dans une caisse à l’abri de l’aii\
- Les corps conservés par ce procédé gardent parfaitement forme, couleur et souplesse, au point qu’on peut les disséquer plusieurs années après la mort soit dans umbut scientifique, soit pour les recherches de médecine légale. Après le traitement, la corruption et les mauvaises odeurs qui auraient pu déjà se produire disparaissent de suite. Le tissu musculaire se coupe absolument comme celui d’un corps frais, les ligaments des squelettes, les viscères conservent leur souplesse de façon à ce qu’on puisse reproduire tous les mouvements possibles même chez les insectes et les crustacés.
- Une pommade antiseptique. — M. Monteil donne la formule d'une pommade qui est à la fois antiseptique ét calmante ; elle n’a pas de propriétés irritantes et peut être employée même chez de- jeunes sujets. C’est une sorte dè: glycérôlé où n’entrent ni fécule ni amidon et qui ressemble un peu au cold-çream. Voici la façon de la préparer, qui n’est pas à la portée de tout le monde, car il faut que la capsule de porcelaine, dans laquelle on rassemble les divers ingrédients soit chauffée au bain d’huile à une température de ï2 5°.
- Brénézi: antipyrine, 188 gr. j résorcine, no gr. ; ter-pine, 180 gr.v Faites fondre ensemble. On obtient un
- masse vitreuse transparente. Cette masse vitreuse est mélangée, avant refroidissement, à de la glycérine dans la proportion de une partie pour deux de glycérine et la pommade est prête. Elle est onctueuse au toucher, douce, ne laisse pas de résidu solide sur la peau et peut être appliquée sur les plaies comme un très bon agent antiseptique. Comme elle est soluble dans l’eau, il suffit d’un lavage à chaud pour qu’il ne reste aucune trace sur la peau. Dr A. C.
- Le patinage de l’étain. — Tandis que les Recueils de recettes contiennent en général force formules pour le patinage du fer et des alliages de cuivre, il ne renferment que peu ou prou dè procédés applicables à l’étain. Cela est d’autant plus regrettable que depuis quelques années, beaucoup d’amateürs font en étain repoussé de très jolis objets d’art qui gagneraient à être patinés. Voici quelques recettes inédites qui permettront d’obtenir sûrement des patines très solides.
- Patine gris d’acier. — Plonger le métal parfaitement dégraissé (par immersion dans une solution chaude de soude) puis lavé, dans un bain tiède d’eàù Contenant i à 2 gr. de bichlorure de platine par litre. Là teinte vire peu à peu au gris, on retire et lave à grande eau sitôt qu’on la trouve suffisamment développée.
- Patines bistre, ocre, brune. — L’étain, toujours bien dégraissé de la même façon, est plongé pendant quelques minutes dans une solution aqueuse à 5 pour ioo de sulfure de sodium. On retire, on laisse égoutter on plonge rapidement dans un bain d écide nitrique (à 5 pour too) de manière que tout l’objet soit complètement immergé. Après quelques instants, on retire, on lave à grande eau et on laisse sécher. Opérer en plein air, car les bains produisent une très mauvaise odeur.
- Patine noir niât. '— On soumet l’étain à l’action d’une solution aqueuse de bichlorure de platine à 5 pour ioo; on peut chauffer pour activer la réaction, et employer dans le même but des solutions plus concentrées, mais ou est limité par ce fait qu’à -partir d’une certaine limite, le noir formé adhère moins bien au métal.
- Avec le bichlorure, les patines sont’ constituées par un dépôt de platine qui naturellement résiste à tous ltes agents chimiques usuels. Avec le sulfure, que l’acide décompose en donnant du gaz sulfhydrique naissant, la coloration est produite par transformation superficielle): de l’étain en sulfure; elle est également très-résistante.: Mais dans tous les cas, les patines peuvent *être enle-î vées en frottant -avec un abrasif quelconque. Et ,il y a? même là un procédé de décoration qui ; Sera employé! avec avantage : en frottant l’étain patiné d’un chiffon! mouillé saupoudré de blanc d’Espagne, on fera appa-; raître tous lés reliefs en teints blancs et brillants se détachant harmonieusement sur le fond sombre et mat du métal patiné. - :(Laboratoire de f a Nature).
- composé huileux qui, au refroidissement, donne une
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les - faits- d?un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés.
- Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes « de renseignements -qui lui -parviènïrérit accompagnées d’une bande d’abonueméntj En; raison,.de.l’abondance de la correspondance et des recherches ' souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans ün délai dé dix'à quinze jours,.:.. _ . •.
- Rectification, — Oiseau: à) àile battante, -n- Nous avons donné une adresse, erronée du fabricant de ce jouet çiirieux. dans notre numéro du i8mars; il faut lire : M. Viré, 6o, rue Mônsieur-le-Prmce, Paris.'
- _ Renseignements. -
- au Pré-Saint-Gèfvàis.
- MM. Mori,'!k .Tôkys et. Couturé; Lé premiér volume dés keceltes de Tissandiei? (Masson, éditeur) contient diverses recettes pour enlever les taches d’encre. Nous en avons publie de nouvelles en 1907 (Suppléments de La Nature,
- novembre et décembre). Toutes sont relativement bonnes, mais selon la nature de l’encre employée, il reste parfois des traces. Le mieux est d’essayer successivement les diverses formules sur des taches_ faites à dessein avec l’encre dont vous vous servezvous adopterez; celle vous ayant donné lés meîHeürs'résultats:"
- M. Dupré-Jourdain, Saint-Quentin. Recettes' pour une teinture-para : a) Solution aqueuse de,paraphé-nylène diamine (base ou chlorhydrate) à 3 pour ïoo.:— b) Eau oxygénée d iluée au- quàrtJ ,Enduire ‘ les cheveux du liquide a, puis traiter psiv: b. Làveir pnalement à grande eau, quand la nuance noire est obtenue, il pourrait sans cela se produire des accidents toxiques. Vous trouverez de nombreuses formules diverses dans la Revue générale des Matières colorantes de mars 1911, 64, Chaussée d’Antin, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. P. C., à Bordeaux. — Pour rendre souples les peaux de taupes et de lapins, restées raides après le traitement à l’alun et au sel, voici comment il convient d’opérer : A noter, tout d’abord, qu’il eût fallu, après 48 heures de séjour dans le bain, faire sécher lentement lès peaux à l’ombre, en les étendant sur un bâton rond ou un cadre en bois, ensuite, de tirer les peaux, à moitié sèches, en tous sens, et plusieurs fois jusqu’à ce qu’elles soient bien souples. Mais pour assouplir des peaux qui, n’ayant pas été traitées ainsi, sont restées raides, et sèches, il faut dlabord enduire d’huile quelconque toutes les parties, du côté cuir, puis, pour faire disparaître les nerfs qui, précisément, rendent le cuir raide, fouler ou broyer la peau, à l’aide d’une corde de la grosseur du pouce, longue de 5o cm, dont les deux extrémités sont fixées le long d’unë poutre, ces extrémités étant écartées d’environ 3o cm. La peau, bien saturée d’huile, est introduite dans le demi-cercle formé par la corde ; on frotte vivement pour échauffer le cuir, en retournant au fur et à mesure la peau en tous sens et l’enduisant bien d’huile, et exerçant cette friction rude de manière à broyer toutes les fibres ; après quoi on mouille légèrement la peau avec une brosse douce trempée dans de l’eau très propre, et on l’enveloppe dans une toile d’emballage, pour éviter l’évaporation de l’eau; au bout de ia heures, la retirer, fendre la peau dans toute sa longueur, de la partie inférieure du ventre jusqu’au museau ét écharner, c’est-à-dire enlever, avec un couteau, la fine pelure qui recouvre la peau. On a ainsi une peau souple, mais qu’il faut dégraisser et débarrasser de ses impuretés, en l’enduisant de plâtre fin ou à mouler, du côté poil, et en frottant bien à la main; même opéra-
- tion du côté cuir; battre ensuite avec une baguette fine et souple, pour faire tomber le plâtre, puis frotter encore avec de bonne sciure de chêne très sèche, des deux côtés, faire tomber la sciure avec la baguette; enfin, l’opération étant terminée, alonger les peaux dans le sens de leur longueur, à plat, sur une table. M. Bréchemin, qui a indiqué divers procédés de préparation, dans Y Agriculture nouvelle, cite un procédé allemand dans lequel l’eau acidulée est substituée à l’huile (un verre à liqueur d’acide sulfurique pur pour 1 litre d’eau) ; on met, avant, une poignée de sel dans l’eau ; la peau est préalablement écharnée, comme ci-dessus, l’eau acidulée appliquée sur le cuir à l’aide d’une brosse douce et à trois reprises, en ayant soin, chaque fois, de replier la peau en deux, cuir contre cuir. Le lendemain, la déplier et la poser sur une corde tendue horizontalement; quand elle est aux trois quarts, sèche, on l’étire sur un morceau de fer ou de bois durs en tous sens, on l’enduit d’huile ensuite, et on la plie en deux, poil en dessus; au bout de 24 heures, on dégraisse au plâtre et à la sciure de bois; toutes ces opérations doivent être faites vivement. Les peaux deviennent, ainsi, souples comme de l’étoffe, et très blanches.
- M. S. de la Gardelle. — Le tissu reçu possède une imperméabilité normale. Nous ne saurions assurer qu’elle conserve ses propriétés à l’usage. En général, à part les tissus caoutchoutés ou enduits d’une couche d’huile siccativée, les étoffes imperméables du commerce ne le sont jamais absolument : elles laissent passer l’eau plus difficilement que les tissus ordinaires. On ne connaît pas encore de procédés permettant d’imperméabiliser.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’écureiLvolant d’Australie : V. Forbin. — Quand le soleil est-il à , l’Est ? : L. Piarron de Mondésir. — Les locomotives pour trains rapides et lourds du type « Pacific » à l’Exposition de Bruxelles R. Bonnin. — Le fromage de Roquefort : P. Lebrou. — Le Katanga et l’Afrique nouvelle : P. Saulior. — L’Allemagne et l’aviation : F.-R. Petit. — Académie des sciences ; séances dés 20 et 27 mars 1911 : Ch. de Vieledeuii..
- Supplément. — Les produits radioactifs en Allemagne. — Le biplan Bréguet enlève 12 personnes. — Le triangle équilatéral à Carthage. — Un nouveau mode de production du sel. — Le fer élèctrolytique. — Les gros calibres de la marine anglaise.
- Le calcul mécanique. Appareils arithmétiques et algébriques. Intégrateurs, par L. Jacob, ingénieur général dë l’Artillerie navale. 1 vol. in-18 jésus, cartonné toile, de 4^8 pages avec 184 figutes, Encyclopédie Scientifique, O. Doin, Paris 1911.
- De création relativement récente, le calcul mécanique est d’autant moins connu que les mécanismes qui permettent de le réaliser sont très variés et quelquefois complexes. L’ouvrage de M. Jacob comporte trois parties relatives à la résolution des questions d’arithmétique, d’algèbre ou d’analyse. L’auteur a autant que possible rapproché dans des chapitres spéciaux soit les appareils ayant un but commun, soit les appareils ayant le même but et un principe commue. Le lecteur peut ainsi s’orienter facilement. Dans les questions de ce genre, le modè d’application d’un principe est aussi important que le principe lui-même, aussi l’auteur s’est-il attaché à donner avec quelques détails la description de certains appareils les plus employés ou les plus intéressants.
- Neuere Erfolge und Problème der Chemie, par Emil Fischer, i brochure de 3o pages. Julius Springer, éditeur, Berlin 1911. Prix : 1 franc.
- Ces 3o pages méritent à plusieurs égards de retenir l’attention du lecteur français : elles sont la reproduction d’une conférence lue par le grand chimiste allemand Fischer à la séance inaugurale de là « Kai-ser-Wilhelm-Gesellschaft zur Fôrderung der Wissen-
- chaften », nous traduirions : Société Impériale de recherches scientifiques; cette création dont le savant berlinois explique le but, constitue en Allemagne une nouveauté fort intéressante; jusqu’ici les recherches scientifiques désintéressées, ont été chez nos voisins l’apanage des professeurs de Hochschule; mais ceux-ci sont avant tout des professeurs, et ils ont actuellement la lourde charge de l’enseignement technique supérieur : ils ont à former chaque année ces nombreux contingents de futurs ingénieurs, de techniciens de toute sorte à qui l’Allemagne doit en grande partie ses triomphes industriels : la tâche pédagogique â fini par prendre le pas sur les recherches scientifiques pures. L’Allemagne s’est inquiétée d’une décadence possible de sa science, même dans la branche chimique, si admirablement organisée cependant grâce à l’appui généreux de ses industriels chimistes : elle a voulu créer une institution qui assurât, pour ainsi dire à perpétuité, la fécondité de ses savants : d’où la naissance de la Société actuelle : procurer à l’élite des chercheurs les moyens matériels de se consacrer exclusivement à leurs recherches, tel est son programme. Les fonds nécessaires ont été fournis par souscription publique. Il est remarquable de voir nos voisins entrer dans une voie depuis longtemps suivie par les Etats-Unis, et surtout par la France : notre pays compte de fort belles institutions, certaines très anciennes, d’autres très récentes, de recherches scientifiques pures et les développe progressivement. ' Le bénéfice qu’une nation peut tirer de semblables organismes, n’est pas seulement moral. Pour le prouver, M. Fischer, dans la seconde partie de sa confér rence, se cantonne dans le domaine chimique ; il montre magistralement tout ce que l’Allemagne doit de prospérité matérielle à certaines découvertes, dont beaucoup furent à l’origine, purement spéculatives, et il. fait entrevoit* toutes les révolutions économiques qui germent encore dans cette l’égion de la science. .....
- Os ouvrés et bois de renne ouvrés de la Charente^ pax* Gust. Chauvet (Extrait du Bull. de. la Soc. archéologique de la Charente, année 1910), 191 p. et 1,22. Cette étude d’hypothèses paléthnographiques est particulièrement à recommander aux amateurs dé préhistoire.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- M&'
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- Formulaire de V Electricien et du Mécanicien, de E. Hospitalier, 20° édition, par G. Roux. 1 vol. in-16 de xn-1^51 pages. Masson et C!s, éditeurs, Paris, 1911. Prix : 10 francs.
- Chaque édition de cet utile recueil, universellement apprécié, est marquée par un. nouveau progrès matériel et par un complément de documentation. L’édition actuelle, malgré ses 1260 pages, a un volume moindre que la précédente qui en.comptait 1240 : c’est un avantage appréciable pour un formulaire do ut une qualité essentielle est d’être maniable. La place disponible a été consacrée à d’intéressants renseignements, sur les moteurs; thermiques, moteurs d’aviation notamment, sur les transformateurs, les lampes électriques, etc. L’auteür a corrigé nombre de chiffres en tenant compte des données, les. plus récentes de la science et de l’industrie. Bref, cette nouvelle édition représente un gros effort et, comme , celles qui l’ont précédée, rendra d’éminents services.
- Les derniers Barbares [Chine, Tibet, Mongolie), par le commandant d’OLLONE. In-8°, 146 grav. et 4 cartes. Paris. Lafitte, édit., 1911! Prix : 15 francs.
- Ce récit de la mission d’Ollone (1906-1909) n’est que le pésumé du grand travail qu’elle a accompli entre Hanoï et Péking à travers le Yunnan, le Tibet oriental et la Mongolie. Le détail scientifique sera fourni par sept autres volumes spéciaux. Mais celui-ci renseigne admirablement, avec de charmantes gravures sur le pays et les mœurs des Lolos, les sculptures rupestres du Tibet, le Dalaï-Lama réfugié près Lhabrong en Mongolie après sa fuite devant les Anglais et une foule d’autres sujets aussi curieux que nouveaux pour les Européens. L’objet, de la mission était surtout de rechercher s’il y avait en Chine des populations qui ne fussent pas de race jaune ; le problème a été résolu affirmativement avec le plus grand soin. « Les races non chinoises de la Chine constituent tout un monde. »
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- oëc
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT' DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRE?. OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 mars 1911. 1°.3 S. S. W. 2 Couvert. 2,3 l’luie et neige le malin; très uuagèüxle matin; nuageux le soir.
- Mardi 28. . 2°,Ü Ë. N. E. 3. Nuageux. » . Gelée blanche ; nuageux ; gouttes à 18. h. f
- Mercredi 29 . . . . 5°, 4 N. E. 2. Nuageux. » Gelée blanche; halo à 7 h. ; nuageux.
- Jeudi 50 . 8°.8 N. W. 2. Couvert B Rosee ; brouillard ; très nuageux.
- Vendredi 31 . 9°,0 S. E. 2. l'eu nuageux. 0 Rosée; nuageux; éclairs et tonn entre 16 h. 40 et 20 li.; gouttes.
- Samedi 1" avril. 9° 4 S. S. E. 0. Couvert. 1,1 Rosée; très nuageux; pluie de 12 h. à 14 h.; halo à 16 h.
- Dimanche 2 "... . 8°,6 S. E. 1 Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- MARS-AVRIL 1911. — SEMAINE DU LUNDI 27 MARS AÜ DIMANCHE 2 AVRIL 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions ' barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri 1 bouT <':’che; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- Du 27 mars au 2 avril. Le 27. Dépression sur la péninsulë Ibérique, la Gascogne et la Méditerranée : Madrid, Gibraltar, 75o ; haussé sur l’Europe centrale : Ecosse, 770. Neiges et pluies sur le S.-O. et l’O. ; en France : Le Havre, 27; Dunkerque, «4; Paris, 9; Besançon, Nantés, 2; Brest, 1. Ternp. du matin : Saint-Pétersbourg, — 8°; Paris, 1; Alger, i5; Puy de Dôme, — 7; moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 7°,i). — Le 28. Dépression sur le S.-O. : Algérie, 748; pression voisine de 770 sur le S.-E. Pluies sur l’O, ; en France : Perpignan, 14; Gap, 7; Lyon, Le Havre. 4i Nice, Cherbourg, 3; Paris, a. Temp. du matin : Yardoe, — 90; Paris, 2; Alger, 15 ; ‘ Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : u°,5 (normale : 7°,5). —Le 29. Même situation atmosphérique. Pluies sur l’O.; en France : Cherbourg, 10; Paris; 2. Temp. du matin : Yardoe, —io°, Paris, 3; Alger, x4; Puy de Dôme* 2; moyenne à Paris : ii°,5 (normale : 7°,5). — Le 3o. Baisse sur l’O. .et le N. : Bruxelles, 752; Yardoe, 763. Pluies sur l’O.; en France : Perpignan, 19;
- Nice, Biarritz, 9; Brest, 2. Temp. du matin : Moscpu, — io°; Paris, 9; Alger, i5; moyenne à Paris :io°,8 (normale : 7°,6). — Le 3i, Bruxelles, 759. Pluies en France : Perpignan, «a: Paris, 3. Temp. du matin : Moscou, —5°; Paris, 4î Alger, 16; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : X2°,8 (normale 7°,6), —Le 1” avril-Pression uniforme sur l’E. et le S. : Valentia, .787 ; Nord de lTtalie, 764; Arkhangel, 739. Pluies sur le Centre et l’O.; en France : Gap, 14; Toulouse, 5; Ro-chefort, Bordeaux, 4 ; Lyon, Le Havre, 3. Temp. du matin : Arkhangel, - 8°; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : io°,8 (normale t 7°*7)' — Le 2. Pression uniforme, voisine de 760, sur lé S. de l’Europe et l’Algérie ; Haparanda, 740. Pluies .sur .FO. et le N. en France : Le Mans, 16; Nantes, 10: Calais, Perpignan, 8; Brest, 6 ; Clermont-Ferrand, 2. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Paris. 9; Alger, i3; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : 9°,9 (normale : 7.0,8).
- Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 3o, à midi 47 m>
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L,â Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 1 *°> 'Boulevard Saint-Germain, Taris (Yle)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1977 — 15 AVRIL 1911 SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Variabilité de certains satellites du système solaire. — M. T.-J.-J. See, de l’Observatoire naval des Etats-Unis, dans une étude récente, dit que la variabilité d’éclat de certains satellites du système solaire a été longtemps une source de perplexité pour les astronomes. Beaucoup d’hypothèses ont été avancées, mais il semble probable qu’aucune ne donne la véritable raison de ces variations d’éclat. La distance de ces satellites est si grande que, à part quelques taches observées sur les satellites de Jupiter, la Lune est le seul de ces corps où l’on distingue des détails permanents. M. See pense que de même que la Lune présente constammentla même face à la Terre, de même les satellites de Jupiter et de: Saturne doivent présenter la même particularité vis-à-vis de leur planète, et si ces petits corps ont eu un mouvement de rotation axial, il a dû être peu à peu détruit par la friction des marées de la planète centrale. Un exemple bien connu se rencontre dans les variations d’éclat de Japet, satellite de Saturne. Peu après sa découverte par Cassini, en 1671, il devint si faible qu’on le perdit de vue. Cassini reconnut alors qu’il disparaissait dans la moitié suivante (ou orientale) de son orbite. Ce fait est bien connu aujourd’hui. M. See pense d’ailleurs que, vue de très loin, la Lune elle-même présén-teràit un éclat variable, par suite des taches sombres qui recouvrent sa surface ; les mouvements de rotation et de révolution coïncidant, le même éclat se reproduirait toujours à la même position dans l’orbite.
- L’état actuel de l’industrie de l’aéroplane. — Dans son rapport annuel, M. G. Besançon, secrétaire général de l’Aéro-Club de France, donne les intéressantes statistiques qui suivent. Nombre d’aéroplanes fabriqués en France : i3oo avec une puissance motrice globale de 60 000 chevaux. Passagers transportés 4800. Voyages de plus de 10 kilomètres au-dessus de la campagne 3ooo, kilomètres parcourus en aérodrome, pour les brevets de pilotes, et à travers champs : plus de 5ooooo, représentant une durée totale de 83oo heures de séjour dans l’atmosphère.
- Solubilité des gaz dans les métaux et alliages. —
- Les différents gaz usuels peuvent se dissoudre dans les métaux et dans les alliages èt peuvent: même influencer plus ou moins leurs propriétés physiques et mécaniques. Aussi est il intéressant de posséder, au sujet de ces solubilités, des données précises. MM. Sieverts et Krumbhaar ont déterminé quelques-unes de ces solubilités que nous croyons intéressant de communiquer à nos lecteurs. L’azote est insoluble dans le cadmium, le thorium, le bismuth, le zinc, le plomb, l’antimoine, l’étain, l’argent, l’or, le cuivre, le nickel et le palladium ; avec l’aluminium et le fem il semble former des azotures. L’acide carbonique et l’oxyde de carbone sont insolubles dans le cuivre, ainsi que l’acide sulfureux; mais cette insolubilité ne se manifeste que jusqu’à tooo“; le phénomène de solubilité se produit ensuite et s’élève régulièrement pour atteindre 1 pour 100 à i5oo°; il
- croit également avec la pression. L’hydrogène ne se dissout pas dans le cadmium, le thorium, le zinc, le plomb, le bismuth, l’étain, l’antimoine, l’argent et l’or; mais dans le cuivre, le nickel et le fer, la quantité absorbée est proportionnelle à la racine carrée de la pression. La solubilité de l’oxygène dans les alliages d’or et d’argent diminue à mesure que la teneur en or augmente. La solubilité de l’hydrogène dans les alliages de cuivre varie suivant les métaux alliés ; elle n’ést pas influencée dans le cas de l’argent; elle diminue dans le cas de l’or, de l’étain et de l’aluminium, enfin elle est augmentée dans le cas du nickel et du plomb.
- L’électrolyse comme moyen préventif de la corrosion du fer et de l’acier. — On considère généralement la corrosion du fer ou de l’acier en contact avec. le cuivre ou le laiton comme un phénomène d’électrolyse où le fer agit comme anode et passe en solution. On a proposé d’empêcher la corrosion en envoyant dans le fer un courant électrique suffisant pour renverser le sens du phénomène et faire passer le fer à l’état de cathode. Cette méthode aurait, paraît-il, donné' des résultats excellents pour les chaudières, au milieu desquelles on suspendait une barre de fer alimentée par l à a ampères sous 4 à 8 volts. MM. Harker et Mac Namara ont cherché à déterminer la valeur pratique de ce procédé; leurs expériences ont montré que le procédé électrolytique n’empêche pas actuellement le métal de la cathode d’entrer en solution, car là où le poids de la cathode reste constant, il y a un dépôt qui provient delà dissolution de l’anode; cependant là tendance des métaux à entrer en solution est notablement diminuée, en sorte qu’il y aurait dans ce procédé, au moins une indication pratique pour prévenir, ou plus exactement pour retarder, la corrosion du fer ou de l’acier dans ces conditions.
- La fabrication des engrais azotés artificiels en Norvège. — L’extraction de l’azote atmosphérique pour la fabrication d’engrais azotés artificiels continué activement en Norvège. L’année 1911 verra la mise en service à Vemork d’une usine hydro électrique de 122 000 chevaux, alimentée 'par une partie, de l’énergie des chutes de Rjukan. On compte utiliser, dit la Houille-Blanche, le procédé Birkeland et Eyde, déjà appliqué en grand dans l’usine de Svaelgfos, et en outre le procédé Schônherr expérimenté depuis deux ans à Christiansand par une société filiale de la Badische-Anilin-und-Soda-Fabrik. Le procédé Schônherr consiste en un long tube métallique pourvu d’une tige centrale, parcourue de bas en haut par un courant d’air oblique. La tige et la paroi du tube constituent deux électrodes entre lesquelles s’allume un arc électrique : celui-ci, entraîné par le courant d’air én spirale, prend la forme d’une hélice lumineuse étroite d’une grande fixité : sa partie supérieure seule tourne dans le tube avec une vitesse qui dépend de l’intensité du courant d’air dont toutes les parties viennent ainsi en contàct" avec la
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- INFORMATIONS
- flamme : l’oxygène et l’azote se combinent sous l’action de la température élevée; le courant d’air les entraîne aussitôt formés, et les ramène de suite à une température où les produits nitreux restent stables. Ceux-ci sont ensuite transformés en produits nitriques par une oxydation complémentaire. Outre les usines de Svaelgfos et Vemork, la Norvège possédera bientôt une autre grande usine à produits nitrés. On doit en commencer les travaux cette année; elle utilisera les eaux de la rivière Tya régularisée par le lac Tyin et une série de petits lacs. La chute brute disponible sera de 1002 m., ce sera le record de la hauteur. L’usine sera installée pour une puissance de 80 000 chevaux.
- Les Antilopes et la maladie du sommeil. — Comme complément de notre article intitulé : « La mouche Tsétsé et le gros gibier africain », il est intéressant de lire les conclusions que la Commission de la maladie du sommeil dans l'Ouganda vient de publier à la suite d’un long rapport sur cette question. Les recherches n’ont porté, jusqu’ici, que sur le Trypanosome de la maladie du sommeil et sur la Glossina palpalis qui en est l’agent de transmission. Dans le but d’extirper cette maladie des rives septentrionales du lac,Victoria Nyanza, on fit évacuer une zone de deux milles de large, dans cette région, de tous ses habitants et des animaux domestiques, transformant cette zone en une sorte de réserve pour les animaux sauvages : les Antilopes de plusieurs espèces, les Hippopotames, les Sangliers et d’autres encore y abondent. Plus tard, on fit aussi évacuer les îles de l’extrémité Nord du lac. On espérait, en éloignant les hommes et les animaux domestiques de cette région infestée par la Glossina palpalis, arriver à éteindre la maladie.
- On s’aperçut bientôt que, malgré cette évacuation, la maladie de la Tsétsé continuait à infester les animaux qui y sont d’ordinaire sensibles sur les bords du lac. Il était évident que quelque animal sauvage servait de réceptacle au virus. On soupçonna les Antilopes et l’on traça le plan d’une enquête portant sur les points suivants :
- i° Les Antilopes peuvent-elles être infestées expérimentalement par la piqûre des Tsétsé infestées dans le Laboratoire? — 20 Si cette infestation est possible, les Antilopes peuvent-elles à leur tour transmettre la maladie aux mouches saines du Laboratoire qui les piquent, et celles-ci peuvent-elles transmettre le Trypanosome à un autre animal sensible à l’infestation ? — 3° Quel est le pourcentage des insectes ainsi infestés ? — 4° Jusqu’à quel point l’infestation affecte-t-elle la santé des Antilopes ? — 5° Les Antilopes sont-elles atteintes, à l’état de nature, par la maladie du sommeil?
- Les expériences entreprises ont donné les résultats suivants : 1° Trois espèces d’Antilopes (Cobus ellipsi-prymnus, Ti'agelaphus sylvaticus, Cervicapra arundi-num) peuvent facilement être infestées par une injection de Trypanosomes de l’homme; quelques-unes contractent la maladie par piqûre de la Mouche. — 20 Les Antilopes ainsi infestées peuvent communiquer le virus à des Mouches élevées dans le Laboratoire et encore indemnes, et les Mouches infestées par ce moyen peuvent transmettre la maladie à un animal sensible. — 3° Un nombre appréciable de Mouches peut s’infester en suçant le sang des Antilopes inoculées. — 4° Les Antilopes infestées peuvent vivre plusieurs mois sans montrer aucun signe, visible extérieurement, de maladie. — 5° On n’a pas encore trouvé, à l’état de nature, d’Antilope infestée du Trypanosome de la maladie du sommeil : toutefois les constatations faites sur ce dernier point sont encore assez limitées.
- En résumé, s’il est certain qu’un certain nombre d’Antilopes, vivant dans la zone de l’Ouganda infestée par la Tsétsé, peuvent servir de réceptacle au Trypanosome de la maladie du sommeil, tant qu’il ne sera pas prouvé que ces Antilopes peuvent être infestées à l’état de nature, on n’aura pas le droit de les accuser de servir à la transmission de la maladie à l’homme ou aux animaux domestiques. E. T.
- La production des céréales dans le monde. —
- M. Levasseur a fait à ce sujet une fort importante communication à la Société nationale d’agriculture de France [Bulletin des séances, 1910, p. 929).
- D’après l’éminent économiste, la plus forte récolte de céréales en 1909 a été celle des Etats-Unis,1 qui s'est élevée à iqS millions de quintaux.
- Viennent ensuite, en Europe :
- Russie 174 millions de quintaux, France 98, Autriche-Hongrie 51, Italie 4°> Allemagne 36, Espagne 28,. Angleterre 17 1/2, Roumanie i5, Bulgarie i3, Turquie 8 1/2, Belgique 4» Portugal 1 1/2.
- Hors d’Europe :
- Inde 66 millions de quintaux, Sibérie 40, République Argentine 38, Canada 37, Australasie i5, Algérie 6 1/2, Japon 6.
- La production totale a augmenté depuis quinze ans, passant d’environ 654 millions de quintaux (i8g5) à 914 (1909). C’est surtout dans l’Europe orientale et en Amérique que cette augmentation a été intense : la Russie est passée de 102 à 174, les Etats-Unis de 126 à ig5, le Canada de i5 à 37 (i8g5 à 1909); la République Argentine de 12 1/2 à 38 (1905 à 1909).
- Le « Daylight saving bill ». — On sait que M. Robert Pearce, un député anglais, a déposé à la Chambre des Communes, un projet de loi ayant pour but d’avancer l’heure en été pour « économiser de la lumière » le soir d’où le nom de ce « bill ». En voici le texte officiel qui n'a pas encore été publié en français croyons-nous. C De 2 heures du matin, temps moyeivde Greenwich pour la Grande-Bretagne, et temps moyen de Dublin pour l’Irlande, du troisième dimanche d’avril de chaque année, jusqu’à 2 heures du matin temps moyen de Greenwich pour la Grande-Bretagne et temps moyen de Dublin pour l’Irlande, du troisième dimanche de septembre de chaque année, le temps local sera en avance d’une heure sur le temps moyen de Greenwich pour la Grande-Bretagne et le temps moyen de Dublin pour l’Irlande ; et de 2 heures du matin temps moyen de Greenwich pour la Grande-Bretagne et temps moyen de Dublin pour l’Irlande du troisième dimanche de septembre de chaque année, jusqu’à 2 heures du matin, temps moyen de Greenwich pour la Grande-Bretagne et temps moyen de Dublin pour l’Irlande, du troisième dimanche d’avril de chaque année, le temps local sera le temps moyen de Greenwich pour la Grande-Bretagne et le temps moyen de Dublin pour l’Irlande. 20 Le temps nouveau établi comme il est dit ci-dessus sera connu sous le nom de temps de la saison d’été (Summer season Time) en Grande-Bretagne et en Irlande, et lorsqu’une expression relative au temps se présentera dans n’importe quel acte du Parlement, acte ou autre instrument légal, le temps mentionné ou auquel on se repérera sera considéré, pour la Grande-Bretagne et l’Irlande et sauf stipulation contraire, comme étant le temps de la Saison d’Eté tel qu’il est défini par cet Acte. 3° Le temps moyen de Greenwich tel qu’il est établi pour les usages de l’astronomie et de la navigation ne sera pas affecté par cet acte. 4° Le présent Acte sera appliqué au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, et peut être mentionné sous le nom d’Acte du Temps de la saison d’été (Grande-Bretagne et Irlande), 19x1. Les savants anglais s’étant prononcés contre une telle modification qui introduirait dans la mesure du temps et dans les relations internationales des complications bien inutiles, le « bill » de M. Robert Pearce n’a aucune chance d’être adopté. Il semble qu’on eût pu faire avec plus de succès, au profit de l’adoption par l’Irlande du temps de Greenwich, la propagande coûteuse qui a été amorcée en Angleterre au profit de cette chinoiserie horaire.
- Les huiles usagées. — L’industrie emploie de plus en plus les huiles minérales pour la lubrification des pièces frottantes dans les machines. Ces huiles sont des produits coûteux; il est tout naturel de ne pas les laisser perdre. Les industriels ont donc pris l’habitude de recueillir leurs huiles usagées et de s’en servir à nouveau après filtration. L’opération est impossible avec les huiles végétales ou animales qui à l’usage subissent des altérations profondes. Mais est-elle recommandable pour les produits minéraux?Telle est la question que se sont posée MM. Sabatié, chef de la Section des Métaux au Laboratoire d’Essai du Conservatoire des Arts et Métiers, et Pellet assistant à ce Laboratoire. Pour la résoudre, ils ont procédé à une série d’intéressants essais dont voici la conclusion : Une huile minérale usagée, recueillie dans de bonnes conditions et filtrée avec soin, conserve presque intactes ses diverses propriétés.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- 'Electricité pratique
- Pour installer soi-même un contact de porte. —
- On sait qu’un contact de porte est un petit appareil qui fait actionner une sonnerie électrique lorsque la porte s’ouvre ou se ferme. Ce contact est très simple à installer surtout quand on possède déjà une sonnerie et une pile
- reliées au bouton poussoir de la porte d’entrée.
- Le contact de porte est en effet basé sur le même principe qu’un bouton poussoir ordinaire. Il peut être placé en feuillure, être passager ou permanent et l’on en trouve, à très bon marché, des modèles divers remplissant l’une ou l’autre condition. Le montage se réalise comme celui d’une sonnerie ordinaire (lig. i). Il suffit d’avoir quelques mètres de iil de cuivre isolé, comme le fil de sonnerie habituel, une sonnerie à bon marché comme celle qu’on trouve dans les bazarsK et une batterie de deux piles Leclanché ordinaires, de deux piles sacs qu’on peut faire soi-même ou d’une pile sèche : pile bloc ou autre.
- Lorsqu’on possède déjà une installation de sonnerie sur la porte où l’on veut installer un contact de passage,
- voici le dispositif du montage, qui est alors des plus simples à réaliser. C’est en somme le montage. en dérivation de deux boutons poussoirs ; on relie une borne du contact de porte à la borne de la sonnerie qui est reliée au bouton poussoir ; l’autre borne du contact de porte étant reliée directement au pôle positif de la pile (fig. 2). Bien entendu, il n’est pas nécessaire pour ces liaisons de conduire un fil jusquâ la sonne--rie et jusqu’à la pile, il suffit de réunir soigneusement les fils correspondants par des épissures. On économise ainsi beaucoup de fil. Aussi sur la figure 3, à titre d’exemple, on peut voir la façon d’opérer, les fils nécessaires à poser pour actionner le contact de porte étant en pointillé. Pour
- Contact de ta porte
- Cuivre Zinc
- Bouton
- Contact de la porte
- Cuivre
- Sonnerie
- Sonnerie
- Contact
- Porte
- tBouton
- faire simplement une bonne dérivation de fils conducteurs, on dénude soigneusement le fil principal et on gratte avec le canif le fil de cuivre pour le rendre brillant ; on dénude également le fil de dérivation et on les relie en serrant fortement le boudin sur le fil principal au moyen d’une pince plate (fig. 4)- On entoure ensuite les parties métalliques en formant un recouvrement sur la partie isolante clés fils, au moyen de bande de toile caoutchoutée que l’on trouve dans les bazars; ou si l’on
- veut se servir de ses propres ressources, au moyen de bande de toile imprégnée de colle, de seccotine, de vaseline ou même de bougie râpée, de vernis à la gomme laque, etc.
- Si on ne veut réaliser qu’un contact passager, c’est-
- -Fii principal dénudé ' Fi! dérivé dénudé
- Jonction de Z Fils avant l'enroulement de la bande Isolante
- Fig. .
- à-dire un contact qui ne fera tinter la sonnerie qu’au moment où la porte s’ouvrira ou se fermera, il est possible de faire soi-même un contact au moyen d’un bouton poussoir ordinaire. Voici comment on peut réaliser un
- Trous pour
- 150 Tm
- PORTE
- dispositif, sinon élégant,.du moins facile à obtenir.
- On fixe par 2 équerres en fer (fig. 5) une plaquette de bois de i5o mm ÿ< 106 mm et de 10 mm d’épaisseur.
- Sur la face inférieure, on monte le bouton poussoir
- _____ «=î j, ‘“d/y iw
- î d, 7
- «z.1 VT \ N lame ressort
- Njveau du Cuvette
- passage de /a porte
- Fig. G..
- lame ressort
- la tête en bas, et on dispose une lame d’acier flexible de 1/2 mm d’épaisseur et d’environ 20 mm de largeur suivant la forme de la figure 6 ; cette lame est fixée solidement sur la plaquette en bois et dans sa partie
- Cuvette
- Cuvette
- médiane elle porte une petite cuvette en cuivre rivée ou
- soudée sur la lame, qui vont repoéer sur la tête du bouton (fig. 7).
- Quand la porte s’ouvre elle vient appuyer progressivement sur le plan incliné, fait mettre en contact l’arma-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ture du bouton qui est pressé par la cuvette, la porte continuant à s’ouvrir libère tout le système, qu’elle dépasse. Quand la porte se referme, l’action se fait sur le plan incliné opposé. Il faut avoir soin de placer la planchette à une hauteur convenable au-dessus de la porte; il faut que la différence de niveau d du ressort et de la tête du bouton et la course d du bouton soient sensiblement les mêmes, la première devant toujours être inférieure à la seconde. Dans le cas où l’on aurait fait une erreur légère dans la pose, on la rattraperait en mettant des cales sous le socle du bouton ou sous les pattes du ressort plat.
- Pour fixer la cuvette, on opérera comme sur la figure 7 ; le petit épanchement de la cuvette sera rivé sur le ressort avec un marteau.
- L’installation d’un contact de porte est donc des plus simples, c’est un accessoire indiqué quand on possède déjà une sonnerie électrique.
- c^ns. Mécanique
- Un nouveau système de compteur d eau. — Pour apprécier le débit des conduites, des pompes, des sources, la consommation des chaudières à vapeur, les
- quantités de liquides divers employés en fabrication, on emploie industriellement des compteurs d’eau. La plupart se composent de cylindres à piston ou autres pièces mobiles qui demandent une certaine force et s’usent, se dérèglent à l’usage. Au contraire, le nouvel appareil importé d’Angleterre sous le nom de « Lea Recorder » est d’une extrême simplicité qui mérite de fixer l’attention.
- Si l’on fait couler de l’eau dans une bâche dont l’un des côtés porte une encoche triangulaire formant déversoir, plus le débit est fort, - et plus s’élève le niveau du liquide. Connaissant la hauteur de ce niveau, et la forme de l’orifice-d éversoir, on peut, en appliquant la formule James Thomson, calculer le débit du liquide.
- C’est sur ce principe qu’est basé lé nouveau compteur. Il se compose essentiellement d’un bac portant d'un côté l’arrivée du liquide dont on veut mesurer le débit, et de l’autre un déversoir triangulaire s’ouvrant sur la canalisation de sortie. Un flotteur placé au bas d’une tige qui se déplace librement sur glissière transmet à l’appareil enregistreur les variations de niveau, partant celles du débit.
- Mais les chiffres de niveau n’indiquent les débits que par l’application de la formule, ou l’emploi d’un graphique, constitué par la courbe obtenue sur diagramme en portant par exemple les niveaux en abcisses et les volumes en ordonnées. L’ingéniosité du constructeur a rendu cette operation absolument mécanique : la tige du flotteur fait mouvoir un cylindre portant une rainure représentant la fonction volumes-niveaux (c’est comme si l’on avait enroulé autour du tambour, le diagramme dont nous parlions). Et c’est cette^ rainure qui, par l’intermédiaire d’un ergot faisant mouvoir horizontalement le chariot porteur du style enregistreur, transforme les chiffres de niveau en chiffres de débit. Ces derniers sont recueillis à la manière habituelle sur un rouleau portant une feuille convenablement réglée, et que fait mouvoir un mouvement d’horlogerie intérieur.
- C’est là le modèle simple du Lea Recorder; il oblige, quand on veut totaliser les résultats enregistrés sur chaque feuille, à employer un planimètre.ou à compter approximativement l’aire des débits d’après le quadrillage du papier, Pour éviter cela, les modèles perfectionnés du compteur portent un intégrateur actionné par un prolongement de l’arbre du cylindre rai-nuré et comprenant un compteur totaliseur du volume
- de liquide passé depuis la mise au zéro. En outre, une horloge en connexion avec le dispositif précédent permet d’apprécier instantanément les chiffres de débits moyens. — L’appareil est en vente chez M. Albanèse, 62, rue Saint-Lazare, Paris.
- Photographie ^§33
- Le Vélographe. —Tirage rapide des cartes postales.— Pour obtenir de bonnes images en format carte postale il faut avoir un cliché de format supérieur, dans lequel on prend la partie intéressante du sujet. Dans ces conditions, le tirage sur papier au bromure nécessite un cache sur lequel il faut, après chaque exposition à la lumière, repérer le papier pour avoir toujours la même partie du cliché ; c’est une opération qui fait perdre bien du temps, et le Vélographe représenté ci-contre est destiné à la faciliter. C’est un châssis dont le cadre inférieur (fig. 1) est semblable à celui
- Fig. I. — Cadre inférieur du Vélographe.
- de tous les châssis-presse ordinaires, mais qui en diffère par la partie supérieure. Au lieu des volets habituels on place sur le cliché un couvercle C (fig. 2) qui est plus petit que le châssis, mais qui a exactement la dimension de la carte postale. Ce couvercle est maintenu à l’endroit choisi par les ressorts du châssis (fig; 3). Il est muni à l’intérieur d’une planchette P (fig. a) poussée par un ressort, qu’on peut soulever au moyen du bouton B. La manœuvre est très simple et très rapide. La main tenant la poignée (fig. 3) peut saisir entre deux doigts le bouton B et soulever la planchette ; on intro- 2< ~ supérieure
- duit alors le papier qui u c laS!,lï’*
- semetautomatiquement '
- en place par son poids en inclinant le châssis ; puis on lâche le bouton B, et le papier sé trouve pressé contre le cliché. On çxpose à la lumière, puis on tire le bouton et on incline le châssis dans l’atitrê sens pour faire tomber le papier, qu’on remplace aussitôt-par un autre.
- En organisant une boîte pour recevoir les papiers exposés, et une autre pour ceux qui vont l’être, on peut impressionner un grand nombre de cartes en peu de temps.
- Les papiers employés à ces tirages ne sont pas d une très grande sensibilité et, étant donnée la très grande rapidité avec laquelle on opère, il suffit de s’abriter de la lumière directe, en plaçant par exemple Un carton de- F’g- 3. — Le Vélographe monté vant la lampe. Une pour le tirage,
- partie de la table sur
- laquelle on travaille est dans l’ombre, tandis que l’autre partie est en pleine lumière, et on peut très bien, sans aucun danger pour le résultat final, faire le. chargement et le déchargement du châssis d'ans.’la partie de la table qui se trouve à l’ombre, tandis qu’on fera l’impression sur l’autre partie. Il n’y a donc pas besoin de s’enfermer dans un laboratoire, et on peut opérer dans une pièce quelconque où la famille se trouve réunie. — En vente chez M. Chapuzot, 55 rue de Vanves, Paris.
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- VARIETES
- QÊÊL
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- Que devient la nicotine dans le sol? — Depuis que j de nombreuses expériences ont montré toute la valeur insecticide de la nicotine pour combattre les insectes et les larves qui ravagent les jardins, les vergers et les vignobles, l'emploi de cet alcaloïde vénéneux est devenu très fréquent, et il le deviendra encore bien davantage lorsque la Régie des tabacs sera en mesure de fournir les quantités dont l’arboriculture et la viticulture ont besoin. Mais une des conséquences de cet emploi c’est que, lors des pulvérisations copieuses dont on arrose les arbres fruitiers et les ceps, une partie notable du produit tombe sur le sol et suggère naturellement à l’esprit cette pensée : Que devient la nicotine dans le sol?
- C’est assurément à cette préoccupation qu’a dû obéir le professeur-docteur Richard Otto, directeur de la Section de chimie de l’Institut royal pomologique de Proskau, quand il s’est proposé d’étudier, en collaboration avec le chimiste W. D. Kooper, les trois points suivants :
- i° Quelle influence exerce sur le sol une solution aqueuse de nicotine à 3 grammes par litre?
- 2° La nicotine reste-t elle longtemps dans le sol à l’état d’alcaloïde ou se décompose-t-elle en d’autres produits?
- 3° Certains facteurs peuvent-ils accélérer sa décomposition et sa volatilisation dans le sol?
- La solution de ces trois questions a été recherchée de deux façons. Dans la première on s’est servi d’entonnoirs en verre d’une forme particulière qu’on avait remplis de terre de jardin dont on avait préalablement déterminé la teneur en azote total, eau, nitrate et nitrite.
- Tous les lundis, mercredis et vendredis on arrosait la terre de ces petits récipients avec 5o cm5 d’une solution de nicotine à 3 gr. pour iooo, étendue de 5o cm3 d'eau distillée, et tous les mardis et les samedis avec i5o cm5 d’eau distillée. -
- Dans la seconde manière, on a recouru à un dispositif spécial comprenant des diaphragmes de. laiton sur les-, quels on avait placé du sable de mer chimiquement pur, t et on a pratiqué des arrosages comme dans la précé-, dente expérience, et aux mêinés jours. , ‘
- Les détails de la série des. manipulations et des analyses etîectuées en vue dé reconnaître le passage dé la nicotine à travers les différentes1 couches de sable disposées selon les besoins de la démonstration, en soumettant les liquides recueillis à la suite d’un nombre déterminé d’arrosages à la réaction habituelle de cët alcaloïde, ne présentant qu’un intérêt secondaire, je relaterai de suite les conclusions pratiques auxquelles sont arrivés les deux chimistes.
- I. La nicotine est absorbée aussi bien par les sols humifères que par les terres sablonneuses.
- II. Elle ne contracte aucune véritable combinaison chimique, mais seulement une adhérence physique, puisqu’elle conserve ses propriétés chimiques.
- III. Elle se décompose en partie dans le sol (apparition de l’ammoniaque dans une terre sablonneuse indemne d’azote), tandis qu’une autre partie se volatilise.
- IY. La chaleur et l’humidité accélèrent la décomposition et la volatilisation alors que la sécheresse les ralentit.
- Par suite, si l’on ne considère que le sol, il n’ÿ a donc pas à redouter que des pulvérisations réitérées de solutions de nicotine y emmagasinent un trop grand excès de ce vénéneux alcaloïde, puisqu’il résulte des expériences ci-dessus que la chaleur, qui règne souvent au moment où ces opérations ont lieu, et l’humidité, qui en est la conséquence, sont deux facteurs qui favorisent la décomposition et la volatilisation de la nicotine. En outre, l’ammoniaque et l’acide nitrique provenant de sa décomposition ne peuvent exercer, quelle que soit leur proportion, qu’une influence favorable sur la nitrification du sol. • . A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les piqûres d’abeilles contre le rhumatisme. —
- Cette méthode de traitement des cas rebelles de manifestations rhumatismales semble devenir en vogue chez nos voisins d’outre-Manche. Il y a deux ans, j’ai donné une relation de l’enquête poursuivie par le Dr YYalker de l’Université d’Oxford sur la valeur de ce traitement (Yoy. La Nature, II, p. 189, 1908). Les faits se multiplient et montrent qu’il ne s’agit pas d’une simple croyance populaire et d’un vulgaire remède de bonne femme.
- Tout dernièrement le Dr Maberly a publié dans la Lancet une série de cas des plus intéressants où les piqûres d’abeilles ont guéri des malades chez lesquels on avait épuisé toute la série des médicaments habituels, bains thermaux, électricité, baumes, massage, etc. Un homme conserve à la suite d'une attaque dé rhumatisme aigu une arthrite des articulations cervicales et maxillaires; il ne peut ni lever la tête, ni ouvrir la bouche. Après mille tentatives infructueuses son médecin lui fait essayer les piqûres d’abeilles, six, huit piqûres par semaine. Au bout de deux mois il était guéri. Même succès chez d’autres malades atteints de névralgies ou d’arthrites rhumatismales; en trois ou quatre séances les douleurs avaient disparu.
- Yoici un cas rapporté par M. Maberly, car le malade était tout particulièrement intéressé à garder l’agilité de ses doigts et de ses bras. Il était violoncelliste. Un rhumatisme le paralyse, plus moyen de tenir l’archet ou de pincer les cordes. Après des tâtonnements, des hésitations, l’artiste se décide à essayer les piqûres d’abeilles; on en applique quinze sur les jointures douloureuses, et quatre jours après l’invalide était debout et pouvait jouer dans un concert.
- Si l’on constate les bons résultats de ces piqûres, on est encore fort ignorant du mode d'action de ce venin. Le Dr Lamarcke, comme je le disais, croit que c’est l’acide formique contenu dans le liquide qui est l’agent actif. Je serais pour ma part enclin à croire, mais c’est une pure hypothèse, que le venin de l’abeille contient une toxine dont la pénétration graduelle dans l’économie neutralise les effets nocifs du bacille rhumatismal et des infections qu’il détermine.
- Le traitement est un peu douloureux, mais il est efficace, et quand on aura essayé en vain les agents médicamenteux externes ou internes, je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas recours à ces piqûres infiniment moins désagréables que le vésicatoire antique ou les rubéfiants de diverses sortes. Dr A. G.
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
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- Marbrures artistiques sur étain. — Les divers travaux d’amateurs faits en feuilles d’étain repoussées peuvent être patinés en nuances marbrées dont les teintes varient de l'ocre chaud aux bleus et jaune irrisés. Dispositions et dessins dépendent dans une large
- mesure de la façon d’opérer, ce qui ajoute aux objets un cachet artistique personnel.
- Yoici comment il convient d’opérer : plonger d’abord la pièce de métal — lequel aura été au préalable parfaitement dégraissé par les procédés habituels — dans
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- un bain sulfuré (solution aqueuse à 5-io pour ioo de sulfure de sodium, ou ammoniaque dans laquelle on aura fait passer un courant de gaz sulfhydrique). Après quelques instants d'immersion, sortir du bain, laisser égoutter et ajouter alors — avant complet égouttage — soit en projetant des gouttelettes, soit en versant, soit en promenant une baguette de verre plongée dans le liquide, ou de l’acide chlorhydrique ou de l’acide azotique. Inégalement décomposée, la solution sulfurée[répand une odeur infecte, et il se produit une attaque irrégulière du métal, avec formation de marbrures brunesdiverses.
- En faisant varier la composition des liquides employés, le mode d’addition de l’acide, on peut obtenir toutes sortes de dessins aux lignes et teintes capricieuses ; avec de l’habitude, on obtiendra de très jolies choses. Il faut éviter une immersion complète des objets dans le bain acide : le sulfure d’étain se formant alors n’adhère pas au métal. (Laboratoire de La Nature).
- Les poudres à faire pondre. — Il existe quantité de recettes de ces sortes de produits, et quantité de
- marques commerciales vendues toutes très chères. D’après les analyses de M. Guillin, voici quelles sont les compositions des sortes les plus répandues :
- a) Mélange de poussier de charbon et de calcaire avec un peu de phosphate.
- b) Poudre contenant 60 pour ioo de son de blé, 20 pour ioo de farine de riz et 20 pour 100 de farine de légumineuses.
- c) Farine de blé 25 pour 100, coquilles d’œufs moulues 75 pour 100.
- d) Mélange d’avoine concassée et de divers stimulants ; poudre de réglisse, anis, poivre, fenugrec.
- Tous ces produits sont inefficaces, les uns contiennent des éléments inutiles, les autres, riches en amidon tels que b, poussent à l’engraissement plutôt qu’à la ponte. Aussi leur subsistuera-t-on avec avantage des nourritures fortement azotées, telles que poisson cuit (pour éviter la mauvaise odeur donnée par le poisson cru aux œufs); ou mieux encore gluten de maïs, dans lequel la matière azotée se trouve à très faible prix.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Bans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements, qui lui parviennent accompagnées d’une bande «l’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- !v Communications. — Vernissage au four à l'électricité. —• M. Hergott, ingénieur à Belfort, nous écrit à propos de l’article publié sous ce titre, dans notre n° 1976 du icr avril 1911, rubrique Science appliquée : « Permettez-moi de vous prier de signaler que cette « même application du chauffage par l’électricité fonc-« tionne depuis plus d’un an en France, établie sur mes « conseils et avec tout le succès désiré, pour des ver-« nissages au four très délicats, pour objets en bois « notamment. Les plaques chauffantes peuvent être « tout simplement des lampes à incandescence, hors <c d’usage de bon éclairage, et la température constante « obtenue par un thermomètre à relais qui est maître « du groupement du chauffage sans aucun rhéostat exté-« rieur. Avec du courant triphasé, ce groupement est «- particulièrement intéressant dans sa grande sim-« plicité. »
- ; Renseignements. — M. Dalle, Noisy-le-Sec. — Le voile en question provient du manque de pose. Un développement plus énergique n’aurait probablement pas donné de meilleurs résultats. Yoici une formule qui nous réussit bien pour les grands instantanés :
- Eau ............... a5o c. c.
- . Sulfite de soude anhydre. ..... 10 gr.
- O,. Métol .............. 1 gr.
- Hydroquinone.............. 1 gr. 5
- i Carbonate de soude anhydx-e. ... 4 gr.
- Bromure de potassium, 3 c. c. d’une solution à 10 pour 100 dans l’eau.
- M. N. G. Caranfil, Galatz. — Appareils médicaux
- électriques : Gaiffe, 4o, rue Saint-André-des-Arts, Paris ; Malaquin, 48, rue Monsieur-le-Prince, Paris; Radiguet et .Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ; Ro-chefort, 1^5, boulevard de Grenelle; Trouvé, 16, rue Yivienne, Paris.
- M. L. F., rue du Renard, Paris. — Le perfectionnement à la conservation des œufs par le froid, décrit dans le n° du 23 février, est préconisé particulièrement pour les grandes entreprises industrielles, et notamment pour celles qui ont déjà des installations frigorifiques. Ce procédé ne serait donc pas à conseiller si l’on n’avait en vue qu’une petite industrie de conservation des œufs; il est en application, actuellement, à Courtrai (Belgique), à Châtelierault (Yienne), et d’autres applications en seront faites à des installations, à Morlaix, Amiens et Nevers. La question est donc de savoir si votre projet doit comporter l’étude de la question
- en vue de l’insiallation d’une usine frigorifique. Pour tous renseignements, dans un sens ou dans l’autre, et indications précises, projets, devis, installation, s’adresser à M. Fernand Lescardé, ingénieur, 5i, boulevard de La Chapelle, Paris.
- P. C. Laubach. — Il n’existè pas, à notre connaissance, d’ouvrage traitant spécialement de la fabrication des conserves de viandes, mais cette question est traitée, avec détails intéressants et assez complets, dans les ouvrages suivants : Conserves alimentaires, par W. Maigne, 3 francs. Collection des Manuels Roret, Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris-6e; Les Conserves alimentaires (fabrication ménagère et industrielle), par Lavoine, irr,80. Librairie Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Germain, Paris-60; le volume XIY, Conserves alimentaires., de la Petite Encyclopédie pratique de chimie industrielle,, de F. Billon, orr,6o. Librairie des publications populaires, rue des Fossés-Saint-Jacques, Paris-50; Manière] de préparer les conserves ménagères, par Alfred Suzanne, ofr,75, même librairie; Fabrication des conserves, par Bouillet,; o,rv5o\ Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, Paris-6û; Manuel des conserves alimentaires, par Raphaël de Noter, 3 francs. Librairie Bernard Tignol, 53 [bis, quai des Grands-Augustins, Paris-68 ; Conservation par le froid des denrées alimentaires, par J. de Loverdo, 2£r,5o. Librairie Masson et Cia, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-6e ; le. premier volume de l’ouvrage Les abattoirs publics, par J. de Loverdo, 29fr,5o. Dunod et ! Pinat, éditeurs, 47, quai, des Grands-Augustins, Paris-6e.
- D' Th. Th., Paris. — Pour doser l’alcool dans le cidre —-• et les boissons alcooliques, en général -— il faut le séparer des produits de dénsité différente, et pour cela opérer par distillation, seul procédé exact h employer. Pour effectuer cet essai très facilement, on se sert du petit alambic Dujardin-Salleron, qtte l’on peut sè procurer chez J. Dujardin, 24, rué Pavée, Paris (prix a5 francs), lequel est accompagné d’un alcoomètre divisé en 1/20'.
- M. Trinquand, r. Sâint-Yincent-de-Paul, Paris. — J i° Traiter successivement avec de l’eau de Javelle et de Facide chlorhydrique dilué; a° employer une solution aqueuse de fuschine. Chaque réactif devra être appliqué au pinceau, .avec beaucoup de soin, en protégeant le tour des taches par une « cache » découpée dans du papier imperméable. ’ . ; Y
- M. Santipéri, Montpellier. — Il est extrêmement dangereux de verser du pétrole, de l’essence ou de l’alcool dans une lampe dont la mèche brûle encore. En principe, évitez de remplir le soir une lampe à âlcpol ou à essence, et si voué êtes forcé de le faire, tenez-vous très éloigne de toute flamme. Pour éteindre, employer le capuchon dont sont généralement munies les. lampes de ce genre.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. L. Gilliard, Paris. — Les mastics pour aquarium dont vous trouverez plusieurs formules dans le tome I des Recettes de Tissandier (Masson, éditeur) conviennent tout à fait pour votre cas.
- M. J. Plassard, à Youzon. — Le produit devient, en effet, pâteux à chaud, mais non liquide. Yous aurez un produit bien fluide en faisant dissoudre dans le sulfure de carbone, le chloroforme, le toluène ou l’éther de pétrole. Eviter la proximité d’une flamme si vous employez un liquide volatil et combustible.
- L. R., Bordeaux. — Il s’agit de la Société des Petits Inventeurs, 187, rue du Temple, Paris.
- M. G. Vàllier, Lyon. — L’or noir exige une préparation chimique spéciale sur laquelle M. Hanriot a donné des détails dans le compte rendu de l’Académie des Sciences du 25 mars 1911.
- M. le Dr du Bouchet, à Paris. — Il suffit, pour faire disparaître les encres d’aniline violettes à tampon, de laver les inscriptions avec précaution d’abord avec de l’extrait d’eau de Javelle dilué dans dix fois son volume d’eau, puis avec de l’eau.
- M. Keon, av. Legrand, Bruxelles. — Yous trouverez la recette du ciment chinois pour métaux et porcelaine dans le troisième volume des Recettes de Tissandier (Masson, éditeur).
- M. G. Hesse, Le Havre. — C’est par suite d’une erreur typographique que, nous vous avons parlé de charbon Berkeline dans le numéro du a5 mars; c’est « Berzélius » qu’il faut lire.
- M. T., Metz. — Pour désinfecter les murs d’un appartement avant de poser les papiers, laver simplement avec de l’eau crésylée (10 pour 100) ou une solution aqueuse de sulfate cuprique (5 pour 100) et laisser
- sécher avant collage. Pour les taches d’huile sur étoffe non layablé, traiter par la benzine ou l’essence de pétrole. Quant au nettoyage des cadres dorés, vous trouverez deux bonnes recettes dans .les Recueils de Tissandier, tome I, page 48 et tome IV page 43 (Masson, éditeur).
- M. L. S., à Versailles. — Vous trouverez la fluorescéine à la Société des produits chimiques de Saint-Denis, établissement à Paris, io5, rue Lafayette, Prix : i2tr,5o le kilogramme, par a5o grammes au moins.
- M. R. C., à Cambo. — 3 grammes de formol par mètre cube.
- Le fumigator Gonin est un très bon moyen de désinfection, cône brûlant en dégageant de l’aldhéhyde formique. -
- M. J. C., à Toulouse. — « Traité pratique du développement », par A. Londe; « Les tirages photographiques », par Sollet; « Choix et usages des objectifs », par E. Wallon; « La métrophotographie », par le colonel Laussedat; « Téléphotographie », par H. Quentin, Ch. Mendel, éditeur; « Application de la photographie à la physique et à la météorologie », par Quenisset; « Manuel de photographie interférentielle », par À. Ber-thier, Gauthier-Villars, éditeur; Procédé autochrome Lumière; Bulletin de la Soc. franç. de photographie, n° du ier août 1907. Aux bureaux de la Société", 5i,~rüe de Clichy.
- Cerfs-volants. — Etude complète de la question par M. Wenz et par le capitaine Saconney, dans Y Annuaire général de photographie de l'année 1908, pages 355 à 400, chez Plon et Nourrit.
- Objets de voyage. — Maison « au Départ », 29, avenue de l’Qpéra.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Construction du navire le plus grand du monde : Dr A. G. — La mouche tsétsé et le gros gibier africain : E. Trouessart. — Fabrication mécanique des chaînes -: Georges Lanorville. — Cuirassés et batteries de côtes : Capitaine D. — Académie des sciences; séance du 3 avril 1911. — Ch. de Villedeuil. — La question du moineau aux Etats-Unis : V. Forbin, Supplément. — Les satellites de Mars. — L’altération des soies traitées par les sels d’étain sous l’influence de la lumière. —• Nombre des composés organiques. — Falsification de l’essence de térébenthine. — Neuf personnes en aéroplane pendant une heure. — Conservation des plantes et des animaux. — Une pommade antiseptique.
- Contribution à l’histoire de la chimie, à propos du livre de M. Ladenburg sur l’histoire du développement de la chimie depuis Lavoisier, par Albert Colson. i vol. i3o pages. Hermann, éditeur. Paris, 1910. Prix : 3 francs.
- Nous avons signalé en son temps, la traduction par M. Corvisy de l’excellente histoire de la chimie moderne par M. Ladenbourg. Cet ouvrage, malgré un grand souci d’impartialité, ne fait pas toujours à la science française, surtout pour les dernières années, la part à laquelle elle a droit, Cela tient à ce que l’auteur était nécessairement mieux au courant des travaux allemands que des travaux français. Cela tient aussi à ce que l’évolution des sciences diffère avec les nations et que telle idée qui a une action profonde sur le public savant d’un pays peut rester sans effet dans le pays voisin. M. Colson a donc entrepris de compléter, au point de vue français, l’ouvrage de M. Ladenburg. Il montre le rôle important joué en chimie organique par Dumas et son influence sur les travaux de ses élèves, Laurent et Gerhardt devenus ensuite ses contradicteurs, en même temps que de courageux novateurs à qui la chimie organique doit une très vive 4mpûlsion. Il insiste sur les phénomènes de catalyse «Tune si haute importance, et sur les travaux de MM. Sabattier, Senderens, Bertrand. Il reprend le chapitre de la radioactivité un peu écourté par M. Ladenburg. En chimie minérale, en sidérologie, en mécanique chimique, il met en lumière nombre de tra-
- vaux français et étrangers qui ont servi de point de départ au développement de chapitres importants de la science et que l’histoire de la chimie ne peut passer sous silence.
- Guide pratique de mesures et essais industriels. Tome III : Mesures électriques industrielles. Instruments et méthodes de mesure, par J.-A. Montpellier etM. Aliamet. In-8° de 468 pages, avec 328 fig. H. Du-nod et E. Pinat, édit. Paris, Y.I®. Prix : broché, 18 fr. ; cartonné, i9rr,5o.
- Les mesures électriques ne s’effectuaient autrefois que dans certains laboratoires spéciaux et les initiés gardaient jalousement pour eux leurs méthodes, et leurs procédés. Actuellement, avec le développement si rapide de l’industrie électrique, les mesures électriques sont devenues d’usage courant et, quelles que soient les applications, toute exploitation rationnelle exige l’emploi d’instruments de mesure. Dans cë nouvel ouvrage, MM. Montpellier et Aliamet se sont surtout préoccupés de donner à tous ceux qui, à un titre quelconque, ont à utiliser des courants électriques, le moyen pratique de choisir et d’employer les instruments de mesure qui conviennent le mieux aux applications qui les intéressent, afin d’assurer le fonctionnement normal des installations qu’ils ont à diriger ou à vérifier. .
- Die Felsenfesten Mallorcas, in-8°, chez Mercy, à Prague, 1910, avec 4 plans et 23 figures.
- Ce nouveau volume (anonyme et non dans le commerce) de S. A. I. l’archiduc Louis-Salvator d’Autriche, donne la description et l’histoire des trois châteaux, bâtis sur des rocs formant enceinte naturelle d’Olaro (au N.-E, de Palma), de Santueri près Fela-nitx, et de Gastell del Rey près Pollensa. .Ôn les dit antérieurs à la longue domination des Arabes (5oo) sur Majorque. Ils sont célèbres dans l’héroïque et sanglante histoire de l’ile et ont donné naissance à tout un cycle de touchantes ou terribles légendes, Leurs ruines sont encore importantes. Et l’auteur nous révèle tout ce qui les concerne avec son érudition et sa maîtrise habituelles.
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- BIBLIOGRAPHIE
- md
- Bach berühmter Ingenieure (Livre d’ingénieurs célèbres). Les grands techniciens, leur vie, leur œuvre, par Richard Hennig, i vol., 3o8 p. avec 43fig- Otto Span-ner, édit. Leipzig, 1911. Prix broché : 5 M.
- C’est une heureuse idée que de faire connaître la vie d’ingénieurs illustres. On y trouve toujours l’instructif exemple d’efforts patients, savants et énergiques pour réaliser matériellement les conceptions enfantées par une imagination vive et ardente. M. Hennig nous donne une série de récits agréables et attachants : il n’a pas eu la prétention de biographier tous les grands ingénieurs de notre époque; il en a choisi, avec éclectisme, quelques-uns parmi les plus célèbres de tous pays : Will. Siemens, mi-anglais, mi-allemand;
- Buchanan Eads, américain ; Ericson, suédois; de Lesseps, français; Nobel, suédois: Bessemer; Fowler (auteur du pont du Forih), anglais ; Riggenbach (auteur du chemin de fer du Righi), français; Intze et Eyth, allemands.
- Otahili : Au pays de l’éternel été, par Henri Lebeau. 1 vol. in-18 jésus. Armand Colin. Prix : broché, 3tr,5o.
- M. Henri Lebeau a su marquer, par ses tableaux de la nature et de la vie tahitiennes et par son analyse pénétrante de l’âme indigène, le caractère de la Tahiti moderne, c’est-à-dire le contraste qui partout s’y révèle entre la nature à la fois grandiose et riante de l’île et la pitoyable décadence de la race qui l’habite.
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- 1«SD
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 avril 1911 . 5°.0 N. 4 Bruine. 0.3 Couvert jusqu’à 16 h , beau ensuite; bruine jusqu’à 9 h.
- Mardi 4 0°,0 N. 4. Beau. 0,0 Nuageux de 9 à 18 h., beau avant et après; gelée blanche.
- Mercredi 5 .... - 0°,5 N. N. E. ?. .Neige. 0,4 Nuageux; neige une.partie du temps jusqu’à 15 h ; halo.
- Jeudi 6 — a0,6 N. E. 4. Neige. 0,5 Petite neige jusqu’à 16 h. ; couv. jusqu’à 19 h , puis nuageux.
- Vendredi 7. . . . . —1°.2 N. E. 3. Beau j> Gelée blanche ; peu nuageux de 12 à 15 h., beau avant et après.
- Samedi 8. . . . 0° 5 N. N, E. 2. Nuageux. 2,8 Gelée blanche; très n ageux; pluie dé 18 b. 25 à 19 h. 25.
- Dimanche 9 . . . 1°.3 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche; peu nuageux le matin ; couvert le soir.
- AVRIL 1911 — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 AVRIL 1911.
- 1 courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 3 au 9 avril. — Le 3. Centre de dépression sur la Baltique : Wirby, 741; Sicile, 75o; Islande, 778. Pluies sur le S., neige sur le N. ; en France : Marseille, 21; Gap, i3; Le Mans, 6; Nancy, 5; Lyon, Nantes, 2. Temp. du matin : Arkhangel, —140; Paris, 5; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —1 ; moyenne à Paris : 4U>4 (normale : 8Ô). — Le 4- Dépression sur l’E. et le S. : Riga, Nice, 745; pression supérieure à 770 sur les Iles-.Britanniques et l’Islande. Pluies et neiges sur toute l’Europe; en France : Biarritz, 21; Nantes, 11; Besançon, 4'. Dunkerque, Clermont-Ferrand, Nancy, 2. Temp. du matin : Arkhangel, — 25°; Paris, o; Alger, 16; Puy de Dôme, — 11; moyenne à Paris : 2°,3 (normale : 6°, 1 )- - —— Le 5. Dépression sur la Méditerranée : Nice, 747 ; Rome, 748 ; pression élevée sur les Iles-Britanniques et la mer du Nord : Stornoway, 775, Skudesness, 774;1 Pluies sur la France : Nice, 20; pointe Saint-Mathieu, 8; cap Gris-Nez, 6; Biarritz, Nantes, Paris, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —i5°; Paris,—i Alger, 10; Puy de Dôme, — i3; moyenne à Paris : —o°,4 (la plus faible moyenne observée depuis 40 ans: normale : 8°,a). — £e 6. Baisse de pression sur les Açores et la péninsule Ibérique : Madrid, 753; pression voisine de
- 775 sur les Iles-Britanniques et la mer du Nord. Pluies et neiges sur toute l’Europe; en France Gap, pointe Saint-Mathieu, 12; Lorient, 8; Cherbourg, 3; Bordeaux, Nantes, Paris, 1. Temp. du matin : Dunkerque, —5°; Paris, —3; Pic du Midi, —21; moyenne à Paris : — 1 (normale : 8°,3). — Le 7. Forte pression sur le N.-E. : Stornoway, 776; dépression sur la Méditerranée : Marseille, 753. Pluies et neiges sur le S.; en France : Port-Vendres, 9 ; cap Sicié, 2; Nantes, Brest, Paris, 1. Temp du matin : Uleaborg, —70; Paris, —1 ; Alger, • 5; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : 2 (normale : 8°,6). — Le 8. Fortes pressions générales : Madrid, 768; Ecosse, 776. Pluies et neiges sur le S.; en France : Marseille, 4; Nice, 12; Perpignan, 29. Temp. du matin : Ruopio, —5°; Paris, o; Alger, i3; Puy de Dôme, —8; moyenne à Paris : 3°.7 (normale : 8°,6). — Lé 9 Irlande, 776; Pays-Bas, Bretagne, 770; Italie S., 755. Pluies sur l’O. et le S.; en France : Charleville, Paris 2; Le Havre, Brest, 1. Temp du matin : Arkhangel, —— 30; Paris, 1; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : 4°-9 (normale : 8°,7). — Phases de la Luné : Premier Quartier le 6, à 6 h. 4 ni. du matin.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (Yîe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. -La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1978 — 22 AVRIL I9II
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
- Otft.
- Sur le volume de l’émanation du radium. — Les
- expériences de Ramsay et de ses collaborateurs ont montré que le volume d’émanation fourni par 1 gr. de radium peut varier dans de grandes proportions, ces savants ayant obtenu 1 mm3 dans un cas et 7,07 mm3 dans un autre. Rutherford, qui s’est également spécialisé dans l’étude du radium, a calculé que x gr. de radium doit donner théoriquement 0,57 mm3 d’émanation. Disposant de o,a5o gr. de radium, il en a déterminé expérimentalement le volume d’émanation. Un phénomène curieux, déjà observé par Ramsay, est la variation de ce volume qui tantôt augmente et tantôt diminue. Au bout d’un certain temps, le spectre présenté par le produit dégagé et qui était celui de l’émanation elle-même, non encore étudié en détail, avec quelques raies du spectre de l’acide carbonique, est remplacé par celui de l’hélium. Les volumes maxima d’émanation fournis par x gr. de radium ont oscillé entre 0,80 mm3 et 1 mm3, les minima variant de o,58 mm3 à 0,80 mm3. Ces derniers chiffi’es concordent avec la théorie. D’autre part, Ramsay ayant encore analysé une fois de plus les gaz qui se dégagent d’une solution aqueuse de sel de radium y a constaté la présence de l’hélium. On voit par ces données combien les phénomènes concernant le radium et son émanation sont encore mal connus et susceptibles de réserver aux chimistes de nouvelles surprises. Enfin rappelons les précautions que l’on doit prendre dans la manipulation de tous ces produits. C’est ainsi que Ramsay, ayant touché sans y faire attention du bromure de radium avec les doigts, a vu plus de six mois après la peau devenir insensible à cet endroit.
- Action des sels de lithium sur les plantes. —
- Dans un mémoire classique en chimie agricole, Nobbe, Erdmann et Schrœder avaient indiqué en 1875 que, lorsque la potasse manque dans le sol, l’accroissement des plantes était arrêté, et que, ni la soude, ni la lithine ne peuvent remplacer la potasse dans ses fonctions physiologiques végétales; enfin que la lithine exerçait même une action délétère. Cette dernière question a été reprise depuis par un certain nombre d’auteurs qui sont arrivés à des résultats mal définis et parfois contradictoires. Cependant, dans ces derniers mois, deux savants italiens, MM. Ravenna et Zaüxorani, ont cultivé des plants de tabac dans des solutions nutritives contenant du sulfate de lithine ; ces végétaux ont prospéré et ont absorbé les sels de lithium dont on a retrouvé jusqu’à o,3 pour 100, dans leur substance sèche. Il semble donc bien que parfois, les composés de lithium n’agissent pas sur les plantes d’une façon nocive, et peuvent même être assimilés par elles.
- Recherches sur la carbonisation du bois. — On
- sait que la distillation sèche du bois amène sa décomposition en gaz combustible et en un mélange d’alcool méthylique, d’acétone et d’acide acétique impur qui
- porte le nom d’acide pyroligneux, en même temps qu’il reste un résidu fixe de charbon de bois. Dans un mémoire publié par notre confrère, le Zeitschrift für angewandte Chemie,"MM.. Klason et Heidenstam donnent quelques détails théoriques intéressants sur la carbonisation du bois. Celle-ci commence vers 2700 et se poursuit rapidement à 3oo° ; à cette température, la distillation sèche du bois est une réaction exothermique qui dégage environ 6 pour 100 de la chaleur de combustion du bois. La quantité de chaleur fournie par celte distillation sèche est d’environ 10 pour 100 plus élevée que celle de la cellulose; l’alcool méthylique qui se produit est formé uniquement aux dépens de la lignine contenue dans le bois, tandis que l’acide acétique se forme aussi bien aux dépens de la cellulose que de la lignine, Le bouleau et le hêtre fournissent deux fois plus d’alcool méthylique et d’acide acétique que les pins. Enfin la chaleur de combustion des gaz dégagés pendant la carbonisation du bois représente 3,8 pour 100 de celle dû bois. 1:
- Chutes mortelles du lieutenant de vaisseau aviateur Byasson et du capitaine Tarron. — La série des accidents tragiques en aéroplane viendrait-elle de s’ouvrir à nouveau? Le lieutenant de vaisseau de Byasson, montant son biplan Maurice Farman, a fait le 14 avril, entre Coignières et Rambouillet, une chute mortelle. Cette fois encore les causes de l’accident restent des plus obscures.
- Le 18 avril, le capitaine du génie Tarron, du pare aérostatique de Meudon, retour d’une reconnaissance militaire faite en aéroplane, a fait une chute, de très grande hauteur, au champ d’aviation de Villacoublay. L’aviateur fut tué sur le coup. Le capitaine Tarron, né en 1878, était fort connu pour la création d’un pont-route très ingénieux utilisé par le génie militaire.
- Les voyages en aéroplane. — Pau-Paris. .— L’enseigne de vaisseau Conneau a réussi à son tour le voyage de Pau-Paris. Parti de Pau le 11, il faisait escale le même jour à Poitiers. Le lendemain matin il reprend son vol, et contraint par un vent violent à atterrir à Orléans, il en repart le soir à 6 heures pour descendre enfin à Villacoublay à 7h 20 du soir.
- Londres-Paris. — Pierre Prier, sur monoplan Blériot, a effectué d’une seule traite, le 12 avril, le voyage de Londres à Paris. Parti à ih 37 de Hendon, à 16 km au N.-O. de Londres; il atlerrissait sans aucune escale intei'médiaire, à 5h 33 au champ de manœuvre d’Issy-les-Moulineaux; c’est donc un pai'cours de 400 km en 3h56.
- L’aviation au Pôle. — Le Dr Douglas Mawson, le jeune chef de l’expédition antarctique australienne dont nous avons déjà parlé, et qui doit se mettre en route dans le courant de cette année, a décidé d’emporter un aéroplane, qui, espère-t-il, facilitera les explorations. L’ancien compagnon du lieutenant Schackletôn est actuellement à Londres, et il s’est rendu plusieurs fois
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- INFORMATIONS
- à l’Aero Exhibition qui se tient dans cette ville pour examiner les différents types de machines et conférer avec les fabricants. D’après le Daily Mail, l’explorateur s’est décidé pour un monoplan Blériot, type militaire à deux places, où les aviateurs se trouvent abrités contre le vent tout en découvrant un vaste horizon par-dessus les ailes. Les préparatifs de l’expédition sont poussés activement, et le million de francs demandé par ses organisateurs a été entièrement souscrit en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’emploi d’un aéroplane ne sera qu’une des innovations de cette expédition polaire, qui, grâce à un équipement de premier ordre, restera constamment en communication télégraphique avec les deux stations de « sans fil » que l’on achève de construire à Sydney (Australie) et au Bluff (Nouvelle-Zélande). Les différents détachements de l’expédition pourront de même communiquer constamment entre eux. Les explorateurs partiront probablement en novembre prochain et resteront deux années dans les régions antarctiques.
- Sir Hiram Maxim, aviateur. — L’inventeur du canon à tir rapide qui porte son nom, sir Hiram Maxim, qui vient de célébrer son 75e anniversaire de naissance, vient de donner sa démission de directeur de la Firm Yickers Sons and Maxim, qui modifiera conséquemment sa raison sociale, bien que sir Hiram reste dans la maison comme ingénieur-conseil. C’est pour se consacrer exclusivement à l’aviation que le fameux inventeur, né aux Etats-Unis, où il débuta comme apprenti chez un constructeur de voitures, a pris cette décision. On sait qu’il fut des premiers à s’occuper d’aviation, et qu’il construisit il y a une dizaine d’années plusieurs appareils. Il se propose de recommencer ses expériences avec un modèle tout nouveau.
- A 9000 mètres d’altitude en ballon sphérique. —
- Deux aéronautes français, MM. Bienaimé et Senouque, se sont élevés le 9 avril à 9000 m. de hauteur. Ils montaient un ballon sphérique de 2200 m3. A partir de ?5oo m. l’ascension sèmble avoir été très pénible; les appareils respiratoires à oxygène ont, bien entendu, joué un grand rôle. Le froid était de —35°. Partis à x heure de Saint-Cloud, les deux vaillants aéronautes prenaient terre à 4 b. 1/2 à Oudon, près de Nantes. Rappelons que le record d’altitude est toujours détenu par les aéronautes allemands Berson et Süring qui, le 10 août 1909, atteignaient xoooo m. Le record français appartenant jusqu’ici à MM. Balsan et Godard, pour leur ascension du 23 septembre 1900 à 8558 m. de hauteur.
- La digestion des pentosanes. — Les pentosanes, dont il a été question de nombreuses fois dans La Nature, sont des produits végétaux naturels, fournis par la condensation plus ou moins avancée de pentoses, c’est-à-dire de sucres à 5 atomes de carbone. Ces substances existent dans les fourrages en quantités assez considérables pouvant s’élever au quart de leur poids sec; ils pourraient donc jouer un rôle important au point de vue de la nutrition des bestiaux qui sont nourris avec des fourrages, mais on a toujours discuté jusqu’ici pour savoir s’il convenait ou non de leur attribuer un pouvoir nutritif quelconque et s’ils intervenaient efficacement dans l’alimentation des animaux. Les expériences de deux savants américains, MM. Mac Collum et Brannon, tendent à montrer que les pentosanes absorbés par les vaches sont utilisés pour produire de l’énergie et peuvent conduire à la formation de glycogène. Les pentosanes du maïs sont plus facilement attaqués et disparaissent plus vite dans l’appareil digestif que ceux du blé et de l’avoine. Ces recherches apportent une contribution intéressante à la question si controversée de l’assimilation des pentosanes.
- Pourquoi la toile perd-elle une partie de sa ténacité au cours du blanchiment. — On sait que les toiles de lin et de chanvre perdent pendant leur blanchiment une notable partie de leur solidité : 10 pour 100 en moyenne si elles sont en « demi-blanc » et de 20 à 25 pour 100 quand la blancheur est au maximum (blanc irlandais). On attribue généralement le fait à une altération subie par les fibres cellulosiques au cours des traitements du blanchiment. Pour les toiles ces derniers sont en effet très longs : ils consistent parfois en une dizaine de lessivages à la soude, alternant avec des passages en bains d’hypoehlorites, d’acides minéraux, et des
- expositions « sur pré ». MM. Schneider en Allemagne (Monatschrift far texiil Industrie) et Ravizza en Italie (fndustria Tessile e Tinioria) viennent de montrer que les opérations diverses du blanchiment, si nombreuses et longues soient-elles, n’altéraient aucunement les fibres, du moment qu’elles étaient normalement appliquées. Il n’y a formation d’hydrocelluloses que si î on fait agir trop longuement des lessives sodiques trop-fortes. Et la perte de ténacité provient tout simplement de l’épuration des fibres. Tandis que le coton par exempte contient g5 pour 100 de cellulose, les fils de lin et de chanvre n’en contiennent guère que 60 à 70 pour 100; on conçoit que dans ces conditions la disparition des 3o pour 100 d’impuretés puisse influencer notablement sur la ténacité. Ce d’autant plus que ces impuretés sont partiellement formées de matières pectiques, produits colloïdes qui réunissent et agglomèrent les fibres élémentaires comme une sorte de ciment. Privées de cette colle, les fibres glissent naturellement plus aisément les unes sur les autres, et le fil qu’elles constituent a moins de ténacité. En réalité, il n’est pas moins solide pour cela, car les matières pectiques eussent disparues au bout de quelques lessivages. Aussi peut-on employer les toiles blanchies en toute confiance : elles feront un aussi bon service que les tissus écrus de même qualité.
- Pour l’entretien des lampes électriques. — Il faut rendre cette justice aux Américains que leurs industriels ne manquent jamais une occasion de mettre en pratique
- le dicton qui est, en somme, le secret du succès : time is money. Vous avez vu sur nos boulevards ces ouvriers chargés de nettoyer les lampes à arc et d’en remplacer quotidiennement les charbons. Ils traînent péniblement une voiturette de lampadaire en lampadaire, et perdent leur temps à dresser une échelle, puis à la démonter. Le nettoyage d’une dizaine de lampes par heure forme la limite de leur capacité. Une entreprise américaine, la Philadelphia Electric Company, vient d’adopter un système qui donne de tout autres résultats. Elle emploie des véhicules de forme spéciale, actionnés par des moteurs électriques, et qui comportent une petite plateforme montée sur un léger échafaudage. Chaque véhicule transporte deux hommes, et le dédoublement du volant de direction leur permet, à tour de rôle, de mettre la voiture en marche, et sans avoir à redescendre de la plate-forme élevée. Grâce à ce système aussi ingénieux que pratique, deux hommes ont pu nettoyer et arranger i65 lampes en l’espace de 6 heures, ces lampes étant dispersées le long d’un circuit de 12 km.
- La mortalité en Russie. — D’après une récente communication à l’Académie de médecine par M. le Dr Lowenthal la mortalité est très élevée dans l’empire russe, surtout par les maladies transmissibles: la scarlatine y cause 210 000 décès annuels ; la fièvre typhoïde 128000, la variole 70000, etc., sur une population totale de 147 millions d’habitants. Le choléra en 1910 i3oooo. Les causes de cet état de choses résident dans l’ignorance de la propreté et de l’hygiène et dans l’insuffisance de l’organisation sanitaire ;" les circonscriptions médicales d’assistance comprennent en moyenne 40 obo habitants sur 7200 km carrés pour un seul médecin. - •
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *ç> Photographie
- La machine Xiorc pour développer les clichés en plein jour. — Ap res la prise d’une vue intéressante il n est peut-être, pour le photographe amateur, de plus vif plaisir que d’en suivre le développement dans la chambre noire. Malheureusement le nombre des personnes possédant un laboratoire bien agencé est peu considérable et la plupart du temps on se trouve obligé de développer ses clichés dans les conditions les moins confortables. Le résultat en est que cette opération si •intéressante rebute bien des gens et parfois les dégoûte de se livrer à la photographie. Encore ne parlons-nous ici que de la photographie ordinaire, car la chose devient encore bien plus compliquée s’il s’agit de la photographie en couleurs qui exige, comme on le sait, l’obscurité complète lors des premières manipulations.
- Un petit appareil vient d’être créé qui supprime radicalement tous ces inconvénients. Toutes les opérations photographiques qui exigeaient jusqu’ici l’usage d’une chambre noire, l’emploi d’un éclairage inactinique et parfois un peu fatigant, peuvent être exécutées dorénavant au grand jour, sans que le photographe ait à toucher la plaque avec les doigts, ce qui supprime tout risque de taches et toute crainte de détérioration ou de décollement sur les bords de la couche de gélatine.
- Cet appareil, le « Xiorc », contitue un laboratoire complet et ses dimensions sont (pour plaques 9X12):
- 37 cm de longueur, sur u3 de largeur et 21 de hauteur pour la valise qui le renferme pour le voyage et sert d’ailleurs de manchon inactinique pour le chargement des châssis en plein jour. Pour cela, la machine à développer étant enlevée, on ferme le couvercle de la valise, puis on soulève les deux panneaux mobiles qui se trouvent sur chacun des petits côtés, on dégage alors deux manchons dans lesquels on n a plus qu’à passer les mains pour pouvoir manipuler plaques et châssis complètement à l’abri de la lumière.
- L’appareil lui-même se compose de deux parties principales : une caisse A, ouverte à sa partie inférieure par laquelle elle repose sur un entablement B porté par deux pieds C. La caisse A peut être enlevée de la tablette B. Elle porte à sa face postérieure, sur la gauche une ouverture D fermée par un verre inactinique, derrière lequel se trouve un réflecteur mobile D’ pouvant, en cas de besoin, envoyer de la lumière à l’intérieur de A ou bienfermer complètement l’ouverture D, si l’on veut développer en pleine obscurité des plaques en couleur. Sur la face antérieure de A, vis-à-vis de l’ouverture D, se trouve un oeilleton E muni d’un verre inactinique et d’une loupe qui permet l’examen minutieux de la plaque pendant le développement quand on la tient verticalement entre l'œilleton E et la fenêtre D. L’œilleton E peut être complètement obturé par un couvercle E'.
- La partie supérieure de la boîte A possède sur la droite une gaine extensible F dans laquelle on peut glisser le châssis portant la plaque sensible.
- L’entablement B porte deux cuvettes G contenant de l’eau pour le lavage des plaques et g où l'on verse le bain révélateur. Dans la tablette B existe une ouvenure étroite et assez longue pour permettre le passage d’une plaque tombant de champ. En dessous de cette ouverture se trouve une cuve contenant un panier à rainures H qui peut être avancée ou reculée à l’aide d’un bouton K manœuvrant une tige métallique. Cette tige porte des encoches numérotées. Ces numéros correspondent aux rainures du panier, de telle sorte que l’on peut faire venir sous l’ouverture de la tablette B la
- rainure où l'on veut faire tomber la plaque après développement et lavage pour être fixée ; car la cuve H contient la solution d’hyposulfite.
- Ce qui constitue l’originalité de cet appareil, c’est le mécanisme à l’aide duquel la plaque sensible est ma-nœuvrée, promenée de cuvette en cuvette sans la moindre
- difficulté. Une tige pleine LL' est fixée en L' à la paroi de la caisse A. Sur cette tige peut coulisser une tige creuse qui peut être poussée à fond contre la face gauche de A ou à demie sortie, du côté L, à l’aide d’un bouton M qui porte un repère. Deux griffes NN' sont adaptées à l’arbre creux, N' de façon fixe, N de façon mobile, mais parallèlement à N' et poussées contre N' par un ressort spécial Si l’on suppose qu’une plaque sensible est prise entre les extrémités des griffes NN', on se rend compte qu’on peut la faire tourner autour de la tige LL' prise comme axe et la faire aller d’une extrémité à l’autre de la boîte A, puisque la tige creuse glisse librement sur la tige pleine LL'.
- Pour développer une plaque, on introduit le châssis dans la gaine F, puis on tire à fond sur la droite la tigé creuse et l’on fait venir dans la position verticale les griffes NN’, ce qui est facile, puisque le bouton M porte un repère. Dans le mouvement de rotation la griffe N rencontre un taquet-came R qui l’écarte de N'. On ouvre alors le rideau du châssis et à l’aide d'un bouton P qui porte un index pénétrant sous la plaque par l’encoche du châssis, on fait tomber la plaque, gélatine en dessous, sur les griffes ainsi écartées pour la recevoir : un guidage spécial empêche la plaque dé prendre une mauvaise direction. On fait alors décrire un demi-cercle au bouton M ; dès que la griffe N est dégagée de la came R elle se rapproche de N', sous l’action de son ressort et la plaque se trouve ainsi solidement prise entre les deux griffes. Le demi-cercle étant achevé, la plaque se trouve, gélatine en dessus, dans la cuvette d’eau G où on l’immerge. On fait décrire au bouton M un quart de tour
- zr °tp
- en sens inverse (ce qui est alors le sens inverse des aiguilles d’une montre) et on le pousse à fond sur la gauche de manière à amener la plaque au-dessus dé la cuvette g contenant le bain de développement. Nouveau quart de tour dans le sens des aiguilles d’une montre, ce qui amène la plaque, toujours gélatine en dessus, dans le bain de développement Avec la machine Xiore on remue la cuvette de développement de l’extérieur grâce à une petite pédale S qui imprime à la cuvette g
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- un mouvement de translation dans le sens vertical, ce qui a pour effet de remuer le liquide autour de la plaque qui reste suspendue, immobile.
- De temps à autre on peut faire décrire à la plaque un quart de cercle pour l’amener verticalement entre l’œilleton E et l’ouverture D : de cette manière on suit facilement l’opération. Quand on la juge terminée on maintient la plaque verticalement et, tirant sur la droite la tige creuse, on ramène ainsi le cliché au-dessus de la cuvette d’eau G où on le lave. Le lavage effectué on fait décrire au bouton M un quart de cercle dans le sens des aiguilles d’une montre, ce qui a pour effet de faire engager la griffe mobile N sur la came T qui l’écarte de la griffe N'. La plaque se trouve ainsi lâchée par les deux griffes, dans le sens vertical, juste au-dessus de la rainure choisie du panier plongé dans la cuve à hyposulfite H.
- La même machine sert à développer les plaques en couleurs. On doit alors fermer l’œilleton E avec le couvercle E' et là fenêtre D avec le réflecteur D'. En outre on remplace le panier classeur de la cuve H par une petite cuvette transparente en celluloïd. Comme la cuve H se détache très facilement de l’entablement B on en retire cette cuvette transparente, ce qui permet d’observer aisément l’inversion et d’arrêter cette opéi’a-tion à l’instant précis où elle est achevée..
- Pour la manipulation si délicate des plaques en couleurs, cette machine permet de travailler de façon absolument exacte, chronomètre en main et toujours en pleiüe lumière.
- .Le maniement de cet. appareil est tellement simple qu’il suffît de quelques minutes, pour s’en rendre maître. Sa construction rend impossible toute introduction de lumière* et il est inattaquable aux acides. Pour le voyage on peut y loger tous les réactifs et produits nécessaires.
- Supprimant le cabinet noir, il peut être très utile à l’amateur photographe et rendre de grands services au touriste et à l’explorateur. — Pour le « Xiorc », s’adresser à M. de Marsilly, agent général, io, rue Beautreillis, Paris.
- *»> Divers
- Arrosage automatique. — Chacun connaît les projecteurs employés à l’arrosage des jardins publics. Ils sont constitués par une colonne cylindrique creuse, branchée sur une canalisation principale, et pourvus à leur sommet de tubes effilés et courbés par lesquels l’eau sous pression s’échappe en jets très minces pendant que la pression de l’eau elle-même imprime à l’ensemble un mouvement de rotation. L’eau se distribue ainsi en une pluie fine qui arrose de grandes surfaces.
- Un inventeur, M. A. Couten, a imaginé d’appliquer ce système d’arrosage à l’agriculture, en le rendant automatique. Les projecteurs distributeurs ont été quelque peu modifiés; ils se terminent par un chapeau percé de trous, et qui tourne avec les quatre tubes courbés auxquels est due là rotation. On les dispose en série de huit ou dix, et à 8 à io m, de distance les unes des autres sur une canalisation secondaire branchée sur la canalisation principale. Celle-ci courant sur toute la longueur du terrain, il est facile de distribuer autant de canalisations secondaires qu’on le désire en les espaçant également d’une dizaine, de mètres. Le terrain paraît donc planté d’un grand nombre de tubes projecteurs. Ce dispositif ne constitue pas une invention; mais M. Couten a imaginé de faire fonctionner automatiquement son système d’arrosage en ajoutant à l’entrée de chaque canalisation secondaire un appareillage très simple et fort ingénieux. Un cadre métallique rectangulaire, planté dans le sol par ses deux extrémités libres porte, en haut, deux poulies sur lesquelles passent deux câbles métalliques terminés à la poignée d’ün seau, ce dernier étant suspendu à l’intérieur du rectangle. Ces deux câbles se prolongent en souterrain jusqu’au cadre voisin et soutiennent également un seau dans les mêmes conditions que le premier, c’est-à-dire après avoir passé sur deux poulies. De plus, ces câbles sont encore reliés à la manette d’une vanne permettant l’entrée de l’eau dans la canalisation à laquelle elle appartient, ou l’isolement de cette canalisation.
- Les choses sont disposées de telle sorte que lorsque
- le seau de la première canalisation est en haut de son support, la vanne est ouverte; de plus le seau de la seconde canalisation se trouve en bas et la vanne correspondante est feimée.
- Laissons arriver l’eau dans la première canalisation. Immédiatement tous les projecteurs fonctionnent, arrosant le terrain avoisinant, leurs jets chevauchant les uns sur les autres. En même temps le seau se remplit par un robinet ouvert branché sur la canalisation. Le temps de remplissage peut être calculé ; il dépend de l’ouverture du robinet. Donc, au bout d’un témps plus ou moins long, le seau acquiert un poids suffisant pour lui permettre d’entraîner, en tombant, le poids du seau
- S A..
- Schéma de la commande automatique de deux canalisations secondaires : CC, Câbles; A, Câble reliant le levier de la vanne au câble principal ; V, Vanne et son levier de manœuvre.
- vidé de la canalisation voisine, auquel viennent s’ajouter les résistances de la commande par câble et aussi'celles résultant de la fermeture de la vanne n° i et d’ouverture de la vattne n° i.
- L’effet désiré est produit. La canalisation n° i cesse de fonctionner tandis que la voisine s’ouvre automatiquement. On peut imaginer autant de canalisations que l’on voudra, elles seront toutes commandées ainsi, l’une à la suite de l’autre. De sorte que le terrain entier sera arrosé sans le secours de personne, la durée de chaque arrosage dépendant du temps de remplissage du seau, c’est-à-dire de l’ouverture de son robinet d’alimentation.
- Il n’est pas nécessaire d’insister sur les avantages que présente une telle installation qui peut être fixe eu mobile, selon les besoins, et supprime toute main d’œuvre. Elle permet surtout l’arrosage pendant la nuit, moins dangereux pour les plantes que celui pratiqué en plein soleil. Il est nécessaire, cependant, de disposer d’ün réservoir d’eau élevé (de 8 à 10 m.^de pjéférence) afin d’obtenir une pression suffisante. Dans ce cas, chaque projecteur couvre une surface d’une douzaine de mètres de diamètre. — L’inventeur est M. A. Couten, château de Lamotte, à Villeneuve-sur-Lot.
- *> Mécanique
- Agrafe pour courroies. —- Tous ceux qui ont eu à monter des courroies, savent qu’il n’est pas très facile de fixer l’une à l’autre les extrémités d’une courroie. Il y a là une couture en plein cuir qui demande des efforts plutôt pénibles.
- On a donc imaginé des procédés et dispositifs de
- toute sorte pour simplifier l’opération. L’agrafe Alligator paraît, à cet égard, fort pratique. Comme on le voit sur notre figure, elle comporte deux doubles mâchoires? armées de dents d’acier fort résistantes. On arme donc chacun des brins libres de la courroie avec l’une de ces mâchoires en enfonçant-lés dents dans le cuir à coups de marteau; reste à réunir les deux brins. On fait engager les deux mâchoires l’une dans l’autre, et l’on insère entre elles un nerf de bœuf. Le nerf forme charnière. On a une jonction très souple, très résistante, et facile à exécuter. — L’agrafe pour courroie est en vente chez M. L.. Yerbruggen, 7, rue Ernest-Discailles, à Bruxelles.
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- VARIÉTÉS
- JfeD
- cssu
- La caféine et l’acide urique. — Ces deux corps qui peuvent paraître en apparence si dissemblables, dont le premier se rencontre principalement dans les graines de café ou dans les feuilles de thé, dont l’autre se trouve surtout dans l’urine, la sueur, les sécrétions, les excréments des oiseaux ou des reptiles, ont en réalité, au point de vue chimique, une parenté étroite. Une réaction assez simple à réaliser permet déjà de soupçonner ce rapprochement.
- Si nous prenons dans une petite capsule de porcelaine une très faible quantité d'acide urique, que nous y ajoutions une ou deux gouttes d’acide azotique ou nitrique et que nous évaporions à sec sans calciner, puis que nous laissions tomber sur le résidu rouge ainsi obtenu quelques gouttes d’ammoniaque, nous obtiendrons une belle couleur roüge pourpre. Une coloration absolument identique sera obtenue, si, dès le début de l’expérience, nous substituons quelques cristaux de caféine à l’acide urique. Cette réaction est due à la formation du purpurate d’ammoniaque.
- Les deux substances dont nous parlons font toutes deux partie, au point de vue chimique, du groupe de la purine, corps de formule G5H4Az4, abstraction faite de sa constitution dans l’espace. En étudiant la composition de l’acide urique par rapport à la purine, on a constaté que cette matière était une irioxypurine C5H4Az403. Or, Strecker et Rheinecke, dès i865, en réduisant l’acide urique par l’amalgame de sodium, lui ont enlevé une molécule d’oxygène et ont obtenu la dioxypurine C.5H4Az402 ou xanthine, qui avait été isolée par de Marcet en 1817 dans les calculs biliaires et que Wœhler et Liebig avait démontré différer de l’acide urique par une molécule d’oxygène en moins. La réaction donnant naissance à la xanthine peut se traduire par la formule :
- C5 H4 Az403 + H2— H20 + C5H4Az402
- Acide urique. Hydrogène. Eau. Xanthine.
- Or, si l’on méthyle cette xanthine, c’est-à-dire si l’on y substitue des groupes CH3 à des atomes d’hydrogène, on peut obtenir d’abord la dimétbylxanthine ou théo-
- bromine C7H8Az402, puis en poussant plus loin la méthylation, la trimét hylxanthine ou caféine C8 H10Az4 O2.
- La thëobromine avait été découverte par Voskre-vensky en 1842 dans les amandes du cacaoyer et Strecker avait démontré sa parenté avec la caféine en la transformant dans ce dernier corps par une simple méthylation effectuée par traitement du dérivé argentique de la théobromine par l’iodure de méthyle, et en 1881, Emile Fischer avait démontré sa constitution par rapport à la purine, à l’acide urique et à la xanthine.
- Le même auteur a démontré la relation de ces derniers corps avec la caféine en transformant la xanthine en cette dernière substance par méthylation opérée en traitant par l’iodure de méthyle une solution aqueuse alcaline du sel de plomb de la xanthine.
- Les rapports entre ces divers dérivés de la purine étaient ainsi établis; Yacide urique ou irioxypurine, par désoxydalion sous l’influence de l’hydrogène naissant dégagé par l’amalgame de sodium, se transforme en xanthine ou dioxypurine-, cette dernière par méthylation successive sous l’action de l’iodure de méthyle sur son dérivé plombique, peut donner la théobromine ou diméthylxanthine ou diméthyldioxypurine, puis la caféine ou trimétbylxanthine ou triméthyloxypurine.
- En pratique, ces diverses opérations sont assez délicates à réaliser ; mais on peut effectuer plus facilement la synthèse de la caféine à partir de l’acide urique de la façon suivante : en agitant une solution alcaline d’acide urique avec de l’iodure de méthyle, on remplace quatre atomes d’hydrogène par des groupes méthyle et on obtient l’acide tétraméthylurique. En traitant ce dernier par l’oxychlorure de phosphore, on arrive à la chloro-caféine, qu’on peut transformer très facilement en caféine par l’hydrogène naissant.
- Il nous reste, en terminant cet exposé succinct, à nous excuser auprès de nos lecteurs des détails un peu techniques dans lesquels nous avons été obligé d’entrer pour exposer cette question spéciale. Nous espérons nous faire pardonner par le grand intérêt qu’elle présente et par le bel exemple de synthèse chimique dont elle a fait l’objet.
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- HYGIENE ET SANTE
- La mouche et la dissémination des maladies. —
- De tous les animaux malfaisants qui incommodent notre vie, la mouche est une des pires. Vous dormez tranquillement, faisant la grasse matinée, la mouche importune vous harcèle, vous dérange ; son bourdonnement vous agace et vous donne sur les nerfs, et si vous habitez les pays chauds, leur troupe innombrable en fait un sujet d’ennui constant. Ce ne serait encore que misère -si tout se bornait à ces petits inconvénients, mais la mouche est un animal malpropre qui va se poser avec délices sur les ordures, les crachats, les détritus de tous genres, y récolte les germes qui y abondent, les emportent dans les poils de leurs pattes, les recueillent dans leur trompe et vont les disséminer n’importe où, dans le garde-manger, sur les plats de votre table, en un mot partout. Depuis longtemps les hygiénistes ont signalé les graves dangers qui peuvent résulter de cette dissémination de germes dangereux. Le Dr Klein, médecin du Saint-Bartholomew’s hosphal, a recueilli un jour un certain nombre de mouches et il a trouvé par l’examen direct et par les cultures de leurs déjections qu’elles contenaient dans leur tube digestif le colibacille et aussi le bacille d’Eberlh, l’agent de la fièvre typhoïde. Dans un rapport très documenté sur la pollution du port de New-York, le Dr Daniel Jackson avait fait les mêmes recherches et les mêmes constatations.
- Tout dernièrement le Dr Graham Smith a repris la question à un autre point de vue : il s’est demandé et par une série d’expériences biologiques des plus déli-
- cates, il a résolu le problème, si les germes ingérés vivants par la mouche étaient rejetés également vivants. Là mouche est un animal goulu qui engloutit en très peu de temps, comme si les vivres devaient lui manquer, une grande quantité d’aliments. Sa capacité digestive est considérable eu égard à son petit volume. Mais si le magasin qu’elle remplit est vaste, elle le vide lentement. Elle ne connaît pas les méfaits de la constipation et n’a besoin d’aucun agent purgatif. Quatie fois par jour en moyenne elle rejette les résidus de son intestin, et c’est par cette voie qu’elle peut porter l’infection.
- Mais ce n’est pas la seule; la mouche, quand elle attaque un aliment, a soin de l’humecter de salive ou d’un liquide provenant du tube digestif; elle régurgite une certaine quantité de ce liquide pour rendre ses aliments plus mous et plus faciles à absorber et dans cet acte prémonitoire à son repas, elle rejette certainement, et M. Smith en a donné la preuve, un certain nombre des germes qu’elle a engloutis auparavant.
- Voici donc deux voies, par le vomissement ou plutôt la régurgitation et par la défécation, par lesquelles la mouche peut déverser les microbes cueillis dans ses courses vagabondes. Mais c’est surtout par l’intestin que vient l’apport le plus considérable. Les microbes sont-ils rejetés vivants? M. Smith a nourri des mouches avec des liquides chargés de produits microbiens, et il a examiné jour par jour les colonies formées avec les produits de la défécation. Le bacille typhique se retrouve au bout de deux jours, rarement plus, mais
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- HYGIENE ET SANTE
- parfois jusqu’au sixième. Le bacille de Koch, le bacille de la tuberculose, résiste davantage à l’action des sucs digestifs de l’insecte; on le trouve vivant après trois jours, parfois au dixième jour. Le bacille de la diphtérie ne se retrouve pas après 48 heures; de même celui du choléra. Il faut tenir compte que dans plusieurs de ses expériences, M. Smith a trouvé, après des délais prolongés, des bacilles encore capables de revivification et de pullulation. La moyenne de survie suffit puisque pendant deux ou trois jours la plupart de ces agents contaminateurs sortent indemnes de l’intestin de l’insecte.
- Toutes les mouches à coup sûr ne portent pas dans leur tube digestif des produits aussi dangereux; celles de M, Smith étaient nourries avec ces germes,
- mais en voltigeant d’une chambre à une autre, de la rue à la maison, du cabinet d’aisance au cabinet de toilette, du fumier des champs à la cuisine elles ont toutes raisons d’importer nombre de germes mauvais, sinon dangereux comme ceux de la fièvre typhoïde, de la diphtérie ou de la tuberculose. Il y a donc un intérêt primordial, au point de vue prophylactique, à faire à la mouche une guerre acharnée, d’autant que les pontes sont multiples, et qu’une seule bestiole voit sa descendance se chiffrer en quelques semaines par des milliers de rejetons. La mouche détruite dans la plus large mesure possible, c’est moins de maladies à craindre, moins de saletés répandues sur nos objects usuels, sur nos aliments, et moins d’ennuis pour les travailleurs ou les dormeurs. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour diminuer le retrait du ciment. — On sait que les ciments, en durcissant, diminuent de volume. Ce phénomène présente de sérieux inconvénients. S’il est trop brusque, il peut occasionner des fendillements dans les constructions, ou des tensions excessives par endroit. MM. Bied et Amie ont étudié à fond cetie question ; voici, d’après le Béton armé, leurs conclusions :
- i° Le retrait du ciment augmente avec la finesse de' mouture; 20 la proportion d’eau de gâchage est presque sans influence sur le retrait ; 3° les ciments prompts prennent presque autant de retrait que les ciments lents ; 4° l’exposition préalable à l’air humide, surtout courte, paraît augmenter le retrait ultérieur. Pour diminuer le retrait, il est probable qu’il faut une exposition prolongée; 5° l’exposition préalable dans une atmosphère d’acide carbonique humide diminue très notablement le retrait; 6° le mélange de matières inertes, telles que le sable, diminue le retrait; 7° le mélange de
- caséine diminue ou augmente le retrait, suivant la quantité de substance employée; 8° le formiate de soude (5 à 10 pour 100) diminue le retrait. Il doit en être de même de l’azotate de soude et de tous les sels hygro-scopiques; 90 l'huile minérale diminue le retrait; 10° l’aquabar et la cire saponifiée sont sans effet.
- La caséine, fait remarquer notre confrère, était employée au moyen âge, mélangée à la chaux grasse pour îa confection des enduits destinés à recevoir les peintures à la fresque. Dans la proportion de 1 pour 100 elle diminue fortement le retrait; à 2 pour 100 elle le diminue également; mais, à 3 pour 100, elle l’augmente ; à 5 pour 100 elle l’exagère. Cette matière rend la pâte fluide et fait couler le ciment.
- L’aquabar est un produit vendu pour augmenter l’imperméabilité du ciment; c’est un mélange d’huile de poisson et de silicate alcalin; son action sur le retrait est peu sensible.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction, publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- lampe Korsten décrite dans notre n° 1977, est en vente chez M. Korsten, 10, rue Le Brun, Paris.
- Communications. — La règle météorologique de Bu-geaud. — 11 n’existe peut-être pas de préjugé plus profondément enraciné dans l’esprit de beaucoup de personnes que celui qui attribue à la Lune une influence réelle sur l’état de notre atmosphère, malgré les données de la Science moderne qui rejette cette croyance.
- L’opinion que la « pluie et le beau temps » dépendent des phases de la Lune remonte aux Anciens.
- Dans ses Géorgiques, Virgile nous parle du rôle de notre satellite sur les changements de temps :
- Si son croissant terni s’émousse dans les airs,
- La pluie alors menace et la terre et les mers. (Delille).
- Le moyen âge avait lui aussi ses pronostics :
- Primus secondas, tertius nullus;
- Quartus aliquis Quintus, sextus qualis :
- Tota luna talis.
- La règle que le maréchal Bugeaud a formulée et qu’il prétendait avoir trouvée dans un monastère espagnol ne résiste pas à un examen approfondi. Elle a été, du reste je crois, réfutée par l’illustre météorologiste hollandais Buys -Ballot.
- De longues séries d’observations continues et minu-
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- tieuses n’ont point permis, jusqu’à présent, de constater les effets de la Lune sur les convulsions de notre atmosphère et il est permis de conclure que s’ils existent, ils sont extrêmement faibles et se perdent au milieu des influences multiples de toutes les causes qui interviennent dans la production du temps. Aucune considération théorique ne permet, d’ailleurs, d’appuyer l’opinion d’une influence de la Lune sur les changements de temps.
- Voici, au surplus, le conseil que je donne aux personnes qui croient encore à la véracité de ces indications : soumettez votre jugement à l’épreuve de l’expérience. Pour cela, faite une marque à votre calendrier chaque fois que la coïncidence ne se produira pas, mais surtout ne vous fiez pas à votre mémoire, car elle est d’autant plus sujette à erreur que vous êtes plus persuadés de la réalité de cette relation. Ne vous arrêtez que lorsque vous serez convaincus de sa fausseté. Je vous assure que cela ne tardera guère.
- Cette croyance à l’influence des phases lunaires sur les variations du temps, invétéré chez certaines personnes, résiste aux raisonnements les plus concluants tant il est vrai que rien n’est plus difficile à combattre et à déraciner que les préjugés.
- La Lune est une Egérie discrète et l’on entendra dire longtemps encore probablement que « le temps va changer avec la Lune » J. L.
- Renseignements. — M. H. Mathieu, Cartagena Colombia. — On peut employer, pour émailler des briques au feu, une foule de recettes différant selon la couleur désirée, le point de fusion, etc. Vous en trouverez un grand nombre dans le chapitre « Emaillage sur terre cuite » du Manuel Roret intitulé « Peinture sur verre » (Mulo, éditeur, rue Hautefeuille, Paris).
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- BOITE AUX LETTRES
- Pigeon-voyageur égaré. — Un de nos lecteurs de Beauvais, M. Lamotte, nous prie de signaler qu’un pigeon-voyageur est venu échouer à Beauvais et qu’il porte à la patte droite sur une bague l’inscription R—109 — SNP-07.A.
- M. C., à Paris. —Les premiers essais de l’emploi du lysol contre les maladies parasitaires et cryptogamiques des végétaux remontent déjà à plus de quinze années. Le lysol est un liquide brun clair, huileux, à odeur aromatique rappelant celle de la créosote. Il est obtenu en traitant par un alcali l’huile de goudron de houille et les graines. Il n’y a que l’analyse qui puisse faire conuaître sa composition quantitative exacte. Ce produit est soluble complètement et instantanément dans l’eau; c’est un véritable savon liquide, produisant avec l’eau calcaire un trouble ou même des grumeaux, ce qui ne modifie en rien la puissance insecticide de la solution; il n’est pas volatil et peut se conserver indéfiniment. On trouvera des indications dans l’ouvrage suivant : Du lysol. Sa composition. Son emploi, par M. le Dr J. Gaube, librairie médicale, 104, boulevard Saint-Germain, Paris, 1890. Voir aussi à la Société française du Lysol, 12, rue Martre, Clichy (Seine).
- M. G. Vallier, à Lyon-Croix-Rousse. — Aucun des ouvrages publiés en français sur les apprêts ne contient de renseignements suffisants sur la métallisation des fils; mais vous trouverez sur ce sujet une monographie bien faite par Odenrheimer dans le Bulletin de la Soc. industrielle de Mulhouse (1892). Vous pourriez consulter aussi les nombreux brevets pris depuis.
- M. le capitaine D..., à Briançon. — Comme teinture organo-métallique pour cheveux, ne présentant pas de danger, nous pouvons citer les produits « Oréal » (chez tous les pharmaciens et parfumeurs).
- ,.f M. le Dr Quenet, à Saint-Cyr. — Impossible de répondre à la ire question ainsi posée; il faudrait nous
- indiquer l’épaisseur des plaques, la nature de leur support et la façon dont elles furent collées. Pour la 2e, le mieux serait de nous envoyer un échantillon des matières à réunir.
- M. G. Zolotnisky, à Moscou. — Nous ne connaissons pas de journal spécial. Le dernier ouvrage paru est celui de M. Baudry de Saulnier, librairie Geisler, rue de Médicis, 3fr,5o : Moteurs pour motos, chez Aster, 74, rue de la Victoire, ou Japy, 7, rue duChâteau-d’Eau.
- M. Cros, Maison Fescourt, à Paris. — Vous trouverez plusieurs bonnes recettes de noirs à l’acide pour cuivre, dans le volume Bronzage des métaux, de Lacombe (pages 67 à 69), Mulo, éditeur, rue Hautefeuille.
- M. José Olivier. — Comme il s’agit de procédés industriels bien connus, le mieux est de consulter un Traité sérieux qui donnera de meilleurs renseignements que les Recettes pour amateurs. Voyez par exemple, le Traité de fabrication des savons, parMoride. Béranger, éditeur, rue des Saints-Pères.
- M. F., à l’Isle.— i° La pile en question est la pile de M. Rosset, modification de la pile Leclanché, par substitution de l’hydrate de cuivre au bioxyde de manganèse. Cet hydrate de cuivre en solution dans la potasse ou l’ammoniaque est en réalité un cuprate de formule. Le ferrocyanure sert à préparer la paroi et à empêcher qu’elle ne soit traversée par les liquides, — 20 Cette pile n’est autre que la pile très connue au bichromate : on procède en général comme suit : pôle négatif, zinc amalgamé plongeant dans de l’eau acidulée sulfurique au i/i2e de son poids; liquide dépolarisant : 100 parties d’eau, 25 d’acide sulfurique, 12 de bichromate. On peut éviter le vase poreux en employant le dispositif de la pile-bouteille. Les électrodes plongent directement toutes deux dans le liquide dépolarisant qui est en même temps l’électrolyte. Employer du charbon comme électrode positive. Force électromotrice : 2 volts.
- BIBLIOGRAPHIE
- QâC
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Photographies d’Aurore boréale. — La boussole et l’aviation Sàuvaire Jourdan. — Le Laboratoire forestier des Etats-Unis : Dr A. Gradenwitz, —- Récents perfectionnements dans la charcuterie mécanique : Jacques Bover. — 'Reproduction des sons d’après le graphique de leurs vibrations : Ch. de Ville-deuil. — Télégraphie sans fil. — Lampe électrique pour pro-i jectiôns : G. M. -— Académie des sciences; séance du | 16 avril 1911. — Les cérémonies du mariage en Annam : i„ V. Eorbin;
- Supplément. — L’état actuel de l’industrie des aéroplanes. — Les Antilopes et la maladie du sommeil. — Variabilité de certains j satellites du système solaire. •— La production des céréales dans î le’îhdndb: — Solubilité des gaz dans les métaux et alliages.
- Le contrôle chimique dans les ra/fineries, par Gu. Toury, ingénieur-chimiste. In-16 (19-12) de 175 pages, avec 3['figurés, 1910 (Encyclopédie Scientifique des Aide-! Mémoire). Chez Masson et Cie, et chez Gauthier-' Villars, Paris, 1911. Prix broché : 2,r,5o. s Cet ouvrage à pour but de résumer, pour les personnes s’occupant du raffinage du sucre, les renseignements chimiques nécessaires à la surveillance de cette industrie. L’auteur décrit avec détail, à cet effet, les propriétés générales des matières sucrées et les méthodes de dosage les plus rigoureuses et les plus simples qu’il est indispensable d’employer dans les laboratoires de raffineries. De nombreux tableaux permettent la simplification des calculs analytiques.
- Peut-on voler sans ailes? par Patjl Colliard, ingénieur civil, ancien officier de marine, i vol in-8 de 108 p. Librairie aéronautique, 32, rue Madame, Paris. Prix: 3 francs.
- L’auteur étudie les différents modes de sustentation d’un corps pesant dans l’air et démontre la possibilité dé réaliser ce qu'il appelle : la sustentation en vitesse.
- Navigation aérienne et navigation sous-marine, 2 faces d’un même problème. 1 vol., 206 pages, par H. Noal-hat. Geisler, éditeur, Paris, 1910. Prix : 5 francs.
- L’auteur établit une comparaison très juste entre le problème du sous-marin à flottabilité nulle et celui du plus léger que l’air d’une part, entre le problème du sous-marin à flottabilité positive et celui du plus lourd que l’air. Le livre contient, sous une forme un peu confuse, nombre d’aperçus très judicieux.
- Le constructeur de cerfs-volants (iro série), par J. Du-bouchet et J. Protche. i brochure illustrée accompagnée de 4 plans 1/2 grandeur d’exécution. Librairie aéronautique, 32, rue Madame. Prix : ifr,5o.
- Descriptions et planches claires et précises, qui permettront aux jeunes gens de s’initier, par la construction de cerfs-volants, aux éléments de l’aéronautique.
- L’Annuaire de la Curiosité et des Beaux-Arts. 1 vol. de 36o pages, 90, rue Saint-Lazare. Prix : 6 francs franco.
- Dans une première partie, résumé des principaux événements artistiques de l’année 1910 (grandes ventes, monuments inaugurés, etc.), liste des expositions qui se tiendront en France et à l’Etranger en 1911, les associations artistiques, des chapitres concernant la législation en matière d’art, douanes, etc. La seconde et la troisième partie contiennent des adresses d’antiquaires du monde entier et des artistes de France.
- Les arts de la terre : céramique, verrerie, emai'llerie, mosaïque, vitrail, par René Jean. Paris. H. Laurens. 1 vol. in-8°, 198 gr. et 3 cartes. Prix : broché, 10 francs ; relié, 12 francs. ~ ’
- Les arts étudiés dans ce volume sont ceux qui demandent à la terre la matière première sous formé d’argile ou ,de silice. Depuis les antiques produits des civilisations égyptienne ou préhellénique, depuis l’amphore des potiers crétois jusqu’au vase des céramistes contemporains, depuis les verreries musulmanes et les émaux limousins jusqu’aux chefs-d’œuvre de Galle, depuis les mosaïques dont Rome enrichit le sol de ses villas, puis embellit les parois de ses basiliques, jusqu’au revêtement en carreau de faïence que
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- BIBLIOGRAPHIE
- 1 Orient appliqua sur ses mosquées et jusqu'aux vitraux qui tamisent la lumière de nos églises, l’auteur a tout passé en revue, condensant et résumant l’histoire de chaque art, en s’efforçant de grouper les faits avec clarté sans rien omettre des événements ou des monuments principaux. Une innovation importante est à recommander dans cet ouvrage : trois cartes placées à la fin montrent remplacement des principaux centres de production céramique. On peut ainsi plus aisément se rendre compte d’un seul coup d’œil de l’influence qu’ont pu avoir l’un sur l’autre, dès leur origine, les principaux ateliers.
- Traité d’hygiène de Brouardel et Mosny. Fasc. XY. Egouts et vidanges, ordures ménagères, cimetières. par les DrB M. Calmette, E. Imbeaux, II. Pottevin, In-8°, 568 p. et 268 lig. Paris. J.-B. Baillière, édit.
- » 1911. Prix : 14 francs.
- Les plus importantes questions pratiques de l’hygiène sont examinées dans ce volume. Il serait bien utile que les principes y exposés fussent mieux connus et mieux appliqués par les municipalités, notamment en ce qui touche la grande valeur hygiénique de l’incinération.
- Charpentes en bois et échafaudages, collection de la Nouvelle Encyclopédie pratique du bâtiment et de l'habitation, par R. Champly. i vol. de i36 pages avec
- 19* ligures. Librairie Desforges, 2g, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Ce petit livre, 4e d’une série que nous avons déjà signalée, résume surtout les méthodes permettant de construire des charpentes solides et économiques.
- Radiomètre fluoroscopique, par le D1 Guii.lemiivot. Un vol. in-16 de 172 p., avec 12 fig. G. Stemheil, édit., 12, rue Casimir-Deiavigne, Paris. Prix : 2fr,5o
- Le Dr Guilleminot expose dans cet ouvrage son procédé de dosage fluoroscopique des rayons X et montre les résultats qu’on peut en obtenir. L’auteur décrit ses trois modèles de fluoromètre ; puis, il définit deux unités simples de quantité et d’intensité qui permettront de formuler des règles très précises pour l’application toujours si délicate des rayons X.
- Nice-Gorgonne en aéroplane, par l’aviateur Edouard Bague, i brochure 3o pages. Berger-Levrault, édit., Paris, 1911. Prix : 1 franc.
- M. Bague explique pourquoi il a entrepris son aventureuse traversée de la Méditerranée, non pour réussir une prouesse sportive, mais pour montrer que l’aéroplane pourra un jour assurer les communications à grande vitesse entre la France et l’Algérie par la Corse, la Sardaigne et la Tunisie.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- AVRIL 1911. — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 AVRIL 1911.
- Lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction dit vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 10 au 16 avril. — Le 10. Baisse sur le Centre et le S.; fortes pressions sur le N.-O. : Islande, 779. Pluies sur les Pays-Bas et le S.; en France : Dunkerque, 2; Nantes, Biarritz, i. Temp. du matin : Arkhangel, —5°; Paris, 4; Alger, ta; Puy de Dôme,
- — 7; moyenne à Paris : 4°.5 (normale : 8°,8). — Le 11. Dépression sur la Méditerranée occidentale et l’Algérie : Madrid, Alger, 754; pression supérieure à 770 sur les Iles-Britanniques. Pluies sur le S.-O.; en France : Boulogne, 7; Cherbourg, Brest, 2; Limoges, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —90; Paris, 2; Alger, 13; Puy de Dôme, —5 ; moyenne à Paris : 7°,i (normale : 8°,9).
- — Le 12. Hausse sur l’O.; pression voisine de 771 sur l’Irlande. Pluies sjir le N. Temp. du matin : Arkhangel,
- — 8°; Paris, 4; Algèr, i5; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris ; 9°,4 (normale : 90,1 ). — Le i3. Irlande, 77.3 *, Manche, 771. Pluies sur le N. et le Centre. Temp. du
- matin : Arkhangel, —70; Paris, 5; Alger, x4; Puy de ; Dôme, o; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 9°,2). — ' Le 14. Aire de forte pression sur l’O. et le Centre :
- Irlande, 773 ; Prague, 770. Pluies sur le Centre et le [S.; en France : Arkhangel, —-5°; Paris, 2; Alger, 14;
- ; Puy de Dôme, —6 moyenne à Paris : 7°,4 (normale :
- | 90,3). —- Ij6 i5. Pression haute sur l’O. : Centre de la France, 771; dépression sur le N. : Bodoe, 737. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Haparanda, —2°; Paris, 3; Alger, 12, Puy-de-Dôme, o; moyenne à Paris:
- ! io° (normale : 9°,5). — Le 16. Baisse sur l’O, et le Centre; dépression sur le N. : Haparanda, 741; Sku-desness, 744; Yalentia, 762. Pluies et neiges sur la Scandinavie et le N. de là Russie. Temp. du matin : Stockholm,—3°; Paris, 7; Alger, 18; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : g0,2 (normale : 9°,6). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 13, à 2 h. 45 ïd. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, 'Boulevard Saint-Germain, Paris (YV)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d'origine.
- N° 1979 — 29 AVRIL 1911
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
- Pour éviter la mort des aviateurs. — La mort du lieutenant Byasson et celle du capitaine Tarron survenues si brusquement et dans des conditions qui resteront probablement inexpliquées, rend urgente la nécessité de trouver un dispositif qui atténuera de telle sorte les chutes des aviateurs, qu’il ne s’ensuive pas nécessairement pour eux une issue fatale ou des blessures graves.
- La Ligue Nationale Aérienne a, à cet effet, ouvert récemment un concours pour lequel les engagements seront reçus jusqu’au 3o de ce mois, 27, rue de Rome, à Paris. Ce concours comprend les quatre catégories de dispositifs suivantes :
- I. — Amortisseurs, de çhoc? faisant corps avec l’aéro- plane. Ex» :.Nacelles pneumatiques, patins.
- II. — Amortisseurs ne faisant pas corps avec l’aéroplane. Ex. : Vêtements spéciaux.
- III. —• Limiteurs de vitesse de chute faisant corps avec l’aéroplane. Ex. : Ailes parachutales.
- IY. — Limiteurs de vitesse de chute amovibles. Ex. : Parachutes.
- Paris-Pau en aéroplane. — Ce trajet, désormais le critérium classique du tourisme en aviation, vient d’être accompli à nouveau. Védrine, les a3 et 24 avril, a fait le parcours en a étapes.
- L’industrie des acétates de cellulose. — Depuis quelques années, il fut pris un grand nombre de brevets et publié- quantité de travaux concernant les combinaisons acétylées de la cellulose. Mais jusqu’à présent on était toujours resté à la période d’essais en raison de divers inconvénients pratiques des masses plastiques cellulo-acétylées : prix élevé, difficulté de transformer les .solutions pâteuses en produits gélatineux permettant le travail de là tabletterie. Il semble maintenant que ces défauts aient été suffisamment corrigés, et plusieurs grosses usines de France, d’Allemagne et des Etats-Unis commencent à fabriquer en grand, avec succès, divers acétates de cellulose. Les applications éventuelles de ces produits sont nombreuses : ils permettent de fabriquer des sortes de celluloïd, des soies artificielles; on les emploie pour l’apprêt des tissus, pour la préparation des vernis. Le grand avantage des nouvelles musses plastiques est leur parfaite ininflammabilité : Dans sa récente communication au Congrès des chimistes allemands, le Dr Eichengrün pouvait approcher de la flamme divers peignes épingles, jouets en « Cellit » marque commerciale d’une variété d’acéto-cellulose. La matière, suffisamment, chauffée, allait jusqu’à fusion complète : elle ne s’enflammait pas. Aucun pareil résultat ne fut jamais obtenu avec tous les celluloïds soi-disant «Ignifugés» par mélange avec divers sels donnant en brûlant des1 gaz incombustibilisants. En outre, les nouveaux succédanés des celluloïds n’ont aucune mauvaise odeur, et ils se fabriquent avec des produits, indigènes ce qui rend inutile l’importation coûteuse de camphre. Toutefois, en raison du prix actuellement assez élevé des acétates cel-
- lulosiques, on ne les emploie que peu encore en tabletterie, ou pour préparer soies artificielles et vernis. Il n’en est pas de même dans l’industrie des films cinématographiques, où, par suite de l’intérêt à éviter tout danger d’incendie, et de la quantité relativement faible de matière nécessaire, la cellulose acétylée tend à être complètement substituée à la cellulose nitrée. C’est ainsi que les puissantes firmes Pathé de Paris et Actien Gesellchaft fur Anilin Fabrikation (A. G. F. A.) de Berlin possèdent maintenant des usines d’acéto-cellu-loses à très grande production.
- Influence des colloïdes sur la solubilité de certains gaz dans l’eau. —-Nos lecteurs savent que, dans les solutions colloïdales, les substances se trouvent dans un état particulier, encore mal défini d’ailleurs, et qui tient en quelque sorte le milieu entre l’état dissous et l’état précipité. Il était intéressant de savoir si la présence de matières colloïdales dans l’eau affecterait son .pouvoir dissolvant vis-à-vis de certains gaz. A cet effet, on a étudié l’influence de l’hydrate ferrique, de la gélatine, du sulfure d’arsenic, de la silice gélatineuse, de la dextrine, de l’amidon, du glycogène, de l’albumine d’œuf ou de sérum, ainsi que du carbone et de la silice en particules très fines, sur la solubilité de l’acide carbonique et du protoxyde d’azote, sous des pressions variant de 750 à 1400 mm. Sous la pression atmosphérique, la silice gélatineuse augmente la solubilité des deux gaz; l’hydrate ferrique et la gélatine augmentent la solubilité de l’acide carbonique, mais diminuent celle du protoxyde d’azote; le sulfure d arsenic n’exerce pas d’influence sur la solubilité de ces gaz. Le carbone et la silice en suspension en particules très fines augmentent cette solubilité; toutes les autres substances la diminuent. Ils ne semble pas, somme toute, y avoir de relation entre ces altérations de la solubilité et la nature des substances colloïdales.
- Le jaunissement de l’acide picrique à l’air. —
- Presque tout le monde connaît actu<-lLment l’acide picrique ou trinitrophénol, surtout depuis que ce corps est employé en lotions pour le traitement des brûlures. Or, quand on vient de préparer cet acide picrique — par précipitation, par exemple, d’une solution d’un de ses sels par un acide minéral — il est incolore ou peu coloré; par l’action de l’air, il devient alors d’un beau jaune vif Cette coloration n’est que superficielle: elle ne se produit pas quand l’acide est en vase clos, ou s’il est conservé dans un vase en présence d’acide sulfurique ou d’un acide quelconque, même étendu. M. Ste-panoff a pu s’assurer que cette coloration résulte de l’absorption de l’ammoniaque de l’air La proportion d’azote dans l’acide picrique a pu augmenter de 2,43 p. 100 et s’élever à 20,88 p. 100 du poids de cet acide.
- Solubilité de l’or dans l’acide nitrique. — On dit
- et on répète volontiers que l’or est insoluble dans l’eau forte, l’acide nitrique, et ne se dissout que dans l’eau régale, c’est-à-dire dans un mélange d’acides chlor-
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- INFORMATIONS
- hydrique et azotique. D’après un chimiste américain, M. Deway, il faudrait revenir de cette affirmation, car il a constaté que l’or est notablement [[soluble dans
- I acide nitrique de densité 1,42, à raison de plusieurs décigrammes par litre, et qu’il convenait de tenir compte de cette solubilité dans l’analyse des minerais d’or.
- Le titane métallique. — Ce métal tend à se répandre de plus en plus, notamment à l’état d’alliage, et sa préparation fait l’objet d’une certaine industrie. On peut l’obtenir par différentes méthodes : réduction des fluoti-tanates par les métaux alcalins, réduction de l’acide titanique par le charbon, réduction du chlorure de titane par le sodium; mais ce dernier procédé est de beaucoup préférable. Il donne avec un rendement de 90 pour 100 un métal très pur, ayant l’apparence de l’acier poli, dur et cassant à froid, forgeable à chaud, de densité 4,5 et dont le point de fusion est compris entre 18000 et i85o°.
- Les progrès du four électrique. — Encore que de date récente, puisqu’en 1904, l’Europe ne comptait que quatre fours électriques, l’électrosidérurgie marche à pas de géant et semble appelée à prendre une extension considérable. L’essor de cette nouvelle industrie est très marqué en Suède, et il semble qu’il devrait en être ainsi au Canada, qu’une similitude de situation, faite de leur commune richesse en gîtes ferrugineux et de leur égale pénurie de charbon devrait entraîner dans la même voie. L’ « Electrician » donne à ce propos une étude du Dr Haanel qui constate avec surprise le développement de l’électrothermie dans ces six dernières années. On ne compte pas moins, en effet, de 67 fours électriques en pleine activité, de 11 fours terminés, sur le point de fonctionner, et de 36 actuellement en construction. Mais, là-dessus, il n’y en a que deux pour le Canada, et encore sont-ils de dimensions relativement faibles, et huit aux Etats-Unis. Au Mexique, on en construit actuellement deux. Tous les autres sont dans la vieille Europe qui, par hasard, laisse bien loin derrière elle la jeune Amérique où les recherches expérimentales les plus récentes datent de 1906. En Suède et en France, au contraire, on n’a pas cessé d’améliorer les procédés : à Domnarfvet notamment, où le dernier perfectionnement vient de porter à 2846 kg de fonte claire la production du cheval-an. Il n’y a du reste pas que les fers qui bénéficient des découvertes et des progrès des fours électriques. Grâce à l’invention de MM. Cote et Pierron, les minerais dé zinc et de plomb sont également traités par l’élecirothermie.
- Paquebot à turbine sur la Manche. — La Compagnie du South Eastern and Chatham Ray va mettre prochainement en service un nouveau navire à turbine pour son service entre Douvres-Calais et Folkstone-Boulogne. Ce navire, dont les dimensions sont supérieures à celles des navires de la même Compagnie actuellement en service, a une longueur de 96 m. et une largeur de ia,5o m.
- II est muni de trois turbines à réaction Parsons actionnant chacune un arbre d’hélice. Mais ce qui caractérise ce nouveau navire c’est le remplacement de la chaudière marine ordinaire par une chaudière à tubes d’eau du système JBabcock et Wilcox.
- Navire avec transformateur électrique de vitesse.
- — Sur les navires de mer l’application de la turbine à vapeur se heurte à de graves difficultés résultant de l’accouplement de la turbine qui, au point de vue du rendement, exige de grandes vitesses de rotation, avec une hélice qui elle, au contraire, pour produire son maximum de travail, doit avoir une faible vitesse. Cette difficulté dont La Nature a parlé dans différents articles est d’autant plus grande que la vitesse du navire est plus faible. C’est, surtout, le cas des cargo bouts Aussi a-t-on cherché, ces temps derniers, un dispositif permettant de laisser tourner la turbine et l’hélice chacune à la vitesse la plus économique en reliant ses deux appareils par un réducteur de vitesse. La Nature a, dans son numéro du 7 mai 1910, décrit un type de réducteur de vitesse par engrenage et dans son numéro du a5 février 1911 un transformateur hydraulique de vitesse du type Fôttinger. En outre de ces deux types de transformateurs de vitesse il en est un troisième, dit Electrique, et sur lequel on a longuement discuté ces temps'derniers. Le transformateur vient d’être appliqué à un yacht Y Electric Arc construit à Dumbarton, de 14,47 m. de longueur et 3,66 m. de largeur. Ce navire
- est muni d’une machine à gaz Crossley à grande vitesse, d’environ 45 chevaux de puissance alimentée par un gazogène disposé près de la machine. Ce moteur à gaz actionne directement une dynamo génératrice qui, à son tour, actionne, à vitesse réduite, une dynamo réceptrice reliée directement à l’arbre de l’hélice.
- L’approvisionnement en lait de Paris. — Paris consomme de 8 à 900 000 litres de lait par jour, dont.le quart, environ, lui est fourni par le département de la Seine. Les statistiques de 1909, qui viennent de paraître, ont en effet révélé dans ce département l’existence de x 176 vacheries comptant xSooo vaches dont la production journalière est de 218000 litres environ, savoir 5oooo litres pour Paris et 168000 litres pour la banlieue. Ces vacheries sont soumises à l’inspection de 16 vétérinaires de section, dont le rôle principal est de veiller à l’application des lois sur la déclaration des maladies contagieuses et la tuberculination. Les trois quarts du lait consommé à Paris lui sont fournis par les départements circumvoisins. De puissantes sociétés laitières effectuent à cet effet un véritable drainage des régions productrices par l’intermédiaire d’agents à leur solde qui, en voiture, font rapidement le tour des fermes situées dans leur rayon et ramènent le lait dans un dépôt régional, au voisinage immédiat d’une gare d’où il est aussitôt expédié sur Paris vers le dépôt central de la Société correspondante. De là, le lait est fractionné par quartiers vers de petits dépôts portant là firme de la Société, mais une quantité importante est également confiée à des revendeurs qui sont de simples intermédiaires, des clients de la Société collectrice dont ils vendent le lait sous une désignation différente. En 1909, il est arrivé par chemin de fer 321 083087 litres, chiffre accusant une augmentation de 2 192293 litres sur l’ensemble des arrivages de 1908. Les origines de ces laits ressortent de la décomposition suivante :
- Compagnie de l’Est ...... 43 873 787 litres.
- Ancienne Compagnie de l’Etat . 99 181 900 —
- Ancienne Compagnie de l’Ouest. 28091200 —
- Compagnie du Nord.......... 43 961 700 —
- Compagnie d’Orléans ..... 5o 098 200 —
- On draine ainsi vers Paris le lait disponible sur un rayon maximum de i3o à 160 km. Il y a en effet une limite de distance qui est imposée par une double raison; la première, purement économique, est que, pour un prix de vente donné, les frais de transport ne doivent pas dépasser une proportion définie ; la seconde, relative à la conservation du lait, est que, au delà d’une certaine distance, il n’est plus possible d’amener le lait avec toutes les qualités de fraîcheur qu’exige la consommation. Ce rayon limite est donc fonction de la distance et du temps, données qui sont, du reste, en relation étroite, puisqu’il s’agit de transport par chemin de fer.
- Le ghi. — Le ghi est une matière grasse qui se prépare dans les Indes à l’aide de lait de buffles, de vaches ou de chèvres ; on ajoute du petit-lait fermenté à ces laits bouillis et il se sépare un caillot qu’on écume et qu’on chauffe pour en isoler la graisse fondue. Le lait de buffle donne plus de ghi que celui de vache. Le commerce du ghi est considérable; c’est à la fois un aliment et un médicament ; dans les temples du Sud de l’Inde, il est utilisé pour oindre les idoles, mais c’est uniquement du ghi de vache, car les autres laits sont considérés comme impurs au point de vue religieux. Ce qui prouve que l’emploi du ghi tend à se généraliser, au moins dans son pays d’origine, c’est que parfois, il est déjà falsifié au point qu’il a fallu édicter des lois pour réprimer ces fraudes. Les principales additions consistent en huiles de noix, de sésame, de coco, de coton.
- Le plus petit perroquet du monde. — L’expédition britannique qui explore actuellement le massif inconnu des montagnes Neigeuses, au coeur de la Nouvelle-Guinée, a fait parvenir au Muséum d’histoire naturelle de South-Kensington, 14000 peaux d’oiseaux et 3oo de mammifères, parmi lesquelles se trouvent des pièces de grande valeur. On cite un perroquet adulte, au plumage veitft sombre, dont la longueur, du bout de la queue à la pointe du bec, n’est que de 0,076 mm, dimension qui fait de lui la plus petite espèce de perroquet connue à ce jour. On cite encore deux nouvelles espèces d’oiseaux de paradis dont le plumage est d’un éclat et d’une variété extraordinaires.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Dynamo-transformatrice à voltages multiples. —
- Le courant électrique que nous fournissent aujourd’hui, pour l’éclairage les usines de distribution paraît, au premier abord, propre à mille usages; il serait fort tentant de s’en servir pour bien des applications domestiques et surtout médicales, si l’on n’était arrêté immédiatement par une difficulté : le haut voltage du cou-
- La dynamo Angebaud.
- rant à no ou 120 volts. Les médecins par exemple n’utilisent le courant que sous des tensions qui ne dépassent pas quelques volts. Gomment tirer parti du courant du secteur? S’il s’agit de courant alternatif, la chose est simple; le transformateur pour courant alternatif est une simple combinaison de deux bobines ; nul appareil n’est moins compliqué. S’il s'agit du courant continu, le problème est plus malaisé à résoudre ; il faut recourir aux machines commutatrices. La dynamo de M. Angebaud constitue, dans cette classe d’appareils, une machine intéressante à plusieurs égards. Yoici en gros le principe d’une dynamo-commutatrice ordinaire.
- Sur son enroulement induit sont connectées deux bagues qui permettent de recueillir sur des balais un courant alternatif monophasé. Ce dernier courant est envoyé dans le primaire d’un transformateur magnétique à circuit fermé. Les cautères et les miroirs de médecin sont branchés sur les secondaires de l’appareil où des curseurs graduent les courants. Cet ensemble n’est pas à l’abri de certaines critiques, qui résultent du courant alternatif. Si, en effet, un cautère est brûlé pendant une opération, le malade est électrisé au point de contact avec de 8 à 20 volts, ce qui est insupportable en courant alternatif.
- La nouvelle dynamo du Dr Angebaud semble répondre à tous les desiderata, grâce à l’emploi de dispositifs particuliers qui en font une machine réellement originale. Elle se branche directement sur le secteur à 110 ou 220 volts et fournit à ses bornes tous les courants que l’on désire à voltages différents.
- Ainsi un des modèles actuellement construit donne en courants continus utilisables simultanément : 25 volts 9 ampères pour la charge des accumulateurs; 12 volts 7 ampères pour l’alimentation des miroirs; 4 volts 40 ampères pour l’alimentation des cautères et du courant sinusoïdal pour bains hydro-électriques.
- Aux extrémités de l’arbre de la machine on fixe d’un côté une poulie ou une pompe à air pour l’aérothermo-thérapie et de l’autre un flexible pour le massage ou la petite chirurgie.
- La même machine travaillant en génératrice sous une action motrice extérieure, fournit des courants à voltages et ampérages extrêmement variés. Elle fait songer au chapeau d'où l’escamoteur habile fait sortir les objets les plus disparates. Ici cependant, le dispositif ne présente aucune complication au point de vue électrique, et il est aisé de comprendre sur un schéma son fonctionnement. Elle se compose en réalité de deux dynamos intimement unies ou pour mieux dire d’une dynamo motrice et auto-transformatrice et de plusieurs
- génératrices, qui utilisent le même arbre et les mêmes inducteurs. Elle présente le caractère très particulier qu’un seul circuit magnétique horizontal est constitué par deux inducteurs communs, leurs épanouissements polaires et les deux induits intermédiaires. Le rendement et la puissance se trouvent augmentés sous un volume compact et réduit.
- Grâce à cette construction, les deux induits sont utilisés comme transformateurs mobiles et producteurs de courants. Sur l’un d’eux est bobiné le fil moteur qui reçoit le courant du secteur; sur ce même fil, sont également connectées les bagues alternatives ; puis sur ce premier circuit soigneusement isolé est disposé un second enroulement destiné à alimenter l’un des appareils médicaux ou autres. Le second induit est également constitué d’enroulements superposés représentant les circuits respectifs des autres voltages prévus. Dès lors que l’on a toute facilité, grâce à un commutateur, de grouper les épurants provenant de cinq collecteurs distincts (quatre collecteurs à courant continu et un à courant alternatif), on conçoit aisément que l’on puisse faire varier dans les limites les plus étendues les valeurs relatives des volts et des ampères, de 5 à i5o volts avec des ampérages inversement correspondants ou même des courants alternatifs monophasés de 70 à 80 volts et 2,5 ampères. En interposant un rhéostat sur le courant des inducteurs, on obtient en outre tous les courants intermédiaires aux onze voltages différents que la machine fournit immédiatement.
- L’excitation de la machine est prise sur le secteur et calculée pour n’admettre que quelques dixièmes d’ampère. Dès que le courant traverse les inducteurs et l’enroulement moteur d’un des induits, elle se met tout naturellement en mouvement. Par suite, une transformation à circuit extérieur est complètement inutile, puisqu’on recueille directement aux bornes les courants désirés. On s’explique également pourquoi la dynamo ainsi établie se règle d’elle-même sans amener des variations de lumière et d’intensité quand sa charge varie, soit par l’allumage d’un ou de plusieurs cautères ou miroirs, soit par leur extinction.
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- Schéma de la dynamo-transformatrice à voltages multiples fSection horizontale). — L, ligne; s s', bornes du secteur; Il'ljlg carcasse des induits; a a' bornes de la dynamo-motrice recevant le courant à 110 ou 220 volts ou le produisant; R, rhéostat de démarrage; b b', bornes du courant à i5 volts 6 ampères; c c', bornes du courant à 25 volts 8 ampères; dd\ bornes du courant à 5 volts /(O ampères ; e e', bornes du courant alternatif monophasé. Les enroulements m et n sont superposés sur l’induit E et les enroulements o et p sur l’induit E'. N S, S’, pôles des inducteurs; H K', enroulement inducteur; F, flexible de petite chirurgie et de massage; P, pompe à air ou poulie génératrice.
- Une autre application fréquente de la dynamo Angebaud consistera dans la charge des accumulateurs à laquelle elle semble éminemment propre.
- Automobilisme
- Direction pliante pour automobiles. — La position inclinée de la direction des automobiles rapproche le volant du siège du conducteur au point de gêner sérieu-
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- sement celui-ci lorsqu’il doit prendre sa place. Cet inconvénient met aussi le chauffeur dans une situation fausse lorsqu’un accident se produit ; il lui est impossible de quitter sa place, et si le choc est violent il se trouve projeté sur le volant qui l’atteint en pleine poitrine.
- La nouvelle direction pliante remédie parfaitement à ce défaut; la tige est articulée à sa sortie du plancher et le volant peut être relevé pour permettre au chauffeur de prendre place, de sortir, et même de conduire. Un joint de cardan spécial enfermé dans une carte sphérique autorise cette manœuvre.
- Il se compose d’un croisillon dont l’une des branches E est seule visible sur la ligure 2, l’autre étant perpendiculaire au plan du dessin sur lequel elle est représentée par le cercle pointillé. Ces branches reçoivent les axes F et G de la chape C (les axes de la seconde chape ne sont pas figurés puisque cette chape est perpendiculaire à la première).
- La chape C est fixée à la tige du volant par l’intermédiaire d’une partie conique serrée
- Coupe de l’articulation.
- La tige de direction articulée.
- par un écrou P; le même écrou P serre également l’autre chape. Une clavette encastrée O assure la solidité de l’assemblage.
- Le joint de cardan employé seul permettrait au volant et à la tige M d'osciller dans tous les sens : ce serait là un inconvénient. Pour l’éviter, l’ensemble a été enfermé dans un carter AA dont la partie supérieure e-*t seule entraînée par les mouvements du volant ; elle oscille d’avant en arrière autour des deux axes BB et elle est reliée au tube de direction LL. Le mouvement de rotation de la partie supérieure du carter est limité par deux arrêts, de sorte que la course des tubes supérieurs L et M et du volant constitue une oscillation d’amplitude déterminée d’avant en arrière et vice versa. Normalement la tige de la direction occupe la position inclinée à cause de son poids et les mouvements effectués par le chauffeur pour conduire tendent encore à maintenir cette position, car ils ont pour effet d exercer un appui sur le volant. Mais si le conducteur doit quitter sa place, une simple poussée suffit à éloigner le volant. G.La nouvelle direction pliante peut être montée sur les tubes de direction de toute voiture en service. Prix : io5 francs. On peut s’adresser à M. Martinot, 18, rue d’Orléans, à Neuilly-sur-Seine.
- Mécanique ^
- Protecteur pour clé. — Les clés femelles c’est-à-dire celles dont la tige est creuse ont l’inconvénient d’être un réceptable à poussières, surtout à poussière de tabac que tout fumeur qui se respecte a souvent dans sa poche. Par suite, quand on veut enfoncer la clé dans la serrure, elle ne peut arriver à la position désirée; on est obligé de la secouer violemment pour faire tomber la poussière, quelquefois de faire de fastidieux sondages avec de longues épingles, etc.
- On a imaginé de protéger le trou de la clé par un bouchon terminé par deux ressorts qui l’immobilisent plus ou moins bien dans la tige. Par le frottement ce bouchon peut se détacher et tout est à refaire.
- Yoici un système d’obturations suffisamment expliqué par la figure ; il s’emmanche à baïonnette sur la clé et la languette c forme ressort. Chacun peut le faire soi-même ou le faire établir chez le premier mécanicien venu.
- Il est constitué par un morceau de tube de laiton entaillé à la demande de la clé; ce tube est fermé à une extrémité par une rondelle en laiton soudée sur le tube.
- Le tube laiton peut être aussi peu épais que 1 on veut et peut être nickelé. La rondelle soudée forme un petit bourrelet qui permet de sortir plus facilement l’obturateur quand on veut se servir de la clé.
- Étau à tubes portatif. — Souvent dans les chantiers de construction, on a à préparer des pièces mécaniques ou des tubes pour différents montages. De ce genre sont par exemple : les installations d’aiguillages ou de signaux électriques dans une gare, les chantiers de constructions
- métalliques importantes, les installations de conduites de turbines, etc.
- Lorsqu’on a à limer un boulon, un joint, etc., ou si l’on a besoin de couper ou de fileter un tube, etc., on est obligé de se rendre à l’endroit où sont installés les étaux sous le hangar volant qu’on a établi.
- Il en résulte une perte de temps assez considérable.
- L’étau portatif représenté parla figure rendra dans ce cas de grands services.
- C’est un chevalet qui se replie facilement et peut se trans porter d’une façon commode (fig. 1). Une petite tablette permet de placer les outils quand on se sert de l’étau, par conséquent plus d’outils perdus ou abandonnés sur la voie.
- La figure 3 représente l’étau inslallé pour le filetage d’un tube. En serrant un simple boulon, on peut monter sur le chevalet un étau ordinaire, ce que représente la figure 2, l’ouvrier étant en train de limer une pièce métallique. Cet étau évidemment n’est pas fait pour faire un ajustage de précision, mais pour les ajustages rudimentaires ou les retouches qui doivent être effectués sur place et rapidement. — L’étau est en vente chez MM. Rivory et Joly, rue Adolphe-Mille.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'observatoire du Parc-Saint-Maur, en mars 3911, par M. Ch. Dufour.
- La pression moyenne 754”“,6 est inférieure de imm,9 à la normale. Le baromètre est resté bas du i3 au 3i après le passage d’une importante dépression qui a amené un minimum de 733mm,3, soit 738““,2 au niveau de la mer et en mercure normal, le i3 vers 5 heures et demie à la suite d’une baisse barométrique de 23““,9 en 24 heures. La variation horaire, le i3, a été supérieure à 2““ de 1 heure à 4 heures et a atteint 2mm,8 de 2 heures à 3 heures. Pendant ces heures de décrois-sancë rapide de la pression, le vent est devenu violent; l’anémomètre a enregistré à 28 m. au-dessus du sol, une vitesse supérieure à 20 m. par seconde, vers 5h5om, un peu après le minimum barométrique.
- La température a été très variable dans le courant du mois. Les écarts des moyennes diurnes aux normales correspondantes ont à plusieurs reprises dépassé 5° en plus ou en moins; la moyenne mensuelle 6°,6 est supérieure à la normale de o°,7. Le minimum absolu — i°,8 a été observé le 6, le maximum absolu 20°,2 le 31. Il y a eu 9 jours de gelée dont 6 consécutives du 6 au 11.
- L’insolation a été faible ; le soleil n’a brillé que pendant g3 heures. Le rapport d’insolation est ainsi tombé à 0,25 ; il est normalement de o,36 en mars.
- La pluie, quoique plus abondante qu’en janvier et en février, est encore inférieure à la normale (rapport 0,75). On n’a recueilli en effet que 3omm,9 en 16 jours dont 3 de pluie non mesurable; il y a eu 7 jours de neige et on a entendu 2 fois le tonnerre, le 21 et le 31.
- Le niveau moyen de la Marne a été de 3m,58 (niveau normal de mars 3“,44) - La rivière a atteint la cote 4m,og le 29 à la suite d’une petite mais rapide crue du Grand Morin.
- Pression barométrique (ait. 5o“,3). — Moyenne des 24 heures : 754mm,61 ; minimum absolu : 733m,3 le i3 à 5h35m; maximum absolu : 770““,3 le 2 à U35“.
- Température. Sous l’abri. — Moyennes : des minima, 20,35; des maxima, n°,35; des 24 heures, 6°,56. Minimum absolu : —i°,8 le 6; maximum absolu : 2o°,2 le 3i. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 9°,oo; la plus élevée, i5°,9 le 29; la plus faible, 2°,5 le 26. Sur le sol gazonné. —Moyennes : des minima, — 2°,22; des maxima, 24°,20; minimum absolu : —9°,i le 11 ; maximum absolu : 4°°i5 le 3i. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois : (profondeur om,3o), à 9 heures : 5°,94; à 2i heures : 6°,ao; (profondeur om,65), à 9 heures : 6°,o3 ; à 21 heures : 6°,06; (profondeur 1 mètre), à 9 heures : 6°, 11; à 21 heures : 6°, i3. De la Marne. — Moyennes : le matin, 7°,2o; le soir, 7°,5i. Minimum : 5°,4o le 18; maximum : 90,35 le 25.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5““,62. Minimum, 2““,5 le 25 à i3 heures; maximum : 9mm,8 le 29 à 23 h.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 77,4* Minimum : 36 le 7 et le 11 à 14 heures; maximum : ioo à 12 dates différentes.
- Nébulàsité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,14. Minimum : 1,9 le 10; 2 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible : 567 heures ; durée effective : g3h 2 en 24 jours; rapport : 0,25.
- Pluie : total du mois : 3o““,g en 47h6.
- Nombre de jours : de pluie, 16 dont 3 de pluie inappréciable; de neige, 7; de grésil, 4; de gelée, 9; d’orage, 2; de brouillard, 4; de brume, 2; de halos solaires, 12; lunaires, 2; de rosée, 2; de gelée blanche,
- 17-
- Fréquence des vents : calmes, i3.
- N . . . . 66 S. E. . . . 44 W . • • • 67
- N. N. E.. 40 S. S. E. . . 5i W. N. W. 29
- N. E . . . 49 S 59 N. W • • • 46
- E. N. E. . 19 S. S. W . . 67 N. N. W . 21
- E 4o s. w.. . . 66
- E. S. E. . 40 w . s. w. . 27
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4miOi. Moyennes diurnes : la plus grande, 9“,3 le 25 ; la plus faible, im,4 le 6. Vitesse maximum : 20m,4 le i3 à 5h 53“ par vent W. S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,58. Minimum, 3“,2i le i3 ; maximum, 4“,og le 29.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression : — imm,gi; température, -j-o°,65; tension de la vapeur, + om“,3i; humidité relative, -f- 2,3; nébulosité, -f- 1,07; pluie, — io““,i ; jours de pluie appréciable, — 1 ; insolation, — 35h 8.
- Electricité atmosphérique : Moyenne générale (21 jours), 79 volts; moyenne diurne la plus élevée, 140 volts le 3; la plus faible, 42 volts le 3o. Moyenne des 10 jours pendant lesquels le potentiel est resté constamment positif : g3 volts ; moyenne diurne la plus élevée : 140 volts le 3 ; la plus faible : 71 volts le 23. Moyenne des journées qui paraissent pouvoir être considérées comme normales c’est-à-dire où l’on n’a eu ni précipitation ni manifestation orageuse : g5 volts. Amplitude diurne correspondante, 0,66; amplitude nocturne, 0,84.
- Taches solaires : On a suivi 2 taches ou groupes de taches en 12 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 7, 8, 11, 18, 19, 22, 23, 25.
- Perturbations magnétiques : Faibles les ier, 3, 4, 6, 14» *5, 29; modérées les 5, 23-28; fortes les 20-22.
- Radiation solaire : Sept observations ont été faites à 4 dates différentes. La valeur la plus élevée a été obtenue le 22 à 1 ih 59“ ; Q — ioi1,234.
- Mouvements sismiques : Les deux seuls mouvements qui méritent d’être signalés ont été enregistrés le 11 ; les phases principales paraissent avoir commencé pour le premier à 4h5o” et pour le second à 20h48“. Ces deux microsismes sont d’ailleurs très faibles.
- Floraisons : Le ior, violette des bois; le 2, saxifrage à feuilles épaisses; le 4, primevère acaule ; le 6, tussi-lago farfara ; le 8, crocus, orme; le 9, hépatique bleue; le 15, ficaire, amandier; le 17, buxus balearica ; le 20, buxus pyramidalis ; le 21, narcisse; le 24, abricotier, saule marsault; le 26, forsythia viridissima; le 27, arabis verna; le 29, jasmintim nudiflorum; le 3o, anémone des bois; le 31, coucou, pêcher de plein vent, jacinthe non cultivée.
- Premier chant : De la grive le 19, [de la fauvette à tête noire le 3o.
- On a aperçu le i3 une bande d’oies sauvages se dirigeant vers l’Est.
- J§SD
- &G
- VARIETES
- Q^.
- L’éclipse totale de Soleil du 28-29 avril 1911. —
- Une éclipse de Soleil offrant un grand intérêt par la durée assez longue de la totalité, va se produire le 28 et le 29 avril, de igh49m du 28 à ih6“ du 29 (temps moyen de Greenwich). Elle sera invisible à Paris.
- L’éclipse centrale à midi vrai, c’est-à-dire au moment où les centres du Soleil et de la Lune, superposés, passeront au méridien, se produira à 22h 17“, dans le lieu situé par 157° 3' de longitude Ouest et o° 36' de latitude australe.
- La plus grande durée de la phase totale sera de 5“2s (ou 4“ Sy* d’après les éphémérides américaines), et aura lieu à 22h27“, pour le point de la Terre ayant
- pour coordonnées i54°32' de longitude Ouest et i°43' de latitude Nord. Ce point est situé en plein océan Pacifique.
- D’ailleurs, la zone de l’éclipse totale tout entière s’étend à travers l’océan Pacifique, depuis la côte Sud-Est de l'Australie et, en suivant une direction Nord-Est, atteint presque l’Amérique centrale. Elle ne rencontre que quelques petites îles de l’Océanie, où l'on pourrait installer des stations astronomiques.
- L’éclipse sera visible comme partielle, et à son début, en Tasmanie et en Nouvelle-Zélande; vers sa fin, du Sud-Est des Etats-Unis, à Cuba, etc.
- Les îles du Pacifique que rencontre la trajectoire du
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- VARIETES
- cône d’ombre sont seulement au nombre de cinq ou six. Dès l’année dernière, M. F. K. Mac Clean, qui se consacre spécialement à l’étude des éclipses de Soleil, s’est préoccupé de recueillir, lors d’un voyage à l’occasion de l’éclipse du 9 mai 1910, tous les renseignements utiles sur ces îles lointaines et les conditions de séjour d’une mission astronomique.
- Le Dr Pio Emanuelli, secrétaire de l’Observatoire du Vatican, a d’ailleurs réuni dans une très importante étude, que publie Popular Astronomy, un grand nombre de renseignements sur ces postes possibles d’observation; nous résumons ici, très succinctement, son important travail.
- i° L’île de Vavau, dans l’archipel de Tonga, ou île des Amis, est située par 174° de longitude Ouest et 180 de latitude Sud. C’est le lieu le plus favorable pour observer l’éclipse. La totalité y atteindra, d’après M. A.-M.-W. Downing, une durée de 3m36s,8.
- L’île est de forme très irrégulière et d’origine coral-lifère ; sa longueur est de i5km dans le sens Est-Ouest, et de n km dans le sens Nord-Sud.
- Elle est parsemée de collines de 60 à 200 m. de hauteur. Des steamers postaux la visitent périodiquement. La population de l’île est de 35oo habitants, répartis en plusieurs villages, et la place la plus convenable pour une station d’observation est la ville de Neiafu, sur la côte Sud-Ouest de Vavau. La hauteur du Soleil, au moment de la totalité, sera de 43° au-dessus de l’horizon. Au point de vue météorologique, les chances de beau temps sont assez faibles. En avril, le vent du Sud-Est souffle fréquemment et la chute de pluie, d’après une série d’observations faites en 1890-1891, est de 235m“.
- a0 L’île Tau, dans l’archipel des Samoa, offre une hauteur centrale atteignant 800 m. Sa circonférence est de près de 23 km. Elle est recouverte d’une luxuriante végétation. Le. principal village est Tau, du côté Ouest de l’île, et on y trouve un ancrage suffisant pour un navire. La durée de totalité n’y sera que de 2mi3s,o. Aussi loin qu’on peut effectuer des recherches, jamais on n’a fait d’observations météorologiques à l’île Tau. Mais dans une île du même archipel, l’île Upolu, existe un observatoire, construit à Apia. D’après une série d’observations faites entre 1890 et 1904, et publiées dans les Admiralty Sailing Directions, Pacific Island, aux îles Samoa, à la fin d’avril, sur 12 jours, il y a généralement 7 jours de pluie.
- 3° L’île Danger, de l’archipel de l’Union, a été indiquée par M. W.-J.-S. Lockyer comme station possible d’observation. La durée de la totalité y sera de 3mi9%4. Mais il est difficile et dangereux d’y aborder, car il ne
- s’y trouve aucun endroit où un navire pourrait jeter l’ancre ; on y rencontre de violents courants.
- 4° L’île Nassau, du même archipel, découverte en 1835 par un baleinier de ce nom, et située à environ 72 km au Sud-Est de l’île Danger, est une petite formation d’environ i3oo m. dans le sens Est-Ouest, et de 900 m. dans le sens Nord-Sud. Le seul endroit pour y aborder se trouve au Nord de l’île, mais la houle y est si forte que ce serait là une opération très difficile pour le transport d’instruments astronomiques. La durée de la totalité y atteindra 4m 9S>9 Elle y est donc très remarquable. La hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon, au moment de l’éclipse totale, sera de 57°.
- 5° Le professeur Moors, de la British astronomical Association, a encore indiqué l’île Tofua, de l’archipel Tonga, où la totalité sera de 3m38s,8. C’est un haut volcan en activité où l’on ne peut guère placer une station.
- 6° L’île Christmas, dans le Pacifique, a été indiquée par M. W.-T. Lynn, comme le seul point de terre ferme où la totalité atteindra sa plus grande durée, près de 5 minutes. Cette île, découverte le 24 décembre 1777 par Cook, a environ 100 km de tour et on y aborde facilement. Mais, d’après des calculs récents du Dr Pio Emanuelli, elle serait juste en dehors de la zone totale, et aucune expédition n’y résidera.
- Cette éclipse du 28 avril se produit au moment d’un minimum de l’activité solaire. Elle est le retour de celle du 16 avril 1898, qui correspondait à une période de maximum, et la comparaison des circonstances de ces deux phénomènes ne sera pas sans intérêt.
- En raison du très petit nombre de chances de beau temps sur ces îles lointaines, les astronomes français et américains, autant que nous avons pu le savoir, ont renoncé à entreprendre ce long et coûteux voyage.
- Par contre, plusieurs expéditions anglaises sont établies à Vavau. Le Rév. F.-A.-L. Cortie, assisté de M. W. Mac Keon, de l’Observatoire de Stonyhurst, dirigent la mission du gouvernement anglais. Ils ont dû être rejoints par M. W.-E. Cooke, directeur de l’Observatoire de Perth (Australie occidentale), qui fera partie de la mission.
- Dans la même île, une autre mission est dirigée par M. Frank Mac Clean, de Tunbridge Wells, et par M. William J.-S. Lockyer, de l’Observatoire solaire de South Kensington. Enfin, une troisième mission est dirigée par M. J.-H. Worthington, de High Wycombe.
- Souhaitons à ces hardis astronomes un beau temps et tout au moins une éclaircie de cinq minutes au moment de la totalité. Notre connaissance de l’atmosphère extérieure du Soleil ne pourra qu’y gagner.
- Em. Touciiet.
- 1*0
- HYGIENE ET SANTE
- Les méfaits du menthol. — Il est peu de produits pharmaceutiques dont la vogue ait été aussi rapide et l’usage aussi répandu que le menthol* quand les spécialistes des maladies de la gorge et du nez eurent fait connaître ses propriétés bienfaisantes dans les inflammations du nez et des voies respiratoires. Les pommades au menthol, les poudres à base de menthol, les cigarettes ont surgi de toutes parts, et comme il est de règle, on en a abusé, en ce sens qu’on s’est servi de ce produit un peu à tort et à travers et surtout qu’on l'a mal employé. Le résultat, c’est que voici des inconvénients sérieux signalés par des médecins et dus à son emploi intempestif. Je dois dire qu’il s’agit d’accidents survenus chez de tout jeunes enfants. Chez l’adulte, poudres et pommades ont pu jusqu’à présent et pourront encore longtemps être employées même avec excès, sans autre ennui qu’une irritation parfois un peu vive des muqueuses. Le Dr Triboulet a bien observé un cas d’éruption eczémateuse, ayant toute apparence d’un érysipèle et qui était dû à l’emploi d’une huile mentholée un peu forte. Mais aucun médicament n’est indemne d’inconvénients de ce genre ; il y a chez certains malades une susceptibilité étrange pour certains produits chimiques ou végétaux qui déterminent, à des doses normales de véritables intoxications ou des érup-
- tions fort désagréables, tels sont le salol, l’antipyrine et bien d’autres.
- Tout autres sont les accidents observés chez les enfants. Chez un petit malade un médecin a vu, à la suite de l’instillation de quelques gouttes d’huile mentholée à 1 pour 100, instillation dans les narines, survenir un spasme glottique violent qui ne laissa pas que de l’inquiéter beaucoup et l’entourage aussi. Les cas de ce genre ne sont pas nombreux, mais il suffit d’un pour appeler l’attention sur l’emploi du menthol chez les jeunes sujets. A mon avis, on se sert pour les enfants, et je dirai même pour les adultes, de doses trop élevées. Le menthol à la dose de 1 pour 100 dans une pommade ou une poudre est beaucoup trop énergique pour une muqueuse infantile ; a fortiori quand on se sert de pommades à 1 pour 20 ou pour 3o. A beaucoup plus faibles doses, on obtient les effets désirés, et à 10 centigrammes pour 3o grammes de vaseline on a une pommade qui donne de bons résultats dans les rhinites; cela ne nous donne pas même une proportion de 1/2 pour 100.
- Une autre cause probable de certains accidents observés chez les enfants, c’est l’usage.de l’huile mentholée et de sa projection dans les fosses nasales à l’aide d’une seringue. Mettez ce petit appareil entre les mains d’une nurse peu intelligente, d’une femme de chambre
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- HYGIENE ET SANTE
- ou n’importe qui, et au lieu de faire tomber deux ou trois gouttes au milieu du conduit nasal, on lance l’huile avec un peu de force; le bébé a un mouvement brusque d’inspiration et l’huile vient tomber dans le larynx, d’où production de spasme glottique et de toux, comme lorsqu’on avale, comme on dit de travers et qu’une goutte d’eau ou une-miette de pain pénètrent brusquement où il ne faut pas. Ceci n’est pas assurément la cause de tous les accidents observés puisqu’on en a eu avec un simple écouvillonnage du nez avec de l’ouate imbibée de solution mentholée, mais c’est le plus ordinaire.
- La conclusion, c’est que, pour les tout petits enfants et les nourrissons, il vaut mieux s’abstenir de recourir à ce produit qui n’est peut-être pas, du reste, aussi
- antiseptique qu’on le dit. On peut obtenir des résultats aussi satisfaisants avec l’huile ou la vaseline résorcinée (toujours à faibles doses). Chez l’adulte, je réserve mes préférences pour le menthol qui a guéri entre les mains de beaucoup d’entre nous des rhinites et des laryngites; les inhalations d’alcool mentholé n’ont pas d’équivalent pour la cure des sinusites aiguës. Si le vieil ingénieur hydrographe, Bouquet de la Grye, vivait encore, il viendrait apporter son témoignage sur la valeur thérapeutique du menthol ; depuis nombre d’années il avait une cigarette qui conjurait chez lui des crises d’asthme et de catarrhe bronchique et, me disait-il, quand je le rencontrais, voilà mon meilleur médecin.
- D‘ A. C.
- ><
- 3^0
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. J. Sokkes, Anvers. — Voici la composition de quelques bons aciers pour aimants : i° alliage de 5 à 6 pour ioo de chrome avec 0,75 à 1 pour 100 de silicium et o,3 à o,5 pour 100 de carbone. — 20 Alliage à 4 pour 100 de tungstène et 0,4 pour 100 de vanadium. — 3° Alliage à 8 pour 100 de molybdène, o,3 pour 100 de vanadium; 0,6 pour 100 de carbone.
- Abonné 623o-4a83. — i° Wide. Traité de gymnastique médicale suédoise, traduit et exécuté par Bour-carL Paris-Genève, 1898. — a0 Nous n’avons pas donné d’articles récents sur ce sujet. — 3° La question des pellicules a été traitée indirectement, dans les articles suivants : La calvitie et son microbe, 1897. La calvitie, 1901. La chute des cheveux, 1907. Nous nous proposons du reste de revenir sur ce sujet à propos de recherches du D' Sabouraud.
- M. S. D., Croix. — Pour faire analyser les huiles, s’adresser au Laboratoire Ferd. Jean, 17, faubourg Saint-Denis, Paris, s’il s’agit d’essais commerciaux courants, et au Laboratoire du Conservatoire des Arts-et-Métiers, Paris, pour des recherches complètes.
- M. M. H. E., Paris.— i° Nous donnerons prochainement quelques recettes de ces vernis. — 20 Mélanger au bain-marie votre suif d’une quantité d’huile à graisser telle que vous obteniez la consistance désirée. —3° Employer de la benzine à détacher, additionnée de 5 à io pour 100 d’un des savons de benzine dont nous avons donné la composition en juillet 1909. — 4° D faudrait découper le feutre en morceaux semblables à ceux du papier dont on garnit les globes terrestres par exemple : on appliquerait sur couche fraîche de colle forte chaude et laisserait sécher en serrant à l’aide d’un tissu noué autour de la boule. — 5° Pour coller la toile d’amiante sur tôle, employer simplement le silicate de soude en solution concentrée du commerce.
- M. De Trommelin, à Lehon. — Vous trouverez plusieurs bonnes recettes de pâtes à polycopier dans le tome I des Petites Recettes de Tissandier (Masson édit.).
- U. C. J. C., Viucennes. — Pour refroidir l’air par détente, il y a deux moyens, détente brusque sans travail de l’air, c’est le principe de la machine à air liquide de Linde, ou bien détendre l’air en utilisant sa force élastique pour pousser un piston, c’est-à-dire pour produire un travail extérieur, c’est le principe de la machine à air liquide de M. Claude. En théorie, cette seconde méthode paraît la plus avantageuse. Vous trouverez toutes explications à cet égard dans l’ouvrage Y Air liquide, par G. Claude, publié chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- 1*0
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les Pygmées de l’Afrique équatoriale : Dr R. Verneau. — Le maté : A. C. — La dissémination des germes dans l’Univers selon Arrhénius : Paul Becquerel. — Comment s’alimente un haut fourneau moderne : HAuts fourneaux de Fumel (Lot-et-Garonne) : L Durupt. — Curieux effets de la foudre, --r- Le Musée de la parole . J. Delsaux. — Les tramways où l’on paie eu entrant : Jacquin. — Chronique. — Cible enregistriee électrique : H. M.
- Supplément. — Sur le volume de l’émanation du radium. — Action des sels de lithium sur les plantes. — Recherches sur la carbonisation du bois.. — La digestion des pentosanes. — L’aviation au Pôle. — Pour l’entretien des lampes électriques. — La caféine et l’acide urique, etc.
- Le traitement scientifique pratique de la tuberculose pulmonaire. Conférences faites à l’hôpital Necker, par Louis Rénon. i vol. in-8° de VIII-325 p. Masson et Cio, éditeurs. Paris, 1911. Prix : 4 francs.
- Peut-on guérir, à coup sûr, les tuberculeux? Non, répond très franchement le Dr Rénon, un spécialiste de la question. Mais on les guérit souvent ; par des soins minutieux, intelligents et de tous les instants. Constatations rassurantes : grâce aux progrès de la
- science, on en guérit plus aujourd’hui qu’hier. La tuberculose est l’œuvre d’un bacille qui attaque notre organisme de trois façons : par les poisons adhérents à son enveloppe, par les poisons solubles qu’il crée, et par lui-même. La médication pour être toujours efficace, devrait pouvoir s’attaquer de front à ces trois ennemis et immuniser d’un seul coup notre corps contre eux. La science n’en est pas encore là ; son effort n’a guère porté jusqu’ici que sur les poisons solubles ; les résultats ont été souvent heureux, et de ce fait il y a progrès appréciable. M. Rénon expose avec détail les diverses méthodes nouvelles créées dans cette voie. Il indique aussi comment dans tous les cas doit être conduit, pratiquement, le traitement du tuberculeux. C’est un combat pied à pied contre la mort, et le récit, tel que nous le donne M. Rénon, en est, par endroit, puissamment dramatique.
- Notes et croquis d’Orient et d’Extrême-Orient, par le Dr A. E. Le Plat. Paris. Moreau frères, 159, boulevard Saint-Germain. 1 vol. in-8°, 224 photographies. Prix : 25 francs.
- L’ouvrage du Dr Le Play qui date déjà de quelques mois, a été un peu, semble-t-il, l’initiateur de cette
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- BIBLIOGRAPHIE
- série de volumes récemment parus où des médecins nous ont conté leurs impressions de voyagé autour du monde. Malgré la modestie de son titre, c’est lui-même un récit de voyage autour du monde, l’auteur insistant surtout, il est vrai, sur ce qui concerne l’Egypte, les Indes, Ceylan, l’Indo-Ghine, le Japon. En plusieurs cas, l’auteur a pu s’écarter de l’itinéraire classique des touristes, et il apporte de ce fait
- des renseignements de visu qui sont pleins d’intérêt. Là même où il est passé après d’autres, il se distingue souvent de ses prédécesseurs par la netteté de l'observation et la sûreté de ses notes. Une illustration photographique, toujours de première main et très soignée, accentue encore la valeur de ce précieux ouvrage, qui est une revue rapide mais clairvoyante des diverses civilisations importantes de l’heure.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- osst
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 avril 1910. 4°,2 N. N. W. 2. Couvert. 0,4 Très nuageux; petite pluie le malin et l’après-inidi.
- Mardi 11 . i°,3 N. E. 3 Beau. )) Gelée blanche; brume; quelques nuages
- Mercredi 12 3°,6 N. n; e. 2. Beau. » Gelée Blanche; brume; peu nuageux de 17 à 21 h.; halo à 17 h.
- Jeudi 13 ...... . 5°,1 N. 5 Très nuageux. » Gelée Blanche; nuageux.
- Vendredi 14 2°,3 N. 2. B au. » Gelée blanche; beau.
- Samedi 15 o°,0 S: 0. Beau. » Gelée blanche; beau; Bruine.
- Dimanche 16 7°,0 S. 0. Beau. » Gelée blanche ; Beau : brume.
- Lundi 17 7“.0 ' S. S. E. 1. Beau. » Peu nuageux ; gelée Blanche ; halo ; brume le malin.
- Mardi 18 9°.0 S. 2. Nuageux. 0,5 Nuageux ; rosée ; pluie commence à 23 h 50.
- Mercredi 19 10°,6 S. S. W. 4. Couvert. 1,8 Très nuageux ; qq. averses avec qq. grains de grêle à 16 h. 10 m.
- Jfvnrli 90 6°,1 S. S. W. 2. Beau. » Nuageux; gelée blanche ; gouttes à 13 h. 05.
- Vendredi 21 . . . . . 7°;s S. S. E. 1. Beau. Û Beau ; gelée blanche ; faible brume le matin
- Samedi 22 10°,0 S. s. w. 0. Peu nuageux. » Peu nuageux: gelée blanche; halo; brume le matin.
- Dimanche 23. . . . . 10°,4 N. N. E. 0. Beau. >1 Bosée ; brume ; halo ; peu nuageux le matin, nuageux le soir.
- AVRIL 1911. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 AVRIL 1911.
- t"t i i T ^ .
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, là direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe-plus mince, thermomètre à l'abri à boule s'-che; courbe en pointillé, thermomètre A l'abri à boule mouillée.
- Du 17 au aa 'avril. — Le 17. Pression basse sur l’O. et le N. : Scandinavie, N. de la Russie, 739; Islande, Pluies et neiges sur la Scandinavie et les Iles-Britanniques. Temp. du matin : Haparanda, — 20; Paris, 7; Alger, i4; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i2°,i (normale 90,7). — Le 18. Baisse sur l’O. : La Corogne, 753; Ouessant, 752; fortes pressions sur l’E. Pluies sur la Scandinavie et l’Italie. Temp. du matin : Uleaborg,
- __30; paris, 9; Alger, i5; Puy de Dôme, 7; moyenne à
- Paris : i5Lu (normale : 9°,8). — Le 19. Profonde dépression sur l’Irlande et la mer du Nord : Valentia, 731; Brest, y5o. Pluies sur l’O. et le S.; en France : Limoges, 9 Bordeaux, 3; Cherbourg, 2; Brest, Char-leville, 1. Temp. du matin : Uleaborg, ~~4°: Paris, u; Alger, 19 Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : ii°,7 (normale : io°). — Le 20. Dépression sur les Feroé : 733; pression supérieure à 770 sur la péninsule Ibé-
- rique et la Finlande. Pluies sur l’O.; en France : Lyon, 29; Marseille, 28; Cette, 16; Biarritz, 9; Belfort, 6; Nantes, 2. Temp. du matin : Uleaborg, —3°; Paris, 6; Alger, 18; Puy de Dôme, —3; moyenne à Paris : 9°,5 (normale : io°,i). — Le ai. Aire de forte pression du S.-O. au N.-E. : O. de la France, N. de la Russie, 778; Seydisfjord, 749. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : cap Sicié, 3 ; Bordeaux, 2 ; Biarritz, Lyon, Belfort., i. Temp. du matin : Arkhangel, — Ie); Paris, 8; Alger, 14 ; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : ii°,i (normale : io°,2). —' Le 22. Pression générale élevée : N. de la France : Pays-Bas, Allemagne, Russie, 776; îles Feroé, 749. Pluies sur le N. Temp. du matin : Uleaborg, 20; Paris, 10; Alger, 16; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : 140 (normale : io°,4).— Phases de la Lune : Dernier Quartier le 21, à 6 h. 45 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (Y7eJ
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec ies éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d'origine.
- N° 1980 — 6 MAI 1911
- SUPPLÉMENT
- 1*0
- INFORMATIONS
- C0>
- Sur la fusion du carbone dans l’arc électrique. —
- Les charbons d’un arc électrique mal réglé et « chantant » se couvrent d’incrustations qui semblent produites par l’accumulation de gouttelettes de carbone fondu transportées dans l’arc et soudées au charbon. Ce carbone fondu, se déposant sur une électrode portée au rouge blanc, prend la forme de graphite. Un chimiste italien, M. La Rosa, a pensé que la graphitisation n’aurait pas lieu si le carbone fondu était brusquement refroidi et qu’il pourrait alors prendre la forme de diamant. On a réalisé l’expérience en soumettant une petite quantité de chai bon de sucre pur à l’action d’étincelles puissantes provenant d’une batterie de 72 bouteilles de Leyde réunies en surface et chargées par une bobine d’induction de 80 cm d’étincelle, excitée au moyen d’un interrupteur de Wehnelt par un courant de 40 ampères. On a retiré, de cette masse, des particules cristallines, transparentes, d’une densité supérieure à 3,2, qui semblent former des tétraèdres à faces courbes, rayant le rubis, et répondant par conséquent à un certain nombre des propriétés du diamant. Il y a peut-être là des indications pour un nouveau mode de formation de cet élément, si difficile à reproduire.
- Téléphones hauts-parleurs installés dans les rues à l’usage du public — Des téléphones hauts-parleurs, nous apprend la Zeitschrift für Schwachstromtechnik, citée par Y Électricien viennent d’être installés pour la première fois en Allemagne, et cela dans les rues des faubourgs de Kiel, afin de signaler les incendies et les accidents. Ces appareils sont installés dans de solides caisses en fer, s’ouvrant facilement. La seule ouverture de la porte de la caisse avise le poste des pompiers que quelqu’un désix'e faire une communication. Les paroles échangées sont toujours parfaitement intelligibles, même lorsque la voie publique est le siège des bruits les plus intenses. Les nouveaux appareils offrent cet avantage que la personne en faisant usage peut immédiatement effectuer la communication désirée et signaler l’endroit où la présence des pompiers est nécessaire. Par suite, ces derniers n’oht pas à se rendre d’abord au point d’où l’appel est parti, mais bien sur le théâtre même de l’accident ou du sinistre.
- L’énergie hydraulique du Canada. — Le Times Engineering Supplément constate, d’après une statistique officielle, que l’énergie hydraulique disponible au Canada représente plus de a5 millions de chevaux. La province la plus favorisée sous ce rapport est celle de Québec qui possède plus de 17 millions de chevaux, dont elle utilise seulement 5o 000 pour le moment. Ensuite vient la province d’Ontario avec environ 3 millions de chevaux disponibles et seulement 33oooo présentement utilisés.
- I1 Le moteur Diesel dans la marine. — Nous avons à maintes reprises signalé le rôle important que le moteur Diesel est appelé à jouer dans la marine. Selon une déclaration de Diesel, il-existe actuellement 2ijo vais-
- seaux équipés avec des moteurs Diesel ou sur le point de l’être.
- Charbonnage en haute mer. — Le réapprovisionnement en charbon d’une escadre au large est un problème qui préoccupe depuis longtemps la marine, et qui n’a jamais été solutionné d’une façon satisfaisante. On a proposé plusieurs systèmes de va-et-vient par câbles attachés dans la mâture, entre le navire de guerre et le charbonnier. Mais il est impossible à deux vaisseaux rangés parallèlement de conserver leur distance, même
- L’amarrage des sacs de charbon,
- par un calme plat, et, à plus forte raison, quand la mer est agitée. Les câbles de transport décrivent alors une courbe plus ou moins accentuée, et le chargement ne s’opère plus qu’avec lenteur, outre que les sacs de charbon arrivent forcément à tremper dans l’eau. Par les gros temps, de graves collisions sont à redouter.
- Disposition du navire et du bateau charbonnier pour le transbordement du charbon.
- Un officier de la marine américaine, M. André Johan, a fait breveter un procédé qui apporte au problème une solution aussi simple qu’ingénieuse. Il place les deux navires sur la même ligue, le charbonnier prenant le navire de guerre en remorque, disposition qui leur
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- INFORMATIONS
- permet de conserver leur distance sans faire escale. Quatre câbles sans fin sont installés entre les deux navires; un dispositif (qui forme l’objet du brevet), établi à bord du charbonnier, assure à ces câbles une rigidité constante, même lorsque les mouvements de la mer relâchent le lien de remorque. Les sacs y sont suspendus à l’aide de crampons formant pince, et qui les empêchent de se déplacer le long du câble ou de tomber. Le décrochage s’opère instantanément à bord du navire destinataire, car il suffit, comme le montre une de nos figures, d’exercer une traction sur une cheville prise dans un nœud de la corde de suspension pour détacher le sac. L’invention n’existe encore qu’à l’état de modèle, bien qu’une commission d’officiers américains en ait recommandé l’adoption. M. Johan a exécuté avec son modèle de nombreux essais qui prouvent que la capacité de transport de son système serait de 25oo à 3ooo tonnes par minute. Il n’est pas inutile d’ajouter qu’il s’est déjà fait connaître par plusieurs inventions adoptées depuis longtemps par la marine américaine.
- L’ascension de MM. Bienaimé et Senouques. —
- On n’a pas oublié la belle ascension effectuée le 9 avril 1911 par MM. Bienaimé et Senouques. M. de la Baume-Pluvinel vient de présenter à la Commission scientifique de F Aéro-Club de France son rapport sur cet exploit. Il a calculé exactement la hauteur maxima atteinte par le ballon : en effectuant les corrections théoriques nécessaires qui tiennent compte de la pression minima enregistrée par le baromètre du ballon, dé la pression atmosphérique au niveau du sol, de la température au niveau du sol et de la température minima subie par le ballon, il a trouvé pour la hauteur atteinte le chiffre de 9488,20 m.
- Concours Lépine. — Le ii° Concours Lépine organisé par l’Association des petits fabricants et inventeurs français aura lieu cette année du i5 septembre au i5 octobre, Caserne du Prince-Eugène, place de la République. Pour tous renseignements, s’adresser au siège de l’Association, 145, rue du Temple, Paris.
- L’écriture indienne. — M. J. Knowbs a fait récemment à Londres une curieuse conférence sur l’écriture indienne. Aux Indes, comme au Japon, comme en Chine, la complication et la multiplicité des alphabets, la difficulté de transcrire graphiquement la parole sont une entrave considérable à la civilisation. Les Japonais cherchent en ce moment à s’en débarrasser, non seulement en adoptant l’anglais comme « langue seconde » mais encore en cherchant à vulgariser un système de transcription phonétique très simple appelé « romaji ». Il est intéressant de noter qu’un mouvement similaire se fait jour dans l’immense empire des Indes, parallèlement à une propagande en faveur d’un compromis qui consisterait à adopter un alphabet unique pour tous les dialectes hindous. Les alphabets qui sont ou ont été en usage aux Indes sont au nombre de 5o, c’est-à-dire plus que pour toutes les autres langues du monde, anciennes et modernes ensemble, et il faudrait, d’après M. Knowbs, plus de 20000 caractères pour représenter complètement tous ces systèmes graphiques. Il est hors de doute que ce fait est pour une part dans l’analphabétisme constaté aux Indes. D’après M. Knowbs, trois alphabets seulement pourraient servir de base à une écriture nationale indienne : l’arabe ou persan, la nagarî (forme moderne du sanscrit) et l’alphabet anglo-roman. Celui-ci conviendrait le mieux, puisqu’il pourrait servir en même temps d’introduction à l’étude des langues indo-européennes. Le sanscrit et les langues latines sont dérivées d’une source commune et leurs alphabets peuvent donner une espèce de commune mesure. Il n’y a pas à se dissimuler cependant que la représentation des langues indiennes par l’alphabet romain ne pourrait se faire sans l’adoption de signes diacritiques (lettres accentuées ou signes spéciaux) qui offrent de nombreuses difficultés dans l’écriture et surtout dans l’impression. Remarquons que les langues les plus évoluées, les plus internationales comme ie français et surtout l’anglais renferment un minimutri de signes diacritiques (c’est pour cela qu’une langue internationale comme l’espéranto, où ces signes sont nombreux, est condamnée d’avance sous cette forme), c’est pourquoi le « romaji » hindou devra être aussi simple que possible et renfermer par exemple des signes latins « retournés ». La réforme devrait être faite progressivement et, selon la remarque de sir James
- Wilson, si l’on imprimait les livres employés dans les écoles dans les deux systèmes, en donnant aux élèves la liberté du choix, il n’y a pas de doute qu’ils, préférer raient la transcription nouvelle et que celle-ci s’imposerait bientôt. D’autre part, on pourrait conserver l’étude du nagari comme langue classique, de la même façon que les élèves européens étudient l’alphabet grec. M. Knowbs a émis le vœu que le gouvernement anglais nommât une commission chargée d’examiner et défaire un rapport sur cette importante question, dont la solution aurait une grande influence sur l’instruction publique dans l'empire indien.
- Le croisement du zébu et de la vache. — Nous recevons d’un de nos lecteurs, M. Georges Noville, à Villarica (Paraguay), la lettre suivante, à propos dè l’article que nous avons publié dans notre n° 1964, 14 janvier 1911. « Je me permets de vous faire remarquer que ce croisement est connu et pratiqué depuis de nombreuses années au Brésil. Le type des animaux est semblable à celui que donne votre illustration. Les métis zébus sont des animaux remarquables par leur rusticité et leur endurance, peu attaqués des parasites, insensibles à la « garrapats », insecte parasite qui propage diverses maladies du bétail. On leur reproche leur peu de docilité, la saveur peu agréable de leur viande, et on trouve qu’ils manquent d’ampleur. Ils n’ont pas eu de succès dans la République Argentine, parce que là, le climat plus tempéré, et, dans beaucoup de parties l’absence de parasites, permettent l’élevage des races européennes, Durham, Hollandaise, etc., qui ont donné jusqu’à présent de bien meilleurs résultats comme poids, qualité de viande, et lait. Je crois qu’en Europe ils seront plutôt une curiosité qu’un produit d’exploitation courant. Mais ils sont appelés, je pense, à supplanter dans les pays chauds le bétail d’origine purement européenne, car ils vivent et se portent bien dans des pâtu1 rages et sous des climats où les Durhams et autres s’étiolent et meurent. »
- La valeur des noyaux de dattes. — Un de nos lecteurs, M J. de la Gardelle, a l’obligeance de nous signaler les bons résultats obtenus dans le Sud Tunisien par les indigènes qui nourrissent partiellement chameaux et mulets avec la farine des noyaux de dattes. Le fait est d’autant plus intéressant que le produit est ordinairement considéré comme un résidu sans valeur. Aussi l’échantillon envoyé par notre correspondant fut-il analysé au Laboratoire de La Nature-, les noyaux de dattes de la variété essayée étaient composés de :
- Matières amylacées ........ 19,0
- Sucre. .............................. 5,1
- Glucose......................... 0,4
- Matières albuminoïdes. ...... 9,9
- Matières grasses et résineuses ... 2,0
- Cellulose et divers . . . . . . . . 4lo
- Eau.............................. 18,0
- Cendres......................... 4.6
- 100
- On se trouve donc bien en présence d’un fourrage de réelle valeur; c’est ce que permettra d’apprécier la comparaison des éléments utiles contenus dans la farine de noyaux de dattes et quelques autres fourrages très
- employés :
- Noyaux Paille Grains Tourteaux de dattes, de blé. d'avoine, de lin. Matières azotées . . . . 9,9 0,8 8,6 24,7
- Matières hydrocarbonées. 24,5 35,6 44,7 29,8
- Matières grasses....... ' 2 0,4 .4,3 9,6
- Il importe toutefois de remarquer que les noyaux de dattes sont constitués par une matière cornée extrêmement dure qu’il est très difficile de réduire en farine. Nul doute cependant que les puissants moyens de broyage dont dispose l’industrie moderne ne parviennent à vaincre toutes difficultés. D’ailleurs, d’après les renseignements de notre correspondant, le chameau pourrait très bien broyer le produit avec ses dents,’ et le mulet ferait de même quand on prend là précaution de le lui donner après trempage dans l’eau.
- Nous serions heureux d’avoir attiré l’attention sur la possibilité de l’utilisation comme fourrage des noyaux de dattes. Aux prix actuels du produit, même grevé de frais de broyage et de transport, son emploi serait plus avantageux que celui de la plupart des pailles, grains et tourteaux.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme
- A la demande de beaucoup de nos lecteurs, nous commençons ici une série d'articles pratiques sur l’automobilisme. Nous y donnerons successivement l'explication du fonctionnement des organes essentiels de la voilure; nous y indiquerons en même temps les règles à suivre, les précautions à observer pour assurer, en tout temps, de la façon la plus rationnelle possible, la marche régulière et sûre de la machine et en obtenir le meilleur rendement.
- Généralités sur le moteur à explosion à quatre temps. — S’il est vrai que le moteur à 4 temps est en général superficiellement connu de presque tous, il n’en reste pas moins utile et intéressant de l’étudier de plus près pour savoir l’apprécier ou l'améliorer.
- Les quatre temps du moteur sont obtenus par le va-et-vient d’un piston dans un cylindre muni de deux soupapes.
- i°r Temps : Aspiration. — Le piston en s’éloignant du fond du cylindre aspire derrière lui par l’ouverture de la soupape d’aspiration, le mélange gazeux combustible.
- a6 Temps : Compression. — Le piston, en revenant vers le fond du cylindre dont les’deux soupapes sont fermées, comprime le mélange gazeux dans un espace réservé à dessein, appelé culasse ou chambre d’explosion.
- .3° Temps : Explosion, Détente. — A fond de course, le mélange gazeux est ènflammé par un dispositif spécial, sa pression augmente considérablement, et le piston est repoussé, en même temps que les gaz brûlés et chauds se détendent.
- 4e Temps : Echappement. — La soupape d’échappement est ouverte, et le piston refoule devant lui, en revenant vers le fond du cylindre, les gaz brûlés qui s’échappent au dehors.
- Il y a ainsi deux courses aller et retour du piston, qui comprennent un temps moteur et trois temps résistants.
- Il résulte de l’examen de ces quatre temps, que pour augmenter l’effet utile d’un pareil moteur, il faut s’attacher non seulement à améliorer la valeur du temps moteur, mais encore à diminuer dans la plus large mesure possible, le travail absorbé dans les trois temps résistants.
- Comment peut-on agir pour obtenir un tel résultat ?
- Ier Temps : Aspiration. — L’influence négative de ce temps se fait sentir de deux manières : d’une part, il se produit un effort de retenue dû à la dépression que crée le piston derrière lui en aspirant le mélange gazeux ; d’autre part, la perfection plus ou moins grande de l’aspiration fait varier considérablement la valeur quantitative de la cylindrée explosive, et par suite l’énergie même du temps moteur.
- L’effort de retenue dû à la dépression n’est pas très important, mais il est loin d’être négligeable ainsi qu’on peut le voir par l’exemple suivant : si on suppose dans un moteur de 100 mm d’alésage, 140 mm de course, qu’il se produise, à l’allure de 1200 tours à la minute, une dépression moyenne à l’aspiration de deux dixièmes d’atmosphère, il en résultera sur le piston un effort de retenue de i5 kg pendant un temps sur quatre, ce qui équivaudra à un travail négatif de près d’un tiers de cheval. Comme un tel moteur développerait dans ces conditions environ 8 chevaux, c’est une perte de 5 pour 100 qu’il faudrait enregistrer.
- Pour la diminuer, il suffit de faciliter par tous les moyens la marche des gaz ; on y arrive : en adoptant une tuyauterie convenable, large, courte, sans coudes brusques ; avec un carburateur sans chicanes, facilement perméable à l’air; avec des soupapes très grandes possédant une levée suffisante et un fond de cylindre d’accès facile aux gaz.
- Grâce à ces précautions, nous aurons facilité beaucoup l’aspiration et réduit au minimum possible l’effort de retenue; mais, malgré tout, il subsistera une dépression due aux frottements des gaz contre les parois de toute la canalisation, et dont l’importance croîtra forcément avec la vitesse du moteur. Il est facile de se rendre compte de l’importance de ces frottements, si on observe
- qu’avec les dimensions relatives’habituelles des cylindres et de leurs tuyaux d’aspiration, à l’allure de 1200 tours, les gaz doivent circuler dans la tuyauterie d’admission, à une vitesse de 5o à 60 m. par seconde, ce qui dépasse celle du vent dans les cyclones les plus violents.
- Il reste à corriger, autant que possible, l’influence néfaste de cette dépression inévitable sur la valeur delà cylindrée explosive. On y arrive en choisissant judicieusement le moment où il faudra fermer la soupape d’aspiration. Lorsque le piston s’éloigne du fond du cylindre, il aspire à très grande vitesse derrière lui les gaz combustibles; mais, en raison même de cette vitesse et des frottements dont nous venons de parler, ces gaz n’arrivent pas à suivre assez vite, et lorsque le piston est arrivé à fond de course, la dépression n’est pas entièrement comblée. Comme d’autre part, aux environs du point mort, le piston a un déplacement assez faible, pendant que le bouton de manivelle décrit un arc de plusieurs degrés, il est évident qu’il y a un grand intérêt à laisser la soupape ouverte après le point mort. Cette manière de faire, permet, en outre de profiter de l’élan considérable qu’a la masse gazeuse, afin d’utiliser le coup de bélier qui en résulte pour faire le plein. Il est
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- Graphique relevé sur un moteur 4 cylindres et montrant l’influence du retard à la fermeture de la soupape d’aspiration,
- évident que le retard à la fermeture de la soupape d'aspiration devra être d’autant plus faible que le moteur sera à régime plus lent. Ce retard, si on l’évalue en degrés mesurés par exemple sur le volant, varie suivant les constructeurs de 8 à 4o degrés et peut dépasser ce chiffre pour des moteurs à très grande vitesse.
- Le graphique ci-contre relevé par l’A. C. F., sur un moteur quatre cylindres de 100 mm d’alésage, »4o mm de course, montre l’influence du retard à la fermeture de la soupape d’aspiration sur la puissance du moteur. Les retards sont indiqués en millimètres de remontée de piston. Pour ce moteur, c’est un retard de 3o mm ^environ 6o°) qui donne aux allures courantes le plus de puissance : 35 chevaux à 1400 tours au lieu de 24 si on ferme au point mort. On peut en outre remarquer, que même pour un retard de 60 mm (environ 900), c’est-à-dire une remontée de piston de près de la moitié de la course, le moteur produit une puissance supérieuré à ce qu’il donnerait avec la fermeture au point mort. Cette constatation fait ressortir, avec éloquence, l’importance du coup de bélier dont nous avons parlé.
- a6 Temps : Compression. — On ne peut évidemment atténuer en rien l’influence résistante de ce temps, mais il faut s’attacher seulement à ce que, pendant sa durée, la masse gazeuse ne subisse aucune perte. On-ÿ arrive avec des joims de bougie bien faits, des soupapes étanches, des segments de piston intacts et bien ajustés. Nous reviendrons ultérieurement sur le rodage des sou-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- papes et l’ajuslage ou le remplacement des segments.
- 38 Temps : Explosion. Détente. — On améliore le temps moteur, non seulement en augmentant, par un réglage de soupapes convenable, l’importance de la masse gazeuse introduite, mais encore en lui donnant, au moyen d’un bon carburateur, la composition optima, et en l’enflammant au moment le plus convenable grâce à un dispositif sûr. Ces points seront traités à part.
- Il faut en outre chercher à transformer en travail la plus grande quantité de chaleur possible en diminuant les pertes de chaleur par la paroi. On réduit ces pertes en adoptant une chambre ' d’explosions hémisphérique (la surface est minimum pour un volume donné), en réduisant au minimum la dimension des chambres aux soupapes (la soupape dans la paroi même est l’idéal), et en diminuant la durée du contact des gaz avec la paroi, par une grande vitesse de régime, et une détente rapide et importante. Le moteur Gobron, dans lequel deux pistons s’éloignent l’un de l’autre dans un même cylindre, permet pour une même compression et une même course, d’obtenir une détente deux fois plus longue et rapide que les moteurs à un seul piston par cylindre. C’est également pour diminuer l’importance de la paroi, qu’il faut préférer dans les moteurs courants le piston à fond plat.
- 4° Temps : Echappement. — Le temps d’échappement est celui qui peut avoir l’influence résistante la plus néfaste sur le rendement. La détente des gaz ne pouvant être assez complète et leur température finale restant très élevée, il existe encore sur le piston une pression considérable lorsqu’il arrive à fond de course.
- Pour supprimer autant que possible la contrepres-sion, on ouvre la soupape d’échappement avant la fin du 3e temps, au moment où la bielle se rapproche assez de r axe du piston, pour que la composante tangentielle qu’elle développe sur le bouton de manivelle, devienne presque nulle. Grâce à cette perte légère de force motrice consentie, on évite, au commencement de la période d’échappement, une contrepression nuisible considérable.
- En pratique, on ouvre la soupape d’échappement avec une avance de 20 à 5o° suivant les constructeurs. Quant à la fermeture, elle se fait en général très légèrement après le point mort avec un faible retard de 5 à io°, qui permet de profiter de ce que le piston est presque immobile aux environs de ce point, pour compléter l’expulsion des gaz brûlés.
- En outre, pour faciliter l’échappement, il faut : des soupapes larges à grande levée ; une tuyauterie large, aussi courte que possible, exposée à l’air froid pour diminuer le volume des gaz en les refroidissant; et adopter un silencieux ou pot d’échappement aussi simple que possible.
- Lorsque l’échappement se produit facilement, on diminue la contrepression, on empêche le moteur de chauffer, ce qui aurait une répercussion sur la densité de la cylindrée explosive (les gaz aspirés au contact des parois chaudes s’échauffent, se dilatent et remplissent le cylindre avec un poids moindre), et on réduit en outre l’importance des résidus gazeux pour le cycle suivant. Cap i taine D.
- Objets utiles
- Le « Polivite », appareil à nettoyer les couteaux.
- — Le nettoyage des couteaux est certainement une opé-tion des plus fastidieuses pour les cuisinières et pour , laquelle les maîtresses de maisons ne peuvent cependant tolérer aucune négligence.
- Sans doute il existe des appareils rotatifs perfectionnés pour effectuer ce travail. Certains même, pour les grandes installations, hôtels, restaurants, etc., sont mûs mécaniquement. Mais ils coûtent en général assez cher et ne sont, par conséquent, pas à la portée de toutes les bourses. :
- La « Polivite » arrive donc bien à propos. C’est un petit et coquet appareil qui permet un nettoyage rapide, facile et parfait des couteaux II se compose de 3 fortes plaques métalliques, élégamment découpées, dont les deux extrêmes sont réunies par 4 tiges rivées; la troisième prise entre les deux autres peut glisser entre elles sur les quatre tiges.
- Entre la plaque supérieure et celle du milieu se trouvent deux morceaux de cuir de buffle découpés selon le même profil que les plaques. Un ressort, rivé sur la plaque du milieu et prenant point d’appui sur la plaque du dessous, presse fortement sur la plaque médiane qui comprime les deux feuilles de buffle.
- La plaque métallique et la feuille de buffle supérieures portent en leur centre un trou dans lequel on peut faire introduire soit une poudre à polir spéciale, soit de la brique anglaise polie.
- Le mode d’emploi du « Polivite » n’est pas compliqué.
- Il suffit d’introduire la lame du couteau entre les feuilles de buffle et de communiquer un mouvement de va-et-vient, On doit imprimer à la lame une légère torsion pour bien polir les parties amincies de la lame sur le bord du tranchant.
- Avec les appareils à polir usuels, il faut appuyer énergiquement la lame du couteau sur le cuir à repasser, ce qui est fatigant et risque de tordre les lames de médiocre qualité. Daus le « Polivite » c’est au ressort qu’incombe ce soin. — Le <c Polivite » est fabriqué par M. H. Melcher, 62, rue d’Allemagne, à Paris.
- Moulin à sel « Le commodor ». — Le sel fin employé sur nos tables a perdu, par les opérations de la raffinerie, une partie de ses propriétés; les iodures et autres sels accessoires ne sont plus en aussi grande proportion et, par suite, il n’a plus les mêmes propriétés hygiéniques, il est moins agréable au goût, il sale moins. C’est pourquoi, dans la cuisine, on emploie toujours le sel gris, ou gros sel. C’est celui-ci qu’il serait bien préférable de mettre sur nos tables, et, si on ne le fait pas, c’est que ses cristaux sont trop inégaux et qu’il y en a de trop gros. Cependant, parfois, on l’écrase pour le mettre’dans les salières et ôn arrive tant bien que mal à réduire ses cristaux en les pilant dans un mortierou en roulant dessus une bouteille.
- M. A. Cronier pour faciliter l’opération, a imaginé un moulin de forme particulière très étudiée, représenté ci-contre, qui donne en quelques instants un grain fin permettant .d’utiliser le gros sel, comme du sel blanc ordinaire, pour la table.
- On peut d’ailleurs varier la grosseur du grain en agissant sur un écrou placé au bas de l’axe qui maintient le noyau.
- Le moulin est en bois dur et agit par la pression, le frottement et le coinçage. On peut tourner la manivelle dans un sens ou dans l’autre, le mouvement est très doux et ne demande aucun effort ; cela tient à ce que le noyau est lisse et ne porte aucune canelure non plus que le corps de l’appareil. Le profil de l’un et de l’autre a été calculé de façon à ce qu’ils laissent entre eux un espace angulaire dans lequel les substances à broyer sont entraînées par la rotation du noyau, se désagrègent et finissent par arriver, sous forme de poudre, dans le socle de l’appareil qui forme boîte montée à baïonnette. Ce moulin peut servir aussi à broyer des substances de dureté moyenne telles que le plâtre, le ciment et certains produits chimiques. Il se fait à cet effet en diverses dimensions. — L’appareil se trouve chez M. A. Cronier, 12, avenue d’Orléans, Paris.
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- S5D
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- VARIETES
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- L’huile de tabac. — Il est à souhaiter que l’on produise, en France, plus de tabac, car cette culture serait une grande source de richesse pour l’agriculture nationale. Si l’on considère que, depuis quarante ans, on paie à l’étranger, chaque année, pour 26 millions de francs de tabacs, en moyenne, on voit que notre pays aurait intérêt à profiter des avantages d’une culture sinon entièrement libre, du moins plus étendue, car le tabac n’est cultivé que dans 27 départements. Les surfaces les plus considérables consacrées à cette culture se trouvent dans la Dordogne (3412 hectares), le Lot-et-Garonne (3429 hectares) le Lot (2073 hectares), l’Isère (1775 hectares), la Gironde (i548 hectares), la Corse (iioo hectares); viennent ensuite : le Pas-de-Calais (880 hectares), l’Ille-et-Vilaine (5gi hectares), la Savoie (5g3 hectares), la Haute-Saône (437 hectares), le Nord (4'iî hectares), la Haute-Savoie (136 hectares). Les quinze autres départements cultivent cette plante sur des surfaces variant de 2 à 264 hectares.
- Cette statistique nous montre que, dans son ensemble, la production du tabac, en France, n’est pas le dixième de ce qu’elle pourrait être et, récemment, l’exemple donné par l’Angleterre, avec ses colonies, et les Etats-Unis, a appelé l’attention sur les ressources qu’offre le tabac comme plante in lustrielle, en dehors de son utilisation comme tabac à fumer ou comme insecticide.
- Des économistes bien intentionnés ont rappelé la découverte qui fut faite par un Anglais, vers 1848, concernant un emploi peu connu du tabac. Il constata que la
- graine de tabac contient environ i5 pour 100 d’une huile de qualité supérieure et de facile extraction, laquelle huile, à cause de ses propriétés siccatives, peut être fort utile pour la peinture et la fabrication des vernis. Le Farmer s Magazine indique, dans un de ses derniers numéros, le mode d’extraction. On réduit d’abord la graine en poudre, on en fait une pâte assez épaisse, avec une quantité suffisante d’eau chaude, ensuite on soumet le tout à Faction d’une forte presse. L’huile ainsi obtenue est exposée à une chaleur modérée pour coaguler l’albumine végétale de la graine, qui forme avec toutes les impuretés un coagulum, au fond du vase.
- L’huile, parfaitement claire et limpide, surnage; quoique très limpide, elle est plus siccative qu’aucune autre huile couramment employée, et cette propriété peut la rendre très précieuse pour l’industrie de fabrication des peintures et des vernis. On peut prévoir, pour l’huile de graine de tabac, un débouché rémunérateur et, en quelque sorte, illimité; dans l’industrie précitée, débouché qui augmenterait d’autant l’intérêt cultural de cette plante. '
- Les dispositions qui se manifestent, en Amérique, à l’égard de la production de l’huile de tabac, doivent retenir l’attention des producteurs français d’huiles industrielles qui, un jour ou l’autre, pourraient voir l’huile de graine de tabac d’Amérique concurrencer les produits habituellement employés dans la fabrication des peintures et des vernis. Henri Blin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les bois dangereux à manier. — Un grand nombre de bois provoquent, dit M. Grossmann, dans le Journal de pharmacie et de chimie, quand on les travaille, des troubles plus ou moins graves chez les ouvriers.
- On peut attribuer ces accidents à des huiles essentielles, à des alcaloïdes et à des acides organiques (acide oxalique).
- Parmi les espèces indigènes qui fournissent des bois dangereux, on cite le Taxas baccata, le Juniperus Sa-bina, le Cytisus Laburnum, le Rhus typhina, le Rhus Cotinus et le Coriaria myrtifolia ; d’ailleurs, ces bois ne sont employés qu’en petits morceaux et peu fréquemment.
- Parmi les bois étrangers, il y en a beaucoup dont le maniement nécessite de grandes précautions, d’autant plus que leur appellation manque souvent de précision
- Le buis provoque un malaise général, qui se traduit par des maux de tête, des nausées, des étouffements et un ralentissement de l’énergie cardiaque.
- Le buis africain est le plus dangereux; toutefois, le buis de l’Inde Orientale et le buis d’Australie s’en distinguent difficilement.
- Parmi les Euphorbiacées, VIJippomane Mancenilla et l’Excoecaria Agallocha sont particulièrement dangereux, à cause de leur latex.
- Les bois de sapin de différentes origines provoquent
- des démangeaisons et des maladies du nez et du pharynx.
- Parmi les bois de rose de l’Inde Orientale, YAmyris balsamifera et le bois de Rhodes du Convolvulus scopa-rius occasionnent des maux de tête, une lassitude générale, de la somnolence et des étouffements.
- Le bois de santal blanc ou jaune, Santalum album, doit être rangé parmi les bois les plus dangereux.
- Il en est de même du Cocobolo, dont l’origine est encore inconnue. Il produit un fort érythème, de l’obstruction des fosses nasales et des éruptions de la peau. On peut voir alors dans les pores épidermiques de petits cristaux cause de cette irritation.
- Les mesures de précaution telles que : enveloppements de la bouche et du nez, frictions de la peau avec de la lanoline ne suffisent pas toujours pour éviter ces accidents.
- Parmi les bois d’ébène, les bois des espèces Maba 11e sont pas sans danger. Il en est de même du bois du muscadier.
- Le bois d’amaranthe dégage un parfum délétère.
- Le bois du Swietenia Mahogoni passe pour inoffensif ; toutefois, on emploie souvent pour le teindre un mordant, à base de bichromate de potassium, dont l’excès provoque des inflammations du nez et des voies respiratoires.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pièces métalliques devenues cassantes pendant le décapage. — On sait que plusieurs métaux peuvent absorber de très notables quantités d’hydrogène quand ce gaz agit à l’état naissant; l’exemple classique du palladium est bien connu. On sait moins que dans certaines conditions le fer peut absorber un volume considérable de gaz, ce qui le rend très cassant. Il arrive que dans les usines de galvanoplastie, les objets sortant des bains acides de décapage, par suite
- de circonstances non encore nettement connues, soient ainsi « imbibées » d’hydrogène. S'il s’agit de pièces assez grosses, le fait peut passer inaperçu ; ;mais, dans certains cas, pour les montures métalliques de parapluie par exemple, la fragilité des pièces ne laisse pas que d’être très gênante. Quand pareil fait se produit en pratique, on a l’habitude pour prévenir son retour de changer les bains de décapage, ce qui est toujours assez coûteux.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nous avons obtenu de bons résultats et réussi à rendre aux pièces fragiles toute leur élasticité en les portant simplement pendant dix minutes environ à la température de 2000 C. Le traitement peut se faire facilement, la plupart des ateliers d’usinage de petites pièces possédant une étuve pour le léchage des modèles, l'émaillage, etc. Il convient de ne pas laisser trop longtemps les pièces à l’étuve, car, sous l’influence de la chaleur, il pourrait y avoir oxydation, d’où nécessité de décaper les pièces à nouveau.
- (Laboratoire de La Nature).
- Imitation de plaques indicatrices en tôle émaillée
- .— M. Gamet rapporte dans Les matières grasses que
- les plaques du Métropolitain de Paris indiquant les stations sont faites avec du carton recouvert d’une couche de peinture sur laquelle on peint ensuite les lettres. Le tout est finalement recouvert d’une couche de collodion qui donne à la plaque l’apparence de l’émail et la protège de la pluie. Le collodion industriel employé à cet usage n est pas le produit classique à base d éther et d alcool, mais un mélange complexe obtenu en acétylisant puis rectifiant les produits de tête des distilleries d alcool de pomme de terre. Le liquide ainsi obtenu est bon marché, ne présente pas une aussi mauvaise odeur que 1 acétone ou l’acétate d’amyle et solubilise facilement 10 pour 100 de son poids de cellulose nitrée.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d an interet général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle, répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Photographies d'aurore boréale. — N° 1977, i5 avril 1911, p. 3i3, lire 3 mars 1910 au lieu de Ier mars dans la légende de la figure 2.
- Renseignements. — L. Vendée:— Le seul moyen d’empecher que le lait et le beurre contractent l’odeur et le goût d’ail, par suite de l’absorption de l’ail sauvage par les vaches dans les pâturages et sur certains terrains où croît cette plante, c’est de détruire radicalement celle ci : on supprime ainsi la cause. Cette destruction, qui doit être faite très soigneusement pour rendre toute nouvelle invasion impossible, comporte la coupe des fleurs de l’ail sauvage, dès qu’elles se montrent, ou mieux encore l’arrachage à la main de tous les pieds, en ayant soin d’extraire de la terre le bulbe avec ses racines. C’est une opération assez longue, entraînant une certaine dépense de main-d’œuvre, mais à laquelle il faut recourir pour obtenir un résultat complet. Au cas où la plante se trouverait en trop grande abondance dans ces terrains, il conviendrait d’y pratiquer des cultures sarclées (pommes de terre, betteraves, carottes, etc.) afin de se débarrasser des caïeux. Dans tous les cas, éviter de faire paître les vaches dans les pâturages infestés d’ail sauvage. Quant à faire disparaître l’odeur et le goût d’ail dans le lait, en raison même de la composition de ce liquide très sujet aux influences extérieures et s’altérant facilement, c’est là une question qui n’a pas encore été pratiquement résolue. Le moyen rationnel pour supprimer l’inco .vénient dont il s’agit, c’est de détruire la plante qui en est la cause déterminante.
- M. A. Elosegui, à Tolosa. — Nous ne voyons aucun remède à cet inconvénient.
- Ij. B., 420. — Pour décomposer l’eau par l’électrolyse il faut d’abord avoir soin de rendre l’eau conductrice par mélange avec une solution de soude ou de potasse par exemple, ou en l’acidulant légèrement; le voltage nécessaire dépend du corps choisi pour rendre l’eau conductrice. Quel que soit le voltage il faut pratiquement 2,9 ampères-heure pour décomposer 1 gramme d’eau. Dans un bain de soude à 210 Baume, il faut, pour que la décomposition soit possible, une tension de 2,45 volts aux bornes du voltamètre. Cela représente 7 watts-heure pour décomposer 1 gramme d’eau.
- M. J. Davignon, à Boulogne. — Le temps dans ses différents aspëcts est sous la dépendance immédiate des tourbillons atmosphériques désignés sous' le nom de minima et de maxima barométriques. Sa prévision scientifique est basée sur la connaissance de leur apparition et de leur évolution. C’est la méthode appliquée dans tons les Instituts météorologiques, la seule à laquelle il convienne raisonnablement d’accorder confiance. Une baisse barométrique indique l’arrivée d’üne dépression, et la position relative de son centre, par rap-
- port à l’observation, est fournie par la règle de Buys-Ballot : tournez le dos au vent et étendez le bras à gauche, les basses pressions se trouvent sensiblement dans cette direction. Une fois ce point établi, les caractères généraux du temps pour une région donnée résultent de l’influence combinée de conditions multiples : situation géographique de la région, conditions antérieures de l’atmosphère, saison, etc.... Exemple : une dépression passe, en hiver, au Nord de la France. Nous serons soumis à des vents de Sud-Ouest, c’est-à-dire à des vents matins. Or, en hiver, la mer est plus chaude que la terre. Conclusion : nous aurons une température douce, un air humide, un ciel couvert et de la pluie. Autre exemple : un centre de dépression se trouve sur la Méditerranée. Nous subirons le régime des vents du Nord-Est. Ceux-ci viennent d’Allemagne et de Russie. Ils arrivent donc à une température basse et peu chargés d’humidité. Conclusion : temps froid sec et beau. Les observations combinées des variations du baromètre et de la direction des nuages, permettront ainsi, le plus souvent, à un observateur isolé, de préjuger les changements probables qui peuvent survenir dans les vingt-quatre heures. L’apparition de cirrus en forme de balafres et à mouvements rapides, de halos ou de couronnes autour du Soleil ou de la Lune, indiquent aussi, souvent même avant toute baisse du baromètre, l’approche du mauvais temps. Si, au lieu d’une aire de basses pressions, on a affaire à une aire de hautes pressions, on pourra compter sur un air calme, de la sécheresse et du beau temps prolongé avec grande chaleur ou froid excessif suivant la saison. (Quelquefois en hiver un ciel uniformément couvert, un « temps gris », mais sans pluie.) Les soi-disant méthodes basées sur des considérations autres que le jeu des minima et des maxima barométriques, doivent être considérées comme n’ayant aucune valeur scientifique réelle.
- M. Baiacchi, à Bône. — Pour le tétrachlorure de carbone, voir le très important travail de Cote, publié en 1908 dans le Moniteur Scientifique ( Tr numéro, octobre) à 2 francs, chez Quesneville, 12, rue de Buci, Paris. En ce qui concerne le sulfure de carbone, voyez le Dictionnaire de chimie de Wurtz et ses Suppléments (Hachette, éditeur).
- M. Al. Brodsky, Bruxelles. — L’acide osmique a une telle affinité pour les tissus animaux qu’il colore qu’on ne peut songer à décolorer les taches produites sur les mains. Mais on peut aisément provoquer la desquamation des parties tachées en employant le procédé décrit dans Za Nature du n février dernier. (Pour enlever les taches d’acide nitrique sur les mains.)
- M. le capitaine Bidegaray, à Fontenay-le-Comte. — Il ne faut pas confondre les caoutchoucs artificiels, ce qu’on nomme industriellement les « factices », préparés en effet avec des huiles et du chlorure de soufre. Ces derniers produits ne s’emploient jamais seuls, mais sont ajoutés aux « mélanges » à base de gommes naturelles avant la vulcanisation. Vous trouverez dans le récent ouvrage de Tassilly, Caoutchouc et gutta-percha (in-12, Doin, éditeur), tous les détails demandés pour la préparation des factices.
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- M. G. R. Lignières. — i0 II n’existe pas à notre connaissance, d’ouvrage spécialement consacré à la fabrication du lactose (sucre de lait), mais vous pourriez demander aux éditeurs désignés ci-après de vous indiquer si les ouvrages d’industrie laitière suivant traitent la question dans un ou plusieurs chapitres, avec détails suffisants : L'Industrie laitière. — Sous-produits et résidus, par Antonin Rolet, 4 fr. ; Laiterie, par Charles Martin, 5 fr. Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris. Les industries du lait, par R. Lezé, 6 fr. Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. Le lait et son industrie, par le Dr A. Tou-
- ret, ifr,5o. Librairie des publications populaires, 16, rue des Fossés-Saint-Jacques, Paris. L’Industrie laitière, par le Dr Fleischmann, 3o fr. Librairie Dunod et Pinat, 47, quai des Grands-Augustins, Paris; — 20 Sur ce point, comme pour ce qui concerne les usines de fabrication du lactose pouvant exister en France, vous pouvez vous renseigner auprès de M. Dornic, directeur de la Station d’industrie laitière de Surgères (Charente-Inférieure) ; — 3° Votre troisième question, concernant l’évaporation rapide et économique de grandes masses de liquide, n’est pas posée de façon suffisamment précise pour qu’on puisse y répondre semblablement.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro. L’irrigation des déserts américains. — La carte aéronautique du service géographique de l’armée : Commandant P; Polbachi.
- — L’adaptation des végétaux à la vie aquatique : Les Hydro-phytes : Emile Gadeceau. — La résistance de l’air et-l’aviation : Les expériences de M. Eiffel : A. Thobler. — Académie des sciences; séances des 18 et 2/1 avril ign : Ch. de Vieledeuil.
- — Le régime pénitentiaire au Japon : J. d’Izier.
- Supplément. — Pour éviter la mort des aviateurs. — L’industrie
- des acétates de cellulose. — Influence des colloïdes sur la solubilité de certains gaz dans l’eau. — Le jaunissement de l’acide picrique à l’air. — Solubilité de l’or dans l’acide nitrique, etc.
- Traité de radioactivité, par Mmo P. Curie, professeur à la Faculté des Sciences de Paris. Tome I, xiii -j- 426 pages; t. II, 548 pages. Paris. Gauthier-Villars, éditeur. 1910. Prix : 3o francs.
- Personne ne pouvait être mieux qualifié que Mme Curie pour écrire cet important ouvrage, où l’on trouvera exposé, avec un ordre et une clarté parfaits, l’ensemble de nos connaissances actuelles sur la radioactivité. Ce domaine particulier de la science depuis 10 ans, a été exploré par les chercheurs avec une extraordinaire activité, et la somme des faits expérimentaux acquis est aujourd’hui énorme, il faut pour s’y reconnaître un guide autorisé. Le beau travail de Mme Curie remplira excellemment cet office. L’auteur a marqué avec le plus grand soin la séparation entre les résultats d’expérience et les hypothèses théoriques : celles-ci sont présentées comme des moyens commodes pour relier les unes aux autres les données expérimentales ; les théories générales de la matière qu’on a essayé de bâtir pour y englober les phénomènes de radioactivité ne sont indiquées qu’en passant et avec toutes les réserves nécessaires. C’est ainsi qu’il faut retenir cette conclusion de l’étude sur les transformations successives et spontanées des corps radioactifs : « la cause déterminante des phénomènes radioactifs reste encore inconnue. » Dans ce Livre l’exposé des phénomènes de la radioactivité proprement dits a été précédé par un exposé de la théorie des ions gazeux, et par un résumé des connaissances les plus importantes sur les rayons cathodiques, les rayons positifs, les rayons Rôntgen et les propriétés des particules électrisées en mouvement. Un chapitre a ensuite été consacré à la description des méthodes de mesures. Après la description détaillée de la découverte et de la préparation des substances radioactives, vient l’étude des émanations radioactives et de la radioactivité induite et des radiations émises par les corps radioactifs. Les substances radioactives sont ensuite classées par fatnilles, avec l’étude pour chacune d’elles de l’ensemble des propriétés et de la nature des transformations radioactives.
- De la Terre aux astres, par G. Millochau, astronome à l’observatoire de Paris. 1 vol. in-8° illustré de 65 figures et 3 planches. Ch. Delagrave, éditeur, Paris.
- Les données les plus récentes sur les éléments et la physique des astres, les moyens les plus perfectionnés des grands observatoires modernes sont réunis dans ce livre, qui abondamment illustré, de photographies
- surtout, est un très bon traité d’astronomie élémentaire.
- Construction et réglage des appareils d’aviation, par Louis Lacoin, ingénieur E. C. P., 1 vol. illustré in-40 couronne, 2i5 p. Bibliothèque Omnia, 20, rue Duret, Paris. 1911. Prix relié : 12 francs.
- Les ouvrages techniques sur la construction des appareils d’aviation sont encore rares, mais la qualité remplace la quantité. Après le très bon manuel de MM. Banet-Rivet et Calderara, voici dans un esprit tout différent, un nouveau livre de grand mérite également. Mélange de théorie pure et de calculs pratiques, il semble avoir été rédigé surtout pour les chercheurs et les ingénieurs qui feront l’aviation de demain. L’ouvrage est divisé en neuf chapitres. Les trois premiers fort originaux, analysent le fluide dans lequel se meuvent les appareils, et la résistance qu’il oppose à leur mouvement. Le quatrième compare la pratique à la théorie, et rappelle les données expérimentales que nous possédons sur le centre de poussée, les efforts sustentateur et résistant, l’angle d’attaque, les plans minces, les surfaces courbes, les surfaces nuisibles. Puis il discute, dans le chapitre Y, des différents genres d’appareils volants. Le chapitre VI est consacré aux hélices. La fin de l’ouvrage traite de la sustentation, de la propulsion, de la stabilité et de la direction, ainsi que des procédés d’envolée et d’atterrissage usités jusqu’à ce jour.
- Description détaillée du monoplan « Blériot » avec 3g plans, croquis photographies, et deux grandes planches représentant le fuselage et un gabarit de. l’aile. Description des moteurs « Anzani » et « Gnome ». Brochure in-40 de 36 pages. Librairie des Sciences aéronautiques. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, Paris, 1911.
- Traité complet d’analyse chimique appliquée aux arts industriels, par J. Post et B. Neumann. 2e édition française refondue par G. Chenu et M. Pellet. Tome I, 4° fascicule. 1 vol. i35a p., 210 fig. dans le texte, 36 pl. hors texte. Hermann, éditeur. Paris. 1911. Prix : 18 francs.
- Ce volume, remarquable à tous égards, contient l’étude des sels métalliques par le Dr Neumann, la métallographie microscopique de Gœhrens et Robin, travail très détaillé et magnifiquement illustré, l’étude des acides inorganiques par le D* Benedikt (acicles sulfurique, azotique, chlorhydrique), celle de la soude, du chlore, du chlorure de chaux, par Kolb, des sels de potasse, du brome, par Bokemuller, enfin un appendice sur l’analyse spectrale rédigé par M. de Grammont.
- Spiritisme et illusionnisme, par M. Remy, 1 vol., a58 p. Leclerc, éditeur, 19, rue Monsieur-le-Prince, Paris. Prix ; 3fr,5o.
- Qu’est-ce que le spiritisme? Quelle est la part du vrai et du faux dans les phénomènes qu’il prétend étudier? Question délicate à laquelle M. Remy, un convaincu, s’efforcè de répondre avec une entière sincérité. Les septiques retiendront surtout de ce volume une longue et savoureuse énumération de trucs et de fraudes variés.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La Grotte di Trebîciano (Istrie), par Eue. Boegan. Societa Alpina delle Guibie, édit., Trieste, 1910, in-8°, 68 p. et 10 pl.
- Monographie fort intéressante sur cette capitale caverne, le plus profond abîme exploré à ce jour (321 m. 63; Voy. La Nature, n" 776, 14 avril 1888).
- United States Geological Survey. Professional Paper 65. Geology and water resources of the Northern portion of the black Hills and adjoining régions in South Dakota and Wyoming, par N.-H. Darton, Washington, 19**9-
- Dans les calcaires du Minnhekata, au Sud-Est de Boyd, il y a des effondrements circulaires formés de bas en haut. Près de Sundance, dans le gypse, une
- caverne est parcourue par un ruisseau souterrain qui forme des cascades (pl. 10). Un effondrement remarquable a 3o pieds de diamètre et plus de 25 de profondeur.
- Observatoire National de Besançon, 22e Bulletin chronométrique (années 1909-1910), par M. A. Lebkuf. Besançon, J. Millot, 1910.
- Cette intéressante brochure témoigne de la prospérité et de la perfection croissantes de l’industiie bor-logère de Besançon Elle publie en particulier les résultats très suggestifs du concours chronométrique de 1910. A signaler en annexe une note de M. Sallet sur la nouvelle pendule distributrice de l’heure Fénon-Leroy.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o)
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi ‘24 avril 1911. 11° 6 W N. W. 2. Nuageux. 0 Gelée blanche; très nuageux le malin, peu nuageux le soir.
- Mardi 25. ... . 9°,6 Calme. Beau. •o Gelée blanche; peu nuageux; biume; halo solaire.
- Mercredi 26 , . . . 10°. 4 S. S. W. 2. Couvert. 0.0 Couvert jusq. 15 h., beau ensuite; gouttes à 5 h et à 12 h.
- Jeudi 27 7°0 S. S W 3. I’iuie. 7,9 Gel bl ; pmie de 4 b 30 à 7 h. 43 et de 15 h 50 à 16 b. 40.
- Vendredi 28 . . . 11°.0 W. 4. Couvert. 0,9 Pluie faible le m ; halo à 16 h.; ti ès nuag : gouttes de 20 à 21 h.
- Samedi 29 . ... 10°,1 S. S. W. 3. Couvert. 1,6 Pluie de 2 h. 50 à 3 h 50 ; averse mêlée de grêle à 8 b.
- Dimanche 50 ... . 8°.8 S. o. Couvert. 0,8 Couv. jusq 10 h., puis très nuag.; pluie de 4 h. 15 à 45; gel. bl.
- AVRIL 1911. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 AVRIL 1911.
- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : be épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 24 au 3o avril. — Le 24. Pression voisine de 765 sur le S.-O. Pluies sur le N. Temp. du matin : Vardoe, — 4°; Paris, 11; Alger, 21; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : ii° (normale : io°,6). — Le a5. Pression uniforme voisine de 765 sur le S.-O.; dépression sur l’extrême N. : Arkhangel, 744; Ecosse, 748; Irlande, 75o. Pluies sur le N. Temp. du matin : Vardoe, —5°; Paris, 10; Alger, a3 ; Puy de Dôme, 3 ; moyenne à Paris : I2°,i (normale : io°,8). — Le 26. Dépression sur le Danemark et la Scandinavie : Feroé, 745 ; Lisbonne, 769. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Le Havre, 5; Nantes, Limoges, 3; Dunkerque, 2; Brest, x. Temp. du matin : Arkhangel, — xo°; Paris, 10; Alger, 20; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : n°,4 (normale : io°,9). — le 27. Ecosse, 746; Christiania, 748; Varsovie. 755. Pluies sur le N.-O.; en France : Dunkerqne, Cherbourg, i3; Brest, Paris, Nancy, 4; Nantes, 3; Bordeaux, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —io°;
- Paris, 7; Alger, 16; Puy de Dôme, — c ; moyenne à Patis : xo°,2 (normale : ii°). — le 28. Danemark, 741; golfe de Gênes, 755; Lisbonne, Arkhangel, 708 Pluies sur le N., le Centre et l’O.; en France : Charleville, 18; Biarritz, x5; Nancy, 14 î Pai*is, 5; Dunkerqne. 3; Nantes, 1. Temp. du matin : Paris : io° moyenne à Paris : 120 (normale : xi°,i). — Le 29. Shields, 741 Horta, 771. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Toulouse, 11; Charleville, 10; Cherbourg, 6; Brest, Besançon, 5; Dunkerque, 3 Paris, 2. Temp. du matin : Vardoe, — i°; Paris, 10; Alger, 22; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : ii° (normale : ix°,2). — Le 3o Danemark, 743; Pas de Calais, 760; Lisbonne, 767. Pluies générales; en France : Nantes. 9; Gap, 8; Brest, 7: Cherbourg. Biarritz, Belfort, Marseille, Paris, 3. Temp du matin : Haparanda, i°; Patis, 9; Alger, 19; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : g0.5 (normale : n° 4). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 28, à 10 h. 34 ni. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (TTle)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1981 — 13 MAI 1911 SUPPLÉMENT
- TfiO
- INFORMATIONS
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- L’air liquide au music-hall. — Un grand établissement parisien d’attractions, Luna-Park, a eu l’idée d’organiser une série de conférences sur l’air liquide. Cette tentative d’union entre la science pure et les divertissements forains nous paraît assez originale pour mériter d’être signalée. On a dû établir une véritable usine de liquéfaction de l’air. La machine employée est du système de M. Georges Claude que nos lecteurs connaissent bien. Actionnée par un moteur de 33 chevaux, elle fournit près de 20 litres d’air liquide à l’heure, de quoi satisfaire aux expériences les plus nombreuses et les plus variées.
- La traction aérienne sur les canaux. —Le dimanche 3o avril ont eut lieu à Joinville, sur le canal qui relie la Marne à la Seine, de très intéressantes expériences de traction aérienne appliquée à la Batellerie, au moyen de l’appareil imaginé par M. Paul Delaporte, ingénieur. Cet appareil consiste en un chariot extrêmement léger et par suite très mobile, portant une hélice aérienne mue par un moteur à pétrole lampant, que l’on pose et que l’on fixe n’importe à quel endroit et n'importe comment sur une péniche ou transporteur fluvial quelconque. C’est le tracteur amovible par excellence. Les essais ont été faits au moyen de deux hélices Chauvière, une de 4 m. de diamètre, l’autre de 2,60 m. mues successivement par un moteur muni de tous les instruments de mesure nécessaires et pouvant donner jusqu’à 70 chevaux. Ces essais, ont démontré qu’une puissance de 9 chevaux appliquée à l’hélice de 2,60 m. était suffisante pour la traction normale. D’autre part, le démarrage était presque instantané, la péniche atteignant son régime de marche en moins de 3o secondes (la péniche ayant servi pour les essais est un bateau à fond plat de 38 m. de long sur 5 m. de large). Dans l’appareil définitif, l’hélice sera munie d’une garde pour éviter les accidents et se repliera pour passer sous les ponts et les souterrains. Le résultat atteint est d’autant plus intéressant que l’hélice travaille presque au point fixe, c’est-à-d,ire dans les plus mauvaises conditions, puisque la vitesse dans les canaux est très réduite : elle varie, en effet,' de 2 à 7 km à l’heure, vitesse limite qu’il est interdit de dépasser.
- L’aviation au Pérou. — Un de nos lecteurs de Lima, nous communique d’intéressants renseignements sur les remarquables expériences d’aviation faites au Pérou par Jean Bielovucic, sur biplan Voisin.
- « Son raid Lima-Ancon et retour est une prouesse qui mérite d’être signalée, pour les difficultés à surmonter. Le manque pour ainsi dire absolu de routes eût empêché tout secours en cas d’accident; de plus le vol avait lieu au-dessus d’un désert où tout atterrissage eût entraîné la perte de l’appareil, vu l’impossibilité de l’aller chercher ou de le remettre en marche, le sol étant de sable tellement fin que les roues s’y seraient enfoncées. Le Gouvernement Péruvien s’est vivement intéressé aux vols des appareils Voisin et à acheté ceux
- amenés par Bielovucic. Celui-ci regagnera la France le 1 x avril confiant l’instruction des pilotes à l’aviateur Chailliey. Les qualités de sang froid et de prudence de Bielovucic ont frappé vivement ses compatriotes. Le soussigné qui fut son premier passager et le colonel d’André de la Mission militaire française ont pu apprécier ses qualités ; la confiance en lui est telle que nombre de jeunes filles péruviennes ont volé en sa compagnie. Il est fort intéressant pour la nouvelle industrie française de voir avec quelle sympathie l’étranger suit ses développements ; il serait à souhaiter que nos aviateurs fissent de fréquents voyages afin de ne pas laisser échapper une clientèle toute disposée d’ailleurs à venir à nous de préférence à toute autre nation. »
- Mort de l’aviateur Vallon. — L’aviateur Vallon a trouvé la mort le 6 mai à Changhaï. Au cours d’un vol plané trop rapide, l’appareil fut précipité sur le sol et le pilote tué sur le coup. Vallon est la 120 victime de l’aviation depuis le début de l’année 1911. Celle-ci menace d’être plus meurtrière encore que ne l’avait été 1910.
- Torpilles aériennes. — Les journaux de Washington annoncent que la maison Krupp a déposé au Patent Office Fédéral une demande de brevet relative à la nouvelle torpille aérienne dont on a déjà annoncé l’invention. Un reporter a réussi à voir les dessins accompa-
- I gnant la description du brevet, et voici ce qu’il en dit.
- | La torpille est munie d’une fusée d’une telle sensibilité qu’elle fait explosion dès qu’elle entre en contact avec l’enveloppe d’un ballon, si mince qu’elle soit. Le dispositif comprend une sorte de tampon de métal contenant du fulminate de mercure qui, en entrant en ignition, provoque l'explosion de la torpille. L’effet s’obtient à l’aide d’une aiguille gouvernée par un ressort qui est commandé à son tour par deux leviers. Ceux-ci, à l’état normal, sont maintenus fermes par une petite pièce de bois mobile. Quand la pointe de la torpille heurte l’enveloppe du ballon, cette pièce se déclanche, libérant les leviers qui, sollicités par la force centrifuge, s’écartent l’un de l’autre, mouvement qui force l’aiguille à pénétrer dans le fulminate, ce qui, comme nous l’indiquions plus haut, provoque immédiatement l’explosion. On ajoute que les inventeurs ont réussi à soustraire le dispositif à l’action de la résistance de l’air et à éviter les explosions intempestives.
- Record de vitesse. — Le nouveau croiseur-cuirassé Indefatigable, du type Dreadnought, qui vient de rentrer à Plymouth après avoir subi en haute mer des essais « confidentiels » de marche et de tir demandés par l’Amirauté britannique, a créé un record de vitesse pour tous navires de guerre, exception faite des navires du type Destroyer : il a pu fournir pendant une heure une vitesse de 29 noeuds. Au cours de ses premiers essais, il n’avait pas pu dépasser 26 nœuds, chiffre qui était cependant supérieur à celui qu’exigeaient les contrats passés avec les constructeurs. Dans l’intervalle,
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- INFORMATIONS
- les chaudières avaient subi une importante modificar tion, grâce à laquelle cette vitesse-record a pu être obtenue. Cette remarquable épreuve s'est déroulée le jour du deuxième anniversaire de la mise en chantier du croiseur.
- Un sous-marin de haute mer aux États-Unis. —
- Au moment où l’on vient de lancer en France des submersibles de gros tonnages, il n’est pas sans intérêt de noter que le mouvement qui pousse les marines de guerre vers l’augmentation de puissance n’est pas spécial aux Dreadnought, mais est tout à fait général. Au sous-marin côtier se substitue de plus en plus, suivant une évolution analogue à celle qu’on a constatée pour les torpilleurs, le sous-marin de haute mer. Après la France et l’Angleterre, les Etats-Unis abordent eux aussi cette question et l’on vient de lancer à Newport le sous-marin Seal qui avec un déplacement de 5a5 tonnes en plongée a environ 4* m. de long et /} m. de diamètre. Ce nouveau sous-marin comporte six tubes lance-torpille avec un approvisionnement de dix torpilles ; son rayon d’action est de près de 4000 km.
- Valves hydrauliques gigantesques. — L’Ontario Power CJ vient d’installer sur les chutes du Niagara une station centrale hydroélectrique, avec turbine de 12 000 chevaux. L’admission de l’eau vers les turbines
- est réglée par trois valves en fonte gigantesques. Notre figure reproduit l’une d’elles d’après Scientific American. Une automobile montée par cinq personnes y tient fort à l’aise. Ces valves sont du système Chatman; chacune pèse 65 tonnes et est manœuvrée par un moteur électrique de r5 chevaux. Les dimensions en sont : 3,3om. de large, 9 m. de haut.
- Le développement industriel du Japon ^.l’électrification du chemin de fer de Tokio à Yokohama.
- — Au moment où nous commençons à utiliser l’électricité à la traction des trains, il est assez curieux de noter que le Japon vient de commander une installation importante pour l’électrification du chemin de fer de Tokio à Yokohama. La station est prévue d’ailleurs dans les conditions les plus modernes puisque, sans s’arrêter, malgré la mode, à la turbine, les ingénieurs nippons ont audacieusement choisi pour conduire leurs alternateurs quatre moteurs à gaz de 2400 chevaux chacun. Ces moteurs type Nuremberg à quatre temps et à double effet tandem,, ont été commandés en Angleterre, ils seront alimentés par trois batteries de gazogènes Mond, comportant chacune trois gazogènes et
- | un récupérateur pour les produits ammoniacaux. La vapeur nécessaire à l’alimentation des gazogènes sera produite sans dépense par des chaudières chauffées au moyen des gaz d’échappement des moteurs. L'installation très perfectionnée comme l’on voit sera installée àv Yokohama et le courant transformé dans des sous-stations.
- Le téléphone aux États-Unis. — Le rapport annuel de l’American Telephon and Telegraph Company montre avec quelle rapidité l’usage du téléphone se répand aux Etats-Unis. On y compte 5882719 postes téléphoniques du système Bell, soit un appareil par 16 habitants environ. Les réseaux téléphoniques comprennent près de 20 millions de kilomètres de fil. Les appels quotidiens sont au nombre de 22 284 010, soit 7 milliards d’appels pour l’année. Le personnel employé par le réseau compte 120 3ii personnes. Le total des taxes payées par le public durant l’année 1910 a été de 829 millions de francs, soit une augmentation de plus de 80 millions sur l’année précédente. - . -
- La pompe Humphrey à combustion interne. — La
- Nature a signalé l’apparition de cet intéressant engin et en a donné une description détaillée (Voy. n° 1925). Depuis cette époque une pompe établie sur ce principe a été installée à l’Exposition de Bruxelles; elle y a fonctionné nuit et jour sans arrêt, débitant 27 000 ms par jour. Depuis lors, M. Humphrey a établi une pompe, loujours du même principe, mais fonctionnant à 2 temps, au lieu de 4 temps. Le cycle est le suivant : ior temps.. Allumage et explosion, détente des gaz à une pression inférieure à la pression atmosphérique, admission d’une nouvelle charge qui remplace par gravité les gaz brûlés. — 20 temps. Renversement du courant d’eau, l’admission cesse; échappement des gaz brûlés jusqu’à ce que l’eau atteigne le niveau des soupapes. Ce cycle supprime le mécanisme de commande des soupapes, et en raison de la vitesse plus grande, assure un rendement plus élevé. M. Humphrey a construit aussi une pompe à 4 temps et à double corps, et enfin un compresseur à 4 temps. La Revue industrielle, d’après qui nous résumons ces détails, envisage pour la pompe Humphrey une application curieuse : la propulsion des navires. L’eau entrant par les côtés serait aspirée par la pompe et refoulée à l’arrière. Des essais de ce genre seront, paraît-il, prochainement tentés.
- L’altération des monuments sous l’action de l’atmosphère des villes. — On sait que les murs des immeubles urbains doivent être périodiquement nettoyés, ravalés au bout de quelques années, ce à quoi les propriétaires sont parfois obligés par des règlements d’édilité municipale. A quoi est due cette relativement rapide altération? Deux savants anglais MM. Church et Rideal l’attribuent surtout à l’action de Vacide sulfurique! D’après les constatations faites à Londres les usines de l’agglomération métropolitaine ne déverseraient annuellement dans l’air pas moins de 5oo 000 tonnes d’acide sulfurique. Pour énorme que paraisse ce chiffre, il ne correspond d’ailleurs heureusement qu’à des traces infinitésimales si on le rapproche du cube probable de l’air ayant passé chaque année au-dessus de Londres. Aussi peut-on supposer (?) que l’action exercée sur les londoniens est anodine. Mais les pierres calcaires des immeubles de la ville la ressentent fort bien : sous l’action des particules , charbonneuses provenant de fumées, l’acide se condense et se combine au carbonate de chaux, recouvert ainsi d’on enduit de sulfate coloré en noir par les poussières et matières goudronneuses. C’est ainsique les croûtes recueillies sous _une corniche de l’église Saint-Paul donnent à l’analyse la composition suivante :
- Sulfate de chaux. . . T . 73,8 pour 100
- Phosphate de chaux . . Sulfate d’ammoniaque . 2,2 —
- °>9 f-
- Goudron . 6,6 :—
- Carbone. ...!... . iyo —
- Eau. . . . 21,2 -—
- Il ne restait aucune trace du carbonate de chaux constituant essentiellement la pierre à bâtir originale! D’après Church, l’acide sulfurique de l’air proviendrait non pas tant des usines de produits chimiques — lesquelles s’appliquent à en laisser perdre le moins possible étant donné qu’elles le paient assez cher; — mais de la combustion du gaz d’éclairage.
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- <*8^ Pédagogie
- Les jeux Reumont. — Sont-ce vraiment des jeux? Ces ingénieux petits appareils sont de véritables instruments pédagogiques, qui rappellent un peu les antiques bouliers sur lesquels tant de générations se sont initiées et s’initieront encore aux principes de la numération.
- Les jeux Reumont ont pour but d’enseigner aux enfants les règles de la grammaire et cela au moyen de planchettes mobiles posant d’une façon méthodique les questions les plus variées et fournissent en même temps la réponse. L’enfant peut donc s’exercer lui-même ; il le fait sans fatigue grâce à la disposition bien comprise des planchettes. Nous avons reproduit quelques-uns des modèles de ces jeux : la collection réunit toutes les règles essentielles de la grammaire, depuis les règles de la lecture jusqu’aux accords des participes.
- Les quelques exemples illustrés ci-contre suffiront à faire comprendre le fonctionnement des planchettes. Une pièce quelconque du jeu Reumont comprend quatre languettes de bois, deux sont fixes, les deux autres solidaires entre elles, coulissent au gré de l’enfant en face des deux premières.
- Voici d’abord la pièce la plus simple du jeu, le pho-nicateur : il doit exercer l’enfant à épeler : sur la languette fixe sont des commencements de syllabes, sur la languette mobile les compléments de ces syllabes ; l’enfant met, à son gré, vis-à-vis l’un de l’autre deux tronçons quelconques de syllabes, il les épèle séparément, puis il prononce le son constitué par l’assemblage de •ces deux tronçons.
- La figure n° 3 nous donne une série d’exemples de conjugaison des verbes en ir. La première languette qui est fixe, contient l’indication des temps et le sujet, la deuxième languette mobile, le radical de différents verbes, la troisième languette solidaire de la première, contient les terminaisons caractéristiques des temps, accordées avec le sujet de la ligne correspondante sur la première languette; la quatrième solidaire de la deuxième contient un complément. Ce radical restant inaltéré à tous les temps de ïa conjugaison, le maniement du jeu est très simple ; on peut déplacer à volonté la languette des terminai sons, amener une terminaison quelconque devant un radical quelconque; la juxtaposition produit une
- Co. jtu-miwm O}
- Pho nicatew Fran çais.
- i pr 9r ir ur «ri m. CU/ pr 3r ai 01 J
- cr or A et/ cr oir olf
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- j cl yi ,1 etu cl em
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- b! fs •i on, y om
- 1 pl us } cm1 p1 ion
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- sfc ys É ce. sh eur it
- st ac & tin. st ieu
- % SV ic h u nu SV un B
- .s qu oc h uu qu um
- 9U el X im 3U in r*
- J. 9" UC ,w T' 3n im I
- 1 rh ec f T rh y *- 3
- * tl ip -m* iCO th ym
- ch ir ch ui
- ph it d! Aii ph uir
- gsTJ
- phrase correcte : exemple je gé/n-irai en silence tu gem.'is en silence.
- Le cas de la figure 4 est plus compliqué. Il s’agit de la conjugaison de verbes en oir ; le radical se modifiant aux divers temps, on voit que si l’on procède comme dans l’exemple précédent, on risque d’obtenir des résultats malheureux : au radical apercev, par exemple, on ne peut pas impunément juxtaposer une terminaison quelconque, de la conjugaison des verbes en oir.
- L’auteur du jeu a ingénieusement tourné la difficulté au moyen de l'emploi judicieux d’encres de couleur : les juxtapositions, dans ce cas particulier, ne peuvent se faire qu’entre tronçons imprimés avec la même couleur ; et les exemples sont choisis, bien entendu, pour donner des résultats corrects.
- Les jeux Reumont constituent un procédé ingénieux pour prolonger à la maison les leçons du maître, et
- forcer l’enfant à s’appliquer à sa grammaire, sans la lui
- (I Temps \ simples Sujet. en in terminaison
- 1 £ 11 tu IS is
- j c» 1 "tq^i
- .§3 & Verbes Radical issons issez rissent Complément
- i-i* SUck isssrs
- tu ck„ /c 0 a 1 c
- If S*/ issait
- 'uxy. etcup issions A.l»OU4j.t
- Wl* issie2 ki yufîa
- 3^5» iasaient .(Wa,
- .C; ï-r Xi,
- Sï tu 4 Cer KuX
- tais •fi it tri ttoxviUï-
- ime* i'MtpurÙ,
- § fôèlts' îtes fc .w,
- yau irent UtoU:
- i'-r r *. 1rs,
- si tu. irsa fc3 ŸtUM,
- iP ,53 «r ira 3u papwrr’
- vW 1** irons .pâte
- pâf irez 3#fluK
- LdtÜê pu«. iront
- -S&J, jpLfteujwr -Si. vipL’Ui.'sO
- C* fwfowJi
- ItïôpllHOl f/4 -fluuà
- Sujtl
- JtSL
- %idical.
- lUQ’
- 'ilces>
- cupità eut
- apercevions
- apetçoiv ux
- J t
- s:
- perç
- .pciçoU
- >conç
- concev
- d
- dev
- 'üàzv
- ziedev.
- pmi yit lu la,
- U*
- Ut
- tùntè
- Je) phra-Sfi mots <U.
- ÔCÙ dftfiô. ditù (Wiô
- wt-pax:
- itiuiA
- le clocher
- îpdapeau
- un bruit un ûjiv un-ünpiH
- un p la un. me une idit'.
- •ufu'fac&tz
- un cadeau un uu’U’t.
- ÀLi-fûmntk
- beaucoup.
- faire paraître trop rébarbative. Ils semblent donc devoir rendre de réels services. Ajoutons qu’ils ne sont pas très coûteux. — Les jeux Reumont sont en vente, 174, rue Saint-Martin, Paris.
- Photographie ^
- La notation des diaphragmes et le temps de pose.
- — Le diaphragme d’un objectif a pour effet de diminuer la quantité de lumière qui traverse celui-ci. Son emploi est nécessaire dans certains cas, mais les amateurs photographes ne se rendent généralement pas très bien compte des raisons qui doivent le motiver. Le plus souvent ils emploient un diaphragme parce que le marchand qui leur a vendu l’appareil leur a dit qu’ils obtiendraient ainsi plus de finesse. C’est vrai pour les mauvais objectifs qui, à pleine ouverture, ne couvrent pas bien la plaqué; mais c’est inutile pour les bons anastigmats qui donnent une très grande finesse à pleine ouverture ; et c’est justement ce qui justifie leur prix relativement élevé. A quoi bon payer très cher un objectif, parce qu’il est très lumineux, si on lui fait perdre systématiquement cette qualité. Et c’est un fait que nous avons constaté chez de nombreux amateurs, ils croiraient le résultat gravement compromis s’ils n’employaient pas toujours un diaphragme. Certes, il y a des cas où il faut diminuer l’ouverture de l’objectif : quand, par exemple, on veut augmenter la profondeur du champ, c’est-à-dire avoir nets, en même temps, des objets très rapprochés et d’autres plus éloignés ; ou bien quand ou veut se donner plus de latitude pour le temps de pose. Mais le plus souvent, et surtout pour les appareils à main qui sont employés généralement à l’instantané, si l’objectif est de bonne fabrication il y a avantage à l’employer à pleine ouverture. On sait généralement que, pour un objectif donné, les diaphragmes sont toujours
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- calculés de telle sorte que le temps de pose varie du simple au double en passant de l’un à l’autre; mais ce renseignement n’a plus aucune valeur quand on passe d’un objectif à un autre,.de sorte que si on a deux appareils on se trouve fort embarrassé pour employer le même temps de pose s’ils ont des objectifs de marques différentes. Le seul moyen d’arriver à pouvoir faire des comparaisons utiles, c’est d’adopter une notation uniforme pour tous les objectifs, ainsi qu’il en a été décidé par les différents Congrès de Photographie. Presque tous les fabricants se sont aujourd’hui conformés à cette décision et si certains d’entre eux conservent encore leur ancienne notation, ils indiquent dans un tableau la concordance de leurs chiffres avec la notation du Congrès qui est établi en fonction du foyer. C’est une façon très simple et très rationnelle de s’exprimer car, elle consiste à savoir combien de fois le diamètre de l’ouverture est contenu dans la distance focale.
- Cette distance focale est facile à mesurer, puisque c’est celle qui sépare le verre dépoli de l’objectif (à l’endroit du diaphragme), quand on a fait la mise au point sur l’infini, c’est-à-dire sur un objet très éloigné. L’ouverture de l’objectif, qui doit être Y ouverture utile est moins facile à mesurer exactement. Nous donnerons cependant plus tard le moyen de le faire; pour le moment nous nous contenterons de la mesurer approximativement, au moyen d’un décimètre, en regardant au travers des lentilles; elle sera toujours un peu plus grande que l’ouverture réelle du diaphragme ; par suite de la présence de la lentille il passe une quantité de rayons lumineux plus grande que si la lentille n’existait pas. Si nous trouvons par exemple que le diamètre est de 2 centimètres et que la distance focale soit de 14 centimètres, notre objectif est ouvert à — =7, ce qu’on
- exprime par F/7.
- Cela va nous permettre de pouvoir comparer tous les objectifs entre eux quel que soient leur diaphragme ; il nous suffira pour cela de nous rappeler que la puissance d’éclairage varie comme le carré du rapport des ouvertures. C’est-à-dire, pour fixer les idées, que si nous posons 2 secondes avec un objectif ouvert à F/4, nous poserons 4 secondes avec un objectif ouvert à F/8 parce
- -8 ,
- que - = 2 dont le carre est 4»
- 4
- Cette simple méthode nous permettra de résoudre bien des cas intéressants qui se présentent au sujet du temps de pose.
- "Voici, par exemple, un problème qui se présente assez souvent : on est en excursion avec un confrère qui réussit très bien et dans lequel on a grande confiance pour l’appréciation du temps de pose. Il a un objectif ouvert à F/4 et il emploie des plaques Lumière bleues; il a estimé que, pour le sujet qu’il s’agit de photographier, la pose est de 2 secondes; mais vous, l’amateur inexpérimenté, qui voulez un temps de pose équivalant au sien, vous n’avez qu’un objectif ouvert à F/12; par contre, vous employez des plaques violettes qui sont 7 fois plus rapides que les bleues. La solution sera facile : si vous aviez les mêmes plaques que votre compagnon, votre temps
- I 2
- de pose serait — = 3, dont le carré est 9; c’est-à-dire
- 9 fois plus long que celui indiqué pour lui : soit 18 secondes; comme vos plaques sont 7 fois plus rapides, il
- l8
- sera — = 2,5 environ, soit 2 secondes et demi.
- 7 .
- Yoici un autre cas qui est aussi assez fréquent : on connaît bien le temps de pose pour un objectif ouvert à F/4 avec des plaques bleues. On voudrait avec le même temps de pose pouvoir diaphragmer pour obtenir plus de profondeur de champ ; il faudra par conséquent prendre des plaques plus rapides, admettons 7 fois plus, mais quel diaphragme employer pour conserver le même temps de pose.
- Si, connaissant les deux diaphragmes, nous voulions changer le temps de pose, le coefficient à lui affecter serait 7 ; le rapport des deux diaphragmes serait la racine carrée de 7, on aura donc dans le cas présent
- - et x notre nouveau diaphragme = 4 V^7 = 10,6
- 4
- soit pratiquement F/ro. Il ne faut pas s’effrayer outre mesure de l’extraction d’une racine carrée, car on trouve
- le calcul tout fait pour les 100 premiers nombres dans des formulaires de toutes sortes et notamment dans le petit agenda publié tous les ans par la maison Lumière.
- On voit en somme qu’on peut résoudre sans peine une foule de petits problèmes qui se présentent dans la pratique courante, si on a soin de se conformer à cette règle pour la notation de ses diaphragmes. Quand on a une autre notation gravée sur la monture de son objectif, on peut la ramener à la notation du Congrès au moyen des tables de correspondance qui ont été publiées et qui sont données par les constructeurs; il faut espérer d’ailleurs qu’ils arriveront un jour à une entente générale pour rendre cette notation universelle.
- Jlppareil
- Le « téléfeu ». — Notre collaborateur, M. René Champly, vient d’inventer un petit appareil simple et pratique pour enflammer à distance le magnésium pour la photographie, aussi bien que les pièces d'artifices et les explosifs.
- Cet appareil se compose d’un support dans l’intérieur duquel est une bougie stéarique ordinaire comme le montre la figure ci-dessous. •
- A la hauteur de la flamme de la bougie se trouve une petite coupelle en bronze dans laquelle on place le magnésium ou la mèche de l’explosif à enflammer.
- Cette coupelle est séparée de la flamme de la bougie par un réflecteur en fer blanc R percé d’un trou O.
- De l’autre côté de la flamme de la bougie est disposé un chalumeau F, qui reçoit, par un tube de caoutchouc Z, îa pression de l’air soufflé par une poire en caoutchouc M.
- Dans la figure ci-dessus, cette poire de caoutchouc est reliée, au moyen d’un branchement B, par un tube P à l’obturateur photographique et à l’objectif L. Un autre branchement permet de disposer un 2“ tube allant à un autre appareil « téléfeu ».
- Il est facile de comprendre que lorsqu’on pressera fortement la poire M, l’air comprimé déclanchera d’abord l’objectif L et viendra ensuite souffler sur la flamme de la bougie pour la projeter par le trou O, sur la matière à enflammer contenue dans la coupelle C.
- Le fonctionnement de l’appareil de M. R Champly est donc très simple et ne nécessite pas d’explications supplémentaires.
- On voit de suite que le « téléfeu » permet d’enflammer à distance un ou plusieurs foyers de magnésium, aussi bien qu’une ou plusieurs mines ou artifices.
- En ce qui concerne particulièrement la photographie, il est très intéressant de pouvoir enflammer simultanément plusieurs foyers de magnésium convenablement disposés autour du sujet à photographier, et surtout d’ouvrir l’obturateur au moment même où les foyers de magnésium s’enflamment.
- On a ainsi la possibilité de faire, pour ainsi dire automatiquement, des photographies parfaitement réussies soit le jour, dans des locaux mal éclairés, soit la nuit, et ce, sans risque de se brûler avec le magnésium dont l’emploi ordinaire est quelquefois dangereux.
- Le réflecteur, dont est muni le « téléfeu *, a pour but d’empêcher la lumière du magnésium de se projeter sur l’objectif, afin d’éviter la production du halo sur les plaques.
- L’emploi du « téléfeu » en photographie nécessite un obturateur faisant la pose en deux temps, c’est-à-dire qu’il faut que l’obturateur de l’objectif s’ouvre lorsqu’on presse la poire de caoutchouc et se referme lorsqu’on la desserre ou même qu’il ne se referme qu’avec un deuxième coup de poire.
- Il serait mauvais de se servir du déclanchement instantané de l’obturatéur, parce que l’ouverture pourrait 11e pas coïncider avec l’éclair ïnagnésique. — Le « téléfeu » est en vente, au prix de jtr,5o franco, chez M. René Champly, 7, rue Tardieu, à Paris.
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- VARIETES
- Les imitations du caoutchouc. — Outre les caoutchoucs épurés dont le raffinage fut récemment décrit dans La Nature, le caoutchouc synthétique, dont nous avons signalé la découverte et qui sans doute passera bientôt du laboratoire à l’usine, il existe quantité de produits divers entrant dans la fabrication des objets de caoutchouc. A part certaines spécialités telles que feuille sciée, chambres à air, fils élastiques, faites ordinairement en gomme naturelle pure, la plupart des objets de caoutchouc ne contiennent qu’une proportion de gomme véritable parfois très réduite.
- Ainsi, par exemple, les chaussures imperméables qui protègent nos bottines par les temps de pluie ne contiennent guère en moyenne que 3o pour ioo de caoutchouc. Pour certains articles industriels destinés à des usages ne demandant pas une très grande résistance, il y en a encore bien moins; parfois il n’y en a plus.... Point n’est besoin d’ailleurs d’une analyse chimique pour être certain que pendant la récente hausse, où le para valait 3o fr. le kilogramme, les objets de caoutchouc (?) manufacturés vendus 15 ou 20 fr. le kilogramme n’étaient certes pas constitués par du para pur. Le fait est si bien généralisé qu’un technicien humoriste a pu écrire dans un travail publié sur l’industrie du caoutchouc, que cette industrie consistait « à ajouter au caoutchouc le plus possible d’ingrédients divers sans en diminuer trop les propriétés.... »
- Qu’y a-t-il donc dans ces imitations de caoutchouc ? Très souvent, on y trouve des « charges » minérales : craie, kaolin, talc, magnésie, litharge, etc., etc. Mais on conçoit que de tels produits soient bien incapables de donner aux objets l’élasticité caractéristique de la gomme naturelle. Aussi adjoint-on aux « mélanges » — nom sous lequel sont désignées dans les usines de caoutchoucs les formules suivies pour doser et malaxer les gommes avec les adjuvants divers — des matières imitant plus ou moins parfaitement le caoutchouc. On peut distinguer dans les nombreuses pseudo-gommes les factices qui sont ajoutées au caoutchouc et subissent la vulcanisation, et les gelées employées seules comme succédanés dans certaines applications.
- Les factices sont à base d’huiles siccatives. Ces sortes d’huiles peuvent, on le sait, absorber l’oxygène ou le soufre en épaississant; c’est ce qui a lieu dans la peinture à l’huile qui se concrète au contact de l’air. On peut hâter cette transformation en ajoutant certains sels métalliques (que les peintres emploient sous le nom de siccatifs) ou des agents sulfurés; on peut aussi l’effectuer en traitant l’huile par le soufre ou le chlorure de soufre: la masse consistante ainsi obtenue n’est autre qu’un des « factices » employés en si grande quantité parles fabricants de caoutchouc.
- Il existe divers types de factices : bruns, blonds, flottants, etc., différant par leurs modes de préparation, leurs propriétés, l’usage auquel ils sont destinés. On les prépare avec les huiles de lin, de colza, de ricin, de coton de maïs ; telle ou telle étant préférée selon la nature du factice à obtenir et les cours commerciaux. Les factices sont toujours fabriqués par petites quantités à la fois ; on place par exemple, dans une cuve de fonte émaillée, 3o kg d’huile et 5 kg de chlorure de soufre; on agite avec une spatule en bois de façon à mélanger malgré la différence de densité. Peu à peu, la réaction s’effectue, il y a dégagement de vapeurs acides qu’on doit enlever
- par énergique ventilation, la masse devient épaisse. On la broie alors entre des cylindres de façon à bien homogénéiser, et finalement les plaques sont mises à sécher à l’air pendant plusieurs semaines jusqu’à ce qu’elles aient bien perdu toute acidité; elles sont alors expédiées aux usines de caoutchouc.
- Une telle préparation paraît extrêmement simple. En réalité, elle est de conduite très délicate : le chlorure peut « charbonner » l’huile, la réaction peut s’effectuer trop rapidement ou pas assez, la moindre variation dans la nature des huiles peut agir sur la composition du factice, etc. Ajoutons que si le produit n’est pas réussi, il n’y a aucun moyen d’en améliorer la qualité. Aussi, nul fabricant d’objets en caoutchouc ne fabrique-t-il lui-même ses factices, qui sont fournis par certains spécialistes possédant chacun des marques plus ou moins réputées obtenues grâce à de minutieuses précautions et de secrets tours de mains.
- Nous jouissons d’ailleurs, sous ce rapport, d’une réelle supériorité, et les « factices français » sont vendus jusqu’en Allemagne où cependant on importe très peu de produits chimiques manufacturés.
- Les factices de bonne qualité rendent d’inappréciables services dans la fabrication du caoutchouc. Quand on n’en fait pas abus, loin de nuire à la qualité des produits manufacturés, l’addition de factice peut au contraire améliorer certaines propriétés; on obtient ainsi pour de nombreux usages des mélanges caoutchoutés aussi bons que du Para pur, et bien meilleur marché.
- Les factices ne sont pas employés seuls, mais incorporés aux mélanges destinés à la vulcanisation. Il en est autrement des matières plastiques et élastiques à base de gélatine, brevetées en grand nombre au cours de ces dernières années sous les noms trop pompeux de « caoutchoucs artificiels ». Ces pseudo-caoutchoucs sont directement utilisables, sans mélanges aux gommes véritables et sans traitements spéciaux; mais ils ne possèdent que bien peu des qualités du caoutchouc, fut-il largement additionné de factice.
- En principe, ces produits sont analogues aux pâtes à polycopier, à base de gélatine et de glycérine. Mais pour éviter la liquéfaction sous l’action de la chaleur, on insolubilise souvent la gélatine par addition de formol ou de bichromate de potasse. On ajoute souvent aussi, pour modifier les propriétés d’élasticité et de consistance, divers produits tels que gommes, factices, sucre, etc.
- Par exemple, on obtiendra une masse de bonne qualité en faisant gonfler pendant 12 heures x kg de gélatine dans 3 litres d’eau froide, on fait ensuite égoutter la gelée qu’on met dans i,5oo kg de glycérine chauffé à 700 C. : la fusion est immédiate. On agite, on ajoute 1 kg de factice, on colore à l’ocre ou au noir de fumée, et on insolubilise finalement avec 3o à 35 gr. d’alun de chrome.
- Les produits ainsi préparés sont en général très élastiques, mais résistent très mal à la traction. Aussi ne sont-ils guère employés que comme amortisseurs ; encore ne valent-ils pas dans ces applications les gommes naturelles. Les essais tentés naguère pour la confection de garnitures de roues (on injectait la masse avant solidification, dans une chambre à air de pneumatique), furent-ils abandonnés par suite des médiocres résultats obtenus à l’usage. A. Chaplet.
- HYGIÈNE ET SANTE
- CM?
- Le ravalement des maisons par le jet de sable. —
- Tous les dix ans, les propriétaires d’immeubles à Paris sont tenus de procéder au nettoyage des façades, sur cour et sur rue, à faire exécuter ce qu’en terme de métier on appelle le ravalement. Cette opération se fait tantôt au moyen d’une couche de peinture, ce qui est rare et réservé aux maisons de petite dimension, tantôt par le râclage ou enfin, comme on le fait plus cou-
- ramment par le lavage et le brossage à grande eau.
- Tout récemment la Compagnie industrielle du bâtiment, et d’autres sociétés l’ont imitée, a mis en service un procédé de ravalement par décapage. Il consiste dans la projection d’un jet de sable fin au moyen d’un violent courant d’air comprimé. Le sable projeté avec violence contre la pierre, le râcle en dégrade la surface, la nettoie d’une façon parfaite et la rend d’une blancheur éclatante.
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- Il y a malheureusement à cette méthode de nettoyage des inconvénients multiples dont se sont plaints les locataires des immeubles et même ceux des immeubles voisins, et la préfecture de police a saisi le conseil d’hygiène de la question que le professeur Hanriot, chargé du rapport, vient d’étudier très complètement.
- Le sable projeté avec cette violence d’un air comprimé à une certaine pression, forme tout autour des ouvriers un nuage de poussière fine obscurcissant presque l’atmosphère malgré l’emploi de bâches protectrices. Le Dr Filassier qui, en sa qualité de sous-directeur du Bureau d’hygiène, a été chargé d’un premier rapport, montre que les ouvriers, munis de masques pour garantir les yeux et la bouche, le cou enveloppé de foulards, les mains protégées par des gants, se trouvent enveloppés d’un tel tourbillon de poussière, qu’ils doivent, toutes les quatre ou cinq minutes, s’arrêter pour s’épousseter, s’essuyer les yeux et la bouche et respirer plus à l’aise.
- La poussière n’incommode pas seulement les ouvriers ; malgré portes et volets clos, elle pénètre dans les appartements. Chez un locataire qui avait eu le soin de coller du papier sur les joints des fenêtres, toutes les chambres étaient envahies par le sable, et la poussière recueillie dans son seul cabinet, devant les fenêtres, pesait près de i5oo grammes. Inutile d’ajouter que dans la rue la poussière voltigeait, comme celle du désert au souffle du siroco, et que les passants devaient fuir le trottoir devenu impraticable.
- On a recueilli des échantillons du sable pénétrant ainsi dans les appartements, et des analyses dues à M. Gambier, chef du laboratoire d’hygiène, montrent que la majeure partie, 90 pour 100, est constituée par de la silice. Le sable paraît, en effet, être du sable de Fontainebleau. Avec la silice, on trouve de la chaux, de la magnésie qui doivent provenir du décapage des murailles; mais ce qu’on y trouve aussi, ce sont des matières organiques, 3 pour 100, accumulées sur ces façades par toutes les causes possibles, notamment le battage des tapis, les rejets de poussières des torchons ou des balayages.
- Se trouve-t-il dans ces poussières des agents microbiens ? On ne saurait en douter. Voici quelques chiffres ré-
- sultant des analyses faites par MM. Filassier et Sartory :
- Nombre de bactéries par nr".
- Prise d’air dans le cabinet de toilette un quart
- d’heure après la cessation du travail. . . . 12.000
- Chambre sur la cour, prise d’air extérieure au
- niveau de la persienne.........................488.000
- Même endroit, en dedans de la persienne . . 3oo.ooo Même chambre, la fenêtre étant ouverte . . . 5oo.ooo
- Antichambre, fenêtre fermée.......................170.000
- Cabinet de toilette, fenêtre close, prise d’air pendant le travail................................i5o.ooo
- Parmi ces agents microbiens, on reconnaît le bacillus subtilis, le bacillus fxgurans, le bacillus acrophilus, le micrococcus radiatus, les sarcina alba et lutea, enfin, deux espèces dangereuses, le streptocoque et le staphylocoque doré.
- En présence de ces constatations et de ces analyses scientifiques, le Dr Hanriot estime que l’opération de ravalement par le jet de sable est dangereuse : le plus grave inconvénient, d’après lui, est dû à la présence des grains de silice en poussière impalpable. Ce sable, quelques précautions qu’on prenne, passe à travers tous les joints et s’infiltre dans les bronches et le poumon. C’est la cause de la mortalité élevée qu’on observe chez les ouvriers qui taillent les pierres, les meules. Dans un assez grand nombre d’industries, on emploie la force de ce jet de sable projeté par l’air pour le décapage des métaux, la gravure sur verre, etc. Mais dans ces ateliers, on a dû prendre des précautions spéciales, et le jet de sable ne se fait que dans des cages en verre bien closes. S’il ne s’agissait que d’un immeuble, le mal ne serait pas énorme, mais la prescription de nettoyage s’étend à toutes les maisons de deux arrondissements par an ; si ce procédé se généralisait, l’arrondissement serait inhabitable pendant cette année et les passants eux-mêmes auraient à en souffrir.
- La pénétration de la silice est un danger ; elle s’accompagne dans le râclage des murailles du danger de pénétration des matières organiques et des bactéries. Ce n’est donc pas sans raison que le distingué professeur a conclu à l’interdiction de ce procédé de ravalement et le conseil a adopté ses conclusions. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- QflÇ..
- Comment on conserve les œufs en Indo-Chine. —
- Il nous a été donné récemment de goûter des œufs provenant d’Indo-Chine qui n’étaient aucunement altérés quoique ayant subi ce long voyage sans aucune précaution spéciale ou emballage frigorifique, c’est-à-dire dans des conditions de température évidemment très dommageables à leur conservation.
- Les Indo-Chinois obtiennent ce résultat en entourant les œufs d’une couche de pâte faite avec de l’eau, du sel marin et des cendres végétales. Les œufs régulièrement enduits d’une couche épaisse de o,5 à 1 cm. sont ensuite mis.à sécher; il se forme des efflorescences salines qui leur donnent un aspect de sorte de boules neigeuses.
- Après complet séchage, les œufs sont simplement
- empilés dans un endroit sec; ils se conservent très bien d’une année à l’autre.
- Au moment de l’emploi, on plonge les boules dans l’eau, la couche saline se désagrège et l’œuf est prêt à être consommé. Mais par suite des échanges osmotiques qui se sont produits à travers la paroi perméable formée par la coquille, les œufs conservés sont extrêmement salés; non seulement le sel marin est diffusé, mais les carbonates alcalins contenus dans les cendres ajoutent à son action; c’est d’ailleurs ce qui assure la si longue conservation de l’œuf. Aussi est-il indispensable, comme font d’ailleurs les Annamites, d’employer les œufs conservés comme des sortes de condiments qui, associés par exemple à une forte proportion de riz, servent à la fois de sauce et d’assaisonnement.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de. renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. G. Mancuso, à Catania.. — Nous avons transmis votre lettre à la Société Westing-b'ouse-Leblanc, 45, rue de l’Arcade, Paris.
- M. A. K., à Paris. — Les déchets de tabac dont vous
- disposez pourraient fournir non pas de la nicotine pure, qui ne peut s’obtenir que par les procédés industriels et en traitant les tabacs par un lavage, donnant un jus dans lequel on déplace la nicotine par une base (chaux, ou carbonate de soude), par la vapeur d’eaù surchauffée et finalement -séparation de la nicotine par de l’acide sulfurique, ce qui donne du sulfate de nicotine, mais du jus de tabac ordinaire dont nous ne pouvons a priori fixer le dosage en nicotine. C’est un essai à faire. S’il ne s’agit que de traiter quelques pieds de vignes, et en admettant que ce traitement soit indiqué, car nous igno-
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- BOITE AUX LETTRES
- rons la nature de la maladie ou de l’insecte à combattre, il vous suffira de porter à l’ébullition ces divers résidus dans une certaine quantité d’eau. Vous aurez alors un jus de tabac à employer après refroidissement, lequel jus devra être soumis à un essai préalable, et en dilution dans de l’eau, afin de ne pas s’exposer à brûler les feuilles. Cet essai permettra de déterminer la quantité d’eau à employer pour obtenir une solution nicotinée efficace. De toute façon, on ne peut opérer que par tâtonnement, pour utiliser la nicotine contenue dans ces résidus.
- M. Marchand, à Paris. — Les cigarettes de menthol se vendent dans toutes les pharmacies. La pharmacie Roberts, rue de la Paix, a des tubes de verre qui en contiennent une forte quantité.
- M. Maroselli, Le Mans. — Nous étudions la question et ne manquerons pas de publier une recette du produit désiré si les résultats obtenus sont favorables. Il n’existe certainement en effet aucun produit de ce genre dans le commerce.
- M. M. Savary, à Nesles. — La glu marine est préparée en mélangeant à chaud 3 kg de poix, 2 kg de gomme-laque en écailles, 21 kg de caoutchouc pur non vulcanisé. On fait fondre pour appliquer.
- A. M., Montpellier. — Pile Daniell : la composition est la suivante : solution saturée de sulfate de cuivre, 1 partie de S04H2 avec 12 parties de H20. Le zinc amalgamé est préférable. Si les dépôts obtenus sont grenus, cela tient sans doute à l’insuffisante préparation des supports qui doivent être parfaitement polis, .dégraissés et décapés. Les piles sèches sont le plus souvent du type Leclanché : l’électrode négative est„ un cylindre du zinc, la positive est du charbon entouré de bioxyde de manganèse et de graphite, l’électrolyte est une solution de chlorhydrate d’ammoniaque immobilisée par la gélose. ;
- M. A. Viget, à Saint-Quentin. — A priori, nous pensons qu’un asphalte très riche en bitume conviendrait mieux, Mais pour ces sortes d’emplois, rien de tel que des essais faits en petit dont le résultat permettra de fixer sûrement le choix.
- M. A. B., & Saint-Maur. — S’il s’agissait d’un apprêt transparent et blanc pour toile non lavable (comme celle employée par les dessinateurs pour calquer), il serait facile de vous renseigner. Nous ne croyons pas qu’il soit possible, par contre, d’obtenir ce que vous voudriez, nous ferons quelques essais à ce sujet. Nous publierons la recette si les résultats sont intéressants.
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les grues à bras pivotant : P. de Méried. — Stéréoscope trans-positeur ou Directoscope Balmitgère : G. Mareschal. — L’art du photographe animalier : Y. Forbin. — Le vent : J. Loxsel. — Chronique. — Pistolet automatique Mannlicher : Capitaine D. — Les colorations de la Lune pendant les éclipses : J. Mas-CAB.T. — Académie des sciences; séance du Ier mai 1911 :
- Ch. de Viixedeuii,. — Une Université en plein désert : J. d’Izier,
- Supplément — L’ascension de MM. Bienaimé et Senouques. — Concours Lépine. —- Sur la fusion du carbone dans l’arc électrique. — Téléphones hauts-parleürs installés dans les rues . à l’usage du public. — L’huile de tabac. — Les bois dangereux à manier.
- *]Cours d’astronomie, par H. Andoyer, professeur à la Sorbonne, ire partie. Astronomie théorique, 20 édition , complètement refondue. ”k vol. 382 p. Hermann, éditeur.
- . Paris. 19x1. Prix : 12 francs.
- ' Le but de l’astronomie théorique est de déterminer , dans quelle direction se trouve un astre donné et quelles apparences il offre à un instant donné et dans | un lieu. En supposant connues comme le fait M. Andoyer, les lois de la mécanique céleste qui règlent les mouvements des différents astres, le problème se ramè-ne.àune série de questions géométriques, dontlarésolu-tion exige, bien entendu, le concours du calcul algébrique. M. Andoyer expose ces diverses questions avec la plus grande clarté; il indique chaque fois leur solution complète; unè étude préalable approfondie de la trigonométrie spécifique met à sa disposition des méthodes élégantes et pratiques. L’auteur étudie ensuite la Terre et les corrections à faire subir aux observations pour lès rendre comparables, en raison des causes physiques qui les altèrent; puis vient l'étude des mouvements des divers astres, et des corrections à appliquer aux observations en vertu du déplacement de plans fondamentaux; enfin la théorie générale des éclipses.
- La Chimie moderne, par S. W. Ramsay, traduit de : l’anglais, par H. de Miefonis. 2 vol. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris. 19x1.
- Le célèbre chimiste anglais s’est proposé dans les deux volumes ci-dessus, de présenter un résumé élémentaire de la chimie moderne. Le xer volume est consacré à la chimie théorique : on sait que les lois fondamentales de cette science gravitent aujourd’hui autour des hypothèses moléculaires. L’exposé de Sir William Ramsay, tout en se bornant à l’énoncé
- méthodique des faits, permet de comprendre immédiatement l’intérêt de ces hypothèses qui groupent si harmonieusement des faits tels que : lois dès proportions définies et multiples,lois de Gay-Lussac, lois dé l’isomorphisme, phénomènes de diffusion, dissociation, dissolution, lois de l’ionisation, etc. Le second volume est consacré à la chimie descriptive : corps simples, corps composés. Ces derniers sont groupés en 6 classes dont l’auteur donne les propriétés générales : hydrures, haloïdes, oxydes et sulfures, azotures et phosphures, borures, carbures et sili-ciures; alliages.
- The Veddas, par G. G. et B. Z. Seligmann. Cambridge. University Press. 1 vol. in-8°. 1911. Prix : i5 sh.
- En plus des faits résumés dans ce même numéro (Les mœurs des Veddas, p. 379) ce livre, contribution de tout premièr ordre à l’ethnographie, contient des chapitres de textes d’invocation, de musique et de renseignements sur les métiers. L’illustration est excellente et très documentaire.
- Les Civilisations Préhelléniques dans le bassin de la mer Egée. Etudes de Protohistoire orientale, par René Dussaud, avec 207 gravures et 2 planches hors texte. Paul Geuthner, Paris. 1910.
- Depuis Schliemann, la connaissance de l’archéologie orientale a progressé à pas de géants. On peut dire qu’elle a été révolutionnée en ces dix dernières années depuis que M. Evans commença en 1900 le déblaiement des ruines de Cnosse en Crète. M. Dussaud résume clairement les résultats stupéfiants obtenus par les fouilles de Cnosse, de Phaèstos et de Haghia-Triada ; actuellement, le musée de Candie abrite les trésors déjà recueillis de l’art de la péi’iode minoéenne qui daterait, selon les»évaluations, de 3460 ou seulement de 2000 à 1200 avant J.-C. Succédant au néolithique, la Crète préhellénique paraît avoir précédé les civilisations égéennes des Cyclades de Troie, de Mycènes, de Tyrinfhe et de Chypre. L’auteur résumé, toutes les nouvelles trouvailles effectuées, expose les,diverses théories édifiées sur leurs résultats et passe en revue « tous les ordres d’activité où se sont essayées les populations primitives du bassin de la merRgée, et dont il subsiste des vestiges. Jamais peut-être pn groupe humain n’a atteint, en un temps aussi court, une civilisation aussi brillante ». A propos des synchronismes que tant d’archéologues ont cherché à établir avec trop de légèreté, M. Dussaud attire avec raison l’attention sur « l’imprudence grave que l’on commet si fréquemment ep archéologie, quand on
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- rapproche,- sans s’être assuré qu’il y a eu contact, des éléments à première vue semblables ».
- La défense et illustration de la race française, par G. Rozet. Paris. Alcan. 1911. 1 vol. in-16. Prix : 3tr,5o.
- Vivement écrit et souvent d’une façon joliment littéraire toute moderne, le précieux petit livre de M. Rozet est un vivant tableau de ce qu’il appelle la « Renaissance athlétique » française. Les gens de sport, les fervents dé la culture physique en ont tous fait un livre, de chevet. Quant à ceux qui médisent de cette « Renaissance » ou qui n’y voient qu’un mouvement artificiel, une mode, on ne saurait trop leur recommander cette lecture. Ils y verront combien
- ces tentatives actuelles de rénovation physique ont de causes solides, de sérieux, et combien d’importance non seulement au strict point de vue physique, mais aussi aux points de vue intellectuel et moral.
- Sous le soleil de l’Inde, par A. Matjfroid. i vol. in-16. Paris. Plon-Nourrit et Cie, libraires-éditeurs. Prix : 3fr,5o.
- Attachant récit de voyage, descriptions colorées de la nature tropicale, des foules brahmaniques en prière sur les ghâts de Bénarès, des monuments splendides de l’Inde du Nord, humoristiques souvenirs de la Goa portugaise et de nos possessions françaises de Pondichéry, de Chandernagor et de la côte de Malabar.
- Jfeo
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 50“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" mai liill. 8°,3 W. S. W. 2. Très nuageux. 0.0 Très nuageux; gelée blanche; petites averses.
- Mardi 2 8°,5 S. 2. Beau. 0,0 Nuageux ; gelée blanche ; halo ; petite averse à 22 h. 45.
- Mercredi 3 10°,9 S. W. 1. Couvert. 0.3 Couv. le m puis nuag; üeau ap.i161’; pluie à 3h et de 5“ 40 â 61* ; halo.
- Jeudi 4 9°,5 S. S. >V. 4. Pluie. 8,1 Couvert le matin ; nuageux le soir ; pluie de 3 h. à 9 h.
- Vendredi 5 7°,2 Calme. Beau. » Peu nuageux le matin; presque couvert le soir; gelée blanche.
- Samedi 6 9°,S N. 0. Beau. » Nuag de 11 h à 17 h. beau avant et après; gelée blanche.
- Dimanche 7 . . . . 8°,3 N. E. 3. Beau. » Gelée blanche; beau ; peu nuageux de 14 h. à 18 h.
- MAI 1911. — SEMAINE DU LUNDI. 1" AU DIMANCHE. 7 MAI 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du ier au 7 mai. — Le ier. Pression en hausse sur toute l’Europe : péninsule Ibérique, O. de la France, 765; dépression sur le N. : Carlstadt, 753. Pluies générales; en France : Limoges, 12; Toulouse, 8; Biarritz, 7; Perpignan, Clermont-Ferrand, 5; Charleville, 4'> Cherbourg, 3. Temp. du matin : Haparanda, i°; Paris, 8; Alger, 17; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : io°,4 (normale : n°,5). — Le 2. Dépression sur la Manche et la Scandinavie : îles Feroé, 743; îles Scilly, 755; pressions un peu supérieures à 765 sur le S.-O. et le Centre, la Russie et les Açores. Pluies sur toute l’Europe, sauf le S.-O. et l’E. Temp. du matin : .Vardoe, o°; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : i2°,i (normale : i5°,6). — Le 3. Pression basse sur le N.-O. : Irlande, 740; aire voisine de ^65 du S.-O. aü N.-E. : Arkhangel, 774. Pluies sur le N.-O. et le S.-E. ; en France : cap de la Hague, 11 ; Calais, 5 ; Brest, 2; Le Havre pointe de la Coubre, 1. Temp. du matin : Arkhangel, o°; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : i3°,5 (normale : ii°,7). — Le 4-Situation troublée sur le N.-O. : îles Feroé, 736; Açores, 774. Pluies sur le N.-O. et le S.-E.; en France : Cher-
- bourg, 10; Calais, Paris, 7; Lorient, 6; Nantes, 4; Rochefort, 1. Temp. du matin : Arkhangel, i°; Paris, 9; Alger, 18; Puy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : ii°,a (normale : n°,9). — Le 5. Hausse de pression sur l’O., baisse sur le Centre ; îles Feroé, 751 ; Nice, 757. Pluies sur presque tout le continent; en France : Besançon, 10; Calais, 8; Charleville, 6; Biarritz, Bordeaux, 3; Marseille, Paris, 1. Temp. du matin : Arkhangel, o°; Paris, 7 ; Alger, 21 ; Puy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : io°,5 (normale : 12°). — Le 6. Pression élevée sur l’O. et le N.-E. : Irlande, Bretagne, 770; N. de la Russie, 776; dépression sur le S. et sur l’Islande. Pluies sur le N., l’Europe centrale et l’Italie. Temp. du matin : Arkhangel, o°; Paris, 10; Alger, 18; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : it°,8 (normale : i2°,i). — Le 7. Aire de forte pression du S.-O. à l’E. : Pays-Bas, 770; Moscou, 773 ; dépression vers l’Islande et sur la Méditerranée occidentale. Pluies sur le N., le Centre et l’O. des Iles-Britanniques. Temp. du matin : Arkhangel, 3°; Paris, 8; Alger, 18 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : ii° (normale : i2°,2). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 5, à 1 h. 28 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : > 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (Y7e)
- La reproduction des illustrations de < La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1982 — 20 MAI 1911 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 mai (n° ig83), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le 1" juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables, décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs. — ...................—
- Le magnétisme terrestre. — M. L. A. Bauer, de la Carnegie Institution de Washington, a exposé dans une récente conférence, l’état actuel de cette question, si complexe et si mystérieuse encore. On sait que M. Bauer dirige à l’Institution Carnegie, le service de recherches sur le magnétisme; celui-ci, puissamment outillé, a pu recueillir depuis plusieurs années de précieuses observations. Les indications les plus utiles sur le magnétisme sont fournies par l’étude des tempêtes magnétiques ; de la comparaison des observations faites dans les divers observatoires du globe, il résulte que les tempêtes magnétiques ne se produisent pas exactement en même temps sur toute la terre; celles qui se produisent brusquement, comme la tempête magnétique du 8 mai 1902 qui suivit l’éruption du mont Pelé, se propagent sur la terre le plus souvent de l’Est à l’Ouest, et avec une vitesse de xoo à 200 km, par seconde. Pour expliquer ce curieux phénomène, M. Bauer émet l’hypothèse qu’il pourrait être dû à l’action magnétique de particules électriques formées dans la haute atmosphère, à 75 km de hauteur, les ions se mettraient en mouvement, les uns, dans le sens du mouvement de rotation de la terre, les autres, en sens inverse; ces derniers attirés par la terre tomberont rapidement dans les couches plus denses de l’atmosphère et leur mouvement sera promptement enrayé. Les seconds, au contraire, repoussés par la terre et maintenus dans les hautes régions, constituent un courant ayant une puissante action sur le champ magnétique terrestre. M. Bauer montre également que le champ magnétique terrestre diminue actuellement d’une façon régulière et perd chaque année 1/2400“ de sa valeur. Dans 1660 ans, il serait réduit à la moitié de sa valeur actuelle.
- La sécheresse au Sénégal en 1910. Un de nos lecteurs, le Dr G. H., à Bamako, nous signale l’extraordinaire sécheresse qui a régné au Sénégal en 1910, contrepartie des pluies diluviennes qui ont désolé tant de régions et dévasté toute la France. Yoici l’intéressante lettre qu’il nous écrit : « Je lis dans La Nature
- n° ig65, les progrès scientifiques et industriels en 1910, la Météorologie, p. 119. L’année 1910 restera marquée par des troubles météorologiques exceptionnels, pluies et inondations dans toutes les régions du globe, cyclones, ouragans très fréquents. Il faut cependant faire exception pour le Haut-Sénégal-Niger (je parle de la région géographique ainsi indiquée, non de toute la colonie ainsi désignée arbitrairement). 19x0a été là au contraire exceptionnellement sec. Cela est nettement indiqué par un phénomène constant, les crues du Sénégal et du Haut-Niger. Rarement les grands bateaux, si impatiemment attendus à Rayes et qui profitent delà crue du Sénégal, sont montés aussi tard; rarement aussi le trafic fluvial par ce moyen a eu une durée aussi courte. De même sur le Haut-Niger. Les vapeurs ne passent plus entre Segou et Koulikoro, et l’on est déjà forcé d’avoir recours aux chalands, ce qui est exceptionnel à cette époque (début de mars). A Bamako on a été obligé de prolonger le tube d’aspiration fournissant l’eau d’alimentation à la ville (prise au milieu du Niger), bien que l’extrémité de ce tube ait été placée à 0,20 m. au-dessous ce que l’on croyait être le niveau des plus basses eaux. En résumé, la saison des pluies a débuté tard, a été peu pluvieuse, et s’est terminée de bonne heure ».
- Les tensions de vapeur des substances solides en grains. — On sait qu’un certain nombre de substances solides émettent des vapeurs à la température ordinaire. Un auteur russe, M. Pavlof, a fait à ce sujet, il y quelque temps, des expériences assez curieuses sur différentes substances organiques : le diphénylméthane, le triphénylméthane, l’iodoforme, le menthol, le salol, le gayacol. Les substances étudiées, pulvérisées au mortier d’agate de façon à avoir des grains de diverses grosseurs, dont les plus petits avaient des dimensions de 1 à 2 millièmes de millimètre, étaient placées dans de petites chambres en verre permettant l’examen au microscope et qu’on pouvait fermer hermétiquement. La température était maintenue à peu près constante (i3 à i5°); on observait que les grains les plus petits disparaissaient peu à peu tandis que les autres augmentaient; il y avait transport de matière vers ces derniers. Avec-le gayacol, en partant, soit d’une fine poussière, soit de grains plus gros, on obtenait, au bout d’un jour ou deux, des filaments longs et minces, parallèles, disposés vers les bords de la chambre; en certains endroits, on trouvait une poudre plus fine que celle qu’on avait employée. Ensuite commençait une nouvelle cristallisation ; les plus petits cristaux grandissaient et l’on obtenait un réseau d’aiguilles longues et larges enchevêtrées. L’auteur a donné une théorie particulière de ces curieux phénomènes.
- Congrès de l’Association technique maritime. —
- L’Association technique maritime a tenu les 11 et 12 mai, à l’hôtel des Ingénieurs Civils, sa session annuelle sous la présidence de M. Bertin, ancien directeur des constructions navales, membre de l’Institut. La première
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- INFORMATIONS
- séance a élé ouverte par un discours du président, examinant la question des navires de grand tonnage et faisant ressortir, qu’au moins en ce qui concerne les navires de guerre, elle recélail une raison d’économie. La dépense correspondant à la construction d’un navire transportant une masse considérable d’artillerie, est inférieure à la dépense que nécessiterait la construction de deux vaisseaux portant chacun un poids d’artillerie moitié. Mais cette économie n’est pas sans péril à une époque où les moyens d’attaque se multiplient et deviennent plus dangereux. Les lois du mouvement de translation accéléré ou ralenti, consécutivement à un changement de la puissance développée par le moteur d’un navire ont été l’objet de plusieurs communications de M. Bertin à l’Académie des sciences. Le premier point envisagé était la détermination de la distance parcourue par le navire après le stoppage du moteur; le deuxième point traité a été la détermination de la distance sur laquelle il est possible d’arrêter le navire quand on renverse la vapeur. D’une manière plus générale, enfin, le problème abordé a été celui de l’influence de l’inertie du navire sur la distance qu’il franchit pendant l’établissement d’une nouvelle vitesse, problème capital aujourd’hui, au point de vue de la manœuvre en escadre qui se fait à une vitesse de 20 nœuds, qui sera peut-être de 22, car la moindre erreur d’appréciation de la distance à franchir parle navire peut être l’occasion de collisions terribles. — Une notice de M. Maurice d'Oca-gne indique le moyen de construire un nomogramme permettant d’obtenir presque immédiatement et sans effort la valeur du chemin parcouru par le navire à partir de l’instant du changement de vitesse. — M. Drzewicski explique comment on peut utiliser pour établir une théorie du rendement des hélices, les expériences faites par M. Eiffel sur la résistance de planchettes, de forme et d’épaisseurs différentes, au mouvement de l’air sous des incidences variables. — M. Farcot communique le projet d’un moteur Diesel rotatif. — M. Le Las décrit le compas gyroscopique ou gyrocompas construit sur les indications de M. A. Kaempfe, qui, par sa construction spéciale, donne la direction du nord vrai. La pièce essentielle de l’appareil est un gyroscope actionné par un courant triphasé. Le gyrocompas a été essayé dès 1908 à bord du Deutschland; il est employé dans beaucoup de marines de guerre et est particulièrement précieux pour la direction des sous-marins. — M. Drosne, ingénieur en chef de la marine, communique un travail sur les pompes à action directe. — M. Legrand, ancien officier de marine, apporte une étude générale des .hélices propulsives. — M. Rateau traite également des hélices. On lit une étude de M. le capitaine Tarron, attaché au laboratoire aéronautique de Chalais-Meudon, sur les hélices propulsives. Ce savant officier, enlevé à la science par une mort prématurée autant que terrifiante, avait heureusement consigné par écrit les résultats de ses expériences et ses déductions. — M. Leblanc parle ensuite des avantages des machines frigorifiques à vapeur et à éjecteur, du système Westinghouse-Leblanc et de leur application à la marine. — M. Bochèt développe des considérations sur la substitution des moteurs à deux temps et à double effet. — M. Drzewicski, au sujet d’une communication de M. Laurent!, directeur des chantiers de Fiat San Giorgio, à Spezzia, sur les bateaux sous-marins à grande vitesse sous l’eau du système del Proposto, expose qu’il a construit, dès 1904 pour le gouvernement russe, un bateau sous-marin pourvu d’un moteur à combustion Diesel et fournit, à ce sujet, .certaines précisions dont il résulte que ce bateau marchait à une vitesse de 5 à 6 nœuds. M. Bertin rappelle qu’un essai de sous-marin muni d’un moteur à combustion a été mis à l’étude en France dès 1901, mais que l’on a été arrêté par le poids énorme des compresseurs d’air qu’il fallait aménager à bord.
- Un congrès juridique de l’aviation à Paris. — Le 3i mai, ouvrira à Paris, sous la présidence de M. Mil-lerand, le premier congrès du Comité Juridique International de l’Aviation. Ce comité, fondé en 1909, rassemble dans tous les pays les juristes amis de l’aviation. Il compte, à l’heure actuelle, dés comités aux sièges de toutes les cours d’appel de France, de tous les Etats qui composent l’empire allemand, en Angleterre, en Ecosse, aux Indes anglaises, en Autriche, en Hongrie, en Espagne, en Italie, à Monaco, aux Pays-Bas, en Russie, en Suisse,
- en Turquie, en Egypte, au Canada, aux Etats-Unis, au Brésil.
- Le téléphone en Angleterre. — Un document parlementaire anglais évalue à 4*4 688 milles la longueur totale des lignes téléphoniques publiques dans tout le Royaume-Uni. Ce total se divise en 163 38g milles (soit environ 262400 km • pour Londres, et 261299 milles (soit environ 401 600 km) pour les provinces. Le réseau qui rapporte les plus gros bénéfices est celui de Londres, dont le bilan s’établit comme suit, pour l’année financière 1909-1910 : recettes, 5a5 58g livres sterling, dépenses, 353 363 livres, soit un excédent de recettes de 172226 livres, ou 4 3o5 65o francs. Le réseau interurbain accuse un excédent de recettes de 2 279 5oo fr. Par contre, les réseaux des provinces accusent un excédent de dépenses de 1447470 fr. L’amortissement des capitaux n’est pas compris dans ces chiffres. Dans la région de Londres, le prix de l’abonnement pour le service local illimité est de 17 livres (425 fr.) pour une première ligne, et de 14 livres (35o fr.) pour chaque ligne supplémentaire. Dans les villes de province, le prix de l’abonnement est uniformément de 8 livres (200 fr.) pour le service local. D’après ce document, ce serait en Angleterre que l’abonnement téléphonique coûterait le plus cher.
- Brevets d’invention en Angleterre. — Durant l’année 19x0, le Patent Office a enregistré 3o 388 demandes de brevets, auxquelles viennent s’ajouter l’enregistrement de 32 212 dessins et 5722 marques de fabrique. Ses recettes ont été de 314024 livres sterling, soit une augmentation de 11 185 livres sur l’année précédente, et ses dépenses ont monté de 214 955 livres, soit une augmentation de 6419 livres. C’est la locomotive* mécanique qui a inspiré la plus forte proportion de brevets; les inventeurs se sont plus spécialement occupés d’apporter des perfectionnements aux roues des véhicules de tous genres. Le nombre des inventions relatives à la navigation aérienne a diminué légèrement ; les inventeurs qui se sont adonnés à cette question ont surtout cherché à perfectionner les détails des aéroplanes. Enfin, le Patent Office a reçu une centaine de demandes de brevets relatifs au rôle militaire des dirigeables et aéroplanes, et qui proposent des canons et des projectiles spéciaux permettant de détruire ces engins.
- L’électro-chimie en Norvège. — On sait avec quelle activité la Norvège met en valeur ses belles chutes d’eau. Elle y trouve un élément de prospérité qui va en s’accroissant régulièrement. Voici quelques statistiques relatives à l’année 1909. A cet époque, l’électrochimie utilisait 80 000 chevaux (ce chiffre doit être au moins doublé actuellement). Le prix du cheval-an varie de 28 à 56 francs. La production s’est élevée à 48 352 tonnes de carbure de calcium; 762 t. de cyana-mide; 9422 t. de nitrate de chaux; 2677 t. de nitrate de soude; 486 t. d’aluminium; 2646 t. de ferro-silicium; 279 t. de soude. Notons que dans ces deux dernières aunées la production des nitrates de chaux et de soude a considérablement augmenté. Notons encore la création d’aciéries électriques : lès aciéries Hardanger qui emploient 5ooo chevaux hydro-électriques ; et celles d’Arendal sur le Bôilefoss.
- L’électrification des lignes de banlieue sur l’Ouest-Etat. — L’administration vient de clore une enquête d’utilité publique sur l’avant-projet d’électrification des lignes de banlieue de l’Ouest-Etat. Ce projet comporte la transformation de la gare Saint-Lazare, la suppression du tunnel des Batignolles, l’électrification des lignes : Paris-Auteuil et Paris-Champ-de-Mars ; Paris-Versailles et Paris-Les Moulineaux; Paris-Saint-Germain et Paris-Argenteuil. A chacun de ces trois groupes sera affectée une double voie équipée électriquement ; deux voies seront réservées aux grandes lignes, deux autres au mouvement des trains et aux trains de marchandises; pour cette nouvelle ligne on construira un nouveau viaduc sur la Seine. La traction électrique est prévue avec 3e rail et matériel roulant du type Métropolitain. Les dépenses se monteront à x3q millions pour l’électrification de 220 km de voies, construction de 40 km de voies nouvelles, suppression du tunnel des Batignolles, transformation de la gare Saint-Lazare.
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- Bîneuse automobile et automotrice. — Peu à peu le matériel agricole vient à l’automobilisme. Après les tracteurs, les treuils, les charrues, voici que le moteur à explosion s’empare des petites machines pour en faire des merveilles, comme la bineuse que nous avons vu fonctionner au dernier concours agricole. Elle se range dans la catégorie des machines à outils commandés., L’avancement donne, en effet, aux outils, le mouvement horizontal requis tandis, que le mouvement dans le plan vertical leur est transmis par des organes de commande appropriés. Il en résulte une grande simplicité de mécanisme et les outils effectuent exactement le même travail que s’ils étaient commandés à la main avec plus de régularité encore et une très grande rapidité.
- La bineuse mesure 1,40 m. de longueur et 0,80 m. de hauteur; sa largeur variable, dépend de l’espace ménagé entre les rangs des plantations. Elle comporte un châssis horizontal monté sur trois roues; les roues motrices sont à l’avant ; celle de l’arrière est folle et elle permet de diriger la machine. Le moteur fait de trois à quatre chevaux; il est à refroidissement par ailettes et ventilateur. L’arbre du moteur porte un pignon denté qui engrène avec une roue dentée;Taxe de cette dernière porte encore un pignon qui est relié par une chaîne Galle à l’essieu des roues avant qui sont motrices. Un embrayage à griffes permet l’arrêt ou la mise en route de la machine lorsque le moteur tourne.
- D’autre part le pignon de l’arbre du moteur com-
- mande également une seconde roue dentée portant un excentrique relié par une bielle à un bras calé sur la tige pôrte-outils. Celle-ci est montée à pivot dans les longerons. On voit donc que le pignon de l’arbre du' moteur ést relié, par l’intermédiaire de l’excentrique, à la tige porte-outils qui effectue un mouvement oscillant alternatif autour de son axe. Les binettes montent et descendent donc régulièrement.
- Un déclanchement spécial permet de déclancher la commande des outils, de sorte que la bineuse se rend aux champs par ses propres moyens ; elle peut également être utilisée comme bineuse à couteaux fixes par le même procédé. Avec cette machine l’ouvrier n’éprouve aucune fatigue puisque son travail consiste uniquement dans la direction. Elle comporte enfin tous les perfectionnements apportés aux appareils manuels, permettant de biner légèrement ou à plusieurs centimètres de profondeur si on le désire; il suffit, pour cela, d’agir sur une manivelle commandant une vis verticale que l’on voit à l’arrière éntre les deux poignées conductrices. Un hectare neut être biné en 6 au .8 heures avec un cadre de 60 cm de large seulement, c’est le type que représente notre figure. —r Le constructeur est M. Eugène Bauche, ingénieur constructeur, 53, rue du Parc-de-Clagny, à Versailles.
- Objets utiles
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- Appareils de cuisine « sans feu » Achillini. — Les
- appareils de cuisine « sans feu » inventés par le capitaine d’infanterie italienne Achillini résolvent un des problèmes les plus importants de l’économie privée, (et également militaire), puisque enplus d’une économie de
- 80 pour 100 de combustible, ils procurent le moyen d’avoir les aliments aussi bons que ceux préparés communément sur le feu. Ils ont pour but de cuire les aliments sans l’usage constant du feu, c’est-à-dire qu’avant de confier lès aliments à la cuisine « sans feu », ces derniers doivent avoir subi, au préalable quelques
- Fig. 1. Fig. 2.
- minutes de cuisson à la manière habituelle (sur bois, charbon, gaz, etc.).
- Le principe physique qui régit le fonctionnement de ce système de cuisine « sans feu » est déterminé non seulement par la puissance exceptionnellement isolante de l’amiante qui y entre, mais aussi par l’augmentation de température que l’on obtient lorsqu’on exerce une certaine pression sur un liquide en vase clos. Or, dans les appareils en question, la pression est exercée par la vapeur d’eau qui continue à se former dans le récipient, même quand il a été fermé; cette vapeur qui, à cause de la fermeture hermétique de l’appareil ne peut se disperser d’aucune façon, fait pression sur le liquide ou aliment complet, et ainsi en augmente la température.
- Pour se servir donc de ces cuisines « sans feu », il faut mettre les aliments à cuire dans la marmite, porter ce contenu à ébullition, le iaisser ensuite bouillir doucement durant’ le nombre de minutes nécessaires ; cela fait, replacer rapidement le corps de l’appareil sur le fond isolant,' fermer le tout au moyen des baguettes à vis. Préparée de cette façon, s’il s’agit de la cuisine pour famille, ou d’une manière presque semblable s’il s’agit de la cuisine militaire ou scolaire, la
- cuisine « sans feu » pourra
- Fig. 3. Fig. 4.
- semblera; elle ne demandera plus aucun soin et accomplira son travail indépendamment de toute influence extérieure.
- Pour cuire les aliments par l’intermédiaire de ces appareils, on emploie le même temps que sur le feu.
- Il existe trois types d’appareils de cuisine « sans feu » -pour famille (prix complets : 5o, 4 2 et 22 francs). La figure 1 montre le type A, construit totalement en cuivre à l’extérieur et à l’intérieur, avec marmite et casserole en aluminium. Il se compose des parties suivantes : T du corps de l’appareil ; 20 du couvercle avec le robinet d’échappement de la vapeur; 3° du fond isolant
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- inférieur; 4° de la marmite d’une capacité de cinq litres environ; 5° de la casserole et 6° du disque réfractaire pour le rôti.
- La casserole permet de préparer en même temps deux mets différents, un de viande, et l’autre de légumes ou de soupe. Pour l’utiliser, on l’introduit comme l’indique la figure a dans la marmite sur le bord de laquelle elle s’arrête; la même chaleur qui porte à l’ébullition et cuisson le contenu de la marmite, fait cuire aussi le contenu de la casserole. Toutefois la casserole ne peut servir que pour l’usage ci-dessus, c’est-à-dire qu’elle ne saurait être employée seule dans l’appareil pour préparer des bouillons, soupes, rôtis.
- Pour les camps militaires, la cuisine « sans feu » Achillini est de deux types, l’un de 5o rations (fig. 2 et 3), l’autre de 3o rations (fig. 4) et qui a été, comme on le voit, établi tout spécialement pour pouvoir être aisément transporté à dos de mulet. Le premier qui a une capacité de 4^ litres et pèse avec marmite en fer 63 kg (en aluminium, seulement 58 kg) consomme 2 à 3oo kg de bois de chauffage pour cuisiner les 60 rations.
- Lorsque cet appareil doit être transporté, il est nécessaire d’assujettir ses pieds au moyen des goupilles retenues par les chaînettes. La cuisson continuera pendant le transport, ce qui est très avantageux. Toutefois la marmite ne devra pas être entièrement pleine, son contenu n’arrivera que jusqu’à 4 cm au-dessous du bord. Ce type fut expérimenté pour la première fois aux grandes manoeuvres italiennes de Branza en 1908.
- *>> Divers
- Le « Kidonne », distributeur de cartes à jouer. —
- À l’une des dernières Expositions du Grand Palais, on a remarqué une machine, d’origine étrangère, qui dis-
- Lo « Kidonne » ; montrant
- le casier B où se place le paquet de cartes, la roue entraîneuse B étant relevée.
- tribuait automatiquement les cartes en quatre paquets. Cette machine, un peu bien compliquée pour le but à remplir, a été décrite ici dernièrement (n° 1969). La nécessité de donner mécaniquement les caries aux joueurs ne se fait pas absolument sentir, mais il y a cependant à cela quelques avantages, tels que la propreté et peut-être aussi la sécurité, qui justifient la recherche d’appareils de ce genre. Il faut croire que l’idée est dans l’air, car on vient de nous présenter un autre, appareil, d’origine française, qui remplit bien ce but, mais pour un nombre quelconque de joueurs. Il
- . Fig. 2. — La carte sort du paquet.
- est d’une très grande simplicité et ne comporte pour
- ainsi dire pas de mécanisme. Les cartes sont mises dans un petit casier B (fig. 1) ayant exactement leur dimension et ouvert sur l’un des deux côtés. On rabat sur elles une roulette R en caoutchouc, montée sur un axe dont l’extrémité M est garnie de canelures de façon à ce qu’on puisse le faire facilement rouler entre les
- doigts. La roulette agissant simplement par son poids (fig. 2), entraîne la carte qui se trouve à la partie supérieure du paquet, quand elle tourne dans le sens qui dirige celle-ci vers la partie ouverte du casier Dans l’autre sens, la carte vient buter contre le rebord du casier et ne bouge pas (fig. 3).
- Il suffit donc de rouler l’axe entre ses doigts dans les deux sens alternativement. Afin de limiter la course dans chaque sens, et pour qu’elle ne dépasse pas la longueur d’une carte, on a disposé, sur le bord de la roulette, un doigt D qui vient buter contre le bord du
- Fig. 3. — Position après avoir fait machine en arrière.
- casier quand la carte a été lancée (fig. 2). On est ainsi averti qu’il faut faire rouler l’axe dans l’autre sens; mais on est bientôt arrêté par ce même doigt qui vient buter sur le paquet de cartes (fig. 3). On recommence alors le roulement en sens inverse, une nouvelle carte saute hors du casier, et ainsi de suite.
- Avec un peu d’habitude, on peut aller très vite et lancer les cartes d’un bout à l’autre d’une table. En tenant l’appareil légèrement incliné vers le bas, les cartes ne se retournent pas, mais si au contraire on l’incline vers le haut, elles se retournent. On a donc ainsi le moyen de faire tomber la carte comme on le désire suivant les cas prévus par le jeu. — L’appareil se trouve chez M. Mathieu, galerie de Valois, Palais-Royal.
- Distributeur automatique de cartes à jouer. Système J. Olivier. — Voici encore un autre appareil imaginé dans le même but que le précédent par un inventeur Marseillais, M. Olivier. Le distributeur automatique représenté figure 1, est plus spécialement construit pour les jeux de Bridge et de Whist, il peut cependant être adapté à tout autre jeu, car il peut distribuer à volonté des jeux de 3s ou 5a cartes.
- Cet appareil est silencieux et tient peu de place, on le remonte avec une clef pour un certain nombre de jeux 10 à ta; un timbre avertisseur prévient du reste automatiquement les joueurs lorsque l’appareil n’est plus remonté que pour un jeu.
- Il se compose d’un socle rond, supporté par des rondelles en caoutchouc. Dans ce socle se trouvent le
- barillet à ressort, les engrenages et le régulateur de vitesse. Un plateau mobile supporte dans un logement rectangulaire le jeu de cartes qui est toujours maintenu par un ressort sur le cadre supérieur, ce plateau sous l’action d’une roue à rochet tourne par quarts de tour en même temps qu’une molette en caoutchouc expulse la carte devant chaque joueur.
- L’arrêt de l’appareil est automatique après chaque distribution. Pour faire fonctionner l’appareil, introduire le jeu de cartes dans son logement par le côté, puis l’on appuie légèrement sur un bouton, celui-ci déclanche un verrou d’arrêt actionnant une butée qui commande le régulateur, et la distribution des cartes a lieu jusqu’à épuisement du jeu. — L’appareil est en vente chez M. Ducasson, t, rue Sainte, à Marseille.
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- J&D
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- VARIETES
- La tache bleue congénitale. — Les enfants de race mongolique, de race jaune, présentent tous, ou à vrai dire, à peu près tous, une tache bleue à la région du bas des reins, au niveau du sacrum, d’où le nom de tache bleue sacrée. Cette tache, variable comme forme et comme dimension, de quelques millimètres à 5 centimètres, représente tantôt un petit cercle teinté tranchant bien sur le tégument, tantôt allongé, un fuseau, une raquette. Sa couleur est bleuâtre, ardoisée et donne absolument l’aspect d’un nævus faiblement accentué. La tache est le plus ordinairement solitaire, mais on en trouve parfois sur d’autres points du corps. Cette petite anomalie disparaît en général avec l’âge de la puberté.
- La tache bleue semble bien un caractère de race, puisqu’on la rencontre à peu près chez tous les sujets de la race jaune et elle doit figurer, au point de vue ethnique, au même titre que le teint jaune des téguments, les yeux bridés, les caractères faciaux de cette race. On la trouve, disais-je, à peu près chez tous les nouveau-nés de race jaune; des statistiques bien établies donnent une moyenne de 98 pour 100 chez les Chinois, de go pour 100 chez les Japonais, de 89 pour 100 chez les Annamites. Ce qui semble bien prouver la caractéristique de cette empreinte, c’est qu’au Japon elle fait défaut chez les Ainos qui habitent la partie septentrionale du Japon et se rapprochent des races européennes. La tache bleue se voit aussi chez les Tagals, chez les Malais et chez les indigènes d’origine malaise, tels que les Hovas de Madagascar.
- Les Drs Apert et Carnot, qui ont étudié avec soin tous les détails de cette petite particularité bizarre, l’un dans la Presse médicale, l’autre dans sa Thèse inaugurale,1a regardent comme tout à fait spéciale à la race jaune. Mais ils montrent, par une série d’observations qui semblent se multiplier, depuis que l’attention des accoucheurs et des pédiâtres est attirée sur ce point, qu’on rencontre parfois cette tache chez des nouveau-nés de race blanche. On ne peut pas dire qu’elle soit absolument rare, M. Apert en a vu deux cas, les Drs Comby, Rendu en ont observé; Epstein, à Prague, la trouve quatre fois, sur 2400 enfants. Watef, à Sofia, la signale encore plus fréquente; 20 fois sur 35oo enfants, ce qui donnerait une moyenne de 1 sur 200 ou sur lyS. C’est déjà une proportion respectable ; elle serait cependant encore au-dessous de la réalité, si l’on consulte la statistique du Dr Chatelin qui, sur 1700 enfants entrés à la crèche des Enfants-Assistés en huit mois, a trouvé a5 fois la tache bleue. Les petits bébés porteurs de cette anomalie n’avaient aucun caractère mongolique, mais ils étaient très bruns et avaient la peau foncée.
- Les nègres, qui ne sont pas de race mongolique, présentent-ils la tache bleue? M. Apert n’a pu trouver sur ce point aucun document précis. Vous pensez qu’elle ne serait pas facile à reconnaître, chez un enfant de quelques mois, à coup sûr; mais, chez le nouveau-né, la
- chose serait des plus simples. A la naissance, l’enfant nègre n’est pas coloré, ce n’est qu’au bout de quelques jours que la pigmentation cutanée s’accuse et que le tégument revêt sa coloration noirâtre. Et cependant cette fameuse tache se rapproche, par sa nature, de toutes les anomalies pigmentaires. L’examen histologique qui a pu être fait dans un certain nombre de cas, montre que la tache bleue est due à la présence dans les couches profondes du derme de cellules chargées de pigment noir. La nature du pigment est identique à celle du pigment normal de la peau, qui donne chez le nègre la coloration foncée et généralisée. Mais le pigment siège ici dans la couche profonde du derme et non pas dans l’épiderme. Si le pigment épidermique a un aspect noir, c’est qu’il est très superficiel; le même pigment, dans la tache, apparaît bleu ou ardoisé, parce qu’il est vu à travers le derme. C’est la même apparence visuelle que donne le tatouage avec les grains noirs de l’encre de Chine; le tatouage a une teinte bleuâtre.
- La présence de la tache bleue dans la race européenne semblerait dénier à cette particularité tout caractère ethnique. Il est difficile cependant de le refuser d’une façon systématique en face de la constance, à de rares exceptions, chez tous les sujets de race jaune. Comment expliquer alors la présence de cette tache chez les nouveau-nés de race blanche. La question est délicate. M. Chatelin n’y voit qu’une anomalie pigmentaire analogue à un nævus, sans caractères ethniques. M. Apert se demande s’il ne s’agit pas là d’une anomalie de mutation. Un caractère des anomalies congénitales, dit-il, est de reproduire le plus souvent une disposition qui est normale dans un genre voisin, une espèce voisiné. On ne s’étonnera donc pas qu’une disposition normale dans la race jaune, puisse apparaître de temps en temps à titre d’anomalie rare, dans la race européenne même pure. Ce qui fait croire, ajoute notre distingué confrère, à la mutation, c’est que, quand la tache apparaît dans une famille européenne, il arrive qu’elle marque plusieurs enfants d’un même ménage et c’est là un des caractères des anomalies de mutation, ce que Féré appelait des maladies fraternelles.
- Peut-être, mais il faudrait savoir ce que donne l’examen des nouveau-nés dans les croisements de race, n’y aurait-il là qu’un résultat d’un mélange de sang des deux races. Ce métissage, qui remonterait à des temps anciens, aurait-il encore une influence sur l’apparition de la tache chez les enfants du xxe siècle.
- Je ne m’appesentirai pas sur ce problème. Disons, en terminant, que la connaissance de la tache bleue a un intérêt pratique. Le médecin et même les parents avertis ne seront pas tentés de prendre cette anomalie pour une ecchymose, un nævus et l’on saura que, sans influence sur la bonne santé du bébé, cette tache bleue n’est pas indélébile et s’en ira vers l’âge de 6 à 8 ans sans laisser aucune trace. Dr A. Cartaz.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS, — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les I faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- stéréoscope transporteur (Voy. n° 1980, 6 mai 1911) est construit par M. Balmitgère, 2, boul. Exelmans, Paris.
- Communications. — Pièces métalliques devenues cassantes pendant le décapage. — Au sujet de cette recette publiée dans notre n" 1980, 6 mai 1911, M. Sang
- nous écrit : « Je vous signale que le chauffage à i5o° pour les petites pièces et jusqu’à 2000 et plus est usité dans l’industrie depuis fort longtemps, notamment dans la tréfilerie; on met à l’étuve après le décapage et le passage à la chaux pour enlever le durcissement qui serait fort gênant pour le passage subséquent à la filière. Un séjour de quelques minutes dans une solution presque bouillante de soude caustique donne le même résultat. »
- Correspondance. — K. S. — i° Le sous-marin et le submersible ne diffèrent pas au point de vue du mécanisme. Le procédé employé pour provoquer la plongée
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- BOÎTE AUX LETTRES
- est le même chez l’un et l’autre. Il consiste à introduire dans l’intérieur du navire (à proprement parler dans les caisses à eau installées à cet effet) une quantité d’eau suffisante pour contrebalancer la flottabilité et le tenir en équilibre à la profondeur où l’on désire rester;
- a0 La différence entre le sous-marin et le submersible réside d’abord dans la flottabilité qui est beaucoup plus considérable chez le second que chez le premier. On donne au submersible un coefficient de flottabilité de 3o pour 100 environ, alors qu’il est seulement de 5 à io pour ioo pour les sous-marins.
- « On appelle flottabilité d’un navire, le volume de la partie du navire qui se trouve hors de l’eau. Dans les navires de mer ordinaires ce volume émergé est à peu près égal au volume immergé et même souvent inférieur. On appelle coefficient de flottabilité le rapport entre le volume émergé et le volume total. Pour les navires ordinaires ce rapport est d’environ 5opour ioo. » (Laubeuf. Conférence faite à l’Institut maritime, le 10 décembre 1910.)
- En donnant au submersible une assez grande flottabilité on lui permet de naviguer à la surface presque comme un navire ordinaire et d’affronter une assez grosse mer sans avoir à fermer ses panneaux, alors que le sous-marin, incapable de s’élever à la lame, doit fermer les siens au moindre clapotis. On conçoit l’importance de ce point pour la facilité de la vie à bord et l’accomplissement des missions.
- Cette différence dans la flottabilité des deux types comporte un mode de construction également différent. Le sous-marin a des formes à section circulaire; la forme des submersibles rappelle beaucoup celle des torpilleurs et de tous les navires de surface. De plus le submersible est muni d’une double coque dans laquelle sont ménagés les water ballast, alors que dans les sous-marins il sont placés à l’intérieur de la coque même. S. J.
- Renseignements. —Abonné 6.476. — C. 6. — i° Les questions relatives à la propolis exigent un certain développement que l’espace restreint dont nous disposons ne nous permet pas de donner ici; on trouvera des renseignements dans un traité d’apiculture : L’abeille et la ruche, par Langstroth, 7fr,5o; Apiculture, par Hom-mellj’ 5 fr. ; L’apiculture, par Laîont, 2rr,5o. Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. On peut aussi s’adresser à M. Hommell, professeur régional d’apiculture, à Clermont-Ferrand; — 20 Pour articles de reliure, on trouvera des adresses dans le Bottin ; — 3° Pour le Magasin pittoresque, écrire 53, rue Monsieur-le-Prince, Paris; — 40 Pour débarrasser les ruches mobiles de la fausse teigne ou gallerie de la cire, il faut se hâter d’enlever les rayons ou parties de rayons dans lesquels elle se trouve, et si on possède une population disponible, la donner à la colonie affectée; en cas de forte invasion, réunir la colonie à une autre et vider entièrement la ruche; faire la chasse aux papillons, ne jamais laisser de débris de vieux rayons, en été, dans la ruche. Lors du transvasement, ne conserver que les rayons contenant du couvain et qui ne sont p'as atteints; propreté minutieuse autour du corps de la ruéhe. Détruire les larves, en jetant une poignée de naphtaline dans une casserole, sur un réchaud, au milieu de la chambre où on place les rayons. La naphtaline, retombant en buée légère, répand une forte odeur qui détruit les larves. Enfin, avoir des colonies fortes, qui se défendent bien contre la fausse teigne.
- M. A. P,, k Paris. — Vous trouverez des manuels sur chacun de ces sujets dans Y Encyclopédie Roret, chez Mulo, rue Hautefeuille, Paris. Voyez aussi le Manuel de menuiserie, chez Baillière, rue Hautefeuille. Paris. Prix : 5 francs.
- M. P. Pinchon, k Philippeville. — Il suffit d’employer dans les lampes désinfectantes à mousse de platine, de l’alcool méthylique ordinaire qui, s’il n’y a pas de droits d’octroi, doit coûter moins de 2 fr. le litre.
- M. E. G. B., à Naples. — Tous les moyens « faciles » proposés pour distinguer le beurre de la margarine n’ont aucune valeur, et la Société d’encouragement à l’industrie, qui avait fondé un prix important pour récompenser l’auteur d’un tel procédé de valeur, n’a jamais pu le décerner. Toutefois il est un essai de laboratoire assez simple, et indiquant sinon la certitude d’une fraude, du moins une présomption bien fondée ; on peut ainsi faire analyser à bon escient le produit dou-
- teux. Nous publierons prochainement la description du procédé.
- M. Gillet, à Monbrison (Tarn-et-Garonne). — L’étamage des glaces, peu pratique pour un amateur, et d’application dangereuse à cause des vapeurs de mercure, serait avantageusement remplacé par l’argenture. Vous trouverez de bonnes recettes d’argenture dans les formulaires de Tissandier (Tome I, p. 244, Masson, édit.) et de GhersL (p. 26, Gaüthier-Villars, édit.). Bien observer tous les détails et opérer sur du verre parfaitement nettoyé, si vous voulez réussir.
- M. E. Jona, Milan. — Le chiffre donné par M. de la Baume-Pluvinel pour la hauteur atteinte par MM. Bien-aimé et Senouques est le résultat brut du calcul théorique réglementaire. Mais il est bien certain qu’il ne doit s’entendre qu’avec une certaine approximation. — Dans les concours d’aéroplanes on ne compte que par centaines de mètres.
- M. G. G. Dobki, Pologne russe. — i° Comme ouvrages traitant de la fabrication de la fécule, nous ne connaissons que les suivants : Fabrication de la fécule et de l’amidon, par J. Fritsch, prix : 7fr,5o; le traité de Technologie agricole de E. Saillard, contient un chapitre sur la féculerie (traitement de la pomme de terre, extraction, purification et dessiccation de la fécule), prix : 5 fr. ; librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, Paris; — 20 Pour avoir des adresses de maisons important la fécule, s’adresser à la Chambre syndicale des féculiers, Bourse du commerce, Paris. On peut citer, comme étant la plus forte maison de commission pour la fécule, sur la place de Paris : Maurice Duclos, io$, rue Richelieu, Paris. Les principales importations se font par les ports de Dunkerque et du Havre et à Rouen; — 3° Pour installations de féculerie (matériel complet), s’adresser à Thomas et C10, constructeurs-mécaniciens, à Compiègne (Oise); — 4° La fécule convenablement séchée, mise en sacs, ne craint pas les basses températures, mais il convient de la placer dans un local où elle n’ait pas à subir l’action d’un froid rigoureux.
- M. P. Van den JViele, à Paris. — Pour vous débarrasser des moustiques qui envahissent votré cave, par suite du voisinage de la pièce d’eau, il n’est pas nécessaire de supprimer cette dernière, mais d’y jeter, de quinze en quinze jours, quelques paniers de chaux ou 1 kg de fleur de soufre, afin de détruire les larves qui s’y développent et qui donnent naissance aux insectes parfaits ; à défaut de ce traitement, un autre moyen aussi bon et profitable consisterait, si possible, à peupler la pièce d'eau de poissons du genre Cyprin (tanches, carpes, goujons, etc.) qui sont insectivores et détruiraient les larves de moustiques. Pour détruire les essaims nombreux dans la cave, on ne peut songer à employer les vapeurs sulfureuses ou autres matières odorantes, à cause du vin, le mieux serait de répandre en aspersions, sur les murs et aux endroits envahis, une décoction ainsi composée : copeaux de quassia amara, 100 gr. ; graine de staphysaigre pulvérisée, 20 gr.; eau, 3 kg. Faire la décoction jusqu’à réduction à 2 kg. On peut aussi brûler les moustiques à l’aide de la flamme d’une torche résineuse ; badigeonner avec du pétrole brut ou de l’huile de schiste brute, en ayant soin de bien pénétrer les fissures et anfractuosités des murs, étendre quatre ou cinq couches d’un lait de chaux ou sulfate de chaux à 5 pour xoo. Placer au soupirail un cadre garni d’une toile métallique à mailles très fines.
- M. E. Gilon, à Nogent-sur-Marne. — Composition pour modèles à reproduire par le procédé « à cire perdue » : cire d’abeilles jaune, 10 kg; poix grasse, 1 kg; graisse de porc, r kg; térébenthine commune, 1 kg. Faire fondre à douce température et mélanger. — Chaque mouleur prépare sa « potée » de façon particulière. Yoici la recette employée par Keller, le célèbre artiste du xvine siècle pour couler la statue équestre de Louis XIY : mélanger 1 partie crottin de cheval et 12 parties de terre argileuse, malaxer, sécher, broyer, tamiser; mouiller, recommencer le malaxage et les opérations suivantes. Ajouter finalement 8 parties de poussière très fine de briques réfractaires.
- MJP. C., à Gap. — Pour rendre les essences végétales solubles à l’eau, il est nécessaire de les débarrasser des terpènes qu’elles contiennent, ce qui ne peut se faire qu’industriellement. Le principal fabricant français d’essences déterpénées est Gattefossé, de Lyon.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Les héros des gratte-ciel américains : N. Lallié. — Les mœurs des Veddas : Jean-Paul Lafitte. — L’Exposition annuelle de la Société française de physique : Andhé Conté. — L’hydrogène aéronautique : Lucien Fournier. — Académie des sciences; séance du 8 mai 1911 : Ch. de Villedeuie. — Record en horlogerie : V. Forbin.
- Supplément. — L’air liquide au music-hall. — La traction aérienne sur les canaux. — L’aviation au Pérou. — Torpilles aériennes. — Record de vitesse. — Une valve hydraulique gigantesque. — La pompe Humphrey à combustion interne. — Le téléphone aux Etats-Unis. — Les imitations du caoutchouc, etc.
- Manuel de VAviateur-Constructeur, par MM. Calderara et Banet-Rivet, 2e édition, revue et augmentée. 1 vol. illustré de 320 pages. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris 1910. Prix : 5 francs.
- Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons de cet excellent manuel, clair et précis. La 2° édition a été tenue au courant de progrès récents et si rapides de l'aéronautique.
- La technique du froid, par G. Lehnert, traduit de l’allemand par G. Dermine, préface de J. de Loverdo, 1 vol. de 201 pages avec 140 figures, 12 planches hors texte. Delagrave, éditeur. Paris 1910. Prix : 6 fr.
- Ce livre est écrit par un technicien du froid ; et il renferme une foule de renseignements de la plus réelle et de la plus haute valeur pratique, très méthodiquement classés. On y trouve non seulement le fonctionnement des appareils en usage, la description de nombreuses installations existantes, mais une foule de chiffres précis et qui paraissent dignes de foi. Les renseignements de cet ordre sont malheureusement trop, rares dans les ouvrages techniques. Souhaitons qu’à cet égard le livre de M. Lehnert serve d’exemple.
- Monographie sur l’état actuel de l’industrie du froid en France, publiée à l’occasion du 2e Congrès international du Froid, sous la direction de : M. J. de Loverdo, ingénieur, secrétaire général de l’Association Française du Froid, avec la collaboration de MM. le DrAr-sonval, le Dr A. Perret, Astruc, H. Baretta, Georges Claude, A. Gay, Lebrou, J.-E. Lucas, Roux. Un beau vol. gr. in-4° de 44° pages, 9, avenue Carnot, Paris. Prix broché : 20 francs.
- Cette belle publication du Froid contient une statistique générale de toutes les installations existant actuellement dans notre pays. Il résulte de ce volume que la France compte, pour le moment, 11 abattoirs, 53 boucheries, u5 maisons d'alimentation, 275 brasseries, 3o charcuteries, 53 chocolateries, 8 pâtisseries-confiseries et 4 distilleries munis d’installations frigorifiques. D’autre part, on compte, à Paris et en province, 80 entrepôts frigorifiques, de date récente, et 420 fabriques de glace, en y comprenant les petites installations. Enfin i56 laiteries, i5 fromageries, 20 hôtels et restaurants, 3 sanatoria, en sont également pourvus. A côté de ces applications courantes, la France compte plusieurs installations peu répandues ailleurs. C’est ainsi que nous avons 22 installations affectées à la vinification, 23 faisant partie de laboratoires scientifiques, 7 pour la conservation des fruits, 37 affectées au fonçage des puits de mines, par congélation du sol (procédé qui a été employé pour les travaux du métropolitain de Paris), 3 pistes de , patinage (Paris, Lyon, Nice), etc. Dans la partie statistique du volume, on trouvera toutes les caractéristiques de chacune de ces 1243 installations. La première partie de cet ouvrage donne une description détaillée, accompagnée de plans et richement illustrée, des installations typiques pour chacune de ces applications, de sorte que cette Monographie constitue un véritable traité sur l’utilisation des basses températures.
- La Haute-Loire et le Haut-Vivarais. Guide du Touriste, du Naturaliste et de l’Archéologue, par Marcelin Boule, professeur au Muséum national d’histoire naturelle; avec la collaboration de M. Galland, J. Pellissier, N. Tiiiollier et L. Yissaguet. Paris. Masson et Cio. 1911. 1 vol. in-16, 109 illustrations dans le texte, 1 carte en couleurs. Prix : 4fr»5o.
- (Guides Boule.)
- On n’a plus à faire l’éloge de la collection des guides publiée sous la direction de M. Boule, Ces copieuses et concrètes monographies étudiant toutes les données scientifiques de chaque région considérée. Le présent volume clôt dignement la partie de la collection réservée au massif central volcanique de la France : aux simples touristes, la Haute-Loire et le Haut-Vivarais offrent un riche ensemble d’impressions visuelles. Aux naturalistes, surtout aux géologues, ils fournissent la matière de très intéressantes études. Ils ont conservé, pour la joie des archéologues, toutes sortes de vestiges du passé. Le Puy, où la Nature et l’Art semblent avoir rivalisé pour produire des merveilles, est vraiment la Perle du Massif Central. Et il y a aussi : La Chaise-Dieu, Brioude, Lavaudieu, Polignac, Le Monastier, La Roche-Lambert, Chamalières, Mazan, etc., non moins remarquables par leurs sites que par leurs archaïques monuments.
- La marine moderne. Ancienne histoire et questions nouvelles, par Emile Bertin, membre de l’Institut, directeur du Génie maritime. 1 vol. (Bibliothèque de philosophie scientifique). Flammarion édit. Paris. 1910.
- M. Bertin expose les phases de l’évolution du navire de guerre et du navire de commerce au cours du xixe siècle et montre les principes qui dirigent le constructeur dans la conception des bâtiments nouveaux.
- Deutsche Industrie. Telefunken. 1 vol. illustré, 80 pages. Eiksteins Biographischer Verlag. Berlin, 6, Lützow-platz W. 62.
- La télégraphie sans fil a pris en Allemagne un grand développement et fait l’objet d’une puissante industrie. La présente brochure magnifiquement illustrée donne d’abondants détails sur l’histoire et les appareils de la grande Société Telefunken; notons en particulier la description des appareils à oscillations non amorties, imaginés par le professeur Max Wien; ils constituent les plus récents perfectionnements de la technique sans-filiste allemande. La Société Telefunken a construit actuellement 834 stations de télégraphie sans fil. Les sociétés françaises disposent aujourd’hui d’appareils de valeur au moins égale à celle des appareils allemands ; souhaitons qu’elles atteignent promptement le même développement commercial que leur grande rivale germanique.
- Ministère de l’Agriculture. Annales. Direction de l’Hydraulique et des améliorations agricoles. — I. Comité d’études scientifiques. — IL Documents divers. Fascicule 36 bis. Paris. Imprimerie Nationale, 1907 (paru en septembre 1910), in-8°, a5i p. et 33 pl.
- Elude sur l’appauvrissement des sources et sur la répartition des apports pluviaux, par M. Houllier. — Etude des propriétés d’une terre arable improductive, par MM. Burton, Edouard Livingston, J.-C. Britton et T.-R. Reid, traduit par Henri Fabre. — Rapport sur un projet d’utilisation de la source sous-marine de Port-Miou, près Cassis (Bouches-du-Rhô>ne) > par M. E.-A. Martel. -— Rapport sur les eaux souterraines des Alpines (Bouches.du-Rhône), par M. E.-A. Martel. — Utilisation des vinasses de distillerie, par M. le Dr Calmette. — Rapport sur la dessiccation des vinasses de distillerie de betteraves, par M. A. Ch. Girard. — Epuration des eaux résiduaires des fabri-
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- BIBLIOGRAPHIE
- ques de whisky et des distilleries de grains. — Traduit et analysé par M. le Dr Calmette. — Etude sur les engins grêlifuges, par M. Yioixe. — Rapports entre la constitution physique des terres et la distribution des eaux d’arrosage, par MM. A. Muntz, L. Faure et E. Laine. — Russie. Recherche systématique des forces hydrauliques combinées avec l’utilisation de l’énergie et les transports de l’électricité, en France, en Bavière et en Suède. Extrait du compte rendu du cinquième congrès électrique de toutes les Russies. Communication de M. À. Roundo.—Autriche -Hongrie. Travaux préparatoires effectués par l’administration des chemins de fer de l’Etat autrichien en vue de l’électrification des lignes principales. Conférence faite par M. le baron de Ferstel.
- Le béton armé (système Hennebique). i brochure illustrée, chez M. Hennebique, i, rue Danton, Paris.
- Cette petite brochure, consacrée à un système particulier, fait ressortir néanmoins les qualités de la construction en béton armé : les principales sont l’insonorité et la rapidité d’exécution. La brochure cite à l’appui des exemples tirés notamment des travaux exécutés à l’Exposition Universelle de 1900, ainsi que d’importantes constructions à Paris et dans le monde entier.
- Ueber eine méthode zur direkten Bestimmung der Ober-flàchenspannung der Plasmahaut von Pflangenzellen, par F. Czapek. Iena. G. Fischer. 1911. 1 broch. in-8°. Prix : 2 Mk 60.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A. 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 mai 1911 . 10°,3 N. E. 2. Beau. „ Gelée blanche ; brume ; peu nuageux.
- Mardi 9 13°,7 N. N. E. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux ; halo à 21 h. ; éclairs au N.-E.
- Mercredi '10 ... . 13°,0 E. N. E. 1. Nuageux. 15,4 Orage la nuit et pluie ; forte pluie de 18“ 25 à 21 h.; très nuageux.
- Jeudi 11 12° 7 1 S. E. 1. Très nuageux. 0,0 Rosée ; très nuag. le m., nuag. le s.; halo à 7 h.; gouttes à 11 h. 30.
- Vendredi 12 ... . 15°,5 S. 2. Pluie. 6,7 ltosée ; pluie de 7 h. à 9 h. et de 14 h. 20 à 15 li. Couv. le matin.
- Samedi 13 16°,0 S. E. 1. Beau. 2,7 Rosée ; nuagx ; halo ; orage de 12 h. à 13 h. avec pluie.
- Dimanche 14. . . . 14°,4 s. 3. Couvert. 0,3 Couvert le matin; très nuageux le soir; un peu de pluie le matin.
- MAI 1911. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 MAI 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 8 au 14 mai. — Le 8. Basses pressions sur la Méditerranée; fortes pressions sur le N. et TE. : Riga, 775. Pluies sur le S.; en France : Paris, 3. Temp. du matin : Yardoe, 3; Paris, 12; Alger, 17; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris ; i3°,5 (normale : i2°,4). — Ae 9. Basses pressions sur le S.-O. de la France : Toulouse, 757; Nantes, 759; fortes pressions sur le N. et l’E. : Riga, 773; dépression vers les Açores : Horta, 755. Pluies sur le S. Temp. du matin : Arkhangel, 3°; Paris, 14 ; Alger, 17; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : x6°,2 (normale : i2°,5). — Le 10. Zone de pression uniforme et un peu inférieure à 760 sur l’O. et la Méditerranée : Brest, Biarritz, 757 ; fortes pressions de l’Islande à la Russie : Feroé, Moscou, 770; Hernosand, 773. Pluies sur quelques stations d’Allemagne et d’Ita-lie ; en France : Belfort, S; Paris (orage), 2; Clermont, Biarritz, 1. Temp. du matin : Yardoe, 4°; Paris, i5; Alger, 17; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i4°>3 (normale : i2°,6). — Le il. Même situation : Biarritz, 756; Moscou, 770. Pluies sur le S. Temp. du matin : Yardoe, 20; Paris, 14: Alger, 18; Puy de Dôme, 7;
- moyenne à Paris : i5°,7 (normale : i2°,7), — Le 12. Pressions assez basses sur le S.-O. : Biarritz, Brest, 755; fortes pressions de l’Islande à la Russie : Seydisfjord, 768; Moscou, 767. Pluies sur le Centre et l’O., et en Algérie; en France : Rochefort, io°; Toulouse, 6; Nantes, 4; Boulogne, 2. Temp. du matin : Yardoe, o°; Paris, 14 ; Alger, 19; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i4°,3 (normale : i2°,8). — Le i3. Accentuation de la dépression du S.-O. : Biarritz, Brest, 754; baisse légère sur la Russie et l’Islande : Seydisfjord, 767; Moscou, 765. Pluies sur l’O.; en France : Rochefort, xo; Besançon, 8; Paris, 5. Temp. du matin : Vardoe, o°; Paris, i3 ; Alger, 19; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i4°>7 (normale : i2°,9). — Le 14. Même situation : Biarritz, Brest, 753: Moscou, 763; Seydisfjord, 765. Pluies sur l’O.; en France : cap Sicié, 14: Gap, 9; Brest, 6; Le Havre, 4; Dunkerque, Paris, 3. Temp. du matin : Yardoe, o°; Paris, i3; Algèr, 19; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : 15°,6 (normale : i3°,i). — Phases de la Lune : Pleine Lune le i3, à 2 h. 45 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Taris [Y7e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1983 — 27 MAI 191!
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 mai (n° 1983), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le 1" juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 fr.au lieu de 26 fr.
- La course d’aviation Paris-Madrid. — La catastrophe du départ. — Une catastrophe épouvantable a affligé, le 21 mai, à Issy-les-Moulineaux, le départ de la course Paris-Madrid organisée par Le Petit Parisien. Un monoplan, dont le moteur donnait mal, et forcé d’atterrir, est venu, après avoir évité à grand’peine un peloton de cuirassiers évoluant sur l’aérodrome, s'abattre dans un groupe de personnages officiels. M. Berteaux, ministre de la Guerre, fut tué sur le coup. M. Monis, président du Conseil, est très gravement blessé. L’accident qui frappe si cruellement deux ministres au moment où ils venaient apporter à la jeune industrie de l’aviation un vigoureux appui moral, met en deuil la France entière. Il apporte en même temps une leçon sévère qui, espérons-le pour la sécurité des spectateurs futurs de fêtes aériennes, ne sera pas perdue. Nos lecteurs trouveront plus loin, dans le rapport du lieutenant-colonel Bouttieaux, une classification des accidents d’aéroplanes. Celui d’Issy-les-Moulineaux rentre manifestement dans la catégorie des accidents par imprudence, de ceux qui peuvent être le plus facilement évités par une organisation judicieuse, par l’observation de quelques précautions élémentaires. Les pistes d’aérodromes doivent être exclusivement réservées aux aéroplanes; la plus stricte discipline doit y être observée. Sous aucun prétexte on ne doit laisser s’y engager les spectateurs quels qu’ils soient. Ajoutons enfin que le choix d’Issy-les-Moulineaux comme point de départ d’une grande course d’aviation, n’a pu être dicté par aucune considération technique; cette cuvette, entourée de maisons et de collines, dont tout le pourtour est envahi par les spectateurs, offrait, de l’avis unanime, le maximum de dangers et pour les assistants et pour les aviateurs. Les courses d’aviation, sont excellentes; encore faut-il qu’elles soient organisées avec la prudence nécessaire, et que l’on mette à la disposition des oiseaux mécaniques des aérodromes et des terrains d’atterrissage appropriés.
- Accidents mortels d’aviation. — La série noire continue : le 17 mai, l’Américain Addison Hartie se tue à Dominguez (Californie). Le 18 mai, Pierre Marie Bournique et son passager le lieutenant P. Dupuis, sur
- monoplan Deperdussin, font à Bétheny une chute mortelle de 5o m. de haut.
- L’or au Transvaal en 1910. — D’après les chiffres officiels aujourd’hui publiés, la production aurifère du Transvaal est montée en 1910 à 8o5 millions de francs contre 779,3 en 1909. Sur le total de 1910, le Witwaters-rand entre à lui seul pour 773,64 millions, et tous les autres districts seulement pour 3i,36 millions : soit, en chiffres ronds, environ 10000 kg. Encore ce dernier chiffre comprend-il des districts qui se relient au Witwatersrand, comme celui du Nigel dont la production a été de 1681 kg. L’importance relative du Transvaal par rapport au reste du monde s’accroît ainsi d’une façon continue. Elle était de 25 pour 100 en i8g5; elle est passée à plus du tiers en 1910. Si on analyse les détails de cette énorme production, on voit que les frais d’exploitation ont absorbé 62 pour 100 de l’or produit, les impôts, intérêts sur avances et dépenses de premier établissement g pour 100, les dividendes 29 pour 100, (soit 221 millions). Les frais de production se sont ainsi élevés à 22 fr. contre 2ifr,4o : ce qui définit la limite moyenne d’exploitabilité des minerais. D’autre part, le tonnage broyé est monté à 24 43a 54* tonnes, ou 888 782 t. de plus que l’année dernière; d’où il résulte que la teneur moyenne par tonne de tous les minerais traités a été de 33 fr., ou presque exactement 10 gr., soit 1 pour 100000. La puissauce moyenne des pilons employés au broyage a été beaucoup augmentée ; elle a atteint parfois 20 tonnes et sa moyenne a été de 7,19 t. contre 4,80 en 1899. En outre, l’emploi des tube-milles (voir n° 1702, 6 janvier 1906) tend à se généraliser. Leur nombre a augmenté de 36 en 1910. Au total, 9891 pilons ont fonctionné, dont i4i5 dépassent 700 kg. Un fait remarquable a été la tendance au groupement en très grosses entreprises. Actuellement 2 exploitations dépassent un broyage de 100000 t. par mois et 9 sont au-dessus de 5oooo t. L’impôt perçu par le gouvernement sur les profits a rapporté 23 55o 000 fr. La main-d’œuvre monte maintenant à 25 376 blancs et plus de 200000 indigènes. Le salaire moyen perçu annuellement par blanc employé est descendu de 9175 fr. en 1906 à 8o3o fr. en 1910. A chaque blanc correspondent io56 t. broyées, et i32 t. à chaque nègre. Ces chiffres sont très inférieurs à ceux qu’on obtient ailleurs : par exemple en Australie occidentale où l’on arrive à près de 200 t. par employé quelconque contre 117 au Transvaal. Les difficultés que l’on a éprouvées pour se procurer cette armée de 200000 hommes à la place des Chinois, contre lesquels avait été faite la campagne politique bien connue, contribuent fortement à en diminuer la qualité. Les 200000 nègres mentionnés plus haut sont employés dans la proportion de 181 000 aux mines d’or, 8700 aux mines de charbon, 10000 aux mines de diamant, 36o aux mines d’étain et le reste aux carrières. Ajoutons, pour compléter cette statistique, que le Transvaal a produit, en • 910, 2090068 carats de diamants valant 33 millions; 3i8o t. de cuivre contre 1947 en I9°9 et 3383 t. d’étain contre 2657. Ces deux derniers chiffres accusent une évolution de l’indtistrie minière qui correspond à un développement nouveau du pays.
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- INFORMATIONS
- La télégraphie sans fil dans les colonies françaises. — Le ministre des Colonies vient d'élaborer un projet grandiose en vue de relier notre empire colonial à la Métropole par la télégraphie sans fil. Yoici les grandes lignes de ce projet, qui recevra à très bref délai un commencement d’exécution.
- Nos lecteurs savent que les progrès de la technique sans-filiste et notamment l’emploi de l’émission dite musicale, permettent aujourd’hui d’établir avec des puissances réduites des postes à très grande portée, dont le fonctionnement continu est assuré, même dans les régions tropicales ; l’émission musicale est à peu près indifférente aux mystérieuses et incessantes perturbations électriques qui ont jusqu’ici paralysé le développement de la T. S. F. dans les pays équatoriaux.
- On répartira donc, sur l’étendue de notre domaine colonial, un certain nombre de postes principaux à très grande portée (3ooo à 4000 km) ; ils serviront de relais successifs pour acheminer vers le poste central de la Tour Eiffel les messages des réseaux coloniaux locaux,
- part, et d’autre part avec un poste sur la côte du Dahomey, celui-ci se reliera au poste de B an gui, au centre du Congo, qui à son tour pourra servir de relai à un poste placé à Djibouti ; les télégrammes hertziens franchiront entre ces deux postes les montagnes d’Abyssinie hautes de plus de 3ooo m. ; Madagascar recevra un poste à Diego-Suarez; la liaison avec l’Indo-Chine se fera par Pondichéry et Saigon ; Cayenne établira la liaison entre l’Afrique d’une part, la Guyane et les Antilles d’autre part. Enfin, ultérieurement, la Nouvelle-Calédonie et Tahiti seraient également pourvues de postes puissants. La liaison complète entre la France et ses colonies sera ainsi définitivement assurée; la solution de ce problème difficile était depuis longtemps réclamée pour d’impérieuses raisons de sécurité nationale ; mais, tant que l’on ne disposait que des câbles sous-marins, industrie privée et gouvernement ont toujours reculé devant l’énorme dépense à engager. Le coût total du projet de T. S. F. que nous venons de résumer ne dépassera pas 5 millions.
- Ainsi que nous l’avons dit, autour des postes princi-
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- Mappemonde montrant l’emplacement des futurs grands postes de T. S. F. dans les colonies françaises.
- réseaux télégraphiques ordinaires ou postes secondaires de T. S. F., de moyenne portée.
- Le pivot de cette organisation sera le poste de la Tour Eiffel; on trouvera dans ce numéro la description de la station actuelle telle que l’a aménagée tout récemment le commandant Ferrie ; elle représente pour l’instant le type parfait de la station de moyenne puissance ; les nouveaux appareils dont elle est munie ont donné des résultats inespérés (communications dépassant parfois 5ooo km avec i3 chevaux seulement), et ont prouvé que l’on pouvait désormais aller hardiment de l’avant. Aussi le poste actuel n’aura-t-il qu’une durée éphémère. Il doit faire place prochainement à une station beaucoup plus puissante, mue par un moteur Diésel de 3oo chevaux.
- L’émission musicale sera obtenue au moyen d’alternateurs à résonance de la Société française Radio-télégraphique (Voy. La Nature, n° ig35, a5 juin 1910). La future station pourra assurer un trafic télégraphique continu entre l’Europe et les Etats-Unis. Le poste Marconi, qui est actuellement le seul en Europe à assumer ce rôle, met en jeu plus de 1200 chevaux.
- Les postes à grande puissance prévus pour nos colonies seront, en principe, identiques au futur poste de la Tour; ils seront de 3oo chevaux environ. Les emplacements adoptés sont les suivants : d’abord Colomb-Béchar, qui sera en relation directe avec Paris, d’une
- paux, se grouperont les réseaux locaux. Nos colonies possèdent déjà un certain nombre de postes de T. S. F. de moyenne puissance; l’Afrique française est actuellement la mieux dotée à ce point de vue. Nous trouvons d’abord Alger et Bizerte. L’Afrique occidentale possède en fonctionnement ou en construction les stations de Tabou, Monrovia, Konakry, Rufisque, Dakar, Port-Etienne; Tombouctou est projeté. Au Maroc, nous avons Casablanca; un poste va être établi àTaourirt, un autre à Fez dès que les circonstances le permettront. En outre, 4 postes volants viennent d’être embarqués pour la colonne expéditionnaire. Au Congo français, nous trouvons Brazzaville et Loango; signalons l’importance de ce dernier poste ; il servira à transiter une partie du trafic du grand réseau de T. S. F. que crée, en ce moment, le gouvernement du Congo belge. Ce projet comporte a3a postes; 20 sont déjà en construction, ils ont été commandés à la Société Française Radiotélégra-phique; le Congo belge sera équipé avec du matériel d’invention et de construction françaises ; c’est une belle victoire à l’actif de notre industrie nationale.
- Dans la région du Tchad, 6 postes légers, à faible portée, seront d’ici peu installés à N’ Guimi, Mao, Fort-Lamy, Abecher, et en deux autres points à déterminer. Madagascar possède des installations de moyenne portée à Majunga et Mayotte; l’Indo-Chine a 3 petites stations seulement.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- sm. Topographie
- La planchette-télémètre. —.Voici un petit appareil de poche, dû au commandant du génie Colson, qui peut rendre pas mal de services aux officiers des diverses armes. Il peut être utilisé : soit pour évaluer rapidement sans calcul, les distances de buts fixes ou mobiles, les écarts angulaires, les fronts d’objectifs, les angles de site et la vitesse des buts mobiles; soit pour exécuter avec une certaine précision des levers topographiques de reconnaissance ou des croquis panoramiques.
- Il est constitué par un rectangle de i5 cm de long sur 8 de large, dont les deux faces portent diverses graduations et des abaques.
- Un fil de o,5o m. de longueur est attaché près du centre d’un des grands côtés, et une encoche a été faite sur chacun des autres bords de la planchette en des points convenables.
- Ses faibles dimensions et sa rusticité en font un appareil très pratique, dont le maniement se comprend en quelques instants.
- Nous nous bornerons à indiquer très rapidement comment on peut résoudre avec cet instrument les problèmes les plus usuels, qui se posent à tout instant sur le champ de bataille aux officiers commandant une troupe ou une batterie d’artillerie.
- i° Evaluation des distances. — On applique le principe de la stadia. Connaissant la dimension exacte d’un but situé à une distance inconnue, on mesure la longueur interceptée par la dimension ci-dessus, sur une graduation disposée parallèlement et tenue à une distance connue de l’œil.
- L d
- Ici, la distance d n’est autre que la longueur o,5o m. du fil. La dimension Z se mesure sur le bord, gradué en centimètre, de la planchette, que l’on tient parallèle-
- ment à la dimension du but en tendant le fil, dont le bout libre est appliqué entre les deux yeux.
- On peut écrire
- L x o,5o L
- Pour éviter tout calcul, on a tracé sur la planchette un quadrillage, dont le grand côté, gradué en centimètres et demi-centimètres, sert à la mesure de Z, le petit côté porte une graduation de o à 200, sur laquelle on reporte la valeur L. Suivant la valeur de Z, on pourra l’employer en valeur absolue ou multipliée par 10, ce qui entraînera les mêmes opérations pour L. On a en outre tracé sur ce tableau, des obliques qui donnent les distances de ioo en ioo m. et permettent d’interpoler.
- Il est nécessaire de se rappeler les dimensions sui-
- vantes, bien connues en général des officiers . fantassin 1,60 m., cavalier 2,5o m., mur 2,20 m. à a,5o.m., façade de maison 3 à 4 m- par étage, poteaux télégraphiques sur route 6 m., section d’infanterie en ligne 14 m., pièce d’artillerie avec 3 attelages i5 m., front usuel d’une batterie en batterie 5o m., envergure d’un aéroplane 8 à 10 m., longueur d’un dirigeable militaire 60 m., etc.
- Supposons que l’on veuille déterminer la distance à laquelle se trouve une pièce attelée vue de flanc. Si on trouve sur la graduation tenue parallèlement à la pièce,
- qu’il faut 7 mm pour la couvrir, la distance se trouvera à l’intersection de la verticale 70 et de l’horizontale i5o, c’est-à-dire 1074 m.
- Il est évident que connaissant la distance 1074 et ayant mesuré la dimension apparente 7 mm d’un but, la planchette nous aurait donné réciproquement la dimension i5 m. de ce but.
- 20 Mesure des écarts angulaires et fronts. — On a pris l’habitude de les évaluer en millièmes. Le millième est l’angle sous lequel on voit 1 m. à 1000 m., on en compte en chiffre rond 1600 dans un angle droit. Le fil ayant précisément o,5o m., chaque centimètre de la graduation équivaut à 20 millièmes. Cette graduation tenue perpendiculairement au fil, permet de mesurer l’écart angulaire entre un point de repère et un but, ou le front angulaire de ce but.
- 3° Mesure de l'angle de site. — On fixe le fil dans l’échancrure située au milieu d’un des petits côtés, et on y suspend un corps de poids modéré, petit plomb ou cartouche. Ce fil à plomb déterminant ainsi la verticale, on vise le sommet de la crête ou le but à battre, avec le petit côté de la planchette, tenue dans un plan vertical, le fil vient s’appliquer sur la graduation inférieure des angles de site, où on le fixe avec un doigt pour pouvoir faire la lecture.
- Dans le cas où les angles dépassent 200 millièmes, on se sert de la graduation en angles de o à 1800 ayant pour centre le point d’attache du fil sur le grand côté, et en visant cette fois avec le grand côté lui-même.
- La détermination des angles de site s’impose dans l’artillerie pour résoudre convenablement le problème du défilement et du tir masqué. Elle s’impose aussi, dans le cas où cet angle a une valeur importante, pour faciliter le réglage de la durée de combustion des fusées des projectiles.
- 4° Mesures topographiques. — On peut avec cette planchette mesurer des angles, et par suite reporter sur un lever des directions et des alignements. On peut aussi déterminer les pentes, en utilisant le fil comme fil à plomb et en visant parallèlement au terrain à hauteur d’homme.
- 5° Exécution de croquis panoramiques. — On cherche, en opérant comme pour la mesure des angles de site, où passe sur le paysage le plan horizontal de l’œil, puis on met les divers points en place, tant en hauteur qu’en
- Millièmes
- Fig. 1. — Ferso de la planchette. à la mesure des angles de site et aux mesures topographiques.
- pN rea?
- 190 "asTocT
- Recto de la planchette,
- Sert à l’évaluation des distances et des écarts angulaires.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- direction, en mesurant ensuite les écarts angulaires en millièmes, par rapport à un point de repère et par rapport à la ligne horizontale.
- Nous n’insistons pas davantage sur toutes les opérations que l’on peut faire avec cette planchette, le commandant Colson L’accompagne d’ailleurs d’une notice explicative très complète qui donne tous les renseignements voulus. Cette planchette est couverte d’un vernis lavable qui la protège contre toute dégradation chacun peut d’ailleurs la compléter en y ajoutant les renseignements dont il peut avoir besoin. — S’adresser à la librairie Berger-Levrault, 5, tue des Beaux-Arts, Paris. Prix : 2 francs. Capitaine D.
- Photographie
- La dimension du cliché et le temps de pose. — Dans une instruction pour l’usage de la poudre Eclair dans la photographie sur autochrome, un de nos lecteurs découpe le passage suivant : « Avec un objectif à F/5 la quantité de poudre à employer est de 8 grammes pour un cliché i3X 18 et de 5 grammes pour un cliché ». Est-ce donc, nous demande-t-il, qu’il faut poser plus pour un grand cliché que pour un petit ? Ainsi posée, la question manque de précision ; mais la phrase reproduite ci-dessus peut en effet laisser un doute. On comprendrait mieux si on avait envisagé, non pas la dimension relative des clichés, mais celle des images d’un même objet. Il est clair que si on a fait la mise au point sur le verre dépoli d’un appareil i3 X 18, on pourra employer pour enregistrer l’image, ou une partie de cette image, une plaque i3X >8, 9X12 ou de toute autre dimension, sans que pour cela le temps de pose soit modifié. Mais il n’en sera plus de même si, changeant la position de l’appareil on se rapproche, ou on s’éloigne, du sujet pour obtenir de lui, sur une plaque appropriée une image plus grande ou plus petite.
- Il est de règle que plus le sujet à photographier est éloigné, moins il faut poser.
- Il y a pour cela diverses raisons assez complexes. S’il est vrai que la quantité des rayons lumineux concentrés par l’objectif sur une surface donnée de la plaque sensible augmente à mesure que le sujet s’éloigne, celui-ci en revanche, par suite de cet éloignement, envoie de moins en moins de lumière à l’objectif. Mais, d’autre part, il est reconnu que la lumière qui se réfléchit sur les poussières et la vapeur d’eau de l’atmosphère est très actinique et vient s’ajouter à celle réfléchie par le sujet. Cet effet est d’autant plus intense: que la couche d’air est plus épaisse, Il y a lieu de tenir compte aussi de l’angle sous lequel les rayons lumineux arrivent à l’objectif suivant que l’objet est plus ou moins éloigné. Il n’y a pas de relation mathématique qui permette de calculer le rapport qui existe entre le temps de pose et la distance du sujet. Ce n’est que quand cette distance devient inférieure à 10 fois la longueur focale principale, comme dans le portrait à l’atelier, qu’on peut avec raison chercher une relation déterminée. Dans ce cas, en effet, la relation qui existe entre l’ouverture utile de l’objectif et la distance focale change à mesure que le tirage de la chambre augmente par suite du rapprochement de l’objet, donc le coefficient de clarté diminue. On trouve, dans les agendas, des tables calculées à cet effet et notamment celle de M. Gabriel Chapel d’Espinassoux. Chacun pourra en établir une à son usage en se servant D2
- de la formule —----— dans laquelle D représente la
- (D — r )*
- distance du sujet à l’objectif et F la longueur focale principale de cet objectif. On prend comme point de départ le temps de pose nécessaire quand la mise au point correspond à la distance focale principale, c’est-à-dire quand le sujet est à plus de 100 fois cette distance, et pratiquement on peut se contenter de 10 fois environ (2 mètres pour un objectif de 20 cm de foyer). Si. par exemple, dans ces conditions on pose 2 secondes, il faudra multiplier ce temps de pose par i,5, ce qui donne 3 secondes, quand on sera à 1 m. du sujet :
- 100
- 100
- 18,2
- i,5-
- Il ne faut jamais, dans toutes ces questions de temps de pose, chercher à avoir des chiffres absolument précis, mais seulement un renseignement, qui évite de trop grosses erreurs d’appréciation.
- Méthode très simple pour mesurer l’ouverture utile d’un objectif. — En parlant du temps de pose, question toujours primordiale en photographie, nous avons été amenés forcément à nous occuper de l’ouverture utile du diaphragme. Celle-ci correspond à l’ouverture réelle seulement dans le cas où l’on emploie un objectif simple; dans ce cas, en effet, le diaphragme est en avant de la lentille et c’est par lui que doit passer le faisceau des rayons lumineux avant d’arriver au système optique. Mais il n'en est plus de même quand on emploie un objectif double. Le faisceau rencontre d’abord un premier système optique avant de parvenir au diaphragme et il concentre sur celui-ci un certain nombre de rayons lumineux qui ne passeraient pas s’il n’était pas là; il en résulte que l’ouverture utile d’un objectif double est toujours plus grande que l’ouverture réelle du diaphragme. Une méthode très simple permet d’effectuer la mesure de cette ouverture : elle a été imaginée par le Dr Drysdale.
- On fait la mise au point sur une bougie, ou un bec de gaz, placé à l’infini pour l’objectif, c’est-à-dire plus de îoo fois sa distance focale. On pourra choisir le soir pour cette opération et viser un bec de gaz de la rue si on n’a pas chez soi le recul suffisant.
- Cela fait, sans changer l’appareil de place, on recule le verre dépoli de l’appareil, et on voit le point lumineux s’étaler e a une tache de diffusion qui augmente à mesure qu’on déplace le verre dépoli. On s’arrête quand cette tache a atteint un centimètre de diamètre, ce qu’on peut constater assez facilement si on a eu soin au préalable de couper dans une feuille de papier blanc une ouverture rectangulaire ou carrée, ayant cette dimension II suffit alors de mesurer le déplacement du verre dépoli pour avoir l’ouverture utile immédiatement. Si, par exemple, on a reculé le verre dépoli de 6 cm, l’objectif est à F/6.
- La théorie de cette méthode est la suivante : le faisceau lumineux qui vient former un point sur le verre dépoli, quand on fait la' mise au point à l’infini, est un cône ayant pour base l’ouverture utile ; mais ce faisceau ne s’arrête pas au verre dépoli, il continue sa marche de l’autre côté en formant un second cône opposé au premier mais ayant le même sommet. De ce dernier cône nous pouvons mesurer la largeur à un endroit quelconque, il nous suffit de le recevoir sur un écran qui est notre verre dépoli. D’autre part, la géométrie nous enseigne que le rapport du diamètre delà section droite d’un cône, ou de deux cônes semblables, à sa distance au sommet est un chiffre constant. Il nous suffit donc de diviser la distance au sommet par le diamètre et comme nous avons eu soin de faire celui-ci égal à un, le quotient se trouve tout fait. La mesure seule de la distance, qui est dans ce cas le déplacement du verre dépoli, nous donnera donc le résultat cherché.
- Jçuets
- Le Spirello. — Le Spirello est un jeu de salon, très simple, mais qui n’en exige pas moins assez d’adresse, double condition pour être amusant et avoir du succès. Le problème à résoudre consiste à jeter par terre des boules fort légères supportées par de petits supports en fil de fer. Les joueurs disposent à cet effet d’un projectile unique, c’est une boule analogue à celles dont nous venons de parler; elle est suspendue au bout d’un fil, lui-même attaché à une tige de bois qui constitue, si l'on peut dire,-l’axe du jeu. Chaque joueur a une arme pour lancer le projectile. Cettearmeestune petite plaque de bois au bout d’une tige; avec elle les joueurs frappent, à tour de rôle et à tour de bras, sur la boule suspendue, dans l’espoir de faire tomber les boules qui servent d’objectif. Bien entendu, la première boule au bout de son fil décrit les trajectoires les plus fantaisistes et les plus imprévues, à la grande joie des joueurs. — Le Spirello est eu vente chez William’s, 1, rue Caumartin, Paris.
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- VARIETES
- Les accidents d’aéroplane. — Après une longue et minutieuse enquête sur les accidents d’aéroplane, entreprise par la Sous-Commission de statistique de l’Aéro-Club de France, M. le colonel Bouttieaux vient de résumer les travaux de la Commission en un substantiel rapport, réconfortant au fond, que publie YÂérophile. Ainsi que le dit, M. Soreau, « le public y trouvera les meilleures raisons de garder confiance en l’avenir de l’aéroplane, malgré les accidents semés sur sa route déjà longue de 5oo ooo km. »
- La statistique brutale donne les chiffres suivants :
- ANNÉES. ACCIDENTS MORTELS. ACCIDENTS SIMPLES. TOTAL.
- 1909. . . 3 43 46
- 1910. . . 28 70 98
- Mais pour porter un jugement, il faut tenir compte de l’augmentation du nombre des aéroplanes en service, du nombre des pilotes, et de l’accroissement des vitesses. On a évalué à 200 le nombre des aéroplanes construits dans le monde entier au 31 décembre 1909 et ayant volé, à i3oo ceux construits jusqu’au 31 décembre 1910. En même temps le nombre des brevets de l’Aéro-Club passait de 18 en 1909 à 354 en I9I°- La plus grande vitesse était de 6 S km à l’heure en 1908, elle passait à 77 km en 1909, à 109 en 1910. Le record de hauteur de même, passe successivement de 100 m. en 1908, à m. en 1909, pour
- atteindre 3ioo en 1910. On volait 2h 20 sans arrêt en ^1908, 8h 12 en 1910. On quitte les aérodromes pour les vols en pleine campagne. Et l’on compte en 1910 un accident mortel par i5 6oo km parcourus. C’est beaucoup sans doute ; mais très réellement les chiffres ainsi présentés dissipent l’impression d’angoisse qui se dégage au premier abor de la simple addition des victimes.
- Le colonel Bouttieaux classe les accidents en 4 catégories dont voici la statistique :
- CAUSES DES ACCIDENTS ACCIDENTS MORTELS ACCIDE.NTS SIMPLES TOTAL
- 1“ Imparfaite construction 17 26 43
- 2° Erreur de pilotage . . . 9 33 42
- 3“ Perturbations atmosphériques 4° Imprudences d’aviateurs, de spectateu rs, 2 27 29
- causes spéciales ou mal déterminées . . 3 31 54
- Totaux 31 117 Y) 148
- 1. La différence entre le total 117 des ac lidents sim îles et le chiffre
- 113 indiqué plus haut tient à ce que certains accidents simples ont dû être portés dans deux classes à la fois.
- La répartition des accidents par années est la suivante :
- CAUSES DES ACCIDENTS 1909 1910
- 1* Imparfaite construction 14 (1) 29 (16)
- 2° Erreur de pilotage 21 (1) 21 (8)
- 3° Perturbations atmosphériques..... 4° Imprudences d’aviateurs, de spectateurs, 4 25 (2)
- causes spéciales ou mal déterminées . . 8 (1) 26 (2)
- Total . . . . . 47 101
- Les chiffres entre parenthèses indiquent les chiffres mortels compris dans le total. d’accidents
- Passons avec M. Bouttieaux à l’examen détaillé de ces diverses causes d'accidents :
- i° Accidents dus à une imparfaite construction de l’appareil. — Deux seulement proviennent d’une faute de principe dans la construction; 18 sont imputables à des défauts de construction de l’appareil proprement dit : nous trouvons en première ligne de ce genre d’accidents la rupture d’une aile : tous ces accidents sont très graves : 11 mortels sur 18. Les avaries du moteur et
- des parties mécaniques, transmissions, etc., ont causé 17 accidents dont 5 mortels. Les avaries d’hélices ont été cause de 6 accidents ; l’hélice était métallique dans 5 cas.
- 20 Erreur de pilotage. — Tous sauf un ont été provoqués par l’une des trois fautes de manœuvre suivantes :
- a) Le pilote a donné à monter trop vite, la vitesse de translation diminuant, la sustentation est devenue insuffisante et l’appareil retombe plus ou moins verticalement (9 accidents dont 1 mortel) ;
- b) Le pilote a mal pris un virage, virage trop court ou à hauteur insuffisante (24 accidents dout 3 mortels) ;
- c) Le pilote a effectué un mauvais atterrissage, soit avec moteur en marche soit en vol plané (8 accidents dont 5 mortels).
- 3° Perturbations atmosphériques. — Les accidents dus à cette cause se sont presque tous produits en aérodromes, au cours de meetings, particulièrement au départ et à l’atterrissage, ou pendant les épreuves de vitesse quand les aviateurs volent près du sol.
- 4° Imprudences des spectateurs, aviateurs, etc.—Notons particulièrement les imprudences d’aviateurs volant simultanément sur le même terrain ; ces accidents peuvent être évités très facilement. 5 résultent de ce fait que l’appareil a été soufflé par un concurrent passant trop près ; 4 sont dus à deux rencontres d’appareils.
- La catastrophe du 21 mai est, sous ce point de vue, une cruelle leçon qu’on ne devra pas oublier !
- Notons enfin que monoplans et biplans ont à leur actif un nombre sensiblement égal d’accidents.
- Peut-on enrayer les accidents, en atténuer les conséquences? M. le colonel Bouttieaux indique à cet effet un certain nombre de mesures qui peuvent être prises immédiatement.
- Il recommande pour le pilote et les passagers des vêtements amortisseurs à casque protecteur, vêtements capitonnés; il y adjoint, pour les monoplanistes, la ceinture élastique retenant l’aviateur au fuselage, et l’empêchant en cas de chute, d’être précipité sur le moteur placé à l’avant.
- Il préconise sur l’appareil des amortisseurs, et un avant à briser aussi important que possible : en cas de brusque atterrissage ces pièces protègent l’àviatéur en amortissant la chute, soit par leur fonctionnement normal, soit par le bris des pièces qui les composent.
- Pour éviter l’imparfaite construction des appareils, M. le colonel Bouttieaux demande la création d’un certificat de navigabilité. Ce certificat actuellement à l’étude, comporterait certaines obligations de construction (doublement des commandes, proscription du métal fondu, suppressions des tendeurs en fils métalliques dits cordes à piano, etc.), ainsi que l’exécution d’épreuves statiques et de vols réels.
- On pourra éviter les erreurs de manœuvre par exemple avec des appareils avertisseurs, signalant la vitesse trop faible, l’angle de plongée dangereux, le glissement à l’intérieur d’un virage. La disposition rationnelle des commandes, conforme aux réflexes naturels du pilote, présente également un très grand intérêt.
- Pour l’atterrissage, l'aménagement des ports de relâche le long des principales routes aériennes s’impose à très bref délai.
- Les accidents dus aux perturbations atmosphériques paraissent difficiles à éviter ; cependant une connaissance plus exacte de la géographie météorologique permettra de supprimer la plupart d’entre eux. Enfin le vol à haute altitude doit être recommandé ; car loin des aspérités du sol, les irrégularités aériennes disparaissent.
- Bref, si les accidents de l’aviation ont été nombreux, l’étude minutieuse de chacun d’eux montre que c’est un espoir fondé que celui de voir disparaître à bref délai ces hécatombes de pilotes qui jusqu’ici ont endeuillé sans arrêt les comptes rendus des progrès aériens. L’aviation sans aucun doute, comportera toujours des risques, mais ce seront ceux inhérents à toute locomotion rapide, qu’elle soit aérienne, terrestre, marine ou sous-marine.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Stérilisation de l eau par l’acide citrique. — Le
- Dr Christmas aurait reconnu que les bacilles' du choléra et de la fièvre typhoïde étaient tués au contact d’une solution aqueuse contenant 6 à 8/10000e d’acide citrique. En temps d’épidémie, il serait donc facile (sauf confirmation) de stériliser toute boisson suspecte, soit en y faisant dissoudre un peu du produit (10 gr. pour chaque seau d’eau), soit en y ajoutant du jus de citron, soit mieux encore en mélangeant avec de la limonade citrique ordinaire (le liquide contenant 1 gr. d’acide citrique par litre permet un dosage facile).
- On sait d’ailleurs qu’en hygiène coloniale, le jus de citron joue un grand rôle pour le traitement de la fièvre jaune. De même, on a parfois préconisé l’addition de vinaigre à l’eau des boissons pour en corriger la crudité. Toutes ces pratiques peuvent se justifier par le rôle antiseptique que jouent les acides organiques.
- L’imperméabilisation du béton. — On a proposé, et nous avons publié ici même de nombreuses recettes pour rendre impénétrables à l’eau les mélanges de ciment et de sable. La diversité des résultats obtenus, ainsi qu’en général le peu d’efficacité des divers adjuvants préconisés, incitèrent des savants anglais et américains à effectuer de nombreux essais de contrôle qui permirent d’élucider complètement la question.
- En général, on recommande l’addition au béton, lors du gâchage, d’une petite quantité de chaux contenant des savons calcaires ou des résines. Les produit s’imperméabilisants du commerce sont à base de ces matières. Or, résines et savons ne jouent aucun rôle utile : la chaux seule agit non pas chimiquement, mais par une action mécanique de présence : elle bouche les pores. Aussi doit-on l’employer seule, et peut-on lui substituer d’autres éléments à particules également très fines : kaolin, alumine, etc. Ces derniers produits sont d’ailleurs préférables parce qu’ils ne provoquent pas comme la chaux, la formation d'efflorescence dans le béton.
- Nous reproduisons les chiffres concernant les quelques essais ayant permis d’observer les meilleurs résultats ; la quantité d’imperméabilisant se rapporte à ïoo parties de ciment, lequel était mélangé à trois fois son poids de sable avant le gâchage ; les quantités d’eau indiquent les volumes de liquide ayant traversé des plaques de béton d’épaisseur uniforme sous l’action d’une égale pression.
- Dose pour 100. Composition de l’agent imperméabilisant. Quantités d’eau . pénétrant les bétons.
- 3 kaolin 760
- 5 kaolin 1 a85
- 3 9 parties de chaux pour 1 de
- colophane 640
- 3 alumine 365
- •• 5 carbonate sodique . . , . . .. 85o
- 3 chaux éteinte. . . , . . . . . 420
- On jugera de l’efficacité par le fait que le béton non imperméabilisé, laissait passer, toutes choses égales d’ailleurs, près d’un litre et demi d’eau. Evidemment, l’imperméabilisation n’est que bien relative, mais elle paraîtra appréciable si l’on songe qu'avec certains pseudo-imperméabilisants tels que l’alun, le savon de résine, la quantité d’eau traversant le béton est dix ou vingt fois plus forte que sans aucune addition!
- Destruction des sauterelles par les mixtures toxiques. — Les ravages importants produits chaque année par les invasions de criquets et sauterelles ont suscité mille moyens plus ou moins ingénieux et efficaces de combattre ce fléau. Les plus pratiques semblent être en général basés sur l’emploi de produits toxiques. Mais comme il existe des centaines de formules pour la préparation des mixtures empoisonnées, on éprouve les plus grandes difficultés à fixer sûrement et rationnellement son choix, C’est pourquoi le Dr Schrœder fit à l’Institut agronomique de Montevideo toute une considérable série d’essais à l’effet de déterminer, l’efficacité comparée des différentes mixtures, non en petit, au laboratoire, mais en grand, et dans les conditions de la pratique. Nous résumons ci-dessous le résultat de ses
- essais (D’après la Itevista de la Association rural del Uruguay, n” 11).
- Dans les premières expéiùences, les liqueurs diverses furent employées sous forme d’appâts empoisonnés : on pulvérisait la solution sur des fourrages verts sur pied, à raison de deux litres par mètre carré; après quelques heures de séchage, on en nourrissait un nombre connu d’insectes. Après 24 heures, on comptait le nombre de survivants.
- Pou • 100
- Pour d’insectes
- COMPOSITIONS DES MIXTURES 100 d’insectes tués pour une même
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- b » 25') » 125 1000 -20 20 29 57 .83
- On voit qu’à l’exception du produit pulvérulent, toutes les compositions sont efficaces. D’autre part, aucune ne nuit à la végétation de plantes ayant subi son action. Aussi pour lutter sur une grande échelle, contre les sauterelles, le Dr Schrœder recommande-t-il d’employer un des moyens précédemment indiqués.
- Mais dans un jardin par exemple, un verger ou une petite pièce de terre, il peut y avoir intérêt à pulvériser directement le liquide toxique sur les insectes, ainsi plus complètement atteints. Il convient alors d’opérer sur les jeunes sauterelles, car les individus âgés ne sont détruits que par des mixtures très fortement concentrées qui abîment les plantes. Quant au choix des formules à employer, il sera fait d’après les constatations suivantes, résultant d’expériences faites sur les sauterelles âgées de 8 à 14 jours.
- COMPOSITION DES MIXTURES
- Quantités pour 100
- de
- sauterelles mortes en 12 heures.
- •d’insectes tués pour une même dépense.
- On devra en outre tenir compte du fait que les trois dernières solutions, surtout si on les emploie le matin, peuvent nuire à la végétation des fourrages verts, tomates, betteraves, maïs, dont les feuilles deviennent jaunes, puis s’étiolent.
- Nouvelle bouillie cuprique anticryptogamiquë. —
- MM. Yermorel et Danthony, les agronomes viticulteurs bien connus, viennent de publier dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, une nouvelle recette pour la préparation d’une mixture du genre bouillie bourguignonne, se caractérisant par la précieuse propriété de mouiller instantanément les feuilles et grains où elle est projetée. On conçoit que cette faculté la rende très efficace, le contact avec, les tissus parasites étant ainsi bien mieux assuré que si la mixture adhérait incomplètement.
- Il est très facile de préparer la nouvelle bouillie. On fait dissoudre d’une part 2 kg de sulfate cuprique dans 5o litres d’eau, et d’autre part 2 kg de carbonate sodique dans 5o litres d’eau. On verse ensuite lente•
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ment la solution de carbonate dans la liqueur cuprique, après quoi on ajoute i kg de savon. Il est nécessaire d’employer la bouillie le jour même de sa préparation : au bout de dix heures, la composition est en effet suffisamment changée pour que les surfaces réceptrices ne se mouillent plus. Et il faudrait alors ajouter du savon. Il en est de même quand on mélange rapidement les deux solutions.
- Ces variations sont dues à la formation de bicarbonate
- de cuivre sous l’influence de 1 anhydride carbonique. Il est facile de les éviter, et au besoin de les suivre, pour doser le savon en conséquence : le pouvoir mouillant est en effet fonction de la tension superficielle, et cette dernière se mesure aisément par détermination du nombre de gouttes s’écoulant d’un compte-goutte de volume donné. Avec l’appareil normal de Duclaux, 5 centimètres cubes doivent ainsi donner au moins i5o gouttes pour que la mixture mouille parfaitement les tissus végétaux.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Les pseudo-empoisonnements par la salade de pommes de terre. — Jusqu’à ces derniers temps les très rares cas d’empoisonnement causés chez l’homme par l’ingestion des pommes de terre étaient attribués à la solanine. On sait, en effet, que cet alcaloïde, si répandu chez les Solanées et, en particulier, dans les plantes du genre Solanum, existe toujours dans le précieux tubercule en dehors même du moment de la germination. Bien que cette quantité varie avec la sorte, la maturité, etc., dans des proportions que des chimistes ont évaluées entre 20 et 200 milligrammes par kilogramme, une des raisons pour lesquelles, en outre de cette faible teneur, il ne se produit guère d’accidents tient à ce que la solanine localisée sous la peau est entraînée avec les pelures. Mais si la solanine doit être écartée comme la cause efficiente, à quelle substance rapporter alors les phénomènes constatés ?
- Une raison probante en a été donnée par des journaux allemands dont Die Gartemvelt, à la suite d’une série de pseudo-empoisonnements, parmi lesquels le dernier, survenu dans un régiment de hussards de la garde, eut un certain retentissement dans le public. L’enquête ouverte à ce sujet établit que les pommes de terre étaient nouvelles et saines, qu’elles ne contenaient que 0,021 milligrammes de Solanine par kilogramme mais un pourcentage d’eau élevé. Elles avaient été pelées et cuites la veille, conservées dans deux grandes corbeilles placées en un endroit attenant à la baraque servant de cuisine et, fait important, pendant la nuit et la matinée qui précédèrent la préparation de la salade, la température avait été étouffante.
- Gomme il était impossible d’attribuer les phénomènes toxiques à la faible teneur en solanine des tubercules, on s’est rappelé que le professeur Dieudonnes avait déjà indiqué que, dans le plus grand nombre des cas, la cause devait être imputée à un produit de décomposition se développant dans ces tubercules sous l’action de certaines bactéries de la pourriture.
- En outre, A. Abels a mentionné dans la Revue Natur
- und Kultur, de Munich, un accident analogue arrivé dans le camp de Hammelbourg où 180 soldats éprouvèrent des symptômes caractéristiques 7 heures après avoir mangé de la salade de pommes de terre et ne furent hors de danger que 7 heures plus tard.
- L’examen bactériologique découvrit dans cet aliment de nombreuses colonies de Proteus vulgaris dont la nocivité fut démontrée de la façon suivante. Des souris nourries avec cette salade moururent 24 heures après d’une violente inflammation de l’estomac et des intestins. Les bouillons de culture des bactéries isolées n’empoisonnèrent pas ces animaux, mais, par contre des pommes de terre stérilisées puis inoculées avec le Proteus et maintenues 24 heures dans une étuve à 37° devinrent très vénéneuses : les souris qui en mangèrent succombèrent entre 24 et 48 heures. Une expérience identique sauf en ce qui concerne la température, qui ne fût portée qu’à 10 ou 12°, n’amena pas la mort des petits rongeurs.
- Il résulte de là que le Proteus isolé a développé dans les pommes de terre des produits de dédoublement toxiques mais seulement à une température assez élevée ; qu’il n’est pas par lui-même directement infectieux ou toxique, mais bien par les substances vénéneuses qu’il a formées dans ces tubercules.
- En résumé, comme l’apparition de ces pseudo-empoisonnements exige l’agglomération de pommes de terre cuites et pelées dans des récipients exposés à une température élevée durant 24 heures, il est facile d’y remédier en supprimant les causes de contamination et l’agent indispensable à l’élaboration des toxines secrétées par les bacilles. Et le moyen c’est de veiller à ce que, dans les casernes et dans les grands restaurants où les pommes de terre jouent un si grand rôle alimentaire, la plus grande propreté règne sur les gens comme dans les récipients employés au cours des différentes manipulations, et surtout, de recourir dans les jours chauds de l’été à l’usage de la glace pour abaisser la température au voisinage de zéro.
- A. Truelle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Bans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits..— Les horloges électriques Magnéto-Brillié sont construites par la Société Magnéto, 80, boulevard Sébastopol, Paris.
- Renseignements. — M. P. Ménager, à Versailles. — Photographie aérienne par cerfs-volants. Vous trouverez une étude complète par M. Wenz et par le fcapi-taine Saconney, dans Y Annuaire général de photographie, année 1908, p. 355-4oo, chez Plon-Nourrit. Vous trouverez pour cet usage des cerfs-volants chez Gomez, 63, boulevard Hausmann, Paris.
- M. de Vendizier, Amiens. — Vous trouverez, croyons-nous, des machines de ce genre, chez Tiersot, 16, rue des Gravilliers, Paris.
- M. G, Guyot, Blaye. — Vous trouverez des Recettes dans La Nature des 7,14 et 21 janvier 1911.
- M. J. A. P. Rebello, à Coïmbra (Portugal). — Vous lirez avec fruit les ouvrages suivants ; la Chimie de Ramsay, traduction française 2 vol., chez Gauthipr-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris; la Chimie organique de Moureu, même librairie ; le Traité de physique de Fernet et Faure-Dupaigre, Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain, Paris; les Théories modernes de VElectricité de Lodge, chez Gauthier-Villars.
- M. Roherto Melïllo, à Naples. — Pour obtenir des densités de 4 à 5, on doit employer un bain d’iodure et de nitrate d’argent, fondu à 65-70° C. Mais l’emploi en est très incommode, et pratiquement, nous vous recommandons plutôt le liquide de Thoulet (densité 1=3,2), suffisamment lourd pour les séparations minéralogiques. On le prépare en faisant dissoudre dans 100 gr. d’eau 53g gr. d’iodure mercurique et 435 gr. d’iodure de potassium. On peut l’étendre d’eau pour avoir toutes les densités intermédiaires entre 1 et 3,2.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Photographies électriques : A. T, — Un nouveau microscope d’enseignement : Alexandre Daufresne. — Académie des sciences; séances des 8 et i5 mai iqit : Ch, de Vii.ledeuil.— Le biscuit : Norbert Lallié. — L’histoire du Pacifique et les récentes explorations océanographiques : Robert Douvillé. — Chronique : Calvitie et incendie. — Astronomie et astrologie: V. Forbin. — L’or des sépultures colombiennes : P. Sai.lior.
- Supplément. — Le magnétisme terrestre. — La sécheresse au Sénégal en 1910. — Congrès de l’association technique maritime — L’électro-chimie en Norwège. — L’électrification des lignes de banlieue sur l’Ouest-État. — Brevets d’invention en Angleterre.
- Technique de Vaéroplane (Bibliothèque de mécanique appliquée et génie), par Jules Raibaud, capitaine d artillerie, sous-directeur de l’Etablissement d’aviation militaire de Vincennes. 1 vol. gr. in-18 jésus, cartonné toile, de 3oo pages, 61 fig. Encyclopédie scientifique, O, Doin, Paris, 1911. Prix : 5 francs.
- La première partie de l’ouvrage est essentiellement de nature descriptive : généralités sur la coustitution et l’organisation des appareils, caractéristiques des principaux aéroplanes existants, détails de construction, particularités offertes par le moteur d’aviation. Dans la seconde partie est abordée la dynamique de l’aéroplane. A la suite d’un précis sur la résistance de l’air et de notions sur l’hélice propulsive, l’auteur envisage la tenue de l’appareil aérien dans l’atmosphère : marche de régime, planement, évolutions, stabilité. Dans cette élude, nécessairement à l’état d ébauche en raison de l’imperfection des connaissances acquises, l’auteur a pris soin de discuter les conclusions de la théorie, et de faire le départ entre les résultats assurés, plausibles et douteux. Nous signalerons, en particulier, le chapitre sur les généralités de la dynamique de l’aéroplane.
- Traité de chimie organique de Richter, refondu par Anschutz et Schrœter, traduit par H. Gault. Tome I, série acyclique. 1 vol. 886 p. Béranger, éditeur. Paris. 1911. Prix : a5 francs.
- L’ouvrage de Richter, dont l’origine remonte à 1876, et qui depuis fut constamment tenu à jour des
- - progrès, si rapides, de la chimie organique, jouit à ce titre d’une renommée très méritée. C’est aujourd’hui pour tous les chimistes orgaDÎciens, savants ou indus-
- - triels, un outil précieux et l’édition française, publiée par M. Gault, rendra de grands services ; c’est un travail considérable dont il est difficile de donner une idée en quelques lignes. Le premier volume contient une introduction où sont rassemblées les généralités théoriques sur les corps organiques. Le reste du volume est consacré aux combinaisons acycliques ou à chaîne ouverte, c’est-à-dire aux carbures d’hydrogène à chaîne ouverte et à leurs innombrables dérivés, ceux-ci groupés par fonctions : dérivés halogénés, alcools, aldéhydes, cétones, polyalcools, hydrates de carbone, etc. Le tout constitue un riche répertoire de faits.
- Manuel pratique du constructeur électricien, par G. Par-dini, traduit de la aB édition italienne, par Ch. Carabin, 1 vol. illustré, 624 p. Bernard Tignol, Paris, ign. Prix : to francs.
- Ce livre a été écrit par un praticien qui a su y réunir dans un langage accessible à tous, les données techniques indispensables à la construction des machines, accompagnées de précieuses indications que seule peut dicter l’expérience.
- Waves of the sea and other water waves, par Vaughan Cornish. 367 pages avec 5o photographies. E. Fisher Umvin, éditeur. Londres. 1910.
- M. Vaughan Cornish connu depuis longtemps par ses études sur les vagues, résume d’une manière fort intéressante, dans cet ouvrage, le résultat de ses
- recherches. L’ouvrage est divisé en trois parties. Dans la première il étudie les dimensions et la vitesse des vagues de la mer et leur rapport avec la force du vent qui les produit. Dans la seconde, l’action des vagues sur la formation du dépôt des galets, puis l’ac« tion de ces vagues, jointe à celle des marées, sur le transport de ces galets ou du sable le long du rivage avec l’érosion des côtes. La troisième partie est réservée aux vagues des rivières : mascaret (bore) de la Severn, rapides du Niagara, etc. L’ouvrage est illustré par de nombreuses photographies prises par l’auteur dans ses différents voyages.
- Les Blancs d'Afrique, par le Dr H. Weisgerber. i vol. in-18 de 420 pages, avec cartes, figures et photographies de lypes. Paris. O. Doin. J910. Prix : 5 francs. (.Encyclopédie scientifique. Bibliothèque d’anthropologie.)
- Sous le nom de Blancs d’Afrique, l’auteur-dê~cët excellent ouvrage étudie plus spécialement les deux principaux peuples du Nord de l’Afrique, les Berbères, descendants des Libyens, et les Egyptiens. Ces derniers, malgré certains caractères communs avec la race nègre, se rattachent à la race blanche chamitique, ou sémitique suivant certains auteurs.
- Parmi les Berbères, On reconnaît un mélange de plusieurs races ayant produit par leur fusion deux types principaux, assez homogènes; ceux-ci se retrouvent dans toute l’Afrique du Nord-Ouest, à côté de l’élément sémitique proprement dit, représenté par les descendants des Arabes conquérants et les Juifs. Parmi les anciens Egyptiens, on rencontre également deux types dont le plus intelligent, moins nombreux, a dominé l’autre. A côté des Egyptiens et des Berbères, nous trouvons décrits dans ce livre les Touareg, les Maures, les Guanches, les Ethiopiens, les Abyssins et les Bédouins. Le Dr Weisgerber, contrairement à Sergi, exclut de sa classification les peuples dits de race rouge, qui forment une bande intermédiaire entre les blancs du Nord et les noirs et qui résistent mieux aux climats tropicaux de l’Afrique. Un chapitre spécial est consacré aux blonds de l’Afrique du Nord, qui paraissent descendre d’un peuple conquérant venu du Nord de l'Europe en passant par l’Espagne et le détroit de Gibraltar. L’élude de ces différentes races intéresse plus particulièrement la France, qui possède dans le Nord de l’Afrique d’importants territoires, et permettra peut-être d’éviter, dans l’avenir, les fautes graves qui ont si longtemps retardé la pacification de l’Algérie, et nous ont coulé si cher.
- The liverworts british and foreigns, par F. Fry et Agnès Fry. London. Witherby. 3a6 High Holborn. W. C. 1911. 1 vol. in-12. Prix : 2 sh. 6.
- Monographie claire et accessible à tous, de la principale section des mousses (hépatiques) : classification et étude de ces familles, modes de reproduction, essences, réserves, distribution géographique. Illustration sobre et très soignée.
- Die Elemente des ILerzmuskels, par le professeur Dr A. Dietrich. léna. Gustav Fischer. 1910. 1 br in-8°. Prix : 1 Mk. 20
- La teinture des cheveux, par A. Chaplet. Supplément à la Parfumerie moderne, une brochure in-40 cavalier 16 pages, avec une gravure ancienne hors texte, Prix : »fr,5o.. •
- Notre distingué collaborateur a résumé tous les documents anciens et modernes relatifs à la teinture des cheveux et les a complétés par ses propres travaux. Après un chapitre historique et bibliographique, très complet, il passe en revue successivement les teintures végétales, métalliques et à base des produits organiques nouveaux.
- En raison des fêtes de l’Ascension, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique i La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire.
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- LA NATURE
- TRENTE-NEUVIÈME ANNÉE — ,9,,
- PREMIER SEMESTRE
- (|ÉlBtlOTH£p£)d wà /W
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES
- ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS
- I. - INFORMATIONS.
- Accidents du travail : protection, concours de l’exposition de
- Turin.................................................... 98
- Acétylène : l'explosion de New-York......................113
- Acide picrique : jaunissement à l’air....................169
- Acide sulfurique : photochimie.............................. 89
- Adhésivité (L’).......................................... 106
- Aéronautique : ascension de MM. Bienaimé et Senouques. 178
- Aéronautique dans la marine anglaise. 105
- Aéronautique : 9000 mètres en ballon sphérique...........162
- Aéronautique : ports aéronautiques en Allemagne. . . 49, 115
- Air liquide au Music hall...................................185
- Amidon : rôle dans la fabrication du papier..........• . 49
- Animaùx domestiques : recensement.......................... 58
- Antarctide : nouvelle expédition.......................... 114
- Architecture : curieuse tentative. . ...................... 106
- Arsenic métallique : formes polymères..................... 113
- Asphalte : variation de teneur des huiles minérales épaisses. 81
- Astronomie : Nova dans la constellation du Lézard........ 57
- Astronomie : variabilité de certains satellites du système solaire................................................... 155
- Automobilisme à New-York. ................. 35
- Aviation : accidents mortels................ 41, 201
- Aviation : aéroplane abordant sur un navire..................... 82
- Aviation : aéroplane marin. .................................. 66
- Aviation au Pérou.............................................. 185
- Aviation au Pôle.............................................. 161
- Aviation : 160 kilomètres au-dessus de l’Atlantique............. 73
- Aviation : chute mortelle de l’aviateur Ceï.....................145
- Aviation : chutes mortelles du lieutenant de vaisseau Byasson et du capitaine Tarron...........................................161
- Aviation : concours d’aéroplanes militaires..................... 53
- Aviation : congrès juridique à Paris............................194
- Aviation : course Paris-Madrid..................................201
- Aviation : 8 heures en aéroplane................................ 25
- Aviation : aviation en Californie............................... 18
- Aviation : l’altitude devient un délit..........................113
- Aviation : l’aviateur Cécil Grâce perdu eh mer.................. 93
- Aviation : l’aviation et la marine............................... 2
- Aviation : les inventeurs et l’aviation......................... 26
- Aviation : 200 kilomètres en aéroplane au-dessus de la Méditerranée.........................................................113
- Aviation : 12 personnes sur biplan Bréguet.....................157
- Aviation : de Paris à Pau......................................... 85
- Aviation : du camp de Chàlons à Salory......................... 82
- Supplément au n° 1983 de La Nature du 27 mai 1911.
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Aviation : expériences de parachute de SL. llervieu. . . . . 89
- Aviation : la coupe Michelin................................. 41
- Aviation : la première c poste » aérienne......................130
- Aviation : la sécurité en aéroplane............................ 34
- Aviation : le concours de moteurs de la Ligue nationale aérienne. ....................................................... 9
- Aviation : le prix Michelin, de Paris au Puy de Dôme en aéroplane.......................................................181
- Aviation : l’état actuel de l’industrie de l’aéroplane.........155
- Aviation : les grands concours en 1911.........................145
- Aviation : mort de Vallon.......................................185
- Aviation : 9 personnes en aéroplane pendant une heure et demie...........................................................145
- Aviation : nouveau biplan Voisin............................... 97
- Aviation : Paris à Pau en aéroplane............................169
- Aviation : pour éviter la mort des aviateurs...................169
- Aviation : record de la distance................................35
- Aviation : record du prix d’aviation........................... 58
- Aviation : route aérienne Colomb-Tombouctou....................145
- Aviation : sir Iliram Maxim....................................162
- Aviation : un atterrissage en pleine mer....................... 74
- Aviation : voyage à 6......................................... 75
- Aviation : voyage à 8.......................................... 82
- Aviation : voyage avec 3 passagers............................. 66
- Aviation : voyages en aéroplane.............................. 145
- Aviation : voyages Pau-Paris, Londres-Paris.................. 161
- Az-Zahra : une ville musulmane exhumée en Espagne. . . 58
- Babeurre (Le) : stimulant économique........................... 2
- Benzols bruts et automobilisme.................................. 81
- Bœuls et chevaux en France, statistique. ’..................122
- Boues d’égout : distillation.................................... 10
- Branly (pour le laboratoire de M.)..........................137
- Brevets d’invention en Angleterre...............................194
- Bromure de radium et bromures alcalins-terreux : volatilité. . 33
- Bureau « Veritas » des navires de l’air..................... 1
- Câbles électriques souterrains à haute tension..................122
- Câbles sous-marins et l'Allemagne............................... 75
- Carat métrique (Le)............................................ 35
- Carbone : fusion dans l’arc électrique..........................177
- Carbonisation du bois...........................................101
- Carnegie (Dons de M.) .......................................... 9g
- Cellulose : industrie des acétates..............................169
- Cellulose : saccharification.................................... 6g
- Céphalonie : fouilles.-............................' . 66
- Céréales : production dans le monde. . .........................154
- Chanute (0.). 1
- Charbon : nature des matières volatiles dégagées en diverses conditions. 81
- Charbonnage en haute mer........................................177
- Charcot (mission ).......................................... 17
- Chemin de fer de Tokio à Yokohama : électrification. ... 186
- Chemin de fer du Caucase .......................................121
- Chemin de fer pour Mytilènc..................................... 42
- Chemin de fer transcontinental nouveau aux États-Unis. . . 114
- Chemin de fer transsibérien..................................... 2
- Cheminée la plus haute du monde................................ 66
- Chien (langage d’un)..............................................
- Chlorure ferrique : réduction à la lumière des lampes à
- mercure...................................................... 41
- Choléra : extension pendant 1910 et rôle de 1 émigration . . 98
- Cholériques (Transbordeur pour)................................. 10
- Ciment armé avec du bois ....................................... 82
- Ciment de Portland : hydratation................................105
- Cinématographe à main.......................................... gi
- Coke naturel de la Virginie.................................... 26
- Colloïdales (Préparations de solutions)........................ 73
- Colloïdes : influence sur la solubilité de certains gaz dans
- l’eau..........................................................169
- Colorants dérivés du goudron de houille : solidité à la lumière ........................................................... 75
- Comète Cerulli 1910 c............................................. 18
- Commerce des principales nations.................................. 54
- Commerce maritime des îles Britanniques........................... 18
- Composés organiques : nombre......................................145
- Concours Lépine.................................................. 178
- Congrès de l’Association technique maritime.................195
- Congrès préhistorique de France.............................130
- Congrès universel des races.................................158
- Corée : industrie minérale.................................. 42
- Corrosion des appareils industriels en fer........................ 98
- Cotonnades : taches invisibles dans le blanchiment et l’impression..........................................................146
- Criminels : pour les marquer......................................130
- Crue de la Seine................................................... 2
- Cuivre : propriétés antiseptiques............................... 58
- Cyanogène du gaz d’éclairage...................................... 41
- Dactylographique (nouveauté)...................................... 42
- Dattes : valeur des noyaux........................................178
- Donation de 7 millions à la science française..................105
- Éclairage au gaz et à l’électricité en France : statistique . . 114
- Écriture indienne.................................................178
- Électrification des lignes de banlieue sur l’Oucst-État. . . . 194
- Electrochimie en Norvège........................................ 104
- Électrolyse comme moyen préventif de la corrosion du fer et
- de l’acier.....................................................155
- Énergie hydraulique au Canada.....................................177
- Engrais azotés artificiels : fabrication en Norvège...............155
- Essence de térébenthine : falsification...........................145
- États-Unis : population........................................... 50
- Étoile rouge (Sur une)............................................105
- Exposition de petit outillage à Anvers............................114
- Exposition rétrospective (nonnandc. ..............................150
- Farine de banane.................................................. 74
- Fer électrolytique................................................152
- Fer et acier : industrie en Allemagne et en Angleterre. . . 29
- Four électrique : progrès.........................................170
- Fourrures artificielles nouvelles................................. 98
- Fours à ciments : revêtement solide au feu..................... 74
- Froid : machine frigorifique du Dr Repin..........................105
- Fruits et primeurs français en Danemark.......................... 150
- Gaz : emploi des solutions de phosphore pour une analyse . 65
- Gaz : solubilité dans les métaux et alliages......................155
- Gélatine fulminante : décomposition spontanée.................. 41
- Ghi (Le)..........................................................170
- Grotte à stalactites arborescentes de Majorque................... 62
- Grotte de Coufin (Isère)........................................ 50
- Ilelgoland (Travaux de l'ile de).................................. 9
- Héliotropisme chez les animaux et chez les plantes................ 90
- Hélium et l’âge des roches (L’)................................... 75
- Heure : le « Daylight saving bill »...............................154
- Houille blanche dans les Alpes françaises. . ...... 90
- Huile : séparation des eaux de condensation par électrolyse. $8
- Huiles usagées....................................................ÎB4
- Inde : statistiques.............................................. 54
- Inondations, en France. ........................................... 9
- Institut de paléontologie humaine................................ 54
- Institut ethnographique international.............................150
- Institut français d’anthropologie................................. 54
- Invasion ailée....................................................146
- Knossos (Crête) : fouilles en 1910................................106
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Lait à Dieppe...............................................129
- Lait : approvisionnement de Paris......................i . 170
- Lait des vaches nourries de résidus industriels : inconvénients et dangers..................................................... 74
- Lampes à quartz à vapeur de mercure......................... 9
- Lampes électriques : pour leur entretien.......................162
- Leveau (G.).................................................... 57
- Lithium : action de ses sels sur les plantes.................161
- Londres à Bombay en une semaine (De)........................ 33
- Lumière zodiacale............................................. 129
- Magnétisme ancien et actuel................................... 89
- Magnétisme terrestre...........................................193
- « Maine » : renflouement....................................... 10
- Maladie du sommeil et les Antilopes.........................154
- Manuscrit mexicain............................................. 90
- Marine anglaise : les gros calibres.........................138
- Marine : constructions navales en 1910. . .................. 81
- Marine de guerre britannique : le pétrole......................138
- Marine : emploi du pétrole.....................................114
- Marine : pour la flotte japonaise............................. 26
- Marine : record de vitesse.....................................185
- Marine : sections radiotélégraphiques maritimes................ 34
- Mars : les satellites.........................................145'
- Métal-Liège (Le)............................................... 50
- Métaux précieux en 1910........................................106
- Microbes : l’étude des infiniment petits.......................122
- Minerais de fer du Transvaal. . ............................ 26
- Minerais d’or et de wolfram dans le Cantal.................. 90
- Mines de la mer Rouge......................................... 17
- Moll (Lieutenant-colonel)...................................... 17
- Momies égyptiennes (composition de deux).......................122
- Monuments : altération par l’atmosphère des villes..........186
- Moteur à hydrogène.............................................146
- Moteurs Diesel appliqués à la marine militaire..............114
- Moteur Diesel dans la marine...................................177
- Mouches (guerre aux)........................................ . 12
- Musée de la Parole à Paris..................................... 26
- Navire avec transformateur électrique de vitesse............170
- Nécrologie : G. Leveau. ....................................... 57
- Nécrologie : le lieutenant-colonel Moll........................ 17
- Nécrologie : 0. Chanute. ...................................... 1
- Nécrologie : Van t’Hoff........................................129
- Océanographie : Expédition danoise du « Thor ».............. 97
- Ondes hertziennes : direction.................................. 73
- Or en 1910.................................................... 66
- Or : solubilité dans l’acide nitrique..........................169
- Oxyde de carbone : formation de bioxyde d’azote dans sa combustion.................................................... 137
- Ozone : présence dans les flammes............ .............. 33
- Pain est-il stérilisé par la cuisson ? (Le)................. 41
- Papier sensible à l’ultra-violet............................... 50
- Papiers antérieurs au moyen âge................................ 58
- Paquebot à turbine sur la Manche.............................. 170
- Paquebots plus grands que « l’Olympic »........................ 25
- Parthénogenèse artificielle....................................138
- Pentosanes (Digestion des).....................................162
- Perroquet le plus petit du monde...............................170
- Pétrole brut comme agent de réduction des minerais de zinc. 98 Pétrole dans l’O. américain.................................... 98
- Plantes médicinales : stérilisation et dessiccation..........130
- Pompe Uumphrey à combustion interne............................ 176
- Ponts à bascule (Le géant des)............................... 34
- Poteaux en bois : conservation .............................. 81
- Poussière dans les rues de Berlin............................ 82
- Pouzzolanes : gisements en Crimée............................ 42
- Pressions : mesure électrique................................ 33
- Radioactifs en Allemagne (Produits)................... 137
- Radium : action directe sur le cuivre et 1 or................ 58
- Radium (Sur le volume de l’émanation du)..................... 161
- Reptile dinosaurien (Une momie de)........................... 97
- Requin capturé au Grau-du-Roi............................. - 65
- Risœrite : nouveau minéral..................................... 81
- Roulis des vaisseaux : méthode d’amortissement............... 42
- Russie : mortalité..............................................162
- Russie : population de l’Empire................................. 97
- Sel : nouveau mode de production ............................137
- Sénégal : sécheresse en 1910....................................193
- Sériciculture en France........................................ 114
- Skyscrapers (Contre les)....................................... 98
- Soie : récolte mondiale.................................. 18
- Soies traitées par les sels d’étain : altération sous l’influence de la lumière.................................................. 145
- Soude caustique fondue : action sur les métaux .............. 25
- Sous-marins : concours pour le sauvetage des équipages, prix de 100000 francs...................................... 17
- Sous-marin de haute mer aux Étals-Unis ......... 186
- Stimulant économique : le babeurre............................... 2
- Taxi-autos à Londres........................................... 74
- Télégraphes en France en 1909.. . ........................... 74
- Télégraphie sans fil dans les colonies françaises ...... 202
- Télégraphie sans fil et détermination des longitudes .... 121
- Télégraphie sans fd : station pour la cavalerie allemande . . 65
- Téléphone aux Etats-Unis........................................186
- Téléphone en Angleterre....................................... 194
- Téléphones hauts-parleurs installés dans les rues à l’usage du public........................................................ 177
- Téléphonie sans fil............................................. 18
- Télépholographie à l’aide des rayons cathodiques. ..... 66
- Tensions de vapeur des substances solides en grain. .... 193
- Termites (Industrie des)........................................ 90
- Thomas (Philippe) : souscription pour son monument. ... 17
- Titane métallique.............................................. 170
- Toile : pourquoi perd-elle une partie de sa ténacité au blanchiment? ..................................................... 162
- Torpilles aériennes......................................... 185
- Traction aérienne sur les canaux................................185
- Transbordeur pour cholériques................................... 10
- Transmission de force motrice européenne de 100 000 volts. 1
- Triangle équilatéral à Carthage.................................138
- Tunnels du Lolscliberg et du Simplon........................... 146
- Turbines à vapeur (Le record des)................................ 2
- Unité de force électro-motrice : valeur......................... 57
- Valves hydrauliques gigantesques.............................. 186
- Van t’Holf................................................... 129
- Vénus et la Lune : conjonction..................................157
- Vers à soie sauvages : élevage. . ..............................138
- Vichy (Réaction caractéristique des sels naturels de) .... 50
- Vin (Innocuité de l’acide sulfureux dans le). . . . ^ . • . 18
- Zébu et vache : croisement.................................... 178
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- II. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Age d une personne deviné mathématiquement................... 59
- Agrafe pour courroies.........................................164
- Allumeurs de poche automatiques........................" . . 51
- Anneau de clefs à dix usages.................................124
- Appareil à souder............................................ 84
- Appareil plisseur............................................. 68
- Arrosage automatique..........................................164
- Automobilisme : compresseur d’air Ham......................... 75
- Automobilisme : compteur kilométrique pour automobiles. . 147
- Automobilisme : direction pliante.............................171
- Automobilisme : freinage par le moteur sur les automobiles. 27
- Automobilisme : gaines de protection pour automobiles. . . 132
- Automobilisme : généralités sur le moteur à explosion à
- quatre temps...............................................179
- Automobilisme : roue double Kapp.............................. 99
- Bec Fédéral.................................................. 84
- Bineuse automobile et automotrice.............................195
- Blaireau hygiénique........................................... 44
- Bottelage mécanique des pailles et fourrages : appareil. . . 151
- Bouche-clefs.................................................. 60
- Bouchon hermétique pour vins de Champagne..................... 20
- Bouchon verseur de sécurité................................... 60
- Bouée de sauvetage lumineuse.................................. 68
- Brosse aseptique Yédy......................................... 5
- Cadenas nouveau genre......................................... 20
- Calorifère a Agaz » au benzol................................. 28
- Canne qui boit............................................... 4
- Cartes à jouer : distributeur automatique.....................196
- Charpentes démontables à éléments interchangeables .... 35
- Charrue réversible’......................................... 11
- Châssis pour plaques en couleurs............................. 52
- Combustibles gazeux : mesure de leur pouvoir calorifique. . 115
- Comparateur Roost. ........................................... 99
- Compteur d’eau................................................156
- Contact de porte à installer soi-même....................... 155
- Coquetière de voyage Barbary. ................................ 4
- Cornet calorifique.......................................... 44
- Coupe-cor de sûreté......................................... 4
- Couteaux : appareil à nettoyer................................180
- Couveuse industrielle à grande production..................... 67
- Cuisine sans feu : appareils Achillini..................... . 195
- Désinfccteur et purificateur d’air antimorbine................124
- Dynamo transformatrice à voltages multiples...................171
- Électricité : dispositif à protection pour les circuits à haute
- tension.................................................. 35
- Électricité : supports et conduits métalliques................ICO
- Entonnoirs filtrants pour laboratoires........................132
- Étau à tubes portatif....................................... 172
- Fers à cheval : machine à fabriquer.................. . . . . 76
- Filtration : pour éviter les pertes de liquide........... . . 116
- Filtre (Galvo-)............................................... 5
- Filtrer vite et bien (Pour)...................................108
- Gralte-boue hygiénique. ..................................... 52
- Gaveusc perfectionnée. . ..................................... 4
- Hyposulfitc : élimination dans les épreuves sur papier ... 5
- Incendie : avertisseurs et extincteurs automatiques........ 45
- Jouet : aéroplanes en miniature............................125
- Jouet : Cum-bac............................................... 19
- Jouet : Eurêka Browning....................................... 56
- Jouet i la baraquette......................................... 56
- Jouet : lance-balles divers.............................. 56
- Jouet : le domino............................................. 28
- Jouet : le ramier, oiseau à ailes battantes...................125
- Jouet : le spirello............................................204
- Jouet : le wind-ball........................................... 19
- Jouet : tir aux aéroplanes...................................... 4
- Jouets du jour de l’an................................. 51
- Lampes à filaments métalliques : suspension électrique ... 84
- Lampe électrique pour chambre noire......................... 19
- Locomobile agricole (Petite)...................................131
- Manchons d’accouplement élastiques et isolants................151
- Malle démontable............................................. 100
- Manteau parachute pour aviateurs............................... 52
- Meules de foin (appareil à faire les).......................107
- Moulin à sel le « Commodor »...................................180
- Mulots : piège................................................ 59
- Oreille (Pour se boucher les). . .............................. 44
- Parapluie irrctournable................................. . 5
- Pédagogie : les jeux Reumont...................................187
- Perles : machines à enfiler ................................... 60
- Pèse-lettre de poche........................................... 19
- Photographie : chambre lumineuse...............................140
- Photographie : développement des agrandissements pendant
- la pose..............................................' . . 147
- Photographie : dimension du cliché et temps de pose . . . 204
- Photographie : impression en noir des plaques en couleur. . 147
- Photographie : le vélographe, tirage rapide des cartes postales . . . . ............................................ 156
- Photographie : machine Xiôrc pour développer des clichés en
- plein jour..................................................163
- Photographie : notation des diaphragmes et temps de pose. 187
- Pince support pour fer à repasser ............................. 20
- Pissette à jet violent pour le détachage des précipités. . . . 107
- Planchette-Télémètre.......................................... 203
- Poisson artificiel réversible..................................148
- Pompes domestiques déferrisantes.............................. 75
- Porte-clefs ................................................ 20-
- Porte-montre de poche........................................ 20
- Projection : le réclamographe ............................... 12.
- Protecteur pour clefs. .......................................172.
- Pupitre forestier............................................ 140
- Radiateur à vapeur chauffé directement au gaz : le Wright. 43
- Récréation mathématique : résoudre un problème à 3 trie on-, j nues, avec un seul nombre donné '.......................
- Réchaud de table........................................*‘
- Relieitr Tcrpi..........................................
- Renvois à débrayage monocorde ..........................
- Robinet le Simple.......................................
- * 83 59
- 116.
- 108
- 12
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- SfP
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Serre-voilette.............................
- Square-Dealer (Le).........................
- Sucre et miel dans le chocolat.............
- Table de multiplication automatique . . . Tachymètre P. P. extra-léger pour aviation Téléfeu (Le)................................
- 100
- 91
- 91
- 60
- 11
- 188
- Tracteur-treuil.......................
- Urines (Analyse des)..................
- "Valets de laboratoire................
- Ventilateur B. F......................
- Vernissage au four par l’électricité. "Wagon à déchargement automatique
- 19
- 92
- 100
- 132
- 189
- 148
- III. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Arséniate de soude : fraude.................................. 13
- Béton : imperméabilisation......................................206
- Beurre : méthode de conserve....................................102
- Bois : vieillissement artificiel............................... 110
- Bouillie cuprique anticryptogamique.............................206
- Bouillies bordelaises albuminées . . . .-.................... 18
- Brûlures : remède............................................... 13
- Ciment : pour en diminuer le retrait.........................166
- Crasse des vêtements............................................. 6
- Cuivre rouge : coloration en noir mat........................ 62
- Cuivre jaspé ou noir............................................ 62
- Décalque de l’encre d’imprimerie. .............................. 94
- Eau : stérilisation par l’acide citrique........................206
- Ecaille et galalithe : distinction.............................. 13
- Écriture : recherche sur le papier calciné................... 22
- Encre pour écrire sur le cuivre et le laiton ...................109
- Encre pour tampons à timbrer les œufs...........................126
- Encre sympathique...............................................110
- Étain : marbrures artistiques.................................. 157
- Étain : patinage. . ............................................150
- Graines de céréales destinées aux semailles : désinfection. . 86
- Huile de graissage : comment la choisir...................... 70
- Laiton : coloration en noir brillant à reflets métalliques. . . 54
- Laiton : coloration en noir mat................................. 46
- Laiton : colorations grises..................................... 62
- Laiton et cuivre : patines rouges fauves........................ 46
- Laiton jaspé ou noir........................................... 62
- Laiton : patines brunes........................................ 46
- Laiton : pour obtenir l’apparence du cuivre rouge............ 46
- Lampes électriques à filament métallique.................. 6
- Limaces : destruction.............................................126
- Linge sale : désinfection.........................................110
- Lut pour métaux, verre, faïence, etc........................... 62
- Margarine : empoisonnements....................................126
- Maté en infusions.............................................. 22
- Mélanges réfrigérants.......................................... 6
- Mousse des extraits végétaux en ébullition : moyen de l’abattre. 110
- Neige des paysages miniatures des presse-papiers...............118
- Œufs : poudres à faire pondre.....................................158
- Œufs : procédé de conserve en Indo-Chine..................... 190
- Pièces métalliques devenues cassantes pendant le décapage . 181
- Plantes et animaux : conservation............................... 150
- Plaques indicatrices : imitation de la tôle émaillée...........182
- Pommade antiseptique...........................................150
- Raisin : conservation............................................. 78
- Savons liquides................................................ 78
- Sauterelles : destruction par les mixtures toxiques............206
- Taches d’acide nitrique sur les mains.......................... 86
- Taches de doigts sur les clichés..................................102
- Taches de sel d’argent sur le linge...............................142
- Teinture d’iode décolorée......................................... 78
- Verre : inscriptions. •........................................... 22
- Verre : limage, rodage, perforage.................................118
- Vigne : destruction du parasite a Endemis »...................., 142
- Vin : recherche des matières colorantes artificielles.......... 78
- Virage « Brunitol a Lumière....................................... 54
- Zinc : patinage en beau noir...................................... 34
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Les injections sous-cutanées d’oxygène (Dr A. Cartaz). ... 5
- L’acide carbonique neigeux comme agent thérapeutique
- (Dr A.C.)................................................... 29
- Le diagnostic des fourrures (Dr A. C.)...................... 55
- Les cantines médicales militaires (Dr A. C.) ........ . 61
- Hygiène et chauffage (M. Bousqdet).......................... 69
- L'hordénine contre l’entérite (Dr A. C.).................... 77
- Le rouge écarlate (Dr A. C.).................................. 86
- Le traitement de la tachyphagic.............................. 93
- La fièvre méditerranéenne et les fromages de Roquefort (Dr A. C.).....................................................109
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- La vaccination antilyphique (Dr A. C.)......................117
- Le citrate de soude contre les vomissements des nourrissons
- (Dr A. C.).............................................. 153
- L’alimentation par les corps gras (Dr A. G.)...............141
- Les piqûres d’abeilles contre le rhumatisme (Dr.A. C.) . . . 157 La mouche et la dissémination des maladies (Dr À. C.) . . . 165
- Les méfaits du menthol (Dr A. C.)............................. 174
- Les bois dangereux à manier................................181
- Le ravalement des maisons par le jet de sable (Dr A. C.) . . 189
- Les pseudo-empoisonnements par la salade de pommes de terre (À. Truelle)................................................207
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- V. - VARIÉTÉS.
- Les travaux du canal de Panama.................................... 5
- Innovation chirurgicale.......................................... 13
- Essais comparatifs de trois croiseurs de la marine américaine.......................................................... 15
- La vente de l’électricité (J. Verdier)........................... 21
- L’inflammation des gaz terrestres à Neuengamme (Allemagne) (Boürgeric) ................................................... 29
- L’industrie des fleurs naturelles sur la Côte d’Azur (A. Ro-let)........................................................... 55
- Le sulfatage des vins à la petite propriété (A, Truelle). . . 59 Le bambou plante à papier de l’avenir (A. Truelle) .... 77 L’Océanographie et l’Académie des Sciences....................... 93
- Un perfectionnement dans la conservation des œufs par le
- froid (H. Blin)..................................................101
- Teintures végétales pour cheveux.................................109
- L’évolution de l’industrie du gaz en Allemagne (L. Boiteux) . 125
- Le cas pathologique de Don Quichotte (A. Acloque).............141
- Que devient la nicotine dans le sol ? (A. Truelle)............157
- La caféine et l'acide urique.....................................165
- L’éclipse totale de soleil du 28-29 avril 1911 (E. Touchet). . 173
- L’huile de tabac (H. Blin).......................................181
- Les imitations du caoutchouc (A. Chaplet)........................189
- La tache bleue congénitale (Dr A. Cartaz).....................197
- Les accidents d’aéroplane........................................205
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique............................ 45, 149 || Résumé météorologique.............. 57, 61, 85, 101, 153, 179
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
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