La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL^HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Paris. Un an. . — Six mois
- ABONNEMENTS
- 20 fr. s 10 fr. »
- Union postale. Un an. — Six mois
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- Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, i),
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- QUARANTIÈME ANNÉE
- 1912
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET Os ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD S A J N T - G E RM Al N
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- 40e ANNÉE. — N0' 2010.
- 2 DÉCEMBRE 1911.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES INSECTES QUI DIGÈRENT A L’EXTÉRIEUR
- Il n’est pas toujours nécessaire que les aliments pénètrent dans l’estomac pour être digérés. Chez
- vail de M. Portier j1). Cet insecte aquatique, très commun dans nos mares, a un peu la forme d’une
- Larves de Dytiques : l’une à Vaffût; l’autre nageant ; la troisième dévorant tm petit poisson. — En cartouche : tête de la larve du Dytique.
- certains insectes, ils subissent en dehors du corps même de l’animal une digestion assez avancée. Ce cas curieux se rencontre notamment chez la larve d’un coléoptère, le Dytique, qui, à ce point de vue, vient de faire l’objet d’un intéressant tra-
- 40" année. — icl semestre.
- chenille et se termine en avant par une tête volumineuse, plate, munie latéralement de deux crochets courbes, susceptibles de se rabattre l’un vers l’autre. Or, si l’on examine l’endroit où devrait se trouver la bouche, on ne trouve aucun orifice, bien que l’insecte, à l’intérieur, contienne un tube digestif parfaitement normal et soit, d’ailleurs, d’une férocité que connaissent bien ceux qui ont essayé de l’élever dans un aquarium. On a l’explication de cette absence en examinant les crochets que j’ai signalés plus haut et qui se terminent, tout à la pointe, par un très petit pertuis; cet orifice conduit 1. Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, 1911.
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- 2 z=======i LES INSECTES QUI DIGÈRENT A L’EXTÉRIEUR
- dans un fin canal presque capillaire, lequel aboutit à son tour dans le canal digestif. C’est donc par Là que -les aliments pénètrent : la larve plonge ses crocs dans le corps de la victime et en aspire les sucs. Cela paraît très simple, mais à la réflexion, on peut se demander comment il se fait que la proie arrive à être comjiïètement vidée par le forban. Que le sang en soit aspiré comme avec un chalumeau, il n’y a là aucune difficulté, mais comment les organes, tels que les glandes, les corps adipeux, les muscles, arrivent-ils à s’infiltrer dans un canal aussi ténu? Cela est évidemment impossible. Il doit, y avoir « autre chose ». Cette autre chose est très simple et se résume en ceci : la larve injecte dans le corps de sa victime un liquide digestif qui a tôt fait de transformer ses organes en une bouillie, susceptible, dès lors, d’être aspirée. Donnons, par exemple, à une larve de Dytique, un asticot et voyons, avec M. Portier, ce qui va se passer. La larve se précipite sur la proie et lui plonge ses crochets dans le corps. Au bout de quelques secondes, un jet de liquide noir envahit l’asticot. Au microscope, on peut se rendre compte que tous les organes sont maintenant noyés dans une atmosphère grisâtre, mais qui, cependant, reste assez transparente pour qu’on puisse observer tous les détails d’organisation. On voit alors les divers tissus, et, en particulier, les masses adipeuses qui tranchent par leur apparence blanche et opaque, disparaître peu à peu par une véritable liquéfaction. Brusquement se manifeste dans les humeurs de la proie un courant intense qui entraîne tous ces liquides vers les crochets de la larve. Des particules se détachent de tous côtés des organes, entraînées par ce courant dans le tube digestif de la larve du coléoptère. Peu à peu la proie se vide presque complètement du liquide qu’elle contenait ; les organes restent ainsi à sec pendant environ une demi-minute, puis, tout à coup, un nouveau flot de liquide noir envahit la cavité de l’asticot, et on assiste aux mêmes phénomènes que précédemment. Les mêmes actes d’injection et d’aspiration de liquide digestif se répètent ainsi périodiquement jusqu’à ce que tous les tissus de la proie aient été entièrement solubilisés. L’enveloppe vide est ensuite rejetée. On peut d’ailleurs montrer le fait d’une manière encore plus saisissante en donnant à la larve un cube de blanc d’œuf coagulé et enfermé dans un sac de caoutchouc. La larve perce celui-ci, y injecte son liquide noir et aspire ensuite l’albumine qui s'est liquifiée. En somme, on le voit, la larve du Dytique peut être comparée aux appareils d’épuisement des laboratoires de chimie, à l’appareil de Soxhlet, par exemple. Ici, comme là, une circulation intermittente de liquide vient solubiliser les matières à extraire qui sont entraînées dans l’appareil où elles s’accumulent, le liquide solvant ou digérant revenant un instant après.
- Ajoutons aussi que la larve n’injecte pas seule-
- ment à sa victime un liquide digestif, mais aussi un venin destiné à la paralyser. Exemple rapporté par M. Portier : On donne un poisson à une jeune larve qui vient de muer et dont les téguments sont très transparents. La larve saisit le poisson avec ses crochets qu’elle enfonce derrière la tête. Il est comme frappé de stupeur, puis il esquisse quelques tentatives de fuite. Deux minutes après, sa respiration s’accélère, devient anxieuse. Trois minutes ; la respiration se ralentit, puis les opercules ne fonctionnent plus que par intermittence. Cinq minutes; quelques contractions musculaires, puis le poisson reste sur le dos, les ouïes largement ouvertes. Evidemment, un venin seul est capable de produire des effets aussi rapides. En voici d’ailleurs un autre exemple. Un Triton crêté est mis en présence d’une larve Dytique dont la taille n’atteint pas la moitié de la sienne. La larve saisit sa proie par une patte postérieure. Le Triton paraît terrorisé, il ne cherche pas à se défendre, il essaye seulement de fuir et entraîne la larve après lui. Bientôt il semble épuisé; la larve lâche alors la patte et enfonce ses crochets dans l’abdomen. Quelque temps après, le Triton est inerte.
- Une digestion externe se rencontre aussi chez la larve du Fourmi-lion, ce singulier insecte qui se fabrique des pièges creux, en forme de cônes renversés, où les proies qu’il convoite dégringolent et sont dès lors à sa merci, car il est tapi tout au fond et les capture en un clin d’œil. Sa tète a exactement la même disposition que celle de la larve du Dytique et il est évident que, comme elle, il injecte à sa victime un liquide digestif destiné à la liquéfier à l’intérieur. En examinant les reliefs du repas, on voit, en effet, que les proies sont réduites à leur peau et, qu’à leur intérieur, tous les viscères, tous les muscles ont disparu entièrement.
- On a constaté aussi que les chenilles qui percent le bois, telles que le « Cossus ligniperda », imbibent celui-ci d’un liquide qui le digère en partie et en dissocie les éléments. Elles peuvent ensuite plus facilement se creuser un chemin dans le tissu ligneux tout en le dévorant pour se nourrir.
- Procèdent de même enfin les punaises des bois et les pucerons qui piquent les végétaux pour s’en nourrir. Par leur fine trompe ne pourrait guère passer aucune des substances de la plante si, au préalable, ils n’y injectaient une substance digestive, riche en diastases, capable de les ramollir et d’en changer la nature chimique. Les troubles qu’ils apportent dans le végétal sont d’ailleurs rendus manifestes par la décoloration qui se produit même à une certaine distance de la piqûre et, parfois, par l’apparition de galles plus ou moins tortueuses.
- Le phénomène auquel le titre de cet article fait allusion est donc plus répandu qu’on ne pourrait croire a priori. En science, d’ailleurs, il faut toujours se méfier des a priori. Henri Cotjpjn.
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- LES PREUVES DE LA RÉALITÉ MOLÉCULAIRE
- M. Jean Perrin, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, a fait à la Société française de Physique, une conférence des plus intéressantes sur les preuves de la réalité moléculaire.
- Après avoir rappelé les idées théoriques et les calculs de Clausius, Avogadro, Maxwell, sur les molécules, dont ils admettaient l’existence, M. Perrin décrit les méthodes expérimentales quiontpermis de prouver l’existence réelle des molécules, d’en calculer le nombre et les dimensions.
- Parmi ces méthodes, la plus importante est basée sur l’étude des mouvements browniens dont nous allons rappeler les propriétés.
- Dans une masse fluide en équilibre, de l’eau dans un vase par exemple, toutes les parties de celte masse nous paraissent immobiles. Si l’on y place un objet lourd, cet objet tombe, suivant la verticale s’il est sphérique. La chute est d’autant plus lente que l’objet est plus petit, mais, tant qu’on peut l’examiner à l’œil nu, il tombe et finit toujours par arriver au fond du vase.
- Ces notions si familières ne sont pourtant valables que pour des corps de dimensions suffisantes pour être vus l’œil nu. Il est difficile, en effet, d’examiner au microscope une préparation liquide, sans observer que les particules en suspension, au lieu de prendre, suivant leur densité, un mouvement régulier de chute ou d’ascension, sont animées d’un mouvement permanent, parfaitement irrégulier.
- Si les particules sont nombreuses, on voit cpie tout est en mouvement dans le champ du microscope, c’est une sorte de fourmillement, de trépidation générale, qui forme un spectacle des plus frappants.
- Chaque particule éprouve une série de déplacements difficiles à décrire, parce que essentiellement irréguliers. Ils se produisent indifféremment dans tous les sens; la particule va, vient, s’arrête, repart, monte, descend, sans jamais tendre vers l’immobilité. Le mot de trépidation donne l’idée la plus nette des apparences observées, mais il ne s’agit pas d’une trépidation sur place : la particule peut, avec le temps, parcourir un chemin considérable. C’est là le mouvement broivnien, ainsi nommé en souvenir du naturaliste Brown qui le découvrit en 1827, montra qu’il n’est pas dû à des animalcules vivants, et reconnut aussi que les particules en suspension s’agitent d’autant plus vivement qu’elles sont plus petites.
- Ce phénomène, longtemps ignoré, a été étudié par M. Gouy, et récemment par M. J. Perrin, qui en a déduit des renseignements intéressants sur la constitution de la matière. Les travaux de ces physiciens ont d’abord établi que ce mouvement n’était pas dû, comme on pouvait le penser, aux trépidations transmises au liquide étudié, puisqu’il persiste la nuit, dans un sous-sol, à la campagne, aussi bien que dans une rue populeuse où passent de lourds camions. Il existe même dans les gouttelettes
- d’eau occluses dans les roches quartzeuses immobilisées dans les montagnes depuis les époques géologiques les plus lointaines. Toutes les causes successivement imaginées pour rendre compte de ce mouvement perpétuel ont été reconnues sans grande influence, et dès lors il semble difficile de ne pas penser que ces particules révèlent une agitation interne du fluide, avec d’autant plus d’exactitude qu’elles sont plus petites, « de même qu’un bouchon suit mieux qu’un grand bateau les mouvements des vagues de la mer ».
- Ainsi apparaît une propriété éternelle 'des fluides : il s’agitent indéfiniment et spontanément. Cette propriété, que les mouvements browniens mettent ainsi en évidence avait été l’hypothèse fondamentale des théories cinétiques et moléculaires de la matière, qui toutes supposent que les corps ont une structure discontinue et sont formés de molécules distinctes, animées d’un mouvement incessant. Par suite de leurs dimensions infinitésimales, nous ne pourrons jamais « voir » les molécules; mais les mouvements browniens — et c’est là l’intérêt de leur étude — nous renseignent sur leurs dimensions et leur nombre, voici comment.
- On a démontré, par des considérations cinétiques en particulier, qu’à une même température, toutes les molécules de tous les fluides ont la même énergie cinétique moyenne. Or, ce résultat s’applique aussi bien aux molécules de sucre qui renferment 55 atomes qu’à celles de sulfate de quinine qui. en contiennent plus de 100. Aussi M. Perrin a-t-il eu l’heureuse audace de supposer que les lois des molécules s’appliquent encore aux particules formées de plusieurs molécules, aux poussières en un mot, et nous sommes ramenés ainsi à l’examen de ce mouvement merveilleux qu’est le mouvement brownien. Si donc on peut mesurer l’énergie granulaire d’une émulsion, et que les nombres trouvés concordent avec ceux déduits de la théorie cinétique des gaz par Avogadro et Van der Walls, on aura du même coup établi l’origine moléculaire du mouvement brownien et trouvé un moyen précis de connaître les caractéristiques des molécules inaccessibles à nos sens.
- Comme la mesure directe sur les particules brownie unes est impossible,.M. Perrin a eu l’idée d’étendre aux émulsions les lois des gaz, déjà généralisées par Yan’t Iloff pour les solutions. Si cette extension est légitime, dans une émulsion uniforme au repos les grains doivent se répartir, en fonction de la hauteur, comme le font les molécules de l’air sous l’influence de la pesanteur. Il se produira donc une raréfaction de bas en haut quand on s’élève dans la solution et suivant la même loi que pour l’atmosphère. C’est ce que l’expérience a vérifié; seulement l’abaissement à la concentration moitié qui se produit dans l’atmosphère sur une hauteur de 0 kilomètres se produit, dans les émulsions étudiées sur
- Répartition d'équilibre de grains de gomme-gutte de Oy.,6 de diamètre, 3 niveaux pris de io en io;*.
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- 4 LE TRANSPORT DE FORCE ÉLECTRIQUE A 110 000 VOLTS
- une hauteur de 1/10 de millimètre environ (fig. 1).
- L’agitation moléculaire est donc bien la cause des mouvements browniens, et en mesurant la densité, le rayon, et la concentration des grains en divers points, les lois des gaz donnent l’énergie granulaire d’où l’on tire le nombre de molécules par molécule-gramme. Ce qu’il y a de tout à fait remarquable, c’est que, par cette méthode indirecte, on trouve le nombre 68.1022, tandis que la théorie des gaz donne 60.1022.
- On peut d’ailleurs retrouver ce nombre ensuivant une marche différente due à Einstein, basée sur la considération du déplacement moyen des particules. Ce qui donne encore plus de valeur à ces résultats, c’est qu’ils concordent avec ceux auxquels conduit l’étude de phénomènes entièrement différents, tels que la diffusion, celle du sucre dans l’eau par exemple, la mobilité des ions dans les gaz, les phénomènes radio-actifs, le rayonnement du corps noir, la couleur bleue du ciel.
- Cette dernière méthode, très ingénieuse, est due à Lord Rayleigh et fait intervenir la diffraction de la lumière solaire par les molécules de l’atmosphère. On sait que, lorsqu’un pinceau de lumière blanche traverse un ensemble de fines poussières, une partie de la lumière se
- trouve diffractée latéralement et vire au bleu, la lumière de courte longueur d’onde subissant la diffraction la plus forte.
- De plus, la lumière ainsi éparpillée est polarisée. Aucune limite de petitesse n’est imposée a priori aux particules diffractantes, et lord Rayleigh suppose que les molécules elles-mêmes agissent comme les poussières et déterminent la coloration bleue du ciel. Malgré le manque d’observations précises, l’ordre de grandeur trouvé à l’aide de quelques nombres tirés des observations de M. Sella en haut du mont Rose, est le même que par les autres méthodes.
- En présence de ce faisceau de preuves, d’origines si diverses, de ce « miracle de concordance » , comme le dit M. Perrin, il semble impossible de défendre, par des arguments raisonnables, une attitude hostile aux hypothèses moléculaires dont les mouvements browniens sont pour ainsi dire la justification la plus frappante. Le nombre de 68.1022 molécules par molécule-gramme que confirment toutes les expériences peut être considéré comme établi avec certitude, bien qu’il nous enlève à tout jamais l’espoir de « voir » les molécules.
- II. Vigneron.
- LE TRANSPORT DE FORCE ÉLECTRIQUE A 110000 VOLTS
- de l’Exposition de Turin.
- Ce n’est pas la première fois que la vieille Europe voit réaliser un transport d’énergie électrique sous une semblable tension. Il existe, en effet, en Allemagne une ligne aérienne qui fonctionne à 110000 volts depuis plusieurs mois. La ligne aérienne de Tysse à Odda, en Norvège, est à 120000 volts. Quant aux Etats-Unis, depuis quelques années, ils possèdent plusieurs distributions de ce genre : car elles sont plus nécessaires chez eux qu’en Europe : haute tension, signifie transport à grande distance, et la densité de population encore faible sur certains points du territoire yankee, oblige les exploitations électriques à aller chercher au loin leur clientèle.
- Mais, en Amérique comme en Europe, c’est la première fois que l’on voit imposer une tension de plus de 100000 volts à une ligne mi-souterraine, mi-aérienne.
- Ce beau tour de force a été réalisé, à l’Exposition de Turin, par deux maisons françaises : MM. Védo-velli et Priestley, d’une part, qui ont pris l’initiative de l’entreprise, ont fourni l’appareillage et exé-
- cuté les travaux; la Société des Téléphones, d’autre part, qui a fourni le câble souterrain.
- La transmission de l’électricité à haute tension par câble souterrain présente un vif intérêt ; des fils aériens, chargés à plusieurs dizaines de milliers de volts, ne laissent pas que de faire courir de graves dangers aux agglomérations qu’ils traversent. Un fil brisé, un contact malencontreux peuvent provoquer des catastrophes. Le passage en fil souterrain semble donc s’imposer ; mais il comporte des câbles au lieu de fil nu : le ou les conducteurs électriques s’y trouvent enveloppés d’une matière isolante, en général du papier imprégné, protégé par une armature métallique. Outre que la transmission de l’électricité dans un semblable milieu n’est nullement comparable à ce qu’elle est le long d'un fil, il faut que l’isolant soit capable de résister à la tension électrique qui tend à diriger le courant de l’âme du conducteur vers l’armature. De là des difficultés de construction, qui, voici quelques années, passaient pour insolubles. En 1908, les câbles à 20000 volts
- de* tension.''
- Capots
- Fig.T.— Schéma du transport de force de Turin, mi-souterrain, mi-aérien.
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- LE TRANSPORT DE FORCE ÉLECTRIQUE A 110 000 VOLTS ..- 5
- étaient considérés comme détenant un record remarquable. Le fait que le câble de Turin a fonctionné sans accrocs sous 110 000 volts démontre les progrès accomplis.
- Outre le câble souterrain, l’ensemble du transport de force de Turin présente des dispositions remarquables à divers égards; notamment un matériel d’appareillage, créé par MM. Vedovelli et Priestley, qui donne à des problèmes difficiles, des solutions à la fois neuves, hardies et efficaces.
- Le schéma du transport de force est le suivant : l’Administration de l’Exposition fournit l’énergie à transporter sous forme de courant alternatif triphasé à 6500 volts. Un transformateur l’élève à la tension de 110 000 volts. De là, il traverse des interrupteurs d’unnouveau modèle, etpénètre dansle circuit souterrain; il arrive à l’extrémité des câbles, à un poste de raccordement avec les fils aériens. On aperçoit ce poste sur la figure 2. Il court enfin le long des fils aériens qui longent le Pô, portés par les consoles. Notons que celles-ci ont été placées de façon que la ligne soit presque toujours au-dessus de l’eau : ceci afin de rassurer le public qui eût pu s’effrayer de l’exubérance parfois excessive de certains phénomènes électriques à haute tension.
- La ligne traverse le Pô et aboutit enfin au poste d’utilisation où un transformateur abaisse à nouveau
- Fig. 2.— Le raccordement de la ligne aérienne et de la ligne souterraine protégé par un limiteur de tenswn.
- la tension à la valeur de 6500 volts qui permet d’utiliser, pratiquement l’énergie ainsi transportée.
- La puissance de cette installation expérimentale est de 100 kilowatts. La ligne aérienne est en fil d’aluminium. Les consoles qui la supportent sont pour, la plupart en ciment armé. Ces deux dis-
- positions sont très fréquentes aujourd’hui pour les transports d’énergie.
- Les appareils les plus impressionnants sur une ligne de transport d’énergie sont certainement les interrupteurs. Pour peu que la puissance circulant
- Fig. 3. — La ligne aérienne à iio ooo volts au-dessus du Pô.
- sur la ligne soit considérable et la tension élevée, ces engins prennent une allure formidable. L’ouverture d’un interrupteur s’accompagne de phénomènes violents : production d’un arc puissant, accompagné d’un bruit souvent semblable à une détonation, et oscillations électriques qui se répercutent sur tout le réseau en produisant parfois des surtensions dangereuses. La manœuvre d’un tel interrupteur, on le conçoit, ne peut se faire à la main ; elle s’opère, en général à distance, par commande électrique ou autre. Un interrupteur constitue donc en général un ensemble de dimensions considérables. Or, on a eu la surprise de voir sur la ligne à 110000 volts de Turin, un interrupteur essayé à 250 000 volts, correspondant à une capacité de rupture de 100 000 kilowatts et dont le volume est près de dix fois plus petit que celui d’un interrupteur conçu selon les règles ordinaires pour une capacité de rupture de 15000 kilowatts. Ce progrès est dû à l’emploi de l’huile sons pression de 1 à Ü kilog. La coupure du courant se fait dans cette huile. À l’interrupteur dont nous venons de parler il suffit de 170 litres d’huile, tandis qu’à l’interrupteur du type usuel le
- 15000 kilowatts il faut 1200 litres d’huile.
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- Parmi les autres innovations de MM. Vedovelli et Priestley, nous devons citer les chaînes isolatrices à maillons par lesquelles les fils aériens sont suspendus aux consoles. Ces chaînes à maillons réalisent, au point de vue de l’économie, un progrès sur les anciens isolateurs à jupe, d’une construction fort onéreuse dans le cas des tensions extrêmement élevées; progrès aussi sur les isolateurs suspendus en cascade, à la mode américaine. Chaque chaîne de maillons est protégée par un chapeau métallique ; les isolateurs même sous la pluie peuvent résister à une tension de 500 000 volts.
- Ces maillons isolants ont permis également de créer tout un appareillage de ligne pour parafoudres, limiteurs de tension ou coupures dont l’isolement est en rapport avec l’isolement de la ligne. La fig. 2 montre le para-foudre installé sur la ligne aérienne, et destiné à écouler hors de la ligne toute charge excessive provenant de l’électricité atmosphérique. Le para-foudre est à rupture multiple ; il se compose seulement d’une chaîne dont les maillons sont constitués alternativement par une corne conductrice et un maillon isolant.
- Signalons pour terminer une illumination d’un caractère tout particulier. On a imaginé de placer en dérivation sur chacune des phases de la ligne de
- distribution un groupe de 1000 lampes à incandescence montées en série. Ces lampes forment un arc gracieux au-dessus du Pô; en même temps, elles démontrent au public que la tension dans la ligne est bien celle annoncée. Il a fallu trouver un dispositif qui empêche le circuit des lampes de s’ouvrir au cas où une lampe viendrait à brûler. A cet effet, il a été imaginé un très ingénieux modèle de douille à court-circuitage automatique : dans le culot de la douille se trouve simplement placée une pastille métallique séparée de deux pièces de contact par une feuille de papier. Si la lampe vient à brûler, aussitôt se manifeste une différence de potentiel très élevée entre l’entrée et la sortie. La feuille de papier est carbonisée ; la pastille poussée par un léger ressort vient en contact avec les deux pôles de la douille et rétablit le circuit, de sorte que les autres lampes de la série continuent à éclairer.
- Ces quelques aperçus suffisent à montrer la science et l’ingéniosité qui ont été dépensées dans le remarquable transport de force de Turin. On le voit, l’industrie électrique française n’a rien à envier, pour la hardiesse et l’habileté, aux industries allemande ou américaine qui lui font cependant, de par le monde, une si rude concurrence. A. Trolleîi.
- Fig. 4. — Lignes électriques supportées par des isolateurs à maillons; à droite : une série de maillons.
- LES NOUVEAUX ABATTOIRS DE LYON
- La ville de Lyon, qui possédait jusqu’à ce jour des abattoirs d’une exiguïté et d’une organisation indignes d’une grande cité, a entrepris la construction d’un établissement qui pourra servir de modèle, non seulement pour les autres villes de France, mais aussi pour l’étranger. Les perfectionnements divers apportés durant ces dernières années à ce genre d’installations dans les principales villes de l’Europe ont été soigneusement étudiés par l’architecte lyonnais Tony Garnier, et l’on peut affirmer que les plans dressés par lui, aujourd’hui en pleine exécution, synthétisent, au point de vue sani-
- taire et économique, ce qui existe de plus parfait à l’heure actuelle. Et ceci est bien dans le caractère lyonnais; méfiant et temporisateur, il hésite longtemps avant de se décider ; mais une fois sa résolution étudiée et mûrie, il exécute sans faiblesse l’entreprise la plus moderne, profitant ainsi de l’expérience de ceux qui l’ont précédé.
- Les abattoirs et le marché aux bestiaux en construction s’élèvent dans le quartier de la Vitriolerie au milieu d’une vaste plaine située au sud-est de la ville sur la rive gauche du Rhône. Leur superficie totale mesure 250 000 mètres carrés.
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- SUD-OUEST
- NORD-EST
- Vue perspective des futurs abattoirs de Lyon.
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- 8---—------— LES NOUVEAUX ABATTOIRS DE LYON
- L’établissement est relié par deux embranchements distincts avec les lignes ferrées du P.-L.-M. Sur le parcours intérieur des voies sont disposés des quais pour le débarquement des animaux. Les bâtiments sont orientés du nord au sud, tant en vue d’un éclairage favorable que pour l’enlèvement rapide des odeurs, cette orientation étant celle des vents régnants.
- Le marché aux bestiaux et les services de l’abatage sont juxtaposés, mais distincts et possèdent chacun leur entrée particulière.
- L’accès du marché, à façade monumentale, est à l’extrémité de la face nord du rectangle dont nous donnons le plan. Au centre de cette large entrée est le bureau vitré de surveillance ; à gauche, le bâtiment d’administration ; à droite, le logement du gardien, le bureau du vétérinaire, le logement du percepteur.
- Au delà de l’entrée, s’ouvre une cour au fond de laquelle se dresse la halle gigantesque où se tiendra le marché des animaux. Cette halle à toiture métallique, à baies verticales mobiles, dont le sol est pavé de grès cérame, peut contenir 2100 boeufs, 2000 veaux et 8000 moutons.
- Autour de la halle, une voie de 20 mètres de largeur formera un boulevard intérieur planté d’arbres. A gauche et au nord de cette voie s’ouvre le passage réservé aux animaux que l’on conduira du marché aux halles d’abatage ; sur ce passage est un poste de surveillance et un bassin pédiluve.Au sud, du même côté, le passage destiné aux porcs. A droite de la halle régnent les voies ferrées, et le parc de débarquement et de réembarquement des bestiaux.
- Aux deux extrémités nord et sud de la grande halle se trouvent les services de contrôle et de perception, les vestiaires, lavabos et w.-cl.
- A la suite, le marché aux porcs dont les dispositions sont semblables.
- Ce dernier servira en même temps d’étable pour 3700 porcs; une cuisine pour ces animaux y est annexée. Une série de wagonnets avec bascules automatiques permettront de les conduire aux écuries d’attente de la charcuterie.
- Sur la droite s’étend une, aire surélevée pour les fumiers qui, de là, à l’aide de trémies, tomberont dans des wagons.
- Au fond, sont les quais et parc de débarquement des porcs.
- Les écuries s’étendent au midi de ces emplacements ; elles sont séparées par une grille des écuries des abattoirs et du marché pour permettre de contrôler les animaux au passage. Il y aura là plusieurs rangées d’animaux et des box pour les isoler au besoin, séparés par quatre larges allées. L’ensemble des bâtiments affectés à ces écuries pourra contenir plus de 2000 bœufs, de 2000 veaux et de 9000 moutons.
- L’installation de ces étables a été soigneusement étudiée; les mangeoirs sont en grès, chacune est pourvue d’eau; partout des escaliers, monte-charges et abat-foins pour les fourrages, lavabos et water-closets pour les gens de service.
- Des wagonnets desserviront dans toute leur longueur les fenils situés au-dessus des écuries; des ponts relient les divers bâtiments. A l’Ouest sont les ascenseurs. Les wagons amenant le bétail peuvent être déchargés soit sur la droite dans les parcs, soit sur la gauche dans les écuries.
- L’abattoir proprement dit a son entrée sur la façade orientale de l’établissement. Cette façade, de près de 400 mètres, présente un assemblage grandiose de constructions symétriques devant lesquelles s’étend à l’extérieur une place demi-circulaire , que l’on a eu le tort de faire beaucoup trop exiguë.
- Dans l’axe de l’entrée est un bureau de surveillance vitrée ; à gauche le bâtiment de l’administration contenant les bureaux de la direction, des vétérinaires, percepteurs, contrôleurs et inspecteurs des viandes foraines, avec logements dans les étages supérieurs; à droite, le bâtiment des syndicats, un bureau de postes et télégraphes, des logements. Dans ce corps de bâtiment se trouve une vaste salle de réunion et de nombreux bureaux.
- Au delà du batiment de l’administration s’étend la cour de service autour de laquelle s’ouvrent des écuries et remises pour les voitures des charcutiers ; et de même, au droit du bâtiment des syndicats, sont la cour de service, les écuries et remises des bouchers.
- L’habitation et le jardin du directeur font suite, sur la gauche, au bâtiment de l’administration, et plus à gauche encore se trouvent les laboratoires.
- Après avoir traversé la cour on entre dans une grande et longue rue couverte, des deux côtés de laquelle sont les halls d’abatage. Dans cette rue circuleront les voitures pour le chargement des quartiers de viande. Là aussi sont installés les rails aériens destinés à transporter ces quartiers soit vers les voitures, .soit aux entrepôts frigorifiques.
- Sur la droite de la rue couverte la boucherie dispose de 4 salles d’abatage; une moitié de chaque salle est destinée aux gros animaux, l’autre moitié aux veaux et aux moutons. Entre les salles sont des étables pour les bestiaux amenés du marché.
- Chaque salle d’abatage sera pourvue comme accessoires : du service de contrôle, de perception, de pesage automatique, de réfectoires pour les garçons bouchers, de lavabos, douches et vestiaires.
- Le mode d’abatage prévu pour les gros animaux est la perforation du crâne à l’aide d’un gros emporte-pièce : ce perforateur est planté dans un masque dont on coiffe la tête de la victime, et peut coulisser dans la douille qui le maintient. Le masque étant en place l’ouvrier donne un violent coup de marteau sur le perforateur ; l’animal est foudroyé.
- Des rails aériens relient les treuils d’abatage au nombre, de 188 aux frigorifiques et à la rue couverte. Chaque boucher disposera, pour son dépeçage, de deux espaces, séparés par les rails aériens, l’un pour les gros, l’autre pour les petits animaux.
- Ces salles d’abatage seront parfaitement éclairées, ventilées et chauffées ; l’eau de lavage y sera distribuée en abondance.
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- LOCOMOTIVE A FOYER A TUBES D’EAU
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- Derrière les salles d’abatage, à droite, est prévue la triperie comportant écuries et remises pour les voitures de tripiers, le contrôle, la perception, les réfectoires, vestiaires, etc.
- A côté est un autre hall couvert surélevé pour le vidage des panses, avec de grands bassins de lavage et des trémies de déchargement des excréments dans des wagons.
- A la suite une salle de travail des viandes contenant de nombreux bassins à eau chaude et eau froide..
- En outre, pour le finissage, les tripiers disposeront d’autres cuves, bacs et tables avec chauffage à la vapeur.
- Les magasins pour les os, le sang, les graisses, les poils, les onglons, les cornes, les peaux sont de l’autre côté de l’entrée en venant de la boucherie.
- La charcuterie a ses installations, symétriques de celles de la boucherie, à gauche de la rue couverte, avec des services et des dispositions analogues, appropriées au traitement des porcs. Des grues porteront les animaux abattus pour les porter dans les cuves à ébouillanter ou aux brûloirs, et de là sur les tables à épiler ; puis des ponts roulants les emporteront au pendoir pour le travail définitif. La dernière partie du bâtiment est réservée à la triperie porcine. Dans ces services régnera également un jeu de transports aériens, pour l’extérieur ou pour les frigorifiques.
- L’entrepôt frigorifique constitue une installation, déjà très répandue à l’étranger, mais bien_peu usitée encore en France. Son but principal consiste dans la location aux bouchers et aux charcutiers, dans l’abattoir même, de cases fermées, réfrigérées, où les viandes achetées et abattues par eux sont conservées jusqu’au moment où ils les viennent chercher pour les livrer à la consommation.
- Cet entrepôt occupe une surface considérable sur la gauche de la rue couverte ; il est divisé en o parties : la salle de vente; le dépôt de la boucherie; le dépôt de la charcuterie. Les cases individuelles de boucherie sont au nombre de 510 ; elles ont comme dimension uniforme 1 m. 50 sur 2 mètres ; les cases de charcuterie sont au nombre de 300. Il y aura en plus une chambre de salaisons contenant 86 bacs à viandes saumurées. On pourrait, en élevant ces entrepôts d’un étage, en doubler l’importance.
- LOCOMOTIVE A FOYER A TUBES I
- Dans le N° du 25 octobre 1909, La Nature a donné la description d’une locomotive construite par le Creusot et dont la chaudière était aqua-tubulaire du type Du Temple tel qu’on l’emploie dans la marine militaire. A la suite d’essais très satisfaisants de cette locomotive, le Directeur du Creusot proposa à la Compagnie du Nord l’application d’une chaudière semblable à ses locomotives à grande vitesse type Atlantic. M. Du Bousquet, alors ingénieur en chef de la traction, accepta la proposition, mais avec certaines restrictions et en proposant des
- Entre les écuries du marché et l’abattoir, on a réservé un emplacement pour la section sanitaire où seront reçus les animaux malades ou suspects mis en observation.
- Enfin, au sud de la façade orientale, à côté du point par où pénètre l’un des embranchements de voie ferrée, on construit un abattoir hippophagique avec quai de débarquement, parc, écurie, salle d’abatage, dépendances, etc.
- Le bâtiment des chaudières et machines est à gauche de l’entrée de la rue couverte. La puissance globale des machines à vapeur a été prévue de 1200 HP.
- Tous les bâtiments composant cet immense ensemble ont leurs toitures en ciment armé ou en brique armée et en terrasse. La surface n’est pas inférieure s 100000 mètres carrés. Les rues sont pavées, les pavés étant noyés dans du bitume, et bordées de trottoirs.
- Le sol des ateliers est en pavés de grès, celui des écuries en plotets vitrifiés.
- Les murs sont revêtus de carreaux céramiques jusqu’à une hauteur de 2 mètres, les vitrages sont fixes et la xentilation est artificielte et à température constante. Le bois n’est pas employé dans l'établissement.
- Un éclairage très étudié, de puissants ventilateurs, de grandes masses d’eau, des égouts à large section déversant leur contenu dans un bassin de décantation situé sur les bords du Rhône assureront la salubrité de ce remarquable établissement.
- La force totale des machines employées dans l’établissement, eau, vapeur, lumière est de 1200 chev.
- La dépense prévue pour toute l’installation s’élève à 14500000 francs, somme dont les principaux éléments sont les suivants y compris les constructions :
- Marché des animaux de boucherie .... 2.500.000
- Écuries de ce marché....................... 1.500.000
- Écuries du marché des porcs..................... 570.000
- Abattoirs de boucherie..................... 1.000.000
- Charcuterie................................ 560.000
- Entrepôts frigorifiques......................... 470.000
- Chaudières et machines..................... 400.000
- Etc., etc.
- Victor Cambon.
- Ingénieur, E. C. T.
- ’EAU DE LA COMPAGNIE DU NORD
- modifications. On sait que, dans la chaudière de locomotive, surtout avec les hautes pressions actuelles, la partie la plus délicate et la plus coûteuse d’entretien est le foyer tandis que le faisceau tubulaire qu’on emploie actuellement est un excellent organe vaporisateur, surtout à la fin du parcours, des gaz chauds. Avec la chaudière Du Temple, à l’extrémité du corps cylindrique, la suie se dépose en grande quantité sur les tubes et vient nuire à la production de la vapeur, d’autant plus qu’il est extrêmement difficile de se débarrasser de cette suie.
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- LOCOMOTIVE A FOYER A TUBES D'EAU
- Avec les tubes à fumée, le courant des gaz de la combustion, chargés d’escarbilles, nettoie ceux-ci et' empêche les dépôts de suie. Dans le foyer, au
- fumée du type ordinaire pour le corps cylindrique. La chaudière Brotan est le précurseur de cette nouvelle chaudière (voy. n° du Tl avril 1908).
- Plan
- contraire, sous l’influence de la haute température, cette suie brûle et les tubes restent indemnes.
- Fig. i.
- Chaudière avec foyer à tubes d’eau de la locomotive « Atlantic » de la Compagnie du Nord.
- Coupe suivant LIVl
- Cette locomotive, livrée au commencement de 1907, présenta à sa mise en service des défauts
- Coupe suivant Hl Coupe suivant JK
- Fig. 2.— Coupes transversales du foyer à tubes d’eau de la chaudière de la locomotive « Atlantic » de la Compagnie du Nord.
- M. du Bousquet commanda donc au Greusot une locomotive du type Atlantic avec chaudière à tubes d’eau seulement pour le foyer, et avec tubes à
- sérieux. Des rangées de briques réfractaires avaient été disposées au niveau de la grille à l’avant et à l’arrière du foyer, ainsi que sur les côtés de celui
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- LOCOMOTIVE A FOYER A TUBES D’EAU
- ci, ces dernières dans le but de prote'ger le pied des tubes formant les côtés latéraux du foyer. Malgré tous les essais successifs avec différentes matières réfractaires, on ne put parvenir à empêcher la des-truction rapide de ces garnitures réfractaires et, comme conséquence, la réfection incessante de la voûte en brique qui s’appuyait sur elle.
- De plus, par suite des très hautes températures, les tubes à fumée fuyaient à leur sertissage dans la plaque tubulaire du foyer. D’autres inconvénients furent encore signalés.
- Mais d’un autre côté la vaporisation était excellente ; les tubes d’eau du foyer tenaient très bien et aucun entartrage n’était observé dans ceux-ci. On ne remarquait aucun dépôt de suie sur ces tubes.
- En présence de ces résultats, il fallait donc remédier aux défectuosités de la chaudière dont nous venons de parler, et, en octobre 1908, M. du
- de o m. 54, soit un rapport de 89. Le timbre de la chaudière est de 18 kg.
- Cette chaudière, comme nous l’avons dit, a été installée sur le châssis normal des locomotives « type Atlantic » de la Compagnie du Nord. Seulement l’application d’une grille de 5 m. 54 de surface a obligé d’allonger le châssis à l’arrière, ce qui a permis de remplacer l’essieu porteur d’arrière par un bogie à deux essieux. C’est donc le type 4,4,4.
- Cette locomotive à fonctionnement compound et quatre cylindres a des cylindres haute pression de 0 m. 54 de diamètre et des cylindres basse pression de 0 m. 54. La course des pistons est de 0 m. 64, ceux des cylindres haute pression actionnent le deuxième essieu couplé et ceux des cylindres basse pression actionnent le premier essieu. Le diamètre des roues motrices est de 2 m. et l’effort théorique de traction en compound est de 10 255 kg. Le poids
- Fig. 3. — Locomotive type « Baltic » de la Compagnie du Nord destinée à la remorque de trains de 400 tonnes à la vitesse de 100 km à l’heure.
- Bousquet commanda une nouvelle locomotive avec même- type de chaudière mais en y apportant certaines modifications permettant d’éviter les inconvénients précités.
- Ainsi, pour supprimer les fuites des tubes à fumée sous l’influence de la haute température, on a établi entre le foyer et la plaque tubulaire arrière une chambre de combustion entourée, comme le montre la figure 1, de tubes à eau et précédée d’une rangée de tubes (voy. fig. 1, coupe suivant LM) que les gaz, en se refroidissant, doivent traverser avant d’y pénétrer. On obtient ainsi un abaissement de température du gaz de 400°.
- Le corps cylindrique (fig. 1 et 2) est formé d’une virole conique à l’arrière et d’une virole cylindrique à l’avant. Il contient 156 tubes Serve à ailettes de 70 mm de diamètre et de 4 m. 50 de longueiir et donnant aux gaz chauds une section de passage de 0 m24080. La surface de chauffe de ces tubes est de 220 m2 50.
- Le nombre des tubes d’eau du foyer et de la chambre de combustion est de 274 et leur surface de chauffe de 96 m2, soit une surface totale de chauffe de 516 m2 50. La surface de la grille est
- de la machine en service est de 77 tonnes et son poids adhérent de 54 tonnes.
- Cette locomotive, qui figurait à l’Exposition de Bruxelles, a été mise en service en septembre 1909 et fait la remorque des trains rapides avec les autres Atlantic. La puissance de vaporisation de cette machine est très élevée et, depuis sa mise en service, la tenue de sa chaudière est excellente. Elle remorque aisément, et sans difficulté dans la conduite de sa chaudière, des trains de 280 tonnes, non compris la locomotive et le tender, à la vitesse de 100 km à l’heure sur les longues rampes de 5 pour 1000 et le même train à la vitesse de 120 km sur les sections en palier.
- Sur la proposition de M. Asselin, le nouvel ingénieur en chef de la traction, la Compagnie du Nord décida d’appliquer cette chaudière à foyer aquatu-bulaire à un nouveau type de locomotive très puissante qu’elle était amenée à créer, par suite de l’augmentation du trafic des voyageurs.
- Cette nouvelle locomotive est destinée à remorquer à la vitesse moyenne de 90 à 100 km à l’heure et à la vitesse maximum de 120 km à l’heure en palier, des charges de 400 tonnes, poids que d’ici longtemps
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- encore il sera difficile d’augmenter. En effet un train de ce poids, avec les nouvelles voitures à bogie et intercirculation, occupe une longueur d’environ 240 m. qu’il serait impossible de dépasser sans modifier les quais et les installations actuelles des gares principales du réseau.
- Cette locomotive du type Bciltic est représentée sur la figure 5 que nous devons à l’obligeance de M. Asselin. Elle est du système compound à quatre cylindres équilibrés avec addition de la surchauffe qui, 'après les expériences récentes, augmente de 15 à 20 pour 100 la puissance qu’on peut obtenir en compound avec la vapeur saturée sans surchauffe. Elle doit développer une puissance moyenne de 2200 chevaux et une puissance maximum de 2700 chevaux. Ce sera la machine la plus puissante et la plus rapide d’Europe.
- Du type Pacific un peu modifié, elle repose à l’avant sur un bogie suivi de trois essieux couplés à roues de 2 m. 04 de diamètre et à l’arrière sur un second bogie qui remplace l’ancien essieu porteur des Pacific ordinaires. L’empattement total est de 12 m. 60 et l’empattement rigide de 4 m. 50.
- La chaudière, comme nous l’avons dit, est munie d’un foyer aquatubulaire du type que nous venons de décrire. La surface de chauffe des tubes d’eau du foyer est de 118 m2 et celle des tubes à fumée d’une longueur de 5 m, de 244 m2 29, y compris celle des gros tubes qui contiennent le surchauffeur Schmidt, soit une surface de chauffe totale de 362 m5 29. Le surchauffeur a une surface de 70 m2, c’est-à-dire 1/3,5 de la surface des tubes à fumée. La surface de la grille est de 4 m2 26 et le timbre de la chaudière de 16 kg.
- Les cylindres haute pression placés à l’extérieur ont un diamètre de 0 m. 44 et une course de 0 m. 64 et les cylindres basse pression placés à l’intérieur ont un diamètre de 0 m. 62 et une course de 0 m. 75, c’est-à-dire plus grande que celle des premiers. Le rapport des Volumes des deux cylindres est de 2. 26. A cause du grand diamètre des cylindres basse pression il devenait très difficile de les accoler entre les longerons, comme on le fait habituelle-
- ment et on a dù les placer en décrochement l’un devant l’autre, ce qui a permis de rapprocher leurs axes et d’augmenter les surfaces frottantes des fusées des essieux et des bielles motrices et de diminuer ainsi les chances de chauffage.
- L’effort maximum théorique de tracLion de ces nouvelles machines est de- 14 710 kg en compound^ est de 19450 kg en admission directe.
- Le poids à vide de la locomotive est de 92 tonnes et, en ordre de marche, de 102 tonnes dont 54 tonnes comme poids adhérent des trois essieux couplés et 48 tonnes sur les deux bogies.
- Le tender à deux bogies pèse à vide 25 t. 50 et en charge complète 56 t. 5. Il contient 26 tonnes d’eau et 7 tonnes de combustible. Avec une consommation horaire normale de 2800 kg de charbon et une vaporisation de 6 kg d’eau par kilogramme de charbon on pourra, dans ces conditions, franchir sans difficulté et sans arrêt, avec une charge remorquée de 400 tonnes, les sections : Paris-Abbeville, Amiens-Calais, Paris-Busigny dont la longueur varie entre 167 et 181 km et est parcourue en moins de 2 heures par les trains rapides.
- Afin de comparer ce nouveau type de chaudière à foyer aquatubulaire avec la chaudière ordinaire, la Compagnie du Nord a fait construire une seconde locomotive du même type Baltic, mais avec chaudière du type ordinaire et surchauffeur. Ses dimensions d’ensemble et au point de vue mécanique sont les mêmes que pour la machine à foyer aquatubulaire et elle ne diffère de celle-ci que par la chaudière. La surface de grille est toujours de 4 m2 26. La surface de chauffe du foyer est de 19 m2 14 et celle des tubes d’une longueur de 6 m. de 296 m2 60, soit une surface totale de chauffe de 515 m2 74.
- La comparaison en service de ces deux types de chaudière sera d’autant plus intéressante qu’elle permettra de savoir quelle sera la durée de la bonne tenue des éléments de la chaudière à foyer aquatubulaire, ce que coûtera son entretien et quelle sera, dans les conditions normales, le prix de revient de ce nouveau type de chaudière comparé au type ordinaire. R. Bonxin.
- CHRONIQUE
- Un pipe-ïine de 400 km aù Congo Belge. —
- Le pétrole est déplus en plus employé au Congo Belge comme agent de force motrice, notamment sur les bateaux et les chemins de fer; on s’en sert soit pour la chauffe des chaudières, en remplacement du charbon, soit pour alimenter des moteurs Diesel. Le pétrole arrive à Matadi, par bateaux pétroliers qui le livrent à très bon compte. Le problème consiste à le transporter dans l’intérieur du pays d’une façon économique : à cet effet on construit actuellement entre Matadi et Leopoldville une gigantesque conduite, un pipe-line qui ne mesurera pas moins de 400 kilomètres de long. On a déjà commencé la pose des premiers kilomètres. De plus un certain
- nombre de locomotives chauffées au pétrole ont été mises en service et leur nombre augmentera, après l’achèvement du pipe-line.
- Remorqueurs avec moteurs à gaz pauvre. —
- On vient de mettre en service sur les Lehigli canal, en Pennsylvanie, deux remorqueurs dont les appareils de propulsion sont des moteurs à gaz pauvre. Ces remorqueurs ont' une longueur de 12 m. 05, une largeur de
- 3 m. 20 et un tirant d’eau de 1 m. 37. Le moteur est à
- 4 temps avec 4 cylindres verticaux de 215 mm de diamètre et de 305 m. de course. A la vitesse de 300 tours à la minute la puissance développée est de 65 chevaux.
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- ENVOI RAD10TÉLÉGRAPH1QUE DE L’HEURE .... .... 13
- Le générateur cle gaz pauvre est du type ordinaire et le combustible employé est l’anthracite. Le moteur est relié à l’arbre d’hélice par un accouplement élastique et un appareil permet de renverser les sens de la marche de cet arbre.
- Quant aux variations de vitesse elles sont obtenues en agissant sur la valve d’entrée du gaz dans les cylindres. L’eau nécessaire au refroidissement des cylindres et au
- générateur de gaz pauvre est fournie par une pompe à 4 cylindres actionnée par l’arbre moteur. Une petite pompe à air comprime de l’air dans 2 réservoirs et c’est cet air qui sert au démarrage du moteur.
- Chacun de ces. remorqueurs traîne 4 ou 5 chalands de 100 tonnes chacun sur un parcours de 42 km à la vitesse de 6,5 km à l’heure. La consommation horaire d’anthracite est de 25,20 kilogrammes.
- L’ENVOI RADIOTÉLÉGRAPHIQUE DE L’HEURE
- et des télégrammes météorologiques.
- Chaque dimanche, à partir de 9 heures du matin, l’Observatoire de Paris envoie, au moyen de la télégraphie ordinaire, l’heure à un certain nombre de villes, en province : Rouen, Le Havre, La Rochelle, Nancy, Saint-Nazaire, Chambéry, Cluses. L’appareil Morse, de l’Observatoire, est relié au Central et la communication est établie successivement avec chacun de ces centres.
- Les signaux convenus sont les suivants : à 40% série de points d’avertissements; de O5 à 10% un point à chaque seconde ; mêmes signaux de 20s à 50s et de 40s à 50s; enfin à 0% un point, un court arrêt, puis une série de points. La minute marquée par la pendule au moment du premier top 0S est ensuite indiquée télégraphiquement par les procédés ordinaires.
- Il serait à désirer que ces villes se munissent de récepteurs radiotélégraphiqües. La question de dépense ne saurait être donnée comme objection puisqu’elles n’auraient plus à payer les frais de l’abonnement télégraphique qui sont encore assez élevés.
- Depuis que les progrès réalisés ces dernières années permettent de transmettre, par télégraphie sans fil, des signaux, à plusieurs milliers de kilomètres, ce merveilleux procédé est, en effet, utilisé pour envoyer aux ports et aux navigateurs l’heure avec l’exactitude indispensable pour le réglage à bord des chronomètres. Ce service de la transmission de l’heure, par fil télégraphique entre l’Observatoire de Paris et la Tour Eiffel, par la télégraphie sans fil, entre la Tour Eiffel et les navires en mer fonctionne depuis le 25 mai 1910.
- L’envoi du signal horaire est assuré, à l’Observatoire, par deux pendules de temps moyen pouvant être employées indifféremment, la seconde étant prête à remplacer la première, en cas d’interruption ou d’accident, au moyen d’un commutateur. Elles donnent automatiquement, à une seconde déterminée, un contact actionnant un relais du poste de télégraphie sans fil de la Tour Eiffel.
- Par suite de la loi du 10 mars 1911 fixant l’heure légale de la France sur le méridien de Greenwich, l’envoi des signaux est avancé d’un quart d’heure afin d’éviter la confusion avec les signaux allemands envoyés de Norddeich, chaque jour à minuit (temps moyen de Greenwich).
- Pour l’envoi des signaux on procède comme il-suit (Q. A 11'1 50™, l’observateur se met en relation téléphonique avec le poste de radiotélégraphie militaire de la Tour' Eiffel.
- Après avoir fait manœuvrer le levier qui établit la ligne Signaux horaires, on envoie de llh 44m 0S à
- 1. F. Boquet. Instructions pour Venvoi de l’heure par la radiotélégraphie.
- Hh44m55s une série de traits allongés--------------etc., de
- 1 seconde environ, avec le manipulateur. A llh45m0% le signal est envoyé automatiquement par la pendule. De llh46“08 à llb 46m 55s environ, on envoie une série de traits séparés par deux points — • • — . . — etc..., les traits de ls environ, les deux points en une demi-seconde. A H1* 47“ 0% le signal est envoyé par la pendule.
- On agit de la même façon de llh48“0s à 11h 48“ 55“ environ, en envoyant; celte fois, comme signaux préliminaires, une série de traits et de quatre points — — etc..., traits de 1 seconde envi-
- ron, les quatre points en une seconde.
- Voici deux tableaux donnant en parallèle les signaux de Paris et de Norddeich (*).
- OBSERVATOIRE DE PARIS
- Vers 111' 45'", série de V ... — • .
- De 1 lu 4t” 0! à 11" 44“ 55'-----
- à 111* 45“ 0S •
- De 11" 46“ 0* à 11" 46” 55’ — • • — • à llh 47“ 08 •
- De llh48'” 0" à 11" 48” 53* à 11" 49” 0’ •
- NORDDEICH
- L’heure est donnée par l’Observatoire de la Marine situé à W'ilhemshaven à 70 km environ à l’Est de Norddeich.
- De 11" 55” à 11" 55”, série de V
- 11" 57” 47* — • — • — allenlion.
- Il1'58"'ÔS8 — . _ . _ attention.
- (
- PREMIÈRE SÉRIE DEUXIÈME SÉRIE
- 11" 58” 46- — 11" 59” 56* —
- 47 — 57 —
- 48 — 58 -
- 49 — 59 —
- 50 — 40 —
- Courte pause. Courte pause.
- 11" 5S” 56* — Il" 59“ 46’ —
- 57 — . 47 —
- 58 — . 48 —
- 59 — 49 —
- 0 — 50 —
- Courte fause. Courte pause.
- .11" 59“ 6*— 11" 59“ 56’ —
- 7 — 57 -
- S — 58 —
- 9 — 59 —
- 10 — 12" 0m 0’ —
- Longue pause. Pause.
- à 12" 0“ 6’ • — • — • fin,
- 1. F. Boquet. Les observations méridiennes et la détermination de l’heure. Bull, de la Soc. Ast. cle France. Août 1911.
- à la main, lop de la pendule. — à la main.
- top de la pendule. • • • • à la main.
- lop de la pendule.
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- 14 ===== ENVOI RADIOTÉLÉGRAPHIQUE DE L’HEURE
- Depuis le 21 novembre 1910 — exception faite des dimanches et des jours fériés — un second envoi est fait le matin. Cet envoi a lieu à 10h 45m 0S; 10h47m0s et 10'149m O8 en procédant, pour les signaux préliminaires, de la même façon que pour l’envoi de la nuit. Il a été décidé pour donner satisfaction aux stations météorolo-gdques et séismographiques dont la plupart ne disposent que d’un personnel très restreint auquel il est difficile d’imposer un service de nuit. Malgré les conditions atmosphériques moins favorables, la portée de ces signaux est assez grande pour qu’ils puissent être perçus dans toute la France, même avec clés appareils très simples, comme l’ont montré des essais effectués au Pic du Midi et au Puy de Dôme.
- Depuis quelque, temps, on a voulu faire plus encore, et la télégraphie sans fil est utilisée pour la transmission des télégrammes météorologiques. C’est ainsi, par exemple, que Gibraltar expédie tous les matins ses observations à Londres. La dépêche, copiée au passage à la Tour Eiffel par la station de radiotélégraphie militaire, est transmise au Bureau Central météorologique à Paris.
- On s’est également préoccupé d’améliorer la prévision du temps dans l’Europe occidentale en utilisant des observations faites sur mer, par les navires, qui feraient connaître l’état de l’atmosphère, au large, sur l’Atlantique. La chose paraît très simple en principe, mais l’expérience, tentée à deux reprises différentes par les services météorologiques de l’Angleterre et de l’Allemagne, n’a pas donné les résultats attendus j1).
- En tout cas, la question des applications de la télégraphie sans fil à la météorologie se trouve actuellement très nettement posée et le Bureau Central météorologique s’en préoccupe activement (â). Chaque jour, en effet, un radiotélégramme est expédié par la station de la Tour Eiffel, immédiatement après les signaux horaires émis à 10h45. Ce télégramme fait connaître la pression atmosphérique, la direction et la force du vent ; enfin, l’état de la mçr, pour les six stations suivantes :
- Reykiavik (Islande), Yalentia (Mande), Ouessant (France), La Corogne (Espagne), Horta (Açores), Saint-Pierre et Miquelon (Amérique).
- Les observations ainsi envoyées sont celles du jour même à 7 heures du matin pour les cinq premières stations ; ce sont celles de la veille à 8 heures du soir pour la dernière.
- La dépêche débute par les trois lettres B C M annonçant qu’elle émane du Bureau Central météorologique.
- Les stations sont désignées respectivement par leur initiale (R, V, O, C, II, S).
- Les observations sont exprimées à l’aide de groupes de chiffres.
- Les deux premiers chiffres de chaque groupe indiquent en millimètres la valeur de la pression atmosphérique en sous-entendant les centaines (700) ; les deux chiffres suivants donnent la direction, le cinquième la force du vent; le sixième donne l’état de la mer. Cette dernière indication n’est pas donnée dans les groupes correspondants à Reykiavik et à Saint-Pierre et Miquelon.
- Toute observation qui manque est remplacée par la
- 1. Un gros obstacle est le peu de portée des appareils radiotèlégraphiques employés à bord des navires, qui dépasse rarement 300 km dans des conditions atmosphériques favorables.
- ‘J. Notice sur l’organisation du service des radiotélégrammes météorologiques.
- lettre X. Le tableau qui suit permet de traduire ces chiffres en langage ordinaire.
- DIRECTION DU VENT
- 02 = N. N. E. 10 = E. S. E. 18 = S. S. W. 20 = AV. N. AY.
- 04 = N. E. 12 = S. E. 20 = S. W. 28 = N. AV.
- 06 = E. N. E. li = S. S. E. 22 = \V. S. W. 30 = N. N. AY.
- 03 = 13. 16 = S. 21 = AV. 32 = N.
- FORCE DU VENT
- 0 Calme.................................... 0 à 1 m. par sec
- 1 Presque calme ...................... 1 à 2 —
- 2 Très faible. Légère brise..................... 2 à 4
- 5 Faible. Petite brise . . . ................... 4 à 6
- 4 Modéré. Jolie brise........................... 6 à 8
- 5 Assez fort. Bonne brise....................... 8 à 10
- 6 Fort. Bon frais...............................10 à 12
- 7 Très fort. Grand frais........................12 à 14
- 8 Violent coup de vent..........................14 à 16
- 9 Tempête....................................plus de 16
- ÉTAT DE LA MEll
- 0. . . Calme. 5. . . . Houleuse.
- 1. . . Très belle. 6. . . . Très houleuse.
- 2. . . Belle. 7. . . . Grosse.
- 5. . . . Peu agitée. 8. . Très grosse.
- 4. . . . Agitée. 9. . . Furieuse.
- A la suite de ces six groupes on donne, en langage ordinaire, quelques indications sur la situation générale de l’atmosphère en Europe, et notamment sur la position des centres de hautes et de basses pressions.
- Voici, à titre d’exemple, la dépêche qui aurait pu être expédiée le 5 juillet 1911.
- B C M B 48167 V 742013 O 753211 C 680411 H 75 XX. 01 S 62162.
- Anticyclone Europe centrale; beau temps général. Dépression Ouest Irlande, allant vers l’Est.
- La traduction en clair, des groupes de chiffres ci-dessus est la suivante :
- R (eykiavik) : 48 (pression 748), 16 (vent Sud), 7 (très fort).
- V (alentia) : 74 (pression 774), 20 (vent S. AV.), 1 (presque calme), 3 (mer peu agitée).
- 0 (uessant) : 7o (pression 77a), 52 (vent N.), 1 (presque calme), 1 (mer très belle).
- C (La Corogue) : 63 (pression 768), 04 (vent N. E.), 1 (presque calme), 1 (mer très belle).
- II (orta) : 75 (pression 775), XX (vent pas de direction), 0 (calme), 1 (mer très belle).
- S (ami-Pierre et Miquelon) : 62 (pression 762), 16 (vent S), 2 (très faible),
- On peut espérer que dans un avenir prochain, ce merveilleux moyen de communication qu’est la télégraphie sans fil, permettra d’améliorer les conditions dans lesquelles se fait aujourd’hui la prévision du temps, d’annoncer au loin, aux navigateurs, les conditions atmosphériques qu’ils pourront rencontrer sur leur route, et surtout de les prévenir, en temps utile, des dangers qui les menacent.
- Nous ajouterons que rétablissement, en France, d’une antenne, est absolument interdite. Un particulier est ainsi privé de l’avantage de percevoir les radiotélégrammes, et s’il le fait, il ne doit pas le crier trop fort pour ne pas éveiller les susceptibilités administratives. Mais il est curieux de remarquer que, les ondes hertziennes ne connaissant pas les frontières, nos signaux horaires sont reçus chaque jour par les particuliers, à l’étranger! I. Loisel.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 novembre 1911. — Présidence de M. A. Gautier.
- Attribution d’une médaille à M. Armand Gautier. — M. le secrétaire perpétuel Darboux annonce qu’il a assisté à une cérémonie qui a eu lieu en l’honneur de M. À. Gautier et au cours de laquelle une médaille lui a été décernée. Il expose que de nombreux discours ont montré quelle avait été l’importance de l’œuvre du président de l’Académie des sciences et quelles utiles applications en ont été tirées. Il joint les félicitations de l’Académie à celles des savants qui ont participé à la cérémonie.
- Un météore aérien. — M. Chauveau présente un travail sur un Spectre météorique de la tour Eiffel, qu’il a observé au printemps de 1900, vers l’heure de midi. Il s’agit d’une ombre véritable de la tour dont la partie supérieure éclairée du côté du sud projetait sa silhouette du côté du nord, sur l’espèce de voile horizontal qui formait la brume à la hauteur du sommet de la tour. L’ombre apparaissait sous une forme et avec une orientation fixes, à la manière d’un spectre du Brocken ; elle était couchée à peu près horizontalement nord-sud et par sa tète placée au midi, elle touchait celle de la tour. Tous les caractères de l’ombre affectaient leur summum de netteté quand la direction du regard croisait transversalement celle du météore. La lumière solaire abordait la tour du sud au nord et de bas en haut. La déviation des rayons lumineux, étant donné le voisinage de la tour et de son ombre, devait s’effectuer en un point peu éloigné du mouvement.
- Vaccination anti-typhique. — M. Chauveau présente ensuite un travail de MM. Courmont et Rochaix sur la vaccination du lapin au moyen de lavements de cultures tuées par la chaleur. Ils se sont appliqués à rechercher combien de temps durait l’immunisation ainsi communiquée. Cette durée serait au moins de six mois.
- Géologie de la Tripolilaine. — M. Douvillé résume une communication de M. Pervinquière sur la géologie de la Tripolitaine. Après avoir passé la frontière tunisienne, on trouve un pays plat où l’on observe le trias et le jurassique, puis une falaise crétacée (cénomanien, luronien, sénonien, maestrichien) qui se prolonge jusqu’à Oms.
- Sérothérapie antituberculeuse. — M. Laveran présente une Note de M. Rappin relative à la vaccination antituberculeuse des bovidés à l’aide de bacilles tuberculeux traités successivement par l’alcool, l’éther et le chloroforme, puis finalement soumis à l’action d’une solution de fluorure de sodium à 2 pour 100. Il a soumis du sérum de cheval à l’action de ces bacilles. Ce sérum ainsi traité donne des résultats favorables quant à l’évolution de la tuberculose expérimentale des cobayes. De plus les bacilles tuberculeux normaux mis en contact, in vitro, avec le sérum perdent peu à peu leur virulence..
- L’émanation du radium. — M. Lippmann présente une Note de M. Danysz sur l’émanation du radium. L’auteur a mesuré la vitesse des électrons qu’elle projette et il a trouvé sept vitesses différentes. Il y aurait donc sept espèces d’électrons.
- Le rhodium colloïdal. — M. d’Arsonval expose que M. André Lancien est arrivé, en faisant intervenir d’une
- façon convenable, intensité, voltage et haute fréquence, à préparer un colloïde de rhodium de stabilité parfaite, d’une teneur constante, et d’une grosseur de grains à peu près invariable et extrêmement faible. Cette solution colloïdale a été appliquée en thérapeutique à l’hôpital de la Pitié dans de nombreux cas souvent désespérés, tous infectieux : pneumonies, fièvre typhoïde, puerpérale, paludéenne, etc., en petites injections. Le résultat a été avantageux; jamais il n’y a eu d’accident et toujours la fièvre est tombée régulièrement.
- Les développements trigonométriques en physique mathématique. — M. E. Picard dépose un travail de M. André Léauté dans lequel l’auteur attire l’attention sur certaines questions très générales de physique mathématique. Il signale une grave difficulté dans l’emploi des développements trigonométriques et indique une méthode qui permet de vaincre cette difficulté dans quelques cas.
- Au cours de la séance M. le Président a donné lecture de la lettre suivante qui lui a été adressée par le prince Roland Bonaparte.
- Paris, jeudi 23 novembre 1911.
- Monsieur le Président et cher Confrère,
- « D’accord avec un sentiment maintes fois exprimé j’estime que ce n’est pas par l’institution de nouveaux prix avec programme fixé d’avance que la cause du progrès scientifique peut être servie le plus efficacement. Sans doute il est excellent de récompenser de bons travaux, mais il importe plus encore de permettre à de tels travaux de naître, en écartant les obstacles qui peuvent paralyser la bonne volonté des chercheurs et dont le principal est en général la question budgétaire.
- « Pénétré de cette pensée, j’avais créé le Fonds Bonaparte en 1908. Désireux de continuer cette œuvre je viens mettre de nouveau à la disposition de l’Académie une somme de 250 000 francs, non à titre de capital mais sous la forme de cinq annuités destinées à être rapidement employées dans l’esprit que je viens d’indiquer; c’est-à-dire qu’écartant toute idée de récompense pour des travaux déjà exécutés quel qu’en puisse être le mérite, mon intention est que cette somme serve à provoquer des découvertes en facilitant les recherches des travadleurs ayant déjà fait leurs preuves en des travaux originaux et qui, n’appartenant pas à notre Académie, manqueraient de ressources suffisantes pour entreprendre ou pour poursuivre leurs investigations.
- « Je prie donc l’Académie de vouloir bièn attribuer en 1912, 1915, 1914, 1915 et 1916, ces nouvelles annuités de la même manière qu’elle l’a déjà fait, au cours des années précédentes, pour les annuités antérieures du Fonds Bonaparte.
- (( Aimant par-dessus tout les études scientifiques, je serais heureux, et mon but serait atteint, si je pouvais ainsi contribuer à augmenter la somme de nos connaissances positives.
- (( Veuillez agréer, Monsieur le Président et cher confrère, l’assurance de mes dévoués sentiments.
- « Roland Bonaparte. »
- Cette communication a été accueillie par des applaudissements unanimes et M. le Président s’est fait l'interprète des sentiments de l’Académie tout entière en adressant au prince Roland Bonaparte de chaleureux - remerciements.
- Cl). DE VlLLEDEIJIL.
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- UN DIRIGEABLE EN BOIS
- On connaît les alternatives de succès et d’insuccès des ballons « Zeppelin ». Or, il paraît que le système rigide ne cesse, chez nos voisins d’outre-Rhin, de trouver de fervents partisans. Un ingénieur bien connu, le professeur Schütte, de concert avec les usines II. Lanz, vient de terminer la construction d’un nouveau dirigeable rigide, dont la caractéristique la plus frappante est le cadre en bois.
- Ce dirigeable, qui vient de faire ses premiers vols, est d’une forme parabolique ;
- 150 m. de long sur 18 m. de diamètre maximum.
- Les 20 000 mètres cubes d’hydrogène qui servent à le gonfler, ne coûtent pas moins de 15000 francs.
- Le « Schütte-Lanz » comporte à son sommet, un véritable gouvernail et, des deux côtés, de grandes surfaces stabilisatrices.
- Le gouvernail ainsi disposé est évidemment à l’abri des collisions qui pourraient se produire lors de l’atterrissage. Le gouvernail de réserve attaché au bas peut être accouplé au premier. Les surfaces stabilisatrices inclinées sont d’un réglage
- facile; conjointement avec les gouvernails verticaux, elles servent à maintenir la stabilité de route et à déterminer l’altitude du ballon.
- Le dirigeable dispose d’une force motrice de plus de 500 chevaux, fournie par deux moteurs de 270 chevaux chacun.
- Le cadre de bois du dirigeable se compose d’un système de poutres ou de segments ondulés, disposés radialement et de champ. Ces poutres se touchent par leurs parties courbes ; elles sont liées ensemble par des rivets et par collage. Chaque poutre se compose de placages de 1 millimètre d’épaisseur, dont les fibres sont alternativement longitudinales et transversales, ce qui les empêche de se courber ou de se déjeter.
- Le dirigeable Schiitte dans son hangar.
- Le premier cadre construit ne pesait que 4500 kg, il a dû être renforcé à 7800 kg.
- La nacelle unique prévue au début a été remplacée par trois nacelles courtes, dont les deux extrêmes portent chacune un moteur, tandis que celle du milieu est aménagée en cabine des passagers, ressemblant à un wagon de train à corridor.
- Pour les emplois militaires du dirigeable, on substitue à cette cabine de passagers deux plateformes latérales, portant une mitrailleuse, avec ses munitions et une plate-forme centrale, servant de station d’observation pour les officiers. C’est ainsi que M. Schütte croit son dirigeable efficacement protégé contrç les attaques des aviateurs ; toute tentative pour le protéger par des coups de fusil serait illusoire, en raison de l’in certitude du but.
- Lanacelle antérieure comporte le compartiment de direction muni des instruments de mesure les plus délicats et qui communique avec les autres nacelles par un téléphone, des télégraphes
- électrique et mécanique, un porte-voix et, püur toute éventualité, par des drapeaux signaux.
- Les hélices des nacelles motrices sont accouplées, de façon à pouvoir être actionnées simultanément par un moteur. Leur diamètre est de 4 m. 2. Les hélices et les nacelles sont faites en acier électrique.
- La suspension élastique des nacelles est constituée par des cordes, de façon à amortir, par la nacelle, les chocs produits lors de l’atterrissage ou en cas de collision.
- Un poste radio-télégraphique permet au dirigeable de rester en communication permanente avec une station de télégraphie sans fil d’une portée de 500 kilomètres installée près du hangar. Cette précaution sera particulièrement utile en temps d’orage.
- Le Ocrant : P. Masson — Imprimerie Laiiuue, rçue rie Fleuras. 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2011. — ~— 9 DÉCEMBRE 1911.
- LE BATEAU LIMN0L0GIQUE DU LAC DE GENÈVE
- S. À. S. le prince de Monaco est enfin récompensée de sa généreuse et infatigable ardeur ainsi que de ses belles et fructueuses expéditions personnelles, puisque l'océanographie est devenue maintenant une des branches de la science poursuivie avec le plus d’enthousiasme par tous les pays.
- En France même, à côté du magnifique Institut océanographique créé par Son Altesse, le Pourquoi-Pas? navire de la dernière expédition antarctique constitue désormais un véritable laboratoire maritime capable d’effectuer des recherches dans toutes les mers du globe. Mais, en dehors des vastes espaces de l’Océan, il existe également de grands lacs., dont l’étude méthodique ne peut être que très fructueuse, et les savants suisses, s’inspirant des méthodes océanographiques, ont eu l’heureuse idée d’installer avec une remarquable ingéniosité un petit navire limnologi-que sur le lac de Genèvè. Nous avons eu personnellement le plaisir et l’honneur de faire une petite campagne sur ce bateau et d’admirer ses moyens dé travail et les méthodes employées par les savants qui l’iitilisent sous l’habile direction du professeur Yung.
- Le bateau qui a reçu le nom à'Edouard-Claparède, en souvenir du grand zoologiste dont les
- 40" année.
- travaux relatifs à l’anatomie et à l’embryologie des Animaux invertébrés, notamment les Infusoires et
- les Annélides, ;V sont restés ' clas-
- ifiiSli siques, a été âc-
- ||ÿgyg| quis grâce à une
- souscription suscitée par. la fille du regretté savant, Mme Hélène Claparède et à laquelle ont pris part les membres de la famille Claparède, ainsi que plusieurs notabilités du monde scientifique genevois.
- - Il est destiné à servir de principal instrument aux études qui se poursuivent dans la station de Zoologie lacustre, récemment annexée à l’Institut zo.olo-gique de l’Université de Genève. C’est un bateau d’environ 12 mètres de long, actionné par un moteur à
- benzine de 12-14 chevaux, filant 14 à 16 kilomètres à l’heure et dont la grande stabilité est une condition de première nécessité pour la réussite des opérations auxquelles il est appliqué. Il a été, d’ailleurs, entièrement aménagé en vue de cette opération, il porte à sa; poupe un treuil sur lequel est enroulé un câble d’acier galvanisé de 500 mètres et une sorte de grue mobile appropriée au maniement des dragues et des chaluts. Des treuils portatifs pouvant être adaptés n’importe où, selon les circonstances, sont plus particulièrement affectés pour le maniement des filets de pêche verticale, des thermomètres à minima, des appareils de sondage, etc. Les filets
- 2. — 17
- jcr semestre.
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- 18 :: ...:.. LE BATEAU L1MNOLOG1QUE DU LAC DE GENÈVE
- sont construits sur le type du filet. Heuten, modifié par Apstein, en soie fine, de forme conique terminée par un cylindre filtrant dans lequel s’accumulent les organismes. On sait que ces filets permettent de calculer très exactement le volume d’eau exploré et se prêtent par conséquent à l’étude des variations quantitatives des êtres vivants ambulant dans telle région d’une mer ou d’un lac aux différentes saisons de l’année. Un dispositif spécial imaginé par M. Yung permet, en accouplant deux filets, d’éviter de placer la corde d’attache au-devant de leurs ouvertures. L’expérience a prouvé que cette corde précédant le filet prévient les organismes de l’arrivée de 'celui-ci, en sorte que ceux qui possèdent des moyens de locomotion puissants s’empressent de fuir. La suppression de cet avertisseur accroît sensiblement la récolte. D’autre part, les planktologues de la Suisse ont reconnu l’avantage de pêcher au moyen de filets à large ouverture; ils ont d’un commun accord adopté un modèle dont la « bouche » mesure 20 centimètres de diamètre au minimum.
- Mais des divers engins employés à bord de l’Edouard - Cia -parède, le plus nouveau et celui qui promet les résultats immédiats les plus intéressants, est 'un filet construit par le mécanicien A. Zwickert, à Kiel, et qui peut être fermé hermétiquement à volonté quelle que soit la profondeur à laquelle il se trouve. Quoique mis en usage depuis quelques semaines seulement, il à déjà fourni de précieuses indications sur la nature et l’abondance du plankton dans des zones comprises entre 200 et 150 mètres, entre 150 et 100 mètres, etc. Autant qu’il soit permis de le dire, étant donné que ces pêches entre deux eaux sont encore à leur début, il ne semble pas qu’il y ait sur l’épaisseur d’eau de 509 mètres qui occupe la portion centrale du lac de Genève aucune zone entièrement déserte.
- Ceci nous amène à dire quelques mots du programme de recherches tracé par la station lacustre de Genève.
- Les études faunistiques proprement dites sont reléguées au second rang dans ce programme. La faune du lac de Genève n’est plus à découvrir, elle a été explorée par nombre de naturalistes, dont le plus connu est M. le professeur F.-A. Forel, auteur d’iine grande monographie en trois
- volumes, consacrée à la physique et à l’histoire naturelle du Léman. On sait, grâce à ce savant et à scs collaborateurs, que très riche parfois en individus, cette faune l’est beaucoup moins en espèces, tant dans la région littorale que dans la région profonde du lac.
- Mais ce que l’on sait moins, ce sont les raisons de l’inégale répartition des animaux et comment se forment, par exemple, ces essaims composés de myriades de Copépodes ou de Cladocères que maints observateurs ont eu l’occasion de constater. Ce que l’on ignore plus encore, peut-être, ce sont les relations existant, dans un bassin lacustre spacieux comme le lac de Genève, entre les variations de la composition chimique du milieu, au moment de là fonte des neiges, par exemple, et la composition.de la faune qui le peuple. Il y a dans ce domaine de la
- bionomie, dont les océanographes s’occupent avec prédilection de nos jours, une quantité de problèmes que les limnologues n c doivent pas négliger. Et puis ce sont les mœurs des êtres lacustres qui nous ménagent sans doute des surprises. Pourquoi ces singulières migrations verticales auxquelles se livrent avec une régularité extraordinaire certains crustacés tels que la fameuse Leptodoral De jour, ils gagnent les profondeurs, de nuit ils remontent à la surface : ce sont des ascensionnistes infatigables. Leur photophobie explique leur goût pour l’obscurité; mais elle ne nous dit pas pourquoi l’avant trouvée, ils n’y demeurent pas tranquilles.
- Inutile de multiplier les exemples. On conçoit que dans un lac de 582 kilomètres carrés de surface, de 172 mètres de profondeur moyenne et dont le volume d’eau est estimé à près de 90 kilomètres cubes comme l’est le lac de Genève, la substance vivante se présente sous des. conditions et des aspects assez divers pour susciter la curiosité des chercheurs et les engager à se livrer sur elle à des études systématiques. C’est à quoi le petit bateau Y Édouard-Claparède sera désormais employé. Il fut inauguré le mois dernier par une modeste cérémonie à laquelle prirent part les autorités universL taires et scientifiques de Genève, et aujourd’hui il est entré en campagne avec autant d’enthousiasme que de vaillance. J.-B. Charcot.:
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- SSjÉfSBOSSMiS
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- A PROPOS DU TREMBLEMENT DE TERRE DU 16 NOVEMBRE 1911
- Depuis un peu plus de deux ans, l’Observatoire météorologique du Parc-Saint-Maur a été doté de sismographes. On sait que ces appareils consistent en des pendules mobiles autour d’un axe horizontal ; le déplacement relatif de la masse et du bâti provoqué par le mouvement du sol est considérablement amplifié par une sorte de pantographe. Il existe, dans quelques observatoires étrangers, des sismographes permettant d’enregistrer, en outre, les mouvements verticaux du sol ; un de ces appareils sera ultérieurement installé à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur.
- L’enregistrement dans les appareils actuellement en service à Saint-Maur est mécanique ; il est obtenu par une pointe extrêmement fine sous laquelle glisse une feuille de papier enduite de noir de fumée et entraînée par un mouvement d’horlogerie. La pointe enlève le noir de fumée et trace ainsi une ligne à peu près droite lorsque l’appareil est en repos et une courbe plus ou moins tourmentée lorsqu’un mouvement quelconque du sol vient à se produire. La feuille noircie est changée toutes les 24 heures; les diagrammes sont fixés au moyen d’un vernis à la gomme-laque.
- Les mouvements accidentels produits par la présence de l’observateur dans la.cave où sont installés les sismographes ou par le passage de véhicules lourds dans le voisinage sont naturellement enregistrés, mais les troubles ainsi produits ne peuvent être confondus avec l’enregistrement d’un mouvement sismique, et d’ailleurs les appareils sont installés sur des piliers en maçonnerie isolés de la construction de façon à réduire au minimum tout ébranlement accidentel.
- On a pu ainsi depuis deux ans enregistrer au Parc-Saint-Maur des tremblements de terre qui se sont produits à des distances dépassant parfois 10000 kilomètres. Un certain nombre ont été signalés en leur temps dans la presse, mais beaucoup sont restés ignorés du public, soit qu’ils aient eu une origine marine, soit que leur épicentre ait été situé dans une région à peu près inhabitée, soit enfin qu’à l’épicentre môme le mouvement ait été extrêmement faible.
- Ces mouvements sont d’ailleurs très fréquents. Les principaux sont indiqués chaque mois dans le Résumé météorologique publié dans le Supplément de la La Nature ; on n’en compte pas moins de 25 en octobre 1911 dont 4 rien qu’à la date du 14.
- Le plus violent des tremblements enregistrés au Parc-Saint-Maur, depuis deux ans, est le fameux tremblement de terre du Turkestan, du 3-4 janvier 1911, dont la zone de plus grand ébranlement, ou comme l’on dit, l’aire pléis-toséiste s’étendait de l’Est à l’Ouest sur une longueur de 200 kilomètres, dans le voisinage du lac Issik-Koulj1). Ce tremblement de terre provoquait à Saint-Maur, à une distance de près de 0000 kilomètres, un déplacement
- réel du sol supérieur à 1100 g. (plus d’un millimètre).
- Dans la notation internationale, on applique l’épithète « ultimus » à tout tremblement de terre dont l’épicentre est situé à plus de 5000 kilomètres de la station où on l’enregistre; on qualifie de « remotus )) celui dont la distance est comprise entre 1000 et 5000 kilomètres, de (( vicinus )) celui dont l’épicentre est situé à moins de 1000 kilomètres. Un tremblement de terre, dont l’épicentre est situé au lieu d’observation même, est « domesticus ».
- Le tremblement de terre du 10 novembre 1911 est pour nous « vicinus ». Or, jusqu’ici, les tremblements de terre de cette classe n’ont provoqué que des mouvements faibles ou très faibles dans nos appareils; il y en a dans ces dernières années un certain nombre d’exemples : tremblements de terre en Provence (11 juin 1909), en Bretagne (5 août 1909), dans le Jura suisse (26 avril 1910), dans la région de Namur et Aix-la-Chapelle du (50 mai au 1er juin 1911), dans le Sud-Ouest de la France (24 juillet 1911).
- Au contraire, le tremblement de terre du 10 novembre, dont le début est enregistré au Parc-Saint-Maur le soir à 9h 26m58s (21h 26m 58*), fait décrire aux plumes des sismographes des arcs de cercle mesurant jusqu’à 20 centimètres de longueur. La détermination du mouvement réel du sol correspondant à ce déplacement des plumes sera vraisemblablement difficile. Les vibrations sont en effet très rapides et les plumes, dans leur mouvement de va-et-vient, ont été, par intervalles, écartées du papier, d’où des interruptions dans l’enregistrement au moment des plus grandes oscillations. Un examen très minutieux des diagrammes sera nécessaire pour mesurer avec quelque certitude la période des oscillations, élément indispensable au calcul du mouvement réel du sol. Toutefois, le tremblement de terre, d’après les dépêches publiées dans la presse, a été suffisant pour arrêter des horloges, remuer des meubles dans l’Est de la France et causer des dégâts en Alsace, en Allemagne, en Suisse. Il a été senti à Nancy, quelques personnes affirment même l’avoir senti à Paris. La discussion des diagrammes recueillis dans les observatoires de France munis de sismographes et dans les Instituts étrangers permettra sans doute de déterminer avec exactitude le lieu d’origine de ce dernier mouvement et l’accident géologique au voisinage duquel il s’est vraisemblablement produit. Un premier examen des courbes nous avait fait conclure pour la position de l’épicentre à un point ou du moins une zone à l’Est de la Forêt Noire vers Fribourg. La station sismologique de Hambourg indique, d’après ses diagrammes, un point situé vers Rothweil ou Sigmaringen, c’est-à-dire à peut-être soixante ou quatre-vingts kilomètres de celui que nous avions cru pouvoir déduire des courbes de l’Observatoire de Paris. Cii. Dufour.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 16 NOVEMBRE 1911
- Le tremblement de terre qui a eu lieu le 10 novembre 1911 à 9 h. 25 du soir a été particulièrement remarqué du public, car il a affecté plusieurs pays européens : une grande partie de l’Est de la France, de la Suisse et de l’Allemagne. La carte ci-jointe montre les principales localités affectées (fig. 2).
- 1. Le tremblement de terre de Messine a été également enregistré à Saint-Maur à l’aide d’un appareil à cnrcgistre-
- Sans toutefois causer d’accidents de personnes, ce tremblement de terre a été assez violent pour être ressenti par tout le monde. On sait que Mercalli a dressé une échelle, adoptée par la plupart des savants officiels, où les tremblements de terre sont classés suivant leur importance et qu’on a pris l’habitude de les désigner par
- ment photographique remplacé depuis par les appareils actuels; beaucoup plus sensibles.
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- 20 : . LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 16 NOVEMBRE 1911
- les numéros d’ordre, de 1 à 10, de cette échelle. Dans celui du 16 novembre 1911 la secousse a été assez forte pour faire choir des objets ; en certains endroits, des édifices ont subi quelques dégâts ; d’après ces renseignements ce tremblement de terre serait du type VI de
- SÏDié,.. __
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- 1821 ! ' v' Cérrucfmer
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- J Châlon -s-Saône
- 1871
- o 'Joiirnon.'
- 0 Mâcon
- sont les craquements d’un meuble, des reprises d’équilibre moléculaire qui n’affectent pas ou peu sa solidité.
- Le tremblement de terre actuel est d’autant moins dangereux que la région affectée est une contrée où l’on a ressenti à maintes reprises des tremblements de terre ayant une intensité de même grandeur. On s’en rendra compte par la carte ci-jointe où l’on a reporté quelques-uns des tremblements de terre connus dans la région affectée (fig. 1). Le séisme actuel, un peu plus violent, a été plus universel ; tous les petits points faibles ont joué simultanément au lieu de jouer séparément.
- Le même phénomène s’était d’ailleurs déjà produit; en consultant mes listes de tremblements de terre, relatives au Nord de la France, je retrouve un séisme- assez analogue au point de vue de sa distribution géographique, celui des 2 et 15 mai 1682; il avait affecté Gotha (qui est tout près d’Exfurt), Metz, Strasbourg, Nancy, Remiremont, Bâle, Neufchatel, Vesoul, Plombières, Dole, Dijon, Mâcon, Lyon. Ce séisme semble cependant avoir été un peu plus fort que celui de 1911, car il s’est étendu dans le Bassin de Paris jusqu’à Tonnerre, Sens, Auxerre, Troyes, Reims, Bar-le-Duc.
- Dans une région comme le Nord de la France, qui est heureusement aussi peu agitée par les tremblements de terre, leur étude est particulièrement instructive, parce que les faits locaux détaillés peuvent être mieux mis en
- Erfurt,
- BRUXELLES
- Francfort
- Mayence
- Verdun
- >ancv J/Ü Stuttgard
- <° o /<*',
- Bers-Aube \névi"^! ffÿbpurg A^urg
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- Munich
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- Loubans/
- Genève
- o Milan
- Fig. i. — Les principaux tremblements de terre récents de l’Est de la France.
- l’échelle de Mercalli. 11 est intéressant de noter que presque dans tous les points où il a été ressenti son intensité a été partout à peu près la même j1).
- Ce séisme n’a, en somme, été ressenti que sur une zone relativement étroite ; en France il n’a eu lieu que dans l’Est. Dans la direction de Paris il s’est éteint très vite et la localité la plus rapprochée de Paris (2) où on l’ait signalé jusqu’ici est Bar-sur-Seine (Aube).
- Il a été très net dans toutes les Alpes Suisses.
- Il semble donc .que le séisme soit localisé aux Alpes et à leur bord externe, à leur limite avec une région que les géologues considèrent comme l’avant-pays (3) de cette chaîne de montagnes et qui est comme le butoir contre lequel vint se briser jadis l’effort de plissement qui produisit les Alpes et contre lequel viennent sans doute encore se briser aujourd’hui les dernières et légères tentatives de plissements dont les tremblements de terre sont les indices.
- C’est qu’en effet, depuis longtemps, les géologues ne croient plus qu’il y ait une relation de cause à effet entre les volcans et les tremblements de terre.
- Le séisme actuel en serait un nouvel exemple ; car la région affectée est peu volcanisée, malgré la présence de quelques volcans éteints qui semblent d’ailleurs n’avoir eu aucun effet sur l’intensité du phénomène dans leur voisinage.
- On pense au contraire que les tremblements de terre sont en relation avec les grandes cassures et les zones faibles de l’écorce terrestre;'ils sont au globe terrestre ce que
- 1. Au contraire le tremblement de terre de Provence de juin 1909 qui fit des victimes, était du type IX en son centre éf'décroissàit d’intensité vers la périphérie. — 2. Les séismographes l’ont naturellement enregistré à Paris d’une façon très
- Fig. 2. — La carte du tremblement de terre du 16 novembre : zones affectées.
- évidence (4) que dans une région où l’intensité et la cruauté du phénomène priment tout.
- C’est pourquoi, il m’a paru intéressant d’attirer ici l’attention sur le tremblement de terre du 16 novembre 1911. Paul Lemoine.
- nette. — 5. Un contre-coup aurait été ressenti dans l’arrière-pays à Milan. — 4. L’un des derniers ressentis en France est celui de Bretagne (5 août 1909) bien étudié par'M. Jean Mas-cart [Rivisla di Aéïronoinia e Scîenza a ffini, IV, mars 1910).
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- LA TÉLÉPHONIE SOUS-MARINE SANS FIL
- Notre confrère The Engineer signale les curieux essais de téléphonie sous-marine sans fil que rient d’entreprendre Mr. A. NV. Sharman dans la baie de Pegwell, entre un poste situé à terre et un poste installé sur un canot automobile circulant dans la baie.
- Le poste émetteur comporte un microphone intercalé dans un circuit de cinq piles sèches envoyant leur courant à une bobine d’induction, de construction particulière, donnant des courants induits de haut voltage qui
- sont conduits à l’eau au moyen de deux plaques plongées dans l’eau de la mer ou enterrées dans le sable de la côte. — Le récepteur comporte deux plaques semblables et un récepteur téléphonique de très faible résistance avec une dépense d’énergie très faible (quatre watts). On aurait réussi à communiquer ainsi à 3 et 4 kilomètres de distance. En dehors de toutes autres applications, un appareil de ce genre pourrait devenir un auxiliaire précieux de la navigation sous-marine.
- LE PHARE DE LA JUMENT D’OUESSANT
- Fin 13Q6-
- Tous les navires venant de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud ainsi que ceux venant des côtes occidentales d’Afrique et de la Méditerranée et se dirigeant vers la Manche passent en vue de l’île d’Ouessant où le phare électrique de Créach leur permet de reconnaître à bonne distance leur position. Mais, par temps brumeux, ces navires, suivant les instructions nautiques, ne doivent pas dépasser les fonds de 100 mètres afin d’éviter les hauts fonds et les écueils qui entourent l’île d’Ouessant. Malgré ces prescriptions très sages, mais qui obligent à de fréquents sondages, des sinistres trop fréquents ont montré que celles-ci étaient insuffisantes pour prévenir les naufrages et qu’il était nécessaire d’établir un éclairage complémentaire des abords d’Ouessant (fig. 5).
- Dans ces conditions, et en présence des 24 000 navires qui passent annuellement en vue d’Ouessant, la Commission des phares a décidé d’établir autour de l’île, sur les écueils les plus avancés vers le large de la Jument d’Ouessant, de Men-Tensel, des Pierres Vertes et de Leurvas, une série de phares qui, par leur éclairage et leurs signaux sonores, serviront d’avertissement aux navires lorsque, en temps de brume, le phare électrique de Créach aura cessé d’être visible.
- C’est sur ces bases que vient d’être construit et éclairé, ces jours derniers (15 octobre 1911), le premier de ces phares, celui de la Jument d’Ouessant, grâce à un legs très important de 400 000 fr. fait par M. Potron en janvier 1904, en vue de « l’établissement d’un phare dans un des parages dangereux du littoral de l’Atlantique, comme ceux de l’île d’Ouessant ».
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- Fig., i. — plan et coupe du phare de la Jument d’Ouessant éclairé le 15 octobre ign.
- L’écueil de la Jument d’Ouessant forme l’extrémité Sud de la chaussée qui entoure le promontoire Sud d’Ouessant. Découvrant aux plus basses mers d’environ 1 m. 50, aux pleines mers de vive eau il est recouvert de 6 m. 70 d’eau. Sa surface est juste suffisante pour recevoir le soubassement de la tour dont le diamètre est de 10 m. 50. Ce soubassement (fig. 1), d’après les renseignements fournis par M. Ribière, directeur du Service des phares, dans un mémoire publié dans les Annales des Ponts et Chaussées, est construit, comme du reste toute la tour, en granit très résistant. Ce massif est relié au rocher au moyen de tiges de scellement en fer au nombre de deux par mètre carré. Quant aux maçonneries du soubassement elles sont elles-mêmes reliées au moyen de barres d’acier variant entre 0 m. 75 et 1 mètre de longueur.
- Sur ce soubassement, et au-dessus du niveau de la haute mer, repose la tour de forme octogonale au sommet de laquelle se trouve la lanterne contenant l’appareil optique dont le plan focal est à une hauteur de 44 m. 15 au-dessus des basses mers.
- Cette tour contient une citerne, un vestibule formant magasin, une cuisine, trois chambres à coucher et une pièce formant bureau. Au-dessus est la chambre contenant les appareils destinés au fonctionnement de la sirène à air comprimé.
- Les travaux d’une extrême difficulté commencés en 1904 ont été terminés au commencement de 1911. Ils ont donc duré près de sept années. Pendant l’année 1904, 52 heures seulement ont pu être passées sur le rocher. A partir de 1905, ce
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- LE PHARE DE LA JUMENT D’OUESSANT
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- Fig. 2. — Le phare de la Jument d’Ouessant au début des travaux.
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- nombre d’heures annuel a varié entre 150 heures (1906) et 400 heures en 1911. Quant au nombre de mètres cubes de maçonnerie exécutés annuellement, nul en 1904, il a été en 1905 de 100 et en 1910 de 405.
- La figure 2 montre le chantier au commencement des travaux et la figure 4 pendant l’exécution de la tour.
- L’appareil optique, construit par MM. Barbier, Bes-nard et Turenne, est éclairé par une lampe à incandescence par le pétrole avec manchon de 85 millimètres. Il est à groupe de 5 éclats rouges se répétant de 15 en 15 secondes et à six panneaux ‘ de 60^ d’amplitude chacun. Sa distance focale est de 0 m. 70 et sa rota-
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- tion se fait en 50 secondes. La durée des éclats est de 0",58. La puissance lumineuse, en lumière rouge, de l’optique est de 5500 becs Carcel et sa portée est de 20 milles pendant la moitié de l’année
- et de 7 milles pendant 1/10 de l’année.
- La sirène, placée au sommet de la tour et dont le pavillon fixe est orienté vers le S. 50°,0, donne une succession de trois sons d’une durée de T',5 séparés par un silence de 1",5 également, le tout suivi d’un plus long silence de 52",5.
- Les dépenses d’établissement de phare attei-
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- Fig. 3:— Plan de Vile d’Ouessant et de ses abords indiquant les écueils sur lesquels doivent être construits des phares.
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- gnent le chiffre de 850 000 francs dont 410 710fr.45 payés par la succession Potron et 459 289 fr. 55
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- LA TRAVERSÉE DE LA BUTTE MONTMARTRE ======= 23
- par l’État. Dans ce total, 712 000 francs sont attri- ! Ce remarquable ouvrage a été construit sous la bues à la construction et à l’aménagement de la haute direction de M. Ribière, directeur du Service tour, 100 000 francs à l’appareil optique et à la | des phares avec le concours de M. Pigeaud, ingé-
- Fig. 4. — Le phare de la Jument d’Ouessant pendant l’exécution de la tour.
- lanterne et 57 000 francs au signal sonore, ce qui représente un prix de revient de 410 francs par mètre cube de maçonnerie.
- nieur en chef, de M. Monsigny, ingénieur ordinaire et de M. Henle, conducteur principal.
- R. Bosmv
- LA TRAVERSÉE DE LA BUTTE MONTMARTRE
- par le souterrain du Nord-Sud.
- La constitution du réseau métropolitain de. Paris nous a parfois enthousiasmés par la hardiesse des travaux de certaines sections souterraines; mais à aucun point il n’a présenté autant de difficultés que dans la traversée de la butte Montmartre par le souterrain du chemin de fer Nord-Sud. Les traversées de la Seine sont des travaux courants grâce aux boucliers dont la manœuvre ne laisse aucun aléa et il est fort probable que ce procédé, adopté, entre la place Saint-Michel et le Châtelet, eut été beaucoup plus avantageux que celui des caissons. À Montmartre, les ingénieurs étaient placés dans une situation tout à fait désavantageuse. La fameuse butte, en effet, a été bouleversée de fond en comble par des exploitations de gypse effectuées à peu près sans méthode ; en certains endroits on avait procédé à ciel ouvert, lorsque la profondeur à atteindre n’était pas trop grande; ailleurs des puits conduisaient les carriers à des souterrains dont beaucoup sont demeurés tels
- quels. Les carrières à ciel ouvert ont reçu des apports de terres qui se sont lassées à la longue et sur lesquels ont été élevées des habitations. La plupart de ces immeubles sont assis sur de solides piliers de béton; mais combien en est-il qui se sont élevés au petit bonheur, au milieu des jardins des maraîchers ? Le propriétaire construisait un rez-de-chaussée au milieu de son jardin, puis il l’élevait d’un étage quelques années plus tard, en ajoutait ensuite un autre lorsque ses ressources le lui permettaient, tout cela sans s’occuper des assises de sa maison. Combien de ces vieilles demeures sont encore debout à l’époque actuelle qui doivent leur maintien à la compression du sol par les puits de béton avoisinants ! Qu’une carrière non remblayée, un fontis, s’écroule et l’ensemble disparaît !
- La solidité de certains immeubles étant subordonnée à celle d’un sous-sol essentiellement peu résistant, il était élémentaire, lorsque fut décidé l’établissement de la ligne du chemin de fer élec-
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- trique du’Nord-Sud, de s’assurer contre tout risque d’éboulement en évitant de toucher aux anciennes carrières. Leur emplacement est parfaitement déterminé, mais leur profondeur ne l’est que d’une manière très insuffisante : aussi les ingénieurs chargés de cette entreprise durent-ils, dès le début des travaux, abaisser le niveau du profil et procéder à un nouveau tracé afin de passer sous les carrières.
- butte Montmartre qui est bien connue ; d’ailleurs la coupe (fig. 2) donne tous les renseignements voulus à ce sujet et les photographies que nous publions, prises dans le souterrain, complètent parfaitement ce document établi par les soins du service technique du Nord-Sud. Remarquons seulement que parfois on a rencontré des failles très intéressantes à étudier, mais qui ont gêné les travaux. En général les étages successifs de marne et de gypse sont très nettement séparés.
- En quittant la station Pigalle, la ligne, avons-nous dit, s’engage sous l’étroit passage de l’Elysée-Beaux-Arts, bordé de constructions plus ou moins bien assujetties sur leurs bases. En maints endroits on a dû consolider ces primitifs travaux d’infrastructure établis au sein de remblais. Les piédroits sont maçonnés sous les fondations des maisons,
- Fig. i. — Construction d’une gare souterraine sous Montmartre.
- Le souterrain commence la traversée de la butte à la station de la place Pigalle; de. là il suit le passage de l’Élysée-Beaux-Arts,. traverse la place des Abbesses d’où il s’engage ensuite dans la zone dangereuse pour en sortir, à la rue
- Fig. 3. — Le travail d’avancement d’une galerie.
- Feuchère. On voit, d’après le plan que nous reproduisons, combien cette traversée était dangereuse; Lé profil suivant montre remplacement exact dés carrières que le premier tracé eût rencontrées;. A la rigueur ce tracé. pourrait être exécuté et il est fort probable que les remblais fussent restés sagement en place grâce aux précautions prises ; mais il était plus prudent de les éviter en passant au-dessous. On ne risquait ainsi aucun accident entraînant la chute de maisons dans un fontis.
- Nous ne nous étendrons pas sur la géologie de la
- Fig. 2. — Déblaiement d'une masse de gypse dans le souterrain.
- assurant ainsi à ces dernières une assise d’une solidité à toute épreuve. Pour effectuer ces travaux, on ne pouvait songer à employer les procédés courants qui consistent à creuser une galerie axiale, à exécuter les abatages de voûte, à maçonner cette voûte par anneaux successifs et enfin à construire les piédroits en sous-œuvre. On a alors creusé deux galeries de piédroits et maçonné ces * derniers par fractions au fur et à
- mesure de l’avancement de la galerie.. Dès qu’une section était maçonnée, on procédait à l’abatage des terres et à la maçonnerie de la voûte, suivant la longueur du piédroit maçonné (1 m. 60); on constituait ainsi un anneau; dè 1 m. 60 de largeur comprenant par conséquent les piédroits éf la voûte, puis on passait à l’anneau suivant.
- Pendant cette construction on eut soin de laisser dans la voûte, de distance en distance, des trous destinés à recevoir des injections de ciment afin de consolider les terrains environnants. Mais, avant de
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- procéder à l’envoi du liquide, on eut l’excellente idée d’injecter de l’air sous pression afin de dégager toutes les fissures du sol et de faciliter l’entrée de
- injectées, on a découvert des lamelles de ciment qui s’étaient introduites dans les plus légères fissures du sol jusqu’à 20 mètres au loin.
- Fig. — La station de la Place des Abbesses, les puits et les accès.
- la bouillie de ciment dans tous les vides. Ce procédé a donné de très bons résultats ; pendant les travaux de terrassements, en avant des portions de voûte
- L’appareil, du système Fraysse, est construit sur un principe nouveau; il comporte un récipient en tôle de forme conique, traversé par un arbre ver-
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- tical. Sur cet arbre est fixé un broyeur à noix utilisé pour gâcher le ciment dans le volume d’eau correspondant à la caractéristique du mélange. Au sortir du broyeur, le ciment est encore dilué dans une quantité d’eau convenable pour faciliter l’injection, le mélange étant brassé par des ailettes hélicoïdales également fixées à la partie inférieure de l’arbre vertical. L’air est alors dirigé, sous une pression de 3 à 5 kilogrammes, au-dessus de la bouillie de ciment qui est ainsi projetée par une tubulure dans le terrain à consolider.
- Sous la place des Abbesses se trouvent d’importantes carrières, remblayées de haute masse et de deuxième masse de gypse, essentiellement dangereuses. Le moindre ébranlement de la base de ces terrains aurait une répercussion amplifiée à la partie
- culées, puis on procédait à l’abatage et à la maçonnerie de la culée sur cette même longueur, ensuite on entamait les abatages de la voûte en galeries de remonte, le tout constituant ainsi une excavation annulaire jusqu’à la clé. La voûte était maçonnée au fur et à mesure. Les cintres servant à constituer la voûte étaient des fers composés de deux méplats permettant de maçonner au fur et à mesure du déblaiement. La voûte étant terminée sur une certaine longueur, on achevait l’enlèvement des terres de la partie centrale. Dans le souterrain courant faisant suite à la station et toujours situé sous les carrières, la voûte se continue en plein cintre avec des piédroits de 2 m. 30 de hauteur. La construction s’est faite comme précédemment, par anneaux successifs en commençant par les piédroits
- Fig. 5. — Procédé de construction de la voûte à la station des Abbesses.
- supérieure et entraînerait la chute des constructions assises sur ces terrains. Il importait donc d’éviter à tout prix, pendant les travaux, le contact avec ces terres dangereuses; c’est la raison pour laquelle le profil du tracé a été abaissé.
- La gare des Abbesses présente cette particularité d’être en plein cintre, sans piédroits; la voûte repose en effet, de part et d’autre, sur deux culées de 0 m. 70 de hauteur seulement assises sur la quatrième masse de gypse. La hauteur de la station, entre le niveau des rails et la clé de voûte, est de 5 m. 25 et la maçonnerie a 1 m. 25 d’épaisseur à la clé et 2 m. 60 à la base des culées. L’angle que feraient les quais d’embarquement avec la voûte a été rempli de béton afin de conserver à la station l’aspect d’une station ordinaire.
- Le souterrain de cette station a été construit comme le précédent, c’est-à-dire par galeries de piédroits. Ces galeries s’avançaient sur une longueur de 3 m. 20 en avant de l’emplacement futur des
- afin de parer aux éboulements toujours à craindre et que la faible longueur des anneaux, eût localisés tout en permettant de les arrêter rapidement. Aucun incident de cette nature n’a eu lieu.
- Délivrés de celte épée de Damoclès que constituaient les carrières, les ingénieurs ont alors hardiment tranché dans la marne et le gypse en procédant par galerie axiale et abatages à droite et à gauche ; la maçonnerie effectuée au fur et à mesure, reposant ensuite sur les couches alternées de ces mêmes roches. Ces roches sont si résistantes que le travail au pic et à la pioche était impossible ; on a dû recourir à la poudre de mine. Avant de quitter la butte Montmartre, le souterrain a dû franchir encore un point dangereux constitué par une carrière remblayée. On s’est contenté de battre des pieux dans ces terres, non pour y servir d’assises à la maçonnerie, mais simplement pour comprimer le terrain, qui devient alors très résistant. Néanmoins, le radier a été fait de béton armé afin de parer par
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- avance à tout mouvement du sol susceptible de se produire plus tard. Le souterrain appartient au type elliptique ordinaire, et les piédroits ont été exécutés en galerie avant la voûte.
- Cette portion du chemin de fer électrique Nord-Sud sera desservie, sur la butte Montmartre, par deux stations : celles de la place des Abbesses et de la rue Lamarck. A la place des Abbesses, les rails sont à la cote 51,02, tandis que la place elle-même est h la cote 81,50. La différence de niveau est donc considérable et il a fallu songer aux accès. Comme il était impossible d’obliger les voyageurs à sortir du souterrain par des escaliers, on a résolu de construire un puits d’ascenseurs flanqué d’un autre réservé à un escalier de secours dont l’accès sera constamment libre. Il eût été possible de loger l’un et l’autre dans un puits unique, mais les ingénieurs ont préféré construire deux puits voisins ayant chacun leur affectation spéciale, avec des voies d’accès permettant de se rendre de l’un à l’autre à volonté.
- Le puits des ascenseurs mesure 34 m. 71 de profondeur et 7 m. de diamètre intérieur ; l’épaisseur de la maçonnerie est de 0 m. 60.
- Celui des escaliers (l’un est réservé à la montée et l’autre à la descente) est à cheval sur le souterrain dont la voûte mesure à cet endroit 1 m. 25 d’épaisseur à la clé et les piédroits 2m; sa profondeur est de 25 m. 69 seulement. Les deux puits ont été amorcés
- sur une profondeur de 2 m., puis on accrochait une nouvelle armature de barres de fer aux précédents crochets et on maçonnait ensuite en sous-œuvre par conséquent. Les puits ont donc été construits par anneaux de 2m. de hauteur. Ils communiquent dans tous les sens entre eux et avec les quais par deux galeries d’accès superposées. Les voyageurs ont donc la faculté de se rendre indifféremment aux escaliers ou aux ascenseurs en quittant les quais ou pour s’y rendre. A l’étage supérieur, à 6 m. au-dessous du sol, les ascenseurs déposeront les voyageurs dans les galeries de sortie qui serviront en même temps pour l’entrée et comporteront les chambres de distribution des billets. Rue Lamarck on a également creusé deux puits semblables aux précédents, mais leur profondeur est moindre.
- La construction des puits a précédé celle du souterrain ; pendant les travaux ils ont été utilisés pour l’enlèvement des déblais et l’entrée des matériaux de construction. Leur masse est imposante; elle rappelle les fameux caissons elliptiques de la place Saint-Michel et de la Cité dont la carcasse métallique se dressa si longtemps devant les promeneurs. Les travaux sous Montmartre ont nécessité l’établissement de deux chantiers seulement, un à chaque station, desservis chacun par une machinerie électrique spéciale et laissant un espace suffisant à la circulation qui n’a jamais été gênée par leur présence. Deux puissants ventilateurs les ont aérés pendant toute la durée des travaux qui ont été exécutés par M. Bénière, entrepreneur, sous la direction de M. Lanave, ingénieur au Nord-Sud.
- Rue Lamarck
- Place
- des Abbesses
- PI. Jules J(
- Gypse (zfet 3? masse de gypse J
- anciens
- . Cërr. soqlèn
- Ouen
- Calcaire
- Saint
- Sables
- Le profil du souterrain du chemin de fer électrique sous Montmartre avec la coupe géologique de la butte.
- Carrières souterraines
- faisl-s-sl Gypse.. { HculLr. masse, ) .
- 11181 Gypse, ( 2Y masse, >.
- Re.mbh.iis présujrtds.
- - • O Piliers Je eonsolidoubian,'.
- Carrières à ciel ouvert Lt-v-J Exploitations remblayées .
- Fig. 6. — Le chemin suivi par le souterrain dans les carrières.
- par une couronne de béton armé dont la base de l’armature était terminée par des crochets non noyés dans la masse de béton. On creusait ensuite le sol
- La ligne se termine à la place Jules-Joffrin et, dans quelques mois, les trains en auront pris possession.
- Lucien Fournier.
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- L’INDUSTRIE DE LA BERGAMOTE EN SICILE
- Malgré les progrès de la chimie agronomique, les essais divers d’acclimatation, de sélection, de fumure intensive, il reste encore quelques spécialités où rien ne fut changé en principe depuis l’origine. _
- ' Ainsi la culture du bergamotier, sorte de plante de la famille du citronnier et de l’oranger, n’est guère
- centimètres,- et dont la surface est garnie de petites pointes en cuivre longues de 1 centimètre. L’écuelle s’emboîte exactement dans un cylindre dont le fond est formé d’un second plateau également armé de pointes métalliques.
- Les bergamotes, qu’on prend de grosseurs à peu près égales de façon que toutes puissent être superficiellement raclées par les pointes des plateaux, étant placées entre les deux « écuelles », l’appareil est mis en mouvement.
- Les surfaces déchirantes désagrègent le tissu superficiel des fruits; sous l’action du poids du cylindre, le liquide cellulaire parfumé s’échappe et coule dans un récipient placé à la partie inférieure de la machine.
- Comme chaque presse ne donne qu’une petite production, les appareils sont généralement groupés en batterie (fig. 1); dans ces ateliers rustiques travaille un nombreux
- Fig. i. — Atelier de presses à essence. Au premier plan on éprouve le degré d’extraction.
- répandue qu’en Calabre,* et on fabrique seulement dans cette région les essences « de Messine » qui sont consommées dans le monde entier.
- Le bergamotier, en effet, croît bien en d’autres pays, mais il ne donne pas alors de bons rendements en essence; si bien que les vastes plantations de Reggio, de Mélito, de Santa-Catarina, ont conservé le monopole de la production des essences de bergamote.
- L’extraction de cette essence se fait à l’aide de machines rustiques imaginées et construites dans le pays, et différant fort du matériel moderne maintenant ordinairement employé dans les industries analogues. L’essence est extraite par pression de l’écorce fraîche des fruits du citrus bergamia dont l’aspect rappelle celui des oranges ou des citrons.
- Le pressage est. effectué au moyen d’appareils en bois (fig. 1 et 3) composés d’une roue à chevilles, mue par une manivelle et engrenant avec une sorte de cylindre à barreaux terminé inférieurement par Yécùelle. On désigne sous ce nom une sorte de plateau dont le diamètre atteint une vingtaine de
- Fig. 2. — Presse pour l’extraction du suc contenu dans la pulpe de bergamote.
- personnel, chaque machine occupant trois hommes : un tourneur de manivelle, un trieur de fruits qui les choisit d’égale grosseur afin que la pression s’exerce également, et un déchargeur d’écuelle qui débarrasse celle-ci quand l’expression est terminée.
- Évidemment, l’emploi d’un appareillage moins rustique permettrait d’économiser la main-d’œuvre, mais on sait qu’en Sicile, cette dernière est fort bon marché.
- L’installation que nous décrivons est d’ailleurs perfectionnée; autrefois, les fruits après désa-
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- L’INDUSTRIE DE LA BERGAMOTE EN SICILE :_______ — 29
- grégation de la pellicule externe du zest, étaient frottés d’une éponge qui absorbait le suc, finalement recueilli par pressage de l’éponge gorgée.
- Les presseries de bergamote ne fonctionnent guère que pendant la nuit pour éviter une trop grande perte d’essence par évaporation. Le travail s’y fait sous la surveillance d’un contremaître qui vérifie la bonne extraction de l’essence par l’ingénieux procédé que voici : les fruits sortant de la machine sont pelés, puis l’écorce est pressée entre les doigts en la tenant à petite distance de la flamme d’üne lampe tenue par un apprenti (fig. 1). Si le pressage a été mal fait, il y a projection de fines gouttelettes d’essence qui forment autant de petites flammes brillantes.
- Les fruits débarrassés de leur essence sont ensuite utilisés à la fabrication de l’acide citrique. On les presse fortement (fig. 2), on neutralise le jus par de la chaux, il se forme un précipite insoluble de citrate calcaire. Il suffit de laver ce précipité, de le décomposer par une dose suffisante d’acide sulfurique pour obtenir une dissolution d’acide citrique qui donnera le produit commercial par évaporation et cristallisation.
- L’acide citrique, produit également en Espagne avec le citron ordinaire, est fabriqué par très grandes quantités : on l’utilise dans l’industrie des produits photographiques (papiers citrate), en pharmacie (limonade citro-magnésienne) et dans les laboratoires.
- Quant à l’essence brute, recueillie au bas des presses, elle doit être filtrée avant emploi. Pour cela, on place le liquide dans des poches de flanelle grossière placées dans des récipients' cylindro-coni-ques (fig. 4). On noue ensuite le haut des sacs en
- Fig. 4. — Dispositif pour la filtration de l’essence de Bergamote.
- les attachant à des tringles métalliques de façon que le tout soit librement suspendu. Les récipients sont lestés extérieurement par des poids, de
- 1. Nous tenons à remercier MM. Roure-Bertrand, de Grasse et Justin Dupont, de Paris qui voulurent bien mettre à notre
- sorte que leurs parois coniques pressent les flancs des poches filtrantes, ce qui active et favorise l’écoulement du liquide dans la partie basse, d’où on l’extrait par un robinet. A noter qu’il n’y a ainsi
- Fig. 3. — Presse à bergamote, Vécue lie relevée étant posée à droite de la table.
- aucune perte par évaporation. On obtient de la sorte un mélange d’essence et d’eau soumis ensuite à une décantation.
- L’essence de bergamote est un mélange surtout constitué par de l’acétate de linalyle (50 à 40 p. 100), du limonène et du linalol. On l’emploie exclusivement en parfumerie. Elle est concurrencée maintenant par l’acétate de linalyle préparé synthétiquement; mais le produit artificiel ne possède pas, à beaucoup près, la finesse d’aromede l’essence naturelle.
- Il en est d’ailleurs ainsi, en général, pour toutes les matières préparées chimiquement et employées comme succédanés des produits naturels : c’est que ces derniers contiennent, outre le constituant essentiel, le plus souvent identiquement reproduit, des produits secondaires qui leur donnent certaines qualités. Ainsi pour que l’imitation fût complète, il faudrait réaliser pratiquement, non pas une, mais trois, quatre... un nombre illimité de synthèses. On travaille d’ailleurs dans ce sens et nul doute qu’on ne parvienne un jour à tuer la culture des plantes à parfum comme on le fit pour les plantes tinctoriales. Il n’est que plus intéressant d’étudier les particularités caractérisant les industries rustiques qui jouissent de leurs dernières belles années (l). A.Chaplet.
- disposition, avec la plus extrême obligeance, les clichés et les renseignements utilisés ci-dessus.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 décembre 1911.—
- L’œuvre de Ilirn. — IL Darboux annonce que M. Schwerer fait hommage d’un ouvrage intitulé: La vie et l’œuvre de Hirn. Il rappelle que Hirn fut un des correspondants les plus éminents de l’Académie et conclut qu’elle accueille, avec beaucoup de satisfaction et de sympathie, cet ouvrage qui sera l’objet d’une notice insérée aux Comptes Rendus.
- La composition de l’atmosphère. — MM. Muntz et Lainé ont étudié la composition de l’air rapporté des régions antarctiques par la mission Charcot. Dans l’atmosphère de ces régions la proportion d’acide carbonique tombe aux deux tiers et même à la moitié de ce qu’elle est dans nos régions. Ils attribuent ce fait à la température et à la vaste étendue d’eaux marines qui s’étendent devant les glaces du pôle Sud. Dans ces eaux, la tension de dissociation des bicarbonates se trouve considérablement diminuée et cela entraîne la diminution de la proportion en acide carbonique contenu dans l’air. L’uniformité de la composition de l’atmosphère admise par Gay-Lussac ne serait donc pas réalisée. Les auteurs montrent que des courants atmosphériques sont assez fréquents, mais que le brassage de l’air n’est pas assez énergique pour opérer un mélange intime et que des circonstances locales jouent un grand rôle dans la répartition de l’acide carbonique.
- Les minerais de fer huroniens et les minerais de fer oolithique français. — Le prince Roland Bonaparte communique une Note dans laquelle M. Cayeux montre qu’en dépit des dissemblances souvent profondes qui séparent nos minerais dits oolithiques des minerais huroniens des Etats-Unis, une analogie manifeste se révèle. Les différences sont en effet surtout l’œuvre du temps et des actions secondaires. Sous l’influence exclusive des agents météoriques, les roches ferrugineuses d’Amérique ont subi une silicification intense, et le fer d’origine sédi-mentaire s’est concentré en puissants amas, au lieu de rester disséminé dans toute la formation comme en France. En un mot, les dépôts ferrugineux du précambrien d’Amérique, dans lequel M. Cayeux a signalé tout récemment de nombreuses traces organiques, représentent le terme le plus ancien d’une importante famille de roches partout et toujours pareille à elle-même, dès le principe, et développée à des niveaux très différents depuis le huronien jusqu’à l’époque crétacée.
- Expériences osmométriques. — M. Bouty expose les nouvelles recherches effectuées par MM. E. Frouard et de Tonnay Charente, au sujet de la divergence entre les résultats de leurs expériences osmométriques et les prévisions tirées de la théorie des ions d’Arrhénius. Ces k
- Présidence de M. A. Gautier.
- recherches contribuent à la connaissance du mécanisme, ignoré actuellement, des membranes osmotiques.
- Le tremblement de terre du 18 novembre. — M. Bouty présente ensuite une Note de M. Rothé de Nancy relative aux secousses sismiques du 16 novembre dernier. Il existe à Nancy un baromètre à gravité. Un semblable baromètre fonctionne également à Paris. Or, le 16 novembre, on a observé à Nancy et à Paris un irait vertical correspondant à un brusque déplacement du poids en hauteur. Ce déplacement a été 7 à 8 fois plus grand à Nancy qu’à Paris. Ce résultat n’a d’ailleurs rien de surprenant, car il est de notoriété que la secousse a été plus vivement ressentie dans la première de ces deux villes que dans la seconde. Il n’existe d’autre moyen d’expliquer le déplacement vertical du poids que d’admettre que ce poids a été soulevé par la secousse.
- Mollusques des environs de Djibouti. — M. Bouvier résume un travail de M. Vayssière sur les gastéropodes i’apportés de la baie de Tadjourah par MM. Jousseau et Gravier. Ces mollusques constituent une faune spéciale différente de celle de l’Est africain. On n’y trouve point, sans doute à cause des récifs, les éolidiens qui pullulent d’habitude sur les côtes de cette région.
- , La faune polaire. — M. Bouvier résume ensuite une élude faite par MM. Édouard Chevreux et de Bone sur les amphipodes ou crevettines recueillis dans les mers antarctiques par la 28 expédition Charcot. La comparaison de ces espèces avec celles recueillies par la mission de la Discovery dans les parages de la terre de Victoria montre que les deux faunes sont également riches, mais n’offrent que peu d’espèces communes.
- Théorie des échanges nutritifs. — M. Bouchard présente un travail de MM. Desgrez, P. Regnier et Moos, relatif à l’influence de la triinéthylamine sur les échanges nutritifs. L’intérêt de cette question réside dans celte -particularité que cette base se trouve dans notre sang et nos tissus. Or, au lieu de la considérer comme unè substance simplement toxique qu’il faut détruire ou éliminer, on doit voir en elle une substance utile à l’élaboration des matières protéiques qu’elle ralentit, et favorable à la combustion des composés ternaires qu’elle accélère, en particulier des corps gras. Les auteurs montrent en effet que, sous son influence, la quantité d’oxygène consommée est augmentée avec utilisation meilleure des graisses.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un membre dans la section de chimie, en remplacement de M. Troost. M. Moureu est élu par 58 voix contre 21 données à1 M. Colson. Ch. de Villedeuil.
- LES ÉVALUATIONS GÉOLOGIQUES EN ANNÉES
- Le rêve de tous ceux qui interrogent les géologues, plus encore peut-être que des géologues eux-mêmes, est d’obtenir une évalution en années des périodes géologiques. Si nous pouvions, du moins, savoir depuis combien d’années l’écorce de notre globe est solidifiée, ou depuis quand l’homme est apparu sur la terre ! Combien n’a-t-on pas émis de théories à ce sujet et combien n’a-t-on pas donné d’évaluations plus fantaisistes les unes que les autres, reproduites néanmoins avec sécurité par les littérateurs. La seule méthode qui ait pu paraître
- applicable avec quelque vraisemblance jusqu’à ces dernières années était celle qui prenait pour point de départ le calcul (extrêmement hypothétique d’ailleurs) du refroidissement terrestre et estimait, d’après lui, le temps depuis lequel des germes organiques ont pu vivre sur la* Terre. Après quoi, on répartissait cette durée totale des périodes géologiques entre les trois principales, en admettant, par une autre fiction, que leurs durées ont été proportionnelles à l’épaisseur maxima des sédiments, qui les représentent. Il est à peine besoin de re-
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- CHRONIQUE
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- marquer sur quel terrain hasardeux on se risquait ainsi. D’une part, on est amené à la singulière conception géologique de la Terre assimilée à un boulet solide et homogène qui, après avoir été porté au rouge, s’est refroidi par rayonnement. D’autre part, on fait, sur l’apparition de la vie, une supposition entièrement gratuite en admettant qu’il n’y a pas eu d’être vivants avant les terrains où de premiers restes organisés ont échappé au métamorphisme. A cet égard, des découvertes comme celle d’organismes très perfectionnés dans les minerais de fer huro-niens du Lac Supérieur, considérés jusque-là comme n’ayant pu présenter que des formes absolument rudimentaires, sont faites pour inspirer quelque .scepticisme. 11 en est de même des théories fondées sur les cycles de sédimentation, etc. Aussi peut-on saluer, avec intérêt, sinon encore avec une confiance parfaite, l’apparition récente de procédés d’évaluation fondés sur des phénomènes entièrement nouveaux, et, notamment, sur les lois de la transmutation radioactive. Il y a encore, dans cet ordre d’idées, bien de l’inconnu; neanmoins c’est déjà quelque chose que d’envisager la possibilité d’un Calcul précis; et, à cet égard, les expériences que nous allons résumer valent d’être connues.
- La première méthode que l’on a imaginée dans celte voie était encore singulièrement constestable. R. J. Strutt avait eu l’idée de rechercher, dans certains minéraux, le rapport du poids d’hélium occlus au poids de substance radioactive ayant pu produire cet hélium. Si tout l’hélium provenait nécessairement de cette substance suivant la formule des transmutations actuelles et si tout l’hélium produit était resté dans le minéral sans se dissiper ou se transformer, le rapport en question pourrait être considéré comme représentatif du temps écoulé depuis la cristallisation du minéral. En fait, des analyses, portant sur des zircons d’àges géologiques variés, ont donné des chiffres croissant dans l’ordre que l’on devait d’autre part présumer d’après la stratigraphie : 319 millions d’années pour les roches diamantifères triasiques du Cap, 209 millions pour des roches permo-triasiques de l’Oural, 6 millions pour un zircon tertiaire d’Espailly, 900 000 pour une roche volcanique de l’Eiffel et seulement 110 000 pour une lave du Vésuve.
- C’est encore sur les. zircons qu’a travaillé J. Joly, mais par une autre voie qui est tout au moins fort ingénieuse. Quiconque a examiné une roche au microscope a été frappé, de voir, à l’intérieur des micas, des amphiboles, etc., de petits cristaux de zircon constamment
- entourés d’une auréole noire plus ou moins étendue, qui tranche sur la teinte jaune, brune ou verte du minéral englobant. On n’avait jamais donné de ces halos une explication nette. L’hypothèse fort vraisemblable de J. Joly a consisté à admettre qu’il y avait là un effet de l’hélium émis par ces zircons et que ce halo avait, dès lors une largeur et une intensité proportionnelles au temps pendant lequel l’action avait pu s’exercer; c’est-à-dire au temps écoulé depuis la cristallisation de la roche. Une vérification approximative était possible. Nous pouvons, en effet,.par la géologie, choisir des roches à inclusions semblables de zircons appartenant à des périodes géologiques. diverses et voir si, à mesure que la roche devient plus ancienne, la largeur du halo s’accroît. C’est le résultat auquel on semble être arrivé et qui paraît susceptible de fournir plus tard un instrument de mesure, quand on connaîtra mieux les conditions dans lesquelles s’opèrent ces émissions et se produisent ces sphères concentriques de coloration plus ou moins foncée, dont on obtient la reproduction rapide par la coloration du verre au moyen du radium.
- Enfin je me contente de signaler, à ce propos, parce qu’on l’a parfois rapprochée des précédentes, une dernière méthode, à laquelle il n’y a lieu d’attacher, jusqu’à nouvel ordre, aucune valeur. C’est celle de A. Holmes qui mesure, dans une série de roches ou de terrains, le rapport de la teneur en plomb à la teneur en uranium, admettant avec Bolhvood, sans aucune démonstration et même contrairement à bien des vraisemblances, que ce' plomb vient de l’uranium et seulement de lui.
- Il se trouve néanmoins que les chiffres obtenus croissent à peu près dans l’ordre exigé par la stratigraphie, depuis 540 millions d’années pour le carbonifère jusqu’à 1 milliard pour le crislallophyllien de Suède. Appliquée aux divers représentants du cristallophyllien, que nous identifions uniquement, par impuissance actuelle à les classer faute de renseignements paléontologiques, cette méthode donne des chiffres très variables, que Ton a proposé, un peu trop rapidement, de considérer comme fournissant un instrument de stratigraphie. On remarquera que les 540 millions d’années pour le carbonifère concordent presque avec les 519 millions trouvés par Strutt pour le trias du Cap. Tout cela reste encore plus romanesque que rigoureusement scientifique. Mais c’est déjà quelque chose que de commencer à entrevoir un chemin par lequel on arrivera peut-être un jour à un résultat d’une telle importance philosophique. P. Salliok.
- CHRONIQUE
- Une locomotive de « Musée » et une locomotive moderne. — La plus ancienne locomotive qui soit aux Etats-Unis est celle qui, sous le nom très anglais de « John Bull », est exposée au Muséum national de Washington. Cette locomotive pèse, avec son tender, son eau et son charbon, un peu plus de Tl tonnes, elle a des roues de Tm. 55 de diamètre, des tubes de 2 m. 50 de long et 22 mètres environ de surface-de chauffe. Tout cela parait bien mince en comparaison des locomotives du moderne type « Pacific » avec leurs quelque 200 tonnes (machine, tender, charbon et eau), leurs roues de 2 mètres, leurs tubes de 7 mètres et leur surface de chauffe de plus de 400 mètres carrés !
- Nouvelle production d’ozone par réaction chimique. — Nos lecteurs connaissent l’ozone, qui pro-
- vient de la condensation de trois molécules d’oxygène et qui constitue, somme toute, un oxygène beaucoup plus actif. Sa préparation classique consiste, nous le rappelons, à électriser un courant régulier d’oxygène au moyen de l’appareil à effluves ; mais en dehors de ce procédé physique de formation, il peut exister un_cer-tain nombre de méthodes chimiques. L’une,des dernières signalées, duc à M. Malaquin, consiste à Taire réagir l’acide nitrique sur le persulfate d’ammoniaque ; la réaction s’amorce vers 60 à 70° et se continue d’elle-même en produisant un gaz qui contient en volume 3 à 5 pour 100 d’ozone.
- Les persulfates de sodium et de potassium semblent donner beaucoup moins d’ozone que le persulfate d’ammoniaque.
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- LE DANGER DES WAPITIS
- Le wapiti (Cervus canademis) est-il condamné à subir à bref délai le sort du bison d’Amérique? L’extinction complète de cette magnifique espèce 11’est-elle plus qu’une question d’années? Il y a deux ans, nous notions que des milliers de ces grands cerfs mouraient de faim dans la région des Montagnes Rocheuses, au cœur de l’hiver, et que, dans le voisinage du Parc de.Yellowstone, le Gouvernement fédéral leur faisait distribuer des quantités de foin. Bien que tout à l’honneur des autorités américaines, de telles mesures seront inefficaces pour la protection de l’espèce. Devant la rapide conquête des territoires du Far-West par la colonisation, les immenses troupeaux de wapitis, qui, vers le milieu du siècle dernier, se chiffraient encore par millions de têtes, sont fatalement destinés à disparaître, par la suppression de leurs pâturages coutumiers. Ils ne seront bientôt plus qu’un souvenir, comme les Peaux-Rouges et les bisons.
- Une autre cause que la famine aura contribué puissamment à leur destruction. 11 s’est fondé aux États-Unis une société semi-secrète, celle des Elks, qui, pour le malheur du wapiti, l’a pris pour emblème, en perpétuant l’erreur des premiers colons de l’Amérique du Nord, qui virent faussement dans le grand cerf canadien le congénère américain de l’élan (elk) de l’Europe septentrionale. Cette société compte maintenant plus de trois millions de membres, tant aux États-Unis qu’au Canada, et, comme nous allons le voir, son développement prodigieux a été particulièrement fatal au magnifique cervidé auquel elle avait fait le dangereux honneur de le choisir comme symbole.
- Outre les mots de passe qui permettent aux adeptes de se reconnaître entre eux, ils aiment à porter sur leur personne, sous forme de breloques, de chaînes de montre ou d’épingles de cravate, des dents de wapiti, qui leur servent comme de passeport en voyage. Tant que les troupeaux maintinrent leur effectif normal, ces dents, achetées à bas prix aux chasseurs et aux Indiens, n’eurent qu’une valeur commerciale très relative. Mais, il y a une
- dizaine d’années, la diminution des troupeaux et le développement de la société donnèrent de concert naissance à une nouvelle industrie : celle de chasseurs qui massacraient les grands cerfs dans le but exclusif de recueillir leurs dents pour les vendre aux membres de la « Fraternité des Elks ».
- Rapidement, cette industrie devint très prospère. Les dents, qui se vendaient d’abord à la livre, virent leur valeur commerciale augmenter de jour en jour. Certains États de l’Ouest intervinrent, et la chasse aux wapitis fut réglementée sévèrement. Les chasseurs ne se considé-. rèr ent pas comme battus, ét ils i maginèren t bientôt, pour tourner la nouvelle loi, un procédé barbare contre lequel on ne saurait protester trop hautement.
- La loi défendait de mettre à mort law!apili, mais elle n’interdisait pas de le torturer. Et voici ce qu’imaginèrent les mé-créants. Aidés de cowboys experts en l’art de lancer le la-riat, ils cernaient une bande de cerfs, les capturaient au lasso, les ligotaient, et leur arrachaient les dents I Peu importait que la malheureuse bête, relâchée après la brutale opération, fût condamnée à mourir de faim, puisqu’elle ne pouvait plus, désormais, mâcher l’herbe et les jeunes pousses des arbustes ! Les lois de protection n’avaient pas prévu le crime monstrueux de ces bourreaux. Au contraire, elles opéraient au détriment de leurs protégés, puisqu’elles permettaient et provoquaient la substitution d’une lente et douloureuse agonie à l’exécution rapide.
- Nous aimons à constater que toute la grande presse américaine a ouvert une campagne active contre Cet horrible procédé, dès qu’il lui a été signalé. Et tout nous porte à croire qu’il ne sera bientôt plus qu’un triste'souvenir. Mais, il y a quelques mois encore, dans l'État de l’Orégon, un' petit troupeau d’une centaine de w'apitis fut capturé par des « chasseurs de dents », et traité de la façon inhumaine que nous venons d’exposer. Il faut souhaiter que la Fraternité des Elks, prenant les devants sur les autorités américaines, interdise .à ses adeptes de porter ces lugubres breloques. Y. Forbijv.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuue, rue de Fleuras 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2012.
- LA RAGE
- D’après là Bible, les habitants du nord de l’Afrique seraient les enfants de Chain, second fils de Noé, d’où le nom de chamiliques ou chamites donné souvent à ces populations.
- Les traditions recueillies auprès des indigènes sahariens sur leurs origines se rapportent à des temps trop peu reculés et ne sont pas suffisamment précises pour apporter tin élément sérieux dans la discussion qui a été ouverte sur l’origine des races ehamitiqiies.
- Les Touareg en particulier prétendent avoir le berceau de leur race en Arabie, en même temps ils repoussent le nom de Berbères et renient leur pa-
- .------------------16 DÉCEMBRE 1911.
- TARGUI k
- chef qui voulut porter loin à l’intérieur de l’AfriqueX® la religion du Christ. *
- Ces traditions sans valeur, ces hypothèses peu sérieuses ne sont citées ici que pour mémoire.
- Nous n’exposerons pas le résumé des travaux entrepris sur les races blanches de l’Afrique par les différents ethnologistes qui ne s’accordent guère dans leurs conclusions, car les documents scientifiques manquent encore pour définir exactement les caractères de la race targui.
- Toutefois les quelques mensurations. que l’on a pu recueillir ont permis aux anthropologistes de reconnaître chez les Touareg les caractères ethnogra-
- renté reconnue scientifiquement avec les Kabyles ; ceci leur est dicté par le désir d’être considérés comme originaires d’une Terre Sainte et descendants des premiers disciples du prophète.
- Les marabouts ignorants qui vivent au Sahara affirment que les Arabes, furent les parents pauvres et ingrats des nobles Imageren : ceux-ci allèrent prêcher la Loi nouvelle, puis, sous la poussée des masses sémitiques, durent se réfugier dans le désert où ils devaient conserver dans leur intégrité les coutumes de la noblesse musulmane.
- Les traditions qui font descendre les Touareg des Pelasges ou des Philistins ou encore des habitants de Saba, ne sont pas plus sérieuses.
- Il est curieux de relater ici la théorie fantaisiste .échafaudée par certain auteur sur l’origine des Imageren. Ayant observé que les nomades du Sahara central sont monogames, ayant d’autre part remarqué que les armes, les selles, les bijoux portent des ornements cruciformes, il put conclure avec un peu trop d’audace, que nos Touareg étaient les descendants de croisés, derniers compagnons d’un
- phiques d’une race dérivée de celle qui occupait déjà à l’époque quaternaire le bassin de l’Afrique : race de Cro-Magnon.
- Une discussion s’est ouverte entre plusieurs savants pour savoir s’il faut chercher en Afrique ou vers l’Aquitaine, l’origine de cette race méditerranéenne.
- L’un d'eux place même en Afrique le centre d’expansion de la race blanche.
- Sans nous rallier à cette dernière opinion, nous ne pouvons consciencieusement donner des résultats d’observation qui permettraient d’apporter un élément nouveau dans la discussion ouverte.
- Il est même impossible actuellement d’indiquer exactement à quelle époque les représentants de la race blanche ont quitté la Méditerranée pour se répandre dans le Sahara.
- Il est très curieux qu’une migration se soit faite de pays riches et tempérés vers des contrées pauvres et tropicales.
- On doit voir surtout dans ce mouvement le recul d’une minorité irréductible et guerrière devant les
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- U —...........— - - . LA RACE TARGUI
- invasions successives que subit le nord de l’Afrique.
- La pénétration musulmane fut probablement la cause principale de cet exode des Berbères.
- Les Arabes s’emparèrent de Tripoli en 64o et envahirent l’Afrique septentrionale dès le vne siècle.
- Une partie de la population qui occupait les riches régions de l’Afrique se soumit et, s’alliant aux conquérants, fut entraînée vers l’Espagne.
- Les autres Berbères pensèrent échapper à la domination en se retirant soit dans les montagnes, particulièrement au Maroc, soit dans le Désert; les premiers forment les Kabyles, les seconds sont les Touareg.
- Ils surent conserver une autonomie très complète, puisqu’ils adoptèrent seulement la religion de l’Arabe, tout en gardant leur langue, leurs coutumes particulières, leur organisation sociale.
- Quoi qu’il en soit, puisque les caractères crâniens sont insuffisants pour définir exactement la race Amajor, nous engloberons les Image-ren dans les Berbères, en désignant sous ce nom les descendants directs des Lybiens dont ils ont conservé l’écriture et la langue sans rien préjuger sur l’origine exacte de ces populations, sans nous inquiéter de savoir s’ils ont pour ancêtres les Atlantes ou les Ethiopiens d’Hérodote. Ils semblent issus du croisement très reculé de populations d’origines asiatiques avec les représentants des races blondes du nord et négroïdes du Soudan, mais l’amalgame est si profondément uni depuis tant de siècles que le type est devenu parfaitement uniforme et définissable.
- Les mœurs, les coutumes des divers éléments constitutifs se sont uniformisées à tel point qu’on peut considérer les Berbères comme des autochtones.
- Les Touareg sont en somme blancs, teintés du clair au brun foncé et il est possible de reconnaître chez eux tous les caractères apparents et distinctifs de la race blanche, même chez ceux qui se différencient peu des nègres par la couleur de la peau.
- Ils n’ont les cheveux ni laineux ni crépus, ils ont
- souvent le nez droit, point de prognathisme, bref, aucune apparence de négroïde, enfin certains ont les yeux bleus ou verts.
- Quelques tribus caravanières et méridionales ont cependant reçu l’infusion du sang nègre, car outre que leur couleur est plus foncée, elles offrent dans certains de leurs individus des caractères quelquefois négroïdes.
- Dans l’ensemble, on peut dire que le type targui est beau.
- La taille des habitants du désert est élevée, les corps des hommes sont très nerveux, justement proportionnés et souples. Le climat très sain du Sahara, l’habitude des exercices physiques, leur ont donné cette apparence de force élégante qu’envieraient nos meilleurs sports-men.
- Les femmes sont jolies, certaines ont vraiment de la ligne, de la race.
- Toutefois elles recherchent l’embonpoint exagéré. L’épouse d’un chef doit être tellement grosse qu’elle peut à peine, marcher. La bouffissure graisseuse du corps est un signe de richesse.
- Les élégantes s’emploient donc à s’épaissir jusqu’à la déformation complète : les jambes qu’on croirait atteintes d’éléphanliasis supportent difficilement le poids du corps énorme.
- Mais les femmes pauvres conservent une sveltesse admirable, leur coiffure en cadenettes encadre souvent des visages réguliers et fins qu’éclairent de grands yeux noirs, toujours magnifiques.
- Bref, les Imageren qui habitent un pays de climat salubre, vivent au grand air et échappent aux ravages de l’alcool, forment une belle race saine et vigoureuse. Si elle tend à disparaître, il ne faut pas croire que ce phénomène soit dû à l’épuisement physique des individus, il faut en chercher les causes dans les mœurs des Imageren qui sont tous monogames et surtout dans la misère affreuse où sont tombées ces populations autrefois riches du commerce des esclaves, des guerres faites en pays noir et du pillage ou de l’escorte des caravanes transsahariennes. Lieutenant Lmbe.
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- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS SUR PAPIER UTOCOLOR
- Le problème de la photographie des couleurs, tel qu’il a été résolu jusqu’à présent par les plaques autochromes et autres, malgré la beauté des résultats obtenus, ne donne pas toute satisfaction parce qu’il est limite’ à un seul exemplaire, et qu’on ne peut voir l’image que par transparence ou en projection sur un écran. La solution complète exige que, comme pour la photographie en noir, le cliché initial donne des copies sur papier par simple exposition à la lumière dans un châssis-presse.
- Les recherches faites dans ce but sont déjà anciennes. Dès 1881, Ch. Ci’os, dont le nom se retrouve à l'origine de toutes les grandes inventions modernes : phonographe, téléphone, trichromie, etc... avait voulu tirer parti de cette remarque, faite par tout le monde, qu’à la lumière du jour les couleurs disparaissent. Qui n’a vu dans un appartement le papier de tenture devenir à peu près blanc, sauf aux endroits protégés par un meuble, un cadre, ün obstacle quelconque opposé à l’action des rayons solaires? Mais ce que l’inventeur avait fait ressortir aussi, c’est que la coloration persiste intacte si, au heu d’être protégé par un objet opaque le papier est recouvert par un verre coloré de la même couleur que lui.
- Un papier rouge restera rouge, malgré l’action des rayons solaires, si ceux-ci traversent un verre rouge avant d’arriver jusqu’à lui. Mais par contre il se décolorera sous un verre bleu, ou un verre jaune. Réciproquement, le jaune et le bleu résisteront aux rayons solaires qui auront traversé des verres ayant ces couleurs et disparaîtront sous un verre rouge. Certaines couleurs d’aniline possèdent surtout ces propriétés à un haut degré. Il résulte de ce principe que si l’on étend sur une feuille de papier un mélange bien choisi des trois couleurs fondamentales : rouge, bleu, jaune, on obtiendra une couche sensiblement noire. Si l’on expose ensuite ce papier au soleil en le recouvrant de trois, verres'placés les uns à coté des autres, ayant ces trois couleurs, on verra celles-ci reproduites sur le papier après une action plus ou moins longue de la lumière solaire. Mais, comme dans toute invention, il y a loin de l’idée première à la réalisation pratique. En premier lieu, l’action de la lumière sur les composés susceptibles de se décolorer est extrêmement lente; en deuxième lieu, il faut qu’on puisse arrêter cette action de décoloration dès que le résultat cherché est atteint, il faut fixer l’image obtenue ; enfin le mélange des trois couleurs doit être choisi de telle sorte que la décoloration partielle donne comme résultat la reproduction exacte de toutes les couleurs du modèle.
- De nombreux chercheurs, parmi lesquels nous citerons MM. Wiener, Yallot, Lumière, etc., se sont attachés à la solution de ces questions. La découverte la plus importante fut celle des sensibilisateurs qui permettaient d’activer l’action de la lumière et de l’arrêter ensuite en éliminant le sensibilisateur. U y a une dizaine d’années, M. Karl Worel, après essai de plusieurs centaines de produits, découvrit un sensibilisateur dérivé de l’huile d’anis : l’anéthol. Un lavage dans la benzine dissout ce sensibilisateur et l’image en couleurs est relativement fixée. Dans une autre voie, le Dr Ncuhauss s’appuyant sur les propriétés qu’ont les leucobases d’être décolorées par oxydation, essaya d’ajouter aux couleurs de l’eau oxygénée, puis divers autres oxydants. Il obtint une grande sensibilité, mais il y. a des inconvénients qui, jusqu’à présent, n’ont pas été éliminés complètement.
- Dans le même temps, M. J.-11. Smith, de Zurich, poursuivait les expériences sur les couleurs d’aniline dont la sensibilité est exaltée par l’anéthol.
- Vers 1905, il tenta une exploitation d’un papier basé sur ce principe ; mais devant les résultats défectueux obtenus, il en arrêta la fabrication et continua ses recherches. Après avoir expérimenté sur des milliers de produits, il a réussi à obtenir un mélange qui, étendu sur papier, donne l’aspect d’un tableau noir. C’est le papier « Utocolor » dont la fabrication vient d'être organisée dans une usine spécialement installée à cet effet aux environs de Paris.
- L’emploi de ce papier est aussi simple que celui des papiers à noircissement direct sur lesquels on tire les clichés ordinaires. On place une plaque autochrome dans un châssis-presse ; par-dessus, et en contact avec la gélatine, on place le papier Utocolor et on expose à la lumière. On surveille le tirage en ouvrant le châssis de temps en temps ; quand on la juge suffisamment venue, on fixe dans deux bains spéciaux et on laisse sécher.
- En principe, c’est donc très simple. Dans la pratique, il y a quelques observations intéressantes à faire. Le papier est légèrement poisseux, surtout par temps humide ; les fabricants recommandent l’application d’un vernis, qu’ils font spécialement pour cet usage, sur la gélatine et l’autochrome, afin d’éviter l’adhérence qui perdrait irrémédiablement celle-ci. Il est encore préférable d’interposer une mince feuille de celluloïd, c’est plus sùr. L’exposition est encore fort longue, malgré le sensibilisateur ; il faut plusieurs heures en plein soleil.
- On est obligé, en effet, d’interposer sur. le trajet des rayons lumineux un écran vert, sans quoi on obtiendrait sur l’image une dominante rouge. Si l’on expose à l’ombre, on peut se passer de cet écran, mais alors il faut plusieurs jours d’exposition.
- Les couleurs sont d’autant plus vives que l’original présente lui-même des couleurs plus éclatantes et c’est surtout sous des verres de couleurs, sous un .vitrail par exemple, que le papier Utocolor donne de beaux résultats.
- Avec les plaques aulochromes ou autres similaires, les couleurs paraissent beaucoup plus ternes et plus effacées que celles de l’original; l’image a plutôt l’aspect d’un tableau ancien sur toile cirée.
- L’image n’est pas dans son véritable sens puisqu’il faut partir, pour l’impression, d’un cliché positif. Elle est retournée, ce qui n’a pas grand inconvénient dans certains cas, mais peut cependant en avoir dans d’autres, comme par exemple le portrait d’un militaire portant son épée au côté ou ayant des décorations ; comme aussi dans le cas d’un paysage où il y a des maisons avec des inscriptions.
- L’inventeur va bientôt, paraît-il, remédier à cet inconvénient en disposant la couche sensible de telle sorte qu’on pourra la détacher du papier et la reporter sur un autre support comme cela se fait couramment pour le papier au charbon.
- Pour devenir artistique, le procédé à besoin de recevoir encore quelques perfectionnements ; mais tel qu’il est, il donne déjà des résultats très intéressants et mérite d’autant plus d’être essayé que cela île nécessite ni beaucoup de frais ni beaucoup de travail.
- G, Mareschal.
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- L’ÂGE DE LA PIERRE EN AMERIQUE DU NORD
- Les connaissances générales en préhistoire se sont très vulgarisées depuis une vingtaine d’années. Des découvertes sensationnelles, le développement des musées, la multiplicité des publications, et même Faction des journaux quotidiens et des illustrés hebdomadaires ont familiarisé jusqu’au très grand public non seulement avec la notion de préhistoire, mais avec celles des divers types humains préhistoriques et de leur outillage. Toutefois nos eonnais-
- préhistoire du Nouveau Continent au nord du Mexique1. M. Moorehead, « curator » du service d’archéologie américaine (Etats-Unis), est connu par des travaux antérieurs de préhistoire, notamment des tentatives de classification.
- Le livre se ressent du genre d’occupation et des tendances de l’auteur : nullement anthropologique, il est tout entier archéologique, ne dit pas un mot, même pour mémoire, de l’homme ni des recherches
- Fig. i. — La taille des objets de pierre : i, travail de dégrossissement à la main, par percussion ; — 2, travail pins fin, par percussion indirecte; — 3, variante du précédent, travail de deux personnes ; — 4, achèvement du travail,par pression, avec un outil d'os dur ; — 5, même moment du travail, emploi d'une pince en os. (i, 2, 4, 5, d’après Holmes, dans American Anlhropologisl, 1891; 3, d’aprèvs
- G. Catlin) (Mookehead).
- sanccs de cet ordre, chez le grand public, et aussi, dans une certaine mesure, chez les gens de science, sont étroitement localisées : l’Européen n’a guère sur la préhistoire que des notions européennes. L’absence ou la rareté de documents dans nos musées, le caractère inaccessible de publications nombreuses, éparpillées, en langue étrangère, font que l’on est fort mal au courant, par exemple, de ce qui concerne, la préhistoire américaine. On ne saurait donc trop se féliciter qu’un travail comme celui de M. W. K. Moorehead, l'Age de la pierre dans l'Amérique du Nord, vienne, sous un volume restreint, mais suffisant, nous apporter en quelque sorte la somme de ce que l’on sait aujourd’hui sur la
- qui ont été entreprises pour trouver ses ossements, et s’occupe uniquement des restes matériels de son activité, en dressant le catalogue des différents objets anciens — de pierre, de coquille, d’os, de cuivre, de terre cuite, d’hématite — qui ont été trouvés sur tout le territoire indiqué. De plus, classificateur et non historien, M. Moorehead décrit les
- L W. K.-Mooheheau. The Slone âge in Aorth America... 2 vol. in-8°, 1910. Boston et New-York, Houghton Miffly Company (The Riverside Press Cambridge). Londres, À. Constable. L’auteur indique qu’011 pourra, en bien des points, compléter ses informations par celles du Handbook of American Tribes, Smithsotiian Institution. Bureau of American cthnologg, Bulletin 50, iu-8°, 2 vol. 'Washington, 1907,1910.
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- objets par types et ne tente même pas d’établir dans leur ensemble de grandes coupures chronologiques, non plus que d’étudier la répartition géographique d’un type défini.
- Comme lui, nous ne parlerons que du matériel préhistorique de l’Amérique du Nord ; nous laisserons même de côté les objets de coquille, de cuivre, la poterie, etc., pour nous en tenir aux seuls objets de pierre. Réduite à ces dimensions, l’étude de la civilisation de la pierre en Amérique du Nord n’en reste pas moins intéressante par de nombreux caractères, entre autres les suivants :
- 1° Le nombre fort élevé des objets recueillis et étudiés ;
- dont il était membre et constitué, sur son initiative, par l’association anthropologique américaine.
- Comme pour l’ancien monde, et plus' encore que pour lui, il est difficile, peut-être impossible, d’évaluer jusqu’à quelle date approximative on peut faire remonter les débuts de la civilisation de la pierre et l’antiquité de l’homme en Amérique. Dans l’Ancien Continent, la période historique, où l’on peut commencer à parler de dates avec quelque précision, commence à des moments divers suivant les lieux : elle est, par exemple, beaucoup plus ancienne en Egypte que dans les Pyrénées. En connaissant à peu près la date de la plus profonde couche historique d’une série de fouilles effectuées à Suse, dans
- 2° L’existence, attestée d’une façon certaine, jusqu’à une date toute récente et, en certains cas, actuelle, de la civilisation de la pierre;
- 3° Des renseignements précis sur la fabrication des objets de pierre, c’est-à-dire sur des techniques primitives, renseignements qui font totalement défaut au préhistorien européen, et à l’absence desquels il ne peut remédier que par voie d’hypothèses ou de comparaisons ;
- 4° L’existence de types qui, en dépit de ce qu’on pourrait appeler, à la manière des géologues, leur faciès américain, sont essentiellement identiques à des types européens et
- autres, et confirment ainsi l’hypothèse générale d’après laquelle le développement d’ensemble de l’humanité, et en particulier les développements de la technique et de l’outillage humain, obéissent à une loi universelle ;
- 5° L’existence de types spéciaux à la civilisation américaine.
- M. Moorehead estime à environ 8 millions le nombre des objets de l’àge de pierre de l’Amérique du Nord qui se trouvent actuellement dans les 300 musées et institutions des États-Unis, ainsi que dans des collections particulières. La Smithsonian Institution, le Field Muséum de Chicago, le Muséum américain d’histoire naturelle en possèdent chacun au bas mot un million. Dans beaucoup de collections particulières, le nombre varie de un à dix mille. Les statistiques de 78 musées donnent un total de 991 974. L’immense majorité de ces objets a été cataloguée et décrite. La tâche particulière de M. Moorehead a été de classer cet énorme matériel, sur un plan élaboré en grande partie par un comité
- Fig. 2. — Outillage : /, ciseau de bois à pointe d'os ou de corne de bouc, pour le travail par pression; — 2, travail par pression au moyen d'un levier de bois prenant son point d'appui dans l'échancrure d'un arbre. D’après Sellars (Moorehead).
- l’Hellade, en Egypte, etc., on peut déterminer, pour chacune de ces localités ou de ces régions, le moment à partir duquel il ne saurait plus être question de préhistoire. Et, à cause de la différence de ces moments entre les différents lieux, ainsi que par la comparaison des divers matériels préhistoriques et par l’établissement de grossiers synchronismes, on peut jusqu’à un certain point parler des temps préhistoriques européens avec une certaine notion de leur durée. Encore ces données sont tellement vagues, que tout effort précis pour donner des dates, même fort élastiques, est toujours téméraire, contestable et contesté. On n’a même rien de tel en Amérique. M. Moorehead parle de milliers d’années pour l’antiquité de l’homme américain : tout ce qu’on peut dire d’une telle estimation, c’est qu’elle est possible, mais que rien ne l’infirme ni ne la confirme (1).
- 1. Dans son Essai de Sémantique (1897), M. M. Bréal esquisse l’emploi d’une méthode linguistique à la mesure d’un passé humain, sur les origines duquel on ne possède pas de données historiques datées. C’est ainsi que, pour lui, par l’étude de leurs « acquisitions » communes, on peut « mesurer du regard l’antiquité des langues indo-européennes ». D’après une telle étude, il lui semble que V six mille ans sont un minimum auquel on peut évaluer la période de civilisation représentée par notre famille de langues ». « Il n’a pas fallu moins, estime-t-il, pour fonder la séparation du nom et du verbe, pour établir la conjugaison et la déclinaison, pour en élaguer les parties inutiles, pour créer le mécanisme de la formation des noms, pour dresser, en regard de la déclinaison substantivc, une déclinaison pronominale » (p. 98 -100). Une telle méthode, peu rigoureuse, mais utile à défaut d’autre, n’est pas a priori impossible pour l’Amérique, mais l’application en serait bien plus difficile. Le premier document authentique sur les langues indo-européennes remonte au milieu du xve siècle av. J.-C., et depuis lors on a une foule de données solides, qui laissent cependant subsister des lacunes. Pour l’Amérique on n’a dé, documents que, depuis le xvi“ siècle, et ils sont, imparfaits jusqu’à notre époque
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- On possède par contre, sur la fin de l’àge de la pierre en Amérique, des données précises qui manquent tout à fait en Europe. Les premiers explorateurs ou conquérants l’ont témoigné. Au moment de la découverte la civilisation de la pierre était encore celle de beaucoup de tribus indiennes, et c’est sous l’action directe de la nôtre que cette civilisation a pris fin-: le fait est attesté par Coronado, de Soto, Smith, Hennepin, Marquette, et les premiers missionnaires. De nos'jours même, les Indiens Seri, dans une île du golfe de Californie, sont encore à
- abord : on l’a entreprise trop tard, au moment même où il devenait difficile de trouver encore de rares travailleurs d’objets de pierre. L’homme est moins curieux qu’on ne pense, ou applique mal sa curiosité : ceux qui ont attesté l’existence du travail de la pierre au moment de la découverte, n’ont pas décrit ce travail, soit mépris pour l’indigène, soit indifférence pour des procédés trop familiers. Ce n’est guère que grâce à un ami du peintre ethnographe G. Catlin, Sellars, né vers le début du xixe siècle et qui réunit ses notes en 1885 pour la Smithsoniaii Institution,
- Fig. 3. — Types peu différenciés d’outils, dé pierre de l’Amérique du Nord : i, couteau en silex éclaté, de Flint Ridge; — 2, pointe de flèche, type de Pennsylvanie; — 3, hache montée sur -sa poignée de bois, rapportée par un baleinier du N. O.; — 4, hache en silex poli, du Kentucky; — 5, gouge, type du Maine; — 6, hache de l’Illinois (type rare) (Moorehead).
- l’âge de la pierre, au témoignage de leur descripteur, M. W. J. Mc Gee. Leur outillage consiste en coquilles et en galets qu’ils recueillent sur le bord de la mer et qu’ils emploient en général tels quels, sans les façonner ou en les façonnant à peine.
- Cette longue survivance a permis d’étudier sur le vif la technique de la pierre chez les indigènes américains. Cette étude, dé simple observation, a été beaucoup moins facile qu’il ne semble au premier
- De plus, les langues américaines sont à un stade.d’évolution fort inférieur à celui des anciens dialectes européens connus, et l’on manque ainsi d’éléments de comparaison entre leur développement et celui de ces derniers. (Voir sur ces langues le récent : Handbook of . American Indian langnages. Smiths. Institut. Bur. of Americ. Ethnolog. Bi0 40, pt. I, Washington, '1911.) -
- que ces précieuses observations ont pu être préservées de l’oubli. Sellars appartenait à une famille anciennement établie, qui avait été en relation avec les premiers explorateurs, s’était intéressée aux choses indiennes, et se trouvait en possession de renseignements remontant beaucoup au delà de son temps propre ; ses amitiés, notamment celle de Catlin, le portaient en outre vers cette étude.
- On lui doit la confirmation du trait saillant de la technique indigène de la pierre, qu’il avait d’abord connu par des lettres du capitaine Smith appartenant à sa famille, et qu’il vérifia avec beaucoup de peine, — trait saillant qui consiste en ce fait que les outils ou objets de pierre qui sont façonnés par éclats ne le sont pas au seul moyen de chocs, mais pour beau-
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- coup au moyen de pressions. Les travaux de Sellars ont été continués par le professeur Holmes, et c’est à lui que nous empruntons, d’après le livre de M. Moorehead, la série des dessins ci-contre, la plu-
- d’où était extrait le matériel travaillé et sur la technique de leur exploitation. M. Moorehead donne la liste d’une vingtaine de celles qui ont été le mieux étudiées, et il indique qu’on en connaît d’autres.
- r"
- Fig. 4.— Types d’objets de pierre spéciaux à l’Amérique du Nord : 1, objet
- de parure (?), d’usage inconnu, en grès, du Kentucky; — 2, pipe à base plate, ITïs-
- consin; — 3, statuette [de stéatite, Geor- gie ; — 4, disque gravé, de l’Arkansas;
- — 5, pipe du type iroquois ordinaire; — 6, pipe-portrait, Wisconsin; — 7, pipe du type iroquois,
- plus rare (Moorehead).
- part assez parlants pour ne demander qu’un léger commentaire.
- Avant de les examiner, un mot sur les premières phases du travail,celles delà carrière,ou,très exactement, celles que l’on appellerait dans le langage technique d’aujourd’hui l’extraction et le découpage : on a des renseignements précis et sur les carrières
- L’exploitation variait suivant la nature des matériaux, silex, calcédoine, jaspe, quartz, galets, etc. A Flint Ridge, dans l’Ohio, où se trouve la plus vaste de ces carrières préhistoriques, le champ de l’exploitation s’étend sur une longueur de près de 12 kilomètres, et sur une largeur qui varie de quelques centaines de mètres à 4 ou 5 kilomètres. Cette sur-
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- face est crible'e de puits d’extraction, variant depuis j de tout petits jusqu’à un de près de 50 mètres de large et 6 mètres de profondeur actuelle. On a pu suivre la répartition du silex de ce gisement non seulement à travers l’Ohio, mais sur l’Indiana, le Kentucky, des portions de la Pennsylvanie, et même à l’ouest du Mississipi. L’ampleur du travail accompli là « dépasserait la compréhension », dit justement M. Moorehead, si l’on ne connaissait les procédés employés et notamment le rôle qu’y jouait le feu. D’après M. Gérard Fewke, à qui on doit l’étude de Flint Ridge, les étapes du travail étaient les suivantes :
- Avec des outils plus ou moins improvisés — bâtons pointus durcis au feu, andouillers, os, pierres — on fouillait d’abord le sol pour mettre à nu la surface du silex. On empilait ensuite du bois sur celle-ci, et d’on y mettait le feu, puis, quand la roche avait atteint une haute température, on l’arrosait d’eau, ce qui la faisait se fendiller et craquer dans toutes les directions. On enlevait alors tous les morceaux détachés et on recommençait. A la fin on arrivait à avoir creusé une sorte de four dans le calcaire, au-dessous des strates à silex. On nettoyait ce four, on le revêtait d’un fort enduit d’argile et on faisait un feu d’enfer à l’intérieur, dont le résultat était de désagréger la roche et de libérer le silex.
- Le premier travail de taille — le découpage — se faisait à la carrière même. On brisait les plus grosses pièces en les frappant avec des masses rondes de quartzite ou de granité qu’on tenait des deux mains, marteaux qui pesaient de 10 à 50 kilogrammes. On ébauchait les plus petites en les martelant d’une main et en les tenant de l’autre.
- Ce dernier moment du travail conduit directement à la succession de ceux qui sont représentés sur la figure 1. La première phase est un dégrossissement fait avec un marteau de pierre ; la seconde a recours encore à la percussion, mais indirecte : le choc est donné, non plus sur la pierre elle-même, mais sur un ciseau d’os ou de pierre que l’opérateur tient en général de la même main qui tient l’objet (la collaboration de deux opérateurs, signalée par Catlin (fig. 1, 5), semble avoir été rare) ; on avait alors l’objet presque terminé, et pour le finir on passait à une nouvelle méthode, celle de la pression, qui se faisait d’une façon spasmodique, soit par un mouvement rectiligne avec un petit ciseau d’os, soit par un mouvement de torsion circulaire avec deux ciseaux d’os fortement ligaturés qui formaient une petite pince.
- Le n° 1 de la figure 2 représente un de ces. ;
- ciseaux d’os (ou de corne de bouc) : la pointe est ajustée dans un manche de bois.
- Le n° 2 de la même figure montre un dispositif qui indique qu’au moins dans certains cas la pression servait à un stade du travail antérieur à la fin, peut-être au découpage : au moyen d’un levier appuyé dans une échancrure faite à dessein au pied d’un arbre, on imprimait à une pierre tranchante et dure une forte pression capable de fendre une roche assez tendre située sous elle.
- La division du travail, au cours du façonnage que nous venons de décrire, était parallèle à la division de la technique. De l’extraction à l’achèvement, un objet passait par toute une série de mains, chaque travailleur ayant son rôle propre, tout comme dans nos carrières, nos chantiers et nos ateliers, il y a des carriers, des découpeurs, des tailleurs de pierre, des sculpteurs, des polisseurs, etc.
- Nous ne saurions entrer dans la description ou dans la nomenclature — qui seraient ou insuffisantes ou lassantes — des nombreux types d’objets décrits par M. Moorehead. Les reproductions, que nous donnons d’après son livre, des plus frappants, suffisent d’ailleurs pour que le lecteur reconnaisse dans la plupart d’entre eux des formes familières dans la préhistoire européenne et même universelle : couteaux, pointes de flèches, haches, etc. (fig. 5). Les autres typés (fig. 4) sont au contraire tout particuliers à l’Amérique du Nord, et témoignent d’un développement de la technique de la pierre beaucoup plus grand que celui où il atteint chez nous. Ces types spéciaux relèvent beaucoup plus, en général, de la décoration ou du bibelot que de l’outillage proprement dit. On remarquera notamment parmi eux plusieurs exemplaires de pipes. On sait que c’est en Amérique que nous avons pris l’habitude du tabac, qui y existait avant la découverte et dont l’origine est, parmi les indigènes, le sujet de nombreuses légendes plus ou moins mythiques. Les quelques pipes que nous reproduisons ici, quoique allant des plus simples aux plus belles, donnent une faible idée de ce qu’ont réalisé les ouvriers américains
- de la pierre avec cet objet de plaisir devenu de nécessité : la profusion des types reproduits par M. Moorehead est incroyable. Un certain nombre, et nous en donnons un exemple (fig. 4, 7), sont des portraits. D’autres, comme le modèle en forme de grenouille qui fait notre figure 5, sont d’un fini d’exécution, d’une sobriété et d’une sûreté de formes, qui en font des œuvres d’art.
- Jean-Paul Lafitte.
- Fig. 5. — Pipe en forme de grenouille, .grès fin, du Tennessee (Moorehead),;
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- PRODUCTION INDUSTRIELLE *1 ' î £ o ï>
- DE L’AZOTE ET DE L’OXYGÈNE PAR L’AIR LIQUIDE
- La machine G. Claude. \>L
- La séparation de l’oxygène et de l’azote. — L’air est essentiellement un mélange d’oxygène et d’azote. Ces deux gaz jouent, dans l’existence de tout ce qui
- Fig. i.
- Séparation de l’azote et de l’oxygène dans l’air liquide par la méthode du retour en arrière.
- vit, un rôle capital. L’oxygène, gaz delà combustion et de la respiration, peut être considéré comme la source de la chaleur vitale. L’azote fait partie intégrante de tout tissu organique. L’industrie humaine, qui cherche à tirer parti de tous les processus naturels, les accélérant ou les retardant à son gré, ne pouvait manquer de faire appel à l’un ou à l’autre des deux cléments de notre atmosphère. Mais leur juxtaposition en-proportions constantes est un gros obstacle à leur emploi industriel, les deux corps se paralysent en quelque sorte l’un par l’autre; pour pouvoir ‘exploiter intensément cette riche mine qu’est l’air atmosphérique, il faut savoir opérer économiquement la séparation des deux gaz qui le composent.
- Le problème se pose avec une particulière acuité, dans l’industrie toute récente des engrais azotés artificiels. La Nature a déjà entretenu ses lecteurs dés progrès de cette fabrication (voy. n° 1821). Les plantes ont besoin d’aliments azotés, débris végétaux et animaux, nitrates ou sels ammoniacaux. Les fumiers ou engrais naturels sont en quantité insuffisante : les nitrates du Chili, les seuls connus, sont des détritus fossiles qui s’épuiseront quelque jour; d’où la nécessité de suppléer par les ressources de la chimie à un déficit menaçant. On a fait appel à deux reactions : la première combine dans l’arc électrique l’azote et l’oxygène, on fabrique ainsi des nitrates; d’énormes usines, en Norvège notamment, sont occupées à cette industrie ; mais l’opération est coûteuse; le rendement de la réaction chimique iest faible parce que l’air est trop peu riche en Oxygène, aussi l’industrie des nitrates a-t-elle besoin sinon d’oxygène pur, au moins d’air suroxygéné. La seconde réaction utilisée pour fixer l’azote de l’air est celle du carbure de calcium ; en faisant passer sur cette substance chauffée à 1000° un courant d’azote, pur,
- on obtient de la cyanamide ; la réaction se formule comme suit :
- CaC2 + Az2 = CaCAz2 + G
- Carbure de calcium. Azote. Cyanamide. Charbon.
- La cyanamide constitue, par elle-même, un engrais, assez discuté il est vrai; mais traitée par de la vapeur d’eau sous pression, elle donne de l’ammoniaque et cette substance peut être utilisée de nombreuses façons.
- La production annuelle de cyanamide dépasse 100 000 tonnes. Ici, à l’inverse du premier cas, on a besoin d’azote rigoureusement pur, et le problème de la séparation des éléments de l’air se pose à nouveau.
- Jusqu’à ces dernières années, on ne disposait à cet effet que de moyens chimiques très onéreux.
- La question a complètement changé de face, avec l’intervention des procédés physiques, basés sur la liquéfaction.
- La première solution a été donnée en 1905 par le professeur Linde ; suivi de près parM. Georges Claude. Celui-ci vient d’achever de mettre au point une machine à grande production qui produit à la fois de l’azote à 99,7 pour 100 de pureté et de l’oxygène à 70 pour 100 de pureté ; deux appareils de ce type fonctionnent dans une usine de cyanamide, à Terni, où ils fournissent. chacun avec une puissance de 125 chevaux,400 mètres cubes d’azote par heure.
- La liquéfaction de l’air et la vaporisation de l’air liquide. — Nous allons chercher dans ce qui suit à expliquer le principe de cette ingénieuse machine. L’air naturel contient une proportion en volume de 21 pour 100 d’oxygène contre 79 pour 100 d’azote. Le premier de ces gaz se liquéfie sous la pression atmosphe'rique, à là température-de r—182°;5j-le
- Azote pur
- Oxygène pur
- Airà5atm.
- Azote y liquide'
- Fig. 2. — Production d’azote et d’oxygène à partir de l’air liquide par les méthodes combinées de la distillation fractionnée et du « retour en arrière ».
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- second à la température de —195°,5. L’azote gazeux est donc plus difficile à liquéfier, et liquide, plus facile à volatiliser que l’oxygène.
- M. Claude utilise l’une et l’autre de ces différences. Considérons d’abord de l’air liquide en ébullition sous la pression atmosphérique ; sa température est voisine de —195°,5. Supposons que l’on évacue les gaz au fur et à mesure de leur production ; au début ils contiennent une très forte proportion d’azote; cependant ils emportent au moins 7 pour 100 d’oxygène ; au fur et à mesure de l’évaporation, le liquide restant s’appauvrit surtout en azote, sa température se relève progressivement jusqu’au voisinage du point d’ébullition de l’oxygène et au bout d’un certain temps il se trouve que nous avons libéré un gaz riche en azote, tandis qu’il nous reste un liquide riche en oxygène.
- N’oublions pas que la volatilisation d’un liquide produit du froid ; on peut, par un dispositif approprié, en profiter pour refroidir jusqu’à la température de liquéfaction, un poids théoriquement presque égal à celui du liquide évaporé. Ainsi à mesure qu’on évapore de l’air liquide, on peut en récupérer le froid pour liquéfier une nouvelle quantité d’air : dispositif d’une importance capitale et en quoi réside l’économie de toutes les machines séparatrices d’air et d’oxygène.
- Considérons maintenant l’opération inverse de la vaporisation : la liquéfaction. Celle-ci ne s’opère pas d’un seul bloc ; elle ne s’opère pas davantage en deux phases distinctes, l’une pour l’azote, l’autre pour l’oxygène; il y a variation continue dans la composition du liquide au fur et à mesure de la liquéfaction : à chaque instant, il y a entre les constituants gazeux et liquide une, sorte d’équilibre qui régit
- leurs proportions réciproques. Ainsi la première goutte liquide formée contient une proportion d’oxygène très supérieure à celle de l’air gazeux qui lui donne naissance : 47 pour 1 OU au lieu de 21 pour 100; c’est ce que M. Claude désigne par les mots de liquéfaction anticipée de l’oxygène de l’air. Cette première goutte contient aussi de l’azote liquéfié : 53 pour 100. Par contre, à la fin de l’opération, la dernière bulle gazeuse est très riche en azote, mais détient encore 7 pour 100 d’oxygène.
- Nous entrevoyons, dans ces deux propriétés inverses, la possibilité d’obtenir des gaz soit surazotés, soit suroxygénés, mais non des gaz purs. Il nous reste donc à raffiner ces mélanges.
- Une première solution partiellé, qui permet d’arriver à l’azote pur, a été découverte par M. Claude en 1902; elle repose sur le prin-retour 'ë. Un deuxième moyen employé de concert avec le premier dans la machiné de Terni, est celui de la distillationfractionnée, dont le principe est dm Linde.
- Le retour en arrière. — Nous venons de voir qu’à' aucun moment de la vaporisation ou de la liquéfaction on ne se trouvait en présence d’azote ou d’oxygène rigoureusement pur ; aux moments les plus favorables, nous séparons de l’azote à 7 pour 100 d’oxygène, et de l’oxygène à 53 pour 100 d’azote.
- Voici ce qu’a imaginé M. Claude pour aller plus loin : il liquéfie progressivement de l’air gazeux, par le procédé de récupération déjà indiqué (vaporisation d’air liquide antérieurement préparé) mais au lieu de laisser le liquide formé en contact intime et continu avec le mélange gazeux qui l’engendre, il L’élimine aussitôt de la sorte, l’équilibre qui lirni-
- Fig. 3. — L’une des machines à azote de M. G. Claude installées à Terni. Cette machine, d’une puissance de 125 chevaux, fournit par heure 400 mètres cubes d'azote pur.
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- PRODUCTION DE L'AZOTE ET DE L’OXYGÈNE PAR L’AIR LIQUIDE = 43
- tait rappauvrissement du gaz en oxygène cesse et l’on peut arriver à l’azote pur. Pour saisir plus en détail le principe de cette très ingénieuse opération, reportons-nous à la figure 1. Le faisceau tubulaire F est immergé dans de l’air, liquide V, qui se vaporise et s’échappe par les échangeurs M et N ; sur ce trajet, il se réchauffe au contact des tubes T, par où pénètre et circule, en sens inverse, un courant d’air gazeux. Cet air se refroidit; il pénètre dans les espaces annulaires du faisceau F où bout de l’air liquide et, à ce contact, il se liquéfie. Pour que
- tubes, il se réduit à de l’azote à peu près puf.
- Le liquide qui se produit, en tombant, rencontre de l’air qui monte, c’est le retour en arrière ; il vient en contact avec des gaz progressivement plus riches en oxygène que ceux qui lui . ont donné naissance : « Or, l’équilibre .n’est pas possible entre ces gaz et ce liquide, trop froid par rapport à eux, dé par sa teneur exagérée en azote. Une partie de l’oxygène du mélange gazeux va donc se condenser et prendre la place d’une partie de l’azote qui se vaporisera. » (G. Claude, Air liquide, Oxygène,
- Fig. 4. — Vue intérieure de l’usine à azote pur de Terni. Au premier plan les compresseurs, au fond les colonnes de décarbonation où l’air, se débarrasse de son acide carbonique.
- puisse se produire celte liquéfaction de l’air frais, inverse de la vaporisation en Y, il faut, notons-le, afin de parer aux imperfections des échanges caloriques, que l’air à liquéfier soit à une pression un peu supérieure à celle de l’air qui se vaporise en produisant du froid. Il suffit de donner à l’air arrivant une pression de 4 à 5 kilogrammes. Celui-ci pénètre donc à la partie inférieure du faisceau F ; il se liquéfie ; les premières gouttes titrent 47 pour 100 d’oxygène; elles tombent dans le récipient K; l’air gazeux appauvri s’élève dans le faisceau et continue à se liquéfier ; le liquide produit ne titre plus tout à fait 47 pour 100; mais ainsi, à chaque moment de son ascension, le gaz se dépouille d’une fraction de «son oxygène, si bien qu’au sommet des
- Azote, p. 550). Ainsi, grâce au retour en arrière, le liquide qui tombe en K s’est concentré en oxygène au cours de son mouvement de descente dans le faisceau F, et détient, si l’appareil est bien dimensionné, la totalité de l’oxygène qui a traversé la machine. Sa concentration ne peut cependant dépasser 47 pour 100. L’azote sort à peu près pur.
- La rectification. — En voici le principe, très proche parent du retour en arrière : faisons traverser une colonne descendante d’air liquide par un courant gazeux ascendant d’oxygène pur ; le liquide dans sa descente condense énergiquement l’oxygène ascendant, le point de liquéfaction de celui-ci est en effet moins bas que la température du mélange descendant à majorité d’azote. L’oxygène, en se
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- Ain comprimé
- liquéfiant, vaporise par contre de l’azote plus volatil. C’est exactement le phénomène qui se produirait à des températures plus usuelles si l’on envoyait un courant de vapeur d’eau à 100° par exemple, dans de l’éther à 15°. La vapeur se condenserait et l’éther serait réduit en vapeurs. Bref, le gaz ascendant ne contient plus à sa sortie que 7 pour 100 d’oxygène; et si l’appareil est bien réglé, le liquide qui tombe est de l’oxvgène pur. Cette méthode donne donc de l’oxygène pur et de l’azote souillé.
- M. G. Claude, en combinant les deux méthodes qui précèdent, a créé un appareil capable de donner à la fois oxygène et azote purs. Dans le vaporiseur V(fig.2), on vaporise A de l’oxygène pur. De l’air comprimé à **
- 5 atmosphères arrive par le bas du faisceau tubulaire et se liquéfie progressivement en montant dans le faisceau tubulaire F ; le liquide tombe en C, contenant tout l’oxygène, et titre 47 pour 100, comme précédemment. Le résidu gazeux, qui est de l’azote presque pur, au lieu de s’échapper, est forcé de redescendre dans le faisceau tubulaire F', concentrique au premier, il s’y liquéfie et se réunit en C'. Le liquide de C se déverse,, grâce à sa pression sur la colonne de rectification X ; il y pénètre vers les 2/5 de la hauteur, et retombe sur le gaz provenant de la vaporisation de l’oxygène liquide ; celui-ci se recondense en partie ; il pleut de l’oxygène pur, tandis que le gaz qui passe en M a pris l’azote du liquide de C et ne contient plus que 21 pour 100 d’oxygène.
- Au sommet de la colonne X, on déverse alors l’azote liquide de C' ; il rencontre en descendant le gaz à 21 pour 100 d’oxygène qui remonte dans la colonne; au contact de ce liquide très froid, l’oxygène plus liquéfiable se condense immédiatement, et le gaz qui sort en T' est de l’azote pur, tandis que le liquide souillé d’azote, qui tombe de X, achève de s’épurer dans la colonne y.
- Si, au lieu d’oxygène pur, on emploie de l’air liquide dans le vaporiseur, on obtient encore de
- Fig. 5. — Schéma de la machine Claude produisant de Vazote pur et de l’oxygène à 70 pour 100.
- l’azote pur, mais l’oxygène est souillé. On peut, néanmoins, par des dispositifs spéciaux, arriver à l’oxygène pur. Nous n’y insistons pas, et nous arrivons à l’installation de Terni, sur laquelle nous donnerons quelques détails pour terminer.
- Tout ce que nous venons dire concernant le raffinage d’un mélange d’oxygène et d’azote suppose une source d’air liquide, fournissant le liquide nécessaire à la vaporisation initiale et apportant l’appoint nécessité par les pertes de rendement.
- Nous allons voir comment M. Claude combine la machine à air liquide et l’appareil épurateur (fig. 5).
- Les gaz séparés sortent : l’azote par l’échangeur
- tubulaire B, le gaz suroxygéné par C ; ils s’y réchauffent tandis que l’air nouveau, qui y arrive en sens inverse, comprimé à 40 kilogrammes par un compresseur, s’y refroidit jusque — 100 degrés. De cet air comprimé et froid, une faible partie alimente le li-quéfacteur J, dont nous verrons le rôle plus loin. Le reste se détend jusqu’à 4 kilogrammes dans une machine à piston D, en fournissant du travail. Nous avons vu précédemment la nécessité de cette pression à 4 kilogrammes pour l’air qui pénètre dans l’appareil épurateur. L’air qui sort delà machine dede'tenteest à—182 degrés ; c’est-à-dire à la température de liquéfaction de l’oxygène, sous pression de 4 kilogrammes; il arrive au vaporiseur G, monte dans les tubes F où il se liquéfie selon le mécanisme déjà étudié, tandis qu’il fait bouillir de l’air liquide. En K, ruisselle du liquide à 47 pourlOO d’oxygène. Nous nous trouvons en présence de la colonne de rectification décrite plus haut ; un peu modifiée cependant. Le haut des tubes F plonge dans un réservoir d’azote liquide, donc à très basse température, ce qui facilite la condensation de l’oxygène dans cette région. L’azote pur qui s’échappe est liquéfié partiellement dans le serpentin H qui baigne dans un liquide situé plus haut dans la colonne de rectification, donc plus froid que ceux qui entourent les vaporiseurs. A partir de ce moment,'tout ce
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- passé comme dans la colonne de rectification précédemment décrite : le liquide riche en oxygène est déversé aux deux tiers de la colonne, l’azote liquide au sommet de la colonne ; de ce lavage résulte de l’azote pur qui s’échappe vers J et de l’air suroxygéné qui s’échappe vers C.
- L’azote au sortir de l’appareil est très froid (— 195 degrés environ) ; on ne peut l’envoyer directement dans l’échangeur B, il refroidirait trop l’air comprimé; celui-ci, trop voisin de sa température de liquéfaction, ne donnerait plus sur la machine de détente qu’un travail négligeable; l’avantage économique des machines Claude à air liquide,
- L’air admis dans ces machines doit être rigoureusement dépourvu d’eau et d’acide carbonique qui, en se congelant, obstrueraient bien vite tout l’appareil.
- Notre figure 6 donne le schéma d’ensemble d’une installation : l’air passe dans les tours à soude où il se dépouille de son acide carbonique; le compresseur l’amène à la pression nécessaire au fonctionnement de la machine séparatrice ; puis l’envoie dans des dessiccateurs à chlorure de calcium. De là, il regagne la machine Claude.
- Outre les machines de Terni, deux appareils de 500 mètres cubes à l’heure, fournissant de l’azote
- Appareil... de séparation de l'air
- Eaü pour
- Détendeur
- Fig. 6. — Coupe d’une usine fabriquant de l’azote, à partir de l’air liquide.
- qui est de produire du travail extérieur par la détente, serait annihilé.
- L’azote, pour se réchauffer, va donc circuler d’abord autour des tubes du liquéfacteur J, qui est alimenté, d’autre part, par une petite partie de l’air comprimé neuf ; celui-ci se liquéfie et constituera le liquide d’appoint, tandis que l’azote se réchauffe à —150 degrés.
- LES GRAINS D’ÉLECTRICITÉ ET LA
- M. Langeviu, professeur au Collège de France, dans une conférence faite à la Société Française de Physique, à propos de la théorie des électrons, a tracé une esquisse des conceptions successives de la nature de l’électricité, de leur évolution, et des tendances actuelles, qui forme un tableau saisissant de l’histoire de cette branche si récente, et pourtant si importante, de la science moderne.
- L’électricité est née des travaux.de Coulomb et Faraday au début du xix° siècle, et déjà bien des théories ont été proposées qui sont tombéës dans l’oubli, faisant place à d’autres conceptions, impuissantes à leur tour à interpréter certains faits nouveaux, abandonnées par les physiciens, et remplacées immédiatement par de nouvelles hypothèses. Il semble bien qu’à l’heure actuelle nous soyons près d’assister à la ruine et à l’effondrement de la théorie des électrons qui, malgré les efforts accomplis pendant dix ans par ses défenseurs, laisse échapper l’iri-
- à 99,8 pour 100 sont en montage à l’usine d’Alby en Suède. Deux appareils de 400 mètres cubes sont en construction pour les usines de Lunga en Suède. Nous croyons savoir que certaines de ces machines serviront à la fois pour fournir d’azote une fabrication de cyanamide, et d’oxygène une fabrication de nitrate. M. Claude aura ainsi réconcilié et associé deux industries jusqu’ici rivales. À. T coller.
- DYNAMIQUE ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- lerprétatiûn des phénomènes fondamentaux et est impuissante à rendre compte des faits nouveaux accumulés par les expérimentateurs.
- On peut distinguer, dans l’évolution des conceptions et des explications des phénomènes électriques, plusieurs étapes : la période astronomique, ou des actions à distance, illustrée par les travaux de Coulomb, Laplace, Ampère, Gauss, W. Thomson; la période énergétique, ou des actions du milieu, dominée parles travaux de Faraday et de Maxwell; la période optique, ou électromagnétique, dont les deux représentants les plus illustres sont Maxwell et Hertz ; enfin la période atomistique et mécanique, caractérisée par la théorie des électrons due à Lorentz, J. J. Thomson, Einstein, etc.
- Ces différentes périodes ne sont pas rigoureusement consécutives, elles empiètent l’une sur l’autre, se développent parfois parallèlement, mais chacune d’elles se
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- traduit par un enrichissement, des connaissances exactes et des faits expérimentaux. Dans les deux premières périodes, l’électricité est en quelque sorte tributaire, et ses explications calquées sur celles des atitres sciences. Dans les deux dernières périodes au contraire, elle devient prépondérante et constitue le mode d’explication le plus fécond et le plus général. Nous allons passer rapidement en revue ces quatre périodes, en montrant le point de vue particulier qu’elles représentaient et les difficultés qui ont conduit à modifier les conceptions qui les caractérisaient.
- La période astronomique est celle de l’acquisition des phénomènes fondamentaux de l’électrostatique, du magnétisme et de l’électrodynamique. Sous la forme simple des lois de Coulomb, l’hypothèse des fluides électriques représentait parfaitement les phénomènes électrostatiques. Au contraire, l’électromagnétisme, traitant des actions à distance, conduisait, lorsqu’on lui appliquait l’explication basée sur les lois d’attraction newtonienne, à des formules beaucoup plus compliquées (lois d’Ampère).
- Pendant cette période, le fait important était l’existence simultanée, vérifiée par les expériences électrostatiques, de charges égales et de signe contraire présentes sur les corps conducteurs.
- Le fait de l’existence simultanée de ces charges et la considération des lignes de force existant dans l’espace qui les sépare, conduisirent Faraday à supposer que les corps étaient réunis par des sortes de fils tendus, ayant tendance à se raccourcir et dont l’ensemble déterminait des tubes de force. Par suite, le fait important, ayant une signification physique, est l’existence des tubes de force, les charges présentes sur leurs faces terminales, situées sur les conducteurs, étant dues à leur extension, la disparition des charges étant consécutive à la contraction des tubes de force. Le rôle prépondérant appartient donc, non plus aux corps et aux charges électriques, mais au milieu et aux tubes de force- C’e^t là l’idée fondamentale de la période énergétique. Üénergie électrique est localisée dans l’espace et non sur les corps conducteurs. Ceux-ci ne sont plus que le chemin suivi par l’énergie, qui leur est d’ailleurs extérieure et ils n’interviennent plus que par un phénomène parasite : le dégagement de chaleur ou effet Joule. Celte théorie fut favorisée dans son développement par la réaction qui se produisit, vers 1850, contre les idées de la période astronomique, ou des fluides, après la constitution de la doctrine de l’énergie et la destruction de la notion de fluide calorifique sur laquelle était calquée l’explication des phénomènes électriques. Ces conceptions énergétiques ont d’ailleurs rendu les plus -grands services pour le développement industriel de l’électricité, l’ingénieur s’occupant surtout de la transformation et de la localisation de l’énergie.
- Maxwell, puis Hertz, étudiant la propagation dans le milieu des perturbations électriques, arrivèrent à trouver que cette vitesse de propagation était numériquement égale à celle de la lumière, ce que vérifièrent les expériences, et qu’entre certaines constantes optiques, électriques ou magnétiques des corps, existaient des rapports très étroits. L’électromagnétisme apparut donc comme un principe d’explication général, surtout lorsque Hertz eut mis en évidence l’analogie profonde entre les ondes électriques et les ondes optiques. L’électricité et l’optique rentraient dans une même discipline, dont le développement occupe toute la période optique. Mais, en dépit des résultats très importants obtenus, et malgré
- tous les efforts tentés, les essais d'explication de phénomènes optiques tels que la dispersion, l’absorption et l’émission des ondes, lé phénomène de Zeemann, n’étaient pas interprétés, pas plus que d’un autre côté les phénomènes électriques observés par Rœntgen, Eischenwald et Blondlot dans le déplacement des isolants.
- Ces difficultés conduisirent Lorentz à modifier profondément les hypothèses admises et à introduire la notion de structure et de discontinuité de l’électricité. C’est la période atomistique, la période actuelle, caractérisée par la réapparition de la notion de charge électrique de Coulomb, mais en donnant au fluide électrique une structure granulaire. Dans cette conception, il n’y a plus qu’un seul milieu transmettant les actions électriques : Yéther. Les milieux matériels sont caractérisés par la présence de grains électrisés, d'électrons, pouvant se déplacer sous l’action du champ extérieur, transmis par l’éther. De l’examen quantitatif des phénomènes, on a pu déduire des renseignements précis sur les électrons, en particulier déterminer leur nombre et la charge électrique qu’ils portent.
- Ces conséquences sont remarquablement confirmées par le développement parallèle des idées de Faraday, dont les expériences fondamentales sur l’électrolyse ont pour ainsi dire préparé la ruine de sa conception, et la découverte de rayonnements nouveaux (rayons X, rayons cathodiques, matières radioactives). Il y a là une remarquable convergence de deux ordres d’idées très différentes. Qualitativement et quantitativement on peut dire, à l’heure actuelle, que le grain d’électricité a une existence expérimentalement démontrée.
- C’est à Lorentz qu’est due en grande partie la théorie des électrons et c’est lui qui a confronté les résultats de la période de Maxwell avec les nouveaux faits expérimentaux et cherché à les interpréter simultanément. Les premiers résultats obtenus furent tout à fait remarquables; non seulement le nouveau mode d’explication était plus fécond que l’ancien, mais encore il rendait compte des phénomènes d’une façon beaucoup plus simple. Enfin, il semblait que la dynamique électromagnétique était constituée : Maxwell avait ramené les lois de l’électricité à celles de la mécanique, on croyait avoir réussi à faire l’inverse et à faire découler la mécanique des lois de l’électromagnétisme qui constituerait alors le mode d’explication universel.
- Malheureusement, tous ces espoirs ne sc sont pas réalisés et dans le bel édifice, commencé avec foi et ardeur, de nombreuses fissures se révèlent, compromettant singulièrement sa solidité. En effet, non seulement la gravitation échappe toujours aux théories et semble irréductible aux systèmes d’explications proposés, mais le phénomène de Zeemann ne peut être analysé dans toute sa complexité, et surtout, au point de vue du rayonnement des corps, la théorie des électrons, est impuissante à rendre compte des résultats trouvés par la thermodynamique, en particulier en ce qui concerne l’existence d’un maximum d’énergie dans le spectre. On n’a guère sur cette question qu’une amorce de théorie due à Planck, basée sur le principe de moindre action et la structure granulaire de l’énergie. Il semble bien, à l’heure actuelle, que l’électron ne soit pas le seul lien entre la matière et l’éther.
- Quant à la dynamique électromagnétique, la découverte d’un nouveau principe : le principe de relativité, d’après lequel on ne pourra jamais mettre en évidence que des vitesses relatives de systèmes en mouvement les
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- uns par rapport aux autres, conduit à modifier profondément les bases de la mécanique en ce qui concerne particulièrement la notion de temps et nous obligera sans doute à abandonner complètement les essais déjà tentés.
- Les efforts accomplis ont-ils été inutiles, la somme considérable de travail et de génie dépensée par les savants est-elle irrémédiablement perdue, et sommes-nous donc impuissants à tout jamais en présence des mystères que la science nous révèle? Non, et loin d’être
- décourageante, chaque disparition d’une théorie marque un, nouveau progrès accompli, une nouvelle étape parcourue, et témoigne de l’enrichissement de notre patrimoine scientifique. Telle la torche des coureurs antiques, la Science est tour à tour portée par l’édifice fragile des conceptions successives; quand un édifice s’écroule, un autre le remplace immédiatement, élevé un peu plus près du but à atteindre : la connaissance de la Nature et de ses lois. II. Vigneron.
- CHRONIQUE
- Les pèlerins de La Mecque. — La construction du chemin de fer du Hedjaz ne pouvait que stimuler l’enthousiasme des hadjis, des musulmans anxieux de baiser la pierre noire de la Ivaaba avant de mourir, puisque cette ligne permet de se rendre de Damas à Médine en quatre jours, alors que ce trajet prenait un mois auparavant. Aussi, les rares statistiques recueillies par les autorités ottomanes accusent-elles une augmentation croissante du nombre des pèlerins. En 1880, ce nombre était de 92 000. Il passa à 200 000 en 1904 avec la mise en service d’une partie de la ligne. Trois ans plus tard, soit en 1907, il s’élevait à 281 000, chiffre qui s’est augmenté depuis lors d’année en année.. D’après des documents fournis par les autorités ottomanes, ce
- chiffre de 281 000 pèlerins se répartissait comme suit par nationalités :
- Sujets Turcs............................ 115 000
- Indes Anglaises. .................... . 40 000
- Afrique du Nord.......................... 17 000
- Sujets Russes. . ...................... 16 000
- Persans................................. 15 000
- Soudanais ............................... 13 000
- Asie Centrale............................ 12 000
- Malais.................................... 4 000
- Divers................................... 51 000
- Dans cette dernière catégorie figuraient plusieurs centaines de Chinois du Yunnan, des nègres du Sénégal, et des Afghans domiciliés en Australie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i i décembre 1911.
- L'estimation de la grandeur des étoiles. — M. Bi-gourdan présente une Note de M. Popoff relative aux discordances dans l’estimation de l’éclat des étoiles. C’est l’éclairage du champ de la lunette qui est la principale cause des discordances. Aussi les étoiles voisines de la voie lactée sont-elles dans les plus mauvaises conditions. M. Popoff montre que l’influence de l’éclairement du fond est d’autant plus considérable que les étoiles sont plus petites.
- Application de la télégraphie sans fil à la géographie. — M. Baillaud résume une Note de M. Renan sur les résultats des observations effectuées par MM. Lancelin et Tsatsopoulos pour déterminer la différence de longitude de Paris-Bizer te en utilisant, pour la transmission du temps, les signaux de la télégraphie sans fil. Un semblable essai a d’ailleurs déjà été fait par les officiers du Service géographique de l’armée. L’opération réalisée aujourd’hui présente cette particularité que les instruments méridiens employés dans les deux stations pour l’observation des étoiles, étaient des instruments identiques et d’ailleurs perfectionnés, de manière à faire disparaître des observations la plus grande partie au moins de l’effet des équations personnelles des observateurs. Néanmoins, afin d’évaluer l’influence de cette cause d’erreur et de l’éliminer du résultat final, les observateurs ont alterné dans les deux stations. Le résultat de la série correspondant au premier groupement des observateurs a été de 29” 52s,594 et le résultat de la série cor-réspondant au second groupement de 29”52%406.
- Cartographie. — M. Ch. Lallemand présente de très belles épreuves de chacune des deux premières feuilles de la carte du monde au millionième publiées par
- Présidence de M. A. Gautier.
- YOrdnance Surveij Office de Soulhampton et en signale la finesse des. détails et l’harmonie des teintes.
- Il présente ensuite les trois feuilles d’Amiens, Laon et Mézières de la future carte aéronautique internationale au deux-cent millième formant une subdivision de la carte du monde, construites d’après les mêmes principes.
- La transpiration des plantes. — M. G. Bonnier expose les résultats d’expériences dues à M. Leclerc du Sablon sur la transpiration des plantes et en particulier des plantes grasses. D’après ces expériences, l’augmentation du dégagement de vapeur d’eau par la lumière, ne paraît pas dù à une fonction spéciale de la matière vivante, mais simplement à l’augmentation de température et à la perméabilité des membranes protoplasmiques.
- La coloration des haricots. — M. G. Bonnier présente ensuite une Note de M. Coupin sur les pigments qui colorent les haricots. Leur nature est très variée : les plus fréquents sont noirs, rouges, verts; les deux premiers sont représentés par une matière amorphe, les derniers constitués par des grains de chlorophylle desséchés et, de-ci de-là, par des cristaux verts parfois réunis en X. Ces différences de répartition des pigments expliquent l’extrême variété des teintes des haricots, les uns se localisant dans l’épiderme, les autres se répandant dans la profondeur du tégument. Quant aux panachures, elles sont dues à l’inégale.localisation des pigments et à leur plus ou moins grande abondance. Ces recherches sont appelées à fournir des notions intéressantes sur tla filiation des races.
- Méthode nouvelle d’essai des poudres. — M. Jungfïeisch communique un travail de MM. Daniel Berthelot et Gau-
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- dechon sur un procédé d’épreuve des poudres sans fumée. Les auteurs ont montré récemment que les rayons ultra-violets accélèrent la décomposition des corps organiques et permettent de réaliser, en quelques heures, des effets qui, dans des conditions normales, exigeraient plusieurs années pour se produire. Or, ils ont reconnu que les poudres modernes à base de nitrocellulose se décomposent sous l’effet des rayons ultra-violets en donnant les mêmes gaz que sous l’influence des agents de décomposition naturelle (chaleur, humidité, etc.). Us ont comparé des poudres âgées de près de 15 ans et des poudres récentes, puis ont examiné les explosifs des différents types en usage à l’étranger : poudre B et poudre à base de nitroglycérine, cordite, halistite, poudre à riitroguanidinë,. etc. Ils les ont placées successivement dans des atmosphères de gaz inertes et dans des atmosphères oxydantes ou réductrices. Us ont trouvé que, parmi ces diverses poudres, la poudre B présente des qualités de stabilité exceptionnelle. Dans les gaz dégagés on ne trouve jamais le bioxyde d’azote qui est celui dont la présence active le plus la décomposition. Cette consta-
- tation donne à penser que la formule même du produit est une des meilleures que l’on connaisse et qu’avec des soins de fabrication suffisants, ce produit est apte à se conserver aussi longtemps que tous les produits similaires. Ces expériences conduisent donc à compléter les épreuves de stabilité par la chaleur, en usage actuellement dans les divers pays, par une épreuve de stabilité sous l’effet des rayons ultra-violets.
- Le poison des amanites. — M. Guignard résume une communication de MM. Ravais et Sartory sur la toxicité de certains champignons, les amanites et les volvaires. Le poison de ces champignons serait beaucoup plus fixe qu’on ne le pense généralement. C’est ainsi qu’il se conserve inaltéré pendant plus d’une année dans la poudre du champignon desséché. Une température de 120° pendant 10 minutes ne le détruit pas. Les expériences, de MM. Ravais et Sartory montrent qu’il est dangereux de laisser se répandre dans le public cette notion que le blanchissage des champignons à l’eau bouillante peut, dans tous'les cas, les rendre inoffensifs.
- Cii. de YiLLEDiiuir..
- DIVERS EMPLOIS DES MOTEURS TESLA
- Dans un récent numéro La Nature a présenté à ses lecteurs, la nouvelle turbine à vapeur due à Nikola Tesla. Le rotor en est constitué par une simple série de disques enfilés sur un même axe, et séparés les uns des autres par un très faible intervalle. Or, ce principe de construction se prête aux applications les plus diverses. La même machine, avec des modifications insignifiantes, peut en effet fontionner, à volonté, comme turbine ou comme pompe (ou compresseur) suivant que le fluide pénètre à la périphérie pour sortir au centre ou inversement. Employée comme pompe, elle sert indifféremment à l’élevage de l’eau ou à la production d’un puissant courant d’air (pour la ventilation des mines, etc.); comme turbine, elle se sert, comme agent propulseur, de l’eau, de la vapeur ou même d’un mélange de gaz combustible. A part la question de la turbine à vapeur, nous voici donc en présence d’une turbine hydraulique indépendante de tous les organes de réglage qui compliquent la construction des turbines ordinaires.
- La machine représentée aux figures 1 et 2 est particulièrement suggestive à cet égard. C’est en effet une turbine donnant facilement 110 chevaux sous un poids et des dimensions relativement minimes. Comme le rotor ne pèse que 9 kilogrammes et que le carter aurait
- parfaitement pu se faire en tôle comprimée ne dépassant pas un poids de 14 kilogrammes, un rendement de plus de 4 chevaux par kilogramme de matière se trouverait facilement réalisé.
- Cette même turbine a été expérimentée comme turbine à gaz, en brûlant le combustible gazeux dans un compartiment auxiliaire et en refroidissant les produits de combustion par l’injeclion de vapeur ou d’eau. Le mélange de vapeur surchauffée et de gaz quittant le compartiment de combustion sous une haute pression, mais à une température relativement basse, est amené au contact immédiat des disques tournants sans compromettre ces derniers. Au lieu d’être refroidis par la formation de vapeur surchauffée, les produits de combustion peuvent être détendus dans une tuyère isolée où leur température se trouve réduite par la diminution de pression et l’accroissement de vitesse. A la sortie de la tuyère, les gaz seraient suffisamment refroidis pour pouvoir impunément frapper les disques du rotor. Dr A. Gradeinavitz.
- Le Gérant : P. Masson — Imprimerie Lahuiie, rue de Fleuras, 9, à Paris.
- Fig. i — Une turbine Tesla de no chevaux.
- Fig. 2. — Le rotor de la turbine Tesla.
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- LA NATURE. — N° 2013. nr. ' : 23 DÉCEMBRE 1911.
- LES DERNIERS CONTRE-TORPILLEURS FRANÇAIS
- Après tant de difficultés, d’insuccès lentement réparés, la turbine à vapeur paraît être définitivement mise au point : après les remarquables essais des six « Dantons », essais bien confirmés par leur tenue très satisfaisante aux grandes manoeuvres navales de 1911, voici que la nouvelle série des contre-torpilleurs mis en chantier en 1909-1910 affirme à nouveau les qualités de robustesse et de maniabilité, souvent discutées, des turbines.
- Les avantages qu’on s’accorde à reconnaître aux turbines sur les machines alternatives, qu’elles commencent à supplanter totalement dans'ia marine de guerre, sont notables : tout d’abord, et surtout, elles permettent de maintenir, durant un temps
- Avec les nouveaux contre-torpilleurs, les turbines ont subi tous les essais d’endurance et de grande vitesse, sans une avarie. Et elles ont tenu tout ce qu’on avait promis d’elles. Les inconvénients inhérents à l’emploi des turbines : rendement mauvais aux faibles allures, difficulté de la marche-arrière, commencent à s’atténuer. C’est ainsi que le Bouclier stoppe en 250 mètres à 20 nœuds, sans faire hausser la pression dans les chaudières. '
- A l’emploi des turbines, une autre amélioration est venue s’ajouter : l’usage des combustibles liquides. La chauffe aux résidus de pétrole, essayée jadis sur nos cuirassés, puis abandonnée, a été reprise depuis quelques années sur les contre-torpil-
- Le conlre-lorpilleur à pétrole le « Bouclier » dans la rade de Cherbourg.
- considérable, les grandes vitesses, pour lesquelles elles sont particulièrement économiques. L’absence de toute articulation, de tout organe." à vitesse variable, fait d’elles des instruments capables de supporter indéfiniment les efforts limités pour lesquels ils sont calculés. Les efforts d’inertie demeurant constants, les vibrations transmises à la coque sont réduites très notablement ; ce qui, d’une part, fatigue moins la tôlerie et, d’autre part, facilite le tir de T artillerie. Enfin, la suppression du graissage, la simplicité même de la construction, incomparable à celle des machines à piston, assurent à la turbine une robustesse et une sécurité bien supérieures à ce qu’on pouvait attendre des machines antérieures. Si de nombreuses avaries (les salades d’ailettes ont été légion) se sont produites, il faut attribuer ce résultat inattendu à un" défaut de mise au point, qui paraît aujourd'hui définitivement corrigé.
- 40' année. — 1er semesive.
- leurs et les sous-marins; elle a, en regard d’un inconvénient sérieux (un prix élevé), tant d’avantages que notre marine la développe de plus en plus.
- Ces avantages sont, en premier lieu, la simplification énorme de la chauffe à grande vitesse.' Avec la chauffe au charbon, il était difficile, même avec des équipes de choix, de maintenir la grande vitesse durant plus d’une heure. Avec la chauffe au mazout, les essais de fonctionnement à haute puissance durent six heures, sans que le personnel soit surmené, ni même fatigué. La manœuvre de quelques registres et robinets suffit pour maintenir le niveau. Pour les navires spécialement destinés au service d’éclaireurs, c’est une précieuse faculté que, de pouvoir indéfiniment maintenir leur vitesse à sa valeur maxima.
- En même temps, avec les résidus de pétrole, dont le pouvoir' calorifique est élevé, on gagne sur le poids, sur l'encombrement de combustible embar-
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- que, ainsi que sur la durée d’embarquement. Tout cela est précieux, et justifie la tendance actuelle à l’emploi exclusif des mazouts pour la chauffe des navires éclaireurs. L’adoption simultanée des turbines et de la chauffe au mazout a permis au contre-torpilleur Bouclier, celui de la deuxième série qui a fait les essais les plus remarquables, de conserver durant 6 heures une vitesse à très peu de chose près constante de 35 nœuds 3, en ne consommant (pour 700'tonnes) que 10 tonnes de mazout à l’heure.
- On peut dire que cette vitesse n’a jamais été atteinte ; quelques destroyers anglais ont exceptionnellement atteint des vitesses supérieures, mais dans des conditions de charge plus favorables, et ils ne les ont soutenues que pendant un temps beaucoup moindre. Ges navires, très effilés, manquaient d’ailleurs de résistance à la mer : ce grave défaut a suscité de véritables catastrophes. Il n’est pas à reprocher à nos nouveaux contre-torpilleurs, dont les formes élégantes, sans minceur, donnent à la fois l’impression de la rapidité et celle de la solidité.
- La série, actuellement en essais, comprendra les unités suivantes : Cimeterre, F aulx, Fourche, Casque, Bouclier, Dague, Boutefeu. Ces navires déplacent, en armement complet, 800 tonnes environ. Ce sont donc les plus gros de nos contre-torpilleurs actuels. Leur longueur atteint 80 mètres environ. Leur tirant d’eau ne dépasse cependant pas la limite d’immersion des torpilles : ils ne sont donc vulnérables que par l’artillerie.
- Si nous prenons comme type le Bouclier, qui jusqu’ici a fourni les essais les plus brillants, nous constaterons qu’il est muni de' 3 arbres porte-hélices, mus respectivement à grande vitesse par la turbine haute pression et les deux turbines basse pression. À l’allure de route, on met en circuit la turbine de croisière qui se trouve placée en tandem avec une des turbines basse pression sur l’arbre tribord.
- Ces turbines sont du type à réaction — brevet Parsons. Les jeux de l’arbre sont de 1 dixième de millimètre. -
- Les hélices ont 1 m. 60 de diamètre; elles tournent à 1000 tours à toute puissance. La poussée totale, au point fixe, atteint alors 57 tonnes.
- BEURRE DE COCO =....................—
- L’appareil évaporateur est constitué par 4 chaudières Augustin Normand, à retour de llamme, timbrées à 16 kilogrammes. Elles sont alimentées dans deux chaufferies indépendantes, au moyen de résidus de pétrole. Chaque chaudière contient environ 5 tonnes d’eau, ce qui fait qu’à toute puissance, le contenu de la chaudière est entièrement évaporé et renouvelé au bout de 10 minutes. On se rend compte de l’attention qu’exige la surveillance de pareils engins. Le navire embarque 10 tonnes d’eau, en surplus du plein des chaudières, pour faire volant et parer aux fuites et pertes de toute nature.
- La consommation en combustible est de 10 000 kilogrammes à l’heure, à 35 nœuds, et de 900 kilogrammes seulement, à l’allure de route, soit 14 nœuds. Comme le navire embarque 145 tonnes de mazout, le rayon d’action en est de 1600 milles environ.
- On estime à 19 000 ou 20000 chevaux la puissance mesurée sur l’arbre, à 35 nœuds : cela correspond à une consommation (auxiliaires compris) de 500 à 520 grammes de combustible par cheval utile. Pour mesurer la valeur relative de ce chiffre, il faut tenir compte de ce que les résidus de pétrole ont un pouvoir calorifique supérieur d’un tiers à celui de la houille.
- L’armement du Bouclier est (constitué comme suit : un canon de 100 mm en ehitsge; un canon de 100 mm en retraite; 4 canons de 65 en abord; 4 tubes lance-torpilles, chargés de torpilles White-head, à réchauffeur. Le réchauffage permet d’augmenter l’énergie utile de l’air comprimé qui actionne les propulseurs et permet, par suite, d’accroître la portée de façon très sensible : la portée de ces torpilles dépasse 5 kilomètres.
- Enfin, l’équipage du bateau se compose de 70 hommes, de 8 officiers mariniers de l’état-major, d’un lieutenant de vaisseau, de 3 enseignes et d’un mécanicien. Tout armé, il déplacera 800 tonnes..
- Le Casque a été construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée ; le Bouclier par la maison Augustin Normand, du Havre. Les turbines ont été fournies par la Société Electro-mécanique du Bourget. A. Detœuf.
- L’INDUSTRIE DU BEURRE DE COCO
- Au moment où la cherté croissante des vivres-provoque, entre producteurs et consommateurs, une crise pénible qui n’a peut-être pas encore atteint son paroxysme, au moment où, par conséquent, s'impose la nécessité de tirer le meilleur parti des productions du sol, il n’est pas inutile, peut-être, de souligner les résultats obtenus dans la transformation de l’un de ces produits, la noix de coco, autrefois peu utilisé, sauf dans son pays d’origine. Une industrie, aujourd’hui' florissante, a su en tirer un aliment sain, d’un prix modéré, et qui vient à
- propos permettre des économies aux petites bourses, Depuis longtemps déjà, nombre de produits sont offerts au consommateur en remplacement du beurre. Les uns, produits naturels, comme le-saindoux, les huiles fluides diverses, sont souvent trop lourds pour les estomacs délicats, ou d’un goût par trop caractéristique et qui ne convient pas à tout le monde. Les autres sont des produits artificiels qui, comme les margarines ou les graisses mélangées, ont une conservation insuffisante, et qui de plus, par le fait de la multiplicité de leurs composants, peuvent
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- L’INDUSTRIE DU BEURRE DE COCO ........... 51
- varier de qualité entre F excellent et le très médiocre. Il ne meurt, souvent, qu’à 100 ou même 120 ans. Le beurre de coco est un corps gras simple, tou- Chaque noix de coco contient, tout d’abord, un
- Fig. i. — Arrivée à l’usine et débarquement des sacs de coprah. 140000 kg par jour en moyenne.
- jours identique à lui-même, sans saveur aucune, et d’une digestibilité supérieure à celle de tous les corps gras.
- L’huile de coco est obtenue par pression hydraulique du coprah, ou amande desséchée de la noix de coco. Cette amande provient du cocos nuci-fera, réparti dans toute la zone tropicale, et qui atteint quelquefois 2 5 mètres de hauteur. Il produit vers 7 à 8 ans, est en pleine production de 15 ou 20 ans à 45 ans, période pendant laquelle chaque arbre peut donner une cinquantaine de noix. La production diminue jusque vers 80 ans.
- suc laiteux, puis une amande qui se dessèche et prend alors le nom de coprah. Il faut environ 4 à 5 noix
- pour donner un kilogramme de coprah. Celui-ci peut renfermer, suivant les provenances, de 65 à 72 pour 100 de matières grasses, mais toutes les régions ne donnent pas une huile facilement raffinable. Les provenances les plus recherchées pour la fabrication du beurre de coco sont Malabar, Saigon, Ceylan, Java et la côte occidentale d’Afrique. Les noix qui y sont récoltées contiennent environ 65 pour 100 d’huile très blanche, fluide au-dessus de 26°cen-
- Fig. 2. — Une des salles de presse. La noix triturée est soumise à une pression de 35o kg par centimètre carré.
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- L‘]NDUSTR]E DU BEURRE DE COCO
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- tigrades, solide au-dessous, et pouvant être.-facilement raffinée.
- Le restant, soit environ 55 pour 100, constitue le tourteau de coprah, aliment précieux du bétail, qui, dans les années de longue sécheresse comme celle que nous venons de traverser, serait difficilement rempla-çable.
- Pour faire assister nos lecteurs aux opérations successives qui permettent la transformation du coprah en beurre de coco, nous les conduirons à Marseille chez MM. Rocca,
- Tassy et de Roux, dont l’usine Massilia couvre 80000 mètres carrés et occupe environ 500 ouvriers et 500 ouvrières ; on y fabrique le beurre de coco connu sous le nom de végétaline.
- Même lorsqu’elle est d’excellente qualité, l’huile de coprah, en plus des glycérides fixes, contient des acides gras libres, fixes ou volatils, qui lui communiquent une saveur âcre et qu’il est indispénsable d’éliminer. Elle
- r»
- renferme, en outre, une proportion infinitésimale d’essence encore mal déterminée, à laquelle elle doit son odeur « sui generis ».
- Il importe donc de débarrasser l’huile de coprah des acides gras libres et des éthers de la glycérine volatils, de déshydrater et de stériliser le produit commercial. Nous allons voir quelles opérations sont nécessaires pour obtenir ce résultat.
- En premier lieu, les sacs contenant le coprah sont amenés sur camions, du port de Marseille à l’usine..
- La consommation journalière de cette usine est* en moyenne, de 140 000 kilogrammes de noix. C’est la charge de 40 à 45 camions.
- Pour mettre en mouvement la machinerie nécessaire à celte transformation, pour produire la chaleur indispensable à ce travail, l’usine Massilia possède 11 chaudières d’une puissance variable, mais pouvant, au total, vaporiser 500 000 kilogrammes d’eau . par jour. Le combustible employé est composé d’un mélange de 5/4 de lignite des Bouches-du-Rhône et de 1/4 de charbon gras anglais.
- Les sacs de coprah, déchargés des voilures, sont entassés sous un quai couvert, non loin d’une trémie qui règle l’entrée régulière dans P usine de la graine qu’ils contiennent. Déchargée dans cette trémie, l’amande est transportée par des chaînes à godets aux broyeurs.
- Elle y est concassée par huit passages entre des cylindres d’abord cannelés, puis lisses, et est ainsi réduite en pâle très fine. Celle-ci, à l’aide de vis transporteuses, est alors conduite au chauffoir à double fond à circulation de vapeur où, par séjour et agitation, elle est portée à une température d’environ 60° centigrades.
- La masse obtenue, mise dans des sacs grossiers, qui portent le nom de « scourlins » à raison de 18 kilogrammes en moyenne par scourtin, est - transportée aux presses, dont la pression, donnée par des pompes hydrauliques, est d’environ 550 kilogrammes par centimètre carré. Leur nombre, pour toute l’usine, est de 114, dont 8 de très grande
- Fig. 3. — Les tourteaux venant des presses sont triturés sous Une paire de meules pesant chacune 5ooo kg.
- Fig. 4. — Salle de neutralisation et désodorisation. Cuves pour j la neutralisation. Sur le sol le savon de soude provenant de la J neutralisation de l’huile. ;
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- L’INDUSTRIE DU BEURRE DE COCO
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- Fig. 5.
- puissance. Vingt-deux scourtins sont place's sur chaque presse, et soumis à la pression pendant 6 heures environ. La quantité de noix écrasée, pour chaque presse, est en moyenne de 1200 kilogrammes par jour, donnant de 600 à 650 kilogrammes d’huile qui, au fur et à mesure, s’écoule dans des rigoles en cimènt creusées dans le sol au bas de chaque presse. Ces rigoles la conduisent dans des caisses de . décantation, et de là au filtrage.
- Les tourteaux sortant des presses sont., alors grossièrement concassés, puis envoyés aux moulins, au nombre de 4, où les meules achèvent de les triturer et de les réduire à nouveau en une pâte très fine. Chaque moulin comporte une paire de meules en pierre meulière de Bretagne, de 2 m. 10 de diamètre sur 55 centimètres d’épaisseur, et dont le poids est d’environ 5000 kilogrammes. Ces meules, qui tournent à une vitesse de 25 tours à la minute, dans une cuve d’un diamètre de o mètres, avec une profondeur de 40 centimètres environ, peu-' vent broyer, en sept minutes,
- 500 kilogrammes de tourteaux.
- La masse ainsi obtenue est alors conduite au chauffoir de la deuxième pression, puis, après chauffage, remise en scourtins et pressée une seconde fois. Cettpr deuxième pression est arretée lorsque les tourteaux ne contiennent plus que 7 à 8 pour 100 d’huile. Ceux-ci sont alors vendus en plaques pour la nourriture du bétail ou, plus rarement, concassés à nouveau et vendus en sacs. L’huile, comme la première fois, passe aux caisses de décantation, puis au filtrage.
- C’est alors qu’a lieu l’opération du raffinage, pour
- Salle de neutralisa lion et désodorisation. Autre partie de la salle.
- Fig. 6. — Salle de neutralisation et désodorisation. Cuves pour la désodorisation.
- l’huile destinée à être transformée en végétalinc. L’huile de qualité inférieure, au contraire, est transportée à la savonnerie, où nous ne la suivrons pas. Le but du raffinage, avons-nous dit, est d’enlever les acides gras libres et les essences volatiles qui donnent à l’huile brute son odeur particulière. C’est là l’opération la plus importante. On lui donne également le nom de neutralisation. Elle se pratiquait autrefois, notamment en Allemagne et en Angleterre, à l’aide de l’alcool, mais ce procédé avait l’inconvénient de coûter fort cher et ne donnait que des produits de qualité très insuffisante..
- MM. Rocca, Tassy et de Roux ont été les premiers à raffiner à l’aide de la soude et de la vapeur agissant dans le vide. Le raffinage à la. soude caustique, d’ailleurs, entre autres avantages, permet l’obtention, comme résidus, de savons directement utilisés en savonnerie.
- La neutralisation et la désodorisation se font en une immense salle, au sein de cuves énormes auxquelles on accède par des escaliers et des galeries de fer. L’huile envoyée du filtrage y est préalablement blanchie par une agitation d’environ 5/4 d’heure à la température de 90 degrés, en présence de 2 pour 100 de noir animal.
- Le produit obtenu est ensuite neutralisé par cuisson en mélange avec la quantité convenable de soude causlique, jusqu’à complète neutralité, c’est-à-dire absence: d’acides gras dibres qui se sont combinés avec la soude caustique pour former un savon facilement, séparable par filtrage. Ce savon de solide, ainsi que
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- LA GRANDE CAVERNE DU DACHSTAEN
- nous l’avons vu, sert alors de matière première dans l’industrie de la savonnerie.
- L’huile est à ce moment blanchie et neutralisée. Elle n’est pas encore, cependant, débarrassée des essences volatiles qui lui communiquent une odeur désagréable. Cette désodorisation s’opère par insufflation de vapeur d’eau dans le plus grand état de division possible, afin d’obtenir le meilleur résultat avec une moindre quantité de vapeur, et à une tem-fP^D'i.re variable selon les huiles, mais qui doit toujours être aussi basse que possible pour éviter l'oxydation .de l’huile, toujours à redouter. C’est afin d’employer cette vapeur à une température très basse que cette désodorisation, à l’usine Massilia, s’opère dans le vide. On emploie quelquefois la neutralisation à la chaux, qui, pour certaines qualités d’huile, donne également de bons résultats.
- Le vaste atelier que représentent nos gravures donne donc, d’une part, de l’huile de coco blanchie, neutralisée et désodorisée, et, d’autre part, un savon de soude, résultat de la combinaison des acides gras libres avec la soude, et que l’on dépose en masse amorphe sur le sol. La quantité d’huile raffinée qui est, en moyenne, de 105 000 kilogrammes par jour, pour environ 12 000 kilogrammes de savon, pourrait s’élever, et s’élève en effet, à certaines périodes de l’année, à 150000 kilogrammes d’huile pour 16 000 kilogrammes de savon.
- L’huile ainsi obtenue, soigneusement décantée et filtrée, est devenue à proprement parler de la végé-taline. Envoyée à l’emballage par des tuyaux, elle y arrive à l’état liquide et y est introduite dans ses emballages, où elle est figée. Elle présente, alors, l’aspect d’un beurre blanc, de consistance dure et brisante, de texture cristalline, absolument inodore et insipide.
- L’emballage varie suivant la saison. En été, il se fait en boîtes métalliques soudées de 1/2,1 et 2 kilogrammes, en seaux de 5 à 25 kilogrammes, et en barils:pour les quantités supérieures. En hiver, la végétaline est mise en pains de 100 grammes, par boîtes de 10, et en pains de 1/4,1/2 et 1 kilogramme, pliés dans du papier parcheminé.
- Depuis quelques années, l’emballage a été rendu beaucoup plus facile et beaucoup plus méthodique par l’emploi de machines frigorifiques fonctionnant
- soit à l’acide sulfureux, soit à l’acide carbonique, et permettant d’emballer en pains, emballage préféré par le consommateur, de fin septembre à fin mai, c’est-à-dire pendant la plus grande partie de l’année. Ces emballages, transportés sur les quais de chargement couverts d’une longueur de 75 m., y sont chargés dans des voitures et transportés à la gare ou au port. La Société Rocca, Tassy et de Roux qui, en 1897, produisait 60000 kilogrammes de végétaline, en vendait déjà, en 1902, 4 millions de kilogrammes. L’an dernier, la production fut de 21 millions de kilogrammes. Elle atteindra, en 1911, environ 52 millions de kilogrammes.
- La consommation des beurres de coco s’est en effet développée très rapidement, et dans le Nord de l’Europe beaucoup plus vite qu’en France. Elle est actuellement énorme en Allemagne, Danemark, Angleterre, Hollande et Pays Scandinaves. Si l’Allemagne est fermée à notre exportation par des droits prohibitifs, les autres de ces contrées, au contraire, consomment à eux seuls les 5/4 de la production totale de la France. Ils offrent ainsi à notre industrie des débouchés considérables.
- Le prix moyen du beurre de coco, livré en barils, est d’environ 120 francs les 100 kilogrammes; en petits emballages, le prix des boites et de la main-d’œuvre augmente ce prix d’une quinzaine de francs.
- C’est donc bien, au seul point de vue pécuniaire, l’aliment des bourses moyennes. Encore faut-il, évidemment, que sa consommation ne présente aucun inconvénient pour le consommateur. Rien n’est plus rassurant, à cet égard, que les appréciations des maîtres les plus autorisés, et notamment de MM. Achille Muntz, membre de l’Institut, et Milliau, directeur du Laboratoire du ministère de l’Agriculture, à Marseille, qui s’expriment ainsi, comme conclusion d’un rapport publié en décembre 1900 : « La végétaline est une matière grasse de première qualité, d’une pureté absolue, d’une conservation parfaite, nutritive au premier chef, d’une digestion facile et complète, supportée par les estomacs les plus débiles, et il y a grand intérêt à la faire entrer dans l’alimentation humaine, etc. »
- En résumé, le beurre végétal constitue un véritable progrès dans la voie de la vie saine et à bon marché. Geohges Lanoilville.
- LA GRANDE CAVERNE DU DACHSTAEN
- La grande caverne du Dachstaen qui s’est révélée, en 1910, comme la plus vaste glacière naturelle du monde, a été l’objet de nouvelles trouvailles, en 1911, lors des préparatifs faits pour la visite du premier congrès autrichien d’exploration des cavernes à Halchtat. Au fond d’une - galerie de 50 mètres, une descente à 50°, par une crevassé de 0 m. 30 de large, a conduit à une grande salle pleine de cascades de glace communiquant avec le glacier de cristal de l’étage supérieur. Une autre grotte de Dachstaen, nommée «caverne du mammouth», a fait connaître un labyrinthe de plus de 5 kilomètres de galeries et de grandes salles, également avec de la
- glace. La nature des conglomérats et des matériaux de remplissage fait attribuer le creusement de ces cavités à l’époque tertiaire.
- En Styrie, sous la direction de l’ingénieur Bock, les explorations souterraines ont repris une singulière activité depuis quatre ou cinq ans. Chaque année les découvertes sé multiplient. Près de Aussee, dans les Todtèri-: gebirge, un puits naturel de 50 mètres, GrosSeswindlocli, a conduit aussi à un glacier souterrain de 200 mètres de long et à la découverte de l’effluent également souterrain du lac alpestre sans écoulement d’Elm (1670 mètres d’altitude). r i
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- L’IMPORTANCE ÉCONOMIQUE DES CESSIONS CONGOLAISES1'
- La Nature a signalé en son temps l’étendue et la topographie des cessions congolaises que nous avons consenties à l’Allemagne (2). Nous nous proposons
- Gabon, les Bayas et les Yanghirés dans le bassin de la Sangha et les Lakas dans celfli du Logone.
- Les Pahouins, venus du Haut Oubanghi, sont de
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- Les rapides du Congo en aval de Brazzaville au confluent du Déjoué.
- aujourd’hui d’en étudier sommairement la valeur économique et sociale au point de vue des populations indigènes, des productions naturelles et des voies de communication, en même temps que les conséquences administratives qui en résulteront.
- 1° Les populations indigènes. — L’Afrique équatoriale renferme une « poussière » de races noires, fort différentes par les types, les coutumes et les dialectes. Les territoires cédés sont habités principalement par les M’fans ou Pahouins, dans la partie nord du
- 1. Nous devons les photos de cel article à l’obligeance de M. Piroux, dessinateur de la mission Congo-Oubanghi-Sangha.
- 2. Cf. La Nature du 11 novembre 1911.
- La rive française près des rapides.
- taille élevée, ils se tatouent et portent comme coiffure de véritables casques en peau d’animaux ; la fréquentation de la forêt les a rendus sournois, méfiants, vivant dans une alerte continuelle; anthropophages à l’occasion, par représaille de guerre, ils sont batailleurs, difficiles à soumettre. Les Pahouins ne connaissent guère que l’industrie du fer, mais ils
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- IMPORTANCE ÉCONOMIQUE DES CESSIONS CONGOLAISES
- possèdent à un haut degré le goût du commerce. Leurs villages-sont établis à proximité de l’eau, sur une rive élevée, à l’abri des crues ; ils sont formés d’une rue, bordée de deux lignes parallèles de cases, soudées' ensemble. Le Pahôuin pratique la cùeil-
- bout de 5 ou 6 ans, on doit chercher un autre emplacement et recommencer. L’agriculture primitive exige d’immenses espaces pour nourrir de petits groupements humains, et ainsi s’explique le nomadisme des Pahouins, nécessité encore par la pratique de la pêche et de la chasse ; les chemins suivis découpent la forêt en tous sens (1).
- Au nord de la forêt équatoriale, on rencontre les Bondjos, le long de l’Oubanghi, et les Yanghirés et les Bayas dans le bassin de la Sangha.
- Les premiers appartiennent à l’une des races humaines les plus dégradées par l’anthropophagie, provoquée, soit par un besoin de viande dans des régions sans élevage, à gibier rare, ou, plutôt, par un fétichisme rituel. Malgré leurs bas
- i. Les bords du Congo à Brazzaville.
- (Un départ pour l’intérieur.)
- 2. Factorerie de Tiboundi sur le N’Goko, au Cameroun
- 3. L’entrée du village 1 .d’Ikelémba, sur la Sangha.
- i 4. Indigènes du Cameroun, sur les rives du N’Goko.
- lette à la saison et, pour l’échange avec
- blancs, il exploite l’ébène et le'caoutchouc ; son agriculture ne connaît que le bananier, le manioc, la citrouille, l’igname; ces plantes, et surtout le manioc, épuisent vite la terre, il faut déboiser pour planter et les herbes envahissent tout; au
- 1. Sur les Pahouins, cf. : L. Martrou. Le nomadisme des Fang. Revue de géographie annuelle, III. 1909.—P. Trili.es. Proverbes, légendes et contes l'ang. Ballet, de la Soc. neu-
- instincts, les, Bondjos'se livrent'au travail dit fér, du bois, de la poterie? leurs; habitations sont construites parfois avec confort, leurs danses et leurs chants ont un certain caractère artistique, et ils connaissent plus de trente espèces végétales
- chateloise de géographie, XVI, 1905. — A. Cottes. La Guinée espagnole. Annales de géographie, 15 novembre 1909.
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- IMPORTANCE ECONOMIQUE DES CESSIONS CONGOLAISES =
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- cultivées ('). Les Bayas sont petits, agiles, montagnards et chasseurs; ce sont encore des anthropophages, pratiquant le tatouage. La femme se perce les narines et la lèvre supérieure où elle introduit une rondelle de bois ; son vêtement se compose d’une ceinture de perles et d’une jupe de feuillage.
- Entre la Sangha et l’Oubanghi, nomadisent les Bahingas ou Pygmées ou Négrilles ; ce ne sont pas
- 30 personnes, formant une même famille. Ignorant totalement la culture et l’élevage, lesJBabingas par-
- i. Un coin de forêt à l'intérieur de l’Oubanghi.
- 2. Un village Bondjo sur l’Oubanghi.
- 3. Village Ba-téké de M’Pila.
- 4. Poste militaire de Soufflay (N’Goela) sur la B’Goho.
- 5. Un indigène Sanga-Sanga atteint de la maladie du sommeil et relégué dans une case en forêt.
- des nains puisque leur taille varie de 1 m. 20 à J m. 55; ils vivent par petits groupes de 20 à
- 1. F. Rouget. L’expansion coloniale au Congo français, in-8, E. Larosc, 1906.
- i courent la forêt, à la recherche du gibier et des fruits sauvages.
- i Ils ne pratiquent pas le tatouage et habitent des villages temporaires où les cases, de forme ellip-
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- 58 == IMPORTANCE ECONOMIQUE
- tique, sont disposées en cercle autour d’une place (*).
- Les rapports de la mission Moll — dont les travaux consacrèrent' l’accord franco-allemand du 10 avril 1908, — nous renseignent également sur les Lakas du Logone. Les modes y sont encore plus bizarres que chez les' Bayas ; les femmes du Bas-Logone portent dans les deux lèvres des plateaux de bois semblables à des assiet-tesde!2 àl5cen-tiinètres de diamètre. La race est cependant industrieuse ; les Lakas sont de remarquables vanniers et font de bonnes cases en paille tressée; ils forment les dernières populations fétichistes ; c’est seulement à parr tir du 10e parallèle, au sud du Baguirmi, que l’on commence à rencontrer des colonies de races islamisées.
- 2° Les productions naturelles. — La partie nord du Gabon jusqu’à Ouesso appartient à la forêt équatoriale où l’on trouve en abondance les bois précieux d’ébé-nisterie (ébène, santal), le raphia, les plantes à latex et principalement les lianes Landolphia ; la culture dominante est le manioc, le - bananier ; celle du cacaoyer y serait possible et rémunératrice quand on songe au développement qu’elle a pris dans l’île de San Tomé (2). Mais la région est peu pénétrabîe et les difficultés sont accrues par l’agitation constante des Pahouins. La faune comprend l’éléphant,
- 1. G. Bkuej.. Les populations de la Moyenne Sangha. Revue d’ethnographie et de sociologie. Nos 1-7, 1910.
- 2. Quelques-unes des Sociétés concessionnaires, installées en tout ou partie dans cette zone, sont parmi les plus prospères, telle la N’Goko-Sangha.
- DES CESSIONS CONGOLAISES —.......................i
- de plus en plus rare, le bœuf sauvage, la panthère, le sanglier et le phacochère, de nombreuses espèces de singes.
- La bande de la basse Sangha, qui va d’Ouesso au Congo, traverse une région marécageuse, peu boisée, à faible population. Elle a surtout pour l’Allemagne
- un intérêt de relation, en permettant de relier par un chemin de fer le bassin du Njong à celui de la Sangha, en vue de souder les parties navigables des deux rivières.
- La haute Sangha appartient à la zone guinéenne, c’est une région de savanes, plus ou moins vallonnée, avec des arbres clairsemés sur le versant des collines et
- surtout des « galeries forestières » au bord des rivières et dans les vallées. Les lianes à caoutchouc y sont nombreuses et d’exploitation plus facile que dans la forêt équatoriale. Les feux de brousse ont
- làvorisé la formation du latex jusque dans les racines. On trouve encore dans les galeries le caféier sauvage, un poivrier, le palmier à huile. Les populations bayas sont soumises, travailleuses, la région est en plein développement.
- Au nord, le bassin du Logone appartient à la zone soudanien-ne; sur de grandes plaines sablonneuses, parsemées d’arbres peu élevés, la brousse a été défrichée; les villages sont établis près des rivières ou sur des coteaux; on cultive le sorgho, les doliques, l’arachide, le sésame, le mil; la race est forte et grande, facile à diriger, d’une densité énorme. On peut y pratiquer l’élevage en grand (bœufs, chevaux) ; la faune : éléphants, rhinocéros, buffles, antilopes, y est abondante. La région, dé-
- Le chemin de fer belge de Matzdi à Lëopoldvillc.
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- LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE L’URUGUAY 59
- crite avec enthousiasme par le capitaine Lenfant et le commandant Moll, pourrait se prêter à la culture du coton ; quelques essais ont fort bien réussi.
- Quant à la partie du « bec de canard » qui nous ëst cédée entre le Logone et le Chari, c’est une région de vase durcie, de canaux séchés et de marécages, de villages croulants et déserts, région de la « terre cassée », abandonnée par ses habitants.
- 5° Les voies de communication. — Sans parler de la route qui longera peut-être un jour la frontière nord de la Nigeria anglaise, reliant le Niger au Tchad, deux voies nous permettent d’accéder à nos possessions du centre africain : celle de la Bénoué et celle du Congo-Oubanghi-Chari. La première utilise le Niger, la Bénoué, le Mayo Kebbi jusqu’à Léré, puis le Logone depuis Ham jusqu’à Fort-Lamy. Mais à moins de recourir aux porteurs sur un très long parcours, elle n’est utilisable que pendant la courte période des hautes eaux, de juillet à septembre, dans les années les plus favorables, et elle a encore le double inconvénient de traverser deux colonies étrangères, la Nigeria et le Kame-roun (l), et d’aboutir à Fort-Lamy qui, par suite de notre extension dans le Ouadaï, n’est plus le point central de nos possessions du centre africain. Cette voie a pourtant l’avantage d’être moins longue et moins coûteuse que celle du Congo et il n’y a pas de droits de douane à payer (2) ; nous l’utilisons pour la plupart des ravitaillements que nous envoyons dans le territoire militaire du Tchad.
- La route du sud emprunte d’abord le chemin de fer belge de Matadi à Léopoldville, car nous n’en sommes encore qu’aux missions d’études pour relier directement la côte du Gabon soit à Brazzaville, soit à la Sangha. De Brazzaville à Banghi, c’est la voie
- fluviale Congo-Oubanghi, qui n’exige aucun transbordement de juillet à janvier et que l’accord franco-allemand maintient complètement libre. La navigation se continue péniblement par Fort-de-Possel jusqu’à Fort-Sibut, et il faut ensuite six jours de portage pour atteindre Fort-Crampel où l’on retrouve la navigation dans le bassin du Chari. Ce trajet représente six ou sept mois de Bordeaux à Fort-Lamy. Cette route doit être améliorée et raccourcie; d’abord pas des travaux en rivière, par l’amélioration des services, puis par la construction d’une route de Fort-Sibut à Fort-Crampel, qui pourra être employée par un mode de transport moins onéreux que le portage et qui, surtout, pourra servir de plateforme à une voie ferrée, la première de toutes à construire, puisque le chemin de fer belge nous permet, en somme, d’accéder facilement à Brazzaville.
- 4° Les conséquences financières. — Au moment où le budget général de l’Afrique équatoriale française avait donné pour la première fois, en 1910, un excédent de recettes de 911 000 francs, les concessions congolaises vont produire une grave perturbation. Les pertes sur les redevances des Sociétés concessionnaires, sur les recettes douanières, sur l’impôt de capitation — affecté aux budgets locaux, — représentent une valeur de 3 à 4 millions de francs, sans que l’on puisse prévoir une réduction des dépenses. Car celles-ci, représentant, en grande partie, des frais d’administration et d’occupation militaire, devront être consacrées aux territoires encore inexploités, et c’est ainsi, en mieux concentrant nos efforts sur une superficie réduite, que nous pourrons obtenir, par le rendement et la mise en valeur, une compensation aux pertes territoriales que nous avons consenties. Pierre Clerget.
- LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE L’URUGUAY
- M. II. Froidevaux résume, dans France-Amérique (novembre 1911), un récent travail de M. E. Garzon sur la République orientale de l’Uruguay, qui montre combien a été remarquable l’évolution de cet état devenu, en très peu d’années, l’un des plus prospères du Sud-Amérique.
- La République de l’Uruguay est le plus petit territoire indépendant de ce continent. Avec sa superficie de 186 925 kilomètres carrés, elle se placerait en Europe parmi les états de moyenne grandeur, à côté de la Turquie (178 528 km2, Crète comprise) ; mais, en Amérique du Sud, c’est un état minuscule à côté du Brésil (8 500 000 km2) et de l’Argentine (2 950520). Par
- 1. I/accord franco-allemand nous concède en location une roule d’étapes, avec terrains pour établir des postes de ravitaillement et des magasins, le long de la Bénoué, du Mayo Kebbi et dans la direction du Logone, et même la possibilité d’y établir un chemin de fer (art. 8).
- 2. Dans son Rapport sur l’Afrique équatoriale française, M. Albert Métin donne les prix de 826 francs la tonne par la voie de la Bénoué et de 1527 francs (non compris les droits de douane) par celle du Congo-Oubanghi, pour le trajet Bordeaux à Fort-Lamv.
- contre, tout le territoire a une valeur réelle : le sol couvert d’un épais limon, de faible altitude, forme d’excellents pâturages, très abondamment irrigués. Aussi, dès que la chose s’est trouvée possible, la colonisation du territoire a-t-elle été rapide. De 74 000 en 1829 (fondation de la République) et de 152 000 en 1852, le chiffre de population est passé à 1 100 000 en 1906 et vraisemblablement 1 500 000 en 1911. Cet accroissement, continu et intense, tient d’une part à l’immigration (Italiens, Espagnols, Brésiliens, Argentins, Français), de l’autre, à l’excédent considérable des naissances sur les décès (mortalité : 1-4,6 pour 1000; natalité : 55,3). Les’ six onzièmes de cette population vivent dans les agglomérations urbaines, le reste dans les districts ruraux.
- L’agriculture est jusqu’ici la grande ressource, fort abondante, de la vie économique uruguayenne, et elle se développe sans cesse. Les cultivateurs qui s’en tenaient récemment encore au blé, à l’avoine, à l’orge et au lin, se sont mis depuis peu à soigner l’oranger, l’olivier, et divers arbres fruitiers ; ils plantent des légumes en quantité, et développent des vignobles qui commén-cent à devenir réputés. En 1898, il y avait 161 000 hec->
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- tares de terres cultivées; elles sont passées successivement à 512 000 (1906), puis à 600 000 (1910), qui fournissent 2 588 000 quintaux de blé, 1 562 000 de maïs, 15000 d’orge, 220000 de lin, 17500 d’avoine, 16 500 d’alpiste. Dès à présent, cette production fournit un excédent pour l'exportation.
- L’Uruguay est aussi au premier,chef un pays d’élevage : 14500 000 hectares'y sont consacrés à la pâture, pour des animaux de boucherie des races anglaises les plus perfectionnées et pour des mérinos aux laines fines.
- De 1 890 000 en 1852, le troupeau bovin est passé actuellement à 9 000 000. Relativement au chiffre de la population, l’Uruguay est ainsi le pays le plus riche en bétail bovin : alors que 10 Australiens ne possèdent ensemble que 55 têtes cle ce gros bétail, et autant d’Argentins 54, 10 Uruguayéns en possèdent 04. La richesse n’est pas moindre en moutons (28 000 000) et elle est également considérable en chevaux (1 000 000), en mulets (60 000), en porcs (120 000) et en chèvres (40 000). L’ensemble du troupeau du pays est estimé au total de 56 220 000 têtes.
- M. G.
- L’ALUMINIUM ET LA MALADIE DE L’ÉCROUISSAGE
- L’emploi de plus en plus généralisé de l’aluminium donne un caractère de gravité à toutes les causes de détériorations, à toutes les « maladies » susceptibles d’altérer la santé de ce métal. Du nombre est la maladie de l’écrouissage, qui ne tend à rien moins qu’à désagréger et à rendre inutilisables un très grand nombre d’objets d’aluminium.
- Le phénomène fut d’abord décrit par M. Ducru, chef de laboratoire à la Section technique d’Ar-tillerie, qui l’observa sur des gamelles et des objets de campement militaires ;
- la surface de l’objet attaqué était sillonnée de petites fissures et se recouvrait d’une poudre gris-noir, constituée par des petits grains métalliques détachés de la masse ; au bout d’un certain temps, des trous se formaient dans les parois, laissant apparaître, en place du métal, un amas pulvérulent. M. Henry Le Chatelier, reprenant l’étude du phénomène, en rechercha les causes et crut pouvoir le rattacher à la maladie de l’écrouissage, déjà signalée par Cohen sur l’étain (Voy. La Nature, nu 1955, 11 juin 1910).
- Les expériences méthodiques, entreprises au laboratoire de Gross-Lichterfeld par le professeur Heyn et son assistant le professeur Bauer, sont venues, nous
- l’allons voir, confirmer avec éclat cette hypothèse. Les tôles d’aluminium, matière première des objets observés, avaient été obtenues par laminage à froid, puis embouties pour être transformées en chaudières, ustensiles de cuisine et autres vases creux ; sur leur surface, on put constater des corrosions et des efflorescences nombreuses et discontinues, mais, pour la plupart disposées suivant certaines directions qui, lignes droites sur la face inférieure plane de l’objet, lignes courbes sur ses parois latérales, coïncidaient avec le sens du laminage (fig. 1 à 4).
- De cette observation on peut déjà déduire qu’il existe un lien de causalité entre le laminage et les dégradations dej.’aluminium.
- Quant à la composition des efflorescences recueillies sur la surface des vases attaqués, l’analyse chimique y décela de l’eau, de l’alumine et de la chaux.
- Après l’observation, l’expérience : Heyn se proposa de reproduire les phénomènes dans son laboratoire. Les tôles, dont de petites plaques étaient prélevées sur les objets en expérience, furent classées, suivant leur résistance à la flexion et, par suite, suivant leur degré d’écrouissage, en tôles
- Fig. i. —Les droites a, (3, y, etc., indiquent le sens de l’écrouissage dans la tôle non encore emboutie.
- a.bciï. r f n Tl 7t. a f r' débets.
- Fig. 2. — Les lignes 3, r, etc., y., indiquent le sens de l’écrouissage dans la tôle emboutie.
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- L'ALUMINIUM ET LA MALADIE DE L ECROUISSAGE ......— 61
- dures (les plus écrouies), mi-dures et tendres. Elles furent soumises à l’action d’un certain nombre d’agents extérieurs soupçonnés d’avoir été les causes occasionnelles de la maladie.
- Toutes les attaques constatées au cours des expériences peuvent se ramener à deux types :
- À) Dans le premier type, l’attaque s’étend régulièrement sur toute la surface, avec production d’une couche d’alumine hydratée, qui se laisse facilement enlever à la brosse ; aucune détérioration profonde du métal n’est la conséquence de celte attaque, qui ne présente pas de dangers pour la durée des objets atteints.
- B) L’autre attaque reproduit presque exactement les détériorations déjà constatées sur les vases en expérience : corrosions, efflorescences, exfolialions, en un mot, destruction progressive du métal ; ces désagrégations, discontinues et localisées, sont aussi ordonnées suivant le sens du laminage.
- Tout revenait donc à trouver les auteurs des attaques du second type.
- Un certain nombre d’agents physiques ou chimiques durent être mis hors de cause ; la maladie de l’écrouissage ne saurait être attribuée ni aux impuretés du métal, ni aux variations atmosphériques. Par contre, l’eau est une cause de dégradation, la seule importante, semble-t-il, d’après les résultats obtenus.
- Un séjour de plusieurs mois dans l’eau a toujours pour conséquence une attaque de la plaque immergée.
- Mais, tandis que l’eau distillée ne produit que l’attaque régulière et inolïensive du type A, les corrosions vraiment dangereuses du type B résultent
- toujours du contact prolongé avec l’eau de conduite.
- L’intensiLé de l’attaque est d’ailleurs fonction du
- degré d’écrouissage de l’aluminium : avec l’eau distillée, les tôles tendres sont le plus atteintes; avec l’eau de conduite, ce sont les tôles dures. Deux conditions sont donc nécessaires pour la détérioration profonde des objets : un fort degré d'écrouissage et le contact avec l'eau de conduite.
- Qu’est donc cette eau de conduite? L’analyse chimique la révéla chargée d’acides et de sels, spécialement de sels de chaux; afin de parvenir jusqu’au véritable agent d’infection, Ilcyn soumit ses petites plaques de tôle d’aluminium au contact de diverses solutions salines, dans lesquelles se retrouvaient seuls ou associés les différents sels trouvés dans l’eau de conduite. Sans tirer des conclusions absolues de ces expériences longues et difficiles, on peut en inférer que la présence des sels de chaux est une cause d’aggravation du mal; les eaux calcaires sont donc particulièrement nocives pour l’aluminium écroui.
- Gomme conclusion à leurs expériences, les deux professeurs allemands ont cru pouvoir émettre l’hypothèse suivante : à la suite du laminage, deux bandes voisines de la tôle peuvent être parvenues à des degrés d’écrouissage et, en même temps, de tension électrique très éloignés l’un de l’autre el, • mis en présence de solutions salines, se comporter comme des métaux différents dans une électrolyse; la plaque la plus écrouie jouerait le rôle d’électrode positive et perdrait son métal.
- Fig. 3. — Un vase d’aluminium frappé de maladie. Face inférieure du vase. L’allaque est rectiligne.
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- 62 — T:::-::-::::—::-:----:"- L’ADHERENCE DES SURFACES POLIES
- Quoi qu’il en soit de la cause profonde du phe'no-mène, le mal est grand. Quel est le remède?
- Nous avons vu que l’infection ne peut se produire que sur un métal très écroui et en contact prolongé avec l’eau de conduite. Deux thérapeutiques sont donc possibles.
- La première consistera à faire disparaître les dangers de l’écrouissage par un recuit convenable ; Heyn a constaté que, chauffée à 450°, une petite barre d’aluminium ne subissait plus, même sous l’action prolongée de l’eau de conduite, que l’attaque sans conséquence grave du type A; au contraire, une barre analogue, mais non chauffée, était fortement corrodée (les figures 5 et 6 donnent la photographie après attaque de la barre chauffée à 450° et de la barre demeurée
- sous l’influence de l’écrouissage). Voilà donc un moyen facile d’éviter la maladie. Malheureusement, il est à craindre que ce chauffage accentué rende le métal moins dur et plus déformable. Ne suffirait-il pas, plus simplement, de s’arrêter, dans la fabrication des tôles, à un degré d’écrouissage moins prononcé, mettant le métal à l’abri des trop fortes attaques, tout en lui conservant ses qualités mécaniques?
- La seconde méthode de traitement consistera à éviter le contact avec l’eau : dessécher soigneusement les objets à chaque fois qu’on les utilise est évidemment impraticable. Mais ne pourrait-on recouvrir l’aluminium d’un enduit suffisamment imperméable pour lui éviter la fatale humidité? V. R.
- L’ADHÉRENCE DES SURFACES POLIES
- Un savant anglais, M. II. Budgett, vient de dissiper un mystère scientifique. On sait que lorsque l’on met en contact deux surfaces métalliques parfaitement polies, telles que les progrès de la mécanique permettent de les obtenir aujourd’hui, on constate une très forte adhérence. Sur ce principe ont été établis les calibres de haute précision, dont La Nature a entretenu, il y a quelques mois, ses lecteurs (Q.
- Quelle est la cause de cette adhérence? La pression atmosphérique ne peut être invoquée, car le phénomène se manifeste aussi bien dans le vide qu’à l’air libre. Tyndall, qui l’un des premiers étudia le fait vers 1875, invoquait l’attraction moléculaire; la perfection du polissage permettant à un grand nombre de points des deux surfaces de venir en contact intime, cette attraction pouvait, selon lui, s’exercer avec vigueur.
- Or, M. Budgett, en maniant les calibres d’acier poli dont nous parlons plus haut, fit un certain nombre de constatations qui éveillèrent son scepticisme : l’adhérence ne se produisait pas toujours avec la même force; parfois même les pièces se refusaient absolument à rester en contact. Par contre, deux blocs,, qui avaient été. laissés adhérents l’un à l’autre pendant un temps assez long, ne purent être séparés qu’à coups de marteau. On remarqua, alors, que les deux surfaces ainsi détachées étaient rouillées : c’était la preuve qu’une certaine humidité s’était interposée au début entre elles.
- 1. Les calibres Johannsson, n° 1881, 12 juin 1909.
- M. Budgett reprit, avec plus de minutie, l’étude complète du phénomène : il découvrit qu’il se condense toujours une mince couche d’eau sur l’acier lorsqu’on prend le calibre avec les mains; et c’est à cette pellicule liquide qu’il faut attribuer l’adhérence. Car, si l’on a soin de bien nettoyer les surfaces polies avec de l’alcool qui les débarrassera de toute trace de graisse; si on ne les manipule qu’avec des pinces, nulle adhérence ne se produit.
- Partant de là, M. Budgett effectua une série d’expériences méthodiques, dans le but d’analyser l’action adhé-sive de couches liquides de diverse nature. L’attraction la plus énergique se produit sous l’effet d’une pellicule de vapeur d’eau condensée ; viennent ensuite la térébenthine et la paraffine, puis les diverses huiles lubrifiantes. Les liquides volatils comme l’alcool, la benzine, le pétrole, ne produisent aucune attraction; les liquides visqueux comme la glycérine n’ont qu’un effet très faible. Si l’on frotte les deux surfaces contre la main, une attraction énergique, au contraire, se manifeste. M. Budgett l’attribue au savon dont il reste toujours quelques traces sur la peau, à moins d’un lavage prolongé à l’eau claire.
- La pression atmosphérique a aussi sa part ; M. Budgett l’a montré par des expériences dans le vide, mais cette part n’est guère que de 25 pour 100, tandis que celle de la pellicule liquide est de 75 pour 100. En tout cas, malgré la perfection du poli, s’il n’y a pas de couche liquide interposée, l’air pénètre librement entre les deux surfaces, et celles-ci ne peuvent former joint étanche.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 décembre 1911.
- M. le Président ouvre la séance par un discours dans lequel, suivant l’usage, il commence par rappeler les noms et les travaux des membres ou associés de l’Académie et des correspondants des diverses sections, morts dans l’année écoulée. Ces morts sont : MM. Michel Lévy et Troost, membres de l’Académie; sir J. Dalton Hooker, le doyen des associés étrangers; MM. Jacob Ilenricus Van’t Hoff, de Charlottenbourg ; Armand Sabatier, de Montpellier ; Meray, de Dijon; Booscha, de Delft; Auguste Ilouzeau, de Rouen; Arloing, de Lyon; Ladenburg, de Breslau. Puis M. le Président fait une allusion à la lutte qui a marqué l’élection de M. Branly :
- « Chacun ici se rappelle les discussions passionnées qui ont accompagné l’élection du nouveau membre de la Section de Physique. Il avait pour concurrent une femme qui porte le nom hautement honorable de l’un de nos plus regrettés confrères. La question qui divisait notre Académie et l’Institut tout entier n’était pas tant de savoir lequel des deux candidats avait le plus de mérite, que de décider si l’on admettrait le principe même de l’élection des femmes. Malgré le sentiment contraire de l’Institut réuni en Assemblée plénière, l’Académie des Sciences pensa qu’elle n’avait pas le droit de repousser a priori toute candidature féminine et qu’il appartient, en principe et en droit, à chaque Académie de réglementer comme elle l’entend ses élections et ses choix. Il m’a toujours paru, quant à moi, logique et libéral que les portes de nos Facultés, de nos hôpitaux, de nos prétoires, de nos Académies elles-mêmes, puissent s’ouvrir largement à tous ceux ou celles qui sont capables et dignes à la fois, quels que soient leur religion, leurs opinions ou leur sexe. Faudra-t-il pour des inconvénients évidents, mais, en somme, secondaires, empêcher d’entrer à l’Académie des Beaux-Arts une nouvelle Vigée-Lebrun ou une Rosa Bonheur? A l’Académie française, une moderne Madame de Sévigné ou une autre George Sand ? Et chacune de nos Académies, si elle craint des compromis ou des faiblesses, n’a-t-elle pas le droit de décider franchement, et seulement pour son compte, qu’elle exclut toutes les femmes de ses listes, fussent-elles des femmes de génie ?
- « Maintenant jusques au bout le principe simple et libéral de l’élection du plus digne, l’Académie des Sciences ne crut donc pas devoir exclure les femmes de ses listes, mais elle nomma M. Édouard Branly, professeur à l’Institut catholique de Paris. Notre nouveau confrère est surtout connu par les progrès que lui doit la science de l’électricité et la télégraphie sans fil. On a dit avec raison qu’avant ses recherchés, la merveilleuse transmission de la pensée à distance, sans conducteur métallique, eût été pratiquement irréalisable. »
- M. le Président mentionne ensuite l’élection de M. Mou-reu en remplacement de M. Troost, puis énumère les principales recherches de ce savant ; il cite ensuite l’élection de M. Tisserand comme membre libre et montre l’importance pour l’agriculture française des mesures prises par cet administrateur remarquable. Enfin, M. le Président relate l’élection de dix-sept correspondants : MM. Ilelbert et Voigt, de Gœttingue ; Cosserat et Leclain-che, de Toulouse ; Zaboudski et Pavlow, de Saint-Pétersbourg; M. Levi-Civita, de Padoue; Sven fledin et Arrhenius, de Stockholm; Guillaume, de Genève; J.-J. Thompson, de Cambridge ; Godlewski, de Cracovie ; Peron-
- Présidence de M. A. Gautier.
- cito, de Turin; P. Wagner, de Darmstadt; Renaut, de Lyon; Bernstein, de Ilalle-sur-Saale.
- M. le Président termine par des remerciements aux donateurs de fonds à l’Académie, le prince Roland Bonaparte et M. Tranquille Loutreuil.
- (( C’est, dit-il, grâce à l’attribution judicieuse de ces dons généreux, c’est par ces créations qui offrent aux initiés tant de moyens de. travail productif, c’est par la perpétuelle fécondité que lui confère la rénovation des membres choisis par elle pour remplacer ceux qui ne sont plus, que l’Académie, toujours renaissante, peut' agir utilement en soutenant d’un bras secourable ceux qu’elle distingue dans le tourbillon qui emporte vers l’avenir notre jeunesse laborieuse. C’est ainsi que l’Académie peut favoriser, sinon diriger, l’éternel et patient travail qu’inspire et soutient le culte de la vérité. Que ce soit celui du géomètre vivant dans le monde idéal de la raison pure, où l’esprit débarrassé des contingences découvre les rapports des formes et les relations des grandeurs abstraites; celui de l’astronome calculant la marche des astres dans les profondeurs sans fin ; celui du physicien déterminant la température, la composition et la vitesse de déplacement de. ces amas de matière perdus dans l’espace ; celui du chimiste imaginant des substances nouvelles et les modelant suivant ses désirs ; du zoologiste ou du botaniste déterminant les lois des variations et de la descendance des êtres vivants ; du médecin découvrant les microbes de redoutables maladies ou cultivant de nouveaux vaccins, l’Académie trouve dans son sein des juges qui prudemment, consciencieusement, savent examiner, décider, décerner leur approbation ou faire des réserves. Gardienne des traditions scientifiques, ne sacrifiant pas le réel au brillant, ne se laissant égarer ni par l’opinion du jour, ni par la routine, elle nous apparaît comme le tribunal supérieur qui sanctionne le progrès et concourt largement à l’incessant et glorieux travail de l’esprit humain. »
- Il est ensuite procédé à la proclamation des prix de 1911 dont nous avons donné les listes au fur et à mesure qu’elles étaient arrêtées.
- Après cette lecture, M. le Secrétaire perpétuel Darboux donne lecture d’un éloge des donateurs de l’Académie. Les premières donations remontent à 1780 et 1782 ; elles disparurent en 1793. En 1802, l’astronome Jérôme de La Lande offrit le capital nécessaire à la distribution annuelle d’un prix; de 1817 à 1821 M. de Montyon fonda plusieurs prix.
- Nous ne suivrons pas M. le Secrétaire perpétuel dans l’énumération des nombreuses fondations qui se sont succédé depuis cette époque et qui sont de sa part l’objet d’intéressantes notices consacrées aux donateurs. Nous rappellerons seulement ces paroles qui forment la conclusion de son travail et qui sont de Condorcet :
- « Depuis son institution, l’Académie a toujours saisi et même recherché les occasions d’employer pour le bien des hommes les connaissances acquises par la méditation ou l’étude de la nature.
- « L’Académie s’est toujours plus honorée d’un préjugé détruit, d’un établissement public perfectionné, d’un procédé économique ou salutaire introduit dans les arts, que d’une découverte difficile ou brillante. »
- Cu. DE Yiixedeuil.
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- : &&&&&&&&&&& = L’ÉLECTRO-CHROMOGRAPHE
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- Les jouets- électriques se font de plus en plus rares et les combinaisons de contacts pour actionner des sonneries ou allumer des lampes paraissent ne plus intéresser les enfants. La fée électricité offre cependant toujours de nouvelles ressources ; un vrai inventeur sait les mettre à profit. Ainsi l’électro-chromographe est une nouveauté intéressante comme jouet, alors que les propriétés, sur lesquelles sa
- Fig. i.
- L’électro-chromographe et. ses accessoires.
- technique s’appuie, sont connues depuis longtemps et n’ont donné lieu à aucune application. En principe, ce jouet est un appareil destiné à fixer, par l’électrolyse, les couleurs métalliques sur le papier. Ce principe est également celui des appareils télégraphiques Caselli, Meyer, entre autres, qui reproduisaient sur une feuille de papier, par l’intermédiaire d’une pointe métallique, le dessin transmis à l’aide d’une feuille d’étain couverte de traces d’encre isolante.
- Ici l’appareil est beaucoup plus simple, puisqu’il ne veut être qu’un jouet. C’est un petit pupitre d’acajou sur lequel est ajustée une plaque de zinc nickelée reliée à l’un des pôles d’une pile quelconque (les petites piles des lampes de poche conviennent parfaitement). Le second pôle de la pile est relié au porte-pointe, sorte de porte-plume à l’intérieur duquel pénètre le fil pour se souder à une capsule métallique. La pointe à ajouter à cette tige est soudée à un vulgaire protège-pointe de crayon. On engage l’extrémité capsulée dans le porte-pointe, on serre avec la bague et le contact est établi. C’est là toute l’installation.
- Pour dessiner, l’enfant prend une feuille de papier blanc ordinaire, non glacé afin que les pores ne soient pas fermées par l’émulsion, et la plonge dans un bain d’azotate ferreux. Au bout de quelques minutes il retire sa feuille, l’éponge convenablement et l’étend sur la tablette métallique du pupitre. Il peut alors, avec la pointe métallique qu’il a en iriain, tracer des dessins qui apparaîtront verts,
- jaunes, rouges, selon la naLure métallique de la pointe. Ainsi, sous l’action d’une pointe en acier au tungstène, la décomposition du liquide électrolytique qui imbibe le papier, donne un précipité vert. Pour obtenir des traits rouges, il faudra se servir de la pointe de laiton qui contient une très faible quantité de. zinc. Enfin la pointe de chrome, extraite d’un bloc métallique chimiquement pur, donnera un précipité jaune.
- Le même dessin peut donc être tracé suivant trois teintes différentes. Si l’on désire obtenir des demi-teintes, rien n’est plus facile il suffit, en effet, d’appuyer plus légèrement sur le papier et de faire courir la pointe plus rapidement. Un autre procédé donnant le même résultat consiste à sécher davantage le papier en l’épongeant au buvard. Enfin les très fines hachures sont faites avec des pointes plus petiles que celles employées pour les traits principaux. Dans ce but, chaque porte-pointe est pourvu de deux stylets : un gros et un autre plus effilé. Si l’on désire transformer le vert, en bleu de Prusse, il suffira de plonger dans l’eau la feuille de papier dessinée en traits verts et de laisser sécher; le changement de couleur s’opère de lui-même.
- Le papier au ferro-prussiate (papier à plans), impressionné à la lumière et qui prend une teinte bleu de Prusse, se prête également au dessin, mais les traits, quelle que soit la nature de la pointe, sont blancs. Il suffit pour obtenir ce résultat de le tremper dans de l’eau salée.
- La décomposition des oxydes métalliques par la
- Fig. 2.
- Comment on se sert de l’éleciro-chromographe.
- pile est une vieille découverte que l’inventeur de l’électro-chromographe,M. Chomeaii,a étudiée d’une façon toute spéciale en vue d’en tirer une application attrayante. 11 a rencontré, en effet, beaucoup de difficultés avant d’atteindre le but qu’il s’était proposé. C’est ainsi qu’il a tenu à constituer un bain unique pour obtenir les différentes teintes que nous avons indiquées, et qu’il lui a fallu étudier certains alliages pour façonner les pointes. Ce petit jouet lui a demandé un an de travail pour le mettre au point et le rendre propre à intéresser les enfants. L. F.
- Le Gérant : P. Massun. — Imprimerie Lauuui;, rue de Fleurus 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2014.
- := 30 DÉCEMBRE 1911.
- LE GUEPARD OU LEOPARD CHASSEUR
- « Cynailurus jubatus » ou « guttatus »
- La ménagerie du MuséiiflSa reçu en don, cet été, de Mme Ponty, femme du gouverneur de l’Afrique occidentale, un Guépard, féliu connu depuis'longtemps des naturalistes, mais que l’on voit assez rarement dans les jardins zoologiques. Le genre Cynailiirus a été créé, en T 830,' par Wagler, pour cette espèce de grand Chat, qui diffère nettement des autres Félidés par ses caractères et par, ses mœurs.
- Le Guépard est un animal de la taille des grands Chiens danois, qui présente des formes plus élancées que celles du Léopard auquel il ressemble par son mode de coloration. La tête est petite, une courte crinière existe sur le derrière du cou;,les pattes grêles, comme celles du Chien, indiquent un animal plus apte à la course que les autres félins. Les ongles sont très faiblement rétractiles, de telle sorte qu’ils s’usent par la marche et ne peuvent griller ou servir de cram-
- '&W. ’}-*
- pons pour grimper aux arbres.
- La dentition,
- comparée à celle des autres Chats, présente aussi des différences qui éloignent le Guépard du type normal de la nombreuse famille des Félidés.
- La coloration rappelle celle de la Panthère (ou Léopard), présentant des taches noires nombreuses sur un fond d’un fauve doré. Mais ces taches, au lieu d’être groupées, par quatre ou cinq, en forme de rose, comme on le voit chez la Panthère, sont dispersées d’une façon plus ou moins régulière sur tout le pelage, d’où le nom spécifique dé « gutta-tus » donné au Guépard par le naturaliste Hermann. Le jeune porte une livrée assez rare et- fort différente de celle des autres espèces de la famille des Félidés, au point qu’elle a fait croire, tout, d’abord, 40‘1 aimée. — i6r semestre.
- Le Guépard du Muséum, tenu en laisse pour une promenade dans le Jardin.
- à l’existence d’une espèce distincte (‘j. À leur naissance les jeunes Guépards sont d’un gris assez clair avec des taches foncées et allongées horizontalement sur le dos ; en outre, le pelage est plus long que chez l’adulte, qui l’a presque ras, et forme sur le cou et les épaules une crinière assez épaisse.
- Le Guépard est répandu dans toute l’Afrique, depuis l’Algérie et la Haute-Égypte jusqu’à la colonie du Cap ; il se retrouve en Asie, depuis la Syrie et le Turkestan jusqu’à la Perse et l’Inde centrale. La variété asiatique, bien que peu différente de l’autre, est distinguée, comme sous-espèce, sous le nom de a .juba1 lus » donné par Erxleben.
- Ce qui a fait la réputation du Guépard, dès la plus haute antiquité, chez les . peuples de l’Orient, c’est son utilisation pour la chasse à la Gazelle. Dans un article très documenté, publié ici même par M. Hip-polyteBoussac(2), l’auteur nous apprend que l’animal était connu
- des anciens Égyptiens de l’époque pharaonique ; il est souvent représenté sur les monuments de cette époque, toujours avec un collier au cou, ce qui ne laisse aucun doute sur son emploi cynégétique. Les artistes de l’époque,' exagérant encore la gracilité de ses formes, l’avaient même stylisé, suivant la coutume dans l’écriture hiéroglyphique, comme le montre une peinture de^Beni-Hassan reproduite par Champollion et par M. Boussac (fig. 5 dé l’article précité).
- Cependant le Guépard n’a jamais été réellement
- 1. F dis megabalia Ilcugliu; Fc lis lança Sclater.
- 2. Hii'poiate Boussac, Le Guépard dans l'Egypte ancienne, avec 5 figures (voy. n° 1817, p. 248-250, du 21 mars 1908)*
- 5. — 65
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- domestiqué comme le Chien et le Chat. A l’exemple du Faucon, utilisé concurremment pour la chasse à la Gazelle, on se contentait de capturer des jeunes déjà grands, que l’on apprivoisait et que l’on dressait à cette chasse toute spéciale.
- Yoici comment cette capture se pratique encore dans l’Inde. Les indigènes, qui connaissent bien les mœurs du Guépard, remarquent les arbres où ces animaux, à l’exemple des autres félins, viennent se faire les ongles qui muent comme le pelage. Autour d’un de ces arbres on dispose des nœuds coulants où le Guépard, tout en jouant, se prend la patte. On s’empare avec précaution de l’animal, on le lie des quatre membres, on lui bande les yeux, puis on le hisse sur une charrette et on l’amène au village. Là, on l’installe, toujours étroitement lié, sur une sorte de lit où on le mate par la privation d’aliments, tout en l’étourdissant par un babillage incessant, auquel les femmes et les enfants prennent la plus grande part, ce qui ajoute l’insomnie à l’inanition. Le captif s’habitue peu à peu au voisinage de l’homme. Quand il a suffisamment perdu de son naturel sauvage, on relâche un peu ses liens, on le fait sortir avec des entraves aux jambes et on le promène, entre deux gardiens, dans les lieux où la foule est le plus compacte. Il finit par s’apprivoiser, et jouit dès lors d’une certaine liberté, couchant même avec son gardien.
- Pour le dresser à la chasse, on l’amène sur un chariot dans un champ où se trouve une Gazelle ; on lui enlève son capuchon et on le lâche. Dès qu’il aperçoit le gibier, il s’élance; en quelques bonds la bête est prise et terrassée. Le chasseur se hâte d’arriver, achève la Gazelle et remet au Guépard son capuchon, après l’avoir récompensé par quelques gorgées du sang de l’animal.
- On recherche surtout les Guépards qui forcent réellement l’Antilope à la course ; ceux qui s’avancent cauteleusement tout près de leur proie pour bondir subitement sur elle, sont peu estimés. On conçoit que cette qualité, de réunir la vitesse et le fond, soit assez rare chez le Guépard qui, malgré ses longues jambes, a conservé l’organisation des autres Chats, et ne transpire pas, comme le Chien, par la muqueuse buccale; ce qui permet à ce dernier de suivre, pendant des heures, une chasse à courre.
- Cependant, d’après M. Vigne qui a assisté à cette chasse, la vitesse d’un Guépard bien dressé est très grande. Dès qu’il est décapuchonné et détaché de son chariot, il marche vers l'Antilope la queue raidie et légèrement relevée, la tête basse, la crinière hérissée, les yeux fixés sur le gibier qui ne l’aperçoit pas encore. Dès que l’Antilope effrayée prend la fuite, il la charge avec une vitesse qui dépasse celle du plus rapide cheval de course, ou du meilleur Lévrier. Cependant, s’il n'a pu rejoindre sa proie au bout de trois à quatre cents mètres, le souffle lui manque; il est obligé de s’arrêter et d’abandonner la poursuite. Il reste pendant quelques minutes dans un état de rage concentrée, grondant
- et jurant ; puis il se laisse reprendre et rattacher sur son chariot.
- Si, au contraire, il a pu atteindre et renverser l’animal qu’il poursuivait, il le maintient couché en le tenant par le cou, une patte sur la tête pour éviter les cornes de sa victime qui se débat. Le gardien s’empresse d’accourir, coupe le cou de l’Antilope et recueille le sang dans le plat de bois dans lequel le Guépard reçoit d’ordinaire sa nourriture. Pendant que le fauve boit ce sang avec avidité, on lui glisse adroitement le capuchon qui permet de le rattacher. Les figures données par M. Boussac, en 1908, permettent de se faire une idée de cette chasse. L’une d’elles montre qu’en Perse, le chasseur à cheval se contentait souvent de porter le Guépard en croupe, attaché sur un coussin.
- Le Guépard que l’on peut voir actuellement, à la ménagerie du Muséum, n’a jamais été dressé à la chasse. Enlevé, probablement très jeune, à ses parents par les nègres du Soudan, il a été élevé, dans les jardins du gouverneur de l’Afrique occidentale, en société d’un jeune Lion qui fut son compagnon de jeux jusqu’à Paris.-Mais le Lion, devenu en grandissant beaucoup plus robuste que son camarade et menaçant d’abuser de sa force, on a du les séparer. Quant au Guépard, il est d’un caractère très doux et très docile ; comme le montre notre figure, il se laisse conduire par une femme ou un enfant, témoignant de temps en temps son désir d’une liberté plus complète en se couchant sur le dos, pour jouer avec sa chaîne ou les jambes de la personne qui le tient; mais comme ses griffes ne peuvent déchirer, un simple coup de brosse suffit à réparer le dommage.
- Pour mettre à l’épreuve ses instincts de chasseur, nous l’avons conduit devant le parc des Gnous. Dès qu’il aperçut ce gibier, de taille pourtant respectable et d’un aspect plutôt rébarbatif, le Guépard s’aplatit des quatre membres sur le sol, la tête rasée entre les pattes de devant, dans l’attitude d’un Chat à l’affût d’une souris. Les Gnous, de leur côté, s’émurent à la vue de cette bête tachetée; le mâle s’enfuit au galop à l’autre bout du parc; la femelle, au contraire, fascinée comme un Oiseau à la vue d’un Serpent, resta en arrêt, les yeux fixés sur l’animal de proie. Ce qu’il y a d’intéressant dans le fait, c’est que les deux espèces, Guépard et Gnou, se voyaient certainement pour la première fois, le Gnou n’existant pas dans l’Afrique occidentale et nos deux Gnous étant nés dans un parc privé (*). L’instinct naturel avait parlé à première vue d’un côté comme de l’autre. Inutile de dire que l’expérience ne fut pas poussée plus loin, le Guépard s’excitant et commençant à gronder en cherchant à s’élancer contre la grille qui le séparait des deux herbivores.
- Comme l’a rappelé M. Boussac, plusieurs rois de
- 1 j Le Gnou à queue blanche est éteint ît l’état sauvage I dans l’Afrique australe.
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- THÉORIE ÉLECTRONIQUE DES METAUX : 67
- France, au xve siècle, ont eu la fantaisie de chasser le Chevreuil ou le Lièvre à l’aide du Guépard. On se procurait ces fauves par l’entremise des ducs de Toscane, qui entretenaient des relations suivies avec
- l’Orient et possédaient une ménagerie. Aujourd’hui, cette chasse est délaissée, au moins en Europe, aussi bien que la chasse au Faucon.
- E. Trouessart.
- Professeur au Muséum national.
- LA THÉORIE ÉLECTRONIQUE DES MÉTAUX
- M. E. Bloch, professeur au lycée Saint-Louis, a fait, dans l’amphithéâtre de physique de la Sorbonne, une conférence sur la théorie électronique des métaux. Cette conférence qui appartient, comme celles de MM. Perrin et Langevin, dont nous avons rendu compte précédemment, à un cycle organisé par la Société française de physique sur les idées modernes sur la constitution de la matière, les complète heureusement. Sans nier les difficultés que rencontre à l’heure actuelle la théorie des électrons, difficultés que M. Langevin avait signalées dans sa conférence en indiquant les tentatives faites pour les résoudre, l’édifice théorique élevé par les électronistes, dont le plus célèbre est M. H. Lorentz de Leyde, est loin d’être méprisable et, dans un grand nombre de cas, la pureté, l’harmonie et l’élégance de ses développements sont faits pour séduire et retenir l’esprit.
- La théorie des électrons découle, quant à ses bases physiques, de la théorie classique de l’électricité, à laquelle sont liés pour toujours les noms de Maxwell et Faraday. Nous avons déjà donné, à propos de M. Langevin, un aperçu de cette théorie caractérisée par l’étude des milieux, matériels ou non, dans lesquels existe un champ, électrique ou magnétique. Il est à remarquer d’ailleurs qu’il est inutile d’imaginer une représentation concrète des phénomènes dont ces milieux sont le siège, pour écrire les équations qui les régissent. Gn peut bien, il est vrai, se représenter les tensions internes quasi-élastiques développées dans le milieu entourant un corps électrisé, assimiler l’électricité à une substance, ou à un fluide, capable de se mouvoir librement dans les conducteurs ou au contraire lié à sa position d’équilibre dans les diélectriques, supposer enfin que le champ magnétique est le siège de certains mouvements invisibles, par exemple des rotations autour des lignes de force. De telles représentations concrètes, si elles peuvent dans certains cas faire utilement image, conduisent, dans d’autres circonstances, à conférer aux supports ainsi créés des propriétés d’allure si paradoxale, que la correspondance physique avec des corps matériels est impossible et ne peut plus rendre aucun service.
- Mais les équations obtenues par la théorie de Maxwell, si elles traduisent bien globalement les efforts entre les phénomènes, ne nous renseignent en rien sur leur mécanisme même. Pour saisir les phénomènes élémentaires, microscopiques pourrait-on dire, et voir comment ils déterminent les effets macroscopiques, seuls décelés par nos appareils, et seuls sensibles à notre échelle, il faut faire de nouvelles hypothèses. C’est ainsi que l’on fut conduit à la conception des électrons, particules chargées électriquement, extrêmement petites, mille à deux mille fois plus petites que l’atome, présentes en nombre extraordinairement-grand dans les corps matériels, et qui serviront, par leur distribution et leur mouvement, à prévenir les phénomènes électriques et optiques non confinés dans l’éther. D’après les idées modernes, parmi les électrons présents dans un corps conducteur, une partie d’entre eux, sinon tous; sont complètement libres et peuvent par suite obéir à une
- force électrique qui occasionnera le déplacement des particules positives dans un sens, les particules négatives se dirigeant en sens inverse. Au contraire, dans une substance non conductrice, on suppose les électrons liés, fixés dans certaines positions.
- Ces hypothèses permettent de rendre compte des phénomènes observés et comme nous le verrons, de‘retrouver les lois fondamentales de l’électricité. Dans le cas d’un fil métallique, le déplacement des électrons libres détermine le courant de conduction. Dans les diélectriques, les électrons, bien que liés, peuvent, sous l’action d’une force extérieure, être déplacés de leur position d’équilibre, mais alors il se crée une nouvelle force, analogue à une force élastique, qui tend à les l’amener à leur position primitive. Le mouvement initial des électrons donne naissance à ce que Maxwell a appelé le courant de déplacement, et la substance qui est le siège de ce courant est dite polarisée électriquement.
- De même les électrons, sous l’action de forces élastiques, peuvent vibrer autour de leur position d’équilibre ; ils deviennent alors centre d’émission d’ondes se propageant dans l’espace et déterminant les phénomènes optiques et calorifiques. Le phénomène inverse : l’absorption s’explique aussi très bien par les considérations des vibrations communiquées aux électrons par les forces périodiques existant dans un rayon de lumière incidente. La mise en mouvement des électrons est achetée au prix de l’absorption d’une partie de l’énergie transmise. Si, au contraire, aucune énergie vibratoire n’est perdue par le rayon, bien que les électrons soient mis en mouvement, le corps est dit transparent. En tenant compte de l’action perturbatrice des électrons en vibration sur la vitesse de propagation de l’onde dans le milieu, on peut interpréter, d’une manière remarquable, les phénomènes si curieux de réfraction, polarisation, etc.
- D'un autre côté, la théorie du mouvement des électrons dans les corps métalliques, due à Riecke, Drude et J.-J. Thomson, a conduit à des résultats fondamentaux. L'idée dominante de la théorie moderne des propriétés électriques et calorifiques des métaux est que les électrons libres présents dans le métal forment un véritable gaz à l’intérieur des molécules matérielles, participant à leur agitation thermique, se déplaçant en tous sens avec des vitesses telles que l’énergie cinétique moyenne de chacun d’eux soit égale à celle d’une molécule d’un gaz ordinaire à la même température. Si l’on suppose de plus que les électrons frappent les atomes métalliques de la même façon que les molécules d’un gaz heurtent les parois du vase qui les renferme, on peut se rendre compte du fait que les métaux bons conducteurs de l’électricité sont aussi bons conducteurs de la chaleur et que le rapport des deux conductibilités est à peu près constant pour chaque série de métaux. En effet, plus les électrons seront nombreux et -plus le temps séparant deux chocs sera grand, plus les conductibilités thermiques et électriques seront grandes. Ainsi non seulement la théorie des électrons permet de retrouver, avec une élégante simplicité, les lois fondamentales du courant, lois d’Ohm et de Joule,
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- INDUSTRIE DE LA SOIE AUX PHILIPPINES
- de Laplace, de l’induction, etc., mais aussi les lois de Wiedmann et Frantz sur le rapport entre les conductibilités electricpies et thermiques qu’aucune autre théorie ne pouvait interpréter. Il y a plus. Assimilant les électrons à un gaz matériel,, et appliquant alors les raisonnements et les modes de calcul de la théorie cinétique, on peut retrouver aussi, qualitativement et quantitativement, les lois de l’électricité de contact et de la thermo-électricité (lois de Vol ta, de Magnus et de Becquerel)^ Enfin les deux phénomènes fondamentaux dans la théorie des piles, effet Peltier et effet Thomson, sont interprétés, tout au moins qualitativement par la théorie des électrons, ainsi que le phénomène si curieux découvert par Hall (changement de la distribution calorifique par l’action d’un champ magnétique).
- On voit donc que la théorie électronique des métaux, incomplète encore en bien des points, n’en a pas moins su grouper un nombre considérable de résultats en une explication relativement simple. Ainsi que l’écrit Lorentz: « La théorie clés électrons doit être regardée comme une extension au domaine de l’électricité des théories
- moléculaires et atomistiques qui rendent de si grands services en physique et chimie. Comme elles, elle peut être négligée -par certains physiciens qui préfèrent pénétrer clans les régions neuves de la science, en suivant les grandes routes constituées par les lois de la thermodynamique, ou simplement en décrivant les phénomènes et leurs relations mutuelles au moyen de systèmes d’équations convenables. On ne peut dénier que ces méthodes ont un charme particulier et qu’en les suivant, on a l’impression de bâtir en terre ferme, tandis que clans les théories moléculaires, le physicien aventureux court souvent le risque de perdre la voie et d’être déçu par un résultat négatif. Il ne faut pourtant pas oublier que les hypothèses' moléculaires peuvent revendiquer certains résultats que n’auraient jamais pu atteindre la thermodynamique pure ou l’électromagnétisme sous sa forme la plus générale, résultats fondamentaux que nous avons précédemment signalés et qui concernent la théorie cinétique des gaz, la théorie des solutions diluées et des électrolytes, la genèse des courants électriques par le mouvement des ions et la conductibilité des gaz. »
- c£§GnS.^n>$j
- II. Vigneron.
- L’INDUSTRIE DE LA SOIE AUX PHILIPPINES
- L’industrie de la soie aux Philippines, c’est une industrie qui n’existe pas encore : toute la soie qu’on y emploie vient du dehors. Et cependant rien n’est plus légitime que de parler de cette industrie, car elle existera demain, cela ne fait aucune espèce de doute au Ministère de l’Intérieur de l’archipel. 11
- Il vient de publier, en effet, un Manuel de la culture de la' soie philippine qui en est en quelque sorte le « lancement », et qui donne, à côté de renseignements pratiques très précis, l’historique de cette fondation de toutes pièces (*).' ’
- Disons d’abord.que des tentatives avaient été faites au xvie et au xvm6 siècle par des missionnaires, mais elles n’avaient pas été suivies avec persévérance et on les avait abandonnées. De 1 780 au début du xx° siècle, plus rien n’avait été essayé.
- En 1904, M. Banks, du « Bureau de Science » des Philippines, se trouvant à Tokyo, étudia de près les méthodes japonaises de sériciculture à la station expérimentale impériale de cette ville, il y était en relations avec un japonais très distingué, M. Kuvana, qui est un des meilleurs entomologistes du monde entier, et celui-ci persuada à. Md Banks de tenter l’essai aux Philippines. L’archipel abonde en mûriers, et il suffisait d’acclimater le ver à soie.
- M. Banks revint de Tokyo avec les vers du Bombyx japonais (Bombyx mori) et en tenta l’élevage. Celui-ci ne réussit pas, à cause des trop grandes différences de climat entre les Philippines et le Japon. L’entomologiste en fut quitte pour chercher à 'travers le monde une espèce déjà adaptée aux conditions tropicales et il la trouva facilement dans YAtiacus Ricini du Bengale et de Ceylan. Il s’en fit envoyer, les éleva et trouva qu’ils étaient fort bien adaptés. L’industrie de la soie était possible aux Philippines.
- M. Banks doit être un patriote philippin : il ne lui suffit pas que les Philippines eussent un ver à soie, il voulut qu’elles aient leur ver à soie, une variété spéciale, propre à elles seules. Et comme il lui restait quelques
- 1. Ch. S. Banks.. A Manual ôf Philippine silk culture. Manda, 4911 {Department of ihe Inlerior. Bureau of Science). . - » - • -s ......
- vers venus du Japon, il « fabriqua » cette variété nouvelle, par une très jolie application des lois de Mendel, en croisant ces vers japonais avec les vers cinghalais. Après vingt-cinq générations de caractères indécis et variables, il obtint un type fixe, cinghalais par la forme du cocon, et japonais par sa couleur qui est blanche, le cocon cinghalais étant jaune d’or.
- Là-dessus, le « Bureau de Science » fit de sa section d’entomologie une sorte d’école pour former des éleveurs entraînés de vers à soie, puis il publia son Manuel, et, comme il avait fait des provisions de vers, il annonça qu’il les distribuerait gratuitement, avec des conseils en plus, aux propriétaires de plantations de mûriers. L’opération a été menée avec tant de sûreté qu’il semble vraiment impossible de douter de son succès. Au surplus, un chapitre du Manuel est consacré à examiner la possibilité économique de l’affaire, et les supputations, qui en sont fort raisonnables, en sont aussi .pleines, de promesses.
- Ce qui est curieux, et pour nous bien peu habituel, c’est la façon dont le Gouvernement philippin, et celui des Etats-Unis par-derrière, entendent garder la main haute sur la nouvelle industrie, en assurer et en'surveiller le succès. Par exemple, si le « Bureau de Science » est prêt à fournir aussi libéralement que possible les vers qu’on lui demandera, il y met une condition sine qua non qu’il énonce expressément : c’est que la personne ou la localité qui en fera la demande fasse la preuve qu’elle possède un personnel spécialement « entraîné » à leur élevage et compétent. „
- D’autre part, de minutieuses précautions ayant été prises, les vers à soie philippins sont indemnes de toute maladie parasitaire, ils n’ont eu et n’ont ni la pébrine, ni la Jlacherie, ni la grasserie, ni la muscardise, ni la gattine. C’est là, en faveur de la soie philippine, une prime qu’il importe de conserver. Dans ce but, le « Bureau de Science » donnera gratuitement ses vers, mais il sera le seul à en donner et toute vente en sera interdite à n’importe qui. Et un « act » des États-Unis lui réserve également leur importation, sous forme d’œufs ou de cocons, celle-ci étant interdite à toutes les personnes privées, sous peine de confiscation et de poursuites judiciaires. ...... '• ........ H. G.
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- LE SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- Pour la troisième fois, le Salon de l’Aviation a ouvert ses portes. Les dernières performances accomplies, les résultats du Concours militaire, le fait que les voyages de plusieurs centaines de kilomètres sont devenus si fréquents qu’on les signale à peine; tout cela montre bien que l’aéroplane a triomphé de ceux qui ne se plaisaient à ne voir en lui qu’un dangereux engin de sport, sans utilisation pratique possible.
- Il n’était donc pas hasardeux de prédire au Salon actuel, l’éclatant succès qui consacrera les efforts
- école. Bréguet expose bien le biplan primé à Reims, mais plutôt à titre de curiosité. La difficulté qu’ont eue les constructeurs à réussir les épreuves imposées et le temps qui leur a été .nécessaire, semblent indiquer que les remarquables performances accomplies représentent de véritables tours de force qu’il serait difficile de renouveler souvent.
- La question de supériorité entre monoplan et biplan n’est pas encore tranchée. Le fait que cette année la plupart des épreuves ont été des courses de vitesse, a conduit quelques constructeurs de
- L’allée centrale du Salon de l’Aéronautique.
- persévérants des constructeurs et l’habileté de tous les aviateurs, civils ou militaires, auxquels La Nature s’est toujours plu à rendre hommage.
- • Un passage rapide suffit pour donner au visiteur l’impression que les appareils exposés cette année sont sensiblement identiques à ceux de l’an dernier. Le Salon n’offre, à quelques rares exceptions près, aucun principe nouveau. Visiblement, l’attention des ingénieurs s’est surtout portée sur les détails de construction. Les types existants ayant donné des preuves suffisantes de bon fonctionnement, on a voulu faire des appareils plus solides en remplaçant souvent le bois par l’acier, et plus pratiques en facilitant énormément le démontage.
- Les appareils du Concours militaire n’ont pas fait
- biplans, tels que Sommer et Farman, à établir des monoplans.. Mais le biplan conserve les nombreux partisans que sa sécurité et sa facilité de conduite lui avaient acquis.
- Notons enfin la disparition presque complète des appareils étranges ou trop compliqués qui ornaient les précédents salons. Plus d’hélicoptères ou d’ailes battantes, presque tous les appareils exposés ont volé ou sont en état de voler.
- D’une étude un peu plus approfondie, il semble résulter que les tendances principales de ce Salon sont :
- Construction métallique.
- Réduction des dimensions et surtout du poids.
- Diminution de la résistance à l’avancement.
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- 70 : — LE SALON DE L'AÉRONAUTIQUE
- Au sujet de la construction métallique il est curieux de constater que si les tubes d’acier remplacent souvent le bois dans la carcasse de l’aéroplane,' par contre l’hélice en bois a complètement supplanté l’helice métallique. 11 y a là, à première vue, une anomalie indiquant que la question a besoin d’étre> approfondie.
- La réduction des dimensions doit donner des résultats heureux. Le poids de l’appareil devient plus faible, et le poids utile transporté diminue moins rapidement qu’on pourrait le 'croire. Le transport et le démontage sont facilités, et surtout les moteurs nécessaires pourront être moins puissants. Cette tendance se remarque principalement chez Sommer et Caudron qui exposent deux biplans légers : le premier en acier, le second en bois.
- On cherche à diminuer le plus possible la résistance à l’avancement en simplifiant le haubannage et en enfermant presque complètement le pilote et les passagers dans un fuselage entoilé plus ou moins pisciforme.
- Nieuport avait du premier coup entrevu l’avantage de ces dispositions, et les appareils exposés cette année ne diffèrent pas des types de l’an dernier.
- Le fuselage du monoplan Deperdussin est très intéressant : il donne à l’appareil une belle impression de légèreté, le moteur est bien refroidi et complètement accessible. C’est certainement le plus beau montage de moteur Gnome.
- JTrain présente un monoplan entièrement métallique dont le centre de gravité est très bas, le pilote étant placé sous les ailes. Outre une grande stabilité, ce dispositif permet une construction plus solide et plus légère et dégage parfaitement la vue.
- Winet obtient un résultat identique en accrochant le£ ailes au-dessus du fuselage. Son monoplan a, en ou|tre, la propriété d’être le plus léger du Salon : 18jO kg pour 14 m2 environ.
- !Les biplans s’allègent considérablement et profitant beaucoup du grand effort de simplification tenté cette année par tous les constructeurs.
- Les. frères. Caudron exposent un joli biplan qui se distingue par la simplicité de sa construction. Le train d’atterrissage en particulier est remarquable. Il est bon de signaler que l’appareil ne pèse que 220 kg pour 22 m2 alors que le monoplan Nieuport n!a que 14 m2 et pèse 240 kg.
- Le nouveau biplan Sommer, en acier, est très intéressant pour sa construction bien nouvelle et son poids très réduit (290 kg avec un moteur de 50 chev. ). Les deux ailes sont réunies par une seule série de montants formés de deux tubes d’acier entretoisés. Cela donne à l’ensemble une impression de simplicité et diminue notablement les résistances à l’avancement.
- Il est juste de faire remarquer que le biplan Bréguet présente depuis longtemps cette propriété.
- Maurice Farman décale les surfaces de son biplan, le plan supérieur étant plus en avant que le plan inférieur. Ce dispositif, employé l’an dernier par
- Goupy, aurait l’avantage de diminuer l’influence des surfaces l’une sur l’autre, surtout pendant la descente en vol plané.
- : Signalons maintenant quelques types spéciaux qui, bien que sortant des sentiers battus, ont cependant donné des résultats satisfaisants.
- En premier lieu, Vhydroplane Voisin attire l’attention par la curieuse disposition de ses gouvernails qui sont tous à l’avant, ce qui donne l’impression qu’il marche à reculons. De plus, les roues sont remplacées par trois flotteurs qui lui permettent de se poser sur l’eau et d’en repartir. C’est le seul aéroplane de ce genre. Il est bien connu sous le surnom de Canard. Notons la réapparition du cloisonnement vertical qui avait été abandonné pendant quelques années.
- La torpille aérienne Tatin-Paulhan mérite également une mention particulière pour son dispositif de stabilisation latérale automatique obtenue par le relèvement des extrémités des ailes, et surtout pour la façon élégante dont on supprime la résistance produite par le courant d’air de l’hélice, en plaçant cette dernière après la queue arrière. Cet appareil bien personnel aurait donné aux essais une vitesse de 140 kilomètres à l’heure.
- Enfin la limousine Blériol, construite pour M. Deutsch de la Meurthe, représente l’apparition du premier aéroplane à carrosserie fermée. Alors que beaucoup de biplans ont leur gouvernail de profondeur à l’arrière comme les monoplans, il est curieux de constater que Blériot porte ce gouvernail à l’avant.
- Pour la première fois, trois maisons étrangères exposent au Salon. Leurs appareils, conçus par des ingénieurs français ou copiés d’après des modèles français, diffèrent peu des nôtres, et semblent pouvoir donner de bons résultats. Le monoplan anglais Bristol a du reste déjà fait ses preuves ainsi que le monoplan Aviatik, qui n’est autre que le Ilanriot. Seul le biplan allemand Albatros présente des dispositions particulières, en contradiction précisément avec les tendances des constructeurs français. L’aile a, en effet, une forme irrégulière, ses extrémités sont plus larges. De plus, et c’est ce qui frappe au premier abord, les deux surfaces principales sont réunies par une trentaine de montants en bois, formant une série de triangles, et permettant de supprimer les tendeurs en fil d’acier. L’aspect est iin peu lourd, le démontage doit être assez compliqué, et nous préférons de beaucoup les aéroplanes Bréguet et Sommer dont les deux plans sont réunis par quatre montants seulement.
- Ailes. — L’étude des surfaces sustentatrices ne semble pas avoir été entreprise d’une façon bien méthodique. Il est bon de dire que cette étude serait extrêmement délicate et coûteuse.
- Les constructeurs sont en contradiction sur un grand nombre de points : l’aile est à simple ou à double courbure, le bord avant est tantôt mince et d’autres fois volontairement épaissi.
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- Cependant, sur quelques points, l’accord semble établi. Les plans porteurs ont des formes' régulières, très souvent rectangulaires. La disposition en Y ainsi que la courbure dans le sens perpendiculaire à la marche tendent à disparaître. Le bicurve Sloan, si caractéristique l’an dernier à cet égard, se rapproche cette année des biplans classiques. Les plans soulevaient un poids plus faible et l’on n’obtenait pas la stabilité latérale automatique désirée. Toutes les ailes sont épaisses et entoilées sur leurs deux faces, même pour les biplans : la solidité est plus grande et la qualité sustentatrice meilleure. Avec la réduction de la profondeur (en moyenne 1 m. 50 au lieu de 2 mètres) et la simplification du haubannage, cela explique pourquoi certains biplans, tels que le Bréguet militaire, avancent plus vite que les monoplans et arrivent à soulever plus de 50 kg par mètre carré de surface portante.
- L’aile supérieure a généralement plus d’envergure que l’aile inférieure, 4 mètres environ (Farman, Sommer, Bréguet, Clément, Zodiac). On relève ainsi le centre de poussée, la stabilité est augmentée.
- La double courbure, préconisée par le regretté Edouard Nieuport, semble faire des adeptes. Le bord postérieur se relève légèrement, cela aurait pour effet de diminuer l’importance des déplacements du centre de poussée et, par conséquent, d’augmenter la stabilité. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de constructeurs'de monoplans adoptent ces profils, bien que leur qualité sustentatrice paraisse inférieure à celle des profils à simple courbure.
- L’avantage de la flexibilité de l’aile dans le sens de la marche n’est pas encore bien reconnu. Cau-dron seul établit des surfaces dont le tiers avant est maintenu rigide, les deux autres tiers pouvant légèrement se déformer sous l’action du vent.
- L’aile métallique gagne un peu de terrain. Train et Ntorane ont des ailes entièrement métalliques. L’aile du monoplan Ponche et Primard est formée de deux tubes d’acier sur lesquels sont enfilées des nervures d’aluminium, la partie inférieure est revêtue d’une mince tôle d’aluminium, le dessus étant à découvert. On a ainsi une aile très mince, mais les deux tubes doivent diminuer la qualité sustentatrice.
- Coanda 'expose un fragment d’aile formée d’une série de petits profilés en acier, analogue à une charpente de pont métallique et pouvant supporter une charge de plusieurs centaines de kg par mètre carré.
- La solution la meilleure semble cependant avoir été trouvée par Bréguet, dont l’aile est formée d’un gros tube d’acier sur lequel sont enfilées perpendiculairement des nervures en frêne maintenues par des ressorts. L’aile ainsi obtenue est solide et souple.
- La toile caoutchoutée semble en défaveur ; on lui préfère généralement une toile enduite d’un vernis spécial, de couleur quelconque, et qui la rend très lisse, imperméable et ignifuge.
- Comme nous l’avons indiqué, on entretoise les
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- ailes des biplans avec le moins de montants possibles (quatre dans les appareils Bréguet et Sommer). Le biplan Clément est bien compris sous ce rapport. Moins on a de montants, plus ils doivent être gros et solides; les chances de rupture sont diminuées.
- La corde à piano a presque totalement disparu. On emploie soit les câbles à torons qui donnent une plus grande sécurité, soit la lame d’acier plus solide et offrant moins de résistance à l’air.
- . Fuselages. — Le souci d’augmenter la vitesse en diminuant les résistances passives a conduit à créer, pour les biplans comme pour les monoplans, des fuselages entoilés aux formes plus ou moins fuyantes.
- Dans le Nieuport et le Morane de guerre, l’aviateur semble un peu trop emprisonné. Le pilote du Tatin étant en avant des ailes et sa tête dépassant le fuselage sans qu’il y ait le moindre obstacle devant lui, la vue s’étend librement. Le fuselage, de la forme des dirigeables, est absolument remarquable.
- Blériot conserve ses dispositions antérieures, ses nouveaux appareils ont cependant l’arrière très aplati leur donnant un peu l’apparence d’un requin.
- B. E. P. expose un fuselage entièrement métallique très soigné.
- En résumé, très grand soin apporté à la construction des fuselages qui pourraient dès maintenant s’adapter aux vitesses de 300 et 400 kilomètres cà l’heure si souvent prédites.
- N’oublions pas de noter l’apparition des fuselages en tôle d’acier emboutie.
- Appareils de direction et de stabilité. — Autrefois le gouvernail de profondeur des biplans était à l’avant, celui des monoplans à l’arrière. Cette distinction tend à disparaître. La plupart des biplans nouveaux mettent leur hélice à l’avant et par suite leur gouvernail à l’arrière. Cette disposition semble plus élégante et plus facile cà réaliser, mais il est à craindre que la stabilité qui en résulte soit moins bonne. Après essai, Henri Farman revient à son type primitif, d’ailleurs perfectionné par l’adjonction, à la cellule arrière, de volets horizontaux mobiles servant à la fois de gouvernails complémentaires et de gouvernails de secours.
- Sommer conjugue également les deux stabilisateurs avant et arrière.
- Les gouvernails de direction, simples ou doubles, sont à Barrière, sauf pour le biplan Savary dont il sera parlé plus loin, et le fameux canard Voisin.
- La stabilité longitudinale est obtenue dans le canard Voisin par une surface placée à l’avant comme dans le Wright, mais très portante.
- Les autres appareils ont tous une queue, mais les constructeurs ne sont pas du tout d’accord pour dire si elle doit être portante ou non.
- Deperdussin, Train, Blériot, Yinet, Farman, Cau-dron ont des surfaces portantes, Nieuport et Morane des surfaces non portantes. Bréguet n’a pas de surfaces fixes, l’empennage arrière ne porte que son propre poids.
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- LE SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- Les principaux appareils du Salon de l'Aéronautique.
- i. Monoplan Yinet à centre de gravité surbaissé. — 2. Monoplan métallique Train.
- 3. Biplan métallique Sommer. — 4. Monoplan Nieuport. — 5. Nouveau Blériot à fuselage pisciforme. 6. Biplan Bréguet avec hélice à trois pales.
- Nacelle de dirigeable à deux hélices et deux moteurs, construite par; Bayard-Çlément.
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- LE SALON DE L’AÉRONAUTIQUE .^ 73
- . Les principaux appareils du Salon de l’Aéronautique.
- i. Torpille aérienne Tatin. — 2. îlydroplane yoisin, type » Canard 3. Fuselage métallique R. E. P.
- 4. Biplan Savary, à deux hélices, — 5. Maurice Farman, à plans décalés. 6. Biplan allemand Albatros, — y. Biplan Caudron.
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- La stabilité latérale est obtenue par ailerons ou gauchissement. Ce dernier système a des partisans de plus en plus nombreux.
- Les ailerons du Sommer sont cependant intéressants et doivent être très actifs. Les deux extrémités de l’aile supérieure peuvent osciller en sens inverse l’un de l’autre. L’effort de redressement est presque doublé et la direction ne varie pas.
- Stabilisateurs automatiques. — Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, il y a peu de stabilisateurs exposés et seuls, Sotinel, Guérin et Cor-neloup présentent un monoplan à stabilisation latérale automatique,
- Doutre a également un stand sous la coupole et il existe en outre deux ou trois autres appareils qui n’ont pas encore été essayés.
- Nous croyons cependant devoir signaler le stabilisateur Paul Hu-guet qui est basé sur un principe excessivement simple et n’exige pas de servo-moteur.
- Lorsque la vitesse de l’aéroplane varie, une palette fixée à l’équilibreur agit directement sur celui-ci pour le mettre dans la position de montée ou de descente. C’est le vent qui produit l’énergie nécessaire à la manœuvre du gouvernail, il n’y a aucune transmission, donc peu de chances d’arrêt. Il serait très intéressant de faire un essai sérieux de cet ingénieux appareil.
- Trains d’atterrissage. — Pas de grands changements. Pour amortir le choc, on hésite entre l’acier et le caoutchouc. Le ressort d’acier permet un châssis d’atterrissage idéalement simple et sans résistance à l’avancement. Celui du Nieuport est le modèle du genre. Par contre, le caoutchouc emmagasine beaucoup plus d’énergie à poids égal et est facilement réparable.
- Bréguet a un frein oléo-pneumatique analogue à celui du canon de 75. L’atterrissage doit être rendu beaucoup plus doux, mais l’appareil est peut-être un peu lourd.
- Les patins de bois s’emploient de plus en plus. Les aéroplanes ne restent plus au-dessus des aérodromes et il faut prévoir des atterrissages sur de mauvais terrains. Le patin est alors presque indispensable.
- Le train d’atterrissage Henri Farman se répand beaucoup, avec raison, même parmi les monoplans. Il est du reste excessivement simple et très actif.
- Quelques appareils atterrissent sur trois roues, deux un peu en arrière du centre de gravité et une très en avant. Le capotage, si dangereux, est ainsi évité (Bréguet, Voisin).
- Dans les autres aéroplanes, la roue qui se trouvait à l’arrière du fuselage, sous la queue, a disparu pour faire place à une béquille en bois qui forme frein à l’atterrissage. Cette béquille est parfois maintenue par un ressort qui fléchit lorsque l’atterrissage est trop brusque.
- Les roues diminuent de diamètre et les pneus augmentent d’épaisseur, sauf pour le Deperdussin militaire, spécialement étudié pour partir dans les terres labourées.
- Transmissions. — Nous laissons de côté la question des moteurs qui, étant donné son importance, fera l’objet d’une étude spéciale.
- Presque tous les aéroplanes ont l’hélice en prise directe avec le moteur, les engrenages sont de moins en moins employés : dans les virages, ou par suite de remous, de coups de vent, la pale de l’hélice attaque l’air tantôt par sa face postérieure, tantôt par sa face antérieure ; il en résulte des trépidations désastreuses pour les engrenages.
- Savary expose cependant un biplan très intéressant dans lequel le groupe propulseur se compose d’un moteur placé à l’avant de l’appareil et actionnant deux hélices au moyen d’une seule chaîne. Si la chaîne vient à casser les deux hélices s’arrêtent en même temps sans que l’aéroplane se déséquilibre comme il arrivait avec le Wright.
- Lorsque la construction est parfaite, le système de deux hélices tournant lentement en sens inverse est excellent pour l’équilibre et pour le rendement. La masse d’air balayée est plus grande, les pertes sont plus faibles. Au Concours militaire, du reste, le biplan Savary a soulevé le plus grand poids avec le plus faible moteur (70 chev. Labor pour 1150 kg.).
- Notons également que la direction de cet appareil se fait d’une façon spéciale au moyen de volets verticaux placés près des extrémités des ailes et tournant autour d’un axe vertical.
- Hélices. — L’hélice métallique a complètement disparu. On ne voit plus de turbines, ailes rotatives et autres appareils plus ou moins étranges. L’hélice en bois à deux pales est à peu près universellement adoptée. C’est le triomphe de la simplicité.
- Bréguet seul emploie une hélice à trois pales en bois vissées dans un moyeu en acier et maintenues en place par trois colliers. On peut ainsi employer pour la fabrication d’une telle hélice des lames de bois deux fois plus courtes, plus faciles à se procurer et meilleur marché. L’hélice est aussi plus légère, les pales étant naturellement plus étroites et moins épaisses. ..........
- Le f uselage métallique du monoplan Morane.
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- COMMENT ON FABRIQUE UNE BOITE D’ALLUMETTES-BOUGIES
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- Nous pouvons remarquer combien les dispositifs personnels abondent dans l’appareil Bréguet qui est certainement l’aéroplane le mieux étudié, le plus mécanique de tous ceux exposés au Salon.
- Signalons également le dirigeable « Àstra-Torrés » si curieux comme conception, et la remarquable nacelle construite par Bayard-Clément ; avec ses deux énormes moteurs et ses arbres de transmission, ce groupe propulseur représente une superbe pièce de mécanique.
- En résumé, le Salon actuel prouve bien que la période de tâtonnements est terminée. Toutes les études vont tendre à perfectionner la construction et à améliorer le rendement de tous les organes. On ne cherche plus de types nouveaux.
- Mais les moteurs employés actuellement sont trop puissants et surtout trop bruyants. Il faut que l’année prochaine, les aéroplanes à une et deux places volent avec des moteurs de SOchev. au plus. Il faut surtout étudier l’adaptation de silencieux. A cet égard, les moteurs rotatifs, si à la mode actuellement, seront bien désavantagés.
- En un mot il est facile de prévoir que l’aviation suivra la même voie que l’automobile et qu’après la période de vitesse à outrance que nous traversons viendra la période pratique pendant laquelle les aéroplanes devront, comme les automobiles d’aujourd’hui, être économiques par suite de leurs faibles moteurs et agréables pour leur silence.
- L. Bresch.
- COMMENT ON FABRIQUE UNE BOITE D’ALLUMETTES-BOUGIES
- Les collectionneurs verront paraître prochainement, pour leurs étrennes peut-être, une série de boîtes « artistiques » contenant chacune 40 allumettes-bougies et 5 tableaux du Louvre; personne n’aura plus le droit d’ignorer les portraits de Boucher ou les paysages de Corot, puisque ces chefs-d’œuvre seront exposés en miniatures dans toutes les poches de gilet. Avant de former une boîte à tabatière de 10 centimes, les petites photographies subissent d’ailleurs un certain nombre d’opérations et passent sous beaucoup de doigts humains ou mécaniques, qu’il est intéressant de regarder travailler de près.
- Prenez une boîte de ce genre : ouvrez le couvercle, et, avec la pointe d’un canif, séparez doucement la vignette de la face interne ; puis faites passer l’élastiquesous la boîte et détachez tous les côtés collés sans rien couper. Vous pouvez alors déplier le carton et, en le mettant à plat sur une table, vous voyez l’aspect qu’il présente avant d’entrer dans la machine qui effectue l’opération inverse de la vôtre.
- La boîte faisait d’abord partie d’une grande feuille d’impression, avec beaucoup de ses semblables. La feuille a été collée sur un carton bleuté, vernie à l’alcool par une ouvrière sur toutes les faces qui doivent apparaître plus tard, et séchée à l’air. Ensuite un emporte-pièce a détaché chaque boîte suivant le profil que vous avez sous les yeux ; il a aussi découpé la fenêtre de la tabatière et les deux encoches qui reçoivent le caoutchouc. Enfin une
- ouvrière a tracé tous les plis au moyen d’un balancier de frappe : — une vis verticale mobile dans un écrou vient presser le carton sur une matrice en bois dur portant des lignes en relief et remonte aussitôt à sa position primitive.
- Une fois les caoutchoucs mis en place, les cartons sont empilés dans le magasin de la machine à mouler d’où ils sortiront à l’état de boîtes. Guidés par des rainures verticales, ils descendent successivement devant un piston à section rectangulaire
- P, qui attaque chacun d’eux par la face abc d et le refoule entre deux glissières horizontales GG', ayant pour écartement la hauteur de la boîte. A droite et à gauche dépassent les bords e e' qui sont repliés sur le piston par deux rampes RR', et les bords f f, qui sont d’abord enduits de colle par des molettes m m!, puis rabattus par les rampes S S' sur les côtés e e'.
- Le carton prend alors la forme d’un étui qui coiffe le piston. Il est introduit à l’intérieur d’un mandrin évidé en aluminium qui laisse déborder toutes les parties de la boîte à terminer. Le piston retourne en arrière pour recommencer son travail, et le mandrin creux, descendu d’un magasin M, est chassé par ceux qui le suivent, sous l’action d’un fouloir horizontal N, perpendiculaire au précédent.
- Au passage, un doigt métallique pénètre par l’ouverture pratiquée à la partie inférieure et enfonce le volet de la fenêtre,.
- Fig. i. — Une boîte d’allumettes-bougies nouveau modèle.
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- Une rampe T relève le bord g et une molette M enduit de colle la partie h'.
- Un nouveau fouloir fait monter les mandrins dans une chemine'e verticale qui rabat les côtés h et les couvercles et achève ainsi le moulage.
- Les mandrins circulent en file dans un couloir, passent devant un piston étroit a qui extrait les
- allumette-bougie vaut aussi la
- fois seche, elle sera prête à recevoir les allumettes.
- L’histoire d’une peine d’être racontée.
- La petite tige de 55 millimètres faisait d’abord partie d’un cordon de coton long de plusieurs kilomètres : de vieilles ouvrières l’ont filé au rouet, assemblant les 28 fils que vous pouvez compter quand
- Fig. 2. — La boite d’allumettes-bougies avant le moulage.
- boîtes et rentrent dans leur magasin, prêts à reprendre d’autres étuis.
- La machine à mouler se compose donc de plusieurs organes qui, travaillant comme des mains, se partagent le travail et sont dirigés chacun par un profil spécial de l’arbre à cames. Elle peut mouler 1554 boîtes par heure.
- Il reste à les munir de frottoirs et à mettre les caoutchoucs à leurs places définitives. Une ouvrière superpose plusieurs boîtes dans sa main gauche, tous les cou vercles ouverts, elle enduit de colle les faces tournées vers elle et les. applique sur une couche de sable fin : le frottoir est fait.
- *La dernière opération consiste à fixer la contre-étiquette que votre canif , a séparée d’abord. Une ouvrière la place, la vignette en dessous, sur la fenêtre de la tabatière, saisit le caoutchouc sous la boîte, et le fait passer au-dessus, dans les crans de la contre-étiquette. Un coup de pinceau : on rabat le couvercle et la boîte est terminée; une
- vous grattez la cire d’une allumette. Le cordon s’est enroulé successivement sur quatre roquets, en passant dans des bains de stéarine fondue, additionnée d’alun, qui la rend blanche, et de gomme. Chaque bain a revêtu le cordon d’une couche plus épaisse ;
- à la sortie des cuves, des filières de largeur croissante lui ont donné le diamètre voulu. Une dernière filière chauffée à la vapeur a fait fondre la surface, et une douche, d’eau, froide, arrêtant subitement cette fusion, a donné le poli à la cire.
- L’opération suivante, qui consiste à débiter le cordon en petites tiges rangées régulièrement, de manière à faciliter plus tard le trempage et le séchage, est faite par la machine à mettre en presse. Cent écheveaux semblables sont entraînés et déroulés en même temps : leurs extrémités avancent de 55 millimètres et s’arrêtent pour attendre le couteau, qui tranche cent brins parallèles d’un seul coup. /
- Le mouvement discontinu des fils est donné par
- Fig. 3. — La matrice métallique servant à mouler les boîtes d’allumettes.
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- les rouleaux caoutchoutés R R', dont le dispositif d’entraînement est représenté par la figure 6. Une poulie P, calée sur le_ rouleau supérieur, est mise en rotation par le secteur S qui l’entraîne dans un
- Fig. 4 — Fabrication des boites d’allumettes. Schéma de la machine à mouler. Un mandrin
- creux est représenté dans plusieurs positions successives. Q, piston chassant la boite du mandrin ; N, fouloir renvoyant le mandrin à son magasin.
- appelé presse ; les cannelures d’un tablier de cuivre maintiennent les allumettes écartées les unes des autres.
- Quand la presse contient 60 plaquettes, le chariot se retire en arrière et la machine s’arrête. Une ouvrière coiffe le châssis avec un chapeau serré sur les plaquettes par 2 étriers, et l’enlève du support; les 6000 tiges parallèles sont comme plantées dans une masse de bois, facile à transporter et à manier. Une seule machine garnit ainsi 25 presses à l’heure.
- La pâte, qui constitue le bouton des allumettes, est un mélange de sesqui-sulfure de phosphore, de chlorate de potasse et de
- Fig. 5.— Fabrication des allumettes-bougies. Schéma de la machine à mettre en presse. Le couteau n’est pas représenté. P, plaquette;
- M, magasin des plaquettes ; Q, presse; BB', bras du chariot qui porte les plaquettes garnies ; T, tablier à cannelures ; Y, table à rainures.
- seul sens. Le secteur est lui-même animé d’un mouvement alternatif, commandé par la bielle B; la vis V permet de régler la longueur de l’allumette, en déplaçant l’extrémité de la bielle dans la coulisse c c'.
- Au moment où les 100 liges sont débitées, elles reposent sur une plaquette en bois de 16 millimétrés de large, supportée par un chariot. Aussitôt, une nouvelle plaquette descend d’un magasin : 4 fou-loirs verticaux et 2 fou-loirs horizontaux la mettent à la place de la première, chassée vers le bas, avec le chariot qui
- la porte; deux doigts en métal l’empêchent de remonter. Guidées par des rainures, les plaquettes descendent progressivement dans un châssis de fonte,
- Fig. 6. — Fabrication des allumettes-bougies. Dispositif d’entraînement des fils dans la machine à mettre en presse. O, arbre; T, came; S, secteur animé par la bielle B d’un mouvement alternatif et entraînant la poulie P de droite à gauche seulement.
- colle, coloré par de petites quantités d’éosine et de fuchsine. Le trempage se fait par application de la presse sur une plaque de fonte recouverte d’une
- couche de pâte légèrement chauffée.
- Quand les allumettes ont séjourné quelque temps au séchoir, on les introduit dans les boîtes que vous avez vu fabriquer : la de'garnisseuse place la presse horizontalement et enlève le chapeau pour desserrer les plaquettes; avec une règle, elle sépare les allumettes par rangées de 5 ou de 10, ce qui lui permet d’en compter rapidement 40 à la fois, et de remplir ainsi 800 boîtes en une heure. La petite boîte d’allumettes-bougies est terminée.
- - Fernand Comte.
- Le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences paraîtra dans le prochain numéro.
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- APPAREILS DE SÉCURITÉ MARTINI ET HUNEKE
- pour la manutention des liquides inflammables.
- Pour offrir toute sécurité, les appareils de manutention des liquides inflammables, doivent posséder des organes exempts de me'canismes compliqués, fonctionner d’une manière automatique, indépendamment des ouvriers et même contre leur volonté parfois malveillante ou simplement en défaut. Enfin il faut aussi qu’on puisse s’assurer, à chaque instant, du fonctionnement normal de l’installation entière.
- Parmi les divers systèmes imaginés pour remplir ces conditions essentielles, le plus pratique consiste à rendre inexplosible l’atmosphère qui surmonte le liquide dangereux, en substituant à l’air un gaz non comburant. Les procédés Martini et Iluneke, que nous nous proposons de décrire, rentrent dans cette catégorie.
- Voici d’abord les principales dispositions qui les caractérisent et qu’on trouve actuellement appliquées dans de nombreuses usines, fabriques, ou mines françaises et étrangères. Dans l’ensemble de ces installations de sûreté, aussi bien dans les parties relatives à l’emmagasinage que dans celles de la manutention, l’air s’y trouve remplacé par l’acide carbonique ou mieux par l’azote comprimé. Ce gaz sert non seulement d’agent protecteur, mais sa pression détermine le mouvement du liquide dès qu’il rencontre une issue. En outre, une gaine préservatrice et remplie également de gaz inerte enrobe les canalisations et la robinetterie de manière que le liquide ne peut circuler qu’en cas d’étanchéité parfaite de l’appareil. S’il se produit une fuite, en un point quelconque de l’installation, le liquide s’arrête et demeure dans le réservoir à l’abri soit de l’explosion, soit de l’incendie, l’air étant nécessaire à l’inflammation directe du liquide comme à la formation d’un mélange explosif. En définitive, tout danger se trouve écarté qu’il vienne d’une flamme extérieure ou — comme le veulent certaines théories récemment émises pour expliquer des accidents bizarres — d’une étincelle électrique déterminée par le frottement du liquide non conducteur contre les parois métalliques des réservoirs, au cours des transvasements.
- Une installation Martini et Huneke comporte donc, en principe, comme le montre le schéma ci-contre (fig. 1) : un réservoir-magasin en tôle très épaisse et complètement étanche ; un poste d’emmagasinage, un ou plusieurs récipients jaugeurs avec un ou plusieurs postes de soutirage correspondants; un tube de gaz inerte comprime et des canalisations reliant ensemble les différentes parties du système.
- Un enduit asphalté recouvre extérieurement le réservoir M qu’on enterre dans le sol à une profondeur suffisante pour qu’un incendie, venant à se déclarer dans le voisinage, ne puisse le détériorer. . Pour y emmagasiner un liquide inflammable, une fois le réservoir plein d’azote, on le relie au fût de
- transport au moyen de deux tuyauteries; l’une siphonne le liquide pendant que l’autre permet au gaz du réservoir d’aller remplacer dans le tonneau l’hydrocarbure écoulé. Grâce à cette disposition, la minime quantité de liquide, restée au fond du lut ou ruisselant le long de ses parois, ne peut donner naissance à un mélange explosif, puisqu’elle n’est jamais en contact avec de l’air.
- La pression du gaz sert à déterminer la montée du liquide dans la canalisation intérieure, tandis que la partie annulaire qui l’entoure, toujours en communication avec l’atmosphère inerte du réservoir, assure instantanément le retour de tout le liquide renfermé dans les tuyaux distributeurs en cas de fuite dans l’une ou l’autre des canalisations. Si la fissure se produit dans la tuyauterie intérieure, la pression s’égalise en tous les points du liquide manipulé et si l’avarie se déclare dans l’enveloppe extérieure, le gaz, servant de monte-jus, revient de suite à la pression atmosphérique. D’autre part, une gaine protège aussi la robinetterie et, pour compléter ce dispositif de sécurité, les différentes canalisations se terminent à leur débouché dans le réservoir par un anti-diffuseur. Cet organe comprend un cylindre central enfermé dans une cuvette concentrique et percée de trous à sa partie supérieure. Il constitue une soupape de sûreté évitant que le gaz inerte du réservoir y soit remplacé par de l’air si un incendie ou toute autre cause détruit les tuyauteries. En ce cas, le gaz se détend par barbotage à travers l’anti-diffuseur jusqu’à l’instant où sa pression égale celle de la petite colonne de liquide de l’appareil formant garde hydraulique et empêche la rentrée de l’air dans le réservoir. Enfin, toutes les canalisations extérieures portent des bouchons fusibles à basse température qui, en assurant le retour automatique du liquide dangereux au magasin, complètent les dispositifs de sécurité.
- Après cette description, le fonctionnement du système Martini et Huneke se comprend très facilement. L’azote, contenu dans la bouteille de gaz liquéfié du commerce B, pas£e par le tuyau 1 au détendeur D d’où la conduite 2 l’amène au réservoir. Quand il s’agit d’emmagasiner du liquide, on transporte le fût T près des robinets du poste auxquels le relient des tuyaux flexibles. Par l’un de ceux-ci E, le transvasement s’opère, grâce à la canalisation 4 tandis que par l’autre G, le gaz remonte du réservoir au tonneau T à l’aide de la conduite 5 ; en sorte que l’azote remplace au fur et à mesure le liquide extrait.
- Lorsqu’on veut soutirer de l'hydrocarbure, on appuie sur le levier S, le liquide remonte par la conduite 5 dont l’espace annulaire communique avec l’atmosphère de gaz du réservoir par le branchement. Si l’enveloppe extérieure de cette canali-
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- APPAREILS DE SÉCURITÉ MARTINI ET HUNEKE
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- sation venait à se rompre, l’azote du réservoir se détendrait au dehors. La pression venant alors à faire défaut, le liquide ne monterait plus dans la tuyauterie et retournerait aü réservoir. Du reste, les inventeurs réalisent cette condition à l’aide d’un robinet spécial qui
- à mercure L et. un indicateur de niveau N (fig. 1). Le premier de ces appareils se compose d’une cuvette inférieure étanche, d’une cuvette supérieure communiquant avec, l’atmosphère et d’un tube de verre sur lequel se lit la. pression; à côté de ce
- Coupe d'un anti-diffuseur
- met en communication les deux enveloppes quand, dans le but d’éviter la congélation, ori veut assurer le vide de la canalisation, en dehors des périodes d’emploi.
- : Le robinet de soutirage est également à double enveloppe, ainsi que le reste de la tuyauterie.
- Comme on s’en rend compte, par la coupe (fig. 2), ce robinet-valve comprend une soupape qu’un ressort maintient en
- place. Il suffit d’appuyer sur le levier de soutirage pour provoquer l’écoulement du liquide car, par suite de la compression exercée sur le ressort, la soupape s’écarte. D’autre part, puisque celle-ci
- Poste
- d'emmagasinage
- Coupe d'une canalisation double suivant xj/.
- revient à la position de fermeture lorsqu’on abandonne le levier, ce dispositif assure la présence du proposé pendant la durée du chargement.
- D’ailleurs, pour qu’on puisse surveiller le fonctionnement général du liquide inflammable pendant toutes ses manutentions, MM. Martini et Huneke annexent encore à leurs installations un manomètre
- Fig. i. — Schéma d’une installation système Martini et Huneke pour la manutention des liquides inflammables.
- tube, il en existe un second en fer dont la tête affleure au fond de la cuvette supérieure et dont le pied plonge dans le mercure de la cuvette inférieure. Quant à l’indicateur de niveau, il comprend un flotteur suspendu à l’extrémité d’un câble passant sur une poulie à la partie supérieure et que tend un contrepoids. L’ensemble de ces organes est protégé par une gaine métallique communiquant librement avec l’atmosphère de gaz du réservoir d’emmagasinage. Le câble se trouve remplacé, sur une partie de sa longueur, par une réglette en aluminium graduée se déplaçant devant une lucarne vitrée. Si un défaut d’étanchéité venait à se produire en un point de l’indicateur, le gaz s’échapperait et ce fait rendrait impossible le soutirage. Grâce à ces organes, longs peut-être à décrire, mais d’un fonctionnement automatique et sûr, le système Martini et Huneke permet d’écarter tout danger d’incendie dans la manipulation des liquides inflammables. Aussi la Compagnie générale des omnibus de Paris est-elle en train de l’installer dans tous ses dépôts d’autobus.
- D’autre part, la « Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines à gaz », qui exploite le brevet en France, a voulu récemment convaincre les administrations intéressées et, le 11 novembre 19Tl, exécuta à Montreuil, en présence de leurs principaux représentants, de remarquables expériences au cours desquelles nous avons pris les photographies suivantes. L’installation de fortune qu’on avait établie sur le terrain (fig. 3) correspondait, en principe, à celle du schéma donné plus haut. Toutefois on avait groupé les différents organes sur
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- APPAREILS DE SECURITE MARTINI ET HUNEKE
- un même panneau de maçonnerie. En outre, les canalisations, enterre'es d’ordinaire, avaient été dépourvues de toute protection afin de rendre la démonstration plus concluante.
- Le réservoir-magasin, d’une capacité de 1 mètre cube, renfermait 800 litres de benzol environ et fut recouvert finalement de 0 m. 50 de sable. Puis, après avoir entassé du bois imprégné de benzol contre la murette portant les appareils, au-dessus de toutes les canalisations et sur l’emplacement même du réservoir et de la bouteille à gaz comprimé, on l’alluma de manière à provoquer un violent incendie dont une de nos vues donne l’idée (fig. 4).
- Le gaz sous pression s’échappa de l’installa-
- état comme en témoigne le document ci-joint (fig,. 5). Mais le réservoir demeura indemne et le benzol ne
- Fig. 3, en haut. — Installation Martini et Huneke établie à Montreuil pour les expériences du ii novembre içii. L'ouvrier emmagasine du benzol dans le réservoir.
- Fig. 4, au milieu. — L’installation au cours de l’incendie.
- Fig. 5, en bas. — Étal de l'installation après l’incendie. Toutes les canalisations sont fondues, mais le réservoir-magasin, situé en arrière, est demeuré indemne et le benzol ne s'est pas 'écoulé au dehors.
- tion et presque aussitôt le fusible du robinet de soutirage ayant fonctionné, le liquide retourna au réservoir. L’incendie s’éteignit de lui-même, non sans avoir laissé la tuyauterie en pileux
- s’écoula pas au dehors quoique toutes les canalisations aient fondu. Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson — Imprimerie Lâhore, rüe de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2015
- 6 JANVIER 1912.
- L’EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS
- Au mois d’octobre dernier, plusieurs cas d’empoisonnements, dont deux mortels, se sont produits à Paris, à la suite d’ingestion de champignons vénéneux. Les faits de ce genre, assez exceptionnels à Paris (*), sont malheureusement trop fréquents dans le
- naux le récit d’intoxications par les champignons, est vraiment de nature à mettre en doute l’utilité des efforts de vulgarisation entrepris pour faire connaître au public les espèces particulièrement dangereuses. On estime, en effet, à plus de 10000 par
- Fig. i: — i. Oronge vraie (4. Cœsarea). — 2. Fausse oronge (A. muscaria). — 3, Amanita phalloïdes. — 4. Boletus satanas. — 5. Bolelus edulis. — 6. Lactarius deliciosus. 7. Russula virescens. -? 8. Gyromitra esculenta.
- reste de la France, et la ponctualité désespérante avec laquelle reparaissent tous les ans dans les jour-
- 1. A Paris, en effet, les commerçants recevant directement des champignons sauvages, ne doivent pas les mettre en vente sans les avoir préalablement apportés aux Halles, où le service d’inspection est confié à un commissaire de police et à des adjoints d’une compétence réputée en mycologie : tous les champignons qui passent par les Halles peuvent donc être mangés en toute sécurité. .
- Dans le. cas récent d’empoisonnement, les champignons toxiques (Amanita phalloïdes) n’avaient pas été achetés
- 40" année. — Ier semestre.
- an le nombre des personnes empoisonnées par les champignons, le plus souvent du fait de leur crédulité.
- aux Halles Centrales, mais chez un commerçant de la rue des Halles, qui n’avait pas suivi la prescription de la préfecture de police. Il va sans dire que les commerçants qui ne se conforment pas, à cette prescription peuvent être passibles d’un procès-verbal qui les mène en simple police. D’autre part, les familles intoxiquées ont le droit d’intenter une action en justice contre ces commerçants, en invoquant l’homicide par imprudence, et ' de réclamer des dommages-intérêts. : s
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- Il est en effet une série de préjugés qui sont enracinés avec une force extraordinaire, meme parmi les gens cultivés. Que d’existences auraient été conservées, si l’on n’avait pas écouté un connaisseur se faisant fort de bien distinguer à première vue un champignon comestible d’un champignon vénéneux ; si l’on n’avait pas suivi les conseils d’une bonne femme, qui a appris de sa grand’mère ou de sa nourrice et précieusement conservé le critérium certain qui lui confère en mycologie une infaillibilité' évidente !
- On dit que les champignons vénéneux noircissent une pièce d'argent mise dans la casserole où on les fait cuire. Cette réaction chimique due à la production de sulfure d’argent n’est pas du tout démonstrative. L'Amanita bulbosa, qui tue à coup sûr, ne donne pas cette réaction.
- On dit que les mauvais champignons font cailler le lait; c’est faux le plus souvent. Par contre, le sel ou le vinaigre qui assaisonnent des champignons comestibles peuvent donner ce résultat.
- On dit que les champignons vénéneux ne sont jamais attaqués par les vers on les insectes. C’est inexact. Les espèces les plus toxiques, comme YAmanita muscaria ou l’i. bulbosa sont très souvent mangées par les limaces et les colimaçons qui en font un aliment de prédilection. Il est d’ailleurs à noter que ces animaux, nullement incommodés par l’ingestion du suc de ces champignons, sont tués quand on leur injecte ce suc dans les tissus.
- On dit que les champignons qui changent de couleur quand on les casse sont toxiques. C’est faux. L'Amanita pantherina (toxique) reste parfaitement blanche alors que certains champignons comestibles rougissent (Amanita rubescens), verdissent (.Lactarius deliciosus), ou bleuissent (Boletus scaber) à la cassure.
- On dit encore qu’en mettant dans la casserole où cuisent les champignons un oignon blanc, dépouillé de sa première enveloppe, la coloration bleuâtre ou brunâtre de l’oignon indique une espèce toxique. C’est encore faux, l’oignon peut rester blanc et .le contenu de la casserole empoisonner les convives.
- Nous n’insisterons pas davantage sur tous ces préjugés qui ont causé tant d’accidents. On a bien indiqué des procédés pour rendre inoffensifs les champignons les plus vénéneux (ébullition prolongée, macération dans l’ean salée) ; mais ce traitement est illusoire pour certaines espèces et d’autre part, ainsi préparés, les champignons perdent toutes les qualités qui les font rechercher et n’offrent plus qu’un aliment insipide, ayant quelque analogie avec la paille ou la filasse.
- C’est d’ailleurs un procédé analogue qu’emploient certains industriels peu consciencieux pour la revivification des champignons de couche avariés, saisis aux Halles et rejetés comme n’étant plus suffisamment frais. Or, l’industrie consiste à ne rien perdre, même aux dépens de la santé des gens. On a donc cherché à rajeunir ces champignons et à les faire
- servir à la préparation des conserves : cette opération consiste à enlever délicatement les taches recouvrant la surface blanche des champignons avariés, à les soumettre à un lavage prolongé et, pour leur donner plus belle apparence, aies tremper dans une solution d’acide sulfurique dilué, de façon à leur restituer autant que possible la couleur des champignons frais. Du fait de cette industrie, ou pour mieux dire de cette falsification, les champignons ont complètement perdu leur valeur alimentaire, mais par contre ils sont susceptibles d’entraîner des accidents.
- La plupartdes accidents toxiques, causés en France par les champignons, sont dus à des espèces de deux familles principales : celle des agaricinées et celle des polyporées.
- Les Agaricinées comprennent des champignons (fig. 2) qui sont essentiellement composés d’un pied ou stipe (d) surmonté d’un chapeau (a) à la face inférieure duquel sont des lames rayonnantes ou feuil-lets (b). Quand ils sont jeunes, les champignons sont enveloppés dans une membrane ou volve qui se déchire ensuite ; mais il en reste souvent des vestiges autour du pied du champignon adulte (e). Il existe fréquemment à la partie inférieure du stipe un anneau ou collier (c) qui adhère au stipe. Entre les feuillets, se trouvent les spores, fine poussière de coloration variable avec les espèces et qu’on peut examiner en secouant un champignon mûr au-dessus d’une feuille de papier blanc.
- Parmi les agaricinées à spores blanches, il est un genre, celui des Amanites, particulièrement riche en espèces vénéneuses. Au premier rang se place YAmanita phalloides, qui produit à elle seule 95 pour 100 des cas mortels signalés en France (fig. 1, n° 5). Cette Oronge ciguë verte a pu être confondue avec la Russule virescens (fig. 1, n° 7) ou Russule verte, ver dette, qui est comestible. Mais l’A. phalloide porte une volve atrophiée et un anneau bien développé ; les Russules n’ont ni anneau ni volve.
- L'oronge ciguë jaune (Amanita citrina), aussi dangereuse que la précédente, peut être confondue avec le champignon des prés ou champignon de couche (Psalliota campestris) ; mais celui-ci a des feuillets bruns ou roses, des spores brunâtres et n’a jamais de volve, tandis que l’A. citrine possède des lamelles et des spores blanches et présente au moins un débris de volve.
- Une autre espèce toxique (fig. I, n° 2), la fausse Oronge (Amanita muscaria), présente parfois une certaine ressemblance avec une espèce comestible Y Oronge vraie ( Amanita Cœsarea), un des champignons les plus délicats que l'on connaisse et qui était déjà recherché du temps des Romains qui l’appelaient mets des Dieux (Deorum cibus).
- La caractéristique de ce champignon (fig. 1, n° 1) est la coloration jaune d'or du pied des feuillets, et de l’anneau ; dans la fausse oronge au contraire le pied, les feuillets, l’anneau sont toujours blancs. De
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- L’EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS :.. ..... 83
- plus l’oronge vraie possède presque toujours une volve, la fausse oronge est presque dépoùrvue de volve, celle-ci étant réduite à quelques bourrelets écailleux. On ne peut donc pas, comme on a voulu le faire, se baser sur l’absence ou la présence de la volve pour distinguer un champignon comestible d’un champignon toxique.
- Citons encore, parmi les espèces toxiques, l’A. verna, l’A. pantherina, qui sont moins souvent la cause d’empoisonnement, parce que leur odeur désagréable empêche de les consommer.
- Parmi les Agaricinées à spores roses, il existe des espèces très toxiques, les Volvarici speciosci et gloioce-phala; mais elles sont moins répandues que les Amanites. On' peut confondre la Volvaire, surtout la V. speciosa, dont le chapeau est blanc, avec le Psalliota campestris : tous deux ont en effet, au moins dans le jeune âge, des feuillets roses. Mais on reconnaîtra la Volvaire à l’existence de la volve, à l’absence de l’anneau et à l’odeur désagréable qu’elle dégage.
- Un fait curieux à signaler est la variabilité du pouvoir toxique suivant les pays : ainsi l’A. mus-caria deviendrait inoffensive en Russie; l’A. pantherina, vénéneuse en France, est consommée dans l’Erzgebirge et en Saxe, une fois dépouillée de sa cuticule extérieure.
- Il n’en est pas moins vrai que l’analyse chimique des Agaricinées a permis de séparer diverses substances toxiques dont quelques-unes sont encore mal connues. Un groupe comprend une série d’alcaloïdes comme la cho-line, la névrine, des bétaïnes, et surtout la muscarine. Cet alcaloïde fut isolé en 1870 de l’A. muscaria, par Schmiedeberg et Koppe: Son pouvoir toxique est considérable : une injection de 1/20 de milligramme de muscarine entraîne chez la grenouille un ralentissement considérable, puis un arrêt du cœur en diastole : un chat est tué avec une dose de 2 à 4 milligrammes par arrêt du cœur et de la respiration. Chez l’homme, 5 milligrammes de muscarine peuvent déterminer des accidents graves : sueurs, salivation abondante, contractions tétaniques des fibres musculaires lisses, arrêt de la sécrétion urinaire, rétrécissement ou dilatation de la pupille.,
- D’autres poisons appartiennent au groupe des albuminoïdes, telle la pthalline, découverte en 4 890 par Robert dans l’A. phalloides. Le suc obtenu directement par expression de là fausse oronge tue un cobaye de 500 grammes em4. heure et demie, à
- la dose de 10 centimètres cubes : on note de l’embarras respiratoire, une salivation intense, une abolition de la motilité ; enfin la mort survient en hypothermie. La phalline entraîne, même à une dilution extrême (au 125000e), la dissolution des globules rouges, et détermine de la jaunisse, des hémorragies multiples, un arrêt de la sécrétion urinaire. Ce poison violent, soluble dans l’eau, n’est pas détruit par la chaleur, aussi est-il illusoire de vouloir supprimer la toxicité des champignons à phalline en les soumettant à l’ébullition.
- L’empoisonnement par les Amanites se traduit par des symptômes qu’on peut, artificiellement il est vrai, classer en deux catégories suivant l’action prédominante de la phalline ou de la muscarine.
- Avec les champignons à muscarine (A. muscaria, A. pantherina), les symptômes débutent bruyamment et de bonne heure (1 à 4 heures au plus après l’ingestion des champignons). Le malade se plaint de violentes douleurs au creux de l’estomac; les évacuations alvines et les vomissements sont abondants et répétés. L’arrêt de la sécrétion urinaire est absolu. Le malade présente des crampes douloureuses et une agitation spéciale, sorte d’ivresse accompagnée de délire (folie mus-carinique). Puis la peau se couvre de sueurs visqueuses et la mort survient au bout de 2 à 5 jours dans le coma. Mais, heureusement, les empoisonnements ne sont pas toujours mortels, car le poison n’est pas très abondant dans les champignons et s’élimine assez rapidement; les malades tombent dans une sorte de torpeur dont ils sortent au bout de quelques heures très améliorés.
- Tout autre est l’empoisonnement par les champignons à phalline (A. phalloides, A. citrina, A. verna, Volvaria). L’incubation est plus longue et peut atteindre 10 à 30 heures après le repas fatal. Le début est insidieux et les troubles gastro-intestinaux tardifs. Le malade a des éblouissements, de l’anxiété, de la stupeur, des sueurs froides, des hémorragies. Les urines sont supprimées ou teintées de sang, le teint est jaune. Après quelques alternatives d’amélioration et de douleurs, l’état général va en s’aggravant, le malade présente de la paralysie, des syncopes, un affaiblissement graduel du pouls et finalement s’éteint par arrêt du cœur, par-* fois au bout de plusieurs jours. Ces cas sont extrêmement graves, l’ingestion d’un seul champignon suffit à entraîner une issue fatale.
- Les deux syndromes ne sont pas toujours aussi
- Fig. 2. — Aspect morphologique d’un champignon de ' la famille des Agaricinées.
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- tranchés et peuvent se combiner. De plus, certaines causes peuvent modifier le tableau morbide.
- Les enfants sont plus sensibles que les grandes personnes et succombent rapidement dans le coma. Le sommeil peut retarder l’apparition des accidents. On voit ainsi des individus, qui auraient dû présenter des troubles toxiques 2 à 5 heures après l’ingestion des champignons, s’ils étaient restés éveillés, se coucher, s’endormir et n’être malades que le lendemain après leur réveil. Il faut tenir compte également de la quantité de champignons ingérés et des modes de préparation culinaire ; la richesse en substance toxique variera, en effet, suivant que les champignons auront été ingérés à l’état cru, ou grillés, ou ébouillantés, ou lavés et macérés dans l’eau simple, salée ou vinaigrée.
- À côté des Amanites, qui forment le plus grand nombre des champignons vénéneux, il existe encore parmi les Agaricinées quelques genres qui renferment des espèces toxiques : tels les lactaires, les russules. A côté d’espèces alimentaires comme le Lactarius deliciosus (fig. 1, n° 6), on trouve des espèces vénéneuses comme le L. piperatus, L. rufus, L. pyrogalus. De même parmi les Russules, les Russula virescens (fig. 1, n° 7), R. auraia, sont comestibles; les R.rubra, R. fœtens, R. nigricans, entraînent une véritable indigestion avec symptômes cholériformes, mais la vie du malade n’est presque jamais en danger.
- La famille des Polyporées renferme un genre, le genre Roletus, qui contient, à côté d’espèces comestibles très appréciées, comme le cèpe R. edulis (fig. l,n° 5), une espèce assez toxique le B.satanas (fig.. 1, n° 4). Il se distingue du précédent par la couleur gris bronzé de son chapeau, par la forme trapue et la coloration rouge du pied. D’autres espèces, moins répandues, le B. luridus, le B. variegatus, le B. felleus, sont également vénéneuses. Les vomissements sont précoces et l’organisme se débarrasse rapidement du poison, mais on a signalé des cas mortels avec convulsions et coma. '
- Enfin, d’autres champignons, qui appartiennent à l’ordre des Ascomycètes, consommés en assez grande quantité dans certaines régions de la France, en Allemagne, en Russie, occasionnent de temps en temps des empoisonnements qui peuvent être mortels, au milieu des symptômes suivants : troubles gastro-intestinaux, jaunisse, urines sanglantes, délire, convulsions, coma. Mais ces champignons ne déterminent d’accidents que si on les consomme à l’état frais, car l’acide helvellique,' dissolvant des globules rouges, qui représente ici lé principe toxique, est très volatil et disparaît par la dessiccation prolongée ou bien se dissout dans l’eau bouillante. ! ^
- Cet ‘acide helvellique avait été ' extrait de YHel-vella esculenta, d’où son nom. Mais on a reconnu que ce champignon n’appartenant nullement au genre Helvella, faisait partie du genre Gyromitra,
- intermédiaire entre les Helvelles et les Morilles (Morchella) et qui comprend des champignons à pied plutôt court et à chapeau charnu, arrondi, formé de côtes plus ou moins contournées, rappelant assez bien les circonvolutions cérébrales. C’est donc la Gyromitra esculenta (fig. 1, n° 8), qui est responsable des accidents mortels signalés de temps en temps après l’ingestion de ce champignon à l’état cru.
- Quant aux Helvelles proprement dites (Helvella crispa, H. lacunosa), dont le réceptable est mince, charnu, diversement contourné, découpé, et dont le pied, assez long, est souvent rempli de nombreuses cavités, elles sont absolument inoffensives.
- La nature des symptômes observés permet déjà de soupçonner la cause de l’empoisonnement et la variété des champignons ingérés. On peut déterminer ce point avec plus de certitude, en examinant au microscope les vomissements ou les selles : la présence de débris mycéliens et surtout de spores permettront à un spécialiste de préciser l’espèce incriminée.
- Ce fait peut être important au point de vue du pronostic, la gravité de l’empoisonnement étant en effet très variable suivant le cas, une intoxication par les champignons à muscarine par exemple, est bien moins grave qu’un empoisonnement par les champignons à phalline ; car dans l’empoisonnement muscarinien, la précocité des vomissements entraîne déjà une élimination du poison et permet une thérapeutique active ; dans l’intoxication phalli-nienne, au contraire, en raison de la lenteur de la période d’incubation, de l’insidiosité des symptômes, le médecin est toujours appelé trop tard.
- Quelle doit donc être la conduite à tenir pour les personnes qui sont les témoins d’un empoisonnement par les champignons? En premier lieu, il faut appeler d'urgence le médecin, même dans les cas d’apparence bénigne. En l’attendant, il faut s’efforcer de provoquer l’évacuation du poison.
- Les vomitifs sont inutiles et nuisibles : ils sont inutiles parce que, dans l’intoxication muscarienne, l’estomac s’est déjà débarrassé spontanément de son contenu, et que, dans l’intoxication phallinienne, le temps écoulé (8 à : 10 heures), depuis le repas fatal, indique que ce repas a depuis longtemps passé dans l’intestin ; j ils sont nuisibles parce qu’ils augmentent les douleurs du malade et le fatiguent. Si le médecin juge que l’évacuation de l’estomac est nécessaire, il sera libre de faire le lavage de l’estomac avec le tube Faucher.
- L’emploi des purgatifs est au contraire toujours indiqué, soit sous forme de purgatifs salins (sulfate de soude, de magnésie, 40 grammes dans 2 verres d’eau), soit sous forme d’huile de ricin (30 grammes) . L’intestin renferme, en effet, constamment tout ou une partie du poison.
- Les cataplasmes laudanisés calmeront les douleurs abdominales. On s’efforcera de faire uriner le malade
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- le plus possible, pour faciliter l’élimination du poison : on y parviendra en faisant boire au malade du lait en abondance, des tisanes de chiendent, de bourrache, de queues de cerise.
- Si le malade présente des tendances à la syncope, au refroidissement, on aura recours aux frictions sèches sur le corps, aux applications chaudes, aux infusions stimulantes (thé et café forts).
- Tous ces soins peuvent être faits avant l’arrivée du médecin. Ce dernier pourra les compléter par des injections d’éther, de caféine, d’injections intraveineuses de sérum, etc.
- D’une façon générale le traitement aura d’autant plus de chance d’être efficace qu’il aura été pratiqué plus tôt après le début des accidents.
- Dr R. Burnier.
- PERMÉABILITÉ DU VERRE POUR LES VAPEURS
- Il s’agit là d’une question qui a été fortement discutée, mais que d’éminents chimistes ont résolue par l’affirmative.
- On vient de constater encore que les vapeurs d’iode et de brome peuvent traverser en très faible quantité une paroi très mince de verre, à la température ordinaire, et la démonstration de ce phénomène a été
- fournie par l’attaque d’une feuille d’argent située du côté opposé du verre. Le phénomène paraît d’ailleurs très irrégulier; dans un cas, un matras a laissé échapper 16 milligrammes de vapeur de brome, mais le plus souvent, la perte est de 1 à 2 dixièmes de milligramme. On a constaté aussi que le verre est beaucoup plus perméable lorsqu’il devient cristallin. ifi
- V S
- LES PAYSAGES DE LA LUNE
- Vu au télescope, ou examiné par le moyen des I prodigieux, aux aspérités fantastiques ! (fig. 5). Et se admirables photographies maintenant obtenues, le | l’imaginer ainsi, mais surtout le représenter comme
- Fig. i. — Coupe du cirque Eratosthènes. Ce cirque est visible en i, figure 3, II.
- satellite de la Terre montre une surface très accidentée. Les enceintes annulaires, appelées cratères ou cirques, s’empilent en grand désordre, ou surgissent, en compagnie de massifs isolés au milieu des vastes étendues grisâtres improprement dénommées-mers, des chaînes montagneuses limitant ces étendues toujours grossièrement circulaires; enfin le tout est recoupé de nombreuses rainures (ou crevasses). Ce monde semble un chaos
- tel, est chose devenue des études purement
- Fig. 2. — Au bord d'une grande crevasse.
- classique. Indépendamment astronomiques, la Lune a servi bien souvent de thème aux récits d’aventures extraordinaires. Dans les deux cas, on fait entrer en jeu les paysages lunaires, c’est-à-dire les spectacles qui s’offriraient à notre contemplation, si , nous avions la faculté d’aller entreprendre un voyage sur ce monde voisin.
- Or il semble que l’on ait méconnu un peu
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- sinon le caractère, du moins les proportions de ces paysages, lorsqu’on a tenté de les représenter par le dessin, en s’inspirant surtout de l’impression résultant de l’observation télescopique. Quelque téméraire forcément un peu fantaisiste qr puisse paraître une telleentre-prise, je crois, cependant, qu’il est possible d’y introduire une part de vérité suffisamment grande, pour que l’on puisse avoir une notion assez approchée des grandes lignes de ces aspects extra-terrestres. Voyons donc comment, rationnellement, on peut espérer arriver à ce résultat.
- Le globe de la Lune s’offre à nos yeux successivement éclairé par le Soleil sous tojis les angles possibles. Par un éclairage oblique, à l’instant du lever ou du coucher du Soleil pour un point .quelconque de ce globe, les aspérités projettent des ombres portées très étendues — tel un promeneur, par exemple, sur une route, une plage unie, voit son ombre s’allonger démesurément au coucher du Soleil. Notre satellite ayant très peu, ou pas d’atmosphère, rien ne vient altérer la pureté des détails, la netteté des ombres, qu’il est facile de .mesurer d’une façon précise. Par suite de notre situation dans l’espace, le sol lunaire est vu comme si nous planions en ballon au-dessus, pour les régions centrales ; quant aux objets de plus en plus] voisins des contours du globe,, ils se déforment suivant les lois de la perspective : les enceintes annulaires deviennent des ellipses, les accidents se profilent en se masquant les uns derrière les autres. La confusion
- est plus grande, la forme et l’étendue des ombres échappent à l’investigation; mais, d’autre part, celle-ci s’enrichit de la possibilité de voir certains reliefs avec leur profil réel, mesurable directement (fîg. 5 et 8).
- st une opération simple, en principe, que d’estimer la dimension vraie d’un objet dont on connaît l’éloignement; l’angle qu’il sous-tend est fonction de cette distance. De même qu’on mesure ainsi parfaitement le diamètre des cirques lunaires, on peut déterminer la longueur kilométrique des ombres. Et comme d’autre part, il est aisé, d’après le mouvement de la Lune, de savoir la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon des points où se produisent les ombres, on possède lès éléments du problème. L’inclinaison des rayons solaires et la longueur de l’ombre permettent de calculer la hauteur du relief.
- Répétons encore que la netteté des ombres, permettant leur visibilité sur leur extension maximum, facilite remarquablement la reconnaissance des moindres aspérités du sol(1).
- Donc, par ces méthodes diverses, nous savons que les cirques ont des diamètres variant de quelques kilomètres jusqu’à 200 et plus! Nous savons que les montagnes du pôle sud se dressent à l’altitude de 7 à 8000 mètres, que les autres chaînes ont couramment 3000, 4000 et 5000 mètres, les remparts des cirques ayant aussi une hau-
- Fig. 3.— Photographies de quelques régions lunaires : I, cirques entassés des régions australes; II, chaîne des Apennins, Eratos-thènes (i) et Archimède (2); III, Région boréale : Platon et le Mont Pico (1).
- 1. Ces aspects sont bien visibles sur la figure 5, III, ainsi que sur celles parues dans l’article récent de M. De Launay, n° 2007, du 11 novembre 1911, p. 571.
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- teur analogue, que les rainures ont. parfois plusieurs kilomètres de largeur, et une profondeur énorme, etc.
- Or, ce sont ces proportions que l’on a peu respectées jusqu’à présent, en figurant l’étendue de terrain dans le champ normal de vision, comme couverte de cratères pareils à une armée de petits entonnoirs, accolés au pied de montagnes aux ver-
- D
- sants fantastiques.
- Si nous essayons de remettre debout, et en perspective, ces formations vues généralement, en plan, mais connues dans leurs dimensions, il sera facile de constater qu’il en est tout autrement. Il y a sûrement de petits cratères dont l’aspect doit rappeler celui des appareils volcaniques terrestres. Mais pour la grande majorité, l’ampleur des cirques interdit leur visibilité totale d’un seul coup d’œil et, même, ils sont pour la plupart tellement vastes, qu’étant placé au centre, un observateur n’apercevrait pas toujours les remparts limitrophes. On peut ainsi se représenter (fig. 6) la vision qu’aurait un voyageur atterrissant au milieu du cirque d’Archimède, une de ces immenses arènes dont le fond est très plat (fig. 5, II, n° 2). Il se croirait dans une vaste plaine environnée de cimes, débordant çà et là au-dessus de l’horizon. Ces sommités paraîtront bien peu vertigineuses. Mais examinez les ligures 5 et 8, elles nous donnent le profil réel de montagnes,
- vues directement au bord; toutes celles vues ainsi possèdent cette même allure générale; calculées d’après les dimensions (fig. 1), les pentes des remparts annulaires possèdent une valeur analogue. Nous la retrouvons encore, déterminée géométriquement pour le mont Pico (fig. 5, IIC ^ 1), que d’après son isolement et l’aspect de son ombre, on serait tenté d’assimiler à un pain de sucre surgissant de la plaine environnante. Or, ce « pic » a 2600 mètres de haut, et quelque vingt kilomètres de base, avec une
- forme plutôt régulière. La reconstitution présentée figure 4, possède donc, tracée à l’aide de ces éléments, une part de vérité suffisante pour nous faire concevoir l’aspect de cette région. Dans les mêmes conditions est dessinée la figure 7 qui essaie de donner le spectacle du Mur-Droit,
- immense et brusque dénivellation, de 300 mètres de hauteur verticale, et t se prolongeant kur 100 kilomètres, c’est-à-dire fuyant bien au delà de l’horizon ! Au bord des crevasses géantes dont la largeur dépasse souvent 1 kilomètre, il faudrait s’attendre aussi à quelque impression de vide formidable, dont un simple dessin ne peut guère donner idée (fig. 2).
- De telles formations, plus que les cirques trop vastes, et surtout les montagnes (dont la silhouette paraît assez semblable aux nôtres) doivent nous
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- donner l’impression la plus profonde du caractère disloqué du sol lunaire.
- Il faut aussi y ajouter le caractère spécial bien propre à ce monde,, privé d’atmosphère sensible :
- part de fantaisie, dans la question détail surtout. Il eût été plus scientifique de les tracer schématiquement, car nos connaissances sont nulles, quant à la constitution même du sol lunaire ; mais les dé-
- i.[ .[ Fig. 7. .Vue idéale du Mur-Droit.
- le ciel y est noir, avec les étoiles visibles malgré la I tails étaient obligés, dans un but esthétique facile à présence du Soleil, et en l’absence de la couche I comprendre. En ne tenant compte que des grandes
- Fig. 8. — Chaînes de montagnes, vues directement au bord oriental de la Lune.
- vaporeuse, une lumière dure et crue inonde avec la même intensité tous les plans visibles, sans cet estompage si doux, qui enveloppe et recule davantage les lointains sur notre Terre.
- Les images reproduites ici ne sont que des essais, répétons-le, auxquels on peut reprocher encore une
- lignes, ces dessins sont capables de nous faire concevoir les traits généraux de l’aspect du monde lunaire, en modifiant un peu la conception que la seule vue d’ensemble de cet astre a tendance à inspirer.
- Luciex Rüdaüx.
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- NOUVEAU TRACTEUR PANHARD A QUATRE ROUES MOTRICES
- Les établissements Panhard ont mis en service depuis quelques mois un nouveau tracteur automobile particulièrement intéressant, et présentant des dispositifs absolument nouveaux.
- Cet engin étant destiné à remorquer de lourdes charges, dans des chemins accidentés. comportant des courbes de très faible rayon, on a été conduit à disposer les quatre roues, de manière à les rendre à la fois motrices et directrices. On utilise ainsi P adhérence totale du poids du tracteur pour développer sa capacité de remorquage.
- Le moteur est à 6 cylindres de 100 d’alésage et 140 de course, il peut donner 35 chev. à 1000 tours et 45 chev. à 1400 tours, il entraîne la transmission par l’intermédiaire d’un embrayage métallique à rondelles multiples, du type courant.
- La boîte de vitesses donne quatre vitesses, correspondant pour 1000 tours du moteur à 2 km 800, 7 km, 12 km 600, 19 km 300, et une marche arrière.
- La transmission se fait sans aucun joint de cardan, uniquement par arbres et engrenages. L’arbre
- Le tracteur Panhard à 4 roues motrices.
- Les organes de direction sont tels, que les roues d’un même côté de la voiture peuvent être braquées de la même quantité, de sorte que dans la marche en courbe les roues arrière passent exactement dans les traces des roues avant. Grâce à cette précaution, les chemins parcourus par les roues d’un même côté sont les mêmes, et il a été possible avec un seul différentiel, d’équilibrer les efforts entre la paire de roues de droite et celle de gauche, en permettant la variation de vitesse nécessaire pour la marche correcte en courbe.
- Le différentiel unique, et la disposition des roues à la fois motrices et directrices, constituent les caractéristiques principales les plus originales de ce tracteur.
- • Les organes principaux sont constitués de la manière suivante .
- j
- de sortie de la boîte de vitesses commande, par un train d’engrenages coniques, un. arbre .'transversal en deux parties, réunies par un différentiebunique pour l’ensemble des commandes des 4 roues,'et placé entre les commandes des roues de droite et celle des roues de gauche.
- Chaque extrémité de l’arbre transversal commande le mécanisme de propulsion des deux roues situées de son côté au moyen d’engrenages coniques. Le mécanisme comporte pour chaque roue un arbre longitudinal reliant l’arbre du différentiel à l’arbre de commande des roues porté par l’essieu. La roue se trouve ainsi actionnée par une couronne conique d’engrenages qui lui est fixée, et un arbre auxiliaire dont l’axe coïncide avec l’axe de pivotement des roues.
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- La poussée des roues se transmet au châssis par des bielles, au nombre de deux par essieu, s’appuyant par une de leurs extrémités sur l’essieu, et par l’autre sur un tourillon concentrique à l’arbre transversal du différentiel. Cette disposition, qui fait coïncider l’axe d’,oscillation des bielles avec l’axe de l’arbre transversal, empêche les oscillations, produites par la flexion des ressorts de suspension, d’avoir d’autre effet sur les liaisons par pignons d’angle de l’arbre différentiel à l’arbre de transmission, qu’un léger déplacement angulaire se traduisant par le roulement d’un pignon sur l’autre.
- Les roues, en acier moulé, sont garnies de bandages de caoutchouc qui assurent une adhérence ^maximum dans le cas le plus favorable de 0,6 du pojds total.
- Le différentiel porte d’ailleurs un dispositif de blocage, qui l’empêche momentanément de fonc-
- Fig. 2. — Schéma des transmissions du tracteur Panhard : A, moteur à 6 cylindres; B, volant; C, embrayage d rondelles; D, boîtes de vitesses; E, arbre transversal du différentiel ; F, arbres de commande latéraux; G, couples d’engrenages coniques; H, couple d'engrenages concentriques à l’axe de pivotement et actionnant les roues.
- tionner dans le cas d’un patinage intempestif des deux roues d’un même côté.
- Le châssis porte en outre un treuil actionné par le moteur, et pouvant hâler un câble à la vitesse de 2 km à l’heure, soit pour se tirer d’un mauvais pas, soit pour tirer une remorque sur une pente trop raide.
- Des freins très énergiques agissent les uns directement sur les roues, les autres sur la transmission.
- Le poids total de l’engin en ordre de marche est de 6 tonnes, dont 2 de charge utile, répartie 2500 environ sur l’essieu avant, 5500 sur l’essieu arrière. Dans ces conditions, sur sol très adhérent, l’effort de traction pourrait atteindre 3000 kg avec une démultiplication convenable. A la lre vitesse de 2 kg 800 admise et avec un rendement total des transmissions de 70 pour 100, on peut développer à la jante un effort moteur de 2000 kg seulement.
- Sur une route de viabilité 50 kg par tonne, on pourrait, le tracteur pesant 6 tonnes, soit gravir une rampe maximum de 30 pour 100, soit gravir, avec une remorque pesant 10 tonnes, une rampe de 10 pour 100.
- Le système de direction permet de faire demi-tour sans marche arrière dans un cercle minimum de 9 mètres de diamètre.
- Ce tracteur a subi de nombreux essais, dont un sur la rampe de Satory à Versailles, ils ont donné les résultats suivants :
- Le tracteur seul, pesant 5550 kg, a pu monter en 4e vitesse des pentes de 4 pour 100, et en 5e vitesse des pentes de 8 pour 100. Il a pu franchir un talus de 0,35 m. et gravir un chemin crayeux avec ornières présentant une pente de 28 pour 100. En haut de la côte de Satory, il a pu gravir des escarpements herbeux et franchir notamment un tronc d’arbre de 0 m. 40 de diamètre.
- Avec une remorque pesant 6 tonnes, il a pu gravir en lre vitesse une rampe de 9 pour 100, et atteindre la vitesse de 9 km à l’heure en 2e vitesse, sur une rampe de 4 pour 100.
- Avec deux remorques de 5 tonnes chacune, orna pu réaliser en palier la vitesse maxima de 17 km à l’heure, et gravir une pente de 9 pour 100.
- Ce sont là des résultats extrêmement remarquables pour ceux qui connaissent les difficultés de la traction sur route.
- 11 est facile de se rendre compte, par la courte description qui précède, que. les établissements Panhard ont su présenter un engin, où toutes les difficultés d’établissement ont été solutionnées de main de maître. Capitaine Renaud.
- LA DÉFENSE DE PARIS ET DE LA FRANCE CONTRE LA GRÊLE
- On connaît depuis quelque temps déjà les para-grêles électriques créés par le comte de Beauchamp et le général de Négrier et dénommés « Niagara électrique » pour bien mettre en évidence les quantités énormes d’électricité qu’ils absorbent dans l’atmosphère; conducteurs perfectionnés et gigantesques, ils ont pour but de neutraliser l’électricité des nuages à grêle qui ne seraient dangereux, d’après les théories des inventeurs de ces appareils, que par suite de leur charge à très haut potentiel.
- Ces théories sont-elles justes? Les moyens dont dispose la science actuellement ne permettent pas d’en fournir la vérification absolue, cependant les
- résultats obtenus jusqu’à ce jour par le comte de Beauchamp et ses collaborateurs, le général de Négrier, M. Audiffred, sénateur, le comte de Pont-briand, sénateur, etc..., paraissent être la meilleure preuve de leur exactitude.
- Tous les points isolés pourvus d’un paragrêle électrique, toute la région défendue par un barrage électrique ont été à l’abri des dégâts causés par la grêle et les coups de foudre : la foudre est tombée une seule fois en 11 ans sur un poste protégé, mais sans causer d’accident, sans laisser de traces.
- Coïncidences, dira-t-on? Peut-être, mais en tout cas singulièrement troublantes et surtout encoura-
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- géantes. Il faut donc marcher vigoureusement dans, la voie tracée, créer postes et barrages en grand nombre.
- Si les résultats obtenus continuent à se manifester avec la même régularité pendant une période de temps suffisamment longue, on pourra logiquement tenir pour vérifiées des théories sur lesquelles sont basés les paragrêles électriques, puisqu’on devra à ces appareils la conservation d’innombrables vies humaines (150 par an, à peu près) et de récoltes, immeubles, etc..., d’une valeur énorme, ^plusieurs centaines de millions environ chaque année.
- Si l’on arrive à abaisser en des proportions suffisantes le potentiel électrique des nuages dangereux qui sont chargés d’électricité positive (et cela grâce à l’afflux de l’électricité négative du sol déversée par le « Niagara électrique »), la grêle qu’ils laissent parfois tomber, quoique le plus souvent elle se résolve en pluie, est molle, sans consistance, incapable par conséquent de causer des dégâts sérieux.
- D’une façon générale, un pa-ragrêle électrique se compose d’une lame de cuivre électrolytique non écroui, ce qui est pratiquement le métal le meilleur conducteur de l’électricité ; elle se termine d’un côté, non plus par une pointe unique comme l’antique paratonnerre de Franklin, mais par une série de lames dorées et aussi effilées que possible, disposées soit autour d’une tige centrale, c’est F « aloès électrique », soit sur une couronne de cuivre, c’est le « yucca électrique », soit sur une tige droite horizontale, et en forme de porte-cierges, ce qui est d’ailleurs la meilleure disposition, quoique, malheureusement, elle ne convienne pas, an point de vue esthétique, à tous les monuments, clochers d’églises, campaniles de château, etc..., sur lesquels on peut avoir l’occasion de la placer. Le tout est placé à une hauteur de 40 mètres au moins, pour « accrocher » en quelque sorte les nuages et dépasser d’une dizaine de mètres les extrémités des arbres.
- À l’autre extrémité il porte un diffuseur : ruban de cuivre à plusieurs pointes et soigneusement argenté, plongeant dans une masse d’eau de grand volume pour assurer un contact aussi parfait que possible avec l’électricité du sol.
- Un poste paragrêle protège une surface de terrain s’étendant à 4 ou 5 kilomètres environ dans la direction du vent à droite et à gauche par rapport à celle-ci, et en outre à 500 ou 1000 mètres
- en amont, contre lèvent. Ces données résultent des nombreuses observations déjà faites.
- Les expériences du comte de Beauchamp à Saint-Julien-l’Ars, expériences qui remontent à l’année 1899, celle entreprise plus tard, sur ses indications, par le général de Négrier à Paizay-le-Sec, et toutes les autres qui ont été multipliées ces dernières années, montrent que dans les campagnes, dans les villes de moyenne importance, il paraît possible d’éviter les inconvénients de la grêle et de la foudre en abaissant le potentiel électrique de l’atmosphère : les gens eux-mêmes se rendent bien compte qu’alors ils ne sont plus en proie à cet état de nervosité spécial et bien caractéristique causé par la tension
- Fig. i.
- M*" Perdu
- — La défense de la France contre la grêle. Les projets de barrages électriques.
- électrique; les cuisinières constatent également que « le bouillon gras ne tourne plus ».
- Il se produit d’ailleurs, au moment où un nuage chargé d’électricité se rapproche d’un « Niagara électrique », un phénomène des plus curieux et qui a bien des fois été constaté par M. de Beauchamp. La partie inférieure du nuage se fonce graduellement et devient de plus en plus noire. En même temps le nuage projette des éclairs à droite, à gauche, en avant, en arrière et par-dessus, mais jamais au-dessous de lui.
- Le problème s’est posé tout différent quand, sur la demande de M. Violle, le « Comité de défense contre la grêle » a entrepris l’étude de la protection de Paris.
- L’électricité existe dans l’atmosphère avec des tensions, qui augmentent en même temps, que la
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- Fig. 2. — Installation d’un « Niagara électrique » sur l'un des arcs supérieurs de la Tour Eiffel.
- distance au sol. Il semblerait donc possible, en installant sur la Tour Eiffel, à une hauteur de 300 mètres, un colossal « Niagara électrique » de préserver Paris et une partie de ses environs contre la grêle. Sans doute ce résultat pourra être partiellement obtenu ainsi, car l’installation effectuée sur la Tour Eiffel, utilisant Pélectricité négative du sol de Paris pour neutraliser l’électricité positive des nuages, abaissera le potentiel de la haute atmosphère au-dessus de la ville.
- Mais elle restera à peu près sans action sur les nuages circulant à faible hauteur à une certaine distance de la tour et qui sont parfois violemment électrisés. Il faut considérer la ville avec ses innombrables cheminées, ses jets de vapeur grasse produits par les moteurs à vapeur, etc..., comme une multiple et gigantesque machine électrique d’Armstrong produisant sans cesse d’énormes quantités d’électricité.
- Beaucoup de ces nuées plus ou moins grasses, très peu conductrices forment en quelque sorte de véritables poches d’électricité.
- Si la tension de l’une d’elles devient par trop considérable, et si sa distance au sol, aux immeubles, aux cheminées, etc..., reste plus faible que celle qui la sépare du « Niagara » de la Tour Eiffel, la résistance électrique étant plus grande entre la tour et le nuage qu’entre ce dernier et le sol, il se produit alors un coup de foudre. Une violente chute de grêle peut également avoir lieu.
- Par conséquent, pour neutraliser, au point de vue électrique, tous les nuages pouvant se former et circuler au-dessus de Paris, le « Niagara » de la Tour
- Eiffel ne peut suffire. Il faut lui adjoindre un certain nombre de postes conjugués de relais, à moindre hauteur.
- Le premier poste projeté sera installé au Luxembourg pour agir sur les couches basses de l’atmosphère au-dessus des maisons entre l’Observatoire et la tour. Il restera à construire des postes au Panthéon, au Sacré-Cœur de Montmartre, peut-être même ailleurs.
- Actuellement il est impossible de préciser les résultats de cet abaissement du potentiel électrique de la haute atmosphère au-dessus de Paris, au point de vue des chutes de grêle et de la foudre. Sans doute celles-ci seront-elles moins fréquentes, moins dangereuses, c’est tout ce que l’on peut espérer. Pour essayer de réaliser leur suppression, il faudrait protéger la ville par un réseau de para-grêles à distance convenable, pour atteindre et neutraliser les nuages en circulation ou en formation avant qu’ils n’aient acquis une tension dangereuse.
- Il faut toutefois hautement se féliciter de ce ' début, et souhaiter que les mesures complémentaires puissent être rapidement prises : l’expérience est intéressante, relativement peu coûteuse à réaliser et les résultats que l’on est en droit d’en espérer en justifient amplement les risques.
- On peut l’espérer, car les pouvoirs publics ont compris toute la portée de ces tentatives : les premiers crédits ont été, en effet, accordés par le ministère de l’Agriculture, le Conseil général de la Seine, le Conseil municipal de Paris.
- Fig. 3. — Construction d’un « Niagara électrique » à la Tour Eiffel, descendant le long d’un pilier de la tour.
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- Le « Niagara » de la Tour Eiffel est d’ailleurs des plus intéressants par lui-même et par la façon dont il a été posé. En effet, M. Eiffel ne tolère, à juste titre, aucune cause d’affaiblissement de la tour. Tout en se prêtant de la meilleure grâce à la réalisation du projet, il a imposé aux ingénieurs de la maison Mildé l’obligation stricte de ne percer aucun trou dans l’armature de la tour pour fixer les conducteurs électriques.
- L’entreprise était singulièrement malaisée dans ces conditions, quand on sait que l’installation comprend quatre puissants conducteurs, dont deux sont déjà posés, ayant 8 centimètres de largeur : l’épaisseur de ces lames, 2 millimètres, a été calculée de façon à offrir toute la résistance nécessaire, étant donné le poids du métal.
- Chaque conducteur parfaitement droit, et sans aucun coude brusque, suit l’arête intérieure du dièdre externe de chaque pilier. Actuellement les piliers est et ouest en sont seuls pourvus. Pour maintenir et soutenir ces énormes rubans de métal, des coins en bois, coincés dans les goussets qui de place en place relient les faces adjacentes de chaque pilier, les fixent contre les arêtes de ces piliers. De cette façon il a été possible d’éviter l’emploi de boulons ou de rivets qui auraient nécessité le percement de trous dans les parois de la tour.
- Quand il a fallu passer de l’extérieur à l’intérieur d’un pilier, on s’est servi des trous d’hommes existants.
- Chaque lame aboutit sur les arcs supérieurs de la
- Fig. 4. — Connexion d'un conducteur du poste paragrêle de la Tour Eiffel avec les conduites d’eau des ascenseurs de la tour.
- Fig. 5. — Poste « Niagara électrique » de Poitiers, avant le montage. Type yucca.
- tour aux quatre « Niagara électriques » qui sont d’ailleurs réunis par «une couronne de cuivre. Un « Niagara » se compose de cinq branches de 8 centimètres de largeur, très effilées et dorées avec le plus grand soin.
- À la hauteur de la troisième plate-forme de la Tour Eiffel, c’est-à-dire à 280 mètres, chaque conducteur porte une pointe effilée et dorée dirigée à l’extérieur de la tour pour neutraliser les nuages d’altitude moyenne passant dans le voisinage.
- Le contact avec le sol des diffuseurs, terminant les conducteurs déjà existants, se fait de deux manières simultanées. Chaque pilier ayant été foncé sur un caisson métallique, le conducteur est déjà relié à ce caisson. Ensuite il envoie trois branches qui se terminent sur des colliers qui enserrent les grosses conduites d’eau alimentant les ascenseurs hydrauliques de la tour.
- Prochainement quatre puits,un par pilier, seront creusés assez profondément pour atteindre la nappe d’eau souterraine. Dans l’eau de chaque puits pénétrera un diffuseur à grande surface et soigneusement argenté, relié au conducteur du pilier.
- De cette manière on prendra donc le maximum des précautions possibles. D’ailleurs tous les appareils seront vérifiés parM. Janet, directeur du Labo-ratoir supérieur d’électricité, qui se chargera de toutes les expériences et de toutes les observations
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- auxquelles donnera lieu cette installation véritablement unique au monde, et qui comportera des enseignements de la plus haute importance.
- En même temps qu’il commence les travaux de protection de Paris et de ses environs contre la grêle et la foudre, le « Comité de défense contre la grêle » poursuit ses études qui englobent la France tout entière, l’Algérie et la Tunisie.
- Pour l’établissement d’un poste, après avoir étudié l’aire des vents orageux de la région, il faut examiner ses dispositions orographiques et hydrographiques, rechercher les points culminants, tels que clochers d’églises, campaniles de châteaux, cheminées d’usines, etc..., et les points d’eau importants tels, que les sources, les rivières, les mares intarissables, les puits, les conduites métalliques de distribution d’eau, etc...
- Les particularités hydrographiques d’une contrée sont de la plus haute importance, car si l’on remonte à une distance plus ou moins longue dans la direction généralement suivie par les nuages à grêle, on trouve toujours des étangs, marécages, etc.... Jusqu’ici M. de Beauchamp n’a jamais rencontré aucun fait infirmant cette remarque.
- Ainsi dans la Gironde, dont l’étude est très minutieusement fouillée, un courant des plus dangereux ravage les arrondissements de Bazas et de la Réole ; or, à son entrée en France sur la côte, il rencontre tout d’abord l’étang de Biscarros où l’on a d’ailleurs observé que les nuages à grêle paraissent se former.
- Au moment de l’établissement des barrages électriques de la Loire, certains affirmaient que la grêle, très fréquente dans la région, avait une origine purement montagneuse ; leur surprise a été grande d’être obligés de se rendre à la théorie qui vient d’être citée, en constatant dans les montagnes de la Madeleine, où semblait être l’origine des nuages dangereux, la présence de marécages tourbeux situés à 1000 ou 1100 mètres d’altitude.
- Pour la création d’un barrage électrique para-grêle composé d’un certain nombre de « Niagara », destiné à protéger toute une vaste région, il faut étudier celle-ci comme on vient de le voir à propos d’un poste isolé. Chaque cas doit être l’objet d’une enquête spéciale. D’ailleurs le barrage n’est pas forcément en ligne droite : il peut être, en effet, disposé en ligne courbe ou brisée quelconque.
- Parmi les barrages destinés à protéger notre pays, certains sont prévus, d’autres déjà étudiés, quelques-uns même en voie d’éxécution.
- Il y aura un certain nombre de barrages généraux que viendront renforcer des barrages locaux et des postes particuliers établis sur les points les plus menacés (fig. 1).
- 1° Barrage des Landes ou de la Bidassoa. — Les vents qui amènent le plus généralement en France les orages, sont ceux du Sud-Ouest. Il est donc logique de chercher à les neutraliser dès. leur entrée sur le territoire en créant une première ligne avancée qui part du phare de Cordouan, se continue
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- le long de la côte du Golfe de Gascogne, gagne la ligne de faîte des Pyrénées et s’arrête à Luchon.
- 2° Barrage de VOuest ou des côtes de Bretagne. — Son extrémité sud coïncide, au phare de Cordouan, avec l’extrémité nord du précédent. Il remonte au nord en suivant d’une façon plus ou moins étroite les côtes de la Vendée et de la Bretagne, pour se terminer à la pointe de la presqu’île dm Cotentin, ayant traversé Ouessant, Brest et Saint-Brieuc.
- 3° Barrage du Centre. —Il est orienté à peu près de l’ôuest à l’est, car il a son point de départ à File de Ré et traverse Niort, Poitiers, Bourges, allant vers la Suisse où il pourra rejoindre un jour les lignes de défense qui y seront sans doute créées.
- Une partie de ce barrage existe déjà : les paragrê-les électriques de la Vienne, les premiers qui aient été installés.
- 1 Ces trois premiers barrages sont cités tout d’abord, car ils sont les plus importants et ceux qui s’imposent en’ premier lieu, si l’on veut obtenir avec le moins de frais une protection générale appréciable de tout notre territoire.
- 4° Barrage de la Loire et du Centre. — Il est destiné à défendre une partie du bassin du Rhône. Les monts de la Madeleine constituent actuellement son point de départ. Il remontera au nord en suivant Ta ligne de partage des eaux de l’Atlantique et de la -Méditerranée. Il se poursuivra au Sud le long des monts du Forez et des Cévennes. Au printemps prochain vont être installés dans le Beaujolais vingt postes qui en font partie.
- 5° Barrage de l'Est. — Il passera par Sedan et par Belfort, protégeant les départements de l’Est.
- 6° Barrage de la Loire-Inférieure. — Ce barrage est prêt à être construit. Il rencontre successivement : Chateaubriand, Treffeuë, Albaret, Niort, Casson, Sucé, la Chapelle-sur-Erdre, Nantes, Chan-tenay, Verton, Saint-Fiacre ou la Haye-Fouassière, Monnières, Buossin, puis pénètre en Vendée.
- 7° Barrage de la Bretagne. — Continue le précédent dans la direction du nord et rejoint à Avran-ches le barrage des Côtes-de-Bretagne.
- 8° Barrage de la Loire. — 11 se dirige de l’ouest à l’est et traverse Nantes, Angers, Tours, Orléans.
- 9° Barrage de la Charente. — Il s’appuie sur Rochefort et Limoges et contribue, avec le précédent et le barrage du Centre, à la défense de Paris et de ses environs. Ce barrage est déjà reconnu, dans la Charente, spécialement les environs de Cognac.
- 10° Barrage de la Gironde. — Il part du phare de Cordouan et aboutit à Luchon; il se réunit au système très complet prévu pour protéger le départe^ ment de la Gironde. La construction déjà commencée sera très avancée au printemps prochain.
- 11° Barrage de la Méditerranée. — Ce barrage doit longer toute la côte française de la mer Méditerranée, depuis Port-Vendres jusqu’à Vintimille.
- 12° Barrage protecteur de Paj'is. — Il constitue la défense avancée de la capitale. Il passera soit par
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- Évreux, Chartres et Orléans, soit par Versailles et Melun.
- La défense de l’Alsace sera assurée par le barrage passant par Strasbourg, Mulhouse et Bâle et qui est déjà reconnu.
- Il en est de même de la vallée de la Drôme et de l’arrondissement de Die dont l’étude est déjà faite.
- Pour empêcher que des maladroits ou des ignorants n’en fassent un usage dangereux, tous les appareils sont brevetés en France et à l’étranger : en France, le Comité, dont toutes les études sont entièrement gratuites et qui ne demande aucun droit de licence, confie le soin d’exécuter les installations à des électriciens compétents, agréés par lui. Ses frais d’étude seront remboursés ultérieurement par les droits prélevés sur les appareils placés à l’étranger. C’est une manière originale et intelligente de protéger et de favoriser notre agriculture, nos richesses nationales.
- Un hectare de cultures riches est assuré contre la grêle au prix de 30 francs environ. Or la protection de la même surface de terrain par un paragrêle élec-
- trique revient à 1 franc et, dans les plus mauvais cas, à 2 francs, dépense une fois faite et qui ne se renouvelle pas.
- Toutes les observations relevées sur le barrage de la Vienne l’ont été dans des conditions telles que le groupe agricole du Sénat, composé de M. Gomot, ancien ministre, président ; du comte de Ponlbriand, rapporteur, etc., les considère comme authentiques.
- Il est donc probable que des appareils installés d’après les mêmes données en d’autres endroits donneront les mêmes résultats. Par conséquent tout ce qu’il faut désirer pour le moment c’est que les applications des paragrêles électriques soient multipliées dans la plus grande mesure, pour que l’expérience, le seul critérium certain en la matière, nous fixe d’une manière définitive sur leur efficacité réelle.
- 11 est bon de dire en terminant que les rapports sur le fonctionnement en 1911 des postes « Niagara » existants viennent d’être reçus. Or ils portent tous, comme ceux des années précédentes : Orages violents; dégâts : néant. Louis Serve.
- LE HOUBLON PLANTE TEXTILE
- M. Schatz, ancien administrateur des biens du baron de Beck-Péccoz, à Kühbach, en Bavière, a réussi à retirer des tiges du houblon un fil analogue à celui du chanvre, destiné, selon lui, à rendre les plus grands services dans la corderie, non moins que. dans les tissages.
- Sa méthode, au sujet de laquelle .l'inventeur ne s’explique pas encore complètement à cause du secret qu’il tient à garder quant à quelques détails, ne constitue, somme toute, qu’une modification du traitement auquel est soumis un cousin du houblon, le chanvre; chaque planteur de houblon peut l’appliquer dans ses premières phases sans se voir dérangé de ses occupations habituelles, car les travaux qu’elle implique peuvent parfaitement être remis à ce que nous pourrions appeler la morte-saison du cultivateur. Le plus délicat de ces tra-
- vaux, de même que pour le chanvre, est le rouissage. M. Schatz préconise le rouissage à l’eau comme donnant les meilleurs résultats; ce procédé exige, il est vrai, plus que tout autre, une surveillance active et minutieuse, afin de bien saisir le j moment, où, l’eau ayant achevé de dissoudre ou pour le moins, de bien ramollir les matières gommeuses, la séparation à effectuer entre la fibre et son enveloppe ne causera plus aucune difficulté.
- Les essais de filage qui promettent d’être fort heureux, n’ont pas encore pu avoir lieu et ont été remis à l’automne prochain. Les résultats que M. Schatz a obtenus jusqu’ici sont assez encourageants pour laisser prévoir que le fil de houblon jouera bientôt un rôle dans la corderie. IL Caspary.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 décembre 1911. -
- Communications diverses. — Observations de la comète Brooks 1911 c à Athènes. Note de M. Eginitis déposée par M. Bigourdan. Notes de M. Gouy sur une action cathodique ; de M. Repelin envoyée par M. Termier dans laquelle l’auteur montre que la nappe de recouvrement de Sainte-Baume (près Toulon) s’étend vers le nord, à 10 kilomètres de la racine; de M. Decombe, déposée par M. Bouty, sur la chaleur de Siemens et la notion de capacité ; de 1. Conseil, relative à des expériences de reproduction des phénomènes de la rougeole sur le singe dit Bonnet chinois, déposée par M. Roux; de M. Estanave, déposée par M. Lippmann sur la synthèse des couleurs
- Présidence de M. A. Gautier.
- complémentaires par les réseaux lignés ; de MM. Matignon et Lesieur, déposée par M. Le Chatelier, relative à l’action de .l’azote et de l’oxygène sur le magnésium.
- Discours de M. le Président. — M. le Président prend là parole et rappelle que dans son discours prononcé à la séance solennelle du 18, il a eu à rendre un dernier hommage à un savant associé étranger mort six jours plus tôt. Aujourd’hui, après si peu de temps, il doit encore exprimer des regrets au sujet d’autres morts : M. Bornet, membre de la Section de Botanique, décédé le 18 décembre; M. Radau, membre de la Section d’As-
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- tronomie; M. Lannelongue, membre de la Section de Médecine et Chirurgie. Puis il retrace en quelques mots les principaux objets sur lesquels ont porté les études de chacun d’eux.
- Élections. — M. Félix Guyon est élu à l’imanimité vice-président de l’Académie pour 1912. — M. l’abbé
- Verschaffel, l’astronome bien connu par ses patientes et précises observations stellaires de l’observatoire d’Abbadia, est élu correspondant de la Section d’Astronomie, en remplacement de sir William Huggins.
- La séance a été levée en signe de deuil sitôt après les élections. Ch. de Villedeuil.
- ATLAS PHOTOGRAPHIQUE DES FORMES DU RELIEF TERRESTRE
- G’est une publication entreprise par MM. J. Brunhes, Chaix et de Martonne, conformément à un vœu du 9° congrès international de géographie.
- Elle doit comprendre environ 480 planches en photo-typie accompagnées de notices, de coupes ou de schémas géologiques; son but est de fournir des explications et des représentations photographiques de toutes les formes caractéristiques du relief terrestre. Cet Atlas exposera la face de la terre suivant la méthode de la géographie physique moderne.
- Le sous-titre de l’Atlas « Documents photographiques avec notices scientifiques » indique nettement son but.
- L’idée première, due à M. Chaix en 1907, ne comportait qu’un « Altas de l’érosion »
- « destiné à mettre fin aux malentendus dans la nomenclature des phénomènes, en fournissant des repères photographiques ». C’est au congrès de Genève en 1909 qu’il fut résolu de l’étendre à toutes les formes du terrain.
- On annonce pour la publication une durée de 8 à 10 ans. On peut souscrire soit aux 480 planches prévues, soit à la lre série de 48 pl., au prix de 50 francs par série annuelle.
- Les documents constitutifs ont été, pour chaque sujet, demandés aux spécialistes les plus compétents et les plus autorisés. M. le professeur Chaix, 23, rue du Mail, à Genève, est spécialement chargé de leur centralisation.
- M. de Martonne a proposé le plan de l’ouvrage, dont voici les grandes lignes.
- I. Formes dues à la désagrégation et à l’action de la pesanteur : A) Effets de la désagrégation mécanique (gel, insolation) ; B) Effets de la décomposition chimique (lapiés, boules) ; C) Mouvements graduels des débris dans les régions tempérées et chaudes ; D) Mouvements lents des débris dans les régions arctiques, à sol temporairement gelé ; E) Formes dues à l’écroulement brusque de masses désagrégées. — IL Formes élémentaires dues à l’érosion par les eaux courantes : A) Ravinements élémentaires; B) Formes de creusement du lit; C) Tor-
- rents) ; D) Formes de ruissellement désertique. — III. Formes complexes dues à l’érosion organisée des eaux courantes. — IV. Formes influencées par la nature des roches : A) Roches massives ; B) Roches schisteuses ou diaclasées; C) Terrains instables; D) Roches perméables et solubles. — V. Formes d’érosion adaptées à une structure géologique variée : A) Couches horizontales; B) Couches inclinées dans un seul sens (structure mono-clinale) ; C) Reliefs de plissement; D) Reliefs de failles ; E) Formes en rapport avec des mouvements d’ensemble. — VI. Formes en rapport avec les influences glaciaires : A) Formes des glaciers actuels ; B) Formes élémentaires d’érosion et d’accumulation glaciaires et fluvioglaciaires ; C) Formes en rapport avec l’ancienne extension glaciaire. — VII. Formes en rapport avec les actions éoliennes (particulièrement dans les régions arides). — VIII. Formes littorales : A) Formes élémentaires d’érosion littorale (à haute et basse mer) ; B) Formes élémentaires d’accumulation littorale ; C) Formes complexes en rapport avec des déplacements du rivage. — IX. Formes volcaniques : A) Formes simples d’accumulation ; B) Formes complexes avec sculpture d’érosion.
- Le fascicule spécimen qui vient de paraître touche à tous les chapitres; mais les' fascicules suivant seront homogènes, chacun correspondant à une division du plan systématique.
- Les planches en phototypie sont exceptionnellement remarquables, parce qu’elles sont dues à M. F. Boissonnas, le célèbre photographe éditeur de Genève, qui ne livre jamais que des œuvres impeccables.
- La vue réduite que nous donnons montre une forme d’érosion littorale, des falaises et une plate-forme d’abrasion dans des couches très ondulées et très cassées à Saint-Jean-de-Luz (pointe Sainte-Barbe).
- Il importait de signaler cette nouvelle et belle publication, avec cette mention spéciale qu’elle constitue un document scientifique de la plus grande utilité et d’une exécution incomparable. E.-A. M.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras 9, à Paris.
- Forme d’érosion de littoral. (Falaise de la Pointe Sainte-Barbe à Saint-Jean-de-Luz.)
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- LA NATURE. — N° 2016.
- 13 JANVIER 1912.
- LES MODIFICATIONS RÉCENTES DE LA COTE DU POITOU
- à la Belle-Henriette (Vendée)
- Le littoral de la Vendée, de l’Anse de l’Aiguillon du marais, et on le retrouve souvent à l'extérieur, à à La Tranche, montre un bourrelet de dunes repo- mer basse, sous le sable de l’estran; ces dunes
- Fig. i. — Dunes littorales et érosion à la Belle-Henriette (Vendée). — Les dunes forment une anse; l'érosion est surtout sensible au fond de l’anse, où tout le sable est enlevé; les dames sont assises sur le commencement de la dune qui va vers La Tranche. La mer est basse; on voit les fascines en bois ; la série antérieure est plantée dans l’argile qui découvre sous le sable, par suite de l’érosion. On voit un cantonnier avec une brouette qui enlève le macadam de la route érodée pour porter ce macadam sur la partie nouvelle de la route, qui est déviée juste derrière l’auto. A gauche, meules de paille et cabane de la Belle-Henriette; derrière est le Marais; 2 traits blancs indiquent leLay. Dans le fond, peu visible, est l’ile de Saint-Michel-en-Lherm avec son clocher. — (jgzr) L’érosion s’est portée à la deuxième ligne de fascines en bas des dunes blanches.
- sant sur l’argile marine gris-bleu du Marais poitevin, dite bri dans le pays. Ce marais est un pays bas occupé par cetle formation récente, qui continue encore à se déposer dans les eaux très calmes de l’Anse de l’Aiguillon. Sur d’autres points, où la mer est plus agitée, c’est du sable, des graviers qui sont apportés et déposés, d’où formation de bancs de sable et de dunes en certains points, delà Pointe del’Aiguil-lon à La Tranche.
- La largeur des dunes est variable de quelques mètres à un kilomètre et même plus quelquefois. A l’intérieur de ce cordon de dunes, on voit le bri
- reposent donc sur le bri. Cela est visible, notamment au lieu dit la Belle-Henriette, entre l’Aiguillon
- et La Tranche ; la mer y a rongé la dune depuis quelques années, et a atteint la route qui se trouve juste au Nord sur l’argile du marais.
- L’érosion de la mer se fait sentir souvent le long de cette côte ; son action se déplace, heureusement. En général, elle apporte du sable et l’entraîne au Sud-Est sous l’influence du courant superficiel littoral qui agit sur nos côtes de l’Ouest.
- Cette érosion cause d’autant plus d’inquiétude que
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- 40" armee.
- ivr semestre.
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- LES MODIFICATIONS RECENTES DE LA COTE DU POITOU
- le pays qui est en arrière des dunes, le marais méridional de la Vendée, ne possède pas une altitude très grande, seulement 1, 2 ou 3 mètres au-dessus du zéro moyen de la mer, zéro de la carte topographique d’État-major. Or, dans les marées exceptionnelles (110 à 118), la mer peut s’abaisser à 3 m. 25 au-dessous du zéro moyen et s’élever de la même
- quantité au-dessus ; dans ce cas, ce sont les dunes ou les digues qui l’empêchent d’envahir le marais.
- Si, en même temps qu’une très grande marée, il y a tempête du Sud ou du Sud-Ouest, les vagues élèvent le niveau de la mer de plusieurs mètres et alors les inondations sont à craindre. Il suffît de rappeler les grands désastres de la Hollande. L’inondation pourrait aller jusqu’aux coteaux de Longe-ville, d’Angles et de Saint-Benoist, à plusieurs kilomètres et même, jusqu’à Luçon, à 20 kilomètres, s’il n’y avait les digues des marais desséchés.
- Le désastre serait grand parce qu’aujourd’hui le marais est tout en prairies ou en cultures; que les terres y ont acquis une grande valeur, atteignant partout ou dépassant 3000 francs l’hectare.
- Le Lay. — Pour le point particulier considéré, la question se complique de l’embouchure du Lay, petit fleuve qui passe à quelques g. centaines de mètres du point menacé. *
- L’Aiguillon se trouve sur la rive gauche du Lay, sur une dune qui se continue au Sud-Est jusqu’à la Pointe de l’Aiguillon.
- A certains moments, l’érosion s’était portée de ce côté, il a fallu protéger le pays par une digue continue, travail énorme de plusieurs kilomètres.
- Sur la rive droite du Lay, il y a une pointe de sable analogue, dite pointe d’Arçay ; elle porte des dunes qui atteignent au Nord-Ouest une hauteur de 19 mètres, tout près de la Belle-Henriette, pour se continuer de là jusqu’à La Tranche. C’est dans le fond de l’Anse de la Belle-Henriette que la mer se porte de préférence, déplaçant légèrement son point d’at-
- taque. Si elle enlève l’intervalle qui la sépare du Lay, ce dernier aura là une nouvelle embouchure. Personne ne peut dire à l’avance ce qui se produira sous l’influence des marées ; la langue d’Arçay tout entière peut disparaître et nous reviendrions à un état antérieur.
- Les dangers pour la population ne me paraissent pas énormes ; elle est massée dans les bourgs qui sont tous situés sur des mamelons, appelés « îles » ; toutefois les fermes isolées ou cabanes sont au niveau du marais et alors peuvent être inondées très facilement.
- On est du reste habitué à cela dans le marais, mais par le fait des eaux douces. On a fait certainement confusion dans le public à ce sujet dans les derniers événements.
- Le Marais poitevin reçoit les ruisseaux et rivières qui viennent de la Plaine et du Bocage de Vendée. Après les grandes pluies, il serait toujours inondé s’il n’y avait pas de digues pour empêcher le Lay, la Vendée, etc., de déborder et d’envahir certaines parties qu’on appelle les marais desséchés. Les zones non protégées par des digues sont les marais mouillés.
- Lorsque les digues se rompent, comme celle de Saint-Benoit, quelquefois par malveillance, le Lay déborde et couvre toute la région au nord des dunes de la Belle-Henriette.
- Ce sont des inondations d’eaux douces, fréquentes ces dernières années ; il peut y avoir 1 mètre d’eau dans les cabanes, et les récoltes sont perdues. De plus, le Lay débordé peut ronger les dunes par le Nord !
- Si les dunes ou digues de la Belle-Henriette étaient percées, cela pourrait augmenter le désastre'; mais je crois que l’eau douce empêcherait l’eau de mer de s’étendre très loin. Les marais du Lay et de Moricq souffriraient tout de même énormément, car il faudrait peut-être plusieurs années pour que la surface fût dessalée.
- Erosion actuelle. — Depuis 1904 et 1905, la mer s’est acharnée au même point ; des travaux ont été faits à ce moment, surtout des enrochements
- Dunes
- littorales
- N.
- LE MARAIS Route', LayDTe 3
- ..Argile.-
- Fig. 4. — Coupe du Marais poitevin.
- à la charge des riverains du marais. Ils ont disparu pendant l’hiver 1905-1906; la mer a rongé la dune et, comme le montre une photographie, coupé la route de l’Aiguillon à La Tranche. On croyait tout à fait à l’envahissement du marais, dont certaines parties sont au-dessous des hautes mers. Des travaux considérables, 150000 francs,. furent alors engagés par les Syndicats du Marais avec l’aide de l’État;^donnée par décision ministérielle du 14 dé-
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- cembre 1906, de M. Clemenceau, Vendéen, mis au courant de la gravité de la question. Une digue d’environ 400 mètres fut construite, formée d’un perré en ciment armé bâti sur des poutres de même nature enfoncées dans l’argile.
- Pendant les hivers suivants, la mer a recommencé son érosion, tandis que des pluies torrentielles causaient l’inondation du marais en arrière. Aujourd’hui la dune est rongée au Sud-Est de la digue et a disparu sur une certaine longueur, c’est-à-dire que la situation est la même qu’en 4906, avec un léger déplacement latéral.
- En décembre 1911, on est obligé d’apporter des moellons pour faire des perrés en pierres sèches, pour arrêter la mer par des enrochements, comme ceux portés sur la photographie d’avril 1906.
- Une cause d’espoir. —' En général, la mer ne ronge pas d’une façon continue au même endroit, elle enlève le sable de l’estran et de la dune en certains points, le porte ailleurs, forme des bancs de sable qui peuvent se rapprocher de la côte par le
- procédé indiqué plus loin et boucher les trous faits dans les dunes.
- Sur nos côtes de l’Ouest, la mer, presque à chaque flot de marée, apporte un peu de sable en temps ordinaire et le dépose formant des petites laisses successives. Ce dépôt journalier finit par former un petit bourrelet ou monticule allongé de sable parallèle à la dune littorale, ce bourrelet peut atteindre 1 à 2 mètres d’épaisseur à la partie supérieure de l’estran. En général, à la suite d’une grande tempête de malines, la mer rase la côte, enlève le bourrelet ; cela rétablit l’équilibre moyen de la côte ; la mer reforme la falaise de la dune littorale.
- En résumé, les sables atterrissent par le beau temps en été et sont rasés, nivelés et repris par les tempêtes, surtout par les sacs de mer, qui viennent du fond de l’Atlantique.
- La côte oscille donc autour d’un état moyen, et on peut espérer que les bancs de sable qui viennent de La Tranche vers la Belle-Henriette arriveront à combler le fond de l’anse. Jules Welsch.
- Professeur à l’Université de Poitiers,
- NOUVEAU SYSTÈME DE DESTRUCTION DES VIEUX BILLETS
- A LA BANQUE DE FRANCE
- Que de gens aiment à bourrer leur portefeuille de billets de 100 ou de 1000 francs... même crasseux! La Banque de France s’inquiète, au contraire, de la propreté des coupures qu’elle a émises et n’hésite pas à les réformer quand elles lui rentrent mutilées ou par trop maculées. Cette opération qui parait simple, a priori, ne va pas sans certaines difficultés d’ordre pratique, car, vu l’énorme circulation fiduciaire de notre .établissement national de crédit, il faut détruire des milliers de kilogrammes de papier. D’après le dernier rapport des censeurs, la Banque de France a, en effet, annulé ou détruit en 1910 :
- 1 201 458 billets de 1000 fr., soit 1 201 458000 fr.
- 189449 — 100 — 18 944 900 —
- 7 779 609 — 50 — 388 980 450 —
- Soit, au total, 9170516 billets valant 1609 383350 fr. sans compter les 612 coupures de 5,20, et 25 francs retirées de la circulation.
- Il ne faut pas que quelques bribes de ce Pactole viennent à s’égarer en route, et qu’un habile escroc trouve le moyen de reconstituer les billets réformés. On doit donc procéder à une destruction complète, qui s’effectue statutairement en présence d’un des Régents.
- Primitivement, on brûlait les billets à l’air libre. On les mettait dans un cylindre grillagé, au-dessous duquel on disposait des morceaux de bois qu’on allumait. Le cylindre reposait, de chaque côté, sur des tiges métalliques et on le faisait tourner, de temps en temps, au moyen d’une manivelle pendant les trois heures que durait l’incinération. Cette méthode
- primitive suffit jusqu’en 1875, mais comme on décida alors de supprimer les nombreuses coupures de 5,20 et 25 émises à l’occasion de la guerre franco-allemande, les ingénieurs de la Banque durent songer à des méthodes plus perfectionnées.
- Sur les indications de Berthelot, on adopta donc un procédé chimique. Après avoir fait effeuiller les billets, on
- les portait dans j_______
- un des lessiveurs rotatifs figurés ci-contre (fig. 1) et on les y laissait macérer pendant trois jours dans une solution de soude. On introduisait dans chaque appareil 400 à 500 kg de papier à la fois et 60 kg de soude caustique auxquels on ajoutait 5000 à 4000 litres d’eau en plusieurs fois. Il restait comme produit final une sorte de pâte à carton. Mais ce système nécessitait un effeuillage préalable, donnait un résidu encombrant et entraînait, par conséquent, à une grosse manutention.
- Aussi le service technique de la Banque de France,
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- NOUVEAU SYSTÈME DE DESTRUCTION DES VIEUX BILLETS
- Fig. 2. Eh haut.
- La partie supérieure des cornues à combustion.
- aidé des conseils de M. Haller, l’éminent chimiste, membre de l’Institut, et de M. Lequeux, ingénieur spécialiste en matière de chauffage au gaz, vient-il d’imaginer une sorte de « four crématoire » particulier pour incinérer les billets
- usages.
- Les gravures ci-jointes (fig. 2 et 5) montrent le nouvel appareil installé depuis quelques mois par la Compagnie continentale des compteurs à gaz.
- Il réalise l’incinération en deux temps : le premier, constituant j lot décrit plus haut — on s’adresse à divers réactifs
- Fig. 3. Eu bas. L’ouverture des- cornues et la chute des résidus.
- une distillation ordinaire en vase clos, a pour but de changer les papiers en coke, tandis que, pendant la seconde partie de l’opération, on brûle le coke et on le transforme en' cendres. Cette méthode remédie aux divers inconvénients que présentent tous les systèmes actuels de destruction des papiers et en particulier les papiers - valeurs. Ces procédés sont chimiques ou physiques. Dans les uns — tel celui de Berthe-
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- et dans les autres, on emploie la combustion ou la destruction mécanique par la pile à cylindres hollandaise. Mais ils offrent tous de grandes difficultés d’exécution lorsqu’on traite des papiers réunis en paquets; car, dans ce cas, aussi bien les produits chimiques que la flamme n’arrivent pas à pénétrer jusqu’à l’intérieur desdits paquets, et, pour obtenir une attaque complète, il est nécessaire de procéder à un effeuillage long et très laborieux, sans compter qu’il exige un contrôle minutieux par suite de la valeur des papiers que l’on effeuille.
- La destruction à la pile ne fonctionne pas mieux, lorsqu’il s’agit de papiers en paquets, les cylindres de la machine se bloquant parfois au cours des manipulations et'les lames qu’ils portent se détériorant rapidement.
- La nouvelle invention du service technique de la Banque de France remédie à ces inconvénients.
- L’appareil, dans lequel le papier se transforme en coke, se compose simplement d’une cornue métallique à libre dilatation et à faux-fond perforé afin de permettre le passage du gaz.
- Ce récipient porte en haut et en bas des orifices et des tampons de fermeture tandis qu’une enveloppe réfractaire l’entoure dans sa plus grande partie. Par son sommet, la cornue communique avec un conduit muni d’une vanne et aboutissant à une cheminée d’appel. De son côté, l’espace annulaire existant entre elle et l’enveloppe réfractaire est pourvu d’un tuyau de fumée, qu’un registre relie à la même cheminée d’évacuation.
- Quant au fonctionnement de l’appareil, nos photographies en facilitent l’intelligence. Sur l’une d’elles (fig. 2), nous apercevons les employés prêts à introduire les billets à incinérer dans la cornue. L’un des hommes ouvre le cadeiîas du tambour supérieur d’un des appareils tandis que ses collègues apportent, dans des paniers, les paquets de billets ficelés et cachetés. Une fois l’introduction faite, on chauffe l’appareil, au moyen d’une rampe à gaz disposée à la partie inférieure de l’espace annulaire
- formé par la cornue et l’enveloppe réfractaire.
- La cornue s’échauffant, la métamorphose des papiers s’opère petit à petit : d’abord des goudrons et autres premiers produits de distillation, passant à travers le faux-fond perforé, s’échappent par les orifices ménagés vers le bas de la cornue, s’enflamment au contact de la rampe à gaz, et contribuent ainsi à élever la température ; après quoi les conduits gazeux se dirigent par le conduit de fumée vers la cheminée.
- Lorsque la transformation en coke est effectuée, on ouvre la vanne placée sur le tuyau communiquant avec la partie supérieure de la cornue, et on ferme le registre; il se forme alors un appel d’air à l’intérieur de cette dernière, tirage qui transforme en cendres le coke incandescent. Ces
- résidus solides sont ultérieurement retirés de la cornue par le tampon de fermeture inférieur à l’aide d’un dispositif spécial et mis dans des récipients en fer qu’on aperçoit sur nos illustrations (fig. 3).
- Depuis quelques mois, les deux appareils figurés ci-contre fonctionnent à la Banque de France et, vu les bons résultats obtenus, on en établira prochainement d’autres. On enfourne, dans chaque cornue, 150 kilogrammes de billets à la fois. Leur incinération dure 20 heures environ; le chauffage et la distillation du papier demandent 8 heures et la combustion du coke en exige à peu près 12. •
- On procède, en moyenne, à un chargement hebdomadaire exécuté en présence des régents et des chefs principaux de la Banque.
- Constatons que le nouveau procédé diminuera non seulement le travail de surveillance et de manutention, mais qu’il est en outre très économique, car les produits de la distillation des vieux billets intervenant pour une part importante dans le chauffage de l’appareil, la dépense en gaz se trouve relativement peu élevée. '
- 1 Moins de 15 francs de gaz suffisent pour réduire en un peu de cendres 15 millions en billets de cent francs. Jacques Boyer.
- Fig. 4. — L’ancienne machine à brûler les billets de banque-.
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- ,_______ , . • c /O ° *'th -
- o b
- Oiseaux sur le col d’une amphore (vnr siècle av. J.-C.).
- LES DESSINS D’ANIMAUX DANS LA POTERIE GRECQUE
- M. Morin-Jean, artiste et archéologue, vient de faire sur l’art grec une étude fort remarquable, par sa méthode et par ses résultats.
- L’archéologue, s’il étudie un ensemble d’œuvres d’art, par exemple une collection d’un certain type de bibelot, prend tour à tour chaque objet, le mesure, en décrit la forme, détermine sa matière, catalogue les accessoires, relève leur disposition exacte, voit si l’objet est signé, cherche dans les circonstances ou dans les documents des moyens de le dater..., s’applique en un mot à observer avec rigueur scientifique tout ce qui est scientifiquement observable. C’est ce qu’on appelle et ce que lui-même appelle du ti*avail objectif. Il ne s’interdit pas d’être homme de goût, mais il l’est eh quelque sorte (( à part », quand il ne travaille pas; quand il est en fonctions d’archéologue, il regimbe contre ses impressions, les écarte, parce qu’il craindrait de faire du travail subjectif.
- L’artiste, celui qui n’est qu’ar-tiste, qui n’est pas archéologue et ne veut pas l’être, est au contraire tout subjectif. Ses impressions, il ne connaît qu’elles, et les suit jusqu’au bout. Si vous causez avec lui, vous savez avec quelle audace il rapproche un vase péruvien d’un scribe assis venu d’Égypte.
- Ces deux méthodes sont légitimes. L’une classe des sentiments, l’autre des notions mais celle de l’artiste, instable, souvent inintelligible, exaspère facilement l’auditeur ou le lecteur qui aime les faits. L’autre exaspère l’artiste : il concédera, si l’on veut, qu’elle est objective, mais il pense qu’à travers tous les objets auxquels elle s’attache, elle laisse échapper le seul, à vrai dire presque insaisissable, qui lui paraît l’objet même de l’art.
- M. Morin-Jean (*) a une science d’archéologue et les soucis de l’exactitude. Il y a joint une volonté délibérée d’être subjectif, et de faire entrer ses jugements esthétiques dans son étude.
- Son domaine peut sembler étroit : il s’est confiné dans la céramique grecque, c’est-à-dire la poterie peinte, et, dans celle-ci, aux figures d’auimaux qu’on y rencontre.
- Ce qui paraît d’abord rendre impossible une telle étude est justement ce qui l’a faite féconde. Le potier grec n’était pas un artiste, mais un artisan. Il n’inventait pas son décor, ne créait pas, et se contentait de copier, en les adaptant parfois très peu, des motifs empruntés à la statuaire, à la peinture, à la tapisserie, au bronze ou au fer, ou à des modèles d’atelier préexistants. Par là même son œuvre, peu originale, mais dont les exemplaires sont innombrables, nous fait connaître, comme par reflet, toutes sortes d’œuvres d’artistes originaux que nous ne possédons pas. Et ce n’est pas assez dire : au fond, cet art industriel, ces copies, et ces copies de copies, valent mieux pour nous— sinon pour le plaisir, du moins quant à la science — que ne vaudraient ces originaux disparus, à supposer que nous puissions céder les uns en échange des autres ; elles nous apprennent plus sur l’art grec que ne ferait un Phidias.
- Enfin, s’attacher à un motif unique, comme les animaux, plutôt qu’à l’ensemble du décor, ce n’est pas seulement rendre la tâche matériellement possible : l’analyse esthétique est plus fine en profondeur qu’en surface ; et l’écart toujours à craindre dans un travail subjectif est en même temps limité.
- Ce qui frappe d’abord, c’est l’unité esthétique
- 1. Morin-Jean. Le dessin des animaux en Grèce d'après les vases peints. Paris. Laurens, 1911.
- Flamant sur une œnochoé.
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- LES DESSINS D’ANIMAUX DANS LA POTERIE GRECQUE - 103
- des œuvres considérées : elles forment un ensemble naturel. Il y a eu des époques et des écoles, mais avec des traits dominants communs et fixes, qui sont par exemple disparus quand on arrive au 111e siècle avant notre ère. A ce moment-là, on entre, esthétiquement, dans un autre monde. De même, dans l’art mycénien, ces traits dominants n’existent pas encore : c’est aussi un autre monde. Bien entendu, des motifs du ve siècle passent dans le décor animal du me, et d’autres passent du décor mycénien au décor du vme siècle, mais cette continuité de motifs ne crée pas l’unité d’art. L’unité d’art est celle de l’époque classique, elle commence après la période préhellénique, elle est finie au me siècle.
- Pendant tout ce temps, le trait le plus saillant
- O*-----1-----1-----
- L’hippaleklryon (coupe du vr siècle).
- des dessins d’animaux sur la poterie est leur caractère « abstrait ».Le Grec représente l’espèce, jamais l’individu; i,l ne dessine pas un chien, un bœuf, ni une femme — ce n’est pas lui qui ferait des « portraits » comme ceux que M. Gayet a exhumés d’An-tinoé, — il dessine la femme, le bœuf, le chien; s’il figure un cheval, le potier inscrit bien parfois le nom de l’animal : kallikome, pyrokome^ kalli-phore (*), mais c’est toujours le même cheval, le cheval en soi, le type. Il n’y a à cela aucune exception. Pendant 600 ans, c’est un caractère permanent de l’artisan grec, de son esthétique, de l’esthétique et de la pensée grecques, de ne pas voir les choses, mais leur prototype éternel. Quand Platon imagine sa théorie des idées, quand il ne voit dans les êtres et dans les choses que la copie, plus ou moins pâle, d’un modèle d’origine divine, il n’innove pas, il reste dans la pensée grecque, et simplement il étale en termes magnifiques la routine des plus humbles artisans. Il est encore dans leur lignée lorsqu’ayant défini la poésie et les arts plastiques comme des 1. A la belle crinière, à la crinière rouge, à la belle allure.
- techniques d’imitation, il condamne les poètes et les artistes aux frontières de sa République, parce que ces imitateurs sont des copistes infidèles, imitant les
- Coupe attique (vi° siècle).
- objets visibles au lieu de s’attacher aux idées seules.
- Ce dessin abstrait est forcément schématique. Qu’un savant essaye de ramener une science à ses traits fondamentaux, à ce qu’elle a d’essentiel, d’en faire le schéma en un mot, il embrasse d’abord la multitude des faits, les groupe, les hiérarchise, et n’arrive au but, s’il y arrive, que par toute une suite laborieuse d’éliminations et de simplifications. Un dessinateur japonais, du xvme siècle je crois, indiquait la même démarche en disant : « Si je vis cent ans, je donnerai la vie à un point ! » Il était parti du concret, de la nature scrutée dans l’infini de son détail, peu à peu avait appris à voir par des ensembles de plus en plus synthétiques et à schématiser son expression, et il rêvait enfin d’une synthèse dernière, d’un schéma suprême, d’une abstraction parfaite, qui lui permettrait de tout mettre dans ce qui n’est apparemment rien. Le potier de la Grèce classique fait juste l’inverse : né dans l’abstraction, il ne simplifie pas le concret, il l’ignore. Il n’a jamais dessiné d’après nature. Quand il arrive enfin à l’observation directe et à l’étude de l’animal, c’est au me siècle, et c’est un autre art. Aussi voit-on d’étranges erreurs dans les dessins de ce peuple qu’on dit si souvent observateur : pendant des siècles on y représente le sanglier avec les pattes
- Biche sur une coupe attique signée d’Anaklès (vi° siècle av. J.-C.),
- du cheval; pendant des siècles on n’y connaît que deux types de pattes, celles du bœuf et celles du cheval. Mais si ces potiers ne sont pas attentifs à
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- 104 = LES DESSINS D’ANIMAUX DANS LA POTERIE GRECQUE
- ce qui est pour nous la réalité, ils sont très sensibles à la vie; ils n’étudient pas à proprement dire le mouvement, mais ils le notent en impressionnistes, avec une maîtrise sans cesse croissante, qui les mène, par des progrès ininterrompus, à l’expression vraie des attitudes.
- Comme ils ne voient pas la nature et ne la regardent qu’à peine, ils connaissent très peu d’animaux.
- Lion d’un vase du vie siècle.
- Ils ne dessinent que ceux qui s’imposent à eux, dans la vie qtfotidienne, à la chasse, dans les cérémonies religieuses, le cheval, le bœuf et le taureau, les moutons, les chèvres, la biche, le sanglier, les fauves, quelques oiseaux, des poissons. C’est tout juste s’ils ont découvert l’existence des insectes. Ils peignent le poulpe parce qu’il jouait un rôle important dans la symbolique et la vie religieuse préheL léniques ; mais en continuant à figurer ce motif reçu de l’époque ancienne, ils le déforment de ;plus en plus, et, comme ils 11e connaissent pas l’animal, ils finissent par en faire l’hydre de Lerne.
- Leur imagination est pauvre. Ils n’inventent absolument rien. Leurs monstres, leurs ctres de fantaisie sont des rapiéçages : le sphinx a une tête de femme, un corps de fauve, des ailes d’oiseaux. L’hippalektryon, qui est d’ailleurs une merveille de Nicosthènes, est une moitié de coq collée à une moitié de cheval, avec un cavalier sur le tout. Encore ces piètres trouvailles sont-elles souvent copiées sur des œuvres étrangères ou sur des morceaux d’œuvres étrangères, venues d’Egypte, de Chaldée, de n’importe où.
- Mais ils aiment leur métier et cela leur tient lieu de tout. On dirait en même temps qu’une fatalité les oriente sans cesse vers le mieux. Naïveté puérile, incapacité à observer, ignorance de la nature, fantaisie courte, ce n’est rien pour eux parce qu’ils sont consciencieux et sensibles. Recopiant toujours les mêmes formes, ils les perfectionnent peu à peu, remplacent un morceau faux par un vrai, un gauche par un habile, et parviennent enfin à l’élégance, à la finesse et à la liberté du mouvement, à la symétrie des proportions.
- Pour y arriver, leur art traverse beaucoup d’écoles.
- D’abord, sur le continent et surtout à Chypre, les
- animaux sont des tracés géométriques, tout de lignes droites, anguleux, baroques, ressemblant plus à des ombres chinoises qu’à des êtres vivants ; ou bien ils dessinent avec des ronds et un fouillis de traits courbes juxtaposés ; ces œuvres sont quelquefois belles. Au vu6 siècle, les Rhodiens développent le dessin au trait ; ils ont de l’élégance, mais ils allongent à l’excès le corps des ruminants ; ils subissent des influences orientales et mycéniennes, copient ; beaucoup les tissus, et servilement. Les Corinthiens sont leurs contemporains ; ils ont une production énorme, peu soignée, travaillent pour l’exportation, font de la pacotille, cherchant l’expressif plutôt que le beau ; ils ont des « canons » pour toutes leurs figures et, suivant les cas, prennent celui-ci: ou celui-là : sur une bande horizontale, leurs animaux sont plats, avec les pattes courtes ; ils les font hauts, avec les pattes longues, sur les parties verticales. Les Ioniens, qui viennent plus tard, au début du vie siècle, tiennent des Rhodiens et des Corinthiens, plus vrais d’ailleurs que tous les deux, du moins dans les détails; ils font de nombreuses écoles, celle d’Italie, celle de Cyrène, celle de Caère.
- Au vne siècle, l’école de Béotie est la rivale de l’école de Corinthe. Les Béotiens sont ce que toute l’antiquité en a dit, des lourdauds. Leurs potiers sont appliqués, mais grossiers ; leur dessin est pauvre, avec de gros traits, et beaucoup d’incisions; ils simplifient énormément, parce que c’est plus commode que de voir juste et de bien rendre, et ils surchargent, parce qu’ils n’ont pas la main sûre.
- C’est d’eux presque uniquement que descendent les potiers d’Athènes. Peut-être même les plus anciens de ceux-ci étaient-ils des artisans béotiens de naissance, venus s’installer dans l’Attique. Au début du vi° siècle, la poterie attique n’a aucune personnalité, mais elle change bientôt et c’est elle en défi-
- Coq d’un vase cyrénèen (vie siècle).
- nitive qui réalise tout ce qu’ont préparé les efforts séculaires de Chypre, de Rhodes, de Corinthe, et de la Béotie. Sec, minutieux, pointilleux dans le détail, volontiers hiératique au moment de Timagoras (vie siècle), le style s’émancipe tout d'un coup, comme par explosion, devient impressionniste, donne des jambes fines aux quadrupèdes, aime les sujets champêtres, les scènes de famille. Dès la fin du vie siècle, il est tout à fait libre, et il le reste pendant tout le ve. La poterie est devenue gaie de couleurs, polychrome. Le dessin reste abstrait, mais
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- ÉTAT ACTUEL DE L'AVIATION MILITAIRE == 105
- devient réaliste, son trait est pur, synthétique, distingué, élégant. Dans la composition, les animaux sont en baisse, et l’homme prend leur place; mais on dessine beaucoup de chevaux : ils sont splendides ; on les met de profil, attelés en groupe à des chars, et quelquefois on les montre de trois quarts.
- La décadence vient ensuite, et elle est rapide. En réalité, on passe à un autre art. Les poses sont théâtrales et maniérées. Le dessin des animaux, qui s’était ralenti, reprend de plus belle : on aime à peindre d’admirables poissons sur des plats, mais la façon dont on lé fait est toute différente de celle de l’époque classique, on ne schématise plus, on n’interprète plus la nature, on la copie, et fort exactement, mais en naturaliste bien plus qu’en dessinateur : l’art classique grec de la poterie est bien fini.
- Cette fin semble brusque et prématurée. Elle s’explique sans doute par des accidents historiques. Mais aussi cet art était condamné à périr bientôt de toute manière, et portait en soi le principe de sa fin. Sa simplicité était celle de l’enfance, non de l’adulte réfléchi. Elle tenait, on l’a vu, à l’igno-
- rance de la nature et à l’incapacité de la connaître. C’est, un état qui ne peut durer. M. Morin-Jean l’observe fort justement : lorsque les enfants commencent à dessiner, ils ne se soucient pas d’une observation attentive ; ils géo-métrisent les silhouettes, ils font des schémas ; ensuite seulement ils apprendront à voir, à analyser les lignes et les formés. L’art grec du potier était un peu cet art d’enfant, dans la perfection, il est vrai. C’était de l’art primitif tout à fait admirable vers sa fin, mais quand même de l’art primitif. Il fallait qu’il meure, qu’il piétine dans la stérilité, ou qu’il se transforme par une révolution. La synthèse juvénile avait donné tout ce qu’elle pouvait. Avant d’en venir à la synthèse adulte, il fallait tôt ou tard, mais en somme à bref délai, se mettre à l’observation et à l’analyse et se résoudre à être stérile et ennuyeux.
- Jean-Paul Lafitte.
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- Cavalier sur une amphore (vie ou ve siècle).
- «ai*
- L’ETAT ACTUEL DE L’
- La science, l’audace et l’endurance de nos aviateurs suscitent de tous côtés, et à juste titre, la plus vive admiration. Pendant les grandes manœuvres de 1910 et de 1911, ils ont rendu les plus utiles services, apporté à leurs chefs de parti des renseignements précieux sur les mouvements de l’ennemi. La presse a raconté leurs prouesses, exalté leur rôle. Nous avons tous lu ou entendu dire cpie l’aviation allait apporter des modifications profondes dans la tactique et que l’art militaire recevrait, de ce fait, des règles nouvelles.
- D’autre part, des télégrammes venus de la Tripolitaine, nous ont annoncé récemment que des bombes lancées du haut d’un aéroplane avaient réussi à détruire des unités entières.
- U semble que ces conclusions ou ces récits dépassent un peu la portée des faits, et nous croyons utile, sans
- AVIATION MILITAIRE111
- méconnaître la grande utilité de l’aviation, de ramener à de plus justes proportions la réalité des services que pourra rendre, dans une guerre, cette remarquable invention.
- Examinons donc ce que. l’on peut raisonnablement attendre des aéroplanes au point de vue des reconnaissances et au point de vue du lancement des projectiles.
- 1° Reconnaissances. — Il est certain que, si on s’en rapporte aux résultats obtenus pendant les grandes manœuvres, tous les espoirs sont légitimes.
- 1. Ayant été des premiers à défendre l’aviation et conservant toute notre confiance dans les services considérables qu’elle pourra rendre en temps de guerre, nous croyons néanmoins utile de faire connaître aux lecteurs l’opinion adverse soutenue par un appréciateur très compétent. (Note de la Direction.)
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- Malheureusement, si les grandes manœuvres, telles qu’elles s’exécutent jusqu’ici, ont une utilité incontestable, elles ont le grave défaut de fausser les idées au point de vue tactique par la rapidité anormale avec laquelle elles s’exécutent, et par les conventions que l’on a dû admettre.
- Il n’y a pas de halles dans les fusils, ni de projectiles dans les canons, et il est interdit de faire des prisonniers.
- Cela rend invraisemblables la plupart des mouvements exécutés. Notamment, les conditions dans lesquelles les aviateurs opèrent aux manœuvres ou opéreraient à la guerre s'en trouvent sensiblement modifiées.
- Que demande-t-on, en effet, aux aviateurs? On leur demande d’apporter des renseignements sur les forces de l’ennemi et sur ses mouvements.
- Exécuter une reconnaissance dans ce but est toujours une opération difficile. Il faut s’approcher le plus possible de l’ennemi pour bien voir? mais sans être vu.
- Il s’agit ensuite, connaissant bien les formations particulières à chaque arme, d’apprécier le nombre et l’effectif des bataillons, escadrons où batteries que l’on voit défiler devant soi et de déterminer la direction probable de leur marche.
- Si l’on en croit certains rapports, un observateur planant à 500 ou 600 mètres de hauteur, voit encore assez distinctement le terrain qu’il doit étudier, mais les renseignements ainsi recueilbs ne peuvent évidemment se rapporter qu’à des « masses » sans que l’on puisse donner sur elles des indications détaillées et très précises.
- Par suite, l’aviateur devra, pour opérer dans de bonnes conditions, ne pas se tenir à une grande hauteur; mais alors il s’exposera à être atteint soit par des feux d’infanterie, soit par les mitrailleuses ou canons à tir rapide montés sur automobiles que l’on a déjà expérimentés (Yoy. n° 1950 de La Nature).
- A ce point de vue, aux manœuvres, la mission donnée aux aéroplanes était bien simplifiée. Les coups de feu dirigés sur eux semblaient avoir plutôt le caractère d’un honneur rendu que celui d’une menace. Mais à la guerre, fusils et canons les forceront vite à remonter, et il leur sera très difficile de recueillir des renseignements exacts.
- Il ne faut donc pas s’illusionner sur les résultats que pourront donner à la guerre les reconnaissances faites par les aviateurs. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille pour cela diminuer leur emploi dans les armées,
- À la guerre tout arrive, surtout ce que l’on ne prévoit pas.
- Il peut très bien se faire, qu’avec la belle audace, le froid courage et la grande science de nos pilotes et de nos observateurs, un aéroplane, marchant à la hauteur voulue pour bien voir, ayaût réussi à échapper aux coups de feu grâce à sa mobilité, à sa faible surface et aussi peut-être grâce à l’insouciance ou à la maladresse de l’ennemi, puisse apporter au commandement des renseignements rapides et précieux qui permettent de prendre une de ces décisions d’où dépend souvent le sort d’une bataille.
- L’espoir de ce « coup heureux » mérite tous les encouragements et justifie tous les sacrifices.
- 2° Lancement de projectiles. — On a pu lire dans les journaux du 23 novembre 1911 une dépêche de la Tripolitaine d’après laquelle les aviateurs italiens auraient jeté 140 bombes sur les troupes turques. L’un d’eux aurait même réussi à anéantir un bataillon qu’il avait pu suivre dans sa marche !
- Bien que nous commencions à avoir l’habitude des
- nouvelles tendancieuses et exagérées qui nous viennent de cette contrée depuis le début de la guerre italo-turque, le seul fait qu’on ait pu annoncer sérieusement un résultat si surprenant mérite qu’on s’y arrête.
- Il ne semble pas que la science actuelle de l’aviation permette d’obtenir de tels effets.
- Des expériences ayant donné de bons résultats ont bien été faites, notamment à Tout en 1907, pour le lancement des projectiles par les dirigeables, mais pour les aéroplanes, des effets sérieux n’ont pas été obtenus.
- Michelin, le 22 août 1911, a institué un concours pour le lancement des projectiles du haut d’un aéroplane.
- Il a été créé deux prix : l’un pour celui qui, s’élevant à une hauteur minima de 200 mètres, aurait lancé le plus de projectiles pesant au moins 20 kilogrammes dans un but ayant un rayon de 10 mètres (*) ; l’autre pour celui qui, s’élevant à au moins 1000 mètres de hauteur, ferait tomber le plus grand nombre de projectiles dans un rectangle de 100 mètres sur 10 mètres.
- Le seul fait de la création de ce concours pour atteindre un but immobile, montre que ce desideratum n’a pas encore été réalisé.
- Que faut-il donc penser des difficultés qui existent pour atteindre un but mobile, tel qu’un bataillon en marche?
- Dans sa formation la plus vulnérable, c’est-à-dire dans une formation massée, un bataillon couvre un rectangle de 100 mètres sur 25 mètres, ou un carré de 50 mètres de côté.
- On voit combien est compliqué pour un aviateur, passant à grande vitesse au-dessus d’un pareil but qui lui paraîtra fort petit, de laisser tomber une bombe avec assez de précision pour l’atteindre.
- Si le bataillon est en formation de marche, en colonnes doubles largement ouvertes, il n’offre plus pour ainsi dire que des buts linéaires et devient fort peu vulnérable.
- Enfin un aéroplane, dans les conditions actuelles, ne peut guère emporter plus de 100 kilogrammes de projectiles, ce qui représente 5 bombes de 20 kilogrammes.
- Or, quelque puissant que soit l’explosif contenu dans cette bombe, à 10 mètres du point d’éclatement on sera à l’abri des éclats meurtriers.
- Nous parlons ici de projectiles percutants. Il a été question d’employer des projectiles fusants qui couvriraient un terrain beaucoup plus étendu, mais la difficulté de bien régler la fusée pour obtenir un éclatement à hauteur favorable rendra leur emploi un peu illusoire.
- Par conséquent, nous ne croyons pas beaucoup au danger que peut faire courir aux troupes le lancement de projectiles du haut d’un aéroplane.
- Mais, en ce qui concerne les buts fixes,. ouvrages fortifiés, bâtiments, on arrivera peut-être, dans l’avenir, à obtenir des résultats sérieux.
- Déjà des expériences faites à Hendon (près de Londres) ont prouvé que d’un aéroplane marchant à 65 kilomètres à l’heure, on pouvait atteindre un objectif représentant le pont cl’un navire. Mais il convient de remarquer que, pendant ce lancement, l’aéroplane volait à 100 mètres du sol, alors que la hauteur nécessaire, pour être à l’abri du feu, doit être au moins de 600 mètres.
- Commandant Chevalieh.
- !. Le programme détaillé du concours pour ce prix, en date duo octobre 4911, porte que les concurrents devront lancer 15 projectiles sphériques de 7 kilogrammes. Ce poids semble avoir été fixé pour permettre d’emporter un assez grand nombre de projectiles pour le concours, mais des projectiles de 7 kilogrammes auraient des effets destructeurs trop faibles.
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- LE MOTEUR SABATHÉ A COMBUSTION MIXTE
- Le moteur à combustion interne Sabathé présente un double intérêt : d’abord il fonctionne suivant un mode original, puisqu’il utilise un cycle à « combustion mixte » donnant des résultats économiques fort intéressants ; ensuite, en dehors même de ce cycle qui lui est propre, le moteur comporte, dans les grandes lignes et dans les détails de sa construction, toute une série de dispositifs qui se distin-gueitt par leur caractère d’innovation extrêmement pratique suppri-
- Fig.
- Cycle à combustion.
- 800°
- Fig. 3.
- Cycle isotherme Diesel ».
- somme complètement indépendants du cycle employé et capables de servir de modèle à des progrès
- analogues dans la construction des moteurs verticaux, soit à gaz, soit à pétrole, soit à explosion, soit à combustion.
- Depuis longtemps et pour des raisons multiples, de très nombreux efforts ont été tentés de tous côtés pour construire des moteurs capables de brûler les hydrocarbures trop lourds pour former facilement avec l’air des mélanges explosifs. Sans rappeler ici les innombrables tentatives de carburateurs à « pétrole lampant », nous
- Fig. 4. — Cycle à combustion mixte « Sabathé ».
- mant une grande faites aux gros moteurs verticaux.
- Nous exposerons d’abord en quoi consiste le progrès réalisé par l’emploi du cycle nouveau indépendamment de tout détail de construction, puis nous indiquerons en quoi consistent ception même du
- partie des objections souvent
- signalerons
- seulement que
- Fig. 7. — Schéma montrant le démontage par en bas de la bielle, du piston et de l'arbre manivelle.
- les progrès réalisés dans la con-moteur, progrès qui sont en
- dès longtemps quelques inventeurs, abandonnant l’idée de la « carburation » de l’air, avaient été amenés à construire des moteurs dans lesquels on comprimait l’air aspiré sans y mêler le combustible, celui-ci n’étant introduit qu’au moment même de la combustion et de l’allumage qui était lui-même soit
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- 108 ~....... LE MOTEUR SABATHÉ A COMBUSTION MIXTE
- automatique, soit provoqué par un procédé quelconque. Ces moteurs avaient soit une combustion quasi instantanée-à volume constant « type à explosion » (fig. 1), soit une combustion relativement lente à volume variable « type à combustion » («g- 2).
- Diesel, guidé par des considérations purement théoriques, chercha alors à réaliser un moteur analogue, mais dont la combustion aurait lieu suivant une isotherme, c’est-à-dire sans augmentation de température (fig. 3). En fait, jamais ce cycle ne fut réalisé industriellement ; seulement, les travaux de l’inventeur et des ingénieurs qui collaboraient avec lui, l’amenèrent à réaliser un moteur travaillant suivant la combustion à volume variable de la figure 2 dans des conditions extrêmement intéressantes ; son originalité résidait non dans le cycle employé qui était déjà connu, mais essentiellement dans la façon de le réaliser avec de hautes compressions, avec de longues détentes et avec une combustion très parfaite grâce au brassage produit par une injection d’air à haute pression. C’est.ce moteur qu’on appelle aujourd’hui moteur Diesel, bien qu’il soit très différent des idées premières et des brevets de l’inventeur qui lui a donné son nom.
- Ceci expliqué, voici en quoi consiste l’invention de M. Sabathé : il a imaginé un mode de combustion qui réunit les avantages du moteur à explosion et du moteur à combustion et qui est, par conséquent, supérieur à l’un et à l’autre, en faisant en quelque sorte la synthèse de leurs qualités respectives.
- La combustion mixte comporte, en effet, dans un moteur aspirant et comprimant à haute pression de l’air non carburé, l’injection en deux parties du combustible nécessaire à la production du travail. Une première fraction est introduite aux environs du point mort de façon à brûler à volume constant, c’est-à-dire pendant la période où le piston est' à peu près immobile. Il en résulte une élévation de pression et de température qui favorise ensuite la
- combustion à pression constante de la seconde fraction du combustible (fig. 4).
- L’intérêt de cette disposition est facile à comprendre si l’on tient. compte des considérations suivantes :
- 1° A compression égale, le. moteur dont le rendement est le plus élevé, est le moteur à explosion ;
- 2° La combustion complètement explosive dans un moteur à haute compression (30 à 35 kilogrammes) déterminerait des pressions maxima inadmissibles au point de vue de la résistance des organes (100 à 150 kilogrammes par centimètre carré) ;
- 3° La compression ne peut guère pratiquement
- dépasser 30 à 35 kilogrammes par centimètre carré, dans un cylindre comprimant à simple effet, tandis que les organes admettent sans inconvénient dans ce cas des maxima atteignant et même dépassant 40 kilogrammes.
- On voit immédiatement que le nouveau cycle ayant une combustion partiellement explosive avec une compression égale au maximum pratiquement admissible aura un rendement plus élevé qu’un moteur équivalent à combustion ordinaire. D’autre part, un cycle purement explosif à compression égale étant impossible à réaliser, il est encore vrai de dire qu’aucun cycle, sauf un cycle mixte, ne peut obtenir ce résultat.
- Ajoutons enfin qu’un des avantages du cycle adopté, c’est que le rendement théorique croît à mesure que la charge diminue. En effet, on se rapproche alors de plus en plus du cycle le meilleur qui est lui-même réalisé lorsque la charge est telle qu’il suffit d’introduire seulement la quantité de combustible correspondant à la combustion explosive à volume constant (fig. 4, pointillé).
- La réalisation pratique du cycle mixte ainsi défini est obtenue d’une façon très simple au moyen de la soupape d’injection de combustible que représente notre figure 5.
- Dans cette soupape, le pétrole qu’une pompe re-
- Moteur Sabathé 16-20 chevaux à 5oo tours.
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- - ' ' :.— LE MOTEUR SABATHÉ
- foule par B remplit d’abord la capacité G et le surplus s’emmagasine en E au-dessus de la soupape S; de l’air comprimé arrive librement par l’orifice D. La capacité de G est telle que la quantité de combustible qui s’y emmagasine correspond à la première portion de la combustion mixte. Lorsque la tige À se soulève au moment où le piston arrive au point mort haut, cette première portion du combustible est immédiatement injectée dans le cylindre, pour y brûler à volume constant, puis la tige continuant sa course soulève, par l’intermédiaire du taquet T, la soupapeS, et détermine l’admission
- Fig. 9. — Moteur Sabathé type man
- 1 COMBUSTION MIXTE ======== 109
- c’est le cas du moteur Sabathé, à des services industriels continus et notamment à la navigation, que l’accessibilité pour l’entretien et les réparations fussent extrêmement faciles et permissent une grande rapidité. Ce résultat a été obtenu en rendant possibles tous les démontages et toutes les réparations sans qu’on ait jamais à toucher aux tuyauteries ou à la distribution. En effet, en dehors des soupapes qui sont, bien entendu, démontables sans complication, il est possible de retirer le piston, la bielle et même au besoin l’arbre manivelle sans aucune difficulté, ceci grâce à la
- rsible, 700 chevaux à 3oo tours.
- de la seconde partie du combustible qui brûle alors à volume variable pendant la première partie de la course descendante du piston.
- Les résultats obtenus par l’emploi de la combustion mixte sont extrêmement intéressants puisqu’on a pu réaliser en essais officiels des consommations nettement inférieurs à 180 grammes par cheval-heure effectif au frein à pleine charge et que, à demi et quart de charge, la consommation reste encore inférieure à 215 grammes par cheval-heure effectif.
- Si maintenant nous examinons la conception mécanique des moteurs Sabathé, nous allons y trouver, en dehors de leur cycle propre, des caractéristiques y tout à fait spéciales. ,
- Il importait, dans un moteur destiné, comme
- forme spéciale du bâti, qui est constitué de telle sorte qu’on peut enlever complètement l’un de ses côtés (fig. 6). Les croquis de la figure 7 que nous empruntons à notre confrère Engineer exposent très clairement comment se font ensuite les démontages.
- Les moteurs Sabathé comportent nombre d’autres dispositifs ingénieux, parmi lesquels un piston garni d’antifriction, garniture qu’il est facile de remplacer en cas d’usure. Un circuit de graissage forcé, très complet, assure la lubrification continuelle des organes. Enfin, en dehors de la circulation d’eau habituelle autour des cylindres et des culasses, les pistons eux-mêmes sont constamment refroidis par un arrosage.
- L’air comprimé nécessaire aux mises en marché
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- 110 -.....—---;. CHRONIQUE
- et à l’injection de combustible est fourni par un compresseur d’air accouplé directement pour les machines moyennes (fig. 8) ; commandé par une servitude pour les machines puissantes (fig. 9).
- Lorsqu’il s’agit de machines destinées à la marine, le même air comprimé sert au renversement de marche donnant ainsi une facilité de manœuvre égale à celle de la vapeur puisque le renversement s’obtient sans aucune peine en moins de 50 secondes.
- Il existe, à cet effet, une double série de cames correspondant à la marche avant et à la marche arrière, une soupape spéciale de mise en route à l’air comprimé est commandée de même, suivant le cas, par une came correspondant à la mise en marche avant ou par une came correspondant à la mise en marche arrière. La manœuvre consiste à opérer chaque fois la mise en marche dans le sens voulu sans aucune perte de temps. En effet, cette mise en marche dans un sens freine automatiquement le moteur s’il est lancé en sens inverse.
- Le moteur réversible que représente, en cours d’essais, notre figure 9 (700 chev.,
- 500 tours), est du même type que ceux destinés au submersible français Q 82. Submersible de
- fort tonnage qui comporte deux moteurs semblables de 700 chevaux effectifs avec les servitudes correspondantes.
- Le moteur de la figure 8 se rapproche, au contraire, du type automobile et un moteur de la même série (50 chevaux, 5 cylindres, 600 tours) livré à la marine italienne pour une vedette, n’a brûlé aux essais que 215 grammes de mazout par cheval-heure.
- En dehors de ces emplois dans la marine de guerre, la Société Sabathé construit des moteurs analogues, destinés à la marine marchande pour laquelle La Nature a signalé à maintes reprises l’intérêt que présente l’emploi des combustibles liquides.
- Quant aux machines fixes, leurs avantages incontestables, dans les pays pétrolifères, se révèlent également fort importants en France même, où la possibilité désormais démontrée de brûler les huiles de houille hon marché (10 francs les 100 kilogrammes), ouvre un avenir nouveau aux moteurs industriels de ce genre. Les commandes de machines fixes confiées à la Société des moteurs Sabathé, tant en France même qu’à l’étranger et notamment en Russie en sont ^d’ailleurs l’évidente démonstration. * J.-G. Séailles.
- Fig. io. — Vue en coupe du moteur Sabathé.
- CHRONIQUE
- Les raisins d’Algérie à Paris. — Le commerce des raisins frais de provenance algérienne a pris, aux Halles centrales de Paris, une importance considérable depuis quelques années. Le Bulletin de l’Office du gouvernement général de l’Algérie fournit des documents intéressants sur les proportions de ce commerce en 1911 et en 1910. Les ventes des raisins d’Algérie aux Halles centrales ont commencé, cette année, le 15 juillet, par des envois peu importants, mais cotés, comme primeurs, à des prix élevés, 2 francs à 2. fr. 40 par kilogramme. Ils se sont accrus rapidement de jour en jour, pour atteindre le 6 août le maximum de 79 940 kilogrammes représentés par 23 800 colis. La saison se terminait le 14 août avec 540 kilogrammes, vendus de 0 fr. 20 à 0 fr. 60. La vente totale a atteint 1113 000 kilogrammes représentés par 455 746 colis. En 1910, la saison d’ap-
- ports des raisins d’Algérie aux Halles centrales avait débuté plus tard, mais s’était prolongée jusqu’au 25 août. Les expéditions avaient porté sur 1 157 180 kilogrammes, répartis entre 431 251 colis de poids variable. Ces quantités ne représentent pas la totalité des envois de raisins d’Algérie, une partie étant consommée dans les autres villes et à l’étranger (Revue horticole, 16 novembre 1911).
- Les nitrates artificiels en 1910.— L’industrie des nitrates, obtenus par fixation directe de l’azote atmosphérique, prend une importance qui croît chaque année. La Norvège est le pays où cette fabrication s’est actuellement le plus développée. Elle a exporté en 1908 : 7052 tonnes de nitrate synthétique; en 1909 : 9565 tonnes; en 1910 : 13 530 tonnes. Les principaux acheteurs sont : l’Angleterre (4900 tonnes), l’Allemagne (4791 tonnes), la Hollande (1687 tonnes). r
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 2 et 8 janvier 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Transmission de la présidence. — M. A. Gautier, président pour 1912, prend la parole et suivant l’usage énumère les publications émanées de l’Académie des sciences en 1911, puis les décès survenus parmi les membres des sections, les associés étrangers et les correspondants, enfin les diverses élections. Il prie ensuite M. Lippmann de prendre place au fauteuil de la présidence et exprime ses regrets que M. Guy on, retenu chez lui par une indisposition, n’ait pu siéger au bureau dès aujourd’hui. M. Lippmann prend alors la parole et après avoir remercié ses collègues du témoignage d’estime et de confiance qu’ils lui ont donné en le portant à la présidence, aborde la question du silence pendant les communications. Il constate que les conversations particulières qui se tiennent dans la salle des séances sont utiles, mais il formule le vœu que messieurs les membres qui ont à donner ou à recevoir soit des renseignements, soit des avis pendant les séances, veuillent bien passer dans la salle si agréable de l’Académie française, contiguë à la salle de l’Académie des Sciences.
- Le carton du Rhône. — M. E.-A. Martel adresse un Mémoire sur le profil en long et l’alluvionnement du canon du Rhône. Ce canon de Bellegarde à Pyrimont s’est encaissé de 30 à 140 mètres, sinueusement sur 12 kilomètres, dans de grandes diaclases du calcaire urgonien élargies et approfondies par l’érosion et par la pression hydrostatique du fleuve. Le Rhône à sa perte s’engouffre dans un véritable abîme (60 m.) parce qu’il a rencontré une grande diaclase du calcaire où son cours devient vertical. Le fond du lit du fleuve présente la plus grande irrégularité. Deux seuils rocheux résistants ont créé la cascade de la perte et le rapide-chute de Malpertuis. Celui-ci est suivi immédiatement d’un autre gouffre (28 m.) qui a une seconde fois rétréci le Rhône dans une diaclase. En aval de Malpertuis, l’atténuation de la pente et l’élargissement du thalweg, à Pyrimont, ont fait passer le cours du fleuve, de la phase de transport à la phase de dépôt. L’auteur conclut que non seulement le canon du Rhône est très jeune, mais qu’il reste en pleine voie d’évolution, très éloignée de son achèvement, surtout de son profil d’équilibre. Il explique l’épaisseur des alluvions, en aval de Pyrimont.
- Le Trypanosoma Rhodesiense.— M. Laveran rappelle qu’il a dernièrement signalé les différences qui existent au point de vue morphologique, au point de vue du sérodiagnostic et de la virulence entre le Trypanosoma. gambiense (trypanosome de la maladie du sommeil) et le Trypanosoma rhodesiense. Il a montré qu’un animal immunisé pour le premier trypanosome ne l’était pas pour le second. MM. Laveran et Nattan Larrier ont étudié, depuis, l’action du sérum humain sur jes deux trypanosomes et ils ont ensuite recherché si, comme l’a déclaré M. Low, le Trypanosoma gambiense pouvait être identifié au Trypanosoma Brucei ou trypanosome du Nagana. Le sérum humain est actif sur les trypanosomes des animaux sauf sur le Trypanosoma gambiense; sur le Trypanosoma rhodesiense son action n’est que retardatrice. Enfin l’expérience donne lieu de conclure que le Trypanosoma rhodesiense et le Trypanosoma Brucei sont différents, car un animal immunisé pour l’un ne l’est pas pour l’autre.
- Les varrons des bovidés. — M. Bouvier présente une Note de MM. Yaney et des Gayets sur les larves d’un diptère qui évoluent dans le corps des bovidés sous le nom de varrons. Ils ont constaté que dans les pâturages du Forez, les bêtes varronnées sont très nombreuses, 52 pour 100 des veaux de 1 à 2 ans sont varronnés ; au-dessus de l’âge de 2 ans, la proportion des animaux atteints tombe à 4 pour 100. Dans le Charolais la quantité d’animaux varronnés est très élevée; au contraire dans le Limousin et dans le Bugey elle est faible. Cela peut s’expliquer aisément. Dans le Charolais les animaux sont dans la belle saison laissés au pâturage pendant toute la journée ; dans le Limousin et le Bugey, au contraire, les animaux sont rentrés de 10 heures à 4 heures, c’est-à-dire au moment de la grande chaleur qui est aussi celui où les mouches sont les plus actives. Enfin, MM. Vaney et des Gayets observent que les tumeurs causées sous la peau par les larves, peuvent, au moment où l’on retire les larves, devenir des foyers d’infection charbonneuse.
- Étude de la radiation solaire. — M. Teisserenc de Bort présente une Note de M. Raymond sur des mesures photoélectriques effectuées à Antibes. On a noté le temps qu’une substance sensible met à décharger, sous l’influence de la radiation solaire, un électromètre chargé négativement. Pour éviter les effets de fatigue des surfaces, fatigue qui altère les observations, M. Raymond a employé un alliage de mercure et de zinc .qu’on peut maintenir dans un état bien défini de telle sorte que les observations restent comparables. L’action photoélectrique a déchargé l’électromètre dans des . temps variables : en juillet ce temps est de 2 sec. ; en décembre, il est de 9 sec. On conclut qu’en juillet les radiations ultra-violettes sont quatre fois plus abondantes qu’en décembre, à Antibes. Cela tient à la plus grande épaisseur d’atmosphère traversée en hiver ; mais il n’existe pas de relations entre la quantité de chaleur et la quantité de rayons ultra-violets. Indépendamment de l’atmosphère solaire, l’état de l’atmosphère terrestre influe beaucoup sur la proportion des diverses radiations.
- Le vol des oiseaux et leur structure. — MM. Iloussay et Magnan communiquent la suite de leurs études sur la conformation des oiseaux en vue du vol. A la relation très nette qu’ils ont récemment établie entre la surface alaire et la puissance motrice représentée par le poids des muscles pectoraux, ils ajoutent aujourd’hui des données sur l’envergure et la longueur de la queue.. Parmi tous les oiseaux, les espèces qui vivent sur les eaux ou sur les rivages se distinguent par une aile extrêmement longue et un peu large. En rapport avec cette disposition que l’on rencontre aussi bien chez les planeurs que chez les rameurs, ils ont la queue très courte.
- Développement en séries. — M. E. Picard présente une Note de M. André Léauté faisant suite à des communications antérieures, dans laquelle l’auteur généralise certains résultats précédemment acquis par lui aff sujet du développement des fonctions en séries d’exponentielles. Un intéressant exemple termine ce travail. M. Léauté étudie, en effet, le transport de force de
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- 112 .ACADÉMIE DES SCIENCES
- 100 000 volts qui vient de fonctionner à l’exposition cle Turin et y trouve l’occasion d’appliquer ses formules et sa méthode.
- Géologie du Maroc. — M. Douvillé analyse une élude de M. Louis Gentil sur la géologie de la région traversée par la colonne Moinier dans sa marche sur Fez en mai et juin derniers. Cette région occupe l’emplacement d’un ancien bras de mer qui mettait en communication la Méditerranée et l’Océan par Fez. C’est le détroit Sud-Rifain. L’auteur montre que la région de Fez avec ses massifs du Zalar et du Zerouan appartient à la chaîne plissée du Rif, tandis que, plus au sud, se prolonge la région tabulaire des Chaouias, qui s’interpose entre le Rif et le moyen Atlas.
- La longueur du tube intestinal chez les mammifères. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Magnan relative à l’influence du régime alimentaire sur l’intestin des mammifères. Les différences qu’il trouve dans la longueur de cet organe sont très considérables et sont en rapport avec le régime alimentaire. Le régime végé-tarien (herbivores, granivores, fructivores) distend l’intestin et l’allonge, tandis que le régime carné n’exige qu’un intestin court par suite de la toxicité du régime. Les omnivores ont un intestin de longueur moyenne. Tel est le cas de l’homme qui vient se classer, à ce point de vue, à côté des rats.
- L’origine des spiroptères. — M. Edmond Perrier résume une Note dans laquelle M. Seurat fait connaître l’insecte qui sert d’hôte à la larve du spiroptère. Le spiroptère est un nématode voisin des filaires dont une variété vit dans le tube digestif du chien où elle forme des kystes. La larve du spiroptère du chien est également parasite, mais parasite d’un insecte qui doit être avalé par le chien. On croyait que cet insecte était la blatte. M. Seurat a découvert qu’en réalité cette larve était un parasite d’un bousier, c’est-à-dire d’un insecte appartenant aux coprophages. .
- La greffe de la cornée. —M. Dastre expose le résultat obtenu par M. Magitot dans la greffe de la cornée. Cette opération était particulièrement aléatoire parce que la cornée, très peu après la mort, devient opaque. D’autre part l’expérience a montré que la greffe de cornée d’un ! animal d’espèce différente ne peut être utilisée parce que le fragment de cornée greffé ne reste pas transparent. Il faut donc employer un fragment de cornée humaine.* M. Magitot a donc profité d’une énucléation qu’il avait été obligé de pratiquer. Il a conservé l’œil dans la liqueur de Locké, à la température de 7°. Huit jours plus tard, il se trouvait en présence d’un homme qui avait reçu de la chaux vive sur un œil, dont la cornée était corrodée et complètement opaque. Il a alors découpé une fenêtre dans la cornée de l’œil de cet homme et y a appliqué, comme une vitre, un fragment de la cornée de l’œil conservé. Deux jours plus tard on put constater . la présence de la greffe bien adhérente et transparente. Depuis sept mois cet état persiste et à travers ce carreau f resté clair la vision du malade atteint le dixième de la vision ; normale, ce qui est plus que suffisant pour se conduire. ! Ainsi en.gardant à la vie in vitro des organes humains, i il est possible dès maintenant d’éviter de perdre un tissu ! précieux et cette mise en réserve donnera le temps de s convoquer les malades et de choisir le moment propice pour opérer une transplantation.
- La toxicité des venins de cobra. — M. Dastre expose les résultats d’une étude entreprise par M. Arthus sur la nature des effets des venins de serpents. Il a étudié, à ce point de vue, les venins de plusieurs espèces de serpents. Les effets peuvent se rattacher à deux types : celui du venin de crotale et celui du venin de cobra. Pour les autres serpents les effets sont superposés. Or en examinant les effets du venin de crotale M. Arthus a reconnu qu’ils étaient identiques à ceux que donnait l’intoxication par les injections répétées de substance albumineuse, tandis qu’au contraire parmi les effets du venin de cobra on pouvait distinguer ceux d’une curarisation. Pour établir l’analogie entre l’intoxication albumineuse et l’intoxication par le venin de crotale on administre ce venin à un animal déjà soumis à l’intoxication albumineuse, et l’on voit, conformément aux prévisions, tous les caractères de cette dernière intoxication renforcés beaucoup. L’expérience inverse réussit également ; enfin si l’on administre le venin de cobra à un animal préparé au moyen de l’albumine, on voit apparaître beaucoup plus intenses les phénomènes de l’intoxication albumineuse, ce qui prouve bien que les effets du venin de cobra sont une superposition des phénomènes de l’albumine et de la curarisation.
- Le développement des galles. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Molliard sur les phénomènes physiologiques des galles, c’est-à-dire sur les phénomènes qui s’accomplissent dans les tissus des plantes déformées par des insectes. L’auteur montre que les productions gal-laires déterminent une fixation beaucoup plus intense de l’oxygène que celle qui a lieu dans les organes normaux correspondants.
- Apparition d’un parasite de la pomme de terre. — M. Rouvier expose que M. Picard, professeur à l'école d’agriculture de Montpellier, a constaté, dans la région située sur le versant sud des monts des Maures (Yar), l’apparition d’un parasite des pommes de terre, déjà signalé il y a assez longtemps d’ailleurs en Amérique, puis en Nouvelle-Zélande et, enfin, plus tard, en Portugal et en Algérie. Il ne paraît pas que ce parasite ait causé des dommages sérieux en Portugal et en Algérie, mais il a cause des ravages en Amérique et en Nouvelle-Zélande où l’on a dù entreprendre contre lui une lutte énergique. Il s’agit d’une teigne, la phthomæ solanella qui s’attaque également à d’autres solanées, c’est-à-dire d’un papillon qui pond à la fois 75 œufs et dont les générations chevauchent les unes sur les autres, de telle sorte que l’on trouve à la fois des papillons, des chrysalides et des larves. Sa chenille se creuse des galeries dans les tubercules et dans les rameaux. Tout tubercule touché est entièrement perdu, car les galeries qui le sillonnent laissent prospérer des champignons saprophytes qui communiquent au tubercule un goût désagréable qui rebute les animaux. Les papillons déposent leurs œufs sur les pommes de terre dans les celliers. C’est donc là qu’il faut porter la lutte. Les vapeurs de sulfure de carbone y peuvent être dégagées sans inconvénient et tueront tous les papillons. De telle sorte qu’en répétant plusieurs fois le traitement, on peut espérer atteindre tous les insectes, en raison de la brièveté de la vie larvaire du parasite. Un appel aux pouvoirs publics va être fait pour que la lutte soit entreprise énergiquement et méthodiquement dans toute la région infectée.
- Ch. de Yilledeuil.
- Le Gérant : P. Massox,
- Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- 20 JANVIER 1912.
- LA NATURE. — N” 2017.
- LE TROPHEE DE LA TURBÏE
- Les restes du trophée que le Sénat romain fit élever à l’empereur Auguste, en souvenir de ses victoires sur les peuplades alpines, dominent encore de leurs ruines démantelées (fig.4) la petite agglomération des toits pâles du village de la Tur-bie, perché tout en haut du rocher, à 450 mètres d’altitude, au-dessus de la haie de Monaco.
- Une inscription votive importante était jadis gravée sur l’une des faces du monument,
- Pline l’Ancien (livre III, ch. xxiv) nous en a conservé le texte, lequel nous apprend, entre autres choses, la date de son inauguration l’an 759 de Rome (an V avant J.-C.). Le sens général de l’inscription est confirmé historiquement par les témoignages de divers
- Fig.
- auteurs anciens, Suétone, Horace, Appien, qui tous sont d’accord pour honorer Auguste de ses victoires sur les nations alpines, qu’il soumit avec l’aide de ses lieutenants Drusus, Tibère et Varron.
- Le résultat considérable de ces victoires assurait désormais la libre communication d’Italie en Gaule, aussi n’est-il pas surprenant que le Sénat ait voulu perpétuer le souvenir de cette date historique, en la gravant sur un monument digne de la grandeur de celui qui les avait remportées au nom du peuple romain.
- L’itinéraire d’Antonin nous indique qu’il fut construit : Alpe Summæ, c’est-à-dire en un point dominant la contrée, qu’il précise aussitôt par les mots -: Usque hitc Ilalia, hinc Gallia, jusque-là
- 40" année. Ier semestre.
- 1. — Reconstitution de M. Formigé, d'après les fouilles de iço5-ç.
- Fig. 2. — Colonnes trouvées dans les fouilles. (Ci. e.-a. Martel.)
- l’Italie, au delà la Gaule, ce qui, à notre connais-^ sance, est la détermination la plus ancienne de la frontière italo-française.
- Nous retrouvons plus tard la trace du monument au moyen âge. De très anciennes légendes nous apprennent, en effet, que saint Honorât (429) voyait avec peine subsister cet édifice, déplorable vestige du paganisme, surmonté d’une statue d’empereur déifié qui, dit-on, rendait des oracles à la foule émerveillée.
- La vengeance céleste ne se fît pas attendre, et sur les prières du saint, la statue s’écroula.
- Ceci est le premier fait connu, ayant trait à la ruine de l’édifice vers la fin de l’empire romain. Le troubadour Raymond Féraud, qui vivait au xme siècle, en relate la légende dans l’un de ses chants et, plus tard, l’historien niçois Gioffredo nous apprend la transformation du bâtiment en un donjon, fortifié au temps de la guerre entre les Guelfes et les Gibelins.
- Une corniche à arcatures ogivales, ajoutée au sommet du monument, dont il reste quelques vestiges, et que nous retrouvons le couronnant dans diverses gravures des xvie et xviie siècles, nous montre l’aspect qu’il avait alors, après sa transformation en forteresse.
- , Il nous serait
- probablement parvenu en cet état si, sous Louis XIV, le maréchal de la Feuillade ne l’avait fait sauter, parce qu’il commandait la route d’Italie.
- Les archives historiques de la guerre possèdent
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- 114 __—— ...... LE TROPHEE DE LA TURB1E
- encore le plan des fourneaux de mine ayant servi à ce démantèlement ; il porte la mention : Tour de Tourbie, 20 mars 1705.
- Après ce désastre, le trophée n’était que ruines et on ne l’utilisait plus que comme carrière de pierres.
- Fig. 3. — Reconstitution fantaisiste de GiofjredO (XV1° Siècle). (Cl. Giletta, Nice.)
- C’est ainsi que l’église voisine fut construite à l’aide de matériaux arrachés à ses murailles, comme en témoigne l’inscription placée au-dessus du maître-autel, par laquelle nous apprenons que de juin 1764 à septembre 1777, les pierres païennes ont servi à édifier le temple chrétien.
- En 1857 les princes sardes, visitant le trophée, y ordonnèrent quelques consolidations urgentes ; et peu d’années plus tard, après l’annexion à la France, il fut classé comme monument historique.
- Plusieurs tentatives de fouilles, recherches et réparations avaient déjà été proposées, quand la Société des fouilles archéologiques entreprit le déblaiement définitif en 1905; l’État accorda alors une subvention et fit terminer les travaux de reconnaissance et de consolidation en 1909.
- Grâce à ces fouilles nous connaissons maintenant les | dispositions primitives du trophée. C’était un édifice à trois étages, en retrait les uns sur les autres; les deux étages inférieurs étaient carrés, et l’étage supérieur, circulaire, s’entourait de 24 colonnes supportant la pyramide surmontée par la statue d’Auguste.
- Le tout reposait sur une plate-forme restée intacte.
- Les fouilles ont révélé heureusement presque tous les détails de la sculpture et de la mouluration de chaque étage, ainsi que les caractéristiques des lettres formant l’inscription dédicatoire.
- C’est à l’aide des parties du soubassement restées en place après les terribles explosions des mines, puis avec des fragments retrouvés sur les lieux ou recueillis dans les musées de Monaco, de Nice et de Saint-Germain, et aussi d’une sculpture conservée au musée de Stockholm que nous avons pu arriver à reconstituer ces dispositions primitives du monument (fig. 1). Le trophée d’Auguste nous est doublement précieux : d’abord à cause de son grand intérêt historique; ensuite et surtout parce que c’est la seule ruine parvenue jusqu’à nous, qui nous permette de nous faire une idée exacte de ce qu’était ce genre de monuments triomphaux.
- Si 1;on cherche parmi les édifices antiques connus quelques analogies avec celui qui nous occupe, nous constatons qu’il offre une certaine ressemblance avec le tombeau de Juba II, datant de la même époque, situé en Algérie et qui est plus vulgairement connu sous le nom de « Tombeau de la chrétienne » ; il rappelle également les données architec-
- Fig. 4. — Etat actuel, (ci. Martel.)
- lurales des tombeaux d’Auguste et d’Hadrien, à Rome; et, toujours d’après les descriptions données par Pline, on peut se rendre compte que le prototype de tous ces édifices était le tombeau de Mau-solé, en Asie Mineure, réputé l’une des sept merveilles du monde. J.-G. Formigé.
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- LA VACCINATION ANTITYPHIQUE
- La vaccination antityphique n’est pas une chose nouvelle. Expérimentalement, en 1888 et 1892, les Professeurs Clrantemesse et Widal ont vacciné, avec succès, des souris, des cobayes et des lapins, avec des cultures typhiques chauffées à 120° ou 100°. La première expérience qui ait été faite chez l’homme remonte à l’année 1896.Depuis douze ans, elle est appliquée dans l’armée anglaise. Elle est de plus utilisée dans les armées japonaise, allemande et américaine. Dans cette dernière, elle est même obligatoire.
- Au début 'de l’année 1911, l’Académie de médecine adoptait les conclusions du rapport du professeur IL Vincent, du Val de Grâce, directeur actuel du Laboratoire de vaccination antityphique, préconisant l’emploi facultatif de cette vaccination. Nous l’avons appliquée, pendant l’été dernier, au Maroc. Les résultats obtenus ont été extrêmement satisfaisants, venant ainsi confirmer et dépasser les statistiques déjà si favorables des armées américaine et anglaise. C’est qu’il s’agit, en effet, d’une méthode scientifiquement établie, pratique, absolument inoffensive et d’une efficacité incontestable. Elle constitue une arme puissante pour lutter contre le redoutable fléau qu’est la fièvre typhoïde. Cette maladie si longue et si dangereuse, qui menace tant de jeunes existences, se taille une large part dans la mortalité annuelle de nos grandes agglomérations urbaines. Nul ne peut se dire à l’abri de ses atteintes. La qualité souvent douteuse de l’eau de boisson, la consommation de légumes crus, de salades arrosées ou lavées avec une eau suspecte, la consommation d’huîtres et de coquillages, jointes à la contagion par les malades sont autant de facteurs qui favorisent au plus haut point la dissémination de la maladie.
- Malgré des mesures d’hygiène attentives, les statistiques montrent que la fièvre typhoïde ne désarme pas. M. le professeur ÎI. Vincent estime à 6000 au moins le chiffre annuel des décès qu’elle entraîne dans notre pays. Les chances de contamination sont si nombreuses qu’il ne saurait en être autrement. Aussi l’emploi d’une mesure telle que la vaccination se recommande-t-il par la sécurité absolue qu’il confère aux sujets vaccinés.
- Son principe est celui de toute vaccination en général. En injectant sous la peau d’un individu du bacille typhique tué, on provoque un travail silencieux de défense organique, dont cet individu n’a pas même conscience et qui le met dorénavant à l’abri au même titre, que s’il avait eu une fièvre typhoïde longue et grave.
- Un bon vaccin doit réunir plusieurs qualités : il doit tout d’abord être inoffensif ; il doit être actif. Il ne serait évidemment pas sans danger d’injecter des microbes vivants pour conférer l’immunité à l’homme. Aussi s’adresse-t-on à des microbes tués. On peut encore extraire de ces microbes leurs principes fondamentaux; ces principes constituent à eux seuls un vaccin réunissant les mêmes garanties d’efficacité.
- Les vaccins, préparés suivant la méthode du professeur Vincent, sont de deux variétés. Les uns sont une solution d’extrait de microbes tués par l’éther : c’est ce qu’on appelle des « autolysats ». Les autres sont une émulsion dans l’eau salée de microbes stérilisés également par l’éther (vaccin bacillaire).
- On fabrique le vaccin en prenant des microbes d’origines diverses. La fièvre typhoïde en effet, quelle que soit la latitude, est toujours due au même microbe. Mais ce microbe peut être plus ou moins virulent. Ainsi les
- fièvres typhoïdes des pays chauds sont particulièrement redoutables. C’est pourquoi il importe qu’un bon vaccin soit fabriqué avec de multiples races.
- On prend même soin de faire entrer dans la composition de ce vaccin du bacille paratyphique. Ce microbe, en effet, détermine une maladie, cousine germaine de la fièvre typhoïde, mais cependant bien distincte, la fièvre paratyphoïde.
- Le vaccin ainsi obtenu est donc protecteur à la fois de la fièvre typhoïde et de la fièvre paratyphoïde.
- Pour pratiquer la vaccination, on injecte simplement sous la peau, à des intervalles d’au moins sept jours, des doses progressivement croissantes d’un tiers de centimètre cube à deux centimètres cubes. C’est le principe de la mithridatisation; et Mithridate, si l’on en croit l’histoire, qui pour se mettre à l’abri des poisons en absorbait des doses de plus en plus grandes, faisait' une véritable vaccination.
- Pour pouvoir se considérer comme vacciné, il faut au moins avoir, reçu quatre injections ou même la série complète de cinq. Pendant toute cette période, les sujets qui se font vacciner ne changent en rien leur manière de vivre habituelle et n’interrompent nullement leurs occupations. La réaction provoquée est insignifiante. Nous avons même appliqué la vaccination à des femmes et des enfants : et jamais aucun d’eux rie s’est plaint.
- Pour se faire vacciner, il faut être bien portant ; il est donc bien entendu que toute maladie en évolution, quelle qu’elle soit, constitue une contre-indication formelle.
- Pratiquée dans ces conditions et avec ces vaccins, celte opération est d’une innocuité absolue au moins autant que la vaccination contre la petite vérole.
- Pour ce qui concerne les vaccins ci-dessus mentionnés, cette assertion ressort d’une expérience ayant.'porté sur plus de 700 personnes.
- Au surplus, la vaccination antityphique a depuis longtemps fait ses preuves à l’étranger. Appliquée à l’armée anglaise, lors de la guerre du Transvaal, elle a, àLadysmith entre autres, rendu le chiffre des cas huit fois moindre et réduit le chiffre des décès dans les mêmes proportions.
- Pratiquée par les médecins anglais depuis douze ans dans l’Inde, l’Égypte et à Chypre, elle a donné des résultats analogues. D’après les statistiques de l’armée anglaise, de 1905 à 1908, la morbidité a été réduite de 28,5 à 3 pour 1000 et les décès dans les mêmes proportions. Mêmes résultats chez les troupes allemandes du Sud-Ouest africain (guerre des Herreros).
- Dans l’armée américaine, où elle est utilisée depuis deux ans, les résultats obtenus en 1910 ont été si probants qu’à la date du mois d’octobre 1911, la vaccination antityphique est devenue une mesure obligatoire. Des faits récents, apportés à la tribune de l’Académie par M. Netter, sont venus confirmer l’efficacité de la méthode dans l’armée des États-Unis et dans l’armée japonaise, où le nombre des vaccinés a atteint près de 28 000.
- Enfin, pendant l’été dernier, j’ai été chargé d’accompagner M. le professeur Vincent au Maroc pour appliquer la vaccination au corps d’occupation. L’Afrique du Nord est la terre de prédilection de la fièvre typhoïde : cette redoutable maladie constitue un danger sans cesse menaçant pour les Européens qui occupent nos territoires coloniaux : elle y est si répandue et si grave qu’on peut la considérer comme un véritable tribut que tout sujet est appelé à payer.
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- LE PONT SUSPENDU DE SIDI-M’CID A CONSTANT]NE
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- Malgré les conditions extrêmement défavorables, où a opéré la mission antityphique, les résultats ont été particulièrement brillants. Ghez les sujets inoculés avec le vaccin du professeur Vincent, il n’a été constaté depuis lors, aucun cas de fièvre typhoïde ni même aucun d’embarras gastrique fébrile (cette dernière maladie n’est qu’une réduction de la fièvre typhoïde; c’est la « fièvre muqueuse » due au même microbe). Chez les sujets non vaccinés, vivant de la même vie, soumis exactement aux mêmes conditions d’hygiène et de climat, subissant les mêmes causes d’infection, les mêmes fatigues, le nombre des cas a été de 115,8 pour 1000.
- Le tableau suivant parle assez par lui-même :
- Embarras Fièvre gastrique
- typhoïde. fébrile. Total. Décès.
- Non vaccinés. 64,87 50,90 115,77 8,55 p. 1000
- Vaccinés. . . 0 0 0 0 p. 1000. (
- Tenant compte de ce que les inoculations ont été absolument inoffensives, on se convaincra facilement de I la valeur de la méthode. j
- A la suite des résultats si impressionnants obtenus au ; Maroc, le ministre de la Guerre a décidé l’emploi, à titre facultatif, de la vaccination antityphique, dans les corps d’occupation du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et chez les infirmiers.
- Je tiens à faire remarquer qu’il ne faut pas confondre vaccin et sérum. La vaccination antityphique est préventive, c’est-à-dire destinée aux seuls sujets sains qu’elle
- met à l’abri de l’infection typhoïdique. Elle n’est nulle-ment curative, et en cette qualité, ne saurait aucunement être appliquée aux malades atteints de fièvre typhoïde.
- En résumé, que l’on s’appuie sur des expériences de laboratoire ou sur les preuves encore plus convaincantes des résultats véritablement parfaits obtenus jusqu’à ce jour, il ressort que nous sommes désormais en possession d’un moyen préventif spécifique, à coup sûr inoffensif et efficace pour mettre à l’abri de la contagion par le bacille typhique.
- La fréquence de la fièvre typhoïde dans les grandes villes, les dangers de contamination auxquels tous, et surtout les jeunes sujets de 18 à 50 ans, se trouvent continuellement exposés, comparés à la bénignité de la vaccination qui a été appliquée même à des enfants, indiquent formellement l’emploi de cette méthode préconisée par l’Académie de Médecine.
- C’est donc un devoir de recommander à tous, car tous sont exposés quotidiennement à l’infection, une méthode qui est désormais entrée définitivement dans la pratique médicale.
- On peut donc espérer que la fièvre typhoïde va être enfin vaincue. Et il est à prévoir le moment où, comme la variole, elle sera devenue, grâce à l’extension et à la généralisation de la vaccination, une maladie d’excep-
- ^on* Dr E. Cojibe.
- Médecin aide-major au Laboratoire de vaccination antityphique du Yal-de-Grûce.
- LE PONT SUSPENDU DE SIDI-M’CID A CONSTANTINE
- Dans le numéro du 3 décembre 1910 de La Nature on a décrit le remarquable pont en maçonnerie à anneaux parallèles (Système Séjourné) lancé sur le Rummel pour mettre la ville de Constantine et le quartier arabe en communication facile avec la gare.
- Le quartier juif, en aval de la ville, n’en restait pas moins privé de communications avec la rive droite et l’hôpital par la profonde crevasse qui contourne en partie la ville. La construction d’un autre pont s’imposait donc.
- Mais, la crevasse étant trop large pour être franchie par un pont en maçonnerie, on a eu recours à un pont suspendu avec haubans de rigidité, poutres raidissantes et pièces amovibles du système Arnodin (Nature du 3 juin 1905).
- Cet ouvrage, nommé Sidi-M’cid, est très remarquable et franchit d’un seul jet la distance de 164 m.30 que présente la crevasse de crête à crête, et cela à 174 mètres au-dessus du Rummel. C’est, croyons-nous, le pont le plus élevé qui) existe. ,
- Constantine, déjà célèbre du temps des Romains sous le nom de Cirta, continue donc à maintenir sa tradition de ville remarquable.
- Le pont de Sidi-M’cid se trouve placé à l’extrémité aval de la gorge d’où le Rummel se déroule en un ruban argenté dans la luxuriante plaine du Hamma qu’il arrose et fertilise. Du tablier du pont, on jouit par certains beaux jours, d’un panorama semblable à un décor d’opéra. La figure 2 montre l’ensemble
- du pont et les photographies ci-jointes les moyens employés pour édifier cet important ouvrage.
- Description du pont. — Les câbles paraboliques (fig. 4) ont une flèche de 18 m., soit 1/9 de l’ouverture. Au nombre de six pour chaque tête de pont ils sont constitués de fils d’acier de 100 kg de résistance à la rupture par mm2. La section de chacun de ces câbles est de 3060 mm2 et leur travail maximum est de 25 kg par millimètre carré.
- Les câbles obliques ou haubans de rigidité également espacés sont au nombre de six pour chaque tête et pour chaque extrémité du pont. Les câbles R et C ont une section de 1220 mm2, ceux D et E une section de 1050 mm2 et ceux F et G une section de 820 mm2.
- Le tablier, d’une largeur de 5 m. 95 entre les poutres raidissantes, se compose de deux trottoirs en tôle striée de 0 m. 60 de largeur et d’une chaussée de 4 m..50 de largeur permettant le passage de deux véhicules. Cette chaussée est constituée par des dalles en ciment armé de 105 mm-d’épaisseur recouvertes de pavés d’asphaltes de 40 mm d’épaisseur, ces dalles prenant appui sur des pièces de pont avec contrefiches espacées de 1 m. 25 fixées, aux extrémités du pont, aux câbles obliques et, dans la partie centrale, reliées aux câbles paraboliques par les tiges d*e suspension.
- Pour le calcul du pont on a admis un poids, par mètre courant, de 350 kg pour la suspension, de
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- LE PONT SUSPENDU DE SIDNM’CID A CONSTANT]NE =: 117
- 2550 kg pour le tablier et de 2370 kg pour la surcharge.
- Contrairement à la disposition adopte'e générale-ment les câbles paraboliques d’une tête de pont se
- que soient les surcharges tout l’ensemble du pont se trouve en équilibre.
- Montage du pont. — Lorsque les piliers ont été montés sur chaque rive, et toute la maçonnerie préparée pour recevoir les pièces T?v~’ — ~ métalliques, on a d’abord lancé les
- câbles principaux au-dessus du ravin par la méthode dite de la Iraille, qui consiste à tendre un câble provisoire appelé traille d’un pilier à l’autre. Ce câble a pour mission de servir de rail de roulement à des trains de poulies espacés de 5 mètres en 5 mètres, auxquels on suspend par des cordages à main le câble définitif à poser, que l’on fait cheminer sur cette voie de roulement improvisée à l’aide d’une corde s’enroulant sur un treuil.
- Fig. i. — Vue du pont en cours de montage au moment où la moitié du tablier est en place.
- continuent sans solution sur les chariots de dilatation placés au sommet des piles en maçonnerie et vont se réunir aux câbles de l’autre tête au moyen d’un goujon placé dans l’axe de la galerie circulaire d’ancrage creusée dans le rocher qui forme culée. Des étriers de réglage permettent d’équilibrer la tension sur les
- Fig. 3. — Vue du pont en cours de montage. — Vue prise à-l'aval. A mi-hauteur la route de la Corniche. — Au fond, le pont d’El-Kantara et un coin de la ville de Constantine.
- deux têtes. De plus, deux câbles de retenue supplémentaires par tête de pont, fixés aux chariots de dilatation, viennent s’assembler sur le goujon dont nous venons de parler et placé dans Taxe de la galerie d’ancrage. Grâce à cette disposition et quelles
- Fig. 2. — Vue du pont terminé.
- Lorsque l’extrémité du câble est arrivée sur la rive opposée, on le fixe aux deux extrémités aux amarrages des massifs d’ancrage, en le réglant à la hauteur prévue au moyen des écrous de réglage qui le terminent. Puis on décroche et on dépose les poulies qui deviennent ainsi libres pour être utilisées à nouveau pour la pose du câble principal suivant, et ainsi de suite jusqu’au dernier. Il y en a 12.
- A ces câbles une fois posés on a suspendu vers le milieu de la portée les poutres métalliques formant pièces de pont et espacées de 1 m. 25 l’une de l’autre. Lorsque deux de ces pièces de pont furent en place on disposa sur elles des madriers longitudinaux qui constituèrent l’amorce du tablier, sur lequel les ouvriers purent travailler et déposer leur outillage.
- Cette plate-forme, suspendue dans le vide à 174 mè-
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- 118 —...-.—...... LES DALLES EN « GRANITOÏD »
- très au-dessus du Rummel, constitua en quelque sorte l’oasis de ravitaillement pour la continuation de la pose du tablier.
- Tous les matériaux devant constituer ce tablier
- à leur place définitive les pièces déjà posées à titre provisoire, ensuite en continuant la pose des lon-grines de trottoirs et des garde-corps pour la constitution du tablier définitif.
- 12 câblas suspenseurs
- de3o6o 7%i2desectio7i/^>
- Fig. 4.)— Élévation générale du Pont de Constantine.
- étaient amenés au moyen d’un télécharge Àrnodin qui franchissait la crevasse, disposition semblable à celle employée pour le pont Séjourné déjà décrit et pour le pont Gisclard (ligne de Yille-franche à BourgMadame). (La Nature, 15 novembre 1909.)
- La continuation de la pose du tablier a eu lieu par l’addition symétrique et successive de nouvelles pièces de pont transversales, aussitôt recouvertes de madriers longitudinaux agrandissant la plate-forme.
- La photographie fi g. 1 la montre ayant déjà 80 m. de longueur. Elle continua à s’agrandir jusqu’à atteindre les rives, et alors elle permit au personnel du chantier de circuler ' de plain-pied d’une rive à l’autre.
- La poursuite du travail s’opéra d’abord en réglant
- Cet exemple est intéressant et montre bien les avantages du pont suspendu qui peut être lancé au-dessus du vide, quelle que soit sa profondeur, sans le secours d’aucun échafaudage coûteux et encombrant.
- Les dépenses de cet ouvrage sont de : 512 500 fr. dont 19 500 fr. pour les piles en maçonnerie, 27 000 fr. pour les galeries d’ancrages et 266 000 fr. pour la partie métallique, suspension, tablier et chaussée.
- L’exécution de ce beau travail s’est poursuivie jusqu’ici sans le moindre accident ni incident ; il fait honneur au Service des Ponts et Chaussées, représenté à Constantine par M. l’Ingénieur en Chef Boissier et M. l’Ingénieur Gadreau, ainsi qu’à M. Arnodin chargé de sa construction. R. Bonnin.
- *G'l5 -*
- Fig. 5. Vue
- transversale d'une pile.
- LES DALLES EN « GRANITOID »
- Depuis quelques années, on emploie au dallage des trottoirs des carreaux constitués par une nouvelle matière céramique : le granitoïd, qui ;difîère notablement de la substance des carrelages employés d’ordinaire. Le granitoïd, en effet, est fabriqué à froid ; c’est la réunion d’une masse de ciment à une couche superficielle formée de cassures de granit, agglomérées avec du ciment. On conçoit qu’un tel mélange, s’il est suffisamment compact, soit extrêmement résistant à l’usure ; telle ville allemande possède des trottoirs en granitoïd encore en parfait état de conservation, quoique posés depuis vingt ans. En outre, le nouveau dallage présente sur ceux en céramique usuelle, parfois aussi durs, un notable avantage : il n’est pas glissant au moment de la pluie.
- La fabrication du nouveau produit est assez
- payer
- Fig,. 1. — Formes usuelles diverses de carreaux en granitoïd.
- simple, mais nécessite pourtant un appareillage relativement important. On doit d’abord concasser
- la roche dure : granit, porphyre, diabase ou dio-rite, en fragments de dimensions inférieures à 2 centimètres. La masse granulée est, après tamisage, mélangée avec son poids de ciment portland et une quantité d’eau suffisante pour donner la consistance d’un mortier. Cette pâte est introduite dans des moules en métal huilé pour éviter l’adhérence, de façon à former une couche épaisse d’au moins 5 centimètres. On étale ensuite au-dessus une seconde couche, assez mince, de mortier sec composé d’une partie de ciment pour deux ou trois de sable fin ; la poudre absorbe l’excès d’humidité de la pâte, ce qui suffit à provoquer sa prise. Finalement, on remplit complètement le moule de béton (une partie de ciment pour trois de graviers
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- LES DALLES EN « GRANîTOÏD »
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- grossiers) ; on racle, pour enlever l’excès de mortier, et on procède à la compression.
- Il importe, en effet, pour obtenir un produit de bonne qualité, d’exercer sur les carreaux une très forte pression; au moins 160 kilogrammes par centimètre carré. Les machines à comprimer les plus employées se Composent d’un plateau horizontal rotatif, formé de secteurs en fonte pouvant être changés selon la forme des carreaux à comprimer. Ce plateau tourne autour de l’une des colonnes d’une presse hydraulique (fîg. 2); chaque dalle venant d’être moulée, est placée dans les évidements de la plaque tournante de façon à venir subir l’action d’un piston inférieur, poussé par un courant d’eau à la pression de deux ou trois cents atmosphères.
- Les carreaux comprimés sont retirés soigneusement des cases, puis portés dans une salle de dépôt, où on les arrose régulièrement deux ou trois fois par jour pendant trois à six jours. Ils acquièrent ainsi une solidité convenable, mais ne sont pas encore propres à l’usage en raison de la rugosité trop prononcée de leurs surfaces.
- C’est pourquoi on opère finalement un polissage à l’aide d’une meule horizontale de 1 m. 75 à 2 mètres de diamètre. Cette meule est mue par le bas et tourne dans une enveloppe de tôle (fig. 5). Les carreaux à user sont placés dans des boîtes oscillantes qui en appuient la surface contre la meule.
- Le tout est surmonté d’un cône distributeur de
- Fig. 3. — Machine à user la surface des dalles.
- sable et d’un tube d’arrivée d’eau, ces matières facilitant le rôle abrasif de la meule. Pendant la durée du polissage, toutes les dalles tournent sur elles-mêmes, chacune pouvant être enlevée et changée
- sans besoin d’arrêter la meule. On obtient ainsi des carrelages à surface bien lisse et polie, laissant voir nettement la structure des grains. Selon forme des moules et nature de
- Fig. 2.
- Presse hydraulique avec plaque tournante à moules.
- leurs parois, les dalles peuvent être lisses, rayées, réticulées (fîg. 1).
- Les produits ne doivent normalement être employés que huit semaines environ après leur fabrication, temps nécessaire pour parfaire leur complète dureté. La densité est alors de 2,5, la résistance de 50 kilogrammes par centimètre carré et la solidité à l’usure telle qu’un jet de sable à pression de trois atmosphères, agissant pendant trois minutes, n’enlève la matière que sur une surface de deux millimètres.
- Monopolisée à l’origine par quelques firmes possédant des licences de brevet, la fabrication du gra-nitoïd, maintenant dans le domaine public, a pris, principalement en Allemagne, une très grande importance. En Erance, les avantages de l’emploi du produit sont d’ailleurs moins marqués que dans les pays à climat froid et pluvieux où les dallages ne doivent pas - être glissants par les temps ,de pluie et de gelée. Toutefois, depuis quelques années, le produit semble recevoir chez nous des applications de plus en plus nombreuses.
- Les carrelages « terrazo » sont une variété de la fabrication que nous venons de décrire, obtenue en substituant aux fragments de roches granitiques des marbres concassés de diverses couleurs. De tels produits n’offrent évidemment pas à l’usure la même résistance que les dalles en granitoïd. Par contre, ils sont d’un très heureux effet décoratif rappelant la mosaïque; on les emploie dans le revêtement des murs et du sol des habitations comme succédanés bien meilleur marché que le$ mosaïques véritables. A. CumcT.
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- LE TOURISME AÉRONAUTIQUE
- Un service de paquebots aériens, depuis quelque temps, fonctionne régulièrement, en. Allemagne, sous les auspices de la ligne Hambourg-Américaine.
- Les touristes se rendant de Francfort-sur-Main à la célèbre station thermale de Baden-Baden, ont pu remarquer, F été,1 dernier, au moment de leur arrivée à'Oos, dernière station intermédiaire, une étrange construction s’élevant sur une pelouse voisine de la gare. C’est un hangar en fer et en tuiles rouges clair, destiné au dirigeable Schwaben.
- Le dirigeable Schwaben, conçu d’après le système Zeppelin, est un imposant bâtiment de 140 mè-
- installés un moteur de 145 chevaux, toutes les roues de commande et les cordes à lest et à soupape ; la nacelle postérieure renferme deux moteurs de 145 chevaux chacun. Le moteur antérieur actionne une paire d’hélices aériennes à deux ailes, faisant 500 tours par minute; chacun des moteurs postérieurs met en mouvement une hélice aérienne à quatre ailes tournant à la même vitesse. A l’extrémité postérieure du dirigeable se trouve installé le gouvernail horizontal et celui d’élévation; le premier comporte huit surfaces verticales assez efficaces pour faire virer le ballon sur un cercle d’en-
- Fig. i. — Le dirigeable Schwaben, type Zeppelin.
- très de long sur 14 mètres de diamètre et d’une capacité d’environ 18000 mètres cubes. Il est supporté par 17 cellules à gaz insérées entre les anneaux transversaux du cadre d’aluminium. Cette subdivision du ballon en 17 cellules comparables aux compartiments étanches des grands paquebots, assure aux passagers une grande sécurité, une, deux ou même plus de cellules pouvant se vider sans compromettre le dirigeable.
- Le cadre avec les cellules qu’il renferme est entouré d’une enveloppe en coton imprégné réduisant le frottement et garantissant le ballon d’un soleil trop éclatant.
- Au-dessous du dirigeable sont suspendues deux nacelles à moteurs et entre celles-ci, une cabine de passagers. Dans la nacelle antérieure se trouvent
- viron 600 mètres de diamètre. Le gouvernail d’élévation permet d’amener le ballon avec une remarquable vitesse dans la position oblique nécessaire pour les mouvements ascensionnels ou de descente. Au bout postérieur se trouve, à droite et à gauche, une grande nageoire horizontale, assurant la stabilité du vol.
- Comme les gouvernails et les organes mécaniques du dirigeable, on le voit, sont disposés en double ou triple, la sécurité du service s’en trouve ultérieurement accrue. Le ballon peut en effet être dirigé avec l’un quelconque des gouvernails horizontal ou d’élévation; de même que l’un quelconque des moteurs suffit à lui imprimer une vitesse de propulsion assez considérable.
- Le total de 455 chevaux développés par les mo-
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- LE TOURISME AÉRONAUTIQUE
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- teurs permet de re'aliser une vitesse maximum d’environ 19 mètres par seconde, soit 67 kilomètres par heure; avec deux moteurs en fonction, le ballon possède toujours une vitesse moyenne d’environ 16,5 mètres par seconde, soit 60 kilomètres par heure. La force ascentionnelle totale du dirigeable d’environ 21 000 kilogrammes (au niveau de la mer) laisse comme poussée utile un excédent de plus de 5000 kilogrammes sur le poids du bâtiment et de ses moteurs, chiffre sujet à varier suivant l’altitude et la température. On sait en effet que d’après des lois physiques bien connues, une élévation de 80 mètres réduirait d’environ. 200 kilogrammes la poussée d’un dirigeable ayant les dimensions du Schwaben, tandis que chaque degré de chauffage de l’air entraîne une diminution d’environ 75 kilogrammes. De cette poussée utile, on réserve en général 1200 à 1500 kilogrammes pour les provisions d’essence et d’huile, provisions permettant aü dirigeable de tenir l’air pendant 12 à 15 heures avec 5 moteurs et pendant 15 à 20 heures avec 2 moteurs, en traversant dans l’air une distance d’environ 800 ou 1000 kilomètres respectivement ; la distance parcourue par rapport au sol dépend évidemment de la vitesse du vent.
- L’équipage comporte environ 8 à 9 personnes, à savoir un capitaine, un ingénieur, deux pilotes et 4 à 5 monteurs.
- La cabine de passagers, suspendue entre les deux
- professeur Pankok, présente un aspect d’une élégance et d’un confort extrêmes. Le plancher est couvert de tapis moelleux ; de grandes fenêtres à charnières permettent une vue libre de tous côtés.
- Cette cabine de passagers, à l’égal des wagons-
- i Fig: 3. — La nacelle à voyageurs.
- nacelles à moteurs, abrite facilement 24 personnes. Elle est disposée de façon à faire des poutres longitudinales du dirigeable des poutres de cabine. Toutes les pièces métalliques du cadre de la cabine sont à l’intérieur garnies de cuivre. La cabine, dont les aménagements et décorations intérieurs sont dus au
- Fig- 2. — La rentrée du dirigeable dans son hangar.
- restaurants des grands express, possède un service de restaurant bien aménagé, dont la carte comporte les boissons et les mets froids les plus exquis.
- La particularité la plus remarquable de la cabine, c’est toutefois un laboratoire réservé aux recherches scientifiques. Comme le bruit des moteurs et des hélices est assez bien amorti pour n’être plus guère perceptible dans la cabine, ce laboratoire (le premier installé à bord d’un dirigeable) se prête parfaitement aux observations même les plus rigoureuses. Le Dr Diekmann ' vient d’y faire des expériences relatives à la radio-télégraphie et à l’électricité atmosphérique, en étudiant, entre autres, un récepteur destiné en même temps à l’orientation aérienne et à assurer un service aéronautique de prévision du temps. Une antenne longue seulement de 50 mètres, qui ne dérangeait aucunement le fonctionnement des moteurs, permettait de maintenir une communication radio-télégraphique permanente avec les stations de terre. Les expériences relatives à l’électricité atmosphérique étaient destinées à élucider les relations électriques entre les dirigeables et T atmosphère. Des électrodes en polonium, c’est-à-dire des plaques de platine enduites de radium F, installées au-dessus et au-dessous du ballon, étaient portées à la tension y régnant, tension qu’elles transmettaient à des électromètres installés dans le laboratoire. Les expériences jusqu’ici faites font voir, semble-t-il, que les dirigeables,
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- dans leur course à travers l’air, prennent en général des potentiels plus élevés qu’il ne correspondrait à leur altitude. Comme la différence de potentiel au-dessus du dirigeable n’est par conséquent en général qu’assez petite, le danger de voir le dirigeable
- frappé par un coup de foudre venant d’un nuage positivement chargé serait presque entièrement écarté. Un indicateur d’orage signale du reste tout accroissement anormal de la tension électrique.
- Dr Alfred Gradeswitz.
- LA STRUCTURE DISCONTINUE DE L’ÉNERGIE
- La théorie des électrons, ainsi que M. Langevin l’a montré dans sa conférence sur « les grains d’électricité » est à l’heure actuelle impuissante à rendre compte des phénomènes importants et des lois thermodynamiques du rayonnement du corps noir. La conception électronique de la matière subit donc là un échec grave. Dans une conférence faite à la Société française de physique, M. Ed. Bauer a montré comment les considérations atomiques et en particulier la théorie cinétique des gaz, ne sont pas plus fécondes, et il a exposé la tentative d’explication proposée par Planck dès 1900, bien avant qu’aient été soulevées les difficultés qui se sont montrées jusqu’à présent irréductibles.
- La théorie moléculaire de la matière ne fait, à l’heure actuelle, plus aucun doute, après les belles recherches de MM. Gouy, Perrin, Rayleigh, J.-J. Thomson... dont nous avons parlé à propos de la conférence de M. Perrin. On peut concevoir les corps comme formés d’un nombre infiniment grand de petites particules, les molécules, animées de mouvements désordonnés. Cette agitation incessante, décelée par les mouvements browniens constitue, nous l’avons vu, une des propriétés fondamentales de la matière. Si nous considérons une certaine masse d’un fluide gazeux, elle paraît en équilibre à nos yeux humains, tandis que pour un démon subtil de la dimension des molécules, jamais aucune de ses parties n’arrive à l’état de repos, et le gaz est le siège d’une sarabande éternelle. L’équilibre que nous constatons n’est donc pas un véritable équilibre, au sens ordinaire du mot, il n’y a pas de portion du gaz réellement immobile, mais, comme en un même point, à chaque instant, les impulsions élémentaires dues au choc des molécules se contrebalancent, tout se passe comme si la masse considérée était en équilibre relatif, c’est ce qu’on appelle un équilibre statistique.
- La masse d’un gaz ainsi en équilibre statistique, possède une certaine énergie fonction du déplacement des molécules, de leur rotation, de leur choc, etc.... Pour combien entre chacune de ces causes dans la valeur de l’énergie totale ? C’est ce que nous apprend le principe de Y équipartition de l’énergie dû à Boltzmann et Gibbs et qui domine toute la théorie cinétique des gaz : à chaque variable du système influant sur l’énergie, doit être attribuée la même quantité d’énergie. En un mot, l’énergie totale se répartit également entre toutes les variables. D’autre part, on a été conduit à considérer la température comme déterminée par l’agitation des molécules, sa valeur étant numériquement égale à leur énergie cinétique moyenne. Nous pouvons, de cette notion et du principe de l’équipartition, tirer quelques conséquences extrêmement frappantes.
- En particulier, il est évident que si l’énergie moyenne correspondant à une variable particulière est mesurée par la température, on aura l’énergie totale du corps considéré en multipliant sa température par le nombre
- des variables qui déterminent son état. La chaleur spécifique à volume constant sera alors donnée immédiatement lorsque l’on connaîtra le nombre de ces variables, ou autrement dit le nombre des degrés de liberté du corps. Avec les unités ordinairement employées pour la quantité de chaleur, la température, et la molécule-gramme, la chaleur spécifique relative à la molécule a une valeur numérique sensiblement égale au nombre de degrés de liberté de la molécule réelle. En faisant certaines hypothèses sur les molécules, on doit donc pouvoir fixer, a priori, la valeur de la cha leur spécifique moléculaire. — Par exemple, dans le cas d’un gaz monoatomique, qu’il est naturel de considérer comme formé d’atomes solides sphériques, les seuls degrés de liberté sont les trois composantes de la vitesse, et la chaleur moléculaire à volume constant doit donc être égale à 5. C’est ce que vérifie l’expérience. Tandis que le calcul exact conduit à la valeur 2,98, l’expérience a donné pour l’argon un nombre égal à 2,977, constant dans un intervalle de température de 0 à 2500 degrés.
- Les gaz biatomiques, considérés comme formés de deux molécules reliées entre elles par un lien rigide à la manière des haltères, conduisent à fixer leur chaleur moléculaire égale à 5. L’expérience vérifie aussi cette déduction, mais le chlore, le brome et l’iode font exception.
- Dans le cas des corps solides, le nombre des degrés de liberté s’élève à 6, et par suite la chaleur moléculaire doit être égale à 6, ce qui s’accorde d’assez près avec la loi de Dulong et Petit, bien qu’un certain nombre de corps lui fassent exception. — Après ces succès remarquables, il n’est pas étonnant que Boltzmann ait fait du principe de l’équipartition de l’énergie le centre de la théorie cinétique de la chaleur. Cependant ce point de vue ne peut plus se soutenir à l’heure actuelle, et de nouvelles expériences, jointes à d’autres plus anciennes et connues depuis longtemps déjà, nous contraignent de retirer à la loi son rôle de principe fondamental et de chercher dans de nouvelles hypothèses un mode d’explication plus souple.
- Parmi les anciennes difficultés auxquelles Boltzmann avait déjà essayé de faire face, on peut citer d’abord les exceptions aux conclusions générales rappelées plus haut ; ensuite l’hypothèse simpliste faite sur la constitution de la molécule d’un gaz monoatomique, manifestement insuffisante, comme on s’en aperçoit en jetant un coup d’œil sur le spectre du mercure avec ses raies fines innombrables; enfin la situation plus difficile encore des corps solides bons conducteurs de la chaleur et de l’électricité, les métaux, pour lesquels la théorie indique une chaleur moléculaire supérieure à 6. Signalons encore la variation de cette chaleur spécifique avec la température, variation dont la continuité est assez délicate à interpréter.
- Dans tous les exemples précédents, la contradiction
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- UN NOUVEL ÉLÉMENT DES CELLULES DES ÊTRES VIVANTS — -- r 123
- reste en quelque sorte latente, et l’on pouvait espérer qu’une heureuse modification dü principe de l’équiparti-tion permettrait de lever encore une fois la difficulté. Mais le principe entra ouvertement en conflit avec l’expérience, lorsqu’on voulut l’appliquer aux lois du rayonnement du corps noir. Les travaux théoriques de Jeans, les recherches expérimentales de Lummer et Pringsheim ont montré qu’il est en contradiction formelle avec toutes les expériences et la conclusion suivante s’impose : le principe de l’équipartition de l’énergie ne joue pas dans la thermodynamique le rôle fondamental qu’on lui a attribué pendant un certain temps.
- Que devons-nous faire alors? Abandonner complètement le principe et chercher quelque chose d’entièrement nouveau ? Non, car les vérifications qui ont fait sa vogue prouvent qu’il renferme une part de vérité. Il nous faut donc le restreindre et pour cela faire des hypothèses convenables sur les propriétés des molécules, par exemple sur le nombre des degrés de liberté avec lesquels atomes, ions et électrons se meuvent dans la molécule.
- PI an ch émit en 1900 l’hypothèse suivante, arbitraire au premier abord, mais dont les conséquences sont dignes de remarque : les échanges d’énergie entre l’éther et la matière, au lieu de se faire en proportion quelconque, ne peuvent se faire qu’en proportion fixe, c’est-à-dire que les émetteurs et les récepteurs d’énergie, atomes ou électrons, ne réagissent pas sous l’effet de quantités de rayonnement infiniment petites au sens mathématique du mot. Il y a une valeur minimum que l’énergie doit dépasser pour qu’elle puisse être émise ou absorbée. Comme le dit Planck lui-même : « Les vibrations rapides qui prennent naissance à l’intérieur de la molécule et produisent les phénomènes d’émission et d’absorption de chaleur, ne peuvent posséder une énergie quelconque ; celle-ci doit être nécessairement un multiple entier d’une certaine quantité finie proportionnelle d’ailleurs à la fréquence de la vibration. » Enfin seule l’émission de l’énergie se fait par à-coups, par quantités finies multiples de la quantité minimum ; l’absorption au contraire se poursuit d’une matière continue.
- Si l’on veut essayer de se représenter par une image concrète cette émission discontinue d’énergie, on peut faire la comparaison suivante : imaginons une bulle gazeuse qui grossit d’une façon continue sur les parois d’un vase chauffé rempli d’eau; elle ne se détachera et ne viendra crever à la surface que lorsqu’elle aura atteint une certaine taille. La production est bien continue, mais l’émission est discontinue. La même chose se produirait dans la molécule : les vibrations internes produisent une augmentation continue de l’énergie, mais celle-ci ne peut se manifester à l’extérieur que lorsqu’elle a une certaine valeur. La conception de Planck serait immé-
- diate si on admettait l’existence, à l’intérieur des électrons, de forces analogues à des forces de frottement, mais certains phénomènes s’opposent à cette manière de voir.
- Cette hypothèse hardie, imprévue, paradoxale même a priori, a été considérée pendant plusieurs années comme un artifice mathématique, sans signification physique et la Lichtquanten hypothèse de Plank est restée isolée jusqu’au moment où on a été conduit à l’invoquer, dans d’autres domaines, pour expliquer des faits inaccessibles aux idées classiques.
- Parmi ces phénomènes il faut signaler d’abord l’effet photoélectrique, c’est-à-dire l’émission de rayons cathodiques par les substances frappées par la lumière. Sous l’action des rayons lumineux, particulièrement des rayons ultra-violets, les électrons libres que nous avons supposé exister à l’intérieur des métaux peuvent arriver à s’échapper des molécules qui les emprisonnent. De la même façon que les rayons calorifiques produisent l’évaporation de l’eau contenue dans le sol, les rayons lumineux provoquent l’évaporation des électrons, la formation d’une buée électrique. Cette émission est liée à une absorption de lumière, et est proportionnelle à l’intensité et à la fréquence des radiations incidentes. Seule l’hypothèse de Planck permet d’interpréter ces résultats. Il semble aussi que dans les phénomènes de radioactivité, dans certaines expériences d’optique, dans d’autres relatives à la détermination des quantités élémentaires d’électricité et de matière, elle doive jouer un rôle important.
- Ainsi, après avoir abandonné, à la suite des remarquables travaux d’IIuygens, Fresnel, etc., la théorie corpusculaire de la lumière imaginée par Newton, pour la remplacer par la théorie ondulatoire, on revient en arrière et on redonne une vie nouvelle aux particules et aux éléments subtils de Newton et de Descartes ; mais, au lieu d’être formés de matière, ils sont formés d’énergie. Comme le dit Planck, « il serait téméraire de croire que l’hypothèse des quantités élémentaires d’énergie renferme toute la vérité ; on peut néanmoins dire que cette hypothèse est plus près de la vérité que la loi de l’équiparti-tion de l’énergie qui, à sa lumière, apparaît seulement comme un de ses cas particuliers. »
- Les quantités élémentaires d’énergie en optique, et les électrons en électricité, représentent donc un retour aux idées de Newton et de Coulomb, mais la science ne tourne pas pour cela dans un cercle vicieux. Ce retour est aussi un renouvellement et les vieilles conceptions ainsi rajeunies, amplifiées, assouplies, renferment en elles une force et .une vitalité nouvelles, faites de tout l’acquit des hommes pendant leur long sommeil.
- H. Yïoxeron.
- UN NOUVEL ÉLÉMENT DES CELLULES DES ÊTRES VIVANTS
- Depuis les temps déjà anciens où des pléiades de savants étudient les cellules animales ou végétales, on croyait bien être largement fixé sur ces éléments primordiaux des êtres vivants. Quand on avait parlé de la membrane, du protoplasma et du noyau avec ses « chromosomes », considérés par certains comme transmetteurs de l’hérédité, on croyait avoir
- tout dit. On se trompait. On a découvert, en effet, que, dans le protoplasma, il y a des granulations particulières, d’un intérêt considérable, auxquelles on a donné le nom de mitochondries. Leur présence était, jusqu’ici passée inaperçue parce que les réactifs conservateurs les détruisaient et parce qu’ils étaient très petits. Signalés d’abord timidement par
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- 124 = UN NOUVEL ÉLÉMENT DES CELLULES DES ÊTRES VIVANTS
- quelques naturalistes, ils furent ensuite étudiés çà et là, puis, tout.à coup, prirent une importance considérable. A leur découverte s’attachent les noms d’Altmann, de Meves, de Duesberg, de Regaud, de Fauré-Frémiet, Mayer et Schæffer, de Guillermond, et d’un grand nombre d’autres biologistes.
- Les mitochondries, que l’on sait maintenant colorer en rouge ou en violet, ce qui les fait apparaître avee une netteté absolue dans les préparations microscopiques, ont surtout de l’intérêt pour les deux raisons suivantes : 1° Elles parais-
- autres en formant des chaînettes, dont le sort ultérieur varie avec le tissu considéré. C’est ainsi, que, dans les cellules nerveuses, on les voit se transformer en fibrilles nerveuses, et, dans les cellules musculaires, en fibrilles musculaires. D’autre part, quand une cellule sécrétrice se met à sécréter, les mitochondries prennent une direction particulière, et paraissent devenir les grains de sécrétion eux-mêmes.
- Chez les plantes, les mitochondries commencent à être bien connues, moins cependant que chez les
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- j. Cellule nerveuse dans laquelle les mitochondries forment des fibrilles nerveuses. — 2. Cellule musculaire dans laquelle les mitochondries forment des fibrilles musculaires. — 3. Cellule pancréatique dans laquelle les mitochondries se résolvent en grains de sécrétion. — 4. Cellule jeune de Pois, où l’on voit les mitochondries se multiplier par division. — 5. Cellules jeunes de l’Orge, où l’on voit les mitochondries se transformer en grains de chlorophylle.
- sent ne manquer dans aucune cellule, animale ou végétale; 2U elles se reproduisent par division, en s’étirant d’abord, et en se coupant ensuite. A ce dernier point de vue, elles peuvent, tout autant que le noyau, transmettre les caractères héréditaires et cela d’autant plus qu’elles existent déjà dans les cellules sexuelles et se fusionnent — ou, tout au moins, se mélangent — en même temps qu’elles.
- Les mitochondries semblent aussi jouer un rôle important dans la vie de la cellule elle-même et de ses diverses différenciations. Elles jouissent, en effet, de la propriété de se fusionner les unes avec les
- animaux. Guillermond, en particulier, a montré, tout récemment, que les grains de chlorophylle ou chloroleucites, dont l’origine était naguère inconnue, résultent de l’agglomération des mitochondries des cellules très jeunes. Puis, une fois formés-, les chloroleucites se multiplient dans les cellules par voie de division.
- On a déjà attribué à ces mitochondries un rôle dans la transmission des caractères héréditaires. Ceux qui aiment à discourir sur les problèmes de l’hérédité et de l’évolution, ont là une belle matière à exploiter. Henri Codpin.
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- RADIOTÉLÉGRAPHIE DIRIGÉE,
- La direction des ondes hertziennes est un problème difficile, mais tentant. Car sa solution apporterait à la télégraphie sans fil le moyen d’assurer le secret des communications, en même temps que celui de multiplier les stations, sans risquer d’en paralyser le service. Déjà MM. Bellini et Tosi ont mis au point une solution excellente qui reçoit des applications et dont nous avons parlé maintes fois.
- Un ingénieur du service des télégraphes allemands, M. Frantz Kiebitz, vient d’en donner une nouvelle, toute différente, d’une remarquable simplicité. Elle semble constituer un fort important progrès. Non seulement M. Kiebitz réalise la direction des ondes, mais encore il supprime les antennes de grande hauteur, jusqu’ici nécessaires pour les grandes longueurs d’onde ; par là, il simplifie la construction des postes de télégraphie sans fil et il en réduit très notablement le prix.
- M. Kiebitz emploie, comme antennes, des fils tendus horizontalement à faible distance du sol, ou même enfouis dans le sol, et soigneusement mis à la terre; le fil est interrompu en son milieu pour se connecter soit à l’appareil émetteur, soit au récepteur.
- Ce genre d’antenne jouit des propriétés suivantes : elle peut recevoir ou émettre des radiations hertziennes d’une longueur d’onde bien déterminée qui dépend de la longueur de l’antenne entre les deux prises de terre; lorsqu’elle émet des ondes, celles-ci sont rayonnées avec un maximum d’intensité dans la direction de l’antenne, qui de même ne reçoit avec netteté les signaux envoyés par un autre, poste, que si celui-ci se trouve sur le prolongement du fil. A vrai dire, ces propriétés de l’antenne horizontale ne sont pas nouvelles. Elles ont été signalées déjà par Marconi, il y a quelques annnées et ont fait de la part de l’ingénieur italien, l’objet d’intéressants essais; mais qui n’ont pas conduit à des applications réelles. M. Kiebitz semble, au contraire, avoir obtenu des résultats réellement pratiques.
- M. Kiebitz fit ses expériences,, l’été dernier, près de Belzig, à 65 kilomètres au Sud-Est de Berlin. Il y construisit une station autour de laquelle rayonnent des antennes horizontales, orientées dans diverses directions. Les prises de terre de ces antennes sont plongées à 4 mètres sous terre. Quant aux fils, ce sont des fils de
- ACADÉMIE E
- Séance du 16 janvier 191a. -
- Les fonds du littoral méditerranéen sud-ouest de la France.— S. A. S. le prince de Monaco présente deux feuilles d’une carte des fonds du littoral méditerranéen dressée par M. Thoulct. Ces deux feuilles exposées représentent les côtes, l’une depuis le Cap de Creus jusqu’à Canet et l’autre depuis Guissan jusqu’au Cap d’Agde, c’est-à-dire la région de l’embouchure de l’IIérault. Cette carte résume les résultats de quatre années de travail. M. Thoulet n’a pas en effet examiné, au point de vue chimique ou géologique, moins de 400 échantillons de matériaux ramenés du fond lors des sondages. Les constatations qu’il a opérées fournissent des renseignements précieux sur la destination des sédiments arrachés aux côtes ou transportés par les fleuves. La connaissance de la nature des fonds présente une très grande
- SANS ANTENNES VERTICALES
- bronze de 1,5 mm de diamètre tendus à 1 m. au-dessus du sol, soit des fils de cuivre de 0,8 mm supportés par des poteaux de 8 m. de haut, soit encore des rubans de cuivre de 2 cm de large, de 1,5 mm d’épaisseur.
- Les 2 moitiés de chaque antenne se réunissent à l’intérieur du poste, par l’intermédiaire d’une bobine et d’un condenseur de capacité variable.
- Passons maintenant aux résultats des essais. Tout d’abord la réception : les signaux de la station de Schône-berg (Berlin), éloignée de 65 km et située dans le prolongement exact de l’une des antennes furent parfaitement entendus. Il en fut de même pour la station de Swinemünde, située à 230 km au Nord, dans une direction faisant un angle de 23° avec l’antenne. A Norddeich, à 405 km à l’Ouest, existe une station puissante; on put en recevoir les télégrammes, en posant simplement sur le sol, dans la direction voulue, un fil électriquement isolé, long de 700 m. La Tour Eiffel (810 km) fut de même distinctement entendue ; on peut même, avec une antenne de 1270 m., recevoir parfois les signaux de la station de glace Bay, au Canada (5100 km).
- Passons maintenant à la partie la plus intéressante des expériences de Kiebitz, la transmission dé télégrammes dirigés.
- La source d’énergie employée pour envoyer dans l’antenne le courant qui donne naissance aux ondes était un petit alternateur de 2 kilowatts seulement.
- Le poste de Belzig, en orientant convenablement ses antennes, put se faire entendre très nettement à Scho-neberg, à Swinemünde, à Norddeich ; mais le télégramme envoyé à Norddeich par le moyen d’une antenne faisant un angle de 8° avec la direction de Norddeich, ne put être saisi au passage par le poste Schôneberg, ce dernier poste est à 122° de la direction Belzig-Norddeich.
- Le dispositif de l’antenne horizontale offre un certain nombre d’avantages des plus sérieux : outre la simplification de la station, au moins dans le cas des grands postes, il permet de n’employer que des courants de faible intensité. D’où une nouvelle économie. M. Kiebitz admet que les petites stations de terre ou de bord n’auront pas intérêt à modifier leur installation. Les grands postes, au contraire, devront adopter le nouveau dispositif. A. T.
- :S SCIENCES
- Présidence de M. Lippmann.
- utilité pour le marin au point de vue de la navigation dans les nuits obscures ou dans le brouillard, pour les pêcheurs, dans la recherche des gîtes propres aux animaux qu’ils désirent capturer, pour le géographe à qui elle montre l’influence des courants de la côte sur les sédiments, pour les ingénieurs à qui elle peut éviter de graves mécomptes en leur révélant dans certains cas le péril des ensablements d’entrées de ports mal choisis.
- La longitude Paris-Bizerte. — M. Baillaud présente, au nom de M. le colonel Bourgeois, directeur du service géographique de l’armée, une Note sur une détermination de la valeur de la longitude Paris-Bizerte par la télégraphie sans fd. Cette longitude a déjà été déterminée à l’aide de la télégraphie sans fil, par des astronomes. La présente opération a été effectuée par MM. les capitaines
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- 126 ....... ACADÉMIE DES SCIENCES^
- Noirel et Bellot. Mais alors que les astronomes ont employé les procédés habituels pour la détermination de l’heure, les deux officiers du Service géographique se sont servis de -l'astrolabe. Ils ont observé, avant et après le méridien, des couples d’étoiles ayant même hauteur. Le nombre d’étoiles observées par soirée a été de 40 à 70. Les résultats sont excellents. Une première série d’observations, capitaine Noirel à Bizerte et capitaine Bellot à Paris, a donné pour la valeur de la longitude 29ra52s,529 ; une deuxième série, faite après interversion des observateurs, a fourni le nombre 29m52%470. La valeur de la longitude, affranchie de l’équation personnelle, est, compte tenu des poids, 29m52s,5l)5 avec une erreur de Ü’,0'1. Si l’on ramène cette valeur au nombre qui correspondrait au pilier sur lequel les astronomes ont opéré, on trouve 29m52s,585. Ce nombre diffère seulement de 0%015 de celui obtenu par ceux-ci. Cette concordance donne une idée de la précision que l’on peut obtenir dans ce genre d’observation. L’écart de 0%015 ne représente guère, en effet, à la latitude de Bizerte qu’une incertitude de o mètres sur la position du point par rapport au méridien de Paris.
- Action des gaz putrides. — M. Laveran présente un travail de M. Trillat sur la formation d’ambiances atmosphériques favorables à la vitalité des microbes sous l’influence des émanations gazeuses de matières organiques en voie de putréfaction. M. Trillat a surtout étudié l’influence des gaz putrides produits par le Proteus vulgaris que l’on rencontre dans toutes les décompositions animales ou végétales. Leur ambiance, selon la phase de la putréfaction, est tantôt favorable, tantôt antiseptique. Au point de vue de l’hygiène ces notions sont particulièrement intéressantes. Elles justifient les mesures d’assainissement et montrent que les anciens hygiénistes n’avaient pas complètement tort de chercher à détruire les mauvaises odeurs et de recommander de les fuir.
- Effets comparatifs des bacilles tuberculeux. des bovidés et de Vhomme. — M. Roux expose ensuite les recherches faites par M. Chaussé sur les caractères distinctifs des bacilles tuberculeux des bovidés et de l’homme. Pour étudier ces caractères ils ont introduit dans l’organisme d’animaux clés poudres de ces bacilles tuberculeux. Le chien est infecté avec le bacille humain, mais les tubercules sont petits ; avec les bacilles des bovidés, les tubercules évoluent et la caséification se produit. Le chat résiste au bacille tuberculeux humain, mais il ne résiste pas à l’action des bacilles des bovidés. L’évolution se produit.
- La lutte contre le parasite de la pomme de terre. — M. Labbé expose que, selon le vœu de l’Académie, il s’est rendu au ministère de l’Agriculture pour appeler l’attention sur la nécessité d’engager la lutte contre l’invasion par le parasite de la pomme de terre. Or, il a pu constater que le département de l’agriculture s’était préoccupé des moyens d’engager cette lutte. D’ici quelques jours, des instructions précises vont être envoyées aux préfets des départements de la région Sud-Est à l’effet de leur indiquer les mesures qu’ils auront à prendre. M. Labbé ajoute que d’ailleurs l’extension du parasite au delà des départements de la région chaude de la France ne paraît pas à craindre.
- Excavation souterraine produite par une source. — Le prince Roland Bonaparte présente une Note de M. J. Yallot intitulée : Mesure de l’excavation souterraine produite par la source de Fon Treboula. Cette source est
- située dans la vallée île Lauroux près Lodève. 11 est difficile au spéléologue d’estimer le temps qu’ont employé les eaux pour creuser les grottes qu’il explore, c’est pourquoi le cas est assez rare d’un creusement dont la durée est mesurable. Des calculs de M. Yallot, il résulte que ladite source débite o litres 5 par seconde et que chaque litre contient 0 gr. 562 de sables calcaires en suspension, soit 562 grammes par mètre cube. Ce filet d’eau extrait donc 112 kilogrammes de roche souterraine par jour, soit 41 000 kilogrammes par an. Au bout d’un siècle, l’excavation pourrait être représentée par une grotte circulaire de 16 mètres de diamètre sur 10 mètres de hauteur. Au bout d’un millier d’années, on aurait une galerie de 100 mètres de long sur 20 mètres de large et 10 mètres de haut.
- Les enfants arriérés. — M. Edmond Perrier résume un mémoire de M. Raoul Dupuy sur le traitement des enfants arriérés à l’aide des extraits de glandes à sécrétion interne. Ces anormaux se rencontrent dans toutes les classes de la société et, de l’avis unanime des éducateurs, ils deviennent de plus en plus nombreux. Ils peuvent être retardés dès leur naissance (dentition, marche, parole) ou arrêtés à une période quelconque de la croissance. Leur état d’infériorité physique et morale est plus ou moins complet; dans ses formes les moins apparentes il peut passer inaperçu de parents aveuglés par la tendresse. Habituellement, les arriérés sont trop petits ; quelquefois ils sont trop grands et poussent mal. Ils ont toujours quelque malaise et présentent des malformations osseuses et des troubles broncho-pulmonaires. Leur infériorité provient habituellement de tares des parents et des maladies de croissance du sujet. M. R. Dupuy estime que ces troubles ne sont pas seulement d’origine thyroïdienne et il obtient des résultats remarquables en administrant à doses convenablement choisies pour chaque cas des extraits d’hypophyse et de surrénale. Sous les effets de cette médication,, un accroissement rapide de la taille se produit, 10 à 12 centimètres en quelques mois. Des modifications organiques et intellectuelles se manifestent et rendent méconnaissables ces dégénérés.
- L’oïdium du chêne. — M. Mangin expose que MM. Et. Foex et G. Arnaud ont recherché la forme parfaite de l’oïdium du chêne ou blanc de chêne, qui cause de grands ravages en France dans ces dernières années. Ainsi que l’avaient pressenti MM. Mangin et llariot en 1907, c’est un Microsphæra. Les échantillons recueillis à Montpellier sur le Quercus sessiliflora (chêne rouvre), concordent entièrement avec ceux qu’on trouve aux États-Unis sur les chênes américains. Il est vraisemblable cependant que l’oïdium du chêne ne provient pas d’une introduction américaine, mais qu’existant en Europe depuis longtemps, il a pris ces dernières années une extension et un développement considérables sous l’influence de légères modifications de milieu favorable à son extension. Le fait de ne pas avoir formé de périthèces pendant plusieurs années n’a rien de surprenant. L’oïdium de la vigne s’est longtemps comporté de la même façon. L’apparition des périthèces du Microsphæra peut être rapportée à deux causes : 1° ils ont été recueillis sur les repousses d’un tronc de chêne maladif; 2" le climat a été exceptionnel dans le midi de la France en 1911 : été bien sec, mois d’octobre très pluvieux, automne très doux. Il en est résulté des perturbations dans l’évolution de beaucoup de végétaux. Il est probable que le blanc du chêne apparu presque subitement ne tardèra pas à disparaître. ' j - - Cil. DE VlELEDEUlL.
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- L’AUTO-SIGNAL
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- L’invenleur, M. Appoullot, a donné ce nom à un système de commande automatique produisant l’envoi d’un courant électrique dans un circuit. Ce circuit est relié à un appareil électrique quelconque, qui obéit à l’envoi du courant reçu ; c’est donc une sorte de système de télémécanique avec fils, perfectionnée en ce sens que les commutateurs sont solidaires d’un cadran d’horloge dont les aiguilles commandent elles-mêmes le fonctionnement. Ces commutateurs sont appelés signographes; ils se placent sur un point quelconque du cadran et sont construits de telle sorte que leur entrée en fonction commence à l’heure que l’on désire et se termine
- au bout de quelques secondes ou de plusieurs heures selon les besoins. C’est ainsi que l’appareil représenté par notre première figure actionne tous les jours, à une heure de l’après-midi, une sonnerie électrique pendant 20 secondes ; il donne automatiquement la lumière entre 4 heures et 7 heures du soir et enfin il fait fonctionner un moteur électrique les lundi et jeudi de chaque semaine de 9 heures à 10 heures du soir. Ces quelques applications suffisent à montrer quel est le but poursuivi par l’inventeur.
- Ces fonctions diverses sont accomplies par les signographes que l’on place en face des heures choisies pour la mise en marche des appareils et qui sont actionnés par l’aiguille des heures, spécialement construite pour remplir cet emploi.
- Le signographe est une sorte de disque mobile autour d’un axe central solidaire d’une tige appartenant à un anneau entourant l’axe des aiguilles, mais avec lequel il n’existe aucune relation. On peut donc le changer de place sur le cadran sans influencer le mécanisme d’horlogerie. Le disque mobile, constitué en réalité par plusieurs petits plateaux superposés ayant chacun une fonction à accomplir, porte quatre rouleaux ou galets, disposés en croix ; ces galets sont maintenus sur le plateau par une vis centrale ; l’un d’eux reçoit l’action de l’aiguille des heures au
- moment de son passage; celle-ci fait tourner le signographe qui établit le circuit de la sonnerie, par exemple, et l’interrompt au bout de quelques secondes. Si le circuit doit être maintenu fermé pendant longtemps, quelques minutes ou plusieurs
- Fig. 2. Fig. 3.
- Fig. 2. — Le signographe ainsi placé produit la fermeture d'un circuit électrique à 3 h. 5 de l'après-midi.
- Fig. 3. — Un disque diviseur étant ajouté au signographe, on obtient l'envoi d'un courant électrique à 3 h. 5 de l'après-midi, les mercredi, samedi et dimanche de chaque semaine. - •
- heures, on utilise deux signographès ; !l’un étant destiné à établir ce circuit et l’autre, placé sur l’heure de fin de service, l’interrompt. <
- Les signographes peuvent être horairés, quotidiens, hebdomadaires, universels. Dans le signographe horaire deux des rouleaux d’ivoire diamétralement opposés sont teintés de rouge, les deux autres restant blancs. On les dispose de manière que les rouleaux blancs soient sur un rayon du cadran,
- Fig. 4. — Le signographe peut être universel par l’emploi de disques diviseurs de grands diamètres qui permettent les commandes à une heure déterminée et pendant un ou plusieurs joins de la semaine, de la quinzaine ou du mois.
- la pointe du signographe étant sur l’heure à laquelle l’appareil commandé doit fonctionner. Lorsque l’aiguille des heures passe, elle agit.sur le rouleau blanc et fait tourner le signographe (fig. 2); le circuit est ferme puis interrompu après une période de temps variable d’après le réglage de l’appareil. Si on désire que le signographe ne fonctionne
- Lampes électriques ,
- Fig. 1. — Schéma montrant les applications générales de T autosignal.
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- pas, il suffit de placer les rouleaux rouges dans la direction du rayon. Ainsi notre seconde figure indique que le signographe enverra un signal à 5 h. 5 m. de l’après-midi,' tous les jours. Aucune action n’aura lieu à 5 h. 5 m. du matin parce que l’aiguille rencontrera, à ce moment, un rouleau rouge.
- Le signographe se prête également à la fermeture de circuits à des jours variables de la semaine. Dans ce cas on utilise un disque diviseur placé sur la tige même du signographe et commandé par une goupille appartenant à ce dernier. Notre troisième figure montre un appareil auto-signal capable de fermer un circuit à 5 h. 5 m. de l’après-midi les mercredi, vendredi et dimanche de chaque semaine.
- On voit que le disque diviseur est pourvu de sept petits disques mobiles, les uns blancs, les autres rouges.
- Les disques blancs seuls sont actifs ; entraînés par la goupille ils provoquent le déclenchement désiré tandis que les disques rouges, bien qu’ils soient également entraînés pour faire tourner le disque diviseur, n’ont aucune action sur le mécanisme.
- Les disques mobiles sont susceptibles de devenir blancs ou rouges selon les besoins; il suffit de leur faire accomplir une demi-révolution pour réaliser le changement de couleur et obtenir, par conséquent, des envois de courants à des jours différents.
- D’après ce qui vient d’être dit, on comprend que la plus grande fantaisie puisse être adoptée pour l’envoi de signaux. Il suffit, en effet, de construire des disques diviseurs du plus grand diamètre et portant un nombre supérieur de disques mobiles. On en arrive ainsi à la construction du signographe universel qui répond à tous les besoins. Un disque à 14 divisions accomplissant une révolution en deux semaines peut porter le nom des jours et se prêter à toutes les fantaisies voulues.
- On construit même des disques à 51 divisions, effectuant une révolution par mois et permettant ainsi de régler, au commencement de chaque mois et pour 51 jours, toutes les commandes nécessaires, avec
- autant d’interruptions journalières qu’on le désire.
- La durée des courants électriques envoyés par les signographes dépend de la construction et de la longueur du signographe. Ainsi un signographe de 7 centimètres de longueur (du centre du cadran à la pointe de l’aiguille de commande) permettra d’établir un circuit, d’une durée minimum de une demi-minute, ou maximum de 2 minutes et demie. Un autre, de 14 centimètres, donnera des temps de circuits compris entre un quart de minute et une minute un quart. Pour les durées plus longues, comme par exemple, pour provoquer l’allumage et l’extinction de lampes électriques dans un vestibule ou une cage d’escalier, on usera de deux signographes, placés, comme l’indique notre première figure : l’un sur l’heure de fermeture de circuit, l’autre sur l’heure à laquelle les lampes doivent être éteintes.
- Nous n’insisterons pas sur les combinaisons vraiment innombrables auxquelles peuvent se prêter les signographes. On peut en disposer, non seulement autour du centre du cadran, mais aussi sur la circonférence, autour de laquelle leurs tiges sont mobiles et concevoir des arrangements entre les uns et les autres. Les applications en sont extrêmement nombreuses, depuis celle du vulgaire réveille-matin jusqu’à la commande de moteurs éloignés. Par lui, on sonne automatiquement les heures d’entrée et de sortie des ouvriers dans une usine ; on distribue l’électricité dans les rues, les jardins publics, magasins ou appartements; on actionne des appareils spéciaux donnant des signaux de haute précision ou des courants de durée rigoureusement exacte pour les travaux de laboratoires et les recherches scientifiques, etc.
- D’autres appareils visant au même but ont déjà été imaginés, mais il leur manque le côté pratique par excellence, celui de pouvoir régler, sur le cadran même de l’horloge, l’heure exacte à laquelle doit être envoyé et interrompu le courant.
- Lucien Fournier.
- Fig. 5. — Disposition des signographes sur un cadran d’horloge. '
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuue, rue cle Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2018.
- 27 JANVIER 1912.
- LE DOCK FRANÇAIS
- POUR LE RELEVAGE DES SOUS-MARINS ET DES TORPILLEURS(1)
- J’ai parlé avec détails, dans le numéro de La Nature du 6 février 1909, du navire spécialement affecté au sauvetage des sous-marins que l’Amirauté allemande a fait construire et qui porte le nom de Vulkan. Je disais en terminant cet article que la marine française se préoccupait de son côté de se procurer un navire analogue.
- C’est chose faite.
- On a en effet mis à l’eau, le 22 septembre, un bâtiment construit spécialement en vue du relevage de toutes les épaves et qui constitue le plus puissant engin de ce genre actuellement à flots.
- Le Ministère de la Marine avait imposé en effet, au constructeur, des conditions en vertu desquelles le navire en question devait être capable de retirer du fond de la mer, à une profondeur quelconque, un navire coulé pesant au maximum mille tonnes, quelle que fût d’ailleurs sur le fond la situation de ce bâtiment, en tant qu’ inclinaison.
- Il faut ajouter d’ailleurs que cette profondeur, d’où le dock de relevage doit pouvoir ramener l’épave, est limitée à environ 55 mètres par la difficulté d’envoyer plus pro-fondément les scaphandriers disposer les chaînes sur le bâtiment coulé. Le navire français diffère essentiellement du Vulkan allemand en un point important. Il n’est en réalité qu’un dock flottant d’une forme et d’une conception particulières. Alors que le Vulkan est automobile, c’est-à-dire porte des machines qui lui permettent de se rendre par ses propres ressources sur le lieu du sinistre, le dock français est dépourvu de tous moyens de se mouvoir et devra être remorqué. Ceci
- ne présente d’ailleurs aucun inconvénient et abaisse singulièrement le coût de l’instrument, condition très appréciable, en vertu du principe que le budget
- naval le mieux établi est celui qui j n’applique que les moindres sommes possibles aux dépenses qui ne sont pas d’ordre essentiellement militaire.
- Mais la question d'automobilisme miseàpart, les deux engins, le français et l’allemand, dérivent de la même conception. Tous deux sont constitués par une paire de flotteurs solidement reliés à leur partie supérieure, de manière à former un seul corps. Entre les deux llotteurs règne un espace assez grand et assez large pour que puisse venir s’y placer l’épave qu’il s’agit de retirer du fond et d’amener à la surface. Le principe étant ainsi expliqué, voici les renseignements sur les dispositions particulières du dock français.
- Les deux flotteurs ont, sur une de leurs faces, les
- formes d’un navire ordinaire, mais leurs faces internes sont verticales et planes. En réalité, le dock ressemble exactement à un vapeur quelconque qu’on aurait coupé tout du long suivant l’axe longitudinal, et qu’on aurait rendu capable de flotter en refermant les flancs des deux parties ainsi sectionnées par une muraille droite en tôle. Ces deux moitiés de coques sont solidement maintenues à un écartement de 12 m. 80, d’abord par une partie commune à l’avant où les deux coques sont reliées de façon à présenter exactement l’apparence d’un bâtiment ordinaire, puis par une forte poutre d’acier à l’extrême arrière,
- 1. Les photographies de cet article ont été gracieusement prêtées par le journal « Le Yacht ».
- Fig. 2. — Le dock vu par Varrière.
- fo" année. — 1er semestre.
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- 130 L’USINE DÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT D’OSTENDE
- enlin par toute une série de puissantes charpentes métalliques en forme de trapèzes qui surmontent l’ensemble de. l’appareil. Ces charpentes sont au nombre de 10.
- Mais elles ne sont pas seulement destinées à assurer la rigidité générale du dock. Leur but principal est de servir de point de fixation aux engins de levage dont on se servira pour relever l’épave et l’amener jusqu’à la surface de l’eau et même au-dessus si c’est nécessaire.
- Ces appareils de levage comprennent 20 forts palans fixés 2 à 2 sur chacune des formes métalliques, un de chaque bord. Tous ces palans peuvent être actionnés à la fois ou individuellement, au moyen d’arbres en acier que font tourner des moteurs électriques.
- L’électricité nécessaire à ces moteurs est produite par deux dynamos fournissant chacune 85 kilowatts. On disposera donc d’une puissance permettant de relever un poids de 1000 tonneaux : c’est plus que ne pèsent aucun des sous-marins, contre-torpilleurs ou torpilleurs actuellement en service. Les plus grands sous-ma-rins à l’étude n’atteignent pas ce tonnage. Il reste donc une marge pour l’avenir. Du reste, le poids de 1000 tonnes semble être, à peu de chose près, le maximum de ce qu’on peut essayer de relever du fond avec chances de succès. Pour les navires de tonnages supérieurs, il faut avoir recours à d’autres procédés.
- Le dock français a 98 m. 50 de longueur, 25 m. 60 de longueur totale, 8 mètres de hauteur et 2500 tonnes de déplacement. Les deux coques qui le composent sont partagées, suivant les habi-
- tudes courantes, en un certain nombre de compartiments étanches, où se logeront aisément les ateliers, les machines de levage, et l’équipage composé de 20 hommes.
- On aménagera des waterballast pouvant contenir 160 tonnes d’eau. On possédera ainsi le moyen de faire jouer l’assiette du dock, condition très utile pour la bonne exécution des manœuvres. Par ailleurs, le tirant d’eau variera de 2 m. 50 à 5 m. 50 suivant l’importance des poids qui seront suspendus aux palans. Mais le tirant d’eau maximum 5 m. 50, correspondant au poids de 1000 tonnes, permettra toujours de faire passer le dock par de petits fonds, ce qui est un avantage considérable.
- Ce premier engin de sauvetage est destiné au port de Toulon, où nous possédons un nombre important de sous-marins et de torpilleurs, sans compter ceux
- de Corse, de Bi-zerte et de la côte d’Algérie, pour lesquels il pourra également être utile. Il est vraisemblable, que, lorsqu’on aura procédé aux essais de ce premier dock, et constaté son utilité, la Marine voudra en avoir un second pour la côte de l’Atlantique et la Manche où les petits bâtiments sont également nombreux. Je dois rappeler d’ailleurs, que l’amiral Boué de Lapeyrère, étant ministre, a prescrit l’installation dans chacun de nos arsenaux, et aussi à Dunkerque, d’appareils de sauvetage plus rudimentaires, mais néanmoins très effectifs, consistant en chalands spécialement aménagés.
- Tout ce matériel est prêt et entretenu en parfait e^a*-- Saüvaiuk Jouiuun.
- Gupilaiuc île frégate de réserve.
- L’USINE D’ÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT D’OSTENDE
- L’usine d’épuration de la ville d’Ostende, subventionnée par l’état belge et construite sous là direction de la Société d’Epuration, est destinée à purifier 5000 mètres cubes d’eau d’égouts par 24 heures. C’es t à l’heure actuelle la plus grande et la plus importante usine où le procédé du chimiste français Yial, dit système d’Ostende, se trouve utilisé. Bien qu’on l’ait établie et agencée luxueusement en raison du caractère de la ville elle-même, dont la plage est mondiale, la dépense n’a été que de 450000 francs.
- L’installation comprend un bassin d’attente de 5000 mè-
- tres cubes pour recevoir les eaux de la nuit, quatre bassins de clarification,, une machine à vapeur et deux chaudières, l’équipement électrique de transmission et de l’éclairage, plusieurs pompes, deux essoreuses pour concentrer les boues, un appareil pour les dessécher, un distributeur de réactif et les réservoirs à boue et à eau d’alimentation.
- L’usine en tant que bâtisses se compose de deux ailes reliées par un bâtiment intermédiaire formant ainsi une cour dans laquelle se trouve la cheminée de 42 mètres
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- L’USINE D ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUT D’OSTENDE = 131
- de hauteur. L’aile droite renferme, au 1er étage, le bassin d’attente, et au rez-de-chaussée, les quatre bassins de clarification, lesquels sont établis sur le principe de la décantation par circulation continue et rapide (15 minutes) , et par l’intervention d’un réactif qui facilite la séparation des matières solides en suspension en même temps qu’il provoque leur précipitation immédiate.
- L’épuration qui se réduit à deux opérations élémentaires, la précipitation et la clarification, s’effectue dans chacun des bassins de clarification, aménagés de façon que l’eau circule — après l’opération de la précipitation — en lame mince ralentie sur une masse d’eau immobilisée. Pour obtenir ce résultat, le bassin de clarification est divisé en compartiments par des murs transversaux, affleurant au niveau supérieur du bassin et dont les ouvertures percées à la base permettent au précipité — qui a été formé par l’addition du réactif et des matières solides en suspension — de se réunir dans la partie la plus profonde du bassin d’où l’on peut le retirer facilement par pompage. L’eau clarifiée s’écoule à l’extrémité du bassin complètement épurée et stérilisée ainsi qu’il, résulte d’analyses. Quant aux boues produites par l’addition du réactif aux matières impures et dont la plus grosse partie est précipitée dans la première partie du bassin dénommée poche à boue, elles sont aspirées au cours de l’opération, sans production de remous superficiels dans la masse supérieure clarifiée.
- Le bâtiment intermédiaire contient le distributeur de réactif, se composant d’un tambour cylindrique en toile métallique dans lequel est introduite, à l’état piüvérulent, la chaux éteinte, laquelle est le réactif généralement adopté.
- Cette poudre tombe dans un récipient placé immédiatement en dessous, dont le fond est constitué par quatre compartiments de forme prismatique ; le fond de chacun de ces compartiments est occupé par une vis d’Archimède horizontale dont la vitesse peut être réglée à volonté. Ces vis, actionnées par un mouvement à cliquet, débitent à chaque course de ce dernier une dose déterminée de réactif qui tombe dans un récipient muni d’agitateurs, d’où le lait de chaux produit s’écoule pour être mélangé à l’eau à épurer.
- L’aile gauche renferme, au rez-de-chaussée, les chaudières, la machine à vapeur de 50 chevaux, les dynamos et l’équipement électrique, les essoreuses Robatel pour la concentration des boues et la pailleteuse Iluillardpour leur dessiccation. Les essoreuses Robatel sont des appa-
- reils à force centrifuge, tournant à 1000 tours à la minute, qui opèrent l’épaississement de la boue ; celle-ci sort à l’état de pâte et est amenée, au moyen de vis transporteuses, à la pailleteuse qui les dessèche par l’intermédiaire des gaz perdus des foyers.
- La pailleteuse est caractérisée par une toile sans fin circulant verticalement sur des rouleaux, entre des chicanes, à l’intérieur d’une chambre en briques qui est parcourue, en sens inverse de la marche de la toile, par les gaz des foyers aspirés par un ventilateur; la toile
- sans fin se charge de houe dans la partie inférieure de sa course, et cette houe ressort à l’état de poudre sèche, à l’autre extrémité de l’appareil, d’où elle est transportée, par une chaîne à godets, au premier étage.
- Au-dessus du premier étage sont installés les réservoirs d’eau pour l’alimentation des chaudières et le nettoyage, ainsi que ceux dans lesquels sont refoulées avant d’être envoyées aux essoreuses, les boues puisées au fond des bassins d’épuration.
- Le terrain sur lequel l’usine est édifiée étant des plus marécageux, les fondations furent établies sur pilotis d’après le système Compresse! et c’est sur des pylônes en béton de plus d’un mètre de diamètre et parfois de 12 mètres de profondeur, que portent )des] colonnes~en
- béton armé de l’usine.
- Les planchers de l’usine sont en ciment armé. Ainsi le bâtiment des machines, occupant une superficie de 700 mètres carrés environ, a ses deux planchers en béton «armé Ilennebique. Ils ont été calculés pour une surcharge libre de 800 kilogrammes par mètre camé pour celui du premier étage et de 2000 pour celui du deuxième étage. Le constructeur les a établis de telle sorte qu’ils puissent porter une surcharge d’épreuve égale à une fois et demie celle prévue.
- Voici comment fonctionne l’usine d’Ostende. Le bassin d’attente ayant reçu, durant la nuit, les eaux-vannes qui lui sont envoyées sous pression atmosphérique, on règle son débit de façon à établir un écoulement aussi régulier que possible, en tenant compte encore de l’arrivée continue des eaux de jour. En s’écoulant, elles reçoivent le réactif, auquel elles sont fortement mélangées par un dispositif de brassage et elles circulent dans un canal de distribution, perpendiculaire aux quatre bassins de clarification qu’elles parcourent ensuite, pour en sortir complètement épurées, conduites par un émissaire, au fond du port maritime d’Ostende.
- Les boues qui se sont rassemblées dans la partie infé-
- Fig. i. — Vue d’ensemble de l’usine.
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- MOULIN A TURBINE EN USAGE AU SE-TCHOAN (CHINE)
- rieure, et disposée en pente, des bassins, sont envoyées dans un puisard, d’où elles sont pompées et refoulées dans les bassins situés au second étage du bâtiment de gauche. Elles s’y décantent en peu de temps, la couche d’eau supérieure, clarifiée, retourne au bassin d’attente, tandis que les boues épaisses, qui se trouvent au fond, s’en vont aux essoreuses Robatel, qui les transforment, comme il est dit plus haut, automatiquement, en une pâte, que les vis transporteuses amènent à la pailleteuse. Les résidus ainsi transformés en poudre sèche et transportés au premier étage y sont ensachés ou soumis à un traitement qui les enrichit. Ces résidus sont déjà par eux-mêmes un humus supérieur au fumier de ferme ; en les
- Bassins ViaI
- à la cheminée. Durant la nuit, cette vanne est ouverte, alors que celle de la conduite allant au foyer est fermée ; le tirage de la cheminée s’effectue dans ces conditions sur le bassin d’attente, c’est-à-dire que les gaz malodorants sont entraînés à plus de 40 mètres de hauteur.
- Quand l’usine est en marche, la vanne de la conduite allant à la cheminée est fermée, tandis que l’autre est ouverte, ce qui fait que les foyers aspirent sur
- Bassin de repos 'S* des boues
- C
- in y —
- u épurée 1 _
- Fig. 3. — Plan schématique d’une installation d’épuration avec séchage des boues.
- additionnant de matières encore plus fertilisantes, on ne peut qu’augmenter considérablement leur valeur.
- Dans le but d’éviter les émanations pouvant provenir du bassin d’attente (*), puisque ce dernier contient des eaux-vannes à l’état brut, on a adopté le dispositif suivant : le bassin d’attente est relié au foyer des chaudières par une conduite à large section et munie d’une vanne ouverte au-dessus du niveau de l’eau. Un branchement. muni lui aussi d’une vanne, conduit directement
- le bassin d’attente. De toute façon les gaz malodorants sont supprimés.
- L’effluent sortant des bassins de clarification, bien que ne contenant aucun microbe pathogène ni aucune mauvaise odeur, malgré qu’il soit parfaitement clair, n’est, pas destiné à la consommation ; il est rejeté à la mer, sans inconvénient pour les poissons ni pour les baigneurs.
- L’usine est située au sud du parc Marie-Henriette, à dix minutes des deux gares (chemin de fer et maritime).
- M. Bousquet.
- MOULIN A TURBINE EN USAGE AU SE-TCHOAN (CHINE)
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- leur surface et donner
- Au Se-tchoan le blé est moulu et bluté dans des moulins à eau mus par des turbines. Un moulin possède généralement trois grandes turbines et trois petites, les premières actionnant les meules à broiement, les secondes actionnant les blutoirs.
- La roue horizontale est formée d’une série de planchettes très rapprochées, parallèles, à disposition incli- — née. Ces planchettes s’attachent obliquement au centre et à la périphérie de la roue. ^
- Quand on ouvre la vanne —~ du moulin l’eau vient frapper l’impulsion au système.
- L’axe vertical de la turbine porte à son extrémité hors de l’eau une meule horizontale qui tourne avec lui. La meule supérieure, de même diamètre que la précédente, est fixe, elle est suspendue aux solives du toit. L’épaisseur de cette meule est creusée, au centre, d'un trou circulaire surmonté d’un panier sans fond dans lequel on verse le grain. Je n’ai pu .me rendre compte du mode de piquage de ces pierres meulières, il est très probable qu’il est le même que celui des petits moulins à bras avec lesquels on broie les graines oléagineuses.
- Chaque petite turbine porte à l’extrémité supérieure de son axe une pièce dé bois coudée^ munie à son bout
- 1. Dans l’avenir la Société d’Épuration se propose de ne point établir de bassins d’attente.
- distal d’un taquet qui s’engage dans le trou d’une planchette, étroite et longue, reliée par ailleurs à une tige verticale qui joue dans la cupule d’un socle fixé au plancher. Cette tige paraît n’avoir
- .A--'
- Caisse put reçoit la Jartne
- phmeher du moulât
- Turbines actionnant une meule et un blutoir.
- d’autre effet que de rendre plus saccadé le jeu de l’appareil. Tout cet ensemble est mis en communication par une cordelette avec la caisse-blutoir, dont le fond, qui est un tamis, laisse passer la farine et retient le son.
- Le grain n’est considéré comme définitivement traité que lorsqu’il a passé par la série des trois systèmes de meules dont le piquage doit, évidemment, être différent et des trois blutoirs. La farine qui en résulte est de qualité inférieure et de couleur grisâtre.
- Dans certains établissements de meunerie on emploie concurremment au système qui vient d’être décrit, un autre appareil de broiement, toujours actionné par une turbine, mais formé d’un large disque de pierre épais et lourd. La surface broyante est représentée ici par la tranche du disque qui court dans une rigole où l’on dépose le grain.
- La meule est reliée par son centre à l’appareil moteur à l’aide d’un axe rigide qui porte, à une petite distance de son point d’attache au disque, une tige qui le suit dans sa course en rabattant le grain. j)r j. Legekdrf,.
- Médecin-major de 1" classe des troupes coloniales.
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- L’AÉROCYCLE
- La Nature a déjà signalé quelques légères tentatives de bicyclette aérienne, tentatives qui ont fait dire au regretté capitaine Ferber : « Si la bicyclette aérienne était possible, je l’aurais réalisée ». Il est bien certain qu’aucune expérience n’a donné d’em couragement et pour en entreprendre une fois de plus la réalisation, il faut envisager la technique de l’aéroplane sous un autre jour.
- Nous ne disons pas sous un jour nouveau, car les théories appliquées par M. Sendranié, l’inventeur de Y Aérocycle, quoique fort discutées, sont admises par beaucoup de spécialistes des choses de l’air. Partant de cette idée qu’il est nécessaire de chercher à imiter le vol des oiseaux, l’inventeur admet qu’il est possible de réaliser la moindre vitesse et de faire du planement sur place. Les grands voiliers le font, donc il est possible d’y arriver, la solution réside dans la mise en pratique des faits observés par les savants qui ont étudié le vol des oiseaux, mise en pratique servie par une construction rationnelle.
- On aboutirait ainsi au planement sans moteur, ou tout au moins en utilisant un moteur de faible puissance comme celui d’une motocyclette. Ajoutons que la question de l’hélice est secondaire ; l’inventeur a porté tous ses efforts sur la construction et les mouvements des ailes.
- La bicyclette est surmontée d’un cadre métallique vertical terminé par deux tubes se rejoignant pour former le sommet et constituer le support sur lequel sont articulées les ailes. A l’arrière une petite hélice actionnée par le pédalier. Les deux ailes étant maintenues en un point doivent bénéficier d’une construction spéciale qui leur assurera une solidité suffisante. Leur carcasse est donc métallique.
- Une poutre carrée, ou gros tube, remplie de bois pour en augmenter la résistance, court sur presque toute la longueur de l’aile pour constituer l’armature principale. Elle porte, disposées perpendiculairement à sa direction, des nervures faites de fers à U rappelant l’armature métallique des parapluies; ces nervures sont robustes et rapprochées dans la partie antérieure de l’aile : leur nombre et
- leur solidité diminuent au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’arrière. Cet ensemble est recouvert de tissu caoutchouté. La carcasse est entretoisée de fils d’acier s’étendant sur toute la longueur de l’aile et maintenus contre le tissu par des bandes de toile collées. Ces ailes ainsi construites sont légères, suffisamment résistantes ;. de plus elles bénéficient à l’arrière et aux extrémités d’une qualité assurément fort intéressante : la souplesse, qui tend à leur donner tout à fait les qualités des ailes des oiseaux.
- Chaque aile est indépendante desavoisine. Toutes deux peuvent cependant se mouvoir autour du point d’articulation dans le même sens pour permettre de faire varier l’angle d’attaque du vent ; mais il est également nécessaire de pouvoir faire varier l’incidence de l’une sans toucher à celle de l’autre afin d’obtenir les changements de direction imitant tout à fait le procédé utilisé par la nature chez les grands planeurs.
- L’articulation sur laquelle repose tout le système est constituée par des manchons reliés aux tubes centraux des ailes et commandés par le guidon de la bicyclette. A l’aide de ce guidon, mobile dans tous les sens, on actionne le levier de commande oblique qui se rend aux manchons et on produit tous les changements d’incidence voulus. L’inventeur espère ainsi êtrè parvenu à reproduire mécaniquement le mouvement des. ailes; de plus, il soustrait ces dernières à l’action des coups de vent par l’emploi d’un secteur placé sur le guidon dont la résistance, jointe à celle d’une vis sans fin engagée dans l’articulation supérieure, serait suffisante pour empêcher un coup de vent d’agir sur l’incidence.
- A l’arrière, se trouve un gouvernail horizontal, commandé par le même guidon qui est monté sur double pivot. En appuyant sur les poignées ou en les élevant on fait lever ou baisser le gouvernail; pour donner à ce dernier une position oblique et même verticale, il suffit d’agir de droite à gauche ou vice versa sur le même guidon. Si on avance ou recule le guidon de commande, on fait osciller dans un même sens les deux plateaux terminant les tubes
- L'aèrocycle (vue d’ensemble).
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- longitudinaux des ailes et si l’on tourne à droite ou à gauche le guidon, on fait osciller les deux plateaux en sens inverse; les ailes tournent donc autour de leurs tubes qui, en somme, leur servent d’axes.
- Telles sont les idées grâce auxquelles M. Sen-dranié espère donner corps à la bicyclette aérienne. Nos lecteurs reconnaîtront, sans peine, que beau-
- coup d’entre elles sont fort discutables ; l’imitation servile de l’oiseau a conduit déjà et peut conduire encore à bien des déboires. Une machine volante, à faible moteur, en admettant même toutes les idées de l’inventeur touchant le vol à voile, ne sera jamais qu’un instrument de fonctionnement intermittent, un jouet qu’il ne faudra employer qu’avec précaution. R. D.
- LE RETOUR DE DEUX COMÈTES DE L’ANNÉE 1790
- Le retour, en 1911, de deux comètes découvertes en 1790 par Caroline Herschel est un fait astronomique tellement rare, sinon unique, que nous devons nous demander si le hasard seul est en jeu dans le retour de ces astres découverts il y a 121 ans. Il s’agit des deux comètes Kiess (1911 b) et Quénisset (1911 f) dont nous avons souvent parlé ici.
- La correspondance entre les éléments de la comète Kiess (1911 b) et ceux de la comète 1790 I a été signalée par M. II. Kobold, dans les Astronomische Nachrichien, n° 4512, dès le début des observations de la comèle, et alors que les éléments, déterminés sur trois observations des 6, 8 et 9 juillet 1911, étaient encore incertains. M. H. Kobold revint sur cette question dans le n° 4522 du même journal.
- La grande ressemblance des éléments ne prouve pas absolument qu’il y ait identité et pour M. Ristenpart, de Santiago (Astr. Nach., n° 4525), la question restait indéterminée de savoir s’il y avait, à la suite de perturbations subies par la comète 1790 I, identité des deux astres, ou simple ressemblance. La question a paru si importante que le professeur IL A. Peck, de l’Université de Syracuse, n’a pas craint d’entreprendre (Astr. Nacli., n° 4552) les calculs permettant d’être définitivement fixés. Et il faisait appel à tous les astronomes pouvant lui indiquer l’existence d’observations relatives à la comète
- 1790 I. Cette comète, on le sait, ne fut observée que quatre fois, s’il en existait d’autres observations non publiées, les éléments pourraient en subir d’utiles corrections.
- La correspondance entre les éléments de la comète Quénisset (1911 /') et ceux de la comète 1790 III a été signalée par M. A.-C.-D. Crommelin dans The Observa-tory (nov. 1911) et dans le numéro d’octobre 1911 du Journal of the Brilish Astronomical Association.
- Remarquons, en terminant, que cette similitude des éléments des comètes Kiess et Quénisset avec les comètes 1790 I et III, si elle est définitivement confirmée, augmentera de deux comètes périodiques à longue révolution, le tableau de ces astres qui sont revenus au voisinage du Soleil. D’autre part, la durée de révolution de 121 ans correspondrait à peu près à une orbite dont l’aphélie serait à la distance 48 du Soleil (la distance Terre-Soleil étant prise pour unité). Or M. Flammarion a montré qu’à cette distance 48, d’après de nombreux aphélies cométaires, il doit exister une planète transneptu-nienne.
- Si donc l’identité des comètes précédentes est établie, ce sera un nouveau fait en faveur de l’existence d’une planète au delà de Neptune, et aussi une nouvelle confirmation de la théorie exposée par le savant auteur de Y Astronomie populaire.
- LA TRAGÉDIE DE L’AIGRETTE
- En apprenant à transformer industriellement la peau de l’humble lapin en des fourrures aux noms plus sonores, le pelletier moderne a su mettre un frein aux entreprises des chasseurs professionnels et sauver de l’extinction totale de nombreuses espèces animales. Le plumassier n’a pas moins mérité de la zoologie en découvrant le secret de fabriquer des parures de paradisiers avec des plumes de coq, d’oie ou de canard. Cet art d’accommoder au goût de nos élégantes les restes des oiseaux de basse-cour a même donné naissance à une industrie prospère, qui fait vivre en France des milliers de personnes.
- Réjouissons-nous de ses progrès, et souhaitons que la plume de l’oiseau domestique étende assez rapidement ses conquêtes pour que le commerce des plumes d’oiseaux sauvages devienne avant peu un
- souvenir du passé, souvenir odieux, et tel qu’un homme simplement normal ne peut, dès qu’il est au courant de la question, réprimer un frisson d’horreur en passant devant la vitrine d’un magasin de modes.
- Le lecteur partagera notre indignation quand nous aurons conté dans quelles circonstances furent prises les photographies reproduites sur ces pages,-et que nous devons à l’obligeance delà Royal Society for the Protection of Birds.
- Rappelons brièvement que plusieurs gouvernements coloniaux ont pris sous leur protection diverses espèces menacées de destruction, l’aigrette en particulier. Ce gracieux échassier, si ardemment recherché par les chasseurs de plumes, est l’objet de mesures protectrices toutes spéciales dans les différents Etats de l’Australie. Mais l’immensité du
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- LA TRAGEDIE DE L'AI GRETTE - : ....-.135
- pays et la très faible densité de la population favorisent les entreprises des braconniers, qui trompent facilement la vigilance des gardes et dépeuplent périodiquement les héronnières.
- Il y a quelque temps, un membre influent de F Union des Ornithologues Australiens, M. À. H. E. Mattingley, conçut le projet de retracer par la photographie la vie d’une aigrette. Il connaissait l’existence d’une importante héronnière dans les marécages de Riverina (bassin du Murray, Nouvelle-Galles du Sud), et il s’y rendit avec quelques compagnons.
- Deux années auparavant, il avait constaté dans cette héronnière la présence de 700 couples d’aigrettes ; mais les ohasseurs de plumes étaient passés par là, et le nombre des nids était maintenant réduit à 150 environ. M. Mattingley prenait plusieurs photographies de nids habités (fig. 1), et rentrait à Melbourne, dans le dessein de revenir six semaines plus tard, après l’éclosion des œufs.
- . Certains plumassiers ont prétendu qu’une bonne part de leur butin provenait des plumes dont l’oiseau se dépouille pour construire son nid. La photographie nous renseigne impartialement sur la valeur de cette légende.
- Bien avant la date fixée à son voyage, M. Mattingley apprenait que des chasseurs de plumes étaient en train de dévaster la héronnière, et il volait à la défense de ses protégés. Hélas! Il était déjà trop tard. Les massacreurs avaient terminé leur œuvre abominable.
- « Oh ! l’horrible spectacle qui se présenta à ma vue ! écrit l’auteur, dans Emu, l’organe des ornithologues australiens. Sur les herbes flottantes du marais gisaient 50 carcasses d’aigrettes, tuées aux abords de leurs nids tandis qu’elles cherchaient de la nourriture pour leurs couvées. 50 oiseaux mis à mort pour quelques brins de plumes, et leurs 200 petits condamnés à mourir de faim !
- « Un bon nombre des jeunes oiseaux avaient déjà succombé ; beaucoup avaient été trahis par l’épuisement, et, tombés des nids, s’étaient noyés. D’autres entraient en agonie sous nos yeux, chancelaient sur leurs pattes débiles, s’affaissaient dans leur nid, s’allongeaient en une suprême convulsion, et expiraient.
- « Nous en vîmes qui tournaient vers nous, comme notre barque passait entre les troncs d’arbres, leurs pauvres têtes d’oiseaux-squelettes, et qui, à petits cris plaintifs, imploraient une pâture qui ne viendrait plus, jamais plus. Et quelques-uns, au passage des hérons qui se hâtaient vers leurs couvées, s’efforcaient de se redresser. Dans le délire de leur longue agonie, ils tendaient leurs becs entrouverts et leurs cous décharnés vers la rapide vision qui évoquait pour eux les envolées maternelles.... Pauvres petits moribonds pour qui la mort, si lente à venir, serait la délivrance.... »
- Les 7 photographies que nous reproduisons retracent dramatiquement la pitoyable agonie. C’est
- d’abord l’aigrette, couchée sur ses œufs, et qui, d’un œil vigilant, guette l’approche de l’opérateur. Puis, .c’est la recherche de la nourriture aux abords du nid, car les œufs sont éclos, et les noœveau-nés sont voraces. Et voilà qui intéresse au plus haut point le chasseur de plumes ! Non qu’il ait une âme à s’apitoyer devant les plus émouvants tableaux de la nature : le dévouement des oiseaux envers leurs petits ; mais il sait que les plumes de l’aigrette atteignent leur maximum de beauté (et de valeur commerciale!) à l’époque de la nidaison, et, aux aguets dans les roseaux, il abat le gracieux héron.
- Tant pis pour les orphelins qui, déjà, se morfondent dans leur demeure aérienne! Tout d’abord, ils attendent patiemment le retour des parents. Mais les angoisses de la faim se font d’heure en heure plus cruelles, et les malheureux emplissent de leurs cris d’appel la héronnière. Deux jours, trois jours se sont écoulés ; et ils n’ont plus maintenant la force de crier. Les plus robustes peuvent encore se tenir sur leurs pattes ; mais, les uns après les autres, ils chancellent, s’accroupissent, et meurent,
- Cette admirable et tragique série d’instantanés a déjà toute une histoire. Publiée dans une Revue australienne, elle souleva une intense émotion dans les principales villes des antipodes. Des agrandissements de ces photographies furent exposés aux devantures des principaux magasins de Melbourne, de Sydney, de Brisbane, et des « meetings d’indignation » s’organisèrent dans toute l’étendue du pays. Une députation, comprenant des délégués de tous les corps scientifiques, obtint du Premier Ministre la promesse que des mesures énergiques seraient prises pour protéger plus efficacement l’aigrette. A la suite de cette démarche, la Législature Fédérale prépara une loi interdisant l’exportation des plumes d’aigrette, et les Douanes australiennes frappèrent de droits prohibitifs l’importation des plumages de Nouvelle-Guinée.
- Une campagne aussi énergiquement conduite ne pouvait pas laisser indifférentes les autres nations de langue anglaise. L’État de New-York ne se contenta pas d’interdire la chasse aux aigrettes et l’importation de leurs plumes, mais il édicta une loi qui condamnait à de fortes amendes toutes personnes convaincues de détenir dans un but commercial „une quantité quelconque de ces plumes. En Angleterre, la Société Royale pour la protection des oiseaux fit promener dans les rues de Londres et des grandes villes de province, sur les épaules d’hommes-sandwichs, des agrandissements de ces mêmes photographies, avec légendes appropriées. Toute la presse du Royaume-Uni, sans distinction d’opinion, s’occupa de la question de l’aigrette ; des milliers de dames s’engagèrent par serment à ne plus porter de plumes d’aigrette ; et le Gouvernement promit de présenter un Plumage Bill qui interdirait la vente de ces plumes.
- Espérons donc que les massacres dont nous venons d’exposer les tragiques conséquences rie
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- 136--:.: r-: LA TRAGÉDIE DE L’AIGRETTE — , =
- seront bientôt plus que des exceptions, au lieu I finiront par trouver le moyen de domestiquer les de constituer la règle. Le jour où T exportation et aigrettes, dont on cueillerait alors les plumes, l’importation des plumes d’aigrettes auront e'te' J comme on le fait depuis un demi-siècle pour l’au-
- Fig. i. — i, Aigrette couvant ses œufs. Scène prise dans une héron- ' nière d'Australie. — 2, Lés œufs sont éclos. L’aigrette s’est.échappée du nid pour rapporter la pâture de 'la vorace couvée. — 3, Les chasseurs de plumes sont passés par là. — 4, Inquiets de l’absence prolongée des parents, les orphelins, guettent leur retour avec impatience'.
- interdites par tous les peuples civilise's, les massacreurs professionnels, manquant de débouchés, oublieront le chemin des héronnières. Et nous devons espérer aussi que des hommes d’initiative
- truche, et comme on commence à le faire pour le nandou.
- D’une façon générale, il conviendrait que tous les oiseaux sauvages fussent mieux protégés qu’ils
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- LA TRAGEDIE DE L’AIGRETTE
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- ne le sont actuellement, et force nous est de constater que la France a énormément à apprendre des autres
- Fig. 2..
- i, La faim torture maintenant les oisillons, qui implorent piteuse- . ment ‘dès hérons nichés dans des arbres voisins. — 2,Affaiblis par la faim, les malheureux n’ont plus la force de crier. — 3, Le dernier survivant de la couvée s’accroupit à son tour et expire.
- nations sur ce sujet. Tout étranger qui traverse ou visite notre pays est surpris de la rareté de nos oiseaux des bois, stupidement décimés par les chasseurs de tout acabit; que des ailes passent à leur portée, et ils tirent, sans même s’inquiéter si elles appartiennent à une espèce comestible. Chaque dimanche, les collines de la région marseillaise regorgent de chasseurs qui, à défaut de « fauves », n’ont pas honte de rapporter le soir des cadavres de tout petits passereaux qu’ils ont peine à rëtrouver dans les profondeurs de leurs amples carnassières, Et j’ai vu de mes propres yeux un jeune garçon de bonne famille qui, aux aguets sur la lisière du Bois de Boulogne, venait déjà
- de tuer une mésange et une fauvette, quand je lui arrachai sa carabine et la jetai dans un fossé.
- Nos écoliers devraient être élevés dans le culte de la nature et dans le respect de la vie, comme le sont les jeunes Suisses, parmi lesquels les dévaliseurs de nids ne forment qu’une infime exception. Et nous pourrions aussi puiser des enseignements aux États-Unis, où les amis de la faune ailée voient grandir d’année en année leur influence. Grâce à leurs efforts, le littoral de l’Amérique du Nord offre désormais un chapelet de « sanctuaires d’oiseaux», une soixantaine d’îles où il est formellement interdit d’inquiéter les colonies d’oiseaux terrestres ou aquatiques qui s’y sont fixées.
- Et nous sommes heureux de constater que plusieurs de ces bird sanctuaries
- ont été spécialement constitués au bénéfice de la sympathique aigrette.
- Y. Forbix.
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- LE LESSIVAGE CONTINU DES TISSUS
- Le blanchiment dés cotonnades comprend essentiellement deux traitements pouvant être renouvelés plusieurs fois : d’abord le lessivage du coton écru à chaud et sous pression avec une solution
- Fig. i. — Appareil Rigamonti el Tagliani.
- de soude caustique ou carbona-tée additionnée ou non de certains produits « détachants » comme le silicate de sodium ou les huiles solubles
- (sulforicinates alcalins). Ensuite vient, après lavages convenables à l’eau chaude, puis froide, puis acidulée, le blanchiment proprement dit ou chlorage, au cours duquel le coton déjà « décrué » est parfaitement blanchi sous l’influence de liquide à base de chlorures décolorants : eau de Javelle, chlorure de chaux, hypochlorites obtenus par électrolyse d’une solution de sel marin.
- Quoique l’effet apparent du blanchiment soit le plus souvent surtout obtenu par l’action du chlore, le traitement préalable est en réalité l’opération la plus importante, tant au point de vue de l’épuration réelle que de l’obtention du blanc. Les fibres naturelles du coton sont en effet souillées de résines, de gommes, de graisses et de matières colorantes auxquelles s’ajoutent les colles employées dans le tissage pour l’apprêt des fils de chaîne ; la lessive sodique dissout toutes ces .impuretés dont le total peut atteindre 10 pour 100 du poids du coton. Non seulement les fibres perdent au lessivage un peu de leur teinte jaunâtre, mais le chlore ne pouvant produire son plein effet que si le coton n’est plus protégé par sa gaine grasse, on ne peut obtenir un blanc parfait que sur fils auparavant parfaitement décrués.
- On emploie pour le lessivage des filés et tissus de coton, des appareils rappelant les « lessiveuses » des ménagères; seules, les dimensions sont beaucoup supérieures, le couvercle supérieur est fixé solidement par des écrous à vis et porte les accessoires indispensables des autoclaves : manomètre et soupape de sûreté. Les cotonnades à lessiver sont empilées dans la cuve que l’on referme, emplie de lessive, puis chauffée par injection de
- "TîftA
- vapeur, ce qui produit une circulation du liquide sur le coton.
- Mais les opérations ainsi conduites sont forcément discontinues et l’on sait quels nombreux avantages résultent en général de l’application des procédés industriels à marche continue : production supérieure, travail plus régulier, augmentation du rendement de l’installation, économie de chauffage et de main-d’œuvre. On a donc cherché à substituer aux appareils usuels de lessivage des dispositifs nouveaux permettant le traitement continu des étoffqs ; et l’on s’est efforcé en même temps de pouvoir, pendant toute la durée de l’opération, manipuler les tissus « au large », c’est-à-dire de les dérouler tendus sur toute leur largeur : au lieu de les laisser se replier « en boyaux » sur eux-mêmes, ce qui, pour certains genres, tels que les velours par exemple, peut produire des faux plis « barrures » et cassures. Les difficultés à vaincre étaient des plus considérables : il faut en effet, que le tissu entre et sorte dans la cuve de façon continue, tout en y séjournant plusieurs heures, et l’on est ainsi conduit, non à ralentir la vitesse de déroulement, ce qui diminuerait à l’extrême le rendement de l’appareil, mais à créer des systèmes provoquant l’accumulation dans l’appareil d’une grande longueur de tissu. 11 faut surtout que l’entrée et la sortie de l’étoffe se puissent faire à la pression ambiante ; on ne conçoit guère un moyen différent ne provoquant pas des fuites de toutes sortes ; et cependant la pression doit atteindre plusieurs atmosphères à l’intérieur de la cuve pour que l’action dissolvante de la lessive puisse produire le maximum d’effet. Il existe depuis quelques années plusieurs solutions du problème, et non seulement, elles constituent de très intéressants exemples d’ingéniosité ; mais leur étude importe aussi par l’importance pratique des applications déjà faites malgré la nouveauté de leur conception.
- Cuve à lessiver au large de Rigamonti
- et Tagliani.— L’appareil Rigamonli-Tagliani se compose d’un récipient métallique du même genre que les cuves ordinaires, avec chauffage à vapeur, circulation de lessive, manomètre, etc. Il y a toujours communication avec l’atmosphère, mais par l’intermédiaire d’une très haute manche métallique. On conçoit qu’ainsi,' si le niveau du liquide dans la colonne est par exemple à 10 m. 50 au-dessus du niveau maximum dans la cuve, la lessive y contenue supportera une pression de 1 atmosphère et pourra être chauffée au delà de 100° G. sans qu’il y ait ébullition (fig. 1).
- Les pièces à lessiver cousues bout à. bout sont rangées en A ; supportée, guidée et entraînée par de nombreux rouleaux, l’étoffe se déroulant continuellement s’élève jusqu’en B pour l’entrée à la surface libre du liquide dans
- Fig. 2. — Appareil Muntun-das, formation de la pression.
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- LE PARC NATIONAL SUISSE
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- l’appareil, elle pénètre ensuite à la partie inférieure de la cuve, une cloison C qui sépare la manche du récipient central empêchant la lessive chaude de s’élever à la partie supérieure delà colonne. Le tissu est alors introduit après renvois par rouleaux guides ad hoc dans un dispositif formé de cloisons immergées dans la cuve, lesquels constituent une sorte de vases communicants (D, E). L’étoffe amoncelée en D a tout le temps de' subir l’action de la lessive sodique chaude ; guidée par le fond circulaire, elle passe peu à peu en E, sous l’influence combinée du déroulement et de la pression exercée par la colonne de tissu en D; en effet, recroquevillé en masse sans consis-
- Fig. 3. — Schéma du dispositif d’enroulement Muntundas.
- tance et imbibé de soude dont la viscosité facilite les glissements, le coton joue le rôle d’une masse semi-fluide.
- Quoique la cuve Tagliani résolve très simplement le problème du lessivage continu des tissus, elle a des inconvénients qui en limitent beaucoup le champ d’application : A moins d’atteindre des hauteurs exagérées, on ne peut guère dépasser au maximum une pression de deux atmosphères (20 mètres de hauteur), encore faudra-t-il souvent pour cela une installation spéciale; or, on atteint quelquefois 4 à 5 atmosphères dans le lessivage de certains tissus très difficiles à blanchir. En outre si le mode d’accumulation en D, E est idéalement simple, il comporte un certain risque d’ennuis : il peut y avoir engorgement et il est alors très difficile de remédier à cela.
- L’appareil Muntundas y Rovira. — Un industriel espagnol parvint à supprimer de façon très heureuse les défauts de la cuve Taglioni : l’accumulation est réglée mécaniquement et automatiquement ; la pression est obtenue non par une seule très haute colonne d’eau, mais par une série de colonnes de petite hauteur que l’on peut sans inconvénient augmenter selon le maximum désiré.
- Une longue cuve disposée horizontalement est séparée par des cloisons disposées en a chicanes », de sorte qu’il y ait à chaque extrémité une série(,de compartiments (fig. 2). Le tissu arrive en A et gagne directement le fond de la cuve, où un rouleau de renvoi le dirige vers
- le haut du compartiment B,, la course se continue de façon identique en G, D, et dans les chambres suivantes.' Si toutes étaient uniformément remplies de liquide, lai pression serait fonction, comme dans l’appareil Riglia-manti, de la hauteur du liquide en A. Mais, remarquons qu’il n’y a pas de liquide en B, et qu’ainsi la pression totale de la colonne A n’est pas diminuée par contre-pression ; le fluide B au contraire, comprimé par A, transmet intégralement la pression reçue en C. Le fait se reproduit en D où la pression de C s’ajoute à celle de A, puis dans les compartiments suivants où la pression s’accroît de nouveau chaque fois de la hauteur du liquide entre les deux cloisons précédentes. Comme il faut, pour le déroulement au large d’un tissu, un espace excessivement réduit, on conçoit que l’on puisse atteindre une forte pression avec un nombre suffisant de cloisons, sans que cependant l’appareil devienne trop encombrant.
- Le dispositif permettant l’accumulation d’une certaine longueur de tissu dans le compartiment central où agit la lessive à sa température maximum, consiste en deux rouleaux sur lesquels l’étoffe s’enroule en pli double (fig. 5). Les rouleaux sont montés fous sur un équipage mobile oscillant librement autour d’un pivot à coulisse de façon que leurs diamètres puissent varier sans qu’il cesse d’y avoir contact avec les galets cylindriques de friction F, mus de l’extérieur dans le même sens et qui assurent la rotation de l’ensemble. Dans ces conditions, soit par exemple le rouleau B à la fin de sa période d’enroulement (fig. 4-1), quand le rouleau A est complètement dégarni, l’étoffe continue à se dérouler dans le même sens à sa sortie de la chambre ; mais, à son entrée, elle ne pourrait plus venir en B. C’est alors que la paire de guides G, commandée de l’extérieur, est menée vers A et amène à son contact le tissu qui est entraîné et s’enroule en A (fig. II-III), avec une vitesse égale à celle du déroulement en B. Le phénomène inverse a lieu quand A est complètement garni (fig. III et IY).
- il m iv
- Fig. 4. — Les phases de l’enroulement avec le dispositif Muntundas.
- On peut ainsi enrouler jusqu’à fiOO mètres de tissu sur chaque élément et porter à plus d’une heure la durée de l’action dans chaque compartiment. Il existe, en effet, dans l’appareil Muntundas trois chambres à traitement avec dispositif de cylindres-accumulateurs, ce qui permet de soumettre successivement l’étoffe à l’action de trois lessives de plus en plus pures. Les compartiments sont séparés par des écluses du type de celles que nous avons décrites, dans lesquelles ont lieu des lavages et exprimages énergiques. A. Ghapi.et.
- LE PARC NATIONAL SUISSE
- On a montré ici même (n° 1994) la nécessité qu’il y aurait de créer en France de véritables parcs nationaux et comment la Suisse, de son côté, a résolu cette question.
- L’exemple qu’a donné ce pays mérite de retenir notre attention, parce que c’est la première tenta-
- tive de ce genre exécutée en Europe, et la seule réserve actuelle, où la protection absolue de tous les animaux et de toutes les plantes soit dé rigueur.
- Alarmée par les nombreux dégâts causés chaque année dans les Alpes par l’indiscipline des touristes
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- Fig. i. — Le Val Cluoza. On aperçoit au fond le Piz del Diavel.
- et l’indifférence du public, la « Schweizerische Natùrforschende Gesellschaft » (Société suisse des sciences naturelles), nomma en 1906 une Commission spéciale, chargée d’étudier les moyens propres à empêcher la destruction complète de la flore et de la faune des Alpes. Cette Commission se mit aussitôt à l’œuvre, en faisant les démarches nécessaires pour protéger aussi les blocs erratiques contre un anéantissement certain, et en faisant homologuer dans les divers cantons des projets de lois visant la protection de la nature et des sites.
- Cette Commission comprit vite l’intérêt qu’il y aurait à créer de vastes réserves, où les plantes et les animaux pourraient se développer et se multiplier à nouveau, comme aux temps primitifs.
- Après bien des hésitations, elle arrêta son choix, pour un premier essai, sur le Yal Cluoza, situé dans l’Engadine Inférieure, entre les communes de Scanfs, Zernez et Schuls. Pour couvrir les dépenses, naturellement très élevées, qu’un pareil projet nécessitait, la Commission prit, le 1er juillet 1909, la décision de fonder une « Ligue pour la protection de la nature » (Schweizerischer Bund für Natur-schutz) à cotisation annuelle de un franc (ou 20 francs,une fois payés).
- A la fin du premier exercice, le nombre des membres de 'la Ligue était d’environ 7000, et les sommes encaissées se montaient à 33000 francs.
- C’est surtout dans les écoles que les résultats furent des plus heureux. Actuellement, la plus grande partie des membres se composent d’élèves payant la somme modique d’un franc par an. Il est des écoles, où un élève aurait honte de ne pas faire partie de la Ligue.
- En 1910, le nombre des membres actifs était déjà de plus de 12 000. D’après la Commission, le chiffre de 25 000 est absolument nécessaire pour que l’entreprise soit définitivement assurée. Actuellement, cette condition se trouve bien près d’être rem-
- plie, si toutefois elle ne l’est déjà pas. La Commission s’est d’ailleurs adressée au Conseil Fédéral à l’effet d’obtenir une subvention assez importante ; il est d’ores et déjà certain que la Confédération donnera une suite favorable à cette demande, car les dépenses ont augmenté dans üne très grande proportion. Aujourd’hui le Parc National ne se compose plus, en effet, du seul Yal Cluoza, mais de toute une série de vallées situées dans les mêmes parages. Il faut notamment citer les Yals Mingèr, Miischauns et Tantermozza. C’est surtout le Yal Mingèr qui mérite de retenir notre attention par la vaste étendue de ses forêts se composant principalement de Pinus cembra, Pinus silvestris et de Pinus mughus. C’est dans cette vallée sauvage et solitaire qu’on tua, en 1908, le dernier ours. Dernièrement on a, paraît-il, trouvé des traces d’un de ces plantigrades dans le Yal Cluoza.
- Une des parties les plus intéressantes du Parc National est certainement la forêt de Tamangur Dadora, située en amont du petit village de Scarl et qui s’étend jusqu’à l’altitude exceptionnelle de 2300 mètres. Cette forêt se compose exclusivement de pins (Pinus cembra), arbres séculaires d’une rare beauté.
- Le touriste venant de Scarl et ne craignant pas la
- Fig. 2. — Cabane du Val Cluoza.
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- fatigue peut, s’il le veut, gagner le Val Cluoza sans être obligé de redescendre à Zernez, en passant par l’Alp Mur ter. Ce passage est des plus pe'riibles, car il n’existe aucun chemin, et le flanc de la montagne ne forme qu’une vaste étendue d’éboulis où l’on cherche en vain de l’eau. La descente dans le Val Cluoza est non moins difficile, et c’est à travers une véritable forêt vierge qu’on est obligé de se frayer un chemin.
- Cette dernière vallée (fig. 1 ) est en effet un des rares endroits qui, jusqu’à présent, ait été épargné par l’homme. La commune de Zernez à laquelle elle appartient, essaya bien plusieurs 'fois de tirer un profit des vastes forêts qu’elle contient, mais les gorges impraticables par lesquelles le Val Cluoza aboutit dans la vallée du Spôl, rendaient une pareille exploitation impossible et on y renonça. Pour éviter ces gorges, le petit sentier venant de Zernez et qui a été établi en 1910, est obligé de s’élever jusqu’à 2300 mètres.
- L’altitude du Val Cluoza varie entre 1600 et 2000 mètres ; sa longueur est d’environ 6 kilomètres. On peut y accéder par quatre voies différentes, savoir :
- 1° Depuis Zernez, c’est le chemin le plus court et le moins fatigant, on compte généralement deux ou trois heures.
- 2° Par l’Alp Murtèr ainsi qu’il a été dit plus haut.
- 3° Depuis Scanfs par la Fuorcla Val Sassa (2859 mètres) en huit ou dix heures de marche.
- 4° Depuis l’Italie par le Passo del Diavel (2815 mètres). Ce dernier passage n’est tenté que très rarement à cause des difficultés réelles qu’il suscite.
- Fig. 4. — Le Piz Quatervals vu de la partie supérieure de la Valletta.
- Fig. 3. — Le Piz Quatervals vu de l'Alp Murtèr.
- On voit à gauche le Val Sassa.
- Actuellement, il existe au Val Cluoza une cabane (fig. 2) où l’on trouve tout ce dont on a besoin et où l’on peut aussi passer la nuit. Elle est habitée pendant la belle saison par le gardien du parc, dont la principale occupation est de veiller à ce que per-sonne n’enfreigne les prescriptions de la Commission et à surveiller de près les braconniers qui ne tarderont certainement pas à se montrer. Dès que le besoin s’en fera sentir, on adjoindra les aides nécessaires au gardien actuel.
- C’est parce que cette vallée est pour ainsi dire restée vierge, que la Commission l’a choisie pour en faire un parc national. On n’y a, durant des années, peut-être pendant des siècles, coupé aucun arbre. Ceux que la foudre ou la tempête ont abattus sont restés où ils étaient tombés et pourrissent sur place. Beaucoup se trouvent placés en travers du torrent, formant ainsi des ponts naturels, les seuls qui se trouvent dans le Val Cluoza.
- La flore est également assez riche en rhododendrons, edelweiss, Linnea Borealis, Ranimculus rutaefolium et Primula glutinosci.
- Naturellement, il est formellement interdit de cueillir ces fleurs. Il est également défendu de crier pour ne pas effaroucher les bêtes qui commencent à se montrer. On compte déjà une centaine de chamois, plusieurs bouquetins et une quantité très grande de marmottes. On espère qu’avec le temps des ours feront aussi leur réapparition.
- Le Val Cluoza est orienté du Nord au Sud. Il est formé par la réunion des trois vallées : Valletta, Val Sassa et Val del Diavel. La plus importante des trois
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- est le Val Sassa qui a une longueur d’environ 4 kilomètres. Il aboutit à la Fuorcla Yal Sassa, par laquelle on peut gagner le Yal Miischauns, autre partie du Parc national. Ce Yal Sassa appartient à ce qu’il y a de plus sauvage, de plus lugubre et de plus désolé dans les Alpes; on ne de'couvre nulle part la moindre trace de végétation, rien que des éboulis à perte de vue. Des amas de neige, disséminés un peu partout, contrastent singulièrement avec la teinte foncée de la dolomie.
- Les deûx autres vallées (Valletta et Yal del Dia-vel), ressemblent beaucoup à ce Yal Sassa, sans être toutefois aussi sauvages. Le Yal del Diavel est sensiblement aussi long; il conduit, ainsi qu’il a déjà été dit, au Passo del Diavel. Le Piz del Diavel dont l’ascension est, paraît-il, assez difficile, se gravit ordinairement depuis II Fuorn.
- La Yalletta est, ainsi que son nom l’indique, la plus courte des trois vallées . Elle se termine par le Piz Quatervals (5168 m.) et est formée, ainsi que les précédentes, en grande partie d’éboulis.
- Cette circonstance et la pente relativement forte de la vallée (environ 45 pour 100) rendent la marche excessivement pénible et lente. Gare aux chaussures trop faibles ou en mauvais état ; j’ai vu des souliers mis hors d’usage au bout de 7 heures de marche sur ce terrain.
- Le Piz Quatervals, ainsi dénommé il y a quelques années par Coaz, l’inspecteur général des forêts, doit son nom à la réunion de quatre vallées qui sont la Yalletta et les Yals Sassa, Miischauns et Tantermozza. Son ascension ne présente pas l’ombre d’une difficulté, contrairement aux bruits qui circulent parmi les naturels du pays, qui indiquent généralement 7 à 10 heures de marche depuis la cabane du Val Cluoza; le gardien du Parc lui-même, qui est reconnu comme étant un excellent marcheur,
- indique un minimum de 5 heures, alors qu’en réalité on peut facilement y aller en 5 heures 1/2. Par temps clair, on doit y jouir d’une vue splendide, car de toutes les cimes environnantes, aucune n’atteint l’altitude du Piz Quatervals.
- Le Parc national suisse est un véritable joyau au milieu de l’Engadine, car la nature n’y a pas encore été défigurée par ces immenses hôtels inesthétiques, comme on en voit à Saint-Moritz, à Samaden et dans tous les endroits submergés par le flot toujours grandissant des étrangers. On peut être certain que jamais la Commission pour la Protection de la Nature', ne donnera son consentement à l’érection d’un pareil édifice.
- La rustique cabane, avec ses tables et ses chaises en bois blanc, est ce qui convient le mieux dans tel endroit. Non seulement elle ne défigure pas le paysage, mais elle y ajoute une note gaie.
- Actuellement le nombre des personnes sachant qu’il existe en Suisse un Parcnational est assez restreint , de ce fait le nombre des visiteurs est encore peu élevé, aussi peut-on excursionner plusieurs jours de suite dans ces vallées et ne rencontrer personne. C’est justement ce qui en fait le charme et il faut se hâter d’en profiter. Dans quelques années d’ici, cette partie de la Suisse sera à son tour envahie par de nombreux touristes.
- Il est à souhaiter que cet exemple trouve à l’étranger, et principalement en France, des imitateurs. Ne serait-il donc pas possible de fonder dans notre pays une Ligue semblable au Schweizerischer Bund für Naturschulz, dont les ressources permettraient d’entreprendre les premières démarches.
- Une pareille entreprise serait certainement pa-i tronnée par l’État, qui ne manquerait pas d’accorder les subventions nécessaires. Cn. France.
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- Fig. 5. — Situation du parc national suisse.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du n. janvier 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Le poids atomique de l’azote.,— M. Lemoine fait connaître que M. AVourtzel a opéré une nouvelle détermination du poids atomique de l’azote, dans des conditions de précision extrême. M. Wourtzel détermine le poids d’oxygène nécessaire pour transformer un poids connu de bioxyde d’azote en peroxyde. Cette opération offre l’avantage de pouvoir être effectuée à basse température. Il a obtenu, par cinq déterminations, que le poids atomique de l’azote est de 14,007. On avait précédemment obtenu par une autre méthode 14,009.
- Nouveaux phosphures alcalins (P3M2). — M. Le Chatelier présente sur ce sujet une Note de MM. Ilacks-pill et Bonnet. En combinant dans le vide du phosphore avec un excès de métal alcalin et chauffant plusieurs jours à 400° jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs métalliques, on obtient des corps pulvérulents, jaunes à la température ordinaire, et répondant à la formule P5M2 (M étant l’un des quatre métaux alcalins). Ces produits changent de couleur avec la température : presque blancs dans l’azote liquide, ils deviennent brun
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- foncé à *450°. Traités par l’eau, ils donnent de l’hydrogène phosphore solide avec un peu de PII5 et d’hydrogène.
- La stabilité des poudres. — M. Junglleisch communique les résultats de nouvelles recherches effectuées par MM. Daniel Berthelot et Gaudechon sur le contrôle de la stabilité des poudres sans fumée par les rayons ultra-violets. Les auteurs ont déjà constaté que ces rayons produisent en quelques heures les mêmes altérations que les agents naturels (chaleur, humidité...) en quelques années. Ces rayons donnent donc en raccourci une image des phénomènes. MM. Berthelot et Gaudechon montrent aujourd’hui que l’on peut ainsi, par de simples expériences de laboratoire, se procurer des données qui jusqu’ici n’étaient déduites que de la valeur des stabilisants employés, tels que alcool amylique et diphénylamine. Dans l’examen des poudres B de la marine, avariées par un séjour sous les tropiques, l’épreuve par les rayons ultra-violets permet d’opérer immédiatement un tri entre les échantillons sains et les échantillons avariés.
- Explication du réveil de la Terre. — M. Muntz expose qu’il s’est appliqué avec M. Gaudechon à déterminer la cause du « réveil de la Terre » qui se produit au début du printemps et que les cultivateurs définissent en disant que la terre est en travail. MM. Muntz et Gaudechon ont constaté qu’à ce moment une activité microbienne extraordinaire se produit dans le sol. Cette activité se produit par une nitrification plus intense qu’à aucune autre époque de l’année, même indépendamment de toute intervention de température. Ils attribuent cette particularité à une sorte d’atavisme des bactéries nitrifiantes, par suite duquel elles fonctionnent plus énergiquement à un moment précis où les conditions leur sont habituellement favorables, comme cela a lieu pour les graines..
- L’heure à l’Observatoire de Paris. — M. Baillaud explique que la célèbre pendule de Winnerl est actuellement en réparation par suite d’usure provenant du long usage. En ce moment l’heure est donnée par une pendule du constructeur Riefler, de Munich, installée dans un compartiment parfaitement étanche, qui est lui-même placé dans les caves de l’Observatoire de Paris où la température est constante. Ainsi donc, cette pendule, sur laquelle sont synchronisées les pendules de la salle méridienne, est à l’abri des variations de pression, d’état hygrométrique de l’air et de température; sa marche, d’une régularité parfaite, est uniformément accélérée depuis le 14 novembre, date de sa mise en service. La correction
- à appliquer aux temps qu’elle marque est fournie par une formule qui concorde avec les résultats de l’observation des étoiles, à 0%05 en moyenne. Cette concordance est extrêmement satisfaisante, car le léger écart de 0S,05 est un peu inférieur à l’erreur d’appréciation du temps du passage de l’étoile au méridien.
- Les pertes de gaz des aérostats. — M. Maquenne présente un travail de M. Austerweil sur les pertes de gaz que subissent les aérostats gonflés de gaz hydrogène. Toujours faible au début, elle augmente avec le temps jusqu’à atteindre 50 et même 100 litres par mètre carré et par jour. Inversement, si une enveloppe de ballon perdant beaucoup reste exposée à l’air après dégonflement, elle reprend peu à peu son imperméabilité primitive par suite du dégagement de l’hydrogène qui imprégnait le caoutchouc. En conséquence il semble que le .caoutchouc soit une matière mal appropriée à la confection de tissus de ballons et qu’il y ait lieu de rechercher une autre substance plus imperméable que lui. Donc lorsqu’un ballon se dégonfle rapidement bien que son enveloppe soit en bon état, il convient, pour rendre à celle-ci ses qualités premières, de la dégonfler complètement et d’attendre plusieurs semaines avant de la regonfler à nouveau.
- La variation de pression et les animaux marins. — M. Bouvier présente une Note de M. Bohn sur la sensibilité des animaux marins de surface à la variation de pression. Alors que certains squales peuvent supporter les variations de pression correspondant à des déplacements considérables en hauteur, les très jeunes larves de homard, au contraire, sont sensibles à de très légères variations. Pour le démontrer l’auteur place ces larves dans un flacon fermé par un bouchon traversé par un tube de verre sur lequel s’applique un tuyau de caoutchouc aboutissant à un entonnoir. Le flacon, le tuyau et une partie de l’entonnoir sont remplis d’eau. La pression en un point du flacon est égale à la différence de niveau entre ce point et la surface du liquide dans l’entonnoir. On peut donc, en abaissant ou en élevant l’entonnoir, diminuer ou augmenter la pression en ce point. On reconnaît ainsi qu’une diminution de pression détermine un phototropisme négatif : les larves se tournent du côté opposé à la lumière ; au contraire une augmentation de pression provoque un phototropisme positif. Chez des animaux pélagiques, les cyclopes marins, on observe non seulement des déplacements horizontaux, mais encore des déplacements verticaux. Cii. i>e Villedeuh .
- L’INDUSTRIE VINICOLE DANS LE TYROL
- Le Tyrol, qui est bien l’une des régions les plus pittoresques de l’Europe — champ clos où l'influence latine et l’influence germanique se combattent depuis les premiers siècles de l’histoire, — est plus réputé pour la beauté de ses sites que pour l’excellence de ses vins. Cependant, l’industrie vini-cole y est très prospère, plus spécialement dans les régions de Me'ran (l’antique Maias de la période romaine), de Bozen et de Ivaltern, qui produisent des crus fort estimés.
- Un dicton local, parlant de l’hiver tyrolien, dit qu’il dure neuf mois, et qu’il fait froid pendant les trois autres mois. Mais l’exagération est manifeste en ce qui concerne le Tyrol méridional, qui jouit
- d’un printemps perpétuel, tandis que l’hiver est rarement rigoureux dans la partie centrale, où se rencontrent les principaux vignobles.
- La culture de la vigne et la fabrication du vin sont restées au Tyrol deux industries primitives. Sauf de rares exceptions, la vigne y est cultivée, comme au temps des Romains, sur des lattes de bois arrangées en berceau, et juste assez élevées pour qu’un homme de taille moyenne puisse aller et venir sous la treille sans avoir à se courber. Ce procédé de culture est encore en usage dans certaines régions de l’Italie et de l’Espagne.
- Il est, en tout cas, très décoratif, et contribue à donner aux paysages tyroliens un aspect tout parti
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- L’INDUSTRIE VIN1COLE DANS LE TYROL
- culier : quand ils s’étagent sur une pente douce, ces berceaux symétriques donnent l’illusion de gigantesques escaliers de verdure. Aux abords des villages, ils forment d’élégantes avenues, dont plusieurs sont justement réputées. Telle la Weinbergstrasse qui traverse le joli village deTer-lan, et dont les treilles produisent un crû réputé.
- L’outillage des vignerons ne s’est pas davantage modifié au cours des âges. Pour la cueillette, les vendangeurs se servent de serpettes et reçoivent la grappe coupée dans une sorte de coupe en bois tourné, munie d’une poignée à sa base, et qui est de fabrication locale. Ces coupes sont vidées dans des hottes de bois que des hommes vont vider à leur tour dans de vastes cuves placées sur des chariots de montagne.
- Et la récolte s’achemine vers la ferme ou vers le village, au pas lent des bœufs. Aussi primitif que l’équipage, le pressoir est un simple cuvier où le raisin est écrasé à l’aide de masses de bois; dans certains districts, le foulage se fait à pieds d’homme, chaussés de semelle plate et talon.
- Aux yeux d’un touriste, la grande curiosité d’un vignoble tyrolien, c’est son saltner, personnage qui cumule les emplois de garde-champêtre et d’épouvantail.
- Les membres de la corporation font assaut d’originalité et de cocasserie dans la composition de leur attirail, et l’étranger qui, au détour d’un chemin, se rencontre face à face avec un de ces saltners, est fort excusable s’il éprouve un moment d’émotion.
- Fig. i. — Vignes en Tyrol méridional.
- galoches à sans
- Fig. 2. — Saltner tyrolien.
- Comme le Carnaval est déjà loin, il peut se croire en présence d’un fou d’autant plus dangereux qu’il est muni d’armes blanches et d’armes à feu! Il est
- vrai 'que la première catégorie n’est représentée que par une hallebarde d’aspect moyennageux, tandis que la se-' conde consiste en un pistolet chargé de gros sel, destiné aux moineaux pillards, et aussi aux gamins qui seraient tentés de s’attarder sous les treilles d’autrui.
- Si le saltner a disparu de maints cantons tyroliens pour faire place
- à des hüler (gardes-champêtres d’une tenue plus moderne), il a gardé toute son originalité d’antan dans le canton de Méran. Il aime encore à se couvrir le chef d’une coiffure fantastique, faite d’un véritable fouillis de becs et de plumes d’oiseaux, et qui rappellerait à un voyageur les curieux ornements dont les cochers nègres du Natal se couvrent la tête.
- Des queues de renard pendent sur sa veste de cuir, et sa poitrine, est chargée d’une abondante collection de crocs de sangliers, de cornes de chamois et de serres d’aigles, exhibition barbare qui, si elle n’épouvante pas les moineaux, doit cependant les inquiéter de son cliquetis.
- Mais le saltner n’est pas qu’un objet de curiosité pour le touriste. Malheur à l’étranger qui a cru pouvoir sans danger suivre un frais sentier bordé de treilles ! L’homme-épouvantail a tôt fait de lui barrer la route et de lui octroyer, à son choix, une contravention ou une amende à solder de suite.
- Et ce sont là de ces incidents dont tout bon touriste se passerait volontiers ! V. F.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahohe, rue de FIcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2019. ==: ---.. —. : 3 FÉVRIER 1912.
- LA SCIENCE ET L’INDUSTRIE en 1911
- L’ASTRONOMIE
- L’année, sans apporter de découvertes sensationnelles, a été féconde en travaux de tous genres dont voici un exposé rapide.
- Les étoiles. — Parmi les astres les plus curieux, on peut citer la Nova, découverte le 50 décembre 1910 dans la constellation du Lézard, qui a subi de rapides variations d’éclat, et fut particulièrement examinée par Wolf et Idrac; on a constaté des transformations analogues à celles subies, en mai 1901, par la Nova de Persée.
- C’est la classe des étoiles variables du type Algol qui a donné lieu aux recherches les plus diverses.
- Tout d’abord, en supposant que les deux compo-
- apparente des étoiles aucune conclusion relative à la grandeur de notre amas stellaire. »
- La question de la distribution des étoiles dans l’espace est une des plus délicates et des plus controversées de l’astronomie. À la suite de ses recherches sur les mouvements propres, Kapteyn a été conduit à celte importante conclusion que nous serions immergés dans deux grands courants stellaires, se rencontrant et se mélangeant(').
- Les nébuleuses. — Peut-être l’insuffisance dans la précision des anciennes mesures, tant pour Ja position qu’au point de vue descriptif, est-elle cause que l’étude des nébuleuses ne s’était pas placée au
- Explication de la variabilité d'une étoile du type Algol. (Étoile double.)
- santés de chaque couple ont la même densité, Ristenpart(') a étudié dix variables de ce type dont les éléments avaient été déterminés par Gralï : on peut alors calculer cette densité, qui augmente à mesure que la période devient plus courte, et reconnaître qu’elle varie de 0,02 à 0,34 en prenant la densité du Soleil pour unité. Ainsi, les étoiles du type Algol seraient des astres de faible densité, ne dépassant pas en moyenne 1/14 de celle du Soleil, ou 1/10 de celle de l’eau.
- Les milieux interstellaires comportent-ils une absorption de la lumière? Gela paraît aujourd’hui probable, et l’on sait que c’est encore sur les étoiles du type Algol que Tikhoff et Nordmann poursuivent leurs intéressantes recherches. A propos d’un problème du même ordre, sur l’absorption de la lumière des étoiles par les météorites, P. Salet(2) conclut que l’on peut supposer « que ces météorites sont cantonnées dans le voisinage des étoiles, ou au contraire qu’elles peuplent tout l’espace. La seconde hypothèse conduit à considérer les étoiles comme réparties d’une façon sensiblement uniforme dans l’espace, c’est-à-dire qu’on ne peut tirer de la distribution
- 1. Astronomische Nachrichten, u° 4250.
- 2. Bulletin astronomique, juillet 1911.
- 40' année. — Ier semestre.
- premier plan dans les recherches astronomiques : il n’en est plus de même aujourd’hui et l’on connaît les belles recherches de Isaac Roberts ainsi que l’incomparable catalogue dont Bigourdan poursuit la publication. On s’est rendu compte, en effet, que la variation possible de ces astres serait le critérium de toute connaissance sur le système du monde, et les efforts se sont accumulés pour connaître leurs positions précises, leurs formes, et les courants stellaires auxquels ils peuvent appartenir.
- La région des Pléiades, remarquable à plusieurs titres, renferme diverses nébuleuses dont plusieurs n’étaient pas encore cataloguées : nous devons àBigour-dan(2) d’avoir heureusement comblé cette lacune.
- Les astronomes connaissaient bien une série de mesures de nébuleuses faites, en 1884, 1885 et 1886, par Porter, à l’Observatoire de Cincinnati; le même observateur a publié une nouvelle et plus importante série de mesures micrométriques pour 669 nébuleuses qui toutes, sauf deux, sont au-dessous de l’équateur; c’est dire que ce travail a une grande importance pour la détermination des
- !.. Voir l’exposé remarquable de ces questions par P. Pui-seux : Bulletin Société astronomique, 1911, p. 290.
- ' 2. Bulletin astronomique, novembre 1911.
- 10. — 145
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- 146 ..; ' " ' =::~z L’ASTRONOMIE
- nébuleuses australes, moins mesurées jusqu’ici que celles de notre hémisphère. L’utilité de ce travail (*) ressort encore de la notable incertitude qui affectait les positions d’un grand nombre de nébuleuses déjà mesurées par L. Swift; l’identification devient douteuse et plusieurs nébulosités sont réellement nouvelles.
- Le travail le plus considérable qui ait été récemment publié sur les nébuleuses est celui de F. Becker (2). L’examen des erreurs moyennes, comparées à celles des autres observateurs, montre que ses mesures sont parmi les meilleures.
- Le Soleil. — L’activité solaire continue à être en décroissance.
- Evershed étudie le mouvement radial des taches ; les mouvements divergents dans les groupes de taches; les relations entre l’activité solaire et le magnétisme terrestre; les lois que Mémery s’efforce toujours d’élucider pour l’action sur la météorologie ‘des manifestations superficielles ; etc..
- Examinons un point particulier.
- Quel est le diamètre du Soleil? La question paraît aisée; or, tous les observateurs ont donné un diamètre polaire plus grand que le diamètre équatorial.
- Il y a, il est vrai, une grande divergence entre les résultats des observateurs, mais ces divergences ne font pas disparaître le fait que toutes les séries un peu longues, quel que soit le procédé de mesures employé, donnent un diamètre polaire plus long; l’explication arbitraire qui en avait Jété donnée n’a pas résisté à un examen plus approfondi (8), et, en outre, elle ne s’appliquait pas aux séries photographiques. Le P. Chevalier a donc entièrement repris cette question à l’Observatoire de Zô-Sé.
- Dés variations singulières ont été constatées, que rien n’autorise à nier ; elles sont fondées sur des observations qu’on a entourées de toutes les précautions possibles pour éviter les erreurs systématiques.
- L’importante et précise discussion du P. Chevalier (*) paraît bien mettre hors de doute cette prépondérance du diamètre polaire; l’étrangeté du
- 1. Cincinnati Publications, n° 17.
- 2. Annales de Strasbourg, t. III.
- phénomène, la délicatesse de l’observation et la difficulté d’obtenir des mesures précises du diamètre du Soleil, font désirer que le phénomène soit réobservé et étudié encore par d’autres méthodes. Les comètes. — Cette année est très riche-en comètes : aucune d’elles, assurément, n’offrait l’importance de la comète de Halley et, cependant, elles ont provoqué d’importantes recherches. Le public est généralement un peu déçu d’entendre les professionnels se réjouir de tant de comètes, alors qu’elles sont si rarement visibles à l’œil nu; aussi nous voulons nous attarder le. moins possible sur chacune de ces apparitions pour ne conserver que les grandes lignes des recherches.
- La comète 1911 a fut observée à nouveau par Max Wolf, qui l’avait découverte ; elle était à la position exacte indiquée par l’éphéméride Kamensky. La comète 1911 b fut découverte le 9 juillet par Kiess, à l’Observatoire Lick ; elle est très.photogénique ; ses éléments ressemblent à ceux de la comète de 1790 découverte par Caroline Herschel ; une photographie de Quénisset, faite à Juvisy le 6 août, offre la particularité d’une queue fortement excentrée. La comète 1911 c, trouvée par Brooks à Genova (États-Unis) , le 20 juillet, est la plus brillante de toutes et fut, longtemps, bien visible à l’œil nu; elle a présenté des transformations analogues à celles qu’avait subies la comète Morehouse en 1908, mais d’une façon moins accentuée; elle était d’ailleurs beaucoup moins photogénique.
- Le 31 juillet, Gonnes-siat retrouvait à Alger la comète de Encke ( 1911 d). La comète Borelly (1911 e), découverte en 1904, fut retrouvée le 19 septembre grâce à l’éphéméride de. G. Fayet par Knox Shaw, à Ilelwan, Égypte; elle sera dans d’excellentes conditions d’observation en janvier 1912, dans nos régions, passant au méridien vers 9 heures du soir. La comète 1911 f fut découverte par Quénisset, le 23 septembre, à l’Observatoire Flammarion de Juvisy. Beliawsky découvrit une
- 3. Poor-Lane. Astrophijsical Journal, t. XXII.
- 4 Bulletin astronomique, septembre 1911.
- Anomalie très exagérée des diamèlr, s solaires. Comparaison avec Jupiter.
- Position, dans l’hémisphère austral, des points de convergence des courants stellaires.
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- L’ASTRONOMIE
- comète à Siméis (Crimée), astre assez brillant mais d’une apparition passagère. A Nice, Schaumasse observe encore une comète nouvelle.
- L’étude spectrale de ces astres a mis en évidence de grandes différences dans leurs constitutions. La comète Kiess montrait avec évidence la bande du cyanogène qui constituait la condensation la plus intense de toute la région photographique, elle présentait aussi la bande bleue des hydrocarbures. La comète Quénisset offrait aussi la bande du cyanogène et la bande bleue du spectre de Swan.
- Quelle est la nature et l’origine des queues co-métaires?
- Parmi tant d’autres, signalons la nouvelle théorie proposée par M. Gavin Burns (*) : l’auteur admet que le Soleil projette sans cesse des courants de particules électrisées négativement et que les queues résultent de la collision de ces courants avec la tête des comètes ; ces particules peuvent avoir, comme les rayons [3 du
- 147
- Enfin, la théorie de Bessel et Brédikhine parvient à rendre compte des formes très variées qui avaient tout d’abord été observées, mais c’est en introduisant un grand nombre de constantes telles que la vitesse d’émission, l’intensité de la force répulsive, etc. ; malgré toutes ces facilités, Kopff a montré (Q que cette théorie était impuissante à expliquer hon nombre de singularités observées.
- Le mystère des queues cométaires persiste.
- Le système planétaire. — Les études des surfaces planétaires ont été nombreuses. Jupiter a manifesté un important changement de longitude pour la tache rouge. Les travaux ont été multipliés en ce qui concerne Mars et ses canaux.... Nous avons de bonnes observations de Saturne : à signaler l’hypothèse de Birkeland, qui considère les anneaux comme dus à une radiation électrique de la planète.
- La lumière zodiacale et le gegenschein, particulièrement lumineux cette année, ont fait l’objet d’observations suivies.
- Photographie de la nébuleuse M. 81 obtenue par M. Ritchey.
- La Nébuleuse des Chiens de Chasse, d’après les dessins : i° dej. Herschell; 2° de lord Rosse;
- 3° la photographie directe.
- radium, la faculté d’entraîner la matière rencontrée sur leur passage et de devenir ainsi plus visibles ; Chambers, Adams, Crommelin, ont signalé certains faits favorables, d’autres opposés, à ces vues, anologues à la théorie antérieure de Newall.
- 1. Royal aslronomical Sociely.
- La Cosmogonie. — La cosmogonie a de nouveau tenté maints chercheurs. Il faut citer particulièrement la théorie de la capture, telle que la conçoit Sée : dans le second volume de son Evolution des systèmes stellaires, l’auteur nous donne une admi-1. Aslronomische Nachrichlen, n° 4286.
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- LA PHYSIQUE
- rable collection de toutes les curiosités qu’offre le ciel; reproductions photographiques d’amas, nébuleuses, etc. , et c’est sur des faits qu’il entend baser ses théories.
- Il nous est impossible, en quelques lignes, d’analyser ce monument astronomique, qui représente un travail considérable et constitue une source documentaire de premier ordre.
- La mise au point des théories analytiques de la cosmogonie devait tenter un esprit aussi vaste que celui de H. Poincaré (*) : l’ouvrage qu’il y consacre est le plus important, le plus précis et le plus complet qui ait jamais été écrit sur cette matière.
- Nous ne saurions en donner idée, mais un chacun peut adopter la conclusion : « Un fait qui frappe
- tout le monde, c’est la forme spirale de certaines nébuleuses ; elle se rencontre beaucoup trop souvent pour qu’on puisse penser qu’elle est due au hasard. On comprend combien est incomplète toute théorie cosmogonique qui en fait abstraction. Or, aucune d’elles n’en rend compte d’une manière satisfaisante et l’explication que j’ai donnée moi-même un jour, par manière de passe-temps, ne vaut pas mieux que les autres. Nous ne pouvons donc terminer que par un point d’interrogation. » Jean Màscart,
- Astronome à l'Observatoire de Paris,
- Le Gegenschein.
- Schéma expliquant sa position à l'opposé du Soleil.
- LA PHYSIQUE
- Après le prodigieux essor scientifique auquel nous avons assisté à la fin du xixe siècle et au commencement du xxe, l’année 1911 paraît marquer un temps d’arrêt : il semble que les savants aient éprouvé le besoin de se recueillir, en présence de l’immense accumulation de faits nouveaux. Il est possible de trouver une ou plusieurs raisons à l’apparente pauvreté scientifique de l’année qui vient de finir.
- Certes, nous ne prétendons pas apporter ici une panacée capable de faire enfanter les esprits fatigués ou stériles : nous ne nous faisons que l’écho d’un bruit qui tend à s’accréditer de plus en plus dans les milieux scientifiques les plus sérieux. Si le nombre des découvertes intéressantes diminue, chuchote-t-on, si l’expérience n’apporte pas un concours suffisamment actif à l’élaboration ou à la confirmation de la théorie, c’est qu’on expérimente moins et moins bien. Et ceci tient à ce que l’expérience n’a plus toute la faveur qu’elle mérite. Les applications de l’analyse à la physique ont donné, depuis un demi-siècle, des résultats si merveilleux, si inattendus, que les maîtres ont été tentés d’abuser auprès de leurs disciples des développements mathématiques au détriment du culte de l’expérience. Et pourtant « l’expérience seule est rénovatrice », a dit le plus éminent des Physico-mathématiciens français modernes.
- i. Leçons sur les hypothèses cosmogoniques; Paris, Hermann, 1911. ' .......
- En l’absence de « faits sensationnels », nous avons toutefois une bonne nouvelle à enregistrer : c’est l’avènement au rang des sciences, de ce qui n’était jusqu’ici qu’une suite d’essais isolés, sans rapports entre eux, sans idée dominante : je veux parler de l’aérodynamique expérimentale. Du jour où les frères Wright eurent montré que, malgré les calculs les plus savants, le problème du plus lourd que l’air était soluble, on osa songer à installer des laboratoires d’aérodynamique : mais nombreux étaient encore ceux qui ne reconnaissaient pas à cette science le droit de cité parmi ses aînées. Aujourd’hui c’est chose faite: l’aérodynamique a de fervents et de savants adeptes. L’étude des filets élémentaires et des tourbillons aériens, la détermination de l’action des obstacles de formes diversés sur les masses d’air en mouvement, la recherche des profils d’ailes et surtout l’étude attentive du mode de propulsion et de sustentation des oiseaux, tels sont les problèmes qu’on se pose et dont la solution, à n’en pas douter, apportera aux aviateurs les plus précieuses indications.
- Radioactivité. —Les recherches, en radioactivité, n’ont pas donné, en 1911, de résultats particulièrement nouveaux et intéressants : après avoir signalé que le professeur Ramsay a nettement confirmé, cette année, la transformation de l’atome de thorium en carbone, sous l’action de l’émanation du radium, nous nous bornerons à indiquer l’état actuel de cette branche de la physique, en emprun-
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- LA PHYSIQUE
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- tant le passage qui suit à une analyse du Traité de radioactivité de Mme Curie par le professeur Rutherford. « Les problèmes de la radioactivité occupent un champ extrêmement vaste, car ils comprennent non seulement l’étude de l’origine et de la nature chimique et physique des nombreux éléments de transition qu’on a découverts, mais encore les recherches sur les propriétés remarquables des rayonnements qu’ils émettent. Une étude approfondie de la façon dont ces rayons traversent la matière a déjà projeté quelque lumière sur la constitution de la matière et sur la structure des atomes. De plus, il y a un champ de recherches étendu qui se rapporte à la distribution des substances radioactives dans la terre et dans l’atmosphère, et beaucoup de travail a été fait pour trouver les relations que la radioactivité possède, d’une part, avec les phénomènes électriques de l’atmosphère,.d’autre part, avec les questions delà chaleur interne de la terre et celle des transformations géologiques. L’étude des effets physio- BsüSËE logiques des substances radioactives a pris également une importance très grande, et ces substances sont employées, sur une échelle étendue, pour le traitement de certaines affections. »
- Électricité. — La théorie des ions est toujours
- la grande privilégiée dans la science électrique. Il semble que tous les savants se plaisent à venir confirmer l’exactitude de cette hypothèse, à en découvrir des aperçus insoupçonnés et à l’asseoir sur des bases chaque jour plus solides. Peut-être serait-il juste d’ajouter, tant la foi ioniste est ancrée dans l’âme de ses nombreux adeptes, que nul ne consentirait, en l’état actuel des choses, à marquer les
- coups que des expériences, plus ou moins récentes, plus ou moins retentissantes, auraient pu porter à la forteresse électronique. De telle sorte qu’il semble bien difficile de prévoir l’orientation future des idées générales en électricité : tout ce que l’on peut
- L’Inslitut aérodynamique de Saint-Cyr.
- été amenés jadis à imaginer le calorique (alchimistes) pour expliquer les phénomènes de la chaleur, et les corpuscules lumineux (Newton), pour expliquer les phénomènes de la lumière : puis, avec le progrès de la science, les esprits n’ont plus eu besoin de pareils supports matériels pour appuyer leurs conceptions, et on en est arrivé à considérer chaleur et lumière comme de simples propriétés de la matière. L’électricité nous donnera, peut-être l’exemple d’une évolution analogue.
- M. Weiss a apporté, cette année, avec le « magnéton » une hypothèse nouvelle et retentissante, confirmée par de nombreuses expériences et qui semble donner une explication satisfaisante des propriétés magnétiques de la matière, en partant de la théorie des électrons.
- Imaginons, conformément à cette théorie, qu’une molécule de matière soit formée d’un groupement d’électrons en mouvement. Ces particules électriques, par leur mouvement même, engendrent un champ magnétique. Peut-on partant de là expliquer et retrouver, par Je calcul, les manifestations si diverses du magnétisme? Ferromagnétisme ou magnétisme du fer d’oxygène, diamagnétisme (bismuth), paramagnétisme (palladium, platine) ? M. Langevin y avait réussi en 1908 pour l’oxygène gazeux. Il avait pu, calculer le moment magnétique d’une molécule de ce gaz.
- remarquer,à ce propos, c’est que les savants avaient
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- LA CHIMIE
- Mais pour les corps solides, jusqu’à M. Weiss, toute tentative d’explication à partir de la molécule avait échoué. C’est qu’il faut faire intervenir les actions de molécule à molécule, fort complexes et mystérieuses.
- M. Weiss les a éliminées, en faisant intervenir des champs magnétiques extrêmement intenses, et des températures très basses (— 250°). Il a pu ainsi déterminer expérimentalement les moments magnétiques moléculaires de métaux et d’alliages, et
- il a constaté ceci : le moment magnétique élémentaire d’un même métal varie avec la température, mais par saut et non d’une façon continue ; car il est toujours un multiple d’un moment magnétique primordial, et celui-ci est le même pour tous les corps expérimentés jusqu’ici.
- Ainsi apparaît un élément nouveau : c’est le magnéton. Il semble indiquer la présence d’un constituant fondamental de tous les corps magnétiques, peut-être même de toute matière.
- André Conté.
- LA CHIMIE
- Chimie minérale. — La caractéristique des recherches actuelles dans cette branche est l’application continuelle de la chimie physique aux procédés d’isolement et d’analyse des corps nouveaux obtenus, et à l’étude de leurs réactions.
- Le celtium. — C’est ainsi que M. Urbain, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, découvre un élément nouveau dans la série des terres rares.
- Cet élément, le celtium, a été caractérisé dans les fractionnements de l’ytterbium au moyen de ses propriétés magnétiques qui le différencient nettement des éléments voisins. Le spectre de ce corps simple est venu également confirmer cette découverte.
- Le strontium. — M. Guntz, professeur à la Faculté de Nancy, donne une méthode nouvelle de préparation du strontium en réduisant la strontiane et en distillant le métal formé.
- L’azote. — Nous avons à signaler un beau faisceau de travaux sur l’azote.
- Le problème capital qui a orienté depuis quelques années dans des voies nouvelles l’étude de l’azote, est celui de la fixation de l’azote atmosphérique. L’azote à l’état combiné est indispensable à l’agriculture qui en emploie comme engrais, des quantités énormes; les composés de l’azote ne sont pas moins indispensables à nombre d’industries : explosifs, poudres sans fumée, mélinite, celluloïd, soie artificielle, films, matières colorantes, etc. En dehors des matières azotées organiques qui sont en quantité insuffisante, nous ne disposons guère que de deux sources naturelles d’azote combiné, les
- nitrates du Chili, et le sulfate d’ammoniaque provenant de la distillation de la houille dans les usines à gaz ou dans les fours à coke métallurgique. De ce fait, tout l’univers civilisé paye un lourd tribut à l’Amérique du Sud ou aux pays houilliers, alors qu’en tous lieux nous avons au-dessus de nos têtes
- une mine inépuisable d’azote.
- Aujourd’hui nombreux sont les moyens connus pour forcer le plus abondant des gaz de l’air à entrer en combinaison et lui permettre ainsi d’entrer dans le cycle de la vie industrielle ou de la vie organique. L’année 1911 a été marquée par la mise au point de plusieurs de ces procédés, et par l’apparition de méthodes fort séduisantes. Les lecteurs de La Nature connaissent le procédé d’oxydation de l’azote dans l’arc électrique dù à Birkeland et Eyde, exploité aujourd’hui dans de puissantes usines de Norvège. Sur un principe analogue, mais différents par la forme des arcs employés, sont fondés les procédés Schonherr, Pauling, Mosciki, Helbig, Guye et Naville.
- Nos lecteurs connaissent aussi le procédé de la cyanamide, que nous nous bornerons à rappeler.
- De nombreuses études ont été faites en 1911 sur l’azoture d’aluminium. Ce corps peut être employé directement dans l’agriculture ; en outre, traité par l’eau, il donne l’ammoniaque d’une part, et de l’alumine pure de l’autre. L’ammoniaque est une combinaison d’azote qui se prête aux emplois les plus divers. L’alumine pure a un débouché immédiat dans l’industrie de l’aluminium où elle sert de point de départ à la fabrication du métal. On voit
- La synthèse électrique des oxydes d’azote : i, la flamme du four Schonherr; 2, celle du four Mosciki; 3, celle du four Birkeland; 4, celle du four Pauling.
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- LA CHIMIE ......— —=: 151
- que la réaction est extrêmement avantageuse. Parmi les très nombreux procédés proposés pour fabriquer l’azoture d’aluminium, signalons celui de M. Serpek. M. Serpek chauffe dans un feu de coke un mélange pulvérulent d’alumine et de charbon, additionné d’une petite quantité d’un adjuvant tel que fer ou cuivre (5 pour 100). Sur ce mélange, il insuffle de l’air. Les procédés Serpek vont être mis en œuvre dans une très importante usine française d’aluminium.
- Un autre essai de fixation de l’azote atmosphérique est dû au professeur Haber, de Berlin. Bien que la découverte de ce savant remonte à plusieurs années, comme elle a donné lieu récemment à des travaux importants, il est peut-être utile d’en rappeler le principe. L’azote et l’hydrogène ne se combinent qu’à une température assez élevée à laquelle l’ammoniaque formée est presque entièrement dissociée. M. Haber a remarqué que certains corps, le carbure d’uranium et le ro-dhium, qui semblent n’intervenir que par leur présence, rendent la réaction possible à plus basse température et donnent de bien meilleurs rendements en gaz ammoniac.
- La thermodynamique montra en outre à ce savant que la pression venait encore augmenter le poids d’ammoniaque formé ; c’est ce que l’expérience vérifia. On chauffe en tube scellé un mélange comprimé à 200 atmosphères que l’on porte à 500°. Le rendement atteint 30 à 40 pour 100. Une telle réaction peut avoir d’importantes conséquences industrielles.
- Les azotures ont cette année été l’objet de nombreux travaux. M. Fischer, en faisant éclater dans l’azote liquéfié des étincelles électriques entre deux électrodes d’un métal, obtient l’azoture de ce métal.
- M. Moureu décrit l’azoture de carbone C4Az2 et M. Darzens vient de publier un autre azoture de carbone de formule Az4C qui est le corps le plus riche en azote connu en chimie.
- Nous ne saurions passer sous silence certains travaux d’une portée théorique élevée.
- Les travaux de M. Pascal sur le magnétisme des composés minéraux et organiques et la méthode qu’il a indiquée pour suivre les changements se produisant au cours d’une réaction dans la constitution des corps ; les belles recherches de
- M. Hackspill sur les propriétés physiques des métaux alcalins.
- L’école de Genève, dont le chef, M. Guye, est l’auteur de travaux nombreux et estimés, fournit avec MM. Baume, Briner et Cardoso, trois séries de résultats des plus intéressants sur les courbes de solubilités dans les gaz liquéfiés sur les réactions sous pression, et sur la détermination des points critiques. M. Dutort, de Lausanne, décrit également une méthode d’analyse volumétrique basée sur la physicochimie ; ce procédé très original, consiste à prendre comme indicateur de la fin de la réaction non plus un réactif qui se colore, mais la variation de la conductibilité électrique d’un liquide.
- Chimie organique. — Au premier rang des travaux effectués cette année dans cette branche, il faut placer ceux du professeur Willstaeter, de
- Zurich, sur la chlorophylle. La chlorophylle est un pigment que contiennent les feuilles de toutes les plantes vertes. Ces plantes jouissent de la propriété de pouvoir décomposer l’acide carbonique de l’air, elles laissent dégager l’oxygène et s’assimilent le carbone. Celui-ci, à l’intérieur du végétal, subit une série de transformations complexes dont le mécanisme n’est pas encore parfaitement élucidé; le terme final est le suivant : un dépôt d’amidon se forme autour de la chlorophylle.
- Quel est le rôle de la chlorophylle dans cette métamorphose d’une si capitale importance pour tout ce qui vit? Jusqu’à Willstaeter, l’ignorance sur ce point était complète, malgré les investigations de chimistes éminents, tels que E. Fischer, que la chlorophylle conduisit jadis à de magnifiques travaux sur les sucres. Le savant de Züricha enfin jeté quelque lumière sur ce mystère.
- Grâce à des méthodes d’extraction très délicates, Willstaeter le premier a obtenu la chlorophylle chimiquement pure; à l’état de petits cristaux microscopiques, à reflets bleu-noirs. Il a constaté l’existence de deux variétés de chlorophylle différant seulement par leur solubilité dans l’alcool méthy-lique hydraté. Mais il a constaté surtout que, dans toutes les plantes, la chlorophylle est constamment associée à 3 pour 100 de magnésium.
- L’appareil Haber pour la synthèse de l’ammoniaque.
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- LA GÉOLOGIE _____
- Les chimistes ne négligent plus aujourd'hui ces quantités infimes de corps étrangers que l’on appelait autrefois dédaigneusement des impuretés. La puissance des réactions dites catalytiques, dont la science et l’industrie tirent le parti que l’on sait, a ouvert tous les yeux. Aussi Willstaeter n’a-t-il pas hésité à attribuer un rôle essentiel à la parcelle de magnésium inclus, dans la chlorophylle. C’est, selon lui, grâce à ce métal que la chlorophylle pourrait capter, comme elle le fait, l’acide carbonique de l’air. De même chez les animaux, l’oxydation des produits organiques véhiculés par le sang, ne peut se faire que grâce à la présence d’un adjuvant qui est le fer contenu dans l’hémoglobine. Ainsi apparaissent
- deux grandes classes de vie : les vies oxydantes, associées à la présence de traces de fer; les vies réductrices liées au contraire à celle du magnésium.
- Cet exemple de l’influence chimique d’une substance employée par fraction quasi infinitésimale, nous permet de comprendre l’ardeur avec laquelle les chimistes, aussi bien minéraux qu’organiciens, poursuivent l’étude des agents catalyseurs. M. Saba-thier, aidé de M. Senderens, avait obtenu de remarquables synthèses en utilisant l’action de présence du nickel. Avec la collaboration de M. Mailhe, il a reconnu également la puissance des oxydes de ihorium et de titane et les a employés à produire des éthérifications et des saponifications directes.
- LA GEOLOGIE
- Il faut citer la publication des dernières feuilles de la carte géologique internationale de l’Europe, de sorte que cette œuvre colossale est presque complètement terminée et qu’il ne reste plus qu’à la refaire en seconde édition.
- M. Hubert a publié une carte géologique d’ensemble de l’Afrique occidentale française où il a synthétisé un grand nombre de documents épars.
- Parmi les travaux originaux, on peut citer le mémoire de M. Albert Brun sur l’Exhalaison volcanique. L’auteur y étudie la nature des grandioses panaches qui sortent des volcans et est arrivé à cette conclusion fort inattendue, et qui pourra être discutée, que le rôle de l’eau y serait peu considérable ; les volcans, suivant lui, ne rejetant pas d’eau venant de la profondeur, mais seulement de l’eau de précipitation atmosphérique qui ne pourrait en profondeur dépasser les isogéothermes de 120° et 240°.
- Il convient également de citer la remarquable loi à laquelle deux chimistes, MM. Moureu et Lepape, ont été conduits en étudiant les gaz rares et les conclusions relatives à l’atmosphère primitive de la Terre.
- L’argon et le krypton se trouvent toujours dans
- Explosion du volcan (Phot. A.
- le même rapport quantitatif, quelle que soit leur provenance : Cette même proportion constante paraît exister aussi pour le néon, le xénon et même jusqu’à un certain pointpourl’azotc. 11 y a là une coïncidence très remarquable qui s’explique bien, par ce fait que ces gaz sont chimiquement inertes et que de plus, très difficilement liquéfiables, ils conservent leurs propriétés gazeuses à (outesles températures. Il en résulte qu’au cours de l’évolution de !a terre, ces gaz sont restés libres, lémoins indifférents et respectés de tous les bouleversements du globe; leur proportion actuelle est encore celle qui devait exister dans l’atmosphère primitive de la terre, peut-être même de la nébuleuse.
- Une autre découverte, d’un intérêt philosophique considérable, est celle qu’a faite M. Cayeux de traces d't ncrines dans les terrains d’âge précambrien, organismes très différenciés occupant déjà un rang élevé dans l’échelle des Invertébrés. Cette découverte recule de plus en plus loin dans le passé l’origine de la vie. _ T
- Paul Lemoine,
- Docteur es sciences,
- Chef des travaux au Muséum.
- de Semeroe (Java). Brun.)
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- PHYSIOLOGIE
- La tendance générale, ici comme en biologie, est d’arriver à une explication physico-chimique de la vie; aussi les problèmes des actions nerveuses sont-ils toujours laissés quelque peu de côté, tout l’effort des chercheurs se portant vers les actions humorales et vers l’influence des facteurs les plus simples, physiques ou chimiques sur le fonctionnement de l'organisme et de ses parties.
- Toutefois, nous pouvons signaler deux ordres de recherches intéressant le système nerveux, celles relatives aux localisations
- Fig. i. — Localisations sensitives.
- cérébrales et celles relatives au sommeil. Le problème des localisations cérébrales est un des plus difficiles de la physiologie. On sait, depuis 1870, que le cerveau est divisé en régions ayant chacune leur fonction. Cette localisation des fonctions psycho-sensorielles et psycho-motrices est fortement discutée. D’une part, le centre du langage de Broca, dont la lésion produit l’aphasie, a été nié par plusieurs auteurs : Marie, Moutier, tandis que d’autres, il est vrai, défendent son existence : Dejerine, Bris-
- 4 U 5
- Jim
- 4 kiS
- 4 Us
- 4Uj
- 4k zo
- Fig. 2. — Mouvements d’un leucocyte de Grenouille après io mois de conservation (d’après Jolly).
- sot. D’autre part, Brodmann et Vogt, depuis quelques années, affirment que les localisations cérébrales ne sont pas en rapport avec les circonvolutions de la surface du cerveau, mais bien avec la disposition des cellules nerveuses dans l’écorce; d’après eux, les localisations ne sont pas anatomiques mais histologiques.
- Le problème du sommeil continue de préoccuper d’autres chercheurs. A vrai dire, ils ne sont pas encore parvenus à expliquer le mécanisme de notre sommeil quotidien. Cependant un effort intéressant a été tenté par Legendre et Piéron. En empêchant des chiens de dormir et leur donnant ainsi un be-
- soin impérieux de sommeil, ils ont constaté des modifications dans la région frontale du cerveau; puis, en prenant du sérum ou du liquide céphalorachidien (liquide qui baigne les centres nerveux) de ces chiens insomniques et l’injectant à d’autres chiens normaux, ils ont pu provoquer chez ces derniers le sommeil. Le besoin intense de sommeil serait donc lié à la formation dans l’organisme de substances particulières provoquant le sommeil.
- Un autre problème qui préoccupe depuis longtemps les physiologistes est celui de la survie des tissus et des organes du corps; il a même un grand intérêt pratique puisque sa solution facilitera les greffes et les transplantations que les chirurgiens pratiquent depuis quelque temps.
- L’année 1911 a vu de beaux travaux sur cette question.
- Jolly est parvenu à conserver vivants pendant un an des globules blancs (leucocytes) placés dans un tube de verre (fig. 2). Car-rel et Burrows ont annoncé qu’ils ont « cultivé » de nombreuses sortes de tissus. Burrows a pu faire sortir des nerfs de morceaux d’embryons de poulet conservés en bouteille (fig. 3).
- Magitot a conservé pendant 25 jours à l’étuve des morceaux de cornée transparente; il a pu les replacer ensuite sur un œil où leur vie a continué. Legendre et Minot ont fait survivre 4 et 5 jours hors de l’organisme des cellules nerveuses d’animaux adultes.
- Les questions d’immunité et d’anaphylaxie continuent à être à l’ordre du jour. On sait que l’injec-
- Fig. 3. — Croissance de l’extrémité d’une fibre nerveuse après 3 jours de survie (d’après Burrows).
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- BIOLOGIE GÉNÉRALE
- tion du sérum sanguin d’un animal à un autre animal, celles de toxines, de produits microbiens d’albuminoïdes, peuvent provoquer, suivant les cas, des réactions toutes différentes. Ainsi, l’injection de certains virus provoque chez l’homme un état de résistance, d’immunité, qu’on applique à prévenir la variole, la diphtérie, le tétanos ; cette immunité est donc la cause et l’explication des vaccinations. Mais l’injection d’autres substances : poison des actinies ou poison d’une euphorbe injecté au chien, sérum de lapin injecté en petites quantités au cobaye, etc., provoque un état de moindre résistance, l’anaphylaxie, tel que l’animal ne résiste plus à une nouvelle injection de la même substance et meurt rapidement. On a fait effort, en 1911, pour expliquer ces différentes actions, ainsi que celles, des venins et des diastases et les ramener à un unique mécanisme. Dans les derniers mois, Ancel, Bouin et Lambert d’une part, Gley et Champy d’autre part, ont signalé un autre phénomène, la skeptophylaxie ou tachyphylaxie qui consiste en ce que l’injection d’une faible dose d’extrait d’organe immunise contre les effets toxiques de l’injection d’une dose plus forte.
- L’action physiologique des nouvelles radiations :
- rayons X, rayons ultra-violets, rayons de radium, suscite, elle aussi, des recherches. Tandis que Re-gaud stérilise des animaux mâles en les soumettant aux rayons X, Victor Henri montre le pouvoir micro-bicide des' rayons ultra-violets et d’autres auteurs font agir le radium sur les tissus vivants. Tous ces travaux ont des applications à la médecine.
- Les problèmes des échanges d’énergie et de matière chez les êtres vivants présentent toujours un grand intérêt. Cette année, les données de bio-énergétique et de chaleur animale ont été rassemblées par Jules Lefèvre en un excellent volume où l’on trouve exposé l’état actuel de ces questions. La-picque a montré que, chez les petits oiseaux, la quantité de nourriture absorbée diminue quand la température s’élève, une grande partie de celle-ci servant uniquement à leur fournir la chaleur nécessaire pour maintenir leur température propre.
- D’autre part, un effort intéressant continue d’être tenté pour pénétrer plus exactement les réactions chimiques qui se passent dans l’organisme vivant et aboutissent à la constitution de son protoplasma. R. Legendre.
- Docteur ès sciences, Préparateur de Physiologie au Muséum
- BIOLOGIE GENERALE
- Parmi les nombreux faits nouveaux publiés cette année, nous signalerons seulement la polyembryonie du Tatou, la parthénogenèse de la Grenouille, l’action du cyanure sur les animaux marins.
- Il y a quelques années, Marchai signala chez les Hyménoptères, que l’œuf se divise en plusieurs cellules qui s’isolent et donnent chacune un nouvel individu. Ce fait curieux et rare vient d’être observé par Fernandez, puis par Newmann et Patterson chez le Tatou; généralement l’œuf se divise en deux, puis en quatre cellules et chacune d’elles se sépare et se développe indépendamment pourdonner unjeune tatou; les portées sont ainsi de quatre individus, tous de même sexe ; il est intéressant qu’un pareil fait se produise chez un Mammifère.
- Les problèmes de parthénogenèse sont toujours à l’ordre du jour. Outre la traduction
- Fig. i. — Têtards de grenouilles obtenus par piqûre de l’œuf. Celui du, haut à gauche commence à se métamorphoser. (D’après Bataillon.)
- du livre de Loeb* « la Fécondation chimique », où sont réunies- les recherches de l’auteur américain sur le développement des œufs soumis à diverses actions chimiques, l’année 1911 a vu paraître les travaux de Bataillon sur la parthénogenèse de la
- Grenouille : en piquant l’œuf avec une fine aiguille, on provoque son développement et l’on obtient ainsi des têtards dont certains ont vécu jusqu’au moment de leur métamorphose (fig. 1).
- Drzewina et Bohn viennent de montrer les différences d’action du cyanure' de potassium sur les animaux marins. Ce corps, extrêmement toxique pour l’homme, l’est aussi pour les poissons et les invertébrés pélagiques vivant à la surface de la mer; il l’est beaucoup moins pour d’autres habitués à vivre dans des milieux moins riches en oxygène. 11 agit en empêchant l’oxygène de se fixer sur les tissus et peut provoquer des anomalies, comme la formation de méduses à bras supplémentaires.
- Outre ces travaux originaux, l’année 1911 a vu paraître de nouveaux volumes sur les questions toujours discutées de l’évolution. Cuénot, dans son livre sur « la Genèse des espèces animales », présente un exposé très complet et très documenté des princpaux problèmes biologiques actuels. ,0n y trouve entre autres l’exposé de la théorie mendélienne dont Guénot est un ardent défenseur. On sait qu’elle, consiste, d’après Cuénot,
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- à admettre dans l’œuf l’existence de de'terminants, substances qui déterminent les caractères de l’individu. Lorsque l’on croise deux individus à déterminants différents, par exemple une souris grise avec une souris albinos (fig. 2), les petits se répartissent ainsi : 3/4 gris, 1/4 albinos ; le caractère gris est donc dominant, l’albinos récessif. Des 3/4 gris,
- 1/4 donnera uniquement des souris grises, les deux autres quarts donneront à nouveau 1/4 gris pur, 2/4 gris dominant, 1/4 albinos, etc. Cette règle découverte par Mendel, dont on a déjà parlé dans La Nature, est critiquée violemment par certains qui reprochent aux déterminants de ne pas correspondre à la réalité, et à la loi de Mendel de n’être pas applicable exactement dans beaucoup de cas, entre autres chez l’homme. Elle est défendue chaleureusement par d’autres qui cherchent à l’appliquer à l’élevage des animaux domestiques, à la culture des plantes utiles et qui en ont fait le sujet d’un congrès de génétique tenu récemment.
- L’évolution des espèces se fait-elle par adaptation lente et continue au milieu, ou bien par des sauts brusques, des mutations? L’idée que la transformation des êtres vivants se fait par variations brusques, discontinues, soutenue par le botaniste Hugo de Vries, a été illustrée cette année par un volume de Bla-ringhem sur « les Transformations brusques des êtres vivants » où il a rassemblé des exemples empruntés surtout au règne végétal.
- L’évolution a-t-elle lieu sous l’influence des changements du milieu extérieur ou bien est-elle orientée par une force interne de l’être vivant?
- On sait que Le Dantec soutient la première théorie. Cette année, Ra-baud, dans un volume sur « le Transformisme et l’expérience » expose la même idée et soutient que seul le milieu intervient dans les transformations.
- R. Legendre.
- Docteur ès sciences,
- Préparateur de Physiologie au Muséum.
- CC Ç C AA
- A
- Fig. 2. — Croisement d’une souris à déterminant gris C avec une souris à déterminant albinos A. D’après Cuénot.
- LA ZOOLOGIE
- La Zoologie expérimentale et pratique. — La Parasitologie médicale. — Les fourrures et les fermes à Renard argenté. — Nouvelles races hybrides d’animaux domestiques.
- La Zoologie, trop longtemps considérée comme une science purement spéculative, s’affirme de plus en plus comme une science d’une haute utilité pra- • tique. La Médecine, l’Hygiène, l’Économie domestique, l’Industrie, l’Agriculture, sont aujourd’hui ses tributaires. Les médecins, confinés naguère dans les bornes étroites d’une Anthropologie trop spéciale, ont dû élargir le cadre de leurs études et sont devenus naturalistes pour connaître la cause essentielle des maladies nombreuses qui sont provoquées par la présence, chez l’Homme et les animaux domestiques, d’êtres parasites, les uns microscopiques, les autres de plus grande taille (les Helminthes, par exemple). L’un de ces derniers est devenu célèbre cette année par les ravages qu’il.a produits dans nos élevages de Moutons, atteints de Fièvre aphteuse. Les recherches de Zoologie pure ont seules pu mettre sur la voie de
- sa véritable nature, et indiquer les moyens de la combattre.
- On a vu se créer aux États-Unis des Fermes à Renard argenté, où ce proche parent du Chien domestique, recherché pour sa chaude fourrure, est en train de se domestiquer. Par un choix judicieux des reproducteurs, on arrive déjà à produire des peaux magnifiques, plus estimées dans le commerce que celles des Renards sauvages.
- Parmi les accidents qui contrarient souvent les éleveurs, désireux de produire par croisement et sélection une race pure et toujours conforme- à son type normal, un des plus fréquents est ce qu’on appelle Y atavisme, c’est-à-dire le retour, même après plusieurs générations de ce type normal, d’un ou de. plusieurs descendants vers le type ancestral de l’un des deux parents primitifs. Ce fait resté jusqu’ici assez obscur trouve son explication dans les lois de Mendel. C’est ainsi que, malgré des accouplements très purs, les éleveurs anglais ne parvenaient pas à fixer une race de poules à plumage ardoisé dites Poules andalouses : à côté
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- LA ZOOLOGIE
- de poussins de cette couleur on en obtenait toujours un certain nombre de blancs et de noirs. M. Bate-son a montré que le type andalou résultait de l’hybridation entre blancs et noirs, et comme le dit M. Gaullery, les lois de Mendel « ont fait, dans ce cas, le départ de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas. »
- Un cas analogue se présente pour les robes du Cheval. On sait que le gouvernement français n’achète plus pour ses haras et la remonte de sa cavalerie, de chevaux de robe blanche ou grise. La principale raison de cette prohibition, est que la couleur blanche sert trop facilement de point de mire au tir de l’ennemi. Les producteurs de chevaux de pur sang ou de demi-sang, ont donc dû s’appliquer à éliminer par sélection cette couleur de leurs élevages. Ils n’y sont pas
- et vous verrez que le général en chef y est toujours représenté monté sur un cheval blanc. Napoléon lui-même affectionnait cette couleur pour ses montures.
- Aujourd’hui que les lois de Mendel permettent d’agir avec une certaine précision, les éleveurs arriveront plus sûrement et plus vite à ne produire que des chevaux bais ou alezans, se rapprochant par conséquent de la robe du cheval sauvage (*). Il serait intéressant de recommencer l’histoire du Cheval domestique en prenant pour point de départ le Cheval sauvage, que l’on possède actuellement dans la plupart des Jardins zoologiques d’Europe (Equus Przewalskii), et de chercher, par des croisements soigneusement sélectionnés, à améliorer et perfectionner sa race, de manière à transformer cette sorte de Poney aux formes lourdes et ramas-
- Fig. 3. — Bison demi-sang attelé avec des bœufs.
- parvenus complètement, et l’on voit encore courir sur nos hippodromes des chevaux de pur sang à robe blanche ou grise. Là encore, il y a un phénomène d’atavisme : on sait que dans la lignée du pur sang anglais figurent, au xviie siècle, des chevaux blancs, comme l’indique leur nom [Placé’s White Turk, par exemple). Le cheval arabe est fréquemment blanc ou gris pommelé. Cependant, nous savons que les Chevaux sauvages sont bais et que les chevaux redevenus sauvages (Tarpans d’Asie , Mustangs d’Amé-, rique), sont assez rarement de robe blanche. Mais il semble que dans l’antiquité et au moyen âge, — à l’opposé de ce qui se passe actuellement, — on se soit appliqué à obtenir cette couleur, surtout dans les races de luxe, réservées aux rois et aux grands personnages. Allez au musée de Versailles, dans la salle des batailles,
- sées qu’est le Cheval de Przewalsky, en un animal élancé, doué de toutes les qualités d’élégance et de vitesse que présente le Pur-sang anglais. Cette expérience ne demande que du temps et de la patience.
- Ceci nous amène à parler des très intéressantes recherches faites, en Russie, par un très distingué naturaliste, M. Élie Ivanoff, professeur à l’itcole Vétérinaire de Saint-Pétersbourg, recherches qui ne visent à rien moins qu’à doter nos écuries et nos étables de nouveaux animaux domestiques d’une utilité pratique. C’est dans le célèbre Parc zoologique d’Acclimatation d’Ascania-Nova, en Tau-
- 1. M. Walther, par une étude des studbooks des grands haras de Prusse et d’Autriche, a montré que la couleur de la robe des Chevaux obéit aux lois mendéliennes, et s’est efforcé de fixer les règles qui permettraient à l’éleveur de diriger ses croisements [Congrès de génétique, 1911).
- Fig. 4. — Hybride demi-sang de bison.
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- LA BOTANIQUE
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- ride, appartenant à M. Falz-Fein, que M. Ivanoff poursuit ces expériences depuis plusieurs années (l 2).
- Ce n’est plus à des croisements entre races d’une même espèce, mais à ceux beaucoup plus difficiles et plus hasardeux, que l’on peut opérer entre espèces d’un même genre, que M. Ivanoff s’est attaqué.
- Ivanoff a été le premier à obtenir un produit en croisant le Cheval de pur sang anglais avec une jument sauvage (Equus Przewalskii), et peu après il pouvait démontrer que les hybrides ainsi obtenus sont fertiles. C’est là une forte présomption en faveur de l’identité des deux espèces, opinion que l’auteur de ces lignes a toujours soutenue. Ivanoff admet tout au moins leur proche parenté. Il a obtenu également de nombreux Zébrules (ou Zébroïdes), hybrides d'Equus caballus et du Zèbre (E. Chap-manni) : on en compte actuellement dix à Ascania-Nova(*j. Ces hybrides, fort élégants avec leur robe rayée, ont pu être dressés à la selle (fig. 1), et le Cheval sauvage lui-même s’est plié au même exercice (fig. 2). Mais c’est surtout dans le genre Bœuf que les succès de M. Ivanoff ont été éclatants. Les hybrides du Bœuf domestique et du Bison d’Amérique sont connus depuis longtemps aux États-Unis, mais
- on ne les obtient qu’en prenant toujours le Bison pour étalon, le croisement inverse n’ayant jamais réussi.
- On a créé ainsi une race domestique de demi-sang qui semble parfaitement fertile et qui donne des produits de quart et de trois-quarts de sang. Ivanoff a obtenu des résultats identiques à Ascania-Nova, en croisant Bison americanus avec des vaches domestiques (Bos taurus).
- Plus récemment encore Ivanoff a pu croiser le Bison d’Europe mâle avec la femelle du Bison d’Amérique. Les hybrides ainsi obtenus sont fertiles dans les deux sexes, car on possède déjà à Ascania-Nova des produits trois-quarts de sang provenant de ce croisement. Ce serait donc une nouvelle race bovine obtenue par hybridation entre deux .espèces considérées comme bien distinctes aussi bien par leurs caractères zoologiques et ostéologiques que par leur répartition géographique. Ces hybrides sont de magnifiques animaux (fig. 3, 4), plus robustes que les bœufs domestiques, tout aussi dociles, et que l’agriculture pourra utiliser aux mêmes usages. E. Trouessârt.
- Professeur au Muséum national
- LA BOTANIQUE
- Parmi Jes nombreux travaux parus cette année, nous citerons seulement les suivants :
- M. Marcille estime que l’action du soufre sur le champignon de l’oïdium est due aux acides qui accompagnent toujours, dans la fabrication, les soufres industriels, de 0,1 à 0,6 pour 100 : les « sublimés extra » du commerce, qui sont les plus actifs, sont aussi les plus riches en acide libre. Si cette théorie est reconnue vraie, elle entraînera sans doute des changements notables dans le traitement des maladies de la vigne : on pourra diminuer ou supprimer le soufre employé, celui-ci n’agissant pas par lui-même, mais seulement comme porteur d’acide.
- C’est encore une question de pathologie végétale appliquée qu’a traitée M. Gatin en étudiant le dépérissement des feuilles d’arbres le long des routes goudronnées du Bois de Boulogne; La Nature a déjà rendu compte de ses observations.
- Les microorganismes ne font pas négliger les grands champignons : M. Matruchot a pu cultiver en tube le Pleurotus cornucopioides, pendant 4 mois, jusqu’à l’obtention du chapeau parfaitement développé ; en cultures non pures (rondelles de bois d’orme enterrées et arrosées) il a aussi obtenu plusieurs récoltes de touffes de chapeaux. Le Dr Gerber vient d’établir que la toxicité des Amanites est sensiblement proportionnelle à leur pouvoir défaire cailler le lait; on aurait là un réactif commode et précieux, mais
- 1. Le gouvernement russe vient de fonder à Ascania-Nova une Station %ootec]vnique dont M. Ivanoff a la direction.
- 2. Voy. notre article sur ces hybrides [La Nature, 27 août 1910, 58e année, 2° semestre, p. 194-198).
- valable seulement pour le genre Amanita. Il a trouvé une présure analogue chez l’Amadou, et lui attribue un rôle dans la. coagulation du sang, sur laquelle ce champignon a une influence connue.
- M. Molliard explique pourquoi la périphérie des Ronds de Sorcières (cercles de champignons) est fertile et verdoyante : le champignon y fabrique des produits azotés, comme le montre l’analyse du sol. Mais nous devons ajouter qu’il faut aussi tenir compte de l’humidité provoquée par le mycélium, et les relations de celui-ci avec les arbres voisins : ceci nous mène à la question des mycorhizes, qu’il nous est impossible d’effleurer ici et sur laquelle nous espérons revenir; mentionnons simplement à ce propos un mémoire posthume de Noël Bernard, signalant une propriété fungicide des tubercules des Orchidées qui lutteraient ainsi contre l’envahissement de leurs racines par des champignons.
- M. Friedel en poursuivant des cultures dans une obscurité aussi absolue que possible a vu l’exagération des caractères constatés ordinairement : étiolement extrême, albinisme parfait de l’Oignon auquel de très faibles traces de lumière suffisent pour verdir.
- On savait que la fleur respirait plus activement que toute autre partie de la plante ; Mme Maige a précisé cette notion en étudiant chaque pièce floréale : en considérant un même poids de chacune de ces pièces, on constate que toutes respirent (presque toujours) plus qu’un même poids de feuille.
- Rémi Ceillier.
- Docteur ès sciences.
- Préparateur de botanique à la Sorbonne.
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- MÉDECINE
- La fièvre de trois jours, qu’on observa en Herzégovine, en Dalmatie, en Italie, en Crète, qui se traduit par une fièvre élevée, des douleurs violentes et une prostration profonde est produite par un virus invisible traversant les filtres. Cette maladie se transmet d’homme à homme par la piqûre d’un diptère, le Phlebotomus pappatici, insecte à ailes transparentes, qui vit précisément dans les régions où cette infection existe.
- On a relaté aussi en 1911 de nouvelles*épidémies d’une infection de la moelle épinière, bien étudiée depuis ces dernières années : la paralysie infantile ou poliomyélite aiguë épidémique. Des foyers ont été observés en Ecosse, en Belgique, en Suisse ; en France on a signalé des cas dans l’Aube, l’Yonne, les Basses-Pyrénées, les Landes,la Creuse, la Marne, l’Anjou. L’inoculation d’un fragment de moelle dans le péritoine d’un singe, reproduit chez lui, après 7 à 8 jours d’inoculation, une poliomyélite identique à celle de l’homme. Le virus est également un germe filtrant et invisible.
- Il en est de même de la scarlatine. On a pu transmettre la scarlatine à des singes en leur injectant sous la peau du sang ou une émulsion ganglionnaire de scarlatineux ou en leur badigeonnant la gorge avec du dépôt amyg-dalien prélevé sur des enfants atteints de scarlatine. Bernhardt a même pu réaliser la scarlatine expérimentale par l’injection du virus filtré sur bougie Berkefeld.'La rougeole est aussi inoculable au singe (Anderson et Goldber-ger; Nicolle et Conseil).
- Metchnikoff et Besredka ont également provoqué chez le chimpanzé la fièvre typhoïde expérimentale. L’absorption par voie buccale de matières typhoïdiques ou d’émulsions de bacilles typhiques, provoque après une incubation de 6 à 8 jours, l’apparition d’une infection qui se révèle par de la fièvre persistant une semaine environ. D’autre part, à plusieurs chimpanzés, Metchnikoff et Besredka ont injecté des vaccins différents (cultures atténuées par la chaleur, autoïysat de bacilles typhiques), puis au bout d’un certain temps, ils leur ont donné à ingérer des cultures de bacilles d’Eberth. Malgré ces vaccinations, tous les animaux ont contracté la fièvre typhoïde, et plusieurs ont succombé.
- La toxinothérapie se rapproche des vaccins en ce sens qu’elle stimule le processus d’immunisation de l’organisme ; mais en outre elle provoque une petite poussée réactionnelle sur les lésions organiques préexistantes, qui s’accompagne ensuite de guérison et
- de cicatrisation. C’est ainsi que la tuberculine, qui contient tout ou une partie du bacille tuberculeux, employé à dose infinitésimale, peut donner de bons résultats chez les malades non fébriles et dont la tuberculose n’évolue pas ; mais chez ceux-là seulement. De même la léproline de Bost semble le moyen le plus efficace pour lutter contre la lèpre Quant à la sérothérapie, elle procède pour produire l’immunité d’un autre mécanisme; au lieu de demander au malade lui-même de produire son antitoxine en réagissant à l’ingestion de microbes ou de toxines, elle introduit directement dans son organisme un sérum qui contient des antitoxines toutes formées, parce qu’il provient dîun animal chez lequel on a développé, par vaccination, une immunité active contre la maladie qu’on veut traiter.. C’est le principe du sérum antidiphtérique, antitétanique, antipesteux. Dans la fièvre typhoïde, on a également préconisé des sérums (Besredka, Rodet, Chante-messe). Le sérum Chan-temesse diminue sensiblement la mortalité typhique qui est de 4 à 5 pour 100 au lieu de 17 pour 100. D’ailleurs l’emploi du sérum ne dispense pas des moyens thérapeutiques habituels (bains, etc.).
- Dans le cancer, la sérothérapie n’a donné aucun résultat et, malgré les recherches qui se poursuivent actuellement dans tous les pays civilisés, en Angleterre, en Amérique, en Allemagne, en France, on ne sait encore rien ni de l’étiologie, ni de la nature de cette terrible maladie dont la mortalité est si élevée. Récemment Wassermann a pu détruire chez la souris des tumeurs cancéreuses en injectant dans les veines de la queue un composé d’éosine et d’un sel. de sélénium; mais le cancer de la souris n’est pas celui de l’homme et l’on ne doit pas se hâter de généraliser : la guérison du cancer de l’homme n’est pas encore trouvée. Mais si chez l’homme, le cancer fait de si grands ravages, cela tient en grande partie à l’incurie des malades qui trop souvent viennent consulter trop tard. Le cancer n’est pas une maladie générale, une maladie dans le sang : c’est, au contraire, une maladie qui, au début, est toute locale, mais qui, à la manière d’une mauvaise herbe, grandit et se multiplie. Quand on supprime la tumeur au début et complètement, on a les plus grandes chances de guérison. Un cancer est comme un parasite malfaisant et dangereux, on ne le découvre jamais trop tôt. L’opération chirurgicale doit donc être précoce seule elle permet d’enlever com-
- Fig. i. — L'estomac tel que les auteurs classiques le décrivaient (Sappey).
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- plètement la tumeur : les autres procédés : air chaud, rayons X, radium, etc., sont insuffisants, sauf pour les cancers superficiels. Mais ils sont très utiles pour éviter les récidives.
- Les rayons X constituent un moyen d’investigation précieux qui permet au médecin de préciser un diagnostic hésitant. Récemment, grâce à la radioscopie de l'estomac, toute la pathologie stomacale et intestinale a été complètement remaniée.
- Chez un malade qui a absorbé au préalable un lait de bismuth (50 gr. de bismuth dans 200 gr. d’eau), la radiographie rapide permet d’étudier
- fois (fig. 2). Mais les rayons X ont aussi permis de constater que les situations anormales de l’estomac sont d’une fréquence inattendue. En cas d’abaissement pathologique, de ptose, il n’est pas rare de-rencontrer le bas-fond au niveau du détroit supérieur du bassin (fig. 3). On note de même que sur les radiographies l’ulcère et le cancer se traduisent par des encoches ou des parties qui restent claires et déforment l’estomac.
- La radiographie du gros intestin est également possible, après avoir fait prendre au malade un lavement bismuthé d’au moins un litre. On voit alors
- Fig. i. — Radiographie de l’estomac, sujet debout.
- Type le plus fréquent. Le b,as-fond descend au-dessous de la crête iliaque.
- l’estomac en travail, vivant, en position debout, bien différent de l’estomac du cadavre, inerte, en position couchée, le ventre ouvert.
- On a ainsi constaté que l’estomac normal affecte une forme et une direction assez différente de celle que lui assignaient les traités classiques. Chez l’adulte, l’estomac est allongé et divisé en trois parties : une supérieure, large, claire, la poche à air, une moyenne verticale effilée, tubulaire, une inférieure horizontale,qui va vers le pylore; l’ensemble est situé à gauche de la colonne vertébrale. Le bas-fond de l’estomac se trouve ordinairement au niveau ou même au-dessous de la crête iliaque (fig. 1), c’est-à-dire bien plus bas qu’on ne le croyait autre-
- Clicliés Aubourg.
- Fig. 3. — Le bas-fond altetnl le détroit supérieur. Abaissement concomitant du duodénum.
- nettement les contours des 3 côlons : en particulier le côlon transverse, sur le malade couché, forme une guirlande d’un jeu d’osselets de bismuth, tendus sur une corde à concavité supérieure sous-tendant l’estomac. Sur le malade debout, le côlon transverse s’abaisse et en cas de ptose peut même arriver au détroit inférieur du bassin. On conçoit dès lors toute l’importance que présentent les rayons X pour le diagnostic des maladies de l’estomac et de l’intestin.
- . En ces temps d’aviation nous ne pouvons pas terminer cette chronique sans signaler certains accidents que présente l’homme volant et que Cruchet et Moulinier ont désigné sous le nom de mal des aviateurs. Dr R. Burnier.
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- HYGIENE PUBLIQUE
- L’emploi des rayons ultra-violets par les lampes à quartz, pour la purification hygiénique des eaux potables, a continué à provoquer les plus sérieuses recherches. La Ville de Paris a même réalisé à Ivry des expériences, qui n’ont pas encore abouti à une conclusion nette. Dans les conseils et comités d’hygiène officiels, on s’en tient, pour le moment, à cette impression que ce procédé est peut-être l’avenir, mais que pour le moment il n’est pas encore au point, en dehors ides essais de laboratoire; mais il y a lieu de ne décourager aucun effort dans cette voie; il est probable qu’une importante ville du nord-ouest de la France va se prêter prochainement à un essai en grand et de longue durée.
- Le procédé de stérilisation des eaux par Vhypo-chlorite de soude (eau de Javel), auquel la Ville de Paris a eu recours pendant la sécheresse de l’été 1911, est un moyen de fortune très délicat à employer. Il a donné satisfaction à la capitale, qui avait le pouvoir de le faire surveiller scientifiquement et de très près, et le soin de rejeter celles des eaux ainsi traitées qui, à l’analyse, ne donnaient pas satisfaction. Mais, en dehors des très grandes villes, bien pourvues de laboratoires et de personnel compétent, cette méthode ne saurait être conseillée.
- Le problème de Y alimentation de Toulon en eau potable va enfin être résolu : posé depuis plus de 25 ans, il s’est trouvé mis à l’ordre du jour par les menaces de choléra de juillet et novembre 1911. On achève en ce moment le grand barrage de la vallée de Dardenne, qui doit régulariser les débits, à très grands écarts, des sources de la Fuox et du Ragas. Ce sera le premier exemple d’un travail des plus curieux ; s’il réussit, comme tout le laisse espérer, on pourra en faire beaucoup d’applications similaires aux grandes sources des régions
- calcaires. Nous lui consacrerons un prochain article.
- Les canalisations en cuivre pour les adductions d’eaux ont été reconnues, par le professeur A. Gautier, préférables à celles de plomb, qui sont attaquées par les eaux trop pures, distillées, ozonisées, grave inconvénient pour la santé publique.
- La vaccination antityphique a fait un grand pas en 1911, grâce aux efforts de M. le Dr Vincent, professeur au Val-de-Grâce, membre de l’Académie de médecine. Envoyé en mission au Maroc par le ministre de la guerre, le professeur Vincent a appliqué son procédé aux troupes expéditionnaires, et les résultats obtenus ont été particulièrement probants en faveur de cette nouvelle méthode de défense contre la terrible maladie (V. La Nature du 20 janvier).
- L’Exposition internationale d'hygiène de Dresde a été un grand succès et une merveille de démonstrations ; elle a prouvé combien, malgré les efforts de l’administration et le désintéressement des savants qui la secondent, la France était, faute de crédits, encore en retard, quant à l’hygiène publique en général (n° 2008).
- La fièvre de Malte a été débaptisée sur la demande des habitants de cette île et appelée fièvre méditerranéenne. On en a parlé en France en 1910-1911, parce qu’elle a sévi dans le sud desCévennes; c'est une maladie propagée par la chèvre et même par la brebis (V. n° 1969).
- En Extrême-Orient et surtout en Mandchourie, la peste a exercé des ravages terribles pendant l’hiver de 1911 ; le fléau a provoqué de magnifiques études scientifiques et des mèsures protectrices qui l’ont empêché d’arriver en Europe (V. n° 1971). En France, la lutte contre le choléra (V- n° 1996) est parvenue à empêcher l’invasion du territoire.
- E.-A. Martel.
- GÉOGRAPHIE ET OCÉANOGRAPHIE
- Un nouvel effort collectif, très important, se prépare et s’effectue pour la reconnaissance de l’Antarctide dont est revenue l’an dernier la deuxième expédition française du Dr Charcot. On veut surtout préciser les relations des terres antarctides entre elles, et la poursuite, un peu sportive, du pôle Sud, passe au second rang. Une expédition anglaise, subventionnée par le gouvernement australien (capitaine Scott sur Terra Nova) s’est rendue au cap Evans dans la Terre Victoria qui doit servir de point de départ pour la inarche vers le pôle Sud. L’expédition allemande Filchner devait, par Buenos-Ayres, gagner la Géorgie du Sud, la mer de Weddell et la Terre de Coats, base d’opérations pour l’excursion en traîneaux, qui doit gagner la mer de Rossi. L’expédition écossaise Brence doit faire le trajet en sens inverse. On pourra ainsi préciser les relations entre l’Antarctide américaine (Terre de Graham) et l’An-
- tarctide australienne (Terre de Victoria) et reconnaître si Ton a affaire à un continent unique ou à deux masses de terre distinctes. De plus, le norvégien Amundsen, sur lcFYam, se trouvait en février 1910 dans les parages de la terre Édouard VJI. Enfin, un Australien, Douglas Mawson, doit reconnaître les 3000 kilomètres de la Terre de Wilkes situés en face de l’Australie et de la Tasmanie.
- En Afrique, la publication des travaux de la mission Tilho a fourni des précisions sur la région du Tchad et a fait connaître, en particulier, à l’Est de ce lac (ait. 243 mètres), l’existence d’une dépression, sans écoulement de 80 mètres, le Bodelé (Koro Eidingre, ait. 160 mètres).
- En Asie, on peut signaler l’exploration hydrographique du Ya-Long et du Yang-Tsé par Andemark et les recherches de la mission Legendre au Yun-nam et au Se-Tchouen.
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- MARINE
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- La France a adopté l’heure fnselaire réglée sur le méridien de Greenwich, retardant ainsi de 9 min. 21 sec. l’heure légale en cours auparavant. (V.n°1970).— Le Portugal aussi a adopté l’heure fuselaire. Paul Lemoine.
- Docteur ès sciences.
- Chef des travaux au Muséum.
- Deux ordres de préoccupations se réveillent cette année, l’étude de la Méditerranée et les problèmes relatifs aux faunes polaires.
- Plusieurs réunions tenues à Monaco, puis à Paris et à Rome, ont conduit les nations latines à essayer d’organiser une entente internationale pour l’exploration de la Méditerranée, analogue à celle déjà existante pour l’étude de la mer du Nord. Les
- premiers travaux ont été entrepris; ceux du « Thor » ont vérifié et précisé ce qu’on savait depuis longtemps, qu’au - dessous d’une prof on-
- I^~
- ISOO 2000
- Mètres
- Fig. i. — Variations de température avec la profondeur de Peau de la Méditerranée {en haut) et de VAtlantique {en bas).
- 700 mètres, l’eau de la Méditerranée a une température très uniforme d’environ 15°, cette constance de température est due à la faible profondeur (400 mètres) du détroit de Gibraltar qui empêche l’entrée des eaux froides du fond de l’Atlantique, si bien que la température des profondeurs de la Méditerranée dépend de facteurs locaux et entre autres de la température minima de l’eau de surface, 13° environ. L’eau est un peu plus chaude et plus salée dans la partie orientale à l’Est de l’Italie.
- Les échantillons d’animaux rapportés par les diverses expéditions antarctiques commencent à être étudiés par. les spécialistes de chaque groupe d’animaux; certaines espèces se rencontrent uniquement près des côtes de l’Antarctique, d’autres sont cosmopolites, d’autres encore se retrouvent dans les
- mers voisines des deux pôles sans qu’on connaisse leurs représentants dans les eaux intermédiaires. Ces dernières espèces, auxquelles on applique le qualificatif de bipolaires, ont une répartition difficile à expliquer; quelques-unes sont réellement cosmopolites, habitant les eaux superficielles près des pôles et les eaux profondes et froides des régions tropicales, mais d’autres, localisées seulement dans les régions polaires ne peuvent être expliquées que comme des.restes d’espèces répandues autrefois sur toutela surface du globe et séparées à l’époque où le refroidissement des pôles s’est produit.
- Parmi les applications de l’océanographie aux pêches, il faut citer les efforts du Dr Gruvel pour amener l’exploitation des fonds de pêche des côtes delà Mauritanie.
- Les côtes de nos possessions de l’Afrique occidentale sont très riches en poissons et en crustacés ; les langoustes, voisines de celles de nos côtes, y
- abondent et commencent à être expédiées sur le marché français. Des pêcheurs bretons viennent d’aller s’installer sur les côtes africaines pour exploiter ces
- riches fonds de pêche. „ T
- R. Legendre.
- Docteur ès sciences.
- Préparateur de physiologie au Muséum
- Fig. 2. — Langouste royale des côtes de Mauritanie.
- MARINE
- L’année 1911, féconde en orages politiques, a été avant tout, pour la plupart des nations, une année de préparation à la guerre. L’industrie a subi le contre-coup de cette situation : les applications militaires ont été au premier rang de ses préoccupations. Notons également une activité inusitée dans le domaine de la marine de commerce; à vrai dire, celle-ci, le principal instrument d’expansion des peuples, peut encore compter comme arme de
- guerre. On ne s’étonnera donc pas que nous donnions dans cette rapide revue une importance prépondérante aux questions militaires et maritimes et que nous commencions par ces dernières.
- Les marines militaires à la fin de 1911. — L'Angleterre. — L’Angleterre a renoncé à la règle du Two Power s Standard, en vertu de laquelle sa flotte devait pouvoir faire face aux deux plus puissantes flottes réunies, elle a adopté la règle de Two
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- Keels to one, dans laquelle, considérant l’ennemi probable, c’est-à-dire l’Allemagne, elle met en chantier deux unités pour une.
- Pendant l’année 19H, la flotte anglaise de ligne s’est accrue de 3 grands cuirassés de 20000 tonnes du type Neptune, entrés en service. Les 4 cuirassés du type Orion de 22500 tonnes (10 pièces de 54 cm) entreront en service dans le courant de 1912.
- programme nettement défini : 58 bâtiments de ligne dont 20 grands croiseurs-cuirassés, 38 éclaireurs, 144 torpilleurs et sous-marins.
- A la fin de 1911, 12 grands cuirassés de plus de 18000 tonnes sont à l’eau, 8 sont en service, avec 2 grands croiseurs-cuirassés sur 5 tous lancés.
- Les forces navales allemandes sont réparties en une flotte de haute mer toujours prête et une flotte
- Le sous-marin anglais armé de canons. — Les 3 phases de la manœuvre. i. Les canons sont rentrés dans le sous-marin. — 2. Les volets s’ouvrent. — 3. Les canons en position de tir.
- Enfin 2 cuirassés de 25 000 tonnes du type King-Georgé, sur les 4 prévus, sont déjà lancés.
- Parmi les grands croiseurs-cuirassés, une unité du type lndefatigable de 18 750 tonnes et 26 nœuds est entrée en service. Les deux autres y arriveraient en 1912.
- Dans la classe Princess Royal, de 26000 tonnes et 28 nœuds, avec 8 pièces de 34 cm, le Lion va prendre armement avant la fin de 1911 et deux autres unités qui seront prêtes en 1912.
- Contre les forces navales allemandes, l’Angleterre peut actuellement mettre en ligne la Home Fleet composée de 17 cuirassés, 9 croiseurs-cuirassés, équivalente à la flotte allemande, cette Home Fleet étant d’ailleurs immédiatement appuyée par l’Atlantic Fleet de 6 cuirassés, 4 croiseurs-cuirassés.
- Enfin, la mobilisation mettrait presque instantanément à la disposition de l’Amirauté encore 23 cuirassés et 15 croiseurs-cuirassés, sans compter 6 cuirassés et 4 croiseurs-cuirassés restant disponibles en Méditerranée (*).
- Allemagne. — L’activité navale n’est pas moindre en Allemagne où se prépare, avec une méthode et une précision admirables, la flotte prévue dans un
- 1. Ces renseignement comme beaucoup d’autres que je reproduis ici m’ont été très obligeamment fournis par la Ligue Maritime Française et Le Yacht.
- de réserve. Toutes deux doivent compter 17 cuirassés et 4 croiseurs-cuirassés, avec 12 éclaireurs.
- France. — L’année 1911 a vu entrer en ligne les 6 beaux cuirassés de 18 000 tonnes du type Danton qui ont pris part aux manœuvres et montré des qualités de premier ordre. Ils constituent avec les 5 unités du type Patrie et le Suffren (*) (2e escadre), plus 6 grands cuirassés, notre première armée navale, en Méditerranée et à laquelle se joindraient, au besoin, les 6 cuirassés plus anciens et 3 grands cuirassés de la 3e escadre maintenue en temps ordinaire dans l’Atlantique.
- Les cuirassés Courbet et Jean-Bart, de 23900 t.
- (12 pièces de 30 cm), ont été lancés à Brest et Lorient en septembre. La construction de deux autres unités identiques, France et Paris a été commencée. On compte en 1912 continuer en mettant sur cales deux ou trois imitées (dont une pour remplacer la Liberté), de même tonnage, 23 000 tonnes, mais dont l’armement sera composé de 10 canons de 34 cm, tous placés dans l’axe du navire.
- Nous ne pouvons pas ne pas rappeler, ici, l’horrible désastre de la Liberté : ce beau cuirassé a sauté le 25 septembre 1911 en rade de Toulon : l’explosion qui semble due à l’inflammation spontanée des
- 1. Remplaçant la Liberté.
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- poudres B défectueuses, a causé la mort de 210 officiers et matelots. Une réforme complète dans la fabrication de nos poudres de guerre a été la principale sanction de cette catastrophe.
- États-Unis. — La marine américaine continue à s’accroître chaque année de deux puissantes unités. C’est ainsi que les derniers cuirassés de la classe Delaware, de 22 000 tonnes et 10 pièces de 30 cm, vont entrer en service.
- Deux autres de 26000 tonnes et 12 pièces de 30 cm, la Wyoming et Y Arkansas lancés en 1911 seront achevés en 1912.
- Le Texas et le New-York de 27 000 tonnes et
- 10 pièces de 35 cm ont été mis en chantier en 1911. Enfin on a établi les plans de deux cuirassés de 50 000 tonnes Nevada et Oklaoma dont la construction sera commencée en 1912.
- L'Italie tend à constituer une armée navale de deux escadres comptant chacune 8 cuirassés, et 5 grands croiseurs-cuirassés. En 1911, on a lancé 5 cuirassés de 23000 tonnes qui porteront 13 pièces de 30 cm, dont 9 seront renfermés dans des tourelles triples. Le premier des bâtiments de ce type, le Dante Alighieri, a été mis à l’eau en 1910.
- 11 sera le premier navire à tourelle triple.
- 4 croiseurs-cuirassés de 10 000 tonnes armés de 4 pièces de 25 cm, 8 de 19 cm sont entrés en service en 1911. Le San Giorgio a éprouvé l’accident relaté d’autre part.
- L'Autriche manifeste de plus en plus de grandes ambitions maritimes. Elle a lancé en 1911 la première unité d’une division de 4 cuirassés, dont deux autres sont en chantier, la quatrième devant y être mise l’année prochaine. Le bâtiment lancé a été dénommé Viribus Unitis, il jauge 20000 tonnes et portera 12 pièces de 30 cm en 4 tourelles triples.
- On a achevé en 1911 3cuirassés de 15000tonnes armés de 4 pièces de 30 cm, 8 de 24 cm.
- Russie. — 4 cuirassés de 17 000 tonnes sont entrés en service en 4911 dans la Baltique et 2 de
- 12 500 tonnes dans la mer Noire.
- 3 cuirassés de 23 000 tonnes ont été lancés, 1 autre reste encore sur les chantiers.
- Changements et progrès dans le matériel naval. — Artillerie des navires de guerre. — L’année 1911 aura marqué l’entrée en service d’un canon de 54 cm. C’est encore en Angleterre
- Les tourelles superposées des nouveaux cuirassés anglais.
- Les obus modernes. — Obus anglais de 34 cm de diamèlre.
- que ce pas en avant est fait. En réalité on trouve dans plusieurs marines et depuis longtemps des canons de ce calibre et même d’un calibre supérieur.
- C’est ainsi que, pour ne parler que des navires encore armés, le cuirassé français Brennus lancé en 1892 porte 3 pièces de 340 mm qui n’ont été reproduites sur aucun de nos navires postérieurs, de même les croiseurs cuirassés italiens Re Umberto, Sardegna, Sicilia, datant de 1889 sont armés de 4 canons de 343 cm.
- Mais avec YOrion anglais, c’est un système nouveau qui entre en scène. Tout l’avancement prin-cipal'ne comprend plus, en effet, que des pièces de 34 cm et il est certain que cet exemple va être suivi par-toutes les grandes marines. On annonce que les cuirassés allemands du type Prinz Regent Luitpold porteront 10 canons de 55 cm. Il en sera de même des cuirassés américains. De plus on parle toujours pour les navires allemands d’un canon de calibre énorme de 38 cm. Il est à noter que l’Allemagne s’était fermement tenue, jusqu’à l’année dernière, au canon de 280 mm. Sous la pression de la mode, la France va suivre l’exemple de ses voisins et les plans des 2 ou 5 cuirassés que le Ministre de la marine compte mettre en chantiers en 1912 comportent un avancement de 10 pièces de 54 cm.
- Il importe de dire que beaucoup de nos officiers estiment que le canon de 30 cm qui arme tous nos cuirassés jusqu’à présent est l’arme idéale, capable de produire tous les effets qu’on peut attendre d’un canon aux distances où on se battra. Celle de 10 000 m., dont on parle beaucoup, ne pourra être, disent-ils, qu’une distance d’engagement, à laquelle les escadres ennemies ne pourront se tenir sous peine de vider leurs soutes sans produire de résul-
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- tats décisifs. On se rapprochera donc forcément à 6 ou 7000 m., et là, et même à une distance bien plus considérable, le 30 cm fournira, au point de vue de la pénétration des cuirassés actuels, les mêmes résultats que les calibres supérieurs. Il possède, en revanche, des avantages incontestables : poids moindre, c’est-à-dire, nombre de pièces plus grand pour un même tonnage, approvisionnement de munitions plus considérable, ce qui est essentiel, vitesse de tir plus grande.
- Notons quelques innovations importantes, quoique dé moindre envergure.
- On voit mettre en service les premières boussoles
- fondées sur le principe gyroscopique. Il y a là une application très intéressante et capable de rendre les plus grands services. Les boussoles magnétiques, à bord des navires modernes tout en acier, sont, en effet, extrêmement difficiles à régler et sujettes à des variations nombreuses et considérables qui constituent un danger redouté des marins.
- On place un canon sur les sous-marins pour leur éviter de tomber, en cas d’avarie les empêchant de plonger, entre les mains de la première embarcation venue, ou du moindre torpilleur. Cette installation est acquise en Angleterre et encore à l’étude en France. J ' C* Sauvaire Jourdan.
- LES NAVIRES ET LES PORTS DE COMMERCE
- Tous les ports de commerce du monde se transforment sans arrêts, les uns plus vite, les autres plus lentement, mais aucun n’échappe à cette loi impérieuse, conséquence nécessaire de la multiplication intensive des relations entre individus et entre peuples, de l’accroissement de la population du globe, et de l’augmentation des besoins. Nous allons résumer ici les plus importants travaux actuellement en cours.
- Ces travaux étant étroitement liés à l’augmentation du tonnage des navires, quelques mots tout d’abord sur cette question. Les dimensions de quelques bâtiments récents ont aujourd’hui dépassé le gigantesque. Continuera-t-on dans cette voie? Le bâtiment de gros tonnage est séduisant parce que plus économique : un navire de 50000 tonnes transportera à vitesse égale, plus de marchandises que 2 navires de 25000 tonnes, et à moindres frais. D’autre part, pour le premier les risques de perdition sont plus graves; plus inquiétant aussi le problème du fret. Aussi y a-t-il lieu de croire qu’après la. course folle de ces dernières années, on va marquer un temps d’arrêt. Voudrait-on aller plus loin que l’on serait arrêté par la difficulté de trouver des ports pour ces monstres flottants.
- Les deux plus grands navires actuellement en construction sont : YAquitania (anglais), long de 269 m. 92, large de 29 m. 12, de 10 m. 37 de tirant d?eau, déplaçant 55 000 tonnes, et Ylmpe-rator (allemand), de dimensions à peu près identiques aux précédentes.
- Quelles machines actionnent ces géants ?
- Le perfectionnement des divers moteurs a été
- la tâche essentielle de la mécanique en 1911.
- Le problème du moteur à combustion interne est celui qui continue à passionner le plus les ingénieurs. Les avantages attendus justifient tous les efforts : suppression des chaufferies, chaudières, cheminées, disparition de la fumée, réduction des trois quarts dans le poids du combustible nécessaire pour un rayon d’action donné. La supériorité maritime est l’enjeu de la lutte technique engagée sur ce domaine. On a beaucoup tâtonné cette année ; les essais de gros moteurs marins dépassant 1000 chevaux se sont multipliés. Mais les résultats ne sont nulle part encore décisifs.
- La turbine à vapeur, qui reste la machine idéale aux grandes vitesses, est coûteuse pour les bâtiments à vitesse moyenne. Ceux-ci se trouvent bien de l’association de la turbine avec la machine à piston : cette dernière étant la machine principale, la turbine servant d’organe accessoire pour l’utilisation des vapeurs d’échappement (Voy. Nature, 3 décembre 1910).
- > La transmission du mouvement entre turbine et hélice pose également un gros problème mécanique. Les vitesses de régime de la turbine et de l’hélice marine étant différentes, ces deux organes, en accouplement direct, font mauvais ménage, incompatibilité d’humeur qui se traduit par une perte de rendement.
- Il faut donc intercaler entre les deux organes un changement de vitesse. On a essayé bien des solutions : transmission hydraulique, électrique ou mécanique. Cette dernière, la plus simple, qui ne fait usage que d’engrenages, a le mieux réussi (Voy. Na-
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- ture, 7 mai 1910). Aux États-Unis, le réducteur de vitesse à engrenage de Westinghouse, étudié par MM. Melville et Mac-Alpine, a été appliqué sur le croiseur Neptune. La puissance transmise est de 4000 chevaux. En Angleterre, un dispositif analogue en principe, et mis au point par Parsons, a été em-
- la pointe de Grave un port d’escale pouvant recevoir des navires d’un tirant d’eau de 12 m. qui sont dans l’impossibilité de remonter jusqu’à Pauillac, port d’escale actuel des Transatlantiques se rendant aux Antilles et dans l’Amérique du Sud.
- Marseille n’est pas négligé. De nouveaux bassins,
- Bateaux à vapeur d'hier et d’aujourd’hui. —L’ « Olympie n de z5o mètres de long et le « Clermont-Tonne7-re » de Fulton, le premier navire à vapeur mis en service en 1807.
- ployé sur le Vespasian ; la puissance transmise est celle de deux turbines, donnant en tout 900 chevaux, tournant à 1400 tours et actionnant une hélice tournant à 70 tours.
- Les ports que l’on aménage actuellement, à l’intention de ces navires géants, ne laissent à leurs rivaux qu’une faible marge d’accroissement. On s’est arrêté à des ouvrages pouvant recevoir des navires longs au maximum de 300 m., larges de 30 m. et d’un tirant d’eau de 10 m. 50.
- Au Havre, notre grand port sur la Manche, on vient de créer un nouvel avant-port dont on a eu soin de placer l’entrée à l’abri des dépôts des allu-vions de la Seine. En dehors des digues de cet avant-port et dans son intérieur on a creusé un chenal qui devra donner accès, à toute heure de la marée, aux navires d’un tirant d’eau maximum de il m. De nouveaux travaux, dont le montant de la dépense s’élève à 87 millions, vont être entrepris; on veut créer par une emprise sur la mer un bassin de marée aménagé pour recevoir, en tout temps, les plus grands transatlantiques actuels. On construira également une forme de radoub de 300 m. de longueur et de 37 m. 50 de largeur.
- Des travaux très importants, et décrits dans le n°.2003 de La Nature, ont été entrepris au port de Bordeaux. Mais, en prévision de l’ouverture prochaine du canal de Panama, on projette de créer à
- la Madrague, sont en construction et des dragages se poursuivent pour augmenter les profondeurs d’eau et recevoir des steamers de 12 m. de tirant. La surface des bassins atteint 197 hectares et la longueur de quais 21 kilomètres.
- Le port le plus important du monde comme trafic, celui de Londres, jusqu’ici administré par diverses sociétés indépendantes dont les revenus étaient insuffisants, est passé, en 1908, dans les mains d’une seule administration qui va dépenser immédiatement une somme de 112 millions de francs : nouveaux bassins à flot, nouvelles écluses de 210 à 300 m. de long et de 13 m. 70 de tirant d’eau. On obtiendra ainsi une surface de bassins de 140 hectares et une longueur de quais de ^^kilomètres. De plus, le chenal de la Tamise en aval des docks et jusqu’à la mer, sera dragué de manière à donner un tirant d’eau de 9 m. aux plus basses mers et plus tard de 10 m.
- A Liverpool on poursuit les dragages de la barre de la Mersey en vue d’obtenir une profondeur de 9 m. 15 aux plus basses mers.
- Southampton, grâce à d’importants travaux (Voy. n° 1996), est devenu le port d’attache de nombreuses et importantes compagnies, de navigation. Elles y trouvent l’accès aux plus basses mers pour des navires de 10 m. 50 de tirant d’eau.
- Le trafic du port d'Anvers ne cesse de croître.
- La progression des navires à vapeur depuis 1837. (Les longueurs sont indiquées dans la ligne du haut).
- «JT
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- Là encore d’importants agrandissements sont nécessaires et vont être effectués d’urgence : on y dépensera 175 millions. On rectifiera le cours sinueux de l’Escaut, en aval d’Anvers, au moyen d’un nouveau chenal de 50Ô m. de largeur avec un tirant d’eau de 8 m. aux basses mers, le long duquel seront construits des murs de quai et des cales d’accostage. Puis on construira un bassin canal parallèle au nouveau lit du fleuve sur le bord duquel seront aménagées neuf darses d’une surface de 193 hectares. Le canal parallèle et ces darses qui formeront bassin à flot au moyen d’une écluse à sas
- Gomme on le voit d’importants travaux sont en cours dans les différents ports européens et si l’exécution de ces travaux se poursuit activement à l’étranger, on peut regretter la lenteur avec laquelle ils s’opèrent en France et on peut se demander quand les programmes élaborés depuis longtemps seront achevés et permettront de faire sortir nos grands ports de leur état actuel d’infériorité.
- Il existe au départ de l’Europe trois lignes de grande navigation : l’une, la plus importante, se dirigeant vers New-York ; la seconde vers l’Extrême-Orient, soit au Japon, soit en Australie; la troisième
- Le Canal de Panama.— L’aspect futur des écluses de Gatun.Les bâtiments seront halés par des locomotives électriques. (D’après Scientific American).
- placée au débouché du canal dans l’Escaut auront un tirant d’eau de 12 m.
- Rotterdam, ne reste pas en arrière : on vient de commencer la construction d’un nouveau bassin, le Waalhaven, dont la superficie atteindra 300 hectares avec un mouillage de 7 m. aux basses mers. On continue également à approfondir le chenal de la Meuse ainsi que son embouchure à Hoek van Holland afin d’obtenir une largeur continue de 450 m. avec un tirant d’eau de 8 m. 50 aux basses mers.
- Brême, qui sert de points d’attache à de nombreuses lignes de navigation et notamment au Nord Deutscher Lloyd, a pris, dans ces derniers temps, une grande extension par la création de nouveaux bassins à flot communiquant avec le Weser au moyen d’écluses.
- A Hambourg, le port le plus important de l’Allemagne, les bassins déjà construits ne suffisent plus et de nouveaux bassins, sur la rive gauche de l’Elbe, sont en construction ou en projet. Des dragages se poursuivent dans l’Elbe afin d’obtenir un mouillage de 10 m.
- Avant de terminer ce qui a trait aux grands ports européens revenons à la Méditerranée et au port de Gênes, le grand rival de Marseille, et qui, comme lui, offre de réelles facilités pour l’accès des grands navires. Aussi, poursuit-on avec une activité fébrile la construction de nouveaux bassins en emprise sur la mer, et qui donneront une profondeur de 12 m. au pied de leurs quais.
- se dirigeant vers les Antilles et l’Amérique du Sud. Quels sont les travaux faits aux divers grands ports d’escale sur ces routes?
- Pour la première on vient de terminer les dragages du chenal Ambroise qui sert d’accès au port de New-York et où le mouillage est actuellement de 12 m. 20 aux plus basses mers et suffisant pour recevoir les plus grands navires actuels.
- Le tirant d’eau des navires qui fréquentent les ports de l’Extrême-Orient est limité par celui du canal de Suez qui, dans un avenir très prochain, sera porté à 10 m. avec une largeur uniforme au plafond de45 m.
- Les divers grands ports d’escale qu’on rencontre sur cette ligne sont : Colombo dans l’île de Ceylan où les profondeurs sont aujourd’hui de 10 m. 80 et seront prochainement augmentées par des dragages. On y construit une forme de radoub de grande dimension. Puis Singapour, Hong-Kong, Kobé, ports magnifiques offrant des mouillages de grandes profondeurs, et qui, vraisemblablement, n’exigeront jamais l’intervention de la drague.
- Sur la ligne d’Australie des travaux importants ont été faits au port de Freemantle qui aujourd’hui peut recevoir à quai les grands navires actuels.
- Passons maintenant à la troisième et dernière ligne, celle qui relie l’Europe avec F Amérique du Sud et la côte Occidentale d’Afrique. Dakar est aujourd’hui complètement en état, avec des fonds variant entre 6 m. 50 et 8 m. aux basses mers.
- Il y a vingt ans sur les côtes de l’Amérique du
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- Sud, il n’existait pour ainsi dire rien comme ports. Dans ces dix dernières années, le Brésil a dépensé 600 millions de francs pour la construction des ports de Santos, Rio de Janeiro, et Manoes. A Para, Pernambuco, Bahia et Rio Grande do Sul des installations considérables sont en voie d’exécution pour permettre l’accès de navires ayant un tirant d’eau de 10 m.
- Le port actuel de Buenos-Ayres qui, depuis vingt ans, a absorbé plus de 200 millions de francs èt qui a à faire face à un trafic de 25,5 millions de tonnes de jauge ne suffit plus. Un nouveau port qui va coûter 250 millions de francs est en construction (Voy. n° 1906, Suppl.). Citons également le port de Rosario dont le trafic dépasse 2,5 millions de tonnes de jauge et qui a coûté près de 100 millions. Des travaux considérables sont également entrepris aux ports de la Plata, de Bahia Blanca et de Mar del P lata. Dans l’Uruguay plus de 60 millions ont été dépensés pour la création d’un port en eau profonde
- à Montevideo. Sur la côte occidentale de l’Amérique du Sud des travaux très importants viennent d’être entrepris au Chili pour l’amélioration du port de Valparaiso.
- Un fait très important va prochainement se produire : l’ouverture du canal de Panama (Voy. n° 1930) ; avec son tirant d’eau minimum de 13 m.; il est à prévoir qu’il modifiera profondément les relations de l’Europe avec les ports de la côte occidentale d’Amérique ou d’Océanie d’une part et, surtout, d’autre part, les relations mutuelles des divers points des deux Amériques. Les puissances maritimes se sont donc empressées d’étudier les nouvelles installations à faire en vue de ces modifications. La France possède deux sites qui pourraient faire de magnifiques ports d’escale avec dépôt de charbon: l’un à la Martinique, à Fort de France; l’autre à Tahiti. Aussi une mission vient-elle d’être envoyée sur les lieux afin d’étudier la mise en valeur de ces deux points. R. Bonnin.
- LES SCIENCES MILITAIRES
- Pour rendre possible à la guerre, dans de bonnes conditions, l’emploi des armées modernes dont les effectifs dépassent le million, il faut mettre à leur disposition toutes les ressources les plus perfectionnées que peuvent offrir les diverses branches de la science, il faut aussi les composer avec des hommes robustes et entraînés judicieusement.
- Pour l’armement, les armes en service à l’heure actuelle, tant en France qu’à l’étranger, étant déjà très perfectionnées, et de valeur presque équivalente, on s’est borné cette année à étudier quelques modèles de fusils automatiques pour être prêts, le
- On a aussi perfectionné de plus en plus les moyens de communication par voies ferrées et par routes, en cherchant surtout à compléter l’action intense des chemins de fer, par l’emploi le plus large de l’automobilisme. Des expériences nombreuses, ont permis de fixer le meilleur mode d’emploi des camions automobiles, et d’en arrêter complètement la mobilisation.
- L’intendance a recherché les meilleurs moyens de conserver les denrées ou de les transporter rapidement, de grandes maisons alimentaires sont outillées pour fournir à la mobilisation les boîtes de con-
- i. Mitrailleuse automobile contre aéroplanes. — 2 et 3. Deux types de camions automobiles militaires.
- cas échéant, à en décider la fabrication, sans risque d’être distancés.
- En ce qui concerne les engins de reconnaissance, l’année 1911 marque un progrès considérable. L’emploi à la guerre des ballons dirigeables et des aéroplanes est un fait capital, disons une révolution..
- De son côté, l’artillerie a créé des auto-canons ou des auto-mitrailleuses, destinées à poursuivre les engins aériens, et à s’efforcer de les détruire. Ces engins, surtout les premiers, auront des effets certains contre les ballons dirigeables, mais contre les aéroplanes, ils restent assez peu efficaces.
- serves de viandes necessaires, des expenences de congélation ont été faites également, et, grâce à l’automobilisme, on peut, d’autre part, compter transporter chaque jour la viande fraîche, abattue avec les soins voulus dans des abattoirs urbains.
- De nombreux essais comparatifs de boulangeries de campagne ont permis de déterminer le modèle le plus capable de fournir chaque jour le plus grand nombre de rations de pain de bonne qualité.
- Quant aux liaisons entre les divers échelons du commandement on s’est efforcé de les rendre aussi rapides et aussi sûres que possible, d’une part en
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- LA LOCOMOTION AÉRIENNE
- donnant aux généraux des moyens de transport rapides (voitures automobiles de tourisme), tant pour eux-mêmes que pour leurs agents de liaison, d’autre part, en dotant les armées de tous les perfectionnements connus de télégraphie et de téléphonie.
- En particulier, on à expérimenté des postes à
- grande portée de télégraphie sans fil, on a installé des organes de ce genre sur des ballons dirigeables et même sur des aéroplanes, en permettant ainsi à ces merveilleux engins de rester en communication ininterrompue avec les troupes amies.
- D. Renaüd.
- LA LOCOMOTION AÉRIENNE
- >•. L’aviation militaire. — Un fait que l’histoire retiendra domine l’année 1911 : les aéroplanes ont fait leur apparition sur les champs de bataille. Les italiens les ont utilisés dans leur .difficile campagne il^ Tripolitaine et ils leur attribuent la meilleure part du succès de leurs opérations.
- La France peut, à bon droit, revendiquer pour elle l’honneur d’avoir prévu le rôle militaire du plus lourd que l’air : la première, elle a organisé la quatrième arme et donné un exemple que toutes
- camp de Châlons en 1911 ont montré qu’il était le' plus parfait des observatoires; « les résultats acquis Sont tels, disait le ministre de la guerre, qu’il est possible de dire que ces appareils sont des auxiliaires des plus utiles, sinon indispensables, pour le contrôle et le réglage du tir de l’artillerie ».
- Et sans doute l’aéroplane ne bornera pas son rôle à ces diverses missions auxiliaires ; tout laisse prévoir qu’il s’élèvera à la dignité d’engin de combat. Les Italiens ont fait en Tripolitaine des expériences
- ’ Lancement de bombes en aéroplane. L’appareil du lieutenant américain Scott. (.D’après Scientific American).
- les autres nations se mettent en devoir de suivre. L’aviation qui, au budget de 1909, ne figurait que pour mémoire, absorbait 2 millions en 1910, plus de 12 millions en 1911. Notre flottille d’aéroplanes se monte actuellement à plus de 200 machines et sera très fortement accrue cette année.
- C’est peu de chose que de posséder des machines ; nous avons mieux : nous avons une légion de pilotes, d’observateurs et de mécaniciens parfaitement exercés ; F aviation militaire a une « doctrine » qu’ont précisée les manoeuvres de 1911. Elle est fixée sur le rôle qu’elle devra remplir en temps de guerre : l’aéroplane sera tout d’abord un engin de reconnaissance et d’information : les performances actuelles-lui permettent ‘de participer de façon efficace au service d’exploration à grande distance et à la recherche du gros de l’ennemi (reconnaissance stratégique); pendant la bataille, riul des «mouvements essentiels du parti adverse ne lui échappera (reconnaissance tactique)'. Il sera en outre, au combat, le plus sûr et le" plus rapide des agents de liaison.
- L’artillerie trouvera daris l’aéroplane un précieux: auxiliaire;* des expériences--faites à Verdun et au
- de lancement de bombes, du haut d’aéroplanes ; elles ont fait, dit-on, profonde impression sur les Turcs. Il ne faudrait pas s’exagérer cependant l’efficacité de cette artillerie aérienne, dont la puissance est nécessairement très limitée. Les aéroplanes, vraisemblablement, s’armeront, mais avant tout pour lutter contre les aéroplanes adverses.
- Aux dernières manœuvres, on avait réalisé une véritable mobilisation aérienne qui fut du plus utile enseignement : on y a mis à l’essai une section d’expériences, comportant des hangars démontables, des automobiles pour convoyer et aider les aéroplanes, des camions automobiles portant approvisionnements et pièces de rechange, un atelier mobile. Les artilleurs expérimentaient une roulotte pour transport d’aéroplanes.
- Ainsi l’aviation possède aujourd’hui jusqu’à ses trains de combat. Sur quoi portera l’effort de 1912 ? « Il faut doter, dit M. Clémentel, rapporteur du! budget de la guerre, chacune de nos grandes unités et nos divisions de cavalerie, d’une escadrillé aérienne ». Et de leur côté les artilleurs réclament, avec énergie, l’organisation de l’aviation d’artillerie.'
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- LA LOCOMOTION AÉRIENNE
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- L'aviation navale. — L’aéroplane rendra de grands services à la marine comme à l’armée. Mais son rôle n’y est pas encore aussi bien défini. À signaler plusieurs essais d’hydroaéroplanes : le Curliss, le Fabre, le Voisin.
- Le tourisme aérien. Les grands raids. — En dehors de son rôle militaire, l’aéroplane n’a encore trouvé aucune application véritable. L’excès de péril écarte les hommes de
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- 170 —. . ; LA locomotion aérienne
- sport : les professionnels sont assez nombreux, mais combien rares sont les amateurs.
- Cependant l’on s’est beaucoup préoccupé de faciliter aux touristes de demain la circulation sur les routes .de l’air. L’Aéro-Club d’une part, le Service géographique de l’armée de l’autre ont dressé des cartes spéciales pour aviateurs. Différents systèmes de signalisation ont été proposés pour permettre aux pilotes de s’orienter aisément.
- Enfin le récent décret réglementant la navigation aérienne impose des règles de circulation à tous les navires de l’air.
- L’industrie de l’aéroplane. Les appareils. — Il n’y a pas à signaler de modifications saillantes dans la construction des appareils : on ne peut nier, cependant, que, grâce à l’étude minutieuse et approfondie de tous les organes, de très importants progrès aient été réalisés : quelques faits suffiront à les mesurer ; les premiers biplans Farman et Dela-grange pesaient 500 kilogrammes ; il leur fallait des moteurs de 40 chevaux ; aujourd’hui un moteur de 60 chevaux suffit à la propulsion de 1200 kilogrammes. Le ministère de la guerre avait arrêté en 1910 les conditions d’un concours pour aéroplanes militaires : ces conditions parurent, à l’époque, fort rigoureuses : elles comportaient diverses épreuves d’atterrissage avec 300 kilogrammes de charge utile, une épreuve d’altitude, et un voyage de 300 kilomètres en circuit fermé, sans escales, avec 300 kilogrammes de poids utile. Sur 52 appareils engagés, 9 se trouvèrent qualifiés pour l’épreuve finale. C’est là un résultat des plus remarquables, surtout si l’on tient compte que beaucoup de constructeurs, absorbés par les grandes épreuves sportives, n’ont pu consacrer l’effort nécessaire à la préparation de ce difficile concours.
- Rappelons que le vainqueur fut Weymann, sur monoplan Nieuport. Ainsi s’est affirmé le mérite des conceptions du regretté constructeur, qu’un déplorable accident enleva trop tôt à l’aéronautique.
- Les tendances qui se sont le plus affirmées dans la construction au cours de 1911, sont l’augmentation de la vitesse des appareils, l’accroissement de la puissance des moteurs : les biplans réduisent ou effacent leurs surfaces portantes ; nombre de moteurs atteignent 100 chevaux, quelques-uns 140. Le record de vitesse dans l’heure dépasse 140 kilomètres.
- Grâce aux soins apportés dans la construction dos appareils, grâce aussi à la sévérité croissante des essais et des épreuves de réception, les nouveaux
- appareils, malgré leur vitesse, ne semblent pas plus dangereux que leurs prédécesseurs.
- Ils le sont encore trop, et ce devrait être le souci essentiel des constructeurs que de réduire les risques courus par les audacieux qui montent leurs appareils. Il y va de la prospérité même de l’industrie aérienne, aujourd’hui à la merci d’un client unique, l’État, qui, fort heureusement pour elle, a su faire preuve d’une grande largeur de vues et favoriser, imposer même le progrès.
- De nombreux appareils de stabilisation automatique ont été essayés : l’un d’entre eux, l’appareil Doutre, a donné des résultats fort intéressants. Les frères Wright essaient en Amérique un dispositif analogue, et, selon certaines dépêches, ils auraient complètement résolu le problème. La chose n’aurait rien de surprenant de la part des deux grands inventeurs américains.
- L’année 1910 avait enterré les meetings d’aviation; 1911 enterrera sans doute les grands raids
- qui ne mettent en évidence que la résistance des pilotes et les ressources de leurs « imprésarios ». Les courses à travers la campagne ont eu en leur temps de très heureux effets, elles ont formé non seulement des pilotes, mais une armée de mécaniciens entraînés au réglage et à la réparation rapide des aéros ! Aujourd’hui elles n’ont plus qu’un avantage : entretenir l’intérêt du public. Mais, trop nombreuses, elles absorbent sans profit les ressources et l’activité des constructeurs. Il est probable qu’en 1912, nous n’aurons plus qu’un nombre très restreint de ces épreuves sportives. Le mieux serait de se borner à une grande course, analogue à ce que fut le grand prix de l’Automobile-Club.
- Les dirigeables. — Les dirigeables ont donné tort à ceux qui désespéraient des « plus légers que l’air ». Il n’y a pas lieu de s’étonner que les progrès dans celte voie soient plus lents que dans l’aviation : les unités sont beaucoup plus coûteuses, les essais doivent donc être conduits avec une grande prudence financière.
- Nous possédons actuellement deux types de dirigeables : les éclaireurs et les croiseurs à grand rayon d’action : parmi ceux-ci YAdjudanl-Reau s’est particulièrement distingué par son raid du 18-19 septembre : 850 kilomètres, effectués en 21 heures sans escale, pour la majeure partie en pleine nuit. Cette performance montre quels services peuvent rendre en temps de guerre ces aéronats montés par un équipage nombreux et armé, maintenu par la
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- L’AUTOMOBILISME
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- télégraphie sans fil, en relation constante avec' les troupes amies.
- On a expérimenté avec le plus grand succès, aux manœuvres de cette année, deux procédés de fabrication de l’hydrogène, basés sur la réaction entre le silicium et la soude : les procédés au silicol et à l’hydrolythe. Tous deux ont permis d’obtenir des
- gonflements extrêmement rapides. On peut aujourd’hui, en quelques heures, gonfler les plus grands dirigeables avec du gaz produit sur place. C’est là un progrès des plus remarquables et qui contribue à rendre au dirigeable une importance militaire que les partisans exclusifs de l’aéroplane avaient voulu par trop diminuer. A. Trouer.
- L’AUTOMOBILISME
- Nos ventes à l’étranger accusent une augmentation de 2 millions environ sur celles de 1910, pour un total
- La traction automobile tend de plus en plus à se substituer à la traction animale dans tous les ser-
- Une ancêtre.
- Une Panhard i8go conduite par l’abbé Gavais, vainqueur du « Concours de l’Ancêtre ».
- Autobus de Dion içn, 3o places.
- Ville de Paris.
- Camion Saurer (.3ochev.).
- Carrosserie nouvelle. Voiture Grégoire ouverte.
- Carrosserie nouvelle. Type sous-marin. Voiture Grégoire éclairée par le fond.
- Une voiture de course en icjii. Voiture Benz, qui a fait, à Dayton, le kilomètre lancé en i5s 88/100 et les 2 milles en 5os 28/100 (vitesse de 228 km 91 à l’heure).
- approximatif de 105 millions, mais il y a lieu de signaler une diminution du chiffre d’affaires avec la Russie, la Suisse, l’Italie, les Etats-Unis, la République Argentine, et surtout l’Angleterre, où nos ventes fléchissent de plus de 5 millions par rapport à l’an dernier. Toutes les autres nations, par contre, accusent une augmentation dont la principale a trait au Brésil qui nous a acheté pour 5 millions de plus qu’en 1910.
- vices publics urbains; autobus, auto-taxis, arroseuses et balayeuses automobiles (/Sature n° 2009), voitures postales, etc., sont d’un emploi général; les voitures de maître hippomobiles ont fait place aux automobiles de luxe, et le camion automobile commence à assurer un très grand nombre de transports industriels.
- Le moteur à vapeur qui a complètement disparu des voitures automobiles de tourisme, au profit du
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- 172 ================ ELECTRICITE
- moteur à explosions, est en train de ce'der la place à ce dernier sur les véhicules industriels où il se montre plus docile, aussi souple, plus économique et beaucoup plus simple à conduire.
- En ce qui concerne le moteur, la tendance générale, chez tous les constructeurs, est d’adopter de plus en plus la longue course pour le piston ; on voit couramment des courses de 1,5 à 2 fois l’alésage avec des vitesses linéaires de piston dépassant 6 à 7 mètres. Cette manière de voir procure un meilleur rendement, et une plus grande souplesse ; ces moteurs sont particulièrement recommandables pour les véhicules industriels.
- L’idée dominante est la simplification des organes, des mécanismes et des ensembles.
- La recherche de l’automaticité, partout où elle est possible, est de règle. Sur tous les modèles, le graissage se fait mécaniquement en ne laissant au conducteur que le souci de regarder un organe de contrôle, manomètre ou tube de niveau ; la constance de la carburation est obtenue automatiquement (air additionnel, gicleurs multiples, gicleurs à gaine d’air, etc.) ; on a même présenté des commandes automatiques d’avance à l’allumage, quoique le problème soit trop complexe pour être si facilement résolu (.Nature n° 2005).
- La mode a un peu poussé au moteur sans soupapes, mais s’il est vrai qu’un certain nombre de types, exécutés de main de maître, ait donné d’excellents résultats, d’autres restent voués à l’insuccès par défaut de conception, et le moteur à soupapes, beaucoup plus simple, en général, est encore largement perfectible. Il n’y a pas de systèmes d’embrayages nouveaux, mais tous ceux que nous connaissons se sont encore perfectionnés : le cône semble avoir plus de partisans pour les petites voitures à cause de sa simplicité et de son moindre prix de revient, tandis que les embrayages métalliques à disques ou rondelles multiples à bain d’huile, se généralisent de plus en plus, sur les grosses voitures et sur les véhicules industriels.
- Sur les voitures de tourisme, la transmission par
- chaînes reste de plus en plus réservée aux seules très grosses voitures, tandis que la transmission par cardans devient la règle générale, pour tous les véhicules moyens et petits. La mode et la pratique de la route ont orienté les constructeurs et les carrossiers, vers un modèle très esthétique, bas et allongé, présentant des formes fuyantes favorables à la vitesse et une stabilité très confortable pour les voyageurs, c’est la conception du torpédo de grand tourisme sortant de chez le grand faiseur.
- Presque tous les constructeurs ont réussi enfin à mettre sur le marché, à des prix très abordables, des voiturettes très sérieusement établies, capables de donner le kilomètre pour un prix voisin de 0 fr. 15 tout compris, c’est-à-dire de constituer l’instrument de travail attendu par le médecin, le voyageur de commerce, le notaire, l’entrepreneur, etc.
- Quant au camionnage automobile, il a reçu cette année encore une sérieuse impulsion de la part du ministère de la Guerre, par le système des primes (Nature, n° 1997), grâce auquel on a pu, d’une part, orienter la construction vers un type pratique cnmpatible avec les nécessités d’un trafic et la conservation des chaussées, et, d’autre part, venir en aide aux acheteurs en guidant leur choix et en participant à leurs frais. Le chiffre total de nos exportations en camions automobiles a atteint 6 659 000 fr., contre 5 600000 en 1910.
- Les trains automobiles genre Renard ou autre; ont à peu près définitivement disparu. En revanche, le tracteur automobile trouve un certain nombre de partisans.
- Ariès, Saurer et Panhard ont établi des modèles spécialement destinés à la traction. Ces engins se caractérisent par une grande puissance de traction, et l’adjonction d’un treuil de halage. Le tracteur Panhard est d’un type tout à fait particulier à 4 roues motrices et directrices utilisant l’adhérence totale de l’engin et permettant de tourner dans un cercle de 9 mètres au besoin sans faire usage de la marche arrière (Yoy. n° 2015, du 6 janvier 1912).
- Capitaine Renaud.
- ÉLECTRICITÉ
- En cherchant à dégager l’année dernière la tendance générale de l’industrie électrique, nous insistions sur la concentration toujours plus grande de l’énergie motrice dans de puissantes centrales urbaines et interurbaines; cette tendance n’a fait que s’accentuer. Il en résulté que lès compagnies de distribution, pour utiliser d’unë manière plus égale le travail de leurs puissantes génératrices, se préoccupent de plus en plus de développer des 'applications auxiliaires de P électricité-; "chauffage, cuisine* etc. Les progrès faits dans cette voie, surtout à l’étranger, constituent, avec la mise au point de l’éclairage au néon, les deux traits saillants de l’industrie électrique actuelle.
- Les réseaux de distribution et les centrales. — Dans le domaine de la technique des distributions d’énergie électrique, il y a lieu de signaler le câble souterrain à 110 000 volts mis en service par la Société industrielle des téléphones à l’Exposition universelle de Turin. La réalisation d’un câble, adapté à des tensi-ons aussi élevées, comporte de grandes difficultés ; il s’agit, en effet, de faire pénétrer l’enduit isolant au cœur même du câble, autour du conducteur central ; nos constructeurs ont résolu le problème malgré l’épaisseur considérable d’isolant nécessitée par la tension de 110 000 volts.
- La nécessité des hautes tensions s’impose de plus
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- ELECTRICITE
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- en plus comme une conséquence de la production concentrée dans les centrales puissantes, à grand rayon d’action.
- Les centrales dont rayonnent ces réseaux modernes sont pourvues de groupes électrogènes formidables : la puissance d’un seul de ces groupes dépasse celle de toute une centrale d’il y a dix ans. À New-York fonctionnent des groupes de 15000 kilowatts, à Chicago la Commonwealth Edison Company va en mettre en service plusieurs de 20000 kilowatts.
- La construction des machines électriques est arrivée d’ailleurs à un haut point de perfection, et dans les Expositions universelles qui se succèdent si fréquemment, on constate la réalisation de véritables tours de force. C’est -, ainsi que l’on a pu voir,
- à l’Exposition de Bruxelles, un moteur asynchrone de 65 chevaux, beaucoup plus petit qu’un ancien moteur de 11 chevaux placé à côté de lui.
- Le chauffage et la cuisine électriques. — Le développement industriel du chauffage par l’électricité est entièrement subordonné à des considérations économiques, car les considérations techniques sont toutes favorables; les appareils de cuisine électrique, par exemple, présentent un rendement élevé, de près de 90 pour 100, et ils offrent les commodités d’emploi qui sont communes à tous les appareils électriques : propreté, sécurité, etc.... Quant aux considérations économiques, elles semblent dominées par les chiffres suivants, qui résultent d’essais méthodiques. Au prix de 0 fr. 07 le kilowatt-heure, il y aurait égalité entre le chauffage électrique et un calorifère ordinaire. Au prix de 0 fr. 10 à 0 fr. 15, la cuisine pourrait se faire aussi avantageusement qu’avec le gaz.
- Les progrès du chauffage et de la cuisine électrique sont donc liés à des questions de tarifs : certaines Compagnies ont pris le ptirti de fournir gratuitement l’installation; d’autres ont cherché à établir des tarifs spéciaux. En tout cas, ces deux branches de l’électricité sont en rapide progrès.
- Éclairage électrique. —
- Il y a lieu de se demander si l’éclairage électrique n’est
- Carcasse d'alternateur moderne.
- Un élément d'accumulateur Edison.
- point les tubes
- pas en train de s’orienter, même au point de vue industriel et non plus seulement au point de vue scientifique, dans une voie toute nouvelle.
- Nous voulons parler des tubes à gaz raréfiés, dont la technique a été inaugurée par l’ingénieur américain Moore, et dont notre compatriote, M. Georges Claude, vient de continuer le développement en mettant au à néon.
- Deux difficultés principales restaient à résoudre : d’abord il fallait que le néon employé dans les tubes fût absolument vierge de toute impureté (hélium, azote ou oxygène). M. G. Claude a résolu ce premier problème en soudant aux tubes éclairants des tubes adventifs contenant du charbon de bois, qui absorbe les gaz parasites. Ensuite il fallait empêcher le néon de disparaître graduellement, capté au passage par les parcelles de métal volatilisées aux électrodes ; l’inventeur y es t également parvenu, en employant comme électrodes de larges tubes massifs de 6cen-timètres de diamètre.
- La lumière de ces tubes est rouge et se prête à de beaux effets décoratifs ; en outre elle peut s’allier à la lumière verte des tubes à vapeur de mercure. La combinaison de ces deux moyens d’éclairage donne une lumière économique, agréable et sensiblement blanche.
- En ce qui concerne l’arc au mercure lui-même, de très intéressantes expériences ont été faites pour lui assurer, d’une manière indépendante, un éclairement suffisamment blanc. M. Cooper Hewitt y est parvenu en employant des écrans fluorescents, la substance fluorescente étant la rhoda-minej substance naturellement instable, et que l’on a stabilisée en la liant avec un corps convenable ; la rhodamine est une substance chimi que assez voisine de la fluorescéine et de l’éosine.
- D’autre part, un
- Moteurs électriques ancien et moderne (le plus petit et te plus moderne est de 65 chev. l’autre de n).
- Une turbine à vapeur de 20000 kilowatts à la station électrique Edison de Chicago.
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- ELECTRICITE
- progrès très intéressant vient de s’accomplir dans le domaine des lampes à incandescence.
- On sait que les filaments métalliques de nos lampes sont pratiquement soit en tantale, soit en tungstène : ce dernier métal sert à constituer de beaucoup la plus grande partie des lampes actuellement sur le marché. Le tungstène présente, en effet, des caractéristiques électriques plus favorables, mais il avait jusqu’à présent le défaut de ne pouvoir, comme le tantale, se prêter à l’étirage. Les filaments de tungstène étaient donc obtenus jusqu’à présent par compression d’une masse de métal à travers des porosités très fines, c’est dire qu’ils étaient nécessairement fort courts, de sorte qu’il fallait en souder plusieurs à la file pour obtenir
- Four électrique Chaplet pour la réduction directe du minerai de per.
- une longueur convenable. Au contraire, la lampe Mazda, récemment lancée sur le marché, est construite avec des filaments de tungstène étiré : le montage de ces filaments sur leur monture à l’intérieur de l’ampoule se trouve ainsi notablement simplifié, et la solidité de l’ensemble est notablement augmentée.
- Sidérurgie électrique.— Une attention toute spéciale doit être accordée aux essais tentés, et suivis de réussite, pour la réduction directe du minerai de fer aux fours électriques. On sait que le fer n’est, en effet, jamais obtenu directement à partir du minerai, mais à partir d’un produit intermédiaire qui est la fonte. Si l’électricité permettait de supprimer cet intermédiaire, en réduisant directement le minerai, c’est-à-
- ® Stations à, jratulc, portée*
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- o Stations ci- moyenne, portée
- « // Projet, colonial Jranca.is-
- ( ctl projet ) ( en/ projet,)
- S.F. R. Société Française, RcuZio- Electrique/
- C.G.R. Compagnie, Générale, PcuUolétégjap/iù/uc M. Alarconi/ D.F. de Forcst
- T. TéLejurikcn/ L. lepét/
- L.M. Fodgc-MiLiriLcad/ To. Tais-ldnsAo
- La Télégraphie sans
- ÉLECTRICITÉ
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- dire en ne laissant subsister dès la première opération que le métal dégagé de tout élément étranger, un événement industriel d’une portée extrêmement considérable serait accompli ; des essais, nous l’avons dit, viennent pour la première fois de réussir, et l’on a pu constater ce résultat intéressant, que la consommation
- négative par une grille identique, garnie de pochettes contenant la « matière active ». Celle-ci est un mélange de fer et d’oxyde de fer, avec un peu de graphite en paillettes, destiné à lui donner la conductibilité nécessaire.
- Du côté positif, la « matière active » est constituée par un peroxyde de nickel ; un accumulateur de ce
- Filaments métalliques pour lampes à incandescence, 1res grossis. i. Tantale de Do watts continus après 10S0 heures. — 2. Tantale de 80 watts ait. après Doo heures. — 3. Tungstène 25o watts ait. après 2000 heures. — 4. Tungstène 40 watts après 180 heures. — 5. Tungstène neuf.
- de force, exigée par la fabrication directe du fer au four électrique, est inférieure à celle qu’exigerait la fabrication de la fonte.
- L’accumulateur Edison. — On a beaucoup parlé en Amérique de la nouvelle invention d’Edison. L’illustre inventeur américain a récemment perfectionné l’accumulateur alcalin qu’il avait imaginé en 1903 (Voy. n° 1929). Dans cet accumulateur. L’élément actif est une solution de potasse pure dans de l’eau distillée à 20 pour 100, l’électrode positive est constituée par une grille en acier nickelé, l’électrode
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- type, et d’une capacité utile totale de 300 ampères, pèse moins de 12 kilogrammes, ce qui fait ressortir la puissance par kilogramme de poids total à 500 watts-heure.
- Traction électrique. — Le mouvement pour l’électrification des lignes de chemins de fer ne se ralentit pas. En France, où l’on sait que l’électrification des lignes de la banlieue Ouest est dès maintenant décidée, les projets établis comportent l’emploi de courant continu. A l’étranger, la traction par courant monophasé compte à son actif un nombre croissant d’installations. L’emploi du courant monophasé se prête, en effet, davantage à l’extension future des lignes. La ligne proprement dite est peu compliquée, mais le gros inconvénient du courant monophasé consiste dans la nécessité d’employer des moteurs encombrants, lourds, et dont les caractéristiques se prêtent moins bien au service spécial de la traction. On peut noter, comme caractérisant assez bien l’année 1911, un certain recul de la traction triphasée et le progrès du courant continu haute tension.
- La télégraphie et téléphonie. — La téléphonie à grande distance fait des progrès considérables grâce à l’application de plus en plus étendue des conceptions du professeur Dupin. La pupinisation — le terme est admis — d’une ligne téléphonique consiste simplement à répartir le long de cette ligne une série de bobines de fil enroulé (Voy. n° 1972). Les États-Unis, qui les premiers ont appliqué celte méthode, comptent aujourd’hui près de 156000 km de lignes aériennes, 280000 km de lignes souterraines équipées suivant le système Dupin.
- Le circuit New-York-Chicago-Denver, avec ses 3500 km, est de beaucoup le plus long des circuits téléphoniques aériens du monde entier.
- En même temps, le câble téléphonique Boston-Washington (765 km) représentera bientôt le « record » de la transmission souterraine.
- Dour obtenir ces résultats si remarquables, on a été conduit à combiner entre eux les circuits interurbains, ce qui n’était pas possible jusqu’à présent lorsqu’il s’agissait de circuits pupinisés : c’est là encore une conquête fort intéressante de la technique.
- *e Monde. .
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- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Ce mode de télégraphie a pris en 1911 un grand essor; il a suscité également d’intéressants travaux.
- Comme nouveautés marquant un progrès sérieux, ou indiquant l’orientation des recherches en 1911 signalons tout d’abord l’établissement de machines capables de donner directement des courants alternatifs de très haute fréquence, de l’ordre de 100000 périodes. Le professeur Rud. Goldschmidt, de Darmstadt, a construit une très ingénieuse machine de ce type (Voy. n° 1977) d’un rendement satisfaisant : ce n’est encore cependant qu’un outil de laboratoire; car sa construction est compliquée, d’autre part sa vitesse de rotation ne pouvant être maintenue constante, il en résulte que la fréquence des courants obtenus ne l’est pas davantage. Cependant la tentative du D1' Goldschmidt a une haute portée : elle monlre que le rêve de tous les spécialistes de la T. S. F. n’est pas une utopie : on peut construire des machines produisant directement les courants capables d’ébranler l’éther et de provoquer dans l’espace les ondes hertziennes.
- Les organes transformateurs que l’on est actuellement forcé d’intercaler entre la source d’électricité et l’antenne deviennent su-perilus. Un ingénieur français,
- M. Bethenod de la Société française Radioélectrique, vient de construire à son tour un alternateur à haute fréquence : il a su éviter les inconvénients pratiques de la machine Goldschmidt.
- Signalons l’emploi, maintenant général en France, pour les sources d’électricité destinée à la T.
- S. F., d’alternateurs dits à fréquence élevée (800,1000 et même 2000 périodes par seconde). Ces machines permettent de réaliser
- L'érection d'un pcsle .de T. S. F. au Congo Belge.
- Le poste de T. B. F. à Elisabethville au Katanga.
- Le poste de T. S. F. pour aéroplanes.
- l’émission par étincelles dites « musicales » (Voy. n° 1955). Nos lecteurs connaissent les grands avantages de ce système.
- Rappelons enfin les essais de télégraphie sans fil dirigée, au moyen d’antennes horizontales effectués par M. Kiebitz.
- Les applications de la T. S. F. se sont multipliées en 1911. La Tour Eiffel à minuit indique l’heure aux marins de Greenwich ; on a commencé à organiser les radiotélégrammes météorologiques ; on a créé sur les côtes françaises des radiophares, indiquant aux
- navires, par temps de brume, les passages dangereux.
- L’armée française a acquis 11 nouvelles stations radiotélégraphiques automobiles, d’une portée de 100 à 400 kilomètres; tous nos dirigeables ont la T. S. F. ; enfin sur un aéroplane, le capitaine Brenot a réussi à installer un poste de 15 kg seulement, qui a pu se faire entendre à 60 kilomètres.
- La télégraphie sans fil a aujourd’hui suffisamment fait ses preuves pour que tous les grands États se préoccupent d’en tirer parti.
- L’Angleterre a inscrit un crédit de . 52 500 000 - francs pour son réseau colonial, l’Allemagne 12 millions.
- En France, un grand projet a été établi par le Ministère des colonies : nos possessions doivent toutes être reliées télégraphiquement au moyen de grands postes analogues au poste à grande portée qui va êlre installé en 1912 à la Tour Eiffel. Celui-ci pourra communiquer jour et nuit avec les postes américains.
- Que la création de notre réseau colonial ne tarde pas trop : la France ne doit pas laisser monopoliser entre les mains anglaises ou allemandes le trafic radioté-légraphique.
- L’Italie vient de prendre en charge une grande station érigée par Marconi à Coltano ; la puissance mise en jeu est formidable : 1000 kilowatts, près de 10 fois ce que consommera le nouveau poste de la Tour Eiffel. A Berlin, on achève un poste de 100 chevaux; le pylône support d’antennes a 200 mètres de haut. La Belgique installe un grand poste équipé avec du matériel français, et organise un vaste réseau au Congo Belge.
- Si notre pays ne semble pas des plus empressés à profiter de
- la T. S. F., ce n’est cependant pas l’absence de technicien^ émérites qui le paralyse. Le matériel construit en France a fait brillamment ses preuves : ainsi l’on a pu communiquer récemment de Fez à Paris avec un simple poste de 5 kilowatts, muni d’une antenne rudimentaire supportée par quatre échelles d’artillerie de 25 mètres de haut. Ce poste, fourni par la Société française radioélectrique, installé par le Cl Ferrie et le L* Viallard, a réussi, étant donné sa puissance, un véritable record qui fait honneur à ses constructeurs.
- Le Gérant : P. Massov. — Imprimerie Lahore, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2020. î===^==±z::::.—:..z 10 FÉVRIER 1912.
- L’INTELLIGENCE DES ANIMAUX
- Lorsque l’on pense à sa propre intelligence, on est presque toujours tenté de la croire remarquable; quand on pense à celle des autres, l’appréciation varie beaucoup plus. Cependant tout' le monde est d’accord pour reconnaître aux autres hommes, quels qu’ils soient, une intelligence plus ou moins développée/Mais l’intelligence se retrouve-t-elle chez les animaux? Pour les uns, et Descartes était du nombre, les animaux sont de pures machines ; pour les autres, ils sont tous doués d’une psychologie plus ou moins grande et certains vont jusqu’à attribuer une part d’intelligence' aux êtres les plus inférieurs, aux protozoaires même. Que faut-il penser de tout cela? L’intelligence est-elle une propriété de tous les êtres vivants? Ou bien n’apparaît-elle que chez les animaux supérieurs? Et, dans ce cas, où doit-elle s’arrêter ? aux mammifères ? aux vertébrés ? Pour peu que l’on réfléchisse à ce problème, on verra toute sa difficulté. Avec notre sens commun, nous attribuons volontiers une grande intelligence aux singes, une certaine aux chiens, mais d’autres mammifères nous paraissent bêtes : parmi les oiseaux, nous choisirions peut-être le pigeon voyageur, le perroquet; parmi les insectes, l’abeille, la fourmi. Par contre, beaucoup d’autres nous sembleraient probablement méprisables.
- Et nous aboutirions ainsi y à une classification psy- ' chologique des animaux extraordinaire et toute différente de celle des zoologistes.
- Depuis quelques années, les auteurs qui s’occupent de psychologie comparée ont essayé d’aborder le problème de l’intelligence des animaux par la voie expérimentale. Thorndike, l’un des premiers, est entré dans cette voie ét il vient dè réunir en un volume (l) les divers travaux qu’il a publiés successivement. Au lieu de raconter les merveilleux instincts des animaux, d’admirer leurs prouesses, de décrire — en les enjolivant — les anecdotes prouvant l’intelligence d’un singe ou d’un chien, Thorndike les soumet à l’expérience, Il leur présente un problème, généralement très simple, et note soigneusement ce qu’ils font, comment ils le
- 1 .Animal intelligence, by Edward L. Thorndike, Macmillan, London and New-York, 1911. r •
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- font, ce qu’ils ressentent pendant qu’ils agissent.
- Ainsi, il prend des chats, des chiens ou des poussins ayant faim et les enferme dans une cage dont la : partie antérieure est close par un grillage; à l’extérieur, à proximité est placée la nourriture de l’animal. La porte de la cage, encastrée dans le grillage, est mue par un mécanisme que le sujet doit faire fonctionner pour sortir et apaiser sa faim. Le mécanisme d’ouverture est un loquet, un bouton, une corde sur laquelle on tire, une plate-forme qui fait ouvrir la porte dès que l’animal saute dessus (fig. 1). D’autres'fois la porte est commandée par deux ou trois systèmes que l’animal doit ouvrir successivement. Quand l’expérience est faite avec des poussins, au lieu de portes, on emploie d’autres obstacles : quelques marches à gravir par exemple, pour aller trouver la nourriture et les compagnons. Quel que soit le dispositif utilisé, l’animal doit toujours créer une association entre la boîte ou l’enclos et le moyen d’en sortir : les chiens et les chats y sont poussés par la faim, les poussins par la crainte de l’isolement. Les chats enfermés dans la boite commencent généralement par s’agiter violemment, griffant et mordant les barreaux, passant la patte à l’extérieur; puis, au bout de 8 à 10 minutes, ils se calment et cherchent à s’échapper, sans ; porter grande attention aux aliments qu’ils voient. A force de mordre et de griffer, ils finissent par rencontrer par hasard le système d’ouverture de la boîte et sont àinsi délivrés. L’expérience étant répétée, le chat finit par associer l’acte d’ouvrir la porte et le plaisir de sortir : après quelques essais heureux, le chat enfermé mord ou griffe immédiatement le bouton ou le verrou ; placé dans une autre boîte, il ne miaule presque plus et cherche également le système d’ouverture.
- Les chiens enfermés ’ont une attitude bien différente : ils sont très attentifs à la nourriture, beaucoup plus qu’à la cage, et montrent moins d’ardeur à s’échapper ; leurs efforts sont limités au-devant de la cage ; ils Arrivent rapidement à connaître le système d’ouverture et se le rappellent ensuite constamment.
- Les poulets sont placés dans une cage à deux
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- Fig. 1. — Cage de Thorndike à fermetures multiples pour l’étude de l’intelligence des chiens et des chats.
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- issues, dont l’une ouvre directement sur le local où sont la nourriture et les autres poulets et dont l’opposée donne sur une cage sans issue ; ce dispositif est parfois plus compliqué (fig. 2) ; d’autres fois, sur le chemin du poulet, on ajoute un petit obstacle : échelons à gravir, tuyau à franchir ; d’autres fois encore, on lui permet de s’échapper en becquetant la porte ou en grimpant un petit escalier spirale qui s’ouvre au dehors.
- Les poussins enfermés présentent d’abord une grande agitation, puis cherchent à sortir, mais ils y réussissent beaucoup moins que les chats et les chiens. D’après ces expériences, les chiens paraissent donc les plus intelligents.
- Mais ces animaux associent-ils les idées, les images, les souvenirs de leurs différents actes? Question difficile. Thorndike croit, d’après ses expériences, qu’ils ne pensent pas comme nous et que chez eux l’impulsion à l’acte accompagne immédiatement le sentiment de malaise d’être enfermé, le désir de sortir, la représentation du mécanisme d’ouverture; cependant, il ne leur refusé pas toute représentation, mais il les croit rudimentaires.
- En tout cas, aucun d’eux n’est capable de ce que nous appelons raisonnement; aucun ne peut inférer qu’un acte déterminé produit un résultat prévu.
- Les associations formées peuvent être délicates, mais alors elles sont longues à acquérir. Ainsi, Thorndike, après 40 à 60 essais, habitue un chat à sortir de la cage quand il dit : « Je vais donner à manger à mes chats » ; mais il lui faut 380 expériences pour l’amener à distinguer ce signe de l’inverse « je. ne vais pas leur donner à manger » et à rester dans la cage à ce second signal. Le nombre des associations formées peut être assez considérable; des poussins ont pu apprendre 23 associations différentes ; d’autres, âgés de 3 jours, en ont acquis 10 dans une seule journée.
- Enfin les associations formées persistent assez longtemps : le chat dressé à distinguer les deux phrases ci-dessus, ne les avait pas oubliées 80 jours après.
- J’ai tenu à citer ces expériences de Thorndike pour montrer tout l’intérêt de ses recherches et tout le parti qu’on en peut tirer pour une exacte connaissance de la vie mentale des animaux.
- Le livre qu’il vient de publier en relate d’autres sur l’imitation, sur l’instinct des poulets, la psychologie des poissons, la vie mentale des singes, où l’on retrouve les mêmes qualités de méthode, la même finesse d’observation et d’interprétation. Nous aurons l’occasion d’en reparler.
- René Merle.
- LA DIRECTION DES TORPILLES PAR DES SIGNOGRAPHES"
- L’inventeur de l’auto-signal et des signographes, M. Appoullot, cherche actuellement à appliquer ses appareils à la direction des torpilles. Le problème lui paraît facile à résoudre en ajoutant au mécanisme ordinaire des torpilles des piles ou accumulateurs et des cadrans pourvus de signographes. A l’aide de ces appareils, en effet, il est facile d’envoyer un courant électrique dans un organe agissant sur le gyroscope pour l’obliger à changer sa direction. Le gyroscope agissant sur le gouvernail produira l’effet demandé, c’est-à-dire le changement de direction, puisque le gyroscope a pour effet normal de conserver à la torpille la direction rectiligne.
- La position des divers signographes sur un cadran unique ou sur plusieurs cadrans, peut déterminer l’instant précis auquel devra obéir l’évolution de la torpille (à partir d’une distance choisie de parcours en ligne droite) et en même temps la valeur de l’angle à accomplir.
- En combinant les effets, on arriverait à obliger la torpille à parcourir dans tous les sens une surface de la mer jusqu’à ce que l’engin ait rencontré le navire visé et même à la faire pénétrer dans une rade pour la sillonner ensuite dans toute son étendue. Cela sans aucune liaison matérielle entre la torpille et le torpilleur.
- L’ACTION DU SOLEIL
- L’année dernière, nous nous sommes rendus à Ténérife pour observer la comète de Halley. L’expédition, organisée sous les auspices de l’Association internationale contre la tuberculose, devait étudier toutes les radiations qui traversent l’atmosphère terrestre.
- A Ténérife, dans la vallée d’Orotava, le climat est- remarquablement tempéré : la température
- oscille entre 18 et 24 degrés environ entre la nuit et le jour, climat qui convient parfaitement aux malades et, mieux encore, aux convalescents.
- Puis, sans transition, se dresse le Pic de Teyde à l’altitude de 3700 mètres, surpassant la plaine comme le Mont Blanc domine Chamonix. Pour les
- 1. Yoy. ii° 2017, du 20 janvier 1912, p. 127.
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- expériences de physiologie déjà faites au Mont Blanc, au Mont Rose, les saisons sont courtes et difficiles, le beau temps est éphémère : au contraire, le Pic de Teyde est accessible très facilement toute l’année ; un banc de nuages est assez constant entre 1000 et 1500 mètres d’altitude, tandis que les régions supérieures de la montagne continuent à jouir d’un ciel presque inaltérable, ce qui offre l’avantage de pouvoir, en toute saison, dans un climat facile, faire des expériences constantes et rapides entre 0 et 5700 mètres.
- Tout massif au-dessus des nuages jouit d’une atmosphère extrêmement sèche : les radiations violettes du soleil ne sont pas absorbées, la lumière est remarquablement photogénique, etc. ; les expériences spéciales ont porté sur l’action du .soleil au point de vue physiologique.
- Si l’on considère le phénomène de la transpiration pour les climats européens, le maximum de dépense en eau est de 5 kg 5 environ pour une marche de 5 à 6 heures ; dans les cas excessifs, comme dans le désert, on a pu enregistrer une perte d’eau de 10 kilogrammes, mais il y a alors un danger réel pour l’or-ganisme. Pour la transpiration, qui peut être obtenue brusquement en modifiant seulement le sang affluant au cerveau, on constate que, pour chaque individu en particulier, la production de la sueur s’effectue à une température à très peu près constante ; dans l’air humide, on ne place point les glandes sudoripares dans des conditions favorables à leur travail, et celui-ci augmente sensiblement; Alors, pour le maximum de travail utile, il sera toujours préférable d’opérer dans l’air sec ; car, dans le cas de travail intense, les glandes sudoripares ne pourront pas suffire à défendre l’organisme contre l’élévation de température d’un air humide.
- Ici, déjà, la sécheresse a une action favorable.
- On peut encore se placer au point de vue de l’élimination, par la sueur, de l’urée et du chlorure de sodium : en cas de sueur intense, en effet, 15 pour 100 au moins de l’excrétion totale proviennent des voies cutanées, soit en marche, soit en station au soleil; et, alors, au peint de vue hygiénique, si l’on est dans une station élevée, il y a avantage pour la transpiration à avoir un air sec et un soleil fort. Dans le cas d’insuffisance, ou de simple fatigue, du rein, il y a avantage à éliminer le plus de déchets possible par le mécanisme de la transpiration, malgré
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- l’insuffisance reconnue d’un tel moyen de défense pour l’organisme en ce qui concerne l’élimination, d’autant plus qu’il s’agit des déchets et non uniquement de l’urée qui, en elle-même, n’est pas toxique.
- Ces questions sont parmi celles qui préoccupèrent, à Ténérife, des savants tels que les professeurs Zuntz et Durig.
- Si la lumière du soleil possède sur les sels d’argent une action énergique, qui trouve son importante application dans la photographie, on avait con sidéré, jusqu’à présent, que presque tous les corps chimiques étaient pratiquement insensibles à une telle influence; mais, il y a trois ans, M. C. Neuherg trouva que les matières organiques, qui résistent normalement à l’action de la lumière solaire, deviennent photo-sensibles si on leur injecte de petites quantités de sels métalliques : la réaction paraît alors basée sur une action catalytique des rayons du soleil.
- Ceci est d’autant plus intéressant que, évidemment, sous un soleil très actif, les matières organiques importantes des corps de plantes et d’animaux pourront se transformer plus rapidement : par exemple, les corps albuminoï-ques sont dissociés, les hydrates de carbone (sucre, glucosides et polysaccharides) sont hydrolysés, et les produits de la diathèse sont aussi changés secondairement dans ces transformations auxquelles sont certainement soumises les plantes ; il paraît, sans exception, se produire alors des corps c.arbonyliques, c’est-à-dire des aldéhydes et des cétones, corps connus en chimie pour la facilité de leurs réactions.
- Des processus de cette nature peuvent sans doute jouer un rôle important, sous l’influence de l’insolation, dans l’organisme des animaux et des plantes ; il est possible, par exemple, que l’action favorable des sels de manganèse sur la fertilité des champs de blé, action découverte par M. G. Bertrand, consiste en une telle réaction catalytique des rayons solaires; et c’est aussi à des actions,de cette nature qu’il faudrait attribuer, entre autres, le rôle de l’héliothérapie dans le traitement de la tuberculose ou d’autres maladies.
- M. C. Neuberg est venu faire, précisément aux diverses altitudes du Pic de Teyde, des expériences sur les changements importants que l’on peut attribuer à la solarisation dans les substances biologiques.
- M. le D1 von Schrôtter est bien connu par ses ascensions en ballon et ses travaux sur l’influence
- Fig. i. — Photographie d’un plan en relief de l’ile de Ténérife, avec le pic central de Teyde.
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- de la pression barométrique sur la vie, aux hautes altitudes, qui lui ont permis de confirmer (!) les théories de Paul B'ert : il s’était proposé une question déjà entamée pendant les ascensions en ballon, à savoir les mesures des coefficients d’extinction des rayons lumineux, mesures relatives et comparatives aux diverses altitudes d’après la méthode imaginée par Bunsen.
- De plus, par l’utilisation d’écrans intermédiaires et variés, il cherchait à déterminer d’une façon exacte la partie du spectre qui cause réellement Thyperémie. solaire et la pigmentation consécutive de la peau ; la constance de l’actiOn solaire à Ténérife, facilitait l’étude de ces divers facteurs.
- Ces recherches physiologiques de l’action solaire sur la peau viennent heureusement compléter les travaux de MM. Zuntz et Durig, soit sur la transpiration, soit sur la respiration ; en même temps, des mesures de respiration et de pression sanguine s’efforcaient de déterminer la nature des radiations qui interviennent dans la production de l’acide carbonique.
- Pour cela, on expose au soleil des régions de la peau protégées par des verres colorés : si l’on a deux verres, l’un laissant passer les radiations du vert au violet, l’autre du bleu à l’ultraviolet, on constate qu’il n’y a rien sous le premier, tandis que le second recouvre une brûlure réelle. C’est bien la preuve que c’est la partie ultra-violette du spectre qui agit, et l’on peut même délimiter la partie active dans l’ultra-violet.
- Le Dr Andresen, de Berlin, ayant imaginé un papier sensible au jaune, on peut faire des mesures d’intensités relatives du jaune et du violet aux diverses altitudes.
- Dans un rapport magistral (1 2) le Dr von Schrotter analyse tout ce qui a été publié jusqu’à ce jour concernant l’action des radiations solaires; il résume tous les résultats obtenus à Ténérife et formule les principaux desiderata actuels, dont voici le résumé par groupes de questions :
- 1° Il paraît désirable d’étudier de plus près l’intensité du soleil, notamment la radiation ultra-violette, et ses rapports avec la lumière directe et dif-
- 1. Voir le livre intitulé -. L'oxygène comme moyen prophylactique dans les maladies causées par les variations de pression.
- 2. IXe Conférence internationale de la Tuberculose. Bruxelles, octobre 1910, p. 562 et suiv.
- fuse, aussi bien au bord de la mer que dans les montagnes couvertes de neige (ou les glaciers) ; pour Ténérife, on constate que l’intensité de la lumière sûr le territoire des Canadas, surtout dans les radiations directes, dépasse notablement celle de bien des régions connues déjà pour leur luminosité ;
- 2° La peau, l’épiderme, forme en quelque sorte la porte d’entrée pour l’énergie de la lumière et, dans les cas d’insolation, la pigmentation est simplement occasionnée par les rayons ultra-violets : il est hors de doute que les rayons aux ondes plus longues pénètrent davantage et agissent sur les tissus qui sont plus profondément situés — auquel cas on observe les symptômes d’une inflammation prononcée ;
- 3° Sauf pour certains cas spéciaux, le pigment n’est pas formé par le sang, mais bien par les cellules elles-mêmes, peut-être par des substances dont se compose la matière du noyau, sous l’action de certains procédés fermentatifs. On peut se demander si la formation insuffisante de pigments dans la peau, en cas d’insolation,n’est pas im stigmate de prédisposition à la tuberculose ;
- 4° On ne connaît pas encore avec assez de précision la mesure dans laquelle se trouvent réfléchis par l’épiderme (blanc ou pigmenté) les rayons de chaleur et de lumière; il conviendrait d’étudier les masses de lumière qui peuvent traverser le thorax chez les enfants et chez les adultes : car, sur cette base, on sera conduit à juger dans quelle mesure l’énergie est apportée au corps par l’insolation, pour subir une nouvelle transformation dans les tissus ;
- 5e» Il ne peut y avoir aucun doute que les fonctions vitales, respiration, circulation du sang et re-* nouvellement des tissus, soient favorablement influencées par l’insolation. Toutefois, nous ne sommes pas encore suffisamment renseignés sur l’étendue et là portée dés réactions respectives, et leurs, causes spéciales dans chaque cas, et il ne nous est pas possible d’affirmer jusqu’à quel point les réactions observées doivent être reportées sur la chaleur rayonnée ou sur la lumière, ou bien sur l’action commune de ces deux facteurs ;
- Mais, nous savons cependant que l’action énergique du soleil a des effets perceptibles dans des conditions pathologiques ;
- 6° Il est indispensable, bien entendu, de tenir compte également des autres facteurs météorolo-
- Fig. 2. — Expériences au Soleil sur la respiration, et l’action sur la peau, des diverses radiations.
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- giques, et notamment de la sécheresse de l’atmosphère. Les expériences effectuées dans les Canadas ont permis de compléter de façon précise nos connaissances en ce qui concerne les effets de la raréfaction d’oxygène; enfin, pour éclaircir, compléter les données rares ou contradictoires que l’on possède, il est désirable de continuer les recherches entreprises sur les changements des gaz, le débit d’azote, la séparation des matières minérales, etc. ;
- 7° D’après les recherches faites pendant ces dernières années, on peut affirmer que le bain de soleil exerce également une action curative certaine sur les changements analogues des couches de tissus plus profondes : on peut guérir des manifestations morbides des os, exsudatives et fongueuses dans les jointures; les glandes lymphatiques malades montrent un renouvellement rapide, etc... ; enfin, il convient aussi de mentionner le larynx comme étant sujet à cette influence ;
- 8° Au sujet de la tuberculose intestinale, et plus particulièrement de la tuberculose pulmonaire, des résultats favorables ont également été observés : toutefois, on ne sait pas encore au juste, en réalité, si ces résultats sont dus à une insolation plus intense, ou bien s’il faut les attribuer aux nouveaux facteurs climatériques et hygiéniques dans leur ensemble. Cependant, les observations faites jusqu’à présent engagent à recommander instamment le traitement
- Fig. 4. — Expériences sur la circulation et les mouvements thoraciques aux diverses altitudes. De gauche à droite : MM. von Schrôtter et Douglas.
- de la tuberculose par les rayons du soleil et l’insolation doit être opérée dans des conditions climatériques telles qu’un surmenage de l’organisme soit évité; le même traitement s’applique également bien
- aux affections scrofuleuses et à la tuberculose péri-phère et peut-être aussi à la tuberculose chirurgicale ;
- 9° La thérapeutique de la lumière et du soleil peut être utilisée d’une façon profitable, aussi bien
- Fig. 3. — Expériences de M. Neuberg.
- dans les régions d’altitude que sur le bord de la mer à condition, bien entendu, que les facteurs individuels soient pris en considération. A part la thérapeutique locale de la tuberculose chirurgicale, le séjour dans les montagnes, avec la plus grande intensité du soleil, doit être recommandé pour les cas qui offrent suffisamment de réserves pour pouvoir compenser les autres influences climatériques, et réagir avec profit pour l’organisme.
- Pour la cure par le soleil au bord de la mer, il faut chercher avant tout les régions côtières et les mers qui, en raison de leur situation géographique, offrent un soleil abondant, de la chaleur égale et, par suite, la facilité des exercices corporels en plein air. Les mers du Nord ne sont pas bien placées en ce qui concerne les variations de la température ; les côtes de la mer Adriatique ont une valeur reconnue à cet égard, et nous avons dit déjà les avantages exceptionnels du climat des îles Canaries.
- Enfin, il serait désirable de compléter la topographie climatérique des divers États par rapport à la durée du soleil et à l’intensité de la lumière et de ses diverses radiations, afin de fixer ainsi les endroits qui, dans les pays respectifs, pourraient être avantageusement utilisés. Dans la construction des villes elles-mêmes, il faudrait avoir plus d’égards pour l’insolation que l’on n’en eut jusqu’à présent : et c’est assez dire, aussi, qu’il faut particulièrement recommander les efforts tentés en vue de créer des villes de jardins.
- La répercussion des recherches entreprises à Téné-rife peut être considérable, tant au point de vue de l’hygiène générale que de la sociologie : elle légitime largement les efforts antérieurs et en réclame encore de nouveaux. Jean Mascart.
- Astronome à l’Observatoire de Paris.
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- LE SAUVETAGE DE LA FRÉGATE “ LUTINE ”
- L’Exploitation des Epaves submergées.
- idée d’arracher à la mer les cargaisons de métaux précieux que lui ont confiées les naufrages a toujours eu le don de stimuler l’imagination des inventeurs et l’initiative des chercheurs d’aventures. Combien de sociétés financières se sont ruinées autour de l’histoire plus ou moins légendaire de galions espagnols coulés à pic ! Témoin l’affaire del’Ami-ral-de-Florence, ce navire-amiral de l’escadre florentine qui faisait partie de l’invincible Armada, et qui, sous l’action d’une « poudre B » de l’époque, fit explosion dans la Baie de Tobermory (Ecosse), en 1588.
- Ce navire, dont l’armement consistait en 40 pièces de gros calibre, était commandé par l’amiral Gaspar de Suza, grand seigneur richissime qui ne mangeait et ne buvait à bord que dans de la vaisselle d’or. Dans la cale s’entassait un trésor de guerre que des documents espagnols fixent à 200 millions de francs. Un évêque et huit prêtres, qui accompagnaient l’expédition, avaient emporté des quantités d’objets sacerdotaux de grande valeur. Et la tradition ajoute que le navire avait reçu en dépôt la couronne destinée au prince espagnol qui devait monter sur le trône d’Angleterre après la conquête.
- La dixième partie de ces trésors eût suffi pour exciter les convoitises. Aussi, dans lesrdix années qui suivirent, plusieurs sociétés se formèrent-elles en Écosse et en Irlande pour explorer les flancs, de l’épave. Le clan des Mac Lean se substituait > à ces sociétés, pour se voir à son tour évincé par les ducs d’Argyll. En 1641, ceux-ci cédaient leurs droits à un Syndicat de l’ouest de l’Ecosse. En 1661, les travaux étaient repris par une entreprise suédoise, qui repêchait plusieurs, gros canons. Nouvelle tentative en 1740, et repêchage d’une pièce d’artillerie aux armes de François Ier et de quelques pièces d’or et d’argent.
- Pendant plus d’un siècle et demi, d’autres sociétés se ruinaient autour de la fatidique épave sans même pouvoir l’approcher. Enfin, en juillet 1905, une société de Glasgow, outillée d’une façon plus scientifique, obtenait des résultats intéressants : ses scaphandriers ramenaient à la surface des quantités d’armes finement ciselées, dont plusieurs étaient signées de Benvenuto Cellini, et une centaine de pièces de monnaie’. Mais son contrat avec le duc d’Argyll prenait fin en 1909, et elle cédait la place
- à un nouveau syndicat fondé par un colonel écossais.
- Cette longue suite d’insuccès était de nature à décourager les chercheurs d’épaves. Mais le perfectionnement de l’outillage imaginé par la science moderne devait, au contraire, amener dans plusieurs pays, et plus particulièrement en Écosse et en Scandinavie, la fondation de nouvelles sociétés organisées exclusivement pour l’exploitation des épaves submergées. L’une d’elles allait débuter par un coup de maître.
- Durant l’automne de 1799, la Lutine, frégate anglaise, partait de Grand-Yarmouth à destination de Hambourg, où elle devait débarquer 1 200 000 livres sterling, soit 30 millions de francs, contingents de cette cavalerie de Saint-Georges que William Pitt expédiait au secours des coalisés. Assailli par une tempête, le vaisseau sombrait en vue deTerschelling, l’une des îles qui barrent l’entrée du Zui-der-Zée.
- Les archives du Lloyd’s, la doyenne des compagnies d’assurances maritimes, offrent des renseignements détaillés et précis sur la valeur et la composition de la précieuse cargaison, qui était constituée en bonne partie par des lingots d’or et d’argent. Et la compagnie était bien placée pour recueillir ces informations, puisque ce fut elle qui accepta d’assurer la Lutine contre les risques de mer, opération qui faillit causer sa ruine et provoqua le suicide d’un de ses directeurs.
- On suppose bien que la présence de cet important trésor, à quelques heures des côtes anglaises, excita de bonne heure la convoitise des chercheurs d’épaves; une quinzaine d’expéditions s’organisèrent dans ce but, au cours du siècle dernier. Vers 1855, des plongeurs hollandais réussirent, paraît-il, à pénétrer dans l’intérieur de la coque, et il est certain qu’ils rapportèrent de leurs descentes une quantité de pièces d’or et d’argent. Mais une expédition organisée en 1900 ne retrouva plus l’épave au point indiqué par les cartes. Avait-elle été entraînée au large par les courants, qui sont d’une violence exceptionnelle en cette région?
- C’est alors qu’entre en scène (mai 1911) une nouvelle expédition, dirigée par un marin expérimenté, le capitaine Gardiner, déjà connu pour sa longue et active collaboration avec des sociétés de sauvetage et renflouement de navires. Il dispose d’un vapeur spécialement construit pour la circonstance, le Lyons, dont la machinerie actionne une pompe aspirante d’une grande puissance ; les tuyaux, d’un diamètre de 50 centimètres, peuvent enlever du fond de la mer 1700 tonnes de sable par heure, et les verser dans une immense cage qui est l’invention du capitaine Gardiner.
- Installée sur un échafaudage qui forme prolongement à la proue, cette cage, longue de 8 mètres,. haute et large de 4 mètres, est constituée par de
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- LE SAUVETAGE DE LA FRÉGATE « LUTINE » ======= 183
- Les opérations de dragage pour le dégagement de l’épave de la « Lutine (.Dessin de L. Rudaux, d'après le Scientific american.)
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- 184 --.- — — LE SAUVETAGE DE LA FREGATE « LUTINE #
- solides treillages métalliques dont les mailles ont moins de 4 centimètres de diamètre. La base est établie en plan incliné sur lequel les matières solides, séparées de l’eau évacuée à travers les mailles, glissent jusqu’à l’intérieur d’un compartiment où un homme procède à un premier triage. Poussées jusqu’au bas du plan incliné, ces matières traversent un dernier tamis et sont évacuées sur une plate-forme extérieure, d’où un second ouvrier les rejette à la mer après les avoir soumises à un nouveau triage.
- Tenu depuis quelques jours sous pression dans le petit port de Terschelling, le Lyons, profitant d’un vent d’Est combiné avec la marée basse, s’avancait vers le point indiqué par les cartes marines pour l’emplacement de l’épave, soit à moins de 5 kilomètres du rivage. Les sondages à la drague ne rencontraient que du sable. Après plusieurs tentatives infructueuses, espacées par des vents contraires, le capitaine Gardiner décidait de ne plus tenir compte des indications cartographiques et de s’en fier désormais à son raisonnement.
- Une étude des courants de fond lui imposait bientôt la conclusion que l’épave avait été entraînée dans une direction précise. Ses points de repère dûment arrêtés, il s’avançait dans cette direction, mettait sa pompe en action à 12 h. 45, et, après avoir creusé une tranchée dans le sens indiqué en remontant du fond de la mer plusieurs milliers de tonnes de sable, il avait la joie, à 4 heures sonnant, de voir la pompe vomir des éclats de bois.
- La Lutine était retrouvée! La vieille frégate et son trésor gisaient sur un fond d’argile pétrifiée, sous une couche de sable épaisse de plus de 9 mètres, avec une profondeur de 5 mètres d’eau à marée basse. La Lutine était retrouvée! Il ne restait plus qu’à repêcher le trésor ! Et l’on va voir que de nombreux obstacles s’opposaient à la réalisation de cette seconde partie du programme.
- Avant tout, le capitaine ancrait solidement au-dessus de l’épave une grande bouée, car le lecteur aura déjà compris que le Lyons ne pouvait pas rester en permanence sur les lieux. Les tempêtes sont fréquentes dans cette partie de la mer du Nord, pittoresquement rangée par les*, marins parmi les
- « cimetières de l’Océan ». Les sautes de vent s’y effectuent avec une soudaineté déconcertante, et, comme nous l’indiquions plus haut, seul, le vent d’Est n’était pas hostile aux opérations. Quand le vent souffle de toute autre direction, une houle violente s’oppose absolument à la descente des scaphandriers ; et il nous faut encore noter que la force des marées se fait sentir dans ces parages d’une façon exceptionnelle.
- La tactique passablement compliquée que dut adopter le capitaine Gardiner fut la suivante. Le Lyons, tous feux allumés, se tenait en permanence à l’entrée du port, prêt à s’élancer de jour comme de nuit vers l’épave dès que la girouette du phare qui domine l’ile tournait sa pointe vers l’Orient. Parvenu près de la bouée, le navire jetait ses ancres, et, sans perdre de temps, les mécaniciens mettaient la pompe en action, en même temps que les scaphandriers se tenaient prêts à descendre sous l’eau au premier signal.
- Généralement, les sondages indiquaient que la houle avait comblé en partie l’excavation exécutée durant les précédentes accalmies, mais la puissante pompe avait tôt fait de réparer les dommages. Alors, un plongeur descendait soit pour se rendre compte de l’état des travaux, soit pour diriger le déplacement du tuyau d’aspiration, soit encore pour fixer des chaînes autour de pesants objets (canons, ancres, etc.) détachés de l’épave. Plus d’une fois, un brusque changement de ve'nt obligea le Lyons à remonter ses ancres avant d’avoir pu mettre ses pompes en action. Et ce même caprice des éléments, qui procurait beaucoup plus de journées de chômage que d’heures de travail, faillit coûter la vie au scaphandrier.
- Dans le courant de juin, l’un d’eux était descendu par un temps idéal pour surveiller le travail delà pompe, quand on constata soudain que la corde à
- signaux restait muette. Un camarade se hâta de revêtir un scaphandre pour descendre à son secours, bien que le vent eût brusquement changé et que la houle se fît de plus en plus redoutable. Il se cramponnait déjà à l’échelle, quand on vit surgir quelque chose, le long du bord. Un marin constata aussitôt la nature de l’apparition : c’était, à fleur
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- d’eau, les semelles des bottes du disparu ! Un canot, mis à la mer en grande hâte, découvrit alors une partie du mystère : le plongeur llottait la tête en bas !
- Quand il eut repris ses sens, il expliqua son étrange aventure. Les premiers coups de houle lui avaient fait perdre l’équilibre, et sa corde à signaux s’était entortillée de telle façon dans les débris de l’épave qu’il n’avait pu la dégager. Par bonheur, son tube à air était resté libre, circonstance à laquelle il devait la vie.
- Et, tranchant la corde d’un coup de poignard, il avait laisse' l’air gonfler son costume et alléger sa densité. Malheureusement, ses pieds... avaient été les premiers à partir vers la surface !
- Profitant des calmes plats de l’été, le Lyons finissait par dégager presque complètement l’arrière de la frégate, où sont enfermés les précieux lingots.
- Dans le courant de sep-v ^ tembre, son treuil remon-
- tait plusieurs canons, quantité de boulets et de biscayens, et deux ancres, pesant chacune trois tonnes, et les treillages de la cage arrêtaient au «passage des jets de sable délayé deux ou trois centaines de pièces d’argent. Poiir hâter la découverte finale, le capitaine Gardiner faisait monter une seconde cage sur un chaland remorqué depuis Glascow. Mais le mauvais temps mettait un terme à la campagne, dans les premiers jours d’octobre.
- Intéressants à plus d’un titre, ces travaux seront repris au printemps prochain. Si le capitaine Gardiner, comme de nombreux indices le lui promettent, atteint enfin les 30 millions convoités, les galions espagnols dont l’histoire ou la légende a semé le fond de l’océan mettront en ébullition bien des cervelles! V. Forbin.
- LES MOTEURS D’AVIATION SINGULIERS
- Le moteur d’aéroplane, réalisé sous tant de formes différentes, n’a pas encore, comme son ancêtre le moteur d’automobile, été unifié dans sa construction.
- De nombreux types, aujourd’hui classiques, ont fait leurs preuves : moteur à 4 ou 6 cylindres verticaux (Panhard, Chenu...), à cylindres rayonnants ou en éventail (Anzani, R. E. P...), moteurs rotatifs (Gnome....).
- D’autres, de conception absolument originale, s’écartent nettement des catégories où l’on a pu faire entrer la plupart des moteurs d’aviation. Ce sont ceux-là que nous appelons « moteurs singuliers ». Nous -avons déjà (*) décrit ceux qui figuraient au Salon de 1910.
- L’Exposition de l’Aéronautique de 1911 en contenait plusieurs autres ; - nous, nous proposons de parler des plus remarquables comme conception. -Moteur Burlat. — Le moteur Burlat est un nouveau venu pour l’aviation, mais il a depuis plusieurs années fait ses preuves sur les voitures de tourisme et de poids lourd. - v ; -y : V.y Son fonctionnement repose sur un principe cinématique fort original. y y y y > ;;
- C’est un moteur rotatif à,,quatre, huit ou seize cylindres. Nous allons décrire simplement'le moteur à quatre cylindres dont les autres sont directement
- dérivés. Mais auparavant, une petite disgression est nécessaire.
- Considérons un cercle O ; à l’intérieur de ce cercle, un 2e cercle plus petit 0'. Faisons rouler ce cercle sur le plus grand. Un point quelconque M va décrire une courbe de la famille des roulettes, appelée hypocycloïde.
- Sa forme dépendra des diamètres respectifs des cercles générateurs.
- Or, il est un cas où la cycloïde prend une forme simple : c’est celui où le cercle mobile a un rayon égal à la moitié du rayon du cercle fixe; dans ces conditions, le théorème de Lahire nous enseigne que tous les points du petit cercle décrivent des diamètres du grand cercle.
- Nous voilà loin du moteur rotatif, dira-t-on? Nous y touchons au contraire.
- Soit O, «notre grand cercle de rayon R (fig. 2), que mous supposons immobile. O' notre cercle
- mobile de.rayon moitié,—y
- : F -T'-. * '•* .
- , Faisons-le, rouler à .l’intérieur du grand, dans le sens de la flèche. Le point M va décrire le diamètre AB. ; •••,
- Le centre O' décrira évidemment un cercle de centre 0 de rayon — Ce cercle sera .décrit dans le sens indiqué par la flèche (inverse des aiguilles
- 1, Yoy. n° 1968 du 11 février 1911.
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- d’une montre). (Remarquons que le cercle mobile, dans son mouvement, passera toujours par le centre 0 du grand cercle). Nous voilà maintenant en possession de tous les éléments nécessaires pour comprendre le fonctionnement du moteur Burlat.
- Les quatre cylindres sont fixés sur le cercle 0. Pour simplifier, considérons un seul de ces cylindres. Le piston porte une bielle L, qui lui est fixée invariablement en K, et non articulée comme les bielles des moteurs ordinaires. Le maneton de la bielle se trouve en M, et le centre du vilebrequin en 0'.
- Quand le cercle 0' tournera, le point M décrira le diamètre AB comme nous l’avons vu ; c’est ce qui permet de fixer la bielle au piston par une liaison rigide. Le centre du vilebrequin va se promener quelque part sur le cercle 0'.
- Ceci bien établi, fixons O'dans une de ses positions ; que va-t-il arriver? Pour conserver les mouvements relatifs des figures, il va falloir faire tourner l’ensemble grand cercle-cylindre autour du point 0, dans le sens O'M (flèche pointillée), avec une vitesse angulaire égale à la moitié de celle de O'M. En un mot, au lieu que le point 0' passe successivement par tous les points du cercle pointillé, ce sont les points de ce cercle qui vont passer par le point 0', qui reste fixe.
- En réalité, le moteur Burlat se compose, nous l’avons dit, de quatre cylindres opposés deux à deux. Les manetons du vilebrequin, au nombre de deux seulement, sont calés à 180° l’un de l’autre. Ainsi qu’on peut le voir sur la figure, chacun d’eux est attaqué par les pistons des cylindres opposés.
- Les cylindres sont boulonnés sur le carter. Celui-ci tourne autour du noyau fixe et est monté sur deux roulements à billes à rotules.
- L’échappement se fait par une soupape placée au fond des cylindres. L’admission a lieu dans le carter, par l’intermédiaire de deux soupapes automatiques placées sur le piston. L’exemple du moteur Gnome a montré surabondamment que cette solution, qui pouvait a priori inspirer quelques inquiétudes, est parfaitement convenable.
- Notons que le carburateur est dépourvu de niveau constant; l’injection d’essence a lieu directement dans le carter.
- La construction spéciale de ce moteur a, au point de vue fonctionnement, des conséquences fort intéressantes.
- Comme nous l’avons vu, l’ensemble des cylindres et le vilebrequin tournent tous les deux dans le même sens, mais le vilebrequin tourne deux fois plus vite que le moteur.
- Chaque temps du cycle, qui dure pendant une demi-révolution des cylindres, correspond donc à un tour complet du vilebrequin. De ce fait, le moteur Burlat à quatre cylindres (et à quatre temps) travaille comme un moteur ordinaire à huit cylindres, au point de vue régularité du couple.
- Sa vitesse de régime est de 1800 tours-minute pour le vilebrequin, de 900 tours par conséquent
- pour l’ensemble des cylindres. La vitesse relative du vilebrequin, par rapport aux cylindres, est donc de 900 tours ; c’est un moteur à régime lent.*
- Un autre point intéressant est le suivant : il n’y a aucune réaction latérale des pistons sur les cylindres.
- Alors que, dans les rotatifs ordinaires, c’est la réaction latérale des pistons qui fait tourner l’ensemble des cylindres, ici, les cylindres tournent uniquement sous l’action de la pression des gaz sur leur fond, au moment de l’explosion.
- Le rendement mécanique est, de ce chef, très élevé, et l’on sait qu’un bon rendement mécanique seul permet une grande légèreté spécifique.
- Tel est, dans ses grandes lignes, le moteur Burlat, qui fera sûrement parler de lui. Notre photographie montre le moteur à seize cylindres.
- Le moteur Canda, io cylindres. — Ce moteur figurait déjà au Salon de 1910. Mais il a subi quelques modifications depuis. — Du reste, nous nous étions borné, à l’époque, à le signaler sans le décrire.
- C’est aussi un rotatif, mais dont le principe est nettement différent des autres moteurs.
- Il comprend 10 cylindres, disposés non pas en étoile, .mais de telle, façon que leurs .axes, prolongés, soient tangents à une même circonférence; — Ils figurent les prolongements d’un décagone régulier circonscrit à ce cercle.
- On a dit de ce moteur qu’il ne comportait ni
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- bielles, ni vilebrequin, ni arbre à cames, ni soupapes, ni tuyauterie proprement dite : c’est parfaitement exact, et ce pre'ambule est bien fait pour piquer la curiosité.
- Nous en empruntons la description à un article fort intéressant paru dans la Vie Automobile :
- « Les cylindres sont montés sur le carter en deux pièces dans des orifices périphériques.
- « Dans chaque cylindre se meut un piston muni de sa tige, dont la tête se compose d’un axe supportant deux galets 14, qui roulent d’autre part dans une rainure en forme de came. Cette came a la forme d’une courbe épicycloïdale fermée. Elle sert tantôt de guide, tantôt de butée, elle s’éloigne et se rapproche alternativement de l’axe fixe 6, de sorte que
- le piston, entraîné par la rotation du cylindre, exécute son mouvement rectiligne alternatif.
- « Le moteur est à quatre temps, mais les quatre temps, qui sont répartis sur 560°, ne sont pas égaux, comme nous le verrons plus loin. Il y a, comme dans le deux-temps, une impulsion motrice par tour.
- « Ce moteur présente encore une autre particularité : les gaz explosent non pas au-dessus du piston, mais au-dessous; la culasse est donc la partie du cylindre la plus rapprochée du centre de rotation, et non pas .la plus éloignée comme d’habitude.
- « Yoici maintenant le fonctionnement de ce moteur.
- • « Chaque cylindre porte une lumière d’aspiration et 'd’échappement 10. Le carter porte une cavité annulaire 9 qui sert pour l’admission; 11 est la pipe d’admission pour les gaz venant du carburateur.
- L’échappement a lieu par une seconde cavité annulaire 8, qui rejette les gaz brûlés dans l’atmosphère.
- Fig. 3. — Coupe du dix-cylindres Canda.
- a Supposons un cylindre dans la position A de la figure, le mouvement de rotation de l’ensemble ayant lieu dans le sens indiqué par la flèche.
- « Dès que l’orifice 10 passera devant la cavité 9, il y aura admission de gaz et cette admission se prolongera pendant toute la durée du passage de l’orifice 10, durée qui correspond à une course ascendante du piston (premier quart de tour).
- « Pendant le deuxième quart de tour, le piston descendra et comprimera les gaz jusqu’au point C,
- Fig. 4. — La camejdu dix-cylindres Canda.
- où se produira l’explosion. A ce moment, le piston tend à remonter et le cylindre à descendre. Comme le piston est rendu solidaire; de la came 15 par l’in-
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- termédiaire de la tige et reste toujours à égale distance du tracé de cette came, c’est le cylindre qui descend et il -imprime alors au bloc moteur, formé par les cylindres et le carter, un mouvement de rotation dans le sens de la flèche. Durant cette période (troisième quart de tour), le piston fait une course ascendante. Il redescend pendant le dernier quart de tour, chasse les gaz brûlés, par la cavité 8, jusqu’au point A, où le cycle à quatre temps recommence.
- «• Si nous examinons la distribution, nous constatons que les quatre temps se répartissent ainsi :
- I. Admission. . . 126°
- II. Compression . 54°
- III. Détente. . . . 126°
- VI. Échappement. 54°
- « Ainsi les deux temps d’admission et de détente sont prolongés et les temps d’échappement et de compression sont réduits au minimum de durée. La réduction du temps d’échappement surtout est très favorable au refroidissement du moteur.
- « Sur une révolution complète de 560°, les durées angulaires respectives sont : pour l’admission et la détente, '252°; pour l’échappement et la compression, 108°, C’est grâce à cette distribution que l’on a pu obtenir une légèreté spécifique aussi grande.
- « Voici, en effet, les caractéristiques de ces moteurs, leurs poids avec les deux magnétos, le carburateur et la pompe à huile.
- Nombre de cylindres Alésage en m/m.
- Course en m/m .
- Nombre de tours.
- Puissance en chev.
- Poids en Kgr . .
- « Cela fait donc pratiquement 1 kg 75 par cheval,
- Fig. 5. — Coupe diamétrale du moteur Beck.
- Type A Type B Type C
- 10 10 20
- 85 100 100
- 85 100 100
- 1000 1000 1000
- 60 80 150
- 68 85 150
- soit un résultat tout à fait remarquable. Inutile de dire, d’ailleurs, que ce moteur possède également les qualités des autres moteurs rotatifs, comme la régularité cyclique, le bon refroidissement, etc. C’est donc un moteur à tous les points de vue fort
- intéressant. »
- Le moteur Beck à 8 cylindres. — Le moteur Beck présente un aspect absolument spécial.
- Comme on peut le voir d’après notre photographie, il comprend deux groupes de 4 cylindres juxtaposés et absolument identiques.
- Contentons-nous donc de décrire, pour commencer, un seul' des deux groupes.
- Les cylindres affectent la forme d’une portion de tore. Ils sont disposés à la suite l’un de l’autre et forment en quelque sorte la jante d’un volant.
- Ils sont fixés sur
- une Basque en acier reliée elle-même au centre du tore par des bras. (Voy. notre figure). Tout l’ensemble peut donc tourner autour de l’axe.
- Les cylindres sont opposés deux à deux, c’est-à-dire que les fonds ouverts sont placés en regard dans chaque couple.
- Les pistons de chaque couple sont reliés par une tige rigide, de forme circulaire.
- Le milieu de chacune de ces tiges est relié par un bras à l’axe commun. Le guidage des pistons dans les cylindres est ainsi parfaitement assuré. Le mouvement des pistons est transmis au vilebrequin de la façon suivante.
- Un axe, fixé au bras portant les cylindres, sert de pivot à un mouvement de sonnette dont une extrémité est reliée par une biellette au milieu des tiges des pistons. L’autre extrémité s’articule sur la bielle qui attaque d’autre part le maneton du vilebrequin fixe.
- Ce vilebrequin porte 2 manetons calés à 180°, chaque maneton correspondant à un couple de cylindres.
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- CHRONIQUE
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- Supposons pour un instant que les cylindres soient fixes, et le vilebrequin mobile : les pistons seront animés d’un mouvement pendulaire autour de l’axe central. L’ordre de travail des cylindres est indiqué sur la figure ci-contre (page 188) par les indications : aspiration, compression, explosion, échappement.
- Mais comme les cylindres tournent, ils entraînent avec eux l’ensemble des pistons : il s’en suit que, pendant une période sur deux, ils sont sensiblement immobiles dans l’espace, et pendant l’autre période, ils se déplacent dans le même sens que les cylindres, et avec une vitesse double.
- Les cylindres des deux groupes sont, nous l’avons dit, juxtaposés deux à deux.
- Deux cylindres voisins sont réunis par la culasse et communiquent par l’intermédiaire d’une chambre à soupapes qui forme chambre de compression.
- Les soupapes sont donc au nombre de 8 pour les 8 cylindres.
- Les soupapes d’aspiration sont à l’intérieur du moteur, celles d’échappement à l’extérieur. Les , unes et les autres sont commandées.
- Les cylindres)"; sont refroidisv par leur mouvement dans l’air. Ils sont faits en fonte ou en acier.
- L’usinage des cylindres et des pistons est exécuté sur une machine-outil construite spécialement pour cet usage.
- Le graissage se fait sous pression, par canaux creusés dans les arbres.
- Est-il besoin d’ajouter qu’une magnéto assure l’allumage.
- Le poids par cheval de ce moteur varie de 2 kilogrammes à 1 kg 2 suivant la puissance. L’engin est curieux ; il ne lui reste plus qu’à faire ses preuves sur un aéroplane. Henri Petit,
- (^1 suivre.) Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 6. — Moteur Beck.
- CHRONIQUE
- L’histoire du mot « gaz ». — Nous la résumons d’après la Chemiker Zeitung. Le mot « gaz », d’un emploi aujourd’hui si fréquent et si général, fut forgé au xvu6 siècle par le chimiste belge Van llelmont. Quelle en fut l’étymologie? Les avis sont très partagés : pour les uns, le mot dérive du grec chaos, ou du sanscrit akasha (éther céleste). Il est plus simple et plus naturel d’admettre avec Ramsay que le mot dérive de l’allemand geist ou du hollandais geest (esprit). Quoi qu’il en soit, le terme créé par Van llelmont sommeilla de longues années dans l’oubli. On ne le retrouve qu’en 1778 dans le Dictionnaire de chymie de notre compatriote Macquer. Lavoisier l’adopta dans son Traité élémentaire (1789). Le mot avait alors été rendu populaire par la découverte des frères Montgolfier; car c’était sous le nom de gaz que l’on désignait la substance légère destinée au gonflement des aérostats. Cette dénomination se répandit alors dans le monde entier. Elle fait son apparition en Allemagne. Ch. Adelung, éditeur bien
- connu de dictionnaires, la mentionne, mais en la signalant comme une expression barbare, qu’il espère voir bientôt remplacer par une autre plus convenable. Le vœu de ce puriste n?a pas été exaucé.
- Explosion de moteur. — Nos lecteurs savent le grand effort déployé, en Allemagne notamment, pour la mise au point de puissants moteurs marins à combustion interne. Ces tentatives, en raison des pressions énormes mises en jeu dans les moteurs type Diesel, comportent de graves périls. C’est ainsi que le Temps du 1er février annonce que dans les ateliers de la « Augsburg-Nüremberg Maschinen-Fabrik », un moteur de 12 000 chevaux, destiné aux chantiers Yulkan, a fait explosion au cours d’essais de réception : 8 personnes ont été tuées, 11 grièvement blessées. Ce moteur était la plus puissante unité réalisée jusqu’ici dans ce genre de machines; sa mise en service prochaine s’annonçait comme un véritable événement naval.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 29 janvier et 5 février 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Assistance à la Faculté de Médecine de Beyrouth. — M. le Président donne lecture de la lettre suivante :
- Mardi, 23 janvier.
- Monsieur le Président,
- « L’Académie des Sciences, dans sa séance d’hier, a manifesté le désir qu’elle avait de venir en aide à la Faculté française de Médecine de Beyrouth; je viens donc mettre à votre disposition la somme de 35 000 fr., , en lui demandant de vouloir bien l’attribuer à cette institution. Je suis heureux de la circonstance qui me permet d’être utile à une Faculté française, qui représente si dignement et si utilement les sciences médicales dans les pays d’Orient.
- « Veuillez agréer, Monsieur le Président et cher confrère, l’assurance de mes dévoués sentiments.
- « Roland Bonaparte. »
- La lecture de cette lettre suscite des applaudissements unanimes. M. le Président ajoute qu’il est certain d’exprimer les sentiments de tous les membres de l’Académie, en adressant ses plus chaleureux remerciements au prince Roland Bonaparte.
- L’origine du carbone des plantes. — M. G. Bonnier dépose une Note de M. Molliard, dans laquelle l’auteur traite cette question : l’humus est-il une source directe de carbone pour les plantes supérieures ? Le résultat de ses recherches le conduit à une réponse négative.
- Les courants continus et la végétation. — M. G. Bonnier dépose ensuite une Note de M. Kowessi relative à l’action des courants sur la germination et la végétation. Les expériences de Fauteur confirment le fait» déjà annoncé que cette action est nuisible.
- Comparaison de méthodes industrielles. — M. Muntz présente un travail de M. L.. Ammann, montrant que le procédé dit « à la macération », employé par les petites distilleries agricoles, donne des rendements aussi élevés que celui « à la diffusiqnj). qu’utilise la grande industrie. La seule différence consiste dans la dilution de la solution de sucre. La macération, qui comporte beaucoup moins de frais d’installation et qui est d’une application beaucoup plus commode, convient donc parfaitement aux agriculteurs travaillant leur récolte.
- Lés résultats de la ',2*' expédition Charcot. — Le prince Roland Bonaparte présente un volume comprenant. les résultats des observations météorologiques journalières, faites par .M. l’enseigne de vaisseau Rouch, de l’état-major du Pourquoi-Pas. R groupe les observations de 20 mois de 1908 à 1910, dont 11 passés dans l’An-tarctique. Ces 11 mois se répartissent en 9 mois d’hivernage à la station de l’île Petermann et 2 mois de navigation. Ces observations, effectuées avec d’excellents instruments,» complètent des notions qu’ont fournies k'première expédition Charcot sur les conditions météorologiques de ces régions.
- Le prince Roland Bonaparte présente ensuite un fascicule contenant une étude de M. Ch. Gravier sur les annélides polychètes, une étude de M. Lamy sur les gastropodes : prosobranches, scaphopodes et pélécypodes, et une autre de M. Joh Thiele sur les amphineures. Les spécimens qui ont servi pour ces études ont été recueillis et conservés par MM. Liouville et Gain, naturalistes
- de la mission. Parmi les espèces d’annélides polychètes, 14 sont nouvelles pour la science et 4 de ces dernières ne rentrent dans aucun genre connu. Ces 14 espèces, ajoutées aux 15 rapportées par la première expédition, portent à 29 le nombre des espèces nouvelles dont la connaissance est due aux missions Charcot. Les mollusques comprennent 45 formes dont 2 sont des formes spécifiquement indéterminables. Huit sont nouvelles et viennent s’ajouter aux quatre de la première expédition.
- Usure des dents à l’âge de la pierre polie. — M. Dastre résume un travail de M. Marcel Baudouin sur la cause à laquelle il convient de rapporter l’usure caractéristique que l’on observe sur les dents des hommes ayant vécu à l’époque de la pierre polie. Ayant eu l’occasion d’étudier des dents d’hommes appartenant à des peuplades chez lesquelles la géophagie est actuellement pratiquée, M. Marcel Baudouin a observé la même usure. Il émet l’hypothèse, qu’à l’époque de la pierre polie, il y avait dans le bassin de Paris des tribus qui mangeaient de l’argile tout comme le font aujourd’hui certaines peuplades du centre de l’Afrique, du Laos siamois, etc. Cette usure est tellement caractéristique, qu’elle permet de déterminer l’àge des individus dont proviennent les squelettes.
- Équilibre chimique. — M. Colson communique un travail, dont il résulte que la molécule gazeuse est si loin de se conserver en dissolution, que la constante d’équilibre qui devrait résulter de la dissociation d’un corps comme le peroxyde d’azote dissous dans le chloroforme, loin d’être fixe, varie irrégulièrement de 97 à 143. La théorie des équilibres entre corps dissous est ainsi remise en question.
- Le barrage de la vallée du Rhône.— M. E.-A. Martel communique une étude sur les projets de barrage du canon du Rhône. Deux projets sont en présence en ce moment au sujet de cet intéressant problème, que suscite le désir d’utiliser la force enfermée dans le courant du fleuve. L’un de ces projets comporte un barrage unique haut de 100 m. à Génissiat; l’autre un double barrage à Bellegarde et à Malpertuis, M. Martel expose comment la réalisation du deuxième projet présente tous les avantages.
- Capture et découverte de céphalopodes inconnus. — S. A. le prince de Monaco présente une Note de M. Jou-bin consacrée aux céphalopodes recueillis par la dernière expédition du prince de Monaco. On peut, au point de vue zoologique, mesurer le résultat des campagnes d’exploration sous-marine du prince de Monaco en observant, qu’avant la première de ces expéditions, le nombre des espèces de céphalopodes connus était de 12, etqu’actuel-lement ce nombre dépasse 100. Tous les spécimens capturés en 1911 sont bathypélagiques ; les filets ont été descendus à toutes profondeurs, depuis la surface jusqu’à • 4500 mètres. La pêche a été particulièrement abondante en 1911 parce qu’on a employé un nouvel appareil de dragage perfectionné. L’un des céphalopodes tirés de la mer est remarquable par sa transparence ; un autre a un œil divisé en deux parties, l’une servant à la' vision, l’autre émettant des lueurs phosphorescentes.
- L’assainissement des huîtres. — M. llenneguy présente une Note de M. Fabre Domergue relative à l’assainissement des huîtres contaminées. Il place ces huîtres
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- MALADIES DES ANIMAUX ET DES CULTURES EN 1911 :: .. 191
- clans un réservoir où se déverse de l’eau qui a passé par un filtre à sable et coule au travers de trous percés dans une plaque de verre. L’eau du réservoir est vidée chaque jour et pendant quelques instants les huîtres sont laissées à sec. On emplit ensuite le réservoir. En poursuivant le traitement pendant huit jours les huîtres sont complètement débarrassées des germes morbides. Ce traitement est très facile à appliquer dans les villes, car les expériences de M. Fabre Domergue ont été faites avec de l’eau de mer artificielle.
- Emploi de la fleur de soufre en agriculture. — M. Muntz dépose un travail de M. Boullanger relatif à l’emploi de la fleur de soufre en agriculture. L’addition d’un peu de fleur de soufre augmente les récoltes. Mais cette matière ne peut être regardée comme un engrais proprement dit, elle agit seulement comme un modificateur de la flore microbienne du sol en favorisant l’éclosion d’organismes favorables et en retardant celle d’organismes défavorables. La preuve de l’exactitude de cette manière de voir, c’est que l’expérience ne réussit pas avec de la terre stérilisée.
- L’aptérisme des insectes. — M. Bouvier résume un mémoire de M. Darvitz sur la cause. de l’absence d’ailes chez le§ insectes. Les insectes sans ailes sont nombreux.
- En effet, beaucoup d’insectes des deux sexes n’ont pas d’ailes; chez d’autres, les femelles seules sont aptères. Dans les pays froids les insectes sans ailes sont fréquents. Tels sont certains chironomes rencontrés par l’expédition delà Belgica. Par pays froids, il faut entendre non seulement les zones polaires, mais encore les régions alpines. Parmi les insectes aptères des régions alpines, il en est qui se montrent en hiver dans d’autres régions ; telles les phalènes d’hiver dont les larves sont très nuisibles aux arbres fruitiers. L’auteur a pu produire artificiellement le phénomène de l’aptérisme chez des guêpes et des mouches en soumettant les pupes à un froid plus ou moins prolongé. Il attribue le fait à la réduction d’une oxydase qui aurait lieu dans les tissus et plus particulièrement dans les ailes, sous l’influence d’une basse température.
- La vapeur du sodium dans le Soleil. — M. Deslandres résume une Note de M. Pérot relative à des recherches d’analyse spectrale sur la vapeur du sodium dans le Soleil. Il résulte des observations de l’auteur que cette vapeur a un mouvement descendant des couches supérieures vers le centre. La vitesse de la chute est de 1 km 37 par seconde. En réalité ce sont les ions de la couche de vapeur qui descendent. Ch. de Yilledeuil.
- LES MALADIES DES ANIMAUX
- L’année 1911 a été remarquable par l’importance des épizooties et des fléaux, sinon nouveaux, du moins particulièrement intenses qui ont sévi sur les cultures. Il convient d’en esquisser un tableau d’ensemble; la tâche est d’ailleurs facilitée par l’excellent chapitre que leur a consacré M. Fernand David, député, aujourd’hui ministre du Commerce, dans son Rapport sur le budget général de l'agriculture pour 1912. Il y fait admirablement ressortir que la science, même lorsqu’elle ne connaît pas le remède spécifique contre un mal déclaré, est dès à présent capable de fournir, tous les moyens pratiques d’en arrêter la marche et de le vaincre.
- I. Maladies des animaux (Epizooties). — La distomatose et la fièvre aphteuse ont fait en 1911 des ravages considérables, à la suite de circonstances climatériques détestables (pluies de 1910, sécheresse de 1911).
- La fièvre aphteuse a sévi sur les trois quarts de nos départements. D’une puissance étonnante de contagion, elle nécessite non seulement l’isolement aussi rigoureux que possible des lieux contaminés, mais une longue quarantaine du troupeau après la guérison. Malheureusement les mesures indispensables de police sanitaire sont souvent tournées ou mal observées. D’autre part, grâce aux travaux de Lœffler, Nocard, Roux et Yallée, on possède un sérum préventif qui, injecté à temps aux animaux sains, les met à l’abri de la contagion pour 10 à 15 jours ; mais il n’est pas entré en pratique à cause des difficultés matérielles de son obtention en quantité suffisante. Il semble, d’ailleurs, qu’en dehors des mesures de police, la lutte efficace contre la fièvre aphteuse ne puisse être entreprise
- ET DES CULTURES EN 1911
- sérieusement que sur la base d’une organisation internationale, chargée de la production et de la répartition du sérum. La possibilité mérite d’en être envisagée de très près, puisqu’à chaque épizootie aphteuse, c’est une perte de plusieurs centaines de millions pour l’élevage français.
- IL Maladies des plantes. — La vigne a eu à lutter cette année contre deux ennemis particulièrement redoutables, la Cochylis et YEudémis; les céréales ont vivement souffert des rouilles et du piétin; la betterave, éprouvée par la sécheresse, a supporté en outre plusieurs maladies graves. Parmi les arbres, le chêne, ravagé par diverses chenilles, est depuis quatre ans en butte à un nouvel ennemi, le blanc de chêne, qui sévit surtout sur les jeunes taillis; les châtaigniers (Pyrénées, Limousin, Bretagne, Cévennes, Corse) ont également à lutter contre une maladie nouvelle, d’autant plus dangereuse qu’on n’en connaît pas encore bien la cause. On pourrait établir comme une sorte de règle générale que les cryptogames et les insectes parasites des plantes sont actuellement en croissance chez nous, et le fait s’explique facilement par l’introduction croissante de végétaux exotiques venus de toute part.
- La lutte contre ces fléaux divers a été souvent très vive, mais aussi, en général, peu efficace. Il semble qu’on puisse sans hésitation attribuer cet insuccès au manque en France d’organisation véritable ayant pour but l’étude des maladies animales ou végétales dans un dessein pratique. Nos seules institutions qui fonctionnent réellement sont presque uniquement des institutions de contrôle et de surveillance, par exemple le service d’inspection phytopathologique de
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- la production horticole qui visite, sur demande, les plantations et délivre s’il y a lieu le certificat exigé par certains ' pays ' importateurs (comme les États-Unis) constatant que les plantations ne sont pas parasitées. De même la station de pathologie végétale, la station entomologique, la station régionale entomologique de Rennes, et de nombreux laboratoires d’Ecoles ou d’Universités rendent des services réels, mais incoordonnés et ralentis par la pauvreté budgétaire.
- La comparaison de ces fragments d’organisations françaises avec les organisations étrangères montre cependant qu’il y aurait énormément à faire dans cette voie. L’Allemagne possède un Institut biologique indépendant, divisé en trois sections : mycologie, bactériologie, entomologie; à côté de lui fonctionnent des laboratoires spéciaux de pathologie végétale et d’entomologie appliquée, et quarante bureaux d’information, où l’on détermine les échantillons envoyés, renseignent les agriculteurs, font des enquêtes, etc. En Hongrie,
- F Institut ampélologique de Budapest et la station de pathologie de Magyar-Ovar ont de très gros budgets qui permettent de visiter les cultivateurs et d’instituer d’importantes expériences. Depuis 1909, la Hollande a un service phytopathologique chargé en général de la protection des végétaux contre les animaux nuisibles et les maladies, et en particulier de l’inspection des terrains et établissements dont les produits, totaux ou partiels, sont destinés à l’exportation. Pour remplir ces attributions il est astreint : à faire des recherches scientifiques originales, centraliser et fournir tous les renseignements d’ordre phytopathologique, organiser la défense et la lutte, propager la science phytopathologique. Aux États-Unis enfin, la division de pathologie végétale, rattachée au « Bureau of plant industry » du ministère de l’Agriculture, est tout à fait remarquable aussi bien par l’organisation que par les ressources.
- Pour donner une idée de l’ampleur avec laquelle le ministère de l’Agriculture des États-Unis entend la lutte en faveur de l’agriculture, nous signalerons le fait suivant : pour la seule étude des moyens de
- destruction — et non pas pour leur mise en pratique qui va seulement commencer — de deux phalènes parasites de la végétation, le gouvernement chargea des recherches un savant de l’organisation, avec définition du but et carte blanche pour le reste, et mit à sa disposition, comme entrée de jeu, un crédit de plus de 1 500 000 francs à dépenser en trois ans. Qu’on mette en face de cela les 35000 fr., exceptionnels d’ailleurs, que notre Parlement a accordés en 1911 aux recherches contre la Cochylis et YEudémis. Les études entreprises aux États-Unis ont abouti à une organisation du travail répartie sur tout l’hémisphère Nord.
- Ce dernier fait est symptomatique. Dans la lutte contre les maladies des animaux et surtout contre les maladies parasitaires des plantes, l’efficacité réelle ne peut être obtenue que si, à de solides organisations nationales, on joint non seulement des conventions (contrôle, surveillance, arrangements de douane, de transport), mais aussi une organisation internationale. Dans ce sens, la récente création de Y Institut international d'agriculture, dont le siège est à Rome, doit être considérée comme le plus grand événement qui se soit produit dans le domaine agricole pendant ces dernières années. Cet Institut, qui a ses membres et des correspondants dans tous les pays civilisés, n’est, il est vrai, qu’urt office central de l’information agricole, centralisant et coordonnant tous les renseignements publiés dans la littérature universelle. H relance ensuite cet énorme matériel, digéré, dans toute une série de publications : un bulletin (mensuel) de statistique agricole ; un bulletin (mensuel) des renseignements et des maladies des plantes; un bulletin (mensuel) des institutions économiques et sociales (coopération, assurance, crédit) ; un bulletin (hebdomadaire) de bibliographie, sans compter des travaux séparés de statistique et diverses monographies. On voit l’importance d’un tel service de renseignements, c’est l’organisation internationale de la science agricole, prélude nécessaire de l’organisation internationale de l’agriculture elle-même.
- Marcel Blot.
- 1. Cochylis ou teigne de la grappe adulte.
- 2. Dégâts causés par la deuxième génération dé Cochylis. — 3. Eudemis ou tordeuse de la grappe. — 4. Chenille de Cochylis (grandeur naturelle) et dégâts qu’elle cause.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laubue, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N" 2021.
- 17 FÉVRIER 1912.
- LA MANTE TUNISIENNE ET LE POUILLOT FITIS
- Tout le monde a entendu parler de la férocité de ces grandes Araignées de la Guyane et du Brésil, désignées sous le nom de Mygales aviculaires,
- nides, larges comme la main, et dont le venin est dangereux pour l’Homme lui-même.
- Ce que l’on connaît moins, c’est qu’il existe, dans
- La Mante tunisienne étranglant le Pouiliot fuis.
- parce qu’elles attaquent les petits Oiseaux pour sucer leur sang. Le fait a cependant été mis en doute par plusieurs naturalistes, jusqu’au jour où Bâtés, au cours de son voyage sur l’Amazone, a trouvé deux petits Passereaux, morts ou mourants, pris dans les toiles d’un de ces redoutables Arach-
- 40* année.
- la classe des Insectes, des animaux qui, sous une apparence beaucoup moins formidable, cachent des instincts non moins sanguinaires, et s’attaquent aussi aux Oiseaux. Je veux parler,des Mantes, insectes de l’ordre des Orthoptères.
- Dans le Sud de la France, on trouve une espèce
- 12. — 193
- jer semestre.
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- 194 LA MANTE TUNISIENNE ET LE POU1LLOT FJT1S
- de ce genre désignée sous le nom de « Mante prie-dieu » (Mantis religiosa). C’est un insecte long de six centimètres environ et d’un vert-pré uniforme. Son corps allongé, sa tête transversale munie de deux gros yeux saillants, son corsage étroit, son ventre renflé, recouvert d’ailes à demi membraneuses et vertes comme le reste, lui donnent" un aspect très particulier. Mais ce sont surtout les pattes antérieures qui attirent l’attention. Au lieu d’être grêles comme celles des deux paires postérieures, celles-ci ont le fémur et le tibia fortement renflés et munis sur leur face inférieure d’un peigne de robustes épines. Au repos, l’animal tient ces deux articles fléchis l’un sur l’autre et, le prothorax dressé, les deux pattes antérieures repliées soiis la tête, il reste immobile dans une attitude que l’on a comparée à celle d’une personne prosternée pour la prière, d’où le nom de « Mante religieuse » qu’on lui a donné. L’aspect étrange de cet insecte a, depuis longtemps, frappé l’imagination des paysans, et leur superstition est allée jusqu’à supposer que la Mante, en étendant ses pattes, indique leur chemin aux enfants égarés.
- En réalité, cette pose hiératique est beaucoup moins innocente qu’elle ne le semble à l’observateur superficiel ; la Mante, hypocrite, est simplement à l’affût d’une proie. Cachée dans l’herbe ou dans un buisson, elle attend patiemment, parfaitement masquée par sa couleur qui se confond avec celle des objets environnants. Mais qu’un insecte vienne à passer dans le voisinage, on voit immédiatement sa tête se tourner lentement, suivant de ses gros yeux tous les mouvements de l’imprudent voyageur. S’il s’arrête à proximité, elle se glisse avec circonspection entre les herbes ou les feuilles, rampant comme un Chat, et dès qu’elle est à bonne portée, elle détend brusquement l’une de ses pattes antérieures, saisit la proie du double peigne qui les arme, la ramène sous ses mandibules et la dévore. Son repas terminé, elle ne néglige pas de nettoyer ses pinces avec sa bouche, fait une toilette complète, et reprend l’attitude du repos pour guetter une nouvelle proie.
- Lorsqu’on saisit un de ces insectes avec la main, il s’agrippe si solidement aux doigts qu’il faut user de précautions pour lui faire lâcher prise sans briser ou arracher ses membres. Néanmoins, il ne cherche pas à mordre et ne cause aucune douleur.
- La reproduction des Mantes présente des particularités intéressantes.. Les femelles pondent des oothèques, c’est-à-dire des œufs allongés, agglutinés ensemble par une sécrétion muqueuse qui se durcit à l’air et forme une masse, de la dimension d’une figue, que l’on trouve collée à une branche oü à une pierre, et qui renferme 18 à 25 rangées de 6 à 8 œufs chacune. Les petits encore dans l’œuf ont l’abdomen et les pattes hérissées d’épines qui leur permettent de cheminer dans la coque, d’un mouvement ondulatoire, qui rappelle celui d’un épi de seigle barbelé égaré dans la manche d’un habit.
- Au sortir de l’œuf, les jeunes sont encore retenus par deux fils soyeux fixés à l’extrémité de l'abdomen et qui restent adhérents au fond de l’œuf. Ces petites larves, ayant déjà la forme des parents moins les ailes, constituent ainsi une sorte de grappe des plus singulières. C’est seulement après leur première mue qu’elles s’échappent et se mettent à la recherche de leur nourriture, laissant leur dépouille inutile attachée à l’oothèque.
- La force redoutable et l’instinct carnassier des Mantes ont déjà été signalés par plusieurs naturalistes. Zimmermann avait enfermé dans un bocal de verre une femelle de la Mante de la Caroline [Mantis carolina), dans l’intention de la nourrir. Elle dévorait une douzaine de mouches par jour, sans compter quelques grosses sauterelles, puis de jeunes grenouilles et même des Lézards trois fois plus longs qu’elle. Elle ne retournait jamais aux morceaux qu’elle avait lâchés, ne mangeant que la chair vivante.
- Burmeister n’est pas moins affirmaLif sur les mœurs de la Mantis argentin a de l’Amérique du Sud. Il rapporte que son ami Hudson, étant assis un soir devant la porte de sa maison de campagne à Buenos-Ayres,- fut surpris soudain parlés cris que faisait entendre, dans le feuillage d’un arbre voisin, un petit oiseau (Serpophaga subcristata). En s’approchant, il constata avec étonnement que l’oiseau semblait fixé à une branche et battait des ailes avec force. Ayant été chercher une échelle pour y monter, il vit une Mante fortement cramponnée à une branche par ses quatre pattes postérieures et qui enserrait l’Oiseau de ses pattes antérieures, de telle sorte qu’ils se trouvaient tous deux tête contre tête. Le Serpophage avait la peau du crâne en lambeaux et l’os même était perforé au niveau du front. Burmeister put s’en assurer par lui-même en examinant les deux animaux qu’Hudson lui transmit le lendemain matin, en même temps que son observation.
- Un fait tout récent, et qui s’est passé plus près de nous, vient confirmer la férocité des Mantes. Il s’agit cette fois d’une espèce africaine, Mantis (Hierodula) bioculata (Burmeister), qui ressemble à notre Mante de France, mais est plus grande et plus forte, et s’en distingue en outre par deux taches semi-lunaires blanches qui ornent le bord externe des ailes et tranchent sur la couleur verte du reste de l’insecte.
- M. Millet-Horsin, médecin-major aux hôpitaux de Tunisie et correspondant du Muséum d’Histoire naturelle, nous écrivait que, se trouvant, le 50 novembre 1910, à Gabès, dans un jardin, il aperçut tout à coup, dans un massif, au milieu de Tigelles, un Pouillot (Phylloscopus trochüus) qui se débattait violemment. « Il avait l’air, dit notre correspondant, d’être pendu par une sorte de cordonnet vert, à ce qu’il me sembla en m’approchant. Je pensai à un lacet posé par un domestique arabe, à un collet de laine verte, quand, à mon approche, le
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- LES IDÉES MODERNES SUR LE MAGNÉTISME — 195
- cordonnet se relâcha et laissa tomber l’oiseau. Je vis alors que ce que je prenais pour un cordonnet se mettait à remuer et était en réalité l’une des pattes ravisseuses d’une grosse Mante, dont le corps se confondait avec le feuillage du massif. Je la pris et ramassai l’oiseau : celui-ci était mort; les crochets de la patte avaient incisé le côté gauche du cou, déterminant une hémorragie assez considérable pour
- avoir été mortelle et qui avait taché les feuilles et le sol. »
- Le Dr Millet nous a envoyé les deux acteurs de ce petit drame, le bourreau et sa victime, et l’habile crayon de M. Millot a très artistement retracé la scène, comme le montre notre gravure, pour la mettre sous les yeux des lecteurs de La Nature.
- A. Trouessart.
- Professeur au Muséum National.
- LES IDÉES MODERNES SUR LE MAGNÉTISME
- La théorie des électrons a reçu une confirmation éclatante par la découverte des corpuscules cathodiques due à M. J.-J. Thomson. L’expérience a montré, en effet, que toute matière contient et peut émettre, sous diverses influences, des charges négatives portant chacune la charge d’un atome monovalent dans l’électrolyse et dont la masse, comme nous l’avons vu dans un article précédent, est deux mille fois plus petite que celle de l’atome d’hydrogène. L’extraordinaire petitesse du rayon de ces corpuscules rend vraisemblable l’idée qu’ils entrent dans la constitution des atomes matériels.
- De nombreuses conséquences peuvent être déduites de leur existence, et nous avons signalé déjà l’une des plus importantes : l’interprétation du phénomène de Zeemann sous sa forme la plus simple; interprétation que M. Lorentz a donnée et qui représente les faits qualitativement et quantitativement.
- Des électrons en mouvement à l’intérieur des atomes produisent un champ magnétique et donnent une représentation immédiate des courants particulaires par lesquels Ampère avait proposé d’expliquer les propriétés des aimants; on pouvait espérer, en poursuivant les conséquences de cette représentation, expliquer l’ensemble des propriétés magnétiques de la matière.
- Ces propriétés cependant se présentent comme extrêmement complexes, les corps se groupant en trois catégories très différentes; les corps ferromagnétiques dont le type est le fer, s’aimantant très fortement dans le champ magnétique, suivant une loi compliquée et conservant, après la suppression du champ, un magnétisme rémanent ; les corps paramagnétiques, s’aimantant très faiblement dans la direction dü champ, proportionnellement à son intensité, et redevenant neutres sitôt que l’action extérieure cesse ; enfin les corps diamagnétiques, comme le bismuth, qui s’aimantent très faiblement, proportionnellement à l’intensité du champ, mais en sens inverse et sans rémanence.
- Les premières tentatives pour représenter les propriétés magnétiques à l’aide de la théorie des électrons, n’avaient conduit à aucun résultat satisfaisant jusqu’aux travaux tout récents de MM. Langevin et P. Weiss qui ont permis de faire un pas décisif et d’arriver à la découverte d’un nouveau constituant universel de la matière, le magnéton ainsi que l’a appelé M. Weiss.
- Dans la conférence qu’il vient de faire à la Société française de physique, M. Weiss a surtout insisté sur les résultats d’ordre très différents qui permettent de justifier la conclusion précédente, dont l’importance est considérable au point de vue de l’évolution de nos connaissances sur les propriétés de la matière et sa constitution.
- On sait que dans l’étude du magnétisme, la grandeur qui s’introduit expérimentalement est le moment magné-
- tique, les masses magnétiques, imaginées par analogie avec l’électricité statique n’ayant aucune existence réelle. Jusqu’en 1908 aucun moment moléculaire n’avait été déterminé expérimentalement et on n’en possédait qu’un seul résultat calculé par Langevin en partant de considérations théoriques et relatif à l’oxygène.
- La molécule étant inaccessible à nos mesures, parce que, trop petite, il fallait donc expérimenter sur un nombre connu de molécules, en se plaçant dans des conditions telles que leurs actions s’ajoutent, et diviser ensuite le résultat trouvé par ce nombre pour le ramener à l’unité moléculaire. Par exemple, en opérant sur une molécule-gramme, il suffira de diviser par 68,51022, qui est, ainsi que nous l’avons dit dans un article précédent sur « la réalité moléculaire », le nombre de molécules par molécule-gramme.
- Deux causes s’opposent ordinairement à l’addition pure et simple des actions élémentaires : les frottements internes des molécules et leur agitation thermique. On arrive à supprimer l’une en employant des champs intenses, déterminant la saturation et surmontant les résistances intérieures, l’autre en opérant à très basse température.
- Weiss et Kamerlingh Onnes ont mesuré très exactement le moment magnétique moléculaire des métaux à très basse température, au voisinage de 20 degrés absolus. Les résultats expérimentaux ont montré, fait assez curieux, que ces moments moléculaires ont tous une partie aliquote commune égale à 1123,5, à deux ou trois millièmes près, et que Weiss a appelée le magnéton-gramme. En divisant ce nombre par 68,5'1022, on obtient le nombre 16,4 x 10 -22 qui est le moment magnétique de l’aimant élémentaire, du magnéton lui-même.
- Ce résultat, tout au moins curieux, demandait à être vérifié et étendu et c’est en quoi a consisté l’œuvre de P. Weiss et de ses élèves depuis plusieurs années. D’expériences dues à Weiss et concernant l’oxyde ferrique, la magnétite, on peut d’abord conclure que le moment magnétique de la molécule varie brusquement de quantités finies, multiples d’un même nombre et qui sont entre elles très exactement, comme 4, 5, 6, 8 et 10.
- D’un autre côté, l’extension aux solutions de sels magnétiques dissous, de la théorie de l’aimantation d’un gaz paramagnétique due à Langevin, a permis de tirer d’expériences de Pascal sur ces corps des renseignements intéressants ; la variation du moment magnétique est non un phénomène continu, mais un phénomène qui se produit par étapes, et là encore on retrouve une confirmation, qualitative et quantitative de l’existence du magnéton.
- Enfin les corps solides, sels métalliques ou alliages, moyennant une extension de la théorie, ont eux aussi
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- fourni des vérifications de l’hypothèse de Weiss, comme il ressort des expériences de Foëx, Mlle Feytis, etc....
- En résumé, la théorie cinétique permet d’atteindre le moment magnétique des atomes. Il se présente, quand on le détermine, cette circonstance très curieuse que le même atome ne possède pas un moment magnétique unique, mais que les diverses valeurs qu’on est conduit à lui attribuer suivant la température, le composé dans lequel il est engagé, ont entre elles des rapports rationnels. On peut donc trouver d’abord, entre les moments atomiques d’un même métal, une partie aliquote. On peut ensuite vérifier que les parties aliquotes des différents atomes sont toutes les mêmes; on a alors donné à cette valeur commune le nom de magnéton.
- A l’heure actuelle, le magnéton est un élément constituant commun à un grand nombre d’atomes magnétiques et sans doute à tous. La démonstration est faite pour le fer, le nickel, le cobalt, le chrome, le manganèse, le cuivre, le mercure et les métaux des terres rares.
- En est-il de même dans les autres corps, le magnéton est-il plus qu’un constituant des corps magnétiques, est-il un constituant universel de la matière? C’est ce que l’on ne peut encore affirmer, mais qui semble fort probable surtout que l’existence du magnéton trouve dans un phénomène tout différent, les spectres lumineux, une confirmation intéressante.
- Lorsqu’on examine le spectre d’un métal ou d’un gaz, on est frappé par le nombre considérable de raies brillantes qu’il présente et par l’irrégularité apparente de leur distribution. Les physiciens ont cherché à quelles lois obéit cette répartition et ils ont trouvé que les raies spectrales se classent en séries, dans chacune desquelles on peut calculer les longueurs d’ondes correspondant aux radiations qui la constituent en remplaçant dans une formule un terme par la suite des nombres entiers. C’est Balmer qui, le premier, trouva une formule s’appliquant à 29 raies de l’hydrogène avec une précision extrême. Rydberg, Deslandes, et de nombreux physiciens ont donné des formules générales, valables pour tous les corps. 11 se trouve que dans toutes ces formules entre une même constante qui semble ainsi indiquer l’existence d’une similitude profonde entre les parlicules ultimes constituant les éléments.
- Ritz fit faire à la connaissance des spectres un pas considérable en amorçant une théorie, qu’une mort prématurée l’empêcha de développer, permettant de retrouver les lois précédentes établies empiriquement. Il suppose que les radiations lumineuses sont dues à la vibration d’électrons placés dans un champ magnétique dû à deux pôles susceptibles de prendre dans l’atome un certain nombre de positions sur une ligne droite. Si on veut une comparaison concrète, on peut imaginer une série de barres aimantées disposées bout à bout, à la suite desquelles on disposera d’autres barres de même longueur non magnétiques, en cuivre par exemple. En plaçant un électron à l’extrémité cuivre du système, il vibrera en donnant une certaine radiation. Ajoutons une barre aimantée supplémentaire à l’ensemble précédent, l’électron donnera une autre radiation et ainsi de suite. L’existence signalée plus haut de la constante commune à toutes les formules, nécessite que les aimants élémentaires soient identiques pour tous les corps, ce qui confirme d’autre part l’hypothèse de Weiss.
- Il semble donc que nous ayons atteint, avec le magnéton, un nouveau constituant de la matière. Après l'électron symbolisant les idées nouvelles sur la structure discontinue de l’électricité, le magnéton marque une évolution analogue dans nos conceptions des phénomènes magnétiques. Mais, comme le dit M. Weiss lui-même, pour un pas fait en avant, que d’inconnu ouvert devant nous, que de questions soulevées! La vieille notion du corps simple du chimiste est maintenant insuffisante puisque le même élément, suivant les températures ou les combinaisons dans lesquelles il entre, a un nombre de magnétons variables ; quand ce nombre varie, diminue par exemple, que deviennent les magnétons qui disparaissent ainsi? Ces transformations sont-elles accompagnées de variations d’énergie? Quel rôle les phénomènes magnétiques jouent-ils dans les combinaisons chimiques? Les forces chimiques sont-elles des attractions d’aimants élémentaires? Les valences sont-elles assimilables aux magnétons? etc... Les questions se pressent en foule, l’horizon s’élargit démesurément et il faudra tout l’enthousiasme, la science et le travail des savants modernes pour arriver à défricher une partie seulement de ce nouveau domaine. R. Vigneron.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 février 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- La mort de lord Lister. M. le Secrétaire perpétuel annonce qu’un télégramme apportant la nouvelle delà mort de lord Lister, associé étranger, est arrivé à l’Institut. On savait que le grand chirurgien était malade depuis quelque temps, mais rien ne faisait présager sa fin prochaine. M. le Président prend alors la parole. Il n’existe peut-être pas, dit-il, de nom plus célèbre que celui de l’illustre chirurgien anglais qui vient de mourir. Il est l’auteur de la découverte du pansement aseptique, à laquelle il a été conduit par l’application des théories de Pasteur. Il a ainsi rendu peu fréquentes les complications post-opératoires, car il a employé l’antisepsie de manière à laisser les tissus en état de vie. La statistique des décès consécutifs d’opérations, avant et après la mise en pratique de la nouvelle méthode, pourrait seule mesurer le service qu’il a rendu à l’humanité. On doit encore
- à lord Lister d’autres travaux remarquables, notamment ses recherches sur la tolérance des tissus pour les corps aseptisés. M. le Président conclut en disant que le nom de Lister’ est associé à celui de Pasteur.
- La désinfection des huîtres. — M. Prillieux résume une Note de M. Bodin sur la désinfection des huîtres loin de la mer. L’auteur a obtenu, par un procédé analogue à celui de M. Fabre-Domergue, des résultats qui confirment pleinement les faits annoncés par M. Fabre-Domergue.
- Élections. — Notre Directeur, M. De Launay, est élu membre de l’Académie des Sciences, section de Minéralogie, en remplacement de M. Michel Lévy, décédé.
- Ch. de Villedeuil.
- (A suivra.)
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- LES BARRAGES ET LE CANON DU RHÔNE
- Dans les nos 1685 (9 septembre 1905, article de M. Corcelle) et 1878 (22 mai 1909, article du soussigné') on a déjà exposé ce qui concerne la formation de la perte et du canon du Rhône et les projets de barrage du fleuve aux abords de Bel-legarde (Ain).
- Par suite de modifications dans ces projets, et des nouveaux ' résultats acquis par de toutes récentes études techniques en 1910 et 1911, voici l’état actuel de cette importante question (1).
- Il y a plus de 15 ans que l’on "songé à utiliser en grand la force motrice du Rhône vers Bellegarde, car les installations actuelles n’empruntent au fleuve qu’une force de 6000 à 9000 chevaux, alors qu’on pourrait lui demander un minimum de 78 000 chevaux ; 78 000 à 180000 chevaux pendant 4 mois ; et 270 000 chevaux pendant le surplus de l’année. Le transport à Paris i de.. cette force transformée'eii électricité a été conçu par.M. Blondel, Déminent professeur à l’École supérieure des Ponts" et Chaussées. Il faut que l’utilisation complète de la houille blanche du Rhône se réalise ; elle s’impose, par ce qu’elle ajoutera à la prospérité nationale de la France!
- Mais quel est le meilleur mode de réalisation? En ce moment il n’y a plus que deux projets en présence : l’un consisterait à édifier à Génissiat (voy. la carte fîg. 1), en amont de Pyrimont, un barrage unique relevant le Rhône de la cote 265 à la cote 552, et créant un bief de reflux de 25 km de longueur et 58 hectares de sur-
- 1. D’après les travaux suivants : MM. Lugeon dans La houille blanche, de juillet 1911 et C. R. de l’Àc. des Sciences, 19 juin 1911; Mauvernay, Coutagne et Martel, trois conférences à la Soc. d’Agriculture, Sciences et Industrie de Lyon, le 8 nov. 1911 ; Martel, C.R. de l’Ac. des Sciences, 8 janvier 1912.
- face (jusqu’à la frontière suisse), avec un emmaga-sinement de 50 millions de mètres cubes d’eau et une chute de 69 m. de hauteur. C’est le projet connu sous le nom de ses auteurs MM. Harlé, Blondel et Mâhl.
- L’autre (qui est antérieur) édifierait deux barrages et constituerait deux biefs : le premier en amont du rétrécissement du Rhône à Mal-pertuis, à l’amont de Génissiat (projet Planche ou delà Société des Forces^ hydrauliques de Malper-, tuis) ; le second en amont' même de la perte du “ Rhône (projet de la Société française des forces hydrauliques du Rhône à Bellegarde) ; ce second barrage refluerait aussi jusqu’à la frontière française, et supprime le troisième barrage et bief, auquel on ! avait jadis songé au pont de Grésin (ancien projet du Syndicat de la boucle du Rhône).
- Les études de détail effectuées en 1910 et 1911 par M. Lugeon (pour le projet de Génissiat) et par moi-même (pour le projet Malper-tuis-Bellegarde) m’ont amené à conclure que celui-ci est incontestablement et de beaucoup le plus facile, le plus sûr et le plus économique.
- Au point choisi pour l’emplacement du barrage de Génissiat (au rocher Bouquet), à la cote d’é-tiage 265, les sondages de M. Lugeon ont révélé une profondeur de 51 m. 10, dont 27 m. 60 de matériaux d’alluvionnement (galets, graviers, sables) ; il faudra donc donner à ce barrage une hauteur de plus de 100 m., avec 120 m. de largeur au sommet, 40 m. au fond et une épaisseur considérable ; ce serait le plus puissant barrage du monde ; en effet, celui de Shoshone (dans l’Ouest des États-Unis), le plus élevé existant à ce jour, a bien 100 m. 10 de haut (dont 25 m. 42 dans le fleuve
- VPonl. d&rOules
- E.A. MARTEL, strux. (1910-1911 )
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- Portions du. canon.
- Usines
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- WGrand barrage ' (232)- 263-332
- Chene/en-Seutme
- Franclens
- 331.26'
- Surjoux
- © m
- Demoiselle de^
- 290.9m. Chau ap dePyrimont
- Fig. i. — Carte du canon du Rhône.
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- et ses alluvionnements), mais seulement 61 m. et 18 m. 50 de largeur.
- Or, si un travail de fondation à 51 m. de profondeur dans des matériaux meubles est déjà à la limite extrême de ce qu’on puisse matériellement entreprendre, il faut ajouter que, sous toute la largeur et toute l’épaisseur du fond du barrage on devra (comme on l’a fait au Shoshone, à moindre profondeur et sur une aire bien plus réduite) décaper et niveler le fond rocheux de l’ancien lit et du radier primitif du Rhône; il est certain que, dans le calcaire urgonien de ce lit, il existe (comme le démontrent les irrégularités du Pont des Ouïes de la Yalserine) des quantités de ciselures, poches, trous, marmites, crevasses même qu’il faudrait purger de leurs remplissages de matériaux meubles avant de commencer le travail de fondation proprement dit.
- Il ne faut pas qu’on livre un seul point de cette section transversale de base aux risques de la probabilité ; le moindre espace non vérifié peut correspondre malencontreusement à une cassure de la roche comblée de cailloux, mais toute préparée pour une chasse, pour une fuite désastreuse, qui deviendrait rapidement bonde de décharge et de ravinement, sous une pression de 10 atmosphères.
- Il faudrait décaper le fond du lit jusqu’au roc vif et sur toute l'étendue du profil en travers bien reconnu, pour révéler ses moindres creux, les vider et les curer intégralement, et pour y enraciner le barrage de façon à défier toute infiltration et tout affouillement sous 31 m. 10 de profondeur (aux basses eaux). La chose semble vraiment quasi-impraticable, eu égard à la grande section et au fort débit du Rhône.
- Sous des matériaux de remplissage atteignant jusqu’à 27 m. 60, le fond rocheux devra être exploré, fouillé, nettoyé avec les mêmes soins que les caries d’une dent malade. Le moindre trou négligé pourrait conduire à.la rupture du barrage, par infiltration d’un puissant fleuve.porté à 10 atmosphères de pression ! ’
- Sans remonter jusqu’à la catastrophe de Bôuzey (Vosges), les derniers sinistres de cet ordre, tous dans des ouvrages considérablement moins impor-
- tants, ont eu pour cause universelle des infiltrations sous pression !
- Il y a lieu d’ajouter que mes recherches personnelles et celles que la Société de Bellegarde a fait exécuter par M. Renard en 1910-1911 ont révélé dans le canon du Rhône, entre Arlod et Génissiat, l’existence de 14 sources (toutes sur la rive droite du fleuve à cause du pendage des couches) et de plusieurs grottes, qui furent jadis des sources. Or M. Lugeon avait écrit (la Houille blanche, l. c.) qu’ « un des caractères remarquables du canon du Rhône est justement de ne posséder aucune grotte, ni débouché d’une source vauclusierine ». En outre il a même été vu plusieurs sources, aux basses eaux, dans le lit du fleuve ; ce sont les plus dangereuses pour les affouillements ; et s’il en existait, par malheur, dans l’aire de base du barrage de Génissiat, rien au monde ne pourrait prévenir sa dislocation dans une catastrophe effroyable.
- Le fissuration des roches urgo-niennes où s’est encaissé le canon du Rhône a été niée également par M. Lugeon : or, comme dans la plupart des roches calcaires, cette fissuration est au contraire très accentuée : elle est prouvée par les crevasses des tranchées du chemin de fer, par celles du canon même, par ses sources et par les éboulis et glissements de rocs (fig. 6), dont beaucoup sont survenus, non seulement depuis la fameuse randonnée de Boissel (1795) en bateau (Voy. La Nature, n° 1878), mais même en ces dernières années. Il s’ensuit que, pas plus que l’assiette du barrage à Génissiat, les parois du grand bief unique ne présenteraient une fixité et une solidité suffisantes pour supporter une surchage d’eau allant jusqu’à 10 atmosphères!
- Enfin bien d’autres constatations, que j’ai exposées ailleurs (loc. cit.), et notamment le profil en long remarquablement accidenté du canon du Rhône (Yoy. fig. 7 et 8), établissent nettement que non seulement ce canon est très jeune, conformément à l’opinion de tous les géologues, mais qu’encore il reste en pleine évolution et fort loin de son achèvement. Ce serai-t donc une terrible imprudence que de choisir une vallée aussi incomplètement creusée et si peu terminée, pour y établir justement le plus considérable barrage du monde.
- Fig'. 2. — L'engouffrement du Rhône à sa perte [profondeur 6o m.) (en temps de sécheresse ; fin octobre igio.)
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- Dans une récente étude sur La régularisation du régime des cours d’eau (Génie Civil des 9 et 16 septembre 1911), M. Paul Lévy-Salvador, ingénieur du service technique de l’hydraulique agricole au ministère de l’Agriculture, a précisément rappelé que « Les emplacements favorables pour l’édification d’un barrage dans une gorge étroite sont des plus rares. Il faut, en effet, que, au point considéré, le profil transversal soit aussi resserré que possible, afin de réduire le cube de maçonnerie ; il est indispensable que le fond et les flancs soient en terrain très dur et imperméable, sans failles ni poches d’argile. Il faut qu’à l’amont la gorge s’épanouisse pour former une cuvette de grande surface, sans quoi le prix du mètre cube d’eau emmagasiné ressortirait à un chiffre inacceptable. Enfin, on doit éviter de noyer, par la retenue, des terres ayant une grande valeur, des habitations, des voies de communication dont l’acquisition ou la dérivation entraîneraient des dépenses considérables. Or cet ensemble de conditions ne se réalise que par exception ».
- L’emplacement du rocher Bouquet contrevient exactement à toutes ces conditions ; il serait difficile d’y satisfaire plus mal!
- Car il faut ajouter à ce qui précède, que le barrage (bien moins large) de Shoshone a formé un bassin de 2700 hectares et 563 000000 de mètres cubes,
- 3.1ors que l’ouvrage de Génis-siat ne réaliserait qu’un bief de 58 hectares et 50 000 000 de mètres cubes. Il importe d’observer que, pour un
- ouvrage de cette importance;, la retenue dé 50 000 000 de mètres cubes est véritablement faible, d’une paft pour la correction des crues, d’autre part en ce qui concerne la rapidité du colmatage, ainsique l’a montré la conférence de M.Cou-tagne.
- En Allemagne, le barrage de l’Eder, sur le canal du Rhin à la Weser, avec 50 m. de hauteur seulement, retient de 170000000 à 220000000 de mètres cubes.
- En outre, la hauteur du barrage de Génissiat serait telle qu’il y aurait impossibilité absolue à le pourvoir de vannes de purge contre le colmatage et que, selon M. Coutagne, les alluvions du Rhône pourraient combler le bief en 40 à 80 ans.
- Reste la question d’ennoyage par le grand bief unique.
- Dès 1871, une concession de force motrice fut accordée, à la Perte du Rhône; en 1898, la Société actuelle, des forces hydrauliques du Rhône devint propriétaire des lieux et développa considérablement ses installations. Par suite, 55 industries diverses et notamment de grandes usines électro-chimiques, se sont développées à Bellegarde, qui compte maintenant 7000 habitants au lieu de 500 en 1870.
- Des millions de capitaux sont engagés et prospèrent fructueusement dans ces industries : or il ne semble pas que le projet de Génissiat ait, jusqu’à présent, fourni aucun devis quant aux indemnités d’expropriations pour submersion et suppression à allouer à ces installations et usines ; pas plus qu’aux agglomérations et propriétés prï-
- Fig. 3. — Rétrécissement du Rhône (largeur i m. ô2, profondeur 28 m.) au Pas de Malpertuis.
- Fig- 4- — Le Rhône à Grèsin.
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- Fig. 5. — Canon du Rhône. — Ensemble du Pas de Malpertuis (cote 272-268 m.), vu- de la Martheraz (38i m.) (Le projet de Génissiat submergerait ce Pas sous 60 à 64 m. d’eau).
- (Cl. E.-A. Martel.)
- vées d’Essertoux (village qui sera recouvert de 11 m. d’eau) sur la rive gauche, d’Arlod, Belle-garde et Coupy (noyées jusqu’à la cote 352 m.);
- pas plus que sur les réfections de viabilité et constructions de viaducs entraînées par la suppression du pont de Lucey (cote 314 m.). Et cependant,
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- Fig. 6. — Canon du Rhône. — A droite en bas: Roc décollé de la Bressanne ; à droite au fond: Cap de la Glière (haut. i35 m.) et èboulis; à gauche au milieu : Bec du Paradis (cote 265). Le barrage de Génissiat engloutirait ce site sous 67 m. d’eau. (Cl. E.-A. Martel.)
- cette considération (jointe à la plus grande difficulté du travail), aboutirait à faire dépenser pour le projet de Génissiat certainement au moins deux
- fois'autant que pour celui de Malpertuis-Bellegarde.
- Il reste à faire, valoir, contre le barrage de Génissiat, un argument d’ordre bien secondaire assuré-
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- ment pour les savants, les industriels et les capitalistes, mais qui n’en a pas moins une grande valeur : c’est celui de la destruction, par submersion totale, sous 40 à 69 m. d’eau, de l’une des merveilles naturelles de la France, dans le cas où le projet de Génissiat finirait quand même par être exécute'.
- Le canon du Rhône, en effet, de la Perte du Rhône à Génissiat, est une suite de sites incomparablement curieux, jusqu’à présent non visités et surtout non décrits à cause de leurs difficultés d’accès.
- Les touristes ne connaissent en réalité que la Perte et la traversée du Rhône à Arlod. Le surplus, faute de sentiers vraiment praticables, n’a été jusqu’ici parcouru que par les pêcheurs, douaniers, contrebandiers du pays, ou par les participants aux études des barrages ; en 1911 même, la Société de Bellegarde a dû faire tailler un passage à plein roc dans les falaises de la Rressanne. Aucun guide n’a encore fait connaître ce qu’est au juste le canon du Rhône; j’en donnerai incessamment le détail dans
- pour les polders du Mont Saint-Michel, il va donc s’ouvrir à ce propos un conflit entre l’utilisation économique d’une force naturelle toute puissante et la conservation d’une magnificence, naturelle aussi, du sol français.
- Or, le projet des deux biefs, non seulement assurerait cette conservation, mais faciliterait merveilleusement la visite du canon. C’est précisément de la Perte du Rhône à Malpertuis que le parcours du fleuve est impossible.
- Comme le barrage de Malpertuis fera un lac jusque vers le confluent de la Valserine, sans submerger aucune des belles portions du canon, ce lac créera une promenade en bateau, beaucoup plus longue et plus grandiose que celle du fameux lac de Chaillexon au saut du Doubs. Et Bellegarde méritera alors d’arrêter au passage tous les visiteurs de Chamonix et de la Suisse.
- Il s’ensuit qu’au premier chef, et, à tous égards, il faut s’en tenir au projet des deux biefs, qui
- Fig. 7. — Ensemble du profil en long du Rhône, de la frontière suisse à Pyrimont, et schéma des deux projets de barrages. (Par E.-A. Martel, 1910-1911; tous droits réservés.)
- le Tour du Monde ; du chemin de fer, trois ou quatre échappées fugitives ne laissent pas deviner ses étrangetés ; et Boissel, dans son mémorable raid au fil de l’eau, avait d’autres soucis que de s’occuper du paysage. J’énumère seulement ici : les corniches et le gouffre même de la Perte, absolument extraordinaires à contempler aux basses eaux, mais dont on n’a qu’une très incomplète idée, si l’on n’a pas été admis à pénétrer dans l’enclos et à descendre aux échelles de fer des usines actuelles de Bellegarde; à l’aval d’Arlod, les cascades du Nant-Poë et de Chantavril, l’étroit de Malpertuis, où c’est une stupeur de voir un puissant fleuve de 50 m. de largeur moyenne réduit à 1 m. 62 (fig. 3 et 5), les chaos monstrueux et les sources de la cascade delà Glière, le grand cap à pic de la Glière la plus haute falaise du canon (135 m.), le bec du Paradis, les murailles de la Bressanne (fig. 6), le grand couloir d’eau de Monthoux, la cascade du moulin Gabet, etc., prestigieux diorama déroulé sur 8 km de longueur. Bien peu de dépense serait nécessaire pour en livrer commodément l’accès à tous promeneurs. Au contraire, anéantir ces tableaux merveilleux (et cela avant même que le public en ait eu connaissance) serait un abominable crime de lèse-nature ! Comme
- permettra seul la conservation des sites extraordinaires et de la perte elle-même et du canon du Rhône. Le bief supérieur noiera, il est vrai, tous les parages de Grésin; mais ceux-ci, comme le montre notre figure 4, n’ont rien de comparable à ceux de l’aval.
- Donc, à tous les points de vue, le projet de Génissiat, qui supprimerait totalement la curieuse Pertê du Rhône sous 39 m. d’eau et tout le surplus du canon sous 40 à 69 m., se trahit, sinon comme inexécutable, du moins comme extrêmement difficile dans sa réalisation, — considérablement plus coûteux que celui qu’on lui oppose, — désastreusement destructeur pour une des beautés encore ignorées delà France, — et surtout gros des risques les plus graves; si graves, pour le cas où une infiltration imprévue et imprévoyable viendrait un,jour à ruiner l’ouvrage, et à porter le ravage à l’aval sans doute jusqu’à Lyon même, que je n’hésite pas à répéter nettement l’opinion, que j’ai déjà publiquement exprimée à ce sujet.
- « Tous ceux qui poussent à l’exécution du projet de Génissiat assument certainement de fort lourdes responsabilités éventuelles, dès maintenant révélées. » '
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- Au contraire le projet des deux barrages ne présente aucun de tous ces inconve'nients : les résultats, fort curieux, des sondages exécutés en 1910-1911, par la Société des forces hydrauliques de Bellegarde et par M. Lugeon même, et d’après lesquels j’ai graphiquement établi (fig. 7 et 8) ce qu’on sait actuellement du profil' en long du lit du Rhône dans son canon, ont nettement établi ce qui suit :
- Le barrage à l’amont de la Perte du Rhône serait élevé par 7 m. 90 à 8 m. de profondeur d’eau seulement, sur un fond de roc ; pour former le bief d’amont à la cote 352 m. et fournir 45 m. de chute au groupe d’usines prévu au confluent de la Yalserine (vers 287 m.), il suffira de lui donner une hauteur totale (fondations comprises) de 58 mètres (cotes 294-332). L’éro-sionrégressive de la perte a été arrêtée par la construction d’un récent barrage, amorce du futur ouvrage; et une étude spéciale de M. Ivilian, le distingué et compétent professeur de géologie à l’Université de Grenoble, a démontré que ce barrage est parfaitement réalisable, de même que la consolidation de ses appuis sur les deux rives.
- Il y a lieu d’ajouter que cette consolidation des points d’appui sur les rives pourra se faire à ciel ouvert, bien plus sûrement, par conséquent, que le travail de purge des excavations des fonds de Génis-siat, sous 31 m. 10 de profondeur.
- Quant au barrage de Malpertuis il sera, comme celui de la Perte, en amont d’un des deux seuils rocheux qui, jusqu’ici, ont le mieux résisté à l’érosion du fleuve, puisqu’on a trouvé 10 m. 43 (et un fond de roc) d’eau à l’amont, et 28 m. (fond inconnu) à l’aval de ce seuil. Ce point était donc bien le mieux indiqué de tous. A la cote 272 (à l’étiage) le barrage n’aura donc que 25 m. 43 (15-f-10,45) pour créer un bief à 287 m. ; par un tunnel aboutissant à l’aval de Monthoux, on
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- réalisera vers 265 m. la chute de 24 m. prévue pour le second groupe d’usines. A Malpertuis, également dressé sur fond de roc vif, on sera, comme difficultés d’exécution, bien loin des 31 m. 10 + 69 m. de Génissiat!
- Et des vannes de purge pourront fonctionner, de même qu’au barrage de la Perte, tandis qu’une charge de 0 à 15 m. seulement sera imposée aux parois dislocables du canon, au lieu de 40 à 69 m. ! Quant au rendement, le projet en deux biefs équivaut à celui du bief unique, car le barrage de
- Malpertuis reprend et re-utilise l’eau déjà employée en amont de la Perte et produit, à quelques décimètres près, la même chute disponible qu’à Génissiat (69 m.), mais en deux portions, de 45 et 24 m. Les avantages de deux groupes d’usines sont aussi multiples qu’évidents ; en cas d’accident notamment, l’un des deux continuerait à fonctionner. Enfin, les belles conceptions de M. Blondel pour le transport à distance de la force du Rhône transformée en énergie électrique, sont également applicables aux deux projets rivaux. On voit que tout concourt au jugement définitif de la cause; mais c’est seulement à la fin d’octobre 1911, par la constatation formelle des sources existantes et de la profondeur de 28 m. à l’aval du seuil de Malpertuis, que les derniers éléments décisifs d’enquête ont été fournis.
- II importait de les mettre en lumière, pour pallier l’effet sensationnel de divers articles ou notes récemment publiés en faveur de Génissiat ; et il faut souhaiter ardemment que, dans cette très grosse et nécessaire entreprise de l’utilisation de la force du Rhône, l’appât téméraire du grandiose ne triomphe pas à la fois de la prudence technique, de la sagesse financière et de l’esthétique naturelle !
- E.-A. Martel.
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- . 28*. Passerelle détruite a ulalpertuis p de Malpertuis
- Fig. 8. — Profil en long et profondeurs reconnues du canon du Rhône, de la Perte à Génissiat. (Par E.-A. Martel, 1910-1911 ; tous droits réservés.)
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- LES MOTEURS D’AVIATION SINGULIERS
- (Suite.)
- Moteur Favata à cylindres fixes. — Le moteur Favata, ou, pour mieux dire, les moteurs Favata (car ils sont toute une famille), comprennent 1, 2
- ou 4 groupes de 4 cylindres disposés comme l’indique notre schéma.
- Ils : sont 2 à 2 dans le prolongement l’un de l’autre, et opposés par leur, fond ouvert. Les cy-
- lindres juxtaposés communiquent par leurs culasses, tout comme dans le moteur Beck; dans ces 2 moteurs, les cylindres sont placés de façon identique.
- Les tiges des
- pistons ac, bd, sont vissées au milieu des pistons. En leur milieu, elles sont réunies par une traverse (fîg. 2), formant axe de pied de bielle. Tiges de pistons et axe de pied de bielle figurent les jambages et le trait horizontal d’un H
- majuscule.
- La bielle s’articule d’une part
- sur la barre médiane del’H, d’autre part sur le maneton du vilebrequin.
- Il y a seulement 2 soupapes par groupe de 2 cylindres ; elles sont placées de part et d’autre du plan qui contient les axes des cylindres.
- Elles sont commandées toutes les 2, et, ainsi qu’on peut le voir sur notre photographie, le même poussoir agit, par l’intermédiaire d’un levier, sur les 2 soupapes de même nom correspondant à chaque groupe de 2 cylindres. Chaque cylindre est muni d’une bougie et l’allumage est assuré par une magnéto à double étincelle. Les explosions ont lieu en même temps derrière les pistons des cylindres à culasse commune.
- Le moteur étant à 4 temps, chaque groupe de
- 4 cylindres agit donc comme un moteur ordinaire à 2 cylindres dont les manetons seraient calés à 180°.
- Dans le « type militaire », le plus intéressant de tous, les constructeurs font travailler sur un vilebrequin à 2 manetons 4 groupes de 4 cylindres, disposés suivant les bras d’une croix.
- Deux groupes opposés travaillent chacun sur un maneton. Les bielles, déportées, permettent de faire coïncider les prolongements des axes des cylindres.
- Les 8 pistons s’éloignent et se rapprochent donc ensemble de l’axe „ de rotation commun, d’où . un équilibrage théoriquement parfait. L’ordre d’allumage est tel que les explosions soient régulièrement espacées.
- Les bielles correspondant à 2 groupes consécutifs de cylindres travaillent sur le même maneton.
- Parmi bien des particularités intéressantes de ce moteur, notons seulement son refroidissement.
- Les cylindres et leurs culasses sont munis d’ailettes, dirigées non pas parallèlement au courant d’air refroidisseur, mais perpendiculairement. L’air est en effet refoulé par un ventilateur centrifuge parallèlement à l’axe des cylindres. Des remous énergiques se produisent entre les ailettes et sont, paraît-il, plus efficaces qu’un courant qui les lécherait parallèlement à leur plan. Cylindres et pistons sont de plus refroidis intérieurement par l’air aspiré et refoulé à chaque instant par les pistons dans leur mouvement.
- L’agencement original du moteur Favata permet de donner aux bielles une très grande longueur; le mouvement oscillatoire autour des pieds a donc une
- Fig. 2. — Schéma du moteur Favata.
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- LES MOTEURS D'AVIATION SINGULIERS
- très faible amplitude, et, par suite, la réaction latérale des pistons sur les cylindres est très faible.
- Le type militaire arrive à une légèreté spécifique presque inconnue jusqu’à ce jour : il ne pèse, en effet, que 160 kilogrammes pour une puissance nominale de 180 chevaux !...
- Moteur Salmson à y cylindres parallèles horizontaux. — À côté des moteurs du type Canton-Unné à cylindres en étoile dont nous avons parlé l’an
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- le disque tourne : un point 0 de cette couronne restera donc toujours dans un même plan passant par l’axe (le plan de la figure par exemple), mais oscillera à droite et à gauche.
- En ce point 0, articulons la bielle d’un piston P se déplaçant dans le cylindre E. Le piston va être animé d’un mouvement alternatif dans le cylindre.
- Toutes ces liaisons subsistant, si, au lieu de faire
- Fig.
- Moteur Salmson.
- dernier, la maison Salmson a exposé un moteur qui est certainement le plus original du Salon. £’est celui que représente notre photographie. Nous allons essayer d’en expliquer le fonctionnement.
- Soit ÀB l’arbre du moteur. Il traverse en son centre un disque d’acier C dont le plan fait avec l’arbre un angle différent de 90°. Ce disque est calé sur l’arbre.
- Si donc nous faisons ______
- tourner l’arbre, et si nous disposons, en un point fixe de l’espace, un index voisin du bord du disque, pendant la rotation de l’arbre, les différents points de la périphérie du disque s’approcheront, puis s’éloigneront tour à tour de ce repère. Pour chaque tour, la distance du repère au bord du disque passera par un minimum et par un maximum.
- Imaginons maintenant une couronne circulaire D, emboîtant de disque C, et assujettie à rester constamment dans le même plan que lui (fig. 4). (Dans la pratique, la liaison du disque et de la couronne est assurée par un roulement-butée à billes.)
- Empêchons la couronne D de tourner tandis que
- tourner l’arbre pour enjtraîner le piston, on agit au contraire sur celui-ci en lui imprimant un mouvement alternatif d’amplitude convenable, le disque C et par suite l’arbre AB seront entraînés dans un mouvement de rotation continu.
- Tel est le principe cinématique du moteur i Salmson. Il comprendsept
- |x doubles cylindres, dont
- i „ les axes sont placés régu-
- e ' i___________ fièrement suivant les géné-
- ratrices d’un cylindre de révolution, autour de l’axe du moteur.
- Les chambres d’explosion sont au milieu des doubles cylindres, comme dans le moteur Gobron-Brillié, bien connu.
- Le moteur est symétrique par rapport au plan médian xy. Il y a donc 14 pistons agissant sur deux couronnes telles que D, et deux disques tels que C, placés symétriquement par rapport au plan xy.
- Pour assurer le déplacement correct des couronnes D, celles-ci roulent sur deux pignons F, ayant le mêmè nombre de dents que les couronnes.
- Les soupapes sont commandées par des culbu-
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- 206 _.......:--- LES MOTEURS D'AVJATÏON SINGULIERS
- teurs, mis eux-mêmes en mouvement, par l’intermédiaire de mouvements de sonnette, par des cames, comme dans tous les moteurs à quatre temps.
- De même que les moteurs ordinaires, un tour correspond à deux temps : l’allumage des cylindres aura donc lieu dans l’ordre 1, 3, 5, 7,2, 4,
- 6, pour assurer la régularité du couple moteur.
- Les cylindres sont munis d’ailettes et sont enfermés dans une chemise en aluminium (non représentée sur la figure) où un ven-tilateur souffle de l’air.
- On arrive ainsi à une forme cy-lindro-ogivale pour l’ensemble du moteur, forme éminemment favorable à la, pénétration dans l’air.
- Le graissage est grandement facilité du fait que les bielles n’ont qu’un mouvement oscillatoire de très faible amplitude.
- Avant de finir, notons la forme toute spéciale des ressorts des soupapes, disposés comme les pinces qui servent aux topographes à fixer la boussole sur la planchette : la partie utile du ressort est ainsi complètement à l’abri de la chaleur et garde indéfiniment toute son élasticité.
- Les moteurs à deux temps. — La vogue justifiée qui a accueilli le moteur Knight, il y a trois ans, a mis à la mode les moteurs sans soupapes. Les sans-soupapes sont sortis de terre de tous côtés, et les deux derniers salons de l’automobile ne renfermaient guère comme nouveauté sensationnelle que des moteurs à tiroirs ou à distribution.
- Il a fallu cet engouement pour que le public s’aperçoive qu’il n’y avait pas, dans le monde des
- moteurs, que des moteurs à quatre temps : les moteurs à deux temps ont revu le jour sous le litre un peu inattendu, mais évidemment mérité, de moteurs sans soupapes.
- Nous les avons vus cette année appliqués a l’aviation , soit sous forme de moteurs horizontaux à deux vilebrequins (Messpa), soit sous forme de moteurs en étoile rotatifs. Nous allons décrire deux d e ceux-ci.
- Moteur La-viator. —Le moteur Laviator est un moteur rotatif à trois cylindres moteurs et à trois pompes montées en tandem sur les cylindres moteurs.
- Comme on peut le voir sur la coupe du moteur, le cylindre proprement dit porte dans le fond la bougie B, et, à sa partie inférieure, deux ouvertures À et E qui servent à l’admission et à l’echap-pement.
- Dans le prolongement du cylindre, se place le corps de la pompe, de diamètre à peu près double. Le piston, de forme toute spéciale, ressemble vaguement à un chapeau haut de forme : le corps du chapeau se déplace dans le cylindre, et le bord, assez épais, forme le piston de la pompe.
- Chaque corps de pompe communique avec le cy-lindre voisin, par un tuyau T venant aboutir à l’ouverture d’admission.
- Le fonctionnement est facile à comprendre.
- Le piston étant en bas de sa course le piston de
- Fig. 5. — Moteur Laviator.
- Fig. 6. — Coupe du moteur Laviator.
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- la pompe découvre un orifice aboutissant dans lecarter, par lequel F air carburé pénètre dans le corps de pompe.
- Cet air est comprimé quand le piston remonte, et refoulé dans la tuyauterie.
- Le piston du cylindre voisin arrive à ce moment en bas de sa course, et découvre l’orifice d’admission : l’air carburé comprimé se précipite dans le cylindre, chassant devant lui les gaz brûlés provenant de l’explosion précédente, et qui s’échappent par l’orifice E.
- Le piston porte une saillie qui forme déflecteur, et oriente les courants gazeux de façon à empêcher tout mélange.
- Le piston remonte alors, comprime le mélange explosif, qui s’enflamme quand le piston est au point mort.
- Dans chaque cylindre, on a ainsi une explosion par tour.
- Remarquons combien cette solution du moteur à deux temps est élégante : notre figure montre tous les organes du moteur, distribution comprise : on voit qu’ils sont en tout petit nombre.
- Moteur Hélium. — Le moteur Hélium présente, dans son principe, une analogie très grande avec le pré-. cèdent.
- Cylindres moteurs et pompes sont disposés de la même façon en tandem et au nombre de trois.
- Mais l’intérêt tout spécial du moteur Hélium réside dans ce fait que les cylindres sont à double
- L’admission se fait au milieu des cylindres moteurs. Les gaz sont comprimés dans une sorte de tore qui fait le tour du carter et constitue en somme un réservoir du gaz explosif sous pression.
- Les pompes, au lieu d’alimenter à chaque coup le cylindre voisin, compriment l’air carburé qu’elles puisent dans le carter, et l’envoient dans le réservoir. Les cylindres moteurs y puisent chacun à leur tour.
- Avec ces trois cylindres à double effet, on arrive
- Fig. 8. —. Coupe du moteur Hélium. r
- effet, c’est-à-dire que chacun d’eux se compose en réalité de deux cylindres, à culasses opposées.
- Un seul piston à double face s’y déplace, relié par une tige rigide au piston de la pompe. La bielle s’articule au droit du piston de la pompe.
- Fig. 7. — Moteur Hélium.
- à produire six explosions par tour. Avec un encombrement réduit, un poids plus faible et une complication infiniment moindre, le moteur à trois cylindres Hélium équivaut, pour la régularité du couple, à un moteur à quatre temps qui aurait douze cylindres 1...
- Les photographies et dessins que nous en publions en donnent une idée très nette.
- Notons, avant de terminer, que les moteurs à deux temps ont maintenant fait leurs preuves : au circuit de Boulogne, les voitures Côte, dont on a pu remarquer la régularité, étaient munies de moteurs à deux temps.
- On ne peut que souhaiter que le moteur à deux temps gagne la partie pour l'aviation. Avec lui, nous aurons le moteur simple, robuste, vraiment rustique, ne comportant aucun des organes délicats indispensables au quatre temps. Le reproche qu’il mérite encore, de manquer de souplesse, est sans portée pour le moteur d’aviation qui travaille toujours presque à pleine charge.
- Nous sommes fermement convaincus que l’avenir est pour lui plein de promesses, et ne serions nullement étonnés si, d’ici peu de temps, il arrivait à supplanter son rival à quatre temps.
- Henri Petit.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
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- L’ENLÈVEMENT DES ORDURES MÉNAGÈRES
- Grâce à une récente ordonnance du Préfet de Police, la malpropreté des rues de Paris tend à disparaître. La Ville-Lumière semble reprise de l’ambition d’être en même temps la Ville-Hygiène.
- Cependant elle continue à se servir, pour l’enlève-
- ment des ordurés ménagères, de tombereaux primitifs qui sont comme un défi au progrès. Et, pourtant, les inventeurs ne cessent de soumettre des tombereaux qui paraissent répondre aux exigences de l’hygiène.
- Nous montrons ici le plus récent de' ces modèles. C’est un camion automobile d’une longueur totale de 6 mètres sur 2 mètres de largeur, et d’une capacité de 8 m3 5. Entièrement construit en tôle, il est muni d’un fond mobile, qui permet de vider le contenu dans une fosse.
- Il est intéressant de noter qu’une des banlieues de la capitale a résolu, depuis plusieurs mois, ce problème de l’enlèvement des ordures ménagères, grâce à l’initiative de son maire,
- M. Lagneau. Boulogne-sur-Seine, qui est cette banlieue modèle, a mis en service des tombereaux aussi simplement qu’ingénieusement construits,et l’on peut affirmer dès à présent que le nouveau système présente sur l’ancien des avantages considérables.
- Ces tombereaux, entièrement métalliques, sont d’une contenance de 4 mètres cubes ; leur prix de revient n’est que de .1500 francs, chiffre très peu supérieur au prix des fourgons ordinaires. Ils sont fermés hermétiquement par une tôle qui comporte une série de trappes s’ouvrant à l’aide de glissoires, et dont nous allons parler.
- Les ordures sont entassées par chaque ménage
- dans des boîtes spéciales à base rectangulaire, et que bouchent hermétiquement des couvercles à glissoires. L’employé soulève la boîte, la pose sens dessus dessous entre deux des réglettes disposées sur la toiture du camion, la pousse devant lui et la ramène. Ce simple mouvement a pour effet d’actionner simultanément le couvercle de la boîte et la trappe du tombereau, cette trappe et ce couvercle se refermant pendant que. l’employé ramène la poubelle en arrière.
- Ainsi, les ordures se vident sans que des. débris,'de la'poussière ou des odeurs se répandent dans la rue, et elles sont désormais convoyées hors de la ville, sans que les tombereaux laissent tomber leur contenu, sur. la chaussée et empoisonnent .l’atmosphère. L’hygiène des rues et celle des maisons ne peuvent que gagnera l’adoption de récipients hermétiquement clos. Et notons encore cet avantage : les chiens sont dans l’impossibilité de fouiller les ordures, dur ant l’exposition des boîtes au seuil des maisons, et de véhiculer de porte en porte des germes de maladie.
- Comme l’adoption du nouveau système entraîne l’emploi de boîtes spéciales, la municipalité de Bou-
- logne a pris l’initiative de fournir gratuitement un premier récipient à chaque propriétaire ; la dépense ne s’est élevée qu’à 45000 francs.
- En somme, au prix d’une dépense de moins de 50 000 francs, Boulogne-sur-Seine s’est offert le luxe de donner à la capitale une leçon d’hygiène publique et de propreté édilitaire. Et l’on ne peut que souhaiter que la leçon ne soit pas perdue.
- Camion automobile, en essais à Paris, pour Venlèvement des ordures.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2022.
- 24 FÉVRIER 1912.
- COMMENT ON CONSTRUIT UN GRAND IMMEUBLE AU XXe SIÈCLE
- es Égyptiens ont construit les Pyramides en transportant tous les matériaux à dos d’homme; nos générations moder-nés seraient peut-être encore capables de semblables tours de force, mais il est peu probable qu’elles y songent jamais étant donnés les engins dont elles peuvent si facilement disposer. Et puis, le voudraient-elles, que les besoins de la construction ne leur en laisseraient pas le temps; nous sommes, en effet, des gens pressés, et ce qui nous caractérise, c’est que nous voulons toujours prévoir la date d’achèvement de la chose à peine commencée. L’industrie du bâtiment est plus que tout autre soumise à cette loi, car le propriétaire qui engage ses capitaux dans la construction d’un de ces immenses immeubles que nous voyons un peu partout dans Paris a grande hâte de pouvoir louer ses appartements; il s’en prend donc à son architecte et à ses entrepreneurs, et il n’est pas rare de voir accorder un délai de 5 à 6 mois pour l’achèvement complet d’un grand bâtiment de rapport valant plus d’un million, et comme chaque jour de retard représente pour l’exécutant des pénalités très élevées, quelquefois plus de 2000 fr., chacun fait diligence et se munit'de l’outillage le mieux approprié à un travail rapide et économique. ..
- Un exemple topique du soin que l’on met aujourd’hui à organiser les grands chantiers, et en parti-
- 40° année. — jer semestre.
- Fig. 1. — L’un des chantiers de la nouvelle rue des Italiens. Côté rue Taitbout. — L’échafaudage cylindrique en bois et sa grue roulante.
- culier la manutention des matériaux qui représente toujours une part très importante des charges de l’entreprise, peut être vu chaque jour boulevard des Italiens, à Paris, tout près de la place de l’Opéra.
- Il s’agit là de la construction d’un grand immeuble de sept étages, dans lequel seront organisés des ateliers, des magasins de vente, des appartements luxueux. Il est divisé en deux parties séparées par la future rue des Italiens, dont les voûtes qui la supporteront seront faites en ciment armé. Les travaux en sont commencés, et le sous-sol de cettgé rue sera utilisé au même titre que les sous-sols des
- deux grands b&â< - timents latérau^
- Mais pour la-construction de ces bâtiments, l’architecte, M. Arnaud, désirant une exécution précise, sûre et très rapide, a décidé d’en faire exécuter toute l’ossature en fer. Les murs n’existent pas à proprement parler dans cette construction. La maçonnerie n’y sera employée que comme remplissage pour les façades et les cloisonnements intérieurs, et ne sera d’ailleurs commencée que lorsque la charpente métallique sera à moitié montée.
- La surface de la construction est considérable, 5000 mètres carrés environ. L’ensemble des constructions comporte plusieurs milliers de tonnes de fer. Et il est intéressant de voir comment les industriels chargés de leur exécution ont résolu le problème de l’approvisionnement intensif des lourdes pièces de fer et celui de leur assemblage en place, dans le quartier le plus fréquenté de Paris, et cela sans gêner en aucune façon la circulation des piétons et des
- voitures. ..................
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- Fig. 2. — Partie supérieure des deux derricks conjugués.
- Si l’un des deux chantiers peut être assez facilement par la rue Tait-bout, il n’en est pas de même pour l’autre, dont l’accès n’existe que par le boulevard des Italiens. Et c’est ici que nous voyons l’application toute nouvelle d’une méthode de manutention électro-mécanique élégante et fort rapide. Elle consiste en l’emploi de deux énormes derricks conjugués du système Perbal.
- Cette installation, imposante et complexe, tout en restant remarquablement pratique, consiste en une charpente métallique très ténue et très légère en apparence, mais en réalité d’une solidité à toute épreuve, et dont les pieds sont encastrés dans de forts massifs de béton enfouis dans le sol. Cette charpente dépasse toutes les maisons avoisinantes ; elle a environ 45 mètres de hauteur.
- La partie fixe de cette char-
- approvisionne
- Fig. 3. — Plan du chantier de la rue des Italiens, côté Boulevard, montrant l’emplacement des derricks et leur zone d’action.
- pente maintient en équilibre la tète de deux grues pivotantes géantes dont les volées décrivent dans l’espace des cercles de 40 mètres de diamètre et peuvent porter jusqu’à 5000 kilogrammes de charge. Ces deux cercles couvrent entièrement le chantier et le trottoir du boulevard. Leurs champs d’action se complètent mutuellement. Et le crochet du premier derrick peut descendre directement prendre les pièces métalliques dans les camions sur la chaussée, puis les porter immédiatement au lieu d’emploi s’il est dans son rayon d’action, ou bien par une simple reprise du second derrick s’il est dans le fond du chantier.
- Pour protéger les passants, une estacade en bois a été élevée au-dessus du trottoir ; elle sert au besoin de plate-forme de triage des fers.
- Les deux appareils tournants
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- COMMENT ON CONSTRUIT UN IMMEUBLE AU XX‘ SIECLE 211
- étant semblables, il suffît de décrire l’un d’eux, par exemple celui qui est au premier plan côté Boulevard (fig. 4).
- Le pylône à treillis À, pouvant tourner indéfiniment dans un sens ou dans l’autre, est monté sur un solide pivot B à grains d’acier, qui repose sur une fondation en béton au niveau du sol des caves. Un dispositif spécial assure un mouvement de rou-
- lement très doux, absolument silencieux, à cette énorme masse. La partie supérieure de ce pylône tourne librement dans un collier maintenu dans l’espace par la charpente fixe. Elle porte en outre des galets horizontaux reliés rigidement entre eux, qui prennent point d’appui sur la grande couronne circulaire fixe C pendant la rotation de l’appareil, et roulent à l’intérieur de cette couronne.
- Fig. 4, — Vue du chantier, côté Boulevard, desservi par les deux derricks conjugués. 4 droite, les voûles en béton armé de la future rue des Italiens.
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- A ce pylône est fixée la volée D qui est constituée par des treillis en fer, supportant le chemin de roulement horizontal du chariot de translation des charges F. Le crochet est suspendu par un câble d’acier G.
- Vers son milieu, une chambre complètement fermée, qui du boulevard semble une boîte à joujoux, contient tous les organes mécaniques et électriques de manœuvre, qu’un seul homme, mais très attentif et très expérimenté, suffit à faire fonctionner. Cet homme est placé dans une petite cabine H qui peut se déplacer le long du montant pivotant du derrick, et peut toujours ainsi être au-dessus de la construction qui monte.
- L’emploi de l’appareil peut se définir en très peu de mots : le chariot étant amené à l’extrémité du grand bras métallique, le câble est descendu, on fixe à ses crochets la pièce à soulever, et sur une simple indication du chef d’équipe elle quitte doucement la voiture ; quand elle est à hauteur suffisante pour une manœuvre facile, une rotation du pylône l’amène au-dessus de l’endroit même où elle doit être employée et où elle est déposée sans difficultés apparentes. Nous disons apparentes à dessein, car toutes ces manutentions sont en réalité délicates et il faut que le mécanicien, qui de sa cabine fait opérer tous ces mouvements à l’appareil, ait bien sa manœuvre en main. Supposons, en effet, qu’un arrêt brutal vienne à se produire dans le mouvement de rotation du derrick, et pensons aux terribles effets de balayage produits par ces poutres de 7 à 8 mètres de longueur pesant plus de 2000 kilogrammes, suspendues au bout de 20 ou 25 mètres de câble et qui ne manqueraient pas, en vertu de leur vitesse acquise, de prendre un mouvement d’oscillation extrêmement dangereux.
- C’est la première installation de ce genre que nous voyons appliquée dans Paris au montage de charpentes métalliques et c’est aux établissements Baudet et Donon, constructeurs, qu’est due cette innovation.
- Sur la droite du chantier et derrière le pâté, de maisons qui n’est pas encore démoli, du côté opposé à celui où fonctionne le derrick que nous venons de décrire beaucoup trop succinctement, fonctionne un autre dispositif de levage, tout aussi intéressant bien qu’il parte d’un principe complètement opposé.
- Comme nous l’avons dit plus haut, il doit servir au montage de la charpente métallique d’un bâtiment analogue à celui dont nous venons de parler. Mais là, toutes les lourdes pièces de fer doivent entrer dans le chantier par la rue Taitbout.
- Le déchargement des voitures s’opère au moyen d’une petite grue pivotante montée sur un pylône en bois et permet ainsi d’éviter l’encombrement des trottoirs.
- Puis, pour manutentionner les pièces dans P intérieur. du chantier, et pour les assembler entre elles, |
- on a eu recours à la construction d’un véritable quai avec grue roulant sur rails ; mais ici le quai est surélevé à 35 mètres de hauteur, au moyen d’une charpente en bois très savante faite de madriers et de forts boulons. On lui a donné la forme d’uné partie de cylindre vertical, parce que étant données les différentes sujétions et la configuration de la portion du chantier à approvisionner et servir, c’était celle qui se prêtait le mieux à une installation facile et à une bonne exécution du travail. Et plus tard, lorsque cette partie de la charpente métallique sera terminée et que le pâté de maisons faisant le coin du boulevard et de la rue Taitbout sera démoli, cet échafaudage circulaire sera démonté puis remonté en sens inverse dans cette nouvelle partie du chantier, pour terminer la seconde moitié du bâtiment. Le chemin de roulement installé sur le platelage supérieur est constitué par des rails fixés sur de fortes longrines de bois ; la grue électrique de service à volée horizontale armée et équilibrée, est montée sur un chariot à 4 roues; elle peut faire une rotation complète autour de son axe et être utilisée ainsi dans toutes les directions. Elle peut, comme les derricks, lever 5000 kilogrammes. Amenée à l’extrémité du quai par où lui arrivent les voitures chargées, elle peut aussi prendre avec les plus grandes facilités les pièces à manutentionner pour les porter et les décharger là où on en a besoin. Cette seconde partie de la construction a été confiée aux ateliers Moisant, Laurent, Savey.
- Comme on le voit par ces très courts aperçus, on a réuni sur un espace en somme limité des engins de manœuvre très perfectionnés, précaution indispensable aujourd’hui pour faire de la construction rapide et économique. Le chantier n’est qu’à ses débuts; mais les Parisiens qui stationnent chaque jour sur le boulevard pour voir évoluer si gracieusement ces appareils aériens peuvent se rendre compte très facilement des immenses services qu’ils rendent. Grâce à eux les pièces destinées à la construction métallique sont approvisionnées avec toute la célérité désirable; les poteaux en fer, que l’on a commencé de poser seulement vers la fin de janvier, se dressent déjà en tous les points du chantier, sur une hauteur de 10 à 15 mètres, et les poutres qui les réunissent s’assemblent comme par enchantement. De véritables petites usines, avec forges, étaux, moteurs, etc., sont installées sur le sol des caves pour parer aux premières éventualités, réparer un organe endommagé, redresser une pièce de charpente faussée au transport ou à la manutention; percer des trous supplémentaires dans les pièces de fer, river des assemblages, etc. Toute une fourmilière humaine s’agite et travaille dans ce coin de Paris pour que dans quelques mois, le boulevard compte un très grand bâtiment de plus. .
- A.-A. Martin. "[
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- LE CINÉMATOGRAPHE EN COULEURS
- Nous avons déjà exposé ici (n° 1920 du 12 mars 1910), pourquoi le procédé trichrome est, jusqu’à présent, le seul qui puisse être employé pour obtenir la reproduction des couleurs en cinématographie; c’est dans cette voie que s’exécutent les recherches, et plusieurs appareils, basés sur ce prin-
- comprise de ces couleurs que dépend l’exactitude du résultat final.
- Une expérience facile à faire fera comprendre qu’avec trois couleurs on peut obtenir toutes les autres. Elle consiste à projeter, sur un écran blanc, deux faisceaux de lumière colorée, l’un au moyen
- Fig. i. Fig. 2. Fig. 3.
- Fig. i. — Emploi de 3 bandes séparées portant chacune l'image relative à l’une des trois couleurs.
- Il'y a 3 objectifs a, b, c, placés sur une ligne horizontale.
- Fig. 2. — Emploi d’une seule bande portant l’une au-dessus de l’autre les 3 images relatives chacune à l’une des 3 couleurs. L’ensemble du groupe occupe la hauteur de 2 images normales. Les trois objectifs a, b, c, sont placés sur une ligne verticale.
- Fig. 3.— Emploi d’une seule bande portant l’une au-dessus de l’autre 2 images de dimension normale. Deux couleurs seulement sont employées. Il n’y a qu’un seul objectif; les écrans sont montés sur un
- disque tournant.
- cipe, ont déjà été construits. Nous avons signalé celui de M. W. Friese-Green, qui donne une solution ingénieuse du problème. Depuis, d’autres systèmes ont été imaginés et certains d’entre eux sont aujourd’hui entrés dans la voie de l’exploitation. Nous devons d’abord rappeler qu’en trichromie on utilise trois clichés non colorés, mais que pour obtenir chacun d’eux, on a interposé sur le trajet des rayons lumineux un filtre coloré. Chaque cliché comporte un filtre différent, un rouge, un hleu, un vert; l’image de chaque cliché est incomplète et ne comporte que les parties du modèle qui correspondent à la couleur du filtre choisi. Pour la synthèse, il suffira que les images positives données par ces clichés soient revêtues chacune d’une couleur uniforme convenablement choisie et que les trois images se superposent exactement.
- Pour plus de simplicité, nous avons supposé que les couleurs sont le rouge, le bleu, le vert ; mais, en réalité, on emploie des couleurs composées : rouge-orangé, bleu-violet, etc. C’est de la composition bien
- Fig. 4. Portant
- d’un filtre rouge, l’autre par un filtre vert. Leur superposition sur l’écran donnera du jaune qui sera plus ou moins orangé, plus ou moins verdâtre, selon que l’intensité de l’un ou l’autre faisceau sera prédominante. Si on arrive à un bon équilibre et que pour regarder le résultat obtenu, on interpose entre l’œil et l’écran de projection un filtre bleu, on ne voit plus de jaune, mais du blanc. Si on obtient la résultante de toutes les couleurs du spectre, qui est le blanc, on peut obtenir toutes les couleurs. Il est évident que rien ne s’oppose à ce qu’on puisse remplir en cinématographie les mêmes conditions qu’en photographie ordinaire; mais il faut que les trois clichés soient obtenus simultanément et que le groupe de trois images identiques se répète pendant tout le temps que durera la scène à enregistrer.
- On peut y arriver de différentes façons; nous allons en examiner quelques-unes. Nous laisserons de côté l’appareil employé pour enregistrer les images; nous envisagerons seulement celui qui sert à les projeter. D’ailleurs, en général, ces appareils,
- — Disque les écrans.
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- 214 r~.. : ———, LE CINÉMATOGRAPHE EN COULEURS
- sont identiques comme principe et ne diffèrent que par des modifications de détail.
- On a réalisé depuis, longtemps, dans les cours publics, la projection trichrome au moyen de trois lanternes, il était donc tout naturel de songer à cette disposition pour la cinématographie.
- En réalité, les trois appareils n’en forment qu’un, dans lequel les mécanismes sont reliés entre eux, de façon que les obturateurs s’ouvrent et se ferment au même moment et que l’entraînement des bandes soit bien simultané. En effet les trois images (rendues rouge, bleue, verte par un écran placé près de l’objectif) se trouvent chacune sur une bande différente (fig. 1) et il faudra que ces trois bandes, quoique indépendantes l’une de l’autre, soient entraînées de telle sorte que la superposition se fasse bien sur l’écran ; il y a là une difficulté qui ne paraît pas insurmontable. Nous ne connaissons pas de constructeur qui l’ait résolue complètement jusqu’à présent, mais nous savons qu’on s’en occupe activement chez des inventeurs déjà avantageusement connus pour leur ingéniosité et la perfection de leurs travaux. L’avantage que présente cette combinaison, d’après eux, c’est qu’on peut sensibiliser chaque bande spécialement-, en raison de la couleur qu’elle doit reproduire ; tandis que si l’on emploie une seule bande, il faut que l’émulsion soit panchromatique, et on a moins de latitude pour la traduction exacte des couleurs du modèle.
- C’est cependant la solution qui a été adoptée jusqu’à présent pour les appareils en exploitation, et il ne semble pas, au point de vue du résultat obtenu, qu’il y ait un inconvénient bien grave à employer ce genre d’émulsion. M. Gaumont, notamment, nous a montré des sujets animés dans lesquels toutes les couleurs sont parfaitement reproduites et qui sont obtenues sur une seule bande.
- La disposition adoptée par lui consiste à n’avoir qu’un seul appareil qui porte trois objectifs (fig. 2), munis chacun du filtre nécessaire, placés l’un au-dessus de l’autre. Un seul obturateur ouvre et ferme ces objectifs au même moment et le groupe des trois images, R. B. Y., est enregistré d’un seul coup sur la bande et s’y succède indéfiniment. On voit tout de suite que par ce procédé la bande est trois fois plus longue que dans la cinématographie ordinaire en noir, ce qui, au point de vue mécanique, présente quelques difficultés.
- On voit en effet, que pour obtenir 1 illusion du mouvement, il faut remplacer une image par la suivante, pendant que l’obturateur masque 1 objectif. Pour cela, le mécanisme est conçu de façon à tirer brusquement la bande de la hauteur d une image au moment voulu. Or, dans toutes les bandes en exploitation dans le monde entier, la hauteur des images est de 18 millimétrés et c est de cette quantité qu’on fait descendre la bande a chaque éclipsé donnée par l’obturateur. Mais si nous avons les trois images R. B. Y. à faire passer d’un coup, il faudra tirer à la fois 54 millimètres, plus la séparation
- entre chaque image, soit environ 6 centimètres. C’est ici que le mécanisme se trouve en défaut; cette longueur est trop considérable pour qu’on puisse la faire passer brusquement, sans risquer d'e détériorer la bande.
- M. Gaumont a tourné la difficulté en réduisant la hauteur totale du groupe R. B. Y. à 38 millimètres; on obtient de cette façon, la largeur restant la même, un rectangle un peu allongé, mais la bande ne fatigue pas.
- Pour la projection, on utilise un appareil semblable à celui qui a servi à l’enregistrement, mais dans lequel on a disposé les objectifs de telle sorte que les trois images de chaque groupe, qui se trouvent au même moment sur l’écran, se superposent exactement et n’en forment qu’une seule.
- Le rendu des couleurs est absolument parfait.
- Le dispositif employé’pour le Rinémacolor a été inspiré par des considérations du même ordre : on a voulu réduire la longueur du groupe d’images ; mais on a tenu à leur conserver la hauteur normale. Pour cela on a employé un moyen radical qui consiste à réduire le groupe à deux images seulement R. V. (fig. 3) et à n’employer par suite que deux couleurs : le rouge et le vert. Ce ne sont pas des couleurs simples, bien entendu, et c’est grâce à la composition judicieuse de chacun des filtres qu’on est arrivé à obtenir pour l’ensemble de l’image une reproduction satisfaisante des couleurs du modèle. En outre on n’emploie qu’un seul objectif, en profitant du phénomène de la persistance des impressions sur la rétine. Il est clair que, dans ce cas, on ne peut pas, comme dans les systèmes précédents, laisser les filtres colorés à demeure, puisqu’il faut en avoir alternativement, pour cet unique objectif, un rouge et un vert. On a donc disposé les deux filtres sur un disque (fig. 4) qui tourne derrière l’obturateur ordinaire de telle façon que, à chaque ouverture de cet obturateur, la couleur change; il suffit pour cela que ce disque tourne deux fois moins vite que l’obturateur.
- Il est certain que cette détermination de n’employer que deux couleurs a pour résultat de simplifier les choses; mais si le rendu est suffisant pour beaucoup de sujets dans lesquels ces couleurs dominent, il est moins exact pour d’autres qui se ressentent un peu de l’absence du bleu. On a obvié, au moins en partie, à cette imperfection au moyen de l’artifice suivant : l’obturateur, au lieu de présenter comme d’habitude une partie pleine entièrement opaque, qui masque l’objectif au moment du changement des images, est muni, dans cette partie, d’un verre bleu violet. Il est assez peu transparent pour qu’on ne perçoive pas le changement d’image, mais il laisse passer sur l’écran une teinte générale que l’œil enregistre et c’est pour cela qu’on a ménagé sur le disque qui porte les couleurs R. Y. deux secteurs blancs ; c’est au moment où ils découvrent l’objectif qu’une faible lueur bleue arrive sur l’écran.
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- LA STABULATION DES HUÎTRES
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- Ce n’est là évidemment qu’une solution approchée puisque l’effet de ce bleu est réparti sur tout l’écran au lieu d’être localisé seulement sur les parties de l’image qui le réclament ; mais notre œil est très tolérant et il fait la synthèse quand même de façon satisfaisante.
- La cinématographie en couleurs comporte encore d’autres solutions ; il y a beaucoup de brevets pris à son sujet. Mais tous les systèmes proposés rentrent plus ou moins dans l’un de ceux que nous avons
- exposés et qui sont d’ailleurs les seuls qui, à notre connaissance, aient été réalisés pour le moment.
- On arrivera peut-être un jour à rendre possible la prise directe des images sur des films préparés avec des pigments colorés ou des trames, comme on le fait pour les autochromes, omnicolores et autres plaques sur verre ; mais il y a là de grandes difficultés à vaincre et on est obligé en attendant de se contenter du procédé indirect de la trichromie.
- G. Mareschal.
- LA STABULATION DES HUÎTRES
- On a souvent accusé les huîtres d’être dangereuses pour la santé publique ; on leur a attribué un rôle important dans la propagation de la fièvre typhoïde. Sans vouloir exagérer les risques qu’elles font courir, il faut bien reconnaître qu’elles peuvent commettre quelques méfaits. Lorsque des huîtres ont été élevées dans un parc où se déversent des eaux d’égout, elles se nourrissent des matières en suspension dans celles-ci. Si on les livre au consommateur aussitôt après leur sortie du parc, elles renferment entre leurs valves et dans leur tube digestif de l’eau sale et des particules de provenance douteuse qui en font simplement un aliment dont on n’aime pas se rappeler l’origine. Mais qu’un cas de fièvre typhoïde vienne à se produire dans une maison dont les eaux ménagères se déversent dans cet égout, alors les huîtres ne seront plus simplement peu appétissantes, elles pourront encore renfermer des dangereux bacilles d’Eberth et communiquer la fièvre typhoïde à l’imprudent consommateur. C’est ce qui s’est produit à plusieurs reprises tant en France qu’à l’étranger et les journaux ont signalé de véritables épidémies d’origine ostréaire à Winchester, à Southampton, etc. La dernière de ces épidémies fut signalée en France, en 1907, par le Dr Netter qui releva 275 cas d’accidents gastrointestinaux, certains accompagnés de fièvre typhoïde, quelques-uns suivis de mort, tous consécutifs à la consommation d’huîtres provenant de Cette où certains parcs se trouvent au débouché d’égouts. Si les marchands et les consommateurs pouvaient facilement reconnaître les huîtres souillées des huîtres saines, le commerce ostréicole n’aurait peut-être pas souffert ; mais la distinction est impossible à faire en dehors d’un laboratoire, et la publicité donnée dans les quotidiens aux communications du Dr Net-ter aboutit pour beaucoup de personnes à suspecter les huîtres quelle que soit leur provenance et à se priver d’en manger.
- Les ostréiculteurs, qui sont légion en France et font la fortune de beaucoup de régions du littoral, s’inquiétèrent de la situation difficile qui leur était créée et demandèrent aux pouvoirs publics d’étudier et de prendre les mesures nécessaires pour tranquilliser le public et faire cesser la mévente qui les ruinait. Le sous-secrétaire d’État à la Marine,
- M. Chéron, réunit en 1909 deux Commissions, l’une pour étudier les réformes propres à assurer la salubrité des établissements ostréicoles, l’autre pour fixer la meilleure réglementation administrative à leur appliquer, et les Commissions se mirent à l’œuvre.
- Le problème à résoudre était fort difficile. Le plus simple était évidemment de supprimer tous les parcs insalubres ou simplement douteux. Mais qui peut dire qu’un parc, installé dans les meilleures conditions, ne recevra pas quelque jour des eaux souillées de déjections typhiques; tel endroit qui, aujourd’hui, ne reçoit qu’une eau pure venant du large et exempte de germes, sera demain recouvert d’une eau extrêmement polluée, nous l’avons maintes fois constaté; le vent, la marée produisent sur nos côtes des courants très variables et difficilement prévisibles. Si cela est, quand un parc pourra-t-il être déclaré sain? D’autre part, si le nombre des établissements ostréicoles français nettement et constamment insalubres est extrêmement faible, ceux qui peuvent être considérés comme suspects parce qu’ils reçoivent dans certaines conditions des eaux d’égout sont assez nombreux. Faudra-t-il tous les supprimer? Ce serait amoindrir et presque anéantir l’ostréiculture française. Bien plus, les huîtres préfèrent les eaux qui ne sont pas trop pures et croissent plus vite dans celles qui sont riches en matière organique; pour avoir de belles huîtres, poussant vite, venant bien, il faut les placer dans une eau saumâtre contenant de nombreuses particules organiques en suspension. L’intérêt des ostréiculteurs et celui de la santé publique semblent donc en complet désaccord.
- A vrai dire, on a déjà proposé diverses solutions pour les garantir tous deux. En Hollande, où les parcs à huîtres sont peu nombreux et groupés, on a organisé un service d’hygiène qui surveille les habitants des villages voisins, éloigne les typhiques et empêche qu’on pollue les eaux de leurs déjections. Mais en France, où les parcs sont disséminés sur tout le littoral, une pareille surveillance, pour être efficace, exigerait un effort financier considérable. M. le professeur Chantemesse a proposé, dès 1896, que les huîtres des parcs suspects soient déposées, avant la vente, en des points des côtes sauvages où
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- LA STABULATION DES HUITRES
- l’eau de mer est pure, jusqu’à ce qu’elles aient dégorgé les matières dangereuses qu’elles renferment, mais un pareil procédé est difficilement compatible avec les besoins du commerce des huîtres.
- M. Fabre-Domergue, inspecteur général des Pèches, vient, je crois, de trouver la solution de ce difficile problème, et .ilTa présentée à la ..., - , >
- Commission d’assainissement ,des “Tyrrrrr
- établissements. ostréicoles dont je parlais.plus haut. Cette solution, c’est le bassin de stabulation.
- M. Fabre-Domergue a constaté que les huîtres se nourrissent de toutes les particules en suspension dans l’eau, sans- faire de choix, comme on l'avait cru longtemps, entre les petits organismes végétaux qui pullulent dans l’eau de mer et les déchets de toutes sortes qui leur arrivent avec l’eau des égouts. Mais si une huître souillée de particules fécales est placée pendant quelques. jours dans de l’eau propre, filtrée, débarrassée de tous les corps, en suspension, ses valves ,se nettoient, l’eau de sa coquille devient propre, son tube digestif se vide progressivement. .. bientôt l’animal est débarrassé . de toute souillure et les examens bactériologiques n’y décèlent plus aucun microbe des l’intestin , de l’homme.. La durée, du dégorgement, de la , stabulation, est au maximum de 7 jours. L’huître peut donc être consommée sans danger quand elle, a passé une semaine dans l’eau pure. Bien mieux, elle est alors plus nacrée, plus appétissante et, chose intéressante pour le marchand, elle n’a perdu ni de son poids ni de sa saveur.
- Il suffirait donc d’entreposer les huîtres dans de l’eau filtrée pendant 7 jours pour qu’on puisse les manger sans crainte, que les consommateurs se rassurent et que les ostréiculteurs voient renaître la prospérité d’antan.
- Comment installer pratiquement lès bassins de stabulation? Après avoir trouvé la solution théorique du problème, M. Fabre-Domergue vient de la réaliser pour l’industrie. Il a fait construire, en effet, dans son laboratoire du quai Debilly, à Paris, un bassin de stabulation qui peut contenir et purifier au moins 6000 huîtres. Le bassin se compose d’un filtre à sable non submergé du modèle de Miquel et
- Fig. i.— Tubes de Fabre-Domergue et Legendre pour la recherche du Bacterium coli dans les eaux et les huîtres. A droite, tube ensemencé avec des huîtres contaminées ; le tube s'est troublé. A gauche, tube ensemencé avec des huîtres de même provenance ayant stabulé; le tube reste clair.
- Mouchet, filtre destiné à arrêter non seulement les matières en suspension dans l’eau, mais encore toutes les bactéries intestinales : Bacterium coli, bacille d’Éberth, etc. Ce filtre, dont les remarquables propriétés biologiques n’ont peut-être pas encore été suffisamment utilisées jusqu’ici, donne - . - • une eau absolument pure qui
- a.; se déverse dans un réservoir inférieur. De là, elle s’écoule par 6 robinets dans 6 bassins de stabulation isolés les uns des autres et pouvant contenir chacun 4000 huîtres. Chaque bassin est rempli d’huîtres un jour de la semaine (le dimanche excepté), l’eau y coule régulièrement en mince filet les huîtres sont stabulées. et propres à la vente le même jour de la semaine suivante. L’eau des bassins s’écoule dans une cuve inférieure où un moteur la pompe et la renvoie sur le filtre. Ce dispositif permet donc de fournir chaque jour des huîtres ayant passé une semaine dans l’eau pure et «débarrassées de tous les microbes suspects ou dangereux comme le prouve l’examen bactériologique de leur contenu.
- L’installation d’un tel bassin à Paris où l’eau de mer ne peut être renouvelée, son parfait fonctionnementj même avec une eau de mer faite artificiellement d’eau douce et de divers sels, prouvent qu’on peut utiliser la stabulation des huîtres, non seulement - près de ,1a mer, au voisinage du parc d’élevage ou de dépôt, mais encore loin du centre de production, au lieu de vente même.
- On comprend aisément l’avantage d’un pareil résultat. L’application de ce procédé de stabulation, peu coûteux et très sûr, permettra de rassurer le public et de lui redonner confiance en l’un des mets qu’il apprécie le plus ; la vente ne pourra qu’en être augmentée et les ostréiculteurs n’auront plus à se plaindre de la mévente de leurs produits et des conséquences désastreuses qu’elle cause sur certaines de nos côtes. Pour les expéditions dans les petites villes, les établissements ostréicoles pourront employer des bassins de stabulation créés sur le lieu même de production et utilisant l’eau de mer naturelle. Pour la vente dans les grands centres, à Paris par exemple, on pourra créer des bassins urbains
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- installés sur le lieu de vente, et je sais que certains marchands d’huîtres de Paris songent en ce moment à réaliser de ces bassins pour la saison prochaine. Les huîtres ainsi traitées, ayant dégorgé leurs produits dangereux, n’ont subi aucune manipulation
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- ce progrès, la deuxième Commission créée par M. Chéron étudie en ce moment un projet de modi fication des concessions ostréicoles. Actuellement, celles-ci sont précaires et révocables, et beaucoup d’ostréiculteurs hésitent à y faire des frais d’instal-
- Fig. 2. — Bassin de stabulation de M. Fabre-Domergue.
- compliquée ; elles conservent leur saveur, sont plus appétissantes et se distinguent par leur aspect nacré et leur propreté. Souhaitons que bientôt nous n’en puissions plus acheter d’autres.
- Pour faciliter aux ostréiculteurs la réalisation de
- lation. Ils hésiteraient beaucoup moins si les concessions étaient à bail à long terme et c’est ce que l’on propose de leur accorder.
- R. Legendre,
- Membre de la Commission d’Assainissement des Établissements ostréicoles.
- LE CHEMIN DE FER AQUATIQUE
- Étant donné les incessants progrès qui s’observent partout dans les moyens de transport, il faut s’étonner de voir le service de remorquage sur les voies navigables (rivières et canaux), à peu de détails près, se faire d’après des principes quasi immuables.
- La méthode de traction la plus connue, le remor-
- queur à hélice, est fort peu économique et permet à peine l’utilisation de 25 pour 100 de l’énergie mise en œuvre. Ajoutez à cela que la rotation de l’hélice, dans le lit si étroit du canal, dégrade le fond du canal et ses rives. Bien plus, l’hélice, au départ d’un train lourd de bateaux, quand la vitesse de celui-ci est presque nulle, creuse le plus souvent
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- un trou dans le fond du canal. Ces destructions progressives du lit peuvent donner lieu à des ruptures et à de funestes .inondations des environs. Il est vrai qu’on a dernièrement essayé de réduire les tourbillons de l’eau, en disposant l’hélice entre deux gouvernails, mais ce n’est là qu’un palliatif insuffisant.
- Le halage électrique, c’est-à-dire la traction au moyen d’une locomotive électrique longeant la rive offre à son tour de sérieux inconvénients. Les constructions verticales s’élevant le long de la rive présentent en effet, au passage de la corde oblique de halage, un obstacle d’autant plus sensible que le développement du canal donne lieu à un peuplement de plus en plus intense de ses rives.
- Il existe un troisième procédé, celui du toueur à chaîne. Il est vrai que la lourde chaîne le long de laquelle avance le toueur dégage les rives du canal. Mais ce procédé n’en présente pas moins de sérieux défauts techniques : d’une part, toute rupture de la chaîne dérange le service et d’autre part, surtout par un vent violent poussant le train de bateaux vers la rive, la chaîne posée librement au fond du canal pourra endommager les talus. Ainsi tous les procédés actuels non seulement sont peu économiques, mais présentent de nombreux désavantages pratiques.
- On vient de procéder sur le canal de Dortmund à Ems, en présence de représentants du Gouvernement allemand et de grands industriels, à de très intéressantes expériences d’un nouveau procédé de touage destiné, paraît-il, à révolutionner le service des voies navigables. L’inventeur, M. Koss, membre de l’Administration du canal, a en effet réussi, non seulement à éliminer tous les inconvénient du service de remorquage sous sa forme actuelle, mais à augmenter, dans de grandes proportions, son rendement. Le système Koss, dit chemin de fer aquatique, s’inspire sous tous les rapports du chemin de fer et se prête à un service tout aussi économique que celui-ci. De même qu’un chemin de fer ordinaire peut se définir comme suite de voitures dont les roues sont forcées à courir sur des rails, le chemin de fer hydraulique est un train de bateaux dont les roues sont forcées à se déplacer sur des rails.
- Comment expliquer le paradoxe apparent d’un bateau se déplaçant sur des roues? Empressons-nous de dire qu’entre les roues du chemin de fer terrestre et celles du chemin de fer aquatique, il existe une différence de principe. Les roues motrices du chemin de fer sont en effet destinées à faire avancer'le train par le frottement dû à son poids et l’adhérence aux rails qui en résulte ; le chemin de fer aquatique, en l’absence du frottement d’adhérence, a besoin d’un frottement artificiel. L’inventeur produit ce frottement d’une façon très ingénieuse, en faisant soulever aux roues attachées au fond du toueur, de 1/2 à 1 mètre environ, le rail disposé au fond du canal. Ce rail est ancré de façon à pouvoir être facilement soulevé jusqu’au-dessus de la surface de l’eau, sans desserrer les joints (pour les révisions et les réparations, par exemple). D’autre part, il se trouve garanti par ses ancres contre tout
- déplacement excessif dans le sens horizontal. Étant donné la stabilité d’équilibre du toueur, le chemin de fer aquatique, à l’inverse du chemin de fer terrestre ordinaire, n’a évidemment besoin que d’un seul rail sur lequel prennent appui les quatre roues disposées au-dessous du fond du toueur. Ces roues, actionnées du toueur, entraînent le rail comme le feraient les cylindres d’un laminoir. C’est dire que le rail, enfilé, en quelque sorte dans les roues, exécute au passage du toueur un mouvement ondulant et l’adhérence des roues sur le rail met le train de bateaux en mouvement, comme un chemin de fer ordinaire actionné par ses roues motrices. Cet entraînement le long d’un rail solide (au lieu du travail d’une hélice dans un milieu aussi mobile que l’eau) utilise les trois quarts de l’énergie dépensée.
- Le chemin de fer aquatique se base, on le voit, sur un principe parfaitement nouveau, le soulèvement d’un rail. Or, comme c’est le sort général des novateurs, l’inventeur se heurtait d’abord à de nombreux préjugés. Personne ne croyait, en effet, possible de soulever de lourds rails de fer, de 1/2 à 1 mètre, avec une dépense de force relativement modeste. Aussi l’inventeur dut-il prouver, par de longues expériences préliminaires, la justesse de sa façon de voir. L’usine sidérurgique Phônix, de l’Association de Horde, en Westphalie, mit à sa disposition un lourd rail de fer de 80 mètres de long, à section
- Fig. i. — Le toueur accroché à un pont, vu de' côté.
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- carrée et d’un poids de 21 kilogrammes par mètre. Ce rail si lourd pouvait être soulevé avec des forces excessivement modestes (de 250 à 450 kilogrammes) jusqu’à des hauteurs variables entre 1/2 et 2 mètres. Des expériences ultérieures faites au chantier naval royal de Meppen, sur des rails de profil étalon le plus petit et d’un poids de 6 kilogrammes par mètre, donnèrent également des résultats fort encourageants et qui confirment pleinement les théories de M. Koss.
- Le toueur expérimental, disposé pour la propulsion électrique, emprunte sa force motrice provisoirement, à l’intermédiaire d’un câble, au bateau-usine du canal, faisant partie du train de bateaux remorqués et ayant à bord une génératrice électrique. Le service pourra toutefois se faire au moyen d’un trolley analogue à ceux des chemins de fer électriques. Une partie de la section expérimentale du canal était en effet munie d’un fil de trolley disposé à hauteur suffisante au-dessus de la surface. Il va
- sans dire que le principe même du nouveau procédé n’a rien à voir avec le choix de la force motrice et que le toueur pourrait tout aussi bien être actionné par un moteur Diesel ou de toute autre façon. Chacun des bateaux remorqués est muni d’un frein permettant, à l’aide du rail, d’arrêter rapidement le train et d’éviter toute rencontre de bateaux.
- La force motrice est transmise de l’arbre du moteur, par des pignons, aux quatre axes verticaux des roues, protégés, au-dessous de la coque du toueur, par une caisse en fer. Le rail, nous l’avons dit, passe à travers les quatre roues qui l’enchâssent; la corde de remorque est à son tour attachée à la caisse de fer.
- Ce petit toueur, si minuscule auprès des gros bateaux qu’il remorque, porte le nom si caractéristique de « Dâumling » (« Petit-Poucet »). Aussitôt que le courant passe, ce petit bateau se met en marche sans le moindre accroc, mais avec une force irrésistible, en traînant le train de bateaux sur la
- Fig. 2. — Le toueur soulevé au-dessus de l’eau et accroché à un pont de façon à montrer la disposition des 4 roues enchâssant le rail.
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- voie trace'e par le rail, quelle que soit la direction du vent et sans qu’il soit possible de déceler le moindre mouvement apparent. Sans aucune vibration et sans remuer l’eau, le toueur, actionné par une force invisible, glisse à travers les eaux du canal, en poursuivant sa route sans l’aide du gouvernail. En tournant un volant, on fait tomber le rail ; dégagé du train de remorque, le toueur, muni d’une hélice spéciale, pourra gagner, sans l’aide du rail, une autre partie du canal.
- Pour donner une idée de la grande importance économique du remorquage sur les canaux intérieurs, faisons remarquer que le trafic sur le canal de Dortmund à Ems, après avoir monté de plus en plus rapidement pendant ces dernières années, a, en 1911, atteint le chiffre imposant de 3,8 millions de tonnes. Or, les frais de remorquage, d’après les procédés actuels, se montent encore à environ
- 0,25 centimes par tonne et par kilomètre et une économie même très faible, étant donné le grand poids des charges, dirige immédiatement le trafic du côté de la voie navigable plus économique. On comprendra dans ces circonstances l’influence qu’exercera une économie de 50 pour 100, telle que la promet le procédé Koss. Les voies navigables se trouvent, par cette invention, élevées à un rang supérieur et il faut s’attendre à une extension importante des réseaux de canaux existants.
- Pour terminer, faisons remarquer que tout organe moteur, le rail aussi bien que le toueur, peut être rapidement soulevé au-dessus de la surface, ce qui simplifie beaucoup les révisions, tout en accroissant la sécurité du service. Tout pont, toute écluse servira facilement à cet usage.
- Le Gouvernement allemand étudie l’introduction de ce procédé de touage. Dr Alfred Gradenwitz.
- . LES NOUVEAUX DÉPÔTS D’AUTOBUS PARISIENS
- Par son nouveau traité de 1910 avec la Ville de Malesherbes, Lebrun, Bastille, Montrouge, Mozart, Paris, la Compagnie générale des omnibus s’est Allemagne, Buttes-Chaumont (la Villette) et a acquis engagée à substituer la traction mécanique à la trac- un nouveau terrain de 18 000 mètres carrés rue
- Fig. i. — Hall du dépôt des Poissonniers.
- tion animale, sur tout son réseau. Cette transformation, qui doit s’achever au plus tard le 1er janvier 1913, nécessite, en particulier, le remaniement des dépôts où se trouveront remisés les 1034 autobus nécessaires à l’exploitation des 46 lignes en service.
- On comprend sans peine que la bonne organisation de ces garages constitue la base même du fonctionnement économique de' l’entreprise. D’abord, afin d’éviter de longs parcours aux voitures haut-le-pied, on a rapproché autant que possible chaque dépôt des terminus des lignes qu’il est appelé à désservir. La Compagnie a transformé dix de ses anciens dépôts ( Poissonniers, . Clichy, Bagnolet,
- Croix-Nivert, afin de remplacer par un seul trois dépôts voisins de moindre étendue. Elle s’est, en outre,- rendu compte expérimentalement qu’il fallait remiser dans chacun d’eux 100 à 120 autobus environ: Le hall du plus important (Poissonniers) représenté ci-contre (fig. 1) peut contenir 144 voitures; toutefois la capacité du plus petit (Buttes-Chaumont) n’excède pas 60 voitures.'
- Ces dépôts permettent de remiser le matériel rou^ lant de plusieurs lignes, de le ravitailler en combustible (benzol, alcool carburé ou essence de pétrole) et d’y effectuer les petites réparations.
- Comme on le voit sur notre illustration prise au dépôt des Poissonniers, un dallage en ciment armé
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- à surface lisse recouvre le sol de ces halls et des pentes assurent un écoulement rapide des eaux de lavage que des caniveaux recueillent. On y dispose les voitures de front, sur des rangées parallèles, en réservant deux alle'es pour leurs manœuvres rapides de sortie et de rentrée, leur sauvetage en cas d’in-
- Fig. 2. — Emmagasinage de l'hydrocarbure dans les réservoirs souterrains.
- cendie ou leur envoi sur les fosses, afin d’assurer la prompte réparation de leurs organes, quelle que soit leur place et'même la nuit.
- Des établis rangés le long d’un mur à proximité des fosses permettent les menues réparations des châssis. Une forge séparée du garage et prenant accès sur une courette complète ce petit atelier de mécanique.
- Dans la cour sont installés les appareils de manutention des. hydrocarbures ; ils constituaient un point délicat de l’organisation des dépôts d’autobus. La Compagnie des omnibus doit effectivement posséder dans chacun de ses garages un approvisionnement de 5000 à 10000 litres d’hydrocarbures et pouvoir les distribuer très promptement, lors de la sortie matinale des voitures. On ne saurait songer à échelonner le remplissage des réservoirs durant toute la nuit, car cela aurait le dangereux inconvénient de disséminer dans le garage de grandes quantités de liquides inflammables.
- D’autre part, les lieux d’emmasinage d’hydrocarbures aussi importants rentrent dans la catégorie des établissements classés assujettis au point de vue de leur installation à des règles administratives très sévères. La Compagnie a donc adopté, pour satisfaire
- aux conditions imposées par la préfecture de police, les appareils Martini et ïïuneke. Ce système offre toute sécurité pour la manutention des liquides inflammables comme nous l’avons précédemment indiqué dans La Nature (n° 2014,30décembre 1911). Rappelons qu’une installation de ce genre comporte un réservoir-magasin en tôle très épaisse, complètement étanche et enterré dans le sol; un poste d’emmagasinage, un ou plusieurs récipients jau-geurs avec un ou plusieurs postes de soutirage correspondants; un tube de gaz inerte comprimé et des canalisations reliant ensemble ses différentes parties.
- Dans les nouveaux dépôts d’autobus, pour emmagasiner l’hydrocarbure, dans l’un des deux réservoirs souterrains de 3000 litres, les hommes, après | l’avoir rempli d’azote, le relient au fût de transport au moyen de deux tuyauteries (fig. 2), l’une siphonne le liquide pendant que l’autre permet au gaz du réservoir d’aller remplacer dans le tonneau le liquide écoulé. Pour transvaser l’hydrocarbure dans le réservoir d’une voiture on amène celle-ci devant le poste de soutirage (fig. 3), et après l’avoir reliée par un tuyau flexible au robinet de sûreté, le préposé au chargement n’a qu’à presser sur un levier pour provoquer l’écoulement et pour l’arrêter, il lui suffit de ne plus appuyer sur la manette. Le chargement s’opère de la sorte, en quelques minutes et sans danger. Notons que chaque voiture parcourt par jour 125 kilomètres en moyenne et consomme 50 à 60 litres de benzol/ Lé parcours annuel d’un
- Fig. 3. — Autobus prenant sa charge d'hydrocarbure avant de sortir du dépôt.
- autobus parisien est donc de 37 à 44 000 kilomètres, soit approximativement le tour de la terre !
- Jacques Boyer.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances des 12 et 19 février J912.
- La mémoire chez les poissons. — M. Delage présente un travail cle M. Oxner sur la mémoire chez les poissons. On avait rapporté des faits assez contradictoires sur la mémoire des poissons. Il ne fallait pas s’en étonner
- — Présidence de M. Lippmartn»
- parce qu’il s’agissait d’observations d’amateurs. .L/auteur, au contraire, a eu recours à des observations méthodiques dont les résultats s’imposent. On avait remarqué qu’un poisson pris à l’hameçon et remis dans l’eau se laissait
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- reprendre autant de fois qu’on le désirait. M. Oxner remarque que si l’avidité pour la proie fait que le poisson mord à l’hameçon un nombre de fois qui échappe en effet aux prévisions., du moins doit-on constater qu’il n’a aucun moyen de discerner que la proie cache un piège-En lui donnant ce moyen, les résultats sont fort différents. M. Oxner attache un petit disque rouge au-dessus de l’hameçon. Le poisson qui voit ce disque ne tarde point à associer le souvenir du piège et celui du disque. Au bout de 7 à 8 épreuves, il ne mord plus à un hameçon placé au-dessous d’un disque rouge. 11 y a donc manifestation d’un certain degré de mémoire.
- Carte du Monde au 1/1.000.000®. — M. Ch. Lallemand présente deux nouvelles feuilles (Constantinople et Afrique du Sud) de la carte du monde au 1 /1.000.000e publiées par le gouvernement anglais.
- La vie sans microbes. — M. Roux explique, que M. Cohendy s’est appliqué à résoudre la question de la vie sans microbes, dont la solution était encore incertaine. M. Cohendy a construit une sorte de cage complètement stérilisable à 120 degrés. Les diverses ouvertures en sont bouchées au coton et garanties extérieurement par une chambre métallique à fermeture hermétique. Les manipulations nécessitant l’ouverture de l’appareil sont faites, les mains sous l’abri d’une avant-chambre en toile de caoutchouc aseptisé. Trois œufs de poule, à la veille de leur éclosion, ont éjté introduits après stérilisation externe (l’intérieur est normalement aseptique) dans un incubateur en bronze installé à l’intérieur de la cage. Les poussins après éclosion peuvent se promener dans une partie en verre. Indépendamment de la lumière ils y trouvent de l’air pur, de l’eau fraîche, du sable et des aliments, le tout stérilisé. Les contaminations accidentelles sont décelées, en cours d’expérience, à l’aide de tubes de bouillon ouverts et disposés dans l’appareil; le contrôle général de l’asepsie consiste à ensemencer le contenu du tube digestif, le sang, des plumes, etc. Des, témoins de la couvée sont placés dans des conditions d’existence aussi voisines que possible de celles des poulets en expérience, sauf pour ce qui concerne l’asepsie. Or on peut constater que la vie est parfaitement possible dans le milieu aseptique. Les poulets y sont, à âge égal, au moins aussi vigoureux que les poulets témoins. L’expérience a été prolongée pendant 6 semaines; elle a donc dépassé victorieusement les premières semaines pendant lesquelles on supposait que les sécrétions digestives du jeune animal n’étaient pas suffisantes pour qu’il pût se
- passer du concours des bactéries. Rendu à la vie normale le poulet ne souffre pas de l’envahissement de son tube digestif par d’innombrables bactéries saprophytes et pathogènes. Cet envahissement ne demande que 24 heures. Ainsi la vie sans microbes est possible pour un vertébré (le poulet) pourvu normalement d’une riche flore microbienne et cette vie aseptique n’entraîne par elle-même aucune déchéance de l’organisme. Le principe d’une adaptation indissoluble entre l’animal et ses bactéries, principe qu’on présentait comme une loi biologique bien établie, n’est pas d’accord avec l’expérience. Les microbes ne sont pas indispensables à certains vertébrés.
- Les obsèques de Lord Lister. — M. le Président rend compte à l’Académie que la délégation qu’elle avait désignée pour la représenter aux obsèques de Lord Lister a rempli sa tâche. Cette Commission était composée de MM. Lippmann, Chauveau, Dastre et Roux. Un service religieux avec musique a été célébré à l’abbaye de Westminster. Il y a eu un sermon mais point de discours. Après la cérémonie, on a montré à la délégation les tombes de Lord Kelvin et d’Isaac Newton dans l’église. Ces tombes sont seulement marquées par leurs noms sur les dalles de recouvrement. Cela est très bien, dit le Président, des noms de savants tels que ceux-ci n’ont pas besoin d’inscriptions et de figures allégoriques. La réception de la délégation a été particulièrement flatteuse. Le Président de la Société royale a adressé à M. Lippmann des remerciements chaleureux.
- Utilisation des canauxpour l'irrigation.—M. M.Muntz fait connaître les nouveaux résultats auxquels il est arrivé dans les études qu’il poursuit avec M. Lainé sur les irrigations. Ces études montrent que les causes d’insuccès de certains canaux sont le degré de perméabilité des terres ainsi que la répartition illogique de l’eau, et non point la qualité de l’eau, comme on le croyait. Dans de nombreux champs d’expériences établis dans les régions méridionales de la France, ils ont recherché l’importance des volumes d’eau à distribuer et le mode de répartition fournissant les récoltes les plus avantageuses. Ils ont ainsi constaté qu’en général on donne beaucoup trop d’eau, et que ce gaspillage a pour effet de restreindre les surfaces arrosées. L’intérêt public est lésé aussi bien que l’intérêt particulier. Certains canaux pourraient arroser trois ou quatre fois plus de terrain et procurer la fertilité à de vastes terrains.
- Ch. de Villedeuil.
- (A suivre.)
- MOUILLARD ET LA DÉCOUVERTE DU GAUCHISSEMENT
- Un événement considérable vient de se produire dans la science de l’aviation : un grand précurseur vient d’être révélé, et ce précurseur est un Français. Il se nomme Louis-Pierre Mouillard. On connaissait déjà de lui depuis 30 ans un livre enthousiaste, plein d’observations et d’idées, entièrement consacré aux choses de l’air : l'Empire de l'air ; mais il paraît certain que son œuvre inédite qui vient d’être publiée par M. Henry-Coüannier, secrétaire du Comité directeur de la Ligue Nationale Aérienne, sous le titre : Le vol sans battement, dépasse de beaucoup en importance historique et pratique son aînée.
- Son importance historique est celle-ci : elle seule suffit à accroître dans une proportion notable la part contributive du génie français à la naissance de l’aviation. Dans cette œuvre nouvelle, Mouillard apparaît comme un précurseur authentique et immédiat ; la découverte des frères Wright a été, c’est désormais chose certaine, singulièrement préparée par la découverte de Mouillard ; c’est Mouillard, ce ne sont pas les inventeurs américains, quelle que puisse être d’ailleurs leur rare ingéniosité, qui a inventé le gauchissement. Quant à l’importance pratique et actuelle des papiers qui viennent d’être si heureu-
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- sement exhumés, elle résulte de la valeur éminente des conceptions de cet observateur de génie que fut Mouillard, conceptions qui constituent pour l’aviation d’aujourd’hui et l’aviation de demain un véritable trésor à exploiter.
- Et pour faire d’abord la part du passé, voyons comment, en examinant patiemment l’allure des oiseaux voiliers, et tout particulièrement des milans,
- Mouillard a fait la découverte du gauchissement.
- Mouillard était dominé par cette idée que, se faire porter par l’air n’est rien, si l’on ne sait pas se diriger exactement.
- Comment l’oiseau s’oriente-t-il? L’observation avait enseigné d’abord à Mouillard deux procédés principaux : le déplacement du centre de gravité et la réduction de la voilure.
- Le déplacement du centre de gravité : lorsqu’un oiseau veut tourner à droite, il s’arrange généralement pour porter le centre de gravité du corps du côté droit, par une inclinaison convenable de la tête.
- La réduction de la voilure : dans le même cas, l’oiseau réduit sa voilure du côté du virage en ployant légèrement l’aile droite.
- Mouillard chercha à répéter ces expériences avec un aéroplane en papier ayant grossièrement la forme d’un oiseau. En déplaçant une pièce de monnaie garnie de cire, il faisait varier la position du centre de gravité ; de même il essaya la réduction de la voilure d’un seul côté tout en conservant la même surface totale.
- Il observa que ces deux procédés donnaient un résultat réel, le second étant plus actif que le premier.
- Mais surtout il comprit que ce n’était pas là tout et que le point essentiel lui échappait; car il sentait que l’action d’orientation ainsi obtenue était en somme peu énergique : elle ne devait certainement pas suffire à l’oiseau pour faire des coudes brusques, comme il en a si souvent besoin pour la chasse, ou simplement pour résister aux remous aériens. Il y avait donc autre chose. C’est ici qu’intervient le gauchissement.
- Les milans, qui donnèrent à Mouillard des leçons de gauchissement, volaient bec au vent par une brise assez forte, de 15 mètres à la seconde; à
- chaque instant l’observateur constatait des désorientations et à chaque fois correction du mouvement : cette correction était visiblement obtenue par un effort de la plume annulaire, c’est-à-dire de la sixième plume de l’aile.
- Cette action,, que Mouillard reconnut immédiatement comme beaucoup plus active que les deux premières, comporte quatre degrés différents.
- Le premier cas est celui du vol constamment variable, comme celui dont nous venons de parler : sous des influences diverses, l’oiseau est sans cesse déplacé de sa trajectoire. Il y revient en tordant légèrement la pointe de l’aile, en accrochant l’air avec la plume annulaire. C’est là une action qui intervient continuellement : ce rôle fondamental et permanent joué dans le vol par la 6e plume est confirmé par sa structure particulière; elle est plus puissante que les autres, parce qu’elle sert plus que les autres. C’est elle qui a le plus de surface de toutes les plumes de l’oiseau; on sent en elle un organe à part, ayant une fonction précise.
- En accrochant l’air avec cette plume, le milan se procure une retenue du côté où il veut tourner; si c’est la plume annulaire droite qu’il lord, l’aile droite sera retardée dans son mouvement par rapport à l’aile gauche. L’oiseau tournera vers la droite.
- Le deuxième degré correspond à une action volontaire de l’oiseau. Il ne s’agit plus de regagner la direction perdue, mais de changer délibérément de trajectoire; on voit alors l’annulaire quitter franchement le plan horizontal, de l’aile, et barrer l’air en entraînant les plumes voisines : l’effet est instantané.
- Le troisième degré correspond au cas où l’oi'seau « gauchit » pour assurer sa sécurité, c’est-à-dire quand il est lancé par un courant d’air là où il ne veut pas aller; dans cette manœuvre de secours, l’action de l’annulaire s’exagère, produit un arrêt absolu, et l’oiseau pivote littéralement sur place. Enfin, il y a les cas extrêmes : chasse et lutte', où l’oiseau en arrive à frapper énergiquement l’air avec toute la force de ses pectoraux (force qui est singulièrement
- Fig. i. — La dernière photographie de Louis Mouillard.
- Fig. 2. — Monument élevé à Louis Mouillard au Caire.
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- plus grande que ne pourraient le faire croire les dimensions générales du squelette). « C’est une véritable claque portée sur un corps dense, car l’air attaqué avec cette rapidité résiste comme un solide. » L’aile entière entre en action. C’est cette manœuvre qui permet aux oiseaux de proie les tours de force extraordinaires auxquels ils sont contraints par nature ; c’est elle qui permet au grand-duc de se tordre à volonté dans les dédales de la forêt. C’est elle surtout qui est utilisée par les aigles, milans, faucons, pour faire cette culbute complète, ventre en l’air, qui leur est parfois nécessaire pour « lier » leur proie par en dessous. Disons en passant que cette manœuvre singulière est aussi pratiquée par la vulgaire hirondelle de cheminée; lorsqu’elle arrive en pleine course contre un mur, elle se retourne parfois en faisant une pirouette complète.
- Ayant ainsi vu avec une parfaite clarté ce qu’était le gauchissement de l’oiseau, Mouillard se proposa de l’appliquer à l’aéroplane ; il indiqua formellement le moyen à employer : une corde commandée par l’aviateur est attachée à l’extrémité des ailes ; suivant la traction à laquelle on la soumet, elle réalise plus ou moins, dans la mesure nécessaire, ce gauchissement qui a fait
- une bonne partie de la gloire des frères Wright.
- Ces dispositions furent réalisées dans l’aéroplane représenté par les figures 3 et 4 et qui se brisa dans
- une chute en 1896; la partie J' des ailes, soumise au gauchissement, est détachée de la charpente. La corde de commande 0 longe le bord antérieur de l’aile et passe dans les anneaux P.
- L’heure de la réparation semble avoir sonné pour la mémoire de Louis-Pierre Mouillard : heure trop tardive, réparation dérisoire.... L’homme auquel on élève au Caire une statue est mort dans la détresse, le 20 septembre 1897(-*). Ses découvertes ont été sans profit pour lui. Ses papiers, ses documents, d’un prix inestimable, ont été vendus, le 11 mars 1910, pour 32 francs. Mais il y a
- quelque chose de plus grave : cet homme qui fut si méconnu, le fut surtout par ses compatriotes. Des étrangers l’eurent en haute estime, l’aidèrent même parfois, _ et lui-même écrivait en 1890 à 0. Chanute qu’il renonçait à rien faire avec les Français. Ce qu’il aurait pu faire avec leur aide, nous venons de l’entrevoir. Nous le verrons plus complètement dans une prochaine étude.
- R. Chassériaud.
- 1. Mouillard était né à Lyon en 1854.
- Fig. 3 et 4. — L’aéroplane de 'Mouillard avec gauchissement. Sur la photographie, l’empennage 'est redressé. O, O, cordes de commande; P, P, P, anneaux; J', portion de l’aile soumise au gauchissement. .
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- Fig. 5. — Autographes et signature de Mouillard. On remarquera les mots gauchissement (3e ligne) et gauchir (6e ligne).
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2023.
- 2 MARS 1912.
- NOUVEL AUDIPHONE MICROPHONIQUE
- POUR LE TRAITEMENT DE LA SURDITÉ
- Depuis longtemps on a reconnu la possibilité d’améliorer l’audition de certains sujets en utilisant, pour ce faire, un relais acoustique amplificateur ou transformateur.
- Ce! relais est généralement établi de façon à utiliser les vibrations d’une lamelle métallique parlante et il s’applique sur les organes externes* de l’oreille sur laquelle il agit pour assurer la perception plus nette des sons.
- Parmi les moyens qui ont été utilisés pour réaliser ce relais qui comporte, comme un circuit téléphonique minuscule, un transmetteur, un récepteur et une source d'énergie électrique, on peut distinguer ceux d’aprës lesquels le transmetteur est indépendant du récepteur ou écouteur qui s’applique sur l’oreille et ceux dans lesquels le transmetteur et le récepteur sont reliés par une poignée commune servant à leur préhension, et analogue, quant à la disposition respective des organes qu’elle porte, à un appareil téléphonique ordinaire.
- Dans le premier cas, le transmetteur se porte généralement à la poitrine et est relié au récepteur et à la pile de poche par des conducteurs souples ; dans le second cas, transmetteur et récepteur sont montés aux extrémités d’un manche creux qui abrite la pile ainsi que les connexions électriques.
- On voit que, dans tous ces appareils, il est d’usage de séparer le
- transmetteur du récepteur, ce qui conduit à une gêne dans la manipulation, à cause des cordons conducteurs souples et des dimensions assèz importantes des divers organes qui les constituent.
- Le nouvel audiphone imaginé par le Dr Soret, du Havre, que feu le Dr Lannelongue, à l’Académie de Médecine, et M. le Pr Lippmann, à l’Académie des Sciences, ont récemment présenté comme audiphone
- 40" année. — jer semestre.
- 1, Fig. 1.
- Jeune fille portant Vaudiphone tnicrophonique.
- magnétique bilatéral, est particulièrement destiné au traitement de la surdité à ses divers degrés et, comme les dispositifs précédents, est une application du microtéléphone à l’audition.
- Il présente ceci de particulier que le transmetteur microphonique et le récepteur ou écouteur téléphonique sont contigus et forment un seul bloc minuscule, ne pesant que quelques grammes.
- Il peut, au moyen d’un embout E qui prolonge sa partie réceptrice, s’engager dans le conduit auditif auquel il s’applique et se maintient de façon à ne produire ni encombrement ni gêne et à laisser entièrement libres les mains du sujet.
- Le poids de l’appareil autonome ainsi réalisé est assez réduit pour permettre, quoiqu’il puisse être utilisé pour constituer soit un appareil unilatéral, n’intéressant qu’une seule oreille défectueuse, soit pour établir un appareil bilatéral par la combinaison de deux appareils similaires, indépendants, réunis à la façon des deux verres d’un binocle. Cette disposition établit un certain équilibre physiologique entre les sensations reçues par les deux oreilles, équilibre qui évite la fatigue.
- Il y a plus : l’appareil bilatéral produit ainsi une sorte d'effet stéréoscopique ou de relief du son qui donne au sujet la sensation du déplacement du centre d’émission des ondes sonores si, alors même qu’il ne voit pas son interlocuteur, celui-ci se déplace en parlant.
- Il convient de faire remarquer que l’audiphone bilatéral porte deux transmetteurs, alors que les appareils de ce genre existant actuellement n’en ont qu’un actionnant un ou deux téléphones écouteurs placés aux oreilles. Ce transmetteur unique, porté généralement sur la poitrine, c^est-à-dire dans une région exposée aux chocs, a saJ lamelle obligatoire-
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- ment protégée par une garniture, ordinairement en ébonite. Les sons ne lui arrivent que par des orifices en nombre forcément restreint, de sorte que ce transmetteur doit être d’assez grand diamètre ; son poids et son encombrement sont assurément gênants.
- Dans le dispositif Soret, le microphone étant à l’oreille peut, sans inconvénient, avoir sa lamelle complètement libre, de sorte qu’on peut réduire au minimum la surface de cette lamelle qui reçoit les ondes sonores directement.
- En outre, dans l’appareil bilatéral, cette surface de réception est doublée et de plus l’un ou l’autre microphone se trouve toujours dans la direction de l’interlocuteur.
- L’ensemble est donc d’une sensibilité extrême. En même temps, par la réunion des deux parties de l’audiphone, le système des rhéophores est simplifié et ne forme qu’un léger cordon C allant directement de la pile au petit bloc microphonique.
- Le courant électrique nécessaire est fourni par une petite pile sèche de poche P renfermée dans un étui métallique où elle peut facilement être remplacée, quand elle est épuisée, comme le serait une cartouche dans la culasse d’un fusil.
- Le courant est d’environ 50 milliampères sous 1 volt. 2, à travers une résistance totale de 40 ohms.
- Un point intéressant est celui qui concerne la manière dont l’audiphone tient à l’oreille.
- Du côté qui regarde le conduit auditif, se trouve un embout perforé qui dirige vers le tympan les vibrations de la lame téléphonique. Cet embout, renflé à sa base, se loge dans le pavillon même dont il épouse à peu près le contour. De cette façon il s’applique bien sur l’oreille et s’y maintient de lui-même sans pression et sans oblitérer complètement le conduit auditif, ce qui occasionnerait une gêne. Dans l’appareil bilatéral, on peut réunir les deux parties similaires par un léger ressort-soutien dont la longueur se règle à volonté. Ce léger ressort s’appuie sur la nuque où sa présence est à peine soupçonnée et le tout reste bien en place, quels que soient les mouvements imprimés à la tête.
- La disposition du cordon qui va de la pile à l’appareil est telle que celui-ci peut-être mis en place instantanément, sans déranger la coiffure, ce qui est particulièrement intéressant pour les dames (fig. 1).
- Grâce à sa simplicité et son peu de poids l’audi-. phone est un peu pour l’ouïe, ce que le lorgnon
- correcteur est pour la vue. On pourrait presque l’appeler le.... lorgnon de l’oreille. Le sourd ou le dur d’oreille s’en servira comme le myope ou le presbyte se servent du binocle.
- Il convient ici de mettre en garde le public contre les affirmations trop souvent exagérées de certains inventeurs qui prétendent que les personnes les plus sourdes peuvent suivre, immédiatement, toute conversation comme si elles étaient douées de l’ouïe la plus fine, lorsqu’elles font usage de ces appareils.
- Comme l’a écrit très judicieusement le Dl Laimé, une personne sourde à qui l’on propose une de ces combinaisons acoustiques présentant au plus haut degré les qualités d’un bon parleur, croit généralement — on le lui a tant répété — que l’appareil sitôt à l’oreille, va lui permettre d’entendre et cômJ prendre tout ce qui se dit autour d’elle et, s’il n’en est pas ainsi, elle est toute disposée à rejeter l’appareil comme un objet sans valeur. <
- Et cependant l’appareil est bon, puisque, adapté à d’autres oreilles, il donnera un résultat tout différent, quelquefois merveilleux.
- A la vérité, tous les sourds, quelle que soit la nature de leur surdité, entendent bien le son de la voix, mais un certain nombre seulement peuvent répéter, dès le début, les paroles prononcées. Il y a des mots qui sont mieux perçus que d’autres, ceux où 'dominent les voyelles. Lorsqu’une oreille fonctionne mal depuis un certain temps, ôn peut dire qu’elle a perdu l’habitude d’entendre en même temps que celle d’écouter. Mais sa rééducation est possible et un audiphone microphonique est seul capable de produire, quelquefois très rapidement, cette rééducation.
- Son usage, surtout sous la forme bilatérale, constitue un mode de thérapeutique, un moyen de guérison.
- Il faut noter que son action est continue, qu’elle s’exerce progressivement, en un mot qu’elle produit, sur le sourd ou dur d’oreille, le résultat que les spécialistes recherchent et obtiennent dans les séances de rééducation par l’emploi du diapason ou de la sirène.
- De cette gymnastique auriculaire incessante, il résulte un véritable entraînement de l’ouïe et l’acuité auditive s’affine, comme on l’observe chez les téléphonistes. Le sourd s’habitue à mieux entendre et, de la sorte, marche vers la guérison tant désirée.
- R. Villers.
- LES OISEAUX DES RÉGIONS ANTARCTIQUES
- Le navigateur qui pénètre dans les régions antarctiques, soit par le sud de l’Amérique, soit par le sud de l’Afrique ou de l’Océanie, est aussitôt étonné de l’abondance des oiseaux de mer qui peuplent ces conlrées paraissant cependant, au premier abord, tout à fait inhospitalières.
- En nous localisant aux régions glacées proprement dites, c’est-à-dire en ne nous occupant que des oiseaux
- rencontrés au-dessous du 60e degré de latitude sud, nous allons successivement passer en revue les différentes espèces qui vivent sous ces rudes climats.
- Si l’on examine ces contrées australes au point de vue de la répartition de la vie, on constate tout d’abord que, sur les terres, presque uniformément recouvertes de leur manteau de glaces, la flore est à peu près nulle et la
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- LES OISEAUX DES REGIONS ANTARCTIQUES
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- faune terrestre n’existe pour ainsi dire pas. Par contre, dans les océans, la flore marine est assez abondante et le plankton, surtout pendant les mois d’été, se trouve en grande cpiantité à la surface de la mer.
- Cette circonstance permet de comprendre comment il se fait que la région antarctique, inhabitable pour les animaux et les oiseaux habitués à se nourrir des produits du sol, puisse être peuplée, non seulement d'une quantité d’invertébrés marins, mais encore avec les poissons et les vertébrés nageurs représentés par les baleines et les phoques, par des oiseaux, la plupart grands voiliers, qui vivent presque tous des produits de leur pêche.
- La faune avienne antarctique présente une grande uniformité. Riche en individus, elle est pauvre en espèces. Elle est répartie non seulement dans les contrées glacées, mais encore dans les parties plus tempérées de ces régions australes, dans ces océans circumpolaires et les îles qui en surgissent, en mordant parfois sur les côtes du sud de l’Afrique et de l’Amérique.
- Sur les 56 espèces d’oiseaux rencontrées au-dessous du 60e degré, il y en a près de la moitié qui ne sont pas caractéristiques de ces régions australes, soit qu’elles ne descendent dans les océans que très peu au-dessous de cette latitude, ou bien que leur présence, en des latitudes plus extrêmes, ne soit qu’une simple exception.
- Les oiseaux vraiment caractéristiques des mers antarctiques se trouvent donc réduits à une vingtaine, et sur ce nombre seize nichent du mois d’octobre au commencement de mars, c’est-à-dire du milieu du printemps au milieu de l’été, dans ces pays glacés.
- L’unique oiseau antarctique qui n’ait pas les pattes palmées est un animal rangé près des échassiers : le Chiùnis alba est la seule espèce qui pénètre dans les régions glacées où elle niche pendant l’été. C’est un oiseau de la taille du pigeon, blanc, ayant les lores et les paupières lie de vin, le bec d’un jaune plus ou moins verdâtre passant au brun vers l’extrémité (fig. 1 et A). Il fait son nid sans grande préparation, à l’abri de quelque roche : les œufs, au nombre de deux ou trois, sont d’un blanc terne, parsemés de taches brunes ou grises. Pas farouches, bien vus des autres oiseaux, les becs en fourreau fréquentent surtout les colonies de cormorans où ils trouvent toujours quelque chose à manger. Durant l’hivernage du Pourquoi Pas, à l’ile Petermann (1909), ils vinrent assez nombreux des îles du voisinage passer la mauvaise saison aux abords de la station qui leur fournissait les aliments nécessaires à leur nourriture : déchets de la cuisine, du laboratoire, dépouilles de phoques et de pingouins, mousses, lichens, algues, souvent même excréments d’animaux quand ils n’ont pas d’autre chose à manger, tout leur est bon : ce sont des omnivores.
- A part cette exception, tous les autres oiseaux antarctiques se rangent parmi les Palmipèdes.
- Fig.
- sur
- i. -
- la
- C’est d’abord une hirondelle de mer, appartenant au genre Slerna, superbe oiseau d’un beau gris argenté, avec le dessus de la tête noir, le bec et les pattes rouge cerise. Ces sternes nichent l’été dans l’antarctide sud-américaine où ils forment de petites colonies très bruyantes sur les rochers dépourvus de neige. Ils se contentent comme nid de simples dépressions dans le sol ou bien encore de fentes entre les rochers, et pondent deux ou trois œufs d’un brun olivâtre à taches plus foncées, œufs qu’ils défendent à grand’peine ainsi que les poussins contre leurs ennemis les mouettes et les mégalestris. Au mois d’avril suivant, jeunes et adultes remontent vers le Nord pour passer l’hiver en des régions plus clémentes. On les£rencontre aussi, pendant la navigation d’été, le long de la banquise ; ils viennent à la rencontre du navire en faisant entendre leurs petits cris perçants comme pour lui souhaiter la bienvenue, puis ils décrivent au-dessus de la mâture des courbes gracieuses, l’accompagnent quelques instants et retournent prendre leur poste de veille en bordure des glaces ; plus loin, c’est une autre visite d’une nouvelle bande qui repart à son
- tour, laissant la place aux autres troupes que le bateau rencontrera au cours de son voyage le long de la banquise.
- Puis c’est le Goéland dominicain [Parus dominica-nus), de la taille de nos mouettes (fig. 2). L’adulte, d’un blanc pur, sauf le dessus des ailes qui est noir, a le bec jaune avec une tache rouge orangé à l’extrémité de la mandibule inférieure, les paupières d’un beau rouge carminé, les tarses et les pattes jaune olivâtre ; le jeune, jusqu’à 14 mois, est brun grisâtre et blanc, avec le bec noir. Ce goéland élit domicile dans les îles basses aux roches découvertes ; il apporte plus de soin à la construction de son nid fait d’un amas de mousses et de lichens auquel il joint quelques plumes ; il pond deux ou trois œufs de couleur vert olivâtre ou bleu verdâtre à
- taches brunes (fig. 7). Ce Parus fait des oursins et
- surtout des patelles son mets favori; il les va chercher à la côte, à marée basse, les détachant d’un coup de bec; puis il les transporte sur le rocher, près de son nid, où il les déguste à loisir. Très méfiant, il n’approche jamais l’homme de près. Grand pilleur, amateur aussi de viande fraîche, c’est un ennemi redouté des sternes, dont il va voler les œufs et les poussins dans les nids, lorsque la surveillance se trouve relâchée. En avril, ces goélands remontent ver le Nord où on les trouve dans toutes les régions circumpolaires. Mais il reste toujours des individus isolés dans les glaces : en effet, un cadavre de phoque vient-il à être abandonné sur la banquise, quelques mouettes, prévenues sans doute par leur odorat très développé, ne tardent pas à venir partager la dépouille avec les grands pétrels.
- Ce sont encore deux stercoraires :1e Mégalestris antarctique (mégalestris antarciica) (fig.5) etleMégalestris
- Chionis alba cherchant sa nourriture banquise aux abords du bateau,.
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- LES OISEAUX DES REGIONS ANTARCTIQUES
- de Mac-Gormick (M. Maccormicki) tout à l’intérieur du cercle polaire; vers le Nord et dans toute la zone l’Afrique et l’Amérique. Oiseaux diffèrent que par la taille, le Mac-Cormick étant légèrement plus petit, et par la couleur, celui-ci en général plus pâle.
- Leur plumage est brun, le bec et les pattes noirs chez l’adulte. De mœurs semblables, ils sont surtout caractérisés par leur vie de véritables carnassiers, toujours prêts à faire le mal, non seulement
- , celui-ci localisé sur-celui-là plus répandu australe jusque vers très voisins qui ne
- ayant été tué soit par son voisin, soit par ses parents. Véritables malfaiteurs, ces oiseaux mènent une vie de pirates.
- La grande famille des Pétrels est représentée par des espèces assez nombreuses. C’est d’abord, parmi les Pro-
- cellariens,Y oiseau des tempêtes (Ocea-nites oceanicus), voisin de l’espèce de nos côtes, de la taille d’une hirondelle, il a le corps noir brunâtre, avec une tache blanche au-dessus de la queue; les pattes sont noires, la membrane palmaire jaune. Répandus dans toutes les régions circum-antarctiques, . ces Procel-Idires ar-
- aux autres oiseaux, mais encore à eux-mêmes. Ils se livrent entre eux de violents combats qui se terminent souvent par la mort de l’un des adversaires. Us savent intimider par leurs menaces les visiteurs qui s’approchent de leurs nids.
- Toujours sur le qui-vive, ils sont constamment prêts à la lutte et à la rapine. Malheur au pauvre pingouin qui surveille mal son œuf ou son poussin ; le Méga-lestris n’a pas de pitié, ses vols et ses
- massacres sont nombreux. Autour de son nid, ce ne sont que débris d’œufs et dépouilles de poussins ravis dans le voisinage. Le nid est simple : aucun apprêt, une dépression dans le sol ou un creux dans la roche ; le plus souvent il renferme deux œufs bruns à taches plus foncées (lig. 6). Des deux poussins, presque toujours un seul survit, l’autre
- Fig- 2. Goélands1 dominicains rassemblés, au début du printemps, aux abords de la station d’hivernage de l’expédition. — Fig. 3. Pétrel des neiges (Pagodroma nivea) se reposant sur un glaçon. — Fig. 4. Becs en fourreau (Chionis) le long de la côte de Vile Petermann.
- rivent fin novembre dans les contrées glacées ; on les voit partout/en pleine mer, le long des continènts, rasant de leur vol rapide la surface des eaux. Us nichent sur les terres basses, rocheuses, libres de glaces, abritant leur nid qui renferme un seul œuf dans des creux de rochers ou dans de grosses pierres.
- Les Pétrels antarctiques (Thalas-sæca antarctica), oiseaux bruns et blancs, dont on ne connaît pas les localités de ponte, sont nombreux surtout au voisinage de la banquise. Us remontent peu vers le Nord où ils n’ont été signalés qu’à la Géorgie du Sud et à l’île Bouvet. A l’île Petermann, ils faisaient de fréquentes visites pendant l’hiver, chaque fois qu’une tempête du Nord-Est avait désuni la glace du chenal et formé dans la ban-
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- quise de grandes lacunes d’eau libres. Ils venaient alors nombreux, d’un vol rapide, pêcher à la surface de la mer et se nourrir surtout de fragments d’une grande méduse de la famille des Cya-néides appartenant au genre Cou-thouya.
- C’est encore le Pétrel glacialoïde (Priocella glacia-loides), d’une zone de dispersion plus étendue, allant de
- Kerguelen aux côtes américaines en passant par la Géorgie du Sud où il niche. Joli oiseau au plumage gris pâle, blanc sur la région ventrale, au bec d’un rose éteint, aux tarses et pattes gris rosé. On le trouve, comme son proche le Pétrel antarctique, dans le Sud, au voisinage de la banquise. Mais c’est surtout aux Shetlands du Sud, à l’île Déception, attirés là par les cadavres de baleines abandonnés par courants, qu’ils se
- bandes de plusieurs milliers. Comme eux, les Damiers
- du Cap (Daption capensis) (fig. 3), ainsi nommés à cause des taches quadrangulaires alternantes brunes et blanches qui recouvrent leurs ailes, se trouvent nombreux à l’île Déception. Ces Pétrels, dès la côte américaine, accompagnent parfois, en troupe d’une centaine, les bateaux qui descendent
- Fig. 5. Mégalestris antarctique sur son nid. — Fig. 6. Nid de Megalestris antarctica. — Fig. 7. Nid de Larus dominicanus. — Fig. 8. Damier du Cap sur son nid.
- les baleiniers au gré dès vents et des rencontrent en grande quantité par
- vers le Sud : il est alors très facile de capturer ces oiseaux à la ligne. A Déception, ils nichent dans les falaise^ les plus escarpées de l’île, et malheur à celui qui leur va rendre visite, s’il ne connaît àl’avance leurs mœurs déplorables et malpropres. Le Damier laisse approcher le visiteur sans paraître s’en soucier, mais lorsqu’il se trouve à portée, il projette sur lui, à plusieurs reprises et avec
- une adresse remarquable, le contenu de son estomac, liquide huileux, de couleur orange, à odeur infecte qui
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- ne laisse pas que de surprendre désagréablement et de provoquer parfois chez le malheureux visiteur une manifestation analogue à celle de l’oiseau, mais chez lui tout à fait involontaire. Seulement alors lorsque ce moyen de
- Fig. g. — Cormoran (Phalacrocorax atriceps) sur son nid, à Vile Petermann.
- ^défense leur vient à manquer, les Damiers consentent à abandonner leur nid.
- Le Pétrel clés neiges (Pagodroma nivea), l’un des plus élégants oiseaux, complètement blanc, sauf le bec, les paupières et les pattes qui sont noires, taches qui seules permettent de le distinguer lorsqu’il se profile sur le blanc des glaces (fig. 8). En dehors des régions antarctiques où il se trouve partout, cet oiseau visite l’île Bouvet, les Falkland, la Géorgie du Sud où il niche parmi les rochers. Au début de l’hiver les Pétrels des neiges remontent avec la banquise vers de Nord, restant toujours en contact avec la mer libre dans laquelle ils capturent les petits animaux indispensables à leur nourriture. Rencontrent-ils sur leur route .une expédition passant l’hiver dans: ces pays glacés, nombreux sont ceux qui restent lui tenir compagnie* nullement'farouches, ils vivent presque en communauté avec les hivernants, faisant leur nourriture des débris qùi proviennent dé la cuisine. Ces Pétrels peuvent fournir des renseignements au navigateur, car leur présence en pleine mer’est presque toujours l’annonce que la banquise est proche.
- Puis ce sont les Pétrels géants (Ossi-fraga g ig ante g) chez lesquels on trouve tous les, intermédiaires de plumage depuis le blanc, pur jusqu’au brun noirâtre plus ou moins foncé; leur envergure dépasse 2 mètres. On a rencontré, leurs nids aux Shetlands du Sud et aux Orcades : dans une simple dépression faite dans les cailloux ou sur lé sol, ils déposent un œuf blanc comme les œufs de Pétrels, attei-
- gnant jusqu’à 105 millimètres sur G5. Doués d’une vue et surtout d’un odorat extraordinaires, il n’est pas rare, en plein hiver, alors que l’œil humain ne perçoit aucun animal jusqu’à l’horizon, de voir arriver en quelques
- heures sur un cadavre de phoque nouvellement tué, une vingtaine de ces oiseaux. Avec leur bec puissant, ils déchirent de gros lambeaux de chair et de graisse qu’ils avalent gloutonnement, au point qu’ils ont une grande difficulté à s’envoler après un pareil repas, et qu’ils sont souvent obligés de s’alléger avant de reprendre leur vol.
- Ce sont enfin les pétrels bleus ou oiseaux des baleines (Prion vitattus, p. desolatus) qui occupent également une place importante dans la faune antarctique. Nichant dans des régions australes comme les îles Kerguelen, Heard, on les rencontre dans les océans polaires, volant par petites troupes, d’un vol très rapide, à la leur nourriture des petits
- surface de la mer, faisant
- animaux qui composent le plankton.
- On rencontre encore quelques oiseaux appartenant à une famille très importante et caractéristique des mers du Sud : celle des Diomedeidae. C’est d’abord le grand albatros (Diomedca exulans), animal majestueux, dont
- Fig. io. —' Un coin de la rookerie des cormorans de l’île Booth-Wandel.
- l’envergure peut dépasser 4 mètres ; son bec énorme ' est d’un rose violacé, ses paupières rouges, ses pattes bleu pâle; c’est aussi le Diomeclea melanophrys, dont le bec est jaune citron clair passant au rouge orangé à l’extrémité de la mandibule supérieure, les tarses et pattes gris rosé. Ils nichent l’un et l’autre dans les îles
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- ...................:....LE MUSÉE
- au sud de la Nouvelle-Zélande. C’est enfin Y Albatros fuligineux (Phœbetria fuliginosa) plus commun que les espèces précédentes dans les océans polaires, faisant son nid à l’île Kerguelen.
- Pour terminer cette première série des oiseaux antarctiques, il nous faut aussi mentionner la famille des Phalacrocoracidae, représentée à la Géorgie du Sud et dans l’antarctide sud américaine jusqu’au voisinage du cercle polaire par un Cormoran, le Phalacrocorax atriceps. C’est un très bel animal dont le plumage des parties dorsales est noir à reflets mordorés, verts et bleus, les régions ventrales blanches, les caroncules rouge orangé, les paupières bleu outremer (fig. 9). Pas farouches, très sociables, pacifiques, vivant en colonies nombreuses, ils construisent un nid fait d’algues agglutinées avec de la boue, sorte de socle au sommet concave renfermant
- D'HYGIÈNE ................ -Tr:::--.......rzr 231
- deux ou trois œufs d’un bleu pâle. Durant l’hiver, les cormorans n’abandonnent pas leur rookerie; ils sont alors souvent obligés de parcourir de grandes distances avant de trouver l’eau libre nécessaire à la capture des poissons dont ils font leur nourriture ; ils partent journellement, à la même heure, disposés en triangle, rasant la surface de la banquise, en faisant entendre un bruit métallique produit par le battement des ailes. Puis, la pêche terminée, ils retournent à leurs falaises.
- Fort gracieux, souples et à la fois très dignes dans tous leurs mouvements, ces cormorans sont d’aimables bêtes d’allure fort distinguée.
- Tels sont, en dehors des pingouins que nous passerons en revue dans un prochain article, les principaux oiseaux qui peuplent les régions glacées de l’hémisphère Sud.
- L. Gain,
- Naturaliste de l’expédition Charcot.
- LE MUSÉE D’HYGÎENE
- La Ville de Paris va inaugurer un nouveau Musée, qui comptera parmi les plus intéressantes et surtout les plus utiles de ses collections.
- C’est un Musée d'hygiène créé, sur la proposition
- vité de M. Juillerat, conservateur, et de M. Leroux, conservateur adjoint.
- Relevant de la Direction des affaires municipales de la Préfecture de la Seine, le Musée d’hygiène est
- de M. Lemarchand, par délibération du Conseil municipal en date du 13 novembre 1908.
- Par suite des travaux nécessités pour l’aménagement des locaux affectés à cette création, l’installation du Musée n’a pu commencer qu’en avril 1911. Elle a été menée à bien en dix mois, grâce à l’acti-
- établi dans les bâtiments de l’ancien presbytère de l’église de Saint-Leu, boulevard Sébastopol, 57, à proximité du Conservatoire National des Arts et Métiers. Il est subdivisé en sept sections.
- La lre Section, Hygiène urbaine, renferme tout ce qui concerne l’alimentation en eau des villes,
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- LE MUSEE D’HYGIENE
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- l’évacuation des matières usées (vidanges, égouts, champs d’épandage,. épuration des eaux, etc.) ; l'établissement, l’entretien et. le nettoiement de la voie publique ; l’enlèvement et la destruction ou l’utilisation des ordures ménagères; les parcs et squares ; les cimetières.
- Là , 2e. Section, Hygiène de l'habitation, comprend : les matériaux de construction, l’alimenta-
- tion-en eau, l’évacuation des matières usées, le chauffage, la ventilation, l’éclairage, l’hygiène mobilière des maisons.
- La ,5e Section, .Prophylaxie des maladies contagieusesy comporte la désinfection publique ou privée ; l’organisation, et le..matériel' des laboratoires, la bactériologie ; la surveillance et le contrôle des eaux d’alimentation; là vaccination; le ' transport des malades; les appareils à stériliser, etc.
- La 4e Section, Hygiène des collectivités, concerne
- les. hôpitaux, hospices, lycées, écoles, casernes, prisons, etc. f '
- La 5e Section, Hygiène alimentaire, est consacrée aux halles et marchés, entrepôts,’ abattoirs, conservation des denrées alimentaires ; à la surveillance des denrées, répression des fraudes, etc.
- La 6e Section, Hygiène des transports, se rapporte aux chemins de fer, bateaux, voitures publiques ou privées, quant à l’hygiène du voyageur et à la protection sanitaire des localités parcourues.
- Dans la >7e Section, Hygiène sociale, on a placé tout ce qui touche aux habitations à bon marché, à la lutte contre la tuberculose, à l’alcoolisme, aux dispensaires, sanatoriums, refuges, à la protection des enfants, à l’hygiène individuelle, soins de propreté, exercices physiques, vêtements, etc.
- D’après son règlement spécial, le Musée reçoit les dons d’appareils intéressants et de valeur hygiénique bien établie.
- Tout objet proposé sera soumis à l’examen et à l’acceptation de la Commission de surveillance et de perfectionnement des Services d’hygiène.
- Tous les objets donnés et admis au Musée deviendront la propriété de la Ville de Paris, qui s’engage à les maintenir dans les salles pendant .trois ans, au minimum.
- Une bibliothèque (en formation) et une vaste et magnifique salle de conférences (avec laboratoire annexe) font partie de la nouvelle installation.
- Il est impossible d’en décrire l’ensemble, des maintenant fort important et dont nos 4 figures donnent des aperçus.
- Citons au hasard quelques-uns seulement des objets ou dispositifs, qui nous ont le plus frappé pendant notre visite sous l’aimable conduite de M. Leroux, conservateur adjoint :
- Les modèles dés fours' crématoires municipaux (fig. 2), des diverses formes d’égouts (fig. 5), et des appareils d’évacuation des eaux usées.
- Fig. 2. — Modèle de four crématoire municipal.
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- !" La série des robinets limitateurs d’eau, pour arrêter automatiquement l’abusive consommation d’eau fraîche pendant les nuits de canicule.
- Les appareils à désinfection. — La reproduction des laboratoires d’analyses de l’eau et de l’air (fig. 4). i Dans l’hygiène alimentaire, les appareils frigorifiques ; l’organisation de la répression des fraudes ; les modèles grandeur nature (établis à grands frais) des maladies des animaux destinés à la consommation (poumons de vaches tuberculeuses, etc.); le plan en relief du projet de reconstruction des abattoirs de la Villette (fig. 2).
- Dans l’hygiène sociale de grands tableaux, parlantes leçons de choses, représentent ce qu'il ne faut pas faire, surtout pour l’hygiène des enfants ; d’autres, terrifiants, donnés par la ligue anti-alcoolique, sont
- démonstrativement juxtaposés à des modèles anatomiques des maladies et lésions provoquées par le terrible fléau.
- L’organisation des habitations à bon marché.
- Enfin tout ce qui est relatif à la lutte contre la tuberculose.
- Comme son voisin du Conservatoire, le Musée des accidents du Travail (que nous avons décrit naguère) (*), le. nouveau Musée d’hygiène est destiné à répandre dans le public des notions trop ignorées de première utilité.
- Il faut applaudir sans réserve à l’initiative qui a comblé ainsi une très fâcheuse lacune, et il faut souhaiter que des crédits suffisamment larges soient alloués à son développement.
- E.-A. Martel.
- L’AVIATION MILITAIRE
- Dans un récent discours’au Sénat, M. Millerand, ministre de la Guerre, a défini le rôle et précisé l’organisation future de l’aviation militaire, telle qu’elle résultera du vote des crédits accordés par le Parlement. Ces crédits qui, actuellement, se montent à 12 millions pour 1912, seront, on le sait, augmentés très prochainement.
- L’unité d’aviation en temps de guerre, dit le ministre, est l’escadrille d’avions. Entendez par « avion » le nom générique, qu’il s’agisse de monoplans, de biplans ou de multiplans. L’escadrille se compose de huit appareils répartis en trois sections : une de monoplaces, une de biplaces et deux de bi ou multiplaces, chaque section comprenant deux appareils, soit six appareils pour l’escadrille. Il y a, en outre, une section de réserve comprenant un monoplace et un biplace. Chaque escadrille est pourvue d’un matériel roulant destiné, tant à transporter les appareils mêmes, que ce qu’il est permis d’appeler les munitions de l’escadrille : ses huiles, ses essences, l’outillage et les pièces de rechange. Il doit, en outre, assurer les liaisons du commandant de l’unité.
- Nous prévoyons, par escadrille, onze ou douze autos... — je répète une fois de plus que nous ne sommes et ne pouvons pas encore être fixés, à l’heure actuelle, sur tous les détails — ... deux tracteurs et un camion par section, ce qui fait, pour une escadrille, neuf voitures automobiles. A cela il faut ajouter, pour l’escadrille tout entière, un camion-atelier et une auto rapide destinée à assurer les liaisons du commandement de l’unité. Nous comptons, en 1912, constituer les chargements et les voitures-ateliers, sauf, pour le surplus, à faire appel à la réquisition. Mais je s tiens à dire au Sénat que, dès aujourd’hui, à l’heure où je parle, nous sommes en mesure de constituer, avec les meilleurs des' 208 avions dont nous disposons, 13 escadrilles, 8 de campagne et 5 de place, et que la mobilisation de ces escadrilles est assurée, tant au point de vue du personnel que du matériel.
- A la fin de l’année 1912, nous devrons être en mesure de mobiliser 27 escadrilles de campagne, 5 de place, 10 sections, plus un appareil de réserve par section pour les divisions de cavalerie, et éventuellement 6 escadrilles pour la surveillance de certains points du lit-
- toral, soit au total 334 appareils à approvisionner.
- Dans chaque armée, nous comptons spécialiser une escadrille formée des plus puissants appareils, qui sera destinée à assurer pour le commandant d’armée, des reconnaissances à grand rayon.
- Je ne parle, messieurs, que pour mémoire, d’une catégorie d’avions extrêmement- intéressante, qui a fixé l’attention de beaucoup de ceux qui, avec raison, se passionnent pour ces questions. Je veux parler des avions d’artillerie.
- L’expérience qu’on en a déjà faite a permis de préjuger quels résultats on en pourrait tirer. Mais nous -ne serons en mesure de donner sur ce point des indications fermes et d’arrêter un plan défini qu’après les manœuvres qui vont commencer le 1er mars et qui s’effectueront sous le contrôle d’un membre du conseil supérieur de la guerre.
- Dès à présent, vous le savez, l’armée dispose, à Cha-lais-Meudon, à Vincennes, dans divers centres, à Versailles, à Châlons, à Reims, etc., des dépôts de matériel aéronautique. Nous allons poursuivre, avec la pensée d’en avoir fini en 1915, l’établissement des centres d’aviation.
- Nous nous proposons d’en créer une trentaine comprenant une douzaine de centres principaux, autour desquels viendront se grouper une vingtaine d’annexes. Ces centres seront des centres à écoles-dépôts, c’est-à-dire qu’ils serviront à la fois d’écoles d’instruction et fde points de centralisation des escadrilles; certains centres seront simplement, soit des centres-écoles réservés à l’instruction, soit des centres-dépôts réservés à la concentration. Il y aura, en outre, des champs d’aviation réservés aux corps où n’existerait aucun centre, pour permettre au commandement local de se familiariser avec l’emploi des avions, et il y aura des installations que nous ferons dans les camps d’instruction et dans les écoles régionales de tir.
- Chaque centre d’aviation comportera des installations techniques : hangars, ateliers, bureaux, magasins, un casernement pour la troupe, des logements pour "les officiers, et, ce qui fait aujourd’hui cruellement défaut dans plus d’un de nos centres, des infirmeries et dès salles de réunion.
- 1. N° 4699, 16 décembre 1905.
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- Le Ministre passe ensuite à la question du personnel :
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- « De quoi se compose le personnel de l’escadrille dont je vous ai donné tout à l’heure la formation en matériel? De 7 pilotes, dont le commandant d’unité, d’un officier d’administration comptable, de 4 sous-officiers, dont 1 adjudant mécanicien, et de 44 caporaux et sapeurs. C’est le personnel spécialisé. Quant au personnel non spécialisé, il comprend 2 sous-officiers et 14 soldats, soit au total 234 pilotes officiers et sous-officiers — je ne parle pas des pilotes des dépôts, qui seront prêts à remplacer ceux de leurs camarades qui viendraient pour une cause quelconque à faire défaut, — 210 observateurs, qui peuvent être naturellement en dehors des
- escadrilles, 42 sous-officiers mécaniciens, 110 sous-officiers et 1600 caporaux ou sapeurs spécialisés, 42 mé-i decins auxiliaires, 42 sous-officiers et 550 personnes non spécialisées. »
- Le personnel sera recruté dans toutes les armes. Pour constituer les cadres, il sera créé un régiment cl'aéronautique qui sera composé de 7 compagnies : 4 compagnies d’aérostiers, 3 divisions d’aviateurs ; l’effectif par compagnie, sera de 3 officiers, de 12 sous-officiers, et de 96 caporaux ou sapeurs. Le régiT ment se compose, en outre, d’un nombre variable de sections à l’effectif de : 1 officier, 3 sous-officiers, 54 caporaux ou sapeurs, répartis par sections ou demi-sections dans les centres d’aéronautique.
- LA VOITURE A EAU EMPLOYÉE AU SE-TCHOAN (CHINE)
- Pour amener l’eau dans sa rizière, l’agriculteur se-tchoanais emploie la noria au bord des cours d’eau à courant assez rapide. ("Mais il utilise partout ailleurs ce qu’il appelle la « voiture à eau » (choui tchai tze), dont voici la description.
- C’est un appareil qui se compose de trois parties essentielles : une chaîne sans fin munie de palettes, deux roues dentées mo-' bilisant et soutenant la’ chaîne, une conduite ou gouttière à parois verticales formant angle droit avec le fond. Tout ce système hydraulique est en bois, chevillage compris. Chaque maillon de la chaîne est pourvu au milieu de sa longueur d’une palette rectangulaire traversée par son centre. La chaîne, pas plus tendue qu’une chaîne de1 bicyclette, court sur les roues dentées d’égale dimension, tournant sur un axe horizontal. Au pignon d’une des roues est adaptée une manette qui, mue par un homme, mobilise la chaîne et entraîne successivement les palettes dans la conduite où elles cir-
- culent à frottement doux en refoulant la masse d’eau qu’elles ont saisie au passage.
- On peut aussi bien faire fonctionner l’appareil avec le pied, mais il faut alors un bâti pour asseoir l’homme qui pédale. Suivant les dimensions du système élévatoire un ou deux hommes suffisent pour l’actionner, la manette
- est donc simple ou double. La pédale est toujours double, quand deux hommes pédalent ensemble ils se placent face à face, l’un pédalant et l’autre contre-pédalant.
- L’appareil se dispose à cheval sur le talus qui sépare la rizière à immerger du réservoir d’eau, canal d’irrigation, ou rizière voisine. Une extrémité plonge dans l’eau et l’autre déborde légèrement le talus. L’eau est ainsi élevée â une hauteur de 0 m. 50 à 1 mètre ordinairement.
- Presque toutes les rizières du Se-Tchoan sont irriguées par ce procédé ; aux mois de mars et d’avril on voit partout dans la campagne fonctionner les voitures à eau.
- Dr J. Legendre.
- Médecin de 1" classe des troupes coloniales.
- La voiture à eau du Se-Tchoan.
- LA HOUILLE EN ANGLETERRE
- Au moment où nous écrivons ces lignes, une grave menace pèse sur l’Angleterre. Les ouvriers des charbonnages ont décidé la grève générale et, jusqu’ici, les tentatives de conciliation n’ont pas abouti : c’est, en perspective, un conflit gigantesque et désastreux qui atteindrait l’Angleterre dans ses œuvres vives et dont la plupart des nations industrielles, la France notamment, subiraient violemment le contre-coup.
- L’extraction et’ la vente du charbon sont les éléments fondamentaux de l’activité économique anglaise : grâce à sa richesse en combustibles miné-
- raux, au cours du xixe siècle, le Royaume-Uni a bénéficié d’une merveilleuse floraison d’industries diverses qui ont fait de lui, pendant de longues années,.le pays le plus industriel du monde. Puis, vers la fin du siècle, certains signes de recul se sont manifestés. Sur bien des points : métallurgie, chimie, électricité, par exemple, l’Angleterre a dû céder le pas aux États-Unis et à l’Allemagne. Néanmoins son industrie charbonnière continuait à se développer : la production qui était de 40 millions de tonnes en 1850, passait à 184 millions en 1890, à 267 millions en 1909. Le trait le plus frappant
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- de cette évolution est la progression rapide des exportations. Faibles ou nulles avant 1870, elles s’élèvent à 24 300 000 tonnes en 1880 ; à 39 300 000 en 1890; à 59 300000 en 1900, à 87 700000 en 1909.
- Le rapport entre les exportations et la production totale passe de 13 pour 100 en 1875, à 21 pour 100 en 1890, 22 pour 100 en 1895, 25 pour 100 en 1900, 28 pour 100 en 1905, 32 pour 100 en 1909.
- La Grande-Bretagne est aujourd’hui le principal fournisseur de l’univers pour le charbon et le total de ses ventes à l’étranger constitue un record dont n’approche, pour l’instant, nul autre pays. Les exportations de charbon ont été un précieux apport pour la marine de commerce britannique qui a pris, parallèlement, un prodigieux essor : les na-, vires charbonniers anglais sillonnent toutes les mers; ils vont débarquer leurs cargaisons jusqu’en Australie, en Chine et au Chili ; à leur retour, ils vont de port en port, prendre du fret à des conditions qu’aucune autre marine ne peut concurrencer. Ainsi la suprématie maritime anglaise se trouve actuellement en étroite dépendance de la prospérité de ses houillères.
- Un concours exceptionnel de circonstances géologiques et géographiques, a valu aux Iles-Britanniques leur présente situation au point de vue houiller : les gisements y sont riches, souvent à faible profondeur, disposés en couches régulières, presque horizontales, facilement exploitables ; ils fournissent un combustible en général d’excellente qualité. En outre, nombre d’entre eux sont situés au bord de la mer ou sur des estuaires larges et profonds qui permettent aux navires de remonter jusqu’à proximité de la mine; les frais de manutention ne grèvent donc que très peu le combustible.
- Le plus productif des bassins houiller s anglais, en 1909, était d’après les statistiques de l'Atlas général des Houillèrès, de MM. Grüner et Bousquet,'le bassin du Yorkshire ; il se divise en deux régions, la région Nord avec les centres industriels de Leeds et Bradford, exploitée’de longue date; la région Sud (Derby, Nottingham), de découverte récente, comportant des couches à grande profondeur qui font
- aujourd’hui l’objet d’une exploitation de jour en jour plus active. La production de ce bassin en 1909 était de 64 890 000 tonnes sur une production totale de 267 millions de tonnes ; les mines du Yorkshire occupaient un effectif de 255 067 personnes, dont 187 285 au fond. Au second rang nous trouvons le bassin du Northumberland et du Durham, ou bassin de Newcastle, avec 56130000 t., et un effectif de 200 446 personnes dont 159 376 au fond; la 5e place appartient au Sud du Pays de Galles, 51 170000 t., 204 984 ouvriers et employés dont 174202 au fond. Ce bassin est desservi par les ports de Cardiff et Swansea. Au 4e rang nous trouvons le bassin d’Ecosse, formé d’une série de petits bassins à cheval sur la Clyde et le Forth; c’est l’active région de Glasgow et d’Edimbourg, 40400000 t., 126 979 ouvriers et employés dont 103 458 au fond. Le Lan-cashire et le Cheshire, régions de Liverpool, M an chester, Shef field, constituent le 5e bassin avec 24400000 t.,et un effectif de 105 819 personnes dont 82139 au fond. Le 6e grand bassin est celui du Midland où se trouve Birmingham; il produit 22 500 000 t. et emploie 85529 personnes dont 65 788 au fond. Il faut noter également le Nord du Pays de Galles, dont la produc-lion n’est plus que de 5 millions de tonnes, et divers bassins secondaires.
- Le chiffre du personnel employé aux charbonnages en 1909 atteignait le total de 1 126 372 personnes, dont 855116 au fond. L’ouvrier mineur anglais est le plus productif des ouvriers similaires européens. Cependant, il faut noter une décroissance continue dans le taux de la production par ouvrier ; en 1899 un mineur anglais extrayait par an 311 tonnes de charbon; en 1908, 279 tonnes et-le chiffre a encore baissé depuis. C’est là un phénomène général ;. en 'Allemagne, dans le même laps de temps, la production est tombée de 264 à ’246 tonnes par mineur ; la France, le pays où le rendement de l’ouvrier mineur est le plus bas, est tombée de 211 à 189 tonnes. Cette diminution paraît être l’effet des lois sociales votées dans tous les pays pour réduire le temps de travail dans les mines et des mesures du même ordre qui pro-
- Les bassins houillers d’Angleterre. — En noir, les gisements à moins de 33o‘ni. de profondeur ; en hachure, les gisements à plus de 33o m.
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- gressivement assimilent le paresseux au laborieux, diminuant par suite le rendement utile du dernier.
- Quelles seront les répercussions, à l’étranger, d’un arrêt de la production houillère anglaise ? Pour nous en rendre compte, nous allons examiner brièvement, en nous aidant des renseignements donnés par Y Atlas général des Houillères, comment se répartissent les exportations anglaises.
- Les deux grands bassins exportateurs sont le Sud du Pays de Galles qui exportait en 1909 : 25 millions de tonnes (18 millions par le seul port de Cardiff) et le bassin du Northumberland et du Durham qui en exportait 20 millions (7 500 000 par Newcastle, le surplus par les ports de South Shields, Sunderland, Blyth). Le premier bassin exporte surtout les charbons pour machines à vapeur, le second les houilles à gaz et à coke. L’Écosse par Glasgow et Methyl exporte 10 millions de tonnes, le Yorkshire 6 millions, par Hull et Grimsby.
- Le plus gros client de l’Angleterre est la France ; celle-ci a reçu en 1909 10 400000 tonnes de charbons anglais, sur un total d’importation de 18 300000 tonnes et ce chiffre s’est encore accru depuis. Le total de nos achats de combustibles minéraux chez nos voisins a plus que doublé depuis 20 ans. Nos besoins actuels sont voisins de 60 millions de tonnes par an, et nos mines, dont la productivité, toujours pour la même cause, touche à son maximum, ne peuvent nous en fournir que 40 millions environ. L’Angleterre fournit donc la moitié de cette différence : on voit que la répercussion d’une grève anglaise un peu prolongée se ferait sentir chez nous très vivement et provoquerait une gêne certaine de l’industrie.
- Au 2e rang des clients de l’Angleterre vient l’Allemagne; le fait peut sembler curieux, l’Allemagne
- bon indigène, grevé des frais de transport intérieur, ne peut soutenir la lutte avec les char-
- 1908
- 1899
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- ANCiE TERRE ~
- ALLEMAGNE
- FRANCE
- En haut : Production comparée du charbon en France, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis en 1909. — En réunissant tout le charbon extrait aux États-Unis, on formerait la colonne carrée ci-dessus haute de 1^20 m., large de 450 m. Pour les autres pays, leur production s’arrête aux hauteurs respectivement indiquées.
- En bas : Ce qu’un mineur extrait de charbon par an en Angleterre, en Allemagne et en France. — La production par ouvrier diminue constamment. Notre figure montre ce qu’elle était en i8qç et ce qu’elle est devenue en iqo8.
- étant elle-même grande productrice de houille. Cependant, sur les côtes allemandes, le char-
- bons importés d’Angleterre; l’Allemagne en consommait 9 700 000 tonnes.
- L’Italie est aussi un acheteur important avec
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 9080000 tonnes. Viennent ensuite la Suède et la Norvège (5860000), l’Espagne (2 600 000), la Russie (3 300000), l’Égypte (2 600000),' les Pays-Bas (2 300000), le Danemark (2 800000), l’Autriche-Hongrie (1 080 000), le Brésil (1 300 000), l’Argentine (2 400 000).
- En somme, la grève anglaise frapperait lourdement toutes les industries riveraines de la Méditer-rane'e et de la mer Noire, de l’Atlantique et de la mer du Nord. Pour supple'er au charbon défaillant, il faudrait de toute nécessité s’adresser aux seuls pays qui produisent actuellement de sérieux excédents de charbon, à l’Allemagne ou aux États-Unis. L’extraction du charbon a fait de grands progrès chez nos voisins d’outre-Rhin, elle a triplé depuis 1885, pour atteindre, en 1909, le total de 217 millions de tonnes. L’Allemagne, à cette date, importait environ 11 millions de tonnes de charbon, mais en exportait 23 millions. Les syndicats de vente, puissamment organisés, font de vigoureux efforts pour accélérer ce mouvement ; pour l’instant, l’Europe centrale seule se trouve tributaire des mines allemandes : leurs clients sont : l’Autriche-Hongrie, les Pays-Bas, la Belgique, et en France, la région industrielle de Lorraine. Les chiffres précédemment cités montrent que la houille allemande n’a pu en-
- core étendre par delà les mers son cercle d’action, puisque les côtes germaniques elles-mêmes restent tributaires de l’Angleterre. Une grève, en Angleterre, fournirait à l’Allemagne une précieuse occasion, pour tenter d’arracher au commerce britannique, quelques positions commerciales intéressantes. Mais les disponibilités allemandes, en dépit des efforts qui seraient tentés pour accroître brusquement l’extraction, seraient bien faibles en face des besoins de l’Europe.
- De même les États-Unis, malgré leur énorme production de 402 millions de tonnes en 1909, de 440 millions en 1910, ne sont encore que de modestes exportateurs : 14 millions de tonnes en 1910. A côté d’eux figurent pour quelques millions de tonnes : la Belgique, le Japon, l’Australie et les Indes réunis. De quelque côté que l’on se tourne, on n’aperçoit nulle part le moyen de combler le déficit que créerait l’arrêt des houillères anglaises. Si donc, malgré les efforts du gouvernement anglais, le conflit éclatait et durait seulement quelques jours, il nous faudrait enregistrer une brusque hausse de prix du charbon qui jetterait la plus profonde perturbation dans toutes les industries, qui bouleverserait la vie économique et sociale de tous les pays.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 19 et 26 février 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Études d'aviation. — M. Appell dépose une Note de MM. Maurain et Toussaint contenant les résultats de mesures de la pression de l’air sur les ailes des aéroplanes. Ces expériences ont été effectuées au laboratoire de l’Université de Paris, à Saint-Cyr.
- La vie et les travaux de M. Bornet. — M. Guignard rappelle que lors de l’inhumation de M. Bornet, membre de la Section de botanique, aucun discours n’a été prononcé. On a dû obéir au vœu du défunt. Mais cela ne saurait empêcher l’Académie de rendre à l’un de ses membres un hommage mérité. En conséquence, M. Guignard donne lecture d’une notice sur la vie et l’œuvre de M. Bornet.
- La flore française, belge et suisse. — M. G. Bonnier fait hommage des six premiers fascicules de la Flore complète, illustrée, en. couleurs, de la France, de la Suisse et de la Belgique dont il est l’auteur. Toutes les plantes y sont figurées à la moitié de leur grandeur naturelle par les procédés modernes de photogravure en couleurs. Le texte de l’ouvrage donne une description complète de toutes les espèces, sous-espèces et variétés, avec leur distribution géographique et leurs applications diverses.
- Fabrication d’objets en quartz fondu. — M. Cailletet décrit un procédé de fusion du quartz imaginé par M. Billon Daguerre. Jusqu’ici il n’existait qu’une seule usine, située en Allemagne, qui travaillait ce corps; M. Billon Daguerre soumet à l’Académie une série d’objets en cristal de roche pur, transparent, obtenus par voie de fusion dans son usine d’Asnières. 11 ne s’agit pas seulement de pièces destinées à la confection de lampes à
- radiations ultra-violettes pour la stérilisation de l’eau et des liquides alimentaires, mais encore de pièces d’optique en quartz ou en fluorine, d’ustensiles de chimie où le quartz fondu peut dans un grand nombre de cas remplacer le platine en réalisant une économie. M. Billon Daguerre est le premier et le seul qui soit arrivé à un tel résultat gros de conséquences industrielles.
- Épreuve d’explosifs. — M. Jungfleisch communique les recherches effectuées par M. Daniel Berthelot pour étendre à la mélinite et aux corps analogues, la méthode de contrôle de stabilité des poudres sans fumée à l’aide des rayons ultra-violets. L’application d’une loi de stabilité de certains corps qu’il a découverte et publiée récemment en collaboration avec M. Gaudechon, lui a permis ainsi qu’à son collaborateur, de trouver que, parmi les explosifs connus, le picrate d’ammoniaque qui est à la fois puissant et peu sensible au choc est très apte à fournir la base d’une poudre sans fumée très résistante aux agents naturels de décomposition lente, tels que la chaleur et l’hurmdilé.
- La vie en cultures pures succédant a la vie sans microbes. — Les poussins élevés en milieu stérile, dont il a été question dans la Note du 12 février dernier, ont été ensuite mis par M. Cohendy en contact avec diverses espèces microbiennes nullement ou faiblement pathogènes : le coli-commune d’Esrich, le mesentericus, fus-cus de Flügge, le subtilis, le streptoeoccus de Grôtenfeld ou entérocoque. La présence du streptoeoccus semblerait influencer favorablement la croissance du poussin stérile ; le coli l’entraverait, enfin d’abondantes cultures de subtilis la rendraient impossible. L’auteur conclut que le
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- LE RENFLOUEMENT DU « MAINE »
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- poussin élevé à l’abri des microbes ne paraît pas. être hypersensible à l’action microbienne, mais que, par contre, une bactérie inoffensive pour l’animal normal non aseptique, peut devenir pathogène pour l’animal aseptique.
- La destruction des sauterelles. — M. Roux expose que M. D’IIérelle a eu l’occasion d’observer au Mexique une épidémie qui sévissait sur les sauterelles. Cette maladie était due à un bacille qui envahissait l’intestin. M. D’Hé-relle a réussi à en faire des cultures. Appelé ensuite par le Gouvernement argentin pour essayer de détruire les sauterelles au moyen de ces cultures, il a procédé à des essais sur des sauterelles en cages à qui l’on donnait du fourrage contaminé. Ces essais ayant pleinement réussi, un autre essai a été tenté sur les sauterelles en liberté qui infestaient un domaine de 55 hectares. L’effet local a été très satisfaisant et de plus la maladie s’est trouvée disséminée dans un rayon de 50 kilomètres.
- La mémoire des poissons. — M. Delage fait connaître que M. Oxner a entrepris de nouvelles expériences ayant pour objet de démontrer que les poissons peuvent associer deux idées et ont un degré de mémoire très appréciable. Il suspend dans l’eau d’un aquarium deux cylindres colorés différemment et, dans l’un — toujours le même — il suspend un appât. Il opère sur un poisson tiré de la mer. Lorsque l’animal a pris l’appât, l’auteur intervertit la position des cylindres. Le poisson ne se trompe pas. Il a donc reconnu que la position des cylindres avait été changée et que le cylindre de telle couleur devait contenir l’appât. Enfin, l’auteur montre que la mémoire du fait persiste pendant un temps assez long. Cette constatation est particulièrement intéressante à faire au moment où une théorie, s’appuyant sur des
- considérations anatomiques, refusait aux poissons la faculté d’association d’idées.
- La croissance des Broméliacées. — M. Bouvier rappelle que dans une précédente Note, M. Picado a fait connaître que les petites mares qui se trouvent à la naissance des feuilles des Broméliacées ont une faune. Or ces plantes épiphytes, qui se dressent verticales sur les branches des arbres, se nourrissent au moyen de leurs feuilles et non au moyen de leurs racines. Le suc de leurs feuilles digère les matières amylacées et les matières albuminoïdes. Lorsque des animaux viennent à périr dans les petites mares des feuilles, leurs débris sont digérés et absorbés par les feuilles et l’eau ne se putréfie pas.
- Écrasement d'un cylindre. — M. Lecornu résume ensuite les résultats obtenus expérimentalement par M. le colonel Hartmann en écrasant, sous des pressions énormes et suivant une section droite, des cylindres de différents métaux, de différents diamètres et de différentes épaisseurs. L’écrasement ne se produit pas capricieusement, mais d’une manière bien déterminée en rapport avec les trois éléments variables relevés en dessus. L’auteur montre une série de cylindres soumis à l’expérience. Sur certains on constate seulement une ondulation de la surface dont les renflements extérieurs sont plus ou moins rapprochés,'sur d’autres on distingue une série de triangles ou de polygones superposés. L’auteur montre à l’aide de la cinématographie les phases de l’écrasement de différents cylindres.
- Élections. — M. Puiseux est élu membre de la section d’astronomie en remplacement de M. Radau, par 45 voix contre 7 données à M. Andoyer. Cn. de Yilledehil.
- LE RENFLOUEMENT DU « MAINE »
- Il est à peine besoin de rappeler le rôle historique que joua en 1898 le croiseur-cuirassé que les ingénieurs américains viennent de renflouer, ou, plus exactement, de mettre à sec, au prix d’un labeur qui a duré plusieurs années et a coûté plusieurs millions de dollars.
- Rappelons simplement que les rapports étaient déjà très tendus entre l’Espagne et les Etats-Unis, en raison des sympathies que cette dernière puissance professait ouvertement à l’égard des révolutionnaires cubains,' lorsque le Maine, venu soi-disant en visite amicale, sautait en pleine rade de la Havane, avec son équipage au complet, soit environ 250 hommes.
- Le navire avait-il été victime de l’explosion spontanée de ses propres poudres, comme le prétendirent les Espagnols? Ou l’explosion, ainsi que l’affirmèrent les Américains, fut-elle causée par une mine sous-marine au-dessus de laquelle le commandant, guidé par les autorités du port, avait ancré son vaisseau? Ces questions devaient rester treize ans sans réponse. Le peuple américain réclamait et. obtenait la guerre, aux cris de : « Remember the Maine! Souvenons-nous du Maine!*))
- Durant dix ans, l’épave dressa son mât intact et sa superstructure déchiquetée à l’entrée de la rade de la
- Havane. Enfin, en 1908, le gouvernement américain se décida à agir, et ses ingénieurs entreprirent activement la réalisation d’un plan dont on ne peut qu’admirer l’élégante hardiesse. Ils entourèrent l’épave d’un cofferdam formant ellipse, long d’environ 150 m. sur 67 m. de largeur, et constitué par vingt caissons larges de 16 à 17 m. aux parois en charpentes d’acier enfoncées au bélier, et qui s’encastraient les unes dans les autres. De puissantes dragues comblèrent ces cuves de sable et de terre empruntés au lit de la rade, et, pour rendre étanche la vaste cuvette,, il ne resta plus qu’à boucher les intervalles plus ou moins étroits subsistant entre les caissons.
- Ce ne fut qu’au cours de 1911 que les pompes purent intervenir. Rapidement, le niveau de l’eau baissa, et l’bn aperçut enfin la carcasse, que ses treize années d’immersion avaient recouverte d’une épaisse couche de mollusques. Aidés par de petits modèles en bois que l’Amirauté américaine avait fait exécuter d’après les plans conservés dans ses archives, les ingénieurs commençaient aussitôt l’inspection des sinistres débris de la relique qui avait coûté à la plus vieille monarchie de l’Europe tqut son empire colonial.
- On sait quelle solution les ingénieurs américains don-
- Plan du batardeau qui a servi c flouer le « Maine ». Au centre, V
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- LE RENFLOUEMENT DU « MAINE »
- nèrent à l’énigme : l’explosion du Maine avait bien été provoquée par une cause externe. Mais que ferait-on de
- l’épave, dont les Cubains réclamaient l’évacuation? _ . ....... „.
- D’entreprenants barnums offrirent de l’acheter, avec
- i. Vue générale du caisson au début des opérations de pompage. On voit la portion de pont rejetée par l’explosion et qui émerge. — 2. Après pompage de i m. 5o, le pont supérieur du « Maine » apparaît.
- — 3. Le « Maine » mis partiellement à sec après i3 années d’immersion. La coque est recouverte de coquillages. L'avant du bateau est presque intact. — 4. Vue générale du caisson mis à sec. — 5. Un coin de l’épave.
- — 6. Le pont supérieur après Vassèchement du caisson.
- Solution digne d’un grand peuple, mais qui n’est, pas du goût de tous ' les Américains, gens pratiques qui ne
- comprennent pas qu’on refuse de vendre pour plusieurs millions ce qui n’est plus que de la ferraille.
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahbre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2024.
- 9 MARS 1912.
- LES PHENOMENES OCCULTES ET LA PHOTOGRAPHIE
- Il existe toute une série de phénomènes que l’on groupe communément sous le nom de phénomènes occultes ou métapsychiques pour indiquer leur nature extra-scientifique. De ceux-ci, il en est quelques-uns que la science est déjà parvenue à expliquer, à désocculter, tels sont le magnétisme animal, l’hypnotisme, les tables tournantes, la cristal-lomancie; ils ne constituent plus que 1’ « occultisme d’hier » suivant l’expression de Grasset (4).
- Il en est d’autres que la science n’a pas encore expliqués et qui forment l’occultisme d’aujourd’hui. Ils passionnent un grand nombre de personnes et, malheureusement, ils sont souvent étudiés
- — et même exploités
- — soit par des professionnels de la prestidigitation qui font croire à des faits extraordinaires là où il n’y a qu’habileté et ingéniosité de leur part, soit par des gens trop crédules, trop peu observateurs, qui acceptent aisément toute explication pourvu qu’elle soit surnaturelle et s’illusionnent facilement sur ce qu’ils croient constater. Je ne parle pas, bien entendu, de ceux qui partant d’une théorie spirite, en déduisent la nécessité des phénomènes occultes.
- Parmi ces problèmes à l’ordre du jour, qui préoccupent un peu tout le monde et
- dont on a beaucoup parlé ces temps-ci, il faut mettre en première ligne ceux qui étudient les effets physiques des phénomènes occultes.
- A vrai dire, on n’est pas encore parvenu non seulement à expliquer les déplacements d’objets sans contact, les apports à distance, les matérialisations, mais encore on est loin d’être sûr de leur authenticité. Beaucoup des expériences de ce genre, qui ont fait le plus de bruit, ont été reconnues faussées soit par les fraudes inconscientes des médiums, soit par leurs supercheries, et cette
- 1. Dr J. Grasset. L'Occultisme. Coulet, éditeur, Montpellier, 1907.
- Fig. i.
- suspicion s’est étendue à l’ensemble de ces phénomènes.
- Un bon moyen de connaître leur réalité, de se garantir contre les illusions dont personne ne peut se dire à l’abri est l’emploi, pour leur étude, de la photographie. Justement M. Guillaume de Fontenay vient de nous dire en un petit volume (*), aussi intéressant qu’amusant à lire, ce qu’il faut penser de la photographie comme procédé d’étude des phénomènes occultes. L’auteur fut des premiers à la recommander et à s’en servir constamment ; ‘ on connaît les clichés qu’il obtint, en 1897, avec Eusapia Paladino con- ^ trôlée par M. Camille/;^ Flammarion, et e^v 1902, avec Augus/^ Politi, dans le gro pe d’observation ( se réunissait à l’École^ Polytechnique. Depuis, il n’est guère de grand médium qui n’ait passé devant son objectif ; nul n’était donc mieux qualifié que lui pour traiter un tel sujet.
- Le rôle le plus important que semble avoir joué jusqu’à ce jour la photographie dans l’étude de l’occultisme a été l’enregistrement des phénomènes visibles, des phénomènes observés en vision directe par les témoins. C’est ce que l’auteur nomme la photographie „ de contrôle, par opposition à la photographie d'exploration, qui sous le nom pompeux de photographie transcendantale, prétendrait nous renseigner sur toutes sortes de choses parfaitement invisibles.
- Se bornant à l’examen de cette photographie de contrôle, M. G. de Fontenay nous apprend tous les malheurs qu’elle, peut causer, toutes les erreurs qu’elle peut provoquer entre des mains maladroites ou malintentionnées ; et il insiste sur ce fait auquel on n’attache généralement pas assez d’importance, c’est que seul l’auteur d’un cliché peut répondre
- 1. Guillaume de Fontenay. La Photographie et l'étude des phénomènes psychiques, in-8, 142 p., Gauthicr-Villars éditeur, Paris, 1912.
- • Métamorphose d’un chien en faune. (G. de Fontenay.)
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- 242 :---- LES PHÉNOMÈNES OCCULTES ET LA PHOTOGRAPHIE
- Fig. 2. — Dédoublement du sujet-(Cliché G. de Fontenay.)
- de son cliché, être sûr de son cliché-, nous ne devons attacher quelque importance qu’aux seuls documents possédant un état civil authentique, indiscutable, et dont l’auteur est non seulement connu, mais favorablement connu comme expérimentateur. Défions-nous de tous autres clichés ou épreuves ; la photographie est le meilleur moyen de tromper les autres quand on veut; et elle peut conduire à se tromper soi-même sans qu’on s’en douté.
- M. de Fontenay signale de très nombreuses erreurs dues à la photographie et qui toutes certainement ont servi à donner des preuves de la réalité des phénomènes occultes.
- L’erreur commune qui consiste à prendre deux clichés sur la même plaque peut donner lieu à des documents inexplicables ; un petit trou dans l’appareil près de l’objectif, fournira des clichés à double image, l’une nette produite par l’objectif, l’autre plus lloue donnée par le trou, et l’on obtiendra ainsi des dédoublements de personnes très mystérieux. Le hasard peut aussi procurer d’étonnantes épreuves, telle celle représentée figure 1, qui montre un chien colley dont la tête rappelle étonnamment celle d’un homme.
- A côté de ces erreurs involontaires, il en
- est d’autres que l’on peut produire intentionnellement. Voici (fig. 2) un cliché truqué de M. de Fontenay qui nous montre l’étrange dédoublement de l’auteur et même du bouchon de son objectif. La recette pour obtenir de pareilles images est facile à suivre : l’appareil étant braqué sur une glace, l’opérateur a tendu une étoffe noire derrière lui, s’est placé à gauche de l’objectif, et a photographié son image dans la glace puis, sans déplacer l’appareil, il s’est mis à droite et a pris une deuxième photographie sur le même cliché ; le résultat en est fort amusant.
- La figure o est encore plus surprenante; non seulement l’auteur s’y trouve dédoublé mais encore il est devenu transparent; sa dématérialisation a une origine fort simple : l’objectif étant assez diaphragmé pour que la pose soit très longue, l’auteur a ouvert l’objectif, est venu se placer à gauche de la cheminée où il est resté quelque temps, puis à droite où il a stationné le même temps; ses déplacements trop rapides ne se sont pas inscrits sur la plaque et ses deux poses trop courtes l’ont rendu transparent, les objets placés derrière lui ayant impressionné la plaque pendant qu’il ne les cachait pas.
- Les photographies de dédoublements de personnes, celles de dématérialisation ne sont donc pas forcément des preuves de la réalité de ces phénomènes.
- Dans son livre, M. de Fontenay donne de nom-, breux exemples de ces truquages et de ces erreurs,
- Fig. 3. — Dédoublement et dématérialisation. (Cliché G. de Fontenay.)
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- LES PHÉNOMÈNES OCCULTES ET LA PHOTOGRAPHIE - 243
- Fig. 4. — Comment 011 obtient la matérialisation de la Joconde : a, positif sur verre obtenu avec un premier cliché; b, la Joconde, drapée, retouchée et placée sur fond noir; c, résultat définitif. (Cliché Ihoorens.)
- et de beaucoup d’autres. Nous n’en parlerons pas ici faute de place, mais nous ne voudrions pas abandonner ce sujet sans montrer encore un autre phénomène plus invraisemblable, la matérialisation de la Joconde, ou si l’on veut, la Joconde se matérialisant pour indiquer le lieu où son portraitest caché.
- Il a suffi pour obtenir ce résultat d’une carte postale représentant le célèbre tableau, de deux plaques... et de l’habileté du photographe de La Nature, M. Thoo-rens. Voici la manière d’obtenir une pareille épreuve : sur un premier cliché,
- M.Thoorensapris à contre-jour un personnage et un vase garni d’une plante, placés tous deux: sur fond blanc; il a ainsi obtenu une silhouette de premiers plans dont il a tiré un positif sur verre (fig. 4,
- a); il a ensuite placé ce positif sur une plaque neuve, gélatine contre gélatine et a pris la photographie de la Joconde sur fond noir (fig. 4, b), soit
- telle qu’elle est dans le tableau de Vinci, soit après avoir retouché la direction de son regard et l’avoir entourée de draperies ; un léger défaut de mise au point a provoqué le flou nécessaire à une bonne matérialisation ; enfin la même plaque a servi à prendre une vue d’intérieur quelconque où l’auteur a placé, pour plus de vraisemblance, un pseudo-médium en transe (fig. 4, c). Le résultat est fort amusant et pourrait faire croire à des personnes de bonne volonté que la Joconde est apparue au milieu des personnages qui l’invoquaient (fig. 5).-Ces exemples suffiront, je crois y
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- 244 i L'ÉVOLUTION ET LES MOLLUSQUES FOSSILES
- à montrer que la photographie d’un phénomène occulte n’est pas une garantie absolue de son authenticité. Mais ce n’est pas une raison pour la repousser absolument en ces recherches. Ce qu’a voulu montrer M. de Fontenay, ce que nous avons voulu dire après lui,
- c’est qu’en ces sortes de choses, l’esprit critique, la prudence sont absolument nécessaires et qu’il faut être en garde contre les prétendues preuves photographiques qu’on exhibe trop souvent comme péremptoires. René Merle.
- L’EVOLUTION ET LES
- C’est un fait connu de tous qu’il n’existe pas deux êtres vivants absolument semblables. Les natura-
- Fig. i. — Variation du Quenstedticeras Lamberti de la Petite Moulière à Villers-sur-Mer. (Variétés dans la même couche oxfordienne.)
- listes ont réparti ces différences en trois grands groupes, de façon à préciser, dans chaque cas, les analogies et différences existant entre deux êtres vivants quelconques.
- Etant donné des animaux très voisins les uns des autres (l) que, pour la commodité de l’exposition,
- nous désignerons par A, A', A"....... s’ils vivent
- dans la même station (2), par B, B', B"......s’ils
- vivent dans des régions géographiquement distinctes (3, [3', j3"; par C, C', C". s’ils ont vécu
- à des époques géologiques différentes y, y', y”, on a l’habitude de choisir arbitrairement les animaux A, B, C et de les désigner sous le nom d'espèces (s). Ce choix une fois fait, on appelle, par définition, A', A”....les variétés de A, B', B" les races de B
- Fig. 3. — Variation de /’Hecticoceras hec-ticum (races : a, de Villers-sur-Mer; b, de la Billode, Jura-, c, de Hermon en Syrie).
- propres aux régions géographiques (3', |3" ; C', C" les mutations (4) de C spéciales aux niveaux géolo-
- 1. Dès qu’il s’agit d’animaux très différents les uns des autres, l’état actuel de la science ne permet pas généralement de rien avancer au sujet de leur filiation réelle qui ne soit vague, spécieux et très problématique.
- MOLLUSQUES FOSSILES
- giques y', y".. Ces termes sont de pures défini-
- tions dont il est indispensable de bien se pénétrer chaque fois que l’on étudie la répartition des êtres dans l’espace et dans le temps. Leur valeur absolue importe peu. C’est une simple notation servant à simplifier le langage et à faciliter la compréhension de faits naturels infiniment complexes, nuancés et fugitifs.
- L’étude des espèces, des races et des variétés est du domaine de toutes les sciences biologiques, celle des mutations ressort essentiellement de la paléontologie. Les zoologistes peuvent quelquefois, en
- Fig. 2. — Variétés (dans la même couche à Crèpy-en-Valois) du Potamides crispia-censis.
- partant de la notion des types plus ou moins archaïques, reconstituer hypothétiquement la filiation des êtres vivants ; en tout cas, ils ne peuvent aboutir qu’à la construction d’arbres phylogéniques pos-
- 2. La définition de la station variera suivant les animaux; pour des escargots, ce sera un même pan de rocher de quelques mètres carrés; pour une gazelle, ce pourra être une région de plusieurs millions d’hectares.
- 5. En général, A, B, € sont simplement les formes les plus anciennement décrites et figurées, telles par conséquent, que l’on sache avec précision de quoi l’on parle, chose toujours difficile dans les discussions.
- 4. Presque tous les paléontologistes donnent au mot mutation le sens que nous avons indiqué ci-dessus, défini pour la première fois par 'Waagcn en 1869. Depuis, de Yries a pris ce mot comme synonyme de transformation brusque (à l’époque actuelle). Ce dernier sens aurait la priorité suivant Blaringhem, ayant été employé dès' 1847, par Lucas, dans son Traité de l’hérédité naturelle, vol. I, p. 124 et 137; mais le sens de AYaagen est si commode et si généralement accepté, que nous jugeons préférable de le conserver.
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- L'EVOLUTION ET LES MOLLUSQUES FOSSILES
- sibles ; l’étude des filiations réelles est essentiellement réservée au paléontologue. Nous étudierons successivement les trois problèmes de la variété, de la race et de la mutation au point de vue de ce dernier.
- Le problème de la variété. — Ce problème se pose à chaque instant pour le paléontologiste et il est cause, dans une certaine mesure, de l’immense multiplication de noms spécifiques qui s’est produit dans ces dernières années. Beaucoup de naturalistes ont donné des noms spécifiques spéciaux à des animaux très voisins ayant vécu côte à côte et devant, par conséquent, être considérés comme des variétés typiques.
- Les • Mollusques sont parmi les animaux les plus variables et nous fourniront une foule d’exemples démonstratifs. Dès qu’ils sont un peu ornés, on ne peut plus trouver deux individus .semblables. On pourrait facilement établir autant d’espèces que d'individus. Certains naturalistes comme Bourguignat et Locard ont souvent procédé ainsi.
- Voici (fig. 1) un certain nombre d’Ammonites,
- Fig. 5. — Variation des Amaltheus dans le temps : a, margaritatus du Domèrien moyen ; c, spinatus du Domèrien supérieur ; b, forme intermédiaire.
- provenant de la plage de Villers-sur-Mer et appartenant à l’espèce Quenstedticeras Lamberti. L’enroulement, l’épaisseur et l’écartement des côtes varient d’une façon presque. continue. Toutes
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- ces formes proviennent cependant de la même couche.
- La figure 2 représente trois variétés du Pota-mides tricarinatus, mutation crispiacensis, provenant des sables moyens de Crépy-en-Valois. On distingue très nettement l’atténuation progressive des deux rangées inférieures de tubercules du tour et l’accroissement corrélatif de ceux de la rangée supérieure. Ces trois formes doivent être considérées comme des variétés les unes des autres. On pourrait mul-. tiplier à l’infini ces exemples de variétés paléontologiques. Elles ne diffèrent pas de celles que l’on a décrites très souvent chez les animaux vivants.
- Le problème de la race. — Nos données sur ce problème, .encore peu nombreuses aujourd’hui, s’accroissent rapidement au fur et à mesure qu’augmentent nos connaissances sur la géologie des régions, les moins explorées du globe. Voici (fig. 3) plusieurs Ammonites appartenant au genre Eecticoceras et provenant : a) de Villers-sur-Mer; b) du Jura; c) de la localité d’Hermon, en Asie Mineure. L’ensemble
- Fig. 6. — Variation dans le temps : le Stepheoceras coronafeum du, Callovien (Mamers) a donné comme mutation le Pachyceras Jarryi de VOxfordien ( Villers-sur-Mer).
- de nos connaissances géologiques prouve que ces Ammonites ont vécu pendant la même époque du Jurassique moyen. Ce sont des races représentatives de la même espèce Hecticum dont le type est du
- b
- Fig. 4. — Variation des Oppelia dans le temps : a, præradiata du Bajocien inférieur; b, subradiata du Bajocien supérieur ; c, fusca du Bathonien inférieur; d, aspi-doides du Bathonien supérieur. — b, c, d, sont les mutations de a.
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- L’ÉVOLUTION ET LES MOLLUSQUES FOSSILES
- Jura souabe. On distingue de légères différences d’ornementation qui sont propres à chaque gisement. Ces différences deviennent frappantes quand on possède un lot assez considérable provenant de chaque gisement. Les variétés sont nombreuses dans chacun, mais n’arrivent jamais à être les mêmes dans deux différents.
- Le problème de la mutation. — Les exemples suffisamment nets sont encore bien peu nombreux. Rien n’est plus propre à montrer combien les théories évolutionnistes sont difficiles à démontrer dès que l’on réclame une solution précise appuyée sur des exemples réels. Quelle distance entre le problème modeste que nous nous proposons et celui que le grand Hæckel a essayé en vain de résoudre en édifiant son majestueux édifice de la création naturelle ! La difficulté qu’il y a presque toujours à résoudre le premier, si limité déjà, montre mieux que toute discussion combien il est encore vain de proposer une solution au second. Nous trouverons, toujours chez les Mollusques, animaux essentiellement variables, plusieurs exemples de mutations.
- I. La série évolutive relative aux Oppelia proposée par Waagen (1869) s’étend sur plusieurs zones jurassiques. Elle débute avec Oppelia præ-radiata (fig. 4 a) de la zone à Emileia Sauzei (Bajocien), continue avec Oppelia subradiata (fig. 4 b) de la zone à Cosmoceras Garanti du même étage et se termine par les Oppelia fusca (fig. 4 c) du Batho-nien inférieur et Oppelia aspidoides (fig. 4 d) du Bathonien supérieur. Ces Ammonites, caractérisées par leur enroulement rapide1 et leur ornementation formée de côtes en accent circonflexe plus ou moins atténuées, présentent la particularité de devenir de plus en plus tranchante au fur et à mesure que l’on s’élève dans la série.
- II. L’Amaltheus margaritatus (fig. 5 a) du Lias moyen est manifestement l’ancêtre des Amàlthens
- Fig- 7- — Variation dans le temps : le Quenstedticeras Brasili (a) (Villers) de VOxfordien inférieur admet comme mutations le Cardioceras præcordatum (b) de VOxfordien moyen de la même localité et les Cardioceras cordatum, soit de Ville'rs-sur-Mer, soit du Jura {La Billode, c).
- Fig. 8. — Variation dans le temps : a, Po-tamides tricarinatus du Lutétien supérieur de Vaudancourt admet comme mutations : b, P. crispiacensis' du Bartonien inférieur de Crépy-en-Valois-, c, P. arenularius du Bartonien moyen de Montagny et d, P. vouastensis du Bartonien supérieur du Vouast.
- spinatus (fig. 5 c) de la zone suivante. Le tubercule que l’on observe souvent sur le flanc de VA. mar-garitatus (fig. 5 b) remonte peu à peu vers le haut du tour et finit par prendre la position externe qu’il occupe chez la seconde espèce.
- III. Les Stepheoceras coronatum (fig. 6 a) du Callovien supérieur donnent naissance aux Pa-chyceras de l’Oxfordien inférieur. Ce dernier genre ayant, à cette époque, varié très largement, la ressemblance avec le genre ancestral n’apparaît plus que dans une seule espèce, le Pachyceras Jarryi (fig. 6 b).
- IY. De même on peut suivre, dans l’Oxfordien la succession suivante de mutations descendantes du Cardioceras cordatum (fig. 7 c), cette forme provenant du Cardioceras præcordatum (fig. 7 b), dont l’ancêtre est le Quenstedticeras Brasili (fig. 7 a). Chacune de ces formes est caractérisée par des côtes de plus en plus fines et de moins en moins inclinées en avant au fur et à mesure que l’on descend dans la série des couches.
- Y. Boussac a décrit un joli exemple de mutation pendant l’époque tertiaire. Il existe au Bartonien inférieur un gastro-pode du genre Potamides dont les tours sont ornés de 3 rangées de granules, ceux de la supérieure tendant à s’individualiser en des sortes de tubercules mousses. C’est le Potamides tricarinatus (fig. 8 a). Au„,sommet du’ Bartonien’1 inférieur, cette forme est remplacée par la mutation crispiacensis (fig. 8 b), caractérisée par ce fait que les tubercules de la rangée supérieure ne s’individualisent jamais autant et qu’ils restent réunis par une sorte dé.carène tranchante. Au Bartonien moyen apparaît le Pot. arenularius (fig. 8 c) caractérisé par une rangée supérieure de tubercules beaucoup moins détachée de la coquille, le profil étant moins épineux et l’ornementation plus atténuée. Ce dernier caractère s’accentue encore au Bartonien supérieur avec le Pot. vouastensis (fig. 8 d) dont tous
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- L’EVOLUTION ET LES MOLLUSQUES FOSSILES
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- les ornements paraissent complètement émoussés, | façon suivante.
- VI. De même, Fontannes a montré que le Pecten restitutensis (fig. 9 a) du Miocène, a donné naissance au Pecten latissimus (fig. 9 b) du Pliocène, cette dernière forme étant caractérisée par un profil moins transverse et des costules s’intercalant régulièrement entre les grosses côtes.
- VII. Comme dernier exemple, nous rappellerons l’échelle de mutations insensibles que Neu-mayr a observées chez les Vivi-para, dans les dépôts levantins du bassin du Danube. Les formes les plus anciennes sont complètement lisses, les plus récentes, extrêmement tuberculées.
- Le nombre déjà considérable d’espèces figurées montre combien le passage entre les deux types extrêmes se fait d’une façon progressive. L’auteur insiste sur le fait qu’avec des matériaux suffisamment nombreux, ces différences elles-mêmes si
- légères, disparaissent b
- encore.
- Survivance des formes anciennes à côté
- Fig. g. — Variation dans le temps : le Pecten restitutensis (a) du Miocène admet comme mutation le Pecten latissimus (b) du Pliocène.
- Prenons par exemple le Pecten restitutensis miocène de la vallée du Rhône. À la même époque miocène, on sait qu’il existait en Autriche une variété reproduisant exactement le Pecten latissimus pliocène, de la vallée du Rhône. Cette variété autrichienne du Pecten restitutensis miocène n’aurait donc pénétré en France qu’au Pliocène. C’est en ce sens que le Pecten restitutensis français a donné naissance au P. latissimus français. Ce sont donc des relations de cousinage plutôt que des descendances directes qui existent entre les deux formes françaises.
- De même, selon F. Favre, Oppelia aspidoi-des du Bathonien, existe déjà dans le Bajocien où elle doit être considérée comme une variété d’Opp. subradiata. Donc Opp. aspidoides descend non d’Opp. subradiata, mais d’une de ses variétés.
- On admettra je pense, comme conclusion, que ces phénomènes sont infiniment complexes et nécessitent encore une
- Fig. io. — Variation des Paludines (Vivipara) du Pliocène danubien : les formes lisses sont les plus anciennes, les formes carénées les plus récentes. Il y a variation continue et Progressive avec le temps.
- des nouvelles. — On peut se représenter actuellement que ces mutations se sont produites de la
- somme énorme d’efforts avant d’être même partiellement élucidés. Robert Douvillé.
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- LA CARTE INTERNATIONALE DU MONDE AU 1.000.000e
- L’Ordnancé Survey Office cle Southarnpton (service des cartes officielles de la Grande-Bretagne) vient de publier les quatre premières feuilles (Écosse et Afrique du Sud) de la carte du monde (International Map), au 1.000.000e, et notre Service géographique de l'armée a tiré à cent exemplaires la première feuille de la France (région de Paris).
- Nous remercions ces deux services d’avoir bien voulu nous adresser ces documents avant leur mise en vente. Et nous saisissons cette occasion de parler de cette entreprise, dont nous n’avons rien voulu dire tant qu’elle n’était qu’en projet.
- Pour le méridien initial un compromis intervint au Congrès de Washington en 4904 : les Français acceptèrent le méridien de Greenwich et les’Anglais ont concédé l’emploi du système métrique.
- En réalité, on a adopté F anti-méridien de Greenwich en lui donnant le n° 0 ; il passe à peu près par le détroit de Behring; c’est un méridien neutre parce qu’il ne coupe pour ainsi dire aucune terre.
- Le Congrès de Géographie de Genève, en 1908, demanda qu’un Comité International étudiât les questions relatives à l’exécution de cette carte.
- Ce Comité se réunit à Londres le 16 novembre 1909. Onze puissances y étaient représentées et la
- Reference (Légende )
- ( ZeicLen^Ejüorimd
- RaiZwctys, 7Wo or more, trvÀka.....................
- .. Single.. v
- ---------—.....-
- Jracdes. not fit fur wheeloA traJHo......
- Hivers, Berennial.. _ — _
- Vovigable..____ .
- iiniit ot'naj'igatiorv...................
- Canal-, navigable._______________________
- Towns over 260,000 rnhabuant*............
- . .. ... ioo.ooq..........._________
- .. 26,000 ......................
- ' J lO.OOO.____..._..__________...
- ‘.. Ululer lO.OOQ. _________..........
- Contours...................._______
- ...Chemin, de fer à deiuc ou,plusieurs v. .. Routes. /Codasse, oarr-vasables._______
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- Depths ... • „
- . ..Sentiers, non carroaeabZes.___:_________
- .....Fleuves, à- cours permanent............
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- Kilomètres 10 5 0
- Scale (Échelle,Mafsstab ) PI,000,000
- 20 3 0 40 50 . 60 70 60
- ÎOO HO Kilométrés
- 1 Millimétré =1 Kilomètre
- Mil e b 10 5 O 10 20 30 40 50 60 70 Miles
- Scale 1 Inch tol5-78 Miles or 1-014 Inch.es to 16 Miles
- Signes conventionnels et échelles de la. carte au /.000.000e
- En 1891, le Congrès International des Sciences Géographiques de Berne, sur la proposition du Dr Penck, professeur à l’Université de Vienne, émit le vœu que les différents Instituts Géographiques publiassent une carte du Monde à l’échelle du 1.000.000e.
- La première, la France, commença en 1897 (voy. ci-après) la carte de l’Asie à cette échelle en adoptant la coupure et le système de projection proposés par le Pr Penck(1); l’Allemagne, l’Autriche, la Grande-Bretagne et l’Italie s'engagèrent dans la" même voie, mais chacune en employant ses signes et méridien particuliers.
- i. La merveilleuse carte- de France au millionième, dcl l’Atlas Vivien-de Saint-Martin et -Schradèr. publié ..par. la librairie Hachette, est aussi l’un des premiers exemples d’une, carte d’un grand pays à cette échelle! II. importe de rappeler ce chef-d’œuvre de cartographie dû à l’initiative privée, et le concours que lui a prêté le colonel F. Prudent. • -
- France spécialement par MM. Yidal de la Blache, membre de l’Institut; Ch. Lallemand, directeur du nivellement général de la France; commandant P. Pollacchi, chef du Service de la gravure au Service géographique de l’armée; E. Beürdeley, sous-chef du Service géographique à l’Administration centrale des Colonies.
- Après étude d’une feuille type (feuille anglaise du sud de l’Afrique [South-East H 4; Kenhardt], qui coïncidera exactement avec la feuille internationale sud II 34), ce comité a adopté les principales résolutions suivantes : i
- Projection polyconique modifiée avec méridiens rectilignes (voy. ci-après) ; Méridien initial de Greenwich-Behring; Superficie de 4° en latitude et 6° en longitude ..pour chaque . feuille; Désignation des feuilles par un numéro international, le nom de la localité ou de l’objet le plus important de son territoire et les coordonnées géographiques du point
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- Spécimen de Ici carte du Monde au i .000.000e.
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- 250 -— LA CARTE INTERNATIONALE DU MONDE AU 1.000.000
- central; Carte hypsométrique à zones d’altitudes indiquées par des teintes variées; Courbes équidistantes de 100 m. dans les régions moyennement accidentées; plus espacées (200 à 4000 m.) dans les montagnes et courbes intermédiaires (de 10 à 50 m.) dans les contrées plates; Courbes bathymé-triques de 100 m. (au besoin de 10, 20, 50) pour les profondeurs des mers et lacs ; Niveau initial des altitudes et des profondeurs déterminé dans chaque pays par le niveau moyen des observations faites sur ses propres côtes; Altitudes (en chiffres droits), profondeurs (en chiffres penchés) en mètres ; éventuellement accompagnées des hauteurs en pieds ou autre unité nationale; Écritures de l’Alphabet latin, hydrographie et voies de communication en italique, les autres objets en écriture droite; Tout pays indépendant, doté de l’Alphabet latin, emploiera l’orthographe usitée dans ce pays pour tout nom de lieu. Pour les colonies on adoptera le mode de transcription en caractères latins usité dans la métropole. Les pays qui n’ont pas l’Alphabet latin, sont invités à publier un système autorisé de transcription ; Chaque feuille portera une échelle en kilomètres, avec échelle en miles ou en autre unité nationale facultative ; L’hydrographie et les glaciers seront en bleu. Les courbes hypsométriques en brun. Les routes en rouge. Les chemins de fer en noir. Un vert foncé servira à distinguer les régions terrestres inférieures au niveau de la mer; Les détails de la planimétrie et les écritures ont été fixés par un tableau de signes conventionnels pour arrêter les traits principaux de la Carte et obtenir l’uniformité de publication ; mais chaque Gouvernement garde une latitude suffisante pour lui permettre de représenter, sous une forme convenable, les détails de son territoire. Lorsqu’une feuille intéressera plusieurs pays, le pays éditeur de la feuille devra s’entendre avec ses voisins au sujet des documents à utiliser.
- Chaque feuille portera un tableau explicatif de ces signes conventionnels ainsi que la liste des principales sources d’informations.
- Pour l’exécution matérielle, on décida ultérieurement que chaque État d’Europe devrait fournir l’établissement des feuilles de son territoire.
- Les États-Unis et le Canada exécuteront l’Amérique du Nord. L’Allemagne a offert de se charger de l’Asie, et l’Angleterre de l’Afrique (*).
- Diverses objections faites à la carte du monde
- 1. Il importe de remarquer ici que l’on n’aurait qu’à reculer la coupure des feuilles de notre Asiesau 1.000.000e de 2° 20' de longitude à l’ouest et à changer le mode de représentation de l’orographie (hachures et estampage), pour que la carte française de l’Asie répondît aux vœux du Comité International. Cette carte, dont le commandant Frézard a confectionné une grande partie, consacra ses premières feuilles au littoral de la Chine et elle figura à l’Exposition Universelle de 1900 en un panneau de 9 feuilles (golfe du Pc-Chi-Li, Corée ët partie Sud-Est du Japon).
- A partir de 1900, pour le corps expéditionnaire de Chine, le Service géographique mit au courant les feuilles déjà parues; il permit aux troupes françaises d’être les seules
- au 1.000.000e ont été en grande partie résolues.
- Ainsi pour la projection, M. Lallemand a bien expliqué que le système adopté est plutôt un développement. Chaque feuille résulte de son étalement sur un plan tangent à la sphère au point central de la feuille.
- Il s’ensuit que les méridiens des bords sont déformés, mais de 0 mm 6 au maximum ; c’est négligeable puisque la feuille a 44 centimètres ; d’ailleurs cette déformation n’est atteinte qu’à l’équateur; elle diminue quand on remonte vers les pôles.
- Sur chaque feuille, la portion de courbe représentant les méridiens a été remplacée par des cordes.
- Il est vrai qu’avec ce développement, on ne saurait théoriquement assembler les feuilles d’angle, que la réunion de 5 feuilles produira des brisures désagréables à l’œil, et que l’assemblage de toutes les feuilles méridiennes fera du méridien une ligne brisée, au lieu de courbe.
- Mais en fait ces non-concordances de raccords sont à peu près négligeables, et de l’ordre des jeux du papier.
- Il en est dë même du rôle de l’aplatissement de la terre. On a adopté la dernière valeur de l’aplatissement déterminée aux États-Unis (1/297).
- Ce qui deviendra plus difficile pour les divers instituts géographiques et cartographiques, ce sera d’employer du papier et des couleurs uniformes et de dessiner le trait et les écritures selon un même module.
- Pour les nomenclatures, dans les pays à nationalités mélangées, on se heurtera à de telles divergences (une même localité pouvant avoir jusqu’à trois noms), qu’il a fallu se résoudre à mettre, au-dessous du nom officiel, les autres noms en petits caractères.
- La capitale de la Galicie (Autriche) par exemple s’appelle Lemberg (Allemand), Lwow (Polonais) et Leopol (Ruthène).
- d’Europe à posséder des cartes suffisantes et utiles. Le maréchal de Waldersee signala le fait dans scs rapports. Un peu plus complet (12 feuilles), le document figura à l’Exposition de Londres en 1908). La transcription des noms chinois et l’orthographe ont été fournis par le Ministère des Affaires étrangères.
- Le ralentissement dans l’achèvement de cette carte (36 feuilles publiées sur 73) provient du défaut de crédits au Service géographique polir la cartographie étrangère. Il faut citer encore sa carte du Tonkin au 1.000.000e.
- Au contraire la carte de la Chine orientale de l’état-major allemand, commencée en 1901 seulement, est terminée depuis 1907 en 22 feuilles.
- Ajoutons qu’en 1898, lors de la guerre hispano-américaine le Service géographique entreprit une carte d’Amérique au 1.000.000e : 9 feuilles seulement (les Antilles et la Floride), ont été publiées en 1899. Ce Service géographique avait donc bien amorcé, le premier, l’établissement d’une carte universelle au 1.000.000e et seul le faible budget de la Cartographie étrangère l’empêcha de poursuivre son usuelle et louable initiative.
- •Son activité s’affirma encore en février 1904, au début des hostilités russo-japonaises, par la publication de cartes de la Corée, du théâtre des opérations en Mandchourie, des feuilles de Karbine et Ningouta, etc.
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- Mais on ne paraît avoir rien décidé quant aux traductions que nécessite 1^ défiguration de certains noms d’un pays à l’autre : ainsi pour Regens-burg, que les Français disent Ratisbonne, pour Vienne que les Hongrois écrivent Becs, etc., etc. Quant à la Russie, l’embarras est grand (*).
- L’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg avait, le 2/15 décembre 1906, proposé un système pour la transcription des noms slaves. Elle l’a retiré au bout de peu de temps et il n’a jamais été appliqué.
- Il importe d’adopter une transcription, basée sur « les principes essentiels suivants : 1° simplicité; 2° prononciation aussi bonne que possible avec le minimum d’explications; 3° exclusion absolue des signes diacritiques dont la disparition à l’impression, toujours possible, doit nécessairement vicier la lecture des noms ; 4° possibilité de retranscription des caractères adoptés en caractères indigènes » (2).
- Pour la Chine c’est non moins délicat : la carte française actuelle a adopté l’orthographe du Ministère des Affaires étrangères (système de M. Vissière). La carte internationale consacrera l’orthographe de l’Administration des douanes et des postes chinoises.
- On a calculé que la carte entière couvrira 191 mètres carrés environ; et qu’elle coûterait, au prix moyen de 2 fr. 50 le centimètre carré, 4*800 000 francs environ.
- Nous reproduisons les signes conventionnels et un fragment de la feuille North 0 M. 30, Scotland the Highland, due au colonel C. F. Close, avec
- l’obliquité latérale particulière aux hautes latitudes i cela ne donne malheureusement aucune idée du bon effet des teintes et de l’heureuse manière dont elles expriment le relief, l’hydrographie et la viabilité. Mais on y voit quels sont le net aspect de l’écriture et la clarté de l’ensemble. Il est vrai que cette clarté n’a été acquise qu’au prix de grands sacrifices de nomenclature, et qu’il y a environ moitié moins de désignations que sur les cartes des bons atlas, tels que la Grande-Bretagne au 1.500.000e de Stieler. Mais beaucoup de personnes trouvent que ces dernières, trop chargées, sont difficiles à lire : et c’est pourquoi la cgrte au 1.000.000e a renoncé à des inscriptions telles par exemple que Culloden, lieu de la bataille de 1746, près Inverness, que mentionne Stieler. C’est pour mieux écrire que la carte du monde a dû borner ses énumérations. Pour notre part nous avouons sincèrement que celles-ci nous semblent vraiment trop restreintes : sur la feuille de Paris (Europe) Nord M. 31, il est fâcheux de ne pas trouver les noms des départements français, ni d’aucun pays ou région géographique, par exemple l’Argonne, l’Àrdenne, les Hautes-Fagnes, le Condroz, la Hesbaye, la Champagne, la Beauce, le Pays de Bray, le Perche, etc., ni des localités historiquement ou publiquement notoires telles Vincennes, Pierrefonds, Jumièges, Harfïeur, Han-sur-Leesse. Pour faire clair on a réellement fait un peu vide. Enfin il y aura lieu de corriger de légères fautes d’impression comme Florentin pour Saint-Florentin, Lunan pour Lunain, Semoise pour Semois, Gouvin pour Couvin (Belgique), etc. E.-A. Martel.
- L’INDUSTRIE LINIERE EN BELGIQUE
- Le lin est une plante industrielle qui, de tout temps, a fait la richesse d’un certain nombre de régions agricoles. La ville de Courtrai, en Belgique, jouit depuis longtemps d’une réputation justement méritée, et dès le commencement du xvme siècle, accusait déjà sa suprématie pour ses toiles et son linge de table en se classant, sous le rapport de sa production, en tête des villes d’Europe.
- Les Flandres constituent le pays de prédilection de la culture du lin. Celle-ci exige, pour s’entreprendre dans de bonnes conditions, le concours d’un certain nombre de facteurs : il lui faut des climats spéciaux et des terres particulièrement fertiles. Or, les régions limoneuses et sablo-limoneuses des deux Flandres joignent à la fertilité de leurs terres les
- 1. Y.-D. Aitoff. Transcription des noms géographiques de l’Empire russe sur la carte' au 1.000.U008. (La Géographie, t. XXII, 15 sept., 1910, p. 183.)
- 2. Pour plus de détails voy. commandant Pollachi. La carte internationale de la Terre à l’échelle du 1.000.000e. Conférence du 7 janvier 1910 au Service géographique de l’armée. Paris, Imprim. du Service géographique, 17 p., 4 pl. Les articles de Ch. Rahot, Yidal de la Blache, etc., dans la Géographie, 15 déc. 1909, 15 mars 1910, 15 avril 1910. Les Annales de Géographie (Armand Colin, édit.), janvier 1910 et'passim.
- caractères climatériques voulus pour permettre aux cultivateurs de se livrer avantageusement à cette spéculation culturale. La Flandre Occidentale avec ses arrondissements de Roulers, Courtrai, Thielt, Bruges et Ypres; la Flandre Orientale avec ses centres de Saint-Nicolas, Termonde, Gand et Aude-narde produisent à elles deux près des deux tiers des lins cultivés et récoltés en Belgique. Rien d’extraordinaire, par conséquent, que l’industrie linière ait pris une aussi grande extension dans la partie occidentale de la Belgique et sur les frontières franco-belges.
- Les cultures de lin doivent être, on le sait, l’objet de soins particuliers; elles exigent de très gros sacrifices comme engrais et comme façons culturales. C’est en s’inspirant de ces desiderata que l’on peut espérer aboutir à des rendements suffisamment rémunérateurs.
- La récolte-, lorsqu’elle est arrivée à maturité, est vendue sur pied ou après sa réalisation, aux marchands rouisseurs ou teilleurs.
- Avant de servir à la fabrication des toiles, le lin doit subir un certain nombre de préparations : le rouissage, le teillage, le. peignage ou sérançage.'
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- L'INDUSTRIE LINJÈRE EN BELGIQUE
- Cette dernière opération se fait ordinairement à la filature, mais les deux autres donnent lieu à des industries spéciales qui se rattachent aux industries agricoles. Toutefois, nous délaisserons le teillage pour nous occuper exclusivement du rouissage qui prend une importance considérable dans certaines parties des Flandres. " ~
- En Belgique, le rouissage s’exécute de trois manières : sur la prairie ou à la rosée ; dans l’eau stagnante comme cela se pratique dans le pays de Waes, et enfin dans l’eau courante .
- Le lin roui en eau stagnante, dans les puits ou sur la prairie prend une teinte bleue. Il est connu dans le commerce ;
- sous le nom de lin des Flandres. L’eau courante, au contraire, donne au lin une teinte claire et jaunâtre particulièrement appréciée. Le rouissage à l’eau courante se pratique dans plusieurs rivières de la Belgique Occidentale, mais c’est surtout le rouissage dans la Lys, en amont et en aval de Cour-trai, qui donne ces produits si renommés connus dans le commerce sous le nom de lin de Courtrai.
- La Lys prend naissance au versant sud-est des monts du Boulonnais. Elle traverse une vallée fertile et peuplée et se transforme à Aire en un puissant canal de navigation qui poursuit son cours monotone et lent à tr4vers les basses plaines flamandes. C’est dans cette rivière d’or., the Golden River comme l’appellent les Anglais, que se préparent les lins les plus estimés du monde entier. Néanmoins le rouissage à la Lys a perdu beaucoup de son importance par suite de la contamination croissante de ses eaux par les deux affluents, la
- Fig. i. — Le chargement d’un ballon.
- Fig. 2. — Immersion d’un ballon.
- Deule et la Marq. Il faudrait, pour maintenir l’ancienne renommée de cette branche de l’industrie flamande, procéder à une épuration des eaux de la rivière. Mais il s’agit ici d’un problème international, intéressant la France et la Belgique et dont la solution est hérissée de difficultés.
- On destine à la
- . - :h Lys les lins de
- qualité tout à fait supérieure, ceux qui peuvent supporter les frais énormes qu’entraînent les mani-pulations du , rouissage à l’eau courante. Les lins de qualité inférieure sont rouis en bleu, c’est-à-dire en eau stagnante, dans des puits ou sur la prairie.
- Les lins travaillés à la Lys ne sont jamais
- soumis à un rouissage immédiat. Après un fanage et une dessiccation méthodiques, le lin est mis en meules ou emmagasiné dans des granges plus ou moins spacieuses. Toute la mauvaise saison se passe
- ainsi et on ne procède généralement à l’égrainage et au rouissage qu’au printemps suivant.
- Sur les bords de la Lys, les opérations de rouissage se poursuivent sans interruption du mois de mai au mois d’octobre, depuis la frontière française, c’est-à-dire Pont-Rouge jusqu’aux abords d’Astene, près de Deynze, soit sur un parcours d’environ 75 km. Rien ne saurait alors dépeindre l’activité qui règne au bord de la rivière. Quiconque a parcouru la ligne de chemin de fer de Lille, Roubaix Tourcoing, Courtrai et Gand a pu, au niveau de la Lys, vers Menin, s’en faire une idée approximative.
- Le rouissage ne donne lieu à aucune pratique bien compliquée. On confectionne d’abord des « bon-geaux », c’est-à-dire des paquets de deux bottes dé
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- UNE NOUVELLE BICYCLETTE ÉLECTRIQUE ======= 253
- lin disposées en sens inverse, qu’on lie à trois endroits différents. Cela fait, on place ces bongeaux verticalement dans des « ballons » ou caisses en bois, à jour, de forme rectangulaire, ayant 3 m. 50 à 4 m. 56 de longueur et de 1 m. 25 à 1 m. 30 de profondeur.
- Les ballons ont des formes variables suivant les localités. Ils n’ont parfois comme ouverture qu’une porte située-sur lé devant et deux claires-voies de 0 m. 10 ménagées entre le fond et les deux parois latérales. Dans d’autres cas, une et même quelque-lois deux faces sont complètement dépouvues de planches.
- Lors du chargement, on garnit les ouvertures de la caisse d’une toile de jute, puis on revêt toute la partie intérieure d’une couche de paille afin de préserver les tiges de lin contré les impuretés et surtout contre les 1
- matières solides charriées par les eaux. On recouvre le tout d’une nouvelle couche de paille et on referme la caisse avec des planches.
- La photographie 1, qui nous a été fort obligeamment communiquée par M. Lievens, photographe à Cour-trai, représente la première phase de chargement d’un ballon. Le ballon, une fois chargé, est soli- > ^
- dement amarré à la rive et immergé dans la rivière au moyen de pierres ou de corps lourds dont le nombre et le poids sont calculés de telle sorte que la caisse reste à un niveau constant pendant toute la durée de l’opération. Tous ces ballons sont disposés les uns à côté des autres et forment une ligne ininterrompue entre la frontière’ française et Deynze. Les gravures 2 et 3, qui ont la même origine que
- Fig. 3. — Le rouissage'Aans la Lys aux environs dé Courtrai; ligne de ballons immergés.
- la photographie 1, montrent l’immersion d’un ballon et l’ensemble des routoirs étagés le long de la Lys, aux environs immédiats de Courtrai.
- La fermentation ne tarde pas à se déclarer au sein dé la masse immergée et la durée du rouissage est plus ou moins longue suivant la température ambiante. Ce n’est que par des essais préliminaires faits à la main qu’il est possible de déterminer exactement la fin de l’opération. Après le déballon-nage, on extrait le contenu de chaque caisse, puis les bougeaux sont déliés et étalés sur les prés qui avoisinent la rivière jusqu’à leur complète dessiccation. Le lin est ensuite conservé en meules où il reste quelque temps, après quoi on le soumet à un deuxième et à un troisième rouissage si les opérations antérieures ont été jugées insuffisantes.
- Le lin roui à la Lys est gras au toucher et la
- filasse qu’il donne a un brillant et une souplesse qui lui ont valu une réputation universelle.
- Pendant le cours d’une saison moyenne, on travaille dans la Lys plus de 100 millions de kilogrammes de lin, représentant une valeur commerciale de 22 millions de francs.
- Le rouissage occupe, dans cette ' partie restreinte de la Belgique, environ 12 000 personnes qui reçoivent annuellement comme salaires la respectable somme de 9500000 francs. Il s’agit là, comme on peut s’en rendre compte, d’une formidable industrie agricole dont les Belges ont s le droit d’être fiers et qui contribue pour beaucoup à la prospérité d’une grande partie des deux Flandres.
- Albert Vilcoq.
- Directeur de l’École d’Âgriculture du Chesnoy (Loiret).
- UNE NOUVELLE BICYCLETTE ELECTRIQUE
- Ce serait certainement faire preuve d’un optimisme déraisonnable que d’entrevoir pour un avenir prochain le triomphe de l’automobilisme électrique sur T automobilisme ordinaire et l’on pourrait avec plus de raison encore taxer d’inconsidération celui qui se croirait en droit de prédire l’avènement éminent du vélocipède, de la bicyclette électrique.
- Il n’est pas contestable cependant que des perfectionnements très intéressants aient été réalisés de-
- puis quelques années dans la construction des accumulateurs et les applications de ceux-ci dans la traction, dans la traction industrielle même, ont acquis une importance très réelle; on sait, par exemple, quel usage étendu il est fait déjà aux États-Unis des automobiles électriques de toute espèce et avec quelle activité on s’emploie dans toutes les villes américaines à favoriser la multiplication de ces véhicules ; en Allemagne, des véhi-
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- eules à accumulateurs sont très utilisés sur différentes lignes de chemins de fer et les services qu’ils rendent y sont considérés comme excellents; on peut citer divers exemples de locomotives à accumulateurs employés dans les services de manœuvres ; des essais — parfois très étendus et couronnés de succès en ces derniers temps — ont été faits par plusieurs grandes administrations, de poste particulièrement, sur l’utilisation de véhicules à accumulateurs; à Berlin notamment, plusieurs nouveaux systèmes sont en ce moment à l’épreuve ; beaucoup d’industriels possèdent dès aujourd’hui des camions à accumulateurs dont on dit grand bien.
- S’il n’est pas permis d’espérer une vulgarisation immédiate de l’automobilisme et du cyclisme électriques, il n’en est donc pas moins utile de suivre les nouvelles tentatives faites dans ce domaine et, à ce titre, nous croyons intéressant de signaler une motocyclette électrique qu’a établie un constructeur américain M. F.-E. Hatch, de Chicago, en mettant à profit les qualités spéciales de légèreté des nouveaux accumulateurs et notamment des accumulateurs Edison.
- La bicyclette électrique présenterait d’ailleurs suffisamment d’attraits comparativement à la motocyclette vulgaire, pour que l’on aspire à la réaliser ; elle aurait tous les avantages de la motocyclette sans en avoir aucun des inconvénients, car un moteur électrique est facile à mettre en marche, tandis que le lancement du moteur à combustion interne est toujours un ennui; il est simple et robuste et ne demande guère de soins spéciaux, tandis que l’autre est délicat, compliqué, difficile à entretenir ; il est propre, inodore, silencieux ; l’autre est sale, peu agréable et bruyant. La bicyclette électrique serait d’une élégance incomparable, d’une sûreté parfaite; ce serait le cycle automoteur de luxe par excellence, pour dame ou jeune fille surtout.
- Le nouveau modèle américain auquel nous faisons allusion plus haut est établi en partant de l’observation étroite de ces qualités et en considérant qu’elles ont surtout leur valeur lorsqu’il s’agit de machines de ville, pour les citadins; ce n’est pas encore, malheureusement, la bicyclette populaire; mais elle- ne coûte pas beaucoup plus cher que ne coûtaient les premières bicyclettes et l’on pourrait
- donc espérer que comme celles-ci, elle baissera de prix peu à peu ; elle revient aujourd’hui, avec une batterie d’accumulateurs de type ordinaire, et tous les accessoires, à un millier de francs.
- Dans ce prix, la batterie intervient pour 150 fr. ; sur cette partie, il n’y a pas grand espoir d’économie appréciable, mais le coût de la machine même semble susceptible de réduction dans l’avenir; la batterie Edison, qui est encore assez chère, pourra également sans doute être fabriquée à meilleur compte.
- La machine se compose essentiellement, comme on peut le voir par notre photographie, d’une bicyclette de construction robuste, sans exagération, portant, sous la selle, un petit moteur hermétique, spécialement fabriqué pour cette application; la transmission entre le moteur et la roue s’effectue par l’intermédiaire d’une chaîne et d’une roue
- dentée; le moteur est contrôlé par un interrupteur logé dans l’une des poignées et la rotation de celle-ci suffit pour déterminer la mise en marche du moteur ou son arrêt ou pour en modifier la vitesse. Le démarrage est rapide et certain et il n’y a pas de pédales ; trois vitesses sont réalisables : de 6,5, de 25 et de 56 km à l’heure.
- La batterie se loge dans le cadre, elle donne une tension de 12 volts, comme il est dit ci-dessus, c’est une batterie ordinaire d’automobile ou une batterie Edison ; la batterie Edison peut fournir des parcours plus longs et elle résiste beaucoup mieux aux charges et décharges, fussent-elles poussées à l’extrême.
- Le cadre est formé de tubes en acier sans soudure; la hauteur est de 60 centimètres; la fourche, à l’avant, est dédoublée, la fourche proprement dite étant munie d’une suspension à ressorts qui met le cycliste à l’abri des trépidations. Sur le côté inférieur du cadre, supportant la batterie, un marchepied fait saillie de chaque côté, il a 62,5 centimètres de longueur et 10 centimètres de largeur.
- Une pédale met la batterier hors circuit sur les descentes et contrôle le frein; en outre, elle permet de renverser le sens de marche en cas de besoin. Le moteur est pourvu de roulements à billes; il peut supporter des surcharges de plus de 300 pour 100. Le projecteur est pourvu d’une lampe à fil de tungstène alimentée sous 12 volts. Avec la batterie prévue, la bicyclette peut faire un service ordinaire
- Nouvelle bicyclette électrique.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES : 255
- en ville ; elle est à même de gravir des pentes normales, d’autant mieux qu’avec le moteur électrique la réduction de vitesse n’implique aucune réduction de la puissance normale.
- La machine peut être employée avec une voitu-
- rette légère comme véhicule de remise à domicile pour de petits transports et elle est de beaucoup préférable aux voitures à chevaux, ne demandant pas d’entretien, n’exigeant pas d’écurie, étant sensiblement moins chère, etc. 11. M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mars 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Les temps orageux et la fermentation. — M. Roux remarque que l’altération du lait, du bouillon et des viandes par les temps orageux est un fait bien établi par l’observation mais que l’on ne sait pas exactement à quelle cause attribuer le phénomène. On a émis l’hypothèse que l’électrisation de l’air activait beaucoup la fermentation. M. Trillat a entrepris des expériences très précises avec de l’air électrisé par différents procédés et il a constaté que non seulement cet air n’activait pas la fermentation, mais qu’il l’entravait plutôt. 11 fallait donc chercher une autre cause que l’électricité. Tout naturellement M. Trillat a pensé à rechercher quelle pouvait être l’action delà dépression sur la fermentation. Il a trouvé que cette action était manifeste. De plus il y a lieu de constater que la diminution de la pression atmosphérique a pour conséquence de laisser sortir de terre des gaz putrides. Or, d’après des expériences antérieures de l’auteur, ces gaz favorisent la fermentation. L’influence du temps orageux suir la conservation du lait, du bouillon et des viandes est donc'expliquée r ~....... ....
- Action biologique du manganèse. Roux pré-
- sente une Note de M. Gabriel Bertrand sur la sensibilité extraordinaire' de l’Asp ergilhfs nïger pour le manganèse. Comme toutes les plantes, l’Aspergillus niger a besoin de manganèse pour se développer, mais de si petites quantités de ce métal lui suffisent, qu’il peut encore prospérer dans des milieux de cultures qui n’en renferment que 1 gramme pour 10 000 mètres cubes, c’est-à-dire roToo'o’oo 000 • Ces recherches de chimie infinitésimale sont très difficiles; elles exigent des méthodes spéciales. ' L’auteur a dû employer des vases de silex pour que le récipient ne puisse fournir du manganèse. De plus il faut que les substances constituant le milieu de culture soient également dépourvues de manganèse. Il est évident qu’à la dose infinitésimale indiquée ci-dessus le manganèse agit comme substance catalytique. C’est Jà un fait qu’il était très utile de constater au point de vue“ physiologique.
- Les roches éruptives grenues. — M. Lacroix expose que les roches éruptives grenues passent pour s’être formées à une très grande profondeur. Au cours de son dernier voyage d’étude à La Réunion, il a eu l’occasion d’observer des filons de roches éruptives grenues (syé-nite, gabbros, etc.). Il conclut qu’une très grande profondeur n’est point nécessaire pour la cristallisation des roches grenues.
- Le mouvement brownien et la décharge électrique. — M. Dastre présente une Note de M. Lipschitz, relative à l’écartement des particules browniennes sous l’influence des décharges électriques. Cet écartement a été attribué à l’effet des ondes sonores nombreuses et courtes qui accompagnent la décharge, et encore à un phénomène dynamique spécial. L’auteur s’est appliqué à analyser les effets des phénomènes de la décharge et a reconnu que l’écartement est dû à l’onde explosive ou disruptive.
- Le traitement des plaies. — MM. Leclainche et Vallée présentent un travail sur le traitement- spécifique des plaies. Il est possible d’obtenir un sérum actif vis-à-vis "des" agents habituels de l’infection des plaies : staphylocoques et streptocoques, coli-bacille, bacille pyocyanique, etc. Déposé à la surface des plaies gravement infectées, le sérum diminue de moitié la durée de la cicatrisation. Il procure la guérison de plaies anciennes rebelles aux divers traitements. L’application de sérum a non seulement les avantages d’un enduit protecteur favorable à la vitalité des cellules, mais encore, il apporte aux phagocytes des anticorps qui leur permettent de détruire les microbes pathogènes.
- Parasite d’annélkles. — M. Bouvier résume une Note de M. Gravier sur les annélides rapportées de la région antarctique par la deuxième expédition Charcot. En examinant le corps de ces animaux,!. Gravier y a découvert des crustacés parasites. Ces crustacés sont tout petits et appartiennent à quatre espèces nouvelles de Copépodes.
- Cil. DE VlLLEDEÜlL.
- NOUVEAUX DIRIGEABLES FRANÇAIS
- r La Société Zodiac vient de terminer la construction du Capitaine Ferber, pendant qu’elle poursuit celle du Commandant Coutelle et celle du rigide Spiess. Voici les caractéristiques des deux premiers de ces nouveaux croiseurs aériens.
- Capitaine Ferber. —Diamètre 12 m. 50; longueur 76 m. ; volume 6000 m5; volume des deux ballonnets 1500 m3. L’enveloppe, dont la surface est de 2250 m2, est faite en tissu double caoutchouté à fils biais de 1600 kg de résistance et pesant 400 gr. le mètre carré. La nacelle, construite en
- tubes d’acier au nickel, est démontable en cinq sections. Sa longueur totale est de 55 m. ; sa hauteur de 2 m. ; sa largeur de 1 m. 10; elle est située à 5 m. au-dessous du ballon. La partie mécanique comporte deux groupes moteurs, chacun d’eux est à 6 cylindres et fait 90 CV. Chaque moteur actionne, par l’intermédiaire de pignons d’angles et d’arbres obliques, deux hélices de 5 m. 50 de diamètre tournant à 500 tours, placées latéralement et au-dessus de la nacelle sur un pylône. L’écartement d’axe en axe des hélices est de 4 ni. 50. Les deux groupes
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- moteurs sont placés à chaque extrémité de la nacelle; les deux paires d’hélices sont: éloignées l’une de l’autre de 21 m. 50. Chaque moteur actionne également un ventilateur capable d’alimenter indifféremment l’un ou l’autre des deux ballonnets ou bien les deux à la fois. Le poste du pilote et celui
- 2 pilotes, 1 observateur, 5 mécaniciens. Enfin on réserve 1250 kg pour le lest. Pendant les premiers essais, la vitesse a atteint 56 km à l’heure.
- Le dirigeable « Commandant Coutelle ». — Ce grand dirigeable mesure 14 m. de diamètre, 89 m. de longueur et 9000 m3. Le volume total des 2 bal-
- Le Capitaine Ferber sortant de son hangar.
- Fig. i. —
- des passagers est placé au centre de la nacelle entre les deux moteurs. Les gouvernails de direction, de profondeur, ainsi que les empennages, sont disposés comme dans le ballon Le Temps. Le gouvernail de profondeur comporte un biplan situé au-dessus et au centre de la nacelle, un monoplan à l’arrière de la nacelle fonctionnant en même temps que le gouvernail de profondeur central.
- Le gouvernail de direction est un monoplan placé à l’arrière du ballon.
- Un empennage horizontal à l’arrière de la nacelle et un autre également horizontal à l’arrière de la carène et dans son axe annulent le tangage. Une quille verticale précède le gouvernail de direction et assure la stabilité de routé. Toutes les commandes des gouvernails sont ramenées au poste du pilote et sont irréversibles.
- Ce ballon peut emporter les provisions d’eau, d’essence et d’huile nécessaires à une marche ininterrompue des deux moteurs à . pleine puissance pendant 15 heures : le personnel de bord comporte
- lonnets de 2600 m3. Le tissu est semblable à celui du Capitaine Ferber. La nacelle est également construite de la même manière et démontable en cinq sections. Sa longueur est de 40 m., sa hauteur est de 2 m. et sa largeur de 1 m. 30; elle est située à 5 m. sous le ballon. La hauteur totale de l’ensemble en plein vol est de 21 m. Les deux groupes moteurs, placés l’un à l’avant, l’autre à l’arrière de la nacelle font 190 CV à 1000 tours. Chaque moteur actionne 2 hélices de 4 m. 50 de diamètre tournant à 500 tours, placées latéralement à la nacelle sur un pylône surélevé. Les deux groupes d’hélices sont éloignés l’un de l’autre de 24 m. Toutes les autres dispositions mécaniques et les commandes sont semblables à celles du Capitaine Ferber.
- Le dirigeable pourra marcher pendant 20 heures, emporter 6 personnes et 2200 kg de lest. Sa vitesse atteindra probablement 58 à 60 km à l’heure.
- Fig. 2.
- Vue d’ensemble du Capitaine Ferber.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- COMMENT ON ELEVE LES TORTUES AU JAPON
- 16 MARS 1912.
- M. Raveret-Wattel vient de faire connaître à la Société Nationale d'Acclimatation, d’après le professeur Mitsukuri, une curieuse industrie nouvelle : l’élevage des tortues comestibles, qui se développe en ce moment au Japon.
- Les tortues sont très recherchées aussi bien au Japon qu’en Angleterre et aux États-Unis pour leurs qualités culinaires, mais tandis que les Anglo-Saxons se contentent de manger les tortues qu’ils pêchent, les sujets de l’Empire du Soleil Levant s’occupent depuis peu d’élever les espèces dont ils sont friands. Un pisciculteur des faubourgs de Tokio, M. Hattori, de Fukagawa, vient ainsi de créer la testudoculture et même la testudofacture. L’espèce qu’il élève est le Trionyx japonicus (U.
- prolonge en une petite trompe. L’établissement de M. Hattori comprend à Fukagawa une ferme à tortues de 3 hectares et demi, une autre d’un hectare
- Trois espèces de tortues comestibles : i, Trionyx japonicus du Japon; 2, Testudo viridis d’Europe;
- 3, Malacoclemmys palustris d’Amérique.
- tortue molle, sans écailles, dont le bec est recouvert en dehors de lèvres charnues et dont le nez se
- 1. D’autres espèces de Trionyx vivent dans les eaux douces d’Amérique et d’Asie; elles y détruisent en grand nombre les œufs et les jeunes d’autres reptiles : crocodile, caïman, etc., et servent de nourriture aux mêmes reptiles adultes.
- et à Misaka une troisième ferme beaucoup plus grande de 12 hectares et demi. Ces trois établissements peuvent recueillir par an 80 000 œufs qui donneront après 3 années d’élevage 60 000 tortues environ valant 4 à 5 francs le kilogramme. Comme chaque tortue de 3 ans pèse en ' moyenne 300 grammes, c’est donc une vente annuelle de près de 90000 francs que peut faire l’industrie de M. Hattori.
- L’élevage des Trionyx se fait dans des viviers alimentés par l’eau d’une rivière voisine. Chaque vivier a environ 1 mètre de profondeur et son fond est formé d’une épaisse couche de vase molle pour que les Tortues puissent s’y cacher pendant l’hibernation; sa surface est très variable et semble peu importer. Autour du vivier est un petit sentier permettant le service, puis un talus d’environ 1 m. 60 incliné vers l’eau; enfin, au haut du talus est un second sentier, puis une clôture en planches très solide et enfoncée suffisamment dans le sol pour que les tortues ne s’évadent pas par dessous et que les taupes ne pénètrent pas dans l’enclos d?.éle-vage. De la fin de mai au milieu d’août les tortues mères du vivier contenant les reproducteurs viennent pondre sur le talus ; elles lé font d’une manière intéressante. On les voit sortir de l’eau, puis circuler quelque temps sur le sentier inférieur à la recherche d’une place favorable. Celle-ci choisie, elles se placent la tête vers le haut de la pente, enfoncent leurs pattes antérieures dans
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- 40e année. — »“ semestre.
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- 258 COMMENT ON ÉLÈVE LES TORTUES AU JAPON
- là terre et restent dans cette position jusqu’à la fin de la ponte. Avec les pattes postérieures, elles commencent à creuser leur trou, puis y déposent leurs œufs et les recouvrent ensuite de terre. Ce travail de terrassement est fort curieux à voir ; la Trionyx, quand elle creuse, enfonce simultanément ses deux pattes de derrière dans la terre, puis les écarte latéralement toutes deux ensemble; elle lance ainsi la terre sur les côtés, parfois avec une telle vigueur que les particules sont lancées jusqu’à plus de 5 mètres. Le travail achevé, le trou a généralement une dizaine de centimètres de profondeur et autant de longueur et de largeur. La tortue pond alors 17 à 28 œufs sphériques ou légèrement oblongs de 2 centimètres de diamètre. Puis, la ponte terminée, elle rebouche le trou en rabattant sur ses œufs la terre qu’elle avait écartée, la tasse, et satisfaite, dégage ses pattes de devant, se retourne et regagne le vivier sans plus s’occuper de sa progéniture.
- M. Mitsukuri, qui les a étudiées, a remarqué qu’elles n’aiment être ni dérangées, ni même vues pendant cette occupation. « Lorsqu’on veut observer une femelle de Trionyx, dit-il, et la voir déposer ses œufs, on est obligé de marcher sur les genoux et les mains pour venir regarder par quelque trou ménagé dans la clôture en planches qui entoure le bassin, et se bien garder de çévéler sa présence d’une façon quelconque, car si la Tortue vient à se douter qu’on l’aperçoit, elle s’arrête immédiatement dans son travail de terrassement et regagne l’eau au plus vite. »
- « J’ai observé, dit encore M. Mitsukuri, un fait qui me paraît mériter d’être signalé. Quand une jeune femelle effectue sa première ponte, elle se montre très maladroite, le trou quelle creuse est mal fait et, après la ponte, elle le laisse incomplètement rebouché. Les vieilles femelles, au contraire, sont très soigneuses dans leur travail ; de sorte que quand on voit un nid, on peut au premier coup d’œil reconnaître, à l’adresse plus ou moins grande avec laquelle il a été fait, quel était l’âge de la Tortue qui l’a établi, de même qu’il est facile de juger de la taille de l’animal d’après l’écartement qui existe entre les deux empreintes laissées par les pattes de devant et l’endroit où les œufs ont été déposés. Il est certain qüe si, dans l’établissement de son nid, l’animal est surtout guidé par l’instinct, il acquiert, par l’expérience, une adresse plus grande pour l’exécution de ce travail. »
- Chaque jour, on relève les traces des pontes et l’on recouvre chacune d’elles d’un panier renversé pour éviter qu’elles ne soient dérangées par d’autres tortues venant pondre ; le panier porte une étiquette mentionnant la date où on l’a posé.
- Les petites Tortues éclosent une soixantaine de jours après la ponte, plus tôt si le temps est beau et sec, plus tard dans le cas contraire. Les petits
- des pontes de mai naissent donc alors que les tortues adultes n’ont pas fini de pondre, vers la fin de juillet ou le commencement d’août. On ne peut songer à retirer déjà les adultes qui n’ont pas terminé leur fonction, et l’on ne peut laisser les jeunes descendre au bassin commun où elles seraient immédiatement dévorées par leurs parents, Ugolins aquatiques. Cette difficulté a embarrassé au début M. Hattori qui l’a résolue de la façon suivante : autour du bassin, à 1 mètre de la rive, on fait une barrière de planches infranchissable pour les petites, mais que les grandes peuvent escalader dans les deux sens ; les jeunes enfants des Trionyx cherchant à gagner l’eau descendent le talus jusqu’à la barrière, s’y arrêtent, puis cherchent un passage en la contournant. Elles arrivent ainsi à des terrines pleines d’eau que l’on avait eu le soin de placer de distance en distance; elles y tombent, y plongent et on les y ramasse pour les porter à leur parc d’élevage, véritable nursery.
- Il ne s’agit plus que de les nourrir. C’est là, comme dans tous les établissements d’élevage, le problème le plus délicat. Après de nombreux essais, M. Hattori s’est arrêté au régime suivant : comme premiers menus, du poisson de mer haché (poisson voisin de la sardine), qu’on donne seul jusqu’à la fin de septembre ; puis les tortues vont se coucher dans la vase du fond de leur bassin pour y dormir tout l’hiver ; elles se réveillent en avril ou en mai et on leur donne alors la même nourriture qu’on varie peu à peu en ajoutant au poisson des viandes hachées, des mollusques écrasés qu’on fabrique en faisant passer sous une meule des « shiofukin » [Mactra veneriformis), auxquels on joint bientôt des chrysalides, du blé bouilli, etc.
- A ce régime, les tortues grandissent vite. A la naissance, elles pesaient 4 grammes, un an après elles en pèsent 169 ; dans la deuxième année, elles atteignent 500 grammes, 565 dans la troisième année, 750 dans la quatrième. Elles sont comestibles dès la deuxième année et sont très estimées jusqu’à la quatrième. Celles qui, plus heureuses, atteignent 5 ans sans avoir été vendues ni cuites, servent à pondre d’autres œufs et à entretenir ainsi le commerce florissant.
- Les Trionyx n’aiment pas vivre seules dans leurs viviers ; elles préfèrent de beaucoup vivre en compagnie de carpes et d’anguifles qui remuent la vase et troublent l’eau, où elles se trouvent en plus grande sécurité que dans une eau transparente. Dans une eau claire, en effet, elles sont inquiètes au point' de ne pas oser manger, ce qui nuit naturellement à leur croissance.
- Il est peut-être regrettable que le goût des Français pour les Chéloniens ne soit pas suffisant pour susciter chez nous( la création d’une pareille industrie. René Merle.
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- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 17 AVRIL 1912(1)
- Le désir d’assister au spectacle grandiose d’une éclipse totale de Soleil a été, pour beaucoup d’astronomes et d’admirateurs de la Nature, un rêve qui ne s’est jamais réalisé. La cause en est, surtout, à la rareté relative de ces phénomènes, notamment pour un lieu donné de la Terre. Il faut aller rechercher, au loin, le petit cercle d’ombre projeté par la Lune à la surface de notre planète et organiser, presque toujours, des expéditions astronomiques coûteuses auxquelles n’ont la faveur de prendre part que quelques astronomes privilégiés. Dans une période de 18 ans et 11 jours, au bout de laquelle les éclipses de Soleil et de Lune se reproduisent
- et totale. Cette particularité exige quelques explications. On sait comment sont produites les éclipses de Soleil : la Lune, corps opaque, se projette devant l’astre radieux et cache sa lumière, en tout ou en partie. Le diamètre moyen du Soleil, vu du centre de la Terre, est de 52'5",64; celui de la Lune de 31'8",18. Si les distances respectives du Soleil et de la Lune à la Terre restaient les mêmes et égales à la distance moyenne, on voit qu’il n’y aurait jamais d’éclipse totale, puisque le diamètre moyen de la Lune est toujours inférieur à celui du Soleil, même en tenant compte de ce que l’observateur est à la surface et non au centre de la Terre.
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- Trajectoire de l’éclipse de Soleil du i? avril igi2, de l’Atlantique à la Russie.
- Fig. i. —
- dans le même ordre, on compte, en moyenne, 70 éclipses : 29 de Lune et 41 de Soleil. Si les éclipses de Lune sont moins fréquentes, on les observe, cependant, plus souvent que celles de Soleil, parce que la Lune étant effectivement assombrie, le phénomène est vu à la fois de toute une moitié de la Terre.
- Or, nous allons être favorisés, le 17 avril prochain, d’une éclipse de Soleil dont la ligne centrale traverse la France et passe à très petite distance de Paris; de plus, elle se produit juste au milieu du jour.
- C’est là une circonstance très rare, puisque la dernière éclipse totale de Soleil vue à Paris est celle du 22 mai 1724, et que la suivante se produira le U août 1999, dans 87 ans.
- L’éclipse du 17 avril 1912 est à la fois annulaire
- Mais les distances de la Terre à la Lune et au Soleil varient constamment, et les diamètres apparents de ces deux derniers astres en éprouvent une variation correspondante et de sens contraire. Le tableau suivant montre d’ailleurs les variations extrêmes de ces diamètres, toujours pour un observateur situé au centre du globe :
- A la distance
- Astres. Maximum. Minimum. moyenne.
- Soleil. ... 32'36”,40 31'31”,90 52'5",64 Lune. . . . 55 37,60 29 21,00 51 8,18
- Dans le calcul des éclipses, on adopte toutefois des chiffres un peu plus faibles, débarrassés notamment de l’irradiation, comme on le verra plus loin.. ' oijjf.
- 1. Dans cct article, les heures sont données en temps moyen légal français (heure de Greenwich), compté de 0 heure à 24 heures à partir de minuit.
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- 260 ======= L’ECLIPSE DE SOLEIL DU 17 AVRIL 1912
- Ainsi donc, le diamètre lunaire peut arriver à être plus petit que le diamètre solaire minimum ; et il peut aussi être plus grand que le diamètre solaire maximum. Il prend toutes les valeurs intermédiaires. Lorsque le diamètre de la Lune est inférieur à celui du Soleil, sur la ligne centrale on verra une éclipse annulaire (le Soleil débordant tout autour de la Lune en un anneau éclatant de lumière) ; dans le cas contraire, on observera une éclipse totale.
- . Si, enfin, l’éclipse se produit à un «moment où les diamètres apparents .du Soleil et de la Lune sont presque égaux, l’éclipse peut à la fois être annulaire et totale. Elle sera annulaire aux extrémités de la trajectoire sur la Terre, mais totale vers le milieu, parce que la Terre étant sphérique, l’observateur est plus rapproché de la Lune à ce moment, d’environ un rayon terrestre, et le diamètre lunaire en subit un agrandissement apparent suffisant pour produire la totalité.
- Les éclipses à la fois annulaires et totales ne sont. pas très rares : elles se produisent 5 à 6 fois par siècle.
- L’éclipse du 17 avril sera, en outre, un cas très particulier de ces phénomènes : la totalité ne durera qu’un temps extrêmement court, si même elle a lieu. Nous allons comprendre pourquoi.
- La ligne centrale de l’éclipse, le long de laquelle on observera la phase annulaire, commence au Vénézuéla, passe sur la Guyane anglaise, traverse l’Atlantique, où l’éclipse deviendrait totale, coupe le Nord du Portugal, le Nord-Ouest de l’Espagne, le golfe de Gascogne, rencontre la France près des Sables-d’Olonne, se dirige vers Paris, qu’elle laisse au Sud-Est, arrive près de Liège où l’éclipse, d’après la Connaissance des Temps, cesserait d’être totale pour redevenir annulaire, et continue par Hambourg, la Baltique, Saint-Pétersbourg. Le cône de pénombre de la Lune quitte la Terre en Russie d’Asie.
- La figure 1, que nous empruntons à la revue Y Astronomie, est une copie partielle de la carte générale de la Connaissance des Temps.
- Elle donne la trajectoire centrale de l’éclipse, de l’Atlantique à la Russie.
- Les lignes ponctuées parallèles à la ligne cen-
- trale marquent les lieux où l’éclipse ne sera que des 9/10, 8/10, etc., du diamètre solaire.
- L’éclipse serait Jotale entre llh7m, 1 et 12h 14m,5.
- Avant et après ces heures, on trouve la phase annulaire. Les données du Bureau des Longitudes indiquent une totalité d’une très faible durée et un cône d’ombre particulièrement étroit à la surface de la Terrre (1 à 2 kilomètres au plus vers Paris). Ces valeurs résultent de l’égalité presque complète des diamètres du Soleil et de la Lune, le 17 avril. En effet, pour le centre de la Terre, et au moment de l’éclipse, on trouve pour le diamètre vrai de la Lune : 51'26",6; pour le diamètre vrai du Soleil : 31' 51",0. La différence n’est que de 24",4. Au centre de la Terre, l’éclipse serait certainement annulaire. Pour un observateur situé à la surface, l’agrandissement résultant dans le diamètre lunaire donne un chiffre très légèrement supérieur à 31' 51",0 et l’éclipse totale est possible.
- Mais enfin, peut-on savoir si l’éclipse sera totale ou non? M. G. Bigourdan, de l’Observatoire de Paris, a publié dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1911 une étude détaillée de ce phénomène où il dit :
- « Sur la ligne de centralité, le calcul de la Connaissance des Temps indique une éclipse qui cesserait d’être totale vers Liège pour devenir alors annulaire ; et la durée de totalité serait de 6 secondes en Espagne, de 4 en Vendée, de 2 en face dé Paris, vers Saint-Germain. Cette durée dépend nécessairement des diamètres attribués au Soleil et à la Lune; or, on n’est pas tout à fait d’accord sur ces diamètres, particulièrement sur celui de la Lune. Dans les éclipses des dernières années, la durée réelle de la totalité a été de 5 à 5 ser condes plus courte que la durée calculée, ce qui paraît tenir à ce que le diamètre attribué à la Lune est un peu trop grand. D’après cela, l’éclipse de 1912 serait simplement annulaire dans toute la traversée de la France. » M. Bigourdan insiste avec raison sur l’incertitude de la valeur du diamètre lunaire, d’autant plus qu’ici c’est justement cette incertitude qui suffit à faire subsister le doute sur la production de la totalité. En effet, quelle définition peut-on donner du diamètre de la Lune? Pour qui a vu notre
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- Fig. 2. — U éclipse du 77 avril içi2 dans la région de Paris.
- Les 4 trajectoires figurées ici sont également probables et résultent des calculs les plus précis effectués au moyen des éléments adoptés dans les éphèmèrides nationales de France, d’Angleterre, d’Allemagne et des États-Unis. {D’après les calculs effectués au laboratoire astrophysique de M. A. de la Baume Pluvinel.)
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- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 17 AVRIL 1912 ===== 261
- satellite au télescope, couvert de hautes montagnes se profilant, au bord, sur le fond du ciel, il y a autant de diamètres lunaires que l’on pourra faire démesures. Prises sur une montagne, les mesures donnent une valeur trop grande. Dans une vallée, le diamètre trouvé peut être trop faible. Les moyennes ne rétablissent pas l’équilibre. Bien plus, le phénomène général de la libration, qui se traduit constamment par des balancements de notre satellite, présente tour à tour les diamètres mesurés sous des perspectives différentes. Pour avoir le véritable diamètre
- durée de la phase annulaire suivant deux hypothèses : \0 avec le diamètre lunaire moyen : 51'5",42 ; 2° avec le diamètre : 51' 3",06.
- Avec cette seconde valeur, les limites boréale et australe de la ligne centrale (le trait double sur la figure 1) seraient un peu déplacées, d’une quantité qui n’excéderait pas 0',5 en longitude et 2' en latitude ; l’éclipse serait annulaire pendant toute sa durée.
- Mais s’il existe une incertitude sur le diamètre de la Lune, il en existe également une sur sa position.
- Fig. 3. — Carte indiquant, pour la France entière, les heures du commencement, du milieu et de la fin, et la grandeur de la phase de l’éclipse du 17 avril içi2. (Pour toute ville située entre les courbes de la carte, une simple interpolation permettra de déduire les mêmes éléments.)
- lunaire moyen, il faudrait effectuer un réel nivellement de l’astre, et rapporter les mesures à un niveau moyen, comme, de la Lune, on pourrait mesurer le diamètre de la Terre entre des bords océaniques opposés.
- Il est donc impossible de répondre catégoriquement. Et cependant, cette éclipse, qui se présente comme un véritable cas limite, a fait l’objet d’études et de recherches spéciales, notamment de M. Savitch, du Bureau des Longitudes, qui a apporté à son calcul une précision exceptionnelle. La conclusion, c’est que ce phénomène pourra servir avantageusement à la détermination de la valeur du diamètre de la Lune Dans son travail, M. Savitch a calculé la
- Les éléments écliptiques adoptés pour la Terre et la Lune diffèrent un peu suivant les auteurs des mesures, et par conséquent suivant les sources auxquelles on s’adresse. Et il en résulte autant de trajectoires différentes de l’éclipse à la surface de la Terre.
- M. le comte A. de la Baume Pluvinel, qui s’est fait, depuis longtemps, une spécialité de l’étude des éclipses de Soleil, a bien voulu communiquer, pour les lecteurs de cette Revue, les résultats des calculs effectués dans son laboratoire d’astrophysique. Nous sommes heureux de l’en remercier ici. Les chiffres ont été employés à tracer notre carte figure 2, pour la région de Paris,
- Sur cette carte, on voit quatre lignes centrales,
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- L’une est celle donnée par les éléments adoptés dans la Connaissance des Temps, les trois autres, les trajectoires. fournies par les éléments adoptés dans le Nauiical Almanach, le Berliner Iahrhuch et Y American Ephemeris, qui sont pour l’Angleterre, l’Allemagne et les États-Unis, ce qu’est pour nous la Connaissance des Temps. Les heures : 1211 8m, 12h9m,... !2h12m, indiquent, suivant ces diverses éphémérides, la position correspondante de l’axe du cône d’ombre.
- Il semblerait, arrivés ici, que nous tombons d’erreurs en erreurs, et qu’il va être impossible de nous retrouver au milieu de ces résultats en apparence si divergents. L’astronomie, science de précision par excellence, ne peut-elle sortir de l’embarras où semble la conduire cette modeste éclipse solaire. Sera-t-il possible de trouver, au milieu de ces lignes, le point idéal où l’on devra se placer pour mieux voir l’éclipse? Hélas! non! ces quatre trajectoires sont également probables, elles résultent de calculs minutieux, effectués avec des éléments dont la précision est comparable, et il est impossible, actuellement, de faire mieux. Il faudrait ajouter aux éléments adoptés une décimale dont la conquête nécessitera sans doute de longs et patients efforts.
- A notre avis, ces différences, eu égard aux proportions réelles du phénomène, confirment, au contraire, la précision remarquable des méthodes astronomiques. L’intervalle extrême entre les trajectoires les plus distantes (Connaissance des Temps et Berlîner Iahrhuch) est inférieur à la largeur de Paris du Sud au Nord et de 6 à 7 kilomètres seulement. La distance de la Lune est de 384000 kilomètres. Cet intervalle n’est donc finalement que 1
- le /rrrunH environ de la distance de la Lune. Ainsi,
- bUUUÜ
- prétendre trouver un argument contre les méthodes astronomiques parce que les calculs conduisent aux quatre trajectoires de la figure 2 revienderait à exiger une précision d’environ un mètre dans la mesure de la distance de Paris à Beauvais, qui est à vol d’oiseau un peu supérieure à 60 kilomètres. Remarquons encore que cette différence, à la distance de la Lune, correspond à un angle de 3" seulement, c’est-à-dire de l’ordre des inégalités du pourtour du disque lunaire.
- Pour en revenir à l’observation du phénomène qui nous intéresse plus particulièrement ici, nous reproduisons le tableau ci-dessous, extrait de l’étude de M. Bigourdan, et contenant, pour un certain nombre de localités situées sur la ligne centrale, de l’Océan à la frontière belge, l’heure correspondant à la phase maximum, calculée par M. D. Savitch :
- Heure do la phase- ' maximum.
- . 12 h. 2 m. 3 s.
- . 12 h. 3 m. 3 s.
- . 12 h. 3 m. 33 s.
- . 12 h. 3 m. 45 s.
- . 12 h. 5 m. 21 s.
- . 12 h. 5 m. 39 s.
- . 12 h. 6 m. 9 s.
- , 12 h. 6 if). 27 s,
- Heure do la phase
- Localités. maximnm.
- Grand-Lucô (Sarlhe)........................, . . 12 h. 6 m. 51 s.
- Bouloire (Sarthe).................................12 h. 7 m. 9 s.
- Vibraye (Sarthe)................................. 12 h. 7 m. 27 s.
- Montmirail (Sarthe) . . :..........' . . . . 12 h. 7 m. 33 s.
- Frazé (Eure-et-Loir). . ..........................12 h. 8 m.' 9 s.
- Maintenon (Eure-et-Loir)..........................12 h. 9 m. 15 s.
- Épernon (Eure-et-Loir)............................12 h. 9 m. 27 s.
- Les Clayes (Seinc-et-Oise).................. 12 h. 10 m. 9 s.
- Villepreux (Seine-et-Oise)....................... 12 h. 10 m. 9 s.
- L’Étang-la-Ville (Seine-et-Oise)............... . 12 h. 10 m. 15 s.
- Mareil-Marlv (Seine-et-Oise)......................12 h. 10 m. 21 s.
- Saint-Germâin-en-Laye (Seine-et-Oise). ... 12 h. 10 m. 21 s.
- Le Pecq (Seine-et-Oise)...........................12 h. 10 m. 21 s.
- Le Vésinet (Seine-et-Ofise)..................... 12 h 10 m. 21 s.
- Montesson (Seine-et-Oise).........................12 h. 10 m. 27 s.
- Houilles-Sartrouville (Seine-et-Oise).............12 h. 10 m. 33 s.
- Eaubonne (Seine-et-Oise)..........................12 h. 10 m. 39 s.
- Àttichy (Oise)....................................12 h. 12 m. 15 s.
- Saint-Gobain (Aisne)..............................12 h. 12 m. 57 s.
- Sains (Aisne).....................................12 h. 13 m. 33 s.
- Notre carte, figure 2, permettra aux observateurs de la région de Paris de choisir leur station. Saint-Germain, avec son admirable terrasse, paraît un des lieux les mieux situés pour jouir du spectacle céleste et observer, si possible, la disparition de l’ombre après la phase centrale.
- Mais, répétons-le, ceci n’est qu’une indication : il est, en effet, impossible de dire à quel endroit exactement la totalité se produira, si même elle a fieu.
- Nous n’avons parlé, jusqu’ici, que de l’éclipse centrale. L’éclipse partielle sera visible de toute l’Europe et, en France notamment, sera très intéressante à observer. Le tableau ci-dessous, publié par le Bureau des Longitudes, donne les heures des phases et la grandeur maximum de l’éclipse pour les principales villes de France. On remarquera notamment qu’à Angers, Le Mans, Meudon, Paris, La Rochelle, Tours, l’éclipse sera presque complète. Ce même tableau et la carte figure 3, permettront à nos lecteurs d’apprécier l’heure des phases principales par une interpolation grossière faite d’après leur position par rapport aux villes mentionnées dans le tableau et figurées sur la carte.
- Phase Grandeur
- Localités. Commencement. maximum. Fin. de l’éclipse
- Alger 10h30"' '28» Il» 54“ 20» 15h 20” 15* 0,727
- Angers .... 45“ 8* 12» 4'” 55» 27” 58» 0,995
- Besançon . . . 51- 23» 14™ 5» 56” 55* 0,916
- Bordeaux . . . 38“ •51' l™ 25“ 25” 53» 0,952
- Bourges. . . . 46" 12» 8™ 40» 31™ 45» 0,958
- Brest . . . . 40“ •25» 0™ 45» 22” 58» 0,924
- Cherbourg. . . 45“ •45» 6™ 10* 27™ 47,» 0,937
- Clermont-Fer11. 45" 1» 8™ 4» 31™ 45» 0,921
- Dijon 50“ 9- 12™ 47» 35” 23» 0,929
- Dunkerque . . 52" i34» 15“ 1* 33” 42» 0.958
- Grenoble . . . 47" 59» 11”21* 54” 44* 0,873
- Le Havre . . . 47" •2 V 8» 19’ 30™ 5» 0,963
- Lille 52” •45» 15™ 51» 34” 28» 0,975
- Limoges. . . . 42“ •36» 5“ 24» 29” 16» 0,947
- Lyon 47" •20» 10“ SI* 55™ 54» 0,897
- Le Mans. . . . 44“ •59* 6“ 40* 29” 23» 0,994
- Marseille . . . 44" •38* 8™ 26» 52” 52* 0,855
- Meudon". . . . 48" •48» 10” 26* 32™ 34» 0,997
- Montauhan. . . 39” ”40» 3“ 4» 27“ 45» 0,908
- Montpellier . . 42" •44» 6“ 26* 50” 50» 0,865
- Nancy... . . . 55" •46» 15” 52» 57™ 35» 0,946
- Nice 48" •22» 12" 2* 55”26» 0,818
- Orléans.... 46" •55» 8™ 57* 51” 58» 0,982
- Paris 48“ •59» 10™ 37» 32™ 44* 0,996
- Perpignan. . . 39” "45» 3” 56» 28” 31» 0,857
- Rennes. . . . 42” «58» ' 4“’11» 26” 49* 0,967
- La Rochelle. . 40” » 4» 2” 19* 26” 8» 0,986
- Saint-Nazaire . 40” *50» 2“ 21» 25” 50» 0,977
- Toulon. . . . 45” “14“ 9” 4» 35“ 2» 0,825
- Toulouse . . . 39” 8» 2“ 59» 27“ 50* 0,898
- Tours 10» 44” 32» 12h 6” 56* 151'29“59» 0,988
- Quelles sont les chances de beau temps dans le climat parisien? D’après la statistique des années I antérieures, on trouve que, pour le 17 avril, sur
- Localités.
- Talmont (Vendée). . . Les Essarts (Vendée) . Les Herbiers (Vendée). Saint-Laurent (Vendée). Beaufort (Maine-et-Loire) Baugé (Maine-et-Loire). Le Lude (Sarthe) . . . Mayet (Sarthe).....
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- L’AVIATION PAR L’OBSERVATION DU VOL DES OISEAUX 263
- 100 jours, on en rencontre 10 complètement découverts et 60 avec des nuages permettant de voir le Soleil. Au total, on peut évaluer à 83 pour 100 les chances d’entrevoir l’éclipse sous le climat de Paris.
- Nos lecteurs de la France entière sont maintenant fixés sur les conditions géométriques de ce phénomène. Il ne reste plus qu’à fournir quelques indications, forcément très succinctes, sur « ce que l’on verra ». Quels sont les phénomènes à observer, les expériences à faire, les appareils à utiliser?
- Pendant la phase partielle, avant et après le milieu de l’éclipse, aussi bien sur la ligne centrale que loin de celle-ci, on pourra(Q chercher à voir la Lune en dehors du Soleil; noter les heures des contacts; mesurer la distance des cornes ; noter les heures des contacts avec les diverses taches solaires, peu nombreuses à cette époque voisine du minimum solaire. Etudier la variation de la lumière du jour (l’emploi de papiers photographiques à noircissement direct, exposés pendant des temps égaux, conduira à d’intéressantes échelles de teintes). Remarquer l’aspect des ombres, très différentes pour les parties des objets parallèles à la ligne des cornes et pour les parties perpendiculaires. Bien observer la teinte des objets terrestres et du ciel, dont la variation de couleur et d’opacité est frappante vers la direction du cône d’ombre. Remarquer la descente apparente du ciel et des nuages au voisinage de la totalité (en 1905, en Espagne, nous avons été très surpris de ce phénomène, les nuages semblant à quelques mètres au-dessus de nous). Rechercher la couronne solaire et les protubérances en dehors de la totalité. Au voisinage même de celle-ci, observer les ombres volantes sur le sol et des objets, et les grains de chapelet ou de Baily, produits par le passage des rayons solaires au fond des vallées lunaires. Observer l’arrivée de l’ombre dans l’atmosphère terrestre.
- Au moment de la totalité, si totalité il y a, on verra peut-être la couronne solaire et les protubérances. Il ne faudra pas s’attendre à une grande obscurité, le cône d’ombre étant très étroit et l’atmosphère terrestre illuminée tout autour par les rayons solaires. Si la totalité se produit, il serait du plus haut intérêt d’en fixer les limites précises sur le sol, en échelonnant des observateurs de bonne volonté, par exemple tous les 50 mètres, perpendiculairement à la trajectoire. Ces observateurs noteraient les points où l’éclipse a cessé d’être totale.
- Mais il conviendrait d’avoir seulement recours à des observateurs exercés, incapables de se méprendre sur la nature de la phase. En 1905, une expérience semblable a été tentée en Algérie. Des cantonniers d’une voie ferrée, sous la direction d’un ingénieur, placés tous les 50 mètres, avaient mission d’indiquer à partir de quel moment l’éclipse n’était plus totale. Or, il arriva que, parmi ces observateurs alignés, il y en eut qui virent l’éclipse comme partielle alors que l’observateur précédent et l’observateur suivant la voyaient encore comme totale. Les grains deBaily viennent ici perturber singulièrement cette observation.
- Il sera peut-être intéressant de s’élever dans l’atmosphère pour observer la variation d’aspect du paysage d’un peu haut. Une ascension en ballon captif sur la ligne centrale serait utile; en ballon libre, on risquerait fort d’être entraîné en dehors de cette zone. Enfin, une ascension en aéroplane ne manquerait pas de pittoresque et de nouveauté; mais les aviateurs feront bien de se méfier du vent de Véclipse qui se produit presque toujours au moment de la totalité, et doit donner lieu à des remous fort dangereux.
- Parmi les instruments que chacun pourra employer, nous conseillons le simple verre noirci, enfumé, que l’on rend plus maniable en le doublant d’un second verre séparé du premier par des bandes de carton, et bordant le tout avec du papièr gommé. On utilisera encore une simple jumelle (munie d’un verre noirci) et les petites longues-vues (avec bonnettes noires). Si la totalité a lieu, le plus simple sera de la contempler à l’œil nu. Elle sera si courte que l’interposition d’un instrument quelconque conduirait à faire manquer son observation.
- Pour la photographie, nous conseillons l’emploi des chambres à long foyer et le dédoublement de l’objectif, chaque fois qu’on le pourra. Employer des plaques lentes et faire des instantanés rapides.
- L’étendue de cet article nous interdit de parler ici des travaux scientifiques qui seront accomplis, si le temps le permet, dans les quelques missions qui vont se rendre sur la ligne centrale. Nous y reviendrons sans doute à propos du résultat des observations.
- Il n’y aura plus d’éclipse totale de Soleil à Paris, nous l’avons vu, avant 87 ans. Cette raison engagera tous les Parisiens à observer l’éclipse du 17 avril prochain. Ils assisteront là à un spectacle unique dans leur existence. Em. Touchet.
- L’ÉTUDE DE L’AVIATION PAR L’OBSERVATION DU VOL DES OISEAUX
- Dans un précédent article (2) nous avons dit quel intérêt de premier ordre, historique et pratique, s’attachait à la publication de l’œuvre inédite de Mouillard. L’histoire du gauchissement, c’était la part faite au passé. Que puisera main-
- 1. Voy. Bigotodan, Annuaire du Bureau des Longitudes, années 1906 et 1911. Notices.
- 2. Yoy. n° 2022, du 24 février 1912.
- tenant l’aATenir dans l’œuvre de ce grand Français?
- De cette œuvre si riche, presque trop riche, et forcément touffue, nous n’avons pas l’intention de donner ici une idée complète. Le titre de cette étude indique que nous nous bornerons à l’exposé, très sommaire, des recherches expérimentales poursuivies par Mouillard sur le vol des oiseaux.
- Mouillard fut avant tout, nous l’avons dit, un
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- observateur de génie. Ajoutons que cet observateur put consacrer son existence entière à observer, qu’il s’était exilé en vue de ce but unique dans cette ville du Caire qu’il nomme lui-même une grande volière ou un monde d'oiseaux, et nous comprendrons combien sont rares et pre'cieux les documents que M. Henry-Coüannier, président du Comité d’initiative de la Ligue Nationale Aérienne, a su si heureusement rassembler.
- La vocation purement expérimentale de Mouillard fut décidée par la lecture des travaux d’un grand théoricien. Ce n’est pas là un paradoxe : il suffit pour se l’expliquer de savoir que ce grand mathématicien, qui avait nom Lalande, avait évalué à 127 mètres carrés la surface qui était indispensable à l’homme pour s’envoler. Ce chiffre de 127 mètres carrés, dont Mouillard eutcon-naissance aux environs de sa vingtième année, déjà passionné qu’il était pour les choses de l’air, le découragea pendant un grand mois, mais on peut dire qu’il lui redonna ensuite du courage pour toute sa vie. En effet, au bout de ce mois de découragement, Mouillard, qui avait un aigle captif, eut l’idée de peser cet oiseau et de mesurer d’autre part la surface portante de ses ailes ; la comparaison du résultat avec celui de Lalande le rassura complètement, en même temps qu’elle le détournait à tout jamais de suivre d’autres voies que la voie expérimentale.
- Le voici donc installé au Caire, n’ayant qu’à regarder par sa fenêtre pour apercevoir, sur l’arbre en face, des milans, rois des planeurs, et des corbeaux, ces corbeaux d’Egypte « au vol si curieusement élastique »; qu’à faire quelques pas dans les rues pour voir passer une multitude d’oiseaux de toutes sortes, jusqu’à des merles bleus; qu’à lever les yeux, enfin, partout où il se trouvait, pour apercevoir, selon les occasions, le pélican, dont le vol a une allure splendide, et surtout, le grand maître de tous les oiseaux : le vautour.
- En ce qui concerne celui-ci, on peut dire que Mouillard avait fini par concevoir pour lui une véritable adoration. Rien n’égale en sincérité et en enthousiasme les expressions qu’il emploie pour dépeindre son vol majestueux, son vol sans batte-
- ment (1). « Un grand vautour fauve, nous » dit-il, ou plutôt nous répète-t-il à cent reprises différentes, « par un temps ordinaire, où il y a un léger, vent, part de son perchoir qui est ordinairement un roc à pic d’une cinquantaine de mètres de hauteur, s’abaisse, prend le vent, se met à tourner, monte en l’air si haut qu’il disparaît, redescend, remonte, fait ainsi des évolutions sans nombre, jusqu’à ce qu’il aborde de la terre pour manger, et tout cela sans un seul battement d’ailes. »
- Mais il ne se contente pas de tirer de ses observations des impressions pittoresques, il en tire aussi des déductions scientifiques, se met à l’école des êtres ailés, et de l’oiseau vivant il cherche à déduire l’aéroplane. ,
- Que lui enseignent donc les oiseaux? Comment
- interprétait-il leurs- leçons? C’est ce que nous allons très brièvement examiner.
- L’observation du grand vautour fauve était pour lui un sujet d’étonnement perpétuel. Le poids relativement considérable de cet oiseau (7 kg,5) gros comme un mouton, son mètre carré de surface, ses 2 m. 50 d’envergure, tels étaient les données caractéristiques avec lesquelles il s’agissait d’expliquer les faits extraordinaires observés dans son vol.
- D’autres oiseaux, l’aigle ou le milan, dont le vol est fort beau, déconcertent aussi notre instinct; mais aucun n’égale ce grand maître. Lorsque le grand vautour retourne à son aire, il arrive lancé à des vitesses à 25 mètres au-dessous de l’endroit qu’il se propose d’atteindre, puis remonte en l’air perpendiculairement toujours en planant, et atteint son but sans que notre esprit puisse en croire nos yeux. Lorsqu’il aperçoit une proie, il descend verticalement, lentement, sans aucune oscillation; c’était tout à l’heùre un point parfaitement invisible dans le ciel ; il tombe maintenant de 5 ou 4000 mètres de hauteur, perpendiculairement, comme un parachute. Pour le suivre dès le début de cette descente il faut se munir d’une bonne lunette. Mouillard se servait souvent de cet instrument; c’est avec son aide qu’il a observé les vibrations remarquables des
- 1. C’est, on le sait, le titre de l’ouvrage posthume de Mouillard. (Librairie aéronautique, Paris.)
- Fig. i. — Vautour s'apprêtant à prendre-l’essor. (Dessin de Mouillard.)
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- rémiges pendant le vol normal du vautour. L’interprétation qu’en donne Mouillard est très curieuse : pour lui, la nature a voulu procurer au vautour, par ce mouvement supplémentaire, un supplément de sustentation ; cela indique à l’homme qu’il doit employer, pour voler, des aéroplanes superposés, c’est-à-dire des biplans ou des multiplans dans notre langue actuelle. Une telle explication paraît bien sommaire.
- Une déduction plus certaine est celle-ci : la vitesse est absolument nécessaire au vol. Mouillard, qui a aperçu cette vérité dans toute son importance, ne cesse d’y revenir. Il lui arrivait souvent de déranger une bande de vautours assemblés sur le sol pendant la béatitude de leur digestion. Surpris de la sorte, ces grands oiseaux se laissaient frapper par le fouet. S’ils cherchaient à s’envoler, ils manquaient plusieurs fois leur départ : tel vautour allait se reposer 100 mètres plus loin, n’ayant pu arriver à la vitesse nécessaire pour s’envoler, vomissait sa charge de nourriture et, ainsi allégé, recommençait son effort, cette fois avec succès.
- C’est le vautour surtout qui a enseigné à Mouillard, par l’immobilité absolue de ses ailes, la possibilité du vol par l’aéroplane et qui lui a donné la conviction que ce vol devait être facile. Mais d’autres oiseaux lui ont enseigné bien des vérités particulières.
- Le milan, par exemple, peut être considéré comme le planeur par excellence, en ce sens qu’il fait de la haute école dans le vol à voile, tandis que le vautour ne produit que le parcours simple. Ce serait le
- Fig- 3. — Dessin de Mouillard.
- Fig. 2. — Dessins exécutés par Mouillard au dos d'une facture (Mouillard avait pris une petite place de comptable) : « L'avalanche se précipite du haut du ciel.... Tout ce monde d'énormes oiseaux fait l’effet d'une trombe qui se tourmente.... Alors survient un spectacle inouï qui défie toute description. La descente lente se transforme en une tombée frénétique. C'est à celui qui arrivera le premier. Tous ces oiseaux s'évitent avec une adresse incroyable. Les milans plongént entre toutes ces ailes étendues en poussant leurs cris stridents. Les percnoptères cinglent l’espace avec leur tournure d'arc tendu. Les gyps, jamais pressés, sachant qu’on ne mangera pas tout, et qu’on leur cédera toujours la place, choient silencieusement, sans précipitation, avec cette lenteur de ballon qui atteint la terre. » (Le vol sans battement, p. 142.)
- maître à consulter dans les cas difficiles, le professeur de gauchissement (1).
- Voici maintenant un autre oiseau, plus rare, le puffin. Celui-ci est particulièrement intéressant par l’envergure extraordinaire de sa voilure comparée à sa profondeur, l’envergure étant dix fois plus grande que la largeur des ailes, tandis que le goéland par exemple n’a comme proportions que 7,5 à 1. Grâce à cette singulière étroitesse d’ailes, le puf fin est l’oiseau des tempêtes. C’est à lui qu’appartient exclusivement le large quand l’ouragan souffle, et son aisance y est aussi grande que celle des oiseaux ordinaires par beau temps ; lui aussi exécute des manœuvres qui sont pleines d’enseignements pour l’observateur. Il vole à ras l’eau, et suit le contour mouvant dés vagues comme nous suivons un chemin, L "Voir notre précédent article.
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- Lorsqu’il est dans le creux de la vague, il s’e'lève de quelques mètres, présentant verticalement ses ailes à la brise, puis replonge entre deux lames jusqu’à ce que, au bout de 200 ou 300 mètres, il recommence à s’élever, reçoive le coup de vent et s’enfonce encore.
- Les grands faucons, avec leur vol à battements lents mais très énergiques, avec coup de fouet de la pointe des ailes, représentent l’idéal de la poussée en avant par le battement.
- L’albatros suit le navire, le dépasse en planant après avoir passé au-dessus du grand mât; l’aigle plonge de 200 mètres de hauteur, commence à se retourner à 10 mètres du sol, touche terre du bout des griffes pour enlever sa proie et remonte avec une vitesse à peu près semblable à la descente.
- Ainsi depuis ces deux grands professeurs qui sont le grand vautour, et le pélican, jusqu’aux oiseaux de moindre allure, tous les êtres ailés fournissent des enseignements (*) à l’observateur.
- Il les rapproche, les compare, et en conclut que plus l’oiseau est lourd, moins la surface sustenta-trice nécessaire au vol est relativement grande : ce qui est rassurant pour le vol humain. L’impression résultante de Mouillard — qu’il ne formule pas toujours en termes scientifiques, — c’est que la facilité extraordinaire du vol de l’oiseau est due à ce que sa résistance à l’avancement est incroyablement réduite. Ce n’est pas en consommant beaucoup de force motrice que l’oiseau planeur se tient en l’air : au contraire, Mouillard est persuadé qu’il en consomme fort peu ; de cette vérité il a l’intuition directe, absolue. Au contraire, la résistance qu’il éprouve pour progres-
- 1. En voici encore quelques exemples : Plus l’oiseau est petit, plus il est relativement fort; moins il a de surface, plus il est rapide ; sans queue, il a l’avant-bras très long ; si l’aile est large, la queue est très développée, etc.
- Fig. 4. — N° i. Grands manchots; N° 2. Grand manchot poursuivant une bonite.
- ser dans l’air, la traînée, est visiblement très faible. C’est à cette question que Mouillard consacre les chapitres peut-être les plus curieux et les plus suggestifs de tout son ouvrage. Il en arrive à parler d’« aspiration » pour expliquer la progression de l’oiseau ; non pas qü’il affirme positivement l’existence d’une contre-résistance positive, mais il semble croire que la traînée arrive à être presque rigoureusement nulle; il s’arrête ainsi, comme il le dit lui-même, à l’extrême limite de l’absurde, — mais il ne lui semble pas possible de s’arrêter auparavant.
- Reprenant cette question en général, dans un chapitre « sur la pénétration », il fait un raisonnement très curieux pour déduire les formes de meilleure résistance à l’avancement dans les fluides ; il traite ici parallèlement le cas du fluide gazeux et le cas du liquide. En réfléchissant à la constitution des poissons à ce point de vue, il fait d’abord observer qu’à tout prendre, les poissons ne sont pas bien organisés pour la pénétration dans l’eau ; et il justifie immédiatement cette assertion d’apparence paradoxale en constatant que tout poisson est exposé par nature à être mangé
- par un autre poisson, plus rapide que lui, c’est-à-dire mieux conformé pour la pénétration dans l’eau. Si .la forme de ce raisonnement n’est pas inattaquable, il est du moins fort suggestif. Suivons-le jusqu’au bout : laissant de côté les espèces qui servent généralement de proie aux autres, Mouillard en vient à considérer comme les poissons les mieux doués à.cet égard, les espèces voraces, les « derniers mangés » : brochet, perche, truite, saumon, maquereau, hareng, et « cet éclair qui se nomme la honite », par exemple. Mais allant plus loin, il constate que tous les poissons, si rapides qu’ils soient, sont infailliblement rattrapés à la course par d’autres êtres qui ne sont plus des poissons, mais
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- des mammifères... ou des oiseaux : le grand manchot des terres polaires antarctiques est, en effet, capable d’attraper en plongée les poissons les plus rapides. Or, quelle est la forme générale du manchot? celle d’un double cône, le cône antérieur étant au moins deux fois plus long que le cône postérieur (1). Cette forme se retrouve dans Yimbrim, oiseau qui atteint dans l’air les vitesses les plus élevées. Voilà donc la forme de moindre résistance à la pénétration, qu’il s’agisse d’eau ou d’air.
- Mouillard fonde de même la préférence qu’il accorde aux mammifères sur les poissons, sur la « performance » du lion marin, qui est animé dans l’eau de vitesses considérables puisqu’il y peut prendre assez d’élan pour sauter à 3 ou 4 mètres de hauteur sur le reposoir rocheux qui lui serait inaccessible autrement.
- Mais il y a bien d’autres enseignements dans le livre de Mouillard : on en trouve à peu près à chaque page ; et nous n’avons rien dit du côté purement pittoresque, ni de ses études sur les moeurs des oiseaux considérées pour elles-mêmes et non plus seulement au point de vue des qualités du vol. Les renseignements recueillis par ce grand ami des oiseaux sont d’une lecture infiniment attachante; soit qu’il nous conte comment le grand vautour avertit par un bref battement d’ailes donné en dessous (le seul battement qui vienne interrompre le cours majestueux de son vol) ses collègues de la présence d’une proie située à des kilomètres de là, et que son œil, le plus puissant de la création, lui a permis d’apercevoir; soit qu’il nous conte les querelles intestines des corbeaux ; soit encore qu’il nous fasse assister à la mort subite d’un milan précipité du haut de 300 mètres à travers les airs ; la vigilance du garde-bœufs, gravement perché sur le bétail qu’il semble protéger. L’examen du vol stupéfiant du pandion qui avance et s’élève régulièrement contre le vent (sans jamais lui céder même un instant, soit en s’abaissant, soit en reculant) lui suggère cette pensée : que la science du vol pourrait bien
- 1. Ajoutons à cela, dit Mouillard, « un aplatissement de ces deux cônes qui fait que le diamètre qui passe par les épaules est le double de celui qui passe par la colonne vertébrale et le sternum ».
- 2. Pour ceux qui se bornent à l’étude de l’aviation en chambre, voici la formule de l’aéroplane élémentaire en papier que recommande Mouillard : une feuille rectangulaire
- être encore plus vaste qu’on ne le suppose; qu’il ne serait pas impossible que des grands volateurs inconnus aient à leur disposition des procédés nouveaux (peut, être le gypaète, le grand vautour de l’Afrique centrale, la harpie de l’Orénoque, les grandes cathartes des Montagnes Rocheuses, les grands condors la frégate), — et Mouillard conjure tous ceux qui ont l’occasion d’observer comme lui, de consigner par écrit le résultat de leurs observations : bien indiquer de quels oiseaux il s’agit, ou tout au moins les peser ; mesurer exactement l’envergure, la largeur moyenne de l’aile, la longueur de la pointe du bec au bout de la queue, prendre la silhouette en suivant avec un crayon le contour de l’oiseau sur un morceau de papier, etc. Généralement la surface est égale au produit de l’envergure par la largeur de l’aile, en majorant d’un dixième le résultat.
- Car Mouillard est persuadé que l’examen des races d’oiseaux peu connues ou mal observées peut nous apprendre encore bien des choses. Pour imiter tout à fait l’oiseau, il est évident qu’il faut d’abord bien le connaître.
- Mouillard lui-même 's’est exercé à cette imitation (2) et il a parcouru plus de 40 mètres sans toucher terre, avec un aéroplane de 12 mètres carrés de surface.
- Mais ce n’est pas tout de se faire porter par l’air, il faut encore savoir s’y diriger, apprendre, en un mot, « son métier de volateur ». À cet égard, il y a dans l’ouvrage de Mouillard une constatation bien rassurante pour nous : c’est que l’oiseau, lui aussi, a besoin d’un apprentissage. Après de longues années de captivité, un aigle ne sait plus voler.... Après tant de siècles de vie terrestre; l’homme peut-il songer à voler? Oui sans doute, avec les moteurs — mais à voler comme l’oiseau, sans moteur? Mouillard le croyait. L’aviation, telle qu’il l’entendait, n’est donc pas encore inventée.
- Est-ce un Français qui l’inventera?
- . R. Chàssériaud.
- de papier ferme, longueur 0 m. 50, largeur 0 m. 10. Coller sur un des grands côtés une bande de carton bristol de 0 m.. 015 de largeur. Faire tomber l’appareil, le bristol en bas. Par un pli de 0 m. 02 de largeur fait à la grande tranche libre, et qu’on accentue plus ou moins, corriger l’allure de chute de l’aéroplane : on ralentit ainsi cette chute jusqu’à la transformer en une marche presque horizontale, .
- Fig. 6. — Portrait du père de Mouillard.
- (Peinture de Mouillard, qui avait été élève d’Ingres.)
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- TRANSFORMATEURS D’ESSAI A 750000 VOLTS
- Il n’est pas de branche de l’électrotechnique où aient été réalisés des perfectionnements plus frappants que la transmission de l’énergie à haute tension.
- Lorsque l’on songe que la première transmission pratique de l’énergie ne fut établie qu’en 1886, qu’il y a vingt ans on n’employait encore que des tensions de quelques milliers de volts, que la première transmission du Niagara se faisait à
- 10 000 volts, et lorsque l’on compare ces tensions à celles de 60 et 80 000 volts qui sont aujourd’hui couramment en usage, on ne peut que trouver admirables les progrès accomplis dans ce court intervalle.
- C’est en Amérique (J) surtout que l’on est allé très loin dans cette voie ; tandis que nous abordons à peine les tensions de 100000 volts, il y a déjà aux États-Unis et au Canada plusieurs installations employant pratiquement ces tensions et même de plus fortes encore; c’est ainsi que l’on construit actuellement une transmission à 135000 volts pour transporter l’énergie électrique de la centrale des Chutes de Cook et que la Sierra San Francisco Power Company, de San Francisco, établit une ligne de transmission à 138500 volts.
- On peut dire qu’il est permis aujourd’hui d’envisager l’installation de lignes à 200 000 volts avec plus de confiance que l’on n’aurait su en avoir,
- 11 y a quelques années, dans les installations à 100 000 volts.
- Il va de soi que ce progrès considérable de l’utilisation des hautes tensions n’a pu être obtenu que
- 1. II. Marchand. Les transmissions à haute tension en Amérique. Industrie électrique; 25 juillet 1911, p. 324,
- moyennant des améliorations et des modifications capitales de tous les appareils utilisés, transformateurs, interrupteurs, isolateurs, supports de ligne, dispositifs de protection, etc. Les recherches effectuées et les travaux produits à ce propos se sont succédé avec tant de rapidité que seuls les techniciens les plus avertis ont pu les suivre.
- L’étude des phénomènes à haute tension, notamment dans les isolants, air, huile, porcelaine, etc.,
- a occupé les spécialistes les plus experts. Elle n’a d’ailleurs été rendue accessible que par la construction d’appareils d’essai spécialement appropriés et capables depermettrel’ob-lention ou l’utilisation de tensions de plusieurs centaines de milliers de volts, les essais et expériences devant s’effectuer avec des potentiels beaucoup plus élevés que ceux à appliquer pratiquement.
- Il faut, en effet, pour que les ins-lallations fonctionnent régulièrement, qu’elles soient à même de supporter des tensions notablement supérieures aux tensions normales. De nombreuses circonstances, dues aux phénomènes atmosphériques ou aux phénomènes propres aux opérations électriques mêmes, peuvent à certains moments accroître exceptionnellement les difficultés. D’autre part, les conséquences d’une interruption sur une ligne transportant plusieurs dizaines de milliers de chevaux et servant à l’alimentation d’une ville tout entière, ou même de toute une région, deviennent fatalement désastreuses.
- L’une des parties à laquelle il a fallu s’intéresser tout d’abord, dans la création du matériel d’expérience et d’essai, a été le transformateur, cet instrument étant la base des travaux, puisqu’il a pour
- Fig. i. — Transformateur-d’essai à 75o 000 volts. Vue du système électromagnétique du transformateur, avec la carcasse et les cloisonnements.
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- objet de fournir les hautes tensions avec lesquelles doivent se faire les essais.
- Il y a trois ou quatre ans, des appareils donnant 200 ou 500 000 volts pouvaient largement suffire et leur construction était relativement simplifiée par le fait qu’on n’opérait dans les expériences qu’avec des intensités très faibles; les puissances entrant en jeu étaient donc peu considérables et il n’y avait pas grand mal à ce que l’on eût à observer, entre les parties, un écartement assez grand pour éviter les décharges électriques; ces parties n’étâient pas elles-mêmes fort grandes et les appareils conservaient malgré tout des dimensions admissibles.
- Actuellement, c’est à 500, 600, 750 000 volts même que l’on veut opérer et avec des puissances notables ; l’établissement et' la construction des appareils présentent dès lors des difficultés sérieuses.
- Parmi les appareils spéciaux récemment établis, il convient de citer tout particulièrement deux transformateurs d’essai de 500 kilovolt-ampères, construits par les grandes usines de Pit-tsfield, de la Compagnie générale électrique, pour fournir des tensions de 750 000 volts ; l’un de ces appareils sert principalement aux recherches que poursuivent les ingénieurs de la Compagnie, sur les conditions de fonctionnement des transformateurs,' des interrupteurs, des isolateurs, etc.
- Les deux appareils sont de construction identique; conformément à la pratique aujourd’hui courante, ils sont plongés dans un bain d’huile, ce qui a pour but d’en assurer le bon isolement, l’huile ayant une rigidité diélectrique supérieure à celle de l’air et maintenant en bon état les isolants solides des enroulements, etc., pourvu qu’ils soient bien choisis.
- La figure 1 que nous donnons ci-contre montre la forme du transformateur proprement dit et l’agencement du système magnétique, c’est-à-dire du fer, des enroulements et des cloisonnements servant à compléter l’isolement des diverses parties l’une vis-à-vis de l’autre et, le transformateur introduit dans l’huile, à favoriser la formation dans le bain des courants de convection qui assurent le bon refroidissement de l’ensemble.
- La figure 2 montre l’appareil placé dans la cuve à huile, avec ses bornes à haute tension ; cette figure permet de se rendre compte, par la comparaison de l’homme placé à côté de la cuve et de celle-ci, des dimensions de ce remarquable appareil d’essai.
- On sait que tout transformateur se compose essentiellement de deux enroulements disposés sur un noyau de fer, l’un recevant le courant primaire, l’autre fournissant le courant secondaire, qui est ici le courant à haute tension.
- Les deux enroulements dont il s’agit sont répartis sur les deux branches verticales du fer et ils sont, sur chaque branche, placés concentriquement; l’enroulement à basse tension à l’intérieur; il y a naturellement nécessité de placer à l’extérieur l’enroulement à haute tension, parce que c’est lui qui est le plus exposé aux dérangements.
- Comme la construction est tout à fait caractéristique des dispositions les plus modernes, nous croyons pouvoir utilement la détailler quelque peu.
- L’enroulement à basse tension se compose de longues bobines cylindriques placées sur le noyau, sur chaque branche ; l’enroulement à haute tension ... esta formé d’un certain nombre de bobines piales, circulaires, comprenant un tour de fil par couche; les bobines terminales, qui se trouvent au sommet de chaque branche, sont de diamètre moindre que les bobines inférieures de sorte que la distance entre ces bobines et les autres parties est augmentée.
- Comme on le voit à la figure 1, l’isolement entre l’enroulement à haute tension et celui à basse tension est assuré par des cylindres en carton comprimé; ces cylindres divisent l’intervalle existant entre les deux parties, en compartiments facilitant la circulation de l’huile et augmentant la rigidité diélectique du système.
- L’isolement entre les deux groupes de bobines à haute tension consiste en un certain nombre de cloisons plates en carton comprimé entre lesquelles peut également circuler l’huile.
- Le matériel isolant employé est spécialement traité po,ur présenter le maximum de résistance et le nji-
- Fig.2. — Transformateur fessai à ?5oooo volts. Vue de l’appareil dans la cuve, avec les bornes de sortie et les spirales de réactance.
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- AMUNDSEN AU PÔLE SUD
- nimum de capacité' spécifique. .Tout le système est monté sur de gros isolateurs de porcelaine, fixés à la charpente de l’isolateur.
- Le récipient — voir la figure 2 — est en fer forgé épais, à joints rivés; il est muni de pieds très robustes, en fonte; le couvercle est également en fonte moulée.
- Les extrémités des enroulements, tant à basse qu’à haute tension,sont amenées à l’extérieur à travers le couvercle; les connexions sont formées de câbles flexibles, passant dans des garnitures de porcelaine; pour les conducteurs à haute tension, il est fait usage de traversées à haute tension d’un type spécial.
- Les dispositifs de traversée constituent l’un des éléments les plus intéressants dans les appareils à haute tension actuelle, tant interrupteurs que transformateurs, et la construction adoptée par la Compagnie générale électrique représente une application très intéressante des dernières observations et études théoriques à l’électrotechnique pratique (1).
- Il n’est pas possible d’en expliquer ici le principe
- et il devra nous suffire de dire que les bornes dont il s’agit et que montre la figure sont formées d’anneaux sectionnant le système et remplis d’un mélange isolant semi-visqueux — les ailettes extérieures que l’on voit sur la figure sont des ailettes isolantes montées entre les bagues dans le but d’augmenter la surface de décharge.
- Quant aux spirales dontlesdites bornes sont surmontées, elles ne font pas directement partie du transformateur proprement dit ; ce sont simplement des dispositifs de protection, ayant pour objet de mettre l’appareil à l’abri des surtensions électriques extérieures; ce sont ce que l’on appelle des spirales ou bobines de self-induction. Au centre de chaque bobine est montée une pointe métallique,dirigée vers l’intérieur ; les deux pointes forment déchargeur entre les bornes.
- La figure 3 fait voir l’aspect de celles-ci lorsque le transformateur est soumis à une tension de 600 000 volts ; le rayonnement lumineux entourant les spirales est dû à la décharge ou effluve se produisant dans l’air. H. Marchand.
- Fig. 3.— Transformateur d’essai à 780000 volts. Aspect des bornes et des spirales de réactance sous une tension de 600000 volts.
- AMUNDSEN AU PÔLE SUD
- Le Pôle Sud a été atteint le 14 décembre 1911 par Amundsen, d’après deux dépêches que cet explorateur a adressées le 8 mars à Sa Majesté le roi de Norvège et au Daily Chronicle de Londres. Cette dernière a été transmise au Matin qui l’a publiée dans son numéro du 9 mars. Il en résulte qu’Amundsen brusquement décidé, à la fin de 1910, à disputer à l’expédition anglaise du capitaine Scott la conquête du Pôle antarctique, s’occupa du 10 février à la mi-avril 1911, à disposer trois dépôts d’approvisionnements jusqu’à 82° latitude sud; l’hivernage dans des buttes de neige dura de la mi-avril au 20 octobre 1911 avec des températures de — 50° à —60°. A cette-date la caravane se mit en 1. II. Marchand. Les interrupteurs à haute tension américains. Industrie électrique, 10 août 1911, p. 361.
- route vers le Pôle, sans difficultés jusqu’à 85°, où commença l’ascension du continent, qui s’élève de 600 à 3000 m. avec sommets de plus de 4500 m. ; à travers glaciers très crevassés et dangereux, le Pôle même (3201 mètres?) fut atteint le 14 décembre 1911, dans une vaste plaine, où l’on séjourna et rayonna trois jours et qui fut baptisée Plateau du roi Ilaakon VII. Le 25 janvier 1912 l’expédition avait effectué le retour des 1400 km du poste au quartier d’hiver. Ainsi le dernier grand problème de la géographie terrestre est résolu, et il est prouvé que l’Antarctide est un puissant et haut continent. La France attend l’énergique et heureux explorateur pour le fêter plus dignement encore qu’en 1907 (4).
- 1. Yoy. La Nature, n° 1762, 2 mars 1907.
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- LA CONDUCTIBILITÉ DES MÉTAUX AUX TRÈS BASSES TEMPÉRATURES
- La température est un des moyens d’action les plus puissants que nous possédions pour agir sur la matière. Or, si depuis longtemps on sait réaliser simplement des températures très élevées, puisque le cratère de l’arc électrique nous permet d’atteindre facilement 3500°, nos connaissances sur les très basses températures ne datent guère que d’hier, depuis que, grâce à l’air liquide, on a pu, de proche en proche, liquéfier tous les gaz. L’ultime température, que la physique nous montre d’ailleurs comme inaccessible, est presque atteinte et, si nous ne pourrons jamais réaliser une température de zéro degré absolu, tout au moins arrivons-nous bien près, à un demi-degré environ. Rappelons que le zéro absolu, considéré par les physiciens, correspond à une température centigrade de — 273°.
- L’étude des propriétés de la matière à ces basses températures est excessivement intéressante; les phénomènes se purifient en quelque sorte, et les résultats trouvés justifient l’ardeur avec laquelle les recherches sont poursuivies et les dépenses considérables consenties par les Universités pour se procurer les machines nécessaires à la liquéfaction des gaz.
- Le laboratoire du professeur Kammerling Onnés, à Leyde, est une merveille d’organisation à ce point de vue, et la puissance de ses moyens d’action est telle, que là seulement peuvent se poursuivre des recherches à basses températures. Patiemment, l’installation a été chaque année améliorée, agrandie, dans un but bien déterminé. Grâce à cette direction unique des efforts, les résultats ne se sont pas fait attendre.
- La méthode employée pour produire les basses tempé- :< ratures consiste à liquéfier un gaz par compression et refroidissement, puis à l’évaporer rapidement pour obtenir' une température plus basse qui sert à liquéfier un autre gaz. Chacun des gaz utilisés subit donc une série de liquéfaction et d’évaporation, car on ne le laisse pas sortir de l’appareil; il parcourt ce que l’on appelle un « cycle ».
- Sauf pour l’hydrogène qui nécessite une compression préalable assez forte, de 180 à 200 atmosphères, les pressions exercées dans les appareils ne sont pas très considérables : 25 atmosphères pour l’hélium,"24'pour l’oxygène, 8 pour les autres gaz. A l’heure actuelle, le . laboratoire de Leyde utilise les 5 cycles suivants :
- Chlorure de mclhyle donnant la température de — 80° à—100° Éthylène . ‘ — — —102° à—160°
- Oxygène — — —182° à — 217°
- Hydrogène — — —255° à—259°
- Hélium - - -269° à-272°,5
- Le cycle de l’oxygène sert à préparer l’air liquide.
- A coté de l’intérêt intrinsèque que présente l’étude des corps à basse température, des propriétés nouvelles qui apparaissent, et des modifications que subissent les caractères particuliers, les dernières découvertes relatives à la conductibilité des métaux, font entrevoir un nouveau moyen de pénétrer la nature intime de la matière.
- Les expériences précédentes avaient mis en évidence un certain nombre de propriétés amusantes ou scientifiquement intéressantes. : les affinités chimiques sont considérablement diminuées, l’oxygène solide est magnétique, l’élasticité des corps est profondément modifiée, etc.... Les expériences récentes sur la résistance électrique des conducteurs, tels que le mercure, l’or, le platine, ont montré que vers 2 ou 3 degrés absolus, ces corps ne présentent plus de résistance électrique. Or, on sait que c’est à la résistance électrique d’un conducteur, qu’est dû le dégagement de chaleur dont il est le siège lorsqu’un courant électrique le parcourt, et que c’est ce dégagement qui limite justement l’intensité du courant qu’il peut supporter. Au contraire, aux très basses températures, la résistance devenant nulle, on pourra faire passer dans un conducteur de section très faible, un courant excessivement intense, sans qu’il en résulte de dégagement de chaleur appréciable.
- Cette propriété est susceptible d’une application très importante ; car, ainsi que l’avait très justement supposé M. Perrin, des basses températures seules permettent d’avoir des champs magnétiques intenses. Or, si l’atome de matière est constitué, comme on le suppose,par des électrons, c’est-à-dire des corpuscules en rotation porteurs de charges électriques, on peut espérer modifier les orbites de ces électrons en faisant agir des champs magnétiques puissants : c’est ce qu’a vérifié expérimentalement Zeemann et qu’a magistralement expliqué Lorentz.
- Jusqu’à présent l’action magnétique exercée avait été relativement faible par suite de l’impossibilité de faire passer dans les appareils des courants intenses. Nous entrevoyons maintenant le moyen d’arriver à ce résultat en utilisant par exemple un solénoïde formé par un métal à très basse température, qui pourra supporter sans s’échauffer des courants de très grande intensité et par suite créer un champ magnétique excessivement puissant. Rien ne nous empêche donc d’espérer que bientôt, à notre gré, nous pourrons briser l’édifice atomique et pénétrer alors les mystères de sa structure.
- H. Vigneron.
- UNE GRUE FLOTTANTE DE PUISSANCE EXCEPTIONNELLE
- La photographie que nous reproduisons ci-dessous représente une grue flottante, de puissance et de dimensions inusite'es, qui vient d’être mise en service à l’arsenal maritime de Pola, dans l’Adriatique. Construit par la Prager Maschinenbau A. G. de Prague, pour le gouvernement autrichien, ce formidable engin est destiné au renflouement des sous-marins, en cas de besoin, et, d’une façon générale, au levage et à la mise en place des machines, des plaques de blindage, des pièces d’artillerie, etc., qui
- constituent le matériel moteur ou d’armement des cuirassés du plus fort tonnage.
- Pour manœuvrer ces organes ou ces pièces d’un poids considérable, comme pour remonter à la surface un sous-marin sinistré, il faut généralement faire appel à toute une flottille de navires spéciaux. Le ponton de la Prager Maschinenbau A. G , avec sa grue à double cantilever de 240 tonnes, fait à lui seul la besogne, et il l’accomplit à la fois mieux et plus vite.
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- 272 GRUE FLOTTANTE DE PUISSANCE EXCEPTIONNELLE
- Sur la poutre cantilever supérieure courent deux treuils, d’une force de 120 000 kilogrammes chacun, où s’enroulent les câbles qu’actionnent, par l’intermédiaire de poulies mouflées, de vis sans fin et de quatre énormes cabestans, trois machines à vapeur extrêmement puissantes qui sont logées à l’arrière, sous le pont et la cabine de manœuvre.
- Disons un mot des câbles, qui sont un des organes les plus intéressants de la grue flottante de Pola, et qui ont été manufacturés par la St Egyder Eisen und Stahl Industrie, de Vienne. Les deux câbles de levage mesurent chacun 800 mètres de long, 55 mil-
- outre, un accumulateur hydraulique pour le remplissage ou l’évacuation des water-ballasts équilibreurs du ponton, une dynamo génératrice pour l’éclairage des diverses parties du bateau et des projecteurs électriques dont il est pourvu, et les pompes à vapeur pour l’alimentation des chaudières. Des cadrans, placés à proximité du mécanicien, lui indiquent à tout instant la position exacte des treuils, celle de la charge qu’on lève et la tension de chacun des câbles en travail.
- La grue elle-même, en poutres d’acier solidement entretoisées, mesure 36 mètres de hauteur. Grâce à
- La nouvelle grue flottante de l’arsenal de Pola.
- limètres de diamètre, pèsent 18260 kilogrammes et sont assez solides pour résister à un effort de rupture de 192000 kilogrammes. Ce ne sont pas les plus forts.
- Ces câbles, en effet, sont doublés par des élingues formées par une âme de chanvre goudronné, autour de laquelle sont enroulées six cordes d’acier, elles-mêmes constituées par 18 torons de chacun 14 fils métalliques. Le diamètre de ce câble phénoménal est de 82 millimètres, et sa force n’est pas inférieure à 278 000 kilogrammes.
- En fait, aux essais qui ont eu lieu avant réception, les treuils et les câbles ne se sont pas rompus sous une charge maxima de 300 tonnes !
- Dans la chambre des machines se trouvent, en
- sa disposition cantilever et à la puissance de ses organes, il lui est possible, en une seule manœuvre, de soulever un sous-marin plongé à 50 mètres et de le ramener à la surface, à raison de 0 m. 75 par minute. En vue de faciliter cette manœuvre particulière, une vaste écoutille, longue de 7 m. 60, large de 3 m. 40, a été pratiquée dans toute la hauteur du ponton, à l’avant, pour permettre le passage des câbles et des palans.
- Enfin, deux machines compound, d’une force totale de 550 chevaux, donnent à la grue flottante le moyen de se déplacer au besoin, par elle-même, à la vitesse de quatre nœuds environ.
- Edouard Bonnaffé.
- Le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences paraîtra dans le prochain numéro.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2026. —::r...... ; 23 MARS 1912.
- ŒUF COMPLET INCLUS DANS UN AUTRE ŒUF
- Les anomalies de l’œuf des Oiseaux ne sont pas rares : elles ont été surtout constatées chez la poule. Davaine, en 1861, a publié un intéressant mémoire dans lequel il a résumé les diverses anomalies connues à cette époque.
- .Je laisserai ici de côté les anomalies portant sur la constitution du germe, c’est-à-dire de la petite tache blanche, qui s’observe sur le jaune de l’œuf fraîchement pondu et aux dépens de laquelle se forme l’embryon. Bien que très importantes, puisqu’elles déterminent la formation de monstruosités, de poulets mal conformés, de monstres doubles, etc., ces anomalies passent généralement inaperçues, car elles ne peuvent être constatées que parles embryologistes.
- Les anomalies qui frappent les observateurs non spécialistes sont caractérisées par la présence, dans la coquille de l’œuf, de deux ou trois jaunes,. de corps étrangers très variés, ou par l’absence de jaune.
- Chez la poule, l’existence de l’œuf à deux jaunes est très anciennement connue : Aristote l’avait signalée. Les œufs à trois jaunes sont beaucoup plus rares. Suivant Davaine, aux Halles de Paris, où les œufs sont comptés et mirés par des employés spéciaux, on en trouverait cinq ou six par an sur plus de i 40 millions d’œufs, ce qui ferait environ un œuf à triple jaune sur 23 millions. Les œufs à deux jaunes seraient beaucoup plus communs ; on en compterait, aux mêmes Halles, deux à trois cents par an. Valenciennes a remarqué que ces œufs à double jaune sont surtout communs dans les arrivages du Mans et de la Normandie, et seraient en général pondus par la race Brahma-poutra.
- Les œufs renfermant plus d’un jaune résultent de ce fait que deux ou trois jaunes se sont détachés presque simultanément de l’ovaire, et ont pénétré dans Loviducte où ils se sont entourés d’une couche commune d’albumine. Peut-être aussi, dans certains cas, deux jaunes se sont développés dans une même vésicule ovarienne.
- Les corps étrangers qu’on peut trouver dans l’œuf sont de diverse nature. Les plus fréquents sont des caillots sanguins, soit de simples stries rougeâtres à la surface du jaune, soit des amas sanguinolents plus
- 40' année. — 1er semestre.
- ou moins volumineux ou des concrétions fibrineuses dans l’albumine ou sous la coquille. La présence de ces formations s’explique facilement : ce sang provient de la rupture de petits vaisseaux de l’ovisac, au moment où l’œuf proprement dit, c’est-à-dire le jaune, quitte l’ovaire pour pénétrer dans l’oviducte. Si le sang, provenant des hémorragies ovariennes, séjourne pendant quelque temps dans l’oviducte, avant d’être englobé par un œuf, au moment du dépôt de la couche d’albumine qui entoure le jaune,' ce sang peut s’altérer, donner lieu à des formations fibrineuses, simulant des vers ou d’autres animaux, et qui ont été décrites comme telles par des auteurs anciens. Enfin, le jaune, en se détachant de l’ovaire, peut entraîner avec lui des fragments de cet ovaire,
- appelé vulgairement \&grappe, et ces fragments dans l’œuf pondu, généralement adhérents au jaune, sepré-sentent sous forme de petites masses charnues, mûrifor-mes. D’autres corps étrangers, au lieu dé provenir de l’ovaire et d’avoir pénétré dans l’oviducte, par son entrée antérieure, l’orifice de la trompe, s’introduisent dans Loviducte par son extrémité postérieure située dans le cloaque, et peuvent remonter plus ou moins haut, de manière à être englobés par l’albumine. Ce sont alors des corps quelconques et quelquefois les plus inattendus. Assez souvent, ce sont de véritables helminthes, appartenant presque toujours à la même espèce, le Distomum ovatum Rud.j qui vit dans la bourse de Fabricius, poche communiquant avec le cloaque, et par conséquent avec Loviducte. Parmi les corps inorganiques rencontrés dans des œufs de poule, Davaine signale une épingle trouvée par Perrault, l’illustre architecte (qui fut en même temps un savant médecin et un habile observateur) et une petite pierre remise par un religieux à Panthot de Lyon.
- Il n’est pas rare qu’une poule ponde des œufs sans jaune, généralement très petits et quelquefois sans coquille. Davaine rapporte que :
- « En Italie, au temps de Fabrice d’Aquapendente,, un œùf de ce genre passait pour être le centième ef le dernier de la poule qui cessait de pondre, aprèsj
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- Œuf de poule inclus dans un autre. (Grandeur naturelle.)
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- 274 --— TRAITEMENT DES EAUX SERVANT A L’ALIMENTATION
- l’avoir produit, d’où le nom de centenier (ovum centeninum). En d’autres temps, ces œufs ont passé pour être le résultat de l’accouplement d’une poule avec un reptile, mais ils ont été plus universellement regardés comme des œufs de coq. Cette dernière opinion est très ancienne : longtemps elle a été admise par les savants, et aujourd’hui même on la retrouve dans les croyances populaires. »
- Ces œufs de coq résultent très probablement de ce fait que, pour une cause quelconque, le jaune n’ayant pas pénétré dans l’oviducte au moment de la déhiscence du follicule ovarien, la sécrétion de l’albumine ne s’en est pas moins effectuée dans l’oviducte. La masse d’albumine, arrivée dans la région coquillière (utérus), s’est entourée d’une coquille, comme l’aurait fait normalement un jaune enveloppé de son albumine, dans la même région.
- Enfin les œufs sans coquille, appelés œufs harde's, sont très communs chez la poule. L’absence de coquille est due à un séjour insuffisant de l’œuf dans la dernier partie de l’oviducte, la région coquillière, et souvent aussi à une insuffisance de calcaire dans la nourriture de la poule.
- Une curieuse anomalie et assez rare, moins facile à expliquer, c’est l’inclusion d’un œuf dans un autre. L’œuf inclus est presque toujours petit et constitué par une coquille et un blanc sans jaune ; c’est un œuf de coq. L’œuf contenant l’autre est généralement normal; quelquefois il n’est constitué que par une coquille et de l’albumine.
- M. Deroy fils aîné, constructeur à Paris, a eu l’obligeance de me faire remettre un œuf volumineux pondu par une poule de Bresse, âgée d’environ trois
- ans, qui avait déjà pondu des œufs à deux jaunes. Cet œuf, de forme ovoïde régulière, pesait 204 grammes ; son plus grand axe mesure 90 millimètres, son plus petit 58 millimètres. Il renfermait un jaune et un blanc normaux, qui avaient été enlevés lorsqu’il m’a été remis. Dans la coquille, à travers une ouverture de quelques centimètres, on voit.un autre œuf complet mesurant environ 65 sur 45 millimètres (*).
- Cet œuf n’est pas unique en son genre. Rayer (2) a décrit un œuf semblable pondu par une oie. Supino (3) a observé aussi un œuf de poule contenant un autre œuf complet, mais cet œuf était plus petit que celui représenté sur la figure ci-dessus; l’œuf contenant mesurait 72 millimètres sur 50, l’œuf inclus ayant 56 millimètres sur 42. Il est possible qu'en faisant des recherches bibliographiques plus complètes, on trouve une ou deux observations d’œufs présentant la même anomalie. L’œuf de M. Deroy est surtout remarquable par son volume.
- Il est probable que la poule qui a pondu cet œuf monstrueux doit avoir un oviducte mal conformé, dont la région coquillière est très dilatable. Le premier œuf formé, œuf inclus, n’a pas été expulsé par suite de l’inertie de cet organe; une autre coquille a pu se former autour de lui, l’englobant en même temps qu’un autre jaune recouvert de ses couches d’albumine, arrivé après lui dans l’oviducte. Coste a établi que l’œuf séjourne environ vingt-quatre heures dans l’utérus, temps nécessaire pour la sécrétion delà membrane coquillière et de la coquille. L’œuf inclus a donc dû rester au moins quarante-huit heures dans cette région de l’oviducte.
- F. Henneguy.
- TRAITEMENT PAR LES HYPOCHLORITES ALCALINS
- DES EAUX SERVANT A L’ALIMENTATION PUBLIQUE (Javellisation)
- Pour remédier à l’insuffisance de la quantité d’eau distribuée à la population parisienne au mois d’août 1911, les services compétents delà Ville de Paris ont eu recours à la Marne, rivière dans laquelle on puisait à l’usine de Saint-Maur 50000 mètres cubes par jour.
- Dans le but de les rendre inoffensives, ces eaux fortement souillées de rivière ont été clarifiées par filtration rapide, traitées ensuite par l’hypochlorite de soude avant de les admettre dans l’alimentation publique.
- Le traitement par l’hypochlorite de soude ou liqueur de Labarraque a reçu à tort le nom de « Javellisation », l’eau de Javel représentant l’hypo-chlorite de potasse industriel. La « Javellisation » est donc le terme consacré pour le traitement des eaux pour les hypochlorites alcalins.
- Malheureusement, l’expérience de Paris, exécutée, conduite et surveillée avec une organisation scientifique remarquable de jour et de nuit, tend aujourd’hui à être appliquée à tort et à travers dans
- certaines villes et communes alimentées à l’aide de mauvaises eaux.
- On verse de l’eau de Javel ou de l’hypochlorite de soude dans l’eau polluée et on distribue cette eau « javellisée » dans l’alimentation publique, croyant avoir ainsi résolu, par ce simple tour de main, l’épuration efficace de l’eau.
- Eh bien, non : appliqué dans de telles conditions le remède peut être pire que le danger et il faut arrêter ces manœuvres, qui peuvent présenter de graves conséquences au point de vue de l’hygiène publique.
- La « Javellisation », en apparence facile et peu coûteuse à réaliser, incite à utiliser pour l’alimentation les eaux extrêmement sales des cours d’eaux,
- 1. Je n’ai pas pu le mesurer exactement, ne l’ayant pas enlevé de la coquille qui le renferme.
- 2. Rayer. Œuf complet inclus dans un œuf complet. Comptes rendus de la Société de Biologie, I, 1849.
- 3. Supino. Deux œufs de poule anormaux. Feuille des jeunes naturalistes, XXVIIe année, 1897.
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- TRAITEMENT DES EAUX SERVANT A L’ALIMENTATION ..... 275
- eaux faciles à prendre puisqu’elles sont abondantes et situées près — sinon dans — les agglomérations qui les polluent par leurs eaux résiduaires, eaux toujours dangereuses. Mal exécutée, la a Javellisation» sera insuffisante ou trop forte.
- Insuffisante, c’est l’épidémie de fièvre typhoïde, de dysenterie, de choléra, qui frappera l’agglomération, où les prédisposés paieront leur tribut ; trop forte, c’est l’intoxication saturnine lente, qui atteindra tout le monde ; dans les deux cas c’est l’influence des produits chimiques étrangers à l’eau et à l’alimentation normale, qui se fera sentir sur les organismes plus ou moins sensibles. À ce sujet il y a lieu de rappeler que l’introduction de produits étrangers persistants dans les eaux potables a toujours été condamnée par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France.
- Il suffit de connaître les conditions dans lesquelles le traitement d’une partie des eaux d’alimentation publique par l’hypochlorite de soude a été effectué à Paris, pour se rendre compte de la délicatesse de ce procédé.
- Et encore des savants éminents, membres de la Commission d’hygiène de la Ville de Paris, ont jeté un cri d’alarme. Certains ont cru voir une relation étroite dans l’épidémie de fièvre typhoïde qui a frappé Paris en août et septembre, et la distribution des eaux polluées traitées par l’hypochlorite de soude ; d’autres ont retrouvé des produits chimiques aux robinets de distribution de la canalisation parisienne.
- Voici les conditions dans lesquelles la « Javellisation » a été effectuée à Paris :
- L’eau de Marne était additionnée d’hypochlorite de soude, de manière que le chlore et les composés chlorés exprimés en chlore correspondent à 1 milligramme de chlore par litre d’eau.
- Si l’hypochlorite titre par exemple 100 grammes en chlore actif par litre, on ajoute environ 10 cm3 de cette solution par mètre cube d’eau à traiter.
- L’addition se faisait aussi régulièrement que possible au moyen du flacon de Mariotte. L'eau ainsi javellisée était reçue au réservoir de Montsouris et de Ménilmontant 6 heures environ après le traitement. Pendant ce temps, 60 pour 100 du chlore étaient soit fixés sur les bicarbonates calcaires et magnésiens contenus dans l’eau, soit par oxydation des matières organiques, soit par fixation sur les parois des canalisations et environ 40 pour 100 restaient en solution.à l’état de chlore libre ou de composés chlorés actifs.
- En réalité, l’action de l’hypochlorite est beaucoup plus complexe qu’on ne l’a présentée. Ce n’est pas le chlore qui agit principalement, ce sont surtout les composés oxygénés du chlore.
- L’excès du chlore et de composés chlorés restait en contact avec l’eau pendant tout le temps nécessaire au trajet jusqu’aux réservoirs.
- Là, les eaux ainsi javellisées se diluaient dans 4 à 5 fois leur volume d’eau, de sorte qu’en réalité
- la dose initiale de chlore et composés chlorés correspondait finalement à moins de 0 milligr. 1 par litre qui, en présence des carbonates calcaires et magnésiens devaient disparaître totalement, ce que l’on vérifiait au moyen des réactions les plus sensibles du chlore.
- Un service de contrôle, fonctionnant jour et nuit, vérifiait le titre de l’hypochlorite, le débit, la quantité de chlore libre restant dans l’eau, et effectuerait les recherches du plomb et quelques examens bactériologiques.
- Un poste permanent était installé à Paris sur la conduite d’amenée des eaux javellisées, chargé de veiller à la dose de composés chlorés et de chlore libre dans l’eau qui devait être de 0 milligr. 2 à 0 milligr. 4 par litre. Ce poste téléphonait, s’il y avait lieu, d’augmenter ou de diminuer la dose d’hypochlorite. Lorsque la dose était trop forte, les eaux étaient mises en décharge. Le contrôle était lui-même étroitement surveillé par le chef du service de surveillance des eaux.
- Il y a lieu d’ajouter que ce traitement de fortune si utilement indiqué par leD‘E. Roux, Directeur de l’Institut Pasteur de Paris, pour une circonstance absolument exceptionnelle, à l’exemple de ce qui s’était fait à l’étranger était effectué sous la direction de l’Ingénieur en chef, M. Golmet d’Àage et sous la surveillance de jour et de nuit des chefs de service, M. Diénert et M. le D1' Thierry, en personne.
- Telles sont les conditions minutieuses dans lesquelles les eaux ont été traitées à Paris. Peut-on admettre que de telles conditions, qu’une pareille surveillance puissent être réalisées dans une autre ville de France ? Nous ne le pensons pas, car mêipe en admettant une surveillance analogue, les eaux javellisées n’auront pas la faculté de se diluer dans 4 à 5 fois leur volume d’une eau non javellisée et d'effectuer des kilomètres de trajet avant leur distribution.
- Pour les eaux de source, on utilisait l’hypochlorite en quantité correspondant à 1 milligr. de chlore par litre et, après un parcours de 12 à 15 kilomètres dans l’aqueduc, l’excès de chlore et de composés chlorés était neutralisé par du sulfite de soude parce que, dans ce cas, les eaux javellisées ne pouvaient être diluées dans 4 à 5 fois leur poids d’eau non javellisée.
- M. le Pr Hanriot trouvait à son laboratoire, dans l’eau de la canalisation parisienne, de l’hypochlorite et de l’acide sulfureux; en d’autres endroits, le service de contrôle n’en trouvait plus trace.
- En traitant par l’hypochlorite de soude ou par l’eau de Javel et le sulfite de soude les eaux polluées destinées à l’alimentation publique, on risque donc de faire ingérer aux habitants qu’elles alimentent ;
- a) de l’hypochlorite de soude ou de potasse et toutes les impuretés qui accompagnent ce produit industriel; b) du sulfite de soude et toutes les impuretés qui accompagnent ce produit industriel ; c) des sels de plomb provenant de l’attaque des
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- conduites de distribution s’il y a excès de ces produits ; d) les germes pathogènes ou suspects des eaux s’il y a une quantité insuffisante d’hypochlorite.
- Enfin, les compteurs et les canalisations peuvent être attaqués et abîmés. Il y donc lieu d’enrayer l’application d’un tel procédé qui — employé à tort et à travers — sans les précautions scientifiques rigoureuses, indispensables et difficilement réalisables, qui exceptionnellement ont pu être appliquées à Paris, peut provoquer une intoxication saturnine : cette intoxication, pour être lente, n’en serait pas moins grave.
- D’autre part, ce procédé employé dans de telles
- conditions peut apporter une fausse sécurité dans une agglomération qui consommera de telles eaux, sans méfiance et sans prendre d’autres précautions et paiera de ce fait un plus lourd tribut à la fièvre typhoïde et à d’autres maladies d’origine hydrique.
- Il y a lieu d’ajouter que la pratique de la « Javellisation » des eaux, c’est-à-dire le traitement des eaux souillées par les hypochlorites alcalins en vue de les rendre potables, a été condamnée par le Conseil supérieur de surveillance des eaux de l’armée, tout au moins dans ses applications aux eaux d’alimentation publique des villes de garnisons de la France. Edmond Bon jean.
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- Au cours des trente dernières années l’étendue du domaine colonial de la France s’est considérablement accrue. En 1877 sa superficie totale était de 576 608 kilomètres carrés et passait, en 1907, à 10 293 401 kilomètres carrés, soit environ vingt fois la surface de la France, en y comprenant l’Algérie, la Tunisie et le territoire du Sahara.
- L’accroissement de la population de notre empire colonial a suivi la même progression. De cinq millions et demi d’habitants en 1877 cette population est actuellement de 41 millions d’habitants. D’après un rapport dressé en 1908 la valeur des capitaux placés dans les colonies françaises peut être évaluée à 1900 millions de francs, abstraction faite de l’Algérie et de la Tunisie et en ne tenant compte que des capitaux versés par la Métropole. Le commerce extérieur de nos colonies, en 1877, était de 449 millions tandis qu’en 1907 il atteignait le chiffre 1044 millions de francs.
- Les richesses de notre domaine colonial sont si variées que l’énumération n’en pourrait tenir plaee ici. Leur exploitation ne fait du reste que commencer.
- La mise en valeur de ces vastes territoires d’outremer exige avant tout des moyens de communication nombreux, pratiques, économiques. Souvenons-nous que c’est le rail qui a façonné les États-Unis. Jetons donc un coup d’œil rapide sur ce qui a été fait à cet égard dans nos colonies.
- Notre réseau ferré colonial est constitué de chemins de fer à voie étroite (1 mètre). C’est pour ne pas gaspiller un trop énorme capital de premier établissement et pour pouvoir aller vite que l’on s’est arrêté à cette solution.
- La longueur des lignes en exploitation qui, en 1895, était de 435 kilomètres est actuellement de 4293 kilomètres ; quant à la longueur des lignes en construction elle dépasse actuellement 1350 kilomètres.
- M. R. God fera aux, ingénieur, membre du Comité des Travaux publics des colonies, vient de consacrer à cette question un important et très complet ouvrage qui a pour titre : Les chemins de fer coloniaux français. Nous ne pouvons mieux faire que d’en extraire les détails qui suivent.
- lndo-Chine. — En 1896 (fig. 1) il n’existait en lndo-Chine que deux lignes de chemins de fer : celle purement locale de 71 kilomètres de longueur reliant Saigon à Mytho en Cochin-chine; l’autre, au Tonkin, de Phu-Sang-Thuong à Langson construite tout d’abord dans un but purement militaire. C’est par la loi du 25 décembre 1898 qu’après de nombreuses discussions fut enfin arrêté le programme définitif des nouvelles lignes à construire. Ces lignes, au nombre de cinq, sont : 1° chemin de fer de Haïphong à Hanoï et à Lao-Kay (frontière chinoise) et de Lao-Kay a Yun-Nan-Sen en Chine; 2° chemin de fer de Hanoï à "Nam Dinh et Vinh; 3° chemin de fer de Tourane à Hué ; 4° chemin de fer de Saigon à Khan-Hoa; 5° chemin de fer de Mytho à Yinh-Long. Le programme est actuellement à peu près réalisé et les lignes aujourd’hui en service mesurent 1192 kilomètres, le complément se composant de l’achèvement de la ligne de Saigon à Khan-Hoa.
- La construction de la ligne de Haïphong à Yun-Nan-Sen, qui a été ouverte à l’exploitation le 1er avril 1910, a présenté de sérieuses difficultés
- Yun-nan-sert
- Fig. i. — Carte des chemins de fer de V lndo-Chine.
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- principalement dans la seconde section située dans le Yunnan sur les territoires chinois, région qui s’étend au pied du grand plateau Thibétain et est couverte de montagnes d’une altitude variant entre 2000 et 3000 mètres entre lesquelles les fleuves se sont frayé d’étroites vallées d’un accès difficile que le chemin de fer doit suivre avec de longues rampes continues de 25 mm par mètre et des courbes de 100 mètres de rayon. Aussi le prix de revient de cette section avec ses nombreux tunnels et viaducs a-t-il atteint le chiffre de 350 000 francs par kilomètre.
- Le chemin de fer de Hanoï à Yinh, d’une longueur totale de 527 kilomètres, ouvert à la circulation en 1905 et celui de Tourane à Hué, d’une longueur de
- Vïnh-Long, une première section de 188 kilomètres de longueur de la ligne de Saigon à Khan-Hoa est en service depuis 1908.
- Tous les chemins de fer de lTndo-Chine sont exploités en régie directe par le gouvernement de la colonie, sauf la ligne de Haïphong au Yunnan, qui est exploitée par une compagnie privée.
- Afrique Occidentale. — L’Afrique Occidentale française est formée par la réunion de plusieurs colonies distinctes séparées les unes des autres près de la côte par des possessions étrangères qui empêchent les communications directes entre elles. Il n’y a pas dans l’Afrique Occidentale de montagnes élevées ni de massifs opposant aux communications terrestres des obstacles infranchissables. La région
- Fig. 2. — Tananarive. La gare.
- 172 kilomètres et en service depuis 1908 qui, avec la ligne de Saigon à Khan-Hoa forment les tronçons de la grande -voie ferrée qui doit, plus tard, relier Saigon avec Hanoï, ont nécessité la construction d’ouvrages métalliques importants dont l’un fort intéressant, de 162 m. 40 de portée, sert à franchir le fleuve Song-Ma.
- La ligne de Hanoï à Langson traverse, près d’Hanoi, le fleuve Rouge au moyen d’un pont très important d’une longueur totale de 1682 mètres. Du type cantilever, il se compose de neuf travées dont deux extrêmes de 78 m. 70 de portée et 7 intermédiaires ayant alternativement 75 et 100 m. 20 d’ouverture. Ce pont a entraîné une dépense de 6 millions de francs.
- En dehors de la ligne de Saigon à Mytho exploitée depuis longtemps et qui doit être prolongée jusqu’à
- la plus élevée est le Fouta-Djallon qui forme l’hin-terland de la Guinée et du Sénégal et dont l’altitude moyenne ne dépasse pas 900 mètres.
- La navigation dans l’Afrique Occidentale peut s’exercer sur le Sénégal et le Niger. Mais le premier constitue une voie de communication imparfaite et dangereuse d’abord, à cause de la barre de l’embouchure qui oblige les navires de haute mer à s’alléger d’une partie de leur chargement, ensuite à cause de l’impossibilité pendant la saison sèche d’employer des bateaux calant plus de 0 m. 40. De nombreux seuils coupent son cours. Le Niger est navigable à partir de Kouroussa, mais au nord de Bamako, son cours est coupé par une série de rapides. Des études se poursuivent en vue ’ d’améliorer sa navigabilité encore très imparfaite. Néanmoins un service régulier a été créé par la colonie auquel est affectée
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- une flottille assez importante, entre Koulikoro et Tombouctou.
- En 1880, dans le but d’éviter les difficultés de la barre du Sénégal, on décidait de relier Saint-Louis au port de Dakar par une ligne de chemin de fer de 260 kilomètres de longueur qui fut ouverte à la circulation en 1884-1885. À partir de cette époque, toute politique de chemins de fer de pénétration fut
- complètement abandonnée. Ce n’est que tout récemment (1908) que M. Roume, alors gouverneur général, reprit la question en posant les bases d’un programme pour la création de chemins de fer de pénétration dans l’Afrique Occidentale. C’est ce programme, dont nous allons indiquer les grandes lignes, qui se réalise actuellement par sections successives.
- L’Afrique Occidentale comprend (fig. 3) quatre colonies côtières : le Sénégal, la Guinée, la Côte-d’Ivoire et le Dahomey, séparées les unes des autres, sur le littoral, par interposition de colonies étrangères mais qui, comme nous l’avons dit, ont toutes un hinterland commun, le bassin du Niger, depuis sa source jusqu’à son entrée dans la Nigeria anglaise. L’objectif consiste donc à faire partir d’un point judicieusement choisi sur le littoral de chacune des quatre colonies côtières une ligne de pénétration aboutissant au bassin du Niger. Les extrémités de ces quatre lignes seront ensuite réunies par une ligne transversale servant de hase commune. Les premiers tronçons de cette base commune sont constitués par la ligne de Thies à Rayes, dont les travaux s’achèvent, et de Rayes à Roulikoro en exploitation. Plus tard, elle sera prolongée jusqu’à Niamey sur le Niger. La longueur de cette transversale sera alors de 2700 kilomètres. Quant aux lignes de pénétration venant se raccorder à cette dernière, elles se composent : 1° d’une ligne partant de Ronakry sur la côte de Guinée et se dirigeant vers le Niger. Elle est actuellement construite jusqu’à Eouroussa sur une longueur de 589 kilomètres; 2° d’une ligne partant d’Abidjan, près de Grand
- Bassam, sur la Côte-d’Ivoire et se prolongeant vers le Niger. Cette ligne est actuellement construite jusqu’à Bouaké, sur une longueur de 512 kilomètres. Son tracé est assez tourmenté en plan et en profil, mais les déclivités ne dépassent pas 25 pour 1000 et le rayon minimum des courbes est de 150 mètres. Les ouvrages d’art sont nombreux mais généralement peu importants, sauf deux ponts métalliques de trois travées de 25 mètres de portée avec poutres droites en treillis et un autre pont également métallique de six travées de 42 mètres d’ouverture à poutres paraboliques. Le prix de revient de cette ligne a été d’environ 150000 francs par kilomètre ; 5° d’une ligne partant de Cotonou dans le Dahomey et se dirigeant vers le Niger. Cette voie ferrée est actuellement terminée jusqu’à Parakou, situé à 400 kilomètres de la côte.
- Revenons maintenant aux deux premiers tronçons de la voie ferrée transversale à laquelle viendront se souder plus tard les lignes de pénétration précédentes. Le premier s’embranche à Thies sur la ligne de Saint-Louis à Dakar et se dirige vers Rayes qu’il atteint après un parcours de 677 kilomètres en traversant une région peu accidentée qui n’a nécessité que des travaux peu importants. Les travaux de cette ligne sont très avancés. Le second tronçon de 552 kilomètres de longueur se soude au premier à Rayes, point où cesse la navigabilité du Sénégal, pour atteindre le Niger à Roulikoro, après avoir franchi la différence de niveau d’environ 1300 mètres, qui existe entre le Sénégal et le Niger. Cette' ligne, aujourd’hui complètement terminée et livrée à l’exploitation, après avoir subi bien des péripéties, n’a nécessité que des travaux d’une importance relative, Son prix de revient moyen par kilomètre a été de 86500 francs. C’est du point terminus de cette dernière ligne (fig. 3) que devra partir plus _ QarU
- tard le dernier tronçon de la de Madagascar. transversale qui doit atteindre Niamey sur le Niger indiqué en pointillé sur la carte.
- Avant de terminer, nous dirons quelques mots des ports de l’Afrique Occidentale pouvant servir de débouché aux marchandises amenées par les lignes de chemin de fer. Le port de Dakar, débouché du Sénégal et du Soudan, dont la rade est sûre et spacieuse, sert de point d’escale aux grandes lignes de navigation. On y a établi deux môles de 300 mètres de longueur et deux darses de 8 mètres de profondeur aux basses mers. Les quais ont un développement de 2 kilomètres. Le port de Saint-Louis, ainsi
- Tombouctou
- .Kayes HT
- NIGER
- aoudkep
- D'IVOIRE
- Fig. 3. — Carie de l'Afrique Occidentale avec son réseau- de chemins de fer.
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- que nous l’avons déjà dit, est d’un accès très difficile en raison de la barre de l’embouchure du Sénégal. En Guinée, Konakry est le seul port important avec une rade donnant un mouillage de 8 à 9 mètres. Un wharf de 250 mètres de longueur appartenant à la colonie et deux autres appartenant
- et des études on finit par s’arrêter au tracé Tanana-rive-Tamatave. Mais au lieu de choisir entre ces deux points la voie la plus courte on s’est rallié à celle que suivait, avant la conquête, le sentier malgache Tananarive-Andevorante et cela parce qu’on a été séduit par la possibilité de rendre utili-
- Fig. 5. — Chemin de fer de la Côte-d’Ivoire. Passerelle pour la construction du pont sur le. N’zi.
- à des compagnies privées, sont reliés à la gare du chemin de fer. A la Côte-d’Ivoire, la côte est basse, bordée de lagunes et très inhospitalière. Un wdiarf est établi au port de Grand Bassam. Cotonou est le
- sable aux transports, à très peu de frais, la ligne de lagunes qui longe la côte entre Andevorante et Tamatave et à travers laquelle on se proposait d’aménager, comme on l’a, du reste, fait, un canal
- Fig. 6. — Une compagnie de volontaires du chemin de fer armés pour aller au secours d’Agboville pendant la révolte des indigènes (8 janvier igio).
- port du Dahomey. Il y existe un wharf de 208 mètres de longueur.
- Madagascar. — Dès le début de la conquête, on songea à relier Tananarive, capitale de l’île, avec la côte. Mais quel devait être le point terminus de cette voie ferrée sur la côte? Diego-Suarez, Majunga, Mananjary ou Tamatave? Après bien des discussions
- dit canal des Pangalanes. On n’avait ainsi à construire la voie ferrée qu’entre Andevorante et Tananarive et on pensait réaliser une économie sérieuse. C’est cette solution qui a été définitivement adoptée, mais le point de départ au lieu d’être Andevorante est Brickaville, ville nouvelle créée sur la rivière Yahitra à quelques kilomètres d’Andevorante. Cette
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- voie ferrée, qui relie Brickaville avec Tananarive et I du chemin de fer de Brickaville à Tananarive ne qui a été inaugurée le 1er janvier 1909, a une Ion- | résolvait que partiellement la question de transport,
- Fig. 7. — Vue générale d’Anonobo-(Abidjan).
- gueur de 270 kilomètres et la différence de niveau entre Brickaville et Tananarive qui est de 1500 mètres a été rachetée au moyen d’une succession de rampes de 25 millimètres par mètre coupées.par des paliers ou des rampes moins accentuées. Le tracé du chemin de fer suit le cours de différentes vallées souvent fort étroites et fort tortueuses qui ont nécessité la construction de nombreux ouvrages d’art, tunnels et viaducs. Aussi le prix de revient kilottiétrique s’est-il élevé à la somme de 235000 francs en chiffre rond. Mais la construction
- puisque entre Brickaville et Tamatave celui-ci devait s’opérer, après transbordement, par le canal des Pangalanes creusé dans la lagune par une société privée à laquelle la concession avait été accordée. Un tronçon complémentaire de chemin de fer reliant Brickaville avec Tamatave s’imposait donc et, après de longues discussions, la construction de ce tronçon de 97 kilomètres de longueur fut décidée. Les travaux sont actuellement très avancés et dans un avenir prochain les rails relieront, sans discontinuité, Tamatave avec Tananarive. R. Bonnin.
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- La fabrication industrielle des cigarettes n’est pas très ancienne ; nos ancêtres se sont contentés longtemps de les faire eux-mêmes : l’opération n’est d’ailleurs pas difficile, et la cigarette que l’on roule au mompnt de la fumer paraît toujours meilleure.
- Le peu de temps qu’il faut pour la confectionner aurait-il plus de prix qu’autrefois?
- Serions-nous moins flâneurs que nos grands-pères, ou peut-être'plus paresseux qu’eux? Toujours est-il qu’on consomme actuellement en France chaque année un
- total de deux milliards de cigarettes toutes faites. L’industrie et les régies entreprirent d’abord cette
- fabrication dans des manufactures dont le rendement dépendait exclusivement de l’habileté des ouvrières, puisque toutes les opérations étaient faites à la main, avec un outillage très simple. Pour aller vite, elles divisèrent le travail, confectionnant à part les tubes de papier sur des mandrins et les remplissant ensuite de tabac par des procédés divers.
- L’un des premiers employés consistait à réunir
- Fig. /. — La fabrication d’un tube de cigarette (procédé Découflé). Agrafage et sertissage du, tube de papier. B, broche; C, onglet; E, escargot.
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- en botte, au moyen d’nn ruban, deux ou trois cents tubes fermés à une extrémité et placés verticalement sur une table de marbre, le bout ouvert en haut ; l’ouvrière répandait au-dessus du tabac haché finement, qu’elle tassait en soulevant la botte de temps à autre et en la laissant retomber sur le marbre; le tabac était maintenu dans le tube par un bout de carton. Longtemps aussi, on s’est servi des moules, que tout le monde connaît pour doser la quantité de tabac, qu’on bourrait ensuite dans le tube. Bientôt, en 1878, on inventa des machines pour remplacer les ouvrières ; mais, suivant une loi naturelle, les premiers constructeurs cherchèrent d’abord à reproduire les opérations qu’ils avaient vu faire, avec la même division du travail : des mécanismes ingénieux confectionnaient les tubes, les collaient et les
- Les machines ayant donné un rendement bien supérieur à celui des manufactures, les constructeurs imaginèrent des perfectionnements que la mécanique permettait de réaliser et qui les affranchissaient des procédés de la fabrication à la main. C’est ainsi qu’au lieu; de coller les tubes, M. Décou-flé eut l’idée: de réunir les deux bords du papier en les agrafant l’un dans l’autre, puis en sertissant le pli entre deux J molettes. La figure 1 représente l’organe de la machine qui effectue cette opération.
- Le papier est fourni en un long ruban par une bobine qui se déroule; il est appliqué progressivement par des parois courbes A sur la surface d’une broche B parallèle à sa longueur que nous avons sectionnée en trois endroits, sur le dessin. Les deux bords, guidés par l’onglet C à l’intérieur d’une rainure, pénètrent dans la fente D de la pièce E,
- ;—n
- Fig. 2. — Machine à fabriquer les cigarettes, système « Universal ». S, disque compresseur; H, bobine de papier; T, imprimeur; Y, broche d’agrafage; Z, boîte à couteaux; X, réception.
- J
- h
- Fig. 3. — Machine à paqueter Victoria.
- transportaient ensuite Vers d’autres organes qui encastrée dans la broche : ce petit organe appelé dosaient le tabac et l’introduisaient dans le papier, escargot, reçoit les deux bords dans une cavité qui
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- se rétrécit progressivement; ils s’enroulent ainsi l’un dans l’autre à mesure qu’ils s’avancent et leur agrafage s’effectue. Les molettes qui font le sertissage aussitôt après se trouvent l’une F à l’intérieur de la broche, l’autre G à l’extérieur.
- On obtient ainsi un tube de papier sans fin que des couteaux coupent à la longueur des cigarettes, et on évite tous les inconvénients qu’entraîne la présence de la colle dans les machines.
- Des constructeurs eurent ensuite l’idée de remplacer la broche d’acier autour de laquelle s’enroule le ruban dans la machine Decouflé par un boudin de tabac, entraîné puis coupé en même temps que son étui de papier.
- La fabrication devint plus rapide, puisque désormais tout le travail se faisait en une seule opération, et on obtint des cigarettes roulées, non plus bourrées comme autrefois.
- La machine Universal que représente la figure 2, est construite suivant ce principe. Un ouvrier jette des pelletées de tabac haché dans un grand entonnoir, et, toutes les deux heures, fixe une bobine de papier sur une poulie H; la machine fait le reste. Avec ses organes de métal qui agissent comme les doigts de nos grands-pères, elle roule une cigarette de 5 kilomètres, la débite en morceaux de longueur voulue, imprime le nom du tabac sur le papier, entoure d’une bague d’or ou de liège l’extrémité que les lèvres doivent toucher et apporte devant la receveuse les 25000 cigarettes qu’elle fabrique ainsi en une heure.
- Toutes ces opérations sont très simples à raconter; mais regardez la photographie et vous comprendrez que, même pour rouler un peu de tabac dans du papier, il faut, si l’on veut aller vite, des mécanismes assez compliqués.
- Les engrenages que vous voyez sur le côté gauche de la caisse entraînent les rouleaux cardeurs qui saisissent le tabac jeté par une ouverture supérieure, et qui l’étatlent en une couche régulière sur une toile sans fin animée d’un mouvement continu. Si la paroi était enlevée, vous verriez le mécanisme intérieur tel qu’il est représenté sur la figure 4 : les crochets du rouleau K happent le tabac sur la toile L, le font passer sous les fines pointes de l’égaliseur M et le livrent à la carde O qui, tournant à grande vitesse, décharge le rouleau transporteur.
- Une toile P reçoit le tabac, le fait passer sous des aimants qui retiennent les impuretés métalliques,
- et le laisse tomber, au bout de sa course, dans l’entonnoir N, où un marteau Q l’empêche de séjourner.
- A la partie inférieure de cet entonnoir, une autre sangle mobile Pi (fig. 2) prend la matière et l’entraîne en une veine étroite qui, après avoir été comprimée par le disque molleté S, est introduite entre les gorges de deux poulies horizontales ; elle prend alors la forme d’un boudin continu, de section égale à celle de la cigarette, et s’engage sur le ruban de papier que vous voyez se dérouler de la bobine II et passer dans l’imprimeur T.
- L’ensemble est désormais entraîné, jusqu’à la fin de la fabrication, par une toile sans fin U, dont vous voyez la partie inférieure et les rouleaux moteurs Y, et qui traverse la gaine d’enroulement et les organes de collage ou d’agrafage Y. L’agrafage se fait d’une manière analogue à celle que nous avons décrite plus haut ; mais la broche se réduit ici à une languette de métal qui surmonte la veine de scaferlati et qui porte la molette intérieure de sertissage. Le peu de place qu’occupe cette languette sera ensuite rempli dans la cigarette, grâce à l’élasticité du tabac.
- Les couteaux sont enfermés dans la boîte protectrice Z, qui est animée d’un mouvement horizontal de va-et-vient, pour lui permettre d’accompagner le tube en marche pendant le temps que les lames mettent à le traverser.
- Enfin les cigarettes, complètement terminées, sont transportées par le ruban X devant l’ouvrière qui les reçoit et les examine : c’est la seule opération qu’on ne puisse pas confier à des mécanismes.
- Si maintenant vous prenez la peine d’introduire ces cigarettes par poignées dans l’entonnoir d’une machine à paqueter (fig. 4), elle se chargera de les compter, de les envelopper d’une feuille de papier ou d’étain, et de les glisser dans un étui qu’elle fabrique souvent en même temps.
- Ainsi la machine Boullet, servie par trois femmes, imprime, découpe, confectionne et remplit les paquets de 20 cigarettes Elégantes qui sont en vente dans tous les débits. Le croquis de la figure 5 représente schématiquement les organes de cette machine qui effectuent le paquetage proprement dit : ce sont le barillet de pliage a, qui confectionne le sac, et le barillet de distribution b qui transporte les cigarettes du distributeur à l’entonnoir c. Chacun d’eux, au moyen d’une came-verrou qui les commande, tourne à intervalles réguliers autour de son axe, de manière à faire travailler successivement lés quatre bras semblables.
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- LES TRANSFORMATIONS DES CORPS RADIOACTIFS
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- Les cigarettes sont comptées de la manière suivante. Couchées en pile par l’ouvrière dans le distributeur d, elles tombent progressivement dans 7 compartiments verticaux, dont la largeur est très peu supérieure à celle d’une cigarette ; un fouloir à 7 branches e, glisse sur le fond du distributeur et chasse les 5 rangées les plus basses dans le barillet de distribution qui se trouve en face.
- Cela ferait 21 cigarettes; or, le consommateur est habitué à acheter des paquets de 20, et il est dangereux de vouloir changer ses habitudes ; il y a d’ailleurs intérêt à conserver la répartition en trois rangées, qui donne à l’étui une forme commode pour le mettre en poche ; la machine est donc obligée de laisser chaque fois une cigarette de côté. Ce résultat est obtenu très simplement en évidant la quatrième branche du fouloir horizontal e
- fond mobile, qui lui donne la forme rectangulaire; les côtés sont rabattus par des portières latérales qui ne sont pas représentées sur la figure.
- Le barillet tourne alors de 90°, et le sac se trouve en face de l’entonnoir c; il reçoit les 20 cigarettes qu’un fouloir horizontal h chasse du barillet de distribution. La pochette se ferme, d’une part sous l’action d’un petit organe qui vient relever l’un des bords de l’ouverture, d’autre part en passant sous une paroi courbe k qui rabat le bord supérieur pendant que le barillet tourne encore de 90°.
- Sous l’action du fouloir t, que nous avons déjà vu travailler, une tige S, qui traverse diamétralement le barillet et qui réunit les fonds mobiles de deux moules opposés, chasse le paquet fermé du bras vertical g'. A ce moment, il reçoit à sa partie
- supérieure la vignette de la régie enduite de colle ;
- Fig. 5
- Schéma du fonctionnement de la machine à paqueter Boullet. — a, barillet de pliage; b, barillet de distribution ; d, distributeur; e, fouloir à ~ branches; p, paquet de cigarettes rempli et fermé.
- milieu et sur toute sa longueur : la cigarette correspondante reste alors dans le distributeur, et ce dispositif a l’avantage de produire un paquetage moins serré.
- Le papier qui sert à mouler le sac est amené sur la table f après avoir été découpé et imprimé. Un fouloir vertical t le fait monter dans le moule g à
- celle-ci s’applique complètement sur les côtés et assure la fermeture de l’étui.
- Le paquet est terminé ; il séjourne quelque temps dans un appareil sécheur, et arrive sur la table de la receveuse. La machine en produit ainsi 1500 àl’heure, tels que vous les achetez. C’est le travail que faisaient autrefois 15 ouvrières. Fernand Comte.
- LES TRANSFORMATIONS DES CORPS RADIOACTIFS
- M. A. Debierne, chef des travaux de physique à la Faculté des Sciences, a fait récemment dans l’amphi-théâtre de physique de la Sorbonne une conférence sur « les transformations des corps radioactifs ». Cette conférence devait primitivement compléter un exposé des recherches récentes sur les rayonnements des corps radioactifs, fait par Mme Curie, mais qu’une maladie subite l’a forcée de reporter à une date indéterminée. Cependant, comme le texte de cette communication était assez voisin de celui de la conférence Nobel 1911, nous avons utilisé celui-ci pour compléter les résultats exposés par M. Debierne. Nous ne reviendrons pas sur l’historique de la radioactivité, bien connu de nos lecteurs, ni sur la façon dont M. et Mme Curie isolèrent quelques centigrammes de chlorure de radium pur en traitant 1 kilogramme de pechblende par 8 tonnes de réactifs et 50 tonnes d’eau.
- Un corps radioactif tel que le radium constitue une
- source continue d’énergie qui se manifeste par l’émission de radiations. Il résulte des travaux d’un grand nombre de physiciens (Giesel, Becquerel, Curie, Rutherford, Villars...), que les corps radioactifs peuvent émettre des rayons de trois espèces différentes, appelés par Rutherford rayons a, p, y. Les rayons p, analogues aux rayons cathodiques, se comportent comme des projectiles chargés négativement, de masse 2000 fois plus petite que celle d’un atome d’hydrogène (électrons). Les rayons a, analogues aux rayons canaux de Goldstein, se-comportent comme des projectiles 1000 fois plus lourds et chargés positivement. Enfin les rayons y sont analogues aux rayons de Roentgen. Les rayons émis traversent plusieurs centimètres de plomb, excitent la phosphorescence du platinocyanure de baryum, colorent en bleu violacé le verre des flacons qui renferment les substances radioactives depuis quelque temps, etc.., de plus, Curie a montré que le radium dégage de la chaleur
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- d’une manière continue à raison de 100 petites calories par heure, c’est-à-dire que le radium fond par heure un peu plus que son poids de glace ; ce dégagement considérable est constant- même après plusieurs années d’observation, et l’énergie totale que libère ainsi le radium est excessivement grande.
- Certains corps radioactifs agissent encore autrement que par leur rayonnnement direct : l’air qui les entoure devient à son tour radioactif et Rutherford admet que cette propriété est liée au dégagement d’un gaz, Y émanation, qui se répand dans l’air. L’activité des gaz diminue d’ailleurs suivant une loi exponentielle avec le temps. De même les corps solides mis en présence de l’air actif deviennent eux-mêmes temporairement radioactifs. C’est le phénomène de la radioactivité induite qui est d’ailleurs également instable. Enfin, ainsi que l’ont démontré Ramsay et Soddy, le radium est le siège d’une production spontanée d’hélium.
- Tel est l’ensemble des faits les plus importants présentés par les corps radioactifs et dont les conséquences se sont fait sentir dans toutes les sciences. En physique, le radium est un nouvel outil de recherche, une source de radiations nouvelles, dont l’étude a permis de confirmer les théories électroniques. En chimie, ces phénomènes ont conduit à créer une méthode nouvelle de recherches des éléments, basée sur la radioactivité considérée comme propriété atomique de la matière. Dans les sciences biologiques, les rayons du radium ont été utilisés dans le traitement de certaines maladies (lupus, cancer, maladies nerveuses). En géologie, les transformations des corps radioactifs ont permis de se rendre compte de la formation des roches, d’évaluer leur âge, et même, conséquence inattendue, d’introduire un facteur nouveau dans la question si complexe du feu central. En effet, on a pu calculer que jusqu’à une profondeur de quelques mètres, la croûte terrestre contenait plusieurs centaines de tonnes de radium, dont l’existence est révélée par la radioactivité constatée de l’eau de pluie, de l’air confiné dans les caves, de la vase des sources thermales, etc.... La chaleur dégagée par cette quantité de radium est plus que suffisante pour compenser la perte de chaleur du globe par conduction. Il y a donc de grandes chances pour qu’une partie considérable de la chaleur du globe provienne de cette origine.
- L’étude des phénomènes radioactifs constitue une nouvelle science. Sur quelles hypothèses repose-t-elle, et comment ces hypothèses ont-elles été vérifiées, c’est ce que nous allons examiner maintenant.
- La radioactivité est dominée par deux idées directrices fondamentales. La première est que la radioactivité, ainsi que Curie l’avait supposé, est bien une propriété atomique, caractéristique de certains atomes chimiques bien définis comme Ta montré Mme Curie en préparant à l’état de sel pur et même de métal, le radium qui possède un poids atomique, un spectre et des propriétés chimiques absolument typiques.
- La seconde idée directrice est que les phénomènes observés sont dus à des transformations atomiques. D’après Rutherford et Soddy, l’énergie libérée est empruntée à la substance elle-même. Dans ces conditions, les produits de désintégration seraient, d’une part les rayons projectiles, et d’autre part les émanations et les radioactivités induites. Cés dernières seraient de nouveaux corps chimiques, à évolution souvent rapide et de poids atomique moindre que celui de l’élément primitif dont ils dérivent. Par exemple les gaz au contact d’un sel de radium devenant
- radioactifs contiennent un nouveau corps gazeux, l’émanation ; les solides qui présentent la radioactivité induite ont reçu un dépôt d’atomes radioactifs d’un nouveau corps, le radium A, etc.
- C’est donc là une véritable théorie de la transmutation des corps simples, mais non pas comme la comprenaient les alchimistes : la nature inorganique évolue nécessairement à travers les âges et suivant des lois immuables. A ce point de vue un des plus beaux triomphés de la théorie a consisté à prouver que l’élément chimique parfaitement défini, le radium, donne lieu à la formation d’un autre élément également défini, l’hélium, et que les particules a émises par le radium avec une charge électrique se retrouvent à l’état de gaz hélium dans l’espace où elles ont été recueillies.
- De nombreux travaux, guidés par cette théorie, ont conduit à envisager environ 30 éléments nouveaux caractérisés par la nature de leur rayonnement, le parcours des particules émises, leur durée de vie moyenne, et qui se classent dans 4 familles suivant la substance primaire : familles de l’uranium, du radium, du thorium et de l’actinium. Les deux premières familles semblent d’ailleurs pouvoir se réunir en une seule, le radium étant probablement un dérivé de Turanium. Voici à titre d’exemple le tableau de la famille du radium.
- Substance Vie Moyenne Nature des rayons émis Parcours de ces rayons Poids atomique
- Uranium 9.10® années oc 2,7 238,5
- 4
- Radio-uranium
- Y Uranium X 4 35,5 jours P,y
- Ionium 4 5.103 années (?) a 2,8
- 4 Radium 2900 ans a g 5,5 226,5
- I
- Emanation i 5,5 jours a 4,2
- T Radium A 4,5 minutes a 4,8
- Y Radium B 3S,5 — p
- 4
- Radium C. 28,1 — a P Y 7,06
- 4
- Radium C, .... 2 — 7P
- Radi îm D.: 21 ans P
- Y Radium E [ 6,9 jours P
- Y Radium F ou polonium 202 jours a 5,8
- 4
- 9 ? ?
- Potassium p 59
- Rubidium p 85,1
- On voit combien les vies moyennes des divers éléments sont dissemblables variant de 4/500e de seconde à plusieurs milliards d’années. Aussi a-t-il fallu créer des méthodes spéciales pour pouvoir les évaluer.
- L’émanation a aussi fait l’objet d’études particulières et son poids atomique déterminé par Debierne en étudiant son écoulement à travers un orifice étroit, et par Ramsay à l’aide de la méthode des densités a été trouvé sensiblement égal à 222. Or, si Ton adopte les idées de transmutation on peut écrire :
- Radium = Émanation + Hélium et le poids atomique de l’émanation doit être égal à celui du
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- L'INDICATEUR DE VITESSE DU CAPITAINE ÉTÉVÉ :::::../ : 285
- radium (226,4) diminué de celui de l'hélium (4), soit 222,4. L’accord avec l’expérience est excellent, surtout si on pense que les expérimentateurs ont opéré sur des volumes d’émanation ne dépassant pas un dixième de millimètre cube. Si l’on se reporte au tableau précédent, on déduit de même, et l’expérience vérifie, que le radium étant formé par de l’uranium moins 3 particules a (3 atomes d’hélium) doit avoir un poids atomique inférieur de 12 à celui de l’uranium. En continuant ainsi, on arrive à trouver que le polonium en perdant une particule a donne un corps de poids atomique 206,5. Or, c’est justement le poids atomique du plomb qui se présente ainsi comme le terme final de l’évolution. L’expérience a aussi vérifié cette conclusion. Ainsi l’un des métaux communs dont la valeur marchande est la plus faible est fabriqué par la nature à partir du métal à l’heure actuelle le plus coûteux à préparer.
- Comment s’effectuent ces transformations? C’est là un mystère angoissant et insondable jusqu’à présent. Il semble que la désintégration d’un atome se fasse instantanément ; il y a explosion de l’atome et la particule a est projetée extérieurement avec une vitesse énorme. Cette transformation semble de plus immuable, absolument indépendante des conditions extérieures, et les moyens d’action dont dispose l’homme sont sans effet sur elle : ni la température
- que l’on a fait varier de — 180° à 1250°, ni la détonation d’explosifs au voisinage, ni la plus ou moins grande concentration de la matière, ni les décharges électriques, ni les champs magnétiques les plus puissants, n’ont pu changer d’une façon quelconque la vitesse de transformation.
- Les théories précédentes, bien que profondément différentes de celles préalablement adoptées, ont été acceptées facilement par les physiciens, bien qu’elles présentent un côté mystérieux : pourquoi certains atomes de radium par exemple se transforment-ils immédiatement tandis que d’autres subsisteront inaltérés pendant des milliards d’années. Toutes les explications proposées jusqu’à présent ont échoué et si l’on veut appliquer ici encore le calcul des probabilités et les lois du hasard, on est conduit à supposer à l’intérieur même de l’atome un élément de désordre auquel ces calculs s’apphqueront.
- Ainsi, au fur et à mesure que nous pénétrons les mystères de la matière, celle-ci se révèle à nous de plus en. plus complexe, et l’atome qui semblait aux physiciens du siècle dernier l’élément même de la matière, ayant une structure simple et sans complications, apparaît aux yeux des physiciens modernes comme un monde infini que la science nous révèle et dont nous soupçonnons à peine la constitution. II. Vigneron.
- L’INDICATEUR DE VITESSE DU CAPITAINE ETEVE
- (( Pas de vitesse, pas de vol », c’est par cette formule aujourd’hui classique que Mouillard exprimait la condition essentielle du vol parle « plus lourd que l’air ». Aujourd’hui que des moteurs suffisamment puissants et légers ont permis de réaliser les grandes vitesses nécessaires à la sustentation, les aviateurs, les constructeurs, n’ont pas de plus grand souci que de conserver cette vitesse, et de la maintenir pendant le vol aussi constante que possible. Toute variation de vitesse se traduit, en effet, par un changement de la trajectoire que l’aviateur s’est proposé de suivre : si l’aéroplane va plus
- vite, la poussée sustentatrice sur les ailes devient plus forte que le poids, et l’appareil monte; si la vitesse devient, au contraire, plus faible que celle qui correspond au régime normal, c’est la pesanteur qui l’emporte et l’appareil tend à descendre.
- Mais si l’aviateur ignore absolument quelle est la vitesse actuelle de son vol, il est exposé à manœuvrer à contresens ; par exemple à mettre l’équilibreur à la montée quand la vitesse faiblit : alors c’est la chute.
- O
- L'indicateur de vitesse du Capitaine Ètévè {vu de face et de profil).
- Les différents procédés de stabilisation automatique ont précisément pour objet de prévenir cette chute en assurant automatiquement, sans intervention du pilote, la manœuvre adéquate à chaque cas.
- Mais sans aller jusque-là, on peut chercher à rendre visibles ces variations de vitesse aux yeux du pilote ; à lui de manœuvrer dès lors en conséquence.
- Réduit à ses seules ressources, l’aviateur, en effet, n’a guère de points de repère ; il ignore souvent s’il monte, s’il descend ou s’il continue à voler horizontalement.
- A cet effet un aviateur militaire très connu, M. le Capitaine Etévé, a combiné un appareil très simple représenté par le schéma ci-dessus ; cet appareil se compose uniquement d’une tige G équilibrée par une pièce de plomb K de manière que le centre de gravité soit confondu avec le centre d’oscillation en 0. La surface S, recevant l’action du vent, fait basculer la tige G d’un certain angle correspondant à la force du vent relatif, et ce mouvement entraîne l’aiguille II qui se déplace devant un cadran G. Ce cadran, taillé dans la plaque évidée A en aluminium qui
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- forme girouette, porte un trait de repère très visible R marqué en rouge.
- La surface S peut avoir une forme quelconque ; dans tous les cas, le fonctionnement de l’appareil est évident ; on le règle en agissant sur le ressort M de manière que dans un vol d’essai fait à petite distance du sol, l’aiguille se trouve sur le trait de repère.
- 11 suffit pour cela de noter, dans ce vol d’essai, la position prise par l’aiguille au moment où l’on sent que l’aéroplane est bien en équilibre. Ayant atterri, le pilote replace artificiellement l’aiguille dans cette même position en déplaçant une masse de réglage T ; puis à l’aide de l’écrou N il fait avancer ou reculer la tige filetée F qui, par l’intermédiaire du ressort
- M, fait basculer le levier OJ et par suitel’aiguille 11. On s’arrête quand cette dernière aiguille est venue en coïncidence avec le trait de repère R.
- Ceci fait, l’aviateur peut s’envoler pour un raid quelconque ; il sait, en voyant les déplacements de l’aiguille par rapport au trait de repère, si sa vitesse relative augmente ou diminue. Si elle augmente, il donne à monter, si elle diminue il donne à descendre afin que la pesanteur l’aide à retrouver la vitesse perdue et à maintenir ainsi la sustentation.
- Le principal intérêt de cet appareil est dans son dispositif de réglage très souple qui laisse l’aviateur maître de choisir la sensibilité qu’il veut : celle-ci dépend, en effet, de la position donnée à la pièce L qui joue le rôle de contrepoids. R. C.
- LA PSYCHOLOGIE DU CINÉMATOGRAPHE
- Le Dr Ponzo vient de rassembler j1) diverses observations curieuses faites pendant les représentations cinématographiques et qui rentrent toutes dans la grande catégorie des erreurs, des illusions dues à nos sens et aux perceptions qu’ils nous fournissent.
- Les plus nombreuses sont relatives à des associations entre les images visuelles du cinématographe et des impressions acoustiques indépendantes. Le Dr Ponzo cite quelques-unes de ces associations : Pendant que se déroule un film représentant une cérémonie religieuse en Birmanie durant laquelle deux jeunes gens frappent sur des cloches, il croit entendre le bourdonnement de celles-ci, et en cherchant l’explication, la trouve dans la sensation des sons graves produits par les instruments à corde de l’orchestre. Une autre fois, voyant représentée une automobile en marche, il croit entendre le bruit du moteur ; cette impression était l’interprétation du bruit du ventilateur de la salle. Plusieurs fois, il interpréta le bruit du même ventilateur ou du projecteur cinématographique comme une rumeur lointaine de torrent ou celle d’une chute d’eau quand le film montrait des vues de ce genre. Ces associations se font très facilement quand on n’y fait aucune attention et sont très intenses quand elles ne durent qu’un instant. Au contraire, elles sont très difficiles à réaliser volontairement et l’on sait combien les tentatives d’association du cinématographe et du phonographe ont donné peu de résultats, surtout à cause de l’impossibilité de localiser en un même point les impressions visuelles et acoustiques.
- C’est certainement pour favoriser ces associations
- acoustico-visuelles et donner ainsi une plus grande impression de réalité que les entrepreneurs de représentations cinématographiques adjoignent à la représentation la musique d’un orchestre et qu’ils font imiter derrière la toile certains bruits tels que ceux du vent, de la mer, des voitures, des chutes, des bris de vaisselle, etc.
- Ce ne sont pas seulement les impressions acoustiques qu’on associe parfois aux représentations visuelles du cinématographe ; tous les sens peuvent également fournir des illusions.
- Le Dr Ponzo cite une impression d’humidité et de froid ressentie pendant que se déroulait une scène de Y Enfer du Danie représentant la pluie ; une impression de fraîcheur à la vue d’un navire en mer, etc., toutes dues à la température de la salle, mais non ressenties jusqu’à ce que les impressions visuelles les eussent mises en évidence en les associant.
- L’odorat peut aussi fournir des illusions : pendant une scène représentant une écurie dans laquelle on retirait le foin d’un râtelier, le Dr Ponzo et un autre assistant sentirent vivement l’odeur du foin; ils en trouvèrent l’explication dans le parfum d’une personne voisine qu’ils n’avaient pas encore remarqué et qui d’ailleurs n’avait pas du tout l’odeur du foin.
- Tous ces phénomènes sont fort précieux pour la connaissance des associations de sensations et des illusions qu’elles produisent; ils méritent d’être notés, car leur observation est difficile puisqu’elle ne peut être faite à volonté, le désir de les constater suffisant à les empêcher. René Merle.
- ctg'S.&'SSLgî)
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 11 et 18 mars 1912.
- L’annonce des orages par la télégraphie sans fil. — M. Violle présente une Note de M. Flajolet, de l’Observatoire de Lyon, relative à l’utilisation de la télégraphie sans fil pour l’annonce des orages. La principale difficulté à résoudre consistait dans la construction d’un détecteur convenable. A cet effet M. Flajolet a construit un détecteur à sulfure de plomb qui joue le rôle de pile thermo-électrique. Puis, à l’aide d’un galvanomètre à miroir,
- 1. Atti délia R. Academîa delle Scienze di Torino.
- — Présidence de M. Lîppmann.
- il enregistre photographiquement les déplacements de l’aiguille. L’appareil ainsi construit reçoit peu les ondes de la tour. Pendant une nuit orageuse, le 4 mars, un orage d’une durée de 10 heures, qui a sévi entre Caen et Beauvais, a été fort bien décelé. Or, la distance était de 450 kilomètres. L’auteur admet que l’on peut ainsi, à 500 kilomètres, discerner les premières manifestations d’un orage. Et comme il faut environ 12 heures à l’orage pour franchir cette distance, l’avertissement se trouve donné 12 heures à l’avance. M. Flajolet va
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- : ACADEMIE DES SCIENCES : : 287
- rechercher le moyen de déterminer la direction de l’orage.
- La charge électrique de la plaie. — M. Yiolle présente ensuite un travail de M. Baldit sur les charges électriques de la pluie. L’auteur n’a pas fait moins de 12 000 observations très rapides. Dès que la pluie commence à tomber, il s’enferme dans une baraque dans laquelle est installé un électromètre à quadrants. Cette baraque est surmontée d’un pluviomètre. L’auteur a constaté ainsi que les gouttes d’eau de pluie ayant des charges positives sont beaucoup plus nombreuses que celles ayant des charges négatives. Lorsqu’il s’agit d’une pluie d’orage, il y a presque égalité des nombres de charges des deux espèces. Enfin, la charge maximum se trouve parmi les charges négatives.
- Nouveau calorimètre. — M. Yillard présente une Note de M. Féry sur un calorimètre qui permet d’obtenir une plus grande exactitude dans la mesure de la quantité de chaleur dégagée par la combustion d’un corps. A l’intérieur d’un récipient, l’auteur suspend une petite coupelle dans laquelle il place un poids de 1‘ gramme du corps à étudier. Ce corps peut être enflammé au moyen d’une décharge électrique entre deux conducteurs. Le récipient est fermé et l’on y introduit de l’oxygène sous pression ; il est entouré d’un double disque de Constantan qui le relie à un calorimètre métallique. Lorsque l’on fait brûler le corps, la soudure du métal Constantan au récipient s’échauffe tandis que la température de la soudure opposée reste soumise à la température extérieure. Ces soudures sont reliées à un millivoltmètre qui permet de mesurer la force électromotrice produite, laquelle est proportionnelle au pouvoir calorifique de la substance en combustion. On remarquera que ce calorimètre ne contient pas de liquide, donc pas d’erreur de mesure provenant des courants de convection dans le liquide. C’est donc une cause d’erreur qui est éliminée.
- L’anesthésie par la voie intestinale. — M. Delage expose que les tentatives pour provoquer l’anesthésie par la voie rectale étaient demeurées infructueuses. M. Gau-trelet a pensé que peut-être la pression du gaz anesthésiant était trop faible. Il a donc repris l’expérience avec un mélange gazeux soumis à une surcharge de 0 m. 025 de mercure. Ce faible excès de pression suffit pour donner à des lapins et à des chiens un sommeil caractéristique très sûr et paraissant présenter moins de dangers et de phénomènes consécutifs que l’anesthésie par la bouche.
- Flammes en spirale. — M. Bigourdan fait connaître que M. Meunier, à l’aide de deux courants de gaz, est arrivé à produire des flammes dont l’aspect rappelle celui des nébuleuses en spirales.
- La genèse des roches. — M. Lemoine résume un travail de M. Alfred Yialay sur la genèse et l’évolution des roches. Après avoir coordonné les recherches faites à ce sujet, principalement par des savants étrangers, il insiste sur les réactions chimiques qui proviennent de la vapeur d’eau chargée d’acide carbonique et qui président à la formation ainsi qu’à l’évolution des roches. L’auteur considère les gigantesques formations basaltiques du nord-ouest des États-Unis comme étant des roches sédi-mentaires d’une nature spéciale.
- Élections. — Il est procédé à l’élection d’un membre pour la section de Médecine et de Chirurgie en remplacement de M. Lannelongue. M. Lucas-Championnière est élu par 52 voix contre 26 données à M. Charles Richet. — M. Ilatt est présenté en première ligne et M. Ilamy èn 2° ligne au choix du ministre pour la place de
- membre du Bureau des Longitudes devenue vacante par le décès de M. Radau.
- Recherche des nombres premiers. — M. le Secrétaire perpétuel Darboux présente un manuscrit de M. Ernest Lebon, qui contient une série de nombres utilisables pour trouver les facteurs premiers de tous les nombres entiers compris entre 510 510 et 100 000 000. Ce manuscrit est un in-folio de 452 pages.
- La vitalité des microbes dans l’eau. — M. Roux résume une étude de MM. Trillat et Fouassier, relative à l’action de certains gaz dissous dans l’eau sur la vitalité des microbes. Les expériences des auteurs confirment non seulement d’une façon très nette l’influence des gaz putrides en général, mais elles apportent des indications intéressantes concernant la contamination de l’eau. Leurs essais permettent de conclure que la composition gazeuse de l’eau joue un rôle important dans la multiplication des microbes pathogènes : c’est notamment le cas pour le bacille typhique. En se plaçant au point de vue purement chimique, la recherche de ces gaz, ainsi que celle des microbes qui peuvent les engendrer, prennent une signification plus importante. On peut notamment prévoir que le Bacillus proieus exerce une action sur le développement du bacille de la fièvre typhoïde.
- Phénomènes accompagnant les séismes. — M. Barrois dépose une Note de M. de Montessus de Ballore dans laquelle l’auteur expose qu’une enquête portant sur un très grand nombre de tremblements de terre a permis de reconnaître qu’il n’existe aucune relation entre les mouvements de l’écorce terrestre et certains phénomènes lumineux, contrairement à l’opinion émise par quelques personnes.
- Les algues des régions antarctiques. — M. Mangin présente une Note de Mme Paul Lemoine sur les caractères des algues calcaires des régions antarctiques. Elle compare les résultats auxquels elle est arrivée avec ceux fournis par l’étude des Mélobésiées des régions arctiques. Le principal fait saillant est l’individualité de la flore arctique, très différente de celle des régions tempérées tropicales et même des régions arctiques. L’aspect même des algues des deux régions polaires est très différent. Les algues du pôle Sud forment des couches minces atteignant rarement 1 millimètre d’épaisseur; au contraire les algues du pôle Nord forment des croûtes. La relation entre les flores des régions arctique et antarctique est donc peu importante.
- Déshydratation des alcools. — M. Lemoine présente un travail de M. Senderens sur la déshydratation catalytique des alcools forméniques par voie humide, au moyen de l’acide sulfurique. L’auteur montre que 5 à 4 pour 100 d’acide sulfurique suffisent pour déshydrater facilement les alcools tertiaires. Il en est de même des alcools secondaires, mais seulement à partir de l’alcool amylique, ce qui tient à ce que le premier des alcools secondaires, l’alcool isopropylique, bout à très basse température. Pour les alcools primaires, ce n’est qu’à partir de l’alcool acé-tyliqùe ; cela tient à ce que pareillement l’ébullition de ces alcools se produit à trop basse température, car l’action catalytique de l’acide sulfurique, comme celle de tous les catalyseurs, ne se manifeste qu’à une température déterminée.
- Election. — M. Costantin est élu membre de la Section de botanique, en remplacement de M. Bornet, par 51 voix contre 20 données à M. Dangeard.
- • Cn. de Yiixedeuil.
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- LE LUNARIUM
- Sous ce titre M. C. Perregaux, administrateur du Technicum du Locle, fait construire par la maison Ernecke, de Berlin, un appareil simple et ingénieux permettant de faire comprendre facilement aux élèves des cours primaires professionnels les déplacements relatifs de la Terre et de son satellite par rapport au Soleil. La fig. 1 représente l’appareil vu de face. Il se compose d’un plateau carré formant cadre, et peint en bleu. Sur ce plateau sont dessinés huit disques représentant les huit phases principales de la Lune et des flèches indiquant la direction des
- 29 tours et demi lorsque le grand disque bleu et par suite le disque lunaire fixé sur lui en font un seul. Les plaques demi-circulaires conservant dans ce mouvement automatiquement et par leur propre poids leur position d’ombres par rapport aux rayons solaires, il résulte de ces combinaisons de mouvement :
- 1° Que la Lune tourne toujours la même face vers la Terre ; 2° Que la Lune et la Terre se trouvent toujours dans leurs vraies positions respectives par rapport au Soleil ; 5° Que la Lune fait un tour
- Fig. i. — Le Lunarium vu de face. Fig. 2. — Le Lunarium vu d’arrière.
- rayons solaires supposés tomber verticalement d’en haut. Le plateau est percé d’une ouverture circulaire dans laquelle se meut un disque auquel un mécanisme de minuterie placé à l’arrière permet de donner un mouvement de rotation. Le disque est bleu comme le plateau. Il porte fixé sur lui un petit disque représentant la Lune. Au centre un peu en avant et indépendant de lui, un disque plus grand représente la Terre. Les disques de la Terre et de son satellite sont blancs. Devant chacun d’eux est suspendu un secteur demi-circulaire noir formant ombre. Ces secteurs ont toujours leurs diamètres horizontaux comme on le voit sur la figure, ils pendent librement.
- Les rouages qu’on aperçoit sur la figure 2, sont des rouages de minuterie dont les nombres sont calculés de manière que le disque de la Terre fasse
- sur elle-même en 29 jours et demi et dans le même temps le tour complet de son orbite ; 4° Que de la Terre, les phases de la Lune sont vues avec l’aspect qu’elles présentent dans le Ciel; 5° Que le disque terrestre portant une projection géographique avec deux méridiens en croix, on a pour chaque phase l’heure du passage de la Lune au méridien.
- L’appareil a une surface de d mètre carré environ. Il peut par suite servir à la démonstration devant un auditoire assez nombreux.
- Tous ceux qui ont essayé d’expliquer, à des enfants, au tableau noir, les mouvements respectifs de notre Terre et de sa Lune comprendront quelle aide précieuse le Lunarium de M. Perregaux apporte à l’enseignement de cette partie de l’astronomie élémentaire. L. Reverchon.
- Lé Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2027. ...r—: 30 MARS 1912*
- LES GROTTES A CRISTAUX DE GYPSE DE NAÏCA (MEXIQUE)
- En dehors de filons métallifères de nature variée, le Nord du Mexique contient, en plusieurs régions, des gisements miniers en forme d’amas ou de poches, du type dit remplissage de grotles, dans lesquels des minerais de remaniement sont venus incruster des grottes, ou plutôt des abîmes et gouffres analogues à ceux que l’on trouve vides en tant de pays calcaires.
- Dans le Nord du Mexique, ces sortes de gisements contiennent, jusqu’à une profondeur encore inconnue, des carbonates de chaux et de plomb argenti-
- qui restent dans les alvéoles de cette gigantesque ruche dépassent probablement de beaucoup celles qu’on en a déjà extraites.
- Dans l’une des mines, on a reconnu un massif qui a 180 mètres de hauteur sur une section d’environ 90 mètres de diamètre; il contient 5400000 tonnes de minerai valant à peu près 675 millions de francs. Dans un autre massif, exploité actuellement entre 300 et 500 mètres de profondeur, un sondage fait à partir de 500 mètres et poursuivi jusqu’à 900 mètres, est toujours resté dans le même minerai.
- Fig. i. — Grands cristaux de gypse de Naïca.
- fères avec oxydes de fer et quelques sulfures ; leur facilité extrême d’exploitation et de fusion, la richesse de certaines parties et les énormes quantités de minerais contenues dans quelques-unes de ces cavités ont fait la célébrité des mines de Santa-Eulalia, près de Chihuahua.
- Pour donner, en passant, une idée de ces mines, disons qu’exploitées par les Espagnols et les Mexicains pendant deux siècles, à partir de leur découverte en 1704 — et cela au moyen de procédés très rudimentaires — les mines de Santa-Eulalia ont fourni pour plus de deux milliards d’argent et de plomb. Les Compagnies américaines qui leur ont succédé sur la plupart des concessions font, en général, d’énormes bénéfices, et les quantités de minerai
- 40° année. — Ier semestre.
- Les mines de Naïca, analogues à celles de Santa-Eulalia, et situées à 120 kilomètres au Sud, ont été découvertes il y a peu d’années, et leur exploitation, commencée en 1904, a déjà produit pour 21 millions de minerai.
- Or, parmi des massifs de formes très variées, mais généralement analogues à des colonnes plus ou moins torses et irrégulières, massifs déjà reconnus sur 200 mètres de profondeur, on rencontre encore quelques cavités plus petites qui n’ont pas été remplies par des minerais : les unes sont simplement tapissées par un dépôt mamelonné et blanc comme neige de carbonate de chaux cristallin, du type des stalactites, et les autres, dont nous voulons parler ici plus particulièrement, par des cris-
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- GROTTES A CRISTAUX DE GYPSE DE NAÏCA (MEXIQUE)
- taux de gypse ou sulfate de chaux, qui leur donnent un aspect très original.
- Ces dernières, découvertes en 1910, sont au nombre de trois, communiquant entre elles par des ouvertures juste suffisantes pour le passage d’un
- homme. Toutes trois sont à peu près égales, ayant en moyenne 10 à 15 mètres de long, 4 à 6 de large et autant de haut. La Compagnie minière de Naïca a eu soin de fermer leur entrée par une porte, pour éviter leur détérioration, et d’y aménager des ponts et des escaliers en bois, ainsi que de petits jets d’air comprimé, pour en faciliter la visite.
- Bien que ces grottes soient à moins de 200 mètres sous le sommet de la colline et au niveau de la plaine qui l’entoure, il y règne une température excessivement élevée, probablement due à l’oxydation continue des minerais sulfurés, qui, par double réaction sur les calcaires, ont produit ces gypses.
- Les photographies ci-jointes donnent une faible idée de l’aspect vraiment extraordinaire que présentent ces diverses grottes. On y pénètre en venant d’une galerie principale de la mine, et l’on a d’abord devant soi des vides à dépôts ordinaires de carbonate mamelonné. Au fond de cette première grotte, on1'descend par un escalier à travers des cristaux de gypse énormes, atteignant presque la dimension d’iin homme et dont la figure l'donne une idée ; quelques-uns ont 1 m. 30 de hauteur et une section de 0 m. 50 sur 0 m. 20. On arrive ainsi dans la seconde grotte (fig. 2), puis dans une troisième (fig. 5), qui ferme la série,
- Sur des distances assez restreintes, ces trois grottes offrent des aspects très variés ; les cristaux eux-mêmes changent de forme : tantôt la paroi semble hérissée de poignards menaçants, tantôt c’est une forêt de prismes incolores, dont toutes les faces supérieures sont couvertes d’un dépôt blanc cristallin, comme si, en dépit de la chaleur qui règne dans ces antres, une chute de neige y était restée solidifiée à jamais. Certains de ces cristaux, même parmi les plus gros, sont légèrement teintés de noir, soit seulement vers leur extrémité libre, soit sur une bande longitudinale. Beaucoup contiennent des vides parallèles à leur longueur et encore en partie remplis d’un liquide incolore, reste de la solution saline qui leur a donné naissance. Enfin, tous ces cristaux sont implantés sur une croûte dure et sonore qui recouvre la roche, et, au moindre choc, ils rendent un son clair très agréable ; leur simple frôlement, en passant, produit une sorte de musique, et il suffit de promener sur eux une baguette, comme font les enfants le long d’une grille en fer, pour imiter un véritable carillon, dont les sons se trouvent renforcés par la forme même des cavités.
- On avait déjà trouvé précédemment, en quelques
- Fig. 3. — Cristaux de gypse de Naïca,
- autres points du monde, des grottes à beaux cristaux de gypse associées aux produits d’altérations de sulfures métalliques : par exemple au Laurion grec et à Gams (Styrie). Mais nulle part, à notre connaissance, le phénomène n’a pris une ampleur comparable à celle des grottes de Naïca.
- N. Dégoutix.
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- LES MŒURS DE L’ESCARGOT
- Bien protégés par une coquille épaisse, le gros et lourd Escargot de Bourgogne (Hélix pomatia L.) et son proche parent, le « Petit Gris » de nos marchés (Hélix aspersa Müll.), redoutent pour-tantl’ensoleillement. Onles trouve, par les belles journées d’été, réfugiés dans des endroits ombragés et, par surcroît, prudemment rétractés dans leur coquille. Même, si un sol aride et pierreux ne leur ménage pas des abris suffisants, ils creusent dans la roche, par un jeu patient de leur radule, des alvéoles, voire même de véritables galeries. Simple abri ombreux ou petite caverne, ce gîte constitue un « home » particulièrement cher à l’Escargot. On a observé maintes fois qu’il effectue de pénibles voyages, triomphe d’une foule d’obstacles pour atteindre une nourriture appréciée; puis, une fois l’appétit satisfait, au lieu de chercher dans le voisinage un endroit favorable pour le repos, il reprend, en sens inverse, et au prix de nouvelles difficultés, le chemin de son refuge. Logé dans cet abri, il perd par la sécheresse une certaine quantité d’eau, diminue de volume et se rétracte de plus en plus à l’intérieur de sa coquille en sécrétant souvent, à l’entrée, une ou plusieurs membranes brillantes. Arrive la pluie, ou la fraîcheur nocturne, et l’animal s’hydrate à nouveau, se gonfle comme un bourgeon printanier et sort de sa léthargie estivale (fig. 1). Par quel mécanisme s’effectue l’extension graduelle du pied, de la tête, des tentacules enfin, qui lentement se déploient, comme dés doigts de gant retournés et poussés de l’intérieur? Le sang, ou hémolymphe, emmagasiné au repos dans la partie viscérale, est, au momènt de l’extension, lancé avec force par le cœur dans les cavités des régions pédieuse et céphalique, en sorte que l’Escargot sort de sa coquille et, selon l’expression populaire, « montre ses cornes » par un procédé analogue au gonflement des bonshommes de baudruches
- Fig. j. — L’Escargot s'étale graduellement hors de sa coquille et se prépare à la promenade.
- qui font la joie des enfants.
- La locomotion est d’autant plus rapide que la sole pédieuse adhère plus intimement au substratum. La mollesse du pied, sa viscosité faci: litent déjà la réalisation de cette circonstance. Ces facteurs resteraient pourtant insuffisants sur des sols irréguliers, semés de grains de sable ou de menus cailloux, si l’escargot ne pouvait, grâce à une autre particularité de son organisation, préparer, pour ainsi dire-, la piste sur laquelle il va ramper. En effet, à la partie antérieure du pied, en dessous de l’orifice buccal, débouche une glande dont le produit enduit et lubrifie le sol, marquant de traînées irisées la route parcourue.
- .Le pied, organe musculeux, à structure complexe, présente des fibres à trois directions principales : longitudinale, transversale et oblique. Les premières, constituant les véritables muscles locomoteurs, reçoivent du système nerveux des excitations rythmiques, produisant dans leur longueur une série d’ondes de contraction (fig. 2) qui se propagent d’arrière en avant. Au moment où l’une d’elles débute à la partie postérieure du pied, la contraction de cette région a pour conséquence un déplacement du bord postérieur d’arrière en avant; au contraire, chaque fois qu’une vague musculaire vient mourir sur le bord antérieur, ce dernier avance de(quelques millimètres. La vitesse de propagation de ces ondes est variable, liée d’ailleurs à la rapidité de la locomotion. Celle-ci dépend un peu de la nature du sol, mais surtout de la taille de l’animal : en règle ordinaire, les petites espèces sont plus vives que les grandes, les jeunes plus rapides que les adultes de la même espèce. Il faut tenir compte encore du rapport entre la vitesse du déplacement et la forme de la sole pédieuse. Les espèces à pied large et court se montrent toujours notablement plus lentes que celles dont le pied est allongé. La même relation apparaît, d’ailleurs, par la
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- 292 LES MŒURS DE L’ESCARGOT
- simple observation d’un escargot en mouvement : le pied s’allonge d’autant plus que l’allure s’accélère ; ainsi sur la ligure 2 l’animal, au moment où la photographie du milieu a été prise, marchait à une allure bien inférieure à celle correspondant à la photographie de droite. De telles modifications dans la largeur du pied sont réalisées par le jeu des fibres musculaires transversales. Enfin les fibres obliques, en se contractant, produisent les courbures latérales (fig. 2) et permettent les changements de direction. Abstraction faite du jeu de ces fibres, un escargot rampant en ligne droite sans arrêt, mettrait huit jours au moins pour parcourir un kilomètre. Toutefois, à en juger par les poids qu’il est capable de traîner sans diminution appréciable de son allure, il doit posséder une réserve considérable de force musculaire qui n’entre guère en jeu dans les conditions ordinaires. Ainsi, Hélix
- avantage, elle entraîne, par ailleurs, de sérieux inconvénients. Grâce à elle, beaucoup d’animaux trouveraient dans le mollusque une proie facile, s’il ne pouvait, en cas de danger, se réfugier à l’intérieur de sa coquille. Solidement inséré par l’une de ses extrémités près de l’axe de la coquille, le muscle columellaire vient se terminer de l’autre côté par un éventail de faisceaux pénétrant dans la masse pédieuse, la tête et les tentacules. En cas d’alerte il se contracte et tire à l’intérieur de la coquille pied et région céphalique. Dans cette rétraction, les cavités vasculaires de ces parties se trouvent partiellement oblitérées, et le sang fait retour, en majeure partie, aux sinus de la région viscérale.
- Quelles sensations l’Escargot est-il capable de recueillir au cours de ses promenades? Des expériences récentes montrent qu’il ne présente aucune réaction en passant de l’obscurité à la lumière, que
- Fig. 2. — Escargot rampant, sur une plaque de verre; on remarque sur le pied, une série d’ondes de contraction.
- aspersa peut transporter sur une surface horizontale un poids cinquante fois plus considérable que le sien propre, ou élever verticalement un fardeau pesant neuf fois plus que. lui. L’existence d’une énergie disponible et rarement utilisée a une conséquence : c’est que l’allure de l’Escargot n’est presque pas influencée par l’inclinaison de la surface sur laquelle il se déplace; par exemple, il s’élève le long d’un tronc d’arbre sensiblement avec la même vitesse que s’il rampait en terrain plat.
- A la déformation facile du pied et à son adhérence avec les objets sur lesquels il repose, l’animal doit de n’être pas meurtri et blessé par les corps durs et coupants. La figure 3 illustre, d’une façon curieuse et amusante, cette particularité. Placé sur un rasoir, l’escargot vient d’atteindre le tranchant et, passant d’une face à l’autre de la lame, il le franchit sans dommage. C’est qu’en réalité, grâce à la solide et intime adhérence du pied aux deux faces du rasoir, la pression du tranchant sur les tissus est réduite à rien. Si dans une telle circonstance, la mollesse des téguments est un précieux
- les'prétendus yeux portés par les grands tentacules ne lui servent pas toujours à éviter les obstacles, enfin que leur amputation ne modifie pas sa manière d’être. Il est vrai qu’on le voit fréquemment explorer les obstacles de sa route en promenant, sans prendre contact, ses grands tentacules près de leur surface; mais les petits, dépourvus de tout point oculaire, se comportent de la même façon; eux aussi s’approchent de l’objet, puis se rétractent avant de l’avoir atteint. Aussi est-il vraisemblable que grands et petits tentacules, capables d’être impressionnés par des vibrations mécaniques, même très faibles et imperceptibles pour nous, renseignent l’animal sur l’approche des obstacles. Dans cette fonction, il est possible que le soi-disant œil joue un rôle important; peut-être aussi, comme le suggèrent certains auteurs, renseigne-t-il sur la température des objets environnants. Dans tous les cas, son rôle visuel est bien douteux. .
- En outre des tentacules, la région antérieure du pied, du manteau, et le mufle sont de délicats organes du toucher. Mais c’est surtout le sens de
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- l’odorat qui rend à l’Escargot de précieux services dans ses sorties. L’expérience montre facilement que les Hélix et les Limaces se rendent compte du déplacement d’un objet odorant situé à plus d’un mètre d’eux. L’organe olfactif est localisé, à côté du point oculaire, au sommet du grand tentacule, et probablement aussi au voisinage de l’orifice respiratoire.
- Enfin, il existe, profondément enfouies dans les tissus et placées contre les ganglions pédieux qui les innervent, deux petites vésicules, dont la cavité, tapissée de cellules ciliées, est remplie de minuscules concrétions calcaires. Ces appareils, appelés otocystes, ont pour rôle probable de recueillir les mouvements vibratoires, sans être vraisemblablement le siège de véritables impressions auditives. Ils servent certainement aussi d’organes d’équilibration, la section du nerf otocystique produisant des troubles très accentués de la locomotion.
- Une caractéristique importante des mollusques terrestres de nos régions est la .nécessité où ils se trouvent de suspendre leurs promenades, durant la période froide, et de vivre, pendant un jeûne de plusieurs mois, sur les réserves accumulées dans leurs tissus pendant l’été. C’est encore dans un
- refuge choisi avec soin, un souterrain (fig. 4), un trou laborieusement creusé ou sous une épaisse couche de feuilles mortes que les Hélix se mettent à l’abri des frimas. Pour se protéger mieux encore, ils obturent généralement l’ouverture de leur coquille à l’aide d’une sécrétion calcaire qui durcit en un opercule épais et réalise une fermeture hermétique; puis, dans cette petite enceinte, close comme une tombe, enfouis sous la terre gelée, ils s’abandonnent au sommeil hibernal. Doucement, avec la température qui s’abaisse, le cœur se ralentit, tout autre mouvement est à peu près aboli ; les combustions organiques se réduisent. Et même, cette vie ralentie peut faire place à une véritable vie latente, températures basses, les manifestations vitales sont suspendues, mais capables de reprendre avec le réchauf- fement. Cette mort apparente* pendant l’hiver, au printemps, la triomphale renaissance de l’organisme repoussant, plein d’une ardeur nouvelle, la porte calcaire de son tombeau, avaient vivement frappé l’esprit des anciens ; et les Druides de nos antiques forêts gauloises vénéraient dans l’humble Escargot le consolant emblème de la résurrection. jj £ARD0T
- Agrégé des Sciences naturelles.
- Fig. 3. — Un tour de force accompli sans difficulté : l’Escargot contourne le tranchant d’un rasoir.
- En effet, soumis à des l’Escargot se congèle, toutes
- Fig. 4. — Un groupe d’Escargots en hibernation.
- CHAUFFAGE CENTRAL A L’ÉLECTRICITÉ
- Les usines qui produisent le courant électrique d’éclairage se préoccupent de plus en plus et non sans raisons, de l’utilisation du courant pendant les périodes où la consommation se réduit à une faible fraction de la capacité des usines. A ce point de vue, il y a lieu de signaler l’essai entrepris par les usines électriques de Gottemburg, pour chauffer
- deux immeubles à titre d’expérience, en y envoyant le courant pendant les moments de faible charge et en utilisant entre temps un volant de chaleur approprié (réserve d’eau ou de vapeur). Il est vrai que dans le cas envisagé, le courant produit par une chute d’eau coûte à la Compagnie moins de 1 centime par kilowatt-heure !
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- LA LIGNE N° 8 DU MÉTROPOLITAIN (AUTEUIL-OPÉRA)
- La ligne Auteuil-Opéra du chemin de fer Métropolitain comprend un assez grand nombre d’ouvrages spéciaux, dont les plus importants sont l’origine de la boucle d’Auteuil et les deux traversées de la Seine en aval du pont Mirabeau et du pont de la Concorde. La boucle d’Auteuil est très allongée; elle s’étend, en effet, jusqu’au delà des fortifica-
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- La ligne métropolitaine Auteuil-Opéra.
- La boude d’Auteuil. — Ce souterrain a été construit à deux voies dans la rue Molitor et dans la rue d’Auteuil au point de raccordement de la ligne Porte de Saint-Cloud-Trocadéro. Il est à trois voies sous les fortifications. Partout ailleurs il ne comporte qu’une voie. La station d’Auteuil est à trois voies séparées par deux cruais centraux :
- tions ; les deux souterrains qui la constituent passent sous le chemin de fer de la Ceinture, et se raccorderont avec la future ligne Trocadéro-Porte de Saint-Cloud. De plus, un embranchement a été prévu, sur la ligne n° 8 ; il la quittera au boulevard de Grenelle et se dirigera vers la Porte de Sèvres. De même, les ouvrages de l’Esplanade
- l’une de ces voies est destinée à la circulation des tracés de la ligne n° 8, une autre au raccordement avec la ligne projetée, et la troisième sera utilisée comme voie de garage. La voûte, qui appartient au type elliptique, mesure 19 m. 20 d’ouverture et 6 m. 73 de hauteur maximum. La maçonnerie des culées a 3 mètres d’épaisseur et celle de la voûte, à
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- Le tracé de la ligne n'
- des Invalides ont été étudiés en vue du passage de la ceinture intérieure, dont la construction fut décidée en 1910. Après avoir traversé la Seine, la ligne pénètre sous la place de la Concorde où un raccordement de service la relie à la ligne n° 1, et se termine à la partie basse du monolithe de la place de l’Opéra, auquel nous avons déjà consacré une étude. Nous n’insisterons pas sur les ouvrages courants, ceux dits spéciaux étant suffisamment nombreux et intéressants pour retenir notre attention.
- la clé, 1 m. 10. En quittant la station d’Auteuil, le souterrain s’engage sous la ligne du chemin de fer de Ceinture qui, en cet endroit, passe sur un pont supporté par des piliers en fonte. Cette traversée a été effectuée en trois tunnels différents : un pour chaque voie. De plus, les fondations des colonnes du pont ont dû être descendues jusqu’à la base des radiers des souterrains, c’est-à-dire à 12 mètres au-dessous du sol. Les colonnes ont été déplacées à l’aide d’un pylône en charpente, puis remises sur leurs nouvelles fondations. Sous le
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- LA LIGNE N° 8 DU MÉTROPOLITAIN (ÂUTElïlL-OPÉRA) ----------295
- terrain militaire, au delà de la station, les trois voies suivent un souterrain que l’on raccordera plus tard à un garage. Ce souterrain est ogival ; il mesure 10 m. 50 de largeur et 5 m. 78 de hauteur.
- Les deux branches de la boucle d’Auteuil se réunissent non loin de la Seine, à l’entrée de la rue Mirabeau, où se trouve la station « Rue Mirabeau, voie droite ». La contre-portion de cette station est creusée sous la place d’Auteuil, en face de l’église, à un niveau plus élevé que la première. Les deux voies qui traversent la station sont donc à une cote différente : celle qui dessert le quai de débarquement est horizontale, tandis que l’autre se relève pour atteindre la place d’Auteuil ; la différence des cotes à la sortie de la station est de 3 m.
- Cette disposition a conduit les ingénieurs à donner un profil dissymétrique à la voûte de cette station et à celle de l’ouvrage de jonction. Ces deux fractions du souterrain ont une longueur de 91 m. 54 ; l’ensemble forme cinq chambres, dont trois constituent la station et. deux l’ouvrage de jonction ; ces dernières ont respectivement 9 m. 32 et 7 m. 21 de longueur, et les trois autres chacune 25- mètres. Leurs hauteurs varient entre 7 m. 02 et 9 m. 20. La voûte est tracée en anse de panier dissymétrique, la clé étant reportée au-dessous de l’axe de la voie gauche du souterrain. Cette voie repose sur un. tablier en béton armé monté sur des muretles. C’est la première fois que la construction souterraine du Métropolitain présente cette particularité.
- La présence, en cet endroit, d’alluvions argilo-sableuses baignées par la nappe souterraine dont le niveau normal est à 7 mètres au-dessus du point le plus bas du radier, a obligé les ingénieurs à
- descendre les culées sur les marnes crayeuses rencontrées sous les alluvions; le radier lui-même, construit en arc de cercle, repose sur la même couche de marne, et, afin d’éviter les infiltrations, il a été exécuté en deux couches : l’une, inférieure, faite en béton de gravillon et de ciment ; l’autre, supérieure, en maçonnerie de briques. On a reconnu, en effet, que le béton de ciment ordinaire n’est pas du tout étanche, alors que la brique présente une étanchéité suffisante. De plus, les deux couches
- sont reliées par une épaisseur dé 3 centimètres de mortier fait de ciment de Port-land et de sable tamisé; cette liaison s’élève à l’intérieur des piédroits jusqu’à m. 50 au-dessus du niveau des rails. Enfin, toute la surface intérieure de l’ouvrage est encore recouverte d’un enduit semblable de 4 centimètres d’épaisseur sur lequel sera appliqué le revêtement habituel intérieur des stations.
- Jusqu’à l’entrée sous la Seine, le souterrain à deux voies a été également protégé contre les infiltrations par l’emploi du gravillon au lieu de cailloux dans la construction du radier.
- Les travaux ont été exécutés par galeries superposées à l’emplacement des culées, que l’on maçon-' nait sur la moité de la largeur et du côté extérieur afin de soutenir les terrains supportant les immeubles. Lorsque la longueur était terminée, on achevait la maçonnerie jusqu’à l’enduit intermédiaire. La galerie supérieure était ensuite attaquée de manière que l’un de ses côtés reposât sur la première maçonnerie; les abatages et la maçonnerie suivaient en réalisant le profil prévu. Après la construction de la voûte, on a procédé à l’enlèvement des terres du milieu du souterrain, et enfin à l’établissement du radier.
- Le souterrain à forme dissymétrique dans la boucle d'Auteuil.
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- Première traversée de la Seine. — La traversée de la Seine en aval du pont Mirabeau, comporte une longueur de 487 m. 25. La ligne descend pour se mettre en palier sous le fleuve et remonte ensuite pour atteindre la. station de Javel. La Commission du Métropolitain a admis le fonçage vertical par caissons comme entre la place Saint-Michel et le ^Châtelet. Le fonçage a été effectué sur une longueur cfë\196 m. 40 à l’aide de cinq caissons : deux de -ri'ge de 55 m. 60 de longueur, deux caissons intermédiaires de 50 m. 80 et un caisson central de mètres. Le souterrain est ovoïde, sa largeur intérieure est de 7 m. 52, et sa hauteur axiale de 5 m. 836. Les caissons sont semblables à ceux employés pour les premiers travaux de ce genre, et les
- béton. Le diamètre de ces tubes étant supérieur à la largeur entre caissons, l’intervalle s’est trouvé limité en amont et en aval. Avec une sonde ordinaire, on a enlevé facilement les terrains d’alluvions ainsi emprisonnés, et enfin on a coulé le béton de ciment.
- De part et d’autre des caissons, le souterrain a également reçu un cuvelage métallique.
- La station de Javel. — Cette station, exécutée en fouille ouverte, a donné lieu à des travaux particulièrement pénibles dus à la présence de la nappe souterraine. Déplus l’inondation de 1910 a causé des retards énormes et même des dégâts ainsi que dans toute la partie qui comporte la traversée de la Seine jusqu’aux ouvrages de raccordement avec la
- L’extrémité de la boucle d’Auteuil à la station Mirabeau.
- procédés de fonçage sont trop connus pour les rappeler. Disons seulement que le cuvelage est formé d’anneaux de fonte constitués par 15 voussoirs de 25 millimètres d’épaisseur renforcés par des nervures. Le raccordement de ces caissons s’est opéré de deux manières.différentes. Dans le premier cas, on a construit, extérieurement aux joints, deux murs de béton reliés par une voûte de maçonnerie, et les travaux de la ligne nü 4 se sont purement et simplement répétés.
- La seconde méthode est tout à fait différente. Comme les extrémités des caissons étaient rapprochées à 40 centimètres, on a imaginé de couler dans cet intervalle un bloc de béton qu’il a été facile de percer ensuite aux dimensions du souterrain. Pour cela, deux tubes ont d’abord été foncés de part et d’autre de l’intervalle, puis remplis de
- boucle d’Auteuil. Aussi la station de Javel étant constamment soumise à de fortes pressions, a été renforcée; la voûte aOm. 80 d’épaisseur au lieu de 0 m. 70 à la clé et le radier repose sur une masse de béton maintenue par deux murs de fouille en maçonnerie. Dans l’axe de l’ouvrage, c’est-à-dire dans sa partie la moins épaisse, la hauteur de ce béton atteint 0 m. 87. Le radier isolé de cettemasse par une couche de mortier de ciment de 5 mm. d’épaisseur, est ensuite constitué par une couche de 45 cm. de béton de gravillon. La surface intérieure de toute la station, radier compris, est encore entourée d’une épaisseur de 5 centimètres d’un enduit de ciment dePortland. Enfin les culées sont surmontées d’un mur de garde construit spécialement pour faciliter les travaux.
- Station Boulevard de Grenelle. — Les travaux
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- LE MOTO-PAQUEBOT « SELANDIA
- exécutés à cet endroit ' comprennent Tamorce de l’embranchement qui doit relier la ligne n° 8 à la porte de Sèvres. La station est donc à trois voies avec un quai central et un quai latéral réservé aux trains venant de l’Opéra. Les trains venant de la porte de Sèvres et d’Auteuil viendront se garer de part et d’autre du quai central. Un aiguillage sera disposé aux deux extrémités de la station, mais il est compris de telle sorte qu’une erreur ne peut entraîner aucun autre inconvénient que de diriger un train sur une voie autre que celle qui lui est destinée, mais dans le même sens de la marche ; il n’existe ainsi aucune possibilité de télescopage. Les deux lignes quittent la station à des niveaux différents. Il n’était pas possible, en effet, par suite de la faible largeur delà rue du Commerce, d’éta- » blir les quatre voies côte à côte. Les travaux J de la ligne Porte-de-Sèvres, qui n’auraient pu || être
- La mise à Veau d’un caisson pendant l’exécution du passage sous la Seine.
- exécutés pendant la mise en service de la ligne Auteuil-Opéra, ont été faits en mênfe temps que ces derniers.
- Traversée de la Seine au pont de la Concorde. Cet ouvrage a été exécuté au bouclier sur une longueur de 365 mètres et on n’a eu recours à l’air comprimé que sous la largeur du fleuve, entre les deux murs de quai. Le tube, à deux voies, est à section circulaire de 7 m. 236 de diamètre intérieur. Il est formé d’anneaux de 13 voussoirs mis en place à l’aide d’une machine spéciale semblable à celle qui fut utilisée sur la ligne n° 4 entre les Halles et le Cbâtelet. Certains anneaux sont coniques afin de permettre les raccordements des parties en pente avec celles en palier et aussi pour réaliser la courbe de 250 mètres de rayon qui suit le tunnel dans cet ouvrage. Ce tube se raccorde de part et d’autre avec la maçonnerie qui a été quelque peu renforcée à cause des pressions — moins faibles cependant qu’aux abords du pont Mirabeau — qu’elle est appelée à supporter par suite de la présence de la nappe aquifère. Sur la rive gauche, le radier comporte également un parement en briques, tandis que sur la rive droite on s’est contenté d’augmenter l’épaisseur du radier tout en conservant le dispositif de chapes intermédiaires en ciment de Portland et l’enduit sur toute la face intérieure de l’ouvrage.
- Les remaniements du tracé de la boucle d’Auteuil et les inondations de 1910 ont retardé d’une manière très sensible l’exécution des travaux de cette ligne métropolitaine qui sera mise en exploitation dans le courant del912.La dépense totale d’exécution a été évaluée à 54* 105 000 francs, mais il est probable que ce chiffre sera fortement dépassé en raison des difficultés rencontrées par les entrepreneurs. Lucien Fournier.
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- Il y a quelques jours (voir « Informations », 16 mars 1912), le paquebot Selandia,en route vers l’Extrême-Orient, relâchait à Londres et son arrivée dans le port anglais faisait sensation. Le Selandia, est en effet, actuellement, le plus puissant des bâtiments qui ont renoncé à la machine à vapeur pour recourir aumoteur à combustion interne. Le Selandia a une capacité de 7400 tonnes et file 12 nœuds, à pleine charge. C’est un bâtiment mixte aménagé pour transporter des cargaisons et des passagers. Il convient d’insister sur cette nouvelle étape du moteur à combustion interne : celui-ci gagne peu à peu du terrain sur la machine à vapeur, riche, pourtant, des perfectionnements accumulés pendant un siècle.
- Le moteur Diesel affirme ainsi sa conquête, non plus seulement des petites embarcations, mais des bâtiments de tonnage moyen. Encore un pas et il s’implantera sur les navires militaires ou civils
- du plus fort tonnage : les Superdreadnought et les Olympic provoquant une véritable révolution dans l’art naval.
- Nous ne rappellerons pas les avantages, aujourd’hui bien connus (voir nos 1956, 1991, 2016), inhérents à l’emploi du moteur à bord des navires : nous nous proposons seulement de décrire avec un peu de détails la machinerie du Selandia, espérant faire saisir ainsi les difficultés auxquelles se heurtent les constructeurs de navires à moteur, difficultés qui expliquent pourquoi la substitution à la machine à vapeur d’un moteur moins encombrant et moins dépensier, ne peut s’effectueir que par une longue suite d’efforts continus et coordonnés.
- Le Selandia, navire de i ii mètres de long, 16 mètres de large, 9 mètres de haut, est mû par deux hélices actionnées chacune par un moteur Diesel de 1250 chevaux.
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- Ces deux moteurs sont rigoureusement semblables l’un à l’autre : ils ont chacun 8 cylindres, fonctionnant selon le cycle à 4 temps et en vitesse normale, tournent à 140 tours par minute. Ils sortent des ateliers Burmeister et Wain à Copenhague.
- les 8 cylindres par un arbre à cames, qui court tout le long du bâti du moteur ; cet arbre qui tourne à demi-vitesse est mû par l’arbre principal, par l’interme'diaire d’une série d’engrenages. Notons aussi qu’il porte un double jeu de cames : le premier
- A première vue, l’aspect d’un de ces moteurs n’est pas très différent de celui d’une machine à vapeur marine ordinaire, du type vertical. Mais un
- correspond à la marche avant, le second à la marche arrière.
- Le passage de là marche avant à la marche ar-
- Le moteur Diesel du Selandia.
- examen rapide montre vite la différence : les longues tiges de valve que l’on aperçoit sur la figure donnent au moteur une physionomie très caractéristique. Chaque cylindre a 4 soupapes : admission de l’air, admission de l’huile, mise en marche, échappement.
- Les mouvements de ces soupapes sont réglés pour
- rière, en pleine vitesse, ne demande pas plus de 20 secondes. 11 s’effectue en déplaçant, dans un sens ou dans l’autre, l’arbre à cames.
- Au repos, les tiges de commande des soupapes reposent sur l’arbre à cames, dans une position intermédiaire, hors des cames ; pour la mise en marche, l’arbre à cames est amené à sa position
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- normale, et les tiges sont soulevées au moyen d’un petit moteur à air comprimé, de façon que les rouleaux de leur extrémité viennent reposer sur les
- La chambre de la machine. L’arbre à cames.
- cames de marche avant : opération inverse pour la marche arrière.
- Au départ, la mise en marche du moteur s’effectue à l’air comprimé : l’air, à la pression de 20 atmosphères, est amené aux cylindres par la soupape de mise en marche ; l’arbre à cames est alors dans la position de repos, les soupapes d’admission restent fermées. Lorsque le moteur a pris, grâce à l’air comprimé, sa vitesse normale, on amène l’arbre à cames à la position de marche, automatiquement la soupape de mise en marche se ferme, les autres soupapes entrent en fonctionnement normal.
- La régulation automatique du moteur est également un point essentiel : il arrive fréquemment, en effet, lorsque la mer est agitée, que l’hélice sorte de l’eau pendant quelques instants, elle tourne alors sans résistance et la machine s’emballe; si on ne l’arrête de suite, il peut en résulter les plus graves inconvénients. Les moteurs du Selandia sont pourvus d’un régulateur automatique Àspinall qui, dès que la vitesse de l’arbre moteur dépasse un certain chiffre, coupe l’admission de l’huile pour ne la rouvrir que lorsque la vitesse est devenue normale.
- L’injection de l’huile dans le cylindre se fait sous une pression de 60 atmosphères environ, au moyen de 2 pompes ; chacune de ces pompes dessert 4 cylindres, mais en cas d’avaries à l’une d’elles, l’autre peut suffire pour l’ensemble du moteur.
- On voit que la marche du moteur nécessite l’intervention fréquente de l’air comprimé. Voici comment celui-ci est obtenu : à l’arrière de chacun des moteurs sont disposés deux compresseurs fournissant de l’air à 20 atmosphères, et actionnés par 2 moteurs Diesel auxiliaires à 4 cylindres, développant 250 chevaux à 230 tours. Cet air est emmagasiné dans 4 grands réservoirs cylindriques, deux autres compresseurs, placés à l’avant du moteur principal et mus par l’arbre de celui-ci, reprennent
- l’air à 20 atmosphères et l’amènent à 60 pour assurer l’injection de l’huile. On a prévu le cas où ces deux compresseurs seraient immobilisés tous deux par quelque avarie, et à cet effet l’on a installé un compresseur de secours, mû par la vapeur que fournit une petite chaudière spéciale, chauffée au pétrole. En temps normal, cette chaudière sert au chauffage central des diverses pièces du navire.
- Enfin, un dispositif spécial permet de transformer très simplement l’un des 8 cylindres du moteur en compresseur donnant de l’air à 20 atmosphères, les 7 autres cylindres suffiraient à actionner l’hélice avec toute la régularité voulue.
- On voit que les constructeurs ont pris un véritable luxe de précautions, et il semble bien qu’ils ont écarté toute chance de panne par défaut de mise en marche ou d’alimentation.
- Nous n’insisterons pas sur les détails de la lubrification du moteur, ni sur la façon dont sont assurés les divers services accessoires du navire.
- Les visiteurs qui ont été admis sur le Selandia, y ont trouvé tout le confort habituel sur les grands paquebots; le bruit de la machine n’est ni plus ni moins gênant que sur un navire à vapeur, la con-
- Les organes de manœuvre du moteur.
- sommation réduite du moteur a permis, en réduisant l’approvisionnement de combustible, de ménager une place plus grande aux marchandises. Le premier voyage du Selandia s’annonce comme devant être à la fois heureux et lucratif. R. Yillers.
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- ÉMISSIONS DE CHARGES POSITIVES PAR LES MÉTAUX CHAUFFÉS
- L’expérience a montré qu’un métal chauffé émet des charges électriques positives et négatives, mais que ces charges n’apparaissent pas simultanément.
- Les charges négatives, dont l’émission constitue l’effet Edison, s’interprètent dans la théorie des électrons, en admettant-j que, par suite de l’agitation thermique intense, résultant de l’élévation de température, des électrons présents dans le métal peuvent arriver à acquérir une vitesse suffisante pour s’en échapper.
- Quant aux charges positives, on peut expliquer leur présence en faisant intervenir la couche double électrique que l’on admet exister à la surface de séparation d’un métal et du milieu environnant.
- D’après les travaux de MM. G. Reboul et G. de Bollemont, publiés par le journal Le Radium il semble que l’ionisation intense qui résulte de l’émission de ces charges électriques soit un cas particulier d’un phénomène beaucoup plus général : l’ionisation qui se produit toujours lorsque l’on rompt la surface d’un corps, que ce soit par barbotage, dans un milieu conducteur (mercure, eau acidulée), éclatement de cristaux, etc... (Q.
- Dans le cas des métaux chauffés, l’ionisation s’accompagne de phénomènes intéressants, signalés précédemment par M. Blondlot, et qui Fig. 2.— Le trans- méritent d’être étudiés en eux-port du cuivre sur . mêmes>
- En premier lieu, le métal chauffé se désagrège pendant un certain temps, donnant un dépôt sur les parois du tube ïl 7e formeTur ?e Tui lerenferme, et dans lequel platine un dépôt de on a fait le vide. C’est le phé-cuivre en forme de nomène bien connu deTe/ecfro-croix. vaporisation. Le dépôt qui se
- forme commence d’abord par augmenter, passe par un maximum, puis s’estompe et disparaît quand on continue à chauffer. C’est donc que la propriété qu’a la lame de métal d’émettre des particules s’épuise avec le temps, que le métal se fatigue.
- Ce fait est mis en évidence par le cliché suivant (fig. 1). Une lame de cuivre chauffée à 800 degrés a donné, sur une lame de platine placée en regard, un dépôt maximum au bout d’une minute, qui, au 1. Les figures ci-dessus sont extraites du journal Le Radium.
- bout d’un quart d’heure, a presque entièrement disparu. Le transport du cuivre sur la lame de platine a d'autre part l’allure d’une véritable projection. Si la lame de cuivre a la forme d’une croix, par exemple, le dépôt reproduit les contours de la croix
- sur la lame de platine, d’autant plus nettement que les deux plaques sont plus rapprochées. La figure 2 montre le dépôt produit par une lame de cuivre chauffée à 850 degrés sur une lame de platine en regard, le temps de chauffe étant de 50 secondes.
- Tout se passe comme si de petits projectiles avaient été lancés par la lame de cuivre normalement à sa surface. Le dépôt observé conserve la même apparence, que l’on remplace le platine sur lequel il se forme par de raliiminium, de l’or,
- Fig. 3. — A gauche : Dépôts de cuivre sur platine obtenus dans une atmosphère d’air.
- A droite : Dépôts dans une atmosphère d'hydrogène.
- même de la porcelaine dégourdie, et le gaz interposé par de l’oxygène, de l’azote, du gaz carbonique ou même le vide. Avec l’hydrogène cependant, les résultats observés sont particulièrement curieux : il ne se produit qu’un dépôt dessinant les contours de la plaque, comme si l’émission de particules n’avait lieu que par les bords. Cette apparence est nettement indiquée par la figure 5 qui montre les dépôts obtenus dans l’air et l’hydrogène dans les mêmes conditions.
- En résumé, quand on chauffe un métal, il sé produit une émission de particules électrisées, et une projection de métal sur une lame placée en regard.
- On peut interpréter ce second phénomène comme dû à l’explosion de poches microscopiques contenant des gaz occlus dans le métal pendant son refroidis-
- Fig. i. — Transport de cuivre sur une lame de platine par l’effet de la chaleur. (Le dépôt dépend du temps d’exposition des deux lames vis-à-vis l’une de l’autre : le maximum a lieu après i minute, au bout d’un quart d’heure le dépôt a disparu.)
- le platine. — Si, vis-à-vis d’une lame de platine, on dispose une lame de cuivre en forme de croix,
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- sement. On sait en effet que les métaux chauffés dissolvent des quantités notables de gaz, en particulier l’argent et le cuivre qui donnent lieu, lors du refroidissement, au phénomène bien connu du rochage. Ce serait à cette rupture de la surface par explosion
- qu’il faudrait aussi attribuer l’émission des charges électriques. On a ainsi une explication très simple des phénomènes assez curieux que l’on a trop souvent voulu attribuer à la radioactivité des corps en expérience. II. Yigneron.
- UNE « NORMANDIE )) DANS LES MONTAGNES ROCHEUSES
- Pour la première fois dans l’histoire du Nouveau Monde, la pomme y a été l’objet d’une fête qui a pris le caractère d’une manifestion nationale : l’une
- remarquable envoi de 70560 pommes winesap, toutes de la même nuance et du même volume. Pour les plus grosses pommes le premier prix pesait
- Un coin de l'exposition des pommes de Spokane.
- des plus jeunes cités de l’Amérique, mais aussi l’une des plus prospères, Spokane (prononcez Spô-kâne), avait convié les pomologistes des États-Unis et du Canada à exhiber leurs produits. L’innovation a rencontré le plus vif succès. Pendant les six jours que dura le National Apple Show, on n’y compta pas moins de HO 000 visiteurs payants.
- Les prix comprenaient un premier prix de 5000 francs, qui fut décerné à M. Michael Horan, fermier de la vallée de Winatchee, le grand centre de la culture de la pomme sur la côte du Pacifique ; le jury lui accorda en outre le titre de Apple King.
- Un fermier de la vallée de Yakima, du même État de Washington, M. H.-M. Gilbert, se vit octroyer le second prix, d’une valeur de 2500 francs, pour son
- 850 gr. 2 et mesurait 45 cm. 75 de circonférence. Une autre pesant 955 gr. 56, avec une circonférence de 50 cm., perdit le premier prix à cause de deux taches qui la déparaient.
- Cette exposition, en dehors des effets directs qu’elle exercera certainement sur l’industrie locale de la pomme, aura pour résultat d’attirer l’attention publique, tant aux États-Unis qu’en Europe, sur l’une des plus belles, des plus pittoresques et des plus fertiles contrées de la terre. Ses habitants enthousiasmés, l’ont appelée la « Normandie du Nouveau Monde ». D’ailleurs, l’État de Washington commence à exporter des quantités de blé et de farine, de poisson conservé, de sucre de betterave, tandis que ses immenses forêts constituent une
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- réserve énorme de bois de construction et de pulpe à fabriquer le papiep.
- En 1860, on n’y comptait que 11 594 habitants, dont plus de. 10000 Indiens. Dix ans plus tard, la population avait doublé. En 1880, elle accusait déjà 75116 âmes. 549 590 âmes en 1890, et 518 105 en 1900. Le 1er juin 1906, elle approchait du million, et elle ne doit pas être inférieure à 1400000 âmes, à l’heure actuelle.
- Le Washington est un des plus jeunes états de l’Union, puisqu’il ne reçut sa Constitution qu’en 1889. Cependant, il contient proportionnellement plus d’habitants nés Américains que les autres états. L’élément étranger n’y constitue que le cinquième de la population, tandis que, dans l’État de New-York, par exemple, lés personnes nées en dehors du territoire de l’Union forment le tiers de la population.
- Remarquons, en passant, que les familles qui sont américaines depuis trois générations forment une infime minorité dans la Nouvelle-Angleterre, c’est-à-dire dans les États baignés par l’Atlantique. Les vieilles familles se sont enfoncées vers l’Ouest à mesure que les flots grossissants de l’immigration dotaient de mœurs cosmopolites leur première patrie. En Californie, les trois cinquièmes de la population sont de vieille souche américaine. Dans
- l’Orégon, on ne comptait au dernier recensement que 65 000 étrangers sur une population de 414000 âmes.
- Ce n’est pas sans raison que les voyageurs prédisent au Washington le plus brillant avenir. Son climat se prête admirablement à la colonisation blanche. Un cirque de hautes montagnes (les Rocheuses, les Monts d’Or et les Cascades) protège cet immense territoire contre les vents du Nord, qui provoquent entre les Rocheuses et l’Atlantique de brusques écarts de température. Le climat est plus doux que dans la région parisienne, et les hivers n’y sont jamais rigoureux. Déjà très arrosé grâce au Colombia et à ses nombreux affluents, le pays est pourvu, depuis quelques années, d’un système d’irrigation sans doute unique au monde, qui a permis de livrer à l’agriculture une énorme superficie de territoire (plus d’un million d’acres).
- L’industrie minière n’en est encore qu’à ses débuts dans ce jeune pays; elle n’attend, pour se développer, qu’un afflux de capitaux, qui ne saurait tarder à se produire.
- Ce merveilleux pays devrait attirer l’attention des jeunes Français qui, disposant d’un petit capital, voudraient consacrer leur énergie et leur esprit d’initiative à la conquête d’une fortune.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du z5 mars 1912. -
- Les œuvres cVHermite. — M. E. Picard dépose le tome III des œuvres de M. llermite, publication due au zèle de M. Henri Bourget.
- Apparition d’une étoile.— M. Bigourdan expose qu’un astronome vient de. découvrir une étoile nouvelle dans la constellation des Gémeaux. Une apparition d’étoile est un l'ait rare qui est digne d’attirer l’attention. 11 y a cinq ans environ, on en a signalé un cas qui offrait une particularité remarquable. En quelques jours l’éclat de la nouvelle étoile varia énormément, ce qui tend à prouver qu’elle était le siège de phénomènes de combustion très puissants.
- Culture des plantes à l’abri des germes.— M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Raoul Combes, relative à une nouvelle méthode de culture des plantes supérieures à l’abri des germes, tout en les maintenant dans des conditions très voisines de celles qui sont normales. Ainsi se trouve réalisé le développement d’une plante à fleurs en culture Pasteur. Cette méthode est très utile pour l’étude rigoureuse de la nutrition des végétaux.
- Traitement des ostéites tuberculeuses. — M. d’Arsonval résume un travail de M. E. Doumer, de Lille, relatif au traitement des ostéites tuberculeuses par l’effluvation
- Présidence de M. Guyon.
- de haute fréquence. En se basant sur 11 observations réparties sur 8 années, l’auteur constate, comme MM. Imbert et Denoyes, que les localisations osseuses de la tuberculose sont améliorées par cette effluvation. L’amélioration est rapide; elle ne demande que 8 a 10 jours. Mais la guérison, quoique étant de règle, est lente à venir; elle nécessite un temps de 1 à 3 ans, suivant la gravité des cas.
- Fluorescence de la vapeur de sodium. — M. Yillard analyse une Note de M. Dunover sur la fluorescence provoquée dans la vapeur de sodium par la lumière blanche. Celte fluorescence n’est pas verte, comme on l’avait cru jusqu’ici, mais jaune, si la vapeur de sodium est pure. Le spectre cannelé vert, étudié par M. Wood, est dù à la présence d’impuretés. Ce résultat est important pour l’interprétation, des phénomènes de fluorescence dans les gaz, par l’hypothèse d’atomes en résonance avec- la lumière excitatrice.
- Élection. — M. Metchnikoff, de Kharkof, sous-directeur de l’Institut Pasteur, est élu associé étranger, par 06 voix, en remplacement de Sir llooker, à Kew.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- LE TEMPS DE POSE EN PHOTOGRAPHIE PAR LE CHRONOSCOPE P. k. P.
- On a toujours considéré que la question du temps de pose joue un grand rôle dans l’obtention d’un cliché correct. 11 n’est pas nécessaire cependant de l’apprécier avec une exactitude rigoureuse ; il y a une certaine latitude. On peut, par un dévelop-
- pement approprié, notamment par l’addition de bromure de potassium ou de bisulfite de soude, corriger l’excès de pose; mais, pour la sous-exposition, il n’y a pas de remède : les développements les plus énergiques ne peuvent rien là où la lumière
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- LE TEMPS DE POSE EN PHOTOGRAPHIE
- n’a pas impressionné la surface sensible. Il importe donc de poser plutôt trop, il est préférable de poser juste. Pour arriver à une appréciation aussi exacte que possible du temps de pose, il faut tenir compte de plusieurs facteurs : la rapidité ’de l’objectif, la sensibilité de la plaque, le pouvoir actinique de la lumière émise par l’objet photographié.
- Les deux premiers peuvent être choisis à volonté par l’opérateur et ne jamais varier, ou bien varier dans des conditions connues, faciles à déterminer avec précision. Le troisième est indépendant de la volonté, il est essentiellement variable; c’est de lui que vient toute la difficulté. Il faut, en effet, tenir compte de la saison, de l’heure, de l’état du ciel, de la nature du sujet, du lieu où il est situé....
- Bien des systèmes ont été imaginés pour résoudre le problème, ils ont tous leur valeur et donnent des renseignements utiles ; mais aucun ne mesure directement la valeur de la lumière émise par le sujet, et c’est celle-là qui joue, en somme, le principal rôle.
- Pour obtenir ce renseignement, il faut faire un cliché, c’est-à-dire recevoir sur une surface sensible à la lumière l’image de ce sujet.
- C’est ce que fait l’inventeur du Chronoscope P. A. P. Il utilise un objectif extrêmement rapide, à F : 1, dont l’ouverture est égale au foyer. En pratique, on peut obtenir un tel
- objectif à bas prix, quand on ne recherche pas, comme c’est le cas ici, la perfection de l’image. Celle-ci est reçue sur un papier très sensible préparé spécialement par la maison Lumière-Jougla, et c’est la teinte prise par ce papier, à l’endroit où se forme l’image, qui donne le renseignement cherché.
- L’appareil, représenté ci-dessus en vraie grandeur, se compose d’un petit cylindre métallique formant chambre noire. A l’une des extrémités se trouve le magasin qui renferme le paquet de papier sensible poussé par un ressort. La feuille supérieure du paquet est encadrée d’une ouverture rectangulaire de 2 centimètres de long, sur les bords de laquelle se trouvent 4 teintes émaillées de tonalités croissantes qui serviront de comparaison avec la teinte prise par le papier.
- Vers le milieu du tube se trouve l’objectif. La partie du tube qui reste en avant, et qui reçoit le bouchon de fermeture, sert de parasoleil, elle évite que l’objectif ne soit influencé par toute lumière
- Le chronoscope P.A.P.
- autre que celle provenant du sujet considéré. Un petit pied, qui entre dans une douille pratiquée sur le tube, permet de placer le chronoscope sur l’appareil photographique ou sur un support quelconque. Afin de pouvoir bien orienter l’objectif en face du sujet principal, on a pratiqué une ligne de visée constituée par un cran, tracé sur la partie arrière du magasin, et un point de mire fixé sur la partie avant du tube. Cela permet de remettre toujours l’appareil dans la même position quand on l’a dérangé pour examiner l’image. L’appareil est complété par un bouchon métallique qui le ferme hermétiquement quand il n’est pas utilisé, et par une petite lame plate en métal qui sert à soulever la feuille de papier qui a été impressionnée. On a, de plus, utilisé cette petite ïame en y plaçant aussi les mêmes teintes émaillées que celles qui sont sur le magasin, pour permettre une comparaison plus facile en les superposant à l’image.
- L’emploi de l’appareil est très simple : on l’oriente vers le sujet choisi, et on note le temps qui s’écoule entre le moment où l’on a enlevé le bouchon et le moment où l’on obtient une image appréciable. Selon l’intensité de la lumière, il s’écoulera quelques secondes, ou quelques minutes ; on surveille la venue de cette image en retirant le magasin de temps en temps. Quand on la juge suffisante, c’est-commence à bien distinguer le on arrête l’opération et on
- à-dire quand on sujet photographié, compare la teinte obtenue avec les teintes émaillées dont nous avons parlé.
- On choisit celle qui s’en rapproche le plus et on se reporte à une table qui donne, en fonction du temps écoulé et de la teinte choisie, le temps de pose nécessaire pour la plaque et l’objectif employés.
- Il existe un certain nombre de ces tables qui ont été établies par les principaux fabricants de plaques ; il suffit de posséder celles qui correspondent aux marques qu’on a l’habitude d’employer. La lecture se fait aussi facilement que sur une table de multiplication.
- La question du temps de pose, qui préoccupe toujours tellement les débutants et même, dans certains cas, bien des vétérans, nous semble résolue par le Chronoscope P. A.P., qui sera maintenant le complément nécessaire de l’appareil photographique. “ G. M.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2028.
- 6 AVRIL 1912.
- “3
- Diverses formes d'algues d'eau douce.
- 40' année. — Ier semestre.
- Les amateurs de botanique regrettent souvent que la période des fleurs, soit si courte, et qu’il ne soit guère possible d’herboriser avec fruit en dehors de quelques mois d’été. Non que les froides journées du premier printemps effraient ces courageux promeneurs scientifiques; mais les végétaux qui font l’objet habituel des excursions botaniques, les « phanérogames », sont vraiment bien peu intéressants durant la saison froide. Impossible de les « déterminer », de les distinguer les uns des autres, lorsqu’on ne possède pas la fleur ; or, la fleur se fait longtemps attendre et, une fois venue, se fane trop vite. La saison des fleurs est courte, dans nos champs, et quand elle est achevée, le monde végétal semble sans charmes à ses amateurs les plus enthousiastes.
- Indiquons à ceux-ci une voie nouvelle que trop longtemps ils se sont cru interdite. L’étude des algues est devenue aussi facile et peut-être plus intéressante que celle des plantes à fleurs. Elle présente une commodité spéciale : les algues se rencontrent en toute saison, et (pour les algues d’eau douce de nos plaines d’Europe), l’époque la plus favorable pour les recueillir en grand nombre et les reconnaître facilement, va de la tin des grands froids au début des grandes chaleurs, c’est-à-dire prend place avant la saison des fleurs.
- Les algues constituent un vaste groupe de végétaux inférieurs essentiellement aquatiques. Leur domaine est la mer, mais elles n’y sont pas cantonnées, et un grand nombre se sont acclimatées dans les eaux douces.
- On classe d’ordinaire les algues d’après leur couleur. Sans parler des anciennes « algues bleues », groupe tout à fait primitif que l’on tend de plus en plus à ranger près des Bactéries, les botanistes s’accordent à distinguer les algues vertes, les algues brunes et les algues rouges.
- Algues brunes et algues rouges sont exceptionnelles dans les eaux douces, où les algues vertes se montrent au contraire très nombreuses, revêtant les formes les plus variées et les plus inattendues. Ce sont elles qui constituent ces taches vertes que tout le monde a remarquées sur les pierres immergées, les pilotis, les corps flottants ; ce sont elles qui, pullulant à la surface des eaux stagnantes, y développent comme un rideau de verdure dérobant aux yeux du promeneur la vase du fond.
- Beaucoup s’aventurent même en dehors de l’eaü, formant de petites taches vertes sur la terre humide, les vieux murs et les troncs d’arbres, mélangées souvent aux mousses qui leur assurent l’humidité nécessaire. Car toutes ont gardé de leur origine aquatique la crainte du soleil qui dessèche et tue. Elles vivent à l’ombre, dans les lieux humides, parfois parasites d’autres végétaux.
- Mélangées aux algues vertes, à la surface des étangs et des lacs, flottent des algues d’un groupe différent : les Diatomées. Analogues aux algues brunes par leur couleur foncée, elles s’en distinguent par tous leurs autres caractères et forment un groupe tout spécial. Microscopiques et innombrables, elles contribuent à former à la surface de l’eau cette poussière vivante que les savants appellent le plankton. De nombreux animaux aquatiques, crustacés et mollusques, s’en nourrissent, et servent à leur tour d’aliment aux poissons. Aussi serait-il important de connaître en détail les variations, saisonnières ou autres, du plankton de Diatomées. C’est une étude facile, attrayante et utile, à peine ébauchée aujourd’hui.
- La récolte des algues d’eau douce n’exige pas un matériel bien compliqué. Une simple cuiller d’étain, pouvant au besoin se fixer à l’extrémité d’une canne pour atteindre les récoltes hors de portée de la main, un filet de soie pour recueillir les formes flottantes, quelques flacons: tel doit être, dans ses courses champêtres, le simple bagage de l’algologue. Il ne peut pas espérer d’ailleurs comme le phanéro-gamiste, déterminer sur le terrain le végétal qu’il vient de recueillir. C’est une
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- fois rentré chez lui qu’il en entreprendra l’étude.
- Ici paraît l’épouvantail. « Pour cette étude, dira-t-on, un microscope est nécessaire, et c’est un instrument d’un prix élevé ! »
- Certes, le microscope est un instrument indispensable à l’algologue. Mais un faible grossissement (300 à 500 diamètres) suffit pour la détermination de la plupart des algues, et le prix d’un tel microscope est abordable pour toutes les bourses.
- Nous voici donc installés dans notre cabinet de travail, devant une abondante récolte qu’il nous va falloir déterminer. Notre microscope est prêt. Il nous manque encore un instrument des plus importants : une « flore ».
- C’est le manque de flore élémentaire plus encore que l’hésitation à faire usage du microscope qui a
- D'EAU DOUCE =.~:....................... =
- Tantôt, tout simplement, une partie quelconque du filament se détache et reproduit un filament nouveau, véritable bouture naturelle.
- Tantôt, c’est un petit corps de forme arrondie, une spore, disent les botanistes, qui sort de la plante, nage à l’aide de cils et germe en une algue nouvelle.
- Tantôt, enfin, une reproduction sexuée intervient. Deux éléments, un anthérozoïde et une oosphère, se fusionnent pour former un œuf qui germe comme une spore.
- Ces trois modes de reproduction des algues les plus minuscules se retrouveraient dans les plantes supérieures : mousses, fougères, plantes à fleurs. Mais voici du nouveau :
- Klebs a observé que, dans certaines conditions,
- Algues filamenteuses et algues globuleuses.
- détourné de l’étude des algues non seulement tous les amateurs, mais même, trop souvent, les jeunes botanistes professionnels. Il n’existait en effet, jusqu’ici, de flores élémentaires des algues d’eau douce qu’en langue anglaise. Le livre de M. J. Comère, Les Algues d'eau douce (*), qui vient de paraître, comble cette lacune; il contient, outre une classification simple des espèces françaises, de précieux renseignements sur la structure et le mode de vie des algues, sur la manière de les recueillir et de les étudier. C’est un manuel clair, concis et complet. Avec son aide la détermination des genres et souvent des espèces devient d’une grande facilité. .
- En observant ces modestes algues filamenteuses de nos étangs, ces Diatomées microscopiques qui pullulent à la surface des mares, le botaniste verra se poser à chaque instant devant lui les plus graves problèmes biologiques, le problème de la sexualité par exemple.
- Les algues ont trois modes principaux de reproduction.
- 1. J. Cojière. Les Algues d'eau douce, Paris, 1912. Lhomme éditeur, 3, rue Corneille.
- sous l’action d’une température élevée par exemple, les éléments sexuels se transforment en spores, c’est-à-dire germent sans se fusionner. La fusion des éléments sexuels ne se produit que dans certaines circonstances, comme une adaptation à un milieu spécial. Ces faits schématiques ne nous permettent-ils pas de deviner, sinon de comprendre, l’origine de la sexualité?
- Pour arriver à une certitude définitive, de nombreuses observations sont encore nécessaires. Quelques-unes exigent un matériel spécial, que l’on ne peut trouver que dans des laboratoires. D’autres, et des plus importantes, sont accessibles à l’observateur isolé, muni d’un microscope des plus simples.
- Dans ses préparations, l’algologue apercevra souvent de petits animalcules qui vivent parmi les algues. Il les reconnaîtra immédiatement à leurs mouvements rapides contrastant avec l’immobilité relative des algues environnantes, et il se rappellera sans doute les traités de biologie qui lui ont jadis appris que la caractéristique des animaux était la faculté de se mouvoir. Mais notre observateur s’aper-
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- cevra bientôt que certaines algues véritables, reconnaissables au pigment vert qui les colore, sont animées, elles aussi, de mouvements comparables à ceux des animaux. Quelques-unes sont ciliées, et tellement ressemblantes à des animaux que le chercheur s’arrêtera, hésitant. 11 est en effet tout un groupe d’êtres inférieurs dont les biologistes ne savent plus dire si ce sont des animaux ou des plantes.
- RECEVONS DU SOLEIL ................... 307
- Le règne animal et le règne végétal se confondent à leur base. Le fossé creusé entre eux par les vieilles classifications se comble chaque jour sous l’apport de faits nouveaux qui démontrent l’unité de plan du monde vivant.
- Cette notion dont on comprend la portée philosophique, l’observateur le plus inexpérimenté sera appelé à la vérifier sans cesse. Le Touzé.
- COMMENT ON MESURE LA CHALEUR QUE NOUS RECEVONS DU SOLEIL
- Parmi les phénomènes qui sollicitent l’attention des météorologistes, la radiation solaire occupe le premier rang. Le vaste ensemble de phénomènes climatériques, géologiques, organiques, qui se renouvellent sans cesse à la surface du globe, est causé et entretenu par la lumière et la chaleur solaire. C’est assez dire l’intérêt que nous avons à l’étudier.
- Une évaluation de l’intensité du rayonnement solaire nécessite la triple mesure, pour chaque radiation simple, de son intensité calorifique, de sa puissance lumineuse, de son énergie chimique.
- Les premiers travaux précis entrepris sur ce sujet
- Fig. i. — Actinomètre Violle.
- se rapportent au rayonnement lumineux. Bouguer d’abord, puis, successivement, Lambert, Weber, Pickering, Yogel, Crova, Gaud, entreprirent celle mesure photométrique et comparèrent la lumière solaire à celle de sources terrestres. Toutefois, ces recherches ont été un peu négligées.
- La détermination de la puissance chimique a fait l’objet de travaux plus nombreux. Herschel, Fizeau et Foucault, Bunsen et Roscoë, Marchand, Duclaux, ont exécuté différentes mesures de l’intensité chimique de la lumière du soleil.
- Mais c’est principalement sous forme de chaleur qu’a été étudiée la radiation solaire.
- Cette étude peut se faire soit par la méthode sta-
- tique, soit par la méthode dynamique, suivant que l’on attend que le thermomètre exposé au soleil ait pris l’excès statique de température dû à la radiation, ou bien que l’on suit pendant un temps donné réchauffement du thermomètre insolé.
- Le principe de la méthode sialique est le suivant : lorsqu’un thermomètre est placé au soleil, il prend,
- Fig. 2. — Aclinomètre Crova.
- relativement à la température qu’il indiquerait 'à l’ombre, un excès stationnaire tel que la perte égale le gain, tel, par conséquent, qu’à chaque instant le thermomètre perd, par contact avec l’air et par rayonnement, autant de chaleur qu’il en gagne du soleil.
- Il faut donc, outre l’excès, mesurer la perte par contact et par rayonnement, à moins que l’on ait réussi à rendre cette perte toujours la même pour un même excès, auquel cas l’excès serait proportionnel à la quantité de chaleur reçue et l’on aurait une mesure relative de l’intensité du rayonnement.
- Fig. 3. — Récepteur de Vaclinomèlre Dupaigne.
- La méthode statique doit être rejetée parce que l’excès stationnaire qu’accuse un thermomètre insolé n’est proportionnel à l’intensité de la radiation que si la perte de chaleur par refroidissement, perte équilibrant le gain, est elle-même proportionnelle à l’excès, ce qui exige :
- 1° Que cet excès soit petit;
- 2° Que le coefficient de refroidissement soit constant.
- La première condition, trop souvent négligée, est
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- facile à remplir. Pour la seconde, rien"ne semble mieux que de placer la boule thermométrique dans une enceinte en verre vide d’air. Mais, d’une part, l’enveloppe de verre modifie la radiation; d’autre part, la température de l’enceinte n’est donnée ni par unthermomètreplaeé à côté (actinomètre anglais), ni par un thermomètre brillant placé dans une enceinte identique (actinomètre d’Àrago).
- La méthode dynamique consiste essentiellement à observer réchauffement du thermomètre au soleil pendant un temps déterminé et le refroidissement à l’ombre pendant le même temps, avant et après l’exposition au soleil. En ajoutant au réchauffe-ment constaté sous l’action directe du soleil la moyenne des refroidissements observés avant et après, on a l’effet dû aux rayons solaires (*).
- Les instruments employés pour évaluer la chaleur que nous recevons du soleil peuvent être divisés en deux catégories :
- 1° Les instruments ne donnant que des rapports d’intensité et permettant d’obtenir des mesures absolues après étalonnage, et les acti-nographes;
- 2° Les instruments donnant des valeurs absolues de la radiation ; ce sont les actinomètres absolus ou pyrhéliomètres.
- Dans les appareils de Pouillet, Crova (fig. 2), Yiolle(fig. 1), dans le flowing waterpyrheliometer de Abott, constitués, en principe, par un thermomètre à réservoir noirci, on détermine l’augmentation de température d’un liquide, mercure, alcool ; dans l’actinomètre de Michelson — rappelant le calorimètre de Bunsen — on mesure la glace fondue dans un temps déterminé; dans les instruments d’Angstrôm, de Fery, on évalue l’énergie électrique
- i. J. Violle. Revue scientifique, n° 46. — 2e série, 9e année.
- nécessaire pour produire le même effet que le rayonnement solaire. Tous ces appareils sont bien connus et je ne les décrirai pas ici.
- Mais, d’une manière générale, dans tous les actinomètres employés jusqu’à ce jour, le récepteur ne peut être considéré comme un récepteur intégral, c’est-à-dire dont la surface est théoriquement noire pour toutes les radiations.
- Tout récemment, le Dr J. Dupaigne a construit un nouvel actinomètre dans lequel il a cherché à
- résoudre cette difficulté.Le thermomètre est constitué par un récepteur de Fery. L’enveloppe isolante est formée par une enceinte sphérique de Dewar consistant en deux en-veloppes de verre concentriques, entre lesquelles est interposée une cavité vide d’air et à parois argentées. Le rayonnement pénètre par une ouverture que limite un diaphragme de dimension convena-bleettombesurle réservoir thermométrique placé au centre de l’enceinte. La forme adoptée pour ce récepteur est celle de deux cônes creux ayant un angle au sommet d’environ 50° et dont l’intervalle est rempli de mercure (fig. 5).
- M. J. Dupaigne a exposé comme il suit les raisons qui ont présidé à ce choix (2).
- « Un rayon tombant sur une surface noire n’est jamais entièrement absorbé ; la proportion réfléchie (ou diffusée) est indiquée par un coefficient de réflexion, complément du coefficient d’absorption. Si un rayon réfléchi rencontre de nouveau la surface noire, il est en partie absorbé et en partie réfléchi dans les mêmes proportions. Il est naturel de disposer la surface noire en cavité de manière que les parois se renvoient mutuellement les rayons
- 2. J. Dupaigne. Annuaire de la Société météorologique de France, août 49TI.
- Fig. 4. — Actinomètre Dupaigne.
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- un certain nombre de fois. Avec un cône creux ayant 50° au sommet, tous les rayons incidents sont théoriquement réfléchis 6 fois. Dans ces conditions si la première incidence réfléchit 0,3 du rayon (cas d’un noir de platine imparfait), après la 6e réflexion il ne sort que 0,3®, c’est-à-dire 73 cent-millièmes. Avec une réflexion de 0,2 il sortirait 64 millionièmes, etc....
- La tige, partie du sommet suivant l’axe, est graduée en dixièmes de degré.
- La surface du cône interne de verre est noircie, et doit absorber le rayon étudié. Sa surface externe est laissée brillante, afin de rayonner le moins possible pour limiter le refroidissement.
- Le principe du fonctionnement est la méthode dynamique. »
- Désignons par 0 l’élévation de température observée pendant un temps t et supposée, corrigée du refroidissement, par m la valeur en eau du réservoir, par s la section du faisceau admis, l’énergie du rayon-
- On vise le soleil en superposant l’ombre du premier disque sur le second. On note la température initiale du thermomètre et on ouvre l’obturateur. On laisse écouler le temps d’observation, et on ferme l’obturateur en notant la température acquise. Au moment où l’on ferme l’obturateur, on voit la colonne s’arrêter dans son mouvement ascensionnel, rester un moment immobile, puis redescendre. Ce « temps d’inertie », comme le nomme M. Dupaigne, est en général assez court, compris entre 10 et 30 secondes(*). On laisse écouler le temps d’inertie; on note exactement à ce moment la température que l’on prend comme début du refroidissement, on laisse passer le temps d’observation et on ouvre l’obturateur en notant la température de la fin du refroidissement. On laisse écouler le temps d’inertie ; on note à ce moment la température comme début de réchauffement ; après le temps d’observation on ferme l’obturateur et ainsi de suite.
- On fait la liste des chiffres ainsi obtenus dans
- Température Correction Valeur
- Manipulation. Heure. du thermomètre. Différence. pour moyenne. actinométrique.
- Ouverture .... H h. 56 m. 14«76
- 56 m. 50 s. 14°97 l 1°05
- Fermeture. . . . H h. 58 m. 16° S
- 58 m. 50 s. 16° )
- Ouverture .... 12h. 0m. 15°56 S 0044 + 0,98 = 1 cal., 42
- 0 m. 50 s. 15074 )
- Fermeture .... 12 h. 2 m. 16°67 ) 0095 + 0,46 = 1 cal., 59
- 2 m. 50 s. 16°66 j
- Ouverture .... 4 m. 16018 \ 0°48 + 0,92 (I ÉL 0
- nement recueilli correspond à une quantité de chaleur
- Si l’on pose > et si, par construction, le
- rapport — est pris égal à 1, à 1,25 ou 1,50, par
- exemple, le temps d’observation devient de 1 minute, lm,15s ou lm30s. Dans ces conditions la relation précédente se réduit à
- <? = e
- et l’indication lue sur la tige du thermomètre donne ainsi la valeur de la radiation directement exprimée en calories-minute-centimètre.
- L’appaxeil (fig. 4) est porté sur un pied transportable, comme un appareil photographique, par une articulation avec un axe horizontal et un axe vertical, permettant tous les mouvements. Une barre longitudinale porte successivement : 1° un obturateur; 2° le diaphragme; 3° un premier disque d’orientation ; 4° l’enceinte de Dewar contenant le thermomètre; 5° la tige du thermomètre; 6° un second disque d’orientation égal au premier.
- Pour effectuer une mesure on opère de la façon suivante :
- leur ordre naturel de succession. Puis, à chaque chiffre, on ajoute la moyenne du précédent et du suivant, et l’on a alors une série de valeurs actino-métriques dont on prend la moyenne.
- Un appareil lent, ayant par exemple 90 secondes de temps d’observation et 30 secondes de temps d’inertie, donne une valeur par 2 minutes. Un appareil plus rapide, ayant 50 secondes de temps d’observation et 10 secondes de temps d’inertie, fournit 1 valeur par minute.
- Yoici un exemple de mesures effectuées le 2 mars 1911 à Cannes par M. Dupaigne. (Y. tableau.)
- La moyenne de ces trois observations donne 1 cal. 40.
- Je renverrai pour les détails de construction de l’appareil à la description qui en a été donnée par M. Dupaigne.
- Je signalerai seulement que cet appareil, comparé avec un instrument Michelson récemment étalonné, a fourni des indications absolument concordantes.
- La connaisance du rayonnement solaire intéresse à la fois l’astronomie, la physique proprement dite et la météorologie. Il est inutile d’insiter sur l’importance considérable de l’étude de la chaleur du soleil et cependant le problème est à peine ébauché.
- J. Loisel,
- 1. Il est indiqué par le constructeur,
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- LE PÉRIL DES BOUCHES-DU-RHÔNE
- 310
- Le littoral du golfe du Lion, entre l’étang de Berre et Cette est le siège de phénomènes physiques désastreux et imparfaitement expliqués.
- D’une part les atterrissements des bras du Rhône allongent leurs graus ou bouches, et ensablent les golfes de Fos et d’Aigues-Mortes, d’autre part les rivages du golfe de Fos à l’Est, de la Camargue au milieu et du grau dm Roi à l’Ouest reculent devant les invasions de la mer. Voici *sur cet important sujet des observations précises.
- Dès 1895 j’avais déjà signalé et à diverses reprises (Bull. Soc. Étud. Hautes-Alpes, 1898, 1904, 1911. Annales de la Soc. Étud. Provençales, 6e livr. 1904), les traces de nombreux affaissements datant du début des temps actuels (dépressions des étangs de Berre, de l’Olivier, de la Yal-Düc, de la Camargue, du bassin du Grand-Clar et de Montmajour). Un autre affaissement eut lieu à Fos, plus près de nous, probablement sous le règne de l’empereur Auguste ; la ville de Stomalimné, située sur l’embouchure des Fosses-Mariennes, disparut sous les eaux jusqu’à une profondeur maxima de 7 m., ainsi que permet de le croire la position des constructions romaines, que l’on voit au fond de la mer, comme aussi la prodigieuse'quantité de poteries toutes neuves, mais fraîchement cassées par le roulis des vagues et qui ne peuvent provenir que d’un entrepôt également englouti.
- Ce sont des fragments de briques, de tuiles, d’urnes, d’amphores, de sérias et de vases de toute forme, de toute taille et de tous les styles romains, avec des types sans nombre d’anses de vase.
- D’après les informations recueillies sur place les débris de poterie de la plage proviendraient de ruines ensevelies à 7 m. de profondeur et à 2 km de’ la plage. Par les jours de juillet, d’éclairage et de calme exceptionnels, on distingue, au fond de la mer, des rues, des murs de maison sur le sol desquels sont, plus ou moins enfouies dans le sable, de grandes urnes que la mer secoue, soulève et finit par rouler vers la plage. Nombre de fois les filets 'dès pêcheurs ont ramené d’élégantes amphores.
- Sur le plateau de molasse immergé à une profondeur de plus en plus grande, à mesure qu’on s’éloigne du rivage,, j’ai nettement distingué des cavités circulaires ou rectangulaires, avec des rigoles qui devaient mettre ces cavités en relation. Au delà, et sous 1 m. 50 d’eau, sont creusés, dans la molasse, des alignements de sarcophages que les habitants du pays regardent comme le cimetière de la ville engloutie.
- A l’Est, le plateau se termine par un à-pic de 1 m. à 1 m. 50 de hauteur, et qui semble avoir été une exploitation de pierres de taille. A la base de ce petit à-pic s’appuie un pavage très soigné, qui se prolonge d’une vingtaine de mètres le long de la
- plage et se perd sous l’eau de la mer et sous les sables.
- En 1898, avec M. G. de Manteyer, nous arrivâmes à Fos au moment où un violent raz de marée s’apaisait. Aussi au matin la plage était émaillée d’innombrables tessons gallo-romains et même de poteries samiennes, avec dessins gravés, variés à l’infini, de paysages, scènes de chasse, de course, de luttes, avec animaux, personnages et figures allégoriques. Ces fragments étaient pour la plupart aussi conservés que s’ils sortaient de fabrique, avec des cassures écailleuses fraîches, qui prouvaient leur exhumation récente et un transport rapide sans traces d’usure produites par le roulis. Nombre de fonds de vases portaient encore le sigillum du potier.
- Parmi les débris apportés par le raz de marée, nous avons observé d’assez nombreux fragments de tablettes de marbre de Carrare, complètement perforées par les lithophages, et deux moitiés complètes d’une grande urne trop lourdes pour nos épaules. Nous avons évalué l’apport des vagues en 24 heures à un minimum de 2000 kilogrammes de fragments de poteries.
- La provision de poteries gallo-romaines e:-fouies dans le golfe de Fos doit être prodigieuse, et cet amas ne peut provenir que de vastes entrepôts, subitement submergés plutôt que des cargaisons de navires naufragés.
- Il serait à souhaiter qu’un Mécène éclairé fît entreprendre des recherches sérieuses au fond du golfe de Fos, avec une escouade de scaphandriers, pour y reconnaître la nature et l’importance des vestiges sous-inarins, en relever le plan s’il y a lieu, et recueillir avec soin les documents précieux, qui peuvent se trouver sur le fond de la mer, avant que l’action destructive de celle-ci ait achevé son œuvre, ou que des vandales aient gaspillé et disséminé, par amour du lucre, ces restes intéressants.
- Depuis une quinzaine d’années, la mer semble prendre une allure agressive de plus en plus inquiétante, marquée par des changements très sensibles sur les plages limoneuses.
- Ainsi, en 1895, les centres habités comme Fos, Saintes-Maries, Grau-du-Roy, ou comme l’immense plage du Galéjon, au N.-O. du golfe de Fos, étaient séparés de la mer par de vastes grèves, que surmontaient, en arrière, de longues chaînes .de dunes de 5 à 10 m. de hauteur.
- Une paisible plage de sable fin de 600 m. de largeur séparait alors lés salins de Cavaou et les dunes du Galéjon de la mer. En 1898, la mer s’était avancée de plus de 100 m. Elle excavait la plage à une profondeur supérieure à 6 m., en démantelant des assises alternatives de tourbes et de tufs calcaires.
- Bientôt les hautes vagues (1904) ouvrirent des brèches au travers des dunes.
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- 311
- En 1907, les dunes avaient disparu sur plusieurs kilomètres d’étendue et la mer menaçait la route de Saint-Louis et le canal de navigation d’Arles à Port-
- 1880 et que son ancien emplacement est aujourd’hui sous la mer.
- Quant aux Saintes-Maries-de-la-Mer, elles se trou-
- Lcs Saintes-Maries-de-la-Mer> menacées par la Méditerranée. — i. L'église fortifiée. — 2. Toit de l'église {en dalles de pierre). — 3. Crypte avec la châsse de sainte Sarah, patronne des Bohémiens. — 4. Intérieur de l'église. — 5. Étangs de la Camargue, derrière les Saintes-Maries. (Cl. E.-A. Martel.)
- de-Bouc. On sait que le phare de Faraman, construit en 1836, à 700 m. de la mer, a dû être’refait vers
- vent dans une situation de plus en plus critique : il n’est que temps de sauver sa précieuse église for-
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- tifiée des xne et xme siècles, une des principales curiosités architecturales historiques de la France entière; c’est là que, dans la nuit du 24 au 25 mai, les bohémiens de tous pays s’assemblent en un pèlerinage des plus étranges pour l’élection annuelle de leur reine.
- D’après certains actes notariés, il y avait, aux Saintes-Maries, il y a environ 300 ans, entre les dunes et la mer, une vaste étendue de plus de 2 km, complantée de vignes et de broussailles qui étaient un incomparable lieu de chasse.
- Le 22 novembre 1898, la mer n’était plus séparée des maisons1 que par un espace de 80 à 100 m. sur lequel s’élevait l’unique dune qui défendait la petite ville.
- D’ailleurs, le célèbre astronome, M. Camille Flammarion, a exécuté aux Saintes-Maries des chaînages à plusieurs années d’intervalle, pour suivre chronologiquement les. progrès de la mer(1). Il a rappelé aussi que la carte de Cassini, publiée en 1740, place le village à 1730 m. du rivage et qu’en 1875, selon Lenthéric, la distance n’était plus que de 400 ou 500 m. En avril 1891, une première mesure effectuée par M. C. Flammarion, donne 267 m. de la mer au commencement du pavé de la ville et 356 m. de la mer au chevet de la basilique; en avril 1906, il ne trouve plus que 184 m. et 272 m. Enfin, le 24 mai 1911, 147 m. 50 de la mer au pavé.
- Ainsi :
- De 1740 à 1891, progrès de 1461 m. en 161 ans ; soit de 9 m. 70 par an. De 1891 à 1908, progrès de 83 m. en 15ans;soit de5m. 53 par an. De 1906 à 1911, progrès de 36,5 m. en 5ans ; soit de5m. 30 par an.
- D’après le greffier de la justice de paix, de septembre 1909 à mai 1911, la mer aurait gagné 45 m. devant la caserne des douanes.
- Au Grau-du-Roy, près d’Aigues-Mortes, l’invasion de la mer n’est pas moins menaçante. Une dune écrêtée court parallèlement à l’unique rue et aux maisons du village. Un espace d’une quinzaine de mètres au plus sépare de la mer la croupe de la dune. Sur la croupe, qui domine la mer de 2 ou 3 m., était une superbe villa de style moderne [et dont les peintures flambent le neuf. Mais ses murs sont lézardés d’énormes crevasses qui mettent planchers, portes, fenêtres et toit dans un équilibre menaçant. C’est que la mer a sapé la dune en profondeur, et la dune, en s’éboulant, entraîne la pauvre villa avec elle.
- Dans la Géographie du 15 juillet 1911, M. Ch. Rabot ajoute qu’actuellement, du poste de douane de La Gacholle jusqu’à un point à 3 milles dans l’est des Saintes-Maries, la mer est stationnaire ; mais, à partir de ce dernier point jusqu’à l’embouchure du petit Rhône, la mer « gagne » ; de même à l’est du Grau-du-Roy, sur une distance de 500 m., au point
- 1. Gamille Flammarion « La variation des rivages », Bull, de la Soc. astronomique de France, août 1906, p. 361, àvec croquis'et « La mer aux Saintes-Maries », Petit Marseillais, n° du 18 juin 1911.
- que, par fort vent du Sud-Est, la mer envahit deux rues du village et les transforme en canaux.
- Est-ce la mer qui effectue un mouvement positif et que les savants appellent « eustatique », ou est-ce un affaissement des plages?
- Nous ne croyons pas qu’il s’agisse ici d’un mouvement eustatique, car ce mouvement devrait alors se répéter sur tous les points du pourtour de la Méditerranée, et il ne paraît pas que rien de semblable ait été signalé.
- Ce mouvement serait donc dû à un affaissement du sol. Comme ces déplacements de la mer paraissent localisés, sur l’immense étendue des plages sablonneuses du golfe du Lion, on peut se demander s’il ne serait pas dû à l’affouillement de ces masses instables sous l’influence des courants marins côtiers.
- Mais si de pareils courants s’étaient établis, depuis quelques années que le phénomène s’accentue, ces courants n’auraient pas échappé à la sagacité des ingénieurs chargés des études marines sur nos côtes.
- La vraie cause est donc à rechercher (l).
- En contre-partie, l’écoulement et les alluvionne-ments du Rhône ont empiété sur la mer en deux points principaux : l’embouchure du grand Rhône au grau de Peygudier a progressé de 8 km depuis 1737 et il en est résulté un ensablement et une diminution des fonds du golfe de Fos.
- A l’Ouest, entre le petit Rhône et Aigues-Mortes (Grau-du-Roy), les progrès de l’alluvionnement sont considérables aussi devant la pointe de l’Espiguette ; M. Flammarion encore dans son Mémoire del906(2) donne ici ses propres mesures : le 1er janvier 1873, le phare construit en 1869 sur cette pointe « tout proche de la mer » s’en trouvait éloigné de 155 m., le 29 avril 1891 de 325 m. et le 26 avril 1906 de 410 m. ; ainsi en dix-huit ans (1873-91) le recul de la mer a été de 170 m., soit de 9 m. 29 par an, et, en quinze ans, 1891-1906, de 90 m., soit 6 m. par an.
- D’une part comme de l’autre, les deux phénomènes opposés, loin de compenser leurs effets, superposent leurs conséquences contraires, au grand préjudice de ce rivage français 1 David Martih;
- Conservateur du Musée de Gap.
- 1. Uniquement pour prendre date je formulerai l’hypothèse suivante qui, peut-être, a déjà été proposée et qui en tout cas reste à démontrer.
- Une enquête officielle du Ministère de l’Agriculture sur les puits et sources du Gard, a révélé, à l’aval de Beaucaire, à la tête du delta du Rhône, l’existence d’une importante nappe d’eau entre 10 et 15 m. de profondeur. Il est permis de se demander s’il n’y aurait pas là une sorte de sous-écoulement (underflow des Américains) du Rhône et de la Durance; et de supposer qu’une telle nappe, allant, par dessous la Camargue et les deltas, se perdre au golfe de Lyon, désagrège sur le littoral une couche profonde d’alluvions et graviers anciens, dont l’entraînement vers la mer provoque des affaissements littoraux. Sous réserves de vérification. E.-A. Martel
- 2. La carte 5150 du service hydrographique de la marine (de Palavas aux Saintes-Maries) (1901) évalue ce progrès à 15 m. en moyenne par an.
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- LE GRAU-DU-ROI ET LES DÉBRIS ANTIQUES REJETÉS PAR LA MER
- Le Grau-du-Roi, aux confins sud du de'partement du Gard, est un village de pêcheurs en même temps qu’une modeste station balnéaire; sa position exacte est à 6 kilomètres d’Aigues-Mortes, ses maisons sont assises sur les deux rives du canal construit par Louis XV, au bout duquel deux jetées de 150 mètres environ, terminées par un môle por-tint un phare, se prolongent dans la mer. Les dunes de sable, qui s’étendent tout à l’entour, les étangs du Repau et du Repausset qui achèvent lentement de se dessécher, la végétation particulière aux bords de la mer impriment à ce village un caractère de mélancolie qui n’est pas sans charme.
- La flore qui s’étend entre Aigues-Mortes et le Grau (*) est assez limitée, surtout dans les parages des dunes. La vigne a été plantée dans les sables; les parties colmatées et non marécageuses sont ensemencées ou produisent un maigre pâturage; les arbres sont assez rares. Les anciens cordons littoraux, qui bordent les vieilles et les nouvelles dunes, sont nettement définis par des pins parasols qui croissent sur les dunes mêmes.
- Ces cordons sont au nombre de quatre ; le premier de tous détermine l’ancienne bordure de la Silve Godesque, tandis que le quatrième, le plus près de la mer, remonte déjà aux temps historiques.
- L’opinion de certains historiens prétendant que
- 1. Le mot grau, dans la langue provençale, signifie chenal, ouverture, d’où le nom de Grau-du-Roi, canal du Roi.
- la mer venait baigner les murs d’Aigues-Mortes, et que Louis IX partant pour ses deux Croisades s’était embarqué dans cette ville, est absolument erronée. Les anciens textes, étudiés avec soin, et comme l’a
- faitLenthéric, démontrent surabondamment le contraire.
- Saint Louis, avant de faire embarquer son armée, avait fait creuser un canal
- — le canal Viel
- — qui, partant d’Aigues-Mortes, décrivait une courbe et aboutissait à la mer, sur la droite du Grau, après un parcours de 12 kilomètres environ; on peut encore en suivre les traces à 5 kilomètres à l’ouest du village.
- Le littoral, entre le Grau-du-Roi et les Saintes-Marie, décrit une série de courbes plus ou moins accusées; à 6 kilomètres S.-E. du village s‘e trouve le phare de l’Espiguette, construit il y a une trentaine d’années, à 150 mètres de la mer ; il en est éloigné aujourd’hui à plus de 600 mètres, les eaux se retirant chaque année de 10 à 15 mètres. Cette pointe de l’Espiguette constituait, dans un temps, une île
- — la Piguette — mais les sables ont comblé le chenal qui la séparait de la terre, et le travail de recul
- des eaux s’accentue tous les jours.
- Il se produit, au contraire, au bout de la courbe rentrante de la mer, vers le Grau et jusqu’à la jetée, une emprise insensible de la mer, un affouillement qui empiète sur les terres et qu’on tente d’arrêter par des blocs bétonnés, des roches jetées le long de là côte et jusque vers le môle.
- Amphores rejetées par la mer au Grau-du-Roi.
- Amphores et autres objets de céramique rejetés par la mer.
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- LES HYDROAÉROPLANES
- Entre le village du Graù et le phare, à 4 kilomètres des dernières habitations, on peut recueillir dans le sable des débris d’amphores et de céramique gallo-romaine et cela à environ 50 mètres du bord de l’eau jusqu’à une profondeur de 2 à 300 mètres dans les terres et sur une longueur de plus de 600 mètres. La récolte est plus abondante après les fortes marées, les grands vents de tempête S.-Ô. ; les grosses lamés, lancées violemment dans l’intérieur des terres,, entraînent avec elles ces débris. Il m’a été possible de recueillir d’assez gros fragments d’amphores, fin octobre 1910 et au mois d’avril 1911 ; ces pièces, ainsi que d’autres, retrouvées depuis, sont aujourd’hui déposées chez mon frère, médecin %u Grau.
- f ' J’ai pu voir, chez deux collectionneurs du pays, vM. Falaise, capitaine des douanes à Aigues-Mortes, et M. Gairaud, conducteur des Ponts et Chaussées au Grau, un certain nombre d’objets assez bien conservés, parmi lesquels des amphores, des plats, une lampe ; mais sur aucune de ces pièces il n’a été possible de relever une marque de potier ; la seule que j’aie pu constater se trouve sur le fond d’un plat possédé par mon frère, mais elle était trop fruste, trop usée pour être lisible. Les photographies reproduites ici sont celles des principales pièces de la collection Gayraud, la plus importante des deux.
- La présence de ces objets dans la mer ne doit pas être attribuée à des naufrages de bâtiments. Il est plus probable d’admettre que ces débris, ou même
- les pièces entières, provenaient des localités gallo-romaines situées sur les bords du Rhône, entre Arles et la mer, mais guère au delà de cette dernière ville. Une raison paraît militer en faveur de cette théorie; jusqu’à Avignon et même jusqu’à Tarascon, le fond du Rhône est composé de roches et de galets assez épais, son courant est très violent et les débris de céramique provenant d’en amont auraient été non seulement roulés et brisés, mais réduits aussi à l’état de galets. A partir d’Arles, au contraire, le fleuve s’écoule doucement, en élargissant son lit, avec un faible courant qui n’entraîne plus que des sables. C’est donc à partir de ce point, seulement, qu’on peut admettre le rejet ou la chute des poteries dans le fleuve. Tombés accidentellement ou jetés dans le fleuve comme rebut, ces débris ont été entraînés par le courant du Rhône vif jusqu’à l’embouchure du fleuve, et, de là, roulés dans la mer à une distance plus ou moins grande. Lors des fortes tempêtes du S.-O. tous ces débris, soulevés par la force des vagues, sont rejetés dans les terres et dans un périmètre qui ne dépasse pas 600 mètres pour les objets lourds, sur une largeur de 300 mètres à peu près. On trouve cependant, en dehors de ce périmètre et jusqu’au phare, des débris légers et de petits objets. Il se peut même que sur d’autres parties de la côte, le même phénomène se produise, avec une cause identique.
- Albert Maire.
- Bibliothécaire à la Sorbonne.
- LES HYDROAÉROPLANES
- Voici que le premier concours d’hydroaéroplanes, tenu du 24 au 31 mars à Monaco, vient de ramener l’attention sur ce type d’appareil, encore un peu délaissé, et pourtant si séduisant. L’hydroaéroplane ou aéroplane marin diffère uniquement, comme on sait, de l’aéroplane ordinaire en ce que son châssis d’...amarissage (c’est le terme que préconise le lieutenant-colonel Estienne) comporte, au lieu (ou en outre) des roues, des flotteurs qui lui permettent de se poser sur l’eau.
- Au point de vue du rôle qu’ils jouent dans l’aviation en général, les hydrôaéroplanes présentent le grand intérêt d’étendre le rayon d’action des flottilles d’avions au-dessus des eaux sans les obliger à se poser sur des pontons ou des navires spécialement aménagés à cet effet, — tour de force exceptionnel qu’on cite à l’actif de l’aviateur américain Curtiss, — et aussi de diminuer considérablement le danger des descentes, en remplaçant l’écrasement accidentel sur le sol par un simple bain, souvent inoffensif. Ces deux considérations ont leur importance au point de vue de l’avenir du « plus lourd que l’air », de ses applications militaires et de son perfectionnement technique.
- La première montre que l’aviation maritime
- ne sera vraiment créée que lorsque l’hydroaéro-plane sera devenu un appareil pratique ; la seconde, que les expériences sur l’eau pourraient bien être plus recommandables que les expériences au-dessus du sol.
- Mais si le pilote, surtout à proximité de la côte ou des navires amis, a, somme toute, plus de sécurité à bord de l’hydroaéroplane qu’à bord de l’avion ordinaire, il ne faudrait pas croire que l’appareil lui-même trouve, dans ses séjours à la surface des eaux, un repos sans mélange. Rien loin de là : les vagues, même faibles, impriment aux flotteurs des impulsions verticales très brutales et très dangereuses, qui ont amené certains constructeurs, tel M. Henri Fabre, à donner à la surface inférieure de ces flotteurs une certaine souplesse (1). De plus, il faut compter avec les heurts contre les corps flottants à la surface de l’eau, les frottements, les empêtrements dans les algues, etc. Un des effets les plus désagréables des mouvements de surface, c’est le déversement latéral de l’appareil, un côté des ailes venant tremper dans l’eau, tandis que
- Dans le dispositif H. Fabre, cette surface est constituée par une feuille de bois avec triple contreplacage, qui travaille à la manière d’une peau de tambour..
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- l’autre se soulève. Pour y parer, on a prévu dans certains types (Mallet, Curtiss) deux petites béquilles, munies de flotteurs auxiliaires, placées sous les extrémités des ailes et qui servent d’appuis pour limiter les oscillations ; ces béquilles viennent parfois à s’engager par suite du clapotis, mais, au total, elles paraissent donner de bons résultats. Telles sont les petites servitudes de l’hydroaéro-plane quand il est posé sur l’eau.
- Mais ce n’est ]aas tout : une fois reparti et en plein vol, il n’a pas, comme la mouette, la faculté d’effacer ses pattes dans le vent : il lui
- Mise à Veau du Canard Voisin.
- faut entraîner ses flotteurs et subir les effets de leur résistance à l’avancement. Ce n’est point là chose négligeable. Un flotteur Curtiss, type biplan de course, a 3 m. 65 de long sur 0 m. 60 de large, avec une épaisseur maxima de 0 m. 30, et un poids total de plus de 20 kilogr.
- IJ hydroaéroplane M. Farman aux essais.
- Aussi les constructeurs se sont-ils ingéniés à diminuer cet inconvénient en donnant au flotteur une forme portante, de sorte que, s’il contribue nécessairement à la résistance, il serve aussi à la sustentation. C’est ainsi que les flotteurs H. Fabre sont
- Le Canard Voisin en plein vol.
- des plans obliques sur leur face inférieure, avec une surface supérieure cylindrique. Un tel flotteur présente ainsi l’avantage de jouer, même immergé (et son tirant d’eau n’est que de 25 centimètres environ), un rôle sustentateur.
- Un vol du Canard Voisin en vue de Monaco.
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- 316 —RÈGLE HOLOMETRIQUE DU COLONEL VIDAL
- Au point de vue technique et constructif, les hydroaéroplanes se distinguent entre eux uniquement par le nombre, la forme et la disposition de leurs flotteurs. Si l’on envisage la stabilité sur l’eau, on est conduit à disposer trois flotteurs, aux places des roues ordinaires. Dans les « Canards » Henri Fabre ou Voisin, il y a des flotteurs sous les ailes portantes, un autre sous l’avant du fuselage. M. R. F. Mallet emploie, au contraire, un‘flotteur central unique, avec un petit flotteur très léger pour supporter la queue au repos, et des béquilles latérales. Le type Curtiss, également, comporte un seul flotteur, dont les faces supérieure et inférieure sont symétriques et les bords effilés : il est placé sous la cellule principale et de manière que le poids de l’aviateur le fasse cabrer légèrement, disposition favorable pour le décollement et la descente (1). Enfin l’ingénieur autrichien Kress, qui a été le premier à construire un hydroaéroplane, avait muni son appareil de deux flotteurs parallèles,
- allongés, formant une sorte de périssoire. Arch-deacon et G. Voisin l’imitèrent ensuite dans cette voie.
- Actuellement, le concours de Monaco met en évidence des possibilités nouvelles. On y a pu voir l’aviateur Rénaux, sur un grand hydroaéroplane, type Maurice Farman, enlever 5 personnes, soit 352 kilos, ce qui portait le poids total de l’appareil à 1234 kilos (les flotteurs comptant pour 170 kilos).
- Voilà pour le poids enlevé. Mais il y a aussi d’intéressantes épreuves d’échouage et de déséchouage à volonté sur les plages : elles furent également menées à bien. Un hydroaéroplane peut donc non seulement atterrir et amarir indifféremment, mais encore passer de la terre à l’eau sans reprendre son vol. Les épreuves si importantes qui viennent de se terminer ont donc montré, selon l’expression du lieutenant-colonel Estienne, que « c’était sur l’eau même que le problème de l’aviation était le plus simple ». R. C.
- LA RÈGLE HOLOMETRIQUE DU COLONEL VIDAL
- Tous les géographes et topographes connaissent les instruments de lever, créés par le colonel Goulier et dont se sert le Service géographique de l’armée pour ses travaux sur le terrain en France et Algérie ; nous voulons parler de la règle à éclimètre pour les levés à grande échelle, de Yalidade holométrique pour les levés à petite échelle ; ces instruments permettent, par de simples visées, de prendre des alignements, de mesurer des distances et des pentes.
- L’alidade holométrique, le plus précis, mais le plus encombrant des deux, comporte, en principe, une lunefte mobile sur un limbe vertical, solidaire d’une alidade qui peut être reliée à une règle souple permettant de tracer les directions. Que l’on pointe sur un point quelconque la lunette, rendue solidaire de la règle, et celle-ci donne l’alignement du point qu’il n’y a plus qu’à tracer sur la planchette orientée. Veut-on maintenant avoir la distance entre l’instrument et le point visé? La lunette est agencée pour donner facilement cette mesure ; en avant de l’oculaire est disposé un réticule dont l’image est dans le même plan que celle du point visé au loin ; le réticule comporte des traits formant graduation; au point visé
- 1. On a annoncé récemment que ce type d’appareil avait réalisé une vitesse de 120 km à l’heure.
- on dispose une règle horizontale ou verticale munie de 2 voyants d’écartement fixe. L’un des voyants étant à l’origine de la graduation, on lit sur celle-ci, en face
- de l’autre voyant, la distance du point. C’est une mesure stadimétrique. Enfin on peut mesurer, sur le limbe vertical, l’angle de la lunette avec l’horizontale. Cette mesure donne la pente. La lunette grossit 12 à 15 fois.
- La règle à éclimètre, beaucoup plus maniable, comporte, elle aussi, une règle qui se pose sur planchette où l’on fait le dessin et permet d’y tracer directement les alignements. Sur la règle est monté un limbe vertical formé d’un tambour fixe, muni d’un niveau et d’un tambour mobile portant la lunette établie comme précédemment pour viser et mesurer les distances. Le tambour mobile est divisé en dents permettant de donner à l’axe de la lunette des inclinaisons de 5 en 5 grades.
- La règle à éclimètre, dont la lunette grossit de 5 à 4 fois, est un instrument léger, peu encombrant, d’un maniement rapide et suffisamment précis pour des visées de courte portée, mais qui devient insuffisant dès que les visées dépassent un certain rayon.
- L’alidade holométrique fournit des résultats précis tant pour la triangulation graphique que pour le levé proprement dit. Toutefois, elle est plus lourde et plus
- Fig. i. — Tableau focal delà lunette de la règle holométrique.
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- RÈGLE HOLOMÈTRIQUE DU COLONEL VIDAL
- encombrante, son maniement est moins rapide, son mode de transport sur le terrain en boite séparée nécessite un porteur supplémentaire; enfin il faut remettre l’instrument dans sa boîte et l’en sortir à chaque station, y visser, puis dévisser la règle souple, faire, pour chaque visée de pente, le pointage en hauteur à l’aide d’une vis de rappel ; ces opérations, dans une journée de travail, se traduisent par une perte de temps assez importante.
- Le besoin d’un instrument unique, se rapprochant, comme puissance, de l’alidade holoinétrique, tout en conservant la légèreté, la simplicité et la rapidité de maniement de la règle à éclimètre, se faisait donc sentir. Le modèle de cet instrument a été étudié par le colonel Vidal, chef de la section de Topographie du Service géographique de l’armée, et mis au point, au mois de mai 1910, par M. lionne, le très habile et très expérimenté mécanicien du dépôt central des instruments de précision des Invalides, qui y a lui-même apporté de très heureuses dispositions de détail.
- 11 a reçu le nom de (( Règle holomètrique », combinaison de la règle à éclimètre et de l’alidade holo-métrique, parce qu’il allie la légèreté, la facilité de transport et la rapidité de maniement de la première à la puissance de la seconde.
- L’instrument se compose de deux parties indépendantes : la règle métallique et l’holomètre proprement dit.
- La règle est logée, pour le transport, dans une gaine en bois vissée sous la planchette. Elle porte, îi son extrémité antérieure, un petit niveau sphérique n, permettant d’assurer d’une façon suffisante l’horizontalité de la planchette au moment de la mise en station. On peut donc caler solidement la planchette avant d’y poser l’holo-mètre, et éviter ainsi toute chute de l’instrument.
- La règle R porte un tenon T en forme de queue d’aronde
- Fig. 3.
- L’holomètre de la règle holomètrique {sans la règle) vue de droite.
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- (fig. 4) qui s’engage dans une rainure r de même forme pratiquée sous l’embase de l’holomètre (fig. 3). Ce tenon a
- Règle holomètrique vue de l’avant.
- une longueur suffisante pour qu’on puisse, soit' avancer l’holomètre sur la règle pour faire des visées plongeantes, soit le reculer de manière à le maintenir au milieu de la planchette, la règle faisant saillie jusqu’au bord.
- Un levier de serrage (levier inférieur) permet de rendre à volonté l’holomètre solidaire de la règle.
- L’holomètre est du type de la règle à éclimètre ordinaire, renforcée et perfectionnée. Il est transporté, comme une jumelle, dans un étui en cuir. Il se compose de deux disques circulaires juxtaposés Dt et D2 (fig. 4 et 2) montés verticalement sur im même axe horizontal.
- Le disque D*, auquel est vissée la nivelle N, est muni, du côté intérieur, cïe 5 dents d (fig. 2) également espacées sur la périphérie.
- Le disque D2 auquel est vissée la lunette L, est divisé aussi, sur la périphérie, en 100 crans égaux de quatre grades d’amplitude.
- Les dents du premier disque peuvent s’engager indifféremment dans l’un ou l’autre des crans du second ; ces dents sont à pans coupés et ne portent que par leurs côtés, de manière à éviter les irrégularités provenant de l’usure des pointes.
- Un ressort, placé contre les disques, les maintient en coïncidence et force les dents à entrer dans les crans. Un tambour t placé à l’extrémité de l’axe, permet d’écarter momentanément les disques pour dégager les crans au moment de la visée.
- L’axe des disques est porté par une plaque verticale fixée sur le pied de l’holomètre et on peut faire tourner les disques de la quantité nécessaire, soit pour caler la nivelle N au moyen de la vis du mouvement général V (fig. 5 ), soit pour donner à la lunette l’inclinaison convenable pour la visée à effectuer.
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- REGLE HOLOMETR1QUE DU COLONEL VIDAL
- Quand la bulle, de la nivelle N est entre ses repères, la dent supérieure du disque Dt est exactement sur la verticale de l’axe. Si cette dent est engagée dans le cran marqué 100 du disque I)2, la lunette est horizontale. Si elle est engagée dans un autre cran, la graduation de
- Règle holométrique complète.
- celui-ci indique, en multiple de 4 grades, la pente de la ligne de visée. (Le complément de la pente se lit sur le tableau focal à l’intérieur de la lunette.)
- Le pied de l’holomètre est relié à la règle par l’embase E (fig. 4) dont il a été question ci-dessus. Il est fixé sur cette embase par une charnière autour de laquelle il peut pivoter dans le sens transversal. Cette disposition permet d’assurer la verticalité du plan de la visée, tout en laissant la règle à plat sur la planchette, sans que celle-ci soit parfaitement horizontale, et fait, par suite, gagner un temps appréciable sur chaque mise en station.
- A cet effet, le pied de l’holomètre porte un niveau sphérique s de 30 cm de rayon dont le calage se fait au moyen d’un levier à vis (levier supérieur. /2) qui soulève ou abaisse l’un des côtés de l’instrument. Quand le niveau est calé, la lunette, dans sa rotation, décrit un plan vertical..
- Optique. .— La lunette est coudée.
- Elle a un champ de 4 grades, beaucoup plus grand, par conséquent, que celui de l’alidade holométrique qui est d’un grade seulement.
- Le grossissement est de 10; il est très fort eu égard au petit volume de Photomètre (125 mm de long sur 85 mm de hauteur) et au champ indiqué ci-dessus.
- Le but qu’on se proposait, d’obtenir le maximum de puissance sous le minimum de volume et le maximum de légèreté, a donc été atteint.
- L’objectif est double et composé de deux lentilles
- achromatiques de 17 mm d’ouverture, serties dans un même barillet vissé à l’intérieur du tube. L’objectif est donc indéréglable, avantage sérieux que ne présente pas la règle à éclimètre. Ajoutons que sa clarté est parfaite. Un prisme à réflexion totale est interposé entre l’objectif et l’oculaire, de telle sorte que la I face supérieure de ce prisme coïncide avec le plan focal.
- Sur cette face supérieure est collé un tableau focal (fig. 1) portant :
- a) Un trait vertical médian, pour les visées de direction.
- b) À gauche, une échelle de pente en grades, décigrades et demi-décigrades, sur lequel on lit le complément de l’angle de pente indiqué par le cran du disque, en évaluant à l’estime les centigrades, c’est-à-dire le cinquième de division.
- c) À droite et en bas, deux échelles des distances, l’une verticale, l’autre horizontale, pour les mesures stadimétriques jusqu’à 400 mètres à l’aide d’un jalon à voyants écartés de 2 m. On peut aussi employer un jalon de 4 m., en doublant toutes les distances lues sur l’échelle stadimé-
- 1 trique. Pour une même distance mesurée, on augmente ainsi la précision de la mesure, ou, à précision égale, on étend la limite d’emploi de l’instrument, pour la stadimétrie jusqu’à 600 mètres. L’échelle horizontale des distances permet même d’étendre la stadimétrie à plusieurs kilomètres à l’aide de bases jalonnées sur le terrain.
- Prisme chercheur. — Pour faciliter l’emploi de l’instrument, on a établi une ligne de visée extérieure à la lunette,
- Règle holométrique vue de gauche.
- possédant pal' suite un très grand champ et permettant :
- 1° D’obtenir à simple, vue la direction des objets bien nets situés aux distances rapprochées, sans viser ces objets dans la lunette ; 2° De trouver rapidement les objets éloignés à viser dans la lunette, et à les placer à simple vue dans le champ de celle-ci. L’appareil ën question se compose :
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- ACADEMIE DES SCIENCES
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- a) D’un prisme P à réflexion totale, soudé sur la lunette ;
- b) D’un guidon g soudé sur un tube extérieur à tirage, servant de pare-soleil.
- Devant la face antérieure du prisme se trouvent 2 fils en croix (fig. 2 et 3) qui déterminent, avec le guidon, la ligne de visée.
- Emploi. — Cet instrument a été essayé, en 1910 et 1911, pour les levés au 10 000e et au 20 000e en France, ainsique pour les levés au 40 000e en Algérie; il a donné d’excellents résultats. Son emploi va être étendu aux levés de reconnaissance au 100 000e et au 200 000e exécutés sur les confins algéro-marocains.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i01' avril 1912. — Présidence de M. Poincaré.
- Les poussières des grandes altitudes. — S. A. le prince Roland Bonaparte dépose une Note de M. Yallot, directeur des observatoires du Mont Blanc ayant pour titre : Existence et effets des poussières éoliennes sur les glaciers élevés du Mont Blanc. Au cours de l’été de 1911,1a névé a fondu sur une épaisseur bien plus considérable que pendant les autres années. Il suit de là que les poussières atmosphériques entraînées par les neiges se sont concentrées au bas de la couche fondue, sur une surface recouverte d’une mince couche de glace. Cette couche renfermait donc les poussières cosmiques ou terrestres qui se trouvaient dans l’atmosphère lors des différentes chutes de neige et non pas celles entraînées par une seule chute. Les conditions offertes pour l’étude de ces poussières ont donc été extrêmement favorables. Pour M. Yallot, ces poussières sont surtout éoliennes, c’est-à-dire transportées par le vent. Il relate, à ce sujet, ce fait curieux qu’il a observé en 1911 à des altitudes comprises entre 3300 et 4350 des guêpes et des papillons voletant sans paraître se ressentir de la raréfaction de l’air.
- L’éclipse du 17 avril. — M. Bigourdan expose que l’éclipse du 17 avril prochain sera totale sur certains points de la ligne centrale et annulaire en d’autres. Mais les éphémérides des divers pays, comme la connaissance des temps (publication française) et le Nautical Almanach (publication anglaise) sont en désaccord sur la position exaçte_de„j;ette Jigne centrale qui passe plus ou moins au nord-ouest de Paris. Et il y a désaccord aussi sur la nature (totale ou annulaire) , et sur la durée-de' l’éclipse en divers points de la même ligne. Par contre, cette éclipse, si elle est bien ; observée, permettra de connaître pour les éclipses à venir, en particulier, la valeur qu’il faut adopter pour le diamètre de la lune. M. Bigourdan indique comment devront être organisées les observations en vue de réunir des éléments favorables pour le calcul de cette quantité.
- L’arsenic dans les végétaux. — M. Guignard présente un travail de MM. Gadin et Astruc sur l’existence de l’arsenic dans les végétaux. Les auteurs' rappellent que M. A. Gautier a démontré que l’arsenic se rencontre normalement dans l’organisme de l’homme et de certains mammifères. D’où provient cet arsenic? Les auteurs ont pensé qu’on ne pouvait répondre à cette question en l’état des connaissances, que si l’on possède des données au sujet de la présence de l’arsenic dans les végétaux. Ils ont donc entrepris des recherches étendues et pré-
- cises à l’effet de doser l’arsenic dans les champignons, les légumes et les fruits. Ils concluent que l’arsenic de l’organisme humain provient de l’alimentation.
- L’électrohjse du radium en thérapeutique. — M. d’Ar-sonval présente une Note de M. Lacquerrière sur l’utilisation de l’électrolyse du radium en gynécologie. D’après l’auteur, quand on emploie un courant continu pour introduire du radium dans les tissus, tels que des fibromes, on a les avantages de l’électrothérapie et de la radiothérapie.
- Le problème des grands navires. —M. Bertin résume un travail qu’il a exécuté sur le rapport du poids du chargement au poids du déplacement d’eau par le navire. Il y a 30 ans encore ce rapport était faible, il n’atteignait que 5 pour 100, alors que dans les derniers cuirassés français il est actuellement de 25 pour 100. M. Bertin explique qu’il a réussi à établir une formule très simple pour calculer l’augmentation de déplacement qui correspond à une augmentation de chargement donnée.
- Propriété des lames de cuivre. — M. Yiolle analyse un travail de M. Pionchon sur une propriété de deux lames de cuivre plongées dans l’eau et réunies par un fil. Ces deux lames ne développent aucune force électromotrice. On interpose dans le circuit un galvanomètre très sensible de Carpentier. Si l’on frappe l’une d’elles, on voit aussitôt le galvanomètre se comporter„e.omme. dans le cas d’une décharge- brusque. Le phénomène se reproduit chaque fois que l’on frappe la dame, puis il cesse. L’auteur pense qu’il y a du cuivre dissous dans l’eau en quantité si minime qu’aucun réactif ne le peut déceler. Il montre que toute eau qui a été en contact avec du cuivre ne produit plus les phénomènes électriques. Des expériences faites par lui sous le contrôle de professeurs de la Faculté de Dijon prouvent que l’on est bien en présence d’un procédé électrochimique nouveau et très sensible permettant de constater l’existence de traces infinitésimales de cuivre.
- La vitesse des vapeurs dans l'étincelle. — M. Des-landres explique que M. Hemsalech s’est appliqué a déterminer par des expériences très précises la vitesse des vapeurs métalliques dans l’arc électrique. Il a opéré sur 14 métaux. Les mesures de ces vitesses paraissaient devoir être en relation avec le poids atomique. Cette relation ne suffit pas, il faut faire intervenir la cohésion du métal pour expliquer les résultats. Ch. de Yileedeuil.
- LA TURBINE A GAZ HOLZWARTH
- On sait que la difficulté la plus sérieuse s’opposant à la réalisation des turbines à gaz est due à réchauffement des parois, portées, en l’absence d’un milieu réfrigérant, à une température voisine de la chaleur blanche. Or l’emploi d’eau de refroidisse-
- ment consume la plus grande partie de l’énergie du gaz.
- M. H. Holzwarth, à Mannheim, a tourné cette difficulté en rendant le fonctionnement de sa turbine intermittent; tout en se rapprochant par là du
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- LA TURBINE A GAZ HOLZWARTH
- principe du moteur à gaz, il obtient l’avantage indubitable d’une grande securité de service, jointe à un rendement économique qui, d’ores et déjà, est égal, sinon supérieur, à celui du moteur à piston. En disposant plusieurs chambres de combustion à fonc-
- dans l’air pur relativement froid qui alors remplit le compartiment A qu’on fera arriver, à travers la soupape D, le combustible gazeux formant le mélange explosif.
- La soufflerie auxiliaire amenant l’air de combus-
- Une turbine à gaz Iiolzwarth de 1000 chevaux.
- tionnement alternatif, autour de la roue de turbine, il évite du reste les à-coups et il rend le fonctionnement sensiblement uniforme.
- Le compartiment de combustion À est rempli, d’une façon intermittente, d’un mélange de gaz et d’air soumis à une pression relativement basse (1/2 à 1 atmosphère). Ce mélange, allumé par une étincelle, fait explosion et, grâce à l’accroissement de pression ainsi produit, ouvre la valve F, de façon à permettre au gaz comprimé de se rendre à travers la tuyère D, à la roue de turbine H.
- C’est pendant le passage à travers la tuyère que les gaz sè détendent à la pression du compartiment d’échappement J. Une fois que la détente a été terminée, on fait entrer de l’air à faible pression, à travers la soupape D.
- Cet air chasse les gaz résiduels, à travers la tuyère, dans le compartiment d’échappement, après quoi la valve F et la soupape D se ferment. C’est
- tion et de balayage, et comprimant le combustible ne consomme que 40 à 15 pour 100 du rendement, récupéré du reste facilement de la chaleur des gaz d’échappement. Le refroidissement incomparablement moins intense que dans les autres turbines à gaz, est effectué par un courant d’air extérieur ou, au besoin, par une circulation d’eau extérieure.
- Cette turbine est actionnée avec un gaz moteur quelconque ou avec de l’huile pulvérisée. C’est dire qu’elle trouvera un champ d’applications des plus étendus pour les installations à poste îixe aussi bien qu’à bord des navires.
- La figure 1 représente une turbo-dynamo de 1000 chev. récemment construite d’après le système Iiolzwarth. C’est une machine verticale ayant à côté d’elle le groupe auxiliaire commandant la soufflerie. Le poids total d’une turbine à gaz à poste fixe n’est que d’environ 1 /4 de celui d’un moteur à gaz équivalent. Dr Alfred Gradenwitz. 1
- Schéma de la turbine à gaz Holzwarth.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE---N° 2029.
- 13 AVRIL 1912.
- MONSTRUOSITÉS CHEZ DES POISSONS MARINS
- Les monstruosités et les anomalies qu’on rencontre d’une façon relativement fréquente dans l’élevage de certains poissons d’eau douce, notamment chez les salmonidés et les 1 cyprins dorés, sont beaucoup plus rares chez les poissons marins. Cela tient sans doute à ce que, dans la nature libre, la production des anomalies est beaucoup plus réduite et au fait que seuls résistent les êtres anormaux dont l’anomalie n'entraîne pas une trop grande incapacité dans la lutte pour la vie.
- Quoi qu’il en soit, il est intéressant de révéler ces anomalies quand elles se présentent ; c’est pourquoi je signale ici quelques poissons marins anormaux, qui font partie des collec-
- là pour faire éviter une erreur. Il est facile, en effet, de voir que la double dorsale provient de ce que la
- Fig, i. — Deux Pilotes, .celui du haut à nageoire dorsale dédoublée.
- dorsale unique a subi un violent traumatisme, probablement un fort coup de gueule d’un autre poisson qui a enlevé une bonne partie de la nageoire
- Fig. 2. — Un Loup à tête de dogue.
- tions du Musée océanographique de Monaco.
- Voici représentés l’un au-dessus de l’autre (fig. 1), deux Pilotes (Nau-crates ductor Lin.), qui ont été trouvés ensemble au marché de Nice et qui appartenaient sans doute à la même bande. Tandis que l’inférieur est normal et présente comme d’habitude une nageoire dorsale unique, le supérieur est plus petit, le profil de son dos est irrégulier et il a deux
- Fig. 4. — Un Sargue à tête déformée.
- dorsales bien nettement séparées, ce qui indiquerait une espèce différente si les autres caractères n’étaient
- 40* année. — Ier semestre.
- Fig. 3. — Télé du Loup montrant le faible développement de la mâchoire supérieure.
- et rendu irrégulier le profil dorsal cicatriciel. Il est aisé de repérer sur la nageoire double les parties correspondant à la nageoire normale grâce aux bandes noires verticales très nettes chez les deux spécimens. Nous avons donc une anomalie par traumatisme, qui a empêché le poisson d’atteindre la taille de ses camarades. La figure 2 représente un jeune loup (.Labrax lupus Val.) à « tête de dogue » ou « de dauphin », monstruosité analogue à celle qui
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- 322 ~ MONSTRUOSITÉS CHEZ DES POISSONS MARINS
- est désignée sous ces noms chez la Carpe qui la montre plus fréquemment. Chez notre Loup (appelé aussi Bar et Loubine), toute la partie supérieure de la tête située en avant de l’œil a subi un arrêt de développement et une déformation, sans qu’on puisse les attribuer à un traumatisme. La mâchoire supérieure (fîg. 5), est tellement courte que la langue est à découvert sur la plus grande partie de sa longueur. Ce Loup provient du marché de Monaco et mesure millimètres de longueur totale.
- La déformation de sa bouche ne l’empêchait donc pas de se nourrir et de croître, mais il avait dû probablement modifier d’une façon notable son genre de vie, car la conformation de ses mâchoires ne lui permettait pas de saisir les proies à la manière de ses congénères normaux.
- Un Sar ou Sargue (Sai'gus Ron-deleti Cuv. et 'Jah) nous montre dans la figure 4 une déformation de la face qui parait dénoter des traces de traumatisme et un arrêt de développement analogue à celui que nous venons de décrire. Les téguments du côté droit de la mâchoire supérieure paraissent refoulés en dedans, et on ne trouve de cette mâchoire, qui est beaucoup plus courte que l’inférieure, qu’un petit fragment mobile situé du côté gauche et muni de 2 ou 5 dents. La mâchoire inférieure, de longueur normale, est un peu en forme de gouttière assez déviée, dont le bord droit est plus élevé que le gauche. Il en résulte un aspect bizarre, quand on regarde le poisson presque de face et pardessus, comme le montre la figure 5. L’orifice buccal est réduit à une très petite ouverture, néanmoins cetanimal, pris à Cros de Cagnes, ne mesure pas moins de 245 millimètres de longueur totale, ce qui est la dimension moyenne de cette espèce.
- Nous finirons par le cas intéressant d’un poisson très rare, le Lampris tacheté (Lampris guttatus Retzius) de la famille des Scombéroïdes. Ici nous
- n’avons pas l’animal lui-même, mais une belle aquarelle dont nous donnons la photographie (fig. 6). Cette aquarelle a été donnée récemment à son père, S. A. S. le Prince de Monaco, pour le Musée océanographique, par S. À. S. le Prince Louis qui l’avait achetée à un antiquaire. Le Lampris représenté et quelque peu stylisé est très reconnaissable à sa coloration d’un rouge lilas parsemé de taches blanches et à ses nageoires d’un beau rouge vermillon. « C’est cette parure, dit Valenciennes, qui a fait employer à un des correspondants de Buffon cette expression un peu précieuse, que le Lampris semble un seigneur de la cour de Neptune en habit de gala. » Ce poisson mesure sur l’aquarelle 530 millimètres et au-dessous de sa tête se trouve l’inscription suivante :
- « Figure d’un poisson tiré au Naturel, ayant plus « de trois pied (sic) de Longueur près de Deux « pied (sic) de Largeur et huit « pouces d’Épaisseur, pezent cin-« quante quatre livres, pris en « File de Ré au mois de juin « 1755, hoüin Brizard fecit. » Ce qui frappe immédiatement chez cet animal, c’est l’anomalie de la tête, qui rappelle beaucoup celle de notre Loup et qui en diffère surtout en ce que le développement de la mâchoire supérieure n’a pas subi d’arrêt de développement; on a ici la
- « tête de dauphin » caractéristique.
- Le Lampris est un poisson très raresurnoscôtes. On en a pris néanmoins un certain nombre de spécimens tant dans la Manche et dans le Golfe de Gascogne qu’entre Marseille et Nice. On l’a aussi appelé Poisson lune, nom qu’il convient de rejeter pour éviter toute confusion avec le Poisson lune ou Mole, bien connu (Orthagoriscus mola). Valenciennes cite un Lampris pris à Torbay en 1772 qui pesait 140 livres anglaises (65 kg) et mesurait 4 pieds et demi (1 m. 55). Dr J. Richard.
- Directeur du Musée océanographique de Monaco.
- Fig. 5. — Le même Sargue vu par-dessus.
- Fig. 6. — Lampris à tête anormale.
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- TRIBULATIONS ASTRONOMIQUES A PROPOS D’UNE ÉCLIPSE DE SOLEIL
- Une éclipse totale de Soleil dans nos régions est un grand événement astronomique si l’on songe combien rares sont ces sortes de phénomènes pour un lieu déterminé (V. n° 2025), et à quelles tribulations sont parfois soumis les astronomes qui, pour observer le passage de la Lune devant l’astre du jour, ont dû entreprendre des expéditions fatigantes, très coûteuses et, en certains cas, périlleuses. En voici un exemple tout récent. En effet, sans remonter bien loin dans les annales scientifiques, sans insister sur nombre d’expéditions astronomiques en pays lointains ou difficiles et dont les figures ci-contre révèlent diverses péripéties curieuses, il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici, les nombreuses difficultés affrontées, malheureusement presque sans résultats, il y a juste un an, par la mission astronomique anglaise W. J. S. Lockyer. |Son but était
- d’observer l’éclipse totale de Soleil du 28 avril 1911, dont la ligne centrale traversait l’immensité de l’océan Pacifique et qui n’était observable que de quelques petites îles de
- i. Protubérance polaire de i3^ooo km de hauteur,photographiée avec le télescope Snow de VObservatoire de Mount Wilson (21 août icpcj).— 2.Expédition Rudaux dans les Pyrénées en içoS. L'attente dans les nuées. — 3. Observatoire installé par la mission américaine d’Indiana Universiiy, à Almazan {Espagne) pour l'éclipse de igo5. — 4. Convoi de l'expédition russe à la Nouvelle-Zemble en i8ç6.
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- 324 ....... =- A PROPOS D’UNE
- l’Océanie. Elles montrent d’une part l’importance attachée à l’étude des éclipses pour laquelle les astronomes ne reculent pas devant les plus gros sacrifices, et d’autre part l’énergie et le courage déployés en pareilles circonstances pour la solution des problèmes scientifiques.
- M. Lockyer quitta l’Angleterre dans les premiers jours du mois de février 1911, à destination de Vavau, îlot de corail appartenant au petit archipel de l’Amitié, situé à peu près aux antipodes de Greenwich et choisi pour l’établissement de son observatoire temporaire.
- Après des escales assez prolongées en Australie, le steamer Encounter mis à la disposition de l’expédition astronomique par le gouvernement britannique, aborde l’île Yavau. A peine débarqués, les voyageurs sont accueillis et couverts par une bourdonnante nuée de moustiques, qui paraissent être les maîtres du pays. De plus, une épidémie de rougeole assez grave sévissant à Neiafu, petit port de l’île, les astronomes jugent prudent de s’en éloigner au plus vite. D’ailleurs, sur le rivage, M. Lockyer et les autres membres de la mission ne trouvent aucun site favorable pour édifier leur campement. Après bien des recherches ils trouvent un emplacement convenable, assez élevé et qui, après le défrichement et l’abatage de six ou sept gros cocotiers, leur parut même excellent pour un observatoire en plein air.
- Dès le 4 avril, tout le monde était à l’œuvre pour la construction du village temporaire. Les indigènes nettoyèrent la place, rasèrent les ignames dont l’enchevêtrement des liges rampantes était fort encombrant. Ils arrachèrent et firent provision de ces tubercules souterrains dont la farine sert là-bas à faire une sorte de pain.
- Bien que l’on fût alors, dans cette région de l’hémisphère austral, en automne, la température était très élevée 50 degrés centigrades à l’ombre, et parfois davantage.
- Pour remédier aux retards occasionnés par la marée, un débarcadère de plusieurs mètres de longueur fut construit, dominant la mer, et le débarquement des appareils astronomiques et des bagages put se faire rapidement. On hissa les lourdes caisses contenant les instruments le long de poutres sur lesquelles elles glissèrent, poussées par plusieurs hommes. Mais le transport au camp n’était pas aisé. Il fallait traverser des bois épais de palmiers et de cocotiers : des chemins furent taillés à travers les broussailles.
- Huit tentes furent dressées : maisons d’habitation et laboratoires. Elles étaient littéralement envahies par les moustiques et par les araignées dont certaines étaient énormes.
- Chaque jour on ramassait d’amples quantités de sable et de morceaux de corail pour maçonner les piliers destinés à soutenir les instruments. Une guérite est érigée au sommet d’un énorme cocotier : c’est le poste d’observation d’un photographe et de deux de ses assistants.
- ÉCLIPSE DE SOLEIL .................. =
- Les premiers jours du séjour à Vavau furent favorisés par un temps magnifique, exceptionnel même pour la région, selon les indigènes. Tout s’annonçait pour le mieux. Le nivellement des terrains s’achevait et les travaux préparatoires avançaient. Mais, à partir du 10 avril, les conditions météorologiques se modifièrent. Bientôt la pluie se mit à tomber à torrents. En ces contrées les averses atteignent parfois une violence extraordinaire. C’est à Fidji, petite île de l’Océanie, voisine de Vavau, que fut enregistrée, il y a quelques années, la chute de pluie la plus grande reçue en un seul jour : le 8 août 1906, cette averse mémorable donna 1041 millimètres d’eau!
- La matinée de l’éclipse est inquiétante : de gros cumuli flottent à une faible hauteur, mais on peut observer le soleil dans les interstices des nuages.
- Dès 7 heures du matin une grande activité règne dans le camp ; chacun prend possession de son poste.
- Hélas! tous les préparatifs demeurèrent vains : tandis que la Lune s’avançait devant le disque solaire, interceptant son rayonnement, l’air se refroidissait et la vapeur d’eau, très abondante dans l’atmosphère par suite des pluies intenses des jours précédents, se condensait de plus en plus à mesure que le moment de la totalité approchait. Quelques minutes avant le second contact, un immense cumulus traînant d’énormes volutes balaya tout le ciel et vint se placer juste devant le soleil dont il couvrit entièrement le disque pendant la phase maximum. Ainsi l’éclipse s’est éclipsée elle-même presque totalement en provoquant la formation des nuages.
- Cependant, par une faible éclaircie, M. Lockyer put ensuite apercevoir, assez difficilement, à travers une couche épaisse de cirri qui absorbaient considérablement sa lumière, la couronne argentée du soleil. Le chronométreur de l’expédition astronomique pût aussi constater que l’éclipse commença 12 secondes plus tôt et finit 20 secondes plus tôt que le temps calculé.
- A moins de 2 kilomètres du campement de M. Lockyer, le groupe astronomique dirigé par M. Worthington eut la chance inouïe de pouvoir obtenir d’excellentes photographies, grâce à une déchirure survenue dans le.rideau nuageux.
- Le lendemain de l’éclipse, une pluie d’une violence extrême inonda les tentes. En les vidant on eut de quoi remplir plusieurs barils d’eau!
- Les membres de l’expédition Lockyer quittèrent Vavau le 4 mai, sans emporter le moindre regret pour cette île où leur dévouement à l’astronomie fut si mal récompensé par le ciel; en cours de route, M. Lockyer attrapa une fièvre intense qui faillit encore retarder son retour, et c’est seulement vers le milieu du mois de juillet qu’il regagna l’Angleterre, après avoir fait le tour du monde. Parti par l’Est, il revint six mois plus tard par l’Ouest, ayant gagné un jour.
- Tels furent les maigres résultats de cette pénible expédition. D’autres astronomes ont été heureusement mieux partagés. A Vavau même, en d’autres
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- LA NAISSANCE D’UNE LAMPE OSRAM t—— 325
- parties de l'île, l’éclipse fut observée et photographiée en de bonnes conditions. M. C. J. Wragge, installé provisoirement pour la circonstance non loin de là, à Lifuka, dans les îles Tonga, et favorisé par une atmosphère idéalement transparente, a pu observer le phénomène dans toute sa splendeur. On constata ainsi que l’enveloppe coronale du Soleil présentait bien dans sa . forme le type caractéristique des périodes de minimum d’activité solaire, avec de gigantesques courants de vapeurs incandescentes projetées jusqu’à une distance supérieure à un million de kilomètres de l’astre radieux, donnant à la couronne un aspect très allongé, en queue de poisson. On distinguait aussi, jaillissant du bord solaire, une énorme protubérance dont la flamme rouge atteignait une hauteur de 549 000 kilomètres, soit environ vingt-sept fois la largeur de la Terre !
- Nos lecteurs comprendront d’après cela combien fut grande la déception des infortunés astronomes de l’expédition Lockÿer et quels regrets ils durent éprouver de leur mésaventure ! Ils eurent la consolation — si c’en est une! — de penser qu’avant eux, d’autres astronomes avaient subi les mêmes déboires. Nous ne nous étendrons pas davantage ici sur ce sujet qui menacerait de nous conduire loin. Rappelons seulement que lors d’une des dernières belles éclipses visibles de nos contrées, celle du 50 août 1905, dont la ligne centrale de la totalité traversait l’Espagne, les astronomes de toutes nationalités qui s’étaient principalement groupés à Burgos furent aussi victimes des caprices météorologiques et eurent leurs observations fortement contrariées par les nuages, moins toutefois que les astronomes anglais immigrés à Yavau.
- C’est une faveur rare que celle de visiter une usine de lampes électriques à filament métallique. Une consigne sévère en protège les secrets. L’aimable administrateur de l’importante fabrique des lampes Os-ram, à. Puteaux, a bien voulu faire fléchir la règle à mon profit. Je tiens à l’en remercier ici avant d’emmener à ma suite les lecteurs de La Nature à travers l’usine de Puteaux. Ils assisteront avec moi à la naissance d’une de ces délicates ampoules qui, le soir venu, sous la simple poussée d’un bouton de contact, nous verse une douce et brillante clarté.
- Dans le massif montagneux dé l’Aragon, en un site des "plus pittoresques et très dégagé, près d’Alhama (au sud de Saragosse), j’eus la satisfaction d’observer cette éclipsé dans les meilleures conditions possibles, par un ciel d’une admirable limpidité : ce spectacle inoubliable me dédommagea largement des tribulations de mon voyage, lequel, quoique non lointain, n’alla pas sans difficultés de toutes sortes.
- L’importance qui s’attache à l’étude du Soleil fait naître constamment de nouveaux problèmes, et les éclipses nous fournissent des occasions exception-, nelles de pénétrer plus avant dans la connaissance de cet astre, qui lient dans ses rayons l’activité et le développement de la vie terrestre. Ce que nous savons du Soleil est encore bien restreint, malgré les patientes recherches et les belles découvertes de Janssen, de Deslandres, de N. Lockyer et de Haie. Ce que nous en voyons directement à l’œil nu n’est qu’illusion, car il ne nous apparaît pas du tout tel qu’il est en réalité.
- La remarquable photographie que nous en donnons ici, et qui a été prise à l’Observatoire du mont NVilson avec le télescope Snow et un spectro-héliographe de 1 m. 50, le 21 août 1909, nous montre le bord solaire hérissé d’une protubérance qui s’élève jusqu’à 157000 kilomètres de hauteur.
- Il est difficile d’examiner ces flammes gigantesques, que rien, dans la vision ordinaire, ne laisse soupçonner, sans en être impressionné, et sans deviner les forces formidables et encore énigmatiques en action dans le foyer solaire.
- G. Renaudot.
- Entrons d’abord dans l’atelier de préparation, Ici une ouvrière débite à la machine un tube
- de verre blanc en fragments d’égale longueur : quelques centimètres (fig.l, a). En face une autre débite delà même manière une baguette de verre en fragments égaux (fig. 1, b). A côté une machine, que surveille une troisième jeune fille, sectionne du fil de cuivre en morceaux de longueurs égales. Une bobine de fil de nickel est pareillement débitée en fragments, la machine aplatit l’une des extrémités de chaque fil de nickel. Un fil de platine est coupé en minus-
- LA NAISSANCE D’UNE LAMPE OSRAM
- Fig. i. — La matière première du pied d’une lampe Osram : (a) fragment de tube de verre; (b) fragment de baguette de verre. À droite : le tube de verre (a) régulièrement évasé et bordé, et la perle de la tige (b); cette perle soutiendra plus tard les potènces où s'accroche le filament Osram.
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- cules bâtonnets de quelques millimètres (4 mm.). Chaque machine rogne et compte les fragments qu’elle produit en même temps qu’elle réunit chaque sorte dans des récipients ad hoc. La surveillante rassemble, en paquet de 20 ou de 40, les fils de cuivre et les lie rapidement en un faisceau unique.
- Voilà donc la matière première débitée en quantité et longueur convenables. Que va-t-on faire?
- Les fils sont confiés à une ouvrière qui éparpille d’abord en éventail les éléments d’un faisceau. Puis, •s’aidant d’un chalumeau, elle soude à l’extrémité de chaque fil de cuivre un petit fil de platine ; enfin, à l’extrémité de ce dernier, un fil de nickel. Le conducteur formé de ces trois métaux reliés bout à bout (fig. 2) amènera plus tard le courant de l’extérieur jusqu’au filament enfermé à l’intérieur d’une ampoule. Le fil de platine intermédiaire permettra la soudure du conducteur au verre.
- Les tubes de verre, de 30 millimètres de longueur, par exemple, sont confiés à une merveilleuse machine qui les borde et en évase une des extrémités en un clin d’œil. Chaque bout de tube est pris par la machine, présenté à un chalumeau qui borde l’une des extrémités et la ramollit assez pour qu’en un tour de main l’ouvrière armée d’un outil spécial évase l’extrémité ainsi bordée et ramollie. Comme le tube est, durant toute l’opération, maintenu constamment en rotation l’évasement est très régulier (fig. 3). Certaines de ces machines à border et à évaser travaillent 2400 tubes par jour : d’autres, plus perfectionnées, peuvent border et évaser 5000 tubes par jour tout en n’absorbant qu’une puissance de 1/10 de cheval.
- A l’atelier de préparation nous avons pu remarquer que des ouvrières s’occupent à couper de longueur des tiges de verre pleines. Ces morceaux sont envoyés à la machine à faire la perle, machine aussi rapide et aussi simple dans son fonctionnement que la précédente. Le petit fragment de tige de verre (10 cm. par exemple) est placé, par une ouvrière, dans une mâchoire qui, automatiquement, le transporte en le maintenant constamment en rotation, dans le dard d’un chalumeau, puis, chauffé et ramolli convenablement en un point, le compresse de manière à faire la perle que représente la figure 4. La tige est ensuite refroidie, toujours automatiquement et rejetée par la machine même dans un panier ad hoc. L’ouvrière placée en face de la machine à faire la perle n’a donc qu’à servir la machine sans l’aider aucunement, l’opération étant tout entière automatique. Cette machine à faire la perle dépense 1/10 de cheval.
- Les tiges de verre munies de leur perle sont alors mises de longueur. Deux coups de couteau limitent la longueur de la tige à perle. La perle se trouve alors à des distances convenables des deux extrémités de la tige (fig. 1). .
- Fils conducteurs, tube à évasement et tige à perle étant ainsi préparés, une seule machine, plus adroite
- et plus merveilleuse encore que les précédentes, va associer ces trois éléments pour constituer par leur réunion ce que l’on nomme le pied ou support du filament.
- Une ouvrière dispose, ainsi que le représente la figure 5, 1 tube, 2 fils et 1 tige à perles sur un support convenablement agencé de la machine. Ceci fait, la machine opère seule : le tube est chauffé, ramolli, puis convenablement étiré et aplati de façon à prendre, dans la masse de verre rendue pâteuse, les parties des conducteurs formées de platine. En même temps l’une des extrémités de la tige à perle, ramollie, est soudée à l’extrémité aplatie du tube évasé. L’ouvrière ne fait que charger la machine. Un jeu de 12 chalumeaux, diversement distribués, suffit aux opérations. L’ouvrière, au moyen d’une pédale, opère, au moment convenable, la traction sur la partie ramollie du tube de verre. De cette façon elle a les mains libres, ce qui lui permet de servir la machine. À la vérité, bien que la machine opère ici le chauffage et la soudure des fils conducteurs au pied, c’est l’ouvrière qui par la pédale en règle la durée et qui juge de l’opportunité de l’action à faire effectuer par la machine. Aussi le service de ces machines à faire le pied nécessite-t-il des ouvrières avisées et attentives.
- Avant d’être à nouveau manufacturé, chaque pied . (fig. 4) passe aux contrôleuses qui, s’aidant d’un galvanoscope, vérifient que chaque pied possède bien deux conducteurs en état, soudés, sans rupture et sans contact l’un avec l’autre. La bonne confection du pied est ainsi assurée. C’est une particularité fort intéressante de l’usine de Puteaux que la multiplicité du contrôle des opérations. Pas une pièce ne sort d’une machine ou des mains d’une ouvrière qui y a ajouté une valeur-travail, sans être accompagnée d’un bulletin de contrôle. Indépendamment des contremaîtres et contremaîtresses, près de 50 ouvrières sont uniquement employées au contrôle du travail de 325 autres. Si la main-d’œuvre de l’objet manufacturé se trouve ainsi légèrement accrue, le déchet est réduit au minimum. Cette pratique révèle immédiatement tout défaut de fabrication et arrête toute pièce présentant un manquement, avant qu’une nouvelle main-d’œuvre y soit ajoutée.
- Les pieds confectionnés sont rangés par 50 sur de petits supports. Il importe dès à présent de veiller à leur conservation et de faciliter, sans détérioration, leur passage de mains en mains au cours des nombreuses opérations qu’il leur reste encore à subir. A cet effet des bouchons présentant un diamètre égal à celui de leur évasement sont vissés sur un plateau et permettent leur transport en nombre et sans heurts. Le pied, bientôt muni des potences de soutien du filament, puis du filament lui-même, va constituer la partie vraiment délicate de la lampe.
- Et d’abord c’est la finition ou le finissage du pied qui s’opère.
- Sorti de la machine qui l’a fait et des mains des contrôleuses, le pied passe à l’atelier des pieds, où,
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- LA NAISSANCE D’UNE LAMPE OSRAM
- tout d’abord, une perleuse garnit l’extrémité encore brute de la tige de verre d’une perle de couleur. A cet effet un chalumeau ramollit le bout de la tige, d’ailleurs en rotation, tandis que l’ouvrière y applique un peu d’émail de couleur, ramolli à la flamme. La couleur de l’émail change avec le type de lampe.
- Pendant que la perle d’émail est encore molle, l’ouvrière y implante tout autour les crochets flexibles qui formeront les' potences du haut sur lesquelles s’appuiera le filament Osrarn (fig. 4, ù).La même ouvrière ramollit suffisamment la perle de verre produite au bas de la tige de pied et y implante les crochets de nickel qui formeront les potences du bas (fig. 4, c).
- Les pieds passent encore au contrôle, ils sont reçus à l’atelier de redressage où l’on s’occupe de distribuer les potences du haut suivant les rayons d’un polygone régulier et celles du bas suivant les rayons d’un autre polygone. Deux de ces rayons du bas sont constitués par les extrémités nickel des conducteurs traversant le pied. Ces conducteurs (fig. 4, c) sont, à cet effet, courbés à la pince, deux fois à angle droit.
- Dans le même atelier on procède au moyen d’un pinceau imbibé d’eau au nettoyage du pied que les contacts des doigts ont pu salir.
- La toilette du pied est achevée. Le voilà prêt à recevoir le filament.
- C’est ici qu’une discrétion formelle m’est imposée; Comment s’obtient ce filament? Par quel tour de main ingénieux obtient-on ces longueurs énormes de filaments dits étirés qui m’ont été présentés en bobines (fig. 5) en tout point analogues aux fils dont les fleuristes soutiennent les fleurs éphémères et penchées de leurs gracieux bouquets ? J’ai voulu m’assurer de la ténacité des nouveaux filaments appelés étirés. A cet effet j’ai enroulé autour de mes deux mains gantées quelques décimètres de fil dévidé; écartant les mains d’un geste brusque, j’ai été impuissant à briser le fil qui, enserrant mes doigts, allait me blesser malgré les gants. Il est vrai de dire que le filament sur lequel j’ai pratiqué cet essai a 1 mm. de diamètre.
- 327
- Lorsque les aimables directeurs de l’usine de Puteaux m’autorisèrent enfin à visiter leurs installations, les fils étirés venaient de remplacer les filaments dans la construction des lampes. J’ai pu voir, au rez-de-chaussée de l’usine, tout un matériel important abandonné : presses et filières aujourd’hui inutiles, et aussi, encombrant les bureaux, toute la réserve d’anciens filaments en forme d’U allongé, qui, par centaines de mille, vont être jetés. Le fil étiré donne, en effet, à la lampe une résistance incomparable au choc.
- Sans divulguer les secrets de fabrication du fil étiré, emportons donc ;ayec nous la bobine de fil Osrarn. Confions-la à l’ouvrière chargée de garnir le pied du léger réseau qui &era 4’â.me de la lampe encore en gestation. C’est ce délicat réseau, qui, transformé par le courant en une sorte de manteau étincelant, versera, pour quelques mil-limes par heure, la douce et blanche clarté que nous devons, chaque soir, à la fée Electricité. C’est cette bienfaisante lumière qui accroît notre vie puisqu’elle nous soustrait aux ténèbres, image de la mort. Grâce à elle nous possédons sur nos pères l’avantage d’une vie de près de 1/6 plus longue. Dormir, en effet, est-ce vivre? N’est-ce pas plutôt faire en quelque sorte l’apprentissage du tombeau? Grâce à la lumière électrique, la veillée se généralise, hygiénique et reposante, pourvu qu’on n’en abuse point. Au lieu de s’engourdir, dès six heures, en hiver,à l’ombre d’un fumeux tison empuantissant l’air, les paysans des vallées alpestres peuvent actuellement s’élever chaque soir, par la lecture, à la vie totale, à la vie de l’esprit, et reposer ainsi leurs corps en développant leurs cerveaux.
- D’un mouvement adroit l’ouvrière garnit tout le pied. Un mouvement rapide de va-et-vient accroche successivement le fil étiré aux supports du haut et du bas.
- Semblable à une. couturière empressée, l’ouvrière active coupe aux ciseaux le .filament et passe à l’habillage d’un second pied.
- Mais avant, elle a le soin de vérifier la bonne confection de son ouvrage. Le mécanisme, si déve-
- Fig. 2. — Les éléments des conducteurs amenant le courant à une lampe. Chaque conducteur est formé d'un fil de nickel soudé à un fil de cuivre par l'intermédiaire d’un petit fragment de fil de platine qui servira à souder le conducteur au verre de l’ampoule.
- Fig. 3. — Dispositions respectives du tube bordé et évasé des deux fils conducteurs et de la tige à perle tels qu’on les confie à la machine à faire le pied.
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- loppé à l’usine de Puteaux, reprend ici ses droits. Pendant que l’active arachnée industrielle tisse un second réseau * une manette est poussée et la vérification s’opère automatiquement :1e filament est bon, le réseau exactement établi. Contrôle encore : une aide inscrit sur le pied ainsi garni deux nos, l’un
- chaude, sur un morceau de drap mouillé, pour produire une fêlure circulaire et le détachement de la partie étranglée du matras primitif (fig. 8, b).
- C’est alors que l’ampoule queusotée et le pied préparé et habillé de son filament sont confiés à un appareil merveilleux de précision, que deux ouvrières
- Fig, 4. — A gauche : Pied de lampe Osram tel qu’il sort de la machine. La machine a soudé les deux conducteurs de la figure ,2 au tube de la figure 1, elle a soudé aussi la tige à perle. — A droite : Pied de - lampe Osram : (a) pied garni au sommet de la perle d'émail teinte qui doit porter les potences du haut; r ,(b) pied garni 'a la perle du bas des potences de soutien; (c) pied garni en haut et en bas de ses potences :
- ' de soutien. • ;
- est relatif au n° de la pâte du filament 8965 par exemple; l’autre distingue le pied, 6125, et par là indique ses constantes d’usage : 16 bougies, 125volts; 6125 est formé, en effet, de 16 renversé et de la fin de 125. -
- Il nous faut pénétrer à présent dans une troisième se'rie d’ateliers, ceux qui confectionnent l’ampoule, vase d’élection dans lequel le pied, à l’abri des chocs et à l’abri de l’air comburant, pourra longuement rayonner.
- Le verrier livre à l’usine des sortes de matras (fig. 6) rapelant par leur forme le matras d’essayeur. C’est avec eux qu’on confectionne Panait 5. - Bobine Poule-0n Procède d’abord de filament étiré. à l’opération du queuso-tage qui consiste à munir l’ampoule d’un appendice formé par un tube de verre lequel servira plus tard à l’extraction de l’air. Le queusotage se pratique en deux temps par une ouvrière qui manœuvre, à cet effet, une machine des plus simples, que la discrétion à laquelle je me suis engagé m’empêche de décrire. L’ampoule est queusotée (fig. 7). .
- Vient alors le soufflage. L’ampoule queusotée (fig. 8, b) est exposée, par rotation, à la flamme d’un chalumeau qui élève la température d’une région voisine du bas de la portion renflée. Il suffit alors, en la roulant, de faire toucher cette partie
- suffisent à desservir. Mécaniquement cet appareil va placer, bien au centre de l’ampoule, le pied soudé à ses bords. L’une des ouvrières, alors qu’elle brise à gauche les débris d’une ampoule précédemment achevée, garnit l’un des supports de l’appareil d’un pied, achevé et muni de son filament (fig. 4, c), ainsi que d’une ampoule queusotée (%. 7,0)..
- L’appareil chauffe les parties à souder, les rapproche, les soude enfin. La seconde ouvrière enlève l’ampoule, achevée et munie du pied porteur du filament (fig. 8, c). Profitant de ce qu’elle retire de l’appareil un assemblage dont le verre, à la soudure, est encore ramolli, elle parachève le dressage du pied
- et place tout l’équipage intérieur Fi?’ 6‘77 Mairas ,.r , ^ r.° „ , qui sert a confec-
- bien exactement suivant 1 axe de tionner l’ampoule
- l’ampoule. tel que le verrier
- Pour construire les types vo- le livre 4 l’usine. lumineux : les types de 200 à 1000 bougies, on utilise des machines analogues, mais plus robustes. La soudure faite, un piston que porte la pince de soutien de la lampe permet, par traction, de bien centrer le pied à l’intérieur de P ampoule. Ici encore, comme dans toutes les machines employées et construites
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- par la firme Osram, on utilise des pédales. De cette manière, on permet, sans fatigue à l’ouvrière, d’utiliser aux commandes, ses deux mains et ses deux pieds, de multiplier par suite les actions simultanées qu’elle produit sur le mécanisme surveillé et des-
- Fig. 7. — Ampoule queusotée : (a) ampoule brute-; (b) ampoule trouée; (c) ampoule queusotée.
- servi. La femme, habile aux opérations délicates et qui demandent moins d’efforts que d’attention soutenue, est, par son doigté plus souple, bien meilleur agent pour desservir ces délicats appareils
- que ne le serait l’homme, moins apte aux délicats touchers.
- Les ampoules, finies et montées (fig. 12), sont réchauffées, puis refroidies progressivement, dans des étuves où circule un courant d’air débarrassé de poussières par simple filtrage à travers un tamis feutré.
- Il faut préserver le filament de toute com-’ bustion et dans ce but extraire l’air de l’ampoule. Le pom-page y pourvoit. Une ouvrière dispose toute une rampe d’ampoules achevées. Elle les soude par leur queusot sur un tube de verre en relation avec une batterie de pompes Gaëde. De cette manière, le pompage intéresse à la fois toute une rangée de lampes.
- Pour souder, par leur queusot, les lampes à la conduite de vide, chaque ouvrière dispose d’un cha-
- Fig.8.— Soufflage de l’ampoule Osram: (b) ampoule roulée, c'est-à-dire débarrassée à la base de l'étranglement primitif ; (c) ampoule achevée et munie du pied porteur du filament.
- lumeau à main d’une simplicité et d’un maniement des plus commodes. A volonté, l’ouvrière peut, par une pression modérée du pouce, graduer la flamme. D’ailleurs, avant pompage, la rangée de lampe est essayée, quant à l’étanchéité : on pratique cet essai rapidement au moyen d’une canalisation qui parcourt tout l’atelier de pompage et dans laquelle est entretenu, par des pompes manœuvrées dans la salle des machines, un vide de 750 millimètres Me mercure. La vérification de l’étanchéité se fait en constatant qu’un vide de 80 millimètres se maintient sans déperdition aucune pendant quelques instants.
- On parachève alors le pompage au moyen des batteries de pompe Gaëde qui permettent en quelques minutes d’assurer la raréfaction à 0 mm 0004 (pression estimée en hauteur de mercure, au moyen de
- Fig. 9 et 10.— A gauche : Ampoule montée eiencore ' queusotée, prête pour l'opération du pompage. —
- A droite: Ampoule achevée et vidée {videde o,,m, 0604 de mercure).
- la jauge de Mac Léod). Pendant le pompage, une enceinte d’amiante, formant cloche mobile et garnie intérieurement de becs de gaz, permet de porter les ampoules soumises au vide à une haute température.
- Vers la fin de l’opération, on établit le courant électrique dans les filaments. Humidité et gaz occlus sont ainsi expulsés de l’ampoule.
- Le vide parfait et mesuré à 0 mm 0004, on ferme chaque lampe d’un coup de dard de chalumeau habilement dirigé. L’ampoule est achevée (fig. 10) ; il ne reste plus du queusot que cette courte pointe de verre renflée dont toute lampe électrique est munie au sommet de l’ampoule.
- Comme toujours le contrôle de la fabrication^ continue : ainsi une fiche accompagne chaque série d’ampoules livrées au pompage, fiche- indiquant
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- l’époque, la température, le degré de vide, le vol-tage, etc....
- La vérification des ampoules sorties du pompage se fait au moyen d’une bobine d’induction qui permet de provoquer la luminescence de l’atmosphère raréfié de chaque ampoule. On s’assure ainsi que chaque ampoule est convenablement vidée et bien étanche.
- Il ne reste plus qu’à habiller de son culot de mince laiton l’ampoule achevée de manière à permettre l’introduction commode des lampes dans les douilles à baïonnettes qui y amènent le courant. Mais auparavant, comme dernier contrôle de la bonne fabrication, les lampes sont essayées. A cet effet on les met en service en les soumettant à un voltage qui part de 60 volts et s’élève graduellement pendant l’essai jusqu’à être de 10 pour 100 supérieur au voltage d’utilisation. Durant une heure le courant traverse le filament et l’on enregistre les variations de voltage et de courant qui se produisent pendant cet essai.
- Indépendamment de ces essais de fonctionnement, des essais de durées sont constamment effectués au laboratoire qui occupe la partie centrale de l’immense hall de fabrication. On prélève, au hasard, quelques lampes de différents types, et on les fait éclairer de 600 à 1000 heures consécutives en notant les variations de courant pour un voltage constant qu’on maintient et qu’on vérifie de temps à autre.
- Avant de passer au plâtrage ou atelier de fixation du culot, les lampes sont individuellement photométrées. Une vaste chambre noire contient six photomètres Foucault autour de chacun desquels s’occupent trois ouvrières. L’une fixe la lampe à mesurer sur le banc du photomètre ; c’est elle qui inscrira tout à l’heure, à l’encre, le résultat de la mesure sur l’ampoule, au voisinage de la soudure du pied à l’ampoule. Ce sont ces indications photométriques (voltage, ampérage, intensité lumineuse) qui, une fois la lampe culottée, ressortent en noir et à l’envers sur le fond blanc du plâtre.
- Une deuxième ouvrière effectue la mesure en déplaçant non pas les sources, mais l’écran, ce qui déplace un index sur une règle de mesure. Elle lit les indications tant du photomètre que des voltmètre et ampèremètre et les transmet à la troisième aide. Cette dernière, s’aidant d’une règle à calcul, transcrit en un instant les résultats à retenir sur la fiche que la première oiivrière consulte pour marquer la lampe.
- L’atelier du plâtrage réunit diverses opérations qui vont achever l’ampoule en la transformant en lampe utilisable et commode à fixer.
- D’abord le plâtrage proprement dit. A l’aide d’un couteau, une douille, faite d’un tube mince de laiton embouti, est garnie de plâtre (fig. 11). On scelle ainsi la douille sur l’ampoule. Deux longs fils de laiton sortent de l’ampoule ; ce sont eux qui au cours de cette fabrication si compliquée, ont permis, par leur souplesse et leur longueur, d’entretenir de temps à autre un courant dans le filament (contrôle
- de soudure; essai du filament sur pied; illumination de la lampe vers la fin du pompage ; essai et photométrage de la lampe). La plâtreuse introduit ces deux conducteurs dans deux orifices (fig. 11), que présentent deux pastilles de laiton isolées, noyées qu’elles sont au sein d’une masse isolante qui garnit la hase du culot.
- Les ampoules ainsi culottées (fig. 12) sont séchées au bain de sable, de telle sorte que le plâtre se durcit rapidement.
- Une autre ouvrière coupe alors au couteau, au niveau de la base du culot, les conducteurs de cuivre qui sortent du culot (fig. 15). Une autre encore, s’aidant d’un fer à souder et d’un peu de colophane, fixe par une goutte de soudure chaque conducteur à la plaque de contact p.
- Un nettoyage extérieur de la lampe pour la débarrasser de l’excès de plâtre et des marques de doigts, le marquage du culot (fig. 15), (16 bougies, 120 volts par exemple) au moyen d’un tampon de caoutchouc, celui de l’ampoule à l’aide d’un tampon imbibé d’une mixture à îjase d’acide ffuorhydrique qui y fixe indélébilement le mot « Osram » et là lampe, essayée une dernière fois, est prête pour l’emballage.
- On procède d’abord à l’enveloppage. Une ouvrière marque d’un tampon, dont les indications conviennent aux lampes qu’elle va envelopper (16 bougies, 120 volts par exemple), les feuilles de papier mince dans lesquelles les lampes sont livrées au consommateur.
- L’ouvrière enveloppe chaque lampe dans ce papier en l’entourant d’une feuille de carton gaufré qui protégera la délicate ampoule. Elle range enfin chaque lampe ainsi enveloppée dans l’une des cases de ces grandes boîtes de carton qui servent au transport des lampes électriques.
- Un dernier contrôle de conductibilité : avant d’être livrée à l’envoyeur, la lampe est essayée dans sa caisse d’envoi. Le courant y est momentanément lancé au moyen d’une pince à deux tiges qu’on appuie sur les 2 contacts du culot. Une lampe, disposée en sérié, sur la cloison de l’atelier en face de l’essayeuse, s’allume et contrôle ainsi une dernière fois l’intégrité du filament.
- Les grandes caisses de carton, garnies de lampes sont ficelées, étiquetées, garnies d’indications bien apparentes. Ce n’est pas le même employé qui inscrit l’adresse du destinataire sur le colis et sur la feuille d’expédition (feuille de colis postal). Un même nombre, très apparent, tamponné sur le colis et sur la feuille d’expédition suffit à assurer la coïncidence. On évite ainsi des permutations entre les noms de personnes et de rues, de nature à retarder la délivrance du colis à l’arrivée; en même temps, on exerce aussi un contrôle certain.
- Et voilà le hall mystérieux qui ouvre enfin ses portes. De nombreux camions automobiles emportent tous les jours ces légères, mais encombrantes | caisses de cartons. A leurs dimensions exagérées et
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- n’étaient les bandes blanches aux lettres ronges : La Lampe Osram, on croirait un envoi fabuleux de ces chapeaux monumentaux qui, hier encore, flattaient les goûts étranges de nos élégantes compagnes. Erreur! ce sont les 10000 lampes que, journellement, l’usine de Puteaux fabrique et qu’elle essaime aux quatre coins de France, multipliant ainsi tous les jours davantage, la lumière radieuse de ses gracieuses ampoules électriques.
- Il est évident qu’une lampe électrique absolument incassable est un rêve ; toutefois à la suite de progrès réalisés par l’étirage du filament ce n’est plus ce dernier qui est la partie la plus fragile de
- Quelques renseignements d’ordre économique permettront de se rendre compte de l’importance du personnel employé à la fabrication de la lampe Osram.
- Et d’abord récapitulons : Si le lecteur se donne la peine de relire cette description, la plume à la main, il peut noter qu’une lampe, àvant d’être parachevée, passe entre les mains de 27 ouvrières qui chacune pour sa part y ajoute une valeur-travail et qu’elle est soumise à l’approbation de 12 contrôleuses du travail des précédentes.
- Quoi d’étonnant par suite qu’à l’heure actuelle déjà l’usine de Puteaux occupe en main-d’œuvre productive : 25 hommes et 528 femmes, que surveillent 9 contre-
- Fig. ii. — La douille faite d’un tube de laiton mince embouti] la base est formée d’ une masse isolante dans laquelle se trouvent incrustées deux pastilles de laiton perforées pour le passage des fils.
- Fig. 12. Fig. i3.
- Fig. 12. Ampoule culottée avant la coupure des fils d'adduction du courant. — Fig. i3. Lampe achevée après coupure des fils et leur soudure aux pastilles de contact. Les dernières opérations : lampe avant l’apposition des marques; lampe marquée sur le culot; lampe marquée sur l’ampoule et le culot.
- la lampe, mais plutôt le verre. Et cependant le filament est d’une finesse extrême. Pour les lampes de 10 bougies 110 volts le filament mesure 15 millièmes de millimètre de diamètre alors qu’un cheveu mesure en moyenne 5 centièmes de millimètre. Le filament étiré est donc deux fois moins épais et quatre fois moins gros qu’un cheveu.
- A l’heure actuelle les bâtiments de l’usine de Puteaux s’étendent sur 5000 m2et la production journalière est de 10 000lampes. Mais déjà la faveur que sa consommation réduite de 0,8 à 1,1 watt par bougie-Hefner, suivant les types, lui procure, engage les directeurs à doubler leur matériel. Un second hall de 5000 m2 est en construction. Ce sera donc une production de 20 000 lampes par jour, toutes entièrement fabriquées à Puteaux, que cette usine va lancer chaque 24 heures sur le marché.
- maîtres ou chefs de service et 22 contremaîtresses ; qu’elle utilise pour les seules opérations de contrôle 48 femmes, et qu’enfin pour l’entretien, l’emballage, la mise en magasin et diverses autres manœuvres, elle occupe encore 65 hommes et 47 femmes, ce qui fait au total 540 employés des deux sexes.
- . Quelques renseignements sur les salaires : ayant eu la curiosité de consulter quelques livrets d’ouvrières employées au pompage, j’ai relevé les chiffres suivants : 29 fr. 54, 29 fr. 27, 25 fr. 49 comme salaire d’une semaine. Une ouvrière n’ayant que trois mois d’atelier gagne 25 fr. 50 dans une semaine. Une, des plus adroites, arrive au chiffre de 51 fr. 15, une autre, plutôt médiocre, apprentie depuis moins de deux mois, atteint le chiffre de 18 fr. 68.
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- En prenant une moyenne de 25 francs, on arrive au chiffre mensuel de 106 francs. C’est un gain que rarement la femme atteint dans l’industrie, ce gain correspond, en effet, à plus de 4 francs par jour. Il s’agit, il est vrai, d’ouvrières habiles et choisies avec soin.
- En terminant cette description je tiens à remercier les administrateurs de la firme Osram d’avoir
- cédé enfin à mes instances qui, à la vérité, durent se faire quelque peu pressantes. J’ai pris soin de respecter ici les détails, les tours de mains de fabrication, en un mot tout ce qui, lors de ma visite, me fut signalé comme devant demeurer secret.
- Albert Turpain.
- Professeur de Physique à la Faculté des Sciences de l’Université de Poitiers, chargé du Cours public d'Electricité industrielle à l’Université.
- VERS LA CONQUÊTE DU DÉSERT
- Même aune époque comme la nôtre, où la Science nous habitue aux plus invraisemblables miracles, quiconque avancerait que le Sahara est destiné à voir blondir des moissons de blé sur ses vastes étendues de dunes se ferait traiter de fou. Et, cependant, tout un ensemble de faits nous encourage à croire que l’heure n’est pas éloignée où l’homme saura tirer des régions les plus arides une abondante subsistance.
- Ce résultat merveilleux sera dû en grande partie au Desert La-boratory, établissement fondé depuis quelques années par la Carnegie Institution de Washington, aux environs de Tucson, c’est-à-dire au centre même du Désert d’Arizona. Nous nous proposons de passer en revue les remarquables résultats déjà obtenus dans ce laboratoire, unique au monde, et que dirige un botaniste de renom international, le Dr D. T. Mac Dougal, qui a bien voulu communiquer à La Nature les photographies reproduites sur ces pages. Nous sommes redevables des renseignements qui vont suivre à M. Ellsworth Huntington, le distingué professeur de géographie de l’Université de Yale, qui a visité récemment le Laboratoire du Désert.
- ; Fidèle à son titre, qui résume nettement son programme d’études, l’institution se propose de rechercher, et, au besoin, de créer des espèces végétales capables de prospérer dans les terres les plus sèches et sans le concours d’une irrigation toujours coûteuse, et parfois décevante. Sous la direction du Dr Mac Dougal, les botanistes attachés à l’établissement s’efforcèrent avant tout de déblayer le terrain, c’est-à-dire de découvrir comment vil et se reproduit la flore désertique.
- Ils commencèrent par faire justice de certaines erreurs. On croyait généralement que toutes les
- plantes désertiques sont pourvues de longues racines qui s’enfoncent verticalement dans le sol pour aller chercher l’humidité à une grande profondeur. Or, celte prétendue généralité se trouve n’être qu’une exception. Sauf dans le fond des vallées, où l’eau est rencontrée à des profondeurs variant entre 3 et 7 mètres au-dessous de la surface, partout ailleurs il faut creuser des puits profonds de 20 à 50 mètres dans les déserts du Nord-Amérique, avant de rencontrer des traces d’humidité.
- II s’ensuit que les plantes ont plus de chances d’entretenir leur provision d’eau en allongeant leurs racines dans le sens horizontal, et aussi près que possible de la surface, afin d’accaparer la moindre goutte qu’une pluie fortuite fera tomber dans leur voisinage. Cette observation en entraîne une autre. La flore désertique a l’air d’être parsemée, alors qu’elle est aussi drue que celle des régions humides. Les individus peuvent être séparés par des intervalles de 3 à 10 mètres, mais leurs racines, rayonnant horizontalement, se coudoient, si l’on peut dire, en monopolisant l’humidité disponible dans une vaste étendue, de sorte qu’un nouveau venu ne saurait prospérer dans ces intervalles fictifs.
- Une autre erreur corrigée par les botanistes du laboratoire est celle qui nous représentait la flore des déserts du Nouveau Monde comme très pauvre en espèces. Ils sont tentés de croire qu’elle serait même plus riche que celle des régions humides, et partagent en trois types les innombrables espèces qu’ils ont déjà étudiées. Ce sont d’abord les espèces xérophytiques (aimant la sécheresse), qui, tels les cactus et certains acacias, s’accommodent des terres les plus sèches, où elles atteignent parfois des dimensions considérables.
- Fig. i. — Le laboratoire du Désert.
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- Les espèces hvdrophytiques (aimant l’eau) constituent un autre type.
- Elles habitent les parages immédiats des cours d’eau, ou les bas-fonds que la brève saison des pluies transforme temporairement en marécages, et présentent les caractères généraux de la flore des régions humides.
- Enfin, durant cette courte saison pluvieuse, le sol se couvre presque instantanément d’une innombrable quantité de petites plantes annuelles ou de plantes bulbeuses vivaces (graminées, marguerites, etc.), qui forment le groupe des plantes méso-phytiques, qui, par leur capacité d’absorption, tiennent le milieu entre les deux autres types. Elles sont remarquables par la rapi-
- dité de leur croissance, ohligées qu’elles sont d’atteindre leur complet développement avant la fin de la brève saison qui les vit naître.
- C’est en se basant sur des observations de ce genre que les botanistes du laboratoire se croient en droit d’espérer qu’ils évolueront tôt ou tard par sélection une variété de blé qui s’adaptera à un milieu désertique. Elle devra remplir deux conditions : dès que le grain germera, il développera des racines horizontales qui s’allongeront plus rapidement que ne grandira la tige, et, seconde condition, cette tige devra hâter sa croissance dès que son pied sera pourvu d’un développement de racines suffisant pour lui fournir la quantité d’humidité indispensable.
- En attendant que l’œuvre patiente
- et laborieuse de la sélection artificielle ait doté le monde d’un blé désertique, le Dr Mac Dougal et ses collaborateurs mènent de front d’autres recherches non moins intéressantes. Citons celles qui ont pour but d’étudier la faculté que possèdent les plantes xérophytiques, telles que les cactus, d’emmagasiner des quantités considérables d’humidité. L’échinocactus est le prototype de cette classe. Quand l’Indien du désert souffre de la soif, il avise un de ces étranges barils aux côtes épineuses, tranche le sommet, et, armé d’un gourdin, écrase le contenu pulpeux, le presse, le pile, jusqu’à ce que les masses fibreuses forment dans la cavité produite une sorte de bouillie dense et homogène. Il écrase et compresse cette bouillie entre ses mains, et obtient une abondante quantité de liquide blanchâtre, qui, sans avoir la saveur d’une eau de source, n’en est pas moins potable. La facilité avec laquelle ces cactus bravent les plus longues périodes de sécheresse a été mise en évidence par les expériences du DesertLabora-
- Fig. 4. — Dispositif pour les études d’acclimatation.
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- tory. Un échinocactus, déraciné en janvier 1908 et placé sur une plaque de marbre dans une pièce dont l’atmosphère était artificiellement entretenue en état de sécheresse, continue à vivre à l’heure qu’il est. Une autre plante désertique, un ibervillia, mise en observation dès 1902 dans ces mêmes conditions, a continué à produire des pousses chaque année, et toujours à la saison normale. Certains calculs ont permis au Dr Mac Dougal d’avancer que cette plante pourra vivre au moins vingt ans sans être arrosée.
- Un autre champ d’études s’ouvrait devant le distingué savant : les changements héréditaires des plantes, prélude de la création d’espèces nouvelles, proviennent-ils d’une altération de la cellule-germe, ou faut-il les attribuer à des changements de milieu? Pour résoudre cet important problème, le laboratoire, situé lui-même à une altitude de 800 mètres, a créé plusieurs acclimàlization station, dont l’une occupe le sommet des montagnes Santa-Catalina, à une altitude de 5000 mètres, et avec une moyenne de pluie double de celle du pla-
- ies savants auront à démêler si les changements dans la constitution d’une espèce transplantée sont dus à la composition chimique du sol, ou à l’influence sur le protoplasme d’une nouvelle distribution de la lumière ou de la chaleur, ou à d’autres causes. Cette remarque nous amène à parler de certains résultats stupéfiants obtenus par le Dr Mac Dougal, et qui marquent vraisemblablement une nouvelle étape dans la conquête de la nature par l’homme.
- Le savant directeur du Desert Laboratory a réussi, après des essais répétés, à créer des espèces nouvelles en injectant dans les ovaires des plantes, avant la fertilisation, des solutions très diluées de sulfate de zinc, d’iodure de potassium, de nitrate de calcium, et autres composés. L’injection s’effectue à l’aide d’une seringue hypodermique, et la .solution pénètre dans les différents tissus de l’ovaire. Sans qu’elle réussisse toujours à pénétrer dans les ovules, elle forme gangue autour des ovules, si bien que les tubes à pollen sont obligés de la tra-
- Fig. 5. — Feuilles d’Œnothera biennis vu par-dessus. Fig. 6. — Les mêmes vues de dessous.
- teau, tandis qu’une autre est située à Carmel, presque au niveau de la mer, et dans une région réputée pour ses brouillards.
- Les différentes stations font périodiquement échange de plants, que l’on soumet chaque année, ou plus souvent, à des observations qui portent sur le taux de la croissance, sur la grandeur et la forme des feuilles et des tiges, sur la nature des marques et des poils, sur la date de la floraison. Les résultats enregistrés jusqu’ici sont plutôt déconcertants et contradictoires. Tantôt les espèces transplantées refusent de pousser; tantôt elles donnent naissance à des variétés naines ; tantôt encore, elles se reproduisent sans la moindre modification. Ce qu’il y a de surprenant, c’est qu’un bon nombre d’espèces prospèrent mieux dans leur nouvel environnement que dans leur ancien.
- Avant de pouvoir tirer des conclusions de ces expériences, les botanistes américains devront les poursuivre pendant de nombreuses années. Si quelques espèces transplantées montrent des modifications dans le nombre et la disposition de leurs organes, il conviendra de les ramener dans leur environnement primitif afin de s’assurer si ces modifications persistent et demeurent acquises. Et l’étude n’en sera encore qu’à ses débuts, puisque!
- verser en se frayant un chemin vers ces ovules à travers le pistil. Et ce contact suffit à produire chez l’espèce des changements radicaux.
- Il va de soi que d’aussi étranges expériences doivent porter sur de grandes quantités de plants avant de donner des résultats indiscutables. Mais, déjà, le Dr Mac Dougal peut présenter plusieurs cas de transformisme des plus remarquables. Nous en citerons deux, en priant nos lecteurs de se reporter aux illustrations correspondantes.
- C’est d’abord le cas de YGEnothera biennis. La photographie de gauche (fig. 5) montre une vue prise de haut de la plante-type; l’autre, montrant la plante dérivée. On remarquera d’un coup d’œil que les feuilles, plutôt linéaires chez la plante-type, ont changé de forme et de disposition. L’autre photographie (fig. 6), qui montre les mêmes rosettes de feuilles vues de bas en haut, accuse plus nettement encore les changements.
- Le cas de la Raimannia odorata, petite plante désertique apparentée à la primerose du soir, est encore plus remarquable. En traitant les ovaires avec une solution très diluée de sulfate de zinc, le Dr Mac Dougal a obtenu, après de nombreux essais, une dérivée qui constitue une espèce nouvelle, car non seulement les feuilles de celle-ci ont modifié
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- LA MACHINE A SIGNATURES 335
- la forme et la disposition des feuilles de l’espèce-type et ont perdu leurs poils et leurs épines, mais l’espèce dérivée est devenue annuelle, tandis que l’espèce-type emploie deux années à parcourir les étapes de son existence. S’il s’agissait de simples variétés, elles auraient tendance à recouvrer les caractéristiques ancestrales. Mais les deux dérivées en question (OEnothera et Raimannia) ont été maintenant cultivées pendant sept à huit générations sans manifester cette tendance. Bien plus, les deux formes de chacune de ces espèces ont été cultivées
- côte à côte pendant plusieurs saisons sans que l’hybridation se soit produite.
- Ces étranges expériences n’en sont encore qu’à leur début, et leur auteur se garde bien d’en tirer des conclusions prématurées. Mais on conviendra que les premiers résultats obtenus sont très encourageants, et qu’ils nous autorisent notamment à espérer que la science évoluera tôt ou tard de nouvelles espèces végétales qui permettront à l’homme de tirer parti des terres désertiques. , ;
- Y. Forbin. .. .
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences paraîtra dans le prochain numéro.
- LA MACHINE A SIGNATURES
- Voici une invention qui ne se recommande pas à l’attention du premier venu. Parce que le grand public n’y verra jamais qu’un objet de curiosité, s’ensuit-il qu’il faille lui prédire un avenir médiocre? Répondons hardiment par la négative. Une machine qui permet à un homme avare de son temps —banquier, directeur d’une grande administration, ministre, chef d’État — d’apposer en moins d’une heure 7000 à 8000 signatures sur autant de documents ou de pièces officielles, peut compter se faire rapidement une brillante clientèle.
- Le lecteur aura deviné que l’invention nous vient du pays qui doit une bonne part de sa prospérité à la mise en pratique de l’adage national : Time is moneij. Il n’est donc pas surprenant que les financiers et les grandes compagnies des États-Unis aient fait bon accueil au signagraph, d’autant plus que l’usage du chèque est beaucoup plus répandu dans ce pays qu’en Europe. Des firmes qui emploient plusieurs milliers d’employés paient les appointements de la huitaine ou de la quinzaine sous forme de chèques. Un directeur devra donc gaspiller des journées entières à signer ces chèques de paie. Mauvais placement pour la compagnie 1
- Nos photographies montrent que l’appareil consiste en une table peu encombrante sur les deux côtés de laquelle roulent deux chaînes sans fin, commandées par une manivelle. Sur le plateau de la table, des plumes a réservoir, dont le nombre varie de 16 à 20, sont fixées aux montants d’un writing-frame, ou cadre à écrire, dont les tiges sont articulées d’une façon délicate, Enfin, devant la console sur laquelle s’assied l’opérateur se trouve le porteplumé-moniteur qui commande les articulations du cadre.
- Le signagraphe est une ingénieuse application du principe du pantographe. Le moindre mouvement que l’opérateur fait exécuter au porteplume-moniteur est répété simultanément par toutes les plumes-réser-
- voirs. Donc, la signature qu’il trace sur la tablette se trouve transmise automatiquement sur les papiers ou documents disposés sous chacune des plumes. Si ces papiers ont été arrangés convenablement, les 16 ou les 20 signatures occupent sur les 16 ou sur les 20 documents l’emplacement exact qu’eût choisi un « écrivain ». Il ne reste plus à l’opérateur qu’à actionner de la main gauche la manivelle, geste qui s’accomplit sans que la main droite ait à modifier sa position. Les chaînes sans fin font avancer les documents signés, qui viennent se déposer sur une tablette ou dans un récepteur placé sous la table, et, dans le même moment, une nouvelle quantité de pièces à signer glissent sous le cadre et viennent se poser sous les plumes.
- Précisons que l’opérateur n’a pas à s’occuper si les documents vont se poser d’une façon convenable sous les plumes et si les signatures vont tomber sur l’emplacement voulu. Ce soin incombe à un modeste subalterne qui prépare la besogne à son maître de la façon suivante. Il range les documents par 16 ou par 20 dans des relieurs fabriqués de bandes d’acier, travail qu’il exécute aisément à raison de 750 documents par heure. Et il n’aura plus qu’à faire avancer un relieur après l’autre à proximité des chaînes sans fin, quand son patron fera pleuvoir les signatures... à tour de manivelle!
- Il est utile de faire remarquer que les lois américaines considèrent comme parfaitement valables les signatures écrites avec le signagraphe, et il n’en saurait être autrement, car elles ne peuvent pas être confondues avec les griffes ou timbres humides que la main d’un tiers peut employer sans l’intervention matérielle du signataire, voire à son insu. Elles sont dûment écrites à Xencre, et c’est bien la main de l'intéressé qui les trace.
- Comme on peut le voir par nos photographies, cette ingénieuse machine se fait sous deux modèles, I qui ne diffèrent l’un de l’autre que par leurs dimen-
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- = LA MACHINE A SIGNATURES
- sions et le nombre de leurs plumes. Le signagraphe à chèques n’en emploie que dix, tandis que le grand modèle, employé pour signer les actions de sociétés anonymes et autres documents financiers ou officiels, comporte, comme nous l’avons dit, de 16 à 20 plumes. Les fabricants américains emploient des plumes-réservoirs façonnées spécialement dans ce but.
- Le lecteur voudra savoir quelle est la capacité de rendement du signagraphe. Évidemment, elle dépend de la rapidité de geste des signataires, et aussi de celle de l’assistant. Donnons cependant, à titre de renseignements, les chiffres que voici. Un des directeurs du Syndicat de l’Acier a
- travail défini, par exemple des actions ou obligations d’une nouvelle société, elle demande environ 3 centimes (centimes de francs) par document et par signature (soit donc 6 centimes par document s’il
- La machine à signatures, petit modèle.
- s’agit de deux signatures d’administrateurs). Au delà de 100000 documents, elle ne demande plus que la
- Le fonctionnement de la machine à signahires.
- pu donner 14 000 signatures en huit heures de travail; deux fonctionnaires d’un autre trust ont pu apposer leurs deux signatures sur 7000 bons en l’espace de cinq heures, en travaillant conjointement. Mais le record, dûment chronométré en présence de témoins, paraît revenir à un financier de New-York, qui a pu signer six mille pièces en trente-huit minutes.
- Cette invention promet de donner naissance à une nouvelle industrie, comme on va s’en rendre compte quand nous aurons exposé ses diverses applications pratiques. La Signature Company ne se contente pas de vendre ses appareils, mais elle les loue, à domicile ou dans ses propres locaux. Le prix de la location annuelle, frais d’entretien y compris, est de 300 dollars, soit 1500 francs. Quand il s’agit d’un
- La machine à signatures, grand modèle.
- moitié de cette somme. Enfin, son troisième système consiste à louer ses machines dans ses propres locaux, système qui convient mieux pour les petites émissions; elle fait alors un forfait : 575 francs pour 10000 documents à signature unique, 750 francs s’il s’agit de deux signatures, etc. Jacques d’Izier.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2030.
- 20 AVRIL 1912.
- LES ARAIGNÉES D’EAU
- Si l’on demandait où vivent les araignées, la réponse serait certainement : sur terre, dans l’air. Et cela est vrai de la plupart d’entre elles. Mais il en est aussi qui vivent dans l’eau et même dans la mer.
- La plus aquatique des araignées est certainement l’Argyronète qui non seulement vit immergée mais
- le creux d’un objet immergé : trou de pierre ou de bois, coquille vide, etc. ; elle est aussi parfois placée à la face inférieure des tiges ou des feuilles aquatiques. Sa forme est très variable et dépend de la forme du support où elle est fixée, mais elle a toujours son ouverture vers le bas. Plateau, qui a
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- i. L’Argyronète quitte son nid pour monter à la surface chercher une bulle d’air. — 2. L’Argyronète au moment de plonger. — 3. Elle regagne son nid, emportant une bulle d’air. — 4, 5 et 6. Elle atteint
- • son nid et s’y arrête.
- encore construit dans l’eau son habitation. Ses mœurs curieuses ont fait l’objet de nombreuses observations depuis qu’en 1748, de Lignac les a signalées pour la première fois.
- L’Argyronète vit dans les eaux limpides et tranquilles où poussent des plantes de fond. Comme elle ne peut respirer l’oxygène dissous dans l’eau, elle doit venir à la surface chercher l’air gazeux dont elle a besoin. Elle le fait assez fréquemment de la manière suivante : l’animal quitte son nid (fig. 1), monte à la surface et, placé le dos en bas, fait sortir hors de l’eau son abdomen qui apparaît alors sec et d’un brun satiné; puis il plonge (fig. 2), la surface de l’eau se creuse un instant quand son abdomen s’immerge, puis redevient horizontale tandis que l’Ar-gyronète emporte, attachée aux poils dont son ventre est revêtu, une couche d’air qui paraît brillante comme une bulle dans l’eau qu’elle traverse (fig. 5). Elle regagne alors son nid (fig. 4 et 5) où elle s’arrête (fig. 6) pour déposer sa provision de gaz.
- Le nid de l’Argyronète est une véritable cloche à plongeur. Il se compose d’une coque formée de fils entrelacés semblables à ceux que tissent les araignées aériennes. Cette coque est souvent fixée dans
- 40e année. i*r semestre.
- observé des Argyronètes en captivité, les a vues construire leur demeure. Elles commencent par fixer sur le support choisi un petit nombre de fils s’entre-croisant à peu près en un même point, puis vont chercher à la surface quelques bulles d’air qu’elles déposent sous le réseau ; ces bulles tendent les fils vers le haut en forme de dôme. L’araignée ajoute alors de nouveaux fils qui forment un réseau plus serré, puis va de nouveau chercher de l’air; elle en apporte de nombreuses bulles jusqu’à ce que la réserve ainsi formée atteigne un diamètre d’environ 15 millimètres; alors, elle arrête définitivement le plan de son habitation adaptée à son entourage et consolide sa construction par de nouveaux fils nombreux et très serrés.
- Le procédé qu’emploie l’Argyro-nète pour transporter les bulles d’air de la surface de l’eau à son nid est fort simple; à la surface, avant de plonger, elle écarte ses pattes postérieures (fig. 2) et peut ainsi transporter une assez grosse bulle ; elle ne se sert pour regagner sa demeure que de ses trois paires de pattes antérieures (fig. 3), puis arrivée à son nid, dégage la bulle d’air (fig. 6), probablement par des mouvements des pattes postérieures qu’elle rapproche l’une de l’autre; en ressortant de son nid, elle n’a plus
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- Le mâle, couvert de fines bulles d’air, attend à l’entrée du nid de la femelle (a gauche, une Lymnèe, mollusque gas-téropode, passe dans le champ de la figure).
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- d’air attaché à son corps et se sert alors de ses huit pattes pour nager (fig. 1).
- L’hiver, l’Àrgyronète reste dans une coque plus épaisse qu’elle a préparée au début de la mauvaise saison et dans laquelle elle s’enferme complètement. Le nid d’hiver est placé au fond de l’eau, beaucoup plus bas que la demeure estivale.
- De Lignac a observé que le mâle de l’Argyronète construit une coque semblable à celle de la femelle, mais plus petite; il se rapprocherait de celle-ci en tissant entre les deux un caual cylindrique qui les ferait communiquer. Toutefois la figure 7 montre un aspect tout différent : le mâle, couvert de fines bulles d’air qui lui font une parure de perles, attend tout simplement à l’entrée de la demeure de la femelle. Des observations seraient nécessaires pour connaître l’accouplement. La femelle pond de nombreux œufs qu’elle entoure d’un cocon et qu’elle place au sommet de sa maison ; il en sort une centaine de petits qui passent leur enfance dans la bulle d’air du toit maternel en attendant qu’ils puissent vivre de leur vie propre et indépendante.
- Les Argyronètes sont fréquentes dans les eaux
- douces de l’Europe; on connaît en Nouvelle-Zélande deux autres espèces voisines qui ont probablement les mêmes genres de vie mais dont les mœurs sont beaucoup moins connues.'L’habitat aquatique de ces araignées a pour elles de nombreux avantages : il les met à l’abri de l’attaque des ennemis habituels des autres membres terrestres de la famille ; il leur livre un terrain de chasse giboyeux où elles n’ont guère à craindre la concurrence.
- Sont-ce les mêmes raisons qui ont déterminé d’autres araignées, les Desis et les Desidiopsis, à aller habiter sur le bord de la mer? On connaît en effet neuf espèces de Desis qui logent dans les trous de vers, les coquilles, les tubes d’annélides sur le bord des mers tropicales, en Afrique, en Malaisie, en Nouvelle-Guinée, en Australie, etc. Fage a récemment trouvé en France, à Banyuls, sur la Méditerranée, une autre araignée, Desidiopsis Racovilzai qui demeure également dans les trous du bord de la mer. Desis et Desidiopsis peuvent marcher à la surface de l’eau où elles recueillent parfois leur nourriture; et, bien que ne sachant pas nager(*), elles se livrent souvent à des excursions sous-marines, parfois assez prolongées. René Merle.
- LA FUSION DU QUARTZ
- LE NOUVEAU FOUR ÉLECTRIQUE BILLON-DAGUERRE
- On sait que la fusion du quartz est une opération très difficile, qui, depuis quelques années, occupe beaucoup l’attention des inventeurs. Nom-
- Fig. i. — Plan du four électrique Billon-Daguerre.
- breux sont les brevets qui furent pris pour la résolution de cet important'problème, mais il faut bien le dire, aucun, jusqu’à ce jour, n’avait résolu pratiquement la question. Nous devons même, à la vérité, avouer que plusieurs de ces brevets, plus imaginatifs que positifs, étaient d’une application irréalisable et n’avaient dû être, sans doute pour cette raison, jamais essayés.
- M. Billon-Daguerre, —- neveu de l’inventeur de la photographie, — dont nous avons eu, autrefois, occasion de parler à propos des lampes à rayons ultra-violets (2), a vaincu la difficulté en imaginant un nouveau four électrique pouvant servir, d’ail-
- Fig. 2.— Élévation du four électrique Billon-Daguerre.
- leurs, non seulement à travailler le quartz, mais aussi trouvant son utilité dans la plupart des opérations sidérurgiques nécessitant une fusion à température élevée.
- La caractéristique du four électrique Billon-Da-
- 1. Les auteurs ne sont pas d’accord sur les qualités natatoires des Desis.
- 'i. Yoy. n° du 5 mars 1910, p. 211.
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- guerre est la suivante : emploi direct, sans redressement ni transformation, des courants di et triphasés en utilisant toutes les phases équi-libréesentre elles, avec ou sans emploi du pôle neutre.
- C’est là, en effet, une nouveauté, car on sait que, jusqu’à ce jour, les courants -triphasés n’étaient employés que pour des essais de fours xi induction, c’est-à-dire pour des fours à faible rendement indirect.
- La figure 1 représente le plan d’ensemble du
- En remplissant, avec des fragments de charbon de cornue, l’intervalle existant entre la paroi intérieure du four et le creuset, et en faisant passer le courant, on constitue un four à résistance équilibrée pouvant utiliser toutes les phases des courants triphasés (fig. 5) ou diphasés (fig. 4), et à marche continue.
- C’est sous cette forme que le four est employé pour la fusion du quartz.
- En F est une tubulure, traversant le creuset et le
- Fig. 3. — Disposition des charbons pour l’emploi du courant triphasé.
- 2
- Fig. 4. — Disposition des charbons pour l’emploi du courant diphasé.
- Fig. 5. — Divers objets de laboratoire en quartz fondu.
- four dont on a enlevé le couvercle. En À B C sont des blocs de graphite, à section carrée, disposés en étoile, dans un plan horizontal et équidistants les uns des autres. C’est par eux que le courant arrive au fond. En D (fig. 2) un autre bloc de graphite- est placé perpendiculairement au plan des trois autres et au-dessous de ce plan. C’est à ce bloc de graphite que se rend le quatrième fil ou neutre commun. Le creuset E, qui peut être en graphite, ou en matière réfractaire, repose sur le bloc D.
- La fondation du four, ainsi que ses parois, sont en matière réfractaire. Les blocs de graphite ABC glissent à travers ces parois.
- ! Ainsi disposé, ce four permet d’utiliser soit les trois arcs AB, BC, CA jaillissant entre les extrémités des blocs; soit les trois arcs-AD, BD, CD jaillissant entre les blocs et le neutre commun D.
- four dans une direction oblique et servant à puiser un échantillon de la masse fondue. En G, est un orifice d’écoulement, commandé par le registre H.
- Le creuset peut avoir deux formes. Soit celle des creusets ordinaires de laboratoire, et c’est celle-là qui sert lorsque l’on a en vue la fusion de la silice, soit une forme plus compliquée (voir fig. 2), présentant en son milieu un étranglement J, divisant ainsi le creuset en deux compartiments : l’un, le supérieur K dans lequel on dispose le corps à fondre; l’autre, l’inférieur L, dans lequel s’écoule le corps fondu. Ces deux compartiments sont séparés, l’un de l'autre, par une vanne M, mobile horizontalement. ;r'j , i
- Enfin le four électrique est fermé par un cou vercle P portant un regard R. >
- Voyons maintenant comment se réalise la fusion
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- LA GUERRE AUX 1NSECTES-
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- du quartz. Le quartz ou cristal de roche, pour les chimistes acide silicique ou silice, est d’abord concassé ën petits fragments, puis introduit sous cette forme dans le creuset que l’on garnit jusqu’en haut.
- Ensuite, l’espace annulaire (entre le creuset et le four) ayant été rempli de morceaux de charbon de cornue, on fait fonctionner le four en utilisant un courant de 6000 volts, réduit à 60 ou 70 volts avec 1000 ampères. On monte d’abord, lentement, jusqu’à 1800° centigr. au moins. A ce moment, le quartz se ramollit. On le saisit alors, par fragments, avec des pinces et on continue sa fusion au chalumeau oxhydrique, où on l’étire en bagùettes de longueur et de grosseur variables.
- Comme on le voit, la fusion du quartz s’effectue en deux temps.
- D’abord une fusion préparatoire au four électrique, puis une fusion définitive au chalumeau oxhydrique. Il serait, en effet, impossible de fondre directement au chalumeau le quartz qui se briserait. La fusion préparatoire, ou mieux le commencement de fusion au four électrique, s’opérant lentement, progressivement, débarrasse le produit de l’air emprisonné et permet l’obtention ultérieure d’objets en quartz absolument transparents, sans aucune bulle d’air interposée.
- D’autre part, la fusion complète, dans le creuset, compliquerait beaucoup la fabrication des objets en quartz. C’est avec1 les baguettes obtenues au chalu-
- meau oxhydrique que, par un tour, de main habile, qui rentre dans le domaine des secrets professionnels et que nous ne pouvons pas divulguer , on confectionne d’une façon très parfaite des capsules, des creusets, des lampes pour les rayons ultra-violets, etc.
- Voici comment s’exprime l’inventeur dans : la communication à l’Académie des Sciences, qu’il a faite, le 19 février 1912 :
- « Je fonds le quartz, la fluorine, l’agate avec deux sources tde chaleurs différentes et combinées, et c’est la première fois, je crois, qu’en. France, on arrive à fondre industriellement la silice à l’état transparent, sans aucun mélange, ce qui, jusqu’à ce jour, était le monopole de diverses maisons étrangères. »
- La photographie d’ensemble (fig. 5), que nous reproduisons, représente le four en perspective. 11 est en marche et trois opéra-t e u r s continuent d e fondre au chalumeau oxhydrique le quartz préparé par l’action du four.
- v J’ai eu la surprise et l’honneur d’être au nombre des très rares personnes qui ont vu fonctionner le four électrique de M. Billon-Daguerre et je puis affirmer que, sous mes yeux, ont été fabriqués, en partant du simple cristal de roche, différents objets, notamment une lampe à radiations ultraviolettes. G. Loucheux,
- . Chimiste du Ministère des Finances.
- «Si*
- Fig. 6. — Vue d’ensemble du four électrique Billon-Daguerre.
- LA GUERRE AUX INSECTES. — LE CAMP DE MELROSE HIGHLANDS
- M. Bergeret l’a dit quelque part :
- « Les grandes batailles de notre temps se livrent entre quatre murs. Le microscope y a plus de portée que le canon. C’est dans les laboratoires qu’aujour-d’hui se lève le soleil d’Austerlitz. ».
- Une ce ces batailles de laboratoire se livre actuellement dans une petite ville des États-Unis, Melrose Highlands, dans le Massachusetts. Ou plutôt il se prépare là, pour une action toute prochaine, d’énormes contingents, d’immenses corps d’armées f d’insectes què l’homme va lancer contre d’autres
- insectes dans une attaque décisive. Pourquoi et comment a été préparé çe camp formidable et singulier, quelle est sa signification dans la lutte permanente de l’homme contre la nature, c’est ce que je vais tenter d’expliquer.
- La cause première paraît d’abord presque insignifiante et d’un intérêt tout local : deux insectes, deux papillons — exactement deux phalènes ou papillons de ,nuit —- dévastaient la végétation du Massachusetts. Comment s’en défaire? Les gens de science, consultés, proposèrent comme solution de
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- réunir en nombre suffisant de parasites bien choisis de ces deux phalènes et de les lancer contre ceux-ci : idée qui n’est plus ni neuve ni originale, mais dont la réalisation fut poursuivie d’une admirable manière, avec une grandeur pratique et une préparation froide au succès, qui en font Une date dans l’histoire de l’agriculture.
- On remarquera d’ailleurs que si simple que soit le principe de ce procédé — emploi d’un réactif vivant—personne ne l’aurait tenté ni n’y aurait seulement pensé il y a un siècle. Rien que pour la concevoir, il ne suffisait pas, en effet, d’avoir établi l’inventaire de toute la faune du globe, ni même d’être très avancé dans la
- science des parasites,
- et Ce sont là deux choses récentes ; il fallait encore
- que, philosophiquement, l’homme en fut venu à ce point où il sait qu’il peut intervenir dans les phénomènes de la vie et, en quelque mesure, les
- modifier. Et, bien qu’il ait, depuis presque toujours, des plantes et des animaux domestiques, bien que, depuis longtemps, il sache, par l’élevage, varier les formes animales ou végétales, c’est seulement au cours du xixe siècle qu’il a tiré de ces faits tout l’enseignement inductif qu’ils contenaient.
- L’idée d’employer contre certainsinsectes nui-sibles d’autres insectes, qui soient les parasites des premiers, semble remonter à 1854.
- Un moucheron d’Europe, introduit par hasard aux États-Unis — comme l’ont été les deux phalènes du Massachusetts — s’attaquait désastreusement au blé. L’entomologiste A. Fitch remarqua que ce puceron, non moins fréquent cependant en Europe, y était inoffensif. Il attribua cette différence au fait qu’il était venu en Amérique sans ses parasites, et que c’étaient ceux-ci qui, sur le terrain de la mère-patrie, servaient de « régulateurs » à ses dégâts.
- Fitch ne put réaliser sa tentative de faire venir ces parasités en Amérique, mais son idée était
- Fig. i. — Les deux phalènes du Massachusetts. A gauche: le Portheiria dispar. — A droite: /’Euproctis Chrysorrhœa.
- Fig. 2. — Un atelier d’expéditions de chenilles pour les Etats-Unis, à Hyères.
- féconde et elle fut reprise quelques années plus tard de divers côtés. Planchon et Ripley (1875) crurent venir à bout du phylloxéra en France en y introduisant d’Amérique une mite ennemie du parasite de la vigne. On transporta des coccinelles d’Angleterre en Nouvelle-Zélande (1874) dans un but analogue; puis, d’Europe aux États-Unis, un insecte ennemi du ver de chou (1885), une coccinelle d’Australie en Californie (1889),une mouche hessoise en Amérique ( 1891 ), etc., le tout d’ailleurs sans grand succès.
- Une autre coccinelle d’Australie — le Novius . cardinalis — introduite elle aussi en Californie (1889) réussit au com traire parfaitement, et sa présence arrêta les ravages qu’un dévastateur, Ylcerya, causait aux limons et aux oranges de cet Etat. Le Novius fut alors utilisé, avec des fortunesvariables, mais en général avec succès, au Portugal, en Floride, au Cap, en Égypte, aux Hawaï, en Italie, en Syrie. La tâche était d’ailleurs relativement facile : le Novius était bien connu comme le meilleur parasite de Ylcerya et de longues recherches préalables
- étaient ainsi épargnées ; d’autre partjl’icen/a est un insecte presque inerte, qui reste cramponné à la même place, tandis que le Novius a les qualités d’un bon soldat, il est actif et entreprenant. Quelques autres essais, qui réussirent également assez bien, furent moins commodes et donnèrent une idée des difficultés que l’avenir aurait à vaincre. Par exemple, la recherche, par Koebele, d’un parasite capable d’enrayer les dégâts de certains ennemis de la canne à sucre des Hawaï, fut une véritable épopée-équipée qui dura presque dix ans. Il lui fallut visiter l’Australie, la Chine, le Japon, Ceylan, avant de trouver dans cette île la coccinelle qui se montra efficace. De même, la poursuite d’une bête-à bon Dieu, après toutes sortes de pérégrinations, amena enfin Marlatt, un entomologiste américain, dans une région où jamais ..européen n’avait encore
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- mis le pied, entre Pékin et la Grande Muraille : il y récolta près de 200 de ces coccinelles et entreprit de les ramener à Washington, où deux seulement arrivèrent vivantes : l’une d’elles par bonheur était une femelle, qui pondit 200 œufs, d’où l’on tira enfin 1000 individus.
- Le cas du Novius était simple. Les raids de Koe-bele et de Marlatt, s’ils avaient été aventureux, ne sortaient pas du genre d’exploits où peut se trouver entraîné un voyageur naturaliste qui court le monde : l’histoire des chasseurs d’oiseaux de Paradis, que j’ai contée ici récemment, n’est par exemple pas moins pittoresque. Les phalènes du Massachusetts soulèvent des difficultés inédites et redoutables. En 1900, il n’y avait que deux certitudes à leur égard : d’abord, les immenses dégâts dont ils étaient les auteurs ; puis, le grandissement continuel de la plainte publique, qui se gonflait en exécration, menaçait d’aboutir au trouble politique, et, par voie de pétitions monstres, déferlait d’abord jusqu’à la législature d’État, et bientôt, jusqu’au Congrès national lui-même. Lorsque cette formidable poussée de l’opinion eut déterminé enfin, en 1905, la création d’une Commission spéciale, armée d’énormes crédits, et que l’on se mit à chercher les renseignements scientifiques, M. Howard, directeur des travaux, sç trouva simplement à la tête d’une énorme bibliographie, donnant la liste de plus de cent parasites, mais sans permettre de choisir les uns plutôt que lès autres ,, Il fallait faire un tri dans cette cohue et s’efforcer d’acclimater aux Etats-Unis ceux-là seulement qui s’annonceraient comme le plus efficaces.
- La,liste èt la description des genres et des espèces qui furent ainsi « adoptés » seraient à leur place dans une publication d’entomologie. Ce qui est intéressant pour nous, au point de vue général de l’agrieulture, c’èst comment a été organisé ce travail d’exploration et d’importation (J).
- Le début fut l’établissement à poste fixe du laboratoire de Melrose Highlands comme centre des études. En mêmè temps, des questionnaires étaient adressés à tous les savants d’Europe et du Japon qui paraissaient susceptibles de fournir des renseignements sur les deux phalènes et sur leurs parasites les plus actifs. Le terrain ainsi tâté, vinrent ensuite, année après année, une série de voyages circulaires accomplis en Europe par M. Howard, auprès de tous les correspondants qui avaient fourni des indications utiles, et vers toutes les régions parasitées signalées par eux. Plus tard, M. Howard ne suffisant pas à la tâche, tandis qu’il courait l’Europe, un de ses coadjuteurs visitait, avec le même programme, le Japon et la Sibérie. Ce n’était pas là de simples tournées d’enquête : leur but dernier était de préparer, vers Melrose Highlands, l’envoi de stocks, aussi importants que possible, de parasites à l’état d’œufs,
- 1. L. O. Howard et W. F. Fiske. The importation into the U. S. of the. parasities of the Gipsy Moth and tHe Brown-tail Moth. U. S. Départ, of Agriculture. Ihir. of Entomologxj. Bull, 91. Washington, 1911, 8°.
- de larves. Et pour cela il fallait non seulement obtenir l’aide bénévole de tout un ensemble de savants, et leur adjoindre des aides directement payés par les États-Unis, mais s’entendre avec des compagnies de transport, par voie de fer ou par bateaux, voir des consuls, des ambassadeurs, des ministres, pour obtenir les franchises de douane et surtout la non visite des colis aux points frontières ; établir, comme à Rennes, par exemple, des relais entomologiques où l’on recevrait les envois de toute l’Europe, avant de les faire passer en Amérique par les occasions les meilleures. Toute une diplomatie d’aspect évidemment fort peu scientifique, mais qui montre excellemment à quelle sorte de difficulté se heurte le travail du savant lorsque, se plongeant dans les conditions sociales, il en vient à l’époque des réalisations pratiques.
- En même temps, à Melrose Highlands, il fallait apprendre les mœurs précises de chaque nouveau parasite arrivé d’Europe ou d’Asie, surveiller l’éclosion de ses œufs, l’évolution de sa larve, établir des champs d’expériences, soit en grand, soit en petit, lutter contre des obstacles en apparence insignifiants et qui pouvaient cependant entraver tout le travail pendant des mois. Certaines chenilles, par exemple, étaient à peu près impossibles à étudier parce que leurs poils, se détachant très facilement, volaient dans l’air en une poussière intolérable pour l’observateur : d’où la nécessité d’imaginer des dispositifs spéciaux, comme, entre autres, une. sorte de chambre claire, analogue à la chambre noire portative de certains photographes, à l’intérieur de laquelle se faisaient les manipulations. Enfin, et par-dessus tout, il fallait veiller au développement et à la multiplication des parasites importés, de façon à arriver à la constitution de véritables armées qu’on lancerait le moment venu sur les phalènes redoutés.
- Pour donner une idée de l’ampleur de ce travail, il suffit de* dire qu’en cinq années (1906-1910), il y a eu près de 1 900 000 individus parasites, colonisés à Melrose Highlands : il n’y a dans toute l’histoire humaine que les légendaires armées de Xerxès, marchant sur la Grèce, qui puissent être mises en parallèle avec ces formidables contingents. Cet ensemble est formé par une quarantaine d’espèces.. Une seule d’entre elles, un hyménoptère d’origine japor naise (Schedius Kuvanæ), est représentée par plus d’un million d’individus. Deux autres dépassent 550000 et 177000; trois oscillent entre 44 ét 76 000; trois autres autour de 15000; onze de 1 à 9000; les autres sont en dessous de mille. Ce sont ces divers corps d’armée, et ces bataillons, qui vont, dans les années suivantes,!être lâchés contre les phalènes ennemis, chacun d’eux suivant la façon la mieux appropriée aux mœurs de spn contingent, la « tactique » de chacun ayant été étudiée isolément au cours d’une série d’observations et d’expériences.
- Le budget mis à la disposition de cette énorme organisation et de cette immense levée de troupes n’est pas moins formidable. J’ai déjà signalé,:dans
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- NOUVEAUX GAZOMÈTRES TÉLESCOPIQUES
- un récent article sur les « ennemis de l’agriculture », que, comme entrée de jeu, une somme de 1 500000 francs avait été mise, avec carte blanche, à la disposition du directeur, M. Howard. D’autre part, pour les trois premières années (1905-1907) plus de 200000 francs de crédits supplémentaires avaient été fournis. Quoiqu’il ne soit pas indiqué de chiffres précis pour la période suivante, d’autres suppléments, nous dit-on, ont été versés de 1908 à 1910, de sorte qu’il n’est pas téméraire d’estimer à un minimum de 2000000 de francs ce que les Etats-Unis, par la voie du Congrès et de la législature de l’état de Massachusetts, n’ont pas hésité à sacrifier pour ce qui n’est en quelque sorte, comme on dit en style militaire, que de la « préparation à la guerre ». Chaque « soldat » revient à un peu plus de vingt sous par tête.
- Cette large hase pécuniaire,
- Écette création n organisme international d’enquête permanente çt de collaboration effective par expédition de matériel — organisme tempo-. raire il est vrai, mais parfaitement constitué -plus saillants de cette vaste succès, dès maintenant, ne
- Fig. 3. — Chambre claire pour l'étude des chenilles à poils dangereux.
- - sont les traits les entreprise, dont le paraît pas douteux.
- Une autre caractéristique, qui n’a guère moins d importance, se trouve dans la façon dont le travail a été mis en train. On ne l’a pas réparti entre des organismes déjà existants, pas plus qu’on n’a eu recours au système, parfois d’ailleurs heureux, qui consiste soit à subventionner des chercheurs indépendants, soit à promettre un prix à une solution définitive. On l’a confié, au contraire, à un groupement à durée limitée, constitué tout exprès,; et ayant pour mission de s’occuper du problème déterminé à l’exclusion de tout autre. Enfin le programme faisait une condition impérative de travailler uniquement dans un but de solution pratique, et non de recherche scientifique et théorique , . -'-rRggiBsæ désintéressée.
- Dans le rapport que j’ai cité à propos des ennemis de l’agricul-’ ture, M. F. David insistait longue-ment sur la fâcheuse indistinction qu’il y a en France entre le personnel enseignant et le personnel savant. 11 montrait qu’en principe comme en fait il n’y a presque pas chez nous d’organisation propre à la recherche dans une seule fin pratique. L’exemple des États-Unis montre qu’une telle organisation est cependant réalisable et qu’elle peut être féconde. Marcel Blot.
- NOUVEAUX GAZOMÈTRES TÉLESCOPIQUES DE 150000 MÈTRES CUBES
- DE L’USINE DU LANDY
- La Société du Gaz de Paris vient de construire, dans son usine du Landy à Saint-Denis, deux gazomètres télescopiques gigantesques de 150 000 mètres cubes chacun.
- Comme nul de nos lecteurs ne l’ignore, la consommation du gaz dans une ville varie, d’une façon très irrégulière, non seulement d’une saison à l’autre de l’année, mais au cours même de la journée. Très minime de minuit à 5 heures du matin, elle s’accentue au lever du jour, devient beaucoup plus importante de 11 heures à midi, puis décroît vers 2 ou 5 heures de l’après-midi et s’intensifie surtout à la tombée de la nuit, à l’instant où des milliers de foyers s’allument pour éclairer et chauffer les abonnés ou illuminer les rues de la cité.
- Or, les batteries de distillation fonctionnent sans
- discontinuer et il faut plusieurs jours pour les allumer ou les éteindre. On pare aisément aux nécessités saisonnières en mettant en service un plus ou moins grand nombre de fours, mais ce moyen ne permet pas de remédier aux brusques variations quotidiennes de consommation. On doit donc emmagasiner, dans dévastés cloches métalliques plongeant dans une cuve d’eau, le gaz?fabriqué pendant les heures les moins chargées de la journée, afin de former une réserve suffisante pour faire, face aux à-coups journaliers.
- Le volume total des gazomètres d’une usine constitue sa réserve gazométrique, dont on apprécie l’importance en la comparant à la production journalière maxima de ses batteries de distillation. Gomme l’usine du Landy, une fois son achèvement
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- complet, fabriquera quotidiennement 700000 mètres cubes > de gaz, les 5 gazomètres anciens, à cuves en-maçonnerie de-35000 mètres cubes chacun, seront insuffi-, sants pour^emmagasiner une telle production, la Société du Gaz de Paris dut mettre * en chantier, en 1909, les deux gazomètres télescopiques récemment terminés (fig. 4) et qui fonctionnent seulement depuis quelques > mois. Ils présentent en particulier deux avantages essentiels sur les anciens appareils : d’abord ils coûtent moins cher par mètre cube de gaz emmagasiné et surtout ils occupent, à volume égal, une surface beaucoup plus minime. Effectivement un gazomètre de 33 000 mètres cubes couvre environ 2700 mètres carrés alors qu’un gazomètre télescopique de 150 000 mètres cubes, tout en possédant une capacité presque 5 fois plus grande, s’étend seulement sur une superficie de 4300 mètres carrés. Les nouveaux gazomètres, dont la figure 5 d’eux au cours de sa construction, possèdent une cuve entièrement métallique plus économique que celles en maçonnerie, l’acier résistant aussi bien aux efforts d’extension qu’à la compression et étant d’une parfaite sécurité sous le rapport de l’étanchéité. Afin de donner de solides assises à ; ces cuvesde; 7$ mètres de diamètre et de 42 m. 83 de hauteur, on creusa une excavation profonde.; de 4 mètres et on y coula une, épaisseur de! 30. centimètres de béton armé,, recouverte de 5 : centimètres de sable. La fonçure (autrement' dit le fond fplat de la cuve) s’appuie sur, cette galette et ; soüs les ; parois verticales du gazomètre règne une couronne circulaire en maçonnerie de 2 m. 50 de làrgëur et de 75 mètres de diamètre extérieur.. ,,; =..., j . ; f. •
- D’épaisses tôles jointées à recouvrement constituent la fônçure, ‘ fortement assemblée elle-même avec le; « jinântéau; » ou paroi circulaire verticale de la cuve.;En raison* de: l’énorme pression que l’ensemble doit supporter, ce manteau se compose d’une série de 11 viroles superposées ayant une
- épaisseur proportionnelle à leurs charges respectives et assemblées entre èlles par des couvre-j oints et de robustes rivets.-La:virole du sommet, par exemple, mesure seulement .10 . millimètres, tandis que celle, du bas, supportant l’énorme pression de 900 000 kilogrammes, est près dé 4 fois plus épaisse (39 mm.). En outre, afin d’éviter les .déformations, une. forte poutre circulaire horizontale formant passerelle renforce la cuve à sa partie supérieure, et, pour empêcher que l’eau ne dépasse ses bords, elle est munie d’un tuyau de décharge. Une fois pleine, la 'cuve, contient 54000 mètres cubes d’eau et comme l’usine du Landy dispose d’une alimentation quotidienne de 2100 mètres cubes environ, il faut 26 jours pour la remplir.
- La cloche de chaque gazomètre est du système télescopique, à 5 levées de tôles d’acier de hauteur identique (12 m. 60) et de diamètres progressivement croissant : 71 m. 28 pour la première leyéey 72 m. 24 pour 'la deuxième et 75: m. 20 pour la troisième. Ces levées peuvent se disposer concentriquement au repos ou s’élever successivement selon que l’appareil est vide . . . •
- ou se remplit de gaz.
- La calotte ferme, à sa partie supérieure, la première levée qui, à sa base, porte extérieurement un réservoir annulaire appelé « gorge ».
- A cette dernière correspond, à la partie supérieure de la levée sui-vante, une seconde gorge renversée qui, tout en s’emboîtant dans celle de la première levée, accroche la deuxième levée, lors de la montée du gazomètre. Le même dispositif, sur les deux autres levées, permet l’accrochage de la troisième par la seconde.
- . Quant à la manœuvre, on s’en rend compte aisé-ment. Supposons,les trois levées reposant au fond ,de la cuve, si le gaz pénètre alors sous la cloche, il soulève d’a-
- bord là pre- Fig. 2.— Siphons d’un des gazomètres-, mière levée {L’ouvrier manœuvre la vanne.)
- puis celle-ci continuant son mouvement ascensionnel, accroche la deuxième levée en l’entraînant et l’eau de la cuve, demeurée dans la gorge, constitue une garde hydraulique empêchant toute fuite de gaz,
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- lors de l’accrochage. Ensuite, les deux premières levées continuent simultanément leur ascension et la gorge de la deuxième remplie d’eau accroche la troisième qui monte à son tour. A la descente du gazomètre, les mouvements inverses se produisent.
- Quand le gazomètre est plein, la pression du gaz suffit à tendre les tôles comme l’enveloppe d’un ballon; mais s’il se trouve au bas de sa course, on doit soutenir la calotte qui s’affaisserait en raison du peu de rigidité des tôles. Dans les petits gazomètres, la calotte s’appuie généralement sur une charpente en bois établie à demeuré au fond de la cuve lorsque l’appareil est vide. Mais dans les gazomètres télescopiques, en raison de l’énorme dimension de la cloche, il faut la soutenir à chaque instant par une ossature métallique indépendante de la calotte mais solidaire du manteau de la première levée.
- Cette charpente en forme de coupole, comprend 52 demi-fermes qui viennent s’assembler sur un anneau Circulaire, comme on le voit Sur notre photographie (fig. 5) les montrant en cours de montage. De plus, un escalier fixé à un pylône central solidaire de la fonçure permet la visite du gazomètre.
- D’autre part, 52 montants verticaux de 50 mètres de hauteur totale, et de 1 m. 70 de largeur, rivés sur la cuve et solidement entretoisés entre eux de distance en distance, guident les cloches de chaque gazomètre dans leur ascension et leur descente. Les diverses levées s’appuient sur eux, grâce à des galets en acier moulé qui se déplacent sur des chemins de roulement. Ce guidage s’effectue radialement ou tangentiellement selon que le plan des galets se trouve perpendiculaire ou tangent aux levées et un escalier fixé sur ces poutrelles extérieures conduit du sol au sommet de la charpente tandis que des paliers intermédiaires facilitent l’accès aux différents niveaux.
- Pour amener le gaz dans ce gigantesque réservoir, on a construit un collecteur aérien de 1 m. 40 de diamètre, supporté, de loin en loin, par des pylônes électriques (et qu’on aperçoit entre les deux gazomètres sur la figure 4). A l’une de ses extrémités,
- cette conduite porte deux tuyaux de descente de un mètre allant chacun à un gazomètre, mais avant d’y entrer, le gaz passe dans un siphon muni d’une vanne (fig. 2), puis dans un caisson rectangulaire où se trouve soudée la tuyauterie d’entrée du gaz disposée verticalement à l’intérieur de la cuve. Ce siphon a pour but d’éviter l’envahissement des canalisations par l’eau de la cloche, dans le cas où, par suite d’une obstruction quelconque, le gaz ne pourrait plus s’emmagasiner.
- Quant à la sortie du gaz, elle se trouve diamétralement opposée à la conduite d’arrivée par rapport au centre de l’appareil. En outre, pour que l’on puisse connaître à tout instant le volume disponible dans les gazomètres, on a peint, sur la cloche de chacun d’eux, une échelle verticale graduée de 1000 en 1000 mètres cubes, à laquelle correspond un indicateur muni d’un cadran gradué (fig. 1). On a réalisé simplement cet instrument volumétrique en attachant sur l’un des supports supérieurs des galets de guidage un câble qui passe sur un renvoi à l’extrémité supérieure d’un de ces montants, puis descend verticalement. Il vient ensuite s’enrouler sur une poulie tendue par un contrepoids et qui tourne dans un sens ou dans l’autre selon que le gazomètre monte ou descend. Une aiguille, liée mécaniquement à l’axe de cette poulie, se déplace devant un cadran gradué en divisions correspondant à tout moment avec celles de l’échelle verticale.
- Enfin, pour réchauffer l’eau de la cuve et des gorges, par des froids intenses, on a installé dans un bâtiment voisin trois chaudières Field donnant chacune 1000 kilos de vapeur à l’heure. Des tuyaux flexibles amènent celles-ci, dans les gorges et les cuves, à des injecteurs Koerting capables de maintenir l’eau à 4° par une température extérieure de —18°, de façon à éviter tout accident. Ajoutons, en terminant, que le montage de ces gazomètres (pesant 2850 tonnes chacun) a nécessité l’édification d’un pont de grande portée et un outillage puissant, en particulier pour cintrer les grosses tôles de la cuve et poser les rivets. Jacques Boyer.
- LA FORCE D’ATTRACTION DES NAVIRES EN MARCHE
- A PROPOS D’UN ABORDAGE RÉCENT
- Le 20 septembre dernier un abordage s’est produit entre le paquebot géant Olympic allant ,de Southampton à Cherbourg et le croiseur i anglais Hawkerentrant à Portsmouth après ses essais.
- Cet accident maritime n’ayant pas eu de suites graves ne mériterait ,pgs qu’on en occupât le public, si, au cours des débats sur . les responsabilités encourues, débats qui se sont terminées du reste par !le rejet dei cette responsabilité sur Y Olympic, il n’était intervenue une théorie, qui n’a été à vrai dire que signalée, mais dont l’intérêt' n’est pas discutable.
- [D’autant plus que l’infortuné Titanic, à son départ (de Southampton, produisit un effet du même genre, paraît-il, sur un navire voisin.
- h'OIympic et le Hawke faisaient tous deux, vers l’Est, des routes qui se rejoignaient à assez grande distance (Sud 59° Est pour YOlympic, Sud 74° Est pour le Hawke).
- Le Hawke, dont la vitesse était supérieure, rattrapait assez lentement YOlympic en le laissant par bâbord, et le croiseur vint finalement se placer par rapport au paquebot dans la situation que montre
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- LA FORCE D’ATTRACTION DES NAVIRES EN MARCHE _ 347
- le croquis 1. La distance entre les deux navires était à ce moment d’environ 100 mètres.
- A ce moment, et sans qu'à bord d'aucun des deux navires on ait manœuvré le gouvernail — ce point très important a été nettement établi au cours du procès^)— l’avant du croiseur tourna vers le paquebot
- Paquebot "OLYMPIC"
- Croiseur'"HAWKE"
- de dimensions assez différentes passent très près l’un de l’autre.
- - Cette manifestation n’est d’ailleurs pas nouvelle. Beaucoup de marins pensent avoir déjà observé des phénomènes du même genre, et les théoriciens se sont occupés de cette force qui malgré tout reste encore mystérieuse.
- À la suite d’un accident survenu en 1908 entre
- Fig. 2. — Pression des molécules d'eau dans un canal de diamètre variable.
- Fig. i. — Position des 2 bâtiments au moment ou l'avant du Hawke a été porté sur FOlympic.
- qu’il frappa sous un angle de 45 à 50 degrés. Une brèche considérable, mais heureusement placée au-dessus de l’eau, en résulta dans le flanc tribord de l’Olympic, pendant que l’étrave du Hawke était démolie. Les deux
- bâtiments rentrèrent au port pour -----
- se faire réparer. Les débats permirent d’établir que Y Olympic était dans son tort parce qu’il ne s’était pas conformé aux règlements internationaux qui prescrivent que lorsque
- H
- Fig. 3. — Cas de 2 navires passant près l’un de l'autre.
- deux bâtiments font des routes qui se croisent, c’est celui qui voit l’autre par tribord, c’est-à-dire à sa droite, qui doit manœuvrer pour éviter un abordage.
- Mais cette satisfaction donnée aux règlements, il faut bien convenir qu’il s’est passé dans cet événement un fait complètement inexpliqué. Pourquoi l’avant du Hawke a-t-il été jeté sur la gau-Ghe, vers le paquebot, alors que son gouvernail était placé pour lui faire continuer sa route tout droit et que cette position du gouvernail n'a
- pas été changée? En cherchant cette cause on a été amené à faire intervenir une certaine force d’attraction ou de succion qui s’établirait et opérerait lorsque deux navires, et principalement deux navires
- deux paquebots sortant ensemble de New-York et qui se trouvaient à 60 mètres environ l’un de l’autre, accident dans lequel le problème de la force de succion se posa, des expériences furent entreprises dans le bassin d’études de Washington par le q constructeur naval des Etats-Unis, ~ D. W. Taylor, vice-président de la
- ___Société des Naval Àrchitects. <
- Ces expériences démontrèrent que, sans doute aucun, des réactions dont on ne peut mesurer exactement la puis-r sance, mais dont on peut déterminer les directions, se produisent entre
- H
- Fig. 4. — Action des forces de succion qui se produisent lorsque 2 bâtiments passent près l’un de l'autre. (D’après D. W. Taylor.)
- deux coques de navires passant l’une près de l’autre.
- La conclusion principale des études de M. Taylor est la suivante : « Quand un navire en dépasse un
- autre en faisant une route parallèle, il est soumis à un couple qui tend à faire touiv nersonavantvers l’autre navire en rejetant son arrière au large. Si on se sert du gouvernail pour s’opposer à cette, tendance on diminuera la force qui tend à écarter l’arrière et même cette force se remplacera par une autre qui rapprochera les arrières des deux' navires
- et dans ce cas le second navire sera porté parallèlement à lui-même sur le premier. » On voit que la démonstration expérimentale de M. Taylor'se rapporte très bien au cas de YOlympic et du Hawké.
- H
- . : i
- 1. Voici à ce sujet la déclaration du juge : « Le commandant en) second, trois officiers et'deiix matelots placés à la roue du gouvernail, tous présents sur la passerelle du Hawke,
- affirment positivement qu’aucun ordre n’a été donné , de mettre la barre du gouvernail du Hawke à tribord et qu’en faijt cette barre n’a pas été mise à tribord. ». : ;
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- L'AUTOMOBILISME ÉLECTRIQUE
- Dans le Scientific American, M. R. G. Skerrett fait ressortir par quelques figures l’exactitude des conclusions que M. Taylor a déduites de ses expériences aü bassin d’épreuves de Washington.
- Lorsque deux navires, dit-il, passent très près l’un de l’autre, les murailles des deux bâtiments forment les parois d’un canal de diamètre variable dans lequel l’eau s’écoulerait à la vitesse des bâtiments. Or dans un pareil cas (fig. 2) les parois du canal dans la partie large supportent une pression plus considérable de la part des molécules liquides que dans la partie rétrécie où en revanche l’écoulement du liquide se fait avec une plus grande rapidité, et ceci en raison de la différence des sections du canal. Il en résulte que lorsque les deux bâtiments sont dans la position que représente la figure 5, l’étranglement du canal se produit au point A. En ce point, la pression exercée sur l’avant du navire H à bâbord est moindre que celle exercée sur son avant à tribord où cette pression est à son maximum. L’avant de ce navire a donc une tendance à tomber sur bâbord et à se rapprocher du flanc de l’autre navire 0.
- Le Service hydrographique de la marine des Etats-Unis a jugé que ces questions de succion, expliquées ou non, devaient être portées à la connaissance des navigateurs et c’est ainsi qu’on trouve, au revers des admirables documents qu’elle publie chaque mois sous le nom de Pilots-Charts, et dont j’espère avoir
- l’occasion de parler ici prochainement, quelques renseignements pratiques sur les effets de cette force dont il est de toute nécessité qu’on se décide à tenir grand compte.
- Je place ici (fig. 4) quelques-unes des figures qui montrent, d’après les travaux de Taylor, comment agit la force de succion suivant les positions relatives des deux navires. On y voit qu’en prenant le nombre 8 pour exprimer le maximum de la force, la tendance qu’éprouve l’avant du navire H à se rapprocher du flanc de 0 croît à mesure que H gagne 0 de vitesse et que le couple a son effet maximum lorsque H se trouve un peu sur l’avant du travers dé 0 (dessin n° III de la figure 4). Il faut ajouter à tout ceci que les effets constatés paraissent surtout dus d’une part à l’action des filets d’eau appelés à combler sur l’arrière d’un navire la dépression causée par le refoulement de l’avant, d’autre part par la différence des pressions que les filets d’eau exercent contre les murailles des navires dans le canal qu’ils forment en se rapprochant, actions auxquelles il faut encore ajouter celle du tourbillonnement des molécules aqueuses causé par les hélices.
- Mais on ne voit pas intervenir, jusqu’à présent tout au moins, de phénomènes d’attractions proprement dites entre les masses des navires en présence. Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- L’AUTOMOBILISME ÉLECTRIQUE
- Depuis cinquante ans, l’électricité exerce sur les imaginations une telle influence, et l’on s’est si bien accoutumé à l’associer à tout ce qui est luxe et confort, qu’avant même qu’on eût réalisé un véhicule automobile pratique, c’était par le véhicule électrique que l’on croyait entrevoir le triomphe définitif ; les essais faits dans cette voie, infructueux longtemps, n’ont découragé ni les constructeurs ni le public; malgré les progrès énormes réalisés dans la construction des machines ordinaires, beaucoup de personnes attendent encore du véhicule électrique des qualités de marche et de maniement supérieures à celles des automobiles actuels.
- ~ Les perfectionnements très intéressants réalisés depuis quelques années dans la construction des accumulateurs et les applications de ceux-ci dans la traction industrielle ont fait renaître le véhicule électrique; un usage étendu est fait déjà aux États-
- Unis des automobiles électriques de toute espèce, et l’on s’emploie dans toutes les villes américaines à favoriser la multiplication de ces véhicules; en Allemagne, des véhicules à accumulateurs sont très utilisés sur différentes lignes de chemin de fer, et les services qu’ils rendent y sont excellents.
- C’est aux États-Unis , surtout que l’on s’occupe activement du pro-, blèipe; on l’a lié à une question ï économique d’une grandè importance, à une question vitale pour les centrales d ’ électricité, l’obt ention, pour célles-ci, d’une clientèle supplémentaire, dont elles ont généralement grand besoin, et l’on est parvenu ainsi à intéresser différents milieux.
- L’apparition du véhicule électromobile aux États-Unis remonte d’ailleurs â quelques années ; dès la fin du siècle dernier, ce système d’automobile avait déjà rencontré beaucoup de faveur, du moins etait-il plus connu qu’il ne l’est encore à présent dans la
- Fig. i. — Voiturette électrique de ville.
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- L’AUTOMOBILISME ELECTRIQUE
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- plupart des villes européennes ; dans la suite, son succès se ralentit un peuples statistiques du développement de l’industrie électrotechnique montrent que le nombre des moteurs d’automobile construits pendant l’année 1909, par exemple, était en recul sur celui de 1904; [
- mais la réalisation de nouveaux types d’accumulateurs légers a de nouveau modifié la situation ; à la faveur de cette amélioration et grâce à une !
- propagande active, les véhicules électriques se sont multipliés d’une façon extraordinaire.
- Les dernières statistiques du gouvernement des États-Unis évaluent à 210 et à 55 millions de francs la valeur des véhicules électriques, de luxe et industriels respectivement qui étaient en service, dans le pays, à la fin de 1909; pendant cette seule année l’industrie a été appelée à construire 3639 nouveaux véhicules représentant une valeur de près de 55 millions de francs et l’on prévoit que les années 1910 et 1911 présenteront chacune une augmentation de 50 pour 100 sur l’année précédente.
- La plus grande compagnie s’occupant de la cons-
- de 1910 de 54 pour 100; de 1908 à 1911, l’augmentation finale est de 900 pour 100.
- Une constatation très encourageante est que les maisons qui ont adopté le véhicule électrique re-
- - ..*ï
- Fig. 3. — Chariot électrique Pour révision des fils de tramways.
- truction de l’automobile électrique est la General Vehicle Co; pour 1909 le chiffre d’affaires de cette compagnie a dépassé de 425 pour 100 celui de 1908 ; celui de 1910 est supérieur à ce dernier de 45 pour 100; celui de 1911, enfin, dépasse celui
- Fig. 2. — Camion électrique au service d’une brasserie.
- nouvellent généralement leurs ordres de commande et augmentent rapidement leurs effectifs. ___________ À New-York, neuf firmes commerciales' n’utilisent pas moins de 252 véhicules électriques ; huit brasseries en ont ensemble 195; deux compagnies de remises par express en ont à elles deux 250; neuf compagnies d’éclairage électrique en ont 221 ; une compagnie de New-York, à elle seule, en a 100.
- Beaucoup de grandes villes possèdent des garages électriques remarquablement équipés ; il n’en est plus où ne soient pas en service plusieurs véhicules électriques ; les constructeurs créent sans cesse des applications nouvelles.
- A Saint-Louis, il y avait en 1907, 18 véhicules électriques, aujourd’hui, il y en a plus de 500; à Springfield, il y a un an, une demi-douzaine d’électromobiles était en usage, actuellement il y en a 50, à la fin de 1910, il y avait à Chicago 2000 véhicules électriques en service; à Cleveland, 1800, etc.
- Des véhicules électriques sont aujourd’hui employés dans les industries
- les plus diverses ; des services publics en font également usage : le bureau des affaires insulaires du département de la guerre en utilise, par exemple, une vingtaine, aux Philippines, pour le transport de l’eau distillée, de la glace, etc. ; il y a aussi de nom-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- breux véhicules électriques dans les services de postes, les services d’ambulance, etc., ainsi que des chariots-grues, des chariots-pompes, etc., etc., pour des compagnies d’électricité, de gaz, d’eau, etc.
- Une chose à noter tout particulièrement, c’est que dans ces derniers temps on ne s’est pas autant adressé au véhicule de luxe qu’au véhicule industriel ; les voitures que l’on s’est attaché à multiplier surtout, ce sont les voitures de livraison légères, pour le transport de la glace artificielle, etc.
- A ce point de vue, il convient de remarquer que les deux systèmes d’automobile, l’automobile à ga-zoline et l’automobile électrique, ne se concurren-cient pas l’un l’autre : ils ont chacun leur sphère d’application. Il n’y a pas de comparaison possible entre l’automobile moderne et l’automobile électrique sous le rapport de la capacité des parcours, des charges ou des vitesses ; l’automobile électrique est l’automobile de ville par excellence et comme véhicule industriel il tient ainsi le milieu entre les véhicules à traction chevaline et les automobiles ordinaires ; il est plus économique que ceux-ci du moment que les parcours à fournir ne sont pas longs et que les arrêts sont fréquents ; il fournit aux industriels qui n’ont pas de service de distribution à grande distance, un moyen .avantageux, qui leur a manqué jusqu’ici^ d’abandonner les camions à chevaux.
- Les deux/procédés se complètent donc l’un l’autre et il est même arrivé ceci : dans leurs efforts pour assurer la vente de leurs machines, les constructeurs d’automobiles électriques ont initié le public aux avantages spéciaux de chaque catégorie de voitures et amené des commerçants et des industriels à adopter en même temps que des véhicules électriques pour les services à petite distance, des véhicules à essence pour les longs parcours.
- La construction des automobiles électriques a’ été perfectionnée sensiblement. La plupart des machines construites avant 1908 étaient mu-
- nies de deux moteurs et d’accumulateurs ayant une capacité moyenne de 15 xvatt-heures par kilog., la construction mécanique laissait un peu à désirer; les paliers notamment étaient mauvais. Depuis, on a modifié la construction mécanique, adopté des paliers anti-friction, substitué aux équipements à deux moteurs ceux à un seul moteur, plus efficaces, et mis en usage des batteries de 24 w-h. par kilogramme ; quant à la capacité de parcours journalière, elle a été presque doublée.
- En même temps l’automobilisme électrique a bénéficié de toutes les améliorations que l’on apportait à la construction de l’automobile à gazoline : suspensions, bandages, etc., de telle sorte qu’il est devenu beaucoup plus léger et plus rapide, que ceux que l’on construisait il y a quelques années.
- On est en outre arrivé à une interchangeabilité très parfaite des parties ; tous les organes sont simplifiés à l’extrême et ils sont rendus aussi accessibles et aussi indépendants que possible, de façon à rendre les réparations aisées et rapides.
- Voici, à titre d’exemple, la comparaison entre deux véhicules de même puissance construits par la même compagnie , respectivement en 1906 et en 4911 ; cette comparaison, qui est sensiblement applicable aux autres types, montre bien les grands progrès réalisés.
- Véhicule et Batterie.
- type 1906. type 1911.
- Poids du camiou complet.........kg. 2.025 1.575
- Poids de la batterie............kg. 650 600
- Capacité de la batterie. . . kg-amp-n. 112 138
- — — ..... kwh. 9,2 12,1
- Courant absorbé, à vide, eu palier, amp. 55 25
- Vitesse en palier...............km. 16 18
- Batterie épuisée . ......... en h. 5 6
- Parcours possible avec une charge, km. 48 115
- Vie des batteries...............km. 11.200 17.500
- Frais de renouvellement des bat- (garantie),
- teries......................i'r. 1.455 935
- H. 'Marchand.
- Fig 4 — Camion électrique de 2 tonnes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 avril 1912. — Présidence de M. Guyon.
- Les grandeurs des étoiles. — M. Bigourdan présente un travail de M. Popoff relatif à l’influence, sur Dévaluation des grandeurs stellaires, du procédé employé pour les mesures photométriques. Il montre que seul le photomètre de Zôllner donne des résultats affranchis d’équation personnelle.
- Le blanc du chêne. -— M. Prillieux expose que MM. Griffon et Maublanc, à l’occasion de la détermination
- spécifique du champignon du blanc du cliéne, ont fait une étude comparative des formes de Microsphœra observées sur le chêne tant en Amérique qu’en Europe. En ce qui concerne les Microsphœra américains du chêne, MM. Griffon et Maublanc admettent deux espèces. En Europe, on a rarement observé des périthèces de Microsphœra sur le chêne ; jusqu’à l’année dernière on ne pouvait citer que deux cas authentiques. Les périthèces du
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- LA MACHINE A ÉCRIRE SYLLABIQUE
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- blanc de chêne découverts dans le département du Gard en décembre 1911 ont été communiquées par MM. Arnaud et Foex à MM. Griffon et Maublanc qui les ont comparés à toutes les formes de Microsphœra observées tant en Amérique qu’en Europe. «Ils concluent que ce Microsphœra constitue une espèce nouvelle d’origine inconnue, très probablement importée.
- Les conducteurs à self-induction cl la foudre. — M. d’Arsonval rappelle que l’on admet sans preuve que la foudre ne suit pas les conducteurs doués de self-induction. Or, dans une Note, M. Bergonié expose qu’il a eu l’occasion d’obserVer à Saint-Morillon une ligne télégraphique qui avait été foudroyée. Un certain nombre de poteaux avaient été réduits en poudre, mais sur deux autres on observait un sillon en spirale de 5 à 4 centimètres de profondeur dont les spires étaient espacées de 6 à 7 centimètres. Rien ne peut expliquer la forme en spirale de la décharge, mais vu le diamètre du poteau et le pas de la spire on est obligé de constater que le fluide a eu à vaincre une forte self-induction pour aller au sol.
- Influence clu sel sur la nutrition. — M. d’Arsonval
- communique un travail de M. Desgrez et de Mlle Blanche Guende relatif à l’influence exercée par un excès de chlorure de sodium sur la nutrition. Un excès de sel ajouté à l’alimentation, par exemple 15 grammes par jour, a pour effet de diminuer la qualité des échanges nutritifs tout en restreignant quantitativement l’élaboration de la matière protéique. Si l’on associe l’excès de chlorure de sodium à un excès d’eau de boisson, le. premier effet persiste, c’est-à-dire que la qualité de l’élaboration reste inférieure, mais les processus de désassimilation sont exagérés. Au point de vue de la fonction rénale, l’excès de chlorure de sodium seul diminue le. nombre des molécules organiques éliminées. Si l’on augmente l’eau de* boisson en même temps que la quantité de'sel, on constate un accroissement de l’éiimination des molécules organiques, c’est-à-dire cle la sécrétion. Un excès de sel alimentaire qui ralentit les échanges nutritifs peut ' donc ralentir également l’élimination et favoriser les auto-intoxications, c’est-à-dire l’intoxication par accumulation de, déchets azotés dans l’organisme. Cn. de Villedeuil.
- (A suivre.)
- LA MACHINE A ÉCRIRE SYLLABIQUE
- La dactylographie ordinaire qui, comme récriture manuscrite enregistre successivement les lettres composant une syllabe (formée d’une seule émission de voix) ne permet évidemment que d’atteindre une vitesse assez limitée.
- D’autre part, la sténographie, basée sur des lois phonétiques de la langue ^ et sur une simplification radicale des signes d’écriture, ne constitue qu’un intermédiaire utile. La sténographie mécanique, préconisée par plusieurs inventeurs français et autres, est à peu près dans le même cas.
- L’idéal, ce serait évidemment de créer une machine à écrire syllabique, c’est-à-dire imprimant simultanément toutes les lettres composant une syllabe. On a bien construit, dans ces derniers temps, des machines soi-disant syllabiques, comportant en dehors du clavier ordinaire, un certain nombre de touches supplémentaires pour imprimer, d’une seule frappe, certaines syllabes choisies parmi les plus fréquentes, mais le principe de 1a- vraie machine syllabique restait encore à trouver.
- Un journaliste français, M. Paul de Carsalade, habitant Bruxelles, a consacré à la solution de ce problème plusieurs années d’un travail assidu.
- M. de Carsalade considère toute syllabe comme une voyelle précédée et suivie d’un certain nombre de lettres. Or, la disposition de ces lettres est réglée pour chaque langue, par des lois phonétiques qui font que
- certaines lettres viennent toujours occuper des posi-, tions déterminées par rapport à la voyelle servant de; base à la syllabe. On pourra donc répartir les différentes lettres de l’alphabet en un certain nombre des groupements, d’après les positions occupées par ces lettres, en sorte qu’étant donnée une syllabe absolument quelconque, on trouvera, dans le groupe des voyelles de base (gr. B), la voyelle formant la base de cette syllabe ; dans un un autre groupe antérieur au précédent appelé groupe A1 la lettre qui précède immédiatement cette voyelle, et d’une façon analogue dans un groupe A2, la lettre qui dans la syllabe précède celle du groupe A1, etc. De même, on trouvera, dans un groupe P1 postérieur au groupe des voyelles, la lettre qui suit immédiatement la voyelle-base, et dans les groupes successifs P'2, P3, P4, chaque fois la lettre qui suit immédiatement la précédente.
- Après des études approfondies, M. de Carsalade a établi que les lettres de la langue française se répartissent ainsi en 8 groupes, à savoir i groupe B, comportant toutes les voyelles, 3 groupes A1 A2 À5, pour les lettres antérieures à la voyelle et 4 groupes P1 P2 P3 P4, pour les lettres postérieures. Si donc on dispose, sur un clavier, ces différents groupes de lettres dans l’ordre suivant :
- A3 A2 A1 BP1 P2 P3 P4,
- ce clavier permettra d’écrire simultanément pour
- Clavier de la machine syllabique.
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- 352 .......—... LA MACHINE A ECRIRE SYLLABIQUE
- n’importe quelle syllabe de la langue toutes les lettres qui constituent cette syllabe. Si, par exemple, on doit écrire le mot « chlore », on cherchera la lettre C dans le groupe À3, la lettre H dans le groupe A2, la lettre L dans le groupe A1, la voyelle O dans le groupe B, la lettre R dans le groupe P1, la lettre B finale dans le groupe P2.
- Gomme le font voir nos figures, les groupes extrêmes ne comportent que très peu de lettres ; les groupes A3 et P1 n’en comprennent que 3 chacun. Les groupes A2 et P3 ne comportent qu’une douzaine de lettres et les quatre groupes du milieu, une vingtaine chacun. Dans un même groupe, on retrouve quelquefois la même lettre re'péte'e plusieurs fois pour faciliter le doigte'. Chaque groupe est commande' par un doigt donne'.
- L’avancement du papier d’un nombre d’espaces correspondant au nombre de lettres de chaque syllabe est commandé par un mécanisme très ingénieux et d’une remarquable simplicité.
- La syllabique comporte naturellement la barre d’espacement de la machine à écrire ordinaire et une touche de majus-culation. On peut, du reste, y écrire soit sylla-biquement, soit lettre par lettre, pourvu que les lettres soient prises successivement dans les groupes correspondant à l’écriture syllabique.
- En dehors des dispositifs ordinaires des machines à écrire, la « syllabique » comporte de nombreux
- perfectionnements, par exemple un mécanisme automatique de retour à la ligne qui, toutes les fois
- qu’un mot est coupé en deux par une fin de ligne (c’est-à-dire que la fin de la ligne ne coïncide pâs avec rabaissement de la barre d’espacement) met elle-même un trait d’union à l’endroit voulu. Un au ire dispositif, indépendant celui-là du principe syllabique, est l’interlignage réglable à n’importe quelle hauteur de 0 à 35 mm.
- Un apprentissage très court suffit pour se familiariser avec le maniement de la a syllabique ». Au bout de trois mois d’études, des jeunes filles n’ayant aucune con-naissance dactylographique et ne possédant du reste qu’une instruction primaire, sont arrivées à dépasser une vitesse de 100 mots à la minute. Cette vitesse est évidemment loin de nécessiter une grande vitesse de frappe. L’inscription d’un mot français avec une machine ordinaire demande, en moyenne, 5 frappes; il ne demande avec le clavier syllabique qu’une frappe et demie, soit 150 frappes pour 100 mots, ce qui correspond à la vitesse de frappe nécessaire pour écrire 30 mots à la minute avec une ma-chineordinaire. Undacty-lographe capable de faire 50 mots à la minute sur une machine ordinaire pourrait, avec le même nombre de frappes, sur le clavier syllabique, faire plus de 175 mots à la minute. . Dr A. Gradewwitz.
- La machine de Carsalade vue par Varrière.
- m.
- La machine et son clavier vus de l’avant.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- - 27 AVRIL 19.11.
- LA NATURE. — N° 2031.
- LE LABORATOIRE DE BIOLOGIE VÉGÉTALE DE FONTAINEBLEAU
- Lorsqu’en 1887, M. Gaston Bonnier fut nommé Botanique étaient installés. Ils y étaient fort à
- professeur à la Faculté des Sciences de Paris, la l’étroit. Assurément il y avait lieu d’espérer, et cet
- Laboratoire de Biologie végétale: à gauche, le bâtiment principal; à droite, la serre; entre les deux, petites constructions temporaires servant à des expériences.
- Rucher du Laboratoire : une ruche sur bascule et à l'abri de la pluie pour peser les récoltes quotidiennes; l’apiculteur prend des notes sur les entrées et les sorties des abeilles.
- vieille Sorbonne existait encore en grande partie, et c’est dans quelques salles de cet édifice, non moins vermoulu que vénérable, que les services de la
- 40* année. — Ier semestre.
- espoir a été réalisé, que ces services seraient plus au large dans la Sorbonne reconstruite.
- Malgré cela, M. Bonnier comprit que la Botanique
- 22. — 353
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- 354 ' " LABORATOIRE DE BIOLOGIE VÉGÉTALE DE FONTAINEBLEAU
- moderne ne pourrait jamais trouver, à Paris même, une installation répondant à tous les desiderata. C’est qu’en effet, quand les botanistes se bornaient à recueillir les plantes, à en décrire les caractères extérieurs et à les conserver, séchées, entre des feuilles de papier gris, ils n’avaient pas besoin d’autre chose que de salles où disposer les herbiers et de tables où étaler les plantes pour l’étude. Comme instruments de recherches, de bonnes loupes suffisaient.
- Lorsque la Botanique s’orienta vers une voie nouvelle, et que l’on s’occupa de l’organisation interne des plantes, d’anatomie végétale, on se borna d’abord à examiner sur le frais, ou à conserver dans l’alcool, pour les travaux ultérieurs, de petits fragments des plantes à étudier. Dans ces conditions on peut mettre un grand nombre d’espèces dans une armoire ou sur des étagères. Comme instrument de recherches, le microscope vint s’ajouter à la loupe; des rasoirs servirent à faire des coupes minces; quelques réactifs, surtout des colorants, furent employés pour distinguer plus aisément les divers types de tissus. Tout cela ne nécessitait, pour chaque travailleur, qu’une place assez restreinte devant une fenêtre bien éclairée. Il n’y avait donc pas lieu à des agrandissements considérables des locaux antérieurs.
- Mais actuellement les problèmes posés nécessitent de tout autres recherches, de tout autres moyens d’investigation. Les études de Physiologie végétale peuvent exiger des instruments variés de Physique ou de Chimie, spectroscopes, calorimètres, appareils de photographie, etc. Les travaui d’Anatomie expérimentale, savoir l’étude de l’influence que les milieux les plus divers, chaleur, lumière, humidité, nature du sol, etc., peuvent avoir sur la structure des plantes, demandent que l’on fasse, dans de bonnes conditions pratiques, des cultures comparées souvent d’assez grande étendue. Si l’on veut faire des recherches sur l’hérédité, les cultures doivent être poursuivies pendant plusieurs années. La science botanique moderne exige donc beaucoup de place, des terrains étendus, et l’on comprend que ce n’est pas en plein cœur de Paris qu’il est possible de satisfaire à ses exigences.
- Aussi, à peine en fonctions, M. Bonnier pensa-t-il à créer, à proximité de Paris, mais à la campagne, un Laboratoire qui réalisât les conditions indispensables aux divers genres de travaux botaniques.
- Au bout de quelques années le but fut atteint. En 1890, fut ouvert le Laboratoire de Fontainebleau, auquel, pour bien indiquer que l’on pourrait y étudier les questions les plus variées relatives à la science des végétaux, on donna le nom de Laboratoire de Biologie végétale.
- Ce Laboratoire est situé à cinq minutes de la gare de Fontainebleau, ce qui rend les communications avec Paris des plus faciles, sur un petit coin de la forêt, mis, par le Ministère de l’Agriculture, à la disposition du Ministère de l’Instruction publique.
- Une partie de l’enclos, destinée aux bâtiments et aux terrains de culture, a été défrichée; une autre partie est restée boisée. Le tout a une surface de trois hectares et demi environ. Sans sortir du Laboratoire les travailleurs ont donc à leur disposition l’espace nécessaire à leurs expériences et, à côté, les conditions naturelles pour beaucoup de plantes herbacées ou d’arbres susceptibles de leur fournir les matériaux de travail. En sortant, ils ont la forêt tout entière, et, pas très loin, la Seine, s’ils ont besoin de plantes aquatiques.
- Le Laboratoire a été fait progressivement, à mesure que M. Bonnier pouvait obtenir des crédits. En 1890 la moitié seulement du bâtiment prévu était exécutée, ainsi que la serre. En 1899 ce bâtiment principal était terminé, et l’on construisait en outre un bâtiment accessoire, spécialement destiné aux travaux de Physiologie végétale. Enfin il y a deux ans, une installation photographique a constitué un complément indispensable.
- Actuellement le bâtiment principal est constitué, outre le logement du gardien, au rez-de-chaussée, par deux grandes salles de travail, et quatre plus petites, en y comprenant le cabinet du Professeur. Dans les deux grandes salles on a aménagé, à mi-hauteur de l’étage, une galerie, ce qui permet à un nombre presque double de travailleurs de pouvoir être installés simultanément.
- Au premier étage, il y a une grande salle où l’on peut faire des conférences accompagnées de projections. C’est dans cette pièce qu’est installée la Bibliothèque et aussi un herbier comprenant toutes les plantes de France et même un certain nombre d’espèces de pays voisins, principalement d’Espagne. En outre il existe huit chambres destinées aux travailleurs, car les élèves sont logés au Laboratoire même, et cela gratuitement, à une modeste rétribution près pour les menues dépenses du service de ces chambres. Ceci est un avantage très apprécié : on ne perd pas de temps à aller de chez soi au Laboratoire et vice versa; il suffit de descendre un escalier et l’on est à son travail. Certaines années toutes , les chambres, sont occupées simultanément, et même parfois, il y a, en plus, des Élèves qui se trouvent obligés d’aller se loger au dehors.
- Le bâtiment accessoire, particulièrement destiné à la Physiologie végétale, est formé de trois pièces dont une salle complètement noire qui peut servir, à l’occasion, à certaines recherches spéciales.
- L’installation photographique est constituée par une longue pièce servant de salle de pose, et une chambre noire. Comme actuellement presque tout le monde fait de la bicyclette, on a aménagé, dans ce même bâtiment, un petit local en remise à bicyclettes.
- Dans le jardin il existe, cela va sans dire, une serre; puis au fond, près de la partie boisée, diverses constructions accessoires en bois, hangars, etc.
- Mentionnons une installation qui ne semble pas, a priori, être à sa place, dans un Laboratoire de
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- • • LA CATASTROPHE
- Biologie végétale. Nous voulons parler d’un rucher. La chose n’est cependant pas aussi extraordinaire qu’elle le paraît au premier abord. Plantes etaheilles sont faites pour vivre en bonne intelligence, et se rendent des services mutuels. On sait d’ailleurs que M. Bonnier a fait de nombreux et intéressants travaux sur les abeilles, et sur les relations entre ces insectes et les plantes.
- C’est M. Dufour, le Directeur-Adjoint du Laboratoire, qui s’occupe spécialement du rucher. Il a été initié à la science agricole par M. G. De Layens, qui était un des maîtres de l’apiculture française. M. De Layens a créé ce rucher du Laboratoire de Fontainebleau, et, chaque année, beaucoup de personnes, professionnels et amateurs, viennent voir le rucher, demander des renseignements, s’initier parfois aux méthodes de l’apiculture moderne.
- Comment se recrute le personnel des travailleurs du Laboratoire de Fontainebleau? Il est formé surtout de jeunes gens qui, déjà licenciés, se proposent d’entrer dans l’enseignement supérieur, et s’occupent d’une thèse de Doctorat. Parfois occupés à Paris (certains, par exemple, sont Préparateurs de Botanique à la Sorbonne), ils peuvent venir de temps en temps ou même régulièrement plusieurs jours de la semaine, dans le courant de l’année, puis font un séjour plus prolongé pendant les vacances. C’est précisément pendant les mois de vacances que la ruche de Fontainebleau, si l’on veut me permettre cette comparaison, compte le plus d’abeilles. Quand des travailleurs ne peuvent être constamment présents, les cultures qui leur sont nécessaires, organisées d’abord par leurs soins et sous leurs yeux, sont surveillées et entretenues pendant leur absence conformément à leurs indications. Beaucoup de ces travailleurs, une fois reçus Docteurs, ont souvent l’occasion de revenir entreprendre de nouvelles recherches au Laboratoire
- DU « TITANIC ,, z=—.................;... 355
- Dans plusieurs Facultés de province, certaines chaires de Botanique sont actuellement occupées par d’anciens Élèves du Laboratoire de Fontainebleau. Citons, par exemple, Bordeaux, Marseille, Nancy, Poitiers, Rennes, etc.
- Le Laboratoire est libéralement ouvert aux botanistes étrangers, et la plupart des états européens, grands ou petits, y ont eu des représentants. Nous citerons la Bulgarie, le Danemark, la Hollande, la Hongrie, l’Italie, la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Suède, la Suisse. Même d’Amérique il est venu des travailleurs au Laboratoire de Fontainebleau.
- Nous n’avons pas besoin de mentionner que la plus grande liberté est accordée aux travailleurs pour leurs recherches. Bien des débutants, à coup sûr, ont besoin qu’on leur indique un sujet de travail; mais, même dans ce cas, plusieurs leur sont toujours proposés, et ils choisissent suivant leurs goûts personnels. Il arrive même souvent, qu’un travailleur entre, au cours de ses recherches, dans une voie à laquelle il ne pensait pas au début, et qu’il finit par exécuter un travail ne rappelant en rien celui par lequel il avait commencé.
- Aussi ces travaux ont-ils trait aux parties les plus variées de la science des végétaux : systématique, anatomie pure, anatomie appliquée à la classification, anatomie expérimentale, phanérogamie, cryptogamie, physiologie végétale, chimie végétale, pathologie végétale, géographie botanique, botanique agricole, toutes ces parties sont représentées dans l’ensemble des travaux qui ont été effectués au Laboratoire de Fontainebleau.
- Cette station scientifique a sa place dans l’ensemble des institutions botaniques françaises ; elle aura également sa place dans l’histoire des progrès de la science botanique. Elle répondait à un besoin ; elle a répondu aux espérances que l’on avait mises en elle. Léon Dufour.
- LA CATASTROPHE DU « TITANIC »
- La Nature a relaté dans son dernier numéro l’effroyable désastre qui s’est produit le 14 avril sur la partie sud du Banc de Terre-Neuve et qui a fait périr près de 1600 personnes, avec le plus grand des navires actuellement à flot.
- Les récits des survivants ont permis de reconstituer les péripéties de ce sombre drame et l’histoire des dernières heures du Titanic est maintenant trop connue de nos lecteurs pour que j’y revienne.
- Mais il y a beaucoup à apprendre dans l’examen des circonstances qui ont entouré la catastrophe même, et il est bon de rechercher quel parti il convient de tirer de ces leçons pour augmenter la sécurité de la navigation transatlantique.
- Il est hors de doute que parmi les dangers que la nature accumule sur la route des bâtiments qui vont des États-Unis en Europe ou inversement, un des plus sérieux, celui sur lequel l’attention des
- capitaines se porte principalement, tout au moins pendant les mois de mars, avril, mai, juin et juillet, est constitué par les glaces qui descendent de la mer de Baffin pour se répandre sur le Banc de Terre-Neuve et quelquefois plus loin.
- C’est, comme il est facile de le comprendre, au moment où la température s’adoucit, que se forme ce cortège imposant et dangereux. Les glaciers des terres polaires, dans leur mouvement incessant, projettent à la mer des morceaux plus ou moins volumineux,connus sous le nom d’icebergs, qui, présentent quelquefois aux navigateurs, des spectacles féeriques. Voici comment les décrit un officier de marine de la station de Terre-Neuve, le Jieutenant de vaisseau Strauss. ^ •’
- « Leurs formes sont des plus variées et originales, et de plus elles changent totalement à mesure que nous défilons devant eux. Quelques-uns cependant restent- sem-
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- 356 ....... LA CATASTROPHE DU « TITANIC »
- blables à eux-mêmes. Ainsi un beau dragon blanc, tapi dans une baie, qui ouvrait la gueule démesurément et dressait, à l’extrémité de sa croupe rebondie, une petite queue toute comique. Ainsi également un amphithéâtre de marbre, rival en grandeur du Colisée, dont je n’oublierai pas la beauté. Son enceinte, presque géométriquement circulaire, était éboulée sur un dixième environ du pourtour ; non loin de cette brèche, un porche colossal donnait accès à l’intérieur du monument, la muraille était comme fendillée de lézardes dont les plus larges s’imprimaient, sur le marbre éclatant de blancheur, comme de magnifiques raies de lapis-lazuli.
- « C’est que la couleur de ces icebergs est encore, bien souvent, plus extraordinaire que leur forme. La plupart sont d’un blanc satiné, d’une douceur extrême sous le ciel gris, où ils se dessinent comme des images phosphorescentes sur un fond de nuit. Si leurs flancs sont balafrés de fentes ou de crevasses, ces blessures sont d’un merveilleux vert tendre, vert profond, ou quelquefois bleues.
- « Mais ce qui m’a le plus étonné c’est de voir des icebergs entièrement et presque uniformément teintés de ce vert si pur ou de ce bleu exquis.
- « Par quel amour du con- • traste la nature, si artiste, a-t-elle accumulé de semblables joyaux le long de cette côte nord de Terre-Neuve, dans une région si âpre et si sauvage, dont la brume empanache, presque éternellement, les sinistres falaises noirâtres? » '
- J ' V ;
- Ces icebergs présentent cette particularité que leur glace en fondant produit de l’eau douce. Les "navires qui circulent dans les mers froides peuvent ainsi renouveler de façon assez originale leur provision d’eau potable.
- A côté des montagnes de glace, on trouve les champs de glace, Icefields, qui sont, eux, le produit de la congélation des eaux de mer, et en cette qualité restent salés. Les icefields sont des morceaux qui se détachent de la grande et éternelle banquise des mers glaciaires, et se mettent en route.
- Icebergs et Icefields se meuvent sous l’action du courant du Labrador, qui les amène sur la côte de Terre-Neuve. Un certain nombre d’entre eux passent par le détroit de Belle-Ile dont ils rendent souvent la navigation impossible, les autres longent la côte
- Est, se répandent sur le Banc et vont ainsi jusqu’à ce qu’ils rencontrent: la branche Nord-Est du Gulf-Stream : ils sont alors portés eux-mêmes vers le Nord-Est. Mais leur fin est alors proche : les eaux chaudes du Gulf-Stream ont assez rapidement raison des uns et des autres, et, la température extérieure aidant, les glaces flottantes disparaissent vers le mois de juillet ou d’août.
- Très nombreux sont les accidents causés par ces deux sortes d’écueils flottants. On ne les connaît d’ailleurs pas tous, et on peut sans crainte d’erreur leur attribuer la majeure partie des disparitions mystérieuses de navires.
- Quand il s’agit de navires à vapeur, surtout de bâtiments à marche trop rapide, c’est par écrasement de la coque que le désastre se produit.
- Pour les navires à voile, qui chaque année se renouvellent en grande quantité sur les Bancs, il arrive qu’ils disparaissent, recouverts par un iceberg qui chavire.
- Voici, en effet, le phénomène qui se produit, un des plus émouvants parmi tous les spectacles impressionnants qu’offre la mer.
- La partie immergée d’une glace flottante, est d’un volume à peu près 9 fois supérieur à celui de la partie émergée.
- Plus exactement (et ceci pour répondre à une question posée par un de nos lecteurs), si l’on imagine un bloc de glace cubique flottant dans l’eau de mer à-f-,l° et de salinité 35, c’est-à-dire contenant 35 millièmes de sel en poids, si la partie immergée est de L unités, la partie émergée sera de 0,1185 L.
- Quand l’Iceberg arrive dans les eaux chaudes cette partie immergée fond plus rapidement que celle qui reste à l’air. Au bout d’un certain temps le volume de la coque de cette sorte de navire, n’est plus suffisant pour porter le reste, et la montagne chavire, l’Iceberg roule, sur lui-même jusqu’à ce qu’il ait trouvé son équilibre de flottabilité.
- Malheur dans ce cas au voilier pris par le calme et sur lequel la montagne de glace aura été poussée par les courants inférieurs, plus rapides que les
- 1 ILE DE, ERRE NEUVE
- Banc de
- Tehee-Neuve
- ___
- Fonds 3ooo , eu to mètres
- ‘Point o J s'est — ^ perdu le" T ' TANIC’^ - "
- Les parages de Terre-Neuve et la limite des glaces.
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- LA CATASTROPHE DU « TITANIC » -,.357
- courants de surface. Il ne pourra plus s’en de'coller et lorsque le chavirement se produira il sera fracassé, écrasé,englouti sous la monstrueuse avalanche.
- Le cas a dû se produire bien des fois. .On est à peu près sûr que le trois-mâts de Fécamp, Guillaume Tell, a péri, victime de cette fatalité, il y a deux ans avec tout son équipage.
- Mais si un navire à voile n’est pas toujours le maître de se soustraire au danger des rencontres avec les icebergs, il semble qu’il n’en est pas de même pour les vapeurs, surtout pour ces géants des mers, si solides, si puissants, qu’on serait tenté de penser qu’ils ont définitivement dompté l’Océan, et qui disposent de tous les moyens pour assurer leur propre sécurité et celle de leurs passagers et équipages. Ils portent de puissants projecteurs, dont ils pourraient se servir pour éclairer leur route ; leur cloisonnement devrait assurer leur insubmersibi-
- ’Un champ de glaces.
- lité(1). Enfin, la télégraphie sans fil et les informations incessantes qui leur sont données sur la marche des . dépressions, la position des glaces,
- 1. Cette question devra être spécialement étudiée. Le Titanic semble avoir péri parce qu’il ne possédait pas de cloisons longitudinales formant sur ses flancs des compartiments étanches de petit volume. Les lames de glace ont èventré sa coque sur une assez grande longueur pour que deux ou plusieurs grands compartiments étanches aient été ntèressés et l’invasion de l’eau n’a pu être arrêtée.
- 2. Il est démontré que le commandant du Titanic se préoccupait des glaces flottantes. Croisant la Touraine qui revenait de New-York, il lui avait demandé par T. S. F. si elle en avait trouvé sur le banc de Terre-Neuve. Le commandant Coussin, de la Touraine, qui en avait rencontré et avait dû réduire sa vitesse à 5 nœuds pour éviter des avaries, mit le Titanic au courant de la situation et lui signala le point exact où les glaces l’avaient mis dans l’embarras. C’est en ce point même que le Titanic se perdit.
- 3. Un de nos lecteurs nous a demandé s'il était possible qu’un navire comme le Titanic, coulant bas, par un fond très considérable, 2500 mètres environ, pût ne pas atteindre le fond et restât suspendu entre deux eaux.
- Ce phénomène ne peut se produire que pour des corps dont la densité est à peu près celle de l'eau de mer. Le fer, dont la densité est de 7,6, est loin de cette condition. En fait on a sondé jusqu’à 9500 mètres avec des boulets qui attei-
- des dérelicts, etc., leur permettent d’éviter tous ces dangers.
- Mais ces Léviathans portent en eux-mêmes le péril auquel le Titanic a succombé.
- Il leur faut aller toujours plus vite ; les passagers supportent impatiemment 5 ou 6 jours de mer, dont évidemment ils ne savent pas goûter tout le
- Le « Saint-Fr ançois-d'Assise » dans les glaces.
- charme et toute la bienfaisante quiétude. 18 nœuds, 20 nœuds, 24 nœuds ne suffisent pas. Il faut encore raccourcir la route, ne pas perdre en chemin une seconde. On s’expose à trouver devant soi une muraille de glaces (2 3) sur laquelle on s’écrasera, un pauvre voilier pêcheur qu’on coulera : qu’importe ! On s’en remet à sa chance. Il faut que le premier voyage du Titanic soit brillant. Les Compagnies concurrentes, le monde maritime regardent. Le Pré-
- Un iceberg.
- sident de la Compagnie est à bord. On marche donc, et on fonce à toute vitesse sur l’écueil que l’on n’a même pas l’excuse d’ignorer 1
- Le progrès a-t-il vraiment besoin de si dures rançons? (°) Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- gnaient le fond sans aucune difficulté. Il n'y a donc pas de doute que presque tous les corps qui coulent atteignent le sol sous-marin.
- [Les photos qui illustrent cet article nous ont été prêtées obligeamment par la Société des Œuvres de Èler],
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- LE TRANSATLANTIQUE « FRANCE »
- Le 20 avril dernier, le paquebot France de la Compagnie Générale Transatlantique, le plus grand et le plus rapide des paquebots français, a quitté le Havre, pour effectuer sa première traversée de l’Atlantique. C’est pour notre marine marchande et notre industrie en général un heureux événement. Il faut voir dans la mise en service de ce magnifique paquebot, l’indice d’un esprit d’initiative et de progrès, des plus réconfortants : tout indique que le renouveau de notre activité maritime ne s’arrêtera pas là.
- Une simple comparaison permet de mesurer les progrès accomplis par nos chantiers de constructions navales en ces dernières années ; le précédent grand paquebot de la Compagnie Transatlantique, Provence, lancé en 1906, jauge 19200 tonneaux, il mesure 190 mètres de long; sa machinerie, puissante de 20 000 chevaux, comporte des machines à vapeur à pistons et actionne 2 hélices — France est un paquebot à turbines, à 4 hélices ; il a une machinerie de 40000 chevaux; il mesure 2 20 mètres de long,
- 23 mètres de large, 24 m. 50 de hauteur totale au-dessus de la quille. Il déplace 28000 tonnes, et donne place à 2526 personnes : 600 hommes d’équipage, 534 passagers de première classe, 442 de seconde classe, 950 de troisième.
- Sans doute, il ne peut prétendre battre aucun des grands records de l’Atlantique : Lusitania et Mauritania, dont il atteindra peut-être la vitesse, déplacent 50000 tonnes : YOlympic, le frère de l’infortuné Titanic, est moins rapide, mais déplace 60000 tonnes : 5 bâtiments plus gigantesques encore sont en construction sur des chantiers anglais ou allemands.
- Cette infériorité n’est pas imputable à une timidité qui n’est plus dans l’esprit de nos industriels : l’insuffisance de nos ports est seule responsable; paralysés par la complication administrative, ils n’ont pu évoluer à temps; et cette situation pèse lourdement sur notre marine marchande qu’elle paralyse dans la course aux gros tonnages, condition essentielle d’économie dans les transports
- sur des lignes à trafic intense, telles que les routes d’Europe en Amérique.
- Le paquebot France est la limite extrême de ce que peut recevoir le port du Havre; et encore l’exiguïté des bassins lui impose-t-elle pour l’entrée et la sortie des manœuvres délicates.
- Ce n’en est pas moins un superbe bâtiment, aux lignes à la fois gracieuses et majestueuses ; et qui fait le plus grand honneur à ses constructeurs, les « Chantier et Ateliers de Saint-Nazaire ». Forcés de chercher ailleurs que dans le tonnage des armes pour lutter contre la concurrence étrangère, les auteurs du navire ont été amenés à perfectionner à la fois la machinerie et l’aménagement intérieur. De là, des dispositions qui donnent à ce paquebot un
- caractère fort original.
- Le visiteur qui pénètre sur France est dès l’abord ébloui et charmé par l’aspect artistique de toutes les salles communes : les salles à manger, salons, fumoirs évoquent l’idée, non d’une hôtellerie flottante, mais d’un véritable palais. La décoration en a été confiée à nos artistes les plus en renom : architecture, peintures, tapisseries, meubles, ferroneries, boiseries sculptées, jusqu’aux services de table, tout contribue à faire de, la France un véritable chef-d’œuvre de l’école française. Ce magnifique effort porte déjà ses fruits : les constructeurs de Ylmperator et de YAquitania, la Cie anglaise Cunard, et la Hamburg-Amerika Linie, piqués au jeu, ont décidé de conquérir à leur tour, pour leurs futurs géants, le record d’élégance et de bon ton qui revient aujourd’hui sans conteste au dernier-né de nos paquebots ; ils së sont adressés aux artistes mêmes qui ont coopéré à la décoration de celui-ci. A l’élégance s’allie le confort : sans parler des 5 appartements de luxe, fantaisies pour milliardaires, la plupart des cabines de premières sont munies de lits de cuivre, d’armoires, et doublées d’un cabinet de toiletté avec salle de bains. Partout ; eau froide, eau chaude, éclairage électrique, distribution électrique de l’heure. Nous sommes loin de la simplicité Spartiate des cabines d’autrefois à couchettes superposées.
- Comment on prépare le lancement d’un transatlantique. — i et 2, construction des chemins de lancement; 3, les premiers préparatifs de construction du paquebot; 4, la veille du lancement.
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- Quelques détails encore pour montrer à quel raffinement atteignent nos modernes villes flottantes : sur la France, on trouve, à l’imitation des grands paquebots anglais : une salle d’hydrothérapie, de massage et de mécanothérapie, des bars américains, des éventaires de fleuriste, une salle de guignol pour les enfants, une imprimerie où s’imprime chaque jour le journal de T Atlantique. Les chiens eux-mêmes n’ont pas été oubliés. Ils possèdent sur le pont supérieur un très moderne « Palais des dogues ».
- La machinerie de la France n’offre pas moins d’intérêt que sa décoration. C’est, en effet, de beaucoup le plus puissant de nos paquebots à turbines et il présente des dispositions absolument nouvelles.
- L’appareil moteur proprement dit se compose d’un ensemble de 4 turbines Parsons, placées chacune sur une ligne d’arbres porte-hélice : la turbine bâbord est à haute pression, la turbine tribord est à moyenne pression; les turbines placées sur les lignes d’arbre centrales sont à moyenne pression. La vapeur passe successivement de bâbord à tribord pour revenir se détendre définitivement dans les turbines centrales, rappelant ainsi le système de détente compound, à triple expansion, en usage sur tant de machines marines à pistons. On attend de ce procédé une économie sérieuse. Chacune des turbines de marche avant développe 10000 chevaux. Pour donner une idée de leurs dimensions, le diamètre du rotor de la turbine haute pression est d’environ 2 mètres ; celui de la turbine basse pression est de 3 m. 20. Le nombre total des ailettes dépasse 600000.
- On sait que l’un des points délicats de la manœuvre d’un paquebot à turbines est la marche arrière, puisqu’il faut prévoir dans ce but des turbines spéciales. Voici comment est aménagée sur la France la marche arrière : sur chaque arbre extérieur est montée une turbine haute pression ; pour les arbres centraux un ailettage basse pression spécial est compris dans le même stator que la turbine basse pression de marche avant. Des vannes, dont on imagine sans peine les énormes dimensions, permettent de faire passer la vapeur des conduits de marche avant à ceux de marche arrière. Pour les manœuvres exigées par les évolutions à l’entrée et à la sortie des ports, on isole les arbres de tribord de ceux de bâbord; c’est-à-dire que la vapeur passe directement de la turbine haute pression à la turbine basse pression de tribord, et de même à bâbord.
- Le poste de manœuvre des turbines est relié de diverses façons à la passerelle, de façon qu’en toutes circonstances la transmission des ordres s’opère instantanément; une transmission d’ordres mécaniques, une transmission électrique, un téléphone haut parleur, enfin un groupe de 3 lampes indiquant avant, arrière, stop, constituent ce que l’on pourrait appeler le système nerveux principal du bâtiment.
- L’appareil évaporatoire de la France se compose de 11 chaudières doubles à 8 foyers chacune et de
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- Quelques phases de.la construction du paquebot. — i, « France » sur sa cale; 2, le paquebot achevé quittant Saint-Nazaire ; 3, le montage d’une cheminée; 4, l’achèvement du navire; 5, le navire au bassin à Saint-Nazaire ; 6, après le lancement; 7, une chaudière hissée à bord; 8, vue du pont pendant la construction ; 9, les chaudières avant le montage à bord; 10, vue du chantier au début de la construction ; 11, les 4 hélices; 12, une turbine avant le montage.
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- dières sont des cylindres timbrés à 16 kg., de 5 m. 40 de diamètre, de 6 m. 62 de long. Le tirage sur les grilles est assuré par 16 ventilateurs élec-
- 8 chaudières simples a 4 foyers, soit en tout 120 foyers, donnant une surface de grille de 222 m2. La surface de chauffe est de 9000 m2. Les chau-
- Le paquebot achevé. — i, salle de guignol pour les enfants; 2, le grand salon Louis XIV; 3, le paquebot prêt à appareiller ; 4, une cabine de première avec salle de bains; 5, le salon-fumoir des premières; 6, la chambre des turbines; 7, les chaudières, une rue de chauffe; 8, le poste des organes de commande des machines.
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- triques (système Howden), d’un débit total en service de 550 000 m3 par heure ; l’air est aspiré par de grands puits dans 8 chambres de ventilation situées au-dessus des chaufferies ; de là il est refoulé dans des réchauffeurs qui portent sa température à 500°, et il est insufflé sous les grilles.
- Les cheminées, au nombre de 4, ont des dimensions commandées par l’énorme flux de gaz auquel elles doivent livrer passage; elles mesurent 4 m. 47 de long et 5 m. 10 de large.
- La consommation de charbon pour une traversée de 140 heures est estimée à 4200 tonnes environ. La provision d’eau douce, nécessaire aux machines, est de 400 tonnes. On charge, en plus, 400 tonnes pour les besoins des passagers. Cette réserve peut paraître faible ; car, si perfectionnés que soient les condenseurs, il faut prévoir une perte d’eau assez importante ; pour parer à toute insuffisance à cet égard, le navire est muni de machines spéciales distillant l’eau de mer et qui suffiraient, en cas de besoin, à l’alimentation des machines.
- Depuis la tragique catastrophe du Titanic, la question sécurité préoccupe à juste titre tous les
- esprits; la France semble présenter à cet égard toute sécurité : un double fond étanche s’étend de l’avant à l’arrière. Le navire est, en outre, divisé par 15 cloisons transversales en 14 compartiments étanches. Toutes les portes de fermeture des ouvertures percées dans les cloisons au-dessous de la flottaison sont manœuvrées hydrauliquement. La commande .s’effectue de la passerelle même du commandant. Le navire est muni, bien entendu, d’un poste de télégraphie sans fil. Il faut regretter cependant que sur un bâtiment qui porte le nom de France, on ait cru devoir s’adresser à l’étranger pour la construction de cet organe important. Nos constructeurs d’appareils radiolélégraphiques ne sont pas inférieurs à leurs concurrents étrangers ; ils ont moins de débouchés, il est vrai. Raison de plus pour ne pas leur, refuser ceux qui, de droit, devraient leur appartenir.
- Le 12 avril dernier, la France terminait ses essais de recette. Elle atteignait la vitesse de 25 noeuds. A pareille allure, elle effectuera en 5 jours à peine le trajet Havre-New-York.
- À. Tuoller.
- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 17 AVRIL 1912
- Le beau temps, véritablement exceptionnel, qui a favorisé l’observation de l’éclipse de Soleil du 17 avril a permis de suivre ce phénomène dans tout son développement, et de réaliser, dans la plupart des stations, le programme complet des observations.
- Deux points sont acquis : l’éclipse, pour les environs de Paris, n’a été ni annulaire complète ni totale, mais intermédiaire, et la ligne centrale diffère peu, très peu, de celle donnée, il y a plusieurs années, par la Connaissance des Temps.
- Il est difficile, au moment où nous écrivons cet article (19 avril), d’être fixé sur les résultats obtenus dans les diverses stations astronomiques, puisque, pour beaucoup même, les photographies ne sont pas encore développées. Nous allons seulement résumer ici les divers renseignements déjà connus.
- Aspect de l’Eclipse. — Sur la ligne centrale même, au moment de la plus grande phase, la Lune a paru entourée sur tout son pourtour, d’un véritable chapelet de grains de Baily, dont la durée a été de quelques secondes (2 ou 5) : des photographes habiles ont pu, dans ce court intervalle, prendre plusieurs clichés successifs (fig. 19 à 25). On remarquera que sur la ligne centrale même, l’anneau est complet (fig. 19 et 20), tandis que pour les lieux situés très légèrement au Sud ou au Nord, il est interrompu (fig. 21 à 25).
- Nos lecteurs savent (voy.n0 2025, du 16 mars 1912) que ces « grains de Baily » sont produits par le passage des rayons solaires dans le fond des vallées lunaires, les montagnes de la Lune suffisant à produire l’éclipse complète, aux points où elles dépassent le disque solaire.
- L’astronome anglais Baily a surtout étudié ce phénomène lors de l’éclipse du 15 mai 1856, et depuis son nom y est associé. D’une manière générale — et en n’insistant pas ici sur le phénomène très spécial de la goutte noire qui complique un peu le premier — l’anneau complet des grains de Baily apparaît chaque fois que le diamètre du Soleil est compris entre le diamètre lunaire minimum (fond des vallées) et le diamètre lunaire maximum (sommets montagneux).
- Cet anneau segmenté a été observé par un grand nombre de personnes. A Saint-Germain même, M. le Comte de la Baume Pluvinel, à la station duquel nous avions été aimablement invité à suivre l’éclipse, a très bien vu, projeté sur la fente de son spectrographe, cet anneau complet. Ajoutons que cette observation est venue confirmer très heureusement ce qu’écrivait M. de la Baume Pluvinel (h’Astronomie, avril 1912, p. 167) que « dans les points de la ligne centrale situés en France, à l’Ouest de Paris, on aurait le spectacle assez curieux d’un véritable chapelet de grains de Baily entourant le disque noir de la Lune ».
- Ligne centrale de l’Eclipse. — Nous avons insisté (n° 2025) sur les différentes trajectoires .données par le calcul, suivant les éléments adoptés, et avons donné (p. 260), pour la région parisienne, une carte montrant leur position sur le sol. On sait maintenant, très exactement, où est passée la ligne joignant les centres du Soleil et de la Lune. Les photographies montrent que Saint-Germain était presque rigoureusement sur cette trajectoire si discutée (fig. 19 et 20). Mais il y a mieux. On a vu passer cette ombre sur le sol.
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- Des ascensions aérostatiques étaient organisées sous les auspices dû. Bureau des Longitudes, sur la ligne de centralité. Le vice-amiral Fournier et le colonel Bourgeois, membres du Bureau des Longitudes, à bord d’un ballon dirigeable, et le capitaine Dupic, du Service géographique de l’Armée, à bord d’un ballon captif, ont vu l’ombre de la Lune passer sur le sol, comme une tache sombre de 2 à 4 kilomètres de diamètre. L’observation est d’autant plus intéressante que les deux ballons étaient, à une assez grande distance l’un de l’autre.
- Les limites de cette ombre, ont pu ainsi être repérées sur le sol, et elles montrent que la ligne centrale de l’éclipse doit être placée à égale distance des trajectoires de la Connaissance des Temps et de F American Ephe-meris (voir notre carte, p. 260).
- L’incertitude — nous n’employons pas intentionnellement le mot erreur — existant entre la trajectoire de notre éphéméride nationale et la réalité, était ainsi de 1800 mètres!
- Une telle précision, pour qui comprend la valeur des nombres, est tout simplement admirable et fait le plus grand honneur aux calculateurs du Bureau des Longitudes.
- Et elle suffit à ridiculiser les affirmations un peu trop répandues, à l’approche de l’éclipse, dans la presse quotidienne, des prétendues erreurs commises par notre Bureau national des calculs.
- Phases partielles de l’Eclipse. — Nous dirons peu de chose des phases partielles de l’éclipse, que représentent les photographies ci-contre (fig. 5 à 18). Tout le monde a pu les observer,. On a été généralement frappé de la faible diminution de la lumière du Soleil, qui ne s’est réellement manifestée que
- lorsque l’éclipse était déjà fort avancée. C’est là une éclatante constatation de la. puissance de l’énergie solaire, lumineuse et calorifique. La température a fortement baissé pendant l’éclipse (5° environ).
- En dehors de la ligne centrale, les observateurs ont été frappés de la rotation rapide de l’étroit croissant solaire visible au moment de la plus grande phase. D’après la plupart des personnes interrogées, cette rotation du Sud-Est au Sud-Ouest du disque solaire s’est accomplie en 2 à 4 secondes. Elle a été très frappante (fig. 5, 4 et 26).
- Des grains de Baily ont été observés aux cornes du croissant solaire au moment de la plus grande phase et M. Qué-nisset en a photographié à l’observatoire Flammarion de Juvisy (fig. 4) oùla grandeur de l’éclipse était de 0,990 seulement.
- Observations diverses. — Au moment de la phase centrale, on a pu voir les parties basses de la couronne solaire et quelques protubérances.
- Les photographies montrent mieux ces phénomènes, et on a pu les obtenir sur les clichés, même en dehors de la ligne centrale, ou encore sur celle-ci, avant et après la plus grande phase. La figure 2, obligeamment communiquée par M. Quénisset, avec l’autorisation de M. Flammarion, est particulièrement intéressante à ce point de vue. On voit très bien, en haut, le bord circulaire de la Lune projeté sur les parties basses de la couronne solaire, et une protubérance double. L’énorme tache blanche de la moitié inférieure de la figure est due à la surexposition considérable du croissant solaire restant visible à Juvisy, au milieu de l’éclipse, pendant la
- Fig. i à 4.— Photographies de l’éclipse de Soleil du 17 avril 1912 obtenues à l’Observatoire Flammarion de Juvisy, par M. F. Quénisset. — Fig. 1. Phase de iih5çm montrant les aspérités du bord lunaire et la décroissance de lumière au bord du Soleil. — Fig. 2. Plus grande phase, à I2h iom 20 , montrant deux grandes protubérances et les parties basses de la couronne solaire, au limbe boréal {Villumination de la partie inférieure provient de la forte surexposition du croissant solaire restant visible à Juvisy) ("0,990). — Fig. 3 et 4. Phases de i2h iom 20s et I2h iom 2ÔS, révélant la rotation rapide du croissant solaire après la phase maxima.
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- pose qui a été de près d’une seconde, avec un objectif très lumineux.
- A Saint-Germain, notre savant collègue, M, E.-M, Antoniadi, a pu observer les ombres volantes sur un drap étendu sur le sol, et en prendre un très beau dessin (fig. 27). Ces bandes étaient irrégulières, avaient environ 2 cm de largeur ; elles étaient enchevêtrées, d’intensité inégale-,—ve-
- naient, avec le vent, de la direction du Sud et volaient, en serpentant, à 15 kilomètres à l’heure. On a remarqué encore la netteté particulière des ombres lorsque le Soleil a été réduit à un étroit j croissant. ' ; -H* 20™
- La planète Vénus1 a été vue pendant plus d’un quart d’heure, brillant d’un vif éclat, au Sud-Ouest du Soleil.
- Heures des contacts. —
- L’heure des contacts a été un peu en avance sur l’heure calculée et semble s’accorder avec les temps donnés par VAmerican Epheme-ris. Cette légère avance de l’éclipse — quelques secondes — a pu occasionner quelques troubles dans la prise des photographies au moment de la phase centrale.
- Pour connaître les heures de ces contacts avec une grande précision, il faudra attendre la publication des résultats des mesures qui vont être entreprises sur les clichés.
- Cette détermination se fera avec une grande pré- 12" 9™ ± cision, grâce à l’emploi du cinématographe.
- M. le Comte de la Baume Pluvinel a, en effet, photographié l’éclipse, au moment des quatre contacts, avec un cinématographe comportant un objectif à long foyer et un second objectif plus petit donnant une image d’un chronomètre. Ainsi chaque vue comporte, photographiée, l’heure où elle a été prise. Dans le ciné-
- matographe, les vues à 16 par seconde, il ner le moment des
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- Fig. 5 à 18. — Aspects successifs de l’éclipse du 17 avril 1912, avant et après la phase centrale (Phot. Prud'homme, à Noisy-le-Roi).
- de totalité probable,
- i. On trouvera clans le observations présentées à '
- 1912 .
- sont prises à raison de 14 sera ainsi facile de détermi-contacts avec grande précision.
- Missions scientifiques. — Un grand nombre de savants, d’astronomes, français et étrangers, sont venus observer cette éclipse. Nous nous bornerons à citer les stations de l’Observatoire de Paris à Cormeilles-en-Parisis (M. Bigourdan) ; de l’Observatoire de Meu-don, dans les jardins de l’Ecole d’Agriculture de Grignon (M. H. Deslandres). Nous avons déjà cité la station de M. de la Baume Pluvinel à Saint-Gërmain l1). Une intéressante expérience a été tentée, sous la direction de M. Maurice Fouché : les élèves de l’Ecole polytechnique, échelonnés par groupes de deux le long d’une ligne perpendiculaire à la trajectoire de l’éclipse, entre Trappes et Neauphle-le-Château, ont observé l’éclipse pour déterminer sur le sol ses limites géométriques. La ligne centrale résultant de ces observa- tions est tout à fait d’accord avec celle révélée par les photographies et les ascensions en ballon. Nous mentionnerons encore les ascensions aérostatiques très nombreuses et même quelques vols en aéroplane — ces derniers sans grande utilité, croyons-nous, pour l’étude de l’éclipse — et nous terminerons en nous éten-. dant un peu plus sur les travaux des stations établies par l’Observatoire de la Société astronomique de France. Les observateurs qui fréquentent cet établissement (ils nous excuseront de ne pouvoir les citer tous) ont occupé la moitié sud-est de la zone c’est-à-dire l’intervalle des
- ; présent numéro le résumé des l’Acacïémie des Sciences.
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- L ÉCLIPSE DE SOLEIL DU 17 AVRIL 1912
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- trajectoires du Bureau des Longitudes et de Y American Ephemeris.
- Us se sont répartis en 6 groupes, munis de nombreux appareils photographiques et de chronomètres, entre Noisy-le-Roi et Chave-nay. Les résultats sont les suivants : la centralité s’est produite entre les groupes 4 (Tuilerie-Bignon et Saint-Nom-la-Bretèche) et le
- une tache sombre se déplaçant
- Fig. iq et 20. — Vanneau des grains de Baily tout autour de la Lune photographié d’un point de la ligne centrale de l’éclipse (Terrasse de Saint-Germain). Remarquer la variation très rapide des grains de Baily, les deux épreuves ont été obtenues à une demi-seconde d’intervalle (Phot. A. Jarson).
- rapidement dans l’atmosphère et impossible à situer dans l’espace. On n’a pas vu d’ombres volantes.
- La courbe de température présente un parallélisme frappant avec la courbe théorique de diminution de lumière.
- Enfin, dans tous les groupes!, on a effectué les
- Fig. 21 à 25. — Aspects successifs des grains de Baily pour une station située un peu au Sud de j la ligne centrale (près de Noisy-le-Roi). L’éclipse est complète en haut du'disque (Phot. Prud’homme). 1
- groupe 5 (Saint-Nom-la-Bretè-che), où l’éclipse a été appréciée comme annulaire. Dans les autres groupes, on a jugé que l’éclipse était annulaire instantanée.
- Une minute avant la phase cen traie, on a commencé à voir les grains de Baily à la corne sud.
- Les protubérances solaires ont été vues, peu colorées, dont une particulièrement importante dans l’hémisphère nord (celle de la figure 2).
- La chromosphère a été peu apparente.
- Les parties basses de la couronne ont été vues (notamment par M.
- G. Fournier) et ont paru tourner à l’opposé du croissant solaire au moment de la rotation de ce dernier.
- On a vu Vénus pendant plus de 20 minutes et, dans deux groupes (n°‘ 2 et 5), une étoile filante.
- Le cône d’ombre de la Lune a été aperçu comme
- mêmes expériences photométrf-ques et le nombre total des pho*-tographies est voisin de 300.
- Nos lecteurs se rendront compte, par cet exposé forcémen t très bref, des multiples travaux engagés à l’occasion de ce phénomène, et de l’intérêt qu’il a présenté.
- Une telle éclipse, aux portes mêmes de Paris, constituait un spectacle très rare, attendu depuis longtemps, que nous avons contemplé peut-être avec un certain sentiment de regret en pensant que l’humanité actuelle aura presque complètement disparu quand, dans 87 ans, Paris reverra une éclipse semblable. Les grands phénomènes astronomiques comportent ainsi en eux-mêmes une leçon philosophique rappelant à l’homme son importance insignifiante dans la marche de l’Univers. Em. Touchet.
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- Fig. 26. — Photographies prises de i2h3m à i2h25m avec un objectif i3 x 18 dédoublé, montrant les diverses positions du croissant solaire (Phot. V. Ber-, tr.and, à Saint-Mau?-).
- Fig. 27. — Ombres volantes sur le sol observées à Saint-Germain-en-Laye, à 'l’approche de la phase centrale, par M. E. M. Antoniadi.
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- L’ÉCLIPSE DE SOLEIL OBSERVÉE DANS LES PYRÉNÉES
- En dehors de la totalité (trop courte et incertaine le 17 avril) les phases de l’éclipse partielle offrent de nombreux sujets d’observations, qui ont été indiqués ici même (1). Dans les Basses-Pyrénées où la phase atteignait 0,93 il était possible de se placer à une assez haute altitude, pour profiter d’une plus grande transparence du ciel, condition favorable, entre autres, à la visibilité possible du contour de la Lune en dehors du Soleil, aux mesures actinométriques et aussi à la variation de l’éclairement, aux changements de coloration des paysages blancs de neige, se prêtant mieux que tous autres à ce genre de constatation.
- Fig. i. — Le bord septentrional visible au dehors du Soleil sur les Parties basses de la couronne.
- Assisté de M. Bourgeade (avec lequel j’ai parcouru maintes fois déjà cette région) je m’étais installé au Soum de Lèche (1800 m.) entre les pics d’Orhy et d’Ànie; un immense panorama se découvre depuis ce point, et la neige n’a pas fait défaut, un retour offensif, après une période de fonte prématurée, l’ayant ramenée en abondance le 15 avril en même temps que nous installions notre station.
- Le phénomène a été suivi en entier comme durée, mais avec quelques intermittences; une heure avant le premier contact nous étions en pleine bourrasque de neige et des nuages un peu plus élevés que nous passaient, chassés par le vent du Sud. À l’aide d’une exellente petite lunette de Vion, de 50 millimètres d’objectif les observations visuelles ont été effectuées soit directement, soit par projection, à l’intérieur
- 1. Voy. n° 2025, du 16 mars 1912.
- d’une tente obscure permettant d’examiner l’image projetée avec toute sa finesse et tout son éclat. J’ai essayé pour ces projections des écrans, outre le blanc, diversement teintés à l’aniline; dans les instants de grande pureté l’orangé, atténuant la clarté bleue du ciel visible en même temps que l’image solaire, m’a paru le plus favorable et c’est grâce à lui que j’ai aperçu vers Fig. 2. — Montagne lunaire dé-11 h. 40 le bord formant la pointe du croissant.
- de la Lune, au
- nord, se profilant hors du Soleil, sur les parties basses de la couronne (fig. 1).
- A aucun moment je n’ai pu saisir le contour entier du globe lunaire.
- L’observation oculaire avec un grossissement de 65 fois était remarquablement nette parfois. De hautes montagnes se profilaient au bord delà Lune, l’une d’elles surtout ayant provoqué une déformation apparente de la corne du croissant solaire. Dans certaines éclipses antérieures on avait cru enregistrer des déformations attribuées à une réfra-tiôn à travers l’atmosphère de notre satellite ; sans rejeter cette possibilité, et malgré la .différence très nette existant entre les deux ordres de phénomènes, le seul effet des montagnes suffit à expliquer le tout si l’image est un peu onduleuse. C’est précisément ce que j’ai observé et l’apparence,montrée par la figure 2, se transformait en pointe rejetée vers le dehors lorsque l’image cessait d’être parfaite.
- Mais dans les moments de calme tout paraissait absolument géométrique, et les bords solaire et lunaire, dont parfois aussi on a soupçonné l’inégale netteté, étaient aussi découpés l’un que l’autre.
- L’instant précis de la plus grande phase, un peu avant midi, a été manqué.
- Alors que la phase allait atteindre 0,8 le ciel devint blafard. A llh 50 en regardant vers W.,
- Fig. 3. — Photographie du Soleil montrant la grande différence d’intensité du centre et des bords.AB,grandeur de l'éclipse.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- direction dans laquelle l’e'clipse devenait de plus en plus importante, le bleu du ciel était ardoise foncé, et les sommets neigeux, ainsi que les nuées accumulées çà et là, prenaient une teinte sinistre comparable tout à fait à celle donnée par les verres de lorgnons appelés vulgairement fumés.
- Les grandes surfaces de neige se prêtent admirablement à ces remarques. A ce moment (est-ce une coïncidence?) le vent cessa de souffler, et un immense calme enveloppa ce paysage déjà morne et froid par lui-même : l’impression fut grandiose, inoubliable.
- Inversement, alors que la phase revint aux environs de U,8, ciel et terre reprirent leur aspect et couleur normaux.
- Des photographies des mêmes points ont été prises avec un block-notes Gaumont, toutes conditions d’exposition égales. Le contraste est surprenant (fig. 4), bien plus exagéré que pour la vision ocu-
- intensité, double condition tout à fait conforme au contraste photographique.
- Ce contraste si marqué entre les bords et le centre se retrouve dans le rayonnement calorifique. L’état variable du ciel n’a pas permis malheureusement les observations suivies que je comptais effectuer avec un thermomètre noir placé dans une enceinte à température constante et sur lequel un objectif concentrait l’image solaire. A titre d’indication seulement je mentionne les chiffres obtenus : alors qu’avant 11 heures (phase insignifiante) l’instrument s’équilibrait rapidement aux environs de 50°, on enregistra dans les mêmes conditions 5° zh à midi (phase max. à peine dépassée).
- Pour les mêmes raisons, combinées avec le déplacement rapide des masses d’air, le thermomètre à l’air libre, à l’ombre, a subi de nombreuses fluctuations tout en ayant baissé de -f- 3°,5 à •— 1°,2, refroidissement qui persistait encore une demi-heure
- Fig. 4. — Le Pic d'Arias, photographié en pleine lumière et au moment de la phase maximum.
- laire, mais il confirme la différence d’intensité photogénique des bords et du centre du Soleil, rappelée ici pour comparaison par la figure 5, photographie ordinaire sous laquelle a été tracée la phase maximum de l’éclipse; on se rend compte qu’en plus de la réduction de la surface éclairante, elle possède surtout une qualité très inférieure au point de vue
- après la plus grande phase. Dans la plaine, à Mau-léon, où des observations thermométriques très soignées ont été faites par M. C. Dufau, même remarque encore à cause des nuages ; la température maintenue aux environs de 14°, entre 10h50 et 111150, a atteint un minimum de 12°,(i après la phase centrale. Lucien Rudaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 15 et 22 avril 191a. — Présidence de MM. A. Guyon et Lippmann.
- Le manganèse dans le sang. — 31. Roux expose que la question de l’existence du manganèse dans le sang de l’homme et des animaux, en raison de son importance physiologique et médicale, a donné lieu à de nombreuses recherches, mais que ces recherches ont donné des résultats contradictoires. MM. G. Bertrand et Medigreceanu, au moyen d’une méthode de dosage extrêmement sensible, ont repris lés expériences. Ils ont bien dosé le manganèse dans le sang, mais en quantité bien moindre qu’on croyait l’y rencontrer. Il n’y aurait guère, en effet, que quelques centièmes de milligramme de manganèse par litre de sang, et ces traces sont contenues dans le plasma. Les globules en renferment à peine et l’hémoglobine en est dépourvue.
- L’homme néolithique. — 31M. Edouard Hue et Marcel Baudouin exposent qu’ils ont eu l’occasion d’étudier des vertébrés lombaires provenant de la sépulture de Ven-drest (Seine-et-Marne) qui est de l’époque de la pierre polie. Ils ont comparé les 3e et 5e vertèbres de cette partie du squelette avec un grand nombre de vertèbres de même nature provenant d’adultes de l’époque moderne. Des études sur la 5° vertèbre, il ressort que chez les hommes néolithiques de Tendrest il existe une inclinaison en bas, dans la proportion de 38,88 pour 100 tandis que chez les hommes actuels cette disposition n’existe que dans la proportion de 4,94 pour 100. Or cette inclinaison rapproche les hommes néolithiques des anthropomorphes, chez lesquels l’inclinaison en bas est
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- constante et plus marquée tandis qu’elle les éloigne des hommes modernes. Les auteurs ont constaté que la 3e vertèbre lombaire présente des apophyses transverses incurvées, comme chez les anthropomorphes et les quadrupèdes carnivores. Ils ont trouvé aussi qu’elle présente parfois un tubercule accessoire très développé, comme chez les singes et les quadrupèdes. En résumé ces trois caractères obligent à classer les néolithiques entre les anthropomorphes et- les hommes actuels.
- Les enfants arriérés. — M. E. Perrier analyse un nouveau travail de M. Raoul Dupuy relatif aux enfants arriérés. L’auteur démontre que les arriérés offrent des différences individuelles, mais qu’ils ont néanmoins des caractères communs qui permettent de rattacher à des causes identiques leur état d’infériorité physique, intellectuelle et sensorielle. Ces enfants sont tous des malades qui ont des troubles de la nutrition ou de la circulation. Ce sont des intoxiqués par des déchets organiques non éliminés ou des déminéralisés qui n’incorporent pas les matériaux alimentaires. Leur pression artérielle est basse, leur ossification retardée, leur sang appauvri. Pour remédier à cet état, M. Raoul Dupuy insiste à nouveau sur l’importance du traitement parles extraiis de glandes internes qui relèvent la pression artérielle, enrichissent le sang et rétablissent l’équilibre des échanges vitaux. L’auteur exprime le vœu qu’on crée en France, à l’exemple de nombreux pays étrangers, des écoles autonomes dans lesquelles les arriérés qui sont des malades curables pourraient être traités et instruits.
- Source thermale douée d'une radioactivité intense. — M. De Launay dépose une Note de M. Szilard sur la radioactivité des sources thermales de Saint-Lucasbad, près de Buda-Pesth. Ces sources sont extraordinaires pour leur débit dix fois supérieur à celui des sources de Gastein ou d’Aix en Savoie qui sont parmi les plus abondantes d’Europe. Elles apportent une quantité d’émanation équivalente à celle que donnerait un tiers de gramme de radium et les boues qu’elles déposent renferment deux cents fois plus de radium qu’un granit normal.
- La nouvelle étoile des Gémeaux. — M. Bigourdan présente une Note de M. Iniguez, de l’Observatoire de Madrid, sur le spectre de la nouvelle étoile apparue dans la constellation des Gémeaux. Le spectre d’émission est formé de raies brillantes et de bandes brillantes. Ces raies sont surtout celles de l’hydrogène ainsi que la raie K du calcium.(Elles ont révélé des variations considérables d’intensité et ont été parfois comme dédoublées par l’apparition dans leur milieu d’une raie d’absorption. Les bandes brillantes ont présenté aussi des variations considérables d’éclat et d’étendue, principalement celles situées dans le bleu. Le spectre d’absorption a montré aussi des variations considérables.
- La température de l'air et la nébulosité. — M. Lemoine résume un travail de M. Henri Perrotin sur la représentation de la température de l’air en fonction de la nébulosité.- Lorsque les mouvements généraux de l’atmosphère sont très faibles, la température de l’air doit dépendre presque uniquement de la quantité de chaleur qui arrive au sol et de celle qui est rayonnée par lui. On doit donc pouvoir rattacher la température de l’air à la nébulosité, lorsque l’atmosphère est calme, surtout en juillet. M. Perrotin a relevé pour 23 stations de l’hémisphère nord la . température et la nébulosité en juillet pendant 30 ans. Puis, il a pris la température pour abscisse et la; nébulosité pour coordonnée et a constaté que les points correspondant à ces deux coordonnées se dis-
- tribuaient, pour chaque station, sur une ligne droite. Ainsi la température est une fonction linéaire de la nébulosité. Les variations de la température en un même lieu sont donc proportionnelles aux variations de la nébulosité. De plus, à la même latitude, dans l’hémisphère nord, la température est sensiblement identique.
- L'éclipse du 11 avril. — M. Bigourdan communique les résultats des observations de l’éclipse solaire du 17 avril qu’il a faites près du fort de Cormeilles ainsi que celles effectuées dans le même lieu par MM. Eyme-ric et Fabry. Il est à remarquer que le l”r contact a été plus difficile à observer. L’écart entre les appréciations extrêmes de l’inslant du phénomène a été de 15seo. Pour le 5° contact cet écart n’a été que de 2S,C, et pour le 4°, de 4se0. On peut juger, par les nombres obtenus, de la précision avec laquelle il avait été annoncé. Pour la ligne de centralité, la Connaissance des Temps ia faisait passer par exemple par le Pecq, en réalité elle a passé à 1800 mètres de là, à Saint-Germain. Aucune des autres grandes éphémérides n’avait annoncé plus exactement la position de cette ligne. Quant à la durée de l’éclipse la Connaissance des 7’empsla donnait dans deux hypothèses : pour un diamètre lunaire ancien que l’on savait être un peu trop grand et pour un diamètre plus petit de 1/1000 environ. Le calcul opéré avec ce second diamètre indiquait pour les environs de Paris une éclipse annulaire d’une durée de 4 à 5 secondes en accord parfait avec les observations de MM. Bigourdan, Eymeric et Fabry. M. Bigourdan communique également les résultats des observations de l’ombre de l’éclipse faites en ballon par l’amiral Fournier, le colonel Bourgeois et le ca-pilaine Dupic. Ce sont ces observations, qui ont fixé la position de la ligne de centralité. M. Baillaud expose ensuite les résultats obtenus par les observateurs postés aux stations qu’il avait organisées en qualité de directeur île l’Observatoire de Paris, ainsi que les résultats obtenus par les astronomes des observatoires de Besançon, Bordeaux, Marseille et Nice. Par ces résultats on voit que l’éclipse n’a été totale nulle part en France. L’abbé Yerschaffel, à l’observatoire de l’Institut d’Abbadia, a eu un ciel couvert. M. Ch. André à Lyon a organisé une cinématographie du phénomène. Six mille photographies ont été tirées, au nombre de 1500 pour chaque contact, avec un intervalle de 05o%1. M. Deslandres communique le résultat des observations des astronomes de l’observatoire de Meudon. II y a lieu de retenir que, contrairement à ce que l’on espérait, la couronne solaire n’a pu être aperçue.
- Accélération des fermentations. — M. Laveran rappelle que M. Trillat a montré l’influence favorable sur le développement des microbes de la présence de certains composés gazeux dans l’atmosphère. D’après de nouvelles recherches de M. Trillat, la cause de cette influence doit être rapportée aux effets très connus d’une association microbienne. Pour en faire la démonstration, l’auteur s’est adressé au' Bacillus proleus, qu’il a associé au ferment lactique et au Bacillus prodigiosus. Dans les deux expériences, on constate que ces germes, lorsqu’ils sont associés, multiplient beaucoup plus rapidement que lorsqu’ils croissent isolés. Les émanations gazeuses du proteus agissent comparativement de la même façon que les gaz putrides en l’absence du microbe. M. Trillat conclut qu’en résumé l’action des ambiances favorisantes est une manifestation indirecte d’une association microbienne.
- Ch. de Yiluîeeuie.
- (A suivre.)
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2032.
- 4 MAI 1912.
- TRACES FOSSILES D’AUTOTOMIE
- Dans certains dépôts géologiques, il existe des fossiles très curieux. Ce sont des Crustacés, des Cal-lianasses, dont on ne retrouve que les pinces, le reste du corps étant très rarement conservé ou même inconnu.
- A. Milne-Edwards a bien étudié ces Callianasses et, d’après la forme des pinces, a distingué plusieurs espèces, dont quelques-unes connues avant lui :
- Callianassa Faujasi qui abonde dans la craie tuffeau de Maestricht, C. IIe-berti et C. macrodactyla qu’on trouve dans les sables de Beauchamp du bassin de Paris, C. anti-cpia delà craie de Bohème,
- C. cenomanensis des grès verts du Maine, C. pari-siensis qu’on a retrouvée dans le sous-sol du Troca-déro, à Paris, etc.
- Comment expliquer que ces animaux ne soient représentés que par des pinces, souvent extrêmement abondantes. Milne-Edwards qui s’était posé cette question vers 1870, avaitpensé quelecorps des Callianasses était trop mou pour s’être fossilisé et que seules les pinces dont l’enveloppe est résistante s’étaient conservées. Cependant, il existe encore aujourd’hui des Callianasses vivantes et celles-ci ont tout leur corps recouvert d’une enveloppe chitineuse à peu près aussi résistante que celle des Crevettes et
- Fig. i. — Fossiles de Callianassa Faujasi, de la galerie de paléontologie du Muséum, j1).
- Fig. 2. — Aspect d’une Callianasse actuelle, Callianassa stebbingi, vivant dans le sable des côtes de la Manche.
- qui, par suite, aurait dû fort souvent laisser sa trace à côté de celle des pinces.
- 1. Nous tenons à remercier M. le Professeur Boule de l’amabilité qu’il a eue de nous laisser photographier les échantillons de la galerie de Paléontologie du Muséum.
- Mais les Callianasses actuelles nous apprennent quelque chose de plus. Lorsqu’on les prend par une pince, elles l’abandonnent brusquement pour s’enfuir ; lorsqu’elles se trouvent plusieurs ensemble et que l’une d’elles saisit la pince d’une autre, celle-ci détache également sa pince pour se délivrer. Ce phénomène de défense est bien connu de tous les zoologistes qui l’ont observé chez nombre de Crustacés, les Crabes entre autres et qui lui ont donné le nom d’autotomie. L’abondance des pinces de Callianasses dans les dépôts géologiques ne serait-elle pas due à de multiples autotomies? On peut répondre à cette question par l’affirmative.
- En effet, le physiologiste belge Frédéricq, auquel nous devofis le mot d’autotomie, a étudié en 1882 ce phénomène et il a constaté qu’il n’est pas une vulgaire cassure comme celle qui serait due à une traction trop forte. Si l’on tire sur la patte ou la pince d’un crabe mort et qu’on essaie de l’arracher, elle se détache toujours à sa base, et le morceau enlevé contient toujours 6 articles, le plus proche du point de rupture ayant nom coxopodite. Si l’on fait, au contraire, la même opération sur un Crabe vivant ou même si l’on se contente de pincer légèrement la patte ou la pince, celle-ci vous reste entre les doigts, mais alors elle n’est pas entière : au corps restent attachés le premier article (coxopodite) et une partie du deuxième (basi-podite) ; la partie
- autotomisée ne comprend que quatre articles et demi, la rupture s’étant faite au milieu du deuxième (ischiopodite et basipodite).
- Fig. 3.-
- Mècanisme d’autotomie chez le Homard, Frédé-
- deuxième patte, montrant le lieu d'arrache ment
- 40e année.
- i'r semestre.
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- Le Crabe trouve un double avantage à cette opération sur lui-même : tout d’abord il peut échapper à l’ennemi qui l’avait capturé au prix de la perte d’un seul membre, il lui en reste alors 9 pour s’enfuir et le dixième repousse rapidement ; puis la rupture au milieu de l'ischiopodite ne détermine pas d’hémorragie grave, le muscle de cet article se contractant aussitôt et comprimant le vaisseau qui vient d’être déchiré.
- On peut donc facilement reconnaître un membre de Crustacé autotomisé. Or, les pinces de Callia-nasses fossiles que j’ai examinées, soit seul, soit en compagnie de M. Cardot, dans la galerie de paléon-
- tologie du Muséum, ont toutes quatre articles et demi au plus, toutes s’arrêtent à l’ischiopodife. On ne comprendrait pas que seule cette partie se soit fossilisée, comme le pensait Milne-Edwards, et que les articles basilaires aient toujours disparu, tandis qu’il est tout naturel de penser qu’on se trouve en présence de pattes autotomisées par un mécanisme semblable à celui qu’on observe chez les Callianass'es, les Crabes et d’autres Crustacés d’aujourd’hui.
- Voici donc une trace fossile d’un phénomène physiologique chez plusieurs espèces disparues.
- R. Legendre,
- Docteur es sciences, Préparateur de Physiologie au Muséum.
- L’ATTELAGE AUTOMATIQUE DES VÉHICULES DE CHEMINS DE FER
- Lors des manœuvres de triage et de composition des trains, les instructions prescrivent de n’opérer les attelages des véhicules qu’après l’arrêt complet
- Fig. i.— Plan schématique de l’attelage Boiranlt.
- de ceux-ci. Mais, en pratique, soit pour gagner du temps, soit pour toute autre cause, les hommes d’équipe pénètrent entreles véhicules avant l’arrêt complet. Il en résulte des accidents qui quelquefois sont mortels. Aussi, depuis longtemps déjà, a-t-on cherché un dispositif permettant d’opérer l’accouplement et le désac-couplement des véhicules soit auto matiquement, soit par une manœuvre faite ex-
- Fig. 2. — Position du balancier et du cliquet lorsque l’attelage n’est pas fait.
- térieurement sur le côté de la voiture.
- En Angleterre et en Amérique les Compagnies de chemins de fer se sont préoccupées depuis longtemps de cette question, et, même dans ce dernier pays, l’attelage automatique a été prescrit par une
- loi. En Angleterre, la question est encore à l’étude.
- Cette question de l’attelage automatique est très complexe et l’opinion des Compagnies de chemins de fer sur les avantages et les désavantages de cet appareil est très partagée.
- Sans prendre parti dans cette question, nous croyons cependant intéressant de faire connaître deux dispositifs récents : l’un, Fig..3. — Position du batan-
- l’attelage auto- Oier et du cliquet au moment
- matiqueBoirault, où Volage va être fait. adoptéparl’admi-
- nistration des chemins de fer de l’État français ; l’autre, l’attelage automatique Pavia et Casalis, exposé à Milan en 1906, et qui a été récompensé par un Comité nommé spécialement à l’occasion de cette exposition.
- Attelage automatique Boirault. —
- L’attelage automatique Boirault (fig. 1 à 5) se compose d’un f cadre extensible for-mé de deux glis- v, sières G entretoisées entre elles, de deux coulisseaux C mobiles par rapport à ces glissières et d'une Mg + _ PosUion du tête d accouplement balancier et du cliquet T pivotant autour de lorsque l’attelageestfait.
- deux tourillons supportés par l’extrémité des coulisseaux. La tête d’accouplement, entraînant les coulisseaux, est maintenue écartée des glissières par un ressort en spirale conique R s’appuyant sur l’entretoise des glissières.
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- ATTELAGE DES VÉHICULES DE CHEMINS DE FËR 371
- Des axes H traversant les glissières et les coulisseaux sans gêner leur mouvement relatif, limitent néanmoins l’extension du cadre sous l’action du ressort ou de l’effort de traction et transmettent celui-ci aux glissières.
- L’appareil est relié aux wagons par un axe A traversant les glissières et l’œil du crochet de traction ordinaire. Un étrier E, articulé sur les glissières, sert à suspendre l’appareil dans sa position horizontale lorsqu’on engage cet étrier dans le crochet de traction.
- La tête d’accouplement T (fig. 5) porte sur sa face avant deux oreilles 00 et deux ouvertures rectangulaires MM disposées diagonalement de telle sorte que lorsque deux véhicules s’accouplent, les oreilles de chacune des deux têtes en contact s’engagent dans les ouvertures de l’autre. Les oreilles 0 sont percées de trous cylindriques dans lesquels peuvent pénétrer les verrous P logés dans l’épaisseur des têtes d’accouplement. L’accouplement des deux véhicules est donc assuré par quatre verrous, dont deux appartenant à chacun d’eux pénètrent dans les trous de l’oreille de l’autre.
- Les deux verrous de chaque tête d’accouplement (fig. 2 à 4) sont commandés par un balancier B mobile autour d’un axe fixé sur la face arrière de la tête T et au centre de celle-ci. L’extrémité de ce balancier muni de sa chaîne se voit sur la figure 5.
- Le ressort en spirale conique R agit sur ce balancier de telle manière qu’il tend toujours à le faire tourner dans le sens qui correspond à la fermeture
- des verrous comme l’indique la flèche. Lorsque l’attelage n’est pas fait,, le balancier B (fig. 2) est calé dans la position qui correspond à l’ouverture des verrous par un cliquet D articulé sur le balancier et qui vient buter contre la saillie F de la tête d’accouplement (fig. 5). Il suffit, par suite, de sou-
- lever le cliquet D pour que les verrous se ferment sous l’action du ressort R.
- Le soulèvement du cliquet D (fig. o et 5) s’effectue automatiquement lorsque les oreilles 0 des têtes d’accouplement pénètrent dans les ouvertures M cor-
- Fig. 5. — Vue de la tête d'accouplement\ les verrous à demi fermés.
- respondantes au moment de l’attelage des véhicules, grâce à un plan incliné P, dont est munie l’oreille supérieure 0 de chaque tête d’accouplement. Il en résulte que, lorsque les oreilles ont complètement pénétré dans les ouvertures (fig. 4), les verrous P se ferment en traversant de part en part les ouvertures correspondantes des oreilles. L’accouplement des deux véhicules est donc fait automatiquement.
- Aux extrémités du balancier B sont attachées des chaînettes fixées d’autre part aux extrémités des traverses d’about du véhicule. En tirant sur l’une ou l’autre de ces chaînettes, on déplace le balancier B dans le sens inverse de la flèche de la figure o. Le cliquet D vient alors se remettre dans sa position primitive (fig. 2). Donc, pour défaire l’attelage de deux véhicules accouplés, il suffit de tirer simultanément ou successivement sur les chaînettes de ces deux véhicules, ce qui peut se faire d’un côté quelconque et sans pénétrer entre les tampons.
- Afin que les deux têtes d’accouplement se présentent toujours bien exactement l’une en. face de l’autre (fig. 1 et 5) les coulisseaux C portent deux pièces dé guidage dont l’une M a la forme d’un entonnoir et dont l’autre N vient s’engager dans l’entonnoir de l’appareil fixé à l’autre wagon.
- Fig. 6. — Vue représentant l'appareil Boirault avant l'accrochage, avec une différence de hauteur de tamponnement de 200 mm. {Expérience faite à Berne aux Chemins de fer Fédéraux.)
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- L’appareil possède en outre, à l’extre'mité des coulisseaux C, deux oreilles dans lesquelles on engage les crochets qui terminent les chaînes . de sûreté du véhi-‘ cule. Grâce à cette Idisposition les ; chaînes de sûreté ‘ se trouvent accouplées automatiquement par l’intermédiaire des têtes d’accouplement.
- L’axe A qui traverse l’œil du crochet de traction sert également d’axe de fixation du tendeur à vis ordinaire qui doit être conservé pour pouvoir atteler le véhicule à un autre muni seulement de l’attelage à tendeur.
- Pour effectuer un semblable attelage il suffit de décrocher les chaînes de sûreté, de soulever l’appareil Boi-rault en dégageant l’étrier E du crochet de traction et de laisser ensuite l’appareil retomber verticalement.
- Si, au cours d’une manœuvre, on veut envoyer un wagon sur un autre, sans que l’accouplement automatique s’effectue, il suffit de désarmer un des appareils en soulevant le cliquet D de manière à provoquer la fermeture préalable des verrous. Pour réarmer l’appareil il suffit de tirer sur une des chaînettes en rame-
- P\
- Fig. — Plan de l’attelage Pavia et Casalis.
- Fig. 8. —Attelage Pavia et Casalis avant l’accrochage.
- Fig. 9. — Attelage Pavia et Casalis après l’accrochage.
- nant ainsi le cliquet dans sa position normale. Le poids de l’appareil est d’environ 60 kg.
- Les têtes d’accouplement portent dans leur épaisseur, comme le montre la figure 5, des tubulures permettant de réaliser la jonction automatique des conduites pour les freins à air et le chauffage à la vapeur, en même temps que l’accouplement des véhicules.
- Attelage automatique Pavia et Casalis. — Cet attelage automatique dû à deux ingénieurs des chemins de fer de l’Etat Italien est constitué de la manière suivante :
- À l’extrémité de chaque véhicule se trouvent un appareil actif destiné à se relier à l’appareil passif d’un autre wagon, et un appareil passif monté symétriquement par rapport à l’axe du wagon, et appelé à recevoir l’appareil actif disposé sur le second véhicule à atteler*, Les éléments actifs sont indiqués sur la figure 7 par la lettre A, tandis que les éléments complémentaires sont désignés par B. La pièce active est constituée d’une tête pleine, munie de deux mâchoires qui peuvent tourner autour d’un pivot, tandis que la pièce passive est
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- L'ACCIDENT DU « TITANIC » ET LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL r—. 373
- une sorte de boîte de forme un peu spéciale présentant en avant une ouverture par laquelle doit pénétrer l’autre pièce; elle est munie intérieurement de deux solides arrêts ayant pour but de donner appui aux deux mâchoires dont nous venons de parler. Lorsque ces deux organes sont poussés l’un contre l’autre, la tête pénètre dans la boîte et les deux mâchoires, en tournant autour de leur pivot, viennent emboîter les arrêts dont sont munies les pièces passives. Pour empêcher le décrochage de l’appareil un levier à contrepoids placé à l’angle extérieur de chaque véhicule et de chaque côté permet d’agir, au moyen d’un doigt, sur un manchon qui vient, à son tour, emboîter solidement les deux
- queues qui terminent les mâchoires. Les deux véhicules se trouvent ainsi accouplés automatiquement. Si l’on veut désaccoupler les deux véhicules, il suffit d’agir en sens inverse sur le levier, et par suite sur le manchon : rien ne cale plus les mâchoires de l’appareil actif. Et comme, d’autre part, elles sont constamment sollicitées par un contrepoids qui est placé au-dessous et qu’on aperçoit très bien dans les photographies (où il occupe une position sensiblement variable suivant que l’accrochage est fait ou non), les mâchoires s’ouvrent, et les véhicules se trouvent dételés et resteront ainsi tant qu’on ne modifiera rien à la position des leviers.
- R. Bonnin.
- CHRONIQUE
- Nouveau canon géant de la maison Krupp. —
- La maison Krupp (Essen) vient de construire un canon dont les dimensions dépassent tout ce qui s’est fait jusqu’ici. Tandis que les plus grands mesuraient 55 cm 5 de diamètre, l’âme de celui-ci présente une ouverture de 38 cm et une longueur de 20 m. de la bouche à la culasse. Le poids total de cet engin meurtrier est de 102 800 kg, celui de son obus 750 kg dont 315 kg de poudre. La vitesse de projection de l’obus au sortir de l’embouchure s’élève à 942 m. par seconde, fournissant une force de pénétration suffisante pour traverser une plaque de blindage d’acier de 135 cm d’épaisseur. Les Anglais n’ont qu’à se bien tenir ! ! !
- Nouvelle illusion due au croisement des doigts. — Tout le monde connaît l’illusion d’Aristote : elle consiste en ce que, lorsqu’on place sous la pulpe de deux doigts croisés une petite boule, on a l’illusion d’en toucher deux complètement distinctes. Rivers a signalé une illusion inverse : les deux doigts étant croisés comme dans l’expérience d’Aristote, si l’on touche en même temps avec deux minces baguettes les deux bords des
- doigts qui normalement sont contigus, et qui sont placés latéralement quand les doigts sont croisés, on a l’illusion de toucher une seule baguette située entre les deux doigts.
- Le Dr Ponzo (Giornale délia R. Accademia di Medi-cina di Torino) vient d’imaginer un dispositif qui permet de constater facilement l’illusion et de mettre en évidence ses causes. L’appareil comprend un socle en bois sur lequel deux tiges portant chacune un demi-cercle de laiton peuvent glisser le long
- d’un guide métallique. En appuyant sur ces deux demi-cercles convenablement écartés l’extrémité des doigts croisés et en fermant les yeux, on a l’impression de tenir entre les deux doigts un anneau fermé.
- Cette dernière illusion, comme les précédentes, s’explique facilement par la représentation que nous avons de la position normale de nos doigts, représentation qui persiste même quand nous les déplaçons, si les impressions visuelles ne viennent pas nous prévenir de cette anomalie et supprimer notre illusion.
- L’ACCIDENT DU « TITANIC » ET LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- A 10 heures 25 du soir (heure de New-York), le dimanche 14 avril, le paquebot Titanic, transportant 2500 passagers et hommes d’équipage, a heurté un iceberg par 41° 46' de latitude nord et 50° 14' de longitude ouest.
- Le Titanic était muni de la télégraphie sans fil, il s’est immédiatement mis en communication avec tous les navires environnants.
- Bien que le navire ait mis plus de 3 h. 1/2 à couler alors que 1500 personnes se trouvaient encore à bord, aucun paquebot n’a eu le temps d’arriver sur les lieux de la catastrophé avant l’immersion du Titanic.
- Il y a lieu de se demander si le hasard a voulu qu’aucun navire ne se trouvât suffisamment rapproché pour arriver à temps, ou si des fautes professionnelles ont été commises.
- L’enquête de la Commission américaine a révélé certaines pratiques étranges dont la responsabilité incombe aux Compagnies de navigation et aux Compagnies d’exploitation radiotélégraphique.
- Au moment où le choc du Titanic contre l’iceberg s’est produit, les navires les plus rapprochés et dont les positions-sont indiquées sur notre croquis, étaient :
- Le Californian..........à 16 milles.
- Le Carpatfiia...........à 90 —
- Le Mouni-Temple.... à 50 —
- Le Frankfurt............à 140 —
- Le Californian et le Carpathia sont des navires relativement rapides. Le Carpathia se trouvait à environ 5 heures du Titanic et le Californian à moins de 2 heures.
- Le Mount-Temple est un bateau lent qui ne pouvait arriver sur les lieux de la catastrophe qu’environ 4 h. 1/2 après, le Frankfurt devait arriver 6 heures après.
- Tous ces navires étaient munis de la télégraphie sans fil, et à part le Frankfurt, tous les autres avaient des postes de télégraphie sans fil exploités par la même Compagnie, la Compagnie Marconi.
- Normalement, si l’on suppose les règlements observés
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- 374 = L'ACCIDENT DU « TITANIC »
- et si l’on tient exactes les déclarations de la Compagnie d’exploitation inscrites sur le registre international radio-télégraphique de Berne, qui se trouve dans chaque cabine radiotélégraphique, le navire Californian devait entendre les signaux de détresse et arriver à temps sur les lieux de la catastrophe.
- En effet, ce navire est inscrit avec la mention : service radiotélégraphique permanent, poste de rayon d’action de 45o kilomètres (Nomenclature de Berne du 15 avril 1911).
- D’après le rapport du capitaine, le service radiotélégraphique était arreté à bord. On ne nous dit pas si les appareils n’étaient pas en état de fonctionnement ou si les télégraphistes n’étaient pas à leur poste.
- En tout cas, il y a faute, et cette faute a coûté la vie à 1500 personnes.
- Des nouvelles explications arrivées récemment de New-Cap Race
- Banc de /
- \ Terre-Neéve
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- CAR PAT H IA"
- 'CALIFORNIAN1
- "MOUN T TEMPLE ‘
- Carte montrant la position relative du « Titanic » lors du naufrage et des navires les plus voisins.
- York, nous font connaître que les machines du bord se trouvaient arrêtées et que, par conséquent, le poste de télégraphie sans fil « ne recevait aucune énergie ». Il n’y a pas lieu de prendre en considération une pareille information; on ne saurait admettre, en effet, que le courant électrique puisse être interrompu à bord, même si les machines motrices sont arrêtées : l’électricité étant nécessaire pour l’éclairage et dans une proportion d’énergie au moins 10 fois supérieure à celle demandée pour la télégraphie sans fil. D’ailleurs, il se trouve à côté du poste principal un poste (radiotélégraphique de secours qui permet la communication à faible distance (environ 50 railles) même dans le cas où tout est arrêté à bord par suite d’un accident. -
- Il résulte aussi de l’enquête américaine que le télégraphiste du Titanic et celui du Frankfurt se sont disputés alors que le temps était si précieux en pareille circonstance. Néanmoins, le Frankfurt se porta sur les lieux de la catastrophe, mais il arriva trop tard. Le Carpathia, arrivé lui-même après l’immersion, se trouvait déjà sur les lieux de l’accident.
- Quant au Mount-Temple il arriva aussi trop tard. Il
- ET LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL r:.--:
- est certain que le seul qui pouvait arriver à temps était le Californian.
- En tout cas, l’arrivée du Carpathia a permis de recueillir 865 passagers qui auraient pu errer longtemps sur les flots et mourir de froid ou de faim avant de rencontrer un navire sans le secours de la télégraphie sans fil. Celle-ci a donc sauvé un grand nombre de personnes et peu s’en est fallu qu’elle sauvât tout le monde; ceci serait même infailliblement arrivé si les règlements d’exploitation avaient été rigoureusement observés.
- La leçon se dégage immédiatement. La télégraphie sans fd doit être installée sur tous les navires portant des passagers et l’exploitation doit être faite sérieusement.
- Si la catastrophe s’était produite sur une ligne française d’Afrique ou d’Extrême-Orient et sur lesquelles aucun de nos paquebots n’est muni de la télégraphie sans fil, tout le monde aurait péri. Il y a là un état de choses qui met notre pays en état d’infériorité vis-à-vis des autres nations civilisées.
- Qu’un malheur comme celui du Titanic vienne à frapper un de nos paquebots, quelle émotion dans le pays; les plus vives critiques se feraient immédiatement entendre dans la presse et au Parlement ; et l’on pourrait, avec raison, parler de négligence nationale. Les chiffres le démontrent avec une brutale éloquence.
- Sur 300 paquebots français qui transportent de nombreux passagers, 52 seulement sont munis de la télégraphie sans fil, tandis qu’il existe 500 navires anglais et plus de 300 navires allemands munis d’appareils radio-télégraphiques.
- La République Argentine, l’Uruguay, les États-Unis imposent aux navires transportant des passagers l’usage de la télégraphie sans fil. A ceux qui n’en sont pas munis, ils ferment leurs ports. Chez nous, un décret à peu près semblable est en préparation depuis près de deux ans, mais rien n’est encore décidé.
- Quant aux Compagnies de navigation, elles considèrent que la télégraphie sans fil coûte cher. Pour les lignes des États-Unis, où il est impossible de s’en passer, les armateurs mettent à bord des vieux postes à bobine d’induction, ou des postes à faible portée et ne donnant même pas une émission musicale, de telle sorte que l’exploitation est précaire.
- Il est donc indispensable que tous nos navires à passagers soient munis, sans délai, de postes de T. S. F., et, il faut aussi que la responsabilité des Compagnies soit engagée au cas où le service serait défectueux. Actuellement on relève dans cette organisation, là où elle existe, de graves défauts : nombre insuffisant des télégraphistes, sont souvent fort mal payés (100 francs par mois sur certains navires) ; on voit certains d’entre eux refuser de donner des nouvelles pour les vendre aux journaux qui leur demandent des informations ; on sait aussi que certains postes refusent de recevoir, même dans des cas 1 graves, les radiotélégrammes émanant des postes d’une autre Compagnie. C’est là une forme de la lutte commerciale, une tentative de monopolisation, dont l’effet le plus certain est de provoquer, quelque jour, des deuils irréparables.
- Il importe de mettre fin à tout monopole, d’imposer dans chaque pays un contrôle sévère et à tous les postes, sans distinction de nationalité ou de système, une réglementation unique. Telle est l’œuvre qui s’indique d’elle-même à la Conférence internationale radiotélégraphique qui va s’ouvrir à Londres au mois de juin prochain,
- R. Viu.r.ns.
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- LA SENSIBILITÉ DES PLANTES
- M. Merle se demandait récemment dans La Na- I causa un véritable étonnement par cette déclaration ture, à propos des animaux, jusqu’où allait leur | que « l’on est fondé à croire que les plantes possè-
- Fig. i à 4. — Nénuphars : 1) à g h. du matin; 2) à midi; 3) à 4 h. du soir; 4) à 6 h. 3o du soir.
- intelligence et si on pouvait l’accorder à certains d’entre eux seulement ou à tous. Et voici que d’autres savants prétendent reconnaître sa présence même chez les végétaux.
- A vrai dire, ils feraient peut-être bien de définir ce qu’ils entendent par intelligence avant d’employer ce mot, et il ne semble pas qu’ils l’utilisent dans son sens habituel.
- Au premier rang de ces audâ-cieux spéculateurs" se trouve Francis Danvin, fils de l’auteur de L'origine des espèces !
- A une réunion de la British Association^), il
- 1. Septembre 1907.
- dent, sous une forme rudimentaire, ce qui, chez les hommes, est connu sous le nom de conscience ».
- Jamais encore les savants qui étudient la physiologie végétale ne s’étaient posé un pareil problème !
- Considérons quelques-unes des principales formes sous lesquelles les plantes manifestent leur « intelligence ». Ces manifestations, d’où quelques-uns ont conclu que, comme les êtres humains, les plantes sont douées de la faculté de penser peuvent être rangées dans deux catégories : mouvement et sensibilité, dont chacune demande à être examinée à part.
- Fig. 5 et 6. — Cactus dont les fleurs sont fermées à midi, ouvertes à minuit.
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- LA SENSIBILITÉ DES PLANTES
- L’exemple le plus simple de mouvement chez les plantes est fourni par les fleurs qui s’ouvrent et se ferment. Un grand nombre de plantes, afin de garantir leurs organes essentiels contre les effets nuisibles de la rosée, et aussi afin de conserver leur chaleur naturelle, ferment leurs fleurs à l’approche du soir, pour ne les rouvrir qu’au moment où le jour reparaît. Chose plus remarquable encore, beaucoup de fleurs, parmi lesquelles nous citerons la tulipe, ferment leurs pétales quand le ciel est nuageux, comme si elles savaient que la pluie est alors probable. Mettez une tulipe dans une pièce dont la température est inférieure à 15° : elle se fermera; élevez la température jusqu’à 20° : au bout d’un quart d’heure, elle sera ouverte; placez-la ensuite dans un endroit froid : elle se refermera (‘).
- L’anémone japonaise ne se contenté pas, pendant la nuit et quand le temps est sombre, de fermer ses pétales; pour plus de sûreté, elle se penche vers le sol. Le nénuphar ouvre ses fleurs le matin et les ferme le soir; il s’élève au-dessus de l’eau le matin pour recevoir les rayons du soleil et disparaît aux regards quand la basse; température de l’atmosphère menace de lui nuire (fig. 1, 2, 5, 4). ......-..
- Chose plus curieuse encore, il y a des plantes qui n’ouvrent leurs fleurs qu’au crépuscule ou pendant la nuit. Plusieurs varié-
- Fig. y et 8. — Cactus à midi et àjninuit.
- Fig. 9. — Le tabac n’ouvre ses fleurs blanches que quelques heures après le coucher du soleil (à droite); le jour, elles sont fermées (à gauche).
- tés de cactus n’épanouissent pas leurs fleurs avant minuit (fig. 5; 6, 7 et 8), et le tabac ne commence à ouvrir ses fleurs blanches que quelques heures après le coucher du soleil (fig. 9).
- Les feuilles de certaines plantes sont affectées à peu près de la même manière par les variations d’éclairement. Après le coucher du soleil, les feuilles du trèfle, abandonnant leur position horizontale, se penchent et se groupent autour de sa tige. Celles de la fève d’Espagne se comportent d’une
- manière analogue. Et dans le cas de cette remarquable plante des Indes qui est connue sous le nom de plante télégraphe, les feuilles, au crépuscule, se penchent tellement et se serrent si bien les unes contre les autres qu’il semble qu’elles cherchent à se garantir du froid (fig. 10). On observe un phénomène analogue dans le cas du Pithecolobiwn saman dont les feuilles commencent à se baisser quand il va pleuvoir (fig. 11).
- Dans leur recherche de l’humidité, de la lumière, de l’air, les racines des plantes manifestent aussi des « facultés perceptives très développées ». Elles savent écarter de petits obstacles; lorsque l’une d’elles rencontre une pierre qu’elle ne peut pas déplacer, la partie qui croît se met à s’infléchir, et généralement la petite racine contourne la pierre et poursuit son chemin. » (*).
- La Potentille fournit un
- 1. Darwin (Francis). — Pratical Physiology of Plants, 1895. Cambridge Vniversity Press.
- Fig. io. — La plante télégraphe (Desmodium gyrans) dont les feuilles se penchent et se serrent les unes contre les autres au crépuscule.
- 1. Scott Elmot (G. F.).— Nature Studies, 1903, p. 120. (Blackie et Son, Londres.)
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- LA SENSIBILITÉ DES PLANTES
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- exemple remarquable de cette faculté merveilleuse. I 11 est extrêmement instructif d’observer comme elle J
- Fig. ii. — Pithecolobium saman dont les feuilles commencent à se pencher quand il va pleuvoir.
- trouve infailliblement les endroits où prendront le mieux racine les petites plantes qui se développent de distance en distance sur ses tiges rampantes (fig. 12).
- Une plante bien connue (Mimosa pudica) fournit un exemple frappant de sensibilité — propriété que toutes les plantes possèdent à un degré plus ou moins élevé. La feuille manifeste plus nettement que toute autre ce qu’on appelle le mouvement périodique (fig. 13 et 14). Cette feuille est composée d’un long pétiole portant quatre folioles pennées, dont chacune est formée elle-même d’un pétiole secondaire garni d’un grand nombre de petites folioles de troisième ordre. La structure et les fonctions de cette plante complexe et bizarre ont été l’objet des recherches les plus approfondies d’un certain nombre de savants, parmi lesquels il convient de citer Paul Bert, Brücke et Palladine (l), dont il est indispensable de consulter les remarquables
- de sensibilité et de mouvements. On pourrait aisément en allonger la liste.
- Reste à savoir si, comme le croit Francis Darwin, ce sont là des preuves d’intelligence, ou tout bête-
- Fig. 12 — La polentille qui trouve les endroits où prendront le mieux racine les petites plantes qui se développent de distance en distance sur ses tiges rampantes.
- ment des actions mécaniques et physico-chimiques. • Et, malheureusement, de nombreuses expériences
- Fig. i3 et 14. — Mimosa pudica montrant deux positions différentes des feuilles.
- travaux si l’on veut se faire d’elle une idée exacte.
- . Voici donc un certain nombre de plantes capables
- 1. Palladine (V), professeur à l’Université de St-Pétersbourg. — La, Physiologie des Plantes, 1902. (Masson et Cio, Paris.)
- semblent prouver nettement que ce n’est que cela et qu’il y aurait abus à employer notre langage psychologique pour expliquer ces phénomènes.
- Frédéric Legs.
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- L’EXPOSITION D’AVIATION DE BERLIN
- Une Exposition d’aviation s’est tenue ces jours-ci à Berlin. Elle atteste sans contredit d’énormes progrès dans l’industrie aérienne en général et dans l’industrie aérienne allemande en particulier. Ces progrès sont d’autant plus remarquables que la construction des plus « lourds que l’air » ne jouit pas en Allemagne de la protection officielle ni du concours des grands industriels comme celle des dirigeables. Ce n’est que tout récemment que l’une des grandes maisons d’électricité, l’A. E.
- G., s’est adjoint une section destinée à la construction des aéroplanes.
- Il est juste aussi de faire remarquer que, malgré le nombre de plus en plus grand de constructions allemandes, l’industrie d’aviation d’outre-Rhin est encore en partie tributaire de l’étranger.
- Parmi les très nombreux aéroplanes exposés à 1’ « A.-L.-A« (All-gemeine-Luft-schifffahrt-A.us-stellung), nous signalerons en premier lieu la limou-
- sine aérienne de l’usine
- Le monoplan Rumpler à carrosserie fermée
- Monoplan militaire blindé de Hugwecke Haefelin et Cie.
- Le monoplan Albatros.
- Le nouveau biplan de
- B. Rumpler dont la carrosserie entièrement fermée protège les aéro-nautes contre les courants d’air et les projections d’huile.
- Pour les détails techniques, c’est l’exacte réplique du Pigeon Rumpler. Un aéroplane militaire, construit d’après le même système, était exposé l’état démonté et permettait de reconnaître les détails de la construction. Un stand spécial était réservé à l’aéroplane géant des mêmes constructeurs que nous avons récemment décrit dans La Nature.
- La Société allemande des Aéroplanes Wright exposait un biplan destiné surtout aux emplois militaires, en . même temps qu’à l’aérodrome de Johannisthal, ces aéroplanes faisaient des vols de démonstration et de passagers. Le biplan Wright était muni d’une station radio-télégraphique, systèmeHuth,qui vient d’être l’ob-jet d’intéressantes expériences, la Société « Aviatik » de
- Le biplan Albatros. Modèle réduit du dirigeable Parseval.
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- ESSAIS DE RELEVAGE DES SOUS-MARINS ===== 379
- Mulhouse, se distingue par son pouvoir de sustentation ; sa cellule centrale se démonte sans dévisser les fils. Deux forts sabots en frêne assurent, dans les atterrissages, un freinage très efficace. Cette machine permet, avec un moteur de 70 chev. seulement, d’atteindre une vitesse moyenne de 95 km. Le biplan des « Deutsche Flugzeuwerke », à Lindenthal-Leipzig, a été également étudié surtout pour les emplois militaires ; le corps de cet aéroplane, fait presque exclusivement en métal, constitue un canot à forme de moindre résistance. Les biplans militaires des Albatros-
- plan blindé de l’usine Haefelin et Cie, étudié pour les besoins spéciaux de l’artillerie, n’est destiné qu’à une seule personne. Cette machine comporte, à l’avant, un cadre d’acier en forme d’U où sont
- logés le moteur, le réservoir de * combustible et le siège du pilote. Le poids du blindage de 2 mm (en acier au chromonickel) est de 100 kg. En dehors des aéroplanes, plusieurs maisons avaient exposé des modèles de dirigeables parmi lesquels nous signalerons le ballon Parseval et le ballon démontable mi-rigide système Veeh dont nous avons déjà parlé. On voyait également à « l’A.-L.-A. » de
- Deux vues d'ensemble de l'exposition de Berlin. '
- Werke n’emploient que les moteurs allemands.
- Parmi les nombreux monoplans, signalons le type militaire 100 chev. des Harlandwerke, destiné aussi à servir pour les vols à longue distance. Le mono-
- Berlin des modèles de hangars pour ballons, les principaux types de moteurs d’aéroplanes allemands et toutes sortes d’appareils et d’accessoires susceptibles d’intéresser l’aviateur. Dr A. Gradenwitz.
- ESSAIS DE RELEVAGE DES SOUS-MARINS
- PAR FLOTTEURS A L’AIR COMPRIMÉ
- Le problème de relevage des sous-marins coulés se divise, maintenant qu’on a muni chez nous tous les sous-marins de boucles résistantes, en trois parties bien nettes.
- 1° Mailler aux boucles des chaînes ou des câbles;
- 2° Raidir les amarres ainsi fixées, et élever le bateau : soit — s’il est possible — jusqu’à ce qu’un au moins des panneaux émerge et permette
- là sortie du personnel — soit jusqu’à ce que l’ensemble du système releveur et du sous-marin constitue un groupe de tirant d’eau assez faible pour pouvoir être introduit dans un bassin de radoub;
- 5° Remorquer le groupe dans un bassin et épuiser celui-ci pour mettre le sous-marin à sec.
- Le problème du maillage peut se résoudre de deux façons. L’attache des chaînes de relevage peut être
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- 380 == ESSAIS DE RELEVAGE DES SOUS-MARINS
- préparée par avance — au moyen par exemple de passerelles munies de petites bouées, avec déclenchement commandé de l’intérieur du sous-marin. Ce système, qui paraît séduisant au premier abord, parce qu’il semble assurer le maillage immédiat des chaînes, est au fond peu pratique. En général, en effet, un sous-marin coulé est, pour une part, inaccessible à son personnel, parce que l’eau l’a partiellement envahi.
- De plus, le déclenchement d’un système en contact prolongé avec l’eau de mer est toujours aléatoire.
- Ainsi un certain nombre de boucles seraient inutilisables — ou, tout au moins, devraient être maillées par des scaphandriers. Dans ces conditions, on considère l’opération au scaphandre comme la plus pratique — malgré ses graves difficultés — et c’est au scaphandrier qu’on recourt dans les expériences de relevage. Il ne semble cependant pas impossible de préparer, au moins partiellement, le maillage — et d’abréger ainsi, plus au moins, la tâche du scaphandrier.
- Pour le relevage proprement dit, une fois les amarres fixées, l’appareil le plus communément employé est le ponton (dock ou treuil). Le ponton flotteur d’un tonnage de déplacement au moins égal à celui du sous-marin, porte les amarres qu’un scaphandrier va fixer à la coque du sous-marin. On peut ensuite — comme cela a été fait pour le Pluviôse — se servir de la marée pour l’élévation. Pour cela, les amarres étant raidies à basse mer, on attend la haute mer. Le ponton s’élève, entraînant le sous-marin; on remorque l’ensemble jusqu’à des fonds moins hauts, et on recommence l’opération à la basse mer suivante, gagnant à chaque fois une hauteur égale sensiblement à l’amplitude d’une marée. Ce procédé est long. 11 est à peu près inapplicable pour le sauvetage du personnel. Par le temps même qu’il exige, il est dangereux: car on risque bien plus, dans une opération de plusieurs semaines de rencontrer des mauvais temps, capables d’empêcher les manœuvres, de causer des ruptures d’amarres, et de faire perdre le travail acquis.
- Enfin il est inapplicable dans la Méditerranée, où la marée est insignifiante. On peut aussi — comme le fait le ponton allemand Vulcan, comme le feront les docks actuellement en construction en France pour le relevage des sous-marins — haler les chaînes au moyen de treuils d’une puissance suffisante, ou faire varier l’immersion du ponton par des mouvements d’eau à l’intérieur de celui-ci, comme on le fait pour les docks de radoub.
- Le halage par treuils est, sans contredit, le plus pratique ; c’est en effet le procédé le plus simple, celui qui permet par exemple de ne relever d’abord que l’arrière du sous-marin, si celui-ci a une pointe vers l’avant, de manière à en faire sortir le personnel par le panneau postérieur, avant de songer à déséchouer complètement l’épave. C’est aussi le procédé théoriquement le plus rapide. La grosse
- difficulté réside dans Légalisation des tensions des chaînes, égalisation d’où dépend la réussite de toute l’opération. Cette presque impossibilité de réaliser une bonne répartition des efforts sur les chaînes d’attaches rend un peu hasardeux l’usage du ponton releveur, au premier abord si simple et si séduisant. Même, en effet, en admettant qu’on adopte un régulateur de tensions des amarres — qu’on y insère par exemple un appareil permettant un allongement indéfini dès qu’une certaine tension est atteinte, — on ne pourra jamais faire disparaître les tensions anormales dues aux mouvements de la surface et à l’inertie du flotteur. Qu’une lame se creuse sous l’avant du ponton, et, instantanément, l’arrière supporte à lui seul tout le poids de l’épave à demi relevée. Les chaînes ou les boucles calculées pour un inutile effort se rompent, et tout est à recommencer. C’est ainsi que le relevage du Pluviôse, à Calais, que celui du A 11, à Portsmouth, il y a trois mois, ont l’un et l’autre, demandé le premier près d’un mois, le second plus de six semaines de travaux. Les ruptures sont-elles dues à des insuffisances de prévisions et serait-il possible de fixer au sous-marin des boucles et des chaînes susceptibles de porter des efforts anormaux de l’ordre de grandeur de ceux qu’on peut craindre? Certainement non. Une chaîne capable de supporter deux cents tonnes (et les efforts anormaux peuvent aller au delà) devrait être faite de maillons de 100 millimètres de diamètre, et pèserait 200 kg au mètre courant. Elle ne serait pas maniable. Quant aux boucles, comment les fixer sur la tôle relativement mince d’un sous-marin, de façon que celle-ci ne se déchire pas sous des efforts aussi grands? On ne le sait pas.
- Ainsi, on ne peut compter travailler avec quelque sécurité au relevage d’un sous-marin au moyen d’un ponton que si le temps est beau, ou si les dimensions du ponton sont telles qu’il n’acquière par la houle que des oscillations insignifiantes — et cette dernière condition conduit à lui donner des dimensions inacceptables.
- Il reste donc là un gros point d’interrogation?
- Le ponton dock a, par ailleurs, une faiblesse : il est peu déplaçable. Pour être efficace, il doit se trouver dans le port même où a eu lieu le sinistre qu’il doit limiter. Et nos sous-marins naviguent. Ils ont des postes dans nombre de ports, et ils les quittent fréquemment pour des exercices qui les conduisent à séjourner dans presque tous les ports de la côte. La création récente des sous-marins d’escadre va aggraver encore la situation. Qu’un sous-marin coule en exercices, et le transport du ponton de relevage sur le lieu d’échouage sera toujours une opération longue, parfois une manœuvre impossible. Car on remorque difficilement par une mer légèrement houleuse un ponton de 1000 tonnes, formé de deux chalands parallèles et distants l’un de l’autre de vingt mètres. La remorque, là encore, subit des efforts énormes, dus à l’inertie de la masse traînée, qui gouverne à peine, et se rompt fréquemment.
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- D’ailleurs il paraît difficile de remorquer un tel appareil à une vitesse supérieure à 3 ou 4 nœuds — et cela fait deux jours pour aller de Cherbourg à Calais. — C’est plus qu’il n’en faut pour que la perte d’un sous-marin soit consommée.
- Tout cela fait que le système de relevage par flotteurs à air, système proposé par M. Surcouf et exécuté par une Société de construction d’aérostats, et qui vient d’être soumis à des essais officiels à Cherbourg, présente un intérêt certain.
- Ce système consiste à remplacer le ponton rele-veur par un certain nombre de ballonnets immergés dans l’eau et supportant chacun une amarre.
- Un ballonnet rempli d’air et immergé dans l’eau subit, en vertu du principe d’Archimède, une poussée ascensionnelle dont la valeur exprimée en tonnes, est égale au nombre de mètres cubes d’eau déplacés. — Ainsi un ballon de 25 mètres cubes immergé dans l’eau est capable de lever un poids de 25 tonnes.
- C’est l’expérience qui vient d’être faite à Cherbourg. Une vaste caisse, du poids de 25 tonnes, ayant été immergée dans l’eau, un ballon vide pouvant contenir un peu plus de 25 mètres cubes d’air, de forme assez analogue à une montgolfière, muni de câbles de dimensions suffisantes, fut fixé à un organeau solidaire de la chaudière. Par une manche souple fixée au ballon, on envoyait dans celui-ci de l’air comprimé. Le ballon à peu près rempli, avant que l’air se dégageât par la manche formant orifice inférieur, l’ascension commençait et le ballon regagnait la surface, emportant la masse foudrière qui lui était suspendue. On pouvait ensuite fixer à
- Fig. i. — Le gonflement des ballons à air comprimé pour le relevage d’un sous-marin coulé.
- la caisse une remorque et déplacer le tout à travers la rade de Cherbourg par une houle assez forte, deux heures durant, sans avarie. L’expérience de relevage a été ensuite reprise en rade, par un temps peu favorable. Une des manches d’alimentation ayant été lâchée accidentellement, le ballon coula à pic. Il demeura plusieurs jours sous l’eau, en proie aux courants. Au bout de ce temps, la manche fut relevée au scaphandre et le gonflement ayant été exécuté normalement, le relevage de la caisse immergée se produisit à nouveau facilement ; il fut suivi d’un remorquage qui ne donna lieu à aucune avarie.
- Ce résultat déjà est fort intéressant : il montre
- que, contrairement à l’opinion maintes fois exprimée par des ingénieurs, il est possible de construire des ballons qui résistent à la poussée intérieure de l’air sans se rompre. Il ne faut pas croire en effet que l’enveloppe du ballon rempli d’air soit en équilibre entre la poussée intérieure de l’air et la poussée extérieure de l’eau. L’intérieur est tout entier soumis à une pression égale à celle qui s’exerce à la base de la manche de dégagement, alors que la poussée extérieure diminue au fur et à mesure qu’on s’élève le long du ballon, en sorte
- Fig. 2. — Le sous-marin relevé est remorqué au port.
- qu’il n’y a pas équilibre entre la tension intérieure et la compression extérieure et que les efforts auxquels est soumise l’enveloppe sont exactement identiques à ceux qu’elle supporterait, si on la suspendait dans l’air, par une amarre inférieure, à un point fixe et si on la remplissait complètemeut d’eau. L’expérience vient de montrer, que grâce au filet, et à l’heureuse répartition des tractions sur les câbles de la patte d’oie, l’enveloppe résista parfaitement.
- On croirait maintenant assez facilement qu’un de nos sous-marins, muni, comme ils le sont tous, d’un certain nombre de boucles, puisse être relevé au moyen de ballons qu’un scaphandrier ira y amarrer, et qui seront gonflés, après fixation, au moyen de bouteilles d’air comprimé, successivement dans l’ordre voulu, pour conserver au navire son inclinaison, et maintenir au point haut la partie d’air dans laquelle le personnel survivant doit s’être réfugié.
- Pour que le problème théorique soit résolu, il faut encore que les ballons, tout en ayant un pouvoir ascensionnel suffisant, n’aient pas un diamètre vertical excessif, pour que le soulèvement de l’épave soit aussi grand que possible, et que celle-ci puisse être amenée dans un bassin de radoub ou cale sèche. Il y a là deux conditions contradictoires, qu’on cherche à concilier en augmentant le volume des ballons, mais en leur donnant une forme d’ellipsoïde aplati. La difficulté vient de ce que, dans ces conditions, les efforts de traction sur l’enveloppe sont plus grands et les risques de déchirure plus graves qu’avec le ballon sphérique.
- Supposons ce point encore acquis. La question sera-t-elle définitivement et pratiquement réglée? Ce serait folie que de le croire.
- D’une part, la fixation des flotteurs à l’épave
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- reste une opération délicate, puisqu’elle ne peut se faire qu’au scaphandre — parfois très longue — par mauvais temps, ou bien dans les parages sablonneux — parfois impossible, si les fonds sont trop bas. De plus,la manipulation de toutes les manches des flotteurs sera, pour peu que la mer ne soit pas parfaitement calme, difficile; les incidents, les accidents ne peuvent manquer d’être fréquents. L’expérience faite à Cherbourg en donne un premier exemple.
- L’impossibilité de mettre immédiatement hors de l’eau, au moyen des ballons, l’un des panneaux du sous-marin pour opérer le sauvetage du personnel est d’ailleurs une très grave infériorité de procédé. La nécessité d’aller jusqu’à un bassin de radoub, d’y pénétrer, d’en opérer le vidage avant de sauver les malheureux enfermés dans la coque est une grave sujétion. Tout procédé permettant l’émersion immédiate d’un des panneaux, jouit à cet égard d’avantages précieux : c’est ce qui rend le relevage au dock bien préférable encore, malgré ses inconvénients.
- Enfin, il faut peut-être songer que la conservation en bon état, durant des années, d’enveloppes délicates sera sans doute bien difficile, et qu’on trouvera, le jour de l’accident, bien de l’imprévu au moment de mettre en service ce matériel d’exception.
- Cependant l’économie du procédé, la faculté qu’il confère de posséder dès aujourd’hui un matériel de relevage dans tous les ports au voisinage desquels plongent des sous-marins, le rendent particulièrement intéressant. Pour transporter à Calais le dock construit par Cherbourg, nous avons dit qu’il ne faudrait pas moins de deux jours, par beau temps. Au lieu qu’on peut facilement amener à Calais un matériel de flotteurs à air, peu encombrant et immédiatement utilisable. Cela vaut qu’on y réfléchisse.
- Sans doute, serait-il cependant plus sage encore de créer, malgré les prix de revient élevés, des docks de relevage dans tous les ports — d’ailleurs peu nombreux — où doivent plonger des sous-marins. André Dachs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 avril 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Cryptogamie. — M. G. Bonnier présente, au nom de M. Coupin, chef des travaux graphiques à la Sorbonne, le premier fascicule d’un Album général des cryptogames. C’est une oeuvre considérable dont on chercherait vainement l’analogue dans, les autres pays. Publié sous une forme à la portée de tous, il contribuera beaucoup à la diffusion de nos connaissances sur les algues et les champignons dont il fait connaître l’infinie variété.
- Propriété physiologique de la guanine. — M. d’Ar-sonval expose les recherches de MM. Desgrcz et Dorléans sur la guanine. Les auteurs établissent que cette base qui existe surtout dans le pancréas est douée de propriétés hypotensives, c’est-à-dire qu’injectées au lapin ou au chien, à raison de 2 à 5 centigrammes par kilogramme d’animal vivant, elle provoque un abaissement de la pression artérielle variant entre a et 4 centimètres de mercure. MM. Desgrez et Dorléans ont été conduits à ces recherches par ce fait aujourd’hui bien établi que le pancréas exerce par sa sécrétion interne une action modératrice de celles des capsules surrénales. Or ces dernières glandes renferment une hase : l’adrénaline douée de propriétés hypertensives puissantes. Il était donc naturel de se demander si la base qui est fournie surtout par le pancréas, n’aurait pas précisément des propriétés antagonistes. C’est ce fait qui est démontré.
- * Géologie du Maroc. —- M. P. Termier présente une Note de M. Gentil sur la géologie des hauts plateaux situés au nord de Bou Denib dans lesquels s’ouvrent les vallées du Guer et du Ziz. Cette région est de structure tabulaire, comme le sud Oranais ; elle est constituée par un calcaire jurassique horizontal ou ondulé reposant tantôt sur des trias, tantôt sur des schistes primaires. L’altitude de celte région est de 1500 mètres en moyenne ; elle est traversée du nord au sud par des fleuves qui se perdent dans les sables du Sahara. Les terrains fournissent des ammonites.
- L’irradiation des glandes surrénales. — M. Dastre dépose un mémoire de MM. Lemmern et Cottenat relatif aux glandes surrénales. Ces glandes, situées un peu en dedans de l’extrémité supérieure du rein, ont pour fonction principale l’élaboration et la sécrétion de l’adrénaline. A l’état pathologique, il peut y avoir déviation' de cette fonction et les théories modernes attribuent l’hypertension artérielle à l’hyperplasie et au fonctionnement exagéré de ces organes. Les auteurs ont exposé les glandes surrénales à l’action des rayons X. Ils ont pu ainsi vérifier le bien fondé des théories mentionnées ci-dessus. L’hypertension est, en effet, abaissée par l’action des rayons X. A la vérité l’effet n’est que passager, mais l’application peut être répétée.
- Préparation de l’acide iodique. — M. Le Chatelier présente une Note de M. Nicloux sur la préparation de l’acide iodique. Ce corps présente un réel intérêt parce qu’il est réduit par l’oxyde de carbone, cè qui permet de doser celui-ci avec une très grande précision, à la condition de disposer d’un produit très pur. Or, le meilleur procédé de préparation de l’acide iodique est celui qui consiste à oxyder l’iode par l’acide azotique; ce procédé passe pour être d’un faible rendement. M. Nicloux montre qu’il n’en est rien; le rendement est au contraire excellent avec l’acide azotique monohydraté à un certain degré de concentration.
- Les substances indosables de l’urine. — M. Dastre présente une Note de MM. Labbé et Yitry relative au résidu que laissent les urines lorsqu’on les soumet à la dialyse. Cette partie n’est point insignifiante, elle représente un poids de 1 gr. 5 à 2 grammes par jour pour un homme en bonne santé. MM. Labbé et Yitry l’ont étudiée et y ont reconnu des matières azotées acides connues sous le nom de polypeptides.
- Sléréoscopie.. — M. Lippmann analyse un mémoire de M. A. Chauveau sur les facteurs physiologiques qui pren-
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- LE PERCEMENT DU TUNNEL DE LA JUNGFRAU .. 383
- nent place à côté clés facteurs purement physiques et géométriques dans la production des effets de relief et de profondeur que donne le stéréoscope. Les impressions rétiniennes provenant de représentations stéréoscopiques ne fournissent pas nécessairement les effets qui sont commandés par le mode de constitution de ces représentations. Ces effets peuvent être invertis par l’action physiologique des centres percepteurs. Il a été constaté que cette inversion se produit quand les diverses repré-
- sentations rassemblent symétriquement les conditions physiques et géométriques capables de faire naître simultanément des impressions rétiniennes en opposition et d’inégale intensité. Lorsque ces impressions arrivent aux centres percepteurs, ceux-ci dominés par les impressions les plus fortes ne répondent aux impressions les plus faibles que par des sensations semblables à celles que donnent les impressions d’intensité supérieure.
- Cn. de Yilledeuil.
- LE PERCEMENT DU TUNNEL DE LA JUNGFRAU
- Peu d’ouvrages techniques ont été, au cours de leur exécution, l’objet de l’attention générale au même degré que le chemin de fer de la Jungfrau,
- La station d’Eismeer, point terminus provisoire actuel de la ligne de la Jungfrau, est séparée du tunnel par un grand portique derrière lequel se trouve une
- Vallée de Lauterbrunnen vue du Jungfraujoch.
- dû au génie de Guyer-Zeller ; c’est le seul-chemin de fer du monde qui pénètre au milieu des glaciers. Or cette œuvre grandiose vient de terminer une de ses principales étapes, le 21 février, par l’achèvement du grand tunnel débouchant au Jungfraujoch (5470 m.), à 5457 mètres au-dessus de la mer.
- La station du Jungfraujoch sera installée au col glacé qui sépare la Jungfrau et le Mônch ; elle combinera les contrastes de deux panoramas saisissants : au nord, la verdure des hauteurs moyennes et des vallées de la Suisse septentrionale; au sud, les glaciers grandioses du bassin de l’Àlelsch entourés de nombreux sommets rocheux et glacés. Comme point de départ de l’ascension de plusieurs pics de 4000 mètres, cette station deviendra vite un centre de tourisme.
- vaste salle de machines. Une galerie de décharge va, un peu plus loin, déboucher à Pair libre. Le tracé du chemin de fer se continue ensuite sur une distance de 5 kilomètres, en ligne droite, avec une pente de 6,5pour 100 (chemin de fer à adhérence supplémentaire), en passant immédiatement au-dessous du sommet du Monch ; les 500 derniers mètres précédant la station du Jungfraujoch seront pourvus d’une voie de fer à crémaillère avec rampe de 25 pour 100 Il y a plus de quatre ans qu’on travaille sans relâche, jour et nuit, à ce parcours de 5,6 kilomètres menant au Jungfraujoch, les travaux à ces hauteurs étaient extrêmement difficiles, et le rocher si dur, que le progrès quotidien du tunnel était à peine de 5 à 5,5 mètres. En revanche, le sol était assez compact pour ne nécessiter aucun
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- soutènement du tunnel. Afin d’accélérer l’évacua- 1 tude, se trouve à 1400 mètres au-dessus de là station des matériaux déblaye's par la dynamite et de tion de départ de Kleine-Scheidegg distante de faciliter la ventilation, on perça, à environ 2,8 kilo- 9 kilomètres, dont 7 en tunnel. Le tunnel s’y élargit
- La Jungfrau vice de la station de la Jungfraujoch (4162 m.).
- mètres de la station d’Eismeer, une galerie latérale menant à la face sud-est du Monch, et qui débouche à la hauteur de 3340 mètres. C’est grâce à cette galerie qu’on a pu grandement simplifier et faciliter les travaux du parcours à 25 pour 100, en sorte que le percement du tunnel ayant eu lieu à la fin de février, la nouvelle station sera ouverte au public pour l’été 1912.
- Malgré la distance, le parcours d’Eismeer à Jungfraujoch s’accomplira en 18 minutes, à la vitesse maximum de 18 kilomètres sur la ligne à adhérence et de 8 kilomètres sur la ligne à crémaillère.
- La station de Jungfraujoch, à 3457 mètres d’alti-
- en un vaste quai, d’où une galerie de 25 mètres mènera dans une salle d’attente pouvant contenir
- plusieurs centaines de voyageurs. Le restaurant se trouve au premier, tandis que l’étage supérieur contient les chambres réservées aux employés, aux touristes retardataires et à ceux qui désireraient passer la nuit au sommet des Alpes. Enfin, une galerie d’environ 100 mètres relie la station à une terrasse rocailleuse isolée, lieu de promenade fort bienvenu et où l’on pourra, au milieu de l’été, se livrer aux sports d’hiver. Le sommet de la Jungfrau ne sera plus qu’une escalade de 3 heures.
- Le percement des derniers 10 mètres du tunnel.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Làhüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2033. ' ~J---------:. _ lf MAI 1912.
- UN PIEGE A OISEAUX UTILISE PAR LES SERPENTS
- Dans l’un des derniers numéros de Knowledge, M. Guthbert Christy décrit les curieux instincts de
- taine quantité de leur venin et de collectionner leurs peaux.
- Ces dangereux serpents, très différents en cela de la plupart de ceux des Indes, sont heureusement indolents et insensibles, mais ils peuvent dans des moments d’irritation s’enfler jusqu’à atteindre le double de leur circonférence habituelle et attaquer alors avec une force épouvantable.
- Ceux de la grande espèce atteignent parfois 1 m. 50 de long, on les trouve le plus souvent sur la terre, roulés parmi les feuilles mortes où ils peuvent séjourner des semaines sans bouger ; ceux de la plus petite sont cornus et on les rencontre ordinairement dans les broussailles à une certaine distance de terre.
- La facilité avec laquelle les indigènes se procuraient ces animaux venimeux le surprit. Il questionna l’un d’eux qui ne parvint à lui faire comprendre que ces mots « oiseaux dans l’herbe ». 11 décida alors de l’accompagner dans la forêt en le priant de le conduire à l’endroit où il avait pris les serpents qu’il avait apportés. Et voici ce qu’il vit : « En y arrivant l’indigène planta à quelques pieds de la terre quelques grappes
- petite plante grimpante sem-
- vrefeuille commun de
- %
- <h\
- «IBUOTttOlléS1
- i. La vipère à cornes, Bitis nasicornis. — 2. La vipère du Gabon, Bitis gabonica. 3. Rameau de Pisonia aculeata. — 4 et 5. Fleur et fruits delà même blante, grossis.
- serpents tueurs d’oiseaux. Explorant en 1907 une des plus grandes forêts de l’Uganda, il demanda un jour à ses hommes de lui procurer quelques vipères de l’espèce Bitis nasicornis et de l’autre beaucoup plus grande Bitis gabonica, toutes deux très communes en ces forêts, dans l’intention de recueillir une cer-
- 40' année. — Ier semestre.
- nos haies. En les examinant de plus près, je constatai que toutes leurs parties portaient des centaines de petits fruits qui s’attachaient à la manche de mon vêtement au plus léger contact, ainsi qu’à chaque chose qui les touchait même légèrement.
- J’étais encore incapable de comprendre quelle
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- 386 —— : LE PÉTROLE EN CALIFORNIE
- relation pouvait exister entre cette plante ou ses fruits et les serpents, mais certainement il en existait une, car nous trouvâmes deux vipères et vîmes d’autres serpents sous cette plante mystérieuse, bien que la rencontre d’un serpent ne soit ordinairement pas très fréquente dans les forêts africaines. »
- En rentrant au campement, en causant avec l’aide d’un interprète, M. Guthbert Christy arriva à la singulière conclusion que cette plante avait la propriété d’attraper les petits oiseaux ou du moins, par l’adhérence de ses fruits, d’entraver leurs mouvements : les fruits collés aux plumes paralysent le vol des malheureux oiseaux qui battent des ailes sur la terre sans pouvoir voleter et deviennent alors une proie facile pour les serpents couchés sous la plante. Une pareille observation semblerait destinée à accréditer l’opinion que non seulement les reptiles sont doués d’une extraordinaire perspicacité, mais encore
- que certains possèdent quelques connaissances botaniques.
- Plusieurs mois après cette constatation, un des assistants européens de M. Guthbert Christy lui apporta un oiseau d’environ la taille d’un pierrot qu’il avait capturé à la main dans la forêt. Il avait les plumes de son corps et de ses ailes si embarrassées de ces mêmes fruits qu’il ne pouvait s’élever au-dessus du plancher.
- Aussi M. Christy reconnaît-il que les serpents ont une intelligence suffisante pour distinguer en quelles régions pousse cette plante meurtrière, que les savants nomment Pisonia aculeala, ou peut-être qu’ils ont appris par expérience en quel endroit précis les petits oiseaux paralysés dans leurs mouvements et incapables de voler peuvent facilement devenir leur proie.
- Daniel Claude.
- CHRONIQUE
- Les néolithiques de Montouliers (Hérault). —
- Le gisement néolithique du village de Montouliers (Hérault), décrit dans l’Anthropologie (1912) par le Dr Mayet, de la Faculté, des Sciences de Lyon, est des plus intéressants.
- Ce gisement consiste en une grotte ovale de 5 m. 60 de longueur sur 3 de haut, découverte en 1910 au cours de travaux de carrière. Elle était partiellement remplie d’un limon argileux qui contenait des ossements humains épars, de tout sexe et de tout âge, appartenant à une trentaine de cadavres. La grotte de Montouliers n’était vraisemblablement pas une sépulture, mais un simple ossuaire. C’est du moins ce que pense M. Mayet. Il s’appuie pour cela sur deux ordres de faits : 1° les ossements sont épars, rien n’indiquant un ordre ou des dispositions volontaires ; de plus les ossements que l’on trouve sont presque exclusivement des os de la tête et des os des membres, les autres parties du squelette faisant défaut; 2° les ossements ne sont accompagnés d’aucun objet travaillé de main d’homme, sauf de quelques fragments de pierre, semblables à des meules. M. Mayet a pu tirer de
- ce gisement quatorze crânes susceptibles d’être étudiés. Douze d’entre eux sont nettement dolichocéphales et forment une série assez homogène, dont les indices céphaliques s’échelonnent entre 72,1 et 77,9. Les deux autres ont respectivement les indices 82,2 et 80 et sont ainsi brachycéphales, trahissant l’infiltration d’un nouveau sang dans l’ancienne population dolichocéphale. Cette dernière était d’un type assez affiné, avec un squelette plutôt grêle que massif, d’une taille moyenne de 1 m. 60. Le crâne avait des lignes harmonieuses, le front bombé, bien développé, la face courte, avec les orbites basses et élargies transversalement. M. Mayet considère que ces hommes de Moutouliers se rattachent, en somme, sans difficulté à la « grande race dolichocéphale autochtone )) qui a occupé le sud de la France pendant la fin du paléolithique et dont l’homme de Cro-Magnon et celui de Grimaldi — qu’ils aient valeur de races ou de mutations — sont les types les mieux connus. Ce type paléolithique se serait prolongé jusque dans le néolithique où il aurait graduellement disparu sous l’infiltration des nouveaux types humains brachycéphales.
- LE PÉTROLE EN CALIFORNIE
- L’industrie pétrolifère en Californie a pris, depuis quelques années, un développement prodigieux, auquel l’ouverture prochaine du Canal de Panama, par lequel ces produits pourront arriver dans l’Est américain, ajoute un intérêt de plus. Cette production, qui était à peine de 300 000 barils en 1890, a monté à 25 millions de barils en 1905 et 78 millions en 1910, amenant, à ce moment, une crise de surproduction toute naturelle en présence de chiffres semblables. La Californie se place par là, pour son chiffre d’extraction et indépendamment de la qualité, sur laquelle nous allons revenir, tout à fait au premier rang des régions pétrolifères du monde. Les
- 10 millions de tonnes que représente l’extraction de 1910 forment le tiers de la production totale des Etats-Unis et les 23 pour 100 de la production mondiale. Les districts autrefois les plus fameux, comme la Pennsylvanie et le bassin des Appalaches, ou Bakou, restent fort loin en arrière, d’autant plus que la Californie est encore jeune comme industrie pétrolifère, tandis que l’épuisement se manifeste d’une façon trop évidente autour de Pittsburg ou à Bakou. La conséquence d’une telle production et aussi imprévue a été que ces pétroles californiens ont dû se chercher rapidement des débouchés et, comme ils fournissent peu d’huile lampante, c’est
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- LE PETROLE-EN CALIFORNIE .. :.'. 387
- seulement à titre de combustibles qu’ils ont pu les trouver. Dès à présent, les chemins de fer et les industries dans toute la région voisine de la Côte Pacifique tendent à supprimer le charbon pour le remplacer par du pétrole. Les travaux du Canal de Panama en absorbent également de fortes proportions et l’on s’attend à ce que l’ouverture de ce canal permette aux pétroles californiens de conqué-
- menfent; dans le crétacé (Oil City et Colusa) et d’autres dans l’éocène (comté de Ventura).
- C’est' surtout dans la vallée du San Joaquin et le Sud qu’bnfiété-faites les grandes découvertes. L'a se présentent, par exemple : le champ de Coalinga, qui, en 1906, a atteint 1275000 t. ; le comté de Kern qui produit à lui seul presque la moitié du pétrole californien, avec les districts de Mac Kittrick, Tem-
- Champ pétrolifère de Summerland (Californie).
- rir des marchés nouveaux dans des régions où ils viendront concurrencer ceux du Texas, de la Louisiane, de Cuba, de la Trinidad, du Venezuela, etc. Ainsi, en 1910, le Northern Pacific, le Great Northern, le Canadian Pacific ont adopté l’huile minérale. Tous les chemins de fer de la Côte Pacifique ne consomment plus autre chose, à l’exception du Pacific Mail Cy et du Pacific Coast SteamshipCy, qui seuls encore se servent de charbon. Dans toutes les usines californiennes, la consommation de pétrole a déjà dépassé celle de charbon.
- La zone pétrolifère de Californie a été reconnue sur 500 km de long depuis Punta Àrenas au nord de San Francisco jusqu’à Los Angeles au sud, dans cette dépression elliptique située entre la Coast Range et la Sierra Nevada, où coulent en sens inverse pour venir converger vers la baie de San Francisco, le Sacra-mento et le San Joaquin. Géologiquement, les puits à pétrole trouvent d’ordinaire le pétrole dans le pliocène ou le miocène. Mais quelques-uns s’ali-
- blor, Sunset et surtout celui de Kern River, où l’on a atteint 2 500000 t. en 1904. On peut remarquer, comme curiosités, l’existence d’une véritable solfatare à Filmore sur la zone pétrolifère et les sondages dans la mer à Summerland. A Los Angeles, on a eu ce fait original d’une exploitation pétrolifère se
- développant au centre d’une ville moderne et arrivant un moment, en 1905, à produire 410000 t. pour retomber, il est vrai, l’année suivante, à 233 000 t. Chaque champ pétro-lifère s’épuise évidemment assez vite, comme cela se produit à peu près partout dans le monde. Mais, dans l’ensemble, la région contenant le pétrole paraît assez vaste et les niveaux pétrolifères y sont assez nombreux pour qu’on puisse compter, encore pendant quelques années, sur une extraction croissante; et, lorsqu’on sera amené à s’approfondir davantage par l’épuisement des niveaux supérieurs, il est possible que l’on trouve de l’huile plus légère et de meilleure qualité, comme cela est arrivé tant de fois ailleurs. P. Sallior.
- Champ pétrolifère de Los Angeles.
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- LE CANON A CIMENT
- On sé-sert actuellement en Amérique d’une nouvelle et fort originale méthode pour la mise en
- ciment « gunitz », pour faire une distinction avec le ciment ordinaire, qui est appliqué à la main.
- La différence entre les deux matériaux est très grande : le « gunitz » sort de l’embouchure des tuyaux avec une pression de 40 livres anglaises par pied carré et avec une vitesse de 360 pieds à la seconde. Des expériences ont prouvé que le ciment appliqué à l’aide de cet appareil a une résistance allant de 200 à 260 pour 100 plus forte que le ciment appliqué par les procédés habituels. 11 est, outre cela, plus imperméable, et sa force d’adhésion est de 27 pour 100 plus grande. Le « canon à ciment » est utilisable aussi pour couvrir des pièces d’acier, afin de les préserver de la rouille. L’appareil qui projette le ciment se trouve au bas de la chambre et se compose d’une roue en fer dans
- Fig. i — Réparation d'un mur crevassé au moyen du canon à ciment.
- œuvre du ciment. L’inventeur du procédé est M. C. F. Akoley, un empailleur, qui a eu l’idée de projeter du ciment liquide sur des fermes en bois. Le procédé a été développé, et aujourd’hui le « canon à ciment » est utilisé partout. L’appareil doit son nom à ce qu’il projette le ciment avec une grande force. On l’utilise pour réparer des cre-3' vas ses dans
- les murs,
- pour enduire de ciment des constructions en bois, etc. On appelle le produit employé par le canon à
- Fig. 2. — Le canon à ciment dans la tranchée de la Culebra, à Panama.
- laquelle sont creusées des entailles qui mènent en quantités régulières le ciment dans la conduite d’air. La conduite d’air est réglée par l’échappement. L'air lance le ciment dans le haut de l’appareil et de là dans un petit tuyau flexible au bout duquel se trouve une embouchure en métal.
- La roue est mue par un petit moteur auquel elle est reliée directement.
- Le mélange de ciment sec et de sable s’introduit automatiquement dans l’embouchure du tuyau pendant que l’eau arrive par un second tuyau à grande pression. Actuellement, cette méthode est employée en grand aux travaux de Panama pour consolider rapidement les talus terriblement glissants de la fameuse « Culebra ». X.
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- L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
- Comme chaque année, l’exposition organise'e par la Société de Physique durant la semaine de Pâques, abondait en appareils intéressants. Forcés de nous borner, nous ne décrirons que ceux qui présentent un réel caractère de nouveauté et n’avaient pas encore figuré dans les précédentes expositions.
- Dès l’entrée le visiteur ne pouvait pas ne pas remarquer la curieuse lumière éclairant le vestibule delà Société d’encouragement. M. G. Claude avait installé là un tube au néon, mais dont la lumière trop rouge était heureusement corrigée par la lu-
- 0i
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- Mi" TÎ U
- i. — Coupe pour
- mière violette d’une lampe à vapeur de mercure concentrique. Les deux tubes dispo-sés parallèlement l’un à l’autre donnaient sur le sol un éclairage fort agréable.
- Appareils de M. Blondel. —M. Blondel exposait une série d’appareils, perfectionnements de dispositifs antérieurs, o u instruments ayant servi à des recherches récentes. Parmi ceux-ci signalons tout particulièrement le comparateur photométrique qui a permis à MM. Blondel et Rey.de déterminer exactement les lois de la perception des lumières brèves instantanées, problème des plus importants tant au point de vue pratique qu’au point de vue physiologique.
- L’appareil (fig.
- 1) se compose de trois tubes photométriques P0 fig. 2.
- P2,P3, munis chacun d’un œil de
- chat réglable O^O^Oj, dont le déplacement est lu sur un compte-tours. A l’entrée de chaque tube des diaphragmes D^D^Dj, portent de petits écrans opalins fortement éclairés par un filament fi,fÿ,f7>, de lampe Nernst
- L’écran Eg vient produire une image au foyer
- conjugué sur un petit orifice circulaire a3 muni d’un écran en verre dépoli, de même pour les écrans Et, E2, dont les images se forment en a* et a2 après réflexion sur des miroirs à 45° MA et M2.
- Le tube P3 n’étant pas dans le même plan que les tubes PjetP2, l’image a5 forme avec les deux autres un petit triangle équilatéral d’environ 3 centimètres de côté. De petits diaphragmes, placés en avant des écrous aif.av a-, permettent de faire varier l’intensité des points lumineux. Ce sont ces trois sources ponctuelles que compare l’observateur placé dans la direction X à une distance de
- V-—
- Tz M 2
- valeur photométrique Blondel des lumières brèves.
- 2 à 6 mètres.
- Entre l’obser-vateür et les points lumineux tourne un disque opaque D, entraîné à une vitesse de quelques tours par seconde par un moteur électrique, et qui obture pendant un temps variable certains de ces points, grâce à une palette P commandée par un excentrique.
- Balance Col-lot. — M. Collot exposait une nouvelle balance de précision à pesées très rapides et dont la figure 2, n° 1, montre la disposition.
- Cette balance est du type à deux colonnes et possède un dispositif spécial pour opérer une pesée complète sans ouvrir la cage. La double pesée se fait directement.
- Les poids sont placés dans un même plan horizontal et posés sur un plateau ajouré (fig. 2,
- n°2) suspendu sous le plateau principal, entièrement libre, destiné à recevoir le corps ou la matière à peser.
- Les petits poids, 1, 2, 2, 5 décigrammes, 1,1, 2 grammes ont la forme de petits cylindres avec cavités coniques en dessous et peuvent être soulèyés
- balance Collot. 2, les poids de la balance Collot. 3, balance Heuser.
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- L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
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- par des tiges terminées par une pointe. Les autres, à partir du poids de 5 grammes, ont la forme d’anneaux concentriques que soulèvent en deux points' diamétralement opposés des supports accouplés.
- Ces divers supports sont élevés ou abaissés de l’extérieur de la cage par des tiges dont les mouvements sont solidaires de trois boutons de manœuvre. La rotation de ces boutons fait en même temps apparaître le chiffre correspondant au poids ainsi enlevé.
- Les mouvements sont établis de telle sorte qu’en tournant les boutons de manœuvre dans le même sens, les poids soient successivement soulevés du plateau. Ainsi le poids de 1 gramme se soulève, puis redescend sur le plateau que quitte alors le poids de 2 grammes ; le poids de 1 gramme se relève ensuite (pour faire 3 grammes), puis redescend, le second poids de 2 grammes se levant (on a ainsi 4 grammes de retirés), l’anneau de 5 grammes est soulevé si l’on continue à tourner le bouton, les poids précédents revenant alors sur le plateau, etc.
- En résumé, pour un modèle de 100 grammes par exemple, lorsque les poids sont sur leurs étriers, tous les chiffres sont à zéro, par contre lorsqu’ils ne sont plus en contact, la lecture de l’ensemble indique 100.
- Un amortisseur à air ou à vaseline permet d’obtenir par simple lecture au micromètre, fixé sur l’aiguille, les centigrammes et milligrammes.
- Grâce à ces dispositifs automatiques, les pesées se font très rapidement et les résultats sont très exacts, puisqu’il n’est plus nécessaire de toucher aux poids ni d’ouvrir la cage de l’appareil pendant l’opération.
- Balance Heuser. — La balance construite par M. Heuser se distingue par son fini, sa construction élégante et entièrement métallique. Cet appareil (fig.2, n° 3) qui constitue une véritable balance miniature ne supporte que 5 grammes, mais donne les pesées à f/200 de milligramme près. Elle ne se distingue des balances ordinaires que par la petitesse de ses divers organes et le dispositif de manœuvre des cavaliers, le poids correspondant à une position donnée étant indiqué non sur le fléau, mais sur un index dont est munie la tige de manœuvre.
- Calorimètre Féry. — La bombe calorimétrique de Bertholet, adaptée aux besoins industriels par
- 'Mabler,~est’universellement employée pour déterminer le pouvoir calorifique des combustibles. Mais, son emploi nécessite des calculs qui, bien que simples, sont assez longs, et des corrections toujours délicates.
- Tout>en‘ conservant le principe fondamental de la méthode, M.rFéry a modifié l’appareil de façon à pouvoir lire "directement sur un cadran, et sans aucune correction, le pouvoir calorifique cherché.
- L’obus calorimétrique est, dans l’appareil de M. Féry,i aussb-allégé que possible et, en particulier, la masse d’eau qui, dans les appareils classiques sert de massé calorifique principale, y est complètement supprimée. La bombe A (fig. 3) est maintenue au centre d’une enceinte métallique extérieure B par deux disques de constantan KK; elle constitue la soudure chaude d’un gros élément thermoélectrique dont la soudure froide est l’enveloppe extérieure B.
- Le combustible est placé dans la nacelle G, l’obus est rempli d’oxygène et l’inflammation provoquée par la pile P.
- Grâce à la perte, intentionnellement importante, par conductibilité des disques de constantan, on peut négliger celles par rayonnement et convection. Comme la seule correction qui subsiste alors est due à la perte par conductibilité, proportionnelle à la quantité de chaleur à mesurer, les rapports des déviations fournies par les divers combustibles ne seront pas altérés, et la déviation du millivolt-mètre V fournit donc sans correction le.-.pouvoir calorifique cherché.
- Voltmètre électrostatique Abraham-Villard. —La mesure des très hautes .tensions, depuis 10000 volts jusqu’à 200000 volts, est devenue nécessaire depuis les perfectionnements des transports de force et le développement de la télégraphie sans fil. On est conduit, pour ces tensions élevées, à renoncer aux voltmètres ordinaires et à s’adresser aux phénomènes électrostatiques qui permettent alors une mesure facile.
- On utilise les phénomènes d’attraction qui se produisent entre deux corps métalliques placés en regard et présentant une différence de potentiel, et on équilibre ces actions par un effort antagoniste mécanique dont la mesure permet de déduire la valeur de la tension.
- Le voltmètre électrostatique Abraham-Villard (fig. 4) comprend un instrument de mesure renfermé dans un boîtier métallique et muni d’un piston mobile, de surface sensiblement sphérique
- Fig. 3. — Le calorimètre Féry.
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- L’EXPOSITION DE PHYSIQUE
- dont les petits déplacements amplifiés produisent la déviation d’un index sur un cadran gradué. Autour de ce piston est disposé un plateau métallique de grand diamètre formant anneau de garde. Cet ensemble est relié à l’un des pôles de la source. D’autre part, en face du piston, parallèlement au premier plateau, est disposé un second plateau
- Fig. 4. — L’électromètre à double plateau Villard-Abraham.
- métallique isolé dont la distance est variable à volonté. ' Ce plateau est relié au deuxième pôle de la source et est destiné à exercer sur le piston une force attractive, fonction de la tension à mesurer. Le boîtier de l’appareil d’une part et le plateau
- Fig. 5. — La loupe binoculaire Zeiss.
- mobile d’autre part, sont portés par deux longues colonnes isolantes en verre.
- Loupe binoculaire Zeiss. — Les loupes binoculaires exposées par la maison Zeiss (fîg. 5) sont destinées aux médecins, aux naturalistes, aux horlogers, aux ouvriers qui font de la mécanique de précision et à tous ceux qui veulent observer commodément et à faible grossissement de petits objets avec les deux yeux. Les détails de la préparation
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- 0*
- ainsi que son relief sont perçus plus nettement et
- plus aisément avec la loupe binoculaire qu’à l’oeil nu et il en résulte une fatigue moindre de l’œil. Comme pour tout instrument binoculaire grossissant, le relief est un peu altéré, conséquence nécessaire de l’augmentation des angles, mais il est possible de réduire au minimum ce défaut en rendant parallèles entre eux les axes des deux systèmes optiques dans l’espace image et dans l’espace objet. Le trajet des rayons lumineux est indiqué sur la figure 6.
- Interféromètre portatif Zeiss. —
- L’analyse optique des mélanges gazeux est entrée depuis quelque temps déjà dans la pratique industrielle; les phénomènes d’interférence en particulier, d’une sensibilité extrême, permettent de doser des
- Fig. 6. — La marche des rayons lumineux dans la loupe binoculaire.
- Fig. 7-
- U interféromètre portatij Zeiss.
- teneurs en acide carbonique ou en méthane que seule une analyse de laboratoire extrêmement délicate pourrait mettre en évidence.
- Aussi a-t-on cherché à rendre pratiques les montages nécessaires en réduisant au minimum les difficultés de réglage. La maison Zeiss exposait un interféromètre portatif à gaz qui permet de doser immédiatement et directement des teneurs en gaz variant de 0,1 à 0,2 pour 100.
- L’appareil(fig. 7) a la forme d’un cylindre de 10 centimètres de diamètre et 50 centimètres de haut du poids de 5 lcg environ. Le trajet des rayons lumineux est représenté sur la figure 8. Le
- Fig. 8. — Schéma de Vinterféromètre.
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- 392 ..—...___________- L'EXPOSITION DE PHYSIQUE
- faisceau produit par une lampe électrique se divise en deux faisceaux sur le trajet desquels sont interposés deux tubes de 10 centimètres environ de longueur, relie's aux récipients contenant le gaz à comparer, par les caoutchoucs que l’on aperçoit à la partie supérieure de la figure 7.
- Ces deux faisceaux interfèrent, mais, par suite de la différence d’indice des deux milieux qu’ils traversent, les systèmes de franges obtenus sont décalés l’un'par rapport à l’autre. En agissant sur un comparateur, on peut évaluer ce déplacement d’où Ton déduit facilement les indices des milieux gazeux et par suite leur composition.
- Chauffage électrique. Electrhydra. — C’est une. combinaison du chauffage électrique tel que le comprennent la plupart des fabricants d’appareils actuels de chauffage, et du radiateur à eau, tel qu’il existe dans les calorifères à eau chaude. Le chauffage électrique consiste, en principe, à échauffer des résistances en y faisant passer un courant. Ces résistances portées à haute température rayonnent de la chaleur et échauffent l’air de la pièce. Cette méthode ne va pas sans inconvénient : la température des résistances est assez élevée, condition excellente sans doute pour la transmission économique de la chaleur par radiation aux objets environnants. Mais le chauffage qui en résulte n’est pas toujours doux et agréable; il est souvent fâcheusement inégal d’un point à l’autre d’une pièce. L’emploi d’un intermédiaire tel que l’eau diminuera légèrement sans doute le rendement théorique du chauffage, mais pratiquement, il permettra d’augmenter les surfaces rayonnantes, d’égaliser les températures de la source de chaleur et des diverses parties de la pièce chauffée, donc d’éviter les fâcheux écarts dont nous parlions plus haut.
- Autre avantage, la durée de l’appareil est augmentée.
- Dans un appareil ordinaire, quand on coupe le courant, les résistances chauffantes passent avec une relative brusquerie de la température de chauffe à la température ambiante.
- Les change-
- ments brusques de température provoquent de véritables phénomènes de trempe, des cristallisations qui peu à peu détériorent les résistances. Plongées dans l’eau, au contraire, l’écart de température entre le temps de service et celui de repos est beaucoup moindre ; en outre, grâce au volant de chaleur que constitue l’eau, réchauffement et le refroidissement des résistances s’effectuent progressivement.
- La même Société qui exposait cet appareil exposait aussi une turbine « Spencer » pour le nettoyage par aspiration.
- Cette turbine, à arbre vertical, est commandée par un moteur électrique.
- Ses constructeurs revendiquent pour elle les avantages suivants : simplicité de construction, donc d’entretien; production d’une aspiration continue; dépression moindre que dans les appareils usuels, ce qui atténue les effets d’arrachage, dont on se plaint parfois avec ce genre de nettoyage; aspiration d’un volume d’air plus grand, ce qui permet l’emploi d’outils plus grands, donc plus rapides.
- Projections par réflexion système Dupuis. — Quelques mots seulement sur ce procédé très original, sur lequel nous nous réservons de revenir en détail lorsqu’il sera complètement au point. Les projections s’effectuent actuellement en faisant traverser une plaque diapositive par un faisceau lumineux.
- C’est la projection par transparence. Mais les clichés diapositifs sont coûteux et fragiles. M. Dupuis a eu l’idée de reporter les images photographiques sur un papier argenté par un procédé spécial.
- Le papier est un miroir parfait en tous les points où il n’y a pas d’image photographique.
- Que l’on éclaire cette pellicule par un puissant faisceau lumineux, la lumière réfléchie et concentrée par un objectif sur un écran reproduira sur cet écran, tout aussi nette-.ment que dans le procédé usuel, l’image agrandie de la projection.
- Fig. g. — Chauffage par VeiectHcité: à droite, le radiateur à eau èlectrhydra. A gauche, un appareil] de chauffage électrique à circulation d’air chaud.
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- L’OBUSJER LÉGER DE CAMPAGNE : . 393
- L’inventeur espère ainsi abaisser notablement le coût des pro-jections lumineuses, et, par là, contribuer à répandre cet admirable instrument d’enseignement et de vulgarisation.
- OzoneurGaiffe.
- — La maison Gaiffe expose un modèle de petit ozoneur d’appartement. Le but de cet appareil est de purifier l’air d’une pièce ; il peut être utilisé aussi au point de vue médical pour des inhalations.
- Comme le montre notre figure, c’est un appareil d’aspect très réduit : il comporte l’ozoneur proprement dit, le ventilateur et la source haute tension ; l’ensemble forme un tout auquel il suffit d’amener le courant de secteur.
- L’ozoneur est composé d’un tube isolant à l’intérieur duquel sont placées les deux électrodes reliées
- respectivement à chacun des pôles de la source haute tension. Ces deux électrodes affectent la forme de deux cylindres concen-triques séparés par un tube de verre de qualité spéciale; entre l’électrode interne et ce tube de verre existe un intervalle annulaire que l’air doit traverser et dans lequel il se charge d’ozone. La longueur de la partie du tube soumise aux effluves est faible ; elle a été déterminée de façon à éviter réchauffement du diélectrique.
- Le ventilateur est entraîné, dans le cas de courant alternatif, par un moteur, et, dans le cas de courant continu, par une commutatrice, qui joue un double rôle ; elle sert de moteur et transforme le courant continu du secteur en alternatif nécessaire à la source haute tension. H. Vigneron.
- Fig. io. — L’ozoneur Gaiffe.
- L’OBUSIER LÉGER DÉ CAMPAGNE
- Avant d’aborder la question qui fait l’objet de cette étude, il est nécessaire de préciser en quelques mots ce qu’on entend par obusier.
- Autrefois, l’artillerie employait deux sortes de projectiles, le boulet qui était lancé de plein fouet par le canon, pouvait ricocher au besoin, et exigeait dans tous les cas un tir à trajectoire tendue; et l’obus fortement chargé en poudre, le seul explosif de l’époque, destiné à éclater après afoir pénétré dans l’obstacle, sans jamais ricocher, et qu’il fallait par suite faire arriver au sol sous un angle assez fort, 20° à 50° au moins, en le lançant au moyen de pièces spéciales capables de faire du tir plongeant, et auxquelles on réservait le nom d’obusiers.
- A l’heure actuelle, l’artillerie emploie une variété assez importante de projectiles, que l’on peut classer de ,1a manière suivante : ' <
- Les obus ordinaires en fonte, chargés en poudre; les obus à mitraille contenant une charge réduite d’éclatement, des balles et' dès rondelles de fonte à fragmentation systématique ; les schrapnells, ou obus à balles, contenant une charge d’éclatement et des balles en plomb durci ; les obus explosifs chargés uniquement d’explosif puissant, mélinite, crésy-lite, fulmi-coton ou autre.
- Tous ces projectiles sont munis d’une fusée à simple ou double effet, destinée à en provoquer l’éclatement ; soit en l’air à un point donné de la trajectoire, tir fusant; soit immédiatement après avoir ricoché ou pénétré légèrement dans l’obstacle, tir percutant avec fusée retardée ; soit immédiatement au contact du sol, tir percutant sans retard. .
- Pour le tir, on emploie des pièces assez diverses, suivant la forme des trajectoires que l’on veut obtenir.
- On réserve la dénomination de canons longs, aux pièces destinées au tir à trajectoire tendue et à grande vitesse initiale, au moins 450 m., ils ont de 15 à 45 calibres de longueur; d’obusiers aux pièces plus courtes, 6 à 12 .calibres, destinées à exécuter le tir plongeant, jusqu’à l’angle de chute de 50° environ, avec une'vitesse initiale inférieure généralement à 500 m. ; de mortiers à des pièces encore plus courtes, 4 à 6 calibres et organisées pour faire du tir vertical, c’est-à-dire atteindre, pour l’angle de chute, la valeur de 60° environ, avec une vitesse initiale de 300 m. au plus.
- Depuis 1897, date de l’adoption par l’artillerie française du canon à tir rapide de 75 mm, dû au
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- colonel Déport, on paraît s’être à peu près désintéressé, en France, de la question des obusiers de campagne.
- Pourtant, dans lai période antérieure, on avait mis en service un certain nombre de batteries de campagne de 120 mm court modèle 1887 à tir accéléré, destinées à remplir le rôle d’obusiers, et à compléter l’action parfois insuffisante des canons de 80 et 90 mm de l’époque. Mais ce canon, quoique présentant déjà un progrès sérieux, donna lieu à d’assez graves mécomptes, imputables en grande partie aux mesures extrêmes qu’il avait fallu prendre pour l’alléger suffisamment. L’entrée en scène du 75 le fit rapidement passer au second plan, et il fut bientôt abandonné.
- Pendant plus de dix ans, l’artillerie française, avec son seul canon à tir rapide de campagne, put, à juste titre, se considérer comme très supérieure à toutes les artilleries étrangères.
- Disposant en effet d’un matériel à tir rapide et à boucliers, capable, grâce à ses appareils de pointage perfectionnés, de faire du tir indirect, et d’utiliser le terrain pour s’en couvrir en occupant des positions masquées, notre artillerie avait forcément l’avantage, en particulier sur l’artillerie allemande, qui ne possédait qu’un matériel de transition, mal établi, d’un fonctionnement défectueux et incapable de faire du tir indirect en se masquant.
- Actuellement, s’il est vrai que nos officiers, grâce à une pratique de plus de 15 ans du canon à tir rapide, dont l’emploi exige des qualités de sang-froid, de décision et de jugement particulières, ont encore une avance certaine sur tous les autres, il faut reconnaître que les matériels d’artillerie étrangers sont aujourd’hui à peu près équivalents au nôtre, et que leurs officiers, après avoir copié nos méthodes de tir, perfectionnent chaque jour leur instruction et sont bien près de nous rattraper.
- Pour bien juger les éléments du problème qui se pose désormais, il est intéressant de comparer les forces dont nous disposons, à celles des artilleries étrangères, et plus particulièrement de l’artillerie allemande.
- Actuellement, l’artillerie allemande a terminé complètement la transformation et la réfection de son matériel. Elle dispose des éléments suivants :
- 1° Une artillerie légère de campagne qui comprend : 517 batteries de campagne à six pièces, dont 42 à cheval, armées du canon à tir rapide modèle 1896 N/A de 77 mm, approvisionnées en schrapnells et obus explosifs, soit 5102 canons. 66 batteries d’obusiers légers de campagne à six pièces modèle 1898 transformé, du calibre de 105 mm, tirant un obus spécial à balles et explosif, soit 596 obusiers ;
- 2° Une artillerie lourde de campagne comprenant : des-batteries d’obusiers lourds de 15 cm (généralement 4 batteries à 4 pièces par corps d’armée), des batteries de mortiérs de 21 cm à
- 4 pièces, tirant sur plate-forme (en nombre indéterminé) ;
- 5° Une artillerie de siège d’un nombre indéterminé de batteries, armées de : canons longs de 10 et 15 cm sur roues; obusiers de 15 cm sur roues; mortiers de 21 cm sur plate-forme.
- En ce qui concerne plus particulièrement l’artillerie de campagne, les renseignements numériques les plus importants à rappeler pour établir la comparaison, sont les suivants :
- Canon Obusier Obusier Mortier
- de 77. léger de 15 cm de 21 cm
- — de 105. — —
- Avant-train 839 kg 860 kg 675 kg J 540 kg
- Pièce en batterie . . 96S kg 1090 kg 2035 kg 4910 kg
- Voiture-pièce .... 1804 kg 1950 kg 2770 kg 5450 kg
- Voiture-caisson . . . 1858 kg 2050 kg „
- Nombre de coups J par pièce dans la s 124 86 72
- batterie ] Poids du sclirapnell. 6,860 kg 12,800 kg M
- Nombre des balles. . 300 500 » »
- Poids de l’obus explosif 6,850 kg 15,700 kg 39,500 kg 119 kg
- Poids de l’explosif. . 0.155 kg 1,480 kg 7,300 kg »
- Vitesse initiale . . . 465 m. 300 m. 300 m. »
- Il est bon de faire remarquer le très faible poids d’explosif (155 grammes), contenu dans l’obus du canon de 77 mm; les Allemands se sont en effet bornés, pour cette pièce, à charger en explosif des obus ordinaires en fonte.
- Il résulte de ce qui précède que dans l’artillerie de campagne allemande, la proportion du nombre de pièces à tir courbe par rapport au nombre des pièces à tir tendu est d’environ un quart.
- En Angleterre, Autriche-Hongrie, Italie et Russie, la proportion admise est également du tiers pu du quart. A ces forces, l’artillerie française peut op-.poser ;
- 1° Une artillerie légère de campagne qui comprend : 655 batteries de campagne à 4 pièces, dont 16 à cheval, toutes armées du canon à tir rapide modèle 1897 de 75 mm, approvisionnées en schrapnells et obus explosifs, soit 2540 canons.
- 2° Une artillerie lourde de campagne composée de : 21 batteries à 2 pièces armées du canon obu-sier à tir rapide modèle 1904 de 155 mm TR, approvisionnées en obus à mitraille et obus explosifs, soit 42 obusiers lourds.
- Eventuellement, de batteries de 155 mm court modèle 1890 à tir accéléré utilisant les mêmes projectiles que les précédentes, et établies sur le même principe que le 120 mm court modèle 1887.
- 5° Une artillerie de siège d’un nombre indéterminé de batteries utilisant : des canons longs de 95, 120 et 155 mm sur roues; des obusiers de 155 mm tirant sur plate-forme; des mortiers de 220 mm tirant sur plate-forme, tous de modèles relativement ancien et à tir lent.
- • Pour comparer avec les chiffres donnés plus haut nous rappellerons les renseignements numériques suivants :
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- L'OBUSIER LEGER DE CAMPAGNE ; .. 395
- Obusier Obusier
- Canon de de 155 Mortier
- de 75. 155 TR mod. 1890. de 220.
- — en 5 voit. — —
- Pièce en batterie . . 1140 kg 5400 kg 5450 kg 4170 kg
- Avant-train 650 kg » » »
- Voiture-pièce .... 1790 kg 2500 kg ,, »
- Voiture-caisson . . . 1960 kg 2500 kg Chiffres ” ”
- Nombre de coups par approximatifs.
- 512 »
- pièce dans la batterie.
- Poids du schrapnell . 7,240 kg 45 kg 45 kg 98 kg
- Nombre de balles . . 500 0 B Obus ordin.
- Poids de l’obus explosif ....... 5,500 kg 45 kg 45 kg 118 kg
- Poids de l’explosif. . 0,800 kg 15 kg 15 kg 55 kg
- Vitesse initiale . . 529 m. 500 m. 500 m. 500 m.
- Ce qui caractérise les obus explosifs français c’est la charge considérable qu’ils contiennent.
- Quant à la proportion du nombre des canons de campagne à tir courbe, par rapport au nombre de canons à tir tendu, elle n’est que de un trentième environ.
- La question qui se pose donc impérieusement pour nous, est la suivante :
- Un obusier de campagne, possédant une mobilité aussi grande que celle du canon de 75, est-il absolument nécessaire?
- Pour pouvoir y répondre en connaissance de cause, il faut examiner les raisons qui militent en faveur de l’affirmative et celles que l’on peut leur opposer.
- Ainsi que nous l’avons vu, le corps d’armée allemand dispose de 126 canons de 77 mm, de 18 obu-siers légers et de 16 obusiers lourds qui peuvent être éventuellement renforcés par les canons de 15 cm et les mortiers de 21 cm de l’artillerie lourde d’armée. Le corps d’armée français ne dispose que de 120 canons de 75 mm, et durenfort, assezfaible, des quelques 155 TR de l’artillerie lourde d’armée.
- S’il est vrai que nos 120 canons à tir rapide peuvent lutter avec avantage, contre les 126 canons allemands de 77 mm, il n’en reste pas moins sur la brèche les 34 obusiers, auxquels nous n’avons pas grand’chose à opposer.
- Ces obusiers, grâce à leurs trajectoires courbes, pourront s’installer dans des positions suffisamment défilées, pour qu’il soit impossible de les atteindre avec nos canons de campagne à trajectoire tendue, et malgré la moindre précision dü tir courbe, ils pourront, sans rien risquer pour eux-mêmes, produire sur nos troupes, et en particulier sur notre artillerie, un certain effet destructeur qu’il est impossible de négliger.
- Comme d’autre part, grâce à la supériorité d’observation, que nous donnent les aéroplanes d’artillerie dont nous disposons, les positions des batteries ennemies peuvent toujours être repérées avec précision quel que soit leur défilement, on comprendra qu’il soit désirable de pouvoir exécuter, dans tous les cas, le tir susceptible” de les atteindre; soit un tir à très grande distance, soit un tir suffisamment .plongeant pour réduire au minimum les angles morts non battus.
- D’autre part, les objectifs dévolus à l’artillerie de campagne sont assez divers : ils comprendront des buts animés à découvert, paquets d’infanterie, états-majors, batteries en déplacement, troupes de cavalerie, etc... ; du personnel abrité derrière des retranchements ou défilé par des masques du terrain, bois, escarpements, localités, etc... ; des batteries à boucliers plus ou moins défilées derrière des crêtes ; des tranchées, des positions de défense fortement organisées par de la fortification passagère de campagne, etc....
- Contre ces multiples objectifs si divers, le seul canon de 75 mm, quelles que soient ses grandes qualités, peut-il suffire?
- Son schrapnell est très efficace contre le personnel découvert ou moyennement abrité, il produit un effet très appréciable sur les servants en action d’une batterie à boucliers, même masquée derrière une crête, et des effets de démolition satisfaisants sur le matériel vu.
- Son obus explosif, avec ses 800 grammes de mé~ linite, peut anéantir le personnel abrité dans des tranchées, derrière des épaulements, à l’intérieur des maisons et des bois. Contre des batteries à boucliers, il est capable de détruire tout le personnel, si abrité soit-il, et de mettre le matériel hors de service, quitte à y mettre le prix. Lorsque les objectifs à battre sont défilés de telle sorte que l’observation des effets du tir est pratiquement impossible, un arrosage systématique de 50 obus explosifs par hectare convenablement répartis, assure toujours un résultat décisif. Et si l’on dispose d’aéroplanes d’artillerie, on peut déterminer assez facilement les limites à assigner pour cet arrosage, et réduire au minimum la consommation des munitions.
- Mais en revanche, le canon de 75 en raison de la grande tension de sa trajectoire, bat difficilement les espaces en angle mort en avant des positions occupées par des batteries masquées, dès que la pente du terrain dépasse 10 pour 100, ou lorsque ces batteries sont abritées par des bois élevés ou des maisons.
- Dans la préparation de l’attaque d’un point d’appui organisé par l’ennemi, par exemple d’un village situé dans un fond, et dont les abords sont constitués par un certain nombre de murs de parcs, la forme du terrain peut être telle qu’en raison de la trop grande tension de la trajectoire, il faille amener les pièces à découvert assez près, pour faire les brèches nécessaires à la réussite de l’opération. Une telle manœuvre dont la nécessité s’impose, ne pouvant être exécutée à bras, exposera le personnel et les attelages au feu meurtrier de l’infanterie ennemie, et risquera de ne pouvoir être exécutée. Avec une batterie d’obusiers, capable d’utiliser le tir courbe, en restant défilé plus en arrière, et en pliant la trajectoire aux formes du terrain, on pourrait obtenir le résultat cherché à peu près sans aucun risque.
- Contre les ouvrages de campagne fortement orga-
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- 396 L’OBUSIER LÉGER DE CAMPAGNE
- nisés, le projectile de 75 a un poids et une capacité trop faibles, pour produire des effets de destruction et de bouleversement suffisants.
- L’obusier léger qui tire à vitesse initiale plus faible, peut, à égalité de poids du matériel, lancer un projectile beaucoup plus lourd, se prêtant à une organisation intérieure spéciale, ou contenant une très grande charge d’explosif.
- Grâce à la possibilité de faire varier la charge de la pièce, on peut courber la trajectoire à la demande des circonstances, et produire ainsi des effets plus importants sur des localités, que l’on peut attaquer par les toits, au delà des lisières, ou sur des bois que l’on pourra battre en profondeur.
- Toutes les considérations qui précèdent militent nettement en faveur de l’adoption d’un obusier léger de campagne, dont nous exposerons plus loin les conditions d’établissement.
- Mais il n’est pas sans intérêt, pour en faire justice, de résumer succinctement les objections que présentent les adversaires résolus de la pièce à tir courbe pour l’artillerie de campagne.
- 1° Une courbure trop prononcée de la trajectoire est fâcheuse au plus haut point. Un angle de chute de 30° correspond à une pente de terrain de 60 pour 400, qui constitue un véritable escarpement relativement exceptionnel. Les pentes courantes étant généralement inférieures à 20 pour 100 même dans les régions accidentées (3 à 5 pour 100 au camp de Châlons et de Mailly) les trajectoires trop plongeantes diminuent dans des proportions considérables l’efficacité des projectiles sur ces terrains.
- Sur un terrain de pente 10 pour 100, avec l’angle de chute de 30° l’obus explosif ne ricoche plus, il fait fougasse et ne produit plus qu’un effet à. peu près nul. L’obus à balles éclatant à bonne hauteur a cinq fois moins d’efficacité qu’en tir tendu sur terrain plat, mais comme la précision du tir est moindre, les écarts moyens en hauteur et les écarts de durée d’éclatement des fusées augmentés, plus de la moitié des coups ont une efficacité nulle, soit parce qu’ils sont percutants, soit parce qu’ils éclatent trop haut. On'arrive ainsi à conclure qu’il sera nécessaire de dépenser dix fois plus de munitions, à égalité dé résultat, qu’en terrain plat avec le tir tendu.
- Cette objection .aurait sa valeur, si on devait uti-
- liser l’obusier à faire uniquement du tir plongeant à grand angle de chute.
- Mais dans la réalité, l’obusier doit être employé en tir aussi tendu que le permettra la forme du terrain, en choisissant précisément la charge la plus convenable, pour plier la trajectoire au mieux des circonstances. C’est de cette manière que l’on pourra battre les pentes, en angle mort pour le 75, en adoptant un angle de chute maximum à peine supérieur à ces pentes, et obtenir une efficacité absolument comparable à celle qu’on aurait avec le tir tendu sur un terrain plat.
- Le tir réellement plongeant, au sens strict du mot, reste réservé comme pis aller, à des cas particuliers d’objectifs cachés par des escarpements, des bois élevés ou des localités qui rendraient impossible tout autre genre de tir.
- On l’emploiera également contre des ouvrages de défense comme tir de bombardement, avec des obus
- explosifs à grande capacité.
- Dans tous les cas, l’observation des coups sera toujours rendue possible par les aéroplanes, qui constituent un facteur nouveau très important pour l’emploi de l’artillerie.
- Il reste d’ailleurs entendu, que toutes les fois qu’un tir d’écharpe par des canons de 75 sera possible, c’est à ces derniers qu’il faudra avoir recours de préférence.
- 2° La présence des obusiers dans le corps d’armée va créer une complication dans les réapprovisionnements en munitions.
- Il est certain que toutes les fois que cela est possible il y a avantage à simplifier le travail pour les services de l’arrière. Mais réellement avoir deux calibres par corps d’armée, obusier léger et canon de 75, ne peut pas occasionner une complication bien sérieuse. .
- Pour les réapprovisionnements en munitions, les services de l’artillerie de l’arrière, n’ont jusqu’ici à se préoccuper que des munitions pour armes portatives, des munitions pour canons de 75, et éventuellement des munitions pour les obusiers de 155 de l’artillerie lourde; ils n’éprouveront aucune difficulté nouvelle, s’il existe une subdivision de plus, et il n’en résultera Certainement aucune chance d’erreur supplémentaire. Cette objection n’a donc en réalité aucune valeur, car les services de l’Intendance ont à faire face pour les subsistances à une complexité autrement importante, sans
- !
- Obusier léger de io5 mm Schneider en batterie disposé pour le tir plongeant, vue avant.
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- L'OBUSJER LEGER DE CAMPAGNE 397
- qu’on ait jamais soulevé de semblables craintes.
- 3° L’objection qui paraît la plus sérieuse est celle qui a trait à la nouvelle augmentation de l’artillerie, qui résultera forcément de l’adoption d’un certain nombre de batteries d’obusiers.
- Il y a à peine en effet deux ans, que l’augmentation de l’artillerie de campagne a été votée, pour porter à 120 canons par corps d’armée le nombre des pièces à opposer à l’artillerie de nos voisins.
- Les officiers des autres armes y ont vu surtout un avantage d’avancement pour les artilleurs, alors qu’en réalité à ce seul point de vue étroit, cette loi ne faisait que les rétablir à cet égard sur un pied d’égalité avec la moyenne.
- Que va-t-on dire s’il est encore question de créer trois nouvelles batteries d’obusiers légers par corps d’armée, c’est-à-dire d’augmenter encore l’artillerie de 60 batteries, chiffre dont nous pouvons nous contenter actuellement, en tenant compte de la supériorité ^ que nous assure encore l’aviation d’artillerie?
- En réalité on ne saurait s’arrêter à des considérations si étroites lorsqu’il s’agit de doter l’armée française d’une artillerie capable de lutter à armes égales, sinon supérieures, avec l’artillerie allemande.
- D’ailleurs, par des prélèvements judicieux sur l’arlillerie de forteresse et de côte, par une spécialisation d’un certain nombre de nos artilleurs de réserve, il sera possible certainement de réaliser la majeure partie de l’effort à faire. En tout cas, pour ceux que les questions d’avancement tracassent, on peut faire remarquer que les créations à faire n’ayant trait qu’à la constitution de batteries et de groupes à rattacher à des régiments existants, n’augmenteront pas le nombre des colonels, et n’offriront aucun débouché supplémentaire pour les officiers subalternes ni pour les chefs d’escadron et seront plutôt un désavantage pour eux.
- Pour nous résumer, le problème actuel qui se pose impérieusement est donc le suivant :
- 1° Renforcer notre artillerie de campagne par trois batteries d’obusiers légers par corps d’armée ;
- 2° Conserver, sinon renforcer T artillerie lourde d’armée actuellement constituée en batteries actives;
- 3° Préparer en vue de la mobilisation des batteries de canons nouveaux à grande puissance, et de
- mortiers, destinées à être mises à la disposition des armées contre le matériel allemand de 13, 15 et 21 cm.
- C’est précisément pour répondre à ce programme d’ensemble, que le 11 octobre 1911 le Ministre dé la Guerre a décidé qu’un concours serait institué, dès 1912, entre les différents modèles d’obusiers légers et de canons longs à grande portée de calibre moyen, en étude ou en construction, soit dans les établissements privés du territoire français, soit dans les établissements de l’État.
- Nous laisserons de côté pour une étude ultérieure la question des canons longs, et nous nous bornerons à résumer ici les conditions générales imposées pour l’obusier léger de campagne.
- La pièce doit être à tir rapide, légère, aussi mobile que le canon de 75 mm de façon à pouvoir être partout à ses côtés et bien approvisionnée. Son
- poids en batterie, ne doit, sous aucun prétexte, dépasser 1150 kilogrammes.
- Elle pourra utiliser des projectiles spéciaux susceptibles de fonctionner, soit comme percutants avec ou sans retard d’éclatement,soit comme fusants, en schrapnells ou obus explosifs. Mais leur poids devra être compris entre 15 et 18 kilogrammes et l’obus explosif devra contenir au moins 3 kg. 500 d’explosif.
- La vitesse initiale doit être la plus grande possible, et atteindre à pleine charge, au moins 300 mètres.
- Le champ de tir vertical doit s’étendre de — 5° à -+- 38° et le champ de tir horizontal doit égaler au moins celui du 75 (100 millièmes ou 6° environ).
- Le chargement de la bouche à feu doit pouvoir s’effectuer avec certitude sous les plus grands angles de tir. La charge de poudre, contenue dans une douille indépendante du projectile, doit pouvoir se prêter à tous les fractionnements nécessaires, pour rendre possible le tir plongeant à toutes les distances.
- La pièce doit être munie de boucliers efficaces, même contre le tir plongeant de l’ennemi.
- L’avant-train, d’un poids maximum de 500 kg, doit pouvoir contenir au moins 12 coups et le poids total de la voiture-pièce avec accessoires et rechanges, mais sans servants, ne doit pas dépasser 1870 kg.
- Obusier léger de io5 mm Schneider, avec la flèche du caisson disposée pour servir d’observatoire au capitaine.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Les établissements du Creusot, dont les matériels d’artillerie sont justement réputés dans le monde entier, avaient, dès 4909, mis au point trois types d’obusiers à tir rapide des calibres de 105, 120 et 150 mm.
- Celui de 105, qui répond parfaitement aux conditions du programme ci-dessus, a été présenté pour être soumis aux épreuves de réception. Sans préjuger ce qu’il en adviendra, nous résumons ci-après les qualités particulières de ce matériel.
- L’obusier de campagne, type O C du Creusot, de 105 mm comporte tous les perfectionnements les plus récents.
- L’affût proprement dit en tôle d’acier emboutie est muni d’une bêche de crosse, composée d’un soc fixe en acier forgé, et d’une partie mobile de grande surface en tôle d’acier ; il peut coulisser sur l’essieu pour le pointage en direction, et repose sur deux roues en bois à moyeu d’acier.
- Un berceau en tôle d’acier emboutie muni de glissières en bronze, peut tourillonner sur l’affût pour le pointage en hauteur, et supporte le canon par l’intermédiaire d’un traîneau, d’un frein hydraulique et d’un récupérateur à air comprimé.
- La bouche à feu est à culasse à vis excentrée manoeuvrable en un seul temps au moyen d’un levier, elle comporte une mise de feu à répétition avec appareil de sûreté.
- Le mécanisme de pointage en hauteur comprend un secteur susceptible d’être relié ou non au berceau, pour rendre possible les opérations du chargement, indépendamment du pointage.
- L’appareil de visée est à tambour tronconique, à goniomètre et à viseur optique, il est gradué pour les diverses charges de l’obusier, et permet la correction de l’angle de site et de l’inclinaison des roues. Il comporte en outre un dispositif à prismes pour le repérage en arrière.
- Les munitions comportent des douilles chargées en poudre à la nitrocellulose, réunie en éléments faciles à combiner, pour obtenir la vitesse initiale désirée ; des obus à grande capacité chargés en explosif puissant, et des schrapnells à charge arrière.
- Lés renseignements numériques concernant ce matériel sont les suivants :
- Avant-train vide 412 kg.-Pièce en batterie 1160 kg.
- Voiture-pièce chargée 1950 kg avec 21 coups dans l’avaut-lrain. Voiture-caisson chargée 1890 kg avec 21 coups dans l’avanl-tram et 52 dans l’arrière-train.
- Vitesse de tir 10 coups à la minute.
- Poids de l’obus explosif 16 kg avec 2,540 kg d’explosif.
- Poids du schrapnell 16 kg avec 480 balles de 15 grammes.
- Charge maxima 0,470.
- Vitesse initiale maxima 500 mètres.
- Amplitude du pointage en hauteur de — 5 à -+ 45°.
- Amplitude du pointage en direction 6°.
- Longueur du recul de 0 m. 65 à 1 m. 125 suivant la valeur de l’angle de tir.
- Ainsi que le montrent les chiffres précédents cette pièce remplit aussi parfaitement que possible les conditions exigées, elle possède une mobilité absolument comparable à celle du canon de 75 mm, et une batterie de 4 pièces avec 12 caissons pourrait disposer de 180 coups par pièce, ce qui constitue un approvisionnement de première ligne très important. Capitaine Renaud.
- E. P. P.
- académie des sciences
- Séance du 29 avril 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Triangulation de l'arc méridien équatorial. — M. le général Bassot résume un important travail de M. le capitaine Perrier, du Service géographique de l’armée, contenant le détail des calculs auxquels ont donné lieu les opérations géodésiques de triangulation effectuées par la mission de l’Equateur^ de 1898 à 1906. Les calculs montrent quelle extrême précision atteignent les observations angulaires des officiers géodésiens qui ont opéré en Equateur. L’erreur moyenne d’un angle observé, déduite des calculs de compensation, n’atteint pas une seconde sexagésimale. Les fermetures sur les bases de vérification nord et sud du réseau sont de 0 m. 07 et de
- 0 m. 02 : soit, en erreur relative, 1/90 000 et 1/320 000.
- Géologie de l'île de Délos. — Le prince Roland Bonaparte présente un mémoire de M. Cayeux sur la géologie de l’île de Délos.. L’école française d’Athènes qui a entrepris, depuis quelques années, des fouilles dans cette île, a demandé à M. Cayeux de venir l’étudier au point de vue géologique, afin d’établir les conditions de la vie des hommes dans les temps anciens. L’auteur montre que Délos, qui n’a que 5 kilomètres de long sur 1 km 3 de large, n’est qu’un des nombreux restes du continent dit l’Égéide qui s’est en grande partie abîmé SOUS les flots. Cil. DE VlLLEDEUIL.
- UN VILLAGE DE LUTHIERS EN BAVIÈRE
- La question de l’invention du violon est loin d’être résolue. Le sera-t-elle jamais? L’Italie et l’Allemagne apportent le même acharnement à revendiquer cette gloire pour un de leurs enfants. Et les articles succèdent aux articles, dans les journaux spéciaux, sans que les polémistes apportent au problème une solution définitive.
- Comme le fait remarquer M. le professeur Michel
- Stanta de Trieste, dans la brochure qu’il consacre à la lutherie italienne, c’est en Asie qu’il faut chercher les lointaines origines du violon comme celles de tant d’autres inventions. Les anciens hindous se servaient du bin, instrument à cordes et à archet dont le corps était constitué par une calebasse. On rencontre encore des instruments analogues dans -certaines campagnes italiennes.
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- UN VILLAGE DE LUTHIERS EN BAVIERE ======== 399
- Un prince cinghalais, Ravana, perfectionna ce lointain ancêtre du violon, et l’instrument qu’il produisit garda en son honneur le nom de rava-nastrom. A l’époque de l’expansion musulmane, les conquérants arabes l’adoptèrent, sous le nom de rebab, dont les français firent rebec. Il se répandit dans toute l’Europe civilisée, après les Croisades, comme le montrent les miniatures de plusieurs manuscrits du xne et du xiiic siècle, où sont représentés des rebecs et des violes très semblables à notre violon moderne.
- Mais qui donna au violon sa forme et son. son définitifs? C’est ici que la querelle s’envenime. D’après les italiens, ce fût un luthier de Milan, Testator-le-Vieux, qui eut l’idée de réduire les dimensions de la viole pour en faciliter le maniement. D’après les allemands, l’honneur revient à un certain Gerle, de Nuremberg, établi à Brescia, et dont le nom avait été italianisé en Kerlino.Et d’autres érudits l’attribuent au bavarois Gaspar Tieffenbrucker (Duifïbpruggar en italien), qui exerça son art à Bologne avant de se rendre à Paris, sur l’invitation du roi de France, et mourut à Lyon en 1570.
- Restons à l’écart de la querelle, tout en constatant qu’une troisième école penche en faveur d’un
- luthier de Brescia, Gasparo da Salo (1549-1609). Ce qu’il importe de retenir, c’est que la Bavière a toujours été connue, depuis le moyen âge, pour l’habileté de ses luthiers, et qu’il existe, dans l’extrême sud de ce royaume, à quelques lieues de la frontière tyrolienne, un petit village qui vit presque exclusivement de la fabrication des instruments à
- cordes, et, en particulier, des violons. Ce qui rend le cas particulièrement intéressant, c’est que les habitants ont exercé cette industrie, de père en fils, depuis plus de deux siècles. Sur 1960 âmes qui forment l’agglomération, c’est à peine si l’on compte une cinquantaine de bouti-
- Fig. i. — Le village de Mittenwald.
- quiers ou négociants. La grande majorité de la population est composée d’ouvriers luthiers, dont les uns, durant l’été, vont colporter leurs produits dans les régions voisines, tandis que les autres confient les leurs à des maisons d’exportation.
- Mittenwald répond à son nom : situé au pied de la chaîne de Karwendel (Alpes bavaroises), ce village aux chalets spacieux et confortables est entouré de forêts qui, malheureusement, ont fini par s’éclaircir. Au milieu du xvne siècle, un enfant du village, Mathias Klotz, fut emmené en Italie à l’âge de dix ans, par un compatriote qui le plaça en apprentissage chez Nicolo Arnati, le fameux luthier de Crémone.
- Devenu célèbre à son tour, Mathias éprouva Je mal du pays; et, revenant à Mittenwald après une absence de plus de vingt ans, il initiait ses compatriotes aux secrets de fabrication des maîtres italiens, et réussissait à faire de cet humble village de montagne un centre industriel de grande importance. Pendant les deux derniers siècles, tous les violons, et aussi les violoncelles et contrebasses, vendus en Allemagne, sont sortis des ateliers de Mittenwald, qui exporte en outre des quantités de ces instruments, et aussi des guitares, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Australie.
- Curieuse constatation à faire : tandis que la plu-
- Fig. 2.— La partie la plus délicate de la fabrication d’un violon. La fabrication d'une table.
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- 400 ===== UN VILLAGE DE LUTHIERS EN BAVIÈRE
- part des industries du bois doivent leur prospérité à l’introduction de la machinerie, celle de Mittenwald doit la .sienne à l’emploi exclusif de la main-d’œuvre. Résistant aux sollicitations de la demande, les artisans bavarois ont su limiter l’offre, et, par suite, conserver leurs prix. Et le reproche qu’on fait généralement à l’industrie allemande de fabriquer à trop bon marché, aux dépens de la qualité, ne saurait les concerner.
- Par un esprit de clocher dont on ne saurait leur faire un crime, ils n’admettent pas dans leurs ateliers des apprentis qui ne soient pas nés au village. Après avoir appris les éléments du métier sous l’œil paternel, les jeunes gens entrent dans une École de Luthiers fondée en 1858 par le Gouvernement bavarois, et y restent trois ans. Ils s’y perfectionnent dans leur art, et prennent en outre des leçons de dessin, de chant et de musique instrumentale. Décrivant l’industrie des jouets dans les montagnes de Saxe, un de nos collaborateurs notait que chaque village , chaque famille, était spécialisé dans la fabrication d’un jouet particulier (soldats de bois, animaux de l’Ar-che-de-]Noé,etc.).
- La même remarque trouve ici son application. Mittenwald donne à son tour un curieux exemple de la division du travail, car tel ouvrier, dont les ancêtres se
- spécialisèrent dans la fabrication de la crosse et du manche, se cantonnera dans la même partie. Et
- il en est ainsi pour les autres parties de l’instrument.
- Dans telle famille, on ne s’occupera que des chevilles, et, dans telle autre, que du chevalet ou de la queue.
- Les familles spécialisées dans la fabrication de la table forment l’élite de cette population d’artisans. C’est chez elles que se conservent pendant vingt ou trente ans les blocs d’érable et de pins dans
- lesquels seront taillées plus tard les parois de la boîte résonnante.
- Jadis, ces essences abondaient dans le voisinage immédiat de Mittenwald. Mais les villageois doivent' maintenant demander leur matière première aux forêts de Hongrie et de Bosnie.
- Aussi, le patron a-t-il fini par faire son apparition dans cette petite société communiste : plusieurs familles font venir ces bois par quantités,
- les cèdent aux artisans, et leur achètent la boîte brute à bas prix, pour en confier l’achèvempnt à des ouvriers salariés.
- Une boîte se paie communément 1 mark 60 pfennigs,*so^t. moins de dètrkf francs. C’est dire que, pour la grande majorifç,* les braves luthiers de Mittenwald ne font pas' fortune! Y. Forbin.
- Fig. 3. — Les phases de la fabrication d’un violon. État initial des diverses pièces qui formeront la table, le chevalet et la queue.
- Fig. 5. — Les diverses phases du montage d’une table de violon.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleurus, 9, à* Paris.
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- LA NATURE. — N° 2034.
- 18 MAI 1912
- L’ÉLEVAGE EN GRAND DU CANARD
- L’élevage de la volaille tend à devenir, pour ainsi dire, automatique. La tendance toute moderne de centralisation, qui a substitué l’usine anonyme à l’atelier familial et le grand magasin à la boutique,
- pour la consommation, après une série de stages qui n’offre pas de solution de continuité !
- La ferme est située à Harrow-Weald, à quelques centaines de mètres de la gare de Stanmore. En
- Fig. i. — La sortie de l’œuf du jeune canard.
- exerce déjà son action dans le domaine de l’agriculture. Aux Etats-Unis, l’établissement de grandes fermes spécialisées dans l’élevage de la poule, du canard, du dindon ou du pigeon, a porté un coup fatal aux petits fermiers, écrasés par une concurrence mieux outillée, et qui peut livrer à meilleur marché des produits de qualité supérieure, grâce à des croisements méthodiquement conduits.
- L’Angleterre, tributaire de l’étranger pour toutes les marchandises comestibles nécessaires à sa population, commence à prendre exemple sur l’Amérique. Elle possède, depuis quelques semaines, un vaste établissement pour l’élevage du canard, organisé sur un plan scientifique, et qui est probablement unique de ce côté-ci de l’Atlantique.
- C’est le Middlesex Duck Plant. L’expression, toute américaine, nous annonce une « fabrique de canards », et elle est amplement justifiée par les faits, puisque l’usine reçoit à son entrée des œufs qu’elle rend à sa sortie sous forme de canards prêts
- 40* année.
- 50 minutes, un fourgon automobile peut apporter les produits au Smithfield Market, qui est le marché central de la viande de Londres. Les frais d’établissement ont monté à 500000 fr. Le domaine, qui n’était encore qu’une vaste prairie en juillet dernier, comprend onze acres, dont sept sont maintenant couverts par les bâtiments d’exploitation.
- Ces bâtiments sont rangés :en six divisions. La première comprend le cellier d’incubation, vaste salle qui renferme 70 incubateurs, d’une capacité totale de 20 000 œufs. En moyenne, trois fournées éclosent chaque jour, et les incubateurs sont tenus constamment garnis. Les canetons, dès leur naissance, passent par une suite de compartiments chauffés par un système de conduites d’eau, et dans lesquels on gradue la chaleur de 51° à 26°, la diminution se faisant progressivement à mesure que les oiseaux, poussés de case en case, s’acheminent vers l’issue de la nursery.
- Ils pénètrent alors dans le brooder, ou couveuse,
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- Fig. 2.
- Les parcs d’élevage des canards.
- Ier semestre.
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- 402 r—........— LE REFROIDISSEMENT DE LA TERRE
- constitué, lui aussi, par une suite de compartiments dont la température s’abaisse progressivement jusqu’à 21°. De même que pour la nursery, ils ne restent que 24 heures dans chaque compartiment. Des pancartes indiquent l’âgé (en jours) des canetons, à mesure qu’ils franchissent une cloison ; s’ils sont dans telle case, c’est qu’ils ont tant de jours.
- Les voici parvenus aux enclos d’engraissement (feeding sheds), qui ne sont pas chauffés artificiellement, et dont les derniers sont exposés à l’air libre ; chacun comporte une petite terrasse couverte de gravier. Après avoir habité successivement les enclos, ils atteignent enfin leur ultime station, la tuerie (killing shed), où ils sont égorgés et plumés. L’itinéraire à travers cette enfilade de chambres et d’enclos prend exactement neuf semaines, au hout desquelles les canards, mâles ou femelles, pèsent en moyenne 61/2 livres (mesures anglaises).
- L’usine s’éclaire électriquement avec ses propres générateurs. Elle est d’ailleurs pourvue d’un outillage qui supprime notablement la main-d’œuvre. C’est ainsi que la nourriture est distribuée d’un bout à l’autre de la ferme par des tramways électriques.
- Les enclos des oiseaux reproducteurs forment une division spéciale. Ils sont spacieux, et comprennent
- un bassin, une terrasse et une cabane. Chacun reçoit de 40 à 50 oiseaux, les femelles étant dans la proportion de 5 pour 1. Leur alimentation est très différente de celle des oiseaux de consommation ; la luzerne en poudre y tient une place importante.
- C’est après avoir étudié sur place les grandes « fermes à canards » des Etats-Unis que le fondateur et directeur du Duck Plant, M. L.-B. Purdey, fils de l’armurier bien connu, a demandé ses reproducteurs à la race pékinoise blanche, qui possède de nombreuses qualités. Sa chair est très estimée, et l’engraissement est rapide. Les canes ont une capacité de ponte très supérieure à celle des meilleures races
- européennes, car elles produisent annuellement une moyenne de 135 œufs, tandis que la race d’Aylesbury, la plus estimée en Angleterre, n’en produit que 90. Avec ses 1000 pékinois, M. Purdey peut compter sur une fourniture annuelle de 100 000 œufs, qui lui produi-rontunemoyenne de 80000 canetons. D’après le cours moyen des halles de Londres, ces volailles ont à 9 semaines une valeur marchande de 4 shillings (environ 5 fr.). Comme le coût de production est évalué entre 1 fr. 85 et 2 fr. 15, les profits promettent de devenir considérables. Y. Forbin.
- Fig. 3.
- Salle d’incubation des œufs de canards.
- LE REFROIDISSEMENT DE LA TERRE
- Il est à peu près certain que la Terre a commencé par être un globule en ignition, sur lequel s’est exercée l’action réfrigérante de l’espace et dont la structure géologique porte l’empreinte des étapes parcourues pendant sa consolidation. Mais on est beaucoup moins fixé quand il s’agit de préciser les conditions de ce refroidissement, le temps pendant lequel il s’est effectué, l’état qui en résulte actuellement pour les parties internes de notre planète, etc.
- A cet égard, les mathématiciens sont des guides d’autant plus dangereux que la rigueur apparente de leurs calculs et la précision de leurs résultats numériques inspirent d’abord plus de confiance. Leurs équations rendent des services précieux ; mais il n’en sort jamais, sous une forme de théorème, que ce
- qu’on a commencé par y mettre moins explicitement. Lorsqu’on se lance trop vite dans le vaste domaine des cosmogonies, en extrapolant dans des proportions démesurées les pauvres petites lois bornées de notre physique terrestre, les effets de quelque coefficient négligé au départ peuvent conduire finalement à des conclusions, qui, le jour où l’observation astronomique aura prononcé son verdict, risqueront d’apparaître un peu aventurées.
- Voici, par exemple, le problème si discuté de la chaleur solaire qui se rattache par un lien intime à notre sujet. Etant donnée la quantité de chaleur que le Soleil rayonne dans l’espace, s’il avait la chaleur spécifique de l’eau, il serait congelé en 6000 ans ; si c’était un immense bloc de charbon,
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- LE REFROIDISSEMENT DE LA TERRE . .. —--- 403
- en 5600 ans e'galement il serait consumé. Ce nombre d’années ne nous suffit pas? Alors, propose Helmoltz, nous pourrions assimiler le Soleil à une masse fluide qui se contracte et qui, par ce travail, fournit de la chaleur. On arrive ainsi à des chiffres compris entre 30 et 50 millions d’années.... C’est encore trop peu? Supposons le soleil visqueux.... Nous avons besoin de quelques milliards d’années supplémentaires? Remarquons que les corps, dissociés à l’intérieur du Soleil, sont apportés à la surface par des courants de convection, s’y recombinent avec dégagement de chaleur, retombent à l’intérieur et s’y dissocient de nouveau. Ainsi, la chaleur étant sans cesse transportée du centre à la périphérie, il nous suffira d’attribuer au centre une température suffisante pour disposer d’une durée presque quelconque. Arrhénius y a supposé 6 millions de degrés. Et, si les chiffres ainsi obtenus paraissaient encore trop faibles, il nous resterait la ressource d’invoquer la désintégration du radium, ou quelque phénomène du même genre, aussi inconnu pour nous que l’était le radium il y a vingt ans. Devant de telles incertitudes, il n’y a évidemment qu’à renverser les termes du problème : attendre des sciences d’observation le chiffre d’années qui nous manque et, ce jour-là, conclure, si l’on veut, la probabilité que la chaleur solaire aura été entretenue de telle ou telle manière <
- De même, on peut, avec des arguments également convaincants, démontrer qu’il y a, ou fort peu ou infiniment d’étoiles obscures ; que la nébuleuse primitive a été, ou d’abord chaude et refroidie ensuite malgré sa contraction, ou d’abord froide et échauffée en se contractant, etc., etc. Gomment en serait-il autrement alors que le procédé de calcul consiste, pour une des questions, à appliquer, dans le cas de l’univers, la théorie cinétique des gaz et quand il faut commencer par prendre un parti sur les limites de l’infini ?
- Des hypothèses, comme celles de Lord Kelvin, de Sir Norman Lockyer ou de Svante Arrhénius, sont fort séduisantes et même fort suggestives d’expériences futures. Mais il faut bien les prendre pour ce qu’elles sont : pour de pures et simples hypothèses.
- En ce qui concerne le refroidissement de la Terre, il y a quelque désaccord apparent entre les mathématiciens et les géologues. L’observation géologique montre, on le sait, que la température s’accroît partout plus ou moins vite lorsqu’on s’enfonce dans l’intérieur de la Terre et l’on a appelé degré géothermique la profondeur dont il faut s’enfoncer pour gagner ainsi un degré. On est donc forcé d’en conclure que la Terre rayonne des calories dans l’espace, donc qu’elle se refroidit et, par conséquent, qu’elle se contracte. Les calculateurs ont même essayé d’établir la loi qui relie le temps depuis lequel ce refroidissement est commencé avec la température initiale. On trouve ainsi, en supposant le refroidissement brusquement commencé par l’ar-
- rivée de la Terre dans une enceinte à zéro degré, que, si la température initiale a été de 5000 degrés, la Terre doit se refroidir depuis cent millions d’années. Mais, en modifiant un peu le point de départ, on démontre également qu’au bout de 100 milliards d’années, la température a seulement décru dans le rapport de 2,71 à 1.
- Avec l’intervention du radium, on obtient même 74 fois trop de chaleur pour réparer la perte de chaleur due au rayonnement. Il faut alors, pour rétablir l’équilibre, supposer, sans aucune raison, que le radium cesse d’exister à 72 kilomètres de profondeur.
- Ce n’est donc pas sur ce point que le calcul des mathématiciens peut gêner les géologues. Mais, là où leur objection paraît d’abord plus grave, c’est lorsqu’on envisage comment doit s’opérer la contraction résultant du refroidissement. Assimilant la Terre à un boulet homogène plongé dans une enceinte froide, et appliquant le procédé classique du mur indéfini de Fourier, on en a conclu fort logiquement que la croûte superficielle devait se refroidir avant le noyau interne et, par conséquent, se contracter plus tôt que lui1. L’écorce trop étroite aurait dû alors se fissurer et s’ouvrir, au lieu de se plisser en chaînes montagneuses comme la géologie le constate.
- Gela prouve simplement que la Terre n’a aucun rapport avec le boulet homogène sur lequel ont été établis les calculs et que, par conséquent, toutes les autres déductions tirées de ceux-ci sont également à rejeter. Au lieu de calculer, il vaut mieux observer, sauf à se servir occasionnellement des théories physiques pour expliquer ou coordonner les faits. Or, ce qui résulte avec le plus d’évidence des observations, c’est que la Terre est essentiellement hétérogène dès la superficie et le demeure probablement jusqu’à une certaine profondeur ; c’est aussi qu’elle a été violemment plissée à la surface. De même, le degré géothermique varie beaucoup d’une région à l’autre, en gardant une relation logique avec la tectonique de la région considérée. Toutes les apparences sont pour que les foyers calorifiques internes soient inégalement distribués, ou du moins séparés de la superficie par une enveloppe d’épaisseur inégale. Peut-être se trouvent-ils tous à moins de cent kilomètres delà surface, la zone centrale n’offrant plus la chaleur, supposée. A cet égard, nous sommes dans l’ignorance la plus absolue.
- Mais essayons logiquement de concevoir ce qui a pu se passer pendant les périodes antérieures. Voici la Terre en ignition qui, sous une influence réfrigérante, commence à se couvrir d’une croûte de scorie. A ce moment, évidemment, cette croûte superficielle doit se contracter et se fissurer, en adoptant peut-être momentanément un de ces dessins géométriques, sur lesquels on a tant ef si vainement spéculé. Dès ce moment, l’homogénéité (probablement très approximative) du début a disparu. La
- I. Yoy. Poincaré, Hypothèses cosmogoniques, p. 217.
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- 404 -....i_—.... LE VENIN
- Terre se divise en blocs de scories séparés par des fissures, au fond desquelles les matières en ignition reparaissent un moment pour se figer de nouveau, mais à un niveau inférieur et après un temps qui a permis à la croûte primitive d’épaissir davantage sous les premiers compartiments solides. De tels blocs, assimilables aux glaçons d’une banquise, ont pu en outre être poussés les uns sur les autres, refondus par la base, chavirés, etc. ; leur superficie ne peut donc manquer d’être rugueuse et inégale.
- A cette même phase doivent commencer, dans l’atmosphère extérieure séparée du noyau incandescent, les condensations de vapeurs ; l’eau se précipite sur la Terre et, sans doute, va s’accumuler de préférence dans les sillons déprimés résultant de la première fissuration et qui, à partir de ce moment, vont devenir des zones faiblés de l’écorce, des géosynclinaux, destinés comme nous allons le voir, à subir sans cesse la pression latérale des vous-soirs plus solides.
- Concevons donc maintenant une étape suivante. La Terre continue à rayonner delà chaleur dans l’espace. Ces calories, qui émanent des parties internes, traversent la croûte superficielle et son enveloppe d’atmosphère, pour lesquelles une loi d’équilibre à peu près stable s’est établie à partir de la source froide, tandis que le progrès du refroidissement gagne peu à peu le centre. Bientôt la croûte ne change plus sensiblement de température (et cela la paléontologie semble nous le montrer) ou du moins elle ne subit plus que des variations périodiques d’origine solaire sans rapport avec le phénomène dont nous nous occupons ici. La perte de chaleur se produit à l’intérieur. Elle a pour effet de rendre visqueuses, puis de solidifier certaines «parties internes et, par conséquent, de les contracter au-dessous des compartiments solides extérieurs, qui maintenant gardent à peu près le même volume. Il y a donc tendance à la formation d’un vide au-dessous d’un de ces blocs, qui descend tout entier vers le centre, en exerçant sa compression latérale : sur quoi? sur le fuseau intermédiaire, d’abord fissuré. Celui-ci a, par lui-même, toutes les raisons possibles pour être plus souple. La croûte y a été, dès le début, moins épaisse. Et, de plus, l’accumulation des sédiments dans le géosynclinal déprimé y a relevé les isogéothermes, donc provoqué un
- DE COBRA - .........
- réchauffement ayant eu pour effet possible de déterminer des refusions. Nous avons donc là une zone qui peut et doit se plisser jusqu’au moment où l’effet du plissement même en aura assez augmenté l’épaisseur pour la solidifier à son tour. .
- Ainsi, malgré la contraction de la superficie plus forte que celle des parties internes, cette superficie subira des plissements montagneux parce qu’elle les subira localement, parce que, dès les premiers temps, l’écorce terrestre a été composée de pièces et de morceaux empruntés successivement à diverses sphères concentriques et non à une sphère unique. Nous avons des blocs solides qui peuvent, suivant le mouvement relatif résultant des compressions, être, tantôt affaissés, tantôt violemment surélevés et, dans ce dernier cas, compenser aisément les contractions; dans l’intervalle, nous avons des fuseaux de plissement dont la largeur se réduit progressivement, et, suivant le raccord des fuseaux plissés avec les blocs solides, nous avons des lignes de rupture marquées d’avance pour le volcanisme. Ajoutons d’ailleurs que, plus la Terre a avancé dans son histoire, plus son écorce a dû devenir épaisse et ses parties flexibles réduites, plus les déplacements verticaux ont dû intervenir et les fissurations se multiplier en réduisant la zone réservée aux plis. Chaque fissure nouvelle a pu ainsi créer une zone faible accessoire et, finalement, provoquer les sinuosités et les branchements si compliqués des dernières chaînes montagneuses. >
- Nous voilà donc bien loin du boulet homogène; et l’observation du degré géothermique, quand on change de région, le confirme aussitôt. Ce chiffre qui représente, nous l’avons dit, le nombre de mètres dont il faut s’enfoncer pour constater un éehauffe-ment d’un degré, peut être de moins de 10 mètres dans les zones à volcanisme récent, où l’écorce solide, qui nous sépare d’un foyer interne, est encore mince. Il atteint 50 mètres en moyenne dans les régions plus anciennement consolidées, sur lesquelles ont cependant agi encore les mouvements de l’époque primaire. Quand on aborde les régions consolidées depuis l’époque précambrienne comme le bassin du Lac Supérieur, le degré géothermique monte à 124 mètres et toutes les probabilités sont donc pour que l’on soit, à la surface, plus loin d’un foyer interne.
- L. De Launay.
- LE VENIN DE COBRA
- Le cobra est un des serpents dont le venin est le plus nocif et dont la morsure fait encore un nombre considérable de victimes dans les pays qui en sont infestés. Diverses expériences ont été faites pour étudier leur toxicité; les têtards de grenouilles le permettent facilement, en les prenant d’une dimension de 14 à 18 millimètres et en les plaçant dans des solutions de venin. Une concentration de 1/25 000 les tue en quelques minutes,
- tandis que celle de 1/400000 les paralyse lentement. Si on replace ces derniers dans l’eau pure, ils reprennent leur attitude normale après cinq jours. La toxicité du venin est diminuée par addition de diverses substances : lécithine, cholestérine, huile et surtout chlorure de calcium, sans qu’on puisse s’expliquer l’action de ces corps. Le venin d’abeilles agit comme celui de cobra, mais à dose beaucoup plus forte.
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- L’INDUSTRIE DE LA MOUSSELINE A TARARE
- Dans cette région curieuse, d’une vie industrielle si intense, qui englobe à la fois et Lyon et Saint-Etienne, la petite cité de Tarare, encadrée de ses rudes montagnes, est le centre de la fabrication des mousselines, tarlatanes, singalettes et nansouks, fabrication qui occupe environ 60 000 ouvriers et ouvrières, disséminés un peu partout dans la montagne.
- Cette industrie fut introduite à Tarare, en 1754, par Simonet, dont la statue, par Bailly, sculpteur, enfant de Tarare, s’élève sur une des places de la ville. Son neveu Simonet, les demoiselles Defrance, l’Irlandais John Murray, Brunei, de Genève, puis les frères Prost, contribuèrent à répandre cette industrie, dont les progrès, très marqués jusqu’en 1875, subirent alors un temps d’arrêt lorsque se réduisit l’usage des voiles blancs pour les processions religieuses.
- Ce fut, pour l’industrie tararien-ne, un coup cruel.
- La concurrence des Vosges, de Saint-Quentin, de la Suisse et de l’Angleterre, le prohibitif Zollverein allemand et les droits américains la mettaient d’autre part à rude épreuve.
- Ce fâcheux concours de circonstances fut le point de départ d’une baisse de plus en plus accentuée sur les prix de façon et de vente et sur la qualité des genres traités jusqu’alors.
- La nécessité d’une production intense et à bon marché se fit de plus en plus sentir, et c’est en 1875 que, profondément pénétré des nécessités du moment, M. P. Chatelard se décida à mettre franchement de côté les vieux errements et les préjugés enracinés qui voulaient a priori que des fils si déliés et des tissus si fins ne pussent résister à l’action des organes rigides du métier mécanique. C’est alors que fut décidée par lui la construction de l’usine dans laquelle nous conduirons nos lecteurs pour les faire assister aux diverses phases de cette opération.
- La mousseline, étoffe souple, légère et fine, se fait généralement avec fils de coton, ordinairement
- plus petits pour la trame que pour la chaîne. Il se fait également beaucoup de plumetis (articles brochés) des mousselines mixtes — coton et soie —, et quelque peu de mousseline tout soie. La consommation de coton dépasse un million de kilogrammes par an. Celle de la soie est d’environ 20 000 kg. Les soies filées proviennent des régions lyonnaise, dauphinoise et stéphanoise, de l’Italie, de la Chineet du Japon.
- Le coton filé vient des usines du Nord, des Vosges et d’Angleterre, qui importent la bourre principalement d’Amérique, de l’Inde, de la Chine,
- du Japon, de la Louisiane. Pour une même origine, les qualités sont variables, ce qui a nécessité l’adoption déclassements établis sur les principaux marchés cotonniers tels que Liverpool, le Havre , Marseille, Anvers, Amsterdam,classements qui servent de base aux transactions commerciales.
- Le coton filé arrive aux usines en fuseaux ou écheveaux. Pour comparer entre eux ces fils de même nature, on a recours au titrage. Titrer un fil, c’est chercher un numéro indiquant le rapport qui existe entre la longueur et le poids de ce fil.
- Des délégués, réunis en Congrès à différentes reprises à Vienne, Bruxelles, Turin, Paris (1878), passèrent en revue les différents modes de titrage, et jetèrent les bases d’un accord qui serait fort désirable au point de vue commercial, mais qu’aucune sanction officielle n’a rendu obligatoire, et qui n’a pas encore reçu d’application générale.
- Le Congrès de 1878 adopta un titrage français dans lequel la base du numérotage est un fil d’une longueur de 1000 mètres avec un poids constant de 500 grammes.
- N° 1 1000 mètres pesant 500 grammes.
- N° 2 (2x1000) — — —
- N° 5 (5x1000) — — —
- Dans les vastes sous-sols de l’établissement Chate-
- Fig. i. — Bobinage. — La chaîne des fusées passe sur un rouleau de velours, puis sur un purgeur, et s’enroule sur les bobines.
- Coion sur bobines
- Coton__ en fuseaux' venant de la filature
- Fig. ihh. — Bobinoir ou Dévidoir.
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- lard, les bobines ou fusées venanfrde la filature restent assez longtemps encaissées, ce séjour dans un lieu frais et la pression des bobines les unes contre les autres fixant la torsion du fil et supprimant le vaporisage. Le bobinage consiste à dévider la chaîne des fusées pour l’enrouler sur des bobines ou roquets. Cette
- opération a pour but d’épurer le fil et de mettre sur les bobines une longueur suffisante et régulièrement enroulée pour faciliter l’ourdissage. Le fil passe d’abord sur un rouleau de velours qui le lisse, le polit et l’égalise, puis sur une brosse métallique ou purgeur qui termine ce travail.
- U ourdissage, qui suit, a pour but de classer et assembler en une longueur égale tous les fils d’une pièce dont l’ensemble reçoit le nom de chaîne et de les disposer parallèlement et dans l’ordre déterminé par la nature du tissu. L’ourdissoir mé-
- Fig. 2. — Ourdissage. — Les fils des bobines passent entre les dents d’un peigne, et s’enroulent parallèlement sur l’en-souple.
- camque se compose d’un porte-bobines (bayard ou cantre). Les fils de chacune des bobines passent
- Fig. 2hls. — Ourdissoir.
- entre les dents d’un peigne et s’enroulent parallèlement entre eux sur un rouleau ou ensouple animé par un enrouleur d’un mouvement de rofation continu. Lorsqu’on a enroulé sur ces ensouples une longueur
- de fil déterminée, on réunit, comme nous allons le dire, à l’encolleuse ou au parage un certain nombre de ces rouleaux pour en former la chaîne. Les différentes longueurs sont données très exactement par des compteurs spéciaux à chaque machine.
- La base de l’article gaze à pansement ou singalette est de 10 fils chaîne et 9 fils trame environ au centimètre. La largeur est généralement de 65 cm ou 2 laizes de 65 cm.
- Vencollage, qui se pratique après l’ourdissage, a pour but d’enduire les fils de colle pour les raffermir et leur permettre de supporter plus facilement l’action du tissage. La colle ou parement est la gélatine, la fécule de pomme de terre, l’amidon ou la farine fermentée. Le parage mécanique — ou encollage — s’opère de deux
- Fig. 3. — Encolleuse d chaud, pour articles grossiers. Production, : ioooo à i5 ooo mètres par jour.
- Bâche à colle
- Rouleaux ourdis £ chauffage à vapeur
- Tambour de séchage chauffé à ta vapeur '
- Peigne
- Ventilateur
- Fig. 3bis. — Encolleuse à chaud.
- manières : au moyen de la machine dite écossaise ou de la machine à encoller. Les articles singalette ou gaze à pansement, ainsi que les articles grossiers, s’encollent sur la machine dite encolleuse avec production de JO à 15 000 mètres par jour, et'les articles fins, mousselines ou nansouks, se font sur pareuse,
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- avec production de 500 à 800 mètres seulement par jour. Le travail de cette machine s’opère des extrémités vers le centre. Les rouleaux sont placés à chaque bout, au nombre de quatre, et les nappes qui en proviennent passent entre des cyclindres qui les imprègnent de colle, puis sont soumises à l’action de brosses qui, par leur mouvement alternatif en dessus et en dessous des nappes, lissent tous les fils individuellement. Ce fil lissé et arrondi est séché par des ventilateurs et les nappes provenant des deux extrémités se réunissent sur l’ensouple pour former la chaîne qui doit aller au tissage.
- Avant d’aller au métier, les fils de chaîne sont passés dans des mailles (lisses ou harnais) ensuite dans les dents du peigne. Cette opération, appelée remettage, se fait, au moyen de passettes, par deux ouvrières.
- Le nouage, ou iordage, consiste à rattacher ou tordre les fils d’une
- Rouleaux
- ourdis Privée Brosse à
- •^!ïC°"^maTtemaOf Planchette
- --- Fig. 4Ms.
- ouvrière avec une agilité surprenante niquement. Les ensouples sont alors nous, sont réunis, au nombre de 500, dans une même salle, qui renferme, outre ces métiers, les bobinoirs ou dévidoirs, les ourdissoirs avec leurs cantres et divers autres appareils. Plus de 550 personnes sont employées dans cette seule salle. Pour faciliter le tissage de la mousseline coton, les vieux ouvriers de Tarare, autrefois, installaient leur métier dans une cave ou sous-sol humide. Afin d’obtenir l’humidité nécessaire à ce travail, les filatures et tissages modernes ont
- Fig. 4. — Pareuse à froid, pour mousselines fines.
- Production : 5oo à 800 mètres par jour.
- nouvelle chaîne à ceux d’une chaîne terminée qu’on a laissée dans les peignes ou les
- __________________ lisses. Ce travail
- - Pareuse à froid. est fait par une
- Remettage et nouage, d’ailleurs, peuvent se faire aujourd’hui méca-portées aux métiers à tisser, qui, dans l’Établissement décrit par
- Fig. 5b
- Métier à tisser.
- Rouleau encollé -'ou paré
- Fig. 5. — A droite, remettage, oit passage des fils dans les lisses et les dents du peigne. A gauche, nouage ou rattachement des fils d'une chaîne aux fils d'une autre chaîne.
- adopté des humidificateurs qui maintiennent la salle au degré hygrométrique convenable.
- Tout métier à tisser comprend quatre mouvements principaux : 1°mouvement delà chasse ou lancement de la navette à travers la nappe ; 2° mouvement des lisses pour produire la foule ; 3° le va-et-vient de la chasse ; 4° l’enroulement du tissu.
- Suivant les articles, un ouvrier peut conduire d, 2, o,'4 et jusqu’à 16 métiers ou même plus avec
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- le nouveau métier à remplacement automatique de la cannette dit Northrop (ou similaires). Pour les articles fins, chaque ouvrier ne surveille que deux ou trois métiers.
- A sa sortie du métier, le tissu est visité et en même temps plié au mètre par des machines spéciales dites plieuses.
- , Ce travail, pour certains articles légers, se fait
- Le tissu sort du blanchiment à l’état de chiffon. Il faut l’étirer à la largeur qu’il doit avoir et l’y fixer en lui donnant de la fermeté. Pour cela, il est imprégné d’amidon puis, au moyen soit des métiers à dérailler, soit de la rame, déraillé et enfin séché. Le déraillage a pour but de répartir proportionnellement la nappe de fils qui composent le tissu, de façon à obtenir ce tissu très régulier. C’est là une
- Fig. 6, — Grande salle de travail des Etablissements Ch'atelard P. et F. Au premier plan, les ourdissoirs. A droite, les dévidoirs. Au fond, les 5oo métiers.
- quelquefois au dérouleur-compteur métrique, ou à la main, sur un crochet à écartement voulu, pour plis de 1 mètre ou plus, suivant le besoin, par des fillettes qui crochettent, divisent et marquent la longueur de chaque coupe.
- Les pièces ainsi divisées, numérotées et métrées, vont ensuite aux usines où se font le blanchiment et l’apprêt, opérations très complexes dans le détail desquelles le cadre de cet article ne permet pas d’entrer.
- Toute mousseline doit être un tissu clair, net, transparent. Pour l’obtenir ainsi, il faut absolument faire disparaître tout le duvet inhérent au fil de coton. C’est le but du gazage qui consiste à faire passer le tissu au travers d’une ou plusieurs rampes de becs Bunsen, alimentés au gaz d’éclairage, qui brûlent tout ce duvet.
- Puis viennent les opérations du décreusage, destinées à débarrasser le fil de coton de toutes matières inertes, telles que la colle dont il a été imprégné avant le tissage, le grès naturel à la fibre, etc.
- On procède ensuite au blanchiment par un traitement à chaud, à base de chlorure de chaux ou de divers dérivés de l’oxygène. L’eau de Tarare permet d’arriver à un blanc très pur supérieur à ce qui peut s’obtenir partout ailleurs. C’est alors qu’on mercerisé le tissu s’il est nécessaire de lui donner le brillant et l’aspect de la soie.
- manutention propre à Tarare et qui s’effectue dans des locaux portés à une haute température.
- C’est au cours de ces manutentions que le tissu est teint quand cela est nécessaire. Puis viennent les multiples opérations du finissage : cylindrage, ou passage du tissu entre plusieurs cylindres chauds ou froids qui le glacent légèrement ou l’écrasent complètement, puis le gaufrage, etc. Il ne resté plus alors qu’à, plier les pièces en donnant à chacune le pliage et la décoration qui varient beaucoup suivant le goût de la clientèle. .
- La mousseline ordinaire ou singalette est incontestablement le tissu le meilleur marché qui se puisse concevoir. Son bas prix lui permet de répondre aux emplois les plus divers. Elle constitue la doublure du vêtement à bon marché, la base de la lingerie de la poupée de bazar, le support de beaucoup de dentelles, entre dans le cartonnage du livre et, agglutinée en plusieurs doubles, sert à faire les formes des immenses chapeaux de dame voulues actuellement par la mode. C’est encore la mousseline à patron.
- Comme gaze à pansement, elle s’emploie en chiffons, c’est-à-dire sans apprêt, pour le pansement proprement dit, et apprêtée pour servir à faire le bandage du pansement. L’adoption du traitement antiseptique a détrôné l’antique charpie en la remplaçant par la gaze à pansement dont la consomma-
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- tion a progressé dans une proportion considérable.
- La seule Assistance publique, à Paris, en consomme annuellement 10 millions de mètres de 65 centimètres de largeur, qu’elle paie de 8 centimes et demi à 9 centimes et demi le mètre suivant que le tissu est chiffon ou apprêté.
- La mousseline fine, qui sert notamment à faire la robe et le voile de la première communiante, se fabrique en toutes largeurs variant de 0 m. 70 à 2 m. 40, et én toutés qualités depuis 0 fr. 28 en 70 centimètres jusqu’aux plus riches dont le prix peut aller à 8 ou 10 francs le mètre en 2 m. 40.
- Il est difficile d’évaluer la production totale de la mousseline de coton. Sa valeur totale atteint approxi-
- mativement 20 millions de francs environ. Une bonne partie est exportée dans le monde entier.
- Quatre à cinq mille ouvriers, à Tarare,, sont occupés à cette fabrication. Aussi, tous les ans, la. ville célèbre cette industrie en une grande Fête de la Mousseline, à l’occasion de laquelle toutes Jes rues sont pavoisées, et tendues, d’une maison à l’autre, de larges bandes de cette étoffe drapée avec art, et dont l’effet est des plus pittoresques. C’est là, dans sa naïveté, un pieux et reconnaissant hommage rendu, par la population de Tarare, au tissu léger et souple qui fait vivre un si grand nombre d’ouvriers de cette ville. V
- Georges Lanorville. '
- LE LABORATOIRE CRYOGENE DE LEYDE
- La plus remarquable des installations pour la production continue des basses températures est celle du laboratoire dirigé par M. Kamerling Onnes, professeur à l’Université de Leyde. Cette installation
- par M. d’Arsonval dans le discours qu’il prononça le 12 octobre 1908 en clôturant le premier Congrès international du froid à Paris : . . .’
- « La constitution intime de la matière' et la
- Fig. i. — Vue générale des cycles.
- a demandé au savant physicien plus de 25 ans d’efforts persévérants dont seuls peuvent se rendre compte ceux qui, à un titre quelconque, entreprennent des recherches personnelles.
- La conséquence de ces efforts est qu’on, peut maintenant étudier jusque vers — 270 degrés les phénomènes les plus divers, électriques ou magnétiques. L’intérêt de telles recherches avait été prévu
- nature de l’électricité, dit-il, pourront nous être révélées en les étudiant au voisinage du zéro absolu (— 275°). Les découvertes provoquées par les travaux de Curie, J.-J. Thomson, Rutherford nous montrent aujourd’hui l’atome comme un système solaire en miniature. Il serait constitué par la rotation fantastique de corpuscules électriques, emmagasinant, malgré leur petilessej des forces
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- LE LABORATOIRE CRYOGÈNE DE LEYDE
- vives plusieurs millions de fois supérieures à l’énergie de nos réactions chimiques les plus violentes..'.. »
- Ainsi dans l’atome d’hydrogène, c’est-à-dire dans quelque chose mille fois moins lourd qu’un milliardième de milliardième de milligramme, il y aurait un millier de ces corpuscules appelés électrons, chargés d’électricité négative et gravitant autour d’un noyau chargé, lui, d’électricité positive. Ces
- électrons seraient séparés les uns des autres par des distances comparables, étant données leurs dimensions, à celles des planètes dans le système solaire; ils tourneraient les uns autour des autres, et autour du noyau avec une rapidité extrême (plusieurs millions de milliards de révolutions par seconde) ; de cette activité extraordinaire naîtrait l’énergie formidable emmaganisée dans la poussière invisible qu’on appelle l’atome. Lodge essaie d’en donner une idée en disant que dans un gramme d’hydrogène, il doit y avoir assez d’énergie pour élever toute la
- flotte anglaise au sommet du pic le plus élevé d’Ecosse1.
- Or, nous pouvons, en faisant agir des champs magnétiques puissants, changer les orbites parcourus par les électrons, atteindre ainsi ces merveilleux corpuscules et, modifiant lé système solaire de l’atome, préciser toutes les considérations précédentes.
- Les travaux de M. Kamerlingh Onnes sur la conductibilité des métaux aux très basses températures nous sugr gèrent le moyen d’obtenir des champs magnétiques puissants en faisant passer des courants électriques de grande intensité dans dès bobines de faible volume suffisamment refroidies.
- On comprend donc que l’étude de la matière aux températures voisines de —270 degrés puisse élucider le mystère de sa constitution. Il y a là une question attachante au plus haut point, passionnément discutée dans tous les milieux scientifiques.
- La production des basses températures à Leyde. — Le but du laboratoire de Leyde est d’un caractère purement scientifique. Il s’agit de réaliser et de rendre constante toute température au-dessous de 0 degré et de maintenir à cette température constante, aussi longtemps qu’on le désire, des appareils de mesure quelconque.
- On ne peut d’emblée et de façon durable obtenir des températures très basses; il faut procéder par étapes, produire des chutes successives de température ; chaque chute est due à l’emploi d’un gaz convenable qui se liquéfie, puis s’évapore pour se liquéfier à nouveau en parcourant un cycle approprié; l’ensemble des cycles de circulation des gaz constitue ce qu’on appelle la cascade du laboratoire cryo-gène.
- Pour réaliser ces différents cycles, M. Kamerlingh Onnes dut s’improviser chaudronnier, mécanicien, ajusteur, plombier et créer de toutes pièces des machines et des organes répondant à ses besoins.
- Et, comme le dit M. E. Lemaire2, on comprend
- 1. Houllevigne. Dti laboratoire à l'usine.
- 2. E. Lemaire. Revue générale du froid, n° 29, octobre 1911.
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- l’émotion que doit ressentir le savant professeur lorsqu’il montre les pompes datant de 25 ans où les gaz circulent pendant de nombreuses journées tout en restant parfaitement purs; une pompe à vide à cylindre, de 8 chevaux, datant de 15 ans, et tenant encore un vide de 755 millimètres, à la fin des vacances, après une marche prolongée suivie de deux mois d’arrêt; des robinets vieux de vingt ans, étanches encore à 200 atmosphères et qu’un quart de tour donné à la main suffit à ouvrir ou à fermer.
- La cascade de Leyde comprend 5 cycles qui permettent, par des variations convenables de pression, d’obtenir toute température comprise entre 0 degré et
- — 272 degrés.
- Le cycle du
- chlorure de méthyle conduit à
- — 90 degrés; celui del’éthylène à —160 degrés; nous arrivons à
- — 270 degrés grâce au cycle de l’oxygène, à
- — 259 degrés avec l’hydrogène et enfin le cycle de l’hélium permet de descendre jusqu’à — 272 degrés.
- M. Kamerlingh Onnes va d’ailleurs probablement installer entre le cycle de l’oxygène et celui de l’hydrogène, un cycle à néon.
- Le néon est un gaz qui entre dans une très faible proportion dans la composition de l’air et se prépare couramment à l’aide de l’air liquide, par les procédés de M. Claude.
- La figure 1 représente les différents cycles. Le chlorure de méthyle, liquéfié, est envoyé dans un récipient R, ; on l’y fait bouillir sous pression réduite à — 90 degrés; les vapeurs refroidies sont reprises par une pompe, liquéfiées à nouveau et renvoyées dans le récipient Rr C’est toujours le même chlorure de méthyle qui circule indéfiniment dans le cycle, passant^ alternativement de l’état liquide à l’état gazeux.
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- Dans le deuxième cycle (en trait fort) les vapeurs d’éthylène comprimées, puis refroidies par les vapeurs de chlorure de méthyle dans un échangeur de températures se liquéfient dans le récipient R2.
- Dans le troisième cycle, c’est l’oxygène qui est liquéfié, à l’aide de l’éthylène s’évaporant dans le vide. Tous ces cycles travaillant avec des gaz purs sont fermés avec le plus grand soin. Le réfrigérant R3 à oxygène liquide sert à préparer l’air liquide.
- L’hydrogène parcourt le quatrième cycle. Refroidi par l’air liquide jusque vers — 210 degrés, on le liquéfie par une détente convenable. Les appareils comprennent un certain nombre de robinets fins, tubes capillaires étroits par lesquels l’hydrogène doit passer. Que quelques centimètres cubes d’air gazeux soient mélangés aux quelques centaines de litres d’hydrogène circulant dans les appareils et cet air, rendu solide par le froid intense, suffira pour bloquer tubes et robinets. Un travail continu ne peut donc être possible qu’avec de l’hydrogène extrêmement pur.
- Enfin dans un 5° cycle, l’hélium se liquéfie et se vaporise tour à tour. A ce que La Nature a déjà dit à ce sujet V je n’ajouterai que la remarque suivante : 200 litres d’hélium peuvent être comprimés à 100 atmosphères et circuler 28 fois en 4 heures tout en restant d’üne pureté presque absolue. Là, plus encore que pour l’hydrogène, cette pureté est nécessaire étant donnée l’extrême finesse des tubes capillaires. L’hélium employé contient moins de Tôiôô de gaz étrangers (pureté contrôlée au spec-troscope).
- La figure 2 représente une partie de la cascade du laboratoire cryogène. Les nombreux accessoires
- 1. La Nature, décembre 1910.
- Fig. 3. — Réfrigérants et récipients pour l’air liquide.
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- que l’on voit sur cette figure sont tous nécessaires pour parer aux exigences multiples des mesures de précision.
- La figure 3 montre les réfrigérants des cycles du chlorure de méthyle, de l’éthylène et de l’oxygène.
- La mise en marche des différents cycles.— Rien n’exige plus de méthode que la mise en marche des différents cycles. Quand tout le matériel est prêt, M. Kamerling Onnes placéprès de l’appareil principal, tel un commandant de navire debout sur la passerelle centrale, donne ses ordres aux observateurs ou mécaniciens placés à la tête des différents cycles. C’est que les appareils doivent fonctionner tour à tour, telle machine juste après telle autre, dans un ordre parfaitement déterminé.
- La vie se communique peu à peu aux différents cycles..., enfin le cycle de l’hélium s’anime à son tour ; les expériences peuvent être entreprises. Le procès-verbal suivant donne une idée du temps nécessaire pour mettre en marche les différents cycles :
- 9h15m. On commence a faire fonctionner le premier cycle ;
- 10h. On commence à condenser l’éthylène dans le 2e cycle ;
- 10h37m. Il y a de l’éthylène liquide accumulé dans le flacon à ébullition ;
- ll''50m. La quantité maxima d’éthylène liquide est obtenue, la tension des vapeurs est 150 mm;la température s’abaisse ;
- 121’9ra. La tension de l’éthylène bouillant est de 70 mm ;
- 12ll15m. On introduit l’oxygène comprimé dans la spirale du 3e cycle ;
- 12h44m. On obtient un jet liquide dans le verre d’oxygène ;
- lh32m. On obtient le bain d’oxygène liquide à la pression atmosphérique ;
- 21‘10m. Le bain est dans la condition normale pour travailler ;
- 4h45ra. On finit.
- Etant donnée sa grande expérience, M. Kamer-lingh Onnes considère maintenant comme relativement aisé d’obtenir en quelques heures 60 cmc d’hélium liquide.
- Cet hélium, évaporé sous la pression de 0 mm 04 de mercure a donné la température de — 272e. C’est là température la plus basse qu’ont ait obtenue jusqu’ici.
- Quelques études faites au laboratoire cryogène. — Les savants de tous les pays peuvent, accueillis avec la plus grande bienveillance, étudier à Leyde les phénomènes les plus divers.
- a) La conductibilité des métaux aux basses températures électriques (yoir l’article de M. H. Vigneron, n° 2025).
- b) La suspension momentanée de la vie chez certaines graines. — M. P. Becquerel a recherché si aux températures extrêmement basses, la vie des
- graines pouvait être suspendue pendant un temps quelconque pour reprendre plus tard au gré de l’observateur1.
- Ses expériences ont porté sur des graines de moutarde, de luzerne, de blé. Le tégument de ces graines a été perforé de façon à le rendre plus perméable. Ces graines séchées dans le vide pendant 6 mois, puis placées à Leyde, dans l’air liquide pendant 3 mois ont été finalement portées pendant 77 heures à —253° (à l’aide du bain d’hydrogène liquide).
- Au retour, à Paris, les graines mises sur du coton hydrophile à 28° ont levé au bout de quelques jours ; on n’a pu observer aucune différence entre cette germination et celle qui se produit dans les conditions ordinaires.
- La loi de continuité des phénomènes vitaux si souvent invoquée par les physiologistes semble ainsi en défaut. Selon cette loi la vie est une suite de phénomènes ininterrompus qui en aucun cas ne peuvent subir le moindre arrêt sans qu’il en résulte fatalement la mort, transmise de générations en générations depuis sa 1re apparition sur la terre, elle n’aurait jamais offert et ne saurait offrir aucune discontinuité.
- Les expériences de M. Becquerel ne cadrent pas avec cette loi. Comme le disait il y a déjà quelque temps M. Armand Gautier : les graines ou même les animaux inférieurs peuvent être souvent considérés comme des machines mortes à l’heure actuelle mais prêtes à fonctionner, des horloges remontées qui ne demandent qu’à être déclenchées. Ces* machines, ces horloges ne se mettront en mouvement que si l’humidité, la chaleur, une lre vibration communiquée produisent le déclenchement nécessaire.
- De telles expériences font disparaître une des .objections que l’on faisait à la théorie de la « Panspermie », théorie suivant laquelle des germes de vie remplissent les espaces de l’univers et., rencontrant les planètes errantes, développent à leur surface la vie dès que les conditions nécessaires à l’existence des organismes s’y trouvent réunies. Ces germes, disait-on, seraient exposés, pendant leur course au froid intense des espaces stellaires, froid qu’ils ne pourraient supporter. Or on a vu qu’un froid de — 253° ne fait pas disparaître la faculté germinative.
- c) Les chaleurs spécifiques des solides aux basses températures. — Des études entreprises par Nernstet ses élèves, il résulte que les chaleurs spécifiques diminuent rapidement quand la température s’abaisse et tendent à s’annuler. Sans insister davantage je ferai seulement remarquer que de tels résultats ébranlent des théories auxquelles jusqu’ici nous accordions notre confiance.
- On comprend maintenant pourquoi tant de savants
- i. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 148, 1909, p. 1052.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES = 413
- se rendent à Leyde. Que de faits nouveaux découverts ! Combien de théories anciennes devront être reprises, examinées à la lumière de ces faits nouveaux. Et la science doit être reconnaissante à
- M. Kamerlingh Onnes qui a su créer un laboratoire mettant à la disposition des observateurs les températures très basses obtenues avec l’hydrogène et l’hélium liquides. G. Breêcu.
- CHRONIQUE
- L’industrie automobile en Allemagne. — Il
- faut signaler les rapides progrès de cette industrie qui devient très menaçante pour l’industrie française. En 1911, la valeur des voitures et moteurs d’automobiles exportés d’Allemagne s’élevait à 66 350 000 marks contre 49 430000 m. en 1910, soit une augmentation de 54,2 pour 100. Voici comment se décompose ce trafic : 5136 voitures à l’usage des personnes représentant 42 260 000 m. ; 345 voitures poids lourd valant 4 090 000 m. ;
- 2489 motocyclettes valant 1 660 000 m. ; enfin pour 18 340 000 m. de moteurs. L’exportation des voitures à l’usage des personnes n’atteignait que 29 200 000 francs en 1910. Elle a donc presque doublé en un an. Les principaux clients de l’Allemagne sont, tout d’abord, la Russie (9 095 000 m.); puis l’Angleterre (7 012 000). Ensuite : l’Autrichë-Hongrie, le Brésil, les États-Unis, la République Argentine, la France (2 827 000 m.), la Hollande.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 mai 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Destruction d'un parasite des vers à soie. —M. Edmond Perrier résume une Note de M. Conte sur un parasite des vers à soie et sur le moyen de lutter contre lui. Ce parasite est un diptère du type des Tachinaires qui dépose ses œufs dans le corps des vers à soie. Mais il existe un hyménoptère, Encyrtus, qui dépose ses œufs dans le corps du diptère. Aussi le parasite des vers à soie est lui-même parasité. Il est donc permis de supposer que la lutte n’est pas impossible.
- Catalyse par voie humide. — M. Lemoine expose que MM. Sabatier et Senderens, à l’aide de leur belle méthode de catalyse avec le nickel réduit, ont donné le moyen de produire, par hydrogénation de la benzine, le cyclohexane, hydrocarbure où il n’y a plus de double liaison. De même le phénol a été converti en cyclohexane. Pour changer ce cyclohexane en cymène, l’hydrocarbure qui en dérive par déshydratation, M. Senderens applique aujourd’hui la réaction par catalyse au moyen de petites quantités d’acide sulfurique, qu’il a récemment signalée. Cette méthode produit de même les tétrahydrotoluènes et les tétrahydroxylènes. Ces corps avaient déjà été obtenus par d’autres procédés, mais le nouveau mode de préparation paraît plus commode.
- . Attribution de la médaille Arago au Prince Roland Bonaparte. — Après le dépouillement de la correspondance, M. le Président annonce que l’Académie a décerné la médaille Arago au prince Roland Bonaparte. Il énumère les titres du prince à cette haute distinction : travaux géographiques et mouvements des glaciers, études ethnographiques, réunion de collections précieuses, au coui’s de longs voyages, intéressant la botanique, la géologie, l'ethnographie. Parmi les collections delà dernière catégorie, il faut citer celle de 7000 clichés d’individus appartenant à des races appelées à disparaître. Après avoir mentionné cette contribution au développement des connaissances scientifiques, il rappelle les services que le prince Roland Bonaparte a rendus à la science par des donations à des laboratoires, à des observatoires, enfin
- par la donation d’une somme considérable nécessaire pour l’achèvement des travaux de la mesure nouvelle de l’arc méridien équatorial. M. le Président conclut que l’Académie est heureuse de récompenser des titres si divers. Le prince Roland Bonaparte exprime alors la satisfaction profonde que lui apporte l’attribution de la médaille Arago, il adresse à l’Académie ses remerciements sincères ainsi que le témoignage de sa reconnaissance. Il ajoute qu’il est heureux d’avoir pu aider à l’entreprise de recherches scientifiques nouvelles et qu’il continuera dans cette voie autant que les circonstances le lui permettront. Le discours du Président, comme la réponse du Prince ont été couverts d’applaudissements.
- Le mouvement des organismes d’eau douce* —M. G. Bonnier dépdse une Note de M. Desroches relative à l’action de la température sur certains organismes microscopiques d’eau douce. Il a reconnu que la vitesse de leur déplacement croît lorsque la température s’élève. Mais il fait remarquer que cela tient bien plus à la diminution de la viscosité de l’eau qu’à un véritable accroissement d’activité de ces organismes.
- La purification des huîtres. — M. Ilenneguy présente une Note de M. Fabre Domergue, concernant les effets de la stabulation sur les huîtres. L’auteur a imaginé un appareil qui permet de conserver les huîtres pendant assez longtemps en eau salée artificielle. Il a entrepris de rechercher le temps nécessaire pour que les huîtres contaminées ainsi traitées soient débarrassées des microbes pathogènes. Au bout de deux jours, le nombre des colibacilles est déjà réduit de moitié ; au bout de quatre jours on n’en trouve plus dans les matières éliminées par les huîtres.
- Effet des radiations solaires sur la transmission des ondes hertziennes. — M. Bouty résume un travail de M. Rothé, relatif à l’action des radiations solaires sur la transmission des ondes hertziennes. On savait par expérience que cette transmission ne s’opère pas pendant la
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- nuit comme pendant le jour. L’auteur a entrepris d’étudier cette transmission pendant la récente éclipse de Soleil. L’intensité des ondes, à la réception, était mesurée avec un thermo-galvanomètre. Il a pu constater ainsi que l’éclipse avait exercé une influence réelle sur la transmission, mais que cette influence était cependant moindre que celle produite par la nuit.
- Radiation des lampes soumises à un voilage excessif. M. Bouty analyse ensuite une communication de M. Houl-levigue, relative à certaines radiations émises par les lampes à incandescence soumises à un voltage trop grand. L’auteur a pu isoler un pinceau de rayons déviables par l’aimant, qui ont tous les caractères des radiations cathodiques, mais qui ne sont douées que de vitesses de 5000 à 6000 kilomètres par seconde, alors que les radiations cathodiques ordinaires ont des vitesses se rapprochant de celle de la lumière.
- Vaccination antityphique. — M. Metcbnikof résume un travail de MM. Alcoc et Besredka sur la vaccination antityphique au moyen de bacilles vivants. Les auteurs mentionnent que les procédés de vaccination antityphique actuellement employés utilisent des microbes tués. Gomme ces procédés ne donnent pas entière satisfaction, ils ont eu l’idée de recourir a la vaccination par des microbes vivants. Mais comme, de tous les animaux, les singes anthropomorphes sont les seuls qui contractent la fièvre typhoïde par ingestion, ils ont expérimenté sur
- des chimpanzés. Ils ont inoculé le bacille à un chimpanzé et ont constaté que non seulement l’animal ne mourait pas, mais qu’il était immunisé. Encouragés par ces résultats, ils ont expérimenté sur des personnes qui se sont volontairement offertes pour subir le traitement. Deux injections suffisent, séparées par un intervalle de quelques jours. L’immunisation à l’aide des bacilles tués exige 5 à 6 injections dans le cours d’un mois. L’avantage est donc en faveur du procédé nouveau.
- La soudure du quartz et du platine. — M. d’Arsonval décrit un procédé imaginé par M. Berlemont pour la soudure du platine et du quartz. Ce procédé trouve tout naturellement son application dans la construction rationnelle des tubes à gaz raréfiés et des arcs à mercure en quartz, servant, soit pour la spectroscopie, soit pour l’utilisation de la lumière ultra-violette à la stérilisation ou à la thérapeutique. Auparavant, les tubes à gaz raréfiés, les arcs à mercure ne pouvaient fonctionner qu’avec des refroidisseurs, parce que le platine et le quartz qui étaient collés ou rodés se désagrégeaient en s’échauffant. La soudure, au contraire, résiste à la chaleur.
- Action chimique des rayons ultra-violets. — M. Dastre présente une Note de MM. Yictor Henry et Albert Ranc sur la puissance chimique d’une nouvelle lampe à mercure de 500 volts. La glycérine, sous l’action des rayons émis par. cette lampe, donne du formol ainsi qu’un certain nombre d’autres produits. Cir. de Villedeuil.
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- Avec l’industrie du livre, Leipzig en possède une autre, sinon aussi renommée, du moins aussi curieuse. Je veux parler de l’industrie des pelleteries, qui tient ses grandes assises aux foires lip-siennes, fameuses depuis le moyen âge.
- Ces foires, dont l’importance commerciale est. considérable, ont lieu trois fois par an, à Pâques, à la Saint-Michel et à Nouvel An.
- Chacune d’elles dure trois semaines, mais celle dite de Pâques qui, cette année, s’était ouverte le 14 avril pour finir le 5 mai, était, de beaucoup, la plus intéressante pour le commerce des fourrures, tant par la quantité et la qualité des marchandises vendues, que par le nombre des clients qu’elle avait attirés.
- En effet, à cette époque, le stock le plus formidable que l’on puisse imaginer se trouve réuni dans la ville. C’est à ce moment que l’on vend les peaux d’hiver toujours plus précieuses que celles d’été, et
- c’est alors surtout que les fourreurs de tous les pays du monde viennent s’approvisionner pour la future saison. Une véritable armée internationale
- d’acheteurs, 2500 à 3000, se donne rendez-vous dans le plus vieux quartier de la ville saxonne, le « Brühl », où tout fourreur de marque se targue d’avoir une « filiale ». Aussi le montant des transactions concernant la pelleterie se chiffre-t-il, à chaque foire de Pâques, par des sommes fabuleuses. Il était de 150 millions à celle de 1911.
- Londres etLeipzig sont les marchés régulateurs des fourrures, mais on y traite les affaires de façon tout à fait différente.
- A Londres, l’immense stock importé — près de dix millions de peaux — est mis aux enchères, chaque année, en janvier, mars, juin et octobre. On y vend à la fois de la marchandise brute et de la marchandise apprêtée.
- Un coin du « Brühl ». Quartier où est confiné tout le commerce des fourrures.
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- A Leipzig, il n’y à pas de ventes publiques et l’on n’y débite pas de marchandise brute. Les peaux ne sont livrées au commerce qu’une fois écharnées, teintes et lustrées. Les cours des ventes sont réglés par le Conseil de l’Association. des négociants en fourrures, dont le quartier général se trouve dans une superbe maison adossée à F antique Hôtel de Ville. C’est là que l’on vient terminer, toutes, les affaires commencées dans le « Brühl ».
- Pour réunir l’énorme contingent exigé par les besoins des innombrables acheteurs, tous les pays de la terre sont mis à contribution.
- L’apport le plus considérable est fourni par la Sibérie. Cette contrée envoie l’écureuil, la martre, le lynx, la zibeline, reine des fourrures, l’hermine, fourrure des reines et plusieurs variétés de renards.
- L’Alaska pourvoie Leipzig de la plus grande quantité des peaux d’ours. De cette contrée proviennent également la martre des sapins, des renards bleus et argentés, le loup et le vison.
- La zone boréale de l’Amérique septentrionale fournit d’immenses cargaisons de rats musqués, petits rongeurs dont on fait la martre.
- Après ceux-ci viennentleskung, si prisé en France et la loutre, qui, vu sa rareté et la vogue dont elle jouit, devient d’un prix inaccessible.
- La Chine expédie aux grandes foires lipsiennes les chèvres du Thibet ; la Perse et le Chili, le chinchilla; l’Australie, l’opossum et, enfin, la Hongrie et la Hollande, le gibier de gouttières et de garennes, dont les ouvriers saxons savent faire les plus luxueuses hermines.
- Les peaux provenant des villages du vieux continent sont réunies par paquets de dix, qui, à leur tour, sont dans les centres de « ramassage » empaquetées par balles de 200. Ces balles sont expédiées aux foires d’Irbit, d’Ischim et de Nijni-Novgorod où les agents des négociants de Leipzig viennent- les
- acheter, pour les diriger sur leur ville. Le nouveau continent envoie, depuis quelques années, directement dans la ville saxonne, l’immense produit des chasses de ses trappeurs, au lieu de les faire passer, comme jadis,par la capitale britannique. On évalue à trente-trois millions la marchandise expédiée en 1911.
- Dès leur arrivée, les peUete-ries sont distribuées parmi les ouvriers de Bres-dorf, Lindeman, et Rotha, dont la majeure partie de la population est employée dans l’industrie de la fourrure. Et n’allez pas croire que cette distribution soit faite au hasard 1 Chaque famille
- a sa spécialité. L’une reçoit la martre, l’autre, le caracul, une troisième, le renard, et ainsi de suite, chacune selon sa réputation.
- Ces familles exercent leur métier depuis des siècles, et leurs secrets de préparation, de tannage, de lustrage et de teinture des peaux, ont, en se perfectionnant avec le temps, passé de générations en générations. Leurs procédés sont si parfaits qu’ils permettent de transformer complètement les fourrures des espèces les plus communes et de leur donner l’apparence de pelleteries de grand luxe. Ainsi, après une habile teinture et un rasage, le lapin prend l’aspect de la précieuse hermine, et la vulgaire dépouille du lièvre blanc, une fois teinte
- Atelier d’assouplissage des peaux brutes.
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- en gris, devient un superbe renard bleu. Ces imitations sont assez habiles pour que, une fois cousues sur un vêtement, les naturalistes aient de la peine à reconnaître les bêtes qui les ont fournies.
- Dès que les ouvriers ont fini, leur travail, on réunit les fourrures par paquets de douze que bon met en magasin, en attendant la prochaine foire, car il n’y a pas de fabricants à Leipzig. Vous nè pouvez y acheter ni étole, ni manchon, ni manteau, quel que soit le prix que vous offriez.
- • C’est Paris qui tient la palme pour la fabrication. Ses fourreurs sont les meilleurs clients des foires
- lipsiennes. Ils s’y rendent acquéreurs des plus belles pelleteries, qu’ils savent monter avec un goût et un art, auxquels les étrangers eux-mêmes rendent hommage, en les copiant et en les imitant. Si Leipzig et Londres sont les grands marchés de la pelleterie en gros, Paris est le principal centre de production des luxueux vêtements de fourrures. De l’avis des connaisseurs, les plus belles créations sortent des ateliers de la « Ville Lumière », et, dans le monde entier, les élégantes se disputent leurs produits auxquels leur « chic » gardera toujours une suprématie incontestée. L. Kuentz.
- UN TÉLÉPHONE DE POLICE A BERLIN
- L’étendue sans cesse croissante de Berlin et de ses faubourgs rend de plus en plus difficile le service de la sûreté publique. Dans ces dernières années, tout comme à Paris le nombre d’agents en service dans la capitale allemande, a été insuffisant. La sécurité, surtout dans les quartiers périphériques, laisse beaucoup à désirer.
- On s’est ingénié à augmenter le rendement des sergents de ville. Voici à cet égard une ingénieuse innova-; lion : le téléphone de1 police qui permet à une patrouille de se mettre en rapports en n’importe. quel endroit de son district avec le poste de police, et d’appeler du renfort à n’importe quel moment.
- L’appareil, construit par Mix et Genest, est réduit à sa plus simple expression ; il ne contient que les éléments indispensables pour les conversations téléphoniques, à savoir le microphone et le récepteur. Ces deux pièces, réunies, ont les dimensions d’une montre. L’agent porte donc, sur lui, sans peine, ce téléphone minuscule.
- Pour le connecter aux lignes téléphoniques, on a prévu, dans les rues de Berlin et de ses faubourgs, de petites boîtes de contact en fonte, que l’agent ouvre facilement au moyen de la clef qu’il porte sur lui. A l’intérieur de chaque boîte, se trouvent un crochet et deux tiges de contact auxquelles on
- suspend le microphone. Ces boîtes de contact, disposées dans les rues à 500 et 400 mètres de distance, sont reliées entre elles et avec la station de police, par un câble protégé par un tube de fer. La fermeture des boîtes de contact est telle qu’il est impossible de l’ouvrir au moyen d’un passe-partout. Leur construction est solide et résistante ; les pièces électriques sont parfaitement isolées par la f fermeture étanche.
- A la station de p olice du quartier, se trouve un poste téléphonique semblable aux appareils muraux ordinaires. Il ne s’en distingue que par un volet disposé à la face antérieure et qu’un appel de la rue fait tomber, en mettant en circuit une sonnerie d’alarme.
- Lorsque plusieurs lignes viennent se joindre dans une même station de police, on se sert d’un tableau de distribution pour indiquer la ligne dont l’appel provient. L’employé chargé de son service n’aura alors qu’à relier l’apparèil au moyen d’une fiche avec la ligne en question pour établir une communication téléphonique. C’est ainsi qu’on peut relier l’appareil de la rue au réseau téléphonique intérieur de la préfecture de police ou au réseau de la ville de Berlin.
- Alfred Gradenwitz.
- Le téléphone de police de Berlin. — i. L'appareil portatif. — 2. L’appareil dans sa gaine. — 3. L’appareil installé sur une boite de contact. — 4. Un poste téléphonique sur un arbre.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus. 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N* 2035
- 25 MAI 1912.
- LES ANIMAUX SAUVAGES RECONNUS
- PAR LEURS EMPREINTES
- L’homme a souvent un grand intérêt à savoir quels sont les animaux sauvages qui se trouvent autour de 1 ui, mais comme ces animaux se cachent avec grand soin dans les broussailles, dans des trous, dans les fourrés des bois et les forêts, il est obligé de les chercher et il a souvent beaucoup de peine à les trouver et même à les apercevoir. Les gens habitant la lisière des forêts peuplées de bêtes ne verront presque jamais, dans leurs promenades, un Sanglier, un Blaireau, une Loutre ou un Renard. Mais ils pourront souvent remarquer, même sur les chemins, des traces laissées par les animaux dont les pieds ont imprimé leur empreinte sur le sol. Ils sauront ainsi, sans les avoir vus, que ces animaux existent dans leur voisinage, circulent à certaines heures pour chercher leur nourriture et ont passé en cet endroit depuis un temps plus ou moins long.
- Il est donc intéressant pour l’homme observateur, en particulier pour le chasseur, de constater ainsi la présence de certains gibiers et de chercher à connaître exactement, par la seule vue de l’empreinte, l’espèce, la taille, le sexe de l’animal qui a passé là et le moment approximatif où ce passage a eu lieu.
- Cette connaissance vient seulement après une étude réfléchie et une longue expérience, surtout si la faune du pays est nombreuse et variée. Chez les Esquimaux, par exemple, où vivent tout au plus quatre ou cinq espèces de mammi-
- A gauche :
- i. Pied antérieur de Blaireau. — 2 et 3. Pied antérieur et pied postérieur de Loutre. — 4 et 5. Pied antérieur et pied postérieur de Chat, sativage.
- A droite :
- 1. Pied antérieur et pied postérieur de Renard. — 2. Pied antérieur et pied postérieur de la Marte. — 3. Pied antérieur et pied postérieur du Lièvre. —
- 4. Pied postérieur de Sanglier-
- 40" année. — 1er semestre.
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- 418 d—: LES ANIMAUX SAUVAGES RECONNUS PAR LEURS EMPREINTES
- fères, le chasseur, même débutant, ne confondra pas la trace d’un Ours avec celle d’un Renard ou d’un Renne ; mais, dans nos contrées et bien plus encore dans les régions tropicales où les espèces sont nombreuses, on peut aisément faire confusion.
- Dès les temps primitifs, l’homme, entouré d’ani-: maux de toutes sortes, a dû tirer de leurs empreintes d’utiles renseignements, soit pour les atteindre, soit pour les éviter; de même qu’aujourd’hui encore certains sauvages, à force d’étudier les traces laissées par le gibier, ont acquis une incroyable habileté à suivre une piste sur les terrains les plus variés et dans les circonstances les plus différentes. Au contraire des carnassiers qui, certainement, ne remarquent pas les empreintes de leurs proies et les suivent, guidés seulement par leur odorat, l’homme à qui la vue seule servirait peu, est obligé d’employer le raisonnement et l’expérience acquise.
- Parmi les empreintes, il n’y a d’abord pas de confusion possible entre celles provenant des bêtes à sabots et celles provenant des mammifères carnivores.
- En ce qui concerne ces dernières, prenons, par exemple, quatre espèces ayant une manière différente de marcher : chez le blaireau et la Loutre, qui sont plantigrades, l’empreinte montre l’impression faite par les cinq doigts de chaque pied ; chez le Chat et le Renard, tqui sont digitigrades, quatre doigts seulement sont marqués sur le sol.
- Si l’empreinte plantigrade porte la trace d’ongles courts, à peine indiqués, elle appartient à la Loutre, tandis que celle du Rlaireau, montre, au-devant d’une sorte de main, des ongles longs et fort nettement indiqués. Le pied de ces deux mammifères, les seuls plantigrades de notre pays, ayant une construction spéciale, sera donc toujours reconnaissable, chacun d’eux différant de l’autre par la configuration des ongles.
- Quant au Chat et au Renard, le premier, dont les ongles sont rétractiles et par conséquent cachés pendant la marche ordinaire, ne laissera aucune trace en avant de son pied, le second imprimera ses ongles droits et étendus devant chaque bourrelet de son pied.
- Il sera donc toujours facile de distinguer l’empreinte laissée par un Chat sauvage de celle laissée par un Renard.
- Le pied du Renard a plutôt du rapport avec celui de plusieurs autres mammifères. Il ressemble certainement à celui d’un Chien de petite taille, d’un terrier par exemple ; mais dans ce dernier cas, pourvu que les impressions soient assez nettes, l’épais revêtement de poils placés entre les bourrelets chez le Renard sert immédiatement d’indication, le Chien n’ayant presque pas de poils au même endroit. H a aussi de l’analogie avec les pieds de la Marte et de la Fouine, mais ces deux espèces sont plus petites et leurs empreintes sont notablement plus allongées et plus étroites.
- Chez les Rongeurs, l’impression marquée sur la terre porte, quand elle est très nette, quatre doigts. T
- En particulier, le pied du Lièvre est ovalaire et très poilu. Sa forme est très bien indiquée sur un ter-' rain mou, mais sur un terrain sec, seule la pointe du pied peut être marquée avec la trace des ongles généralement très visible sur le devant de ce pied.
- Comme on le voit, chaque espèce a son empreinte particulière, mais cette empreinte, plus ou moins grande suivant la taille et l’àge des individus, peut varier légèrement chez certains animaux de la même espèce anormalement conformés. Quand on constate ainsi la plus légère anomalie sur le pied d’un individu, cette remarque permet souvent de reconnaître l’individu ainsi spécialisé, si on rencontre de nouveau son empreinte.
- Il est important aussi de pouvoir juger à quel moment la bête a marqué son passage sur le terrain. Si, par exemple, elle a posé son pied dans une flaque d’eau et si l’eau est encore troublée, le passage est à coup sûr très récent ; si l’eau suinte en-encore sur l’impression marquée dans un sol humide, le passage remonte à peine à quelques heures ; si la boue est séchée sur les bords de l’empreinte, le passage a eu lieu depuis un temps plus ou moins long.
- Il y a, suivant les cas, à tenir compte de la température, du vent et de l’action du soleil.
- Les mêmes remarques s’appliquent aux mammifères à sabots, comme le Cerf, le Chevreuil, le Sanglier. Le pied du Sanglier ressemble beaucoup à celui du Porc domestique, mais chez l’animal sauvage, le talon est généralement très peu marqué dans l’empreinte, tandis que le devant du pied, par conséquent le bout des pinces, est fortement indiqué ; le Porc, au contraire, appuie plutôt du talon. En arrière du sabot, l’impression d’un pied de sanglier porte, en plus, deux trous creusés par les ergots qu’on nomme, en terme de vénerie, les gardes; on peut juger, d’après leur profondeur, de l’àge de l’animal. Parfois, l’une des pinces est plus allongée et plus recourbée que l’autre, on dit alors que le Sanglier est pigache.
- Chez le Cerf, l’étude des empreintes est particulièrement intéressante parce que l’animal varie beaucoup à mesure qu’il avance en âge et qu’il y a grand avantage pour les veneurs à connaître, sur la simple vue du pied, et l’àge et le sexe.
- La biche d’abord a le pied relativement allongé et étroit, elle marche, les pinces des quatre pieds écartées, alors que le Cerf a les sabots plus larges, ceux de derrière notablement plus forts que ceux de devant, les allures, surtout s’il est vieux, plus régulières, et dans la marche les pinces des pieds postérieurs ordinairement serrées.
- A mesure que le Cerf vieillit, son pied s’élargit, la corne des sabots s’use et le bout des pinces s’arrondit de plus en plus, en même temps que son poids augmente, tous changements progressifs qui servent à déterminer son âge et qui sont indiqués par ses empreintes. Il faut toutefois songer que les pieds s’usent et s’arrondissent plus vite si le terrain delà
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- forêt est dur et caillouteux et moins rapidement si les animaux vivent sur un sol mou et argileux ; et que dans certains pays existe une race de Cerfs plus faible et plus petite, et dans d’autres plus grande et plus vigoureuse.
- En suivant par le pied la piste d’un mammifère, on trouvera souvent des élémenls d’appréciation autres que les empreintes, par exemple des déjections, une pierre retournée, la terre grattée, les herbes foulées, des feuilles broutées, ce qui permettra de juger plus facilement de la taille, du poids de l’animal et de sa manière de marcher.
- L’étude des empreintes marquées sur le sol d’une forêt est une occupation tout à fait attrayante qui développe les facultés d’observation et qui, de même que les empreintes fossiles intéressent le géologiste, intéressera le promeneur ou le propriétaire ; il trouvera un plaisir extrême à résoudre une série de problèmes : affirmation de l’espèce, jugement sur la taille, l’âge, parfois le sexe de l’animal, sur ses
- faits et gestes au moment qu’il imprimait sur le terrain la trace de son passage. L’expérience une fois acquise, l’observateur résoudra ces problèmes aussi bien et parfois mieux que s’il voyait, de ses yeux, la bête s’enfuir tout à coup devant lui au milieu du bois.
- L’expérience et le raisonnement sont en effet, en maintes circonstances, plus certains encore que la vue ; rien ne peut mieux justifier cette assertion que l’exemple de d’Yauville, un veneur célèbre du x\iiic siècle. Le Cerf qu’il chassait perdit ses bois pendant la durée de la chasse, et ainsi délesté, bondit sous les yeux de plusieurs chasseurs et passants. Ces gens avaient vu, de leurs yeux vu, une biche et non un cerf; ils l’affirmaient devant d’Yauville. Mais celui-ci examina l’empreinte et ordonna de continuer la chasse : « Mes yeux, dit-il, auraient beau m’affirmer que cet animal est une biche, ma raison me dit que ce pied est celui d’un cerf ».
- Martin.
- £*§'5nS,^S*,§*>
- DEUX NOUVELLES EXPLORATIONS AU GRONLAND
- Cet été deux expéditions opéreront dans le Grôn-land, toutes deux très importantes en raison de l’intérêt scientifique de leurs programmes et de la haute valeur technique de leurs personnels. L’une et l’autre se proposent de renouveler l’exploit accompli par N an-sen en 1888, c’est-à-dire d’effectuer la traversée de Y inlandsis; elles se livreront en outre à l’étude méthodique du phénomène glaciaire, afin d’éclairer par de nouvelles observations les nombreux problèmes encore si obscurs que pose la glaciation pléistocène.
- La première expédition, commandée par le capitaine J. P. Koch, de l’armée danoise, qui a pris une part très brillante à l’expédition Mylius Erichsen (1906-1908), a pour premier objectif la terre de la Reine-Louise, sur la côte orientale (76°15' à 77°15'). Comme l’a constaté lui-même cet explorateur au cours d’une reconnaissance qu’ily a dirigée en 1908, cette partie du Grôn-
- land offre un très grand intérêt au double point de vue géologique et géographique.
- Entre Y inlandsis à l’ouest, et, à l’est, un système
- de puissants glaciers qui s’écoulent dans la baie Dove ou plus au nord dans le Jii-kelbugt, la terre delaReine-Louise se présente dépourvue d’une nappe de glace continue, parée d’une végétation relativement développée, et occupée par une abondante faune très élevée, des bœufs musqués, des lièvres, des lagopèdes ; en un mot une oasis au milieu du désert de glace et de neige. Tel devait être l’aspect de la Scandinavie à la fin de la période glaciaire, alors que ses massifs montagneux commençaient à émerger de la carapace de glace qui les avait recouverts tandis que les vallées ouvertes à leur pied demeuraient encore occupées'par des glaciers. Aussi singulièrement instructive pour la connaissance du pléistocène promet d’êtrel’exploration de ce district du Grônland. Ajoutons qu’il possède un
- Jôkelbuqt (G, des Glaciers)
- Grand
- RMANIA
- Glacier
- TERRE DE Ü
- STATION ,___
- D’HIVERNAGE ‘Ç\
- REINE LOUISE/
- Kolclewey
- 26 (Greenwich)
- Itinéraire du capitaine Koch à la terre de la Reine-Louise {Grônland oriental).
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- 420=== DEUX NOUVELLES EXPLORATIONS AU GRONLAND
- relief remarquable ; d’après les observations faites en 1908 ses cimes les plus élevées dépassent 2000 mètres.
- Pour parvenir à la terre de la Reine-Louise le capitaine Ivoch débarquera vers le 1er août à Port-Danemark, le havre d’hivernage de Mylius Erichsen de 1906 à 1908. Outre son chef, la mission comprendra seulement trois membres : le Dr Wegener, météorologiste, M. Lundager, botaniste, et un Islandais chargé de conduire les poneys que les explorateurs comptent employer pour le transport de leurs approvisionnements.
- Ces excellents petits chevaux, très résistants et très sobres, s’accommodent de tous les terrains. Avec succès Sir Martin Conway en a employé au Spitsberg, et personne n’a oublié que c’est grâce à ses poneys que Shackleton put accomplir sa mémorable randonnée vers le Pôle Sud.
- De Port Danemark l’expédition, gagnera en canot à pétrole l’extrémité supérieure du Hel-lefjord, puis s’acheminera vers la terre de la Reine-Louise avec son matériel et ses approvisionnements chargés sur quinze chevaux. L’hivernage aura lieu dans ce massif sous une hutte dont les voyageurs danois auront apporté les matériaux, et de cette station on poursuivra l’exploration du pays environnant.
- Vers le 1er mai 1913, le capitaine Koch et ses compagnons abandonneront leur cabane et avec six poneys entreprendront la traversée de l’inlandsis du Grônland, d’est en ouest, pour aboutir à Upernivik. En deux mois, trois au plus, les explorateurs comptent couvrir les 1000 kilomètres qui séparent la terre de la Reine-Louise du terminus du raid sur les. bords du détroit dê Davis, de manière à arriver à Upernivik à temps pour s’embarquer sur un navire postal et rentrer à Copenhague en automne.
- La seconde expédition destinée au Grônland est composée d’un groupe de savants suisses et dirigée par M. A. de Quervain.
- Elle aussi se propose d’effectuer la traversée de 1 ’inlandsis, mais en partant de la côte ouest. Du fjord de Torsukatak (70° de latitude) ou de celui d’Or-pigsuit (68°40'), qui débouchent tous deux dans la baie Disko, M. de Quervain fera route dans le sud-est vers Angmagsalik, la station danoise de la côte orientale par 66° de latitude nord. Pour le transport de ses bagages il se servira de traîneaux tirés par des chiens.
- En six semaines, du 15 juin au 1er août, les explorateurs pensent franchir les 600 kilomètres
- qui séparent le point de départ d’Angmagsalik où ils seront recueillis par le vapeur qui chaque année ravitaille cette station.
- Pendant queM. de Quervain traversera l'inlandsis, les autres membres de l’expédition, sous la direction du professeur Mercanton, poursuivront l’étude méthodique de plusieurs des grands glaciers qui sont les exutoires de l'inlandsis dans la baie Disko, puis rentreront en Europe, laissant au Grônland deux de leurs compagnons, les D1 s Stolberg et Jost. Ces savants hiverneront pour, étudier la circulation dans la haute atmosphère, suivant un programme qui comporte des observations simultanées au Spitsberg et en Islande.
- Ces deux expéditions au Grônland présentent un intérêt de premier ordre en ce qu’elles rapporteront des profils en travers de l'inlandsis qui nous fixeront sur la forme et sur l’altitude decette calotte. Rappelons à ce propos que dans la région traversée par Nansen, c’est-à-dire sous le 64° de latitude nord, cette coupole atteint la cote de 2700 mètres.
- En même temps, les observations, recueillies en cours de route, éclaireront la question controversée de l’épaisseur probable de cette énorme nappe de glace, question si importante pour la connaissance des phénomènes glaciaires pléisto-cènes.Ces missions enrichiront en outre la physique du globe d’observations d’autant plus précieuses qu’elles seront exécutées par des techniciens. Le chef de l’expédition suisse a déjà accompli une très intéressante exploration sur l'inlandsis du Grônland et est l’auteur de travaux météorologiques remarqués ; son second, le professeur Mercanton, jouit d’une légitime autorité en glaciologie, et tous les autres collaborateurs de M. de Quervain sont des spécialistes. Il n’ÿ a pas moins à attendre de la mission danoise et de son directeur. Le capitaine Koch est un vétéran des glaciers arctiques ; attaché aux brigades topographiques qui ont opéré en Islande, il a collaboré au lever de la lisière méridionale du Vatnajôkull, la grande coupole glaciaire de l’île nordique, et a pris part à deux expéditions au Grônland oriental, notamment à celle de Mylius Erichsen. Au cours de ce dernier voyage il a accompli de très remarquables études sur les glaciers, et a reconnu le terrain sur lequel il va opérer cette année. Si l’état des glaces le long de la côte orientale du Grônland est favorable, et permet le débarquement sur le point et à la date choisis, la mission danoise réunit toutes les conditions de succès. Charles Rabot.
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- OCEAN ATLANTIÇ,
- E-Mo&f&V' 9-0 (Greenwich)
- Itinéraires des expéditions danoise et suisse à travers finlandsis du Grônland.
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- ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DES TOURBILLONS ANNULAIRES LIQUIDES
- Il est possible que le premier qui observa les mouvements tourbillonnaires soit Sir Walter Raleigh ; si la tradition populaire est exacte, ce grand fumeur qui importa le tabac en Europe doit avoir, comme tant
- Fig. i. — Anneau sortant de l’appareil générateur' et accompagné d’une traînée colorée.
- M. Edwin Northrup a entrepris récemment un important travail expérimental ayant pour but de rassembler des documents photographiques susceptibles de fournir une base solide pour une théorie
- Fig. 2. — Anneau nettement formé. La traînée parasite a disparu.
- d’autres depuis, remarqué les curieux anneaux de fumée qui se forment parfois et dont on suit des yeux la lente ascension dans l’air calme, tandis qu’ils se déforment lentement. Mais il faut franchir un intervalle de 250 ans, des temps romantiques de Raleigh et de Drake à nos jours, pour trouver une explication scientifique de la for-mation des anneaux de fumée.
- C’estHelm-holtz qui, en 1867, dans un mémoire mathématique fondamental, étudia complètement les propriétés des tourbillons formés dans les fluides parfaits, c’est-à-dire sans viscosité, et Tait vérifia, par des expériences sur les anneaux de fumée, les résultats de la théorie. Le retentissement de ces travaux dans tous les domaines de la physique fut si considérable que lord Kelvin essaya même de constituer une théorie tourbillonnaire de la matière.
- complète. Ce sont ses expériences que nous allons rapidement décrire.
- La grosse difficulté était de pouvoir provoquer d’une manière régulière la formation des anneaux. Northrup a imaginé de produire des anneaux colorés
- dans l’eau au lieu de l’air, de façon à pouvoir les photogra-phier plus facilement.
- Le « canon », ainsi qu’il appelle l’appareil générateur d’anneau, est cons-titué par une cuve cylindrique de 7 cm 7 de diamètre et 6 cm 6 de longueur dont une des faces extrêmes est formée d’une mince plaque de bronze phosphoreux que l’on peut frapper brusquement à l’aide d’une sorte de marteau métallique qui 'sert de plongeur à un fort électro-aimant. La face opposée est formée par des disques métalliques percés de trous de différentsj diamètres.. Ce dispositif permet de produire des anneaux tourbillonnaires animés d’une
- Fig. 3. — Anneau se déplaçant vers Fig. 4. — L’anneau frappe
- une chaîne plongeant dans la cuve. la chaîne et la dévie.
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- vitesse assez grande et possédant une énergie considérable.
- Ce canon pacifique est immergé dans une cuve remplie d’eau, à parois de verre pour permettre les observations et il est chargé avec une matière colorante qui, sous l’action du choc, sort en donnant naissance aux tourbillons.
- Le choix de ia substance colorante était assez délicat, puisqu’il faut d’une part que les anneaux soient fortement colorés pour être nettement différenciés du reste de la masse liquide, et d’autre part, lorsque ces anneaux se sont disloqués, il est nécessaire que la matière qui les constituait et qui se répand dans la cuve, n’en colore pas l’eau qu’il faudrait alors changer trop souvent.
- M. Northrup emploie les deux substances suivantes. Pour produire des anneaux rouges, il charge
- Fig. 5. — Deux anneaux issus simultanément de Vappareil, à quelques centimètres de celui-ci.
- le canon avec une dissolution dans l’alcool de phta-léine du phénol, rougie par l’ammoniac. L’eau de la cuve est légèrement acidulée par de l’acide chlorhydrique. On sait que la solution alcoolique de phtaléine du phénol, est un indicateur coloré excessivement sensible qui, rouge avec les bases, est incolore avec les acides. Le tourbillon rouge qui sort de l’appareil, au bout d’un parcours assez limité, est décoloré par l’acide présent dans l’eau de la cuve dont la transparence par suite n’est pas affectée. Pour produire des anneaux blancs, le canon est rempli d’une émulsion de chlorure d’argent additionné de gélatine pour éviter sa précipitation ; dans Peau de la cuve on ajoute un peu d’ammoniaque qui dissout le chlorure d’argent.
- Le mouvement des anneaux ainsi formés est très rapide; la vitesse de déplacement est d’environ 2 mètres par seconde. La propagation se fait suivant une ligne droite et le plan des anneaux est toujours normal à cette direction. A la sortie du canon, l’anneau est accompagné d’une tramée co-
- lorée (fig. 1) qui disparaît à quelque distance de l’orifice (iig. 2). Quand l’eau de la cuve contient en suspension des particules plus denses que l’eau, les anneaux qui les rencontrent ne les entraînent pas et ne les incorporent pas. Les tourbillons passent sans se déformer notablement au travers des linges fins tendus sur leur chemin. Enfin, si un anneau rencontre un obstacle, par exemple une chaîne tendue, celle-ci est nettement incurvée par la force du choc (fig. 5 et 4).
- La réflexion et la réfraction des anneaux mérite aussi de retenir l’attention : lorsque le bord d’un anneau touche la surface libre de l’eau, le bord opposé gagne en vitesse, de sorte que le plan du tourbillon tourne d’un angle tel qu’aprèsla réflexion sa direction de propagation soit encore normale à son plan de vibration. Dans les limites de précision
- Fig. 6. — Les deux anneaux se forment et s'attirent.
- des mesures effectuées, la réflexion et la réfraction des tourbillons plans sont régies, tout au moins dans certaines limites, par les mêmes lois que les phénomènes analogues en optique.
- Les résultats les plus intéressants sont ceux obtenus quand le diaphragme est percé de 2 trous l’un au-dessus de l’autre, d’où partent simultanément deux tourbillons. Les deux anneaux ont la même apparence (fig. 5) que ceux issus d’une seule ouverture, mais on constate, dès leur sortie dans la cuve, qu’ils tendent à se rapprocher l’un de l’autre, et que leurs plans sont légèrement inclinés sur la direction de propagation. Cette attraction augmente (fig. 6) et finalement les deux tourbillons se rejoignent (fig. 7) pour donner un anneau unique animé de mouvements vibratoires (fig. 8). Cet anneau unique, de forme elliptique, est animé de 4 mouvements simultanés : un mouvement de rotation du tourbillon autour de son axe, un mouvement de translation d’ensemble et deux mouvements oscillatoires suivant les directions des axes
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- ÉTUDE DES TOURBILLONS ANNULAIRES LIQUIDES
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- de l’ellipse. Tous ces mouvements, sauf celui de translation, ne peuvent être saisis que par la photô-
- des mouvements oscillatoires que montre la figure 9. Ce genre de phénomène est bien connu des physi-
- Fig.
- Les deux anneaux se sont rencontrés.
- graphie instantanée; la figure 9, en particulier, montre trois états du même anneau à des intervalles de temps de 1/50 seconde.
- Tels sont les principaux résultats que fournit l’expérience.
- Quel parti peut-on en tirer au point de vue de l’explication des tourbillons? Le calcul est ici impuissant, non à décrire l’allure des phénomènes, mais à en pénétrer les détails, le cas théorique envisagé étant celui de liquides parfaits sans viscosité. Le fait que les tourbillons s’attirent et peuvent provoquer le déplacement des corps solides montre qu’ils sont entourés par ce que l’on peut appeler un champ de fluide en mouvement, analogue au champ magnétique qui existe dans l’espace environnant un conducteur parcouru par un courant électrique.
- Enfin, la forme stable d’un tourbillon est, par raison de symétrie, la forme circulaire, plane, perpendiculaire à la direction de propagation. Si une action extérieure, par exemple la rencontre avec un autre tourbillon, vient perturber cet état d’équilibre, il se produira des oscillations autour de cette position, d’où l’explication
- Fig. g. — Trois positions de Vanneau précédent à dés intervalles de temps de ij5o de seconde.
- téressante et si Ions liquides.
- Fig. 8. — L'anneau unique résultant de la fusion de deux tourbillons annulaires.
- ciens : dans l’étude de la capillarité en particulier, on .rencontre un grand nombre de phénomènes analogues par exemple, la forme d’équilibre d’une goutte qui s’écoule est sphérique; si, au contraire, la goutte sort d’un ajutage à; section elliptique, elle présentera la forme d’un ellipsoïde alternativement allongé suivant Taxe horizontal et l’axe A7ertical. !
- La question se pose de savoir si, dans un fluide parfait, les phénomènes restent les mêmes : deux anneaux tourbillonnaires dans l’éther se rejoignent-ils aussi? S’il en est ainsi, dans un système d’électrons ou d’atomes tourbillonnaires, ceux-ci ne conserveraient pas leur individualité propre, mais s’uniraietit pour former un système résultant global dans lequel ils disparaîtraient.
- On ne peut répondre à ces questions à l’heure actuelle, la base expérimentale nécessaire faisant défaut; mais les expériences de M. Northrup n’en sont pas moins des plus.instructives et elles jettent un jour tout nouveau sur la question si in-riche de conséquences des tourbil-H. Vigneron:.
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- L’ÉPURATION DES JUS SUCRÉS
- Dès les premiers jours d’octobre, les sucreries, isolées dans la campagne, semblent s’éveiller d’un long sommeil. Leurs cours désertes s’emplissent d’ouvriers, de voitures, de wagons, d’énormes tas de betteraves ; des bouquets de vapeur et de fumée couronnent les faîtes de l’usine.
- Les fabricants de sucre, pour gagner en quelques semaines d’activité tout le bénéfice d’une année, doivent en effet s’efforcer de travailler beaucoup et parfaitement. La sucrerie est l’une des industries chimiques où l’on fabrique en grand un produit
- vant on pouvait se contenter de méthodes moins parfaites, parce que la canne à sucre était seule employée : ses impuretés, ayant un goût fort agréable, il suffisait de concentrer le jus pour avoir du sucre roux fort apprécié.
- Les méthodes modernes pour l’épuration du sucre de betteraves sont d’étude, d’autant plus intéressante qu’elles unissent à une efficacité parfaite, une grande simplicité d’exécution. On fit autrefois usage de sang, de noir animal et de divers ingrédients pour purifier le jus de betteraves ; maintenant on se
- Fig. i.— Vue d’ensemble et schémas du fonctionnement d’un filtre-presse. — A, serviettes filtrantes; B, arrivée du jus trouble; C, sortie du jus clair, D, arrivée de l’eau de lavage; E, dépôt à laver.
- extrêmement pur, plus pur même que certains composés dits « chimiquement purs » qu’emploient les chimistes. Ainsi, quand M. Pellat, le savant physicien de la Sorbonne, dut déterminer les propriétés du sucre servant à établir, par analyse, le montant des impôts dont est grevée la matière, s’adressa-t-il pour avoir du sucre pur, non à ses collègues chimistes, mais à la raffinerie Say. C’était reconnaître qu’on pouvait travailler plus parfaitement à l’usine qu’au laboratoire.
- C’est par une épuration très soignée des matières premières qu’on peut obtenir le sucre du commerce. Le jus extrait de la betterave est tellement noirâtrè et de goût infect que la sucrerie indigène ne put prospérer que du jour où furent imaginés les procédés d’épuration suffisamment efficaces. Aupara-
- sert partout presque uniquement de craie et de soufre. Inutile d’ajouter qu’il ne reste pas trace de ces produits dans le sucre. ,
- L’épuration carbo-calcique. — En principe, elle consiste à décomposer par la chaleur de la craie ou carbonate de chaux, en chaux vive et en gaz carbonique. On ajoute la chaux, pulvérisée et éteinte, au jus de betteraves, après quoi on y fait barboter le gaz ; il y a combinaison et formation d’un précipité de craie qui englobe les impuretés organiques diverses (albuminoïdes, pectates, etc.). On obtient, en décantant et filtrant, un jus épuré parfaitement clair. "'
- La chaux est préparée dans un four de la formé d’un haut fourneau. On culbute en haut des wagonnets de craie et de coke en proportions voulues, et
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- L’ÉPURATION DES JUS SUCRES — 425
- on défourne, dans le bas, la chaux vive. Tout le coke brûle en provoquant la dissociation de la craie, et le gaz carbonique de la combustion se mélange à celui du carbonate. Ce gaz est aspiré par des puis^ santés pompes pneumatiques dans lesquelles il arrive après avoir traversé une colonne remplie de morceaux de coke arrosés constamment d’eau. C’est là qu’il se refroidit, et se débarrasse des poussières entraînées.
- Les jus filtrés provenant du premier traitement sont chaulés à nouveau, mais bien plus faiblement que la première fois, après quoi, on les carbonate; le tout se faisant toujours de la même façon. Chau-lages et carbonatations sont réglés minutieusement d’après indications du chef de fabrication. Le chimiste constate ensuite, en analysant fréquemment les jus, si tout a été convenablement effectué.
- Fig. 2. — Filtre Philippe. — A, boulons de fermeture; I, chapeaux-joints ; D, sacs filtrants; B, I, sortie du ius filtré; C, nochère d’évacuation; G, arrivée du jus.
- four a Soufre
- Ce
- ^00 'jus suifité -jus'à su/fïter -
- La chaux défournée est placée dans des malaxeurs où on l’arrose avec des jus résiduaires peu sucrés, comme les eaux de lavage des filtres, car si on employait le jus de betteraves, la chaux en s’éteignant pourrait décomposer le sucre. On obtient un lait de chaux qui est tamisé, puis ajouté au jus venant de la « diffusion » où se fait l’extraction du suc des betteraves ..La quantité ainsi employée est normalement de 1,5 à 2 kg.
- (en chaux vive) par quintal de betteraves.
- Le jus chaulé est envoyé par des pompes dans de grands bacs placés en haut de l’usine, à serpentins de vapeur pour la chauffe, et tuyaux à trous de barbotage par où peut arriver le gaz carbonique venant de la machine pneumatique. La « carbonatation » s’effectue en laissant arriver le gaz jusqu’à ce qu’il ne reste que très peu de chaux libre dans le jus. Il doit toujours du reste y avoir dans les jus de sucrerie un peu d’alcalinité, la moindre dose d’acide pouvant altérer le sucre qui passe à l’état de glucose incristallisable.
- On pratique ordinairement l’épuration des jus sucrés par le procédé de « double carbonatation ».
- -JUS
- 1 trompe
- eau de réfhigération
- Fig. 3. — Schéma d’une sulfitation de sucrerie.
- Les Filtrations. — La clarification des jus est, en sucrerie, une opération extrêmement importante. Aussi est-ce en technologie sucrière que furent imaginés presque tous les filtres employés industriellement. On peut diviser ceux-ci en deux groupes. Selon que le liquide à clarifier contient beaucoup ou très peu de matières en suspension, on emploie les « filtres presses », ou les « filtres mécaniques ».
- Le filtre-presse du type moderne permet l’accumulation en grande quantité des poudres en suspension pompe dans le liquide, le lavage du précipité pour enlever les traces de sucre du liquide d’imbibition, et enfin l’extraction facile du résidu, moulé en plaques friables. Il existe divers dispositifs permettant de réaliser ces exigences Voici comment est combiné un des modèles les plus employés, le principe du fonctionnement étant commun à tous.
- Un bâti supporte, pressée entre deux sommiers solides, une rangée de cadres en fonte disposés verticalement et munis de deux poignées latérales glissant sur des tringles horizontales (fig. 1). Chaque cadre, entouré d’une « serviette » en épais tissu,
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- L’EPURATION DES JUS SUCRÉS
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- supporte deux panneaux de tôle perforée et est percé de trous divers qui forment avec les trous de cadres voisins des canaux longitudinaux. Les serviettes qui assurent l’herméticité du joint entre plateaux voisins sont trouées aux endroits convenables pour ne pas obturer la circulation.
- Dans ces conditions, le jus trouble arrivant par le canal central pénètre dans les intercadres et, ne trouvant d’autres sorties que les robinets du bas de chaque cadre, passe à travers le tissu que soutient la tôle perforée : le précipité reste entre les deux toiles. Quand tout l’espace en est ainsi rempli, ce qui se voit au faible débit des robinets, on ferme la valve d’amenée du jus, puis tous les robinets d’écoulement des plateaux pairs, après quoi, on ouvre la valve supérieure d’arrivée d’eau. L’eau arrive dans le haut de tous les plateaux pairs, et, pour sortir par les plateaux impairs, est forcée de traverser chaque plaque du résidu, ainsi facilement lavé. Quand l'eau qui sort est à peine sucrée, on arrête l’arrivée d’eau et on ouvre tous les robinets. Finalement, on desserre les vis servant à assurer une forte pression sur la pile des cadres (ce qui est-nécessaire pour éviter les fuites à chaque joint) ; des ouvriers placés de chaque côté du filtre font alors glisser les plateaux sur les longerons, et, à l’aide de sabres de bois, tomber les gâteaux lavés dans un wagonnet placé à l’étage au-dessous. On peut ensuite serrer à nouveau les cadres et procéder à une nouvelle filtration.
- Les filtres mécaniques fonctionnent autrement. Dans ceux du système Philippe, de beaucoup les plus répandus, l’étoffe filtrante est tissée en forme de sac plat (fig. 2) à ouverture garnie d’un bourrelet bien régulier. Ces sacs sont introduits dans les fentes de la paroi supérieure d’un coffre de tôle, en plaçant à l’intérieur, pour maintenir leur forme, une sorte de plateau en treillage métallique. Au-dessus, on place ensuite un chapeau de fonte dont la partie inférieure, bien dressée, appuie sur le bourrelet qui dépasse autour de l’ouverture. Des vis permettent de serrer le chapeau au récipient, et la présence du bourrelet assure l’herméticité du joint.
- Il suffit alors d’amener sous pression le jus à filtrer : il passe à travers les serviettes, monte dans les pertuis du treillage, dans le chapeau supérieur, et s’écoule finalement dans une nochère latérale, le jet à l’air permettant de constater la perfection de filtration. Un filtre comporte la réunion de plusieurs de ces éléments, placés parallèlement les uns contre les autres dans un récipient assez grand.
- Après première carbonatation, on filtre aux presses ; après la seconde, le jus passe d’abord dans des presses, puis dans des filtres mécaniques. On procède souvent alors à un nouveau traitement épurant, parfois effectué seulement apres concentration des jus : la sulfitation.
- Épuration par le gaz sulfureux. — On sait que ce gaz a des propriétés décolorantes très énergiques, mises à profit pour blanchir les lainages, les soieries. De même les jus sucrés soumis à la sulfitation sont décolorés simplement plutôt que vraiment épurés, ce qui permet d’obtenir des sucres du plus bel aspect.
- La sulfitation du jus est effectuée par simple barbotage du gaz amené dans le liquide par une couronne en tube perforé. Le gaz presque toujours produit à l’usine est obtenu par combustion de soufre en canon dans des fours munis d’une pompe qui aspire l’air comburant et refoule le gaz dans le jus. La plus ingénieuse installation de sulfitation — il en existe divers genres, chaque constructeur possédant un type qui lui est propre — est celle de Cambray où l’on ne trouve ni pompe à gaz, ni chaudière à sulfiter : le jus est amené sous pression dans une sorte de trompe où il aspire l’anhydride sulfureux, qui, s’émulsionnant dans sa masse, produit l’action décolorante, et l’appel de gaz suffit à assurer la combustion dans le four (fig.'5).
- On blanchit quelquefois aussi le jus de sucrerie en ajoutant un peu d’hydrosulfite de chaux ou de soude, dont le pouvoir décolorant est plus énergique encore que celui du gaz sulfureux; mais, en raison du prix élevé de ces produits, l’emploi ne s’en est pas encore généralisé.
- Nous l’avons dit : le sucre est l’un des produits commerciaux les plus purs, et sa supériorité sur tous nos autres aliments est à ce point de vue incomparable. Toutefois, la description des traitements épurants pourrait provoquer une sorte de dégoût à la pensée que ce sucre si pur, si blanc, si agréablement sapide, est extrait du jus infect des betteraves mélangé de chaux, où l’on fit barboter des gaz venant du coke et du soufre. En général, on est trop porté à considérer ainsi l’aliment industriel par opposition au produit « naturel ». Préjugé injustifiable : le sucre naturel que butinent les abeilles est moins « proprement » préparé que celui extrait de la betterave, puisqu’il est passé par l’estomac de l’insecte. De même le beurre de vache — nourrie parfois de déchets industriels plus ou moins nauséabonds — est moins pur, moins propre que le beurre raffiné de coco. L’industrie seule permet d’employer des procédés perfectionnés appliqués sous la surveillance de l’ingénieur et du chimiste ; ni les, vieilles méthodes désuètes, ni la malpropreté, ni la négligence ne peuvent là être tolérées ; elles ruineraient l’industriel. Il faut savoir, il faut penser que l’aliment industriel est en général au maximum de pureté. Et que, sous cc rapport, parmi tous les autres, le sucre est au premier rang, comme il occupe une des premières places au point,de vue physiologique : aucun aliment énergogène n’est si facilement assimilé, ni relativement si bon marché, ni enfin capable de produire dans le muscle autant de force. H. RotîssE'r.
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- UN RAIL ÉLECTRIQUE AÉRIEN
- Jusqu’ici, la traction électrique a été à peu près limitée en Europe — aux tramways, aux métropolitains, à quelques courtes lignes de montagnes (en particulier sous des tunnels), en-fin aux lignes des grands réseaux, dans le voisinage immédiat des grandes villes. Il semble bien qu’elle n’en doive pas rester là — on établit de plus en plus chez nous de ces voies ferrées électriques, déjà nombreuses en Amérique (*) ; c’est ainsi que la Compagnie du Midi vient d’obtenir la concession de tout un réseau pyrénéen qui doit trouver son énergie de traction dans le courant fourni à 60000 volts par les usines hydroélectriques de la région. (Yoy. n° 1984, Supplém.).
- . Et les lignes, électriques à long parcours ne peuvent exister qu’à une condition : le transfert de l’électricité sous la forme haute-tension, qui réduit au minimum les pertes d’énergie dans la ligne.
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- langueur totale' 12™
- Fig. 2.
- Deux éléments de rail aérien.
- Comme les machines motrices, au contraire, doivent, pour des raisons de sécurité, fonctionner sous faible tension, on est amené à utiliser du courant facilement transformable, c’est-à-dire du courant alternatif. Il est vrai que pour garder la plu-
- 1. Ex. : Chemin de fer de New-York à New-Haven et Hartford.
- part des avantages du courant continu (grande puissance au démarrage, couplage facile des moteurs, dépense d’énergie à peu près uniforme) on est conduit à adopter un type spécial de moteur, le moteur alternatif à collecteur : c’est la récente mise au point de ce type de moteurs qui va sans doute assurer le développement, longtemps retardé, du réseau de traction électrique européen. Le commencement de ce développement pose nombre de problèmes, relatifs surtout au matériel de traction et à la voie. L’un des plus intéressants est celui de la prise de courant, que la Compagnie du Midi étudie depuis plus d’un an. On sait que les prises de courant se font, pour les tramways, soit par trolley aérien, soit par rail souterrain (le système des courants par plots ayant à peu près disparu)
- Fig. 3.
- Cotipe transversale du rail aérien système Paul, Vedovelli et Priestley.
- — et généralement pour les chemins de fer, au moyen d’un rail électrique latéral. De tous ces procédés, le plus économique est sans contredit le trolley ; mais il présente plus d’un inconvénient. Le fil électrique a une flèche sensible ; il se déforme facilement ; il subit l’influence des va-
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- riations de température et du vent; dans lescourbes, il subit les efforts considérables exercés par l’archet : pour toutes ces raisons, le conctact à grande vitesse se fait mal ; l’archet se sépare fréquemment du fil, et, si la tension est élevée, des étincelles énormes jaillissent, absorbant de l’énergie en pure perte, détériorant les fils et les archets. De la rupture d’un fil (les efforts anormaux dans les courbes peuvent en être cause) résultent souvent de très graves accidents — d’une part, à cause de la formation de cour!s-circuits au retour sur le sol et aussi, parce qu’il faut tenir compte de l’ignorance et de la maladresse du personnel. On a essayé de pallier ces inconvénients par le système de la suspension dite caténaire qui a l’avantage tout en permettant d’écarter les poteaux et supports, de réduire très notablement la flèche et les variations de courant du fil de contact. La suspension caténaire consiste à suspendre le fil électrique -à un autre fil résistant généralement isolé, en acier, par un certain nom-bre de points assez rapprochés.
- La dilatation du fil porteur est d’ailleurs compensée le plus souvent par des artifices habiles pour supprimer les variations de flèche.
- Mais, la suspension caténaire, en réduisant la flèche du fil de contact, le laisse par ailleurs aussi défectueux.
- Le système de rail souterrain est si coûteux qu’on ne peut songer à l’employer que dans les grandes villes où certaines considérations d’esthétique priment toutes les autres.
- Quant au rail latéral, il échappe à certains inconvénients du fil suspendu ; en revanche, il est dangereux pour le personnel; il serait inadmissible défaire circuler du courant à 15 000 volts dans un conducteur placé sur une voie, qui doit être jour-
- nellement visitée. De plus, en cas de pluie, surtout de givre ou de neige, des dérivations de courant sur le sol se produisent avec la plus grande facilité.
- Les conséquences de ces dérivations peuvent être graves. Un déraillement sur une telle voie est presque fatalement suivi d’un incendie par court-circuit. Enfin, les aiguillages sont compliqués; les traversées des gares exigent des précautions sans nombre. Les joints ont souvent une notable résistance.
- M. Paul, ingénieur en chef de l’Exploitation de la
- Compagnie du Midi, s’est ingénié à chercher un moyen de réunir les avantages du trolley à ceux du rail latéral, et d’éliminer d’un coup leurs inconvénients anciens ; et il a imaginé un véritable rail électrique aérien. Ce système, construit et mis au point par MM. Ye-dovelli et Priestley, vient d’être soumis avec succès à des essais sévères sur la ligne qui va de Perpignan à Bourg - Madame.
- En établissant le rail rigide à une certaine hau-teurau-dessusdu sol, on évite le danger des contacts ; on sup -prime les éventualités de dérivation sur le sol ; on facilite la traversée des gares, l’établissement des aiguillages, et, en même temps, si la rigidité est suffisante, on assure un parfait contact sur la prise du courant.
- Pour établir un véritable rail suspendu de place en place et résistant par lui-même à l’effet de flexions résultant de son propre poids, il eût fallu employer des poteaux très rapprochés (dix mètres par exemple). Le prix de revient eût été énorme. Les constructeurs ont préféré espacer les poteaux de 50 mètres et les réunir par un fil supportant, par des pendules placés de 12 en 12 m., le rail de contact. Il suffit alors d’un rail capable de résister, sans se défoncer, à son propre poids sur une largeur de 12 m. Le rail Vedovelli a la section indiquée
- Fig. 4. — Rail aérien contrevenu.
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- ACADEMIE DES SCIENCES 429
- ci-contre. On voit que c’est une véritable poutre à treillis triangulaire. Cette poutre a 40 cm de hauteur ; elle pèse 6 kg seulement au mètre carré ; la section de métal est ainsi de quatre à cinq fois plus faible que dans les rails latéraux unanimement adoptés par les chemins de fer électriques; mais la tension de courant étant beaucoup plus forte (15 000 v. au lieu de 500 v.) la perte est légère et reste très faible. Les différents éléments de 12 m. ne sont pas solidaires les uns des autres. Mais ils coulissent à frottement dur les uns dans les autres et sont réunis par une éclisse électrique souple, de manière à assurer la continuité du contact, en même temps que la rectitude de l’ensemble. Par cette disposition, la rupture d’un fil ne projette sur le sol que des éléments de poutre isolés du circuit et, partant,
- vent. Or, on ne peut se contenter de la fixer aux points d’attache sur les poteaux ; car une telle poutre d’une portée de 50 m. ne supporterait pas sans rupture l’effet d’un vent violent. Il faut donc aussi étayer de place en place la poutre horizontalement.
- À deux fils fixés latéralement sur les consoles des poteaux de part et d’autre au fil de suspension, s’attachent de place en place des chaînettes rattachées au rail de contact, créant ainsi sur celui-ci des points fixes. Ce système a quelque analogie avec celui qui assure l’indéformabilité du tablier des points suspendus. Il a donné d’excellents résultats^).
- Des précautions spéciales sont prises pour assurer l’isolement parfait du rail électrique et ce n’est pas une des caractéristiques les moins intéressantes du
- Fig. 5. — Rail aérien non contreventê.
- inoffensifs. D’ailleurs, si des variations de température font varier la flèche du fil de suspension, la poutre se soulève ou redescend ainsi d’un seul bloc, et le passage de l’archet de contact n’en est pas perturbé.
- Avec ce système de support, la poutre peut osciller latéralement de façon notable sous l’action du
- système Paul, Vedovelli et Priestley que l’emploi de ces isolateurs à emboîtement susceptibles de supporter des efforts mécaniques considérables en même temps que des tensions électriques très fortes. (Y. Un transport électrique à 110000 volts, à VExposition de Turin, 1912, tome I, p. 4.)
- André Dachs
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 mai 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Océanographie. — S. A. le prince de Monaco expose qu’il vient d’entreprendre une nouvelle campagne océanographique avec un bâtiment plus grand que celui dont il avait disposé jusqu’à ce jour.. Ce bâtiment jauge 1600 tonneaux et sa machine peut développer 2600 chevaux-vapeur. La croisière dont les résultats sont présentés à l’Académie, s’est poursuivie dans la Méditerranée, depuis la Corse jusqu’à Gibraltar et, dans l’Atlantique,
- vers les îles Canaries, Madère et Açores. La profondeur de la mer a été mesurée ainsi que la densité des eaux et leur température à différentes profondeurs. Les recherches biologiques ont porté principalement sur les profondeurs intermédiaires., entre la surface et le fond.
- I. La suspension caténaire avait déjà été réalisée en Amérique sur la ligne Spokam et Inland. • -
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- Des appareils de pêche, imaginés par le lieutenant de vaisseau Bourée, ont fourni de très bons résultats. Immergés jusqu’à -4400 mètres, ils ont ramené beaucoup d’animaux inconnus appartenant à divers groupes, principalement à celui des céphalopodes. L’un de ces animaux, nouveau comme espèce et comme genre, présente une particularité remarquable, celle d’avoir des organes lumineux placés dans les yeux. Ce céphalopode est complètement transparent. Parmi les poissons, beaucoup sont nouveaux; enfin des formes larvaires inconnues d'autres poissons ont été découvertes. Des crustacés qui n’avaient été signalés qu’en un seul point du globe ont été rapportés du sein de l’Atlantique. Enfin deux cétacés appartenant à une espèce très peu répandue (pseudorca crassidens) ont été remontés. Tous portaient dans leur estomac des débris d’animaux précieux pour la science, capturés à des profondeurs assez grandes. En somme la campagne de 1914 a été très fructueuse.
- Un aréomètre nouveau. — S. À. le prince de Monaco présente un nouvel aréomètre imaginé par M. Alphonse Berget, professeur à l’Institut océanographique, pour la mesure exacte des densités des liquides. Dans cet appareil la poussée hydrostatique exercée par le liquide sur un flotteur complètement immergé est équilibrée par l’élasticité d’un ressort en acier invar. C’est la flexion plus ou moins grande de ce ressort qui mesure la densité. Celle-ci est obtenue avec plusieurs décimales exactes. Toutes les parties de l’appareil étant immergées aucune erreur due à la capillarité n’est à craindre.
- La tension des câbles. — M. A. Picard présente un travail de M. Leinekugel Le Coq, ingénieur hydrographe de la Marine, sur les cables télédynamiques. A l’occasion de recherches auxquelles le Service aérostatique de l’armée doit procéder sur divers modes d’aéroplanes, cet ingénieur a recherché l’équation du polygone curviligne dessiné par un câble tendu entre deux supports et portant, outre son poids permanent, des poids fixés en différents points. La formule remarquable à laquelle il est arrivé présente un réel intérêt au point de vue de l’application aux câbles télédynamiques à tension constante. On réalise cette tension en fixant l’une des extrémités du câble et en faisant passer l’autre extrémité sur une ou plusieurs poulies, puis en y suspendant un poids déterminé.
- Explication des phénomènes observés sur les étoiles temporaires. — M. Deslandres expose que la curiosité qu’excite l’apparition d’une étoile nouvelle est naturelle, car ces astres offrent aux savants une énigme. L’étude de leur lumière révèle les phénomènes du spectre des protubérances solaires avec raie doublée, l’une brillante, l’autre très atténuée. Pour expliquer ce doublement et le déplacement des raies on a fait intervenir deux étoiles dont l’une s’approcherait tandis que l’autre s’éloignerait.
- M. Deslandres pense que l’explication est sans doute plus simple. Si l’on imagine que la surface de cette étoile est recouverte d’une même couche peu solide, les gaz placés à l’intérieur seront à une pression très élevée, et, de temps à autre, provoqueront, sur certains points, des ruptures de cette couche et des projections énormes de gaz incandescents au-dessus de la surface de l’étoile, c’est-à-dire produiront un phénomène analogue à celui des protubérances solaires. Ainsi s’expliquerait l’existence de deux courants gazeux, l’un ascendant, l’autre descendant et, par suite, le doublement ainsi que le déplacement de raies.
- La mémoire des poissons. — M. Auxner continue ses expériences sur la mémoire des poissons. Le point qu’il veut établir aujourd’hui c’est que les poissons peuvent acquérir la mémoire d’un fait, tout en oubliant un autre. Il reprend son expérience des tubes immergés dont l’un est coloré en rouge et contient de la nourriture. Puis en plaçant le poisson dans l’aquarium, il lui fait lentement acquérir le souvenir qu’il y a de la nourriture dans le tube rouge. Il immerge alors un troisième tube peint en bleu, retire du tube rouge la nourriture et la place dans le tube bleu. Le poisson introduit à l’aquarium va au tube rouge, tourne autour de ce tube, puis par hasard découvre l’appât du tube bleu. La même expérience est répétée pendant plusieurs jours. Peu à peu le poisson, après avoir nagé autour du tube rouge, s’habitue à aller au tube bleu. Il y a donc eu dissociation de faits introduits dans la mémoire en même temps qu’acquisition de faits nouveaux.
- L’alimentation désodée. — M. Roux communique le résultat des recherches faites par M. Girard sur un jeune chien qui fut soumis à un régime végétarien sans soude. Au bout de quelque temps l’animal fut sacrifié. Le sang n’avait pas , subi de modification, mais certains organes, le rein et le foie, avaient subi une désodisation.
- L’éclipse du 17 avril. — M. Bigourdan résume une Note dans laquelle l’astronome espagnol Landerer fait connaître quelques résultats des observations de l’éclipse en Espagne. Cette éclipse aurait été totale uniquement aux environs de Barco de Yaldeorras et, non loin de là, aurait eu lieu le passage de la phase totale à la phase annulaire. M. Landerer conclut que le demi-diamètre lunaire 15' 50" 02 est très voisin de celui qu’il faut employer dans le calcul des éclipses. Celle valeur diffère à peine de celle qu’avait employée la Connaissance des temps dans sa 2° hypothèse qui a, comme on sait, bien représenté les observations. Le dernier contact aurait été observé en Espagne, une demi-minute avant l’heure calculée/
- Élection. — M. Schwendener de Berlin, correspondant de l’Académie, est élu associé étranger.
- Séance du 20 mai J912. — Présidence de M Lippmann.
- Une maladie de l’époque néolithique. — M. Lucas-Championnière résume un travail de 31. Marcel Baudouin relatif à une maladie dont il a relevé des traces caractéristiques sur les squelettes qu’il a mis à jour à Vendrest (Seine-et-Oise). Ces squelettes, au nombre d’une centaine, remontent à l’époque néolithique; ils présentent les lésions qui accompagnent la maladie connue sous le nom
- d’ostéoarthrile déformante. 11 a compté vingt-neuf vertèbres atteintes, une rotule, deux côtes, une extrémité inférieure de péroné, un troisième métatarsien droit et environ cinq phalanges. Sur ces vertèbres, onze sont cervicales, neuf dorsales et neuf lombaires. Chez la femme, les lésions sont manifestement localisées au centre de la colonne cervicale, et le plus souvent à gauebe; chez
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- l’homme, la lésion ne s’observe guère, au contraire, qu’à la base de la colonne dorsale et au centre de la colonne lombaire ; elle est située presque toujours à droite. Au cou, et chez la femme, l’ostéoarthrite est surtout sensible au niveau des apophyses articulaires supérieures et inférieures des vertèbres; elle est très peu marquée au milieu du corps des vertèbres. L’altération peut aller jusqu’à la soudure de deux vertèbres successives accompagnée d’hypertrophie, c’est-à-dire d’ankylose vertébrale vraie complète. A la base du dos, les apophyses ne sont presque jamais modiliées; la lésion est localisée au corps vertébral sous forme d’ostéophyte en bordure des faces articulaires. L’altération, quelquefois, est constituée par une raréfaction du tissu osseux avec ou sans production de lamelles osseuses au-dessus et au-dessous dé l’axe postérieur, entre les apophyses articulaires. On sait que l’ostéoarthrite est la plus ancienne de toutes les maladies connues jusqu’à ce jour, puisqu’on a constaté son existence sur des animaux sauvages du début même du quaternaire (ours des cavernes). Il est intéressant d’avoir pu relever la trace de cette maladie à l’époque de la pierre polie, comme il sera intéressant de la découvrir sur les squelettes de l’époque de la pierre taillée. Il est à remarquer que l’ostéoarthrite a été rarement constatée chez les vieux Égyptiens et chez les vieux Nubiens de la période préhistorique. .
- Propriétés des liquides cristallisés. — M. Wallerant expose que M. Mauguin a découvert une propriété très
- L’EAU
- La coloration rouge des eaux chargées de sels alcalins est un phénomène bien connu; il a même, dans l’histoire, quelque célébrité!
- En s’enfuyant d’Egypte, les Hébreux ont traversé non pas la mer de Qîti, notre mer Rouge, non pas même le Qim-Oîi'ît, notre golfe de Suez, mais simplement les « lacs amers » (amari lacus) qui s’étendent dans l’axe de l’isthme si glorieusement percé par F. de Lesseps et dont l’eau est fréquemment rouge comme du sang. Je sais bien que cette assertion, si contraire aux croyances religieuses, va me faire décréter d’hérésie ; elle est vraie pourtant; ne faut-il savoir souffrir pour ses opinions? Qu’on se reporte 'aux récents Bulletins de VInstitut d'Egypte, on y trouvera un très intéressant mémoire sur cette question.
- Il n’est pas nécessaire d’aller si loin, de remonter jusqu’à des temps si reculés et d’encourir les foudres que j’appréhende pour trouver des eaux rouges, et rouges pour la même cause. On en voit fréquemment dans les
- LOURDS INDO-CHINOIS ======== 431
- curieuse des liquides cristallisés. Alors qu’ils présentent tous les caractères d’un corps cristallin parfaitement homogène, ils montrent un fourmillement très intense et incessant, tel que celui d’un liquide colloïdal, quoique les méthodes actuelles de recherches ne permettent pas de mettre en évidence l’existence de grains. Mais si l’on place le liquide dans un champ magnétique, le fourmillement disparaît pour reparaître quand le changement cesse.
- La distillation du mercure. — M. Bouty présente une Note de M. L. Dunoyer décrivant, un appareil pour la distillation rapide du mercure dans le vide. Le nouvel appareil présente l’avantage de pouvoir distiller un poids de mercure allant jusqu’à 20 kilogrammes presque sans que l’opération exige d’être surveillée.
- La forme de la lune. — M. Deslandres présente un travail de M. Costa Lobo, professeur d’astronomie à l’Université de Coïmbre, sur la détermination des dimensions de la lune d’après certaines observations faites pendant l’éclipse solaire. L’auteur a constaté que des points lumineux connus sous le nom de grains de Baily avaient persisté au moment du milieu de l’éclipse. 11 a observé que ces grains étaient approximativement opposés par rapport au plan de .la trajectoire de lune. 11 a calculé qu’il fallait admettre que la lune avait deux diamètres, dont l’un, le diamètre équatorial, dépasse l’autre de 4 kilomètres environ. Ch. de Viij.edeuil.
- ROUGE
- salines de Lorraine et dans les marais salants de la Basse-Bretagne. Au cours d’une excursion zoologique en Algérie, j’en ai trouvé aussi en plein Sahara, dans les fossés qui' entourent la ville de Temacin(J), à 580 kilomètres de la mer.
- Dans toutes ces localités, l’eau est d’autant plus rouge que le degré de salure est plus élevé.- Sa couleur si remarquable n’est pas due à ce qu’une substance chimique y est dissoute, mais simplement à ce qu’elle renferme des myriades de petits Flagellés rouges, appartenant à une seule et même espèce, le Chlamydomonas Dunali (N. Joly, 1840). Si l’on jette sur un filtre à pores minuscules une eau de cette nature, elle passe incolore, tandis que les Flagellés sont retenus; ainsi s’explique le phénomène très simple qui semble intriguer si fort Mackenzie et Finlay, d’après leurs observations sur un cratère-lac de l’Uganda (2).
- R. Blanchard,
- Professeur à la Faculté de médecine de Paris.
- LE TRANSPORT DES BOIS LOURDS INDO-CHINOIS
- Si l’heure du voyage facile par la voie des airs a presque definitivement sonné, il n’en est pas moins vrai que, pour longtemps encore, nous aurons à utiliser les autres moyens de transport.
- II est en particulier des pays qui ne possèdent pas de routes : la voie fluviale, « le chemin qui marche », et le sentier à travers monts et vallées sont, à peu de chose près, les seules voies connues pour les échanges.
- Sur certains grands fleuves d’Asie bon nombre d’embarcations grossières, de radeaux, descendent, chargés de produits divers et jamais ne reviennent vers le haut. Tout est vendu avec la cargaison.
- Descendent aussi, à travers les rapides des hautes
- 1. R. Blanchard. Résultats d’une excursion zoologique en Algérie. Mémoires de la Soc. Zool. de France, IV, p, 208-245, 1891 ; ef. p. 242-244.
- 2. La Nature, annexes, 18 mai 1912.
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- ^TRANSPORT DES BOIS LOURDS INDO-CHINOIS
- vallées, pour se diriger par étapes vers les marchés de la plaine, les radeaux de bois destinés aux constructions, à la menuiserie, à la confection spéciale des cercueils, au chauffage même ; car dans les plaines et les deltas il ny a plus de forêts.
- Dans le bas pays, occupé depuis la plus haute antiquité, les boisements, saccagés d’abord, ont disparu complètement ensuite sous l’action de la hache; du feu et du pâturage. Déjà les moyennes régions, dépouillées de leurs forêts, naguère si belles, et qui ont fait place à la brousse infecte et malsaine qui y règne en maîtresse, ne suffisent plus aux besoins croissants de la population agricole et industrielle des basses vallées et de la plaine.
- Aussi, peut-on dire, avec trop de certitude, que si Y action forestière préservatrice n’est pas énergiquement conduite,le temps n’est pas loin où ne descendront plus vers les agglomérations populeuses qui vivent au sein des fertiles deltas, les si curieux radeaux qui leur amènent les bois indispensables.
- Nous donnons ici — photographies et dessin — un mode très spécial de suspension des billes d’essences précieuses en vue de la descente des rivières par flottage.
- Le bois de Lim, par exemple, si couramment employé pour faire de très beaux parquets, est beau-
- Un radeau fait de bois plus lourds que l'eau.
- L'estampille administrative sur un radeau.
- [Pièce de bois et caissons de bambous vus par le bout.
- coup plus lourd que l’eau. Aussi, pour faire flotter chaque pièce de bois emploie-t-on un dispositif très simple et très pratique à la.fois :1a pièce est placée entre deux caissons (0) formés dé tiges de bambous,
- que l’on trouve encore dans les clairières, le long du cours des fleuves.
- A chacune de ses extrémités et en son milieu elle porteunœillet(O) taillé en plein bois. C’est par ces œillets qu’elle est reliée à trois traverses (T) qui reposent elles-mêmes sur les caissons. Mais, si les deux traverses fixées aux extrémités de la pièce reposent directement sur les faisceaux de bambous, auxquels elles sont liées par des liens en rotins, il n’en est pas de même de celle du milieu.
- Celle-ci s’appuie sans attache sur les rondins R et r posés eux-mêmes librement sur les caissons.
- Il ne paraît pas nécessaire d’insister sur la souplesse de cet appareillage à la façon « cardan ». Au passage des rapides, dans les remous du fleuve torrentueux, cette disposition forme un tout résistant, mais capable de se gauchir et de céder très facilement aux pressions et aux chocs sans se rompre.
- Sur l’une des photographies on voit un garde indigène du Service forestier indo-chinois qui, après vérification du cube des bois, les frappe du marteau de l’État. Roger Dücaîip.
- Le Gérant : P. Masson.' — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris,
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- LA NATURE
- QUARANTIÈME ANNÉE
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abattoirs (Nouveaux) de Lyon, 6. Accélération des fermentations, 368. Accident du Titanic et T. S. F., 375. Acide iodique (Préparation de 1’), 382. Action du soleil, 178.
- Adhérence des surfaces polies, 62. Aéronautique (Salon de 1’), 69.
- Aérocycle, 133.
- Aérostats (Pertes de gaz des), 143.
- Age de la pierre en Amérique du Nord, 56.
- Aigrette (Tragédie de 1'), 154.
- Aii’ liquide (Production industrielle de l’azote et de l’oxygène par P), 4L Algues d’eau douce, 505.
- Algues des régions antarctiques, 287. Alimentation désodée, 430. Allumettes-bougies (Gomment on fabrique une boîte cl’), 75.
- Aluminium et maladie de l’écrouissage, 60.
- Amanites (Poison des), 48.
- Amundsen au pôle Sud, 270.
- Anesthésie par la voie intestinale, 287. Animaux sauvages reconnus par leurs empreintes, 417.
- Aptérisme des insectes, 191.
- Araignées d'eau, 537.
- Aréomètre Berget, 430.
- Arsenic dans les végétaux, 519. Astronomie, 145.
- Atlas photographique des formes du relief terrestre, 96.
- Atmosphère (Composition de 1’), 50. Attelage automatique des véhicules de chemins de fer, 370.
- Audiphone microphonique, 225.
- Supplément ail n" 2055 de La Nature
- Automobile en Allemagne (Industrie), 413.
- Automobilisme, 171.
- Automobilisme èlectiique, 348. Autotomie (Traces fossiles d’), 369. Auto-signal, 127.
- Aviation (Études d’), 238.
- Aviation (Etude de 1’) par l’observation du vol des oiseaux, 265.
- Aviation militaire, 234.
- Aviation militaire (État actuel de P), 105. Aviation : les moteurs, 185, 205.
- Azote : poids atomique, 142.
- Azote (Production par Pair liquide), 4L
- B
- Bacilles tuberculeux des bovidés et de l’homme, 126.
- Barrage de la vallée du Rhône, 190. Barrages et canon du Rhône, 197. Bergamote en Sicile (Industrie de la), 28. Bicyclette électrique, 2-‘>5.
- Billets (Nouveau système de destruction des vieux), 99.
- Biologie générale, 154.
- Blanc du chêne, 550.
- Bois lourds indo-chinois (Transport des), 431.
- Botanique, 157.
- Bouches du Rhône (Péril des), 310. Broméliacées (Croissance des), 239.
- c
- Câbles (Mesure de la tension), 430. Calorimètre (Nouveau), 287.
- du 25 mai 1912.
- Canon à ciment, 388.
- Canon géant de la maison Krupp, 573.
- Canon du Rhône, 111.
- Capture et découverte de céphalopodes inconnus, 190.
- Carbone des plantes (Origine du), 190.
- Carte internationale du monde au 1 000 000e, 248.
- Carte du monde au 1/1 000 000°, 222.
- Cartographie, 47.
- Catalyse par voie humide, 413.
- Catastrophe du Titanic, 355.
- Caverne (La grande) du Daclistaen, 54.
- Cellules des êtres vivants (Nouvel élément des), 123.
- Céphalopodes inconnus, capture et découverte, 190.
- Chaleur solaire (Comment on mesure la), 507.
- Champignons (Empoisonnement par les), 81.
- Charcot (Résultats de la 2° expédition), 190.
- Charge électrique de la pluie, 287.
- Chauffage central à l’électricité, 293.
- Chemin de fer aquatique, 217.
- Chemins de fer coloniaux, 276.
- Chimie, 150.
- Chronoscope P. A. P. (Le temps de pose-en photographie par le), 303.
- Cigarettes (Paquet de), 280.
- Cinématographe en couleurs, 213.
- Coco (L’industrie du beurre de), 50.
- Comètes (Retour de deux) de l’année 1790, 134.
- Comment on mesure la chaleur que nous recevons du soleil, 307.
- Comparaison de méthodes industrielles, 190.
- Conducteurs à self-induction et la foudre, 351.
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- Conductibilité des métaux aux très basses températures, 271.
- Congolaises (Importance économique des cessions), 55'.
- Conquête du désert, 332.
- Construction d’un immeuble au xxe siècle. 209.
- Contre-torpilleurs français (Derniers), 49.
- Côte du Poitou (Modifications récentes de la), 97.
- Cristallisés (Propriétés des liquides), 431.
- Courants continus et végétation, 190.
- Cryptogamie, 382.
- Culture des plantes à l’abri des germes, 303.
- D
- Dalles en « granitoïd », 118.
- Délos (Géologie), 398.
- Dépôts d’autobus parisiens, 220. Déshydratation des alcools, 287.
- Dessins d’animaux danslapoterie grecque,
- 102.
- Destruction des sauterelles, 259. Développement en séries, 111. Développements trigonométriques en physique mathématique, 15. Dirigeable en bois, 16.
- Dirigeables français (Nouveaux), 255. Dock français pour le relevage des sous-marins, 129.
- E
- Eau rouge, 431.
- Échanges nutritifs (Théorie des), 30. Éclipse de soleil du 17 avril 1912, 259, _ 319, 562, 368, 430.
- Éclipse de soleil observée dans les Pyrénées, 366.
- Écrasement d’un cylindre, 239. Électricité, 172.
- Électro-chromographe, 64.
- Électrolyse par le radium en thérapeutique, 319.
- Électronique (Théorie) des métaux, 67. Élevage en grand du canard, 401. Émissions de charges positives par les métaux chaudes, 301.
- Empreintes (Animaux sauvages reconnus par leurs), 417.
- Éneigie (structure discontinue de 1’), v 1512..
- Enfants arriérés, 126.
- Enfants arriérés, 368.
- Épuration des eaux d’égout d’Ostende (Usine d’), 130.
- Équilibre chimique, 190.
- Escargot (Mœurs de 1’), 291.
- Étoile (Apparition d’une), 503.
- Étoiles (Estimation de la grandeur des), _ 147, 550.
- Étoiles temporaires, 450.
- Évaluations géologiques en années, 30. Évolution et mollusques fossiles, 244.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Excavation souterraine produite par une source, 126.
- Explosifs (Épreuve d’), 238.
- Explosion de moteur, 189.
- Exposition d’aviation de Berlin, 378. Exposition de physique, 589.
- F
- Faune polaire, 30.
- Fermentation (Temps orageux et), 255. Flammes en spirale, 287.
- Fleur de soufre en agriculture, 191. Flore française, belge et suisse, 238. Fluorescence de la vapeur de sodium, 303.
- Force d’attraction des navires en marche, 546.
- Fusion du quartz, 238, 338.
- G
- Galles (Développement des), 112.
- Gaz (Histoire du mot), 189.
- Gaz putrides (Action des), 126.
- Gazomètres télescopiques de 150 000 m3, 343.
- Gémeaux (Nouvelle étoile des), 568.
- Genèse des Roches, 287.
- Géographie et Océanographie, 160.
- Géologie, 152.
- Géologie de l’ile de Délos, 398.
- Géologie du Maroc, 112, 582.
- Glandes surrénales (Irradiation des), 382.
- Grains d’électricité et dynamique électromagnétique, 45.
- Grandeurs des étoiles, 350.
- Grau du-Iloi et débris antiques rejetés par la mer, 513.
- Greffe de la cornée, 112.
- Grêle (Défense de Paris et de la France contre la), 90.
- Grônland (Deux nouvelles explorations au), 419.
- Grottes à cristaux de gypse de Naïca, 289.
- Grue flottante de puissance exceptionnelle, 271.
- Guanine (Propriété physiologique de la), 382.
- Guépard ou léopard chasseur, 65.
- Guerre aux insectes; camp de Melrose Highlauds, 340.
- H
- Haricots (Coloration des), 47.
- Heure à l’Observatoire de Paris, 145. Hirn (Œuvre de), 30.
- Homme néolithique, 367.
- Houblon, plante textile, 95.
- Houille en Angleterre, 235.
- Huîtres (Assainissement des), 190. Huîtres (Désinfection des), 196. Huîtres (Purification des), 413.
- Hydroaéroplanes, 314.
- Hygiène publique, 160.
- Hypochlorites alcalins des eaux (Traitement par), 274.
- I
- Illusion nouvelle due au croisement des doigts, 373.
- Indicateur de vitesse du capitaine Étévé, 285.
- Industrie vinicole dans le Tyrol, 143. Inflammables (Appareils Martini et IIu-neke pour liquides), 78.
- Indo-Chine (Transport des bois lourds),
- 431.
- Insectes qui digèrent à l’extérieur, 1. Insectes (Guerre aux), 340.
- Intelligence des animaux, 17. Irradiation des glandes surrénales, 382. Irrigation (Utilisation des canaux pour), 222.
- J
- Jungfrau (Tunnel), 583.
- Jus sucrés (Épuration des), 424.
- L
- Laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau, 553.
- Laboratoire cryogène de Leyde, 409.
- Lames de cuivre (Propriétés des), 519.
- Lampe Osram (Naissance d’une), 325.
- Lessivage continu des tissus, 158.
- Limnologique (Bateau) du lac de Genève, 17.
- Linière (Industrie) en Belgique, 251.
- Liquides cristallisés (Propriétés), 431.
- Littoral méditerranéen S.-O. de la France (Fonds du), 125. ’
- Locomotion aérienne, 168.
- Locomotive à foyer à tubes d’eau de la Compagnie du Nord, 9.
- Locomotive de musée et locomotive moderne, 51.
- Longitude Paris-Bizerte, 125.
- Lunarium, 288.
- Lune (Passages de la), 85.
- Lune (Forme de la), 451.
- Luthiers en Bavière (Village de), 398.
- M
- Machine à écrire syllabique, 551. * Machine à signatures, 335.
- Magnétisme (Idéesmodernes sur le), 195. Maine (Renflouement du), 239.
- Maladies des animaux et des culture en 1911, 191.
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- Maladie de l'époque néolithique, 450. Manganèse (Action biologique du), 255. Manganèse dans le sang, 367.
- Mante tunisienne cl Pouillot fîtis, 193. Marine, 161.
- Maroc (Géologie du), 112, 582.
- Médecine, 158.
- Mémoire des poissons, 239.
- Mémoire chez les poissons, 2H, 582. Mercure (Distillation), 431.
- Météore aérien, 15.
- Métropolitain (Ligne n6 8), 294.
- Microbes dans l’eau (Vitalité des), 287. Minerais de fer huroniens et minerais de 1er oolithique français, 50.
- Moléculaire (Preuves de la réalité), 5. Mollusques des environs de Djibouti, 50. Monstruosités chez des poissons marins, 321.
- Moteurs d’aviation singuliers, 185, 205. Moteur Sabalhc à combustion mixte, 107. Moteur Tesla, 48.
- Moto-paquebot Selandia, 298. Mousseline (Industrie de la) à Tarare, 405.
- Mouillard et la découverte du gauchissement, 222.
- Moulin à turbine en usage au Sc-Tchoan, 132.
- Mouvement brownien et décharge électrique, 255.
- Musée d’hygiène, 231.
- N
- Navires et ports de commerce, 164. Navires (Problème des grands), 319. Néolithiques de Montoulicrs, 586. Néolithique (Maladie de l’époque), 450. Nitrates artificiels en 1910, 110. Nombres premiers (Recherche des), 287. Nord-Sud ^Traversée de la Butte Montmartre par le souterrain du), 23. Normandie dans les Montagnes Rocheuses, 302.
- O
- Obusier léger de campagne, 593.
- Occultes (Phénomènes et photographie), 241.
- Océanographie. 429.
- Œuf complet inclus dans un autre œuf, 273.
- Oïdium du chêne, 126.
- Oiseaux des régions antarctiques, 226.
- Orages (Annonce des), par la T. S. F.), 286.
- Ordures ménagères (Enlèvement des), 208.
- Organismes d’eau douce (Mouvement des), 413.
- Osmométriques (Expériences), 50.
- Ostéites tuberculeuses (Traitement des), 503.
- Oxygène, préparation par l’air liquide, 41.
- Ozone (Nouvelle production par réaction chimique), 31.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- P
- Parasite d’annélides, 255.
- Parasite de la pomme de terre (Lutte contre le), 126.
- Parasite des vers à soie (Destruction d’un), 415.
- Parc national suisse, 139.
- Pèlerins de la Mecque, 47.
- Pelleteries à Lepzig, 414.
- Percement du tunnel de la Jungfrau, 383
- Perméabilité du verre pour les vapeurs, 85.
- Pétrole en Californie, 386.
- Phare de la Jument d’Ouessant, 21.
- Phosphures alcalins (Nouveaux), 142.
- Photographie des couleurs sur papier Utocolor, 35.
- Physiologie, 153.
- Physique, 148.
- Piège à oiseaux utilisé par les serpents, 585.
- Pipe-line de 400 km au Congo belge, 12.
- Plaies (Traitement des), 255.
- Pluie (Charges électriques), 287.
- Poissons (Mémoire des), 430.
- Poitou (Modifications récentes de la côte du), 97.
- Pomme de terre (Apparition d’un parasite de la), 112.
- Pont suspendu de Sidi-M’Cid à Constan-tine, 116.
- Poudres (Méthode nouvelle d’essai des), 47.
- Poudres (Stabilité des), 143.
- l’oussières des grandes altitudes, 519.
- Problème des grands navires, 319.
- Propriété des lames de cuivre, 319.
- Psychologie du Cinématogiaphe, 2b6.
- Q
- Quartz fondu (Fabrication d’objets en), 2o8, 358.
- R
- Radiations des lampes soumises à un voltage excessif. 414.
- Radiation solaire (Élude de la), 111.
- Radiations solaires ; effets sur la transmission des ondes hertziennes, 413.
- Radioactifs (Transformations des corps), 283.
- Radioactivité d’une source thermale, 568.
- Radiotélégraphie dirigée sans antennes verticales, 125.
- Radiotélégraphique (Envoi — de l’heure et des télégrammes météorologiques), 13.
- Radium (Émanation du), 15.
- — • 435
- Rail électrique aérien, 427.
- Raisins d’Algérie à Paris, 110.
- Rayons ultra-violets (Action chimique), 414.
- Refroidissement de la terre, 402.
- Règle holométrique du colonel Vidal, 516.
- Relevage des sous-marins par flotteurs, 379.
- Remorqueurs avec moteurs à gaz pauvre,
- 12.
- Renflouement du Maine, 239.
- Résultats de la 2e expédition Charcot, 190.
- Retour de deux comètes de l’année 1790 134.
- Réveil de la terre (Explication du), 143.
- Rhodium colloïdal, 15.
- Rhône (Canon du), 111.
- Roches éruptives grenues, 2o5.
- S
- Sauterelles (Destruction des), 239. Sauvetage de la frégate Lutine, 182. Sciences militaires, 167.
- Séismes (Phénomènes accompagnant les), 287.
- Sensibilité des plantes, 375. Sérothérapie antituberculeuse, 15.
- Soie (Industrie de la — aux Philippines), 68.
- Soleil (Mesure de la chaleur du), 307. Soudure du quartz et du platine, 414. Source thermale douée d’une radioacli-vité intense, 368.
- Sous-marins (Relevage par ballons), 379. Sous-marins (Dock français pour le relevage des), 129.
- Spiroptôres (Origine des), 112.
- Stabilité des poudres, 143.
- Stabulation des huîtres, 215. Stérèoscopie, 582.
- Sucrés (Épuration des jus), 424.
- T
- Targui (La race), 33.
- Téléphone de police à Berlin, 416.
- Télégraphie sans fil, 176.
- Télégraphie sans fil (Application à la géographie), 47.
- Téléphonie sous-marine sans fil, 21.
- Température de l’air et Nébulosité, 368.
- Tesla (Moteur), 48.
- Titanic (Catastrophe du), 355.
- Torpilles (Direction des) par des signo-graphes, 178.
- Tortues au Japon (Comment on élève les), 257.
- Tourbillons annulaires liquides (Étude expérimentale), 421.
- Tourisme aéronautique, 120.
- Tracteur Panhard à 4 roues motrices, 89.
- Transatlantique France, 358.
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- 436 , :
- Transformateurs cl’essai à 750 000 volts, 268.
- Transpiration des plantes, 47.
- Transport de force électrique à 110 000 volts, 4.
- Tremblement de terre du 16 novembre 1911, 19, 19.
- Tremblement de terre du 18 novembre, 40.
- Triangulation de Tare méridien équatorial, 398.
- Tribulations astronomiques à propos
- * d’une éclipse de soleil, 323.
- Tripolitaine (Géologie delà), 15.
- Trophée de la Turbie, 113.
- Tryjjcinosoma Rkodesiense, 111.
- Tube intestinal chez les Mammifères (Longueur du), 112.
- Tunnel de la Jungfrau, 383.
- Turbine à gaz Holzwarth, 319
- INDEX] ALPHABÉTIQUE
- U
- Urine (Substances indosables de T), 382. Uruguay (Développement économique de 1’), 59.
- Usure des dents à l’âge de la pierre polie, 190.
- V
- Vaccination antityphique, 15,115, 414. Vapeur du sodium dans le soleil, 191. Variation de pression et animaux marins, 143.
- Varrons des Bovidés, 111.
- Venin de cobra, 404.
- Venins de cobra (Toxicité des), 112.
- Vie en cultures pures, 258.
- Vie sans microbes, 222.
- Village de luthiers en Bavière, 598. Vitalité des microbes dans l’eau, 287. Vitesse des vapeurs dans l’étincelle, 519. Voilure à eau employée au Se-Tchoan, 255.
- Vol des Oiseaux èt leur structure, 111.
- w
- Wapitis (Le danger des), 52.
- Z
- Zoologie, 155.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- A.-T. — Radiotélégraphie dirigée, sans antennes verticales, 125.
- Blanchard (R.). — L’eau rouge, p. 451.
- Bi/rr (M.). — Les maladies des animaux et des cultures en 1911, 191. — La guerre aux insectes; le camp de Mel-rose Jliglilands, 340.
- Bonjean (En.). — Traitement des eaux par les hypochlorites alcalins, 274.
- Bonnaffé (En.). — Une grue flottante de puissance exceptionnelle, 271.
- Binnin (U.). — Locomotive à foyer à tubes d’eau de la Compagnie du Nord, 9. — Le phare de la Jument d’Ouessant, 21. — Le pont suspendu de Sidi M’ Cid à Constantine, 116.
- — Les navires et les ports de commerce, 164. — Nos chemins de fer coloniaux, 276. — L’attelage automatique des véhicules de chemins de fer, 570.
- Bousquet (M.). — L’usine d’épuration des eaux d’égout d’Ostende, 150.
- Boyer (J.). — Appareils de sécurité Martini et Huneke pour la manutention des liquides inflammables, 78. — Nouveau système de destruction des vieux billets à la Banque de France, 99. — Les nouveaux dépôts d’autobus parisiens, 220. — Nouveaux gazomètres télescopiques de 150 000 mètres cubes, 543.
- Brescii (G.). — Le laboratoire cryogène de Leyde, 409. — Le salon de l’aéronautique, 69.
- Burnier (Dr. R.). — L’empoisonnement par les champignons, 81. — Médecine, 158.
- Camion (V.). — Les nouveaux abattoirs de Lyon, 6.
- Cardot (II.). — Les mœurs de l’Escargot, 291. .
- Caspary (H.). — Le houblon plante textile, 95.
- Ceillier (R.). — La Botanique, 157.
- Cttaplet (A.). — L’industrie de la bergamote en Sicile, 28.
- — Les dalles en granitoïd, 118. — Le lessivage continu des tissus, 138.
- Charcot (J.-B.). — Le bateau limnologique du lac de Genève, 17.
- Chassériaud (R.). — Mouillard et la découverte du gauchissement, 222. — L’étude de l’aviation par l’observation du vol des oiseaux, 263.
- Chevalier (commandant). — L’état actuel de l’aviation militaire, 105
- Claude (D.). — Un piège à oiseaux utilisé par les serpents, 585.
- Clerget (P.). — L’importance économique des cessions congolaises, 55.
- Combe (D* E.). — La vaccination antityphique, 115.
- Comte (F.). — Comment on fabrique une boîte d’allumettes-bougies, 75. — Un paquet de cigarettes, 280.
- Conté (A ). — La physique, 148,
- Coupin (H.).— Les insectes qui digèrent à l’extérieur, 1. — Un nouvel élément des cellules des êtres vivants, 123.
- Dachs (A.). — Essais de relevage des sous-marins, par llol-teurs à air comprimé, 379. — Un rail aérien, 427.
- Dégoutjn (N.). — Les grottes à cristaux de gypse deNaïca,289.
- Detœuf (à.). — Les derniers contre-torpilleurs français, 49.
- Douvili.é (R.). — L’évolution et les mollusques fossiles, 244.
- Ducamp (R.).— Le transport des bois lourds indo-chinois, 432.
- Dufour (Ch.). — A propos du tremblement deterre du 16 novembre 1911, 19.
- Dufour (L.). -- Le laboratoire de biologie A'égétale de Fontainebleau, 353.
- Forbin (V.). — Le danger des Wapitis, 32. — La tragédie de l’aigrette, 134. — Le sauvetage de la frégate Lutine, 182.
- — Vers la conquête du désert, 332. — Un village de luthiers en Bavière, 598. — L’élevage en grand du canard, 401.
- Formigé (J.-C.). — Le trophée de la Turbie, 113.
- Fournier ^j.). — La traversée de la Bulte Montmartre par le souterrain du Nord-Sud, 23. — L’auto-signal, 127. — La ligne n° 8 du Métropolitain, 294.
- France (Cm.). — Le parc national suisse, 159.
- G. M. — Le temps de pose en photographie par le chrono-scope, P. A. P, 303.
- Gain (L.). —Les oiseaux des régions antarctiques, 226.
- Gradenavitz (Dr A.).— Divers emplois des moteurs Tesla, 48.
- — Le tourisme aéronautique, 120. — Le chemin de fer aquatique, 217. — La turbine à gaz Holzwarth, 319. — La machine à écrire syllabique, 551. — L’exposition d’aviation de Berlin, 378. — Un téléphone de police à Berlin, 411.
- II.-G. — L’industrie de la soie aux Philippines, 68.
- 1I.-M. — Une nouvelle bicyclette électrique, 253.
- Henneguy (F.). — (Euf complet inclus dans un autre œuf, 273.
- Izier (J. d’). — La machine à signatures, 335.
- L. F. — L’électro-chromographe, 64.
- Kuentz (L.). — Les pelleteries à Leipzig, 414.
- Lafitte (J.-P-) — L’âge de la pierre en Amérique du Nord, 36. — Les dessins d’animaux dans la poterie grecque, 102.
- Laide (Lieutenant). — La race Targui, 53.
- De Launay (L. De). — Le refroidissement de la terre, 402.
- Lanorvii.le (G.). — L’industrie du beurre de coco, 50. — L’industrie de la mousseline à Tarare, 405.
- Lees (F.). — La sensibilité des plantes, 375.
- Legendre (Dr J.), médecin-major de lre classe des troupes coloniales. — Moulin à turbine en usage au Se-Tchoan, 132. — La voiture à eau employée au Se-Tchoan, 255.
- Legendre (R.), préparateur au Muséum. — Physiologie, 153.
- — Biologie générale, 154. — Océanographie, 161. — La stabulation des huîtres, 215. — Traces fossiles d’autotomie, 369.
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- 438 LISTE DES
- Lemoine (P.). — Le tremblement de terre du 16 novembre 1911,19. — La géologie, 152. — Géographie, 160.
- Le TouZé. — Les algues d’eau douce, 305.
- Loisel (J.). — L’envoi radiotélégrapliique de l’heure et des télégrammes météorologiques, 13. — Comment on mesure la chaleur que nous recevons du soleil, 307.
- Loucheux (G.). — La fusion du quartz; le nouveau four électrique Billon-Daguerre, 338.
- M. (E.-A.). — Atlas photographique des formes du relief terrestre, 96.
- M. G- — Le développement économique de l’Uruguay, 59.
- Maire (A.). — Le Grau-du-Roi et les débris antiques rejetés par la mer, 313.
- Marchand (IL). — Transformateurs d’essai à 750 000 volts, 268. — L’automobilisme électrique, 348.
- Mareschal (G.). — Photographie des couleurs sur papier Utocolor, 35. — Le cinématographe en couleurs, 213.
- Martel (E -A.). — Hygiène publique, 160. — Les barrages et le canon du Rhône, 197. — Le musée d’hvgiène, 23l. — La carte internationale du monde au 1 000 000e, 218.
- Martin (À.-A.). —Comment on construit un grand immeuble au xx° siècle, 209.
- Martin (D.). — Le péril des Buuches du Rhône, 310.
- Martin. — Les animaux sauvages reconnus par leurs empreintes, 417.
- Mascart (J.). — L’astronomie, 145. — L’action du
- soleil, 178.
- Merle (R.). — L’intelligence des animaux, 177. — Les phénomènes occultes et la photographie, 241. — Comment on élève les Tortues au Japon, 257. — La psychologie du cinématographe, 286. — Les araignées d’eau, 537.
- Petit (II.). — Les moteurs d’aviation singuliers, 185, 294.
- R. C. — L’aérocvcle, 133. — L’indicateur de vitesse du capitaine Etévé, 285. — Les hydroaéroplanes, 314.
- r,ABOT (Cii.). — Deux nouvelles expéditions au Gronland, 419.
- Renaud (Capitaine). — Nouveau tracteur Panhard à quaire roues motrices, 89. — L’automobilisme, 171. — L’obusier léger de campagne, 393.
- Renaud (D ) — Sciences militaires, 167.
- Renaudot (G.). —Tribulations astronomiques à propos d’une éclipse de soleil, 323.
- Reverciion (L.) — Le Lunarium 288.
- Richard (Dr J.). — Monstruosités chez des poissons marins, 321.
- AUTEURS .:: ..:
- Rousset (H.). — L’épuration des jus sucrés, 424.
- Rudaux (L.). — Les paysages de la Lune, 85. —L’éclipse de soleil observée dans les Pyrénées, 366.
- Sallior (P.). — Les évaluations géologiques en années,30. — Le pétrole en Californie, 386.
- Sauvaire Jourdan. — Le dock français pour le relevage des sous-marins, 129. — Marine, 161. — La force d'attracLion des navires en marche, 546. — La catastrophe du Titanic, 355.
- Séailles (J.-C.). —Le moteur Sabathé à combustion mixte, 107.
- Serve (L.). — La défense de Paris et de la France contre la grêle, 90.
- Toüciiet (Em.).— L’éclipse du soleil du 17 avril 1912, 259.
- — L’éclipse du soleil du 17 avril 1912, 562.
- Trouer (A ). — Le transport de force électrique à 110 000 volts à l’exposition de Turin, 4. — Production industrielle de l’azote et de l’oxygène par l’air liquide, 41. — La locomotion aérienne, 168. — Le transatlantique France, 558.
- Trouessart (A.). — Le guépard ou léopard chasseur, 65.
- — La zoologie, 155. — La mante tunisienne et le pouil— lot fitis, 193.
- Turpain (A.). — La naissance d’une lampe Osram, 525.
- Y. F. — L’industrie vinicole dans le Tyrol, 143.
- U. R. — L’aluminium et la maladie de 1 écrouissage, 60.
- Vigneron (H.). — Les preuves de la réalité moléculaire, 3.
- — Les grains d’électricité et la dynamique électromagnétique, 45. — La théorie électronique des métaux, 67. — La structure discontinue de l’énergie, 122. — Les idées modernes sur le magnétisme, 195. — La conductibilité des métaux aux très basses températures, 271. — Transformations des corps radioclifs, 285. —Emissions de charges positives par les métaux chauffés, 501. —L’exposition de physique, 589. — Étude expérimentale des tourbillons annulaires liquides, 421.
- Vilcoq (A.). — L’industrie linière en Belgique, 251.
- Villedeuil (Ch.de). — Séances hebdomadaires.de l’Académie des Sciences, 15, 30, 47, 63, 96, 111,125, 142,190, 221, 238, 255, 286, 503, 515, 550, 567, 582, 598, 415, 429.
- Viluers (R.). — Nouvel audiphone microphonique, 225. — Le moto-paquebot Selandia, 298.— L’accident du Titanic et la télégraphie sans fil, 573.
- Welsch (J.). — Les modifications récentes de la côte du Poitou, 97.
- X. — Le canon à ciment, 388.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACADÉMIE DES SCIENCES.
- Séances hebdomadaires de l’Académie des Sciences (Ch. de Yilledeuil), 15, 30, 47, 63, 95, 111, l‘25, 142, 190, 221, 258, 255, 286, 303, 319, 350, 367, 582,
- 398, 413 ........................................... 429
- Attribution d'une médaille à M. Armand Gautier. . 15
- Fonds Bonaparte....................................... 15
- Mort de Lord Lister ..... ...........................196
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE.
- Les paysages de la lune (L. Rudaux)................ 85
- L’astronomie (Jean Mascart)..............................145
- L’éclipse du soleil du 17 avril 1912 (Em. Toochet). . . 259
- Le lunarium (L. Reverchon)...............................288
- Tribulations astronomiques à propos d’une éclipse de
- soleil (G. Renaddot)..................................525
- L’éclipse de soleil observée dans les Pyrénées (L. Rddaux). 366 L’éclipse de soleil du 17 avril 1912 (E. Togchet). . . . 562
- La nouvelle étoile des gémeaux . ........................368
- Les développements trigonométriques en physique
- mathématique......................................... 15
- L’estimation de la grandeur des étoiles.................. 47
- Développement en séries..................................111
- La longitude Paris-Bizerte ..............................125
- L’heure à VObservatoire de Paris.........................143
- La vapeur du sodium dans le soleil.......................191
- Recherche des nombres premiers......................... 287
- Apparition d’une étoile................................ 503
- L’éclipse du 17 avril....................................519
- Les grandeurs des étoiles................................550
- Eclipse du il avril..................................... 368
- L’éclipse du 17 avril........'................ 430
- Explication des phénomènes observés sur les étoiles
- temporaires. .........................................450
- La forme de la lune......................................451
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Les preuves de la réalité moléculaire (II. Vigneron) . . 5
- Les grains d’électricité et la dynamique électromagnétique (H. Vigneron)................................... 45
- L’adhérence des surfaces polies.......................... 62
- La théorie électronique des métaux (II. Vigneron) ... 67
- Perméabilité du verre pour les vapeurs................. 86
- La structure discontinue de l’énergie (II. Vigneron) . . 122
- La physique (André Conté) ...............................148
- Les idées modernes sur le magnétisme (II. Vigneron) . 195
- Les transformations des corps radio-actifs (H. Vigneron). 283 Emission de charges positives par les métaux chaudes
- (II. Vigneron).......................................501
- L’exposition de physique (II. Vigneron).................589
- Le laboratoire cryogène de Leyde (G. Brescii)...........409
- Etude expérimentale des tourbillons annulaires liquides
- (H. Vigneron). ......................................421
- L’émanation du radium................................... 15
- L’œuvre de Hirn......................................... 50
- Expériences osmométriques............................... 30
- Le mouvement brownien et la décharge électrique. . 255
- Nouveau calorimètre.....................................287
- Flammes en spirale.................................... 287
- Fluorescence de la vapeur de sodium................... 503
- La vitesse des vapeurs dans l'étincelle.................319
- La soudure du quartz et du platine......................414
- Propriétés des liquides cristallisés....................451
- La distillation du mercure..............................431
- 2. Électricité.
- Le transport de force électrique à 110 000 volts à l’Expo-
- sition de Turin (A. Troller).............................. 4
- L’électro-chromographe (L. F.)........................... 64
- Électricité (Revue d’)................................. 172
- La conductibilité des métaux aux très basses températures (H. Vigneron)......................................271
- Transformateurs d’essai à 750 000 volts (H. Marchand). 268
- La naissance d’une lampe Osram (A. Tukpain)..............525
- Un téléphone de police à Berlin (A. Gradenwitz) . . . 416
- Un rail électrique aérien (A. Dachs).....................427
- Les constructeurs à self-induction et la foudre. . . 551
- Effet des radiations solaires sur la transmission des
- ondes hertziennes.....................................413
- Radiation des lampes soumises à un voltage excessif. 414
- 3. Chimie.
- Production industrielle de l’azote et de l’oxygène par
- l’air liquide (A. Troller)............................. 41
- L’aluminium et la maladie de l’écrouissage (V. R.). . . 60
- La chimie..............................................150
- Le rhodium colloïdal................................... 15
- Nouvelle production d'ozone par réaction chimique. 31
- Nouveaux phosphures alcalins...........................142
- Poids atomique de l’azote..............................142
- Équilibre chimique.....................................190
- Déshydratation des alcools.............................287
- Propriété des lames de cuivre..........................319
- Préparation de l’acide iodique.........................382
- Catalyse par voie humide............................. 413
- Action chimique des rayons ultra-violets...............414
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-
- 440 = TABLE
- 4. Photographie.
- Photographie des couleurs sur papier utocolor (G. Ma-
- resciial)..........................................
- Le cinématographe en couleurs (G. Maiieschal) .... Le temps de pose en photographie par le chronoscopc P. A. P. (G. 51.).....................................
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les évaluations géologiques en années (P. Sallior). . .
- La géologie (Paul.Lemoine)...........................
- Les grottes à cristaux de gypse, de Naïea (N. Dégoütin). Le pétrole en Californie (P. Salliou). .... ... Le refroidissement de la terre ^L. de Launay). . . .
- Géologie de la Tripolitaine..........................
- Les minerais de fer hnroniens el les minerais de
- fer oolilhique français.....................
- Géologie du Maroc....................................
- Les roches éruptives grenues.........................
- La genèse des roches.................................
- Géologie du Maroc....................................
- Triangulation de l'arc méridien équatorial...........
- Géologie de Vile de Délos............................
- 2. Météorologie.
- A propos du tremblement de terre du 16 novembre
- 1911 (Ch. Dufour)................................
- Le tremblement de terre du 16 novembre 1911 (P. Lemoine) ............................................
- La défense de Paris et de la France contre la grêle (L.
- Serve). ............................ ............
- L’action du soleil (Jean Mascart.) .................
- Comment on mesure la chaleur que nous recevons du
- soleil (J. Loisel)...............................
- Un météore aérien...................................
- La composition de Vatmosphère.......................
- Étude de la radiation solaire.......................
- Annonce des orages par la télégraphie sans fil. . .
- La charge électrique de la pluie....................
- Les poussières des grandes altitudes. . •...........
- La température de l'air et la. nébulosité...........
- v 3. Biologie. — Physiologie.
- Les insectes qui digèrent à l’extérieur (IL Codpin). .. . Un nouvel élément des cellules des êtres vivants (IL
- jCohpis)...........................................
- Physiologie (R. Legendre) . . ......................
- Biologie générale (R. Legendre)...............
- L’intelligence des animaux (René Merle)..........
- Les phénomènes occultes et la photographie (R. Merle). Œuf complet inclus dans un autre œuf (G. IIenneguy) . La psychologie du cinématographe (R. Merle). . . . .
- Théorie des échanges nutritifs . ...................
- Longueur du tube intestinal chez les mammifères .
- La greffe de la cornée............................
- Toxicité des venins de cobra ...........
- La variation de pression et les animaux marins . . La mémoire chez les poissons . . . . . . . . 221,
- MATIÈRES
- La vie sans microbes................................222
- La vie en cultures pures succédant à la vie sans microbes ............................................ 238
- Les temps orageux el la fermentation................255
- Action biologique du manganèse.................... . 255
- Le manganèse dans le sang...........................367
- Accélération des fermentations......................368
- Nouvelle illusion due au croisement des doigts. . . 573
- Propriété physiologique de la guanine...............382
- L’irradiation des glandes surrénales................382
- Stéréoscopie........................................382
- Les substances indosables de l’urine................382
- 4. Zoologie. — Paléontologie.
- Le danger des "Wapitis (Y. Forbin)................... 32
- Le guépard ou léopard chasseur (E. Tiioüessard). ... 65
- La tragédie de Laigrette (V. Forbin).................134
- La zoologie (E. Trouessart)..........................155
- La mante tunisienne et le pouillot litis (E. Trouëssaht). 195
- Les oiseaux des régions antarctiques (L. Gain).......226
- L’évolution et les mollusques fossiles (R. Douvii.lé) . . 244
- Comment on élève les tortues au Japon (R .Merle) . . 257
- Les mœurs de l’escargot (H. Cardot).................. . 291
- Monstruosités chez des poissons marins (Dr J. Richard). 321
- Les araignées d’eau (It. Merle).........................537
- La guerre aux insectes ; le camp de 5Ielrose Highland
- (51. Blot)...........................................349
- Traces fossiles d’autotomie (R. Legendre)...............369
- Un piège à oiseaux utilisé par les serpents (D. Claude). 385
- L’élevage en grand du canard (Y. Forbin).............401
- Le venin de Cobra.......................................404
- Les animaux sauvages reconnus par leurs empreintes
- (Martin).............................................417
- Mollusques des environs de Djibouti..................... 30
- La faune polaire........................................ 50
- Varrons des Bovidés ....................................111
- Le vol des oiseaux et leur structure....................111
- Le développement des galles.............................112
- L’origine des Spiroptères.................... . . . 112
- Capture et découverte de céphalopodes inconnus . . 190
- L’aptèrisme des insectes........................ . 191
- Sauterelles (Destruction des)...........................239
- Parasite d’annélides....................................255
- Destruction d’un parasite des vers à soie...............413
- Le mouvement des organismes d’eau douce. . . . 413
- La mémoire des poissons................................ 450
- Une maladie dè l’époque néolithique.....................431
- 5. Botanique. — Agriculture.
- Le parc national suisse (Ch. France)................ 159
- L’industrie vinicole dans le Tyrol (V. F.)..............145
- La Botanique (R. Ceillier)...............................157
- Les maladies des animaux et des cultures en 1911 (Marcel Blot) . ..." 191
- Une Normandie dans les 5Iontagnes Rocheuses .... 502
- Les algues d’eau douce (Le Touzé).......................505
- Yers la conquête du désert (Y. Forbin). ....... 352
- Le laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau (L.
- Dufour) ............................................. 353
- La sensibilité des plantes (F. Leese) ..................375
- La transpiration des plantes............................. 47
- La coloration des haricots............................... 47
- Le poison des Amanites................................... 48
- Les nitrates artificiels en 1910.................. . . 110
- Les raisins d’Algérie à Pans........................... 110
- Apparition d'ùn parasite de la: pomme de terre . . 112
- Lutte contre le parasite de la pomme de terre . . . 126
- DES
- 55
- 213
- 303
- 50
- 152
- 289
- 586
- 402
- 15
- 50
- 112
- 255
- 287
- 382
- 598
- 598
- 19
- 19
- 90
- 178
- 307
- 15
- 50
- 111
- 286
- 287
- 319
- 368
- 1
- 123
- 153
- 154
- 177
- 241
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- 112
- 143
- 239
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-
-
-
- ' .- • : TABLE
- L’oïdium du chêne ...............................
- Explication du réveil de la terre................
- L’origine du carbone des plantes . ..............
- Les courants continus et la végétation...........
- Emploi de la fleur de soufre en agriculture ....
- La flore française, belge et suisse..............
- La croissance des Broméliacées...................
- Les algues des régions antarctiques..............
- Culture des plantes à l’abri des germes..........
- L’arsenic dans les végétaux......................
- Le blanc du chêne................................
- Cryptogamie . ...................................
- V. — GÉOGRAPHIE.
- 1. Géographie physique. — Océanographie. Hydrologie.
- Le bateau limnologique du lac de Genève (J.-B. Charcot)..............................................
- La grande caverne du Dachstein....................
- Atlas photographique des formes du relief terrestre
- (E.-A. M.).....................................
- Les modifications récentes de la côte du Poitou
- (J. YVelsch)...................................
- Géographie (P. Lemoine)...........................
- Océanographie (R. Legendre).......................
- Les barrages et le canon du Rhône (E.-A. Martel) . .
- La règle holométrique du colonel Yidal............
- La carte internationale du monde au 1000 000° (E.-A.
- Martel)........................................
- Le péril des Bouches du Rhône (D. Martin).........
- Deux nouvelles explorations au Gronland (Ch. Rabot) . Le tremblement de terre du 18 novembre .....
- Cartographie......................................
- Le canon du Rhône ................................
- Les fonds du littoral méditerranéen sud-ouest de la
- France ........................................
- Excavation souterraine produite par une source . .
- Les résultats de la 2e expédition Charcot.........
- Le barrage de la vallée du Rhône....................
- Carte du monde au 1/1 000 000e.................... .
- Utilisation des canaux pour l'irrigation..........
- Phénomènes accompagnant les séismes...............
- Source thermale douée d’une radio-activité intense .
- Océanographie................................... . .
- Aréomètre Bergct..................................
- 2. Géographie économique et politique. Voyages. — Exploration.
- L’importance économique des cessions congolaises
- 'P. Clerget)... ............................
- Le développement économique de l'Uruguay (M. G.). . Amundseu au pôle sud...........................
- VI( - ANTHROPOLOGIE — ETHNOGRAPHIE. ARCHÉOLOGIE.
- La race Targui (Lieutenant Laide)......................
- L’âge de la pierre en Amérique du Nord -P. Lafitte). Les dessins d’animaux dans la poterie grecque (J.-P. Lafitte) ................................................
- Le trophée de la Turbie (J.-G. Formigé).................
- MATIÈRES ....— --- 441
- Moulin à turbine en usage au Sé-Tchoan (Dr J. Legendre) .........................................132
- La voiture à eau employée au Sé-Tchoan (Dr J. Legendre) .........................................235
- Le Grau-du-Roi et les débris antiques rejetés par la
- mer (A. Maire)................................ . 313
- Les pèlerins de la Mecque........................ 47
- Usure des dents à l’âge de la pierre polie.......190
- L'homme néolithique.............................. 567
- Les néolithiques de Montouliers...................586
- VII. - MÉDECINE. - HYGIÈNE.
- Les nouveaux abattoirs de Lyon (V. Gambon).............. 6
- L’empoisonnement par les champignons (Dr R. Burnier) . 81
- La vaccination antityphique (Dr E. Combe)..............115
- L’usine d’épuration des eaux d’égout d’Ostende
- (M. Bousquet).......................................130
- Médecine (Dr R. Burnier)............................. 158
- Hygiène publique (E.-A. Martel)........................160
- La stabulation des huîtres (R. Legendre)...............215
- Nouvel audiphone microphonique (R. Yillers)............225
- Le musée d’hygiène (E.-A. Martel)......................231
- Traitement par les hypochlorites alcalins des eaux
- (E. Bonjean)........................................274
- Vaccination antityphique............................... 15
- Sérothérapie antituberculeuse......................... 15
- Le Trypanosoma Bhodesiense.............................111
- Action des gaz putrides................................126
- Effets comparatifs des bacilles tuberculeux des Bovidés et de l'homme......................................126
- Les enfants arriérés................................. 126
- L'assainissement des huîtres ..........................190
- La désinfection des huîtres ...........................196
- Le traitement des plaies...............................255
- L’anesthésie par la voie intestinale ..................287
- La vitalité des microbes dans l'eau....................287
- Traitement des ostéites tuberculeuses..................503
- L’électrolyse du radium en thérapeutique...............519
- Les enfants arriérés...........................• 368
- Purification des huitres............................. 413
- Vaccination antityphique...............................414
- Alimentation désodée. ........................... 430
- VIII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- L’industrie de la bergamote en Sicile (A. Chaplet) ... 28 Divers emplois des moteurs Tesla (Dr A. Gradenwitz) . 48 L’industrie du beurre de coco (G. Lanorville) .... 50
- L’industrie de la soie aux Philippines (H. G.)............ 68
- Comment on fabrique une boîte d’allumettes-bougies
- (F. Comte)................................................ 75
- Le houblon plante textile (H. Caspaiiv)................... 95
- Nouveau système de destruction des vieux billets à la
- Banque de France (J. Boxer).......................... 99
- Le moteur Sabathé à combustion mixte (J.-C. Séailles). 407
- Les dalles en ci granitoïd » (A. Chaplet).................118
- L’auto-signal (L. Fournier)................................. 127
- Le lessivage continu des tissus (A. Chaplet)..............138
- Comment on construit un grand immeuble au xxe siècle
- (A -A. Martin)............................................209
- L’industrie linière en Belgique (A. Yilcoq)..................251
- Un paquet de cigarettes (F. Comte) ..........................280
- L’indicateur de vitesse du capitaine Étevé (R. C.). . . 285
- Chauffage central à l’électricité........................... 295
- DES
- 126
- 143
- 190
- 190
- 191
- 238
- 239
- 287
- 505
- 519
- 350
- 582
- 17
- 54
- 96
- 97
- 14
- 161
- 197
- 316
- 248
- 310
- 419
- 30
- 47
- 111
- 125
- 126
- 190
- 190
- 222
- 222
- 287
- 368
- 429
- 450
- 55
- 59
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- 35
- 56
- 102
- 113
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-
-
-
- 442 ::: ’ =rr TABLE
- La turbine à gaz Holzwartli...........................»
- La machine à signatures (J. d’Izier)..................
- La fusion du quartz (G. Loucheux). ...................
- Nouveaux gazomètres télescopiques de 150 000 mètres
- cubes (G. Boyer)...................................
- La machine à écrire syllabique (Dr A. Gradenwitz) . .
- Un village de lutliiers en Bavière (Y. Forbin)........
- L’industrie de la mousseline .à Tarare (Laxorvii.le) - .
- Les pelleteries à Leipzig (L. Kuentz).................
- L’épuration des jus sucrés (H. RoussetI...............
- L'histoire du mot gaz.................................
- Comparaison de méthodes industrielles.................
- Fabrication d’objets en quartz fondu..................
- Ecrasement d’un cylindre..............................
- La tension des câbles.................................
- 2. Outillage.
- Appareils Martini et Huneke pour la manutention des.
- liquides inflammables (J. Boyer)..................
- Une grue flottante de puissance exceptionnelle (E. Bon-
- NAFFÉ)............................................
- Le canon à ciment (X.)........................
- 3. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Le phare de Jument d’Ouessant (R. Bonnin)...........
- La traversée de la Butle Montmartre par le souterrain
- du Nord-Sud (L. Fournier). ..........
- L’enlèvement des ordures ménagères..................
- La ligne N° 8 du Métropolitain (L. Fournier)........
- Le percement du tunnel de la Jungfrau...............
- Un pipe-line de 400 kilomètres au Congo belge. . .
- •4. Mines et métallurgie.
- La houille en Angleterre...............
- - , -1-
- m 5. Transports : Chemins de fer.
- Automobilisme.
- Locomotive à foyer à tubes d’eau de la Compagnie du
- Nord (R. Bonnin)......................................
- L’envoi radiotélégraphique de l’heure et des télégrammes
- météorologiques (J. Loisel)........................
- La téléphonie sous-marine sans fil.....................
- Nouveau tracteur Panhard à quatre roues motrices
- (Capitaine Renaud).................................. .
- Le pont suspendu de Sidi M’Cid à Constantine (R. Bonnin).
- Le tourisme aéronautique (Dr Gradenwitz)...............
- Radiotélégraphie dirigée sans antennes verticales (A. T.).
- L’automobilisme (Capitaine Renaud) ....................
- La télégraphie sans fil ... ...........................
- Le chemin de fer aquatique (DrA. Gradenwitz). . . .
- MATIÈRES
- Les nouveaux dépôts d’autobus parisiens (J. Boyeii) . . 220
- Une nouvelle bicyclette électrique (II. M.).............253
- Nos chemins de fer coloniaux (R. Bonnin)................276
- L’automobilisme électrique (If. Marchand) ..............348
- L’attelage automatique des véhicules de chemin de fer
- (R. Bonnin)..........................................550
- Le transport des bois lourds indo-chinois (1t. Ducamr) . 451
- Une locomotive de « Musée » et une locomotive moderne................................................. 51
- Application de la télégraphie sans fil à la géographie. 47
- Explosion de moteur.....................................189
- L’industrie automobile en Allemagne.....................415
- 6. Aéronautique.
- Un dirigeable en bois.................................... 16
- Le Salon de l’Aéronautique (L. Brescii).................. 69
- L’état actuel de l’aviation militaire (Commandant Chevalier) ...................................................105
- L’aérocycle (R. D.)......................................153
- La locomotion aérienne (A. Troli.er).....................168
- Les moteurs d’aviation singuliers (II. Petit). . . 185, 204
- Mouillard et la découverte du gauchissement (Ciiassé-
- riaud).............................................. . 222
- L’aviation militaire.................. ... 234
- Nouveau dirigeables français.............................255
- L’étude.de l’aviation par l’observation du vol des oiseaux
- (R. Chassériadd)......................................263
- Les hydroaéroplanes (R. C.)..............................314
- L’exposition d’aviation de Berlin (A. Gradenwitz) . . 578
- Les pertes de gaz des aérostats..........................143
- Études d’aviation........................................258
- 7. Marine. — Art militaire.
- Les derniers con're-torpilleurs français (A. Detœue) . . 49
- Le dock français pour le relevage des sous-marins (Sauva ire Jourdan).........................................129
- Marine (Sauvaiiie Jourdan)...............................161
- Les navires et les ports de commerce (R. Bonnin). . . 164
- Les sciences militaires (D. Renaud) .....................167
- La direction des torpilles par des signographes .... 178
- Le sauvetage de la frégate Lutine (V. Forbin) .... 182
- Le renflouement du Maine . . ............................259
- Le moto-paquebot Selandia (R. Yillers). ...... 298
- La force d’attraction des navires en marche (Sauyaike
- Jourdan)..............................................346
- La catastrophe du Titanic (Sauvaire Jourdan).............555
- Le transatlantique France (A. Trolleii) . ...............358
- L’accident du Titanic et la télégraphie sans fil (R. Yillers) ..................................................573
- Essai de relevage des sous-marins par flotteur à l’air
- comprimé (A. Daciis)..................................579
- L’obusier léger de campagne (Capitaine Renaud). . . . 595
- Remorqueurs avec moteurs à gaz pauvre.................... 12
- Méthode nouvelle d’essai des poudres ....... 47
- La stabilité des poudres.................................143
- Épreuve d’explosifs..................................... 238
- Le problème des grands navires...........................319
- Nouveau canon géant de la maison Krupp...................575
- DES
- 319
- 535
- 338
- 545
- 551
- 598
- 405
- 414
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- 189
- 190
- 238
- 239
- 430
- 78
- 271
- 588
- 21
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- 12
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- 9
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- 125
- 171
- 176
- 217
- p.442 - vue 445/669
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAHURE 9, Rue cle Fleuras, 9
- p.n.n. - vue 446/669
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit (VIe)
- La reproduction des illustrations de < La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 2010 — 2 DÉCEMBRE 1911 SUPPLÉMENT
- iso
- INFORMATIONS
- OSL
- CS*~
- Nécrologie : le professeur Montgomery. — Le
- 3i octobre dernier, le professeur J. Montgomery, de Santa-Clara Collège (Etats-Unis), a trouvé la mort au cours d’expériences de vol plané avec un planeur sans moteur. Montgomery appartenait à l’audacieuse et savante cohorte de ces précurseurs qui ont permis l’essor de l’aviation et parmi lesquels il faut citer : Lilienthal, Langley, Chamute, Ferber. Montgomery construisit des planeurs avant les frères Wright et réussit de longues glissades; en igo5, il se livra à une série d’expériences curieuses qui consistaient à lancer un monoplan du haut d’un ballon. Ces expériences donnèrent confiance à l’aé-ronaute Maloney, qui réussit de cette façon le premier vol plané d’un quart d’heure sans moteur. L’aviation est entrée dans une période critique : pour progresser, il faut reprendre plus en détail les études sur l’air et revenir à la méthode théoriquement excellente des glissades. Montgomery a voulu donner l’exemple et est mort au champ d’honneur.
- La dépression de l’Islande. — En hiver et en été, il existe près de l’Islande une baisse barométrique accompagnée de vents cycloniques, baisse qui présente le plus grand intérêt pour la météorologie européenne ; un phénomène semblable se présente près des îles Aloutiennes. Humphreys a établi que la position et l’intensité des cendres cycloniques étaient fixées par l’intersection des courants marins chauds avec les courbes de baisse barométrique, ce qui corrige et complète très heureusement la théorie de Ferrel (*). Or, l’Islande est
- entourée par les eaux chaudes du Gulf Stream, les îles Aléou-tiennespar celles du Kuroshiwo : les mouvements cycloniques sont la conséquence d’une circulation d’air pro-d u i t e par un phénomène de convection. En effet, les hautes régions du Groenland et de l’Islande sont perpétuellement glacées etfroides : à leur niveau, l'air est plus chaud qu’au-dessus de l’Océan environnant, d’où circulation et baisse islandique. Des conditions à peu près analogues existent près des îles Aléoutiennes, mais elles ne sont pas dues aux îles elles-mêmes : la Sibérie et la péninsule de l’Alaska sont froides et glacées en hiver à côté des eaux chaudes du Kuroshiwo ; il se pro-
- x. Récent advances in meteorology, p. 2a/|.
- duit une circulation comme près de l’Islande, mais elle ne dure que l’hiver car, n’étant pas très élevées, ces terres sont relativement chaudes en été et le gradiant de température terre à océan est inversé. Ainsi la baisse
- Les îles Aléoutiennes et le Kuroshiwo.
- islandique est perpétuelle, celle des îles Aléoutiennes est saisonnière. Humphreys (*) a fort bien étudié ces phénomènes qui jouent un grand rôle dans notre météorologie.
- Les diligences aériennes. — Le Maroc sera vraisemblablement le premier pays du monde qui connaîtra des services réguliers de transport par aéroplane. Le lieutenant aviateur Clavenad a reconnu ên aéroplane la route Casablanca-Fez et va sous peu adresser au général Roques un rapport détaillé sur sa mission. Il y indiquera les conditions dans lesquelles il est possible d’établir à Casablanca d’une part, à Fez de l’autre, des hangars et des ateliers complets, permettant d’effectuer le montage, le démontage des appareils et les réparations nécessaires. Enfin il désignera les emplacements qui, sur la route, lui auront paru convenables pour y installer des abris et postes de secours,
- Sur la cristallisation de l’argon. — Deux auteurs allemands, Fischer et Froboese ont construit un appareil pour la cristallisation fractionnée des gaz ; sa partie principale est un vase qui permet de séparer les fractions liquide et solide, tout à fait à l’abri de l’air et sous une pression quelconque. La condensation de l’argon se fait par l’air liquide dont l’évaporation est accélérée par un courant d'oxygène. Le refroidissement de l’argon en vue de sa solidification s’effectue par passage dans un serpentin; un agitateur mécanique brasse l’argon au cours de sa congélation. On opérait sur 40 litres de ce gaz pur. L’addition d’air à l’argon, avant ou pendant la
- 1. Bulletin oj the Mount TVeather Observatory, W.-B, n° /,?><>.
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- L’Islande et le Gulf-Stream.
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- INFORMATIONS
- condensation, apporte un peu de néon dans la partie solidifiée qui est la plus volatile. Un seul fractionnement du mélange argon-air fournit une partie liquide constituée par de l’argon pur.
- Catastrophé sur les chemins 'de fer de l’Etat.
- Le ü3 novembre dernier un train de voyageurs des chemins de fer de l’Etat venant d’Angers et se dirigeant vers Poitiers s’effondrait dans la rivière le Thouet entraîné par la chute du pont métallique qui traverse cette rivière. Le train, bondé de voyageurs, et remorqué par deux locomotives se composait de sept véhicules. Les deux locomotives avec leur tender ainsi que les trois premières voitures et les deux fourgons de tête s’effondraient avec le pont dans le Thouet en engloutissant une trentaine de voyageurs. La dernière voiture de voyageurs et le fourgon de queue seuls restaient sur la voie par suite de la rupture d’attelage. Ce pont situé à peu de distance de la gare de Montreuil-Bellay, point de croisement des deux lignes du réseau de l’Etat, l’une reliant Paris avec Bordeaux par Saumur et Niort ; l’autre reliant Angers et Poitiers, se compose de deux travées de 27 mètres de portée chacune dont les poutres métalliques qui supportent la voie prennent appui sur des culées en maçonnerie et sur une pile également en maçonnerie fondée au milieu de la rivière dont le sol est peu résistant et afîouillable. En amont et en aval du pont la voie traverse sur une grande longueur les prairies qui bordent le Thouet au moyen de remblais sans ouvrages d’art d’ouverture suffisante pour permettre l’écoulement des eaux pendant les crues de la rivière. Pendant ces crues les eaux du Thouet couvrent ces prairies. Arrêtées par les remblais qui forment barrage elles ne peuvent alors s’écouler que par la seule ouverture laissée libre, le pont du chemin de fer et cela avec une vitesse considérable, dangereuse même étant donné, comme nous venons de le dire, le peu de résistance du sous-sol contre les affouillements.
- Le chemin de fer d’Angers à Poitiers, construit en 1875 comme ligne d’intérêt local passa, en 1878, dans le réseau des chemins de fer de l’Etat (ancien réseau) lors du rachat par celui-ci des chemins de fer de la Vendée et des diverses lignes d’intérêt local voisines. Beaucoup de chemins de fer d'intérêt local concédés à cette époque ont été construits malheureusement avec une parcimonie bien souvent exagérée et en vue seulement d’un trafic local peu intensif et ne nécessitant que des locomotives légères. En a-t-il été de même pour le pont sur le Thouet ? Nous l’ignorons. Les premiers renseignements reçus donnaient à croire que les fondations de la pile, établies trop peu profondément sur terrain argileux et glissant, avaient été affouillées par les crues du Thouet. Le terrain ayant fini par manquer presque complètement sous la pile, celle-ci aurait cédé aux premiers efforts de la nouvelle crue. Les investigations des scaphandriers ont modifié cette façon de voir : ils ont constaté que la pile était rompue à x m. 5o environ au-dessus du fond de la rivière. Il se peut donc qu’elle ait cédé par suite de l’insuffisance non des fondations, mais de la maçonnerie. Il se peut aussi que la partie métallique du pont n’ait pas été suffisamment renforcée pour le poids du matériel appelé à circuler sur le pont. Sous le passage des deux locomotives, le tablier se serait rompu, entraînajnt alors dans sa chute les locomotives qui, venant buter contre la pile, ont pu la renverser.
- La solidarité industrielle. — Dans la Revue de Métallurgie de novembre 1911, M. Le Chatelier s’élève avec raison contre le préjugé encore très répandu dans beaucoup d’usines et surtout dans beaucoup de Conseils d’administration, d’après lequel chacun s’efforce de dissimuler les résultats obtenus et les recherches poursuivies pour ne pas servir à ses concurrents. Si, dans quelques cas exceptionnels, on peut arriver très momentanément à cacher un procédé intéressant, que d’autres ont intérêt à connaître, le plus souvent il en résulte seulement, au détriment de tous, un gaspillage d’efforts sans coordination, alors que tous auraient intérêt à associer leurs efforts, comme cela se passe dans la science théorique et désintéressée. On peut citer comme exemple le traitement des minerais d’or qui est paralysé, dans un certain nombre de gisements, par des impuretés diverses : ainsi à San Francisco del Oro (Mexique) par l’arsenic ; aux Dharwar Reefs dans l’Inde et dans
- l’Ashanti de l’Ouest Africain par le graphite ; à la mine du Lancefield dans l’Ouest Australien par l’arsenic et le graphite; àSuan en Corée par l’association du bismuth et du cuivre avec l’or : à la mine Globe and Phénix en Rhodesia par l’antimoine. Dans cet exemple, avec une marchandise comme l’or, dont le débouché est illimité, il ne saurait s’agir de concurrence. On ne s’explique donc pas que les chercheurs des Indes, du Mexique, de l’Ouest Africain, de la Corée, n’unissent pas leurs efforts, sinon par un préjugé enraciné contre lequel il faut lutter comme on doit le faire contre l’autre préjugé qui, dans notre pays, établit une cloison étanche entre la science et l’indust^’e au préjudice de l’une comme de l’autre.
- La houille blanche chez la houille noire. — A la
- suite de la note parue dans'notre numéro du 28 octobre signalant l’emploi de l’eau d’infiltration des niveaux supérieurs d’un puits pour mouvoir au fond de la mine une roue Pelton, un de nos lecteurs, M. Larmoyer, nous signale que sans avoir recours à un récepteur hydraulique spécial il est possible de récupérer l’énergie de la chute de l’eau venant des niveaux supérieurs en alimentant une pompe centrifuge avec cette eau en charge provenant des étages supérieurs. L’énergie que cette eau contient vient alors en déduction de l’énergie nécessitée par l’exhaure. Il existe plusieurs applications de ce genre dans les charbonnages Belges. Le procédé est simple puisqu’il consiste, en somme, à alimenter simplement une pompe centrifuge d’eau sous pression à laquelle la pompe donne ensuite le surplus de pression nécessaire pour la refouler au dehors.
- La cherté des vivres aux États-Unis. — La cherté excessive de la plupart des denrées alimentaires est un mal dont nous nous plaignons actuellement en France à juste titre. Nous ne sommes point les seuls à en souffrir. Aux Etats-Unis, la campagne dirigée contre les trusts n’a point amélioré le sort des consommateurs ; la vie est de plus en plus chère et la population est effrayée en le constatant. Les statistiques officielles publiées par l’Office fédéral du travail et par le ministère du commerce montrent qu’en 1910 les prix d’un grand nombre d’articles de grande consommation ont subi une augmentation depuis 1909, année pendant laquelle les prix s’étaient élevés déjà par rapport à l’année précédente. Ces statistiques ont trait aux prix de vente en gros de 257 articles divers. Il en résulte que de 1909 à 1910, il y a eu renchérissement sur 148 articles; pour 83, il y a eu diminution des prix, et pour 26, les prix sont restés stationnaires. Parmi les marchandises qui ont renchéri, se trouvent les bois de charpente et matériaux de construction (10,7 pour 100 d’augmentation); les légumes (7,5 pour 100); les denrées alimentaires (3,2 pour 100) ; les vêtements (2,7 pour 100). En comparant les prix de 19x0 avec ceux de 1909, on constate un accroissement de 4 pour 100 sur 1909, de 19 pour 100 sur 1900, de 46 pour 100 sur 1897, année de prix exceptionnellement bas. Ces accroissements ne correspondent évidemment pas à la dépréciation du signe monétaire, dont il faut cependant tenir compte dans une certaine mesure. Le mouvement ascendant des prix a commencé en 1898 et sauf des temps d’arrêt en 1901 et 1908-1909, il a continué dans les années suivantes, comme on le voit clairement dans le tableau ci-joint, relevé sur les statistiques officielles par le Republican de Springfield :
- Moyenne Matières Marchandises Ensemble
- pendant la période premières* ouvragées. des 257 articles.
- 1890-1899 IOO IOO 100
- Année 1890 Xl5 I 12 113
- — i8g3 104 106 io5
- — 1897 87. 90 89
- — 1898 94 93 93
- — l899 106 IOI 102
- — 1901 m O 00 109
- O 1 121 114 116
- — 1906 126 121 122
- — 1907 i33 128 129
- — 1908 125 122 123
- — 1909 x36 124- 126
- — 1910 189 129 x 31
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- J^o!
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >'•
- Projections
- Lanternes à projection pour renseignement. — Il
- ne se fait plus de cours scientifique sans le secours de la lanterne à projection; mais pour traiter de certaines matières de façon assez complète, on ne peut pas se •contenter du simple positif sur verre, il faut pouvoir, selon les cas, projeter une préparation microscopique et parfois un objet opaque. Par exemple, dans un cours de minéralogie, on pourra être appelé à projeter avec une lanterne ordinaire des vues d'un pays où se trouve lé minerai, l'aspect de la mine d’où on le tire; mais aussitôt après on voudra projeter aussi un échantillon du minerai lui-même au moyen d’un mégascope et ensuite des coupes microscopiques ou des cristallisations au moyen d’un dispositif spécial.
- Pour éviter d’avoir recours à trois appareils différents M. Massiot les a rassemblés en un seul qu’il nomme appareil universel à transformations instantanées.
- Il se compose (fig. i) d’une lampe électrique fixe (qu’on peut remplacer par un autre mode d’éclairage si cela est nécessaire) dont le faisceau lumineux peut être envoyé dans trois directions différentes grâce à une glace mobile dont on voit l’extrémité dépasser en E et qui se manoeuvre au moyen de la manette M.
- Dans la position représentée sur la gravure, la glace est inclinée à 45° vers la lampe ; elle renvoie par conséquent le faisceau lumineux verticalement vers l’objectif H muni d’un prisme à réflexion totale qui le dirige vers l’écran où se formera l’image. Le cliché à projeter se
- Fig. i. — Appareil universel à transformations instantanées.
- placera dans une glissière horizontale A, située en dessous de l’objectif. Si on veut, aussitôt après cette vue, montrer une projection microscopique, il suffira de déplacer la manette vers la gauche, ce qui relèvera complètement la glace et laissera le faiscèau lumineux se diriger directement vers le microscope qui est mis en place auparavant. Si ensuite on veut passer à la projection d’un corps opaque, on placera celui-ci en R sur le fond de la boîte et on poussera la manette M tout à fait sur la droite, ce qui aura pour effet d’incliner la glace à 45° la face réfléchissante tournée vers l’objet ; celui-ci recevra donc le faisceau lumineux et sera fortement éclairé. Son image sera prise par l’objectif P, muni d’un prisme à réflexion totale qui la renverra sur l’écran.
- Les deux objectifs H et P prennent automatiquement leur position par suite du déplacement de la manette M qui commande la bielle G ; il n’y a aucune mise au point à faire, hors celle qui a été réglée une fois pour toutes lors de l’installation de l’appareil. Les prismes disposés devant les objectifs sont en matière très transparente de façon à absorber le minimum de lumière. Le banc d’optique, qui porte le microscope, peut être utilisé pour supporter différents accessoires tels que lentilles, prismes, etc., destinés aux expériences d’optique. Cet appareil, très pratique pour l’enseignement, a été étudié spécialement par M. Massiot avec la collaboration de M. le Dr Kalt pour son cours d’ophtalmologie à l’hospice des Quinze-Vingts.
- Une autre disposition plus spécialement destinée à la géologie, à la botanique et à la minéralogie a été con-
- struite pour le cours de M. Bergeron à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures.
- Cet appareil (fig. 2) comprend, comme le précédent, une lampe électrique qui peut envoyer un faisceau lumineux dans différentes directions suivant les besoins.
- Comme dans l’appareil précédent aussi une glace AD
- inclinée à 45 degrés sert à la projection des vues sur verre qu’on passe dans une glissière M; l’image est projetée sur l’écran, grâce à un objectif muni d’un prisme à réflexion totale. Le faisceau lumineux qui forme l’image est dirigé du côté de la lampe électrique, c’est de ce côté en effet que sont les écrans destinés à recevoir les images. Ils sont au nombre de trois placés l’un à côté de l’autre. En effet, la caisse de la lanterne comprend deux autres systèmes de projection dont un seul P est visible sur la gravure, l’autre étant placé symétriquement de l’autre côté de la caisse. C’est celui qui est employé pour les projections microscopiques; on relève la glace AD qui se range contre la partie supérieure de la boîte et laisse passer le faisceau lumineux ; celui-ci est reçu par le miroir concave B qu’on fait pivoter autour de son support jusqu’à la position repérée d’avance qui lui permet d’éclài-rer le microscope de projection. Quand on veut projeter un corps opaque on fixe celui-ci sur le support S et on l’oriente de façon à le placer à la fois dans l’axe du faisceau lumineux et dans celui de l’objectif P destiné à former son image sur l’écran. Si cela est necessaire par suite de la petite dimension de l’objet, on concentre sur lui la lumière du faisceau au moyen d’un condensateur spécial C qui pivote sur son support et qui vient s’interposer à l’endroit voulu. Les dispositions sont donc bien prises dans cet appareil pour qu’on puisse, sans perte de temps et à coup sûr, passer d’un genre à l’autre des projections nécessitées par le cours du professeur.— Se trouve chez MM. Radiguet et Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- Objets utiles
- Essuie-rasoir. — Malgré les rabots imaginés pour faciliter l’opération délicate de se raser soi-même sans coupure et rapidement, beaucoup de personnes restent fidèles à l’antique rasoir. Il faut l’essuyer plusieurs fois pendant l’opération; de nombreux systèmes ont été
- imaginés pour cet usage, celui-ci est très simple et très efficace. Sur les bords d’une coupe en métal repose un petit cylindre en caoutchouc rainé, il ne tourne pas, mais comme le montre la figure a, est terminé par des bouts triangulaires qui le maintiennent fixe pendant qu’on frotte le rasoir dessus pour enlever le savon et
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- SCIENCE APPLIQUEE
- les poils sans abîmer le fil. L’opération finie, on retire le petit cylindre qui se lave très facilement en le passant simplement à l’eau. — En j vente chez M. Mathieu, 19, rue de Valois, Paris.
- Dessin
- Le chromographe trevol ver à trois couleurs. —
- Les chromographes sont des appareils qui permettent l’emploi de couleurs liquides pour peindre ou dessiner, retoucher les agrandissements photographiques, etc. Ce genre d’appareils est connu sous différents noms et très employé depuis déjà longtemps.
- La couleur en dissolution est projetée par l’air comprimé sous forme d’un jet très fin qui va en s’élargissant à mesure qu’on s’éloigne du bec de l’appareil et permet d’obtenir les effets les plus variés depuis le trait délié jusqu’à l’estompage de larges surfaces. La forme revolver permet de tenir l’appareil bien en main, et le nouveau modèle que vient de créer M. Lebaron, avec trois réservoirs A, B, C, donne la faculté d’employer trois couleurs différentes et de passer rapidement, et pour ainsi dire instantanément, de l’une à l’autre sans qu’il y ait mélange. On a eu soin, en effet, de disposer les tubes, qui amènent la couleur de chaque réservoir au bec d’échappement, de telle façon qu’ils arrivent dans celui-ci sans avoir rien de commun entre eux, de sorte qu’il y a substitution sans aucun mélange. La fixation des godets est telle qu’ils peuvent prendre toutes les positions et qu’on peut incliner l’appareil sous un angle quelconque, suivant les exigences du travail à exécuter, le long d’un mur, sur un plafond, etc. — L’appareil se trouve chez MM.'Lebaron frères, 19, rue d’Orsel, Paris.
- Machine à écrire
- Machine à écrire pliante. — La machine à écrire est devenue, pour beaucoup, un auxiliaire indispensable; elle économise du temps, et multiplie par un coefficient le rendement mécanique de tous ceux dont la fonction est d’écrire.
- Cette précieuse qualité a poussé les inventeurs à adapter la machine à écrire aux conditions et aux
- La machine « Gloria » repliée.
- métiers les plus variés. Un gros effort a porté sur la réduction de l’encombrement de l’engin.
- . La machine Gloria, à cet égard, réalise un sérieux progrès ; c’est une machine pliante, le chariot peut se replier sur le clavier; l’ensemble forme ainsi un bloc de faibles dimensions, léger, qui se porte facilement à la main, que l’on peut donc prendre en voyage, en chemin de fer, etc.
- Un tel dispositif, malgré ses avantages apparents, ne peut être réellement intéressant que si la réduction de taille et de poids n’est pas gagnée au détriment de la solidité ou de la facilité de maniement.
- La machine Gloria présente tous les dispositifs essentiels des grandes machines, ingénieusement concentrés sur un petit espace ; elle écrit 90 signes difîéx-ents ; elle donne deux couleurs; elle est à écriture visible. Les ressorts, très solides, assurent une frappe puissante.
- La machine « Gloria » en position de travail.
- Tous les organes sont en acier et d’une grande solidité. Cette petite machine, malgré son faible volume, peut donc rendre presque tous les services d’une grande. — Elle est en vente chez M. Roux, i3, rue Monsigny, Paris.
- Divers
- Râpe à muscade. — Pour râper de la muscade dans les mets qui s’accommodent bien de cette épice, on a imaginé le petit moulin représenté (fig. 1) dont l’emploi est très commode. On dévisse la manivelle et on retire le plateau-râpe (fig. 2). On introduit alors la mus-
- cade dans le tube muni d’un ressort qui tend à la pousser vers le plateau. On remonte celui-ci à sa place et on revisse la manivelle. On a alors une provision de muscade pour un certain temps; quelques tours de manivelle suffisent pour en donner la quantité nécessaire à l’assaisonnement. — En vente chez M. Mathieu.
- Moussoire à champagne. — Quand on boit du champagne, on introduit dans l’estomac du gaz qui le dilate; et, si le vin est par trop chargé en gaz, l’inconvénient ne tarde pas à se faire sentir, car il faut bien que celui-ci s’échappe. On attend généralement pour boire que l’effervescence de la mousse se soit apaisée; mais les bulles qui continuent à s’échapper témoignent de la présence encore importante du gaz. Pour le faire sortir, il faut faire mousser le vin à nouveau. On y
- arrive facilement en tournant dans le verre le petit appareil représenté ci-contre, qui n’est autre qu’une tige de bois ronde terminée par une tête en forme d’étoile; il suffit de la tourner rapidement entre les doigts pour provoquer le dégagement du gaz. — En vente chez M. Mathieu.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
- aOL
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en octobre 191 J, par M. Ch. Dufour.
- La moyenne mensuelle de la pression est inférieure à la^ normale d'un demi-millimètre. La température est basse du Ier au 11 et surtout du ier au 6, mais elle est supérieure à la normale du 12 à la fin du mois, sauf le 29, journée froide où l'on observe le minimum absolu, i°, 1; les moyennes diurnes sont surtout élevées du 18 au 22 et la moyenne mensuelle est encore en excès de o°,g sur la normale d’octobre. Le maximum absolu, 220,3 a été observé 2 fois, le 18 et le 19. Pendant la période froide du commencement du mois, on note, à la date du 8, la première gelée blanche d’automne.
- La pluie est légèrement supérieure à la normale (rapport 1,11); la hauteur totale atteint 65,nm,9 en 14 jours de pluie appréciable au lieu de 15, nombre moyen. Trois journées, celles des 13, 21 et 3i ont fourni, en effet, des quantités supérieures à io““; il est tombé de la grêle le 25.
- Pression barométrique (ait. 5ora,3). — Moyenne des 24 heures : 756”,26; minimum absolu : 737“”,4 le 27 à 9 heures; maximum absolu : 769"“",3 le 11 à oh45“.
- Température. — Sous l’abri. —Moyennes : des minima 6°,85; des maxima, 15°,44 J des 24 heures, io°,9i. Minimum absolu : i°,i le 29; maximum absolu : 22°,3 les 18 et rg. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 8°,58; la plus élevée, i7°,8 le 12; la plus faible, 2°,j le 4-Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, 3°,67 ; des maxima, 25°,91 ; minimum absolu : —4°,o le 29; maximum absolu : 37°, 1 le 18. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (profondeur om,3o), à 9 heures : i2°,07; à 21 heures : i2°,i9; (profondeur om,65), à 9 heures : i3°,28; à 21 heures: i3°,23 (profondeur 1 mètre); à 9 heures : i30,g8; à 21 heures : i3°,93. De la Marne. — Moyennes : le matin, i2°,64 ; le soir, i2°,g2. Minimum : n0,2O le 31 ; maximum, i5°,oo le Ier.
- Tension de la vapeur. —• Moyenne des 24 heures : 8nlm,ii; minimum : 4““» 2 le 29 à 11 heures; maximum : i2mm,o le 14 à 1 heure.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 83,3; minimum : 44 le 27 à i3 heures; maximum : 100 à 14 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 5,71. Minimum : 0,0 le 11 ; 1 jour entièrement couvert le 4-
- Insolation. — Durée possible : 333 heures ; durée effective : i25h 4 en 26 jours ; rapport : o,38.
- Pluie. — • Total du mois : 65mm,g en 59h3.
- Nombre de jours : de pluie, i5 dont 1 de pluie inappréciable ; de pluie égale ou supérieure à i”“ : 12 ; à 5mm : 5; à iomm : 3 ; de grêle, 1 ; de brouillard, 5; de brume, 2; de halos solaires, 4; lunaires, 2; de rosée, 12; de gelée blanche, 6.
- Fréquence des vents : calmes, 34.
- N. . . . 25 S. E . . . . 27
- N. N. E. 40 S. S. E. . . 46
- N. E. . . 108 S..............48
- E. N. E . 42 S. S. W. . . 115
- E . . . . 49 E. W. . . . 117
- E. S. E . 20 W. S. W . . 29
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4“>°i- Moyennes diurnes : la plus
- grande, 8m,5 le 22; la plus faible, ira,2 le i3. (Vitesse maximum : i4”,5 le 22 à i2h 17m par vent S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : Minimum : ira,24 le Ier et le 2 ; maximum : 2m,i3 les i5 et 19.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, — o””,55; température, -f-o°,86; tension de la vapeur, -)-omm,2o; humidité relative,—2,1; nébulosité, —o,36; pluie : 6””,6; jours de pluie appréciable, —1;
- insolation, -f- i3h,8.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (25 jours) : 66 volts. Moyenne diurne la plus élevée, i43 volts le 2; la plus faible, i3 volts le 21. Moyenne des i3 jours où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation orageuse : 81 volts. Moyenne diurne la plus élevée : 143 volts le 2 ; la plus faible : 47 volts le 14. Amplitude diurne correspondant à ces i3 journées : 0,3a; amplitude n'octurne : 0,62.
- Radiation solaire. — Treize observations ont été faites à 9 dates différentes. Les valeurs les plus élevées ont été ic*l,i5j le 6 à nh5im; ioal, 177 le 27 àiiMS”; 1e*1,204 le 25 à nh47m-
- Taches solaires. — L’observation du Soleil a été possible à 20 dates différentes. Une tache observée le 2 et de nouveau le 6 avait disparu le 10. Le Soleil a paru dépourvu de taches les ier, 10-12, j5-20, 22-29.
- Perturbations magnétiques. Faibles les 9, 16, 17, 19, 20, 21 ; modérée le 18; très forte, 10-11.
- Mouvements sismiques. — Les mouvements sismiques ont été nombreux en octobre. Les plus importants ont été enregistrés aux dates et heures suivantes : le 6, début à ioh 26"“ 56% ph. pie., ioh43mà nlli2m, fin i2h20“, distance probable, 7300 km; le 10, début incertain vers i3h27m, ph. pie. de i3h46ta à i4h4m; h*1 heures; le 13, début à 2h45m33s, ph. pie. de 31* 17™ à 3h 32m, fin, 4h3o“, dist. prob. 8800 km; le 14, début à 6h22m2o‘, ph. pie. de 6h 57” à •f' 9”, fin, 7h 40”, dist. prob. 9100 km; le 14, début, i2h38”3os, ph. pie. de i3h8m à i3h26m, fin, i4h25m, dist. prob. 9100 km; le 14, début, i6h 48“ 7% ph. pie. de 171122“ à i7h 3gm, fin, i8h i5m, dist. prob. 8750 km; le 14_ 15, début à 23h34mo,) ph. pie. de 23h 54“ à 24h 6m, fin vers 1 heure, dist. prob. . 6750 km; le 17, début, i2h5“io% ph. pie. de i2h4im à i2h54m, fin, i3hiom, dist. prob., 8800 km; le 19, ph. pie. ioh43m à ioh5om, fin, xih3o“; le 20, début vers i8h3m, ph. pie. i8h53“ à ighr4”, fin, i9h5om; le 22, début, 22h37m52‘, ph. pie. 22h43m à 22h48m, fin, 22h57”, dist. prob. 1900 km; le 29, ph. pie. i8h53m à 19h9m, fin, igh3om.
- Des mouvements d’intensité moindre se rencontrent : le i5, ph. pie. de i2h38m à i2h5om, fin, i3hio”; le 19, ph. pie. gh 27“ à gh 32”, fin 911 5om ; les appareils indiquent enfin des microsismes plus faibles encore le 6, de i5h2o”à i5h35”et de i6h26” à i6h5o”; le 7, de 5h36”* à 5h 48” ; le 14, de 5h 54“ à 5h58”; le 16, de i3i5imà i3h 56” ; le 17, de ioh 35“ à nh 20” et le 24, de ih ig” à ih 48”.
- Floraisons. — Le 19, topinambour.
- On a vu le 17, une bande d’oies sauvages se dirigeant vers le Sud-Ouest.
- Les dernières hirondelles ont été aperçues le 19.
- W . . . . 6
- W. N. W . 3
- N. W. . . 12
- N. N. W . 23
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les talons trop hauts. — Dans une petite salle du musée de Cluny, vous pouvez voir toute une série de chaussures des siècles passés : depuis les bottes immenses de d’Artagnan, bottes auprès desquelles celles de nos Pandores ne sont que des bottes d’enfants, jusqu’au petit soulier de bébé ; vous verrez les échantillons les plus variés des chaussures de nos aïeules : petits souliers, bottines, sabots, chaussures droites, pointues, à la poulaine. Parmi elles, vous ne regarderez pas sans
- étonnement de petits souliers à talon d’une hauteur énorme, certainement plus de 10 centimètres, souliers ou demi-bottines minuscules et si mignon que pût être le pied des jolies femmes de cette époque, on se demande quel supplice elles devaient s’imposer pour porter cette chaussure. Elle vous paraît aussi incommode que possible ; c’est cependant celle que la mode •impose à nos élégantes modernes. Au lieu du talon plat ou peu élevé, les bottines et souliers se font avec des
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- talons étroits, mais aussi hauts que possible; c’est presque la copie des modèles de Cluny.
- Cette hérésie hygiénique donne en peu de temps de terribles mécomptes aux belles petites qui veulent sacrifier à la mode du jour. Le Dr Dagron a pu constater bien des fois des troubles graves de la motilité des muscles de la jambe uniquement provoqués par cette chaussure anormale. Au début, ce n’est qu’une gêne momentanée qui force la malade (on peut lui donner ce nom, bien qu’elle n’en ait pas l’air), à s’arrêter tous les 25 ou 3o pas, puis, plus tard, c’est de la claudication légère, puis une boiterie bien marquée, enfin, à un moment donné, une impossibilité absolue d’exécuter une marche même peu prolongée. Si on examine ces malades, on constate un léger gonflement des veines du membre inférieur, une douleur très prononcée dans les masses musculaires du mollet, douleur qui existe également en avant ; le pied est cambré au maximum, et les orteils ont la disposition connue sous le nom d’orteil en marteau. Il existe une contracture des plus prononcées des muscles de la jambe, passagère au début, qui devient peu à peu permanente et oblige la malade à garder le repos.
- Ces troubles moteurs, que les malades imputent au rhumatisme, aux varices, à toutes sortes de causes, sont uniquement dus à la position mauvaise imposée au pied par la chaussure. Comme le fait remarquer notre collègue dans son intéressant article de la Clinique, dans la station debout, le pied, qui forme par son axe un angle très légèrement, obtus sur l’axe de la jambe repose sur le talon postérieur (calcanéum) et sur ce qu'on peut appeler le talon antérieur (tête des métatarsiens). Dans cette position, l’axe des orteils forme avec celui des métatarsiens un angle extrêmement obtus ; dans la marche, cet angle devient de moins en moins obtus à mesure que le talon postéi’ieur se relève. Tous les mouvements d’extension et de flexion du pied se font sans fatigue et d’une façon quelque peu passive quand le pied est à nu ou fermé dans une chaussure normale; le pied reposant, pendant la marche de temps en temps sur la plante, les muscles fléchisseurs et extenseurs ont des phases alternatives de repos.
- Mais il n’en est plus de même lorsque le talon postérieur est sensiblement plus élevé que le talon antérieur. Le pied se met en extension forcée pour maintenir
- l’équilibre et amène par ce fait une contraction continue des muscles de la jambe et du pied. Plus le terrain sera inégal, plus la sensation pénible s’accentuera et naturellement, plus haut sera le talon et plus marqués se produiront tous ces accidents de contracture.
- Cette phase première de la maladie se double d’autres phénomènes ; quand la femme rentre lasse, fatiguée, son premier geste, combien naturel, est d’enlever la chaussure et de prendre des pantoufles ; c’est tomber de Charybde en Scylla. Comme le fait observer M. Dagron, le pied passe brusquement d’un maximum d’extension à un maximum de flexion; les muscles contracturés s’opposent à ce changement inoppiné et ce sont des douleurs nouvelles, alors que la malade pensait trouver un soulagement rapide.
- Ce n’est pas, ajouterai-je aux considérations hygiéniques de mon collègue, simplement le bon fonctionnement des muscles de la jambe et du pied qui est troublé par cette chaussure anormale. On peut constater d’autres méfaits. Koranyi a signalé, il y a quelques années, l’influence des talons élevés sur la motilité et la ptose du rein. Cette hauteur exagérée du talon produit une exagération des courbures physiologiques du rachis, l’inclinaison oblique en avant du segment inférieur de la colonne lombaire, la saillie en avant des muscles psoas-iliaque d’où résulte la propulsion en avant de la partie inférieure du rein et la tendance à la production du rein flottant.
- Que faire contre cette habitude anti-hygiénique? Hélas, c’est le cas de dire, vox clamans in deserto. Les talons hauts existaient, vous en avez la preuve à Cluny, aux siècles passés; ils reviennent à la mode. C’est le sort de tous les vêtements féminins et même masculins. Après des éclipses passagères vous voyez revenir les coupes de jupes, dérobés, les formes de chapeaux qu’on ne trouvait plus que dans les journaux de modes des vieux temps. On ne peut lutter contre cette tendance, et bien qu’un philosophe sage et avisé ait affirmé que la mode est le refuge des femmes qui n’ont pas de goût, vous les verrez loutes courir après le modèle nouveau, jupe, chapeau ou soulier. Soignons-les du mieux qu’il est possible quand elles ne pourront plus marcher ; donnons-leur de sages conseils et laissons-les suivre leur penchant puisque rien ne peut l’entraver.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÈDES' UTILES
- Pour débarrasser les chiens des tiques ou ixodes,
- il faut, non pas frictionner tout le corps de l’animal, mais, en écartant les poils, toucher ces insectes parasites à l’aide d’un pinceau imbibé de pétrole ou de benzine, en inspectant la peau minutieusement. Quand ces parasites ont acquis un certain développement, il est parfois assez difficile d’en débarrasser l’animal atteint. Comme ils sont fortement implantés dans le derme de la peau, on détermine une vive douleur quand on veut les arracher. Si, cependant, le traitement indiqué ci-dessus ne réussit pas, il faut essayer d’extraire les parasites en tirant dessus; parfois, par une traction brusque, l’abdomen se sépare du rostre qui reste dans le derme et est éliminé par la suppuration; il faut alors faire une petite incision et extraire le rostre.
- Mais lorsque les tiques sont très gros, mieux vaut les couper en deux avec des ciseaux, la partie qui reste dans la peau s’élimine par suppuration. Au bout de quelques jours, faire un savonnage général pour approprier la peau, mais sans frotter trop rudement. Les jeunes tiques ne résistent pas au pétrole, à la benzine, à l’essence de térébenthine mélangée à de l’huile de lin, en touchant les insectes avec ün pinceau, où à une friction à l’onguent gris. Deux fois par semaine, donner un bain sulfureux tiède. En même temps, il faut désinfecter la niche; sans cette précaution, l’affection parasitaire peut s’éterniser, car les tiques se logent dans les interstices et les fissures. Plusieurs moyens peuvent être employés pour arriver à une désinfection radicale ; passer la niche à l’eau bouillante et ensuite à l’eau crésylée à 4 pour 100, ou au lait de chaux; brûler
- la litière, la renouveler fréquemment; l’eau de Javel est aussi très efficace, brosser énergiquement. tout l’intérieur de la niche. On peut aussi désinfecter au sublimé à i pour iooo, brûler du soufre, à raison de ioo grammes par mètre cube, dans le chenil bien clos, pendant 24 heures, puis, aérer; enfin éviter toute promiscuité avec d’autres chiens infestés de tiques.
- Coloration de& fleurs par les vapeurs ammoniacales. -— On sait que la teinture de violettes a servi aux chimistes pour caractériser l’ammoniaque qui produit un virage au vert. M. Dronne a constaté que les matières colorantes d’un grand nombre de fleurs subissaient des transformations de genre et qu’on pouvait employer, au lieu et place de l’eau teintée de couleurs d’aniline pour colorer les fleurs, l’exposition dans un bocal bouché contenant une très faible couche d’ammoniaque. L’anémone blanche des bois devient ainsi d’un beau jaune, les balsamines violettes, rouges, blanches, virent respectivement au vert,-au chocolat, au jaune. Les belles-de-jour, les coréopsis prennent d’agréables teintes multicolores, les fleurs de géranium rouge deviennent bleues, celles des giroflées diverses, vertes ou noires. Pâquerettes, pensées, phlox, primevères, roses prennent, selon leurs teintes naturelles, des colorations de toutes sortes ; plus d’une centaine de variétés florales sont ainsi sensibles à l’action des vapeurs ammoniecalas. On peut provoquer les changements de couleur sous exposition dans un bocal spécial en projetant sur les fleurs, à l’aide d’un pulvérisateur ordinaire, un liquide composé de 8 parties d’éther sulfurique pour 2 parties d’ammoniaque.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. B. Bauzy. — Au point de vue historique vous pouvez lire : L’histoire des flottes militaires, de Chabaud Arnoult. Berger-Levrault, éditeur. — Etudes d’histoire maritime, de Maurice Loir. Berger-Levrault, éditeur. Prix : 3 fr. 5o. — L’histoire de la marine française, en cours de publication, 4 vol. parus, La Roncière Le Nourrry, chez Plon, Prix : io francs le volume. Au point de vue descriptif et vulgarisateur. La marine de guerre, par le capitaine de frégate Sauvaire-Jourdan. Illustré, Yuibert, éditeur, boulevard Saint-Germain, 63. Prix : io francs; pour la marine à voiles : La marine de Pacini.
- M. Giovanni, à Flore. — i° Pour toutes ces questions concernant l’industrie des tartres, le mieux serait de consulter l’ouvrage publié l’an dernier par le Dr Caries, de Bordeaux, à qui vous pourriez écrire de notre part; —- 2° Il est absolument impossible de donner en une petite recette, un procédé de fabrication de telles poudres. La préparation est longue, compliquée, dangereuse et exige un appareillage spécial. Documentez-vous dans un traité, par exemple Les explosifs modernes, par P. Chalon (Béranger, éditeur, rue des Saints-Pères.
- M. A. Marinangeli, à Ancona. — Un moyen simple de constater l’addition frauduleuse de bisulfate de potassium à la bière consiste à remplir au quart quelques
- « tubes à essai » de bières de différentes origines, filtrées au préalable. Ajouter dans chacun le-dixième du volume d’une solution aqueuse saturée de chlorure de baryum, faire chauffer à l’ébullition et laisser reposer : les bières bisulfatées donneront un dépôt de poudre blanche bien plus fort que celles qui ne le. sont pas. Comme point de comparaison, il est bon de faire un essai avec une bière pure dans laquelle on a fait dissoudre au préalable un poids connu de bisulfate.
- M. C. F., à Lyon. — Laver la tête tous les deux jours avec la décoction de bois de Panama ou le produit vendu en parfumerie sous le nom de Mousséine. Séchez les cheveux et onctions sur le cuir avec une pommade à base de goudron végétal à 5 pour ioo.
- M. A. Mathieu, à Cartagènes. — Nous avons transmis votre demande à M. Grenet, 2, avenue Berthelot, Bel-levue (Seine-et-Oise).
- M. le D' Calton, à Paris. —Yous trouverez la réponse à votre demande dans l’article paru sous la Rubrique Photographie, le i3 mai 1911, n° 1981, p. 187 du Supplément.
- M. Varet, à Paris. — On emploie, dans les chaufferettes une solution saturée de chlorure de baryum. Ce sel, lorsque la chaufferette tend à se refroidir, se cristallise en dégageant de la chaleur, ce qui maintient pendant un certain temps la température de la chaufferette.
- M. L. Polonat, à Villeurbanne, constructeurs d’appareils pour la fabrication des extraits tannants. Tourin, 184. boulevard de la Villette, Paris (appareils de coupe et d’extraction). Kestner, rue de Toul, Lille, et Vigoureux, 5g, boulevard Magenta, Paris (appareils de concentration).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Arrosage et balayage automobile des voies publiques : Capitaine Renaud. — Charles Dallery (1754.-1835) : Norbert Lallié. — La conférence de génétique : H. G. — Le chemin de fer de Bagdad : E.-A. Martel. — Bas-reliefs sculptés de l’âge du renne. — Académie des sciences; séance du 20 novembre 1911 : Ch. de Yilledeuil. — L’aéroplane sans moteur d’Orville Wright.
- Supplément.---- Les prix Nobel. — La berline aérienne de
- M. Deutsch de la Meurthe. — Différentes réactions photochimiques. — Combinaisons cyanées de la fumée de tabac. — Recherches sur la cyanamide calcique. — La plus grande batterie d’accumulateur du monde. — La sépulture néolithique de Belleville, à Vendrest (Seine-et-Marne).
- Les aéroplanes de 1911, par R. de Gaston, avec une préface du commandant Renard. Etude descriptive avec plans des principaux aéroplanes actuels. Un beau volume de 200 pages, abondamment illustré suivi d’un tableau d’ensemble des principaux aéroplanes. Librairie aéronautique, 40, rue de Seine, Paris. Prix : 6 francs.
- Tous ceux qui s’intéressent aux progrès de l’aviation trouveront dans le volume de M. dé Gaston un traité vulgarisateur en même temps que documentaire. Un chapitre important, accompagné de nombreuses photographies, est consacré à chaque appareil; les Deperdussin, les Nieuport, les Farman, les Blériot, etc., sont décrits clairement, sous une forme simple et agréable, exempte de toute aridité mathématique. Deux chapitres sont consacrés l’un aux moteurs et l’autre aux hélices.
- La Chimie amusante, à l’aide des fleurs et des sucs floraux, par F. Dronne. i vol. in-8, 260 p. Bourdain, édit., 18, rue du Mail, Blois. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur a réuni un assez grand nombre d’expé-x’iences très faciles à faire pour changer la teinte des fleurs à l’aide de divers réactifs usuels tels que les vapeurs ammoniacales, les solutions sulfitées, ou même
- par l’emploi de certains sucs floraux. Ces sucs floraux lui permirent aussi de colorer des étoffes, de préparer des sortes d’encres sympathiques, etc....
- Le tissage mécanique moderne, par J.-V. Schlumberger. In-i6 de 288 pages, avec figures. H. Dunod et E. Pinat. Paris. Prix : cartonné, 7 fr. 5o.
- Le livre de M. Schlumberger étudie les diverses phases par lesquelles doit passer le fil livré par la filature pour être manutentionné et converti en tissus. L’ouvrage est précédé d’un aperçu historique de la filature et du tissage. Il traite ensuite de la pratique du tissage mécanique, de la composition et de la décomposition des tissus, de l’analyse des tissus fondamentaux, et est un aide-mémoire du tisseur moderne.
- La locomotive moderne, par J. Tribot-Laspière, ingénieur civil des mines. 1 vol., deuxième édition. Chez Yuibert. Paris, 1911.J
- Ce volume, bien illustré, résume sous une forme claire le problème de la locomotion moderne, étudiant tour à tour les diverses parties de la: machine, puis les types différents de locomotion, leur étude, leur construction, leurs essais et leur utilisation. Nous le recommandons vivement à ceux qui désirent se mettre au courant de cette intéressante question.
- Marchandises dangereuses, par le Dr Aeby. i vol. in-8 de 3oo pages, rel. cuir. Anvers, 49, rue de l’Empereur. Prix : 20 francs.
- L’auteur, chimiste conseil de la Red Star Line, et spécialisé dans la pratique de ces questions, a réuni sous forme commode d’un dictionnaire, tout ce qu’il importait de savoir pour l’emballage, l’arrimage, le transport, les manipulations des multiples produits chimiques et de droguerie. Unique en son genre, et en texte trilingue (français, anglais, allemand), l’ouvrage rendra sûrement service à tous les commerçants et techniciens du transport, qui ont souvent à rechercher de tels renseignements, difficilement trouvés dans les volumineux traités de chimie.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- L’Offensive contre l’Allemagne. Etude stratégique, par le colonel Arthur Boucher, i vol. in-8, avec 3 cartes, broché. Berger-Levrault, éditeurs, 5-7, rue des Beaux-Arts, Paris. Prix : 1 franc.
- Cette brochure fait naturellement suite à la France victorieuse dans la guerre de demain, que nous avons
- déjà signalée. Après une étude comparative de la valeur morale et de l'importance numérique des deux adversaires, le colonel Arthur Boucher examine les hypothèses d’une tentative d’invasion allemande soit par la Belgique, soit par la Lorraine. Dans les deux cas, il conclut à la'possibilité pour la France, de prendre victorieusement l’offensive.
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude S
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 20nov. 1911. 6°,1 W. S. W. 4. Pluie. 0,7
- Mardi 21 4° 6 S. s. w. 1. Couvert. 5,5
- Mercredi 22 ... . 5° 0 N. E. 3. Couvert. 2,4
- Jeudi 23 4°,9 N. E. 3. Pluie. 5,9
- Vendredi 24 . . . . 1°,8 N. E.3. Couvert. »
- Samedi 25 3°,7 N. E. 2. Couvert. 0,8
- Dimanche 26. . . . 0°,9 •N. N. E. 2. Couvert. »
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Presque couv. ; pluie de 5 h. 20 à 8 h. 10.
- Couv. ; pluie fine de 8 h. 30 à 22 h. 45.
- Couv. ; pluie de 3 h. à 3 h. 43 et de 8 h. 43 à 16 h. 50.
- Couv. ; jusqu. 10 h. puis tr. imag. ; pluie à diverses reprises. Très nuag. à 6 h. ; couvert ensuite.
- Couvert; bruine de 15 h. à 22 h. 30; forte brume.
- Très nuageux; brume; gelce blanche.
- NOVEMBRE 1911. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 NOVEMBRE 1911.
- Samedi I Dimanche |
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 18 au a5 novembre. — Le 18. Situation atmosphérique très troublée sur le N.-O. : Shields, 733; Cherbourg, 734; pression en baisse sur le continent, minimum secondaire sur le golfe de Gênes : Nice, 749. Pluies abondantes sur l’O. ; en France : Nice, 40; cap Gris-Nez, 27; Brest, 18; Besançon, 14 ; Bordeaux, 5; Paris, 4* Temp. du matin : Haparanda, —70; Belfort, Limoges, 7; Paris, 9; Marseille, 10; Biarritz, 13 ; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 5°, 1 ). — Le 19. Pression générale basse, surtout sur les Ilfes-Britanniques. Pluies presque générales. Temp. du matin : Haparanda, —8°; Paris, 9; Alger, 19; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 5°,7 (normale : 5°). — Le 20. Pression très basse : Riga, 734; Pas de Calais, 741; Italie du Nord, y5o; pression élevée dans les parages de l’Islande. Pluies sur presque toute l’Europe : Le Havre, 19; Nancy, 18; Biarritz, 17; Clermont,
- 7 ; Paris, 2. Temp. du matin : Haparanda, — 8°; Nantes, 4; Paris, Toulouse, 6; Biarritz, ri; Alger, 17; Puy de Dôme, —2; Yentoux, Pic du Midi, —4\ moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 4°>9)- — Le 21. Dépression sur le golfe de Gascogne : pointe de la Coubre, 747; dépression sur le N. : YVisby, 735. Pluies sur le N., le Centre et l’O. ; en France : Rochefort, 12; Nantes, Limoges, 10; Charleville, 6; Cherbourg, 5. Temp. du matin : Bodoe, —5; Shields, o; Paris, 5; Toulouse, 9 ; Biarritz, 16; Alger, Puy de Dôme, 3; Yentoux, o; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 4°,7). — Le 22. Basses pressions du S.-O. au N.-E. : golfe de
- du Bureau Central Météorologique.
- Gascogne, 741; fortes pressions dans les parages des Açores : Horta, y6S. Neiges et pluies sur le N. et l’O; en France : île .d’Aix, .41 ; Nancy, 40; Paris, Besançon, 6; Bordeaux, 2. Temp. du matin : Uleaborg, — 6°; Le Havre, — 1 ; Belfort, 2 ; Paris, 3; Nantes, 4 ; Clermont-Ferrand, xi ; Biarritz, 18; Alger, 22; Puy de Dôme, 8; Yentoux, 3; Pic du Midi, —4; mont Mounier, —r5; moyenne à Paris : 5°,9 (normale : 4°>6). — Le 23. Dépression sur le S.-O. Pluies sur l’O. Temp. du matin : Uleaborg, —8°; Paris, 4; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 6°,4 (normale : 4°>5). — Le 24- Répression sur le S.-O., minima de 748 sur le golfe de Gascogne et le golfe du Lion ; dépression vers les Açores; fortes pressions sur le N.-O. : Skagen, 768. Pluies sur l’O. : Cette, 53; Nice, 46; Biarritz, 3i ; Mar-seille, 25; Cherbourg, 10; Nantes, 4; Boulogne, 3 ; Paris, 1. Temp. du matin : Uleaborg, —i3°; Paris, 2; Clermont-Ferrand, 6; Nantes, Toulouse, 8; Alger, i4; Rome, 19; Puy de Dôme, 4; Yentoux, o; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 4°>4)> — Le 25. Aire de fortes pressions sur le N. : Baltique, 772 ; pression en hausse sur le S. : golfe de Gascogne, Italie, 755. Pluies sur le Centre et le S.; en France : Nice, 14» Besançon, 4: Cette, 2. Temp. du matin : Hernosand, — xo°; Clermont-Ferrand, o; Paris, 4; Toulouse, 6; Monaco, i3; Puy de Dôme, 1 ; Yentoux, — 1 ; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 4°,3). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 20, à 8 h. 58 du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION '
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris fV7‘J
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N# 2011 — 9 DÉCEMBRE 1911 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- OttL
- Influence des rayons ultra-violets sur la fermentation acétique. — Nos lecteurs savent que la fermentation acétique consiste dans une oxydation de l’alcool en acide acétique, qui a lieu sous l’influence d’un microorganisme spécial, le mycoderma aceti qui fixe l’oxygène de l’air sur l’alcool et dont on a étudié toutes les conditions d’existence. On a constaté, il y a quelque temps, que les rayons ultra-violets arrêtent cette fermentation en présence de l’air; il semble y avoir là un simple phénomène d’oxydation, car de petites quantités d’eau oxygénée produisent la même action.
- Expériences d’absorption. — En étudiant l’absorption de l’albumine avec différents corps, Michaelis et Rona ont constaté que le maximum d’absorption de ce corps par le charbon, le kaolin et l’hydrate ferrique a lieu quand le milieu présente une légère acidité. D’autre part, Rohland a montré que le talc possède la propriété d’absorber les substances colloïdales des liquides tels que l’urine, le sang, la bière, l’eau de savon et les matières colorantes de composition complexe, comme les couleurs d’aniline, l’orseille, le carmin, etc. Les acides faibles et les sels, au contraire, ne sont pas absorbés par le talc. On pourra peut-être tirer parti de ces remarques dans diverses industries ou dans diverses préparations.
- Constituants volatils de la houille. — Deux auteurs anglais, MM. Burgess et Wheeler ont étudié dans ces derniers temps différents types de houilles au point de vue de leurs constituants volatils. Ils ont constaté que tous les charbons naturels, bitumineux, semi-bitumineux ou anthracitiques, ont un point de décomposition bien défini à une température de 700 à 8oo° et qui correspond à une augmentation marquée de la quantité d’hydrogène dégagée. Avec les charbons bitumineux, -cette augmentation diminue au-dessus de 900°, tandis qu’avec les anthracites, elle se maintient jusqu’à 11000. Les gaz dégagés à température relativement basse renferment beaucoup d’éthane, de propane, de butane, et de carbures paraffiniques plus élevés; mais, au-dessus de 7000, le dégagement de ces hydrocarbures cesse à peu près complètement. Les auteurs pensent que les houilles, d’âge géologique quélconque, renferment un composé spécial qui subit la décomposition aux températures supérieures à 7000 sous la pression atmosphérique et qui donne de l’hydrogène comme principal produit gazeux. A des températures inférieures, ce même composé doit donner naissance à des carbures paraffiniques. Ces recherches ouvrent de nouveaux horizons relativeittént à là composition immédiate des houilles, qui est encore si obscure.
- La luciférëscéine, produit fluorescent de certains insectes lumineux. — Quand on épuise par l’alcool certains insectes lumineux du genre Anipyrida, on obtient une matière fluorescente bleue spéciale, que l’on a désignée sous le nom de luciférëscéine et dont le
- spectre de fluorescence est complémentaire de celui de la lumière de l’insecte. La luminosité de ce corps doit être vraisemblablement attribuable aux mêmes causes physiologiques que celles qui régissent la production de lumière par les insectes lumineux.
- Les minerais de fer de l’Anjou. — On a, depuis quelque temps, attiré l’attention jusqu’à l’excès sur les minerais de fer de l’Anjou et, à lire certaines études, il semblerait que l’on ait trouvé là l’équivalent tout au moins de notre beau bassin normand. La vérité est plus simple. Il existe, dans l’Anjou, des zones, depuis longtemps connues, de minerais de fer siluriens, sur lesquelles on a fait beaucoup de tentatives sans grand succès, et des minerais superficiels de formation tertiaire ou récente, résultat d’une altération continentale appliquée aux minerais précédents, qui, au contraire alimentent une industrie déjà ancienne. En 1831, il y avait, dans cette région, 48 hauts fourneaux en activité:, tous prenant leur minerai dans les produits superficiels. Peu à peu la plupart de ceux-ci se sont épuisés et, en 1880, le dernier haut fourneau de la région, celui de Tobago, près Redon, a été éteint. Cette même année, la Société des mines de fer de l’Anjou, ayant fondé l’usine de Trignac, reprit les gisements de minerai ancien de Segré, qui, jusqu’en 1892, lui fournirent .au total 35 5oo tonnes. Ces exploitations furent alors fermées et l’on se borna à exploiter les limonites superficielles tertiaires dès_ environs de Chateaubriant (minière de La Noé). A'ia Société des mines de l’Anjou se sont substituées successivement la Société des Aciéries de -Trignac (1890-1893), puis la Société des usines'métallurgiques de la Basse-Loire. Enfin quelques travaux ont été récemment encore tentés sur les minerais primaires : à la Ferrière sur un synclinal septentrional du silurien allant de Chateauneuf-sur-Sarthe a la Vilaine et, plus au Sud, à l’Oudon, sur le synclinal de Segré, où se trouve également la belle minière de Rougé avec ses bancs horizontaux d’hématite brune, résultat d’un remaniement superficiel. La production de l’Oudon et de la Ferrière a atteint, en minerai phosphoreux, de 1908 à 1910, 89000 tonnes. Si, malgré ce faible chiffre, l’extraction des minerais de fer a présenté récemment quelque activité dans ces régions, c’est qu’on a continué à glaner sur les minerais superficiels, qui touchent à leur épuisement et que, là comme dans le centre de la France, on a également ramassé,pour lui appliquer des procédés métallurgiques nouveaux, un minerai tout particulier formé par de vieilles scories recueillies un peu partout. Mais c’est là, naturellement, une ressource tout à fait précaire. -
- Les locomotives et la chauffe au pétrole en Russie.
- — Un quart du combustible brûlé sur les chemins de fer russes en 1908 a consisté en pétrole et en résidus pétrolifères. Il y a dans cette constatation une indication claire de l’avenir considérable qui est réservé à la locomotive à moteurs à combustion qui rivalisera bientôt
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- { INFORMATIONS
- avec la vapeur. Nous avons signalé à nos lecteurs des essais tentés à ce sujet en Allemagne et en Angleterre pour crééer des locomotives Diesel. Il y a pour ce genre de machines en Russie, en Roumanie et dans les autres pays producteurs de pétrole des débouchés tout prêts, et si l’on songe que le combustible seul représente en Russie 14,78 pour 100 des dépenses d’exploitation, on se rendra compte de l’intérêt que peut présenter dans un avenir prochain l’emploi des moteurs à combustion capables de ne pas brûler plus de 200 gr. de pétrole par cheval et de réduire en conséquence des deux tiers ou même des trois quarts, la consommation actuelle.
- Le poste de télégraphie sans fil de Coltano (Italie). — C’est le poste le plus puissant du monde. Il met en jeu une puissance de 1000 kilowatts ; son antenne développée ne mesure pas moins de 1000 mètres. Cette station, vient d’être construite par Marconi. On estime qu’elle pourra correspondre avec les Etats-Unis et l’Amérique du Sud. A côté d’un pareil effort, on ne peut que déplorer l’inertie française. Notre poste de la Tonr Eiffel compte à peine 5o kilowatts, et le vaste projet de réseau colonial de T. S. F. dont nous avons entretenu nos lecteurs n’a pas encore reçu un commencement d’exécution.
- Précipitation des poussières par l’électricité. —
- Ç’est une idée déjà assez ancienne que celle d’employer le courant électrique pour provoquer l’agglomération et par suite la précipitation des fines poussières, flottant en particules impalpables ; problème très difficile à résoudre par d’autres moyens et qui, cependant, se pose impérieusement dans des cas nombreux : par exemple dans l’industrie métallurgique pour l’épuration des fumées d’usines, ou des gaz de hauts fourneaux, dans les machines à vapeurs, pour la condensation de la vapeur d’eau. M. G. Cottrel, dans le Journal of industrial and Engineering Industrj, étudie l’emploi des courants électriques continus pour la précipitation des poussières. Le principe de la méthode est le suivant : approcher des pointes métalliques reliées au pôle d’un générateur à potentiel élevé, d’une plaque reliée à l’autre pôle : l’air interposé entre les pointes et la plaque sé charge de même signe que les pointes : les corps flottants se trouvent attirés vers la plaque. M. Cottrel indique que, pour les pointes, il est bon de se servir de fils métalliques recouverts d’amiante ou de mica.
- Les forces motrices de la France. — Le Bulletin de la statistique générale de la France, évalue comme suit le total des forces motrices utilisées en France en 1906 :
- Moteurs des établissements industriels ........... 8 550000 chev.-vap.
- Locomotives ...................................... . 7000000 — i
- Moteurs à vapeur sur bateaux (navigation maritime
- et fluviale, et marine de guerre exceptée). - . . 1200000 —
- Toitures automobiles, motocycles, etc............. 400 000 —
- 121500U0 —
- De 1901 à 1906,1a puissance totale des moteurs hydrauliques s’est accrue de 2 millions i/3 à 3 millions 1/2 de chevaux, soit 55 pour 100. En 1906, la puissance en chevaux des moteurs à vapeur (locomotives et bateaux exclus) atteignait 2600000 chevaux.
- Les résidus de l’extraction du radium. — Auer von Velsbach a effectué dernièrement un travail des plus importants sur la constitution chimique des résidus contenant de l’actinium et provenant de l’extraction du radium. L’auteur a eu à sa disposition 1800 kg de produits dénommés hydrates et constituant les résidus de traitement de 10 tonnes de pechblende en vue de l’extraction du radium, afin de procéder à la détermination des corps radio-actifs qui y existent. Ces résidus provenaient de la précipitation par l’ammoniaque des îxtractions chlorhydriques du minerai; ils constituent jme masse brune, assez consistante et contenant environ 78 pour 100 d’eau. L’analyse y révèle la présence de fer, d’aluminium, de calcium, de bismuth, d’uranium, de silice et de terres rares. Les hydrates contiennent encore, abstraction faite du polonium, deux corps radioactifs primaires, l’actinium et l'ionium. L’ionium paraît simple, l'actinium complexe. L’ionium partage toutes les réactions du thorium, tandis que l’actinium vient se ranger entre le lanthane et le calcium.
- Le port d’Anvers. — Un de nos lecteurs d'Anvers-nous communique, en complément à notre Information du 7 octobre 1911, les intéressants renseignements ci-dessous : En 1905, le port d’Anvers avait 5 5oo m. de murs de quai en rivière, les 8 bassins du Nord, soit les bassins : Bonaparte, Guillaume, Ivattendyk, Mexico, Asia, Campine, Lefebvre et America avaient un développement de murs de quai de 10 760 m., et les trois bassins du Sud, soit les bassins : aux charbqns, des bateliers et aux briques un développement de 1800 m. En 1911, l’accostage en rivière est de 55ôo m.,: éï celui des bassins maritimes et de batelage compris est de i6 5oo m. Le tonnage des navires de mer arrivés en igo5 a été de g 900 3o5 tonnes, et en 1910 de 12688 124 tonnes. : L"
- Nouveau mode de traitement de la canne à sucre.
- — Notre confrère Y American Engineering News, signale que la Compagnie sucrière de « Nipe Bay » à Cuba, met en essai un nouveau procédé de traitement des cannes à sucre. Cette compagnie cultive, près dé 10000 hectares de cannes avec 5ooo animaux de trait et emploie près de 4000 hommes au moment de la récolte et de la fabrication, elle procédait jusqu’à présent par broyage et compression. Or, on a souvent proposé, en dehors de ce système, d’opérer par découpage de la canne en rondelles, puis par diffusion, le procédé employé par la Nipe Bay C° et imaginé par M. Geo W. Mc Mullen rentre dans cette catégorie en ce sens qu’il emploie lui aussi la diffusion au lieu des procédés d’extraction mécanique, mais il s’eu distingue en ce que; au lieu de découper la canne en rondelle, celle-ci est désagrégée en une pâte fibreuse qui est d’abord séchée, puis traitée par la diffusion, le résidu, au lieu d’être une bagasse à brûler, chargée d’une proportion élevée de jus sucré est composé de cellulose fibreuse ne contenant guère plus de 1 pour 100 de sucre et qui est par sa nature physique et chimique tout à fait propre à la fabrication du papier. Le nouveau procédé aurait donc pour résultat, outre un rendement supérieur, l’obtention comme sous-produit d’une pâte à papier ayant elle-même une valeur très appréciable et capable d’augmenter sensiblement les bénéfices d’exploitation.
- Nouveau record en construction navale. — Le
- Monarch, l’un des quatre cuirassés de 22 5oo tonnes que l’Amirauté britannique appelle les contingent dreadnoughts, et qui, d’après les contrats passés, devront être complètement achevés au 3i mars prochain, vient de se rendre (17 novembre) à l’Arsenal de Devonshire pour y subir ses essais officiels de vitesse, qui commenceront le ier décembre pour se terminer neuf jours plus tard avec un essai de 8 heures à pleine vitesse. Il avait été mis en chantiers à Elswick par la maison Amstrong, Whiworth et Cio le Ier avril 1910, et son lancement prit place le 3i mars 1911. Ce puissant navire, dont les machines à ttirbines développent 27000 chevaux-vapeur, sera donc prêt à prendre la mer vingt mois après sa mise en chantier, ce qui constitue un record même dans la marine britannique. La presse anglaise fait, à ce propos, une comparaison entre nouveau dreadnought et son vieil homonyme, le Monarch lancé en 1868. Celui-ci jaugeait 8320 tonnes, coûtait 354 575 livres sterling, et pouvait lancer simultanément d’un de ses bords 3o8o livres de projectiles. Le nouveau Monarch jauge 22 5oo tonnes, a coûté 1 747 040 livres sterling (non compris son armement), et peut lancer d’un même bord 12 5oo livres de projectiles.
- La culture du coton dans l’Afrique allemande. —
- Le gouvernement allemand se préoccupe vivement de favoriser la culture du cotonnier dans ses colonies africaines. Il a chargé des employés de l’administration coloniale de visiter les différents pays producteurs de coton pour y faire une enquête sur les conditions de culture de ce végétal. D’après les rapports ainsi obtenus ont été érigées plusieurs stations d’expérimentation, 3 dans le Togo et 4 dans l’Afrique allemande orientale, où il en sera établi 2 nouvelles l’an prochain. Dans le Cameroun où l’Hinterland seul est propice à la culture du coton, on en construit présentement 2. Ces chiffres seront d’ailleurs augmentés avec le temps dans les 3 colonies, D’ici à quelques années, on peut, s’attendre à une exportation sérieuse de coton dans la mère-patrie qui jusqu’à ce jour n’avait tiré de ses colonies qu’un approvisionnement textile insignifiant.
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- WJ
- SCIENCE APPLIQUÉE
- i Chauffage
- Tables chauffantes par le gaz. — Tout le monde connaît l’emploi commode des tables chauffantes au pétrole; il existait donc une lacune qui vient d’être heureusement comblée par l’invention suivante per-
- bouilloire quelconque à son sommet, de telle sorte que l’on obtient de l’eau bouillante sans addition de dépense.
- Ces tables chauffantes par le gaz trouvent donc leur application dans les cabinets de toilette, bureaux, salles à manger, boudoirs, etc....-—Pour tous renseignements, s’adresser à M. G. Hermand, 47> avenue Parmentier, Paris.
- Aia chaod
- lw__________1
- Fig. i. — Coupe de la table chauffante à gaz.
- -A, plateau recevant la nappe de flamme bleue du gaz; B, cloison de séparation avec ouverture au sommet ; C, chambre de combustion des gaz; D, chambre de chauffe; E, dôme extérieur avec quelques trous au sommet pour le chauffage des bouilloires et la circulation d’air chaud; F, brûleurs; G, admission d’air pour le Bunsen; H, ajutage augmentant la pression: I, clapet automatique ; Z, allumeur automatique.
- mettant l’emploi du gaz d’éclairage si répandu de nos jours.
- Les tables chauffantes par le gaz présentent l’avantage d’être toujours prêtes à fonctionner, sans aucun de «es soins journaliers nécessités par le pétrole; en •outre, elles ne dégagent ni odeur ni fumée, ne tachent pas les tapis et leur consommation est réduite automatiquement à a5o litres à l’heure, soit 5 centimes l’heure, en prenant pour base le prix de 20 centimes le mètre cube. Leur emploi est donc économique et des plus pratiques.
- La structure même de l’appareil est ainsi conçue que les gaz de la combustion se trouvent de nouveau brûlés avant leur évacuation dans l’air.
- La coupe ci-dessus peut en donner la démonstration :
- Telle que représentée ci-dessus, cette table chauffante par le gaz peut être simplement vissée sur toutes
- Fig. 2 et 3. — Deux modèles de tables chauffantes à gaz0
- appliques à gaz existantes; mais de nombreux modèles sont établis avec piétements de tous styles, car cette table est éminemment transportable de pièce à pièce, ne nécessitant pas la présence d’une cheminée et elle trouve ainsi sa place dans toute pièce où l’on se tient.
- Le dispositif de construction permet de recevoir une
- .'Électricité
- Indicateur d’allumage. — Quand un circuit d’éclairage se développe sur une grande étendue, il est inté-
- Fig. 1. — Indicateur au repos.
- ressant de savoir, au départ des fils, si une lampe est allumée quelque part sur le circuit.
- Le problème se pose par exemple pour des lampes à
- Départ du courant
- ü
- \p/nd/cateur
- L S—
- Commutateur a / direction
- —0--------
- Fig. 2. — Schéma de montage,
- arc réparties sur plusieurs magasins ou chantiers. Il se rencontre aussi dans des installations domestiques, quand on veut savoir par exemple si une lampe est
- Circuit
- principal
- Fig. 3. — Montage ordinaire de 2 lampes.
- restée allumée dans une cave, un grenier, en général dans un local éloigné.
- Un petit appareil, de pose aisée, résout la question
- Fig. 4. — Montage de ces lampes avec indicateurs.
- (fig. 1). Il se compose d’une petite bobine cuirassée formant électro-aimant, qui agit sur un noyau creux en, fer doux portant une tige de laiton peinte en rouge formant voyant. Cette bobine est placée sur un petit socle ôn marbre ou en bois et les fils de sortie de la bobine viennent aboutir à deux bornes.
- Une vis de réglage permet de faire varier la sensibilité et d’entrer plus ou moins le noyau au repos dans la bobine, pour que l’attraction soit franche lors de l’éclairage. Ce réglage est nécessaire, car les lampes à incandescence surtout n’ont pas toutes la même consommation, elle dépend du nombre de bougies.
- Voici comment il faut relier une lampe d’un .circuit à
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- l’indicateur. L’indicateur est monté en série, c’est-à-dire que le courant entre par une borne, sort par l’autre et va à la lampe (fig. a). Par conséquent, des bornes prises de courant, un fil ira à l’indicateur, un autre ira à la lampe.
- Le circuit d’une lampe étant généralement monté en dérivation sur un circuit principal, il faudra détacher
- Fig. 5.
- Lampe éteinte. Lampe allumée.
- un fil de la prise de dérivation et l’allonger pour le ramener directement à la borne prise de courant avant l’indicateur.
- Les figures 3 et 4 expliquent clairement ce cas. Les modèles restent sensiblement les mêmes pour les lampes à arc ou à incandescence, seule la grosseur du fil de la bobine varie.
- Quand la lampe est allumée, le noyau est attiré, sa partie inférieure ne touche plus la vis de réglage, elle a disparu complètement dans la bobine; la partie supérieure peinte en rouge émerge complètement de la joue de la bobine (fig. 5). On peut avoir un indicateur pour tout un groupe de lampes, par exemple pour un lustre ou une série de lampes montées dans la même pièce. — S’adresser chez M. Roussel, 4, rue Robert-le-Coin.
- **> Mécanique <*
- Tampon en bois armé « le Tenax ». — Planter un clou, n est pas toujours ce qu’un vain peuple pense. Tout le monde ne sait pas frapper correctement sur la tête d’un clou; mais même cette technique acquise, tout n’est pas dit. Planter brutalement un clou dans un mur est souvent chose imprudente : si le mur est en brique, pierre ou ciment, le clou ne tiendra pas, et parfois même il détériorera gravement la paroi. De là la nécessité des tampons en bois. Le tampon a un défaut : à la longue le bois se dessèche et se rétrécit; le tampon finit par ne plus tenir dans son logement.
- Divers remèdes ingénieux ont été proposés pour parer à cet inconvénient; celui que vient d’imaginer M. Boudreaux nous semble mériter d’être classé au 1
- 2
- 3
- i. Armature. — 2. Tampon.
- 3. Le tampon prêt à être introduit dans l'armature.
- premier rang des plus simples et des plus efficaces.
- Le tampon armé qu’il a créé se compose de deux pièces : un tampon de bois de forme cylindrique et une douille métallique plissée intérieurement en cône, dont l’extérieur reste cylindrique. 9..
- Lorsqu’on introduira le tampon de bois dans l’armature placée dans son logement, les plis de celle-ci seront si énergiquement comprimés sur le tampon d’une part, et sur les parois du trou de l’autre, qu’il en résultera une adhérencé maxima entre les parties composant le « tampon armé » et les parois du mur dans lequel il sera fixé.
- L’énorme pression exercée sur les plis en éventail de l’armature par les parois cylindriques du tampon, s’opposera constamment par l’élasticité du serrage, à la sortie du tampon, quelles que soient les conditions défavorables dans lesquelles celui-ci pourrait être placé.
- Ainsi, le « Tenax »par les formes rationnelles données aux organes qui le composent, a solutionné élégamment le petit problème du scellement des tampons de bois... sans scellement. — En ventejchez M. Boudreaux, 8, rue Hautefeuille, Paris.
- *> Jouets
- Le dormeur et la mouche. — Quelle scène est plus pittoresque à mettre en jouet que celle d’un dormeur se réveillant parce que les ailes d’une mouche ont frôlé sa
- Le dormeur et la mouche.
- face pleine de calme? Il est vrai que le mécanisme des mouvements essentiels pouvait être fort compliqué, et c’est peut être la raison pour laquelle aucun inventeur ne s’était arrêté, jusqu’ici, à la reproduire. M. Boucheron a résolu le problème d’une manière simple et le résultat qu’il a obtenu est fort curieux.
- Le dormeur est assis, dans l’attitude qui convient, sur un siège porté par le socle de la boîte, à sa gauche un bouquet de fleurs d’où est sortie la mouche importune dont nous allons tout d’abord étudier les mouvements.
- Il s’agit de la faire voler devant la figure du dormeur. Pour cela on appuie sur un bouton A qui actionne un levier-ressort B fixé en D. Quand on abaisse cette touche, le levier-ressort entraîne la tige C qui com-
- Le mécanisme du jouet.
- mande un fil de fer très fin E à l’extrémité duquel est fixée la mouche M. En appuyant sur A, et en laissant ensuite agir le ressort B, la mouche décrit un arc de cercle devant la figure du dormeur.
- Celui-ci s’éveille si on pousse sur le bouton F qui commande des leviers articulés J avec points fixes pour permettre à la tige verticale de soulever la partie supérieure de la tête et faire apparaître deux yeux ouverts. Mais le dormeur éveillé doit chasser la mouche, sans quoi le jouet ne serait pas complet. Une seconde tige H, solidaire également du levier à ressort G se charge de remplir cette fonction lorsqu’on abandonne le bouton F à l’action du ressort G. La tige H soulève le bras I qui court à la mouche pendant que le dormeur reprend sa position de sommeil. L’enfant combine les pressions sur les touches A et F pour obtenir les mouvements réguliers de la mouche apparaissant sous le nez du dormeur dès que celui-ci s’endort et pour éviter le bras vengeur dès que le réveil s’est accompli. C’est là un fort beau jouet que nous verrons sans aucun doute sur nos boulevards à l’époque du Nouvel An. — L’inventeur est M. Boucheron, 4, rue de l’Eglise, à Yitry-sur-Seine.
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- CHRONIQUE
- Le concours d’appareils militaires d’aviation
- (Reims, octobre et novembre 1911)- — Le concours d’appareils militaires d’aviation de Reims vient de se terminer. Nous allons rappeler très brièvement le règlement de ce concours que nos lecteurs connaissent de longue date et nous verrons comment les appareils qui ont été présentés s’y sont comportés.
- Voyons d’abord quelles étaient les parties essentielles de ce règlement signé le 7 novembre 1910 par le général Brun, ministre de la Guerre.
- 1. Règlement. (Art. 3.) Conditions à remplir obligatoirement par les appareils. — Les appareils présentés devront réunir les conditions suivantes :
- fl) Etre construits, y compris les moteurs, en France.
- b) Etre capables de fournir un parcours en circuit fermé et sans escale, d’une longueur de 3oo kilomètres.
- c) Pouvoir porter sur ce parcours un poids utile de 3oo kilogrammes, non compiis les matières consommables, huile, essence, eau, etc., etc., nécessaires pour Faccomplissement du dit parcours.
- d) Etre munis de trois sièges pour le pilote, un aide-pilote ou mécanicien et un observateur.
- e) Réaliser une vitesse moyenne propre au moins égale à 60 kilomètres à l’heure.
- f) Pouvoir atterrir facilement dans les terres labourées, luzernes, prairies et chaumes, et pouvoir en repartir.
- g| Etre d’un transport facile, emballé ou non, par route ou par voie ferrée et pouvoir être rapidement remis en service sans réglage minutieux.
- Art. 4. Qualités désirables. — Il serait en outre désirable que les appareils répondissent aux conditions suivantes :
- h) Etre munis d’organes de gouverne, soit en double, soit à la portée aussi bien de l’aide-pilote que du pilote, de façon que chacun de ceux-ci puisse indifféremment assurer la conduite de l’appareil.
- i) Pouvoir s’enlever avec la seule main-d’œuvre du bord.
- j) Avoir devant l’observateur un champ aussi grand que possible dépourvu de toute pièce, montant, tendeur, etc.
- Ces conditions étant uniquement indiquées en vue de guider les constructeurs dans leurs travaux, n’entreront pas en ligne de compte pour le jugement du concours.
- Art. 7. Epreuves éliminatoires. — Les épreuves éliminatoires comporteront :
- a) Un examen destiné à reconnaître si les appareils sont construits dans les conditions spécifiées par le § « de l’art. 3.
- bi Trois vols exécutés à charge entière de 3oo kilogrammes, et avec les approvisionnements au complet sur des parcours aboutissant à des terrains d’atterrissage choisis dans les conditions prévues au § f art. 3. Les appareils après avoir atterri en ces points devront s’élever pour quelques minutes et y atterrir de nouveau. Après chacun de.ces vols, l’appareil sera ramené au point de départ par voie de terre ou de fer.
- c) Un vol, également à charge entière de 3oo kilogrammes, et avec les approvisionnements au complet, au cours duquel les appareils devront aller tourner autour d’un point déterminé et revenir sans escale au point de départ. Des commissaires noteront la durée de ce vol de façon à s’assurer que les appareils ont bien une vitesse supérieure à celle de 60 kilomètres à 1 heure.
- d) Deux vols d'altitude, également à charge complète. Les appareils devront s’élever en moins de i5 minutes à 5oo mètres au-dessus du sol.
- Art. 10. Epreuve de classement. — Cette épreuve comportera un voyage, aller et retour, sans escale, d’une longueur de 3oo kilomètres, avec la charge complète de 3oo kilogrammes, à une date fixée par la Commission.
- Sur la simple demande d’un concurrent, cette épreuve — comportant le même voyage — pourra être recommencée une deuxième et une troisième fois. La Commission fixera le jour de ces nouvelles épreuves en laissant entre deux voyages consécutifs un délai minimum de
- 48 heures que les concurrents pourront consacrer à la remise au point et aux réparations sur place de l’appareil, étant entendu que l’appareil lui-même ni son moteur ne pourront être changés.
- Les autres concurrents seront libres de prendre part, ou non, à ces nouvelles épreuves, mais le classement définitif du concours sera basé sur le meilleur des voyages effectués par chaque appareil.
- Art. ii. Gagnant du concours. — Le prix du concours sera attribué au constructeur de l’appareil qui aura exécuté, dans le moindre temps, l’épreuve prévue art. 10.
- Art. 12. Prix et avantages accordés au gagnant du concours. — Le prix consistera en une somme de 100000 francs payée au gagnant contre l’abandon à l’Etat de l’appareil primé.
- En outre il sera fait au constructeur de l’appareil primé une commande de 10 appareils semblables qui lui seront payés à raison de 40 000 francs par appareil, dont la vitesse propre serait de 60 kilomètres à l’heure.
- Ce prix unitaire sera augmenté d’une somme de 5oo francs par chaque kilomètre de vitesse propre à l’heure, en plus des 60 premiers kilomètres.
- Les constructeurs des appareils qui auraient été classés deuxième et troisième recevront respectivement une commande de 6 et de 4 appareils semblables qui seront également payés 4°000 francs plus une somme de 5oo francs par chaque kilomètre de vitesse propre à l’heure en plus des 60 kilomètres.
- II. Règlement des vols prévus à l’art. 7. — Les trois épreuves d’atterrissage devaient se faire sur trois champs constitués, le premier par de la luzerne, le second, par des chaumes d’avoine, le troisième, par des terres labourées.
- Le vol prévu par le paragraphe C de l’art. 7, comprenait le trajet Reims-Mourmelon-le-Grand et retour; les appareils devaient aller tourner autour de l’obélisque situé à l’intersection de la voie romaine allant de Reims à Bar-le-Duc avec la route reliant Mourmelon-le-Grand à Bouy (distance à l’aérodrome de Reims, 3o kilom.). Les commissaires chronométraient les deux passages de l’aéroplane dans un plan vertical déterminé passant par l’obélisque. On évaluait la vitesse propre en prenant la moyenne des vitesses, à l’aller et au retour. Ce vol de vitesse servait à évaluer la consommation kilométrique et à vérifier la quantité d’approvisionnements nécessaires pour exécuter 3oo kilomètres. Dans le cas où la quantité déclarée au début du concours, par le constructeur, avec laquelle l’appareil avait exécuté ses premiers vols, était inférieure de 10 pour 100 à celle déterminée par le vol de vitesse, toute la série des vols devait être recommencée avec la nouvelle charge.
- Les deux vols d’altitude devaient aussi être effectués à charge complète. Les appareils devaient s’élever en moins de i5 minutes à 5oo mètres au-dessus du sol. Les mesures de hauteur et de durée étaient faites au moyen des baromètres enregistreurs.
- L’épreuve de classement s’est courue enfin sur le parcours Reims-Amiens et retour.
- Les appareils admis à concourir ont été au nombre de 3i. Ce sont :
- Monoplans : 3 Deperdussin, 2 Blériot, 1 Nieuport,
- 1 Morane, 1 Antoinette, 1 Hanriot.
- Biplans : 6 Breguet, 3 Henri Farman, 3 "Voisin,
- 2 Maurice Farman, 2 Goupy, 1 Astra, 1 Astra-Wright, 1 Savary, i Coanda.
- Triplans : 1 Paulhan, 1 Astra.
- III. Appareils admis à l’épreuve de classement. — Sur ces 3i appareils, 9 seulement ont subi avec succès les épreuves éliminatoires, ce sont :
- Bréguct.
- M. Farman. M. Farman. Bréguct..
- II. Farman. Savary. Depenlussin. Deperdussin. Nieuport.
- Moteur Gnome.
- Moteur Renault. Moteur Renault. Moteur Gnome.
- Moteur Gnome.
- Moteur Labor-Aviation. Biotour Gnome.
- Moteur Anzani.
- Moteur Gnome.
- ICO chev. poids à vide 652 kg.
- 70 cliev. poids à vide 690 —
- 70 cliev. poids à vide 652 —
- 110 chev. poids à vide 658 —
- 100 chev. poids à vide 171 —
- 70 chev. poids à vide 708 —
- •100 chev. poids à vide 452 —
- 80 chev. poids à vide 430 —
- 100 chev. poids à vide 4So —
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- CHRONIQUE
- Les Bréguet ont bien réussi les deux premières épreuves d’atterrissage à Montcornet, ils ont eu delà peine à sortir de la terre labourée. Ils ont dû recommencer plusieurs fois l’épreuve de hauteur.
- Les M. Farman ont fait facilement les épreuves d’atterrissage, mais ils ont eu toutes les peines du monde à atteindre 5oo mètres en i5 minutes, surtout Bara (ne 3) qui a dû s’y reprendre à onze fois.
- L’appareil H. Farman, et les Deperdussin ont réussi facilement toutes les éliminatoires, le Savary et le Nieu-port ont été un peu lourds dans les terres labourées. A noter que le Nieuport, quoique ayant commencé un des derniers, a été le premier à être classé, car il a pu faire plusieurs épreuves dans la même journée.
- IY Appareils ayant pris part aux éliminatoires et non classés. — Le Bréguet n° i3 n’a pas pu décoller des terres labourées; il a refait officieusement l’épreuve avec plein succès un jour où le terrain n’était plus détrempé par la pluie, mais c’était le 2 novembre, il était trop tard.
- Les Blériot n’ont pas pu réussir la première épreuve. Beaumont capote une première fois à Montcornet, une deuxième fois à Reims. Desparmet a une panne de moteur; son appareil fait une chute terrible de 200 mètres et le malheureux pilote se tue.
- Les Voisin, surtout les Canards, que tout le monde croyait voir classés pour l’épreuve finale, ont eu une malechance persistante : casses à l’atterrissage ou pannes de moteur en route.
- L’appareil H. Farman n° 20 a capoté au départ de Reims (une roue s’est détachée).
- Enfin l’Astra Wright, après avoir réussi ses deux premières épreuves d’atterrissage, a capoté dans les terres labourées.
- Y. Appareils n’ayant pas même tenté la première épreuve. — La plupart des . appareils, qui n’ont pas essayé la première épreuve, n’emportaient pas le poids exigé. D’autres n’ont pu mettre leurs moteurs au point à temps.
- L’H. Farman n° 22, ayant été modifié pendant le concours, n’a pas été autorisé à prendre le départ. Enfin l’Antoinette et le Coanda, appareils absolument nou-
- veaux, n’avaient pas encore fait d’essais sérieux avant le commencement du concours et ont passé le mois d’octobre à la mise au point.
- YI. Épreuves de classement. — Le premier départ a été donné le 7 novembre; tous les appareils sont revenus peu de temps après leur départ, sauf le Nieuport, de Weyman, qui a dû'atterrir à La Yère par suite du mauvais temps.
- Le deuxième départ a eu lieu le i3 novembre. Se sont classés :
- i° Nieuport n° 35, piloté par Weyman, vitesse 117 kilomètres; 20 Deperdussin n° 29; 3° H. Farman n° 21; 4° M. Farman n° 3 ; 5° M. Farman n° 7 ; 6° Savary n° 24.
- Le Deperdussin n° 31, de Védrines, n’était pas parti ayant une avarie de moteur, les deux Bréguet ont dû atterrir en route.
- Enfin le troisième départ a été donné le 26 novembre, le temps était parfaitement calme, mais il y avait de la brume principalement sur la vallée de l’Aisne et jusqu’à Laon. Cinq appareils prennent le départ : 2 Deperdussin, 2 Bréguet et 1 Henry Farman.
- Prévost revient peu de temps après son départ disant qu’il ne voit rien, Yédrines revient quelque temps après, il a été obligé d’atterrir, son appareil volant mal. Ils repartent d’ailleurs tous deux, Yédrines après avoir changé l’incidence de ses ailes.
- Une heure après, on voit revenir presque en même temps Fisher, dont le carburateur est gelé, Prévost qui se plaint encore de ne pas voir la route, et Yédrines dont le carburateur est également gelé. Il ne reste donc plus que les deux Bréguet en l’air. Ils ne tardent d’ailleurs pas à arriver ayant donné les vitesses de 97 kilomètres et de 87 kilomètres à l’heure.
- Le classement final est donc le suivant : i° Nieuport piloté par Weyman vitesse 116 km.
- 2° Bréguet 140 chev. — Moineau — 97
- 3° Deperdussin — Prévost — 9 2
- 4° Bréguet 100 chev. — Bregi — 87
- 5° Farman — Fisher — 82
- 6° M. Farman — Barra
- 7° M. Farman — Rénaux
- 8° Savary — Frantz.
- Jteo
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Delcroix. — Il n’y a pas de moyens pratiques pour empêcher la formation de la naphtaline dans les conduites de gaz. Le seul remède est de procéder à une purification convenable du gaz à l’usine. On se sert, à cet effet, de laveurs à anthracène.
- M. de Bourgeois, à Chailly. — L’opération peut se faire, mais elle est assez délicate et il serait plus pratique de confier le travail à un spécialiste du laitonisage : M. Jemini, 2 bis, cité Popincourt, Paris, par exemple. Pour la description des procédés, voir les nombreux manuels de galvanoplastie. Le meilleur est celui de Roseleur (Pascalis, édit., rue Chapon, Paris).
- M. II. G., Boufarick. — Très certainement, il n’existe d’ouvrages comme vous en voudriez un. Si vous n’avez pas de praticien pour diriger l’affaire, le mieux serait de confier l’installation à un spécialiste qui fournirait le personnel de mise en route e.t vous donnerait tous l'es renseignements nécessaires pour étudier l’affaire. Adressez-vous par exemple à M. Cheffersky, ingénieur, r3, rue des Minimes, Paris; à M. Morane, 10, rue du Banquier, Paris.
- Abonné à Paris. — Pour obtenir des émulsions stables avec une huile et de Veau, il faudrait faire des essais à la machine à homogénéiser, employée pour stabiliser le lait par injection sous très forte pression d’un filet
- liquide extrêmement mince se brisant sur une surface dure. Les constructeurs parisiens de ces appareils sont MM. Gaulin, 170, rue Michel-Bizot; Hignette, 162,boulevard Yoltaire; Mayer, 25i,rue Lecourbe.
- M. Baratoux, à Brest. — Le Bulletin of the Mount Weather Observatory est publié par le U. S. Weather Bureau; U. S. Départaient of Agriculture, Washington. C’est une publication officielle. Pour vous le procurer, écrivez à M. Willis Moore, directeur de ce service.
- M. Courtres, à Paris. — Si vous employez des lampes à filaments métalliques, une dynamo d’une puissance de 2,5 kilowatts sera vraisemblablement suffisante. Le choix de la tension de cette machine, et par suite de l’ampérage, dépend pour beaucoup de la façon dont vos lampes seront montées, et réparties (s’agit-il d’éclairer un immeuble vaste, ou quelques pièces rapprochées?). Une dynamo bien employée peut durer de longues années. Lisez le Manuel de l’électricien de J. Laffargue, publié chez Bernard Tignol, quaides Grands-Augustins, Paris. Prix : 10 francs.
- M. Hibernac, rue Saint-Pierre, à Marseille. — L’échantillon de soudure soumis à notre examen contient du plomb, de l’étain, ou plus d’antimoine et pas de bismuth. C’est une soudure ordinaire rendue un peu « aigre » par l’antimoine. Mais, nous l’avons bien constaté, elle ne permet pas de souder sans emploi de décapant. Les camelots qui s’en servent ont un truc que nous décrirons dans une de nos prochaines recettes.
- M. E. IL — Le mieux, pensons-nous, serait de mouiller légèrement les parois. Yoir pour tous détails sur la préparation des cires à cacheter, le Manuel du fabricant d’encres, par Gouillon (Garnier frères, éditeur, rue des Saints-Pères).
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- M. Durrière, à Beâtijeu. -—Il existe à Reims plusieurs constructeurs spécialistes d’appareils pour la fabrication des vins mousseux. Pour vous documenter, le mieux serait d’écrire à M. Weymann, pharmacien chimiste, à Epernay en lui demandant son Traité du travail des vins mousseux, prix : 3 francs, et les adresses de constructeurs faisant le matériel dont vous avez besoin.
- M. Delcroix, à Varsovie. -— Vous pourriez vous procurer le Manuel du doreur (Mulo-Roret, éditeur, rue Hautefeuille) ; mais aucun volume ne peut vous apprendre à manipuler des feuilles d’or, c’est question d’habitude et de délicatesse de main. Le mieux serait de voir chez votre relieur comment s’y prennent les ouvrières pour « coucher » l’or en feuilles sur les dos de volume avant qu’on y passe les caractères chauds.
- M. P. Lefebvre, à Uarnetal-lès-Rouen. — Problème très difficile à résoudre. La condensation provenant de l’excellente conductibilité du métal, il faudrait pouvoir le revêtir d’une peinture thermo-isolante.
- M. E. W., à Alexandrie. — L’extraction de l’acide phénique du goudron ne peut être faite que par traitements complexes : distillation fractionnée, épuration chimique, exclusivement industriels et seulement applicables avec un coûteux appareillage. Pour avoir une idée sommaire de ces industries, vous pouvez consulter le petit volume de V. de Vuilitch sur la distillation du goudron (prix : a fr. 5o, Masson, édit.)............
- M. Ant. Elosegui, à Toloza. Nous ferons, au laboratoire, des essais pour émulsionner l’oléine. Nous désirerions auparavant que vous nous indiquiez de quel genre d’oléine il s’agit (le mieux serait non seulement d’indiquer l’origine, mais d’envoyer un petit échantillon ioo grammes par exemple), à quelles doses il est.néces-saire de l’incorporer à l’eau, si cette oléine peut être partiellement saponifiée, et à quel usage est destiné le produit. Ces renseignements qui resteront confidentiels nous sont indispensables pour étudier rapidement, et convenablement la question. .
- M. V. E. D., à Paris. — i° Nous ferons des essais à ce sujet et nous publierons les résultats sous forme de « recettes » ; — 3° il s’agit de dalles en ciment superficiellement recouvertes d’une sorte de béton fait avec de petits morceaux de granit {comme des npix, des noisettes), ou de porphyre et du ciment. Après prise', on meule la surface sur de l’acier sablé. Très solide, ce/s dalles sont seulement fabriquées en Allemagne, vous n’en trouverez la description que dans les ouvrageb allemands. . Nous publierons bientôt là-dessus un article; — 3° consulter l'Initiation chimique, de Dârj-zens (prix : i francs, Hachette, éditeur); — 4U nôu|s ne connaissons rien en dehors des articles « Machine^ à coudre » dans les dictionnaires techniques de Larni et de Laboulaye. L’un et l’autre sont malheureusement désuets. ) ‘ i
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le» insectes qui digèrent à l’extérieur : Henri Coupin. — Les preuves de la réalité moléculaire : H. Vigneron. — Le transport de force électrique à noooo volts de l’Exposition de Turin : A. Troller. — Les nouveaux abattoirs de Lyon : Victor Cambon. — Locomotive à foyer à tubes d'eau de la Compagnie du Nord : R. BonniN. — L’envoi radiotélégraphique de l’heure et des télégrammes météorologiques : J, Loisel. — Académie des sciences; séance du 27 novembre 1911 : Ch.de Villedeuil. — Un dirigeable en bois.
- Supplément, — Nécrologie : le professeur Montgomery, — Catastrophe sur les chemins de fer de l’Etat.
- La forêt, son rôle dans la nature et les sociétés, par A. Jacquot. Paris. Berger-Levrault, 1911. 1 vol. in-8°. Prix : 3 fr. 5o.
- Tout le monde comprend aujourd’hui les inconvénients de la « déforestation », et les méfaits de cette des traction’aveugle d’une de nos plus grandes sources de richesse sont très bien mis en relief par l’auteur. L’influence de la forêt sur les météores (gelée, pluie, grêle, vent), les sources, les avalanches, les inondations, et son action sur le climat; le rôle hygiénique des massifs boisés, leur mission esthétique et sociale ; enfin la nécessité et les avantages du reboisement sont pour lui matière à développements aussi neufs qu’intéressants. C’est la philosophie du reboisement mise à la portée de tous, et plus spécialement des propriétaires de forêts.
- Actes, documents et comptes rendus du congrès de la prévention des accidents du travail et de l’hygiène industrielle, tenu à Reims. Un fort vol. in-8 de 392 pages avec fig. Société d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf, Paris. Prix : 12 fr. 5o.
- Principaux rapports contenus dans ouvrage. — Sécurité des câbles métalliques. Ventilation et humidification dans l’industrie textile envisagée au point de vue de l’hygiène. L’air irrespirable dans les locaux industriels et commerciaux. Fabrication de la poudre d’aluminium; ses dangers, leur prévention. Les eaux résiduaires des blanchisseries. L’hygiène individuelle dans les petites industries de l’alimentation. Calcul des éléments envisagés dans la pratique de l’élimination des buées. Etiologie et prophylaxie du charbon professionnel. Examen des moyens à prendre dans
- l’industrie contre les trépidations et le bruit. Conditions d’hygiène et de sécurité dans les industries de la soie. Condition d’hygiène et de sécurité dans les moteurs à explosion. Eclairage des ateliers et autres locaux affectés aux travail.
- Matières cellulosiques, par MM. Beltzer et Jules Persoz. 1 vol. petit in-12 de 454 p. avec 44 fig- — Paris, 1911, Ch. Béranger, éditeur,T5, rue des Saints-Pères. Prix : 7 fr. 5o.
- Dans cet ouvrage, qui fait partie de la collection des Manuels pratiques d’analyses chimiques publiés sous la direction de MM. Bordas et Roux, M. Beltzer a traité la partie cellulose et textiles et M. Persoz les pâtes à papier et essais des papiers. Le lecteur y trouvera la définition de la cellulose et l’exposé de ses propriétés, la classification des celluloses et la description des celluloses normales (coton), matières plastiques artificielles (fibres diverses), suivie ,du sthénosage. Le deuxième chapitre comprend la description des celluloses composées (ligno-celluloses, pecto-celluloses et muco-celluloses, adipo-celluloses et ento-celluloses). L’étude analytique du papier embrasse l’examen des pâtes à papier, des papiers, de l’encollage, de la nature des fibres et de leur dosage et des essais divers concernant le papier. La bibliographie des matières cellulosiques complète l’ouvrage.
- Les principaux appareils à acétylène. Brochure (16 X 24) de 100 pages accompagnée de gravures. En vente à l’Office Central de l’acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris. Prix : o fr. 66.
- Cette brochure contient la description d’une trentaine de générateurs à acétylène ayant tous fait leurs preuves et dont quelques-uns sont même fort connus. Ces descriptions accompagnées de schémas ont été faites d’une façon très détaillées et très claire. Les ^enseignements commerciaux tels que prix, poids, charge en carbure, etc., sont également indiqués. Un aperçu général sur l’acétylène et ses applications précède l’ouvrage"
- Ministère de l’Agriculture. Annales. Direction' de l’hydraulique et des améliorations agricoles. Comité d’études scientifiques. JFasc. 38. (Paris. Imprimerie Nationale, 1908.)
- Ce beau-volume de 411 pages, 65 planches hors texte et 248 figures, contient le rapport des missions exécutées en 1908. Savoir : I. Compte rendu sommaire
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- BIBLIOGRAPHIE
- J.
- à l’assemblée générale du 3 juin 1909. — II. Influence de la perméabilité des terres sur les conditions et les succès de l’arrosage, par M. A. Müntz. — III. Etudes glaciologiques en Savoie, par MM. Mougin et Bernard, inspecteurs des Eaux et Forêts. Ce capital travail de 140 pages est la suite des études suscitées par la catastrophe de Saint-Gervais en 1892; il porte sur les variations des eaux intérieures, la topographie, les mouvements, les variations et la météorologie des glaciers en général, et particulièrement de ceux du Mont-Blanc et de la Haute-Maurienne, les planches
- consacrées à l’état comparatif des glaciers vers i83o, 1891,1898,1907 sont fort remarquables.— IY. Rapport sur l’exploitation des marais, par M. Gèze, question économique fort importante pour la mise en valeur de marécages trop souvent considérés comme improductifs. — Y. Etude sur les eaux résiduaires de fécu-leries, par M. Girard. — YI. Expériences sur l’utilisation agricole des vinasses de distillerie de betterave, par MM. Pelissier et Le Couppey de la Forest. — VIL Exploration souterraine hydrologique des Pyrénées (ire campagne), par M. Martel.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 nov. 1911. 0° 1 N. E. 1. Neige. 7,0 Neige de 5 h. à 8 h. ; 5cm,5 sur le sol. Couv. brouill. le soir.
- Mardi 28 1° 2 N. E. 1. Couvert. 1,2 Couv. ; brouillard ; pluie de 17 h. 45 à 19 li. 10.
- Mercredi 29 ... . 7°,6 S. W 1. Couvert. » brouillard ; couvert.
- Jeudi 30 6°,7 S. S. E. 0. Couvert. » Brouillard ; couvert ; bruine.
- Vendredi 1" déc. . . 4°,6 S. E. 2. Couvert. » Couvert ; brume ; bruine.
- Samedi 2 3°,6 S. E. 2. Couvert. » Couvert ; brume.
- Dimanche 3 . . . . 4°, 5 ' S. 2. Couvert. 5,0 Couvert; pluie de 8 b. 35 à 18 b. 50.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1911. — SEMAINE DU LUNDI 27 NOVEMBRE AU DIMANCHE 3 DÉCEMBRE 1911.
- Lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- Lût courbe Supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10les flèches inférieures, lu direction du vent. Les courbes du milieu indiquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 26 novembre au icr décembre. — Le 26. Pression très élevée sur la moitié N. de l’Europe, supérieure à 770 sur la Scandinavie et la Russie : Baltique, 778. Zone de pression un peu basse sur le S.-O. : Rochefort, 755. Pluies sur le S.; neige en Autriche, en Allemagne et sur nos régions du S.-N.-E.; pluie en Frauce : Belfort, 12; Nancy, 8; Besançon, 4; Paris, 1. Temp. du matin: Moscou, —90; Nancy, O; Paris, 1 ; Nantes, 4; Toulouse, 6; Monaco, 12; Puy de Dôme, o; Yentoux, — 3; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : o°,5 (normale : 4°,2). — Le 27. Zone de pression un peu basse sur la moitié O. de la France et la péninsule Ibérique : La Corogne, 758; pression très élevée sur le N. et l’E. : Riga, 779; Moscou, 778. Pluies et neiges sur l’O. et le S.; en France : Nantes, 8; Marseille, 7; Belfort, 6; Paris, 4 ; Nice, Cherbourg, 3. Temp.-du matin : Herno-sand, —12°; Le Havre, —2; Paris, o; Clermont-Ferrand, .10; Marseille, Biarritz,. i3; Alger, 16; Puy de Dôme, 2; Yentoux, 6 ; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 4°,i).— Le 28. Pression assez basse sur l’O. : La Corogne, 760. Pluies sur l’O. Temp. du matin : Moscou, —io°; Paris, 4; Biarritz, 13; Alger, 10; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi,—5; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : 4°)- — Le 29. Relèvement rapide sur l’O., pression voisine de 770 sur nos régions,
- du Bureau Central Météorologique.
- de 780 en Russie. Pluies peu abondantes sur l’0. ; en France : Nancy, 8; Nantes, 4; Brest, Paris, Belfort, Clermont-Ferrand, 1. Temp. du matin : Moscou, —90; Brest, Limoges, 7; Paris, Toulouse, 8; Biarritz, i3 ; Monaco, 16; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 3°,9). — Le 3o. Profonde dépression sur l’Islande et les Iles-Britanniques : Reijkiavik, 723; Ecosse, Islande, 755; pression élevée, voisine de 770, sur tout le continent : Moscou, 779-Pluies sur l’O.; en France : Perpignan, 37; Toulouse, 9; Clermond-Ferrand, 5; Rochefort, 3; Nantes, i. Temp. du matin : Moscou, —120; Limoges, 2; Bordeaux, 6; Paris, 7; Lyon, 9; Marseille, «3; Monaco, i5; Yentoux, 3; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 6°,7 (normale : 3°,8). — Le 1" décembre. Baisse lente de pression sur l’O. : Ecosse, Irlande, Islande, 720; forte pression sur le reste
- du continent : Saint-Pétersbourg, 780. Pluies sur les Iles-Britanniques, l’Autriche et l’Allemagne ; en France : quelques ondées en Bretagne et dans le Roussillon. Temp. du matin : Kief, —8°; Limoges, o; Belfort, 4l Paris, Bordeaux, 5; Brest, Marseille, 9; Monaco, i3; -Yentoux, 4 ; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi, — 3 ; moyenne à Paris : 5° (normale : 3°,7). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 29, à 1 h. 5i m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Natlire » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N" 2012— 16 DÉCEMBRE 1911
- JfeD
- 1@D
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Comète Borrelly (1911 e). — Nous avons annoncé, il y a deux mois, la redécouverte de la comète périodique Borrelly faite le 19 septembre dernier, à l’Observatoire de Helwan (Egypte), par M. Knox Shaw. Cette comète fut découverte pour la première fois, à l’Observatoire de Marseille, le 28 décembre 1904, par l’astronome Borrelly, et passa au périhélie le 16 janvier igo5. Sa révolution est de 7 ans. Les éléments de son orbite ont fait . l’objet de recherches très complètes de M. G. Fayet, de l’Observatoire de Paris, qui en a publié le résultat dans le n° des Astronomische Nach-
- richten. Les éphémérides, calculées par M. Fayet, révèlent la particularité fort intéressante et fort rare pour les comètes d’être à la fois, le 18 décembre prochain, au périhélie et presque en opposition. C’est-à-dire que cet astre sera observable en d’excellentes conditions. Yoici les positions où l’on devra rechercher cette comète :
- DATES
- 9 décembre 1911 29 —
- 18 janvier 1912 7 février —
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 2 h. 49 m. 2 h. 40 m.
- 2 h. 56 m.
- 3 h. 33 m.
- — 4° 59’ -+-16° 19’ + 32°18' + 42° 37'
- La comète arrive de l’hémisphcre austral et monte directement vers le Nord en traversant les constellations de l’Eridan, de la Baleine, du Bélier et de Persée. Elle sera sans doute plus brillante qu’en igo5 et on pourra la rechercher à l’aide d’une simple jumelle.
- Une nouvelle comète. — La huitième comète de l’année 1.911 vient d’être trouvée à l’Observatoire de Nice par M. Schaumasse. Elle est donc inscrite provisoirement sous la dénomination « comète 1911 h. » M. Schaumasse l’a découverte le 3o novembre, non loin de l’étoile a de la Vierge. Son éclat est faible : 12' grandeur. Sa position, d’après un télégramme adressé à l’Observatoire de Paris, était, pour 17h 15m,9, temps moyen de Nice, le 3o novembre :
- Ascension droite = 13h 1 im 125 ;
- Déclinaison =-{-5° 5i'.
- Mouvement diurne en ascension droite : -j-3m32s; en déclinaison : —13'. D’après une observation faite le 2 décembre, par M. Abetti, à l’Observatoire d’Arcetri-Florence, la comète, à i7h 26™,9, temps moyen d’Arcetri, était située par :
- Ascension droite = i3h 19” 17* ;
- Déclinaison = + 5° 24' 29".
- Nous donnerons prochainement quelques indications sur l’orbite de ce nouvel astre.
- Souscription au monument Philippe Thomas. —
- On nous demande de rappeler la souscription ouverte pour élever un monument à Philippe Thomas, l’inventeur des phosphates de l’Afrique du Nord. Le géologue désintéressé qui, sans en profiter lui-même, a doté notre patrie d’une telle richesse, et qui a si puissamment con-
- tribué à transformer la Tunisie, mérite hautement un tel hommage. Les souscriptions sont reçues en F’rance dans toutes les succursales du Comptoir National d’Es-compte; en Algérie et Tunisie, dans celles de la Banque de l’Algérie.
- Une nouvelle source de matières tannantes : le Wattle bark — On a souvent déploré l’exploitation intensive des bois de châtaigniers qu’on abat dans toute l’Europe sans se soucier de dénuder les forêts, pour la préparation des extraits tannants destinés à la fabrication du cuir. Peut-être le malheur sera-t-il bientôt conjuré grâce à l’importation de nouvelles matières tanni-fères parues depuis peu sur le marché anglais par quantités assez importantes. Le wattle bark est constitué par l’écorce sèche de divers acacias indigènes d’Australie : Acacia pycnantha, A. decurrens. A. deal-bata. La richesse en tanin est fort élevée et varie habituellement de 35 à 45 pour 100. Les petits arbres croissent sur des sols caillouteux à sous-sol un peu humide, la végétation étant suffisamment active pour produire une self défense contre les mauvaises herbes. C’est au bout de dix ans que peut être faite la récolte; les troncs sont alors écorces par lanières qu’on fait ensuite sécher à l’ombre. On abat ensuite les troncs servant de bois de mine ou de matière première pour préparer la pâte à papier. On voit toute l’économie de la culture : pendant la croissance normale d’un chêne ou d’un châtaignier, on peut faire successivement plans et récoltes d’acacias à tanin. Aussi commence-t-on à cultiver ces plantes dans diverses régions de l’Afrique méridionale et de la Malaisie. La culture est rendue difficile par ce fait que les graines, comme celles du « maté » dont on parlait dernièrement dans ces colonnes, ne germent pas si on ne les prépare pas convenablement. On peut plonger les graines pendant 2 heures dans l’acide sulfurique fort, puis les laver à l’eau : celles qui ne sont pas carbonisées germent ensuite très vite. On peut aussi les jeter dans l’eau bouillante, ce qui est moios brutal et donne le même résultat. D’après le Tropical Agriculturist, un acre produirait en 8 ou 10 ans i5 tonnes d’écorces et 1200 arbres utilisables comme bois d’œuvre ou combustible. Aux bas prix où est le terrain, cela laisse une marge de fort beaux bénéfices. Le wattle barq est vendu en Australie 6 £ la tonne et à Londres de 9 à 10 £. On importe d’Australie 3o 000 à 5oooo tonnes d’écorces et on a planté déjà au Natal plus de 5o 000 acres *en acacias à tanin.
- Une règle étalon en quartz fondu. — Le quartz est une substance dont le coefficient de dilatation, sous l’effet de la chaleur, est extrêmement faible : 0,4 X io~e. Il était donc tout indiqué de l’employer à la construction d’étalons de longueur. C’est ce que vient de faire le National Physical Laboratory de Londres. Il a construit une règle cylindrique en quartz fondu; les deux
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- INFORMATIONS
- extrémités se terminent par des surfaces planes soudées et rigoureusement parallèles.
- Le coefficient de" frottement et l’humidité. '—
- Notre confrère Science rend compte des expériences suivantes qui tendraient à montrer que l’opinion généralement admise que le frottement de métal sur métal est beaucoup plus élevé avec des métaux humides qu’avec des métaux secs n’est pas exacte. Un disque de bronze de 7 cent. 5 de diamètre et de 6 millimètres de large est en contact avec une plaque de bronze : i° sans charge le frottement, quand quelques gouttes d’eau sont placées entre le disque et la plaque, est environ 3 fois plus fort qu’à sec; 0.° avec une charge importante pas de différence appréciable entre la marche à sec et la marche humide; 3° lorsqu’au lieu de quelques gouttes on met de l’eau très abondamment, la différence est de même inappréciable. L’action de l’eau serait tout simplement un phénomène de capillarité dont l’effet avec une forte charge deviendrait négligeable.
- Les fours ^électriques dans’fles boulangeries de Vienne. — La direction de la distribution municipale d’électricité de Vienne vient de prendre une initiative intéressante en offrant aux boulangers de la ville d’ins-staller à ses frais des fours électriques chez eux et en leur garantissant que le prix de revient de la cuisson électrique ne sera pas supérieur à celui des procédés ordinaires. La propreté et la régularité de la cuisson électrique sont des avantages trop évidents pour qu’il soit nécessaire d’insister sur l’intérêt hygiénique de ce procédé.
- La houille en Hollande. — La Hollande n’avait jamais passé, jusqu’à ces dernières années, pour un pays minier. Mais, depuis 1891 et surtout depuis 1906, l’attention a été attirée sur la possibilité de chercher dans le Limbourg le prolongement du bassin houiller allemand. Il en est résulté toute une campagne de sondages et, finalement, l’organisation d’une industrie puissante, en voie d’accroissement rapide. La houille a été reconnue en Hollande dans trois régions : le Limbourg-Sud (entre Fauquemont et Sittard) ; le Limbourg-Nord, dans la région dite Peel, entre Roermond et Venlo; enfin la Gueldre, au voisinage de Winterswyk. i° Le bassin houiller du Limbourg Sud-hollandais appartient à une zone de failles en gradins qui découpent le houiller en horsts etparties enfoncées, mais qui, dans l’ensemble, conduisent à la région très profonde de Geilenkirchen-Rothem, où l’on n’a atteint le houiller qu’à 1171 mètres, tandis qu’à Stockhein, très voisin cependant, la cote est de 38a mètres. On savait depuis longtemps que le bassin houiller de la Campine belge plonge régulièrement vers le Nord et pénètre à une profondeur inaccessible dans la province de Nord-Brabant. Au Sud-Est, il se prolonge dans le Limbourg Sud-hollandais, fortement découpé de failles SR-NW, au delà desquelles, après une zone d’affaissement très importante, sont connus en Allemagne plusieurs horsts. La dernière campagne de sondages depuis 1906 a précisé ces données, comme le montre un article de M. Clément sur la houille en Hollande (Notes techniques du Comité des houillères de France, n° 236). Dans le Limbourg-Sud, les exploitations sont actuellement faites par la mine domaniale (9 couches de charbon exploitable d’une puissance totale de 9 m.), la mine Willem (4 couches, formant 4,70) ; la mine Laura (8 couches, formant 7,90) ; la mine Cari (6 couches, formant 5,65) ; la mine Wilhelmine (7 couches == 7 m.); la mine Orange-Nassau (7 couches — 8 m. 5o). La densité de ce gisement, donnée parle rapport de la puissance exploitable à la distance entre les couches extrêmes, varie de 3 à 7 p. 100, ce qui est satisfaisant. 20 Dans le Peel, les sondages de Ylodrop, Helenaveen, Barlo, ont trouvé la tête du houiller entre 483 et 730 mètres avec des épaisseurs de charbon exploitables allant de 5 m. 62 à Ylodrop à 10 m. 24 à Kessel. 3° Enfin, dans la Gueldre, le sondage de Plan-tegaarde a atteint le houiller à 1029 m. api’ès avoir déjà traversé, entre 600 et 625 m., un lambeau de houiller déplacé. Au-dessous de 1029 m., le sondage a recoupé cinq couches de charbon à gaz sur une hauteur de 40 m.
- Les dégagements instantanés [dans les mines de houille. — Il se produit parfois dans les mines de
- houille, de brusques dégagements gazeux, caractérisés, tantôt par une projection de charbon en poudre fine, tantôt par un échappement de gaz sortant d’une fente sans projection de charbon. Les deux phénomènes sont dangereux : par le charbon projeté, par le danger d’as-phyrxie, et surtoutpar le danger d’inflammation et d’explosion, quand le gaz dégagé est le grisou. La constatation en est fréquente en Belgique, dans le bassin du Gard français, dans le bassin hongrois de Resicza, dans les mines anglaises de Shelfon (Staffordshire et de Broad Oak (Lancashire, etc.). Par exemple, dans le Gard, la proportion a été de 35 dégagements de grisou contre 125 d’acide carbonique. Les observations ont montré que le tonnage de charbon projeté pouvait atteindre 35oo tonnes et que la quantité de gaz pouvait (accident de l’Agrappe) arriver à un dégagement de 2400 mètres cubes par minute pendant un certain nombre d’heures. Quelquefois ces dégagements sont précédés par des « coups de canon » dans le massif, par des mouvements de terrain, etc., qui laissent -aux ouvriers le temps de se sauver. Ailleurs la catastrophe est brusque. De nombreuses théories ont été mises en avant. La plus répandue, due à Arnould, admet qu’il existe dans le charbon des zones préalablement imprégnées de gaz sous une pression exceptionnellement forte. L’équilibre n’y est maintenu que par la résistance des terrains et des charbons avoisinants; mais, lorsque, dans un travail quelconque, on approche de la zone dangereuse, on diminue cette résistance et l’explosion se produit. C’est là, sous une forme ou sous une autre, l’idée la plus généralement admise. D’autres hypothèses annexes ont été abandonnées, telles que l’idée de poches vides, où le gaz se serait accumulé, ou celle de grisou contenu à l’état liquide ou même solide dans les pores du charbon (le point critique du CH4 étant de —3g0. Mais d’autres théories ont été mises en avant. Pour Ghysen, la pulvérisation du charbon serait, non l’effet, mais la cause du dégagement gazeux; et l’on a admis l’existence de zones de charbon pulvérisé dues à des glissements et autres mouvements géologiques. Ce serait ainsi que les tremblements de terre auraient, sur le phénomène, une influence, qui a été plus d’une fois constatée, en déterminant de semblables zones de charbon broyé. D’après Bureau, le phénomène n’est pas à proprement parler, instantané, mais se compose d’une série d’explosions très rapprochées qui se transmettent dans le massif de charbon comme dans un tas de poudre, à mesure que le front se découvre de plus en plus par la projection même. Enfin, l’on a fait divers essais pour mesurer la pression des gaz dans l’intérieur de la houille au moymn de trous de sonde. Pour Lindsay'-Wood et pour Mallart, la pression augmente avec la profondeur du trou et avec la dureté du charbon; le débit par unité de surface du trou augmente avec la profondeur du trou et en sens inverse de la dureté du charbon. Macquet, par des expériences prolongées, a constaté que chaque dégagement instantané était précédé par une chute de pression dans les trous de sonde où on opérait les mesures, les manifestations semblent ainsi avoir une sorte de mouvement ondulatoire. Quoiqu’il en soit, les mesures de sécurité correspondantes consistent en sondages préalables pour purger le charbon de son gaz, en limitation de vitesse des travaux dans les massifs dangereux, enfin en choix d’une méthode où l’on exploite d’abord les couches non dangereuses situées sous ou sur la couche dangereuse, afin de provoquer également un drainage des gaz. En Belgique, on a eu, de 1847 à 1908, 325 dégagements instantanés déterminant 445 victimes, dont 121 au seul accident de l’Agrappe en 1879.
- Les accidents du travail en 1911. —Le nombre total des accidents suivis de mort, dans l’ensemble du commerce, sauf [les mines, minières et carrières, a été de i65o, celui des incapacités permanentes de 3452, celui des incapacités temporaires de plus de 4 jours de 399 719. Dans 5407 cas, les suites sont inconnues. L’industrie la plus dangereuse est celle des terrassements et constructions en pierre; elle a provoqué 4^1 accidents mortels, ce qui fait une proportion de 1,3 pour 100 des ouvriers employas; vient ensuite la métallurgie avec la proportion de 0,6 pour 100 et 67 morts, puis les industries chimiques avec 67 morts et une proportion de o,5 pour 100.
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- Les allumages électriques. — A l’heure actuelle, tous les moteurs d’automobile et d’aviation sont à allumage électrique, et il est absolument indispensable de bien connaître les dispositifs employés, pour en entre-ienir le bon fonctionnement.
- D’une manière générale, tous les systèmes d’allumage électrique employés comprennent :
- i° Un générateur d’énergie électrique, pile, accumulateur ou magnéto;
- a0 Un transformateur de cette énergie, bobine d’induction ou double enroulement sur l’induit de la magnéto ;
- 3° Un distributeur de courant;
- 4W Un éclateur destiné à fournir à l’endroit voulu une étincellè d’allumage, bougie, rupture ;
- 5° Un mécanisme de commande réglant l’angle d’avance à l’allumage.
- Avant de passer en revue ces divers organes élémentaires, il est nécessaire de rappeler, que pour pouvoir faire franchir par une étincelle électrique uné coupure -de quelques dixièmes de millimètre au sein d’un mélange
- gazeux comprimé, comme c’est le cas dans le moteur à explosions, il faut disposer d’un courant à très haut voltage, 20 ooo volts environ. Comme les générateurs d’énergie électrique simples, dont il sera parlé, ne produisent que des courants à bas voltage, 4 à 12 volts environ, il est nécessaire de leur adjoindre un transformateur, chargé de produire le haut voltage dont on a besoin.
- i0 Générateurs d’énergie. ^ Les piles employées sont en général du type Leclan-ché, comprenant un zinc et un charbon •entouré de bioxyde de manganèse, noyés dans du chlorhydrate d’ammoniaque. Ces piles devant pouvoir se •conserver malgré les agitations de la voiture, elles sont, ou hermétiquement fermées au moyen de vis dépréssion par un bouchon obturateur garni de caoutchouc, ou rendues sèches en y absorbant le liquide intérieur au moyen de sciure de bois. Ces piles sont associées, par quatre éléments en tension, pour disposer d’un voltage initial de quatre volts environ.
- Les accumulateurs sont le plus souvent constitués par des plaques, du type Faure, à oxyde rapporté, noyées dans un mélange d’eau distillée et d’acide sulfurique, les bacs sont en général en celluloïd et fermés par des bouchons en caoutchouc. Pour la bonne conservation des plaques, il est.nécessaire que le liquide les •recouvre.entièrement, et que sa composition soit maintenue, de manière à réaliser une densité de 18 à 20 de'-grés Baumé. Si on est amené à ajouter de l’eau, il faut •employer de l’eau distillée ou à la rigueur de l’eau de pluie. Us sont associés par groupe dé deux ou trois éléments, de manière à disposer d’un voltage initial de 4 à 6 volts suivant les bobines d’induction adoptées.
- Les deux sources d’énergie précédentes, qui sont exposées à être épuisées au moment du besoin, sont à peu près délaissées aujourd’hui pour l’allumage normal des moteurs, on les conserve seulement pour constituer un allumage de secours, sur les moteurs comportant un double allumage.
- Il est en effet rationnel de charger le moteur lui-me me, de produire l’énergie électrique nécessaire à son allu- j mage, en lui faisant actionner une machine électrique
- Allumage par rupture.
- A, magnéto ;
- B, tampon ;
- C, rupteur ;
- D, came d'allumage
- E, cylindre.
- génératrice de courant. C’est dans cet ordre d’idées, que l’on a été amené à créer les magnétos.
- Üne magnéto est un petit générateur d’électricité, un alternateur, qui comprend un inducteur formé d’aimants permanents en fer à cheval, et un induit constitué par un noyau de fer doux, sur lequel est enroulé un fil conducteur. Le bobinage est en général du type Siemens.
- L’induit tourne entre les pôles de l’aimant, perpendiculairement aux spires de l’enroulement. Par suite de cette rotation, l’état magnétique du noyau de fer doux
- Fig. 2. — Allumage par accumulateurs et bobines d’induction pour 4 cylindres. — a, accumulateur; b, distributeur d’allumage ; c, bobine à trembleur ; d, bougies ; / trembleurs.
- varie constamment, et cette variation donne naissance dans l’induit à un courant alternatif, qui est maximum quand le plan des spires se trouve à peu près perpendiculaire à la.ligne des pôles des aimants permanents.
- C’est à ce moment qu’on l’utilise pour produire l’allumage, soit en provoquant une étincelle d’extra-courant par rupture brusque, soit par étincelle à haute tension au moyen d’un transformateur.
- Ces magnétos donnent un courant de 4 à 12 volts environ, lorsqu’elles tournent au régime habituel des moteurs à explosions.
- Dans l’allumage par rupture, on emploie ce courant sans transformateur spécial.
- Le principe de ce système est basé sur cette propriété d’un noyau de fer doux d’emmagasiner, sous forme d’énergie magnétique, l’énergie fournie par un courant électrique circulant dans un fil enroulé sur lui. Lorsqu’on supprime brusquement par rupture ce courant, le fer se désaimante presque instantanément en restituant l’énergie emmagasinée, dans une étincelle extrêmement chaude, qui se produit à la coupure même.
- En pratiqué; le circuit de l’induit est normalement ouvert à l’intérieur du cylindre, une des extrémités du fil étant à la masse et l’autre à la tige isolée centrale du tampon d’allumage.
- Fig. 3. — Magnéto à basse tension à transformateur séparé. — a, magnéto; b, came d’allumage ; c, bobine ; d, bougie ;
- /, condensateur.
- Au moment où l’allumage doit se produire, une came rapproche du tampon d’allumage une pièce non isolée appelée rupteur, et l’en écarte aussitôt. Le circuit s’est ainsi fermé et rompu brusquement, et il s’est produit une étincelle d’allumage (fig. 1).
- Ce dispositif est le plus simple comme canalisation électrique, mais il comporte des commandes mécaniques assez compliquées, d’un réglage délicat pour obtenir un allumage comparable dans tous les cylindres et pouvant, en cas de bris d’une pièce du rupteur, occasionner des avaries graves dans le cylindre. Après avoir été longtemps en faveur, il est en décroissance aujourd’hui, au profit de l’allumage par bougies.
- 2° Transformateurs. — Les transformateurs employés sont de simples bobines d’induction, à noyau de fer
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- SCIENCE APPLIQUEE
- doux et à double circuit électrique : un circuit primaire constitué par un fil isolé gros et court, et un circuit secondaire formé par un fil isolé très fin et très long.
- Le générateur électrique est en relation avec le fil primaire, et la bougie d’allumage avec le fil secondaire.
- Dans les magnétos à haute tension à étincelles directes, l’induit est constitué par un enroulement de gros fil et un enroulement de fil fin, il est ainsi orga-
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- Fig. 4. Magnéto h double enroulement à étincelles directes.
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- a, magnéto ;
- b, came d’allumage ;
- c, distributeur d’allumage ;
- nisé pour servir transformateur pour le courant à bas voltage produit dans l'enroulement primaire à gros
- fil.
- Ces magnétos portent aussi le nom de magnétos à double enroulement è étincelles directes.
- Si la magnéto ne comporte qu'un seul enroulement à gros fil sur l’induit, elle nécessite un transformateur séparé qui se place, soit à une certaine distance de la magnéto elle-même (fig. 3), soit dans l'espace libre compris à la partie supérieure des aimants. Ce système offre l’avantage de permettre l'organisation d’un induit et d’un transformateur suffisamment importants pour être très robustes, mais il présente l’inconvénient de nécessiter une très grande complication de fils, et d’être par suite plus difficile à surveiller par le conducteur.
- 3" Le distributeur est l’organe chargé d*envoyer le courant au moment voulu dans les divers cylindres ; il est en général constitué par un balai commandé mécaniquement qui vient frotter successivement sur un certain nombre de plots correspondant chacun à un des cylindres du moteur (fig. a).
- 4° L'éclateur porte en général le nom de bougie. Il se compose d’un écrou creux en métal qui se visse dans un trou taraudé de la paroi du cylindre, du moteur, d’un cylindre isolant, en porcelaine ou en mica, placé dans î écrou creux précédent, et d'une tige métallique placée au centre du cylindre isolant, terminée par une pointe, un disque ou une étoile.
- </, bougie ; /, condensateur.
- Un des pôles du circuit étant à la masse, l’autre relié à la tige métallique centrale, si la distance de la pointe, du disque ou de 1 étoile, est convenablement réglée par rapport à une partie métallique de la masse, il se produit au moment voulu une étincelle d’allumage en cet endroit. Cette distance doit être comprise entre cinq dixièmes de millimètre et un millimètre.
- 5* Les commandes d avance à l'allumage sont destinées à faire varier le moment où se produit l’étincelle dans le cylindre par rapport à la position du piston, elles agissent de plusieurs manières suivant les modèles; nous les passerons en revue ultérieurement.
- A l’heure actuelle, les allumages les plus en vogue sont obtenus par la magnéto Eisemann à basse tension avec transformateur séparé (fig. 3) pour ceux que n effraient pas les canalisations compliquées, et par les magnétos à haute tension à double enroulement ^étincelles directes Éisemann, Nilmélior, Bosch, etc. (fig. 4
- GtL’examen des divers schémas permet de se rendre compte de la manière dont doivent être .installées les canalisations dans les divers cas. Capitaine Renaud.
- Jouets
- Le Landais sur échasses. — La simplicité dumé-canisme de ce jouet est vraiment curieuse, et il a fallu toute l'originalité du jeune inventeur qu'est M. Boucheron, pour résoudre le problème de la marche avec des moyens aussi simples que ceux qu’il emploie. Son Landais est monté sur deux échasses, une béquille à l’arrière apporte le second point d appui, nécessaire pendant la marche, puisque pendant les déplacements une seule, échasse repose ; sur. le sol. •
- . Le mécanisme est contenu dans le corps du sujet; il actionne, à droite et, à gauche, une manivelle A dont la bielle est constituée par une pièce B formant la jambe
- et prolongée par l'échasse solidaire de la jambe. Cette manivelle présente une rainure guidée par un point fixe C.. Lorsque le point A se déplace autour de son axe, il entraîne la manivelle ; pendant là montée et la descente, il soulève la jambe et l'échasse, et la porte ensuite vers l’avant lorsque cette manivelle prend la position horizontale. Les deux manivelles agissant à des temps opposés, les jambes se déplacent l’une 'après l’autre. Comme l'équilibre serait insuffisant sur les deux points d'appui D et F ou E et F, l’inventeur a ajouté, à chaque échasse, de minces fils de fer G et H qui assurent la stabilité de marche d’une manière parfaite. —
- .L’inventeur est M. Boucheron, 4» rue de l'Eglise, Vitry-SUr-Seine. “ •
- •«§*& Objets utiles
- ,Pince a homard. — Le homard se défend avec ses pinces quand il est vivant ; il continue quand il est cuit car on a bien du mal d'arriver à ouvrir la carapace pour déguster la chair délicate de la pince. Aussi a-t-il fallu créer des armes. La pince ci-dessous en est
- une très bien comprise. Elle est en acier nickelé très dur. Elle est dentelee et forme par la longueur de ses bras un puissant levier auquel rien ne résiste. Son bout effilé, et pinçant bien, permet aussi de retirer la chair des parties écrasées. — Chez M. Mathieu, 19, rue de Valois, Paris.
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- La lainette. — Connaissez-vous la lainette, j'en doute, car c’est une dénomination relativement nouvelle ët seuls ou à peu près, les industriels de la literie sont au courant de ce produit. La lainette est du reste un terme un peu élastique car on l’applique aux bourres de diverse nature destinées à la fabrication des matelas de bas prix ; d’autre part on le donne à la « bourre de chevrette », c'est-à-dire aux poils de bœuf, veau et chèvre qui servent aussi à fabriquer la literie bon marché. Cependant quand on dit lainette, on entend plus spécialement les débris résultant de l’effilochage des débris de tissage. Au début elle provenait exclusivement de l’effi-' lochage des déchets de fabriques de bonneterie, de draps, de couvertures', c’est-à-dire de matières neuves et relativement propres. Mais ce produit était recherché pour lé tissage dé certains draps et la lainette fut assez demandée par les fabriques pour que le prix montât dans des. proportions sensibles. Aussi certaines maisons de literies s’ingénièrent-eïlçs à trouver dans les vieilles matières usagées la lainette qui leur permet de vendre à un très bas prix des matelas confectionnés moitié crin végétal, moitié bourre. •
- Ces matières usagées proviennent en grande partie des tissus hors de services, vendus par les compagnies de chemins de fer ou les grandes administrations, vieux tapis, vieux draps, garnitures de banquettes de wagons, couvertures militaires, etc. D’autres viennent des hottes de chiffonniers. qui ramassent dans les poubelles ou dans les ordures ménagères, les morceaux, les débris de vieux tapis, de vêtements, de chiffons. Ces matières, sortant aussi bien .des chambres de malades que d’appartements sains mêlées à toutes sortes de saletés, ne présentent pas les caractères de propreté et de salubrité que l’on peut désirer pour des usages journaliers. Or, ces matières sont réunies en balles telles qu’elles sortent des mains des chiffonniers, poun. les usines d’effilochages situées en Normandie et dans les environs de Paris ; elles sont triées, classées par catégories, soumises à un battage mécanique pour enlever les poussières et arrosées d’un produit humectant (cela s’appelle ensimées en terme de métier) qui facilité le passage des tissus dans les machines à effilocher. Le produit de ces opérations constitue la lainette, qui a, en effet, une
- apparence laineuse, très peu élastique, de coloration diverse suivant les tissus qui l’ont fournie.
- Le Conseil d’hygiène de la Seine, consulté par le ministre de l’Intérieur, au sujet de la vente de cette literie réclame, a fait étudier la question par le Dr Yaillard, et, après une enquête minutieuse, celui-ci a conclu que la lainette produite dans les conditions ordinaires ne présentait pas des garanties suffisantes pour la salubrité. Les déchets servant à l’effilochage ont pu être contaminés de toutes sortes de façons, qu’ils proviennent de wagons de chemin de fer, de tapis d’appartement, de sièges ou de meubles quelconques. Le Dr Kinyoun, en Amérique, eut jadis l’idée d’étudier la composition bactériologique des poussières recueillies sur les coussins, rideaux et sièges de wagons en- circulation. Il y a trouvé du pneumocoque, du staphylocoque, du streptocoque pyogène et du cbli-bacille, c’est-à-dire quelques-uns des microbes les plus dangereux. Il est vraisemblable qu’on en trouverait autant, sinon plus dans les débris vendus par les administrations, .trouvés par les chiffoniers et concentrés dans les ateliers d’effilochage.
- Le Conseil d’hygiène estime qu’il est nécessaire que ces produits soient soumis à une désinfection préalable. C’est du reste, aussi l’avis de la Chambre syndicale. de la literie qui réclame la désinfection et le lavage avant effilochage de tous les tissus usagés destinés à la fabrication des lainettes. Le mode d’épuration peut être laisse au choix des industriels, mais il semble, comme le fait observer le rapporteur M. Yaillard, que la désinfection par la vapeur d’eau sur les vapeurs de formol n’aurait guère d’action sur des balles serrées de chiffons ou sur des amas de tapis. L’immersion dans une solution désinfectante conviendrait mieux et comme les usines d’effilochage humectent les tissus pour en rendre la séparation plus facile par les-machinesy-rien ne Jsèrait plus simple que a humecter, d’ensimer avec un produit désinfectant. Cela augmentera un peu, il est vrai, les frais de l’opération et lé prix de revient de la marchandise ; mais on sera assuré d’avoir des lainettes non nocives et de coucher sur dès matelas propres et sains, quelle que soit l’origine de la matière première et malgré leur bas prix. Dp A. C.
- VARIÉTÉS
- A propos des graines lanteugfeOLque nous avons consacré récemment aux graines sauteuses nous a attiré quelques lettres de nos lecteurs, lesquels cherchent surtout à expliquer les causes des bonds qu’exécute l’insecte, dans sa coque. Un de nos correspondants, M. M. J., s’exprime ainsi : .« L’instinct sans utilité ne me paraissant pas exister, je m’étais plu à supposer que les plantes porteuses de graines sauteuses étaient abondantes sur les berges des fleuves du Mexique et dans les terrains inondés. La période de sécheresse venant, le fruit s’enrichit en pulpe et mûrit ; le ver en profite pour se développer. La graine tombée, par le mécanisme que vous avez décrit, le ver ne tarde pas à faire cheminer sa maison ; la ligne de plus grande pente sera naturellement suivie et la graine devenue nacelle, prenant contact avec l’eau voisine, se laissera doucement descendre au gré du courant. Tantôt plus près, tantôt plus loin, l’obstacle inévitable, le coude brusque, le courant ralenti, etc., déposant la graine et son contenu sur une rive où les conditions étant favorables, le ver, après sa transformation en papillon, pourra pondre sur les fruits des plantes propices, ses œufs, et, de cette façon, grâce aux bonds sans utilité apparente du début, se dispersera dans tout le bassin d’un fleuve un insecte, qui, . d’après ma simple hypothèse, a besoin de l’eau ou, tout au moins, utilise l’eau. »
- Evidemment, -ces petits Moïse sauvés des eaux ne fçnt pas mal dans le paysage et les disciples de Ber- Il
- nardin de Saint-Pierre en vont tressaillir de joie. Malheureusement, il y a une ombre au tableau : les plantes dont il s'agit poussent dans des endroits, sinon très secs, du moins ne présentant rien de particulier au point de vue de l’humidité. Et, d’ailleurs, seraient-elles des hôtes du royaume des eaux, que je n'assurerais pas sur la vie l’infortuné Carpocapsa qui viendrait à choir dans la rivière, les échanges gazeux entre le contenu et l’extérieùr devenant alors par trop difficiles. Il y a, cependant, quelque cjhose à retenir dans l’hypothèse _de M. M. J. : c’est la relation qu’il y a peut-être entre la progression de la graine et la dissémination de .l'insecte. Cette dissémination peut, en effet, très bien s’effectuer sur le sol même, car la graine, comme il est facile de le constater, progresse avec une rapidité assez grande. Les vers, de la sorte, s’éloignent de la plante qui leur a donné asile .au début de leur, existence,, et gagnent peu à peu d’autres régions où les papillons qui en sortent plus tard ont alors plus de chances de trouver des plantes encore indemnes.
- Un autre correspondant, M. F. G., explique les pirouettes d'une autre façon. <c Comme vous l’avez dit, nous écrit-il, les bonds s’exaspèrent énormément avec la chaleur et diminuent par le froid. Or, dans le premier cas, il est bien possible que le ver exécute des bonds non pour montrer qu’il est heureux d’être au monde, mais parce qu’il souffre. Les bonds ont pour rôle d’éloigner la graine de la source de chaleur et de l’amener
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- VARIETES
- dans des endroits frais. Ce n’est pas là une hypothèse gratuite. Mettez, en effet, une poignée de graines sauteuses près d’un foyer à feu doux j vous les verrez exécuter une sauterie des plus échevelées, puis, peu à peu, s’éloigner de la chaleur, enfin se calmer au fur et à mesure que la distance devieiit plus grande. Comme disent les physiologistes, ce serait donc là du thermo-tropisme négatif. Et, dans la Nature, celui-ci est très utile. Si les graines étaient immobiles, le ver, placé au soleil — au Mexique, il n’est pas tendre — aurait vite
- fait d’être rissolé et de passer de vie à trépas. Au contraire, grâce à ses mouvements, à peine a-t-il senti les rayons solaires lui caresser désagréablement l’épiderme, qu’il bondit ; en deux ou trois sauts, il est amené à 1 ombre et peut jouir en paix des avantages de sa petite maison. » Cette hypothèse n'est pas faite pour me déplaire, mais elle n'est pas incompatible avec la première. Il n’est pas interdit, d'ailleurs, d’en émettre une autre. En société, cela remplace avantageusement le bridge et le (noble?) jeu de puzzles. Henri, Coupin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savon pour le nettoyage des mains salies de cambouis. — En place des produits spéciaux de commerce, vendus le plus souvent bien au delà de leur valeur, on em-ploira avantageusement dans les ateliers de mécanique, les garages d’autos, etc., le mélange suivant :
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- Malaxer le savon, tiédi si possible, avec les deux liquides bien mélangés au préalable; incorporer après homogénéisation la poudre de liège, qu’on peut préparer en frottant sur une fine râpe en bois, de vieux bouchons secs. Ne pas s’approvisionner d’une grande quantité, et tenir, si possible, au frais en récipients fermés, ceci pour éviter que l'essence ne s'évapore.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Une nouvelle sorte de vernis. — On emploie au vernissage depuis quelques années, sous le nom de « zapon », des collodions à base d’acétate d’amyle. Entre autres utiles applications ces vernis servent à apprêter les cols et manchettes qui pourront ainsi être aisément nettoyés à l’éponge, sans nécessité de blanchissage véritable. La mise sur le marché à peu d’intervalles de nouveaux produits, les acétates de cellulose et les dérivés chlorés des carbures d’hydrogène, permit aux fabricants de vernis de préparer des mixtures analogues au zapon, mais ayant la propriété de mieux résister aux rayures, avantage pratique très précieux.
- Ces fabricants se gardent bien de publier les formules exactes de préparation des vernis nouveaux. On sait seulement que le solvant préféré est le tétrachlor-éthane additionné d’un peu d’alcool. La cellulose acé-
- tylée doit être choisie parmi les variétés donnant des pellicules très flexibles, encore améliore-^t-on souvent la souplesse en ajoutant une petite proportion de camphre. .
- Encres sympathiques à base de sucs floraux. — D’après M. Dronne, on peut employer, comme révélateur pour écriture ou dessin invisibles tracés avec des solutions de produits chimiques très dilués, du suc de violette ou de giroflée. On emploie comme encre, soit une solution de carbonate de potassium (solution saturée étendue de six fois son volume d’eau), soit une solution saturée d’acide oxalique, soit une solution de nitrate de plomb (saturée, puis étendue au dixième)^ On laisse sécher à l’air, car, exposés au feu, lès liquides acides pourraient carboniser le papier. Le révélateur est, d’autre part, préparé en broyant au mortier avec un peu d’eau de pluie, des pétales de violettes ou de giroflées jaunes, puis en exprimant dans un nouet de toile et ajoutant au liquide 5 pour ioo d’iodure de potassium. Sous l’action d’une houppette de ouate imprégnée de ce liquide, les traits carbonatés deviennent verts ; les traits nitrés, rouge cramoisi et les traces d’acide oxalique, jaune or ou jâune verdâtre.
- Pour faire du vinaigre incolore avec du vin rouge. — Voici comment recommande d’opérer M. Monchet : le liquide, acétifié par l’un des procédés communément employés, perd la plus grande partie de sî* couleur, mais reste nettement rouge. Pour lui donner une teinte ambrée, il suffit de verser dans un litre de vinaigre, qu’on a tiré du vinaigrier, 1/4 de verre à boire, environ, de lait bien chaud, d’agiter la bouteille, laisser reposer 24 heures, puis décanter avec soin. L’opération ne modifie aucunement le goût du vinaigre.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Le bateau limnologique du lac de Genève : J. B. Charcot. ____
- A propos du tremblement de terre du 16 novembre 1911 : Ch. Dufour. — Le tremblement de terre du 16 novembre 191 x : Paul Lemoine. — Le phare de la Jument d'Ouessant : R. Bonnin. — Traversée do la butte Montmartre par le souterrain du Nord-Sud : Lucien Fournier. — L'industrie de la bergamote en Sicile î A. Chaplet. — Los évaluations géologiques en années : P. Sallior. — Académie des sciences; séance du 4 décembre 1911 î Cn. dk Villedeuil. — Le danger des wapitis : V. Forrin.
- Supplément. — Influence des rayons ultra-violets sur la fermentation acétique. — Expériences d'absorption, etc.
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- BIBLIOGRAPHIE
- gM 4m.
- Cours d’aviation, par MM. Espitallier et Ciiasseriaud, livre Ier, appareils d’aviation et de propulsion, i vol. publié par l’Ecole spéciale des travaux publics, rue du Sommerard. Paris, 19x1.
- L’ouvrage débute par l’historique de l’aviation, il donne les traits essentiels des principaux appareils existants, puis passe à la partie théorique de l’aviation, c’est-à-dire les lois de la résistance de l’air, l’étude des conditions de sustentation et d’équilibre d’un aéroplane, enfin l’étude des hélices. Ce livre, rédigé pour l’enseignement, est décrit avec un très grand souci d’ordre, de clarté et de précision; les auteurs ont su éviter en même temps l’écueil de l’excès de mathématiques. La lecture de leur livre n’exige que des connaissances élémentaires qui, on le verra, suffisent pour conduire très avant dans l’étude ^de l’aviation.
- Aviation-Agenda 1911, formulaire de l’inventeur, publié par M. Desmons, inventeur. 1 vol. 365 p. Imprimerie Levé, 17, rue Cassette, Paris. Pxûx : 2 fr. 25.
- Contient un résumé des formules et principes généraux de mathématiques, mécanique rationnelle et appliquée. Un chapitre sur l’aérodynamique rédigé par le Dr Amans, diverses communications de MM. Auclair, Boyer-Guillon sur les hélices, une étude générale sur l’aviation d’après le capitaine Duchesne, des ren-seignements juridiques.
- Recherches minières. Guide pratique de prospection, par Félix Colomer, 3° édition. In-8° de x-364 pages, avec 125 fig. H. Dunod et E. Pinat. Pai'is. Prix : cartonné, 10 francs.
- La troisième édition de l’ouvrage de M. Colomer a été complétée et mise au courant. Elle contribuent à vulgariser la question des recherches minières.
- Chemins de fer funiculaires. Transports aériens, par A. Lévy-Lambert. 2eédition augmentée. In-8 (a5-i6) de iv-520 pages avec 2i3 figures. 1911. (Encyclopédie des Travaux Publics Lechalas.) Gauthier-Yillars. Prix : i5 francs.
- L’ouvrage de M. Lévy-Lambert sur les chemins de fer funiculaires est le seul traité didactique ayant pai’u en France sur la matière. Leur lecteur trouvera méthodiquement rassemblées dans cet ouvrage une série de documents théoriques et pratiques et des descriptions de nombreuses installations existantes. Depuis i8g3, date de la première édition, les applications des funiculaires et transports par câble se sont multipliées, tandis que les funiculaires à câble sans fin d’Amérique et d’Angleterre ont dispani. En outre, l’emploi des moteurs électriques a modifié singulièrement la disposition des stations motrices des funiculaires. La nouvelle édition a été en conséquence mise à jour et remaniée.
- The Stone âge in North America, par W. K. Mooreiiead, 2 vol. in-8°. Boston et New-York, Houghton Mifllin Company. (The Riversia Press Cambridge). Londres.
- Constable, 16, Saint-James Street, Hayxnai'ket S.-W., 19x0, 3i sh. 6.
- Encyclopédie archéologique des instruments, ornements, armes, outils des ti'ibus préhistoriques de l’Amérique du Nord, avec de nombi'euses figures et des planches. Voir, dans ce même numéro, à l’occasion de ce très important ouvrage, l’article : L’âge de la pierre en Amérique du Nord. Nous y ajouterons seulement les renseignements suivants. Outre le catalogue descriptif, fait par types (avec indication de la localité pour les objets figurés ou cités), qui tient la majeure partie des deux volumes, l’ouvrage contient : i° une étude de la classification et une classification des objets préhistoriques; 20 une courte, mais bonne, monographie (par M. H. Montgomery), de l’âge..de la pierre dans le Canada, l’Utah et le Dakota; 3° des conclusions, surtout sur : la population préhistoinque de l’Amérique, l’âge de pierre aux temps historiques, l’antiquité de l’homme américain, les groupes de civilisation; 40 une bibliographie générale et une bibliographie par objets, toutes deux abondantes.
- Derrière la façade allemande, par P. D., du journal La Dépêche. 1 vol. in-16. Cliapelot, éditeur, 19x1. Prix : 1 fr. 25.
- Qu’y a-t-il derrière la façade de ce colossal édifice militaire qu’est l’Empire allemand? L’auteur répond et prouve que, si le danger allemand est bien une réalité, nous avons raison de le regarder avec calme et de continuer à travailler.
- Les Boy Scouts, par P. Vuibert. Brochure grand in-8°, avec 6 planches hors texte. Librairie Vuibert. Prix : o fr. 75.
- Quand on a lu cette jolie bi'ochui’e, au texte pi’écis et substantiel, aux pittoresques illustrations, on connaît exactement ces Boy Scouts, ces fermes et énergiques volontaires anglais dont la Ligue d’éducation nationale cherche aujourd’hui à adapter les méthodes à l’esprit fi’ançais.
- Le travail d’idéation, par E. Tassy. Paris, Alcan, 1911. 1 vol in-8°. [Bibliothèque de philosophie contemporaine). Prix : 5 francs.
- La thèse générale de l’auteur est.de montrer que le fonctionnement mental dans la formation des idées (idéation) obéit à la loi du moindre effort. C’est ce qu’il établit d’abord par une série d’exemples et d’analyses et résume dans une synthèse finale sous le titre fort heureux de dynamique mentale.
- Vergleichende Physiologie, par A. Putter. Iéna. G. Fischer, 1911, 1 vol. in-8°, 17 mk (relié : 18 mk).
- Le traité de physiologie comparée de M, Pütter est à la fois d’une forme accessible et très complet. Il traite tour à tour, au point de vue physiologique, la croissance des tissus, la nutrition, la température, la lumière, l’eau, les diverses transformations d’énergie, la réponse aux excitations, les organes des sens, etc.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — E. F. H. (École française de Hankéou). •— Si h désigne la hauteur de chute en mètres, d, son débit en litres par seconde, le produit hd représente la puissance de la chute d’eaxi exprimée
- hd
- en kilogrammètrès par seconde ; le quotient —— repre-
- 7J .
- sente sa puissance en chevaux-vapeur. En fait, une chute d’eau n’est intéressante que par son utilisation comme source de foi'ce motrice; des organes méca-
- niques, roues ou turbines sont nécessaires, qui absorbent un certain travail. Pour une première approximation, on prend en général un rendement de 75 pour x00 pour
- . , h d
- l’ensemble des appareils mécaniques, de sorte que
- représente la puissance utilisable d’un cours d’eau pour une différence de niveau donnée.
- M. Albert Simpré, Val-de-Mercy. — L’acétate d’alumine se trouve chez Pelliot, droguerie, rue du Roi-de* Sicile, Paris, en solution à io° B, vendue une dizaine de francs les 100 kilogrammes. Pour amener le bain à degré convenable, le mieux est de vous procurer un aéromètre Baumé (il y a des petits modèles à i franc et moins).
- M. Hibernai, à Marseille. — Nous analyserons votre échantillon.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- 05ST
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maux, altitude 5o'”,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 déc . 1911. 5° 3 S. w. 1. Eclaircies. » Nuag. ; brouill. bas jusq. 7 h., revient dans la soirée ; gel. blanche.
- Mardi S 5° 3 S. 4. Couvert. 2,7 Couv. jusq. 19 h. ; tr. nuag. ens ; goutt. à 13 h. ; Couronne lunaire.
- Mercredi 6 3° 9 S. W. 1. Couvert. » Couv. ou tr. nuag. jusq. 17 h. ; beau ensuite; halo lunaire
- Jeudi 7 5°,9 S. 3. Couvert. 13,6 Eclaircies à 19-20 b. ; couv. av. et ap ; pluie de 10 h. 35 à 17 h. 45.
- Vendredi 8 0°,7 S. W. 2. Beau. 4,3 Beau jusq. 10 h. puis peu nu g. ; couv. ap. 14 h. ; gel. blanche.
- Samedi 9 4°,1 S. W. 4. Couvert. 1,0 Prcsq. couv, le m ; peu nuag. le soir ; pl. de 2 b. 20 à 3 b.
- Dimanche 10. . . . 6°,1 S. 3. Couvert. 8,4 Couvert ; pluie de 7 b. 35 à 9 b. ; pluie de 10 h. à 20 h. 40.
- DÉCEMBRE 1911. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 DÉCEMBRE 1911.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- G MIDI 6 MIN 6 MIDI G MIN 6 MIDI G MIN G MIDI G MIN 6 MIDI G MIN G MIDI G MIN G MIDI G
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule ^èche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du i au 9 décembre 19x1. — Le 2. Assez profonde dépression sur l’Islande et les Iles - Britanniques : Reijkiavik, 734; Yalentia, 754; pression élevée sur le continent : Saint-Pétersbourg, 781. Faibles pluies sur le N.-O. et le Centre; en France : Ouessant, 2; île d’Aix, 1. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —70; Besançon, 1; Paris, Marseille, 4; Bordeaux, 5; Brest, 10; Monaco, i3; Puy de Dôme, 3; Ventoux, 1; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 3°,6). — Le 3. Centre cyclonique important près de l’Islande : Reijkiavik, 712; Ecosse, 747; Yalentia, 753; pression très élevée sur l’E. : Arkhangel, 783. Neiges et pluies sur le Centre et l’O. ; en France : Lorient, xo; Brest, 8; Cherbourg, 7; Nantes, 4; Boulogne, Lyon, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Belfort, —3; Paris, Toulouse, 5; Nantes, 10; Monaco, 12; Alger,'T5;' Puy de Dôme, 2; Yentoux, o; Pic du Midi, — 4; mont Mounier, — 8; moyenne à Paris : o°,6 (normale : 3°,5). — Le 4. Pression assez basse dans les parages de l’Islande et sur les Iles-Britanniques ; aire de forte pression du S.-O. au N.-E. : Gibraltar, 770; Arkhangel, 785. Pluies sur FO. ; en France : Nancy, 26; Boulogne, Cherbourg, 10; Nantes, 9; Limoges, 8; Biarritz, 7; Paris, 5. Temp. du matin : Arkhangel, —ii°; Berlin, o ; Paris, 5; Nantes, 7; Toulouse, 8; Monaco, 11 ; Alger, 14 ; Puy de Dôme, o ; Ventoux, — 1 ; Pic du Midi, —7 ; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 3°,4)* — Le 5. Nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques : N. de l’Irlande, 730; Shields, 747; pression très élevée sur le N. et l’E. : Moscou, 78a. Pluies sur l’O.; en France : Nantes, 10; Cherbourg, 9; Brest, 7; Boulogne, Nancy, 4; Nice, 3. Temp. du matin : Arkhangel, — ii°; Berlin, o ; Belfort, Clermont-Ferrand, 1; Paris, 6; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —2; Yentoux, —5; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 6°,i (normale 3°,3). — Le 6. Hausse dans
- l’O.; pression voisine de 765 sur nos régions, supérieure à 780 sur la Russie; dépressions sur l’Islande et la Méditerranée. Pluies sur FO. ; en France : Biarritz, 20; Clermont-Ferrand, 9; Dunkerque, 7; Nantes, 4; Paris, 3. Temp. du matin : Arkhangel, — i3°, Nantes, 1; Belfort, 2; Paris, 4; Toulouse, 6; Monaco, ix; Alger, 14 ; Puy de Dôme, o; Yentoux, —5; Pic du Midi, — 10; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : 3°,3). — Le 7. Profonde dépression sur l’Irlande, les Iles-Britanniques et l’O. de la France : Reijkiavik, 725 ; Slornoway, 742; Cherbourg, 750; pression élevée dans l’E. : Moscou, 784. Pluies et neiges sur le N. et l’O. ; en France : Nantes, 3o ; Cherbourg, 17; Cette, i3; Biarritz, 11; Brest, 6; Le Havre, 5. Temp. du matin : Arkhangel,
- — 90; Berlin, o; Paris, —6; Nantes, 7; Monaco, 13 ;
- Alger, 15 ; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 6° (normale : 3°,2).— 8. Situation
- atmosphérique troublée sur l’O. ; nouveau centre cyclo-niq.ue vers les Iles-Britanniques : Irlande, 742; Russie et parages des Açores, 780. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Nice, 38; Rochefort, 18; Bordeaux, x5; Paris, Boulogne, 14 ; Cherbourg, 5; Lorient, 14. Temp. du matin : lîermanstadt, —8°; Paris, Clermont-Ferrand,
- — 1; Nantes, 0; Toulouse, 3; Monaco, 10; Alger, i3; mont Mounier, —6; Puy de Dôme, —8; Pic du Midi,
- — 12; moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 3°,i). — Le 9. Minimum barométrique sur l’Ecosse : Shields, 74°) Pas de Calais, 745; Moscou, 776. Pluies sur l’O. et le S.; en France : Cherbourg, 16; Biarritz, 11 ; Nantes, Brest, 10; Nice, 9; Paris, 5. Temp. du mathn : Moscou,
- — 8°; Paris, 4; Nantes, 6; Biarritz, 10; Alger, 16; Puy de Dôme, —4‘» mont Ventoux, —6; Pic du Midi, — 12; moyenne à Paris : 5°, 1 (normale : 3°). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 6, à 3 h. 1 m. du malin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale^', de la Société de Géographie. \“J
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit ("VJ')
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2013 — 23 DÉCEMBRE 1911
- SUPPLEMENT
- JfeD
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- INFORMATIONS
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- CSK
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- Nécrologie : Edouard Bornet. — On annonce la mort de M. Bornet, doyen de la Section de Botanique à l’Académie des Sciences, où il avait remplacé le célèbre savant Tulasne. Edouard Bornet, né à Guérigny (Nièvre), le 2 septembre 1828, était un aimable vieillard qui, après avoir un moment professé la médecine, s’était depuis longtemps voué à l’étude approfondie des algues, de leurs organes reproducteurs et de leur fécondation. Dans le monde entier, on s’adressait à lui, quand on avait une algue à déterminer. Il avait publié, après la mort de son maître et collaborateur Thuret, l’ensemble de leurs recherches et découvertes dans les ouvrages suivants : Etudes phycologiques, analyses d’algues marines (1878), in-folio avec 5o planches; Notes algolo-giques, recueil d’observations sur les algues (1876-1880), etc. On lui doit en outre : Concordance der Algen Sachsens et Europa’s de Rabenhorst avec la révision des Nostacêes de Bornet, ainsi que d’innombrables communications insérées dans les comptes rendus des sociétés savantes. Tous ces travaux lui avaient valu, en 1886, l’entrée à l’Académie des Sciences et, en 1891, la grande médaille d’or de la Société linnéenne de Londres.
- Comète Schaumasse (1911 h). — Le mauvais temps et le clair de lune ont empêché ou gêné, jusqu’ici, les observations de cette nouvelle comète. A l’observatoire d’Uccle (Belgique), M. G. Van Biesbroeck l’a observée le 4 décembre, comme une faible nébulosité, sans noyau. M. Antoniazzi, à Padoue, l’a estimée de 11e grandeur le 2 décembre et, le même soir, M. Abetti, à Florence, de 12* grandeur, MM. G. Fayet et A. Schaumasse, de l’observatoire de Nice, viennent de déterminer les. éléments provisoires de son orbite, au moyen de trois observations des 3o novembre (Nice), ier décembre (Nice) et 2 décembre (Arcetri). Voici ces éléments :
- T (Passage au périhélie).............1912 février 5,317 (temps moyen
- . . . de Paris).
- <0 (Longitude du périhélie). ..... 109° 7', 6 )
- ^ (Longitude du nœud ascendant) . . 115° 12',1 >1911,0
- i (Inclinaison)............. 20° 29',4 )
- Log. q (q, distance périhélie)....... 0,06822.
- La comète s’approche du Soleil et de la Terre, et son éclat augmente lentement. On pourra la rechercher aux positions ci-après :
- Ephéméride pour i2h (t. m. de Paris).
- DATES
- 16 décembre 1911. . 18 —
- 20 . —
- 22 —
- ASCENSION DROITE DÉCMNAISON
- 14 h. 11 m. 12 s. -t- 2° 8'
- 14 h. 19 m. 10 s. -h 1°58
- 14 h. 27 m. 14 s. -4- 1° 9
- 14 h. 35 m. 23 s. +0°59
- La constante solaire. — Le Soleil rayonne incessamment, dans l’espace, une quantité prodigieuse d’énergie : lumière, chaleur, etc. La Terre en capte, au passage, une fraction infime, environ la deux-mil-liardième partie. Cette proportion si faible du rayon-
- nement solaire est cependant bien loin d’être nulle, puisqu’elle entretient à elle seule la vie sur le globe. On a désigné sous le nom de constante solaire, la quantité de chaleur reçue, à la limite de notre atmosphère, en une minute, par une surface de 1 centimètre carré exposée normalement aux rayons solaires. La mesure de cette quantité a fait l’objet de nombreuses déterminations, parfois très différentes, atteignant jusqu’à 3 et 4 petites calories, mais qui, peu à peu, avec la précision des méthodes, semblent se grouper autour d’une valeur moyenne, voisine de 2 calories. C’est ainsi que M. C.-G. Abbot a donné récemment, lors du meeting annuel de l’American Philosophical Society, les résultats d’un travail de 7 années, effectué au moyen du bolomètre et avec l’appui de l’Observatoire astrophysique de la Smithsonian Institution. Environ 5oo déterminations ont été effectuées, à Washington (au niveau de là mer), au Mont Wilson (à 1600 mètres d’altitude) et au Mont Whitney (à près de 4800 mètres). Elles s’accordent pour donner le chiffre de x,g3 calories aux époques de minima de taches solaires, et 1,91 caloi’ies aux époques de maxima, avec une erreur inférieure à 0,01 calorie. Ainsi donc, ces valeurs différentes de la « constante » solaire prouvent — ce que l’on sait d’ailleurs depuis assez longtemps — que le Soleil est une étoile variable. On pourrait s’étonner, avec raison, de voir le mot <c constante » appliqué à une quantité qui éprouve des modifications continuelles. II est bon de rappeler, à cette occasion, qu’il a été employé dans ce sens à une époque où l’on considérait encore le Soleil comme identique à lui-même, invariable dans sa constitution. Depuis la découverte de la périodicité de l’activité solaire, en i843, par Schwabe, et surtout depuis i85i, on s’accorde pour admettre la variabilité du rayonnement du Soleil. Mais le nom est resté, et aucun astronome ne saurait se méprendre, aujourd’hui, sur sa signification.
- La radioactivité des composés organiques. — Par
- leur oxydation à l’air, certaines substances organiques agissent sur la plaque photographique; telles sont la poix de Bourgogne, le galipot, l’iconogène et diverses sortes de colophanes, kino et oliban; ce fait dépend de la radioactivité, car l’action s’exerce jusqu’à une distance de 10 centimètres delà plaque, à travers du papier noir et de diverses autres substances, mais non à travers le verre, ni les métaux. La colophane, le kino et l’oliban sont à peu près aussi actifs.que l’azotate d’uranium ; les autres substances énumérées le sont davantage. La cendre de ces diverses matières organiques est inactive, ce qui montre que la radioactivité n’est pas due à des matières minérales. L’oxydation est la cause'de cette activité, qui augmente considérablement quand on mélange les substances avec le persulfate d’ammoniaque ou d’autres oxydants.
- Profondeurs de la mer Adriatique. — Les caries marines indiquaient jusqu’ici 1640 mètres comme plus
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- INFORMATIONS
- grande profondeur delà mer Adriatique, entre Brindisi et Durazzo. D'après les récents sondages accomplis à bord du vaisseau Najade par la Commission de recherches de rUnion des sciences naturelles pour l’Adriatique, cette indication et toutes celles d’ailleurs ayant trait à la profondeur de cette mer seraient incorrectes. En des points portés sur les cartes aux profondeurs i56o, 1645 et 1400 mètres, ces sondages ont seulement accusé des chiffres variables entre 1000 et 1100 mètres. La plus grande profondeur se trouverait non pas entre Brindisi et Durazzo, mais plus au nord, entre Novi et Cattaro ou Raguse, et si les chiffres des cartes ne sont pas en défaut également en cette région, elle ne dépasserait pas i3oo mètres (Société de géographie de Vienne {Autriche), 1911, n° 9).
- Une mission relative à la maladie du sommeil
- vient d’être envoyée en Afrique centrale par le gouvernement anglais, sous la direction de Sir D. Bruce. Elle a pour programme de se confiner au Nyasaland où plus de 4° cas ont été observés depuis 1909. Le plan des recherches comporte trois ans de séjour et d’études sur place.
- Circulation des voitures dans Paris. — Paris est peuplé, d’après les plus récentes statistiques, par 2 700000 personnes: ily circule une voiture par 41 habitants, et une bicyclette par 16 habitants. Or, la surface totale des chaussées delà capitale étant de 924 hectares, on a calculé que l’ensemble des véhicules qui sont appelés à les parcourir, occupe une superficie totale de g8 hectares. En d’autres termes « l’encombrement » des véhicules représente 11 pour 100 de la surface des chaussées parisiennes. Comme le nombre des véhicules en service double à peu près tous les 5o ans, on peut dès maintenant prévoir que vers 1960, le problème de la circulation sera presque insoluble. Quant aux passants, dont les trottoirs est le domaine, ils ont pour se mouvoir 672 hectares, et si toute la population parisienne se trouvait réunie au même point, elle n’encombrerait que 68 hectares. Les gens à pied ont donc l’avenir devant eux. Mais on ne saurait en dire autant des véhicules !
- Poisons des graisses végétales. — On a souvent constaté que les graisses végétales causent beaucoup plus d’accidents qne" les graisses d’origine animale. On attribue ce fait à ce que les corps gras végétaux sont souvent aromatisés par des éthers d’acides gras dont quelques -uns sont toxiques et qu’ils contiennent parfois des essences nocives, des glucosides vénéneux, des produits de décomposition de la nature des ptomaïnes, des alcaloïdes dangereux. Il serait bon que des prescriptions légales obligent les fabricants qui préparent ces substances grasses à les soumettre à des traitements supprimant la présence de ces corps dangereux pour la santé des consommateurs.
- Le bourrage extérieur des coups de mines en poussières incombustibles. —- Depuis quelques années, et surtout depuis la catastrophe de Courrières, on étudie avec grand soin les moyens d’empêcher l’inflammation des poussières dans les mines. M. Watteyne a fait récemment en Belgiques des expériences intéressantes, dans lesquelles il cherche à éviter que les coups de mine ne soient une cause d’inflammation en plaçant, au devant d’eux un amas de poussières incombustibles destiné à former barrage. Cet amas est habituellement supporté par une planche placée en travers de la galerie. Au moment où la mine fait .canon, il se forme, devant les gaz chauds de l’explosif, un nuage très dense de poussières incombustibles, qui refroidissent ces gaz et constituent un milieu impropre à la propagation de l’inflammation. Les premiers résultats obtenus ont été fort encourageants. Alors que, tirée sans aucun bourrage, la dynamite-gomme a enflammé les poussières, suivant les cas, aux charges de 100, 200 ou 3oo grammes, on a pu monter jusqu’à 700 grammes sans avoir d’inflammation, du moment que l’on mettait devant le trou un poids de poussières incombustibles au moins égal à 1 kg. 5. Naturellement, cette précaution additionnelle ne doit pas faire perdre de vue la nécessité d’employer des explosifs de sûreté et d’exécuter le bourrage ordinaire. Elle ne met pas non plus à l’abri du danger de flammes s’échappant éventuellement par des fissures formées à l’arrière de 1 orifice. Il faut, en outre, que les
- poussières employées soient bien exemptes de matières charbonneuses. Avec ces restrictions, il est probable que cette méthode nouvelle contribuera à diminuer les chances d’accident : d’une part, en amenant le refroidissement des gaz chauds à leur sortie ; de l’autre, en opposant son inertie à la détente des gaz et prolongeant leur contact avec, des parois refroidissantes.
- La compression de l’air au moyen des chutes-d’eau. — Nous avons signalé en son temps, à nos lecteurs, l’apparition du système Taylor; depuis lors ce procédé de production d’air comprimé, sans machine, s’est développé et a si bien fait ses preuves, qu’on vient, d’installer par ce moyen une station de compression aspirant 4000 mètres cubes d’air à la minute et alimentant toute la région minière de « Cobalt Camp » (Ontario). Le système Taylor consiste à utiliser la force d’une chute d’eau pour comprimer de l’air. Ce résultat, s’obtient de la façon suivante : étant donnée une chute d’eau, on creuse un puits vertical d’une profondeur déterminée suivant la pression d’air que l’on désire obtenir, puis on établit un tunnel horizontal qui sert de réservoir d’air, enfin un second puits ramène l’eau dans le canal de fuite. Si, dans ces conditions, on laisse s’écouler l’eau dans le premier puits au travers d’ajutages appropriés, cette eau aspire de l’air et l’entraîne avec elle dans sa chute vers le fond du puits où dans le tunnel-réservoir l’air se dégage ; l’eau s’écoule ensuite par le puits d’aval et l’air reste emmagasiné au fond à une pression qui est égale à la hauteur d’eau du puits servant de canal de fuite. A Cobalt Camp, la chute disponible était de 25 mètres environ et la pression à obtenir de 10 kilogrammes pâr centimètre carré. On a donc creusé le premier puits destiné à l’entraînement de l’air à une profondeur de 125 mètres de là un tunnel de capacité convenable conduit l’eau jusqu’au second puits-qui a 100 mètres de profondeur et par où l’eau s’écoule vers le canal de fuite. L’air accumulé dans le tunnel horizontal y est prélevé par une canalisation spéciale qui alimente un réseau de distribution de plusieurs kilomètres de longueur. L’air distribué aux consommateurs leur est vendu tout rendu à leur mine, à une pression de 9 kilogrammes par centimètre carré, à raison de i3 centimes environ le mètre cube.
- L’acclimatation des oiseaux de Paradis. — La
- Nature a récemment relaté les intéressantes tentatives d’acclimatation de Paradisiers qui ont été faites en Europe et aux Antilles. Le fait suivant [Bulletin de la Soc. Nat. d’acclimatation, Ier nov. 1911) est à ajouter à ceux que nous avons signalés. D’après ce bulletin, M. E. J, Brook, qui possède une des plus belles collections d’Oiseaux de Paradis, écrit à l’Avicultural Magazine-qu’il vient d’obtenir un œuf de l’Oiseau de Paradis de la Princesse Stéphanie (Astrapia Stephaniæ). Le nid était construit avec des brindilles de bouleau et une quantité de tiges et de feuilles de bambou; il est placé dans la partie intérieure de la volière sur une branche naturelle fixée au mur. L’œuf est couleur cannelle largement maculé de brun et de pourpre. Le mâle était malheureusement en pleine mue au moment de la ponte, de sorte qu’il n’y a pas de chance pour que cet œuf, lé premier pondu par un Paradisier en Europe, soit destiné à donner un jeune.
- La natalitéen Allemagne. — Depuis 1909, la natalité en Allemagne est entrée dans une période de décroissance. Le chiffre des naissances, qui, en 1908, s’élevait à 2 076 660, est tombé, en 1909, à 2 o38 357 et> en 1910, à 1 982 836. C’est la première fois depuis vingt-quatre ans que le nombre des naissances est inférieur à 2 millions par an. Proportionnellement au chiffre total de la population, le chiffre de 19x0 est le plus bas qu’on ait enregistré depuis soixante ans.
- Contre les collisions d’automobile. — Chacun connaît ces petits miroirs qui, placés à l’avant des automobiles, permettent au chauffeur de surveiller d’un coup d’œil ce qui se passe derrière sa voiture. Une municipalité anglaise (Melmesbury) vient d’avoir dans cet ordre d’idée une initiative curieuse à laquelle il convient d’applaudir. A un tournant dangereux cette municipalité 'entreprenante a fait placer un large miroir d’angle qui permet à l’automobiliste qui va tourner, d’apercevoir en temps utile les véhicules qui arrivent eux-mêmes en sens inverse et, réciproquement bien entendu.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Projections
- Chalumeau oxyacétylénique. — La question de la lumière est primordiale pour les appareils de projection et dans les endroits où l’on n’a pas l’électricité il faut se résoudre à l’emploi de sources lumineuses moins commodes. Aussi; a-t-on toujours cherché à créer des lampes de grande intensité qui restent pratiques et à la portée de tout le monde. IV!. Alexandre s’est fait une spécialité de ce genre d’appareils en se servant du chalumeau oxygène-acétylène ; deux gaz faciles à produire aujourd'hui. L’un au moyen de l’oxygénite, l’autre au
- moyen du carbur e dé calcium. Le dernier modèle auquel le constructeur s’est arrêté est surtout destiné aux cinématographes, qui en raison de la petitesse de l’image exigent une grande intensité lumineuse. En premier lieu pour assurer la sécurité on a eu soin de ne faire le mélange des gaz qu’au sortir du chalumeau : l’oxygène arrive par le tube O, l’acétylène par le tube A.
- La combustion se fait à la rencontre des deux tubes et il se produit un dard très chaud qui porte à l’incandescence un petit bloc de terres rares qui ne se creuse que très lentement et donne une très grande lumière d’environ i5oo à 2000 bougies. Le tout est monté devant tin miroir M de grand diamètre, du système Mangin, qui donne un rendement maximum. Le centrage se fait très facilement grâce aux tiges à coulisse qui supportent les différents organes. Le débit horaire de l’acétylène est d’environ 35 litres et celui de l’oxygène 45 litres.
- Le chalumeau fonctionne sans bruit et se règle une fois pour toutes au début de la séance. — Chez M. Alexandre, 53, rue Blanche, Paris.
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- ctg^NS, 'Electricité
- Le « Cyclope » lampe électrique portative.—
- S’éclairer, en gardant la liberté des mains, tel est le problème que s’est posé M. Seguy. Il l’a résolu au moven de la petite lamue électrique portative que représente notre figure. Cette lampe se porte sur le front et l’aspect qu’elle donne à qui en fait usage., justifie sa -dénomination mythologique.
- *’ ( Les cas où un éclairage de ce genre peut rendre des services sont nombreux : c’est par exemple celui du •chauffeur d’automobile réparant, après le crépuscule, quelque panne survenue à sa machine ; pour effectuer un travail dans une cave, le Cyclope remplacera avantageusement la bougie incommode et salissante, la lampe à essence dangereuse ; les médecins et les dentistes trouveront souvent aussi l’occasion d’en faire usage.
- . L’appareil comporte l’ampoule
- «lectrique frontale munie d'un réflecteur argenté, d’un poids total de 55 grammes, et les petits accumulateurs qui alimentent 1 ampoule; ceux-ci disposés en étuis de poche ou en sacoche de ceinture.
- L ensemble du « Cyclope » est vendu au prix de i5 francs, par M. Marc Seguy, 10, rue Ernestine, Paris,
- Jouets
- Le bon grand-père. — C’est un bon vieux grand-papa, à la figure toute parcheminée, qui berce maternellement sur ses genoux sa petite-fille. Touchante scène familiale exécutée avec une jolie mécanique. Le moteur est situé dans le corps du grand-père. Il actionne une bielle excentrée A terminée par une glissière C coulissant sur deux tiges DD. Les jambes étant fixées à la
- glissière se soulèvent au commandement de la bielle A; les pieds obéissant au mouvement quittent le sol et
- Le bon grand-père et son mécanisme.
- viennent ensuite s’y reposer. Comme le mouvement de chaque jambe se produit à des temps différents, la petite-fille paraît subir un bercement régulier. — L’inventeur est M. Raoul Maurin, 24, rue de Belfort, Paris, XIe.
- Quelques jouets mécaniques à très bon marché.
- — Nous présentons ensemble tous les jouets imaginés par M. Jeannet pour la vente à très bas prix. Ils sont tous faits en fer blanc et leur mécanisme est d’une simplicité parfois originale.
- Yoici par exemple « le Ballon » ; sur une plate-forme sont placés deux personnages se faisant
- Le Ballon.
- vis-à-vis : ils sont immobiles, mais les joueurs peuvent jeter un ballon de l’un à l’autre en tirant sur l’une des extrémités d’une tige métallique traversant
- la plate-forme sur toute sa longueur. Le ballon est maintenu par un simple fil de fer, articulé par une boucle sur la tige mobile et traversant la plate-forme dans une encoche. Le peu de précision de l’objet ne permet pas d’atteindre le but à chaque, traction., Sur le même principe est construit le Passage des Pyrénées mais le ballon est remplacé par un aéroplane qui franchit la chaîne de montagnes.
- La balle est assez original. Sur la plate-forme se trouve un personnage dont le bras est articulé par une tige terminée par un anneau et entourée d’un ressort à
- Le Passage des Pyrénées,
- boudin, on tire sur l’anneau pour tendre le ressort et on l’abandonne. Le ressort ramène violemment la tige à sa position de départ et le choc est transmis au bras porte-raquette qui lance alors la balle contre un but à deux couleurs, rouge et bleu, dont l’une est gagnante. Sur le même principe est construit la balle folle dans laquelle le
- La Balle folle.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- bras mobile jette la balle contre un but pourvu d’un récipient où elle reste si le joueur a bien visé.
- Le cerceau est actionné par une lame métallique dans laquelle s’engage l’extrémité du fil tenant le joueur de cerceau ; ce fil est terminé par une boucle à laquelle on imprime un mouvement de rotation en tirant et en
- A gauche : le cerf-volant. A droite • le cerceau.
- poussant alternativement la lame de commande. Le cerf-volant est construit sur le même principe, le cerceaü est simplement remplacé par un cerf-volant tenu par un fil métallique. — L’inventeur M. Fernand Jeannet n’est pas constructeur; nous verrons ses jouets au jour de l’an dans tous les bazars. Il habite, xo, rue Edgar-Quinet, à Bécon-les-Bruyères.
- Dessin
- La punaise universelle. — Quand on se sert des punaises, c’est pour piquer le papier afin de le maintenir en place. Mais si les trous ainsi pratiqués dans le papier n’ont pas d’inconvénient dans certains cas, il n’en est pas de même quand il s’agit de disposer par exemple des gravures ou des photographies sur un mur, ou sur des panneaux, pour une exposition par exemple. Dans ce cas, la punaise imaginée par M. J. Boyer rendra réelle-
- Fig. i. — Punaise universelle.
- Fig. 2. — Gravure retenue par des punaises universelles.
- ment service, car elle évite toute trace de piqûre. Gomme on le voit figure i, sa tête est fendue de façon à former une sorte de pince sous laquelle on glisse les coins du papier. La pointe assez longue et acérée entre facilement dans le bois ou le plâtre et quand la gravure est en place (fig. 2), elle est aussi solidement fixée que si la pointe traversait le papier; cependant après l’exposition il ne reste aucune trace sur les coins de celui-ci. — La punaise est en vente chez*M. J. Boyer, 38 bis, rue Fontaine, Paris.
- Objets utiles
- Enveloppe calorifuge rpour biberon. — Comment conserver tiède le lait en biberon destiné aux tout petits ? Rien déplus simple, mais encore fallait-il y songer. Une enveloppe isolante parfaitement étanche maintiendra durant plusieux’s heures la température du liquide. C’est ce que réalisent d’une façon parfaite, mais coûteuse, les bouteilles isolées par le vide (Magic et autres); c’est ce que réalise d’une façon beaucoup plus économique et très suffisante pour la pratique la gaine en liège aggloméré que confectionne la Société « Le Lidium français ».
- D’après les essais faits au Conservatoire des Arts et Métiers, un biberon de 25o centimètres cubes, rempli de lait à 98°5, accusait au bout de 3o minutes la température de 8o°, au bout d'une heure 71°; deux heures, 58°; trois heures, 45°; quatre heures, 3^°; cinq heures,
- 33°.
- Ces chiffres indiquent assez clairement l°s services que peut rendre la gaine calorifuge; — Elle est en vente à la Société Le Lidium français, i3, rue
- Laborde, Paris. Prix du biberon complet, pour i5o grammes : 1 fr. g5 ; pour 200 grammes : 2 fr. 20; pour 25o grammes : 2 fr. 45-
- Boîte à ordures hygiénique. — La boîte à oxdures ménagères, de par sa fonction même, ne peut manquer d’être un réceptacle de microbes et un foyer d’odeurs désagréables. Mais si le mal lui-même est inévitable, on peut se soustraire à ses effets. Tel est le rôle de la boîte hygiénique représentée ci-contre. Elle est munie d’un couvercle mobile formant joint hermétique. La disposition de ce couvercle, en forme de quart de sphère, permet de remplir la boîte par-dessus bord et cependant de la fermer sans crainte de rejeter au dehors une partie du contenu. Un modèle de ces boîtes se fait avec pédale permettant d’ouvrir ou de fermer le cou-
- vercle avec le pied ; ce genre de boîtes peut alors trouver son emploi dans les cabinets de médecins ou de chirurgiens. Cette boîte porte le nom de « Perfect » et se trouve chez Guignet, 28, rue de Picpus, Paris.
- Mouilleur pour enveloppes. — Ce mouilleur n’est peut-être pas, en principe, extrêmement nouveau. Mais il est d’une remarquable simplicité. Beaucoup d’instruments divers, certains assez compliqués, ont été proposés ; aucun n’est aussi pratique que celui-ci ; on n’a rien gagné.à compliquer le modèle primitif pour l'améliorer.
- Le mouilleur « Patent Damper » est un simple tube de nickel, que l’on remplit d’eau et que l’on ferme par un chapeau perforé. L’eau ne s’écoule pas, même si on renverse lé tube, une fois celui-ci fermé ; mais elle suinte doucement, quand on promène la partie perforée sur la gomme de l'enveloppe. Ajoutons que le tube, à sa partie inférieure, s’élargit en une base qui permet dele maintenir debout.
- Cette basé sert également de tampon ; une fois la gomme humectée, elle sert à rabattre et à fermer l’enveloppe.
- Ainsi notre mouilleur ne contient ni éponge, ni tampon, rien qui s’use, sè détériore où se salisse. L’objet est pratiquement inusable.
- Son prix, nickelé, est de o fr. 75 ; franco 1 franc. — En vente cliez Vergne, 47, rue Eugène-Varlin.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- CM^
- Sauf la pression qui est inférieure de 3mm,3 à la moyenne générale de 5o ans (i85i-igoo), les éléments méiéorolo^iques présentent en novembre 1911 des valeurs voisines de leurs normales.
- La température moyenne est en excès de o°,4; le minimum absolu du mois a été de —2°,2 le 26, le maximum absolu de i4°>4 le 4 et le 5.
- La pluie est egalement en léger excès avec un total de 52““.2 au lieu de 46mra,o (rapport », » 4) -
- La neige est tombée pour la première fois le 27 où elle formait le matin, sur le sol, une couche de 5cm,5 qui a disparu dans la soirée du 28.
- Le niveau de la Marne est resté inférieur à la normale jusque vers le 25, puis s’est élevé notablement eL a atteint le 28 dans l’après-midi son maximum : 3m,54, puis a baissé légèrement ensuite. La cote le ier dé cembre à 7 heures du matin était : 3m, 17.
- Pression barométrique (ait. 5oœ,3). — Moyenne des 24 heures : 754“m,oy; minimum absolu : 728mm,o le 18 à i6hiom; maximum absolu : 770““,4 le 14 a ioh35m.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des minima, 3°,07 ; des maxima, 9",61; des 24 heures, 6°,21. Minimum absolu : js°,2 le 26; maximum absolu : i4°,4 le
- 4 et le 5. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 6°,54; la plus élevée, 13'*, 1 le 14 ; la plus faible, i°,3 le 29. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, o°,45 des maxima, i4°,53; minimum absolu : -—5°,9 le i4; maximum absolu : 24°,7 le 7. Dans le sol gazonné.— Moyennes du mois (profondeur om,3o), à 9 heures : 8°,o4; à 21 heures : 8°,08; (profondeur o“,65), à 9 heures ; 9°,48 ; à 21 heures : 9°,43 (profondeur 1 mètre); à 9 heures : io0,5g; à 21 heures : io°,54- De la Marne. — Moyennes ; le matin, 8°,3i ; le soir, 8°,5r ; minimum : 5°,çi2 le 28; maximum. ii°,io le Ier.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,4o; minimum : 3mm,9 le 26 à 18 heurts; maximum : 11mm,2 le 5 à 14 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 89.8, minimum : 48 le 6 à 14 heures; maximum : 100 à
- 20 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,49-Moyenne diurne la plus faible : 0,8 le 14 ; 7 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible ; 274 heures; durée effective : 5yh4 en 16 jours; rapport : 0,22.
- Pluie. — Total du mois : 52mm,2 en 74ho.
- Nombre de jours : de pluie, 16; de pluie égale ou supérieure à imm ; 11 ; à 5mm : 6 ; de neige, 1 ; dé gelée, 4 dont 2 consécutifs à deux reprises les 14 et 15, 26 et 27; de brouillard, 7; de brume, 4; de halos solaires, 2; lunaires, 1; de rosée, 1 ; de gelée blanche, i3.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 2m,3o. Minimum ; im,6i le Ier; maximum : 3m,54 le 28.
- Maur en novembre 1911, par M. Ch. Dufour.
- Fréquence des vents : calmes, 29.
- N. ... 1 S. E . . . . l6 W 14
- N. N. E. 34 S. S. E. . . 24 W N W. i3
- N. E. . . 104 S. 43 N. W , , . I
- E. N. E . 10 S. S. W. . . 2l3 N. N. W . 0
- E . ... 3 S. W. . . . I 52
- E. S. E . 3 W . S. W . . 60
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m,i2. Moyennes diurnes : la plus élevée, 8m,i le 5; la plus faible, oœ,8 le 27; vitesse maximum : i6m,2 le '8 à i2h45m par vent S. S. W.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, — 3mm,35 ; température, + o°,39; tension de la vapeur, _j_ 0mn\09 ; humidité relative, -j-2,8; nébulosité, -j-o,43; jours de pluie appréciable, -(- 1 ; insolation, — 5h,4* ^
- jElectricité atmosphérique. — Moyenne générale (’i4 jours) ; 100 volts; moyenne diurne la plus élevée, 148 volts le 2; la plus faible, 43 volts le 25; moyenne des 9 jours où le potentiel est resté constamment positif : 110 volts; moyenne diurne la plus élevée : 148 volts le 2 ; la plus faible : 85 volts le 7; moyenne des 5 jours où l’on n’a, en outre, observé ni condensation, ni brouillard persistant : 100 volts. Amplitude diurne correspondante : o,56; amplitude nocturne ; 0,84.
- Radiation solaire. — La radiation solaire n’a pu être observée que 7 fois à 4 dates différentes. La valeur la plus élevée a été ical,i35 le 3 à nh 53ra.
- Taches solaires. — On a suivi 2 taches ou groupes de taches en 12 jours d’observation. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 3, 4. 6-10, i3, 14. 20.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 4-6, 16, 19, 20; faibles les 3, 8, 12, 17; modérées les 9-10, 14, 1 5 ; assez forte le i3.
- Mouvements sismiques. — Le ier, ph. pie. de ioh6ra à ioh24m, lin vers iih20ra; le 8, ph. pie. de i5h im à i5h 14m, fin vers i5h3om; le 13, début vers i6h25m, ph. pie. de i7hom à 17’' i5m, fin vers 18 heures. Le 16, tremblement de terre de l’Europe Centrale. Ce tremblement de terre, senti dans l’Est de la France et même à Paris par quelques personnes, a débuté à Saint-Maur à 2ih26m58s. Il a été enregistré par le baromètre à poids, dont la plume a décrit un trait vertical de 9mra et aussi par le magnétographe de la station du Yal-Joyeux. Le déplacement réel du sol paraît avoir été de l’ordre du millimètre. Les plus fortes oscillations se présentent entre 2ih28m et. 2ih3om. Fin vers 2ih5om; le 18, début 7h 48“, ph. pie. de 8h2im à 8h 33m, fin vers 81 5om; le 20, ph. pie. de i4h29m à i4h4.4m> vers i5h20m; le 28, ph. pie. entre i6h55m et i7h7m, fin vers 18 heures. Des mouvements plus faibles se rencontrent encore le 2 de 2h 20” à 2h 24“ ; le 22, de 23h 25m à 24 heures et enfin le 3o entre 12 heures et 12 heures et demie.
- IgD
- HYGIÈNE ET SANTE
- La diminution de la consommation d’eau-de-vie.
- — Serions-nous à la veille de voir enfin une barrière s’élever contre la marche croissante, depuis un certain nombre d’années, de ce triste fléau, l’alcoolisme. Peut-être s’il faut en croire une étude statistique publiée dans la Presse médicale, par notre ami J. Bertillon. Jusqu’il y a dix ans, les droits frappant l’alcool et élevés graduellement de 3i fr. 40 par hectolitre, à 60 fr., puis 90 fr., puis 156 fr., n’avaient pas eu le moindre effet sur l’abaissement de la consommation; tout au contraire, à chaque augmentation d’impôt, la consommation devenait plus forte, au grand bénéfice du Trésor, mais au grand dommage de la santé publique et de la prospérité nationale.
- Les nouvelles lois promulguées en 1897 et en 1900, fixant l’une, les droits d’hectolitre d’alcool à 220 francs,
- l’autre permettant aux municipalités d’augmenter les droits d’octroi, ont eu un effet salutaire. Il n’est, hélas, pas général, mais dans un bon nombre de grands centres, la consommation de l’eau-de-vie s’est abaissée pour céder la place à l’accroissement de la consommation du vin. Ne croyez pas que cette diminution soit encore bien considérable, mais c’est un début et, en associant nos efforts, on verra peut-être les statistiques prochaines nous donner un taux qui se rapprochera de la moyenne de consommation, il y a trois quarts de siècle, soit 1 litre 1/4 d’alcool par tête d’habitant vers ï83o.
- L’étude de M. Bertillon a porté sur 33 grandes villes de plus de 40000 habitants; c’est un résumé des documents fournis par les bureaux d’hyrgiène et qui se rapproche le plus possible (autant que peut le faire une
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- statistique), de l'exacte vérité. Or, dans tous ces centres : Angers, Avignon, Besançon, Bordeaux, Bourges, Grenoble, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Nîmes, Orléans, Saint-Etienne, Toulon, Toulouse, Troyes, le chiffre de la consommation d’alcool est tombé (moyenne) de 5 litres 1/2 â 2 litres 1/2. Comme le fait remarquer Bertillon, ce sont toutes des villes où la Boisson populaire est le vin et chose curieuse, alors que Talcool était moins demandé, le vin se buvait en plus grande quantité.
- Cette observation de diminution de consommation de l’eau-de-vie s’observe aussi dans les agglomérations de la région parisienne, véritables grandes villes que tous ces faubourgs ; mais la diminution est moins a3cusée que dans les villes de province dont je donne plus haut la liste. Comment se fait-il que le vin ait pris la place de l’alcool? Voici l’explication qu’en donne M. Bertillon et qui lui a été fournie par un certain nombre de marchands de vin. L’énorme impôt sur l’alcool et le dégrèvement complet des vins à Paris, font que le débitant gagne moins sur l’eau-de-vie que sur le vin. Il a donc intérêt à vendre le vin.
- Dans les villes où la boisson populaire est la bière,
- Boulogne-sur-Mer, Calais, Lille, Saint-Quentin, la consommation d’eau-de-vie a très peu baissé, beaucoup moins que dans la région parisienne. Dans les villes où la boisson populaire est le cidre, Brest; Cherbourg, le Havre, Lorient, Rouen, la consommation d’eau-de-vie a un peu baissé égale nent, sauf à Caen où le taux reste invariable ; mais il est bon d’ajouter que nulle part, le chiffre n’atteint la moyenne que l’on a constatée dans ces villes bretonnes et normandes. Dans une série d'années le minimum était de 9 litres r/2 et le maximum de 16 litres (Rouen) sans que la consommation du cidre ait sensiblement varié d une année à l’autre.
- Pourra-t-on obtenir des résultats plus décisifs ? M. Bertilion n’en doule pas; il faudrait, dit-il supprimer les petites distilleri s comme on l’a fait en Angleterre, supprimer le privilège des bouilleurs de cru. Il faudrait vouloir, mais, dit en terminant M. Bertillon, et je ne peux qu’approuver ses conclusions que tout hygiéniste et tout philanthrope signeraient, aussi depuis longtemps, le législateur ne le veut pas et il ne le peut pas. Il ne le pourra jamais, taut que le marchand d’eau-de-vie continuera à être le grand électeur.
- Dr A. Cartaz.
- VARIETES
- Q0C
- Les déchets des principaux fruits et légumes frais. — Le régime végétarien, qui rallie de jour en jour de nouveaux partisans tant à cause de son heureuse influence sur la santé générale qu’en raison de la cherté croissante des différentes sortes de viandes, fait une ample consommation de fruits et de légumes. Si ces derniers y entrent encore dans une plus grande proportion que les premiers par suite de leur plus bas prix et de leur plus facile obtention, on peut dire qu’ils y apportent tous presque également leurs propriétés nutritives et hygiéniques indispensables à tout régime bien équilibré.
- Mais les usages commerciaux autant que le souci de leur présentation sur le marché, sous le plus bel aspect et la meilleure forme de conservation, font que nous ne pouvons les coùsommer qu’après les avoir débarrassés de certaines de leurs parties constituantes non comestibles telles que les calices, peaux, noyaux et pépins, etc., chez les fruits, les feuilles ou fanes, pelures, racines, etc., chez les légumes. Ces parties inutilisées pour notre alimentation, et qui composent les épluchures des cuisines et une grande partie des ordures ménagères, ne sont autres que des déchets, et comme leur quantité varie avec le genre de fruits et de légumes, il s’ensuit qu’il y a réel intérêt à en connaître le pourcentage, autant pour la meilleure confection de certaines préparations culinaires, que pour la fixation de la valeur économique de ces aliments. Il va de soi, qu’en raison de la pluralité des facteurs qui influencent leur poids total, il ne peut être question, ici, que de leur poids moyen.
- [f Les chiffres ci-dessous, qui résultent des expériences entreprises, d’une part, aux Etats-Unis par W. O. At--water, miss Helen Atwater, C. F. Langworthy, etc., et, d’autre part, en France, par des savants et des profes-
- sionnels, sont des moyennes que M. J. Alquier a réunies dans son intéressante brochure, Les aliments de l’homme. Masson et Cie, (éditeurs).
- FRUITS
- Moyennes Moyennes
- îles déchets des déchets
- pour 100. pour loO.
- Abricots .... l6,54 Groseilles à ma-
- Amandes vertes. 5o,oo ciuereau . . 4,10
- Bananes .... 29,44 Mandarines. . . 3i,75
- Brugnons.... i3,3o Marrons . . . 15,92
- Cerises. .... 22,25 Nèfles . . . . 37,50
- Citrons... . . 35,43 Noix. . . . . 51,40
- Dattes 12,62 Olives . . . . 20,81
- Figues 3,60 Oranges . . . 24,i5
- Fraises 12,40 Pèches. . . . 3o,oo
- Framboises. . . 8,46 Pommes . . . 16.90
- Grenades. . . . i5,oo Poires . . • • i4,37
- Groseilles à grap- Prunes. . • • 9-76
- pes. . . . . . 20,00 Raisins. . . . 20,00
- LÉGUMES
- Artichauts . . . 76,00 Laitues pom -
- Asperges. . . . 42,38 mées. . . . 18,19
- Aubergines. . . 7,5o Melons canta-
- Betteraves . Carottes . . Choux-fleurs Choux verts (b colis). . . Concombres Haricots avec cosses .... Haricots verts .
- 21,70
- 20,48
- 27,33
- 55,3o 27,50
- 43>75
- 11,40
- Navets.........
- Petits pois avec cosses .... Poireaux . . . Pommes de terre. Salsifis blancs . Polirons .... Scaroles .... Tomates
- 23,18
- 58,12
- 25,25
- 23,73 40,00 40,70 43,5o 5,oo
- A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- Ogt
- Décoloration des huiles d’olives,—Yoici, d’après ïe rapport du consul français à Florence, le procédé employé par les paysans italiens pour décolorer partiellement les huiles d’olives, que le client préfère légèrement ambrées. Pour 100 kilogrammes d’huile, on fait dissoudre dans 25 litres d’eau de pluie 5 kilogrammes
- de tanin si l’huile est très colorée, de 1 à 3 kilogrammes si la teinte est moins forte. Cette solution est ajoutée à l’huile, après quoi on brasse énergiquement pendant un quart d’heure. On laisse reposer une demi-heure, on décante plusieurs fois après intervalles de quelques heures.
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- IgD
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne jteut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- L’électro-chromographe se trouve à la maison Heller et Coudray, 18, cité Trévise et à la maison Goussu, 46, rue de Rome, à Paris.
- Renseignements. — M. Métadier. — Le moyen le plus simple consiste à badigeonner plusieurs fois avec une solution aqueuse de silicate sodique à 3 ou 5° B. Remarquons à ce propos qu’aucun procédé ne permet l’incombustibilisation absolue : il ne peut y avoir qu’ininflammabilité et combustion rendue fort difficile.
- Mm*.P, L. de St-G., h Annonay (Ardèche). — i° Nous ne pouvons garantir que la qualité , de membre de la Société astronomique de France soit nécessairement.
- suffisante pour cela. C’est une question à débattre avec les constructeurs. — 20 Baromètres enregistreurs : M. Jules Richard, 25, rue Mélmgue, Paris ; M. Maurice Ballot, 25, rue Serpente, Paris.
- P. B., Roanne. — Vous trouverez une étude sur les compteurs électriques dans l’ouvrage : Les Compteurs électriques, par M. Bartillion, Gauthier-Villars, éditeur., Paris, 55, quai des Grands-Augustins.
- M-. P. Gautier, Montfort-FAmaury. — Traité d’horlo-gerie électrique : voyez l’ouvrage Initiation de l’horloger à /’électricité et à ses applications, par A. Berner, publié par Inventions-Revue, La Chaux-de-Fonds, Suisse.
- M. Troussel-Dumanoir, Petit-Quevilly. — Au point de vue calorifique, un mélange alcool-benzol serait possible. Mais il ne nous paraît pas recommandable pour l’application que vous voulez faire. La quantité, d’air nécessaire pour brûler son même volume n’est pas la même pour chacun de ces corps, de sorte qu’un bec approprié pour le premier donnera de mauvais résultats avec lé second. Le mieux est donc de faire vérifier votre lampe par le fabricant. Si elle ne donne pas la lumière voulue, c’est qu’il y a un défaut quelque part.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- La race Targui : Lieutenant Laibe. — Photographie des couleurs sur papier Utocolor : G. Mareschal.— Production industrielle de l’azote et de l’oxygène par l’air liquide : A. Troller. — L’âge de la pierre en Amérique du Nord : Jean-Paul Lafitte.
- — Les grains d’électricité et la dynamique électromagnétique : H. Vigneron. — Académie des sciences ; séance du 11 décembre 1911 : Ch. de Viluedeuil. — Divers emplois des moteurs Tesla : Dr A. Gradenwitz.
- Supplément. — Comète Borrelly (1911 c). —Une nouvelle comète.
- — La houille en Hollande. — Une nouvelle source de matières tannantes : le Wattle bark, etc, — A propos des graines sauteuses. — Savon pour le nettoyage des mains salies de cambouis.
- L’almanach de la coopération française et suisse pour 1912, à l’Union coopérative des Sociétés françaises de consommation, 1, rue Christine, Paris VIe.
- Cette belle brochure illustrée de 96 pages, éditée par l’Union coopérative, avec le concours d’éminents coopérateurs dé France et de l’étranger, ne coûte que o fr. 3o par poste. Elle renferme des articles très intéressants sur les œuvres coopératives et sociales en France et à l’étranger (dus notamment à MM G. Berry, de Boyve, Compère-Morel, Daudé-Bansel, Deluy, Ch. Gide, Hirschfeld,. Müller, A. Ribot, Roger-Picard, J. Siegfried, Ed. Vibert) et des documents statistiques très précieux pour les hommes d’étude et lé public.
- Initiation botanique, par E. Brucker. Paris. Hachette. 1 vol. in-16. (Collection des Initiations scientifiques). Prix : 2 francs. , . 3, .
- La surdité. Moyen d’y remédier par la lecture sur les lèvres, par Et. Boudin. Paris. Maloine, 1912. 1 vol. in-18. Prix : 4 francs.
- Basée sur l’analyse des mouvements visibles des organes buccaux, des contractions musculaires de la face et du jeu de la physionomie dans l'émission du langage articulé, la lecture sur les lèvres consiste à comprendre avec les yeux ce que l’oreille a cessé d’entendre (suppléance physiologique et mentale). M. Boudin, professeur à l’Institut national des Sourds-Muets, était particulièrement désigné pour exposer cette méthode pédagogique pratique et féconde.
- Nietzsche et les théories biologiques contemporaines, par Cl. Riciiter. Paris. Mercure de France, in-18. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur étudie quelle .a été l’attitude du fameux philosophe allemand vis-à-vis de la théorie de la des-
- cendance, issue de Lamarck, et de celle de la sélection, issue de Darwin, dresse la table de ses lectures très vastes sur les questions de biologie, et montre combien le langage des sciences naturelles a été pour sa pensée un moyen à la fois d’excitation et d’expression, dans un domaine d’ailleurs très différent du domaine biologique.
- Primitive animais, par Geoffrey Smith. Cambridge University Press, 1911, in-16, 1 sh. (Cambridge mà-nuals of Science and Littérature, 25.)
- Le règne animal et ses principales lignées de descendance. Les animaux et les plantes les plus simples, l’origine de la vie. Le « phylum » des appendiculés (annélides, le Péripate, rapport entre les annélides et les arthropodes. Les arthropodes. Les arachnides. La limule. Crustacés, etc.). Embryons et larves. Embryologie des vertébrés (faite au point de vue surtout de l’évolution). Lignée ancestrale des vertébrés (Chordés en général. Ascidies. Amphioxus. Annélides. Echinodermes. Brachiopodes). Origine des vertébrés terrestres (le point de vue paléontologique est laissé de côté). Apparition des mammifères. Le passé et l’avenir de la vie animale. Importance de l’homme dans cet avenir : domestication graduelle de la nature. — En appendice : classification phylogénique du règne animal ; principales époques géologiques. — Ce petit volume est un chef-d’œuvre de vulgarisation dés plus importantes questions de la zoologie. A cause de cela même, il est regrettable qu’il ne donne pas une petite bibliographie de bons ouvrages à lire après cette première initiation. : i.
- The wanderings of -Pedples, par A.-C. HaddOn. Cambridge. University Press. 1911, in-16, 1 sh. (Cambr. manuals of Science and Litter. 20).
- Résumé, par un maître de l’ethnologie anglaise, des connaissances actuelles sur les migrations de peuples, des temps les plus anciens à l’époque moderne. Introduction sur les causes, les conditions, et le mécanisme de ces déplacements. Résumé historique par grands domaines géographiques : Asie et Océanie., Europe., Afrique, Amérique en général, Amérique du Nord, Mexique et Amérique centrale, Amérique du Sud. Après chaque chapitre, bibliographie sommaire, mais très bien choisie. Cinq cartes de migrations, par continents. Le résumé est objectif; il écarte à peu près toute hypothèse; c’est un tour de force de condensation précise et complète.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Land and peoples of the Kasai, par M. W. Hilton-Simpson. Londres. Constable, ig11, i vol. in-8°, 16 sh.
- L’auteur a fait un séjour de deux ans au Congo. Son livre est surtout fait des observations recueillies alors. Il a mis, d’autre part, à profit les travaux récents sur l’ethnographie de cette région, et en parti-lier ceux de MM. Joyce et Torday, sur les Bushongo. Sans être vraiment un recueil scientifique, son livre est ainsi un très bon travail de vulgarisation. Il est très bien illustré, notamment de belles planches en couleurs.
- The home-life of the Osprey, par C.-A. Abbott, i vol. in-8°. London, 3i6 Righ Holborn. Witherby, 1911, 1 vol. 6 sh.
- Troisième volume de la collection où sont déjà parus l’aigle doré, la spatule et les hérons; celui-ci a pour sujet la vie naturelle, chez soi, de l’orfraie, et consiste, comme les précédents, en 32 très belles planches photographiques, après une notice substantielle. Ce sont des documents de premier ordre sur la vie réelle des oiseaux, dont on ne saurait trop louer l’intérêt intrinsèque et l’excellente présentation.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 déc. 1911. 6° 3 S. W 3. Couvert. 0,6 Pluie à 2 h. 10; peu nuageux.
- Mardi 12 2° 0 S. S. W 3. Beau. » Gelée blanche; couronne lunaire; très nuageux.
- Mercredi 13 ... . 4°.4 S. E.2. Très nuageux. 0,1 Nuageux; couronne lunaire ; halo à 11 h. ; averse à 18 h. 30.
- Jeudi 14 8°,0 S. W. 3. Beau. 0,4 Averse à c h. 13 ; peu nuageux.
- Vendredi 13 ... . 8°,6 S. 4. Pluie. 3,0 Pluie de 4 h. 10 à 8 h. 5 ; Couv. le m. ; peu nuag. le soir.
- Samedi 16 3°,7 S. S. W. 2. . Couvert. 0,5 Gelée blanche ; pluie d 4 h. 45 à 5 h. ; Très nuageux.
- Dimanche 17. . . . 8°,6 S. S. W. 3. Couvert. » Couv. jusq. 8 h. ; peu nuageux ensuite; beau après. 18 h. ; halo.
- DÉCEMBRE 1911. - SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE I7 DÉCEMBRE 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les-courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 10 au i5 décembre. — Le 10. Dépressions sur le N.-O. (Iles-Britanniques et France) : îles Scilly, ^33; Brest, 744. Tempête sur le Cotentin. Pluies sur tout le continent, neige en Finlande ; pluie en France : Lorient, i3; Cherbourg, 10; Le Mans, Dunkerque, 6;Rochefort, Biarritz, 4. Temp. du matin : Arkhangel, — io°; Lyon, o; Marseille, 2; Charleville, Toulouse, 5; Brest, 10: Alger, 14 ; Ventoux, — 6; Pic du Midi, — 8; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 3°). — Le 11. Centre de dépression sur la mer du Nord : Shields, 727 ; minimum secondaire sur le golfe du Lion. Tempête sur le Danemark et la Scandinavie. Pluies abondantes sur l’O., neige dans les pays du Nord, sur les Cévennes et les Pyrénées; pluies en France : Cherbourg, 22; Boulogne, 18; Nice, 17; Charleville, 16; Bordeaux, 15; Paris, 9. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Belfort, 4; Le Mans, 5; Bordeaux, Paris, 6; Marseille, 12; Puy de Dôme, Yentoux, —3; Pic du Midi, —11; moyenne à Paris ; 5°, 5 (normale : a0,9). — Le 12. Dépression sur l’Atlantique; fortes pressions sur le N.-E. : Moscou, 772. Pluies sur toute l’Europe. Temp. du matin : Arkhangel, — 90; Belfort, 3; Paris, 6; Marseille, i3; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : 4°.4 (normale : 2°,8) — Le i3. Dépression profonde sur l’O. : cap Lizard, 727;
- du Bureau Central Météorologique.
- pression élevée sur le N.-E. : Moscou, 773. Tempête sur les côtes de Bretagne. Pluies sur toute l’Europe ; en France : Brest, 5; Lorient, 4; Belfort, 3; Nice, Dunkerque, 2 ;. Nantes, Bordeaux, 1. Temp. du matin : Kharkof, — 140; Belfort, 1 ; Paris, 4; Clermont-Ferrand, 8; Brest, 11; Marseille, Biarritz, i3; Puy de Dôme, — 1; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 70,8 (normale ' : 20,8). — Le i4- Pression basse sur le N.-O. et entre les Açores et l’Islande, sur l’Atlantique; fortes pressions en Russie : Moscou, 773. Pluies sur l’O. et le N.; en France : Nice, 23; Lorient, 17; Cherbourg, 12; Calais, 5; Belfort, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Kharkof, — 170; Clermont-Ferrand, 6; Paris, Bordeaux, 8; Brest, 10; Marseille, 12; Malaga, i5; Puy de Dôme, Yentoux, o; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : 8°,7 (normale ; 2°,7). — Le i5. Centre de dépression sur les Iles-Britanniques, 74^ ; pression voisine de 770 en Russie; hausse générale sur le Centre et le S. Pluies sur presque toute l’Europe : Nantes, Limoges, 4; Paris, Brest, Besançon, 2; Charleville, 1. Temp. du matin : Kharkof, 170; Belfort, 3; Paris, 9; Toulouse, 10; Lyon, 12; Marseille, 14 ; Alger, 21 ; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —4î moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 2°,6). — Phases de la Lune : D. Q. le 12, à 5 h. 55 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L,â Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N# 2014 — 30 DÉCEMBRE 191
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- INFORMATIONS
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- SUPPLÉMENT
- Nécrologie : le professeur Lannelongue. — La
- mort du professeur Lannelongue, le 21 décembre 1911, fait disparaître un des principaux chirurgiens français. Né en 1840, interne en 1863, agrégé et chirurgien du Bureau central des hôpitaux en 1869, membre de l’Académie de Médecine en 1883 ; professeur de pathologie externe à la Faculté de Paris en 1884 ; membre de l’Académie deç Sciences en i8g5; sénateur en 1906. Ses principaux travaux ont porté sur la chirurgie des enfants.
- J.-R. Radau. — Jean-Rodolphe Radau, membre de la section d’astronomie à l’Académie des Sciences, est mort le 22 décembre, à l’âge de 77 ans. Né en Allemagne, mais fixé de bonne heure à Paris, il avait gardé des qualités germaniques de travail patient et méticuleux, avec un talent d’érudit et de calculateur et une certaine originalité d’esprit et de manières. Il en trouva l’application pendant les longues années où Brunetière l’employa comùie secrétaire à la Revue dès Deux Mondes et se créa ainsi une situation scientifique qui le fit nommer en 1897 membre de l’Institut à la place de Tisserand. Il était également membre du Bureau des Longitudes. On cite de lui quelques travaux de mécanique céleste et des mémoires d’astronomie.
- Un don de 500 000 francs à la Sorbonne. — La
- marquise Arconati Yisconti vient de mettre 5oo 000 francs à la disposition de l’Université de Paris pour être employés « au mieux des intérêts de la Faculté des Sciences et de la Faculté des Lettres ».
- La solubilité du graphite dans certains carbures.
- — On avait annoncé, il y a quelque temps, la propriété que possède un carbure d’hydrogène spécial, très élevé : le décacylène, de dissoudre le graphite. On a cherché récemment à vérifier cette assertion; on a opéré avec des graphites de Bavière, de Ceylan, de Sibérie. A 43o°, on n’a pas trouvé trace de solubilité; vers 5oo°, le carbure se décompose et les expériences n’ont pu être poussées à une température plus élevée. Il semble donc qu’on ne soit pas encore en possession d’un solvant du graphite, et par suite du carbone, qui permettrait de réaliser des expériences intéressantes sur la cristallisation de ce corps.
- Influence des métaux étrangers sur l’activité des catalyseurs. — Nous croyons devoir rappeler que les catalyseurs sont des substances qui, par simple action de présence, sont susceptibles de déterminer la combinaison de deux ou plusieurs autres corps qui, sans cela, resteraient inertes. L’action de ces catalyseurs est parfois gênée ou même empêchée par l’existence de certaines impuretés. Çes phénomènes sont au fond encore assez mal, connus et il est intéressant à leur sujet de signaler toutes les recherches qui peuvent contribuer à dissiper l’obscurité qui les entoure. M. Paal vient, dans cet ordre d’idée, de rechercher l’influence des métaux étrangers sur l’activité catalytique du palladium. Le palla-
- dium est un métal qui fixe facilement l’hydrogène pour le transporter sur un autre corps réducteur au contact duquel il se trouve. Or, si l’on dépose chimiquement du palladium sur un des métaux suivants : magnésium, aluminium, fer, nickel, cobalt, cuivre, zinc, argent, étain, plomb, en poudre fine ou en limaille et si on agite ces poudres avec la substance à hydrogéner au sein d’une atmosphère d’hydrogène sous diverses pressions, On trouve, pour la première heure de réaction, un fort pouvoir hydrogénant avec l’alliage palladium-magnésium, encore assez fort avec les alliages avec le cobalt et le nickel ; mais, avec les couples formés par le palladium et les autres métaux, l’action s’est montrée presque nulle, en sorte que ces métaux sont, vis-à-vis du palladium, des anticatalyseurs. Le même rôle d’anticatalyseurs est encore joué, vis-à-vis du palladium, par certains dissolvants, notamment la benzine et l’acétone, qui empêchent la fixation d’hydrogène par ce corps.
- L’oxydase des fruits. — On sait que le nom d’oxydases a été donné à une classe de ferments solubles qui possèdent la propriété générale de fixer l’oxygène sur certains composés oxydables pour les transformer en produits d’oxydation. Le type de ces oxydases est la laccase qui provoque à l’air l’oxydation du laccol, substance alcoolique de la laque de Chine et la transforme en une matière noire brillante. Nous avons d’ailleurs entretenu de ces phénomènes les lecteurs de La Nature, il y a quelques années. On a retrouvé ces ferments solubles dans divers autres produits naturels, notamment dans le règne végétal. Les oxydases existent dans les fruits où ils jouent un rôle particulier. On peut les extraire en broyant les fruits qu’on presse ensuite dans une flanelle; puis, après repos, le jus est filtré sur de l’amiante et renferme le ferment soluble. On en a extrait des noix, des pommes mûres, des pommes vertes et des poires. L’oxydase présente provoque dans le fruit la formation d’une substance tanoïde, précipitant l’albumine, mais elle n’agit qu’en solution un peu acide et d’une certaine concentration. La matière tanoïde ne se forme qu’après séparation du fruit de l’arbre. Les actions oxydantes sont plus actives dans les fruits verts que dans les fruits mûrs.
- Le port de Marseille en 1910. — On avait déjà signalé le mouvement ascensionnel constaté en 1909 dans la vie économique du port de Marseille. Un récent rapport de la Chambre de commerce de Marseille signale que cette marche progressive s’est continuée en 1910, sauf toutefois dans la minoterie, le raffinage du sucre et la savonnerie. La première de ces industries subit en effet une forte concurrence sur.les marchés du Levant (farines roumaines et bulgares) et sur le marché français (usines créées à l’intérieur du pays) ; les rafli-neurs ont souffert d’une grève de février à mai, et les savonniers de la hausse persistante des huiles.,Le trafic du port s’est élevé à 7641898 tonnes, soit 43o 000 de
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- INFORMATIONS
- plus qu’en 1909, année jusqu’alors la plus brillante. La part proportionnelle du pavillon français sur ce trafic a été de 35 pour 100 à l’importation, et de 67 à l’exportation, ce qui est des deux côtés une baisse sur 1909 (importation : 36; exportation : 70). Par contre, l’accroissement du fret français a été considérable (10 pour 100) en ce qui concerne le transport des passagers. L’auteur du rapport signale d’ailleurs qu’il ne faut pas se dissimuler que ces résultats satisfaisants tiennent pour beaucoup à des causes instables et aléatoires. Si l’on veut les maintenir, il est nécessaire de faire droit aux demandes d’améliorations que ne cesse de réclamer la Chambre de commerce, notamment : développement de l’outillage, national, remaniement de la législation douanière ; amélioration du bassin de la Madrague; étude de nouveaux bassins; modification du régime des entrepôts, etc.
- A propos du moteur solaire de M. Schuman. Le
- prix de revient. — Le moteur solaire de M. Schuman, que nous avons décrit dernièrement, présente un intérêt particulier, en ce sens que son inventeur n’a perdu de vue à aucun moment la question du prix de revient de la force qu’il désirait capter, et que l’installation qu’il a établie a été construite, sur des bases d’autant plus pratiques qu’elle est d’ores et déjà destinée à fonctionner en Egypte. Yoiei d’ailleurs les considérations économiques au moyen desquelles M. Schuman justifie l’avenir de son invention : Supposant une installation de 100 chevaux dans une région tropicale, la dépense de premier établissement sera de 100 000 francs pour une marche de 35o jours par an. La dépense annuelle (intérêt, amortissement, salaires, etc.), sera de 20000 fr. environ pour le chauffage au soleil. Les memês dépenses pour une machine à vapeur, chauffée au charbon seraient de 5oooo fr. pour l’installation et de i5ooo fr. pour l’intérêt, l’amortissement, les salaires, etc., sans le charbon, mais celui-ci représentant 520 tonnes par an, toute la question est de savoir si les 5ooo fr. d’écart entre les deux types d’installation représentent le prix du charbon à acheter pour marcher à la vapeur; or, 525 tonnes pour 5ooo fr. représenteraient du charbon à 9 fr. 5o la tonne. Le prix du charbon est en général beaucoup plus élevé que cela dans les régions où le moteur Schuman serait susceptible d’emploi (de 20 à 5o fr. en général), d’autre part, le combustible « Soleil » est tout rendu, le combustible « Charbon » est souvent grevé de prix de transport fort lourds de la côte au lieu d’utilisation. En tenant compte, même largement, de l’optimisme de l’auteur, il semble donc qu’il puisse y avoir pour le moteur solaire un avenir intéressant. On ne saurait que se réjouir de voir triompher ainsi, aux pays du Soleil, des moteurs sans fumées. D’autant plus que, transformant la chaleur solaire en travail, les moteurs solaires pourraient bien accessoirement rafîraîchir un peu les tropiques : ce dont nul en somme ne se plaindrait,
- La vitesse maximum des trains en Allemagne. —
- Le chemin de fer qui bat le record de la vitesse en Allemagne est l’express de la ligne Berlin-Halle qui franchit une distance de 162 km en 1 h. 5o m. et atteint ainsi une vitesse de 88 km à l’heure. On pi'ojette de la pousser en 1912 à 92 km à l’heure. L’express Hambourg-Berlin marche à une allure de 86 km à l’heure, couvrant une distance de 160 km en 1 h. 5i m. Il sera porté en 1912 à 89 km. Entre Berlin-Dresde (179 km) et Berlin-Stettin ( 135 km), la vitesse des trains les plus rapides s’élève à 83 km à l’heure. Le réseau allemand embrasse aujourd’hui un total de 52809 km de voies ferrées, soit 65o de plus qu’en 1910.
- Pour la Corset Chemins de fer et assainissement.
- — Une loi du ier décembre 1911 déclare d’utilité publique la ligne de chemin de fer de Ghisonaccio à Bonifacio dans le Sud-Est. La construction et l’exploitation en seront confiées (comme l’exploitation des autres lignes de l’île) à la Compagnie des chemins de fer départementaux, La concession est faite pour 3o années. Il a été expliqué au n° 1864 de La Nature (i3 février 1909) comment la construction de la ligne nouvelle était une des conditions nécessaires du relèvement matériel de la Corse.
- Une autre loi du i5 décembre 1911 prescrit l’exécution, sous la direction du Ministre de l’Agriculture, des travaux d’adduction d’eau potable et d’assainissement sur la côte orientale de la Corse ; destinée à rendre la
- salubrité à tonte une région que ravage la malaria, cette mesure concourra heureusement, avec le chemin de fer de Bonifacio, à ranimer la vie de la Corse. L’Etat y participera pour 11 5ooooo francs.
- Création d’un service maritime entre l’Atlantique et le Pacific par le canal de Panama. — On
- vient de créer aux Etats-Unis une Société au capital de 19 millions de francs en vue de la construction de i5 grands navires destinés au transport des marchandises et des voyageurs entre New-York et San-Francisco par le canal de Panama dont l’ouverture à l’exploitation est présumée avoir lieu en 1913.
- Le plus grand paquebot à roues du monde. — On
- sait combien est important le trafic des voyageurs sur le lac Erié entre Cleveland, Détroit et Buffalo [La Nature du 28 octobre 1911). Ce sont des navires à roues, très luxueux comme installation qui font exclusivement ce service. En présence de l’augmentation du trafic on vient de lancer un nouveau paquebot City of Detroit qui sera le plus grand paquebot à roues du monde. Ce navire, d’une longueur de i5a m. 40, a une largeur de 10 m. 67 et une largeur totale, hors tambours, de 3o m. 48. Le diamètre des roues est de 8 m. 84. Il contient 5oo cabines et son prix de revient est de 7,5 millions de francs.
- Cargo-boat avec moteur Diesel. — La Compagnie de navigation « Hansa » vient de commander aux usines de Teklenburg à Geestmünde un grand cargo-boat qui sera muni de moteurs Diesel d’une puissance de 1800 chevaux.
- A la recherche d’une ville modèle. — Nous avions annoncé l’an dernier que le gouvernement du Commonwealth d’Australie organiserait un concours en vue d’obtenir les meilleurs plans pour l’édification de sa nouvelle capitale. Depuis lors, les journaux de Melbourne et de Sydney nous ont apporté des détails précis sur ce concours, auquel les architectes de tous les pays sont invités à participer. Trois prix de 1750 livres (43 francs), de 'jSo livres (18 'jSo francs) et de 5oo livres (12600 francs) seront décernés aux trois meilleurs projets. Le concours sera clos le 3i janvier 1912, date à laquelle les plans et dessins devront être parvenus au Home Office, à Melbourne. La nouvelle capitale, dont les Australiens voudraient faire la plus belle ville du monde, sera construite au centre d’un territoire de 900 milles carrés appartenant à la Fédération, et qui est situé dans la partie orientale des Nouvelles-Galles du Sud, à environ 160 kilomètres de Sydney. On rappelle que les candidats n’ont qu’à s’adresser aux représentants du Gouvernement Australien à Londres ou aux représentants de la Grande-Bretagne dans toutes les capitales du monde pour obtenir des renseignements détaillés sur le concours ou même en recevoir des cartes montrant le relief du pays, son aspect général et sa constitution géologique.
- Les buffles d’Italie. — Le Bulletin de la Société nationale d’acclimatation (i<r novembre 1911) signale, d’après le professeur Magini, la rapide diminution des buffles noirs qui constituent un trait si caractéristique de la campagne romaine, où ils sont gardés par les grands chiens à poil blanc, dit des Abruzzes, et par des vachers à cheval armés de tridents. Ces buffles passent pour avoir été introduits dans les maremmes de la Toscane, les marais pontins, ceux de Pæstum et la Basilicate, sous le règne du roi longobard Agilulf, vers l’an 600 de notre ère, venant de la Hongrie, qui semble avoir été aussi la patrie de la race des bœufs à longue corne d’Italie. La chair du buffle noir est considérée aujourd’hui comme inférieure à celle du bœuf, quoiqu’elle soit en fait beaucoup plus nourrissante, et elle n’est plus consommée que par les basses classes italiennes et par les juifs. Il semble cependant qu’il s’en débite encore une grande quantité, puisque M. Magini n’hésite pas à signaler au gouvernement italien leur destruction progressive comme un des facteurs du renchérissement de la viande. D’après lui, la population totale des buffles de la péninsule s’élevait encore, il y a quelques années, à 65 000 têtes, et aujourd’hui il n’y en a plus que 55o dans les marais pontins, alors que dans les dix dernières années il s’en débitait annuellement 1000 sur les marchés de Naples et 6000 sur ceux de Rome !
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- LES JOUETS-AÉROPLANES EN 1911
- I Les jouets aériens, à quelque catégorie qu’ils appar- I! sants pris parmi ceux que nous avons vu fonctionner, tiennent, sont toujours assez nombreux au concours || Nous ne pouvons juger les cerfs-volants que d’après
- Lépine et obtiennent chaque année un succès réel. Il deux des qualités qu’ils doivent présenter : la rapidité Nous allons présenter quelques-uns des plus intéres- || d’enlèvement et la tenue dans l’air. Aucune expérience
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- LES JOUETS-AEROPLANES EN 1 P1 1
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- de poids transporté n’a été faite et nous ne saurions nous en remettre aux affirmations toujours intéressées de fabricants. Nous ne voyons donc ici que le côté jouet.
- Le Roi des Airs. — Ce cerf-volant est remarquable entre tous les autres par sa stabilité. Nous l'avons vu atteindre 1800 mètres et se tenir dans le ciel comme s’il y était cloué. Il mesure o m. 8o de hauteur, i m. 6o de largeur et pèse a5o grammes seulement. Il est constitué par deux cellules rigides quadrangulaires placées sur le même côté : la cellule supérieure est flanquée de deux ailes arquées qui prennent très bien le vent et l’obligent à s’élever d’un seul coup et à se maintenir dans l’atmosphère avec une très grande stabilité. A une certaine hauteur, à 3oo mètres environ, il atteint la verticale lorsqu’on le descend. Cet appareil est celui qui, a notre avis', s’est le mieux comporté durant les essais qui eurent lieu sur l’esplanade des Invalides.
- Le Fil-Vite. — Ce cerf-volant est composé de quatre bandes de loile montées sur un axe central avec, entre les plans, des espaces vides. Ces plans sont tenus rigides par une baguette à la tête et deux cordons qui les relient au plan inférieur. A la base de l’axe se trouve une partie coudée sous un certain angle qui constitue le compensateur d’équilibre. Ce compensateur permet de démarrer avec un angle d’attaque réduit; il concourt ensuite avec la quille à réaliser l’équilibre latéral. Pour faciliter le lancement, on utilise un moulinet constitué par une planchette assez épaisse pourvue d’une poignée amovible que l’on engage dans le trou central pendant le lancement pour laisser la ficelle se dérouler rapidement. Lorsque l’on veut descendre le cerf-volant, on engage cette même poignée dans un autre trou pratiqué à l’une des extrémités de cette planchette et l’on agit sur la ficelle à l’aide d’une petite poignée M qui permet la rotation facile malgré la traction exercée par la ficelle.
- Bi monoplan « Vincent ». — Il est composé de deux groupes d’ailes placées sur un même plan longitudinal comportant une surface centrale dont la souplesse augmente vers l’arrière : deux cellules d’équilibre montées sur douilles permettent le déplacement longitudinal du centre de gravité. Les groupes d’ailes rigides à leur partie centrale permettent le glissement sur les couches d’air : les ailes d’arrière agissent sous la poussée d’air, se gauchissent et permettent un rappel d’équilibre sur le fuselage mobile et sur les ailes avant. L’inventeur nous assure que ce cerf-volant peut emporter, par un vent de io mètres à la seconde, 4 kg 5oo de lest dans son fuselage. Le même inventeur a construit le Bombyx n° 14, qui est caractérisé par une grande surface sous un volume restreint. Etudié au point de vue militaire, il constituerait un puissant tracteur dont l’équilibrage est obtenu par un système de cellules triangulaires inversées rigides à leur partie antérieure et souples à l’arrière.
- Zéphyr captif. — C’est un cerf-volant monoplan sans cellule, construit en tissu caoutchouté. La surface sus-tentatrice avant, légèrement en U, est pourvue d’une armature lui permettant de s’incurver pour emprisonner les molécules d’air pour les obliger à sortir latéralement. Un plan vertical contribue à l’équilibre. L’ensemble des surfaces sustentatrices est haubanné pour cambrer l’appareil et l’empêcher de piquer de l’avant quand il est pris dans un remous. Une hélice folle tourne à l’avant de l’appareil pour lui donner l’aspect d’un aéroplane dont il a, d’ailleurs, l’allure.
- La Joconde. — Appelé ainsi sans doute parce qu’il se présente sous la forme d’une hirondelle qui fuit.... Pour le surplus les proportions ne nous paraissent pas parfaitement conservées. Notre photographie est assez claire pour nous éviter d’entrer dans la description de ce cerf-volant qui atteint facilement de grandes hauteurs.
- Le Zoizo est un simple plan à l’avant terminé par une surface étroite servant de queue ; deux cellules triangulaires reliées par une baguette à laquelle est fixée la corde de retenue, complètent l’appareil.
- L’Ornithophère Riout. —- La question de l’ornitho-plère n’a pas encore été totalement abandonnée par les
- inventeurs français et les nouvelles sensationnelles pu-» bliées par la presse sur des expériences d’ailes battantes par les freins Wright, ramènent l’a dualité sur ce mode de navigation aérienne. M. Rioux a présenté au concours de jouets un admirable petit ornilhoptère qui a émerveillé tous les membres du jury chargés de l’examiner. Il vole absolument comme un oiseau et ses battements d’ailes sont d’une régularité et d’une souplesse remarquable. On sait que les deux grosses difficultés que tout inventeur d’ornithoptère est appelé à solutionner, résident dans la transformation du mouvement circulaire en mouvement alternatif et dans la solidité de l’articulation des ailes. Il n’esl pas du tout difficile de résoudre la première question; il suffit de penser au moteur à explosion qui transforme le mouvement alternatif en mouvement circulaire. Notre jeune inventeur s’est donc contenté de faire agir son moteur (un ou deux faisceaux de caoutchouci sur un double vilebrequin dont les coudes, calés à 180 d> grés, entraînent les ailes par l’intermédiaire de bielles attelées chacune sur un manneton faisant corps avec la nervure principale de l’aile. Les réactions d'inertie sont ainsi en partie compensées. L’aile se déforme sur toute sa longueur automatiquement par les différences de pression résultant du battement vertical qui le met aux prises avec le vent relatif créé par le déplacement, de 1 appareil ; elle est soulevée par le courant d’air horizontal créé par ce même déplacement après que l’appareil s’est trouvé propulsé dans la période de descente, l’aile se trouvant relevée à sa position propulsive. Les battements sont régularisés par un volant à grande vitesse qui donne de l’énergie aux coups d’ailes assurant son efficacité complète sans avoir de point mort à vaincre. Ajoutons enfin que l’abaissement des ailes est encore aidé par deux faisceaux de caoutchouc reliés d’une part au châssis et d’autre part à la nervure principale de chaque aile. Un appareil semblable de grand modèle serait, paraît-il, en voie de construction.
- L’aéro-torpille. — Ce jouet se présente sous une forme très différente de celle des aéroplanes connus, même en jouets. Les deux plans sont disposés longitudinalement et un espace libre a été ménagé entre eux afin de permettre à l’air de s’échapper. Il peut être pourvu d’ailerons ; mais il tient très bien l’air sans ces organes. L’hélice est placée à l’avant et un train d’atterrissage permet le départ du sol.
- Aéroplane-Hélicoptère.— C’est une de ces déjà anciennes conceptions qui n’ont donné lieu qu’à des mécomptes. Comme jouet, il est curieux, mais trop fragile pour être mis entre les mains des enfants Peut-il constituer un appareil d’étude? Nous ne le croyons pas. On remarque sur notre dessin qu’il comporte une hélice propulsive à l’avant et deux hélices ascensionnelles sous les plans. L’ensemble paraît bien étudié, mais nous ne saurions encourager la construction d’un système qui a déjà causé des déboires à des constructeurs notoires.
- Ruiz. — C’est un joli monoplan de belle taille dont la grande particularité réside dans le moteur. Cet organe est à vapeur, pèse 4^0 grammes et fait un cheval et demi. Ces chiffres n’ont pu être vérifiés, mais le moteur marche et a entraîué l’appareil sur le sol pendant les essais qui n’ont pu être poursuivis à cause de la foule. Signalons enfin, pour terminer, la conception originale, mais à notre avis peu pratique, imaginée par M.Krauner, qui fait agir l’air comprimé sur des roues à aubes entraînant des hélices.
- Les jouets décrits ci-dessous se trouvent aux adresses suivantes : Zoizo, chez MM. Francolin et Gilet., 2, boulevard de Strasbourg, Paris; Ornithoptère Biout, M. Riout, 5, rue Elisa-Borey, Paris ; Joconde, M. Henri Seuvot, 40, rue Brunei; Fil-vite, M. Beau, io, impasse du Maine, à Paris ; Aéroplane hélicoptère, M. Duval, 122, rue Victor-Hugo, Bois-Colombes; Hoi des airs, M. Adeline, 112, boulevard Raspail, à Paris et 4. rue de Friàs, à Biarritz; Zéphyr captif, MM. Leuillieux et Migault, i5, rue Chapon, à Paris; Monoplan Vincent et Bombyx n° 14, M. Vincent, 36, rue Perier, à Montrouge (Seine); Aéro-torpille, Kramer, 236, rue Saint-Martin, à Paris.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des taupes dans les jardins. — Les
- taupes, qui se nourrissent de vers, de larves, d’insectes, ne peuvent être nuisibles que si elles sont en grand nombre, car elles creusent de nombreuses galeries et ainsi soulèvent les plantes et bouleversent tout; parfois aussi, elles s’attaquent aux racines tendres. Pour les éloigner, on peut, après avoir recherché leurs galeries et ouvert les taupinières, en déblayant bien les abords des trous, verser, pendant deux jours de suite, dans ces galeries, i5 à 20 centilitres de pétrole, en ayant soin de ramener la terre sur les trous. Les pièges sont d’une grande utilité, à la condition qu’ils soient assez nombreux et convenablement disposés. Voici un système de piège très pratique : une boîte ronde, en bois de hêtre d’une longueur de centimètres et d’un diamètre de 8 à 10 centimètres; cette boîte est coupée en deux sur la longueur, et les deux parties sont réunies par une corde ou un brin d’osier. La boîte est fermée d’un- côté et ouverte de l’autre; à l’intérieur, se troiive une trappe maintenue par un ressort qu’une tige relie à un buttoir. On place ce piège dans les galeries frayées par les taupes, en y répandant, avant de le fermer, du sablé où de la terre fine afin de dissimuler le fer. La taupe, en s’engageant dans ce piège, arrive au buttoir; en le
- poussant, elle agit sur la tige qui détend le ressort de la trappe, et cette dernière, se refermant derrière l’animal, celui-ci est capturé. Un autre système de piège consiste en une sorte de douille en fer munie, à l’intérieur, d’un ressort à détente très puissante. Ce piège étant dissimulé dans la galerie, la taupe, en pénétrant, heurte le ressort et se trouve prise, il faut avoir soin d’inspecter les pièges de temps à autre pour en retirer les taupes capturées, ou les changer de place. Enfin, un procédé très recommandable est le suivant : on prend une quarantaine de vers de terre, que l’on met dégorger, pendant 24 heures, dans un vieux pot bien fermé, puis on les saupoudre avec o gr. 5o de noix vomique pulvérisée ; on les laisse ainsi quelques heures en contact avec cette substance toxique, après quoi, on ajoute, dans le vase, de la farine dans laquelle, à l’aide d’une pince, on roule les vers de terre, de façon à former une pâte dont on fait des boulettes. Les taupinières, mises à découvert, on iulroduit, avec les pinces, une boulette empoisonnée dans chaque trou de galerie, et on recouvre avec de la terre. Les taupes, très frianles de vers de terre, meurent rapidement empoisonnées. Ne pas trop bouleverser le sol, à proximité des galeries, afin de ne pas. dérouter les taupes;
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Les antipyrinides. — L’antipyrine est un des médicaments dont l'usage est le plus répandu, bien que sa mise au monde ne remonte pas encore bien loin. Avez-vous la migraine? Vite un cachet d’antipyrine. Avez-vous de la fièvre, des névralgies? êtes-vous grippé, courbaturé, encore l’antipyrine, et, sans crier au miracle, le petit cachet vous apporte le plus souvent un soulagement et un bien-être que l’on n’obtient pas avec d’autres produits. C’est en effet, à la fois, un antithermique et un analgésique efficace ; son nom chimique ne vous dira pas grand’chose, c’est un oxymélhyl quinigène méthylé, mais les bases qui entrent dans sa composition appartiennent à cette série d’antipyrétiques devenus très à la mode, et qui ont en partie détrôné la quinine et ses dérivés.
- L’antipyrine est, dans l’immense majorité des cas, des mieux tolérées, mais il est pourtant des exceptions. Je connais une jeune femme qui ne peut en avaler 20 centigrammes sans être prise d’une,éruption généralisée scarlatiniforme qui dure tout un jour, quelquefois plus. Et ce n’est pas un cas unique. L’antipyrine, comme du reste tous les médicaments, provoque chez certains sujets particulièrement prédisposés, des éruptions cutanées et des éruptions buccales.
- Ce sont ces dernières que le Dr L’IIuillier désigne sous le nom d’antipyrinides, et qu’il a étudiées avec détails dans sa thèse. Les antipyrinides sont de plusieurs sortes : de simple érythème, elles peuvent passer à la vésicule, à la bulle et à l’ulcération, d’où des accidents plus ou moins sérieux. Ce qu’il y a de curieux dans ces manifestations, c’est qu’elles sont souvent fixes et se reproduisent à un second empoisonnement, car c’est en somme une forme spéciale d’intoxication, au même endroit. Leur apparition est très variable ; chez certains sujets, elles surviennent quelques minutes après l’ingestion du médicament, chez d’autres quelques heures après ; chez d’autres, enfin, ce n’est qu’après un ou deux jours qu’on voit apparaître l’éruption qui s’accompagne d’œdème, de gonflement de la langue, des lèvres, avec salivation plus ou moins profuse. Il faut être un connaisseur endermatologie pour reconnaître les caractères de l’antipyrinide quand elle devient vési-culeuse, bulleuse ou ulcéreuse. Je ne vais pas indiquer ici les signes qui permettent d’en établir le diagnostic : c’est affaire de médecin. Mais je voulais signaler à ceux qui ne les connaissent pas, et ils sont, j’en suis sûr, assez nombreux, ces manifestations buccales toutes particulières survenant à l’occasion de la prise d’un pauvre petit cachet antimigraineux.
- Il faut dire que cette éruption bucco-pbaryngée, si alarmante qu’elle puisse paraître au premier abord, n’a rien de grave ; c’est une affection bénigne qui tend à guérir spontanément et rapidement. Aussi ne doit-on pas se livrer à des pratiques thérapeutiques intempestives ou exagérées. Tout d’abord, la chose la plus simple, sera, si l’on est sujet à ces éruptions, de ne plus jamais prendre d’antipyrine, c’est le traitement prophylactique et il sera efficace. Quant aux moyens propres à atténuer l’irritation de la bouche, il faut se borner à l’usage de gargarismes alcalins à base de bicarbonate ou de borate de soude, pratiquer un lavage des voies digestives et urinaires, les voies d’élimination, par un purgatif léger et des boissons diurétiques et puis laisser faire le temps; en deux ou trois jours tout aura disparu.
- La vaccination par brûlure. — Depuis quelques années, les médecins militaires constatent une diminution notable dans la proportion des succès de vaccination dans l’armée. De 40 pour 100, il y a 6 ou 7 ans, lé chiffre est tombé à moins de 20 pour 100. Il semble qu’on doive attribuer cet abaissement à la pratique de la désinfection de la peau avant la vaccination; pratique cependant des plus utiles, pour des bras qu’on ne peut pas citer comme des modèles de propreté. La lymphe déposée par scarification ou piqûre serait en partie neutralisée par des traces subsistantes de produits désinfectants. Peut-être aussi faudrait-il tenir compte de la tendance de plus en plus marquée à la pratique de la revaccination, à l’école, dans les ateliers, pratique qui amoindrirait dans une notable mesure la susceptibilité des sujets à une nouvelle inoculation, si les succès obtenus avec la méthode nouvelle ne venaient infirmer cette hypothèse.
- Quoi qu’il en soit de la cause, un de nos médecins-majors, M. de Libessart, a pensé qu’on pourrait supprimer l’emploi des désinfectants et assurer cependant une vaccination des plus sûres, à tous les points de vue, en recourant, au lieu de la piqûre, à une légère brûlure. Yoici comment il procède : le bras ayant été bien lavé à l’eau bouillie et essuyé avec un linge stérilisé, est touché en trois points, au lieu d’élection, partie supérieure du bras, avec la pointe ordinaire du thermo-cautère chauffé au rouge sombre. La lymphe vaccinale est immédiatement appliquée sur les brûlures, avec une plume métallique qu’on change pour chaque sujet; puis on laisse la petite plaie sécher à l’air libre pendant cinq minutes.
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- La brûlure a l’avantage sur la piqûre d’être presque moins douloureuse, d’être par elle-même aseptique et d’éviter un écoulement sanguin qui entraîne parfois le vaccin. Les suites sont-des plus simples, la pustule vaccinale se produit dans les conditions ordinaires et l’on n’a jamais observé la moindre complication.
- Comme résultats, ils sont décisifs : sur 2000 sujets, la proportion des succès a été de 40 pour 100, tandis que sur 200 recrues arrivées en même temps et traitées par la méthode classique de la piqûre, les succès n’étaient que de 19 pour 100. L’avantage est donc sans conteste au procédé de la brûlure, Dr A. C.
- Jfco
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum : n° 2oi3, p. 54 in fine; lire Dachstein au lieu de Dachstaen ; — Hallstadt au lieu de Halchtat.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Papier Utocolor. — Ce papier se trouve à la Société Anonyme Utocolor, La Garenne-Colombes, Paris.
- Renseignements — C. A., Alger. — On installe, en effet, dans les Pyrénées des usines pour traiter électriquement le minerai de zinc. Vous obtiendrez les renseignements les plus complets sur cette intéressante question en vous adressant à l’inventeur, M. Cote, directeur du journal : La Houille Blanche, librairie J. Rey, 23, Grande-Rue, Grenoble.
- R. L. P. — Adressez-vous à la Société L'air Liquide, 48, rue Saint-Lazare, Paris.
- M. le comte de Massas, à Nice. — Les savons légers flottants sur l’eau sont préparés avec des pâtes ordinaires battues fortement, avant moulage. Etant donnée la consistance visqueuse du savon liquide chaud, il y a des quantités de bulles d’air emprisonnées (comme quand on bat les œufs en neige!). Ce procédé ne serait évidemment applicable à la fabrication des agglomérés que si une assez forte quantité de liquide visqueux rapidement solidifiable par refroidissement, entrait dans la composition de la masse.
- M. G. M., à B. — Il existe plusieurs bons ouvrages sur ce sujet. Nous vous recommandons celui d’Otto : L’industrie des parfums, Paris 1919, Dunod, éditeur, quai des Grands-Augustins. Les notions de chimie du début vous permettront de lire les détails « trop techniques ». Au reste, on ne peut s’occuper de fabrication des parfums de synthèse sans notions assez approfondies de chimie.
- M. Soulier, à Lyon. — Vous trouverez la théorie du tube de Venturi et des données nécessaires à son application dans tous les traités d’hydraulique, en particulier dans celui de Bazard, publié chez Geissler, 1, rue de Médicis, Paris.
- M. Allenon, à Ville-d’Avray. — Nous avons donné une pareille recette l’an dernier (20 semestre, p. 102 du Supplément).
- M. Pierre Marty, à Caillac. — i° Il faudrait employer comme peinture une dissolution de caoutchouc additionnée d’un pigment tel que le blanc de zinc. On emploie ces produits en caoutchouterie, mais nous ne le croyons pas dans le commerce. — 20 Nous ne croyons pas non plus qu’on vende des cloches pour jardins en papier sulfurisé : ce ne serait pas bien résistant. Il est facile en tous cas d’essayer en demandant chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, du papier pour dialyse. — 3° Plusieurs maisons où nous nous sommes adressés nous ont assuré que cet article ne se faisait pas.
- M. Reynoird, Chaussée-d’Antin, Paris. — Les vapeurs de formol agissant longuement exerceraient sans doute une action très efficace ; les produire en chauffant du trioxy méthylène.
- M. de Thierry, Angoulins-sur-mer. — Employer le silicate de potasse en solution concentrée. Puis, quand
- la colle est bien sèche, mettre dans la cuve un peu d’eau acidulée par l’acide sulfurique; les parties superficielles du ciment sont transformées en silice insoluble.
- M. Gess, à Clermont-Ferrand. — Il faudrait employer les procédés usités pour le niellage. Vous en trouverez la description dans les divers traités de bijouterie.
- M. C. Delay. — On vend, un peu partout, du lait en poudre. Maisons qui le fabriquent : Mignot et Plumey, à Louviers (Eure). Compagnie générale des laits purs, 7, rue d’Aumale, Paris.
- Dr Patzelt, à Bucarest. — Nous avons un article en préparation sur celte question.
- M, R. B., Vendée. — Pour se documenter sur la culture des plantes à bulbes, on peut consulter les ouvrages suivants : Les plantes bulbeuses, par Guihéneuf,
- 1 volume, 6 francs. Librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. — Les plantes bulbeuses et leur culture, par Raphaël de Noter, 1 volume, Bibliothèque universelle, Borneinann, 15, rue de Tournon, Paris. Consulter, en outre, le catalogue de la Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, qui contient la nomenclature des ouvrages les plus récents sur cette question.
- M. L. Sauviat, à Villencuve-la-Garenne. — Le calcul que vous voulez faire est assez compliqué. Vous trouverez tous détails à ce sujet dans l’ouvrage : La turbine à vapeur, par Stodola (Librairie Dunod et Pinat, Paris).
- M. Maurice Legrand, à Paris. — La lumière en bouteilles était obtenue au moyen de bactéries lumineuses. La lampe que vous nous signalez est obtenue au moyen de substances phosphorescentes, mais il n’y entre pas de radium.
- M. Gâches, à Marseille. — M. Wien a fait de magnifiques travaux sur les lois de radiation des corps incandescents. La Nature publiera prochainement deux articles sur ce sujet. Vous trouverez dans le journal Le Radium, publié chez Masson et Cie, des résumés des divers travaux de Wien.
- Mme Savart, rue de la Cour-des-Noues. — Veuillez vous reporter à notre recette publiée dans le ier semestre de cette année (p. 86 du Supplément) pour enlever les taches d’acide nitrique sur les doigts.
- M. G. D. — i° Le perchlonure d'éthylène est vendu, en gros seulement, par la Société des carbures, rue Saint-Lazare, à Paris ; — 20 La choline, principe actif de la bile de bœuf, s’emploie comme ce produit, avec de l’eau simplement, ou combinée à d’autres détersifs : alcool, graisses, poudres absorbantes; — 3° Tous les formulaires de « recettes », ceux de Tissandier en particulier (Masson, éditeur), contiennent de nombreuses formules de produits pour le détachage ; mais il n’existe aucun traité conçu rationnellement.
- M. Lemasson, à Bruyères-les-Vosges. — Ces taches proviennent-elles d’un dépôt de sel de fer, ou de matières goudronneuses ? Dans le premier cas, laver avec une solution de protochlorure d’étain, puis avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique. Dans le second cas, employer l’essence de pétrole.
- M. J. Sauvai, avocat à Gaillac. — La mixture dont vous parlez est encore une des meilleures du commerce : mais jamais vous n’obtiendrez avec un badigeon liquide une dorure aussi belle que par application d’or en feuille.
- MM. Du Pré, boulevard du Régent; C. Tilloy, à Lille. — Badigeonnez avec une bouillie de blanc d’Espagne délayé dans l’essence de pétrole ou dans la benzine. Laissez sécher, puis époussetez. Si besoin, on recommence l’opération deux ou trois fois.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les derniers contre-torpilleurs français : A. Detoeuf. —L’industrie du beurre de coco : Georges La.norvii.le. — L’importance économique dos cessions congolaises : Pierre Clerget. — L’aluminium et la maladie de l’écrouissage : V. R. — Le développement économique de l’Uruguay : M. G.—L’adhérence des surface polies. — Académie des sciences; séance du 18 décembre 1911 : Ou. de Villededil, — L’éloctro-chromographe : L. F.
- Supplément. — Comète Schaumasse ( 1911 h). — L’acclimatation des oiseaux de Paradis. — Une mission relative à la maladie du sommeil. — La natalité en Allemagne. — Profondeur delà mer Adriatique. — La radioactivité des composés organiques, etc.
- Introduction à l’étude de la spectrochimie, par G. Urbain. 1 vol. illustré, 248 pages. Hermann, éditeur, Paris, 1911. Prix : 10 francs.
- Ce livre contient les excellentes leçons professées par M. Urbain à la Sorbonne sur l’analyse spectrale. M. Urbain montre que c’est volontairement restreindre les ressources de la science que de limiter cette méthode au procédé de Bunsen : l’analyse au moyen des spectres de flammes. Pour le prouver, il lui suffit de préciser, avec grande clarté, les techniques de la spectroscopie par les tubes de Geissler, par l’arc électrique, par les étincelles électriques. M. Urbain étudie en détail les phénomènes de phosphorescence sur lesquels ses propres travaux ont jeté tant de lumière; et il termine son livre par deux chapitres d’ordre général, l’un sur l’absorption, l’autre sur la constitution des spectres.
- Traité de géologie, par Emile Haug, professeur à la Faculté des Sciences. 2 vol. dont le second divisé en trois fascicules. Armand Colin. Tome I. Les Phénomènes géologiques. Prix : 12 fr. 5o. Tome II. Les périodes géologiques. Prix : 3o francs.
- Le Traité de géologie de M. Haug est maintenant terminé et l’on peut admirer dans son ensemble ce magnifique travail, qui aura sa place obligée dans la bibliothèque de toute personne s’intéressant à la géologie et qui contribuera à maintenir à l’étranger le bon renom de la science française. Le dernier fascicule est entièrement consacré aux terrains tertiaires. On y retrouve la même abondance de documentation qui donne l’impression d’un travail formidable et qui, par cela même, est destinée à épargner ce travail au lecteur en lui présentant sous une forme résumée la substance de toutes les recherches les plus récentes. Les illustrations très soignées continuent à former tableau et à présenter sous une forme vivante les aspects divers des terrains, leurs superpositions et les groupements des fossiles dans leur gangue.
- Paroles d'un soldat, par le général Bruneau. Paris. Ch. Lavauzelle. In-16. Prix : 3 fr. 5o.
- Vibrante étude, surtout polémique, sur quelques idées à l’ordre du jour : patrie, guerre, armée nouvelle, milices. Le livre est surtout d’un soldat, et c’est ce qui en fera le charme aux yeux des bons patriotes. Ajoutons que, sans prétention littéraire, le style est souvent original et plein d’imprévu.
- Palestine and its transformation, par Ellsworth Huntington. Londres. Constable, i9ii,in-80, 8 sh, 6.
- Description géographique fort exacte de la Palestine, aux différents moments de son histoire, avec des notions brèves, mais bien documentées, sur cette histoire même.
- Links wilh the past in the plant world, par A.-C. Seward. Cambridge. University Press. 1911, in-16, 1 sh! (Cambr. manuals of Science and lïtt., 19.)
- Les connaissances relatives à l’histoire du règne animal et à son évolution générale, sont assez vulgarisées dans leurs grandes lignes. Il n’en est pas de même pour le monde végétal, où la science elle-même est d’ailleurs moins avancée. Néanmoins on peut raconter à grands traits l’histoire des végétaux, comme on raconte celle des animaux. C’est de cette possibilité que le livre du botaniste anglais donne une démonstration. La première moitié est consacrée â la longévité des plantes, à leur distribution géographique., à leur ordre d’apparition dans la série géologique. La seconde étudie parmi les types actuels ceux qui sont représentatifs, à la façon de survivances, d’ensembles de flores ayant eu jadis un rôle prédominant dans l’histoire du monde végétal : les fougères,les séquoia, les araucaria, le gingko, etc. Bonne bibliographie en fin de l’ouvrage.
- L’empire allemand et l’empereur, par Pierre Baudin. Ernest Flammarion. Prix : 3 fr. 5o.
- Par son énorme développement économique, par son impérialisme politique et commercial, l’Allemagne d’aujourd’hui menace la prospérité des nations, surtout celles qui ferment les yeux à tout ce qui se passe au dehors. M. Pierre Baudin, dans des chapitres d’une saisissante clarté, commente les faits les plus importants de la vie intérieure et extérieure de l’Allemagne. Les qualités du souverain allemand sont mises en évidence comme aussi ses faiblesses. M. Baudin établit qu’il ne faut ni haïr, ni redouter l’Allemagne, mais lui tenir tête, et pour cela la connaître.
- Praxis der Linsenoptik, par W, WolkmÀnn. i vol., 166 p., 36 fig. et 4 tableaux. Chez Gebr. Borntraeger. W. 35, Schôneberger Ufer, 120, Berlin, 1910. Prix : 3 mk 5o,
- Explication élémentaire et très claire des phénor mènes d’aberration chromatique, d’aberration de sphéricité, d’astigmatisme, de distorsion dans les lentilles et par suite dans les lunettes, microscopes et appareils photographiques.
- Mission Pavie, Indo-Chine (1879-1895). Géographie et voyages. Passage du Mé-Khong au Tonkin (1887-1888), par Auguste Pavie, avec 4 cartes et 79 illustrations. (Paris, Ernest Leroux, 1911)- Prix : 10 francs.
- C’est l’avant-dernier volume du monumental labeur qui a tant contribué à nous révéler l’Indo-Chine, avec le même intérêt documenté que les précédents volumes; celui-ci nous fait passer du moyen Mé-Khong au Tonkin. On y retrouve avec plaisir l’initiative et l’énergie du savant explorateur qui a si efficacement concouru à l’agrandissement de notre empire colonial.
- Agenda P.-L.-M. 1912. 3oo pages, cartes postales détachables, 12 planches hors texte, cartes itinéraires et 3oo illustrations. Publié par la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée. Prix : 1 fr. 5o.
- Cet élégant et pratique agenda renferme plusieurs nouvelles et notices littéraires, des renseignements généraux sur les excursions, villégiatures, stations thermales, balnéaires et hivernales.
- Die Pflanzenwelt Dalmatiens. L. Adamovic, Leipzig. W. Klinkhardt. 1911, in-16. Prix : 4 Mh 5o.
- L’intérêt de cet ouvrage sur les plantes de Dalmatie est qu’il n’est pas une flore, mais un essai de géographie botanique. Après une introduction (conditions géographiques générales, climat, etc.), l’auteur étudie les ensembles naturels de végétation (maquis, forêts, champs, etc.), puis les divers types de territoires cultivés tels qu’ils se présentent en Dalmatie. L’illustration, très importante dans un travail de ce genre, est double : i° des planches représentant les principales plantes étudiées; 20 des photographies de paysages botaniques typiques. L’ensemble est fort remarquable.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’arbre et l eau. 4e Congrès tenu à Limoges en 1910. 172 pages. Publié à Limoges par la Société Gay-Lussac.
- A signaler les études sur le plateau de Millevacbes, par M. P. Garrïgou-Lagrange. La siiualion forestière ,, dans la Creuse, par M. Bonefoy. L’eau potable en terrain granitique, par M. Bariat.
- Explosions et explosifs, phénomènes d’explosions, par M. Pozzi-Escot. 1 brochure, 86 p. Rousset, éditeur, Paris, 1911.
- Résumé des connaissances théoriques acquises sur les explosifs. Etude rapide de la poudre noire, des poudres sans fumée, des dynamites et nitroglycérines, des explosifs à l’acide picrique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- as§c~
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ow,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES Dü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 déc . 1911. 4° 6 S. S. E. 2. Très nuageux. » Très nuageux : gelée blanche. •
- Mardi 19. 9° 5 S. 3. Pluie. 6,0 Couv. ; pluie de 4 h. à 17 h. ; leprerd à Î2 h. 30.
- Mercredi 20 ... . 10° 2 S. 5. Couvert. 7,3 Couv. jusq. 15 h ; nuag. ensuite ; pluie ou gouttes jusq. 10 h. 50.
- Jeudi 21 7°,2 S. 4. Pluie. 13,6 Couv. jusq. 20 h. puis tr. nuag ; pl. presq. cont. de 6 h. à 19 h. 30.
- Vendredi 22 ... . 4°,4 S. W. 3. Peu nuageux. 7,7 Couv. de 9 h à 19 h. ; p. ng. av. ét ap. ; halo ; pl. de 12h30 à 18h45.
- Samedi 23 7°,6 N. N. W. 5. Couvert. 0,3 Nuag. jusq 16k ; beau ens. ; aver. à lh 40 ; gel. bl. dans la soirée.
- Dimanche 24. . . . 6°,0 S. 3. Couvert. 2,3 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- DÉCEMBRE 1911. - SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 DÉCEMBRE 1911.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 16 au 22 décembre 1911. — Le 16. Pression en hausse sur nos régions, voisine de 765; baisse sur l’Irlande : Açores, 758; Yalentia, 748; fortes pressions sur le S. de la Russie : Odessa, 770. Pluies sur l’O. et le S. ; en France : Nice, 34: Gap, 23; Besançon, 20; Calais, Cherbourg, 19; Biarritz, 7 ; Paris, 1. Temp. du matin : Kharkof, — i3°; Toulouse, Charleviile, 3; Paris, 4; Bordeaux, 6; Marseille, 8; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —T; Yentoux, —6; moyenne à Paris : 6°,i (nçrmale : 2°,6). — Le 17. Dépression sur l’Atlantique et le N.-O.; Ecosse, Irlande, 745; pression relevée sur presque tout le continent, dépassant 770 dans le Centre, le N. et l’E. Pluies sur le Centre et le N»-0.; en France : Boulogne, 7 ; Brest, 5; Cherbourg, 3; Nantes, 1. Temp. du matin : Ivuopio, —120; Clermont-Ferrand, — 2; Belfort, o; Paris, Nantes, g ; Alger, 14 ; Puy de Dôme, Yentoux, — 1 ; Pic du Midi, 1 ; moyenne à Paris, 6° (normale : 2°,6). — Le 18. Dépression profonde sur les Iles-Britanniques.: Irlande, 740; fortes pressions sur le S. et l’E. ; : Açores, 772. Pluies'sur le N. et 10.; en France : Lorient, i4; Boulogne, 9; Brest, 4- Temp. du matin : Ivuopio, — ii°; Belfort, 1 ; Paris, Nantes, 8; Alger, . i5; Puy de Dôme, —2:. Pic du Midi, 1 ; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 2°,5). — Le 19. Centre cycloriique important sur les parages de l’Islande : Reijkiavik, 722; fortes pressions sur le S.-E. : 775; Açores, 764; Irlande, 745. Pluies sur le N. et l’O.; en
- du Bureau Central Météorologique.
- France : Lorient, 11 ; Cherbourg, 8; Boulogne, Nantes, 5; Paris, 1. Temp. du matin : Kief, —ii°; Belfort, 3; Paris, 10; Nantes, 11; Alger, i5; moyenne à Paris : 90,4 (normale : 2°,4)- — Le 20. Basses pressions sur la Scandinavie, les Iles-Britanniques et la France : Reijkiavik, 728; Ecosse, 740; Manche, 744* Pluies sur le N. et l’O.; en France : Charleviile, Lorient, 14; Brest, 12; Paris, 9; Dunkerque, 3; Limoges, 2. Temp. du matin : Kief, —9"; Yienne, o; Paris, Nantes, 10; Clermont-Ferrand, Toulouse, 12; Alger, 14 ; Biarritz, 15 ; Puy de Dôme, 5; Yentoux, o; Pic du Midi, —1; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 2°,3). — Le 21. Conditions barométriques très mauvaises sur tout l’O. ; fortes tempêtes. Pluies sur le N., le Centre et l’O. ; en France : Charleviile, 3o ; Paris, 14 ; Brest, 9. Temp. du matin : Haparanda, — io°; Paris, 5; Alger, i5; moyenne à Paris : 8°,7 (normale-: a0,3). •— Le 22; Mauvais temps persistant, suppression des communications; télégraphiques ; Irlande, 751 ,(baisse de 1 mm.5 à l’heure). Pluies sur le N., le Centre et l’O.; en France : Charleviile, 3o; Paris, Dunkerque, i3; Cherbourg, 9; Clermont Ferrand, 7; Brest, 6. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, — 4°: Paris, 4; Clermont-Ferrand, 6; Biarritz, 11 ; Gibraltar, 14 ; Puy de Dôme, 1 ; Yentoux, --7; mont Mounier, —8; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 20,3). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 20, à 3 h. 49 rn. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne cc L,a. Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris fVle)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2015 — 6 JANVIER 1912
- INFORMATIONS
- ' SUPPLEMENT*
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- La répartition du fluor dans les organes de l’homme. — Le fluor avait été déjà signalé séparément dans divers organes humains ; mais aucun auteur n’avait jusqu’ici effectué l’étude méthodique de sa répartition. M. Zdarek en a trouvé, dans la rate, 0,0062 pour 100 ; dans les reins, o,oo5i; dans le foie, o,oo3t; dans le cœur, 0,0016; dans le cerveau, 0,0007 dans le squelette, o,oo35 à o,oo45, ces valeurs étant rapportées aux organes frais.
- L’influence des engrais sur la conservation des
- fruits. — A une séance récente de la Commission des engrais et insecticides, qui existe au sein de la Société nationale d’horticulture, M. Espaullard a communiqué le résultat des expériences faites par lui pendant l’année 1910 pour vérifier l’influence des engrais sur la conservation des fruits. Il a fait ces expériences sur des Poiriers Passe-Crassane. Les arrosages, commencés le 29 avril, ont été continués tous les huit jours jusqu’au 10 septembre avec les éléments de fertilité suivants : Le N° 1 a reçu, par arrosage, 10 litres d’eau avec 10 grammes de sulfate de soude.
- N° 2, 10 — nitrate de soude.
- 10 — phosphate de soude,
- xo — carbonate de potasse.
- N° 3, 10 — phosphate d’ammoniaque.
- 10 — carbonate de potasse.
- N°
- N°
- eau pure, témoin non traité.
- Sur deux arbres traités l’un au phosphate de soude, l’autre au carbonate de potasse, l’expérience n’a pu être continuée, la grêle du 4 juin ayant détruit les fi-uits. Le 3i octobre, M. Espaullard a récolté 5 fniits sur chaque arbre. Ces fniits, étiquetés, ont été mis sur les tablettes du fruitier. Les fruits du n° 2 se sont conservés le moins longtemps, puis venaient ensuite ceux des nos 4, x, O. Ceux du n° 3 sont restés le plus tard au fruitier. En raison des intempéries, de la grêle du 4 juin, de l’humidité excessive de l’été, la maturité s’est faite d’une façon irrégulière. Ces expériences seront continuées cette année. (Revue horticole, 16 septembre.)
- Sur la présence de la tyrosine dans le fromage de Roquefort. — Nos lecteurs savent que le fromage de Roquefort est fabriqué avec le lait des brebis, dans le midi de la France, et qu’il subit une fermentation spéciale dans les caves souterraines qui garnissentla région de fabrication. On a pu récemment isoler quelques petits cristaux prélevés à la pince à la surface des cavités qui se rencontrent dans le fromage de Roquefort. Les réactions et la forme ciüstalline ont indiqué que l’on se trouve en présence de tyrosine, qui a été évidemment formée au cours de la fermentation.
- Un nouveau système de touage. — Un nouveau mode de touage sur lequel on ne donne encore que des indications très succintes, mais que nous croyons intéressant de signaler vient d’être expérimenté par M. Koss
- sur une section de 3 kilomètres de longueur, du canal de Dortmund à Ems. Un rail flexible est placé sur le plafond du canal et le toueur est muni à sa partie basse de quatre galets prenant appui sur ce rail. Ces galets, qui enchâssent le champignon supérieur du rail, sont actionnés par un moteur électrique et font ainsi avancer le toueur. L’énergie électrique nécessaire pour la mise exx marche de ce moteur est foui’nie par un trolley installé le long du canal. Mais le moteur électrique peut, être remplacé par tout autre moteur.
- Turbodynamos géantes. — L’Allgemeine Elektri-citàts Gesellschaft, de Berlin, fabrique en ce moment, pour une Société de Gleiwitz, en Silésie, une turbo-dynamo de 24000 chevaux livrant, à raison de 1000 tours par minute, un courant polyphasé de 6000 à 65oo volts et 5o périodes. L’appareil de condensation est surtout remarquable par sa colossale supei’ficie, 4ooo mètres carrés, motivée par cette circonstance que l’eau de refroidissement renferme du calcaire dont les incrustations sont favorisées par la plus légère élévation de température. Afin de ne pas paralyser la machine pendant le nettoyage de cet apjxareil, il a été établi en double. Chaque condensateur embrasse donc une surface de 2000 mètres carrés fournie par 36yo tubes d’une longueur totale de 6000 mètres. Mais, en dehoi's du nettoyage, ils travaillent de concert. Ils exigent à l’heure 45oo mètres cubes, d’eau froide que versent deux pompes, actionnées soit alternativement, soit simultanément par une turbine supplémentaire de sûreté lorsque l’électricité qui les met en mouvement vient à faire défaut. Des turbodynamos de force équivalente, mais avec condensateurs relativement réduits, sont également en construction à l’Allgemeine Elektricitdts Gesellschaft à destination de la station centrale électrique de la Haute Spree qui approvisionne Berlin et de la station Reisholz de la Compagnie Rhénane-Westpha-lienne à Essen.
- Le déshuilage des débris de poissons. — Depuis longtemps les déchets des usines de conserves du littoral ainsi que les poissons gâtés, sont desséchés pour servir d’engrais. Ces matières contiennent de fortes quantités d’huile : si le turbot n’en renferme que 1 pour 100 par exemple, les sardines, les harengs titrent jusqu’à 20 pour 100. Aussi, dans les usines modeimes de Norvège et d’Allemagne, fait-on sécher les débris de poissons, après quoi, on les lave dans des appareils à extraction méthodique avec de l’éther de pétrole. Une distillation finale suffit pour régénéi’er le solvant et séparer une huile vendue 5o francs les 100 kilogrammes et employée comme lubréfiant, ou à la confection des peintures, des « factices » de caoutchouterie. L’opération est d’autant plus intéressante que la viande, en même temps que déshuilée, se trouve désodorisée : après moulure, on peut la. vendre non comme engrais, mais pour l’engraissement dû bétail, à raison de 2$ francs le quintal.
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- INFORMATIONS
- Nouvelles huiles industrielles. — De toutes les matières végétales produites en grandes quantités, les substances grasses sont en général parmi les plus chères : le prix de l’huile est bien plus élevé que celui de la farine, de la fécule ou du sucre. C’est pourquoi on s’efforce d’utiliser toutes les plantes oléagineuses qu’il est possible de rencontrer.
- Quelques nouveaux produits ainsi préparés, viennent récemment de faire leur apparition dans le commerce. L’huile d’hevea est extraite des graines de l’arbre fournissant le caoutchouc para, croissant spontanément au Brésil, et cultivé dans les plantations de Ceylan, de Malaisie. Ses propriétés analogues à celles de l’huile de lin permettent l’emploi en peinture. L’huile de riz est extraite industriellement dans une usine japonaise en faisant agir un dissolvant sur le gluten restant quand on prépare l’amidon de riz. L’huile de siour provient des graines d’un arbuste des Indes néerlandaises : elle est employée depuis longtemps par les indigènes de là.-bas pour la cuisine. Enfin, l'huile de périlla employée en peinture, provient d’une labiée japonaise, annuelle, à graines en forme de noisette d’où la matière grasse est extraite par pression : on l’utilise en Orient, parfois sous le nom d’huile yemola pour rendre le papier transparent et imperméable.
- Contre la fièvre aphteuse. — Après des recherches qui ont duré quatre ans, M. Léonard Hoffmann, professeur à l’Ecole vétérinaire de Stuttgart, a découvert un remède contre la fièvre aphteuse. Le traitement consiste dans des injections d’euguforme déjà connu dans la thérapeutique humaine. Des essais publics tentés sur deux troupeaux dont l’un de 4°> et l’autre de ioo têtes, ont donné d’excellents résultats. Les animaux retrouvèrent vite leur appétit, reprirent des forces et fournirent la quantité normale de lait. Le professeur est d’ailleurs d’avis que la maladie en elle-même est assez anodine. Ce sont plutôt les suites qui peuvent être à redouter. Quoi qu’il en soit, les études de M. Hoffmann sont d’autant plus opportunes que la contagion en 1911 a atteint environ 10 pour 100 du bétail existant en Allemagne. Depuis le mois d’août seulement, on constate une régression de la fièvre aphteuse.
- Le recul de la tuberculose en Prusse. — La
- statistique établit que la tuberculose est en retrait constant en Prusse. En 1875, on comptait 88 122 décès, soit 31 ,g pour iôooo habitants, en 1908, 63 320; en 1909, 60871; en 1910, 60479, s°it >5,29 pour 10 000 habitants. La proportion paraît encore trop forte aux Allemands, surtout après comparaison des résultats des deux dernières années. Aussi redoublent-ils de zèle dans leur lutte contre la maladie. Dans le- canton de Hümmling (Hanovre), par exemple, où la tuberculose sévit plus particulièrement, il a été résolu, à la suite d’une enquête du professeur Jakob, de Berlin, de bâtir des maisons plus salubres. Le Conseil cantonal met à cét effet, à la disposition des intéressés, les capitaux nécessaires au taux de 3 1/2 pour xoo, avec amortissement annuel de 2 pour 100 seulement. Pour couvrir les petres que ce mode de placement pourrait entraîner, le duc d’Arenberg s’est engagé à verser pendant 3o ans une somme annuelle de 5ooo marks.
- Un parc zoologique à Berlin. — Sur le désir exprimé par Guillaume II, Charles Hagenbeck, le propriétaire bien connu du Jardin d’Acclimatation de Stel-lingen, près de Hambourg, se prépare à installer un parc semblable au voisinage de Berlin. La Direction des Domaines a mis à sa disposition 46 hectares de superficie dans la Jungfernheide, au Nord-Ouest de la capitale. Les travaux seront achevés, on l’espère, en igi3, et l’inauguration coïncidera avec les fêtes du 25° anniversaire de l’avènement de Guillaume II (i5 juin igi3). Comme à Stellingen, le parc servira d’institut de vulgarisation scientifique à l’usage du peuple, ce qui le distinguera du Jardin zoologique attenant au Tiergarten, à l’Ouest de Berlin.
- Statistique cynégétique. — Une statistique dressée par le Service biologique de Washington montre que, Murant les 10 premiers mois de 1911, 47 chasseurs ont été tués accidentellement par les balles d’autres chasseurs, dans toute l’étendue des Etats-Unis. C’est la plus forte proportion d’accidents de ce genre qu’on ait jamais enregistrée dans le monde. La liste s’est grossie dans les derniers jours d’octobre grâce à la méprise
- d’un sportsman qui, à l’affût dans une forêt du New-Jersey, tua d’une même décharge deux chasseurs, alors qu’il croyait tirer sur un cerf. On remarque à ce propos que les accidents de ce genre ne se produisent pas dans-les régions où la loi interdit la mise à mort des biches. Le chasseur hésite un instant à tirer, avant de voir si le cerf dont il croit entendre l’approche porte ou non des bois sur le front; cette seconde d’attention a sauvé la vie à plus d’un chasseur. La même statistique porte à.5 millions le nombre des habitants de la république qui se livrent régulièrement aux plaisirs de la chasse, ou qui vivent de la poursuite du gibier. Dans plusieurs états de l’Ouest (ancien Far-West), la proportion des chasseurs sur la population (femmes et enfants compris) monte jusqu’à i3 pour 100.
- Un concours d’aéroplanes militaires en Angleterre. — Le « War Office », à l’imitation du ministère de la Guerre français, vient d’organiser un concours-d’aéroplanes militaires. Les prix sont les suivants :
- A. Pour tous les aéroplanes quelle que soit leur nationalité, Ier prix : 100000 fr. ; 2* prix : 5o 000 fr. —
- B. Prix réservés aux sujets anglais pour aéroplanes complètement fabriqués en Angleterre (sauf le moteur), Ier prix : 37 5oo fr. ; deux seconds prix : 25 000 fr. chacun; trois troisièmes prix : i2 5oofr. chacun. Le War Office se réserve le droit d’acheter pour 25 000 fr. ‘la machine gagnante. Les propriétaires de 10 appareils qui auront subi tous les essais, sans gagner de prix, recevront 25oo fr. Pétrole et huile seront fournis gratuitement.
- L’Oppidum gaulois de Mézin. — M. Momméja, conservateur du musée d?Agen annonce à l’Académie des Inscriptions la découverte faite à Sos (environs de Mézin, Agenais) des ruines d’un Oppidum gaulois et de murailles, véritables constructions cyclopéennes, dont les pierres portaient des queues d’aronde, marques dans le genre de celles qu’on relève au « Mur des païens » de Sainte-Odile, sur les assises du château de Wangenbourg. et de nombreuses enceintes fortifiées d’Alsace. M. Jullian qui a présenté la note de M. Momméja à l’Académie signale comme vraisemblable qu’il s’agit des ruines de la ville des Sotiates, célèbre par le siège qu’en fit Crassus en l’an 56, et qui est décrit dans les Commentaires de Jules César. On a trouvé au cours des fouilles une inscription-dédicace faite à une déesse locale, par une association de structores, c’est-à-dire de maçons.
- La mortalité infantile à la campagne. — D’après les observations du Dr L. Cruveilhier (Revue philanthropique) les petits paysans meurent dans une proportion plus forte que les petits citadins dans la première année de leur existence. Ainsi dans 7 départements à population essentiellement agricole, il a relevé pendant trois ans une moyenne de plus de 21 décès de o à 1 an sur 100 naissances, tandis que 2 seulement des 27 départements à population essentiellement industrielle (Seine, Bouches-du-Rhône) ont donné le même pourcentage. Dans la Seine-Inférieure, la moyenne a été de 23,53 pour 100, de 24,65 dans l’Ardèche, et de 25,5o dans les Hautes-Alpes. De même dans le Lot, celui des départements où la proportion de la vie agricole est la plus élevée, la mortalité infantile est bien supérieure à celle du département du Nord, où l’élément industriel a le plus d’importance, et qui occupe seulement le 26e rang dans le tableau de décroissance de la mortalité des enfants de cet âge. De même encore les départements industriels du Rhône, du Pas-de-Calais, de la Haute-Marne, viennent chacun respectivement au 43e, 5is, et 68e rang. La Seine vient au 56e, mais son cas est peu significatif, beaucoup d’enfants nés dans ce département étant élevés et mourant dans les départements voisins.
- La guerre aux chats. — C’est généralement aux chiens que sont réservées les horreurs de la fourrière ; mais le nombre de chats errants était devenu si grand à New-York, que la municipalité a dû créer un service spécial pour lutter contre ce nouveau fléau. Trois fourgons-automobiles parcourent la ville de 10 heures du soir à la pointe du jour, capturent les chats rencontrés en route, et les conduisent dans un établissement où ils sont mis à mort. Dans une seule nuit, 866 chats ont été ainsi capturés. Durant l’été dernier, le nombre des chats mis à mort s’est élevé à 45 000.
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- *?_> 'Eclairage <*
- Bec de gaz « Jenny ». — Ce petit bec de gaz est basé sur le principe de l'incandescence des terres rares 'comme le bec Auer. Il comprend seulement un demi manchon de très petite dimension (fig. 2) qui se place en face d’un chalumeau légèrement courbé à sa partie supérieure (fig. i) qui le porte à l’incandescence. La lumière ainsi produite est très brillante, elle équivaut à environ 12 bougies et suffit amplement pour l’éclairage des couloirs, cabinets, antichambres, etc. C’est plus qu’une veilleuse et cependant par suite de sa construction, le bec « Jenny » dépense moins que la veilleuse à l’huile qui sent souvent mauvais et n’éclaire pas.
- Les constructeurs estiment, en effet, que la consommation de gaz est de 1 centime 1/2 pour 12 heures, ce qui ferait, en chiffres ronds, 1 franc par mois pour un éclairage permanent.
- Il y a de nombreuses applications non seulement chez
- fallut
- Bec de gaz « Jenny
- les commerçants et les industriels, mais aussi dans la vie domestique. — L’appareil est en vente aux Inventions modernes, 31, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- îp_> Hygiène
- Le « Womauc » bloc hygiénique pour récepteur téléphonique. — Ce bloc, composé de 25o feuilles superposées, est destiné à garantir l’oreille des contacts successifs et journaliers trop fréquents à l’usage du récepteur téléphonique.
- Déjà les appareils modernes : Monophones, Aérophones, Hygiénophones, etc..., satisfont à l’hygiène de la bouche et font émettre les sons dans le vide, en plaçant les microphones en dehors de l’atteinte de l’haleine.
- Ces appareils se trouvent heureusement complétés par le Womauc. Cet accessoire consiste en un paquet de feuilles détachables, pasteurisées fixé au boitier du téléphone. Chaque fois qu’on s’est servi de l’appareil, on arrache la feuille contre laquelle s’est appuyée l’oreille. Tous les appareils récepteurs sont munis d’une plaque d’ébonite, matière spéciale noire, vissée généralement
- en super-structure et contre laquelle s’appuie l’oreille. Il suffit de dévisser cette pièce et de visser à la place le support spécial pour Womauc. Ce support, se compose de deux pièces, une qui se pose aux lieu et place de la plaque d’ébonite, devient inamovible, puis une bague moletée extérieurement et filetée intérieurement, vien ise visser sur cette flasque en serrant entre ses deux éléments la base du Womauc, fermé par un contrefort en aluminium.
- Ou conçoit aisément que ces feuillets superposés et détachables assurent une hygiène et une propreté impeccables. La maîtresse de maison, le commerçant ou l’industriel, qui se servent jouraellement de leur téléphone, verront combien le récepteur téléphonique se salit; une feuille est détachée et l’objet est propre à nouveau.
- Le Womauc rendra plus de services encore là où le téléphone sert à plusieurs, et cela en raison même des contagions possibles.
- Le bloc hygiénique ne nuit nullement à l’audition, bien au contraire. La constitution même du papier et la souplesse des feuillets superposés assurent l’herméticité de la chambre acoustique, la débarrassant des bruits du dehors, ce qui diminue la fatigue inhérente aux longues conversations. — Les inventeurs de cet appareil sont MM. Maunoury et Wolf, 10, rue Coquillière, à Paris.
- *> Jouets <«*
- Le cireur. — Le cireur fait encore partie de la collection des jouets à très bon marché qu’a construits M. Maurin. Le personnage occupé à cirer les souliers est seul actif. Le mécanisme qui l’actionne, contenu
- dans son corps, comporte un mouvement d’horlogerie C qui agit sur le disque A et l’entraîne autour de son axe. Ce disque porte une goupille B qui entraîne par conséquent la tige D en agissant sur une autre tige double H qu’elle fait glisser sur la glissière E. La tige D, enfermée dans le bras du cireur, se termine par la brosse traditionnelle. Le second bras du personnage est animé du même mouvement, mais à des temps opposés. Enfin la tête comporte une traverse horizontale prise sur le mouvement des glissières afin de l’animer à son tour. — M. R. Maurin habite, 24, rue de Belfort, à Paris.
- Le jeu des bonnets de coton. —, Jeu forain qui jouit de quelque réputation; on prend des balles et, d’une certaine distance, les amateurs s’efforcent de les
- placer les unes après les autres dans des bonnets de coton fixés, renversés, à une planche préalablement percée de trous pour recevoir les dits bonnets.
- Ce jouet conserve la réalité du jeu, mais le joueur est un petit automate que l’on actionne avec le doigt après avoir déposé une balle dans sa main. La partie inférieure du corps est immobile et la partie supérieure peut basculer autour du point O., On appuie avec le doigt sur la pédale B ; le corps est tiré en arrière par le ressort R; il sera vivement projeté vers l’avant si on abandonne brusquement la pédale à elle-même. Avec un peu d’habitude, on parvient à loger les balles dans les bonnets placés devant le joueur. — L’inventeur est M. Raoul Maurin, 24, rue de Belfort, Paris, XIe.
- La voiture culbutée. — Deux enfants s’approprient, momentanément, une voiture, une charrette. L’un se met aux brancards, l’autre grimpe à l’arrière. Quoi de plus amusant, pour celui qui « fait le cheval » que de laisser tomber son camarade^! Cette scène a été prise
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- sur le vif par un inventeur du concours Lépine et réussie parfaitement avec un mécanisme rudimentaire ainsi que le montre notre schéma. Ce mécanisme est renfermé dans un boîte placée sous la voiture ; on le remonte à l’aide d’une clef introduite en C. La caisse pivote autour d’un axe B et elle est reliée au mécanisme moteur par
- une bielle A solidaire d’un excentrique D. Pendant la rotation l’excentrique oblige le levier A à soulever l’avant de la voiture; à ce moment le cheval à deux jambes est soulevé par les brancards tandis que son compagnon est traîné sur le sol. Les deux petites roues FF permettent à l’ensemble de conserver son équilibre pendant les culbutes. L’inventeur est M. Raoul Maurin, 24, rue de Belfort, Paris, XIe.
- L’amateur de skating. — Le skating est à la mode et nous voyons fréquemment, sur les trottoirs parisiens, les enfants s’entraîner à ce sport avec un seul patin. Ils se lancent avec le pied libre en l’appuyant sur le sol et parcourent de longues distances sur le patin unique, un laissé pour compte, vraisemblablement, des amateurs plus sérieux.
- Lè mécanisme commande deux manivelles opposées
- qui, par l’intermédiaire de bielles appropriées, produisent les effets voulus. L’une de ces manivelles A porte le corps par l’intermédiaire d’une bielle à rainure horizontale B fixée à l’extrémité d’une tige C reposant sur le patin D. La seconde manivelle E commande un levier F qui entraîne la jambe droite, celle qui pose sur le sol. Cette jambe est un levier coudé G H I et le point de contact avec le sol décrirait un arc de cercle si le corps était fixé; mais le sujet étant mobile sur le patin, l’extrémité du pied se contente de rester en place, offrant ainsi le point d’appui nécessaire pour l’avancement; Et Y amateur de skating part vers l’avant. — L’inventeur de ce curieux jouet est M. Boucheron, 4, rue de l’Eglise, à Vitry-sur-Seine.
- Fuïlicula. — Funicula est un jeu de force. Il s’agit de savoir quel est celui des deux adversaires qui a les
- meilleurs muscles dans le pouce et l’index.
- A chaque extrémité du jeu se trouve un tourillon A et B; dans le socle passe une ficelle C qui les relie. Les joueurs étant prêts, chacun d’eux s’efforce d’enrouler la ficelle autour de son tourillon en agissant sur celui-ci avec le pouce et l’index. Deux pantins sont solidaires de
- la ficelle par le prolongement de leur jambe gauche auquel est ménagée une rainure sur la longueur du chemin qu’ils sont susceptibles de parcourir. Dès que l’un des deux atteint le taquet H, il tombe sur l’obstacle placé au milieu du jouet et qui n’a d’autre utilité que de simuler une chute naturelle, car les deux pantins sont
- reliés par un fil métallique, de sorte qu’ils apportent l’illusion de tirer eux-mêmes l’un sur l’autre. — Ce jouet, très original, est inventé parM. Boucheron. 4, rue de l’Eglise, à Vitry-sur-Seine.
- Objets utiles
- Nouveau vaporisateur. — Le côté défectueux des vaporisateurs c est la poire en caoutchouc qui s’abîme assez rapidement et dont le prix est relativement élevé. Le nouveau modèle que représente la figure ci-contre, est muni d’une véritable pompe en métal (fig. 1) qui est d’un fonctionnement très sûr pendant longtemps. Le corps de pompe C est formé d’un tube qui est fixé au bouchon du flacon; dans l’intérieur pénètre le piston P monté sur une tige creuse qui coulisse à frottement
- doux dans une douille A vissée sur l’extrémité de C (fig. 2). La tige creuse se termine par l’ajutage ordinaire du vaporisateur et il suffit pour obtenir le nuage parfumé de saisir la petite olive qui est fixée sur cette tige et de lui imprimer un mouvement de va-et-vient. — L’appareil est en vente aux Inventions nouvelles, 31, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- Bouchon verseur. — Ce système de bouchon ver-iur se distingue par la facilité de son démontage cornet qui en permet le nettoyage intérieur. Le ïc peut prendre deux positions : dans le pro-ngement du goulot il est ouvert (fig. 2), et on le place perpendiculairement, il estfer-é (fig. 1 ). Le joint est rmé par une bille creuse ir laquelle est soudé le îc et qui porte un trou à jpposé. Elle repose sur 1 siège en liège où elle :t serrée par une douille vis qui l’emboîte com-ètement. Ce joint est îrmétique et permet employer ce bouchon 1 2
- ir les bouteilles d’eau
- inérale légèrement gazeuses. Pour le nettoyage, il suffit 3 dévisser la douille et la bille creuse ainsi que le bec l’ell'e porte se trouvent libérés. — Chez M. Mathieu, ), rue de Valois, Paris.
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- CHRONIQUE
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- L ensimage des laines. — On sait que la toison des moutons contient naturellement une très forte proportion de « suint », mélange extrêmement complexe de matières grasses, de sels potassiques qui lubrifie les fibres et rend la toison impénétrable à la pluie. Aussi, avant tout traitement, doit-on « dessuinter » les laines par plusieurs lavages faits parfois sur le dos des moutons avant la tonte, mais le plus souvent dans les usines de peignage où l’on récupère la potasse et les matières grasses diverses comme la lanoline. Mais la laine est ainsi trop bien épurée, si bien que pour rendre facile le travail de cardage, de filature, on doit lui incorporer un peu (bien moins qu’elle n’en contenait primitivement) d’une matière grasse facilitant le glisser des fibres les unes sur les autres : c’est Y ensimage de la laine.
- . On peut employer à l’ensimage des huilés de diverses provenances ou de l’oléine résiduelle de stéarinerie (séparée par pressurage des gâteaux d’acides gras). Yoici comment on opère dans ce cas. On prépare autant de litres d’eau tiède (à 2O0C.) qu’on désire employer d’oléine; on ajoute à l’eau de 20 à 5o grammes d’ammoniaque à 220 B. (selon que l’oléine est plus ou moins acide). On verse alors en agitant fortement l’oléine dans l’eau am-
- moniacale : l’émulsion se fait très bien à condition d’employer de l’oléine bien fluide, non épaissie par le froid. On arrose finalement la laine avec le liquide gras.
- Par suite de la diminution de fabrication des bougies et à cause de l’extension prise par la préparation des bougies de paraffine, l’oléine tend à devenir plus rare : son prix est doublé depuis quelques années. Aussi em-ploie-t-on souvent maintenant diverses huiles, en particulier l’huile d’arachides, relativement fort bon marché. Eccore faut-il faire subir à cette huile une préparation, lui permettant de former avec l’eau ammoniacale des émulsions suffisamment stables. C’est ce à quoi sont parvenus certains fabricants allemands vendant le produit sous forme de savon. Un de nos lecteurs de Yer-viers, M. Mathieu Klenser, nous informe qu’il est parvenu de son côté à préparer l’huile d’arachides sous forme lui permettant de s’émulsionner aisément et parfaitement dans l’eau contenant seulement 2 pour 1000 d’ammoniaque. Nul doute que les nouveaux produits ne soient accueillis avec le plus grand intérêt dans tous les peignages où l’on consomme une si grande quantité de iubrifiants d’ensimage. A. Chaplet.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Les eaux d’alimentation et la carie dentaire. —
- Notre organisme a besoin de produits calcaires pour parfaire, quani on est jeune, l’édification de notre squelette et, quand on a dépassé l’âge de la croissance, pour l’entretien des divers tissus osseux, cartilagineux et autres. Ce besoin se fait sentir sur la denture et on a observé que les habitants des régions calcaires étaient moins souvent atteints de carie dentaire que les habitants d’autres régions. Le Dr Ferrier, qui préconise avec tant d’ardeur dans la lutte pour la tuberculose, la récalcification des malades, a pu démontrer l’influence désastreuse d’une eau d’alimentation bouillie, privée de ses sels calcaires, sur la résistance des dents à la carie.
- La démonstration précise de cette influence vient d’être donnée par un médecin allemand, Rose. Dans des recherches portant sur 87617 enfants des écoles, et dans les villes ou villages les plus divers, en tout 164, il a pu constater d’une façon constante que la fréquence des dents cariées suivait exactement la courbe calcimé-trique de l’eau d’alimentation. Suivant la teneur de ces eaux en sels calcaires, on voit un parallèle étroit, avec le nombre des enfants atteints de carie dentaire. Plus l’eau a une proportion élevée de sels de chaux, moins on voit de dents malades.
- Les organes dentaires semblent donc, comme le fait remarquer le Dr Herpin, extrêmement sensibles à des variations, même minimes, d’ingestion de sels de chaux. Normalement riches en chaux, les tissus de nos dents subissent, en cas d’absorption insuffisante de ce produit, des modifications de leur constitution chimique. Moins résistants, ils cèdent plus facilement à l’attaque des microbes pathogènes et à la production de la carie. Ce n’est pas une simple hypothèse; on a pu, en effet, sous l’influence de l’administration de sels de chaux (phosphate tribasique, carbonate), voir des lésions rester stationnaires, alors qu’elles évoluaient auparavant avec une rapidité déconcertante. Conclusion : buvez des eaux propres, indemnes de tout germe et quand il y a lieu, comme en temps d’épidémie ou dans les régions où les eaux de source sont polluées, de boire de l’eau bouillie, stérilisée, avalez de temps à autre un peu de phosphate de chaux, surtout si vous avez des dispositions à avoir les dents vulnérables ou mieux si elles sont déjà malades. Dr A. C.
- Les bébés empoisonnés. — De tous temps, les mamans ont eu recours, pour endormir leurs bébés ou pour calmer leurs cris incessants, au doux balancement du berceau. Sous l’influence du mouvement tranquille
- et rythmique imprimé à leur petit lit, les cris s’apaisent et l’enfant s’endort. Je me souviens encore d’avoir connu, dans mon jeune temps, une mère nourrice qui devait bien avoir élevé, à elle seule, un régiment d’enfants, car on la voyait toujours, filant sa quenouille et battant, du bout du pied, la mesure sur la travée du berceau auquel elle donnait une oscillation régulière et continue.
- Les nourrices et les bonnes d’enfants ont à coup sûr exagéré bien des fois l’emploi de ce moyen assez inof-fensif de calmer les plaintes et les cris. Mais on a trouvé mieux et c’est dans nos régions du Nord qu’est née cette pratique abominable et néfaste de calmer les enfants à l’aide de narcotiques dont les doses croissantes et réitérées provoquent chez ces pauvres innocents des intoxications morttlles.
- Les médecins des pays flamingants ont depuis longtemps signalé le danger de ces habitudes funestes, mais le mal s’est répandu peu à peu et c’est dans des proportions effrayantes que la coutume s’est prise de donner « le dormant ». Celte dénomination pittoresque vise l’infusion de 1êtes de pavots ou les sirops préparés avec le sirop diacode, sirop de pavot blanc ou de laitue que l’on donne à la dose de une ou plusieurs cuillerées à café.
- Toutes ces préparations sont à base d’opium et présentent, on le conçoit, des dangers graves d’intoxication, suivant les doses administrées.
- Si je m’en rapporte à un travail fort intéressant d’un jeune médecin de Lille, le Dr Evrard, cette habitude de calmer les nourrissons et les petits enfants au moyen de ces drogues, s’observait jadis dans le Nord et le Pas-de-Calais et dans tout le pays flamingant, mais le mal, comme je le disais, a fait tache d’huile et on relève maintenant cette pratique détestable dans des départements voisins et dans quelques régions plus éloignées : Savoie, Landes, Basses-Alpes. Mais c'est dans le Nord que la coutume sévit avec le plus d’intensité.
- En voulez-vous des preuves ? Yoici quelques résultats de l’enquête minutieuse poursuivie par le Dr Evrard. Dans une ville de 12 000 habitants, presque tous flamingants, nous avons vu, dit-il, ün pharmacien faire des commandes de i5oo lêtes de pavots à la fois et la répéter tous les trois ou quatre mois; de même il met en vente, sous l’étiquette « sirop dormant », un sirop contenant 5o centigrammes d’extrait d’opium par litre et c’est par 20 litres à la fois qu’il fabrique son poison. A Bailleul, 12000 pavots sont vendus par an au public, alors qu’il n’y a guère que 3oo enfants au-dessous d’un
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- an. Et partout c’est à peu près la même chose ; quand le pharmacien, plus consciencieux et instruit du danger de cette pratique, refuse le pavot, on va le chercher chez l’herboriste, et même chez le jardinier.
- Je sais bien qu’un décret, motivé par les plaintes légitimes des médecins et des instituteurs de la région, a ajouté le pavot à la liste des substances vénéneuses dont la vente ne peut avoir lieu que sur le vu d’une ordonnance médicale. Mais ce décret n’arrête que bien
- peu les progrès du mal ; comme le fait observer notre confrère, il faudrait faire l’éducation des masses populaires, éducation si incomplète au point de vue hygiénique. Mais quand on voit le peu de succès de la campagne menée par les ligues anti-alcooliques contre la vente des liqueurs et des alcools de tout genre, on se ' dit qu’il sera encore plus difficile de déraciner un préjugé de ce genre. Et pendant ce temps, la natalité décroît toujours. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction de la chenille fileuse du prunier. —
- Comme c’est le cas pour la destruction des parasites analogues, on a recommandé l’emploi de nombreuses mixtures plus ou moins efficaces. Un choix rationnel est désormais possible en se basant sur le résultat des nombreux essais comparatifs faits par M. Rabaté, professeur d’agriculture du Lot-et-Garonne, le plus important centre français de production des pruneaux.
- Les solutions de nicotine à i pour ioo sont d’effet incertain; une dose de 2 pour ioo est nécessaire pour avoir un résultat rapide et complet. L’arsénite cuprique à 3 pour ioo plus la quantité de chaux nécessaire à la neutralisation, empoisonne les chenilles et donne de la vigueur au prunier; les doses de i et i,5o pour ioo, employées en Amérique se sont montrées insuffisantes; on peut augmenter l’adhérence de la mixture en ajoutant de la mélasse, du sucre, etc., comme on le fait pour les bouillies bordelaises. Les arséniates de fer, de cuivre et surtout de plomb furent efficaces, à condition d’employer 2 à 3 pour ioo d’arséniate sodique additionné de la quantité de sels métalliques nécessaire pour la complète précipitation.
- Les meilleurs résultats sont donnés par le chlorure de baryum à 3 pour ioo, qui provoque bien quelques petites brûlures sur les feuilles, mais empoisonne sûrement toutes les chenilles en quelques jours. L’action est suffisamment rapide pour que soit inutile l’addition de mélasse, de résine et autres corps favorisant l’adhérence. On peut ajouter a à 5 pour iooo de verdet neutre. Le succès obtenu est tel que les pruniculteurs de Lot-et-Garonne n’employèrent pas moins de 5ooo kg de chlorure de baryum en une seule quinzaine (fin mai 1909). 3 Enfin il est utile de signaler les produits n’ayant donné que des résultats nuis ou insignifiants : formol, crésol, phénol, goudron, savon, quassia, acide picrique, et picrate de chaux, chlorure de sodium, eau saturée de sulfure de carbone. L’époque des traitements influe beaucoup sur la réussite; telle bouillie donnant ou non de bons résultats selon qu’on l’applique à telle ou telle date. En général, mieux vaut opérer dans le midi, et au cours d’une année moyenne du 7 au i5 mai que du ierau 7. On choisit le moment où les chenilles mesurent 8 à 10 mm de long (elles sont alors sorties de leurs abris primitifs), et sont très actives (elles mangent beaucoup et sont plus vite empoisonnées). On peut pratiquer un traitement hâtif (fin avril), mais il est alors souvent nécessaire de le recommencer plus tard
- Bâtons de soudure pour l’application directe sous décapage. — Les camelots des villes vendent parfois, pour la réparation des objets ménagers, de minces baguettes de soudure dont l’emploi est particulièrement commode si l’on en croit le boni-
- Iggf ment et l’expérience faite en pleine jni air sur quelque vieille boîte à sar-fis dines. Il suffit, en effet, de faire
- HI chauffer la tôle sur une flamme de
- agi bougie et d’y appliquer le bâton : IH le métal fond et adhère très bien |ü aussitôt. Nous avons analysé une de ces soudures sans y trouver de particularité bien nouvelle : elle était composée de plomb et d’étain avec un peu d’antimoine; les proportions importaient d’ailleurs peu pour la réussite ainsi que nous l’allons voir.
- Celle-ci, en effet, est subordonnée à certaines conditions. Employé pur, l’alliage soudant ne supprime nulle-
- ment, nous l’avons constaté, la nécessité d’un décapage. Mais les baguettes de soudure, plafes d’un côté, sont alvéolées de l’autre (voy. fig.). Et il suffit de garnir ces granulations d’une couche de résine, ou même d’une solution pâteuse de chlorure de zinc pour que, dès lors, la soudure chauffée adhère très bien aux surfaces métalliques. Comme la feuille d’alliage est Très mince, il faut, en effet, peu de chaleur pour la faire fondre, et la petite quantité de décapant suffit à nettoyer la surface de la tôle à souder. La présence d’antimoine dans la soudure rend le métal un peu plus « aigre » de façon à obtenir des dépôts plus résistants.
- Laboratoire de La Nature.
- Éncres sympathiques à base de cjus floraux. —
- M. Dronne, l’auteur de la Chimie amusante, à qui nous avons emprunté la recette parue sous ce titre dans notre numéro du 16 décembre 1911 (p. 22), nous adresse les indications suivantes qui rectifient et complètent notre extrait. Par suite d’un lapsus, nous avons dit les traits nitrés deviennent rouge cramoisi, les traits à l’acide oxalique, jaune or ou jaune verdâtre. C’est l’inverse qui est exact.
- En outre, les giroflées dont il s’agit ne sont pas les giroflées ordinaires à fleurs complètement jaunes, mais les giroflées connues en horticulture sous le nom de giroflées jaunes à fleurs violettes. La giroflée ordinaire ne donne que du jaune avec le carbonate de potasse ou le nitrate de plomb, et rien avec l’acide oxalique.
- Une colle pour le verre. — Nous avons mentionné déjà les intéressantes applications des acétates cellulosiques pour la fabrication des films cinématographiques et des vernis. Les propriétés de ces composés nous donnèrent l’idée de les utiliser à la confection de colles, en particulier pour le collage du verre, qu’il est si difficile de bien obtenir, surtout s’il s’agit de matières devant résistera l’eau, à l’alcool, à l’éther, comme c’est le cas, par exemple, pour coller contre leur garniture les déux plaques d’une cuvette pour projections photographiques ou examen microscopique. On obtient d’excellents résultats avec une solution composée de :
- Acétate de cellulose (marque A. G, F. A.
- des usines de Gerpjfin)................. 5 grammes.
- Tétrachloréthane........................ 100 —
- Alcool méthylique........................ 10 —
- On étend la colle sur chacune des deux surfaces à réunir, on fait adhérer en pressant pendant très longtemps, jusqu’à parfaite dessiccation de la colle. Les objets en effet ne doivent être employés qu’après disparition complète du dissolvant. Deux plaques de verre ainsi réunies peuvent rester immergées pendant plusieurs heures dans l’alcool ou dans l’éther sans que soit compromise la solidité de leur jonction.
- Laboratoire de La Nature (*).
- Plaques omnicolores Jougla. — Les différentes plaques destinées à donner la reproduction des couleurs nécessitaient, jusqu’à présent, chacune un traitement spécial. Le développement, l’inversion, l’écran, tout devait être modifié selon la plaque employée.
- Cela complique et rend très coûteux l’emploi de
- 1. Nous tenons à remercier MM. Rivierre et Clément, chimistes à VAction G. f. Anilin-F'abrikation, des renseignements qu’ils voulurent bien nous donner et des échantillons d’acétates cellulosiques gracieusement mis à notre disposition par M. Singer, le représentant parisien des usines de Greppin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- marques différentes, et il y a cependant des cas où on serait heureux de pouvoir utiliser comparativement, par exemple, des plaques à grains et des plaques à réseau. Cela est facile maintenant. La maison Jougla, qui fabrique les plaques omnicolores, ayant pour base le réseau, vient de modifier son émulsion de façon à ce qu’on puisse utiliser pour leur emploi le même écran et les mêmes bains que pour les autochromes Lumière. On peut donc charger ses châssis avec l’une ou l’autre plaque et utiliser selon les circonstances le principe du grain coloré ou celui du réseau. Rentré au laboratoire on ne se trouve plus en présence d’innombrables flacons, mais de deux seulement : celui de métoquinone pour les deux développements, et le bain d’inversion. Celui-ci peut être à base de permanganate ou de bichromate ; on aura peut-être intérêt à préférer ce dernier parce qu’il rend la couche de gélatine insoluble, ce qui est très avantageux par les grandes chaleurs.
- Cette simplification très appréciable ne manquera pas de donner un nouvel essor à ces procédés si séduisants de la reproduction des couleurs.
- Mauvais goûts dits « d’œufs gâtés » des vins. —
- Depuis un temps immémorial on a observé dans certains vins la production d’une odeur faible d’œufs pourris ; si peu prononcé que soit ce goût, il est si désagréable, qu’un tel vin est imbuvable. Aussi a-t-on préconisé quantités de moyens plus ou moins efficaces pour remédier à la maladie, M. Mathieu, le savant directeur de la Station œnologique de Beaune, s’est occupé de la question et il recommande de préférer à des palliatifs toujours imcomplets, des moyens préventifs capables d’empêcher la production des mauvaises odeurs.
- Le goût d’œuf gâté qu’ont certains vins est, en effet, dû à la production d’hydrogène sulfuré dont on connaît l’odeur nauséabonde, lequel s’unit ensuite à l’alcool pour former un éther éthysulfhydrique (mercaptan) qui ne sent pas meilleui ! Tout cela est provoqué'par la présence de composés du soufre dans les moûts, que certaines races de levures attaquent et réduisent à l’état sulfhydrique. Or, autrefois, il n’y avait guère dans le vin que les sulfates provenant de certains sols calcaires : maintenant, il y a un peu du soufre projeté sur les raisins comme anticryptogamique et de sulfites ajoutés pour désinfecter les tonneaux. D’où naturellement plus grande fréquence du mauvais goût des vins.
- Après avoir analysé le processus de formation du mercaptan, M. Mathieu indique un moyen facile d’éviter le développement de la mauvaise odeùr du vin : il suffit de séparer du liquide la levure et la lie sitôt la fermentation terminée. Quand ce moyen, extrêmement simple et très efficace n’a pas été employé, on peut atténuer notablement sinon supprimer tout à fait l’odeur fétide du vin : on ajoute de la levure fraîche provenant d’un vin sain, on fouette, on laisse reposer et on décante. Il y a absorption du mercaptan, séparé lors de la clarification. On obtient un résultat analogue en ajoutant des lies d’odeur normale, « roulant » les fûts pour assurer une agitation énergique, puis séparant le vin des lies.
- Bulletin de l’Association des chimistes.
- Nettoyage désinfectant des fûts à vins. — Le nettoyage des fûts doit toujours être particulièrement soigné ; mais quand il s’agit de tonneaux destinés à recevoir des vins qu’on vient de pasteuriser, parce qu’ils avaient tendance à se gâter, on doit, naturellement, redoubler de précautions. Voici comment, dans ce cas, recommande d’opérer M. Mestre, le chimiste bordelais, expert en matière d’œnologie :
- A) Après'un chaînage éventuel, on soumet les fûts à un courant de vapeur qui commence à désinfecter les parois et à pénétrer la surface de manière à faciliter l’imprégnation des liquides antiseptiques ensuite employés.
- B) On a préparé, d’autre part, une solution de permanganate de potasse avec 200 grammes de sel placé sur un entonnoir dont la douille est obturée d’un tampon d’ouate très légèrement placé, et 10 litres d’eau. On doit employer l’eau chaude et verser peu à peu en attendant, pour remplir l’entonnoir, que celui-ci soit vide; ce pour être assuré de tout bien dissoudre. On introduit 2Ôo centimètres cubes (5 grammes de permanganate) de la solution bien homogénéisée par agitation dans le tonneau, peu après le vaporisage; puis 10 à i5 litres d’eau à la température ordinaire. On bonde, on agite, on vide.
- C) Après avoir rincé avec 10 à i5 litres d’eau, et vidé, on soufre avec une petite mèche contenant 1 gr. 5 de soufre, ou mieux avec 5o centimètres cubes d’une solution d’anhydride sulfureux à 60 grammes par litre. Les oxydes manganés adhérant aux parois disparaissent ainsi totalement.
- BIBLIOGRAPHIE
- QSL
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les derniers contre-torpilleurs français : A. Detoeuf. — L’industrie du beurre de coco : Georges Lanorville. — L’importance économique des cessions congolaises : Pierre Ceerget. — L’aluminium et la maladie de l’écrouissage : V. R. — Le développement économique de l’Uruguay ; M. G. — L’adhérence des surfaces polies. — Académie des sciences; séance du 18 décembre 1911 ’ Ch. de Villedeuii.. — L’électro-chromographe : L. G.
- Supplément. — Comète Schaumasse (1911 h). — L’acclimatation des oiseaux de Paradis. — Une mission relative à la maladie du sommeil. — La natalité en Allemagne. — Profondeur de la mer Adriatique. — La radioactivité des composés organiques, etc.
- Le développement de Vhydrotimétrie en Suisse, in-folio, 86 p. et 125 pl., Raillard et Schiller, à Berne, 1911. Prix : a5 francs.
- Par une loi fédérale du 23 décembre 1908, mise en vigueur le 3i mars 1909, le « Bureau hydrométrique fédéral », attaché jusqu’alors à l’Inspectorat fédéral des travaux publics, a été érigé en service indépendant, sous la dénomination de « Hydrographie nationale suisse ». Le directeur est le Dr J. Eppér. Ce service correspond à peu près à celui de l’hydraulique et des améliorations agricoles de notre ministère de l’Agriculture. Il vient de publier un magistral et luxueux volume rappelant les travaux effectués jus-
- qu’en 1907 pour le développement de Vhydrométrie en Suisse; l’étude des variations du niveau des eaux a débuté par celles du-lac de Constance (en i5i 1 hautes eaux à Lindau) ; en aval, la rive de Laufenstein porte encore la marque des basses eaux extraordinaires du Rhin en 1541 ; les stations limnimétriques ont été marquées à Yevey en 1780. Le volume traite, entre autre, les sujets suivants : Formules sur le mouvement des eaux, Instruments de jaugeage, Premières applications du moulinet Woltman en Suisse, Sondage des lacs, Deltas, Seiches, Glaciers, Débit des fleuves, Statistique des forces hydrauliques de la Suisse, Réseau des repères du bureau hydrométrique fédéral, Calcul et publication des observations relevées aux limnimètres, Températures atmosphériques, Hauteurs de pluie, Enquête sur le régime des eaux en Suisse, Surfaces des bassins de réception, Profils en long des cours d’eau et profils en travers types, Détermination du débit minimum des cours d’eau, Jaugeage du débit moyen et du débit maximum aux principales stations limnimétriques, Courbes de débit, Débit des cours d’eau aux principales stations limnimétriques, Forces hydrauliques disponibles en Suisse, Forces hydrauliques minima disponibles et forces utilisées du Rhin et de ses principaux affluents depuis les sources de ce fleuve jusqu’à son confluent avec la Tamina, Etudes pour le développement de la navigation. Pour les planches, on remarque surtout celles relatives à l’assèchement du lac de Chaillexon en octobre 1906 et à sa grande crue en mars 1896.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les merveilles du monde sidéral. Catalogue descriptif des étoiles doubles et multiples, amas, nébuleuses, etc., visibles dans l’hémisphère Nord, par G. Raymond, i fasc. G. Thomas, éditeur, n, rue du Sommerard, Paris, 1911.
- Ce catalogue a été rédigé à l’usage des amateurs; il constitue sous une forme très condensée, un guide des plus utiles pour l’observation du ciel.
- Transactions of the American Institute of Chemical Engineers (année 1910). 1 vol. illustré, 4°7 pages. Editeur : E. et F. N. Spon Ld, 57, Haymarket. London, 1911. Prix : 1$ sh. 6.
- Ce volume contient toute une série de conférences chimiques, brèves, mais intéressantes. Citons au hasard celles de M. Mac-Ivenna sur le ciment, et sur l’éducation des ingénieurs ; celle de M. Wichmann, sur un nouveau succédané du caoutchouc : le protal, celle de M. Frazier sur l’acide nitrique, celle de M. Soper sur les eaux de New-York, etc., etc.
- La régularisation du régime des cours d’eau (Extrait du « Génie civil » des 9 et 16 septembre 1911), par Paul Lévy-Salvador, ingénieur des constructions civiles (Paris, 1911).
- Etude importante sur la défense contre les crues
- — les inondations de Paris — la régularisation des torrents de montagne — la diminution des sources
- — les barrages réservoirs (notamment celui du Furens, à Saint-Etienne), etc.
- Les enroulements industriels des machines à courant continu et à courant alternatif (théorie et pratique), par Eugène Marec, avec une préface de Paul Janet, directeur de l’Ecole supérieure d’électricité. In-B° (a5-i6) de ix-240 p., avec 212 fîg., éditeur Gauthier-Villars, Paris, 1910. Prix : 9 francs.
- Il n’y a plus guère de secrets aujourd’hui dans la construction des machines électriques; mais il y a des règles techniques précises que le jeune ingénieur apprenait autrefois à l’atelier, et qu’il a tout intérêt aujourd’hui à apprendre avant d’entrer à l’usine. M. Marec expose, clairement et simplement, avec schémas à l’appui, comment s’élaborent les projets d’enroulement. Son livre, très pratique, rendra de grands services.
- L’Univers, être vivant. Martin Kuckuck. Genève. Librairie Kündig. 1911. In-8°. Prix : i5 francs.
- Ce livre se présente d’une façon assez désagréable : il porte comme sous-titre « la solution des problèmes de la matière et de la vie à l’aide de la biologie universelle », et il proclame, dès la dédicace, que M. R. Dubois en découvrant « la cellule organisée primordiale » — « la cytode de baryum » — a permis « d’éta-
- blir, sans lacunes, un système d'évolution de la Matière, depuis l’Ether cosmique jusqu’aux êtres animaux et végétaux inclus ». Mais l’ouvrage vaut beaucoup mieux qu’il n’en a l’air. C’est de la bonne vulgarisation des questions actuelles de la physique, de la chimie, de la biologie, et de la géologie.
- Traité de Venchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l’histoire. A. Cournot. Nouvelle édition, par L. Lévy-Bruhl. Paris. Hachette, igti’. In-8°. Prix 12 francs.
- Les travaux de Cournot sortent enfin très justement du dédain et de l’oubli où ils ont été depuis un demi-siècle ; oa commence à s’apercevoir que sa tentative est, depuis celle de Comte, la plus ferme et la plus hardie qui ait été faite pour arriver à une vue synthétique de l'histoire des sciences, et de l’hisioire proprement dite. Ses qualités de penseur et de savant apparaissent avec une particulière netteté dans les cinq livres — l’ordre et la forme, la force et la matière, la vie et l’organisme, les sociétés humaines, l’histoire et la civilisation — de cet ouvrage, devenu introuvable, et que M. Lévy-Bruhl a eu l’heureuse idée de rééditer, en le faisant précéder d’un très utile avertissement.
- Life in the Sea, par S. Johnstone. Cambridge. Univer-sity Press. 1911, in-16, 1 sh. [Camb. manuals of Science and litt., 27).
- Les types de la vie marine : benthos littoral, benthos des laminaires, benthos des eaux superficielles, benthos des eaux profondes, types de grands fonds, benthos abyssal; le nekton; le plankton. Changements rythmiques de la mer, relations de la vie marine avec ces changements (marées, saisons, courants, lumière, etc.). Les facteurs de distribution. Modes de la nutrition. Sources de nourriture. — Bibliographie sommaire. Gravures représentant les principaux types et le matériel de l’étude océanographique.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1912, par Camille Flammarion. In-16. Flammarion, éditeur. Prix : 1 fr. 5o.
- La 48e année de cette publication renferme : les articles généraux du calendrier; les tableaux et données numériques de l’Astronomie; le magnétisme terrestre depuis l’an 154* ; les méthodes pour s’orienter ; les positions géographiques et l’heure dans tous les pays du globe; la nouvelle heure de la France et les méridiens ; les observations météorologiques, depuis 200 ans ; une revue générale des derniers progrès de l’astronomie et de la météorologie et les éléments de l’événement principal de l’année 1912, l’éclipse annulaire de Soleil qui traversera la France le 17 avril.
- Ipd
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont sitnalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnemeut. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Canfyn, à Gand.— Vous trouverez des publications concernant la construction des petits navires à la librairie du journal le Yacht, 55, rue de Châteaudun, Paris.
- M. /. de la Gardille. — Voici une autre adresse pour le maté : H. Salle, 4, rue Elzévir, à Paris. L’analyse d’un corps tel que le kif est une opération délicate, très longue et qui sort complètement de notre ressort.
- M. Lebègue, à Hyères. — Voir la formule publiée dans le Supplément du premier semestre ; concernant un cirage genre encaustique. Nous en publierons d’ailleurs d’autres, mais sans pouvoir garantir l’absolue ressemblance avec tel produit commercial. Vous savez que. pour les cirages, l’analyse chimique est impuissante à renseigner exactement sur le mode de préparation, et il faut faire un peu empiriquement beaucoup d’essais avant d’obtenir un résultat intéressant.
- Dr Motta Veiga Casai, à Ceïa. —Nous ne connaissons pas d’ouvrages de ce genre.
- V. P. — Cette plante n’est pas cultivée en France; la maison Vilmorin, 11, quai de la Mégisserit:, à Paris, pourrait sans doute se charger de vous en procurer des plants.
- En raison des fêtes du Jour de l’An, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « Lat Nature » .doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 2016 — 13 JANVIER 1912 SUPPLÉMENT
- J^d
- INFORMATIONS
- Action catalytique du platine. — Nous faisions remarquer récemment que le mécanisme des actions catalytiques est encore assez obscur, malgré les nombreux travaux dont il a fait l’objet. M. Milbauer a apporté une intéressante contribution sur ce point. On sait que l’acide sulfurique est réduit par l’hydrogène en présence de platine très divisé ; l’auteur a constaté que cette action était due à la formation, et par suite à la présence, d’une très faible quantité d’un sel oxygéné du platine, de sulfate vraisemblablement (dû à l’action de l’acide sulfurique sur le platine divisé), en solution dans l’acide sulfurique. Ce sel serait alternativement réduit par l’hydrogène et oxydé par l’acide sulfurique ; il servirait de transporteur d’hydrogène. On a d’ailleurs déjà montré d’autres exemples analogues des mécanismes catalytiques d’hydrogénation ou d’oxydation.
- Condensations chimiques déterminées par la lumière ultra-violette. — La Nature a déjà signalé de nombreux exemples de phénomènes physiques ou chimiques déterminés sous l’influence des radiations nouvellement connues. Dans une communication préliminaire, deux Allemands, MM. Pribram et Franke, ont annoncé qu’ils ont pu réaliser ainsi la condensation d’un corps dont le rôle naturel est des plus importants. La formaldéhyde, en solution aqueuse, exposée à la lumière d’une lampe à mercure émettant des radiations ultraviolettes, subit une condensation conduisant à un composé qui paraît être l’aldéhyde glycolique, et qui serait produite par la simple combinaison: de deux molécules de formaldéhyde. Si l’on vérifiait que cette propriété condensatrice des rayons ultra-violets était générale, on pourrait évidemment en tirer des applications pratiques intéressantes.
- Constituants volatils du charbon. — Deux auteurs anglais, MM. Burgess et Wheeler ont étudié récemment l’action de la chaleur sur les charbons, particulièrement au point de vue de la composition des gaz, dégagés durant les stades successifs de la distillation à température constante, Les divers carbones.contiennent deux types de composés qui diffèrent, quant à la facilité de leur décomposition : les uns, plus instables, donnent des carbures d’hydrogène saturés et non mélangés d’hydrogène; les autres, difficilement décomposâmes, donnent seulement de l’hydrogène, parfois souillé d’oxyde de carbone. La différence existant entre les différentes. sortes de charbons, consiste principalement dans les proportions suivant lesquelles ces deux types de composés existent, et la substance charbonneuse même, à part les traces de composés sulfurés ou autres, qui masquent son caractère, est formée de ces deux types. Dans les charbons d’origine végétale, le type existant est un produit de dégradation de la cellulose qui correspond à celui fournissant de l’hydrogène; le type fournissant des carbures d’hydrogène dériverait
- plutôt des résines et des gommes contenues dans la sève des plantes d’origine. Les auteurs regardent, d’une façon générale, le charbon comme un conglomérat dont les produits de dégradation de la cellulose forment la base, et les résines et gommes transformées, le ciment;
- La recherche des eaux souterraines et la baguette divinatoire en Allemagne prennent actuellement une grande extension. On y étudie particulièrement les oscillations de la Grundwasser (nappe phréatique). La ville de Halle sur la Saale depuis 1908 a fait creuser ainsi 49 puits d’observation; en Prusse orientale, on se livre à des recherches du même genre. En outre, la baguette divinatoire est considérée en Allemagne comme ne devant pas être rejetée a priori par la science ; cependant on y enregistre comme partout nombre de ses échecs. Dans le nord de l’Allemagne, on estime qu’elle réussit 6 ou 7 fois sur 10, mais les échecs coûtent parfois des dizaines de milliers de marks. Quelques opérateurs remplacent la baguette par des chaînes dont ils s’entourent le corps et qui font entendre un cliquetis quand ils s’approchent de la veine d’eau souterraine ! Certains sont paralysés par des semelles de caoutchouc qui n’entravent en rien les autres; on en cite un qui entrait presque en convulsion dès qu’il pressentait un gisement de houille ; seulement quand on creusa sur ses indications on ne trouva rien ; dans d’autres cas il y a eu des réussites même minières en des points où on n’aurait jamais songé à faire des recherches. En sommé la science n’a pas le droit de condamner la baguette de parti pris (Geogràphischer Anzeiger) (octobre 1911', supplém., page 78). Du 27 au 3o septembre 1911 a eu lieu à Hanovre une réunion des rabdomanciens (Ruten-gàngerj les plus notoires, sur l’initiative du conseiller d’amirauté G. Franzius (de Kiel). On y a invité les sourciers à baguettes a apporter plus de clarté dans leurs explications; et on y a fondé une ligue pour V éclaircissement du problème de la baguette divinatoire. Cette ligue fonctionne depuis le Ier janvier 1912 (2 fascicules parus); la cotisation annuelle est de 5 marks (payable à M léprofesseur R. Weyrauch, professeur à la Technische Hochschule, à Stuttgart) ; une publication périodique fera connaître les faits constatés et les résultats obtenus ; elle cherchera à élucider le mystère des influences et causes qui agissent sur certains organismes. Il faut souhaiter que cette entreprise perce enfin le mystère qpe la science officielle a condamné depuis près' de 60 ans — que des réussites sensationnelles ont laissé survivre — et que les questions soulevées par les radiations de tous ordres forcent à remettre à l’ordre du jour. En France, une sous-commission du comité d’études scientifiques1 du Ministère de T Agriculture chargée d’étudier les appareils chercheurs de sources, s’occupe aussi, depuis 2 ans, d’examiner la question de là baguette; mais elle n’a pas pu encore rien conclure d’observations trop contradictoires. .
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- INFORMATIONS
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- Les grands travaux du Midi. — De grands travaux se poursuivent avec activité dans le Sud-Est de la France, avec le canal de Marseille au Rhône, le canal d’irrigation de la vallée des Baux et la nouvelle ligne que la Compagnie P.-L.-M. construit entre Marseille et Martigues (étang de Berre). On procède en outre à d’importantes améliorations du canal du Rhône à Cette, et. dans ce but, on établit une puissante écluse à Beaucaire, Notre photographie montre le caisson métallique qui
- doit servir de fondation à cette écluse. Ses dimensions sont : no m. de long, 3a m. de large et 5 m. de haut. Son poids total est de 400 tonnes.
- Le tunnel sous l’Elbe à Hambourg. — On vient d’inaugurer le double tunnel sous l’Elbe auquel nous
- avons récemment consacré un article. La photographie ci-dessus montre le débouché des deux tunnels dans le caisson qui forme le puits d’accès.
- Moisson maritime. — Un navire qui doit être le seul de son genre, quittera prochainement le port de San Diego (Californie). Ce bâtiment a pour mission de récolter une partie des millions de tonnes d’algues qui poussent au large de la côte de la Californie du Sud. A cet effet le navire possède une chaloupe mue à la gazoléine. La machine fait tourner un arbre de couche placé à angle droit avec la quille, et qui lui-même porte un arbre vertical, aux deux extrémités duquel sont fixées des sortes de faux rotatives, qui travaillent à 3 mètres de profondeur. La chaloupe se promènera dans les champs d’algue, que son appareil fauchera et qui viendront flotter à la surface de la mer. Elles y seront recueillies par des sortes de machines moissonneuses et portées à une usine d’incinération où elles seront converties en un engrais très recherché et autres produits.
- L'huile des graines de l’orme. — Les graines de l’orme (Ulmus campestris) contiennent 26 pour 100 d’huile qui est constituée en majeure partie par la glycéride de l’acide caprique, dont la proportion est de 56 pour 100 d’huile. La composition de cette matière grasse est exceptionnelle; elle pourrait servir de matière première pour la préparation de l’acide caprique.
- Les pertes du Danube. — Le dessèchement du Danube aux frontières de Bade et du Wiirtemberg (voir La Nature, n° 1909, a5 décembre 1909) continue à faire des progrès. Pendant l’été de 1911, le fleuve a disparu à 200 mètres plus en amont que d’habitude, son lit fut à sec sur plusieurs kilomètres; la grosse source de Donau-Eschingen a même quelque peu diminué, celle delà Brigach encore plus et celle de la Brege a tari. Ce sont les affluents d’aval qui refont à Zimmern 1200 à i5oo litres par seconde, mais ils sont eux-mêmes en diminution. Bien plus, d’après les observations de l’ingénieur Baader, la source de l’Aach, où les eaux perdues du Danube reparaissent tributaires du Rhin, donnent des signes de décroissance. On pense que son bassin d’émergence n’est pas étanche et qu’un tiers de son débit a trouvé à s’échapper par le fond. On parle d’expériences de scaphandriers pour examiner cette question.
- Quant au Danube, vers ses pertes de Brühl, M. Baader-a proposé de creuser des puits pour rechercher son cours souterrain, mais cela coûterait cher et demeurerait aléatoire ; et le conflit toujours persistant entre les gouvernements de Bade et de Würtemberg empêchera sans doute la réalisation de ce projet. De son côté, le professeur Endriss a proposé aussi de creuser un puits de recherches au fond de la doline ou dépression jurassique appelée Hattinorloch ; malheureusement, il ne faut guère compter que sur le hasard pour les réussites de pareilles entreprises si intéressantes qu’elles se présentent.
- Brevets d’invention en Allemagne. — La législation allemande des brevets d’invention, comporte, avant toute délivrance de brevet, un examen préalable très-sévère. Cette condition a donné à l’obtention du brevet allemand une très grande valeur aux yeux des inventeurs, des industriels et des capitalistes. Elle a contribué également dans une importante mesure au progrès de l’industrie allemande. M. Lainel, dans la Technique Moderne, donne sur les brevets allemands en 1910-quelques chiffres très frappants. Il y a 3o ans, on déposait, en Allemagne, 7000 demandes de brevets par an. contre 7600 en France. Le Patentamt reçoit aujourd’hui 45 209 demandes; le chiffre des dépôts annuels en France dépasse à peine i5,ooo. En 1900 les brevets rapportaient 3 627 000 fr. au trésor français, 3 3g5 456 fr. au trésor allemand, en 1910 les recettes des brevets s’élevaient à 4 68i 855 fr. en France contre 10 443 853 fr. en Allemagne. En 1910, sur 15996 brevets pris en France, 7409 seulement soit 46 pour 100 ont été pris par des Français; 20 pour 100 ont été demandés par des Allemands. Sur les 45 209 demandes de brevets déposées en Allemagne : 35 190, soit plus de 77 pour 100 l’ont été par des Allemands. Les Français n’ont déposé que 1768 demandes. La sévérité de l’examen allemand est attestée par ce fait que sur les 45 209 demandes de brevets, il n’a été accordé satisfaction qu’à 12 100.
- Les chemins de fer coloniaux allemands. — Les
- Allemands développent, avec une hâte presque fébrile, leur réseau de chemins de fer coloniaux en Afrique. Il comprend, aujourd’hui, un chiffre de 4170 kilomètres, dont 713 en construction, ainsi répartis :
- Sud-Ouest africain, 1909 en construction 217,
- Afrique orientale, io65 — i34>
- Togo, 323 — 2.
- Cameroun, 160 — 36o.
- Durant la seule dernière année ont été livrés à la circulation 736 kilomètres, c’est-à-dire 27 pour 100 du total. L’an dernier, le chiffre correspondant s’élevait à 356 kilomètres seulement. 412 kilomètres sont prévus dans les prochains exercices, ce qui portera le total du réseau en 1915 à 45oo kilomètres en chiffres ronds. Que ces lignes soient jusqu’ici d’un faible rapport, c’est ce qui ne surprendra personne : les plantations et les factoreries sont encore dans l’enfance. Cependant, l’excès-des recettes sur les dépenses d’exploitation s’élevait déjà en 1910 à 5 millions de marks, surtout au profit de l’Est-Africain et du Sud-Ouest (988276 marks et 3 5gq 865). C’est dans le Cameroun, surtout, récemment agrandi par les concessions françaises au Congo, que les difficultés de construction et d’entretien sont les plus grandes (végétation tropicale et milieu insalubre).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ^>4 Acoustique
- Perfectionnements aux phonographes. — On comprend aujourd’hui sous le nom de phonographes toutes les machines parlantes, bien qu’il y ait différents systèmes dus à plusieurs inventeurs. Malgré les nombreux perfectionnements apportés depuis 3o ans à ces appareils, ils sont encore très défectueux au point de vue du rendement fidèle de la voix, qui est plus ou moins nasillarde et accompagnée d’un grattement désagréable. Nous avons eu cependant l’occasion d’entendre récemment un appareil (type phonographe d’Edison dernier modèle, à cylindres) que son possesseur, M. Charles Boulay, a tellement bien agencé qu’il est arrivé à rendre l’audition véritablement agréable, même pour les voix de femme, soprano aigu. Les moyens employés par lui sont assez rudimentaires et proviennent d’observations méthodiques et d’expériences qui ont demandé beaucoup de temps, de patience et d’ingéniosité.
- ’ En premier lieu M. Boulay attribue une grande partie de l’imperfection au double son, recueilli par l’oreille, provenant des deux côtés de la membrane vibrante.
- Si, en effet, on fait fonctionner le phonographe sans lui adjoindre son pavillon, et en bouchant même l’orifice par lequel doit sortir le son, on entend quand même, quoique faiblement, la reproduction de la parole. •Cela provient de la partie inférieure de la membrane. Quand on ouvre l’orifice supérieur et qu’on ajoute le pavillon, on perçoit les deux reproductions mélangées.
- M. Boulay avait en effet été frappé de la pureté de la reproduction dans les appareils automatiques, qui donnent une audition moyennant l’introduction d’une pièce de monnaie, et dans lesquels on écoute au moyen de tuyaux acoustiques, qui ne recueillent que les sons émis par la partie supérieure de la membrane.
- Il a donc été amené à se placer dans des conditions tout à fait analogues, tout en conservant le pavillon qui permet de faire entendre la voix à toute une salle.
- Pour cela il a complètement isolé l’appareil de manière à étouffer tout autre son que celui qui doit être recueilli et rendu par le pavillon.
- Il estime aussi que la longueur et le diamètre du tuyau, interposé entre la membrane et le pavillon, interviennent ; il est arrivé à lui donner jusqu’à 4 mètres de développement en partant d’un diamètre de o,oi5 mm pour terminer par 0,020 mm. Enfin il interpose, entre le tuyau d’arrivée et le pavillon, 3 chambres de résonance (fig. 1) allant en diamètre croissant depuis 0,020 mm jusqu’à o,o3o mm.
- Le pavillon qui a un angle de 180 atteint 2 mètres de long et pourrait être encore augmenté, pour obtenir plus d’intensité. La matière employée pour la construction de ces différents éléments est le cuivre pur, pour les tuyaux d’arrivée et le carton cuir pour les chambres de résonance et le pavillon. Il est essentiel que celui-ci n’émette pas de vibrations et surtout pas de vibrations métalliques.
- M. Charles Boulay se met à la disposition des personnes qui le désirent pour leur indiquer les moyens à •employer pour perfectionner le rendement des appareils •qu’elles possèdent. — S’adi-esser à lui : 9, rue de la Yilla, à Sèvres.
- Hygiène
- Le clarofix. — Le filtrage des eaux potables est recommandé d’une façon impérieuse par les hygiénistes parce que toutes les eaux peuvent, à un moment donné, se trouver accidentellement contaminées soit à la source, soit pendant leur parcours souterrain. La
- plupart des filtres employés jusqu’ici sont ou très coûteux ou d’un usage encombrant. Les inventeurs ont alors cherché un système tout à fait pratique, s’adaptant directement au robinet d’écoulement. Il en existe déjà différents modèles plus ou moins intéressants; nous allons décrire l’un de ceux qui nous ont paru le plus ingénieux : le clarofix.
- L’appareil est constitué par un petit réservoir cylindrique à l’intérieur duquel est engagée la bougie filtrante ordinaire. Elle est maintenue à l’aide d’un étrier à vis V qui permet de l’enlever très facilement pour la nettoyer (la plonger trois ou quatre fois dans de l’eau bouillante) et la remettre ensuite en place. Le support de la bougie n’est autre, en effet, que le couvercle de fermeture du cylindre. Ce cylindre porte un collier C pourvu d’une vis B ; on engage l’extrémité du robinet dans le collier et on le serre en agissant sur la vis B. L’appareil se présente alors sous l’aspect de notre première figure ; si on ouvre le robinet, le liquide s’écoule directement sans traverser le filtre. Dès que l’on désire avoir de l’eau filtrée, on rabat la partie basse du filtre sous le robinet. Cette liaison entre le filtre et le robinet est constituée par un tube T, solidaire du cylindre, terminé par une capsule de caoutchouc trouée en son milieu A. Ce trou vient se placer en face de la
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- Le clarofix. — 1. L’appareil ouvert laisse’couler l’eau normalement. — 2. L’appareil fermé filtre l’eau qui s’échappe par le tuyau F.
- sortie de l’eau. L’ensemble est maintenu à l’aide de deux sortes de mâchoires M (une de chaque côté) qui viennent s’engager au-dessus d’un bouton D porté par le collier. La liaison est alors parfaite entre le filtre et le robinet. L’eau passe par le trou A de la rondelle de caoutchouc, pénètre dans le cylindre, traverse la bougie filtrante et s’écoule par le tube F. Le débit est d’environ un litre à la minute, débit suffisant dans tous les ménages. Le diamètre du trou A est calculé de telle sorte que les trop grandes pressions de l’eau n’aient aucune action sur la bougie de porcelaine; c’est une sorte de régulateur de pression établi d’après le débit de l’appareil. — Le clarofix est en vente chez M. Henri Daviet, 37, boulevard Garibaldi, à Paris, XVe. Prix : 17 fr. 5o.
- 'ouets ^i!^î
- Jeu de tire-bouchon. — Le jouet qui porte ce nom est tiré d’une invention destinée aux établissements de plein air, distributeurs acharnés de sensations nouvelles à la foule spéciale qui les fréquente.
- Cette « attraction » n’est nullement dangereuse ; elle ne possède pas d’action brusque ou subite capable de causer une surprise brutale, comme il arrive fréquemment dans beaucoup de jeux modernes. L’inventeur assure qu’elle donne, au contraire, l’impression d’un « agréable vertige ». La hauteur de l’édifice est de a5 mètres. Cet édifice est constitué en principe par quatre pylônes reliés entre eux à leur sommet par une
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- charpente portant la toiture et les motifs décoratifs. Au milieu du quadrilatère ainsi formé et à égale distance des côtés, deux larges tiges filetées en spirales
- formant vis sont fixées au sol, d’une part, et d’autre part au sommet de l’édifice. Autour de ces énormes vis montent et descendent simultanément deux plate s-formes ou toupies suspendues et reliées entre elles par deux câbles, l’une remplissant les fonctions de contrepoi ds vis-à-vis de l’autre. Les 2 câbles, terminés à 1 douille terminant la partie supé-. rieure de chaque plate-forme et en garantissant l’équilibre sur les tiges guides, s’enroulent sur des poulies et sont actionnés par un moteur placé à la partie supérieure de l’édifice. Le mouvement est alternatif et provoque la montée ou la descente de chaque plate-forme. Un écrou fixé à la base de chaque toupie et lui servant de point d’appui sur la tige, imprime un mouvement rotatif à la plate-forme seule; les câbles ainsi que la douille, n’étant sollicités que par une action verticale tour à tour ascendante et descendante. Des fauteuils mobiles sur pivots sont disposés sur chaque plate-forme de manière à combattre les effets de la force centrifuge.
- C’est sur ce principe que l’inventeur a construit un petit jouet assurément intéressant, mais duquel toutes les émotions sont
- Détails des vis et des plates-formes mobiles du tire-bouchon.
- Le tire-bouchon jouet.
- absentes. Il est vrai que les enfants peuvent attendre qu’elles leur viennent sans les initier, par des jeux, à leur sensible mécanisme. — L’inventeur du jeu de tire-bouchon est M. Locatelli, 121, rue Legendre, à Paris.
- Mécanique
- L’Idéal. Nouvel anti-bélier pneumatique. — Ce
- petit appareil, que l’on place de préférence à l’extrémité supérieure des colonnes montantes de distribution ou des conduites principales est construit en vue de supprimer les coups de bélier dans les canalisations d’eau.
- Il est constitué par un tube dans l’intérieur duquel se meut un piston B qui se trouve interposé entre le liquide et le matelas d’air qu’il comprime plus ou moins dans la chambre pneumatique A rendue complètement étanche par quatre cuirs emboutis c d e f. Le piston, se déplaçant automatiquement dans le réservoir par suite dés poussées qu’il reçoit, tantôt du liquide,’tantôt de l’air comprimé, supporte tous les chocs occasionnés par les coups de bélier et empêche toute répercussion de ces chocs sur la tuyauterie les robinets et appareils. — L’anti-bélier pneumatique est construit par M. Bruyant, à Ay, Marne ; on le trouve également chez les plombiers et quincaillers au prix de 35 francs.
- Objets utiles *^'C&
- Le dodo. — Les voyages en chemin de fer, les longs voyages, sont particulièrement fatigants pour ceux qui doivent les effectuer dans les wagons de troisième et de seconde classe, généralement complets. On prend sa place le soir, et le lendemain vous retrouve assis à côté des mêmes voisins qui pas plus que vous n’ont pu fermer l’œil de la nuit. C’est un vrai supplice à supporter. Et quand bien même chaque voyageur disposerait de deux places, il lui serait tout aussi impossible de dormir, l’étendue de leur espace étant trop exigu pour essayer de s'étendre. L’inventeur du Dodo connaît cesincon-vénients des longs voyages ; aussi son appareil est-il établi en vue de permettre aux voyageurs de goûter un repos par un sommeil réparateur. C’est un simple coussin recouvert de velours, que l’on suspend à la tringle à bagages à l’aide de deux crochets terminant deux cordelettes fixées aux extrémités du coussin. Celui-ci est
- maintenu rigide par une planchette.
- Le Dodo n’est pas encombrant; on l’emporte avec soi et dès que l’on a pris place, on le fixe à la tringle à bagages ; il se présente à la hauteur des bras et permet d’appuyer entièrement le haut du corps qui se trouve bercé par les mouvements du train en marche. — Le Dodo est en vente chez M. Lipp, 167, rue de Bercy à Paris.
- Divers
- La cuisine sans feu. — C’est une bonne règle de cuisine que toute cuisson doit se faire à petit feu, et sans brusquerie. L’appareil de cuisine sans feu permet d’observer cette règle, pour ainsi dire, automatique-
- Les diverses phases de la cuisine sacs feu.
- ment, en même temps qu’il assure une considérable économie de combustible.
- L’appareil consiste en une étuve calorifuge, dont les parois sont faites de liège aggloméré. On commence par faire cuire les mets à la façon usuelle ; mais on ne laisse pas achever cette cuisson sur le grand feu : on retire la casserole et on la place dans l’appareil calorifuge. Comme la déperdition de chaleur est lente, le plat continue à cuire sans surveillance.
- Au dire des cuisiniers compétents, les résultats de ce genre de cuisine sont excellents. — La cuisine sans feu est vendue par la Société du Lidium français, i3, rue de Laborde, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- JANVIER-FEVRIER-MARS 1912
- Les heures sont données en temps moyen légal compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- r L’équinoxe dé printemps arrivera le 20 mars, à 231' 3om. A cette époque de l’année, les nuits et les jours ont sensiblement la même durée. Le Soleil passe de l’hémisphère austral dans l’hémisphère boréal.
- Une question intéressante est celle du minimum actuel de l’activité solaire. Avons-nous dépassé ce minimum, ou va-t-il être bientôt atteint? Il est certain que, depuis plusieurs mois, l’activité solaire s’est montrée très faible, le nombre de jours sans taches a été très grand, et lés taches observées ont, en général, été très petites. Des observations suivies sont nécessaires pour lixer ce point.
- II. — PLANÈTES
- F Mercure traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne et du Verseau. Il atteindra sa plus grande élongation du matin, le 16 janvier, à 23° 48’ à l’Ouest du Soleil et sa plus grande élongation du soir, le 22 mars, à 180 42' à l’Est du Soleil. Ôn pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant ou après ces dates. Diamètre de Mercure, le 6 janvier, 8",o; le 5 février, 5",i ; le 6 mars, 4//,9. Cette petite planète sera en conjonction avec l’étoile s Poissons (gr. 4,3), le 20 mars, à 23 heures, à o° 5' Nord.
- Vénus, dans la Balance en janvier, puis dans le Sagittaire, le Capricorne et le Verseau, est visible le matin. Elle s’éloigne de la Terre, et son diamètre diminue. De 17",8, le 6 janvier, il descend à 14//,8 le 5 février, et à 12",9 le 6 mars. La brillante planète sera très basse sur notre horizon, et, par suite, observable (en de mauvaises conditions).
- Mars, dans la constellation du Taureau, sera en quadrature orientale le 4 mars. Il sera encore bien situé pour l’observation pendant ce trimestre, l’opposition ayant eu lieu le 25 novembre dernier. Diamètre de Mars : le 6 janvier, 12",8; le 5 février, 9",3; le 6 mars, y",2.
- Mars passera très près des Pléiades en janvier. Il sera en conjonction avec la Lune, le ier janvier, à 8 heures, à o° U au Sud ; pour tous les pays compris entre 45° de latitude Nord et 3i° de latitude Sud, il y aura occultation. En raison de l’heure, la conjonction sera inobservable à Paris, la Lune et Mars étant sous l’horizon.
- Une autre conjonction de Mars et de la Lune se produira le 29 janvier, à 2 heures, k o°8j' Sud. Pour Paris, il y aura occultation de 2h36m à 3h 26“.
- On trouvera dans Y Annuaire astronomique de M. Flammarion tous les renseignements relatifs à l’observation physique de la planète.
- Jupiter, dans le Scorpion, sera en quadrature occidentale le 5 mars. Il est visible le matin, se levant le 6 janvier, à 4h46m; le 5 février, à 3hi5“; le 6 mars, à ih34m. Diamètre de Jupiter : le 6 janvier, 32,/,2 ; le 5 février, 34,,,3; le 6 mars, 8y",4.
- L’observation physique de Jupiter peut être entreprise utilement avec des instruments moyens (om,io8 et au-dessus). On observera notamment les détails des bandes, la fameuse tache rouge et les phénomènes du système des satellites. La plus petite longue-vue permet l’observation de ces astres. .
- Saturne, au-dessous du Bélier, sera en quadrature orientale le 3 février. Il est encore très favorablement situé pour l’observation.
- Diamètre équatorial du globe de Saturne, le 6 janvier, 19//, 1 ; le 5 février, 18",1 ; le 6 mars, xy",2.
- L’anneau, que l’on peut déjà reconnaître avec une petite lunette de Somm de diamètre, s’ouvre de plus en plus, comme on peut le constater au tableau ci-dessous (hauteur de la Terre) :
- GRAND AXË PETIT AXE DATES EXTÉRIEUR EXTÉRIEUR
- 6 janvier . . 43",5 15”,2
- 7 février. . . 41”,0 14”,5
- 2 mars.. . . 59”,4 14”,3
- HAUTEUR HAUTEUR
- DE LA TERRE DU SOLEIL
- AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU
- PLAN DE L’ANNEAU PLAN DE L’ANNEAU
- — 20° 27’ — 22° 3'
- — 20° 43’ . —22° 21’
- — 21° 15’ —22° 34'
- L’observation des satellites de Saturne peut être entreprise, pour les 4 plus brillants du moins, avec des
- instruments moyens. Une bonne lunette de om,o5 permet de voir Titan (gr. 8,5); une de om,c>75 montre Japet (variable de 9e à 128 gr.) à ses élongations occidentales, Rhéa (gr. 9,5) et Téthys (gr. 10); une de om,io8, Dioné (gr. io,5). Les autres satellites ne peuvent être observés que dans les grands instruments. L'Annuaire astronomique pour 1912 donne les éphémérides pour l’observation des 5 principaux satellites de Saturne : époques des élongations et orbites apparentes des satellites, divisées en jours et heures.
- Uranus, dans le Capricorne, sera en conjonction avec le Soleil le 20 janvier. II est donc pratiquement inobservable pendant ce trimestre. On pourra essayer de l’apercevoir vers la fin du mois de mars, grâce à sa proximité, à au Sud, de l’étoile 7 Capricorne.
- Neptune, dans les Gémeaux, sera en opposit’on avec le Soleil le i3 janvier. On pourra le rechercher aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 janvier. ... 7 h. 57 m. -t-20°59' 2”,3
- 5 lévrier ... 7 h. 54 ni. -+-21° V 2”,3
- 6 mars............... 7 h. 31 111. + 21° 14' 2”,3
- Petites planètes. — On pourra rechercher quelques-unes des plus brillantes des petites planètes situées entre les orbites de Mars et de Jupiter en s’aidant des éphémérides suivantes :
- DATES 1912 VESTA CÉRÈS PALLÀS
- M CD Éclat JR CD Éclat JR CD Éclat
- Janv. 5 10” 53"' + li°5S 7,0 8h20m -h 28°57 7,1 5h32” — 28°52 7,6'
- — Il 10.52 *+• lo .oS 6,9 8.13 +• 1 9.57 7,0 3.32 — 27.22 7,6
- — 19 10.53 -+- 16.28 6.S 8. 5 oO.61 7,0 3.34 - 25.39 7,7'
- — 27 • 0.26 h- 17.28 6,7 7.57 4- 01.3/ 7,0 5.3S — 21.45 7,7
- Fév. 4 10 20 -4- 18 06 6,7 7.50 -h 32 12 7,0 3.41 — 21.45 7,8
- — 12 10.13 h- 19.43 6,6 7.43 -+- 52.55 7,1 3-51 — 19.40 7,8
- — 20 10. 6 4- 20.47 6,6 7.? 9 4- 32.46 7.2 4. (I — 17.33 7,9
- — 28 9 08 -+- 21. U 6,6 7.36 4~ . 4:8 7,2 4.10 — 13.26 7,9
- Mars 7 9.51 -+- 22 28 6,6 7.35 +• 32.41 7,5 —
- — 15 9.45 -+- 22.5' 6,7 7.37 -+- 32.28 7,4 — '
- — 23 9 41 -+- 23 13 6,7 7.40 +• 32. 8 7.5
- — 31 9.38 -4- 23.15 6,8 7.45 + 31.43 7,6 — — —
- Opposit. 16 lévrier 1912. 18 janvier 1912. 13 novembre 1911.
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse partielle de Lune. — Nous anticipons sur le prochain « Bulletin astronomique » pour signaler une éclipse partielle de Lune, visible à Paris, qui se produira dans la nuit du ier au 2 avril prochain, de 19h 55m du Ier avril, à oh34m du 2. Grandeur de l’éclipse : 0,188.
- Conjonctions :
- Le 9 janvier, Vénus en conjonction avec Jupiter, à 21 h., à 1°58' Nord..
- Le 7 lévrier, Mercure en conjonction avec Uranus, à 6 h., à 0°55' Sud.
- Le 23 lévrier, Mercure en conjonction avec 1 Verseau, à 21 h., à 0°2'Sud.
- Le 24 lévrier, Vénus en conjonction avec Uranus, à 22 h., à 0°59' Nord.
- . Le 26 lévrier. Mars en conjonction avec la Lune, à 4 h., à 1° 45' Sud.
- Le 16 mars, Venus en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 3°43' Nord.
- Le 20 mars, Mercure en conjonction avi-c la Lune, à 5 h., à 1°47' Nord.
- Le20 mars, Mercure en conjonction avec s Poissons, à 23 h., à O°5'Nord.
- Le 25 mars, Murs en conjonction avec la Lune, à y h., à 2° 44' Sud.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne comprend que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATES ASTRE OCCULTÉ GRANDEUR COMMENCEMENT FIN-
- !• r janvier. « . 32 Taureau. 5,8 17 h. 12 m. IS h. 14 m.
- 5 — . c Gémeaux. 5,5 4 h. 15 m. 5 h. 11 m.
- 8 — . L Lion. 5,5 6 h. 28 m. 7 h. 19 m.
- 10 — . 7) Vierge, 4,0 0 h. 47 m. Appulseà0',02
- du bord.
- 16 — . 43 Ophiuchus. 5,4 6 li. 15 ni. 7 h. 12 m.
- 27- -28 — . t\ Bélier. 5,2 £5 h. 48 m. 0 h. 42 m.
- 29 — . Mars. — 2 h. 56 m. 5 h. 26 m.
- 50 — ; . 1754 B. A. C. 5,6 16 h. 44 m. 17 h. 32 m.
- 31 — . 136 Taureau. 4,6 0 h. 22 m. 1 h. 10 m.
- 2 février . . . 7, Cancer. 59 5 h. 13 m. ,5 h. 43 m.
- 8 — . 8. Vierge. 5.6 .6 h. 30 m. 7 h. 51 m..
- 24 — . 63 Bélier. 5,2 20 h. 35 m. . 21 h. 38 m.
- 24 — . 65 Bélier. 6,0 21 h. 28 m. 22 h. 22 m.
- 27 — ' , . 1751 B. A. C. 5,7 2 h. 39 m. 3 li. 14 m.
- 29 . c Gémeaux. 5,5 1 h. 19 m. . 2 h. 15 m.
- 5 mars ... . 4 Lion. 5,3 4 h. 6 m. 4 h. 55 m.
- 4 . 13 Vierge. 5,9 19 h. 48 m. 20 h. 34 m.
- 4 . ï) Vierge. 4,0 20 li. 6 m. 21 h. 2 m.
- 9 . • 5253 B. A. C. 5,4 4 h. 26 m. 5 h. 47 m.
- 9 . 5286 B. A. C. 5,4 7 li. 23 m. 8 li. 57 m.
- 22 . 6 Bélier. 4,5 21 li. 29 m. 22 h. 6 ni.
- 25 . 56 Taureau. 5,6 19 h. 54 m. 20 h. 59 m
- 27 — . X Cancer. 5,9 22 h. 23 m. 22 h. 37 m.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Etoiles filantes. — Les 2 et 3 janvier, chute des Bootides. Radiant : p Bouvier. Etoiles filantes rapides, longues trajectoires.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p.Persée) :
- 6 janvier (22h 42”,0) ; 9 (19u 51ra,2) ; 27 (0h 26™,7) ; 29 (21h16»,0). —1" février (18US”,2); 18 (23h 1",0) ; 21 (191‘50“,3). — 10 mars (0h 45'",9) ; 12 (21h 5o'“,2).
- Vers le 23 janvier, minimum de Mira Ceti, variable de 3,3 à 8,5.
- Em. Touchet.
- VAR1 ÉTÉS
- c&
- cs&r
- Mesures prises en Silésie contre les inondations.
- — Les vallées de la Silésie occidentale sont de temps immémorial dévastées par des crues d’une extrême violence et toutes les mesures prises jusqu’à ces derniers temps pour en réduire l’importance n’ont donné aucun résultat pratique.
- C’est le fleuve Oder qui sert à l’écoulement de ces eaux. Les affluents de droite de ce fleuve qui traversent une région plate et sablonneuse n’ont, au point de vue des inondations, qu’une importance relative. Mais ceux de gauche qui prennent leur source dans une région fertile et très accidentée sont sujets à des crues très fortes qui se renouvellent périodiquement tous les 8 ans et cela pendant la saison d’été et au moment des récoltes. La quantité d’eau qui tombe annuellement sur cette région est représentée par une hauteur de i m. 37 et, pendant la saison d’été, il se produit des orages très violents donnant une hauteur d’eau atteignant 2o3 millimètres par 24 heures.
- Comme exemple de la violence de ces crues on peut citer celle de la rivière Bober, un des affluents de gauche de l’Oder. Le 29 juillet 1897 cette rivière débitait un volume d’eau de 24 mètres cubes à la seconde et le 3i juillet, c’est-à-dire deux jours après, le volume débité avait atteint 1903 mètres cubes à la seconde, 80 fois le volume d’eau normal. Le 4 août la crue avait disparu. Les eaux s’étaient élevées de 6 m 86 au-dessus du niveau normal et les dégâts causés par cette crue ont été estimés à 12 millions et demi de francs.
- Pour éviter le retour de nouvelles catastrophes provenant de ces crues qui, comme nous l’avons dit, se reproduisent tous les 8 ans et qui ont été au nombre de i5 le siècle dernier, on prit le parti d’étudier un projet d’ensemble comprenant tous les affluents de gauche de l’Oder et ayant pour but de régulariser l’écoulement de ces crues. Après de nombreuses études on s’arrêta au système qui consiste à établir sur les divers affluents du cours d’eau de petits réservoirs placés en amont des villes ou villages à défendre contre la crue et, à la partie inférieure du cours de l’affluént principal, en un point déterminé, un réservoir de très grande capacité servant de régulateur pour l’écoulement des eaux dans la partie inférieure de la vallée. Ainsi, pour les affluents de la Bober il y a cinq réservoirs d’une capacité variant entre 5.840.000 mètres cubes et 792.000 mètres cubes, tandis que à l’aval près du village de Mauer on construit un barrage permettant d’emmagasiner dans un réservoir servant de régulateur un volume d’eau de 49.5oo.ooo mètres cubes.
- De même, sur la rivière Quels, un réservoir de 3.375.000 mètres cubes est établi dans la partie supérieure de son cours dans le but de protéger la ville de Friedberg, tandis que vers la partie inférieure de ce cours d’eau, près de Marklissa, un barrage permettra
- de créer un réservoir régulateur pouvant emmagasiner i4-85o.ooo mètres cubes.
- A l’exception des réservoirs de Mauer et'de Marklissa tous les autres sont vides à l’état normal et ne sont mis en service qu’en temps de crue. Quant aux réservoirs de Mauer et de Marklissa, les eaux, en temps normal, sont toujours maintenues à un niveau inférieur à celui de la retenue maximum, de telle sorte que la capacité du réservoir ainsi libre soit suffisante pour empêcher la crue de pénétrer dans la partie inférieure de la vallée. La chute créée par le barrage permettra l’installation d’usines hydroélectriques.
- Les dépenses que nécessiteront ces différents travaux, aujourd’hui encours d’exécution, sont estimées à49,5 millions dont un cinquième à la charge de la Province et quatre cinquièmes à la charge de l’Etat.
- L’ensemble de ces travaux de régularisation des crues étant ainsi indiqué nous dirons, avant de terminer, quelques mots des barrages importants de Mauer et de Marklissa.
- Le barrage de Mauer en maçonnerie de gneiss a une hauteur de 60 m. 08. Dans le but de tenir compte des craintes manifestées par la population, en càs de rupture de l’ouvrage, on a donné au barrage des dimensions de beaucoup supérieures à celles qu’il eût fallu lui donner en ne tenant compte que de la pression de l’eau d’amont. On a admis pour chaque joint horizontal une sous-pression provenant de l’infiltration des eaux du réservoir égale à la pression statique due à la retenue des eaux. En plan, le barrage est en courbe de a5o mètres de rayon et sa longueur en crête est de 280 mètres. Dans le but de s’opposer aux infiltrations d’eau, on a revêtu la face amont d’une couche de mortier de ciment et de trass de 5i millimètres d’épaisseur. De plus, en arrière de cet enduit et en contact seulement avec lui, on a construit un mur en béton de o m. 71 d’épaisseur dans le but de garantir le parement amont du barrage contre les variations climatériques et éviter ainsi les fissures.
- Enfin, toujours dans le but d’éviter les infiltrations d’eau, on a établi près de la face amont du barrage et à intervalles rapprochés des drains verticaux débouchant dans une galerie ménagée dans le barrage.
- Le barrage de Marklissa, terminé en igo5, est d’une construction analogue à celle du précédent. Sa hauteur est de 44 m- 43 à partir des fondations. Il est construit suivant une courbe de 125 mètres de rayon et sa longueur est de i3o mètres.
- Quant aux barrages des autres réservoirs qui ne servent qu’en cas de crues, ils sont en terre. Placés le plus généralement au point où l’affluent, après avoir quitté la région accidentée, pénètre dans la plaine, leur longueur varie entre 128 mètres et 2900 mètres. La hauteur de retenue varie entre 3 m. 35 et 16 m. xo. R. Bonnin.
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- BOITE AUX LETTRES
- Q0C
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. —M. José Castejon, à R., Espagne. — Nous ne connaissons pas d’usine électrolytique installée en Espagne ou dans le Sud de la France. Quant à'celle de Chalais-Meudon, elle appartient à un système
- tout particulier (système Renard) qui ne paraît pas pouvoir être adopté ailleurs. Yous pourriez vous adresser à la Société de l’Electrolyse française, 4» rue des Ecluses-Saint-Martin, qui possède des usines à Saint-Vrain (Seine-et-Oise) et au Bourget, où on utilise des voltamèli’es Flamant. La Société l’Oxhydrique française, 2, rue Nouvelle (rue de Clichy), Paris, possède également des usines à Saint-André-lès-Lille (Nord), à Yilleurbanne (Rhône), à Beauval, près de Meaux (Seine-et-Marne). Cette Société utilise des voltamètres Garutti. Il est probable que l’un des ingénieui's de ces
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- BOITE AUX LETTRES
- Sociétés consentirait à installer une usine. Il n'existe, à notre connaissance, aucun ouvrage technique sur la question ; mais vous trouverez dans la Revue de chimie pure et appliquée, une excellente étude de M. Jaubert sur Y Hydrogène militaire qui vous renseignera sur bien des points (l’adresse de cette Revue est 155, boulevard Malesherbes, Paris).
- M. B. Cercle de MM. les Officiers, à Vitré. — Les volumes de « Recettes et Procédés utiles publiés par La Nature, contiennent plusieurs recettes pour la réargenture totale des glaces. Mais, nous l’avons constaté maintes fois en essayant, leur application est très délicate, et ce n’est souvent qu’après beaucoup d’insuccès qu’on parvient à un résultat passable. Pour des taches
- localisées, le mieux serait peut-être de maquiller avec une peinture à base de poudre d’aluminium extrêmement fine (mixture à argenter des peintres) ; mais ceci serait pratique seulement pour de petites taches peu visibles placées dans les coins.
- M. Lucas, à Concarneau. — Cela ne nous semble pas possible. On manquerait de transparence . et on aurait un grain trop apparent. En outre, il faut que le condensateur de la lanterne ait un diamètre égal à la diagonale de la plaque de projection.
- M. Monnier. — La terre réfractaire conviendrait certainement mieux que des .poteries fusibles. La seule question qui s’opposerait à*cet emploi est celle du prix de revient.
- Jteo
- '1*0
- BIBLIOGRAPHIE
- 05^
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’empoisonnement par les champignons : Dr Burnier. — Les paysages de la Lune : Lucien Rudaux. — Nouveau tracteur Panhard à quatre roues motrices : Capitaine Renaud. — La défense de Paris et de la France contre la grêle : Louis Serve.
- — Académie des sciences; séance du 26 décembre 1911 :
- Ch. de Vildedeuiu. — Atlas ^photographique des formes du relief.
- Supplément. —Répartition du fluor dans les organes de l'homme.
- — Influence des engrais sur la conservation des fruits. — Présence de la tyrosine dans le fromage de Roquefort. — Nouveau système de touage, — Concours d’aéroplanes militaires en Angleterre. — Les eaux d’alimentation et la carie dentaire. — Destruction de la chenille fileusc du prunier.
- Destruction des insectes et autres animaux nuisibles, par À.-L. Clément, professeur d’entomologie agricole au Luxembourg. 1 vol. in-8° (Bibliothèque rurale), 400 gravures, librairie Larousse, 13-17, rue du Montparnasse, Paris. Prix : broché, 2 francs.
- Le volume débute par un chapitre sur la vie de l’insecte et son anatomie; l’auteur montre ensuite les
- 1
- plantes auxquelles nuisent les différents, insectes'*et indique les méthodes diverses de destruction, moyens mécaniques, agents physiques, chimiques, etc.; il consacre, pour terminer, quelques pages aux autres animaux nuisibles, vipères, corbeaux, surmulots, etc. Commode à consulter, il intéressera lès agriculteurs et les amateurs de jardinage*
- Agenda Dunod pour 1912 : Réglementation et législation industrielles, à l’usage des constructeurs d’usines et de bâtiments industriels, des ingénieurs, des directeurs d’usines et de manufactures, des contremaîtres et des chefs d’atelier, par Paul Razous,. Un petit vol. 10X i5, relié, 480 pages de texte et 32 pages blanches. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, 1912. Prix 3 francs.
- L’édition 1912 de ce très utile recueil a été complètement revue, notablement augmentée, mise à jour au Ier septembre 1911 ; elle est complétée par un répertoire alphabétique qui en rend la consultation facile et rapide. Elle continuera à rendre les plus grands services aux industriels.
- ,<So
- CHRON1QUE MÉTÉOROLOGIQUE
- QgL
- 05^
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 23 décembre 1911 au 3 janvier 1912. — Le 23. Dépression sur le N.-W. de l’Europe. La pression se relève sur nos régions, s’abaisse en Irlande et aux Açores. Tempêtes sur la Manche et l’Océan. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 20 mm; Nancy, i5; Paris, 8; Lorient, 7 ; Gap, 6. Temp. du matin : Arkangel, — 120; Nancy et Paris, 8°; Lyon, 10; Biarritz, i3; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 20,3). — Le 24. Situation troublée sur le N.-W. de l’Europe. Nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques (Ecosse, 737 mm). Fortes pressions sur l’Europe centrale et l’Espagne. Pluies sur toute l’Europe. En France : Lorient, i3 mm; Cherbourg, 5; Nantes, 2; Paris, x. Temp. du matin : Haparanda, — 110; Lyon, o; Marseille, 3; Paris, 4; Brest, 11; Alger, i5; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : 8° (normale : 2°,2). — Le 25. Dépression sur le N.-W. de l’Europe. Fortes pressions sur la péninsule Ibérique et l’Algérie. Pluies sur le W. et le Centre de l’Europe : Cherbourg, 17 mm; Belfort, i3; Dunkerque, xx; Lyon, xo; Biarritz, 6; Paris, 6. Temp. du matin : Haparanda, — i3°; Lyon, 5; Nantes et Paris, 7; Marseille, 11; Alger, 16; mont Ventoux, —3. —Le 27. Basses pressions sur l’Atlantique et le N. de l’Europe. Centres de dépressions sur l’Allemagne et au large de l’Irlande. Fortes pressions sur le S.-W. du continent (Gibraltar, 769 mm). Pluies sur le W. et le Centre du continent. Gap, x5 mm; Belfort et Le Havre, 11; Paris, 10; Lorient, 9. Temp. du matin : Moscou, —90; Dunkerque, 7; Paris, 10; Brest, 12; Marseille, x3 ; Pic du Midi, —7. — Le 28. La pres-
- du Bureau Central Météorologique.
- sion monte sur le W. et le Centre de l’Europe : Nancy, 768 mm. Dépressions* sur le N.-W. et l’Islande. Pluies sur toute l’Eui’ope : Clermont, i3 mm ; Gap, 10; Biarritz et le Havre, 5; Brest, 4• Temp. du matin : Moscou,
- — n°; Belfoi’t, o; Paris, 5; Marseille, 10; Perpignan, 14 ; Alger, 16; moyenne à Paris : 70,7 (normale : 20,1).
- — Le 29. Pressions supérieures- à 765 sur le S.-W. de l’Europe. Dépressions sur l’extrême N. du continent et le S. de l’Islande. Pluies sur le W. de l’Europe : Lyon, 6 mm; Belfort, 3; Paris, Dunkerque, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —7°; Clermont-Ferrand, 4; Biarritz, 6; Paris, 9; Brest, 10; Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : 8°,7 (normale : 2°,2). — Le 3o. Fortes pressions sur le S.-W. de l’Europe, le N. et la Scandinavie. Dépression sur l’Islande. Pluies sur le N. et le Centre du continent. Temp. du matin : Haparanda, —13°; Limoges, 2; Biarritz, 4; Paris, 6; Brest, 10; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 3 ; moyenne à Paris : 6°,4 (normale : 20,1). — Le 3i. Pressions élevées sur toute l’Europe. Dépressions sur l’Islande (743)- Faibles pluies sur le N. de l’Europe. En France : Le Havre, 4 mm. Temp. du matin : Berlin,. o°; Toulouse, 2; Rome, 3'; Paris, 6; Alger, 18; Puy de Dôme, 4» Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : 4°>9 (normale : 20). — Le i8r janvier 1912. Fortes pressions sur la moitié Sud de l’Europe. Dépressions dans l’extrême Nord (Uleaborg, 740 mm) et sur les Açores. Neiges et pluies sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Berne,
- — 20; Belfort, o; Toulouse, 2; Paris, 7; Alger, i3; mont Ventoux, 3; moyenne à Paris : 4°?9 (normale : 20).
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- — Le i. Fortes pressions sur la moitié S. de l’Europe, maximum : Belfort, 774 mm. Dépressions sur l’extrême Nord et sur les Açores. Neiges et pluies sur le N. du continent. En France, beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, —i5°; Belfort, o; Toulouse, 2; Paris, 7; Alger, 13 ; mont Ventoux, 3; Puy de Dôme, —a; moj-enne à Paris : 70,1 (normale : 2n). — Le 3. Pression élevée sur le S.-W. de l’Europe (Gascogne, 774 mm).
- Dépression sur les pays du N. et la Russie (Moscou, 778). Neiges et pluies sur le N. et le Centre du continent. En France, beau temps. Temp. du matin : Hapa-randa, —170; Limoges, —3; Paris et Nice, 6; Brest, 9; Alger, 12; Puy de Dôme, 6 ; Pic du Midi, — 1; moyenne à Paris : 6° (normale : a0). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 28 décembre à 6 h. 56 du s.
- J*SD
- 1pd
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- OtL
- G3^
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 50”,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIBECTiON ET FORCE 1IE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 25 déc. 1911. 7°,4 W. S. W. 3. Couvert. 8,6.
- Mardi 26 4°,2 W. S. W. 2. Beau. 10,0
- Mercredi 27. . . . . 10°,0 N W. 3. Couvert. D
- Jeudi 28 5°,6 ' S. S. E. 1. Couvert. M
- Vendredi 29 ... . 8°,5 W. J. W. 2. Couvert. »
- Samedi 70 6°,4 S. W. 2. Couvert. J>
- Dimanche 31. . - . 6°,2 S. W. 0. Couvert. 0,2
- Lundi 1" janv. 1912. 3°,2 W. S. VV. 1. Couvert. 0,0
- Mardi 2 Gu,8 S. S. W. 1. Couvert. 0,0
- Mercredi 5 5°, 5 W. 2. Bruine. 0,8
- Jeudi 4 6° ,6 S. W. 3. Couvert. 0,1
- Vendredi 5 7°,1 S. VV. 5 G ouïtes fines. 2,4
- Samedi 6 4°,4 S. W. 5. Pluie fine. 11,2
- Dimanche 7 .... . 8°,1 W. N. VV. 4. Pluie. 5,8
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Très nuageux; pluie le malin et le soir.
- Très nuageux; pluie de 14 h. à 21 h.
- Très nuageux; halo à 19 h.
- Couvert ; bruine la moitié du temps.
- Couvert.
- Couvert.
- Presq. couv. ; bruine par intervalles jusq. 8 li.
- Couv. ; brouill. le m. ; bruine le s. ; bruine à 21 11.
- Couv. ; bruine à 7 b. ; brouill. de 8 à t2 b.
- Couv. ; bruine jusq. 7 b. et à partir do 13 h. 30.
- Couv. ; bruine jusqu’après 6 b.
- Couv. ; jusq. 1 i b. puis nuag. ; beau apr. 17 b. ; bruine de 7 à 17 b. Couv. ; plme de 6 b. 45 à 17 h. nS ; averse à 20 b. 15.
- Pluie à diverses reprises; très nuageux.
- DÉCEMBRE 1911-JANV1ER 1912. - SEMAINE DU LUNDI 25 DECEMBRE 1911 AU DIMANCHE 7 JANVIER 1912.
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- La
- cour
- boule
- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent: Les courbes du milieu indiquent : >'be épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à le sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie ^
- DIRECTION
- /à
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2017 — 20 JANVIER 1912 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Présence de la bétaïne chez les céphalopodes. —
- Les animaux supérieurs ont été étudiés depuis longtemps au point de vue chimique ; mais les êtres inférieurs se prêtent moins facilement à ces recherches et ont fait l’objet de travaux moins nombreux, bien qu’éga-lement intéressants. C’est ainsi que M. Henze a signalé dernièrement, dans les muscles des céphalopodes, poulpes et pieuvres, la présence de bétaïne. Il est à remarquer que ce corps qui, par sa constitution, peut se rattacher à divers constituants d’origine animale, existe surtout en quantité notable dans le jus de betterave.
- Matière colorante de la racine de l’azafran. —
- Cette substance est extraite de la racine d’une plante appartenant à la famille des Scrofularinées (Escobedia scabrifolia et E. linearis). Ces deux espèces voisines fournissent une matière jaune, employée au Paraguay pour la coloration des matières grasses et qui joue à peu près le rôle du safran avec lequel nous colorons nos beurres. Cette substance colorante, que l’on a désignée sous le nom d’azafrine, est contenue à raison de 2 pour 100 dans les racines et de 0,8 pour 100 dans les tiges des plantes qui la renferment. Elle cristallise en aiguilles orangées, fusibles à 214 degrés et elle teint la laine en jaune en milieu réducteur, par exemple en présence d’hydrosulfite de sodium.
- Constituants des pousses de bambou. — Les
- bambous Sont des plantes qui rendent de très grands services aux habitants de l’Extrême-Orient; ils en utilisent les diverses parties, soit comme matériaux de construction, soit pour faire des paniers, des corbeilles, des conduites d’eau, des vases, soit enfin, après traitement convenable, pour la fabrication du papier de Chine. De plus, les jeunes pousses de bambou sont très appréciées au point de vue alimentaire, par suite des éléments nutritifs et hydrocarbonés qu’elles contiennent; elles renferment encore un certain nombre de bases organiques qu’on trouve aussi dans d’autres végétaux : la tyrosine, l’asparagine, la xanthine, enfin la bétaïne et la choîine, qui contribuent encore à augmenter leur valeur alimentaire.
- Record de la pluie. — Il a failli être acquis en juillet dernier par les Iles Philippines. Ces îles ont eu à subir 3 grands typhons durant les semaines du 11 au 17 juillet, du 20 au 27 juillet, du 3o juillet au 2 août. La plus forte chute de pluie s’est produite à Baguio, à l’altitude de i43o mètres environ. En ce lieu, la hauteur de pluie annuelle atteint 4 mètres. Or le 14 juillet dernier, il est tombé 872 millimètres de pluie, le 15 juillet, 734; le 16 juillet, 4^5 ; le 17 juillet, 201; soit en tout pour 4 jours seulement : 2 m. 282. Ces chiffres sont presque sans exemple dans l’histoire de la météorologie. Il y a lieu cependant de citer Cherra-pungi dans l’Inde : où l’on mesura en 5 jours du 12 au 16 juillet 1876 une chute totale de 2 m. 90. Ce qui fait,
- comme moyenne quotidienne un chiffre très légèrement inférieur à celui de Baguio. La plus forte chute de pluie connue semble être celle qui tomba sur les hauteurs de Silver Mill à la Jamaïque, elle atteignit 3 m. 333.
- Traverses en ciment armé. — Voici déjà plusieurs années que l’on cherche à trouver une nouvelle application au ciment armé en s’en servant pour la fabrication des traverses de chemin de fer, mais l’acier et le ciment n’ayant pas le même cofficient de dilatation, les tentatives n’avaient donné jusqu’ici que des résultats médiocres. Un inventeur américain a trouvé récemmemt un dispositif qui a paru assez intéressant à la Pennsylvania Rail-road Company pour motiver des essais importants : elle a substitué aux traverses de bois les nouvelles traverses sur un tronçon de son réseau, dans la banlieue Ouest de
- Philadelphie. La ligne, réservée aux trains de marchandises, est très fréquentée; on verra donc si le dispositif offre les qualités de résistance requises. Comme le montre notre photographie, ces traverses sont construites de telle façon que le rail est retenu dans une sorte d’encoche pratiquée à chaque extrémité de la traverse. La pose a lieu avec des traverses fraîchement moulées, et, à mesure que le ciment sèche, la prise de ces encoches sur le rail se fait plus étroite, de sorte qu’il se trouve bientôt scellé dans le ciment. Il reste à savoir comment cette matière se comportera à la longue sur une voie fréquentée par des trains lourdement chargés. Si les résultats sont satisfaisants, la traverse de ciment rendra d’importants services dans les régions pauvres en bois. De toutes façons, elle sera plus économique que la traverse de bois, qui se détériore rapide-men et provoque de coûteuses réfections de voie.
- Courants sous-marins du détroit de Messine. —
- Un savant italien, vient d’expliquer le mystère de Cha-rybde et Scylla d’une manière originale. On sait que
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- INFORMATIONS
- dans le détroit de Messine, les faibles marées de la mer Thyrrénienne n’ont pas lieu en même temps que celles dé la mer Ionienne. Le conflit de ces deux mers produit des tourbillons bien connus dès l’antiquité classique et déjà chantés parles poètes qui les peuplaient de sirènes. L’étude de ces courants est assez complexe et les savants n’étaient pas d’accord sur la direction de ceux de profondeur. Mazzarelli s’est servi pour cette étude des poissons des grands fonds qui viennent s’échouer dans le détroit sur la plage du Faro. Presque tous ont été recueillis entre novembre et avril, au moment où soufflent des vents violents du Sud et leur capture a permis de savoir qu’il y a dans le détroit un seuil sous-marin, contre lequel les courants viennent buter pour rebrousser chemin en remontant. Les malheureux poissons abyssaux ne supportent pas ce changement et viennent mourir à la surface, sur la côte.
- Le record de la distance en ballon sphérique. —
- Ce record, qui a longtemps appartenu à M. de La Vaulx, dont le Centaure, les 9 et 10 octobre 1900, couvrit 1925 kilomètres, vient d’être conquis par MM. E. Dubonnet et Dupont. Partis de Lamotte-Breuil, dans la nuit du 6 au 7 janvier, à minuit 5, ils atterrissaient le 8 janvier, à 6 heures du matin, près de Sokolowska, province de Kief. La distance ainsi couverte est d’environ 2000 kilomètres. Le ballon de M. Dubonnet, le Condor III, a été établi spécialement pour les parcours de grande envergure : il cube 2200 m3 ; il est construit en pure soie du Japon, imperméabilisée par un procédé spécial ; il ne pèse que 45o kg;, gonflé à l’hydrogène il peut enlever plus de 2200 kg. Le voyage a été des plus accidentés : jusqu’en Silésie tout alla bien; mais au-dessus deKarpathes, les audacieux aéronautes furent pris pendant plusieurs heures dans une tempête de neige, qui les emporta vers Kief; l’atterrissage dut se faire dans un véritable désert de glace et de neige, très loin de toute localité habitée. Nos lecteurs n’ont pas oublié, que M. Dubonnet est non seulement un pilote de sphérique consommé, mais un des plus hardis aviateurs de la première heure. C’est lui qui gagna le prix de La Nature pour le premier voyage de 100 km.
- La mission Legendre aux pays Lolo. — Le bruit avait couru que le Dr Legendre avait été assassiné. On vient heureusement d’avoir de lui des nouvelles rassurantes. Une première lettre du docteur, écrite à sa femme, a été publiée; une seconde, datée du 16 novembre, relate l’agression dont la mission a été victime, nous en reproduisons les passages essentiels : le 24 octobre, le docteur partait de Hing-Yuan-Fou avec un convoi de quinze mules portant ses bagages et ses collections. Le 2Ô, à 1 heure du soir, il fut attaqué par une bande de rebelles chinois de 200 à a5o hommes. Après avoir essuyé plus de cinquante coups de fusil, le docteur et son compagnon, le lieutenant Dessirier, furent blessés à la tête et aux mains par des coups de sabre. Après s’être enfui, ayant perdu toute sa caravane, le docteur dut son salut à une famille Tchang très influente et disposant de plusieurs centaines d’hommes; elle lui a fourni, ainsi qu’au lieutenant Dessirier, asile dans sa propre demeura
- L'industrie sidérurgique [en Italie. — Le Bulletin mensuel de la Chambre de commerce française de Milan, publie des chiffres qui témoignent du développement et de la prospérité de cette industrie en Italie. Pour 1910, la production des fers, aciers et fontes de seconde ouvraison a atteint le tonnage de 1 023 670 tonnes représentant une valeur de 229 365 000 lires. L’industrie sidérurgique occupe actuellement 3o 000 ouvriers et exige 900 moteurs, de 110 000 chevaux en totalité.
- Causes de l’explosion du cuirassé « Maine ». —
- Nous avons signalé déjà les travaux effectués par le Génie militaire des Etats-Unis pour remettre à flot le cuirassé Maine coulé en 1898, en rade de la Havane, alors colonie Espagnole. Cette explosion, attribuée par les Américains, à la malveillance espagnole, provoqua la guerre hispano-américaine. Aujourd’hui, grâce à un immense bâtardeau construit autour de l’épave, on a pu mettre à sec le malheureux cuirassé ; l’examen de sa coque a permis de préciser les causes de la catastrophe. D’après le rapport de la commission nommée à cet effet, la perte du Maine est due à la déflagration d’une
- charge d’explosif extérieure au bâtiment. Celle explosion eut pour conséquence de faire sairter une soute à munition, chargée de poudre noire. Puis l’explosion se propagea dans les autres soutes.
- Naufrages en 1909. — Le Journal Officiel publie la statistique des naufrages subis par la marine marchande française, en 1909. Se sont perdus corps et biens : 12 bâtiments de moins de 5o tonneaux, 1 bâtiment de plus de 100 t. ; le tonnage total atteint 155 t. 78; le chiffre des personnes disparues : 65. Il y a eu 209 bâtiments naufragés avec bris, représentant 16 824 t. et iii3 hommes d’équipage. En outre io3 bâtiments ont naufragé sans bris; leur tonnage total, atteignait 21 217 t., ils portaient ii3o hommes d’équipage. La marine militaire n’a éprouvé en 1909 aucun /naufrage. Le nombre des nationaux morts au cours de la navigation en 1909 s’élève à 582 : parmi lesquels 142 ont péri victimes de naufrages, échouements, abordages ou autres accidents de mer proprement dits; 44° personnes sont mortes d’accidents divers ou de maladies survenues à la mer en dehors des naufrages.
- Influence des lumières colorées sur le développement des œufs de Truite. — On sait qu’aujourd’hui, beaucoup de pisciculteurs élèvent des truites depuis l’œuf jusqu’à l'état adulte. Supino (Rendic. Istituto Lom-bardo, 1910) vient d’étudier l’influence des lumières colorées sur le développement de ces poissons. La lumière jaune et l’obscurité produisent une grande mortalité ; la lumière blanche et la bleue sont au contraire les plus favorables. La lumière bleue favorise l’éclosion et la croissance; la lumière rouge les retarde.
- La destruction des animaux causée par les exigences de la mode. — Le Dr Frédéric Knauer, naturaliste et directeur du Jardin des Plantes de Vienne, pousse un cri d’alarme dans Oesterreichische Rundschau en faveur des animaux, victimes-des exigences de la mode, animaux à fourrures ou oiseaux qui fournissent des plumes servant à orner les chapeaux des dames. Les commerçants en pelleterie et en plumes auraient intérêt à se joindre à ceux qui, par amour de la nature, désirent voir cesser la terrible poursuite de certains animaux, dont la continuation aura pour effet une destruction totale. Plusieurs espèces de mammifères courent ce danger. Ainsi, en 1881, 3781 peaux de loutres marines ont paru sur le marché de Londres et à peine 269 en 1908 II est venu, en 1908, 58 234 peaux de chinchilla, fort recherchées depuis quelques années et 24085 seulement en 1909. Quelques espèces d’oiseaux sont trop activement pourchassés. Les hérons, qui fournissent les aigrettes, si appréciées par les dames élégantes, étaient innombrables, il y a 3o ou 40 ans, dans les plaines de Hongrie et quelques régions de l’Autriche. Aujourd’hui on n’en trouve plus un seul. Les hérons européens exterminés, les marchands de plumes se sont tournés vers l’Amérique. Dans les forêts du cours inférieur du Mississipi vivaient au moins 3o millions de hérons. Les grandes maisons d’articles à la mode y ont envoyé leurs agents. Il en est résulté que, au bout de peu d’années, les hérons sont devenus rarissimes et ils auraient disparu complètement, si le gouvernement américain n'avait pris les survivants sous sa protection par des lois défendant absolument leur chasse. Les chasseurs d’aigrettes se sont alors rendus dans l’Amérique du Sud où ils ont trouvé un riche butin. Dans la République dç Vénézuéla, en 1898, on a tué plus d’un million et demi de hérons. Mais là aussi, ils commencent à se raréfier; en 1907, bien que le prix des aigrettes ait eu un fort accroissement, on n’a pu prendre que 258 000hérons. D’après une enquête faite parla Société protectrice des animaux de Paris, la mode Chantecler a eu pour conséquence la mort de 3oo millions d’êtres vivants ! Il ne serait cependant pas impossible de concilier les intérêts des commerçants en peaux et plumes et des pauvres animaux, leurs victimes. Tous les Etats civilisés devraient se mettre d’accord pour prohiber la chasse de ces animaux pendant la période de reproduction. En somme, il s’agirait d’étendre la portée des règlements concernant, par exemple, la pêche des phoques dans la mer de Behring. Les marchands de peaux et plumes ne devraient pas voir d’un mauvais œil les mesures prises pour assurer la perpétuité des animaux qui sont pour eux des sources de gains.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> 'Eclairage
- Un nouveau régulateur à gaz. — Ce régulateur se place à l’entrée du fourneau; il a pour but de maintenir constamment la flamme des brûleurs à la même hauteur, quelle que soit la pression du gaz. On sait, en effet, que cette pression varie assez fréquemment; la flamme des brûleurs s’élève et si la cuisinière est absente ou bien si elle ne s’en aperçoit pas. les aliments en supportent les conséquences,
- Ce régulateur constitué par un corps en fonte, comporte une tubulure T d’entrée du gaz. Celui-ci pénètre
- Coupe du nouveau régulateur à gaz.
- donc dans l’appareil et soulève un clapet d’aluminium C, puis passe ensuite dans une chambre H d’où il s’écoule dans une seconde M et enfin se rend au réchaud par la tubulure F. Tant que la pression est normale, l’appareil ne joue aucun rôle actif; mais dès que la pression augmente, le gaz soulève un disque de caoutchouc A pourvu d’un axe qu’il entraîne dans son mouvement. Cet arbre porte également une rondelle de caoutchouc B qui vient alors fermer progressivement l’entrée du gaz dans la chambre M. Cette entrée s’ouvre de nouveau dès que la pression est redevenue normale.
- Cet appareil n’est donc pas un régulateur proprement dit; il évite un inconvénient mais ne le corrige pas toujours. Dans certains cas, même, il pourrait devenir dangereux si les brûleurs, étant éteints et la pression normale se rétablissant ensuite, le gaz s’échappait sans brûler. — Le constructeur est M. Fiefey, 76, route d’Aubervilliers, à Pantin.
- Jouets
- Le paralytique. — Il est assis dans une voiture fauteuil et se transporte en agissant avec ses bras sur un
- Le paralytique.
- " /' v
- Le mécanisme
- levier qui paraît actionner les roues du véhicule. En réalité le véhicule est mis en marche par un mouvement à ressort qui actionne une bielle C à laquelle est fixé un levier B. La bielle C oblige B à tirer et à pousser alternativement le levier A sur l’extrémité duquel semble appuyer la main du vieillard. — L’inventeur est M. Raoul Maurin, 24, rue de Belfort, Paris XIe.
- Auto-transport. — Ce jouet a la forme d’un camion ordinaire ; notre dessin montre seulement son mécanisme qui est ingénieux. A l’aide d’une ficelle on lance nn volant dont l’axe appuie sur la partie supérieure des
- roues avant qui sont motrices. A l’aide d’une tringle terminée par une fourche, on éloigne l’axe du volant des roues ou on établit le contact pour produire l’embrayage. La poignée de la ficelle de lancement est placée à l’arrière du véhicule; la ficelle fait quelques tours autour de l’axe du volant et elle est ramenée à sa position de départ par un ressort à boudin placé sous la plateforme. La vitesse accumulée par le volant permet à la voiture de franchir une assez grande distance.— L’inventeur est M. Roullot, 3i, avenue Fredy, à Villemonble.
- Tir Excelsior. — C’est un tir mécanique dont les sujets sont animés de mouvements très variés. Au premier plan se déroule une bande support sur laquelle sont fixés légèrement des animaux en papier fort, à l’aide d’une petite lame de celluloïd remplissant les fonctions de ressort afin d’éviter la détérioration des sujets. Au-dessus et au centre du jeu, une cible mobile ordinaire entraîne en tournant un certain nombre de pipes. Derrière cette cible se déplacent également des oiseaux en celluloïd que le tireur abat au vol : enfin des œufs animés d’un mouvement ascendant et descendant sont suspendus à la partie supérieure et complètent la collection de cibles. Ce tir est fort intéressant puisque toutes les cibles sont mobiles et l’enfant peut s’exercer à tirer quelle que soit la direction du déplacement des sujets. — Le tir Excelsior est en vente chez M. Georges Flocon, 61, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Nouveau jeu de dames. — Certains mondains, qui se disent bien renseignés, prétendent que le Puzzle va céder la place, cette année, dans les salons, à l’antique jeu de dames. C’est possible et, pour notre part, nous n’y voyons aucun inconvénient, le jeu de dames étant, avec celui des échecs, très passionnant.
- Comme il faut que tout se transforme pour réappa-
- ûsiTv Tîft'^cxcr.r.GioR
- Le jeu de clame à quatre joueurs.
- raître aux yeux des gens blasés, un inventeur a imaginé de construire un jeu de dames à quatre joueurs : sa création est fort intéressante. Le damier est un carré fait de cases blanches alternant avec d’autres appartenant à quatre couleurs différentes. Ces cases coloriées sont disposées suivant un triangle dont la base est constituée par un des côtés du damier. Les couleurs sont donc distribuées bien distinctes, une devant chaque joueur. Entre chaque couleur, c’est-à-dire entre chaque triangle, un espace libre représenté par des cases noires a été ménagé afin de permettre aux adversaires d’engager la partie. On peut jouer avec 20, 36, 56 ou 80 pions. Les règles ordinaires du jeu de dames sont respectées, mais elles se compliquent par certains articles dans le détail
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- desquels nous ne pouvons entrer, et qui se rapportent aux règlements à observer lorsque l’on joue à trois ou à quatre, car on peut également jouer à deux. De plus, dans le jeu à quatre, les adversaires peuvent se mettre deux à deux en se faisant vis-à-vis ; dans ce cas ils combinant leurs attaques et leurs défenses en conséquence. — Ce nouveau jeu de dames qui paraît très attrayant, est en vente chez M. Ch. Rouaud, 104, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- Aéroplage nautique. — La navigation à la voile, sur roues, a inspiré un inventeur qui a construit pour les
- petits un gentil jouet actionné par le vent et circulant soit sur le sol, soit sur l’eau. C’est une sorte de radeau surmonté d’un mât porteur d’une voile, équipé comme les. bateaux ordinaires, mais pourvu en plus, à droite et à gauche d’un flotteur cylindrique constituant réservoir d’air et rendant l’embarcation insubmersible. De plus on ajoute une quille de lestage. Lorsque l’engin est appelé à se promener sur le sol, la quille est remplacée par trois roues pourvues de caoutchouc. Dans l’un et l’autre cas le vent gonfle la voile et le bateau-voiture file à une belle vitesse si le vent est favorable. — Le constructeur de l’aéroplage nautique est M. Edmond Desvaux, 16, passage de la Main-d’Or, à Paris.
- La grotte-cascade. — Ce sujet a été imaginé pour ornementer les porte-cigares.
- Il est construit d’après le principe bien connu des verres torses tournant sur pivots et placés au fond d’une sorte de grotte ; en tournant ils donnent l’illusion d’une minuscule chute d’eau.
- Chacune des cinq colonnettes A B C D E est pourvue d’une poulie ; une courroie passe sur chacune d’elles et sur une autre H entraînée directement par la mécanique G. — L’inventeür est M. Maurin, 24» Paris, XI°.
- Mécanisme de la grotte-cascade.
- rue de Belfort,
- Objets utiles «r*
- Appareil pour la préparation ménagère de la bière. — Il arrive bien souvent, quand on veut réaliser en petit un procédé industriel quelconque, de n’y pouvoir réussir faute d’un appareil convenable. Ainsi par ' exemple, il serait fort économique de préparer à la maison la bière de consommation familiale, et ce serait de plus certainement hygiénique, la boisson ainsi fabriquée pouvant l’être exclusivement à base de malt et de houblon. Mais comment se passer de l’appareillage relativement compliqué de brasserie ?
- L’ingénieux petit appareil que fit récemment breveter en France et en Allemagne M. Scotte permet de remplacer à peu de frais macérateurs, cuves, matières, chaudières à houblonner et tous autres ustensiles de brasserie. C’est un récipient cylindre, en tôle, à robinet inférieur, pouvant se placer sur un réchaud quelconque et dans lequel s’emboîte une monture métallique portant une poche filtre en tissu (voy. fig.). Le tout se recouvre d’un couvercle à trous dont la concavité tournée vers le bas. Le malt, ou orge germée et
- concassée étant placé dans la poche, et le récipient rempli d’eau, on chauffe à l’ébullition : les bulles de vapeur se dégageant font déverser le liquide tout autour du couvercle, d’où il redescend vers le centre pour retomber dans la poche. On réalise ainsi une circulation continue de l’eau chaude sur le malt de la sorte très rapidement privé des principes solubles qu’il contient : tout se passe en principe comme dans une lessiveuse de ménage, à cette différence près que la montée du mélange d’eau et de vapeur se fait par la périphérie et non par le centre. . .
- Quand le malt est épuisé, on procède au houblonnage, l’ébullition se poursuivant encore pendant quelque temps, puis on fait couler finalement le liquide clair par le. robinet inférieur dans un tonneau où on laisse refroidir. Il suffit d’ajouter ensuite un peu de levure, de laisser fermenter pendant quelques jours, de soutirer et de coller pour obtenir une bière d’excellente qualité dont le prix de revient est très bas.
- Pour faciliter la mise à exécution du nouveau procédé, l’inventeur constructeur de l’appareil : M. Ch. Scotte, 10, rue des Bons-Enfants, à Bois-Colombes (Seine) vend avec son extracteur toutes les matières premières dosées en quantités convenables ; un petit guide très simple permettant leur emploi facile.
- Nouveau coupe-ficelle. — Ces
- appareils sont d’un usage courant chez tous les commerçants, aussi en existe-t-il un nombre de modèles assez considérable. Celui que représente notre photographie comporte deux lames intérieures, faites en acier et taillées en biseau. Elles forment ciseaux; l’une est fixe; l’autre, mobile, est montée sur une tige actioimée par un ressort à boudin qui remplit les fonctions de ressort .de rappel.
- Pour couper la ficelle, on l’introduit dans l’ouverture ménagée à cet effet sur la face antérieure de l’appareil et on donne un coup sec sur le bouton de la tige qui surmonté l’instrument.
- L’appareil se trouve chez M. E,
- Quénault, 110, rue Cainbronne, à Paris. Le coupe-ficelle.
- P (Le briquet Pif-Paf. — Le Pif-Paf a pour but de remplacer les coûteuses allumettes tison, dont on use en cas de vent ou de pluie. C’est un briquet à amadou et à allumettes suédoises. Il se compose d’une feuille de fer-blanc repliée dans laquelle on enchâsse à volonté une boîte de suédoises. A l’extrémité de cette sorte d’« armure » est un tube qui maintient la mèche d’amadou.
- Au moment de l’emploi, la partie haute de celle-ci
- effleure,àla sortie du tube,
- le frottoir de la boîte à
- Comment on se sert Comment on éteint
- du briquet. l’amadou.
- allumettes, on allume une de ces dernière comme d’ordinaire et la flammé qui jaillit ou une étincelle quelconque enflamme l’amadou. Pour éteindre l’amadou on le fait rentrer dans le tube support; un petit couvercle, attaché à son extrémité, vient fermer le tube, la mèche manque d’air et s’éteint. — En vente dans tous les bureaux de tabac : 5o centimes.
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- VARIÉTÉS
- JteD
- Quand vous achetez une boîte de sardines. —
- Quand, avec un sourire engageant, le garçon épicier vous offre une boîte de sardines, il ne faut pas manquer d’examiner soigneusement trois choses à Y extérieur de cette boîte : d’abord, son aspect général, ensuite son mode de fermeture, enfin la marque dont elle est revêtue.
- i° Les deux faces principales (couvercle et fond) doivent être planes ou légèrement concaves. En effet, si le contenu en a été bien stérilisé, l’oxygène du peu d’air qu’il renfermait a été absorbé par les matières organiques; un vide partiel s’est ainsi produit, et la pression atmosphérique, agissant sur les fonds, les a refoulés vers l’intérieur. Si, au contraire, ces fonds sont convexes ou présentent en un point quelconque une boursouflure, n’achetez pas. On vous dira peut-être que c’est là le résultat sans importance d’un choc subi par le métal. Ne le croyez qu’à moitié : ce peut être fort bien la conséquence d’une pression interne due à un dégagement gazeux, c’est-à-dire l’indice d’une décomposition plus ou moins profonde de l’aliment mal stérilisé. Dans ce cas la conserve est mauvaise : la consommer expose à des accidents presque toujours graves et parfois mortels, qui sont des empoisonnements par des toxines animales. En tout état de cause, l’incertitude ou le doute commandent la prudence : réclamez donc une autre boîte.
- 2° Si vous voyez, en quelque endroit de celle-ci, une goutte de soudure qui semble avoir échappé au fer d'un ouvrier maladroit, n achetez pas davantage. Il se peut fort bien que vous vous trouviez en présence d’une boîte « repiquée », et si certains hygiénistes estiment que le repiquage est parfois une opération licite, il en est d’autres qui ne partagent pas leur optimisme. En bonne logique, ils ont d’ailleurs pleinement raison. Supposez, en effet, qu’un marchand ait une boîte « floche », c’est-à-dire dont les fonds sont devenus convexes. Il la perce avec un poinçon fin, de façon à permettre aux gaz de s’échapper en sifflant. Il referme alors l’ouverture avec une goutte de soudure, refoulé les fonds d’un coup de pouce et refait la stérilisation à l’autoclave. L’opération* pratiquée sans délai sur certaines conserves végétales peut, à la rigueur, être sans danger : mais il est indiscutable qu’effectuée sur une boîte de sardines, elle ne rend pas celles-ci inoffensives. C’est, du reste, l’opinion des usiniers consciencieux qui ne la pratiquent jamais, et lés tribunaux devraient condamner sévèrement le repiquage1, parce qu’il est infiniment plus répréhensible qü’üne fraude commerciale vulgaire.
- 3° Donnez toute votre attention à ce que la troisième boîte’ qu’on vous présentera porte des inscriptions bien lisibles, bien îïettes, bien brillantes. La loi française h’a pas cru devoir exiger des fabricants de conserves qu’ils estampent sur tous leurs récipients la date exacte où ceux-ci ont été remplis, et, dès lors, en n’achetant que des boîtes dont le temps n’a pas encore terni les ors, ni •rendu grises les lettres primitivement noires, vous augmenterez vos chances d’acquérir un aliment récemment préparé. - .
- A ce propos, il est absolument certain que si une maison sérieuse adoptait comme règle de conduite de « dater » ses conserves, elle pourrait se servir de cette innovation pour faire à Ses1 produits la plus intelligente et la plus fructueuse des publicités.
- 4° Entre deux boîtes qu’on vous offre, si l’une est soudée, Vautre sertie, préférez la seconde. Il est vrai que, pour assurer son étanchéité parfaite, on a dû interposer entre sa partie supérieure et son couvercle une petite bande élastique, mais celle-ci est, après l’opération mécanique de fermeture, incluse en un double bourrelet de métal ; et il y a peu de chances pour que l’huile du contenu vienne en contact avec elle. Du reste, si ce contact a lieu* il est sans grande importance pratique, en ce qui concerne l’acheteur de sardines, parce que la rondelle élastique est formée de 25 à 35 ou 40 pour 100 de caoutchouc additionné de substances minérales, craie, ocre, talc, oxyde de fer, etc. (les sels de baryte et d’antimoine sont maintenant abandonnés), avec lesquels l’huile ne forme pas de composés nocifs.
- 5“ Mais, comme la méthode de fermeture par sertissage n’est encore adoptée que dans très peu d’usines sardinières, il est infiniment probable qu’on vous présentera une boîte soudée. Examinez donc la soudure. Vous n’avez, dans l’épicerie où vous faites votre achat, ni les moyens techniques, ni la possibilité de procédera son analyse et, par suite, de reconnaître si elle ne contient pas de plomb. La chose est, du reste, sans grand intérêt immédiat pour vous, puisque vous en voyez sëù-lement la partie extérieure qui ne touche pas le contenu. Malgré tout, préférez aux soudures ternes les soudures brillantes, uniquement parce qu’il est probable qu’elles ont été faites récemment. L’étain qui les constitue n’a pas eu, en effet, le temps de s’oxyder profondément. Leur aspect vous donne donc une indication utile sur l’ancienneté ou la fraîcheur de la conserve.
- 6° Cela fait, jetez les yeux sur la marque commerciale que porte la boîte. ’
- Tout d’abord, un premier conseil : sous aucun prétexte, n acceptez jamais de conserves de sardines étrangères. Vous les reconnaîtrez sans peine à ce qu’elles portent, estampées sur un de leurs fonds, une indication de provenance exotique. Dans leur immense majorité, les conserves de sardines préparées en France sont de qualité excellente, tandis que les conserves importées sont très souvent médiocres et parfois abominablement falsifiées.
- D’autre part, préférez résolument les boîtes qui portent le nom d’une firme commerciale honorablement connue. Une maison qui existe depuis de longues années, qui a une clientèle importante, sûre et fidèle, qui, par suite, tient à sa réputation parce qu’en celle-ci réside tout le secret de sa prospérité, offre aux consommateurs des garanties de premier ordre, qui ne sauraient être négligées. Vous ne vous défierez jamais assez des sardines à l’huile que j’appellerai « anonymes » : bien habile celui qui pourrait dire sans erreur ce qu’elles contiennent trop souvent. En matière de conserves, de sardines plus qu’en toute autre matière, peut-être, le consommateur a intérêt à payer relativement cher une marque estimée, plutôt qu’à réaliser, aux dépens de sa santé, une économie mesquine.
- Toutefois, eussiez-vous fixé votre choix sur une boîte sortant d’une des meilleures usines françaises, eussiez-vous, par une série d’observations méticuleuses, acquis la quasi-certitude que le contenu de cette boîte est exempt de toute altération, souvenez-vous que deux sûretés valent infiniment mieux qu’une seule. Une fois rentré chez vous, procédez à une vérification nouvelle, examinez l'intérieur de la boîte, c’est-à-dire la sardine elle-même.
- Cela est surtout indispensable si vous avez commis une imprudence, c’est-à-dire fait emplette d’une boîte de sardines à bon marché, dont la provenance vous est inconnue.
- Dans ce cas, et avant de l’ouvrir, placez-la au fond d’un récipient plein d’eau, puis percez-en le couvercle d’un trou très fin pratiqué avec l’extrémité aiguë d’un poinçon : si du gaz s’échappe immédiatement en bouillonnant, retirez la boîte, ouvrez-la et jetez-la ensuite à la poubelle, de façon à ce qu’elle soit inutilisable : il ne faut, en effet, ni la manger, ni la laisser manger par d’autres, parce qu’elle est probablement altérée.
- S’il ne se produit rien de ce genre, procédez à T « ouverture de la boîte », et tout d’abord sentez-en le contenu. L’odeur que vous percevrez doit être douce, agréable sans aucune âcreté et sans aucune fadeur.
- Ne vous attardez pas à vous demander si l’huile employée par le fabricant est de l’huile d’olives, ou de l’huile de poisson, ou de l’huile d’arachides, ou telle autre huile quelconque. Un chimiste seul pourrait le savoir après analyse..., et encore il se tromperait souvent. Du reste, au point de vue de votre santé, il vous importe peu. Mais sachez si le poisson qu’on vous a vendu est bien de la sardine. Srvous avez été volé, il est bon de le savoir pour faire poursuivre le fournisseur.
- Donc notez bien ceci :
- Chez la véritable sardine, la nageoire dorsale s’insère
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- VARIETES
- en avant des nageoires ventrales; il n'y a pas de crête rugueuse sur la ligne ventrale; la peau est lisse et bleuâtre sur le dos (les écailles ayant été enlevées par la cuisson ou le lavage).
- Chez le hareng, la nageoire dorsale s’insère un peu en avant des nageoires ventrales ; une crête rugueuse formée par la proéminence des arêtes transversales fait saillie derrière les nageoires ventrales; la peau, brunâtre sur le dos, est finement réticulée.
- Chez le sprat, la nageoire dorsale s’insère au niveau des nageoires ventrales. Une crête rugueuse formée d’arêtes transversales très saillantes existe en avant et en arrière des nageoires ventrales. On la sent très bien en passant le doigt sous le ventre, de la queue à la tête. La chair est dure et peu délicate.
- Chez l’anchois, la nageoire dorsale s’insère en arrière
- des nageoires ventrales ; il n’y a pas de crête rugueuse sur la ligne ventrale.
- Le chinchard est un petit maquereau de couleur grisâtre pourvu de deux grandes nageoires dorsales qui garnissent son dos dans presque toute son étendue ; celle d’avant porte une sorte d’épine pointue.
- Videz votre boîte, lavez-la sous un courant d’eau, essuyez-la à l’intérieur, et avec la pointe d’un couteau, râclez les soudures intérieures : si elles deviennent modérément brillantes, elles ont été faites à l’étain fin. N’ayez aucune crainte. Si, au contraire, elles deviennent très brillantes pour se teimir au bout d’une demi-heure à peine, elles contiennent une forte proportion de plomb. Défiez-vous alors ; l’huile dissout le plomb avec une certaine facilité.
- Francis Marre.
- ><^!D
- 1*0
- HYGIENE ET SANTE
- Le botulisme. — Un mal mystérieux a répandu pendant quelques jours la terreur dans Berlin. Brusquement, un certain nombre de miséreux, clients attitrés de l’asile de nuit, furent pris simultanément d’accidents intestinaux graves. Plusieurs centaines furent atteints et près de ioo déjà sont morts. Un certain affolement a régné dans la population berlinoise d’autant plus que les autorités ont été longues à trouver une explication satisfaisante de cette épidémie soudaine.
- Pour les uns il s’agissait du choléra; d’autres prétendaient que les intoxications étaient dues au mauvais état des réservoirs en cuivre où est faite la soupe à l’asile de nuit. D’autres enfin déclarèrent qu’il s’agissait de cas de botulisme.
- Il semble que F « épidémie de Berlin » ne soit qu’une intoxication collective due à l’alcool méthylique. Elle a toutefois fait parler en France d’une maladie peu connue, le botulisme (de botula, boudin) qui a déjà causé en Allemagne de nombreux accidents mortels, à la suite d’ingestion de charcuterie avariée ou de conserves de viandes mal préparées.
- Les préparations de charcuterie, dont les Allemands sont très friands, se putréfient avec une grande facilité. Quand il y a eu cuisson, cette cuisson est souvent assez peu prolongée pour stériliser les parties centrales de l’aliment, généralement enveloppé dans un morceau d’intestin ou de péritoine.
- Un poison analogue au wurstgrift (poison des saucisses) peut se développer dans le jambon et autres viandes salées ou fumées, les pâtes ou hachis de viande, les poissons salés (esturgeons, saumons, d’une consommation fréquente en Russie).
- Le principe toxique est sécrété par un microbe, le bacillus botulinus retiré en 1896 par Van Ermengen du jambon avarié. Ce microbe est anaérobie, c’est-à-dire ne peut se développer que dans les matières privées d’air; c’est ce qui explique qu’il se développe toujours dans la profondeur des jambons, des saucisses avariées ou dans les aliments mis à l’abri de l’air, plongés dans la saumure ou enveloppés d’une couche de graisse fondue. La cuisson a toujours été insuffisante.
- L’aliment consommé aussitôt après la mort de l’animal, ne cause aucun accident; parmi les morceaux conservés, tous peuvent n’être pas toxiques, un seul pourra produire ie botulisme et seuls, les consommateurs du morceau toxique, seront empoisonnés.
- L’aliment toxique présente un aspect parfois normal, parfois on note une odeur un peu spéciale. Les parties toxiques n’occupent dans cet aliment qu’une portion plus ou moins étendue; le centre d’un saucisson peut être botuligène, alors que la périphérie bien cuite ne l’est pas; ou bien l’altération d’un jambon est localisée à des points brillants et verdâtres s’enfonçant dans la profondeur. On conçoit donc, que parmi les consommateurs de tels aliments, les uns puissent n’éprouver'aucune atteinte, alors que d'autres seront empoisonnés.
- Le poison sécrété par le bacille est pathogène pour l’animal comme pour l’homme. Mais la puissance toxique du ce poison varie beaucoup suivant les espèces animales et suivant la voie d’introduction. Ingéré par la bouche, il est très toxique pour le singe, il l’est moins
- pour le lapin et le cobaye ; le chien, le chat, la poule jouissent d’une immunité presque complète. En injection sous-cutanée, il est plus actif, et tue rapidement l’animal, avec des symptômes identiques à ceux qu’on observe chez l’homme.
- Chez celui-ci l’intoxication apparaît environ 12 à 24 heures après l’ingestion des aliments suspects; parfois plus tôt, de suite après le repas. Les premiers symptômes sont des troubles digestifs : crampes d’estomac, vomissement, diarrhée; puis, au bout de 2 à
- 3 jours, la peau et les muqueuses se dessèchent; le malade se plaint de constriction de la gorge, il a beaucoup de peine à avaler, la bouche est rouge et luisante, la voix est rauque.
- Les signes oculaires sont très fréquents et caractéristiques du botulisme. On note une paralysie des nerfs de l’œil. Au niveau des deux yeux, la paupière supérieure est tombante (ptosis), les globes oculaires sont déviés en dehors ou en dedans (strabisme), les pupilles sont dilatées et ne se contractent plus sous l’influence de la lumière; on constate une paralysie de l’accommodation, la vision rapprochée est devenue impossible. Parfois il existe une cécité momentanée.
- Le botulisme évolue sans fièvre; rarement il existe du délire, et d’autres troubles intellectuels.
- La maladie peut durer quelques heures seulement, mais le plus souvent, la mort survient seulement après
- 4 ou 5 jours ; elle est due à une paralysie progressive des centres nerveux, de l’aspiration et de la circulation : dans certains cas, elle est hâtée par une complication : obstruction du larynx ou de la bouche par les aliments, asphyxie, pneumonie de déglutition, etc.
- La mortalité est très variable avec l’épidémie (i5 à 4o pour 100 des cas). Elle a été considérable dans l’épidémie récente de Berlin. Cependant, dans certains cas, les malades peuvent guérir ; mais la convalescence est ordinairement fort longue. Ce sont les troubles oculaires qui se dissipent les derniers, au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois.
- Comme traitement, les vomitifs sont peu indiqués, sauf quand les accidents sont précoces : les purgatifs sont plus utiles.
- L’ingestion abondante de liquides, d’eau froide ou alcoolisée rendra des services. On a remarqué que les malades qui au cours de ces accidents avaient le plus absorbé de boissons étaient moins gravement atteints.
- Kempner a réussi à vacciner des chèvres contre le poison sécrété par le bacillus botulinus en leur inoculant des doses graduellement croissantes de cette toxine ; le sérum des animaux immunisés contient une antibotuline très puissante. Des injections de ce sérum ont été faites aux malades de Berlin, mais les résultats de cette thérapeutique ne sont pas encore connus.
- La prophylaxie du botulisme est simple. Le poison est détruit par une température relativement basse (8o°). La cuisson rend donc inofïensifs tous les aliments botu-ligènes, elle met à l’abri des accidents, à la condition de ne pas oublier que la profondeur des masses de viandes n’atteint que difficilement et lentement des températures élevées. Dr R. Burnier.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. L. D., Le Puy. — Nous ne voyons guère d’autre moyen que d’employer une peinture blanche, encore serait-ce là une indélébilité bien relative ?
- M. Terminck, à Bois-Bernard.. — Employez les poudres a galvanit » vendues dans les divers magasins, ou composez des mélanges analogues, d’après les formules données dans le tome I des Recettes, de Tissandier (Masson, éditeur). Il suffit de frotter l’objet à argenter avec un chiffon humide saupoudré du mélange.
- MM. Ch. Allenou, à Yille-d’Avray et Félix Delmazure, à Roubaix. — Nous avons donné une bonne recette pour la préparation des encres pour stylographes (Supplément de 1910, 2, p. 102. -
- M. II. Touchais, h Marseille.— Merci de votre envoi. L’analyse confirme notre hypothèse précédemment publiée.
- M. V. d. B., à Gontich. — Nous ne croyons pas qu’il existe de procédés pour la désodorisation du brai, peut-être pourrait-on arriver à supprimer l’odeur, mais en transformant tout à fait le produit : ce ne serait plus du brai !
- ; M.Ducoté,h Fleurville.— Ces produits très employés en construction moderne remplacent, en effet, dallages et parquets. En général, la solidité est excellente. MM. Blanc et G°, 88, boulevard Magenta, vendent le porphyrolithe ; MM. David, Moulin et Cie, 64, rue Petit, le terracolith et MM. Surmont et Montcocol, 15, rue Villiot, la silicia.
- M. G. B., professeur à Saint-Flour. — a) Coloration en rouge des houles de billard. Yoir le tome I des Re-
- cettes, de Tissandier (Masson, édit.), — b) Pour les tableaux noirs, badigeonnez avec un mélange de 100 gr. noir de charbon, 100 gr. blanc d’Espagne (très finement pulvérisés), 90 gr. essence de térébenthine et 80 gr. vernis copal. — c) Pour effacer rapidement les tracés sur gélatine à polycopier, frottez légèrement avec une éponge imbibée d’eau chaude; cela d’ailleurs provoque une perte de gélatine. — d) Pour nettoyer le mercure sale, on le lave avec de l’acide nitrique étendu d’eau. On rince à l’eau, on sèche avec du papier buvard, on filtre à travers une peau de chamois.
- Jf. Rochard, à Varennes-sur-Allier. — Ce ventilateur n’aurait aucun effet; il ne pourrait qu’augmenter la température de la glacière. Il ne la diminuerait que s’il pouvait puiser quelque part de l'air plus froid et l’envoyer dans la glacière, ce qui n’est évidemment pas le cas.
- A. F., à Lausanne. — Adressez-vous à M. Dussaud, 19, rue Guillaume Tell, Paris. Destruction de hannetons. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur ce sujet. Yous trouverez des renseignements dans le récent livre de M. Clément, intitulé Destruction d’insectes nuisibles, librairie Larousse, Paris. Nous ne connaissons pas d’ouvrages traitant spécialement des appareils pour voir de l’intérieur d’une pièce ce qui se passe à l’extérieur. Yous trouverez dans tous les traités de physique élémentaire la description des chambres claires.
- M. Délia Rocca, à Rome. — Écrivez à M. F. Shuman à Philadelphie ; à MM. Edison et Tesla aux bons soins de la « Edison Waterside Station-New-York. Ouvrages sur la radiotélégraphie. Télégraphie sans fil, par G. de Yalbreuze, chez Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins. Télégraphie sans fil, par B.-G.-B., librairie Omnia, 20, rue Duret, Paris.
- M. R. Duseigne, à Paris. — Remise en état des daguerréotypes. Aucun procédé ne réussit bien et tous sont dangereux pour les originaux.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les modifications récentes de la côte du Poitou à la Belle-Henriette (Vendée) : Jules Welsch. — Nouveau système de destruction des vieux billets à la Banque de France : Jacques Boyer. — Les dessins d’animaux dans la poterie grecque : Jean-Paul Lavette. :— L’état actuel de l’aviation militaire : Commandant Chevalier. — Le moteur Sabathé à combustion mixte : J.-C. Séailles. — Académie des sciences; séances des 2 et 9 janvier 1912 : Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — Action catalytique du platine. — Condensations chimiques déterminées par la lumière ultra-violette, etc.
- Mémoires biographiques et philosophiques d’un astronome, par Camille Flammarion. In-12, Ernest Flammarion, éditeur. Prix : i5 francs.
- Entré à l’Observatoire de Paris à l’âge de 16 ans, Camille Flammarion n’a pas cessé d’étudier le Ciel avec passion et philosophie. On suit dans cet ouvrage l’évolution graduelle de la peùsée de l’astronome, et ses confessions, franches et piquantes. Ces Mémoires mettent en scène une foule d’observations, et d’hommes. Les voyages aériens n’y sont pas oubliés. Le spiritisme et son pontife Allan Kardec y tiennent une large place.
- Alcool mêthylique, vinaigres, par L. Calvet. i vol., 368 p.). Béranger, éditeur, Paris 1911. (Collection des Manuels d’analyses chimiques Bordas). Prix : 6 fr.
- M. Calvet définit l’alcool mêthylique et les vinaigres, il en indique les propriétés essentielles, décrit les méthodes d’analyse, en même temps que les principales fraudes ou falsifications qui s’exercent sur ces produits. En appendice, on trouve les textes officiels relatifs à l’alcool mêthylique et aux vinaigres. En résumé, livre instructif et parfaitement documenté.
- Traité d’hygiène de Brouardel, Chantemesse et Mosny, fasc. XYÏII; Etiologie et prophylaxie des maladies transmissibles, par Jeanselme, Kelsch, Thoinot, Ri-bierre, J. Renault, Dopter, Bezançon, I. de Jong, Clair. In-8° de 4^4 p. et 14 fig. Paris. J.-B. Baillière, 1912. Prix : 8 francs.
- Traité par des spécialistes des plus autorisés, ce fascicule est un des plus importants de la précieuse encyclopédie hygiénique dont un quart reste à publier.
- Cinéma. Annuaire de la projection fixe et animée. Un fort volume de 400 pages environ. Prix : 6 fr. 25 (par souscription : 3 fr. 75).— Annuaires Charles-Mendel, 118, rue d’Assas, Paris.
- Cet annuaire contient : i° la liste générale de toutes les personnes appartenant à la corporation cinématographique ; 20 la liste de tous les fabricants et négociants d’articles pour la projection fixe ou animée, classés par spécialités; 3* la liste des marchands de fournitures cinématographiques^0 la liste des exploL tâtions cinématographiques ; 5° Une liste d’opérateursT cinématographistes ; 6° Un répertoire des marques, des renseignements pratiques, etc.
- Cours pratique élémentaire d’électricité industrielle, par E. Fesquet, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, professeur au Collège et à l’Ecole des Mécaniciens de Dunkerque. 1 vol. in-8° raisin avec gravures, 2e édition revue. Henry Paulin et Cie, éditeurs. Broché. Prix : 6 francs.
- Livre très simple, très clair, ne faisant appel qu’au calcul élémentaire enseigné dans les écoles primaires, donnant néanmoins à ses lecteurs les connaissances fondamentales d’électricité, ainsi que des notions pratiques.'
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- [J (_ Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS [7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 jauv. 1912. — 5° 1 S. S. E. 1. Beau. 2,9 Gelée bl. Beau de 6h à 81 ; très nuag. ensuite ; pluie de 18 à 22b.
- Mardi 9 10°,2 W. S. W. 3. Pluie. 10,0 Pluie de 4b 30 à 7h et de 17h 30 à 18h couvert.
- Mercredi 10 ... . 3° 6 S. VV. 2. Très nuageux. » Gelée bl. ; très nuageux.
- Jeudi 11 3°,5 S. E. 1. Très nuageux. » Gelée bl. ; très nuageux ; halo à 12b-14h.
- Vendredi 12 ... . 0°,4 Calme. Beau. » Gelée bl. ; beau à 6b-7\; très nuageux ensuite ; brouillard.
- Samedi 13 .... . 2°,9 S. S. E. 1. Couvert. » Gelée bl ; couv. de 6b à 9h ; beau ensuite.
- Dimanche 14. . . . — 1°,0 S. S. E. 1. Beau. )) Gelée bl. ; beau jusq. lôh ; Couv. ens. ; brouill. jusq. ÎO1 et ap. 17b.
- JANVIER 1912. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JANVIER 1912.
- Vendredi
- Dimanche
- 6 MIDI G MIN 6 MIDI 6 MIN G MIDI G'MIN 6., MIDI G MIN. 6> MIDI. -6 'MIN 6; MIDI G MIN G MIDI G
- 10
- 770
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- 7§0
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- 35°
- 30°
- 25°
- 20°
- 15°
- 10°
- 0°
- 10°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri J boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 4 au 14 janvier 1912. — Le 4- Même situation barométrique que la veille. Neiges et pluies sur la moitié N. de l’Europe. En France : Dunkerque, 9 mm; Paris, Nancy, 1. Temp. du matin : Arkhangel, — 23°; Moscou, — 11; Paris, 7; Nantes, 8; Alger, 12; Perpignan, i3; mont Yentoux, 1; Pic du Midi, —x; moyenne à Paris : 7°,2 (normale : 20). — Le 5. Nouvelle dépression sur le N.-W. de l’Europe (Ecosse : 743 mm). La pression baisse partout sauf en Espagne (supérieure à 765 mm). Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Dunkerque, 12 mm; Cherbourg, 7; Rochefort, 2. Temp. du matin : Haparanda, —290; Marseille et Clermont, 1 ; Bordeaux, 2 ; Paris, 7 ; Pic du Midi, — 1 ; mont Ventoux, 1 ; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 20).
- — Le 6. La dépression du N.-O. se déplace vers l’E. (Dantzig : 738 mm), une autre avance vers l’Irlande. Baisse barométrique générale. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 10 mm; Brest et Nancy, 8; Nantes, 3; Paris, 2. Temp. du matin : Moscou, —26°; Paris, 4; Clermont, 5; Alger, i3; Pic du Midi, — 5; moyenne à Paris : y0,5 (normale : 20).
- — Le y. Baisse barométrique générale sur le continent : Cassel, 730 mm; Nice, 746. Mauvais temps sur toutes nos côtes. Pluies sur toute l’Europe. En France : Cherbourg, 36 mm; Nantes, 3o ; Calais, 25; Paris, 14. Temp. du matin : Arkhangel, —26°; Paris, 8; Lyon, 12; Monaco, 15 ; mont Yentoux, o; moyenne à Paris : 70,4 (normale : 20). — Le 8. La dépression de la veille s’avance vers l’E.; la pression monte sur le W. et le Centre de l’Europe, mais s’abaisse en Islande. Pluies sur tout le continent. En France : Biarritz, 12 mm; Besançon, 6; Paris, 3. Temp. du matin : Charleville,
- — 6°; Belfort, 5; Paris, 3; Bordeaux, 7; Alger, 14 ; Pic du Midi, —4; mont Ventoux, i3; moyenne à Paris : o°,7 (normale : 20). —Le 9. Le centre de dépression est
- du Bureau Central Météorologique.
- sur l’Irlande (738 mm). La pression se relève dans le S. de l’Europe (Rome, 767). Pluies sur le W. et le Centre de l’Europe. Neiges dans l’E. et le N. En France : Nantes et Charleville, 11 mm; Cherbourg, 8; Bordeaux, 2. Temp. du matin : Belfort, 4°; Toulouse, 8; Paris, 10; Biarritz, i4; mont Yentoux, o. — Le 10. La pression se relève sur le W. et le N. de l’Europe (765 mm à Clermont-Ferrand et Christiania), dépressions dans le N.-E. (Arkangel, 744) et à l’Ouest des Iles-Britanniques. Pluies sur le W. et le Centre de l’Europe. En France : Nice, 37 mm; Nancy, 22; Rochefort, 18; Paris et Biarritz, 5. Temp. du matin : Gap, —20; Paris, 4; Bordeaux, 6; Marseille, 9; Puy de Dôme, —2; mont Yentoux, —4; moyenne à Paris : 4°,8 (normale : 20). — Le 11. Pression très élevée sur tout le continent; supérieure à 775 en Allemagne. Profonde dépression sur l’Islande (731), s’étendant jusqu’à l’Ecosse. Pluies sur le Centre, le S. et l’E. de l’Europe. En France : averses dans le N.-E. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg,
- — 18°; Nancy, 3; Paris, 4'» Bordeaux, 7; Puy de Dôme,
- — 7. — Le i3. Pression très élevée sur la moitié E. de l’Europe (790 sur le Centre de la Russie). La dépression de l’Islande persiste jusqu’à l’Irlande et l’Ecosse. Pluies sur les Iles-Britanniques. En France : beau temps. Neiges sur le S. de la Russie. Temp. du matin : Breslau, —180; Gap, — 7; Paris, 3; Bordeaux, 6; Marseille, 7; Pic du Midi, o; mont Yentoux, —2; moyenne à Paris : 4°»8 (normale : 20). — Le i4- Même situation barométrique que la veille. Pluies sur les Iles-Britanniques. Neiges sur le S. de la Russie. En France : beau temps. Temp. du matin : Odessa, —i5°; Berlin,
- — 14 ; Vienne, — 12; Paris, —1; Brest, 10; Alger, i4; mont Yentoux, —4; moyenne à Paris : i°,8 (normale : 20). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 4, à 1 h. 3g du soir; Dernier Quartier le 11, à 7 h. 52 du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : / 20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 2018 — 27 JANVIER 1912
- SUPPLÉMEI^
- JÊD
- INFORMATIONS
- La planète Saturne. — Nous avons signalé plusieurs fois, ici même, les travaux effectués aux observatoires de M. Jarry-Desloges, observatoires installés temporairement au Massegros (Lozère) et à Sétif (Algérie). A la dernière séance de la Société astronomique de France, M. Flammarion, secrétaire général, a donné lecture du télégramme suivant, adressé par M. Jarry-Desloges, de Sétif, à la date du 3 janvier 19x2 : « Saturne présente au pôle austral une calotte noirâtre bien définie, avec une plage claire intérieure. » Rappelons à ce propos que la calotte polaire australe de Saturne a déjà été observée avec une magnifique couleur bleue, au grand télescope de 1 m. 5o de l’Observatoire du Mont Wilson, par les astronomes du Congrès solaire de septembre 1910; que Warren de la Rue (ou peut-être Dawes) dès i856 a représenté cette région polaire australe avec une teinte bleue, ainsi qu’on peut le voir à l’Observatoire de Juvisy, qui possède une belle gravure sur acier de Warren de La Rue; que le 6 novembre 1909, à l’Observatoire de Meudon, M. Antoniadi, observant au grand équatorial de o m. 83, a décrit la même calotte polaire comme colorée en gris bleu intense. L’observation communiquée par M. Jarry-Desloges se rapporte-t-elle à une modification réelle dans la région australe du globe de Saturne? On a une perception insuffisante des détails vus au Mont Wilson (télescope de 1 m. 5o) et à Meudon (réfracteur de o m. 83) par suite de la dimension plus faible des instruments de Sétif (o m. 37 et o m. 5o) ? Il n’est pas possible, actuellement, de se prononcer, et il convient d’attendre le détail des observations de M. Jarry-Desloges. Quoi qu’il en soit, cet hémisphère austral de Saturne est une région fort intéressante, bien digne d’attirer l’attention des asti'onomes possédant des instruments géants.
- La direction et la vitesse du vent dans la haute atmosphère. — Le Dr E. Van Everdingen, directeur du service météorologique néerlandais à De Bilt, vient de 'publier une étude d’ensemble sur les indications fournies par diverses stations hollandaises sur la haute atmosphère, par des ballons-sondes, des ballons pilotes, et des observations de nuages. Autant que possible on a relevé la direction et la vitesse du vent à 100, 5oo, 1000 m., jusqu’à 4°°° m- et quelquefois 6000 m., et on a relevé la différence entre la direction du vent à ces hauteurs et la direction à 1000 m. On a calculé ensuite la différence moyenne pour 4 groupes, représentant chacun un quadrant, et pour chacun de ces groupes on a déterminé, pour les différentes hauteurs, la vitesse moyenne du courant atmosphérique. On obtient ainsi pour chacun des quadrants des espèces de « types » dont la comparaison est intéressante. Ces types sont très différents selon qu’il s’agit des vents de terre du Sud-Est, ou du Nord-Est, ce qui résulte pi’O-bablement des types de temps différents qu’on remarque à terre pour des directions de vents données. C’est
- ainsi que par vent de terre du Sud-Est, on remarque la rotation progressive du vent jusqu’à 4000 m., puis une forte rétrogradation vers la gauche, de sorte qu’à 6000 m. le courant est déjà tout à fait dévié vers la gauche. Par vent de terre du Nord-Est, au contraire, on observe une faible déviation vers la droite jusqu’à 2000 m., puis une rétrogradation constante vers la gauche. A 5oo m., du Nord-Est au S.-W., la rotation est de 10 à i3°. Vers la droite, cette rotation est très faible, ce qui correspond du reste avec les résultats obtenus pour l’angle entre le gradient et la direction du vent publiés en 1898. En ce qui concerne la vitesse du vent rapportée à sa direction, on trouve un maximum de 1000 m., un minimum à 3ooo m., et un second maximum à 6000 m. Ce dernier est incontestablement dû à ce que les ballons ne peuvent être observés à une grande hauteur que dans des situations atmosphériques spéciales. Quant au minimum, il peut être en rapport avec les hauteurs de la couche atmosphéidque où se passent les pidncipaux phénomènes et demande à être examiné de plus près.
- Note sur un tremblement de terre. — Le îégime météorologique des îles Canaries présente un intérêt tout particulier parce que l’on se trouve dans la zone des vents alizés classiques, de plus, la région tout entière est volcanique, et l’on se rappelle encore dans le pays, avec épouvante, l’éruption du 18 novembre 1909, au Chingoro. Pendant l’année 1910, le régime météorologique fut très analogue à celui de 1909, à savoir peu de pluie, malgré des nuages menaçants qui auraient pu faire craindre de torrentielles chutes d’eau : en se basant sur cette analogie des situations météorologiques, les habitants des îles ci’oyaient à l’imminence de nouvelles manifestations sismiques, mais le volcanisme fut latent et l’on n’eut à enregistrer que quelques trépidations sans importance. Cependant une anomalie se produisit dans la nuit du 3 au 4 novembre 1910 : une vague de chaleur passait sur l’île de Ténérife, faisant monter le thermomètre presque instantanément, de 17° à 26°, pour redescendre à 170 au bout de quelques minutes seulement; nous en avons, en son temps, informé nos lecteurs (n° du 2 déc. 1910). L’année 1911 n’a pas présenté de phénomènes moins étranges au point de vue météoi'ologique, et le régime s’est encore montré très différent de la normale. Mais on a, cette fois, un tremblement de terre réel à signaler pour la fin de l’année : le 22 décembre, à 23h45m (temps local), un mouvement sismique s’est fait sentir à Ténérife, et, point curieux, non pas en aucune île voisine. Avant le tremblement, un fort bruit souterrain se fit entendre; puis les secousses ont affecté la foi’me trépidation, et non celle d’une oscillation; l’intensité fut forte, sans etre extraordinaire, et peut être notée V dans l’échelle Rossi-Forel. A l’observatoire météorologique de Santa-Cruz, M. Valderrama dit que la durée totale des trépidations fut de 5 à 6 secondes : mais la manifestation ne paraît
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- INFORMATIONS
- pas avoir été homogène car, en d’autres points, des observateurs avertis notent des durées bien supérieures de i5 à 20 secondes. Bien que certaines personnes dignes de foi aient noté des durées allant jusqu’à 3o secondes, de l’étude détaillée des observations je ne crois pas pouvoir conclure que les secousses aient persisté; en aucun point, pendant plus de 20 secondes. Mon éminent ami Amado Zurita continue à réunir, sur les îles Canaries, les renseignements scientifiques les plus précieux, et cela de la manière la plus suivie et la plus dévouée : nous ne pouvons que le féliciter de contribuer ainsi à une connaissance plus précise des relations entre les phénomènes volcaniques et les manifestations sismiques.
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- Station de T. S. F. de Nauen. — Lors du récent Congrès de la Société de Construction Navale allemande, M. Bredow, directeur delà Société « Telefunken» a résumé les récents progrès de la radiotélégraphie,
- au point de vue
- I3zr~^7~-----—- -j- - 1- ~j surtout des ins-
- tallations maritimes. Il a montré que les relations radio-télégraphiques entre l’Alle-magne et ses colonies, malgré des distances allant jusqu’à 6000 kilomètres, sont parfaitement possibles, d’autant plus que la grande station radio télégraphi -que de Nauen, près Berlin, avec satourde ioomè-tres et une consommation de 100 chevaux seulement, a franchi déjà des distances de 5ooo kilomètres. Le conférencier a signa-lé les toutes récentes transformations apportées à la station de Nauen, où la Société « Telefunken », malgr é de violentes tempêtes, a réussi à doubler la hauteur de son support d’antenne. La tour actuelle est haute de 200 mètres et c’est, après la tour Eiffel, la construction métallique la plus élevée du monde.
- Station radiotélégraphique de Nauen.
- Pour rechercher la nature des rcolorants ayant servi à teindre les fils textiles. — On emploie d’ordinaire la méthode des « touches » avec divers réactifs : selon que la teinte reste inaltérée, se décolore, vire de telle ou telle façon, on recouvrait la nature du colorant. Comme il existe actuellement des milliers de substances tinctoriales diverses, pouvant être employées seules ou combinées, ce mode opératoire ne permet bien souvent d’obtenir que des résultats incertains. Deux savants russes, MM. Poraï-Koschitz et- Auschkap de l’Institut technologique de Saint-Pétersbourg viennent d’imaginer un procédé beaucoup plus élégant et commode. Son application, très rapide, n’entraîne nullement la destruction des échantillons qui sont simplement examinés, éclairés par réflexion, dans un spectrophotomètre. En comparant systématiquement l’intensité de la lumière dans les diverses parties du spectre de réflexion, on obtient des courbes identifiant nettement chaque colorant. Pour éviter la cause d’erreur due à la coloration naturelle en écru des fils et tissus, on examine dans l’appareil deux tests, représentant l’échantillon avant et après teinture.
- Un mur qui se promène. — Pour élargir à Anvers le chemin de la porte de Schijn, il avait été décidé de démolir le mur de la gare des Mille Wagons sur une
- longueur de 72 mètres et de le reconstruire avec les mêmes matériaux 25 mètres plus loin environ. L’entrepreneur adjudicataire s’aperçut dès le début des travaux que le mur en question était si bien cimenté que la réutilisation des matériaux serait impossible après la démolition au cours de laquelle briques et pierres seraient mises hors d’état de servir. Outre la perte considérable, il devenait impossible d’exécuter le travail dans le délai prévu. Dans ces conditions, une seule solution était possible; transporter le mur sans le démolir et, ceci fut fait par 18 hommes en 14 jours de travail. Le mur coupé à la base et monté sur 8 rails fut transporté sans incident ni fissure. Le transport proprement dit fut fait par 28 hommes en 27 minutes. C’est un record !
- Deux nouveaux navires Calais-Douvres, la Riviera et l’Engadine. — Le South Eastern de Chatham Rail-way, en présence du développement des communications anglo-françaises a fait construire deux nouveaux navires à turbines qui viennent d’achever leurs essais. Ces navires plus grands et plus puissants que leurs prédécesseurs, sont en outre munis de deux gouvernails, un à l’avant et l’autre à l’arrière. L’aménagement a été spécialement prévu pour faciliter le transport de plus en plus fréquent des automobiles des touristes allant excursionner sur le continent. La vitesse maximum de la Riviera aux essais a dépassé vingt-trois nœuds. Naturellement un poste de télégraphie sans fil fait partie de l’équipement. Enfin, on a prévu par mesure de sécurité la division du navire en quatre compartiments étanches.
- Les mines de radium portugaises. — Depuis 1908, on a commencé à exploiter au Nord du Portugal une importante zone de gisements à uranium et radium située entre Guarda et Sabugal dans la province de Beira, près de la frontière de Salamanque. D’après un travail de M. Segaud, on a là un massif de granité renversé sur des schistes cambriens. Les deux systèmes de terrains ont été fortement minéralisés par des venues métallifères en rapport avec les granulites et les pegmatites (étain, tungstène, etc.). La Société française de l’urane exploite des minerais composés d’une pegmatite à fissures tapissées d’uranite (phosphate d’urane) qui, après triage, donne des teneurs atteignant 2 pour xoo d’urane avec une proportion correspondante de radium (1 centigramme de bromure de radium par 3o kilogrammes d’oxyde d’urane). Le travail est fait par 600 ouvriers. Les minerais subissent à l’usine de Ba-racao un traitement chimique pour obtenir l’oxyde d’urane et le sulfate de baryum radifère. Celui-ci est ensuite traité à l’usiEe de Nogent (Paris), qui fournit ainsi du radium en concurrence avec le gisement fameux de Joachimsthal.
- L’enrichissement industriel des minerais de fer en Suède. — Le développement des installations de triage magnétique ou magnéto mécanique en Suède est extrêmement rapide. De 33 en 1905, le nombre des usines est passé à 41 en 1910, et de 221 744 tonnes, la production est passée à 696 298 tonnes en 1910.
- La descente des sources de l’Escaut. — En amont de ses sources, l’Escaut se prolonge par la vallée sèche dite « Canal des Torrents » et « Riot de la Ville ». Les eaux des sources sont absorbées par la craie blanche, mais les pertes sont peu importantes et peu brusques dans la craie blanche à cause de son extrême fissuration. Dans la craie grise au contraire, plus compacte, il y a 2 bétoires, dont l’un s’appelle le Gouffre. La descente des sources de l’Escaut vers l’aval est historiquement constatée depuis le xvii0 siècle. Au point dit Somme-Escaut, il y a un filet d’eau tous les trois ou quatre ans. Le recul continue d’année en année. Les sources du Mont Saint-Martin ont tari pour la première fois en 1901. Ces observations montrent : i° Que la craie du Nord de la France est, comme tous les calcaires, parcourue par un réseau de canaux souterrains ; 20 Que les rivières du Cambrésis n’échappent pas à un phénomène qui a déjà été signalé pour bon nombre de nos rivières et qui paraît être général dans nos régions crayeuses : le recul des sources de l’amont vers l’aval (1).
- I. Observations hydrographiques dans la haute vallée de l'Escaut et d,tns les vallées affluentes, par Maurice Leriche. (Extrait des Annales de la Soc. Géol. du Nord. t. XXXVIII* p. 79. Séance du 3 mars 1909.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- L’avance à l’allumage avec les magnétos. — Nous avons vu précédemment ce qu’on entend par avance à l’allumage, et nous avons indiqué les divers systèmes d’allumage employés à l’heure actuelle sur les voitures automobiles ; il nous reste à examiner comment on peut faire varier l’avance à l’allumage avec les magnétos, et à discuter la valeur relative des divers moyens employés pour obtenir cette variation.
- Pour avoir la meilleure étincelle possible, il faut que le rupteur du courant primaire, fonctionne précisément au moment où le courant de la magnéto est maximum. Nous allons voir que cette condition est réalisée dans certains cas, et ne l’est malheureusement pas dans d’autres.
- i° Avance à l’allumage par basculement des organes de prise de courant. — Le principe de ce dispositif d avance, consiste à décaler les organes de rupture du courant à basse tension, de façon à obtenir que cette rupture se fasse avant ou après la position du piston à fond de course. Grâce au mouvement donné aux organes de
- Fig. z. — Schéma de magnéto à transformateur séparé Nilmélior._
- a, boite de distributeur; b, arbre de commande; c, aimants à 3 lames; d, came de rupture; e, carter d’avance; / borne du courant primaire; g, arbre du distributeur; h, pignon de commande du distributeur; i, pignon du distributeur; l, charbons du secondaire; ni, borne d’arrivée du secondaire; o, induit; p, bobinage de l’induit.
- rupture du courant, la came solidaire de l’arbre de l’induit attaque le galet du rupteur, soit avant, soit après la position normale ; l’envoi du courant primaire dans le transformateur a donc lieu, en avance, ou en retard de cette position normale.
- Ce procédé simple, primitif et peu fragile, a l’inconvénient de donner au retard, des étincelles plus faibles qu’à l’avance. Cet inconvénient est d’autant plus grave, que c’est précisément à faible vitesse, qu’il faut donner du relard, et que dans ces conditions, l’allumage est déjà affaibli par ce fait, que la magnéto donne une chaleur d’étincelle en raison directe avec sa vitesse.
- La maison Bosch, pour remédier à cet inconvénient, a créé la magnéto renforcée pour retard, dans laquelle les masses polaires comportent des prolongements crénelés, sur deux de leurs bords diamétralement opposés, et dans le sens de la rotation. Dans ces conditions, on a deux arrachements successifs, et la courbe d’induction présente deux maximums, entre lesquels la variation d’induction est à peu près insensible. De sorte qu’on peut pratiquement obtenir, en opérant dans cette région, une étincelle aussi chaude au retard qu’à l’avance.
- i° Avance à l’allumage par pivotement autour de l’induit. — Dans ce système, tout l’ensemble de la magnéto peut tourner autour de l’induit, grâce à deux portées cylindriques, mobiles dans un berceau fixé au bâti du
- moteur. L’induit reste mécaniquement et invariablement lié à la commande du moteur.
- Lorsqu’on fait pivoter la magnéto dans le sens de rotation de l’induit, la came produit l’ouverture des vis platinées plus tardivement que lorsqu’elle est dans sa position normale, et on obtient ainsi du retard à l’allumage. Par un mouvement inverse, on obtiendrait de l’avance. Il est facile de voir que cette manière de faire présente les mêmes inconvénients que la précédente, en ce qui concerne l’intensité de l’étincelle au retard.
- 3° Avance à l’allumage par volet.— Gomme dans le premier cas, le levier d’avance déplace les cames de rupture du primaire, mais il entraîne en même temps un volet constitué par deux écrans de forme cylindrique, diamétralement opposés, dont la section transversale équivaut pour chacun d’eux au quart de la circonférence. Ce volet, logé dans l’entrefer, entre l’armature et les masses polaires, forme ainsi un prolongement mobile de celles-ci. Il en résulte que le champ des aimants se déplace en même temps que les cames de rupture, et que, par suite, l’étincelle peut toujours être obtenue au moment du maximum d’induction, quel que soit le degré d’avance adopté.
- 4° Avance à l’allumage par rainure hélicoïdale. — Le mécanisme d’avauce à l’allumage réunit l’induit de la magnéto, au pignon commandé par le moteur, de façon qu’on puisse faire tourner l’induit d’un certain angle par rapport à la roue qui l’actionne. Cela revient à modifier à volonté, le calage entier de la magnéto, dans un sens ou dans l’autre, par rapport aux engrenages même de distribution du moteur. Il est évident que de cette manière, la rupture du courant dans la magnéto est toujours effectuée dans les mêmes conditions, par rapport au maximum d’induction. A
- A cet effet (fig.a), l’arbre de l’induit est creux, à l’intérieur se déplace une tige portant un coulisseau ou ergot. Cet ergot traverse, par une fenêtre hélicoïdale, la paroi annulaire de l’arbre, et pénètre en même temps dans une rainure rectiligne d’une d o uille en b ronze, folle sur cet arbre, mais solidaire du pignon d’engrenage de commande par le moteur.
- En déplaçant la tige intérieure et son coulisseau, on obtient la coïncidence successive, de tous les points de la fenêtre hélicoïdale avec ceux de la rainure rectiligne, et par suite un déplacement angulaire de l’induit par rapport à l’engrenage moteur.
- Ce système, qui n’apporte aucun changement dans le fonctionnement interne de la magnéto, permet d’avoir toujours l’étincelle au moment du maximum, mais il est difficile à installer, sur un moteur qui n’a pas été spécialement organisé pour le recevoir.
- Fig. 3. — Avance par rainure hélicoïdale. — A, induit de la magnéto; B, pignon de commande du moteur; C, douille clavetée dans le pignon de commande; D, arbre creux solidaire de l’induit ; F, tige de commande d’avance portant un coulisseau; G, coulisseau; H, rainure hélicoïdale traversant l’arbre D ; K, rainure droite creusée dans le manchon.
- F'ig. 3. — Commande automatique d’avance à l’allumage (magnéto Eiseman). — A, magnéto; B, arbre creux de l’induit; C, régulateur à contrepoids; D, tige mobile actionnée par le régulateur; E, manchon d’entraînement; F, engrenage du moteur claveté sur le manchon E ; G, rainure hélicoïdale.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- 5° Variation d’avance électrique ou allumage jumelé. — La maison Bosch a récemment créé, sons la dénomination d’allumage jumèlé, un dispositif qui résout très heureusement le problème de l’avance à l’allumage, en réduisant au minimum la nécessité de sa variation.
- Au moyen d’une magnéto spéciale à doubles étincelles, et de deux bougies par cylindre convenablement placées, on produit l’allumage en deux points opposés de la masse gazeuse. La combustion, réalisée ainsi en deux zones qui se rejoignent, a une durée diminuée de plus de moitié.
- Cela revient à rendre à peu près négligeable la modification de l’avance à l’allumage destinée à corriger la lenteur de la combustion, il ne reste plus alors que le retard électrique même de l’allumage beaucoup moins important et que l’on peut corriger automatiquement au besoin d’une manière rigoureuse, puisqu’il est proportionnel à la vitesse de rotation du moteur.
- 6° Magnéto à commande d’avance automatique. — Au moyen d’un régulateur à conlrepoids, actionné par la force centrifuge, on commande la variation d’avance à l’allumage, au moyen de l’un des dispositifs précédents.
- La figure 3 donne le schéma d’une magnéto à avance automatique par commande à rainure hélicoïdale.
- Les contrepoids, en s’écartant plus ou moins de l’axe, provoquent le déplacement de l’arbre de liaison portant la rainure hélicoïdale. Cet arbre peut glisser sans tourner dans l’arbre creux de l’induit, tandis que la rainure hélicoïdale le décale par rapport à l’engrenage moteur.
- Ce système serait parfait, si l’avance à l’allumage nécessaire était dans tous les cas proportionnelle à la vitesse du moteur, mais ainsi que nous l’avons vu précédemment il n’en n’est malheureusement pas ainsi. Cette avance doit varier avec les conditions multiples de l’admission, richesse de la carburation et compression du mélange.
- On ne peut donc espérer réaliser ainsi qu’une marche moyenne, en prenant comme retard extrême la distance angulaire qui correspondrait à la marche au ralenti gaz étranglés, et comme avance maximum, ce qui correspondrait à la marche à plein gaz au régime de vitesse le plus élevé.
- Ces magnétos, forcément plus encombrantes et plus chères, ne paraissent pas, dans ces conditions, devoir réellement s’imposer. v
- De tout ce qui précède, il résulte : que la commande par rainure hélicoïdale serait parfaite, si elle n’exigeait une oi'ganisation spéciale du moteur, que les magnétos à avance à volet résolvent bien la question en présentant l’inconvénient d’être plus volumineuses et plus encombrantes que les magnétos ordinaires, et que les magnétos renforcées pour retard réalisent avec un volume normal une solution très satisfaisante.
- L’allumage jumelé exige une magnéto spéciale et une installation particulière des bougies, il ne peut être appliqué judicieusement, que sur un moteur nouveau. Il donne, dans ce cas, des résultats réellement fort intéressants. Capitaine Renaud.
- ' c(8'as&. Objets utiles
- Sonnerie pneumatique. — L’inventeur de cette nouvelle sonnerie s’attaque directement à l’électricité. Il a affaire à forte partie ; cependant on doit convenir que l’invention présente un côté pratique qui mérite de la faire prendre en considération. Par l’emploi de l’air, on supprime, en effet, l’usage des piles domestiques que l’on oublie souvent de nettoyer, d’entretenir, de recharger à temps. La sonnerie ne fonctionne plus pendant un ou deux jours et il peut en résulter une gêne.
- Ici, au contraire, rien à craindre, la force motrice employée se renouvelant elle-meme dans la poire de caoutchouc qui l’envoie à la sonnerie par une légère tuyauterie de plomb pas plus difficile à poser, d’ailleurs, que le circuit électrique. Sous le timbre de la sonnerie, se trouve une sorte de turbine à petits godets passant a tour de rôle sous le tube de sortie de l’air. Cette turbine entre donc en rotation entraînant son axe, lequel porte une tige terminée par un marteau à chacune de ses extrémités. Ces marteaux sont entraînés rapidement
- contre le bord du timbre qu’ils effleurent à peine et le son produit prend tout à fait l’apparence de celui qui se dégage des sonneries électriques. Comme la poire de caoutchouc ne serait pas d’un usage très pratique dans bien des cas, à la porte d’un appartement, par exemple, on la remplace par une sorte de soufflerie terminée par
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- Fig. i. — Sonnerie pneumatique, vue de face, actionnée par une poire de caoutchouc.
- Fig. 2. — Sonnerie pneumatique, vue de profil, actionnée par une soufflerie à boutons.
- un boulon sur lequel on appuie pour envoyer de l’air sous pression au lieu de courant électrique. — L’inventeur de la sonnerie pneumatique est M. Eugène Kramer, 236, rue Saint-Martin, à Paris.
- Canne siège Vernet. — On a déjà imaginé bien des façons de transformer une canne en siège, mais en général les moyens adoptés ne laissent plus à la canne rien de son aspect ordinaire; de sorte que, si ou dispose en effet d’un siège, on ne peut pas appeler, à proprement parler, une canne, l’objet qu’on a en main quand le siège est replié.
- La canne Yernet est au contraire étudiée de façon à conserver absolument son aspect habituel et à ne nécessiter aucun accessoire étranger pour se transformer en un siège solide pouvant supporter 200 kilos, de la hauteur normale d’une chaise. La canne se compose de trois tubes d’acier, de 25 centimètres de long, vissés ^ .. -, l’un au bout de l’autre, sur un qua-
- trième tube de 10 centimètres, quisup-™ ^ porte d’une part la poignée, d’autre
- part le trépied. Celui-ci est constitué par des tubes de section triangulaire montés à charnière et dont l'écartement maximum est maintenu par des tringles articulées qui donnent une grande solidité. Quand il est replié, il entre facilement dans les tubes formant la canne. La poignée est munie d’une coulisse qui, quand on la tire, découvre trois trous de diamètres différents : c’est dans ceux-ci qu’on enfile les trois morceaux de la canne préalablement démontés et le siège est constitué. Une canne de ce genre sera d’un grand secours aux personnes auxquelles la promenade à pied est nécessaire, mais qui se fatiguent facilement; elle sera aussi très utile à ceux qui fréquentent les champs de course, les concerts en plein air (et même parfois à couvert) où il n’y a pas toujours des sièges à la disposition du public. — (Inventions nouvelles, 31, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris).
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en décembre 1911, par M. Ch. Dufour.
- Le mois de décembre ign a été très chaud et très pluvieux.
- La température moyenne, 6°,8, est en excès de 4° sur la normale. Le minimum absolu, —i°,i a été observé le 8; c’est la seule gelée de tout le mois.
- La pression moyenne est, comme en novembre, inférieure de 3 mm à la moyenne de 5o ans (1851-1900).
- La hauteur de pluie : 97“”,3 en 21 jours pluvieux est la plus élevée qui ait été recueillie en décembre depuis l’origine des observations du Parc Saint-Maur et l’une des plus élevées que l’on trouve à Paris depuis un siècle. Ce total n’a été certainement dépassé qu’en décembre 1809 et décembre 1833. Le rapport à la normale de la pluie de décembre 1911 est : 2,19.
- Le niveau moyen de la Marne a été de 3m,26; la cote la plus élevée, de 4m,o5 le 28.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : y55mm,63; minimum absolu : 737”“,2 le 21 à i2h20m; maximum absolu : 769mra,8 le 3i à 21 heures-22 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des minima, 3°,74; des maxima, 9°,5o; des 24 heures, 6°,79. Minimum absolu : —i°,i le 8; maximum absolu : i2°,5 le i3. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 5°,76; la plus élevée, 8°,6 le 13 ; la plus faible, i°,4 le ier. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, i°,39; des maxima, io°,76; minimum absolu ; —4°>9 8;
- maximum absolu : i6°,6 le 17. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (profondeur om,3o), à 9 heures : 6°,68; à 2t heures : 6°,75; (profondeur om,65), à 9 heures : 70,48 ; à 21 heures ; 70,49 (profondeur 1 mètre); à 9 heures : 8°, 17; à 21 heures : 8°,16. De la Marne. — Moyennes : le matin, 6°,74; le soir, 6°,85; minimum : 5°,97 le 12; maximum, 7°,8o le 5.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,43 ; minimum absolu : 4mm,3 le 8 à 7 heures et 8 heures; maximum absolu : 9ram,i le 28 à 17 heures et 18 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,3. Minimum absolu : Bq le i3 à 14 heures; maximum absolu : 100 à i3 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,80. Moyenne diurne la plus faible : 1,5 le 14 ; 9 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible : 256 heures; durée effective : 39h2 en i5 jours; rapport ; 0,15.
- , Pluie. — Total du mois : 97°““,3 en io5h7.
- Nombre de jours : de pluie, 21 ; de pluie supérieure ou égale à imm : 15 ; à 5mm : 9; à iomm : 3 ; de gelée, 1 ; de brouillard, 4; de brume, 2; de halos solaires, 4; lunaires, 2; de gelée blanche, 7.
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m»7I- Moyennes diurnes : la plus
- élevée, iom,4 le 21; la plus faible, om,6 le 3i.’_Vitesse maximum : i8m,3 le 2 ( à i5h4im par vent W.
- Fréquence des vents : calmes, 34.
- N. . . . 6 S. E .... 16 W ..... 37
- N. N. E. 11 S. S. E. . . 58 W. N. W. 16
- N. E. . . o S......145 N. W. . . 14
- E. N. E . 2 S. S. W. . . 156 N. N. W . 5
- E . . . . o S. W. ... 168
- E. S. E . 4 W. S. W . . 72
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m,26. Minimum : 2m,78 le 12; maximum : 4m,o5 le 28.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, — 3’nm,09; température, -f- 4°,o5; tension de la vapeur, -[-imni,28; humidité relative, — i,3; nébulosité, -f-o,5i; pluie -f- 52mm,8; nombre de jours de pluie appréciable, -|- 6; insolation, — ioh,5.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale
- (23 jours) : 69 volts ; moyenne diurne la plus élevée, 113 volts le 29; la plus faible, 2 volts le 10; moyenne des 7 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation ni brouillard persistant : 92 volts ; moyenne diurne la plus élevée : 113 volts le-29; la plus faible : 72 volts le 2. Amplitude diurne correspondante : 0,74; anmlitude nocturne : o,3i.
- Radiation solaire. — Cinq observations ont pu (être faites le 8, le 11 et le 14. La valeur la plus élevée a été ocal,956 le 14 à nh32m.
- Taches solaires. — Aucune tache n’a été observée pendant ce mois au cours duquel l’observation du Soleil n’a été possible qu’à 8 dates différentes : les 4, 9, 11, i3, 14, 17, 23 et 25.
- Perturbations magnétiques. — Très faible le 28; faibles les 17, 26-27; assez forte le 6; forte le U.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements peu nombreux et peu importants, sauf celui du 16, ont été enregistrés aux dates et heures suivantes : le 4> ph. pie. de 14h 56m à i5h et demie; le 6, faible mouvement de 23h 48“ à 24h5m; le 11, faible mouvement entre 11 heures et i3 heures; le 16, début à 19** 27“ 5S; ph. pie. de i9h56“ à 20h i5m, fin 22h iom (distance probable : g65o km); le 20, début vers 6b 3m, ph. pie. de 6h39m à 6h53”, fin vers yb5om; le 22, faible mouvement de i3h 42“ à 14h 5m; le 23, ph. pie, de 2ih 43” à 2ih 56m ; fin 23hio”; le 29, ph. pie. de 16H1 gm à i6h29m, fin vers 17 heures; le 31, début vers 6h35m, ph. pie. de qb 6” à 7h 3im, fin, 8h 5om.
- Floraisons.— Le 24, rose de Noël; le 3i, chimonanthus.
- Errata aux Bulletins d’octobre et novembre 1911.—. Les hauteurs de la Marne doivent être rectifiées comme sùit : octobre : moyenne, i“,58; minimum, im,io; maximum, 1 “,99 ; novembre : moyenne, 2m,i6; minimum,
- 1m>47 ; maximum, 3”,40.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- Bandage en toile métallique. — Les lecteurs de La Nature n’auront guère, je crois, l’occasion d’employer eux-mêmes l’ingénieux appareil chirurgical dû à un jeune assistant des hôpitaux de Bruxelles, le Dr Danis, mais il m’a paru intéressant de le leur signaler, d’après les documents publiés dans la Presse médicale. Quand un membre est fracturé, bras, jambe, quand une articulation est enflammée, le premier soin est d’immobiliser le membre lésé, de lui assurer par le repos absolu les meilleures conditions de guérison possible. Pour réaliser cette immobilisation, on a recours aux appareils plâtrés, silicates, appareils lourds, difficiles à bien exécuter et ne permettant pas de retouche une fois le plâtre ou le silicate séchés. Le carton amidonné ne constitue qu’un appareil d’immobilisation d’urgence comme les attelles de bois, de zinc, on ne peut les laisser jusqu’à la guérison complète de la lésion.
- M. Danis a substitué à ces appareils de la toile métallique fine à laquelle il donne une rigidité absolue en l’enduisant d’une couche de celluloïd dissous dans l’acétone du commerce ou le collodion. Pour donner la preuve de la résistance de cet appareil, prenez, comme le conseille l’auteur, un petit carré de toile métallique, suspendez-le et attachez en diagonale un léger poids. Le carré s’allonge aussitôt dans des proportions notables, comme s’il s’agissait d’un fil de caoutchouc. Badigeonnez alors la toile avec du collodion, emprisonnant les mailles dans une gangue fixe ; la toile ne s’étire plus, le poids fût-il cent fois, mille fois plus lourd. La toile ainsi engainée représente tout à fait la chitine qui protège les invertébrés et M. Danis n’hésite pas à donner le nom de chitinite à sa toile armée. Elle est, en effet, très légère, très élastique et résistante aux chocs comme aux agents chimiques.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pour faire un bandage immobilisateur, rien n’est plus facile et avec un peu d’habitude on arrivera à confectionner des appareils plus aisément et plus proprement qu'avec le plâtre. 11 faut prendre une toile line; celle qui paraît la meilleure pour cet usage est la toile de fer galvanisé de un cinquième de millimètre d'épaisseur avec un écartement de un quart de millimètre de fil à fil. Vous découpez, dans cette toile, un morceau de dimension suffisante, longueur et largeur, et vous le passez sous le membre blessé. Vous enveloppez le membre et tirez sur les deux côtés de la toile de façon à la bien adosser; au moyen de pinces, et les meilleures sont les pinces hémostatiques, vous fixez les deux bouts de la toile en les ajustant bien : votre moule est tracé. Il ne reste qu’à le consolider, avec un pinceau enduit de collodion ou de celluloïd dissous, vous enduisez extérieur et intérieur de la toile de plusieurs couches. M. Danis conseille, avant que la dernière couche ne soit prise et séchée, de doubler la face extérieure d’un tissu quelconque, mousseline, jersey, peau
- de daim, qui renforce l’appareil et lui donne plus de solidité. Il ne reste qu’à passer un lacet sur les mailles externes ou à fixer solidement le moule autour du membre à l’aide d’une bande roulée. M. Danis préfère, avec juste raison, un lacet en fixant des œillets de bottines sur les bords de l’appareil. Autre détail important : collodion et celluloïd étant des corps des plus inflammables, ne pas préparer ce bandage à côté d’une flamme d’éclairage ou de chauffage.
- Le gros avantage de ce petit appareil, c’est qu’il est très amovible et que si, pour une raison ou pour une autre, pansements d’une plaie, massages, on a besoin de l’enlever tous les jours, il subit ces changements sans être détérioré. Rien de plus aisé, du reste, que de le doubler à l’intérieur d’ouate, de kapok ou de gaze, si l’on a besoin d’un matelas un peu plus doux. Mais sans protecteur d’aucun genre, la chitinite est très bien tolérée et les nombreux essais, faits dans les services bruxellois, méritent d’appeler l’attention sur ce procédé de bandage immobilisant. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QSK,.
- Peintures sur ciment. — On sait que les peintures à l’huile adhèrent mal sur les couches de ciment fraîchement posées : ceci tient à l’action de la chaux libre sur l’huile des peintures, qui est partiellement saponifiée. Aussi les peintres prennent-ils soin, avant de badigeonner sur ciment, de neutraliser la surface en lavant à l’eau acidulée par exemple. Mais ceci a d’autres inconvénients : l’acide peut corroder et le ciment et les pigments des peintures.
- La méthode suivante est plus avantageuse; elle consiste à badigeonner le mur avec une solution saturée de sulfate de zinc, puis à laisser sécher pendant deux ou trois jours. La chaux libre du ciment passe à l’état de sulfate de chaux (plâtre) et le zinc reste sous forme d’oxyde (blanc de zinc). On peut ensuite peindre à la manière habituelle. (Revue industrielle).
- iCiments gâchés avec de l’huile. — Des essais de L.-W. Page, communiqués à Y American Society of civils Engineer, il résulte qu’en ajoutant au mortier, sitôt après gâchage avec l’eau io pour ioo d’huile de pétrole, la durée de prise est augmentée de 60 pour ioo et la résistance à la traction n’est pas modifiée. Par contre, on obtiendrait une excellente imperméabilité à l’eau.
- Utilisation des cols et manchettes usagés en linge imperméabilisé. — Depuis quelque temps, on trouve dans le commerce des faux cols en toile apprêtée avec un vernis à l’acétate de cellulose, lesquels, tout en conservant l’aspect du linge véritable, présentent les avantages des cols en celluloïd : ils ne se salissent pas à l’usage et peuvent, du reste, être nettoyés avec une éponge et de l’eau. Toutefois, dès qu’on a porté un tel
- faux col pendant une quinzaine de jours, boutonnières et bordure prennent une teinte brune qu’on ne peut enlever : il faut remplacer le col. On aurait tort cependant de jeter les pièces ainsi usagées; comme elles sont en tissu véritable, ouvré comme à l’ordinaire, il est possible, en retirant le vernis-apprêt, d’obtenir un col qui, absolument neuf, peut être lavé, repassé à l’ordinaire et donner ainsi de longs services.
- Si les solvants actuels tels que l’alcool, l’éther, l’essence de pétrole ne dissolvent pas le vernis cellulosique, on peut néanmoins s’en débarrasser en plongeant les cols et manchettes dans une solution faible de soude caustique (i pour ioo). On laisse tremper pendant une nuit, puis on fait bouillir : en opérant comme nous l’avons fait sur des cols marque « ever-clean », on obtient ainsi des pièces parfaitement assouplies pouvant être ensuite lessivées, amidonnées et repassées.
- Rappelons qu’à défaut de soude caustique, on peut aisément préparer une lessive contenant i pour 100 d’alcali caustitié en faisant dissoudre a5o gr. de soude Solvay dans un demi litre-d’eau, ajoutant un lait de chaux préparé avec i3o gr. de chaux vive et un demi-litre d’eau, puis décantant le liquide clair après dépôt du précipité. (Laboratoire de la Nature).
- Taches de naphtol-Déta.—Les taches sur linge blanc sont très peu visibles et disparaissent sous l’action d’un lavage alcalin ou par traitement dans une solution de permanganate (2 pour 100), puis immersion dans le bisulfite de soude (2 pour 100) acidulé (2 pour 100 acide chlorhydrique). Eviter d’employer l’eau de Javel qui produit une tache jaune. Si les taches ont été faites sur tissu teint, elles peuvent alors être indélébiles, ceci dépendant de la teinture.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits 'd’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix a quinze jours.
- Renseignements. — M. L. L., à Noisy. — Vous trouverez des peintures pour radiateurs chez Rouillon, 67, boulevard de Picpus, Paris.
- M. Ern. Carman, à Buenos-Ayres. — Vous avez raison, le vol sans moteur d'un plus lourd que l’air est possible dans un vent uniforme ascendant ; mais il y a eu une omission dans la phrase que vous incriminez, omission qui apparaît involontaire lorsqu’on lit la suite
- de l’article : il faut lire : « la sustentation continue d’un plus lourd que l’air dans un courant gazeux horizontal et de vitesse uniforme. »
- M. Klein, à Metzeral. — L’ouvrage qui pourrait le mieux vous convenir semble être La fabrication des liqueurs, par J de Brévans. Chez J.-B. Baillière, rue Hautefeuille, Paris. Prix : 4 francs.
- M. Escavy, à Senlis. — Nous ne connaissons pas en France d’ouvrages analogues à ceux que vous désirez.
- M. X., abonné à Paris. — Il doit paraître sous peu dans VEncyclopédie Léauté un volume sur « Les peintures », qui, croyons-nous, répondra tout à fait à vos souhaits (Masson, éditeur).
- M. C. L., à Alost. — Adressez-vous à M. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. P. F., à S. F.— i° Nous ne connaissons pas d’ouvrage complet traitant à la fois de l’industrie des laines et de celles des cotons ; il vous faudra consulter toute une série d’ouvrages, la filature, le tissage des laines et cotons et les apprêts des draps et des étoffes. Vous trouverez d’excellents livres sur la question chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris (demandez le catalogue); 20 Nous n’avons pas traité la question du tricotage mécanique.
- R t M. le colonel F., Cercle Militaire, Paris. — Tous les phonographes se prêtent à cette transformation. Vous pourriez vous adresser aux maisons Pathé ou Gaumont.
- Vous pourriez voir aussi M. l’abbé Ch. Boulay, 9, rue de la Villa, Sèvres, qui est un spécialiste du phonographe.
- M. Lenoir, Moscou. —- L'adresse que vous désirez est : MM. Rocca, Tassy, et de Roux, Marseille.
- M. J. Imbert, Ajaccio. — Le seul moyen vraiment sûr et pratique de stériliser votre eau est de la faire bouillir.
- M. Croissanl-Raillard, rue Lord-Byron.— L’information sur le navire moissonneur a été tirée d’un journal anglais qui ne donnait aucun autre détail que ceux que nous avons relatés. On pourrait peut-être s’adresser au Consul de France, à Diégo-Californie.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le trophée de la Turbie : J.-C. Formigé. — Vaccination antitv-phique : Dr E. Combe. — Le pont suspendu de Sidi-M’cid à Constantino : R. Bonnin. — Les dalles en « granitoïd » : A. Chapi.et. — Tourisme aéronautique : Dr Alfred Graden-witz. — La structure discontinue de l’énergie : H. Vigneron.
- — Un nouvel élément des cellules des êtres vivants : Henri Coupin. — Radiotélégraphie dirigée, sans antennes verticales.
- — Académie des sciences; séance du i5 janvier 1912 : Ch. de Villedeuil. — L’auto-signal : Lucien Fournier.
- Supplément. — Présence de la bétaïne chez les céphalopodes. — Matière colorante de la racine de 1 azafran, etc.
- Le triomphe de la navigation aérienne, par le comte Henry de la Vaulx, i vol. in-4, 4o° pages, 3oo illustrations. Taillandier, éditeur, 75, rue Dareau. Paris, 1912. Prix : broché, 12 francs.
- Il appartenait au comte de la Vaulx,le champion du ballon sphérique, constructeur du dirigeable Zodiac, un des premiers adeptes de l’aéroplane, de célébrer dignement le triomphe de la navigation aérienne. Son livre est le récit vécu et vivant des efforts qui, dans ces dernières années, ont amené toutes les branches de l’aéronautique à leur actuelle perfection. M. de la Vaulx a su faire œuvre d’excellent historien ; il unit à la documentation la plus sûre,l’impartialité la plus sereine en même temps que le charme du style. L’auteur a exclu sévèrement le langage ^technique et a^su^se rendre attrayant pour tous.
- VAnnuaire du Bureau des longitudes pourj vannée 1912. x vol. in-16, 75o pages, Gauthier-Villars, éditeur. Paris. Cet excellent recueil renferme cette année, après les documents astronomiques, des tableaux relatifs à la physique et à la chimie, aux étoiles variables.
- On lira avec le plus vif intérêt les notices qu’il contient : celle deJVL Bigpurdan, sur la température moyenne en France et de M. P. Hatt, Notions sur la méthode dés moindres carres.-i
- Atlas pittoresque de la France, par Onûsime Reclus. (Attinger, frères, édit., 2e volume. Prix ; 44 francs).
- Le tome 2 de cette importante publication va 'du département du Finistère à celui du Nord. Comme le premier, il renferme environ 4000 reproductions photographiques des paysages, monuments, œuvres d’art et souvenirs historiques de la France. Accompagnées de cartes d’arrondissement, les notices cantonales d’Onésime Reclus donnent un portrait illustré extrêmement complet de toute la France et la Société de géographie a été bien inspirée en prenant sous son patronage ce travail si utile et si bien présenté. Le 270 fascicule vient de commencer le tome 3° et dernier.
- Étude de la stabilité de l’aéroplane, par Georges de Bothezat, avec une préface de Paul Painlevé. In-8"
- de x-192 p., avec 3a fig. (II. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 47 et 49> quai des Grands-Augustins, Paris, 1911). Prix broché : 10 francs.
- Quoique le nombre des ouvrages publiés ces derniers temps sur l’aviation soit considérable, on peut dire qu’aucun d’entre eux ne traite à fond la question de la stabilité de l’aéroplane. Cette lacune tient aux difficultés que présente la solution, même théorique, de ce troublant problème. L’auteur l’a abordé courageusement et, après de longues et pénibles rechei’ches, il en donne une solution complète dans laquelle il ne laisse dans l’ombre aucune des nouvelles questions que l’on peut se poser relativement à la stabilité de l’aéroplane.
- Atlas météorologique pour Vannée 1910 d’après vingt-quatre stations françaises, par G. Eiffel et Ch. Gou-tereau (chez Mourlot, Paris, 1911).
- Avec la collaboration de M. Goutereau, M. Eiffel nous donne le 5e des atlas météorologiques inaugurés en 1906. Il résume, sous la forme graphique et d’après lès observations de 24 stations, ce qui concerne les températures, la pluie, la nébulosité, l’insolation et le vent. Appliquant, pour l’établissement des moyennes, la nouvelle méthode détaillée (que nous avons décrite en son temps), cet atlas est un ensemble de documents précieux, particulièrement pour l’agriculture et pour l’aviation. M. Eiffel prête ainsi le plus utile et généreux concours à la Commission de météorologie agricole, créée, en 1911, au ministère de l’Agriculture.
- Recherches sur les musulmans chinois (mission d’Ol-lone), par : le commandant d’OLLONE, le capitaine Fleurelle, le capitaine Lepage, le lieutenant de Boyve et MM. A. Vissière, E. Blochet et divers savants. Chez Leroux, ion, 91 photographies et cartes, 470 p. Prix : i5 francs.
- Ce ier volume des documents scientifiques de la mission d’Ollone (qui sera suivi de 9 autres) concerne surtout le Yunnan, et le Kan-sou, où le nombre des musulmans provoqua de nombreuses révoltes. Les graves événements actuels donnent à l’ouvrage un intérêt spécial. « Rien n’est moins connu que l’Islam chinois », mais les musulmans du Céleste Empire sont moins nombreux qu’on ne le croit. Aucun chiffre précis ne peut être donné ; les évaluations varient de 4 à 3o millions et il semble que, faute d’organisation, ils n’ont vraiment qu’un rôle secondaire ; mais il y a lieu de les soumettre à une enquête nouvelle pour aboutir, en ce qui les concerne, à des conclusions définitives,
- Führer durch die neuen Tropfsteingrotten Punhtva-und Katharinenhôhle, par le Dr K. Absolon. (Brünn), 1911, in-12, 60 pages et figures.
- Description sommaire des grottes et abîmes de Moravie et particulièrement du gouffre de la Mazocha et des cavernes récemment découvertes aux sources de la Punkwa. Les photographies de stalagmites sont spécialement bien réussies.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Dictionnaire pratique de la maçonnerie. Vocabulaire des termes et coutumes de la maçonnerie, par J.-L. Fou-quet, architecte vérificateur, i vol. illustré 3oo pages. Ch. Massin, éditeur. Paris, 5i, rue des Ecoles.
- On trouvera dans ce volume l’explication de 1700 termes de métier dont certains, bien que courants dans la profession, sont parfaitement ignorés du profane, au grand détriment mutuel et du public et des gens de métier, que cette différence de langage empêche souvent de se pénétrer comme il conviendrait.
- Agenda Lumière-Jongla. 1 vol. illustré, librairie Gau-thier-Villars. Paris, 1912. Prix : 1 franc.
- Agendas Dunod pour 1912. — Electricité, par J.-A. Montpellier; Chimie, par E. Javet; Mines et métallurgie, par D. Levât ; Bâtiment, par Debauve et Auca-mus; Construction automobile, par C.-M. Favron; Travaux publics, par Debauve et Aucamus ; Mécanique, par Izart ; Chemins de fer, par P. Blanc. Chaque agenda formant 1 vol. ioXi5 relié. Dunod et Pinat, éditeur. Paris. Prix : 3 francs.
- Voici 8 petits volumes qui, comme chaque année', contiennent la matière de plusieurs gros; rédigés par des spécialistes des plus compétents, tenus constamment à jour, ils continueront, comme par le passé, à rendre de grands services.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15janv. 1912. 2» 5 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; faible brouill. ; Bruine entre 19 h. et 20 h.
- Mardi 16 2».l S. E. 1. Couvert. » I’resque couv. ; halo.
- Mercredi 17 ... . 49,6 E. S. E. 2. Couvert. 6,5 Couv. ; bruine ou faible pl. une grande partie du temps.
- Jeudi 18 5°,5 E. S. E. 1. Couvert. 0,4 Couv. le m. ; tr. ng. le s. ; pl. cesse à 4 h. 45 ; faib. brouil. à 7 h.
- Vendredi 19 ... . 4«,6 E. N. E. 1. Couvert. 0,7 Tr. nuag. ; pl. de 3 h. 30 à 5 h. 15; halo.
- Samedi 20 3°.l E. 2. Eclaircies. » Tr. nuag ; jusq. 9 b. ; couv. ensuite; gel. bh le m.
- Dimanche 21. . . . 4»,7 Calme. Drouillard. 0,3 Couv. gelée bl. ; brouillard.
- JANVIER 1912. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 JANVIER 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du i5 au 21 janvier. — Le i5. Dépression vers les Iles-Britanniques. Pression élevée sur le N.-E. du continent (Arkhangel, 792 mm). Neiges dans le S. de la Russie; pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Berlin, —140; Paris, 2; Toulouse, 5; Puy de Dôme,
- — 1; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 20). — Le 16. La dépression de la veille s’étend vers l’Est et le. N. Pressions élevées sur la Russie (Moscou, 789 mm). Neiges en Russie et en Autriche ; pluies sur le W. et le S. de l’Europe. En France : Toulon, 4 mm; Brest, 3. Temp. du matin : Moscou, —- 18°; Paris, 2; Brest, 10; Puy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : 4°.3 (normale : 20).
- — Le 17. Dépression sur l’Islande, les Iles-Britanniques et le S.-W. du continent. Fortes pressions sur le N.-E. et la mer du Nord. Neiges en Allemagne, pluies sur le W. et le S. de l’Europe. En France : Cherbourg, 8 mm; Nantes et Toulon, 3. Temp. du matin : Moscou, — 190 ; Paris, 5; Toulouse, 7; Biarritz, 12; Puy de Dôme, 2.
- — Le 18. La pression se relève sur le W. de l’Europe,
- du Bureau Central Météorologique.
- et reste très élevée sur le N.-E. du continent. Pluies sur le W. et le S. de l’Europe; en France : Biarritz, 16 mm; Cherbourg, 15 ; Paris, 7; Nantes, 6. Temp. du matin : Berlin, —io°; Belfort, —3; Paris, 4; Biarritz, 9; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : 5°,2 (normale : 20).'— Le 19. La pression s’élève sur le W. de l’Europe, et reste supérieure à 785 en Russie. Une dépression passe près de l’Irlande. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Perpignan, 5g mm; Monaco, 24; Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, —- io°; Belfort, 3; Paris, 5 : Puy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : 6° (normale : 2°,i). — Ze 21. La pression s’abaisse sur toute l’Europe sauf dans le W. Dépressions au large de l’Irlande et dans l’Extrême Nord. Pluies sur le W. et le S.-W. du continent. En France : Cette, 26 mm; Perpignan, 24. Temp. du matin : Moscou, — 190; Nantes, 2j Perpignan, 9; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 20,1). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 19, à 11 h. 19 du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : tzo, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe) La reproduction des illustrations de « La Nature > est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
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- N" 2019 — 3 FÉVRIER 1912 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- A quoi sont dues les couleurs irisées des oiseaux et des insectes. — Des observations faites depuis de longues années sur un grand nombre d’oiseaux et d’insectes permettent aujourd’hui de conclure que les colorations brillantes que nous admirons sur le plumage ou les écailles de ces animaux sont dues, non comme on l’avait soutenu jusqu’ici à l’absorption et à la réflexion sélective de la lumière par un phénomène analogue à celui des reflets de certaines couleurs d’aniline, mais bien à des interférences comparables à celles qui colorent les bulles de savon et d’une manière générale les lames minces. M. Malloch, dans une note récente à la Société Royale de Londres, apporte en faveur de cette opinion les raisons suivantes : Quand l’une de ces structures naturelles produisant une coloration est pénétrée par un liquide ayant le même indice de réfraction qu’elle-même, la couleur disparaît; quand l’indice de réfraction du fluide est moindre, la couleur ne disparaît pas, mais vire au rouge ; sous une pression mécanique croissante, les couleurs varient d’abord vers le rouge, puis disparaissent.
- Repeuplement végétal de Krakatau. — On sait qu’en 1883, l’île de Krakatau, dans le détroit de la Sonde, fut détruite partiellement par une éruption volcanique formidable. Rien de vivant n’était resté sur l’île. En 1906, 23 ans après, on y a trouvé, dit le journal Nature, ih’j espèces de plantes et en certains points, près de la côte notamment, la végétation était si drue que l’on n’y pénétrait que difficilement. Or, comme les îles les plus proches sont à 25 milles de là, la nouvelle flore n’a pu être apportée que par les vents, les oiseaux ou les courants.
- Téléphonie en Europe au Ier janvier 1911. — Selon M. Gunston, cité par Y Electricien, la situation téléphonique, dans les principales villes d’Europe, était la suivante au ier janvier 1911 ;
- Nombre -d’habitants par téléphones. Téléphones. Population. Milliers d’habitants.
- Stockholm 4.7 72 089 342
- Copenhague. . . . 11,4 45 000 514
- Christiania . . . . 14,a 16 164 227
- Stuttgart 15,5 16 245 249
- Berlin (ville) . . , 16,6 122 558 2040
- Berne. i8,3 4 32 5 78,5
- Munich . 22,1 27 o36 596
- Londres (comté). . 26,3 172 229 4523
- La Haye . . . . . 36,i 8 041 259
- Paris 36,7 75 439 2763
- Bruxelles 37,9 16 966 637
- Budapest . . . . 39,4 18 674 732
- Vienne 44,4 47 210 208.5
- Saint-Pétersbourg . 55,o 3o 5oo 1678
- Rome 6o,5 9 533 57a
- Lisbonne 1 i5,o 3 095 356
- Madrid . i55,o 3 5 00 54o
- Le service postal d’une grande Compagnie d’électricité. — L’Allgemeine Elektricitàts Gesellschaft, de Berlin, est la plus puissante Compagnie d’électricité de toute l’Europe. On peut se faire une idée de son mouvement d’affaires rien que par la statistique postale qu’elle publie. Durant le dernier exercice ier juillet 1910 3o juin 1 g 11, elle a reçu ou envoyé 7819291 correspondances, soit 22730 par jour et payé pour les expéditions 231 876 marks. Le chiffre des télégrammes reçus s’est élevé à 63 438, celui des télégrammes expédiés à 79806, soit par jour pour les deux catégories 477. Le versement relatif aux télégrammes envoyés se monte à la moyenne journalière de 277 marks, au total 83 110 marks.
- Échauffement anormal dans les appareils à acétylène. — Certains carbures de calcium, ont, dit la Revue des éclairages, la propriété de provoquer un grand échauffement qui polymérise le gaz en produits goudronneux, ce qui abaisse le rendement et obstrue les canalisations. C’est là un inconvénient évidemment fort grave. La polymérisation en question se produit avec dégagement, de chaleur, ce qui a pour effet d’accentuer encore la transformation du gaz. La cause de ce phénomène semble devoir être attribuée à la constitution physique du carbure, probablement à une porosité qui accélérerait d’une façon exagérée la réaction au contact de l’eau.
- Tissus métallisés pour ballons sphériques. —
- Nous lisons dans YAérophile : le lieutenant Gericke, vainqueur de la course Gordon-Bennet, montait un sphérique construit en tissus métallisés. Ces tissus préalablement caoutchoutés sont entièrement recouverts d’une couche de poudre d’aluminium sur leur côté extérieur ; ce nouveau procédé présente de nombreux avantages. 11 augmente l’imperméabilité de l’étoffe et sa résistance. Présentant une surface brillante, les rayons du soleil s’y réfléchissent et la température intérieure du ballon se maintient plus basse que dans les ballons en tissus jaunis. D’où moindre déperdition de gaz et force ascensionnelle plus longtemps conservée.
- Dirigeable Veeh. — Le nouveau dirigeable construit par M. Yeeh de Munich est du type semi-rigide, mais se distingue de ses congénères par la combinaison rigide du ballon avec la quille en acier. La nacelle fait corps avec cette quille, dont elle constitue la partie centrale. Cette disposition, en diminuant la fatigue de l’enveloppe, réduit le risque d’explosion. Les deux paires d’hélices en bois, à deux ailettes (d’environ 4 mètres de diamètre) portées par des cornières en fer rigidement reliées à la quille, sont actionnées par deux moteurs à six cylindres de i5o chevaux chacun, par l’intermédiaire de triples câbles parallèles en caoutchouc. Les gouvernails d’élévation sont fixés, de côté et d’autre, à la partie supérieure de la quille. Des surfaces
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- INFORMATIONS
- stabilisatrices sont également portées par des cornières rigidement reliées à la quille. Le cadre de cette dernière est enduit de toile et de vitres opaques résistant aux courants d’air, ce^qui assure une surface amortissant les oscillations latérales, tout en offrant aux passagers un abri fort précieux. Le ballon métallisé cube environ 75oo mètres, il est subdivisé en 9 compartiments démontables ; deux ballonnels, chacun d’environ 85o métrés cubes, assurent la constante de forme du ballon.
- Ce dirigeable, de 75 mètres de longueur, comporte au milieu une nacelle spacieuse trapézoïdale de 40 mètres de longueur, sur 1 mètre de largeur centrale. Son poids (y compris le cadre et ses accessoires) n’est que de 1410 kilogrammes. Muni du combustible nécessaire à un vol de 10 heures, l’aérostat, ayant à bord son équipage, garde une poussée utile d’environ 1000 kilogrammes. Le dirigeable est facilement démonté en ses compartiments ; il comporte aussi des patins ou des roues à suspension élastique, pour amortir les chocs pouvant se produire pendant l’atterrissage. Le cadre est fait en tubes d’acier élastiques et très légers.
- Une cheminée curieuse. — Nos lecteurs se demandent quelles raisons ont pu guider le constructeur de cette cheminée et le pousser à lui donner cette forme spirale. Nul motif technique ne semble avoir inspiré cette singulière construction. Son propriétaire, un industriel de Bradford, en Angleterre, a simplement voulu posséder une cheminée qui ne ressemble à aucune autre au monde. Il paraît avoir parfaitement réussi.
- Achèvement du canal de Panama — Du rapport du colonel Gœthals, directeur des travaux, il résulte que le canal de Panama pourra être ouvert à la navigation le ior juillet 1913. Tous les travaux progressent normalement. La tranchée de ' la Culebra a présenté de très grandes difficultés par suite de gigantesques glissements qui ont accru le cubage des terres à extraire, de plus de 12 millions de mètres cubes. Cependant, grâce à la bonne organisation des travaux, le prix primitif prévu au devis ne sera pas dépassé.
- Le chemin de fer souterrain de Manchester et ses escalators. — Le chemin de fer souterrain destiné notamment à réunir entre elles les huits stations de chemin de fer de la ville aura environ 7 kilomètres de long. Il comportera deux tubes parallèles et séparés. Il sera parcouru par des trains ayant une vitesse moyenne, arrêts compris, de plus de 20 kilomètres à l’heure. Les stations souterraines seront desservies par des escaliers mobiles que par imitation avec la formation du mot « elevator » (ascenseur) nos voisins d’outre-Manche ont baptisés « escalators ».
- Navire de 10 000 tonnes avec moteurs Diesel. —
- Les chantiers Barclay Curbe et C'° ont lancé le xi novembre dernier, pour le compte de la compagnie de l’Asie Orientale à Copenhague, un navire qu’il est bon de signaler en ce moment où l’attention se porte sur les applications marines des moteurs à combustion intérieure genre Diesel, ^n effet, le Jutlandia —c’est le
- nom du nouveau navire — est un vaisseau de 10000 tonnes de déplacement, qui doit être propulsé par deux hélices-conduites par deux moteurs Diesel donnant 3ooo chevaux indiqués. Un des mâts est creux et servira à l’évacuation des gaz de la combustion à i5 mètres environ au-dessus du pont : il n’y a donc pas à proprement parler de cheminées. Le Jutlandia n’aura aucune installation de chaudièi'e et toutes ses servitudes seront ma-nœuvrées soit à l’air comprimé (sirènes), soit à l’électricité (ancres, cabestans, appareils de levage). Le remplacement de la vapeur par des moteurs à combustion a permis de réduire des deux tiers l’encombrement de la machinerie. Nous tiendrons nos lecteurs au courant des essais du Jutlandia qui doivent commencer très prochainement.
- Le nombre des espèces animales. — Le naturaliste américain Shipley, a présenté récemment un projet de réorganisation des collections zoologiques du monde entier, qui, d’après lui, est devenu nécessaire en ce moment à la suite du nombre sans cesse croissant des nouvelles espèces découvertes. Au milieu du xixe siècle, dans l’espace de 5i ans, on avait découvert 238000 nouvelles espèces, c’est-à-dire environ 5ooo par an. En ce moment, le nombre approximatif des nouvelles espèces découvertes et décrites chaque année, est estimé à 12000; ce nombre, si élevé qu’il puisse paraître, est encore petit comparé au nombre des espèces recueillies et déposées dans nos musées, où personne n’a le temps de les étudier; et ce nombre est encore comparativement faible si l’on considère la multitude des espèces existantes. D’après un calcul du docteur Sharp, effectué en 1895, il y avait à cette époque 25oooo insectes connus et décrits, c’est-à-dire trente-mille de plus que le nombre indiqué quinze ans auparavant par Günther, et celui-ci avait déclaré alors que le nombre des insectes connus ne formait pas la dixième partie des espèces existantes; à l’exception des grands mammifères, il n’y avait aucun groupe d’animaux qui pût être considéré comme complètement connu. C’est dans le but de susciter cette étude que Shipley voudrait voir ce domaine des sciences naturelles encore plus spécialisé qu’il ne l’est actuellement; il souhaiterait notamment que les représentants de tous les grands ordres du règne animal fussent rassemblés chacun dans un musée différent. Berlin et Saint-Pétersbourg, par exemple, recevraient tous les amphibies, et à la suite d’échanges bien compris, ils enverraient leurs poissons et leurs oiseaux à d’autres musées ; en outre on organiserait un bureau central d’échange pour échantillons d’espèces animales. Shipley a déclaré qu’il savait bien que l’esprit d’émulation qui existe entre les grandes nations s’opposerait pendant longtemps encore à la réalisation de son projet, que le grand nombre des découvertes zoologiques fera cependant réaliser tôt ou tard.
- La réorganisation des Invalides. — Un décret du 21 décembre 1911 fait revivre le fonctionnement de l'Institution et de l’Hôtel des Invalides. — Depuis le décret du 18 février 19041 les Invalides étaient placés sous le régime d’un règlement provisoire dont le premier article portait « qu’il ne sera plus prononcé d’admission dans l’établissement. » Le nombre des pensionr naires était réduit à quinze. A plusieurs reprises, le Parlement s’était préoccupé de cette situation et, lors de la discussion du budget de l’exercice 1911, le Gouvernement avait pris l’engagement de réorganiser les Invalides. Aux Invalides actuels viendront désormais s’ajouter un certain nombre de retraités blessés ou mutilés. Ils constitueront deux sections dont l’une comprendra les invalides incapables de tout service et l’autre ceux qui seront susceptibles de faire un certain service et notamment de participer au gardiennage de l’hôtel, du tombeau et du musée de l’armée. Ainsi, on assure, à nouveau, dans la limite des crédits budgétaires votés à cet effet, l’entretien des militaires et marins admis à la pension de retraite pour cause de blessures ou d’infirmités et ne pouvant recevoir dans leur famille les soins qui leur sont nécessaires. Les Invalides et le Musée de l’armée sont placés sous la direction unique du commandant des Invalides, officier général de réserve ou en retraite. Les deux établissemènts, destinés à se prêter mutuellement assistance, sont sous l’autorité immédiate du ministre de la guerre.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *t> Jlutomobilisme
- Lève-roue Celer. — Voici un outil beaucoup moins lourd et moins pesant qu’un cric : il rend cependant les mêmes services quand il s’agit de changer un pneumatique d’automobile, tout en économisant le temps et le travail du chauffeur.
- Ainsi que le montre la gravure ci-jointe, c’est une sorte de pince ou étau qui vient serrer la jante métallique sur laquelle est monté le pneumatique. Le serrage se fait avec un écrou à oreilles, sans outil spécial.
- L’une des branches du Lève-Roue porte un patin aplati dont la courbure est calculée pour qu’il embrasse très largement le bandage.
- Quand le lève-roue est bien serré sur la jante d’acier,
- 11 suffit de faire avancer ou reculer, de quelques centimètres, la voiture automobile pour que le patin appuie sur le sol et soulève instantanément et sans effort la plus lourde voiture. — Le lève-roue Celer est vendu
- 12 francs chez M. Olivier, 5o, rue Saint-Ferdinand, à Paris.
- *> Hygiène
- Montage pratique d’un filtre. — Les filtres à bougie. comportent habituellement un inconvénient assez sérieux; ils sont liés d’une façon fixe au robinet de la
- conduite d’eau : d’où l’impossibilité d’utiliser de l’eau non filtrée pour les diverses opérations ménagères où l’épuration est parfaitement superflue.
- M. Mairan, constructeur du filtre Mallié, a construit un filtre qui, grâce à un dispositif très simple, évite cette gêne. Le filtre se monte sur une planchette à côté du robinet ; un raccord mobile en caoutchouc permet de le relier à la conduite d’eau au moment voulu. Le tube de caoutchouc se termine par un petit manchon dont le serrage à fond sur l’ajutage dont est pourvu le filtre, assure la jonction étanche entre le robinet et l’appareil. — L’appareil est en vente chez M. Mairan, 155, Faubourg Poissonnière, Paris.
- Jouets
- Conquête du pôle Nord. — Jeu d’actualité s'il en fût. Une calotte sphérique en carton, portant des montagnes de glace, des vallées, des cols, et, au sommet une petite cuvette, est installée sur le fond d’une boîte carrée. Il s’agit, pour chacun des joueurs,occupant les angles du jeu, de faire aller sa bille au pôle. Le premier arrivé est le gagnant. Pour pousser la bille, qui est faite en buis pour être plus légère, le joueur dispose d’une spatule bien plane sur laquelle la bille tient fort mai; il faut donc être assez habile pour atteindre le pôle en parcourant des chemins sur lesquels les accidents de terrains ont été accumulés comme à plaisir, souvent la bille tombe et tout est à recommencer. — L’inventeur est M. Blin, i3o, rue Amelot, à Paris.
- *> Électricité
- Application nouvelle du haut-parleur. — Les
- appareils téléphoniques dits « hauts-parleurs » sont différents des appareils téléphoniques en ce sens que le microphone et le récepteur sont suffisamment puissants pour que le récepteur émette des sons articulés et très forts. Par suite, on n’a pas besoin d’approcher le récepteur de l’oreille pour écouter la personne qui parle, il suffit d’être devant le récepteur, même à plusieurs mètres.
- Une application intéressante et nouvelle du haut-parleur vient d’être réalisée. Décrivons sommairement les appareils.
- Le premier poste, en général placé à l’extérieur, comporte un bouton actionnant une sonnerie pour avertir et annoncer qu’on va causer, un microphone devant lequel on parle et un l’écepteur qui transmet la réponse. Le tout est logé dans une boîte métallique qu’on peut fixer sur une grille, une porte ou dans une entaille d’un mur. Deux rosaces découpées laissent passer les sons ; sous la cuvette du bouton d’appel se lit le mot « sonnette » et sous la rosace du microphone la mention « répondre ici ». Cet appareil peut être agrémenté d’une enseigne, d’une raison sociale, etc., et même être combiné avec plaques transparentes formant enseignes lumineuses.
- Le deuxième poste en général est à l’intérieur et peut revêtir des formes diverses. En voici quelques-unes.
- Sur une boîte ébénisterie sont montés également un récepteur et un microphone, mais en plus on a un commutateur à manette qui permet d’engager la conversation quand la sonnerie a tinté et de la supprimer, quand on le veut, s’il s’agit d’un importun par exemple.
- Le même appareil peut comporter un récepteur supplémentaire qu’on applique à l’oreille et qui permet alors de percevoir distinctement tout ce qui se passe dans le voisinage du microphone du premier poste : roulement de voitures, cris, etc.
- Enfin, dans un autre type, la manette est remplacée par un crochet commutateur qui supporte un microphone mobile. Cela permet d’utiliser l’appareil sans se déranger, en restant couché par exemple. Le fait de décrocher le microphone permet d’engager la conversation, ce que l’on fait en approchant le microphone pour causer.
- Les applications sont nombreuses. Citons les principales. Dans les villas, châteaux, en général toute habitation séparée de la rue par un jardin ou un parc plus ou moins étendu, le poste i sera placé à la grille, l’autre dans l’intérieur, par suite plus d’allées et venues continuelles pour transmettre les commandes aux fournisseurs ou pour se renseigner sur l’identité des visiteurs. De l’intérieur, on peut tenir une conversation à haute voix avec la personne qui actionne la sonnerie par le bouton d’appel. On peut percevoir également les bruits, annonces, cris, etc., ce qui est d’un grand avantage pour la sécurité.
- Pour les docteurs, sages-femmes, pharmaciens, en général les personnes qui peuvent être dérangées la nuit, cet appareil s’adjoindra à la sonnette de nuit; il permettra de questionner sans dérangement les personnes qui sollicitent des soins.
- Dans les maisons de rapport, le concierge ne laissera entrer qu’à bon escient, car les personnes qui sonnent devront se faire connaître avant d’entrer, au lieu de l’annoncer après comme d’habitude.
- Les applications se trouvent encore dans les restatx-rants pour les ordres aux cuisines, dans les chantiers pour transmettre des ordres ou renseignements, etc.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- C’est en somme un complément de la sonnerie d’appel, car il utilise les mêmes piles, et l’entretien de la batterie est le seul de l’appareil. — Ledouble frères et Cis, 72, rue du Mont-Yalériens, Suresnes.
- Compagnies des chemins de fer des réseaux de l’Etat et de l’Orléans : d’autres réseaux sont sur le point de l’adopter définitivement. Les figures ci-dessous feront comprendre l’une des dispositions de l’armature.— L’inventeur est M. Got, 82, rue Chardon-Lagache.
- *>> Objets utiles
- Nouvel appareil pour la préparation ménagère du vinaigre. — Le petit tonnelet de M. Mouchet permet à chacun d’utiliser les fonds de tonneaux, les vins altérés, à la préparation d'excellent vinaigre.
- C’est un récipient de grès dont le haut communique librement à l’air et qui porte un entonnoir à longue douille descendant à la partie inférieure du vase.
- trou
- entonnoir
- trou
- d’aération - -Flotteur
- —-voile mycoder mique
- .arrivée du liquide
- Sur cette douille coulisse un flotteur autour duquel se formera le « voile », des mycodermes acétiques transformant l’alcool. L’appareil est d’abord amorcé par introduction d’un litre de liquide alcoolique, bien décanté au préalable s’il n’est pas clair, et ensemencé par une culture pure de ferment. On laisse reposer une semaine, après quoi on ajoute un litre de liquide; huit jours après, on peut soutirer par le robinet un litre de vinaigre. En remplissant ainsi régulièrement le récipient chaque semaine, on peut obtenir en même temps une quantité équivalente de vinaigre. La vidange ne doit jamais être complète, sous peine d’être obligé de refaire une nouvelle mise en route. — L’appareil, dont il existe plusieurs modèles en grès, en bois, de capacités variables. est en vente chez M. Mouchet, 3a, rue Bour-sault, Paris.
- L’étiquette indéchirable « Qot ». — Tout le monde a été appelé à constater le désagrément qu’on éprouve lorsqu’un colis impatiemment attendu n’arrive pas à la date fixée : ce que l’on ignore généralement, c’est que
- ces retards sont très souvent attribuables à la perte des étiquettes apposées sur les colis, soit par l’expéditeur, soit par les compagnies de transport. Si le destinaire n’éprouve, en général, qu’un désagrément, il n’en va pas de même pour les compagnies de transport qui doivent payer, chaque année, des indemnités qui atteignent près de 10 millions.
- Un employé des chemins de fer de l’Ouest-Etat, a eu l’ingénieuse idée d’établir un système d’étiquette appelé à rendre de précieux services.
- Ce système, breveté dans tous les pays, consiste à substituer, soit au collage des étiquettes, soit au mode d’attache par oeillet, une armature en fil métallique qui sert à la fois à renforcer l’étiquette et à la fixer sur le colis.
- De cette manière on ne risquera plus de retrouver sur les colis des œillets suspendus au bout d’un fil, sans étiquette, ni de constater la disparition des étiquettes décollées sous l’influence de l’humidité ou du frottement des autres colis.
- L’étiquette « Got » est réellement indétachable.
- Sa supériorité incontestable, unie au prix de vente très réduit, a entraîné son adoption immédiate par les
- *> Divers
- wmmÊÊÈSIÊliÊÈÊiÈÊ:
- Jeune fille armée contre le ronflement.
- Suppression du « ronflement ». — Userons-nous du terme « infirmité » ? Le mot paraîtra mal placé aux oreilles des personnes qui, sans toujours en convenir, ont acquis la conviction que leur sommeil s’accompagne normalement de roulements sonores. Mais il ne paraîtra que trop justifié aux oreilles des personnes auxquelles les ronflements d’un dormeur ont valu d’énervantes insomnies. C’est à ce point que les tribunaux américains ont souvent considéré le « ronflement habituel » comme une cause de divorce !
- Un inventeur anglais, qui se trouve être un clergyman, le Révérend Alfred Barratt, curé de Claygate (Sur-rey), s’estingénié à combattre un aussi désagréable « inconvénient ». Quelles sont les causes du ronflement?
- Dans la grande majorité des cas, il faut l’attribuer à une mauvaise conformation, plus ou moins accentuée, des fosses nasales. L’air pénètre irrégulièrement, et, en exerçant une pression contre les parois, les fait vibrer. Aussi, les ronfleurs invétérés éprouvent-ils un notable soulagement eu prenant la précaution, chaque soir, de se frotter l’intérieur des narines avec de la vaseline.
- Le petit appareil du Révérend Barratt apporte un remède plus radical, semble-t-il. Il consiste en une paire de pinces, maintenues à l’écartement voulu par uue barre, et que des vis permettent de fixer aux ailes du nez; les parois internes de ces pinces sont recouvertes de caoutchouc, précaution qui assure une meilleure prise, tout en supprimant la désagréable sensation du froid de l’acier. Dès que l’appareil est en place, les ailes du nez
- ne peuvent plus modifier la position qu’elles ont à l’état de veille; il leur est donc impossible, pendant l’état de sommeil, de venir s’appliquer contre la cloison. Conséquemment, l’air aspiré et expiré jouit d’une libre circulation, d’où la suppression absolue de tout bruit.
- L’inventeur affirme plaisamment qu’il a essayé son appareil sur « les plus énergiques ronfleurs de sa. paroisse », et que les résultats, bien que silencieux, ont été éloquents. L’emploi de son stop-snoring a rendu le calme et la paix à des maisons dont les carreaux tremblaient sous les ondes trop sonores qu’émettait le nez du chef de famille, durant son sommeil.
- Après tout, n’est-ce pas de petites inventions de ce genre qu’est fait le confort moderne !
- L’appareil contre le ronflement.
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- VILLES de plus de 50000 habitants. POPULATION
- en d911 en 1906 en 1872
- Report 4.625.2i5 4.387.828 2.936.713
- Chalon-sur-Saône 3i.55o 29.951 20.417
- Le Creusot 35.587 33.437 22.890
- Le Mans 69.361 65.467 46.981
- Paris 2.888.110 2.763.898 1.85i.792
- Asnières 42.583 36.482 5.784
- Aubervilliers 37.558 34.009 11.694
- Boulogne 57.027 49-969 18.687
- Clichy 46.676 41.787 14.366
- Courbevoie 38.i38 3i.i9i 9.237
- Levallois-Perret 68.703 61.920 19.o5o
- Neuilly-sur-Seine 44.616 41.146 i5.466
- Pantin 36.359 32.696 12.3og
- Puteaux 32.223 29.131 9.5o5
- Saint-Denis 71 -7^9 64.790 31.993
- Saint-Ouen 41.904 37.866 8.084
- Ivry-sur-Seine 38.307 33.198 11.176
- Montreuil . . 43.217 35.904 12.232
- Saint-Maur-des-Fossés. . . . 33.852 28.238 7.365
- Vincennes 38.568 34.185 ii.o3i
- Rouen 124.987 118.459 86.825
- Le Havre i36.159 i32.43o 102.470
- Versailles 6o.458 54.820 61.686
- Amiens 93.207 90.920 63-747
- Toulon 104.582 108.548 69.127
- Avignon 4g.3o4 48.312 38.196
- Poitiers 41.242 39.802 3o.o36
- Limoges 92.181 88.597 55.134
- Epinal 3o.o42 29.058 11.847
- Totaux 9.o53.475 8.578.033 5.595.840
- DEPARTEMENTS
- Saône-et-Loire Sarthe ....
- Seine.
- Seine-Inférieure
- Seine-et-Oise. .
- Somme...........
- Yar.............
- Vaucluse . . . .
- Vienne..........
- Vienne (Haute-). Vosges..........
- DÉPARTEMENTS POPULATION DÉPARTEMENTS POPULATION
- en 1911 ' cïf 1906 1872 en 1911 en 1906 1872
- Ain 342.482 345.856 363.290 Report. . . . 17.980.046 i8.i43.705 17.778.721
- Aisne 53o.226 534.496 552.489 Maine-et-Loire . . 5o8.149 513.490 5i8.47I
- Allier 4o6.291 417.961 390.812 Manche. 476.119 487.443 544.776
- Alpes (Basses-) . . 107.281 113.126 139.332 Marne 436.3io 434.157 386. iî>7
- Alpes (Hautes-) . . io5.o83 107.498 118.898 Marne (Haute-) . . 214.765 221.724 251.196
- Alpes-Maritimes. . 356.338 344•007 199.037 Mayenne 297.732 3o5.457 350.687
- Ardèche 33i.801 347.140 380.277 Meurthe-et-Moselle. 564.730 517.5o8 365.i37
- Ardennes 318.896 317.5o5 320.217 Meuse 277.955 280.220 284.725
- Ariège 198.725 205.684 246.298 Morbihan 578.400 573.l52 490.352
- Aube 240.755 243.670 255.687 Nièvre 299.312 313.972 339.917
- Aude 3oo.537 3o8.827 285.927 Nord 1.961.780 1.895.861 1.447.764
- Aveyron 369.448 877• 299 402.474 Oise 411.028 410.049 396.804
- Bouches-du-Rhône. 8o5.53a 765.918 554 911 Orne 307.433 3i5.993 3g8.25o
- Calvados 3g6.3i8 4o3.431 454.012 Pas-de-Calais. . . 1.068.15 5 i.012.466 761.j 58
- Cantal 223.361 228.690 231.867 Puy-de-Dôme . . . 525.gi6 535.419 566.463
- Charente 346.4 24 35i.733 367.520 Pyrénées (Basses-). 433.3i8 425.817 426.700
- Charente-Inférro . . 450.871 453.793 465.653 Pyrénées (Hautes-). 206.io5 209.397 235.i56
- Cher 337.810 343.484 335.392 Pyrénées-Orient165 . 212.986 213.171 191.856
- Corrèze 309.646 317.430 302.746 Rhin (Haut-) (partie
- Corse 288.820 291.160 a58.507 française). . . . 101.386 95.421 56.781
- Côte- d’Or 35o.o44 357.959 374.510 Rhône 915.581 858.907 670.247
- Côtes-du-Nord . . 6o5.523 611. 5oè 622.295 Saône (Haute-) . . 257.606 263.890 3o3.o88
- Creuse 266.188 274.094 274.663 Saône-et-Loire . . 604.446 6i3.377 598.344
- Dordogne 437.432 447-o52 480.141 Sarthe 419-370 421.470 446.6o3
- Doubs ...... 299.935 298.438 291.251 Savoie 247.890 253.297 267.958
- Drôme 290.894 297.27° 320.417 Savoie (Haute-) . . 255.137 260.617 27T.027
- Eure 3a3.651 33o.140 377.874 Seine 4.154.042 3.848.618 2.220.060
- Eure-et-Loir . . . 272.a55 273.823 282.622 Seine-Inférieure. . 877.383 863.879 790.022
- Finistère 809.771 795.io3 642.963 Seine-et-Marne . . 363.56i 36i.9I9 341.490
- Gard 4i3.458 421.166 420.131 Seine-et-Oise. . . 817.617 749-753 58o.180
- Garonne (Haute-) . 432.126 442-o65 479.362 Sèvres (Deux-) . . .337.627 33g.466 331.243
- Gers 221.994 a31.088 284.717 Somme 520.161 532.567 557.oi5
- Gironde 829.095 823.925 705.149 Tarn 324.090 330.533 352.718
- Hérault 480.484 482.779 429.878 Tarn-et-Garonne . 182.537 i88.553 221.610
- Ille et-Vilaine. . . 608.098 611.8o5 589.532 Var 33o.755 324.638 293.767
- Indre 287.673 290.216 277.690 Vaucluse 238.656 23g.178 263.45i
- Indre-et-Loire. . . 341.205 337.916 317.027 Vendée ...... 438.5.20 442.777 401.446
- Isère 555.91( 562.3i5 575.784 Vienne 332.376 333.643 320.5g8
- Jura 2Ô2.713 257.725 287.634 Vienne (Haute-) . . 384.736 385.762 322.447
- Landes 288.902 293.397 3oo.628 Vosges 433.914 429.812 392.988
- Loir-et-Cher . . . 271.231 276.019 268.801 Yonne 3o3.88g 315.199 363.608
- Loire. ...... 640.5iq 643.943 55o.611 Totaux, . . . 3q.6il,5qq 39.262.267 36.102.921
- Loire (Haute-). . . 3o3.838 314.770 3o8.782
- Loire-Inférieure. . 669.920 666.748 602.206 POUR L’ALGÉRIE Européens. Indigènes. Total.
- Loiret 364.061 364.999 353.021 la population totale est de :
- Lot 2o5.769 216.611 281.404 Dépts d’Alger, Oran,
- Lot-et-Garonne . . 268.083 274.610 319.289 Constantine. . . . 786.548 4.282.974 5.069.522
- Lozère 122.788 128.016 i35.190 Territoires du Sud. 8-974 485.332 494.306
- A reporter. . 17.980.045 18.143.705 ‘7-778.7;si Totaux. . . . 795.522 4.768.306 5.563.828
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- BOITE AUX LETTRES
- CM>
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Mlle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Pour recevoir les radiotélé-gr anime s sans antenne. — Les techniciens delà T. S. F. savent bien que l’on peut recevoir sans antenne, les télégrammes émanant d’une station très puissante ou très proche. M. Vennin d’Haillecourt, de Boulogne-sur-Mer, nous signale à nouveau le fait en l’accompagnant des curieux détails pratiques qui suivent : On peut recevoir chez soi, sans fil de verre ni antenne, des ondes actionnant des appareils électriques, avec des détecteurs de toutes sortes pourvu qu’il y ait une grande résistance, soit au charbon, soit avec un fil très fin ou un contact en cuivre posé en bascule et touchant légèrement. On peut faire marcher des petits moteurs à trois masses, comme en ont les jouets, ou éclairer de petites lampes de poche qui brillent par saccades ou comme si on soufflait la lumière, quand les ondes passent. Pour recevoir les ondes avec le tube de Branly, il faut un relai actionné par la limaille, pour fairé marcher le décohéreur qui est un mouvement de sonnette, dont le marteau frappe sur le tube; le relai fonctionne avec une pile déclanché à un élément, eh bien, si la lame du relai est très mince (et sensible), les ondes font aimanter les axes des bobines en agissant sans doute sur le fil comme le fait un courant de pile et le décohéreur frappe sur le tube (ou sur une sonnette si on la substitue au tube) et le marteau fait les traits et points du Morse, comme si le tube était actionné par la pile ; quand on a une machine statique Wïmshurt, on peut encore voir un effet des ondes, ainsi si on fait tourner la machine doucement, en lui faisant produire une aigrette avec les boules des conducteurs éloignées de 3 à 5 centimètres, on distingue très facilement les points et les traits ; quand les ondes ne passent pas, l’aigrette s’arrête pour reprendre avec les ondes suivantes ; on entend très bien
- les intervalles, et on a beau tourner, l’aigrette ne se produit pas sans ondes, où il faudrait alors tourner beaucoup plus vite pour fournir plus d’électricité.
- Un de nos lecteurs, M. Martin Kleuser, ingénieur-conseil à Yerviers, a eu l’obligeance de nous adresser quelques remarques relatives à la chronique précédemment publiée sur l’emploi de l’oléine dans l’ensimage des laines. L’huile d’arachnides employée comme substitut des oléines est encore relativement chère ; au contraire, le nouveau produit aisément émulsionnable qui vient d’être imaginé revient à 3o ou 4° pour ioo meilleur marché.
- Renseignements. — M. Leroy, pharmacien à L. (Loiret). — L’appareil Leslie, que nous avons décrit dans nos petites ieventions, ne peut être utilisé que pour le repassage des lames du rasoir Leslie. Cependant, les constructeurs ont fabriqué, pour les rasoirs Gillette, des lames pouvant être repassées sur le Leslie, mais elles sont à un seul tranchant.
- Un de nos lecteurs ayant vu dans un vieil ouvrage une mention très brève d’un procédé pour la reproduction des impressions typographiques et n’ayant pu réussir à réaliser la méthode, sans doute faute d’indications suffisantes, nous demande de signaler le fait à nos lecteurs. L’un d’eux pourra peut-être lui indiquer la source ou trouver une description complète du procédé. Il s’agit, en principe, d’exposer le papier imprimé à l’action des vapeurs d’iode que seule absorbe l’encre, et de révéler ensuite en appliquant contre une feuille de papier amidonné où les traits se reproduisaient en bleu.
- Berna- Watch C°, à Saint-Imier. — Nul doute que notre colle ne convienne parfaitement pour cela. M. Singer, 22, rue Richer, Paris, peut vous fournir l’acéto-cellulose et la Société des carbures, 8o, rue Saint-Lazare, Paris, les divers solvants chlorés dérivés des carbures d’hydrogène.
- M. l’ingénieur Gaetano de Giglio, à Turin. — Vous trouverez dans les Recettes du chauffeur, de Champly, (Desforges, édit., 29, quai des Grands-Augustins, Paris), une recette répondant absolument à vos désirs.
- .JfeD
- 1pd
- BIBLIOGRAPHIE
- CM
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Le dock français pour le relevage des sous-marins et des torpilleurs : Sauvaire Jourdan. — L’usine d’épuration des eaux d’égout d’Ostende : M. Bousquet. — Moulin à turbine en usage au Se-tchoan (Chine) : Dr J. Legendre, — L’aérocycle : R. D. — La tragédie de l’aigrette : V. Forbin. — Le lessivage continu des tissus : A. Chaplet.—Le parc national suisse : Ch, France. — Académie des sciences; séance du 22 janvier 1912 : Ch. de Viluedeuil. — L’industrie vinicole dans le Tyrol : Y. F.
- Supplément. — La planète Saturne. — Note sur un tremblement de terre, etc.
- La métallo graphie appliquée aux produits sidérurgiques, par U. Savoia, ouvrage traduit de l’italien. In-16, 94 figures. Gauthier-Villars, éditeur, 1910. Prix : 3 fr. 25.
- La métallographie rend aujourd’hui les plus grands services à la technique sidérurgique ; on sait qu’elle permet, par l’examen au microscope, de décéler la constitution physique et chimique des solutions, des mélanges et des combinaisons qui constituent les métaux usuels. M. Savoia a puisé des renseignements aux sources, c’est-à-dire dans les laboratoires français de MM. Le Ghatelier, Guillet, Frémont, Poyrcel. Il a écrit un ouvrage très clair et fort bien documenté.
- nouvelle industrie des lampes électriques à filaments métalliques, par Ch. Mourlon. i brochure in-4° de 35 pages avec 10 fig. En vente à la librairie générale des Arts, des Sciences et des Lettres, Paris, et chez ). Lebègue (Bruxelles).
- Ce travail est, en réalité, une monographie consacrée à un seul type de lampes, la lampe Z. Mais, il contient des détails intéressants et abondants, accom-
- pagnés de très belles illustrations, sur la construction et le développement de cette catégorie très répandue de lampes. Aussi constitue-t-il un document des plus instructifs.
- Le cuir dans la décoration moderne, par Eugène Bel-ville. (Ch. Schmid, édit. Nombreuses illustrations, 182 pages, in-40.) Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage de luxe décrit la technique artistique et la décoration du cuir ; il fait comprendre comment on peut utiliser joliment toutes les ressources décoratives de cette matière. La fabrication du cuir, l’outillage pour le travailler, le détail des procédés manuels ; le Repoussé, la Mosaïque, la Peinture et la Dorure sont les principaux chapitres de ce manuel aussi élégant que pratique.
- Les chemins de fer français à l’Exposition de Turin, 1911. Un album in-40 carré (28X22), avec 40 illustrations ou planches. Prix : 2 francs. — Publications Lucien Anfry, 164, rue de la Convention, Paris (XV*).
- Cet ouvrage, constitué en partie au moyen des documents officiels des compagnies elles-mêmes, est l’étude complète de tout le matériel exposé à Turin. Elle donne donc le dernier mot de la perfection en matière de construction. Les descriptions sont complétées par des tableaux de caractéristiques et de nombreux dessins, planches et photographies.
- LLypnotisme et spii'itisme, par C. Lombroso, traduction française de Ch. Rossigneux, préface de G. Le Bon. 1 vol. in-18. Paris. E. Flammarion, 1910. Prix : 3 fr. 5o. ( Bibliothèque de philosophie scientifique).
- Ce livre, œuvre posthume du célèbre criminologiste italien, comprend deux parties : hypnotisme et spi-
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- VARIETES
- Q0L
- Le recensement de 1911, effectué le 5 mars 1911, a donné pour la population de la France le chiffre de 39621599 habitants au lieu de 39262267 en 1906; l’accroissement est donc de 35g 332 habitants,
- Pour 1901-1906, il avait été de 290322 habitants.
- En 1881, l’accroissement avait été de 76.6260, en 1886, 546855, et en 1901, 44^ 970 ; en 1891 et 1896, l’augmentation n’avait été que de 124289 et de 175027 habitants.
- En 1906, l’augmentation s’était produite dans 32 départements, dans 23 seulement en 1911; les augmentations les plus fortes, supérieures à 10000 âmes, portent sur les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Finistère, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, le Pas-de-Calais, le Rhône, la Seine, la Seine-Inférieure, Seine-et-Oise.
- Dans 64 départements, la population a diminué, surtout dans l'Ailier, l’Ardèche, la Haute-Loire, le Lot, la Manche, la Nièvre, la Somme et l’Yonne.
- La principale cause de la décroissance de la population est l’attraction qu’exercent les grands centres.
- En effet, la population des villes comptant plus de 3o 000 âmes s’est accrue de 475 44personnes.
- Il y a i5 villes de plus de 100000 habitants.
- En 1886, le nombre des étrangers était de 1 115 214 ï il a augmenté depuis cette époque de 17482.
- Depuis le dénombrement du 4 mars 1906.il a été créé 27 communes et il en a été supprimé 7 ; il a été créé 4 cantons.
- Le nombre total des communes s’élève actuellement à 36 241, réparties en 2915 cantons et 362 arrondissements. Les 36 241 communes de France se répartissent ainsi :
- Au-dessous de 50 hab . 171 Report...... 2.001 à 2.500 bab . . 33.524
- De 51 à 100 — . . 1.191 De 710
- De 101 à 200 — . . 4.070 De 2.501 à 3.000 — . . 541
- De 201 à 300 — . . 5.361 De 5.001a 3.500 — . . 303
- De SOI à 40Ô — . . 4.332 De 3.501 à 4.000 — . . 200
- De 401 à 500 — . . 3.242 De 4.001 à 5.000 — . . 276
- De 501 à 1.000 — . . 9.409 De 5 001 à 10.000 — . . 371
- De 1.001 à 1.500 — . . 3 197 De 10.001 à 20.000 — . . 164
- De 1.501 à 2.000 — . . 1.648 De 20.001 h. et au-dessus. 134
- Total . 33.524 Total général . . . 56.241
- Le nombre des communes dont la population ne dépasse pas 5oo habitants est de 19 270, soit un peu plus de la moitié du nombre total.
- DltPAÏlTEMENTS VILLES POPULATION
- do plus do 50000 habitants. en 1911 en 1906 en 1872
- Aisne Saint-Quentin 55.571 52.768 34.8li
- Allier Montlucon. . . . 33.799 34 - 2-5 I 21 . 247
- Alpes-Maritimes Nice 142.940 134.282 52.377
- Aube Troyes 55.486 53.447 38.1i3
- Aude Carcassonne. . . . 3o.68g 30.976 a3.644
- Bouches-du-Rhône. Marseille 55o.6ig 517.498 312.864
- A ries 31.010 28.116 24.695 t
- Calvados Caen 46.934 44•442 41.210
- Charente Angoulême .... 38.2H 37.5oy 25.928
- Charente-Inférieure La Rochelle Rocheforl 36.37i 35.019 33.858 36.694 19.506 28.299
- Cher Bourges 45.735 44 • *33 3i.3i2
- Côte-d’Or Dijon 76.847 74.113 43.573
- Dordogne Péri gueux 33.548 3i.36r 21.864
- Doubs . Besançon 57.978 56.i68 49.401
- Finistère Brest 90.54o 85.2t)4 66.272
- Gard Nîmes 80.437 80.184 62.3g4
- Garonne (Haute-) Toulouse 149.576 149.438 124.852
- Gironde Bordeaux 261.678 253.947 194.o55
- Montpellie r 80.23o 77.114 57.727
- Hérault. .- Béziers 5i .042 52.268 31.468
- Cette 33.049 33.892 2.5.826
- Ille-et-Vilaine Rennes. 79.372 75.640 5 2.044
- Indre-et-Loire Tours 73.398 67.601 43.368
- Isère. . Grenoble 77.438 73.022 42.660
- Loire Saint-Etienne . 148.656 146.788 110.814
- Roanne 36.697 35.516 20.037
- Loire-Inférieure Nantes . . . . Saint-Nazaire 170.535 38.267 161.908 35.762 118.517 17.066
- Loiret Orléans 72.096 68.614 48.976
- Maine-et-Loire Angers 83.786 82.935 58.464
- Manche Cherbourg 43.73i 43.837 35.58o
- Marne Châlons-sur-Marne ..... 3i.367 27.808 21.699
- Reims 115.178 109.859 71 • 994
- Mayenne Laval 30.252 29.751 26.343
- Meurthe-et-Moselle . . . . . Nancy • 19-949 110.570 52.978
- Morbihan ... Lorient 49-o39 46.4o3 34.660
- Douai 36.314 33.247 2,3.840
- Dunkerque . 38.891 38.287 34.35o
- Nord Lille Roubaix 217.807 122.723 205.602 121.OI7 158.117 75.987
- Tourcoing 82.644 81.671 43.322
- Valenciennes 34.766 3i.769 24.662
- 1 Boulogne 53.128 5i.201 39.700
- Pas-de-Calais Calais Lens 72.322 31.812 66.627 27.744 12.843 7.298
- Puy-de-Dôme Clermont-F errand 65.386 58.363 37.357
- Pyrénées (Basses-) Pau 37.149 35.044 57.3oo
- Pyrénées-Orientales Perpignan 39.510 38.898 27.378
- Rhin (Haut-) (partie française). Belfort 39.371 34.649 8. o3o
- Lyon 523.796 472.114 323.417
- ) Villeurbanne 42.526 33.890 7-474
- A reporter 4.625.215 4.387.828 2.g36.716
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-
- BIBLIOGRAPHIE
- rifisme. Dans la première, l’auteur montre comment l’étude des phénomènes singuliers de l’hystérie et de l’hypnose l’a graduellement conduit à admettre les phénomènes spirites. La seconde partie, de beaucoup la plus étendue, est consacrée à l’etude de ces phénomènes chez divers médiums, en particulier chez la célèbre Eusapia Paladino. Quelles que soient les réserves à faire sur les conclusions de l’auteur, on ne peut contester le caractère méthodique et complet de son étude.
- Les clichés pelliculaires. Contre-types et clichés retournés, par L. Tranchant. Une brochure de la bibliothèque de la Photo-Revue. Paris. Charles Mendel, éditeur, 1911. Prix : 60 centimes.
- Le procédé à l’huile, par C. Puyo, nouvelle édition revue et augmentée. Une brochure de 96 pages, avec exemples démonstratifs formant six planches hors texte tirées sur papier au bromure. Paris. Charles Mendel, éditeur, 1911. Prix : 3 francs.
- Jteo
- IgD
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- atL
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE U A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22janv. 1912. 5° 5 E. N. E. 2. Couvert. 1,3 Très nuag. ; halo à 14 h. ; pluie de 21 h. 23 à 22 h 30.
- Mardi 5 .... 6° 7 S. 0. Couvert. 10,7 Couvert; pluie de 1"S5 à 4h 55, de 7" 15 à 16" et de 1811 45 à 22h 50.
- Mercredi 24 ... . 5° 1 S. 2. Couvert. » Nuageux.
- Jeudi tS 5° 0 S. S. W. 1. Couvert. » Gelée blanche; brouillard; couvert.
- Vendredi 26 ... . 5°,U S. 1. Couvert. » Couvert; faible brouillard.
- Samedi 27 .... . — 0°.8 N. E. 6. Beau. )) Peu nuageux.
- Dimanche 28. . . . — 4°,8 N. E. 3. Beau. )) Beau; gelée blanche; halo lunaire.
- JANVIER 1912. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JANVIER 1912.
- Mercredi
- Vendredi ! Samedi
- Dimanche
- G MIDI G MIN 6 MIDI G MIN G MIDI 6 MINING MIDI 'S ;MIN G»ÙDI' G MIN
- 10
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- 15°
- 10°
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- 10S
- La courbe supérieure indique la nébulosité de b à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- .Résumé généra] d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 22 au 28 janvier. — Le 22. Baisse bar. générale. Pluies sur le N. et le S. de l’Europe. En France : Cap Sicié, 17 mm; Nice, i4; Perpignan, 9. Temp. du matin : Moscou, —190; Nancy, 1; Paris, 5; Marseille, 9; Alger, 16; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : u°,2). — Le 28. Basses pressions de S.-W. au N.-W. de l’Europe. Fortes pr. sur le S.-E. du continent (Bucarest, 770 mm) Pluies sur le W., le N. et le S. de l’Europe. Eu F rance : Ouessant, 17 mm ; Bordeaux, 12; Nancy, 5; Paris, 3. Temp. du matin : Moscou, —21; Belfort, 4; Paris, 7 ; Toulouse, 11 ; Marseille, 12 ; moyenne à Paris : 70,7 (normale.: 2°,2). —Le %[\. Basses pressions générales. Dépressions sur la France et les I es-Britanniques (cap Lizard, 748 mm) et sur le N. de la Russie (Arkhau-gel, 744). Pluies sur le W. et le N. de l’Europe. En France : Marseille, 17 mm; Charleville, 12; Paris, 10; Nantes, 6. Temp. du matin : Nancy, 3; Paris, 5; Biarritz et Marseille, 12; moyenne à Paris : 70.1 (normale : 2o 2). — t e 25. Basses pressions sur tout le conlinent. Pluies sur le W. et le S. de l’Europe. En France : Nice, 3i mm Marseille, i3; Brest, 12; Calais, 3. Temp. du matin : Nancy, 20; Paris, 3; Bordeaux, 4; Marseille, 7;
- Palerme, 15 ; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 2°,3). — Le 26. La pression se relève sur le N.-W. de l’Europe (765 mm en Ecosse). Dépression sur le N.-E. du continent (Arkhangel, 745); sur le Centre (Varsovie, 753). sur les Açores. Pluies générales. En France : Nantes, 16 mm; Besançon, 10; Nice, 5; Cherbourg, 2. Temp. du matin : Uleaborg, —28°; Charleville, 1; Paris, 3; Perpignan, 8; Alger, 11; moyenne à Paris : 3° (normale : 20,3) — t-e 27. La pression s’élève sur tout le N.-W. de l’Europe Dépression sur la Méditerranée. Pluies sur le W. Neiges dans le Centre et le N. En France : cap Sicié, 20 mm; Nice, 7; Cherbourg, 5; Nantes, 1. Temp. du matin : Le Havre, —2; Paris, — 1; Nancy, o; Biarritz, 7; moyenne à Paris : —o°,i Inormale : 2°,3). — Le 28. Fortes pressions sur le continent. Dépressions sur la Méditerranée, sur l’Exirême Nord (Vardoe, 744), et au voisinage de l’Islande. Neiges dans le N. de l’Europe. Pluies sur le S. de la France : Clermont, 18 mm; Nice, i5; Biarritz, n-Temp. du matin : Moscou, — 29°; Paris et Nancy, — 5: Biarritz, 3. — Phases de la Lune : Premier Quartier le 27, à 9 h. 1 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, 'Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- .La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2020 — 10 FÉVRIER 1912 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Le dépérissement des pins. — M. Feist a examiné récemment un cas de rougissement des aiguilles de pin et de dépérissement des arbres, occasionnés par des gaz provenant de grillage de sidérose ou carbonate de fer et contenant o,3 pour xoo d’acide sulfureux. Des aiguilles de pin normales contiennent 1,09 pour 100 de sulfates, tandis que les aiguilles malades en renferment 1,69 pour 100; la teneur en cendres de ces dernières s’accroît de 31,6 pour 100 en même temps que leur alcalinité diminue. Ces changements expliquent certainement l’état maladif des arbres et démontrent une fois de plus les précautions que doivent prendre les grandes usines avant de déverser leurs produits gazeux dans l’atmosphère.
- Un vibrographe. — La firme Siemens frères et C° vient de faire construire un instrument appelé « vibro-graphe » et destiné à enregistrer en unités bien définies les vibrations des corps solides de quelque espèce qu’elles soient. Il se compose essentiellement d’une coupe remplie de mercure sur lequel flotte un miroir, qui est disposé de telle sorte, qu’il ne peut se mouvoir que sous l’action des « rides » produites par la vibration à la surface du mercure. Grâce à la lumière d’une petite lampe, ce miroir reflète un point lumineux sur un cylindre tournant, recouvert de papier photographique, et les vibrations éprouvées par le mercure et par le miroir flottant donneront au développement une ligne ondulée. Lorsque les vibrations se font dans un même et seul plan, la figure produite est relativement simple; elle devient très complexe au contraire lorsque les vibrations proviennent des petits mouvements de plusieurs plans. Lorsqu’on ne désire pas obtenir les représentations graphiques des vibrations, on peut remplacer le cylindre par un réseau composé d’un écran de verre couvert de lignes et qui permet de mesurer l’étendue des vibrations. L’instrument est fourni avec trois coupes, de façon à ce que le vibrographe puisse enregistrer les vibrations fortes (o,3 mm moyennes) (0,08 mm) ou faibles (0,02 mm) et chaque coupe étant accompagnée d’une série de courbes-types, il est possible de déterminer par comparaison sur le papier photographique la nature des vibrations enregistrées.
- Le mal des aviateurs. — Les Drs Moulinier et Gruchet viennent de signaler divers troubles que présentent les aviateurs pendant leurs ascensions en aéroplane. A la montée, vers i5oo mètres, la respiration devient plus fréquente, le cœur bat plus vite, un malaise apparaît; douleur à la tête, bourdonnements d’oreilles, parfois hallucinations; le froid devient très pénible, les mouvements perdent de leur, souplesse et de leur sûreté. Ces troubles rappellent le mal des montagnes mais apparaissent à une moindre altitude, puisqu’en montagne on ne souffre généralement que vers 4000 mètres et en ballon à 4 ou 5ooo mètres et plus. Pendant la descente, surtout si elle est rapide, la sensation de malaise s’ac-
- centue; la figure cuit, les yeux piquent, l’aviateur a un invincible besoin de dormir, il se sent engourdi et angoissé. Après l’atterrissage, la somnolence augmente ainsi que les bourdonnements et les vertiges. Moulinier et Cruchet citent un aviateur qu’on trouva en pleine campagne dans son appareil endommagé et qui, réveillé, ne se rappelait plus comment il avait atterri. Ces troubles expliquent peut-être la mort de Chavez pendant la traversée des Alpes et celle de Hoxsey, à Los-Angeles, qui à près de 23oo mètres descendit en 2 minutes trois quarts et se tua net.
- Chute mortelle d’un inventeur de parachute. —
- Un tailleur parisien, M. François Reichelt, avait imaginé, pour diminuer la gravité des 'accidents d’aviation, un vêtement parachute, devant se déplier automatiquement en cas d’accident et éviter au pilote les conséquences de la chute. Le malheureux inventeur a voulu expérimenter sa création. Le 4 février, il se lançait du haut du premier étage de la Tour Eiffel. Il vint immédiatement se fracasser sur le sol et périt sur-le-champ.
- L’usure des rails et l’acier au titane. — Des essais intéressants ont été entrepris par le chemin de fer de Baltimore et de l’Ohio en mesurant dans des courbes l’usure comparée de rails ordinaires et de rails en acier comportant des proportions diverses de titane soit o,o3 pour 100, o,o5 pour 100, 0,10 pour 100 et o,i5 pour 100 de titane métallique. Après essai de 338 jours, voici les usures comparées par rapport à l’acier allié de 0,15 pour 100 de titane dont l’usure fut prise égale à un. Bail extérieur de la courbe usure de l’acier à 0,15 pour 100 de titane = 1,00, acier ordinaire = 1,3a, acier à 0,10 pour 100 de titane= 1,42, acier à o,o5 pour 100 — i,43, acier à o,o3 pour 100=1,57. ÆatZ intérieur acier ordinaire = 1,70, acier à 0,10 pour 100= 1 ,o5, acier à o,o5 pour ioo = i,i5, acier à o,o3 pour 100 = 1,86.
- La rivière souterraine de Serrigny (Yonne). —
- A la suite d’une étude spéciale faite par M. Pinsot, hydrologue à Chamoy (Aube), pour la commune de Serrigny, on a trouvé, à i3 mètres de profondeur, sous un champ, un ruisseau souterrain débitant en basses eaux 345 mètres cubes en 24 heures. Ce ruisseau coule dans une grotte de o m. 80 à 8 mètres de hauteur qu’on a explorée sur 5o mètres de longueur environ; au fond, le ruisseau forme une chute de 3 mètres. Le terrain est dans le calcaire du Barrois (kimméridgien). La position du cours d’eau souterrain a été indiquée exactement par M. Pinsot, sans indices apparents et sans sondages préalables. La commune avait déjà creusé deux puits sans trouver d’eau. M. Pinsot nous écrit que la grotte est ouverte dans une faille; qu’il doit y avoir d’autres cavités; que l’étroit passage haut de o m. 80 est très difficile, comme en grande partie occupé par l’eau ; qu’on va faire un nouveau puits pour éviter cet inconvénient, et que la cascade sort d’une étroite cassure.
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- INFORMATIONS
- Le Parc aux Chenilles. — Il existe dans la banlieue londonienne, dans le comté de Kent, une ferme où l’on élève des chenilles et des papillons. Elle est dirigée par M. L. Newman et occupe une superficie d’un hectare. La moitié du terrain est plantée en bois qui servent à nourrir les singuliers pensionnaires de M. Newman, l’autre moitié est occupée par des cages en treillis (v. 11g. ) dans lesquelles des milliers de papillons sont conservés et soignés avec la plus tendre sollicitude. Ces énormes volières — elles mesurent 5 mètres sur 6 — emprisonnent des plantes et de jeunes arbustes sur lesquels vivent les pensionnaires de M. Newman. Tout autour, d’autres arbustes enveloppés de mousseline abritent des centaines de chenilles d’espèces variées et des cages de zinc, posées sur le sol comme de gros dés à jouer, donnent asile à d’autres chenilles qui se nourrissent
- exclusivement de feuilles de violettes. Enfin une aile de la ferme, transformée en serre, contient un stock de plus de iooooo papillons, rangés par espèces, prêts à être expédiés. Car chaque année, de mai à juillet, M. Newman élève plus de 80000 papillons. Mais, dira-t-on, quelle est l’utilité de cette entreprise et que fait-il de ces insectes? Il les vend à des collectionneurs particuliers (les amateurs de papillons rares sont nombreux en Angleterre) et aux muséums du Royaume-Uni. Fréquemment, M, Newman reçoit des « commandes » de papillons s’élevant à 200 et 3oo francs. D’autre part, si l’on considère qu’une chenille coûte quelques centimes d’entretien et que le papillon Purple Emperor ou Roi de la Forêt, fort recherché des amateurs anglais, se vend couramment de 5 à 6 francs, on aura une idée des bénéfices réalisés par le propriétaire de la Ferme aux chenilles. Pourtant il ne faut pas croire que le métier d’éleveur de chenilles soit une sinécure. Loin de là! Pendant la saison, c’est-à-dire de mai à fin juillet, M. Newman travaille dix-huit heures par jour. De plus, son entreprise comporte de grands aléas. Toutes les chenilles qu’il nourrit ne donnent pas des papillons et la moindre maladresse, soit dans l’emballage des envois, soit dans le coup d’épingle qui fixe le papillon sur le liège, risque de compromettre deux mois de travail et de soins assidus,
- L'expédition de Ï91I de M. et Mmo Bullock-Workman dans le Karakoram. — Cette septième campagne dans l’Himalaya a eu lieu dans la région du Baltistan, en partie inconnue. Le Siachen y serait le plus grand glacier connu en Asie (longueur probable au' moins 80 kilomètres). Sa partie supérieure compte sept
- branches presque aussi larges que le courant principal. Un sommet important, le K3 (7747 mètres) domine le Siachen, lé Dong-Dong et le Bilapho. Le Dr Césare Calciati a exécuté une triangulation d’où il résulte que le Teram Kangri aurait environ 7300 mètres, au lieu des 8400 mètres que le Dr Longstafî lui avait assigné. Le Teram Kangri doit donc être rayé de la liste des pics himalayens de première grandeur. Pendant un mois sur le Siachen, la caravane campa à des altitudes comprises entre 4800 et 58oo m. (d’après la Géographie, ï5 novembre 1911).
- Constructions navales en 1911. — L’année 1911 a été marquée par une extraordinaire activité dans l’industrie des constructions navales; à la fin de l’année on comptait en construction, non compris les bâtiments de guerre : en Allemagne, 8gnavires d’un tonnage total de35o 000 tonnes ; aux Etats-Unis, 5g navires en tout io5ooo t. ; en France, 26 navires représentant 120000 t.; en Angleterre, 335 navires, soit i23oooo t. pour des armateurs anglais et 148 navires, soit 280000 tonnes pour des armateurs étrangers. Ces chiffres montrent que l’Angleterre continue à tenir, de très loin, le premier rang.
- Les fouilles de Délos en 1911 ont porté sur : i° l’heraion, où le sanctuaire primitif a livré une admirable collection de vases antiques; 20 la vallée de l’Inopos, dont les réservoirs ont été complètement déblayés; 3° le gymnase, qui a fourni de très précieuses inscriptions ; 4° la région du théâtre, où l’on a découvert deux temples ; 5° le nouveau sera-peion. Parmi les trouvailles archéologiques il faut signaler encore deux statuettes, le sénatus-consulte de l’an 166 avant Jésus-Christ, une liste de gymnasiarques de Délos, plusieurs textes apportant des renseignements nouveaux sur les cultes égyptiens, etc.
- A ce propos, voici ce que rapporte M. L. Cayeux sur les applications de la géologie à l’archéologie. Tous les voyageurs qui ont exploré Délos l’ont présentée comme une terre dépourvue d’eau. Or l’élude hydrologique qui en a été faite en 1906 a révélé l’existence d’une nappe aquifère très riche, emprisonnée dans du granité et du gneiss fendillés, nappe qui contribuait pour une large part à l’alimentation de la ville. Les recherches, entreprises pour retrouver le cours inférieur de l’Inopos, perdu au milieu des ruines, ont démontré que les eaux de ce torrent s’étalaient à l’origine sur une partie du sanctuaire, sur l’emplacement du Lac Sacré, etc., et que les travaux d’endiguement et de captage avaient transformé le torrent en une source d’eau potable pour la ville et livré aux architectes toute la partie basse du cours d’eau, jusque là couverte par des eaux marécageuses. [Bull. Soc. Géol. de France, 1910, p. 404.)
- La Vénus de Laussel. — Nous avons signalé dans La Nature (n° 2009, 25 novembre 1911, p 4*3), la dé-, couverte faite en 1910 par le Dr Lalanne, à' Laussel (Dordogne),. au lieu dit Bois du Cap Blanc, d’une longue frise de bas-reliefs sculptés de l’âge du renne représentant des chevaux et des bovidés grandeur nature. Une découverte non moins sensationnelle vient d’être effectuée dans la même localité et par le même chercheur, et signalée à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres par M. C. Jullian dans la séance du 26 janvier. Il s’agit, cette fois encore, d’un bas-relief sculplé et d’assez grande taille, puisque le bloc mesure 45 centimètres de cité. Mais ce n’est plus une représentation animale ; c’est une figure humaine, une femme nue, qui boit dans une corne de bison. La femme est du type stéatopyge qui était déjà connue par quelques découvertes de Piette (voy. n° i83a,
- 4 juillet 1908, p. 74). Elle présente en outre un certain nombre de particularités intéressantes au point de vue technique : c’est ainsi, que le sculpteur a visiblement profité d’un renflement du bloc dont il disposait pour décorer son personnage d’uii abdomen drôlement volumineux. On estime, dans les milieux où Ton s’occupe de préhistoire, que c’est la découverte la plus importante qu’on ait faite en ce domaine depuis de longues années.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ‘Electricité
- Entretien et charge des accumulateurs. — Les
- petits accumulateurs trouvent de nombreux usages pour 1 éclairage domestique ou des automobiles. Mais pour qu un accumulateur se conserve et ne soit pas rapidement hors d’usage, il faut soigneusement le surveiller. Dès que l'éclairage de la lampe a tendance à baisser, c’est signe que l’accumulateur a besoin d’énergie nouvelle; il faut qu’il soit rechargé. L’accumulateur, on le sait, est un réservoir d’énergie électrique, mais il ne faut pas le vider à
- fond, sinon les plaques subissent des actions chimiques trop violentes, ce qui donne lieu à leur sulfatation et les met sinon complètement hors d’usage, du moins restreint singulièrement leur durée.
- Pour contrôler un accumulateur, il est nécessaire de prendre le voltage de l’élément avec un voltmètre. Quand on n’a qu’une petite batterie, un voltmètre forme montre (fig. i) bon marché est très suffisant; en touchant les deux bornes de l'élément d’accumulateur, dans le
- Lampe
- Socle de prise
- Sodé
- Fig 2.
- bon sens, l’aiguille se déplace et indique le voltage de l’élément. Ce voltage ne doit jamais être inférieur à îToIt,8. Une fois ce point atteint, il faut recharger l’élément. Le plus simple est de le porter à un électricien (ou à un garage d’automobiles) qui pour une batterie de 4 volts ordinaire en bacs celluloïd de 4® ampères-heure, prendra 3 francs environ.
- De temps en temps, il faudra examiner l’élément par transparence, pour voir si les électrodes ne se sont pas
- Fig. 3-
- par trop désagrégées. La poussière qui en tombe, se rassemble au fond du récipient; il faut éviter que l’amas formé touche les électrodes ou plaques, car on pourrait avoir des courts-circuits. Quand l’amas devient important, il faut vider et nettoyer le bac. Ceci est très délicat et demande une habitude professionnelle surtout pour les bacs celluloïd.
- Il peut arriver qu’on ait chez soi une distribution d’éclairage fournie par le secteur d’une ville et qu’on ait, malgré tout, besoin pour l’éclairage de locaux spéciaux, tel qu’un laboratoire de photographie, d’une petite lampe à très bas voltage alimentée par une petite batterie d’accumulateurs, de 4 volts par exemple. Pour la recharger, on peut alors le faire, en prenant le cou-
- Fig. 5.
- Fig. 6.
- Bouchon à baïonnette
- Fig. 7.
- , Bouchon a broches
- 2#
- Fig. 8.
- rant, sur la distribution d’éclairage, mais il est indispensable que le courant soit du courant continu et non du courant alternatif. En effet, ce dernier change de sens constamment et l’accumulateur ne peut emmagasiner du courant que dans un sens déterminé.
- Pour reconnaître la nature du courant, on le fera avec un aimant et le filament de la lampe à incandescence (décrit dans La Nature). On fabrique ensuite une petite planchette de charge. Pour cela, il faut d’abord déterminer le nombre et la puissance des lampes qu’il faut monter dans le circuit. Voici une petite règle simplifiée.
- Supposons que nous ayons une batterie de
- 4 volts d’une capacité de 4o ampères-heure.
- Il faut la charger à un régime d’environ 1/20 de la capacité, c’est-à-dire à 2 ampères. Multiplions 2 par
- le voltage du circuit d’éclairage, soit xio volts par exemple, nous obtiendrons 110X2, soit 220 watts. La charge durera environ 40 amPfere^~herf2 soit 20 heures. Le circuit des lampes devra laisser passer 2 ampères et consommer 220 watts.
- Les lampes à incandescence consomment 3 watts par bougie, s’il s’agit de lampes de 16 bougies,
- 3.5 watts pour des lampes 10 bougies, 4 watts pour des lampes
- 5 bougies et seulement
- 1.5 watt par bougie pour les lampes à. filament métallique.
- Prenons des lampes de 10 bougies ; en divisant 220
- par 3,5 nous aurons le nombre de bougies, soit
- environ 70 bougies. Nous prendrons donc 7 lampes de 10 bougies. (Le calcul serait différent s’il s’agissait d’une batterie à voltage élevé).
- Sur une planchette de bois (fig. 2) d’environ 80 cm de long et 10 cm de large, on fixera avec des vis à bois, des supports de laiüpe à vis ou à baïonnette (fig. 3), en bois ou en porcelaine. Deux conducteurs de cuivre en fil d’éclairage relieront toutes les bornes de droite et
- toutes les bornes de gauche. D’un côté comme de l’autre, ces fils seront reliés à une des bornes d’une prise de courant à broche en porcelaine (fig. 4). Les deux bornes des prises de courant libres seront reliées par un conducteur en fil de cuivre isolé (fig. 2).
- On préparera avec les deux bouchons des prises de courant les dispositifs suivants :
- x° Un bouchon sera relié par un fil souple à deux conducteurs (fil servant aux lampes ordinaires) de longueur suffisante à un bouchon (fig. 5,6 et 7) qu’on pourra fixer dans la prise de la lampe qui est la plus voisine du compteur pour éviter réchauffement dangereux des conducteurs.
- 20 Le deuxième bouchon comportera un même fil souple à deux conducteurs dont les extrémités soigneusement dénudées seront laissées libres (fig. 8). (Eviter de laisser ces fils se toucher sans cela on aurait un court-circuit qui fondrait les plombs).
- Fig. 9-
- Fig. 10.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Ces extrémités libres seront reliées aux bornes de la batterie en ayant soin que le fil positif aille bien au pôle positif, le fil négatif au pôle négatif.
- Pour reconnaître la polarité des fils, on peut utiliser un indicateur de pôles. Si on veut éviter l’achat de cet appareil, on prendra du papier chercheur de pôles qui est bleu. On met les deux fils à une petite distance l’un de l'autre en contact avec le papier (ceci lorsque les douilles et les bouchons sont tous en place, les lampes sont alors allumées) le fil qui fait rougir le papier est le fil positif; il s’est passé un petit phénomène d’élec-trolyse (fig. 9). On peut aussi plonger les extrémités des fils, toujours à distance l’une de l’autre, dans un verre plein d’eau additionnée d’un peu de vinaigre; le fil qui donne le plus grand dégagement gazeux est le fil négatif (fig. 10), le gaz dégagé à ce fil est de l’hydrogène, on peut l’enflammer avec une allumette.
- Les pôles bien reconnus, on relie les fils aux bornes de même polarité de la batterie, la borne positive en général est rouge, et la charge commence. On ne doit l’interrompre qu’une fois finie. On reconnaît que la batterie est suffisamment chargée lorsque le dégagement gazeux est abondant et que le liquide bouillonne, le liquide commence à s’électrolyser et prend une apparence laiteuse. Le voltage de la batterie est alors de 2,5 volts par élément,la charge est finie ; on enlève le bouchon prise de courant de sa douille et on détache les fils.
- Si avant de charger, on s’aperçoit que le liquide ne recouvrait pas suffisamment les plaques, 1 centimètre au-dessus environ on ajouterait de l’eau très pure, de l’eau distillée est préférable, en la versant par les bouchons en celluloïd. Il faut avoir soin de ne pas toucher aucune partie métallique avec les fils dénudés et de ne pas les laisser se toucher entre eux.
- On pourrait éviter de faire une planchette et utiliser l’éclairage de l’appartement, mais ceci est plus compliqué et pourrait donner lieu à de fausses manœuvres, il est d’ailleurs assez difficile de fixer une règle générale, car tout varie suivant l’installation.
- Enfin, au lieu de prendre des lampes de xo bougies, on pourrait utiliser des lampes d’un nombre quelconque de bougies, des lampes à filament métallique quelconques il suffit de faire le calcul précédent en conséquence en prenant la consommation correspondante par bougie.
- c$»&. Mécanique ^
- Machine à plomber et à étiqueter les bouteilles.
- — Pour prévenir les fraudes sur le contenu, on se sert pour les bouteilles de fermetures de sûreté,
- capsules en feuilles d’étain, étiquettes appliquées au-dessus du bouchon, etc. Comme les capsules ne sauraient guère s’appliquer aux bouteilles à fermeture mécanique, on emploie souvent dans ce cas une bande de papier fixée avec de la colle au goulot et au bouchon. Ce mode de fermeture est ! : peu hygiénique. Aussi
- s’attache-t-on depuis quelque temps à assurer la sécurité des bouteilles par des plombs ou des bandes de papier fermées à l’aide de boucles métalliques.
- La machine à étiqueter e t à plomber les bouteilles que vient de construire l’usine Fortuna-Werke, à Cannstatt-Stuttgart effectue automatiquement le poinçonnage des étiquettes et, les fixe automatiquement aussi au goulot au moyen de ficelle. A cet effet, cette machine compoi’te trois mécanismes différents ; le premier est le dispositif servant à découper les étiquettes. Sur une bobine se déroule une bande de papier sans fin, traversant une poinçonneuse, de façon que la bande perforée avance automatiquement au-dessous du poinçon ; chaque étiquette est découpée à part.
- Fig. I.
- — Machine à plomber et étiqueter.
- Le papier découpé est visible à la gauche de la figure 1.
- Le second mécanisme sert à découper une longueur donnée de ficelle, laquelle sur son chemin (d’une bobine , à travers une tige creuse) est saisie à l’un de ses bouts, par une pince, après quoi la tige de guidage recule en arrière.
- L’autre bout est saisi par une autre pince, en même temps que la ficelle ainsi fixée est coupée avec un couteau circulaire.
- Le troisième mécanisme sert à former des fiches métalliques avec du fil métallique plat conduit, de la bobine visible figure 1, au sommet, à gauche, à un dispositif imprimant les initiales de la brasserie ou un signe caractéristique quelconque sur le fil plat. Après avoir ensuite été recourbé enforme d’U, ce fil arrive au-dessus d’une enclume où les extrémités de la fiche sont recourbées en dedans.
- Ces trois mécanismes sont combinés de façon que pendant que l’étiquette ponçonnée est conduite sur un traîneau vers l’extrémité du dispositif fabriquant les fiches, la ficelle, retenue par deux aiguilles parallèles, soit passée à travers la fermeture mécauiquë de la bouteille, où deux tiges saisissant ses deux extrémités la ramèneront vers l’arrière de la bouteille. C’est là que la ficelle est retenue sur l’étiquette (celle-ci, eii attendant, est devenue mobile sur l’enclume), jusqu’à ce que la fiche en forme d’U, comprimée au même endroit par le troisième dispositif, soit fermée sur l’enclume et achève l’étiquetage de la bouteille. Les différentes opérations sont terminées en deux secondes. Aussitôt qu’une bouteille a été étiquetée, la machine retourne automatiquement à sa position de repos, d’où elle recommencera le même jeu, aussitôt qu’une autre bouteille ayant été insérée, le levier de démarrage aura été actionné en même temps. Le rendement normal — d’environ 1200 bouteilles par heure — correspond parfaitement au rendement d’autres machines de brasserie (machines à laver et à remplir les bouteilles, etc.).
- Cette même machine, sous une forme légèrement modifiée (fig. 2) fonctionne avec des étiquettes poinçonnées, ce qui permet de se passer de la grande bobine à bande perforée et du dispositif à poinçonner. Cette modification simplifie le service, réduit les frais d’opération et évite les déchets de papier si gênants.
- ejgiss, Divers ***&>
- Le Pîoch. — Le Pioch est un petit instrument indispensable dans tous les ménages, particulièrement dans les cafés. Il rend pratique une opération désagréable entre toutes, celle de débiter des blocs de glace en petits morceaux.
- Le manche de l’instrument -est fait d’une double branche en fil métallique à l’intérieur de laquelle se meut un pilon P.
- Les deux branches se terminent par une petite pioche B, à tranchant et à pointe, que l’on manœuvre comme une pioche ordinaire pour débiter les morceaux de gros volume. Dans ce cas le poids du pilon vient s’ajouter à celui de la pioche et le bloc se fend très régulièrement.
- Sous cette pioche passent les deux pointes des branches constituant le manche. Elles servent à débiter la glace en petite morceaux. Pour cela on les pose sur le bloc, et on remonte le pilon dans le manche; en le laissant tomber il agit sur la base de la pioche, en A, et oblige les pointes à pénétrer dans la glace qui se rompt au bout de deux ou trois chocs. — Le Pioch se trouve chez Mrao Muller, 3g, rue des Cités, à Aubervilliers (Seine).
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- VARIETES
- Conséquences d’un hiver sans neiges ni frimas.
- — La température exceptionnellement douce qui caractérise la première partie de l’hiver a eu jusqu’ici une agréable répercussion sur les prairies et les champs cultivés. Les premières sont toujours recouvertes d’épais gazons qui permettent d’y entretenir les troupeaux et d’économiser ainsi le foin devenu rare par la sécheresse de l’été, et les seconds verdoient sous la luxuriante végétation des seigles et des blés. Mais, si séduisants que soient ces avantages, il est à craindre qu’ils ne soient plus apparents que réels et qu’ils ne se résolvent en tristes conséquences.
- Déjà sous les pluies abondantes qui, par suite de cette température, ont remplacé neige, givre et glace, les rivières débordées ont inondé les prairies des vallées ou les ont transformées en marais où les bestiaux perdent plus d’herbe avec leurs pieds qu’ils n’en consomment avec leur bouche, et sur les champs apparaissent de nombreuses touffes de coquelicots, de bleuets, de sanves et de ravenelles dont l’envahissement, résultat d’une extraordinaire germination favorisée par l’humidité, menace de compromettre les récoltes si l’hiver ne nous revient avec son froid cortège de neiges et de frimas.
- Tous deux seraient les bienvenus, mais à la condition de venir de suite et, si je puis ainsi parler, à dose fractionnée, de manière à se compléter l’un l’autre. Une gelée de quelques degrés arrêterait la marche de la végétation déjà trop avancée et détruirait des légions d’insectes nuisibles. Puis, la neige, recouvrant le sol de son blanc manteau, lui servirait à la fois de couverture et d’écran : de couverture, parce que peu conductrice ; sa conductibilité calorifique étant trois fois plus faible que celle de l’eau liquide et dix fois moindre que celle de la glace, elle s’opposerait au passage de la chaleur et maintiendrait dans le sol celle que la gelée aurait un peu diminuée tout en la lui laissant suffisante pour la vitalité des plantes. Elle se comporterait comme un écran parce qu’elle empêcherait le rayonnement nocturne. Boussingault l’a démontré expérimentalement, en 1841, au moyen de thermomètres placés sous la neige, sur la neige et dans l’air à 12 mètres du sol.
- Les végétaux et, en particulier, les céréales, peuvent supporter un abaissement considérable de la température, pourvu que la chute de neige ait précédé la gelée, sans quoi ils en subissent les atteintes. Les
- preuves en ont été données à trois époques peu éloignées de la nôtre : en 1879-80 le thermomètre descendit en certains endroits à —3o°, mais les blés qui avaient été recouverts de neige, auparavant, ne souffrirent pas de la gelée, tandis qu’ils ne purent la supporter en 1870-71, ni en 1890-91, bien que le froid n’eût pas été aussi rigoureux, parce que la neige était tombée après l’apparition de celui-ci.
- La sagesse des nations a, d’ailleurs, consigné ces différents faits dans des proverbes qui courent les campagnes : Des neiges avec bon hiver, mettent tout le bien à couvert. — Neige au blé fait tel bénéfice, qu’au veil-lard sa bonne pelisse. — Neige qui tombe en temps qu’il faut, c’est or qui tombe et son prix vaut. A citer encore le proverbe a Sous l’eau la faim, sous la neige le pain » qui établit, bien à propos, une comparaison entre le temps que nous avons et celui que nous pourrions avoir et l’interprétation que lui donnaient nos ancêtres.
- Si l’action protectrice de la neige peut faire défaut dans certains cas, son action fertilisante est toujours constante. On est loin de ce temps où l’abbé Rozier écrivait dans son Dictionnaire universel d’Agriculture : L’assertion d’un chimiste qui dit avoir découvert du nitre dans la neige ne trouve guères plus de défenseurs... » On sait, au contraire, depuis longtemps, que, comme les eaux pluviales qui apportent au sol de l’azote à l’état d’ammoniaque ou d’acide nitrique, la neige en enrichit la terre, mais en plus forte proportion. Tandis qu’un litre d’eau de pluie renferme, en moyenne, 1 mgr,5 à 2 mgr d’azote à l’état ammoniacal, un litre de givre ou de neige fondus en contiennent de 4 mgr,5 à 7 mgr,7, de sorte que l’on a pu en conclure que, selon les saisons et les régions, l’apport en azote, par an et par hectare, oscille entre i5 et 20 kg d’azote, ce qui équivaut à l’épandage de 106 à 14a kg de salpêtre.
- Il est donc à souhaiter que la dernière partie de l’hiver redevienne normale et que le vieux dicton « Si la neige ne vient pas à Noël, il ne faut plus l’attendre », ne se réalise pas, car il y aurait trop à craindre que son absence totale ne cause, en floréal, dans nos jardins et nos vergers, la jonchée des blancs pétales épanouis prématurément sur nos arbres fruitiers et que, sur nos champs, l’or des seigles et des blés ne soit, en thermidor, éclipsé par la pourpre des coquelicots et l’azur des bleuets !
- A. Truelle.
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- La guérison du cancer. — Dans tous les pays la lutte s’organise contre le cancer. Tous les trois ans se réunit un Congrès international, destiné à centraliser tous les résultats obtenus : le premier congrès s’est réuni en 1907 à Heidelberg, le deuxième en octobre 1910 à Paris.
- Ce sont surtout les recherches expérimentales sur le cancer des animaux qui ont excité l’émulation des travailleurs. Le cancer n’est pas, en effet, comme on l’a cru longtemps, une maladie particulière à l’homme, il existe dans toute(la série des vertébrés,y compris les poissons.
- Les recherches des vétérinaires inspecteurs des viandes aux abattoirs ont montré que le cancer était aussi fréquent chez les herbivores (cheval, vache, mouton) que chez les carnivores (chien, chat) et les rongeurs (rats, souris).
- Les souris se prêtent particulièrement à l’étude du cancer, car elles peuvent vivre et se reproduire en bocaux et sont séniles au bout de deux ans. Il est donc beaucoup plus facile d’étudier le problème de l’hérédité du cancer chez elles que chez l’homme. Bashford a pratiqué des croisements de produits de père et mère spontanément cancéreux avec des souris spontanément cancéreuses. Il a pu ainsi accumuler l’hérédité cancéreuse dans des proportions considérables par rapport aux conditions humaines : il n’a pas observé de proportion
- de tumeurs plus grande que chez les individus du même âge de souche indemne.
- La contagion du cancer spontané a préoccupé beaucoup d’observateurs. On a pensé qu’il pouvait avoir des « cages à cancer », comme pour l’homme des « maisons à cancer ». On a bien observé plusieurs cas de tumeurs spontanées dans la même cage, mais on pouvait ensuite pendant des mois faire passer dans cette cage un grand nombre d’animaux, sans observer le moindre cancer.
- On a cherché à reproduire, à greffer le cancer, mais ici on s’est heurté à un phénomène capital : la spécificité zoologique du cancer. Il est impossible de greffer un fragment de cancer de souris à un lapin, de cancer de chat à un chien. Comme pour les tissus normaux, c’est l'auto-transplantation (sur le même animal) qui réussit le mieux ; l’homo-bransplantation (sur un animal de même espèce) peut réussir, mais d’autant mieux que l’animal greffé est plus proche, par sa descendance, de l’animal qui a fourni le greffon.
- C’est ainsi qu’un cancer de souris blanche de Francfort, très virulent pour les souris de cet élevage, l’est beaucoup moins aux premiers passages pour les souris blanches de Paris, et ne donne presque pas de résultats positifs sur les souris grises sauvages. Si, par contre, on l’habitue à ces nouveaux hôtes, on peut après quelques passages lui rendre sa virulence première.
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- Mais, quel que soit l’artifice employé, on ne peut obtenir de succès chez des animaux d’espèces différentes, quoique très voisines, comme le mulot et le rat. Chez le rat, la greffe d’un cancer de souris peut continuer à s’accroître pendant quelques jours, puis elle demeure stationnaire et se résorbe complètement.
- Nous, ne connaissons rien de la nature intime du cancer. Le microscope révèle seulement que ces tumeurs sont formées d’une agglomération de cellules douées d’une très grande énergie de développement et de multiplication.
- On s’est demandé s’il était possible d’atteindre dans l’organisme vivant ces cellules, bien plus actives que les cellules normales, de les arrêter dans leur développement et de les détruire, sans nuire aux autres cellules de l’organisme. *
- Ce problème semble avoir été résolu par les expériences récentes de Wassermann et Hansemann chez la souris.
- Gosio avait montré que certains sels, comme le sélé-niate et le tellurate de soude, avaient la propriété d’être réduits par les cellules vivantes et de se déposer en une poussière noirâtre ou rougeâtre ; ces corps étaient ainsi de bons indicateurs de la vitalité cellulaire.
- Wassermann et Hansemann, en mettant ces sels de sélénium et de tellure en présence de tissu cancéreux humain frais, constatèrent que ces métalloïdes réduits ne se déposaient qu’en certains points des fragments cancéreux, en particulier au niveau des cellules cancéreuses et au voisinage du noyau de la cellule. Ils en conclurent que le sélénium et le tellure avaient une action élective pour le tissu cancéreux, où la vitalité est plus grande, le besoin d’oxygène plus intense, le pouvoir réducteur plus marqué et ils entreprirent d’utiliser ces corps pour combattre la malignité du cancer.
- Wassermann injecta en pleine tumeur cancéreuse chez la souris une solution à i pour 1000 de sélaniate et de tellurate de soude : la tumeur se ramollit, devint liquide et s’évacua au dehors.
- Il essaya alors de faire pénétrer automatiquement le composé chimique dans la tumeur en l’introduisant dans le sang. Là il se heurta à une difficulté : car les sels étaient réduits par d’autres cellules avant d’arriver au cancer.
- Wassermann tenta alors de combiner ces sels avec des corps extrêmement diffusibles, comme des matières colorantes de la série du triphénylméthane : fluorescéine, éosine, etc.,qui se répandent dans tout l'organisme avec une extrême rapidité.
- La combinaison qui lui donna le meilleur résultat, fut une combinaison d’éosine et de sélénium, poudre rouge facilement soluble dans l’eau.
- Une souris de i5 grammes supporte une injection intraveineuse de i cmc d’une solution à 1/400, par conséquent 2,5 milligr. Une dose plus élevée amène la mort de l’animal. Après l’injection, tout le corps prend une coloration rouge intense, ainsi que l’urine et les matières pendant quelques jours.
- Chez les souris cancéreuses, on note après la troisième injection un ramollissement de la tumeur qui diminue et disparaît au bout de la sixième ou septième injection. Mais parfois, pendant le stade de résorption de la tumeur, les souris peuvent mourir.
- Toutes ces expériences concernent exclusivement la souris. Or, il existe de grandes différences entre le cancer de la souris et le cancer de l’homme. Rien n’autorise donc à conclure de l’un à l’autre ; et il serait regrettable que les expériences de Wassermann fassent naître dans le cœur des malheureux cancéreux des illusions mal fondées jusqu’ici.... Dr R. Burnier.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonueme it. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être réjiondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- briquet Pif-Paf. — Dans notre numéro du 20 janvier 1912 (Science appliquée), nous avons omis de dire, qu’en outre des bureaux de tabacs où il se trouve en vente, le briquet Pif-Paf sera expédié franco à tout lecteur de La Nature, contre l’envoi de o fr. 5o en timbres-poste, adressé à l’inventeur, M. Poulain, 29, avenue de Wagram, à Paris.
- Renseignements. — MM. P. Couillard et Cu, à Nancy et L. de la Bastide, à la Cour (Cher). — Nous ne savons si on fabrique en France des dalles granitoïd. Le mieux serait de vous adresser aux constructeurs des appareils que nous avons décrits : Dr Gaspary et Cie, Markranstadt près Leipzig.
- M. le colonel F., à Paris. — 1" La théorie cinétique des gaz a été constituée par Boltzman, dont l’ouvrage fondamental est traduit en français avec des notes addi-tives de M. Brillouin (Boltzman, Théorie cinétique des gaz, 2 tomes, Gauthier-Villars, éditeur). On trouve des exposés plus simples dans un certain nombre de livres d’enseignement supérieur. En particulier Bouasse : Cours de Physique, tome II, pages 199 à 217, Dela-grave, éditeur; ;— 20 La théorie de Maxwell est exposée d’une façon élémentaire dans les ouvrages de Tissot : Les oscillations électriques, pages 25o à 338, Doin, éditeur, et Poincaré : Les oscillations électriques, collecîion Scientia, Gauthier-Villars, éditeur; — 3° Quant à l’hypothèse de Planck, développée par son auteur, dans des Mémoires allemands, il en existe un exposé fait par l’auteur même dans une conférence à la Société de physique et paru dans le numéro de mai 1911 du Journal de Physique (5, rue de la Santé). On peut aussi se reporter à ün article de Bloch « Récentes- hypothèses sur
- la structure de la lumière », Revue scientifique, 18 mars 1911, et à un article mathématique de Poincaré (Journal de Physique, janvier 1912). Ajoutons que la série des conférences « les idées modernes, sur la constitution de la matière » paraîtra in extenso dans un volume édité par la Société de physique.
- M. Sellier, à Nogent-sur-Marne. — Aucun des procédés divers d’éclairage ne remplace absolument, à ce point de vue, la lumière du jour. Les lumières blanches comme celles du bec Auer par exemple, peuvent dans certains cas, ne pas changer l’aspect des teintes, mais ceci dépend souvent de la nature de ces dernières.
- M. le colonel Béra, à Paris. — On a publié de véritables volumes sur cette question, entre autres La pierre artificielle, par Stoffler, in-12 de 4 fr. 5o, B. Tignol, édit., 53, quai des Grands-Augustins.
- M. Gilly, professeur à Bouffarik. — Le procédé Twit-chell est en effet breveté et le brevet, quoique devant bientôt tomber dans le domaine public, est, croyons-nous, encore en vigueur. Toutes les publications récentes de savonnerie le mentionnent, mais sans grands détails. (Voir surtout le 36 volume du Traité des huiles, graisses et cires, de Lewkovitsch, pp. 1720 et 1754 Dunod, édit., quai des Grands Augustins). M. Bontoux, ingénieur-chimiste, conseil de Marseille, 14» rue Saint-Suffren, pourrait sans doute vous renseigner pour les questions d’application et de licences d’exploitation.
- M. Bigarnet, à Nevers. — Il faut imperméabiliser la surface des statuettes, en les badigeonnant après nettoyage et séchage, soit avec de l’huile de lin cuite (qui donne une teinte jaunâtre), soit avec une solution concentrée de silicate dépotasse. N’exposer à l’air qu’après complète dessiccation.
- M. Borelli, rue Sylvabelle, à Marseille. — Plutôt que d’apprêter le celluloïd avec un enduit gélatiné quelconque, ce qui ne permettrait que d’obtenir des inscriptions peu solides; mieux vaut colorier directement en employant des couleurs délayées dans l’acétone qui ramollit superficiellement le celluloïd et assure la pénétration des pigments.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Paille, à Versailles. — Vous trouverez la description d’une excellente méthode pour percer de gros et petits trous dans le verre, page 200 du tome II des Procédés mécaniques spéciaux et tours de main, de Grimshaw (Gautier-Villars, édit., 55, quai des Grands-Augustins).
- M. Dassonville, place de la Madeleine, à Bruxelles. — Vous trouverez à Paris le vernis Zapon, chez MM. Lo-maille et Dupont, 40, rue de l’Echiquier, et les acéto-celluloses chez M. Singer, 10, rue Richer.
- M. Takvor-Mesrobovitch, rue Validi, à Pera-Constan-tinople. — Votre feuille est en caoutchouc vulcanisé : on ne peut en conséquence la dissoudre. Il faut la coller en l’enduisant après grattage et nettoyage d’une solution de caoutchouc non vulcanisé, telle que celles vendues en petits tubes d’étain pour réparer les bandages pneumatiques.
- M. A. F., à Aubervilliers (Seine). — Chacune de vos questions comportant un grand nombre de réponses, nous nous en tiendrons ici nécessairement à des renseignements succincts : i° L'Astronomie populaire, de Camille Flammarion et les Etoiles et les curiosités du ciel du même auteur, vous permettront de vous familiariser avec l’étude de l’Astronomie. Les deux ouvrages, et notamment le second, donnent des instructions précises sur le choix d’un instrument, instructions que nous vous conseillons de lire avant toute acquisition. — 20 C’est une question de prix. Tout dépend de la somme à consacrer. A notre avis, il est préférable d’acheter immédiatement l’instrument le plus important, en s’attachant à la pecfection de la partie optique. Vous évitez ainsi la perte résultant de l’échange futur d’un petit instrument contre un plus grand.— 3° Maison Bardou-Vial, 55, rue Caulaincourt, Paris. — 4° Vous trouverez dans le Bulletin de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris, tous les éléments d’une étude plus approfondie de l’Astronomie.
- R. B. N. — Galvanisation. — Vous trouverez les renseignements que vous désirez dans les ouvrages suivants : La galvanisation à froid, par Quivy. 1 vol., chez Dunod et Pinat, 49» quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : 2 fr. 5o. Pour la galvanisation à chaud, il suffit de tremper les pièces bien décapées dans un bain de zinc fondu.
- M. Kœchlin, à~Mulhouse. — Nous n’avons pas de détails, pour l’instant, sur l’appareil que vous nous signalez. Cet appareil ne semble pas, jusqu’ici, avoir été réalisé. En fait d’appareil automatique réalisé, nous ne connaissons que celui d’Enjalbert décrit dans La Nature dü'ï'5 juin 1889, n° 837. Il ne se fabrique plus.
- M. II. N. Maule, au Chili. — Comme publications sur la fabrication des vins mousseux (champagne ou saumur), nous ne connaissons que les suivantes : Manuel général des vins, tome II (vins mousseux, champagne), par Edouard Robinet, 5 fr. 5o franco,
- Coulet et fils, éditeurs, 5, Grand’Rue, Montpellier. — Note sur la fabrication des vins mousseux dans les pays chauds, par le même, 1 fr. 5o, librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris. — Manuel pratique des vins mousseux, donnant les méthodes rationnelles pour leur préparation, par Louis Robert, 5 fr. 5o franco, librairie Coulet. — Eaux et boissons gazeuses (Description des méthodes et appareils pour la gazéification des vins), par Gasquet et Jarre, 4 francs, librairie encyclopédique, Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris. — Traité pratique de la préparation des vins de luxe, par Victor Sébastian, 10 fr. 85 franco, librairie Coulet, Montpellier. — Etudes sur la conservation des vins mousseux, par L. Mathieu, 7 francs franco, même librairie. — Traité de champanisation des vins, de M. Weinmann, chimiste-œnologue, à Eper-nay (Marne). Pour ce qui concerne spécialement la question des vins mousseux de Saumur, il n’existe pas, croyons-nous, d’ouvrage publié, à ce jour, mais on peut se renseigner en s’adressant à M. Charles Bacon, professeur spécial d’agriculture à Saumur qui, très au courant de cette question, a d’ailleurs consacré quelques articles publiés dans divers journaux. Pour la gazéification artificielle avec l’acide carbonique liquide, demander notice et renseignements à la Société La carbonique liquide, 33, Allées de Tourny, à Bordeaux, ainsi qu’à la librairie Féret, i5, Cours de l’Intendance, Bordeaux ; à M. Henri Kehrig, 45, rue Notre-Dame, même ville, et à M. Frantz Malvezin, œnotechnicien, même ville. Il n’existe pas, à notre connaissance, de publication relative aux applications et résultats du froid artificiel aux vins; mais les spécialistes précités seraient à même de fournir des renseignements à cet égard. D’autre part, pour documentation complète sur cette question et les précédentes, on trouvera des détails techniques et pratiques dans les articles insérés dans divers fascicules du journal Le progrès agricole et viticole, 1, rue Abbisson, à Montpellier, et en s’adressant aux stations œnologiques de Beaune, Dijon, Carcassonne et Nîmes.
- M. Feltz, ingénieur-chimiste, à Gagny. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages donnant les renseignements que vous désirez. En général, l’étamage de la fonte n’est guère fait-en petit. Industriellement, on étame les fontes blanches par immersion dans un bain d’étain après simple décapage à l’acide chlorhydrique. Si l’étain ne prend pas (c’est le cas pour la fonte grise), il faut décarburer la surface en chauffant et saupoudrant de nitrate sodique. On passe ensuite une couche d’un bain de chlorure de cuivre et on étame à la façon ordinaire.
- M. le Dr Louge, à Marseille.. — La perméabilité du verre pour les vapeurs a été étudiée par M. C. Zen-gheis dont les mémoires ont paru au Zeitschrift fur phy-sihalische chemie, tome 68, page 169 et tome 72, page 425.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- La science et l’industrie en 1911 ; Astronomie : Jean Mascart.
- — Physique : André Conté. — Chimie. — Géologie Paul Lemoine. — Physiologie : B. Legendre. — Biologie générale : R. Legendre. — Zoologie : E. Trouessart.—Botanique : Rémi Ceillier. — Médecine : Dr Burnier. — Hygiène publique : E.-A. Martel. — Géographie et océanographie : Paul Lemoine. et R. Legendre. — Marine : Sauvaire Jourdan. — Les navires et les ports de commerce : B.. Bonnin. — Les sciences militaires : D. Renaud. — La locomotion aérienne : A. Troller.
- — Automobilisme : Capitaine Renaud. •— Electricité. — Télégraphie sans fil.
- Supplément. — Repeuplement végétal de Krakatau. — Tissus métallisés pour ballons sphériques. — Le recensement de 1911.
- L'électricité à la portée de tout le monde : courant continu, courants variables, courants alternatifs, simples et polyphasés, le radium et les nouvelles radiations, par Georges Claude. 70 édition revue et augmentée.
- In-8 de 520 pages, avec 236 figures. H. Dunod et E. Pinat. Prix : broché, 7 fr. 5o.
- Pour la septième fois, nous présentons au public le brillant ouvrage de M. Georges Claude. L’éloge n’en est plus à faire.
- La sismologie moderne (les tremblements de terre), par Montessus de Ballore. 1 vol. in-18 avec 64 figures et cartes. Armand Colin. Prix : 4 francs.
- En deux ouvrages rapidement devenus classiques, et qui se complètent l’un par l’autre, le comte de Montessus de Ballore a renouvelé de touteà pièces dans notre pays, voici quelque cinq ans, l’étude raisonnée des tremblements de terre. Il restait à exposer au public cultivé, sous une forme plus brève et plus facilement accessible, les résultats acquis en coordonnant les observations innombrables qui, depuis un demi-siècle, ont eu ces mystérieux phénomènes pour objet. La Sismologie moderne vient combler heureusement cette lacune.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’eau à la ville, à la campagne et dans la maison, hydraulique, fontainerie, plomberie, parWiLL Darvillé, ingénieur. In-8°, 73o p., 334 fîg. Paris, Librairie de la Construction Moderne, i3,rue Bonaparte. Prix : 20 fr.
- La question de la consommation de l’eau a pris des proportions absolument inconnues jusqu’à ce jour. Aujourd hui le simple propriétaire, les constructeurs, agents voyers, conducteurs des ponts, architectes communaux, départementaux, ont couramment besoin sous ce rapport d’un ouvrage de pure pratique. Tel est le mérite de ce livre qui décrit d’abord la pose des conduites, la prise au réservoir et la distribution; les installations complètes pour les agglomérations de plus en plus importantes; les grandes installations urbaines, à Paris entre autres, et tout ce qui est nécessaire à la maison de rapport. L’évacuation des' eaux usées, les systèmes d’égouts, de vidange, viennent ensuite, les écoles, usines, casernes, hôpitaux, asiles, prisons, sont traités aussi. Plusieurs chapitres sont consacrés à la filtration, l’épuration, la stérilisation. Bref l’ouvrage est éminemment recommandable et répond bien au titre adopté.
- Lû technique cinématographique : projection, fabrica-
- " tion des films, par Léopold Lobel. In-8 de 324 pages, avec 332 figures. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Prix : 10 francs.
- Les personnes qui voulaient se renseigner sur l’état actuel de l’art des projections vivantes ne trouvaient jusqu’ici aucun ouvrage qui satisfasse leur désir. M. Lobel qui possède une compétence indiscutable dans les questions cinématographiques, nous offre un travail de documentation qui sera très apprécié par tous ceux qui font ou qui veulent faire de la cinématographie. Les opérateurs projectionnistes trouveront, dans la première partie de ce livre, une description essentiellement pratique des projections cinématographiques. La deuxième partie de cet ouvrage apporte à l’ingénieur ainsi qu’au praticien, qui s’occupent de la fabrication des films, une des-
- cription très complète des appareils utilisés dans cette industrie.
- Flore complète illustrée en couleurs de France, Suisse et Belgique (comprenant la plupart des plantes d’Europe), par Gaston Bonnier, membre de l’Institut, Paris, librairie générale de l’enseignement, E. Orlhac, éditeur, rue Dante (Ve). Prix du fascicule : 2 fr. 90.
- Entreprise sous les auspices du ministère de l’Instruction publique, cette belle publication est l’encyclopédie des plantes, si variées de forme et d’aspect, si décoratives ou si curieuses, qu’on trouve dans nos contrées, depuis le bord de la mer jusqu’au sommet des montagnes. Les admirables planches en couleurs lui donnent autant de précision scientifique que d’élégance artistique; et le texte de l’éminent professeur à la Sorbonne en complète la haute valeur. Les cinq premiers fascicules sont parus. On peut souscrire à la ire série de 10 fascicules pour le Ier mars 1912
- 27 fr. 5o; après, le prix sera augmenté.
- La France, géographie illustrée, par P. Jousset, tome i*r. Larousse, édit., 871 reproduct. photographiques,
- 28 planches hors texte, i3 cartes et plans en couleurs, 9 cartes et plans en noir. Prix : 32 francs.
- Remarquablement illustré de photographies inédites pour la plupart, cet ouvrage est une vivante évocation de nos villes et de nos campagnes, de leurs monuments et de leurs costumes, de nos montagnes et de nos fleuves, de nos paysages si pittoresques et si divers, en un mot de toutes les beautés de notre pays qu’on ne connaît pas assez. Le tome Ier est consacré au Massif central, aux bords de la Loire, à la Bretagne, aux Pyrénées, etc. C’est le pendant de Y Histoire de France illustrée publiée récemment dans la même collection. Le tome II paraîtra dans le courant de 1912. Il faut louer particulièrement le soin apporté à mettre l’ouvrage au courant des récentes conquêtes, depuis un quart de siècle, de l’alpinisme et de la géographie souterraine.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29janv. 1912. — 4°,9 N. E. 2. Beau. » Très nuageux de 8 à 17 h. ; beau avant et apr. ; gelée bl.
- Mardi 30 0°0 N. N. E. 3. Couvert. » Beau à 6 h. ; presq. couv. ensuite; givre le matin.
- Mercredi 31 ... . 0° 1 S. W. 2. Couvert. 0,1 Presq. couv. ; grésil et neige de Oh. à 0 h. 13; halo ; forte brume.
- Jeudi 1" lévrier . . 0°,9 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le m,, tr. nuag. le s. ; grésil et neige entre 8 h. 40 et 9 h. 20.
- Vendredi 2 0°,7 N. E. 2. Couvert. 0,3 Presque couv. ; gelée bl ; neige dans la soirée.
- Samedi 3 — 9°,5 N. N. E. 3. Beau. » Beau le m. ; peu nuag. le soir.
- Dimanche 4 . . . . — 9°,0 E. N. E. 1. Nuageux. 1) Peu nuageux ; halo solaire et lunaire.
- Résumé général d’après les bulletins
- Bu 29 janvier au 4 février. — Le 29. Pressions élevées sur le W. et le Centre de l’Europe (France : 769 mm). Dépressions sur la Méditerranée, sur les Açores et sur l’extrême Nord. Neiges et pluie sur le N. et le S. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Varsovie, —200; Besançon, —6; Paris, —5; Bordeaux, —4; Alger, 8; moyenne à Paris : —o°,4 (normale : 2°,4). — Le 3o. Fortes pressions sur le W. de l’Europe. Nouvelle dépression sur le N. (Christian-sund, 752 mm). La dépression des Açores se déplace vers l’E. Neiges et pluie sur le N. et le S. du continent. En France : beau temps. Temp. du matin : Moscou, —15°; Varsovie, —12; Belfort, —7 ; Toulouse, —5;
- ^Paris, o; moyenne à Paris : i°,2 (normale : 2°,5). — Le 3i. Dépression sur le N. de l’Europe (Stockholm, 740 mm); dépression sur les Açores; pressions élevées dans le S.-W et l’E. Neiges sur le N. de l’Europe ; pluies sur le S. En France : temps généralement beau. Temp. du matin : Moscou, —220; Varsovie, —17; Belfort,— 6; Toulouse, —4; Paris, o; Alger, 10; moyenne à Paris : 2°,3 (normale : 2°,5). — Le itr février. La dépression des Açores s’étend sur l’Irlande et la Gas-
- du Bureau Central Météorologique.
- cogne. Dépression également sur la Baltique orientale. Pressions élevées sur l’Islande (776 mm). Neiges sur le N. et le Centre du continent. En France : cap Gris-Nez, 1 mm. Temp. du matin : Moscou, — 14°; Belfort,
- — 2; Paris, 1 ; Alger, 10; moyenne à Paris : i°,6 (normale : 20,6). — Le 2. Baisse barométrique générale. Neiges et pluie sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Nice, 27 mm; Rochefort, 8; Marseille, 3; Nantes, 2. Temp. du matin : Moscou, —io°; Dunkerque, o; Paris, 1 Biarritz, 11; Alger, i5; moyenne à Paris : — o°,2 (normale : 2°,6). — Le 3. Basses pressions sur toute l’Europe. Pluies abondantes dans le S. En France : Nice, 19 mm; Marseille, 14; Belfort, 9; Biarritz, 6. Temp. du matin : Paris, — io°; Dunkerque,
- — 9; Bordeaux, —:4l Alger, 16; moyenne à Paris :
- — 5°,6 (normale : 2°,6). — Le 4- Les basses pressions persistent. Pluies en Espagne. Chutes de neige générales sur le reste du continent. Temp. du matin : Belfort, —160; Paris, —9; Bordeaux, —2; Alger, i4‘> moyenne à Paris : —5°,i (normale : 2°,7). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 3, à o h. 7 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 2021
- 17 FEVRIER 1912
- SUPPLEMENT
- M
- £i:(
- Méthode de prévision des tremblements de terre.
- — M. Kôvesligethy a récemment exposé (Bull. Soc. Sismo. Italia, 1910, p. 3; voir un résumé de M. Eblé, dans Ann. Soc. Météor. de France) des méthodes permettant de prévoir, dans une certaine mesure, les tremblements de terre. M. Kôvesligethy pense que les facteurs externes, météorologiques ou cosmiques, ne constituent pas la cause première des tremblements de terre, mais tout au plus font éclater prématurément les tensions dont la source est située ailleurs. Cette manière de voir est tout à fait d’accord avec les données qui montrent les relations des tremblements avec
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- en déduire d’une façon approximative le moment où elle deviendra critique. La grosse difficulté paraît être d’appliquer la méthode, qui repose sur des mesures délicates ; cependant, des mesures de vitesse auraient été faites de 1895 à 1898 aux environs de Tokyo et auraient donné des résultats concordants ; il est question de les essayer en Sicile et en Calabre. En tout cas, le principe de la méthode est intéressant et mérite d’être mis à l’épreuve.
- Les grès du Haardt. — Entre Landau et Wissem-burg, les anciens grès rouges des montagnes du Haardt,
- Rochers érodés et perforés des grés du Palatinat bavarois (d’après l’ouvrage du Dr D. Habeui/e).
- les accidents tectoniques. Ces tensions ont pour effet de modifier l’élasticité des couches sur lesquelles elles s’exercent; quand cette élasticité approche d’une certaine valeur, le tremblement de terre devient possible et probable. Il s’agit donc de mesurer ce coefficient d’élasticité E. A cet effet, on peut se servir de la relation qui existe entre lui et entre la vitesse de propagation et le poids spécifique p. On a, en effet, la relation E = r2p. Le problème revient donc à mesurer la vitesse locale de propagation; à cet effet, on utilisera les tremblements de terre, provenant d’autres points du globe et enregistrés dans deux stations très rapprochées du point considéré. En suivant les variations de ces vitesses locales, on suivrait les variations de l’élasticité, on verrait approcher le moment où elle deviendra critique. On pourrait même par extrapolation
- en Palatinat bavarois, sont découpés en 'silhouettes et tours naturelles analogues à celles, beaucoup plus célèbres, de la Suisse saxonne et d’Adersbach en Bohême. Les plus remarquables sont au sud de Annweiler et de Madenburg, Elles affectent les formes les plus bizarres et sont dues à la combinaison de la fissuration et de l’érosion. (Y. Dr Daniel Haberle. Bas Felsenland des Pfdlzerwaldes. 23 p et 17 pl., publié par le Pfâlzerwald Yerein, chez Kayser, à Yaiserslantern, 1911; — et Forschungen zur deutschen Landes-und Volks-Kunde, t. V, Stuttgart, 1911.)
- Nouvelle triangulation géodésique des Alpes françaises.— M. Paul Helbronner a effectué en 1911 la triangulation détaillée des massifs de la Grande Chartreuse et du Doron de Bozel. Le nombre des stations, occupées
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- cette année, a dépassé celui de chacune des huit campagnes précédentes ; il s’est élevé à 164, dont 16 au-dessus de 3ooo mètres. Le nombre des clichés, pris pour les panoramas circulaires, a atteint 96 douzaines.
- Le musée cartographique de Genève. — Un musée cartographique a été organisé à Genève dans le palais universitaire des Bastions. Cette collection, unique au monde, a pour noyau les 7000 documents qu’avait réunis Elisée Reclus pour la confection de sa grande géographie universelle.
- Les ocres de bismuth de Californie. — Dans les mines de San Diego, en Californie, on a trouvé récemment deux vanadates de bismuth : la puché-rite Bi203.\'B05, et un minerai inconnu jusqu’ici, 2B12 O3. \'2Os. 2 H2O, qui sont tous les deux jaunes. Une ocre grise a accusé la composition d’un hydrate Bi203.3 H2O. Le bismuth-ocre pur est très probablement un hydrate d’oxyde de bismuth; les bismuth-ocres des mines de San Diego sont constitués par des hydrates et des vanadates de bismuth ou par des mélanges de ces deux corps. Ces minerais constituent des sources intéressantes de ces métaux dont les applications commencent à se répandre.
- Un exemple d’hybride de greffe. — On n’est pas d’accord sur l'influence que peut avoir un rameau greffé sur l’arbre qui le porte. Le Dr Udo Dammer vient d’en signaler un exemple intéressant. ' « Dans mon ancien jardin, écrit-il, se trouvait un Robinia glutinosa qui était greffé sur R. Pseudacacia. Le sujet lit plusieurs rejets; j’en transportai un dans mon nouveau jardin (à Dahlem). Cette plante est devenue un bel arbre qui a donné cette année une très riche floraison, puis une abondante fructification. Cet arbre offre la particularité curieuse de produire des rameaux de deux sortes. La plupart n’ont que de toutes petites épines, souvent même elles manquent presque complètement; dans ce cas, les rameaux sont pourvus de lenticelles assez nombreuses. Mais il y a d’autres rameaux, beaucoup plus rares, qui portent de grandes épines ; ceux-là ont tout à fait les caractères du vrai R. Pseudacacia. Les fleurs ne diffèrent pas de celles du R. Pseudacacia, mais leur odeur n’est pas aussi forte ; les fruits sont un peu plus petits ».
- L’Okapi. — Cet animal très rare et fort curieux a déjà été décrit dans La Nature (n° 1797, 1907). Le Dr H. Schubotz, membre de l’expédition scientifique du duc de Mecklembourg au Congo belge, vient de tuer et de photographier un adulte, ce qui ajoutera certainement à nos connaissances, puisque l’Okapi n’est connu que depuis cinq ans et qu’on n’a pu encore étudier que quelques individus. L’intérêt que présente l’Okapi tient à ce qu’il est très voisin du genre fossile Helladotherium et à ce qu’il a des caractères voisins de ceux des ruminants et des girafes.
- L’industrie et le commerce de l’Allemagne en
- 1910. — M. P. Clerget fournit les données suivantes dans la Géographie du i5 mai 1911.
- L’émigration a légèrement augmenté, tout en se maintenant dans les bas chiffres de la dernière décade.
- Chiffres de l’émigration allemande :
- 1901 . . . 22.073 1,906 . . . 31.074
- 1902 . . . 32.098 19°7 • . . 3i.6g6
- 1903 . . . 36.3io 1908 . . . ig.883
- 1904 . . . 27.984 I9°9 • . . 24.921
- 1905 . . . 211.075 1910 . . . 25.â3i
- Le commerce général de l’Allemagne s’est élevé en 1910 à 20 milliards 5og millions de francs. Les industries électriques sont plus particulièrement florissantes. Les industries chimiques maintiennent aussi leur ascension.
- L’industrie des jouets a exporté en 1910 pour ia5 millions de francs (107 millions en 1909).
- La superficie du vignoble allemand a diminué de 7000 hectares, de 1902 à 1910; elle n’est plus aujourd’hui que de 112606 hectares. Même sur les bords du Rhin, on tend à remplacer la vigne par des arbres fruitiers sur les versants et par des cultures maraîchères dans les régions basses.
- De 1909 à 1910, l’extraction de la houille a passé de 109,2 millions de tonnes à 15a,8 ; celle du lignite, de 40,4 millions de tonnes à 69,1.
- L’industrie du fer est dans une situation prospère.
- La production nationale en minerai (27,2 millions en 1907) est insuffisante. L’Allemagne vient aujourd’hui au second rang pour la production de la fonte et de l’acier, après les Etats-Unis et avant l’Angleterre; de 1904 1910 la production de la fonte a passé de 10,1 millions-de tonnes à i4-7-
- La production des livres publiés en langue allemande-depuis 1564 est la suivante :
- 1564- - • • a56 1870. . . . 10.108
- 1600. . . . 83a 1880. . . . i5.94i
- 1700. . . . 95i 1890. . . . 18.875
- 1800. . . . 39i6 1900. . - • 24.792
- i85o. . . . 9o53 I9°9- • . . 3i.o5i
- cclimatation des perruches. - - Les ornitholo-
- gistes vont suivre avec attention les faits et gestes-d’une bande de perruches grises australiennes qui, depuis le printemps dernier, vivent en pleine liberté dans un des faubourgs de Berlin, ou les champs et les jardins sont encore très étendus. Ces oiseaux, échappés probablement d’une volière des environs, sont au nombre d’une vingtaine. A l’encontre de ce qui se produit le plus souvent pour les oiseaux exotiques, qui, rendus à la liberté, ne savent pas trouver de nourriture dans leur nouvel habitat et ne tardent pas à périr, les perruches ont prospéré visiblement, leur joyeux caquetage et leurs ébats amusent les gens du quartier. Sortiront-elles indemnes des rigueurs de l’hiver berlinois? C’est ce que les ornithologistes se demandent avec anxiété. Si tel est le cas, elles donneraient sans doute naissance, le printemps prochain, à-des couvées qui seraient encore mieux aguerries au froid, et les parcs de la capitale seraient, d’ici quelques années, peuplés de perruches australiennes.
- La réutilisation de l’étain d’étamage. — Divers procédés sont employés (aux Etats-Unis notamment) pour extraire des boîtes de conserve, du fer-blanc, etc.-, l’étain qui y est contenu; mais il est intéressant de montrer par quelques chiffres l’importance industrielle de cette utilisation de déchets autrefois perdus : rien qu’aux Etats-Unis, on a ainsi extrait en 1909, 5515 tonnes d’étain! valant près de i5 millions de francs et représentant pins de un dixième de l’importation d’étain aux Etats Unis. Il y a là un exemple fort curieux de cet effort constant de l’industrie moderne vers l’utilisatioifc et la réutilisation de plus en plus méthodique des déchets et des sous-produits.
- Ascenseurs ou escaliers mobiles?—L’ascenseur, qui dans les anciens chemins de fer souterrains, à Londres, par exemple, a été longtemps la règle, cède le pas à l’escalier nouveau venu, qui l’emporte aujourd’hui de plus en plus, un peu partout où le service à assurer présente une suffisante intensilé.Il faut bien reconnaître que les avantages de cette solution ingénieuse sont assez nombreux : on n’attend pas, grâce au service continu et alors que l’ascenseur a une capacité utile qui est en proportion inverse de l’élévation à réaliser, l’escalier mobile a, au contraire, une capacité qui est toujours la même, quel que soit le chemin parcouru. Enfin, et c’est là un poinl qui est loin d’être sans intérêt, en cas de panne les voyageurs n’ont qu’à continuer leur ascension sans aucun autre retard.
- Un réservoir d’encre mobile pour alimenter les plumes de dessinateur. — On sait qu’un temps très appréciable est perdu par les dessinateurs industriels, soit pour tailler leur crayon, soit pour tremper leur plume dans l’encre. Nous avons signalé à différentes reprises des machines à tailler les crayons. Notre confrère Scientific American. décrit une invention assez ingénieuse pour alimenter d’encre la plume des dessinateurs. L’appareil consiste en un réservoir de métal de forme cylindrique de 5 à 6 millimètres de diamètre et de 4 à 5 centimètres de long, qui se monte en haut du porte-plume au moyen d’une pince. Un tube capillaire de 7 à 8 centimètres descend jusqu’à la plume et vient s’y fixer entre les deux becs qui se trouvent ainsi alimentés automatiquement. L’intérêt de 1 appareil, c est de se fixer sur n’importe quelle plume, meme les plus fines et il peut y avoir là pour les dessinateurs et surtout pour les ca’queurs un accessoire intéressant et qui semble pouvoir fonctionner d’une façon convenable si l’on en juge par la perfection de certains stylographes.
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- Automobilisme
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- Jumelle compensée Houdaille. — Cet appareil a four but d’augmenter la souplesse des ressorts d’automobiles, mais il permet un réglage précis et instantané -de la force des ressorts qui le constituent, de manière que la résistance de la suspension soit toujours proportionnée à la charge de la voiture. C’est ce réglage compensateur qui fait la nouveauté de cette invention.
- La jumelle compensée comprend un étrier U articulé -au rouleau arrière du ressort à lames de la voiture et une pièce W articulée à la main fixe ou aù rouleau du ressort à crosse, comme le montre la gravure. La
- pièce W coulisse à frottement doux dans l’étrier U et comprime
- Rouleau du ressort arrière
- Rouleau de f) As crosse
- posera io à i5 minutes à o m. 5o. Ou bien on brûlera o m. 60 à o m. 70 de ruban de magnésium de 2 mm 5 de large à o m. 20 ;
- 4° Placer le cliché dans la solution suivante :
- Eau............................1000 c. c.
- Acide sulfurique................ 10 —
- Permanganate de potassium. ; 1 gr.
- pour dissoudre l’image argentique. La température de ce bain ne doit pas dépasser 20 degrés si on veut éviter les soulèvements. On fait ce traitement dans le laboratoire. Après dissolution, c’est-à-dire environ 2 ou 3 minutes jusqu’à transparence complète, on passera la plaque dans une solution de bisulfite de soude à 2 ou 3 pour 100, pour enlever la coloration et on lavera une minute;
- 5° Fixer dans l’hyposulfite à 10 pour 100 et bien laver à fond ;
- 6° Développer l’image dans le bain suivant :
- A Eau ............................1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre . . 180 gr.
- Bromure mercurique .... 9 —
- B Eau.......... . . . ... . 1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre . . 20 gr.
- Métol........................ 20 —
- Pour un 13 X 18 on prend 15o c. c. de A, 40 c. c. de B. L’image apparaît après environ 1 minute, mais ne s’intensifie que lentement. Au bout de 1 heure ou 1 heure et demie on a les détails les plus fins, les noirs sont aussi vigoureux que ceux des clichés développés par les procédés ordinaires.
- Le bain reste limpide malgré la durée de l’opération.
- -deux ressorts à boudin, concentriques et enroulés en sens inverse l’un de l’autre.
- L’un de ces ressorts R (extérieur) repose sur le fond de l’étrier; il est calculé de telle sorte qu’il supporte «ans affaissement le poids de la voiture à vide. L’autre «ressort r (intérieur) repose sur l’épaulement d’une forte vis r qui permet de régler la tension de ce ressort r de •façon qu’il fasse équilibre à la surcharge qui est imposée par les voyageurs ou les marchandises.
- Le gros ressort a donc toujours une tension invariable qui a été déterminée une fois pour toutes par le constructeur du véhicule, tandis que la tension du ressort intérieur est modifiée, en serrant plus ou moins la vis Y, suivant la charge momentanée de la voiture.
- Ce réglage se fait sans outil spécial et ne demande que quelques secondes : on a ainsi la possibilité d’avoir toujours une suspension parfaitement élastique, quoique la voiture soit pourvue de ressorts à lames robustes et courts, ayant l’avantage de ne donner que des oscillations brèves et douces, tandis que les ressorts à lames longs et souples sont intolérables aux grandes vitesses actuelles.
- La jumelle compensée est construite en quatre tailles, •correspondant aux ressorts de 35-4o, 45, 5o et 55 millimètres de largeur, par MM. Houdaille et Sabot, 62, boulevard Malesherbes, à Paris (prix 75 et 80 francs la paire de jumelles).
- tfL> Photographie
- Contretypes directs. — MM. Lumière et Seyevitz viennent d indiquer une méthode qui permet d’obtenir -à coup sûr un bon contretype direct, c’est-à-dire par exemple un positif par contact avec un autre positif, sans passer, par conséquent, par l’intermédiaire d’un négatif, ce qui peut être très utile dans certains cas.
- Le mode opératoire recommandé est le suivant :
- i° Développer fortement la plaque impressionnée normalement dans un révélateur quelconque (diami-dophénol par exemple) et laver environ une minute ;
- 2° Placer le dos de la plaque ainsi développée contre un papier noir, qu’on fait adhérer au verre en le anouil'ant ;
- 3° Exposer à la lumière. Avec un bec Auer n° 2 on
- *> Mécanique
- Bague de serrage Tillé. — La fixation d’un tuyau de caoutchouc ou de cuir sur un raccord n’est pas chose facile. On procède ordinairement par serrage du tuyau au moyen d’une ligature en fil de fer ou de laiton. Chaque fil mince, par suite du serrage, devient coupant et entame le tuyau jusqu’au jour où il casse précisément au moment où l’on a besoin d’utiliser le tuyau. Le démontage momentané est d’ailleurs impossible. La bague Tillé supprime tous ces défauts. On la pose à l'endroit voulu on serre les trois vis et c’est tout. Les patins mobiles s’appuient sur le ressort en laiton, qui, en diminuant de diamètre, comprime le tuyau sur toute
- La bague Tillé. Raccord effectué avec la bague Tillé'.
- sa circonférence et détermine une adhérence parfaite. Cette bague peut être enlevée aussi rapidement qu’elle a été posée. Elle est déjà appliquée à des tuyaux d’air comprimé, de vapeur, d’eau. Elle est construite en toutes dimensions de 14 mm de serrage à 100 mm et au-dessus par M. Tillé, constructeur, 99, quai Fosse, à Nantes.
- vl> Chauffage
- Le réchaud Picotin. — Il est important de posséder un bon réchaud à gaz. Beaucoup de ces appareils présentent des inconvénients que l’usage révèle et qui rendent leur emploi désagréable. Cette question des réchauds à gaz a été tellement étudiée que l’on est parvenu à créer un type excellent, consommant peu de gaz et pouvant remplacer la cuisinière dans presque tous les
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- cas. Un réchaud à gaz est surtout apprécié, en effet, par sa rôtissoire, lorsqu’elle permet la cuisson des viandes dans de bonnes conditions, comme dans un four. Le réchaud Picotin est certainement l’un des meilleurs que nous connaissions.
- Signalons tout d’abord la production de la [flamme
- Le réchaud Picotin.
- bleue, obtenue par la combustion d’un mélange d’air et de gaz. Ensuite le plafond. On a essayé toutes sortes de plafonds pour les rôtissoires : en amiante, avec des pointes de fonte, des produits réfractaires, etc., sans aboutir à un résultat intéressant. Le réchaud Picotin est pourvu d’un plafond fait de petites briques réfractaires soutenues par un grillage de nickel ; ces briques appartiennent à deux caissettes entre lesquelles court la rampe percée de trous, de chaque côté, par lesquels s’échappe le mélange d’air et de gaz. L’air est entraîné
- Le plafond du réchaud et l’entrée du gai.
- par le gaz en avant du réchaud, avant son entrée dans le coude de la rampe. Ajoutons enfin que le four est complètement fermé par une porte; lorsque la rôtissoire est en place, on enlève sa poignée afin de pouvoir fermer la porte et on la fixe ensuite pour retirer la viande. La cuisson est parfaite avec ces appareils. — Chez Picotin fils, 66, rue Orfila, Paris.
- r> Jouets
- Les joutes lyonnaises. — Cette nouveauté est très intéressante; malheureusement elle nécessite l’usage de l’eau que les parents proscrivent avec raison dans
- que les lances des jouteurs rencontrent la poitrine adverse. Si l’une des lances a été bien conduite, l’adversaire tombe à l’eau. C’est un point de gagné. La lutte peut se poursuivre ainsi en dix points et deux petits camarades s’amuseront bien à ce jeu. — L’inventeur est M. Blin, i3o, rue Amelot, à Paris.
- **> Objets utiles
- Sonnerie sans fil « Petit Détective ». — Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, c’est bien connu. Mais on aime à être prévenu quand elle s’ouvre et, depuis fort longtemps, depuis que les portes existent probablement, on a imaginé des systèmes avertisseurs ; soit la vulgaire clochette suspendue à un ressort, soit la moderne sonnerie électrique.
- Le « petit détective » imite cette dernière, mais il supprime la pile et les fils. On le monte directement sur la porte A.
- Il est formé d’une platine sur laquelle se trouve monté un timbre que frappe un marteau Irembleur, mis en branle par un mouvement d’horlogerie M. Celui-ci est normalement arrêté par un frein et ne se met en mouvement que quand on tire sur un fil qui soulève ce frein. C’est ce tirage qui est obtenu automatiquement par 1 ouverture de la porte A.
- Pour cela on attache le fil M à l’extrémité d’un levier, mû par un ressort à boudin qui est monté sur une petite plaque R. On fixe celle-ci sur le bord de la porte de façon à ce que l’aulre extrémité du ressort rencontre le chambranle B; il ne se produit alors aucune traction sur le fil. Mais quand on ouvre la porte A il n’y a plus appui sur le chambranle B, et le ressort se détendant tire sur le fil qui soulève le frein. La sonnerie fonctionne donc tout le temps que la porte reste ouverte et s’arrête dès qu’on la referme. Si cependant, pour une raison quelconque, on voulait la laisser ouverte, sans que la sonnerie fonctionne, on arrêterait celle-ci en calant le marteau au moyen d’un verrou disposé à cet effet près du timbre. — L’objet se trouve aux Inventions Nouvelles, 32, boulev. Bonne-Nouvelle.
- Le lève-porte. — Ce petit dispositif très simple supprime bien des inconvénients. Il consiste, comme le montre notre figure, en un levier placé obliquement, prenant appui d’une part contre la porte, de l’autre contre le montant.
- Vous ouvrez la porte : le levier la force à se soulever
- Le lève-porte soulève la porte sur ses gonds, puis, il la referme.
- les jouets dits de salon. Cependant lorsque les enfants peuvent rester dehors, l’inconvénient signalé n’existe plus et le jouet prend tout son attrait. Sur une piscine contenant un ou deux litres d’eau flottent deux barques, une à chaque extrémité. Sur l’avant de chacune d’elles, on place un jouteur et avec deux bâtonnets, l’enfant dirige les embarcations l’une vers l’autre, de telle sorte
- d’environ i centimètre sur ses gonds. Et cela suffit pour que la porte ne frotte point contre le parquet, ne refoule pas les tapis, etc.
- En même temps quand vous abandonnez la poignée, la porte se referme d’elle-même et avec douceur. — L’objet est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
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- VARIETES
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- La longévité des animaux des jardins zoologiques.
- — Le Dr Mitchell vient de communiquer à la Société Zoologique de Londres, la moyenne et le maximum de longévité chez un grand nombre de mammifères et d’oiseaux ayant vécu dans les jardins zoologiques. La durée moyenne de la vie des animaux en captivité est relativement courte, malgré les soins dont on les entoure et la protection qu’ils trouvent contre leurs ennemis. Parmi eux on peut constater, non sans quelque satisfaction, qu’à part la baleine peut-être, l’homme est le mieux partagé et semble doué de la plus longue vie.
- La longévité des oiseaux semble être égale si ce n’est supérieure à celle des mammifères parmi lesquels c’est aux grands carnivores et ongulés qu’est départie la plus longue durée de vie.
- La longévité moyenne des lions est entre 3o et 40 ans; un ours polaire vécut dans le jardin 33 ans ; les plus grauds ongulés peuvent atteindre 5o ans.
- Dans l’opinion publique, les éléphants et les baleines passent pour être doués d’une extrême longévité. Le jardin zoologique ne peut fournir sur les baleines d’exactes informations, mais pour les éléphants il semblerait que leur réputation a été suifaite à ce point de yue ; le Dr Mitchell estime que 100 ans serait la limite extrême et 20 ou 3o ans la durée moyenne de leur vie.
- Il y a parmi les oiseaux plusieurs espèces qui peuvent égaler ou excéder ces chiffres : un corbeau a atteint 69 ans, un aigle 68 ans, un perroquet a dépassé un siècle. Quelques oiseaux de proie peuvent également vivre 100 ans ; les hérons, les cygnes, les oies, atteignent un respectable maximum de longévité. Les autruches, à en juger par leur taille, devraient vivre aussi longtemps que ces derniers oiseaux, mais pour elles, 35 ans semble être une extrême limite de vie.
- Les mammifères les plus difficiles à garder en captivité sont les chauves-souris. Le maximum de vie atteint par elles dans les jardins est de 11 mois, mais cela est dû non à une vie naturellement courte, mais à leur extrême délicatesse dans des conditions artificielles. En effet, les chauves-souris commencent à engendrer à une période relativement tardive de leur vie. Les portées sont peu nombreuses et il faut, pour maintenir leur nombre, que la majorité des individus atteigne l’âge de 5 ans, même sans avoir égard à la grande mortalité qui se produit toujours chez les animaux sauvages. Le Dr Mitchell a calculé que pour les pierrots de Londres, la mortalité est au moins de 5o pour 100; pour l’ensemble des vertébrés, réunis dans les jardins zoologiques, la mortalité constatée est de 28 pour 100. Ces deux chiffres sont très au-dessus de ceux généralement attribués à l'humanité.
- Weissman a cherché à établir une corrélation entre la
- longévité et la reproduction, mais le Dr Mitchell refuse d’accepter son interprétation. Il ne croit pas que la longévité soit en rapport avec la reproduction, mais bien que la vitesse de la reproduction s’adapte à la moyenne de longévité spécifique. Dans certains cas, chez les animaux sauvages très prolifiques, pour maintenir la population stationnaire, il faut que la mortalité soit énorme. Par exemple, si une souris produit deux portées par an de 6 petits chacune et que tous survivent à la maturité, il y aura 14 souris là où il n’y en avait antérieurement que deux ; pour que la population demeure stationnaire, il faut que 12 de ces souris meurent, et c’est probablement ce qui se produit.
- Les musaraignes sont apparemment les mammifères ayant la vie la plus courte : Elles sont extrêmement difficiles à garder vivantes en captivité; un seul individù a pu être observé dans ces conditions par le Dr Mitchell, mais n’a survécu qu’un mois. Dernièrement, des constatations évidentes ont permis d’attribuer à deux espèces communes en Angleterre, un maximum de vie d’un an, mais vu que ces animaux comptent parmi les plus prolifiques des mammifères, cette courte vie est plus que suffisante à maintenir l’espèce.
- Il semble qu’il n’y ait pas de règle permettant de prévoir à l’avance la longueur de vie des espèces. La taille a très peu de chose à voir dans la question, quoique, dans le même groupe, les grands individus vivent plus longtemps que les petits. Le climat d’où viennent mammifères ou oiseaux n’a pas une grande influence sur leur viabilité en captivité.
- Le Dr Mitchell montre qu’un abri de petite taille, mais combinant le libre accès de l’air avec la sécheresse, offre des conditions idéales pour la santé de l’animal captif. Il est étrange de constater que ce ne sont pas les animaux venus des tropiques qui souffrent le plus du climat de Londres, mais bien ceux des régions arctiques qui semblent pâtir du changement de rythme de la mue. Quant à ceux arrivant des régions tempérées de l’hémisphère sud, ils sont également dans les plus mauvaises conditions, jusqu’à ce qu’ils se soient habitués aux conditions des saisons, pour eux interverties par leur passage dans l’hémisphère nord. Le Dr Mitchell a fait cette curieuse observation que les animaux venant des contrées très peuplées sont, dans l’ensemble, plus difficiles à garder en captivité que ceux provenant des régions où les hommes sont moins nombreux; ceci s’applique spécialement aux oiseaux d’Angleterre comparés à leurs alliés immédiats des autres parties du monde, sans qu’on puisse expliquer cette différence autrement que par le fait qu’ils ne sont plus capables de maintenir leur existence sans l’aide de l’homme ou sans les avantages de son voisinage. René Meule.
- JttD
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- HYGIENE ET SANTE
- COL
- ossr
- Origine de la pellagre. — La pellagre est une maladie qui est à peu près inconnue de nos jours en France, après avoir, pendant plus de deux siècles, sévi avec une rare intensité dans les Landes, le Lauraguais, les Hautes et Basses-Pyrénées. En Italie, la maladie a décru, mais on compte encore dans les provinces du Nord, la Lombardie notamment, un contingent fort élevé de cas, 36 000 environ en 1909. Et les autres pays, comme le Tyrol, la Roumanie, ont toujours des spécimens de cette affection. Partout elle est cependant en voie de décroissance.
- On sait que la cause de la pellagre fut attribuée, après bien des recherches, à l’ingestion du maïs avarié. C’est le professeur Lombroso qui, dans une série de travaux qui remontent à plus de quarante ans, s’efforça de démontrer que, seuls, les sujets qui mangeaient du maïs étaient atteints de cette maladie. Cette théorie fut adoptée sans conteste à cette époque; notre grand médecin philanthrope, le Dr Roussel, la fit sienne et l’on admit partout que la pellagre ne règne endémiquement que sur les points où le maïs constitue l’alimentation populaire. Le maïs était la cause du mal, mais quel était l’agent nocif de cette plante; les uns voulurent le
- trouver dans un principe actif, sorte d’alcaloïde ou glucoside, les autres incriminèrent les substances toxiques élaborées par les champignons du maïs, le penicillum glaucum; en tout cas on n’a jamais déterminé d’une façon précise le mode d’action de ce maïs altéré.
- Depuis quelques années, cette théorie qui régnait sans conteste a été battue en brèche, et des travaux nombreux tendent à la regarder comme une conception absolument erronée. Le professeur Sambon est un de ceux qui ont le plus contribué à détruire cette doctrine de Lombroso. Il a parcouru à maintes reprises les régions où la pellagre règne presque à l’état endémique et il a constaté qu’il n’y avait aucune relation à établir entre le développement de cette maladie et la nourriture des habitants. On avait dit, au moment des recherches de Lombroso, que la pellagre n’était apparue en Italie et en Europe qu’avec l’introduction de la culture du maïs. C’est là, semble-t-il, une erreur; pour M. Sambon, le maïs a été introduit en Italie, bien avant l’apparition de la pellagre.
- Ce qu’il y a de sûr, c’est que la distribution topographique de cette maladie ne concorde en rien, avec la
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- distribution culturale du maïs. On trouve de nombreux malades qui n’ont jamais consommé de maïs, et d’autre part il est des régions où l’on se nourrit de ces grains et de leur farine et où l’on n’a jamais rencontré de pellagreux. Dans les petites villes, telles que les cités de l’Ombrie, de la Toscane, on mange du maïs ; or, jamais'on ne voit de pellagre dans ces villes; ce sont toujours les gens de la campagne qui sont frappés et qui présentent souvent, à chaque retour du printemps, des accidents de récidive de la maladie. On ne voit pas bien comment expliquer ces faits avec l’ingestion du maïs.
- Pour le professeur Sambon, le maïs ne saurait être mis en cause; il s’agit, d’après lui, d’une affeclion parasitaire, propagée par un insecte, comme le paludisme et la lièvre jaune le sont par les moustiques. Cet insecte ailé serait un Simulium. On trouve cet insecte dans les régions où sévit la pellagre et la saison où l’on voit ordinairement se développer la maladie coïncide exactement avec celle où apparaît la mouche adulte. Il est vrai qu’on n’a jamais trouvé dans le sang d’élément parasitaire, mais il en est ainsi pour un certain nombre de maladies dont la nature parasitaire n’est pas contestable.
- L’hypothèse de M. Sambon a trouvé en Italie de nombreux partisans. D’autres la contestent et font observer que les mesures prises pour empêcher la vente et la diffusion du maïs avarié, et partant sa consommation, ont suffi pour réduire considérablement le chiffre des pellagreux qui est descendu de 72000 en 1899 à 36 000 en 1909. Un médecin italien, Àlessandrini, n’admet pas
- l’hypothèse d’une infection par le maïs, mais il 11’admet pas davantage la théorie de Sambon. Pour lui, l’origine de la pellagre est comme celle du goitre, dans la nature des eaux d’alimentation et dans la présence dans ces eaux d’une larve de ver. Partout où la population boit des eaux impures, exposées à l’iufiltralion des eaux superficielles, partout on peut voir éclater la pellagre et si l’on fournit à ces régions malades une eau d’alimentation parfaite, si on leur apporte une eau de source pure, on voit l’extension de la maladie enrayée; dès qu on améliore la qualité de l’eau, la maladie disparaît.
- Babes, de Bucarest, Perroncito, Terni et d’autres encore restent partisans déterminés de l’origine maïdique de la pellagre. Plus le maïs est altéré, plus il est pella-grogène. La maladie est de tous points comparable au béribéri pour laquelle le riz joue la cause étiologique ; les deux maladies seraient bien la suite d’intoxication alimentaire, comme on l’avait dit autrefois.
- Il n’est pas facile, entre toutes ces doctrines, de trouver la vérité. Patrick Manson, à qui l’on doit de si belles recherches sur la diffusion du paludisme, par les moustiques, a carrément adopté celle de Sambon. Il semble que dans nos régions de France, où la maladie sévissait autrefois et n’a plus reparu depuis des années, il serait facile de s’assurer si le parasite incriminé par Sambon se rencontre. Quoi qu’il en soit de ces hypothèses, elles ont l’avantage d’appeler l’attention des savants et du public et de provoquer des mesures d’hygiène qui ne peuvent qu’avoir une influence salutaire sur la disparition de cette grave maladie.
- Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour percer des trous dans les bouchons de liège, on se sert d’ordinaire de petits emporte pièces vendus enfilés les uns dans les autres, chez les fournisseurs des laboratoires de chimie. A défaut, on peut employer une tige de fer chauffée. Toutefois, ces méthodes deviennent incommodes dès qu’il faut percer un trou assez grand. Yoici, dans ce cas, comment on peut opérer: à l’aide d’un charbon « Berzélius» manœuvré comme nous avons déjà dit (voy. Supplément n° 1988, du ier juillet 1911, p. 36), on découpe un tube en veri e, du diamètre du trou à percer, de façon que la section soit en dents de scie. Les triangles de bordure devront être très petits, et avoir une arête disposée dans le sens des génératrices du cylindre (voy. fig.). Il suffira de faire tourner cette fraise d’un nouveau genre dans le bouchon de liège pour y découper, ou plutôt pour y arracher par grattage, une rondelle de diamètre convenable.
- Ciment pour la réparation des vases de grès. —
- Les grosses « touries » dont on se sert dans les usines de produits chimiques pour placer les acides et liquides corrosifs, reviennent très souvent à la fabrique avec le goulot ébréché. Malgré leur emballage dans un panier garni de paille, les louries sont en effet mal protégées à leur partie supérieure de sorte que l’incommodité à manipuler d’aussi lourdes bonbonnes provoque souvent le bris des bords heurtant quelque obstacle.
- Les touries ainsi détériorées peuvent cependant fournir encore un très bon service : il suffit de recoller très solidement au-dessus une « collerette » de grès épousant la surface de la tourie et formant un second goulot (voy. fig ) Il est évident que le mastic employé à cet usage pourra servir toutes les fois qu’il faut recoller deux surfaces de grès.
- Il se compose d’un mélange chaud de 5 kg sable fin bien sec,
- 3 kg résine ordinaire et de 100 à Soo gr. huile de lin cuite. On malaxe la masse avec une spatule dans un chaudron placé sur le feu, jusqu’à ce que la résine soit complètement fondue et le tout bien homogène. La quantité d’huile de lin est réglée selon la fluidité désirée; on emploie le maximum en hiver et le minimum en été.
- On recouvre les surfaces à réunir, bien propres et sèches, d’une couche de mastic chaud, on applique fortement en contact et on laisse refroidir.
- Le mastic est très solide, mais en raison du poli superficiel des vases de grès, il convient pour assurer l’adhérence, d’opérer la réunion sur des surfaces assez grandes. .Le ciment sablo-résineux résiste très bien à l’action des acides et produits corrosifs divers, mais ne saurait convenir si les pièces doivent être exposées à une forte chaleur, ou sont destinées à contenir des liquides dissolvant les résines (pétrole, alcool, etc.).
- (Laboratoire de La Nature).
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la botte aux lettres, la Rédaction publie les I faits d’un intérêt général qui lui sont sitnalés par scs abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme it. lin raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- dock pour relevage des sous-marins, décrit dan* noire n° du 27 janvier 1912 a élé construit par la Société des ateliers et chantiers de la Loire, à Saint-Nazaire.
- Renseignements.— M. de Marre, à Bruxelles. — La densité de l’hydrogène liquide est de 0,07 (Dewar, 1904)-M. L., à Saragosse. — Voyez la Technique du froid, par Lehnert, chez Delagrave, 15, rue Soufflot, Paris. Conserves ménagères : Voyez les Manuels Roret, librairie Mulo, rue Hautefeuille, Paris et Conservation des fruits, légumes, etc., par Coupin, librairie Agricole, 26, rue Jacob, Paris. Prix : 2 francs.
- M. Carbone il, à Laguepic. — Nous ferons des essais à ce sujet et publierons éventuellement les recettes.
- M. Ë. P,, à Rezé. — Il existe plusieurs bons Traités
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- BOITE AUX LETTRES
- sur la fabrication des objets en caoutchouc, mais ils ne contiennent guère de renseignements pour la réparation. Le mieux serait de demander les notices diverses publiées et offertes gracieusement par la maison Michelin, de Clermont-Ferrand. Un amateur adroit peut certes faire des réparations « vulcanisées », mais il faut pour cela un matériel assez cher (demander le catalogue à Decauville, constructeur, rue Lecourbe, Paris).
- M. R. K., à Montpellier. — Pour la lampe Dussaud adressez-vous à M. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, Paris. — L’inventeur de F Auto-signal est M. Appoullot, 191, avenue Daumesnil, Paris.
- M. Peyrot, Institut agricole de Gembloux. — Vous trouverez mie très bonne étude sur les mitochondries in A. Prenant. Les mitochondries et l’ergastoplasma. Journal de VAnatomie et de la Physiologie, t. XLVI, 1910, n° 3 où sont signalées les diverses méthodes utilisées pour la coloration de ces éléments. La place nous manque pour vous donner le détail de ces techniques très longues et très minutieuses. Elles ne réussissent pas toutes également bien pour chaque objet d’études et il est bon d’en essayer plusieurs pour obtenir un résultat certain. Tous les organes jeunes des plantes, et entre autres les diverses parties de la fleur conviennent aux recherches que vous proposez d’entreprendre.
- M. Vauglin, à Paris. — Les ratés que vous observez tiennent à ce qu’il est difficile avec le système que vous employez d’obtenir une étincelle suffisamment chaude. Il faudrait essayer d’utiliser de l’essence un peu plus volatile.
- M. Hamoury. — Vous trouverez des renseignements sur l’insolateur de Mouchot et Pifre, dans l’ouvrage de Mouchot; La chaleur solaire, publié chez Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris ; dans La Nature, n° 137, i5 janvier 1876, p. 102.
- M. F. II., à Morlaix. — Des essais très sérieux ont été faits sur la cuisine électrique. Bons résultats ; au point de vue prix, tout dépend du prix du courant. Nous publierons prochainement une étude sur cette question. Pour détails très circonstanciés, voyez la Lumière électrique, 14^1 rue de Rennes, Paris.
- M. IL B. N., à Nancy. — Les essais de Moye (Ton-
- industrie Zg. 1908) mirent en. lumière l’action remarquable exercéepar la calcination du ciment avec 2 pour 100 de gypse : la durée de prise saute de 9 minutes à 9 heures. On peut aussi {The stone trades II, 1907), gâcher le ciment avec diverses solutions salines : l’eau contenant 5 pour 100 de phosphate de soude par exemple, retarde la prise de 9 à 4° heures.
- M. Gilly, Boufarik. — Pour les renseignements relatifs au Congrès international de Chimie appliquée qui doit se tenir cette année à Washington, s'adresser à l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, chargée de l’organisation de la partie française du Congrès, et dont le président actuel est M. Trillat, chef de service à l’Institut Pasteur, rue Dutot, à Paris.
- M.L. Krach, 12, rue S.-H., à P. — L’Administration des télégraphes a institué des cours d’appareil Morse à l’Hôtel des Postes, rue du Louvre. Vous pouvez adresser une demande à la Direction de la Seine, 93, boulevard Montparnasse, à Paris, qui vous autorisera peut-être à suivre ces cours.
- M. P., à Meaux. — i° Le phénomène que vous observez est le phénomène bien connu dit des flammes mano-métriques. L’influence d’un son sur la hauteur d une flamme est très nette; on se sert même de ce phénomène très sensible pour de délicates mesures d’acoustique ; 20 L’odeur en question est due à des moisissures. Pour la faire disparaître, il faudrait sécher et aérer parfaitement les joints, la surface des murs et le dessous des parquets, autrement dit faire une remise à neuf complète ; 3° Eau de Cologne. Voyez Recettes et Procédés utiles de Tissandier, 1 vol., p. 96 (Masson, éditeur. Prix : 2 fr. 25).
- M. F. Vincent, à Besançon. — La cuve à développement lent se trouve chez M. Gravillon, 74, rue Ame-lot. Paris. Formule de développement lent :
- Eau.....................800 grammes.
- Metoquinone............. 1 —
- Sulfite anhydre......... 10 —
- Bromure à 10 pour 100. . 1 cm3
- Durée du développement : 1 heure environ.
- M. A. Manier, à Lyon. — Nous analysons votre produit et vous tiendrons au courant du résultat de nos recherches. Mais a priori, le problème semble bien I difficile ! .
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’intelligence des nnimaux : René Merle. — Chronique. — L’action du Soleil : Jean Mascart. — Le sauvetage de la « Lutine » : l’<X|)loitation des épaves submergées : V. Koubin — Les moteurs d’aviation singuliers : Henri Petit. — Académie des sciences; séances des 29 janvier et 5 lévrier 1912 : Ch. de Villedeuil. — Les maladies des auimaux et des cultures en 19 h : Marcel Blot.
- Supplément. — Le dépérissement des pins. — Les ocres de bismuth de Californie. — Un vibrographe. — Le mal des aviateurs. — L’expedition de igi t de -M. et M'”0 Bullock- Workman dans le Kairakoram. — Le Parc aux Chenilles. — La rivière souterraine de Serrigny (YoDne). — Conséquences d’un hiver sans neiges ni frimas. — La guérison du cancer.
- Le vol sans battement, ouvrage posthume inédit de L.-P. Mouillard, reconstitué et précédé d’une Etude sur l’œuvre ignorée de L.-P. Mouillard,. par André Henry-Couannier. Un volume de 480 pages avec une planche hors texte. Librairie Aéronautique, 40, rue de Seine, Paris. Prix : 10 francs.
- En 1897, mourait au Caire, dans le dénument le plus complet, un Français oublié de ses compatriotes : Louis Mouillard. C’était un rêveur, dont les utopies exposées en 1882 dans F Empire de l'air avaient intéressé le public savant, sans le convaincre. Ce rêveur avait simplement posé les principes de l’aviation moderne; il avait fait mieux, et c’est ce que démontre lumineusement le présent livre : ses observations profondes et précises sur le vol des oiseaux l’avaient conduit à la conception des éléments essentiels de l’aéroplane moderne. L’œuvre géniale du chercheur solitaire ne
- fut pas stérile : O. Chanute en eut connaissance, et son enseignement, transmis aux frères Wright, les conduisit à la première réalisation du vol mécanique. Mouillard, qui inventa en 1890 le gauchissement des ailes, fut réellement le père de l’avialion. Réparation était due à ce grand méconnu : il n’en eût pas rêvé lui-même de plus belle que cette publication de ses œuvres, retrouvées après 14 àns dans les caves du Consulat Français au Caire. Nul ne lira sans émotion les pages vibrantes et colorées où Mouillard décrit le vol de ses chers oiseaux, à qui il consacra sa vie : les vautours du Caire., les milans, etc., il y à là un trésor d’observations sûres et précieuses. L’émotion croît encore au chapitre intitulé « Appareils aériens » et lorsqu’il fermera ce livre captivant, le lecteur sera pénétré d’un sentiment de profonde et pieuse admiration.
- La Métallurgie du fer, par Paul Doumer, P. Iweins, Fritz Thyssen, J.-O. Arnold, L. Bâclé, P. Nicou, E. de Loisy, Wilhelm Kestranek, Baron de Laveleye, Fernand Meyer. Volume 22/14 cm. Paris, Yuibert, édit. Paris. Prix broché : 10 francs.
- M. Paul Doumer a fait, en s’entourant de collaborations utiles, une étude de la situation de la Métallurgie du fer dans le monde. Ingénieurs, industriels, professeurs, choisis parmi les mieux qualifiés et les.
- ( plus compétents, ont parlé successivement de chacun des grands pays producteurs qu'ils connaissent, dans des monographies reliées par une idée et un plan communs. Ce tableau complet de la production du fer dans le monde, et dans chacun des grands pays producteurs en particulier, sera lu avec vif intérêt.
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saînt-Maur, altitude 5o"’,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi S lévrier 1912. — 3° 2 E. 2. Couvert. 0,1 Très nuageux; pluie mêlée de grésil à 9 h. 33, verglas.
- Mardi 6 . 3° 3 S. 3. Beau. 2,8 Nuag. le m. ; couv. la s. ; gelée bl. ; pluie de 15 U. à 18 h. 35.
- Mercredi 7. . . . . 5° 6 S. W. 3. Couvert. » Ro>ée; nuageux; brouillard à 9 h
- Jeudi 8 10°.0 S. S. E. L Couvert. L3 Très nuag. ; pluie de 8 h. 25 à 10 h, 10; halo à 14 h.
- Vendredi 9 in°,o S. S. W. 4. Couvert. 1,3 Pluie le malin ; nuageux : halo à 15 h.
- Samedi 10 2°,6 S. 3. Beau. 2,2 Gel bl. ; bran- le m. ; nuas. le s. ; halo à 15h. ; pl. de 22* * * * * * * * 1,45 à 25b50.
- Dimanche 11. . . . 5°,6 S. 3. Beau. 2,7 Gelée tl. ; nuag. ; pluie à diverses reprises.
- JANVIER-FÉVRIER 1912. — SEMAINE^ DU LUNOI 29 JANVIER AU DIMANCHE 11 FÉVRIER 1912
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Lundi
- Mardi I Mercredi | Jeudi
- Vendredi | Samedi | Dimanche
- 35“
- 30°
- 25“
- 20°
- 15“
- 10°
- 5*
- ‘ 0° 5° 10°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courba en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 5 au n février. — Le 5. Situalion atmosphérique troublée : dépression sur l’Atlantique et le W. de l’Europe (732 mm à Ouessant, 737 aux Açores). Autres minima sur l’Adriatique et le N. de la Scandinavie. Fortes pressions dans le S.-E. Pluies sur le N. et le S.
- de l'Europe. En France : Nice, x4 mm; Marseille, 9; Nantes, 8. Temp. du matin : Dunkerque, —ii°; Besan-
- çon, — 7; Paris, —3; Marseille, 7; moyenne à Paris :
- o°,9 (normale : 2°,7). — Le 6 Dépression sur tout le N. de l’Europe (Irlande : 731 mm). Autres minima :
- îles Feroé (741 mm) et Arkhangel (746 mm). Pluies sur
- le N. de l’Europe ; neiges dans le N. et l’E. En France :
- Gap, i5 mm; Nice, 12; Rochefort, 6; Nancy, 3; Paris,
- 1. Temp. du matin : Belfort, i°; Paris, 3; Nantes. 6; Lyon, xo; Marseille, i3. — Le 8. La pression se relève sur l’E. du continent; minimum au large de l’Irlande (727 mm). Pluies sur le W. et le S. de l’Europe. En France : Nice et Lorient, i3 mm; Brest, 6; Nancy, 1. Temp. du matin : Moscou, —200; Nancy, o; Le Havre, 7; Paris, 10; Marseille, 12; Alger, 18; moyenne à
- du Bureau Central Météorologique.
- Paris : xx°,8 (normale : 2°,9). — Le 9. Même situation barométrique que la veille. Pluies sur la moitié W. de l’Europe. En France : Gap, 22 mm; Limoges, 10; Char-leville, 7; Paris, 3. Temp. du matin : Nancy, 5°; Paris, 10; Bordeaux, 12; Alger, 18. — Le 10. La pression se relève sur le W. de l Europe et les Açores : minimum sur les Iles-Britanniques (724 mm) et sur les Açores. Pluies abondantes dans le W. et le S. de l’Europe. En France : Nice, 27 mm; Port-Vendres, 12; Nantes, 3. Temp. du matin : Limoges, 20; Paris, 3; Bordeaux, 7; Alger, 16; moyenne à Paris : 7°.4 (normale : 4°,4)- — Le 11. Situation troublée sur le N. de l'Europe : nouveau minimum près des îles Scilly, dépression sur la Pologne. Fortes pressions dans l’extrême N. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Lorient, 12 mm; Nice, 6; Brest, 3; Paris, 2. Temp. du matin : Belfort, 5°; Toulouse et Paris, 6; Alger, 16; moyenne à Paris : 7°,5 (normale : 3°, 1 ). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 10, à 1 h. 0 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre ds l’institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées,
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique» Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2022 — 24 FÉVRIER 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- m'
- Le Dr Florentino Ameghino, directeur du Museo nacional de Buenos-Aires, est décédé le 6 août 1911 à la Plata. C’était un des grands savants de l’Amérique du Sud, et ses travaux paléontologiques, notamment sur les fossiles quaternaires, avaient consacré sa réputation en Europe.
- Electrification du réseau de Melbourne. — Le
- Temps signale que Melbourne va enfin posséder un réseau de chemins de fer suburbains électriques : il a fallu plus de six ans de querelles techniques et politiques pour en venir à cette décision. L’intérêt que présente cette décision est que Melbourne est sans doute la ville du monde qui possède le réseau de banlieue le plus développé. Cela tient d’un coté à la grande concentration métropolitaine qui est caractéristique des villes australiennes : alors en effet que Londres, Berlin, Paris, ne renferment respectivement que 20,7 et 5 pour 100 de la population totale du pays, 40 pour 100 de la population totale de la province de Victoria sont concentrées à Melbourne ; d’autre part, la densité superficielle de la population, cinq fois moindre que celle de Londres, est dix fois plus petite qu’à Paris. Il résulte de cet état de choses un exode quotidien de travailleurs qui est sans comparaison dans tout lè monde entier, et qui va imposer à l’électrification projetée une ampleur du plus haut intérêt technique.
- Cavernes de la Hardt. — Entre Elberfeld et Barmen, la colline de la Ilardt (238 mètres au-dessus de la mer;
- Grotte supérieure de la Ilardt (plan).
- 92 m. 5o au-dessus de la rivière Wupper), renferme deux cavernes extrêmement curieuses par leur disposition : comme le montre la reproduction ci-contre
- J j»
- de leur plan, elles sont un des meilleurs exemples connus de l’élargissement en cavernes des diaclases des roches, naturellement disposées en damier. La grotte supérieure, découverte en janvier 1909 est la plus étendue ; son entrée est à 227 mètres d’altitude et le développement de ses galeries atteint i55o mètres; la grotte inférieure, à 192 mètres d’altitude, est connue
- Grolte inférieure de la Hardt (plan).
- depuis longtemps et n’a que 5oo mètres de développement. L’investigation et la construction du plan ont été exécutées, en 1910-1911,par M. Zelter. Les deux cavités sont dans le calcaire dévonien. La dimension des galeries varie de o m. 3o à 7 mètres, elle est en moyenne de 2 mètres. La grotte supérieure est sèche, l’inférieure renferme un petit ruisseau qui tarit en été. Il est clair que ces réseaux de cassures ont été agrandis par des eaux qui s’y engouffraient, quand le niveau hydrostatique extérieur était à leur hauteur.
- Industrie de l’aviation en 1911. — Dans son rapport sur le budget des Travaux Publics, M. le député Péchadre évalue comme suit le mouvement d’affaires suscité par l’aviation en 1911 : il semble, dit-il, qu’il ait été construit en France cette année 55o aéroplanes. On peut évaluer à une dizaine de millions le chiffre d'affaires des constructeurs et à 5 millions celui des maisons spécialisées dans la fabrication des moteurs, hélices, etc. La vente a surtout été alimentée par les achats du Ministère de la Guerre, et des gouvernements étrangers ; parmi ceux-ci : la Russie a pris 3o appareils, l’Allemagne 5, l’Italie 10, l’Espagne 5, l’Angleterre 5, la Roumanie 5.
- Engrenages en coton. — Ils ont été employés par la Général Electric C°, à Schenectady (Etats-Unis), sur une puissante machine à découper, dont les engrenages de fonte faisaient, paraît-il, un tapage infernal. Après des essais divers, on a substitué aux roues dentées en fonte, des roues faites en feutre de coton très fortement
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- INFORMATIONS
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- comprimé. Les pignons sont tout entiers en coton enserré entre deux disques d’acier; mais pour les grandes roues, la couronne dentée seule est en coton, tandis que la jante, les rayons, et le moyeu sont en fer, comme d’habitude. Le coton, après l’achèvement des roues dentées^ est imbibé d’huile afin de devenir insensible à l’humidité. Les résultats donnés par ce nouveau matériau, semblent avoir été satisfaisants.
- L’air ozonisé dans les tunnels de Londres. — Le
- « Central London Railway » installe un système de ventilation, calculé pour fournir quotidiennement à ses stations en tunnel 2 400000 mètres cubes d’air ozonisé. L’une des installations est déjà achevée et fournit par heure 12 000 mètres cubes.
- Briquetage des minerais de fer. — La question du briquetage des minerais de fer est à l’ordre du jour, pour permettre l’emploi métallurgique d’une série de minerais rendus pulvérulents, soit par leur grillage, comme les pyrites, soit par la préparation mécanique à laquelle il a fallu les soumettre comme certains minerais trop siliceux de Norvège. Pour que le briquetage soit réputé convenable, la briquette doit conserver une porosité permettant à l’oxyde de carbone de la pénétrer pour la réduire et néanmoins i*ésister sans se désagréger, soit à une pression de 60 kilogrammes au centimètre carré, soit à une chaleur de 9000. Un travail de M. Auzies, résumé dans la. Revue de métallurgie, montre qu’on peut réussir par l'addition de 3 pour 100 de chaux vive humectée d’eau et de 10 pour 100 de sciure de bois fine : cette dernière matière destinée à assurer la porosité. Les briques une fois sèches doivent être portées à une température de i200°-i5oo°, ce qui entraîne une dépense de combustible assez considérable. On peut également, au mélange de minerai, de sciure ou de poussier de coke et de chaux ou magnésie, ajouter une solution à 10 pour 100 de chlorure de magnésium en quantité suffisante pour former une pâte plastique, puis soumettre la masse à la compression et sécher à chaud.
- Trafic international du chemin de fer duSimplon.
- — D’après un rapport de l’administration des chemins de fer de l’Etat, les quantités de marchandises entrées ou sorties de l’Italie par le tunnel du Simplon ont été, en 1910, respectivement de 56 355 tonnes et de 74764 tonnes, soit une moyenne par jour de 154 et de 2o5 tonnes. Le nombre moyen de wagons de marchandises par jour est de 18 entrant en Italie et de 21 en sortant. Les importations par le Mont Cenis sont 6 fois plus importantes et par le Gothard i3 fois plus. Quant aux exportations elles sont 10 fois plus considérables par le Mont Cenis et par le Gothard 6 fois plus.
- Roi, Empereur... et Inventeur. — Tout roi d’Angleterre et empereur des Indes qu’il est, George V peut
- tirer une légitime fierté du fait qu’il aurait pu réussir dans la vie comme inventeur, si la- destinée ne l’avait pas fait naître sur les marches d’un trône. Pour avoir fait un stage d’officier mécanicien dans la Marine, le souverain s’est toujours intéressé à la mécanique et à l’industrie.
- Alors qu’il
- n’était encore que Prince de Galles, soit en 1908, il accepta d’inaugurer une cité ouvrière fondée à Chelsea par’Sir Thomas More, et, au cours de sa visite, l’idée lui vint que, dans les logements à bon marché, il serait possible et aisé de transporter le feu de la cuisine dans le poêle de la salle à manger, après la préparation du repas, et sans avoir à procéder à un second allumage. Un an plus tard, il faisait breveter
- Le foyer vu du côté cuisine.
- l’invention que nous allons décrire sommairement. Elle-s’applique dans les logements où le fourneau de la cuisine et le poêle de la salle à manger sont situés dos à dos. Il est alors facile de disposer les deux ,âtres de façon à ce qu’une unique plaque de lôle leur serve de fond. Dans le dispositif du royal inventeur, cette plaque, qui est à glissière, est soulevée à l’aide d’une poignée, dès- que la préparation des aliments est terminée, et il suffit d’appuyer sur un levier pour déplacer la grille, toute chargée de charbon allumé, et l’amener de l’àtre au fourneau dans l’àtre du poêle mitoyen.
- IL ne reste plus qu’à décrocher la plaque (marquée ici d’un A) pour qu’elle sépare à nouveau les deux âtres. L’application de cet ingé- Le fQ ,er vu (ju sape manger. meux système se traduit par une
- notable économie de temps et de combustible, et il est manifeste qu’elle évite à la salle à manger d’être salie par un second allumage.
- Récolte des céréales dans l’hémisphère austral.
- — D’après l’Institut international d’Agriculture, les récoltes prévues pour la saison 1911-1912 ou faites dès ce moment sont en milliers de quintaux :
- Blé. Avoine.
- Argentine 46.420 8.83o
- Chili . io.5oo —
- Australie ..... 20.5o8 —
- Nouvelle-Zélande . 1.765 1.785
- Les récoltes de blé sont en progression de 5,5 pour ioo-sur celles de 1910-191 i, celles d'avoine de 63 pour 100; celle de maïs n’avait atteint que 7 millions de quintaux l’année précédente.
- Présence d’une côte supplémentaire chez l’homme.
- __M. A. Trêves, vient de signaler à la Société anatomique, la présence d’une côte cervicale, chez une fillette de 12 ans. L’auteur fait observer que celle-ci était Russe, et que les statistiques signalent une plus grande proportion de côtes cervicales chez les sujets de cette nationalité.
- La force d’un Éléphant. — M. Lyell vient de signaler à la Zoological Society de Londres une observation qu’il a faite l’automne dernier au Nyassaland. Pendant une chasse, il a rencontré un arbre de 1 m. 33 de circonférence cassé par un éléphant. Ceci peut donner une idée de la force de cet animal.
- Flotte marchande du monde. — La flotte marchande du monde (navires de plus de 100 tonnes) se compose, d’après le Lloyds Register, de 30087 navires (à vapeur et à voile) avec un tonnage de 43 147 1^4 tonneaux. Le nombre des navires à voile est de 7614 avec un tonnage de 4 365 382 t., en diminution par rapport à 1907 de 1843 navires ayant un tonnage total de iio3 524 t. Le nombre des navires à vapeur est de 22 473 avec un tonnage de 38781572 t., en augmentation depuis 1907 de 465 navires ayant un tonnage total de 1 49° **77 t-De 1910 à 1911 le tonnage de la flotte marchande s’est accru de 35 218 t. pour la Grande-Bretagne, de i33 6g4 t-pour l’Allemagne et de 94 502 t. pour la France. Cette augmentation a été générale pour toutes les puissances européennes, mais dans des proportions moins grandes, sauf pour la Norvège où l’accroissement a atteint le chiffre de 139798 tonneaux.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Photographie
- Cinématographe « Olikos » à plaques. — Le cinématographe, quoique très répandu, était limité jusqu’à présent aux salles de spectacles et aux grands cafés et n’avait pu pénétrer dans les familles autrement que sous forme de petits jouets sans précision et se dérangeant facilement. Les obstacles à la diffusion de ce passe-temps si agréable résidaient non seulement dans la dépense importante d’acquisition du matériel nécessaire, mais aussi dans le prix élevé d’achat ou de location des bandes qui, même dans les appareils-jouets, ne pouvaient être préparées que par des maisons spéciales parce qu’elles consistaient toujours en photographies prises sur pellicules en celluloïd. Ajoutons que ces bandes en celluloïd très iuflammables, constituaient un danger sérieux d’incendie (témoin les précautions minutieuses exigées dans les cabines d’opération des salles de spectacles cinématographiques).
- L’appareil « Olikos » est destiné à faire revivre la cinématographie populaire parce qu’il semble exempt de tous ces inconvénients. Il est basé sur un principe entièrement nouveau et très séduisant, mais dont la réalisation présentait de grandes difficultés : l’emploi de plaques photographiques ordinaires au lieu de pellicules. Il a la forme extérieure d’un appareil photographique à main muni d’un objectif central. Il renferme 18 plaques >61/2X9 empilées les unes sur les autres. Chaque plaque porte 84 petites vues (lig. 1) réparties en 12 rangées horizontales superposées de 7 vues, soit pour les 18 plaques un total de i52o vues équivalant à 5o mètres de bandes, qu’il s’agit de faire défiler devant l’objectif.
- Ce résultat est obtenu à l’aide d’un mécanisme extrêmement ingénieux qui a été inspiré à l’inventeur par la •came qui dàns les machines à coudre, donne un mouvement de va-et-vient à|la navette. Les 18 plaques pincées latéralement daus des réglettes métalliques rsont empilées les unes au-dessus des autres dans le bas d’un chariot mobile susceptible d’un mouvement de coulissement transversal dans un sens ou dans l’autre.
- Grâce à un ensemble d’organes que l’on aperçoit sur la droite de la figure et qui comporte : une manivelle
- extérieure, des engrenages, un tambour à double rainure - hélicoïdale, une crémaillère et une ancre, une roue à cliquet et une chaîne sans fin, le début de la rotation de la manivelle a d’abord pour effet de soulever la première plaque d’un douzième de sa hauteur de façon à amener la vue 1 devant l’objectif. La rotation de la manivelle produit ensuite le déplacement transversal du chariot porte-plaques de manière à faire passer devant l’objectif les vues r à 7 de la première rangée horizontale de la ire plaque. Après le passage de la vue n° 7 le chariot s’arrête un instant et la plaque est montée de la hauteur d’une rangée, de façon que la vue 8, première de la 2® rangée horizontale et située juste au-dessus de 7, vienne devant l’objectif. Le chariot reprend ensuite sa marche, mais en sens inverse de façon à faire défiler les vues 9 à i'4 de la 20 rangée horizontale et ainsi de suite.
- Après le passage de la 840 vue, la [dernière de la plaque n° 1, cette platjue, qui a déjà monté de presque toute sa hauteur, subit une dernière ascension et vient se loger dans le haut du chariot porte-plaques en même temps que la plaque n° 2 est soulevée et vient présenter
- la vue 85 devant l’objectif. La plaque n° 2 est ensuite soumise au même mouvement de défilement en zigzag que la plaque n° 1, puis la plaque n° 3 lui succède, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la 18% chaque plaque, après avoir servi, étant escamotée et venant s’empiler verticalement dans le haut des glissières derrière les précédentes.
- Après l’opération la pile des 18 plaques, passée dans le haut du chariot-magasin, doit être enlevée de l’appareil et replacée en. bas si on veut la faire redéfiler.
- Un cadran extérieur placé à côté de la manivelle et dont l’aiguille est commandée par cette manivelle
- Fig. 2. — L’intérieur de l’appareil Olikos. vue de l’arrière et de l’avant,
- indique à chaque instant à l’opérateur à quel numéro et à quelle rangée de plaque il se trouve ; il peut d’ailleurs s’arrêter à un moment quelconque et réaliser ainsi une projection ordinaire.
- Derrière le cinématographe proprement dit, que nous venons de décrire, se place une lanterne renfermant la source lumineuse ; une petite lampe à arc très simple, ou une lampe Nernst encore plus simple conviennent très bien quand on possède l’éclairage électrique. Quand on n’a pas de courant, on peut prendre une lampe à alcool appropriée, mais il est préférable, pour conserver à l’appareil la sécurité précieuse qu’il possède du fait de l’absence de matières inflammables, de ne pas y introduire de flamme et de se servir d’une lampe électrique alimentée par une petite magnéto à main que le constructeur a créé spécialement à cet effet (cette machine électrique coûte dans les 70 francs).
- Le cinématographe « Olikos » n’est pas un jouet, c’est une pièce de mécanique de construclion soignée qui n’est pas sujette à se dérégler et qui donne, nous avons pu le constater, des images d’une grande netteté de 1 m. 20 de côté sur un écran placé à 4 mètres. Il est pourtant d’un prix modéré, analogue à celui d’un appareil photographique de bonne marque et il a le grand avantage d utiliser de^ vues qui coûtent très bon marché.
- L’appareil de projection permet en effet dë prendre aussi très facilement des vues cinématographiques. Pour cela on le garnit dans l’obscurité de 18 plaques négatives ordinaires 6 1/2 X 9 engagées dans les pinces métalliques et on le ferme sur sa face arrière par une planchette pleine. On obtient ainsi une sorte d’appareil photographique très portatif. Quand on voit une scène intéressante, il suffit pour l’enregistrer de mettre l'appareil sur un pied et après avoir amené le sujet dans l’obj ctif en regardant dans un viseur supérieur, de tourner la manivelle,
- L’aiguille du compteur indique à chaque instant le nombre de plaques et de rangées de vues impressionnées et celui restant disponible, on peut s’arrêter quand on veut et n’utiliser qu’une partie des plaques, en réservant le restant pour une autre scène. On développe et fixe ensuite les 18 plaques à la manière ordinaire, après les avoir sorties de leur pince; l’opération peut se faire en une seule fois en les mettant dans un petit panier spécial en fil de fer à 18 places; la seule précaution à prendre est de bien numéroter les plaques par
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- des chiffres traces avec une pointe sur la gélatine dans l’ordie où elles sont sorties de l'appareil. 11 n’y a plus qu à faire avec ces 18 plaques des positifs sur verre pour obtenir les 18 plaques nécessaires aux projections.
- La faculté de pouvoir prendre soi-même des vues non seulement rendra la cinématographie moins coûteuse, mais lui donnera un attrait nouveau, puisqu’elle permettra de choisir les sujets à sa guise ou au hasard des excursions : scènes de familles, scènes amusantes ou pittoresques rencontrées en voyage, etc. — Société Olikos, 34, rue de l’Echiquier, Paris.
- Jouets
- L’Auto-Chahut. —'Une vulgaire voiture ’à~bras est occupée par un personnage assis faisant le simulacre de pousser lui-même son véhicule en agissant sur les roues avec ses mains.
- Le mouvement d’horlogerie D placé sous la voiture
- Mécanisme de l’Auto-Chahut.
- fait normalement reculer la voiture. Mais il actionne en même temps une came E contre laquelle appuie l’extrémité d un levier H solidaire du corps du personnage. Ce levier pousse le pantin vers l’avant; un ressort de rappel I le ramène brusquement vers l’arrière et la came lui fait de nouveau effectuer le mouvement vers l’avant.
- A chacune de ces -inflexions le centre de gravité du véhicule étant déplacé, ce dernier bascule en avant puis en arrière pendant que le personnage paraît faire des efforts désespérés pour se maintenir d’équilibre et pousser la charrette vers l’avant. — L’inventeur est M. Gasselin, 42» rue Yictor-Hugo, à Puteaux (Seine).
- Le Plongeon. — Le plongeon est un 'jeu mécanique. Il est constitué par une boîte métallique circulaire percée de trous sur la périphérie de son couvercle. Au centre un bouton J que l’on tourne avec deux doigts met en route le mécanisme. Au repos un petit canard se montre à travers l’un des trous du couvercle.
- Ce canard est fixé à l’extrémité d’un levier F articulé sur une pièce C solidaire de l’arbre D du bouton; il
- moment où le contrepoids I annulant la force centrifuge oblige le canard à se soulever et l’arrêt au point fixe est obtenu par la lame E qui s’engage de nouveau en deux dents. Le canard apparaît alors dans l’un des trous. — L’inventeur est M. Gasselin, 42, rue Yictor-Hugo, à Puteaux (Seine).
- Gymnasiarque exerciseur. — Dans cet intéressant jouet le personnage se tient par les mains à une barre fixe B portée par deux galets D (la figure ne montre que l’un de ces galets). Le galet D est renfermé dans un carter ainsi qu’au centre C.
- Une cordelette F, fixée d’une part au point G et passant sur le galet C monte ensuite jusqu’à la partie supérieure du jouet, passe sur une poulie I, descend pour passer sur le galet D et venir enfin s’attacher à un levier H. Si l’on appuie sur ce dernier levier, on tire sur la corde ; mais les deux galets ne peuvent s’éloigner l’un de l’autre; ils s’élèvent donc sur les deux brins de la cordelette entraînant le gymnaste.
- En même temps ils tournent autour de leur axe; le personnage solidaire de ces axes tourne également, ses bras et ses jambes étant articulés, il effectue des exercices d’acrobatie pendant la montée aussi bien que pendant la descente. La manœuvre du levier H, rapide, lente ou saccadée communique des mouvements multiples au pantin. — L’inventeur est M. Gasselin, 42, rue Yictor-Hugo, à Puteaux (Seine).
- Le joueur au cerceau. — Ce beau jouet est surtout caractérisé par la marche naturelle du sujet. Le bambin.
- Le Joueur au cerceau.
- Mécanisme du Joueur au cerceau.
- Mécanisme du Plongeon.
- porte une masse I à son autre extrémité et une lamelle métallique E non loin de son point d’articulation. A la base se trouve une roue à larges dents B. Dès que l’on agit sur le bouton, la lame E gravit une des dents de la roue E : le levier F s’incline et le canard descend dans la boîte ; mais la force centrifuge agit ensuite sur le levier qui continue à tourner horizontalement jusqu’au
- de pousser le cerceau ; ce dernier est maintenu au corps par une tige.
- Notre schéma montre le mécanisme du jouet. Le mouvement se remonte par la clef G; il commande par pignons et roues dentées un arbre transversal terminé par deux manivelles H qui actionnent chacune une des jambes E, ces jambes oscillant autour d’un point fixe M.
- Le mouvement du bras F est également produit par le contact de la même manivelle qui actionne la jambe; cette manivelle prend, puis abandonne le levier L; à ce moment le ressort I chasse violemment le bras du personnage qui donne un coup de son bâton sur le cerceau et paraît ainsi le faire avancer. On remarque en R un système régulateur à levier oscillant autour d’un axe central et s’engageant alternativement entre les dents d’une roue autour de laquelle il tourne. — L’inventeur est M. Gasselin, 42, rue Victor-Hugo, à Puteaux (Seine).
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en janvier 1912, par M. Ch. Dufour.
- Janvier 1912 a été relativement chaud, couvert, humide.
- La pression moyenne est inférieure de imm,6 à la normale.
- Sauf le 8, le 14 et du 27 au 3i, les moyennes diurnes de la température sont en excès sur les normales correspondantes et la moyenne mensuelle : 4°,5 est supérieure de 20,2 à la normale de janvier. Le minimum absolu a été de — 5°,o les 28 et 29, le maximum absolu de i2°,6 le 6.
- L’insolation a été très faible; la durée totale ne s’est élevée qu’à 37h 8 et le rapport d insolation, qui est normalement de 0,23, est tombé à 0,14.
- Le rapport de la hauteur totale de pluie, 53mm,4 à la normale 39""“,5 est de 1,35 bien que le nombre de jours de pluie appréciable soit normal; trois jours, les 6, 9 et 23 ont, eu tffet, fourni chacun plus de iomra d’eau. Il est tombé un peu de neige le 3i.
- La Marne, en crue, a atteint la cote 5”,38 le 18 le niveau s’est abaissé au-dessous de 4 mètres a partir du 21 et le minimum 2m,92 a été observé le 3i.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 757““,37; minimum absolu : 733mm,2 le 6 à 18 heures; maximum absolu : 77tmm,9 le 2 à xo heures.
- 'température. — Sous l’abri. — Moyennes : des minima, i°,57; des maxima, 70,25; des 24 heures, 4°>48. Minimum absolu : — 5°,o les 28 et 2g; maximum absolu : i2°,6 le 6. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 5°,68 ; la plus élevée, n°,7 le 7; la plus faible, i°,4 le 3. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima,
- — x°, 15 ; des maxima, io°,26; minimum absolu :
- — ii°,3 le 29; maximum : i6°,3 le i3. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (profondeur om,3o), à 9 heures : 5°,66; à 21 heures : 5°,69; (profondeur om,65), à 9 heures : 6°,69; à 21 heures : 6°,65 (profondeur 1 mètre); à 9 heures : 70,39 ; à 21 heures : 70,36. De la Marne. — Moyennes : le matin, 5°,83 ; le soir, 5°,97; minimum : 4°>24 Ie 3i ; maximum, 7°,36 le ier.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5mm,79 ; minimum absolu : iœra,9 le 28 à i3 heures-14 heures; maximum absolu : 9mm,i le 6 à 18 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 90,0. Minimum absolu : 37 le 28 à 14 heures; maximum : 100 à 20 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 8,o5. Moyenne diurne la plus faible : 0,2 le 28; 11 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible : 269 heures; durée effective : 37h8; rapport : o,i4-
- Pluie. — Total du mois : 53mm,4 en 84h 9 ; maximum en 24 heures : iiBm,a le 6.
- Nombre de jours : de pluie, 17; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i) : 14 ; égale ou supérieure à
- 1““ : 8 ; à 5m“ : 5 ; à iomm : 3 ; de neige, 1 ; de grésil, 1 ; de gelée, 9 dont 5 consécutifs, du 27 au 3i; de brouillard, i3; de givre, 1; de brume, 2; de gelée blanche, 14 ; de halos solaires, 6; lunaires, 1.
- Fréquence des vents : calmes, 41 •
- N. . . . 3 S. E . .
- N. N. E. 45 S. S. E .
- N. E.. . 65 S. . . .
- E. N. E . 26 S. s. w.
- E . . . . 11 s. w. .
- E. S. E . 67 w. s. w
- 60 W . . . . 34
- 80 W. N. W. 12 io 1 N. W. . . 4
- 75 N. N. W . 4
- 57 59
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3ra,43; moyennes diurnes : la plus élevée, 8m,4 le 27; la plus faible, om,g le 21. Vitesse maximum : i5m,o le 6 à 2011 55m par vent W. N. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 4m,ii. Minimum : 2m,g2 le 3i ; maximum : 5m,38 le 18.
- Comparaisons aux valeurs normales. —- Pression, — imm,59; température, —j— a0,17 ; tension de la vapeur, -f-olnm,92; humidité relative, -f- 3,o ; nébulosité, -j- 1,00; pluie -f- i3mm,9; nombre de jours de pluie appréciable, o ; insolation, —2411,1.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (27 jours) : 80 volts; moyenne diurne la plus élevée, 147 volts le 31 ; la plus faible, 7 volts le 23. Moyenne des 9 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni brouillard persistant : 87 volts ; moyenne diurne la plus élevée : 119 volts le 29; la plus faible : 62 volts le 27. Amplitude diurne correspondante : 0,29; amplitude nocturne : 0,67.
- Radiation solaire. — Quatre observations ont été faites aux dates des i3, 27, 28 et 29. La valeur la plus élevée a été de 1cal, 174 le 28 à ioh 49m-
- Taches solaires. — L’état du ciel n’a permis l’observation du Soleil que les i3, 14. 27, 28 et 29. A ces dates le Soleil a paru dépourvu de taches.
- Perturbations magnétiques. — Faibles les 5-6, n-i3, 22.
- Mouvements sismiques. — Le 4< ph. pie. de 4h20m à 4h29m; le 4, début à i5h59“68, ph. pie. de i6h3om à i6h 5om, fin 18 heures et demie; (distance probable : 885o km); le 20, ph. pie. de 5h 7“ à 5h 20m, fin vers 5h35“; le 24, début i6h27“i2% ph. pie. de i6h32m à ibh 42“, fin i7h20m (tremblement de terre dans les îles Ioniennes); le 25, début I9b57m, ph. pie. 20h 2m à 20h8m, fin 20 heures et demie (tremblement de terre dans la mer Ionienne) ; le 26, ph. pie. de i5h 19” à i5h25m, fin vers 16 heures; le 31, ph. pie. de i3h i2m à i3h22m, fin vers i3 heures et demie; le 31, début 20h22m42‘, ph. pie. de 20h 44m à 21 heures, fin vers 22 heures.
- Floraisons. — Le 12, nardosmia fragrans; le 22, primevère acaule.
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- VARIETES
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- Valeur des peintures anti-rouille. — La construction métallique a pris actuellement une telle importance que les questions de protection du fer et de l’acier sont étudiées par quantités de chercheurs, surtout aux Etats-Unis où, comme on sait, le fer est employé plus encore que dans notre vieille Europe. Ce sont des chimistes américains qui récemment s’efforcèrent d’analyser les phénomènes de formation de la rouille (Voy. a0 1969, p. 375); et c’est encore un technicien d’outre-Océan qui vient de faire les plus intéressants essais sur l’efficacité comparative des multiples enduits destinés à la protection du fer. Nous en résumons les résultats d’après sa communication à l’American Society for Testing Materials (Atlantic-City Meeting, 1910).
- On pourra se faire une idée de l’importance de ces essais et de leur intérêt pratique par le fait qu’on essaya pas moins de 54o peintures différentes, endui-sant 16000 plaques de tôle d’acier ensuite soumises à diverses circonstances atmosphériques. Les expériences
- furent faites aux frais et dans les ateliers d'une importante compagnie de chemin de fer. On apprécia la valeur de chaque enduit en lui attinbuant une « note » variant de 100 (peinture absolument intacte) à 90 (légères piqûres de rouille) et 00 (surface entièrement rouillée).
- NATURE DE L’ENDUIT APRÈS EXPOSITION
- d’une année DE DEUX ANS
- Peintures au minium 77 61
- Les mêmes recouvertes ensuite d’une couche de peinture ordinaire 75 56
- Anti-rouille aux chromâtes 70 39
- Peintures au graphite, aux diverses variétés de carbone 70
- Peintures à la céruse 82 25
- Nous donnons ci-dessus les résultats obtenus avec les peintures les plus efficaces, appliquées en doux couches successives sur des plaques d’acier.
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- VARIÉTÉS
- Quant aux mixtures à base de goudron ou autres Hydrocarbures, aux vernis, aux enduits de ciment, ils se sont inônlrés bien moins efficaces, i Les chiffres cités n’ont évidemment qu’une valeur toute relative ; puisque ce sont des moyennes, il peut y avoir dans une même catégorie des produits excellents et d’autres absolument inefficaces (en général, les moyennes résultent de 5o à ioo essais différents). Ils
- pourront toutefois très utilement guider pour le choix rationnel des produits : c’est ainsi que les peintures à la céruse et aux chromâtes, excellentes pour une protection de faible durée sont à rejeter dans le cas contraire; c’est ainsi que l’habitude si généralement répandue de badigeonner d’une couche de peinture ordinaire les enduits protecteurs à base de minium, est absolument injustifiée. A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour rendre stable l’eau oxygénée. — Les agents employés pour rendre stable l’eau oxygénée sans changement de titre sont extrêmement nombreux; on cite l’acide phosphorique, le chlorure de sodium, l'empois d’amidon, la gélatine, le tanin, l’acide urique, la naphtaline, l’acide oxalique, l’éther. L’alcool, dit le Journal de Pharmacie et de Chimie, jouirait des mêmes propriétés. On doit l’employer à la dose de 100 grammes par litre pour les cas courants et porter cette quantité à 200 et 400 grammes, lorsque l’eau oxygénée contient des substances favorisant la décomposition.
- À la, température ordinaire, l’eau oxygénée ainsi additionnée se conserverait indéfiniment et, fait plus invraisemblable et qui demanderait à être vérifié, elle supporterait l’ébullition sans subir de décomposition.
- Astiquage des boutons d’uniforme. — Si les bou-
- tons de cuivre des militaires peuvent être facilement astiqués en frottant avec une brosse garnie de tripoli mouillé, les boutons blancs, en alliage plomb-étain que portent gendarmes, douaniers, commis et ouvriers des sections d’infanterie, etc., sont bien plus difficiles à brillanter. On peut cependant leur donner aisément une belle teime blanche à éclat très vif en amalgamant légèrement la surface du métal. Employer très peu de mercure, par exemple : ce qui reste adhérent au doigt quand on vient d’en écraser un globule; et bien frotter la surface à brillanler. Quand elle est entièrement recouverte de mercure, on passe un chiffon de laine; le bouton est bien brillant et sera désormais très facilement astiquable. On emploie si peu de mercure que l’alliage ne sopffre aucunement des amalgamations répétées. Laboratoire de La Nature.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont sitnalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Vins mousseux. — Un de nos lecteurs nous envoie un complément aux renseignements publiés à ce sujet dans notre numéro du 10 février. Il nous signale comme spécialiste de la fabrication des vins mousseux par l’acide carbonique : M. Quéru, pharmacien, 81, avenue Ledru-Rollin, Paris, important constructeur d’appareils de ce genre.
- Renseignements. — M. A. Blum, Kef-Djemel. — Vases poreux. — i° Il faut vous procurer des vases poreux de bonne qualité. Vous les trouverez chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Déferrisation. — Il faudrait épurer votre eau. C’est une opération assez délicate. Nous vous signalons le procédé de la Permutite qui semble très efficace et simple. Adressez-vous à MM. Metz et Gay, i54, boulevard Magenta, Paris.
- L. A. B. — Il y aura courant d’inductions dans le cas que vous nous indiquez, mais faible, irrégulier parce que l’eau est très mauvaise conductrice de l’électricité, parce que le passage du courant se complique de phénomènes chimiques, parce que les filets d’eau ne sont pas stables, ni réguliers surtout parce qu’ils ne garderont pas la forme géométrique que vous avez dessinée.
- M. Paul Flouret, A Ste-Kiorxne. — Pour un moteur d’automobile, vous pouvez employer la formule de M. Faroux : P = KD^L0’6 dans laquelle P est la puissance maxima en chevaux, D l’alésage en millimètres, L la course en millimètres, Iv un coefficient égal à 0,00000.7'ig pour les moteurs monocylindriques, à 0,00002966 pour les moteurs à 4 cylindres.
- M. H. Essette, à Templeuve. — La phosphorescence est le plus souvent indépendante de toute réaction chimique. C’est en tout cas une question fort complexe Vous trouverez tous renseignements dans les Traités détaillés de Chimie minérale, notamment dans la Chimie minérale de Moissan qui vous donnera en outre tous
- les renseignemente bibliographiques nécessaires ; dans le Dictionnaire de Chimie de Wurtz.
- M. Rouez, à Chauny. — Vous trouverez les renseignements relatifs à ce gaz « Blau » dans le Mémoire de M. W. Hallock, publié dans le Journal of ihe Society of Chemical Industry, de Londres; tome XXVII, page 55o, juillet 1908.
- M. Debeaumont, à Cauteleu. — 3° Il n’existe pas à notre connaissance de Revue traitant spécialement d’arboriculture fruitière. Vous trouveriez souvent des renseignements dans la Vie à la Campagne, Hachette, bimensuel, 20 francs par an, et dans la Revue horticole, Librairie agricole, bimensuel, 20 francs par an.
- M. le commandant Darbon, boulevard des Batignolles. — Veuillez nous excuser : la lettre dont vous parlez ne nous est pas parvenue. Les taches d’encre s’enlèvent par une solution faible de protochlorure d’étain, on par action successive d’eau de Javel diluée, puis d’acide chlorhydrique faible. Dans tous les cas, bien rincer à l’eau et opérer avec beaucoup de précautions en protégeant les autres feuilles du volume.
- M. Paul Lignier, à Chateaubriant. —Nous publiâmes l’an dernier, une recette de crème noire pour chaussures. Nous donnerons, cet, été des formules de crème jaune.
- M. Croissant-Raillard, — Nous n’avons pas gardé l'indication que vous demandez.
- M. Lapraderie, à Vire. — On ne pourrait avec un fourneau ordinaire chauffer un bain. Chauffe-bains au bois : vous en trouverez chez Allez frères, 1, rue Saint-Martin, Paris. Chez Bécuwe, 12 bis, rue Auguste-Laurent, Paris.
- M. H. G., A Boufarik. — Comme ouvrage sur la culture du géranium, nous indiquons : Les Géraniums, par H. Dauthenay, 1 vol. 2 fr. 75, franco, librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. Pour le géranium rosat, cultivé pour la production de l’essence parfumée, on trouvera des indications dans les ouvrages suivants : Les cultures sur le littoral de la Méditerranée, par Sauvaige, 4 francs, librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris; Cultures du Midi, de l’Algérie et de la Tunisie, par Ch. Rivière et H. Lecq, 5 francs, même librairie; Les essences et les parfums, par Antonin Rolet, 1 fr. 25, librairie Hachette et C’“, 79>
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- BOITE AUX LETTRES
- boulevard Saint-Germain, Paris. Les plantes à parfums, par L. Nicolas, o fr. 5o, Bornemann, éditeur, 15, rue de Tournon, Paris. Sur les engrais dans la culture de géranium rosat et particulièrement, en vue de la production de l’essence parfumée, les ouvrages ne donnent, en général, que peu de détails sur cette question encore nouvelle et qui est encore du domaine de l’expérimentation. Nous pouvons dire, d’après des expériences effectuées dans les Alpes-Maritimes, que l’azote doit être fourni en grande quantité au géranium rosat, et que la potasse paraît exercer une action supérieure à celle de l’acide phosphorique. Nous indiquons la formule sui-
- vante, calculée pour un hectare, laquelle a procuré les meilleurs résultats; mais cette formule, n’a rien d’absolu, il conviendrait de la modifier suivant la nature du terrain et la situation : nitrate de soude, 600 kilogrammes; superphosphate, 800 à 1000 kilogrammes; chlorure de potassium, 400 à 5oo kilogrammes. Les engrais autres que le nitrate de soude doivent être enfouis dans le sol au printemps, avec le tiers du nitrate, le reste par épandage fractionné. Suivant la situation, on obtiendrait des indications en s’adressant à M. Lecq, inspecteur général de l’agriculture, à Alger, et à M. Louis Belle, professeur départemental d’agriculture, à Nice.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire do notre précédent numéro.
- La Mante tunisienne et le Pouillot fitis : A. Trouessart. — Les idées modernes sur le magnétisme : H. Vigneron. — Les barrages et le canon du Rhône : E.-A. Martel. — Les moteurs d’aviaticn singuliers (suite) : Henri Petit. — Académie des sciences; séance du 12 février 1912 : Cir. de Villedeuil. —L’enlèvement des ordures ménagères.
- Supplément. — Méthode de prévision dos tremblements de terre. — Les grès du Haardt. — Nouvelle triangulation géodésique des Alpes françaises. — Les ocres de bismuth de Californie. — Un exemple d’hybride de greffe. — L’Okapi. — La longévité des animaux des jardins zoologiqucs.
- Notions de technologie, par’H. Gibert, professeur à l’Ecole Colbert, 1 vol. 602 p. avec 362 fig. dans le texte, Masson et Cu, éditeurs, Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- La technologie, selon l’excellente définition de M, Gibert, est la description et l’explication des procédés industriels ; elle est « l’adaptation vivante de la science aux besoins de l’homme. » Le domaine embrassé sous ce titre est donc immense et c’était une tâche fort délicate que de résumer en si peu de pages, et sous une forme cependant concrète et attachante, une si simple matière. M. Gibert y a remarquablement réussi; son livre, rédigé à l’usage des écoles primaires supérieures, trouvera excellent accueil auprès des lecteurs à qui il est destiné; mais sans nul doute, il atteindra un public plus étendu encore; il n’est à notre époque, nul esprit cultivé qui puisse se désintéresser de l’activité industrielle; l’ouvrage de M. Gibert offre aux non spécialistes, un guide clair et simple pour d’intéressantes promenades dans ce domaine si varié et si touffu. L’auteur examine successivement les industries extractives, celles des combustibles, des métaux, du bois, les industries chimiques, celles de l’alimentation, du vêtement, de la toilette, du logement, etc. Une illustration abondante, dessinée spécialement pour le texte, complète heureusement le livre.
- Officiel des catalogues de l’automobile, 1912. (Bibliothèque Omnia, 20, rue Duret). Prix : 1 fr. 5o.
- Cette brochure contient les prix et caractéristiques de toutes les automobiles françaises et de la plupart des machines étrangères.
- L’argent et les métaux de la mine de platine, par M. M. Molinié et H. Dietz. i volume in-18 jésus, cartonné toile, 400 p., g3 figures dans le texte (Encyclopédie scientifique), Doin, éditeur, Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- Tableau exact et précis de l’état actuel des industries mettant en œuvre l’argent et les métaux de la famille du platine. Le lecteur trouvera pour chaque métal : un exposé de la situation économique ; l’étude des gîtes métallifères (minéralogie, géologie, statistiques minières) ; l’extraction métallurgique si complexe par les multiples méthodes usuellement employées, méthodes exposées, le plus souvent en tableaux synoptiques aisés à consulter; les applications du métal, des alliages et des sels; la récupération indispensable des résidus, les procédés d'analyses, etc.
- L’industrie des matières colorantes organiques, par André Wahl, professeur de chimie industrielle à la Faculté des sciences de Nancy. 1 vol. grand in-18 jésus, cartonné toile, 4o° pages avec figures dans le texte. (Encyclopédie scientifique). Doin, éditeur, Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- L’auteur de ce petit volume réunit la double qualité de professeur de talent et de spécialiste éprouvé par un long stage dans l’industrie des colorants. Il a su écrire un livre bref et clair, cependant riche de faits et remarquablement documenté. M. Wahl montre « par quelles réactions nombreuses et variées l’industrie chimique est parvenue à transformer des substances relativement simples, extraites du goudron de houille, telles que la benzine, la naphtaline, l’an-thracène, le phénol, etc., en d’innombrables matières colorantes, dont l’édifice moléculaire est parfois si complexe. » L’exposé, très méthodique et très net, n’a rien d’aride malgré sa concision.
- Les animaux. — Dans la légende. — Dans la science. — Dans l’art. — Dans le travail. Leur utilisation et leur exploitation par l’homme, par le lieutenant Chollet, Armand Dayot, A. Schalck de la Faverie, Dr Behring et Henri Neuville. 2 vol. in-40, 5oo illustrations et planches en couleurs, Bong et Cie, édit., 1910-1911. Prix : 65 francs.
- Le chapitre « Les animaux dans le culte et dans la légende », évoque toutes les croyances et les superstitions de l’antiquité et du moyen âge, avec les représentations des animaux-dieux; les « Animaux dans l’art », exposent le patrimoine artistique que les animaux ont apporté à l’humanité. La « Répartition géographique des animaux », la « Domestication des animaux »; « L’Evolution de la chasse », « Les animaux ennemis de l’agriculture et de la sylviculture », « Les animaux au service de l’agriculture et des relations commerciales », « Les animaux et le sport », « Les animaux et la guerre », « La cellule, base fondamentale de la vie », « Les protozoaires, agents pathogènes », « Les animaux au service de la science et de la thérapeutique », « Les expériences faites sur les animaux pour la lutte contre les épidémies », « Les poisons et les médicaments de provenance animale », « Les produits tirés des animaux; leur mise en œuvre et exploitation », telles sont les grandes subdivisions de ces deux beaux volumes, dont l’illustration constitue une incomparable de leçons de choses.
- L’Afrique équatoriale française, par Maurice Rondet-Saint. 1 vol. in-16. Librairie Plon-Nourit. Prix : 3 fr. 5o.
- M. Rondet-Saint s’était fait connaître, auparavant, par deux livres de haute conscience et d’actualité : La Grande-Boucle et Y Avenir de la France est sur mer. Son nouvel ouvrage est un résumé vivant, documentaire, fidèle, des impressions et des renseignements qu’il a recueillis, en toute indépendance sur la valeur réelle, de notre empire africain, si peu connu encore, trop souvent présenté sous des traits fantaisistes par l’optimisme des fonctionnaires ou par les relations suspectes de témoins intéressés. M. Rondet-Saint a remonté l’Oubangui jusqu’au Bangui et la Sangha jusqu’au Ouesso; il a parcouru le massif du
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- BIBLIOGRAPHIE
- Haut-Djoué, visité le bassin de l’Ogômé, de Cap-Lopez à N’Djolé et à Sindara, sur le N Gouni.
- Les oscillations du matériel des chemins de fer, par Georgês Marié. I. — Dénivellations de la voie et oscillation des véhicules de chemins de fer. II. — Limites de flexibilité des ressorts et limites de vitesse du matériel des chemins de fer, H. Dunod et Pinat, édit., 2 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Dans ces volumes, l’auteur, après avoir résumé sa théorie des oscillations du matériel dues aux dénivellations de la voie et des oscillations à l’entrée en courbe et à la sortie, en fait l’application à la pratique réelle.
- L’Indo-Chine, guide-album à l’usage des touristes, publié par le Touring-Club de France, en français et en
- anglais, avec renseignements sur les voies d’accès, une description sommaire et des simili-gravures fort réussies des merveilleuses ruines d’Angkor, de la nécropole de Hué, des temples et sites du Laos, de la baie d’Along et du nouveau chemin de fer du Yunnan.
- Sur la diversité génétique des montagnes éruptives, par A.. Stubel, traduit de l’allemand par \V. Prinz et C. van de Wielk. Nouveaux mémoires de la Société belge de Géologie, de Paléontologie et d’Hydrologie. (Hayez, impr., Bruxelles, 19ïi, 70 pages, 63 flg. et 1 planche hors texte.) Série in-40, mémoire n° 4-
- Cette traduction française du célèbre vulcanologue allemand ne peut être que bien accueillie des lecteurs français : elle devait paraître en igo3; posthume pour Stübel et pour Prinz, elle a été achevée par M. Van de Wiele.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE U A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 lév. 1912. 8° 5 S. W. 4. Couvert. 3,7 Presq. couv. pluie de 2 h. 40 à 4 h. 25.
- Mardi 13 6°.4 S. W. 3. Couvert. 0,0 Couv. le 111., nung. le s. ; bruine le ni. ; cesse après 6 h.
- Mercredi 14 ... . 5° 9 S. W. 2. Couvert. 0,9 Couv. ; averse à 3 h. 10-15, gouttes ou pl. entre 18 h. et 22 h.
- Jeudi 15 4°,5 N. i. Couvert. » Couv. jusq. 10 h. ; nuag. ensuite.
- Vendredi 16 ... . 5°,0 S. 2. Couvert. » Couv. le m. ; nuag. le soir.
- Samedi 17 2°, 8 S. S. E. 1. Peu nuageux. » Peu nuageux le m, ; nuag. le s. ; gelée bl. ; halo.
- Dimanche 18. . . . 4»,4 S. 2. Beau. » Gelée bl. nuageux ; halo et graud halo.
- FÉVRIER 1912. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 FÉVRIER 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 12 au 16 février. — Le 12. La pression barométrique se relève, en restant inférieure à y55 mm dans le W. et l’E. Fortes pressions sur la Scandinavie et sur les Açores. Neige et pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Nancy. 22 mm: Cette, 11; Paris, 6; Cherbourg, 5; Nancy, 4. Temp. du matin : Moscou, — 4°; Belfort, +3; Paris, Nantes, 9; Biarritz, 10; Alger, 15 ; moyennë à Paris : 8°,7 (normale : 3°,2). — Le i3. Relèvement général de la pression. Minimum sur l’Angleterre (751 mm). Fortes pressions sur le N. et sur le S.-W. du continent. Dépression au N. des Açores. Neige en Russie. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Biarritz, i5 mm; Charleville, 9; Nantes, 8; Brest, 4. Temp. du matin : Moscou, —14°; Belfort,
- du Bureau Central Météorologique.
- 4-3; Toulouse, 5; Paris, 6; Nantes, 7; moyenne à Paris : y0,S (normale : 3°,2). — Le 14. Basses pressions sur l’Atlantique N. entre les Açores et l’Islande. Fortes pressions sur la péninsule Ibérique et la Russie. Neiges sur le N. de l’Europe; pluies sur le W. et le S. En France : Charleville, 14 mm; Marseille, 10; Nice, 7; Biarritz, 6. Temp. du matin : Moscou, —220; Belfort, 4-2; Paris et Toulouse, 6; Biarritz, 10. — Le 16. Pressions supérieures à 765 de l’Algérie au Sud de la Scandinavie et à la mer Noire; dépression au voisinage de l’Irlande (753). Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Brest, 12 mm; Nantes, 6; Boulogne, 5. Temp. du matin : Clermont, —20; Besançon, + 1; Toulouse, 3; Paris, 5; Brest, 10; Alger, i3.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l'Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et h l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique» Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- r
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 2023 — 2 MARS 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Recoupement de source au tunnel du Somport (Hautes-Pyrénées). — Le 18 octobre 1911, à 8 h 1/2 du matin, pendant la perforation à la galerie principale d’avancement du tunnel du Somport, au PK 2548.3o, une source jaillissante s’est déclarée au trou gauche en bas entre des bancs de calcaire (dinantien probablement).. Le jet était tellement puissant que les deux hommes actionnant la perforatrice ont été renversés, mais sans aucun mal. Le jet avait i5 mètres de longueur et donnait à penser qu’il se produisait sous l’effet d’une haute pression évaluée à 3oo mètres. Le débit était d’environ 90 litres à la seconde. Mais ce débit ne s’est pas maintenu et le 21 octobre il était descendu à 3o litres. Depuis cette date, il est resté constant et n’avait pas diminué encore au 21 décembre. La température de l’eau de cette source n’a pas été prise, elle était tempérée. La galerie d’avancement se trouve là à une altitude de 1570 mètres environ.
- Enlèvement du rocher de Tormery (Savoie). —
- Une loi spéciale vient d’accorder au département de la Savoie un crédit de 60 000 francs pour faire disparaître le rocher de Tormery. D’après une obligeante communication de M: l’ingénieur en chef des Ponts-et-Chaus-sées,à Chambéry, ce rocher se trouve à l’extrémité sud de la chaîne calcaire des Bauges ; vers 1100 mètres d’altitude, sa masse énorme est séparée delà montagne par une crevasse ; et, comme il repose sur une marne friable, un éboulement menaçait terriblement les deux villages de Chignin et Tormery (station de Myans) entre Chambéry et Montmélian. C’est juste en face, d’ailleurs, que le 24 novembre 1248,l’écroulement d’une partie du Mont-Granier (1938 mètres, extrémité nord-est du massif de la Grande-Chartreuse) également sur une base de marne friable, engloutit la ville de Saint-André, 6 paroisses, 16 hameaux et 5ooo personnes, sous le chaos de roches qui a gardé le nom d’abîmes de Myans. Il faut applaudir à l’initiative qui a su prévenir catastrophe semblable pour Tormery.
- Nouveaux usages de l’aluminium. — Dans une récente conférence à la Société des Ingénieurs civils, M. Léon Guillet indique de nouvelles applications. de l’aluminium qui ont pris dans ces derniers .temps une grande extension : la fabrication de papier d’aluminium et celle de la poudre d’aluminium. Les deux fabrications sont connexes : le papier d’aluminium remplace peu à peu le papier d’étain pour envelopper las matières alimentaires, notamment le chocolat. La mise au point du laminage a présenté de grandes difficultés. A la Société Française des couleurs minérales de là Praz, le laminage se fait en 6 passes jusqu’à une-épaisseur de 4/ioo de millimètres, avec un récent après la 2" passe. Pour obtenir des épaisseurs inférieures, on lamine plusieurs feuilles superposées ou bien l’on procède par battage. Pour la fabrication de la poudre d aluminium, on procède par broyage et blutage de feuilles épaisses
- de i/100 de millimétré et découpées en paillettes de 2 millimètres de côté. La poudre ainsi produite est employée pour la confection de peintures pour métaux; elle est onctueuse au toucher comme le graphite et adhérente comme lui.
- Un monument français à Quito. — Un Comité de Français et d’Equatoriens s’est constitué à Quito dans le but de commémorer par un monument deux grands faits scientifiques :1e premier fut la mission de Bougues, La Condamine et Godin chargés par l’Académie des Sciences, au xvni” siècle, de mesurer un.arc de méridienne dans la région de l’Equateur; le second est la mission géodésique exécutée en 1900 par les officiers français du Service géographique de l’armée. Le gouvernement équatorien a souscrit i5ooo francs. Les souscriptions sont reçues pour la France,par M.Verdet,. g5, rue de Courcelles, Paris.
- Mammifères quaternaires de l’Alaska. — L’Alaska est célèbre par la quantité d’ossements de grands mammifères, plus ou moins fossilisés, que l’on y trouve un peu partout et qui attestent l’existence de grands troupeaux sur ce territoire à une date géologiquement: toute récente. D’après Madison Grant (Smithsonian Report 1909) les restes les plus nombreux sont ceux du Mammouth et du Bison; viennent ensuite : le Cheval, le Mouton, des Cerfs voisins du Wapiti, le Bœuf musqué. Il s’agit donc d’une faune qui avait beaucoup d’affiuités avec les faunes actuelles de l’Amérique du Nord et de l’Asie. Les crânes de bisons, fort nombreux, sont particulièrement intéressants : ils indiquent un animal beaucoup plus grand que le Bison actuel, de sorte que depuis les temps quaternaires ce bovidé a non seulement diminué en nombre mais en grandeur. 1
- Animaux marins vivant actuellement en Lorraine. — Il existe en Lorraine, près de Nancy et à Vie,’ Marsal et Burthencourt en pays annexé, des eaux salées et même sursalées voisines de dépôts de sel. Ces eaux possèdent une faune et une flore à types nettement marins. M. Lienhardt vient de signaler un certain nombre de Coléoplères de cette faune et à ce propos1 examine la question de l’origine de ces animaux. Sont-ils un reste de l’époque ou la région qu’ils habitent était1 voisine d’une mer disparue? Ou bien sont-ils le résultat de l’adaptation à l’eau salée de formes d’eau douce avoisinantes? Ou bien encore* oùt-ils été transportés depuis la mer par des oiseaux bons voiliers? Pour les Coléoptères,' ce sont tous des habitants normaux des eaux de sources qui se sont habitués à l’eau salée.
- Le blé et le coton en 1911.—L’Institut International d’Agriculture donne les renseignements suivants sur les principales récoltes de 1911. Pour le froment, la récolte de 1911 a donné par rapport à celle de 1916 : Belgique 104 pour 100? Espagne 9? pour 100; France 112,1 pour 100 ; Grande-Bretagne 106 pour 100; Canada 97,1'pour 100; Etats-Unis 98,7 pour 100; Inde 99 pour ioo. Les
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- INFORMATIONS
- ensemencements sont désormais terminés après avoir en lieu en général dans de bonnes conditions. La germination s’est produite régulièrement. Au Canada, la production du froment et de l’avoine a éié de 58 746008 et de 53 697 553 quintaux soit respectivement 14^,9 et 107,6 pour 100 de la production de 1910. En ce qui concerne le coton, les résultats de 1911 sont les suivants : Etats-Unis 32 3o3 3y8 quintaux; Mexique 347 620 quintaux; Inde 5628176 quintaux; Egypte 2860012 quintaux, ’ soit au total 4ri39o86 quintaux, 15,8 [pour xoo de plus que l’année dernière.
- F Influence de la température de l’océan Atlantique sur le climat de la Norvège et sur la pêche. —
- Parmi les beaux résultats obtenus par le Michaël Sars, dans sa dernière campagne, il nous faut citer les suivants : La température de l’air en Norvège subit l’influence des conditions thermiques de l’eau Atlantique. Celles des eaux profondes déterminent les anomalies de température spéciales à l’hiver et au printemps de ces contrées où une certaine quantité de chaleur provient de la circulation verticale de l’eau pendant l’hiver. La température de l’eau de surface a une action secondaire. A une basse température en profondeur correspondra l’année suivante une basse température à la surface et vice versa. La température moyenne de l’eau Atlantique en profondeur calculée sur une section à travers la partie méridionale de la mer de Norvège en mai peut donc servir à pronostiquer la température de l’air l’hiver suivant, et par conséquent l’époque avancée ou tardive de la pêche aux Lofoten et même les conditions du frai et la quantité relative de foie de morue. La température de surface le long de la même section, dans la même saison, pourrait renseigner à l’avance sur la croissance des bois de sapins pendant l’été et le rendement des cultures d’automne de l’année suivante. La courbe représentant la quantité de foie de morue fournie par les poissons montre des périodes qui paraissent coïncider avec les périodes de taches du soleil. Pour les pêcheries des Lofoten les courbes de foie de morue, des œufs de morue et des taches du soleil correspondent étonnamment, le maximum de production du foie de morue ayant une tendance très marquée à coïncider avec un minimum de taches solaires. Il est hors de doute qu’il existe une relation entre les périodes de taches et les variations de différents phénomènes terrestres. MM. Hel-land-Hansen et Nansen pensent que la périodicité des taches solaires cause des variations périodiques des courants océaniques directement ou indirectement par l’intermédiaire de l’atmosphère, variations qui à leur tour influencent les poissons et par là la production des oeufs et du foie de morue (d’après la Géographie, i5 novembre 1911).
- La langue étrusque. — M. Jules Martha, professeur à la Sorbonne, vient d’exposer à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, les résultats de ses nouvelles recherches sur la langue étrusque, demeurée jusqu’ici inintelligible. Il pense que cette langue a des affinités avec le groupe oügro-finnien-lapon ; une parenté existerait entre ces langues et l’étrusque par le vocabulaire, la syntaxe et le jeu des suffixes. Grâce à cette induction, M. Martha a pu traduire plusieurs textes étrusques, entre autres quinze inscriptions et une sentence arbitrale sur un partage, une consultation demandée à un dieu guérisseur, et surtout les passages les mieux conservés du texte étrusque des bandelettes qui enveloppent la célèbre momie du musée d’Agram. C’est un rituel étrusque à l’usage des marins. M. Th. Reinach a demandé si les mots étrusques transmis par les auteurs classiques, et les noms de nombres étrusques connus, peuvent s’expliquer par des racines ougro-finnoises. M. Martha a répondu qu’il pouvait indiquer les racines de deux de ces mots et celle du chiffre 5. M. Bréal a objecté qu’il fallait consulter sur ces conclusions les savants compétents en matière de langues ougro-finnoises.
- Diminution de la mortalité tuberculeuse en France.— M. le Dr Albert Robin a récemment exposé, à l’Académie de Médecine, que la statistique de mortalité par tuberculose en France, accuse i5ooço décès par an. (ce qui, pour une population de 3g 196 268 habitants, donnerait l’énorme proportion de 38 décès sur
- 10000 vivants), mais qu’en réalité, d’après les statistiques du Ministère de l’Intérieur, il y a lieu de réduire-pour 1908, la mortalité pour cause tuberculeuse à 85271 décès, soit 21,70 sur 10 000 habitants. En effet, une grande partie des morts par tuberculose doivent être rangées sous les rubriques : bronchite aiguë, bronchite chronique, maladies mal définies, causes inconnues. Pour la statistique parisienne-< seule depuis i885, M. Albert Robia constate que la mortalité tuberculeuse a décru de 26,8 pour 100; il est donc faux de dire que cette mortalité n’aurait subi aucun recul. La France ne se trouverait donc pas, en réalité, dans une situation aussi inférieure, aussi grave qu’on le prétend communément, par rapport aux autres pays (le l’Europe. Sous l’influence salutaire de la Commission permanente présidée par M. Léon Bourgeois, il a été pris des mesures plutôt préservatives que thérapeutiques. Un résultat, d’ailleurs, n’en est pas moins acquis. A Vienne, dit M. Bertillon, la mortalité tuberculose était avant 1887, de jS pour 10000 habitants, et reste actuellement à environ 35 pour 10000.
- Statistique mondiale de la houille. — Le Board of Trade d’Angleterre publie un ensemble de statistiques sur l’industrie houillère dû monde pour l’année 1910. La production des cinq grandes puissances charbonnières est indiquée comme suit (nous avons arrondi les chiffres) :
- Etats-Unis, 447 840000 t. ; Royaume-Uni, 264430000; Allemagne, 150370000; France, 87, 255 000; Belgique, 23 53o 000 tonnes.
- Par rapport à 1907, la production anglaise a diminué de 3,5 millions de tonnes. La production globale des quatre autres puissances a augmenté de 42 millions de tonnes par rapport à 1909. Le total de la production mondiale pour 1910 a été de io35 millions de tonnes, chiffre où entrent les productions des pays suivants :
- Indes anglaises, x 2 048 000 tonnes ; Canada, 11 4^5 000; Australie, 9760000; Afrique australe, 6440000; Nouvelle-Zélande, 2 200000 tonnes.
- Le pays qui produit le plus de houille par tête d’habitant est le Royaume-Uni, avec près de 6 tonnes. Viennent ensuite les Etats-Unis (5 tonnes), la Belgique (3 1/8 tonnes), l’Allemagne (2 x/3 tonnes) et la France (moins d’une tonne). C’est aux Etats-Unis que la houille coûte le moins cher « sur le carreau » (7 fr. 3o la tonne). En Angleterre, elle coûte 10 fr. 20; en Allemagne, x2 fr. 35; en Belgique, i4 fr. 80.
- Dans ces mêmes pays, la consommation de houille en 1910 a été la suivante :
- Etats-Unis, 4348i5ooo t. ; Royaume-Uni, 179960000; Allemagne, i3o23oooo; France, 54860000; Belgique, 23 85o 000 tonnes.
- La consommation de houille par tête d’hàbitant est partout, en augmentation, comme le montrent les chiffres suivants pour les années 1909 et 1910: :
- Etats-Unis 4,41 tonnes et 4,72 tonnes; Royaume-Uni, 3,99 et 4,oi ; Allemagne, 2,01 et 2,o3; Belgique, 3,01 et 3,17; France, i,38 et 1,40 tonnes.
- Il faut noter qu’en France et en Allemagne on .se sert de plus en plus des lignites, qui n’entrent pas dans ces calculs, et aussi des alcools dénaturés. Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Allemagne se suffisent à eux-mêmes, tandis que la France et la Belgique ont dû respectivement acheler à l’étranger en 1910 35 pour 100 et 3i pour 100 de leur consommation. Parmi les grandes colonies britanniques, l’Afrique australe est seule à recourir au charbon du Royaume-Uni, qui entre pour 14 pour 100 dans sa consommation. Lés autres colonies se suffisent à elles-mêmes. Où note enfin que les locomotives du Royaume-Uni ont consommé en 1910 12 472479 tonnes de charbon.
- Les moteurs d’aviation en Allemagne. — L’Empereur d’Allemagne vient de fonder un prix de 5o 000 marks pour le meilleur moteur d’aviation inventé par un Allemand. Ce prix, sera décerné le 27 janvier igi3. « -
- Télégraphie sans fil dans le monde. — On compte aujoutd hui 1100 postes fixes de T. S. F. 243 pour les Etats-Unis, 93 pour la Grande-Bretagne, 83 pour l’Allemagne, 58 pour la Russie, 4° pour l’Allemagne, 5i pour le Canada. La marine de commerce utilise 869 postes.
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- Le binard automobile Schneider. — Le binard Schneider est un camion automobile basculant destiné à transporter des pierres de taille. Il se compose d’un châssis du modèle industriel coupé court en arrière des roues motrices et d’un poulain mobile pouvant occuper deux positions principales : dans la première ou posi-
- Fig. i. — Le binard automobile Schneider.
- dion de route (fig. i), il est relevé horizontalement sur 3e châssis et dans la seconde (fig. 2), on l’incline vers le sol de manière à hisser ou à débarquer la charge préalablement disposée sur un plateau à rouleaux du type courant employé sur les chantiers. Un cabestan mis en marche par le moteur, permet d’effectuer mécaniquement les opérations de chargement et de déchargement.
- La voiture est actionné par un moteur à 4 cylindres, donnant 20 chevaux à 1000 tours.
- Le carburateur, à gicleur avec soupape automatique de rentrée d’air, atteint au collecteur d’échappement qui réunit les cylindres de façon que la pulvérisation de l’essence s’opère dans une enceinte à haute température, ce qui assure une parfaite vaporisation. Ces dispositions
- Fig. 2. — Chargement des pierres sur le binard.
- permettent le fonctionnement du moteur à l’essence, à l’alcool carburé ou au benzol. Quant à l’allumage, il se fait par magnéto à haute tension et bougies. La commande de la magnéto comporte un régulateur donnant automatiquement l’avance qui convient à chaque vitesse du moteur.
- La dureté et la résistance des céréales. — On sait que les différentes variétés de céréales opposent aux maladies et. aux attaques des insectes des résistances fort différentes. C’est ainsi que l’année dernière, lors de l’invasion d’une mouche dévastant presque toute l’Europe, certaines sortes de froment furent complètement détruites, tandis que d’autres dans des conditions parfaitement identiques restaient plus ou moins indemnes.
- Le Dr F. Strarak, professeur à l’Ecole Polytechnique bohémienne de Prague, a réussi à découvrir le facteur déterminant de ce phénomène. C’est, en effet, la structure anatomique de la plante qui la rend plus ou moins accessible aux attaques des insectes. Le caractère des membranes et des couches de cellules plus ou moins lignifiées au-dessous de l’épiderme, détermine, en effet, non seulement la dureté de la plante, mais sa résistance plus ou moins grande contre les influences nuisibles de toute sorte. Une investigation microscopique fort étendue a fait voir que les plantes saines possèdent des tissus cellulaires bien plus forts que celles attaquées par les insectes et que ces différences de structure préexistent à l’attaque des insectes.
- C'est ce qui engagea M. Strarak à construire un appareil permettant de déterminer la dureté des céréales et leur susceptibilité plus ou moins grande par rapport aux attaques des insectes. Cet appareil, représenté à la figure 1, est d’autant plus utile qu’il permet de choisir les variétés indemnes (complètement ou en partie) des différentes maladies infestant les céréales.
- La dureté dès tiges est mesurée par l’action d’une scie, c’est-à-dire, par un effort semblable à celui des mandibules de l’insecte attaquant le blé. Cette scie tombe avec un poids donné sur la tige végétale dont la dureté doit être examinée. Cette tige offre aux dents de scie une résistance donnée, plus ou moins grande en
- rapport avec la dureté de structure de la plante. La force consommée en vainquant cette résistance est mesurée par le poids ajouté.
- L’appareil comporte en conséquence deux parties principales, à savoir, la scie attachée à l’un des bras d’un fléau recourbé et une voiturette minuscule portant la plante en expérience. M. Strarak se sert de la scie anglaise la plus fine aux dents distantes o,3 millimètres et de 0,1 millimètre de hauteur. La pression exercée par cette scie sur la tige en expérience est réglée par le poids plus ou moins grand mis dans le plateau visible à droite. La voiturette se déplace sur des rails inclinés, de façon à équilibrer le poids du plateau.
- Au moment même où le poids des grains de mitrailles versés dans le plateau suffit à vaincre la résistance de la tige végétale, la voiturette se met à descendre à l’encontre des dents de la scie. Le poids de la mitraille indique immédiatement le degré de dureté de la plante et son immunité plus ou moins parfaite contre les maladies pouvant l’attaquer.
- &l> Électricité
- Modifications aux sonneries électriques ordinaires. — La sonnerie électrique ordinaire peut être agencée facilement en sonnerie à un coup ou en sonnerie continue. Rappelons brièvement comment la sonnerie ordinaire fonctionne. Le courant passe dans les bobines x et 2 par l’intermédiaire d’un ressort s’appuyant sur une vis à pointe G (fig. 1), Quand la palette est attirée le contact sur la vis à pointe est rompu, la palette retourne en arrière, referme le contact et ainsi de suite, le marteau ou la boule frappe une suite de coups sur le timbre, la sonnerie est équipée en trembleuse.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Si l’on veut que lorsque le bouton d’appel sera pressé la sonnerie ne tinte qu’une fois il suffira de supprimer cette interruption sur le contact de la vis à pointe et au lieu de faire passer le courant par D, C, B et les bobines, de ramener directement la sortie de la bobine 2 à la . vis à pointe C et par suite directement à la
- borne D (fig. 2). Généralement la sortie du fil de la bobine 2 s’attache sur une vis fixée à la masse du bâti métallique support des bobines ; comme la vis B est fixée directement sur ce bâti, il suffit alors pour avoir une sonnerie à un coup de relier par un petit morceau de fil de cuivre la vis B à borne D (fig. 3).
- On peut modifier la sonnerie trembleuse en sonnerie continue c’est-à-dire qu’une fois le bouton d’appel pressé, la sonnerie continuera de tinter jusqu’à ce qu’on vienne tourner un commutateur interrupteur. Voici comment on procède. On installe un fil depuis la vis B jusqu’au bouton d’appel, puis de ce bouton à la pile ; la sonnerie est donc montée en sonnerie à un coup (fig. 4)- On dévisse ensuite la vis à pointe G de manière qu’elle ne touche pas au repos la lame du ressort formant contact. De D on pose un fil jusqu’à un interrupteur qui peut être un interrupteur à manette avec 2 plots sur un macaron en bois : le fil arrive au plot de gauche par exemple; par conséquent le courant passe par la manette et son axe, de là un fil revient à la pile. On peut employer n’importe quel interrupteur unipolaire, ceux servant aux lampes à incandescence par exemple.
- Yoici comment le tout fonctionne : quand on appuie sur le bouton d’appel, on ferme le circuit des bobines, la palette est attirée et la boule frappe un coup : quand on cesse de presser sur le bouton d’appel, l'armature revient en arrière, mais l’élasticité des ressorts lui fait dépasser sa position de repos et le ressort vient toucher la pointe de la vis, le circuit passant par l’interrupteur est alors fermé, l'armature est attirée de nouveau et ainsi de suite, par suite la sonnerie fonctionne en trembleuse sans arrêt. Pour faire cesser cette sonnerie il est nécessaire de couper l’interrupteur pendant quelques instants de façon que la palette ait le temps de reprendre sa position d’équilibre. On referme ensuite l’interrupteur pour que le système puisse fonctionner de nouveau.
- Cette disposition trouve son emploi quand par exemple le bouton d’appel, est très loin de la sonnerie. On place alors l’interrupteur près du bouton d’appel et pour faire cesser la sonnerie, il faut aller fermer l’interrupteur et se rendre par conséquent à côté du bouton d appel c’est-à-dire à l’endroit où celui qui est sonné est demandé, par exemple pour ouvrir une porte d’entrée, recevoir un ordre, etc.
- On peut combiner ces différentes actions de sonneries, à un coup, intermittentes, continues avec différents boutons actionnant une même sonnerie et l’on peut distinguer ainsi quel est le bouton qui appelle. Le nombre de combinaisons est très grand et chaque cas particulier peut donner lieu à un montage spécial.
- interrupteur
- Fig. 4. — Sonnerie ordinaire équipée en sonnerie continue.
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- Aviation
- Nouvelle commande pour appareils d’aviation. —
- Cette nouvelle commande est basée sur ce principe que chacun des fils de commande passe par un point quelconque de chacun des axes des mouvements dont ils dépendent et dans l’ordre de cette dépendance. En aucun cas, les fils ne sont soumis à aucune action tendant à modifier leur longueur. Yoici la description du système.
- La commande est fixée à l’aéroplane par un axe HH' actionnant une poulie G, qui peut être remplacée par un palonnier, reliée par un câble aux organes de stabilité latérale.
- Cet axe se termine par une fourche à l’extrémité de laquelle tourillonneun cercle PP' actionnant les fils du gouvernail de profondeur fixés aux points P et P' lorsque l’on actionne la tige du volant d’avant en arrière ou d’arrière en avant.
- Ces fils passent
- par un point O situé sur le prolongement de l’axe HH'. Par suite de cette disposition, tous les mouvements exécutés autour de HH' ne modifient pas la longueur de ces fils. Le levier L du volant est également relié au cercle PP' par des pattes rigides AA'. Ce levier porte une poulie D dont le bord extérieur est tangent à l'axe du tourillon-nement du cercle PP'. Les fils FF' actionnant le gouvernail vertical passent sur cette poulie et ils se confondent avec l’axe SS' en passant sur deux poulies SS' également tangentes à cet axe ; ils se dirigent également vers un point qui peut être différent de O, mais toujours situé sur le prolongement de l’axe HH'. On voit que dans toutes les commandes, la longueur des fils est complètement indépendante des rotations, qu’elles s’effectuent autour de HH' ou de SS'. -— L’inventeur de cette commande est M. Charles Bénard, constructeur à Artenay (Loiret).
- Nouvelle commande pour les aéroplanes.
- Jouets
- L’aéro-bombe. — M. Pasquis a modernisé les jeux de tir en remplaçant les anciennes cibles par celles, plus modernes, qui naviguent actuellement dans les airs. Des ballons sphériques, des ballons dirigeables appartenant aux types connus, des aéroplanes, sont peints sur un carton. En leur centre, est placée la cible que doit atteindre le projectile d’un canon-jouet ordinaire.
- Dès qu’une cible est atteinte, elle s’efface et un numéro apparaît. Chaque joueur dispose de huit balles, une pour chaque cible ; on fait le total des points obtenus en fin de série et le second joueur épuise à son tour ses muni-lions. Celui des enfants qui possède le total des points le plus élevé est le gagnant. On augmente la difficulté en éloignant le canon de la cible. — M. Pasquis habite 34, rue Sainte-Anne, à Paris.
- L’Aéro-bombe.
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- VARIETES
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- La météorologie en France r en 1911. — Nous extrayons et résumons les renseignements suivants du rapport de M. A. Angot, directeur du bureau central météorologique sur les travaux de cet établissement en 1911 (Journal Officiel du 17 février 1912).
- Service des avertissements. — Dans le Bulb tin quotidien international, on a inséré les observations de trois stations nouvelles : Monaco, Malaga et Gibraltar. La dépêche de cette dernière slation, envoyée tous les matins par télégraphie sans fil de Gibraliar à Londres, est communiquée par le poste radiotélégraphique militaire de la tour Eiffel.
- La proportion des prévisions exactes a été de 72 pour 100 pour les avis de tempête, de 78 pour 100 pour la direction du vent et de 74 pour 100 pour les prévisions agricoles. Ces dernières ont été contrôlées -par plus de 3o 000 observations.
- Depuis le i5 juillet 1911, le bureau central météorologique communique chaque jour une dépêche spéciale à la station radiotélégraphique militaire de la tour Eiffel, qui l’expédie, à 10 h. 48 m., immédiatement après les signaux horaires. Cette dépêche, destinée aux navires qui se trouvent sur l’Atlantique, leur donne les observations météorologiques faites à Saint-Pierre et Miquelon, en Islande, à Yalentia (Irlande), à Ouïssant, à la Corogne (Espagne) et aux Açores; et, à la suite, de brèves indications sur l’état de l’atmosphère en Europe. En y ajoutant leurs propres observations, les commandants des navires ont ainsi le moyen de tracer dans ses grandes lignes la carte du temps sur l’Atlantique et d’en déduire les prévisions qui les intéressent.
- En dehors des prévisions régulières, le bureau a, de plus en plus, à répondre aux demandes des aéronautes et des aviateurs. En 1911, le service des avertissements a dû fournir ainsi 34o prévisions spéciales sur la direction et la vitesse du vent et l’état du ciel. Les plus beaux voyages aériens de 1911 ont été faits aux dates indiquées par le bureau central.
- Il n’a été possible de répondre à ces nouvelles exigences que grâce au dévouement du chef du service, M. Goutereau.
- Service de climatologie et météorologie générales. — On a installé 57 pluviomètres en Corse, en raison des travaux récemment ordonnés pour l’assainissement de la partie orientale de l’île.
- L’association internationale des académies, lors de sa réunion à Yienne, avait désigné un certain nombre de points dans lesquels il lui paraissait particulièrement important que fussent faites des observations aussi complètes que possible sur la physique du globe. L’un de ces points, Tahiti, est une possession française. L’intérêt de la création d’un observatoire à Tahiti se trouve encore accru depuis que le gouvernement du Chili a installé une station sismologique aux îles Juan Fernandez. Tahiti est ainsi le dernier anneau qui manque pour compléter la chaîne de stations qui doit traverser le Pacifique, par les îles Juan Fernandez et Samoa, où des observatoires existent déjà. Le bureau météorologique signale cette grave lacune à l’attention des pouvoirs publics ou des généreux bienfaiteurs de la science.
- Travaux scientifiques.— Le directeur a fait paraître, dans le tome I, des Annales de 1907, une étude d’ensemble sur le régime du vent en France. Il a remis au courant, pour le ïer janvier 1911, les cartes magnétiques de la France ; on continuait en effet jusqu’alors à publier les anciennes cartes publiées en 1896 par M. Mou-reaux. Ce travail a nécessité la révision complète de tout le réseau des stations magnétiques.
- A la demande du Dr J. Charcot, le directeur a enfin assumé la publication des observations météorologiques accomplies pendant le dernier voyage dans l’antarctique (1908-1910). Cette publication forme un volume in-4“ de 260 pages et 16 planches.
- M. Dongier a publié, dans le tome I des Annales, la discussion des orages de 1907 et préparé celle des orages de 1908.
- M. Goutereau a collaboré d’une manière très efficace à Y Atlas météorologique, publié par M. Eiffel.
- Observatoire du parc Saint-Maur. — Sous la direction de M. Dufour, M. Eblé a fait des observations
- magnétiques absolues à Saint-Maur et au Yal-Joyeux, pour se préparer à reprendre dans un certain nombre de stations, les mesures magnétiques de M. Moureaux.
- Station magnétique du Val-Joyeux. — M. J. Itié est resté chargé des observations magnétiques.
- Observatoire de Trappes.— L’observatoire de météorologie dynamique, créé en 1896 sur le plateau de Trappes, par M. L. Teisserenc de Bort, a continué les lancers de ballons sondes aux jours fixés par la Commission internationale et, en outre, a procédé à des sondages destinés à rapporter des échantillons d’air.
- Depuis cette année, toules les altitudes sont corrigées de l’influence de la température; cette correction est surtout sensible à partir de i3ooo à 14 000 mètres.
- Observatoire de Nantes. (Directeur M. Tabesse.) — Les observations météorologiques ordinaires sont faites régulièrement six fois par jour toutes les trois heures 1 partir de six heures du matin; une observation supplémentaire est faite à sept heures pour le service de la dépêche du matin.
- Observatoire de Perpignan. (Directeur M. Mongel.)
- — L’observation de la variation des éléments magnétiques a été suspendue à dater du i'r mars, par suite des perturbations causées par les tramways électriques.
- A la demande de plusieurs sociétés viticoles du département, le directeur de l’Observatoire a pris, à titre gracieux, la direction de l’organisation d’un essai de prévision du temps et d’avertissements agricoles. Les slalions de Carcassonne et de Narbonne ont été très satisfaites du service de prévisions météorologiques.
- Observatoire duPic du Midi. (Directeur M. Marchand.)
- — La section Lourdes-Bagnères du tramway électrique projeté, sera probablement terminée et exploitée dès l’été prochain, et la traction produira vraisemblablement des perturbations dans les appareils enregistreurs du magnétisme terrestre de la station de Bagnères.
- Aucune modification n’a été apportée dans l’installation du jardin botanique alpin.
- Une antenne de télégraphie sans fil a été installée à Bagnères, pour recevoir l’heure et les dépêches météorologiques envoyées par radiotélégraphe.
- Un abri météorologique, contenant des thermomètres et trois instruments enregistreurs, a été installé en février sur le sommet du Monné, à i25o mètres d’altitude et non loin de Bagnères; ces appareils, dont on va changer les feuilles chaque semaine, indiquent les variations de la température, de l’humidité et de la pression à cette altitude, intermédiaire entre celles de Bagnères et du Pic du Midi.
- Observatoire du Puy- de-Dôme. (Directeur M. Mathias.)
- — L’observatôire se compose de deux stations, celle du Puy-de-Dôme et celle de Rabanesse, près de Clermont-Ferrand.
- Yers la fin d’août, un appareil de M. Turpain pour l’enregistrement des orages régionaux a été mis en fonction à Rabanesse ; cet appareil, transporté au sommet du Puy-de-Dôme le Ier septembre, a donné d’excellents résultats.
- Les lancers de ballons sondes ont continué à Rabanesse aux jours fixés pour les ascensions internationales, avec des ballons de caoutchouc fabriqués à Saint-Pétersbourg. Le Ier décembre 1910, deux ballons accouplés, de 3o centimètres, atteignirent 12 400 mètres; l’ascension du 5 octobre 1911 (ballons de 40 centim.), a permis d’atteindre l’altitude de 16400 mètres; la suivante, qui n’est pas encore calculée, a donné des résultats qui paraissent meilleurs à première vue.
- La station de la plaine a pu être transférée à Aubières, sur le replat de Chézeaux, dans un terrain d’une contenance de 14000 mètres, très supérieur à celui de Rabanesse.
- Observatoire du mont Ventoux.— A l’observatoire du mont Yentoux (sous la direction de M. Gubiand, ingénieur en chef des ponts et chaussées), les observations sont faites régulièrement six fois par jour et transmises au bureau.
- Observatoire de VAigoual. — A l’observatoire du mont Aigoual (direction de M. An terrien-Yons, inspecteur des eaux et forêts, à Nîmes), les observations sont faites régulièrement trois fois par jour par deux gardes forestiers et adressées chaque mois au bureau central.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- c Conservation des fleurs coupées. — On peut doubler, -voire tripler, la durée de conservation des diverses fleurs coupées, en plongeant le bas des tiges dans l’eau sucrée. Pour obtenir le maximum d'effet, il convient d’employer des solutions différemment concentrées selon le genre de fleurs à conserver :
- Chrysanthèmes. . .... . de l’eau contenant 15 à 17 °/0 de sucre.
- Œillets................ — 10 à 15
- Montbrétia crocomiœilora — 10
- Roses.................. — 7 à 10
- Verges d’or ...... — 14
- Mais ceci n’est pas indispensable. Au reste, il serait facile, -connaissant le volume du vase où sont placées les fleurs, de calculer combien il faut employer de morceaux de sucre dans l’un ou l’autre cas.
- Les fleurs en boutons s’épanouissent bien plus vite dans l’eau sucrée que dans l’eau ordinaire, et leur volume est généralement augmenté : il double pour la linaire du Maroc par exemple.
- • A noter que pour certaines fleurs l’eau sucrée ne convient pas : lilas, pélargonium, lys et pois de senteur se conservent plutôt mieux dans l’eau ordinaire.
- Bulletin de l’Association des chimistes.
- Confection des torches. —= Voici comment M.Wohl-sure recommande d’opérer pour préparer des torches bon marché, brûlant sans odeur trop désagréable et donnant une belle lumière avec peu de fumée noire. Comme mèche, on emploie une grosse corde pas très tordue qu’on plonge longuement dans une solution saturée chaude d’acide borique puis qu’on fait parfaitement sécher et qu’on tend ensuite dans un moule tron-* conique d’assez gros diamètre, qu’on peut faire aisément en enroulant une mince feuille de zinc ou de fer-blanc.
- Ceci fait, on remplit le moule d’un mélangé fondu
- composé de :
- Suif.......................... 65o pour ioo
- Résine. . 5o —
- Nitrate de baryum ... . . . 3oo —
- Faire fondre d’abord la résine seule, jusqu’à dispa^-rition de l’écume due à la présence d’humidité. Baisser le feu, ajouter le tiers du suif, remuer, puis quand la masse est fondue, ajouter le reste du suif. Retirer du feu le mélange homogène et y incorporer le nitrate pulvérisé en agitant jusqu’à la coulée.
- Les Matières grasses.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- Erratum. — L’adresse de la Sonnerie sans fil, dite « Petit Détective », décrite dans le n° 2021, est 31, boulevard Bonne-Nouvelle, à l’OQice des Inventions Nouvelles (on a indiqué par erreur le n° 32 du boulevard).
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil contre le ronflement est fabriqué par le Rév. Alfred Barratt, Claygate, Surrey, Angleterre.
- Renseignements. — M. C. Caddeo, San Nicolo d’Arcidano. — Les ouvrages de Flammarion sont en vente à la librairie E. Flammarion, 26, rue Racine, Paris.
- M. P- Debeaumont. — On peut traiter la peluche comme le velours. Pour obtenir de très bons résultats, le mieux serait de confier le travail à un teinturier dégraisseur en lui faisant simplement apprêter le manteau sur la table à vapeur.
- MM Bertrand, Oser et fils, à Nancy. — La maison Sellier et Caron, 28, rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris, fabrique des silicates vitreux. Nul doute qu’elle ne puisse les fournir pulvérisés s’il s’agit d’une commande un peu importante. Vous pourriez vous adresser aussi à M. Béltzer, ingénieur-chimiste, boulevard Bineau, Le-vallois-Perret, qui fabrique un silicate très alcalin, cristallisé et se prêtant bien à la pulvérisation (« alka-sil »).
- M. J. de la Llave, colonel du génie à la bibliothèaue du Casino de la Grand Pena, à Madrid. — Nous n’avons pas oublié ; mais la mise au point d’une telle recette en apparence fort simple est parfois longue et difficile.
- M. G. Le Maignent, à Bosville. — Nous avons transmis votre lettre.
- Manufacture des Tabacs, à Morlaix. — Pour la soudure de l’aluminium on peut employer un alliage de zinc, d’étain et d’aluminium dans des proportions qui varient suivant les auteurs. Vous trouverez quelques formules différentes dans l’ouvrage de Laffargue, Recettes et procédés utiles, 5° série. Masson, éditeur. On peut aussi employer, paraît-il, le chlorure d’argent comme fondant. Vous pourriez vous adresser à la Société des couleurs métalliques, 55, quai de Valmy, Paris.
- M. B. C., 3j5. — Lampes électriques de poche. Lathoud, 46, Faubourg-du-Temple, Paris; Brianne, 10, rue Alibert, Paris; Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- M. L. Mortier, à Paris. —Pour cette formule et celles des produits de ce genre, voir le Formulaire des spécialités, de R. Cerbeland (librairie Maloine, ruedel’Ecole-de-Médecine).
- M. A. Munier, à Lyon. — Vos essais infructueux proviennent de ce que vous avez opéré sur des poudres ‘ de matières formées de paillettes relativement épaisses : elles sont broyées en pulvérisant. Au contraire, en opérant sur des produits en lames extrêmement minces (comme l’échantillon), il y a simple cassure des lamelles qui gardent leur surface et leur éclat. Vous pouvez trouver en France, des poudres de la nuance que vous désirez. M. Auguste Choisy, 14, rue des Jeûneurs, en fait à base d’alliages métalliques (3o francs le kilogramme environ), MM. Javey et Cio, 106, rue Réaumur, en vendent à base de verre (« Etincelle » n° 2, à 12 francs «le kilogramme). La différence des prix est encore augmentée du fait de la différence des densités. Il faudrait envoyer des échantillons pour la teinte à réassortir, et faire des essais d’utilisation de chaque produit, les poudres métalliques seraient peut-être moins durables comme brillant, mais de manipulation moins dangereuse.
- M. Hermann Gess, à Clermont-Ferrand. — Un exposé très complet de la théorie électronique des métaux a été fait par H.-A. Lorentz dans un volume intitulé The theory of électrons and its applications to The phenomena of light and radiant heat (Teubner, éditeur). La théorie entière des électrons est exposée dans cet ouvrage qui n’a que 25o pages. On peut aussi se reporter à l’ouvrage de Mauville les Découvertes modernes- en physique (Hermann, éditeur), qui traite spécialement de toutes les questions de physique électronique; enfin on peut signaler le Traité de Physique de Bouasse (tomes III et V) où ces questions sont aussi exposées.
- M. E. B. C., & Paris. — L’appareil du « Vacuum Cleaner » nous semble offrir des garanties. Nous ne croyons pas que M. Rateau ait étudié la question du nettoyage par le vide.
- M. L. Taurellier. — Il ne peut être question de Futilité de la neige dans le Midi, mais seulement dans les régions où son séjour sur le sol permet, dans les conditions que j’ai indiquées, de diminuer ou de tempérer
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- BOITE AUX LETTRES
- l’action du froid. On ne peut nier les observations relatives à son influence sur les céréales ; il en existe également pour certains arbres fruitiers. Toutefois, la neige n’est pas un spécifique universel, et l’essentiel c’est de connaître et d’apprécier les réels services qu’elle peut rendre et de s’en servir en temps opportun, mais là où elle existe! <•
- M. E. Hunolt. — Vous trouverez des indications détaillées dans Chandelier et cirier, Encyclopédie Roret, 12, rue Hautefeuille, Paris, 4 francs; La cire, par Gorvan, Geisler, i, rue de Médicis, Paris, 3 francs.
- Question à nos lecteurs. — On nous demande où l’on peut se procurer de petites machines de laboratoire, pour liquéfier les gaz en bonbonnes.
- Dr R. N., rue Godot-de-Mauroy. — On peut faire du papier à décalquer noir ou bleu en mêlant intimement du savon vert avec du noir d’ivoire ou de l’indigo en poudre et en étalant cette préparation à la brosse sur du papier mince et résistant. De nombreuses maisons le fabriquent dont vous trouverez les adresses dans le Bottin.
- M. A. T. de V., à Lisbonne. — Pour la physiologie
- végétale, vous pouvez'consulter : Costantin; Végétaux et milieux cosmiques, Paris, Alcan, éditeur; Prix ; 6 francs ; Petermann, Recherches de ch imie et de physiologie appliquée à l’agriculture, Paris, Masson, éditeur, 3 vol. à io francs; Leclerc du Sablon, Physiologie végétale appliquées à l’agriculture, Paris, Baillière, éditeur, io francs. Pour les applications dé l’électricité à l’agriculture, voir Y Electricité agricole, de Petit, Paris, Baillière, éditeur, 6 francs. Nous ne connaissons pas d’ouvrages sur l’électro-culture ; nous pensons parler de cette question prochainement dans La Nature.
- M. G. B., à Lausanne. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage français sur les Cactus, mais seulement Gesamtbeschreibung der Kakteen, par Schumann, Neumann, éditeur à Neudamm, 3o M. Le même éditeur publie un Monatschrift fur Kakteenkunde. Il n’existe pas de maisons spéciales, mais Vilmorin Andrieux, quai de la Mégisserie, Paris, pourrait vous en fournir.
- Général major L. B., h Plaisance. —La luciférescéine n’existe pas dans le commerce. Elle à été préparée par M. le professeur Raphaël Dubois, de l’Université de Lyon.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Comment on construit un grand immeuble au XXe siècle : A.-A. Martin. — Le cinématographe en couleurs : G, Mares-chal. — La stabulation des huîtres r R. Legendre. — Le chemin de fer aquatique : Dr Alfred Gradenwitz. — Les nouveaux dépôts d’autobus parisiens : Jacques Boyer. — Académie des sciences; séance du 19 février 1912 : Ch. de Ville-deuil.— Mouillard et la découverte du gauchissement : R. Chassériaud.
- Supplément. — Le Dr Florentino Ameghino. — Electrification du réseau de Melbourne. -— Industrie de l’aviation en 1911. — Engrenages en coton. — L’air ozonisé dans les tunnels de Londres. — Briquetage des minerais de fer, etc.
- Le problème de l’eau dans le nord-ouest du bassin de Paris, par Albert et Alexandre Mart (BulLSoc. Belg. de Géol., t. XXV, 1911, p. 3, 104 p. et fig.).
- Etude sur la diminution des sources et la dessiccation en Picardie et dans le pays de Gaux. Les auteurs ont accumulé un grand nombre d’exemples de ce phénomène qui n’est plus discutable. Leurs recherches personnelles nous font connaître sur la décadence des sources de la craie une quantité de faits ignorés, qui rendent leur étude fort utile, et qui confirment, par la multiplication des exemples, les notions nouvelles acquises depuis 20 ans sur les eaux souterraines des terrains fissurés; les auteurs opinent nettement que la disparition des eaux subaériennes est assez rapide pour être accessible à l’observation humaine. Notamment les constatations de descentes de sources vers l’aval sont innombrables depuis la fin du xvii" siècle seulement. On ale droit d’en conclure à une véritable faillite de l’eau.
- Constructions navales (La Coque). Bibliothèque de mécanique appliquée et génie, par J. Rouge, ingénieur principal de la marine. 1 vol. grand-18 jésus, cartonné toile, 320 p., 129 fig. (Encyclopédie scientifique. O. Doin, éditeur. Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- L’auteur, après avoir indiqué brièvement l’évolution qui a fait passer les coques des modèles en usage pour les bâtiments en bois aux modèles actuels, indique les points pour lesquels la théorie vient, dans une certaine mesure, en aide à la pratique, et permet à l’ingénieur d’appliquer judicieusement aux constructions nouvelles les résultats expérimentaux dont il dispose. Dans l’étude de la charpente, l’auteur s’est de même attaché à réduire autant que possible la partie purement descriptive. L’auteur examine ensuite les diverses installations de la coque du navire et pliis particulièrement du navire de guerre.
- La télégraphie sans fil, par L. Fournier, i vol. illustré, ig3 p., Garnier frères, éditeurs, Paris, 1912. Prix : ï francs.
- Notre collaborateur a exposé, avec la clarté que connaissent nos lecteurs, l’historique de la T. S. F., les principes essentiels sur lesquels elle se fonde; il décrit brièvement les solutions modernes entrées dans la pratique, ainsi que la constitution d’un poste actuel sans fil. Enfin il donne quelques ‘indications sur des méthodes fort intéressantes, mais restées jusqu’ici dans le domaine théorique d’où peut-être elles sortiront quelque jour. Ce petit livre mettra le lecteur non spécialiste parfaitement au courant de ce qu’il faut savoir aujourd’hui sur la télégraphie sans fil.
- La grande géographie Bong illustrée, 5 ou 6 volumes in-folio (3o X 4°) et un globe terrestre. Le tome I .est paru, Bong et CiB édit., 53, rue de Vaugirard. Prix de souscription : broché, 265 francs; relié, 3i5 francs.
- C’est un ouvrage qui répond à un véritable besoin. Il n’existe aucune œuvre de ce genre correspondant à l’état actuel de nos connaissances, tant pour le texte que pour l’illustration et la cartographie. Pour le rédiger, M. Onésime Reclus a groupé d’éminents géographes qui, laissant de côté tout appareil trop scientifique, donnent des chapitrés instructifs, mais non ennuyeux. Connaissant à fond les pays qu’ils décrivent, ils en présentent un tableau succinct, quoique des plus vivants où l’on trouve tout ce qui est essentiel de savoir. L’illustration, hors de pair, est composée de photographies originales, de vues en couleurs, de photographies prises en ballons, etc. Les cartes, d’ensemble et de détails, constituent un excellent Atlas dressé par Y. Iluot, gravé par A. Simon, clair et précis, au courant des plus récentes découvertes géographiques. Le tome I, qui vient de paraître, renferme : Iles Britanniques, par J.-G. Kergomard; — France, par E.-A. Martel; —• Espagne et Portugal, par Emile Belloc; — Italie, par A. Rainaud ; — Belgique, par Ant. Calaton. Merveilleusement documenté et au point des plus récentes acquisitions géographiques, ce volume satisfait à souhait au programme de l’entreprise; il se présente à la fois comme beau livre de bibliothèque — de lecture courante —- et surtout d’instruction, tant pour les professeurs que pour les élèves de l’enseignement secondaire.
- L’architecture. Antiquité, par François Benoit, (Chez Laurens. 148 gravures, i3 cartes, 997 schémas, 567 pages, 1911, in-8°.) Prix : i5 francs.
- Ce volume est une encyclopédie remarquablement documentée de l’architecture antique divisée en
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- BIBLIOGRAPHIE
- 4 parties : i° Architecture préhistorique (mégalithes et gravures néolithiques) ; — 20 Ancien Orient (Egyple, Mésopotamie, Asie antérieure) ; — 3° Architectures égéennes (Crète, Mycène, Asie Mineure, Etrurie, Grèce); — 40 Perse achéménide et Rome. C’èst un- cours complet et une représentation gra-phique très soignée de tous les monuments antiques subsistants.
- Eulalie ou le grec sans larmes, par Salomon Reinach. Hachette, éditeur, Paris, 1912, relié.
- Très bien présentée sous sa jolie reliure, Eulalie a toutes les qualités pour montrer les premiers éléments de la langue grecque ancienne de la manière la plus aimable. Douze lettres composent l’ouvrage, apprenant la langue et la grammaire et illustrant chaque difficulté d’un exemple heureusement choisi.
- 3ÈD
- JPD
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- OtL,
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central (météorologique de France.
- OBSERVATIONS . 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VEiNT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 iév. 1912. 7° 3 S. 2. Pluie. 2,8 Pluie de 6 h. 15 à 12 h. 30; très iiuag. ; pluie à 18 h. 45..
- Mardi 20 5° 0 S. W. 4. Très nuageux. » Nuageux.
- Mercredi 21 ... . 2° 9 S. S. W. 2. Couvert. 1,4 Couv. jusq. 16b; gplée bl. ; petite pluie de 9b45 à 12b et 22b.
- Jeudi 22 8°,1 S. S. W. 3. Pluie. 6,2 Couv. ; pluie de 5b4Ü à 9b35 et de 1 ib20 a 18b.
- Vendredi 25 ... . 11°,l S. 2. Pluie. 2,1 Tr. nuag. ; pluie à 2 h., de 7b a 8b10 ; pluie le soir.
- Samedi 24 11°,1 W S. W. 3. Couvert. 4,2 Couv. : pluie à div. repr. ; ton. et éclairs au S. W. vers 19b45.
- Dimanche 25. . . . 9°,4 S. W. 2. Couvert. 0,1 Couv. le ni. ; tr. nuag. le s. ; un peu de pluie à 9b05 et 9b40; halo.
- FEVRIER '1912. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 FEVRIER 1912.
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, , thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 17 au 24 février. — Le 17. Zone de basses pressions s’étendant des Açores à l’Islande (îles Feroé : 754). Pressions élevées sur le Centre et l’E. du continent (Breslau : 772). Pluies sur le N. de l’Europe. En France ; beau temps. Temp. du malin : Berne, —20; Paris, 3; Toulouse, 6; Nantes, 7 ; moyenne à Paris : 7°,7 monnaie : 3°,5). — Le 18. La pression reste basse sur le N. et le W. de l’Europe. Les fortes pressions se retirent sur le S.-E. du continent. Faibles pluies sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Belfort, -|-3°; Paris, 4; Nantes et Marseille, 10; Biarritz, 12; moyenne à Paris : g0,1 (normale : 3°,6). — Le 19. La pression s’abaisse dans le W. et le Centre de l’Europe (Valentia_: 742 mm; Brest, j5o; Nancy, 757). Fortes pressions sur le S. du continent. Pluies sur le W. et le N.-W. En France : Lorient, g mm; Bordeaux, 2; Nantes et Boulogne, x. Temp. du matin : Belfort, +5°; Paris, 7; Toulouse, 10; Lyon, x 1 ; Alger, 16; moyenne à Paris : 8°,9 (normale : 3°,6). — Le 20. Une dépression couvre le N.-W. de l’Europe. La pression se relève sur le S.-W. et le N. (Gibraltar, 766; Laponie, 770). Pluies sur le W. de l’Europe.
- du Bureau Central Météorologique. 1
- Neiges dans le N. En France : Biarritz et Boulogne, 14 mm; Cherbourg, 9; Nice, 7; Paris, 3. Temp. du matin : Belfort et Toulouse, -j- 4°; Paris; 5; Brest, 6; Biarritz, 8. — Le 22. Un centre de dépression au large de l’Irlande Pression supérieure à 765 sur le continent. Pluies sur le W. et le Centre de l’Europe. En France : Lorient, 16 mm; Nancy, 9 ; Paris, 3. Temp. du matin : Belfort, +5°; Lyon, 6; Paris, 7; Biarritz, x 3 ; moyenne à Paris : io° (normale : 3°,9). —Le 23., Dépression profonde sur le N.-W. de l’Europe (îles Feroé, 743 mm). Pressions supérieures à 770 sur le S.-W., le Centre et l’E. du continent. Pluies sur le N.-W. En France ; Cherbourg, 17 mm; Brest, 12; Charleville et Paris, 5. Temp. du matin : Belfort, 70; Marseille, 8; Paris, 11 ; Biarritz, 16; moyenne à Paris : i2°,9 (normale : 3°,9). — Le 24. La pression se relève sur le N.-W. de l’Europe et baisse sur le Centre. Pluies sur le Centre et le W. En France ; Lorient, 12 mm; Boulogne, 10; Paris, 4; Belfort, 1. Temp. du malin : Toulouse, 8&; Marseille, 10; Biarritz, 16. Phases delà Lune : Nouvelle Lune le 18, à 5 h. 54 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l'Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut, Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2024 — 9 MARS 1912
- SUPPLEMENT
- INFORMATIONS
- Le pigment du jaune d’œuf. — Le savant allemand Willstaeter et son collègue Esch ont isolé le pigment jaune du jaune d’œuf à l’état cristallisé. Ils ont pu identifier sa nature chimique, et conclure à sa proche parenté avec la xantophylle des feuilles vertes. C’est là un fait de très haute portée scientifique. Nos lecteurs connaissent déjà en gros les beaux travaux de Willstaeter sur la chlorophylle ; toutes ses recherches font partie d’un ensemble sur les matières colorantes chimiquement indifférentes, appartenant au règne animal ou végétal. Willstaeter a réussi à classer ces substances en deux catégories : les hydrocarbones C^UH86, du groupe de la carrotine, solubles dans l’essence de pétrole et les composés oxygénés C40H56O2, de la série xantophylle, solubles dans l’alcool. L’étude du jaune d’œuf a exigé le traitement simultané de 6ooo œufs de poule, qui ont fourni 4 grammes de pigment pur.
- Influence de la température sur la couleur des poissons. — D’expériences récentes, il résulte qu’un accroissement de température tend à contracter les cellules pigmentaires de la peau des poissons et par conséquent à l’éclaircir, tandis qu’un abaissement de température tend à l’assombrir. Von Frisch a modifié ces expériences en variant la température d’une partie seulement du corps et il a vu que dans ces conditions l’effet est inverse, les parties chauffées pâlissant, celles refroidies s'assombrissant. L’action de la température est toute locale et indépendante de la circulation sanguine et des nerfs de la moelle épinière. S’agit-il d’une action directe sur la peau ou d’une action nerveuse due au système nerveux sympathique ?
- Le sommeil des poissons. — On sait peu de choses sur la manière dont les poissons passent leurs heures de repos, si toutefois ils se reposent. Quelques observations sur ce sujet peuvent être intéressantes. Dans un récent ouvrage, le directeur du nouvel aquarium de Madras note que les perches de mer du genre Ser-vanus, vont dormir chaque nuit sur le fond du réservoir où elles restent immobiles jusqu’au matin. D’autres espèces encore ont les mêmes habitudes tandis que certaines restent simplement stationnaires dans l’eau sans descendre sur le fond et que d’autres encore ne semblent pas dormir du tout et vont et viennent constamment dans les réservoirs d’un bout à l’autre de la nuit.
- Action du soleil tropical sur l’homme et les animaux. — Les recherches de Hans Aron (Philippine Journal of Science) nous montrent qu’exposés aux rayons du soleil des tropiques les animaux dont le pouvoir de régulation thermique est limité, tels que le lapin et le singe meurent rapidement. Leur autopsie permet de constater des lésions hémorragiques des méninges et parfois du cœur. Dans les mêmes conditions, la température de la peau humaine s’élève de 3 ou 4 degrés au-
- dessus de la normale. Théoriquement, la peau des hommes de race noire devrait, par sa coloration, absorber davantage de chaleur que celle des hommes blancs ; cependant, mieux que le blanc, l’homme de couleur régularise sa température sous le soleil des tropiques, probablement parce que chez lui l’évaporation sudorale se fait mieux. Le singe, pourtant originaire des tropiques, supporte beaucoup moins bien le soleil que d’autres animaux ou que l'homme même blanc. Cela doit être attribué à son habitude de vivre dans l’ombre des forêts; pour certains singes, deux heures d’exposition au soleil tropical sont mortelles.
- Vannerie de l’âge de la pierre. —D’aprèsY Anthropologie (1911 ) un anthropologiste allemand, M. L. Pfeiffer, vient de se livrer à un curieux travail de comparaison, entre certains outillages préhistoriques et des outils d’artisans modernes, qui s’est montré surtout fécond en renseignements en ce qui concerne la vannerie préhistorique. C’est, en effet, à cette industrie que cet auteur croit devoir rapporter un certain nombre d’outils préhistoriques d’usage jusqu’ici douteux, et qui présentent la plus étroite ressemblance avec le matériel du vannier, surtout dans les régions, comme la forêt de Thuringe ou la Souabe, où le travail de celui-ci, qui s’effectue entièrement à la main, est resté d’un type parfaitement primitif. Comme vérification expérimentale de son hypothèse, M. Pfeiffer a eu l’ingénieuse idée de confier des instruments de l’âge de la pierre à des vanniers, et ceux-ci, en effet, s’en sont servis comme d’outils ordinaires. Parmi les outils que M. Pfeiffer rapporte ainsi à la vannerie, les plus curieux sont ceux que l’on désignait jusqu’ici comme des « bâtons de commandements » et dans lesquels on voyait tantôt des insignes de chefs, tantôt de simples objets de luxe, tantôt des objets sacrés, analogues par exemple aux churingas australiens.
- Origine du mot « Pérou ». — Pour avoir été moins passionnément discutée que l’origine du mot « Amérique », celle du mot « Pérou » n’en a pas moins fait couler des flots d’encre, tous les historiens du Pérou ayant successivement traité la question... sans la solutionner de manière satisfaisante. M. le Dr Rivet vient enfin d’en donner l’explication dans Y Anthropologie. Quelque singulier que cela paraisse au premier abord, ce n’est pas dans l’ancien royaume de Cuzco qu’il convient d’aller chercher l’origine du mot « Pérou », mais bien plus au nord, sur là côte de Colombie. Très peu de temps après la découverte de la Mer du Sud, dès 1515, semble-t-il, le mot « Perù » a été connu des aventuriers espagnols réunis à Panama; il désignait alors une petite rivière de la côte occidentale de la Colombie, le rio Iscuande (situé un peu au nord du rio Patéa d’aujourd’hui) sur les bords de laquelle vivait une peuplade commandée par un cacique puissant appelé lui-même
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- INFORMATIONS
- « Biru ». Cette tribu appartenait à la famille des Bar-bacoas et en parlait la langue, dans laquelle le mot Pilu (=== Piru, Biru, Pelu, Beru) signifie « trou rempli d’eau. » Reste à savoir pourquoi ce nom a été employé par les Espagnols pour désigner le royaume des Incas. (France-Amérique.)
- Curieuses applications de la télégraphie sans fil.
- — La photographie que nous reproduisons nous fait assister à une partie d’échecs entre joueurs éloignés l’un de l’autre par des centaines de kilomètres, et qui se servent de la télégraphie sans fil comme d’intermédiaire. Les grandes Universités de la Nouvelle-Angleterre, Yale, Harvard, Columbia, l’Université de Pensylvanie (à Philadelphie), ont imaginé en effet de se relier entre elles par des postes de « sans fil », ce qui leur permet d’engager à distance d’interminables parties d’échecs sans recourir aux réseaux des Compagnies, toujours fort encombrés. Les dépenses occasionnées par l’achat et l'installation des appareils furent soldées à parts
- Une partie d’échecs par la télégraphie sans fil.
- égales par les administrations de ces Universités, d’une part, et par les clubs fondés entre élèves et anciens élèves, de l’autre. Ajoutons que les meilleurs hôtels des grandes villes maritimes, comme New-York, Philadelphie, Boston, se sont pourvus, eux aussi, de postes . de télégraphie sans fil, qu’ils mettent à la disposition de leur clientèle, soit pour transmettre des messages aux amis qu’emporte un paquebot à destination d’Europe, soit pour entrer en communication avec des voyageurs descendus dans un hôtel éloigné.
- L’énergie disponible des hauts fourneaux et fours à coke en France. — Nos lecteurs savent quelle extension a pris aujourd’hui l’utilisation des gaz produits par les hauts fourneaux et les fours à coke, comme source de force motrice. Il y a là une véritable richesse que trop d’industriels négligent encore. M. A. Gouvy indique à cet égard quelques chiffres très frappants. Les hauts fourneaux français consomment annuellement 4 millions de tonnes de coke; ils produisent par heure un total de 810 5oo m3 de gaz susceptibles d’alimenter des moteurs à gaz, ce qui représente une puissance motrice de 270000 chevaux. Sur les 4 millions de tonnes de coke nécessaires à notre métallurgie, 2 3oo 000 sont produites dans notre pays. Cette fabrication exige 3 070 000 tonnes de houille ; les gaz dégagés sont capables de produire 78 j5o chevaux. Ainsi, l’utilisation judicieuse des gaz résiduels, permettrait de récupérer une puissance de 340000 chevaux, ce qui équivaudrait, selon M. Gouvy, à une recette annuelle de 60 millions, sans compter la valeur des sous-produits récupérables des fours à coke.
- Maturation des fromages par l’électricité. —
- L’Electricien rapporte que M. S. Gokkes, de Rotterdam, traite les fromages frais avec un courant alternatif de 0,2 ampère sous environ 10000 volts, en les soumettant ’ en même temps à l’action de l’air atmosphérique. A cet effet, les électrodes employées constituent une sorte de récipient qui n’est pas complètement fermé, de manière à rendre l’accès d’air possible, et qui correspond à la forme du fromage. Grâce à l’action du courant alter-
- natif ci-dessus, les fromages frais soumis, durant 24 heures, au traitement imaginé par M. Gokkes, présenteraient ensuite toutes les propriétés des vieux fromages.
- Le développement des emplois industriels du sucre. — « A quelque chose, malheur est bon » : depuis que l’abolition des primes à l’exportation du sucre a provoqué une crise importante de la production française ; les fabricants se sont ingéniés à trouver à leur produit des débouchés nouveaux. Grâce aux démarches, à la propagande faites par les intéressés qui eurent pour effet de provoquer certaines modifications législatives, il s’est produit un important accroissement de la consommation industrielle du sucre. Tandis qu’en 1904, par exemple, on employait en brasserie, pour la France entière, 11 940 kilogrammes de sucre, en 1910,1e chiffre correspondant était presque centuplé : 1 15i>. 843 kilogrammes. La progression est plus importante encore pour le sucre dénaturé (par additi.on.de sel, de tourteau...) destiné à l’alimentation du bétail : on en consommait X122 kilogrammes en 1904, on en employa mille fois plus trois ans après! Comme le remarque M. Yivien, qui consacre une importante étude à cette question dans le Bulletin de l’Association des chimistes, les emplois industriels du sucre pourraient être encore bien plus développés qu’ils ne le sont. Le sucre n’est pas seulement un excellent aliment : c’est un antiseptique pouvant servir à conserver le beurre, le lait condensé, le bois; c’est un dissolvant de la chaux qui fut employé en conséquence pour l’épuration deç craies phosphatées, des minerais de zinc; c’est un réducteur convenant 'pour «. monter » les cuves de teinture à l’in-; digo, pour précipiter l’oxyde dans la préparation des cuirs chromés. Le sucre, enfin, sert à préparer les acides lactique, formique, certains ciments, savons; des encres, cirages, colles, apprêts, etc.
- La population de Buenos-Aires. — D’après les dernières statistiques, la population de Buenos-Aires était, le 3i juillet dernier, de 1 3i4 163 habitants contre 1 291 744 au 3i décembre 1910, soit une augmentation de 22 419 habitants en sept mois. Cet accroissement dé population, si rapide et si important, ne peut être comparé qù’â celui de quelques villes des Etats-Unis. Des dix-neuf villes dépassant 200 000 habitants qu’ont les Etats-Unis, Chicago seule surpasse Buenos-Aires dans la rapidité de son accroissement. Cleveland, en Ohio, se rapproche beaucoup de Buenos-Aires au point de vue de son développement, mais son chiffre absolu de population est très inférieur à celui de la capitale argentine. Parmi les capitales européennes d’une population-pareille à celle de Buenos-Aires, pas une seule ne présente un développement analogue. De janvier à juillet, l’accroissement indigène de Buenos-Aires donne le chiffre de i4 5oo habitants, l’immigration celui de 7919. Buenos-Aires est la deuxième capitale de race latine au point de vue de la population. Et par rapport aux autres villes modernes, elle est au neuvième rang : Londres, 4721217 habitants; New-York, 4 0*4 304; Paris, 2763393; Berlin, 2069893 ; Chicago, 1993760;. Vienne, 1881017; Philadelphie, 1 469 126 ; Pétersbourg, 1429342; Buenos-Aires, i3i4 263 [France-Amérique, nov. 1911).
- Le pétrole en République Argentine. — Les sondages effectués à Comodoro Rivaderia ont donné de& résultats intéressants èn ce sens que trois sondages sur sept ont amené aux environs de 800 mètres la découverte du pétrole qu’on recherchait. Le rendement est suffisant pour que le gouvernément ait décidé de dépenser quatre millions et demi en outillage et en nouveaux sondages en même temps que seront établis des réservoirs, un pipe line et un wharf de chargement.
- Production vinicole en 1911. — La production vinicole totale de la France, non compris la Corse, pour l’année 19x1 est de 44 385 55o hectolitres contre 28 529 964 pendant l’année 1910, La production vinicole obtenue dans l’ensemble des pays suivants : _Espagne, France, Hongrie (y compris la Croatie-Slavonie), Italie, Luxeriibourg, Roumanie, Suisse, Algérie, Tunisie, est de ii6 723 353 hectolitres soit 141,2 pour 100 de la production obtenue dans ces mêmes pays en 1910. (Institut International d’Agriculture).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- CS5C
- «m. Mécanique
- Une balance a dénombrer. — Le dénombrement de petites pièces fabriquées sur une grande échelle est un travail fastidieux et qui donne lieu â de fréquentes erreurs. Aussi comprend-on qu’on se soit ingénié à
- Le fléau de la balance à dénombrer.
- nombre de pièces contenues dans la caisse. Pour apprécier le poids des pièces ainsi dénombrées, on ramène le plateau à sa position de zéro, après quoi la pesée est effectuée, comme à l’ordinaire, par le poids curseur du second fléau. Le plateau vide n’influe en rien sur le résultat de cette opération.
- Lorsqu’il s’agit de dénombrer un nombre donné de pièces, on ajuste l’aiguille du plateau au poids voulu, après quoi l’on introduit dans le réservoir le nombre de pièces nécessaires à établir l’équilibre. Comme le plateau contient toujours un certain nombre de pièces, les petites diversités de celles-ci n’exercent pas d’influence appréciable sur l’exactitude du dénombrement.
- Ces balances, pourvues de tranchants en acier sur agate, sont d’une construction, très solide. Le dénombrement peut être fait à volonté par pièces, douzaines ou grosses, en ajustant l’échelle rotatoire au calibrage voulu.
- Les balances à dénombrer rendront des services précieux surtout pour les inventaires, des stocks en magasin, dans les usines fabriquant, sur des machines automatiques, de grandes quantités de petites pièces telles que les boulons, les écrous, les vis, les rivets, les aiguilles, les épingles et les pièces entrant dans la construction des automobiles, vélocipèdes, machines à coudre, à écrire ou à calculer, machines-outils, etc.
- Hygiène
- éliminer ces aléas par la construction d’appareils spéciaux fonctionnant d’une façon automatique.
- La balance à dénombrer, construite par l’usine Alfred H. Schütte, à Cologne, assure non seulement des données absolument exactes, mais une grande économie de temps. Cette balance est basée sur l’emploi, au lieu de poids, d’un nombre donné de pièces de la même espèce que celles qu’il s’agit de dénombrer. Le résultat est lu, au moment de l’équilibre, sur l’échelle d’un fléau ; les poids brut et net peuvent être évalués en même temps.
- Ces balances comportent, par conséquent, deux fléaux de pesée et un fléau de dénombrement, où le nombre de pièces à introduire dans le plateau est inscrit. Chacun des deux fléaux de pesée est muni d’un poids curseur ; l’un de ces poids peut servir à équilibrer la tare, c’est-à-dire le poids du réservoir placé sur la balance.[Le second fléau indiquera alors le poids net des pièces à dénombrer. Un poids ajustable sur un axe fileté horizontal permet l’ajustage exact.
- Le dénombrement, à l’aide de cette balance, se fait de la façon suivante :
- Après avoir équilibré le réservoir vide (caisse, etc.), par le poids curseur d’un des fléaux, on introduit dans le plateau le nombre de pièces à dénombrer qu’indique le fléau de dénombrement. Après avoir ensuite introduit les pièces à dénombrer dans le réservoir prévu à cet effet, on avance le plateau jusqu’à ce que l’équilibre du fléau soit établi ; l’aiguille du plateau indiquera alors le
- La balance à dénombrer.
- Yoici une prépara-
- Teinture d’iode instantanée.
- tion qui permet d’avoir toujours sous la main de la teinture d’iode fraîche, par conséquent exempte d’acide iodhy-drique, et nullement irritante.
- L’iode est renfermé dans une ampoule scellée : l’alcool est contenu dans un tube fermé par un bouchon paraffiné.
- On ouvre l’ampoule après l’avoir limée et l’on verse l’iode dans l’alcool (voyez notre figure) : la solution est instantanée. — En vente chez Robert et Carrière, 37, rue de Bourgogne, Paris,
- Pisciculture
- L’aération des viviers et des étangs. — Tous ceux qui s’occupent de pisciculture savent d’importance qu’il
- y a d’aérer l’eau des viviers et des étangs. M. Sehleidlin-Ubstran vient de décrire dans VIllustrierte Landro-zeitung un procédé très simple d’aération qui nous paraît des plus pratiques. L’eau du réservoir supérieur
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- arrive dans le vivier à poissons par un tube coudé assez large dans lequel on introduit un second tube plus étroit dont l’extrémité inférieure plonge dans l’eau du premier; le courant de l’eau dans le gros tube détermine l’aspiration de l’air dans le petit et l’eau arrive ainsi à la profondeur voulue bien aérée et mélangée de bulles d’air. On peut ainsi aérer toute la masse d’eau du vivier ou de l’étang.
- Objets utiles
- Timbre simili-électrique. — Ce timbre donne, sans électricité, le même appel strident qu’une sonnerie électrique d’appartement.
- Il se compose d’un timbre placé à l’intérieur de la porte et d’un bouton placé à l’extérieur. En appuyant sur le bouton, on actionne, par un petit engrenage, le marteau qui est dans le timbre et qui donne une série de coups brefs et rapides.
- Ce timbre remplace avantageusement les sonnettes à cordon et rend le même service qu’un timbre électrique sans nécessiter de piles ni de fils conducteurs.
- Il se pose aussi aux portes des chambres d’hôtel pour éveiller les voyageurs. — On le vend 3 fr. 5o chez M. Olivier, 5o, rue Saint-Ferdinand, à Paris.
- Divers
- Appareil pour le tirage des huiles figées. — On
- sait que, sous l’influence des basses températures, pendant la période des froids, les huiles comestibles ou industrielles se congèlent ou s’épaississent. II en est de même d’autres substances : goudron, dégras, vaseline brute et substances similaires. Certaines huiles, surtout celles d’arachide, de sésame, d’olive, se figent très facilement. Parmi ces dernières, les huiles tunisiennes, notamment celles produites dans le centre de la Régence (Sfax, Sousse), ont la propriété de se figer, sous l’influence d'un abaissement de température, beaucoup plus tôt que les huiles du Continent; elles se troublent déjà à la température de +11 degrés, tandis que les huiles européennes ne se troublent guère qu’au-dessous de 4 degrés.
- Dans tous les cas, les producteurs, négociants et in-, dustriels, et toute personne ayant à tirer des huiles congelées ou figées, contenues dans des fûts, des réservoirs ou autres récipients, sont obligés de recourir à des moyens plus ou moins compliqués, pour effectuer cette opération.
- La présente invention, consistant en un appareil défi-geur, simple et pratique, a précisément pour objet de permettre de tirer facilement et rapidement les huiles figées.
- Le dispositif représenté par les figures ci-contre (fig. i, vue suivant un plan perpendiculaire au plan de la figure 2; fig. 2, coupe longitudinale, par l’axe), comporte un récipient double, en cuivre, en forme de sablier, constitué par deux vases tronconiques a et b, superposés, accolés par leurs petites bases et réunis par un raccord c, dans lequel ils sont soudés. Ce raccord présente un noyau central c1, qui se prolonge à l’extérieur en formant une tubulure ca, dans laquelle est vissé un robinet d quelconque. Le vase inférieur b est fermé à sa partie inférieure par un fond b1, au-dessous duquel se trouve une sorte de cage ou lanterne e, assujettie audit vase par un joint à baïonnette f, et destinée à recevoir une lampe à alcool ou autre dispositif propre au chauffage de ce vase. Cette cage est percée de Irous e1 pour faciliter l’accès de l’air destiné à entretenir la combustion de la flamme.
- Le récipient ou vase supérieur a est fermé par un couvercle semi-mobile g à charnière g1. De la partie supérieure du vase b, part l’une des extrémités d'un tube en U, presque horizontal, h, qui s’étend, sur une certaine longueur, en arrière des vases, et dont l’autre extrémité débouche à la partie inférieure du vase supérieur a. Ce tube traverse un bouchon ou bonde creuse
- i, à adapter au fût d’huile à vider. La grande base de cette bonde creuse est fermée par une paroi traversée par les deux branches du tube h, qui y sont soudées. De cette paroi part un tube central j, qui traverse le noyau c1 du raccord c et aboutit à l’intérieur de la tubulure du robinet qu’il fait ainsi communiquer avec l’intérieur du récipient d’huile (fût ou réservoir).
- Les deux vases sont mis en communication par un tube k, qui traverse le noyau c1, auquel il est fixé, et est recourbé en U à l’intérieur du vase inférieur; près de la partie supérieure de ce dernier, se termine la branche ascendante dudit tube.
- Il est facile de comprendre le fonctionnement de cet ingénieux appareil :
- La bonde i étant appliquée au récipient d’huile, dans l’intérieur duquel la double tubulure h se trouve ainsi introduite, on verse dans le vase a une quantité d’eau telle que, après avoir rempli le vase b en passant par cette tubulure, elle arrive dans le vase a à peu près à la moitié de sa hauteur. Pendant le remplissage, le tube k permet à l’air, chassé par l’eau, qui prend sa place, de s’échapper du vase b.
- On allume alors la lampe placée au-dessous de ce dernier. À mesure que l’eau contenue dans le vase b s’échauffe, une circulation s’établit, par la tubulure h, entre celui-ci et le vase a, l’eau chaude s’élevant ainsi de bas en haut, et l’eau froide, ou refroidie, redescendant de a en b par le tube k. Au contact des parois du tube en U, h, ainsi échauffées par l’eau chaude qui y circule, l’huile contenue dans le fût se défige; on ouvre le robinet d, et elle s’écoule, liquide, après avoir passé par la bonde i et le tube j. Le fonctionnement se continue ainsi automatiquement, tant que la lampe continue à chauffer l’eau des vases. On peut d’ailleurs, en cours de marche, introduire, suivant les besoins, dans le vase a, de l’eau destinée à compenser les pertes dues à l’évaporation ou à d’autres causes.
- En somme, cet appareil défigeur fonctionne comme un thermo-siphon, sans le concours d’aucune soupape. L’eau chaude se renouvelle constamment dans le tùbe de pénétration, et l’appareil fonctionnant automatiquement, avec son robinet fermé ou ouvert, selon la nature
- des liquides à tirer et leur degré de congélation ou d’épaississement, on peut vider n’importe quel récipient contenant ces liquides,
- Fig. 1.
- Fig. 2.
- Fig. x. — Appareil défigeur d’huilè (vue suivant un plan perpendiculaire au plan de la figure 2).
- Fig. 2. — Appareil défigeur d’huile (coupe longitudinalè par l’axe du dispositif complet).. >
- sans, autre surveillance que la lampe à remplir, et sans danger d'incendie, cette lampe étant protégée par un support métallique fixé à l’appareil ; le chauffage peut se faire à l’alcool ou au gaz, On peut, dès lors, tirer l’huile, même par les plus grands froids, aussi commodément qu’èn plein été, et sans altération de l’huile, qui est défigée comme au bain-marie. Si on assure d’avance le chauffage proportionnellement à la quantité d’huile à tirer, on obtient une huile complètement défigée, reposée et propre au flaconnage. Le réservoir, quelle qu’en soit la contenance, peut être vidé d’un seul trait, dès que la première circulation d’eau chaude s’est effectuée.
- Dans le cas, peu fréquent, où l’huile est fortement congelée, forme bloc, il suffit de laisser fonctionner l’appareil, avec son robinet fermé, jusqu’à ce qu’on ait obtenu la liquéfaction d’une certaine quantité d’huile, laquelle, en s’écoulant, livre passage à l’air nécessaire au tirage.
- Cet utile appareil se trouve chez l’inventeur-exploi-tant, M René Darces, 20, rue Charles-Duflos, à Bois-Colombes (Seine).
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- 1ffD
- La consommation des viandes provenant d’animaux tuberculeux.— Le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine a été saisi dernièrement d’une demande d’autorisation pour installer à l’abattoir de la Villette un autoclave destiné à la stérilisation des viandes provenant d’animaux saisis pour tuberculose par l’Inspection sanitaire ; et le Conseil d’hygiène, suivant l’exemple de nombre de villes de l'étranger, d’une ou deux en France, où l’hygiène est aussi bien observée qu’à Paris, a donné son adhésion.
- Il peut sembler étrange, au premier abord, que l’on fasse entrer dans la consommation des viandes qui proviennent d’animaux malades, mais comme on le verra, toutes les municipalités qui ont installé des appareils de stérilisation, tous les Conseils d’hygiène, toutes les Inspections sanitaires ont été d’accord pour constater que ces viandes, une fois passées à l’autoclave, ne présentent pas le moindre danger.
- Il entre annuellement à Paris un chiffre énorme d’animaux destinés à l’alimentation de ses millions d’habitants. La dernière statistique municipale publiée, celle de 1909, donne les chiffres suivants d’entrée dans les divers abattoirs, en chiffres ronds :
- 252 25c) bœufs fournissant 91 114 700 kg de viande 294 000 veaux — 20 853 800 —
- 1 900000 moutons — 3g 355 400 —
- 439000 porcs — 3i 200 —
- Sur ce nombre d'animaux, et il ne faut prendre en réalité presque que ceux de l’espèce bovine, on a retiré 133g animaux, comme saisies totales pour tuberculose généralisée et 1225 pour saisies partielles, soit au total 285 000 kilogrammes de viande pour la première série, 46 000 pour la seconde.
- L’accroissement des apports de viande sur pied ou abattue, est continu à Paris. Chacun demande, même parmi les moins fortunés, une alimentation substantielle et réparatrice qu’on n’obtient pas aussi facilement avec le régime végétarien. Sur ce chiffre considérable, le service sanitaire en élimine, comme l’indiquent les relevés de la statistique municipale, un assez grand nombre pour des maladies infectieuses, ladrerie, morve et surtout tuberculose. L’espèce bovine est, on le sait, aussi susceptible à la contagion du bacille tuberculeux que l’espèce humaine. C’est, à des différences bien minimes, le même miciobe destructeur, comme l’ont prouvé les belles recherches du regretté Arloing, qui détermine chez le bœuf et chez l’homme les lésions tuberculeuses des divers organes. C’est, du reste, pour cela qu’on a préconisé l’épreuve de réaction par la tuberculine pour éliminer des étables les animaux malades et éviter l’empoisonnement des voisins qui ne le sont pas encore.
- Mais sur ce nombre de bêtes saisies, toutes ne sont pas atteintes de tuberculose généralisée. Du reste, il faut bien savoir que la viande, les muscles des animaux, même gravement atteints, ne renferment que très rarement des bacilles tuberculeux. Leur ingestion par des animaux mis en expérimentation, ne détermine presque jamais de tuberculose. On peut dire, avec le Dr Vallin, le savant rapporteur du Conseil, que les dangers inhérents à la chair musculaire d’un animal tuberculeux sont exceptionnels, presque négligeables, lorsque cette chair, cette viande, ne renferme pas de lésions spécifiques; en existerait-il, que la cuisson prolongée, la stérilisation suffiraient pour détruire le virus et rendre cette viande inoffensive. Du fait qu’un animal présente au dépeçage quelques lésions tuberculeuses, il ne s’ensuit pas que sa chair soit toute contaminée. On livre souvent à la boucherie des animaux, en état de graisse parfait, et chez lesquels on trouve à l’abattoir des signes de tuberculose. Il n’est pas rare, disait Yocard, de trouver tuberculeux à l’abattoir des lauréats de concours d’animaux gras.
- Cette innocuité des viandes issues d’animaux tuberculeux, quand elles ont été stérilisées par une cuisson suffisante, a permis à bien des centres populeux de ne plus perdre une quantité énorme de produits alimentaires. Il y a du reste bien des années qu’Arloing avait
- conseillé de livrer ces viandes à la consommation, après les avoir rendues inoffensives. On pouvait ainsi satisfaire aux desiderata de l’hygiène et ne pas léser les intérêts économiques de l’éleveur.
- En France, ces conseils sont restés lettre morte jusqu’à l’année dernière où la ville de Roubaix, la première, si je ne me trompe, fit installer à son abattoir un autoclave destiné à la stérilisation. Mais depuis plus de vingt ans ces appareils sont en usage dans les grandes villes d’Allemagne, de la Suisse, de la Hollande. Dès 1893, l’abattoir de Lubeck, et je ne crois pas qu’il fut le premier du pays allemand, était pourvu d’un appareil à vapeur de Rohrbeck, servant à désinfecter par la coction certaines catégories de viandes qu’il serait dangereux de vendre crues, mais qu’il serait regrettable d’exclure de la consommation. En Belgique, dit M.Tallin, la vente de ces viandes assainies s’est élevée en deux années à plus de 2 millions de kilogrammes, dans quatorze villes différentes. En Allemagne, la plupart des abattoirs sont pourvus d’appareils stérilisateurs et la vente des viandes ayant subi ce traitement devient de plus en plus considérable. Partout des quantités importantes de viandes sont ainsi rendues à l’alimentation sans aucun danger pour le consommateur.
- D’une façon générale, pour être bien stérilisée, la viande doit être coupée en morceaux de 3 à 4 kilogrammes au plus, sans que l’épaisseur dépasse 10 à 12 centimètres. Pendant deux heures, ces morceaux sont soumis à une stérilisation par vapeur d’eau sous pression, à la température de 110 à 120 degrés. Cette cuisson prolongée ne modifie pas d’une façon défavorable, comme on pourrait le croire, l’aspect et la qualité de la viande. M. Dubief, qui a fait sur ce sujet un assez grand nombre d’expériences, a constaté que la viande a conservé, après ces deux heures d’autoclave, ses qualités alimentaires et que le goût n’en est pas changé; elle est même plus savoureuse que celle cuite à l’eau, comme le pot-au-feu traditionnel. M. Yallin s’est du reste assuré, par l’examen des boîtes de conserves de viandes destinées à l’armée, que la stérilisation à no degrés donne toutes garanties pour la destruction du virus tuberculeux. Il disposait à différents étages de chaque conserve des index fusibles à des températures variant entre 94 et 116 degrés. Les boîtes de conserves étaient superposées en masse dans un autoclave porté progressivement à 120 degrés. Moins de 25 minutes après l’application de cette température, le centre de chaque conserve est assez échauffé pour atteindre 102 à io5 degrés. Après une heure et demie de chauffe, il est porté à 116. Des observations de l’hygiéniste Pfühl, à Berlin, confirment de tous points ces résultats.
- On voit que des viandes ayant subi ce traitement préliminaire n’ont absolument rien de nocif, et peuvent être sans crainte livrées aux consommateurs. Il va sans dire que le Service sanitaire ne permettra pas la stérilisation de toutes les viandes tuberculeuses, celles en particulier d’animaux qui ont fait l’objet de saisies totales. Ces viandes continueront, comme par le passé, à être envoyées à l’équarrisseur. L’opération de stérilisation ne portera que sur les viandes dont la consommation est autorisée sous conditions. Comme conclut le rapporteur, il ne sera pas offert aü public de viandes que la législation actuelle déclare malsaines.
- Le côté économique de la question mérite d’être envisagé : la viande a beaucoup augmenté de prix depuis quelques années. La livre d’un morceau ordinaire coûte de 1 fr. o5 à 1 fr. 25 ; or, les abattoirs allemands livrent au public cette viande cuite à raison de 5o centimes la livre pour le porc et 38 centimes pour le bœuf. A Paris, le prix des viandes stérilisées ne dépasserait certainement pas 5o à 60 centimes ; on voit d’ici l’économie pour des ménages peu fortunés. Les morceaux de viandes inférieures, estampillées par l’Inspection sanitaire, trouvent preneurs par les petits restaurants. On ne fera qu’ajouter à la sécurité publique et on donnera une garantie au consommateur avec des viandes absolument indemnes de tout microbe dangereux.
- Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Colle pour cuir. — Il en est de bien des sortes, parmi lesquelles on pourra préférer l’une ou l’autre, selon la destination des cuirs collés. Celle-ci convient particulièrement si la jonction doit pouvoir résister à l’humidité, voire à l’eau bouillante Elles consistent tout simplement en une solution concentrée de celluloïd, pouvant être faites avec divers solvants : nous préférons toutefois l’acétone qui donne un produit séchant très rapidement.
- Dans ioo centimètres cubes d’acétone qu’on fait bouillir à feu très doux, ajouter 25 grammes de râpures de celluloïd et agiter jusqu’à dissolution, ce qui, d’ailleurs, se fait de suite. On peut utiliser de la sorte des peignes cassés, par exemple, ou autres débris de celluloïd. On doit conserver au frais, en flacons parfaitement bouchés.
- Pour l’emploi, les surfaces à réunir sont nettoyées, passées au papier de verre pour rendre le cuir plus rugueux. Avec un bout de bois (la mixture très épaisse s’applique mal au pinceau) enduire les deux parties à mettre en contact d’une légère couche de colle, réunir aussitôt etpresser fortement. On doit opérer très vite en raison de la facile évaporation de l’acétone.
- Laboratoire de La Nature.
- Mixture liquide pour le nettoyage des métaux. —
- Il est facile de préparer soi-même un produit à bril-lanter les diverses surfaces métalliques analogues aux substances lancées depuis peu dans le commerce, à grand renfort de réclame (Yoir La Nature, 1911-11, p. 3gg). Il suffit de faire chauffer en agitant un mélange de :
- Eau....................xoo cent, cubes.
- Ammoniaque............. 10 —
- Savon de Marseille râpé . xo à 20 grammes.
- Tripoli . . . '........ 5o grammes.
- Comme la mixture n’a pas très bonne odeur, il convient de lui ajouter un parfum quelconque : 1 gramme d’essence de mirbane par exemple. Le tripoli employé doit être extrêmement fin : la valeur des substances vendues dans le commerce dépendant surtout de la qualité du tripoli qu’elles contiennent. C’est pourquoi il est bon d’employer un fort excès et de ne prendre pour le nettoyage que la bouillie surnageant après repos de quelques secondes : on élimine ainsi le dépôt qui est constitué par du tripoli trop gros. Il est indispensable d’agiter fortement avant emploi.
- Laboratoire de La Nature.
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- BOITE AUX LETTRES
- atL
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Reproduction des impressions typographiques. — En réponse à la question posée dans le nu 2019, le Dr Louge, de Marseille, nous apprend que l’action des vapeurs d’iode sur le papier est connue des médecins légistes. On consultera avec intérêt: Bruylants, Recherches expérimentales sur certaines altérations accidentelles ou frauduleuses du papier et de l’écriture. Académie de Médecine de Belgique. Séance du a5 octobre 1890. A. Espagne et E. Petitot, De l’action de la vapeur d’iode sur le papier blanc. Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Montpellier, 15 novembre 1890.
- Renseignements. — M. Ramon Puig y Font, à Barcelone. — i° Consultez le petit volume publié dans Y Encyclopédie Léautê sur <c les soies artificielles ». (Masson, éditeur, 2 fr. 5o) ; 20 De tels produits n’existent pas. Mais il est très facile d’employer des couleurs teignant facilement n’importe quelles soies artificielles. Demander les cartes d’échantillons avec description de recette à la Société des produits Fr. Bayer, à Fiers, par Croix (Nord).
- M. E. P., officier du Borda, à Brest. — L’heure adoptée en Autriche et en Hongrie, pour les services des chemins de fer, télégraphes, téléphones, etc., aussi bien que dans la vie ordinaire, est l’heure de l’Europe centrale (Greenwich -J- xh). Depuis le Ier janvier 1912, la ville de Prague, qui conservait son temps local (temps de l’observatoire de Prague), différant de 2“ igs du temps de l’Europe centrale, s’est ralliée au système des fuseaux horaires et a adopté aussi l’heure de l’Europe centrale. Il en est de même de toutes les villes situées le long des chemins de fer. Cependant, certaines villes de province de la partie occidentale de l’Autriche, construites loin des voies ferrées, conservent encore le temps local.
- M. P. B., h Villefranche (Rhône). — Il n’est pas possible de donner, dans le cadre forcément restreint de la Botte aux lettres, les détails relatifs à la préparation de toutes les sortes de fruits secs, en Californie. Pour ce qui concerne cette question, envisagée d’une façon générale, vous trouverez des renseignements dans l’ar-
- ticle sur 1 ’Industrie des fruits secs {La Nature, n° du 23 juillet 1910). Spécialement, au point de vue de la préparation industrielle telle qu’on la pratique en Californie, et pour les abricots, voici des indications : Les producteurs californiens procèdent à la dessiccation de deux manières : au soleil, et par l’évaporateur. Après dénoyautage, les abricots, fendus en deux, sont placés sur des plateaux, lesquels sont disposés dans un local hermétiquement clos où on brûle du soufre à raison de 20 grammes par mètre cube; la combustion doit être lente de manière à laisser les fruits exposés pendant deux ou trois heures aux vapeurs d'acide sulfureux, blanchiment indispensable pour obtenir des abricots de couleur claire, translucide. On passe ensuite les fruits à l’évaporateur, sur des plateaux qui, progressivement, vont des parties moins chauffées aux parties plus chauffées, à une température variant de 60 à 700, en ayant soin d’éviter que les abricots prennent le goût de cuit. C’est là le point essentiel dans la préparation, car c’est en évitant l’excès de dessiccation que l’on conserve aux fruits la souplesse de chair, et qu’au toucher ceux-ci paraissent gras. Il faut surveiller attentivement les progrès de la dessiccation, afin que celle-ci soit arrêtée juste à point. Les Californiens obtiennent des abricots à pulpe onctueuse en observant cette condition, et sans recourir à l’emploi d’un produit quelconque.
- M. J. Moraresco, à Yarciorova. — Vous trouverez tous renseignements utiles sur la question des chaleurs spécifiques dans le Traité de physique de Chwolson, publié par Hermann, rue de la Sorbonne, Paris, tome III.
- M. G. Lacôte, avenue Maiùgny, Yincennes. — Employez une solution aqueuse à 5 pour 100 de chlorure de cobalt. Absolument incolores, les traits formés deviennent bleus chaque fois qu’on chauffe doucement le papier.
- M. 3. M., à Nancy. — Yous trouverez des détails sur le four Mosciki dans les études très complètes publiées par le journal La houille blanche sur la fixation de l’azote. (Rey, éditeur à Grenoble.)
- M. Schildge, à Paris. — Yous trouverez quelques renseignements sur la galvanisation dans la Galvanoplastie, manuel Roret, publié par Mulo, rue Hautefeuille, Paris. Yoyez aussi l’ouvrage de Quivy, publié chez Béranger. x5, rue des Saints-Pères, Paris.
- M. R. D., à Pont-à-Mousson. — Il a paru, dans La Nature, plusieurs articles sur les eaux de Rome : 1876, t. 1, n09 96, 98, 101 ; 1890, t. II, n09 894, 899. Yoir en
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- BOITE AUX LETTRES
- outre : A. de Caumont, Abécédaire d’archéologie, 2e édition, Caen, 1870, t. I, p. io6-i33; Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Paris, Hachette, t. I, p. 336 (mot aqueductus) avec bibliographie de i65 ouvrages; Belgrand, Travaux souterrains de Paris, Paris, Dunod, 1875, t. II, les Aqueducs romains ; Bonnard et Percepied, la Gaule thermale, Paris, Plon-Nourrit; Gautier-Descottes, Aqueducs antiques d’Arles, Congrès d’archéologie d’Arles, sept. 1876; et tous les traités d’archéologie romaine.
- M. R. G., à Pasajes de San Pedro. — La distinction du courant continu et du courant alternatif au moyen d’une lampe à incandescence et d’un aimant, a paru dans le n° 1906 de La Nature, du 4 décembre 1909.
- Société du Petit Méridional. — Vous trouverez des voltmètres de poche chez Charron et Bellenger, 14a, rue Saint-Maur, ou Ullmann, 16, faubourg Saint-Denis. Prix : 8 à 9 francs.
- M. le capitaine Pappalardo, à Rome. — Il n’existe pas, ni en France, ni en Allemagne, à notre connaissance d’écoles préparant des ingénieurs opticiens. Les spécialistes se forment directement dans les établissements industriels.
- M. J. R., à Lisbonne. — Sur la question technique et commerciale, très complexe, du labourage et du défrichement par traction à vapeur, on ne peut donner, dans la Roite aux lettres, que des renseignements généraux, que voici : on peut utiliser un treuil de labourage comportant un moteur de 20 chevaux, à essence, à pétrole lampant, etc., suivant les circonstances locales, les conditions économiques et les facilités d’approvisionnements. L’appareil est à double effet, c’est-à-dire qu’il fait la traction de la charrue à l’aller et au retour par le moyen d’une poulie de renvoi avec système d’ancrage; ce système a les mêmes applications que le treuil à vapeur : labours ordinaires avec charrue polysoc, et labours de défoncement par charrue bascule monosoc. Le treuil à vapeur permet d’employer la locomobile de ferme; il se dispose en tête du champ, perpendiculairement au sens du labour. En travail, ce matériel est automobile sur des fers à plancher formant rails, par l’action même de la machine, au moyen d’une poupée sur ‘laquelle s’enroule un câble de petit diamètre attaché à un piquet quelconque. Avec deux locomobiles, les treuils sont à simple effet, et font alternativement l’appel de là charrue bascule. L’un des câbles se déroule librement, pendant que l’autre s’enroule autour du treuil en chargé. Avec une seule locomobile, si le treuil est à simple effet, il actionne la charrue simple à flèche en travail, laquelle est retournée à vide, par traction animale, pour la reprise d’un nouveau sillon. Si le treuil est à double effet, une poulie est fixée, à l'aide d’un ancrage, à l’autre extrémité du champ; on emploie, soit
- la charrue simple à flèche ou à contre-poids, qui est ramenée à vide rapidement par le treuil, soit la charrue bascule, qui travaille à l’aller et au retour. La charrue bascule polysoc fonctionne généralement avec deux locomobiles routières et treuils à vapeur. Un treuil-cabestan ordinaire, avec tous ses accessoires, coûte environ i5oo fr. ; un treuil fort, 1800 fr. ; une charrue défonceuse simple, genre bascule, à flèche ou à contre-poids, pèse de 55o à 1200 lcg et se vend à raison de 1 fr. 5o le kilogramme (labours de 40 à 60 centimètres) ; le type fort, pour terrains extra-difficiles (labours de 5o à 80 centimètres), pèse de i25o à 3ooo kg et se vend à raison de 1 fr. 40 le kilogramme. Le scarificateur, type fort (3 ou 4 forts chevaux), qui doit passer après le labour de défrichement, coûte de 370 à 420 fr. Yoici les adresses demandées de maisons construisant le matériel pour labourage à vapeur et défrichement : A. Bajac, à Liancourt (Oise) ; Etienne Yernette, à Béziers (Hérault) ; Stanislas et Chausy, rue de Lyon, à Alger; Pelous, à Toulouse; Bourguignon, à Solliès-Pont (Var); Guyot, à Laredorte'(Aude) ; Letroteur, à Yiry-Chauny (Aisne).
- Don José Roca y Roca, ingénieur à San Felio de Guixols. — Le procédé le plus souvent employé pour l’imperméabilisation des bâches consiste à plonger successivement en bains de savon et en bains de sulfate de cuivre : il se forme un savon insoluble vert imperméabilisant. L’opération, industrielle, n’est guère pratique que faite en grand. Voir pour détail l’étude de Chaplet sur les apprêts imperméables des tissus, parue dans la Revue générale de chimie en 1910, 155, boulevard Malesherbes, Paris.
- M. Jean Arnault, à Nantes. — i° Nous ne voyons guère d’autre moyen qu’un grattage, en raison de la communauté chimique de composition de la nacre et du reste des coquilles ; 20 il existe un volume de M. Michel Rousset consacré au patinage des métaux publié par Desforgés, éditeur, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Jules Kopp, rue Condorcet, Paris. — Quoi qu’en disent les coiffeurs et autres marchands de ces spécialités, il n’existe pas de progressives inoffensives, ces mixtures étant toujours à base de plomb. Voir pour tous détails la brochure Teinture des cheveux. Dunod-Pinat, éditeur, quai des Grands-Augustins.
- M. Ed. Galloo, à Bergues (Nord). —Pour débarrasser vos chenets de la couche de mixture, les tremper dans une lessive bouillante de soude caustique à 5 ou 10 pour 100 et brosser fortement. Quant à faire soi-même une imitation de dorure ancienne, cela ne nous paraît guère pratique, mieux faudrait vous adresser à un antiquaire spécialiste de l’imitation qui lui-même vous donnerait l’adresse des rares ateliers où on fait ces travaux.
- BIBLIOGRAPHIE
- cafc
- esse
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Nouvel audiphone microphonique pour le traitement de la surdité : R. Villers. — Les oiseaux des régions antarctiques : L. Gain. — Le Musée d’hygiène : E.-A Martel. — L’aviation militaire. — Le renflouement du « Maine », — Académie des sciences; séances des 19 et 26 février 1912 : Ch. de Yille-deuil.
- Supplément. — Recoupement de source en tunnel du Somport (Hautes-Pyrénées). — Enlèvement du rocher de Tormery (Savoie).
- — Nouveaux usages de l’aluminium. — Un monument français à Quito. — Mammifères quaternaires de l’Alaska. — Animaux marins vivant actuellement en Lorraine. — Le blé et le coton en 1911. — Diminution de la mortalité tuberculeuse en France.
- — La météorologie en France en 1911. — Conservation des fleurs coupées.
- Impressions et observations dans un voyage à Ténérife, par Jean Mascart. i vol. 366 p., 2x2 illustrations. E. Flammarion, éditeur, Paris, 1912. Prix : 7 fr. 5o.
- Au début de 1910, une importante mission scientifique internationale se rendait à Ténérife, pour y faire
- l’étude des radiations qui traversent l’atmosphère terrestre. Elle s’adjoignait, pour la partie astronomique, notre collaborateur M. Mascart, plus spécialement chargé d’observer la comète de Halley. C’est l’exposé des résultats scientifiques de la mission en même temps que ses impressions personnelles sur une île curieuse et charmante à tant de points de vue, que nous présente M. Mascart, dans le présent livre, d’une lecture aussi agréable qu’instructive.
- Comment exploiter un domaine agricole, par M. Vui-gner. Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 5 francs.
- L’auteur suppose que l’agriculteur vient d’acquérir un domaine. Il nous le montre discutant, arrêtant le plan d’exploitation, puis l’organisant et l’appliquant jusque dans ses moindres détails. Engrais, amendements, assolements, animaux, machines, instruments, industries annexes y sont successivement examinés ainsi que l’administration du domaine, la main-d’œuvre, la comptabilité.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les turbines à gaz, par L. Ventou-Duclaux, ingénieur au laboratoire de l’A. C. F. In-8° (14X22,5) de vin-128 pages, avec 5^ figures. Dunod et Pinat, éditeur. Paris, 1912. Prix : 3 fr. ?5.
- Tout le monde s’accorde à voir dans la turbine à gaz le moteur thermique de l’avenir. Déjà des efforts considérables ont été tentés pour le réaliser. L’ouvrage très complet et très clair de M. Yentou-Duclaux, renseignera l’inventeur sur tout ce qui a été fait jusqu’ici dans cette voie.
- Les sciences de la nature en France au XVIIP siècle, Un chapitre de l’histoire des idées, par D. Mornet. 1 vol. in-18, Armand Colin. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur nous montre à quels obstacles de traditions et de préjugés se heurte la science; comment, par tâtonnements, les recherches mènent peu à peu à des méthodes stables, à un esprit scientifique conscient de ses ressources et de ses droits ; par quels prolongements cet esprit peut agir sur l’éducation, sur les goûts, sur la vie sociale tout entière.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o)
- Bureau central (météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 lév. 1912. 5° 0 W S. W. 2. Peu nuageux. » Très nuag. ; gelée Manche ; couronne lunaire.
- Mardi 27 10° 4 S. W. 3. Couvert. 0,0 Bruine entre 6 et 7 h. ; nuag. ; halo lunaire.
- Mercredi 28 ... . 8° 9 S. W. 2. Couvert. D Couv. jusq. 15 h. ; beau ensuite ; rosée ; halo lunaire.
- Jeudi 29 7°,1 S. 2. Nuageux. 8,8 Couv. de 10 à 18 h. ; nuag. av. et ap. ; rosée ; pl. de 11 h. 35 à 16 h.
- Vendredi 1" mars. . 6°,3 S. 2. Couvert. 5,1 Presq. couv. ; gel. Id. ; pl. de 17 li 35 à 20 h. 45.
- Samedi 2 8°,1 S. S. W. 2. Couvert. » Couv. de 7 h. à 13 h, ; très nuag. av. et ap. ; halo.
- Dimanche 5 . . . . 9°,1 S. W. 3. Couvert. 5,4 Pluie de Oh. à 2 h. 15 ; pl. l’après-midi avec tonnerre ; halo.
- FÉVRIER-MARS 1912. — SEMAINE DU LUNDI 26 FÉVRIER AU DIMANCHE 3 MARS 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à iO; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 26 février au 2 mars. — Le 26. Dépression profonde sur le N.-W. de l’Europe (îles Feroé : 741)- La pression atmosphérique se relève sur le S.-W. Neiges dans le N. de l’Europe. Pluies sur le W. En France : Le Mans, 11 mm; Charleville, 7. Temp. du matin : Moscou, —270; Paris, 3; Nantes, 5; Biarritz, 13 ; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 4°>2)- — Le 27. Fortes pressions sur le S. du continent (Madrid : 774)-Dépression sur le N.-W. (Feroé : 741) et vers les Açores. Neige et pluie sur le N. et le W. En France : Cherbourg, 7 mm; Brest, Lyon, 1 mm. Temp. du matin : Moscou, —210; Berlin, 6; Paris, 10; Alger, 14; moyenne à Paris : 11 °,7 (normale : 4°<3). — Le 28. La pression monte sur le Centre de l’Europe (Suisse, 775). Dépressions ; entre les Açores et l’Irlande (750) ; sur l’Extrème-Nord (Bodoe : 742)- Neige et pluies sur le N. En France : beau temps. Temp. du matin ; Besançon, 4°; Paris, 9; Alger, i5; moyenne à Paris : 90.7 (nor-
- male : 40,4). — Le 29. Dépression entre l’Irlande et l’Ecosse (îles Feroé : 735). La pression s’abaisse sur le W. de l’Europe. Pluies sur le N. et le Centre. En France : Nantes, 5 mm; Cherbourg, 3; Brest, 2. Temp. du matin : Belfort, 4°; Paris, 7; Toulouse, 10; Alger, i5; Biarritz, 18; moyenne à Paris : 8° (normale : 4°>4)-— Le t" mars. La dépression du N.-W. s’étend vers le N.-E. Minima aux îles Feroé (736) et au voisinage de l’Irlande. Pression élevée sur le Centre et le S.-E. Pluies sur le N. et le W. En France : Paris, 9 mm; Rochefort, 8; Le Havre, 4. Temp. du matin : Moscou, -f- i°; Belfort et Paris, 6; Toulouse, 11 ; Biarritz, 16; moyenne à Paris : 9°,i (normale : 4°>5). — Le 2. Dépression profonde sur le N. et le W. de l’Europe. Fortes pressions sur le S. et l’E. Pluies sur le N. et le W. En France : pluies générales. Temp. du matin : Berlin et Paris, + 8°; Nantes, 10; Alger, 16.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris |"F7C/|
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec ies éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2025 —
- 16 MARS 1912
- INFORMATIONS
- SÿvSUPPLÉMENT
- La précession et le mouvement solaire. — Ces
- questions du plus haut intérêt dans l’astronomie moderne ont fait l’objet de trois importantes études de L. Boss(1). Mettant à contribution tous les catalogues publiés avant 1906, et qui sont fondés sur des observations méridiennes, l’auteur divise le ciel en une série de 108 trapèzes ou secteurs dans lesquels la moyenne des mouvements propres observés fournit deux équations de condition, où figurent les composantes du déplacement solaire et les corrections des constantes de la précession; on admet que les mouvements propres s’éliminent dans la moyenne, comme indifféremment dirigés en tous sens, et que la grandeur du déplacement linéaire est sans relation avec la distance, le nombre des étoiles dans chaque direction ne dépendant que de la latitude galactique. Ces hypothèses faites, il resle à affranchir les mouvements propres des erreurs systématiques d’observations : pour cela, L. Boss adopte le procédé qu’il avait indiqué antérieurement (s). Toutes les combinaisons d’étoiles par groupes, suivant l’éclat, la latitude galactique, la déclinaison, la valeur du mouvement propre, conduisent sensiblement au même apex solaire, et la vitesse de 24 kilomètres par seconde pour notre système paraît assez vraisemblable. Il y a peu d’indications d’un mouvement d’ensemble pour les étoiles parallèlement à la voie lactée, mais, d’autre part, dans certaines directions, on trouve des étoiles très rares dont le mouvement propre est notable, comme s’il y avait des espaces vides de matière jusqu’à une grande distance de notre système. Mais il y a une autre conclusion plus curieuse encore, c’est qu’il existe une relation bien caractérisée entre le mouvement propre et le type spectral : le mouvement augmente de la classe A à la classe F, et diminue de F à G, comme si la classe F était agglomérée près du Soleil, Les étoiles du type jeune (B et A) ont leur origine près du plan de la voie lactée et, en s’éloignant de ce plan, elles passent à des types plus avancés. Alors, par type spécial, la position de l’apex ne change encore guère ; mais on pourrait conclure que la vitesse du déplacement solaire ne dépasse pas 20 kilomètres au lieu de 24. Nous ne pouvons insister ici sur des recherches aussi importantes : on comprendra toute leur portée en ce qui concerne la constitution et l’évolution du monde stellaire.
- Les hauteurs de la nébulosité. — Si l’on étudie systématiquement la hauteur et la fréquence des condensations visibles sous forme de nuages, on remarque que les maxima et minima sont invariablement disposés sur toutes les parties de la terre, bien que les couches atmosphériques auxquelles ils appartiennent deviennent plus épaisses à mesure que l’on s’approche de l’équateur. Ces niveaux différents sont reconnus et admis
- r. The Astronomic.il Journal, n09 01 2, Gi/,, C)23-(’>‘î^.
- 2. The Astronomieal Journal, t.'XXllï.
- d’une manière plus ou moins générale; Hann(') et. Arrheniusf2) admettent deux niveaux de condensation maximum : la zone des cumulus et celle des cirrus, avec ùn minimum de condensation environ à mi-dis-lance entre les deux maxima. D’après Arrhénius, l’existence des deux maxima dépend du mode de formation des nuages : suivant la théorie de cet auteur, les cumuli peuvent être regardés comme le produit d’une condensation primaire, et les cirri comme celui d’unef condensation secondaire, mais un tel processus soulève de très graves objections. Après une intéressante discussion, Humphreys a été conduit à admettre trois niveaux de condensation maxima et trois aussi de condensation minima(3). Le contact de l’air humide avec la surface froide de la terre, ou de l’air froid avec une nappe d’eau, provoque la formation du brouillard, qui ne s’élève jamais à plus de 5oo mètres; la surface de la terre, elle-même, est ainsi au niveau de condensation maximum. La région de condensation des cumuli n’est pas nettement déterminée, mais ces nuages commencent sûrement à se former à 1 et 2 kilomètres au-dessus de la surface du sol; ils sont dus aux violentes convections qui résultent de la réaction-du sol chaud sur les couches basses de l’atmosphère, et se montrent plus nombreux durant les après-midi d’été : en résumé, dans la formation des cumuli et des plus bas nuages d’orages, il y a un maximum de condensation . vex-s une altitude de-1 km 5. Le troisième, et seul autre niveau maximum de. condensation, est caractérisé par la formation des cirri et se trouve à 8 ou 10 kilomètres au-dessus de la surface du sol; à cette hauteur, la températui’e est environ* — 5o° et les nuages sont formés de cristaux de glace.
- Il existe, parallèlement, trois niveaux de condensation minimum. Tout d’abord, entre les niveaux du brouillard et des cumuli, la région des ondées,, qui peut prendi’e place entre 100 et 3oo mètres au-dessus du sol. Puis la région des alto-stratus, avec une altitude de 4 à' 6 kilomètres, entre les niveaux maximum des cumuli et des cirri. Enfin, une troisième région de minimum de condensation, située à 11 kilomètres et plus, dans les hautes régions de l’atmosphère, là où l’humidité est à( peu près nulle : c’est la zone isothermique. Il est fort intéressant de préciser ainsi de plus en plus le régime des diverses couches atmosphériques si l’on veut tendre à connaître le mécanisme exact des condensations et précipitations dé la vapeur d’eau.
- Contre la rouille. — Deux chimistes allemands : MM. Liebreich et F. Spitzèr, de Berlin, viennent de donner des indications curieuses sur la meilleure façon’ de peindre le fer. Pour empêcher la rouille, il faut rè-
- 1. Lchrhuch der Météorologie, igoO. p. 210.
- 2. Lchrhuch der Kosmischcn Physik, igo3, p. G49.
- 3 LrveU of maximum ami minimum doudiness. Wcather Obscr-II vatorv, rgi 1. •
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- INFORMATIONS
- couvrir le métal d’une couche de vernis ou de peinture qui empêche l’accès de l’air et de l’eau. On s'imagine généralement qu’en doublant ou triplant la couche, on augmente la protection. Il n’en est rien. Appliquez une couche de bonne peinture, disent MM. Liebreich et Spitzer, mais n’en appliquez qu’une, car la seconde aura un effet désastreux. MM. Liebreich et Spitzer enduisent des plaques de fer bien polies, de peintures diverses, faites d’huile de lin mélangée à des pigments variés. Ces plaques sont suspendues quatre jours et quatre nuits au-dessus d’eau en ébullition. Ensuite la moitié de la plaque est, au moyen de toluène, débarrassée de sa peinture et recouverte de vaseline pour éviter toute oxydation ultérieure. Chaque fois qu’une seule couche de peinture a été appliquée sur le métal, celui-ci reste brillant. Mais s’il y a eu deux couches, le fer se rouille; et le phénomène s’accentue bien davantage, s’il y a eu trois ou quatre couches. Les auteurs n’apportent aucune explication de ces curieuses constatations ; peut-être une succession de couches de peintures forme-t-elle un enduit peu souple, exposé aux craquelures par où s’insinuent les agents oxydants.
- Un nouveau mode de fabrication du diamant. —
- Contrairement aux procédés expérimentés jusqu’ici et qui reposent pour la plupart sur l’emploi des carbures métalliques, la méthode imaginée par le Dr Werner von Bolton, un chimiste de la Société Siemens-Hahke, repose sur l’observation faite par lui que le gaz d’éclairage se décompose en présence de vapeurs de mercure. Il paraîtrait qu’en présence de certains amalgames mercuriels le résultat de cette décomposition consiste en carbone partie amorphe et partie cristallisée. Les expériences faites avec de l’amalgame de sodium donnèrent d’abord des cristaux microscopiques, mais l'inventeur ayant constaté que les cristaux s’enrichissaient, a repris des expériences en agissant en présence de poussière de diamant et les résultats, après un mois de traitement, auraient été assez nets pour décider l’inventeur à poursuivre ses expériences.
- Les rats noirs du Jardin des Plantes. — En 1872, A. Milne-Edwards, directeur du Muséum national d’His-toire naturelle, avait signalé parmi les surmulots qui sont le constant souci de cet établissement, la présence d’individus noirs dans la proportion de i/5. MM. La-picque et Legendre viennent de constater que depuis cette époque, le nombre des rats noirs a fortement diminué, puisqu’on n’en trouve plus guère que 1 sur i5. Ces rats noirs étant inconnus dans la plupart des endroits où vivent les surmulots et paraissant nettement localisés au Jardin des Plantes, ils soulèvent une intéressante question d’hérédité, et l’on se demande la cause de leur apparition et celle de leur diminution actuelle. Il serait intéressant de savoir si l’on en trouve aussi, même exceptionnellement , dans les différents lieux où le surmulot (Mus norvégiens) a chassé depuis le xvni0 siècle l’ancien rat (Mus rattus).
- L'association d'un crabe et d’une éponge. — On
- connaît divers exemples d’animaux qui s’associent, tels l’aveugle et le paralytique, pour augmenter leurs moyens de défense ou faciliter la recherche de leur nourriture. Les crabes en particulier promènent assez souvent sur leur dos toute une petite faune d’autres animaux. Un des cas les plus fréquents est celui de Dromici vulgaris qui s’associe avec l’éponge Suberites domuncula. L’éponge garantit le crabe contre ses ennemis, car elle est immangeable pour beaucoup d’animaux, pleine d’aiguilles piquantes et elle dégage une forte odeur. Le crabe à son tour lui fournit la nourriture; lorsqu’il mange, il laisse perdre beaucoup de particules de viande qu’il a déchiquetées et l’éponge recueille les reliefs du repas de son voisin précieux. L’association est donc pleine d’avantages pour tous les deux. Mais lequel a l’idée de choisir son associé? Les récentes recherches du Dr Polimanti, à la Station zoologtque de Naples, montrent que c’est le crabe qui prend l’initiative en ramassant l’éponge, la plaçant sur son dos et l’y retenant avec ses pattes postérieures.
- Expédition à la terre de Crocker. — A l’ouest de la terre de Grant, subsiste dans l’Océan Glacial Arctique une inconnue complète, où Peary a cru, en 1906, discerner vers 83 degrés de latitude nord et io5 degrés ouest de Greenwich, une terre baptisée Crockerland. Dès 1907,
- Nansen déclarait que la solution de cette énigme serait plus intéressante même que l’accès au pôle. Le Musée américain d’histoire naturelle, la Société américaine de Géographie et la Yale University, nous communiquent le programme de l’expédition qu’elles organisent de 1912 à 1914» pour cet objet. Toute une série d’études scientifiques y est prévue. L’expédition, dirigée par MM. George Borup et Donald Macmillan, partira le 20 juillet 1912 de Sydney (Nouvelle-Ecosse); son retour à New-Yojk est prevu pour l’automne de 1914. La station d’hivernage et de ravitaillement pour 1912 et 1913, sera au cap 'lhomas Hubbard, à l’extrémité nord de la terre Axel Heiberg.
- La motion marine par moteurs Diesel. — Le
- paquebot Selandia appartenant à la Compagnie de l’Est asiatique Danois vient de faire à Copenhague des essais qui ont provoqué un grand intérêt. Ce bâtiment est en effet le plus grand navire à flot mû uniquement par des moteurs Diesel, Ces essais ont été très satisfaisants et le Selandia a facilement réalisé les i3 nœuds que le contrat exigeait. La vue du paquebot glissant sur les eaux, sans accompagnement de la fumée ordinairement versée par de disgracieuses cheminées, a produit une sensation. Les cheminées n’existent plus, en effet, étant devenues inutiles : de simples soupapes, disposées dans l’intérieur des mâts, suffisent à l’évacuation des vapeurs résiduelles du pétrole consommé dans les cylindres du moteur Diesel. Les principaux avantages du nouveau moteur consistent dans une économie de combustible, le coût de l’huile nécessaire étant de z5 à 3o pour 100 inférieur à celui du charbon; une économie de temps, résultant de la suppression des relâches necessaires pour le renouvellement de la provision du charbon : un navire comme le Selandia peut, en effet, prendre dans ses réservoirs assez de pétrole pour faire la traversée d'Europe en Extrême-Orient et retour sans s’arrêter en roule. Il y a encore économie dans le personnel, beaucoup moins nombreux avec les Diésel, et une économie de place, la capacité disponible du Selandia étant d’environ 10 pour 100 supérieure à celle des navires ordinaires de son tonnage. Enfin le poids des moteurs est de i5 pour 100 plus faible sur le Selandia. Deux autres paquebots du même type, le Fionia et le Jutlandia, sont en cours de construction. Tous sont destinés au service de l’Extrême-Orient.
- L’aviation en 1911. — Voici, établie par G. Besançon, secrétaire général de l’Aéro-Club, la statistique de l’aviation en 1911. Ces chiffres n’ont pas besoin de commentaires. Appareils construits : i35o avec puissance motrice globale de 80000 chev., au lieu de 800 et 37 600 chev. en 1910. Passagers transportés : 12 000 au lieu de 4800 en 1910. Voyages au-dessus de la campagne : i3ooo au lieu de 3ooo en 1910. Kilomètres parcourus : 2 600000 au lieu de 5oo 000 en 1910. Heures de séjour de l’atmosphère : 3o 000 au lieu de 83oo en 1910. Moteurs : 1400 contre 840 en 1911. Hélices : 8000 contre 4900 en 1910. Il y a eu en 1910, 71 accidents morttls, dont 26 en France pour un parcours global de 2 600 000 kilomètres, soit 1 mort par 100 000 kilomètres.
- L’aviation militaire en Angleterre. — Le rapport de Lord Haldane, le ministre de la guerre anglais, sur le budget 1912-1913 nous apprend que l’Angleterre a décidé de créer une école d’aviation militaire et navale où les officiers de terre et de mer feront l’apprentissage de l’aviation. Cette école sera aménagée à Salisbury Plain. Le terrain est acheté. On va y construire des^ hangars et des ateliers de réparations. Les dépenses totales prévues au budget pour 1912-1913 s’élèvent à un peu plus de 8 millions, dont 4 millions pour l’achat d’appareils. Les dépenses de 1911-1912 ne s’étaient élevées qu’à 3 35o 000 francs.
- L’alcool de chicorée. — Des industriels allemands ont entrepris d extraire l’alcool de la racine de chicorée. La racine de chicorée contient 4,86 pour 100 de matières azotées; i,6i pour 100 de substances grasses ; 12,45 pour 100 de sucre; 72,70 pour 100 d’inuline; 5 pour 100 de cellulose et 3.i pour 100 de substances minérales. 100 kilogrammes de racine donnent 62 litres de jus; 5o ki o-rammes de jus donnent, après fermentation, 8,4 litres d’alcool.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *> Automobilisme
- Les embrayages d’automobile. — Le moteur à explosions ne pouvant démarrer seul, puisqu’il exige une mise en marche préalable pour ameuer dans les cylindres les gaz à la période de compression, il a été indispensable de prévoir un système d’embrayage, qui
- permette de ne rendre la voiture solidaire du moteur que lorsque ce dernier est en action.
- Les qualités à exiger d’un tel embrayage sont assez complexes, pour avoir amené les divers constructeurs à essayer de nombreux dispositifs, sur la valeur comparative desquels il nous a été souvent demandé une appréciation. Avant de passer en revue rapidement les divers systèmes actuellement en service, nous rappellerons en quelques mots, les qualités indispensables qui caractérisent un bon mécanisme d’embrayage.
- i° II doit être progressif — L’embrayage sert à relier d’une manière complète l'arbre moteur, qui tourne à une certaine vitesse, à l’arbre à entraîner; ce dernier étant, avant l’emprise, à une vitesse différente s’il s’agit d’un changement de vitesse, ou à une vitesse nulle s’il s’agit d’un démarrage, il faut que l’embrayage assure la solidarité finale, en passant avec douceur par toute la gamme des vitesses intermédiaires. Cette progressivité indispensable, évite les chocs dont l’action est néfaste pour tous les organes de la transmission qui les reçoivent.
- a0 II doit être efficace. — Il faut qu’après le fonctionnement correct de l’embrayage, la solidarité des organes à relier soit absolue, sans aucun glissement accidentel possible, sous peine d’une détérioration très rapide du mécanisme d’embrayage et d’une perte de travail considérable.
- 3° Il faut que la poussée du ressort soit équilibrée. — L’embrayage se produisant généralement par l’action d’un ressort, il faut, pendant la période de travail qui est le cas général, que le système d’embrayage n’entraîne aucune poussée sur les paliers des arbres à solidariser, sous peine de s’exposer à une usure rapide des joues des paliers, à un échaufïement et même à un grippement des parties frottantes.
- 4° Il doit avoir une inertie faible. — Le mécanisme d’embrayage doit posséder le moins d’inertie possible, afin de se soumettre très rapidement et très facilement aux variations de vitesse de l’arbre qui le porte, au moment de l’emprise des divers engrenages des boîtes de vitesses : autrement dit, le système d’embrayage doit faire aussi peu volant que possible.
- Pour apprécier un mécanisme d’embrayage quelconque, il faudra examiner s’il possède ces diverses qualités, en totalité ou en partie, et on pourra facilement conclure à sa supériorité ou à son infériorité par rapport à tel ou tel autre. A ces qualités d’ordre fondamental, pourront s’en ajouter quelques autres également à considérer. Par exemple : présenter une durée de fonctionnement considérable, sans usure anormale et sans entretien compliqué; ne pas exiger l’emploi d’un ressort tellement puissant qu’il en résulte pour le conducteur une fatigue appréciable à le manœuvrer; être démontable facilement sans entraîner le démontage d’organes importants du mécanisme de la voiture, etc....
- Les seuls embrayages en service courant à l’heure actuelle sont : les embrayages par cônes, les embrayages par tambour et frein de friction ; les embrayages par disques multiples ou rondelles embouties.
- Nous ne citerons que pour mémoire les embrayages hydrauliques, et les embrayages magnétiques, parce que les premiers ne sont pas encore sortis du domaine de l’expérience, et que les seconds ne se rencontrent qu’exceptionnelle ment.
- Embrayages par cônes. — Ils se composent de deux cônes, l’un plein ou cône mâle, l’autre creux ou cône femelle; sous l’action d’un ressort dont la force est déterminée suivant l’effort à transmettre, le cône plein est appliqué dans le cône creux, et l’embrayage se produit, au moment où l’adhérence est suffisante entre les surfaces des deux cônes.
- Les figures i et a montrent comment sont constitués l’embrayage par cônes directs et l’embrayage par cônes inverses.
- La progressivité est obtenue, d’une part, en garnissant la surface du cône mâle d’une bande de cuir qui permet un patinage de quelques instants sans crainte de grippement, et, d’autre part, au moyen de dispositifs spéciaux, variables suivant les constructeurs : petits ressorts interposés entre le cuir et le cône pour en bosseler légèrement la surface, et produire un commencement de frottement avant l’emprise finale; cône en tôle emboutie, dont la surface conique est sciée suivant un certain nombre de génératrices et légèrement déformée pour produire un effet analogue aux ressorts précédents, etc....
- bi le ressort d’embrayage est installé sur un arbre auxiliaire fixé au volant comme sur la figure i, ou entre le cône et le volant comme dans la figure a, la poussée est annulée dès qu’il y a emprise, puisque les deux extrémités du ressort prennent appui à ce moment, sur le volant, et sur une pièce qui lui est reliée.
- La seule qualité difficile à réaliser est de n’avoir qu’une faible inertie, parce que le cône mâle est toujours d'un assez grand diamètre et a toujours tendance à faire volant. On y remédie en partie, en le faisant aussi
- Fig. 2. Embrayage par cônes inverses. — A, volant; B, cône femelle rapporté contre le volant; C, cône mâle; D, arbre de centrage rapporté contre le volant; F., ressort d'embrayage; F, arbre à commander; G, commande de débrayage.
- léger que possible, par l’adoption de l’aluminium ou de la tôle d’acier très mince. Les cônes en fonte sont absolument à rejeter Avec l’embrayage à rône«, les changements de vitesses sont en général plus difficiles à bien réaliser, sans bruits d’engrenages, et exigent un doigté spécial de la part du conducteur.
- Toutefois, ce mécanisme étant rustique, facile à entre» tenir et d’un prix très faible, il est parfaitement recom~
- Fig. i. Embrayage par cônes directs. — A, volant ; B, cône ; C, arbre auxiliaire fixé au volant servant d’axe au cône et à annuler la poussée du ressort ; D, ressort d’embrayage ; E, joint de cardan d’entraînement de l’arbre à commander.
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- maniable sur les voilures de faible puissance et sur les voifuret tes.
- Embrayages par tambour et frein. — Cet embrayage n’est plus employé que par la maison Mors, qui a toujours été très satisfaite du lype spécial qu’elle a préconisé. Il est constitué par un tambour fixé au volant, sur lequel on peut serrer, par l’action d’un ressort d’embrayage, un ruban d'acier garni de petits sabots en fonte douce ou en laiton.
- II possède les qualités de progressivité et d’équili-
- Fig. 3.
- Embravagc métallique
- idelU
- brage exigées, et en outre, vu le faible poids du ruban d’acier qui en est la partie active, son inertie est très faible et les changements de vitesses se font très facile-men t
- Embrayages métalliques à disques multiples. — Ils dérivent tous du même principe et ne diffèrent que par la forme, la nature et le nombre des surfaces en présence.
- Leur principe est le suivant :
- Un certain nombre de rondelles métalliques (acier, ou-acier et bronze) sont empilées à l’intérieur d’un tambour fixé au volant, et au centre duquel se trouve l’arbre à entraîner.
- Si l’on suppose les rondelles de rang pair, solidaires du tambour par leur bord externe, qui porte des échancrures à cet effet, et les rondelles de rang impair, solidaires de l’arbre à entraîner par leur bord interne échancré également, il suffira de presser toutes ces rondelles les unes contre les autres pour obtenir l’entraînement.
- Sous l’action du ressort d’embrayage, il se produit entre les deux surfaces en contact de deux rondelles voisines, une adhérence qui dépend de la force du ressort et du coefficient de frottement correspondant à la nature des surfaces considérées. Cette adhérence est la môme pour toutes les paires de rondelles successives, et l’emprise totale est la somme de toutes ces adhérences. Cela revient à dire, que la pression adhérente se trouve multipliée par le nombre de rondelles.
- La figure 3 montre comment est réalisé un tel mécanisme.
- Le ressort d’embrayage, étant logé à l’intérieur même du tambour, ne produit aucune poussée sur les paliers lorsque l’emprise est complète. La progressivité est aussi grande que l’on veut, parce que l’appareil peut fonctionner dans l’huile et avec une pression par unité de surface généralement très faible. Quant à l’inertie, elle est très réduite, malgré le poids total considérable de l’appareil complet, parce que le rayon des rondelles est très faible.
- Ce système demande à être établi avec grand soin pour bien fonctionner, il est réalisé aujourd’hui parfaitement par tous les constructeurs, sa durée est considérable, son entretien se réduit à des lavages au pétrole sans démonter, et à un graissage à l’huile fluide. Il est particulièrement à recommander pour toutes les voitures puissantes, et pour les véhicules industriels, camions, voitures de livraisons ou autobus.
- L’embrayage de Dion à plateau est un cas particulier de ce système, dans lequel le nombre total des rondelles serait de trois, le plateau et les deux plaques de serrage, Un embrayage de cette famille qui mérite une
- mention spéciale, est l’embrayage " llele-Shaw, dans lequel les rondelles, au lieu d’être planes, portent une rainure circulaire en forme de Y, de telle sorte que l’embrayage se fait par emprise des surfaces coniques de ces rainures les unes dans les autres.
- Ces embrayages sont les plus progressifs de lous; ils sont en général à demi remplis d’huile fluide,. qui a beaucoup de peine à s’échapper de 1 intervalle qui existe entre les rondelles lors du débrayage, de telle sorte, qu’au moment de l’embrayage, cette huile se Irouve comprimée et produit le démarrage initial progressivement, sans grippement possible et presque sans usure.
- Les disques de rang pair sont en bronze, et les disques de rang impair en 1ôle d’acier, ce qui diminue
- encore les chances de grippement.
- La figure 4 montre comment est organisé ce mécanisme.
- Les autobus parisiens l’ont adopté d’une manière générale depuis le début et lui ont toujours trouvé un fonctionnement irréprochable. Sur ces véhicules très lourds, obligés à des démarrages et à des variations d’allure incessants, le mécanisme d'embrayage est soumis à un travail énorme, néanmoins l’usure est extrêmement faible, et les rondelles dont l’épaisseur n’est que de i mm. 5," peuvent assurer ce service intensif pendant plus d’un an, sans exiger de remplacement.
- En résumé, les embrayages à cônes sont à réserver pour les voilures légères et voiturettes, leur entretien se réduisant à des remplacements de cuir assez espacés ; les embrayages métalliques à disques conviennent particulièrement aux voitures puissantes et aux véhicules industriels, sur lesquels ils offrent des qualités de durée et de progressivité spéciales. Pour les autobus,. les tracteurs et tous les véhicules destinés à des démar-
- A, volant ; B, tambour solidaire du volant ; C, noyau solidaire de l’arbre à entraîner; D, rondelles planes alternativement solidaires de B et de G (b et c) ; E, ressort d’embrayage; F, cônes freins d’arrêt de l’arbre au débrayage; G, arbre à entraîner; H, commande de débrayage.
- Fig. 4. Embrayage Helc-Shaw. daire du volant; B, tambour
- — V, volant claveté sur 1
- A, tambour soli— 'arbre à entraîner;
- frein âge;
- H, manchon de serrage du ressort; K, ressort; J, cône frein; R, disques emboutis; T, arbre à entraîner. .
- C, plateau compresseur; D, pièce de centrage de C; E, fr d'arrêt au débrayage; F, G, pièces d’épaulement du débraya;
- rages fréquents ou particulièrement difficiles, le lype Hele-Sbaw est le plus indiqué. On pourrait d’ailleurs démontrer facilement que, à nombre égal de rondelles employées, c’est lui qui permet l’emploi des ressorts d’embrayage les plus faibles, à cause précisément de la forme biconique des surfaces à mettre en prise.
- Nous indiquerons ultérieurement comment on traite les pannes d’embrayage et les soins qu’il faut apporter à l’entretien de ces mécanismes.
- Capitaine Renaud.
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- VARIETES
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- Le bétail de la Suisse et les syndicats d'élevage.
- — Nous avons signalé, dans notre article sur l’Agriculture en 1911, l’insuffisance générale des organisations françaises destinées à assurer le développement et la sécurité de notre vie agricole. On nous saura gré, à titre d’indication, de résumer ce que M. de Marcillac exposait, dans ce sens, à une récente séance de la Société nationale d’Agriculture au sujet du bétail suisse.
- Celui-ci est composé, en effet, de races laitières choisies, sélectionnées avec une persévérance et un soin infinis, en vue d’obtenir, soit pour la vente du lait, soit pour la fabrication des fromages, le maximum de rendement en quantité et en qualité. C’est un excellent exemple de ce que peut réaliser l’intervention de l’Etat, lorsqu’elle ne s'exerce pas dans un sens d’humeur tatillonne, mais dans un large esprit d’encouragement de l’activité individuelle.
- Deux institutions, en effet, ont permis de réaliser l’admirable sélection qu’on remarque dans les troupeaux suisses : les syndicats d’élevage et les écoles d’agriculture.
- Presque toutes les communes suisses ont un syndicat d’élevage. Celui-ci lient des livres généalogiques pour tout le bétail de la circonscription, qui est immatriculé, mensuré, noté, et dont les déclarations de naissances et de décès sont obligatoires au syudicat. Des visites sanitaires ont lieu fréquemment : quand une bête est vendue, c’est toujours avec l’accompagnement de sa fiche, qui
- permet ainsi de l’inscrire sur les registres du syndicat de sa nouvelle résidence.
- L’office des syndicats ne se borne pas à ce rôle de surveillance, de contrôle et d’enregistrement : ils interviennent au surplus d’une façon active dans la vie agricole. C’est eux en effet qui, en général, achètent les taureaux destinés à tout le troupeau qu’ils ont sous leur surveillance. Comme, grâce à cette organisation, l’acheteur connaît toujours, par la fiche syndicale, l’âge, l’ascendance, Félat de santé de l’animal qu’il prend, il est autant que possible, à l’abri de surprises fâcheuses : aussi peut-on citer des reproducteurs sélectionnés dont le prix s’est monté jusqu’à 10000 francs !
- D’autre part, les écoles d’agriculture et de laiterie sont nombreuses, bien organisées, et ont une fin toute pratique : ainsi, dans chaque canton, il y a des écoles de laiterie où l’on forme des vachers et des fromagers.
- Dans ces conditions il est intéressant de noter les prix que peuvent atteindre les individus du troupeau. Le prix d’une bonne laitière va jusqu’à i5oo francs, la moyenne étant de 800 à 1000 fr. Une vache de ce prix donne 36oo kilogrammes de lait par an, plus un veau. Le lait représente 720 fr.,le veau 72 fr., soit un total de 792 fr. (70 pour 100 du lait sert à la fabrication du gruyère ou de l’emmenthal).
- L’agriculteur suisse attache une énorme importance à l’hérédité : on a vu des veaux se vendre jusqu’à 3ooo, et même 5ooo francs, parce qu’ils descendaient de taureaux primés et de vaches bonnes laitières.
- HYGIENE ET SANTE
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- Oîlf
- L’enfumage iodé. — L’iode est un des antiseptiques les plus puissants et il a depuis quelque temps repris le premier rang : c’est avec le badigeonnage iodé que les chirurgiens désinfectent les plaies et aseptisent les tissus avant l’acte opératoire. Mais si l’on veut se servir de cet agent pour nettoyer une cavité, même pour désinfecter une plaie cutanée, il faut employer sa solution dans l’éther ou l’alcool.
- Le Dr Louge, chirurgien des hôpitaux de Marseille, a imaginé un procédé fort ingénieux pour produire des vapeurs d’iode à l’état naissant et les appliquer localement comme agent antiseptique.
- Le moyen est des plus simples : prenez un tampon de coton de volume proportionné à la durée de l’opération, (ixez-le au bout d’une pince et plongez-le dans la poudre d’iodoforme, de façon à l’imprégner soigneusement de cet agent. Mettez-y le feu, vous verrez se dégager les vapeurs d’iode, violettes, abondantes et pouvant être dirigées sur la partie malade comme un agent thérapeutique des plus maniables.
- C’est à ce procédé que notre confrère donne le nom d’enfumage iodé, et c’est après de nombreux essais qu’il s’est arrêté au choix de l’iodoforme, dont l’odeur pénétrante et tenace est malheureusement fort désagréable. La teinture d’iode sur un tampon de coton ne fournit que peu de vapeurs iodées ; le coton brûle comme une mèche de lampe à alcool, s’éteint et en se carbonisant donne à peine quelques vapeurs.
- Le coton iodé ne réussit pas mieux; quoique d'apparence fort riche en iode, il né dégage en brûlant que fort peu de vapeurs violettes. L’iode en poudre sur du coton en donne encore moins, tandis que l’iodoforme, sous un faible volume, en dégage en abondance. Les succédanés de l’iodoforme, vioforme, diiodoforme, sont également beaucoup moins actifs; mais comme le recommande M. Louge, il faut être sûr de la qualité de l’iodoforme et ne pas avoir un produit plus où moins falsifié.
- Les vapeurs déterminées par cette combustion et recueillies sur une lame présentent au microscope de nombreux petits cristaux d’iode qui se déposent fatalement à la surface de la plaie ou du tégument dans l’opération d’enfumage et laissent à demeure l’agent antiseptique. Comme les vapeurs d’iode sont plus lourdes que l’air, on peut les recueillir dans un récipient, en charger une seringue et les injecter dans des trajets fistuleux, dans des cavités où elles pénétreront plus I
- facilement et plus sûrement qu’un agent liquide.
- Le procédé le plus simple d’enfumage, celui du tampon d’ouate imprégnée d’iodoforme, peut servir pour la plupart des applications chirurgicales. Une pincée d’iodoforme suffit sur un tampon de quelques centimètres, qu’il ne faut pas trop tasser si l’on veut que la combustion se fasse régulière. On enflamme le colon par la partie non imprégnée de poudre et, dès que les vapeurs apparaissent, on place le tampon à un centimètre environ au-dessous de la surface à enfumer. La partie jaunit, noircit et se couvre de cette couche violet foncé qui n’est autre que de l’iode volatilisé et cristallisé. 1
- Les vapeurs d’iode sont irritantes pour l’œil et pour les voies respiratoires ; il faut donc avoir soin d’éviter de respirer ces vapeurs et prendre la précaution de couvrir les yeux si l’on opère dans le voisinage de la face. Autre précaution : c’est de se garantir contra tout courant d’air, même le plus léger, qui fait dévier les vapeurs et les répand dans l’atmosphère de la' chambre.
- L’enfumage iodé a des applications multiples, comme agent révulsif, antiphlogistique ou désinfectant. Furoncles, petits abcès, plaies infectées ou dégageant une’ odeur pénétrante, tous ces troubles pathologiques1 peuvent être amendés par la pratique de l’enfumage. Le1 Dr Louge a multiplié à l’infini les moyens de faire pénétrer ces vapeurs, en se servant de ventouses, de verrines, de tubes en entonnoir, d’injections avec la seringue.' Les résultats les plus curieux ont été obtenus dans le' traitement de cancers inopérables; les vapeurs iodées suppriment de suite l’odeur nauséabonde que dégagent' les malades, suppriment également les douleurs ét modifient à tel point les tissus que l’on voit survenir des améliorations surprenantes.
- L’enfumage a un inconvénient sérieux pour le chirurgien, c’est qu’il altère profondément les instruments nickelés; comme ils le sont tous actuellement, il faut renoncer à s’en servir quand on veut recourir aux' vapeurs iodées. Je ne parle pas de l’inconvénient de l’iodoforme, odeur et ténacité de durée de cette odeur,' plus pénétrante que celle du musc ; au moment de la1 combustion tout disparaît, mais quand on imprègne le coton, quand on manie le récipient qui le contient, il est impossible de conjurer cet ennui, minime, me direz-vous, en présence des résultats recherchés et obtenus.:
- Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre la chlorose des poiriers. — On emploie depuis longtemps l’épandage de sulfate ferreux au pied des arbres. Mais encore que le procédé donne souvent de bons résultats, il n’est pas très efficace, le sulfate étant vite décomposé par le calcaire du sot avec transformation en oxyde insoluble. C’est pourquoi Ml. O poix conseille d’employer le sel à Vintérieur ; de mai à juillet, on perce, dans le tronc, à 10 centimètres environ au-dessous de la greffe, un trou de tarière allant au centre de l’arbre en s’inclinant vers le sol (diamètre moyen : 8 à io mm) Après avoir rempli avec du sulfate de fer finement pulvérisé, on obture avec du mastic à greffer.
- Des recherches de M. Trufîault, il semble résulter que le sulfate ferreux ainsi absorbé par la plante n’agit pas par son fer, mais par son acidiié. La chlorose qui s’observe dans les jardins à sol calcaire, résulterait de l’immobilisation des acides organiques élaborés par la plante, à l’état de sels calcaires. Or, le sulfate produirait une décomposition et une solubilisation de l’oxalate
- de chaux contenu dans les tissus de la plante. De fait les feuilles chlorosées contiennent notablement plus de chaux que les feuilles normales.
- Collage du vin par le lait. — Au lieu d'albumine ou de caséine, on peut employer le lait pour clarifier le vin. C’est d’ailleurs ce qu’on fait dans un grand nombre de régions, principalement pour les vins blancs jaunis ou rosés, qui sont légèrement décolorés en même temps que clarifiés, les vins à goût de fût ou de moisi, qui sont désodorisés. Cette aciion provient de ce que le lait contient, outre la caséine, différents produits : matières grasses, sucres, etc..., qui jouent un certain rôle. Ceci toutefois présente des inconvénients, ces matières pouvant provoquer une altération du vin. Aussi convient-il de soutirer aussitôt après clarification. Pratiquement, on ne se sert d’ailleurs le plus souvent du lait que pour les eaux-de-vie. Les doses à employer sont de un quart à un demi-litre par hectolitre. Moniteur Vinicole.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bamle d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Audi-phone microphonique (Voy. IN° du x mars tgta). L’inventeur, M. le D* Soret, habite ri, rue Edon-Morin, Le Havre.
- Communications. — Le chant des fils télégraphiques. — Un de nos lecteurs de Paros, M. Varouhaz nous écrit : « Depuis longtemps j’observe le bruit et son sui generis qu’on entend quelquefois quand ou est près des poteaux télégraphiques, bruit dont a parlé déjà La Nature. De mes observations je conclus que la cause de ces bruits est une lointaine baisse barométrique ou tempête accompagnée naturellement par le tonnerre comme un retentissement ou écho téléphonique. A d’autres observateurs plus compétents que moi le soin de trouver la cause ou le mécanisme de production du dit bruit. »
- L’aéroplane Giraudau. — M. Giraudau a bien voulu nous faire connaître les résultats des expériences auxquelles il s’est livré avec son curieux appareil à cellules cylindriques, expériences qu’il a dû interrompie à cause du manque de loisirs. A la vitesse de 60 kilomètres à l’heure l’avant se déchargeait et décollait mais l’arrière était trop lourd; il eût fallu remplacer la cellule cylindrique par un simple plan ou tout au moins alléger la cellule. La surface portante de l’avant était, également insuffisante; elle avait été conslruiie pour porter ua poids inférieur à celui qu’elle portait réellement par suite du renforcement du fuselage fait en tubes. Enfin le moteur possédait un excellent rendement, mais l’hélice, faite en tôle d’aluminium rivée sur un tube était inférieure à une hélice en bois.
- Les réparations d’objets en caoutchouc vulcanisé. — Ha de nos lecteurs de Liège, M. Dresse, nous écrit, à propos d’une récente réponse, donnée à ce sujet, qu’il pratique depuis 4 ans> a domicile et sans être un spécialiste, la réparation d’objets en caoutchouc vulcanisé. Il se sert à cet effet de l’appareil « Vulcan », vendu par la maison Mestre et Blatgé de Paris. Les résultats obtenus, lorsqu’on suit exactement les indications des prospectus, sont excellents de tous points. « La chambre à air est plus solide, plus élastique à l’endroit réparé que partout ailleurs. L’apparejl, dit M. Dresse, coûte
- 45 francs, et m’a rapporté des centaines de francs en économies. »
- Renseignements.— M. J. Julian, à Cannes. — i° Sur la teinture d’iode employée comme antiseptique, voir professeur Paul Reclus, Presse Médicale, 15 février 1911; Ch. Leuormant, Presse Médicale, i3 mai ign; x° un volume sur remploi du microscope paraîtra prochainement à la librairie Masson; 3° Deyrolle frères, naturalistes, 46, rue du Bac, Paris.
- M. A. M., à Buenos-Aires. — Chez le coq, la voix ne se forme point dans le larynx supérieur, mais au bas de la trachée-artère, dans le larynx interne. Les principales bronches présentent, transversalement posées les unes sur les autres, une série de membranes disposées de telle sorte qu’elles n’occupent que la partie périphérique des bronches, laissant ainsi au centre un espace libre à l’air, et, de cette façon, aidant à la production de la voix. Si ces membranes sont percées, la voix se perd, et ne peut se faire entendre à nouveau que si celles-ci redeviennent intactes. En dehors de la castraiion ou chaponnage, il n’est de moyen pratique de déterminer, dans une certaine mesure, la mutité, sans nuire aux facultés prolifiques et à l’état de santé, que l’isolement constant de l’oiseau dans une obscurité complète, séquestration qui, contraire à l’état de nature, ne constituerait elle-même un moyen capable de conduire au résultat cherché que si tous les coqs du voisinage y étaient également, soumis.
- M. Lefranc, à Darnétal. — Un camion à accumulateur électrique serait certainement peu pratique dans l’étal actuel de l’industrie électrique : l’accumulateur en plomb est coûteux, peu mauîable, et se détériore aisément, surtout lorsqu’il est soumis à des trépidations.
- Colonel F., Cercle Militaire. — Vous trouverez les indications sur la mécanique de Lorentz dans la Science et VHypothèse, de Poincaré (publiée chez Flammarion, 3 fr. 5o|. Pour étude plus approfondie, reportez-vous au Journal de Physique.
- M. Guillon, à Paris. — Yous trouverez des renseignements sur les résonateurs de T. S. F. dans l’ouvrage de Tissot, publié chez Challamel, rue Jacob, Paris.
- M. Houlier. — L’installation photographique que vous décrivez pour enregistrer l’éclipse du 17 avril prochain paraît convenir entièrement. Nous croyTons que l’emploi du verre jaune n’est pas nécessaire, du moment que vous ulilisez un objectif spécialement achromatisé-Mais vous pouvez le diaphragmer avec avantage. Réduisez l’ouverture de l’obturateur à une fente étroite.
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- BOITE AUX LETTRES
- L’emploi de plaques lentes enduites avec un anti-halo quelconque au dos est indiqué; s’assurer que le déclanchement de l’obturateur ne fait pas remuer l’image. Pour le temps de pose, faites des essais préalables sur le Soleil, de manière à ce que le bord vienne bien net, sans surexposition, et que le centre du disque soit plus intense que le bord. Vous emploierez la même durée de pose pour l’éclipse.
- M. J. P., à Paris. — Lapins, lièvres et léporides, i fr. 25. Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris.
- M. Wellein, à Liège. — Renseignements sur le filtre à sable non submergé de Miquel et Mouchet : Sur un mode d'épuration bactérienne des eaux de source et de rivière au moyen des sables fins (C. R. Acad. Sc., 16 mai 1904); — Nouvelle contribution à l’épuration bactérienne des eaux de sources et de rivières au moyen des sables fins non submergés (C. R. Acad. Sc., 18 juillet 1904); — Epuration des eaux de sources et de rivières par les sables non submergés (Annales de l'Observatoire municipal de Montsouris, t. V, 1904, p- 1-35; — Nouvelles recherches sur l’épuration des eaux de sources et de rivières par les filtres à sable non submergé (Ibid., t. YI, igo5, p. 60-86); — Nouvelles remarques sur les filtres à sable non submergé (Ibid , t. VII, 1906, p. 1*37): — Sur les filtres à sable non submergé (Revue scientifique, 12 et 19 janvier 1907). — louis Baudet. Filtres à sable non submergé. 1 broch. in 8°, 46 p., Dunod et Pinat, Paris, 1908; — Louis Combaud. Le filtre à sable non submergé, 1 broch. in-8°, 120 p., Dunod et Pinat, Paris, 1910.
- Abonné 7690-6432. — Nous n’avions, en effet, pas reçu votre lettre ; veuillez excuser notre retard. — 1° Pour ces délicates questions de galvanoplastie, le mieux serait de vous fournir pour piles et produits divers chez un spécialiste tel que Pascalis, rue Chapon, Paris, qui vous donnerait toutes indications pour remédier aux insuccès.
- En ce qui vous concerne, il doit s’agir de petits tours de mains minutieux ; — 20 vous trouverez dans le volume de Laffargue (Recettes et procédés utiles, Masson, édit.), la formule d’un enduit pour protéger le tain des glaces.
- M. le DT Vial, à Marseille. — Aucun produit n’a suffisamment d’affinité pour absorber les fumées de tabac si on ne le fait aeir de façon spéciale. Mais il nous semble que l’emploi de l’aérofiltre Richet (décrit dans les C. R. de l’Académie des Sciences, 1910), avec substitution à l’eau de savon d’un peu d’eau oxygénée ou bichromatée, donnerait d’excellents résultats.
- M. P. Ducoté, à Fleurville. — Voici quelques formules de lubrifiants pour métier à broder et autres machines de ce genre ;
- a b c
- Huile de vaseline blanclic (d — 0,875 et 0,885).
- Huile de pied de bœuf filtrée....................
- Pale oil (d — (J,( 05)...........................
- Huile de colza décolorée.........................
- 70 gr. ))
- ))
- 50 gr.
- 50 »
- 50 20 » 80
- Mais il existe bien d’autres recettes : on peut les varier à l’infini.
- M. Daniel Grosrenaud, rue Zola, à Alger. — Pour dé^-corer la terre cuite, on emploie d’ordinaire du ripolin ou autre peinture laquée, appliqué simplement sur la surface nettoyée. Le genre se prêtant mal à des effets de dégradés ou scènes diverses, on se borne à peindre des décorations genre oriental, à teintes vives et dessins façon damier ou mosaïque. On obtient d’ailleurs ainsi de très jolies choses.
- M. B. P. R., à Bruxelles. — Oui, la « force » d’un tabac est proportionnelle à sa teneur en nicotine. Pour doser celle-ci, nous ne voyons guère que la méthode Schlœsing : elle n’est pas à portée d’un amateur.
- M. Iselin, à Joigny. — La question est intéressante et nous pensons, après essais, pouvoir publier une recette vous donnant satisfaction.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les phénomènes occultes et la photographie : René Merle. — L évolution et les mollusques fossiles : Robert Douvillé. — La carte internationale du monde au 1 000.000e ; E.-A Martel. — L’industrie linière en Belgique : Albert Vilcoq. — Une -nouvelle bicyclette électrique : H. M. — Académie des sciences; séance du 4 mars 19x2 : Ch. de Villedeuil. — Nouveaux dirigeables français.
- Supplément. — Le pigment du jaune d’œuf. — Influence de la température sur la couleur des poissons. — Le sommeil des poissons. — Action du soleil tropical sur l’homme et les animaux. — Vannerie de l’âge de la pierre. — Origine du mot a Pérou». — Curieuses applications de la télégraphie sans fil.
- Du Khorassan au pays des Backlitiaris. Trois mois de voyage en Perse, par Henry-René d’Allemagne. 4 volumes in-4° avec 960 gravures et 255 planches hors texte (dont 47 en couleurs). Hachette, éditeur, 1911-19x2. Prix : i5o francs.
- Ceci est certainement la plus belle publication de l'année et l’instructif résultat de la mission archéologique en Perse confiée en 1907, « juste à la veille de la> grande Révolution persane», à l’éminent auteur des Histoires du luminaire, des Jouets, des Sports et jeux, des Cartes à jouer, etc. Les deux premiers volumes sont consacrés à une description générale delà Perse, aussi parfaitement documeniée qu’anecdotique-ment attrayante. Géographie, agriculture, commerce et industrie, instruction, religion, mœurs et coutumes, gouvernement, art (tapis, céramique, orfèvrerie, verrerie, tissus, enluminure, reliure, etc.), sont encyclopédiquement passés en revue. Les tomes III et IV suivent et racontent le voyage pittoresque et accidenté de l’auteur par Asterabad, le Khorassan, Téhéran, Ispahan, jusque chez les populations Backhtiaris. Les deux derniers chapitres relatent
- les attentats et coups d’Élat, qui depuis 1907 ont déchiré et ensanglanté la Perse ; ils se terminent par un aperçu de la situation du pays en juin 1910. Comme ces tragédies ne sont pas encore terminées, et comme l’Europe tourne toujours des yeux inquiets vers la vieille Perse, objet des convoitises rivales de la Russie, de l’Angleterre, même de l’Allemagne, cette monographie si remarquable présente une actualité particulièrement captivante. L’auteur a bien voulu nous remettre un article qui donnera une idée, trop brève, de tout ce qu’il a su y renfermer. Mais ce dont on ne peut rendre compte, c’est la beauté de l’illustration, composée d’après les photographies de l’auteur pour le voyage, et, pour les objets d’art, d’après les reproductions de pièces tirées de ses si précieuses collections ou de celles d’autres amateurs ; aussi-, grâce aux planches en couleurs et en photogravures, il est permis d’apprécier la finesse et la beauté des produits de l’esthétique persane. Tiré à 510 exemplaires, dont 25o réservés à l’auteur, le livre de M. d’Allemagne ajoute à tous ses mérites celui d’une grande valeur bibliophilique.
- Le vol mécanique. Les aéroplanes, par le commandant Paul Renard, in-18. 121 fig. Flammarion, édit. Prix : 3 fr. 5o.
- La Bibliothèque de philosophie scientifique a déjà publié du même auteur L’Aéronautique, la navigation aérienne sous touies ses formes. Le 2e ouvrage ne traite que du vol mécanique. La résistance de l’air y est envisagée sous trois aspects : comme obstacle à vaincre; comme support permettant d’équilibrer la pesanteur; comme point d’appui, grâce auquel on peut imprimer une vitesse horizontale au navire aérien. La seconde moitié du volume est consacrée aux appareils d’aviation, au vol des oiseaux et au rôle du vent. Les deux volumes réunis forment un traité excellent et complet de la navigation aérienne.,
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- BIBLIOGRAPHIE
- IP
- Campagne arctique de 1907 du duc d’Orléans : Annélides Polychètès, par le professeur P. Fauvel. Iu-4°, 5o p. et 2 pl. — Crustacés Malacostracés, par le Dr Lotus Stappers. In-40, 176 p. et IX.
- Ces deux fascicules continuent la luxueuse publication des résultats scientifiques de l’expédition de la Belgica à la Nouvelle-Zemble.
- Effeitos do Terremoto de ïj55 nas construcçôes de Lisboa, par Francisco Luiz Pereira de Sousa, Lisbonne, imprimerie nationale, 1909.
- Dans ce volume de ai5 pages, avec 3 planches, l’auteur démontre en détail comment le tremblement de
- terre de 1755, à Lisbonne, eut une zone épicentrale sous-marine, non pas au sud-ouest de Lisbonne, mais bien plus loin entre l’Algarve et l’île Madère.
- Les flottes de combat en 1912, par M. le commandant de Balincourt, ii° édition. Avec 3go figures schématiques de bâtiments. 1 vol. in-16 oblong de 796 p., élégamment relié en percaline souple, tranches rouges. Prix : 5 francs.
- Ce volume, qui condense tant de renseignements utiles, est, comme chaque année, tenu soigneusement au courant de tous les progrès et innovations de la marine de guerre mondiale.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES -
- Lundi 4 mars 1912. 4° S S. W. 3. Nuageux. 2,2 Rosce ; très nuag. ; pluie do 13 h. 50 à 18 h. 30.
- Mardi 5 8° 6 S. W. 4. Couvert. 6,2 Très nuag. ; pluie de 17 h. 53 à 19 h. 25; halo à 15 h. 30.
- Mercredi 6 5° 0 S. NV. 3. Peu nuageux. 0,0 Nuageux ; averse à 16 h. 10.
- Jeudi 7 5°,2 N. N. W. 2. Presq. couvert. 0,1 Pluie fine à 1 h. 50; nuageux.
- Vendredi 8 0»,5 S. S. W. 2. Nuageux. 0,1 Gel. bl. ; très nuag. ; petite pluie à 18 h.
- Samedi 9. . . . . . 4°,5 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Gel. bl. ; èclairciss. à 11-12 h. ; halo ; petite pluie à 19 h. 30.
- Dimanche 10. . . . 4°,5 S. 2. Très nuageux. » Gelée bl. ; nuageux.
- MARS 1912. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MARS 1912.
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- Mardi
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- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent rbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer-); courbe plus mince, thermomètre à l'abri t le sèche; courbe en pointillé, thermomètre A l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 4 au y-mars. — Le 4. Une dépression se rapproche des Iles-Britanniques (Irlande, 739 mm). Les pressions restent fortes sur le S.-W. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Nice, 3g mm; Besançon, 12; Marseille, 11; Paris, 1. Temp. du matin : Belfort, 4°; Paris, 5; Marseille, 7; Brest, 9; moyenne à Paris : 8°,i (normale : 4°,B). — Le 5. Dépression sur le N.-W. de l’Europe; le Centre se trouve sur la mer du Nord. Fortes pressions sur les Açores, l’Espagne et l’Algérie. Pluies sur le W., le Centre et le N. de l’Europe. En France : câp Gris-Nez, 19 mm; Cherbourg, xa; Besançon’, 8; Nantes, 7; Paris, 2. Temp. du matin : Arkhan-gél, — 9O; Belfort et Marseille, 7 ; Paris, 9; Biarritz, i5; moyenne à Paris : 9°,a (normale : 4°>8). —Le 6. La pression s’abaisse sur toute l’Europe. Minima : mer du Nord (738 mm); entrée de la Manche et golfe de Gênes. Pluies générales. Très abondantes en France : Besançon, 21 mm; Nantes, 16; Biarritz, 10. Temp. du matin : Arkhangel, — 3o°; Paris., 5; Brest, 8; Toulous,e
- du Bureau Central Météorologique. 4 1
- 9; moyenne à Paris : 70,3 (normale : 4°,9). —Te 7. Dépression sur tout le Centre de l’Europe. Fortes pressions sur le S.-W. et le N.-E. Une dépression se rapproche des Iles-Britanniques. Pluies générales. En France : Bordeaux, > 12 mm; Loriefit, 8; Belfort, 6. Temp. du matin : Nantes et Lyon, + 40; Paris et Toulouse, 5 ; Alger, 12; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 5°). Le 8. La dépression de l’Atlantique se rapproche des Iles-Britanniques (Valentia, 745 mm). Fortes pressions sur l’Espagne et l’Algérie. Pluies générales. En France : O.uessant, 14 mm ; Besançon, 5 ; Biarritz, 4. Temp. du matin : Belfort, —i°; Paris, + t; Toulouse, 2; Nantes et Marseille, 6; moyenne à Paris : 5a,3. (normale : 5°,x). — Le 9. La dépression persiste sur le W. de l’Europe et. s’étend jusqu’à l’Espagne. Pluies générales. En France : Nice, 10 mm; Cherbourg, 7; Nantes, 4. Temp. du matin : Belfort, ~{- i°; Paris, 4; Marseille, 4; Brest, 9; Alger, 20; moyenne à Paris : 70,7 (normale : 5°,2). ' 1
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur h l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : tso, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2026 — 23 MARS 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Le zéro du nivellement européen reste un desideratum qui ne semble pas près d’être atteint. Helmert a calculé, d’après 48 polygones de nivellement d’Europe centrale et occidentale, que le niveau moyen delà Méditerranée et de l’Adriatique serait inférieur de i3 centimètres à celui de la Manche, de la mer du Nord et de la Baltique. Il y aurait aussi des différences locales, par exemple : selon R.osén, la Baltique serait de 19 centimètres plus haute que le Kattegatt. D’après Supan, le point de départ du nivellement suisse, la pierre du Niton, à Genève, évaluée à 3^3 m. 6, n’est pas encore définitivement calculé.
- Floraison automnale déterminée par un incendie.
- — M. Jolly avait signalé, il y a quelques années, un curieux cas de ce genre. M. Laurent en a observé un nouveau : le 29 juillet dernier, un violent incendie éclata dans le village de Bassuet (Marne). Dans les jardins avoisinants, les arbres les plus rapprochés du foyer furent entièrement détruits, mais ceux qui en étaient distants de 25 à 5o mètres purent supporter sans périr l’action de la chaleur. Le 23 août suivant, un certain nombre de ces derniers, Poiriers, Pommiers, Sorbiers, Aubépines, Marronniers, Lilas, étaient couverts de fleurs comme au printemps. Sur un même pied de Lilas, on a pu observer des branches d’aspect différent suivant l’action plus ou moins grande de la chaleur : à l’opposé du foyer elles étaient normales ; au centre de l’arbuste, les feuilles étaient tombées, mais, parmi les bourgeons situés à leur aisselle, les plus différenciés, qui sont généralement ceux du sommet, s’épanouirent soit en pousses feuillées, soit en inflorescences remarquables par le développement exceptionnel des bractées situées à la base de chacune des ramifications du thyûse ; enfin vers le foyer, les branches portaient encore des feuilles desséchées.
- Est-on gaucher héréditairement. — Question très difficile à résoudre. On sait que les droitiers ont souvent la moitié gauche du cerveau plus développée; les gauchers ont-ils l’hémisphère cérébral droit plus grand et plus lourd? Certains gauchers n’ont-ils pas appris à l’être, soit par défaut de fonctionnement de la moitié gauche du cerveau, soit par éducation, comme certains perroquets qui, recevant la nourriture offerte par la main droite, la prennent avec la patte gauche et finissent par ne se servir que de celle-ci pour prendre ? Et si la « gaucherie » est due à une modification du cerveau, est-elle héréditaire? Knowledge pose ces questions. Pour les résoudre, il faudrait une vaste enquête renseignant sur la proportion dés gauchers dans différents milieux et sur les habitudes droitières ou gauchères de leur filiation.
- Ce qui casse dans une automobile. — L'exploitation industrielle de l’automobile commence à donner
- des indications assez précises pour qu’on en tire un enseignement précieux sur les points faibles de la construction actuelle. D’une communication de M. D.-J. Smith, à l’Association des ingénieurs d’automobiles de Londres, nous extrayons les renseignements suivants sur ce qui casse le plus dans l’automobile ; en effet, sur 3oo réparations dues à d’autres causes que l'usure normale ou les accidents, il y a : 104 ruptures de moulages d’aluminium; 27 de pièces en fonte; 22 de cardans; 14 de différentiels; i3 de pignons; 12 d’arbres coudés; 9 de bielles; 8 de valves; 16 de ressorts; îi de roues (en bois) ; 6 ruptures de direction. Bien entendu, il s’agit de statistiques prises pour un seul type de voiture et la proportion ci-dessus ne s’applique qu’à ce type. Il serait bien intéressant d’avoir une statistique analogue pour nos autobus et nos taxis automobiles.
- Le nettoyage par le vide sur les chemins de fer
- — Les chemins de fer allemands utilisent, pour le nettoyage par le vide de leurs wagons, un dispositif très simple et très pratique. Le vide est produit en lançant dans un éjecteur de forme appropriée, de la vapeur provenant de la chaudière.
- Ports de Hambourg, Rotterdam et Anvers. — En
- 1910, le tonnage des navires a été de 10660000 tonnes pour Rotterdam, 12654000 pour Anvers, 12657000 pour Hambourg. Mais la progression de Rotterdam et d’Anvers, de 1908 à 1910, fait craindre aux Allemands que le trafic de ces deux ports ne dépasse celui de Hambourg. Rotterdam en effet n’avait qu’un mouvement de 3 millions de tonnes en 1890.
- Réfection des fondations dé la cathédrale de Strasbourg. On constatait depuis quelques années des signes d’affaissement dans la grande tour de la cathédrale de Strasbourg. Des travaux de canalisation récents ayant abaissé le niveau des eaux souterraines, les pilotis qui forment les fondations se sont trouvés soumis à des influences destructrices qui menacent aujourd’hui la solidité de tout l’édifice. On a donc décidé de refaire complètement ces fondations, qui datent de 1277. Pendant que durera l’opération, la lourde tour (elle mesure 142 mètres de haut) sera supportée par un plancher formé de troncs de chêne de 70 cm de diamètre. L’ensemble des travaux coûtera 1 200 000 francs.
- Caisse d’Épargne à domicile. — L’Administration des Postes d’Angleterre vient de mettre à exécution un projet qu’elle étudiait depuis plusieurs années : la création de home safes, tirelires officielles destinées à stimuler l’esprit d’économie dans les classes laborieuses et chez les enfants. Ces tirelires sont des coffres-forts en miniature construits en acier, d’une seule pièce, sauf pour la base, montée sur charnières, et qui renferme la serrure. Celle-ci, comme nous allons le voir,
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- INFORMATIONS
- ne peut pas être ouverte par le propriétaire de la tirelire, et il lui est également impossible, en raison d’un dispositif aussi simple qu’ingénieux, de faire sortir de. la boîte les pièces de monnaie qu'il y a introduites. La boîte, qui comporte une anse sur sa face supérieure, pèse 2.83 grammes, et coûte, prise dans n’importe quel bureau de poste de Londres, 2 shillings, soit 2 fr. 5o. L’acheteur verse en outre un droit d’enregistrement de 1 fr. 25, qui reste acquis à l’administration. Mais il rentre en possession du prix d’achat, s’il restitue le petit coffre en bon état. Quand la tirelire est pleine,
- son détenteur la porte au bureau de poste de son quartier, et le buraliste l’ouvre, à l’aide d’un passe-partout. Le contenu est inscrit sur les livres de la Caisse d’Epargne Postale au crédit du détenteur. Cette curieuse innovation constitue-t-elle un progrès ? On doit croire qu’elle simplifiera singulièrement le travail des employés, contraints jusqu’ici à passer de laborieuses écritures pour des dépôts d’une valeur insignifiante. En tout cas, elle ne peut qu’encourager chez nos voisins la pratique de l’économie, qualité précieuse pour un peuple, quand il sait la marier avec l’esprit d’entreprise.
- Statistique de l’émigration. — Une statistique officielle montre que, durant les neuf premiers mois de l’année courante, soit du icr janvier au 3o septembre, les Iles-Britanniques ont perdu, du fait de l’émigration, 249000 habitants nés dans le pays (sans parler des émigrants de provenance étrangère ayant séjourné dans les îles). En réalité, 365 000 personnes de nationalité britannique (Anglais, Ecossais, Irlandais) sont partis du Royaume-Uni durant ces neuf mois; mais il faut défalquer de ce chiffre 116 000 personnes de nationalité britannique rentrées dans leur pays pendant cette même période, En 1910, la perte nette produite par l’immigration n’avait été que.211 000 personnes, soit donc une augmentation de 39000. Le chiffre le plus fort enregistré jusqu’ici l’avait été en 1907, avec 235 000 personnes.
- Quelques chiffres sur Londres. — Le Conseil du comité de Londres publie sur la grande ville d’intéressantes statistiques pour les années 1910-1911. Sa population compte 7 2Ô2 g63 habitants, et ses propriétés immobilières, d’après Ylncome Tax, payent un impôt total dé 60 496000 livres sterling, soit T 514 4oo 000 francs. Son corps électoral compte 670110 électeurs, dont 5y5 o58 honse holders (chefs de maison, pères de famille), 88657 locataires, et 63g5 freemeri (hommes libres) de la Cité de Londres. Ses établissements de plaisir comprennent 5o théâtres, 48 music-halls, 292 théâtres cinématographiques, et quantité de concerts,, salles de danse, etc, Ses cafés et tavernes sont au nombre de 6778, et 483 établissements ont été supprimés par voie de retrait de licence depuis 1904* Les forces de,police comprennent 18657 officiers et agents, qui ont arrêté, en 1909, 112 642 personnes, dont 10 443 furent relâchées aussitôt, tandis que 81 108 étaient condamnées par des tribunaux de police, et que 4196 étaient déférées aux assises ; 65g étaient acquittées. Les incendies ont été, durant l’année 1910, au nombre de 23 208, dont ii3o furent dus à la négligence et 5 au crime. Pendant cette même année, les navires entrés dans le port de Londres ont formé un total de i3 260 000 tonnes.
- L’industrie aux États-Unis. — Du recensement de 1909, il résulte que les Etats-Unis comptent 268941 établissements manufacturiers, contre 216180 au recensement de 1904. Il s’agit sous ce nom, d’établissements dont la production dépasse 5oo dollars. Le capital
- investi est de 18 428 000 000 dollars contre 12675000000 dollars en 1904. La valeur des produits fabriqués a passé de i4793oooooo dollars, à 20672 000000. Les matières premières qui y entrent comptaient pour 85oooooooo dollars en 1904 et pour 1214*000000 en 1909. Le nombre du personnel a passé de 519 556 à 720 697.
- La culture française en Europe: — A la séance du 17 février de l’Académie des Sciences morales et politiques, M. Lichtenberger a fait connaître que la culture française en Europe est en progrès depuis une douzaine-d’années. Ses observations personnelles et un rapport de M. Steeg constatent l’accroissement du nombre des étudiants étrangers et la création, dans divers pays, d’instituts créés par nous OU imités des nôtres. Ce grand mouvement, si réconfortant pour la France, doit être encouragé êt développé,
- Pouilles d’Alésia. — Les fouilles d’Alésia, conduites,, par le commandant Espërandïeu et le Dr Eperry, ont fait découvrir, sur les terrains de la Croix-Sâint-Chârles,4 des ex-voto en bronze et en pierre représentant despaires d’yeux en repoussé, un masque humain, des tètes ou des bustes votifs. On a recueilli aussi des moules à rouelles-, un couteau avec manche en corne et ..lame en fer au, fond d’un puits de 12 m. 5o de profondeur, enfin un très curieux bas-relief représentant un dieu et une. déesse assis, une jolie tête de Mercure en pierre calcaire.
- Dentiste pour éléphant. — La carie dentaire n’est pas une maladie spéciale à la race humaine. Les animaux : domestiques, surtout le chien et le cheval, en souffrent trop souvent. Elle n’épargne pas davantage les fauves : des ménageries. Le kangourou et l’éléphant y sont particulièrement sujets. Et, comme il n’y a pas d’autre remède que l’arrachement de la dent malade, on conçoit que l’opération présente quelque difficulté quand elle s’applique au pachyderme. Le cas s’est présenté récemment au Brésil. Le pensionnaire d’une ménagerie foraine-souffrait d’une rage de dent qu'il convenait de soula’ger-au plus vite, l’animal devenant intraitable. Les meilleurs-
- dentistes de Rio-de-Janeiro déclinèrent toute compétence : les plus fortes clefs de Garangeotse fussent brisées dans la tentative! On eut recours à un procédé plus primitif. La molaire intéressée fut entourée d’Un fil de platine lié à une double corde à laquelle s’attelèrent quinze hommes robustes. Il ne fallut pas moins de quatre tractions pour arracher la dent. La pauvre bête s’était docilement prêtée à l’entreprise. Agenouillée sur le sol, elle semblait avoir compris le but des préparatifs ; et elle ne poussa un cri de douleur qu’après la troisième traction.
- Le recensement au Canada. — On possède enfin les résultats du recensement organisé l’été dernier au Canada, qui donne à ce vaste pays 7 170000 habitants, chiffre inférieur de près d’un million à celui que les Canadiens escomptaient. La population a augmenté de 1710554 âmes en dix ans. Deux provinces (Prince-Edouard et Territoires du N.-O.) ont vu leur population diminuer dans de fortes proportions, tandis que d’autres voyaient la leur augmenter par bonds prodigieux. L’Alberta, le Québec, le Saskatchewan, sont dans ce cas. La ville de Montréal compte désormais 466197 habitants (soit une augmentation de. 198467)-Toronta reste la deuxième ville du Dominion, avec 376 240 âmes. :
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mécanique
- Automobilisme
- Brasage des raccords de tubes. — La brasure constituant le point faible de ces raccords, on s’est efforcé de réduire son rôle à n’être qu’une sorte d’adhésif, à qui on évite tout effort de torsion. Aussi le plus souvent -(raccords des angles du cadre d’une bicyclette par exemple) les tubes sont-ils jonctionnés par l’intermédiaire d’un manchon apparent ou non qui donne à l’assemblage sa solidité.
- On peut, dans une certaine mesure, supprimer l’emploi de ces raccords spéciaux (car, surtout s’il s’agit •d angles non droits, il est parfois difficile d’en trouver -de tout faits ayant exactement l’ouverture nécessaire),
- a
- •en ouvrant convenablement les parties des tubes à joindre. Nous avons vu le procédé employé chez un mécanicien et pu constater la solidité des assemblages brasés ainsi obtenus.
- Au lieu de découper un cercle dans la barre par exemple [a) sur laquelle on veut braser un tube perpendiculaire, ce qui nécessairement diminuerait la solidité de la pièce, on y ouvre simplement deux fentes longitu-dinales. D autre part, l’extrémité du second tube est divisée par deux coups de scie parallèles en quatre languettes (&),. de façon telle que deux des languettes opposées aient pour largeur la longueur des fentes pratiquées dans l’autre pièce. Tandis que ces deux plaques sont rendues planes (et légèrement rapprochées 1 une de 1 autre, leur écart correspondant à celui des fentes du tube femelle), les deux autres sont rabattues à angle droit, soit à l’intérieur (c) si l’on veut un raccord invisible, soit à l’extérieur (d), ce qui est plutôt plus solide. Il convient avant rabattement de rectifier la courbure des languettes, de façon à ce qu’une fois l’assemblage fait, elles épousent parfaitement les surfaces -correspondantes de l’autre tube.
- ^Ceci fait, les pièces sont assemblées (e, f) et brasées comme à l’ordinaire ; l’opération est d’ailleurs plutôt facilitée du fait que les deux tubes raccordés — le plus souvent, grâce à quelques bons coups de marteau ! — forment déjà un tout assez solide pour ne pas se défor-
- mer pendant le chauffage. Les précautions usitées d’ordinaire pour ne pas déplacer les pièces, ou les ligatures faites au fil de fer pour maintenir leur position, sont donc rendues mutiles.
- Le principe peut évidemment s’appliquer à de nombreux cas, et son exécution modifiée de toutes façons. C’est ainsi qu’en préparant convenablement le bout mâle de l’assemblage, l’angle formé entre les deux pièces peut varier dans tous les sens ; c’est ainsi qu’au lieu de laisser intact le tube formant la tête du T, on peut y tailler deux languettes qui, recourbées, viendront joindre toute leur surface aux, languettes de l’autre tube. Dans tous les cas, la solidité obtenue est bien supérieure à celle des assemblages simplement brasés bout à bout; ce qui est aisé à concevoir, puisqu’à la faible résistance de la brasure du point de torsion, s’ajoute la résistance plus considérable d'une ou de deux épaisseurs de tube.
- Emplâtre pour pneumatiques. — On sait qu’un emplâtre pour pneumatiques consiste en une pièce plus ou moins grande de forte toile caoutchoutée que l’on colle, avec de la dissolution de caoutchouc, dans l’intérieur des enveloppes de pneumatiques, pour les consolider à l’endroit où elles menacent d’éclater à la suite d’une perforation ou d’usure anormale.
- La pose d’un emplâtre collé exige beaucoup de soins et demande du temps. Voici un nouvel emplâtre qui se pose instantanément et sans colle spéciale.
- Il est constitué par une double épaisseur de toile enduite de dissolution de caoutchouc, mais, entre les deux toiles sont emprisonnées les têtes d’un grand nombre de petits clous dont les pointes dépassent la toile d’un
- seul côté. Pour poser cet emplâtre, il suffit de le presser dans l’intérieur de l’enveloppe à l’endroit avarié et de regonfler la chambre à air sans autre précaution.
- Il est facile de comprendre que la forte pression de la chambre à air fera pénétrer les petites pointes dans les toiles intérieures de l'enveloppe, ce qui fixera solidement l’emplâtre et empêchera l’enveloppe de se distendre et de se déchirer. Pour faire un travail plus soigné, on peut enduire cet emplâtre, avant de le poser, avec un peu de dissolution de caoutchouc, ce qui complète sa fixation.
- Ce petit accessoire ingénieux est vendu par la maison Olivier, 5o, rue Saint-Ferdinand, à Paris.
- ctgTss, Dessin industriel
- Procédé graphitique pour la reproduction de? dessins industriels. — La reproduction des dessins industriels s’effectue habituellement de la façon suivante : dessins d’exécution arrêtés au bureau d’études de l’usine ou de l’entreprise, on exécute des calques. Ceux-ci sont mis sous châssis-presse au contact d’une feuille de papier photographique au ferroprussiate et soumis à l’action de la lumière solaire ou d’une lumière artificielle, riche en rayons violets. Le papier bleuit aux endroits non protégés et reste blanc sous les traits du calque. On obtient donc, après développement, un dessin en traits blancs sur fond bleu. Cette méthode est lente, puisqu’il faut une pose pour chaque épreuve, elle est coûteuse, et donne des reproductions parfois difficiles à lire. M. H. Claude vient de la perfectionner en créant la méthode dite graphitique qui permet avec une épreuve au ferroprussiate de tirer 20 ou 25 épreuves du dessin original, et cela sur papier quelconque, blanc ou de couleur, mince ou fort. Le dessin vient, presque semblable à l’original, en noir sur fond blanc.
- Le procédé repose sur la propriété que possède une préparation gélatineuse renfermant un sel de fer, de retenir l’encre grasse partout où un papier ferroprussiate spécial appliqué ultérieurement n’a pas vu la lumière.
- On coule donc dans un moule, la préparation gélatineuse, de façon à obtenir une surface très plane. On prépare, comme précédemment, une reproduction du calque sur papier ferroprussiate et on l’applique sur la planche de gélatine. Le papier ferro retiré, il suffit d’encrer la gélatine avec un rouleau enduit d’encre d’imprimerie. Sur la préparation ainsi obtenue, on pourra tirer successivement 20 ou 25 exemplaires de la reproduction. Ce procédé, pour les établissements, qui utilisent en grand les dessins industriels, semble devoir réaliser nne grosse économie de temps et d’argent. C’est ainsi que, pour obtenir a5 exemplaires d’un même dessin, il demande 25 minutes de temps de pose, au lieu de 1 h. 10 pour le même nombre d’épreuves au, ferroprussiate. — S’adresser à M. H. Claude, 23, rue*. Dareau, Paris, XIVe.
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- jg SCIENCE APPLIQUÉE 1
- c£§TnS» Divers
- Un système de cadran bi-horaire. — La manie des réformes prend souvent un caractère excessif. On confond le progrès avec la complication et si cette manie de tout réformer continue, l’existence va devenir impossible. L’idée de compter les heures de zéro à vingt-quatre, vieille comme le monde (il existe au Petit-Palais un cadran du xvie siècle portant les heures ainsi comptées)
- Quelques nouveaux cadrans bi-horaires.
- En haut et à gauche cadrans des fuseaux horaires.
- a été mise en vigueur en Italie, il y a plusieurs années, mais nos voisins l’abandonnent petit à petit parce qu’ils en ont reconnu les inconvénients. En France, il parait qu’elle va devenir officielle et que cette année les réseaux de chemins de fer vont l’adopter. L’Administration des Télégraphes s’est empressée de l’imposer dès 1910. Depuis lors toutes les heures portées sur les dépêches : heures de dépôt, heures de transmission, heures de réception, figurent sous la nouvelle méthode décompter. Or, dans aucun bureau il n’existe de pendule possédant un cadran donnant les heures de o à 24! Pourquoi n’a-t-on pas opéré le changement? Parce que les heures deviendraient parfaitement illisibles; étant trop rapprochés les uns des autres les chiffres ne formeraient plus qu’un groupe ininterrompu dans la seconde moitié du cadran.
- Cependant un inventeur, qui est une dame, a cherché une solution acceptable pour les cadrans de montre. Elle à eu l’idée, afin de concilier les partisans et les adversaires de cette « grande réforme » d’insérer un petit cadran à l’intérieur du grand et d’adopter pour l’un le système zéro à vingt-quatre tout en conservant sur l’autre l’ancien système.
- La nouvelle montre doit comporter trois aiguilles : la grande aiguille qui effectue toujours une révolution en une heure; une petite aiguille des heures parcourant l’ancien cadran et une seconde aiguille des heures parcourant le nouveau. Mma Mazaudier a combiné ensuite divers cadrans dans lesquels la troisième aiguille peut être entièrement apparente comme ses voisines, ou dissimulée sous le petit cadran, son extrémité seule étant visible pour indiquer les heures. En somme l’inventeur a tiré le meilleur parti possible imposé par une réforme que quatre siècles d’essais n’avaient pu faire admettre par le public. Les dessins de cadrans que nous reproduisons montrent les divers dispositifs qui peuvent être adoptés.
- L’un d’eux porte un cadran extérieur supplémentaire numéroté également de x à 24 Il correspond aux fuseaux horaires et donne l’heure de chacun de ces fuseaux comparée à l’heure du fuseau n° 1. A l’aide d’un barème on obtient instantanément l’heure pour chaque pays étranger.
- Cette solution est certainement la'” plus intéressante de toutes celles ayant été présentées jusqu’ici. Cependant le public acceptera difficilement l’idée qu’il doit changer ses pendules, ses montres, pour faire plaisir aux auteurs de la réforme dont le moindre inconvénient sera d’apporter une perturbation profonde dans les habitudes de chacun. D’ailleurs nous attendrons que l’Etat veuille bien, sur les pendules de nos monuments publics, remplacer les anciens cadrans par ceux que lui a inspiré l’esprit nouveau. L’inventeur est Mme Marthe Mazaudier 15, rue de Marseille, Paris.
- Objets utiles
- Rayons mobiles pour placards, bibliothèques, etc.
- — Dans la plupart des meubles à rayons amovibles, chaque planche est . supportée à ses extrémités par des tasseaux s’engageant dans les dents de crémaillères verticales fixées aux angles du meuble. Les crémaillères peuvent être remplacées, comme dans certaines bibliothèques démontables par exemple, par des barres métalliques percées d’œilletons où s’engagent des ergots fixés aux tasseaux. Mais tous ces systèmes ont l’inconvénient de ne pas permettre le placement des rayons à n’importe quelle hauteur. M. Galante imagina pour obvier à cela un ingénieux dispositif qui fut décrit lors de sa création dans La Nature et qui se trouve dans le commerce. Mais ce système, breveté et de construction métallique, est assez coûteux.
- Aussi croyons-nous utile de décrire un modèle de tasseaux coulissants très simple et rustique, que nous fîmes contruire par un menuisier de village et qui nous donna toute satisfaction. Les montants verticaux à crémaillère sont remplacés par une simple rainure creusée au milieu de la paroi s’il s’agit d’un meuble de peu de valeur, ou par deux tringles placées à l’intérieur si on ne veut pas abîmer l’extérieur de la bibliothèque. Dans cette rainure coulisse un boulon en cuivre à écrous-oreilles (du type se trouvant dans toutes les quincailleries), dont la tige traverse le tasseau support (fig. 1 et 2). Il est facile, en dévissant, coulissant et revissant l’écrou, de déplacer chaque barrette pour la fixer à hauteur voulue. Les écrous de serrage, pour ne pas détériorer le bois, exercent leur pression par l’intermédiaire de rondelles métalliques interposées ; ils peuvent être fixés écrous en dedans (si la paroi du meuble n’est
- 1. Tasseau sur barettes,
- écrou en dehors.
- 2. Tasseau sur rainure, écrou en dedans.
- 3, Tasseau sur rainure à queue d’aronde.
- 4. Tasseau sur barrettes dissimulées pour bibliothèques.
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- pas rainurée),ou écrous en dehors (pour ne pas risquer d’abîmer les livres). Ils peuvent, pour éviter une saillie du côté de la paroi du meuble, être fixés à une pièce de bois formant queue d’aronde dans la coulisse (fig. 3).
- Le dispositif peut être modifié selon les goûts^et les cas; citons à titre d’exemple, le modèle employé pour permettre d.6 r£ing,cr disins u.hg !bix)liotïiG(j,u.e? cIgux; rangées de livres l’une derrière 1 autre de façon à rendre visibles les titres des volumes de derrière : chaque grand , tasseau porte à ses extrémités deux petites barrettes fixées elles-mêmes par des écrous à oreilles. De cette façon, on peut utiliser l’ensemble soit comme tasseau ordinaire, soit comme support de deux planchettes dont la différence de hauteur peut être réglée à volonté
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- VARIETES
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- Exploitation de l’alfa en Algérie. — L’Afrique du Nord constitue la plus riche région alfatière du monde entier. Si on considère que l’alfa représente une source de richesses d’autant plus précieuse qu’il n’exige ni capital ni culture, et que les progrès de la chimie industrielle permettent, aujourd’hui, de tirer parti de cette matière première, on peut être surpris — surtout en présence de la déforestation qui se poursuit, en France, pour subvenir aux besoins sans cesse croissants de l’industrie papetière, en pâte à papier— que l’exploitation des immenses surfaces alfatières de l’Afrique, du Nord soit encore aussi extraordinairement limitée et qu’elle ne soit pas entreprise sur une vaste échelle au profit de l’industrie française.
- Il est regrettable de constater que le marché anglais absorbe plus des trois quarts de l’exportation algérienne de l’alfa, environ 17 millions de francs.
- L’alfa croît spontanément en Algérie, en Tunisie, au Maroc. En Algérie (Tell, Hauts-Plateaux et Extrême-Sud), la précieuse graminée (Stipa tenacissima) couvre environ 5 millions d hectares; en Tunisie, environ 2 millions d’hectares; il serait difficile d’indiquer le chiffre exact de l’étendue des surfaces alfatières exploitées irrégulièrement. Quoi qu’il en soit, l’alfa n’est pas seulement une plante industrielle d’un grand avenir, c’est aussi une ressource importante, créant des moyens d’existence à des populations qui en seraient dépourvues; un ouvrier peut extraire 25o kg d’alfa par jour et est payé pour ce travail, de i fr. 75 à 2 francs par 100 kg.
- Depuis 1870, la production algérienne a plus que doublé; de 422000 quintaux en 1870, les exportations se sont élevées à 924598 quintaux en 1910; en 1906, le chiffre des exportations a atteint 1 million 20 000 quintaux.
- Voici, à titre documentaire, la statistique des quantités exportées d’Algérie :
- A destination
- Années. de la France. de l’Etranger.
- quintaux. quintaux.
- 1902 .... , . i3.38o 677.83I
- iqo3 .... . . 22.464 727.514
- 1904 .... • • 44.B94 758.239
- igo5 .... . . 31.2io 840.236
- 1906 .... . . 20.026 i.000.5o4
- 1907 .... . . io.85i 978.847
- 1908 .... . . 6.313 934.766
- 1909 .... . . *5.954 827.138
- 1910 .... . . 7.040 917.918
- Si on examine la part absorbée par chacun des pays importateurs, dans les dernières années, on relève les chiffres suivants, en quintaux :
- Années. Angleterre. Espagne. Portugal. Belgique.
- 1900 . . . 819.840 24.935 l3.374 11.i63
- 1901 . . . 629.785 22.042 I4.453 8.704
- 1902 . . . 618.904 30.749 22.000 6.178
- 1903 . . . 671.292 *9-7!7 16.4^2 14.172
- 1904 . . -. 719.OOO 25.OOO 5.243 4.874
- 1905 . . . 783.3o6 30.390 l3.963 8.458
- 1906 . . . 942.596 27.163 II.080 i5.oi5
- 1907'. . . 929.214 24.858 12.367 7.682
- 1908 . . . 878.261 24.924 i3.836 14.684
- On voit que la France importe peu d’alfa. Cela tient à ce que, dès le début de l’exploitation des peuplements en Afrique du Nord, les maisons françaises ont perdu du terrain devant les maisons anglaises ; l’alfa atteignit alors des prix extrêmement élevés, grâce aux capita-
- listes étrangers, et les exportations anglaises ont conquis la situation.
- Malgré les charges qui pèsent sur ce textile, son utilisation se développe rapidement grâce à la souplesse, à la résistance et à l’incorruptibilité de ses fibres d’une richesse exceptionnelle en cellulose, qui en font une matière s’adaptant à des usages très variés : tissage, sparterie, vannerie, corderie, brosserie, chapellerie. Mais l’emploi le plus généralisé réside dans la fabrication de la pâte à papier, remplaçant avantageusement la pâte de bois et de chiffons, à un prix de revient bien inférieur. Le papier d’alfa présente de très grands avantages sur les papiers fabriqués avec des pâtes chimiques; il a certaines qualités que le papier de chiffons ne présente pas au même degré; il prend mieux l’impression, n’écrase pas les clichés ni les caractères ; son reflet velouté le fait apprécier particulièrement pour les éditions de luxe; en outre, avantage considérable, il retient la « charge », ce qui permet d’abaisser le prix de revient, tout en facilitant le calendrage et l’apprêt.
- D’après le Bulletin des Halles, les diverses qualités d’alfa se classent ainsi qu’il suit : i° h’alfa bouquet, de qualité supérieure, sert à la monture des fleurs naturelles dans la confection des bouquets. Le prix moyen est de 14 à i5 francs les 100 kg; 20 h’alfa à paille de cigare, utilisé dans les régies de tabac, en Italie, en Autriche-Hongrie, pour la fabrication des cigares spéciaux de ces pays; son prix est de 14 fr. les 100 kg; 3° h’alfa premier, employé principalement par la sparterie ; il vaut, en moyenne, 11 fr. les 100 kg. Cette qualité, blanchie au moyen du soufre, sert à fabriquer une imitation de nattes chinoises, et se vend jusqu’à 25 fr. les 100 kg; 40 L"alfa courant, employé à la fabrication d’une sparterie plus grossière : paillassons, paniers, coufîes, scourtins pour huileries, cordes ef liens pour gerber les moissons; il vaut, en moyenne, 9 fr. les 100 kg; 5° Enfin, Y alfa à papeterie, dont l’Angleterre fait une grande consommation. Le prix de revient d’une tonne de pâte à papier, dans une usine d’Angleterre, s’établit comme suit : 2256 kg d’alfa à 82 fr. la tonne (transport compris), 184 fr. ; produits chimiques, 80 fr. ; main-d’œuvre, charbon, frais généraux, 140 fr., au total : 4o4 fr. L’alfa employé pour le papier de luxe et les papiers à cigarettes se vend au prix moyen de 8 fr. les 100 kg, à pied d’œuvre. On doit reconnaître qu’actuellement, grâce à quelques initiatives, l’industrie du papier d’alfa, fort intéressante au point de vue industriel, commercial et colonial, tend à se développer en Algérie. A Medjez, notamment, une usine fonctionne d’après un procédé nouveau et produit, journellement, 4 tonnes de pâte sèche de première qualité; 700 à 800 t. d’alfa donnent 3oo t. de pâte. Une autre usine va être installée à Hussein-Dey, près d’Alger, pour produire 12 à i5 t. de pâte par jour.
- Cette heureuse initiative a prouvé qu’il est préférable de produire sur place la pâte d’alfa, au lieu d’exporter la matière première, et cette industrie a devant elle un bel avenir, car l’ouverture du chemin de fer d’Aïn-Moularès permettra aux industriels français de créer des usines dans cette région où une partie des territoires alfatiers est sous le régime des terres domaniales.
- L’exploitation de l’alfa offre d’autant plus d’intérêt qu’elle constitue une source de richesses pour l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, qui vient d’être placé sous le Protectorat Français : elle rendra les plus grands services à l’industrie papetière de la Métropole et par l’utilisation de l’alfa qui, jusqu’ici, était envoyé à l’étranger, on pourra éviter, en Erance, les désastreuses conséquences de la déforestation. Henri Blin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des lapins nuisibles aux cultures. —
- Un de nos abonnés, M. A. R. de Céret (Pyrénées-Orientales), demande qu’on lui iudique les moyens de détruire des lapins qui infestent des vignes, en s’attaquant aux bourgeons, et causent ainsi des ravages considérables. Notre correspondant désire savoir, notam-
- ment, ce qu’il faut penser de la destruction des lapins par la transmission de maladies contagieuses.
- Il est exact que Pasteur a étudié la maladie connue sous le nom de choléra des poules, maladie qui se transmet facilement aux lapins. Des expériences ont été faites par M. le Dr Loir, avec des feuilles jde choux
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- trempées dans une culture virulente du choléra des poules ou arrosées avec cette même culture étendue de io fois son volume d’eau. Yingt-quatre heures après le repas infectieux, les lapins domestiques, de même que les lapins de garenne, mouraient du choléra des poules. Des lapins sains, n’ayant pas pris de repas infectieux, et placés dans les mêmes caisses que les précédents, caisses-d’où les cadavres n’avaient pas été enlevés, furent contaminés et périrent au bout de peu de jours. Les expériences furent appliquées ensuite en grand, sur un domaine de 8 hectares où pullulaient les lapins, celui de Mmo veuve Pommery, à Reims. On servit aux lapins, à l’orifice de leurs terriers, de la luzerne ou du foin arrosés d’une culture récente du microbe du choléra des poules; on trouva, le lendemain, de nombreux cadavres de lapins, sur le sol, et dans les terriers, des cadavres groupés par deux, trois, quatre, cinq.
- L’efficacité de ce mode de destruction ne laisse donc aucun doute. Le microbe du choléra des poules se conserve facilement pendant plusieurs années à l’abri de l’air; il perd sa virulence à une température de 5o degrés centigrades. Au contact de l’air, ce microbe meurt assez vite.
- Depuis la découverte de Pasteur, MM. Danysz et Latapie ont repris la question de la transmission de maladies microbiennes au lapin, ils ont utilisé un orga-
- nisme du groupe des Diplocoques, qu’ils ont expérimenté en Australie, avec un plein succès. Quant au virus Danysz, dont on a beaucoup parlé, durant ces dernières années, il s’applique spécialement à la destruction des mulots et campagnols (rats des champs).
- Aux propriétaires qui veulent préserver leurs cultures des ravages des lapins, en communiquant à ceux-ci une maladie contagieuse, il est indiqué de s’adresser à M. Danysz, à l’Institut Pasteur, rue Dutot, à Paris. En outre, on peut préserver les vignes contre la dent des lapins, en badigeonnant les ceps avec des substances visqueuses et malodorantes (goudron, dégras, huile de poisson) ; prolonger l’engrillagement formant clôture jusqu’à une assez grande profondeur dans le sol; recourir au furetage, avec bourses, collets ou tendues. A notre connaissance', un propriétaire d’Indre-et-Loire a réussi à détruire, en moins d’une semaine, en utilisant 6 hommes et 4 furets, 400 à 5oo lapins, sur une superficie de 200 hectares. Enfin, on a parlé d’un procédé qui consiste à tendre autour des cultures à préserver, une corde enduite d’un produit dit Lapinifuge, lequel ne fait qu’éloigner les lapins. Nous n’avons pas expérimenténous-même ceproduit, etnous ne le signalons qu’à titre d’essais, n’en connaissant pas la composition. On trouve le Lapinifuge chez M. C. Floquet, à Auber-villiers (Seine).
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Bicyclette électrique : le constructeur est M. F. E. Ilatch, 3i3 N. Ashland Avenue, Chicago, Illinois, Etats-Unis.
- — Le Lunarium se trouve chez Ferdinand Ernecke, 4, Reichenbachstrasse, Berlin-Tempelhof.
- Réponse. — G. Knox à N. — D’une manière générale, les expériences de stabilisation exécutées sur de petits modèles d’aéroplane ne permettent pas de conclure ce qui aurait lieu avec des aéroplanes véritables, parce que, dans leurs courts trajets, les petits modèles ne rencontrent pas les à-coups subits auxquels sont exposés les appareils véritables au cours d’un raid. En outre le dispositif qui consiste à abaisser brusquement le centre de gravité au moment d’un déséquilibrage nécessiterait sur un aéroplane en vraie grandeur, le déplacement d’une masse considérable de plusieurs centaines de kilogs. Si cette masse supplémentaire que devrait emporter l’aviateur n’avait pâs d’autre usage que de servir occasionnellement à la stabilisation, il en résulterait une servitude exagérée. Mais il n’est peut-être pas impossible de concevoir qu’une masse importante faisant normalement partie de l’aéroplane, par exemple le moteur, pourrait éventuellement être abaissée brusquement.
- Renseignements. — Comme suite à la réponse faite dans notre n° du 2 mars, à M. G. B., à Lausanne, qui demandait l’indication d’ouvrages français sur les Cactus, nous devons redresser l’erreur qui s’est glissée à ce sujet. Il existe des ouvrages français, traitant cette question. On peut consulter : Les Cactées, par Palmer, 1 vol. de 218 pages, 33 figures, franco 2 fr. 20; Les Cactées, par Lemaire, i vol. de 140 pages, 11 figures, franco 1 fr. 40- Ces deux ouvrages se trouvent à la Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris. — L’établissement de MM. Simon-et fils, 42, rue des Epi-nettes, Saint-Ouen (Seine) s’occupe de leur culture.
- M. L. de Ch. G. Plotèle (Russie). — i° Vous pouvez vous adresser à M. Ch. Guyot, directeur de l’école nationale des Eaux et Forêts, à Nancy (Meurthe-et-Moselle);
- — 20 Pour l’utilisation de vos bois, en vue de la fabrication de ,1a pâte à papier et du carton, nous pensons
- que vous pourriez vous renseigner auprès de M. Jolyet, professeur à ladite école, qui s’est livré à des études sur les pâtes de cellulose, et consulter, en outre, les ouvrages suivants : Les succédanés du chiffon en papeterie, par V. Urbain, 1 vol. 2 fr. 5o, Masson et Cic, éditeurs, 120,boulevard Saint-Germain, Paris; Fabrication du papier (encyclopédie Frémy), 1 vol., 17 fr. 5o ; Le papier, par P. Charpentier, 1 vol., 17 fr. 5o; Végétaux propres à la fabrication de la cellulose et du papier, par L. et M. Rostaing et Fleury Percie du Sert, 1 vol., 10 fr. Dunod et Pinat, éditeurs, 47» quai des Grands-Augustins, Paris; — Cartonnier (fabricant de carton), par Georges Petit, 1 vol., 4 fr. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris ; — 3° Il ne paraît pas pratique ni possible de conserver, par l’immersion dans l’eau, des bois, pendant un laps de temps aussi long, sans qu’ils soient exposés à perdre leurs qualités au point de vue de leur utilisation à la fabrication de la pâte de cellulose ; il est, dans tous les cas, difficile de préciser le laps de temps durant lequel cette aptitude peut se conserver dans de telles conditions. Vous trouveriez des indications concernant les altérations, détériorations, la conservation, l’immersion, l’emmagasinage et les traitements préservatifs, dans les ouvrages suivants : Le bois, par Paul Charpentier, 1 vol., 17 fr. 5o, Dunod et Pinat, éditeurs ; Traité d’exploitation commerciale des bois, par Alph. Mathey, 2 vol., i5 et 20 francs. Lucien Laveur, éditeur, i3,rue des Saints-Pères, Paris ; Te traitement des bois en France, par Ch. Broilliard, 1 vol. franco, 9 fr. 60, librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris; — 4° Pour.la destruction du Liparis monacha, dans votre sapinière, il y aurait lieu d’essayer les moyens suivants : contre les papillons, à l’automne, disposer des pièges ou phares lumineux (une quinzaine par hectare), phare « méduse » à Pacétylène, de Vermorel, à Villefranche-sur-Saône (Rhône). • Au printemps, application d’enduits visqueux (glu) sur les troncs des arbres, pour empêcher la montée des chenilles ; aspersions d’huile commune ou d’eau savonneuse mélangée d’une petite quantité de pétrole; propager, dans la sapinière, par la conservation des fourmilières, la grosse iourmi noire qui détruit le liparis et sa larve. Pour renseignements complémentaires, s’adresser à l’Ecole forestière de Nancy, à M. F. Guitel, Station ento-mologique de la Faculté des Sciences de Rennes (Ille-et-Vilaine), et à M. Pierre Lesne, assistant au Muséum d’Histoire Naturelle, rue Cuvier, à Paris; consulter l’ouvrage, les Ravageurs des forêts, par H. de la Blan-chère et Dr Robert. 1 vol., 4 francs. Librairie Lucien Laveur, précitée.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Kupfer, boulevard de Versailles, Suresnes. —Vous trouvérez, décrits tout au long, les renseignements souhaités dans l’ouvrage de Poussart : Mille trucs pour réparer les mille objets d’un ménage, pages 206 à 209. Garnier frères, édit., rue des Saints-Pères.
- M. le DT Arm. Alva Diaz. — Les Boys Scouts, par Vuibert, Vuibert et Nony, éditeurs, Paris, boulevard Saint-Germain, 63.
- M. Camus-Vachon, à Paris. — Voyez le cours d’électro-technique de E. Gérard, publié chez Gauthier-Villars, celui de Mauduit, publié chez Dunod et Pinat, et les traités spéciaux sur la construction des dynamos, alternateurs et moteurs, de S. Thompson, publiés chez Béranger.
- M. L. L., à Noisy. — Vous trouverez de bonnes recettes de mastics pour obturer les trous des parquets dans le tome I des Recettes et Procédés utiles de Tis-sandier (Masson, éditeur).
- M. P. Gourdin et C"‘, à Amilly. — Nous savons qu’il existe des produits vendus pour obtenir par impression cette transparence; mais leur composition est tenue secrète. La question est mise à l’étude en notre laboratoire. Quant à augmenter la ténacité du papier en même temps qu’on rend transparent par places, cela nous semble bien difficile !
- Ste-Ile, Italie. — Pour éviter la formation d’efflorescences sur les carreaux de ciment, il nous semble que l’addition, au gâchage, d’un imperméabilisant tel que le pétrole, donnerait de bons résultats, Il faudrait faire des essais industriels. Nous ne pouvons mieux vous renseigner Sur ce point, tous les traités techniques ne contenant aucun détail là-dessus et un spécialiste, à qui nous nous sommes adressés, nous ayant dit n’avoir jamais eu de ces efflorescences ? Cela ne tiendrait-il pas à la mauvaise qualité des matières premières ?
- JtoD
- 1po
- BIBLIOGRAPHIE
- otr
- !
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Comment on élève les tortues au Japon : René Mert.e. — L’éclipse de soleil du 17 avril 1912 : £m. Toughet. — L’étude de l’aviation par l’observation du vol des oiseaux : R. Chassé-riaud. — Transformateurs d’essai à y5o 000 volts : H. Mar-CHAnb. — Amundsen au Pôle Sud. — Conductibilité des métaux aux très basses températures : H. Vigneron. — Une grue flottante de puissance exceptionnelle : Edouarb Bonnaffé.
- Supplément. — La précession et le mouvement solaire. — Les hauteurs de la nébulosité. — Contre la rouille. — Un nouveau mode de fabrication du diamant, — Les rats noirs du Jardin des Plantes. — L’association d’un crabe et d’une éponge. — Le bétail de la Suisse et les syndicats d’élevage, etc.
- Manuel élémentaire de télégraphie sans fil, par C. Tissot, lieutenant de vaisseau, 1 vol. in-8° illustré. Challamel, éditeur, 17, rue Jacob, Paris, 1912. Prix broché : 5 francs.
- Ce livre comble une lacune dans la collection déjà nombreuse des bons ouvrages écrits sur la télégraphie sans fil. A côté des livres de pure théorie et de ceux de bonne vulgarisation, il nous manquait un traité autorisé indiquant comment, dans la pratique, on installe et utilise un poste radiotélégraphique. C’est ce qu’a entrepris M. Tissot, un de nos spécialistes les plus autorisés en matière de T. S. F. La première partie de son ouvrage est consacrée à un résumé théorique des plus nets ; la seconde est rédigée à l’usage de quiconque veut faire une installation de sans fil. C’est un guide fort précieux qui jusqu’ici faisait défaut.
- La vinerie, par E. Barbet. 2b édition revue et augmentée. In-8-vui de 190 pages, avec fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 6 francs.
- L’auteur démontre qu’à notre époque de progrès et d’industrie, on ne doit plus laisser faire la fermentation du jus de raisin par le récoltant. Il importe désormais, dans la plupart des cas, de faire de la vinification une puissante industrie agricole analogue à la Sucrerie, à la Brasserie, etc. Le livre de M. E. Barbet montre comment cette nouvelle industrie la "Vinerie; a déjà été réalisée par lui, en France, en Algérie, en italie, en Grèce.
- Physihalische Chemie der Zelle und der Gewebe, par Rudolf Hober, 3° édition. Engelmann, Leipzig, 1911, 17 m. a5.
- Les trois éditions successives de ce livre suffisent à indiquer sa valeur. C’est le meilleur recueil que nous ayons actuellement pour l’étude des phénomènes physico-chimiques qui se passent dans les cellules et les tissus; on.y trouve exposées toutes les questions qui, depuis quelques années, passionnent les chercheurs, transforment notre conception de la vie et qui n’ont pas encore pris place dans les traités classiques. Les divers phénomènes physico-chimiques
- qui interviennent dans la vie cellulaire y sont tour à tour examinés : pression osmotique et théorie des solutions, son rôle dans les liquides des organismes; théorie des ions, équilibres des solutions d’électrolytes, propriétés osmotiques des cellules et théorie des lipoïdes; mécanisme des échanges nutritifs cellulaires ; les colloïdes ; influence de quelques électrolytes et de leurs combinaisons sur les colloïdes du protoplasma; phénomènes électriques des membranes physiologiques ; perméabilité des tissus ; les ferments ; chimie physique des échanges de matière et d’énèrgie.
- L’enseignement technique et l’écble primaire, par M. G. Ibanez de Ibero, 1 vol., 90 pages. Larose et Tenin, éditeurs, 22, rue Soufflot. Paris, 1912.
- M. Ibanez de Ibero montre très nettement comment se pose en France le problème si angoissant de l’enseignement technique. Il montre comment s’opposent dans une lutte stérile les partisans de la culture générale et ceux de la formation pratique : lutte dont souffrent l’enfant et la nation. Il examine rapidement les nombreux projets conçus par divers auteurs pour organiser en France, d’une façon systématique, l’enseignement technique, projets qui, on ne sait par quelle fatalité, semblent condamnés à dormir les uns après les autres, dans les cartons du Parlement. Ces projets, chi reste, pèchent soit par la grande dépense qu’ils comportent, soit par leurs tendances trop bureaucratiques. L’enseignement technique doit être souple et varié. M. Ibanez de Ibero n’envisage que l’enseignement technique primaire et propose une solution assez voisine de la solution allemande, qui serait très séduisante.
- Les procédés modernes : la montre décimale du système métrique par de Rey Pailhade, président du Comité pour la propagation des montres décimales.
- L’auteur donne en quélques pages la description de la montre décimale du système métrique et la formule pour la résolution des principaux problèmes de physique, de mécanique, d’électricité et des sports. Les temps décimaux de cet instrument simplifient et abrègent tous les calculs. Cette brochure se trouve au comité pour la propagation des méthodes décimales, 18, rue Saint-Jacques (Toulouse); les deux exemplaires o fr. 26, franco par la poste, payable en timbres-poste de tous pays.
- La philosophie du langage, par Albert Dauzat, Ernest Flammarion, éditeur. Prix : 3 fr. 5o.
- Ce livre a pour but de mettre à la portée du grand public l’ensemble des résultats auxquels est parvenue aujourd’hui la science du langage. M. Albert Dauzat a voulu montrer comment le langage s’explique par, l’histoire et non par la logique, et évolue constam-, ment sous l’influence de causes physiologiques et psychologiques. Il explique quelles règles doivent présider aux recherches étymologiques, et sur quelles bases scientifiques doit être fondé l’enseignement de la grammaire.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Anne Véronique, roman, par H.-G. Wells, traduit de l’anglais par IIenry D. Davray et B. Kozàkiewicz. Mercure de France, Paris, 1912. Un vol. in~i8. Prix : 3 fr. 5o.
- Dans ce nouveau roman, H.-G. Wells reporte sur le temps présent ses dons magnifiques d’observation et d’humour. Son héroïne est le type de la jeune Anglaise moderne, intelligente et sensible, véritable femme malgré ses ambitions intellectuelles et sa réelle culture.
- La marbrerie. Caractéristique des marbres ; pierres et granits ; gisements et exploitations des carrières ; tra-
- vail et façonnage, par M. Darras. In-8 de 34o pages. H. Dunod et E. Pinat. Prix : i5 francs.
- L’auteur de cet ouvrage étudie les marbres, les granits et les quelques pierres assez fines pour trouver leur emploi dans les travaux de décoration. Il indique la provenance des marbres, leurs propriétés constructives et leurs capacités mécaniques, plastiques. Tous les procédés du carrier et du marbrier, tous les outils et toutes les machines modernes mis aujourd’hui à leur disposition, sont décrits complètement et discutés par l’auteur dans une seconde partie de ce livre.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN millimètres OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mars 1912. 5° 0 S. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag. ; gel. bl. ; halo ; gouttes de 14 h. 35 à 14 h. 50.
- Mardi 12 3° 0 N. E. 1. Couvert. » Couv. jusq. 15 h.; puis nuag; beau apr. 15 h. : gel. bl.
- Mercredi 13 ... . 4° 1 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; gel. bl. ; iaib. brouil. à 6 h. ; bruine de 17 h. 30 à 18 b. 50.
- Jeudi 14 8°,1 S. S. W. 2. Bruine. 1,0 Couv. ; pluie par intervalles jusq 9 h. ; trace de bruine à 21 h.
- Vendredi 15 ... . 7°,2 S. S. E. 2. Couvert. 0,8 Tr. nuag; gel. bl. ; halo;gout. à 15b.10; pl de 16h.4a à 18 lv. 50.
- Samedi 16 1°,8 S. W. 2. Peu nuageux. 0,1 Peu nuag. ; jusqu. 9 h. ; puis tr. nuag. couv. ap. 15 h. ; gelée bl.
- Dimanche 17. . . . 5°, 4 S. S. W. 2. Pluie. 2,9 Très nuageux ; jduie à diverses reprises.
- MARS 1912. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MARS 1912.
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à bouleBsèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 10 au 17 mars. — Le 10. Pressions basses sur tout le W. de l’Europe. Fortes pressions sur le N. et le N.-E. du continent. Neiges dans l’E. de l’Europe. Pluies dans le W. En France : Lorient, 11 mm; Lyon, 6; Brest, 5. Temp. du matin : Moscou, o°; Paris, 4; Belfort, 5; Alger, 16; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 5°,3). — Le 11. La pression se relève sur le W. de FEurope. Fortes pressions sur le N. (Stockholm, 773). Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Lyon, 37 mm; Charleville, 7; Marseille et Nantes, 5; Belfort, 3. Temp. du matin : Arkhangel, —170; Le Mans, 3; Paris, 5; Alger, i5; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 5°,4). — Le 12. Pressions élevées sur toute l’Europe. Une dépression apparaît vers l’Islande. Pluies sur le W. du continent. Neiges dans l’E. Temp. du matin : Arkhangel, —23°; Paris et Nantes, 3,; Toulouse, 4; Alger, 14; moyenne à Paris : 8°,9 (normale : 5°,6). — Le i3. Pression élevée sur tout le continent. La dépression de l’Islande s’éloigne vers le N. Pluies faibles sur le W. de l’Europe. Chutes de neige dans l’E. En France : Nice, 5 mm; Clermont, 4; Toulouse, 1. Temp. du matin : Berlin et Besançon, o°; Paris, 4; Nantes, 8;
- Alger, i5. — Le i5. Dépression importante dans les parages de l’Islande (738 mm); dépression sur le N. de l’Afrique. Fortes pressions sur le Centre et l’E. du continent. Pluies sur le N.-W. de l’Europe. En France : Brest, 3 mm; Le Havre, 1. Temp. du matin : Arkhangel, — 12°; Belfort, +4; Paris, 7; Clermont-Ferrand, 8; Alger, i5. — Le 16. Une dépression se rapproche des Iles-Britanniques (Irlande, 754 mm). La pression reste élevée sur le S.-W. et le N.-E. du'continent. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Boulogne, 12 mm; Cherbourg, 6; Besançon, 3; Brest et Paris, 1. Temp. du matin : Limoges, o°; Paris et Clermont-Ferrand, 2; Toulouse, 5: Alger, i5; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 5°,9). — Le 17. La dépression des Iles-Britanniques envahit le N.-W. de l’Europe (Irlande, 740 mm, Bretagne, 748). Les fortes pressions se maintiennent sur le N.-E. Pluies sur le W. et le Centre. En France : Charleville et Lorient, 11 mm; Le Havre, 10; Cherbourg, 6; Brest, 4- Temp. du matin : Belfort, — i°; Marseille, 2; Paris, 5; Biarritz, 10; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 7°,5 (normale : 6°). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 10, à 8 h. 5 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- L. DE LAUNAY
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie.
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique* Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2027 — 30 MARS 1912
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Travaux de l’Association géodésique internationale. — Le rapport sur les travaux du Bureau central de l’Association géodésique internationale pendant l’année 1911 vient de paraître. Les calculs relatifs au système des déviations de la verticale en Europe ont été poursuivis par E. Hübner, sous la direction de Bôrsch, et étendus aux lignes du réseau austro-hongrois : le Bureau publie une carte montrant l’importance et l’état d’avancement du réseau. Les recherches sur la courbure du géoïde le long des méridiens et des parallèles ont été continuées par Hildner, Gutermann, Schumann ; à noter particulièrement l’importante détermination de la figure du géoïde dans la région du Hartz, par A. Galle. Le service international des latitudes a bien fonctionné
- Pseudo-dolmen naturel. — Comme suite à l’article paru au n° 2001, à propos « de l’origine des dolmens » M. Ch. Yérax nous signale un antre curieux exemple de table de pierre naturellement disposée sur des supports. Il s’agit du Roch-ar-Guehiel, appelé aussi Arc-de-Triomphe du Minioc, qui se trouve contre le hameau du Minioc, à l’ouest de ce hameau, à 2 kg 5 W-N-W de Brignogan, côte nord du Finistère. Il s’élève à 800 mètres environ du bord de la mer, sur le bord d’un relief rocheux qui semble avoir été l’ancienne côte, car de là à la mer on ne trouve qu’une bande de sable parsemé de rochers de granit rose assez semblables à ceux que l’on trouve sur la côte actuelle. Le Roch-ar-Guehiel se compose d’un énorme bloc formant table, dont la
- (Côté Sud.) Roch-ar-Guehiel.
- (Phot. Verax.)
- aux stations de Mizousawa, Tschardjoni, Carloforte, Gaithesburg, Cincinnati, Ukiah : suivant les stations, le nombre des couples d’étoiles observés à varié de ï200 à 2400. Pour 1912, à cause de la précession, il fallut faire subir un remaniement partiel au programme des étoiles ; nous n’insisterons par sur les dispositions spéciales adoptées pour la réduction des observations. On continue à rassembler des documents sur les déterminations relatives à la pesanteur au moyen de pendules. Les déterminations de la pesanteur à la mer ont donné lieu au bel ouvrage de Hecker, indiquant des résultats dont la discussion est fort instructive. Les observations pour déterminer le mouvement de la verticale sous l’influence de la Lune et du Soleil avaient fourni déjà les importantes publications de Hecker et Meissner ; Schweydar et Kôhler ont éprouvé depuis des difficultés singulières, et les travaux seront continués avec méthode et énergie. Il ne saurait être question, ici, d’entrer dans les détails des opérations. Mais quand on voit les importantes publications de l’Association internationale, avec des ressources assez limitées, on ne peut que rendre hommage au zèle et au dévouement avec lesquels tous les travailleurs, soumis à une discipline, concourent à l’œuvre commune.
- Bloc dans les éboulis torrentiels de la vallée des Lions (Hautes-Pyrénées). (Phot. Rudaux.)
- face inférieure se trouve environ à 2 m. 5o-3 mètres du sol; ce bloc repose horizontalement d’un côté et par son extrémité sur un massif rocheux, de l’autre côté sur uu bloc isolé. Un autre s’élève sous la table, mais sans toucher celle-ci. Il existe entre les deux un espace libre de 3o à 4° centimètres. Autour de ce groupe de rochers, d’autres rochers sont disséminés sans ordre et forment un massif que les carriers étaient en train d’exploiter en 1910 à 20 mètres de Roch-ar-Guehiel. Ajoutons encore que, dans un récit de voyage au Fouta-Djallon, Mme F. Pobéguin vient de figurer des rochers également en forme de dolmen, près de Pita. [Tour du Monde, 23 mars 1912, p. i35.)
- Formation d’agents oxydants dans l’air sous l’influence des rayons ultra-violets. —Les rayons ultraviolets sont à l’ordre du jour et leur étude a déjà donné lieu à des applications intéressantes; aussi les savants cherchent-ils avec ardeur à déterminer l’action qu’ils exercent dans les différents milieux dans l’espoir d’en tirer des emplois pratiques. En Russie, en se servant d’un appareil pour la stérilisation domestique de l’eau par les rayons ultra-violets et en plongeant cet appareil, non pas dans l’éau, mais dans un jvase où il fai-
- (Côté Nord.)
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- INFORMATIONS
- sait passer un courant d’air de 35 litres à l’heure, M. Khlopine a étudié dans cet air la présence des divers agents oxydants, eau oxygénée, ozone et anhydride azoteux. Il a constaté qu’en opérant avec un courant de 5 ampères sous no volts, les rayons ultra-violets produisent dans l’air ordinaire, contenant de l’humidité, non seulement de l’eau oxygénée, mais aussi de l’ozone, dont la présence est déjà visible au bout de quelques minutes; quant à l’anhydride azoteux, il ne se forme qu’en quantité infinitésimale. Ces recherches contribuent à expliquer les propriétés stérilisantes des nouveaux rayons.
- Transplantations articulaires. — M. Tuffier (Bulletin de l’Académie de Médecine) vient de montrer la possibilité de remplacer une articulation malade ou ankylosée par une articulation saine prise chez un autre sujet, un amputé par exemple; la nouvelle articulation conserve sa forme et sa fonction. Chez deux malades, il a réussi cette délicate opération. Le point capital est la permanence de la greffe qui, au bout d’une année, est restée aussi nette que le premier jour. De plus l’articulation greffée a conservé sa mobilité. Cette transplantation articulaire avec permanence de la vitalité et de la fonction est un grand progrès chirurgical.
- Le nouveau laboratoire aérodynatmquedeM. Eiffel.
- — M. Eiffel vient de transférer à Auteuil son laboratoire aérodynamique, bien connu de nos lecteurs. Il en a profité pour apporter à son installation d’intéressantes modifications, et pour améliorer, dans des proportions considérables, le rendement des souffleries qu’il emploie. Le laboratoire du Champ-de-Mars comportait l’emploi d’un courant d’air aspiré par un ventilateur et traversant une chambre d’expériences, sous la forme d’un cylindre de im.5o de diamètre à la vitesse maxima de 65 km. à l’heure. Avant d’arriver dans la chambre, l’air était capté par un collecteur dans lequel sa vitesse augmentait progressivement, à mesure que diminuait sa pression. Le ventilateur employé était un Sirocco centrifuge absorbant 5o chevaux. Le nouveau laboratoire, qui est actuellement le plus puissant du monde, réalise avec une dynamo d’une force nominale de 5o chevaux un cylindre d’air ayant un diamètre de 2 mètres et une vitesse maxima de 115 km. à l’heure. Ce résultat a été obtenu en interposant entre la chambre d’expériences et le ventilateur un ajutage divergent formant diffuseur. Le diamètre de ce diffuseur est 1,2 m. à la sortie de la chambre. Il aboutit à la couronne d’un ventilateur hélicoïdal de 4 mètres de diamètre, de 9 m2 de section utile d’écoulement. La réduction de vitesse qui se produit dans le trajet du diffuseur par l’augmentation progressive du diamètre relève la pression de l’air d’une certaine quantité et diminue d’autant le travail que doit fournir le ventilateur pour ramener l’air à la pression atmosphérique. A côté de cette installation, en figure une seconde de dimensions plus réduites, mais établie sur le même principe. Elle provoque une colonne d’air de 1 mètre de diamètre, se déplaçant dans la chambre d’expériences à la vitesse de 144 km. à l’heure. L’installation utilise l’ancien ventilateur du Champ-de-Mars, mû par un moteur de 5o chevaux. Ce ventilateur donne actuellement un effet utile 5 fois plus grand qu’au Champ-de-Mars. La force motrice est empruntée au courant monophasé du secteur, qu’un groupe convertisseur transforme en continu.
- Le Trans-Australien. — Le gouvernement fédéral australien a adopté une loi autorisant la construction d’un chemin de fer traversant de part en part l’Australie et qui permettra de débarquer à Perth dans l’Australie occidentale et de rejoindre, de là, le Queensland, l’Australie du Sud et la province de Victoria, à 5ooo kilomètres de distance ? On compte utiliser naturellement une grande partie des lignes existantes. Cependant, la nouvelle ligne nécessitera en trois ans l’exécution de plus de i5oo kilomètres de voies neuves au prix d’environ 100000000 de francs. Ceci grâce à l’absence de difficulté technique sérieuse ou de travaux d’art importants.
- Station centrale pour l’envoi de l’heure. — Une Société va établir à Fulda une station de télégraphie sans fil qui est destinée à commander la marche d’horloges installées dans les diverses villes d’Allemagne. Une tour de 100 mètres de hauteur supportera l’antenne. Chaque minute l’une des trois horloges installées à la station
- centrale fermera un circuit, ce qui aura pour effet d’émettre des ondes. Les horloges réceptrices avanceront d’une minute à chaque réception. Les stations réceptrices n’aurontbesoin d’être munies que d’une antenne relativement petite ; une hampe de drapeaux installée sur un toit suffit. On peut faire commander par chaque horloge réceptrice plusieurs centaines d’horloges secondaires, de sorte qu’une ville d’importance moyenne sera desservie par une seule horloge réceptrice. Le système est soustrait à l’influence d’ondes étrangères et des dérangements atmosphériques.
- Recherches sur la civilisation des Incas, Le Geo-graphical Journal (décembre 1911) signale les récentes découvertes effectuées au Pérou par le savant américain H. Bingham, dans le district montagneux et peu connu de Vilcapampa, au Nord-Ouest de Cusco. Les Incas maintinrent leur indépendance dans cette région jusqu’en 1571, soit trente cinq ans après la soumission du reste du Pérou à la domination espagnole. M. Bingham y a fait d’intéressantes trouvailles : dans la vallée de l’Uru-bamba, une petite forteresse pourvue d’angles saillants et rentrants; à Macchu-Piechu, un groupe d’édifices Incas ; à Lucma et à Rosao-Pata, dans les vallées du Vilcapampa et du Pampaconas, d’autres ruines encore, notamment un énorme monolithe d’environ 60 mètres de circonférence. Tout cet ensemble prouve que la survivance du régime incasique dans cette région a été beaucoup plus importante et plus puissante qu’on ne le croyait jusqu’ici. (France-Amérique, mars 1912.)
- L’esclavage au Maroc. — Le commandant Sorela, qui fut attaché au Maroc à la légation d’Espagne, donne quelques renseignements sur la persistance de l’esclavage en ce pays. Les ventes d’esclaves se pratiquent toujours en effet, non seulement à l’intérieur, mais aussi dans les villes de la côte. Elles se font seulement d’une façon clandestine, les courtiers des marchands allant chez les amateurs leur offrir le bétail humain. Les-« cours » sont les suivants : une esclave jeune et jolie coûte de 60 à 3oo dollars hassani (dollar hassani = 3o à 40 centimes); d’âge moyen, de 3o à 40 d. h, ; enfants des deux sexes, de 9 à 10 ans, de 40 à 5o d. h.; jeunes garçons, de 10 à 3o d. h. La baisse dans l’importation des femmes noires a produit une industrie nouvelle pour les marchands d’esclaves : la reproduction des négresses, c’est-à-dire la vente des enfants d’esclaves noires. On vend même quelquefois des esclaves blanches ; la mère d’Abd-el-Aziz était par exemple une Circassienne achetée à Constantinople; mais ce sont là des exceptions, la femme blanche étant très coûteuse, d’acquisition et d’entretien (Bulletin de la Société belge d’études coloniales, igm).
- Production expérimentale du nanisme chez les Vers. — Le Dr Holmes (Journal of Morphology, déc. 1911) vient d’obtenir des Planaires i5oo fois plus petites que les individus normaux. Ces Planaires sont de petits vers plats, abondants dans les eaux, qui ont la propriété de régénérer très rapidement lorsqu’on les coupe ou qu’on les blesse. Le Dr Holmes a coupé en une dizaine de morceaux une Planaria maculata ; chaque fragment a redonné rapidement une Planaire complète ; il a sectionné les nouveaux individus et a recommencé la même opération chaque fois que les morceaux étaient redevenus des animaux entiers. De cette manière, il a vu les Planaires diminuer de taille et après un certain nombre de régénérations, les animaux n’avaient plus que le et même le des dimensions de l’animal normal. Cette énorme réduction de taille est due à une diminution du nombre des cellules et non à celle de leur volume.
- Hibernation chez les Oiseaux. — Si l’hibernation est bien connue chez certains animaux tels que la Marmotte, le Hérisson, le Loir, le Lézard, etc., il en existe peu d’exemples cités chez les Oiseaux. Knowledge publie une lettre intéressante de M. C. W. Nash à ce sujet; il croit que les Martinets peuvent parfois hiberner et on lui a signalé un arbre creux, près de Peterborough (Canada) qui au mois de janvier renfermait plusieurs centaines d’hirondelles endormies dont certaines se sont réveillées depuis. Des faits de ce genre mériteraient d’être observés, car on ne sait pas ce que deviennent beaucoup d’oiseaux pendant l’hiver et même pour des espèces communes on se demande souvent si elles émigrent ou si elles hibernent. C’est là un beau sujet d’observations pour nos lecteurs..
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- CS*T
- *•> Électricité
- Transformation d’une sonnerie en voyant indicateur. — Quand on veut contrôler si on a été appelé par une sonnerie pendant le temps durant lequel on s’est absenté, il faut une sonnerie spéciale à voyant ou à lapin qui coûte cher. On peut résoudre soi-même le problème économiquement en utilisant une vieille sonnerie.
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- Fig. i. Fig. 2. Fig. 3.
- “Fig. i. Couvercle entaillé et percé. — Fig. 2. Voyant découpé et percé. — Fig. 3. Voyant avec ergot coudé.
- celle visible, sera peinte en blanc ou en rouge. Si l’on n’a pas de couleur, on collera seulement du papier blanc ou rouge.
- La sonnerie sera d’abord transformée en sonnerie continue en reliant par un fil la bobine et une borne (voir Nature du 2 mars 1912). On supprimera la boule en la dévissant de sa tige, et on donnera à la tige, par deux coudages à la pince plate, l’aspect de la figure 6.
- Plaçons maintenant le couvercle monté avec le voyant
- 1 1
- Fig, 7. Indicateur armé Fig. 8. Indicateur déclenché
- prêt à fonctionner. palette attirée,
- Passons en revue les différents travaux à exécuter pour construire le voyant indicateur.
- Prenons d’abord le couvercle de la sonnerie, du côté où se trouve le passage de la tige porte-boule, nous ferons une ouverture longue de 6 centimètres, large de 1 cm., 5, avec une petite scie à main, après y avoir percé •quelques trous avec une vrille, pour donner un premier passage à la scie (fig. 1).
- Sur le dos du couvercle on percera un trou de quel-
- Fig. 4- Couvercle monté avec le voyant.
- ques millimètres à la demande du diamètre de l’axe qu’on aura choisi pour le voyant. L’entaille devra, sur un de ses grands côtés, affleurer la surface intérieure du dos du couvercle.
- Confectionnons le voyant. On le découpera, avec de vieux ciseaux, dans une plaque de fer-blanc ; une vieille boîte de conserves nettoyée fera bien l’affaire ; on lui donnera les dimensions et l’aspect de la figure 2 ; à la partie inférieure on percera un trou à la demande de l’axe du voyant. La.petite partie étroite formant ergot,
- Fig. 5. Fig. 6.
- Fig. 5. Palette de tige à boule^prdinaire.
- Fig. 6. Palette de tige deux fois coudée pour indicateur.
- sera repliée à 90 degrés comme l’indique la figure 3.
- L’axe sera constitué par une tige filetée — portant 3 écrous et deux rondelles — de quelques millimètres de diamètre. On assemble le voyant et le couvercle de la boîte comme l’indique la figure 4. Le trou dans le couvercle aura été percé à une distance convenable des parois latérales de façon que le voyant placé verticalement ne laisse sortir que la partie effilée qui porte l’ergot. Le voyant devra pouvoir retomber librement et un ne devra pas le serrer entre les 2 rondelles, mais le laisser lâche, de façon que la dissymétrie de sa forme seule puisse le faire pivoter et apparaître hors du couvercle. La partie qui est opposée à l’ergot et qui est
- sur la sonnerie ; on réglera le tout en coupant plus ou moins la partie de la tige qui est verticale, de façon que cette tige maintienne l’ergot légèrement (fig. 7) en sorte que lorsque la palette s’abaissera sous l’action du courant qui passe dans les bobines, le voyant soit libéré et puisse tomber (fig. 8).
- Pour parfaire l’appareil, on déplacera les pattes de fixation de l'appareil, on enlèvera le timbre et on fera tomber à la scie la partie destinée à recevoir le timbre de façon à donner au socle une forme rectangulaire (%• 9)*
- Voyons comment on va monter l’appareil.
- On le placera sous la sonnerie et à hauteur d’homme, 2 fils relieront les bornes aux bornes de la sonnerie à contrôler (fig. 10). Quand on appuie sur le bouton d’appel le courant passe dans la sonnerie et dans l’indicateur ; la sonnerie tinte et le voyant tombe, il indique que la sonnerie a fonctionné.
- Pour l’armer à nouveau, il suffit de relever le voyant en abaissant la tige de la palette, de façon à réenclancher l’ergot.
- L’avantage de ce système, outre son bon marché et l’utilisation d’une vieille sonnerie d’occasion, est
- Fig. 9-
- Fig. 10.
- Schéma du montage.
- de nécessiter seulement deux fils pour son installation.
- On pourrait en avoir une sé-m de 4 o u 5 par exemple, mettre un numéro sur le voyant et supprimer les sonneries; l’ensemble des indicateurs constituerait un tableau indicateur à voyants, lequel ne serait peut-être pas élégant, mais qui aurait le mérite du bon marché.
- Dans ce cas une seule sonnerie servirait pour tous les voyants ; nous décrirons le montage dans une autre étude.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> Automobilisme
- Une automobile de campement employée pour la construction d’une route. — Un fonctionnaire américain, le Colonel T. Coleman du Pont, fait construire une route publique, destinée à traverser l’Etat de Delaware,
- mandée par le volant du moteur. Les boîtes à provisions se retirent très facilement de la voiture, une fois le campement installé; deux d’entre elles sont pourvues de couvercles capitonnés pouvant servir de sièges.
- La route en voie de construction, large de 3o à 60 mètres et de i65 kilomètres de longueur, traversera l’Etat de Delaware d’un bout à l’autre.
- L’automobile de campement prête pour la route
- en ligne droite, du nord au sud. Or, pour surveiller en personne ces travaux, M. Du Pont s’est fait construire, d’après ses plans et devis, une automobile de campement qui présente tout le confort d’une véritable maison d’habitation. C’est une voilure Stoddard-Dayton dont la carrosserie est assez longue pour loger un matelas de crin de i m. 80 de long. Deux tiroirs d’environ i5 centimètres de largeur, qui régnent de côté et d’autre, sur la longueur tout entière de la carrosserie, présentent l’espace nécessaire pour installer toute sorte d’accessoires. Sous la toiture sont disposées quatre boîtes à provisions en caoutcbonc vulcanisé. Un filet disposé à la partie supérieure sert à recevoir les croquis, plans, etc., et sur la toiture se trouve un filet à parapet destiné à loger quatre pneumatiques de rechange.
- A l’intérieur de la voiture, se trouve, au fond, une boîte recevantles ustensiles de cuisine, le fourneau, etc., et au-dessus de celle-ci, une boîte renfermant la batterie d’accumulateur et les piles sèches. Dans deux longues boîtes régnant tout le long de la voiture est renfermée la tente et dans deux boites en fer disposées en dessus, des outils divers. On a aussi prévu deux réservoirs à huile supplémentaires.
- La tente, particulièrement remarquable, est faite en soie de ballon, étanche, c’est-à-dire en une étoffe excessivement légère; elle comporte 6 mâts de im.8o de hauteur qui, dans les intervalles de service, sont dis-
- L’aufomobile au campement.
- posés sur une planche longeant la voiture. Des rideaux de sectionnement arrivant jusqu’au sol divisent la tente en trois compartiments, dont deux sont extérieurs au corps de la voiture.
- Pour que rien ne manque au confortable de cette maison ambulante, on y a prévu une installation électrique comportant une batterie d’accumulateurs Edison de i5o ampères-heures, chargée par une dynamo com-
- *> Divers
- Machine à traire Delta. — La traite mécanique des vaches a donné naissance à un nombre déjà respectable de machines, et il faut bien avouer que ce procédé prend de plus en plus d’extension. La machine Delta est toute nouvelle; elle peut être manœuvrée par n’importe quel garçon de ferme après quelque apprentissage. 11 s’assied sur un siège porté par la machine et agit, avec les pieds, sur un balancier qui actionne par l’intermédiaire de liges, une pompe mise en relation, par deux tubes, avec les deux groupes de gobelets (un groupe pour chaque vache). Le lait ainsi aspiré est déversé dans un seau.
- La mise en place de la machine, entre les deux vaches à traire, est faite très rapidement. L’essentiel est de placer convenablement les trayons dans les gobelets. Pour cela on ferme les robinets de tous les trayons et on pédale; puis lorsque le gobelet adhère, on place le second, puis les autres. Les premiers coups de pédale doivent être donnés doucement afin de se rendre compte
- de l’arrivée du lait qui gicle dans une ampoule de verre placée sur la machine à côté de l’aspirateur.
- Les gobelets comportent à leur base, un robinet permettant d’arrêter la traite au trayon correspondant. Entre ce robinet et le gobelet proprement dit se trouve un tube de verre qui indique l’écoulement du lait de chaque trayon séparément. Le gobelet proprement dit comporte un chapeau en para très pur qui reste en contact avec le pis de la vache et se termine par un anneau.
- Le nettoyage de la machine s’effectue aisément en pédalant après avoir placé les gobelets dans un seau d’eau. L’eau, aspirée comme le lait, entraîne et rejette au dehors tout ce qui resterait dans les appareils et la tuyauterie.
- La machine à traire Delta est construite par M. Ossian Baeckman, 96, rue de la Senne, Bruxelles.
- Pour aiguiser les couteaux. — La figure ci-contre est assez claire pour nous dispenser d’une longue description. On voit que ce petit appareil à affûter est constitué par quatre petits bouts de fusil disposés en croisillon de façon à former un angle aigu à l’intérieur duquel on passe la lame du canif ou du couteau. La monture forme d’ailleurs ressort, de sorte que l’angle, tout en étant assez solide, est en même temps assez souple pour ne pas faire violence aux lames. — L’appareil est en vente à la maison Bader, Le Locle (Suisse).
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- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en février 1912» par M. Ch. Dufour.
- La pression a été généralement basse; la moyenne mensuelle est inférieure de 6ram,7 à la normale.
- La température a été basse du 1" au 5 : le thermomètre est descendu à — 90,9 le 3 et à — io°,o le 4. Elle est élevée du 6 à la fin du mois : les écarts aux normales atteignent 90 le 8 et le a3 ; la moyenne mensuelle est supérieure de 3°,3 à la moyenne de 5o ans et février 1912 est ainsi un mois très chaud.
- La nébulosité a été élevée et par suite la durée d’insolation faible.
- Le rapport de la hauteur totale de pluie 4omm,9 à la normale 3imm,3 est de i,3i et l’on compte 16 jours de pluie appréciable au lieu de i3, nombre-moyen.
- Il y a eu deux jours de neige le Ier et le 2, un d’orage le 24.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : ^5o,mm,26; minimum absolu : 735mm,4 le 2 à i5h 4om; maximum absolu : 767ram,o le 27 à 22 heures et 24 heures et le 28 à 1 heure.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des[minima, 3°,20; des maxima, io°,95; des 24 heures, 6°,94. Minimum absolu : —io°,o le 4; maximum absolu : i7°,5 le 8. Amplitudes diurnes : moyenne, la plus
- élevée, i4°,5 le 5; la plus faible, 3°,i le 24. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, —o°,52; des maxima, 16°,83 ; minimum absolu : —170,1 le 3; maximum absolu : 28°,4 le 27. Dans le sol gazonné.— Moyennes du mois (profondeur om,3o), à 9 heures : 5°,56; à 21 heures : 5°,75 ; (profondeur oœ,65), à 9 heures : 5°,88; à 21 heures : 5°,91 ; (profondeur i mètre), à 9 heures : 6°,24; à 21 heures : 6°,28. De la Marne. — Moyennes : le matin, 6°, 17; le soir, 6°,42; minimum : 20,14 le 5; maximum, g0,55 le 28.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,24; minimum absolu : im“,3 le 4 à i3 heures; maximum absolu : 9mm,7 le 23 à 21 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 80,8. Minimum absolu : 3i le 11 à i3 heures-14 heures; maximum absolu : 100 à 5 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,19. Moyenne diurne la plus faible : 1,6 le 3 ; 2 jours entièrement couverts : le 22 et le 24.
- Insolation. — Durée possible : 283 heures; durée effective : 7ih9; rapport : 0,25.
- Pluie. — Total du mois : 4omm>9 en 4ih5; maximum en 24 heures : 8mm,8 le 29.
- Nombre de jours : de pluie, 19; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i), 16; égale ou supérieure à iœœ : 12; à 5mm : 2; de neige, 2; de grêle, 2; de grésil, 2; de gelée, 5 (consécutifs du ier au 5, dont 1 sans dégel, le 3); d’orage, 1; de brouillard, 1; de brume,
- 2 ; de rosée, 3 ; de gelée blanche, 9 ; de halos : solaires, 6; lunaires, 4-
- Fréquence des vents : calmes, 11.
- N. . . . !9 S. E . . . • . i4 W . . . . 15
- N. N. E. 20 S. S. E. . • 71 W. N. W. 4
- N. E.. . 6 S . 118 •N. W. . . 7
- E. N. E . 9 S. S. W. . . i63 N. N. W . i5
- E. . . . 17 S. W. . . . i57
- E. S. E . 10 W. S. W . . 40
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m>3i; moyennes diurnes : la plus élevée, 8m,6 le 12; la plus faible, 2m,3 le Ier et le 17. Vitesse maximum : i2m,6 le 12 à 3h 38m par vent de S. S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 2“,79. Minimum : 2œ,5i le i5; maximum : 3m,29 le 26.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, — 6mm,66; température, -f-3°,3o; tension de la vapeur, -j- imm,i8; humidité relative, — 1,9; nébulosité, -f- 0,39; pluie +9mm,6; jours de pluie appréciable, +3; insolation, — I2h,7.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (25 jours) : 81 volts; moyenne diurne la plus élevée : 147 volts le 3 ; la plus faible : 20 volts le 29; moyenne des 9 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni brouillard persistant, ni manifestation orageuse : 100 volts. Moyenne diurne la plus élevée : 147 volts le 3; la plus faible : 63 volts le 28. Amplitude diurne correspondante : 0,26; amplitude nocturne : o,6o.
- Radiation solaire. — Cinq observations ont été faites aux dates des 3, 8, i5 et 27 février. La valeur la plus élevée a été de ical,o85 le 8 à i3h 20ra.
- Taches solaires. — Aucune tache n’a été observée aux 10 dates auxquelles l’observation a été possible.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 2, io, 11, 19; faibles les 12, i3, 16, 17, 18, 23, 24, 26.
- Mouvements sismiques. — Le i3, début 8h 7“,6 ph. pie. de 8h i2m à 8h 19“, fin 8h35m (tremblement de terre en Macédoine); le 20, début à i3h 37“, ph. pie. de i3h46m à i3h58m, fin i4biom; le 26, ph. pie. 2oh4imà 20h 44m, fin 20h 55m. Des mouvements beaucoup plus faibles ont été enregistrés le i3, de 17^ i6m à i7h36“; le 16, de ioh58m à 12 heures; le 19, entre 23h32m et 24 heures ; le 25, entre 3 heures et 5 heures ; le 27, de oh 44“ à ihiora.
- Floraisons. — Le 8, perce-neige; le 11, pâquerette; le i3, orme; le 17, violette des bois; le 19, amandier; le 20, laurier-tin; le 23, saxifrage à feuilles épaisses; le 24, abricotier; le iS, crocus; le 27, saule marsault; le 28, tussilago farfara; le 29, épine noire.
- JfcD
- 0C)
- VARI ÉTÉS
- O0L
- Les Marocains et l’hygiène. — La Presse Médicale vient de nous faire, d’après M. Emile Kern, connaître les conditions fort peu hygiéniques dans lesquelles vivent les Marocains.
- « L’indigène est par lui-même malpropre, il conserve les mêmes vêtements jour et nuit, il est couvert de vermine.
- « Ce n’est que'dans les grandes agglomérations que l’Arabe vit dans des maisons dont l’intérieur, chez la plupart, n’est qu’un misérable taudis. En dehors des villes, les indigènes vivent le plus souvent sous des tentes rapiécées et sordides ou dans des cabanes faites
- de petits branchages et de terre, dont l’intérieur est le dernier mot de la malpropreté.
- « A Casablanca, l’enlèvement des ordures ménagères se fait au moyen d’un tombereau. Le conducteur sonne la cloche et les habitants viennent apporter leurs ordures.
- « A Tanger, à Safû et dans toutes les villes dans lesquelles les voitures ne peuvent circuler, l’enlèvement se fait avec des ânes portant un panier de chaque côté. Les ordures sont naturellement portées hors de la ville ou jetées directement dans la mer, ou simplement sur le bord, où elles fermentent et empoisonnent l’air
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- VARIETES
- en attendant qu'une marée exceptionnelle vienne les enlever.
- « Les maladies que l’on rencontre un peu partout sont la dysenterie
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- et le typhus, dus à la mauvaise nourriture, àlamauvaise eau, à la vermine, aux moustiques, aux innombrables mouches et aux taudis dans lesquels les Marocains croupissent. Il y a aussi de nombreux cas de variole, la vaccination n’étant pas encore en usage ; quelquefois la peste fait également ses ravages.
- « A Casablanca, on constatait, il y a quelque temps, un cas de peste et l’on découvrit que le malade venait d’une localité distante de 35 kilomètres environ. Là on trouva encore sept
- J/enlèvement des (Cliché de M. Emile Kern,
- ou huit autres malades de la peste; tous moururent.
- « Les médecins ont donc là un vaste champ où ils peuvent exercer leur activité et leur dévouement.
- « Les indigènes ignorants et simples comme des enfants ont en général une grande confiance dans le sorcier ou dans le tobib. Ce dernier est le médecin
- marocain, que l’on voit fréquemment accroupi sous une petite tente dans les marchés où il donne ses consultations et vend ses drogues; l’on voit souvent des Marocains avec un bout de papier, portant une inscription, collé sur le côté de la tête, à l’effet de faire disparaître un mal quelconque. Quand la nature prend le dessus et parvient à vaincre le mal, le sorcier ou le tobib prennent la guérison à leur crédit; mais quand il s’agit d’un mal récalcitrant qui s’aggrave, les deux compères disent au patient : « Tu peux aller trouver le diable maintenant, tu verras bien ce qu’il sera capable de faire. »
- « Le diable est naturellement le médecin européen. »
- ordures à Saffi. reproduction réservée.)
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- rn:
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour empêcher le beurre de rancir. — L’Industrie du beurre donne une recette fort simple pour conserver le beurre.
- Pour l’empêcher de rancir, on le lave, le malaxe dans l’eau, puis on en fait des mottes compactes qu’on recouvre d’une épaisse solution de sucre en poudre dans l’eau. Ce sirop de sucre, chauffé à 5o degrés, est étalé avec un pinceau à la surface de chaque motte ; sa chaleur fait fondre le beurre sur une faible épaisseur, et le mélange de sucre et de matière grasse forme une mince croûte laquée imperméable à l’air. jLe succès de l’opération dépend uniquement du soin qu’on y apporte ; en effet il ne faut laisser absolument aucun endroit qui ne soit badigeonné.
- Cette recette simple et commode rendra certainement service pendant les chaleurs.
- Pour teinter le laiton en légères marbrures rouges sur fond jaune chaud, on plonge les pièces décapées comme d’ordinaire dans un bain bouillant obtenu par le mélange des deux solutions ci-dessous :
- (Eau..............25oc.c. (Eau. . . . iaôc.c.
- A< Crème de tartre . 5 gr. B( Hyposulûte
- ( Sulfate de cuivre. 5 gr. ( de soude. i5gr.
- Dès que les pièces sont plongées dans la mixture bouillante, on retire du feu et on laisse reposer : les flocons de précipité qui se déposent sur le métal provoquent la formation de marbrures. Le patinage ne réussit généralement bien qu’autant que les surfaces à marbrer sont à peu près plates et disposées horizontalement dans la cuvette où se fait l’immersion. Les marbrures sont très solides. (Laboratoire de la Nature. D’après Ebermeyer.)
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- L’adresse du propriétaire du Parc aux Chenilles décrit dans le n° 2020, est M. L.-W. Newman, Bexley, Kent, Angleterre.
- Communications. — A propos du sommeil des poissons, — M. Forestier, de Genève, nous écrit : L’information parue dans le n° 2024 relativement au sommeil des poissons m’a rappelé un agréable souvenir de mes séjours en Russie; la propriété était peu éloignée d’un
- affluent du Don et -il me fut proposé, un jour, d’aller pêcher le brochet, ce que j’acceptai avec entrain, mais grand fut mon étonnement lorsque je vis qu’on me présentait en guise de canne à pêche un bâton d’environ 70 à 80 centimètres au bout duquel se trouvait un nœud coulant formé d’un crin blanc arraché à la queue d’un cheval; on m’expliqua alors qu’on allait les pêcher pendant leur sommeil. La suite me convainquit, nous en prîmes une vingtaine ; nous surveillions attentivement le fond de la rivière et, dès que nous en apercevions un, nous arrêtions le canot et avec une précaution très grande, nous lui passions le dit nœud coulant jusque derrière les ouïes et cela sans le "toucher, car, au moindre attouchement, le poisson s’échappe; au moment où le nœud arrivait derrière les ouïes, on tirait vivement et le brochet se trouvait alors pris. Ce qui me fait supposer que le brochet dort, c’est qu’on passe le nœud
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- coulant par la tête ; s’il ne dormait pas, il verrait certainement le bâton, si ce n’est le nœud coulant; de plus, ce n’est que pendant les fortes chaleurs que se pratique ce genre de sport auquel je m’adonnais toujours avec plaisir.
- Renseignements. — M. J. de Fontane, château de La Gardelle. — Tous les dictionnaires arabes sont disposés dans l’ordre des racines, et par conséquent l’étymologie s’y trouve marquée par le fait même de cette disposition. L’un des meilleurs est celui que vous indiquez: Bibenstein-Kazimirski; le prix que l’on vous en demande (70 fr.) est normal. Est également excellent : Belot, Vocabulaire arabe-français, publié à Beyrouth, que vous trouverez, pour 12 ou i5 francs, également chez Geuthner. Pour ce dernier, ayez soin de demander la dernière édition; il y en a cinq ou six.
- Dénicotinisation du tabac. — On sait que le tabac est d’autant plus « fort » qu’il contient davantage de nicotine. Les feuilles contenant à l’état naturel, et selon leur provenance, des quantités fort variables de nicotine, on doit dans les manufactures de tabac faire des mélanges et enlever au besoin l’excès d’alcaloïde pour obtenir une force convenable. Il peut être parfois intéressant de faire cette opération soi-même, ne fut-ce par exemple que pour transformer en « caporal doux » le « scaferlati ordinaire » de la Régie, vendu meilleur marché. Des divers procédés que nous avons essayés à ce sujet sur la demande d’un de nos lecteurs, le plus simple consiste en une macération pendant la nuit dans l’eau contenant 2 p. 100 d’acide chlorhydrique. On exprime en recueil-
- lant le liquide noirâtre qui s’écoule — c’est là un insecticide excellent — on lave bien à l’eau ordinaire pour enlever toute trace d’acide et on fait sécher. [Laboratoire de La Nature).
- M. A. C., à Paris. — Pour l’observation de l’éclipse et des phénomènes qui l’accompagnent, vous trouverez tous les renseignements nécessaires à un amateur, dans l’ouvrage de notre collaborateur M. Rudaux : Comment observer les astres. 1 vol. Librairie Masson. Prix: 4 fr.
- M. R. Delebergue, à Paris. — Remplacer le vernis à la gomme laque qui en effet fond si la chaleur s’élève par du ruban caoutchouté qu’emploient les électriciens pour faire les joints de câbles. C’est de la toile imprégnée de caoutchouc pur non vulcanisé qui forme un tout compact quand on l’enroule sur lui-même. On peut prendre aussi une mince feuille de carton d’amiante, mais en raison de l’humidité ce moyen est peu recommandable.
- M. H. Bertin, 20, rue Pontis, Salon. i° Fabricant de couleurs : Benda, 2, rue des Francs-Bourgeois ; 20 II n’existe que des ouvrages sur le pétrole en général, bien incomplets pour le détail des questions rectification. D’ailleurs, il n’est pas pratique de faire cela en petit, et les produits ordinaires du commerce ne contiennent absolument que des matières volatiles ; 3° Broyeurs à couleurs : Savy-Jeanjean, 162, rue deCha-renton, Lambert, 20, rue Rebeval, Paris; cette dernière maison doit plutôt avoir des machines de petit modèle.
- M. P. Courtonne, Ingénieur, Theater Platz Baden. — Les crayons anti-m,igraines sont obtenus par fusion et moulage de cristaux de menthol (fondant à 37 degrés).
- :$SD
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- OEul complet inclus dans un autre ceuf : F. HenneGuy. — Traitement par les hypochlorites alcalins des eaux servant à l’alimentation publique (Javellisation) : Edmond Bonjean. — Nos chemins de fer coloniaux : R. BpNNiN. — Un paquet de cigarettes : Fernand Comte. — Les transformations des corps radioactifs : H. Vigneron. — L’indicateur de vitesse du capitaine Etévé : R. C. — Académie des sciences; séances des 12 et 19 mars 1912 : Ch. de Villedeuil. — Le lunarium : L. Rever-chon.
- Supplément. — Le zéro du nivellement européen. — Floraison automnale déterminée par un incendie. — Ce qui casse dans une automobile. — Le nettoyage par le vide sur les chemins de fer, etc.
- Notions fondamentales d’analyse qualitative, par Y. Thomas et D. Gauthier, in-8 de 326 pages, Gau-thier-Yillars, éditeur, Paris, 1912, 10 francs.
- Cet ouvrage décrit d’abord les méthodes employées dans les laboratoires pour l’analyse : par voie humide, par voie sèche, microscopique et spectroscopique, puis étudie longuement et clairement les caractères des bases et des acides, enfin traite de l’analyse proprement dite, donnant les indications utiles pour la séparation des métaux, des acides et la manière méthodique de procéder. Il se termine par quelques tables et renseignements complémentaires.
- Propriétés optiques des muscles, par Fred Vlès, in-8, 872 pages, Hermann, éditeur, Paris, 1911, i5 francs.
- L’habitude des histologistes est d’étudier les tissus après les avoir traités par divers réactifs. Cette méthode montre dans les muscles une structure très compliquée. M. Ylès vient d’appliquer à leur observation, le plus souvent in vivo, les méthodes de la physique et cela lui a permis d’éclaircir bien des problèmes insolubles jusqu’alors. Dans ce livre, il étudie l’absorption, la réfraction, les phénomènes de diffraction que présentent les muscles et les images qu’ils donnent quand on les observe en lumière ultra-violette et en lumière polarisée. Ceci lui permet de discuter la valeur de la striation des fibres musculaires décrite par les histologistes et de proposer une nouvelle théorie de celle-ci.
- Huiles et graisses végétales comestibles, par G. Halphen (Manuels Bordas et Roux). 1 vol. 498 p- Béranger, édit. Paris, .1912.
- Ce volume sera indispensable à tout chimiste qui voudra étudier à fond une question quelconque relative à cette partie de l’art alimentaire. M. Halphen, en effet, rompt avec certaines méthodes d’analyses trop simplistes, longtemps considérées comme suffisantes, nous voulons parler des méthodes purement physiques. M. Halphen les expose, mais en même temps il montre leurs points faibles et insiste avec beaucoup déraison, croyons-nous, sur l’emploi des réactions chimiques, seules capables de caractériser avec certitude la présence d’un corps adultérant. Ce livre, très complet, pourvu en outre d’une documentation juridique et administrative, rendra les plus grands services aux experts et aux expertisés.
- Handbuch der vergleichenden Physiologie, par Hans Winterstein, 18® et 1 g' livraisons. Gustav Fischer, Iéna, 1911.
- Deux nouvelles livraisons de ce très important ouvrage viennent de paraître. Dans la 180, on trouvera, traitée par le professeur Biedermann, la suite des études sur la nutrition; le fascicule renferme la description des organes digestifs des vertébrés : glandes salivaires, estomac, intestin, pancréas, et de leurs fonctions mécaniques et chimiques; un dernier chapitre est consacré à l’absorption; la livraison se termine par une longue liste d’indications bibliographiques où malheureusement les français sont un peu trop oubliés. Dans la 19e, commence la physiologie du mouvement qu’étudie le professeur R. du Bois-Reymond; on y trouve exposés les mouvements du protoplasma, des cils vibratiles, des muscles, puis les mouvements de l’homme et des divers animaux, et enfin une grande partie d’un chapitre consacré à la nage.
- The migrations of Birds, par T.-À. Coward, Cambridge University Press, 1912, j sh.
- Excellent petit livre donnant de nombreux renseignements sur les migrations des oiseaux, leurs causes, les routes suivies, la hauteur et la vitesse du vol, la faculté d’orientation, les distances parcourues, l’influence du temps, les dangers des migrations, etc.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Organisation et direction des usines. Guide pratique, d’après le livre allemand de A. Ballewski, par André Mater, x vol. 220 p. Gauthier-Villars, édit. Paris, 1911. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce livre est tout imprégné de pensée allemande ; à ce titre il intéressera au plus haut point tous les industriels français; ils y saisiront quelques-uns des secrets qui donnent à l’industrie allemande son étonnante force d’expansion. Ces secrets n’ont rien de mystérieux : de l’ordre, de la méthode, des moyens adaptés au but poursuivi, l’art d’utiliser les subordonnés à leur maximum de rendement, en leur laissant
- le maximum d’initiative compatible avec la discipline, la simplification des rouages administratifs, emploi judicieux de la publicité, des voyageurs, etc. On trouvera dans le livre de M. Mayer une foule de sages conseils, utiles à méditer et de précieux renseignements pratiques.
- Who’s who in Science, 1912. J. et A. Churchill, London. Prix : 6 sh.
- Répertoire des principaux savants du monde avec pour chacun d’eux une courte biographie et l’indication de leurs principaux ouvrages.
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 18 mars 1912. 5° 0 S.-S. W. 4. Couvert. 5,5
- Mardi 19 6°.7 W. S. W. 5. Couvert. 4,3
- Mercredi 20 ... . 4° 5 S. W. 5. Très nuageux. 1,3
- Jeudi 21 6°,3 S. S. W. 5. Couvert. 3,6
- Vendredi 22 ... . 7°,0 S. W. 5. Couvert. 2,9
- Samedi 23 6°,7 S. W. 2. Couvert. 3,2
- Dimanche 24. . . . 11°, 0 W. N. W. 5. Nuageux. 1,1
- OBSERVATIONS GENERALES
- Pluie de 9 h. à 10 h. 30 et 19 h. 45 à 22 h. 20; très nuag.
- PL de P 15 à 45; aver. mêlée de grêle à 14h 45 et à 17 h. tr. nuag. PL et grêle à diverses reprises ; tiuag. ; gel. bl. le soir.
- Très nuag. ; pluie par intervalles.
- Très nuag. ; averses l’après-midi.
- Couv. ; pluie de lh à 3b 40 ; pluie ou gouttes de 134 10 à 24.
- Très nuag. le m. ; couv. le s. ; pluie jusq. 3h et de S* à 5h 30.
- MARS 1912. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 MARS 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les coin-bes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résume général d’après les bulletins
- Du 18 au 24 mars. — Le 18. Situation troublée sur le W. et le Centre de l’Europe. Minimum barométrique aux îles Scilly, 728. Pluies abondantes sur le W. de l’Europe. Neiges dans le Centre et le N. En France : Nice, 40 mm; Charleville, 20; Nantes, 18; Lorient, i5; Paris, 3. Temp. du matin : Arkhangel, — i3°; Charleville, 5; Paris, 6; Toulouse, 7; Marseille, 12; moyenne à Paris ; 8°,4 (normale : 6°, 1 ). — Le 19. Une dépression persiste sur le N.-W. de l’Europe; minimum à Shields (734 mm), une autre se forme sur la Méditerranée (7$2 à Nice). Pression élevée sur le N.-E. Pluies générales. En France : Nice, 76 mm; Charleville, 17; Limoges, i5; Biarritz, xo; Brest, 7. Temp. du matin : Belfort, +3°; Nantes et Paris, 7; Toulouse, 8; Alger, 16; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 6°,2). — Le 20. Situation stationnaire sur le W. de l’Europe. Fortes pressions apparaissent dans le Sud. Pluies sur le W., le Centre et le N. En France : Biarritz, 18 mm; Cherbourg, 16; Boulogne, 8; Paris, 1. Temp. du matin : Belfort, +3°; Paris, 5; Marseille, 12; Alger, 16. — Le 21. Pression basse sur presque toute l’Europe. Centre cyclonique près de l’Irlande (729 mm). Pluies générales. En France : Bordeaux et Cherbourg, 16 mm; Nantes, ix ; Nancy, 5; Paris, 2. Temp. du matin : Arkhangel, — 4°; Belfort, 4- 1; Paris et Marseille, 6; Biarritz, 12;
- du Bureau Central Météorologique.
- Alger, 14; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 6&,5). — Le 22. La situation atmosphérique reste troublée sur toute l’Europe : centre de dépression sur la mer du Nord (736 mm). Fortes pressions sur l’E. et le S.-W. (Gibraltar : 771). Pluies sur le W. et le N. de l’Europe. En France : Cherboui’g, Limoges, Nice, 17 mm; Paris, i3; Charleville, 12. Temp. du matin : Moscou,
- — 90; Belfort, 5; Paris, 7; Marseille, 8; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 6°,6). — Le 23. La pression se relève sur le W. et reste basse sur le N. et le Centre. Nouvelle dépression au large de l’Irlande. Pluies générales sur le W. et le S. En France : Puy de Dôme, 34 mm; Biarritz, 15; Paris, 4- Temp. du matin : Belfort, 5°; Paris et Marseille, 7; Nantes et Bordeaux, 8; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 6°,7). — Le 24. La dépression de la veille s’étend sur les Iles-Britanniques et la mer du Nord ; autre dépression sur la Scandinavie, fortes pressions sur le S.-W. et l’E. (Madrid : 772; Moscou : 769). Pluies sur le N., le Centre et le W. En France : Nantes, 34 mm; Cherbourg, 19; Brest, x5; Paris, 3. Temp. du matin : Moscou, — 6°; Berlin, -(- 3; Belfort, 8; Paris, 11; Nantes, 12; Alger, 16; moyenne à Paris : i2°,5 (normale : 6°,8).
- — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 18, à 10 h. 18 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut, Professeur à l’École des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique» Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VT)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 2028 — 6 AVRIL 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- cs§T
- Un monument à M. Janssen. — L’illustre astronome J. Janssen (décédé le a3 décembre 1907) fut un des premiers collaborateurs assidus de La Nature etun ami personnel de son fondateur J. Tissandier. A ce double titre nous devons faire connaître qu’un comité vient de se constituer, sous la présidence deM. H. Poincaré, pour l’exécution d’un monument à sa mémoire. Ce sera une juste reconnaissance de ses grands travaux et éminents services scientifiques, qui ont été résumés au n° 1806 (4 janvier 1908). Les souscriptions seront reçues par M. H. Déhérain, bibliothécaire à l'Institut, 22, rue de Tocqueville, Paris.
- Sur l’attaque du fer par l’eau.— Nous avons déjà entretenu les lecteurs de La Nature des travaux qui sont entrepris dans divers laboratoires sur l’attaque du fer par l’eau seule, ou en présence de différentes influences physiques ou chimiques, et qui détermine le phénomène si complexe de la formation de la rouille. Des contributions intéressantes à l’étude de ces sortes de phénomènes ont été apportées dans ces derniers temps en Angleterre par M. Brown et ses collaborateurs. Ces auteurs ont recherché l’action de la vapeur d’eau sur le fer à des températures variées allant jusqu’à ç)5o° à 5oo°, la réaction est extrêmement lente. Les meilleures températures pour l’étude du phénomène vont de 65o. A 820°; à cette dernière température, après chauffage de 5 heures, des pièces de fer de cinq centièmes de millimètre d’épaisseur ont été complètement transformées en oxyde ferroso-ferrique Fe304. A température plus basse, il se forme des mélanges d’oxyde ferreux et d’oxyde ferroso-ferrique en proportions variées. Les mêmes savants ont également déterminé l’action des solutions de sel ou de l’eau de mer sur le fer à diverses températures ; ils ont opéré sur des lames minces de fer pur dont ils ont déterminé la perte de poids Au-dessous de i3°, les solutions diluées de chlorure de sodium exercent une action plus corrosive que l’eau distillée à la même température; mais au-dessus de i3°, contrairement à ce qu’on pourrait croire, elles exercent une action moins corrosive. A x3° cette action est pratiquement la même pour des solutions diluées de chlorure de sodium, pour l’eau de mer et pour l’eau distillée; cette sorte de température critique a été désignée sous le nom de température d’inversion.
- Éclat photographique d’une Nova. — La Nova La-certae est une étoile assez intéressante qui, après avoir présenté une luminosité fort sensible, s’est mise à diminuer d’éclat assez régulièrement : il était donc utile de suivre la courbe des éclats et c’est ce que vient de faire avec le plus grand soin l’astronome N. N. Kalitine1.
- I. Pouekowo : Mitteilungen, t.. IV, n° 46.
- L’étude est basée sur les observations photographiques obtenues à l’Observatoire de Pulkowa pendant les huit premiers mois de l’année 1911; les clichés obtenus au moyen de l’astrographe de Brédikine correspondent à des poses qui varient de 7 minutes à une heure ; les plaques employées sont soit Schleussner ordinaire, des Lumière Violette, ou des Seed-27.
- Les plaques sont mesurées au moyen du microscope à éclipse. On se sert d’une échelle obtenue en photographiant l’étoile 2a Cygni avec des poses qui augmentent suivant une proportion géométrique de raison 2, depuis 4 secondes jusqu’à 17 minutes ^'rai^GUpL.
- 4 secondes; cette échelle a des images de contrôle indiquant l’invariabilité de la transparence atmosphérique; cette échelle a été pho to gra-phiée à travers un filtre violet, mais cela n’a aucune influence parce qu’elle ne sert que d’intermédiaire, et ses images sont très semblables à celles des épreuves obtenues sans filtre. Cette échelle’ a été imprimée en grandeurs stellaires au moyen de 27 étoiles blanches ou Pléiades.
- Nous n’entrerons pas ici dans la description des discussions courantes relatives aux grandeurs précises des étoiles de comparaison; mais il est bon de dire, cependant, que la discussion de N. N. Kalitine est particulièrement soignée, ce qui le conduit à une courbe de lumière assez précise pour cette intéressante Nova, dont l’éclat a diminué de plus de quatre grandeurs ; c’est encore une importante contribution apportée parles astronomes de l’Observatoire central Nicolas.
- • 4 i.5 Jjô 3o.G 3o.y 29.8 Courbe de lumière de ÿova Lacertae.
- Le moteur Diesel aux colonies. — Dans une intéressante conférence qu’il vient de faire à Londres surle moteurDiesel, le Dr Rudolph Diesel a traité, entre autres questions importantes, de l’application du moteur à combustion interne aux colonies. Dès 1900, dit-il, lé gouvernement français avait pris l’initiative d’essais sur un petit moteur qui brûlait de l’huile d’arachide, ce mo-
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- INFORMATIONS
- teur figura à l’exposition de 1900 dans le stand Otto, où il fonctionnait fort bien. On aperçoit de suite la portée d’une telle tentative ; nos colonies africaines sont riches en huile d’arachides: elles eussent donc trouvé dans leurs plantations une source de force motrice aussi riche que des charbonnages. Ajoutons quel’huile d’arachides sert également au graissage du moteur et que celui-ci se trouve ainsi rigoureusement indépendant. C’était donc le moteur colonial idéal, les essais ont été abandonnés. Le Dr Diesel vient de les reprendre et en fait connaître les résultats, les voici : consommation : 240 gr. par cheval-heure avec une huile de 8600 calories par kilogramme.
- Acier cinghalais d’origine ancienne. — Dans une récente communication à la Société royale de Londres, sirR. Hadfield aétudié la composition de plusieurs métaux d’origine cinghalaise, qui viennent d’être retrouvés sous forme de divers objets. Il a examiné en particulier des ciseaux d’acier datant du v° siècle avant Jésus-Christ et trouvés dans une ville ensevelie à Ceylan. La teneur en phosphore du métal est un peu élevée, mais le soufre, le carbone et le silicium sont en quantités très faibles et le manganèse manque totalement. Il s’agit là plutôt d’un fer forgé que d’un acier.
- Un aéroplane géant. — Les expériences faites ces jours-ci à l’aérodrome de Johannisthal, près de Berlin, avec un « Pigeon » Rumpler, de dimensions remarquables, suscitent un intérêt peu ordinaire. Il s’agit, en
- effet, de l’aéroplane le plus puissant qui existe. Cet aéroplane est muni de deux moteurs Argus, chacun de 100 ch., qui communiquent leur énergie à deux hélices aériennes. Tandis que l’un de ces moteurs, monté à la façon normale, commande directement une hélice de dimensions usuelles, l’autre, monté un peu en arrière, agit par l’intermédiaire d’une chaîne sur une seconde hélice de dimensions bien plus grandes concentrique^ la première, montée à très peu de distance de celle-ci et qui tourne dans le même sens. Le rapport de transmission des roues à chaîne est choisi de façon à faire exécuter à l’hélice plus grande un nombre de tours plus petit que l’hélice plus petite. Le rendement de la grande hélice à rotation lente, est plus favorable que celui d’une hélice plus petite à rotation rapide. Les nombres de tours et les pas de vis ont été choisis de façon à rendre le rendement du système de deux hélices plus grand que la somme des rendements individuels. Cette disposition est due à un ingénieur russe, M. Loutzkoy. Le poids de l’aéroplane est en rapport avec la puissance de ses moteurs. Aussi le châssis est-il d’une construction particulièrement soignée et qui diffère sensiblement de la forme usuelle. Les expériences jusqu’ici faites ont donné de très bons résultats.
- Le bandage Pfleumer. — C’est un produit fort curieux : une véritable mousse de caoutchouc que son inventeur propose d’utiliser en remplacement du pneumatique ordinaire. Le pneu-mousse, tel est le nom dont il a été baptisé, est fait de caoutchouc vulcanisé au contact d’un gaz, sous très haute pression, pouvant atteindre 3oo kilogrammes par centimètre carré. L’opération pratiquée dans ces conditions fait pénétrer le gaz dans la masse où il reste occlus et amène celle-ci à l’état d'écume. Après refroidissement, on obtient un corps de densité (0,09) très inférieure à celle du liège (0,24), très élastique; bref un caoutchouc percé de mille chambres à air. Les qualités mécaniques de cette
- substance semblent devoir lui permettre de jouer le rôle d’une chambre à air increvable et indégonflable.
- Un nouveau mode de trempe. — Notre confrère l’Engeneer annonce qu’un ingénieur norvégien M. Chr. Oftedahl de Christiania aurait découvert et fait breveter un procédé de traitement chimique du fer et de l’acier qui permettrait de rendre pendant le laminage leur surface trempée et extrêmement résislante sans leur ôter aucune de leurs propriétés d’élasticité et sans développer leur fragilité. Le traitement consisterait dans l’addition pendant le laminage, d’un produit chimique que l’auteur aurait réussi à mettre au point après plusieurs années d’études..
- Les mines au Tonkin. — L’industrie minière tonkinoise semble en plein progrès : elle est localisée dans la région comprise entre Lao-Kay-Langson et Hanoï. La production de charbon est passée de 363 000 tonnes en 1909 à 479696 tonnes en 1910, et elle a donné lieu à un mouvement d’exportation de 204716 tonnes. LaproducT tion du zinc, nulle en 1905 est actuellement de près de 23ooo tonnes. Il existe dans la région de Van-Gên, Yen-bay et Langson des mines de cuivre actuellement dans la période de préparation. La région de Cao-Bang possède une exploitation d’uranite qui a exporté en 1910, 11 16 kilogrammes de cette substance. Enfin les toutes récentes découvertes ont révélé des gîtes de phosphate de chaux situés, pour la plupart, autour du massif calcaire de Cai-Kinh qui sépare le cours du Song-eau de celui du Song-Ki-Kong.
- L’élevage des Carpes au voisinage des abattoirs.
- — Dans l’Allgemeine Fischerei-Zeitung, le Dr Haas conseille l’élevage de ces poissons comme très rémunérateur. On a créé l’an dernier à Offenburg un étang à carpes près de l’abattoir pour utiliser ses résidus. Des carpes de miroir de 25o à 375 grammes mises dans l’étang le 12 mai ont été nourries d’un mélange de sang, de farine de seigle et d’unpeu de viande cuite ; le 12 octobre, les carpes avaient augmenté en moyenne de i25o grammes. Or le travail avait été fourni par le personnel de l’abattoir sans aucun frais et la nourriture avait fort peu coûté, le sang et la viande provenant des résidus de l’abattoir. Les carpes vendues furent toutes trouvées de qualité excellente.
- Un poisson caméléon. — M. Jacques Pellegrin, assistant au Muséum, vient de signaler dans la Revue-générale des Sciences un fort joli petit poisson, le Meso-nauta insignis, originaire de l’Amérique du Sud, récemment introduit en Allemagne comme curiosité d’aquarium et qui, comme le caméléon, a la propriété de varier sa coloration et de l’adapter au milieu environnant.
- Lorsqu’il nage tranquillement dans les eaux claires ou qu’il se, tient sur les fonds de sable jaunâtre, il semble jaune rayé d’une large bande foncée allant de l’œil à l’origine de la nageoire dorsale en dessinant une sorte de bride. Au contraire s’il séjourne parmi des plantes aquatiques sombres ou s’il est irrité, sa tonalité générale fonce rapidement. Il se raye de cinq ou six bandes transversales noirâtres qui s’étendent et se confondent au point de ne plus laisser que de rares intervalles jaunâtres. Ainsi coloré le poisson peut parfaitement se dissimuler dans les algues, soit pour échapper à ses ennemis aquatiques, soit pour guetter, invisible, la proie qu’il ambitionne. S’il passe ensuite dans l’eau courante il revient en une demi-minute à sa teinte primitive, le réseau sombre fait place à une teinte claire et l’animal arrive quelquefois à être entièrement d’un jaune grisâtre. Les nageoires participent également à ces variations de teintes et peuvent facilement passer du sombre au clair.
- Pouilles archéologiques au Maroc. — Un rapport vient, d’être publié dans les Archives marocaines de M. Alfred Le Chaletier, par MM. Biarnay etPéralié sur leurs intéressantes découvertes récentes au Maroc. Ils ont déblayé, sur le plateau de Marchan, à Tanger, une nécropole du quatrième siècle après Jésus-Christ; à 20 kr-lomètres au sud-ouest de la ville, un établissement thermal romain ; et, au sud du cap Spartel, une grotte préhistorique.
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- Chemins de fer
- Nouveau système d’éclissage supprimant les chocs au passage des joints de rails. — On ne saurait assez insister sur l'intérêt capital que présente le problème dont une solution nouvelle va être exposée ci-dessous. La sécurité des transports, la durée du matériel exigent chaque jour une voie plus robuste et plus homogène, évitant les chocs et les vibrations dont l’importance et le danger s’accroissent sans cesse avec la vitesse et lé poids des trains.
- Comme le montre le croquis en marge, on peut comparer réclisse à une petite charpente de pont reposant sur ses deux culées, qui ne sont autres que les traverses T et T1.
- Il vient dès lors naturellement à l’esprit d’utiliser cette circonstance particulière pour éviter le choc produit au passage du joint A. Supposons, en effet, qu’à partir d’un point voisin de la traverse T, la roue exerce sa charge P non plus sur le rail, et que quittant celui-ci qui s’effondre en fait sous son passage, elle roule sur l'éclisse convenablement surélevée et renforcée : si cette substitution a lieu assez près de la traverse T, pour que la flexion soit encore faible, le choc en A sera désormais supprimé puisque la roue prend appui sur la surface -continue de l’éclisse. Nous le remplaçons par un ensemble de trois périodes caractéristiques successives :
- Procédé imaginé par M. de Redon.
- i° La roue s’engage du rail R, sur l’éclisse avec un choc qu’un montage soigné peut rendre nul puisque la flexion est négligeable à ce moment; a" la roue parcourt la longueur de l’éclisse sans choc ; 3° la roue quitte l’éclisse avec un choc analogue au premier.
- On peut en employant deséclisses de longueur convenable et en les faisant reposer sur trois traverses ou davantage, réduire cet ensemble complexe à un roulement uniformément doux et silencieux, condition nécessaire de la bonne exploitation des voies ferrées. — L’inventeur est M. de Redon, 20, boulevard Montmartre, Paris.
- Mécanique
- Câble Herzmark pour transmission de mouvements à distance. — Le câble Herzmark donne le moyen de transmettre très simplement, sans courroies, ni engrenages, ni bielles, des mouvements rectilignes ou circulaires entre deux points séparés par un trajet quelconque, même très sinueux et aussi de transformer un mouvement circulaire en mouvement rectiligne oü vice-versa, ce qui permet de résoudre une foule de problèmes qui peuvent se présenter dans les constructions mécaniques de tous genres.
- Il se compose d’un petit tube creux rigide en cuivre rouge, posé coudé ou courbé suivant le chemin à parcourir, et dans lequel peut ramper une gaine à anneaux flexibles renfermant elle-mêmé un petit fil central souple en brins d’âcier. Le fil et la gaine, sont réunis rigidement à leurs deux extrémités par des pistons en laiton; le fil est attaché au centre des pistons tandis que la gaine vient s’appuyer sur des épaulements ménagés vers leur pourtour extérieur. Le fil et la gaine forment un ensemble de deux organes inséparables qui cheminent toujours de compagnie dans le tube, dans un sens ou dans l’autre, mais dont il n’y a jamais qu’un seul qui travail. G’est l’un ou l’autre suivant le sens du mouvement. Si c’est un tirage qu’on exerce sur le piston transmetteur P„ par exemple, le mouvement se transmet à l’autre piston par le fil souple, la gaine flexible ne servant alors que de guide ; si c’est au contraire une
- poussée qu’on exerce sur le piston P2 transmetteur, elle est transmise par la gaine dont l’autre bout vient pousser le piston, le fil central ne jouant dans ce cas aucun rôle. L’avantage de pouvoir marcher aussi bien dans un sens que dans l’autre différencie le câble Herzmark du câble
- Bowden cjug tout ____
- le mon de a vu sur \ ?.
- les freins de bicy- ?(" p* Ca«J ^gÉll
- travaille bien que .
- dans un sens, ce-
- lui du tirage (par- P2 P2
- ce qu’il ne com- „ , , . .
- u , Fig. 1. — Câble Herzmark a pistons pour trans-
- porte qu un or- mission dJun mouvement rectiligne simple, gane mobile, un alternatif, fil souple, au lieu
- de deux) ce qui oblige à faire usage d’un ressort de rappel pour le ramener au repos.
- Avec le tube Herzmark, lorsque les mouvements à transmettre sont rectilignes (fig. 1) les pistons terminaux sont allongés et coulissent dans les extrémités droites du tube. La longueur de celui-ci est réglée au moment du montage pour que l’un des pistons P2 soit sorti tandis que l’autre Pj est rentré.
- Lorsque ce sont des mouvements de rotation qu’on veut transmettre, les pistons se réduisent (fig. 2) chacun à une rondelle très mince ou fixée en un point de la gorge circulaire d’une poulie Rt ou R2. La gaine (et son fil), solidaire des rondelles a, ou «2, tourne dans les gorges circulaires des poulies Rj ou R2, puis coulisse dans le tube dont les extrémités sont tangentes aux poulies R* R2; elle forme ainsi une figure aualogue . à la lettre grecque <7 (sigma) d’où le nom de « sigmas » donné par l’inventeur à ces organes. Le montage est fait de façon que lorsque la gaine est complètement enroulée sur l’une des poulies R2 par exemple, elle est complètement déroulée sur l’autre poulie Rr Si l’on fait tourner cette poulie R2 dans le sens de la flèche en trait plein, la gaine se déroule sur elle tandis qu’elle s’enroule sur la poulie Rj, laquelle est alors entraînée par la rondelle at dans un mouvement de rotation (flèche en trait plein) reproduisant celui transmis en R2. L’inverse se produit si l’on fait tourner l’une des poulies dans le sens (flèches en trait pointillé) inverse de celui des flèches en trait plein.
- On peut transformer à distance de la façon la plus aisée un mouvement rectiligne en mouvement circulaire et vice versa avec un tube Herzmark terminé d’un côté par un piston allongé et de l’autre par une poulie « sigma ».
- Une application très curieuse des appareils Herzmark est la commande multiple à distance ou lâ transmission à distance d’un mouvement d’un point à plusieurs autres à la fois. S’il s’agit d’un mouvement rectiligne, il suffit d’attacher (fig. 3) à une poignée unique de manœuvre
- Fig. 2. — Câble Herzmark à poulies « sigmas » pour transmission simple ou multiple d’un mouvement circulaire alternatif, ou pour transformation de mouvement circulaire en mouvement rectiligne. — Fig. 3. — Transmission double d’un mouvement rectiligne alternatif par un câble Herzmark à pistons.
- deux pistons voisins coulissant dans des tubes accolés, à leur départ et divergeant ensuite à volonté. Pour trans-, mettre un mouvement circulaire, on dispose sur une même poulie Rt (fig. 2) plusieurs sigmas st ss tangents en des points différents (et embrassant des arcs de déroulement plus petits).
- Dans le tube Herzmark, le frottement de la gaine flexible en acier sur le cube en cuivre rouge (remplacé par de l’aluminium seulement pour les applications à
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- l'aviation) est très faible, ce qui permet d’une part de l’employer pour transmettre des efforts considérables allant jusqu’à 1000 kilogrammes, d’autre part de le faire passer par des coudes extrêmement brusques, par exemple dans des courbes de 4 millimètres de diamètre j>our un effort de 3o kilogrammes. Le câble Herzmark ne demande aucun entretien ni graissage. — Ce câble se trouve chez Herzmark et C", 5, rue Poli-veau, Paris.
- Objets utiles
- L’auto-timbreur. — Petit appareil destiné à supprimer l’opération toujours désagréable, et pénible lorsqu’elle est trop fréquemment répétée, du collage des timbres sur les lettres II se compose d’une petite boîte ronde en cuivre nickelé, contenant les timbres, et
- fermée à sa partie supérieure par un couvercle à tige mobile ; on enfonce ce couvercle avec le pouce : de la sorte, on chasse le timbre et celui-ci sort facilement par l’ouverture rectangulaire placée au bas de l’appareil.
- A l’objet est fixée une petite éponge qui sert à mouiller le coin de l’enveloppe où sera collé le timbre.
- Ainsi l’auto-timbreur est à la fois une boîte à timbres commode (elle peut en tenir 35o) et un appareil colleur. — Il coûte 5 francs. 11 est vendu par l’Express Publicité, iiz, rue de Navarin, Paris.
- c^'S'S. Photographie <^4,§Js
- Mesure facile de la vitesse des obturateurs. — Les
- obturateurs montés sur nos appareils portent généralement une graduation qui indique le temps pendant lequel la plaque est exposée aux rayons lumineux. Cette graduation n’est pas toujours faite en fractions de secondes, elle comporte le plus souvent des numéros qui doivent correspondre chacun à une vitesse différente indiquée par le constructeur. Mais quel que soit le mode d’indication adopté, il est bon de pouvoir se rendre compte par soi-même de la vitesse réelle obtenue par son appareil. Il arrive en effet que la graduation est fantaisiste, ou, si elle a été faite consciencieusement, qu’elle a varié par suite de l’usure des freins et des ressorts, ou pour toute autre cause. On trouve dans les agendas, et notamment dans l’agenda Lumière, un tableau indiquant la vitesse de déplacement de sujets usuels : homme au pas, cheval à différentes allures, tramway, pigeon, hirondelle, etc., et un autre tableau indiquant la vitesse au-dessous de laquelle il ne faut pas descendre si on veut conserver à l’image une netteté suffisante.
- Il est donc nécessaire de bien connaître dans quelles conditions fonctionne un obturateur.
- Beaucoup de méthodes ont été indiquées : prendre l’image d’un pendule, d’une roue de bicyclette portant un papier blanc, d’une bille brillante qui tombe, etc... tout cela n’est pas très précis et pas toujours facile à faire.
- M. L. Benoist, professeur de physique, a indiqué deux procédés extrêmement simples et en même temps très précis : Le premier est à la portée de ceux qui ont dans leur voisinage un arc électrique alimenté par courant alternatif, ce qui est très commun aujourd’hui.
- Avec ce genre de courant, chaque charbon devient alternativement positif ou négatif ; il en résulte que la lampe s’allume et s’éteint un certain nombre de fois par seconde. Ces extinctions et ces allumages sont assez rapides pour que l’œil ne les perçoive pas, mais ils existent. Il est facile de connaître leur fréquence en le demandant à l’usine qui fournit le courant. A Paris, sur la rive gauche, la fréquence du courant est de 42 périodes àla seconde, soit 84 alternances.
- Pour mesurer la vitesse de son obturateur, il suffit donc de photographier un globe électrique en donnant à l’appareil un mouvement de translation dans le sens horizontal par exemple. On comprend que dans ces conditions le globe impressionnera la plaque autant de fois qu’il aura été allumé pendant que l’obturateur est resté ouvert; la distance entre chaque image sera d’autant
- plus grande que le mouvement de translation aura été plus rapide, cela n’a pas d’importance; il suffira de compter le nombre des images pour avoir en fractions de seconde, d’une façon très précise, la vitesse de l’obturateur. Comme on opérera la nuit, et que seul le globe laissera une image sur la plaque, il sera facile de faire sur la même plaque une série d’expériences avec les différentes vitesses auxquelles on peut faire fonctionner l’obturateur; il suffira de s’arranger de façon à ce que les images se trouvent, pour chaque essai, sur une région différente de la plaque. Ce résultat peut s’obtenir soit au moyen du viseur, si on opère à la main, soit au moyen du verre dépoli, en décentrant l’objectif ou en inclinant l’appareil, si on opère sur pied.
- Le second procédé est destiné à ceux qui ne peuvent pas disposer d'un arc électrique alternatif. Il est basé sur une expérience très connue : l’harmonica chimique qui consiste à allumer un jet d’hydrogène à l’extrémité d’un tube de verre effilé et à entourer la flamme ainsi obtenue d’une cheminée, un verre de lampe par exemple. La flamme se inet à chanter, donnant une note dont la hauteur est en rapport avec la longueur de la cheminée.
- Or ce chant provient d’une série d’allumages et d’extinctions et la note musicale produite en indique exactement le nombre. Cependant dans l’expérience précitée la flamme de l’hydrogène serait insuffisante pour impressionner la plaque photographique et M. L. Benoist la remplace par une flamme d’acétylène qui est très photogénique, et plus facile à obtenir, puisqu’aujourd’hui ce genre d’éclairage est répandu partout. Il suffit de prendre une lampe du modèle courant qu’on trouve dans les bazars au prix de 3 ou 4 francs ; on remplace le bec en stéatile par un tube de verre effilé et on entoure la flamme d’un tube plus large. Il est bon, pour faciliter l’expérience, de fixer ce tube sur un support placé soit sur la lampe, soit à côté d’elle de façon à pouvoir faire facilement varier sa position. C’est de celle-ci en effet que dépend la note musicale et il est utile de pouvoir la repérer, soit au moyen du piano, soit au diapason si on est assez musicien pour cela. Sachant que le la normal ou la3 (celui du milieu d’un piano) donne 435 vibrations doubles par secondé, on peut calculer la fréquence qui correspond à la note obtenue; ou, inversement quelle est la note à obtenir pour avoir une fréquence fixée d’avance.
- Par exemple une fréquence de 200 vibrations doubles sera donnée soit par le soL soit par le sof"2, l’un ayant 194 et l’autre 2o5 vibrations doubles.
- Si on veut obtenir 1000 vibrations doubles on choisira soit le soit le dos qui ont respectivement 976 et, io34 vibrations doubles.
- C’est une précision très suffisante dans la pratique et il serait à désirer que les graduations indiquées parles fabricants ne s’écartent jamais plus de la vérité. Il n’en est pas ainsi généralement. Avec les méthodes si simples imaginées par M. L. Benoist, le constructeur et l’amateur sont en mesure l’un de faire une bonne graduation, l’autre de la contrôler.
- Divers
- Le saturateur « Hygieua ». — On sait l’utilité qu’il y a de placer sur les appareils de chauffage un récipient plein d’eau pour éviter que l’atmosphère se dessèche. Il est utile que ce récipient soit assez grand.pour qu’on n’ait pas à chaque instant le souci de le remplir et aussi qu’on ne l’oublie pas à sec sur le poêle. L’appareil « Hygiena » remplit cette condition, car il a une capacité d’un litre environ; il est muni d’un couvercle perforé permettant l’évaporation de l’eau ; construit en aluminium, il ne risque pas de s’altérer ; enfin l’inventeur a prévu le cas des nombreux poêles dont le couvercle est muni d’un bouton et il a donné au fond de son saturateur une forme commode permettant de coiffer le bouton. Il suffit de le remplir une fois par jour pour maintenir l’atmosphère humide dans la pièce chauffée, et l’on peut parfumer ou désodoriser l’air en ajoutant à l’eau qu’il contient une essence, un parfum, du formol ou quelques feuilles d’eucalyptus. — L’inventeur est M. Jules Roth, 55, rue Meslay, Paris, 3*.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- AVRIL-MAI
- Les heures sont données en temps moyen légal I. — SOLEIL
- Le solstice d’été se produira le 21 juin prochain, à 191117”. Nos lecteurs savent qu’à cette époque de l’année le Soleil atteint sa plus forte déclinaison boréale, sa plus grande distance à l’équateur, et il reste le plus longtemps possible au-dessus de l’horizon. Les jours ont leur durée maximum et, à la latitude de la France, la nuit même n’est pas complète, puisque, à minuit, le Soleil n’est pas abaissé de 18 degrés sous l’horizon. Le crépuscule astronomique ne cesse pas et l’aurore lui succède insensiblement. On peut d’ailleurs très bien observer ce crépuscule de minuit, notamment d’un lieu bien découvert, loin des villes éclairées et de toute lumière artificielle et, naturellement, en l’absence de la Lune. On verra peu à peu la lueur crépusculaire faire le tour de l’horizon du Nord-Ouest dans la soirée, au Nord, vers minuit et au Nord-Est avant l’aurore. Nous avons eu la bonne fortune, M. Quénisset et moi, de photographier cette lueur, les premiers, en 1897, du haut de la Tour Eiffel. Nous recommandons cette expérience aux photographes possédant des objectifs extra-lumineux et employant naturellement des plaques ultra-rapides.
- Le minimum de l’activité solaire serait-il dépassé et allons-nous assister au réveil de ces mouvements grandioses qui affectent la photosphère du Soleil. Le 7 mars dernier, après 63 jours de calme absolu, sans aucune tache, un joli groupe a été observé par M. G. Raymond, à sou Observatoire d’Antibes. Ce réveil imprévu du Soleil, après plus de deux mois d'un calme vraiment remarquable, vient à l’appui de ce que nous avons si souvent recommandé ici dans ce chapitre : de toujours observer le Soleil, parce que l’on est souvent surpris du réveil de son activité, et la détermination de l’époque du minimum est du plus haut intérêt pour fixer les limites de la période d’évolution des taches.
- II. — PLANÈTES
- Mercure, dans les Poissons et le Bélier, visible le soir au début d’avril et le matin en mai, atteindra sa plus grande élongation du matin, le i3 mai, à 25° 51' à l’Ouest du Soleil. C’est presque là une élongation aphé-lique, favorable aux observations. On pourra rechercher Mercure notamment du 6 au 19 mai, dans le ciel du matin. Son diamètre, le 5 avril, sera de 9",5 ; le 25 avril, de 11",o-, le i5 mai, de 7",7 ; le x6 juin, de 5",o.
- Le 12 juin, à 5 heures, Mercure passera à o° 26' au Nord de Vénus. Cette curieuse conjonction sera malheureusement très difficilement observable, Mercure arrivant en conjonction supérieure avec le Soleil le
- 17 J?in‘
- Vénus, dans la partie de son orbite située à l’opposé de la Terre par rapport au Soleil, sera presque en conjonction supérieure à fin juin. Elle est pratiquement inobservable pendant ce trimestre.
- Mars traversera la constellation des Gémeaux. On pourra l’observer encore en avril et mai; son diamètre, très réduit (5",9 le 5 avril; 5",o le 5 mai) ne permet plus d’observations utiles avec les instruments moyens.
- Mars sera en conjonction avec l’étoile r) du Cancer, le 4 juin, à 12 heures, à o°9' Sud.
- Jupiter, très bas sur notre horizon, au-dessus du Scorpion, sera en opposition le Ier juin. On peut l’observer le matin (il se lève le i5 avril à 23him) dès à présent. Diamètre équatorial de Jupiter, le 5 avril, 4i",o le 5 mai, 44,\2! le 6 juin, 4^">4- Nous conseillerons, comme nous avons soin de le faire à chaque période d’observation de cette planète, l’étude des variations de la surface, et, à titre de curiosité surtout, l'observation de la marche des satellites. Pour les observateurs qui voudraient entreprendre une étude suivie des détails de la surface, nous conseillons les éphémérides spéciales calculées par M. Crommelin, et publiées dans l'Annuaire astronomique pour 1912 de M. Flammarion.
- Saturne est inobservable, perdu dans le rayonnement solaire. Il sera en conjonction avec le Soleil le 14 niai.
- -JUIN 1912
- compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- Uranus, dans le Capricorne, sera en quadrature occidentale le 23 avril. On pourra l’observer en mai, et mieux en juin. Dans une lunette de force moyenne, il apparaît comme une étoile bleuâtre de 6e grandeur, avec un très léger disque de 4" environ. Sa surface reste à peu près inconnue, les lunettes géantes n’y montrant pour ainsi dire aucun détail. On trouvera Uranus au moyen d’une bonne carte céleste, et des positions ci-dessous :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 5 avril............ 20 h. 22 m. —20° 2' 3",7 j
- 5 mai . ... 20 h. 2i m. —19° 57' 3".8
- 6 juin............. 20 h. 22 m. — 2° 2' 3",9
- Neptune, dans la constellation des Gémeaux, sera en quadrature orientale, le 11 avril. On le trouvera, en avril et mai, aux positions ci-dessous :
- dates ascension droite déclinaison diamètre
- 5 avril. ... 7 h. 30 m. +21° 16' 2",2
- 5 mai .... 7 h. 32 m. -+- 21° lt' 2",2
- Cette planète apparaît comme une étoile de 8e grandeur. Il faut une monture équatoriale, et, en tous cas, une très bonne carte céleste, pour la trouver.
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse partielle de Lune. — Cette éclipse sera visible à Paris. Nous avons déjà annoncé, au précédent Bulletin astronomique, qu’elle se produira dans la nuit du ier au 2 avril 1912. Sa grandeur sera 0,188, le diamètre de la Lune étant un. Cela veut dire qu’au moment où la Lune sera le plus immergée dans le cône d’ombre terrestre, il y aura les 188/1000® seulement du diamètre de la Lune dans l’ombre.
- Nous répétons ici les heures des principales phases :
- Entrée de la Lune dans la pénombre, le 1" avril. . 19 h. 55 m.
- Entrée dans l’ombre. . ............................ 21 h. 26 m.
- Milieu de l’éclipse.................................22 h. 15 m.
- Sortie de l’ombre...................................23 h. 3 m.
- Sortie de la pénombre, le 2 avril. ................ 0 h. 54 m.
- La Lune se lève à Paris, le icr avril, à i8h4”; elle se couche le 2, à 5h 41 m•
- Éclipse annulaire et totale de Soleil. — C’est l’éclipse du 17 avril, visible à Paris. Voir l’article spécial que nous avons consacré à ce phénomène très rare dans notre numéro du 16 mars 1912.
- Conjonctions :
- Le 15 avril, Vénus en conjonction avec la Lune, à 17 h., à 0°5' Nord.
- Le 19 avril, Saturne en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 4° 47' Sud.
- Le 22 avril, Mars en conjonction avec la Lune, à 16 h., à 3°25'Sud.
- Le 28 avril, Mercure en conjonction avec la Lune, à 0 h., à 0°10’ Nord.
- Le 13 mai. Mars en conjonction avec Neptune, à 3 b., à 2°9' Nord.
- Le 18 mai, Vénus en conjonction avec <7 Délier, à 8 h., à (ÙIO' Noid.
- Le 21 mai, Mars en conjonction aV' c la Lune, à 0h., à 3U41' Sud.
- Le 27 mai, Vénus en conjonction avec Saturne, à 21 h., à 1° 7'Nord
- Le 5 juin, Mercure en conionction avec Saturne, à 4 b., à 0°28' Nord.
- Le 4 juin, Mars en conjomtion avec rj Cancer, à 12 h., à 0° 9’ Sud.
- Le 12 juin, Mercure en conjonction avec Vénus, à 5 h., à 0°26’ Nord.
- Le 18 juin, Mars en conjonction avec la Lune, à 11 h., à 3°29' Sud.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu'à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 5 avril . . . . 86 Vierge. 5,6 1 li. 32 m. 2 h. 46 m.
- 6 - . a Scorpion {An
- tarés). 1,2 6 h. 28 m. 7 h. 20 m.
- 15 — . 27 Poissons. 5,1 3 h. 43 m. 4 b. 40 m.
- 21 — . 1S4S D. A. C. 5,6 18 h. 59 m. 19 h. 44 m.
- 21 — . 136 Taureau. 4,6 19 h. 57 m. 20 h. 51 m.
- 23 — . 47 Gémeaux. 5,6 0 h. 56 m. 1 h. 42 m.
- 2 mai. . . . . 5255 B. A. C. 5,4 21 h. 41 m. 22 h. 25 m.
- 3 — . 5286 B. A. C. 5,4 Oh. 4 m. 1 b. 25 m.
- 11 — . 74 Verseau. 5,8 2 h. 7 m. 2 h. 42 m.
- 18 — . 1754 B. A. C. 5,7 21 h. 54 m. 21 h. 53 m.
- 20 — . c Gémeaux. 5,5 19 h. 43 m. 20 b. 58 m.
- 30 - . 42 Balance. 5,0 0 h. 2 m. 0 h. 54 m.
- 50 — . a Scorpion {An-
- tarés). 1,2 20 h. 50 m. 22 h. 4 m.
- 31 — . 43 Ophiuclius. 5,4 20 h. 25 m. 21 h. 11 m.
- 5 juin. . . . . 6628 B. A. C. 5,9 3 h. 10 m. 4 h, 18 m,
- 20 — . a Lion. 4,1 22 h. 50 m. 23 h. 44 m.
- Étoiles filantes. — D u 19 au 22 avril, chute des
- Lyrides. Radiant : 104 Hercule.
- Du ier au 6 mai, chute des Àquarides. Radiant :
- ïj Verseau.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algollp Persée) :
- 1" avril (23-19™,7) ; 4 (20“ S”,9) ; 24 (21h52“J).
- Em. Touchet.
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- VARIÉTÉS
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- Contre les puces. — Le,Dr Zupitza conseille de recourir à 1 io.doforme comme un moyen excellent de faire fuir les puces et de se préserver de leurs piqûres. Il suffit d une très petite quantité de poudre pour éloigner 1 insecte. Mais le docteur conseille pour les gens qui circulent de soupoudrer légèrement les ouvertures des vetements, col, manches, etc Le moyen semble presque pire que le mal, étant donnée la persistance de l’odeur
- plutôt désagréable de cette substance. Mais il ne faut pas oublier que M. Zupitza a usé de cet agent pendant des épidémies de peste dans l’Afrique occidentale allemande. Or on sait que c’est par la piqûre de la puce du rat que la peste se propage à l'homme. Dans ces régions et en cas d’épidémie, le moyen est des plus recommandables; dans nos pays et en temps ordinaire, c’est affaire de goût et... d’odorat.
- IgD
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les vertus de la grande consoude. — La grande consoude, symphytum officinale est, comme bien d’autres plantes largement employées autrefois en thérapeutique, tombée à peu près complètement dans l’oubli. Jadis elle était utilisée comme astringent, léger hémostatique, à l’extérieur comme un cicatrisant des plaies : on l’administrait en pilules avec la ratanhia, elle entrait dans la composition;de la thériaque. La pharmacopée moderne indique encore un sirop de consoude, mais on n’en parle à peu près plus et peut-être à tort, si j’en crois les recherches publiées récemment par notre confrère anglais, le Dr Macalister dans le Britisli Journal.
- La consoude utilisée en pharmacie est une plante de la famille des boraginées, plante herbacée, vivace, qui se trouve en abondance dans nos régions sur le bord des ruisseaux, dans les terrains humides. Le nom de consoude, consolida, lui a été probablemet donné en raison des propriétés qu’on lui attribuait de cicatriser les plaies et d’agir comme les baumes, les onguents. Depuis des siècles, elle passe pour une sorte de spécifique dans le traitement des ulcères. On la désigne sous le nom de grande consoude pour la différencier d’autres plantes aussi nommées consoude, telles la consoude media, ajuga reptans ; la consoude minor, Bellis pe-remis. etc.
- M. Macalister qui étudié les substances propres à faciliter et à stimuler l’activité cellulaire, la formation de la cicatrice conjonctivale et épidermique, eut l’idée d’essayer le vieux remède et bien lui en prit. Un ulcère de jambe, tenace, rebelle à tout traitement, comme le sont, hélas, beaucoup de ces vieux ulcères, fut pansé avec
- l’infusion de racines de consoude et, à la grande surprise de tout le personnel hospitalier, Fulcère subit en peu de temps des changements si complets qu’on ne put douter de l’efficacité de la racine.
- Les analyses faites jadis de la racine de grande coh-soude avaient fait reconnaître la présence dans cette plante d’une substance mucilagineuse abondante, comme dans beaucoup de plantes velues et herbacées, des résines et un peu de tanin. Ce n’était pas dans ces substances assez communes qu’on pouvait trouver le secret de cette action bienfaisante sur la plaie. Des analyses plus récentes, faites à l’instigation du praticien anglais, firent reconnaître qu’en plus du mucilage, de la gomme et des résines, il existait un corps bien connu et en assez grande proportion, l’allantoïne. C’était bien à l’action de ce corps qu’il fallait attribuer le bon résultat des pansements à la consoude, car en remplaçant l’infusion de racines par une solution d’allantoïne, on obtint la cicatrisation rapide d’ulcères invétérés.
- L’allantoïne est connue des chimistes depuis longtemps, mais je ne crois pas qu’on en eût jusqu’ici constaté la présence dans la grande consoude. C’est un dérivé de l’acide urique et il est éliminé par l’urine. Faut-il croire que nos ancêtres avaient eu la prescience de la valeur de ce produit lorsqu’ils conseillaient dans les remèdes de bonne femme l’urine humaine ou animale en applications externes. L’allantoïne est, en tout cas, très nettement l’agent actif de la grande consoude et sa présence dans la racine de cette plante explique la valeur qu’on lui attribuait jadis et qui est réelle, comme l’a montré M. Macalister. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mortier de goudron pour sols d’usines. — Au dernier Congrès du gaz, à Marseille, M. D. Hedde a fait connaître un procédé pratique pour constituer un sol d’usine, résistant, propre, durable, et économique. M. D. Hedde emploie le mélange suivant : poussier g5 kg ; goudron 5 kg.
- Ce mélange est fait soit à la main, soit dans une bétonnière ou un malaxeur; ce dernier moyen est plus pratique ; mais il faut avoir soin de régler l’écoulement du goudron, de manière que la proportion de 5 pour ioo ne soit pas dépassée; sans cela, on aurait un mélange trop fluide, qui ne durerait pas ou se ramollirait en été.
- Pour faire l’application, il n’est pas nécessaire que le sol soit parfaitement nivelé ; il suffit qu’il n’y ait pas de trop grandes cavités. On dame le terrain pour lui donner une certaine consistance, puis on étale le mortier de goudron, en lui donnant une épaisseur de 5 centimètres environ, et ou dame jusqu’à ce que la couche ait pris une certaine consistance. Le temps et le piétinement font lé reste, dit M. D. Hedde. Dans les endroits les plus piétinés, ce mortier durcit rapidement. Il ne faut pas, cependant, pendant le premier mois qui suit la pose, faire passer sur le sol nouveau, de lourdes charges qui le défonceraient. Pour hâter le durcissement, on peut saupoudrer la surface du sol avec de la chaux.
- Au point de vue du prix de revient, il faut compter que pour une application de 5 centimètres d’épaisseur, il faut employer par mètre carré : 3,5 kg de goudron à
- 8 fr. les ioo kg, 6y,S kg de poussier de coke à 11 fr. la tonne. La main-d’œuvre peut être évaluée à o fr. 4°' Ie mètre carré. On atteint ainsi un prix total de x fr. 4<> Ie mètre carré, alors que le dallage en ciment revient à 6 fr. le mètre carré et le pavage à 9 fr. le mètre carré. Ces prix varient suivant les localités, bien entendu.
- Éponges artificielles. •— On peut fabriquer des éponges artificielles en faisant agir du chlorure de zipç sur de la cellulose pure qui a été mélangée avec du sel gemme grossier. Cette masse est pressée sur une tpa-chine pourvue d’aiguilles qui percent à travers la masse de fins canaux ressemblant beaucoup aux pores des éponges naturelles. La masse est brassée ensuite dans une solution faible d’alcool pour extraire l’excès dé sel. L’éponge ainsi fabriquée durcit en séchant, gonfle dans l’eau tout comme une éponge naturelle ; elle peut servir à la filtration grossière de l’eau et d’une manière générale aux mêmes usages que l'éponge véritable.
- Cendres de charbon dans l’industrie chimique.
- Les cendres de charbon tamisées sont traitées par une solution de soude et sont, après mélange avec du vernis Copal, pétries puis bien séchées. Le mélange ainsi obtenu résiste très bien aux acides, à l’humidité et à la chaleur et s’emploie avantageusement pour recouvrir lè sol, les murs et les tables et comme en outre, c’est un isolant électrique, il peut encore servir pour les canalisations de courant.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. —M, A. Ballay, Bourg-de-Plémy (Côtes-du-Nord. — N’importe quel procédé efficace de nettoyage fera perdre à votre tulle l’aspect du neuf. Mais il est très facile de leur donner un apprêt convenable par les procédés usités en blanchisserie ou dans les ateliers de teinturier-dégraisseur. (V. au besoin le petit volume Blanchissage et nettoyage, de l’Encyclopédie Léauté, 2 fr. 5o, Masson, éditeur).
- M. Eselin. — Nous publions la recette permettant d’obtenir le tabac qui vous a semblé de meilleure qualité ? Le produit obtenu est tout à fait semblable au caporal doux dont vous nous aviez parlé. Non, la fabrication des tabacs n’est pas un secret, mais en raison de l’absence d’usines privées en France, on ne publie jamais rien sur les méthodes de fabrication. Au reste un prodédé industriel est fort souvent inapplicable en petit.
- M. Ch. Gruet, Sfax. — Le détecteur Jégou se trouve chez M. Ducretet, ^5, rue Claude-Bernard, Paris.
- M. H. D. à Ermont (Seine-et-Oise). — Si la destruction des œufs de vos pigeons est imputable à des rongeurs — ce dont il faudrait vous assurer préalablement — et notamment S des loirs ou à des rats, vous pouvez, à défaut de pièges, essayer de détruire ces rongeurs par un produit d’emploi facile et ne nécessitant aucune préparation spéciale, tel que le séro-raticide du Dr Cazal, i qui fait périr les rats en quelques instants. Un autre produit, le Ratifuge, éloigne les rongeurs, et on a constaté, en outre, que ce produit employé en badigeonnage, sur une largeur de i5 centimètres environ, protège les arbres fruitiers contre les ravages des loirs. Pour le mode d’emploi de ces produits, s’adresser à la Société Cazal et Cie, 26, boulevard Saint-Denis, Paris. En prenant les précautions nécessaires, on peut aussi détruire les loirs par le procédé de M. Ricaud, de Beaune, lequel consiste en une simple omelette, dans laquelle on mélange, en battant bien, 5 grammes de noix vomique, pour 4 œufs, et que l’on fait cuire dans de la graisse de
- porc mise en quantité excessive — au moins le double de ce que l’on emploie pour une omelette ordinaire — après quoi on coupe l’omelette en petits morceaux de la grosseur d’un dé à coudre, en ayant soin de ne pas toucher ces appâts avec la main, le loir ayant l’odorat très subtil. On place ces appâts dans le voisinage des endroits visités par ces rongeurs. Chaque fois que l’on constate la dispar ition de ces morceaux d’omelette, il faut les rem placer.
- M. L. Troussier. — Sur les cerfs-volants, lisez les articles du Capitaine Bois, publiés par la Revue du Génie et réunis en volume par la librairie Berger-Levraut, rue des Beaux-Arts, Paris.
- M. B. du Maria, Lyon. — L’augmentation du poids des corps au Pôle, leur diminution à l’Equateur est un fait bien connu qui a fait l’objet d’expériences de haute précision. Mais ces expériences ne sont pas à la portée d’un explorateur. En effet la rotation de la Terre étant très lente, 1 tour en 24 heures, la force centrifuge, dépendant du carré de cette vitesse, est extrêmement faible : il faut pour déceler la différence qui en résulte des mesures très délicates qui ne peuvent être faites au cours de voyages difficiles. La pesanteui|V\est encore influencée par l’aplatissement, de la Terre \ aux pôles. L’accélération due à la pesanteur est de 9 m. 7806 à l’Equateur; 9m. 8324 au Pôle.
- P. B., de l’Aéro-Club. — i° Si le ballon occupe un angle de 8o° (vu de la nacelle) le Soleil, au moment de la phase centrale, sera masqué. Si ce ballon ne sous-tend qu’en angle de 75° il sera juste visible; — 20 En ce qui concerce les observations à effectuer, vous en trouverez l’exposé complet dans la notice publiée par M. Bigourdan dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes 1906, ou dans le petit ouvrage qu’il fait paraître spécialement sur cet important sujet, chez Gauthier-Villars, Théoriquement il faut s’attendre à un refroidissement de l’atmosphère au moment de la phase centrale, mais dans le cas présent, la totalité sera nulle ou à peu près. En outre rien ne prouve que le ballon restera même au voisinage de la ligne centrale.
- J. J., à Lyon. — La question de l’adduction des eaux du Rhône à Paris est très délicate; on l’étudie en ce moment. Pour l’Arve, ses grands écarts de débit et les matériaux d’alluvionnements qu’elle charrie seraient sans doute des obstacles insurmontables.
- BIBLIOGRAPHIE
- Oit.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les grottes à cristaux de gypse de Naïca (Mexique) : N. Dégou-tin. — Mœurs de l’escargot : H. Cardot. — La ligne n° 8 Métropolitain (Auteuil-Opèra) ; Lucien Fournier. — Le moto-paquebot « Seiandia », — Emissions des charges positives par k les métaux chauffés : H. Vigneron. — Une « Normandie » dans les Montagnes Rocheuses. — Académie des sciences ; séance du 25 mars 1912 : Ch. de Viueedeuiu — Le temps de pose en photographie par le chronoscope P. A. P; i G. M;
- Supplément, —Travaux de l’Association géodésiqtie internationale. -—Pseudo-dolmen naturel. — Formation d’agents oxydants dans l’air sous l’influence des rayons ultra-violets. —Transplantations articulaires. — Les Marocains et l’hygiène.
- Les peintures, par F. Margival, licencié ès sciences. In-8 (19-12); de 164 pages avec 10 figures; 1912. {Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoires). Broché : 2 fr. 5o. Masson et Cio, édit. Paris, 1912.
- Ce nouvel ouvrage comporte une étude rationnelle, soigneusement inspirée des nécessités de la pratique, consacrée aux divers genres de peintures, chacun étudié au cours des chapitres se succédant ainsi : Les couleurs pour peintures. — Badigeons et peintures d’art à l’eau. Peinture à l’huile (2 chapitres). Peintures spéciales : à la cire, antirouille pour le fer, antiseptiques, ignifuges, etc. Un recueil de formules et recettes termine le tout.
- La coloration des métaux, par J. Michel-Rousset, i vol. 284 pages. H. Desforges, Editeur. Paris, 1912. Prix : 3 francs.
- Cet ouvrage contient une abondante collection de recettes concernant le nettoyage, le polissage, le patinage, l’oxydation, la métallisation, la peinture, le vernissage des métaux. Signalons en particulier une "étude très documentée sur les peintures anti-i ouille. Les recettes sont groupées d’une façon méthodique et leur origine est toujours indiquée.
- Exposition universelle de Bruxelles, 1910. (Arts chimiques et pharmacie). Rapport parM. Trillat. x vol. 520 pages. Edité à Paris, par le Comité Français des Expositions à l’Etranger 1.9x1.
- M. Trillat, à propos de l’Exposition de Bruxelles, trace un tableau fort complet et instructif de l’état actuel de l’industrie chimique et notamment de l’industrie chimique française. On constatera avec plaisir que celle-ci est dans un état de prospérité remarquable; si elle reste distancée par les industries allemande et anglaise plus favorisées par suite des ressources de leur sous-sol, elle fait néanmoins très honorablement figure et sesprogi’ès s’accentuent chaque année. Elle le doit en grande partie aux progrès de l’enseignement technique; M. Trillat monti’e combien celui-ci s’est développé depuis 1900. D’abondantes statistiques,desrenseignements de tousordres donnent à ce livre la valeur d’un précieux document.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les Royaumes des Neiges (Etats Himalayens), par Charles-Eudes Bonin, i volume in-18, avec 3 cartes et 16 planches. Armand Colin. Prix : 4 francs.
- Cet ouvrage comble une importante lacune dans notre connaissance de l’Asie centrale, et nul n’était plus- qualifié pour l’écrire que M. Charles-Eudes Bonin, qui a dirigé deux fois des missions officielles d’exploration à travers le Tibet et l’Empire chinois et qui, ayant séjourné quinze ans en Extrême-Orient, se trouvait précisément dans le Nord de l’Inde durant la marche des Anglais sur Lha-sa. On trouvera dans les Royaumes des Neiges la description, vivifiée
- par l’histoire, la géographie et l’ethnographie, des Etats hitnalayens depuis la frontière afghane jusqu’aux peuplades des confins sino-tibétains, les Lolos et les Mossos dont M. Bonin a pour la première fois traversé le territoire, ainsi que le dramatique récit des expéditions guerrières parties de la Chine et de l’Inde pour la conquête du Tibet.
- Histoire des légumes, par Georges Gibault. Paris. Librairie horticole, 1912. Prix : 5 francs.
- Histoire anecdotique des principaux légumes. L’auteur y montre, entre autres, que Parmentier n’a pas été le vulgarisateur de la pomme de terre en France,
- J&D
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- QSt,,
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude f 'oro,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 mars 1912. 12° 5 s. w. 2. Couvert. 0 Couv. jusq. 18 II; très nuajj. ensuite; rosée ; couronne lunaire. Nuag, ; brouil. jusq apr. 7 h. ; rosée ; halo lunaire.
- Mardi 26 o° 5 s. s. w. 0. Couvert. 0
- Mercredi 27 ... . 6° 4 S. S. E. 0. Nuageux. » Nuag. ; rosée; Brouil. jusq. apr. 9 h. ; halos solaire et lunaire.
- Jeudi 28 6°.3 S. S. W. 2. Très nuageux. „ Nuag.; rosée ; halo solaire; couronne'lunaire.
- Vendredi 29 ... . S°,l N. 3. Nuaaeux. 0,5 Nuag. ; jusq. lO11 ; beau en's. ; pluie de 1*45 à 2h45; halo solaire.
- Samedi 30 SM S. W. 2. Beau. » Nuag. de 9 h. à 17 h. ; beau av. et apr. ; gel. bl.
- Dimanche 51. . . . 4°,2 S. 2. Peu nuageux. » Gelée bl. ; nuageux; halos solaire et lunaire.
- MARS 1912. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 31 MARS 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du a5 au 3o mars. — Le 25. Relèvement général de la pression qui en France dépasse 765 mm. La dépression de la veille se déplace vers le N. (Feroé : 745). Pluies sur le N., le Centre et le W. de l’Europe. En France : Puy de Dôme, 54 mm; Belfort, 7; Brest, 2. Temp. du matin : Moscou, —4°; Berlin, +7; Belfort, 9; Toulouse, 10; Paris, 12; Alger, 17; moyenne à Paris : 12°,9 (normale : 6°,g). — Le 26. La pression se relève sur toute l’Europe. Légère dépression entre l’Europe et l’Islande. Pluies sur le N. de l'Europe. En France : beau temps. Temp. du malin : Moscou, —{— 1®; Paris et Nantes, 6; Berlin et Biarritz, 11 ; Alger, 17. —• Le 27. Pression élevée sur la moitié Sud de l’Europe, supérieure à 770 sur le S. de la France. Une dépression persiste sur les pays du Nord (Chrisiiansund : 745 mm). Pluies sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Vardoe, —5°; Paris, +6; Nantes, 7; Clermont-Ferrand et Toulouse,'12 ; Alger, z3 ; moyenne à Paris : n°,5 (normale : 7°,3). — Le 28. La pression reste élevée sur le S.-W. dç l’Europe. La dépression
- de la Scandinavie se déplace vers TE. Nouvelle dépression sur l’Islande. Pluies sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, — 6°; Paris, -{- 6 ; Nantes, 9; Clermont-Ferrand, 11; moyenne à Paris : n°,8 (normale : 7°,3). — Le 29. Les fortes pressions persistent sur le TV. de l’Europe (Bretagne : 773). Dépression profonde sur le N. et la Russie. (Le centre en est à Saint-Pétersbourg : 732 mm). Pluies légères sur le N., le Centre et l’E. du continent. En France : beau temps. Temp. du matin : Belfort, -{- 70; Paris et Nantes. 8; Toulouse, 10; Alger, 18; moyenne à Paris : io°,i (normale : 7°,4)- — Le 3o. La pression reste élevée sur le W. et le Centre du continent (Bretagne : 770 mm). La dépression de la Finlande s’éloigne vers le N.-E. Une autre apparaît sur la mer du Nord. Pluies sur les Iles-Britanniques, le Centre et l’E. du continent. En France : beau temps.. Temp. du matin : Belfort, -j-i°; Paris et Clermont-Ferrand, 3; Nantes, 9; Alger, 16. — Phases de la Lune : Premier Quartier le 26, à 3 h. 11 m. du matin.
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- NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiene publique* Ancien President de la Ccmmission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nâture » doit être adressé aux bureaux du journal : tao, "Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- ÎN° 2029 — 13 AVRIL 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- CSK
- L’éclipse de Lune du Ier avril. — Cette petite éclipse partielle a été observée à Paris dans d’excellentes conditions de pureté atmosphérique par notre
- visible avec quelques détails, elle était grise, un peu ardoisée; d’après les éclipses antérieures on sait que l’ombre possède dans son ensemble une teinte rougeâtre
- Phases do l'éclipse, photographiées depuis l’entrée dans l’ombre (E) jusqu’à l’instant du maximum (M).
- collaborateur L. Rudaux. Un appareil ordinaire de format gXI2> fixe et braqué sur le ciel, a servi à enregistrer toutes les 3 minutes, grâce au déplacement de la Lune, une série en chapelet montrant la marche du phénomène depuis l’entrée dans l’ombre jusqu’à la phase maximum, où l’ombre atteignait presque le i/5 du disque (exactement 0,188). On sait que, photographiquement, l’ombre bordée par la pénombre apparaît toujours exagérée ; sur l’image à grande échelle, le maximum de cet effet se trouve mis en valeur. A titre de comparaison, sur cette seconde photographie ont été tracées les limites de l’ombre réelle et de la pénombre, aperçues visuellement. Pour cette dernière, le schéma indique la portion où elle voilait notablement le disque, avec une teinte rous-sâtre, virant à une nuance enfumée, un peu olive, au voisinage de l’ombre pure; en réalité, elle assombrissait un peu plus loin encore la Lune, mais sans limites précises. La pénombre a été aperçue environ une demi-heure avant le début de l’éclipse proprement dite, et un même laps de temps après. Quant à l’ombre, relativement claire, puisque le disque n’a cessé d’être
- ou orangée ; mais ce sont les portions centrales qui affectent cette nuance, et son pourtour intérieur, avec une largeur et une qualité variables, se présente généralement comme une zone ardoisée Dans le cas présent la partie éclipsée est restée plongée dans cette zone, et seulement à l’instant du maximum, les limites de la coloration rougeâtre se sont laissées percevoir. La zone gris ardoise aurait eu ainsi une largeur de 6' au plus.
- Photographie de la phase maximum avec le tracé de l’ombre (AA) et de la pénombre (BU) observées visuellement.
- La formation du graphite. — On sait que le graphite constitue l’une des formes cristallines du carbone et, d’après les idées les plus répandues, on s’imagine qu’il prend surtout naissance aux hautes températures. Cependant, dans un récent brevet sur la fabrication du graphite au four électrique, Acheson considère plutôt la formation de ce corps comme résultant de la dissociation de combinaisons carbonées que comme une véritable transformation du charbon. Un auteur allemand, Heinisch, a fait connaître récemment à ce sujet les résultats auxquels il est arrivé après examen de masses terreuses qu’on rencontre dans les champs de la Bohême du Sud
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- INFORMATIONS
- et appelées « Ackerkreide », craie des prairies. Ces substances constituent des restes d’anciennes terres cuites faites avec la terre du pays; on y trouve des traces grisâtres qui paraissent être du graphite et que l’auteur croit résulter de la décomposition lente des matières organiques au contact de la terre poreuse agissant comme catalyseur.
- Le paquebot aérien « Viktoria-Luise ». — Le
- Viktoria-Luise, que la ligne Hambourg-America vient de faire construire pour son service aérien, ressemble en général au Schwaben qui, en été et en automne igii,n’a
- pas fait moins de i5o voyages sans avarie. Il s’en distingue par quelques perfectionnements aux gouvernails et par l’addition d’une nouvelle section de 8 mètres de longueur. Ce dirigeable a une longueur de 148 mètres, par 14 mètres de diamètre; il cube environ 19000 mètres cubes. Il est supporté par dix-huit ballons-cellules enchâssés chacun entre deux anneaux transversaux du cadre d’aluminium ; cette disposition donne toute sécurité, plusieurs ballons individuels pouvant se vider sans compromettre le dirigeable. Le cadre d’aluminium etles cellules qu’il renferme sont garnis d’un coton imprégné, réduisant le frottement et protégeant le ballon contre un rayonnement trop intense du soleil. Au-dessous du système de ballons sont suspendues deux nacelles à moteurs et, entre celles-ci, une cabine à passagers. La nacelle antérieure porte un moteur de 145 chevaux, les volants de direction, et les cordons de lest et de soupapes ; la nacelle postérieure contient deux moteurs dé i45 chevaux. Le moteur antérieur actionne une paire d’hélices à deux ailes, tournant à la vitesse de 5oo tours par minute ; chacun des moteurs postérieurs fait tourner une hélice à quatre ailes, à la même vitesse de 5oo tours. Les gouvernails de direction et de profondeur sont installés à l’extrémité postérieure du dirigeable; le premier comporte six surfaces verticales qui sont assez efficaces pour faire virer le dirigeable dans un cercle d’environ 55o mètres de diamètre. Les gouvernails horizontaux de profondeur permettent d’amener le dirigeable très rapidement et très vigoureusement dans une position inclinée, où il puisse monter et descendre.'A l'extrémité postérieure se trouve encore, à droite et à gauche, une grande nageoire horizontale servant de surface stabilisatrice. Gomme tous les organes sont doubles ou multiples, le dirigeable se distingue par sa grande sécurité de service. Le total de 435 chevaux développé parles moteurs donne au dirigeable une vitesse maxima de 20 mètres par seconde, soit 72 kilomètres par heure ; avec deux moteurs, la vitesse est encore" de 17 mètres par seconde, soit 6x'km. par heure. Le pouvoir sustentateur du dirigeable est d’environ 22000 kilogrammes au niveau de la mer. En déduisant le poids du dirigeable et de ses moteurs, il reste une poussée utile de plus de 55oo kilogrammes, dont i200-i5oo kilogrammes seront, en général, employés pour enlever la quantité d’essence et d’huile nécessaire pour un voyage de 10 à 12 heures avec trois moteurs ou de i5 à 20 heures avec deux moteurs, en parcourant dans les airs une distance respectivement de 800 et 1000 kilomètres. La distance traversée par rapport au sol varie évidemment suivant la direction et l’intensité du vent. Xi’équipage de ce paquebot aérien se compose de 8 à 9 personnes. La cabine des passagers est aménagée avec
- un confortable parfait : de grandes fenêtres à charnières permettent une perspective libre de tous les côtés ; uu service de cuisine (froide) en fait un wagon-restaurant aérien.
- Congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques. — Ce Congrès se tiendra à Genève pendant la première semaine de septembre prochain. On y exposera les importantes découvertes faites depuis le dernier Congrès de Monaco en 1906, et on y examinera diverses questions générales, telles que la chronologie des temps quaternaires, les races fossiles européennes, la classification des Hominidæ actuels, etc.
- Aiguille curieuse. — L’aiguille est sans doute l’objet du monde le plus banal, celui qui se prête le moins aux fantaisies artistiques. 11 existe cependant des aiguilles marquées d’un cachet bien personnel. Scientific-American cite notamment l’aiguille merveilleuse que possédait la reine Victoria. Sur la mince tige d’acier étaient gravés de jolis dessins représentant les événements principaux de la vie de la reine. Bien plus, la tige était creuse, et contenait une autre aiguille plus petite encore.
- Beurres anormaux ou falsifiés ? — Le fait de trouver de la margarine dans du beurre est-il la preuve d’une falsification? On l’a cru pendant quelque temps, jusqu’à ce qu’on ait observé des beurres anormaux, provenant entre autres de vaches mal nourries, contenant jusqu’à 25 pour 100 de margarine, ou à la fin de la période de lactation, et lorsqu’un échantillon présente la composition d’un mélange de beurre et de margarine dans lequel la proportion de cette dernière ne dépasse pas 25 pour 100, on peut donc se demander si l’on est en présence d’une anomalie ou d’une falsification. M. Vuaf-fart qui étudie cette question (Annales des falsifications) fort importante, puisqu’ elle peut avoir causé des condamnations injustifiées, propose de ne se prononcer qu’après avoir prélevé des échantillons de comparaison, avec toutes les garanties nécessaires, et les avoir analysées.
- Phénomène lumineux dans la mer des Indes. —
- Notre confrère Scientific American a fait connaître d’après le Nautical-Meteorologicàl-almanac (publié par l’Institut météorologique danois) une curieuse observation faite en mer, dans le détroit de Malacca, en juin 19091 par le capitaine Gabe. Il s’agit d’un phénomène lumineux, de sortes de rayons curvilignes paraissant courir dans l’eau, en tournant autour d’un centre éloigné, la concavité des rayons tournée vers le sens de la
- marche. Le système de ces ondes était parfaitement régulier, la largeur des rayons ayant été estimée de 2 mètres environ, et leur espacement le double de leur dimension, De larges taches de phosphorescence de la mer apparaissaient successivementplus brillantes au passage des rayons et plus sombres dans les intervalles. Des observations analogues ont déjà été effectuées, sans que l’on ait pu jusqu’à présent donner une explication définitive du phénomène. Il faut sans doute en rechercher l’origine dans la phosphorescence des organismes marins, se manifestant sous des influences diverses et complexes.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *»> Chimie pratique
- Automobilisme
- Comment utiliser les vases de verre brisés dans des laboratoires. — Les avantages du produit sont tels que la plupart des récipients employés dans les laboratoires sont en verre. Malheureusement, ils ont un
- Fig. 1.
- grand défaut : la fragilité ; et surtout dans les laboratoires où amateurs et étudiants s’initient à l’étude de la chimie, la « casse » atteint parfois des proportions énormes !
- On peut souvent remédier au mal, quand on n’a pu le prévenir, en utilisant les vases cassés, au lieu de les jeter comme on fait presque toujours.
- Ainsi par exemple un ballon, une cornue, une fiole jaugée pourront presque toujours s’ils ne sont qu’ébréchés ou fêlés, être transformés en capsules. Pour cela,
- on pose le vase sur un valet et on le fait pivoter en appuyant contre la pointe d’un crayon à verre posé à hauteur fixe : ainsi est tracé très régulièrement le bord de la future capsule (fig. i). En employant le •charbon Berzélius, comme nous avons indiqué dans une des recettes de l’an dernier on coupe le verre selon le trait.
- On doucit ensuite le tour en frottant avec une lime ronde, en rodant à la meule, ou en chauffant sur la périphérie seulement jusqu’à début de fusion; •en chauffant un peu plus sur une certaine partie (choisir autant que possible celle où il y a une irrégularité dépassante) on peut facilement former un bec, .sous l’action d’un bôut de fusain (fig. 2).
- Les flacons divers dont la partie inférieure n’est pas •cassée serviront, en suivant la même méthode, à faire des cristallisoirs (fig. 3). Si le flacon est tubulé infé-
- Fig. 6.
- rieurement, il est particulièrement précieux : coupé par le haut, il servira pour le montage d’un niveau constant de bain-marie (fig. 4) d’un réfrigérant (fig. 5). Quand le fond s’est accidentellement détaché, ce qui arrive toutes les fois qu’on verse sans précaution un liquide très chaud dans le flacon, il suffit de retourner le récipient pour avoir un vase réfrigérant particulièrement commode (fig. 6).
- Avertisseur de dégonflement des pneumatiques.
- — Rouler sur pneus mal gonflés ou dégonflés est une faute grave pour un automobiliste. Le défaut de gonflement est en effet la cause la plus fréquente d’usure rapide pour cet organe coûteux qu’est le pneumatique. Malheureusement, il n’est pas toujours aisé, surtout au cours d’une randonnée un peu longue sur une route difficile, de sentir le moment où la pression dans la chambre à air fait défaut. Une crevaison même peut passer inaperçue. On ne la constate qu’à l’étape, et déjà le malheur est irrémédiable : la jante métallique a haché les toiles, le pneu est hors d’usage.
- M. Geo Richard a donc rendu service aux propriétaires de voitures en imaginant un petit appareil qui affranchit le chauffeur du souci des pneumatiques. Dès que l’aplatissement du pneumatique dépasse une certaine limite, un bruit violent se fait entendre. Le chauffeur est prévenu, il sait qu’il faut arrêter de suite, et regonfler ou réparer.
- En principe l’avertisseur se compose d’un doigt qui doit rester éloigné du sol; lorsque le gonflement devient insuffisant ; ce doigt vient au contact du sol, à chaque tour de roue ; il appuie alors sur un large ressort, qui se déforme, puis revient à sa position primitive en faisant entendre un craquement strident caractéristique. Ce bruit se fait entendre à chaque tour de roue et donne une indication sur la signification de laquelle on ne peut se méprendre.
- Entrons un peu plus dans le détail, l’appareil comporte deux parties : i° un chevalet sur la jante en acier ;
- 20 l’appareil proprement dit dont la semelle s’applique sur le dessus du chevalet.
- Le ressort est fixé à la partie supérieure de ce chevalet par deux vis. Le cadre oscillant, muni de son doigt de contact, pivote autour d’un axe, maintenu en place par un ressort en bronze, représenté écarté sur la figure.
- Le chevalet et l’appareil peuvent être déplacés, l’un par rapport à l’autre, transversalement au bandage, de manière à permettre d’écarter ou de rapprocher de ce bandage le doigté de contact. Ces deux pièces, dont les surfaces de contact sont striées pour empêcher tout glissement peuvent être immobilisées l’une sur l’autre à l’aide d’un boulon, qui sert en mêmè temps à fixer l’ensemble sur la jante. Le pneu étant bien gonflé, une distance de 10 à i5 millimètres doit séparer le doigt spa-tulé du bandage; tant que la pression de l’air reste à peu près suffisante, ils ne doivent pas se toucher, à moins que la roue ne passe accidentellement sur un gros caillou ou un caniveau juste au moment où l’appareil est en bas. — L’appareil est en vente chez M. Geo Richard, 38, rue des Vignes, Paris (16°).
- *»> Photographie <<&
- Fixage avant le développement.— Dans un précédent article (v. n° 1940 du 3o juillet 1910) nous avons indiqué cette méthode qui paraît au premier abord paradoxale et qui donne cependant d’excellents résultats ; elle permet notamment d’obtenir des positifs sur verre d’une grande finesse et de tons fort agréables. Il y a un inconvénient qui est assez sérieux, c’est qu’il faut une pose très longue, environ 20 fois le temps ordinaire.
- MM. Lumière et Seyewetz ont cherché à modifier,la méthode de façon à abréger ce temps de pose.
- Ils ont pensé que son exagération nécessaire provenait de la dissolution partielle de l’image dans un bain trop concentré et ils ont reconnu qu’en effet on peut diminuer d’autant plus l’exposition qu’on opère le fixage dans un bain plus faible. En prenant une solution d’hyposul-fite à 2 pour 100 seulement on peut se contenter d’une
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- exposition qui ne dépasse pas 4 fois le temps ordinaire. D’autre part, ils ont étudié un révélateur plus simple et plus pratique que celui que nous avons indiqué dans l’article précité.
- Voici la formule qui a donné les meilleurs résultats :
- A) Eau....................... 1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre. . 180 gr.
- Nitrate d’argent à iop. 100. 70 c. c.
- B) Eau....................... 1000 c. c.
- Sullite de soude anhydre. . 20 gr.
- Paraphénylène-diamine. . . 20 —
- On emploie solution À 5 parties pour une partie de solution B; soit par un 9X1*2 solution A : 76 cc. solution B : i5 cmc.
- On peut remplacer dans cette dernière solution la paraphénylène-diamine par même quantité de métol, hydroquinone, acide pyrogallique ; le développement se fera même plus rapidement, mais le bain se trouble assez vite et il se produit sur l’image un dépôt d’argent qui est gênant. Mieux vaut donc s’en tenir à la paraphénylène-diamine ; on peut faire varier la rapidité du développement et les changements de couleur de l’image finale en augmentant ou en diminuant les proportions de cette substance ; mais plus on en ajoutera plus le bain se troublera facilement.
- MM. Lumière etSeyewelz ont aussi expérimenté d’autres développateurs et ils recommandent principalement le suivant, sans sel d’argent, qui reste beaucoup plus longtemps limpide et donne des images exemptes de voile. Par contre, il agit plus lentement et a tendance à donner des contrastes plus marqués.
- A) Eau....................... 1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre. . 180 gr.
- Bromure mercurique.... 9 —
- B) Eau....................... 1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre. . 20 gr.
- Métol....................... 20 —
- Les proportions sont les mêmes que pour la formule précédente : 5 de A pour 1 de B.
- Il sera toujours préférable pour l’emploi de cette méthode d’employer des émulsions lentes de préférence à des émulsions rapides qui ont toujours une tendance au voile. Aussi est-ce surtout pour les positifs sur verre et, notamment pour le stéréoscope, que nous la recommandons. Elle peut servir cependant pour les négatifs et rendrait des services dans le cas où l’on voudrait, en voyage, mettre un cliché à l’abri d’un voile ultérieur puisqu’il suffirait de le faire passer rapidement, sous un voile noir où une couverture quelconque, du châssis dans le bain d’hyposulfite ; puis de le laver, le sécher en plein jour et ajourner le développement au retour du voyage.
- **> Divers
- Pince de fortune pour tube de caoutchouc. — Nul
- de ceux qui ont l’habitude d’essayer les « petites recettes » diverses — même celles de La Nature, pourtant toujours choisies avec soin — ne me contredira : Bien souvent,
- Fig. 1.
- Pince de Mohr.
- il est infiniment préférable d’acheter tout fait le produit préparé ou l’appareil construit chez le marchand qui en tient spécialité. C’est généralement mieux réussi, et assez souvent plus économique... Après cet aveu de modestie, on nous permettra de décrire un petit dispositif assurément ni très élégant ni très commode, mais qui peut rendre de précieux services à l’occasion. Il s’agit de construire une pince à tube de caoutchouc propre à remplacer les modèles de Mohr (fig. 1) et de divers autres chimistes (fig. 2). Evidemment'il en
- est dans tous les laboratoires, mais on peut se trouver — ce nous est arrivé — sans laboratoire et loin de tout fournisseur spécialiste. Voici comment nous nous sommes tirés de la difficulté: un bout du tube de caoutchouc fut coupé, dans lequel on fit passer deux morceaux de
- Fig. 3. — Pince improvisée.
- bois convenablement taillés dans une planche de vieille caisse. Un troisième, court et épais fut passé entre et en travers : voici une pince qui fonctionne parfaitement (fig. 3). Veut-on un modèle plus perfectionné, à écoulement réglable? iL suffit de glisser plus ou moins forter ment entre les bouts pinçants, près de l’anneau ressort, un quatrième morceau de bois, taillé en coin (fig. 4).
- Fig. 4. — Autre type de pince de fortune.
- Répélons-le, bien que la pince rustique fonctionne à merveille, quand on veut se procurer une véritable pince de' Mohr, coûtant de 60 à 76 centimes, le mieux est de laisser où ils sont morceaux de bois et ^anneaux de caoutchouc !
- Objets utiles
- Pour empêcher les échelles de glisser. — C’est un accident fréquent : une échelle posée contre un mur, et reposant d’autre part sur un parquet un peu ciré, vient à glisser entraînant dans sa chute la personne juchée sur les barreaux, et parfois il en résulte une
- Le sabot de caoutchouc empêchant
- les échelles de glisser.
- contusion sérieuse ou même un membre brisé.
- Le même fait se reproduira chaque fois que le frottement de l’échelle sur le sol sera insuffisant pour annuler la réaction horizontale de poids supporté par l’échelle. Mais le remède est bien simple : il suffit d’augmenter le frottement ; la maison Bader, au Locle,a résolu ce petit problème d’une façon très simple ; elle garnit les pieds de l’échelle d’une sorte de sabot en caoutchouc strié, et l’échelle reste solidement adhérente au sol.
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- VARIETES
- C&.
- Organisation des usines allemandes de chimie.
- — La Revue générale de Chimie publie dans ses derniers numéros une fort intéressante étude dans laquelle l’auteur, qui fut chimiste dans des usines françaises et allemandes, fait les plus justes réflexions et comparaisons. D’après lui, le succès des Allemands ne serait dû ni à la valeur de leurs chimistes, ni au bon marché de la main-d’œuvre, ni aux dispositions législatives, mais surtout à la façon merveilleuse dont tout est organisé là-bas. Il est impossible de résumer une telle étude qu’on devra lire entièrement ; au reste un grand nombre des observations de l’auteur furent déjà publiées dans cette Revue par divers collaborateurs. Nous nous bornerons à extraire ou à résumer quelques passages caractéristiques particulièrement intéressants :
- La direction. — « En général, les Directeurs sont encore jeunes, à l’âge où l’ensemble des facultés atteint son plein épanouissement. Je m’étonnai, certain jour, d’apprendre la nouvelle d’une mise à la retraite concernant un directeur de 45 ans. Quoi de plus simple, me répondit-on, il occupe sa situation depuis io ans. Pendant celte période, il a pu réaliser toutes ses idées de valeur : désormais, il risquerait de devenir routinier et de s’opposer aux vues des jeunes. Utilisons, avant que leur énergie ne décline, tant d’autres, capables d’intéressantes initiatives.... »
- Les laboratoires. — « Dans un vaste hall de io mètres de large et 5o mètres de long, que l’œil, dès l’entrée, voit tout entier, une basse cloison longitudinale divise, de terre à hauteur de main, la salle en deux parties. La plus large est réservée aux allées et venues des aides, à l’échantillonnage, aux manipulations grossières ou malpropres.... L’autre est divisée par des cloisons hautes de 2 mètres en une série de box assez grands réservés chacun à un chimiste. Toutes les commodités possibles sont ménagées : à droite et à gauche, vitrines garnissant les séparations, arc fond et sur le devant tables, étagères, tout le long du mur commun, des distributions d’eau, de gaz, d’électricité, de vide, de mouvement, desservant chaque installation. Le coup d’œil à l’entrée est saisissant, de voir ce long alignement régulier de cases pareilles où travaillent silencieusement des blouses blanches presque immobiles... tandis que dans le grand hall d’à côté, dont rien ne barre la longueur nue, fourmillent et s'agitent les aides apportant les échantillons, les broyant.... C’est impressionnant et, comme on dit là-bas, colossal. »
- « Dans la petite usine annexée aux laboratoires, on applique les procédés sur 10 kilogrammes de produits en opérant dans les mêmes conditions qu’en industrie, avec de petits autoclaves, de petits filtres-presses, de petites presses hydrauliques. Opérant dans de véritables conditions industrielles, le chimiste peut apprécier la valeur pratique des nouveaux procédés.
- L’usine. — « L’emplacement de l’usine nouvelle fut choisi au seul point de vue des facilités de transport,
- de la commodité d’aménagement. On s’inquiète^ peu_ du reste : si les ouvriers habitent auloin.on les va prendre en bateau ou en chemin de fer; s’il n’y en a pas, on en fait venir dans une ville annexée à l’usine, bâtie exprès pour cela.... »
- ... « Le nombre d’ouvriers est très petit relativement aux dimensions des ateliers où ils travaillent et au nombre des machines qu’ils conduisent. La perfection mécanique est telle que le travail manuel est ramené au minimum, un grand nombre d’emplois consistent en une simple surveillance.... Ainsi dans une installation de congélation d’eau, immobile, assis dans une petite cabine perdue dans l’enchevêtrement des ponts roulants, des câbles, des voies, des bacs et des tuyaux — un homme, seul, agissant sur quelques volants à la portée de sa main, fait sortir des bains congélateurs, rouler jusqu’au bout de l’atelier et basculer sur une trémie tout un chargement de lourds blocs de glace.... »
- Les livres. — L’usine possède une bibliothèque technique à laquelle aucune de nos collections publiques de Paris ne peut être comparée. Publications périodiques, derniers ouvrages parus, brevets, thèses... tout ce qui concerne la chimie industrielle organique se trouve là.... Des spécialistes sont constamment occupés à compulser et à dactylographier selon les indications des techniciens de recherches.
- Les catalogues, rédigés avec toutes garanties d’exactitude sont imprimés dans des ateliers annexes et reliés luxueusement avec profusion d’échantillons de matières teintes : ces volumes sont gracieusement offerts non seulement à tous, les clients, mais aux savants, aux publicistes, qui s’intéressent à ces questions.
- La progression. — Quand on rapproche en des graphiques dessinés à la même échelle, les résultats des statistiques publiées par les diverses firmes, on obtient des courbes d’une étonnante régularité montrant l’extraordinaire progression suivie par le développement de chaque groupe d’usines. A la célèbre Badische, chez « Bay,er », depuis la fondation, le nombre d’ouvriers et d’employés double très sensiblement après chaque période de cinq années. Et cette intéressante activité ne semble pas près de se ralentir : dès qu’une veine à explorer paraît complètement épuisée, on s’attaque à d’autres synthèses : ainsi nous voyons actuellement l’Aclien G. A. F. fabriquer les acétocelluloses, Bayer produire du caoutchouc artificiel. Aussi, dans l’usine nouvelle, voit-on, près de la plupart des machines, des places libres « pour en installer d’autres, en telle année, où la production a pris telle importance ». De même entre les bâtiments, des terrains libres sont réservés à des bâtisses futures. Disciples lointains de Wells, les techniciens allemands prévoient scientifiquement les choses des temps à venir : la progression géométrique du développement de l’usine est d’une telle régularité qu’ils peuvent oser extrapoler! Et la réalité dépasse en merveilleux le roman. » A. Chaplet.
- HYGIENE ET SANTE
- Le marron d’Inde en thérapeutique. — Les jolis fruits du marronnier que l’automne disperse dans nos jardins et dans les parcs des grandes villes peuvent-ils servir à autre chose qu’à amuser nos enfants qui en font, en les enfilant un à un, de beaux colliers et guirlandes. Les plus habiles, avec un peu d’adresse et un bon couteau, en obtiennent de petits morceaux de sculpture merveilleux, paniers, vases, têtes de moines, etc....
- Le marron d’Inde, fruit del’Æsculus hippocastaneus, proche parent de la châtaigne, en diffère au point de vue botanique ; il n’appartient pas à la même famille et ne jouit pas des mêmes propriétés alimentaires, au moins pour l’homme. Il en est tout autrement pour l'élevage
- et il y a longtemps qu’un praticien ^distingué, M. Laurent, chef du service sanitaire delà ‘Meuse, a préconisé l’addition delà farine du marron d’Inde à l’alimentation du bétail. On grille le marron et la poudre, mélangée aux tourteaux ou à la betterave, donne’aux animaux un engraissement plus rapide.
- En thérapeutique, on n’a guère utilisé ce fruit. Je~me souviens d’un peintre connu qui ne sortait jamais l’hiver sans porter quelques marrons dans sa poche -comme garantie contre les rhumatismes; c’était, disait-il, le Dr Gruby qui lui en avait donné le conseil. Je ne me porte pas garant de l’ordonnance ; du reste docteur et client ont depuis plusieurs années passé dans l’autre monde.
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- HYGIENE ET SANTÉ
- Jadis l’écorce du marronnier a été proposée comme succédané de celle du quinquina. La chose pouvait avoir un certain intérêt quand le quinquina était hors de prix; aujourd’hui la question ne se pose pas, étant donnée la valeur réelle de l’un et tout à fait fictive de l’autre. On a retiré du marron d’Inde une huile qui a été autrefois en grande faveur comme lénitif et calmant contre le rhumatisme et la goutte. Tout cela est oublié.
- Le Dr Artault de Nancy reconnaît cependant au marron d’Inde des vertus spéciales et depuis une quinzaine d’années, il préconise l’emploi de la teinture contre les varices en général et les hémorroïdes en particulier. Les résultats obtenus par lui ont été constatés par d’autres confrères et sans médication autre, la prise de quelques gouttes de teinture de marron ou de pilules formées de l’extrait amène en quelques jours la sédation de crises pénibles et douloureuses.
- M. Artault recommande actuellement d’utiliser les
- préparations d’extrait physiologique, d’après la nouvelle forme de préparation galénique de M. Perrot. Dans ces préparations le principe actif reste à l’état même où il se trouve dans la plante, avec ses combinaisons organiques, qui lui conservent ses propriétés réelles. L’extrait ou pour mieux dire, l’intrait d’Æs-culus est donné sous deux formes, pilules ou solution alcoolique glycérinée à 5 ou io pour ioo. La première est suffisante pour la majorité des cas. Qu’on prenne cette préparation nouvelle, qu'on s’adresse à la teinture alcoolique de la pharmacopée ancienne, l’essentiel est de l’avoir bien préparée, avec des marrons frais non desséchés. Les insuccès signalés dans le traitement des hémorroïdes et des varices par ce procédé tiennent certainement à des différences d’énergie dans les produits. Aussi doit-on donner la préférence à l’extrait physiologique dont la fixité d’action est des plus nettes. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Le procédé Cooper pour la conservation des fruits. — Ce procédé a retenu l’attention de gros producteurs et de négociants en fruits, en France ; il a été signalé par Y Illustration, notamment, et, à plusieurs reprises, on- nous a demandé d’indiquer en quoi il consiste et quelle valeur pratique on doit lui attribuer.
- Le procédé préconisé par M. Ellwood Cooper, commissaire du Département de l’horticulture de Californie, consiste en l’emploi de caisses en carton bitumé, imperméable à l’air, que l’on remplit de fruits et ferme hermétiquement, à l’exception d’une très petite ouverture réservée. Les caisses sont placées dans un grand récipient en métal où, après avoir fait le vide, on introduit de l’azote pur, qui prend la place de l’air dans les caisses, puis on cachète l’ouverture, de l’extérieur; les caisses sont retirées du récipient à azote et emballées dans d’autres caisses en bois, pour l’expédition.
- Des raisins, despommes, des poires, des cerises, etc., traités par le procédé Cooper, c’est-à-dire placés dans une atmosphère d’azote, se seraient conservés, paraît-il, en état de fraîcheur, pendant cinq mois. Quant aux fruits qui, au moment d’être emballés, commençaient à se gâter, la moisissure n’y fit pas de progrès — d’après l’information publiée, en France, sur ce procédé.
- A la vérité, on ne saurait envisager que sous bénéfice d’inventaire la valeur pratique de cette méthode, dont l’efficacité paraît discutable, et cela pour de sérieuses
- raisons. En effet, on ne s’explique pas comment la moisissure des fruits peut être évitée par leur séjour dans une atmosphère d’azote. Les expériences de Bellamy et Chartier ont démontré que les fruits conservés dans un milieu d’anhydride carbonique pur, sans oxygène, pourrissent aussi bien, et peut-être plus facilement encore que dans l’air, à plus forte raison doit-il en être ainsi dans l’azote. Néanmoins, il se peut que, pendant quelques semaines, l’absence d’oxygène, en retardant la maturation complète, assure la conservation des fruits, mais ce ne peut être que pour une période très courte. Les expériences faites dans ce sens, par un ingénieur distingué, M. Fernand Lescardé, ont paru montrer que le meilleur procédé de conservation des fruits serait la réfrigération associée à un emmagasinage dans un milieu gazeux antiseptique composé d’anhydride carbonique, et d’une très faible quantité d’oxygène, le rôle de l’anhydride carbonique et du froid étant d’empêcher la croissance des microorganismes, et celui de l’oxygène, d’assurer la continuation de la vie dans le fruit, mais d’une vie très ralentie.
- Somme toute, le procédé à l’azote, dit procédé Cooper, ne paraît pas satisfaire aux conditions d’une conservation absolument parfaite et de longue durée ; on a beaucoup plus à attendre d’un procédé utilisant l’association convenable d’un milieu gazeux antiseptique—tel que celui indiqué ci-dessus — avec la réfrigération.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. de Cortigny, Paris. —Il y a, en effet, de riches gisements de fer dans la région. Nous ne pouvons que vous conseiller de consulter 1 ingénieur des mines de l’arrondissement minéralogique de Caen.
- M. Guyon, professeur à l’Ecole militaire de Billom. —- De quel genre de barème parlez-vous? Si c’est au point de vue technologie, nous pouvons vous citer un volume contenant plusieurs labiés et barèmes divers : VAnnuaire du caoutchouc et de la gutta, M. Allard, imprimeur, 49. rue des Vinaigriers, Paris.
- M. Guerbois, rue Nouvelle. Paris. C’est la composition de l’encollage qu’il faut modifier, et non l’or. Pouvez-vous nous communiquer la composition de cet apprêt?
- M. l’ing. Angelo Campioni, Milan. — i° Il est très facile de préparer soi-même le yoghourt avec des cul-
- tures pures, du lait et une petite étuve spéciale : le produit revient ainsi moitié prix de celui du commerce. Vous adresser pour tous renseignements à la Société « La Maya », 33a, rue Saint-Honoré, Paris, a0 Nous ne voyons guère d’autre moyen que de badigeonner d’abord d’une couche de peinture foncée, recouverte ensuite s’il y a lieu de teinte claire comme fond de décoration.
- F. Y. 37. — Le nickel est remarquablement résistant sous ce rapport, et bien supérieur aux autres métaux employés à la confection d’ustensiles de cuisine. Vous pouvez l’employer sans crainte.
- M. E. Sahler, Montbéliard. — Les chiffres sont bien exacts ; il faut obtenir une mixture très épaisse pour maintenir la poudre abrasive en suspension. Mais ils n’ont rien d’absolu : pour de telles recettes, chacun peut à son gré apporter les modifications jugées convenables.
- W. J. Ménard, à Cordoba. — L’île Clipperton, dans 1 Océan Pacifique, par 2,o0i3,24,/ latitude Nord et iri0 27'5o" longitude Ouest de Paris, est au Sud-Ouest du Mexique. Elle figure sur tous les bons Atlas (notamment Schrader, Prudent, Anthoine, feuille 55). Inhabitée
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- BOITE AUX LETTRES
- et de formation corallienne, elle a 5 kilomètres carrés de surface, 5o mètres de hauteur et des gisements de guano. Annexée à la France en 1858 elle ne fut pas effectivement occupée ; lé Mexique y planta son drapeau en 1897. En 1909 on parlait de régler la question par un arbitrage, la position prenant de l’intérêt en face du canal de Panama.
- M. P. Gourdin et Cie, Aurilly. —Vous trouverez dans nos recettes une formule permettant de rendre le papier transparent. Toutefois nous ne pouvons vous assurer qu’on opère ainsi industriellement, notre laboratoire ne peut guère s’intéresser qu’aux procédés applicables par l’amateur.
- M. G. M. à Bourgoin (Isère). — L’emploi du formol comme agent conservateur des substances alimentaires est proscrit par la loi. En effet, ce corps est toxique, et il provoque l’insolubilisation des matières albuminoïdes, en les rendant rebelles à toute assimilation. Au point de vue technique et pratique, l’emploi du formol est à rejeter, lorsqu’il s’agit de la conservation des œufs, pour les raisons suivantes : 1° les procédés industriels par voie humide ne sont pas pratiques ; si, jusqu’à ce jour, on a employé l’eau de chaux, c’est vraisemblablement, parce qu’on n’avait rien trouvé de mieux; 2° le formol, en pénétrant dans l’œuf par osmose, lui communiquerait un mauvais goût, plus désagréable encore que le goût de chaux ; 3° on n’obtiendrait que la stérilisation de la coquille et des parties voisines, mais pas du centre de l’œuf; en outre, sans le vide, l’oxygène subsisterait dans l’albumine, l’oxyderait, et lui communiquerait le goût de vieux. En résumé, par l’emploi du formol, les œufs ne seraient pas soustraits aux deux principales causes d’altération : action des bactéries et action de l’oxygène. On a certainement tenté des essais dans ce sens, sur les œufs, de même que sur le lait, le beurre, les légumes, etc,, mais sans résultat. Notez que, dans la conservation des œufs, l’objectif dominant doit être de soustraire l’œuf à l’action des microorganismes par la stérilisation dans un milieu absolument dépourvu d’oxygène, car les oxydations donnent le goût de vieux, diminuent le poids de l’œuf et entraînent la liquéfaction et le jaunissement de l’albumine. Le procédé qui donne les meilleurs résultats, surtout pour une conservation de longue durée, et pour de grandes quantités d’œufs, est la conservation dans un milieu gazeux composé d’anhydride carbonique et d’azote, concurremment avec la réfrigération à une température
- de o° à -J- 20, et en vase clos, pour éviter toute évaporation de la substance de l'œuf qui, ainsi, reste plein et garde l’aspect d’œuf frais. L’anhydride carbonique exerce une action toxique très prononcée sur les micro-organismes, bacilles ou moisissures, qui se trouvent d’ordinaire dans l’œuf, et cette toxicité est encore favorisée par une température basse.
- M. Ch. Guérin, Caen. — Merci de votre très intéressante communication. Nous étudions le procédé et vous tiendrons au courant ; croyez bien que rien ne sera publié sans votre assentiment.
- M. Cuvillier-Boyenval, Rouvray (Somme). — Vous savez que l’aluminium est facilement attaqué par les acides faibles. L’altération ne proviendrait-elle pas d’une fermentation de la colle de pâte ? En délayant la poudre sans écraser (ce doit être facile) etemployant de la colle pure, l’enduit perd-il sa blancheur ? Veuillez, après essai, nous renseigner et nous donner les détails de l’emploi (proportion de matières, manipulations diverses). Nous ne pouvons guère étudier la question sans cela.
- M. L. Gilliard, Paris. — i° On vend chez Lagnel, 7, rue de la Pépinière, Paris, sous le nom de « Koumy-sogène », des cultures pures de ferments lactiques permettant la facile préparation du Képhir chez soi; 20 la soude, la potasse caustique dissolvent ces matières. Mais peut-être les réactifs ne conviendraient-ils pas. Il nous faudrait savoir dans quelles conditions et pourquoi doit se faire l’attaque.
- M. C. S. N. — Vous obtiendrez une teinte plus solide que les noirs au fer en badigeonnant d’abord avec une solution aqueuse à 5 pour 100 de chlorhydrate d’aniline, laissant sécher et appliquant ensuite une solution à 5 pour 100 de bichromate potassique. Renouveler, si besoin est, l’un et l’autre traitement. Les bois résineux donnent de médiocres résultats.
- M. J. Journay, Hesdin. — Il faut employer un disjoncteur automatique. Vous trouverez ces appareils chez Vedovelli et Priestley, 160, rue Saint-Charles, Paris, ou à la Société des téléphones, 25, rue duQuatre-Septembre, Paris.
- M. R. Pringet, Bordeaux. — Nous n’avons'rien publié sur le Sen-Sen-Gum.
- M. M. F. de V., à Arravon.— Dans la turbine Tesla, la force centrifuge a pour effet de répartir le courant de vapeur sur la surface des disques ; c’est ce qui permet l’adhérence de la vapeur à la tôle : principe sur lequel est fondé l’appareil.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Les algues d’eau douce : Le Touzé. — Comment ou mesure la chaleur que nous recevons du Soleil : J. Loisel. — Le péril des Bouches-du-Rhône : David Martin. — Le Grau-du-Roi et les débris antiques rejetés par la mer : Albert Maire. — La règle holométrique du colonel Vidal. — Les hydroaéroplanes : R. C. — Académie des sciences; séance du 2 avril 1912 : Cir. de Villedeuil. — La turbine à gaz Holzwarth : Dr Alfred Gradénwitz.
- Supplément. — Un monument à M. Janssen. — Sur l’attaque du fer par l’eau. — Eclat photographique d’une Nova. — Le moteur Diesel aux colonies. — Acier cinghalais d’origine ancienne. — Un aéroplane géant, etc.
- Les Produits Coloniaux : Origine, Production, Commerce, par G. Capus, et D. Bois. Un vol. in-18 jésus de 680 pages, avec 202 gravures, librairie Armand Colin, relié toile. 7 francs.
- A une époque où les colonies ont pris, dans la vie économique des nations, une place considérable, il n’est plus permis d’ignorer leurs richesses propres, c’est-à-dire leurs produits naturels. MM. Capus et Bois ont constitué un recueil d’informations scientifiques, économiques, industrielles et commerciales sur les produits coloniaux provenant des règnes minéral, végétal et animal. Leur ouvrage est donc une sorte d’encyclopédie de la production coloniale générale qui épargnera, à toute personne cherchant des
- renseignements sur tel ou tel produit, les recherches longues et parfois malaisées dans les ouvrages spéciaux et les publications savantes.
- Traité complet d’analyse chimique appliquée aux essais industriels, par J. Post et Neumann, traduit de l’allemand et augmenté par Chenu et Pellet T. III, ier fasc. 1 vol. 466 pages, 56fig. Hermann, éditeur, Paris, 1912. Prix : i5 francs.
- Le tome III de cet utile ouvrage est consacré aux engrais commerciaux, aux amendements et fumiers, terre arable, produits agricoles, aux huiles essentielles, au cuir, à la colle, au tabac, au caoutchouc, aux matières explosives, etc. Comme dans les précédents volumes, chaque article est rédigé par un spécialiste autorisé.
- The natural Ilistory of Clay, par A.-B. Searle, Cambridge University Press, 1912, 1 sh.
- Etude des argiles. L’ouvrage débute par l’examen de leurs propriétés physiques et chimiques, puis décrit leurs gisements, leur origine, leurs modes de dépôt. Il décrit ensuite les argiles ayant une importance commerciale, kaolin, terre à briques, etc.
- Earthworms and their Allies, par F.-E. Beddard, Cambridge University Press, 1912, 1 sh.
- Excellente monographie des vers de terre, faite par un des savants les plus compétents en cette question. On y trouvera décrits l’anatomie des vers de terre,
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- BIBLIOGRAPHIE
- leurs modes de vie, leurs relations avec le milieu environnant, leurs sens, puis leur répartition sur le globe et les problèmes que soulèvent les formes migratrices et les espèces des îles océaniques.
- nitialion philosophique, par Emile Faguet, de l’Académie française. (Collection des Initiations). ln-16, 172 pages. Hachette et Cie, édit., Paris, 1912, broché, 2 francs.
- Beaucoup, au moment d’étudier la philosophie, ont été arrêtés parce que leur projet leur paraissait trop long ou trop difficile à réaliser. Ils n’auront plus désormais pareille raison d’hésiter. M. Faguet les initie à la plus sage des sciences sans fatigue et sans ennui. Son livre donne une idée suffisante de la marche des
- . faits et des idées. Il mène le lecteur des origines les plus reculées aux derniers efforts de l’esprit humain. Il peut être un répertoire commode auquel l’esprit se reportera pour voir en larges traits l’esprit général d’une époque, ce qui la rattache à celle qui la suit et à celle qui la précède. Enfin, les lecteurs trouveront dans.ce petit livre la substance de l’histoire des grands philosophes et des grands systèmes présentée sous la forme la plus précise et pourtant la plus accessible.
- Les grands courants de la pensée contemporaine, par R. Eucken, traduit de l’allemand sur la 4e édit. Préface de E. Boutroux. i vol. in-8°. Paris. Alcan, 1911. (Bibliothèque de philosophie contemporaine). Prix : 10 francs.
- Le livre du professeur d’Iéna aura en France autant de succès qu’il en a eu en Allemagne. C’est le plus magistral effort qui ait été fait depuis des années pour embrasser, à la fois dans l’ensemble et dans les parties, la vie intellectuelle de notre époque. L’auteur y étudie d’abord « l’idée fondamentale de la vie de l’esprit » en critiquant tour à tour les idées de subjectif et à’objectif, de théorique et de pratique, d’idéalisme et de réalisme, puis il passe aux « problèmes de la connaissance » (pensée et expérience ; mécanique et organique ; loi) ; au « problème du monde » (monisme et dualisme; évolution)-, aux « problèmes de la vie humaine » (culture; histoire; société et individu ; morale; personnalité et caractère; libre arbitre), et enfin aux « questions dernières » (valeur de la vie ; problème de la religion). Il conclut en montrant notre époque pénétrée d’une débordante plénitude de vie, plus occupée d’expansion que de concentration, incapable encore de concentration, mais préparant une période de synthèse et d’organisation dont la venue lui paraît inévitablement prochaine. ,
- L’acide formique ou méthanoïque, par André Dubosc. In-8° de 364 pages, broché i5 francs. H. Dunod et E. Pinat, édit., Paris.
- Bien que la synthèse en ait été isolée, il y a près de cinquante ans par Berthelot, l’acide formique, dont l’importance va chaque jour grandissant, n’a été l’objet d’aucun travail d’ensemble. Après un bref exposé historique, l’auteur étudie la formation naturelle du méthanoïque dans les trois règnes et expose ses innombrables modes de formation. La seconde partie est consacrée à l’étude des propriétés physiques, chimiques et thermochimiques de l’acide formique et elle comprend de nombreuses tables et formules de calcul. L’ouvrage est complété par l'examen des divers anhydrides mixtes et des acides dérivés du méthanoïque et par un exposé complet des diverses méthodes d’analyses qui ont été présentées.
- Les lampes électriques à arc, à incandescence et à luminescence, applications à l’éclairage industriel, essai et étalonnement, montage, consommation spécifique, emplois spéciaux, par J. Escard, In-8° de xvm-426 pages, avec 307 figures, broché i5 francs. H. Dunod et E. Pinat édit., Paris.
- Le but principal de M. Escard est de faire connaître aux industriels les meilleures conditions de fonction-
- nement, d’emploi et de rendement des différentes sources de lumière électrique actuellement utilisées. Il pourra ainsi être utilement consulté par les constructeurs d’appareils d’éclairage et les entrepreneurs qui s’occupent de leur installation, de leur entretien ou de leur vérification. Il rendra également service aux particuliers et à tous les chefs d’industries, petites ou grandes, qui sont limités quant à leur choix parla question du prix de revient ou qui demeurent indécis sur la quantité de lumière nécessaire pour assurer le fonctionnement normal et la réussite de leur entreprise.
- Couleurs et colorants dans l’industrie textile, par l’Abbé Vassart. In-8° de 168 pages,' avec figures, 6 francs. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris.
- Ce travail est destiné à ceux qui s’occupent de la fabrication et du négoce des tissus, aux élèves des écoles professionnelles se rattachant à l’industrie textile et à tous ceux qui s’intéressent aux beaux-arts. 11 n’a d’autre prétention que de vulgariser des idées qui doivent guider la marche dans la voie du progrès.
- Vindustrie de l’équarrisage. Traitement rationnel des cadavres d’animaux, des viandes saisies, des déchets de boucherie, etc., par H. Martel, chef du service vétérinaire sanitaire à la Préfecture de police. In-8° de 376 pages, avec 122 figures, broché 12 fr. 5o. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris.
- La réforme de l’équarrissage est liée à celle de l’inspection des viandes et à la réorganisation de nos abattoirs publics. Avec tous les hygiénistes modernes, M. Martel est convaincu que l’industrie de l’équarrissage bien comprise peut maintenant s’exercer partout, voire même au sein des agglomérations urbaines ; on possède aujourd’hui des méthodes dont les perfectionnements laissent bien peu à désirer lant au point de vue de l’hygiène qu’au point de vue économique.
- L’outillage technique et pratique du dessinateur industriel. Instruments et méthodes pour l’exécution des dessins industriels, par Jean Escard. In-4" de 168 pages, avec 872 figures, 8 francs. H. Dunod et E. Pinat, édit.
- Ce travail vise un côté jusqu’ici non étudié de l’art du dessin : la connaissance des instruments indispensables au dessinateur et destinés à lui' faciliter sa tâche. II donne la description de tous les instruments utiles aux dessinateurs et dont beaucoup sont encore peu connus en France. La lecture de ce travail leur montrera qu’il est facile, avec un matériel simple mais bien conditionné, d’obtenir des résultats joignant la précision à la rapidité d’exécution et permettant de transformer de modestes données en objet utile.
- L’Année Scientifique et Industrielle, fondée par Louis Figuier, année 1911, par Emile Gautier. In-16, 87 figures. Hachette et Cie, édit., prix : 3 fr. 5o.
- Ce nouveau volume, résume tous les grands faits intéressant la science au cours de l’année 1911 : Navigation aérienne, télégraphie avec et sans fil, protection contre la grêle, nouvelles idées sur la tuberculose, fièvre aphteuse, automobile agricole, éclairage des phares et des bouées, métropolitain de Paris, etc.
- The progress of Pkysics (1875-1908), par A. Schuster, 1 vol. 164 p. Cambridge-University Press. 1911.
- Ces conférences, faites à l’Université de Calcutta, portent sur les théories modernes de la physique et les plus essentielles découvertes de ces 3o dernières années : théories de Maxwell, et de Hertz, ionisation, rayons Rœntgen, radioactivité; le ton est toujours celui d’une aimable causerie, l’auteur procède par suggestions plus que par démonstrations ; ses auditeurs sont ainsi conduits sans fatigue jusqu’aux plus hautes conceptions et aux plus difficiles problèmes de la science moderne.
- En raison des fêtes de Pâques, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- L. DE LAUNAY
- Membre de l'Institut, Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- Tout ce qui concerne « La Nature d doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2030 — 20 AVRIL 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Le professeur Lebedeff. — M. P. N. Lebedeff, professeur de physique à l’Université de Moscou, vient de mourir. Il s’était fait connaître par de beaux travaux sur la pression de la lumière. Maxwell avait pensé que les rayons d’une lampe électrique concentrés sur un mince disque métallique placé dans le vide, pourraient y produire un effet mécanique appréciable, et Crookes avait réalisé, d’après cette idée, un radiomètre composé d’un moulinet à palette noircies d’un côté, argentées de l’autre, placé dans une ampoule à vide. Lebedeff élimina l’action possible de la chaleur sur le radiomètre et démontra expérimentalement que la lumière exerce une pression de valeur égale à celle calculée par Maxwell.
- La perte du « Titanic ». — Le paquebot géant de la White Star Line, le Titanic, effectuant sa première traversée transatlantique, s’est perdu dans la nuit du 14 au i5 avril, dans les parages de Terre-Neuve, par suite d’une collision avec un iceberg. Il se rendait de Southampton à New-York. Au moment où nous mettons sous presse, les détails manquent encore sur ce désastre, mais tout laisse supposer que l’on se trouve en présence de la plus terrible catastrophe qu’aient enregistrée jusqu’ici les annales maritimes hors des batailles navales. Le paquebot avait à bord 2358 personnes. C’était, avec Y Olympic, le plus grand paquebot du monde : ces deux bâtiments, de construction identique, déplacent 60 000 tonnes ; ils peuvent porter 45 000 tonnes : ils mesurent 255 mètres de long, 27 m. 60 de large, ig mètres de haut. Leur machinerie a une puissance de 46000 chevaux. Nos lecteurs savent que son originalité est d’appartenir au système mixte : machine à piston complétée par turbine utilisant la vapeur d’échappement.
- Rappelons (Voy. n° 2019, 3 février 1912) que deux bâtiments plus grands encore sont actuellement sur chantiers : Y Imperator (allemand) et Y Aquitaine (anglais), tous deux d’une capacité de 55 000 tonnes, longs de 270 mètres. Le sort tragique du Titanic appelle l’attention sur les difficultés de conduite de ces monstres flottants, si avantageux à tant d’égards : Y Olympic, dont les débuts remontent à un an à peine, a eu lui aussi une carrière mouvementée. Le présent numéro qui contient un article sur la collision du Hawke et de Y Olympic, montrera à nos lecteurs l’un des problèmes, jusqu’ici insoupçonnés, que soulève la navigationjdes modernes villes flottantes.
- Les chemins de fer de Sibérie. — Dans une conférence du 2 février à la Société de Géographie, M. Paul Labbé qui, depuis près de vingt ans, s’est si fructueusement voué à l’étude de l’Asie Russe, a traité la question du développement de la Sibérie. La guerre et ses troubles n’ont fait qu’interrompre l’oeuvre des Russes en Asie. Les Cosaques, avant-pionniers de la civilisation,
- aux bords de l’Amour et de l’Irtych, n’ont su être que de médiocres colons, peu travailleurs et peu intéressants. Les paysans émigrés, allant parfois en un an jusqu’à 200000 émigrants chercher fortune en Sibérie, se sont montrés plus utiles collaborateurs. L’année d’après la guerre, 800000 colons entrèrent en Sibérie. Quant au transsibérien, il fut d’abord une voie stratégique,- devenue aujourd'hui route économique de premier ordre et l’artère principale d’un gigantesque réseau. Malgré des Critiques de détail, c’est dans son, ensemble une oeuvre magistrale qu’ont accomplie les Russes. Malheureusement, pendant la guerre; le transbordement au lac Baïkal retardait toute la mobilisation. Peut-être les Japonais ne furent-ils victorieux que parce que la paix fut signée à temps pour eux, au moment où la voie ferrée apportait des troupes fraîches, qui auraient sauvé le prestige de la Russie et de l’Europe. Après la paix, une convention russo-japonaise peu explicable autorise les Japonais à s’installer dans presque toutes les baies des mers russes d'Extrême-Orient. On né les en fera plus sortir que difficilement. On a commencé le dédoublement du Transsibérien et un chemin de fer le long du fleuve Amour. Peu après la guerre, l’achèvement de la ligne du transsteppien permit aux soldats et aux marchandises d’aller directement de Saint-Pétersbourg à Tachkent et aux portes de l’Afghanistan. La ligne Saint-Pétersbourg-Perm-Ekaterimbourg est terminée, abrégeant de 5oo kilomètres le trajet vers la Sibérie. En 1913, on ira d’Ekatérimbourg directement à Omsk, où eut lieu en 1911 la première exposition sibérienne. Selon deux autres projets, d’importance vitale, le transsibérien serait relié au transcaspien par Sémipalatinsk, d’une part, et, d’autre part, une ligne irait de Ouralsk à l’Altaï via Sémipalatinsk, par des régions riches en cuivre, fer, charbonnages, et salines. Enfin on parle aussi d’un grand canal à travers les monts Oural, d’un coût élevé et de réalisation difficile.
- Un nouveau câble téléphonique sous la Manche.
- — Nous avons signalé la pose, l’an dernier, d’un câble téléphoûique entre la France et P Angleterre, offrant cette particularité d’être muni de bobines « pupin » insérées de place en place : ces bobines opposent leur self-indûc-tion aux effets de capacité dus à la constitution /du câble, le résultat est d’améliorer sensiblement la transmission de la parole. Un nouveau câble, d’une construction différente, vient d’être posé ces jours derniers, il est construit également de façon à combattre les effets de capacité, mais la self-induction supplémentaire àu lieu d’être localisée dans des bobines insérées de place en place est répartie uniformément tout le long dû câble. Le conducteur de cuivre est comme dans les câbles sous-marins ordinaires enveloppés d’une couche isolante de gutta-percha : mais, en outre, autour du conducteur de cuivre est enroulé, à l’intérieur de la gutta tout le long du câble, un fil de fer convenabïe-
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- INFORMATIONS
- ment calculé dont les spires constituent la self-induction nécessaire. Le câble franco-anglais est à 4 conducteurs. Notre figure i montre le déroulement du plus ancien
- des deux câbles ; le câble à bobines ; on aperçoit le renflement dû à la présence d’une de ces bobines. Ce ren-
- flement qui crée une discontinuité mécanique constitue un sérieux inconvénient. Notre figure 2 montre le d 2 rou-
- lement du nouveau câble à l’approche de l’atterrissage. Notre figure 3 nous fait assister à la délicate opération de l’épissure.
- Les plus lourdes locomotives. — Les plus lourdes locomotives existant actuellement sont les « mallet com-pounds » à 5 essieux, en service, aux Etats-Unis, sur la compagnie de l’Atchinson, Topeka and Santate Railway. Ces machines pèsent 3oo tonnes, (sans leur tender), dont 225 tonnes supportées par les essieux moteurs. La distance des essieux extrêmes est de 6 mètres.
- La télégraphie sans fil en France. — Voici la liste des postes de T. S. F. en service en France à la fin de 1911 (d’après les Annales des Postes et Télégraphes).
- France. — Postes civils : Boulogne, puissance 1 kilowatt, portée 3oo km; Ouessant, 3 kwt, portée 700km; Saintes-Maries-de-la-Mer, 5 kwt, portée 700 km; Cros-de-Cagnes, 2 kwt, portée 3oo km. Postes de la Guerre, Tour Eiffel, 40 kwt, en cours d’extension à i5o kwt, portée supérieure à 5ooo' km. Postes de la Marine : Dunkerque, 4 kwt, portée 800 km; Cherbourg, 4 kwt, portée 800 km ; Brest, 4 kwt, portée 800 km ; Ouessant, 3 kwt, portée 700 km; Lorient, Boche fort, comme Dunkerque; Toulon, i5 kwt, portée i5oo km; Ajaccio, 4 kwt, portée 800 km. Tous ces postes sont ouverts à la correspondance publique. Il faut ajouter à cette liste la station expérimentale de Port-Yendres (i5kwt), le poste d’instruction de Toulon (4 kwt). La Guerre a une station en projet à Nice ; l’Administration des Postes une autre à Bordeaux.
- Algérie et Tunisie. — Il y a un poste civil de 5 kwt, au Fort-de-VEau (portée, 700 km); La Marine a 3 postes; Oran, i5 kwt, portée i5oo km; Bizerte, i5 kwt, portée i5oo km; Cap Bon, 2 kwt, portée 200 km.
- Afrique Occidentale. — Le Ministère des Colonies y possède 7 postes : Port-Etienne et Ru fis que, 7 kwt, portée i5oo km; Dakar, 1 kwt, portée 400 km; Konakry, 10 kwt, portée i5oo km; Monrovia, 5 kwt, portée 900 km, Tabou, 10 kwt, portée 1200 km ; Tchad (Nouvelle-Guinée), 2 kwt, portée 3oo km, un poste de 2000 km est en construction à Tombouctou.
- Afrique Equatoriale. — Brazzaville et Loango possèdent chacun un poste de 10 kwtetde 2600 km déportée; 5 postes de 2 kwt étaient en cours de transport dans la région du Tchad. Un poste est projeté à Libreville.
- Ïndo-Chine — 4 postes : Cap-Saint-Jacques (0,75 kwt) Kien-An, 6 kwt, portée 900 km ; Hanoï, 3o kwt, portée 2000-3000 km. Un poste de i5o kwt est en projet à Saigon ; un autre de i5 kwt à Hué. La Guerre a en Indo-Chiné 4 stations mobiles.
- Madagascar. — Majunga, Mayotte possèdent chacun un poste de 6 kwt et 800 km de portée; Diego-Suaréz, un poste de 7 kwt et 1000 km. de portée
- Maroc. — La Guerre a un poste à Fez, un autre à Taourirt tous deux de 5 kwt. L’Administration chérifienne possède un poste à Fez et 3 autres à Casablanca, Mogador, Taourirt. ,
- Nouvelle veine d’eau au tunnel du Somport. —-Comme suite à notre information du n°2023 (2 mars 1912), des eaux souterraines ont de nouveau entravé les travaux du tunnel du Somport (ligne de Jaca-Canfranc à Urdos Oloron), mais cette fois du côté espagnol et au point kilométrique 2p3o Dans la première semaine de mars, la galerie d’avancement a recoupé une grosse veine d’eau, débitant 70 litres par seconde, inondant 1100 mètres de galerie et arrêtant les travaux pendant trois jours; l’eau est rougeâtre et chargée de sable. En outre, le 14 mars, l’avancement a débouché subitement dans une grande caverne qui coupe le tunnel. [El liberal de Madrid du 8 mars, et le Diario de Huesca du i5 mars.)
- Floraison précoce en 1912. — En France et en Angleterre on a constaté ce printemps une très précoce floraison des amandiers. Voici à ce propos des dates que cite le Gardener Chronicle comme ayant été relevées à Wandsworth, près de Londres, dans un endroit bien exposé, et qui permettent d’établir une comparaison avec les années précédentes. Le même arbre a fleuri en 1904 le 21 mars, en 1906 le 7 mars, en 1906 le 28 février,, en 1907 le 20 mars, en 1908 le 23 mars, en 1909 le i*f avril, en 1910 le 12 mars, en 1911 le 11 mars ; il a fleuri cette année le 24 février.
- Un don de 12 millions à une université technique.
- __ C’est encore les Etats-Unis qui ont le privilège de
- cette munificence. Un généreux anonyme vient de faire un don de aôooooo dollars, soit i2 5ooooo francs, à l’Institut technologique de Massachusetts, à Boston.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Automobilisme
- Comment empêcher le vol des automobiles. — Les
- faits divers des journaux enregistrent, presque chaque semaine, des vois d'automobiles effectués, soit sur la voie publique, soit dans des remises ou garages fermés. Les voitures qui ont servi aux bandits de la rue Ordener, et au meurtrier de l’agent Garnier, avaient été volées directement dans leurs remises.
- Il nous a paru intéressant de rappeler qu’il existe de nombreux moyens pour rendre ces vols compliqués, sinon impossibles, et capables dans bien des cas de décourager l’audace des malfaiteurs, en les mettant en présence de difficultés trop longues à résoudre sans danger.
- Lorsqu’on est appelé à abandonner momentanément sans surveillance une automobile sur la voie publique (médecin, voyageur de commerce,
- Mais il existe de nombreux appareils spéciaux, plus efficaces, auxquels on pourra avoir recours pour réaliser une installation de sûreté permanente.
- Parmi ceux-ci nous citerons l’installation d’un robinet spécial sur la canalisation d’essence exigeant l’emploi d’une clé spéciale, le blocage du volant de direction dans une position fixe, par rapport au tube de direction, l’arrêt de fonctionnement des appareils d’allumage,
- le calage du levier de changement de vitesse au moyen d’un verrouillage à clé,l’immobilisation du braquage des roues avant dans une position déterminée.
- Nous nous bornerons à décrire, à titre d’exemple, deux appareils particulièrement bien étudiés, et dont l’adaptation peut se faire très simplement :
- i° Le pare-volHuillier, qui se compose d’une serrure de sûreté Fichet, dont la clé fait manœuvrer un commutateur électrique, capable ds couper le courant des accumulateurs d’allumage, ou de
- Fig. i. — Pare-vol Huillier. — A, corps de l’appareil; B, anneau en fibre isolante; C, plots isolés reliés aux fils d\ D, pièce centrale formant commutateur a deux branches; E, pene mobile commandant D ; F, garniture à encoches immobilisant le tenon t de E ;
- G, Ressort de la garniture ; K, extérieur de l’appareil.
- A
- Fig. 1. — Verrou Acagret. — A. Positions diverses du pêne et du levier de direction : a, levier de direction; è, suppôt t du verrou; c, longeron; d, pêne; e, encoche. — B. Détails du verrou : J\ logement de la clé de manœuvre; g-, logement de la clé spéciale à combinaisons; h h', logement des pênes auxiliaires i i' ; kkr, encoches de fermeture; j j', encoches
- d’ouverture.
- «te.), on peut créer artificiellement une panne et empêcher la mise en marche du moteur par un inconnu. Il est simple et rapide, d’enlever, par exemple, un des balais en charbon de la magnéto. Sur certains carburateurs faciles à démonter (le Krebs des voitures Panhard par exemple), on peut enlever lé doseur d’air additionnel. Ces pannes ne peuvent être réparées que si on possède précisément une pièce de rechange analogue à la pièce enlevée.
- On peut aussi, après avoir braqué à fond la direction, enchaîner une des roues avant au longeron du châssis, ou à la main de ressort, avec une chaîne robuste cadenassée.
- On peut aussi disposer une fois pour toutes, un petit commutateur spécial, placé en un endroit très dissimulé, connu du propriétaire seul, et permettant de mettre à volonté l’induit de la magnéto à la masse, ou de couper le courant des accumulateurs s’il en existe.
- Ces procédés constituent des moyens de fortune applicables à tous les véhicules, sans entraîner aucune dépense spéciale, ils sont capables de gêner suffisamment les voleurs dans la plupart des cas.
- mettre l’induit de la magnéto à la masse. La clé, guidée par sa tige centrale, fait fonctionner un certain nombre de plaques de profils differents, appelées garnitures, exactement comme dans une serrure ordinaire.
- Si les saillies et les creux des garnitures correspondent aux diverses encoches de la clé, celle-ci peut alors déplacer une pièce centrale sur laquelle sont montés deux balais, qui peuvent venir en contact, ou se séparer, de deux plots isolés, reliés d’une façon convenable aux fils électriques sur lesquels on veut agir. La figure i donne le schéma de cet appareil.
- a0 Le verrou Acagret, destiné à immobiliser les deux roues avant dans une direction déterminée.
- Il comprend un pêne central, qui glisse, à la façon d’un tiroir, entre deux autres pênes auxiliaires, le tout enfermé dans une forte boîte en acier.
- Le verrou se place sous le longeron, en face du levier de la boîte de direction. Il est fixé par des écrous intérieurs, qui ne peuvent être desserrés que si le pêne est au point mort, et il est construit assez solidement pour défier toute tentative d’effraction.
- Pour bloquer la voiture, on braque d^abord les roues
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- SCIENCE APPLIQUEE
- avant complètement à droite ou à gauche. On dégage ainsi la tête du pêne en faisant prendre une position oblique au levier de direction. On introduit alors la clé dans le pêne, et on tourne pour déterminer l’expulsion des pênes auxiliaires, logés dans des encoches du pêne central qui devient libre. On pousse alors en avant le pêne, jusqu’au moment où les pênes auxiliaires, actionnés par des ressorts, viennent se loger dans de nouvelles encoches de fermetures, destinées à produire le verrouillage du pêne. A ce moment, le levier de direction se trouve calé par le verrou et les roues ne peuvent plus quitter la position oblique de braquage qui leur a été donnée.
- Il en résulte qu’il est absolument impossible de déplacer la voiture, même en la traînant au moyen de chevaux, puisqu’elle ne peut rouler que sur un virage déterminé.
- Pour débloquer, il suffit d’ouvrir le verrou avec la clé de la même manière, et de ramener le pêne en arrière.
- L’appareil comprend, en outre, un dispositif de sûreté qui permet au propriétaire, au moyen d’une clé spéciale, de changer le chiffre de la combinaison du verrou, comme on le fait pour un coffre-fort, et rend impossible l’ouverture de l’appareil, dans le cas où la clé de manœuvre ayant été perdue, on pourrait craindre qu’elle soit tombée entre les mains d’un malfaiteur.
- Les figures 2 donnent les schémas explicatifs de ce verrou fort intéressant.
- Quelle que soit la solution à laquelle on s’arrête, il est prudent de ne jamais laisser sa voiture sans surveillance sur la voie publique ou dans une remise, sans y avoir créé un obstacle sérieux à sa mise en marche par un tiers, Capitaine Renaud.
- «âhss. Objets utiles <?<&>
- Porte-fleurs de corsages. —Ce petit objet a été inventé par une dame, amie des fleurs. Les fleurs au cor-
- sage, même de la plus jolie personne, se fanent bien vite; et alors, au lieu d’orner elles déparent.
- L’inventeur du porte-fleurs représenté ci-contre s’est posé le problème de créer un vase portatif et élégant, et en même temps qui permit les mouvements les plus amples sans risque de renverser sur ses vêtements l’eau qu’il contient.
- De cette préoccupation est né le « pala-gerbe », vase conique dont le bord supérieur se replie vers l’intérieur, et forme une gouttière annulaire.
- On peut poser le vase même horizontalement ; comme le montre notre figure, le liquide y reste retenu.
- Ce petit vase permet donc d’assurer aux mouvements une amplitude de 900.
- Le « Pala-gerbe » est en vente, 5a, rue de Douai, Paris, ainsi que chez Lecerf, 35, rue Tronchet ; Luce, 29, rue de Châteaudun, prix : 3 francs.
- Chauffage
- Chauffage, Distribution d’eau chaude par le fourneau de cuisine. — Il semble, à première vue, que pour disposer d’eau chaude à volonté, dans une salle de bains par exemple, une installation spéciale donc coiï-teûse soit nécessaire ; or, il est possible, et cela sans grandes difficultés, de réaliser cette distribution en se servant tout simplement du fourneau qui sert à la cuisine journalière.
- En effet, il suffit, pour cela, d’adapter à la cuisinière, qui, dans beaucoup de maisons, reste allumée presque
- toute la journée, un appareil en cuivre ou en acier qui forme une partie du foyer et communique avec un réservoir d’eau par deux tuyaux de circulation et assure le chauffage constant de cette eau sans dépense supplémentaire de combustible.
- L’alimentation automatique, du réservoir d’eau chaude est assurée au moyen d’un robinet flotteur avec la pression d'eau de la ville, on peut donc tirer de l’eau chaude sans se préoccuper du remplissage du réservoir. Il n’y a plus besoin d’allumer de chauffe-bain ou de chauffe-eau au gaz; on a de l’eau chaude pour tous les usages ; bains, toilette, lavabos, timbres, éviers, etc....'
- Avec un fourneau de cuisine tel qu’il en existe dans la plupart des habitations on peut obtenir assez d’eau chaude pour un bain journalier et pour tous les services de la cuisine et de la toilette. • -
- Le système est.très simple : il comporte un bouilleur, sorte de réservoir en cuivre ou en tôle d’acier soudée à
- Flotteur 'î alimentation
- Installation fournissant de l’eau chaude
- au moyen du fourneau de cuisine.
- Réservoir
- d'eau
- chaude
- Bouilleur .4*33
- l’autogène qui forme ud, deux ou trois côtés du foyer du fourneau et qui communique avec un réservoir placé soit dans la cuisine, soit dans une pièce voisine, par deux tuyaux en cuivre ou en fer. Ce réservoir est lui-même alimenté d’eau froide, soit par une prise sur la canalisation d’eau de la ville quand il y a pression constante, soit par un réservoir placé dans les combles [de la maison, soit par un bac avec robinet flotteur.
- L’eau chaude est distribuée aux différents postes par une canalisation en cuivre où en fer partant du réservoir ; le bouilleur étant en contact direct avec le feu, l’eau qu’il contient ne tarde pas à s’échauffer et comme l’eau chaude a une densité moindre que l’eau froide, elle monte dans le réservoir par l’un des tuyaux et est remplacée immédiatement par de l’eau froide qui descend par l’autre tuyau. Ce va-et-vient se renouvelant constamment, la température de l’eau s’élève au fur et à mesure de la circulation et l’eau ne tarde pas à être assez chaude pour être employée pour les bains et les lavabos.
- Cet appareil est construit par la Société des Fourneaux Briffault, 72, avenue Parmentier, Paris.
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- VARIETES
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- Quel est l’âge légal des œufs frais? — Cette question paraît, tout d’abord, aussi oiseuse que naïve : chacun pense qu’un œuf frais ne saurait avoir d’âge, car il ne mérite ce nom que s’il est consommé aussitôt pondu. Hélâs ! à la réflexion, combien grande est cette erreur, car à moins que l’on ne soit propriétaire d’un poulailler, ce qui permet de goûter l’œuf mollet dès que l’antienne redondante de la poule en signale l’apparition, pareille faveur est interdite à tout habitant des grandes villes. Et, qu’on le veuille ou non, l’œuf frais à un âge, bien plus,-il a, maintenant un âge légal.... Pour qui en douterait, en voici les preuves.
- Au premier Congrès international pour la répression des fraudes tenu à Genève, en 1908, lorsqu’il s’agit des œufs qui occupent une si grande place dans notre alimentation, la Commission compétente proposa au Congrès, qui l’accepta, de les diviser en trois catégories répondant aux trois définitions suivantes :
- « L’œuf frais est celui qui, n’ayant été soumis à aucun procédé de conservation, ne décèle au mirage aucune déperdition, aucune trace d’altération ni de décomposition.
- « L’œuf proprement dit est commercial lorsqu’il n'a subi aucune altération ni décomposition. »
- «. L’œuf conservé est un œuf qui a été pendant un tempè plus ou moins long mis à l’abri des causes d’altération spontanée par l’emploi de différents procédés non ridcifs de conservation. »
- Or, ce qui frappe, tout d’abord, dans la définition de l’œuf frais, définition qui me paraît un pur reflet de l’esprit normand, c’est qu’aucun âge n’y est fixé, et que, par suite, il est. permis de vendre comme frais des œufs pondus depuis un certain temps, pourvu qu’ils répondent aux conditions relatives à leur conservation, déperdition et altération. Il en résulte aussi que, bien que l’âge ne soit pas indiqué, il n’en existe pas moins et qu’il peut varier, notablement, depuis le départ de l’œuf du... disons de l’oviducte de la poule, jusqu’au moment où le mirage constate la première atteinte de la vieillesse, c’est-à-dire de la déchéance. Toutefois, ce laps de temps est très difficile à déterminer, car il appert des discussions soulevées à ce Congrès que l’œuf perd environ un gramme par jour, et, d’autre part, que des œufs emballés bien à l’abri de la chaleur, de l’humidité et de quelques autres inconvénients de la route possèdent au bout de deux ou trois semaines une valeur alimentaire égale à celle des œufs du jour.
- Mais, alors, si l’on admet une durée aussi élastique pour l’œuf frais, que faut-il entendre par « l’œuf du jour » qui devrait en être le prototype le plus parfait ? La Commission du Congrès l’a d’abord défini « un œuf
- fraîchement pondu », mais quand il lui a fallu exprimer le sens exact du mot « fraîchement » un membre a proposé que cela impliquât 5 à 6 jours, puis on est arrivé à 7, à 11 et enfin la majorité a fini par voter 21 jours !... Lorsque la discussion a été portée en plein Congrès, on a vu dans la fixation de la durée une telle difficulté qu’on a préféré s’en abstenir! De sorte que « l’œuf du jour » n’est plus qu’un trompe-l’œil, une expression fallacieuse : l’œuf du jour n’existe pas dans les grandes villes, c’est un mythe...
- Ce phénomène s’explique facilement, d’ailleurs, quand on sait que le temps nécessaire pour le ramassage, ln mise en entrepôt chez le marchand en gros, l’achat par le détaillant, l’étalage, la mise en vente, demande six jours au minimum. Au reste, les coquetiers prudents (sauf les rares privilégiés possédant des poules) ont supprimé de leurs boutiques la désignation « œuf du jour », susceptible d’être interprétée comme une fraude, pour la remplacer par les suivantes : « œufs garantis à la coque », « œufs frais » qui ne préjugent en rien de leur état de fraîcheur.
- Le Congrès de Paris, tenu en 1909, a adopté toutes les conclusions du Congrès de Genève, mais il s’est produit depuis un fait nouveau des plus importants qui met fin, momentanément, à toutes les hésitation antérieures, et fixe juridiquement l’âge maximum légal de l'œuf frais. Je veux parler du jugement rendu, l’an dernier, par le Tribunal correctionnel de Rouen. - 1
- Il s’agissait d’œufs saisis sur le marché où ils avaient été mis en vente comme frais, et l’analyse du Laboratoire compétent avait établi que, sur six œufs examinés, deux avaient été pondus depuis environ deux mois et quatre depuis environ quatre mois.
- Le Tribunal de Rouen, après plusieurs « attendus »’ dont voici les deux principaux : «Attendu qu’on ne peut considérer comme œufs frais que ceux dont la date de ponte ne remonte pas à plus d’wn mois au maximum ».
- — « Attendu que, pour des hommes expérimentés dans le commerce des œufs, il est facile de reconnaître, notamment par le mirage, si les œufs sont frais ou non, ».,
- — Le Tribunal, dis-je, a déclaré le marchand coupable d’avoir tenté de tromper les acheteurs sur les qualités substantielles de la marchandise, et il l’a condamné, en vertu de l’article premier de la loi du ier août igo5, à 100 francs d’amende.
- Cette jurisprudence, qui s’en remet au mireuû pour conférer à l’œuf frais une fraîcheur d’un mois durant, a été tenue pour un vrai mirage par les amateurs de l’œuf à la coque qui l’ont accueillie très fraîchement.
- A. Truellé.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour rendre le papier transparent. — On a proposé de nombreuses méthodes permettant de rendre le papier ordinaire sinon absolument transparent, du moins très translucide. — Les fibres cellulosiques ne sont pas opaques en effet et le papier n’empêche la lumière de traverser qu’en raison des nombreuses réfractions subies par les rayons lumineux chaque fois qu’ils passent de la cellulose dans l’air ou réciproquement. Dans ces conditions, il suffit de remplacer l’air des pores par une matière également transparente, mais de pouvoir réfractant égal à celui de la cellulose pour que la lumière passe inaltérée, ou presque. Et de nombreux produits peuvent jouer ce rôle : matières grasses, huiles essentielles, benzine, etc.... Toutefois la nécessité d’obtenir une transparence parfaite et persistante, limite beaucoup le choix. De fait plusieurs des matières proposées pour cet usage ne donnent qu’une transparence insuffisante.
- C’est ainsi que les solutions de paraffine, de stéarine, de cire dans la benzine ou l’essence de pétrole ne rendent le papier qu’à peine translucide. L’huile de ricin mélangée d’essence donne de meilleurs résultats quoique la transparence ne soit pas encore idéale, mais il faut
- plusieurs jours d’exposition à l’air pour obtenir une1 dessiccation complète, et c’est bien incommode. A ce point de vue, l’emploi de siccatif liquide produit le même effet en temps bien moindre, mais avec teinte du papier en jaunâtre pâle. Les meilleurs résultats nous furent donnés par l’application d’une couche de vernis blanc à l’alcool, d’une des bonnes marques du commerce : on obtient le même effet que celui produit industriellement sur les enveloppes à cadre transparent laissant voir l’adresse inscrite sur la lettre.
- Une remarque : Tous les genres de papier ne se prêtent pas également à devenir transparents, c’est pourquoi on doit éviter l’emploi des papiers épais et bon marché, chargés d’une forte proportion de craie, de talc ou de kaolin; des papiers « couché » recouverts d’un véritable enduit.minéral.
- (Laboratoire de La Nature).
- Dépôt galvanique sur verre et céramiques. — Un
- ingénieur italien, M. Marino, vient de mettre en pratique un nouveau procédé pour métalliser le verre et les produits céramiques. Il consiste essentiellement après* avoir décapé la surface au jet de sable, à la traiter par
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- de l’acide fluorhydrique tenant en solution un sel d’ar-gent et un sel de cuivre. On précipite cette solution métallique par de la poudre de zinc, et l’on obtient une première couche de métal très mince, sur laquelle on peut ensuite opérer tout dépôt par voie électrolytique.
- Pour détruire l’odeur du formol qui est un réducteur, on doit employer des substances oxydantes. Toittes cependant n’agissent pas avec suffisamment d’énergie : l’eau oxygénée par exemple est tout à fait inefficace. Nous avons obtenu une désinfection parfaite de pansements formolés, soit en les trempant dans une solution de permanganate de potasse à i pour ioo, puis dans l’eau bisulfitée à i pour ioo; soit par immersion dans l’eau de Javel à 5 pour ioo. On doit naturellement laver
- ensuite à grande eau. A noter que les désinfectants employés étant antiseptiques ne peuvent que renforcer l’action bactéricide du formol.
- ( Laboratoire de La Nature).
- Feux fusants. — On vend chez les artificiers des sortes de petits pétards qui se déplacent sur le sol en lançant flammes et étincelles pendant toute la durée de la combustion. Il est très facile de préparer des feux du même genre en faisant macérer des morceaux de vieux caoutchouc quelconque dans du sulfure de carbone. Les morceaux, qui doivent être assez menus, sont allumés et jetés par terre : il s’en dégage dans tous les sens des jets de flammes bleuâtres de curieux aspect.
- (Laboratoire de La Nature).
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- BOITE AUX LETTRES
- OtL
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont sitnalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Rectification. — Le procédé graphitique pour la reproduction des dessins. — (Voir n° 2026 Supplément). L’inventeur M. Claude nous écrit, à propos de la préparation de la gélatine nécessaire à ce procédé. On ne coule pas dans un moule, ce qui donnerait des résultats désastreux au tirage, mais simplement sur une feuille de zinc commercial ou sur une glace. L’épaisseur de la gélatine ne doit être que de 1 mm. à 1 mm. 5.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Chronoscope P. A. P. — (Voir n° du 3o mars 1912). Cet appareil se trouve à l’Institut de Photographie, 8, boulevard Sébastopol, Paris.
- Renseignements. — M. II. de Beaulieu, Boulogne-sur-Seine. — Nous avons en effet publié plusieurs formules de ces sortes de liquides. Le plus simple est fait d’une émulsion de 3o grammes gomme arabique dans un litre d’eau. '
- M. Prunget, Bordeaux. — La qualité du papier à employer pour la confection des cigarettes a une grande importance et les fabricants de cigarettes les soumettent à des essais préliminaires en vue de la combustion, du goût, de l’emploi sur les machines : mais c’est surtout par des expériences physiques, car deux papiers décompositions chimiques différentes peuvent convenir aussi bien. Il est difficile de pouvoir dire a priori quel est le composant dont la présence fait jaunir ou noircir le papier à l’inflammation ; il est possible, si les tubes en question sont agrafés, que le fabricant, préoccupé surtout d’avoir un papier assez fort pour résister au sertissage, ait sacrifié la combustibilité qui varie à l’inverse de la résistance. Des tubes collés ne présenteraient peut-être pas aussi fréquemment cet inconvénient. On peut enfin se servir de l’indication suivante : des tubes de papier de bonne qualité, pour des cigarettes du genre Grenade, doivent peser 3 gr. 5o à 4 gr- le cent.
- M. Irajan Banescu, Campina. — Pour le tirage sur papier d’une photo en couleurs, voyez l’article publié par La Nature, n° 1012, 16 décembre 1911. Le papier Utocolor qui sert dans ce procédé est vendu par la Société Utocolor à la Garenne-Colombes (Seine).
- R. K., Montpellier. — Nous ne connaissons aucun moyen pratique de niveler une cour pavée sans refaire le pavage.
- M. Guichard, Courbevoie. — Le ciment en général, est en effet un excellent antirouille. On ne peut lui faire qu’un reproche c’est de modifier l’aspect de la construction. Le goudron est aussi un antirouille recommandab'e : il a cependant quelques défauts : sa composition n’est pas toujours très bien définie; elle est variable. L’application du produit est assez délicate : il faut en effet éviter les craquelures qui rendraient la protection illusoire.
- M. L. M., Arnbert, — De toutes les formules propo-
- sées pour obtenir un dépôt d’argent, celle de Lumière est encore la meilleure. Mais— nous les avons essayés — elles sont délicates et capricieuses. Votre différence de résultat provient sans doute d’une variation de température. Adresse pour miroirs courbes divers : Comptoir de vente des glaces, 8, rue Boucry, Paris.
- M. J. de la Gardelle. — Pour le collage de vos cartes, il faut avoir soin de laisser entre les fragments un jeu de 3 millimètres environ. Il faut que ce jeu soit bien le même partout.
- Dv H. P. R, D. — Pour être renseigné complètement sur les règles de l’apiculture mobiliste, il est indiqué de consulter plusieurs ouvrages sur la matière, notamment, les ouvrages suivants dont les données peuvent être interprétées pour la zone intertropicale comme pour les autres zones : Exposé sommaire de VApiculture mobiliste. par Derosne, x vol. 2 francs ; Conduite du Rucher, par Bertrand, 1 vol. 2 fr. 5o; Les Abeilles, par Sagot et Delépine, 1 vol. 1 fr. 25; Manuel de l’Apiculteur mobiliste, par l’Abbé Duquesnois, 1 vol. 3 francs; Apiculture, par Hommell, 1 vol. 5 francs; L’Apiculture par les méthodes simples, par Hommell, 1 vol. 5 francs; Cours pratique d’Apiculture, par Hamet, 1 vol 3 fr. 5o; Manuel d’Apiculture, par Girard, 1 vol. 4 francs; VApiculture simpliste, par Sylviac, 1 vol. 8 francs; Guide pratique de VApiculteur amateur, par Sylviac, x vol. 4 francs ; L’Apiculture, par Lafont, 1 vol. 2 fr. 5o ; Ma méthode d’Apiculture, par P. Péter’s, 1 vol. 5 francs; A. B. C. de VApiculture, par A. et E. Root, 1 vol. 7 fr. 5o. Ou trouve ces ouvrages à la Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris. — On peut aussi s’adresser à M. R. Hommell. professeur régional d’apiculture, à Clermont-Ferran 1, ainsi qu’à M. Geuillon, établissement apicole de Sans-Souci, à Tunis, et à M. Bourgeois, apiculteur à Tunis.
- M. J. G., h Tanger. — Lorsqu’on ne peut recourir à l’emploi du virus du choléra des poules, pour détruire les lapins, soit que le lieu où se trouvent leurs teriûei's fasse craindre la contagion dans les basses-cours, soit pour une autre raison, nous ne voyons pas d’autre moyen que les battues organisées méthodiquement plusieurs fois par an, et la chasse au furet qui permet aussi de détruire de grandes quantités de lapins. Mais il faudrait vous adresser à M. Danysz, à l’Institut Pasteur, 25, rue Dutot, à Paris, au sujet de la destruction par un organisme du groupe des diplocoques, qui a été expérimenté, avec plein succès, en Australie, caries résultats des recherches faites par MM. Danyiz et La-tapie n’ont pas encore été publiés. On ne connaît pas de produit toxique qui puisse être employé pour détruire les lapins, sans présenter aucun danger pour les chiens et autres animaux domestiques. A titre d’indication, et bien que nous ne connaissions pas la situation de la propriété dans laquelle on veut détruire des lapins, nous signalons le procédé suivant employé avec succès en France. Pour détruire les garennes, on sème de la cameline en bordure de la pièce de terre et sur une largeur de 1 mètre à 1 m. 5o. Les lapins mangent ce fourrage, mais la diarrhée s’ensuit, et ils n’en reviennent pas, ils succombent rapidement.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Monstruosités chez des poissons marins : D. F. Richard. — Tribulations astronomiques à propos d’une éclipse de Soleil : G. Renaudot. — La naissance d’une lampe Osram : Albert Turpin. — Vers la conquête du désert : V. Forbin. — La machine à signatures : Jacques d’Izier.
- Supplément. — L’éclipse de Lune du 1er avril. — Congrès international d'anthropologie et d’archéologie préhistoriques. — La formation du graphite. — Le paquebot aérien « Viktoria-Luise ». — Aiguille curieuse. .— Beurres anormaux on falsifiés? — Les poissons entendent-ils?.— Phénomène lumineux dans la mer des Indes. — Organisation des usines allemandes de chimie. — Le marron d’Inde en thérapeutique.
- L’électricité domestique, guide élémentaire et pratique permettant à tous d’établir, sans difficultés, les canalisations intérieures alimentées par une batterie de piles, ainsi que l’installation des appareils, par Georges Mis, électricien. In-8° de xvi-184 pages, avec 151 figures, 2 fr. 5o. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris.
- En publiant cet utile guide, l’auteur a voulu éviter à tous les débutants les difficultés qu’ils ont à surmonter pour bien comprendre les phénomènes électriques et en tirer une explication immédiate pour réaliser certaines installations domestiques,
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- Compte rendu du second Congrès international de géologie agricole. Une brochure in-8°. Stockholm, 1911. r La brochure contient le texte d’une trentaine de | communications faites au Congrès, ainsi que les dis-j eussions qui suivirent chacune. Signalons, comme par-
- ticulièrement intéressantes, celles concernant les colloïdes du sol, les méthodes de classification des terres arables, d’analyse chimique des « extraits » de terre. Presque toutes sont rédigées en allemand et les deux seules monographies écrites en français sont l’une d’un belge et l’autre d’un polonais. Et ceci nous fait regretter l’inexplicable désintéressement des savants de nos Instituts d’agriculture et de nos stations agronomiques.
- Suir idrografia carsica nelY Altipiano dei sette comuni, par L. de Marchi. R. Magistrato aile acque ufficio idrografico (publicazione n. 22. — Yenezia, 1911)-Description de l’hydrologie superficielle et souterraine du district des 7 communes au nord de Yicence (Italie) sur la frontière autrichienne. C’est un important travail qui numérote et étudie en détail 56 sources reportées sur une carte géologique au 100000e. Beaucoup proviennent d’eaux engouffrées dans des calcaires où abondent les excavations naturelles : les doline, entonnoirs peu profonds et bouchés, les buse, à parois rocheuses et régulières, creux de plusieurs décamètres, les ingliiottitoi, ou points d’engouffrement d’eaux, et 3 puits naturels (loch) dont l’un a jusqu’à 80 mètres de profondeur. L’auteur attribue ces derniers à l’érosion chimique provoquant des effondrements. Il se rallie en partie à la théorie de Grand, admettant un niveau général oscillant (Grund-wasser, acqna di base) à la base des formations calcaires. Le torrent du Val d’Assa s’enfonce dans un canon calcaire étroit, qui dépasse 200 mètres de profondeur et qui est en partie à sec. Il est l’œuvre d’un cours d’eau disparu.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
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- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- : Du 1er au 15 avril. —Le icr. La dépression des Iles-Britanniques se déplace vers l’E. et. couvre l’Europe centrale et la Méditerranée Nice, 750 mm. La pression se relève, en Irlande et Portugal. Pluies générales en France : Nice, 22 mm; Gap et Toulouse, 18; Le Havre, 17; Nancy, 7 ; Paris, 4- lemp. du matin : Hapa-jranda,—.18°; Paris, + 5; Bordeaux, 7; Marseille, 10; Alger, 21. — Le 2. La pression s’élève rapidement sur le W. de. l’Europe; supérieure à 770 sur les Iles-Britanniques et le W.de la France. Dépression profonde dont le centre est à Lésina (745 mm) sur l’Adriatique. Pluies sur le W., le Centre et le S. de l’Europe. En France : Nancy et Paris, 8 mm; Biarritz et Limoges,v 3.; iLe Havre, 2. Temp. du matin : Uleaborg,—. 190; Lyon, |+3; Paris, 4! Marseille, 5; Alger, 14; moyenne à Paris : 5°,6 (normale : 7°.8). — Le 3. Fortes pressions sur tout le W. de l’Europe, maximum sur le golfe de Gascogne (77*6). La dépression de l’Adriatique s’éloigne vers l’E. Une autre apparaît en Islande (746). Pluies presque générales. En France, pluies légères dans le N. et l’E. Temp. du matin : Belfort, —i°; Bordeaux, 4; Marseille, 6; Paris, 8 . Alger, 12; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 8°). — Le 4- Pression très élevée sur le W. et le Centre de l’Europe. Supérieure à 775 mm en France. La dépression de l’Islande s’étend sur la Scandinavie (Yardoe : 774 mm). Pluies sur la Norvège, le Si de l’Italie et l’Algérie. Temp. du matin : Arkhangel, — io°; Belfort, —1; Paris, 2; Lyon, 3 ; Alger, 14; moyenne à Paris : 70,9 (normale : 8°, 1). — Le 5. Pression élevée depuis les Açores jusqu’au centre de l’Europe (Brest : 775 mm). Centre cyclonique sur le N. de l'Europe (Haparanda : 725). Pluies et neiges sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp du matin : Arkhangel, —4°; Besançon, +4; Nantes, 7; Biarritz, 9; Moscou, 11 ; Alger, 14; moyenne à Paris : n°,8 (normale : 8°,2). — Le 6. Pression élevée sur le W. et le S. de l’Europe. En France, voisine de 770 mm. Dépression profonde sur la Scandinavie et la Russie (Saint-
- Pétersbourg : 735). Pluies sur le N. et le Centre. En France, ondées dans N. et l’E. Temp. du matin : Toulouse,.+. 8°; Belfort, 9; Paris, 12 ; Alger, 14 ; Perpignan, 16; moyenne à Paris : io°,7 (normale : 8°,6). ;— Le 9. Situation atmosphérique très troublée sur le N. de l’Europe; dépression sur le Danemark (Copenhague : 73o mm) et sur le golfe de Gênes. La pression se relève sur les Iles-Britanniques. Pluies sur le N.-YV. de l’Europe. En France : Nancy, 4 mm; Biarritz, 3; Char-leville, 2. Temp. du matin : Nancy, —5°; Paris et Nantes, 7; Toulouse, 9; moyenne à Paris : y0,5 (normale : 8°,7). — Le 10. Pression basse sur le N., le Centre et le S. Minima près de Saint-Pétersbourg (739), sur l’Adriatique (742) et sur la mer du Nord (747). Pression supérieure à 765 depuis le N. de l’Espagne jusqu’aux Açores. Pluies sur le N., le Centre et le W. En France : Besançon, i3 mm; Dunkerque, 4; Lyon et Toulouse, 3. Temp. du matin : Belfort, o°; Paris, 3; Toulouse, 6; Alger, 16; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 8°,8). — Le 11. Relèvement général de la pression barométrique. Elle reste inférieure à 750 en Russie. Neiges et pluie sur tout le continent. En France : ballon de Servance : 3i mm; Lyon, Charle-ville, Paris et Nantes, 3 mm. Temp. du matin : Belfort, +.i°; Paris, 7; Nantes, 9; moyenne à Paris. : 70,8 (normale : 8°,9). — Le 12.. La pression s’élève sur toute l’Europe : supérieure à 770 en France. Faibles dépressions au N. de l’Islande, en Russie, Moscou (749). Neiges et pluies sur le Centre et l’E. du continent. En France, beau temps. Temp. du matin : Haparanda, — io°; Belfort, + 2; Paris, 3; Nantes, 6; Toulouse, 8; Alger, 16; moyenne à Paris : 5°,2 (normale : 90,1). — Le i3. Fortes pressions sur le W. et le Centre de l’Europe : 776 mm dans le N. de la France. Faibles dépressions sur le N. du continent et l’Algérie. Pluies sur le N. et le Centre de l’Europe, ainsi que dans le S. de l’Espagne. En France, beau temps. Temp. du matin : Berlin, — i°; Charleville, 0; Paris, 2; Bordeaux, 4;
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Alger, 13 ; moyenne à Paris : 5°,S (normale : 9°,3). •— Le 14. Pressions élevées sur le W., le Centre et le S.-E. de l’Europe. Dépression sur la Méditerranée, dépression très profonde sur l’Islande. Pluies sur le N. et le Centre du continent. En France, beau temps. Temp. du matin : Haparanda, —8°; Belfort, -f 1 ; Paris, Nantes, 4; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 90,3). — Le i5. Les fortes pressions du W. s’étendent
- vers l’E. et le N. Maximum (jj3 mm) sur les Iles-Britanniques. Dépression sur la Méditerranée (Naples, 7541, sur l’Islande (755). Pluies sur le S. de l’Europe. Neiges dans l’E. En France, beau temps. Temp. du matin : Uleaborg —-70; Clermont, -f- 3; Belfort, 6; Paris et Bordeaux, 7; Nantes, 8. :—Phases de la Lune : Pleine Lune le ier à 10 h. 14 m. du soir; Dernier Quartier le 9 à 3 h. 3 m. du soir.
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FOU CE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 1" avril 1911. 4U,6 \V. 5. Pluie. 11,4
- Mardi 2 4°,0 N. N. W. 4. Couvert. J>
- Mercredi 3 7°,5 N. W. 3. Couvert. 1,1
- Jeudi 4 2°,3 S. E. 0 Beau. ))
- Vendredi 5 8°,0 W. S. W. 3. Très nuageux. 0,0
- Samedi 6 12°,0 W. 2. Couvert. »
- Dimanche 1 ... . 11°, 3 N. N. W. 3. Couvert. ))
- Lundi 8 9°,0 S. W. 2. Couvert. 0,0
- Mardi 9 7°,0 W. 4. Eclaircies. 0,3
- Mercredi 10 5°,4 W. S. W. 4. Pluie. 2,0
- Jeudi 11 6°,9 S. S. W. 0. Nuageux. 0,6
- Vendredi 12 ... . 3°,3 N. N. E. 2. Beau. »
- Samedi 13 1°,7 N. E. 2. Beau. »
- Dimanche 14 ... . 3°,2 N. N. E.- 1. Beau. )>
- ose
- observations generales
- tluic (le Qb45 à IMS de S'AS à 13b30 neige et pluie de 10b30 à 12b50. Nuageux ; gelée blanche le soir.
- Petite pluie le matin; très nuageux le matin; nuageux le soir.
- Gelée bl, ; peu nuageux ; brume ; halo à 17 b.
- Rosée ; très nuag, ; gouttes à 12b45.
- Rosée ; quelq. éclaircies.
- Rosée ; très nuageux le m. ; peu nuag. le soir.
- Gouv. ; rosée : gouttes à 9b et à 21b.
- Nuag. ; pluie 0b30 à lb15; gouttes et grains de neige à 13b.
- Nuag. de 12b à 19b ; eouv. av. et apr. ; pluie ou goutt. à div. rçpr, Nuag. ; pluie de lh30 à lbo0.
- Nuag ; de 91’ à 18h; beau av. et apr.; forte gelée blanche.
- Quelq. nuag; gelée bl, ; halo toute la journée.
- Beau le m. ; eouv. le soir; forte gelée blanche.
- AVRIL 1912.— SEMAINES DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 14 AVRIL 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; lés flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent . couvbe épaisse^ les pressions b ci v o?né Iviques {bavoTÙètve vciïtieué à 0, eut niveau de lu me?') ♦ courbe plus ??iuice? ihevïiioviètve à l abri à boule lèche; courbe en. pointillé, thermomètre à l'abri.à boule mouillée.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- L. DE LAUNAY
- Membre de l'Institut, Professeur à 1 Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- DIRECTION
- ! E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publiquet Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature b doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2031 — 27 AVRIL 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Un nouveau verre très perméable aux rayons Rôntgen. — Les tubes ordinaires, à parois de 0,7 mm. d’épaisseur, absorben't les rayons Rôntgen dans la proportion de 5a à 70 pour 100; cette absorption croît naturellement avec l’épaisseur du verre, et l’on voit que le rendement en est fortement influencé. Or, d’après l’école de J.-J. Thomson, cette absorption dépendrait surtout du poids atomique des éléments entrant dans la composition du verre; en remplaçant donc le sodium (poids) atomique (23) par du lithium (7), le calcium (40), par du glucinium (9) et enfin le silicium (28), par du bore ( 11), on forme en effet un verre cinq fois plus perméable aux rayons X de moyenne dureté, que le verre ordinaire, et qui permet par conséquent de réduire beaucoup les temps de pose; l'absorption n’est plus que de 10 à i5 pour 100, en sorte qu’on atteint un rendement global de 90 à 85 pour 100. Ce verre, dit la Revue Electrique, s’échauffe à peine ; il n’est pas fluoi’escent et ne produit presque pas de rayons secondaires. Les épreuves photographiques données par les ampoules lithium-glucinium-bore sont très claires et très nettes; malheureusement, ces ampoules ne résistent pas longtemps à l'air; la surface devient mate, mais on la protège très efficacement contre toute altération, en la recouvrant d’une mince couche de vernis à la gomme laque. Ce verre, fabriqué par C.-L. et F.-À. Lindemann, a fait l’objet de nombreux essais au laboratoire du professeur Nernst, et ces essais ont pleinement confirmé les résultats des inventeurs.
- Un four électrique à résistance de tungstène pour laboratoires. — Deux savants allemands, MM. Fischer et Nède viennent de combiner un four électrique à résistance de tungstène dont l’emploi parait être assez commode dans les laboratoires. Le courant d’un transformateur (8,' 4 ou 2 volts avec une intensité maxima de 45o, 85oou»4oo ampères) arrive à des électrodes formées d’un tube épais de cuivre fermé à un bout, refroidies par un courant d’eau intérieur et placées horizontalement dans le prolongement l’une de l'autre. Leurs extrémités en regard pénètrent dans un ballon de verre à double tubulure constamment arrosé d’eau. Les joints, recouverts d’un raccord épais en caoutchouc, peuvent tenir le vide et le ballon reste en communication avec une pompe à vide. Entre les électrodes, on a serti un tube de tungstène, préparé par compression de tungstène pulvérulent pur, qui pénètre à frottement dans les extrémités épaisses des tubes de cuivre évidées dans ce ipt. Le tube de tungstène peut être porté parle cou-rantàlifte température voisiné de sa fusion (3ooo°) et le rayonnement est tel qu’on ne peut maintenir la main quelques instants au voisinage du ballon de verre mal-
- ffré la couche d’eau qui l’arrose. Une échancrure dans p tube de tungstène permet de placer un petit creuset de magnésie contenant la substance à chauffer. Les résultats obtenus avec cet appareil sont très satisfaisants ;
- c’est ainsi Jqu’il a permis de volatiliser en 5 minutes 5 grammes d'étain placés dans le petit creuset.
- Le déplacement des métaux par l’hydrogène. —
- Nos lecteurs savent que, dans la plupart des cas, il est généralement facile de déplacer dans beaucoup de composés l’hydrogène par des métaux. C’est ainsi qu’on peut former des sels, des alcoolates, des phénates, etc. La réaction inverse est beaucoup plus difficile à réaliser. Cependant le cuivre, le plomb, le nickel, le cobalt, le bismuth peuvent être déplacés des solutions de leurs sels à des températures suffisamment élevées par action de l’hydrogène sous pression. La précipitation de ces métaux est accompagnée de la formation d’oxydes et de sels basiques. Si, dans un tube de verre, placé dans un appareil constituant une sorte d’autoclave, et contenant une solution étendue de sulfate de cuivre, on comprime de l’hydrogène à 25 atmosphères à une température de 900, il se forme en 10 ou 15 heures un précipité vert cristallisé de sulfate basique de cuivre So4Cu, 2Cu(OH)2. Après i5 heures, on voit apparaître des cristaux octaédriques, rouge rubis, d’oxydule de cuivre Cu20, en même temps que les cristaux de sel basique disparaissent progressivement. Après 40 ou 5o heures, il se dépose du cuivre cristallisé et après 4 à 7 jours, il ne reste plus d’oxyde. Sous des pressions supérieures à 25 atmosphères, les réactions s8nt plus rapides : sous 100 atmosphères à 90°, le cuivre apparaît au bout de i5 à 20 heures, et en 7 jours il s’en dépose 90 pour 100 de la quantité contenue dans le sel initial. Sous 200 atmosphères, la précipitation du cuivre est complète.
- L’industrie des magnétos d’automobiles. — M. Ar-
- noux, dans une récente conférence aux Ingénieurs Civils, donne sur ce sujet d’intéressants détails. C’est l’Allemagne qui tient la tête de cette industrie avec une production annuelle de 25oooo à 3oo 000 magnétos intéressant 4000 à 5ooo ouvriers et représentant un chiffre d’affaires de 4° millions de francs. La France, malgré la puissance de son industrie automobile, ne fabrique que i5 000 magnétos, chiffre insuffisant pour sa consommation qui est de 70 000 appareils d’allumage. L’Allemagne introduit chaque année en France 55 000 magnétos. Nos canots automobiles et nos aéroplanes militaires sont presque uniquement équipés avec des magnétos allemandes.
- La circulation à Berlin. — Elle débutait en 1815 avec 3o fiacres, poussés au bout de 3o ans au chiffre d’un millier. L’omnibus introduit en 1846 sur 5 lignes s’était répandu sur 3g vers 1860. En 1876 elles eurent à soutenir la concurrence des tramways à cheval. Le tramway à traction mécanique fit son apparition en 1882 et les tramways électriques en 1891, première ligne Ber-lin-Lichterfelde. Enfin le métropolitain date de 1902. En 1908 il s’étendait déjà sur 17 kilomètres, tandis que les
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- INFORMATIONS
- tramways électriques couvraient 1293 kilomètres. Le chiffre des omnibus à cheval s’élevait au début de 1911 à 65o et celui des autobus à 165, circulant sur 35 lignes seulement, au lieu des 39 de l’année 1860 et transportant 146 millions de voyageurs. La progression colossale du chiffre total des voyageurs circulant à Berlin au moyen de ces divers véhicules ne trouve sa pareille que dans les villes américaines. En 1870, le total des voyageurs s’élevait à 1 860 000
- En 1880................à 62800000
- En 1890................à 202300000
- En 1900................à 459400000
- En 1910................à 919700000
- Dans le même espace de temps, la population (il s’agit du grand Berlin : Gross-Berlin) passait de 85o 000 à 3 i45ooo habitants, de sorte que la proportion des voyageurs transportés par tête d’habitant s’élève de 2 en 1870 à 267 en 1910.
- Les grandes pluies de 1910 en Lozère. — La
- Commission météorologique du département de la Lozère publie, dans le Bulletin de la Société d’agriculture de ce département (4" trimestre 1911), les observations de l’année 1910 (organisés dès 1857). L’ensemble des stations est de 37. On relève dans ce travail des chutes de pluie (en 1910) qui ne paraissent pas avoir encore été atteintes en France, savoir : 33o3 mm. à la Baraque (versant du Tarn, à 1400m. d’altitude); 3181 mm. àYil-lefort (597 m., versant du Chassezac) ; 2610 mm. à Pont-de-Montvert (901 m., Tarn) ; 2741 mm. à Cham-
- plessy 1080 mm. Tarn); 2538 mm. à Aire-de-Côte (ïiio m., Tarn); i5oi mm. à Vialas (622 mm., Cèze). Il y a eu 188 jours de pluie à Mercoire (1222 m., bassin de l’Ailier). Villefort a reçu 707 mm. en octobre et 760 mm. en décembre; la Baraque, 669 mm. en octobre. La moyenne pour le département entier est de 1796 mm. La comparaison avec la moyenne de lapériode 1871-1900 montre qu’au Malzieu il y eut, en 1910, 263 mm. en plus (3g pour ioo), et à Villefort i362 mm. en plus (73 pour 100). Il y a eu 76 jours de chute de neige à Mercoire. Il serait bien désirable que, conformément aux vœux et aux efforts du Ministère de l’Agriculture et du. Bureau Central météorologique, chaque département français fût pourvu d’un aussi bon service météorologique que celui de la Lozère. La discussion comparée des observations permettrait à la longue de vérifier ce qu’il peut y avoir de fondé dans la fameuse loi de Brüchner sur le cycle humide de 33 ans !
- Variations saisonnières du poids du système nerveux chez la grenouille. — D’une étude de M. Donaldson (Journal of Morphology), il résulte que le poids relatif du système nerveux de la grenouille (Rana pipiens\,varie suivant la saison; il est faible au printemps, plus grand en juillet, plus petit à nouveau pendant l’hivernation ; il augmente d’environ i3 pour 100 de fin de mars au début de juillet. Ceci tient à ce. que le système nerveux croît plus vite et plus tôt que le reste du corps. Celui-ci augmente d’ailleurs de plus du double pendant la saison estivale chez les grenouilles de 1 à 4 ans. Ce rythme de croissance semble général chez les Vertébrés inférieurs; on le retrouve d’ailleurs, mais moins marqué, chez les Vertébrés supérieurs et même chez l’Homme, puisque Mailing-Hansen a constaté chez de jeunes Danois de 9 à i5 ans que l’accroissement de taille a lieu surtout d’avril à août et l’accroissement de poids d’août à décembre, la période décembre-avril se passant sans grands changements. Ces questions mériteraient d’être étudiées chez un grand nombre d’animaux.
- Les poissons entendent-ils? — M. Bernoulle (Ar-chiv fur die gesammte Physiologie) prétend que non, et attribue aux excitations tactiles provoquées par les ondes mécaniques les réactions des poissons observées par d’autres expérimentateurs. En assurant l’absolue immobilité d’une cloche sonore, les truites ni les anguilles ne réagissent. Un sifflet dont les vibrations arrivent dans l’eau par un tuyau, des coups de pistolet ou de fusil dont le bruit est communiqué de même façon, ne provoquent aucun réaction, si l’on évite les ébranlement mécaniques. Les poissons n’entendent donc point. Mais M. Piper (Archiv fur Physiologie) a constaté une excitation du labyrinthe des brochets quand on fait fonc-
- tionner un sifflet donnant 260 vibi’ations ; cette excitation est enregistrée au moyen d’un galvanomètre à corde extrêmement sensible. Les poissons entendraient-ils, tout en ayant l'air d’être sourds ?
- Un appât phosphorescent. — M. Osorio vient d’apprendre à la Société de Biologie que les pêcheurs de Cezimbra (Portugal) usent d’un moyen curieux pour prendre des poissons : ils pêchent un individu de Ma-lacocephalus lœvis, poisson très commun sur leur côte, lui pressent le ventre et en font sortir un liquide jaune, épais, trouble et phosphorescent; ils versent ce liquide sur de la chair d’un autre poisson, d’une Roussette par exemple et la phosphorescence s’y communique; elle s’avive au contact de l’eau de mer. Les morceaux de poisson rendus phosphorescents sont attachés aux lignes de pêche et servent d’appâts, avec beaucoup de succès, d’après l’opinion des pêcheurs.
- Ancienne relation hydrographique entre le bassin du Tchad et le Nil, résumée par M. Ch. Rabot dans la Géographie du i5 novembre 1911. Au cours de la mission Tilho, le Dr Gaillard a reconnu, en de nombreux points du Tchad, la présence d’abondantes colonies d’un crustacé connu seulement jusqu’ici dans le bassin du Nil, le Palœmon niloticus, Roux. La présence de ce crustacé à la fois dans le Tchad et le Nil ne peut être expliquée que par l’existence d’une communication entre ces deux bassins. Au Nord-Est du Tchad et à un niveau inférieur, de larges cuvettes, à une époque très récente, étaient occupées par les eaux; cela résulte de la présence de nombreuses coquilles fluviatiles et de vertèbres de poissons. Entre ces bassins lacustres et le Tchad la communication était établie par le sillon aujourd’hui à sec du Bahr-el-Ghazal. MM. Solland et Tilho concluent que « à une époque récente, probablement quaternaire, la nappe tchadienne, beaucoup plus puissante qu’aujoür-d’hui, s’est continuée superficiellement par le Bahr-el-Ghazal, actuellement desséché, s’est épanouie pour former l’ancien lac des Pays-Bas du Tchad et a pu se prolonger jusqu’au Nil, à travers le Sud du désert, suivant un thalweg dont les explorations futures permettront de retrouver les traces. » (Comptes Rendus Acad: des Sciences, 23 juin 1911.)
- Pouilles archéologiques au Maroc. — Un rapport vient d’être publié dans les Archives marocaines de M. Alfred Le Chatelier, par MM. Biarnay et Péralié sur leurs intéressantes découvertes récentes au Maroc. Ils ont déblayé, sur le plateau de Marchan, à Tanger, une nécropole du iv° siècle après Jésus-Christ; à 20 kilomètres au sud-ouest de.la ville, un établissement thermal romain; et, au sud du cap Spartel, une grotte préhistorique.
- Statistique canine. — Dans le Rapport annuel du service vétérinaire sanitaire de la ville de Paris, publié par M. H. Martel, nous relevons les chiffres suivants : le nombre des chiens déclarés en France en 1910 est de 3 705 024, soit près du dixième de la population humaine. Quatre départements renferment plus de 100000 chiens ;
- Nord.........................205718 chiens
- Seine...........................191 56g __ —
- Pas-de-Calais...................126 g3t —
- Seine-et-Oise...................104 87$ —
- Sur cette nombreuse population canine, on n’a observé
- que 1554 cas de rage, dont 14 seulement dans le dépar-
- tement de la Seine où la surveillance est la plus active. Rien qu’à Paris, on a arrêté en 1910, 5o54 chiens errants. Le nombre des chiens va constamment en augmentant. Pour la France, les statistiques montrent une augmentation de 52 870 chiens de 1909 à 1910. Pour Paris et sa banlieue du département de la Seine, la population canine croît régulièrement comme le montrent les nombres suivants :
- Paris. Banlieue. Total.
- 1905. . . 7° 945 90 721 161 666
- 1906. . . 71 047 92 5o5 i63 552
- 1907. . . 73 244 97 747 170 99*
- 1908. . . 74 012 io5 210 179 222
- 1909. . . 76 260 110 439 185 699
- 1910. . . 76 58o 114 989 I91 56g
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *> "Electricité <*
- Montage de deux sonneries en série. — Dans une installation d’appels par sonneries électriques, on peut avoir besoin d’actionner plusieurs sonneries en même temps. Le cas le plus général est celui de plusieurs boutons actionnant plusieurs sonneries simultanément. Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, les sonneries sont montées en dérivation, c’est-à-dire que les bornes de chaque sonnerie communiquent chacune avec un fil venant de la pile ; il en est de même des boutons
- Fig. x. — Montage de sonneries en dérivation.
- d’appel et l’on réalise schématiquement la figure i. Chaque bouton peut faire sonner ensemble toutes les sonneries.
- Théoriquement, le nombre de sonneries et le nombre de boutons sont illimités ; pratiquement, ce nombre est limité, car le nombre de piles augmente en rapport du nombre de sonneries actionnées et de la longueur des fils de communication. Cette disposition, qui est fréquente, permet d’appeler d’un seul point dans plusieurs pièces à la fois.
- Si l’on n’a que deux sonneries à faire manoeuvrer simultanément, on peut les monter en série, ce qui économise le fil conducteur et donne moins d’usure des piles. Le problème est alors délicat et demande de l’attention, nous allons indiquer la manière de procéder dans une application intéressante.
- Supposons que, possédant une sonnerie électrique à la porte d’entrée de l’appartement, nous voulions installer, avec le minimum de fil, une poire dans la salle à manger, faisant tinter une sonnerie placée dans la cuisine ; le bouton d’appel placé à la porte d’entrée devra, lui, actionner la sonnerie de l’antichambre et celle de la cuisine; les piles se trouvent sur une planchette dans les W.-C. Prenons d’abord le fonctionnement simultané des deux sonneries par le bouton d’appel. Si l’on place
- a J coup
- fils venant de la poire viendront se fixer, l’un sur la borne de la sonnerie n° i en communication avec la sonnerie n° a, et l’autre sur le fil allant directement du bouton à la pile.
- Voyons donc, sur le plan de l’appartement, ce que nous aurons à adjoindre à l’installation courante, qui existe, d’une sonnerie à la porte d’entrée de l’appartement. On transformera la sonnerie n0 i en sonnerie à un coup. De la poire placée dans la salle à manger, on conduira deux fils, qui viendront sur la borne de la sonnerie allant à la pile et sur le fil allant du bouton à la pile. De la sonnerie n° 2 placée dans la cuisine, deux fils partiront; l’un ira au fil qui vient de la sonnerie n° 1 à la pile, fil que l’on détachera de la pile; l’autre fil de la sonnerie n° 2 viendra se raccorder à la pile, au pôle qui a été libéré précédemment. Donc, quand on manœuvre la poire, on fait marcher la sonnerie n° 2, ce qui prévient la cuisine ; quand on manœuvre le bouton, on fait marcher la sonnerie n° 1 qui prévient les maîtres et la sonnerie n° 2 qui prévient la cui-
- On peut objecter, à juste titre, que la cuisine ne saura pas distinguer, si elle ne peut entendre la sonnerie n° 1, si l’appel vient de la salle à manger ou de la porte d’entrée. Pour éviter cela, on installera en dérivation sur la sonnerie n° 1, un indicateur à voyant qui pourra être réalisé comme nous l’avons indiqué dans le n° 2027. Ce voyant ne fonc-
- Fig- 3\
- Plan général de l’installation.
- donnera qu’avec la sonnerie n° 1 et ne tombera que si cette sonnerie tinte. Le personnel de la cuisine, en venant dans l’antichambre, pourra se rendre compte, par l’inspection de l’indicateur, si l’appel vient de la salle à manger ou de la porte d’entrée.
- Il sera sage d’augmenter d’une unité ou même de deux le norpbre des éléments de la pile, et les deux sonneries devront avoir une résistance à peu près égale pour fonctionner dans de bonnes conditions.
- *> Chimie pratique
- Fig. 2. — Montage de deux sonneries en série avec voyant.
- les deux sonneries en série pour éviter des fils, comme la première sonnerie coupe le courant par la vibration de la palette, la deuxième sonnerie fonctionnera mal, car les coupures de circuit que cette deuxième sonnerie produit ne concorderont pas avec celles de la première. Il faudrait que les vibrations des palettes fussent identiques, ce qui est impossible à obtenir. Supprimons donc les coupures de la première sonnerie en l’équipant en sonnerie à un coup (V. n0 2023) et nous n’aurons plus dans le circuit qu’une seule série de coupures, celle de la deuxième sonnerie placée dans la cuisine. Quand on pressera le bouton d’appel, les deux sonneries fonctionneront en même temps.
- Maintenant, nous devons actionner la sonnerie n° 2 seule par une poire. Il faudra donc fermer le circuit sur cette sonnerie seulement, qui, équipée en trembleuse ordinaire, peut fonctionner seule. Par conséquent, les
- Chauffage à la ficelle. — Ce singulier procédé de chauffage est couramment employé au laboratoire soit pour ouvrir les flacons fermés à l’émeri dont le bouchon est très adhérent, soit pour couper de façon parfaitement nette et dans un plan perpendiculaire à l’axe un flacon quelconque ou un tube en verre de gros diamètre.
- Dans l’un et l'autre cas, on emploie une fine cordelette dont les deux extrémités seront au besoin munies de ces petites tiges de bois dont on se sert pour porter les paquets. Il est bon d’opérer à deux, en se faisant vis-à-vis, une main de chacun tenant le croisillon de la ficelle, et l’autre immobilisant le flacon. La ficelle doit entourer complètement la paroi de verre : s’il s’agit de couper le cylindre, ne lui faire faire qu’un tour, lequel est étroitement limité au moyen de deux cales en bois distantes au plus de 8 à xo millimètres l’une de l’autre (fig. 2). S’il s’agit d’un bouchon à enlever (fig. i), on peut enrouler deux ou trois fois la coi-de autour du goulot.
- Ceci fait, on tire alternativement d’un côté et de
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- SCIENCE APPLIQUEE
- l’autre, la tension étant bien assurée de façon à ce que la ficelle frotte fortement sur le verre : la force dépensée à vaincre le frottement se transforme en chaleur. Aussi au bout de a ou 3 minutes, le goulot du flacon s’est-il dilaté, et il suffit de tourner le bouchon, en
- s’aidant au besoin de pinces, pour le dégager s’il n’est pas collé trop fortement. De même la partie annulaire du flacon ou du tube exerce sur les parois avoisinantes un effort auquel le verre résiste grâce à sa flexibilité, mais il suffit de projeter quelques gouttes d’eau froide sur le verre chaud pour que l’équilibre soit brusquement rompu : il se produit instantanément, avec un petit bruit sec, une section circulaire absolument nette.
- r> Dessin <«*
- Nouvelle chambre claire « Le Dessinator ». —Rien n’est plus commode pour prendre rapidement le croquis d’un paysage ou la copié d’un dessin que d’employer une chambre claire. Mais celles qui donnent des images nettes de l’objet à reproduire et du papier à dessiner sont généralement d’un prix élevé. « Le Dessinator » imaginé par M. Becharies a l’avantage d’être peu coûteux et cependant il permet un dessin facile et sans déformations.
- L’appareil se compose d’un pied à coulisse pouvant être fixé à la table par une vis de pression et portant à son extrémité libre articulée une glace noire et un miroir montés dans un châssis en bois. La glace fumée fait écran et permet d’égaliser l’intensité lumineuse du modèle et de la copie, le miroir remplace le prisme des
- chambres claires habituelles et renvoie l’image de l’objet dans la même direction que l’image du papier à dessiner, les deux arrivant à l’œil par un trou percé à la partie supérieure du châssis de bois.
- La glace noire du viseur doit faire face à l’objet à dessiner, avec une légère inclinaison en avant. En l’inclinant plus en avant, on rend l’image moins lumineuse et par conséquent on augmente la visibilité de la pointe du crayon, l’inclinaison en arrière produit l’effet contraire. Dans les deux cas, l’image demeure immobile sur le papier à dessin.
- Un autre modèle de viseur, contruit de la même manière mais muni d’une loupe placée en avant du, miroir permet de faire des agrandissement de dessins; ,
- ' Un pied à coulisse porte-modèle en bois, se fixant à la table également par une vis de pression, est destiné à porter le dessin à reproduire qu’on place àla hauteur et à la distance voulues.
- La chambre claire, le viseur pour agrandissement et le porte-modèle sont en vente chez M. Paul Denis, à Orsay (Seine-et-Oise).
- *l> Divers
- Clôtures économiques en tôle galvanisée. — Tout le monde connaît l’emploi des tôles de fer, ondulées et galvanisées, pour la construction des toitures légères ; voici une intéressante utilisation de ces tôles pour faire des clôtures économiques, incombustibles et difficilement franchissables. ’
- L’armature qui soutient la clôture en tôle est formée par des fers en I ou fers à planchers, galvanisés ou peints au minium, enfoncés profondément dans le sol. Ces pieux sont réunis par des barres de fer en U assemblées par des équerres ou simplement enfilées dans des mortaises faites au découpoir dans les fers verticaux.
- La tôle ondulée est agrafée sur les traverses et sur les poteaux au moyen de petits boulons ou de rivets. Afin d’empêcher l’escalade, les tôles sont taillées en
- pointes vives à leur sommet, ainsi que le montre notre gravure.
- Les tôles ondulées se fabriquent couramment en feuilles de i m. 65 et 2 mètres de hauteur, mais on peut en obtenir jusqu’à 3 mètres de hauteur, ce qui permet de constituer des clôtures réellement protectrices.
- La tôle ondulée galvanisée coûtant environ 4 francs le mètre carré, cette clôture ne revient guère à plus de 12 francs le mètre courant, en 2 mètres de hauteur, elle remplace ainsi économiquement un mur en briques, dont elle a la solidité. Elle a de plus, l’avantage de pouvoir être démontée, transportée et posée’ailleurs sans aucune perte et avec très peu de frais. — On trouve ces clôtures chez M. Nozal, 9, quai de Passy, à Paris.
- Entonnoir décanteur Béna. — Cet appareil imaginé par le Dr Béna de Metz a pour but de débarrasser l’essence employée pour les automobiles et les moteurs en général, de toutes les impuretés et de l’eau qu’elle contient toujours, et par là d’éviter les pannes de carburateur.
- L’objet se compose d’un entonnoir principal, d’un entonnoir secondaire, muni d’un filtre, pouvant être relevé par oscillation autour d’une charnière, et d’un tuyau de chute formant siphon, soudé à l’entonnoir principal.
- Le liquide à filtrer dépose dans le récipient cylindrique adapté à la partie inférieure de l’entonnoir principal, l’eau et les fines impuretés qui ont passé à travers le filtre. Afin de donner à l’essence, le temps nécessaire pour déposer les impuretés, le tuyau de chiite est adapté de façon que la direction de l’aspiration soit diamétralement opposée à la direction dans laquelle le liquide rentre dans l’appareil. Le bout du siphon dans l’entonnoir principal a reçu la forme d’un double cône qui a pour but d’empêcher l’aspiration directe des impuretés en produisant encoi'e un ralentissement dans le flux de l’essence. — Concessionnaires généraux pour la France : Raynaud, L. Bourceret, 3g, rue de la Boétie, Paris.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
- QÊL
- 09?
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en mars 1912, par M. Ch. Dufour.
- Le mois de mars 1912 a présenté au Parc Saint-Maur les caractères suivants :
- La pression barométrique moyenne est inférieure de 2mm, 1 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température est en excès de a0,8 sur la moyenne générale de 5o ans (1851-1900) ; cet écart classe mars comme février 1912 parmi les mois très chauds. C’est depuis l’origine de notre série d’observations, c’est-à-dire depuis 1874, Ie seul mois de mars où le thermomètre ne soit pas descendu sous l’abri à i° au-dessous de o°. Le minimum absolu de mars 1912 est de —o°,4 le 8. La nébulosité a été élevée, aussi le maximum absolu n’est-il que de 2O0,2 le 26.
- Il y a eu 18 jours de pluie appréciable, contre 14 nombre moyen; il y faut ajouter 3 jours de pluie inférieure à omm,i ce qui donne 21 jours pluvieux, mais les pluies ont été généralement faibles et la hauteur totale recueillie dans le mois, 42mm,i, est absolument normale (rapport i,o3).
- On a entendu le tonnerre dans l’après-midi du 3.
- Pression barométrique (ait. 5o“,3). — Moyenne des 24 heures : 754”“»4^ ; minimum absolu : 731““,6 le 18 à i5h iom ; maximum absolu : 768“”,o le 12 à 23^50®.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des maxima, i3°,62; des minima, 4°>48 ; des 24 heures, 8°,69. Minimum absolu : —o°,4 le 8; maximum absolu : 2O0,2 le 26. Amplitudes diurnes : moyenne, 9°,i4; la plus élevée, i5°,5 le 26; la plus faible, 4°,5 le 14. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, o°,76; des maxima, 25°,33 ; minimum absolu : —5°,6 le 8; maximum absolu : 3g0,1 le 26. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (profondeur o“,3o), à 9 heures : 8°,36 ; à 21 heures : ,8°,5g; (profondeur om,65), à 9 heures : 8°,36 ; à. 21 heures : 8°,37 ; (profondeur 1 mètre), à 9 heures : 8°,26; à 21 heures : 8°,28. De la Marne. — Moyennes : le matin, 9°,22; le soir, 9°,55. Minimum : 8°, 10 le 23; maximum : i2°,5o le 3i.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6““,52; minimum absolu : 2mm,g le 29 à 16 heures; maximum absolu : iomm,g le 27 à 12 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 78,4. Minimum : 27 le 29 à 16 heures; maximum absolu : 100 à ri dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,14. Moyenne diurne la plus faible : i,5 le 29; 1 jour entièrement couvert rie 14.
- Insolation. — Durée possible : 367 heures ; durée effective : n3h8 en 27 jours; rapport : o,3i.
- Pluie. — Total du mois : 42'nm>1 en 64h5; maximum en 24 heures : 5®“,5 le 18.
- Nombre de jours .1 de pluie, 21 ; de pluie appréciable (égale ou supérieure à om®,i) : 18; égale ou supérieure à 1®® : 13 ; à 5mm : 1 ; de grêle, 1 ; de grésil, 1 ; de gelée, 1 ; d’orage, 1 ; de brouillard, 5 ; de brume, 1 ; de rosée, 5; de gelée blanche, 12; de halos solaires : 12; lunaires, 3.
- Fréquence des vents : calmes, 20.
- N. . . . 10 S. E . . . . 6 W . . . . 48
- N. N. E. I I S. S. E. . • 29 W. N. W. .36
- N. E.. . i3 S . 63 N. W. . . 16
- E. N. E . 2 S. S. W. . . i36 N. N. W . 32
- E . . . . 0 S. W. . . . 201
- E; S. E . 1 w. s. w. . 120
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4®>85; moyennes diurnes : la plus élevée, 8“,g le 21; la plus faible, im,i le 26. Vitesse maximum : i6m,5 le.21 à i4h35™ par vent de S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m,32 ; minimum : 2“,93 le i6r; maximum : 3m,6g le 3i.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, — 2mm,n; température, —j- 20,78 ; tension de la vapeur, -f- 1®m,21 ; humidité relative, -{-3,3; nébulosité, -j- 1,07; pluie -j- iœ“,i; jours de pluie appréciable, +4; insolation, — l5h,2.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (19 jours) : 68 volts; moyenne diurne la plus élevée : 142 volts le 3o ; la plus faible : i3 volts le 21. Cinq journées, celles des 26, 27, 28, 3o et 3i mars ont présenté des variations sensiblement régulières. La moyenne de ces 5 jours est de 98 volts, l’amplitude nocturne correspondante, 0,86; l’amplitude diurne, o,55.
- Radiation solaire. — Seize observations ont été faites à 8 dates différentes. Les valeurs les plus élevées ont été de 1cal,220 le 20 à i3hi6m; i0il,228 le i5 à i3hi6“; i0,1,235 le 27 à nh5om.
- Taches solaires. — On a suivi un seul groupe de taches en 18 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 1-6, 19, 20, 24, 26-29.
- Perturbations magnétiques. — Faibles les 6-7,: 8, 9, 21-22. >'.
- Mouvements sismiques. — Le seul mouvement sismique de quelque importance a été enregistré le 11 entre ioh37®et nh5om; les sismographes indiquent en outre un faible mouvement le 8 entre i5 heures et 16 heures et un plus faible encore le 25 entre 5h 9“ et 6 heures et demie.
- Floraisons. — Le 3, buxus balearica; le 4, hépatique bleue; le 5, ficaire, pêcher de plein vent; le 6, narcisse; le 8, ribes aureum; le 10, forsythia viridissima; le 11, jacinthe non cultivée; le 12, coucou, buxus pyramidalis ; le 13, arabis verna; le 14» merisier; le i5, ribes sangui-neum, cydonia japonica; le 16, jasminum nudiflorum ; le 17, groseillier à grappes, mahonia à feuilles de houx; le 18, anémone des bois; le 20, érable plane, cerisier (anglaise); le 21, groseillier épineux; le 23, glechoma; le 25, iberis sempervirens ; le 26, prunier (Reine-Claude), corchorus; le 27, muscari à grappes; le 29, renoncule bulbeuse; le 3o, pervenche bleue, linaire, cerisier (Montmorency).
- Premier chant. — De la grive le 9, de la fauvette à tête noire le 23.
- VARIETES
- Comment acheter un essaim? — Après un examen approfondi des lieux, vous avez définitivement choisi l’emplacement de votre rucher, bien à l’abri des vents dominants, ni trop près, ni trop loin de votre habita-tation, à bonne distance des chemins et des propriétés voisines; vous vous êtes assuré que, dans un rayon de deux kilomètres au plus, vos abeilles trouveront en quantité suffisante du sainfoin, de la luzerne, des labiées, du colza, du sarrasin, des arbres fruitiers, des tilleuls, des acacias, ou toutes autres plantes mellifères. Il ne vous reste plus qu’à peupler vos ruches, à acheter
- vos colonies. C’est là une chose importante et capable d’influer grandement sur vos succès futurs d’apiculteur.
- Bien qu’il soit difficile de donner à ce sujet des conseils d’une précision rigoureuse, il convient d’indiquer tout un ensemble de précautions dont il est prudent de s’entourer, si on ne veut pas s’en remettre au seul hasard qui ne fait pas toujours très bien les choses.
- Tout d’abord, dites-vous bien que la race de nos abeilles françaises étant au moins équivalente aux meilleures des races étrangères, c’est elle qui doit être préférée, si vous ne tenez pas à courir les risques d’un
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- VARIÉTÉS
- acclimatement toujours aléatoire. Ensuite, gardez-vous d’acheter un essaim à moins de deux kilomètres de vos ruches, car cette distance représente le rayon de butinage des abeilles et celles que vous installeriez chez vous auraient vite fait dé vous fausser compagnie pour retourner à leur ancienne demeure.
- Faites vos achats au printemps et de préférence du i5 avril au i5 mai : il n’y a plus alors à redouter les intempéries des saisons froides et par surcroît vos élèves seront assurées de trouver dans les champs une nourriture abondante. Vous éviterez ainsi les difficultés multiples de Fhivernage. Adressez-vous uniquement à un apiculteur sérieux, réputé pour la bonne tenue de son rucher et pour la probité constante de ses transactions commerciales. Ne vous laissez, sous aucun prétexte, séduire par le bon marché des prix offerts par un concurrent moins honorable ou moins compétent : lésiner est souvent, en matière apicole, perdre de l’argent.
- Surtout, n’achetez pas sans voir. Ne consentez même pas. à entrer en pourparlers avec le propriétaire de colonies logées en petites ruches : il y a les plus grandes chances pour que ces colonies, rapidement et périodiquement mises à l’étroit, ait contracté l’habitude des essaimages multiples. L’expérience a montré que cette déplorable « fièvre d'essaimage » abandonne lentement les sujets qui en sont atteints, fussent-ils mis, par la suite, en possession d’un logement spacieux.
- Examen des colonies à acheter.— Par une belle journée d’avril, succédant autant que possible à plusieurs jours ensoleillés, allez examiner le rucher où habite l’essaim que vous désirez acheter; notez parmi les grandes ruches celle où l’activité des bestioles travailleuses vous paraît être la plus grande. Si les entrées et les sorties sont fréquentes, si les abeilles affairées se renouvellent sans cesse devant l’ouverture, il y a gros à parier que vous êtes en présence d’une colonie nombreuse et en pleine vigueur.
- Plaçant votre oreille contre la paroi de la ruche, frappez avec un doigt replié deux ou trois petits coups secs : si vous provoquez ainsi un bourdonnement intense qui emplit toute la ruche et ne s’apaise que progressivement, tout est pour le mieux ; la mère est présente. Mais si le bruissement provoqué manque d’ampleur, si surtout il cesse brusquement dans son ensemble, en même temps si vous entendez des bourdonnements isolés et plaintifs, vous vous trouvez très probablement en présence d’une colonie orpheline qu’il vaut mieux ne pas acheter.
- Visitez la ruche, afin de vous assurer qu’il reste en elle assez de provisions pour permettre d’attendre sans pâtir la venue de l’époque de grande récolte, et par conséquent afin de vous rendre compte de l’âge de la ru-chée. A cet effet, enfumez légèrement, renversez la ruche
- et vérifiez l’état des rayons en les écartant; vous devez apercevoir un couvain abondant et compact dont la présence vous prouve que la Reine est prolifique. Si, au contraire^ ce couvain est peu abondant et épars, craignez que la mère ne soit vieille ou mauvaise pondeuse. S’il présente des parties pourries, inutile de pousser plus loin votre examen; la redoutable maladie de la loque a envahi cette ruche : n’achetez à aucun prix. De même, les rayons ne doivent présenter ni moisissures ni toiles soyeuses. Mais vous ne rencontrerez que très rarement ces maladies dans les ruches bien peuplées.
- La couleur des rayons vous renseignera utilement sur l’âge de la ruchée. Bruns ou noirs, ils dénotent qu’elle est vieille et si cette coloration coïncide avec un couvain peu abondant, n’achetez pas, car la mère est, elle aussi, épuisée : une telle ruche ne saurait prospérer. Mais si le couvain est compact et bien développé, les ouvrières nombreuses et actives, la provision de miel suffisante, la couleur des rayons n’a pas grande importance parce qu’il y a eu certainement essaimage l’été précédent : la mère est jeune. Vous pouvez acheter. Si les rayons sont, les uns au centre d’un jaune brunâtre, les autres d’un beau jaune, il est probable que vous avez affaire à un essaim ayant une vieille reine, ou encore à un essaim ayant une reine de deux ans. Dans ce dernier cas, le couvain est à la fois abondant et compact. Si les rayons sont de cire neuve et remplissent la moitié de la ruche, vous vous trouvez vraisemblablement en présence d’un essaim secondaire avec une jeune reine. Si la population est forte, elle pourra donner une bonne colonie. Achetez sans crainte.
- Quelques personnes croient préférable d’acheter, non pas des colonies, mais seulement des essaims. C’est là une très mauvaise méthode, car elles ne possèdent ainsi aucun élément d’appréciation ni sur la fécondité de la mère, ni sur son âge, ni sur l’activité des ouvrières, ni sur les maladies qu elles peuvent emporter en puissance. A la rigueur, s’il s’agit d’un essaim primaire, il n’y a rien là que de normal, à condition, bien entendu, que les abeilles soient très nombreuses. Mais comment savoir, à moins d’être soi-même le propriétaire de la ruche, si on ne se trouve pas en présence d’un deuxième, troisième ou même quatrième jeton? Dans ce cas, il y a toujours lieu de craindre la fièvre d’essaimage. Si cependant, on a la certitude de se trouver en présence d’un essaim primaire, d’après les déclarations d’un propriétaire dont on connaît la probité absolue, on peut acheter, à condition que cet essaim soit suffisamment gros. Un bon essaim doit peser au moins 2 lcilog.
- Enfin, il faut toujours se souvenir que les peuplements faibles ne prospèrent que très exceptionnellement. Francis Marre.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’acide citrique en chirurgie. — Les toxines microbiennes sont constituées chimiquement par des alcalis-albumines pour neutraliser leur action il faut prendre des agents antiseptiques acides. Le meilleur à ce point de vue est l’acide phénique, mais il demande à être manié avec prudence, et chez les enfants son emploi doit être discret sous peine d’irritation vive. Comme Championnière l’a indiqué depuis longtemps, cette action irritante est singulièrement restreinte si on se sert d’acide phénique neigeux, c’est-à-dire très pur, mélangé à de la glycérine neutre. Les auristes emploient journellement ce topique pour combattre les menaces d’otite moyenne.
- Le Dr Schwartz a trouvé dans un acide végétal un antiseptique très simple, n’ayant besoin d’aucune préparation et toutes les fois qu’il a des pansements de petite chirurgie à faire, panaris, tournioles, abcès de petit volume, il a recours au moyen suivant : il prend un mélange à parties égales de vin aromatique et de sérum
- physiologique et y ajoute, au moment de l’utiliser, quelques gouttes d’un citron ou plus, la moitié, le jus tout entier, suivant l’importance du pansement. Le vin aromatique est déjà par lui-même un excellent agent de cicatrisation des plaies, par le tanin et l’alcool et surtout par les essences qui entrent dans sa composition.
- L’addition de jus de citron fournit l’appoint d’un acide et donne un liquide de couleur rosée, d’un parfum agréable qui ne produit ni sensations douloureuses, ni brûlures, ni irritation de la plaie. Le jus de citron est depuis un temps immémorial employé comme un remède des maux de gorge et il donne, au début des angines, d’excellents résultats. Le Dr Schwartz a été bien inspiré en se servant de l’acide citrique et le pansement mixte qu’il conseille est utile à connaître car il lui a donné dans sa pratique hospitalière de très bons résultats pour nombre de cas dits de petite chirurgie. Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le vent et les nuages. — Les tableaux suivants donnent les vitesses moyennes horizontales, en mètres par seconde, de diverses espèces de nuages en différentes régions.
- ÉTÉ
- STATIONS Ç "S (Ti (JJ 0 £3 Upsal. c5 cfi O Ch 0n O Ch Ch a ÜH BlueHill. | O CD Ifi £ Manille, j
- Cirrus 18,5 20,1 21,9 25,2 50,0 50,5 15,5
- Cirro-stratus 17,8 59,3 24,2 22,7 50,0 26,9 15,5
- Cirro-cumulus 10,8 17,1 12,7 22,7 18,5 25,5 0,0
- Alto-stratus 13,0 5,4 11,1 14,8 24,7 17,6 »
- Allo-cumulus sup. )) 14,9 )» 17,0 » » »
- Alto-cuinulus inf )> 8,7 » 11,1 n )) »
- Alto-cumulus 10,7 11,8 9,8 15,5 12,9 16,5 10,7
- Strato-cumulus ........ 5,4 6,7 8,7 9,1 9,6 10,5 5,7
- Nimbus 5,9 L1 10,8 10, i 14,0 8,5 »
- Cumulus 7,2 » 7,4 9,6 » » 6,5
- Cumulus (sommet) )) 7,0 7,7 10,0 15,1 7,0 »
- Cumulus (base) D 6,0 5,8 9,2 9,1 » »
- Fracto-cumulus )» 7,8 6,8 8,4 » )) ’ »
- Cumulo-nimbus » 8,8 1) 15,7 )) )) 8,7
- Cumulo-nimbus (sommet). . . » )) 9,5 14,4 21,8 15,3 »
- Cumulo-nimbus (base) U » 8,’ 10,4 D » »
- Stratus 7,0 » 7,2 9,8 5,6 6,0 »)
- HIVER
- =H O
- SI Al IONS Upsal CO 1 Trappe ffi 3 CD •S Tn « PC Manilh
- Cirrus 22,9 27,5 25,4 57,1 54,9 12,6
- Cirro-'slratusi # 13,1 19,7 18,8 41,7 30,4 16,2
- Ciro-cumulus 17,7 24,3 26,8 35,7 53,4 3,4
- Alto-stratus )> 15,8 18,2 25,1 21,3 19,0
- Alto-cumulus sup...... 16,2 J> 16,4 J) » »
- Alto-cumulus inf 9,5 » 9,6 » » »
- Alto-cumulus 12,8 16,5 14,2 23,9 21,5 4,5
- Strato-cumulus 12,5 11,5 11,1 13,1 15,1 7,6
- Nimbus. ....'. 6,1 13,0 15,6 15,1 11,9 6,3
- Cumulus .... A 7,8 9,0 11,6 » » 4,8
- Cumulus (sommet). 11,6 9,5 12,4 » 10,9 »
- Cumulus (base) » 13,5 11,6 15,4 )) »
- 11,7 11,0 )) » , »
- Cumulo-nimbus 17,5 1) » » 7,8
- Cumulo-nimbus (sommet). . . » 27,8 » )> .. 21,1 »
- Cumulo-nimbus (base) . . » 18,2 » » k » »
- Stratus ........... » 10,1 10,1 9,5 10,5 »
- La vitesse du vent présente une variation diurne très nette, avec les mêmes caractères dans toutes les stations
- ordinaires. Près du sol, la vitesse augmente à partir du lever du soleil, passe par un maximum à peu près au moment du maximum de température, puis décroît régulièrement pendant la fin de la journée et durant la nuit jusqu’au lever du soleil au début du jour suivant. A une certaine hauteur au-dessus du sol, on observe une variation diurne toute différente, presque exactement l’inverse de celle qu’on obtient près du sol. La vitesse grande et presque constante pendant toute la nuit, diminue rapidement au début du jour, passe par un minimum au moment du maximum de température pour croître ensuite jusqu’au soir. Ce caractère de la variation diurne de la vitesse que l’on observe au sommet des hautes montagnes, se rencontre déjà au sommet de la Tour Eiffel. La connaissance de la variation diurne de la vitesse du vent, près du sol et à une certaine hauteur explique très nettement pourquoi un cerf-volant qui tire dans les zones supérieures, cesse de tirer, régulièrement à un certain moment, lorsqu’on le fait redescendre le soir, quand le soleil approche de l’horizon, puis tombe verticalement.
- Renseignements. — M. Mazurier, rue Rolland, à Bordeaux. — Il nous est absolument impossible de répondre à la question ainsi posée. Il faudrait analyser le mélange que vous voulez enrichir, et nous ne pouvons nous charger du travail, d’intérêt purement privé. Adressez-vous à la Station agronomique de Bordeaux (Faculté des Sciences) où après analyse de votre engrais, et connaissant la destination en vue, on vous indiquera les doses convenables de matières à. y ajouter.
- M. Biscay, rue Valentin, à Levallois. — Il vous suffit d’envoyer à la Revue générale de Chimie, 155, boulevard Malesherbes, Paris, la somme de 2 fr. 5o en demandant le numéro où est parue l’étude anonyme sur L’organisation des usines allemandes de chimie.
- M. D. Bosc, rue Saint-Jacques, à Marseille. — La cellite est une marque d'acétocellulose, fabriquée par lès Fàrbenfabriken Vormàls, Fr. Bayer, à Elberfeld (Allemagne).
- M. J. Goffart, Tanger. — La question, en effet, est très intéressante; nous la mettons a l’étude dans notre laboratoire et vous tiendrons au courant du résultat de nos recherches.
- M. 4 R- Z. R., 9, rue de la Planche, Paris. — Vous pouvez vous adresser, en lui faisant part de votre démarche infructueuse près de M. Singer, à M. Rivière, chimiste, 7, Wolfgangstrasse, Dessan (Allemagne).
- M. le Colonel Marlière, Châlons-sür-Marne. — Pour faire disparaître le vert-de-gris, il faudrait brosser dans un bain bouillant de soude caustique à 5o grammes par litre. Pour éviter son retour, il conviendrait d’employer, à l’exclusion de tout produit acide, des brillants genre Géolin dont nous avons publié récemment une formule (n° du Ier mars, page 118).
- BIBLIOGRAPHIE
- C&
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les araignées d’eau : René Merle. — La fusion du quartz : le nouveau four électrique Billon-Daguerre : G. Loucheux. — La guerre aux insectes : le camp de Melrose Highlands : Marcel Blot. — Nouveaux gazomètres télescopiques de i5oooo mètres cubes de l’usine du Landy : Jacques Boyer. — La force d’attraction des navires en marche à propos d’un abordage récent : Sauvaire Jourdan. — L’automobilisme électrique : H. Marchand. — Académie des sciences : Ch. de Yilledeuil, — La xtTàchine à écrire..syllabique y Dr Alfred Gradenwitz.
- Supplément. — Nécrologie : Le professeur Lebedeff. — La perte du « Titanic ». — Les chemins de fer de Sibérie, etc.
- Recherches géologiques et géographiques sur. le haut pays de VOranie et sur le Sahara (Algérie et territoires du Sud), par G.-B.-M. Flamand. In-quarto. iS'] illustrations, 32 cartes, 16 planches. Missions du Ministère de l’Instruction publique et du Gouverne-
- ment général de l’Algérie. Territoires du Sud de l’Algérie. Service géologique. (Lyon, Key et Gie, 1911.)
- Ce gros volume de g5o pages est la description géologique, géographique et hydrologique de la plus grande partie de la province d’Oran jusqu’au delà de l’oasis de Figuig. Résultat des recherches personnelles de l’auteur, depuis 1889, il représente un labeur considérable et constitue un document de la plus haute valeur, dont l’analyse échappe au cadre trop étroit de notre bibliographie. Il faut nous borner à dire que c’est un des plus beaux travaux scientifiques qui ait été jusqu’à présent consacré à notre Algérie, et que la carte géologique du sud-oranais au 800 millièmes est particulièrement remarquable^ Les 4 premières parties de l’ouvrage sont constituées par l’historique et la bibliographie, la stratigraphie, la tectonique, et la paléontologie. Une 5e. partie (géographie et hydrographie) formera le second volume avec . les tables.
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- | BIBLIOGRAPHIE
- üîst
- Traité juridique de l’industrie électrique, par MM. P. Istel et F. Lémonon. i. vol. 415 p. Marchai et Godde, éditeurs. Paris, 1911. Prix : 8 francs.
- Toute industrie soulève des problèmes juridiques spéciaux : l’industrie électrique, à cheval sur les domaines privés et publics semble avoir le privilège des problèmes les plus délicats. Le savant traité de MM. Istel et Lémonon, manuel pratique de législation, réglementation, et jurisprudence rendra de grands services à tous ceux qui, à un titre quelconque, utilisent la fée moderne et de ce fait se trouvent exposés à des litiges ou à des difficultés administratives. Cet ouvrage comprend le tableau complet et méthodique des prescriptions légales et des principes de droit qui régissent en France l’éta-
- blissement et le fonctionnement des entreprises d’électricité.
- Traité pratique de la fabrication des cuirs et du travail des peaux, par A. M. Villon, 2e édition corrigée et complétée par M.-J. Tiiuau, i vol. illustré 840 p. Béranger, Edit. Paris 1911. Prix: 25 francs.
- Cette mise à jour d’un ouvrage justement réputé sera accueillie avec plaisir par tous ceux qui s’occupent de l’industrie des peaux et des cuirs.. C’est une véritable encyclopédie du travail du cuir, rédigée par des praticiens expérimentés. On y trouvera les plus utiles renseignements sur les peaux et leur nature, sur le tannage, en particulier sur les procédés les plus récents, sur le corroyage, sur l’industrie de la chaussure, sur les fourrures, etc.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude îoro,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 avril 1912. 6°,7 N. N, E. 3. Peu nuageux. 0,0 Rosée; nuageux; gouttes à 18 h. 35.
- Mardi 16 4°.6 N. E. 3. Beau. » Gelée bl. ; peu nuag. de 11 h. à 15 h. ; beau av. cl après.
- Mercredi 17 . . . . 5° 1 E. 0. Beau. a Gelée bl. ; brume; beau jusq. 13 h. nuag. ensuite.
- Jeudi 18 6°,7 Calme 0. Beau. 0,9 Gelée bl. ; nuageux; pluie de 14 li. 10 à 50.
- Vendredi 19 . . . . 9<\0 Calme 0. Peu nuageux. » Gelée bl ; nuageux.
- Samedi 20 8°,S Calme 0. Beau. » Gelée bl. ; beau jusqu’à 11 h. ; peu nuag. ensuile.
- Dimanche 21. . . . 9°,4 N. E. 1. Beau. » Beau le m. ; nuag. le soir; rosée; brume.
- AVRIL 1912. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 AVRIL 1912.
- Lundi I Mardi | Mercredi ' | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
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- La coui'be supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, là direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à bou’e sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 16 ail at avril. — Le 16. Pression élevée sur toute l’Europe. Dépression dans les parages de l’Islande (747), une autre sur le N. de l’Afrique. Pluies sur le^S. du continent. En France : averses dans le Midi, neige sur le Pic du Midi et le Puy de Dôme. Temp. du matin : Arkhangel, —6°; Paris, Nantes et Bordeaux, -f- 5; Marseille, 11; Alger, i5; moyenne à. Paris : 9°,5 (normale ; qO,*7). — Le 18. Baisse barométrique sur le W. de l’Europe. Dépression sur la Méditerranéen Fortes pressions sur la Baltique et la Russie (Riga : 773). Pluies sur le S. du continent. En France : pluies orageuses dans le W. et averses dans le S. Temp. du matin : CBarleville, -j- 5°; Nantes, 6: Paris, 7; Perpignan, 9; Alger, ^5. — Le 19. La pression reste élevée sur le N. et l’E. de l’Europe (Arkhangel ; 775 mm), vaste dépression entre l’Islande et les Açores (Reijkiavik : 774; Horta :
- du Bureau Central Météorologique.
- 756). Pluies sur le W. et le S. du continent. En France : Perpignan, 3 mm ; Charleville, Paris, 1 mm. Temp. du matin : Charleville, -|-50; Bordeaux, 6; Brest, 7; Paris, 9; Tunis, i5; moyenne à Paris : ii°,q (normale : io°). — Le 20. Le pression s’élève sur toute l’Europe. Une dépression persiste de l’Islande (738 mm), aux Iles-Britanniques. Pluies légères sur le W. et le S. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Charleville, + 5°; Brest et Paris, 9; Bordeaux, 10; Perpignan, 13; Alger, i5; moyenne à Paris : 12°,7 (normale : io°,i). — Le 21. La pression reste élevée sur toute l’Europe : Arkhangel, 784 mm; Stockholm, 779. Pluies dans le YV. de l’Europe. En France ; Charleville, 12 mm ; Besançon, 9. Temp. du matin : Moscou et Belfort, 6°: Paris, 9; Nantes, 10; Nice, «3; Alger, 14. — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 17, à u h. 5o m. du matin.
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- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygièae publique# Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2032 — 4 MAI 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Gramme et Paccinotti. — Paccinotti, professeur de physique à l’université de Pise vient de mourir. Il avait joué un rôle important dans les débuts de l’industrie électrique. Il avait imagiué, en effet, un moteur électrique à induit en forme d’anneau, qu’il décrivit dans le journal Nuovo Cimento de 1863. A ce propos, certains journaux italiens accusent Gramme, le génial artisan français qui le premier construisit une dynamo pratique, d’avoir été un simple plagiaire de Paccinotti. Un de nos lecteurs, M. le colonel Plücker, de Spa, nous communique sur ce point des renseignements qui puisent leur valeur dans ce fait qu’il eut des relations personnelles avec Gramme. Celui-ci, qui ne savait pas l’italien, ne pouvait avoir connaissance des travaux de Paccinotti qui ne s’étaient pas jusqu’alors traduits en constructions effectives. Voici du reste, selon ses confidences à M. Plucker, comment il fut amené à son invention : « Je lui demandai comment il était arrivé à son invention. Il me dit que depuis longtemps il avait cherché à construire une machine à courant continu, que c’était sa « marotte » et qu’après de nombreux essais, l’idée lui était venue de faire l’expérience suivante qui a été le point de départ de son invention. Il avait enroulé autour d’une barre de fer doux, d’un bout à l’autre, un fil de cuivre recouvert de soie, dont il avait relié les extrémités à un galvanomètre. Prenant ensuite un aimant et faisant glisser un des pôles le long de l’hélice entourant la barre de fer, il avait constaté que l’aiguille du galvanomètre déviait pendant toute la durée du mouvement. Il s’était dit alors qu’en courbant sa barre en forme d’anneau circulaire et en faisant ensuite tourner cet anneau autour de son centre, entre les pôles d’un aimant, il aurait un appareil produisant un courant continu. »
- La solubilité de l’hydrogène dans certains métaux. — On sait que divers gaz sont absorbés par certains métaux et que ces absorptions présentent tous les caractères d’une dissolution ; nous nous contenterons de rappeler à ce sujet l’absorption de l’oxygène par l’argent fondu qui, quand il se solidifie ensuite par refroidissement, « roche » en dégageant le gaz qu’il avait absorbé. Or, on a déjà étudié l’absorption d’autres gaz par d’autres métaux et, assez récemment, on a examiné la solubilité de l’hydrogène dans le cuivre, le fer et le nickel à des pressions s’élevant jusqu’à une atmosphère et demie et à des températures comprises entre 4000 et 16000. Pour une température et une pression déterminées, le poids d’hydrogène dissous par unité de poids du métal est fixe, quelle que soit la surface de métal en contact avec le gaz; il s’agit donc bien là d’une véritable dissolution. A température constante, la solubilité est proportionnelle à la racine carrée de la pression ; à pression constante, la solubilité croît avec la température. Elle subit, au point de fusion du métal, une variation brusque, du simple au double pour le fer et le nickel, du simple au triple pour le cuivre. Par refroi-
- dissement dans une atmosphère d’hydrogène, les trois métaux « rochent » en dégageant, pour le cuivre, deux fois son volume, pour le fer sept fois son volume, pour le nickel douze fois son volume d’hydrogène, à la pression ordinaire et aux températures de 10840, i5io° et i45o°.
- Le plus haut barrage du monde. — Le record jusqu’ici détenu par le barrage de Shoshone aux Etats-Unis va être battu par un autre barrage américain que fait construire actuellement le « Réclamation Service » des Etats-Unis, pour l’irrigation du territoire d’Arrowrock. Sa hauteur sera de 106 m. 70. L’emplacement choisi est un étroit défilé du « Boise Canon ». Le barrage dont là construction demandera 4 à 5 ans aura 3oo mètres de large, 7 m. 60 d’épaisseur au sommet, la retenue d’eau qu’il assurera sera suffisante pour irriguer 100 000 hectares. , i
- Grandioses travaux d’irrigation. — Ce sont ceux que le « Canadian Pacific Raihvay » entreprend dans l’état d’Alberta (Canada). Les projets portent sur une superficie de 1400000 hectares. II s’agit de mettre en valeur des terrains appartenant à cette compagnie de chemins de fer qui utilisera à cet effet les eaux du « Bow-River ». Il faudra construire près de 5ooo kilomètres d’aqueducs et canaux d’irrigation.
- La navigation à moteurs. — Dans une récente conférence, le Dr Diesel a donné une statistique de l’état actuel de la navigation à moteur, en voici le résumé :
- Navires pétroliers. — Il existe actuellement 21 navires pétroliers mus par moteur à combustion interne, 12 se trouvent en Russie pour la navigation sur la Caspienne et le Volga, ces bâtiments appartiennent à la Société Nobel. Le plus important est le Djelo, de 2Ôoo tonnes, de 1200 chev. ; l’Allemagne possède 4 navires pétroliers à moteur, le plus grand, de i5ooo tonnes, s’achève aux chantiers Germania de la maison Krupp ; sa machinerie atteint ^200 chev. ; la Hollande a 3 navires de ce genre ; l’Angleterre : 1 ; les Etats-Unis : i, destiné àlanavigationsur les Grands Lacs. Prochainement toute la flottille de la Société Nobel, une soixantaine de bâtiments, sera pourvue de moteurs à pétrole.
- Remorqueurs. — Il existe actuellement 37 bâtiments à moteur ayant cet usage : 22 sont Russes et naviguent sur la Caspienne et le Volga. L’Allemagne en possède 3.
- Navires a voile. — Utilisant le moteiir comme machine de secours ; les plus remarquables bâtiments de ce type sont en France, ce sont : le 4-mâts Quevilly et le5-mâts la France, le plus grand voilier du monde, déplaçant 11000 tonnes et pourvu d’un moteur de 2000 cnev.
- Navires marchands. — (Cargos, paquebots, etc.). Ils sont 43 : 9 sont russes, 7 sont allemands (l’un déplace 9000 tonnes avec un moteur de 3ooo chev. ; un autre 6000 tonnes avec moteur de 85o chev.); 7 sont Scandinaves, 4 hollandais, 3 anglais, 2 suisses, 2 appartiennent au Congo Belge.
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- INFORMATIONS
- Navires dé pêche. — On en compte 14 dont 11 en Allemagne.
- Divers. — 3 yachts russes, 3 français, 2 allemands. Notons aussi le Fram de Amundsen qui porte un moteur de 180 chev.
- Sous-marins. — 60 à 70 bâtiments français ; i3 russes; i3 anglais ; 2 hollandais ; 2 italiens ; 2 autrichiens, 1 américain de 1200 chev.
- Navires de guerre. — Diesel estime à 20 ou 3o le nombre des torpilleurs, contre-torpilleurs, bateaux porte-mines actuellement pourvus de moteurs à combustion interne.
- Lutte contre la gelée. — En ce moment où les horticulteurs sortent à peine de la période d’inquiétudes qu’ils traversent chaque année, au printemps, quand les gelées blanches risquent de compromettre la future récolte, il est intéressant de connaître comment les fermiers de Californie ont résolu le problème de la défense contre le gel. Dans les vergers, sont placés de place en place de grandes marmites en fonte que l’on remplit d’huile, de résine ou de goudron; les marmites sont toujours tenues pleines, une voiture réservoir passant de temps à autre dans les vergers, et un homme versant le mélange inflammable de la voiture dans les fourneaux au moyen de tuyaux. Un thermomètre avertisseur est placé au milieu des arbres fruitiers ; il est traversé par un circuit électrique et contient dans sa tige un fil de platine qui s’arrête au niveau du o° ou au voisinage. Quand lé mercure du thermomètre baisse au-dessous de l’extrémité du fil de platine, le courant est interrompu dans le thermomètre, il actionne alors une sonnerie placée à la tête du lit du fermier qui le prévient du danger. Celui-ci peut alors se lever et aller allumer les réchauds de son jardin ou, dans certaines installations, actionner, sans sortir de son lit, un commutateur et faire ainsi passer dans tout le jardin un courant qui détermine l’inflammation d’une cartouche dans chaque marmite et communique le feu à son contenu. Le goudron ou l’huile, en brûlant dégage de la chaleur, et surtout produit une fumée intense qui recouvre les arbres d’un nuage protecteur contre le rayonnement nocturne et par conséquent contre la gelée.
- La panachure des feuilles. — Dans certaines plantes, comme les Bégonias, la panachure que présentent les feuilles est un des principaux éléments de la beauté et de la valeur ; on conçoit donc qu’il y ait intérêt, d’une manière générale, à rechercher suivant quelles lois peut se transmettre cette particularité. On est encore peu renseigné à cet égard, parce que l’on confond volontiers sous le vocable unique de « panachure » des modifications aussi diverses que le sont, chez l’homme, les maladies de la peau. L’argyrescence, caractérisée par le reflet argenté et incolore de la feuille, est due au décollement des couches épidermiques laissant s’introduire entre elles et les tissus sous-jacents une mince lame d’air formant miroir; un grand nombre d’autres pana-chures, au contraire, sont dues à des décompositions chimiques dans les cellules, y provoquant la production de pigments rouges ou jaunes spéciaux. M. Molliard a montré récemment que les feuilles renferment relativement d’autant plus d’azote (non seulement sous forme soluble en composés, mais même d’azote total) qu’elles sont plus panachées ; ce qui arrive aussi quand les galles y détruisent la chlorophylle, et lorsqu’en automne elles se décolorent et jaunissent (André). Enfin, M. Griffon a recherché dans quelles conditions la panachure peut se transmettre par greffe : d’après lui, la marbrure jaune « prend » bien; la panachure rouge ou violacée, due à l’anthocyane du suc cellulaire, ne se transmet pas, et la blanche rarement. La destruction de la chlorophylle, qui provoque ces panachures décolorées, est-elle bien infectieuse et due à une bactérie ? La question n’est pas encore résolue.
- Races laitières à introduire au Maroc. — Depuis que le protectorat de la France a été reconnu sur le Maroc, ce pays attire notre attention, notamment en ce qui concerne l’exploitation rationnelle de son sol dont la fertilité n’a pu être compromise par la culture extensive qu’on y a pratiquée jusqu’ici. De même qu’autrefois pour l’Algérie, on s’est préoccupé des.racesà introduire pour améliorer le bétail local. Il importe de ne pas renouveler les erreurs commises et de mettre à profit l’expérience acquise à leurs dépens par les éleveurs des pays chauds.
- L’acclimatement des races est un facteur zootechnique-fort important, car il est évidemment mutile de payer très cher des reproducteurs dont le transport est en outre fort onéreux si eux-mêmes, ou leur descendance doivent perdre les qualités qui les avaient désignés au choix des éleveurs. Nombre d’animaux dépérissent, en effet, hors de leur habitat, ou se transforment rapidement en se rapprochant du type autochtone qu’ils avaient mission d’améliorer. Le climat, le changement de fourrage et jusqu’à la topographie de la région les empêchent de s’acclimater. Aussi demeurent-ils toujours fort délicats et ce fait constitue en bien des endroits la pierre d’achoppement pour les éleveurs. Toutefois, en ce qui concernele Maroc, 1 ’Acclimatation signale deux races laitières susceptibles d’y donner de bons résultats. Ce-sont la race pie-noire du Schleswig-Holstein, type des Pays-Bas, d’une extrême rusticité, dont l’aptitude laitière résiste dans les pays chauds, et la race de croisement Schwitz-sicilienne. On sait que les taureaux de la race Schwitz ont été introduits avec succès en Algérie, où, dans la province de Constantine notamment, leur descendance se fait remarquer par son homogénéité et sa solidité. On constate également que ses aptitudes laitières sont sensiblement plus élevées que celles des vaches indigènes. A Sétif, centre important d’élevage, on reconnaît la supériorité des « Schwitz» au sujet de l’amélioration des races. De même, en Sicile, le professeur Tucci, directeur de la station zootechnique de Palerme, assure que la race la meilleure est celle qui résulte du croisement Schwitz-sicilien. Cette facilités s’acclimater, jointe à ses aptitudes laitières, fait donc de la Schwitz la race toute indiquée pour les régions méditerranéennes et le Maroc, par conséquent.
- Nutrition et croissance. — Dans The Philippin Journal of Science, M. Hans Aron constate que chez un animal en pleine période de croissance, auquel on n’octroie qu’une alimentation juste suffisante pour maintenir son poids .constant, l’insuffisance de nourriture amène le développement du squelette aux dépens des autres parties du corps, les organes restant stationnaires, le cerveau pouvant arriver à atteindre sa taille ordinaire. Un chien soumis à ce régime pendant un an peut garder des apparences de santé, mais son poids restera celui d’un avorton et sera trois fois inférieur au poids normal. On peut alors mettre l’animal émacié à un régime abondant, il deviendra obèse mais n’atteindra jamais les dimensions de l’animal ayant toujours été normalement nourri. La croissance suspendue par la trop longue privation de nourriture ne peut reprendre sa marche, l’animal perdant à un certain âge la faculté de grandir, quelle que soit à ce moment sa taille. Ces expériences montrent la nécessité de donner à l’animal en voie de croissance une nourriture abondante, non seulement suffisante pour maintenir son poids, mais encore pour l’augmenter régulièrement.
- L’acquisition des habitudes chez la grenouille. —
- Casa Schaeffer dans le Journal of Animal Behaviour rend compte de ses études sur la façon dont les grenouilles acquièrent de nouvelles habitudes. Il a constaté qu’en leur offrant soit des chenilles poilues dont le goût leur est désagréable, soit des vers de terre trempés auparavant dans un réactif chimique, soit enfin uue proie qu’il accompagne d’une décharge électrique il se forme une association entre la vue de la proie et la sensation désagréable qu’elle détermine. Au bout de quelques expériences, la grenouille, mise en présence d’une chenille poilue, la saisit pour la rejeter aussitôt; 2, 3 fois de suite elle recommence ce manège, mais 4 à 7 essais lui apprennent à rester tout à fait indifférente vis-à-vis de la chenille poilue. L’habitude acquise dure au moins 10 jours, pendant lesquels la .grenouille même affamée ne fait aucune tentative pour saisir la chenille dont elle connaît le mauvais goût. Après 2 essais une Rana clamata apprend à ne pas manger les vers de terre traités par une substance chimique. Une grenouille, ayant reçu une décharge électrique au moment où elle saisissait un ver de terre, refusa de manger ceux-ci pendant environ 7 jours bien qu’elle continuât à manger des vers de farine, faisant ainsi une subtile distinction. Les grenouilles seraient donc capables d’apprendre très vite et de retenir assez longtemps certaines associations inhabituelles.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- # Valve Berteau à soupape d’échappement automatique. — Cette valve, du prix de 12 francs, peut s’adapter très facilement et sans modification sur toute chambre à air. Elle comporte une soupape maintenue sur son siège, par un ressort à boudin dont on peut régler la tension à volonté au moyen d’un écrou fileté, que l’on arrête lui-même par un contre-écrou. On procède dans ces conditions au gonflage du pneu, sans se préoccuper de la pression obtenue, et on arrête l’opération dès que la soupape commence à fonctionner.
- Le constructeur indique que les valves sont vendues toutes réglées pour les diverses pressions maxima qui correspondent aux différentes grosseurs de pneus neufs, sans indiquer toutefois ce qu’il entend par pression maximum. Le chauffeur doit ensuite modifier le réglage au fur et à mesure de l’usure des pneus, en diminuant peu à peu la tension du ressort, c’est-à-dire suivant une loi tout à fait arbitraire laissée à son appréciation.
- Si on examine les conseils donnés par les divers fabricants de pneus sur le gonflage, on remarque des différences assez considérables qu’il est bon de signaler.
- Le Guide Continental de 1910 indique comme pression maximum pour le pneu de 120 mm, 6 kg pour l’enveloppe lisse et 6 kg 1/2 pour l’antidérapant; le Guide Michelin de 1911 conseille, pour le même pneu de 120 mm, d’adopter une pression de 3, 4 ou 5 kg suivant que la charge par roue sera de 400, 5oo ou 600 kg.
- Ces chiffres nous amènent forcément à conclure que pour qu’un pneu reste confortable, il faut le gonfler proportionnellement à la charge qu’il porte, sans jamais descendre au-dessous de 3 kg, mais que ^cependant il peut parfaitement supporter sans danger une surcharge assez considérable allant jusqu’à 6kg.
- Il en résulte qu’en observant scrupuleusement les conseils de Michelin, et en adoptant les pressions de 3, 4 et 5 kg suivant les poids à porter, on n’a absolument rien à craindre de réchauffement, puisque la surpression qui en résulte est toujours inférieure à 1 kg.
- Ce qu’il est bon de rappeler c’est qne les pneus périssent plus vite d’un manque de gonflage que d’un excès de pression. L’éclatement est toujours du à un cisaillement sournois plus ou moins rapide des toiles, dont les causes sont très complexes.
- Les démarrages violents d’un moteur puissant, les coups de freins trop brusques, la tendance au dérapage dans un virage mal pris en vitesse, une trop grande vitesse de marche, etc., sont autant de causes d’un travail exagéré des toiles, càpable.d’amener leur cisaillement progressif ou leur rupture brusque. Un manque de gonflage, ou l’emploi pour un poids donné de bandages à section trop faible, ont pour résultat de permettre une déformation trop considérable des toiles, soit en marche normale, soit au passage de certains obstacles, pierres, rails en saillie, etc. ; les tiraillements exagérés qui en résultent amènent fatalement ainsi des ruptures partielles et préparent à plus ou moins brève échéance l’éclatement final.
- Si on excepte les voitures de course, les voitures très lourdes montées sur des bandages de section trop faible, ou les pneumatiques avariés, pour lesquels aucun raisonnement n’est applicable, l’expérience prouve heureusement que l’éclatement des pneus est un accident fort rare, sur toutes les voitures sagement conduites et bien surveillées. La meilleure manière d’assurer la longévité des pneus en service, est de veiller à ce que le gonflage reste suffisant.
- L’emploi de la valve à soupape automatique, ne semble pouvoir être utilement envisagé, que pour empêcher la pression interne de dépasser un taux exagéré 5 1/2 ou 6 kg par exemple; elle ne paraît pas nécessaii'e pour maintenir en marche la constance de la pression. Cette constance ne serait, en effet, réalisée qu’entre le
- départ de la remise et le moment où réchauffement serait devenu maximum ; après tout arrêt quelque peu prolongé, le pneu dégonflé de l’air perdu par la soupape, se trouverait dans de mauvaises conditions pendant plusieurs kilomètres, à moins qu’on s’astreigne chaque fois avant le départ à regonfler les quatre pneus, ce qui est inadmissible. — La valve Berteau se trouve chez M. Berteau, horloger, à Breteuil (Oise).
- 7{eliure
- La Relieuse-Mèredieu et la reliure chez soi. —
- De nos jours, grâce aux immenses progrès de l’imprimerie, répandant à profusion les publications de toutes
- sortes, relier soi-même est devenu pour tous une véri-
- table nécessité. Aussi, croyons-nous être utiles autant qu’agréables à nos lectrices et à nos lecteurs, en leur signalant un nouvel appareil de reliure à l’usage des amateurs : la « Relieuse-Mèredieu ».
- La « Relieuse-Mèredieu » est un appareil de reliure absolument complet : elle forme, fermée, une boite de 55 cmX4oX 11 (fig. 1). Une disposition ingénieuse de ses diverses parties permet d’obtenir, de la façon la. plus simple, toutes les transformations utiles pour avoir les
- divers appareils nécessaires au relieur. La plate-forme
- Fig. 6.
- inférieure fixée en son milieu sur la traverse donne la presse à plat (fig. 2).
- La même plate-forme fixée en retrait donne, renversée, la presse à grecquer (fig. 3), à endosser (fig. 4),à rogner (fig. 5).
- En enlevant la traverse mobile, grâce à une fente ménagée dans la plate-forme inférieure, on obtient le cou-soir (fig. 6).
- Enfin, un bois de rabot sans lumière, muni d’une lame d’acier très tranchante, forme la rogneuse (fig. 5).
- Un jeu d’accessoires des plus simples (marteau, scie à grecquer, grille et brosse à jasper, plaque à encrer, clés, poinçon, équerre, ais, aiguilles, fil et ficelle) complètent heureusement l’appareil.
- Avec cette ingénieuse machine et l'instruction illustrée qui l’accompagne, chacun peut relier soi-même, chez soi, avec propreté, bon marché, et sans apprentissage
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- SCIENCE APPLIQUEE
- pi’éalable : livres, revues, brochures, etc., de tous les formats.— S’adresser à l’inventeur, N. Mèredieu (O.-À.), Àngoulême (Charente). Prix : 41 fe. 5o, emballage compris.
- «'Electricité
- Machine électrique à dater. — Nous vivons à une époque de grande activité commerciale et industrielle : les relations de toutes espèces s’étendent, se multiplient, se renouvellent sans cesse. Nous vivons aussi à une époque de centralisation à outrance — de spécialisation vaudrait-il mieux dire — où chaque établissement chercher à élargir à l’infini la sphère de ses opérations. La réception et la classification des pièces, dans les grandes maisons industrielles, financières, commer-
- Fig. I. — Appareil à dater, ouvert.
- ciales, sont devenues un art; l’examen méthodique et rapide de chacune d’elles, une règle. On surveille rigoureusement la prompte exécution de tous les ordres; on chiffre parcimonieusement le temps consacré à chaque document; on compte par minute là où, xo ans plus tôt, on comptait par jour.
- Ainsi, un appareil, la machine à dater qui n’aurait pu intéresser que de grandes administrations postales, il y a quelques années, devient d’une utilité plus générale et l’on en voit la construction entreprise sur des bases industrielles. Puis elle devient suffisamment précieuse pour que l’on s’eflbi’ce d’en faciliter l’adoption en simplifiant le mécanisme et en recourant à l’intermédiaire qui, de toutes les questions de cette espèce, donne la solution la plus élégante, à l’électricité. Il y a déjà divers types de bonnes machines à timbrer ; les figures que nous donnons ci-contre illustrent un système qui peut être considéi'é comme celui où l’application de l’électricité est réalisée de la façon la plus intégrale.
- La machine que l’on voit à la figure i, se compose du mécanisme des types et d’une paire d’électroaimants, un électro-aimant d’avancement et un électroaimant de pression. Le premier sert à assurer l’action-nement du mécanisme des types, il est commandé en local par un relais qui est placé lui-même sous le contrôle des courants d’une installation horaire électrique; le mécanisme est très simple. La transmission s’effectue par l’intermédiaire d’un levier coudé : l’une des extrémités de celui-ci est attachée à l’armature de l’électro-aimant d’avancement ; l’autre extrémité porte un cliquet qui prend dans les dents des roues intéressées ; lorsque l'armature est attirée, le cliquet se déplace ; lorsqu’il retombé, il revient à sa position de repos en poussant la roue des types.
- Les caractères sont imprimés à l’encre de couleur grâce à un ruban encré se déplaçant sur deux cylindres en avançant d’un cran à chaque mouvement du mécanisme de timbrage et en se bobinant sur un rouleau ; le sens de marche est renversé lorsque le rouleau est plein, par le jeu d’un mécanisme analogue à celui
- Fig. 2.— Appareil à dater en ordre
- de fonctionnement.
- d'entraînement du ruban dans les machines à écrire. Sous les types se trouvent, dans le plateau inférieur de la machine à timbi’er, une plaque de caoutchouc destinée à adoucir le contact à assurer l’obtention d’une bonne empreinte et à protéger les types.
- L’électro-aimant d’avancement est placé horizontalement dans le bâti, celui de pression verticalement, les noyaux affleurant à la surface supérieure de la plaque ; il agit sur une grosse armature fixée au mécanisme, lequel est articulé à l’une de ses extrémités et peut être relevé complètement.
- Le timbre donne la date (jour, mois et année) et l’heure (heure, minute, matin et après-midi).
- L’appareil fonctionne avec du courant à no ou à 220 volts et peut être relié à une canalisation de distribution d’électricité quelconque. Les contacts du relais sont protégés, selon les procédés couramment appliqués en pareil cas, au moyen d’un condensateur (de 2 Microfarads) et d’une résistance non inductive (3o ohms) shuntant les points de rupture et évitant^ ainsi la production d’étincelles entre ceux-ci. Pour faire fonctionner l’appareil, on introduit les pièces à timbrer entre la partie supérieure et le bâti et l’on établit le courant de l’électro-aimant de pression en appuyant sur une pédale. — L’appareil est construit par la Telephon Apparat Fabrik, E. Zwietusch Salzufer, 7, Charlotten-burg, Allemagne.
- Chauffage
- Le sans-clapet. — On sait que dans tous les appareils chauffe-bains, la valve est l’organe le plus délicat, puisque c’est par elle que s’effectuent les arrivées d’eau et de gaz. Leur construction est donc entourée de soins méticuleux; cependant leur fonctionnement peut, à un moment donné,
- devenir défectueux parce que le principe sur lequel elles reposent laisse à désirer; l’admission et le réglage du gaz sont assurés, en effet, à l’aide d’un clapet qui se soulève et retombe
- Coupé du « sans-clapet » ouvert.
- sur son siégé sous l’action d’unressort, selon que l’on ouvre ou que l’on ferme le robineEde prise d’eau.
- Il paraît impossible d’établir un clapet donnant toutes garanties ; cette raison a conduit un inventeur à tenter sa suppression en le remplaçant par un organe spécial capable de fonctionner sous l’action des pressions les plus faibles et qui, de plus, présente l’avantage d’avoir sa partie gaz complètement indépendante de sa partie eau. De plus, les becs du brûleur s’allument et s’éteignent px'ogressivement.
- La nouvelle valve sans-clapet est constituée par deux vases communicants P et R, dans lesquels on verse du mercure. Le diamètre de la branche P est beaucoup plus grand que celui de la branche R afin de permettre l’introduction d’un flotteur C. Le gaz arrive par la base de l’appareil, pénètre dans la chambre T par le tube B. Tant que l’eau n’agit pas sur la soupape, le flotteur G occupe le fond de son récipient et le mercure ferme l’ouverture libre ménagée entre les deux tubes B et T.
- Mais si l’on ouvre le robinet d’eau, le levier D soulève le' flotteur et le niveau du mercure descend dans l’appareil.
- L’ouverture ménagée entre B et T devient libre et le gaz passe pour se rendre aux brûleurs. Dès que l’on ferme l'arrivée d’eau, le flotteur reprend la position de repos et ferme l’entrée du gaz. — Le constructeur est M. Besana, 61 bis, avenue de la Motte-Picquet, Paris.
- Coupe du « sans-clapet » fermé.
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- VARIÉTÉS
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- Les variétés de « casse » des vins.— Il arrive parfois que des vins, possédant au sortir de la cuve un excellent bouquet, se troublent tout à coup ; ils se clarifient ensuite en jaunissant et vieillissant alors, en quelques mois, de plus de dix ans : le vin est « cassé ». Cette maladie est d’autant plus dommageable que depuis quelques années, elle tend à se généraliser et à devenir de plus en plus grave. C’est pourquoi tous les œnotechniciens se sont attachés à étudier les moyens de prévenir le mal ou d’y remédier. Le travail que vient de publier M. Mestre comptera certainement parmi les plus intéressants consacrés à cette question.
- On peut distinguer deux variétés de casse : casse bleue relativement bénigne, due à la pauvreté des moûts qu il suffit, pour tout régulariser, d’additionner d’acide tartrique en petite quantité (o gr. 5 à i gr. 5 par litre) ; casse jaune bien plus grave, causée par le développement d’un ferment voisin du microbe de la tourne et la présence d’un oxydase. Cette diastase pourrait être sécrétée par le botrytis qui produit la pourriture grise des raisins. Pour empêcher le mal de se développer sans risquer de changer inutilement la composition du vin, M. Mestre a élaboré une méthode permettant de constater, quand le vin n’est pas encore fermenté, la prédisposition à la casse. Ceci se fait simplement en soumettant une prise d’essai à une aération intensive : s il y a des oxydases, on observe une casse à développement extrêmement rapide. Une fois renseigné, il est facile d’apporter remède à la situation : il suffit de traiter le vin par un antiseptique capable d’annihiler
- l’influence du microbe et de la diastase. On peut employer la chaleur (pasteurisation) ou plus simplement un produit chimique choisi parmi ceux inoffensifs et suffisamment actif: ni les borates, fluorures employés à faibles doses, salicylates, benzoates ou même leurs acides libres n’évitent le développement de la maladie : seul l’anhydride sulfureux convient pratiquement. On doit, pour mesurer une dose suffisante, sans excès nuisible, faire une série de traitements aérants avec des vins contenant o gr. 10, o gr. ia5, o gr. i5o, etc... de bisulfite de potasse : au bout de 48 heures, il est facile de distinguer les vins cassés de ceux capables de résister à l’oxydation. On préfère généralement maintenant aux sulfites l’anhydride sulfureux permettant de ne pas introduire d’impuretés salines dans le vin ; le produit peut être employé en solutions aqueuses concentrées renfermées dans des siphons, on liquéfie par compression dans des appareils gradués, cartouche, etc.... Toutefois le bisulfitage ne protège que momentanément les vins contenant le microbe de la « tourne ». Aussi, pour les produits de conserve, est-il préférable d’employer le pasteurisage, appliqué au moment le plus rapproché possible de la décuvaison. Le chauffage doit toujours atteindre 85°C. et la durée de l’action échauffante être d’au moins une minute, après quoi on met de suite en tonneaux parfaitement désinfectés par nettoyage à la vapeur, puis rinçage avec une solution de permanganate. M. Mestre conseille pratiquement, pour plus d’efficacité, de pratiquer d’abord un léger sulfitage, puis de pasteuriser. H. R.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Correction des troubles de la parole. — Tout le monde ne peut prétendre à être un grand orateur; les Démosthène, les Berryer, les Lacordaire sont des exceptions. Et cependant de nos jours tout le monde a la manie de discourir. Les cérémonies funèbres, l’érection de la statue d’un inconnu quelconque, les réunions de tous genres, tout est prétexte, aux politiciens et aux autres à faire des discours pompeux où la sonorité du verbe n’a d’égal que le vide de la pensée.
- Sans viser à des triomphes oratoires, on est, en dehors des nécessités professionnelles, par devoir ou par occasion, obligé quelquefois de prendre la parole et je n’ai pas besoin de vous apprendre quelle terreur impose à bien des gens l’obligation d’un toast, d’une improvisation même légère. Il y a une habitude à prendre; on ne l’acquiert qu’à la longue, à part quelques prédestinés qui ont dû faire parade d’éloquence au sein de leur nounou.
- Chez bien des sujets, surviennent, dès qu’ils ont à parler en public, des troubles fonctionnels de la parole. Il va sans dire qu’il ne s’agit pas dé sujets atteints de lésions cérébrales, de troubles nerveux ou de maladie quelconque affectant les organes de la transmission de la voix. Notre collègue et ami, le Dr Meige, a étudié avec soin ces troubles fonctionnels de la parole et au dernier congrès des Aliénistes de France, il a indiqué d’une façon très précise les causes de ces désordres et les moyens d’y remédier.
- Deux causes principales contribuent à produire ces troubles fonctionnels de la parole, hésitations, bégaiement. Elles peuvent se trouver isolément ou exister simultanément. La plus fréquente est un trouble de la fonction respiratoire. L’orateur respire mal; il inspire l’air trop brusquement, d’une façonUncomplète, expire aussi incomplètement,ou inspire quand il devrait expirer et inversement.
- La seconde cause est liée à l’émission de la voix : le sujet parle sur un ton trop élevé, fatigue le larynx, racle de la gorge et arrive à ne pouvoir émettre , un son qu’au prix des plus grands efforts et d’une extinc-
- tion de voix complète à la fin, si le discours a duré quelque temps.
- Les troubles de la fonction élocutoire sont caractérisés le plus ordinairement par deux sortes de phénomènes : la précipitation des mouvements d’articulation et le peu d’amplitude de ces mouvements. On veut parler trop vite et on ne prend la peine ni le temps de laisser les muscles de la langue, du pharynx et des lèvres se contracter ou se relâcher dans la mesure nécessaire pour la bonne élocution.
- D’une façon générale les troubles de la parolé sont donc presque toujours dus à l’irrégularité de la respiration, à l’élévation trop grande de la tonalité vocale et à trop de rapidité dans l’élocution.
- Quels conseils donner à des orateurs qui présentent ces troubles ? M. Meige les résume dans une formule simple et facile à suivre : respirer bien; parler grave, et parler lentement.
- La correction du rythme respiratoire aussi bien que la correction de la tonalité de la voix ne s’obtiendront que par une éducation bien comprise. Le sujet devra se soumettre à de véritables exercices pour régulariser, ralentir les mouvements de la respiration et les mettre, en harmonie avec la diction ;. de même pour l’émission de la voix, s’habituer à parler sur un ton grave. Pour les troubles d’élocution, il en sera de même : il faudra suivre des exercices méthodiques pour s’habituer à parler lentement, posément. Un professeur ou un ami qui vous reprend en cas d’excès de vitesse permettra d’obtenir en peu de temps un excellent résultat. Les cailloux de Démosthène n’avaient d’autre but que de l'obliger à bien articuler les mots et à les émettre lentement, posément; je connais un jeune médecin qui est arrivé à corriger ce défaut, tout seul, en discourant devant un miroir et en s’assujettissant à ne donner en un temps donné qu’un certain nombre de mots. Orateurs jeunes ou vieux, apprentis ou déjà anciens dans la carrière, méditez la formule de l’ami Meige et vous vous en trouverez bien : respirer bien, parler grave et parler lent. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Galvanisation des fils d’acier par la poussière de zinc.- (Une communication de M. Alfred Sang, à l’Ame-rican Electrochemical Society de Toronto, donne sur cette question d’intéressants détails). — On galvanise très bien les fils d’acier en les plongeant dans de la poussière de zinc chauffée électriquement. Cette dernière ne fond pas à la température de fusion de zinc, mais à une température plus élevée, à cause du dépôt superficiel d’oxyde. Lorsqu’on la chauffe, sa température croît progressivement jusqu’à 3go° ; à partir de 390° jusqu’à 4200 il y a une élévation plus rapide de la température qui au delà continue à croître normalement.
- Au refroidissement, même phénomène en sens inverse, mais entre 45o et 260°.
- On remarque que le phénomène exothermique remarqué pendant le chauffage se produit au point de fusion du zinc pur.
- Si l’on immerge un fil d’acier dans de la poussière de zinc portée à une température inférieure à 420°, lorsqu’il atteint la température de la poussière il se produit une petite absorption du zinc donnant une couche de zinc suffisante pour la plupart des usages de l’acier galvanisé. Si la température est supérieure à 42°°> il se produit une galvanisation à l’instant où le fil atteint la température de la poussière avec une très faible pénétration du zinc dans le fer.
- Enfin un fil d’acier entre 800 et 9000, rapidement introduit dans la poussière froide de zinc, condensera autour de lui-même une assez forte épaisseur de zinc.
- C’est entre 5 et 6oo° que l’on obtiendra un dépôt de zinc parfait et brillant.
- On fait passer le fil à travers la poussière de zinc à une vitesse d’environ 12 m. par minute. Le chauffage est fait électriquement. Le procédé est économique au
- point de rue de la consommation d’électricité qui, en dehors du zinc et de la main-d’œuvre représente la partie principale du prix de revient.
- La poussière atteint très rapidement une température constante . La consommation d'énergie électrique est en watts-heure y/ôxtrst où w est le poids du fil traité, 5 la chaleur spécifique de l’acier (0,18 à 55o°) et fia température soit 56o°. En admettant un rendement de 75 pour 100 pour la dynamo ou les transformateurs qui donnent l’électricité, la formule précédente donne 154 hw-h par tonne de fil, quel que soit son diamètre.
- Le fil peut être mis à l’air aussitôt après son passage dans la poussière ; il est cependant préférable de le laisser refroidir par passage à travers du sable, ce qui le rend plus brillant.
- Brasage de la fonte. — Jusqu’à présent le fer et l’acier seuls pouvaient être brasés, c’est-à-dire soudés au laiton (brasure en terme d’atelier) ; la fonte était réfractaire à cette opération. On vient de trouver un produit qui permet maintenant de braser la fonte, et que les inventeurs ont appelé pour cette raison la fontine.
- Cette fontine n’est pas un produit destiné à effectuer le brasage ou soudure de la fonte, mais il a pour effet de nettoyer les surfaces à ressouder et faire prendre sur elles la brasure ordinaire en laiton. On enduit de fontine, avec le doigt ou avec une brosse, les 2 surfaces à recoller, puis on fait le brasage à la manière habituelle sur un feu de forge, après avoir eu soin de bien serrer les 2 pièces à ressouder.
- Grâce à la fontine on pourra réparer soi-même des pièces en fonte cassées si l’on possède un outillage de brasage, sinon on pourra les envoyer à réparer dans un atelier installé à cet effet par la Société qui vend le produit. — Société laFontine. Vente: 17, rue Chaptal, atelier de réparations, 90, boulevard Ménilmontant.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M.L. Quignaud, Paris. —Le mortier en question nous paraît apte à faire un terrain de tennis.
- M. A. Nin, Montevideo.—Vousayezdû vous adresser à des maisons qui ne construisent pas de tracteurs automobiles,mais seulement des camions. Les conditions du programme militaire de 1912 sont absolument obligatoires et aucun camion ne sera admis comme tracteur s’il ne possède un treuil actionné par le moteur, et le blocage du différentiel. Vous pouvez dès maintenant vous procurer des tracteurs primés en 19x1 et munis de treuils, chez Ariès et chez Saurer. La maison Panhard a également construit un tracteur spécial muni de treuil et à quatre roués motrices dont La Nature, n° 20i5, a donné la description.
- ' M. Leroy, Hensy. •— Les voies de tramways dans les villes sont le plus souvent encastrées soit dans un pavage en grès, soit dans un pavage en bois. Contrairement à ce qui se produit pour les voies de chemins de fer et suburbaines elles sont donc peu influencées par les variations climatériques et les effets dus à la dilatation sont moins à redouter. C’est pour cela qu’il est possible d’employer la soudure des joints pour certaines voies de tramways, tout en ménageant, cependant, en certains points, plus ou moins éloignés, des joints de dilatation avec écluses ordinaires.
- Un abonné, à Lausanne. — Si les moineaux sont en grand nombre et réellement dommageables, les pièges
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- ou trébuchets placés sur les toits sont insuffisants et trop coûteux. Il faut d’abord supprimer les nids, ensuite on emploiera l’un ou l’autre des moyens ci-après, selon la situation. Disposer des gluaux ; à défaut de glu, prendre de l’huile de lin, la verser dans un plat en terre vernissée et la faire réduire sur un feu de charbon de bois. Faire cette opération au dehors, car l’huile de lin bouillie répand une mauvaise odeur. Avec cette huile, préparer les gluaux et placer ceux-ci aux endroits fréquentés par les moineaux. Autre procédé : faire sur les toits, des traînées avec des balles de céréales sur lesquelles on répand du blé arseniqué que tout pharmacien peut préparer (blé 10 litres, faire macérer dans une eau contenant, par litre, 60 gr. de mélasse; retirer, laisser sécher jusqu’à ce que le blé devienne collant; saupoudrer de 3o gr. d’arsenic avec 600 gr. de farine de blé; bien mélanger). Les moineaux ne résisteraient pas à l’action du blé sulfaté employé dans les mêmes conditions que ci-dessus; le blé est digéré, le sulfate de cuivre reste dans le jabot et le tapisse d’une couche qui se cristallise et fait périr l’oiseau. S’assurer qu’il n’y a aucune crainte d’empoisonner en même temps d’autres oiseaux utiles. Autre procédé : humecter une certaine quantité de grains de blé avec de l’eau-de-vie, et, avec ces grains, établir des traînées. Les moineaux, après avoir consommé les grains ainsi traités, sont enivré», ils titubent sur leurs pattes, tombent, et il est facile de les capturer.
- M. Guichard, à Courbevoie. — La recherche des formes de moindre résistance à l’avancement n’a pas encore abouti à des résultats indiscutables et universellement admis. Le colonel Ch. Renard avait comparé au « moulinet dynamométrique » les différentes formes de carène ; ee» expériences ont mis surtout en évidence l’influeue* favorable de l’allongement en forme de ci-
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- gare. Quant à la place exacte du maître couple, elle doit être en effet déterminée non seulement par la condition de moindre résistance à l’avancement mais encore par les exigences de la stabilité. Or, l’étude de la stabilité des ballons dirigeables est très complexe et prête encore à de nombreuses discussions.
- M. Jobard, Dijon. — Notre information sur le Maine a été puisée dans le rapport des ingénieurs chargés de ce rôle.
- Dr H. P.-B. D. — Pour les appareils de nickelage, adressez-vous à la maison Pascalis, rue Chapon, Paris. — Nous ne connaissons pas delivre de verrerie consacré aux objets de laboratoire.
- M. A. M., à D. — Tous les sols peuvent produire l’échalote, mais ceux qui conviennent plus particulièrement à cette liliacée sont les sols légers, de moyenne consistance, bien fournis de vieux fumier ou fumés l’année précédente, car les fumures fraîches prédisposent les caïeux à la pourriture. C’est donclefumier de ferme, bien fermenté, qu’on emploie. Pour une culture visant à la production intensive, on peut employer aussi les engrais minéraux concurremment avec le fumier de ferme. Si le terrain est bien pourvu d’humus par le fumier appliqué l’année précédente, la formule suivante est indiquée : sulfate d’ammoniaque, 20 kilogrammes ; superphosphate i3/i5 65 kilogrammes ; chlo-
- rure de potassium, i5 kilogrammes. On emploie ce mé* lange à la dose de 1000 kilogrammes à l’hectare, soit 100 grammes par mètre carré. Avec une demi-fumure au fumier, la fumure minérale se composerait de : sulfate d’ammoniaque, 10 kilogrammes; superphosphate 13/i5, 80 kilogrammes ; chlorure de potassium, 10 kilogrammes; mélange à employer dans la proportion de 5oo kilogrammes à l’hectare, soit 5o grammes par mètre carré. Ces formules n’ont rien d’absolu, elles ne sont données qu’à titre d’indication générale, et doivent varier, nécessairement, suivant la nature et la composition des terrains, leur degré de fertilité. Les meilleures variétés d’échalote sont : l’échalote ordinaire, la plus cultivée et se conservant le mieux ; l’échalote de Jersey, plus précoce, mais de moins bonne garde et se plantant surtout à l’automne ; la grosse échalote d’Alençon, à saveur plus prononcée. On multiplie cette plante par caïeux, les plus allongés et les plus minces, onfacilite la reprise en déchirant la partie supérieure de la tunique des caïeux. Plantation de février à avril ou en octobre-novembre, en carrés ou planches ; lignes distantes de 20 centimètres, avec espacement des plants de i5 à 18 centimètres sur la ligne ; ne pas enterrer les caïeux à plus de 5 centimètres. Récolte en juillet-août, quand les feuilles jaunissent. Les échalotes plantées en octobre se récoltent un mois environ avant les autres.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau : Léon Dufour. — La catastrophe du « Titanic» : Sauvaire Jourdan.
- — Le transatlantique « France » : A. Thoeler. — L’éclipse de Soled du 17 avril 1912 : Em. Touchet. — L’éclipse de Soleil observée dans les Pyrénées • Lucien Rudàux. — Académie des sciences : Ch. de Viuuedeuil.
- Supplément. — Un nouveau verre très perméable aux rayons Rôntgen. — Un tour électrique à résistance de tungstène pour laboratoires. — Le déplacement des métaux par l’hydrogène.
- — L’industrie des magnétos d’automobiles. — La circulation à Berlin. — Comment acheter un essaim ? — L’acide citrique en chirurgie.
- Formulaire de VElectricien et du Mécanicien, de E. Hospitaliek. 26e édition (1912), par G. Roux. Masson et Cie, éditeurs, Paris. Prix : 10 francs.
- Cette nouvelle édition de ce formulaire, si apprécié, diffère des précédentes, par des additions importantes qui ont pris la place de documents un peu anciens ; de la sorte l’ouvrage suit continuellement le mouvement industriel, sans se démoder et reste l’auxiliaire permanent de l’ingénieur. Parmi les additions, signalons d’utiles renseignements sur les moteurs à combustion interne ou à explosion; sur les lampes à filament métallique, des tableaux relatifs aux lignes en aluminium, et les instructions de l’Union des Syndicats de l’Electricité, sur les conditions d’établissement des installations électriques.
- Cours élémentaire de zoologie, cinquième édition, entièrement refondue, par Rémy Perrier, Professeur adjoint à la Faculté des sciences de l’Université de Paris. 1 vol. gr. in-8°, de 871 pages, avec 765 figures dans le texte, dont plusieurs en couleurs, relié toile. (Masson et Cie, édit.). Paris, 1912, Prix : 12 francs.
- Ce livre est la cinquième édition, entièrement refondue, de l’ouvrage, aujourd’hui classique de M. Rémy Perrier. Il a pour base le cours professé depuis dix-huit ans par l’auteur à la Faculté des sciences de Paris devant les futurs médecins, les étudiants du P. C. N. C’est à ces mêmes étudiants qu’il s’adresse, mais aussi à tous ceux qu’intéressent l’évolution des sciences naturelles et les théories sur l’évolution des êtres vivants. Il donne un résumé précis de l’état actuel de la zoologie moderne et convient à tous ceux qui ne peuvent aborder l’étude des grands traités. Dans cette nouvelle édition, un grand
- nombre de figures ont été refaites ; des dessins originaux ont été ajoutés et portent le nombre des illustrations à 764. Le texte lui-même a subi dans toutes ses parties des remaniements importants. En particulier, les chapitres de zoologie générale ont été, de tous points, mis au courant des travaux les plus récents de la génétique animale ; sur l’étude de la cellule, celle des phénomènes de la multiplication des êtres, enfin, et surtout, sur les théories et les faits acquis du transformisme, le lecteur trouvera un exposé dépouillé de toute l’aridité des gros traités et des discussions purement techniques.
- Cours de métallurgie des métaux autres que le fer, par E. Prost, 1 vol. illustré 888 pages, Béranger, édit. Paris, 1912. Prix : 3o francs.
- Cet ouvrage, rédigé pour les étudiants, expose les principes de la métallurgie de tous les métaux autres que le fer, et donne, d’une façon concise, la description des procédés les plus modernes. M. Prost a su condenser dans son livre une foule de renseignements précieux qui en font une véritable encyclopédie bien à jour, susceptible de rendre des services non seulement aux étudiants, mais encore aux industriels.
- La Russie et ses richesses, par Etienne Taris, in-8° aveu 24 gravures et 1 carte. Pierre Roger et Cie, édit. Prix : 4 francs.
- Très documenté par une expérience prolongée des milieux industriels russes et des séjours dans les régions agricoles et minières du vaste empire, M. Etienne Taris, après avoir rapidement retracé l’histoire de nos relations avec la Russie, décrit avec une pittoresque précision et une grande abondance de renseignements les aspects variés de ce monde si mal connu en France. L’auteur, conclut à la suite d’aperçus très actuels sur la finance russe, par un tableau impressionnant des destinées grandioses réservées au monde slave au xxe siècle.
- La Photographie par Cerfs-Volants, par H. Quentin. 1 brochure de la bibliothèque de Photo-Revue. Prix : 60 centimes. Paris, Charles Mendel, édit.
- L’auteur de cet intéressant opuscule montre que sans installation spéciale, avec les éléments que tout amateur a sous la main : bois, ficelle, étoffe, il est facile de construire d’après ses indications un dispositif parfaitement capable de tenir l’air tout en remorquant un appareil photographique avec les dispositifs de suspension et de déclenchement.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Heredity in relation to Eugénies, par Ch.-B. Davenport, | Henry Holt and C° éditeur, New-York, 1911, in-8",
- L’eugénique est la science de l’hérédité, elle traite des caractères des races, de ceux qui peuvent se transit mettre à travers les générations; sa connaissance doit donc permettre de produire des améliorations, tant dans les races d’animaux domestiques que chez les hommes. Davenport est un des plus fervents de cette
- science nouvelle et il le montre dans ce livre où il traite de l’hérédité chez l’homme, étudiant successivement les détails qui créent « l’air de famille », couleur des yeux, des cheveux, de la peau, stature, capacités intellectuelles, mémoire, tempérament, écriture, etc., et l’hérédité pathologique. L’Amérique lui fournit un bon terrain d’expériences où il étudie l’émigration et les transformations qu’elle produit dans la race. L’ouvrage se termine par une intéressante bibliographie.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 avril 1912. 10° 8 N. E. 2. Beau. 0 Beau; rosée; faible brunie.
- Mardi 25 11° 2 N. E. 3. Beau. 0,0 Beau le m. ; nuag. le s. ; rosée ; laib. brume ; goulles à 17 h.
- Mercredi 24 ... . 9° 2 N. E. 3. Beau. » Nuag. de 11" à 19" ; beau av. et apr, ; rosée ; l’aib. brume ; halo.
- Jeudi 25 8°,3 N. E. 2. ' Nuageux. U Peu nuag ; gelée blanche ; forte brume.
- Vendredi 26 . . . . 9°,9 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau le m. ; ng. le s. ; ros. : brume ; ton. au S entre 14h50 et loh30.
- Samedi 27 10°.3 E. 0. Beau. » Beau jusq. 8"; très nuag. ensuite; couv. ap. 171; rosée; lnilo.
- Dimanche 28. . . . 12°,1 N. E. 4. Eclaircies. » Brume ; nuageux ; halo,
- AVRIL 1912 — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 AVRIL 1912.
- Lundi I Mardi I Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 32 au 28 avril. — Le 22. Pression très élevée sur le N. de l’Europe (Helsingfors : 781), dépression dans le S -E. Pluies dans le S. de l’Europe. En France : Gap, 9 mm; Toulon, 7; Clermont-Ferrand, 4. Temp du matin : Belfort, 4-9°; Paris, n ; Nice, i3 ; Alger, 17; moyenne à Paris : 140 (normale : io°,3). — Le 23. Fortes pressions sur tout le continent. Pluies sur le Centre et la Méditerranée occidentale. En France : Marseille, 11 mm; mont Ventoux, 10. Temp. du matin : Clermont-Ferrand, xo°; Paris, 11; Nantes, 12; Nice, i3; Alger, 16; moyenne à Paris : i3°,5 (normale : io°,5). — Le 24. Pression supérieure à 770 mm sur le N.-W., le Centre et le S.-E. de l’Europe. Dépression sur l’extrême Nord (Arkhangel : 759 mm). Dépression peu profonde sur le Midi de la France (Toulouse : 762). Quelques pluies sur le Centre et le S. du continent. En France : Lyon, 14 mm; Cette, 10. Temp. du matin: Belfort et Clermont, + 70; Nantes, 8; Paris, 9; Alger, 16; moyenne à Paris : n°,4 (normale : io°,6). — Le 22. La pression baisse lentement; reste supérieure à 770 mm dans le N.-W. avec maximum de 775 aux îles Feroé. Une dépression couvre la Russie. Une autre apparaît sur l’extrême Nord (Vardoe : 759). Quelques pluies sur l’extrême Nord et le S.-W. du continent. En France : orages dans le Centre et le W., Perpignan, 22 mm; Bordeaux, 12; Clermont, 14. Temp. du matin : Arkhan-
- du Bureau Central Météorologique.
- gel, —5°; Belfort, +6; Paris, 8; Nantes, 10; Alger, 17; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : io°,7). — Le 26. La baisse barométrique continue. La dépression du N. s’étend vers le S.-E. Une autre apparaît sur la péninsule Ibérique. Fortes pressions sur la mer du Nord et l’Ecosse. Pluies sur le Centre et le S. du continent. En France : Lorient, i3 mm; Clermont, 2. Temp. du matin : Arkhangel, —3°; Belfort, 6; Paris, 10; Toulouse, i3; moyenne à Paris : i3° (normale : io°,g). — Le 27. Une dépression envahit le S.-W. de l’Europe (Madrid, 749 mm; Alger, 748). La pression est basse sur toute l’Europe. Pluies sur le W. du continent. En France : cap Beard, 16 mm; Gap, 10; Nancy, 2. Temp. du matin : Arkhangel, -J- i°; Belfort, 9; Paris et Bordeaux, 10; Alger, 18; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : ii°). — Le 28. La dépression de la veille se déplace vers le N.-E. Son centre est aux Baléares (746). Autre dépression sur la Russie (Saint-Pétersbourg : 751). La pression se relève sur le N.-W. du continent (Ecosse : 766). Pluies sur le S.-W. En France : pluies très abondantes dans le Midi : Perpignan, 89 mm; Cette, 47; Nantes, 22; Clermont, 10. Temp. du matin : Le Havre, 8°; Biarritz et Marseille, 11; Paris, 12; moyenne à Paris : i2°,2 (normale : ii°,i). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 24, à 8 h. 57 m. du matin.
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- NATUR
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- îSi,
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 2033 — 11 MAI 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Nécrologie : A.-H. Keane (1833-1912). — L’anthropologiste anglais Keane a donné des monographies sur divers sujets : les Botocudos, le Soudan égyptien, les Lapons, les rapports entre les races indochinoises et les races interocéaniques. Ses ouvrages capitaux sont son Traité d’ethnologie (2e édition, Cambridge, 1896) et L’homme, son passé et son présent. Dans le premier, il discutait les problèmes ethnologiques fondamentaux (antiquité de l’homme, évolution physique et mentale, unité spécifique, variétés) et décrivait quatre « groupes primaires » de types humains qu’il appeleit : Ilomo /Ethiopiens, H. Mongoliens, II. Americanus, H. Caucasiens, groupé dont il discutait en détail les rapports en l’origine dans le second ouvrage. On lui doit encore un volume sur les Boers (1900).
- Le sauvetage en haute mer. — À l’occasion de la catastrophe du Titanic, il est intéressant de rappeler qu’un modeste inventeur français, M. Mercier, avait proposé un appareil qui eût pu sauver la vie à bon nombre des passagers du malheureux paquebot. Cet appareil consistait en une ceinture plate et peu encombrante que toute personne aurait porté sous ses vêtements dès qu'elle aurait pris passage à bord d’un navire, et dont elle ne se serait débarrassé qu’au débarquement. Un lecteur, M. Paccini, qui assista aux essais effectués dans la rade de Marseille par l’inventeur, veut bien nous décrire de mémoire cet ingénieux appareil. Dans l’intérieur de la ceinture de toile imperméable, une petite ampoule de verre fermée au chalumeau et contenant du carbure de calcium était fixée en place à l’aide d’une pince métallique dont les deux branches émergeaient de la ceinture par leurs extrémités inférieures. Ces deux extrémités étaient calées à l’aide d’un mor-cêau de sucre blanc, qui se trouvait donc en dehors de la ceinture. Dès que le porteur de l’appareil tombait à la mer, le sucre fondait, et la pince brisait l’ampoule. Le carbure entrait aussitôt en contact avec quelques gouttes d’eau laissées dans une pochette aménagée sur le devant de la ceinture, et celle-ci s’emplissait instantanément de gaz; le gonflement était donc automatique. Les essais effectués par M. Mercier furent couronnés de- succès ; on admira l’ingénieuse simplicité de son appareil; mais il se heurta à l'indifférence des intéressés, et, manquant de ressources, il ne put tirer parti de son idée. C’est l’histoire d’innombrables inventeurs.
- La Nova des Gémeaux. — A l’observatoire de Poul-kowo, l’astronome G.-A. Tikhoff a longuement poursuivi l’étude spectroscopique de la Nova des Gémeaux et, durant deux séries d’observations, cette étoile nouvelle a passé par deux séries de variations analogues : on a l’impression, en discutant progressivement les spectrogrammes successifs, que l’étoile se débarrasse périodiquement des enveloppes formées par le refroidissement des matières superficielles, en les repoussant
- par des explosions nouvelles des gaz incandescents. Un cliché du 18 mars de S. Kostinsky, avec une pose de 41 minutes, permet de fixer la position exacte de la Nova (à 1912, 0), en la rapportant à dix étoiles de repère, et fournit pour coordonnées :
- a = 6h 49m 11%89 ± 0S,02 5 = + 32° i5' 6",3±o",2.
- Les erreurs probables dépendent, presque exclusivement, d’erreurs fortuites des positions des étoiles de repère, tirées du catalogue A. G. Leiden. La Nova était de couleur jaune et de grandeur 5,5 environ; son identité est très probable avec la petite étoile de la carte Palisa-Wolf, de grandeur i3-i4, à côté de laquelle on avait voulu la placer.
- Les dirigeables et la marine. — La presse berlinoise enregistre la nouvelle que le Ministère de la Marine a décidé l’adoption d’un nouveau type de dirigeable pour la marine de guerre. Ces engins auront une capacité de gaz de 2000 mètres cubes, et leur vitesse sera supérieure à celle des dirigeables militaires; ils pourront transporter de grandes quantités de munitions. Un dirigeable sera attaché au service de chaque dread-nought. Ces nouveaux engins seront construits par la Société des Zeppelin, et le premier entrera en service vers le mois de novembre prochain.
- Le dirigeable Spiess. — Nous avons pu voir récemment le dirigeable rigide Spiess, en construction dans son hangar de la Société Zodiac, à Saint-Cyr. Nos lecteurs savent que ce ballon appartient au même type que le Zeppelin, mais sa construction diffère en ce sens que la carcasse est entièrement faite en bois creux entoilé. Le montage a lieu à l’aide d’échafaudages mobiles sur des rails de roulement parcourant le hangar sur toute sa longueur. Dès maintenant on peut assister à l’entoilage de cette carcasse qui est entièrement terminée. Le ballon a la forme d’un parallélépipède à section polygonale de 14 côtés; il se termine par un assemblage en ogive. Sa longueur totale est de 104 mètres et son diamètre de i5 mètres. Le volume total atteint 11 000 mètres cubes. Ce dirigeable sera donc le plus grand de tous ceux que possède l’armée française. L’intérieur est partagé en iin sections dont 8 constituent la partie cylindrique. Il sera pourvu de deux nacelles : une à l’avant et une à l’arrière portant chacune un moteur à 6 cylindres de 200 chevaux. Chaque moteur actionnera, par l’intermédiaire de pignons d’angles et d’arbres obliques, deux hélices de 4 m- 5o de diamètre portées par des pylônes tubulaires solidaires de|la carcasse du ballon. L’axe des hélices est à 4 m. 5o au-dessus du grand axe longitudinal du dirigeable. Enfin les deux nacelles sont reliées par une passerelle, d’une longueur de 36 mètres courant sous le ballon et permettant de se rendre de l’une à l’autre. On estime que la vitesse probable du dirigeable, pendant la marche à pleine puissance des
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- INFORMATIONS
- moteurs, atteindra 65 kilomètres à l’heure. Les essais pourront commencer en automne.
- La radioactivité des produits de la dernière éruption de l’Etna. — Pendant l’éruption de l’Etna, qui s’est produite en mars 1910, ce volcan a rejeté un certain nombre de matières qui ont fait l’objet de recherches récentes de deux chimistes italiens : MM. Piutti et Magli. Leurs analyses ont porté sur des sables, des laves, des ponces, des scories, des subli-mats recueillis sur le cratère et dans les coulées de la dernière éruption ; elles ont permis de constater que la radioactivité est maximum dans les incrustations et les sublimais et que ce fait ne semble pas dépendre de la présence du plomb, comme cela a été le cas pour les matériaux rejetés par le Vésuve et pour lesquels on avait pu établir une relation entre le pouvoir radioactif et la teneur en plomb.
- Le gaz naturel aux États-Unis d’Amérique. — En 1901 il existait aux Etats-Unis 10000 puits fournissant du gaz naturel. Le débit moyen de ces puits était de 1600 mètres cubes par jour et quelques-uns avaient un débit journalier de 700000 mètres cubes. A l’heure actuelle la production totale atteint 11 600 millions de mètres cubes. En 1901, la canalisation la plus longue destinée au transport de ce gaz, avait 160 kilomètres de longueur. Actuellement il en existe une de 640 kilomètres entre Buffalo et la Virginie Occidentale. Il y a en projet une canalisation de 720 kilomètres de longueur entre Saint-Louis et les puits du district de Caddo dans la Louisiane. La longueur totale de ces canalisations atteint 3o 000 kilomètres. La pression du gaz qui, dans certains puits, atteint 80 kilogrammes, suffit pour refouler celui-ci dans les conduites. Quand cette pression est insuffisante, on établit le long de la canalisation des relais de pompes dont la puissance varie entre 5o et 2000 chevaux. Le gaz naturel contient 90 pour 100 de méthane et sa puissance calorifique moyenne est de 8200 calories par mètre cube.
- Les chemins de fer français au 31 décembre 1911.
- — Longueur exploitée :
- i° Lignes d’intérêt général. 4° 615 kilomètres.
- 20 — local. . 9617 v.—
- Total. . , 5o 23a kilomètres.
- Longueur concédée, déclarée d’utilité publique en classe :
- i° Lignes d’intérêt général.. 3 i5i kilomètres.
- 20 — local. . 2084 —
- L’avancement du canal de Panama. — Le Panama canal Record vient de publier les résultats des travaux de terrassement de la grande tranchée de Culebraùjui, comme on le sait, doit trouer la région montagneuse de l’isthme et atteindre une profondeur de i5o mètres. Les cubes de terrassements réalisés de 1901 à 1912 sjont les suivants :
- 1901 .... 185.000 mètres cubes.
- 1903 . . . . .... 691.800 —
- 1906 .... 2.054.300 —
- 1907 .... 6.974.500 —
- 1908 .... 10.482.000 —
- 1909 . . , . . .... 11.065.600 —
- 1910 .... 11.697.000 —
- 1911 .... 12.608.000 —
- Total
- 55.761.200 mètres cubes.
- Le cube total des terrassements s’élevant à 68 millions de mètres cubes, il ne reste donc plus que 12200000 mètres cubes à extraire, soit 18 pour 100 du cube total. La quantité la plus considérable enlevée en i mois a été de 1 3ooooo mètres cubes, ce qui correspond à une moyenne de 43oooo mètres cubes par jour. Il y a actuellement 40 -excavateurs à vapeur travaillant simultanément dans la tranchée.
- Les plus hauts chemins de fer du monde. — On
- vient de terminer entre le Chili et la Bolivie une voie ferrée qui, de Rio-Mulato à Potosi, s’élève à 4880 mètres. Deux autres chemins de fer du Pérou montent à 4840 mètres à Morococha et à 4780 mètres à Ticlo. On rappelle à ce propos que les rails atteignaient déjà 4750 mètres à la Craya, est de Lima; 4^73 mètres à Portez del Cruzero, dans le sud du Pérou et 42oo mètres au chemin de fer trans-Andin entre l'Argentine" et le Chili.
- Examen de la qualité des œufs au moyen des rayons X. — La presse danoise appelle l’attention des agriculteurs sur une méthode qui va permettre de dire : plus d’œufs gâtés ! Il s’agit de l’emploi des rayons X ou rayons Rœntgen pour le mirage des œufs. Ce procédé est déjà en vigueur en Grande-Bretagne et le Danemark a l’intention d’en user. Voici sommairement comment on procède : Une chambre noire est aménagée au dépôt central d’arrivage des œufs. Dans l’intérieur de la chambre se trouve l’appareil avec l’ampoule électrique de Crookes, le tout ayant sensiblemenl la forme d’une lanterne hermétiquement close à l’exception d’une cavité offrant la dimension d’un œuf de poule. On place l’œuf à examiner dans la cavité où il se trouve exposé aux rayons d’examen. Les œufs frais sont immédiatement reconnus par une translucidité • parfaite ; on les marque « ire catégorie ». Si, au contraire, l’œuf a un défaut, une petite tache apparaît sur l’écran fluorescent qui accompagne l’appareil : l’œuf est alors rangé dans la seconde catégorie, si la tache observée est d’assez grande dimension ou si elle se déplace, c’est que l’œuf est gâté; il est impitoyablement rejeté. C’est l’Union nationale des éleveurs de volailles d’Angleterre qui a eu la première l’idée de ce procédé. Cette union compte 40 succursales réparties dans 20 districts différents et on estime qu’elle fournit à la ville de Londres 200000 oeufs par semaine. Les maisons sérieuses et importantes de Londres, faisant le commerce des œufs, n’acceptent plus que les. œufs examinés « examined eggs ». Par ce procédé, les taches même de dimension assez minime pour être invisibles à l’œil nu, se voient très nettement.
- Étude des eaux souterraines en Italie. — Le
- ministre des Travaux Publics d’Italie, M. Sacchi, vient de nommer une commission pour l’étude des questions relatives à la régularisation, la dérivation et l’utilisation des eaux souterraines en Italie ; c’est le problème de l’hydrologie souterraine en Tripolitaine (dont le sol perméable est partout absorbant) qui semble avoir provoqué cette mesure. En Italie même, d’importantes questions pratiques dans cet ordre d’idées sont à résoudre particulièrement en Pouille et en Sicile.
- Travaux de l’Institut de Paléontologie humaine.
- — MM. Breuil et Obermaier font, dans Y Anthropologie (1912, n° 1), un bref rapport'sur les premières fouilles exécutées d’abord sous l’impulsion du Prince de Monaco, puis aux frais de l’Institut de Paléontologie humaine, récemment fondé par celui-ci. Ces recherches ont surtout porté-.sur le territoire espagnol. Dans la province de Santander, MM. Breuil et Obermaier ont poussé l’exploration des grottes de Valle, de Hornos de la Pena, du Castillo, antérieurement découvertes : dans la première, ils' ont trouvé des ossements du renne, jusqu’alors inconnu dans cette partie de l’Espagne; au Castillo, ils ont trouvé une des séries archéologiques le plus complètes qu’en connaisse jusqu’ici en préhistoire, dix couches archéologiques allant du moustérien au néolithique. Enfin, à côté de la grotte du Castillo, une nouvelle grotte à peintures et gravures (la Pasiéga) a été découverte : on y a relevé 226 figures peintes et 36 gravées. Chose curieuse, ces dessins, que les auteurs rapportent à la période magdalénienne, présentent, d’après eux, moins d’affinités avec ceux, tout voisins, du Castillo, qu’avec les peintures rupestres de l’Espagne orientale. Vingt abris à peintures ont également été étudiés aux environs de Salamanque, et deux à Alpera, dans le S.-E. du pays. Ces deux derniers sont particulièrement importants en raison de la place qüi*ÿ occupe la figure humaine : sur x 60 dessins gravés ou peints, il y en a 70 en effet qui représentent l’homme, dans des attitudes variées, l’arc et des flèches à la'main; il a y aussi trois femmes, dont deux vêtues de robes. La présence de l’élan a été relevée dans ce gisement; c’ëst la première fois qu’on le trouve aussi au Sud. Enfin de nombreux pétroglyphes, fort remarquables par la très grande variété de dessins stylisés tirés de la figure humaine, ont été relevés dans l’Andalousie et la Murcie méridionale; les uns semblent appartenir au magdalénien, les autres, suivant l’opinion de M. L. Siret, au néolithique. — En France, les fouilles et les relevés de dessins ont été continués par [MM. Breuil et Cartailhae à Gargas (Hautes-Pyrénées).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- CSK"
- ge> Jlutomobilisme agricole
- Tracteur automobile agricole Edmond Lefèvre.
- — Les tracteurs agricoles construits jusqu’ici ont presque tous un poids considérable sous de fortes dimensions. Ces engins sont de véritables locomotives routières pourvues de roues très larges et de grand diamètre qui avec leur poids énorme permettent d’ob-
- Le tracteur Edmond Lefèvre,
- que l’on actionne à l’aide d’une poulie R commandée par le moteur. La chaîne à palettes en acier PP est entraînée par le pignon M relié au mécanisme général. Dès que l’on agit sur le levier qui commande la poulie, la vis verticale est entraînée et soulève ou abaisse l’extrémité J du châssis d’adhérence. Pendant la marche sur route, ce châssis est relevé afin d’éviter aux palettes d’entrer en contact avec le sol ; mais arrivé sur le terrain à labourer, le conducteur abaisse le châssis d’adhérence, les palettes pénètrent dans le sol et se relèvent presque verticalement grâce au pignon Q qui agit sur la chaîne des palettes. »
- Ce tracteur peut être attelé devant une charrue quelconque ; il parcourt le champ dans toute sa longueur, effectue son virage très aisément puisqu’il ne possède qu’une seule roue directrice et revient s’atteler de nouveau devant la charrue. La puissance du moteur est de 3ochevaux. En xo heures on laboure, à la profondeur de 20 cm, un champ de 3 hectares. La consommation est variable avec la profondeur du labour; elle est de 25 litres de benzol pour un labour de 18 cm et de 35 litres pour un labour de 25 cm. Ajoutons enfin que le tracteur se prête également [à d’autres applications agricoles, comme le déchaumage, le labourage et le hersage simultanés, le roulage, etc.
- *»> Télégraphie sans fil
- tenir l’adhérence nécessaire. On admet généralement que l’effort de traction au crochet d’attelage n’est que de i5 à 20 pour ioo de la charge supportée par les roues motrices. Tout tracteur exerçant un effort de traction de iooo à 1200 kg devra donc peser de 4 à 5ooo kg. Un tel poids nécessite l’établissement d’une machine coûteuse n’ayant son emploi que dans les très vastes exploitations.
- M. Edmond Lefebvre a résolu le problème de l’adhérence d’une manière beaucoup plus simple et plus économique ; le tracteur., qu’il a construit, exerçant un effort de 1200 kg ne pèse que 25oo kg seulement; l’adhérence est obtenue par un système de chaîne sans fin pourvue de palettes métalliques s’enfonçant dans le sol au fur et à mesure que le ti’acteur avance.
- La conception générale de ce tracteur se rapproche de celle de l’automobile ordinaire. Le châssis, en fer
- Le tracteur Edmond Lefèvre. — AB, Châssis en acier profilé; C, Roue directrice ; D, Roues Support ; E, Moteur Gnome 24-3o ch. ; F, Radiateur; G-, Changement de vitesse; H, Axe des pignons d’entraînement; JJI, Châssis d’adhérence; L, Vis de relevage; M, Pignons d’entraînement; O O, Chaînes d’adhérence ; PP, Palettes en acier; Q, Pignons-guides; R, Poulies de relevage; S, Siège ; T, réservoir de benzol ; XJ, Coffre à outils et accessoires.
- profilé, repose sur trois roues; celle d’avant est directrice et les deux roues arrière sont motrices, montées sur un différentiel. Le moteur et son radiateur occupent l'avant. La boîte de vitesse permet des allures de 3, 4, 5 et 9 kg à l’heure avec une marche arrière. Derrière le siège du conducteur se trouve le réservoir de benzol et enfin le coffx’e à outils.
- Les chaînes d’adhérence sont supportées chacune par deux pignons appartenant à un second châssis JJI capable de pivoter autour de l’arbre H du pignon i/Il est mobile à l’avant sur une vis verticale L à trois filets
- Un nouveau mât pour la télégraphie sans fil. —
- Les mâts employés par les armées pour l’installation des postes de télégraphie sans fil de campagne sont généralement faits en bambous assemblés. Leur hauteur est presque toujours insuffisante, aussi a-t-on essayé de leur substituer des mâts métalliques qui fussent aussi légers que possible, facilement transpor-
- Fig. 1 et 2. — Montage du mât. — AA1 A2, Pieds supportant le mât; UU, Haubans fixés au plateau P et au sol; DDD, Articulations de chaque pied; SS, Echelons du pied A1; T, Treuil; M, Manivelle du treuil; E, Câble; F, Crochet s’engageant dans la mortaise du tube; H, Tenon pour l’emboîtement du tube suivant.
- tables et se prêtant à une installation r-apide. Divers systèmes ont été essayés par les différentes armées sans donner des résultats absolument satisfaisants; en voici un nouveau, imaginé par M. Casanova et qui a été adopté par l’armée française.
- Il est porté par trois pieds A, A1, A2 (fig. 1), réunis à leur sommet par un plateau P sur lequel ils sont articulés. Ce plateau est percé d’une ouverture centi’ale de même diamèti’e que las tubes constituant le mât. Sous ce plateau, les trois pieds soutiennent, par des bras également articulés B B, une petite plate-foi’me G percée, elle aussi, d’un trou central de même diamètre
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- SCIENCE APPLIQUEE
- que celui du plateau. Enfin les pieds sont articulés en D D D afin d'être repliés sur eux-mêmes pour faciliter le transport et le pied À1 porte des petits échelons S S permettant à un homme d’atteindre le plateau supérieur.
- Sur le pied A est fixé un petit treuil T actionné par une manivelle M. Sur ce treuil s’enroule un câble E qui permet d’élever, l’un après l’autre, les tubes constituant le mât. Ce câble se termine, en effet, par un crochet F (fig. 2) que l’on . engage dans une mortaise pratiquée à la base de chaque tube. Il suffit donc d’agir sur la manivelle pour monter les tubes verticalement puisqu’ils sont maintenus par le plateau P et par la plateforme C. Chaque tube se termine par une douille d’emboîtement II dans laquelle s’engage l’extrémité du tube suivant que l’on élève ensuite par le treuil. Avec ce système, on peut monter des mâts à 25 mètres de hauteur très rapidement et avec la plus grande facilité.
- L’inventeur a également fait breveter un dispositif de montage différent, représenté par notre 3e figure. Il comporte quatre poulies à gorges P, P1, P2, P5, dont les gorges épousent la courbure des tubes. Des ressorts R R réunissent les poulies deux à deux et exercent sur chacune d’elles un effort suffisant pour obliger le mât à s’élever par coincement. La poulie P est motrice; elle est reliée à celle placée au-dessous par une chaîne de transmission. Le système fonctionne parfaitement. — L’inventeur est M. Casanova, 3 bis, rue Garnier, Neuilly-sur-Seine.
- rf?*
- Fig. 3, Autre mode d’eutraînement du mât. — P P1 P2 P3, Poulies entre lesquelles est engagé le tube ; C, Chaîne ; E. R, Ressorts tirant sur les axes des poulies.
- Objets utiles
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- Fauteuil-gymnase Humblot. A notre époque de renaissance physique, il était impossible que l’esprit d’invention ne se portât point sur les appareils de gymnastique, surtout sur ceux qui permettent aux sédentaires, de participer malgré tout aux bienfaits de la cul-ure musculaire. Les hygiénistes et les médecins ont démontré que les appareils utilisés autrefois pour l’exercice en chambre étaient insuffisants, sinon nuisibles : ils ont, en effet, le défaut de n’exercer qu’un petit nombre de muscles, toujours les mêmes ; il en résulte pour
- l’organisme plutôt une déformation qu’un progrès salutaire. On s’est donc ingénié de divers côtés à créer des appareils permettant, même en chambre, de prendre un exercice rationnellement calculé, pour concourir au développement harmonieux de l’organisme. Il faut placer en bon rang, parmi ces appareils, le très ingénieux fauteuil-gymnase du commandant Humblot; dispositif très simple qui se prête cependant aux combinaisons d’exercices les plus vax’iés.
- Le siège du fauteuil est supporté par un châssis que l'on peut manœuvrer au moyen de deux leviers; le gymnaste s’assied sur le siège et c’est son propre poids qu’il s’exerce à soulever, on peut modifier de diverses façons le montage du fauteuil de façon à varier les exercices ; on peut aussi travailler séparément ou simultanément avec les pieds ou les mains.
- Ajoutons que l’appareil ne pèse en lui-même que
- 10 kilogrammes; qu’il est repliable, et par suite très aisément portatif. — Il est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris, et coûte 70 francs.
- Gomme anti-rouille. — Cette gomme permet d’effacer une tache de rouille sur un objet enfer, de la même façon que les gommes habituelles enlèvent une tache d’encre sur une feuille de papier. C’est tout simplement un mélange de caoutchouc et d’émeri. C’est très simple, ce n’en est pas moins pratique. — La gomme antirouille est en vente chez Renaut, 4^> boulevard de Strasbourg, Paris.
- Lampe à essence munie de briquet. — M. Simonet a réalisé d’une façon très heureuse, une nouvelle application du briquet au ferro-cérium. Il l’a adapté àlalampe à essence, d’un emploi si répandu dans tous les ménages.
- 11 n’est pas exagéré de dire que nul usage n’est plus indiqué que celui-ci pour le briquet. La faveur, plutôt l’engouement qui a accueilli les débuts du briquet, a aujourd’hui sensiblement diminué, l’on s’aperçoit fort bien de tous les inconvénients, que comporte l’emploi
- A gauche : la lampe et son briquet. — A droite : le plateau mobile portant le briquet.
- de cette petite lampe portative; à qui font défaut, tantôt l’essence, tantôt la pierre, tantôt le ressort.
- Ces objections ne portent plus lorsqu’il s’agit d’un briquet adapté à une lampe, qui nécessairement, est toujours chargée d’essence, et que l’on est appelé à allumer en des endroits très souvent exposés au vent. La présence d’un allumeur est dès lors d’une grande commodité. Notre figure 2 montre comment le briquet est disposé par rapport à la mèche.
- Il est porté par un support spécial, plateau percé d’un trou livrant passage au bec de la lampe. Tout contre le bec, de façon que les étincelles tombent directement sur la mèche, est disposée une petite molette qui frotte contre la pierre à étincelles ; le contact est maintenu par un petit ressort en fil de fer qui presse constamment sur la pierre. La manœuvre est des plus simples : la molette est commandée par une petite poignée, sorte de chien de revolver ou de fusil ; on abaisse le chien : un vigoureux ressort en caoutchouc le ramène à sa position primitive, en imprimant à la roue un rapide mouvement de rotation, donc un énergique frottement contre la pierre au ferro-cérium. Les étincelles jaillissent en gerbe abondante et la lampe aussitôt s’allume.
- Le plateau porte-briquet s’emmanche sur le bec de la lampe par une douille munie d’une vis de pression, qui assure la fixité de l’ensemble.
- Notons encore un dispositif très pratique joint à l’al-lumoir proprement dit; c’est un tube muni d’une mèche d’amiante et qui plonge dans le corps de la lampe, ce tube sert d’allumette; si l’on entre dans un appartement, la lampe à essence à la main et que l’on veuille allumer la lampe ou le bec de gaz, inutile de frotter une allumette : on sort le tube métallique, on l'approche de la flamme et l’on a une petite torche d’un emploi trùs commode. L’inventeur, M. Simonet, habite 14^, rue Sadi-Carnot, Yanves.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Contre le mal de mer. — Je remplirais les colonnes de Za Nature en donnant simplement la nomenclature de tous les médicaments hypnotiques, calmants, stimulants, modificateurs, de tout ordre, conseillés contre le mal de mer. Pour un malheureux qui trouve un résultat efficace, cent autres n’éprouvent aucun bien. Je me souviens qu’au moment d’un congrès qui se tenait en Algérie, on avait conseillé l’emploi de l’antipyrine. C’étaient les débuts de ce médicament encore fort peu connu ; le résultat était infaillible et personne ne devait subir les affres du mal de mer. Hélas ! quel désenchantement ! la mer n’était pas très bonne, mais ce n’était pas une tempête, pas même ce qu’on peut appeler une mer mauvaise. Les quatre cinquièmes, et je suis généreux en mettant cette proportion, craignant d’abuser de ma mémoire, les quatre cinquièmes de ceux qui avaient avalé les fameux cachets furent, je crois, plus malades que ceux qui n’avaient rien pris.
- L’immobilisation du ventre par une ceinture ouatée bien serrée, la situation horizontale semblent jusqu’ici le moyen le plus efficace, je ne dis pas le plus sûr, pour combattre cet afïeux mal. Le Dr Naamé vient de communiquer à la Société de Thérapeutique le résultat, assez démonstratif, ma foi, de l’application de l’adrénaline au traitement et à la prophylaxie du mal de mer. D’après lui, ce mal ne serait qu’une hypoépinéphrie aiguë fonctionnelle d’origine réflexe. Le mot est un peii barbare ; je le traduis avec lui. Les ondulations marines impriment au bateau des mouvements de tangage ou de roulis, qui se transmettent, comme dans le jeu de la balançoire, aux viscères abdominaux où elles déterminent par l’intermédiaire dù plexus solaire, une action inhibitrice sur les glandes surrénales ; d’où production d’une insuffisance physiologique de ces organes et apparition
- des symptômes de cette hypoépinéphrie. Les signes dù mal de mer, anorexie, nausées, vomissements, abatte1 ment, prostation, abaissement de la température et chute de la tension artérielle se retrouvent les mêmes dans l’insuffisance surrénale. ;
- Je n’insiste pas sur la théorie développée avec •talent par son auteur. Ce qu’il y a de sûr, c’est qué du moment où les viscères abdominaux ne sont plus secoués, le mal de mer disparaît; quand le voyageur sort du bateau, il a la fatigue de cet état nauséeux et des vomissements, il conserve encore quelques vertiges mais le mal a disparu. En ajoutant à l’immobilisation des viscères, l’administration d’une petite dose d’adrénaline, M. Naamé arrive à enrayer le mal. Il fait couchef-le malade, lui fait porter une ceinture et après que l’estomac a été libéré de son contenu par un rejet involontaire, il donne 6 milligrammes d’adrénaline en trois doses à une demi-heure d’intervalle. Au bout d’une heure de repos après la dernière dose, dit-il, le malade pourra se lever, se promener et même essayer de se nourrir prudemment et légèrement : le malaise a disparu. Les essais de cette médication, qui est un peu délicate à donner aux doses indiquées, ont été faits à bord du Tafna de la compagnie Touache, sur des aldultes en bonne santé et tous en ont obtenu de très bons résul-tats.
- L’inconvénient de ce médicament c’est qu’il peut être dangereux de l’administrer à des sujets dont le système vasculaire serait en mauvais état ou chez des malades diabétiques et surtout atteints d’affection rénale. Il faut donc tenir grand compte de l’état du voyageur et n’uSeû de ce médicament qu’avec circonspection en commençant par de très petites doses, son action étant des plus énergiques. Dr A. G.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Composition pour extincteurs d’incendie. — Le liquide proposé par M. Raymond serait très efficace et permettrait d’éteindre les essences,, benzines, etc.
- Eau....................... i litre
- Borax..................... 5o gr.
- Carbonate de soude anhydre, ioo
- Soude caustique...........
- Carbonate d’ammoniaque. . 90
- Chlorhydrate d’ammoniaque. 240 Oléine.................... 2 5
- A noter que par suite de la forte teneur en sels dissous, la mixture peut être mise en flacons, ou « grenades » pouvant être exposées au froid normal de l’hiver sans crainte de rupture.
- Gelées alimentaires résistant aux chaleurs de l’été. — Les gelées obtenues par cuisson dans l’eau des viandes et os, ou par simple dissolution des gélatines ali-unentaires du commerce ont l’inconvénient de se liquéfier Û la moindre élévation de température. Aussi est-il impossible aux charcutiers par exemple de préparer des gelées restant consistantes pendant les chaleurs de l’été, à moins de les conserver en glacière. On peut facilement fabriquer des gelées qui pourront être placées à l’étalage, en n’importe quelle saison, par l’addition de gélose employée à dose de 2 à 4 pour 100.
- Le produit est coupé en petits fragments mis à ramollir dans l’eau en quantité juste suffisante pour bien baigner le tout ; on dissout à faisant bouillir à feu vif et agitant constamment : le liquide finalement obtenu est mélangé aux bouillons à géléifier.
- Le procédé est couramment employé dans les laboratoires de bactériologie pour la préparation des milieux de culture solide. Il permet de porter de 25 à 6o° C. le point de fusion des gelées nutritives usuelles. On peut l’appliquer sans crainte dans l’art culinaire : la gélose
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- n’est autre chose qu’une algue desséchée, c’est un ali-» ment parfaitement sain employé par les Japonais (le végétal provient en effet des mers du Japon) depuis des siècles.
- Nettoyage des mains salies de cambouis, vaseline, huiles minérales. — On sait que le savon est dans cal cas inefficace. Au lieu de dissoudre la crasse dans l’alcool, l’essence de pétrole, ou de la diluer avec de l’huilej du beurre, on peut la détachar par un absorbant. Il suffit par exemple de placer près de l’évier une boîte remplie de sciure de bois; les mains sales, frottées avec un peu de savon gras seront plongées dans la boîte et enlèveront un peu de sciure adhérente. En frottant ensuite fortement et renouvelant au besoin le traitement, on se débarrasse très bien de toute trace de cambouis.
- Nouveau procédé de vieillissement artificiel dü bois. — On sait — les expériences de Yislicinius l’ont démontré — que les procédés basés sur l’action des gaz donnent des résultats comparables à ceux obtenus par le vieillissement naturel, et qu’avec les méthodes par peinture l’action n’est que superficielle. Les procédés d’imprégnation par les liquides sont préférables ; toutefois, leur action ne s’exerce pas au delà des parties interstitielles des fibres.
- M. Guiboud-Ribaud, ingénieur-chimiste, a signalé dernièrement dans le Réveil des Cultivateurs, de Grenoble,' un nouveau procédé, d’après El Mundo Cientifico, dans lequel les pièces de bois, plaques ou montants, sont dé-: posées, les unes à côté des autres, horizontalement, et séparées par de petites cales, dans des fosses de 5o centimètres de profondeur, à fond imperméable, recouvertes de terre contenant un peu d’humus, mais qui ne doit pas être exclusivement argileuse ou sablonneuse. La grosseur du grain la plus avantageuse est de 3/7 de millimètre, et il est préférable que le grain soit régu-
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- lier, et par conséquent, que la terre ait été tamisée.
- Si on éprouve quelque difficulté à se procurer de la terre de ce genre, on peut la remplacer par des cendres ordinaires. Ces matières sont toujours perméables à l’eau et à l’air et ne retiennent pas des quantités appréciables de liquide quand on soumet la fosse à des arrosages fréquents ou quand - on la laisse exposée à la pluie. Les alternatives d’humidité et de sécheresse provoquent une circulation intense d’air dont les effet oxydants sont extrêmement marqués.
- L’effet obtenu par ce procédé est notablement augmenté par l’addition de substances capables de dégager lentement de l’ammoniaque. De nombreux essais ont montré que les meilleurs résultats sont obtenus en ajoutant à la terre, soit de la chaux — azote, dans la proportion de 2 pour 100, soit un mélange de sel ammoniac et de chaux vive. Le mélange avec la terre se fait à la pelle, sur une planche lisse, en employant de la terre aussi sèche que possible. Les résultats sont encore plus satisfaisants avec de la craie pulvérisée et du sel ammoniac qui se vend comme engrais.
- Sous l’influence de l’humidité, un peu de sulfate d’ammoniaque entre en contact avec le carbonate de chaux. Il se forme du sulfate de chaux et du carbonate d’ammoniaque facilement dissociable en gaz carbonique et en ammoniaque, le dégagement gazeux étant plus lent et plus efficace que si on emploie de la chaux à la place du carbonate de chaux.
- Tous les bois se prêtent à ce traitement, mais c’est surtout avec le chêne qu’on obtient les meilleurs résultats. Il prend rapidement une belle couleur sombre qui pénètre sur une grande épaisseur dans le bois. Les au-, très sortes de bois qui s’accommodent le mieux de cette méthode de vieillissement artificiel sont, par ordre d’importance : le hêtre, le peuplier noir et le bouleau. Les conifères y sont moins sensibles; néanmoins, ce procédé peut être appliqué au mélèze, aux conifères d’Amérique, tels que le Bois rouge, au Cyprès et même au Sapin d’Europe.
- Cette nouvelle méthode pourra donc être utilisée en ébénisterie et dans; diverses autres industries du bois.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinae jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Collot, 226, boulevard Raspail, Paris; Calorimètre Féry,' chez Baudoin, 3i, rue Lhomond, Paris; Carpentier, 20, rue Delambre, Paris; Radiateurs Electrhydra, Compagnie de chauffage par l’électricité, 3i bis, rue Daru; Gaiffe, 9, rue Méchain, Paris ; Société des brevets Dupuis, 22, rue de la Cerisaie, Charenton.
- Rectification. — Dans la Revue de Zoologie publiée dans le numéro du 3 février 1912 (p. i56), j’ai attribué à M. E. Ivanoff, les croisements entre espèces différentes d’Equidés et de Bovidés obtenus, à Ascania Nova, dans ces dernières années. M. Ivanoff m’écrit pour me prier de rectifier cette assertion, due à ma connaissance très imparfaite de la langue russe. Ces croisements ont été réalisés par les bons soins de M. Falz-Fein, propriétaire du parc zoologique d’Ascania Nova. M. Ivanoff s’est contenté d’en observer les excellents résultats et de les faire connaître au monde savant. E. Trouessart.
- Renseignements. — M. Cuvillier, àRouvray (Somme). — Merci de vos renseignements. Nous ferons de nouveaux essais en ajoutant à la poudre d’aluminium des colles et des poudres blanches diverses : il ne faut pas songer en effet à modifier l’aspect en réagissant chimiquement sur le métal.
- M. Vildieu, rue de l’Echiquier.—Nous publions dans les « recettes » de ce numéro, une formule pour produit du genre de celui que vous désirez.
- /. Couret, Alais. — La maison Ducretet et Roger, 75, rue Claude-Bernard, Paris, vous fournira les appareils nécessaires à votre projet, ainsi que toutes indications pratiques pour l’exécution.
- M. J. M. C., République Argentine. — i° on peut en broyant au mortier des chiffons mouillés, faire une pâte à papier : mais ce n’est guère pratique. Pour renforcer votre papier, le mieux est de le doubler d’une feuille enduite de collg; en pressant fortement et longuement aussitôt collage, l’ensemble est bien homogène; 20 il s’agit d’une feuille de celluloïd : impossible de préparer soi-même ce produit. Il est par contre très facile de le coller au papier en pressant les substances en contact avec un fer chaud ; 3° on coule sur plaque lisse un bouillon de gélatine, comme s’il s’agissait d’une émulsion pour plaques photographiques. On fixe ensuite la pellicule obtenue après refroidissement en passant dans un bain de formol.
- M.P. M., Tiflis (Caucase). —Comme toutes les substances fermentescibles, le miel peut être sujet à des altérations plus ou moins graves, sous l’influence de causes diverses, et notamment de mauvaises conditions de conservation (moisissure, fermentation acétique ou fermentation putride), sauf le cas où le miel a pu être adultère avec une substance franchement nocive. Les moisissures, les bactéries peuvent s’y développer et causer des empoisonnements. IJ n’y a, dès lors, que l’analyse faite par un spécialiste qui puisse déterminer l’agent provoquant la toxicité, et nous ne connaissons pas d’ouvrage consacré particulièrement à l’étude de cette question. Mais vous pourriez vous renseigner plus complètement en vous adressant à la Direction du Laboratoire des fermentations à l’Institut national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, à Paris, ainsi qu’à M. R. Hommell, professeur régional d’apiculture, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- M. S.L., Le Quesnoy (Nord). — La question posée relativement aux causes qui peuvent entraîner une mortalité de 80 pour 100, dans la coquille, d’œufs de poule soumis à l’incubation artificielle est trop vague pour qu'on puisse fournir une explication exacte. Il faudrait savoir, tout au moins, de quelle façon l’incubation est conduite, quel système de couveuse est employé, être fixé sur le choix des œufs mis à couver, leur âge et la façon dont ils ont été traités. Il se peut que la température de la couveuse ait été insuffisante ou irrégulière pendant une partie de Fincubation, et que la mortalité soit due au refroidissement des œufs ou à des conditions défectueuses du milieu. Toutes les couveuses actuellement en usage fournissent aux œufs de la chaleur rayonnante, mais celle-ci ne suffit pas, il faut encore de l’air pur, car l’embryon respire à travers la coquille; une bonne ventilation est donc indispensable. En outre, quelle que soit la façon dont la chaleur est transmise aux œufs, il importe, avant tout, que les embryons aient à leur disposition,, au moment voulu, le nombre de calories nécessaires à leur développement : 3g° durant les douze premiers jours de l’incubation, avec variation d’un demi ou d’un degré les jours suivants, sans descendre au-dessous de 37° le jour de l’éclosion, ceci pour des couveuses de moins de cent œufs. En définitive, à défaut dé renseignements sur la marche suivie, on ne peut, à l’égard de l’insuccès signalé, que formuler des hypothèses : trop grande surélévation de température ou trop grand abaissement, manque de ventilation ou air vicié ayant asphyxié les germes, etc, etc.
- M. ’Régnier, à Nice, — i° Vous trouverez de petits ventilateurs électriques, chez R. Heller, 18, cité Trévise, Paris. L’accumulateur nous semble préférable, à condition qu’il soit placé hors la chambre à coucher; 20 vous trouverez des jumelles à prisme chez Huet, 114» rue du Temple, Paris; Adnet, 26, rue Vauquelin, Paris;
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- BOITE AUX LETTRES
- 3° machines à glace de ménage : machine Audifïren chez Singrüu, Epinal; machine Schaller, 60, rue du Ranelagh, Paris.
- M. R. M., Dordogne. — i° Le sulfo-cai'bonate de potassium est d’efficacité certaine dans la destruction du phylloxéra, mais il est à conseiller surtout pour les vignes à riche production où une dépense relativement considérable peut facilement être compensée par le prix de vente de vins de choix ; ce traitement exige une disponibilité considérable d’eau, et convient exclusivement aux terres très perméables, dans lesquelles la solution étant immédiatement absorbée, le dégagement du sulfure de carbone se produit entièrement dans le sol. Si l’absorption est trop lente, comme dans les terres argileuses, il y a déperdition de sulfure de carbone ; le sulfo-carbonate se décompose au contact de l’acide carbonique de l’air. Le traitement se fait en hiver d’abord, puis en juillet, dans les vignes fortement atteintes. Etablir, au pied des souches, de petits bassins carrés formés par de petits bourrelets de terre peu épais. Une fois le liquide absorbé recouvrir les bassins avec la terre. Chaque bassin doit recevoir l’équivalent de 40 à 5o grammes de sulfo-carbonate de potassium, par mètre carré, mélangés avec 10 à i5 litres d’eau, suivant la perméabilité du sol, soit par hectare4oo à 5oo kilogrammes de sulfo-carbonate et 100 à i5o mètres cubes d’eau. Prix de revient du traitement : 3oo à 38o francs par hectare. Le dispositif à employer comprendrait : un moteur, une canalisation métallique très légère et très mobile;' des prises d’eau greffées sur la canalisation d’amenée et permettant, avec des canalisations secondaires, de distribuer le liquide dans tout le vignoble. Des accumulateurs ou réservoirs de pression pour régler la distribution d’eau suivant des pressions variables ; enfin, un appareil de distribution de la solution sulfo-carbonatée ; — 20 le traitement au sulfure de carbone dissous dans l’eau, qui ne coûte que 170 à 220 francs par hectare, s’effectue en hiver, dans les terrains légers, et le plus souvent à l’automne dans les terres compactes, argileuses. Pour doser la solution de sulfure dans l’eau,
- on emploie un appareil spécial (appareil Fafeur) ; on fait des cuvettes autour des ceps et on verse dans chaque cuvette une quantité de solution correspondant à i5 à 20 litres par mètre carré de surface. Pour un traitement simple, il faut 24 grammes de sulfure de carbone par mètre carré, répandu dans quatre trous. Pour deux traitements (en septembre ou octobre) et dans les mêmes conditions, il faut 18 grammes de sulfure; les traitements se font à huit jours d’intervalle; — 3° pour se procurer le sulfo-carbonate de potassium et le sulfure de carbone, s’adresser à la Société marseillaise du sulfure de carbone, aux Chartreux-Marseille, qui indiquera les prix exacts ; — 4° jusqu’à présent, et d’après les expériences de MM. Yermorel et Dantony, confirmées par des viticulteurs, ce n’est que sur le mildiou de la grappe, qu’a été constatée la supériorité d’efficacité des sels d’argent, comparée à celle des sels de cuivre, et seulement de la bouillie au savon et au nitrate d’argent ainsi composée : eau, 100 litres; nitrate d’argent, 20 grammes ; savon blanc, 3oo grammes. La valeur de cette formule réside dans son grand pouvoir mouillant, et elle doit renfermer un excès de savon gras soluble. , Dissoudre le nitrate d’argent dans 1 litre d’eau de pïuie, le savon en poudre dans iolitres d’eau de pluie chaude, verser la dissolution de savon dans go litres d’eau de pluie, verser ensuite la dissolution de nitrate d’argent et agiter. Les eaux ordinaires insolubilisent environ 10 grammes de savon par degré hydrotimétrique et par hectolitre. Si on les utilise, il faut augmenter la quantité de savon; par exemple, 3oo grammes environ, pour des eaux à i5° hydrotimétrique; 35o grammes pour des eaux à 200 ; 4^0 grammes pour celles à 3o°, etc. La bouillie au savon gras d’argent coûte environ 1 fr. 3o l’hectolitre ; — 5° Pour se procurer le nitrate d’argent, s’adresser à Henri Ruelle et Cie, 38, rue dè Sévigné, Paris — 6° Flore de poche de la France, par Léveillé, franco 5 fr. 3o ; Flore de Paris, phanérogames et cryptogames, par J.-L. Lanessan, franco, gfr. 60. S’adresser à la Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, qui donnera de plus amples indications sur ce point.
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- BIBLIOGRAPHIE
- CM-,.,
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Traces fossiles d’autotomie : R. Legendre. — L’attelage automatique des véhicules de chemins de fer : R. Bonnin. — L’accident du « Titanic » et la télégraphie sans fil : R. Yillers. — La sensibilité des plantes : Frédéric Lees. — L’exposition d’aviation de Berlin : Dr A. Gradenwitz. — Essais de relevage des" sous-marins : André Dachs. — Académie des sciences ; séance du 29 avril 1912 : Ch. de Yilledeuil. — Le percement du tunnel de la Jungfrau.
- Supplément. — Gramme et Paccinotti. — Le plus haut barrage du monde. — La solubilité de l’hydrogène dans certains métaux. — Lutte contre la gelée. — Grandioses travaux d’irrigation. — La navigation à moteurs, — La panachure des feuilles. — Races laitières à introduire au Maroc, etc.
- Les Encres, par Margival(François), licencié ès sciences. In-8 (19-12) de 162 pages avec 4 fig-i 191a. Masson et Cie, éditeurs. Paris. Prix : broché, 2 fr. 5o ; cartonné, 3 francs. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire Léauté' ,
- . L’auteur s’est efforcé d’étudier plutôt les phénomènes scientifiques de la fabrication des encres. Chaque chapitre est composé d’une étude rationnelle suivie de recette sévèrement sélectionnées et méthodiquement groupées, sur une variété spéciale d’encre: encres au fer du type auparavant si employé ; encres au campêche, maintenant presque partout préférées en raison de leur bon marché; encres au carbone, indélébiles, encres de couleur à base le plus souvent de colorants synthétiques.. Sont ensuite passées en .revue les encres à propriétés spéciales : encres sèches de voyage, encres à copier, encres hectographiques à grande puissance colorante, encres à tampons, encres pour le linge, les métaux, le celluloïd, etc/ Signalons un intéressant chapitre sur les encres sympathiques.
- Cours pratique d’Electricité industrielle, par H. Chevallier, 3° partie, 1 vol. illustré, 486 pages, Béranger,
- édit., Paris 1911. Prix : 12 francs.
- Le 3' volume de cet excellent traité, remarquable par la clarté de l’exposition et la qualité des figures, est consacré aux courants alternatifs simples et polyphasés, et à leurs principales applications industrielles ; c’est-à-dire aux moteurs, aux transformateurs, à la distribution de l’énergie.
- Les algues du globe, par Henri Coupin, tome I, relié avec i.5oo figures en noir. —Orlhac, édit., 1, rue Dante* Paris, Prix : i5 francs.
- On trouvera dans cet ouvrage de très nombreuses gravures relatives aux algues d’eau douce, aux algues terrestres et aux algues marines — gravures qu’il est si difficile — pour ne pas dire impossible —de se procurer, et dont la plus petite vaut à elle seule plus que' la plus longue description. Le tome I est relatif aux algues inférieures et aux algues vertes. Les tomes suivants comprendront successivement la fin de ces dernières, les algues brunes, les algues rouges et les algues bleues, puis des tableaux synoptiques pour la détermination des espèces.
- Die Fortschritte des Beleuchtungswesens und der Gas Industrie, m 1910, parle prof. Strache, i vol. illustré 128 pages, librairie Oldenbourg, Berlin et Munich, igir.
- Ce résumé fort complet, et rédigé par un spécialiste des plus compétents, donne un tableau fort exact de l’état actuel de l’industrie du gaz. Le chapitre le plus important est sans doute celui consacré aux nouvelles méthodes de distillation de la houille : fours verticaux et fours à chambre, l’auteur résume les principales
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- BIBLIOGRAPHIE
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- communications faites sur ce sujet et publie des chiffres d’exploitation les plus instructifs. Signalons aussi le chapitre sur l’allumage à distance.
- Le Dry-Farming, culture des terres sèches, par J.-A. Widtsoe, traduction A.-M. Bernard, publiée sous lès auspices du gouvernement général de l’Algérie. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 1012. Prix : 3 ,fr. 5o.
- Le Dry-Farming, qu’on peut définir la production de récoltes rémunératrices sans irrigation dans les régions arides ou semi-arides, s’impose à l’attention de tous ceux qu’intéresse la mise en valeur des
- immenses surfaces actuellement improductives. C’est une question d’intérêt mondial qui offre, en outre, un intérêt particulièrement français. Elle peut toucher, en France même,.les régions provençales et languedociennes; mais c’est surtout à cause de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc, régions en majeure partie arides ou semi-arides, que nous ne saurions nous en désintéresser. Le professeur Widtsoe, directeur du Collège agricole de Logan (Utah), a contribué pour une large part à la diffusion et aux progrès du Dry-Farming dans l’Ouest américain; il s’est efforcé dans ce livre d’être utile à la fois aux agriculteurs pratiques et aux théoriciens.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 avril 1912. 7° 0 N. 4. Très nuageux. » Rosée ; très nuageux.
- Mardi 50 7° 0 N. 3 .Nuageux. » Gelée blanche ; nuageux.
- Mercredi 1er mai . . 5° 8 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; peu nuageux ; brume.
- Jeudi 2 7°,0 Calme. Beau. I) Gelée blanche ; peu nuageux ; brume.
- Vendredi 5 ioy N, N. W. 0. Couvert. » Rosée; très nuageux ; brume.
- Samedi 4 ii°.2 N. iV. E. 0. Couvert. 0,0 Rosée ; éclaircies ; pluie à 18 h. 10 ; pavé mouillé.
- Dimanche 5 . . . . 13°, 2 Calme. Peu nuageux. 1,5 Rosée ; très nuag. ; tonn. entre 14 h. 43 et 14 h. 30.
- AVRIL-MAI 1912. — SEMAINE DU LUNDI 29 AVRIL AU DIMANCHE 5 MAI 1912.
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- I « nnn niraaunmHmHMi>HiiaiiH!9ra9gBMM
- 1555555S555555BEB555SSBSB55ECBSB55BB55SSBEB—»»«» mmm whibbmhbm pwwiimw
- al courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à bouh, sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 29 avril au 4 mai. — Le 29. La pression atmosphérique se relève sur le W. de l’Europe : 769 mm sur le N. de l’Ecosse. Dépression sur la Méditerranée (Livourne : 749 mm). Pluies sur le N. et le W. En France : Pic du Midi, 63 mm; Perpignan, 21 ; Toulouse, 10; Marseille, 8. Temp. du matin : Limoges, +6°; Paris et Nantes, 7; Biarritz et Marseille, i3; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : ii°,2). — Le 3o. Pression élevée sur tout le N.-W. de l’Europe, voisine de 770 sur les Iles-Britanniques, les Pays-Bas et nos côtes. La dépression de la Méditerranée se comble lentement. Pluies générales. En France : Nice, 10 mm; Le Havre, 4; Belfort, 2. Temp. du matin : Arkhangel, —70; Clermont-Ferrand, -j-3 ; Paris, 7; Toulouse, 8; Marseille, xo; Alger, 16; moyenne à Paris : 90 (normale : ii°,4). — Le Ier mai. Pression supérieure à 765 mm du S.-W. au N. de l’Europe. Maximum (771) sur la Bretagne. Dépression dans l’Extrême Nord et sur la Méditerranée. Pluies générales. En France : Pic du Midi : 32 mm; Gap, 16. Temp. du matin : Arkhangel, -— i°; Nantes, rj-5; Paris, 6; Biarritz, 9; Palerme, 14; moyenne à Paris : 8°,5 (normale : 11°,5),mrj£e 2 Pres-
- du Bureau Central Météorologique.
- sion élevée sur le W. et le Centre de l’Europe (Lorient : 768). La pression s’abaisse sur les Iles-Britanniques. Minima près des îles Feroé, et uu N. des Açores. Pluies sur le S. et le N.-W. de l’Europe. En France, averses en Normandie et dans le Midi. Temp. du matin : Arkhan, gel, —4°; Belfort, —j— 4 ; Paris, 7; Bordeaux, 10; Alger-14. — Le 3. La pression s’abaisse entre les Açores et lé S.-W. de l’Europe (La Corogne : 760). Dépression sur la Scandinavie (Christiania : 748). Fortes pressions sur l’Islande. Pluies sur le N. de l’Europe. En France, beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, —5°; Belfort, + 5; Paris et Brest, 10; Bordeaux, 11; Perpignan, i3; Alger, i5; moyenne à Paris : i2°,3 (normale : xx°,7). — Le 4- La dépression de la Scandinavie se déplace vers l’E. (Stockholm : 747 mm). Autre dépression entre l’Irlande et l’Espagne. Fortes pressions sur l’Islande. Pluies et neiges' sur le N. du continent. En France, beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, —5°; Belfort, -)- g ; Paris, 11; Bordeaux, 12; Marseille, 13 ; Alger, 16; moyenne à Paris : 140 (normale : n°,9). — Phases de la Lune : Pleine Lune le i'r à 10 h. 29 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à llndustrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « Lâi Nutlire » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (YTe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2034 — 18 MAI 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l'abonnement se termine avec le numéro du a5 mai (na 2035), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le Ier juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Gramme. — Une rectification à propos de notre information sur Gramme et Paccinotti. Un de ne s lecteurs de Belgique, M. Divoire, nous signale que Gramme n’était pas de nationalité française, mais belge. L’inventeur de la dynamo est né, en effet, le 4 avril 1826 à Jehay-Bodegnée, près Liège.
- Absorption par l’amidon. — On sait que l’amidon est souvent pris comme type de matière absorbante et peut sous ce rapport servir à divers usages. Or, on a constaté à ce sujet que l’absorption, par diverses sortes d’amidon, de l’acide chlorhydrique, de la soude et du chlorure de sodium, variait avec ces sortes d’amidon, mais moins que ne l’exigerait la grande différence de taille entre les grains qui les constituent. L’absorption n’est donc pas fonction de la surface des grains par unité de poids, car dans ce cas elle devrait être beaucoup plus considérable dans le cas des amidons formés de grains très fins, comme l’amidon de riz. Dans tous les cas, l’absorption est beaucoup plus grande pour la soude que pour l’acide chlorhydrique et le chlorure de sodium.
- Graisse de mammouth.— Nos lecteurs savent qu’en Sibérie, on a retrouvé et on retrouve parfois encore des cadavres entiers de mammouths conservés dans les glaces. Un chimiste russe, M. Chestakof, a récemment étudié les matières grasses qui entrent dans la composition de ces cadavres. La graisse de l’un des cadavres contenait 80 pour roo d’acides libres et 20 pour 100 de graisses proprement dites ; les acides sont surtout des acides oléique et palmitique, mais on n’y trouve ni acides volatils, ni acide stéarique. La graisse d'un autre cadavre était plus altérée ; elle avait l’aspect typique de l’adipocire des cadavres et ne contenait pas de graisses proprement dites. Dans les deux «as, la transformation des graisses primitives en acides gras s’était faite à basse température et en l’absence des microorga-nismes, par la seule action de la lumière et de l’air. On
- a pu constater ainsi que la graisse de ces animaux éteints diffère surtout de celle de nos animaux terrestres actuels par l’absence d’acide stéarique.
- L’électrification des chemins de fer de banlieue à Berlin.— L’accroissement énorme du trafic des chemins de fer au voisinage de Berlin a obligé les chemins de fer de l’Etat Prussien, comme ceux de l’Etat Français pour Paris, à recourir à l’électrification. Un projet de i23 3ooooo marks dont 5o 000 000 pour dépenses immédiates a été dressé à cet effet. Le courant électrique sera du monophasé, iSooo volts actionnant une ou deux locomotives. Le courant sera fourni par deux usines, construites par des sociétés privées. Leur coût, canalisations comprises, s’élèvera à gooooooo de marks.
- Un nouveau microphone pour la téléphonie sans fil.— On sait que la plus grande difficulté, à laquelle se heurtent les expériences de téléphonie sans fil, consiste à construire un transmetteur supportant sans échauf-fement excessif de grandes intensités de courant (1 à 6 ampères), tout en rendant avec une grande netteté les
- moindres modulations de la voie. M William Dubilier, à Seattle, bien connu par ses essais de radio-téléphonie à grande distance, vient de construire un nouveau iqi-crophone qui remplit parfaitement ces deux desiderata. 11 comporte deux aimants en fer à cheval disposés en regard et comprenant, dans l’intervalle, les deux diaphragmes et, au milieu, la boîte aux contacts de char-* bon. Le disque en ébonite sur lequel sont montés les diaphragmes comporte de grands trous permettant à l’air une dilatation libre pendant les vibrations. La boîte aux contacts de charbon se compose de trois anneaux concentriques en laiton, formant trois compartiments annulaires. Les compartiments intérieur et extérieur sont parcourus par une circulation d’eau, tandis que le compartiment central sert à loger les grains de charbon. Le contact avec ces derniers se fait par des anneaux de platine soudés aux diaphragmes. Les grains de charbon sont retenus par un disque de mica. Comme le contact se fait ainsi sur tout le pourtour de la boîte, la chaleur est dispersée bien plus efficacement que si le
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- INFORMATIONS
- contact, comme à l’ordinaire, n’avait lien qu’en un point donné. En parlant dans ce microphone, on fait varier, comme à l’ordinaire, la poussée magnétique des aimants, d’accord avec les modulations de la voie. Les diaphragmes sont reliés à l’antenne. M. Dubilier vient de terminer d’intéressantes expériences dans lesquelles ce dispositif était employé comme relais téléphoniques pour la téléphonie à grande distance.
- Statistique commerciale. — De tableaux statistiques intéressants publiés par la Réforme Economique nous extrayons les données suivantes :
- COMMERCE EXTÉRIEUR (en millions do francs)
- 1906 1907
- PUISSANCES Importations Exportations Importations Exportations
- Angleterre . . . 15.521 9.467 16.277 10.740
- Allemagne. . . . 10.424 7.805 11.079 8.901
- 1 rance 5.627 5.265 6.225 5.596
- Etats-Unis. . . . 6.605 8.865 7.116 9.616
- Autriche .... 2.562 2.429 2.461 2.447
- Russie . . ... . 1.655 2.665 1.858 2.648
- Italie 2.424 1.836 2.760 1.851
- Belgique .... 5.076 2.441 5.549 2.704
- 1908 1909
- PUISSANCES
- Importations Exportations Importations Exportations
- Angleterre . . . 14.597 9.506 15.745 9.555
- Allemagne. . . . 10.917 8.551 10.268 8.550
- France 6.991 5.272 5.975 5.515
- Etats-Unis. . . . 5.582.2 8.764.2 7.577.6 8.636.9
- Autriche .... 2.659 2.441 2.920 2.429
- Russie 1.770 2.570 774.285 1.558.637
- Italie 8.051 1.858 5.079 1.884
- Belgique .... 5.573 2.585 5.410 2.597
- PAYS en 1908. Population Chemins de fer Voies navigables. Marine marchande
- Mille habit. kilomètres kilomètres tonneaux
- Angleterre 44.539 40.803 6.250 10.735.682
- Allemagne 63.255 55.518 14.168 2.690.532
- France 39.337 46.928 13.672 1.400.552
- Pays-Bas 5.672 4.756 5.172 430.482
- Belgique 7.169 7.725 1.978 120.187
- Italie 53.641 16.552 2.851 1.205.603
- Autriche-Hongrie . . 49.784 44.720 11.453 395.897
- Russie et Finlande . . 124.656 66.855 36.740 666.415
- Suisse 3.464 4.750 562 B
- Danemark 2 605 3 352 » 478.915
- Espagne 19.566 14.807 500 447.770
- Suède 5 337 13.254 6.740 742.561
- Turquie 6.642 2.042 B 257.490
- Norvège 2.330 2.561 » 1.547.884
- Roumanie 5.957 3.650 950 78.214
- Portugal 5.594 2.680 928 115.856
- Grèce. ....... 2.632 1.352 6 431.059
- Bulgarie 4.056 1.567 410 2.955
- Serine 2.755 630 508 102
- BETTES PUBLIQUES (en millions de francs)
- en 1875 en 1900
- Europe . . 94.777 145.283
- Amérique • . 16.520 16.006
- Asie . . . . 7.932 10.042
- Océanie. . . . . 1.187 6.786
- Afrique * . . . 6.930 4.942
- Total..... . . . 127.546 181.059
- Les hydroaéroplanes de la marine anglaise. —
- L’Amirauté britannique est entrée, avec beaucoup de décision, dans la voie des applications de l’aéroplane à la guerre navale. Lors des récentes grandes manœuvres de Weymouthoù assistait le roi, on lit d’intéressantes expériences d’hydroaéroplanes. Le navire de guerre Hibernia avait été aménagé de façon à permettre l’essor des aéroplanes à bord même du navire. Un ponton spécial en bois avait été disposé à cet effet à l’avant du bâtiment. Le retour des aéroplanes à leur nid s’opérait par « repêchage ». Les hydroaéroplanes viennent se poser sur la mer à proximité du bateau; et là ils sont hissés à bord au moyen de palans. Les expériences de Weymouth ont nettement démontré le rôle important que les aéroplanes sont appelés à jouer dans la tactique navale. Dès maintenant il est question de pourvoir d’aéroplanes tous les bâtiments militaires anglais dont le tonnage sera supérieur à celui d’un conti’e-torpilleur.
- Les pierres de l’estomac des Reptiles. — M. Moodie vient de signaler dans Science une trouvaille qu’il a faite en ouvrant l’estomac d’un Lézard mexicain actuel, Phrynosoma cornuium; il y a observé 20 grosses pierres arrondies d’une matière ressemblant à de la lave, mélangées avec 200 grosses fourmis rouges. L’animal avait certainement avalé les pierres avec les fourmis, d’une manière probablement accidentelle, mais ces pierres avaient servi de moulin gastrique, aidant au broyage des fourmis. Il est intéressant de rapprocher ce fait de ceux que l’on connaît chez des Reptiles disparus. Les Plésiosaures, entre autres, choisissaient probablement des pierres comme meules stomacales, car on rencontre le plus souvent associées à leurs restes des pierres nombreuses, arrondies et polies qui ont soulevé maintes discussions et qui sont sans doute des gastrolithes.
- L’eau rouge. — MM. Mackenzie et Finlay signalent, dans Nature, l’eau d’un cratère-lac de l’Uganda qui à certains moments devient rouge comme du sang. Cette eau est très alcaline, mais ne présente pas de caractères expliquant le phénomène, et comme la couleur rouge de l’eau est arrêtée au passage à travers une bougie Berkefeld, ils la supposent due au développement d’un microorganisme pouvant vivre dans un milieu très fortement alcalin.
- Le nerf fonctionnant ne dégage pas de chaleur.
- — M. A. Y. Hill (Journal of Physiology) vient de mesurer les changements de température qui se produisent dans un nerf vivant excité, au moyen d’une méthode thermo-électrique très sensible décelant des variations extrêmement faibles, et il n’a pas trouvé une variation de plus de o°,000 000 01 pour une simple excitation. Ce fait, joint à l’infatigabilité presque absolue des nerfs, montre que l’influx nerveux n’est pas de nature chimique, mais bien une vague de nature purement physique.
- Poteries grecques découvertes dans les cavernes marseillaises. — M. H. Bout de Charlemont, de Marseille, a découvert près de la grotte Roland (massif de Marseilleveyre), deux petites grottes dites duDraiou dont la fouille lui a livré un gisement, épais de o m. 80, de céramique grecque remontant aux ve et vi° siècles avant J.-C. Il a réuni les débris d’une quarantaine de vases et coupes.
- D’autre part, M. Castres et le Dr Icard ont trouvé une nouvelle grotte dans le massif de la Nerthe, Avec le squelette d’un homme néolithique, ils en ont extrait un vase orné et peint en rouge, à deux anses et neuf trous de suspension, fait à la main; ce vase présente un caractère archaïque grec : il doit être de la fin du néolithique, et en tout cas antérieur à l’arrivée des Grecs à Marseille.
- Premier Congrès international eugénique. — Depuis plusieurs années, un mouvement assez important s’est produit, à l’étranger, pour encourager l’étude des moyens de faire obstacle aux causes d’affaiblissement qui menacent peut-être la race humaine quand elle atteint un certain degré de civilisation. En Allemagne 1’ « Internationale Gesellschaft für Rassenhygiene » a été fondée en 1905 ; en Angleterre, F «Eugénies Education Society » s’est créée en iqo8 ; aux Etats-Unis, 1’ « American Breeder’s Association » a organisé un « Committee of Eugénies ». Du 24 au 3o juillet prochain, aura lieu à Londres un Congrès international où seront étudiés les problèmes difficiles qui se rattachent à l’hérédité, à la sélection, à l’influence du milieu social, de l’état économique, de la législation sur la valeur des générations successives, avec des indications précises empruntées aux généalogies, aux observations cliniques, aux annales judiciaires, aux statistiques, etc.
- Les phares destructeurs d’Oiseaux. — On sait qu’au moment des migrations, beaucoup d’Oiseaux, attirés par la lumière des phares, viennent s’abattre contre leurs vitres et se tuent. On aura une idée dé^ces hécatombes par les détails suivants, que publie le Saint-Hubert-Club : en novembre dernier, le grand phare de Belle-Ile fit 3200 victimes en deux nuits; au phare d’Eckmühl à Penmarch, on put assister une nuit à la ronde infernale de milliers d’oiseaux volant près du phare sans pouvoir s’en éloigner, et, le lendemain, un marchand voisin du phare avait un amoncellement de près de 1000 pièces de gibier de plume de toutes espèces.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Automobilisme agricole •^§33
- Routière Case. — La nouvelle routière Case est une loeomobile à vapeur destinée à remplir plusieurs fonctions. A la ferme, elle actionne une batteuse ; sur route, elle peut remorquer un poids de i5 tonnes en palier et de io tonnes sur des rampes de 8 à io pour ioo. Enfin elle est également capable de remorquer une charrue de 4 à 5 socs suivant la nature du terrain.
- Nous n’insisterons pas sur la construction du moteur
- 4 hectares. Le prix de revient est de i5 francs par hectare. Un gros agriculteur du midi, M. Randu. a pu défoncer i hectare 1/2 en une journée à la profondeur de.33 cm. Le prix de revient total a été de 42 fr- 5o. Ce même travail exécuté avec des bœufs eut duré 7 jours et coûté près de 85 francs. Il existe, aux Etats-Unis des machines semblables mais dont la puissance atteint no CY. Ces machines tirent des charrues ayant jusqu’à a5 socs. Les charrues à 5 socs employées en France possèdent un levier unique de réglage : elles peuvent labourer une largeur de 2 m. f
- Le labourage avec la routière Case.
- et de la chaudière, qui est très simple. Yoici les principales caractéristiques. La chaudière, horizontale, est constituée par 36 tubes de 2 m. i5 de longueur présentant une surface de chauffe de i5 m2 3o. Le diamètre total de la chaudière est de o m. 71 et elle contient en ordre de marche 6i3 litres d’eau. Le foyer a 1 m. de longueur, o m. 641 de largeur et o m. 762 de hauteur au-dessus des grilles. Le cylindre mesure o m. 228 d’alésage et la course du piston est de o m. 254. Enfin,
- La charrue à 5 socs et la routière Case.
- la pression normale est de 9 kg par centimètre carré. Le volant tourne à raison de 25o tours par minute.
- Les roues avant, qui sont directrices, ont 1 m. 06 de diamètre tandis que celles d’arrière, qui sont motrices, mesurent 1 m. 52 et o m. 4^7 de largeur. La vitesse normale de la routière est de 5 km à l’heure ; elle emmagasine dans son tender une provision de 6i5 litres d’eau et 405 kg de charbon. Son poids total est de 8400 kg.
- Le rendement comme tracteur agricole est excellent. Avec une charrue américaine à 4 ou à 5 socs, on obtient un labour maximum de 3o cm avec une puissance de 45 chevaux. En une journée de 10 heures on laboure
- Chauffage industriel
- Nouveau foyer à air chaud. — L’emploi de la grille dans les appareils destinés à brûler des combustibles solides présente de nombreux inconvénients. La grille ne permet pas à l’air de traverser toute la masse embrasée avec une régularité suffisante ; il en résulte qu^
- Le foyer Astrîc.
- 1. Coupe longitudinale.
- 2. Coupe transversale.
- 3. Plan.
- certains amas du combustible ne subissent qu’une oxydation incomplète, alors que d'autres ne dépouillent pas suffisant-ment l’air de son oxygène.
- L’utilisation imparfaite de
- l’air entraîne donc un abaissement de la température des gaz. Ajoutons encore pour terminer le procès de la grille que la résistance qu’elle apporte au passage de l’air nécessite un tirage important obtenu en laissant échapper les gaz à une température trop élevée. Le nouveau foyer Astrîc est destiné à remédier à ces inconvénients. Il est constitué essentiellement par des dalles contrariées sur lesquelles repose le combustible répandu en couches très faibles et que l’air ne fait que lécher. Appliqué au chauffage par l’air chaud, il est surmonté d’un caisson, réchauffé par les gaz du foyer, et dans lequel circule l’air qui est distribué ensuite dans les diverses pièces d’un appartement ou utilisé de toute autre
- manière.
- Les dalles AA sont contrariées et superposées; on introduit le combustible neuf sur la dalle supérieure puis on le pousse sur celle placée au-dessous et ainsi de suite jusqu’à ce que, parvenu sur la dalle inférieure, il achève de brûler. On ne retire alors, à la fin de la journée, qu’une cendré ténue.
- Les fumées sont expulsées au dehors par le carneau a. La chaleur s’échappe par trois conduits B munis dë registres C constitués par des briques réfractaires et manœuvrables à l’aide d’une tige de fer e. Ces conduits
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- répartissent la chaleur autour du caisson D fait en tôle de fer revêtu de Briques réfractaires. L’air arrive du dehors par les ouvertures EE, subit un premier réchauffement par son passage autour du foyer et débouche à l’intérieur du caisson où il prend sa température de régime et est distribué ensuite dans les canalisations installées sur le conduit principal de distribution F.
- L’air agissant sur la surface du combustible n’éprouve aucune résistance pour traverser le foyer qui n’exige, par conséquent, qu’un faible tirage. Les gaz s’échappent donc à une température relativement basse. De plus ce système permet l’emploi de combustibles maigres que la grille n’accepte pas.
- Nous avons expliqué comment s’effectue la charge : pa”r l’étage supérieur en faisant descendis le combustible sur les autres étages au fur et à mesure de l’avancement de la combustion. On pourrait craindre, de ce fait, une complication. Or, le temps de charge ne dépasse pas 20 minutes et l’appareil chargé ne demande un nouvel apport de combustible que 24 ou3o heures après.
- Le foyer Astric est applicable à tous les genres de chauffage et même à la cuisson de différents produits, sans présenter le moindre dégagement de fumée ou d’odeur et le moindre risque d’incendie.
- L’inventeur est, M. Michel Astric, 4, rue de La-Croix-du-Val, à Meudon (Seine-et-Oise).
- Objets utiles
- Boutons jumeaux. — Pour réunir ensemble deux morceaux d’étoffe d’une façon générale, et, plus particulièrement deux parties d’un vêtement, on emploie les
- Boutons jumeaux.
- boutons, les agrafes, ou simplement les épingles. Les « Boutons jumeaux » viennent compléter cette série : sur une petite plaquette en celluloïd très mince, on a fixé d’un côté un bouton pression A et de l’autre l’œillet B
- Boutons vus en dessous.
- formant sa contre-partie. On conçoit qu’en plaçant deux éléments de ce genre l’un en face de l’autre, il suffît d’exercer une légère pression pour qu’ils se trouvent réunis très solidement. La. plaquette de celluloïd est percée d’une dizaine de trous sur son bord, de façon à pouvoir être cousue à l’étoffe. Ce petit accessoire trouve sa place dans la toilette féminine pour réunir, par exemple, une jupe à un corsage ; il peut être employé aussi pour tenir fermés deux rideaux, et dans bien des ras il peut remplacer avantageusement les boutons, en supprimant les boutonnières qui ont de nombreux inconvénients. — Comptoir des Inventions modernes, 31, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris. (12 paires, xfr. g5, blanc ou noir.)
- Passoire à thé. — Ce petit objet a été imaginé à l’intention de ceux qui aiment à économiser leurs efforts.
- On sait qu’un moyen très pratique, et très employé pour préparer le thé, est d’en placer les feuilles dans une petite passoire à thé, que l’on tient au-dessus delà tasse ; sur cette passoire l’on verse directement l’eau bouillante. Or c’est un travail que de tenir, pendant
- quelques instants, la passoire d’une main, tandis que l’autre main tient la bouilloire; la passoire représentée ci-dessus évite ce petit inconvénient : elle est munie de deux petites oreilles qui lui permettent de prendre solidement appui sur les parois de la tasse; inutile de la maintenir: elle ne peut renverser. L’objet est en vente, chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Jouets
- Le mercure solitaire. — C’est un petit jeu d’adresse très intéressant qui demande du calme. Il n’est pas destiné aux personnes trop nerveuses, ni aux alcooliques et pourrait être utilisé pour savoir si l’on doit être rangé dans l’une de ces deux catégories! lise compose, comme le montre la figure ci-contre, d’une boîte carrée, hermétiquement close par une vitre, dans laquelle on a [mis un peu de mercure.
- Dans le fond de la boîte une partie AB surélevée de 2 millimètres environ a la forme d’un jeu de solitaire, d’où le nom donné à l’appareil; elle est percée d’un certain nombre de petites cavités. Il s’agit de faire passer d’abord le mercure, qui est en A, par l’étranglement B ;
- puis de l’amener successivement sur toutes les cavités de manière à les remplir; en dehors de la partie abandonnée dans chaque cavité, la masse du mercure ne doit pas se séparer en plusieurs gouttes; elle doit rester entière jusqu’à la fin sur la partie surélevée.
- Il est clair que la difficulté varie suivant que les cavités sont plus ou moins éloignées du bord, aussi leur a-t on attribué à chacune une valeur numérique, celle-ci étant plus grande près des bords qu’au milieu. Si plusieurs personnes font un concours elles additionnent le nombre des points obtenus pour les cavités qu’elles sont parvenues à remplir sans qu’une parcelle de mercure tombe dans le. fossé C.
- Avec un peu d’entraînement, si on est doué d’un tempérament calme, on arrive à remplir tous les trous en 3 ou 4 minutes. Pour commencer il est préférable de poser les bras sur une table, ensuite on augmente la difficulté en s’imposant de réussir en se tenant debout. — (Comptoir des Inventions Modernes, 31, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris. Prix: 2fr. 25.
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- RÉSUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Pafc-Saint-Maur en avril 1912, par M. Ch. Dufour.
- Avril 19x2 a été clair et sec. La pression barométrique moyenne est en excès de plus de 4 mm. La température moyenne est normale, mais la clarté du ciel (durée totale d’insolation 233h,5 en excès de 76 heures) a augmenté de i°,4 l’amplitude moyenne de la variation diurne de la température.
- Il y a eu deux jours de gelée le 12 et le i3. C’est à cette dernière date qu’on a observé le minimum absolu du mois —i°,o; le maximum absolu du mois 22°,3 a été relevé le 26.
- La hauteur mensuelle de pluie i6mm,9 ne représente que les 0,40 de la normale; encore la seule journée du Ier, où la pluie a été accompagnée d’une assez forte averse de neige, a-t-elle fourni nmm,4- Il est encore tombé un peu de neige le 9. On ne compte que 6 jours de pluie appréciable alors qu’on en trouve généralement i3 en avril. Il a tonné dans l’après-midi du 26.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 760“™,29; minimum absolu : 742"'™,2 le xor à 4h5o‘!1; maximum absolu : 77imm,4 le 4 à 10 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des minima, 4°,02 ; des maxima, i6°,3i; des 24 heures, 9°,96. Minimum absolu : -s—i°,o le 13 ; maximum absolu : 22°,3 le 26. Amplitudes diurnes : moyenne, 12°,29; la plus élevée, i7°,7 le 18; la plus faible, 70,7 le 9. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, o°,i5; des maxima, 3o°,o5. Minimum absolu : —6°,x le i3; maximum absolu": 39°,7 le 26. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (profondeur om,3o), à 9 heures : io0,O2; à 21 heures : io°,38; (profondeur om,65), à 9 heures : 90,95; à 21 heures : 9°,g5; (profondeur 1 mètre), à 9 heures : 90,68 ; à 21 heures : 9°,70. De la Marne. — Moyennes : le matin, ii°,25; le soir, n°,72; minimum : 90,52 le 4; maximum : i4°,5o le 28.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5mm,78; minimum absolu : 2mm,3 le 9 à 19 heures; maximum absolu : iomm,i le 6 à 18 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 65,3. Minimum absolu : 22 le 25 à 14 heures; maximum absolu : 100 à 10 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 4,70. Moyenne diurne la plus faible : 0,4 les 16 et 22; la plus élevée : 9,5 le 8.
- Insolation. — Durée possible : 4*0 heures; durée effective : 233h5 en 3o jours; rapport : 0,57.
- Pluie. — Total du mois : i6mm,9; maximum en 24 heui*es : nmœ,4 le ier.
- Nombre de jours : de pluie, 7 ; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i) : 6; égale ou supérieure à i“m : 3 ; à 5mm : 1 ; à iomm : 1 ; de neige, 2; de gelée, 2 ; d’orage, .1; de brume, 12; de rosée, 12; de gelée blanche, 13 ; de halos solaires^ 5; lunaire, i;
- Fréquence des vents : calmes, 39.
- N. . . . 70 S. E . . . . 23 W 39
- N. N. E. 87 S. S. E. . . 17 W N W.* 34
- N. E.. . x33 S 8 N. W • , ; 20
- E. N. E . 60 S. s. w. . . 12 N. N. w . 39
- E . . . . 47 s. w. . . . 3o
- E. S. E . 23 w. s. w. . 39
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m»19 ; moyennes diurnes : .la plus élevée, 6m,7 le ieretle28; la plus faible, im,i le 19. Vitesse maximum : 15m,9 le i'r à i5h 55m par vent de N.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 2“,85; minimum : 2m,25 le 3o; maximum : 3m,73 le xer.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, -f-4n’m,o5; température, + o0,O2 ; tension de la vapeur, — omm,32 ; humidité relative, —4»1 ! nébulosité, — 1,24; pluie —25mm,o; jours de pluie appi’éciable, —7; insolation, -|~ 7 6h,
- Radiation solaire. — Les observations en ont été faites à i5 dates différentes. Les valeurs les plus élevées ont été : 1e’1,202 le 22 à i3h8m; icll,2ii le i5 à uh3xm; ical,232 le 22 à iohi9m. , . ,
- Taches solaires. — On a suivi un groupe; de'taches en 23 jours d’observations. Ce groupe qui a été aperçu le 8 avait disparu le i5. . ... ,,
- Perturbations magnétiques. — Très faibles : 4*5, 6-7; 10, 17; faibles : 2-3, 15, 16, 19-20; assez forte : 5-6. .
- Mouvements sismiques. — Les mouvements sismiques eni'egistrés pendant ce mois ont été assez nombreux mais généralement très faibles, sauf celui du 20. Ce dernier débute à ih 53", pi’ésente une phase principale entre 2h38m et 2h*54m; et prend fin à 3h5om. Les autres se rencontrent aux dates des 8, i3, 14, i5, 17, 19, 21, 23, 25; les amplitudes de ces mouvements sont insignifiantes.
- Floraisons. — Le 2, saule commun, alliaire, corbeille d’or;.le 4> lamium ; le 6, laurier noble; le 8, lilas commun, bouton d’or, réveille-matin ; le 9, cerisier de Sainte-Lucie, cassis; leii, daphne pontica; le 13, lilas blanc, lilas de Perse; le 14, diclytra spectabilis, cognassier; le 15, laurier cerise, herbe à Robert; le 17, pommier (Canada); le 18, géranium à feuilles rondes, lunaire, fraisier des bois; le 19, chelidoine, marronnier commun; le 20, tulipe non cultivée; le 21, belle d’onze heures, ancolie, spirée; le 23, weigelia, cytise faux ébénier; le 24, sorbier des oiseleurs, glycine, fusain à larges feuilles; le 25, pivoine en arbre, iris germanique; le 26, barbeau vivace, érable champêtre, érable sycomore; le 27, saxifrage (mignonnette) ; le 28, vipérine, arum, sceau de Salomon, épine blanche; le 29, épine rose, muguet; le 3o, thym.
- Premier chant. — Du rossignol le 13, du pievert le 3o. Premières hirondelles le i5. On a vu des hannetons le 27.
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- HYGIENE ET SANTE
- La rage dans l’armée française. — Une petite statistique, que j’emprunte aux documents publiés par les médecins majors Grysez et Dupuich dans les Archives de médecine militaire, montre, je crois, d’une façon des plus significatives, l’influence du traitement pastorien sur la prophylaxie de cette terrible maladie.
- La rage n’est pas fréquente dans l’armée et, de ce fait, la mortalité y est peu élevée. En près de quarante années, dè 1862 à 1900, on ne compte que 12 décès en France, 25 en Algérie. Depuis douze ans, on ne relève plus aucun cas de mort imputable à cette maladie. C’est qu’à partir de 1886, en France, et de 1894, en Algérie-Tunisie, on a eu le traitement par les inoculations dans
- les Instituts antirabiques créés à ce moment. Avant 1886, 11 cas de mort avaient été signalés en France; un seul est noté après. De même en Algérie, on compte 21 décès avant. 1894 ; 4 seulement après cette année et depuis 1900 il n’y a plus eu de décès pour cette cause.
- On peut rapprocher de cette statistique celle donnée par le Dr Remlinger. Avant la période des inoculations, la mortalité chez les sujets mordus par des animaux enragés s’élevait, suivant la période intensive de la rage (pullulation des chiens errants) de 12 à plus de 5o pour ioo. Chez les sujets soumis aux inoculations, là proportion tombe à 0,41, soit 1/2 p. 100.
- Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des Punaises et des Puces. — I. Punaises et Puces. — Les punaises et les puces déposent leurs oeufs dans les fentes des boiseries, des parquets, dans toutes les fissures des meubles, sous les papiers de tenture, etc. ; il faudra donc supprimer tous les refuges où peuvent s’abriter leurs larves, par conséquent entretenir les parquets en très bon état de propreté, les passer au lait de cire et à l’encaustique très liquide.
- Encaustique. — Dissolution de cire dans l’essence de térébenthine ; la préparer à froid ou au bain-marie, parce que l’essence de térébenthine est très inflammable.
- Remplir de mastic ou de peinture toutes les fentes des murailles et du plafond. Ne pas hésiter, à l’occasion, à enlever les papiers de tentures et laver les murs, à deux ou trois reprises différentes, avec de l’essence minérale ou de la benzine, avant de replacer le papier. Bien appliquer les plinthes contre les murailles afin qu’il ïte reste aucun passage.
- ' En ce qui concerne l’ameublement des pièces, il faut, de toute nécessité, démonter les meubles et surtout les lits, désinfecter chacune des parties en les plaçant pendant 20 minutes dans une étuve sèche à 80 degrés, ou, dans un four de boulanger si l’on n’a pas d’étuve à sa disposition.
- Pour les lits en fer, si l’on ne veut pas en soumettre les diverses pièces à l’étuve, on peut se contenter de les flamber après les avoir enduits de benzine ou d’essence minérale, de manière à tuer, par la chaleur tous les parasites qu’ils peuvent renfermer.
- Même lorsqu’on aura pris tous ces soins, il est rare qu’on soit débarrassé du premier coup des punaises, il faut persister et continuer le traitement à intervalles assez rapprochés (toutes les semaines par exemple), jusqu’à ce qu’on soit bien assuré de la disparition des parasites, surtout pendant l’été.
- Dans l’intervalle de ces traitements généraux, il ne faudra pas négliger de recourir à l’action des insecticides. Le liquide le plus efficace de tous est évidemment la benzine ou l’essence minérale (lavage des murs et des parquets) ; seulement, comme ces liquides sont très inflammables, il ne faudra les employer qu’avec les plus.grandes précautions et loin de toute flamme.
- Enfin on peut encore utiliser le gaz sulfureux obtenu par la combustion du soufre ; on fera brûler, dans les
- pièces envahies par les punaises, un mélange de soufre et de salpêtre bien sec, calculé à raison de 3o grammes de soufre et 20 grammes de : salpêtre par mètre cube d’air.
- Les vapeurs d’anhydride sulfureux, pour être efficaces, doivent agir pendant très longtemps (24 heures environ) : il faudra, au préalable, enlever tous les objets qui pourraient être détériorés par les vapeurs sulfureuses : tapisserie, tableaux, etc.
- Pour détruire les amas d’œufs des punaises, faire pénétrer, à l’aide d’un pinceau, de l’essence minérale ou de la benzine dans les fentes du parquet, des boiseries murales, des lits, etc.
- Enfin, là où on ne peut, ou si l’on ne veut pas employer l’essence, insuffler de la poudre à punaises (poudre depyrèthre), dans les fentes des meubles et des boiseries. Ne pas oublier que cette poudre n’a d’action que si elle est très fraîche; de plus, comme son prix est assez élevé, on la falsifie souvent avec des substances inertes, ce qui rend, cela se conçoit, son emploi tout à fait inefficace.
- En résumé, le passage à l’essence minérale ou à la benzine donnera les meilleurs résultats dans tous les cas où la désinfection à l’étuve sera impossible. Mais, comme les œufs pourraient résister à ce traitement, il est de toute nécessité de le renouveler tous les huit jours au plus, surtout en été pour tuer les larves avant qu’elles ne soient elles-mêmes aptes à la reproduction.
- Le pétrole peut remplacer l’essence. Il a l’avantage d’être moins dangereux, mais l’inconvénient de ne disparaître que beaucoup plus lentement.
- IL Puces des animaux domestiques.— 10 Soins hygiéniques. Brossages et nettoyages fréquents. Eviter les divagations des chiens sur les voies publiques, dangereuses à bien d’autres points de vue (rage).
- 20 Traitement insecticide. Insuffler, entre les poils, de la poudre de pyrèthre ; envelopper l’animal sauf la tête, pendant quelques minutes dans un journal ou une toile selon sa grosseur, puis le brosser sur ce journal ou cette toile, les puces y tombent, paralysées, et il est facile de les détruire.
- (Communiqué par M. Guitel, directeur du laboratoire de Zoologie, professeur à la Faculté des Sciences de Rennes.) ^
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits él’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix a quinze jours.
- Communications. — La télégraphie sans fil et l’administration. — La catastrophe du Titanic a révélé une fois de plus la nécessité d’équiper tous les navires de postes de T. S. F. Or, les formalités administrative^ rendent, paraît-il, cette installation presque impossible aux propriétaires de bâtiments qui désirent se munir de cet organe dè sécurité. Un de nos lecteurs, M. Le Doyen, ingénieur E. C. P. à Boulogne-sur-Seine, nous écrit à propos de notre article sur l’accident du Titanic ;. « En ce qui concerne le vœu de voir une installation de T. S. F. à bord de tous les navires français, que dire puisque la Commission interministérielle refuse systématiquement même l’installation d’un poste de réception horaire à bord d’ün yacht, ce qui me paraît de la démence administrative poussée au dernier degré. »
- Renseignements. — J. P., Paris. — Un corps sensiblement plus lourd que l’eau, ou s’il coule directement
- au fond de la mer. Malgré les énormes pressions qui existent par les grandes profondeurs, l’eau étant presque incompressible, sa densité n’augmente qu’insensiblement aux grandes profondeurs.
- M. R. M., à Wyneghem (Belgique). — Les plantes marines dont vous parlez ne sauraient convenir à l’alimentation du bétail. Les algues (goémons) et varechs d’échouage ne sont utilisés que comme fumure des terres, et seulement dans le voisinage des côtes. Il n’existe pas de maisons de vente, et il ne se fait pas d’importation des pays étrangers; En temps de pénurie de fourrages, pour lester l’estomac des animaux qui reçoivent des tourteaux et autres aliments concentrés, il faut recourir à des substances alimentaires que l’on peut se procurer facilement et économiquement à l’exploitation même ou dans un rayon peu étendu, afin que ces substances ne soient pas grevées de frais de transport trop élevés. Nous mentionnons : les pailles hachées, en mélange avec du foin, des pulpes, des drêches, des cossettes de betteraves, de carottes, de rutabagas; les balles de céréales, les farineux. On met ces substances en tas, on les humecte d’eau salée ou mieux d’eau édulcorée avec de la mélasse ; on brasse deux ou trois fois, puis on remet en tas, pour laisser fermenter pendant douze à vingt-quatre
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- BOITE AUX LETTRES
- heures, suivant la température, et ensuite on peut distribuer aux animaux. Il faut aussi, lorsqu’on en a la possibilité utiliser les feuilles et ramilles d’arbres, séchées ou ensilées, les ajoncs, les bruyères, les genêts préalablement broyés, les pailles de légumineuses, et les résidus industriels tels que : touraillons de brasserie ou germes de malt, sous-produits du riz, coques de cacao, cosses de fèves et de pois, coques d’arachides, résidus de féculerie et d’amidonnerie, etc.
- M. P. A., Croix-de-Vie (Vendée). — On peut utiliser à très bon compte le sel pour cette application, car il est alors exonéré de tous droits. Ceci toutefois ne peut être fait que si l’usine est surveillée par des douaniers que l’industriel doit payer : d’où nécessité de fabriquer en grand. Il existe en France des soudières très importantes surtout dans le Nord (Chauny, Hautmont, Lille) et dans l’Est (Arth, Varangeville). Vous trouverez sur cette industrie des renseignements très complets dans l’ouvrage de Sorel sur La grande [industrie chimique (Gauthier-Villars, éditeur).
- M. C. A. B. — Vous pouvez demander ces échantillons aux adresses suivantes : Société industrielle du celluloïd, 3a6, rue Saint-Martin, Paris. — M. J. Heimann, 35, rue Meslay, Paris. — MM. Barastet Pironneau, 5 bis, rue des Prairies, Paris XXe.
- M. Ed. Barbey, Genève. — Il s’agit évidemment non de nickel, mais de fer nickelé. Les taches peuvent être enlevées soit en graissant avec de la vaseline, puis après quelques jours, frottant avec un chiffon imbibé d’ammoniaque; soit mieux en plongeant pendant une nuit dans une solution aqueuse de protochlorure d’étain (io pour ioo).
- M. le Dr Lucas, Concarneau. — Il existe de très nombreuses formules de fixatif pour dessins au fusain, et certaines mixtures ne valent en effet pas grand’chose. Voici une recette de vernis n’ayantpas les inconvénients que vous signalez : faire dissoudre dans ioo grammes d’alcool à go°c., des poids égaux (de 2 à 5 grammes) de gomme laque blanche d’une part et de gomme copal ou de térébenthine de Venise d’autre part.
- M. J. Sers, 28, rue de la Source, Paris. —Pour la res-
- tauration des tableaux anciens, voir le Guide de l’Antiquaire, par Blanchet et de Villenoisy (p. 79 à 82) (Leroux, édit., rue Bonaparte).
- M. G. M., Algérie. —Tous les ouvrages de savonnerie contiennent la description des procédés de préparation du savon mou. Voir par exemple celui de Moride (in-8°, 3e édition, Béranger édit., rue des Saints-Pères), i’un des meilleurs. Quant au savon Faulquin (?) nous ne connaissons pas ce produit.
- M. Payant, Lyon. — i° Les procédés permettant la conservation des plantes sont nombreux, et il est difficile d’en désigner un supérieur aux autres : selon les cas, le choix peut, doit varier. Comme moyen particulièrement sûr, nous pouvons citer la méthode Wickers-chener décrite dans nos Recettes et procédés du 8 avril 1911. 20 C’est un mélange de coke et de bioxyde de manganèse ; les proportions importent peu : vous pouvez prendre par exemple des poids égaux de l’un et l’autre produit.
- /. H. R., Paris. — Il n’y a aucun moyen pour empêcher les papiers photographiques à base de collodion bu d’albumine de se rouler. Prendre des papiers à base de gélatine de Lumière, citrate par exemple.
- M. Gæbel, Liège.— Pour faire disparaître les herbes, arroser le terrain avec le « Nécrol » fabriqué par la maison Truffault (engrais chimiques) à Versailles. C’est le produit employé pour la plupart des terrains des environs de Paris.
- M. A. Le Breton, Rouen. —Automobiles électriques: Edison Storage Battery C° New-York — General Vehicle C° à Long Island City (N.-Y.) Etats-Unis.
- M. X., Cercle républicain, Montpellier. — Vous trouverez tous renseignements sur les matériaux de construction pour aéroplanes, dans les ouvrages suivants : Résistance des matériaux appliqués aux appareils d’aviation, par le lieutenant Chevreau, librairie Saunier, 48, rue des Ecoles. Prix : x franc, et dans le Formulaire de VAéronautique, par Guironnet, librairie aéronautique, 40, rue de Seine, Paris.
- Aluminium. — Maisonneuve, 5i, boulevard Richard-Lenoir, Paris; Kiihn, 19, rue des Trois-Bornes, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un piège à oiseaux utilisé par les serpents : Daniel Claude. — Le pétrole en Californie : P. Sallior. — Le canon à ciment : X. — L’exposition de physicjue : H. Vigneron. — L’obusier léger de campagne : Capitaine Renaud. — Académie des sciences : Ch. de Villedbuil. — Un village de luthiers en Bavière : V. Forbin.
- Supplément. — Nécrologie : A.-H, Keane. — Le sauvetage en haute mer. —- La Nova des Gémeaux. — Les dirigeables et la marine. — Le dirigeable Spiess. — La radioactivité des produits de la dernière éruption de l’Etna. — Le gaz naturel aux Etats-Unis dÀ’mérique. — Les chemins de fer français au 3i décembre 1911. — L’avancement du canal de Panama. — Automobi lisme agricole. — Télégraphie sans fil. — Contre le mal de mer.
- Traité de fonderie, par MM. Lelong et Mairy. 2 vol. illustrés, 65g et 499 P- Béranger, éditeur, Paris, 1912. Prix : 60 francs.
- Ce très important ouvrage, rédigé par deux spécialistes et praticiens de la fonderie, est un traité à la théorique et pratique; extrêmement complet et qui rendra les plus grands services. Aucun des problèmes qui se présente au chef d’industrie, à l’ingénieur ou au contremaître n’est négligé : les auteurs ont procédé à la fois à l’étude du métal, à celle des procédés de fabrication, à celle de l’outillage et de l’administration. L’ouvrage a 4 parties : fonderie de : fonte, de fonte malléable, d’acier et d’alliages industriels. Signalons d’importants chapitres sur des sujets • où une documentation systématique faisait jusqu’ici défaut : les sables' de fonderie, les machines à mouler et le noyautage mécanique, l’outillage accessoire des fonderies, etc. -
- Cours d’analyse quantitative des produits des industries chimiques, par Albert Meurice. In-8l>de vi 11-480 pages, avec 53 figures, relié, 12 francs. H. Dunod et Pinat, édit., Paris, VIe.
- La description des procédés et méthodes ayanttrait au contrôle des industries chimiques fait l’objet de cet ouvrage. On y trouve successivement l’étude des industries de. la Verrerie, de la Céramique, de l’Acide sulfurique, de l’Acide nitrique, de l’Acide chlorhydrique, de l’Alumine, de l’Acide borique, des Sels métalliques, du Gaz, de l’Ammoniaque, du Goudron, des Huiles, de la Savonnerie, etc.
- Grundzüge der Palaeobiologie der Wirbeltiere, par _0. Abel, in-8, 708 p., 470 fig., Schweizerbart’sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1912, relié, 18 m.
- La paléontologie, après avoir pendant longtemps, considéré les fossiles comme des fantaisies de la nature, les a ensuite étudiés avec plus de soin, s’occupant de décrire les espèces etpar elles de reconnaître les terrains, puis elle a cherché leur évolution, leur phylogénie. M. Abel rappelle ces points de vue successifs et déclare qu’un autre nouveau vient de paraître, celui de la paléobiologie; son livre est destiné à faire connaître ce que les fossiles nous apprennent de la biologie, du mode de vie des êtres passés. Après un premier chapitre fort intéressant sur les divers restes fossiles des Vertébrés et les indications qu’ils nous donnent de certains phénomènes biologiques : restes de nourriture, excréments, cas pathologiques, etc., l’auteur étudie les Vertébrés fossiles dans leurs rapports avec le monde environnant; il passe en revue les modes de mouvement : nage, reptation, marche,
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- BIBLIOGRAPHIE
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- course, saut, station bipède, vol, fouissement, manières de grimper, etc. ; puis les adaptations à la vie mectonique, benthonique, planktonique des mers ; puis les adaptations aux divers modes de nourriture et en particulier les différentes dentitions ; enfin, les moyens de défense. Le livre se termine par des considérations générales sur les rapports de la paléobiologie et de la phylogénie; élégamment présenté, richement illustré, très clair à lire, il rendra de grands
- services aux paléontologistes soucieux de biologie et aux biologistes curieux du passé.
- Baedeker : Belgique, et Hollande et Luxembourg, Leipzig, Baedeker; et Paris, Ollendorf, 1910, prix : 7 fr. 5o.
- Celte 19e édition complètement remise à jour contient 19 cartes de 36 plans de villes. On y a figuré notamment (p. 254) nouveau petit chemin de fer de la grotte de Han-sur-Lesse.
- ieq
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Qgt,
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 mai 1912. . 15°.8 S. 0. Couvert. 0,8 Couv. le m ; très nuag. le s. ; qq. averses le m.
- Mardi 7 13°,4 S. w. 1. Couvert. 8,6 Couv. ; rosée ; pi. de 9 h. 43 à 15 h. 43 et de 16 h. 50 à 18 h. 20.
- Mercredi 8. . . . 15°,4 AV. S. VV. 2. Couvert. 0,0 Tr. nuag. de 15 h. à 19 h. ; couv. av. et apr. ; bruine à 6 h. 10.
- Jeudi 9 15°,1 Calme. Couvert. » Nuag. de 11 h. à 17 h. ; couv. av. et apr. ; rosée; halo.
- Vendredi 10 ... . 18°,S S. S. W. 1. Beau. P Beau jusq. 8 h. ; nuag. ensuite ; rosée ; brume ; halo.
- Samedi 11 18°, 1 S. S. W. 2. Nuageux. P Nuag. ; rosée ; halo.
- Dimanche 12. . . . 19°, 3 S. S. E. 1. Très nuageux. P Nuag. ; rosée; halo ; gouttes à 7 h. 15.
- MAI 1912. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 MAI 1912.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule 'èche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 5 au 10 mai. — Le 5. La pression se relève sur le W. et le S. du continent (765 sur la mer du Nord, l’Allemagne et la Méditerranée), dépression au large des Iles-Britanniques, Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : ..Cherbourg et Clermont, 3 mm; Besançon, Nantes, x mm. Temp. du matin : Varsovie, — x°; Moscou, +7; Belfort, 12; Paris, 13; Alger, 18; moyenne à Paris ; x4°,5 (normale ; 120). — Le 6. La pression devient supérieure à 765 mm sur presque tout le continent. Dépression au large des Iles-Britanniques et dans les parages de l’Islande. Pluies sur le W. de l’Europe. En France ; Le Havre, 11 mm; Nantes et Nancy, 6; Brest, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Ulea-borg, —2°; Belfort, 10; Paris, 14; Perpignan, 18; Alger, 20; moyenne à Paris : i4°,7 (normale : i2°,i).— Le 7. Pressions élevées sur tout le continent (772 mm en Espagne). Dépression sur l’Islande et les Iles-Britanniques. Pluies sur le N.-W. de l’Europe. En France : Belfort, 5 mm; Brest, 3; Cherbourg, 2. Temp. du matin : Moscou, —20; Paris, + 13 ; Clermont, x5; Toulouse, 17; Alger, 18; moyenne à Paris : 14°,1 (normale : 12°,2). — Le 8. Pression élevée sur toute l’Europe, supérieure à 770 dans le S.-W. et le N.-E. (Tou-
- du Bureau Central Météorologique.
- louse : 774 mm). Dépression sur l’Islande. Pluies sur le Centre et le W. En France : Nancy, i3 mm; Charle-ville et Cherbourg, 10; Paris, 9; Besançon, 6. Temp. du matin : Arkhangel, —3°; Nancy, Paris et Nantes, + i5; Toulouse, 18; Alger, 21; moyenne à Paris : i6°,5 (normale : I2°,4)- — Le 9. Pression supérieure à 770 mm sur le S.-W. et le Centre du continent. Maximum (773) dans l’E. dela'France. Dépression dans les parages de l’Islande; une autre dans l’Extrême-N. de l’Europe. Pluies sur le Centre, le N. et l’E. du continent. En France : beau temps. Temp. du matin : Arkhangel,
- — 8°; Belfort, +11; Paris et Nantes, i5; Alger, 22; Perpignan, 23 ; moyenne à Paris : 170,9 (normale : xa°,5).
- — Le 10. La pression barométrique s’abaisse sur toute l’Europe. Elle est supérieure à 766 dans le W. et le S. Basses pressions sur la Scandinavie et la Russie (Stockholm, 752). Pluies sur le N. et le Centre du continent. En France, beau temps. Temp. du matin. : Arkhangel, —20; Belfort, 14; Paris et Toulouse, 19; Alger, 22; moyenne à Paris : 2o0,8 (normale : i2°,6).
- — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 9, à 10 h. 5 m. du matin.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ' Tout ce qui concerne « Là Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : ao. Boulevard Saint-Germain, Taris (Y1e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- -N° 2035 — 25 MAI 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 25 mai (n* 2o35), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette \époque. Une quittance, pour une même durée que Abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n'auront pas, avant le ier juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Nécrologie : M. Abbott L- Rotch. — A Boston, Massachusetts, le 17 avril, est mort prématurément à l’âge de cinquante-deux ans, M. Abbott Lawrence Rotch, fondateur et directeur de l’observatoire météorologique de Blue Hill. Avec lui disparaît un météorologiste de grande valeur. Son nom restera attaché à toute une série de travaux importants sur les sondages aériens, les conditions météorologiques de la haute atmosphère, l’étude bolométrique de l’inégale absorption, par notre atmosphère, des radiations solaires dans les différentes, régions du spectre, la détermination de la constante solaire. M. L. Rotch était professeur de météorologie depuis 1907 à l’Université Harvard.
- Grottes de lave à la Réunion. — Nous empruntons à une récente conférence de M. Lacroix (Revue Scientifique, 4 mai), la curieuse description de grottes formées par la lave dans le volcan actif de la Réunion. Il s’agit là de ces laves cordées, plissées, tordues, réalisées par la matière fondue coulant lentement à haute température. « Il arrive alors que le magma se refroidisse rapidement à sa surface, formant ainsi, à la coulée, une graine solide; grâce à sa grande fluidité, la portion non consolidée sous-jacente peut continuer sa marche sous cet écran protecteur, qui, conduisant mal la chaleur, empêche son refroidissement par rayonnement. Il se forme ainsi un tunnel, sous lequel une grande quantité de lave peut continuer à s’écouler ; quand cet afflux cesse, le tunnel reste vide. Nous avons pu, dit M. Lacroix, circuler dans un très grand nombre de ces canaux superficiels, souvent longs de plusieurs centaines de mètres; ici ils constituent des chambres spacieuses, dans lesquelles il est possible de marcher debout; ailleurs, ils s3nt réduits à des couloirs très bas, que l’on ne peut remonter qu’en rampant. De leur voûte pendent des stalactites de basalte, aux formes trapues et régulières, ou singulièrement grêles et contournées ; sur leur sol, les ondes cordées du dernier courant de lave sont fixées pour toujours; on voit souvent à leur surface des sta-
- lagmites aux formes élégantes, édifiées par l’empilement de larmes de lave, incandescente, tombées goutte à goutte du plafond. Dans certains cas, le torrent de matière en fusion a été arrêté par quelque obstacle et le tunnel n’a pu se vider. Bien plus, la lave a été souvent refoulée en amont, puis, en certains points, la pression étant devenue suffisante pour rompre la croûte solidifiée, qui d’ailleurs a une tendance marquée à se fissurer par retrait, le magma embrasé a jailli avec force à l’extérieur, construisant, sur la coulée, des grottes de lave aux parois stalactiformes, aujourd’hui rutilantes par suite d’une oxydation postérieure, ou bien encore de petites fontaines incandescentes, à la bouche desquelles sont figées des coulées en miniature, réduction du phénomène principal. »
- Forme nouvelle de cristal de neige. — On sait l’immense variété des formes de la neige, depuis les prismes ou aiguilles de glace jusqu’aux cristallisations hexagonales, tablettes ou étoiles richement ramifiées. Généralement ces cristaux (qu’il faut se garder de confondre avec les flocons), possèdent des dimensions très réduites et en particulier les tablettes ou étoiles dont le diamètre moyen est voisin de 2 à 3 mm ont une épaisseur minime, de l’ordre du dixième de millimètre. Une forme nouvelle vient d’être observée dans les Pyrénées par notre collaborateur L. Rudaux; ainsi que le montre la figure reproduite ici, il s’agit d’une disposition étoilée, à six branches toujours, de la largeur ci-dessus mentionnée, mais ayant une épaisseur remarquable, estimée à la moitié au moins du diamètre de l’étoile. Cet échantillon (unique, ou du moins ayant seul offert nettement ce caractère pendant les observations), a été recueilli à i5oo m. de haut par une température oscillant entre — 5° et — 3° en plein nuage. Depuis vingt quatre heures il tombait des grains glacés provenant d’une couche supérieure (voisine de 2000 m. sans doute) et l’observation a été faite au moment où de nombreuses étoiles plus ou moins parfaites, firent leur apparition mélangées aux grains.
- La tourbe au Canada. — Lorsque la houille fera défaut à notre civilisation, il lui restera encore des ressources parmi les autres combustibles fossiles. C’est ainsi que les réserves de tourbe offriront, le moment venu, un aliment non négligeable pour machines motrices. Dès maintenant, les pays dépourvus de charbon se préoccupent de mettre en valeur, lorsqu’elles en possèdent, leurs tourbières. L’Allemagne, elle-même, dont les char-
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- INFORMATIONS
- bonnages sont cependant nombreux et productifs, étudie avec beaucoup d’esprit de suite l’utilisation de la tourbe. Le Canada possède lui aussi de riches tourbières qu’il entend ne pas laisser improductives. On en évalue la superficie à plus de 90000 kilomètres carrés et la richesse à plus de 28 milliards de tonnes, d’un pouvoir calorifique équivalent à celui de 14 milliards de tonnes de charbon. Le gouvernement canadien, pour favoriser l’emploi de ce combustible, a acheté pour son compte une tourbière à Alfred, comté de Prescolt-Ontario ; il l’exploitera, à cet effet il a érigé un bâtiment susceptible de contenir 3oo tonnes de tourbe séchée à l’air.
- L’électricité dans les mines. — Le courant électrique fait dans les mines des progrès rapides : un peu partout de grandes stations centrales s’installent sur le carreau de la mine. Elles utilisent les menus combustibles de qualité trop inférieure pour supporter le prix du transport, les gaz de fours à coke et de hauts fourneaux, les vapeurs d’échappement des machines déjà en service à la mine. Elles fournissent donc le courant dans des conditions de bon marché remarquable, et l’on comprend que leur rayon d’action s’élargisse de jour en jour. En même temps que ces usines envoient aux localités avoisinantes lumière et force motrice économiques, il était tout naturel de chercher à les utiliser pour fournir de même la force motrice nécessaire aux diverses machines de la mine : cette unification, quand elle est possible, ne va pas, théoriquement au moins, sans grands avantages. Il est vrai que sa réalisation est des plus difficiles ; le problème de la commande électrique de l’extraction a été des plus délicats à résoudre. Aujourd’hui l’on dispose de plusieurs solu-i >ns électriques satisfaisantes et en faveur. De même les ventilateurs, les pompes, sont souvent commandés électriquement. Quelques chiffres cités par M. Leprince-Ringuet dans son récent et excellent ouvrage sur Y Electricité dans les mines permettront de se rendre compte les progrès de la conquête électrique dans les mines depuis une dizaine d’années. La statistique porte sur le bassin français du Pas-de-Calais. « La puissance accumulée des groupes électrogènes en activité, n’était pas, en 1901, supérieure à 4000 kilowatts et représentait simplement 5 pour xoo de la puissance motrice des machi-ties utilisées ; en 1906 la puissance génératrice d’électricité s’élevait déjà à 14000 kilowatts et en représentait 14 pour 100. »
- Les accumulateurs et le courant alternatif. — Un
- certain nombre de Compagnies d’électricité ont proposé à leurs clients, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis, de leur fournir à des prix très avantageux l’électricité qu’ils prendraient à certaines heures de la journée où la clientèle ordinaire consomme très peu et où par conséquent, les stations centrales travaillent dans des conditions désavantageuses de charge très réduite. Il est certain qu’il y a à tous points de vue un intérêt considérable à égaliser le plus possible le facteur de charge pour obtenir une utilisation rationnelle des machines et du personnel. Dans les circuits à courant continu les accumulateurs présentent une solution intéressante. Malheureusement la plupart des installations importantes sont à courant alternatif et la solution accumulateur présente alors en général plus d’inconvénients que d’avantages à cause de la complexité des transformations nécessaires qui font que l’on reperd par là ce qu’on gagne d’autre part en améliorant le coefficient de charge. Il faut en effet non seulement charger les accumulateurs en « filtrant » le courant à traversées redresseurs électrolytiques ou autres encore imparfaits, mais retransformer ensuite le courant continu ainsi « mis en réserve » en courant alternatif au moyen de transformateurs rolatifs qui sont des appareils coûteux et qui manquent en outre de flexibilité pour se prêter à des régimes de décharges différents. Malgré ces obstacles il existe déjà des installations de ce genre et il est certain qu’il y a dans cette question de double transformation un problème d’électricité dont la solution pratique prendra une fois mise au point un développement considérable.
- Canot en ciment armé. — On vient de lancer à Stet-tin un canot à pétrole entièrement en ciment armé. Il a 7 m. de long, 1 m. 75 de large; et est destiné à la navigation de plaisance sur l’Oder. Il est construit par les chantiers Ellmer.
- L’approvisionnement du monde en café. — D’après France-Amérique (mars 1912), l’approvisionnement mondial en café est en diminution régulière depuis trois ans. C’est ce que montre le tableau suivant (dates au ier février) :
- 1910 1911 1912
- Europe (Angleterre, Hambourg, Hollande, Anvers, le Havre, Bor- -
- deaux, Marseille, Trieste, Brème,
- Copenhague.)............sacs 9.656.000 7.672.000 6.997.000
- États-Unis............... sacs 4,145.000 2.599.000 2.481.000
- 13..799.000 10,271.000 9.478 000 Pour obtenir la production mondiale, ilfaudrait ajouter environ 3oooooo de sacs à chacun de ces trois chiffres.
- Le bétail aux États-Unis. — Pour les fermes et domaines d’élevage, voici la. statistique du bétail et des bêtes de trait aux,Etats-Unis (1) :
- Recensements du 1“ juin 1900. du 15 avril 1910.
- Chevaux. . Mulets. . . Anes . , , Bœufs. . . Moutons . . Chèvres . . Porcs . . .
- 18.049.521
- 5.207.757
- 92.903
- 66.220.046
- 61.486.708
- 1.860.070
- 62.217.786
- 19.731.0C0 4.183.572 101.392 61’. 225.791 51.809.068 2.798.ICO 58.000.632
- Œufs du grand Pingouin. — Ce n’est pas souvent que l’on vend des œufs du grand Pingouin, puisqu’on ne connaît gnère plus de 10 de ces œufs dans les différentes collections. On vient d'en mettre deux en vente à Londres, et bien que leur histoire antérieure soit mal connue, ils ont atteint un prix assez élevé. Le premier, déjà vendu à Kent en i8g4> a été vendu 3g3o francs; le deuxième 36G8 francs.
- La situation séricicole en 1912. — A la Société nationale d’agriculture, M. Galfard signale la concurrence faite à la soie naturelle par la soie artificielle dite végétale comme la causé de la diminution de l’élevage séricicole. En effet, le nombre des éleveurs est descendu de 119067 en 1909 à 102 6o5 en 1911 et la production brute des cocons frais de 5109426 kg à 3437100 kg pendant la même période de deux ans.
- Le « sable de sucre » du jus d érable. — Divers arbres, au premier rang desquels on peut citer l’érable, sécrètent une sève qui renferme une très grande proportion de sucre et qui est même employée dans certaines régions comme source naturelle de ce corps. Pour cela, on se borne généralement à concentrer, dans des appareils assez grossiers, le jus sucré de l’arbre. Pendant cette opération, il se forme au fond des chaudières un dépôt qui porte le nom de « sable ». On en a déterminé récemment la composition qui est la suivante :
- Silice............ 7,74 p. 100
- Acide phosphorique. 0,05 —
- Oxyde de 1er. . . . 0,39 —
- Calcium.......17,16 —
- Magnésium..... 0,03 —
- Humidité...... 2,60 —
- Acide malique . . . 51,48 p. 100 Sucre interverti . . 2,51 —
- Sucre de cannes . . 3,46 —
- Matières solubles dans l'éther . . . 0,37 —
- Acide carbonique. . 0,66 —
- On voit par suite que ce « sàble » peut constituer une source importante d’acide malique qui en constitue plus de la moitié.
- Un pain du temps des Wikings. — Le Dr Schittger, docent à l’Université de Stockholm, vient de faire une intéressante trouvaille, à Ljunga dans la Gothie orientale. C’est un pain à peu près millénaire datant de l’époque desVikings. Grâce à un examen microscopique, on a pu constater que ce pain a été fait avec de l’écorce de pin et de la farine de pois. Cette trouvaille fait voir incidemment que les pois étaient cultivés en Suède déjà aux environs de 900 après Jésus-Christ. Les fouilles archéologiques n’ont jusqu’ici donné que de très rares trouvailles de pains, datant de l’antiquité ou de la préhistoire de l’Europe ; les quelques pains exhumés en Egypte d’une part, et d’autre part dans les constructions palustres de la Suisse, présentent un haut intérêt archéologique. Dans les pays du Nord on n’en a jusqu’ici trouvé qu’un nombre insignifiant. L’auteur de la trouvaille de Ljunga avait du reste, déjà en 1908, lors des fouilles d’un castel ancien à Boberg, mis la main sur un pain cuit, celui-là, avec de la farine de blé et qui même datait du iv® siècle après Jésus-Christ.
- 1. Population en 1900 “ 75.994.57 j hab. ; 601910 = 91,972.266.
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- Le freinage des automobiles. — Le problème du freinage acquiert sur les voitures automobiles une importance considérable. Il faut en effet disposer de moyens puissants pour arrêter le véhicule, lorsqu’un obstacle se présente brusquement sur sa route, il faut •aussi que les organes employés soient susceptibles d’un fonctionnement prolongé, pour modérer l’allure sur une descente, si longue soit-elle.
- Deux principes de freinage sont à l’heure actuelle employés dans la traction automobile :
- Les freins agissant par friction ;
- Lé freinage produit par le moteur lui-même.
- En ce qui concerne les freins de friction ; leur puissance doit être suffisante pour caler les roues sur lesquelles* ils agissent, en remarquant toutefois que le freinage maximum ne correspond pas au calage des roues, mais au serrage pour lequel les roues sont sur le point d être calées. D’ailleurs avec les bandages de caoutchouc et les pneumatiques, le calage est à éviter absolument, pour ne pas s’exposer à des avaries de bandages coûteuses.
- Il ne faut pas perdre de vue néanmoins, que, s’il est indispensable d'avoir de bons freins, il reste impossible d’obtenir l’arr.êt immédiat d’un véhicule lancé. Les longueurs d’arrêt sont assez appréciables, et croissent très vite avec la vitesse à laquelle on marche.
- On peut se faire une idée assez approchée de la longueur d’arrêt qui correspond aux diverses vitesses, en remarquant que 1 adhérence des bandages caoutchoutés sur le sol est de o,6 du poids qu’ils supportent, alors que l’adhérence d’une roue de wagon sur un rail n’est que de o,3,
- Poui un tram de chemins de fer, dont toutes les roues sont freinees ensemble, on trouve une valeur très approchée de la longueur d’arrêt, par la formule em-"V2
- pirique L =: —, où L est la longueur en mètres, et Y la
- vitesse en mètres par seconde. Sur une automobile, les freins n’agissent que sur une seule paire de roues’ ils n’intéressent donc au freinage que la moitié du poids, mais en utilisant une adhérence double. Gela revient à dire que le freinage obtenu a la même intensité que sur un wagon de même poids où toutes les roues seraient freinées, ou que la longueur d’arrêt est à peu près la même.
- Pour des vitesses de 5, io, 20 et 3o mètres par seconde, qui correspondaient à 18 km, 36 km, 72 km, 108 km à l’heure, les longueurs d’arrêt sont 8 m,, 33 m., i33m. et 3oo m. Un bon conducteur doit toujours régler la vitesse, de manière à avoir devant lui, complètement visible et libre, la longueur de terrain qui lui serait nécessaire pour arrêter.
- Les freins de friction sont en général disposés pour agir, les uns sur la transmission (frein de différentiel), les autres directement sur les roues (frein de roues). Ils sont trop connus pour que nous en fassions la description, et nous nous bornerons à rappeler ce qui caractérise leur emploi.
- L’action d’un tel frein consiste tout simplement à transformer du travail en chaleur, et il est facile de comprendre que par un usage prolongé, réchauffement peut atteindre une grande valeur, et devenir suffisant pour mettre le feu à la voiture.
- Il est donc prudent de ne considérer les freins ci-dessus, que comme des organes d’arrêt rapide en cas de nécessité, et ne jamais les employer d’une manière prolongée pour retenir en'descente, même si on fait alterner le frein de différentiel et le frein de roues. Mais pour admettre cette manière de voir, il faut disposer d’un moyen d’empêcher le véhicule de s’emballer dans une descente, en utilisant d’autres résistances que celles des freins de friction.
- On y arrive précisément en utilisant le moteur pour créer les résistances passives nécessaires.
- JLe freinage par le moteur peut s’obtenir de deux maniérés différentes : soit en l’utilisant sans aucune modification en profitant seulement de ses résistances passives diverses; soit en le transformant momentané-
- ment en pompe à air, par une modification de la distribution.
- i° Freinage par le moteur sans aucune modification. — Il est facile de se rendre compte, en tournant un moteur à la main, qu’il faut une force réellement appréciable, pour entretenir le mouvement. Par suite, dans une descente, en coupant l’allumage, ou mieux en étranglant complètement l’admission, on créera dans le véhicule une résistance qui s’opposera à sa marche.
- Un exemple numérique va nous permettre d’apprécier la valeur des résistances qu’il faut opposer.
- Supposons un véhicule pesant i5oo kg, muni d’un moteur de 20 chev. à xooo tours, descendant une pente de 5 pour 100, et cherchons quelle force il faut opposer à la pesanteur pour ne pas dépasser la vitesse de 36 km à l’heure (10 m. par seconde), en admettant un rendement de 70 pour 100 pour les transmissions totales (chiffre habituel). La résistance au roulement, d’un
- Pressions sur le piston pendant les quatre temps du cycle. — A, moteur fonctionnant normalement. --- B, frein moteur Panhard. — C, frein moteur Saurer. — Sur l’axe des y sont comptées les pressions en Kgs. Sur l’axe des x les courses du piston, 0-1 premier temps, 1-2 deuxième temps, 2-3 troisième temps, 3-4 quatrième temps.
- véhicule de i5oo kg, est de 3o kg environ, nous admettrons que la résistance de l’air est de 5 kg pour ce cas particulier.
- La pesanteur sur une pente de 5 pour xoo exerce, sur le véhicule de x5oo kg, un effort d’entraînement de 5oX ït,5 = 75 kg. Le véhicule est donc sollicité à descendre, par une force de 75 — 35 — 40 kg.
- La voiture étant supposée marcher à la vitesse de 10 m. par seconde, il faut absorber, pour l’y maintenir, une puissance de 400 kilogrammètres.
- La transmission n’ayant qu’un rendement de 70 pour 100, le moteur devra pour retenir opposer une puissance de 400 X 0,7 = 280 kilogrammètres ou 3 chev., 7.
- En utilisant d’ailleurs les diverses combinaisons d’engrenages delà boîte des vitesses, 4®. 3°, 20, et même ire vitesse, on peut retenir très efficacement, par le moyen du moteur seul, sur toutes les pentes que l’on rencontre sur les routes.
- Toutefois, il est essentiel de veiller à ne pas laisser emballer le moteur au delà de sa vitesse de régime habituel, ce qui aurait lieu si on n’avait pas bien choisi la combinaison d’engrenages la plus convenable pour la pente considérée, car il pourrait en résulter des avaries
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- graves. Pour cela, dès que le moteur dépasse la vitesse normale, il faut, par l’emploi momentané d’un des freins de friction, ralentir le véhicule pour remettre les choses dans l’ordre.
- De cette manière, avec un emploi très espacé et très modéré des freins de friction, le moteur est parfaitement capable de rendre d’excellents services pour le freinage en pays de montagne. Il est avantageux d’ailleurs que l’un des freins de friction ne débraie pas, afin de permettre d’ajouter son action à celle du moteur, en cas de besoin.
- 2° Freinage par le moteur avec dispositif spécial. — Lorsqu’on se sert du moteur comme dans le cas précédent, il est facile de se rendre compte que le travail absorbé pendant la compression, par exemple, est restitué par la détente au temps suivant, et qu’en dehors des résistances dues aux divers frottements, il n’y a guère comme travail absorbé, que la différence entre le travail nécessaire à la compression ou à l’aspiration d’une cylindrée de gaz, et la restitution du même travail par détente, qui n’est pas forcément intégrale à cause des fuites et des pertes de chaleur.
- Il est en revanche facile, par une modification simple de la distribution, de rendre le travail résistant très important, en transformant le moteur plus ou moins complètement en compresseur d’air, ainsi que l’ont fait les usines Panhard et la maison Saurer.
- Le dispositif Panhard consiste simplement à déplacer longitudinalement l’arbre à cames des soupapes d’échappement, pour faire passer sous les lève-soupapes, des cames spéciales de forme à peu près triangulaires (3 bossages au lieu d’un), en même temps que l’on étrangle l’admission.
- Les quatre temps habituels du moteur, aspiration, compression, explosion-détente, échappement, sont alors modifiés de la manière suivante :
- Ier temps. Aspiration, soupape d’admission ouverte sur conduite fermée, avec production d’un vide relatif comblé à fond de course par une ouverture brusque de la soupape d’échappement qui. se referme aussitôt (action du premier bossage). La pression moyenne de retenue sur le piston est inférieure à i kg.
- 2° temps. Compression, toutes soupapes fermées, avec échappement de l’air comprimé à fond de course, par l’ouverture brusque de la soupape d’échappement qui se referme aussitôt (action du a0 bossage). La pression moyenne de retenue est supérieure à 2 kg.
- 3° temps. Aspiration, toutes soupapes fermées, avec production d’un vide relatif comblé à fond de course par l’ouverture normale de la soupape d’échappement (bossage normal de la came d’échappement). La pression moyenne de retenue est inférieure à 1 kg.
- 4° temps. Echappement normal de l’air introduit au temps précédent, par la soupape d’échappement. La pression de retenue est à peu près nulle.
- On obtient ainsi trois temps, assez résistants, qui produisent un travail de freinage très appréciable.
- L’expérience montre que le travail résistant opposé ainsi par le moteur, peut atteindre les 65 pour 100 de la puissance nominale dont il est capable, ce qui correspond avec un rendement de 70 pour 100 des transmissions, à un travail de freinage égal à 92 pour ioo de la puissance nominale.
- Le dispositif Saurer, procure un freinage plus énergique encore, il consiste à décaler tout simplement l’arbre à cames des soupapes d’échappement en le faisant tourner sur lui-même, d’un quart de tour environ, de manière à' ouvrir la soupape d’échappement à la fin du 2e temps au lieu du 3°, en même temps qu’une commande agit sur le carburateur pour lui laisser débiter de l’air pur.
- Les quatre temps du moteur deviennent par suite :
- xcr temps. Aspiration d’air pur par la soupape d’admission.
- 20 temps Compression de l’air introduit avec échappement à fond de course par la soupape d’échappement.
- 3° temps. Aspiration d’air par la soupape d’échappement restée ouverte.
- 4e temps. Compression de l’air introduit avec échappement à fond de course par la soupape d’admission qui s’ouvre pour le Ier temps, etc.
- Avec ce système le moteur peut, absorber un travail résistant à peu près égal à sa puissance nominale, c’est-à-dire opposer une résistance de freinage très supé-
- rieure à cette puissance à cause du rendement 70 pour 100 des transmissions,
- Les diagrammes de la figure 1 permettent de comparer le travail des pressions sur le piston suivant que le moteur agit pour l’entraînement normal de la voiture, ou est employé au freinage avec les dispositifs Panhard ou Saurer.
- Le frein moteur est appliqué par Panhard sur tous ses camions automobiles et sur la plupart de ses voitures de tourisme. La maison Saurer l’applique à tous ses camions sans exception, et aux quelques voitures de tourisme qu’elle a construites.
- C’est une modification très simple, qu il serait désirable de voir adopter par les autres constructeurs, elle s’impose notamment sur les véhicules de poids lourd, dont elle facilite beaucoup l’emploi dans les régions accidentées. Capitaine Renaud.
- Objets utiles
- Goupillon articulé pour carafes et bouteilles. —
- Rien de plus difficile souvent que de bien nettoyer l’intérieur d’une bouteille ou carafe : les brosses les plus s< atteignent avec peine tous 1 coins du récipient. L’objet représenté ci-contre tourne élégamment cette difficulté.
- Le goupillon monté à l’extrémité d’une longue tige est articulé sur cette tige et peut à l’intérieur du vase à nettoyer, prendre toutes les inclinaisons. Celles-ci s’obtiennent en agissant sur un pas de vis placé au milieu de la tige et qui commande un petit engrenage par lequel se manœuvre le goupillon mobile.
- Rien n’est à la fois plus simple ni plus pratique.
- L’objet est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Le suspendeur automatique « Rapid ». — Ce petit appareil supprimera en bien des cas la difficile opéra-tion qui consiste à planter un clou dans une paroi; en même temps il a le grand avantage d’éviter toutes les détériorations qui en sont la conséquence.
- C’est une chaîne à anneaux spéciaux, terminée à son
- ï. L’emploi du suspendeur.
- 2. Pour remonter le crochet ; 3. Pour l’abaisser. 4. La chaîne repliée!
- extrémité par un crochet fixe qui permet de l’adapter à la partie supérieure d'une porte par exemple, ou encore à la tringle d’un rideau. Sur la chaîne coulisse une glissière portant un crochet, et que l’on peut immobiliser à la hauteur que l’on veut. A ce crochet, l’on fixera tableaux, miroirs, etc.; l’on y accrochera encore les effets à brosser; bref, cette simple chaîne se prête à de multiples usages. — Elle est en vente chez RenauJ, 43, boulevard de Strasbourg, Paris, au prix de 4 fr. 5o.
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- La quadrature du cercle et l’Académie des Sciences. — Un incident récent a fait parler de la célèbre décision prise en 1775 par l’Académie des Sciences, et aux termes de laquelle cette assemblée a pris : « la résolution de ne plus examiner aucune solution des problèmes de la duplication du cube, de la trisection de l’angle, ou de la quadrature du cercle, ni aucune machine annoncée comme un mouvement perpétuel. »
- Le texte des motifs qui ont déterminé l’Académie, texte qui suit cette déclaration (Histoire de l’Académie royale des Sciences, année 1776. Paris, 1778) est trop long pour qu’il soit possible de le reproduire ici en entier, même dans la seule partie qui a trait à la quadrature du cercle. J’en donnerai seulement des extraits, qui permettront d’en apprécier le caractère général, lequel, on va le voir, est le plus souvent méconnu.
- On s’imagine en effet, en général, que la résolution de l’Académie se base sur la démonstration (ou du moins sur la connaissance certaine) de l’impossibilité de résoudre le problème de la quadrature du cercle : la vérité est tout autre.
- C’est le seul problème du « mouvement perpétuel » que l’Académie déclare insoluble :
- « La construction d’un mouvement perpétuel est, dit-elle, absolument impossible; ou si on veut que l’effet d’une force finie dure toujours, il faut que cet effet soit infiniment petit dans un temps fini. »
- Elle traite tout autrement la « duplication du cube » et la cc trisection de l’angle ».
- Pour la duplication, elle montre qu’on ne pouvait pas résoudre la question avec les connaissances mathématiques du temps de Platon (sauf d’une façon <c purement mécanique » comme a fait ce philosophe) ni même, comme on l’avait cru, en s’appuyant sur la théorie des « sections coniques ». Mais on a eu les éléments d’analyse du problème lorsqu’on a eu « trouvé les principes de l’application de l’algèbre à la géométrie » et on a en effet trouvé la solution (c’est celle d’une équation du troisième degré ayant deux racines imaginaires). Même chose pour la trisection de l’angle : les « modernes » pouvaient seuls en venir à bout, et pour les mêmes raisons ; ils ont également donné la solution (c’est celle d’une équation du troisième degré ayant trois racines réelles).
- Ces deux questions n’existent donc plus, ou elles n’existent que pour des ignorants, ce que l’Académie expose et explique en ces termes :
- « ... Comme les Anciens ne regardaient comme géométriques que les solutions où l’on n’employait que la ligne droite et le cercle, la règle et le compas, cette expression a fait naître un préjugé, qui règne encore chez des hommes peu éclairés ; ils continuent de s’appliquer à chercher des solutions géométriques de ces problèmes; les uns, en n’employant que la ligne et le compas, donnent des solutions erronées; d’autres en donnent de vraies, mais, sans le savoir, ils emploient des courbes, et leurs solutions rentrent dans celles qui sont connues... »
- L’attitude est toute différente vis-à-vis de la « quadrature du cercle ».
- L’Académie commence par indiquer ensemble comment s’est posé le problème et ce qu’il est :
- « La quadrature de la parabole trouvée par Archimède, celle des lunules d’Hippocrate de Chio, donnèrent des espérances de quarrer le cercle, c’est-à-dii'e de connaître la mesure de sa surface. Archimède montra que ce problème, et celui de la rectification du cercle, dépendaient l’un de l’autre, et depuis ils ont été confondus. »
- Or, il est bien certain que « dans la pratique » nous savons mesurer la surface du cercle. Il suffit d’appliquer la formule : Surf. C = ic R2. Seulement % est un « nombre incommensurable », c’est-à-dire qu’on peut toujours mettre de nouveaux chiffres à la droite de la virgule : il est ainsi bien certain que le produit variera suivant qu’on fera : tc = 3,i4i6, ou : t: = 3,14169. Cette formule ne donne donc qu’une « approximation » ; elle ne donne
- pas, et ne peut pas donner une « solution rigoureuse » : l’Académie n’entend pas exclure les recherches de « méthodes d’approximation», mais elle ne s’occupera pas des recherches relatives à « la solution rigoureuse ».
- Est-ce parce que la solution rigoureuse est impossible? Nullement; elle ne se prononce pas là-dessus, et elle dit, au contraire, que la question reste ouverte.
- Il y a, en effet, « deux » problèmes relatifs à la quadrature du cercle : celui de la quadrature indéfinie, celui de la quadrature définie. La quadrature indéfinie, c’est celle « d’un secteur quelconque, dont la corde est supposée connue » ; ce problème-là, Gegori, Newton, Jean Bernouilli ont prouvé son « impossibilité absolue à. Mais sur la « quadrature définie », celle du cercle entier, on ne peut se prononcer aussi catégoriquement : « Les géomètres sont moins d’accord sur l’impossibilité [de ce problème]..., parce qu’il arrive souvent de trouver pour des valeurs particulières, des quantités dont l’expression est impossible en général ». En- somme, dit plus loin l’Académie en revenant sur le problème de la « quadrature définie du cercle », il reste possible, quoique fort improbable, qu’un « géomètre (vienne) à le trouver ».
- Ce n’est donc pas « en raison » qu’est fondée la résolution de l’Académie. Son motif est tout autre :
- « ...Une expérience de plus de soixante-dix ans a montré à l’Académie qu’aucun de ceux qui lui envoyaient des solutions de ces problèmes n’en connaissaient ni la nature ni les difficultés, qu’aucune des méthodes qu’ils employaient n’aurait pu les conduire à la. solution, quand même elle serait possible. Cette longue expérience a suffi pour convaincre l’Académie du peu d’utilité qui résulterait pour les sciences de l’examen de toutes ces prétendues solutions. »
- On peut se demander si une pure « condamnation expérimentale » comme celle-là, a une grande valeur. Si l’on y réfléchit, non seulement on répondra affirmativement à la question, mais on trouvera qu'une « condamnation rationnelle », avec plus de prestige, aurait moins de valeur, même toute scientifique. La « raison » est magnifique, mais fort douteuse : il y a je ne sais combien de choses dont le raisonnement a prouvé qu’elles étaient impossibles, et qui se sont produites quelquefois tout aussitôt après la démonstration. L’expérience est moins impressionnante, mais plus sûre : quand on sait qu’une chose ne s’est jamais produite, on n’est pas « certain » qu’elle ne se produira pas, mais c’est assez « probable », et ce l’est d’autant plus qu’il se passe plus de temps.
- L’Académie de 1775 a au surplus montré tout le danger que ces recherches chimériques présentent pour l’individu et pour la société. Elle le dit justement : il y a une « folie des quadrateurs » et, comme « l’habitude de déraisonner se contracte et s’étend comme celle de raisonner juste », ceux qui ont cette folie « se persuadent presque tous que c’est par une protection particulière de la Providence qu’ils y sont parvenus, et il n’y a qu’un pas de cette idée à croire que toutes les combinaisons bizarres d’idées qui se présentent à eux sont autant d’inspirations ».
- Jean-Paul Lafitte.
- Les dangers de la kaïnite pour les animaux de la ferme. — Parmi les sels de potasse, la kaïnite, si largement employée en agriculture comme engrais et souvent préconisée comme agent de conservation de la valeur fertilisante du fumier et comme insecticide, vient d’être dénoncée commè dangereuse pour certains animaux de la ferme par un spécialiste autorisé, M. Otto Brandes, vétérinaire sanitaire du cercle de Hanovre. Mais avant de relater les conclusions qu’il a publiées dans le n° 20 du journal Der deutsche Landwirt, je crois utile de montrer le rôle de ce produit dans les deux emplois où il peut se déclarer nuisible.
- Agent absorbant chimique. — On sait que, pour éviter, ou mieux pour diminuer la perte d’azote du fumier, déperdition qui a lieu surtout à l’état d’ammoniaque, le cultivateur avisé doit se préoccuper de fixer cette
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- ammoniaque le plus tôt possible, c’est-à-dire dès la production des déjections des animaux dans l’écurie. Or, entre les agents absorbants d’ordre chimique conseillés dans ce but, plâtre, sulfate de fer, superphosphate de chaux, etc., la lcaïnite l’a été par la plupart des chimistes allemands de préférence aux autres sels bruts dépotasse, kiésérite,grugite, carnallite. Toutefois, le professeur Dr Stutzer, directeur de la Station expérimentale de Bonn a, écrit dans son livre Leitfaden der Dungevlehre. «On a coutume d’employer la kaïnite et la carnallite comme agents absorbants dans la litière des animaux, dans les exploitations dont le sol est léger et pauvre en potasse. Mais, en général, leur usage pour la conservation de la valeur fertilisante du fumier est moins à recommander que celui du superphosphate de chaux. Ils ne peuvent empêcher une perte d’azote libre, et ils n’entravent qu’en partie la fermentation ammoniacale. »
- En France, Müntz et Girard, après avoir fait des expériences sur ces divers sels, ont conclu que, à moins d’en employer des doses élevées, la fixation de l’ammoniaque par leur intermédiaire est peu importante. Et, en ce qui concerne particulièrement la kaïnite, ils ont ajouté : celle-ci serait apte à retenir l’ammoniaque à l’état de chlorhydrate, si les carbonates alcalins ne se trouvaient pas en présence.
- Agent insecticide et fungîcide. —- C’est surtout en Angleterre et aux Etats-Unis que cette double action a été souvent reconnue à la kaïnite. Les Ministères de l’Agriculture de ces deux Etats l’ont recommandée contre les larves de certains insectes : cécidomyes des poirettes, hannetons, mouches de l’oignon, noctuelles, tipules, pucerons lanigères sur les racines du pommier, etc., et contre les champignons produisant les taches noires des feuilles de la pomme de terre et de la tomate, ou la pourriture de la pomme de terre.
- La forme sous laquelle la kaïnite a été administrée, et j’y insiste à dessein, a été l’épandage ou fumure de couverture, de sorte que ce sel est resté à l’état de fragments plus ou moins grossiers sur la surface des vergers et des champs où il avait été répandu, à la disposition des animaux qu’on y laissait pâturer ou errer.
- Les doses employées en Angleterre ont varié selon les insectes de 3 à 5 quintaux à l’acre : IÔ2 à 2S4 kilogrammes pour 40 ares 46 centiares mais aux Etats-Unis, elles ont même atteint dans le cas de la cécidomye des
- poirettes, le poids élevé d’une tonne à l’acre (1015 kg 649)-Contre les champignons le taux a oscillé entre 3 à 5 quintaux pour la même surface.
- Or, les opuscules officiels anglais, les « Leaflets »,' qui recommandent la kaïnite dans les conditions précitées, ne relatent aucun accident survenu à la suite de son emploi et ne mentionnent aucune précaution pour l’éviter.
- Il est vrai, cependant, en ce qui concerne son usage sur la litière des animaux, que le Dr Stutzer faisait déjà, en i8g5, la recommandation suivante. Les sels contenus dans la kaïnite et la carnallite attirent l’humidité, ils favorisent l’écoulement de l’urine du fumier, et ils ramollissent la corne des sabots des animaux. Leur place est plutôt sur la fumière que dans l’écurie. Lorsqu’on s’en sert dans celle-ci, il faut avoir soin de renouveler la couche de paille quand les sels ont été répandus sur l’ancienne litière. De cette façon, on évite leur contact immédiat avec les sabots. Mais les expériences que M. Otto Brandes a entreprises sur la kaïnite ont montré que sa nocivité est autrement grande à l’égard de différents genres d’animaux, « Il a constaté que, répandue sur la litière à l’endroit même du couchage, elle fait naître sur la peau, à l’extrémité des pieds, une vive inflammation, au cours de laquelle une mortification des parties les plus élevées de cet épiderme peut survenir.
- « Les essais concernant les poules ont fait voir que l’absorption de petits morceaux de kaïnite leur est aussi très nuisible : un fragment de 2 grammes est mortel pour une poule si, après l’avoir ingéré, elle n’a pas d’eau à sa disposition. Et même, quand elle en trouve à discrétion, 4 grammes suffisent pour la tuer. De plus petites doses font apparaître toute une série de phénomènes diphtériformes dans l’appareil buccal.
- « Par suite, la prétendue conservation du fumier d’écurie au moyen de la kaïnite, doit être évitée aussi bien sur la cour que dans l’étable, et d’autant plus qu’il n’en résulte pas, comme on l’admettait autrefois, une combinaison de principes fertilisants de grande valeur. »
- Nos cultivateurs avertis auront donc soin de ne point employer la kaïnite dans l’écurie comme absorbant chimique et, quand ils y recourront comme insecticide dans les champs ou les vergers, de l’enterrer de suite légèrement. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour emplir les pipettes de liquides à émanations nauséabondes ou délétères. — On a décrit dans La Nature un système spécial de petite ampoule à liquide laveur où barbote l’air aspiré avant de parvenir à la bouche : il abandonne là, grâce à un réactif absorbant convenable, les vapeurs nocives:
- Voici un mode opératoire bien plus simple pouvant être suivi sans nécessité de posséder des pipettes construites spécialement. Le bout évasé de la pipette est relié par un tube de caoutchouc au tube de verre plongeant dans le liquide d’un flacon laveur. On aspire l’air épuré. Dès qu’elle est convenablement remplie, on peut pincer le caoutchouc avec une pince de Mohr, mais avec un peu d’habitude on réussit très bien à dégager la pipette aussitôt obturée par le doigt : dans ce cas, si la pipette est jaugée, il faut aspirer au-dessus du trait de repère. Le liquidé de lavage le plus commode est une solution faible de soude caustique convenant très bien pour les acides chlorhydrique et azotique, le brome, etc... ; pour aspirer de
- l’ammoniaque, on remplace cette solution par de l’eau acidulée.
- Pour distinguer l’aluminium pur des alliages à base d’aluminium. — M. Nicolardat indique le procédé suivant : on nettoie le métal avec un abrasif, puis on badigeonne aussitôt la surface mise à nu avec une solution contenant 1 gr. de chlorure ou de cyanure mercu-rique pour tm litre d’eau. Sur métal pur, on obtient une poussée rapide de petits filaments blancs d’alumine tandis qu’un alliage contenant par exemple 3 pour 100 seulement de cuivre demeure absolument inaltéré.
- Pour se débarrasser de l’odeur écoeurante de certains linoléums, odeur qui persiste assez longtemps dans les pièces où l’on vient de poser lés tapis, voici un procédé dont nous avons pu constater l’efficacité. Passer sur le linoléum une [éponge ou un tapis imprégné d’eau de Javel diluée au dixième. On laisse une nuit, toutes portes et fenêtres closes; le lendemain on aère et ou passe sur les surfaces séchées, en s’y prenant de même façon, un léger badigeon avec de l’eau contenant 10 pour 100 de bisulfite sodique. On laisse encore une nuit la pièce bien fermée ; le lendemain on lave plusieurs fois à grande eau.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. le lieutenant P. de M., à Fontainebleau. — i° L’odeur des lampes à pétrole provient le plus souvent d’un défaut d’entretien. Avoir soin de bien nettoyer, et de ne jamais laisser s’obstruer les orifices qui conduisent l’air au bec ; — i° pour conserver le carbure de calcium, il faut l’enfermer dans un récipient hermétiquement clos; •— 3° nettoyer votre meuble à la térébenthine.
- Lutte contre la gelée blanche. — Un de nos lecteurs, M. Vallet, nous signale que le procédé décrit dans le n° t>.o32,' employé par les fermiers de Californie pour lutter contre la gelée, était déjà en usage en 1902 dans un vignoble situé entre Auxerre et Yillefargeau (Yonne), où il avait été recommandé par M. Georges Chappay, professeur départemental d’agriculture aux propriétaires. Il donna de bons résultats.
- M. J. L., rue de Longchamps, Paris. — i° Il convient de faire une distinction entre l’industrie du lait desséché,, ou lait en poudre, et celle du lait concentré. Pour la première question, nous signalons le procédé Hat-maker pour le dessèchement du lait. On obtiendra tous renseignements sur le lait en poudre, les usines où celte industrie est pratiquée actuellement, etc., en s’adressant à M. Just Hatmaker, 25, rue de la Faisanderie, à Paris. En outre, consulter l’article Industrie du lait en poudre par Henri Blin, Bulletin du Syndicat Central des Agri-
- culteurs de France, 42> rue du Louvre, Paris, n° du Ier juin 1910, et les diverses contributions publiée^ sur cette question dans les n09 du Journal d’Agriculture pratique, 26, rue Jacob, Paris, ainsi que les ouvrages suivant : Le Lait solide, par F. Orengo, brochure, o fr. 5o franco ; l'Industrie laitière, par A. Rolet, 1 vol. 4 fr. 4o franco ; Laiterie, Beurrerie, Fromagerie, par V. Houdet, 1 vol. 1 fr. 25; Laiterie, par Maigne, 1 vol. 3 francs ; Le Lait et son industrie, par le Dr A. Touret, 1 vol. i fr. 70 franco ; Production hygiénique du Lait, par Si-dersky, 1 vol. 2 fr. 80 franco ; La Laiterie, par Ch. Martin, 1 vol. 5 fr. 60 franco; l’Industrie laitière, par J.-L. Poirier, 1 vol. 1 fr. g5 franco. La plupart de ces ouvrages et celui du Dr Fleischmann VIndustrie laitière 1 vol. 3o francs (traduit de l’allemand) contiennent un chapitre sur le lait concentré. On trouvera ces ouvrages à la Libraire Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris. Pour indications relatives aux usines préparant les laits desséchés et les laits concentrés, et aux débouchés offerts à ces produits, s’adresser à la Direction de la Station laitière de Surgères (Charente-Inférieure), à celles de l’Ecole nationale d’industrie laitière de Mami-rolle (Doubs), de l’Ecole de laiterie de Poligny (Jura), et à M. R. Lezé, professeur à l’Ecole nationale d’agriculture de Gàignon ; — 20 pour la fabrication de l’acide citrique, consulter le tome II (Industries organiques) 1 vol. 27 fr. 5o, de Y Analyse chimique industrielle, de Lunge (traduit de l’allemand), où un chapitre particulier est consacré à cette question (Librairie Horticole, précitée). Spécialement sur la méthode de fabrication d’après le procédé Restuccia, on pourrait se renseigner auprès de M. L. Lindet, prof, de technologie à l’Institut national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- CXt
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’élevage en grand du canard : V. Forbin. — Le refroidissement de la terre : L. De Launay, — L’industrie de la mousseline h Tarare : Georges Lanorville. — Le laboratoire cryogène- de Leyde : G. Bresch. — Chronique. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Les pelleteries à Leipzig : L. Kuentz. — Un téléphone de police à Berlin : Dr Alfred Ghadenwitz.
- Supplément, — Absorption par l’amidon. — Graisse de mammouth. — Gramme. — L’électrification des chemins de fer de banlieue à Berlin..— Un nouveau microphone pour la téléphonie sans fil. — Statistique commerciale. — Les pierres de l’estomac des reptiles. — La rage dans l’armée française.
- Eaux douces et eaux minérales par F. Dienert (Manuels pratiques d’analyses chimiques Bordas et Roux) 1 vol. 363 pages, Béranger, édit., Paris, 1912.
- Ce volume contient les principales méthodes d’analyses des eaux, analyses qualitatives, quantitatives, bactériologiques, examens physiques, micrographiques, etc. Il est complété comme tous les livres de cette collection, par un utile appendice composé des lois, droits et règlements relatifs à cette question.
- Traité usuel et pratique concernant la fabrication des fécules, par A Thomas et Hébert. In-8°, no pages. Compiègne. Thomas, éditeur. .Prix : 5 francs.
- Ce petit volume, fait par des praticiens pour les praticiens sera lu avec grand intérêt de toutes les personnes s’intéressant à la féculerie. Ils ne trouveront en effet, ici que des choses vues, à l’exclusion de toute compilation bibliographique. Un texte clair illustré de petits schémas très simples permettra de lire aisément les quatre parties de l’ouvrage où sont successivement étudiées d’abord et surtout la féculerie de pomme de terre, puis celle de manioc, les féculeries exotiques diverses et enfin I’amidonnerie de maïs.
- Principes théoriques et pratiques d'analyse minérale. Cours de chimie analytique professé à l’Ecole supérieure des mines par G. Chesneau, i vol. in-8° de 642 pages. Paris, Béranger. Prix : 25 francs.
- Les traités d’analyse chimique déjà existants sont nombreux et pourtant le beau livre que publie M. Ches-* neau ne fait double emploi avec aucun autre. Au lieu de se perdre dans les détails, il donne, en effet, ce qui manque trop souvent, des idées générales et aussi des méthodes choisies par l’auteur à la suite d’une longue expérience comme les meilleures. A une époque où l’industrie comprend enfin la nécessité constante de l’analyse minérale la plus précise pour diriger et contrôler ses opérations métallurgiques, ou pour apprécier ses achats de matières premières, l’ingénieur et le directeur trouveront là, sous une forme relativement succincte, les renseignements les plus précieux. La première partie du livre est consacrée aux principes théoriques des méthodes d’analyse et aux procédés généraux. Dans la deuxième, sont successivement passés en revue les divers éléments chimiques, en examinant, pour chacun d’eux, ses propriétés analytiques, les caractères distinctifs de ses sels, son dosage et l’analyse de ses minerais, laitiers ou scories.
- Volcans et tremblements de terre, par A. de Lapparent.. 1 vol. in-8% Bloud et Cie, éditeurs. Prix : 5 francs. ...
- Cet ouvrage posthume est composé d’études dispersées dans le Correspondant, les Annales de géographie, Y Annuaire du Club Alpin, etc... A. de Lapparent possédait au plus haut degré l’art d’exposer les questions scientifiques avec une clarté parfaite et d’une manière accessible aux moins initiés. Dans un sujet, maintes fois traité, qui intéresse spécialement le grand public et que les cataclysmes remettent trop souvent d’actualité, on appréciera ces qualités d’expo-silion et de vulgarisation.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Outlines of Evolutionary Biology, par Arthur Dendy. In-8, 454 P-. *88 fig. Constable and C°, éditeurs. Londres, 1912. Prix : 12 sh. 6.
- Le nombre des recherches faites dans le domaine de la vie nécessite de fréquentes mises au point des principales questions. Ce volume est l’exposé de l’état actuel de la biologie en tant que science de l’évolution, écrit pour des débutants, c’est-à-dire en évitant le plus possible les termes techniques. L’auteur y
- étudie brièvement la structure et les fonctions des organismes, puis expose la théorie cellulaire, le problème de la division cellulaire et de la reproduction, la variation, l’hérédité, les théories de l’évolution, les adaptations et les facteurs de l’évolution organique. Il donne de chacune de ces questions une vue claire, nette, appuyée sur quelques faits bien choisis et rendus plus faciles à comprendre par une abondante illustration.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5oœ,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 mai 1912 . 16°.8 AV. S. W. 2. Peu nuageux. » Rosée; nuageux; brume.
- Mardi 14 12° 2 N. E. 2. Couvert. 0 Rosée ; très nuag. le m., peu nuag. le s. ; halo à 10 h.
- Mercredi 13 . . . 18°,6 W. S. W. 4. Nuageux. 1,8 Rosée; nuag. ; pi. de 17 h. à 17 hTlS; tonu. de 16 h. 40 à 17 h. 40.
- Jeudi 16 11°,5 W. N. W. 3. Couvert. 11,2 Rosée; tr. ng. le m. ; pl. et grêle de 10h.20 à 10h.45, av. 1 à TE.
- Vendredi 17 . . 10°,7 W. 3. Très nuageux. 0,0 Nuageux; gouttes à 10 h.
- Samedi 18 9°,5 S. S. W. 2. Couvert. » Rosée; très nuageux.
- Dimanche 19. . . . 11°,6 N. N. E. 0. Beau. D Rosée ; beau.
- MAI 1912. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 MAI 1912.
- Lundi
- Mardi
- i Mercredi !
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 11 au 17 mai. — Le 11. Dépression à l’Ouest des Iles-Britanniques (749 mm sur l’Irlande). Baisse barométrique générale sur toute l’Europe. En France et Italie la pression reste supérieure à 765. Pluies sur le Centre du continent et le N. des Iles-Britanniques. En France, beau temps sauf à Nancy, orage et 9 mm d’eau. Temp. du matin : Paris, 180; Nancy, 20; Clermont-Ferrand, 21. La température est exceptionnellement élevée sur nos régions; on note : Bordeaux, 33°; Limoges et Le Havre, 3i ; Le Mans, 3o; Paris, 29; moyenne à Paris : 2i°,5 (normale : i2°,7). — Le i3. La pression se relève sur toute l’Europe. Elle est voisine de 765 sur la France. Dépression profonde sur les pays du N. (Stockholm : 739). Dépression sur l’Islande. Pluies sur le N. et le Centre de l’Europe. En France, averses dans le N. et le W. Temp. du matin : Dunkerque, io°; Marseille, 14; Biarritz, i5; Paris, 17; Alger, 3o; moyenne à Paris : 170 (normale : i2°,9). — Le 14. La pression s’abaisse dans le W. et le S. de l’Europe. La dépression de l’Islande atteint les Iles-Britanniques. Dépression sur le golfe de Gascogne et l’Espagne (Madrid : 767 mm). Pluies sur le N. et l’E. du continent. En France, beau temps. Temp. du matin : Dunkerque, 9; Paris, 12; Marseille, 14 ; Bordeaux, 20; Alger, 31 ; moyenne à Paris : i8°,2 (normale : i3°). —
- du Bureau Central Météorologique.
- Le i5. La pression est basse sur presque toute l’Europe. Minima sur l’Islande (739), sur le Nord de la Russie, et sur la Manche (Cherbourg : fSi). Fortes pressions sur les Açores (Horta : 780). Pluies sur le W. et le N. du continent. En France, pluies abondantes et orages sur le W. et le N. : Dunkerque, 3i mm; Bec-Melen, 27; Nantes, 10; Cherbourg, 6. Temp. du matin : Brest, 14®; Biarritz, 17; Paris, 19; Alger et Nancy, 23; moyenne à Paris : i7°,4 (normale : i3°,i). — Le 16. Dépression sur le N.-W. et le Centre de l’Europe (Shields, 748 mm; Vienne, y5i). La pression se relève sur le S.-W. et le N.-E. Pluies sur le W. de l’Europe. En France, orages. Ouessant, 12 mm; Gap, 9; Bordeaux, 8; Besançon, 6; Paris, 2. Temp. du matin : Belfort, + io°; Paris, 12; Toulouse, i5; Alger, 21; moyenne à Paris : n°,2 (normale : i3°,i). —- Le 17. La pression se relève encore sur le W. de l’Europe (Bretagne ; 768). Dépression sur le S.-E. (Odessa : 752) et vers l’Islande (749). Pluies sur le W. et le Centre.- En France : Besançon, i3 mm; Paris, 11; Limoges, 4- Temp. du matin : Belfort, —f- 5° ; Paris, 11; Toulouse, 12; Nice, 17; Alger, 19; moyenne à Paris : n°,3 (normale : i3°,2). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le. 16, à 10 h. a3 m. du soir.
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- LA NATURE
- QUARANTIÈME ANNÉE — ,9,2
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES
- ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS
- I. — INFORMATIONS.
- Absorption (Expériences d’)...................................... 9
- Absorption par l’amidon.........................................193
- Accidents du travail en 1911.................................. 18
- Acclimatation des oiseaux de Paradis............................ 26
- Acclimatation des perruches.................................... 90
- Accumulateurs et le courant alternatif (Les)....................202
- Acier cinghalais d’origine ancienne.............................146
- Aéronautique : aérodynamique (Laboratoire de M. Eiffel). 138
- — diligences aériennes.................................... 1
- — dirigeables et la marine................................185
- — dirigeable Spiess...................................... 185
- — dirigeable Veeh......................................... 75
- — paquebot aérien Viktoria-Luise......................... 154
- — record de la distance en ballon sphérique (Le). ... 58
- — tissus métallisés pour ballons sphériques............... 10
- Aiguille curieuse. .............................................154
- Air ozonisé dans les tunnels de Londres......................... 98
- Alcool de chicorée..............................................122
- Alésia, fouilles. ......................................• 130
- Aluminium, nouveaux usages......................................105
- Appareils à acétylène, leur échauffement anormal.............. 73
- Appât phosphorescent......................................... 170
- Ascenseurs ou escaliers mobiles............................... 90
- Association géodésique internationale, travaux................137
- Astronomie : comète nouvelle.................................. 17
- — comète Borelly (1911 e)............................... 17
- — comète Schaumasse (1911 h)............................ 25
- — constante solaire (La)................................ 25
- — éclat photographique d’une Nova.......................145
- — éclipse de lune du 1er avril..........................153
- — nova des Gémeaux..................................... 185
- — planète Saturne...................................... 65
- — précession et mouvement solaire..................... 121
- Atlantique, sa température : influence sur le climat de la Norvège.......................................................106
- Automobile; ce qui casse..................................... 129
- Aviation : aéroplanes géants..................................146
- — aviation en 1911......................................122
- — aviation militaire en Angleterre.................... 122
- — chute mortelle d’un inventeur de parachute ....'. 81
- Supplément au n“ 2035 de La Nature du 25 mai 1912.
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Aviation : concours d’aéroplanes militaires en Angleterre.
- — hydroaéroplanes de la marine anglaise................
- — industrie de l’aviation en 1911......................
- — mal des aviateurs....................................
- — moteurs d’aviation en Allemagne......................
- Baguette divinatoire en Allemagne et la recherche des eaux
- souterraines..............................................
- Bandage Pfleumer............................................. .
- Barrage du monde (le plus haut) . . . .......................
- Berlin (la circulation à)....................................
- Bétaïne chez les céphalopodes................................
- Beurres anormaux ou falsifiés?...............................
- Biologie : animaux marins vivant actuellement en Lorraine
- — couleurs irisées des oiseaux et des insectes.........
- — crabe ; association avec une éponge..................
- — développement des œufs de truite (Influence des lu-
- mières colorées sur le) ............................ .
- — fluor dans les organes de l’homme, sa répartition . .
- — gaucher héréditairement?.............................. .
- — grenouille, acquisition des habitudes................
- — grenouille : variations saisonnières du poids du sys-
- tème nerveux ......................................
- — hybride de greffe....................................
- — nanisme chez les vers; production expérimentale. . .
- — nutrition et croissance..............................
- — poissons; entendent-ils?.............................
- — rats noirs du Jardin des Plantes.....................
- — soleil tropical; son action sur l’homme et les animaux
- — sommeil des poissons.................................
- — température ; son influence sur la couleur des pois-
- sons ..............................................
- — transplantation articulaire..........................
- Blé et coton en 1911.........................................
- Brevets d’invention en Allemagne.............................
- Briquetage des minerais de fer...............................
- Buenos-Ayres; population.....................................
- Bullock-Workman (L’expédition de 1911 de M. et Mme) dans
- le liarakoram.......................................
- Câble téléphonique nouveau sous la Manche....................
- Café (L’approvisionnement du monde)..........................
- Caisse d’épargne à domicile..................................
- Canada, recensement..........................................
- Canne à sucre ; nouveau mode de traitement...................
- Canot en ciment armé.........................................
- 'Cathédrale de Strasbourg; réfection des fondations..........
- Cavernes de la Hardt.........................................
- «Céréales ; récolte dans l’hémisphère austral..............
- «Chats (La guerre aux). . . , ...............................
- 'Chemins de fer : catastrophe sur les chemins de fer de l’État.......................................................
- — coloniaux allemands..................................
- — français au 31 décembre 1911.........................
- — du monde (les plus hauts)............................
- — de Sibérie...........................................
- souterrain de Manchester et ses escalators...........
- — électrification des chemins de fer de banlieue à Berlin
- — locomotives et la chauffe au pétrole en Russie....
- — locomotives les plus lourdes........................ . .
- — nettoyage par le vide sur les chemins de fer ....
- — transaustralien......................................
- — trafic international du chemin de fer Simplon ....
- — travaux du Midi......................................
- — traverses en ciment armé.........................* .
- — usure des rails et l’acier au titane.................
- — vitesse maximum des trains en Allemagne......
- 'Cheminée curieuse...........................................
- Cherté des vivres aux États-Unis.............................
- ' m -
- Chimie : attaque du fer par l’eau............................
- — catalyseurs (Influence des métaux étrangers sur l’acti-
- vité des)..........................................
- — charbon; ses constituants volatils......................
- — conde'hsations chimiques déterminées par la lumière „
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- 97 81
- 106
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- 177
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- 2
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- 33
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- Chimie : constituants volatils de la houille..................
- — cristallisation de l’argon...........................
- — déplacement des métaux par l’hydrogène...............
- — formation d’agents oxydants dans l’air sous l’influence
- des rayons ultra-violets...........................
- — graphite : formation.................................
- — hydrogène : solubilité dans certains métaux..........
- — platine; action catalytique...........'..............
- Ciment armé (Canot en)..............,.........................
- Circulation des voitures dans Paris...........................
- Coefficient de frottement et l’humidité.......................
- Collisions d’automobile (Contre les)..........................
- Colorants ayant servi à teindre les fils textiles; recherche de
- leur nature...................................................
- Colorant de la racine de l’azafran............................
- Compression de l’air au moyen des chutes d’eau................
- Congrès international d'anthropologie et d’archéologie préhistoriques........................................................
- Congrès international eugénique...............................
- Corse (Chemins de fer et assainissement de la)................
- Côte supplémentaire chez l’homme..............................
- Coton ; sa culture dans l’Afrique allemande...................
- Courants sous-marins du détroit de Messine
- Cristal de neige (forme nouvelle).............................
- Culture française en Europe...................................
- Danube (pertes du)............................................
- Délos; fouilles en 1911.......................................
- Dentiste pour éléphant........................................
- Dépression de l’Islande.......................................
- Désliuilage des débris de poisson.'...........................
- Destruction des animaux causée par les exigences de la mode
- Diamant; nouveau mode de fabrication..........................
- Dolmen (pseudo-naturel).......................................
- Don de 500.000 francs à la Sorbonne...........................
- Don de 12 millions à une Université technique .......
- Eau rouge ....................................................
- Eaux souterraines en Italie ; étude...........................
- Electrification du réseau de Melbourne........................
- Électricité dans les mines. ... ;.............................
- Engrais ; leur influence sur la conservation des fruits....
- Engrenages en coton...........................................
- Érable (le sable de sucre du jus d’)..........................
- Escaut (sources de 1’)........................................
- Etain d’étamage; sa réutilisation.............................
- Étrusque (langue).............................................
- Expédition à la terre de Croolcer............................. .
- Fièvre aphteuse (contre la) . ................................
- Floraison automnale déterminée par un incendie................
- Floraison précoce en 1912 1......................................
- Forces motrices de la France..................................
- Four électrique à résistance de tungstène pour laboratoire. .
- Fours électriques dans les boulangeries de Vienne.............
- Fromages; maturation par l’électricité........................
- Gaz naturel aux États-Unis....................................
- Gelée (Lutte contre la)....................................... .
- Gramme .......................................................
- Gramme et Paccinotti..........................................
- Graphite (solubilité dans certains carbures)..................
- Grès du Haardt...................................................
- Grottes de lave à la Réunion..................................
- Houille blanche chez la houille noire.........................
- Huile des graines de Forme....................................
- Huiles industrielles nouvelles................................
- Incas; recherches sur leur civilisation.......................
- Industrie aux États-Unis......................................
- Industrie et commerce en Allemagne en 1910................*.
- Institut de paléontologie humaine; travaux ........
- Irrigation (grandioses travaux d’).....................
- Invalides (réorganisation des)...................................
- Jaune d’œuf (pigment du).........................................
- Krakatau, son repeuplement végétal............................. .
- Londres; quelques chiffres.......................................
- Luciférescéine, produit fluorescent de certains insectes lumineux .........................................................
- Magnétos d’automobiles ; son industrie . .....................
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Mammifères quaternaires de l’Alaska...........................105
- "Mammouth : graisse...........................................193
- Marine : cargo-boat avec moteur Diesel..................... 54
- — causes de l’explosion du cuirasse Maine................ 58
- — constructions navales en 1911......................... 82.
- — construction navale, nouveau record.................... 10
- — création d’un service maritime entre l’Atlantique et le
- Pacifique par le canal de Panama.................. 54
- — Hotte marchande du monde .............................. 98
- — motion marine par moteurs Diesel.......................122
- — naufrages en 1909 .................................... 58
- — navigation à moteurs..................................177
- — navire de 10 000 tonnes avec moteurs Diesel .... 74
- — navires nouveaux Calais-Douvres, la Biviera et l’En-
- gadine............................................... 66
- — paquebot à roues, le plus grand du monde.............. 34
- — perte du Titanic......................................161
- — sauvetage en haute mer................................185
- 'Maroc : esclavage..........................................138
- — fouilles archéologiques....................... 146, 170
- — race laitière à introduire............................178
- Microphone pour la téléphonie sans fiL........................193
- Mines et Métallurgie : bourrage extérieur des coups de
- mines en poussières incombustibles................... 26
- — dégagements instantanés dans les mines de houille . . 18
- — hauts-fourneaux et fours à coke en France ; leur énergie
- disponible...........................................114
- — houille en Hollande.................................. 18
- — industrie sidérurgique en Italie...................... 58
- — mines au Tonkin.......................................146
- — mines de radium portugaises.......................... 66
- — minerais de fer de l’Anjou............................. 9
- — minerais de fer en Suède, leur enrichissement, indus-
- triel ............................................... 66
- — statistique mondiale de la houille.................. 106
- — électricité dans les mines............................202
- Mission Legendre au pays Lolo.............................. . 58
- — relative à la maladie du sommeil...................... 26
- — maritime.............................................. 50
- Monument à M. Jansscn.........................................145
- Monument français à Quito.....................................105
- Mortalité infantile à la campagne............................. 42
- Mortalité tuberculeuse en France; diminution..................106
- Moteur Diesel aux colonies....................................145
- Moteur solaire de M. Schuman.................................. 34
- Musée cartographique de Genève................................ 90
- Notabilité en Allemagne...................................... 26
- Nébulosité; scs hauteurs......................................121
- Nécrologie : le Dr Florenlino Ameghino..................... 97
- — Edouard Bornet......................................... 25
- — A. H. Keane (1835-1912)............................... 185
- — le professeur Lannelongue............................. 33
- — le professeur Lebedeff................................161
- — le professeur Montgomery.............................. "1
- — J.-R. Radau............................................ 33
- — Abbott. L. Rotch....................................... 201
- Neige (forme nouvelle de cristal).............................201
- Nerf fonctionnant ne dégage pas de chaleur.................194
- Ocres de bismuth en Californie ............................... 90
- Oppidum gaulois de Mézin..................................... 42
- Œufs ; examen de la qualité au moyen des rayons X . . . . 186
- Œufs du grand pingouin........................................202
- Oxydase des fruits. '......................................... 55
- Pain du temps des Vikings.....................................202
- Panachure des feuilles . .....................................178
- Panama; achèvement du canal................................... 74
- Panama; avancement du canal...................................186
- , Pérou; origine du mot.........................................113
- Perles du Danube........................................... 50
- Pétrole en Argentine..........................................114
- Phares destructeurs d’oiseaux.................................194
- Phénomène lumineux dans la mer des Indes ....... 154
- Pigment du jaune d’œuf.........................................115
- Pingouin (les œufs du grand)................................202
- Pins (le dépérissement des).................................... 81
- Pluies de 1911 en Lozère.......................................170
- Pluie (record de la)........................................... 57
- Poisons des graisses végétales................................. 26
- Ports de Hambourg, Rotterdam et Anvers......................129
- — de Marseille en 1910................................ 33
- Poteries grecques dans les cavernes marseillaises...........194
- Pousses de bambou (constituants des)........................ 57
- Poussières; précipitation par l’électricité.................... 10
- Profondeurs de la mer Adriatique . . ...................... 25
- Radioactivité des composés organiques.......................... 25
- Radioactivité des produits de la dernière éruption de l’Etna. 186
- Radium; résidus de l’extraction................................ 10
- Rayons ultra-violets; leur influence sur la fermentation acétique.......................................................... 9
- Recoupement de source au tunnel du Somport (Hautes-Pyrénées)................................................. ; . . 105
- Règle étalon en quartz fondu................................ 17
- Réorganisation des Invalides................................... 74
- Réservoir d’encre mobile pour alimenter les plumes de dessinateur ..................................................... 90
- Rivière souterraine de Serrigny (Yonne)........................'81
- Rocher de Thomery; son enlèvement..............................105
- Roi, empereur... et inventeur.................................. 98
- Rouille (contre la)............................................121
- Sériciculture (Sa situation en 1912)...........................202
- Service postal d’une grande Compagnie d’électricité .... 73
- Solidarité industrielle......................................... 2
- Solubilité du graphite dans certains carbures.................. 35
- Sources de l’Escaut ; leur descente............................ 66
- Souscription au monument Philippe Thomas....................... 17
- Station centrale pour l’envoi de l’heure....................138
- Statistique canine.......................................... 170
- — commerciale............................................194
- — cynégétique............................................ 42
- — de l’émigration .......................................150
- — du bétail aux États-Unis...............................202
- — de la soie.............................................202
- Sucre ; développement des emplois industriels...............114
- Tchad et Nil; ancienne relation hydrographique..............170
- Télégraphie sans fil : curieuses applications..................114
- — poste de télégraphie sans fil de Coltano (Italie) ... 10
- — station de T. S. F. de Nauen........................... 66
- — télégraphie sans fil en France.........................162
- — télégraphie sans fil dans le monde.....................106
- Téléphonie en Europe au 1er janvier 1911.................... 75
- Température de l’Atlantique; son influence sur le climat de
- la Norvège et sur la pèche...............................106
- Touage ; un nouveau système.................................... 41
- Tourbe au Canada............................................201
- Tremblement de terre .......................................... 65
- Tremblements de terre ; méthode de précision.......... , 89
- Trempe; nouveau mode...........................................146
- Triangulation géodésique des Alpes françaises ....... 89
- Tuberculose; son recul en Prusse............................... 42
- Tunnel sous l’Elbe à Hambourg.................................. 50
- Tunnel du Somport; nouvelle veine d’eau.................162
- Turbodynamos géantes........................................... 41
- Tyrosine dans le fromage de Roquefort.......................... 41
- Vannerie de l’âge de pierre....................................113
- Vent dans la haute atmosphère (La direction et la vitesse du) 65
- Vénus de Laussel............................................. 82r
- Verre nouveau très perméable aux rayons Rôntgen...............169-
- Vibrographe.................................................... 81
- Ville modèle................................................... 34
- Vinicole; production en 1911................................. 114
- YVatlle bark (une nouvelle source de matières tannantes) . . 17
- Zéro du nivellement européen...................................129
- Zoologie : buffles d’Italie................................. . 53
- — carpes; élevage au voisinage des abattoirs.............146
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- Zoologie : éléphant (La force d’un;;
- — hibernation chez les oiseaux.
- — nombre des espèces animales
- — okapi.....................
- 98 II Zoologie : parc aux chenilles . . . 138 — parc zoologique à Berlin . '. .
- 74 — pierre de l’estomac des reptiles
- 90 11 — poisson caméléon.................
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- 82
- 42
- 194
- 146
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Acoustique : Perfectionnement aux phonographes. ... 51
- Aiguiser les couteaux (machine à).............................140
- Automobilisme : Allumages électriques......................... 19
- — Automobiles de campement............................. 140
- — Avance à l’allumage avec les magnétos................. 67
- -r- Avertisseur de dégonflement des pneumatiques. . . . 155
- — Embrayages d’automobiles..............................123
- — Emplâtres pour pneumatique............................131
- — Jumelle compensée Houdaille........................... 91
- — Lève-roue Celer....................................... 75
- — Boutière Case.......................................... . 195
- — Tracteur agricole Edmond Lefèvre......................187
- — Valve Berteau à soupape d’échappement automatique. 179
- -r- Vol des automobiles : pour l’empêcher..................163
- — Freinage des automobiles..............................203
- Auto-timbreur.................................................148
- Aviation : Commande nouvelle pour appareils d’aviation. . 108
- Bière : appareil pour la préparation ménagère................. 60
- Boîtes à ordures hygiéniques.................................. 28
- Bouchon verseur........................................... 44
- Boutons jumeaux...............................................196
- Briquet Pif-Paf............................................... 60
- Cadran bi-horaire. ...........................................132
- Canne-siège Ycrnet............................................ 68
- Carafes (goupillon articulé pour).............................204
- Chauffage : Distribution d’eau chaude par le fourneau de cuisine...................................................... 164
- — Foyer nouveau à air chaud.............................195
- — Réchaud Picotin....................................... 91
- — Sans-clapet...........................................180
- — Tables chauffantes par le gaz......................... 11
- Chemins de fer : Nouveau système d’éclissage..................147
- Chimie pratique : Chauffage à la ficelle......................171
- — Utilisation des vases de verre brisés dans les laboratoires. ..................................................155
- Clôtures économiques en tôle galvanisée.......................172
- Coupe-ficelle nouveau......................................... 60
- Cuisine sans feu.............................................. 52
- Dessin : Chambre claire le Dessinator.........................172
- — Chromographe revolver à 5 couleurs..................... 4
- — Punaise universelle................................... 28
- Dessin industriel : Procédé graphique pour la reproduction des dessins industriels............................... . 131
- Le dodo...................................................... 52
- Échelles ; pour les empêcher de glisser.......................156
- Éclairage : Bec de gaz Jenny................................. "45
- — Nouveau régulateur à gaz.............................. 59
- Électricité : Entretien et charge des accumulateurs. . . 83
- — Indicateur d’allumage................................. 11
- Électricité : Haut parleur ; application nouvelle........... 75
- — Lampe électrique portative le « Cyclope »............ 27
- — Machine électrique à dater...........................180
- — Modifications aux sonneries électriques ordinaires. . . 107
- — Montage de deux sonneries en série..................171
- — Transformation d’une sonnerie en voyant indicateur. . 139
- Entonnoir décanteur Béna........................................172
- Enveloppe calorifuge pour biberon............................... 28
- Essuie-rasoirs.................................................. 3
- Étiquette indéchirable Got...................................... 76
- Fauteuil gymnase Humblot........................................188
- Gomme anli-rouille........................................... 188
- Goupillon articulé pour carafes................................ 204
- Huiles figées : appareil pour leur tirage.......................116
- Hygiène : Le Clarofix........................................... 51
- —; Montage pratique d’un filtre.............................. 75
- — Teinture d'iode instantanée.............................115
- — Le YVomauc, bloc hygiénique pour récepteur télépho-
- nique................................. ..... 43
- Jouets : Aèro-bombe.............................................108
- — Aéroplage nautique...................................... 60
- — Amateur de skating...................................... 44
- — Auto-chahut............................................ 100
- — Auto-transport.......................................... 59
- — Le bon grand-père....................................... 27
- — Le cireur.............................................. 43
- — Conquête du pôle Nord................................... 75
- — Le dormeur et la mouche................................. 12
- — Funicula................................................ 44
- — Grotte-cascade. ........................................ 60
- — Gymnasiarque exerciseur.................................100
- — Jeu des bonnets de coton................................ 43
- — Jeu de tire-bouchon..................................... 51
- — Jouets-aéroplanes en 1911............................. 35
- —- Joueur au cerceau.........................................100
- — Joutes lyonnaises....................................... 91
- — Landais sur échasses.................................... 20
- — Nouveau jeu de dames.................................... 59
- — Le paralytique.......................................... 59
- — Mercure solitaire.......................................196
- — Plongeon.............................................. 100
- — Quelques jouets mécaniques à très bon marché. . . 27
- — Tir Excelsior..................... . . ................. 59
- Lampe à essence munie de briquet................................188
- Lève-portes.................................................... 92
- Machine à écrire pliante......................................... 4
- Machine à traire Dclba..........................................140
- Mécanique : Anti-bélier pneumatique F « Idéal » . . . . 52
- — Bague de serrage Tillé........................ . 91
- — Balance à dénombrer................................... 115
- — Binard automobile Schneider . . ........................107
- — Brasage des raccords de tubes...........................131
- — Câble Ilerzmark pour transmission de mouvements. . 14T
- — Dureté et résistance des céréales.......................107
- — Machine à plomber et étiqueter les bouteilles. . . . 84
- — Tampon en bois armé « le Tcnax »....................... 12
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Mouilleur pour enveloppes.................................... 28
- Moussoire à champagne....................................... 4
- Passoire à thé...............................................196
- Photographie : Cinématographe Olikos à plaques .... 99
- — Contretypes directs................................... 91
- — Fixage avant le développement.........................155
- — Mesure facile de la vitesse des obturateurs...........148
- Pince à homard............................................... 20
- Pince de fortune pour tube de caoutchouc.....................156
- Pisciculture : Aération des viviers et des étangs. . . . 115
- Piocli....................................................... 84
- Porte-fleurs de corsage......................................164
- Projections : Chalumeau oxyacétylénique.....................
- — Lanterne pour l’enseignement...........................
- Râpe à muscade..............................................
- Rayons mobiles pour placards, bibliothèques, etc............
- Relieuse Mèredieu...........................................
- Ronflement : sa suppression.................................
- Saturateur Hygiena.......................................... .
- Suspendeur automatique Rapid................................
- Sonnerie pneumatique........................................
- Sonnerie sans fil « Petit Détective ».......................
- Télégraphie sans fil : Nouveau mât...................... . .
- Timbre simili-électrique....................................
- Vaporisateur nouveau........................................
- Vinaigre : nouvel appareil pour la préparation ménagère. . .
- 27
- 5
- 4
- 152
- 179
- 76
- 148
- 204
- 68
- 92
- 187
- 116
- 44
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- 111. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Aluminium (le distinguer de ses alliages)....................206
- Beurre : pour l’empêcher de rancir...........................142
- Bois : vieillissement artificiel.............................189
- Brasage de la fonte..........................................182
- Cendres de charbon dans l’industrie chimique.................150
- Chenille fileuse du prunier : sa destruction................. 46
- Chiens : les débarrasser des tiques ou ixodes................ 6
- Chlorose des poiriers...........................................126
- Ciments gâchés avec de l’huile.................................. 70
- Ciment pour la réparation des vases de grès.................. 91
- Cols et manchettes usagés en linge imperméabilisé............ 70
- Collage du vin par le lait......................................126
- Colle pour cuir.................................................118
- Colle pour le verre............................................. 46
- Dépôt galvanique sur verre et céramiques.....................165
- Eau oxygénée : pour la rendre stable..................\ . . 102
- Encres sympathiques à base de sucs lloraux................... 22
- Encres sympathiques à base de jus floraux.................... 46
- Éponges 'artificielles..........................................150
- Extincteurs d’incendie : composition............................189
- Feux fusants....................................................166
- Fleurs : coloration par les vapeurs ammoniacales. .... 6
- Fleurs coupées : leur conservation..............................110
- Formol : pour détruire son odeur......................... 166
- Fruits : conservation par le procédé Cooper.....................158
- Fûts à vins : nettoyage désinfectant............................ 47
- Galvanisation des fils d’acier par la poussière de zinc. . . . 182
- Gelées alimentaires résistant aux chaleurs de l’été. .... 189
- Huiles d’olives : décoloration. .............................. 50
- Laiton : pour le teinter en légères marbrures rouges sur fond
- jaune chaud..................................................142
- Lapins nuisibles aux cultures : leur destruction. ..... 135
- Linoléum (faire disparaître son odeur)..........................206
- Mortier de goudron pour sols d’usines.........................150
- Nettoyage des mains salies de cambouis, vaseline, huiles
- minérales....................................................189
- Nettoyage des métaux par mixture liquide........................118
- Papier.: pour le rendre transparent.............................165
- Peintures sur ciment. . . . *................................. 70
- Pipettes de liquides à émanations nauséabondes (remplissage) ..........................................................206
- Plaques omnicolores Jougla.................................... 46
- Punaises et puces : destruction . . . ........................198
- Savon pour les mains salies de cambouis................. . . . 22
- Soudure : bâtons pour l’application sans décapage............. 46
- Taches de naphtol (5............................................ 70
- Taupes : destruction dans les jardins........................... 57
- Torches : leur confection.......................................110
- Trous dans les bouchons de liège : pour les percer............ 94
- Vernis : nouvelle sorte......................................... 22
- Vins : mauvais goûts dits d’œufs gâtés.......................... 47
- Vinaigre incolore avec du vin rouge............................. 22
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Les talons trop hauts (Dr A. G.)............................ 5
- La lainette (Dr A. C.). . . . ............................. 21
- La diminution de la consommation d’eâu-de-vie (Dr A. Cartaz). 29
- Les antipyridines (Dr A. C.)................................ 37
- La vaccination par brûlure (Dr A. C.)....................... 57
- Les eaux d’alimentation et la carie dentaire (Dr A. C.). . . 45
- Les bébés empoisonnés (Dr A. G.)............................ 45
- Le Botulisme (D1' R. Bornier). ............................. 62
- Bandage en toile métallique................................. 69
- La guérison du cancer (Dr It. Burnier)...................... 85
- «
- Origine de la pellagre (Dr A. G.)........................... 93
- La consommation des viandes provenant d’animaux tuberculeux (Dr A Cartaz)..........................................117
- L’enfumage iodé (Dr A. Cartaz)..............................125
- Les vertus de la grande consoude (Dr A. C.).................150
- Le marron d’Inde en thérapeutique...........................157
- L’acide citrique en chirurgie (Dr A. C.). ..................174
- Correction des troubles de la parole (Dr A. C.).............181
- Contre le mal de mer (Dr A. C.).............................189
- . La rage dans l’armée française (Dr A. C.).................. . 197
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- V. — VARIÉTÉS.
- Concours d’appareils militaires d’aviation.................. 13
- A propos des graines sauteuses (H. Coupin)................. 21
- Les déchets des principaux fruits et légumes frais
- (A. Truelle)............................................... 30
- L’ensimage des laines (A. Chaplet)...................... . . 45
- Mesures prises contre les inondations en Silésie (R. Bornait). 54 Quand vous achetez une boîte de sardines (F. Marre). ... 61
- Le recensement de 1911........................................ 77
- Conséquences d’un hiver sans neiges ni frimas (A. Truelle). 85 La longévité des animaux des jardins zoologiques (R. Merle). 93 Valeur des peintures anti-rouille (A. C.)...................101
- La météorologie en France en 1911..........................109
- Le bétail de la Suisse et les syndicats d’élevage..........125
- Exploitation de l’alfa en Algérie (II. Bljn)...............153
- Les Marocains et l’hygiène.................................141
- Contre les puces.............................................. 150
- Organisation des usines allemandes de chimie (A. Chaplet). 157
- Quel est l’âge légal des œufs frais? (A. Truelle)..........165
- Comment acheter un essaim? (F. Marre)......................173
- Les variétés de « casse » des vins (II. R.)................181
- La quadrature du cercle et l’Acadc'mie des sciences .... 205
- Les dangers de la kaïnite pour les animaux de la ferme. . . 205
- VI. — DIVERS.
- Résumé météorologique (Ch. Dufour). 5, 29, 69, 101, 141, 173 If Résumé météorologique............................ 197
- Bulletin astronomique (E Touchet).................... 53, 149 jj
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAHURE 9, Rue de Fleuras, 9
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