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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE ~ JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an................... 20 fr. » Départements. Un an.
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- LES SOIXANTE-DIX-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC TROIS TABLES DÉCENNALES
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- QUARANTE ET UNIÈME ANNÉE
- 1913
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET O, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 110, BOULEVARD S A1 N T - G E R M AI N
- J J J
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- 41e ANNÉE. — N° 2063.
- 7 DÉCEMBRE 1912.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- NOUVEAUX CRUSTACÉS PRIMAIRES
- Les problèmes les plus intéressants de la paléon- point de départ nécessaire. À cet égard, il faut bien tologie sont ceux qui portent sur les terrains les dire de suite que nous sommes et serons sans doute
- Fig. i. Marrella splendens (X3), face ventrale; — Fig. 2. Marrella splendens (X4), face dorsale; — Fig. 3. Burgessia bella (X3), face dorsale; — Fig. 4. Hymenocaris perfecta (gr. nat.), face dorsale et Leanchoilia superlata (au-dessous); — Fig. 5. Burgessia bella(X4), vweswr le côté;— Fig. 6. Mar-; relia splendens (X3), échantillon légèrement tordu.
- plus anciens et qui nous font connaître les plus anciennes faunes. Toutes les dicussions relatives aux diverses théories de l’évolution ont, en effet, là leur
- 41e année. — icr semestre,
- toujours fort mal renseignés sur les origines de la vie. Pour une foule de raisons qu’il serait trop long d’exposer ici,- les terrains ont d’autant plus de
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- 2 .............— NOUVEAUX CRUSTACES PRIMAIRES
- chances d’avoir été transformés par ce qu’on appelle le métamorphisme qu’ils remontent à un âge plus reculé. Dans ce métamorphisme, toute trace d’organisme s’est trouvée éliminée ou, s’il en subsiste un indice problématique, c’est presque toujours dans des conditions qui portent à discussion et qui peuvent faire croire à une simple apparence trompeuse, à un jeu de la cristallisation. Toutefois, il est maintenant certain que les terrains fossilifères placés en tête de nos listes avaient succédé déjà à beaucoup d’autres, dont le dépôt avait pu durer des milliers d’années. On a eu beau reculer cette origine des êtres organisés connus, de la faune première à la faune primordiale à Paradoxides, puis à la faune du cambrien inférieur à Olenellus, enfin à la faune précambrienne des Montagnes Rocheuses, on continue, jusque dans ces profondeurs de la série stratigra-phique, à trouver, au lieu des animaux simplifiés prévus par des théories trop rapides, au lieu des protistes, des êtres déjà très complexes, très diversifiés : des mollusques, des annélides, des crustacés ; d’autres aussi qui, malgré leur constitution rudimentaire, ont réussi à survivre jusqu’à notre époque, comme la patelle de forme conique qui couvre aujourd’hui les rochers de nos côtes, comme la lingule qui a traversé sans changement d’un bout à l’autre toute la série des âges, etc. Mieux on connaît ces faunes primaires, plus cm s’aperçoit que les animaux y obéissaient déjà aux lois du monde actuel, qu’ils étaient déjà, comme aujourd’hui, divisés par provinces zoologiques, influencés par les conditions variables des climats, des courants, des rivages, etc.
- A cet égard, un des géologues qui ont le plus fait pour perfectionner nos connaissances est Charles Walcott, un Américain qui a dirigé longtemps le service géologique des États-Unis et qui, grâce à cette situation, a pu centraliser les premières recherches sur tous les points d’un immense territoire; après quoi, chaque fois qu’on lui avait signalé un affleurement intéressant, il allait s’y- établir avec une équipe d’ouvriers et l’explorait de fond en comble. C’est à lui que l’on doit la première notion précise sur la constitution des trilobites, ces cu-
- rieux crustacés qui abondent dans le silurien avec des formes déjà si variées et si caractéristiques. C’est lui également qui, dans la colossale entaille du Grand Canon du Colorado, où la nature semble avoir préparé tout exprès une coupe pour le bonheur des géologues, a étudié la faune précambrienne, à laquelle je faisais allusion plus haut ; c’est lui encore qui l’a retrouvée plus au Nord, au Montana, dans ce qu’on appelle la série de Belt, etc. Une des dernières découvertes de ce savant est moins sensationnelle puisqu’elle porte sur le cambrien moyen. Elle y révèle cependant une si belle série de crustacés, d’holothuries, de méduses, d’an-nélides, etc., qu’il me paraît utile de la signaler brièvement.
- Il s’agit de la faune de Burgless en Colombie Britannique.
- La faune de Burgless paraît avoir vécu dans une baie tranquille, peu profonde, en communication facile avec la haute mer, où se déposait une boue fine qui, sur un point spécial d’environ 40 mètres de rayon, s’est trouvée exceptionnellement propice à la conservation des formes organisées, bien que celles-ci aient été écrasées comme elles le sont presque toujours dans les terrains de ce genre.
- Si, pour ne pas entrer dans des détails zoologiques trop compliqués, nous nous bornons à la classe des crustacés, nous voyons que, dès cette époque si reculée, il existait au moins cinq branches distinctes, Branchiopoda, Malacostraca, Trilobites et Merosto-mata, divisées en 15 genres qui accusaient déjà une longue lignée d’ancêtres. Pour Walcott, cette lignée ancestrale- se relierait aux Apodidae, d’où viendraient les Branchiopoda, dont les trilobites seraient un rameau. Je me borne à reproduire quelques figurés qui donneront une idée de cette curieuse faune et de son merveilleux état de conservation.
- La figure 1 représente la face ventrale d’un trilo-bite, appartenant à une famille nouvelle, la Marrella splendens. Elle met en évidence les antennules (a) recourbées en arrière qui partent des angles antérolatéraux, l’appendice (m), les lobes branchiaux ou épipodites (br), l’abdomen (ab), enfin l’une des deux épines postérieures (x).
- Fig. 7. — Carnarvonia venosa (gr. liât.). Face dorsale des deux valves de la carapace étendues sur la surface du schiste.
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- LE BATEAU-FEU a LE HAVRE » ....r - 3
- La figure 2 représente le dos du même animal avec sa carapace c, ses grandes, antennules a, : sa mandibule ni et son abdomen ab. Sur la figure 6, on distingue nettement les yeux saillants. (e) de cet animal sur la forte carapace céphalique (c). et les cinq paires d’appendices céphaliques (ni).
- Les figures a et 5 montrent une nouvelle espèce de Branchiopoda, les Burgessia (Burgessia bella). Sur la figure o, on voit la face dorsale avec la structure interne apparaissant à travers une mince carapace : l’estomac (st),. le canal intestinal (i), les cæcum hépatiques (kd), la relation de ceux-ci avec le canal alimentaire (cl), les pattes thoraciques (ihl) ; enfin la région abdominale (ab). La figure 5 montre le même animal de profil.
- La fig. 4 montre deux espèces nouvelles du groupe des
- Malacostraca : un Mymenocaris et une Leanchoilia.
- , Enfin nous, ajoutons sur une figure distincte (fig. 7), pour la beauté de sa conservation, un échantillon d’une nouvelle espèce, de Malacostraca, la Carnarvonia, où l’on voit remarquablement, à travers les deux valves de la carapace aplaties côte à côte, le muscle adducteur (a dm) et les fines ramifications partant de la tête.
- Ces Malacostraca, auxquels se rattachent nos cloportes, sont, d’une façon générale, caractérisés par la réunion de presque tous ou même tous les segments thoraciques avec la tête en un céphalothorax portant deux paires d’antennes, tandis que l’abdomen, avec 6 segments, est toujours nettement séparé. Comme le montre la fig. 7, il existe souvent une carapace dorsale bivalve. À. Latour.
- LE BATEAU-FEU « LE HAVRE »
- Pour signaler, la nuit, aux navigateurs, certains points dangereux : hauts-fonds, bancs de sable, sur lesquels la construction de phares ou de balises n’est pas possible, soit parce que les points à occuper n’émergent pas, même à basse-mer, soit parce que la nature du sol ne se prête pas à l’élévation d’ouvrages résistants, on emploie deux sortes de signaux : les bouées lumineuses et les feux flottants. Ces derniers sont de véritables petits phares portés par des bateaux mouillés aux points à éclairer. Si le feu est peu important, personne ne le garde. Il est abandonné à lui-même et brûle nuit et jour du gaz d’huile comprimé, que débitent des réservoirs arrimés dans le bateau-feu : c’est un feu permanent, qu’un bateau baliseur vient de temps en temps ravitailler en gaz.
- Pour les feux flottants dont le rôle est plus important, et dont l’extinction pourrait avoir de graves conséquences, pour ceux surtout qui comportent des signaux sonores, destinés à fonctionner seulement en cas de brume, ils sont généralement gardés. Le bateau-feu porte alors tout un équipage qui a pour rôle, non seulement d’assurer le maintien du
- navire à son poste et la continuité de l'éclairage, de faire fonctionner lorsqu’il est utile les signaux de brume (sirènes et cloches), mais encore de procéder à des observations météorologiques, en même temps qu’à des constatations de visibilité des feux allumés dans son horizon.
- C’est ainsi qu’en France, les bateaux-feux de San-detti et Ruytingen près deDunkerque, deRochebonne, près de Rochefort, signalent aux navigateurs des bancs ou des plateaux dangereux.
- Le bateau-feu qui, actuellement en construction aux Forges et Chantiers de la Méditerranée au Havre, doit être prochainement mouillé au large de la Hève, jouera un rôle différent : c’est un repère d’atterrissage'; c’est-à-dire . qu’il 'indiquera le point- vers lequel les navires doivent se diriger, au lieu de les inviter- à s’éloigner des régions dangereuses.
- C’est un peu l’application chez nous d’une théorie assez en faveur chez les Américains, et suivant laquelle on indique aux navigateurs les points successifs qu’ils doivent atteindre, au lieu de leur laisser un champ plus libre, et de se borner à leur en marquer les limites. La méthode nouvelle, en réduisant plus
- U arrière du bateau*feu le Havre.
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- l’initiative laissée au commandant du navire, réduit les chances d’erreur de route; mais, en revanche, concentre, en temps de brume, un grand nombre de navires dans une région resserrée, et, en diminuant les probabilités d’échouage, augmente peut-être les chances d’abordage.
- Cependant l’exemple de New-York, où des parages brumeux, et soumis à une circulation intensive sont ainsi balisés au moyen de cloches sous-marines appelant, l’une après l’autre, le navigateur, semble montrer que ce système mérite confiance. L’essai qui en sera fait en France avec le nouveau bateau-feu sera d’ailleurs à plus d’un titre intéressant.
- Le bateau-feu le Havre portera, en effet, non seulement un signal lumineux, mais encore une sirène de brume, une cloche sous-marine et un signal hertzien.
- Le signal lumineux sera un feu à éclats rouges à optique de 0 m. 10 de distance focale, où la
- mobile est mis en mouvement par une petite turbine à air comprimé système Rateau. Un mouvement d’horlogerie assure au moyen de cames la mise en marche et l’arrêt de la sirène suivant un rythme déterminé, caractéristique du bateau-feu.
- La cloche sous-marine est mue elle aussi à l’air comprimé. Tous nos grands paquebots fréquentant l’Amérique sont actuellement munis de récepteurs microphoniques leur permettant d’entendre les cloches sous-marines et de se diriger vers elles d’après les intensités des sons perçus à tribord et à bâbord. Ils règlent leur marche de manière à obtenir de part et d’autre des intensités aussi égales que possible, et peuvent ainsi se diriger, par une route légèrement sinueuse, sur le point d’émission des sons. Nous possédons déjà, en France aussi, quelques autres cloches sous-marines (à Calais, à Cherbourg, au phare en mer d’Àr-Men, etc.)
- Le bateau-feu en route.
- source est une lampe électrique Nernst, à douze filaments verticaux. Comme sur tous les bateaux-feux, l’optique est attachée par une suspension à la Cardan, à une tourelle, sorte de mât militaire de 10 mètres environ de hauteur, au sommet de laquelle elle se trouve enfermée dans une lanterne. Malgré le roulis du bateau, le feu reste donc horizontal. Le mouvement de rotation de l’optique, nécessaire pour la production des éclats, est déterminé par la chute d’un poids le long de coulisses placées à l’intérieur de la tourelle. La rotation se fait sur billes. Il est possible d’ailleurs que la rotation soit, plus tard, commandée par un moteur électrique, ce qui éviterait la sujétion du remontage périodique du poids moteur. Le feu sera allumé toutes les nuits; les autres signaux sont au contraire spécialement destinés à fonctionner en temps de brume.
- La sirène de brume, analogue— quoique non identique, aux sirènes à air comprimé déjà employées dans certains phares de la côte, rentre dans le type classique de Cagnard de la Tour. Le disque troué
- Enfin, le signal hertzien est destiné a être utilisé par les bateaux (malheureusement encore peu nombreux) munis de récepteurs indicateurs de direction. Par temps de brume, le bateau-feu émettra, en Morse, de façon intermittente, mais suivant un rythme fixe, la lettre H (initiale du mot Havre). Les ondes seront fournies par des étincelles musicales donnant Yut 4, et transmises par une antenne horizontale disposée de manière à assurer une longueur d’onde de 150 mètres (maximum toléré pour les signaux hertziens par la Conférence internationale de T. S. F. qui s’est tenue à Londres en 1912). On peut compter dans ces conditions sur une portée d’une trentaine de milles pendant le jour, et sur une portée double pendant la nuit. Le service des phares a adopté, en France, pour les signaux hertziens, le parti qui consiste à faire émettre par le phare des ondes non dirigées, et à laisser aux navires le soin de fixer eux-mêmes la direction de l’émission, en se munissant des appareils nécessaires à cet effet. Les Allemands ont adopté le système contraire, qui con-
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- siste à installer des postes émettant dans différents secteurs des signaux différents, de manière qu’il suffise aux navires d’être munis d’un poste récepteur rudimentaire (antenne, détecteur et écouteur micro-phonique) pour pouvoir déterminer immédiatement dans quel secteur ils se trouvent. Ce système, qui est séduisant, puisqu’il permet aux petits bateaux de profiter des signaux hertziens, paraît avoir conduit à de graves difficultés. En France, plusieurs autres postes hertziens sont déjà installés : tels celui d’Ouessant et celui de l’île de Sein (Finistère) qui se différencient l’un de l’autre non seulement par la lettre émise, mais encore par la hauteur de l’étincelle qui diffère d’une quinte, de l’un à l’autre.
- Pour actionner ces divers appareils, ainsi que les machines propulsives du bateau-feu, qui est automoteur pour être en mesure de reprendre son poste, en cas de déradage, celui-ci dispose de vapeur, d’électricité et d’air comprimé.
- On voit que ce navire constituera une véritable petite usine flottante, et qu’il y a loin du bateau-feu moderne au simple feu à huile, à peine différencié d’une bouée lumineuse, qu’on installa sur une barque à l’ancre, pour constituer le premier feu flottant.
- Le bateau-feu d’aujourd’hui diffère d’ailleurs du navire de commerce par ses formes spéciales, cal-
- culées de manière à diminuer autant que possible les réactions de la houle sur l’optique. On s’astreint pour cela à donner au bateau une période de roulis qui soit plus grande que toutes les périodes de houle constatées dans la Manche. On sait, en effet, que si les vagues imprimaient au navire un mouvement de balancement synchrone de sa période propre, les oscillations pourraient croître au delà de toute limite, devenir désordonnées, causer des déplacements excessifs de l’optique et même devenir dangereuses pour la sécurité du bateau qui n’est pas maître, étant à l’ancre, d’aborder les vagues comme il lui plaît. La photographie ci-jointe montre comment, pour aboutir à ce résultat, on a muni le bateau d’une quille principale en fonte de dimensions inusitées, et de deux larges quilles latérales, destinées à amortir les mouvements de roulis. Grâce à ces précautions, le navire présente, sur des flots agités, des oscillations lentes et douces, presque toujours amples, mais dont l’amplitude même ne peut jamais dépasser une limite acceptable de 20° de part et d’autre de la verticale. Le faisceau lumineux émis par l’optique reste ainsi horizontal, et, dans les mers les plus houleuses, balaie, d’un mouvement régulier, l’horizon. Il sera visible, par beau temps, à une distance de plus de 50 kilomètres. André Dachs.
- L’ALCOOL"1
- Ce titre est celui d’un tout récent et très beau livre dù à M. Louis Jacquet. M. Jacquet s’est proposé d’écrire l’histoire complète de l’alcool aussi bien à l’étranger qu’en France : histoire technique, économique et juridique. Et c’est bien la documentation la plus abondante et la plus méthodique qui ait jamais été publiée sur le sujet. Le moment en est bien choisi; la lutte contre l’alcoolisme est aujourd’hui pour la France une impérieuse nécessité nationale. M. Jacquet, qui est industriel et a voulu écrire un livre industriel, ne s’est pas attaché à faire œuvre de propagande antialcoolique. Mais en mettant en lumière, avec une parfaite netteté et une entière impartialité, tous les aspects du problème complexe de l’alcool, il a rendu le plus signalé service à tous ceux, philanthropes, législateurs, hommes d’action, qui voudront combattre utilement le mal dont notre pays souffre aujourd’hui si profondément.
- « L’alcool richesse nationale, l’alcoolisme péril national », •s’écrie M. Jacquet. Cette formule saisissante résume admirablement la question. Sans avoir la prétention de condenser ici en quelques lignes un livre aussi nourri de faits et de chiffres que l’est celui de M. Jacquet, nous nous proposons d’en extraire quelques données qui suffiront à faire comprendre la justesse de sa thèse.
- L’alcool, richesse nationale. — Dans quelle mesure l’alcool contribue-t-il à la richesse nationale? C’est ce qui résultera clairement, croyons-nous, des chiffres ci-dessous.
- En tête des produits alcooliques fournis par la France viennent les vins. La France est de beaucoup le plus
- 1. L'alcool, par M. L. Jacquet. 1 vol. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 17 i'r, Paris 1915.
- grand producteur de vins qui soit au monde et ceux-ci jouissent d’une réputation universelle. La vigne couvre 5,5 pour 100 de notre territoire. La récolte est extrêmement variable en quantité et qualité selon les années. La crise du phylloxéra de 1876 à 1892 a porté à l’une et à l’autre des coups terribles dont notre vignoble n’est pas encore complètement guéri.
- En 1909 on a récolté 54.446.000 lit de vin valant 999.670.000 fr.
- 1910 — 28.530.000 — 1.110.103.000
- 1911 — 44.886.000 — 1.331.785.000
- Les cidres et poirés sont plus variables encore que le vin; 19900000 hectolitres en 1908, 9 700 000 en 1909, 12 500 000 en 1910. La récolte de 1910 représentait une valeur de 145 millions de francs.
- Les principales sources d’alcool proprement dit en France sont, d’une part, la distillation des vins, cidre et poiré, les marcs et lies, résidus de la préparation du vin, et certains fruits (cerises, prunes) qui fournissent les alcools dits naturels; d’autre part, la betterave de distillerie, les mélasses, résidus des sucreries, et les grains (maïs, riz, seigle, orge) qui fournissent les alcools dits d’industrie.
- Voici, dans les 5 années 1908, 1909, 1910, le chiffre
- de la production de nos alcools : Alcools (en hl à 100°) 1908 1909 1910
- 1 Vins 211.672 200.000 189.000
- Y compris 1 Cidres et poirés 36.000 66.000
- la production | Marcs 261.000 128.000
- évaluée des ( Fruits 58.000 24.000
- bouilleurs de J Betteraves . . . 1.259.000 1.173.000 1 .182.000
- cru. ' Grains. . ; . . 362.000 356.000 464.000
- ^Mélasses. . . . 448.000 478.000 505.000
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- 6 -...——........:= L’ALCOOL
- Le total de la production d’alcools naturels, en 1910, représentait une valeur de 66 700 000 francs; les alcools d’industrie étaient comptés pour une valeur de 70 000 000 de francs.
- Ces chiffres ne font pas ressortir pleinement l’importance du rôle joué par l’alcool dans notre agriculture. A vrai dire, c’est, un élément puissamment régulateur dont l’effet s’étend sur deux de nos plus grandes cultures : la vigne et la betterave. Quand le vin est en grand excès et que cette abondance fait baisser les prix provoquant la mévente, le vigneron a intérêt à distiller ses vins de qualité inférieure.
- De même la distillation des marcs et lies, en permettant de tirer parti d’un sous-produit, réduit utilement les frais de fabrication.
- De même aussi l’alcool est intimement iié à la prospérité de la culture de la betterave. N’oublions pas que celle-ci est un facteur important de l’alimentation à bon marché.
- « La caractéristique de la betterave, dit M. Masson, secrétaire de la Fédération des Sociétés agricoles du Pas-de-Calais, est d’être une plante améliorante, parce qu’elle exige une fumure copieuse, des engrais abondants, des mains-d’œuvre et sarclages répétés. Tout cela, lorsque c’est payé par la récolte de betteraves, a pour effet de profiter à la culture du blé qui suit, alors que déjà une bonne partie de la dépense est amortie. Si, au contraire, la betterave se vend mal, presque tous les frais sont reportés sur le blé. En outre, la betterave, par ses pulpes, favorise l’élevage. »
- Le fait que les résidus de distillerie, tour teaux et drèches, constituent un bon élément pour le bétail, donne à la distillerie tous les caractères de l’industrie agricole-type. La distillerie est l’annexe rationnelle de la ferme.
- Son but véritable est la fabrication de l’aliment pour le bétail; l’alcool est simplement un sous-produit rémunérateur. C’est ainsi que la fabrication de l’alcool est comprise en Allemagne où est énorme le nombre des distilleries agricoles, traitant surtout le grain et la pomme de terre.
- Chez nous, le régime légal de l’alcool empêche le développement de la distillerie agricole et la plupart de nos distilleries industrielles du Nord sont de vastes usines, à grand débit.
- ' Que devient l’alcool brut dont nous venons d’analyser la production? La majeure partie sert à la confection de spiritueux et liqueurs de tous genres, une trop faible part est employée dans la parfumerie ou les industries chimiques, ou encore soumise à la dénaturation pour fournir un agent de chauffage, d’éclairage et de force motrice.
- L’impôt, les manipulations et les transactions commerciales donnent une plus-value énorme à l’alcool de consommation.
- En 1910, le commerce de gros exportait pour 49 millions de spiritueux et en écoulait dans le pays pour 565 millions. Ceux-ci, lorsque le néfaste liquide parvient au consommateur, se sont multipliés; une somme énorme de 1594 millions a été déboursée dans les cabarets et débits de France. Sur ce chiffre, l’Etat a perçu la cjuote part respectable de 555 918 000 francs.
- Faut-il ajouter à ces chiffres celui des personnes que font vivre la préparation ou la vente de l’alcool? En
- 1909 : 1 564 000 propriétaires récoltants de vins, 1 095 000 bouilleurs de cru non contrôlés, 479 898 débitants, 55770 marchands en gros, 15 500 distillateurs et bouilleurs de profession, 18 000 loueurs d’alambics ambulants. Pour être complet, il faudrait indiquer encore le nombre d’employés de la régie affectés à la surveillance de l’alcool.
- Ces dônnées montrent quels intimes rapports lient l’alcool sous toutes ses formes à la vie économique de notre pays. Elles ’ font comprendre plus aisément pourquoi tous les efforts tentés contre l’alcool ont jusqu’ici échoué, paralysés par une coalition d’intérêts, certains fort respectables.
- L’alcoolisme, péril national. -— Jusqu’aujourd’hui, les pouvoirs publics n’ont pris aucune mesure efficace contre le développement de la consommation de l’alcool. Le tableau ci-contre montre les progrès du mal depuis 1850. Il représente, par année, la quantité d’alcool consommée en France; elle était en 1850 de 1 1. 12 par habitant; elle est en
- 1910 de 5 1. 59, après avoir passé par le maximum de 4 1. 70 en 1898, et de 4 1. 66 en 1900. Ces chiffres ne représentent que la consommation apparente administrativement constatée; ils ne comprennent pas les quantités consommées en franchise par les bouilleurs de cru; ils ne comprennent pas davantage le vin, le cidre, ni la bière. Aussi ne faudrait-il pas tirer une conclusion optimiste de l’abaissement de la courbe depuis 1900. Les années de récolte abondante en vin et cidre font baisser provisoirement la consommation apparente de l’alcool.
- Les augmentations de taxe provoquent aussi des fléchissements momentanés; en 1872, les droits de consommation ont été portés de 90 à 150 fr. par hectolitre; en 1900, ils ont été élevés à 220 fr., tandis que les boissons dites hygiéniques étaient dégrevées., L’effet de
- 1830 3 i
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- SB 58
- 1860 62 64 66 68 1870 72
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- 76 C 78 1880 82 84 86 88 1890 92 94 96 98 1900 02 04 06 08, I9IO
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- Hectolitres dalcoolpur
- Graphique indiquant en hectolitres d’alcool pur la consommation de l’alcool en France de i83o à igio.
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- MACEDOINE, SALON1QUE ET THRACE . 7
- ces taxes est visible sur le graphique : on peut se rendre compte qu’il n’est malheureusement pas durable. Et il faudrait ajouter que toute surtaxe est un nouvel encouragement à l’activité des bouilleurs de cru et à la fraude. En fait, il semble exact de dire que la consommation de l’alcool est en progression constante.
- Les effets néfastes de l’abus de l’alcool sont tristement mis en évidence par la comparaison du taux de la consommation par département et du taux de la mortalité ! On peut classer, dit M. Jacquet, les départements en 5 catégories : les départements où les décès dépassent 2 pour 100 de la population, ceux où ils sont compris entre 1,75 et 2 pour 100; enfin ceux où le pourcentage se tient entre 1,50 et 1,75 pour 100. Parmi les 18 départements qui appartiennent à cette 3e catégorie, la consommation individuelle d’alcool est inférieure à 2 litres, sauf pour 5 départements, le Nord 4J1.'27, la Loire-Inférieure 2 1. 26, le Loiret 2 1. 21. Le département à plus faible mortalité, la Creuse, ne consomme que 1 1. 12 et dans presque tous les départements de celte catégorie, la consommation est inférieure à 1 1. 50. Par contre, en tête des départements de la lre catégorie, apparaissent le Calvados et la Seine-Inférieure, les deux départements qui, avec l’Eure et la Somme, ont la plus forte consommation. Celle-ci dépasse 12 litres par habitant dans la Seine-Inférieure.
- Il n’est plus besoin de démontrer aujourd'hui que l’alcool est un poison ; on se souvient de la polémique retentissante qui éclata, il y a quelque 10 ans, entre E. Duclaux, le distingué directeur de l’Institut Pasteur, et les hygiénistes anti-alcooliques. Duclaux, s’appuyant sur des expériences physiologiques indiscutables des Américains Ahvater et Benedict, soutenait que l’alcool était un aliment, et même un aliment de choix. Bien entendu, Duclaux proclamait le danger de l’absorption excessive d’alcool, mais le déclarait inoffensif à petite dose : « La zone inoffensive, dit-il, correspond environ pour l’homme moyen à 1 litre de vin par jour, ou bien à la quantité correspondante d’eau-de-vie. »
- Les observations quotidiennes des médecins, surtout des médecins d’hôpitaux et cl’asiles d’aliénés, donnent tort à Duclaux. L’absorption régulière d’alcool, même à faible
- dose, suffit souvent, surtout pour les organismes déjà déprimés par la fatigue, à provoquer l’alcoolisme, cette « vieillesse anticipée », selon le mot de Lannelongue.
- « L’alcoolisme, dit M. Jacquet, exerce surtout ses ravages dans la population ouvrière qui absorbe environ les 4/5 de l’alcool total, livré à la consommation, et il est hors de discussion que dans ce milieu social, il devient un facteur important de la tuberculose, de la criminalité, de la folie, de la mortalité. ))
- D’autre part, il ne faut pas oublier, surtout lorsqu’on recherche les causes profondes de l’alcoolisme, le grand fond de vérité des théories soutenues par Duclaux : l’alcool est à la fois un poison et un aliment. C’est un aliment bon marché malgré les taxes qui le frappent, et surtout c’est un aliment dont l’action est rapide et puissante. Aussi exerce-t-il une tentation presque irrésistible sur tous ceux qui, forcés de fournir un effort physique considérable, ne peuvent cependant s’alimenter qu’im-parfaitement. On aurait grand tort de croire que l’ouvrier qui s’alcoolise soit tenté par les plaisirs de l’ivresse. La misère, les salaires insuffisants, les fatigues physiques excessives sont les véritables pourvoyeurs de l’alcoolisme populaire. Toutes ees causes sont parfaitement mises en lumière par M. Jacquet : et aussi l’influence néfaste du cabaret, ce « salon du pauvre » ; ses lumières, sa gaieté, son luxe relatif, exercent une attraction invincible sur l’ouvrier mal logé, forcé d’entasser sa famille dans les logis trop étroits et malsains que lui imposent les villes.
- L’évolution sociale, qui pousse les campagnards vers les villes, accroît chaque jour Tes contingents exposés aux ravages de l’alcoolisme, Et jusqu’ici, les rares mesures législatives opposées à ses progrès, ont été complètement inefficaces. Un projet de loi salutaire, soumis récemment à la Chambre, limitait le nombre des débits; un vote inexplicable et inexcusable l’a repoussé. Il est donc grand-temps que tous les bons Français s’unissent pour mener avec plus de vigueur que par le passé le bon combat. M. L. Jacquet nous révèle, avec une parfaite précision, les positions exactes de l’ennemi; grâce à lui, la lutte se livrera en terrain découvert et la victoire sera plus aisée.
- A. Troixer. ,
- MACÉDOINE, SALONIQUE ET THRACE
- Les commodités de l’Orient-Express ont habitué les visiteurs de Constantinople à s’y rendre par cette voie, la plus confortable et la plus directe. Cependant une autre route de terre mérite au plus haut degré d’être parcourue, bien que plus longue de deux jours (arrêts non compris) : c’est le détour par Usküb, la Macédoine, Salonique et la Thrace. En raison des événements actuels, nous présentons ici quelques vues des beaux pays ainsi traversés.
- Le chemin de fer de Salonique quitte la grande voie à Nisch, la célèbre forteresse serbe ; remontant la haute Morava, il pénètre en Macédoine par le versant du Yardar, où la première grande ville est Usküb. Rien de plus pittoresque que le coup d’œil sur cette cité. Dans un fertile bassin agricole, vers 300 m. d’altitude, au pied des hautes montagnes neigeuses du Schar-Dagh (Ljubotin 2740 m.) (derrière lesquelles se cachent P riz rend et l’Albanie), Us-
- küb, comme toute la Macédoine, expose la plus bariolée population de. Turcs,' Serbes, Albanais, Bulgares et Grecs. Son' aspect, les jours de marché est inoubliable, de même que la silhouette de ses minarets, de sa haute citadelle et de sa bizarre Tour-d'Horloge. Ses vicissitudes historiques lui ont successivement donné pour maîtres : les Romains, les Slaves, les Bulgares, Byzance, de nouveau les Bulgares au xme siècle, le grand empire serbe du xivesiècle, les Turcs, et maintenant...?... C’est de là que se détache vers le nord l’embranchement de Mitrovitza dans la direction de Novi-Bazar.
- D’Usküb à Salonique, la descente du Vardar est magnifiquement variée. D’abord dans des plaines, ou les champs de pavots sont cultivés autour de villages en paillotes, chaume et terre battue, groupés sous de petites mosquées. A Kôprülü (fig. 1), un vieux; pont turc, en bois, voit son tablier emporté, puis
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- renouvelé à chaque grande crue du Vardar. Les jours de foire, les costumes serbes sont particulièrement éclatants ; les jeunes filles portent d’amples culottes bouffantes serrées aux chevilles, des gilets à riches broderies d’or, les cheveux tressés en longes nattes dans le dos et sur la tête une très voyante et très coquette petite toque.
- ^'Çuest là que le Vardar et le train pénètrent en-
- des plus grandes curiosités de l’Orient. Son histoire n’est qu’une longue série de changements de domination, du moins jusqu’en 1430, date où les Turcs l'emportèrent. Par son admirable situation, elle excita toujours les convoitises. La plus tragique de ses infortunes est le sac de l’an 904. Dans un ouvrage remarquable et rare (J), G. Schlumberger a raconté de façon saisissante comment, à cette date, les pirates sarrasins ayant établi leur repaire à la forteresse de Chandax, en Crète, ravagèrent et dépeuplèrent la malheureuse Thessalonique. Dans « la belle cité surprise sans défense... la population tomba aux mains des vainqueurs, qui massacrèrent sur-le-champ tout ce qui n’était pas jeune ou riche, par conséquent bon à emmener.... Le vainqueur, outre le butin immense, emmena 22 000 jeunes gens et jeunes filles.... Chandax devint le champ de foire infâme de tous ces infortunés si heureux encore quelques jours auparavant ». Au xxe siècle, les
- w?
- Fig. i. — Kôprulu.
- semble dans d’étroites et hautes gorges montagneuses (fîg. 3), traversant plusieurs villages turcs accrochés aux falaises. Après Démir-Kapu,
- Fig, 3. — Gorges du Vardar.
- à l’issue des ^premiers défilés, l’ancienne porte de fer dé Macédoine, large de 50 m., la voie établie trop près du fleuve est souvent emportée par ses inondations ; Ta dernière gorge dite. « des, Tsiganes » a 10 km de long. Avant Salonique, des campagnes marécageuses • pourront être, aisément enrichies par des drainages, car le sol alluvionnaire s’y montrera d’une fertilité étonnante; d’énormes tumulus les dominent; la plupart n’ont pas encore été fouillés.
- Salonique, que l’on visite trop peu, demeure une
- Fig. 2. — Usküb.
- prises de grandes villes se perpètrent moins cruellement! Les beautés de Salonique sont multiples : sa position d’abord, au fond du grand golfe et du port très sûr d’où l’on peut voir au sud-ouest, par temps clair, la grande échine du mont Olympe. Puis l’animation de ses vieux quartiers, où toutes les races de l’Orient sont mélangées avec une intense couleur locale. Enfin les architectures de toutes les époques : monuments et bas-reliefs romains (arc de Galérius) ; maisons et vieilles basiliques byzantines, ces dernières toutes transformées en mosquées; murailles et tours du moyen âge qui, de leur ceinture encore complète, courent dans les plus fantastiques escalades, du haut en bas de l’amphithéâtre de collines développé autour de Salonique. Avec leurs brèches croulantes au travers desquelles pointent les arbres et les minarets (fîg. 4), avec leurs, vieilles portes doubles ou triples^ (fîg. 4), avec . leurs tortueux fossés larges où- paissent les brebis, ces murs ne sont pas moins précieux à con-
- 1. Un empereur byzantin au x°siècle: Nicéphore Phocas. Paris. Firmin-Didot, 1890,
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- Fig. 4. — Salonique : 1, Porte Yéni-hapour; — 2, Citadelle; — 3, Coin byzantin; 4, Basilique Saint-Démétrius ; — 5, Murailles de Salonique. (Clichés E.-A. Martel.)
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- server que les triples remparts de Constantinople.
- Or, en 1910, les Turcs songeaient à jeter bas ces remparts ; souhaitons que les nouveaux possesseurs de Salonique, quels qu’ils soient, sachent les sauvegarder comme une belle relique du passé.
- Tout récemment, les mosquées de Salonique sont devenues des trésors d’art, parce qu’en grattant le badigeon de leurs coupoles et de leurs murailles, on y a découvert d’admirables mosaïques byzantines :
- Fig. 6.
- Canon du Iiara-Su.
- Fig. 5. — Draina.
- d’abord en 190 7, à la mosquée d’Àïa-Sophia, pendant les travaux de reconstruction nécessités par l’incendie de 1894, qui détruisit 10 000 maisons; ensuite et surtout dans la mosquée de Kassimié,l’intacte et pure basilique de Saint-Démé-trius, datant du vie siècle. C’est Là que M. Marcel Letourneau a étudié et relevé, depuis 1908, toute une série de nouvelles mosaïques couvrant entièrement le mur du bas-côté gauche. On y voit une procession de grandes figures incrustées de nacre et d’or, aux visages extrêmement expressifs ; quatre autres ornent les piliers de l’abside et une se trouve dans le bas-côté droit. Dans la mosquée Eski-Djouma, le même architecte a retrouvé, toujours depuis 1908, une autre suite de 56 mosaïques du plus beau dessin ornemental; le tout paraît remonter au ve siècle et peut rivaliser avec les plus merveilleuses œuvres du même genre conservées à Constantinople, Ravenne, Rome, Torcello, etc.
- Il faut encore à Salonique parcourir l’actif quartier juif, monter à la porte de la citadelle et, suivant l’extérieur des murailles nord, rentrer par la porte de Yéni-Kapour; ici de majestueux platanes séculaires abritent un de ces coins de rêve tranquille qui s’appellent un café turc. Les heures passent trop vite à Salonique.
- Pour rejoindre la grande ligne, à Kuleli-Burgas (entre Andrinople et la désormais historique Lüle-Burgas), la traversée de la Macédoine orientale et de la Thrace n’est pas moins attrayante que la descente du Yardar.
- On longe d’abord le joli lac de Dojran, jugeant au passage, d’après les ponts cassés et le défoncement des roues, de la négligence des Turcs en matière de viabilité. Sérès confine à un autre grand lac et pourra devenir un très prospère centre de culture. Actuellement les rizières alternent avec les marécages, où ondulent des forêts de roseaux, égayés par les grands vols de cigognes aux allures d’aéroplanes. Sur les portions de terrain en relief s’alignent les plantations de mûriers, et de grands troupeaux paissent l’herbe destumulus, non moins imposants et intacts que ceux de Salonique et d’Asie Mineure. Pour surveiller un défilé de la rivière Angista, un poste fortifié de gendarmerie (fig. 7) n’arrêterait guère qu’une patrouille. Ici et avant Otchysla ligne rase les lèvres d’un charmant ___ petit canon calcaire (cré-
- tacé ou jurassique supérieur) fort étroit, d’une cinquantaine de mètres de profondeur, rappelant beaucoup ceux du Chas-sezac dans l’Ardèche. On y aperçoit les orifices de cavernes inexplorées,, sous lesquelles s’abritent les moutons et, sur le
- Fig. 7- — Poste fortifié d’Anjista.
- plateau, se voit nettement le lit abandonné de l’ancien cours d’eau jadis plus large. Dans ces paragës, les géologues trouveront ample matière à exercer leur sagacité. Draina, hérissée de minarets (fig. 5), et où abondent les types et costumes curieux entre des montagnes de 1800 m., pourrait donner beaucoup plus d’extension à ses récoltes de tabac si l’on endiguait son trop capricieux torrent (fig. 5). La cofits-truction d’un chemin de fer jusqu’au portdeKavala, et le drainage de la grande plaine inculte où subsistent les frustes ruines de l’antique Philippi assu-
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- reront l’essor économique de toute cette région. En traversant les villages de Mousretly et de Yénikeni, on aperçoit nombre de femmes très spécialement parées de voyants fichus et tabliers rouges et jaunes. Plus loin, les gorges de la Mesta ou Kara-sou, descendue des monts Bhodope, sont plus encaissées encore que celles du Yardar, plus méandriques surtout (fig. 6).
- Elles constituent un grandiose canon de 150 à 500 m. de profondeur, où des barres calcaires, sciées par l’abaissement progressif du torrent, s’en-tre-croisent à l’infini comme des coulisses de décor. Il a fallu 20 tunnels pour descendre 20 kilomètres sur la rive gauche. Brusquement, ce canon cesse (comme celui de l’Ardèche à Saint-Martin) dans la grande plaine de Sarysaban où le drainage aussi
- devra porter ses bienfaits. Citons encore le site délicieux d’Eskidje, entre des tumulus. L’un de ceux-ci est précédé d’une enceinte carrée et les archéologues sont loin d’avoir terminé leur besogne dans ces contrées. À Dédéagatch, en ce moment à l’ordre du jour, la voie ferrée touche à la mer Egée. Enfin, elle remonte les plaines inférieures cje la Maritza. Quand on appliquera dans celles-ci, selon un projet sérieusement étudié par une société française, les procédés d’irrigation grâce auxquels les Etats-Unis d’Amérique transforment peu à peu en greniers d’abondance leurs déserts du nord et de l’ouest, on fera aisément de la Thrace une région fructueusement productive. Comme la Macédoine, elle n’attend, pour s’épanouir en pleine floraison, que la lumière d’un jour nouveau. E.-A. Martel.
- LA POLYEMBRYONIE
- Un seul œuf peut dans certains cas donner naissance à plusieurs animaux. On a donné à ce phénomène le nom de polyembryonie. Celle-ci peut être artificielle ou naturelle.
- La polyembryonie artificielle ou expérimentale est connue depuis quelque temps déjà. Dès 1887,
- Chabry a montré qu’en séparant les deux premières cellules provenant de la division d’un œuf d'Ascidie, on obtient deux larves complètes, mais plus petites que la larve normale, et qu’en séparant les quatre premières cellules, on obtient quatre larves complètes plus petites encore. Ces expériences ont été répétées sous diverses formes sur un grand nombre d’animaux : par Drieseh chez les Oursins, par Zoja chez les Cœlentérés, par Drieseh, Crampton, chez les Ascidies, par Wilson chez l’Amphioxus, par Ilert-wig, Ilerlitzka, Morgan, Spemann chez les Batraciens, etc.
- Ces résultats ont même servi d’argument dans un difficile problème qui divise depuis longtemps les savants s’occupant du développement des animaux. En effet, les uns admettent que l’œuf contient déjà en puissance tous les éléments de l’être qu’il formera ; dans ce cas, la séparation. des deux premières cellules provenant de cet œuf devrait donner
- deux demi-êtres de taille normale et non deux êtres entiers moitié plus petits. Les autres pensent que la substance germinale de l’œuf est d’abord
- indifférente et quelle se différencie peu à peu en cellules et en organes bien individualisés sous l’influence du milieu. Ces expériences de polyembryonie expé-rimentale leur donnent raison, sans toutefois être suffisantes pour faire accepter exclusivement leur théorie d’épi genèse.
- Notre but n’étant pas de discuter les données de ce problème encore irrésoluble, nous ne parlerons pas des longues et nombreuses discussions qu’il a soulevées.
- A côté de cette polyembryonie artificielle, il en existe une autre naturelle, de même qu’à côté de la parthénogenèse artificielle ou expérimentale existent des faits de parthénogenèse naturelle, comme si la nature se plaisait à prévenir nos expériences et à les réaliser avant nous.
- Le mérite de la découverte de la polyembryonie naturelle, à laquelle on a donné encore le nom de germinogonie, revient à M. Paul Marchai, professeur à l’Institut agronomique, tout récemment élu membre de l’Académie des Sciences, et il n’est pas douteux que cette belle découverte a été un de ses principaux titres à cette élection.
- Fig. i. L’hymènoplère Encyrtus fuscicollis piquant les œufs de l’Byponomeule (grandeur naturelle). —Fig. 2. Le même, grossi, au moment ou il plonge sa tarière dans un œuf. — Fig. 3. Un œuf d’Encyrtus (grossi 35o fois).
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- C’est en 1898 qu’il la fit. On sait que, depuis quelques années, on cherche à se débarrasser des insectes nuisibles en trouvant et multipliant les parasites qui les infestent et les détruisent. M. Marchai étudiait alors le parasitisme des Hyménoptères vivant aux dépens d’autres insectes dévastateurs de récoltes. Bugnon avait déjà signalé dans les chenilles
- YEncyrtiis ne devait envoyer qu’un œuf unique dans l’œuf de l’Hyponomeute et que par suite l’œuf du parasite devait se dissocier plus tard en un grand nombre d’embryons. »
- LesHyponomeutes, vulgairement nommés teignes, sont des petits papillons d’environ un centimètre, dont les chenilles mangent les feuilles des arbres
- © /
- Fig. 4. — Le développement de l’œuf dans la chenille : 1, aussitôt après la ponte; 2, un peu après; 3, pendant Vhiver; 4, au milieu, d’avril [les œufs deviennent nombreux); 5, fin avril; 6, au milieu de mai.
- de divers papillons du groupe des Hyponomeutes (teignes du fusain, du pommier et du prunier) de longues chaînes de larves qu’il avait vues se développer en petits Hyménoptères parasites, de l’espèce Encyrlus fnscicollis.
- « La singularité des faits ainsi signalés, dit M. Marchai, me porta à approfondir la question.
- Je voulus connaître d’un bout à l’autre la vie de cet énigmatique Chalci-dien, et lorsqu’un jour je le vis pondre dans l’œuf de l’Hyponomeute, j’eus le sentiment que je me trouvais en présence d’un des faits les plus inattendus que les études embryogéniques pussent nous révéler, celui que j’ai décrit sous le nom de polyembryonie spécifique. Etant donnés les conditions dans lesquelles s’effectuait la ponte et le nombre limité des œufs du parasite, il s’imposait en effet à l’esprit que, à chaque coup de sonde,
- fruitiers : pommier, prunier, cerisier, etc. Les chenilles se montrent au printemps sur les arbres et tissent une tente de soie commune à tout un groupe ; les papillons paraissent en juillet et août, et pondent chacun une cinquantaine d’œufs groupés en une plaque jaunâtre contre un rameau. C’est sur cette ponte que le petit Hyménoptère va exercer ses ravages. Il accourt sur le groupe d’œufs, se campe sur la ponte et pique méthodiquement chaque œuf à son tour (fig. 1). En le piquant avec sa tarière, il y introduit un de ses propres œufs. Chaque opération demande une demi à deux minutes; après un instant de repos, l’Encyrtus se déplace et va recommencer le même travail sur un autre œuf, un peu plus loin. Lorsqu’il a ainsi piqué tous les œufs d’une ponte ou au moins la plus grande partie, il s’envole et
- Fig. 5. — La chenille ' d’Hyponomeule réduite à son enveloppe et cloisonnée en un grand nombre de loges occupées chacune par une ' larve d’Encyrtus prête à se transformer.
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- va chercher sur un autre rameau une nouvelle plaque jaunâtre de même nature pour y continuer ses opérations, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous ses œufs soient placés. La piqûre de YEncyrtus n’est pas mortelle pour l’œuf de l’Hyponomeute ; celui-ci continuera son développement et donnera naissance à une chenille.
- Cette chenille passe l’hiver à l’abri, dans la ponte de sa mère papillon, en compagnie de ses sœurs, sans ressentir aucun dommage de la présence en son sein de l’œuf de YEncyrtus, son ennemi. Au printemps, elle se réveille, sort de son abri et va brouter les jeunes feuilles qui viennent de naître. C’est à ce moment que l’œuf de YEncyrtus se réveille également, il s’accroît avec une grande rapidité, se divise et bientôt forme un long cordon renfermant une centaine de petites larves ; tandis qu’en hiver, l’œuf n’avait que 0mm,09, le cordon atteint dans les derniers jours d’avril 0mm,5 ; vers le milieu de mai, il a o ou 4 millimètres, et vers le 10 juin 5 centimètres de long. La chenille de l’Hyponomeute parasite a d’ailleurs également beaucoup grandi et arrive en juin également à sa taille définitive.
- Les larves d’Encyrtus, qui jusqu’alors avaient respecté leur hôte, se mettent à le dévorer et en quelques jours ne laissent de la chenille que son enveloppe rigide et momifiée (fig. 5). Vers le milieu de juillet, on voit sortir de la chenille du papillon
- une centaine et même parfois jusqu’à 180 Hyménoptères ailés. Le miracle est accompli. Chose remarquable, tous les Encyrtus éclos dans la même chenille sont du même sexe.
- Cette extraordinaire histoire de YEncyrtus n’est pas un cas isolé. M. Marchai a observé un autre Hyménoptère, le Platygaster minutus qui parasite les larves d’un Diptère extrêmement nuisible, la Cécidomye destructive. Celle-ci s’attaque aux jeunes tiges de céréales dont elle suce la sève ; le Platygaster pond son œuf dans l’estomac de la larve et il en sort une douzaine de petits Platygas-ters tous de même sexe. La Nature a déjà parlé (n° 2019, 5 février 1912) d’autres faits de polyembryonie observés récemment par Fernandez, puis par Newmann et Patterson chez un mammifère, le tatou ; ici encore l’œuf se divise en 2, puis en 4 cellules qui se séparent pour donner chacune un individu complet, si bien que les portées de tatous sont de 4 jeunes, tous de même sexe.
- La polyembryonie spécifique ou germinogonie n’est donc pas une simple curiosité. Elle soulève de nombreux problèmes : celui de la prédétermination de l’œuf dont nous avons parlé plus haut à propos de la polyembryonie expérimentale et aussi celui de la détermination du sexe dans l’œuf, pour ne citer que les principaux. Nous laisserons au lecteur le soin d’y réfléchir, leur discussion dépassant de beaucoup le cadre de cet article. René Merle.
- LA VACCINATION ANTITYPHOIDIQUE
- Simple histoire d’une très grave épidémie.
- Avignon est Tune des villes les plus originales et les plus pittoresques du Midi ; c’est aussi l’une des plus dangereusement infestées par la fièvre typhoïde. Cette maladie en a fait son fief. Précisons. S’if est un témoin qui reflète fidèlement l’état sanitaire d’une cité, c’est assurément sa garnison. Issus, pour la plupart, d’une souche rurale, les jeunes incorporés ont rarement éprouvé les atteintes de la fièvre typhoïde. Ils arrivent donc au régiment avec un coefficient de réceptivité excessive pour les germes infectieux. De là, le nombre élevé des cas de fièvre typhoïde qu’ils présentent dans les villes insalubres, à Avignon notamment.
- En voici la preuve. De 1892 à 1912, la ville d’Avignon a coûté à l’armée, au seul titre de la fièvre typhoïde, 1265 cas et 118 décès!
- La cause presque univoque de cette situation si triste réside dans la qualité souvent dangereuse des eaux de boisson de cette ville. Ces eaux sont profondément souillées. Le bacille typhique y accède avec la plus grande facilité.
- Il ne faudrait pas croire que la population civile soit, elle-même, à l’abri du même germe. Chaque année, les statistiques obituaires d’Avignon enregistrent de 10 à 50 décès dus à la fièvre typhoïde, ce qui correspond à un nombre de cas six à huit fois plus fort. Vienne, comme en 1912, une infection massive des eaux, et les habitants, cependant mithridatisés en très grand nombre par une atteinte précédente, paient, à leur tour, un tribut
- formidable à l’épidémie. C’est ce qu’on a observé récemment.
- S’il m’a paru utile de signaler ici cette épidémie, ce n’est pas seulement parce qu’elle apporte la preuve du rôle prépondérant que revendiquent les eaux potables adultérées, dans l’étiologie des grandes épidémies, c’est encore et surtout parce qu’on y trouve la démonstration de l’admirable efficacité de la vaccination préventive contre la fièvre typhoïde, à l’aide du vaccin polyvalent.
- Dans un article paru il y a quelques mois, sous la signature du Dr Combe, celui-ci a fait connaître aux lecteurs de ce journal la protection assurée par la vaccination antityphique dans les armées étrangères, en même temps que les principes de la nouvelle méthode adoptée, à l’Institut antityphoïdique du Yal-de-Grâce, pour la préparation du vaccin (voy. n° 2017).
- Les résultats donnés par ce vaccin polyvalent ont été décisifs. Les faits ci-après en démontreront encore la haute valeur :
- Endémique à Avignon, dès le mois de juin 1912, la fièvre typhoïde a pris tout à coup, au mois de juillet, un développement intense et terrifiant. La ville entière a été envahie. Aucun quartier n’a été respecté. Les cas se succédaient en grand nombre. Dans certaines rues, presque toutes les maispns comptaient des malades....
- En quelques semaines, il y a eu au moins 2000 cas, avec 64 décès, pour 49 000 habitants. Pour la ville de Paris, ce chiffre équivaudrait à 114 000 cas de fièvre
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- typhoïde et à 5057 morts. Qu’on se représente l’impression que ferait une telle épidémie dans notre capitale !
- Au mois d’août, le maire et le directeur du bureau d’hygiène m’ont demandé du typho-vaccin. Celui-ci a été mis aussitôt à leur disposition. Les personnes vaccinées furent épargnées par la fièvre typhoïde..
- Quant à la garnison, elle ne pouvait échapper à une explosion épidémique aussi grave. Son effectif présent était de 2053 hommesi Sur ce nombre, 525 avaient été immunisés avant l’épidémie. Dès l’apparition de celle-ci, 84'] autres demandèrent à être immunisés avec le même vaccin polyvalent. Au total, le nombre des vaccinés a donc été cle 1366. Les 687 hommes restants, non vaccinés, ont ainsi servi de (( témoins ».
- Le bilan de l’épidémie militaire s’établit comme il suit : il y a eu, dans la garnison, 155 cas de fièvre typhoïde avec 22 morts.
- Comment se répartissent ces cas et ces décès? La réponse est simple.
- La fièvre typhoïde a frappé les seuls militaires qui n’avaient pas reçu les injections immunisantes. En d’autres termes, les 155 cas et les 22 décès ont été observés uniquement chez les 687 non vaccinés.
- Quant aux 1366 hommes ayant reçu le vaccin polyvalent, ils ont été entièrement épargnés par la terrible maladie. Aucun n’a présenté même le plus léger embarras gastrique.
- Chez les non vaccinés (le tiers de la garnison), un
- ACADÉMIE t
- Séance du i décembre 1912. -
- La constitution des sucres. — MM. Daniel Berthelot et Gaudechon mettent en lumière leur nouvelle méthode d’analyse organique par les rayons ultra-violets pour résoudre les problèmes les plus délicats de la constitution des sucres. Les sucres cétoniques sont attaqués par l’ultra-violet initial avec dégagement de gaz oxyde de carbone pur ; les sucres aldéhydiques par l’ultraviolet moyen, avec dégagement de deux volumes d’oxyde de carbone pour un volume d’hydrogène ; les sucres purement alcooliques par l’ultra-violet extrême avec dégagement de volumes égaux d’oxyde de carbone et d’hydrogène.
- , La culture des mousses. — M. Servettaz décrit la culture de diverses espèces de mousses en culture pure, c’est-à-dire à l’abri de tout germe étranger. Il a déterminé les meilleures conditions de température et d’éclairement pour obtenir ainsi le développement de ces végétaux. Certaines espèces ont même donné ainsi les tiges feuillées portant les organes reproducteurs.
- Greffe des plantes herbacées. — Si. L. Daniel a réussi à greffer des plantes de milieux humides sur des plantes de milieux secs, en adaptant au préalable les premières à des terrains de moins en moins humides. Il a ainsi pu greffer le myosotis des marais sur l’héliotrope des champs, le cresson de fontaine sur le chou moellier.
- Cartographie de la région polaire antarctique. — M. le Dr Charcot envoie 11 cartes complétant les travaux hydrographiques de sa première expédition polaire antarctique, à l’aide dés données recueillies au cours de sa deuxième campagne. Ces cartes ont été dressées par le lieutenant de vaisseau Bongrain et l’enseigne Godfroy. Elles portent, en cartouches, les plans des mouillages et abris pouvant ètre-utilisés dans ces régions. Cette hydro-
- homme sur un peu plus de quatre a contracté la fièvre typhoïde ; un homme sur trente et un en est mort. Par contre, tous les vaccinés (les deux tiers de la garnison) ont pu traverser impunément la rafale épidémique, une des plus redoulables que l’on ait jamais vues, sans même être effleurés par elle.
- Voilà, par conséquent, une sorte d’immense expérience sur l’homme qui apporte, s’il en était besoin, un nouvel et imposant témoignage à l’appui de l’efficacité de la méthode immunisante.
- Et j’ajoute : partout où cette méthode a été appliquée, chez des milliers d’individus, en France et à l’étranger, elle a donné le même résultat : la protection a été complète, absolue.
- De tels faits expliquent, sans doute, l’extension si rapide de la typho-vaccination par le vaccin polyvalent. Depuis le début de l’année, il a été demandé à mon laboratoire des quantités de vaccin pour immuniser 140000 personnes appartenant non seulement à l’armée, mais encore à la population civile (hommes, femmes, enfants même très jeunes). Les immunisations ont été effectuées partout sans inconvénients.
- Je ne puis donc que conseiller très vivement, à tous ceux que guette le germe de la fièvre typhoïde, et tout particulièrement aux jeunes gens et aux jeunes filles, de se faire vacciner contre cette redoutable maladie, trop souvent mortelle. prof< jp Yincekt.
- Membre cle l’Académie de Médecine.
- S SCIENCES
- Présidence de M. Lippmann.
- graphie de toute la côte ouest de l’antarctide sud américaine s’étend de 64 à 70 degrés de latitude sud. La terre Alexandre Ier et la terre Adélaïde avaient été aperçues, la première, par Bellingshausen, la seconde par Biscoë, mais leur configuration et leurs dimensions ne sont connues que par les travaux de la deuxième expédition qui, de plus, a découvert les terres Loubet, Fallières et Charcot. Le « Pourquoi Pas » a donné aussi des renseignements sur des mers inconnues. Ses sondages permettent d’affirmer la continuité des côtes du continent antarctique.
- Le rôle magnétique des océans. — M. A. Berge t explique la fonction magnétique des océans. Wilde, qui cherchait à reproduire expérimentalement sur une sphère la distribution si complexe du magnétisme à la surface de la terre ne put y parvenir qu’en recouvrant d’une feuille de tôle les parties de la sphère correspondant aux océans. Cependant l’eau de mer n’est nullement magnétique. M. A. Berget explique le rôle de la mer en s’aidant de la théorie archimédienne de l’écorce terrestre, d’après laquelle tout élément de cette écorce est en équilibre hydrostatique sur le magma placé au-dessous. Il suit de là que la partie supportant un continent doit s’enfoncer davantage que la partie recouverte par la mer. Enfin, il suit encore de là que l’écorce terrestre doit être plus épaisse sous les continents que sous les mers. Dès lors sous les mers, le magma central doué de propriétés magnétiques s’approche davantage de la surface du géoïde. Ce supplément de matière magnétique, situé sous chaque océan, joue donc naturellement le rôle des plaques de fer du magnétorium de Wilde et en explique le fonction-* nement jusqu’ici quelque peu mystérieux.
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- LA SYNTHÈSE DU SUCRE
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- Toxicité des graines de nielle. — Mlle Marie Korsakoff a recherché la composition chimique des .graines de la nielle des blés. Ces graines peuvent rendre le pain vénéneux à cause de la saponine qu’elles renferment. Les jeunes graines ne contiennent que des traces de cette saponine, tandis que les graines mûres en renferment une forte proportion. En même temps que la saponine s’accumule, les sucres disparaissent peu à peu dans la graine et leur disparition paraît jouer un rôle dans la formation de''la
- substance vénéneuse. .......-
- Le manganèse en agriculture. — M. Nottin s’est appli-
- qué à rechercher l’action du manganèse dans le sol. La terre jouit vis-à-vis des sels de manganèse d’un pouvoir absorbant ainsi qu’à l’égard des sels ammoniacaux ou potassiques et de l’acide phosphorique. Le calcaire et l’argile sont les éléments constituants qui provoquent la réaction; les eaux de drainage n’entraînent pas ces sels.
- Élections. — M. Guye, de Genève, est élu correspondant de la section de chimie en remplacement de M. von Baeyer, de Berlin, et M. Balland, de Saint-Julien (Ain), correspondant de la section d’économie rurale en remplacement de M. Pagnoul. Cn. de. Villedeuil.
- «as»
- LA SYNTHÈSE DU SUCRE
- 11 est, parmi la multitude des matières sucrées que la nature nous offre, deux grandes catégories : celles qui sont formées d’une seule molécule à A, 5, 6, etc., atomes de carbone, celles d’autre part qui résultent de l’union des précédentes à une ou plusieurs d’entre elles avec élimination d’eau. Dans cette dernière classe rentrent les sucres proprement dits, ceux qui nous sont d’un usage courant comme le saccharose ou sucre de canne, le lactose ou sucre du lait, le maltose ou sucre de l’orge germé. Ainsi la constitution du sucre de canne s’établit par la formule suivante :
- CsHia0G + C8HiaOs —C12U220n + H* O
- Glucose. Lévulose. Saccharose. Eau.
- Or, si par plusieurs méthodes très diverses, on est aujourd’hui parvenu à reproduire synthétiquement ces molécules simples qui constituent les sucres de la première catégorie, si partant d’un corps à un atome de carbone comme le formol, on a pu condenser cette molécule six fois sur elle-même pour en faire le lévulose racémique à 6 atomes de carbone, réalisant par là l’œuvre de la nature au sein même de la plante, jamais jusqu’à présent on n’est arrivé à reproduire artificiellement cette condensation plus spéciale d’une molécule de glucose et d’une molécule de lévulose, composants du saccharose, jamais on n’a pu de ces deux composants retourner au composé. Tout au plus a-t-on allié ensemble, comme l’ont fait Grimaux et Adam à l’aide de l’acide chlorhydrique, puis Bill avec la maltase ferment de la levure, deux molécules de la même espèce, deux molécules de glucose par exemple, et encore les produits obtenus ont-ils été identifiés de façon très douteuse !
- Par voie chimique ou biochimique, le problème de la combinaison de sucres de constitutions différentes n’a pas trouvé de solution satisfaisante.
- Les récents travaux de MM. Bourquclot et Bridel viennent pourtant d’éclairer cette question d’un jour tout nouveau. Ces chimistes ont cherché à résoudre d’une façon définitive le problème tant controversé. L’action d’une diastase est-elle réversible? Le ferment qui dédouble le sucre de canne en glucose et lévulose est-il capable de provoquer la condensation inverse du glucose et lévulose en saccharose? Tendant au même but, les essais de Fischer et Armstrong sur la synthèse du lactose composé de glucose et de galactose, ceux de Visser sur la reproduction de la salicine composée de glucose et de salégénine avaient été infructueux. Boürquelot et Bride! ont repris
- les idées de Visser et au lieu de s’essayer "à la synthèse des sucres, ont tenté celle de composés plus simples, celle des glucosides. - 1.
- Les glucosides sont des produits trouvés dans les organismes végétaux et qui semblent servir à leur défense •: ils touchent sur plus d’un point à la grande famille des sucres. Ils sont des combinaisons d’une substance sucrée de la première catégorie, généralement le; glucose, avec d’autres substances : alcools, phénols, etc. Ce sont en réalité des sucres moins complexes qui = ont, échangé leur seconde molécule à plusieurs fonctions alcool contre une molécule n’en possédant qu’une seule.
- C’est sur ces substances que MM. Bourquelot et Bridel viennent de démontrer d’une façon indiscutable la réversibilité des actions fermentaires. Ils' ont tout d’abord remarqué que si un ferment agit pour dédoubler ces glucosides, cette action est une simple action de contact se produisant d’autant mieux que le liquide est plus aqueux, mais étant encore incomplète même dans l’eau pure. Voulant alors établir le bien-fondé de leur affirmation annonçant l’arrêt de l’hydrolyse comme déterminé par la limitation et la réversibilité de la réaction, ils ont tenté la réaction inverse : la synthèse du glucoside dans les mêmes conditions. A cet effet ils" ont mis en contact dans de l’alcool à 85° du glucose et de la sali-génine, corps qui par leur combinaison devaient reproduire la salicine en présence de l’émulsine, ferment qui les dédouble. En réalité, ils ont extrait du mélange non pas la salicine, mais le glucoside de l’alcool ordinaire, l’éthylglucoside, en proportion très considérable. Certes, il n’v a pas là une solution complète du problème, mais il y a bien la preuve d’une action synthétisante du ferment qui permet d’entrevoir la possibilité de beaucoup d’autres.
- Ainsi le même ferment qui a dédoublé la salicine en glucose et alcool saligénique a été capable de rebâtir une molécule de glucose et d’alcool, corps de composition différente et cela avec un très grand rendement. Pourquoi ne serait-il pas capable de produire la condensation du glucose avec cet autre alcool qu’on nomme lévulose et dont l’alliance produirait le saccharose ou sucre de canne ? Certes les conditions sont encore à trouver, mais elles apparaissent dès à présent comme réalisables. Il ne semble plus utopique d’entrevoir le détrônement de la betterave ou de la canne à sucre le jour où notre sucre sera fait de toutes pièces comme nous avons su faire la vanilline et plus récemment le camphre.
- André Detœuf.
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- LE DRESSAGE DES POULES
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- Quiconque possède une basse-cour s’étonnera que des dresseurs aient eu le talent et la patience de transformer des poules en « animaux savants ». Consultez éleveurs et fermiers, et ce sera un cri général : il n’est point de bête au monde aussi stupide que l’utile pondeuse. Elle n’est bonne qu’à produire des œufs; n’attendez pas d’elle des traits d’intelligence!
- M. Torcat a voulu battre en brèche cette théorie : il exhibe une troupe de soixante-dix coqs et poules qui exécutent au commandement des tours assez compliqués. Nous citerons les principaux :
- Un petit coq de combat, de la race dite naine anglaise, s’installe sur un grand cerceau de bois et le fait avancer en déplaçant adroitement ses pattes ; une manœuvre analogue permet à une poule de se tenir en équilibre sur une sphère qu’elle fait rouler.
- Accroupie sur le cadre d’une minuscule bicyclette, une autre poule sait parfaitement actionner la roue motrice, et un coq de la race crève-cœur exécute des acrobaties sur un fil de fer.
- D’amusantes pantomimes entraînent la collaboration de plusieurs acteurs. Attelée à un chariot, une poule en véhicule une autre, cependant qu’un coq de Padoue, dont les plumes hérissées donnent à sa tête embroussaillée un aspect étrangement comique, court de-ci de-là en feignant d’aider ses camarades. C’est le clown de la troupe ; c’est son « Gugusse ! »
- L’intelligent dresseur a mis à l’épreuve plusieurs centaines d’oiseaux avant de porter son choix sur ceux qu’il exhibe. Ils se montraient réfractaires à
- toute éducation dans une proportion considérable. L’œuvre de sélection devint plus aisée quand M. Torcat eut remarqué que les coqs de races pures faisaient preuve de plus grandes aptitudes que ceux de races métissées. L’observation est déconcertante. N’avons-nous pas constaté bien souvent autour de nous que les chiens de races pures sont loin d’être aussi intelligents qu’un vulgaire « roquet » à l’ascendance obscure et compliquée?
- Autre observation intéressante : pendant la période de la mue, les oiseaux, quand ils ne refusent pas obstinément de travailler, ne le font qu’à contrecœur, si l’on peut dire ; ils sont distraits, comprennent de travers les commandements coutumiers, manifestent un invincible besoin de repos. Aussi, M. Torcat s’est-il décidé à accorder des vacances à ses « artistes » pendant cette période; mais, pour ne pas chômer, il a enseigné les mêmes tours à plusieurs oiseaux. Les « premiers sujets », les « étoiles », ont chacun trois « doublures », toujours prêtes à les remplacer en scène.
- A notre connaissance , c’est la première fois que des gallinacés font leur apparition au théâtre — sans tenir compte, naturellement, du traditionnel « poulet de carton ». — Ces débuts de la basse-cour dans un monde plus relevé valaient la peine d’être signalés. Us nous donnent un nouvel exemple de dressage et nous rappellent, en somme, que tout animal, si inférieure que nous apparaisse son intelligence, est susceptible d’éducation.
- V. F.
- Les poules dressées : en bas, une poule attelée à un chariot; dans le médaillon, une poule en équilibre sur une sphère.
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie La-hure, rue de Fleuras. 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2064.
- 14 DECEMBRE 1912.
- LE PONT DE LA ROCHE-BERNARD
- La Roche-Bernard est une pittoresque petite ville du Morbihan située sur la Vilaine à • environ 15 km de son embouchure, qui était depuis longtemps renommée pour son pont suspendu, de près de 200 m. de portée et jeté sur la rivière à une hauteur de 56 m. au-dessus du niveau
- des hautes eaux (42 m. à basse mer). Depuis septembre 1911, ce pont, dont l'étroitesse ne pouvait laisser passage qu’à une seule voiture à la fois et dont l’état de vétusté nécessitait une complète réfection, a été remplacé par un large pont métallique dont la construction fait le plus grand honneur à la maison Daydé et Pillé; il est d’ailleurs établi sur un type très analogue
- à celui du pont du Métropo-... -- ' litain de Paris, construit par la
- même maison et qui franchit la Seine en amont du pont d’Austerlitz. |
- C’est un pont métallique, à treillis, formé par un arc à trois
- Le pont pendant la reconstruction.
- articulations dont l’ouverture est de 198 m. 270; la hauteur du tablier au-dessus des plus hautes eaux est de 55 mètres, un peu moins que celui du pont suspendu existant antérieurement. L’articulation médiane est située à 17 m. au-dessus du niveau du tablier.
- L’arc repose sur des culées nouvelles en maçonnerie de granit, accolées aux anciennes que surmontaient les portiques du pont suspendu; les abords du pont, viaducs en maçonnerie de granit avec ouvertures en plein cintre, ont été conservés, mais les portiques ont été supprimés après achèvement de l’ouvrage métallique, car pendant sa construction ils avaient été utilisés pour supporter les pièces métalliques provisoires qui, prolongées en arrière vers les rives où elles étaient solidement ancrées, servaient à guinder et à équilibrer l’énorme porte-à-faux des deux demi-arcs métalliques s’avançant l’un vers l’autre jusqu’au point mathématique où devait être réalisée l’articulation médiane.
- Le pont achevé.
- Hautes eaux
- Le pont de La Roche-Bernard.
- La chaussée a une largeur de 7 m. permettant maintenant le croisement de deux voitures venant en sens inverse; elle est constituée par un pavage en granit sur voûtes en briques et bordée de trottoirs en carreaux céramiques. Le nouveau pont est franchi parla ligne à voie de 1 m. des chemins de fer du Morbihan qui unit maintenant, sans solution de continuité, Vannes à Guérande et dessert utilement une région industrielle jusqu’alors privée de chemin de fer et pour laquelle la création de ce nouvel ouvrage d’art a été un inappréciable bienfait. Cu. Remercier.
- Ingénieur des Arts et Manuluctures.
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- 41° année. — ior semestre.
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- MÉTHODES ANCIENNES ET NOUVELLES D’INCINÉRATION
- DES ORDURES MÉNAGÈRES
- Pouvoir se débarrasser des ordures ménagères est son genre d’habitation et on voyait des familles un des problèmes les plus difficiles à résoudre de entières vivre dans des maisons faites en plaques
- Fig. i. — Méthodes anciennes d’incinération des ordures ménagères. L’incinération en plein air à Buenos-Ayres.
- l’hygiène urbaine. Qui n’a vu, dans la banlieue de Paris, les wagons pleins de toutes sortes de détritus que l’on emporte au loin pour les utiliser dans l’agriculture?
- Dans certaines villes, situées près de la mer, des tombereaux vont jeter ces résidus dans l’eau et ils sont emportés à chaque marée. D’autres fois on les déverse dans des chalands qui les emmènent au large les déverser en pleine mer.
- En 1906, je suis allé à Buenos-Ayres; là, tous les détritus urbains étaient emportés à quelques kilomètres de la ville au moyen de tombereaux traînés par des chevaux qui vidaient leur contenu sur le sol. Des chiffonniers faisaient le triage, mettant de côté ce qui pouvait être vendu et séparant soigneusement toutes les grandes boîtes de fer-blanc que l’on utilisait ensuite pour construire de véritables fours sur lesquels on brûlait les ordures (fîg. 1). Cette combustion de matières plus ou moins humides était lente et accompagnée d’une épaisse fumée, qui formait un immense nuage sur la grande plaine où s’étendaient, sur plusieurs kilomètres, ces fours crématoires primitifs.
- Le personnel des chiffonniers qui faisait le triage, habitué à vivre dans la saleté, était peu difficile sur
- de fer-blanc, provenant de ces boites qui servaient à construire les fours à incinérer.
- C’était l’embryon, dans une grande ville d’un million d’ha-Jbitants, de l’industrie qui se développe à l'heure actuelle autour de l’exploitation de la combustion des ordures ménagères..
- La ville du Havre, une des premières en France, vient d’installer une usine d’incinération de ses déchets urbains. Cette usine est située sur le bord de la mer dans la commune du Havre, à 5 kilomètres environ du centre de la ville, à côté des abattoirs. Elle fait partie d’un groupe d’usines, qui se greffent naturellement sur l’usine d’incinération en se servant de ses produits pour fonctionner. La chaleur donnée par la combustion des ordures fournit de la vapeur dont on se sert à l’usine élévatoire des eaux d’égout. Les scories restées dans les cellules à combustion sont enlevées et servent à fabriquer des briques et des dalles.
- L’usine comprend un bâtiment principal pour abriter les trois groupes de fours combinés de manière à pouvoir incinérer isolément, en 24 heurès, 50 tonnes d’ordures ménagères.
- Deux groupes sont toujours en service et brûlent les 80 ou 90 tonnes d’ordures recueillies quotidien-
- Fig. 2. — L’installation nouvelle du Havre. Partie supérieure des fours. Ventilateur.
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- INCINERATION DES ORDURES MÉNAGÈRES ===== 19
- nement. Le troisième groupe n’est mis en marche que pendant le temps d’arrêt des autres ou en cas de réparation. Chaque four comprend 4 cellules ou grilles, une chambre de combustion où sont enfermés les animaux infectés, une chaudière pour la production de vapeur. Les cellules se chargent d’un côté et se défourrent alternativement de l’autre côté sans qu’il en résulte une perte sensible dans l’intensité de la combustion.
- Chaque four a une surface de grille de 7 mètres carrés. En marche normale on brûle 250 kg d’ordures par mètre carré et par heure. Cette combustion peut être augmentée au moyen du tirage forcé produit par le ventilateur placé à la partie supérieure des fours. Pour éviter les odeurs et les fumées on a établi dans le faîtage une gaine communiquant avec les ventilateurs.
- La ville du Havre n’a rien négligé en ce qui concerne l’hygiène. Sous la plate-forme de déversement, à l’abri des poussières, et dans des locaux vastes et spacieux, on a installé des appareils à douches, un réfectoire et un appartement où les ouvriers doivènt se dévêtir et prendre leurs effets de travail. A la sortie ils quittent ceux-ci pour retourner chez eux avec leurs vêlements propres.
- Chaque ménage doit posséder un récipient métalliqueparfai-tement étanche, dans lequel sont déposées les ordures ménagères de la journée.
- Ce récipient est cylindrique, il a une capacité de 10 litres au minimum et de 50 litres au maximum. Sa plus grande dimension ne doit pas dépasser 50 centimètres.
- Il est muni à sa partie supérieure d’une anse
- ayant un mouvement de rotation autour de ses deux points d’attache, afin de permettre l’ouverture du couvercle qui doit y être fixé et maintenu fermé au moyen d’un dispositif approprié.
- Une anse est disposée sur le fond du récipient afin de faciliter l’opération du déversement des ordures.
- Chaque récipient porte l’indication suffisante de la rue et du numéro de l’immeuble en caractères très apparents.
- Les récipients sont déposés le matin devant chaque immeuble au moment du passage des voitures.
- Le contenu des seaux est déversé dans les bennes des voitures, puis les récipients sont replacés par les suiveurs en bordure des trottoirs. De la sorte, les ordures ne se trouvent plus en contact avec le sol, la contamination n’est plus à craindre et l’hygiène aura tout à gagner avec l’emploi de ce système.
- La collecte des ordures ménagères s’effectue depuis le mois d’avril 1912, au moyen de 19 tracteurs automobiles et de 17 remorques.
- La benne basculante contient 5 mètres cubes, la benne de la remorque est de la même contenance. Les voitures pleines viennent déverser leur contenu à l’usine d’incinération.
- Celle-ci, qui a été construite sous la surveillance de l’ingénieur municipal, M. Slurmlinger, a coûté 770 000 fr. Les 19 automobiles et leurs 17 remorques ont coûté une somme de 442 800 fr. Avec ces installations modernes, la ville du Havre continue à se tenir aux premiers rangs au point de vue de l’hygiène urbaine des villes de France. p, p0IR
- Directeur du Bureau d’hygiène du Havre.
- Fig. 3. — L’installation du Havre.
- Automobile déversant son contenu à l’usine d’incinération.
- Fig. 4. — L’installation du Havre. Décrassage des fours.
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- LES GLANDINES
- Mollusques carnassiers du Mexique.
- Le professeur Société nationale d’agriculture de France des Glan-dines que M. Antoine Gineste (en religion frère Aibert) lui avait envoyées du Mexique. Ces mollusques possédant des habitudes carnassières très prononcées, le savant naturaliste se propose de les acclimater en France,afin qu’ils débarrassent nos
- jardins des escargots, des limaces et autres gastéropodes, grands amateurs de nos salades ou de nos légumes.
- Il a donc distribué quelques-unes de ces bestioles à divers propriétaires afin de se rendre compte si elles pourraient vivre et se reproduire en liberté sous notre climat. En attendant de savoir si ces animaux deviendront d’utiles et précieux auxiliaires de nos horticulteurs, nous avons pu prendre au Muséum d’histoire naturelle les instantanés ci-joints qui les montrent sous divers aspects (fig. 1 à 5).
- Complétons ces documents iconographiques par quelques renseignements sur l’anatomie et les mœurs de ces Testacellidés,peu connus sans doute de la plupart de nos lecteurs.
- Parmi les 134 espèces de dandines décrites jusqu’ici, 53 habitent les Antilles et principalement Cuba, la Jamaïque, Haïti et Porto-Rico ; 48 le Mexique; 8 le Gua-témala ; le reste se trouve réparti en diverses con-
- trées de l’Amérique du Sud; toutefois quelques-
- unes d’entre elles se rencontrent en Europe et dans la région circamé-diterranéenne.
- Les Glandines américaines — dont deux espèces (Glandina ligna-ria Reeve et Glandina Sower-byana Pfeiffer) mesurent parfois plus d’un décimètre de longueur — se distinguent par le développement des palpes labiaux. Ces organes qu’on peut Aroir sur les figures 1 et 3 forment, de chaque côté de la bouche et au-dessous des tentacules, deux appendices allongés, à extrémité externe aiguë et ressemblant à une énorme paire de moustaches. Pendant la marche, les palpes labiaux s’agitent sans cesse et si l’animal s’approche d’un Bulime ou d’une Hélice (ses mets favoris) il les applique sur la coquille, puis sur les téguments de la pauvre bête. La Glandine d’Algérie et les espèces voisines de l’Europe orientale possèdent seulement des palpes, courts, obtus,peu développés, presque rudimentaires.
- Quand l’animal saisit sa proie, le muscle lingual s’engage dans le pharynx ou conduit charnu à parois lisses, brillantes et épaisses de 2 millimètres, puis dans l’orifice buccal et fait saillie de plusieurs millimètres en dehors. Les dents de la plaque linguale, disposées par séries transversales obliques,
- Bouvier présenta récemment à la
- Fig. i. — Les Glandines dans un jardin.
- Fig. 2. — Deux Glandines en train de dévorer un escargot.
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- ARCHÉOLOGIE DU TURKESTAN CHINOIS :::. —---- 2\
- pénètrent alors dans les téguments du condamné que les muscles rétracteurs attirent. La langue remplissant exactement le pharynx joue le rôle d’un piston dans un corps de pompe et aspire la chair du pauvre escargot (fîg. 2).
- Comme en témoignent nos illustrations, les dandines, vu la grandeur de leur taille, rentrent difficilement dans leur coquille. Mais cela ne les empêche pas d’être aussi habiles à la chasse que Nemrod ou saint Hubert! Elles dénichent les Mollusques qui leur plaisent avec beaucoup de flair et, d’après un voyageur, Morelet, quand elles ren-
- contrent un colimaçon au dehors de sa coquille elles le forcent à la réintégrer, puis leur bouche s’ouvre, fait le vide par succion et, au bout de peu de temps, il ne reste plus rien qu’un peu de chair dans le dernier tour de spire de la victime. Enfin, toute proportion gardée, l’estomac des dandines peut soutenir la comparaison avec celui de Gargantua, puisqu’en 24 heures un sujet adulte dévore une dizaine d’escargots. Puissent donc ces mollusques mexicains se plaire dans nos potagers et payer leur hospitalité en détruisant tous les Pulmonés herbivores qui les ravagent trop souvent. Jacques Boyer.
- ARCHÉOLOGIE DU TURKESTAN CHINOIS
- La passe du Karakorum, l’un des cols les plus élevés du monde, donnant accès de l’Asie centrale à la province de Ladak, au nord-ouest de l’Inde, est un chemin terrible, véritable route de squelettes, pavée des ossements et des charognes des bêtes de somme qui sont mortes en la suivant.
- M. Aurel Stein, qui la franchissait à la fin de septembre 1908, était malade, ayant eu les pieds gelés dans le Tibet, et on le portait sur une civière : il avait hâte d’arriver à Leh et d’entrer à l’hôpital. Comme il approchait du premier poste anglais, un officier, venu à sa rencontre, lui apporta un gros courrier arrivé d’Europe à son adresse. Il s’y trouvait un petit volume d’Erasme, envoyé kpar un ami de l’Université d’Oxford, et ce petit volume fit oublier toutes ses souffrances au voyageur.
- Mis à part ce réconfort imprévu, il y avait toute une valeur symbolique dans cette rencontre de l’humaniste du xvie siècle et de celui du xxe. Les savants de la Renaissance, en créant l’étude de l’antiquité classique, ont retrouvé à l’Europe d’admirables lettres de noblesse; les philologues d’âu-jourd’hui, leurs continuateurs authentiques, et en particulier ceux qui s’occupent de l’Extrême-Orient, n’en ont pas, dans ce domaine nouveau, recueilli de moins belles ni de moins importantes; M. Stein a eu la première part dans la partie la plus importante de cette série de remarquables découvertes,
- l’exploration archéologique du Turkestan chinois,
- A l’est de la Perse, au nord du Tibet et de l’Inde, à l’ouest de la Chine, cet immense territoire, qui
- est aujourd’hui | un désert bordé
- | de maigres oasis,
- | a été, et cela, au
- j bas mot, depuis
- j le début de l’ère
- chrétienne, un des grands chemins de l’huma-. nité, une sorte de Méditerranée de sable à travers laquelle les civilisations environnantes se sont livrées à un incessant échange d'hommes, de choses, d’idées, de croyances. Il était naturel d’attendre beaucoup de son exploration au sujet de l’histoire de l’Asie entière et surtout de l’Extrême-Orient. Les premières recherches justifièrent toutes les espérances et, nos lecteurs le savent, l’admirable voyage de M. Pelliot les dépassa de beaucoup(2). Si favorable quelle fût, l’impression ressentie il y a trois ans était cependant encore inférieure à la réalité : c’est ce qui ressort nettement à la lecture du voyage que M. Stein (f) accomplissait de- son côté un peu avant M. Pelliot, et dont
- 1. Les photos qui illustrent cet article sont de M. À Stein
- 2. La mission Pelliot au Turkestan chinois. La Nature, n° 1908, 18 décembre 1909.
- 3. M. A. Stein. Ruins of clesert Cathay, Londres, Macmillan, 1912. 2 vol. (C’est un récit de voyage, précédant le compte rendu détaillé, qui paraîtra plus tard). M. Stein avait déjà fait en 1900-1901 une mission archéologique très fructueuse au Turkestan chinois, dans la région de Khotan i voir ses ouvrages : Sand-buried ruins of Khotan, 1903 (compte rendu populaire); Ancient Khotan, Oxford 1907, 2 vol. (rapport détaillé).
- Fig. i. — Gisement archéologique [typique au \Turkestan chinois (la ville ensevelie dans les sables) : site de Niya. Cest à cet endroit qu’on a trouvé les « archives cachées » deNiyaC1).
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- ARCHEOLOGIE DU TURKESTAN CHINOIS
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- le récit détaillé vient seulement de nous être donné. - Le voyage de M. Stein a duré deux ans et demi, du milieu de 1906 à la fin de 1908. Après un séjour à Pêshawar, capitale de cette province du Gandhara où l’on a d’abord étudié l’art dit gréco-bouddhique (1), il a gagné la frontière occidentale du Turkestan chinois en traversant par l’ouest les massifs montagneux de l’Afghanistan et en remontant l’Oxus jusqu’à sa source. Le circuit complet du Taklamakan, tantôt sur la marge du désert, tantôt dans les montagnes à l’entour, la traversée du désert lui-même, une .pointe poussée vers l’est jusqu’au Kan-Sou ont formé la seconde partie de son voyage. Ensuite, il est revenu par les massifs des Kun-Lun et les hauts plateaux tibétains.
- Ce long parcours — de plus de 18000 kilomètres — n’a pas été consacré uniquement à l’archéologie. Surtout dans la première et la troisième partie du trajet, les recherches géographiques ont tenu la plus grande place. Outre le travail de ce genre accompli à l’aller pendant le détour par l’Afghanistan, il y a eu deux explorations, chacune de deux mois environ, dans les Kun-Lun ; l’une à l’aller (juillet-septembre 1906), l’autre au retour (août-septembre 1908) et une exploration de la partie occidentale et du centre desNan-Shan (juillet-août 1907). En plus, le travail géographique (mesure des hauteurs, détermination des latitudes, établissement de cartes) s’est poursuivi le reste du temps dans * ^
- les régions traversées, parfois même de brèves reconnaissances écartant presque tout à fait le travail archéologique, comme, par exemple, pendant la
- traversée de la plus grande partie du désert de Lob-Nor, où M. Stein vérifia et compléta les observations faites en 1901 par Sven-Hédin. Cet ensemble de recherches aboutit, pour sa part, à une série de
- Fig. 2. — Une peinture à fresque du Turkestan chinois : sujet bouddhique {le prince Vessantara faisant roffrande d’un éléphant blanc), site de Miran.
- 1. Le reliquaire de Pêshawar. La Nature, n° 1901, 30 octobre 1909. J’ai indiqué clans cet article que l’auteur du reliquaire décrit était « un artiste grec, Agesilaos ». On a reconnu depuis que le nom d’Agesilaos résultait d’une mauvaise lecture de l’inscription, et, par conséquent, le prétendu renseignement sur cet artiste est sans valeur. Si je me suis trompé, c’est en bonne compagnie ; l’erreur que je viens de dire se trouve encore dans le livre récent de M\ Stein.
- cartes du Turkestan chinois et des massifs voisins, série éditée par l’Indian Trigonometrical Survey, et qui comprendra, quand elle sera complète, 94 feuilles à l’échelle de 4 milles au pouce.
- D’autre part, le travail archéologique même a permis à M. Stein d’apporter quelques précisions à la question du dessèchement de l’Asie centrale. Pour M. Stein, comme pour M. Ilungington dans son livre The Puise of Asia, il n’y a aucun doute que ce grand phénomène géographique se soit produit au cours des temps historiques. L’emplacement des ruines relevées par lui montre, en effet, que la zone peuplée et cultivée empiétait autrefois sur le désert beaucoup au delà des bandes d’oasis où elle est restreinte aujourd’hui. Si les recherches n’ont pas permis de retrouver au milieu du Taklamakan les trop nombreuses villes ensevelies que prétend y exister le folklore des populations, du moins, au long de la partie du Tarim qui le traverse, M. Stein a-t-il rencontré des ruines en plein centre du désert, et celles qu’il a étudiées, à l’extrémité actuelle de la rivière Niya sont-elles également très avancées dans les sables. Il a fait dés observations analogues au Lob-Nor.
- Dans un grand nombre de cas, M. Stein a pu déterminer la date où le désert a supplanté la vie humaine. Et il remarque que, dans leur ensemble, ces dates coïncident avec une époque troublée de la politique intérieure chinoise, époque où l’Empire voyait diminuer et réduire presque à rien sa domination, sinon nominale, du moins effective, sur les territoires annexés de l’Ouest. Cette observation indiquerait que si, de par les données de la géographie physique, le désert est apparu en une région de moindre résistance de la végétation, c’est du moins la faiblesse de l’administration humaine qui a permis cette apparition. De fait, M. Stein a été frappé de voir qu’en tous les points qu’il avait déjà visités en 1901 et qu’il a parcourus à nouveau en 1907, il y a eu de la part de l’homme un mouvement très net de reconquête du désert, et cela s.ous l’impulsion du gouvernement chinois.
- Si important que soit tout ce travail géogra-
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- ARCHEOLOGIE DU TURKESTAN CHINOIS --~~
- phique(‘), l’intérêt du travail archéologique l’emporte de beaucoup. Le nombre des objets rapportés est à lui seul impressionnant : environ quatorze milliers de documents écrits, sur bois, sur papier, sur soie, et se divisant en une douzaine d’écritures et
- quement, et qui sont enfouies à moitié dans les sables, tandis que leur partie supérieure est érodée par le vent. Beaucoup de ces gisements portent la trace évidente d’avoir été abandonnés brusquement, et pour toujours, quoiqu’on les ait souvent quittés
- Fig. 3. — Le site des Mille-Bouddhas, près de Tunhouang. Vue d’ensemble.
- de langages, des milliers d’objets ayant un caractère archéologique.
- La simple liste des sites de fouilles entraînerait au delà des limites de cette étude. Je me contenterai donc de citer les quatre plus importants, qui le sont d’ailleurs à la fois par l’ampleur du territoire exploré et par la valeur des résultats.
- Le groupe des ruines de Niya, situées, je l’ai dit plus haut, en plein Taldama-kan,àl’endroitoii la Niya vient de se perdre dans le désert, est typique de la grande majorité des ruines fouillées sur tout le pourtour du désert. Ce sont des habitations, le plus souvent privées, faites de charpente presque uni-
- \. M. Stein a fait en outre de nombreuses observations anthropométriques. La préhistoire même trouve profit à son voyage (gisements de l’âge de la pierre dans le Lob-Nor, t. I, p. 365).
- avec l’espoir d’un prochain retour ; il suffit d’affouil-ler légèrement le sol pour mettre en général à découvert du mobilier, des étoffes, des peintures et
- des manuscrits, le tout admirablement conservé dans le sable. Et, encore en règle générale, tous les objets d’un caractère artistique qui sont ainsi exhumés, se rattachent tous très nettement à l’influence de l’art gréco-buddhique du Gandhara. Les sites de la Niya n’ont pas fait exception à cette règle, mais la trouvaille de beaucoup la plus importante y a été la découverte d’une petite pièce, hermétiquement murée, où le fonctionnaire local du me siècle, dans son départ hâtif, avait accumulé les plus précieuses des archives dont il avait la garde de par le gouvernement chinois. Ces documents sont des manuscrits sur bois, formés de deux planchettes, dont l’une porte l’inscription et dont l’autre sert
- • Fig. 4. — lExtrêmement peu des manuscrits de la'<> librairie » des Mille-Bouddhas.
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- d’enveloppe ou plus exactement de « couvercle » à celle-ci. La plupart de ces pièces étaient ficelées et un cachet était imprimé sur le scellé d’argile qui maintenait le lien. Quoique l’on se trouve en domaine, chinois, elles sont écrites en langue et en écriture indiennes, et cela vérifie le fait, rapporté au viie siècle par le voyageur chinois Hsüang-Tsang, que la région de Khotan avait reçu une large part de sa population de la région indienne de Taksha-sila, la Taxil des Grecs-, à l’extrême nord-ouest de l’Inde.
- : A l’autre bout du Turkestan, dans le Lob-Nor, M. Stein a exploré un site de caractères extérieurs rapprochables de ceux du site de Niya. Parmi cent autres pièces, il y a exhumé des manuscrits, la plupart sur bois, quel-/|ùes-uns sur papier, et quelques-uns aussi, quoique les moins nombreux, dans une des écritures indiennes exhumées à Niya. L’ensemble atteste qu’on se trouve en présence d’une petite station militaire, fortifiée, possédant une garnison chinoise, et formant, sur la route qui menait du Kan-sou vers les oasis du nord du Tarim et de là vers l’Occident, une sorte de poste avancé chargé, vers le 111e et le ive siècle de notre ère, de défendre les commerçants chinois contre les Huns et autres tribus nomades alors établies au nord des monts Tien-Shan.
- Si les officiers de cette garnison étaient Chinois, il n’en était pas de même de leurs soldats. Ceux-ci étaient des mercenaires étrangers, désignés comme des Ta-Yue-Chi, c’est-à-dire des Indo-Scythes, populations héréditairement ennemies des Huns, et qui employaient des dialectes apparentés au sanskrit “indien : ce sont ces éléments qui ont porté, jusqu’à ces confins extrêmes de l’Asie centrale, ces mêmes langages indo-européens et cette même écriture indienne que j’ai signalés tout à l’heure à Niya. On a ainsi le témoignage au 111e siècle de notre : ère d’une action de la pensée des peuples de langues indo-européennes s’étendant jusqu’au cœur même de l'Extrême-Orient," beaucoup plus loin qu’on ne l’avait jamais soupçonné.
- Les nécessités de cette défense contre les Huns
- avaient fait élever une longue grande muraille située beaucoup à l’ouest de la limite actuelle du territoire chinois proprement dit. M. Stein en a suivi les ruines, relevé les tours et les places fortifiées sur une longueur de plus de 500 kilomètres : c’est la troisième des découvertes auxquelles j’ai fait allusion tout à l’heure. Elle a un intérêt plus strictement chinois.
- Les trouvailles faites à Tun-Houang sont les plus importantes de toutes. Ce site, aux confins occidentaux de la Chine vraie, est comme la porte par où l’Empire Céleste s’est de tout temps ouvert vers l’ouest du vieux continent. C’est de là que partaient et partent encore les routes de caravanes qui, à travers les déserts, donnent accès vers l’Inde, le Tibet, la Perse, le nord-est de l’Europe. Et l’on se rappelle que c’est là également que M. Pelliot a recueilli dans une grotte faisant partie du monastère des « Mille-Bouddhas » cette énorme collection de manuscrits qui a fait la gloire de son voyage. Nous savions — et par M. Pelliot lui-même — que M. Stein avait visité le site avant lui, reconnu la grotte aux livres, mais nous n’avions pas une exacte idée ni du temps qu’il y avait passé ni du travail qu’il y avait accompli. En fait, ce fut la partie capi: taie de son travail, et il n’est que juste d’affirmer que si M. Pelliot a pu rapporter de Tun-Houang son admirable collection, c’est parce que M. Stein lui avait préparé le terrain et amorcé les négociations. M. Stein nous fait en outre connaître avec plus de précision l’histoire de cette bibliothèque si curieuse et des conditions de sa découverte. Il est bon “de la répéter "en peu de mots, parce'que le public se fait en général une très fausse idée de cet ordre .de faits et croit volontiers, quand il s’agit de régions aussi éloignées et de documents aussi peu intelligibles pour, lui, les histoires les plus rocambo-lesques (le- mot n’est pas trop fort) par où on voudrait essayer de jeter le doute sur des résultats parfaitement incontestables. Les Mille-Bouddhas sont, comme leur nom l’indique, un établissement d’origine bouddhique, formé d’une collection de cellules, décorées et peintes, creusées à même dans une
- Fig. 5. — Bannières de soie peinte des Mille-Bouddhas : elles représentent des futurs bouddhas, des bodhisattvas (mot d’où nous avons, par l'intermédiaire des Chinois, tiré poussah).
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- Fig. 6. — Type des chambres intérieures des~_Mille-Bouddhas.
- haute falaise, comme un énorme gâteau de miel dans une ruche monstrueuse. Le site, qui n’a plus sa prospérité de jadis, n’est cependant pas abandonné. Des pèlerins y viennent de temps à autre, parfois par plusieurs milliers, au moment des grandes fêtes de l’année, et pendant tout le reste du temps, le sanctuaire est gardé et entretenu par un prêtre taoïste. Ce prêtre ne manque pas d’avoir beaucoup de loisirs. Il en profite pour ajouter des nouvelles statues, qu’il modèle de ses mains, aux anciennes, pour rajeunir les fresques, etc. Seul ou presque dans ce vaste ensemble de petites chapelles, il avance lentement dans son travail et quand il passe d’une pièce à l’autre, c’est pour ne plus revenir à la première de son vivant peut-être. C’est au [cours de ce travail, deux ans
- Ftg. 7- -bouddhique
- avant l’arrivée de M. Stein, qu’il fut frappé de voir que certaine fresque, dans la pièce où il travaillait , avait craqué d’une façon bizarre. Il gratta l’enduit et vit qu’il masquait une porte, grossièrement bouchée, et qu’il ouvrit. C’est ainsi qu’il décrouvrit cette énorme bibliothèque, cachée au xie siècle. Incapable d’en apprécier la valeur exacte, il référa de sa trouvaille à ses supérieurs, et ceux-ci, aussi ignorants que lui, ne l’apprécièrent pas davantage. Le pauvre Wang-Tao-Shih, c’est le nom de ce prêtre, se voyant alors à la tête de cette collection, n’en connaissant pas la valeur scientifique, mais imaginant qu’elle en avait une religieuse très grande, n’eut plus qu’une seule idée : conserver ces précieuses reliques, et pour les mieux conserver, les faire oublier. Il reboucha
- Bas-reliefs de stuc, de type « gréco-» (remarquer les draperies). Site près . de Kara-Shar.
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- la[porte, rebadigeonna le mur. Par malheur, le bruit delà trouvaille s’était répandu à Tnn-Houang. M.i Stein en entendit parler et chercha à voir le prêtre et ses livres. Le prêtre fut fort aimable, fit visiter à M. Stein les Mille-Bouddhas, lui laissa photographier tout ce qu’il voulait, lui fit des petits cadeaux de broderies, d’étoffes peintes, — et fit l’ignorant sur les livres. Quand il lui fut impossible
- de nier davantage, il
- changea
- de système et ne
- voulut pas montrer son trésor. Ce ne fut que par une longue diplomatie, en arrachant les concessions une à une, que M. Stein fut par degrés autorisé à feuilleter un manuscrit apporté par Wang, puis à plonger le bras dans la grotte, puis à y entrer, puis à emporter quelques pièces sous sa tente à la faveur de la nuit pour les étudier dans la solitude, enfin à faire un choix et à emporter environ 6000 manuscrits. Encore lui fallut-il s’engager solennellement à la plus parfaite discrétion. Lorsque M. Pelliot vint
- Fig. 8. — Carte montrant la situation du Turkestan chinois. Pour l'itinéraire de M. Stein, voir page 22.
- ensuite, Wang-Tao-Sbih, se mordant sans doute les pouces d’avoir manqué un joli denier pour ses chapelles, et voyant que d’ailleurs il n’avait « pas eu d’histoire » se laissa plus aisément persuader. Surtout avec les précisions qu’y apporte M. Stein dans son récit, l’authenticité de documents aussi péniblement obtenus ne saurait faire aucun doute. Comme d’ailleurs, au volume près, des dépôts de manuscrits semblables ont été trouvés un peu partout dans le Turkestan chinois, on ne voit pas dans quel but ni par quels moyens on aurait pu réaliser une mystification aussi formidable, demandant au surplus la connaissance non seulement de faits historiques oubliés, mais d’écritures et de langages inconnus.
- Il se trouve ainsi que la mission Stein, accomplie en premier, mais connue en dernier, apporte en tous points la confirmation et le complément des résultats sommaires de la mission de M. Pelliot.
- Leur résultat commun, en y joignant les renseignements dus à leurs prédécesseurs et ceux qu’on a tirés de l’étude des textes, a été de transformer complètement l’idée qu’on se faisait jusqu’ici de l’histoire de l’Extrême-Orient, et de montrer que
- contrairement à ce que l’on pensait, loin d’être entièrement isolée, celle-ci a été d’une façon constante en rapport avec l’histoire du monde occidental et en a subi toutes les influences.
- L’influence artistique — dans la peinture, dans la sculpture, dans les arts mineurs — est depuis des années déjà hors de conteste. L’influence par le langage, plus imprévue, n’est pas moins nette. Enfin, il n’est pas jusqu’aux religions qui n’aient, par voie de terre, été transmises d’Occident en Orient; c’est ainsi que la fameuse secte des manichéens, violemment attaquée dans la chrétienté par saint Augustin, a eu ses adeptes en Chine, et c’est même dans les manuscrits exhumés du sol de celle-ci qu’on trouve sur elle les plus précieux renseignements.
- Tout montre d’autre part que le grand acteur de cette transmission d’influences occidentales dans l’Extrême-Orient a été le milieu iranien j1). C’est par son intermédiaire par exemple, et non directement, comme on l’a d’ahord cru, que le bouddhisme, il y a quelque deux mille ans, s’est transmis de l’Inde à la Chine, de même que l’art « gréco-bouddhique ». En même temps, et dans les siècles suivants, ce sont des langues iraniennes, et l’une d’elles surtout, le sogdien, qui . sont les langues communes, du commerce et de la vie militaire, jusqu’à l’entrée même de la Chine. Plus tard, au moyen âge, c’est encore de l’Iran que proviennent ou par lui que se propagent les croyances religieuses qui se mêlent au bouddhisme ou le supplantent, le nestorianisme, le mazdéisme, le manichéisme. Et quand enfin, au déclin du moyen âge, l’Islam s’établit comme religion définitive sur l’Asie centrale, le rôle de l’Iran n’est pas moindre dans cet établissement, puisqu’aujourd’hui encore la plupart des termes religieux mahométans usités sur le territoire chinois sont des mots du vocabulaire persan.
- On a cru longtemps, tantôt que toute civilisation venait d’Orient, tantôt que les populations extrême-orientales étaient, depuis tout temps, dans un très grand recul de civilisation par rapport à nous. La vérité, qu’on commence à apercevoir, est, qù’en dépit d’un certain retard, indéniable, mais non considérable, de la civilisation orientale, elle s’est développée parallèlement à la nôtre, reliée même avec elle par une série permanente de rapports historiques.
- Jean-Paul Lafitte.
- 1. P. Pelmot. Les influences iraniennes en Asie centrale-et en Extrême-Orient, '1912. (Revue d'histoire et de littérature religieuses.) .
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- LE PRIX NOBEL POUR LA CHIMIE
- MM. Grignard et Sabatier.
- Pour la troisième fois depuis sa fondation, le prix Nobel pour la chimie échoit à la France. Après Moissan qui l’obtint le premier pour l’isolement du fluor et les applications du four électrique, après Mme Curie qui le dut à sa collaboration pour la découverte du radium et à l’étude approfondie de ses propriétés, voici que deux chimistes français viennent de recevoir cette haute récompense, consécration de leurs travaux. Le prix Nobel est en effet attribué cette année à MM. Grignard et Sabatier par moitié, et l’Académie suédoise a récompensé par là ceux dont on peut dire sans crainte qu’ils ont été ces dernières années les meneurs du progrès en chimie organique.
- Grignard, qui compte encore parmi les jeunes chimistes, a fait à Lyon sa carrière et ses travaux. Préparateur en 1898 du professeur de chimie à la Faculté des Sciences, M. Barbier, il y devint chef de travaux, passa sa thèse de Doctorat ès sciences en 1904. En 1906, il y est maître de conférences; en 1908, professeur adjoint. De là il passe à Grenoble, puis dernièrement comme professeur à Nancy où le prix Nobel l’est venu trouver.
- Son premier travail date de 1898. Il commença par réaliser quelques condensations de molécules complexes en présence d’éthylate de sodium et décrivit en 1900 un nouveau carbure, le méthyl-hepténine; mais il fut de suite attiré par une réaction de son maître Barbier d’un genre tout à fait nouveau. Le professeur Barbier, voulant effectuer la synthèse d’un alcool, le diméthylhepténol, avait utilisé une réaction bien connue due à Saytzeff, mais en y substituant le magnésium au zinc. Grignard se mit aussitôt à étudier d’une façon générale le rôle joué par le magnésium dans la synthèse organique et, dès 1900, il faisait cette communication sensationnelle d’où sont sortis tous ses travaux. On utilisait, en effet, assez couramment dans la synthèse organique des dérivés dits organozinciques ou organo-halogénozinciques tels que :
- Zn^CH3 et Zn-Cl ’
- Les premiers étaient des liquides s’enflammant spontanément à l’air, les seconds pouvaient réagir à l’état naissant, mais seulement sur certains corps de la série dite grasse. Des travaux de Grignard, il résulta immédiatement que si les dérivés organo-
- magnésiens tels que sont solides et d’un
- maniement incommode, les dérivés organo-halogéno-magnésiens tels que s’emploient toujours à
- l’état naissant et réagissent sur une multitude de corps, là où le zinc est sans action. Avec le magnésium métallique et un dérivé halogène quelconque,, on obtenait directement des solutions dans l’éther possédant des aptitudes réactionnelles merveilleuses
- puisqu’il suffisait d’y ajouter goutte à goutte ou bulle à bulle le réactif choisi pour obtenir une condensation avec un rendement excellent.
- Citons quelques exemples simples :
- L’eau détruit les composés de Grignard avec production du carbure correspondant ; ainsi l’iodure de
- méthyle-magnésium est détruit et donne du
- méthane.
- 2Mg! +-H*0= 2 CFF + Mg(OH)2 H-MgP
- méthane. magnésie. iodure de
- magnésium
- L’oxygène se fixe sur les composés de Grignard, et le produit, par exemple CH3 — O — Mg — I, traité par l’eau, se décompose en donnant un alcool :
- 2 Cil3 — O — Mg — I -f- II2 O = 2 CH3 OH -F- Mg I2 H- Mg O
- alcoo
- niclhyüque.
- L’acide carbonique se fixe de même sur ces composés et le produit obtenu, convenablement traité par l’eau, donne des acides gras, lesquels transformés en éthers et traités à nouveau par les composés magnésiens, donnent des alcools tertiaires.
- On voit quel nouvel et surprenant agent de synthèse on obtenait là et des communications répétées annoncèrent successivement des synthèses d’hydrocarbures, d’alcools, d’aldéhydes, decétones, d’acides, de nitriles, etc., en un mot de toutes les fonctions susceptibles de se rencontrer dans les molécules organiques, associées ou non.
- En 1902, parut, en collaboration avec Tissier, Faction de certaines fonctions sur les dérivés organo-magnésiens de la série dite aromatique et c’est là qu’il faut voir le résultat le plus heureux de l’application des nouvelles méthodes. Les dérivés aromatiques, où figure le noyau benzénique, étaient réputés réfractaires à ces sortes de réactions. Grignard produisit toute une série de corps nouveaux à fonctions variées dont pour certains l’intérêt industriel ne le cédait en rien à l’intérêt théorique. On a ainsi réalisé des synthèses inattendues du thymol, de l’anéthol, de l’acide citrique, etc. Depuis, on peut dire que chaque chimiste, dans son laboratoire, a essayé sur certains corps la réaction de Grignard, et 'on ne compte plus les publications qui ont été inspirées par elle. C’est l’outil nouveau mis entre toutes les mains qui a permis les multiples travaux de ces dernières années.
- Paul Sabatier, docteur ès sciences dès 1882, est, depuis de longues années, professeur de chimie à la Faculté des Sciences de Toulouse dont il est en même temps le doyen. Sa carrière scientifique est une suite ininterrompue de travaux sur les sujets les plus divers, témoignant d’un esprit précis et tenace, d’idées émises et réalisées. En 1885, paraissaient ses premières publications sur le persulfure d’hydrogène; puis, en 1887 et 1888, il décrivait des sels
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- 28 ======== LES VÉHICULES INDUSTRIELS AU SALON 1912
- doubles : chlorhydrate de chlorure ferrique, cuivrique, cobaltique, association des sels ordinaires soüs forme cristalline, avec une ou plusieurs molécules d’acide chlorhydrique. En 1891, il préparait le sulfure de bore, le séléniure de bore, puis l’hy-drure du même métalloïde. Puis, en 1895, il découvrait, par action du peroxyde d’azote sur les métaux, toute une série de corps nouveaux : les métaux nitrés. C’est alors qu’il fut frappé du rôle considérable joué par les phénomènes catalytiques en chimie. De nombreuses réactions ne sont possibles que grâce à la présence de parcelles de certaines substances, et ces substances, cependant, n’interviennent pas dans le résultat final de la réaction : on les retrouve inaltérées. On dit qu’elles ont joué le rôle de catalyseurs.
- Sabatier eut, en collaboration avec l’abbé Sande-rens, l’idée d’étudier l’influence des métaux divisés sur diverses réactions organiques.
- Partant des idées actuellement en cours, à savoir que toute substance devient catalyseur quand elle modifie la vitesse d’une réaction chimique sans apparaître elle-même dans les produits de la réaction, il étudia d’abord l’action sur l’éthylène et l’acétylène, du nickel divisé obtenu par la réduction de son oxyde par l’hydrogène à basse température. II constata un abaissement considérable de la température de décomposition : de 150 à 200°, l’éthylène se décomposait en carbone et méthane (1897-1899). Dirigeant alors sur le nickel réduit un mélange d’bydrogène et d’acétylène à une température d’environ 200°, il réalisa la fixation directe à cette température de l’hydrogène sur l’acétylène (1900). Une méthode nouvelle d’hydrogénation était trouvée. Alors qu’avant lui la fixation de l’hydrogène ne pouvait être obtenue qii’à l’aide de la méthode de Berthelot où il fallait chauffer en tubes scellés avec l’acide iodhydrique vers 280°, Sabatier put réaliser cette fixation à la pression ordinaire et à une température où la plupart des corps ne sont pas détruits. Immédiatement, il hydrogéna de cette façon de multiples composés, depuis les composés oxygénés comme l’oxyde de carbone et l’acide carbonique jusqu’aux dérivés benzéniques.
- Dès 1901, il préparait ainsi avec des rendements excellents l’hexahydrobenzène, produit d’hydrogénation du benzène, l’aniline produit de réduction de la nitrobenzine, le cyclohexanol avec le phénol ; il ramenait les aldéhydes directement à l’état d’alcools. Poursuivant ses études sur la catalyse, il étudiait celle des alcools en présence du cuivre réduit; en collaboration avec Mailhe, il réalisait celle des dérivés monochlorés forméniques au contact des chlorures métalliques. Enfin, plus récemment, il essayait l’emploi d’oxydes comme catalyseurs d’oxydation. On voit quel élan ce savant a donné à cette question de la catalyse qu’on considère à juste titre comme l’une des plus importantes de la chimie moderne ; minérale, organique ou même biologique.
- Pour Sabatier, comme pour beaucoup d’autres, la théorie des réactions intermédiaires est prépondérante : le catalyseur fixe momentanément l’élément, ou le groupe d’éléments qu’il cède ensuite au catalysé ; le nickel se combine à l’hydrogène qui agit ensuite comme hydrogène naissant, théorie séduisante entre toutes à laquelle les réactions de Sabatier sont venues apporter un lot de preuves qui se font chaque jour plus affirmatives.
- Tels sont ceux que vient de récompenser le prix Nobel. L’Académie des Sciences de Stockholm, inspirée par le grand savant qu’est Arrhénius n’aurait pu faire meilleur choix. Certes, il est parmi les chimistes français et étrangers des savants de haute valeur qui auraient droit de revendiquer le même honneur. La Commission du prix Nobel jugeant en toute indépendance, sans trop s’inspirer de la science officielle, a offert la palme à ceux qu’elle a jugés avoir le plus fait pour le progrès de la chimie en ces dernières années.
- Elle a vu chez Grignard le trait de génie qui révolutionne et déploie toute la richesse de ses conséquences ; chez Sabatier, l’idée longuement mûrie et réalisée, œuvre méthodique et soutenue. Chez tous deux, elle a récompensé les artisans de deux méthodes générales puissamment fécondes et nous pensons qu’en cela, elle est bien restée dans l’esprit de son fondateur. André Detœdf.
- LES VÉHICULES INDUSTRIELS AU SALON DE 1912
- Les véhicules industriels de toute nature occupent cette année au Salon de l’Automobile une place très importante. 11 faut d’ailleurs reconnaître qu’après un essor désespérément lent, cette branche particulière de l’automobilisme a pris enfin, depuis ces toutes dernières années, un développement considérable. Il est intéressant de constater que cette progression commence à se faire sentir à partir de 1909.
- Alors que la voiture de livraisons se généralisait de plus eh plus, pour satisfaire aux exigences croissantes de la clientèle des grands magasins, la question du camion automobile laissait les industriels hésitants ou indifférents.
- On peut dire que c’est grâce au système des primes, institué par le Ministère de la Guerre, que ces engins ont commencé à se multiplier. Les primes ont eu pour effet d’orienter la construction vers un type stable, bien défini, d’un, tonnage moyen,, raisonnable, seul compatible avec les nécessités de la locomotion routière; elles constituent une sorte de brevet de garantie de bon fonctionnement et d’excellente qualité pour les types primés; leur montant représente, en outre, pour l’acheteur, le remboursement certain, par l’Etat, de près de la moitié du prix d’achat de son véhicule.
- Un tel stimulant, joint à l’activité inlassable et
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- LES VÉHICULES INDUSTRIELS AU SALON 1912 :: :: : 29
- intelligente de nos constructeurs français, devait fatalement conduire à la création des types parfaits que l’on peut admirer aujourd’hui.
- Nous nous bornerons, dans cette courte étude, à résumer les caractéristiques essentielles de l’ensemble des diverses catégories de véhicules industriels exposés.
- L’organisation mécanique des châssis des voitures de livraison n’offre
- Car alpin Saurer.
- charge utile,700 à 1500 kilogrammes.
- On peut en déduire que le rendement de transport est assez faible et ne dépasse guère 50 pour 100 du poids total.
- Les moteurs ont une puissance de 10 à 24 chevaux et, comme il faut réaliser une vitesse assez grande, les roues sont obligatoirement munies de bandages élastiques. On réserve les bandes pleines pour les services assez lents, et on prend, de préfé-
- Camion Saurer à bennes basculantes.
- rien de spécial, mais comme ces voitures sont destinées au transport rapide d’objets fragiles, disparates et généralement peu denses, elles doivent comporter des carrosseries fermées, spacieuses, solides, et forcément lourdes. Leur poids total, qui varie, suivant les modèles, entre 2500 et 4000 kg, peut se décomposer de la manière suivante : poids du châssis, 950 à 1500 kg; poids de la carrosserie, 800 à .1000 kg;
- Tonne d’arrosage automobile Renault.
- Camion Berliet avec tombereau basculant à commande par vis.
- rence, les bandages creux Ducasble ou les pneumatiques pour les véhicules plus rapides. Toutefois, pour les voitures postales, dont le service doit être assuré à heures fixes, on a préféré les bandages Ducasble aux pneumatiques, pour éviteritout retard dù. à une crevaison possible.
- En ce qui concerne les camions et tracteurs automobiles, deux solutions sont encore en présence : les engins à vapeur et les véhicules actionnés par un moteur à explosions.
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- 30 : LES VEHICULES INDUSTRIELS AU SALON 1912
- Les premiers, en extrême minorité d’ailleurs, sont cantonnés dans les gros tonnages de 6 à 12 tonnes de charge utile. Ils utilisent des chaudières à timbre à peu près fixe, 14 à 20 kg, chauffées au charbon, coke ou bois, fournissant la vapeur à un ou deux groupes de cylindres installés en com-pound, avec des cylindres de détente, utilisables à pleine admission, en cas de besoin, pour certains démarrages difficiles, ou pour l’ascension de côtes trop raides. Ces moteurs marchent à échappement libre sans condenseur.
- Cette solution conduit à une utilisation économique, mais exige le transport initial d’un approvisionnement d’eau assez considérable, dont le poids, ajouté à celui du contenant et de la chaudière, font que le véhicule à vide a forcément un poids morl assez considérable, dépassant généralement 5 tonnes. C’est ce qui explique, en partie, la spécialisation de ces engins pour les très gros transports à vitesse modérée.
- Les camions ou tracteurs utilisant le moteur à explosions sont préA;us pour tous les tonnages entre 2 et 5 tonnes, rarement davantage, et c’est le type 5 t. à o t.,5 qui parait devoir convenir le mieux à la plupart des cas.
- Les moteurs sont tous à 4 cylindres, ils développent, au régime moyen de 1000 tours-minute, une puissance qui varie entre 16 et 50 chevaux.
- La tendance actuelle des constructeurs est de leur adjoindre un régulateur limitateur de vitesse dont on a réglé l’action pour empêcher tout dépassement de la vitesse de régime. Ce régulateur est enfermé dans le carter et ne peut être touché par le conducteur.
- Ce dernier est ainsi mis dans l’impossibilité de dépasser, même dans ses voyages à vide, l’allure raisonnable imposée pour la bonne conservation du moteur et de tout le véhicule.
- Les embrayages ont été particulièrement soignés pour être robustes et progressifs, les cônes sont encore en majorité, mais néanmoins c’est l’embrayage à disques multiples plans, ou profilés Hele-Shaw, qui paraît être le type à préférer.
- Pour les boîLes de vitesses, il en existe à 5 et à 4 vitesses. Ces dernières s’imposent sur le poids lourd, si l’on veut réaliser, en pays accidenté, une économie de temps et de combustible, par suite de la plus grande facilité qu’elles donnent pour se plier aux exigences du terrain.
- La transmission aux roues motrices se fait encore soit par chaînes, soit par cardans, avec une préférence assez marquée pour la chaîne, malgré sa disparition à peu près totale du véhicule de tourisme.
- Cette préférence pour cet organe sale, bruyant,' dangereux et d’un rendement peu satisfaisant à grande vitesse, s’explique par ce fait qu’il permet de réaliser facilement la grande démultiplication cherchée, qu’il rend possible presque instantanément un changement de démultiplication et qu’il conduit à un ensemble « Roues-essieu » plus léger, ce qui réduit l’importance du poids non suspendu.
- Les transmissions par cardans, exigent la construction de mécanismes plus coûteux, mais elles sont plus silencieuses, toujours propres, bien lubrifiées et d’un rendement mécanique généralement meilleur.
- On peut signaler comme un modèle du genre, la transmission par cardans avec essieu arrière à différentiel démultiplicateur des camions Renault. Il y a là une très belle pièce de mécanique, où tous les engrenages, sans exception, sont enfermés dans un carter étanche et parfaitement lubrifié.
- La roue en bois du type artillerie reste encore le seul type admissible et durable sur les véhicules actuels, on la prévoit de plus en plus avec des bandages en caoutchouc plein, de section appropriée à la charge, et on réserve les bandages ferrés pour les gros tonnages, ou pour les services à vitesse modérée à. effectuer sur des routes mal entretenues. Quoi qu’il en soit, le bandage en caoutchouc est le seul, pour l’instant, qui permette un service régulier en toute saison, même par temps de neige, il met les assemblages.et les mécanismes à l’abri des trépidations, dont la répétition amène leur ruine prématurée.
- En ce qui concerne les freins, en dehors des freins de friction installés sur la transmission et dans les tambours de roue, dont l’emploi en montagne n’est pas sans inconvénient, à cause du très grand échauffement qui se produit, il faut citer, comme dispositifs capables d’une action prolongée sans danger, les freins moteurs Saurer et Panhard, qui utilisent à la retenue le travail résistant produit par le moteur transformé en compresseur d’air, et le frein Peugeot à moulinet, qui crée du travail résistant au moyen d’un moulinet à palettes, tournant horizontalement sous la boîte de vitesse, grâce à sa mise en prise facultative avec les divers engrenages de cette boîte.
- Comme voitures spéciales intéressantes, on peut citer les arroseuses balayeuses, les auto-ambulances, les automobiles chirurgicales, les pompes à incendie, les tombereaux à bennes basculantes, les voitures à enlèvement d’ordures ménagères, et certains types de châssis à avant-train électrique, actionnés par deux moteurs électriques de 2 1/2 à 6 ch. en prise avec les roues avant.
- Il est facile de se rendre compte, que le véhicule industriel est arrivé aujourd’hui au même degré de perfection que la voiture de tourisme, il est capable d’assurer régulièrement les plus durs services, sa consommation est assez réduite. Malheureusement son budget reste en France lourdement grevé parles cours exagérés des combustibles, dont le prix ne cesse d ’ augmen ter.
- S’il n’est pas apporté à cet état de choses un remède à bref délai, soit par la création d’une usine d’Etat vendant à prix raisonnable, soit par tout autre moyen capable d’arrêter la spéculation, il est à craindre de voir s’arrêter de nouveau la diffusion du véhicule automobile utilitaire. Renaud.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 décembre 1912. — Présidence de M. Lippmann.
- Action des alcalis sur la vitalité des microbes. — On pourrait croire que les ambiances atmosphériques favorisantes étaient principalement dues à la présence d’alcalins volatils répandus dans l’air. Les essais de MM. Trillat et Fouassier démontrent qu’à côté de cette action d’alcalinisation, les substances volatiles azotées qui se forment dans un grand nombre de circonstances telles que la putréfaction, la respiration végétale ou animale, etc., jouent le rôle d’aliments gazeux. En parlant de l’ammoniaque, l’action favorisante augmente avec les poids moléculaires des ammoniaques composés : elle atteint son maximum pour les produits alcaloïdiques. Ces actions se manifestent seulement sur des microbes à l'état de souffrance, ce qui est le cas lorsqu’ils sont en suspension dans l’eau ou dans l’air.
- La biréfringence magnétique. — MM. A. Cotton et 11. Mouton, qui ont trouvé et découvert en commun la biréfringence magnétique des liquides, ont entrepris de nouvelles recherches au sujet de ce phénomène. Dans. une Note que présenté M-. Yiolle, les ailleurs montrent que si l’on soumet un liquide à l’action simultanée d’un Champ électrique et d’un'champ magnétique, le liquide doit prendre des propriétés optiques remarquables dont l’étudp pourrait fournir des renseignements précis sur la structure et la symétrie des molécules. Malheureusement, pour appliquer utilement le procédé indiqué, il faudrait un très* gros électro-aimant bien plus puissant que les méilleurs instruments actuels. Or, un tel appareil serait trop coûteux pour qu’aucun de nos laboratoires puisse le faire construire, à moins qu’une initiative généreuse ne vienne encore, en cette occasion, contribuer aux progrès de la science.'
- Une constante de. la physique ' mathématique. — M. Bouty présente un travail de MM. Fery et Drecq sur la détermination' de la constante de la loi de Stephan, c’est-à-dire de la loi du rayonnement des corps noirs. Ce rayonnement est proportionnel à la 4e puissance de la température absolue. Il comporte donc un coefficient numérique constant pour le rapport. Des physiciens allemands ont d’abord indiqué le chiffre 4,5 pour la valeur de ce coefficient, puis, après des expériences reprises dans des conditions meilleures, ont donné le chiffre 5,8. Les auteurs ont trouvé le nombre G à l’aide d’une mé-
- thode qui consiste à faire rayonner une enceinte noire sur une lame de cuivre recouverte électrolyliquement de platine sur ses deux faces. Ils ont ensuite déterminé l’intensité du courant qui, en traversant la lame, produit le même excès de température. Cette deuxième opération leur a permis de calculer la quantité de chaleur produite qui nécessairement doit être égale à celle que fournit le rayonnement.
- Fatme marine. — M. Bouvier résume une étude de M. Gruvel relative à un animal qui vit sur le corps des cétacés et dont des spécimens ont été recueillis dans les pêches effectuées lors du dernier voyage d’exploration du prince de Monaco. Cet animal est le Xenobatanus, genre de crustacé de l’ordre des cirripèdes. Il naît libre de se déplacer et se fixe sur le corps d’un marsouin, d’un dauphin ou d’une baleine. 11 s’enfonce dans la peau et y achève son développement. Désormais, il est transporté par le cétacé et recueille sans doute ainsi plus facilement sa nourriture alors que les balanes se fixent sur des rochers.
- Les enfants arriérés. — M. Edmond Perrier analyse un nouveau mémoire de M. Raoul Dupuy sur le traitement des enfants arriérés par les extraits- de glandes internes associées. Après avoip-établi: une distinction entre les anormaux du fait d’une lésion cérébrale incurable et les arriérés dystrophiques qui subissent un retard d’évolution, l’auteur dit que ces derniers sujets sont, avant tout, des malades qui ont des troubles pathologiques de croissance accompagnés d’intoxication. Comme chez eux la nutrition et la circulation sont défectueuses, il y a lieu de modifier celles-ci en administrant à ces enfants certains extraits glandulaires et des sels minéraux. On arrive ainsi à obtenir des résultats fort intéressants chez les apathiques, les épileptiques et dans d’autres cas. Le point capital, dit M. R. Dupuy, est de commencer le traitement dès le plus jeune âge. Les. parents, au lieu d’attendre de l’âge des améliorations à l’état d’enfants arriérés, doivent donc demander de suite des avis et des soins éclairés.
- Élection. — M. Iladamard est élu membre de la Section de géométrie par 51 voix contre 26 données à M. Gour-sat, en remplacement de M. Poincaré.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- UN TRAÎNEAU SOUS-MARIN
- Les récents perfectionnements des scaphandres rendent les plongeurs indépendants du monde extérieur, en leur permettant d’emporter leur provision d’air oui. plutôt l’appareil régénérateur, capable d’entretenir la respiration pendant un temps très considérable. Voici, qu’on leur fournit des moyens de locomotion automobile, augmentant leur rayon d’action sous les eaux. Tel est le but du traîneau sous-marin que construit l’usine Drâgerwerk, à Lübeck. C’est un traîneau remorqué par un bateau
- automobile et qui se déplace à une vitesse quelquefois considérable.
- Le scaphandrier, confortablement assis sur le traîneau, est descendu du bateau avec son véhicule, sur une glissière ou au moyen d’une grue. Sur deux glissoirs allongés, recourbés à l’avant et reliés par un arc en forme d’ellipse, est disposé le siège du plongeur avec sa coquille protectrice et, de chaque côté, un réservoir à air comprimé. A l’avant, se trouvent les gouvernails de profondeur et, à l’ar-
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- UN TRAÎNEAU SOUS-MARIN
- rière, les gouvernails horizontaux, actionnés, les uns I bonique expiré par le plongeur, s épuisé en effet au et les autres, du siège disposé à l’avant. L’admission | bout d’environ trois heures; c’est alors que le plon-
- et l’évacuation de l’air sont effectuées au moyen de soupapes librement accessibles.
- Tant que les réservoirs sont remplis d’air comprimé, le traîneau portant le plongeur flotte dans les couches d’eau supérieure où il se meut librement. Pour plonger, on dispose de deux moyens : évacuer l’air des réservoirs ou actionner les gouvernails de profondeur. Le traîneau atteint les fonds sans le moindre choc, quitte à revenir à la surface immédiatement après le retour de l’air comprimé ou après le relèvement des gouvernails de profondeur. Le mouvement ascendant et descendant, en cours de route, est effectué au moyen des gouvernails de profondeur ; ce n’est donc que pour descendre aux gram des profondeurs ou pour les quitter, qu’on consomme l’air comprimé.
- La durée des explorations sous-marines est limitée par le fonctionnement de la cartouche régénératrice du scaphandre. La capacité que possède cette cartouche de potasse, d’absorber l’acide car-
- geur, ayant interrompu son travail, devra remonter à la surface pour s’approvisionner d’une nouvelle cartouche.
- Même une course rapide sur un traîneau remorqué par le bateau automobile n’expose le scaphandrier à aucun malaise dû à la pression des courants sous-marins, contre lesquels la coquille disposée derrière le siège le protège parfaitement. Au milieu du jour, on travaille sans lumière artificielle, à des profondeurs allant jusqu’à 40 m.; autrement, il convient, d’équiper le plongeur de lampes sous-marines ou de munir le traîneau de projecteurs alimentés par des câbles du bateau transporteur. Pendant la course, l’inertie d’un milieu aussi dense que l’est l’eau. se fait sentir d’une façon fort remarquable, en amortissant les chocs sur les roches et les accidents des fonds.
- Et voici du même coup un nouveau sport créé : la promenade sous-marine.
- D1' Alfred Gradejnwitz.
- Le traîneau sous-marin s’enfonçant sous les eaux.
- Le traîneau sous-marin.
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2065.
- 21 DÉCEMBRE 1912.
- L’OPIUM EN PERSE
- Malgré les interventions
- des gouvernements chi-
- nois et britannique pour abolir la culture et la vente de l’opium soit en Ex- , . .
- trême-Orient, soit en Eu- i
- rope, il est un fait, c’est que la fatale drogue pénètre toujours chez nous et que les Chinois d’une certaine classe continuent à en savourer la dangereuse ivresse.
- D’où vient-il donc ?
- Qui donc le cultive?
- Ce sont surtout les Turcs et les Persans qui se chargent de pourvoir aux besoins des malheureux qui s’intoxiquent volontairement.
- La Turquie est l’un des principaux centres du commerce de l’opium qui représente de 5 à 6 pour 100 du chiffre total des exportations de l’empire ottoman.
- À elle seule, la Macédoine exporte chaque année, en moyenne, de5000 à 3000'caisses d’opium dont une partie est utilisée, tant en Europe qu’en Amérique, pour la fabrication de la morphine. Les opiums macédoniens contiennent cet alcaloïde en proportions considérables, jusqu’à 15 pour 100.
- Le Dr Millaut vient de faire connaître à la Société de Géographie les observations qu’il a faites sur cette culture dans la vallée du Yardar. Les procédés employés diffèrent fort peu de ceux qu’utilisent les Persans.
- Il y a dans la Perse méridionale de vastes
- champs de pavots qui prouvent la prospérité de cette industrie. Et elle est d’autant plus prospère que la concurrence chinoise se raréfie chaque jour. Shiraz la capitale de Fars, bien qu’au sud de la Perse, et sur
- Fig. — La récolte de V. opium dans un champ de pavots.
- Fig. 2. — Le séchage de l’opium.
- 4»
- année. — icr semestre.
- un vaste plateau, subit une intense saison froide et de fortes pluies en hiver. Mais dès le mois de mars le printemps fleurit les champs dans la vallée et, bientôt apres, l’été arrive avec son soleil vivifiant.
- Un voyageur anglais qui récemment visitait cette région, relate ainsi ses impressions :
- « Aujourd’hui les pavots sont en pleine floraison et la brise apporte aux narines du promeneur les parfums narcotiques de milliers de fleurs blanches ou violettes. Car les champs d’opium sont un régal pour l’œil et constituent le plus joli tableau que l’on puisse imaginer. » Surtout après la saison des pluies, les fleurs, hautes et épanouies, se dressent en massifs luxuriants. C’est d’abord la tige verte et rigide; puis la fleur aux larges pétales autour de la houle qui contient l’essence d’opium et les pépins qui desséchés sont vendus comme résidus. De Shiraz jusqu a Ispahan au nord,
- et vers le sud, jusqu’à la région où le palmier croit, on ne voit que champs de pavots, cultivés avec soin par leurs propriétaires qui en tirent de très beaux revenus.
- Ainsi cette année plusieurs milliers de tetes de pavots de plus que l’an dernier seront expédiées à l’étranger. Et cela d’autant plus facilement, que
- l’art des contrebandiers de l’opium se perfectionne de jour en jour et qu’ils tournent avec une étonnante facilité les édits du gouvernement chinois. D’autre part, le marché européen consomme de plus.
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- 34 ~ ....- ~ = L’OPIUM EN PERSE
- en plus et donne de beaux bénéfices par le fait même que ce commerce est illicite.
- Vers les premiers jours de juin commence la récolte de l’essence d’opium. Les têtes des pavots sont prêtes à être « saignées ».
- Dès que les pétales se fanent et tombent à terre, le paysan persan examine avec grand soin la maturation des boules. Quand il juge le moment de la récolte venu, il arme ses aides de couteaux singuliers, à plusieurs courtes lames parallèles fichées dans le manche. Et l’opération commence. Elle consiste à faire dans chaque tête de pavot une série d’incisions latérales (fig. 1).
- Ce travail est mis en train aussitôt que le soleil disparaît à l’horizon et les incisions sont faites sur le côté du pavot qui est exposé aux rayons du soleil couchant. Alors, à mesure que l’air frais de la nuit succède à la chaleur du jour, l’essence odorante sous forme de suc blanc suinte des incisions et tombe, en gouttes, au bas de la boule où elle se coagule rapidement en devenant brune. Avant le lever du soleil, c’est-à-dire avant que ses rayons aient cristallisé le fluide visqueux, les paysans réapparaissent et rassemblent le produit de leur travail, à moins qu’une pluie intempestive n’ait lavé et perdu la récolte. Des couteaux en forme de faucille entrent alors en jeu ; chaque opérateur gratte d’un seul coup de son couteau le produit de la sécrétion nocturne et cela, sous l’œil attentif du propriétaire du champ, qui surveille ses hommes comme on le fait dans les mines sud-africaines pour les chercheurs de diamants. Chaque goutte est en effet une chose précieuse qui vaut son pesant d’orj1).
- Après la récolte, les champs de pavots redeviennent déserts et l’on n’y entend plus rien, sinon le bourdonnement confus de myriades d’insectes. On fait de nouvelles incisions jusqu’à ce que chaque tête ait produit trois ou quatre grammes d’opium.
- La récolte terminée, l’essence d’opium est placée . dans de vastes récipients de cuivre en attendant l’arrivée des trafiquants. Mais quand le marché est conclu l’opium ne passe pas encore entre les mains du consommateur; il doit subir des manipulations.
- En été,les caravansérails où les marchands d’opium
- 1, Yov. le magnifique ouvrage de M. H. R. D’Allemagne : Du Khorassan au pays des Bachktiaris. Hachette, 1912.
- ont leur quartier général présentent un intérêt tout particulier. D’abord l’essence d’opium est répandue sur de grands plats rectangulaires et exposée au soleil afin que le fluide visqueux perde son élément liquide (fig. 2). Cette opération est délicate et des ouvriers expérimentés surveillent avec soin l’évaporation, inclinant plus ou moins les plateaux chauffés par le soleil. Cette manipulation ne dure que deux heures environ. Ensuite l’opium est recueilli au moyen de grattoirs par d’autres ouvriers qui le mettent en tas d’une livre, lesquels sont pressés dans des moules où on les comprime et les sèche.
- Lorsque les gâteaux d’opium ainsi obtenus sont prêts à être empaquetés, on les enveloppe d’un papier rouge importé de Chine. Les paquets sont casés dans des boites de bois doublées d’étain, par 12 douzaines, et exportés en Chine et en Europe. Pour la commodité du transport, le poids de deux
- caisses représente le chargement d’une mule, car la mule de bât remplace en Perse les wagons absents.
- Le pourcentage de morphine contenu dans l’opium persan varie de 9 à 10 pour 100. Autrefois l’opium persan n’avait qu’une réputation très médiocre sur le marché européen, auprès des vrais amateurs, et cela, parce qu’il contenait une substance étrangère nommée gunjeclah, ajoutée par les paysans persans. Mais ceux-ci s’aperçurent qu’ils perdaient à ce trafic malhonnête et ils cessèrent bientôt, dans leur propre intérêt, de falsifier ou d’abîmer leur produit.
- Une bonne partie de cet opium est utilisée en Perse où la consommation a considérablement augmenté, au grand désespoir des Persans éclairés. Toutes les grandes villes ont leurs fumeries; on trouve, au fond des maisons de thé ou de café, un coin discret où les amateurs se rencontrent pour se livrer clandestinement à leur passion (fig. 5).
- Il n’est pas rare de rencontrer aux alentours de ces maisons des hommes dans un état d’hébétude très édifiant. D’ailleurs les fumeurs ne sont pas les seules victimes de la fatale drogue, puisqu’il y a des milliers de Persans qui portent, dissimulées sur leur poitrine, de petites boîtes contenant des pilules d’opium. De temps en temps, on essaye de réagir, mais sans succès, car ceux qui ont qualité pour appliquer les décrets d’intérêt public sont les premiers à
- Fig. 3. — Comment on fume l’opium en Perse.
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- COMPARATEUR POUR LA MESURE DES CLICHÉS STELLAIRES —— 35
- savourer une bonne douzaine de « pipes », aussi rien ne s’oppose-t-il à l’envahissement de cette passion qui gagne comme un cancer toutes les classes de la nation. Le temps est loin, hélas! où le Persan se contentait du « morceau de pain, du pot de vin doux et de sa Belle » chantés par Omar Khayyam.
- Il lui faut maintenant l’ivresse morbide des rêveries d’opium. D’autre part chaque fois que des protestations s’élèvent, elles sont couvertes par les arguments péremptoires des cultivateurs de pavots qui ne veulent pas être dépossédés de leur fructueuse industrie. Et ils sont nombreux ! Maurice Dekobra.
- COMPARATEUR POUR LA MESURE DES CLICHÉS STELLAIRES
- Le repérage précis de la position des astres exige la mesure, faite sur les clichés stellaires, des deux coordonnées rectangulaires de chaque étoile. C’est
- tation de ce procédé au problème qui nous occupe, on ne mesure que des distances, et on les mesure de façon irréprochable; les angles, et, par consé-
- Le comparateur "pour la mesure précise des clichés stellaires.
- la méthode directe, celle qui se présente immédiatement à l’esprit. Mais elle n’est pas sans susciter quelques craintes et quelques doutes; elle suppose des instruments parfaits, des coulisses exactement rectilignes et rigoureusement rectangulaires; elle utilise, de plus, comme instruments de mesure, deux vis dont la course est étendue, et dont les erreurs, variables avec l’usure, doivent être déterminées au prix d’un labeur considérable.
- M. Maurice Farman ayant attiré mon attention sur ce problème alors que, non encore fasciné par l’aviation, il projetait une extension de ses belles recherches sur les étoiles doubles, j’ai pensé que l’on pouvait appliquer aux mesures stellaires un procédé classique en métrologie, celui de la comparaison par déplacement longitudinal. Dans l’adap-
- quent, les positions absolues, sont obtenues alors par des résolutions de triangles dont les côtés sont connus.
- L’appareil mettant en œuvre ce procédé, et dont le premier exemplaire a été construit sur mes indications par la Société genevoise, comprend un banc B portant deux microscopes de distance réglable, et qui visent, à une même distance, un cliché photographique C et une règle divisée R. La règle que, pour éviter les réductions de température, on a faite en un acier au nickel possédant la dilatation du verre, est susceptible de petits mouvements de réglage.
- Le cliché, de son côté, porté par une plate-forme tournante, peut effectuer des rotations quelconques, et se déplacer d’avant en arrière sous l’action d’une vis
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- LES MALADIES A TRYPANOSOMES DES MAMMIFÈRES
- V, qui produit les mouvements, mais ne les mesure pas.
- Par un déplacement et une rotation convenables, on amène dans le prolongement de l’axe de la règle la droite joignant les deux astres dont on veut connaître la distance, en s’aidant d’une droite tracée sur une lame de verre L, en regard de laquelle on promène un viseur A. La mesure étant ainsi préparée, on pointe, à l’aide du microscope de gauche, l’une des deux étoiles, puis, au moyen de celui de droite, l’un des traits de la règle. On déplace ensuite le chariot jusqu’à ce que le premier microscope vise le deuxième astre ; l’autre microscope se repère alors sur la position d’un autre trait de la règle. Les appoints sont mesurés à l’aide des micromètres oculaires.
- Les erreurs de position des traits de la règle ont été déterminées une fois pour toutes par un étalonnage. Le cercle portant le cliché est divisé sur son pourtour, et, bien qu’en principe on ne doive pas se servir des mesures d’angle, celles-ci sont très utiles comme repères ou comme contrôle, et afin de donner une valeur approchée des angles que l’on retrouve avec plus de précision par la résolution des triangles.
- Dans l’application de la méthode, on devra impressionner le cliché par un système de fausses étoiles, quatre par exemple, situées aux angles de la plaque ou en regard du milieu de ses côtés. À la rigueur, deux pourraient suffire, mais elles ne donneraient aucune précision aux mesures faites en des points peu éloignés de la droite qui les joint. Un système de quatre étoiles permet, au contraire, d’atteindre dans les meilleures conditions toutes les régions de la plaque ; la détermination préalable de leurs positions fournit un système de coordonnées sensiblement rectangulaires, et dont, en tout cas, la forme est exactement connue.
- L’appareil qui vient d’être décrit a été exécuté pour l’observatoire de Rio-de-Janeiro, où il est actuellement en service. Les calculs auxquels il conduit sont certainement un peu plus laborieux que pour les appareils à un système complet de coordonnées, mais il offre de bien plus sérieuses garanties d’exactitude, avec un travail d’études préliminaires certainement moindre. C’est à ce titre qu’il m’a paru devoir rendre quelques services.-
- Ch.-Ed. Guillaume.
- Correspondant de l’Institut.
- LES MALADIES A TRYPANOSOMES DES MAMMIFÈRES
- La Nature a déjà parlé de la plus grave et de la plus répandue des maladies humaines à trypano-somés : la maladie du sommeil (J). Mais les trypanosomes (fig. 3 à 6) ne sont pas des parasites spéciaux à l’homme; ils se rencontrent aussi dans un grand nombre d’animaux très différents et provoquent souvent chez ceux-ci des maladies mortelles. Le remarquable ouvrage que viennent de publier MM. Laveran et Mesnil (2) nous permettra d’exposer les plus désastreuses de ces trypanosomiases animales qui, dans les pays tropicaux, déciment les troupeaux d’animaux domestiques (fig. 1).
- Les plus connues et les plus dangereuses sont certainement le surra et le nagana.
- Le nom de surra est employé de temps immémorial par les indigènes de l’Inde pour désigner une maladie des chevaux caractérisée par un état de cachexie profonde. On sait aujourd’hui que cette maladie peut également atteindre les bovidés, les chameaux et les éléphants. Elle est répandue, non seulement dans l’Inde, mais encore en Indo-Chine, aux Philippines, à l’ile Maurice, à Ceylan, en Perse, en Chine, etc. Les épidémies qu’elle provoque sont fort graves, puisque dans l’ile Maurice seule, 3000 bœufs et 4000 chevaux en sont morts en un an et demi. Le surra est dû à un trypanosome, Try-panosoma Evansi qui est inoculé des animaux malades aux animaux sains par les piqûres des
- 1. Dr Brumpt. La maladie du sommeil, La Nature, n° 1718, 28 avril 1906. D1' Odadé. La mission française de la maladie du sommeil, La Nature, n° 1747, 17 novembre 1906.
- 2. A. Laveran et F. Mesnil, professeurs à l’Institut Pasteur : Trypanosomes et trypanosomiases.Masson, édit., Paris, 1912.
- mouches. L’animal infecté présente de la fièvre, bientôt suivie d’abattement et de faiblesse, puis d’anémie progressive pendant que les trypanosomes se multiplient dans le sang ; la mort est fatale et arrive généralement une cinquantaine de jours après l’infection. On ne connaît encore aucun sérum ni aucun médicament qui puisse guérir cette maladie.
- Le nagana ou maladie de la mouche est une autre trypanosomiase qui attaque les chevaux, les mules, les ânes, les bœufs, les chiens, les chats et beaucoup d’autres animaux. Elle dure de quelques jours à quelques semaines et est toujours mortelle chez les chevaux, les ânes, les chiens; quelques bovidés en guérissent parfois. Les agents de propagation du nagana sont les mouches tsé-tsé ou glos-sines. Celles-ci puisent le parasite, Trypanosoma Brucei (fig. 5), dans le sang des animaux domestiques ou sauvages qu’elles piquent et l’inoculent à d’autres bêtes saines qu’elles piquent ensuite. L’animal atteint subit une incubation d’une dizaine de jours, puis a un premier accès de fièvre qui dépasse ordinairement. 41 degrés en même temps que les trypanosomes apparaissent dans son sang. Les poussées fébriles continuent, le cou, l’abdomen et les membres enflent, l’animal maigrit, devient souvent aveugle et finit par mourir 15 à 60 jours après l’infection. Le nagana est une maladie africaine ; il étend ses ravages sur le sud de l’Afrique, sauf le Cap, le Natal et les Républiques sud-africaines, la Zambézie, l’Est africain allemand, la région des grands lacs, et même jusqu’aux pays des Somalis et des Gallas. Comme pour le surra, on ne
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- LES MALADIES A TRYPANOSOMES DES MAMMIFERES r:-—37
- connaît aujourd’hui aucun traitement efficace de cette maladie.
- Le surra et le nagana sont les plus connues des maladies à trypanosomes, mais il en est malheureusement un grand nombre d’autres.
- Les dromadaires du Sahara et du Soudan meurent souvent du mbori, maladie provoquée par une variété de Trypanosoma Evansi, qui produit un amaigrissement progressif.
- Les chevaux et les mules de l’Annam, du Tonkin et de toute l’Indo-Chine, sont sujets à des épizooties meurtrières dues au Trypanosoma annamense; l’animal infecté est pris de fièvre, s’anémie, chancelle et finit par mourir au bout de 50 à 75 jours.
- Les chevaux, les ânes et les bovidés du Togoland allemand et des colonies voisines sont sensibles à une maladie consistant en fièvre, anémie, œdème, amenant la mort après un temps variant de
- prend, a été rapportée au Trypanosoma venezue-lense.
- Le mal de caderas qui sévit sur les chevaux dans l’Amérique du Sud est encore une trypanosomiase. Au Brésil, dans l’état de Matto Grosso, elle a, depuis 1860, produit de tels ravages que, tous les chevaux ayant disparu, les habitants en ont été réduits à se servir des bœufs et des taureaux comme bêtes de trait et même comme monture.' Dans le Chaco, un régiment ayant reçu en juin 600 chevaux n’en avait plus que 100 en novembre. L’animal atteint maigrit, son train de derrière devient paresseux; il chancelle, puis tombe et meurt. L’agent pathogène est le Trypanosoma equinum. ;
- La souma attaque dans tout l’ouest africain léfjj bovidés, les chevaux et aussi les chèvres et les antilopes; elle est toujours mortelle pour les bœufs
- fié"'"'*! Magana ai maladies transmises par les tsétsés
- llllH Surra et maladies voisines
- TURf
- Dourine
- Panama
- GAMBIE
- GUINÉE FRV/%
- rmibar
- AUSTRALIE
- Fig. i. — Distribution géographique des Trypanosomiases animales.
- 45 jours à 8 mois, due au Trypanosoma togolense.
- Le debab des dromadaires algériens qu’on rencontre dans toute l’Afrique du Nord, le tahaga des chevaux soudanais sont des maladies à marche plus lente que les précédentes, mais non moins graves. Le debab dure de quelques mois à quatre années ; on l’observe chez 10 à 17 pour 100 des méharis militaires et il cause parfois de véritables hécatombes; c’est ainsi qu’en juin 1844 le général Monge-Marey, revenant de Làghouat, eut son équipage de dromadaires assailli par les taons ; en automne, près des trois quarts périrent. Le tahaga dure de 4 à 6 mois et se termine également par la mort. Tous deux sont dus au Trijpanosoma soudanense-
- On a signalé, en 1910, une épidémie mortelle chez les chevaux d’Ancon (Panama) due au Trypanosoma hippicum. Une autre épidémie également mortelle survenant parfois chez les chevaux au Venezuela, où elle est connue sous les noms de peste boba et de desrengadera suivant la forme qu’elle
- dont 20 à 40 pour 100 sont atteints au Dahomey et dans la Côte d’ivoire; les chevaux en guérissent quelquefois; elle est due au Trypanosoma Cazal-boui.
- La dourine est la seule trypanosomiase pathogène des animaux domestiques de nos pays; elle a été observée depuis le début du xixe siècle dans presque toute l’Europe ; Espagne, Allemagne, Suisse, Autriche-Hongrie, Russie, Turquie; elle existe aussi dans l’Afrique du Nord, la Syrie et probablement aussi dans l’Asie Mineure, la Perse, Java; on l’a signalée également aux États-Unis, au Canada, au Chili et au Brésil. C’est une maladie des chevaux due au Trypanosoma equiperdum ; parfois elle est à marche rapide, le plus souvent elle dure de deux mois à une ou deux années, mais se termine toujours par la mort. La figure 2, provenant de la collection Nocard, montre bien l’aspect du cheval dou-riné vers le milieu de la maladie.
- Le Trypanosoma dimorphum se rencontre dans
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- LES MALADIES A TRYPANOSOMES DES MAMMIFÈRES
- toute l’Afrique, du Sénégal au Congo, dans la Rho-.desia, le Zoulouland, le Somaliland, etc., chez les chevaux, les bovidés, les moutons, les chèvres, le porc, le chien. Quoique très grave, l’infection qu’il produit n’est pas sûrement mortelle; toutefois les guérisons sont plus rares chez les chevaux, les
- Fig. 2. — Cheval douriné. Il présente une extrême maigreur, l’affaissement du train postérieur et la flexion du boulet de la jambe postérieure gauche.
- bœufs et les chiens, que chez les chèvres et les moutons.
- Trypanosoma congolense sévit au Congo,
- Le
- principalement chez les bœufs, mais a été également rencontré chez les dromadaires, les chevaux, les chèvres, les moutons et les chiens; chez les bovidés, il provoque delà paresse, puis de l’amaigrissement, et enfin la mort.
- Le Trypanosoma nanum, qui ne mesure que 10 à 14 p. de long sur 1 p. 1/2 à 2 p. de large, attaque les bovidés de l’Afrique centrale; la mort en est la suite ordinaire. Le Trypanosoma pecorum, qu’on trouve dans les mêmes régions, attaque les mêmes animaux et est également mortel. Enfin, le Trypanosoma Pecandi provoque chez les chevaux de l’ouest africain une maladie nommée baleri, toujours mortelle.
- Cette longue liste de trypanosomes pathogènes des mammifères, dont chaque nom est suivi de la mention : mortel, explique les difficultés que l’on rencontre à élever et à conserver des animaux domestiques dans beaucoup de régions tropicales. Leur étude, à laquelle MM. Laveran et Mesnil ont pris la plus large part, a déjà permis de les différencier, de les classer, de les reconnaître. Mais cela n’est pas suffisant, et l’on a cherché à éviter ces fléaux et à les guérir.
- Au point de vue thérapeutique, on a essayé les méthodes les plus diverses : sérothérapie, chimiothérapie, radiothérapie. Seuls, les primates ont un sérum actif contre les trypanosomes (cynocéphale, homme, mandrill dans l’ordre décroissant) ; l’injection de celui-ci n’a pas donné de résultats curatifs.
- La chimiothérapie a utilisé de très nombreux médicaments : composés arsenicaux, couleurs de benzidine, corps du groupe du triphénylméthane, sels d’antimoine, etc. ; bien que les résultats obtenus soient encore incomplets, ils sont cependant remarquables : en particulier l’association de l’atoxyl avec divers autres médicaments a produit d’heureux effets ; toutefois, les trypanosomes ont la propriété de devenir résistants aux médicaments lorsque le traitement se prolonge, ce qui diminue beaucoup l’efficacité de ces derniers. La radiothérapie a également été tentée, mais sans aucun succès.
- En face d’une pareille im puissance et d’un mal si grand, la seule ressource actuelle est l’application d’une prophylaxie rigoureuse. Prohiber l’importation dans les régions saines d’animaux provenant des régions infectées, abattre immédiatement les animaux reconnus malades sont parmi les mesures les plus efficaces.
- Les trypanosomes étant le plus souvent transmis
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- Fig. 3 à 6. — Diverses espèces de Trypanosomes. — 3 et 4, Trypanosome du Rat; 5, T. Brucei du nagana; 6, T. de la Grenouille; n, noyau; c, centrosome; m, membrane ondulante; f, flagelle.
- par les piqûres des mouches, un bon moyen serait d’éviter les piqûres d’insectes, et l’on a proposé divers procédés pour arriver à ce but : le débrous-saillement des points d’eau où les animaux vont boire, qui éloigne certaines glossines mais non toutes; la sortie des animaux la nuit, les mouches ne piquant que le jour; l’enduit des animaux avec diverses substances protectrices, la créoline notam-
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- ment ; les fumigations qui éloignent les mouches ; enfin, la construction d’étables et d’écuries dont tous les orifices sont pourvus de gaze. Mais, il faut bien avouer que dans beaucoup de cas, il n’y a pas
- encore de lutte possible et qu’il faut se résigner à n’élever et n’importer dans la région dangereuse aucun animal susceptible d’être atteint.
- René Merle.
- LA DERNIÈRE ÉRUPTION DU TAAL
- En règle générale, les éruptions se déroulent dans de telles circonstances de lieu et de temps quelles échappent à l’observation directe des savants. Nous n’aurons pas à exprimer un pareil regret au sujet de l’éruption dont nous allons parler, puisqu’elle eut pour témoin, du début à la fin des manifestations, un membre du Philippine Bureau of Science, M. Charles Martin, l’auteur des remarquables photographies reproduites sur ces pages. Un autre savant, M. Dean C. Worcester, qui remplit les hautes fonctions de secrétaire de l’Intérieur des Philippines, auteur d’admirables études sur l’ethnographie de l’archipel, assista à plusieurs des phases du phénomène. Nous les remercions ici très vivement pour les notes et les photographies qu’ils ont bien voulu nous communiquer.
- Le Taal est justement réputé pour la fréquence et la soudaineté de ses éruptions. Il est situé sur le rivage d’une petite île de formation volcanique qui occupe le centre du lac Bombon à 63 km environ au sud de Manille. Le point culminant de cette île a' 530 m. d’altitude, et le cratère en activité n’est qu’à 130 m. au-dessus de la surface du lac. C’est probablement grâce à cette faible élévation que l’aire de dévastation du Taal est toujours assez étroitement limitée.
- Deux fissures sillonnent ici l’écorce terrestre; partant de la baiedeBalayan, elles s’allongent parallèlement dans la direction S.-O. N.-E., passent de chaque côté de l’île, quelles effleurent, et se prolongent jusqu’au rivage du Grand Océan. Elles courent ainsi à travers un isthme qui pourrait bien se percer tôt ou tard, en un affaissement sismique, et séparer la grande île de Luçon en deux sections.
- Dès la découverte des Philippines, l’activité du Taal fut signalée dans les chroniques espagnoles. La première éruption observée par un témoin digne de foi, un moine augustin, fut celle de 1572. Trois autres se succédèrent à brefs intervalles : en 1591, 1605 et 1611. On a des raisons de croire qu’une éruption importante eut lieu durant l’hiver 1634-1655. En 1707, un volcan que l’on croyait éteint, le Biniantang-Malaqui, séparé du Taal par la plus grande largeur de l’île, fit brusquement explosion, émit des tourbillons de fumée accompagnés d’un effroyable fracas de tonnerre, et se rendormit pour toujours ; du moins, il n’a donné aucun signe d’activité depuis deux siècles.
- En 1716, se produisit une violente éruption du Taal, dont un moine nous a légué une description pittoresque. Fidèle à sa tactique, le volcan fit explosion brusquement, sans grondements ou autres
- signes précurseurs. « L’île entière parut se transformer en un immense brasier. A son tour, la partie du lac située au S.-E. du volcan se mit à vomir d’énormes colonnes de fumée et de cendres. L’eau se souleva en vagues gigantesques et balaya les rivages qui s’effondrèrent en un point sur une largeur de 16 m. 70. Cette eau avait la température de l’eau bouillante, et les rives furent couvertes de poissons cuits. »
- Nouvelles éruptions en 1729, en 1751, en 1749. La dernière en date fut particulièrement violente; mais elle devait être surpassée en horreur par celle de 1754, dont un vieux moine nous a laissé une description détaillée : elle détruisit quatre petites villes bâties sur les rives du lac et ravagea une immense région. C’est probablement l’une des plus longues éruptions que l’on ait jamais observées dans les temps historiques : du 15 mai au 4 ou 5 décembre, soit pendant 200 jours, le Taal ne cessa de vomir de la fumée et des matières volcaniques.
- Une période de repos succéda au cataclysme. Ce ne fut que 54 ans plus tard, soit en mars 1808, qu’une explosion vomit des torrents de cendres (jusqu’à former des épaisseurs de 80 cm) sur les villages de la région. Après une nouvelle accalmie de 66 années, une éruption de gaz délétères tua tout le bétail de l’île. Puis, en avril 1904, le volcan redevint actif; un nouveau cratère se forma à la base interne du cratère principal, et il s’en échappa pendant trois mois des quantités de vapeur, et, par intermittences, des éjections de boue et de roches, jusqu’au 4 juillet, jour où se produisit une courte éruption, dont furent témoins M. Dean C. Worcester et plusieurs membres du Bureau of Science.
- Nous abordons maintenant la grande éruption de janvier 1911, qui fut à la fois la plus courte et la plus meurtrière de toutes celles qui se sont produites de mémoire d’homme. Elle dura à peine 48 heures, et détruisit 15 villages, foudroyant plus de 1500 personnes et ravageant de fond en comble toute une province.
- Dans la nuit du 27 janvier, l’Observatoire de Manille commença à enregistrer des secousses sismiques dont la fréquence et l’intensité augmentèrent rapidement; leur nombre fut de 26 pendant les premières 24 heures, et de 217 pendant la journée suivante. Dix de ces secousses furent si violentes que la population de Manille, distante de 63 km du volcan, fut prise de panique.
- Le 28, au matin, le Bureau des Sciences appre^-nait que le volcan émettait une colonne de fumée, et M. Charles Martin était chargé d’aller prendre
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- une série de photographies. Parti de Manille à 15 heures, il atteignit la rive du lac Bombon à 20 heures; le lendemain matin, à 8 heures, il escaladait les pentes du volcan, et, installant son appareil sur le bord même du cratère, il prenait une première série de photographies. En les comparant plus tard à celles que M. Worcester avait prises en 1888 et en 1904, on constata que, dès ce moment, c’est-à-dire avant l’éruption proprement dite, le volcan avait subi d’importantes modifications. Tout le fond du grand cratère s’était fissuré, et remplacement des trois lacs qui s’y étaient formés était
- Tanauan, suivie d’une chute de cendres fines et sèches. Un peu avant 2 heures, le ciel, obscurci par le nuage de boue noire, s’éclaircissait complètement.
- M. Martin dissertait encore avec ses compagnons sur l’imposant spectacle dont ils venaient d’être témoins, quand, à 2 h. 20, deux explosions presque simultanées, d’une violence terrifique, retentirent; leur fracas fut entendu dans un rayon de 500 km. Immédiatement, surgissait du volcan un monstrueux pilier de fumée noire qui s’élevait graduellement à une grande hauteur, avec accompagnement de décharges électriques qui faisaient des effets de lumière
- L’éruption du Taal photographiée le 27 janvier au matin.
- maintenant occupé par de larges crevasses d’où s'élancaient depais tourbillons de fumée. A de fréquents intervalles, des colonnes de boue noire perçaient les nuages de vapeurs blanchâtres, ; et des explosions souterraines retentissaient, assez violentes pour faire trembler le sol sous les pieds de M. Charles Martin.
- Après avoir employé toutes ses plaques, il retraversait le lac et retournait à Tanauan, à 18 km du volcan. Le 29, au matin, à 1 h. 5, une explosion d’une violence inouïe le réveillait, et il voyait surgir à l’horizon une énorme colonne de boue noire qu’enguirlandaient des girandoles d’éclairs. Douze minutes plus tard, une pluie de boue s’abattait sur
- merveilleux. Ces guirlandes d’éclairs furent visibles dans un rayon de 400 km. Puis,, le monstrueux pilier se heurta à un courant aérien qui le rabattit sur la région entière, et d’épaisses ténèbres régnèrent. Douze minutes après l’explosion, une pluie de boue tomba sur Tanauan ; elle ne cessa que 50 minutes plus tard.
- A Manille, le fracas avait terrorisé la population, qui se répandit aussitôt dans les rues en poussant des cris d’effroi. D’après la description du Père Joseph Algué, directeur de l’Observatoire de Manille, les jeux de lumière électrique offraient un spectacle unique; les éclairs, qui « foisonnaient », formaient des rubans ondulés d’une largeur extraordinaire
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- qui, visuellement, et à cette distance de 65 kilomètres, était de plus d’un mètre ! Ce qui ajoutait à la fantastique beauté du phénomène, c’est qu’il se déroulait dans un ciel sans nuages, et qu’on distinguait nettement les étoiles les plus brillantes dans l’enchevêtrement des rubans de feu. En même temps, des globes enflammés montaient et descendaient en décrivant de gracieuses courbes.
- Le savant astronome constata que ces phénomènes lumineux durèrent 40 minutes, avec une période de grande intensité entre 2 h. 50 et 2 h. 50. Il exposa plusieurs plaques photographiques que les éclairs seuls impressionnèrent, et qui n’enregistrèrent pas la moindre trace des globes de feu. D’après ses calculs, des décharges électriques prirent place à une hauteur de 15 000 m. au-dessus de la surface delà terre, en ligne verticale, et à 19 000 m. du cratère, en ligne oblique, dans la direction de l’Ouest.
- Comme nous le verrons plus loin, cette formi-
- elles étaient situées en dehors de la zone de dévastation complète, très nettement délimitée, et elles firent savoir qu’elles n’avaient à déplorer que des pertes matérielles : pluie de boue et de cendres,
- En cartouche, l'éruption du Taal.
- En bas, après l’éruption, le sol affaissé est submergé, les arbres sont brisés et dénudés.
- dable explosion avait ravagé de fond en comble, en l’espace de quelques secondes, une zone étendue; mais plusieurs jours se passèrent avant qu’on connût à Manille l’importance de la catastrophe. Les autorités avaient bien télégraphié à plusieurs villes du littoral aussitôt après la seconde explosion ; mais
- destruction partielle des récoltes. Quant aux villages de cette zone de dévastation, ils ne pouvaient pas transmettre la nouvelle du désastre ; la grande majorité' de leurs habitants avaient été tués sur le coup, et les rares survivants, dont la plupart expirèrent dans les huit jours qui suivirent, après une
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- horrible agonie, étaient incapables de se traîner jusqu’aux villages épargnés.
- Ajoutons que les eaux du lac Bombon, soulevées en vagues gigantesques, avaient brisé presque toutes les barques indigènes ; un canot à pétrole fut ainsi projeté à plus de 100 m. à l'intérieur des terres. Ce ne fut que dans l’après-midi qui suivit la fatale explosion "que M. Charles Martin put réparer tant bien que mal ce canot, et gagner l’île du Volcan.
- L’intrépide savant ne craignit pas d’escalader à nouveau le Taal jusqu’au rebord du cratère pour compléter son admiralDle collection de photographies. Il se rembarquait à 15 h. 45. Quinze minutes plus tard, une violente explosion se produisait, suivie d’une épaisse pluie de boue, et un nuage noir, formé de gaz délétères, descendait les pentes du volcan pour s’épandre sur le lac. Les nouveaux clichés de M. Charles Martin avaient failli lui coûter la vie.
- Efforçons-nous maintenant de résumer les observations d’ordre scientifique faites par les membres du Philippine Bureau of Science.
- L’aire affectée matériellement par les secousses sismiques s’étendit sur un diamètre de 550 km environ. Le nombre des secousses enregistrées à l’Observatoire de Manille avant, pendant et immédiatement après la fatale explosion fut extraordinaire : du Tl janvier au 7 février, on en compta 995, dont 707 intenses. Ces convulsions ne causèrent de graves dégâts matériels qu’entre les deux lignes de fissures parallèles dont nous parlions plus haut ; les déplacements verticaux du sol le long de ces lignes varièrent entre 1 m. et 2 m. 50. Les terrains compris entre ces deux lignes subirent un affaissement en masse, qui s’effectua progressivement; M. Charles Martin constata, 15 heures après la grande explosion, que le rez-de-chaussée d’une maison de l’île du Volcan était envahi par les eaux; quand il revint le lendemain, la maison entière était submergée.
- i Près de Lemery, point situé sur l’une de ces lignes, la grand’route qui longe la mer fut désormais submergée à marée haute. Le niveau moyen de l’île du Volcan s’affaissa de 2 m. Durant plusieurs jours, d’abondantes bouffées de gaz, qui produisaient des sifflements sonores, s’échappèrent avec violence de ces deux lignes de fissures. A l’extrémité occidentale de l’une d’elles, à Sinisian, en son point d’intersection avec le rivage de la mer de Chine, un petit cratère se forma soudain sur la plage, et il s’en échappa par intermittences des jets de boue qui atteignirent parfois la hauteur de 50 m.
- L’éruption fut remarquable par l’absence de toute émission de lave. Les éjections consistèrent en matières gazeuses, boues, cendres et poussières ; quelques roches incandescentes furent lancées, mais fort peu nombreuses, et d’un faible volume.
- Cette boue était généralement assez fluide pour couler le long des pentes et s’amasser au fond des trous et ravines, où elle forma des épaisseurs de plusieurs mètres. Elle n’était pas assez chaude pour
- causer des brûlures thermiques, mais sa teneur en acide était assez forte pour infliger d’horribles brûlures chimiques. (A plusieurs reprises, on avait dûment constaté que l’eau de trois petits lacs formés dans le fond du cratère contenait une assez grande quantité d’acide sulfurique pour attaquer la peau de la main qu’y trempait l’expérimentateur.) La virulence destructrice de cette boue fluide fut démontrée surabondamment : à son contact, et même sous une épaisseur infinitésimale, les feuilles d’arbres moururent.
- L’acidité des éjections boueuses détruisit la végétation ; mais, si elle infligea aux victimes des brûlures graves, il faut chercher ailleurs les causes de la grande mortalité qui accompagna la catastrophe. De nombreux indigènes, qui avaient pris la fuite après l’explosion de 1 h. 51, furent noyés dans le tourbillon des vagues qui balayèrent le littoral après celle de 2 h. 20, ou écrasés sous les débris des maisons renversées. Mais l’examen des cadavres et l’auscultation des rares survivants ont montré que le plus grand nombre des victimes durent leur mort ou leurs blessures à une cause qui mérite quelques lignes d’explication.
- Il est prouvé qu’aussitôt après la grande explosion de 2 h. 20, un immense volume de vapeur d’eau et de gaz, lourdement chargés de matières volcaniques fines, s’élança vers le ciel, mais pour se rabattre soudain vers la terre avec la vitesse d’un cyclone. Cette masse en mouvement dénuda instantanément de sa luxuriante végétation l’île du Volcan, souleva en vagues gigantesques les eaux du lac, emporta des maisons et les réduisit en miettes, brisa d’innombrables arbres presque au ras du sol, et foudroya tous les êtres vivants exposés à sa furie, à l’exception de quelques indigènes qu’elle projeta dans le lac. Le déplacement d’air causé par le passage de cette masse fut si violent que les tentes d’un camp situé à quelques centaines de mètres en dehors de la zone de dévastation furent enlevées dans les airs, et que des soldats furent lancés à 5 ou 6 m. de distance.
- D’autre part, en examinant les arbres restés debout, on constata que l’écorce de la partie du tronc tournée vers le volcan avait été réduite en étoupe, et que les menues fibres de bois ainsi produites n’avaient pas été brûlées. On constata en outre, sur les cadavres comme sur les survivants, que les parties du corps couvertes d’une étoffe, si mince fût-elle, ne présentaient aucune trace de brûlure.
- Nous soulignons ce mot pour mieux mettre en relief la théorie de M. Dean C. Worcester. D’après lui, la masse gazeuse que l’explosion de 2 h. 20 projeta vers l’Ouest dans le sens horizontal, et avec une violence de cyclone, emportait Une matière solide comparable à des grains de sable fin ; et ce furent ces grains qui déchiquetèrent l’écorce des arbres et pénétrèrent dans la peau et dans la chair des êtres humains, leur causant ces horribles blessures que les descriptions, en l’absence d’un terme
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- mieux approprié, représentèrent comme des brûlures.
- Enfin, on a des raisons de croire que des maisons isolées furent détruites par l'envahissement des gaz explosibles émis par le volcan. Pénétrant dans des chambres relativement closes, ces gaz entrèrent en contact avec des veilleuses placées devant des objets de piété, et firent explosion.
- Par la soudaineté et la violence de ses éruptions, le Taal est assurément Fun des plus dangereux vol-
- cans du monde. La zone que balaya l’explosion comptait moins de 1800 habitants; on retrouva 1555 cadavres, et 199 blessés, dont une forte proportion moururent dans les huit jours, malgré les soins qui leur furent prodigués. Le nombre des survivants sains et saufs qu’on put identifier ne représenta que les 4 pour 100 de la population.
- Le Taal s’est rendormi. Qui pourrait prédire avec quelle intensité destructrice se produira son réveil?
- Y. Forbin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du 16 décembre 1912. — Présidence de M. Gabriel Lippmann.
- M. le Président, conformément ù l’usage, rappelle les pertes éprouvées par l’Académie depuis la dernière séance publique. Les disparus sont : MM. Bornet, Radau, Lannelongue, Joannès Chatin, II. Poincaré, membre des sections, lord Lister, associé étranger. M. le Président caractérise l’œuvre de chacun d’eux. A propos de M. Bornet, il fait la constatation suivante : « Lorsqu’il fut élu membre de la Section de Botanique, en 1886, il s’était illustré par de nombreuses découvertes. Les premières furent faites par lui en collaboration avec son maître et ami, Gustave Thuret. On lui doit une longue suite d’observations et d’expériences sur l’hybridation, et sur certains points il devançait Mendel. »
- Sur M. Radau il fournit les précisions suivantes : « Détaché du monde, sans autre plaisir que l’étude et brouillé avec toute vanité, à tel point que lorsqu’il eut terminé l’immense travail des Tables de la Lune en y ajoutant une magistrale Introduction, il négligea de signer son œuvre : il fallut insister pour qu’il remplît cette formalité. Le cas est rare : on cite, il est vrai, le même trait de Spinosa. La modestie peut donc être une passion, mais c’est une passion trop peu répandue pour être classée comme dangereuse. »
- Il résume ensuite les résultats des travaux de M. Lannelongue. « La chirurgie des os l’a principalement occupé. Lannelongue a étudié et classé les maladie de ces organes. ^ Il a montré, en particulier, que certains ahcès froids des \ôs sont de nature tuberculeuse; on se souvient du remède ingénieux qu’il inventa à ce propos; c’était de combattre le mal local par un mal local....
- « Lannelongue eut l’occasion de constater l’importance, pour l’organisme, des fonctions de la glande thyroïde. Il imagina de suppléer à l’insuffisance de cette glande en greffant à sa place une glande thyroïde saine empruntée à un animal. L’opération se montra peu dangereuse et efficace. On peut espérer que cette méthode de la greffe animale se développera dans l’avenir.
- « Lannelongue aura été un de ses premiers auteurs. » Quoi de plus équitable que l’hommage suivant rendu à Lister. « Jamais peut-être une science n’a été aussi promptement et complètement transformée que l’a été la Chirurgie par les travaux de Lister, parjl’invention du pansement antiseptique. Appliquant les idées de Pasteur, Lister a établi graduellement une technique qui écarte les microbes sans nuire au malade, ni gêner l’opérateur. Avant le pansement listérien, toute opération était dange-. reuse ; toute plaie faite par le chirurgien était une blessure qui s’envenimait, suppurait; la pourriture d’hôpital faisait rage ; il ne fallait intervenir que dans les cas graves. »
- Sur M. Joannes Chatin, M. le Président note : a Lorsque Joannes Chatin entra, en 1900, dans la Section d’Ana-tomie et Zoologie, il était connu par vingt années de recherches intéressantes et variées sur la Botanique, sur la Zoologie, sur l’Anatomie, l’Histologie et la Physiologie, en particulier sur les organes des sens dans la série animale. Si l’Anatomie est tout d’abord une science descriptive, J. Chatin n’a jamais perdu de vue les liens qui la rattachent aux sciences à qui elle sert de support, et en particulier à la Physiologie. Aussi le voit-on passer plusieurs fois de l’observation histologique à l’expérimentation. a
- M. le Président parle ensuite de M. IL Poincaré. Ce magistral exposé abonde en aperçus originaux, ingénieux autant que profonds ; il note au sujet de M. H. Poincaré : « La part ainsi faite à l’expérience dans la genèse de certaines grandes découvertes, IL Poincaré, parfait géomètre, a soin de marquer la séparation absolue qui existe entre l’expérience et la mathématique. Pas de confusion ; l’expérience ne peut jamais servir ni à confirmer ni à infirmer un énoncé mathématique. D’après lui on n’a pas le droit de dire, par exemple, que la géométrie ordinaire est confirmée, que les géométries non euclidiennes sont infirmées par l’expérience. Toutes ces géométries, étant construites avec la même rigueur, existent dès lors au même titre, avec le même degré de vérité. »
- Quant au rôle du mathématicien, M. le Président l’apprécie ainsi : « Celui qui exerce et développe les Mathématiques exerce et développe une de nos facultés; et c’est là chose bien réelle. Car nos facultés sont des réalités, les seules mêmes qui nous soient directement connues, et notre vie est faite de leur fonctionnement. Dirait-on d’un homme qui réussirait à développer chez lui-même et chez les autres le sens de la vue, qui nous apprendrait à discerner une infinité de contours, à situer une infinité de points qui autrement nous échapperaient, qu’il emploie son temps à construire des images en l’air? Le don mathématique est pareil au don de la vision ; il n’a pas l’œil pour objet, mais il nous fait percevoir la vérité par une de ses innombrables faces ; c’est un sens de l’àme, comme dirait le géomètre Platon, a
- Le discours du président est suivi de la proclamation des prix décernés par l’Académie des Sciences en 1912.
- Puis M. le Secrétaire perpétuel, Yan Tieghem, donne lecture d’une notice sur la vie et les travaux de Jean-Baptiste Dumas. Cette étude, si documentée et si intéressante, ne saurait être utilement résumée parce que ce qui en cause l’agrément et le prix, c’est le détail qui ne peut être connu que par la lecture de l’ouvrage.
- Ch. de Vixledeuil.
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- LE PORT DE BOULOGNE
- Le port de Boulogne constitué à l’origine par l’estuaire de la rivière la Liane est, à l’heure actuelle, un des plus importants du littoral français de la Manche. Les principales branches de son trafic qui s’accroît, du reste, chaque jour, se composent :
- 1° Du service des voyageurs et des marchandises à grande vitesse entre la France et l’Angleterre. En 1911, le nombre total de A'oyageurs qui ont embarqué ou débarqué à Boulogne a été de 466415, chiffre qui n’est , dépassé en France que par le port de Marseille (490 000 environ). Sur ce total, 445 808 ont été des voyageurs de ou pour l’Angleterre, les 20 607 restant étant des voyageurs Iransatlantiques.
- 2° Du service des voyageurs transatlantiques entre l’Europe d’une part, l’Afrique Occidentale et l’Amérique du Nord et du Sud d’autre part (20 607 voyageurs comme nous venons de le dire). Chaque année le nombre d’escales faites par les transatlantiques hollandais et allemands dépasse 500 et, il y
- quelques années, la clientèle de ces navires qui l’était guère constituée que par des émigrants tend 'de plus en plus aujourd’hui à ne l’être que par des passagers de cabine. Aussi est-il question de développer ce service.
- 5° Une autre branche très importante de trafic est celle de la pêche. Depuis quelques années elle est en pleine voie de transformation. Des navires de 60 m. de longueur munis de machines de 7 à 800 chevaux vont aujourd’hui pêcher non seulement en Islande et à Terre-Neuve, mais aussi sur les côtes du Labrador, de la Mauritanie et du Sénégal. En 1911, sur une flottille de 572 navires, 110 sont à vapeur. Pour cette même année la valeur du poisson pêché a dépassé 24 millions de francs. En 1890 elle n’était que de 15 millions et en 1900 de 17 millions. Après Grimsby, Boulogne est le port de pêche le plus important de l’Europe.
- 5° La branche du trafic général, malgré son progrès, est, cependant, celle qui à Boulogne a reçu l’accroissement le plus lent et cela par suite de l’insuffisance des installations maritimes et notamment de l’insuffisance de superficie des quais de manutention des marchandises où, depuis quelques années, on a été amené à manutentionner par mètre courant, de quai jusqu’à 600 et même 1000 tonnes par an, chiffre absolument inusité. Aussi est-ce pour améliorer cette branche de trafic général, et en accroître l’extension, qu’on vient de créer le bassin Loubet ouvert récemment à l’exploitation.
- Quoi qu’il en soit, en 1911, le tonnage de jauge des navires entrés et sortis a atteint le chiffre de 5 284 442 tonnes et le tonnage total des marchandises embarquées et débarquées celui de 1 155 475 tonnes.
- Nous dirons quelques mots plus loin du bassin Loubet et nous indiquerons également les travaux en cours ou en projet en vue de l’extension du port.
- Description du port. — Le port de Boulogne se divise en deux parties parfaitement distinctes : le port extérieur et le port intérieur.
- Le port extérieur (Y. fîg.) est abrité contre les vents du Sud-Ouest et de l’Ouest par la digue Carnot formant brise-lame. Cette digue, qui se détache de la côte à 2750 m. environ au sud de l’entrée du port, a une longueur totale de 2118 m. dont 495 m. parallèles à la côte. Elle doit être prolongée, comme le montre le plan, sur une longueur de 600 m. dont les premiers 400 m. sont en cours de construction.
- Un chenal directement ouvert à la mer et d’une largeur d’environ 400 m. donne accès à ce port. Aux basses mers de vive eau ordinaire il offre une profondeur d’eau de 11 m. 04 et aux hautes mers de vive eau ordinaire une profondeur de 18 m. 90.
- A l’abri de la digue se trouve le mouillage des transatlantiques faisant escale à Boulogne. Ce mouillage approfondi par dragages (Y. fig.), d’une surface de 44 hectares, offrira très prochainement, lorsque les travaux de dragages seront complètement achevés, une profondeur d’eau de 10 m. 50 aux basses mers de vive eau, profondeur suffisante pour recevoir à toute heure de marée les transatlantiques de 250 m. de longueur faisant escale à Boulogne.
- Sur le rivage du port extérieur se trouvent de vastes terre-pleins sur lesquels sont établies en ce moment les installations nécessaires pour la fabrication des blocs de béton destinés aux travaux de prolongement de la digue Carnot. C’est également sur ces terre-pleins que sont installées les voies de triage de la Compagnie du Nord qui doivent desservir le bassin Loubet. Ces voies de triage doivent, dans un avenir rapproché, être reliées directement à la gare de Boulogne au moyen d’un souterrain de 1871 m. de longueur indiqué sur le plan.
- Outre le prolongement de la digue Carnot et des travaux de dragages complémentaires du mouillage des transatlantiques, travaux en cours qui, ensemble, sont estimés à 8 785000 fr., plus 4500 000 fr. pour les 200 derniers mètres à construire de la digue, la Chambre de Commerce de Boulogne a mis à l’étude la construction d’une digue Nord devant servir de fermeture de la rade (Y. fig.). Cette digue, qui s’enracinerait à la pointe de la Crèche au nord de Boulogne, aurait une longueur de 2500 m. et laisserait entre son extrémité et celle de la digue Carnot prolongée une passe libre de 500 m. Afin de permettre le jeu des courants de marée en s’opposant à l’envasement de la plage’ cette digue serait à claire-voie sur 5 ou 600 m. à partir de la côte
- De plus, en vue d’offrir à la navigation transatlantique la surface et les profondeurs suffisantes pour assurer son développement, on a également mis à l’étude (V. fig.) : 1° l’élargissement à 800 m. et l’approfondissement à 12 m. au-dessous des basses mers du mouillage abrité par la digue
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- LE PORT DE BOULOGNE -.......==: 45
- Carnot ; 2° la création à l’abri de la digue Nord projetée d’un mouillage de 800 m. de longueur et de 600 m. de largeur et offrant une profondeur d’eau de 40 m. Ce mouillage serait destiné aux navires de plus faible dimension.
- Ces deux derniers travaux sont estimés à 50 millions de francs.
- Port intérieur. — Le port intérieur comprend : 1° un chenal de 72 m. de largeur moyenne limité par des jetées en charpente, éclairé électriquement et dont la profondeur aux basses mers de vive eau moyenne est de 5 m. Cette profondeur est de
- 6 m. dans le chenal
- extérieur ; 2° un
- avant-port de 12,40 hectares de superficie ayant une profondeur d’eau de 5 m. aux basses mers de vive eau et donnant accès au port de marée, au bassin à flot et au nouveau bassin de marée Loubet.
- Le port de marée, d’une superficie de 8 hectares, présente un développement de quais utilisables de 1250 m. avec une profondeur d’eau de 5 m. aux basses mers de vive eau. C’est sur le quai ouest de ce port de marée où viennent accoster les paquebots à voyageurs faisant le service avec l’Angleterre, que se trouve la gare maritime de la ligne du Nord. Cette gare est la propriété de la Chambre de Commerce. Un large portique permet l’embarquement et le débarquement à couvert des voyageurs. Quant au trans» bordement des bagages il s’effectue au moyen de grues à vapeur et électriques. Un projet d’agrandissement de cette gare est à l’étude.
- Le bassin à flot, d’une longueur de 587 m. et d’une largeur de 195 m., communique avec l’avant-port au moyen d’une écluse à sas de 21 m. de largeur et de 100 m. de longueur. D’une surface d’environ
- 7 hectares il offre un développement de quais de '1045 m. La Chambre de Commerce vient de faire l'acquisition d’un dock flottant. Cet engin, dont le
- coût est de 550000 fr., est installé dans le bassin à flot.
- Le bassin de marée Loubet, qui vient d’être mis en exploitation, a une longueur de 520 m. et une largeur de 200 m. Creusé à la cote de 4 m. au-dessous du zéro des cartes marines, il comprend deux souilles, l’une au pied du quai Sud de 27 m. de largeur donnant une profondeur d’eau de 8 m. 74 aux basses mers de vive eau, l’autre au pied du quai Nord de 27 m. également de largeur, mais don-
- nant une plus faible profondeur d’eau, de 6 m. 04.
- Au sud, le bassin est limité par un mur plein, à l’ouest, par un appontement en béton armé permettant l’extension future du bassin, et au nord par un mur de pied surmonté d’un appontement également en béton armé. Du côté de l’est, il est limité par une traverse en maçonnerie au milieu de laquelle est ménagée une passe de 65 m. de largeur établissant la communication avec l’avant-port. Au nord-ouest, comme l’indique le plan, le bassin est abrité des vents dominants par une digue en sable revêtue du côté de la mer par un perré maçonné prenant appui sur des enrochements.
- Plan du port de Boulogne indiquant les travaux exécutés, ceux en cours d’exécution et ceux projetés.
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- Le bassin Loubet est entouré de vastes terre-pleins d’une largeur variant entre 50 et 125 m. sur lesquels sont installées des voies ferrées reliées au faisceau de triage dont nous avons parlé plus haut et établi par la Compagnie du Nord sur le rivage du port extérieur. De vastes hangars seront également construits au fur et à mesure des besoins sur ces terre-pleins ; quatre des hangars couvrant 9974 m. c. sont achevés. Enfin 40 grues électriques mobiles dont 20 sont en service seront réparties sur ces quais. Ces grues, d’une portée de 10 à 12 m., sont actionnées par du courant continu à 500 volts fourni par une sous-station qui transforme en courant continu le courant triphasé à 5000 volts fourni par la Société d’éclairage et de force. Des lampes à incandescence de 200 à 300 bougies éclairent le bassin et une lampe à arc assure l’éclairage de la passe d’accès.
- La construction du bassin Loubet a coûté, outillage non compris, la somme de 11 200000 fr.
- Comme conséquence de la création du bassin Loubet et en vue de faciliter son accès on a dû élargir le chenal et procéder à la reconstruction de la jetée Nord-Est ainsi qu’à l’approfondissement d’une partie du chenal intérieur (Y. fig.). Ces travaux sont actuellement en cours. Cette nouvelle jetée sera constituée par une superstructure en béton armé présentant une largeur de 5 m. entre garde-corps et ancrée dans un massif de maçonnerie s’élevant un peu au-dessus du niveau moyen de la mer et fondée à l’air comprimé. À la jonction de cette nouvelle jetée avec le quai Gambetta sera construit un quai d’escale destiné aux paquebots anglais amenant chaque semaine des excursionnistes ainsi qu’à la pèche. Les travaux de construction de cette nouvelle
- DIVINATOIRE ......... . .
- jetée, en y comprenant les annexes, sont estimés à 7 millions.
- Lorsque ces différents travaux en cours ou autorisés, et dont la dépense totale est d’environ 40 millions, seront achevés, la Chambre de Commerce de Boulogne aura réalisé le premier programme qu’elle s’était fixé. Par la reconstruction de la jetée Nord-Est et le prolongement de la digue Carnot elle aura amélioré d’une manière très sensible le service des voyageurs. Par la création du bassin Loubet elle aura permis de développer le trafic général tout en assurant la spécialisation du trafic des messageries à grande vitesse. Reste un dernier programme à réaliser et qui consisterait à établir le service permanent des voyageurs franco-anglais sur un môle spécial construit en eau profonde dans le port extérieur ; à maintenir et à développer le service des voyageurs transatlantiques dans son emplacement actuel par la construction delà digue Nord et l’agrandissement du mouillage (projets à l’étude) ; à transférer le service important des messageries à grande vitesse sur les différents quais du bassin Loubet ; à réserver le bassin à Ilot actuel ainsi que les darses à créer dans le port extérieur au trafic général ; enfin à donner à la pêche la partie restant libre du port de marée et un nouveau bassin qui serait créé dans P arrière-port ^actuel (projet à l’étude). On arriverait ainsi à spécialiser les différentes parties du port en appropriant chacune à chaque genre de trafic. Malheureusement ce programme qui est celui que s’est fixé la Chambre de Commerce de Boulogne entraîne une dépense de près de 120 millions et sa réalisation ne sera possible que dans l’avenir et par étapes successives. R. Bonnin.
- RÉPONSE AUX QUESTIONS POSÉES SUR LA BAGUETTE DIVINATOIRE
- La correspondance que nous recevons relativement à la baguette divinatoire pour la découverte des sources, se multiplie de telle manière qu’il ne nous est plus possible d’y satisfaire individuellement, même dans notre « Boîte aux Lettres ». Nous prions donc les nombreux lecteurs, qui nous ont posé des questions à ce sujet, de vouloir bien accepter comme réponses les renseignements ci-après.
- Les principaux articles récemment publiés sur ce sujet dans La Nature se trouvent aux numéros : 2047 (17 août 1912); 2016 Suppl. (13 janv. 1912); 1767 (6 avril 1907); 1729 (14 juil. 1906); 1600 (25 janv. 1904); etc.
- Actuellement, tout ce qui concerne la baguette divinatoire est centralisé et étudié en France par une sous-Commission du Comité d’études scientifiques du ministère, de l’Agriculture, instituée en 1910, près la Direction générale des Eaux et Forêts. Cette commission, composée de MM. Martel, G. Dollfus, Bonjean,Diénert, Le Couppeyde la Forest,E. Fournier, Paul Lemoine, est chargée d’examiner et de mettre en expérience les divers appareils proposés pour la découverte automatique des sources, y compris ceux basés sur la pratique dite de la baguette divinatoire. Les résultats obtenus jusqu’ici par cette sous-commission sont
- trop incomplets, insuffisants et même contradictoires pour qu’elle puisse formuler encore un avis formel.
- En présence des surprises procurées depuis quelques années par les radiations de toutes sortes et les phénomènes qui en dérivent, il est permis de se demander si ce n’est pas une influence radio-active quelconque des eaux souterraines, qui agirait physiologiquement sur l’organisme des sensitifs, autrement dit des individus, entre les mains desquels la baguette et ses dérivés semblent s’incliner au-dessus des courants d’eau souterraine.
- La grande difficulté consiste à distinguer, chez les prétendus sourciers, la sincérité et le réel effet physique, du charlatanisme et de l’auto-suggestion.
- Tout ce qu’il est permis de dire actuellement, c’est qu’il y a lieu de continuer les études sur cette question, sans procéder une seconde fois, et prématurément, à l’enterrement scientifique dont elle a été l’objet en 1854 dans le rapport de Chevreul. à l’Académie des Sciences. En conséquence, tous les renseignements sérieux et authentiques qui seront adressés, soit à l’un des membres susnommés de la sous-commission, soit à la direction de LaNature seront les bienvenus et examinés avec grand soin.
- En Allemagne (ainsi que l’a expliqué le Dr Yigen dans
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- noire numéro 2047), l’usage de la baguette divinatoire parait conquérir la faveur publique.
- En 1911, il s’est constitué à Stuttgart (Würtemberg) une association pour l’éclaircissement du problèrpe de la baguette divinatoire (Verband zur Klarung cler Wün-schelrutenfrage). Au lor avril 1912 ce groupement comptait 500 membres. Comme la cotisation annuelle est de 5 Marks (6 fr. 25), les personnes que le sujet intéresse pourront s’y affilier sans grands frais, en s’adressant à
- M. le Pr Weyrauch, 40 llauptmannsreute, Stuttgart. L’association a déjà publié 3 fascicules : l’un sur les recherches faites avec la baguette dans l’Afrique allemande du sud, qui auraient réussi dans la proportion de 70 à 80 pour 100 ; l’autre sur des opérations en Hanovre ; le troisième sur la bibliographie de la baguette divinatoire depuis 1610.
- Tel est l’état actuel de ce problème, discuté depuis des siècles, et sur lequel il est impossible de rien dire de plus précis pour le moment. E.-A. Martel.
- UN NOUVEL HYDROPLANE DE 800 CHEVAUX
- Cette année, grâce à la collaboration intime de la maison des constructions navales Saunders, et du fameux constructeur anglais d’automobiles et moteurs marins Austin, l’hydroplane Mciple Leaf IV appartenant à M. Mackay Edgar, a remporté le 4 septembre dernier, à Long-lsland, la coupe internationale, en couvrant en 47'46" un parcours triangulaire de 30 nœuds marins.
- La coupe des Nations qui, jusqu’en 1907, appartenait à l’Angleterre, fut enlevée à cette époque par un canot américain Dixie, et depuis ce temps, malgré tous les efforts des Anglais, n’avait pu être reprise.
- L’hydroplane Maple Leaf IV avait réalisé aux essais, en ligne droite, la vitesse fantastique de 44 nœuds (81 km à l’heure), ce qui constitue un record absolu.
- Il n’est pas sans intérêt de donner quelques détails sur la construction de ce bateau, et sur le moteur dont il*avait fallu le doter.
- C’est un hydroplane à cinq gradins, système Saunders-Fauber, de 12 m. de long sur 2 m. 60 de large. La coque est formée de 3 couches de plaques de bordage en acajou, reliées par des coutures en fil de cuivre. Les plaques extérieures de la coque sont d’une seule pièce, sans aucun joint. '
- La carène est renforcée par des couples reliés à la coque par des coutures, et fixés ensemble par des gouttières longitudinales.
- La charpente de la coque est formée par trois poutres armées en treillis, construites en acajou et pin. La poutre médiane, épaisse en son milieu de 760 mm, va en s’amincissant aux extrémités, et s’étend de bout en bout du bateau. Les poutres latérales sont réunies à la coque par des sup-
- ports en frêne, et servent d’assises au moteur.
- Le moteur, placé 'près de l’arrière, commande les hélices par l’intermédiaire d’un embrayage, d’un système d’engrenages démultiplicateurs et d’arbres à cardans assez peu inclinés. Toute la transmission
- comporte des accouplements élastiques destinés à prévenir les inconvénients d’efforts anormaux toujours à craindre.
- Les hélices placées à l’arrière sont en bronze au manganèse, et la direction est assurée au moyen d’un simple gouvernail actionné par un volant analogue à ceux des automobiles.
- Lorsque le bateau prend sa vitesse, il commence à planer à partir de la vitesse 15 nœuds, en se relevant graduellement hors de l’eau, mais en conservant une stabilité remarquable et une grande indifférence au roulis.
- Quant au moteur, il est constitué par un ensemble de 12 cylindres en Y, calés à 60°, ayant 178 mm d’alésage et 190 mm de course.
- Grâce à cette disposition, on a pu réaliser un moteur extrêmement puissant, de poids et d’encombrement réduits. Le calage à 60°, sur le même vilebrequin, de deux moteurs à 6 cylindres dont les temps moteurs empiètent déjà les uns sur les autres de 60°, permet d’obtenir un couple d’entraînement remarquablement constant. L’arbre se trouve soumis à tout instant à l’effort de trois des pistons, ces efforts correspondant sans cesse à trois instants d’un temps moteur, distants l’un de l’autre de 60°.
- Les soupapes des cylindres sont en acier-nickel-chrome et de très grand diamètre. Dans chaque cylindre, les deux soupapes sont placées l’une au-dessus de l’autre dans la même chambre, et les sou-
- Vhydroplane Maple Leaf IV, à moteur de 8oo chevaux.
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- papes d’admission sont commandées par culbuteurs.
- Toutes les soupapes de chacun des deux groupes de six cylindres sont commandées par un seul arbre à cames.
- Le graissage des paliers est effectué par pompe sous une pression de 1 kg 750 par centimètre carré, l’huile en excès dans le carter est refoulée dans le réservoir d’huile, après avoir été filtrée, pour resservir de nouveau.
- Pour faciliter l’alimentation des cylindres en ré-
- et actionnée par le moteur, puise l’eau à l’intérieur du bateau et l’envoie à profusion dans les chemises d’eau des cylindres et des tuyauteries d’échappement, d’où elle est rejetée au dehors.
- Ce moteur, d’un fonctionnement irréprochable, est indiqué comme moteur de 700 chevaux, mais il en a donné 800 aux essais.
- C’est un résultat très remarquable, que l’on n’a pu obtenir que grâce à un réglage particulier de la distribution et à des dimensions judicieuses des
- Un moteur d'hydroplane de 8oo chevaux. C’est un moteur à 12 cylindres en V.
- duisant au minimum la production des remous, on a adopté une tubulure d’admission pour chaque groupe latéral de six cylindres, avec un carburateur particulier, et une culotte d’échappement avec enveloppe de refroidissement d’eau.
- L’allumage se fait au moyen de deux magnétos Bosch, affectées chacune à un groupe de six cylindres.
- On a ainsi réalisé l’association, sur un même vilebrequin, de deux moteurs à six cylindres aussi identiques que possible, possédant en propre leur carburateur, leur magnéto et leurs tubulures d’admission et d’échappement.
- Une pompe de circulation d’eau, placée à l’avant,
- soupapes et de la tuyauterie. On peut le rapprocher de ce que donnerait la formule
- P = 2 (0,00005 D2iSL0'5)
- qui sert au service des mines pour apprécier la puissance d’un moteur à 12 cylindres de ce genre, en fonction de l’alésage et de la course en millimètres.
- En remplaçant les lettres par leur valeur ët en effectuant le calcul on trouverait 548 chevaux, c’est-à-dire la moitié au plus de ce qui a été réalisé.
- Les photographies, que nous devons à l’obligeance de The temple Press [d. London, permettent de se rendre compte des dispositifs adoptés. D. Renaud.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue tic Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2066.
- 28 DÉCEMBRE 1912.
- L’ARMEMENT DES ARMÉES BALKANIQUES
- Le conflit, si longtemps différé, qui a fini par jeter contre la Turquie quatre des puissances balkaniques, est actuellement suspendu. Bien que le résultat définitif échappe encore à toutes les prévisions, le moment nous semble venu de chercher à
- Enfin, la Turquie possède, depuis 1890, le Mau-ser de 7 mm 65 à magasin et lame-chargeur dit Marner belge.
- Les deux meilleures de ces armes sont le fusil serbe et le fusil grec qui sont d’un type tout à fait
- Fig. i. — Artillerie de montagne grecque traversant les passes de Meduna.
- établir les causes qui ont pu amener un résultat si contraire aux prévisions générales.
- Nous n’avons pas à nous occuper ici des questions d’organisation, de tactique ou de stratégie, mais il nous est permis de rechercher quelle a été, dans la campagne actuelle, l’influence exercée par la technique. Quel est l’outillage destructeur auquel les adversaires en présence ont eu recours?
- Quels sont les fusils et les canons dont ils ont fait usage?
- Armes portatives.
- — L’infanterie bulgare est armée, depuis 1895, du Mannlicher autrichien de 8 mm à chargeur.
- La Serbie emploie, depuis 1899, le Mauser de 7 mm à magasin et lame-chargeur connu habituellement sous le nom àeManser espagnol.
- La Grèce a adopté, en 1903, le Mannlicher-Schonaucr de 6 mm 5 à magasin et lame-chargeur. Cette arme se distingue des autres du même genre par l’emploi d’un magasina barillet tournant qui rappelle le vieux système Spilalsky.
- 1. Un résultat qui semble se dégager dés maintenant des premiers renseignements publiés sur la campagne balkanique, c’est que la grande majorité des blessures produites par les armes portatives en service se guérit très rapidement et sans entraîner de complications. Pur contre le pourcentage des
- moderne et qui ne céderont vraisemblablement Ta place qu’à une arme automatique. On peut cependant reprocher au fusil grec d’avoir, comme le fusil italien et le fusil japonais, un calibre un peu trop réduit qui en rend la construction délicate, l’entretien difficile et semble même, jusqu’à un certain point, en compromettre l’efficacité.
- La balle de 6 mm 5 rentre, en effet, dans la catégorie des projectiles dits humanitaires, parce que les conséquences des blessures qu’ils produisent se trouvent singulièrement atténuées. Déjà la guerre de Mandchourie avait semblé démontrer que les effets vulnérants de cette balle étaient insuffisants et ce résultat avait été confirmé par les opérations de la Tripolitaine. La campagne balkanique paraît devoir aboutir à une conclusion du même genre, conclusion qui présente un intérêt majeur au moment où la plupart des infanteries européennes se préparent à. adopter un armement nouveau (').
- blessures entraînant la mort immédiate paraît avoir légèrement augmenté. Dans l’ensemble, les balles chemisées actuelles, à peu près indéformables et relativement aseptiques, causent moins de dégâts que les anciennes balles en plomb.
- Fig. 2. — Uskub : artillerie serbe se rendant sur le front.
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- L’ARMEMENT DES ARMEES BALKANIQUES
- Mais, quelque intérêt que puissent présenter à ce point de vue les enseignements de la campagne actuelle, le nombre de fusils de très petit calibre en service dans la péninsule balkanique était trop réduit pour que l’intervention de ces armes ait pu
- Fig. 3. — Canon grec avant le tir.
- avoir, sur les événements, une influence sérieuse et l’on peut dire que les fusils employés par la majeure partie des belligérants se trouvaient avoir une valeur sensiblement équivalente.
- Il en est de même pour les mitrailleuses qui ne semblent pas au reste avoir joué dans les opérations en cours un rôle aussi important qu’on aurait pu le croire.
- Matériel d’artillerie : Canons de campagne. — On a déjà proclamé à de nombreuses reprises que la campagne actuelle était le triomphe de l’artillerie Schneider. C’est là une affirmation assez exacte, car le matériel de campagne de la Bulgarie, de la Serbie et de la Grèce sort des usines du Creusot, tandis que le matériel turc provient de la maison Krupp qui l’a fourni en 1905.
- Les trois canons bulgare, serbe et grec, ayant
- le dernier en date et, par suite, le plus perfectionné.
- Le matériel grec, modèle 1907, a été adopté à la suite d’un concours auquel prirent part, en 1907, les usines Krupp et Schneider ainsi que deux autres usines étrangères. Krupp et Schneider présentaient chacun deux matériels, mais les deux modèles Krupp à frein hydraulique et récupérateur à ressorts entourant le cylindre se ressemblaient beaucoup, tandis que l’un des matériels Schneider (matériel PD7) comportait un récupérateur à air et que l’autre matériel (matériel PRI) était muni d’un récupérateur analogue à ceux des matériels allemands.
- Tous ces canons étaient à tir rapide, c’est-à-dire qu’ils tiraient au moins une vingtaine de coups à la
- Fig. 4. — C, canon;
- c
- lE. ffll ffl lî1 lU.fflM ni.ftL
- Fig. 5. — Canon turc avant le tir.
- même origine se ressemblent naturellement beaucoup, bien que le canon bulgare soit un peu plus ancien (1904), que les canons serbe (1906) et grec (1907). Tous les trois sont du même calibre (75 mm) et tirent un projectile de même poids (6 kg 5) à la même vitesse (500 m).
- Les voitures-pièces pèsent environ 1800 kg; les voitures-caissons pèsent une centaine de kilos de moins. Le poids des pièces en batterie ne dépasse guère 1000 kg, ce qui rend leur déplacement à bras relativement facile.
- En raison de la similitude de ces matériels, il est inutile de les décrire chacun à leur tour. Nous nous contenterons, en conséquence, de donner quelques indications plus précises sur le matériel grec,
- Le canon grec à sa position extrême de recul.
- F, récupérateur à air; P, piston du récupérateur; T, tige du piston.
- minute. Ils étaient, par suite, du système dit à long recul ou, pour employer la dénomination très expressive en usage en Allemagne, ils étaient à recul de la bouche à feu sur l'affût (Rohrrück-lauflafette).
- On sait, en effet, que pour pouvoir tirer vite il faut réduire la durée du pointage au minimum et, par suite, supprimer autant que possible les dépointages. On y parvient en immobilisant la partie de l’affût en contact avec le sol et laissant le tube du canon recul'er seul de 1 m. 10 à 1 m. 20 sur une glissière convenablement aménagée. Un frein hydraulique fixé d’une part à l’affût, d’autre part au canon, ralentit progressivement la course de ce dernier, tout en n’exerçant sur l’affût qu’un effort modéré, incapable de faire perdre aux roues le contact avec le sol. Lorsque le canon est arrivé au bout de sa course sur la glissière, un récupérateur, sorte de ressort,
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- Fig. 6. C, canon
- - Le canon turc à sa position extrême de recul.
- ; F, récupérateur à ressort et frein; P, piston du frein ; T, tige du piston.
- le ramène sans brusquerie à sa première position.
- Si le frein et le récupérateur ont agi avec une régularité et un moelleux suffisants, le canon revient exactement à la même place après le tir et le pointeur n’a pour ainsi dire plus rien à faire : il ne reste guère qu’à charger et à tirer.
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- Le frein employé dans le matériel Schneider n’a rien de bien particulier ; il ressemble à tous ceux en usage, mais le récupérateur est d’un type spécial. Le ressort auquel on a recours n’est pas en acier'; c’est tout simplement de l’air, comprimé à un peu plus d’une vingtaine d’atmosphères. L’étanchéité du récupérateur est du reste assurée par un artifice très simple : il n’y a pas de joint à air et l’air se trouve seulement en contact avec le liquide du récupérateur qui l’empêche de fuir. Dans ces conditions,
- l’air ne peut pas plus s’échapper qu’il ne s’échappe d’une bouteille renfermant de l’air et du liquide et reposant sur son bouchon. Le
- aspect. Ils sont placés à côté l’un de l’autre et sous le canon auquel ils sont reliés d’une façon invariable, le récupérateur à gauche et le frein à droite,
- Le fonctionnement du canon Krupp turc est tout différent de celui du canon Schneider grec. Lorsque le canon recule (fig. 5 et 6) le ressort à boudin qui entoure le corps du frein se trouve comprimé entre la tête du frein F et une rondelle fixe et, une fois le recul terminé, il se détend pour ramener le
- i goniomètre.
- Fig. 7- — Canon de campagne grec, b, bouclier principal; b2, bouclier inférieur relevable; B, boîte contenant le frein et le récupérateur ; Ma, manivelle de la hausse.
- dante du canon grec. B, berceau portant le canon ; M/,., manivefle de hausse ; Ms, manivelle de site.
- récupérateur hydro-pneumatique Schneider présente par suite la même sécurité que les freins hydrauliques ordinaires employés depuis tant d’années dans toutes les artilleries.
- Les figures 5 et 4 permettent de se faire aisément une idée du fonctionnement du frein Schneider.
- Lorsque le canon recule en entraînant avec lui le
- canon en batterie. Mais on comprend facilement qu’en raison des frottements existants [le retour en batterie ne peut être assuré que si le ressort, à bout de course, possède encore une certaine tension dite tension initiale. Le ressort récupérateur se trouve donc comprimé en permanence et il doit cependant pouvoir, à chaque coup, se raccourcir encore de la moitié environ de sa longueur. Il se trouve, par suite, dans de très mauvaises conditions de durée et doit être remplacé assez souvent. Aussi le constructeur s’est-il arrangé de façon que ce rem-^ placement puisse être effectué en quelques minutes.
- Fig. ç. — Canon turc.
- récupérateur F, le liquide qui se trouve en avant du piston P est refoulé vers le haut et se trouve forcé de remonter dans le réservoir à air supérieur. 11 augmente la compression de cet air, si bien que lorsque le canon s’arrête, le recul terminé, la pression de l’air agissant par l’intermédiaire du liquide sur le fond avant du cylindre inférieur, force ce cylindre, et par suite tout le système, à se reporter en avant. Le canon revient ainsi en batterie de lui-même.
- Extérieurement, le récupérateur à air et le frein hydraulique du canon Schneider présentent le même
- On voit que le récupérateur à air est forcément très supérieur au récupérateur à ressorts tant au point de vue de la conservation et de la sûreté de fonctionnement qu’au point de vue de l’énergie du fonctionnement. Cette énergie peut être, en effet, aussi grande qu’on le désire, ce qui assure des rentrées en batterie franches et complètes, au lieu des rentrées en batterie traînantes et souvent incomplètes que donnent les récupérateurs à ressorts.
- Le matériel grec présente encore un autre avantage. Le pointage en direction s’exécute en faisant coulisser l’ensemble de l’affût et du canon sur
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- 52 ====== L’ARMEMENT DES ARMÉES BALKANIQUES
- l’essieu, le canon reculant toujours dans la direction de la bêche de crosse A qui ancre l’affût dans le sol (fîg. 7 et 12). Le canon, pendant le tir, n’exerce donc sur l’affût aucun effort oblique tendant à le déplacer latéralement à chaque coup et à modifier son pointage.
- Il n’en est pas de même pour le canon allemand
- Fig. io.
- Observatoire Schneider.
- berceau, au moyen de la manivelle Ms, une position horizontale, si le but est à la hauteur de la pièce, une position inclinée si le but est plus haut ou plus bas.
- Ces opérations peuvent s’exécuter à n’importe quel moment, pendant le chargement de la pièce et même pendant le tir. Elles sont d’une simplicité extrême, le pointeur servant ayant simplement à s’assurer que le cadran de pointage marque bien la hausse indiquée et le pointeur que la bulle d’un niveau est entre ses repères.
- Dans ces conditions, et étant donné la stabilité de l’affût, on comprend que l’on puisse arriver facilement à tirer une vingtaine de coups à la minute, grâce à une sage division du travail. Un homme manœuvre la manivelle droite et manie la culasse ; un autre manœuvre la manivelle ti gauche et, s’il en est ^ ' besoin, la manivelle de direction; un troisième
- Fig. ii. — Obusier de 120 mm de campagne Schneider de la Bulgarie et de la Serbie.
- qui est monté sur un pivot vertical porté par l’affût et dont le recul ne s’effectue qu’exceptionnellement dans la direction de la bêche de crosse, si bien que son pointage en direction varie à chaque coup, surtout en terrain déversé.
- Enfin, le matériel grec possède le système de pointage dit à hausse indépendante (fig. 8) dont
- envoie, en quelque sorte au vol, dans le canon la cartouche dont d’autres hommes ont préparé la fusée avec un débouchoir. Tout cela se fait* simultanément, sans à-coup, sans hésitation, chaque servant n’ayant à exécuter qu’un mouvement simple, toujours le même.
- . Le mécanisme du canon turc, plus primitif, rend, au contraire, la tâche dés servants
- plus difficile et plus compliquée; il impose même, au pointeur proprement
- Fig. 12. — Canon de montagne Schneider-Danglis.
- les avantagés ne sont plus contestés par personne.
- Dans ce système, le canon est supporté par un berceau B sur lequel il peut recevoir une inclinaison quelconque au moyen de la manivelle de hausse M/t, le berceau lui-même pouvant faire avec l’affût un angle déterminé par la manivelle Ms.
- Le pointage en hauteur s’exécute alors de la façon suivante. Un homme, placé à droite (pointeur servant), donne au canon, sur son berceau, avec la manivelle Mh l’angle correspondant à la distance du but; c’est ce qu’011 appelle donner la hausse. Un autre homme, placé à gauche (pointeur), donne au
- dit, sur qui tout repose, un travail excessif dans le tir rapide. Aussi, le rendement de ce canon 11e peut-il atteindre le rendement de son rival. C’est ce que vient de montrer une fois de plus la guerre balkanique, et ce résultat n’est pas sans intérêt pour nous ; car le canon turc est, à peu de chose près, identique au canon actuellement réglementaire dans l’armée allemande (fig. 9), tandis que le canon grec a emprunté sa hausse indépendante à notre canon de 75.
- Les premières conclusions de la guerre balkanique sont donc, en ce qui concerne notre matériel d’artil-
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- L’ARMEMENT DES ARMEES BALKANIQUES
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- lerie de campagne, singulièrement rassurantes.
- Obusiers. — Un article paru dans La Nature du 11 mai 1912, et dû à un spécialiste bien connu, a démontré d’une façon surabondante la nécessité, pour l’artillerie de campagne, de disposer, à côté de ses canons à tir tendu, d’un certain nombre d’obu-siers légers à tir courbe.
- Les diverses puissances balkaniques s’étaient rendu compte de cette nécessité et elles possèdent toutes des obusiers de modèle plus ou moins récent. La Turquie emploie, depuis 1908, des obusiers Krupp à tir rapide de 10 cm 5 analogues aux obusiers de même calibre de l’armée allemande. La Bulgarie a des obusiers Schneider de 120 mm, modèle 1909. La Serbie en a commandé du même modèle, mais ne les a pas encore tous reçus. La Grèce est en train d’imiter cet exemple.
- Les obusiers Schneider de la Bulgarie et de la Serbie (fîg. 11 et 15) sont du même type que les obusiers de 105 mm décrits dans l’article de La Nature dont nous avons parlé plus haut. Leur système de frein et de récupérateur est tout à fait analogue à celui des canons
- Yitesse initiale maximum............ 550 m.
- Portée maximum...................... 6700 »
- Nombre maximum de coups par minute. 6 à 8
- Poids du projectile.................. 21 kg
- en( Nombre de balles................ 628
- ‘P ) Poids d’une balle............ 15 gr.
- explosif \ Poids de 1,(3XPlosif.....4 kg 760
- T> • , -, ( Nombre de balles.......... 545
- Projectde poids ^une balle . ... 15 gr.
- urmerse / p0j(]s pe ]a charge explosive . 2 kg.
- On voit que ce matériel très puissant est en même temps très suffisamment mobile.
- Canons de montagne. — En ce qui concerne
- Fig. — Canon de siège monténégrin devant Sculari.
- de campagne Schneider et fonctionne de la même façon (fig. 5 et 4). Ils sont d’ailleurs très puissants et laissent bien loin derrière eux l’ancien canon de 120 court français qui n’était, en réalité, qu’un obusier. Ils peuvent tirer trois sortes de projectiles : un shrapnel, un obus explosif et un obus universel. Ce dernier est le projectile actuellement à la mode. C’est un projectile mixte pouvant jouer alternativement le rôle de shrapnel ou celui de projectile explosif ; il a été introduit par les Allemands dans leurs approvisionnements sous le nom de proj ectile unitaire.
- Le tableau ci-après résume les principales caractéristiques del’obusier de 120 mm bulgare.
- Poids de la pièce en batterie.......... 1585 kg
- » de la voiture-pièce avec 10 coups . 2115 »
- » de la voiture-caisson avec54coups. 1955 »
- Fig. i3. — Obusier de campagne bulgare de 120 mm. (1Système Schneider.)
- les canons de montagne, toutes les puissances balkaniques se sont ralliées au modèle Schneider.
- La Serbie possède un matériel de 70 mm Schneider modèle 1906. La Bulgarie a le modèle Schneider 1907 de 75 mm. La Grèce emploie le Schneider-Danglis démontable de 75 mm. Enfin, la Turquie, qui possédait un canon Krupp de 75 mm modèle 1905, a adopté récemment le modèle Schneider-Danglis dont des essais comparatifs lui ont démontré la très grande supériorité (1).
- La Nature a déjà publié une description de ce canon dont nous nous contentons de donner ici une figure schématique (fig. 12). On voit que ce matériel est organisé d’après les mêmes principes que les matériels de campagne Schneider, avec récupérateur à air et coulissement de l’affût sur l’essieu par le pointage en direction (2). Il possède des avantages analogues à ceux du canon de campagne et une puissance très remarquable pour son poids.
- Nous croyons inutile d’insister plus longtemps sur les qualités que présentent les divers matériels d’origine française que nous venons de décrire. La lecture des comptes rendus des opérations actuelles a \. Le même matériel a été adopté par la Russie.
- 2. La hausse indépendante est facultative avec ce matériel.
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- 54 r-::. ' " .. r: ÉTIENNE LENOIR
- dû certainement édifier à ce sujet nos lecteurs. Ajoutons seulement qu’à la supériorité technique de ces matériels est venue s’ajouter, au cours de la guerre balkanique, une supériorité tactique incon-
- testable qui provient de l’emploi des méthodes françaises modernes. Ge sont. là des constatations qu’il n’est peut-être pas^ ihutile de faire à l’heure actuelle. > -Major Sauvage.
- N. B. — Il est un côté de la question armement dont nous ne nous sommes pas occupé jusqu’ici et qui a cependant une grosse importance, nous voulons parler du coût de cet armement et aussi de sa durée.
- Nous allons donner sur ce sujet assez peu connu quelques indications sommaires en prenant comme point de départ les prix auxquels reviennent à l’Etat français les armes et les munitions actuellement réglementaires. On trouve, en effet, ces renseignements dans les rapports parlementaires sur le budget de la guerre.
- Prix des armes portatives et de leurs munitions. Durée. — Le fusil 1886 (fusil Lebel) coûtait, au moment de sa fabrication en grand, une cinquantaine de francs, prix qui a été, à peu de chose près, celui des 500 000 fusils Mossine fabriqués plus tard par la manufacture de Châtellerault pour le Gouvernement russe.
- La cartouche coûte environ 0 fr. 10.
- Un fusil qu’on nettoie avec précaution, et surtout qu’on ne nettoie pas trop, car c’est le nettoyage un peu rude par la bouche qui est la mort des fusils, peut tirer 4000 coups sans trop perdre de sa précision Q). On voit donc que le’prix d’un coup de fusil 1886 revient à l’Etat français à environ 0 fr. 11, usure de l’arme comprise.
- Mais il est à remarquer que les prix ci-dessus sont des prix de revient et non des prix d’achat. Les puissances qui achètent leur armement dans l’industrie, comme ç’a été le cas pour les puissances balkaniques, doivent, en outre des prix ci-dessus, tenir compte du bénéfice réalisé par le constructeur, bénéfice qui est normalement de 50 à 35 pour 100 du prix de vente. Les armes de guerre analogues au fusil 1886, fabriquées dans l’industrie par les usines Mauser, Steyr, ïïerstal, etc., coûtaient en effet il y a quelques années de 72 à 75 francs.
- On peut s’étonner que le prix de revient accusé par l’État français ne soit pas plus élevé et ne dépasse pas sensiblement ceux de l’industrie étrangère, l’Etat étant en général un déplorable industriel, mais la fabrication des armes est une fabrication très spéciale, et elle était jadis remarquablement conduite en France. Il n’en est plus de même aujourd’hui. Le fusil 1886 revient en effet actuellement à 72 ou 75 fr., c’est-à-dire que son prix de
- revient est égal au prix de vente de l’industrie. C’est là le résultat de la journée de 8 heures, de l’action des syndicats, et de l’anarchie qui s’introduit peu à peu dans nos manufactures d’armes jadis'si prospères.
- Quant aux cartouches de guerre, elles sont vendues par les fabriques de munitions de 110 à 150 fr., ces derniers prix ayant été atteints surtout en France.
- Prix des bouches à feu et de leurs munitions. Durée. —Le canon de 75 français, modèle 1897, revient à peu près aux prix suivants : voiture-pièce sans munitions, 15 000 fr. ; voiture-caisson, 5500 fr. ; voitures diverses de service (chariot, forge, fourragère), 4000 fr. Soit pour une batterie de 4 pièces, 9 caissons et 5 voitures de service environ 120 000 fr. (150 000 fr. pour une batterie à 6 pièces). Quant à la cartouche de 75 elle coûte en moyenne 25 fr., soit 50 000 fr. environ pour l’approvisionnement de 1200 coups que la batterie française emporte dans ses coffres.
- En fin' de compte une batterie de 4 pièces avec ses munitions revient au constructeur à environ 150000 fr. ; ce chiffre est un maximum, car c’est celui de l’État français qui construit certainement ses canons à un prix sensiblement plus élevé que l’industrie ; il achète d’ailleurs à cette dernière les matières premières et ses ébauchés et se contente de faire l’usinage et le montage.
- En fait les constructeurs d’artillerie vendent leurs batteries avec munitions, à raison de 200 000 à 300 000 fr., suivant la concurrence qu’ils rencontrent et suivant qu’ils camelotent plus ou moins.
- Quant à là durée du canon de campagne, elle est du même ordre que celle • dû fusil de guerre, environ 4000 coups, si bien qu’un coup de canon de campagne revient à un peu moins d’une trentaine de francs, usure du matériel comprise.
- Nous ne parlons pas de la durée active du canon, celle pendant laquelle il fonctionne réellement, car celle-ci ne dépasse guère 40 secondes. Le projectile, au départ du coup, ne reste guère, en effet, dans Pâme de la.pièce que pendant 1/100° de seconde, soit au total 40 secondes pour 4000 coups tirés. On voit qu’à côté des armes à feu l’éphémère est un véritable macrobite. S.
- ÉTIENNE
- La Chambre syndicale de l’industrie des moteurs à gaz a eu l’heureuse inspiration de faire poser au Conservatoire des Arts et Métiers un médaillon et une plaque en l’honneur d’Étienne Lenoir, le véritable inventeur des moteurs à gaz industriels. L’inauguration a eu lieu sous la présidence de M. Fernand David, ministre du commerce, le 16 décembre. La date ne pouvait être mieux choisie; en même temps que devant une assemblée restreinte se déroulait cette cérémonie, le Salon de l’Automobile, dans un plus vaste palais, faisait admirer à une foule com-
- 1. Il existe dans les sociétés de tir des fusils 1886 ayant tiré plus de 4000 coups et qui tirent aussi bien que le premier jour, ainsi que l’a démontré M. Ménessier, le tireur bien connu.
- LENOIR
- pacte, de superbes machines, dont Lenoir peut à juste titre revendiquer la paternité.
- Curieuse figure et noble histoire que celles de Lenoir, l’un des plus féconds génies inventifs du siècle passé. Né à Mussy-la-Yille (Belgique) en 1822, Lenoir, bientôt naturalisé français, vint à Paris en 1858. Il ne savait alors ni lire, ni écrire; d’abord humble plongeur dans un restaurant, il apprit ensuite l’art de l’émailleur. En 1847, il découvrait l’émail blanc sans oxyde d’étain (émail à •cadrans). En 1851, il imagine la galvanoplastie en ronde bosse, puis un système complet de signaux pour voies ferrées, des freins électriques; en 1865, un télégraphe autographique, et une méthode d’étamage des glaces ; en
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- AMUNDSEN AU PÔLE SUD
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- 1880, il publie les Recherches sur le tannage des cuirs par Vozone. Voilà déjà une belle série de titres; mais l’œuvre capitale de Lenoir, celle qui lui vaut une gloire immortelle, réside dans ses travaux sur les moteurs à gaz.
- En 1859, il s’attaque au problème de la force motrice pour petits ateliers, il imagine un moteur à air dilaté par l’explosion du gaz d’éclairage. Dès 1860, il avait construit plusieurs moteurs d’un fonctionnement satisfaisant, et une vingtaine lui étaient commandés, exemple de réalisation rapide sans doute unique dans l’histoire industrielle. Le moteur Lenoir qui fut assez longtemps en usage dans les ateliers parisiens, contenait en germe les éléments essentiels des progrès futurs, ceux qui ont permis la création de gigantesques moteurs actuels à gaz pauvre, ou à gaz de haut fourneau.
- C’était un moteur à double effet, comme les moteurs de hauts fourneaux, à allumage électrique haute tension, comme nos moteurs d’automobile, pourvu d’un distributeur de courant comparable aux plus perfectionnés actuellement en usage; le mélange du comburant et du combustible s’opérait directement dans le cylindre, condition essentielle pour éviter les accidents ; la distribution était à tiroir, évoquant nos modernes sans-soupape.
- L’idée du moteur à gaz n’est pas de Lenoir ; mais aucun de ses prédécesseurs ne put jamais réaliser autre chose que des curiosités scientifiques. Lui, du premier coup, crée un moteur industriel, d’un fonctionnement sûr et
- d’une conception qui apparaît, aujourd’hui encore, comme irréprochable presque à tous égards.
- Les premiers moteurs de Lenoir avaient cependant de graves défauts qui tenaient à l’insuffisance du degré de détente; ils furent abandonnés vers 1875 pour faire place aux moteurs Otto. Les idées de Lenoir ont été reprises, on sait avec quel succès, dans les grands moteurs, à gaz modernes.
- Le moteur Lenoir, dans l’esprit de son inventeur, devait s’appliquer à d’autres combustibles que le gaz d’éclairage. En effet, en 1880, Lenoir l’adapte à l’emploi d’air carburé par des hydrocarbures, et il imagine ainsi un moteur indépendant de toute canalisation, destiné surtout aux usages agricoles. Ce nouveau moteur était, non plus à tiroir, mais à soupapes.
- Il avait, du reste, vu très nettement le vaste champ d’applications réservé au moteur à explosion : il avait conçu et breveté une voiture et un canot à moteur.
- Lenoir mourut sans fortune et presque oublié en 1900. Il vivait d’une pension de 6000 francs que lui a servie jusqu’à la fin de son existence la Compagnie du Gaz de Paris. Sa mort coïncidait avec l’éclosion de l’automobilisme et des moteurs à gaz de haut fourneau. C’était l’aurore d’un âge nouveau, l’âge du moteur succédant à celui de la machine à vapeur.
- A Lenoir revient, sans conteste, le mérite d’avoir déclanché celte évolution. A. T.
- AMUNDSEN AU PÔLE SUD
- Le 16 décembre, la Société de géographie a reçu le capitaine Roald Amundsen à la Sorbonne sous la présidence deM. Guist’hau, ministre de l’Instruction
- POLE S. j CHAINE cm REINE MAUO
- 90’ 89’ 88’ 87° 86° 65 ° 84°
- Fig. i. — Profil en long de l’ascension
- tions météorologiques particulièrement favorables.
- Bien qu’on ait eu à affronter des températures de — 25° à— 50° pendant 5 mois, et même de — 59° le 15 août 1911, l’absence de grands ouragans (il n’y en eut en tout que deux à la station) évita les pertes de temps qui arrêtèrent Shackleton près du but. Le bâtiment de l’expédition était le vigoureux
- GRANDE BARRIERE " 37arnbetia
- 83° 8£° 8/° 80’ 79* 78’
- au Pôle Sud. (Dressé par L. Rudaux.)
- publique et du prince Roland Bonaparte, membre de l’Institut, en présence de S. A. S. le prince de Monaco et de S. E. le baron de Wedel-Jarlsberg, ministre de Norvège en France.
- Dans un langage majestueusement simple et saisissant, émaillé fort à propos de discrète humour, l’heureux découvreur du Pôle Sud a raconté les péripéties et exposé les résultats de sa capitale découverte. Il a expliqué comment son succès est dû aux soins apportés dans les préparatifs du dernier effort, au choix spécial de ses collaborateurs, à l’expérience et à l’endurance acquises dans ses précédentes expéditions, enfin à des condi-
- Fram (en avant), de Nansen, que la dérive avait entraîné le 15 novembre 1895 par 85° 55' N. (la
- I plus haute lati-tude atteinte par un navire), sous le commandement d’Otto Sverdrup.
- On emmena 97 chiens esquimaux : « Des gens bien informés, explique Amundsen, avaient prédit que ces chiens ne passeraient pas l’Equateur ! Or, ils arrivèrent à la baie des Baleines au nombre de 116! On voit combien ces prophètes de malheur avaient raison ! »
- Fig. 2. — Hauteur du soleil au Pôle. (L. Rudaux.)
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- $6 .......r:.rrrrrrzrrr-= AMUNDSEN AU POLE SUD
- Le 14 janvier 1911, l’expédition débarquait dans la baie des Baleines (presque sur la longitude des Antipodes), faisant du Fi'am a le navire qui est allé le plus loin au Nord et le plus loin au sud » ; le
- toire des dépôts de ravitaillement, l’hivernage à Framheim (avril-septembre) se passa avec un relatif confort (le logis possédait même un bain de vapeur!) Tout l’hiver les chiens logèrent sous des lentes
- i
- Fig. 3. — Amundsen montrant un troupeau de baleines cinématographié. (Dessin de L. Rudaux, d’après nature.)
- 28 janvier, la maison de la station Framheim était achevée par 78° 58' de latitude sud, à 5 km 1/2 du point de débarquement. Après trois expéditions préliminaires en traîneau (février-avril 1911) jusqu’à 80°, 81° et 82° S! pour la constitution prépara-
- spéciales. Contre leur voraciLé on dut protéger par un mur de neige les autres tentes servant de magasins pour les approvisionnements de viande de phoque.
- L’expédition se divisa, en trois groupes. L’équipe de mer, sur le Fram, avec le capitaine Nilsen et
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- AMUNDSEN AU PÔLE SUD
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- 9 hommes, accomplit dans les mers antarctiques une croisière de 8000 milles (14 816 km). Une autre équipe conduite par Prestrud étudia fructueuse-
- compagnons se mirent en route pour le Sud par — 51° C.; mais le lendemain un froid de — 55° les obligea au retour.
- Fig. 4. — Amundsen à la Sorbonne racontant la découverte du Pôle Sud. (Dessin de L. Rudaux,!' d’après nature.)
- ment la terre du P»oi Edouard VII (novembre-décembre 1911 ). La troisième fut celle du Pôle même.
- Le 24 août 1911 le soleil émergea au-dessus de l’horizon. Le 8 septembre, Amundsen et 4 de ses
- Le départ définitif dans la direction du Pôle ne put avoir lieu que le 20 octobre, avec 52 chiens et 4 traîneaux. Entre 81° et 82° le passage d’une région toute disloquéepar les crevasses fut extrêmement dangereux.
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- AMUNDSEN AU POLE SUD
- Après le 85°, la chaîne dn Prince Olaf (à dr.) se fit voir haute de 5000 à 4500 m. environ. Le 17 novembre, la jonction entre la grande barrière et le pied du haut plateau était atteinte : elle ne présenta rien d’extraordinaire.
- i Après avoir gravi à 5220 m. il fallut redescendre à' 2400 m. à la hase du glacier du Diable, dont l’ascension ensuite exigea 5 jours. Ce fut le record du travail des chiens, une escalade de 1680 m. avec parcours de 51 km en un seul jour. La récompense des pauvres bêtes consista en une hécatombe de 24 d’entre eux, sacrifiés comme bouches désormais inutiles et comme approvisionnement de viande fraîche (à la station de l’Abattoir, 10 600 pieds, 5251 m.).
- La marche s’effectuait entre des paysages de splendides montagnes. Après une descente à 2880 m., le point culminant du voyage parvint à 10 750 pieds (5277
- Le temps restait magnifique : « En approchant « du Pôle, la caravane était silencieuse, chacun « ayant la même « pensée : serons-nous les premiers?...
- « Soudain, un cri de : Halte! Nous y « sommes, le but est atteint! Il n’y a pas « un signe, pas une marque en vue! Le « drapeau norvégien est planté au Pôle « Sud sur le grand plateau du roi « Haakon VII, dominé à perte de vue »
- (14 déc. 1911). L’altitude est de 10 260 pieds (5127 m.2).
- Après trois jours d’observations astronomiques (dont une série ininterrompue pendant 24 heures) et de parcours autour et en travers du pôle, la caravane repartit vers le Nord le 17 décembre, avec 16 chiens et 2 traîneaux seulement.
- « Contrairement au sort habituel des « expéditions analogues on eut la joie,
- « pendant le voyage de retour, de pou-« voir augmenter les rations alimentaires « quotidiennes. » Le temps clair permit de découvrir vers le Sud-Est la suite de la grande chaîne de la Reine Maud (5000 à 4500 m.).
- Le 25 janvier 1912 Framheim était rallié, après 99 jours d’absence. L’allure moyenne de la marche avait été de 55 km par jour. On ne ramenait que 11 chiens sur 52.
- Pour retrouver les dix dépôts de provisions, chacun avait été repéré par dix signaux de part et d’autre, à distance convenable; aucun ne fut manqué. Le parcours total, aller et retour, fut de 2800 kilomètres (3).
- 1. 5260 m., cl’aprôs la carte publiée. Yoy. Roald Amundsen : Au Pôle Sud. (Trad. Ch. Rabot, Paris, Hachette, 1912.) Il y a divergence entre les chiffres de cette carte et ceux donnés en séance par Amundsen.
- 2. Chiffre donné en séance. 3070 m. d’après la carte publiée.
- 3. Le capitaine Scott, chef de l’expédition anglaise, a dû s’arrêter et revenir en arrière le 4 janvier 1912, étant parvenu moins loin que son lieutenant Shackleton le.8 janvier 1909.
- Fig. 5. — Hauteur comparée du Pôle Sud.
- Après une longue série de belles photos peintes révélant la splendeur du continent antarctique, Amundsen a montré au cinématographe les plus curieuses et amusantes bandes de glaces flottantes, grands troupeaux de baleines, scènes avec les phoques et les pingouins, attelages de chiens, marche de traîneaux, manœuvres de chargement, etc.
- Des observations exécutées pendant 24 heures consécutives par Amundsen, et des calculs de vérification dont elles ont été l’objet à Christiania de la part de M. Anton Alexander, il résulte que sa détermination du pôle est exacte à 2777 m. près, c’est-à-dire que la position géographique du point qu’il a déterminé est 89°58',5(1); mais comme il a pris soin avec ses collaborateurs, d’exécuter, tout autour du drapeau planté, des parcours dans diverses directions, sur un rayon de plusieurs kilomètres il est certain que l’exploration est passée à peine à quelques centaines de mètres de l’axe du monde; ce serait un malveillant enfantillage d’élever à ce sujet l’ombre d’une contestation. La divergence, d’ordre géodésique, d’une minute et demie avec les 90° mathématiques n’est plus que delà grandeur d’une inévitable erreur physiologique ou défectuosité instrumentale. L’incertitude résultant des anomalies de la réfraction atmosphérique fera toujours obstacle à une précision absolue. Et d’ailleurs on sait que les pôles de la terre ne sont pas des points fixes, et qu’ils subissent des déplacements oscillatoires atteignant l’amplitude... d’une vingtaine de mètres.
- Comme Amundsen avait pris pour point de départ une base située à 560 km de celle choisie par l’expédition Scott-Shac-kleton, il a traversé une région différente du grand continent antarctique, dont l’immensité achève ainsi d’être démontrée. C’est en outre un puissant massif montagneux à soubassement archéen. Enfin la fameuse grande barrière de Ross, an fond de la mer de Ross, entre les terres Victoria et du Roi Edouard VII, repose sur la terre ferme et n’est pas flottante sur l’Océan.
- En juin 1915, Amundsen et le Fram doivent repartir de San-Francisco pour le Pôle Nord par le détroit de Behring. Cette expédition doit durer trois ans : c’est du moins le délai qu’escompte Amundsen pour traverser du détroit de Behring à la mer orientale du Groenland - en - passant par le Pôle 'Nord. Le Fram sera approvisionné pour au moins cinq ans.
- Selon l’heureuse expression du prince R. Bonaparte, Amundsen ambitionne ainsi le titre d’« explorateur bipolaire ». E.-A. Martel.
- 1. V. Ch. Lallemand. C. R. Ac. des sciences, 9 déc. 1912.
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- COMMENT ON CONSTRUIT UN DÉTECTEUR POUR T. S. F.
- La facilité avec laquelle on peut recevoir les signaux horaires envoyés deux fois par jour par la Tour Eiffel (signature adoptée pour les messages qu’elle envoie) a engagé beaucoup de nos lecteurs à installer chez eux un poste de T. S. F., et ils nous demandent constamment des renseignements à ce sujet. Nous nous proposons donc de leur répondre ici une fois pour toutes en donnant toutes les indications utiles pour construire un détecteur, partie essentielle du poste en question. Nous n’avons pas l’intention d’entrer dans le détail des installations importantes qui permettent de recevoir des dépêches de provenances diverses, cette question a déjà été traitée ici; d’ailleurs elle intéresse moins de personnes parce que la réalisation d’une installation de ce genre est plus compliquée, difficile à réaliser dans de bonnes conditions et assez coûteuse.
- Construction d'une bobine d’accord. — Nous croyons cependant devoir donner d’abord le moyen de construire une bobine d’accord, parce que les antennes qu’on peut établir à peu de frais ne sont pas toujours assez importantes pour recevoir avec intensité et qu’une telle bobine, qui peut revenir à environ 5 francs, renforce le son dans des proportions considérables. On se procurera donc un tube en carton (ceux qui servent à l’emballage des gravures sont très pratiques) d’environ 0 m. 05 à 0 m. 06 de diamètre et 0 m. 40 de long sur lequel on enroulera sans superposition environ 100 m. de fil de cuivre émaillé de 7/10es de millimètre. Cela représente à peu près 450 à 500 tours. Ce fil émaillé est beaucoup plus commode que le fil isolé au coton ou à la soie ; on le trouve dans le commerce provenant de deux fabriques, l’une étrangère et l’autre française; nous recommandons de préférence cette dernière provenance dont l’émail est d’une grande souplesse ; il coûte 0 fr. 05 le mètre. La résistance ainsi obtenue sera de 4 à 5 ohms. On pourra graduer cette bobine en grattant l’émail, au moyen d’un couteau ou d’une lime, suivant une génératrice. Cela permettra de faire la connexion au point le meilleur ; en général, nous avons constaté que, pour les petites antennes, toute la bobine doit être employée, le grattage dans ce cas devient donc inutile. A chaque bout on fixera une borne au travers du carton ; pour cela il est bon de doubler le tube, à cet endroit, en plaçant en dedans un bout de planchette de 0 m. 02 de long sur 0 m. 01 de large que l’on coupera dans les débris d’une boîte à cigares (élément qui joue un grand rôle dans le matériel du constructeur amateur). L’antenne aboutira donc à la borne d’entrée de cette bobine et c’est à l’autre borne qu’on branchera le 'détecteur. Nous le répétons, la bobine n’est pas indispensable, surtout si l’on a une bonne antenne.
- Mais qu’est-ce qu’une bonne antenne quand on ne veut, ou ne peut, faire les frais d’une installation spéciale ; quand on ne dispose que de ce que nous
- appellerons une antenne d’amateur? Il est très difficile de prévoir d’avance le rendement. On compte parfois sur un résultat parfait quand, par exemple, on dispose d’un balcon situé au sixième étage d’une maison qui fait face à la Tour Eiffel, à une distance d’environ 4 kilomètres, et on est tout surpris de recevoir moins bien qu’au rez-de-chaussée d’une maison du centre de Paris où l’on a pris la conduite de gaz comme antenne.
- Le plus simple est de faire des essais comparatifs On recherchera le meilleur contact à la terre et une antenne aussi isolée que possible. A Paris on n’a que l’embarras du choix. Gomme terre on peut prendre la conduite de gaz ou d’eau ; de préférence cette dernière, à moins qu’elle ne soit trop éloignée de l’endroit où l’on veut établir son poste. Il faut, en effet, avoir un fil cle terre aussi court que possible ; on comprend que si on le fait courir dans tout l’appartement il joue en partie le rôle d’antenne et contrarie la réception. On constitue souvent une très bonne antenne en prenant contact avec l’espagnolette d’une fenêtre ou un volet de fer ; le réseau des fils de la sonnerie de l’-appartement donne aussi parfois de bons résultats ; un lit de fer, une bicyclette... tout ce qui est métallique et bien isolé.
- A la campagne, surtout si on est éloigné de la Tour Eiffel, il sera nécessaire de disposer des fils isolés... mais ici nous sortons de notre programme et nous renvoyons aux articles déjà parus et aux ouvrages spéciaux.
- Le détecteur à cristaux. — La construction d’un détecteur est très simple et tout le monde peut en faire un à peu de frais. On a renoncé aux détecteurs à limaille qui ne sont pas assez sensibles ; on en a imaginé plusieurs autres à aiguilles superposées, à pointes reposant sur un plateau, etc. Nous pensons qu’il est préférable de se limiter et nous n’indiquerons que deux systèmes qui donnent d’excellents résultats : les détecteurs à cristaux et les détecteurs électrolytiques. Les premiers sont assez délicats à régler et ils se dérèglent ensuite sans cause apparente, mais ils sont d’une très grande sensibilité et ne nécessitent pas l’emploi d’une pile. D’une façon générale ils sont constitués par une pointe fine métallique reposant sur une pyrite de fer ou de cuivre, du carborundum, de la galène, etc C’est ce minerai (sulfure de plomb naturel) que nous recommandons. On le trouve facilement dans le commerce, mais il faut essayer plusieurs kilos parfois avant de tomber sur le point favorable. On vend des échantillons de 200 gr. environ déjà sélectionnés, au prix de 1 fr. 50. C’est avec l’un de ces échantillons que l’on construira son détecteur en employant seulement des matériaux que tout électricien a toujours sous la main. On divisera l’échantillon de galène en plusieurs morceaux, non pas en
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- frappant directement dessus, mais en y enfonçant un poinçon. On choisit un morceau présentant une surface à-peu près plane de 10 à 15 mm de côté. Pour former le support de l’appareil on aura recours à la boîte à cigares déjà nommée. Sur une planchette (fig. 1) deO m. 04 sur 0 m. 02 on fixera une pince à charbon de pile M dans laquelle on introduira le morceau de galène, qui peut d’ailleurs à cet effet être travaillé à la lime. Au-dessus on fixera, au moyen d’une borne B, un fil de cuivre coudé en forme de potence P sur lequel coulissera à frottement doux un serre-fils G. Sur celui-ci on aura soudé un toron de deux fils de cuivre, non recuit, de 2/10es de millimètre chaque ; l’un des deux fils dépassera l’autre d’environ 1 mm pour former la pointe fine! Cette disposition permettra de prendre contact en un point quelconque de la galène et de varier la pression en faisant coulisser le serre-fils et en l’inclinant plus ou moins. On aura soin de monter la pince qui tient la galène sur une fente R, ou un trou allongé, de façon à la déplacer et à augmenter ainsi le champ d’exploration; elle sera réunie à une borne A au moyen d’une petite lame de cuivre ou de zinc.
- On peut essayer aussi la galène artificielle qui se trouve dans le commerce, mais les morceaux sont petits et s’effritent facilement. Pour les rendre plus maniables il est bon de les fixer d’abord sur du plomb, de la soudure ou un alliage fusible. Fig.
- Le montage du poste - .
- se fait en reliant à l’antenne la borne qui correspond à la pointe et à la terre la borne qui. correspond à la galène. (Le contraire peut être également fait sans inconvénient.) On dispose le téléphone en dérivation sur ce circuit : soit un fil à l’antenne, l’autre à la terre, et c’est tout. Pour faire le
- Fig. i. — Détecteur à galène.
- réglage, on choisira l’heure où la Tour Eiffel envoie une dépêche; à 10 h. 50 on a pendant environ 10 minutes la dépêche météorologique. On fait varier la position de la pointe jusqu’à ce qu’on perçoive bien les signaux dans le téléphone
- et on serre la vis du serre-fils quand le meilleur résultat est obtenu. On fera bien, avant de faire ce réglage, de fixer la planchette de support, au moyen d’une vis, sur une table ou contre un mur et de ne plus y toucher quand on aura déterminé la meilleure position de la pointe.
- Le détecteur électrolytique. — La construction d’un détecteur électrolytique est plus simple encore et il n’y a pas de réglage à faire; mais le montage du poste est un peu plus compliqué. Ce genre de détecteur représente en principe un voltamètre dans lequel l’un des fils de platine est très fin et l’autre plus gros (1/10° de mm); on
- peut remplacer ce dernier par un fil de plomb, ou autre métal non attaqué par l’eau acidulée sulfurique. Le fil fin de platine aura deux centièmes de millimètre. Nous pensons qu’il est utile de donner ici une explication parce que nous avons remarqué que beaucoup de personnes pensent que ce chiffre veut dire que le fil a comme diamètre la deux-centième partie du millimètre, ce qui est inexact. 11 faut écrire 2/100es (soit L /50e, c’est-à-dire la cinquantième partie du millimètre). Dans le commerce des fils fins on exprime toutes les dimensions en 100e ou en 1000e.
- On ne fait pas plus fin actuellement que 12/1000es soit un peu plus gros que 1 /100e de mm; le prix est de 15 francs le mètre. Mais le 2/100es coûte tout de suite dix fois moins cher, soit 1 fr. 50 le mètre; on ne vend pas moins d’un mètre. Comme il faut 0 m. 03 au plus pour faire un détecteur, on voit
- Fabrication du détecteur électrolytique.
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- qu’on peut en avoir un choix sans se ruiner et cette dimension de l/50e de mm est très suffisante pour obtenir un bon rendement de l’appareil. On prendra un tube de verre d’environ 0,007 mm de diamètre intérieur et de 0 m. 12 de long. On l’étire en son milieu jusqu’à réduire le diamètre à 0,001 mm (fig. 2, n° 1 ) ; on le laisse refroidir et ensuite on le sépare en deux avec un trait de lime. Il s’agit maintenant d’introduire dans la pointe de l’un de ces tubes le fil fin de platine. Celui-ci est assez difficile à manier dans l’état où on le reçoit; il faut de bons yeux et beaucoup de patience parce qu’il se roule constamment dans tous les sens et qu’on ne peut le redresser.
- Mais voici un petit tour de main par lequel on s’en rend maître. Avec une petite pince d’horloger on saisit l’extrémité libre du fil sur la
- bobine, on en déroule quelques centimètres et on les passe à la flamme de la lampe. Ainsi recuit le fil devient très maniable et il est facile de l’avoir à peu près droit.
- On en coupe 0m. 03 qu’on introduit dans la pointe effilée (fig. 2, n° 2) en ayant soin de laisser dépasser un demi-centimètre, puis on chauffe sur la lampe jusqu’à soudure complète (fig. 2, nn5).
- Il faut avoir soin que le verre soit bien fondu sur une épaisseur de 2 ou 5 mm au moins afin d’assurer l’étanchéité; l’extrémité libre du fil doit rester très visible dans la flamme jusqu’à la fin de l’opération; Une lampe à alcool suffit pour tout cela, si on lie dispose pas d'un bec Bunsen; celui d’une lampe
- Fig. 3. — Essai des tubes1 jéiectrolytiques.
- tube
- Fig. 4 et 5. — Détecteurs éleclrolyliqucs prêts à être montés pour la réception.
- Auer, par exemple, peut servir. Quand la soudure est bien refroidie on la passe en la tournant dans
- tous les sens sur du papier émeri très fin, afin de couper le fil au ras du verre ; il est indispensable pour le bon fonctionnement que le platine ne dépasse pas. On arrive très facilement à ce résultat au bout de quelques passes sur l’émeri, qu’on termine en passant sur du drap fin pour enlever la poussière de verre qui s’est formée. Quand on a préparé ainsi un certain nombre de tubes on en fait l’essai pour choisir le meilleur.
- A cet effet on dispose les tubes en cercle sur un carton percé de trous (fig. o). Au centre on place un tube portant un gros fil de platine, ou plus simplement, un gros fil de plomb, du fil de 0,001 mm employé pour le coupe-circuit du compteur d’électricité par exemple. Dans chaque on verse du mercure. On pose le tout un vase contenant de l’eau acidulée à 15 pour 100.
- On relie le fil de plomb à la terre et sur l’antenne on monte un fil souple terminé par un fil de cuivre de 0,001 mm, ayant 0 m. 05 de long. C’est ce bout de fil qu’on plongera successivement dans chacun des tubes pendant que la Tour Eiffel envoie sa dépêche météorologique de 10 h. 50 à Il heures. Le téléphone sera montéainsi que la pile en dérivation comme l’indique le schéma ci-contre (fig. G).
- De celle façon il sera très facile de faire une sélection parmi les tubes.
- Quand on aura trouvé le meilleur on le placera
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- dans un tube à fond plat (fig. 4) qu’on trouve dans le commerce sous le nom de tube à échantillon, d’environ 0 m. 05 de diamètre muni d’un bouchon et contenant de l’eau acidulée. On peut constituer l’autre pôle soit par un tube de platine de 1/10e ou plus gros, soit simplement par un fd de plomb (fig. 5).
- Toutes les dimensions que nous indiquons pour fixer les idées peuvent, bien entendu, être modifiées suivant les besoins, sauf celle du fil fin de platine.
- C’est ainsi que l’un de nos plus anciens lecteurs, M. le Dr P.
- Ranque, a construit, il y a plus d’un an, avec des tubes beaucoup plus petits, un poste de poche qui fonctionne encore à merveille et avec lequel nous avons pu recevoir la dépêche météorologique F. L. à 450 km. Il emploie des tubes deO, 004mm de diamètre (fig. 6) et comme récipient un tube à échantillon D de 0,015 mm fermé par un bouchon de caoutchouc.
- Pour que le mercure ne s’échappe pas si on renverse l’appareil, on bourre un peu de coton par - dessus, après avoir introduit le fil de cuivre qui ferme le contact, et on ferme le haut du tube avec de la cire ou de la gutta. Comme pile M. Ranque utilise deux éléments P, pris dans le bloc qu’on vend 0 fr. 65 pour les lampes électriques de poche. Ces blocs contiennent trois éléments, petits cylindres de zinc garnis de manganèse, sel ammoniac et charbon ; en prenant deux blocs on se trouve avoir de quoi fabriquer trois postes de T. S. F. Il est important de ne prendre que deux éléments, ce qui donne environ 2,5 volts à 3 volts; une force électromotrice supérieure donnerait de la friture et on ne recevrait pas les signaux.
- En examinant la gravure ci-contre (fig. 6) on voit que le courant de la pile est coupé quand le téléphone n’est pas branché sur les bornes F E ; mais '
- quand il est en place, afin qu’on n’oublie pas de couper le courant quand l’appareil n’est pas utilisé, il est bon de mettre un coupe-circuit automatique constitué par un petit pont C en fil de cuivre contre lequel vient buter une lame de ressort R recourbée de façon à pouvoir y accrocher le téléphone par son anneau. On peut faire facilement cette petite pièce accessoire avec les lames d’acier dont se servent les couturières pour les corsages ; elles sont assez malléables et peuvent se plier sans être chauffées. Quand le téléphone est branché en EF on l’accroche en R et le circuit se trouve coupé.
- Le tout est logé dans une boîte qui n’a que 0,035 mm d'épaisseur surOm. 10 de haut et 0 m. 07 de large. Deux bornes A et T placées à la partie supérieure servent à relier le poste à l’antenne et à la terre. Il est indispensable avec les détecteurs électrolytiques avec pile de toujours relier le fil fin à l’antenne et le gros fil à la terre, de même que pour la pile on met toujours le zinc à la terre. Si on faisait le montage inverse on entendrait dans le téléphone un fort bruit de friture et les signaux ne seraient pas perçus.
- Nous ferons remarquer que l’on peut se passer de pile avec un détecteur électrolytique, mais dans ce cas la réception est très affaiblie et il est de beaucoup préférable d’en avoir une.
- Ainsi que nous le disons plus haut le petit poste de poche, construit il y a plus d’un an par le Dr Ranque, a encore très bien fonctionné au mois d’août dernier à 450 km de Paris. C’est sur la plage de la Raule (Loire-Inférieure) que nous l’avons essayé ; la borne T était reliée à la mer par un fil très court et la borne A à la corde d’un cerf-volant, doublée pour la circonstance d’un fil de fer galvanisé de 5/10es de mm et de 80 m, de long; mais le cerf-volant ne s’est pas élevé à plus de 40 m. de haut environ. Les
- Fig. 6. — Poste portatif du Dr Paul Ranque. Schéma du montage d’un poste électrolytique dans lequel on a supprimé l’interrupteur de courant du circuit de pile.
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- signaux avaient une intensité très suffisante pour être perçus nettement malgré le vent et les conversations des voisins.
- Nous espérons que les indications que nous venons de donner suffiront à ceux qui désirent construire eux-mêmes un poste de T. S. F. qui leur permettra de recevoir les signaux horaires et souvent
- aussi quelques-unes des dépêches envoyées par la Tour Eiffel. Elles sont le résultat de l’expérience et ont été mises en pratique tant par nous que par nos amis ; les appareils qui en sont résultés ont toujours donné de bons résultats et il n’y pas de raison pour que les lecteurs qui voudront bien les suivre ne réussissent pas aussi bien que nous. G. Chalsiarès.
- CHRONIQUE
- Le loukbinh d’Indo-Chine. — La Nature a déjà parlé (n° 1824) des dangers du Mississipi dus à l’abondance d’une plante, Eichhornia Crctssipes. Ce végétal aquatique envahit, il y a 20 ou 25 ans, la partie basse du Mississipi; depuis il se répandit au Japon, puis dans toute l’Asie orientale et notamment en Indo-Chine. Les cours d’eau du Cambodge sont particulièrement encombrés par cette plante qui devient un véritable obstacle à la circulation des sampangs. Partout les riverains réclament un moyen de destruction, M. Lecomte, professeur au Muséum, qui donne ces renseignements dans le Bulletin de la Société nationale d’Acclimatation, a vu, pen-, dant son récent voyage en ce pays, une curieuse utilisa-
- tion de Y Eichhornia que les indigènes nomment loukbinh.
- Les prisonniers de Pnom-Penh sont employés à récolter les pétioles des feuilles ; ceux-ci coupés, puis raclés et transformés en lanières sont mis à sécher à l’ombre ; les fibres ainsi isolées servent à faire des ficelles, de la vannerie et même des tissus grossiers. Il serait fort intéressant que ces essais donnent un résultat pratique, car ils permettraient de fournir aux exportateurs de riz des sacs pouvant rivaliser comme résistance avec ceux de jute employés actuellement, en même temps qu’ils débarrasseraient en partie les cours d’eau de la trop exubérante végétation de VEichhornia.
- Les figures qui accompagnent cet article ne sont pas, comme on pourrait le croire au premier abord, des reproductions de peintures cubistes. Elles sont tout simplement destinées à montrer quelques illusions d’optique.
- On sait combien l’œil peut se tromper dans certaines circonstances : les surfaces claires paraissent plus grandes et les sombres plus petites qu’elles ne sont réellement ; une ligne ininterrompue paraît plus petite qu’une autre égale, mais divisée ; il en est de même pour les angles ; une chambre vide paraît plus petite qu’une chambre meublée; un mur recouvert d’une tenture paraît plus grand qu’un mur nu ; une jupe
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- temps cette liste d’erreurs d’appréciation oculaire. Voisines de celles-ci sont les illusions d’optique signalées par Helmholtz et que tout le monde connaît bien. Qu’on examine la figure 1 ; le prolongement de la ligne a ne paraît pas être cl, ce qui est dans la réalité, mais bien f placé un peu plus bas. On peut faire varier cette illusion de diverses façons. Ainsi, Hering a cité l’exemple suivant (fig. 2) : les lignes, droites ab, ccl, parallèles, paraissent divergentes ou convergentes suivant qu’elles sont accompagnées de hachures dans un sens ou dans
- Fig. i.
- Illusion de Helmholtz.
- l’autre. Zollner a répété cette expérience d’une manière encore plus frappante au moyen de la figure o qui
- rayée en travers fait paraître une femme plus grande, etc., etc. On pourrait continuer long-
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- Fig. 3. — Illusion de Zollner.
- rassemble les deux illusions précédentes : les bandes noires verticales sont parallèles entre elles, mais
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- elles paraissent alternativement convergentes et divergentes suivant une direction inverse de celle des obliques qui les coupent ; en même temps, les deux moitiés de chaque trait oblique sont déplacées l’une par rapport à l’autre, comme dans l’illusion de la figure J. Si l’on tourne la figure de 45° à gauche ou à droite, les traits obliques reprennent leur verticalité et paraissent alors droits et continus tandis que les grandes lignes verticales exagèrent leur convergence et leur divergence.
- Dans les trois exemples précédents, l’illusion disparaît dès que l’on place l’image à hauteur des yeux.
- On peut produire cette illusion non seulement pour des lignes isolées, mais encore pour celles qui font partie d’un dessin. Voici, par exemple (fig. 4), deux personnages, l’un riche gentleman, l’autre brave paysan. Il semble que le premier a les jambes écartées, en cerceau — peut-être l’habitude du cheval? — et que l’autre a les genoux rapprochés; en somme, tous les deux ont les jambes torses. Ce n’est cependant qu’une illusion due aux traits obliques qui les
- Fig. 4. — L'illusion des jambes torses.
- Les mêmes erreurs d’appréciation peuvent se produire pour des lignes courbes. Voici, figure 5, une série d’ovales concentriques et, figure 6, une autre série des spirales non moins concentriques.
- Prenez un compas et vérifiez ! Les ovales comme les spirales ne sont que des cercles parfaits. Ici encore, les lignes accessoires du dessin vous ont induit en erreur.
- Ces quelques illusions ne sont pas inutiles à connaître. Si, dans certaines circonstances, la ligne droite peut paraître courbe et le cercle un ovale ou une spirale, il sera peut-être quelquefois nécessaire de faire une courbe pour donner l’illusion de la droite et un. cercle imparfait pour donner l’impression de sa perfection.
- Les graveurs le savent bien qui tiennent souvent compte de ces effets quand ils tracent des hachures.
- Les Romains le savaient déjà qui, dans certaines peintures murales retrouvées à Pompéi, avaient tracé des lignes non parallèles qui paraissent letre sous l’influence des lignes voisines. Et môme les Grecs, construisant les colonnes de
- Fig. 5. — L'illusion des ovales.
- Fig. 6. — L'illusion des spirales.
- accompagnent, et la preuve en est que les mêmes figures placées presque horizontalement au niveau des yeux montrent des jambes parfaitement droites.
- leurs temples, leur donnaient une légère courbure destinée à les faire paraître droites.
- André Breton.
- le Gérant: P. Masson.—
- Imprimerie Lahïïre, rue de Fléurus, 9,
- à Paria.
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- LA NATURE. — N° 2067.
- 4 JANVIER 1913.
- COMMENT ON PECHE LA SARDINE
- Plus d’une fois, au cours de ces dernières années, des débats fréquents, et d’une acuité regrettable, entre pêcheurs et fabricants de conserves, ont franchi le cercle ordinaire des discussions professionnelles pour arriver jusqu’à la grande presse et donner au public l’impression qu’il se trouvait en présence d’une crise économique particulièrement difficile à résoudre. Cela n’est, hélas, que trop vrai !
- L’industrie sardinière française, et j’entends par là tous ceux qui en vivent, pêcheurs et usiniers avec tout leur personnel, se trouve gravement menacée non seulement par l’absence prolongée du poisson dans la région bretonne, son habitat de prédilection, mais aussi par les progrès croissants de la concurrence étrangère qui enlève à nos nationaux, avec leur ancien monopole, lapossibi-lité 'qu’ils avaient autrefois de régler les cours du marché en se basant sur les seules conditions de leur production annuelle.
- Payer le poisson assez bon marché pour soutenir la lutte contre leurs concurrents étrangers est devenu pour nos fabricants une nécessité vitale qu’ils s’efforcent naturellement de réaliser. Élever le prix de leur sardine et le maintenir en raison de sa rareté, de la prolongation de son absence, ou, plus exactement, de leurs besoins mêmes, d’autant plus pressants que la disette se prolonge, davantage, semble, par contre, à nos pêcheurs un droit justement imprescriptible à leurs yeux, puisqu’ils l’ont exercé autrefois sans conteste, sans grandes difficultés et qu’ils se plient avec peine aujourd’hui aux
- 41e année. — ior semestre.
- conséquences d’une évolution économique, demeurée à leurs yeux aussi injuste qu’inexplicable.
- Telles sont les tendances opposées qui, jointes à des complications de toutes sortes, ont créé une situation dont la solution ne saurait se trouver ni
- du jour au lendemain, ni par l’application d’une mesure unique ou d’une souveraine panacée. Je n’ai pas l’intention de faire ici un exposé complet de cette crise longuement examinée ailleursj1), d’en étudier toutes les causes et la lutte à tenter contre leurs conséquences, mais il m’a paru intéressant de préciser pour les lecteurs de La Nature quelques termes fréquemment employés dans les discussions dont les échos leur sont parvenus et qui, assez peu précis, semble-t-il, dans l’esprit même de ceux qui
- en font usage, gagneraient, de toute façon,à être nettement définis. Je veux parler des engins qui servent à la pêche de la sardine et sur lesquels pêcheurs et fabricants ne se montrent pas d’accord.
- Les ligures schématiques qiii accompagnent cet article me permettront d’abréger des descriptions forcément arides et d’éviter l’emploi de termes techniques peu familiers aux profanes.
- Filet droit (fig. 1). — De temps immémorial, la sardine a été pêchée sur le littoral breton au moyen de filets droits ou maillants. Ce sont de simples nappes rectangulaires d’une trentaine ou
- t. Fabre-Domergue et Potigky. Rapport au Ministre sur les procédés de pêche de la sardine en Espagne et en Portugal. Journal officiel du 28 juillet 1906. Annexe............
- 5. — 65
- Fig. i. — Filet droit ou maillant en pêche.
- Fig. 2. — Senne tournante. Le cercle est formé et l'on s’apprête à coulisser le fond du filet.
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- 66 COMMENT ON PÊCHE LA SARDINE
- d’une quarantaine de mètres de longueur sur huit à dix mètres de profondeur, liégées à leur bord supérieur et retenues à l’arrière de l’embarcation par une corde de quelques mètres. Le bateau qui remorque cet engin étant maintenu contre le courant à très faible vitesse, son patron jette à la mer des poignées de rogue (œufs de morue salée) qui attirent la sardine et la font jouer ou a travailler » autour du filet verticalement étendu. Elle se précipite, ainsi contre ses mailles faites d’un fil très fin, presque invisible, s’y engage la tête et reste prise par les ouïes. On retire le filet lorsqu’il est suffisamment garni de poissons et le nombre de ceux-ci peut s’élever en une seule fois à plusieurs milliers d’individus.
- Très habilement manié par les pêcheurs bretons, ce filet donne, en temps ordinaire, d’excellents résultats. On peut cependant lui reprocher d'être coûteux, car chaque bateau en doit posséder un double assortiment, de mailles différentes, appropriées aux diverses grosseurs de sardines qui fréquentent les lieux de pêche.
- Dans certains cas également, on constate que le poisson évite de se mailler ou même qu’il ne monte même pas à la hauteur du filet et demeure obstinément dans le voisinage du fond.
- L’usage du filet droit n’est pas exclusivement limité aux côtes de France et les Espagnols l’emploient, concurremment avec le suivant sous le nom de Xeito ; mais en Bretagne cet engin est demeuré, après des controverses très vives, le seul autorisé pour la pêche de la sardine.
- Senne tournante (fig. 2). — Dans le sud du golfe de Gascogne, sur les côtes du Béarn, et sur toutes les côtes atlantiques de l’Espagne et du Portugal, les pêcheurs se servent, plus volontiers, d’un filet en forme de longue nappe qu’ils déroulent cir-culairement autour du banc de poisson dès qu’ils l’ont aperçu. Le cercle une fois formé il ne s’agit plus que de coulisser la partie inférieure du filet de façon à en faire une vaste poche dont on diminue la capacité en halant peu à peu l’engin à bord et d’où on retire la sardine au moyen d’épuisettes.
- La longueur et les dimensions de la senne varient beaucoup. Les Portugais emploient sous le nom de Cerco reale d’immenses engins qui ont plus de
- mille mètres de long et dans lesquels j’ai vu capturer, d’un seul coup, près de cinq millions de sardines. La senne tournante des Espagnols et des Béarnais est beaucoup plus réduite et n’excède pas deux ou trois cents mètres. Il en est de même de l’engin qui, en Bretagne, sert à capturer le sprat et parfois aussi la sardine.
- La puissance de capture de la senne tournante est considérable; elle exige moins de dépense de rogue que le filet droit ; mais, en ce qui concerne la sardine tout au moins, sa manœuvre demande, dès que les eaux sont un peu profondes, l’emploi d’embarcations très rapides, montées par de nombreux rameurs. Son usage paraît peu pratique dans les eaux bretonnes et les essais effectués dans cette région en 1906 parles fabricants de conserves,
- avec ma collaboration et celle de M. R. Legendre, au moyen d’un équipage habitué à la manœuvrer, n’y ont pas donné de résultats encourageants.
- Filet Guezen-nec (fig. 5). De forme très originale et qui ne rappelle aucun autre engin, ce filet, réduction de ses aînés les filets Belot et Eyraud, réprésente une véritable boite flottante, ouverte en haut et à l’une de ses extrémités. Celle-ci est maintenue béante par une perche. Traîné ouvert à L’arrière du bateau, le filet Guezennec engloutit la sardine au fur et à mesure qu’elle se présente devant son ouverture et quelle fonce sur la rogue dont l’appétissante traînée coule, emportée par le courant, dans l’intérieur de l’engin. Lorsqu’il juge sa récolte assez abondante, le pêcheur, en tirant simultanément les cordes qui coulissent autour de l’ouverture du filet et de sa languette, le ferme complètement. Il ne reste plus qu’à enlever la perche, à rentrer une partie du filet-et à procéder, comme pour la senne tournante, à l’embarquement du poisson avec des épuisettes.
- Le filet .Guezennec prend indifféremment les bancs de poissons quelle que soit la grosseur de ceux-ci, et revient par conséquent moins cher que le filet droit dont il faut à chaque bateau tout un assortiment. Sa puissance de capture est très grande et il paraît agir plus automatiquement qu’aucun autre. On peut dire que c’est Lengin qui, à dépense égale de force, de temps et d’appât, possède le meilleur rendement. De plus, employé
- Fig. 3. — Filet Guezennec en pêche.
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- COMMENT ON PECHE LA SARDINE —:.:: . 67
- pendant plusieurs saisons dans la région bretonne de 1880 à 1887, il a fait ses preuves et j’ai pu moi-même en constater les qualités.
- Filet de Saint-Guénolé (fig. 4). Dans les régions désolées de la pointe de Penmarch, quelques pêcheurs emploient, concurremment peut-être avec le lilet tournant, sous le nom de senne, une sorte de filet Guezennec rudimentaire qui n’est autre chose qu’une nappe formée de plusieurs filets droits à petites mailles, réunis bout à bout. Cette nappe, attachée par ses deux extrémités et traînée derrière le bateau, prend la forme d’une poche largement ouverte, mais suffisamment creuse pour que le poisson s’y accumule et ne tende pas à en sortir. Quand il est en quantité suffisante, le pêcheur haie à bord les deux extrémités du filet en coulissant le bas de celui-ci et procède à la capture du poisson. Cet engin sert également à prendre des bancs de petits maquereaux et sa puissance de capture, bien que moindre que celle du filet Guezennec, n’en est pas moins assez grande.
- Ainsi qu'on peut le voir, les appareils employés pour la pêche de la sardine en France ne laissent pas que d’être assez variés. Cependant on confond volontiers sous la commune dénomination de « senne » tout ce qui n’est pas « filet droit » et, dans les discussions passionnées auxquelles donne lieu l’usage de ces engins on oppose à ce dernier le groupe entier de ses concurrents sans établir entre ceux-ci les distinctions nécessaires, bien qu’il paraisse évident aujourd’hui qu'en dehors des considérations économiques dont nous aurons à parler, le filet Guezennec, seul, mérite, en Bretagne, d’être mis en parrallèle avec l’antique filet maillant.
- Il ne me reste plus qu’à exposer brièvement les débats relatifs à cette brûlante question des « sennes ».
- Pour les motifs que j’indiquais plus haut, les fabricants, désirant voir renaître l’abondance sur le marché et escomptant la puissance de capture des « sennes » en préconisent l’emploi, persuadés que ces filets permettraient même de compenser la disette du poisson grâce à leurs qualités pêchantes. Cette confiance est peut-être justifiée dans certains cas, lorsque le poisson, présent sur les lieux-de pêche,
- refuse de « travailler » ; mais elle est à coup sûr excessive dans les cas trop fréquents où la sardine fait réellement défaut dans une région tout entière.
- Les pêcheurs, sachant par expérience qu’abon-dance est synonyme de bas prix et résolus malgré tout à les éviter, trouvent inutile de substituer à leurs filets droits des engins plus perfectionnés dont ils redoutent surtout l’excès de productivité.
- En réalité la discussion qui, au début tout au moins, avait porté presque uniquement sur la valeur technique des engins, objets du litige, semble être transportée avec plus de justesse et de franchise, je crois, sur le terrain économique, mais il paraît bien, malheureusement, que cette question ne soit qu’un épisode secondaire d’un mal beaucoup plus profond et qu’il faut avoir le courage de regarder
- en face.
- L’industrie des conserves en France a besoin, pour lutter contre la concurrence étrangère, de disposer d’une matière première moins coûteuse qu autrefois. Le pêcheur doit, d’autre part, trouver dans la vente de son poisson ses moyens d’existence et la juste rémunération de son travail. Or les deux parties étroitement solidaires l’une de l’autre, soulîrent également des mêmes causes qui les affaiblissent et en provoquent la désunion. Elles auraient tout avantage à prendre résolument pour base de leur discussion la situation économique nouvelle qui leur est imposée par les progrès croissants de l’industrie étrangère et à chercher d’un commun accord les moyens les plus équitables d’y faire face côte à côte.
- Ainsi que je le disais plus haut, la solution de ce diflicile problème ne saurait être obtenue par l’emploi de tels ou tels engins, par l’abrogation ou par l’apparition d’une décision administrative. Seuls les arrangements conclus entre pêcheurs et usiniers, avec la plus entière bonne foi, et la sincère volonté de les respecter leur permettront de lutter contre un ennemi commun et la question des filets droits ou des autres, bien que très intéressante au point de vue technique, perdra ce jour-là, aux yeux de tous, l’importance primordiale qu’on lui attribue, à tort, aujourd hui. Fabre-Domergue.
- Inspecteur général dos pèches nniriliiues
- Fig. 4. — Filet de Saint-Guénolé au moment du coulissage de sa partie inférieure.
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- LES MOUVEMENTS VERTICAUX DE LA TOUR EIFFEL
- Depuis un quart de siècle, la Tour Eiffel brave le chaud, le froid, la tempête, donnant un démenti aux craintes exprimées lorsque fut décidée sa construction sans précédent.
- Pourtant, elle se balance par l’effet du vent ou des dilatations inégales. Sous la direction du général Bassot, le Service géographique de l’armée française a étudié les déviations de son sommet : ellipses sous la poussée du vent, courbes irrégulières par la chauffe unilatérale des rayons solaires, les unes et les autres atteignant à peine une amplitude de deux décimètres.
- Les mouvements verticaux de la Tour n’avaient point encore été étudiés, faute peut-être d’une méthode simple pour y parvenir. Ici, le fil d’invar a constitué, comme en mainte autre occasion, l’auxiliaire indispensable, qui m’a permis, avec bien peu de peine, de recueillir des résultats variés et fort intéressants.
- tation est pratiquement nulle, est fixé à un piquet enfoncé dans le sol. Son extrémité supérieure (fig. 1), vissée et matée dans un étrier d’acier, est suspendue, par l’intermédiaire de ce dernier, à un équipage porté par un couteau encastré dans un fort levier de fer, qui est ainsi maintenu par un bout à une distance du sol indépendante de la température.
- Le levier est, lui-même, supporté par un couteau qui le traverse, et qui repose sur un autre équipage, suspendu à une forte barre d’acier, que soutiennent de solides tréteaux.
- Ces derniers reposent sur la plate-forme de la
- Fig. i. — L’appareil enregistreur des mouvements verticaux de la Tour Eiffel.
- Pour scs études sur la résistance de l’air au mouvement des surfaces, M. Eiffel avait autrefois fait pratiquer, dans le plancher de la deuxième plateforme, une trappe d’où il laissait tomber, le long d’un câble, des plans de formes diverses. Depuis la création de son laboratoire du Champ de Mars, remplacé maintenant par celui de la rue Boileau, la place était restée libre. Il m’autorisa à y installer mes appareils. M. Milon, Directeur de la Tour et M, Marc, ingénieur, me prêtèrent un aimable concours; enfin, pour échanger les feuilles de l’enregistreur et exercer la surveillance nécessaire, en même temps que pour opérer certains petits réglages indiqués par les circonstances, M. Thureau, mécanicien, fut un collaborateur dévoué.
- L’appareil est simple. Un fil d’invar, dont la dila-
- Tour et participent à tous ses mouvements. Ainsi, le levier s’incline plus ou moins, se soulevant lorsque la Tour se dilate, et marquant, par ses mouvements, toutes les variations de niveau de la plateforme, située à 116 m. du sol.
- L’enregistrement de ces mouvements ne présente aucune difficulté. Il s’opère sur un tambour mis gracieusement à ma disposition par M. Jules Richard, et dont la plume est solidaire d’une barrette montée sur le même axe; cette barrette est actionnée par une cheville latérale fixée au levier, et que l’on peut déplacer à volonté, ainsi que tout le banc portant l’enregistreur.
- L’indépendance du levier et du tambour est fort utile; elle permet, par un changement de la position de la cheville et de l’enregistreur, de modifier
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- Fig. 2. — Les mouvements verticaux de la Tour et le diagramme de la température le jour de la Saint-Médard.
- instantanément l’amplification du mouvement, et de l’adapter à la nature de l’inscription que l’on veut effectuer. Dans mes expériences, cette amplification a varié de 4 à 12, mais on dépasserait aisément ces limites.
- Il est une particularité des enregistrements à laquelle il faut prendre garde. S’il est vrai que la longueur du fil est pratiquement indépendante de la température, en revanche, la distance rectiligne de ses extrémités varie sous l’action du vent, qui le chasse horizontalement. La flèche que prend le fil est proportionnelle à l’effort linéaire du vent, lequel varie avec le carré de sa vitesse. D’autre part, le rapprochement des extrémités est proportionnel au carré de la flèche ; c’est donc avec la quatrième puissance de la vitesse du vent que croît la perturbation qu’il provoque, et l’on pourrait penser que, par vent frais, les diagrammes perdent toute signification. Heureusement, il n’en est rien ; car, d’autre part, la flèche est inversement proportionnelle à la tension du fil, et on peut régler celle-ci de telle sorte que seuls les vents violents produisent des. perturbations notables.
- Au début, mon fil, de lmm,65 de diamètre, fonctionnait sous une charge de 25 kg; l’effet du vent était encore notable ; j’ai doublé la charge, et, depuis lors, les diagrammes ne sont plus que très peu perturbés. Ce n’est pas à dire que le vent ne s’inscrive plus; mais un dispositif spécial empêche cette inscription d’être gênante.
- A une distance modérée du sol, le vent procè'de par à-coups; à des intervalles assez rapprochés, il mollit jusqu’à l’arrêt, qui dure une fraction de seconde. Si, dans ces circonslances, le levier démon appareil était entièrement libre de se mouvoir, il décrirait des oscillations lentement amorties, et qui,
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- Fig. 3 et 4. — Les mouvements de la Tour et les variations de la température dans les semaines du 26 août au icr septembre et du 16 ait 22 septembre.
- les jours de bourrasque, rendraient les télégrammes purement indéchiffrables. J’y ai paré en suspendant au levier, par un fil rigide, une plaque de plomb immergée dans un bocal rempli d’huile très visqueuse. Maintenant, les mouvements sont complètement apériodiques. Dès que la vitesse du vent descend au-dessous d’une certaine limite, le levier se pose doucement sur la courbe vraie, marquant sans perturbation la hauteur instantanée de la Tour. La courbe comporte encore des appendicesdievelus ;
- mais ils sont tous dirigés vers le haut, de telle sorte que leur enveloppe inférieure est la courbe même que l’on cherche. Loin d’être nuisibles, les inscriptions parasites présentent même un réel intérêt ; elles constituent un document irrécusable de la vitesse instantanée du vent.
- Les premiers diagrammes correctement tracés me causèrent une vive surprise. Je m’attendais bien à trouver à peu près l’amplitude qu’ils donnaient, et qu’un calcul grossier indiquait approximativement; mais je pensais qu’ils auraient la forme d’une vague sinusoïde aux contours très adoucis. Il n’en fut rien; les courbes se révélèrent extrêmement capricieuses, avec de rapides ascensions
- et de brusques retours. Un nuage, un coup de vent, une soudaine apparition du soleil provoquaient des' montées ou des descentes souvent abruptes, et lorsqu’au cours d’une chaude journée une violente averse s’abattait sur la Tour, elle rentrait 'brusquement en elle-même. . ?
- La comparaison de ces mouvements avec ceux de la température était naturellement tout indiquée. Le Bureau central météorologique est situé, comme on sait, à quelques centaines de mètres de la Tour; je ne pouvais mieux faire que d’utiliser ses thermogrammes, aimablement mis à ma disposition par
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- M. Angot, et que j’ai dépouillés avec M. Dongier. La figure '2 montre un instructif rapprochement des deux diagrammes.. Le jour de cette double inscription est celui de la Saint-Médard. Ce saint, particulièrement chagrin, ne manqua point à sa réputation ; à 7 heures du soir, il fit tomber une violente averse qui produisit un refroidissement subit. Les deux courbes font ainsi une chute brusque et profonde.
- La première conclusion que l’on peut tirer de cette comparaison des deux courbes est que la Tour Eiffel constitue, avec le point de repère fixe que donne le fil d’invar, un thermomètre gigantesque et très sensible à la fois ; car, pour obtenir la superposition des deux diagrammes ci-dessus, j’ai réduit au quart l’inscription originale de la Tour, et doublé celle du thermographe. Pour l’enregistrement de la Tour, le levier était monté avec l’amplification 8. On aura donc les mouvements vrais en réduisant de moitié les ordonnées de'la courbe supérieure.
- Les petites pointes, dans la première partie de cette dernière, sont dues à quelques coups de vent qui se firent sentir dans la matinée du 8 juin. Un nouveau coup de vent assez violent fut enregistré à 16 h. 1/2, puis un autre au moment de l’averse. Ensuite, et jusqu’au lendemain matin, l’air fut à peu près calme.
- Après avoir fait un grand nombre d’enregistrements diurnes de grande amplitude dans les deux sens, j’ai monté un tambour à révolution hebdomadaire. Les diagrammes ainsi obtenus présentent un intérêt différent des premiers; bien moins détaillés, ils permettent, en revanche, de comparer d’un coup d’œil les mouvements généraux dans des journées successives, et de constater ainsi d’énormes différences dans l’allure des variations thermiques.
- Les figures 5 et 4 se rapportent à une semaine de l’été et à une de l’automne, très caractéristiques de ces deux saisons. La première est aussi irrégulière qu’on puisse le souhaiter; la seconde présente, au contraire, plusieurs périodes consécutives assez semblables, dénotant une grande stabilité du régime météorologique.
- Dans les deux semaines auxquelles se rapportent ces tracés, le vent fut souvent violent, surtout dans la journée. Dans le premier, les pointes sont invariablement suivies par une baisse subite de la Tour, due chaque fois à une averse de courte durée. Ainsi se justifié le proverbe : petite pluie abat grand vent.
- La rapidité des mouvements de la Tour, qui étonne au premier instant, s’explique dès qu’on réfléchit à sa structure. Sans doute, ses 7000 tonnes de fer constituent une énorme masse métallique; mais cette matière est extraordinairement divisée, comme on s’en rend compte aisément en examinant l’agencement de ses poutres en treillis, comparables à une fine dentelle.
- Les grands nombres ne sont bien saisis que par des comparaisons. La Tour en a suscité de nombreuses, dont voici peut-être les plus frappantes.
- Une réduction de la Tour Eiffel au millième dans tous les sens aura 50 centimètres de hauteur et pèsera 7 grammes; telle est comparativement la dissémination de sa matière constituante.
- Circonscrivons maintenant à la Tour un cylindre vertical passant par ses quatre pieds, et l’enfermant tout entière. Le contenu de ce cylindre sera supérieur à 7 millions de mètres cubes ; la masse de l’air qu’il contiendra sera les quatre tiers environ de celle de la Tour, et si, avec un écart initial de la température, positif et égal à 4 degrés, cet air se mettait en équilibre avec la Tour, celle-ci s’échaufferait de 5 degrés, tandis que l’air en perdrait 1 seul. La soudaineté des ressauts constatés dans les diagrammes ne peut donc plus nous surprendre.
- J’aurais voulu, au moyen des tracés conjugués de la température et des mouvements de la Tour, calculer le coefficient de dilatation de celle-ci. Mais, pour pouvoir le faire, il faudrait être certain que le rayonnement, diurne ou nocturne, n’a que peu modifié sa température. Je ne possède pas encore un nombre suffisant de diagrammes de grande amplitude et tout à fait irréprochables pour faire ce calcul avec sécurité. Cependant, je puis affirmer déjà que les dilatations observées sont supérieures à ce qu’indiquerait le calcul élémentaire ; et cette particularité s’explique pour peu que l’on examine les conditions mêmes dans lesquelles les étages inférieurs doivent effectuer leur dilatation.
- Les pieds de la Tour sont bridés par les piliers sur lesquels ils reposent. La première plate-forme, au contraire, les écarte en même temps qu’ils s’élèvent, et, en les faisant tourner autour de leurs points d’attache au sol, leur communique un supplément de mouvement ascendant, dont la valeur forme une fraction notable de leur dilatation proprement dite. On trouverait sans aucun doute de semblables actions dans les mouvements thermiques des grands ponts métalliques.
- Le désir d’étudier plus complètement ce phénomène m’a engagé à laisser pendant quelque temps encore l’enregistreur sur la seconde plate-forme de la Tour. Plus tard, il sera installé pour la mesure des mouvements entre le deuxième et le troisième étage. La construction plus ajourée encore que dans les étages inférieurs et le régime thermique sensiblement différent conduiront à des diagrammes d’un autre caractère.
- Enfin, dans cette construction de section plus réduite, on pourra observer mieux les effets de la foudre; car la Tour, qui protège toute la région environnante contre les décharges atmosphériques, les attire souvent à elle, et, sous leur action, vibre comme un diapason. Certainement, elle s’échauffe aussi; mais de combien? Il est impossible jusqu’ici de le dire. Peut-être l’enregistrement continu de ses dimensions le fera-t-il connaître.
- Ch.-Ed. Guillaume, Correspondant de l’Institut; ' ‘
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- LES PARCS NATIONAUX EN FRANCE
- L’idée de créer des parcs nationaux en France que nous axons si souvent émise dans nos colonnes (') 1, Voy. n05 1677, 1813, 1991, 1994, 2018, 2043, etc.
- vient d’avoir les honneurs de propositions à la Chambre des Députés.
- A la séance du 18 novembre, M. Beauquier,;
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- LES PARCS NATIONAUX EN FRANCE
- député du Doubs, président de la Société pour la Protection des Paysages et auteur de la loi de 1806,
- lière. En outre, les ingénieurs, toujours passionnés pour la ligne droite, n’hésitent pas à bouleverser le plus beau site pour y faire passer une ’ route ou une ligne de chemin de fer. » Et M. Beauquier ajoute très justement, que, malheureusement la question de la protection des sites ressortit à trois ministères ; or, « tout le monde sait que, lorsque plusieurs ministères sont intéressés à une question, on n’aboutit jamais à rien.... Il est de toute nécessité de compléter la loi de 1806, et, au besoin, de créer des parcs nationaux. » A la séance du 6 décembre 1912, M. Albert Métin, député du Doubs, a
- Fig. 2. — Vallée de la Loue à Mouthiers.
- s’est exprimé en ces termes : « Il n’est pas possible de laisser à la disposition des particuliers, à la disposition des propriétaires riverains, les beautés de nos paysages de France.... Les propriétaires riverains de la Loue et du Lison ont vendu leurs droits à des industriels, qui se proposent de s’enrichir au détriment de la
- Fig. 4. — Résurgence de la Loue.
- beauté du site.... C’est un droit tout nouveau qui commence à se dresser contre le droit abusif de la propriété : c’est le droit à la beauté, un droit collectif qui doit primer celui de l’utilité particu-
- Fig. 3. — Grotte et cascade du Pontet.
- présenté à son tour une motion ainsi conçue.
- « La Chambre invile le Gouvernement à proposer d’urgence les moyens nécessaires pour conserver la source et les gorges de la Loue dans leur beauté naturelle, sous forme de parc national. »
- A la meme séance, M. Barthe a requis dans les mêmes termes de « sauvegarder le pittoresque de la vallée du Queyras, menacée par un projet de captation du Guil ».
- Enfin M. G. Aren avait antérieurement pris l’initiative de faire transformer aussi en parc national la haute vallée du Vénéon, c’est-à-dire le fameux cirque de la Bérarde au cœur de l’Oisans (Dau-
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- LES PARCS NATIONAUX EN FRANCE
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- phiné). D’après le bulletin de la Société pour la Protection des Paysages, d’octobre 1912, « l’exploitation, le pâturage, la chasse, la coupe
- de bois ou d’herbe y seraient défen- ..........:----
- dus ; ce qui serait facile vu le très petit nombre d’habitants de ce pays.
- « Cette excellente idée a déjà reçu un commencement d’exécution. Il existe un projet d’acquisition par l’État d’une partie du terroir de Saint-Christophe et le conseil municipal de cette commune a pris une délibération favorable. »
- Il est hautement désirable que la France entre ainsi résolument dans la voie ouverte, depuis 40 ans, par les Etats-Unis d’Amérique et plus récem-
- faire chorus avec eux et de montrer quelques photographies de ces merveilleux paysages.
- Fig. 5. — Château-Queyras et gorge du Guil.
- M. Métin a raison de dire que « la Loue est le site le plus justement célèbre du Jura, plus grandiose même que Vaucluse », quoiqu’un député de ce dernier département ait protesté contre cette appréciation. Si Vaucluse, en effet, est la plus puissante source de France, peut-être même du monde entier, les falaises d’où elle jaillit ne
- Fig. 6. — Vieille maison à Abriès.
- ment par l’Allemagne et par la Suisse.
- Il y aurait lieu surtout de déclarer parcs nationaux le grand canon du Verdon (Basses-Alpes), plusieurs dues du Var et des Alpes-Maritimes, la perte du Rhône et le canon qui lui fait suite, les gorges de l’Ardèche, divers canons et chaos rocheux de la région des Causses, etc., etc., enfin les nouveaux canons du pays Basque : ces merveilles du sol français, la plupart tout récemment révélées précisément dans La Nature, se trouvent en effet menacées, à plus ou moins lointaine échéance, par des projets de grands barrages ou de coupes de forêts.
- C’est contre de telles entreprises que MM. Beau-quier, Métin et Barthe veulent défendre la Loue et le Queyras. Il faut saisir cette occasion de
- Fig. 7. — Église de Guillestre en Queyras.
- sont pas plus hautes (200 m.) que celles de la Loue; mais cette dernière sort d’une grotte et forme une cascade (fig. 4) bien plus pittoresque, puis elle s’écoule dans une cluse fort longue où l’on n’observe encore,
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- sur plusieurs kilomètres, aucune des usines qui ont irrémédiablement gâté la beauté de Vaucluse. Dans ce canon, auquel ses justes proportions donnent une majestueuse grandeur, d’autres sources jaillissent en
- Fig. 8. — Roc de VAnge-Gardien et Combe du Queyras.
- cascades (fîg. 5) de l’orifice de cavernes constituant de merveilleux tableaux artistiques. Tous les détails de cette vallée supérieure de la Loue, dite combe de Nouaille, sont actuellement d’accès difficile, et connus seulement des pionniers qui, depuis une dizaine d’années, s’occupent à révéler les mystères souterrains et hydrologiques du Jura. Il faudra établir tout un réseau de sentiers dans le bas et sur lés flancs de la combe pour en permettre la visite. En l’état présent on ne peut guère admirer que son grand coude (fig. 1), vu de la route de Pontarlier à 150 mètres au-dessus du torrent, au point où se détache le petit sentier de la source même, parcouru par de trop rares touristes.
- Il ne faut pas oublier non plus que la Loue est une curiosité scientifique de premier ordre, puisqu’elle est alimentée, en partie du moins, par les pertes du Doubs situées à 10 km de distance et !270 m. -plus haut : cela a été formellement prouvé par l’incendie de l’usine Pernod, le 11 août 1901, à la suite duquel l’essence de l’absinthe fut retrouvée à la résurgence de la Loue ; et surtout par une grande expérience, exécutée en 1910, avec 100 kg de fluorescéine et qui fut définitivement probante.
- Comme phénomène géologique de capture souterraine et de résurgence, c’est le pendant de la dérivation du Danube vers le Rhin par les pertes
- de Immendingen et la fontaine de l’AachC):.
- On ne saurait donc trop applaudir à ces paroles de M. Métin :
- « Il faut une enquête, puisqu’en ce moment un ingénieur se propose de capter toute la source et toutes les cascades qui lui font suite et peut-être même de barrer les accès de la Loue. O ironie! cet ingénieur est Suisse ; il appartient à ce pays qui a voté une législation-type sur les adductions de houille blanche et qui, avec un souci jaloux et légitime, s’est attaché à conserver ses beautés naturelles. Ce qu’un de ses enfants ne peut faire de l’autre côté du Jura, en raison de mesures très sages, il vient l’accomplir chez nous, profitant de l’absence de législation à cet égard. »
- Et l’orateur avait soin d’ajouter qu’il entendait bien qu’on tirât partie de la richesse représentée par la force hydraulique.
- Cela est bien évident, comme nécessaire à la prospérité industrielle nationale, mais encore faut-il surveiller les initiatives et refréner les appétits des'financiers et des entrepreneurs. C’est contre leurs projets commerciaux qu’il faut défendre les « pièces exceptionnelles delà parure de la France ».
- Écoutons maintenant M. Barthe, en regardant les vues ci-contre du Queyras : c’est un « vandalisme
- Fig. 9. — Combe du Queyras à la Maison du Roi.
- industriel qui guette la vallée du Queyras, certainement une des plus belles vallées de toutes nos Alpes françaises. On va capter tout ce torrent pour satisfaire quelques capitalistes ».
- Le mot est lâché, et avec un grand courage ; il 1. Voy. n° 1909, 25 décembre 1909. .. .
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- n’est que trop vrai que, sous la pernicieuse influence de la loi néfaste du 24 juillet 1867, trop de projets industriels ont encore pour seul motif la préoccupation des bénéfices à retirer des actions d’apport, trop largement attribuées aux fondateurs de sociétés. L’appât du gain résultant, grâce à cette loi, de la faculté d’émettre des actions avec un premier versement du quart seulement de leur valeur (sauf à appeler ultérieurement les trois autres quarts) a été funeste à l’épargne française. Depuis près d’un demi-siècle les décisions des tribunaux de commerce ne cessent de l’affirmer.
- M. Barthe ajoute que : « La combe du Queyras est une des merveilles du Dauphiné, un des plus beaux sites de la France. En desséchant le lit du Guil on va commettre un crime de lèse-beauté, un attentat contre la majesté de la nature. La Combe aura perdu son principal attrait, cette eau très bleue qui descend en cascades à travers les roches ou s’épand en belles nappes transparentes et tranquilles. Le défilé de la Combe deviendra un désert aride et poussiéreux, où toute végétation disparaîtra faute d’humidité, et que le voyageur évitera avec soin.
- « La vallée du Queyras perdra ainsi tous les bénéfices qu’elle était en droit d’attendre du développement du tourisme.
- a Grâce à la publicité de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, et des syndicats d’initiative, le nombre des touristes qui visitent notre vallée a augmenté depuis deux ans dans des proportions extraordinaires.
- « Il est certain que le pittoresque de la vallée du Queyras, le charme de ce paysage alpestre permet aux populations agricoles de vivre dans ce pays pauvre.
- « Il ne faut pas que le Gouvernement mette la Chambre en présence du fait accompli. »
- À ces sages paroles M. Chéron, rapporteur général du budget, a répondu que « la Commission du budget ne manquerait pas de présenter ou d’appuyer un texte destiné à protéger, comme ils méritent de l’être, tous les sites pittoresques de la France ». Et le sous-secrétaire d’Etat des Beaux-Arts a promis d’étudier la refonte de la législation sur les sites et spécialement d’envoyer « un inspecteur qui sera chargé d’étudier le meilleur moyen d’aménager artistiquement ce que M. Métin a appelé le parc national des gorges de la Loue ».
- Mes vues de la Loue sont expliquées par leurs légendes. Ajoutons quelques mots à celles du Queyras : Guillestre est à l’origine de la grande route de la Combe, derrière cette étrange rue des Masques que M. Kilian nous a décrite (Q ; comme la cathédrale d’Embrun, l’église de Guillestre (fig. 7) possède un très élégant porche italien du xvie siècle, émigré dans les hautes montagnes du Dauphiné, avec ses colonnes reposant sur des lions, ainsi qu’aux exquises cathédrales de Toscane et d’Ombrie A la maison du Boi (fig. 9), le Guil sort, sauvage, du principal défilé de la Combe, entre de gigantesques murailles calcaires. Le roc de l’Ange Gardien (fig. 8) domine de sa verdure un autre encaissement, si étroit que la route a dù s’élever très haut pour gagner le Châ-teau-Queyras. Cette vieille forteresse de 1501 fut complétée par Vauban et forme un des plus beaux tableaux du Queyras (fig. 5). Les ruelles étroites, les vieilles maisons d’Abriès (fig. 6) sont un régal pour l’artiste. Quant à la splendeur du Viso, vu de l’Alpe de la Médille (2), elle est maintenant popularisée par la belle affiche qu’en a récemment publiée la Compagnie P.-L.-M.
- Nous ne voulons pas formuler ici les termes adéquats à la mentalité des gens qui osent concevoir des attentats contre de pareilles beautés françaises. E.-A. Martel.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du décembre 1912. — Présidence de M. G. Lippmann.
- Le dosage des traces de phosphore blanc. — M. Schlœ-sing fils expose qu’en remplaçant dans la fabrication des allumettes, le phosphore blanc par le sesquisulfure de phosphore, on a réalisé un progrès considérable, mais que le sesquisulfure contient quelquefois du phosphore blanc en faible quantité. Il importe de déceler et de doser ce phosphore. Il est assez aisé de révéler la présence de ce phosphore blanc, mais non point de le doser. M. Schlœsing fils a résolu ce problème en recourant à un dissolvant imparfait, l’éther de pétrole. Comme le phosphore blanc est en très petite quantité on parvient à le dissoudre complètement, alors qu’on ne dissout qu’une faible quantité de sesquisulfure. On peut arriver ainsi à obtenir une dissolution des deux substances aussi riche de l’une que de l’autre. Le dosage peut alors se faire dans de bonnes conditions.
- Cosmogonie. — M. Bigourdan présente une Note de M. Emile Belot, dans laquelle l’auteur montre qu’en supposant de la matière satellitaire condensée dans la région équatoriale d’une planète, on peut par la 5e loi de Kepler trouver la durée de la rotation de la planète, Pour Ura-nus, la durée de la rotation ainsi calculée coïncide avec celle donnée par Lowell. La même théorie expliquerait les charriages de grandes nappes et leur mouvement du sud au nord dans l’hémisphère boréal de la terre.
- Const7’ùction des navires. — M. Bertin analyse deux mémoires de M. Bisbec, l’un relatif aux forces d’inertie développées dans le mouvement des machines marines
- 1. Voy. n° 1729, 14 juillet 1906.
- 2. Voy. notre vue au n° 1992, le Circuit des Alpes françaises, 29 juillet 1911, fig. 10, p. 137.
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- ainsi qu’aux vibrations communiquées par ces forces à la coque du navire'; l’autre est relatif à la résistance des carènes ainsi qu’à la propulsion et traite de la théorie des hélices. Ces mémoires aboutissent à des résultats très complets et très intéressants. M. Berlin rappelle que M. Risbec s’est fait connaître depuis longtemps par des travaux originaux et qu’il est l’auteur du meilleur procédé de relèvement de la courbe de giration des navires.
- L’atome d’électricité. — M. Bouty présente un travail de M. J. Roux décrivant des expériences très délicates d’électricité. M. Bouty rappelle que si on laisse tomber une gouttelette de soufre fondu dans un champ électrique, on peut régler le champ de telle sorte qu’il s’oppose à la chute de la goutte par son action sur la charge électrique de la gouttelette. On peut ainsi faire monter là gouttelette ou la maintenir en équilibre pendant un temps assez long. Par un raisonnement assez compliqué, M. Roux déduit des résultats, de ses expériences que l’atome d’électricité est représenté par le nombre 4,2 X 10~10. Or il est remarquable que ce nombre obtenu en faisant intervenir une loi due à Stokes est très voisin de celui que M. Perrin a trouvé par une méthode toute différente fondée sur l’observation du mouvement Brownien.
- Le houiller de la région alpine. — M. Zeiller résume une communication de M. le capitaine Pussenot, du Service de la carte géologique de France, sur la date de divers gisements houillers de la région des Alpes. L’auteur montre, par l’étude des empreintes végétales qu’il a recueillies dans divers gisements houillers du Briançon-nais, de la Maurienne et de la Tarentaise, que l’on doit rapporter au westphalien moyen les grès à anthracite du Briançonnais, de la rive gauche de l’Arc-en-Maurienne et du col du petit Saint-Bernard en Tarentaise. Ces gisements avaient été jusqu’ici classés à tort dans le stépha-nien inférieur; une petite partie d’entre eux avait été placée à l’extrême sommet du, westphalien. La constitution de leur flore prouve qu’ils sont en réalité sensiblement plus ancièns.
- La sécurité en aéroplane. — M. Lecornu présente un mémoire de M. Arnoux sur le moyen d’augmenter la sécurité des aviateurs. L’auteur a été frappé de ce fait que parmi les accidents d’aéroplanes, deux tiers se sont produits par apiquage ou capotage. Or l’apiquage est dû à l’annulation brusque de l’angle d’attaque des surfaces portantes et cette annulation est elle-même la conséquence d’une manœuvre exagérée ou à contresens du gouvernail de profondeur. Pour que la translation horizontale de la surface portante soit assurée malgré l’action exercée par la pesanteur sur le centre de gravité, ' il faut bien évidemment que la résultante des réactions de l’air soit égale et directement opposée à l’action de la pesanteur sur le centre de gravité G. Si i est l’angle d’attaque de l’air, pour qu’il y ait équilibre stable, il faut que la surface portante reste en équilibre angulaire sur sa trajectoire. Donc il faut que, si l’angle i varie pour une cause quelconque, il se produise un couple ramenant ou tendant à ramener la surface portante à son inclinaison primitive, c’est-à-dire que la réaction de l’air se porte en avant de la verticale passant par G, si l’angle d’attaque diminue, et en arrière, si
- l’angle augmente. L’auteur démontre que la stabilité ne pourra être conservée par l’aviateur que s’il manœuvre son gouvernail de profondeur de manière que l’angle d’empennage ne puisse jamais être inférieur à une certaine valeur critique. D’où la nécessité de munir celui-ci d’une butée s’opposant à son abaissement au delà d’une certaine limite. La conséquence de cette constatation est la suivante : l’angle d’attaque ne pourra jamais descendre pour un appareil donné au-dessous d’une certaine valeur pour un angle d’empennage déterminé. Et si cet angle d’attaque correspond à l’ascension franche sous l’action propulsive maximum de l’hélice, il faudra, pour empêcher de monter ou faire descendre l’appareil, agir sur le 2e facteur de la sustentation, c’est-à-dire sur le facteur vitesse de translation. Dans tous les appareils actuels, la méthode de conduite consiste à compenser par des variations de l’angle d’attaque les variations de la vitesse dues soit aux remous de l’atmosphère, soit aux variations de puissance de l’hélice. Dans la méthode de M. Arnoux, le gouvernail de profondeur est calé, ce qui a pour conséquence de rendre constant l’angle d’attaque minimum et on compense par des variations de la puissance propulsive du moteur-hélice les variations de la vitesse de l’aéroplane. Un premier avantage de la méthode, c’est qu’elle est d’une réalisation plus sûre que la méthode habituelle, et qu’elle ne demande à l’aviateur qu’une dépense de force insignifiante pour la manœuvre de la valve d’admission des gaz explosifs, alors que la manœuvre du gouvernail de profondeur exige un effort qui peut atteindre 50 et 40 kg. Enfin l’importance capitale est de rendre impossible le capotage de l’appareil et de réduire par suite les accidents dans la proportion de 5 à T. En résumé, dit l’auteur, la méthode actuelle est celle des oiseaux; elle ne convient pas à l’homme, parce qu’il ne fait pas corps avec son appareil et ne peut ni sentir les perturbations, de son vol, ni les corriger instinctivement; la nouvelle méthode par variation de puissance productive ne comporte l’emploi d’aucun appareil nouveau. Les carburateurs qui permettent de faire varier d’une façon progressive et pratiquement instantanée la puissance d’un moteur à explosion existent depuis plusieurs années sur les automobiles ; il suffit de les adapter aux moteurs d’aviation.
- Sources thermales. — M. De Launay dépose une Note de M. Martel sur le déplacement de sources thermales à la Roosevelt Dam (Arizona) : peu après la mise en service (18 mars 1911) de ce grand barrage, haut de 86 m. 56, des sources thermales qui existaient à 1 kilomètre en amont se sont déplacées et ont jailli à l’aval entre 100 et 500 mètres de distance; la surcharge provenant du réservoir est. la cause de ce fait qui montre comment les travaux de ce genre peuvent produire des perturbations dans le régime des eaux souterraines; c’est une observation à noter pour les projets de barrage du Rhône.
- Élections. — Il est procédé à l’élection d’un correspondant de la section de Chimie, en remplacement de M. Cannizaro, décédé, et d’un correspondant de la section de Minéralogie en remplacement de M. Zirkel. MM. Gunfz, de Nancy, et Lehmann, de Carlsruhe sont élus.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de sir George Darwin, correspondant de la section de Géo-j graphie et Navigation. Ch. de Vuxedeuil.
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- La principale industrie de la Perse, surtout au point de vue de l’exportation, consiste dans la fabrication des tapis, et deux raisons ont contribué à son développement. Ces tissus à la fois moelleux et résistants constituent, en effet, l’unique meuble qu’on rencontre dans les habitations, et, d’autre part, la religion en exige l’emploi pour la récitation de la prière. {
- Les matières employées sont la toison des moutons, le poil de chèvres, de chameaux, de yacks, en outre, la soie, le coton et même le lin et le chanvre.
- La grande majorité des tapis est faite avec la laine de moutons, qui sont tondus deux fois par an et four-
- raux, ils utilisent aussi le sulfate de fer et de cuivre, l’alun de chrome et le bi-chromate de potasse. Les mordants sont réunis à la teinture et l’opération se fait en une seule fois. Le bleu est toujours obtenu
- Fabrication du feutre ou Iioschmah.
- à l’aide de l’indigo indien, le jaune avec le secours de la gaude, enfin le rouge est produit par la garance.
- Il y a quelques années on introduisit l’emploi des teintures à l’aniline, qui sont d’un usage beaucoup plus facile et donnent des tons très riches. Tou-
- Fabrication des tapis par les tribus nomades du pays Bachktiari.
- nissent en tout environ 1 kg 500 de matière textile.
- Pour préparer les laines, on procède à un premier blanchissage, qui est fait par quantité et ensuite à un second lavage à l’eau froide.
- Le peignage se fait à la main et le cardage s’opère à l’aide d’une corde de boyau tendue sur un curieux instrument en forme de harpe.
- Les toisons provenant d’animaux vivant dans les contrées froides sont plus douces et beaucoup plus recherchées.
- Au point de vue de la teinture, on n’utilisait autrefois que des couleurs végétales, ce qui restreignait la gamme des tons, mais obligeait les artistes à apporter une grande attention à harmoniser les couleurs dans leurs patrons. Les teinturiers persans emploient des mordants végétaux tels que les substancesJ,annilcres et, parmi les mordants miné-
- Fabrication des tapis chez les Turcomans.
- tefois l’instabilité de ce mode de teinture ne tarda pas à apparaître, et le gouvernement s’aperçut que le bon renom des tapis de Perse était à jamais compromis sur le marché européen si l’on persistait dans ces errements. Aussi, depuis plusieurs années, l’introduction des couleurs à l’aniline est-elle, sévèrement interdite par la douane persane, et s’il en pénètre encore parfois quelques caisses, c’est par contrebande.
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- L’INDUSTRIE DES
- TAPIS EN PERSE
- Pour tisser les tapis on a recours à deux espèces de métiers. Ceux qui sont employés par les tribus nomades sont horizontaux et présentent l’avantage de tenir fort peu de place et de pouvoir être très facilement déplacés. Les cylindres ou ensouples supportant les fils de chaîne sont fixés au sol par quatre piquets. Quand on lève le camp, ces fiches sont’ arrachées et le tapis en cours de fabrication est roulé pour être transporté à dos d’âne ou de chameau.
- Dans les métiers verticaux, les fils sont attachés sur deux ensouples placées, une au sommet de l’atelier, et l’autre à terre. Pour travailler, les tapissiers sont installés sur une planche reposant sur les barreaux d’une échelle et ce léger échafaudage est monté suivant le degré d’avancement de l’ouvrage.
- Les tapis anciens n’ont de franges qu’à une seule extrémité, car elle est formée par les bouts des fils de chaîne noués et tordus entre eux ; le chef ou commencement du tapis consiste en une sorte de toile fabriquée avec la même matière que la chaîne.
- Pour le tissage proprement dit, les fils de chaîne pairs sont attachés à une baguette et les fils impairs à une autre baguette; ces deux soutiens sont levés alternativement pour permettre de passer la navette contenant la laine qui forme le fil de trame et donne la liaison.
- Pour faire le velours du tapis à proprement parler, on se sert de pelotes de laines disposées soit à terre, soit au-dessus du tapis. L’ouvrier doit sans hésiter saisir la nuance voulue, tordre la quantité de laine nécessaire le long de la chaîne, la nouer et la couper d’un rapide coup de couteau. Quand cette opération a été répétée sur une hauteur de 2 à 5 rangs, on vient frapper avec un peigne en bois dur de façon à serrer les:points qui ont été composés.
- Les nœuds formés sur la chaîne sont de deux espèces, le turc et le persan. Le nœud turc ou de Ghiordès est plus complètement tordu et mieux formé ; le nœud persan ou de Sinnah se fait d’une manière beaucoup plus rapide.
- La fabrication des tapis est loin d’être considérée comme un métier déshonorant et les femmes d’un rang supérieur occupent souvent leurs loisirs de cette manière.
- Chaque village a un genre de tapis qui lui est particulier et qui est transmis par la tradition ;
- aussi les artisans ne se servent-ils d’aucun modèle, sauf dans le cas où pour les besoins de l’exportation on désire imiter certains tapis d’un dessin déterminé.
- Dans cette industrie on emploie beaucoup d’enfants, qui reçoivent un salaire de 25 centimes à un franc par jour suivant les pays. Il intervient souvent entre les parents et les fabricants de véritables contrats de louage pour des périodes de 8 à 10 ans. Comme les parents conservent à leur charge la nourriture de ces apprentis, il y a des contestations continuelles, sous prétexte que les jeunes ouvriers, étant insuffisamment alimentés, ne peuvent fournir le travail imposé.
- Au point de vue du prix, on peut estimer que le décimètre carré d’un tapis soigné vaut cinq francs et exige deux jours de travail d’un ouvrier ; dans les tapis grossiers la même surface ne vaut guère que trente centimes, mais peut être fabriquée en deux heures, d’où un avantage sensible pour l’entrepreneur.
- Les carpettes persanes peuvent être rangées en quatre grandes categories. Le tapis de dot, ainsi que son nom l’indique, est apporté par la jeune fiancée à son mari ; c’est la meilleure preuve qu’elle puisse
- Femmes arméniennes et persanes travaillant à la fabrication des tapis à Sultanabad.
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- donner de sa patience, de son habileté et de son bon goût. Ces pièces sont généralement de petites dimensions, mais d’une grande régularité'. Dans leur contexture sont ménagés les emblèmes de la vertu et des dessins particuliers à la tribu.
- Dans les tapis de trône et de mosquées, les tisserands ont cherché à reproduire les champs et les parterres de fleurs de ces beaux jardins si souvent célébrés par les poètes; on y retrouve les allées, les corbeilles de fleurs et même les terrasses et les fontaines : les arbres et les fruits sont reproduits d’une façon toute schématique.
- Le tapis qui, avons-nous vu, est l’unique mobilier du Persan pendant sa vie, est aussi sa dernière
- mentation de ces pièces, on rencontre souvent un compas ou un triangle servant à désigner le point sacré et un peigne rappelant au fidèle qu’il doit procéder à sa toilette avant de prier.
- Il y a différentes grandes écoles pour la fabrication des tapis que l’on peut ramener à huit centres principaux. La plus ancienne,. peut-être, est celle d’Ispahan qui reproduit de véritables jardins où tulipes, pensées, roses et iris sont représentés au naturel.
- Dans les tapis du style de Kerman, on trouve des salams ou bouquets de fleurs avec des arrangements très étudiés. Souvent, au centre, est un médaillon enveloppé d’entrelacs de fleurs. Les tapis de Kerman
- Femmes de Smyrne tissant'un tapis oriental.
- enveloppe après sa mort. La décoration consiste souvent dans l’arbre sacré ou dans une sorte de feuille de palme à la pointe très recourbée. On reproduit aussi souvent un dessin d’origine indienne qui rappelle les sinuosités du Gange. Ces draps mortuaires sont placés sur les sarcophages dans les chapelles funéraires.
- Il n’est personne qui n’ait entendu parler des tapis de prière. En principe, le musulman, pour élever son âme vers le Seigneur, prend la première pièce d’étoffe qu’il a sous la main, souvent même son propre vêtement; toutefois, il préfère utiliser un tissu spécialement destiné à cet usage. Le modèle le plus courant des tapis de prière figure une sorte de porte de mosquée dont le champ est disposé de façon à former, à une de ses extrémités, un dôme dont la pointe doit être dirigée vers La Mecque. Dans l’orne-
- comportent de 5000 à 4000 points au décimètre carré.
- Dans les tapis du Khorassan, il semble que le tisserand ait répandu des fleurs coupées h profusion au milieu d’un parterre de gazon. Dans la bordure, on remarque des arrangements de palmes ou des combinaisons de fleurs.
- Dans les tapis de Hérat et du Faraghan, l’interprétation florale est figurée par' des feuilles en forme d’ogive éclairées d’un côté et ombrées de l’autre. Le fond est bleu foncé ou quelquefois formé d’un rouge très riche.
- La cinquième école comprend les tapis de Sinnah et du Kurdistan. Elle est caractérisée par la façon de faire le nœud de chaîne. La chaîne est en coton ou en soie et les produits de cette région se distinguent par la finesse du velours et la surabondance
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- des détails de l’ornementation. Dans les tapis du Kurdistan, on remarque un treillis rectiligne dont chaque compartiment est rempli par une rosace. Les tonalités les plus employées sont le rouge, le bleu et le jaune. Les bordures de ces tapis sont peu importantes et formées de grosses fleurs juxtaposées.
- La septième école, celle d’Hamadan, emploie surtout des poils de chameaux utilisés sans aucune teinture. En se servant.'de poils plus ou. moins foncés, on obtient ainsi des jeux de fond .inté--ressants. Les tapis de cette ^marque sont ; facilement reconnaissables à leur ïtofc|lanc jaunâtre.
- Tous les tapis dont nous nous sommes occupés jusqu’à présent ne présentent qu’une seule face, celle où l’on voit le velours, tandis que l’envers, formé.par les nœuds des points, est destiné à rester continuellement contre le sol. Il est cependant uiie autre espèce de tapis que l’on ne peut passer sous silence : ce sont, les khilims, qui sont formés par un tissage identique à celui des étoffes et présentent le même dessin à l’envers et à l’endroit.
- Les tapis, dé Soumack sont d’une fabrication analogue, mais les .fils de trame, au lieu de retourner en arrière en arrivant au point où la couleur doit
- Tapis à compartiments a l'instar des jardins persans. École de Chiraz, xvr siècle. {Collection de M. le Dr Albert Figdor.)
- La dernière école est celle des tapis de Chiraz, discernables à leur éclat. Les Chirazis sont habiles à reproduire les merveilleux plumages des oiseaux ainsi que le rayonnement des gemmes. Ces carpettes ont souvent des fonds bleus doués des plus magnifiques reflets.
- En dehors des grandes écoles que nous venons de citer, il existe encore certains centres qui, sans avoir de patrons particuliers, reproduisent à peu près tous les motifs usités en Perse. Mentionnons ainsi Téhéran, Ivachan, Mesched, Ardebil, Kermanshah, Véramine; Tauris, qui compte environ 1200 métiers et plus de 10 000 ouvriers occupés à la fabrication. A Sultanabad, il n’y a pas moins de 25000 tisserands qui travaillent surtout pour l’exportation.
- Tapis de laine, travail d'Ispahan, commencement du xixe siècle.
- s’arrêter, sont coupés à une certaine distance et l’envers apparaît avec des bouts de fils rugueux et bigarrés.
- L’industrie de l’exportation des tapis persans a progressé d’une manière considérable. En 1906, elle était de 12 millions de francs, tandis que quatre ans auparavant elle atteignait juste la moitié de ce chiffre. La plus grande partie des tapis que nous envoie ainsi l’Orient est écoulée sur le marché européen comme tapis anciens après avoir été truqués par des procédés plus ou moins avouables (J).
- Henri R. d’Allemagne.
- 1. Clichés de M. II. R. d'Allemagne, d’après son ouvrage Du Khorassan au pays des Bachktiaris, 4 volumes in-4°, Hachette, 1912.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lajiühe, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2068.
- L’AÉROSTABLE MOREAU
- Il JANVIER 1913.
- M. Moreau a présenté à la dernière Exposition de la locomotion aérienne un appareil qui mérite’ de retenir l’attention par l’originalité de sa conception, la longue application grâce à laquelle cette conception a été réalisée, la consécration imposante que l’expérience lui a d’ores et déjà donnée, enfin les conditions particulièrement méritoires dans lesquelles son inventeur l’a créé.
- On sait quel rôle l’on est à peu près d’accord aujourd’hui pour attribuer au dispositif pendulaire dans la stabilisation des aéroplanes. Comme c’est l’utilisation de ce dispositif qui constitue le trait distinctif de l’aérostable Moreau, il convient de dresser ici rapidement ce que l’on peut appeler le bilan de la stabilisation par le pendule (*).
- On est donc à peu près d’accord sur les points suivants : en premier lieu, le pendule est excellent pour rétablir l’équilibre dans le sens latéral; en second lieu, dans le sens longitudinal, le pendule est à recommander à peu près toutes les fois que n’interviennent pas des rafales trop brusques mettant en jeu des efforts d’inertie. Il est donc entendu qu’il y a intérêt à utiliser le pendule pour assurer l’équilibre des aéroplanes, mais qu’il faut se prémunir en même temps contre ses défauts.
- Dans l’appareil Moreau, le dispositif pendulaire est appliqué de la manière suivante : l’aviateur est assis dans une sorte de nacelle suspendue directe-
- 1. Cette question a été exposée d’une manière complète par M. le Commandant Renaud, ancien chef du Laboratoire d’aéronautique militaire de Chalais-Meudon, dans une remarquable communication présentée à la récente Session extraordinaire de la Commission permanente internationale d’aéronautique pour la sécurité en aéroplane.
- ment au-dessous des ailes, et capable d’osciller dans le sens longitudinal seulement.. C’est donc l’aviateur lui-même qui constitue la masse pendulaire principale.
- La voilure ne comporte qu’une surface principale
- monoplane avec, à l’arrière, une .queue mobile de surface relativement importante. C’est cette queue mobile dont la liaison avec la nacelle assurera la stabilité automatique, la pesanteur tendant sans cesse à maintenir la nacelle verticale. De la sorte, lorsque l’appareil s’incline, c’est la voilure principale qui tourne en quelque sorte autour de la nacelle, la queue stabilisatrice prenant l’inclinaison que lui imposent ses liaisons, à savoir : si c’est un cabrage, elle se relève pour mettre à la descente ; si c’est au contraire un apiquement, elle s’abaisse pour mettre à la montée.
- Ce mécanisme est calqué sur le mouvement réflexe bien connu des oiseaux, dont la queue se redresse spontanément quand leur tête se penche et inversement. Et, grâce à la suspension de la nacelle, pendant toute cette manœuvre automatique, l’aviateur a la sensation si appréciable de rester vertical.
- Pour achever de décrire l’ensemble de l’appareil, il nous suffira d’ajouter que le moteur, rotatif, se trouve dans l’axe des ailes. Celles-ci ont un bord d’attaque horizontal mais se relèvent graduellement vers l’arrière, de manière à former un V ouvert vers le haut.
- Cette disposition des ailes, aussi bien que le mécanisme des manœuvres automatiques de la queue dans les déséquilibrages, a été suggérée à l’inventeur par l’observation des oiseaux.
- Revenons maintenant au dispositif stabilisateur
- Fig. i. — L’aérostable, à nacelle pendulaire.
- Fig. 2. — Suspension de la nacelle et dispositif de blocage.
- 41e année. — 1er semestre.
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- AVANT LA MISE EN VALEUR DE LA TRIPOLITAINE
- proprement dit. Nous savons qu’il jouera normalement dans tous les cas, sauf ceux où l’appareil sera soumis à des. chocs trop brusques mettant en jeu son inertie; mais, dans ces derniers cas, il pourra devenir dangereux et il convient donc d’éliminer tout à coup son action. . La nacelle peut être bloquée dans une position quelconque par le système vant :
- Elle . oscille au-dessus d’une crémaillère, visible sur la figure 2, sur laquelle peut venir en prise une pièce de blocage dont l’action intervient soit à la volonté de l’aviateur, soit automatiquement sous l’influence des chocs.
- A cet effet, le dispositif com porte une masselotte et une palette qui entrent en jeu, la première dans le cas d’à-coups d’inertie, la seconde dans le cas de rafales violentes, pour bloquer le dispositif pendulaire en soulevant la crémaillère qui vient en prise avec sa pièce d’arrêt pendant la durée de. la perturbation.
- Cet appareil se recommande par des facilités de manœuvre remarquables, qui lui ont permis
- Fig. 3. — L’aérostable. Vue montrant la surface mobile arrière.
- d’accomplir 2000 km sans accident notable (Q.
- L’équilibre latéral étant excellent, comme nous l’avons dit, l’aviateur n’a presque plus à agir sur son gauchissement dans les virages. Au point de vue de l’équilibre longitudinal, qui paraît aussi grandement amélioré par le dispositif décrit plus haut, il y a lieu de noter cette particularité que, en cas de brusques coups de vent debout, l’appareil s’élève parfois presque verticalement par une série de bonds qui ne troublent pas son équilibre; en effet, les coups de vent s’exercent à la fois sur la voilure et sur la masse pendulaire constituées par la nacelle et le pi-e, de sorte qu’il n’y a ni cabrage ni apiquement.
- Tel qu’il est ; actuellement établi, l’aérostable Moreau, outre qu’il témoigne d’un admirable effort, constitue un appareil susceptible sans doute de perfectionnements, mais déjà très digne d’attention, et peut-être la nouveauté la plus intéressante qui ait acquis droit de cité dans l’aviation cette année.
- R. G.
- AVANT LA MISE EN VALEUR DE LA TRIPOLITAINE
- Sans vouloir faire injure à l’intelligence française, il est permis de dire que rarement une entreprise a été aussi peu comprise, chez nous, que celle des Italiens en Tripolitaine. Depuis le début de la guerre jusqu’à sa fin, il s’est trouvé et il se trouve encore une foule de gens pour se demander : « Qu’est-ce que l’Italie va faire dans un pays pareil? On ne peut en occuper que les côtes, puisqu’il est impossible de soumettre l’intérieur — et quand on occuperait l’intérieur, à quoi cela servirait-il, puisque c’est un désert inutilisable? » — Est-il besoin de dire que cette sorte de dilemme est par trop simple, et que la question mérite un examen plus approfondi?
- Sans doute, lorsqu’un publiciste belge(*), d’ailleurs très compétent, va jusqu’à écrire que la Tripolitaine est « à peu près aussi inconnue que le pôle Nord lui-même », il exagère. Il est certain pourtant que la Turquie, pendant toute la durée de sa domination, a mis une opposition systématique à toute velléité d’exploration, même réduite aux proportions du simple tourisme. Les rares voyageurs à qui il a été donné de pénétrer en Tripolitaine — Duveyrier, Rohlfs, Barth, Mlle Terrier — ou bien n’ont guère pu s’éloigner du littoral, ou bien se sont trouvés
- 1. L. H. Terjucourt. La Tripolitaine [Bulletin de la Société belge d’éludes coloniales, février 1912).
- dans des conditions telles que le bénéfice de leur enquête a été des plus maigres. Ce n’est que. tout récemment, et grâce à des circonstances heureuses, que M. Méhier de Mathuisieulx a pu, pour la première fois, se livrer à une investigation sommaire, mais méthodique (2).
- De fait, la Tripolitaine est bien presque uniquement un désert. Cet énorme territoire, dont les frontières sont nettes au Nord, marquées par les 1800 kilomètres de côtes intercalées entre la Tunisie et l’Egypte, confuses et contestées à l’Ouest (3) et à l’Est, et absolument indéterminées au Sud, peut se diviser géographiquement en trois parties : l’hinter-land qui est le Sahara — la Tripolitaine au sens strict, qui est un désert au long de la côte — la Cyrénaïque. La région côtière est la seule qui ait jamais subi pleinement la domination turque, l’autorité de la Porte sur l’hinterland n’ayant toujours
- 1. Tout récemment, M. Moreau a exécuté un vol de 55 minutes, les bras croisés ; ce vol a etc officiellement contrôle par le lieutenant Saunier, de l’Aéronautique Militaire.
- 2. M. de Matudisiedlx. .4 travers la Tripolitaine. Paris. Machette, 4905; La Tripolitaine d’hier et de demain. Idem. 1912.
- 5. Après la reconnaissance de la souveraineté italienne en Lybie, les contestations restent pendantes, entre la France et l’Italie, pour la frontière tripolitano-tuitisienne.
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- été que nominale. — Lorsque Salluste(1) écrivait, en parlant de la Cyrénaïque : « La mer y est dangereuse, les rivages ont peu de bons ports, la terre est fertile en céréales, favorable aux troupeaux, contraire aux arbres; la pluie et les sources étant rares, l’eau y manque », — et, en parlant de la Tripolitaine : « Du désert s’élèvent de vastes tempêtes comme sur la mer ; la plaine étant unie et sans végétation, le vent, que rien n’arrête, soulève le sable, dont les violents tourbillons couvrent les visages, pénètrent dans les yeux, en sorte que le voyageur, aveuglé, ne peut continuer sa route », il employait des traits qui sont encore rigoureusement vrais aujourd’hui. Seulement, il s'est intercalé, entre l’époque de
- intactes, ne s’est jamais mélangé à aucun des envahisseurs qui l’ont successivement refoulé vers les oasis du Fezzan et les cités souterraines qu’il s’est creusées dans le Sud-Tunisien. Ils payaient l’impôt au Sultan et le paieront sans doute à l’Italie, mais ils vivent libres, en petites républiques égalitaires, que gouverne l’assemblée des hommes adultes de la tribu. On peut craindre qu’ils ne soient absolument irréductibles à la civilisation ; on peut se souvenir par contre que les Romains leur ont enseigné la culture et qu’ils l’ont gardée jusqu’à nos jours.
- Les Romains sont d’ailleurs le seul peuple, ayant le centre de sa puissance hors de l’Afrique, qui ait réussi la pénétration profonde de la Tripolitaine. Il
- Fig. i. — Oasis de li’Akteb.
- a du même coup admirablement réussi sa mise en valeur économique. Là comme ailleurs, les ruines romaines indiquent et imposent le plan d’ensemble, les détails d’exécution, et la méthode même d’une colonisation efficace, fructueuse et civilisatrice.
- Suivant son principe constant, Rome se garda de détruire l’organisation sociale indigène, et ce fut seulement quand la dynastie berbère de Massinissa eut fini par mourir d’clle-même, que l’Empire entreprit le gouvernement direct de la Tripolitaine. Par la construction de grandes digues, trois grands ports furent aménagés sur la côte, Tripoli, Sabrata, Lepptis Magna, qui étaient les centres de l’importation du blé africain en Italie. Dans l’intérieur, l’établissement militaire servait de base à tout le reste. Des fortins avaient été répartis au long des pistes
- Salluste et la nôtre, une autre époque où la description n’aurait pas été exacte : la Tripolitaine a connu une heure d’authentique splendeur, qu’on peut espérer de voir renaître.
- On a dit fort justement de Tripoli que c’est un « musée anthropologique » : une moitié des races de l’Europe, une moitié des races de l’Afrique, s’y mêlent avec tous les types humains de la Méditerranée. L’autochtone est le Eerbère, ce Numide de l’antiquité, qui fut redoutable à Rome sous Jugur-tha, et qui fournit Carthage de mercenaires. Cultivateur dans le Djebel, pasteur de moutons ailleurs, détrousseur de caravanes dans le Sud, le Berbère, resté de race pure, avec sa religion et ses traditions
- l. Cité par M. de Termicourt.
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- caravanières qui mènent au Soudan, ainsi que sur le limes Tripolitanus, route stratégique qui reliait l’Égypte au Maroc. Un immense travail de découverte de nappes d’eau souterraines, de captation de torrents, de construction d’aqueducs allant irriguer les sables, de boisement des collines, de plantation de vignes sur les coteaux, fut la contre-partie industrielle du plan militaire. Le résultat fut merveilleux ; c’est l’époque où Salluste n’aurait pas reconnu la Tripolitaine, le temps où pour indiquer à Rome, d’un citoyen,qu’il avait une fortune fabuleuse, on disait : « Il a des greniers en Ly-bie ». L’Italie pourra-t-elle ramener la vie et la richesse, là où les Arabes ont rétabli le désert ?
- C’est l’Islam en effet qui a fait de la Tripolitaine un désert, et ruiné toute l’œuvre romaine, encore presque intacte lorsque, après le passage de Gen-seric et de ses Vandales, les Arabes commencèrent en 650 une conquête qui devait demander un siècle.
- Leurs tribus — dont M. de Mathuisieulx a admirablement décrit la vie — sont tour ;
- à tour nomades et fixées. Une moitié de l’année se passe dans les ksour, c’est-à-dire les oasis qui sont à la fois le patrimoine sacré de la tribu, et le siège de ses magasins et de ses maisons de repos. On quitte ce séjour à la fin de l’hiver pour la promenade annuelle des troupeaux, qui dure six mois, et s’effectue suivant un itinéraire traditionnel, toujours le même pour chaque tribu. La horde avance lente* ment, précédée et encadrée de cavaliers armés de fusils. Les chameaux viennent ensuite, accompagnés de leurs chamelons, et portant les tentes ; puis les pasteurs, avec les innombrables troupeaux de moutons et de chèvres, mêlés d’ânes ; enfin les femmes. Une tribu ainsi en marche compte parfois jusqu’à 4000 ou 5000 individus, 1000 tentes et des milliers d’ani-
- maux. L’été on rentre aux ksour, les troupeaux sont mis en pâturage autour de l’oasis, les hommes moissonnent l’orge, cueillent les dattes, pressent l’huile d’olive, brassent le vin de palme.
- Il est inutile de faire observer combien ce régime de transhumance, régulier depuis plus d’un millier d’années, est néfaste à toute possibilité de culture. 11 y faut voir non pas une nécessité géographique, mais
- une conséquence directe de la nature de l’Islam. Le fatalisme a fait de l’Arabe, par une habitude acquise, un être foncièrement paresseux, capable seulement, suivant le mot de M.deTermicourt, d’une « énergie passive », ne réagissant que contre la nécessité immédiate. Au début de son occupation, il a commencé par cesser d’entretenir les travaux romains. Ceux-ci ruinés et, avec eux, la culture, il s’est mis à exploiter la forêt de palmiers et de dattiers, où la nature fait tout le travail. Puis, la forêt épuisée à son tour, il lui a substitué le pâturage, devenu lui-même de plus en
- plus maigre chaque année, et de plus en plus restreint par l’envahissement du désert. Là où la culture subsiste encore, c’est que les Berbères ont continué la tradition romaine.
- Le commerce est tombé moins vite, parce qu’il était surtout aux mains des Juifs et des Vénitiens. Pendant tout le moyen âge, Tripoli continua à 'recevoir du Soudan (J) l’ivoire, la poudre d’or, les cuirs, qu’il livrait à l’Europe en échange d’armes, d’étoffes, de verroteries. Depuis, la déchéance s’est précipitée pour arriver à la quasi nullité actuelle (2). Tandis qu’au Congo, en Égypte, en Nigérie, les puissances
- 1. Trois pistes caravanières mènent de Tripoli vers l’intérieur : 1° vers Tombouctou, par Ghadamès; 2° vers le pays des Haoussas, par Ghât etÀïr; 3° vers l’Ouadaï, parMourzouk.
- 2. 12 millions de francs par an.
- Fig. 2. — Estafette turque dans le Sahara tripolitain.
- Fig. 3. — Soldats turcs en prière dans le Sahara tripolitain.
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- AVANT LA MISE EN VALEUR DE LA TRIPOLITAINE :::.... 8S
- -européennes ont assuré des transports rapides et peu coûteux, qui ont détourné à leur profit tout le commerce du centre africain, les Turcs — cependant les plus favorisés par la situation géographique de la Tripolitaine — n’ont, à la lettre, rien fait dans le
- conçoit sans nègres un palais ou un harem — il paraît d’ordre naturel à l’esclave aussi bien qu’au maître. Mlle Terrier demandait à des négrillons : « Pourquoi vous appelle-t-on esclaves? » Réponse : « Parce que les noirs sont les esclaves des
- même sens. La protection même des caravanes est restée tout à fait nulle. Les puits qui jalonnent les pistes sont ensablés. Le port où elles aboutissent, Tripoli, ensablé, inaccessible par gros temps, est un des plus mauvais de la Méditerranée. Enfin, les peuplades soudanaises _ elles-mêmes, ruinées par les pillages de l’aventurier Rabat, décimées par les razzias des marchands d’esclaves, sont appauvries et déchues, et, là encore, la responsabilité de l’incurie turque est des plus lourdes.
- S’il semble que l’esclavage n’existe plus dans la Tripolitaine proprement dite (*), il est florissant en Cyrénaïque. Ancré dans les mœurs — pas un musulman ne
- 1. M. de Mathuisieulx l’affirme ; on peut rester sceptique. Lorsqu’en 1877, Gordon fut nommé gouverneur général du Soudan, le a trafic public j> d’esclaves fut interdit (H.-A. Mac Michael, The tribes of Northern and Central Kordofan, Cambridge, 1912) : l’expression est savoureuse, mais le contrôle est impossible, surtout là où l’autorité est à demi
- blancs. » — « Et les Blancs? » — « Les Blancs sont les esclaves de Dieu. » L’esclavage est d’ailleurs moins redoutable en ce qui concerne la situation de l’esclave — il fait partie de la famille et son sort n’est
- pas mauvais — que par les désordres et la ruine qu’il détermine aux pays d’origine. Quoique le recrutement se fasse quelquefois par achat, là où il est entièrement libre, comme dans le centre africain, ses deux procédés sont le vol et la razzia. Le bétail humain ainsi amassé est dirigé vers certaines oasis, notamment Koufra et Mourzouk. Là, le caravanier prend livraison et conduit sa marchandise à la côte, où il l’embarque dans les anses du rivage
- complice. En Tripolitaine, le caravanier qui mène un convoi d’esclaves fait si peu un trafic public qu’il mène des hommes libres; il a dans sa poche, et pourrait montrer à tout fonctionnaire, 1’ « acte d’affranchissement » qu’il possède pour chacun de ses hommes : il est vrai seulement que pas un de ceux-ci n’a et n’aura jamais connaissance de cet acte.
- 'Suita,
- lurzouk
- Gatroun
- de Libye
- Fig. 5.
- Carte.
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- 86 UN DISPOSITIF POUR DESSINER AU MICROSCOPE
- ou la livre directement aux acquéreurs du pays.
- Le rôle joué dans le commerce des esclaves par les oasis susdites, en particulier par Koufra, mérite d’attirer l’attention : c’est la clef de la question esclavagiste. Koufra en effet — où n’a jamais pénétré qu’un seul Européen, le major allemand Rohlfs — est le siège central, la capitale sainte de la secte sénoussite, âme religieuse et politique de l’Islam actuel. Or cette secte, dont le but est le rétablissement de l’ancien califat arabe, c’est-à-dire de l’unité islamique, a un intérêt personnel absolu au maintien de l’esclavage, qui lui fournit les hommes nécessaires au service de ses écoles et de ses cultures. Fortement constituée en une société secrète qui couvre tout le territoire de ses couvents confédérés, étendant son influence mystérieuse et fanatique au moins de la Turquie d’Europe au Congo et de la Turquie d’Asie au Maroc, sa volonté est souveraine. Il est vrai qu’on a parfois indiqué qu’un modus vivendi acceptable pourrait être établi entre elle et une puissance européenne occupante. Si cette indication ne paraît pas fausse, il faut du moins recon-
- naître que rien jusqu’ici ne l’a confirmée dans les faits. Il serait d’autre part extrêmement téméraire de prétendre réduire les Sénoussites par les armes; ce serait s’exposer non seulement à une victoire très’ chèrement payée, peut-être même à une défaite militaire, mais aussi à un soulèvement général de l’Islam.
- Les rapports avec les Sénoussites forment donc la question principale qu’ait à résoudre la nouvelle souveraineté italienne en Lybie. Elle relève de la diplomatie et n’est pas, semble-t-il, insoluble. A la supposer résolue, quel peut être l’avenir italien en Tripolitaine? Comme on vient de le voir, la question est si complexe que les faits seuls pourront répondre. L’exemple des Romains montre que l’expérience a pu être tentée au moins une fois avec le plus grand succès, et donne le plan d’une seconde tentative. Il est possible que les Italiens puissent réussir; il est certain que les Turcs en ont toujours été incapables.
- L’essai vaut du moins d’être fait. Tout confirme le mot du voyageur Rohlfs : « Celui qui possédera Tripoli sera le maître du Soudan. »
- Jean-Paul Lafitte
- UN DISPOSITIF POUR DESSINER AU MICROSCOPE
- Le dessin de préparations vues au microscope est de plus en plus nécessaire aujourd’hui, non seulement à tout naturaliste faisant des travaux de science pure, mais encore dans plusieurs applications industrielles ou pour des sciences distinctes de la biologie; et il restera indispensable pendant longtemps encore, en dépit des progrès incontestables de la photomicrographie.
- Pour venir en aide aux naturalistes, on a depuis longtemps imaginé des chambres claires, comprenant un ou plusieurs prismes ou miroirs qui captent une partie du faisceau pupillaire, et font voir superposés le champ de l’oculaire et la pointe du crayon ; celle-ci n’a plus qu’à suivre sur le papier les contours à reproduire. Assez médiocres au début, ces instruments ont été beaucoup perfectionnés, et permettent maintenant de dessiner avec n’importe quelle inclinaison du microscope, donnant des images non spéculaires, non déformées, dont on règle l’éclat grâce à des verres teintés. Malheureusement, ces' chambres claires conservent certains inconvénients.
- D’abord elles sont très coûteuses, les meilleurs et plus récents modèles valant plus de 100 francs, ce qui est un obstacle à leur adoption dans les laboratoires d’enseignement des Facultés, où il en faudrait un grand nombre. Elles sont également délicates et fragiles, d’autant qu’elles sont pour la plupart assez encombrantes; pour qui sait la promptitude avec laquelle des balances ou des microscopes neufs sont mis à mal par les étudiants ou abîmés par les poussières ou les vapeurs de laboratoires, ces appareils ne peuvent permettre de compter sur de bien longs services. Les chambres claires ne permettent de’ changer l’échelle du dessin qu’en changeant l’objectif ou l’oculaire. Enfin — et ceci est à mon sens le reproche capital qu’on est en droit de leur adresser — au point de vue de l’éducation du naturaliste qui les emploie, leur utilité est nulle, et si ce sont des instruments commodes ou précieux pour faire es planches d’un mémoire, elles ne servent de rien pour l’enseignement dij dessin ; l’étudiant qui les utilise
- ne fait que suivre du crayon des lignes toutes tracées sur le papier par le système optique; un tel exercice ne forme ni la main ni surtout le coup d’œil dont il s’agit de faire l’éducation.
- Le dispositif que j’indique ici remédie à tous ces défauts. 11 s’en faut bien d’ailleurs qu’il soit une pure nouveauté, étant basé sur le principe, excellent à tous égards, de la vieille « méthode des carreaux ». On emploie une petite lame carrée de verre, dont une des faces bien planes porte, finement gravé, un quadrillage; la diagonale de cette lame est juste égale au diamètre intérieur de l’oculaire, ce qui permet de la mettre à plat et sans ballottement sur le diaphragme de celui-ci (la face quadrillée en dessous); on revisse ensuite la lentille par-dessus (cette manipulation n’est pas plus longue que de fixer le collier d’une chambre claire au tube du microscope). La préparation apparaît donc à travers un réseau formé de traits fins et peu nombreux, fournissant à l’œil autant de repères pour mettre en place les points principaux du sujet et aussi en comparer les proportions.
- Le dessin se fait sur un papier portant lui aussi un même nombre de traits se coupant à angles droits, •repères homologues à ceux de l’oculaire, et qui permettent de reporter par comparaison les contours du dessin. Ces traits peuvent être tracés légèrement au .crayon bleu, qui peut s’effacer ensuite facilement et qui d’ailleurs ne vient pas en photogravure ; ou bien encore on prépare d’avance un certain nombre de patrons portant à l’encre noire des quadrillages plus ou moins larges, et le dessin se fait sur un papier calque posé sur le réseau choisi ; une fois terminé, on enlève le transparent. Il faut, bien entendu, que le nombre des traits du papier soit le même que celui des traits de la lame de verre placée dans l’oculaire; avant de dessiner on trace donc (à la main ou au compas) un contour limitant un « champ de papier » homologue au champ du microscope.
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- . Le nombre et l’écartement des lignes du réseau peuvent varier suivant la complexité des détails à reproduire, le grossissement et le champ de l’oculaire, et enfin suivant le coup d’œil du micrographe et son habileté à se passer de points de repère. Le meilleur terme est à mon avis de graver sur la lame des lignes distantes de 1 mm 5 ; si le diaphragme de l’oculaire a 6 millimètres d’ouverture, le champ portera quatre lignes dans chaque sens, ce qui est suffisant pour permettre de bons repérages, en même temps qu’une homologation facile sur le; papier, sans risquer de prendre une^ ligne pour sa voisine. Le papier pourra porter des quadrillages avant telle ou telle équidistance ; chacune permettra d’exécuter le dessin à une échelle différente, donnant ainsi divers grossissements sans avoir à changer d’objectif ni d’oculaire, ce qui est un grand avantage sur la chambre claire. Chaque patron quadrillé indique immédiatement aussi quel est le grossissement réel du dessin exécuté sur lui; les constructeurs ont en effet soin d’indiquer combien grossit chacune des combinaisons optiques qu’ils fournissent; si l’on observe à travers une lame portant des traits distants de 1 mm 5 et que le grossissement propre de l’oculaire soit 5, le côté apparent du quadrillage est de 4 mm 5 ; si celui du papier est de 9 millimètres, votre dessin reproduit à une échelle angulaire double ce que voit votre œil ; et si vous employez une combinaison donnant un grossissement 60, votre dessin terminé devra porter la mention :
- Gr. x i20. Si le quadrillage tracé sur le papier avait G mm de côté, le dessin se trouverait exécuté avec un grossissement de 80 fois. Ce dispositif sert donc encore de micromètre — on notera d’avance, une fois pour toutes, sur un coin des patrons quadrillés, le rapport de leur quadrillage à celui de la lame de verre, et le grossissement propre de chaque oculaire Q). Le débutant pourra se convaincre qu’on dessine d’abord toujours à trop petite échelle, et ensuite qu’on se fait d’ordinaire singulièrement illusion sur l’amplification réelle que représente un dessin micrographique.
- Il n’est pas besoin de faire remarquer l’énorme économie réalisée sur la chambre claire : une lame plane de 15 ou 20 millimètres de côté portant dix ou douze traits finement gravés, peut être établie pour quelques francs à peine. L’encombrement est nul, puisqu’elle est logée dans l’intérieur de l’oculaire; et pour la même raisoh tout risque de casse est supprimé. On économise encore l’achat d’un micromètre ; si l’on observe avec un grossissement coté 100 par l’opticien une cellule qui couvre deux quadrillages de 1 mm 5, cette cellule a donc un diamètre apparent de 5 millimètres, et comme elle est grossie cent fois, son diamètre réel est seulement de 5 centièmes de millimètre multipliés par le pouvoir propre de l’oculaire (5, par exemple) qui avait de son coté grossi le réseau; la cellule en définitive a donc 90 p.
- Rémi Ceilliep,.
- LES PHÉNOMÈNES OPTIQUES DE L’ATMOSPHÈRE
- Les phénomènes optiques dont notre atmosphère est le siège offrent un champ fécond de recherches, à la portée de tout le monde, parce que leur observation présente l’avantage de ne nécessiter aucun instrument.
- Nous allons passer en revue les principaux d’entre eux.
- Arc-en-ciel. — Quand le soleil brille et qu’il pleut dans une direction opposée, on aperçoit sur le nuage qui se résout en pluie, une bande lumineuse circulaire plus ou moins développée, irisée des couleurs du spectre, le violet à l’intérieur, le rouge à l’extérieur. C’est le phénomène de l’arc-en-ciel. La figure 1 en est une reproduction photographique d’après un cliché de la collection de l’Observatoire Flammarion à Juvisy.
- Assez souvent, on observe aussi un second arc, extérieur et concentrique au premier, mais plus large, moins lumineux, et dans lequel la disposition apparente des couleurs est renversée, le violet en dehors, le rouge en dedans.
- Quand l’arc principal se présente seul, la région du ciel qui lui est extérieure paraît moins lumineuse que la partie intérieure ; lorsque les deux arcs se montrent simultanément, c’est l’intervalle qui les sépare qui paraît moins lumineux que le reste du ciel.
- Dès que la hauteur du soleil est supérieure à 42°, l’arc-en-ciel principal devient tangent à l’horizon par son bord supérieur et ne peut plus être observé.
- Parfois, mais rarement, on aperçoit, à l’intérieur du premier arc et, plus rarement encore, à l’exté-
- rieur du second, une série de franges colorées alternativement en violet et en vert. Ce sont les arcs surnuméraires (2).
- L’arc-en-ciel est déterminé par la réfraction et la réflexion de la lumière dans les gouttes de pluie(3). Les arcs surnuméraires sont produits par des phénomènes d’interférence (4).
- La lune peut évidemment donner naissance à des arcs-en-ciel tout comme le soleil, mais ils présentent moins d’éclat et les couleurs ne se distinguent pas aussi facilement (5).
- Halos. — On désigne sous le nom générique de halos un ensemble très complexe de phénomènes atmosphériques lumineux engendrés par le passage
- 1. Quelques constructeurs n’indiquent pas le grossissement propre de leurs oculaires ; pour le trouver, il suffit de diviser par la distance focale de l’objectif la longueur de tube (généralement 180 mm) pour laquelle est établie chaque combinaison (ces deux données figurent toujours dans tous les catalogues de constructeurs sérieux) : il n’y a plus qu’à diviser par le quotient ainsi trouvé, le grossissement — également indiqué par le fabricant — donné par l’objectif et l’oculaire considérés avec la longueur de tube précitée : ce nomTeau quotient est le grossissement propre de l’oculaire. Ainsi, si un objectif n° 5 a 9 millimètres de foyer, pour une longueur de tube de 180 millimètres, il donne une image amplifiée ^ = 20 fois; si cet
- objectif donne avec l’oculaire n° 2 un grossissement de 60, c’est que l’oculaire grossit lui-même ^ = 5 fois;
- 2. Ils ont été signalés en 1722 par Langwille, PMI. Tram., t. VI, p. 623.
- 5. Descartes. Les Météores.
- 4. Young. PMI. Titans., 1804.
- 5. Mariotte. Œuvres, t. I, 1717.
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- LES PHÉNOMÈNES OPTIQUES DE L’ATMOSPHÈRE
- de la lumière du 'soleil ou de la lune à travers les nuages de cristaux de glace (*).
- Ces météores peuvent être classés en deux catégories : 1° des cercles ayant pour centre le soleil ou la lune; 2° des taches ou des courbes lumineuses n’appartenant pas à des cercles centrés sur l’astre.
- Ces phénomènes sont très nombreux. Il est probable que, parmi les formés qu’ils.peuvent prendre, plus d’une nous est encore inconnue et la liste n’est sans doute pas près d’être close. Dans ces dernières années, par exemple, on a vu plusieurs sortes de halos qui n’avaient jamais été signalées jusqu’alors. D’autres n’ont été ; notées qu’une ou deux fois seulement. Tout observateur assidu peut se'voir’payé de sa peine en réussissant le premier à effectuer quelque constatation nouvelle, contribuant ainsi à faire disparaître bien des
- incertitudes de la théorie de ces phénomènes.
- Nombre de physiciens leur ont accordé à diverses époques une attention particulière. « Nous devons à Hevelius de mémorables descriptions de halos. Tycho-Brahé, à Uraniaborg, les a notés avec soin pendant seize années. Huyghens, Mariotte, Fraunhofer, Young, Venturi, Galle, pour ne citer que les principaux, se sont occupés des halos et ont travaillé avec plus ou moins de succès à l’établissement de leur théorie. Bravais, au milieu du siècle dernier, la perfectionna et la compléta si bien qu’il parut avoir réussi à expliquer d’une façon entièrement satisfaisante toutes les formes de halos connues.
- « En réalité, pour un grand nombre d’entre elles, la théorie ne saurait être, encore à l’heure actuelle, qu’une hypo-
- qui leur prête des formes toutes différentes.
- « D’autre part, nous l’avons signalé plus haut, il y a toute une classe de halos extrêmement rares, qui n’ont été vus qu’une ou deux fois et restent tout à fait énigmatiques. Ce n’est pas seulement leur explication, c’est leur liste même qui demeurera longtemps inachevée, car on signale encore assez fréquemment, de nos jours, des apparences qui n’avaient jamais été aperçues au cours des siècles précédents, ce qui donne lieu de sup-
- que plus nous reste
- d’une
- mcon-
- Fig. i. — Photographie d’un arc-en-ciel.
- Fig. 2. — Différentes formes de halos.
- thèse plus ou moins vraisemblable, parce que les observations que l’on possède sont, en général, trop peu nombreuses et trop peu précises pour fournir un contrôle suffisant des indications du calcul. C’est ainsi que l’auteur d’un traité récent d’optique météorologique, le physicien autrichien Pernter(2) a pu, sans trop d’invraisemblance, rejeter la théorie de Bravais relativement aux trois sortes d’arcs tangents du halo de 46° et la remplacer par une autre
- 1. Mariotte. Traité de la nature des couleurs, 1686. — Bravais. Journal de l’Ecole polytechnique, 1845 et 1847.
- 2. J. Pernter. Meteorologische Optik, 1906.
- poser autre nue(4). )>
- L’observation des halos offre donc, comme nous le disions au début de cet article, un champ fécond de recherches. Mais nous ajouterons aussi qu’un petit nombre d’observations recueillies pour élucider une question précise vaudront mieux pour l’avancement de nos connaissances qu’une grande quantité de documents accumulés sans objet scientifique, dans l’espoir qu’un jour ils trouveront peut-être leur utilité.
- « Nos connaissances sur les halos ne sauraient progresser quelque peu rapidement qu’à la condition que ces phénomènes soient observés par un grand nombre de personnes réparties en divers points du globe. Chaque observateur, .en particulier, quelque vigilant qu’il soit, ne peut voir, dans toute sa vie, qu’une partie des formes de halos possibles. Renou,- le météorologiste français bien connu, n’a cessé, pendant plus d’un demi-siècle, de surveiller l’apparition des halos. Pourtant, il ne lui a été donné d’apercevoir ni les arcs obliques de l’anthélie, ni le halo d’Hevelius, ni les paran-thélies de 90°, sans parler de maints autres phénomènes plus rares (a), »
- Je ne mentionnerai ici que les principales de ces apparences. Elles sont représentées schématiquement dans leur ensemble (fîg. 2) et séparément par des reproductions photographiques. Les lecteurs qui désireraient les bien connaître et posséder une pratique plus approfondie de leur observation pourront consulter avec fruit l’excellente notice de M. L. Bes-
- 1, L. Besson. Les différentes formes de halos et leur observation. Bulletin de la Société astronomique de France,
- 1911.
- 2. L. Besson, loc. cit.
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- son sur « les différentes formes de halos et leur observation ».
- Le halo ordinaire (fig. 5). C’est un cercle lumineux À (fig. 2) dont le rayon est d’environ 22°. De toutes les formes de halos, c’est de beaucoup la plus commune. A Paris, on peut en apercevoir en moyenne 450 par an autour du soleil et une quarantaine autour de la lune.
- Les arcs tangents au halo de 22°. Tant que le soleil n’est pas trop élevé au-dessus de l’horizon, le halo de 22° peut être touché en son point le plus haut et en son point le plus bas par des courbes lumineuses. Ces arcs revêtent l’apparence représentée (fig. 2) en DCD' (arc tangent supérieur) et
- Fig. 3. — Halo ordinaire.
- FEF' (arc tangent inférieur). La figure 4 est une photographie de l’arc tangent supérieur.
- Leur forme varie suivant la hauteur du soleil et lorsque celle-ci atteint une valeur suffisante, 40° ou 42°, les arcs, jusqu’alors séparés, se réunissent et constituent une courbe continue représentée en pointillé (fig. 2) dont la forme rappelle celle de 1 ellipse : c’est le halo circonscrit.
- Le halo extraordinaire. C’est un cercle B (fig. 2), concentrique au halo ordinaire, dont le rayon est d’environ 46°. Il peut, lui aussi, présenter des arcs tangents supérieur et inférieur. C’est un phénomène assez rare, dont on ne voit, le plus souvent, que la. partie supérieure. Sa fréquence est, en moyenne, de 8 jours par an à Paris.
- Le cercle parhélique. C’est une bande lumineuse
- blanche HH' (fig. 2) qui fait le tour de l’horizon en passant par le soleil.
- Les parhélies ou faux soleils. Ce sont deux taches lumineuses arrondies qui apparaissent en P et P' (fig. 2) à la même hauteur que le soleil sur le halo ordinaire de 22° ou un peu en dehors.
- Fig. 4. — Halo de 220 et arc tangent supérieur. (Pliot. Quénisset.)
- Parfois les parhélies sont prolongés vers le bas par de petits arcs dirigés obliquement vers le halo. Ce sont les arcs obliques de Lowitz. Le phénomène des parhélies se produit en moyenne 55 jours par an à Paris.
- Sur la figure 5, on aperçoit très distinctement le
- Fig. 5. — Cercle parhélique. Halo ordinaire. Halo circonscrit. Parhèlie. (Phot. Quénisset.)
- cercle parhélique, le halo ordinaire, le halo circonscrit, un parhèlie.
- L'anthélie. C’est une tache arrondie qui se montre sur le cercle parhélique à l’opposé du soleil. Elle est ordinairement blanche, mais elle peut aussi être irisée.
- Les colonnes. Ce sont des traînées lumineuses verti-
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- LES PHÉNOMÈNES OPTIQUES DE L’ATMOSPHÈRE
- cales qui passent par le soleil ou la lune (fig. 6). Combinés avec le cercle parhélique, elles produisent une apparence de croix blanche dont l’astrë occupe le centre.
- L’éclat du soleil empêche souvent de voir ces phénomènes et, pour les distinguer, il faut prendre quelques précautions,
- On masque l’astre lumineux avec un écran; on regarde le ciel à travers un verre coloré assez foncé, ou bien encore on se sert d’un verre noir opaque au moyen duquel on examine les nuages par réflexion, ou même d’un simple morceau de verre à vitre qu’on aura fumé d’un côté ou qu’on place sur du drap ou du papier noir.
- Couronnes. — Ce sont des anneaux lumineux de diamètre assez petit qui se montrent autour du soleil et de la lune. Ils se distinguent des halos en ce qu’ils sont en contact direct avec l’astre, tandis que les halos en sontséparésparun espace relativement sombre.
- Le plus souvent on ne voit qu’un anneau roux dont l’intérieur est teinté d’un blanc bleuâtre. Le
- rayon, mesuré jusqu’au bord extérieur, en est variable. Il est le plus souvent de 2° à 4°. Parfois, le phénomène se complique de la présence d’un anneau plus grand, concentrique au premier ; du vert peut venir s’ajouter au roux et cette dernière couleur peut passer au rouge.
- Réduite à un seul anneau, la couronne reçoit le nom d'auréole.
- L’éclat du soleil ne permet pas ordinairement de distinguer les couronnes autour de cet astre et, pour les apercevoir, il faut prendre les précautions indiquées à propos des halos.
- Ces phénomènes sont dus à la diffraction de la lumière lorsqu’elle rencontre sur son trajet un nuage peu épais composé de gouttelettes d’eau très fines et de dimensions sensiblement uniformes (*).
- 1. C’est Newton qui a le premier attribué l’apparition des
- couronnes aux gouttelettes d’eau qui flottent dans l’atmosphère. '
- 2. Observé pour la première fois à Honolulu par Bishop le
- 5 septembre 1883.
- Fig. 6. — Colonne lumineuse. (Phot. Quénisset.)
- Fig. 7.
- Le triple Soleil de 14Q2.
- Je signalerai enfin l’apparence désignée sous le nom de cercle de Bishop(1 2), observé autour du soleil (3) et même de la lune (4) après l’explosion du Krakatoa (1885) et à la suite des grandes éruptions de la Martinique j (1902).
- C’est une auréole lumineuse formée d’une large couronne de couleur rouge-cuivré bordant une partie centrale blanc-bleuté.
- Les circonstances exceptionnelles qui ont précédé les apparitions du cercle de Bishop permettent de les attribuer à un phénomène de diffraction causé par la présence de poussières volcaniques extrêmement ténues projetées à une grande hauteur dans l’atmosphère où elles seraient restées en suspension à cause de leur extrême petitesse.
- Les phénomènes optiques de l’atmosphère n’étaient pas inconnus des anciens. Ils tiennent une large place dans les Annales de la météorologie mystique et les chroniques d’autrefois nous ont conservé un grand nombre de relations de ces ((prodiges », illustrées à plaisir de curieux dessins (s).
- La figure 7 empruntée au Livre des Prodiges (G) et reproduite par Camille Flammarion dans l'Atmosphère représente le triple soleil aperçu en Pologne au cours de l’année 1492.
- Effrayés par ces météores, les hommes croyaient voir des présages visibles d’une intervention surnaturelle dans les destinées de ce monde.
- Aujourd’hui, nous devons avouer que ces superstitions n’ont pas encore complètement disparu malgré les progrès de la science.
- L’esprit humain n’abandonne pas facilement les préjugés légués par le passé. J. Loisel.
- 5. Thollon, Fouel, Cormj, Comptes rendus, 1884.
- 4. Duc (.aux, Comptes rendus, 1884.
- 5. Gbellois. Météorologie religieuse et mystique, 1870.
- 6. Publié en 1557 à Heidelberg par Theobald Wolffha sous le pseudonyme de Conrad Lycosthènes,
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- APPAREIL DE PHOTOGRAPHIE AUTOMATIQUE ASHTON-WOLFF
- Voici un appareil photographique qui « opère lui-même ». Plus d’opérateur, une simple pièce de monnaie en tient lieu. Le client l’introduit dans une ouverture ad hoc, s’assied sur un tabouret (fîg. 1) en face de l’objectif qu’abrite un cornet et fixe un petit miroir convexe semblable au viseur d’une chambre photographique. De son côté, l’argent introduit tombe derrière une glace où il reste visible
- découvre rendant visible la phrase traditionnelle : « Ne bougez plus ». Puis l'obturateur se déclanche, l’impression du papier sensible s’effectue de façon instantanée et la lumière s’éteint tandis que s’éclaire l’inscription : « Merci ! la pose est faite, vous pouvez vous lever. Dans quatre minutes votre portrait sortira au bas de l’appareil. » En effet, au bout de quatre minutes, le photographié retire son por-
- 1 2
- Fig. i. Le client posant devant l'appareil automatique Ashton-Wolff. — Fig. 2. Vue arrière de l’appareil, portes ouvertes et panneaux enlevés pour montrer le mécanisme. (A3, bacs à solutions; B2) cuvette de développement ; C2, moteur du distributeur ; Do, moteur électrique; E, essoreuse; O, objectif; R, réservoir de vidange; T, tuyaux d’écoulement des solutions.)
- durant toutes les manipulations et provoque le contact électrique nécessaire pour la mise en marche. Aussitôt une sonnette retentit; puis, tandis que s’éclaire une petite enseigne placée juste devant les yeux de la personne qui pose et qui y lit : « Attention ! tournez la tête à droite, fixez la croix au-dessus du miroir... et souriez! », la lumière artificielle, due à une lampe à arc et à un certain nombre de lampes à incandescence dissimulées sur les parois de gauche de l’auvent rectangulaire, s’allume. A ce moment, une deuxième sonnette se fait entendre et juste en dessous de la croix rouge une fente se
- trait sur carte postale, développé, lavé et séché.
- A la vérité, plusieurs chercheurs avaient abordé déjà le problème que vient de résoudre M. Ashton-Wolff après des années de persévérant labeur, mais les résultats obtenus étaient assez médiocres et impliquaient l’intervention d’un mécanisme d’horlogerie que l’inventeur a voulu éviter. Il fait exécuter par des électro-aimants agissant directement les nombreuses manipulations nécessaires pour réaliser un portrait sur papier au platino-bromure.
- Les liquides mis dans des bacs A2 (fig. 2) en solutions séparées peuvent se conserver plusieurs mois.
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- 92 ....-...: APPAREIL DE PHOTOGRAPHIE AUTOMATIQUE
- Ils s’écoulent convenablement dosés dans de petits récipients intermédiaires en verre et chaque épreuve
- Fig. 3. Distributeur de courant isolé. (A, levier fermant le circuit; BtB, bornes d'interruption;
- CjC, curseurs; R, résistances.)
- passe dans des bains frais ne servant qu’une fois. De la sorte, les 100 portraits, que l’appareil peut fournir sans être rechargé, offrent le même aspect, quel que soit le laps de temps écoulé entre le premier et le dernier.
- Afin d’éviter l’oxydation des mécanismes, une des principales difficultés à résoudre, des tuyaux T, T, conduisent les bains à une cuvette verticale B2 en celluloïd sans qu’une goutte de liquide se répande au dehors. En outre, chaque organe constitue un tout indépendant des autres rouages et peut s’enlever sans que le restant cesse de fonctionner, sans défaire la moindre connexion. Des contacts à pression réunissent pour cela tous les circuits.
- Mais la pièce la plus originale de la machine est le distributeur de courant (fig. 3) qui règle automatiquement la succession des opérations. Ce distributeur se compose, en réalité, de sept cercles formés de sections isolées les unes des autres, mais reliées chacune à un des électro-aimants. Les doigts de contact du levier A parcourent ces sections et fermant le circuit, déterminent l’accomplissement des manipulations. La rotation s’obtient par l’intermédiaire d’une vis sans fin et d’un petit moteur électrique (qu’on aperçoit en D2 sur la fig. 2) pre-
- nant lui-même son courant sur la deuxième et, sixième couronne. Cette dernière se partage en 20 sections, chaque section correspondant à une des bornes B, laquelle communique avec l’un des curseurs C et l’une des résistances R. Donc, suivant la section sur laquelle s’appuie un bras de levier et selon le point où se trouve le curseur correspondant, la résistance laissera passer plus ou moins d’électricité au moteur qui, par conséquent, marchera plus ou moins rapidement; sa vitesse varie, en somme, suivant l’opération à accomplir. Comme, d’autre part, les curseurs correspondant à ces sections se déplacent à volonté de haut en bas, on pèut faire durer plus ou moins longtemps une action chimique ou une manipulation mécanique quelconque.
- Entre temps, la carte postale tombe du magasin dans la cuvette en celluloïd (fig. 4) et le révélateur arrive exactement dosé du haut de l’appareil. Le développement dure 20 secondes, après lesquelles le liquide s’écoule dans d’autres récipienlsR (fig. 2) où tous les bains usés se déversent. A la suite du développement, se succèdent un certain nombre d’autres manipulations qui inversent l’épreuve, éliminent le fixage et achèvent les opérations photographiques proprement dites.
- Aussitôt le dernier bain écoulé, la cuvette s’ouvre en dessous. La car te postale tombe, par la fente F (fig. 4), sur le petit plateau de l’essoreuse E (fig. 2) immobilisé par deux électro-aimants et qui, tournant à une vitesse de 5000 tours par minute, la sèche, en vertu de la force centrifuge. Quelques secondes plus tard, le plateau revient de nouveau à sa position primitive et un autre électro-aimant attire les crochets retenant la photographie. Celle-ci sort
- Fig. 4. Cuvette de développement enlevée de l'appareil. (Aj, cuvette en celluloïd; B1; électroaimants de fermeture des tuyaux; Ch, électro-aimant de vidange de la cuvette; F1; fente par où tombe la carte postale.)
- enfin au bas de l’appareil où le client peut la prendre. Jacques Boyer.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 3i décembre 1912 et 6 janvier 1913. — Présidence de MM. Lippmann et Guyon.
- Propriété du pneumocoque. — MM. Trillat et Mallein décrivent l’évolution du pneumocoque chez la souris quand on associe ce microbe avec les substances volatiles retirées d’une culture fraîche du Bacillus proteus. Ayant précédemment démontré l’action favorisante de ce gaz sur le pneumocoque, in vitro, ils ont cherché si le même effet se produisait dans le corps d’un animal. Ils ont ainsi observé une augmentation notable de la mort chez les souris qui avaient reçu une injection non mortelle du gaz du Bacillus proteus. L’évolution rapide delà pneumococcie est due à une diminution de résistance de l’organisme de la souris ainsi qu’à l’action directe de ces gaz putrides sur le développement plus rapide du pneumocoque.
- Expériences d’impression de plaques. — M. de Fontenay présente une Note relative à l’expérience qui consiste à placer une feuille de papier sur le corps humain devant une plaque au gélatinobromure. Lorsque la feuille est imprimée, on voit se reproduire les caractères tantôt en positif, tantôt en négatif, et diverses personnes ont attribué ce fait à l’action de radiations émises par les corps humains. L’auteur a reconnu que la nature de l’encre jouait un rôle considérable et qu’elle suffisait à expliquer l’impression en positif ou en négatif. De même la nature du papier joue un rôle. La réaction de la sueur humaine exerce également une influence et comme, suivant les parties du corps, elle peut être acide ou alcaline, les résultats peuvent être différents. Enfin l’insertion de la plaque dans un sac de celluloïd donne lieu par le frottement à l’apparition d’une charge électrique qui peut également produire une action.
- L’acide urique et la circulation. — MM. Desgrez et Dorléans étudient l’influence exercée par les corps de la série de l’acide urique sur la circulation. Ces auteurs ont montré antérieurement que la guanine, base qui tire sa principale origine du pancréas, diminue la tension artérielle. Les corps non aminés mais plus oxygénés de la même série augmentent au contraire sensiblement la pression artérielle. Cette action atteint son maximum avec l’acide urique. Ces recherches expliquent, pour une part au moins, l’hypertension si fréquente dans les maladies arthritiques et montrent d’autre part le bien-fondé de la défense des aliments riches en nucléines, c’est-à-dire générateurs d’acide urique, dans les états pathologiques causés par un ralentissement de la nutrition.
- L’accroissement du tonnage dès navires. — M. Ber-tin expose la suite de ses études théoriques sur la limite de l’accroissement des navires en général. Il y joint quelques données numériques déduites de la pratique des constructions actuelles de grands paquebots. Les avantages de l’agrandissement des dimensions ont déjà passé leur maximum ; ils sont presque nuis ou près de le devenir, soit au point de vue du chargement, soit au point de vue de la vitesse. Pour les paquebots fournissant 24 nœuds le maximum de chargement est un peu supérieur à 2000 tonnes avec le poids des moteurs actuels et correspond à un déplacement de 50 000 tonnes. Le maximum de chargement par tonne de déplacement a été réalisé dès que le déplacement a atteint 50 000 tonnes. En étendant la loi, on trouve que le poids transportable doit être nul un peu au-dessous de 100 000 tonnes de déplacement. En supposant constant le chargement de 1700 tonnes que peut prendre un paquebot de 50 000 tonnes, la vitesse de 24 nœuds peut croître légèrement pour atteindre 25,5 nœuds à 40000 tonnes de dépla-
- cement. Elle diminue ensuite lentement et ne serait plus que de 25 nœuds à 100 000 tonnes. M. Berlin précise la cause d’infériorité des navires trop grands. C’est le poids de la charpente qui exprimé en fonction de la longueur du navire augmente, au lieu de rester constant. De plus, il montre que les charpentes des navires de trop grandes dimensions supportent des efforts énormes lorsque la mer est forte et qu’il y aurait lieu de redouter, en allant trop loin dans cette voie, de voir se produire des catastrophes par rupture du navire en son milieu.
- Les variations du baromètre. — M. Besson explique qu’il s’est préoccupé de rechercher s’il existait une périodicité des minima barométriques dans le même lieu. Après avoir appliqué certaines corrections aux observations, il a trouvé qu’une périodicité existait réellement en trois points de la terre sur lesquels ont porté ses investigations : Montsouris, New-York et Batavia. De plus, les périodes sont des harmoniques d’une durée de 55 jours. On compte donc 10,6 oscillations par an. Cette durée de 55 jours est en quelque sorte une caractéristique de l’atmosphère terrestre, car elle ne paraît en relation ni avec les mouvements du Soleil, ni avec ceux de la Lune.
- Résistance de l’air.— M. G. Eiffel a étudié expérimentalement la résistance des sphères dans l’air en mouvement ; il explique que les coefficients de ce mouvement étaient mal connus et que celui qu’il a donné antérieurement est très contesté en Allemagne. D’après les expériences des savants de ce pays, ce coefficient devrait être muU. tiplié par 2,5. M. G. Eiffel démontre que l’écart tient simplement à ce que les laboratoires allemands font leurs essais à une trop faible vitesse, en restant au-dessous d’une certaine vitesse critique pour laquelle se produit un changement de régime dans le mode d’écoulement de l’air. Il signale les anomalies bizarres qui se présentent dans ce cas et qui disparaissent dès que la vitesse atteint 10 m. par sec. La valeur de la résistance devient alors régulière et est celle antérieurement donnée par M. Eiffel.
- Physiologie végétale. — MM. Daniel Berthelot et Gau-dechon montrent que les agents primordiaux de la synthèse végétale dans les parties vertes des plantes exposées au soleil, et principalement dans les feuilles, sont des aldéhydes, composés très instables et très sensibles aux radiations lumineuses, tandis que les alcools et les acides qui prennent naissance à leurs dépens sont presque aussitôt mis en réserve dans d’aulres organes des plantes.
- Transmission de la présidence. — M. G. Lippmann rappelle les changements survenus parmi les membres associés et correspondants. Il invite M. Guyon à prendre place au fauteuil de la présidence.
- Décès. — M. le Président fait part de la mort de M. Teisserenc de Bort et de M. Cailletct, tous deux académiciens libres. Il rappelle que M. Teisserenc de Bort, à l’aide de ses seules ressources, a ouvert à la météorologie une voie nouvelle. Les résultats qui se déduisent de son procédé d’exploration des couches élevées de l’atmosphère n’ont point encore fourni tout ce qui pourra en être tiré. Son œuvre ne périra pas ; il faut qu’elle soit poursuivie par d’autres.
- M. Cailletet est aussi un travailleur isolé; il a effectué des découvertes dont le retentissement est déjà éloigné, mais qui ont eu une grande importance en physique. Il laissera une trace profonde dans la science.
- Ch. de Villedeuil.
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- CHRONIQUE
- Une locomotive à naphtaline. — Dans la note sur ce sujet, publiée dans notre numéro du 26 octobre 1912, nous écrivions que l’emploi de la naphtaline est devenu aujourd’hui pratique dans les moteurs à explosion, grâce à des perfectionnements aux carburateurs, dus notam-
- ment à MM. Lion, Schneider et Brillé. Cet entrefilet nous vaut une protestation de M. Lion qui nous écrit : « Je ne suis pas un des perfectionneurs du carburateur à naphtaline, mais bien Je seul inventeur du procédé dans toute sa généralité.... »
- UN MOTEUR A CHARBON
- Un ingénieur anglais, M. Archibald Low, vient de construire un nouveau type de moteur qui, semble-t-il, présente des avantages indubitables sur tous ses
- coup d’aspiration de la machine, à travers le charbon chauffé, en formant du gaz d’air ou d'eau. La vapeur et l’eau ne sont admises que pendant le fonctionnement à pleine charge. Cette machine se prêterait surtout au fonctionnement avec du charbon bitumineux ; même le gaz produit pendant la première phase est alors aspiré dans le cylindre avec le reste des gaz.
- Ce processus extrêmement simple repose sur des réactions depuis longtemps connues, surtout la production, au passage d’un courant d’air à travers le charbon incandescent, d’un gaz explosif. De fortes surcharges sont facilement supportées, en empêchant l’air et la vapeur d’entrer dans la boîte aux cendres, en augmentant la vitesse des vis sans fin et en alimen-
- Fig. i. — La culasse du moteur à charbon.
- prédécesseurs et que nous décrirons brièvement.
- Ce remarquable moteur n’emploie ni combustible gazeux, comme les moteurs à gaz ordinaires, ni agent liquide comme les autres moteurs à combustion interne, mais un combustible solide, le charbon, qu’il convertit lui-même en gaz. La figure o fait voir comment ce charbon est chaufEé et gazéifié dans un courant d’air et de vapeur.
- Introduit dans la trémie A, le charbon est transporté par les vis sans fin C C à travers les tubes gazogènes horizontaux. D est un compartiment du réservoir à gaz, directement relié à la soupape d’admission et qui se remplit de gaz à travers les trous fins pratiqués dans les parois des tubes.
- Après avoir été soumis à un chauffage préliminaire par son passage à travers la boîte à gaz d’échappement E, le combustible est chauffé ensuite dans les tubes générateurs, c’est-à-dire à l’intérieur de la chambre de combustion. La vapeur et l’air admis dans la boîte à cendres G passent, à chaque
- Fig. 2. — Le moteur à charbon Low.
- tant la machine avec un mélange de gaz de charbon et d’un excédent d’air.
- La machine de 100 chevaux récemment construite consomme moins d’un quart de kilogramme par cheval-heure ; elle fonctionne parfaitement avec de la poussière de charbon ne coûtant que 6 francs par tonne, c’est-à-dire d’un prix douze fois moindre que l’huile lourde.
- L’excédent de poids du combustible sur celui
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- L’EDUCATION D’UN BÉBÉ CHIMPANZÉ
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- du moteur Diesel n’est que d’environ 30 pour 100.
- Le moteur Low doit son coefficient économique si élevé surtout à l’utilisation de toutes les pertes de chaleur. On sait, en effet, que la chaleur d’explosion n’est absorbée qu’en faible quantité par un piston d’un fonctionnement relativement lent, ce qui complique le fonctionnement des grands moteurs à un cylindre. Or, en augmentant la surface de la chambre de combustion, on assure une absorption efficace de cette chaleur, et c’est
- précisément la disposition des tubes gazogènes qui a fourni ce résultat, en faisant servir à la production
- du mélange ga-
- Fig. 3. — Coupe transversale du moteur Low.
- VûRiZU. Cr.
- zeux la chaleur absorbée par le charbon. Cette machine fonctionne sans risque d’une avance à l’allumage aux températures élevées. Ses dimensions ne dépassent pas celles d’un moteur à gaz ordinaire du même rendement, mais sans le gazogène. En ce qui concerne la sécu-
- rité, celle-ci est d’autant plus grande que la machine n’engendre le gaz qu’aufur et à mesure de ses_besoins.
- L’ÉDUCATION D’UN BÉBÉ CHIMPANZÉ
- Un savant américain, le professeur R.-L. Garner, qui a consacré bien des années de laborieuses recherches à l’étude des singes, a .essayé d’établir des analogies entre eux et l’homme. S’étant familiarisé, dans les forêts vierges de l’Afrique centrale, avec les modes de vie et la « langue » des singes anthropoïdes, il a voulu communiquer à certains individus choisis parmi leurs petits, les bienfaits de la civilisation humaine, en les élevant loin de leur patrie, dans un milieu exclusivement humain. C’est ainsi que, grâce aux méthodes les plus récentes de la pédagogie moderne, il a pu, à un certain degré, rapprocher ces singes — par leur morateet-lfeui^ manières — de leur cousin plus avancÉ'4’hhnïime.
- Dah|t%tte «œuvre éducatrice, il s’est ingénié à développer les capacités intellectuelles de ses sujets, en les mettant à même de penser et d’agir avec autant d’initiative et de conscience que possible. Il ne cesse d’insister sur la grande différence qui existe entre le dressage et l’éducation : tandis que les bêtes savantes des cirques obéissent aveuglément aux ordres de leur maître, sans exercer leur propre volonté, M. Garner a voulu faire de ses élèves simiesques de vrais personnages.
- 11 a obtenu des résultats particulièrement heureux avec une petite demoiselle chimpanzé du nom de, Susie, âgée de 15 mois.
- En s’inspirant de la méthode froebelienne (méthode des Jardins d’enfants), M. Garner s’est ingénié à faire du travail de cette élève un véritable plaisir plutôt qu’une tâche fastidieuse. Toutes les fois que Susie a terminé un exercice — d’arithmétique, par
- exemple— occcupant son esprit pendant quelques minutes, il lui donne une récréation occupée par le jeu de paume, les exercices de trapèze, une course à travers les corridors, une promenade à travers les jardins- ou d’atitres exercices physiques analogues. Ce n’est qu’alors que le professeur passe à un autre exercice mental : sélection de différents fruits, de différentes couleurs ou figures géométriques, enfilage de perles, etc., suivi à son tour d’une nouvelle récréation. Les leçons du matin et celles de l’après-midi se terminent enfin par un repas copieux tout à fait au goût de Susie, qu’on lui sert à sa petite table.
- Grâce à ces méthodes, M. Garner a fait de Susie une petite personne d’une perfection encore inégalée dans la race simiesque. Dès l’âge de 15 mois, elle connaissait environ 250 mots anglais et des locutions telles que « Assieds-toi — Baisse ton pied — Croise tes bras — Salue l’assistance — Ouvre la porte — Laisse cela — Ferme la porte — Apporte-moi mon chapeau, etc. » Sans le moindre geste pour illustrer la signification de ces ordres, elle les exécute instantanément.
- D’autre part, Susie connaît de nom plus d’une centaine d’'objets différents, qu’elle distingue sans jamais se tromper : les figures géométriques planes, telles que le carré, le cercle et le losange, elle les distingue à première vue de toutes autres figures. Il en est de même des formes solides, telles que le cube, la sphère et le cylindre, qu’elle connaît de nom et de vue, tandis que ses notions du cône et de la pyramide sont plutôt vagues. Susie choisit les cubes, les sphères et les cylindres (de grandeurs et
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- L’EDUCATION D’UN BÉBÉ CHIMPANZÉ
- de couleurs quelconques et en tout nombre voulu) dans un tas considérable d’autres figures. Elle connaît les noms de roûge, de blanc, de jaune, de
- Une autre prouesse de Susie, c’est de pouvoir compter parfaitement jusqu’à trois et de se familiariser de plus en plus avec le nombre quatre. Elle connaît, de nom et de vue, les pommes et les oranges et les distingue les unes des autres et ; de toutes autres sortes de fruits avec lesquels elles seraient mélangées. Elle enfile avec une grande facilité et en un ordre quelconque, des perles de différentes formes (cubiques, sphériques et cylindriques).
- Susie au milieu des objets de la méthode Froebel qui servent à son éducation.
- vert et de bleu, qu’elle distingue de toutes autres couleurs. D’autre part, elle sait ouvrir et fermer un grand nombre de petites boîtes, différentes par leur forme, leurs dimensions et leur agencement; elle distingue leurs couleurs et reconnaît immédiatement, par la disposition de ces boîtes, la façon de les manier. Les couvercles de certaines d’entre elles s’ouvrent vers elle, d’autres en s’éloignant d’elle, à droite ou à gauche, en glissant
- ,k_
- Susie en compagnie d’une camarade de jeu.
- ou en tournant ; mais, malgré cette grande diversité, elle trouve d’emblée et sans aucune erreur, même sur cent tentatives faites de suite, la façon dont il faut manier chacune de ces boîtes.
- Susie montrant ses talents à une visiteuse.
- Un voyage à la patrie de Susie ayant interrompu pendant quelques mois l’éducation de ce singe peu banal, M. Garner, aussitôt, rentré en Amérique, a repris son œuvre éducatrice, pour amener son élève à une culture de plus en plus élevée.
- Il sera curieux de connaître les fruits qu’elle produira, les expériences de ce genre ayant jusqu’ici donné des résultats de plus en plus médiocres à mesure que le singe vieillit. D1' À. Gradenwitz.
- Le Gérant; P. Masson.— Imprimerie Lahdre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2069.
- 18 JANVIER 1913.
- LA SCIENCE ET L’INDUSTRIE en J9J2
- L’ASTRONOMIE
- Le problème est aussi malaisé, cette année que les précédentes, de donner un aperçu succinct sur l’activité astronomique qui, d’ailleurs, ne s’est nullement ralentie : et, cela, principalement pour des lecteurs tenus au courant, avec soin, des progrès réalisés et des travaux les plus variés au fur et à mesure de leur apparition.
- Cependant, il peut être bon de montrer que nous avons été bon prophète, il y a deux ans, en insistant à cette même place sur le rôle prépondérant que les entreprises internationales étaient appelées à jouer désormais, et sur l’importance capitale des travaux de longue haleine : les événements ont pleinement justifié cette manière de voir.
- Un peu aveuglée par la gloire légitime de ses géographes du
- xvme siècle, la France fut la dernière dans l’adoption du système international des fuseaux horaires ayant pour origine le méridien de Greenwich : sitôt
- satisfaction que l'on entendit prôner l’importance essentielle de la Tour Eiffel et de ses signaux par un maître aussi autorisé que le professeur Fôrster, le doyen des délégués de l’Allemagne.... L’astronomie, elle aussi, par ses Congrès, aura plus d’importance que nombre de petites combinaisons diplomatiques.
- L’étude des étoiles/
- Fig. i. — L'ombre de la Lune vue d’un ballon dirigeable (17 avril).
- Fig. 2. — Influence de la réfraction atmosphérique. Déformation du Soleil à l’horizon.
- ralliée, elle se mit allègrement à la tête du mouvement, comme le prouve la Conférence internationale de l’heure suscitée, cette année, par le Bureau des longitudes. Et ce n’est pas sans une profonde
- 4.1e annee. — icr semestre.
- if %
- variables s’est beaucoup développée depuis une\'^: trentaine d’années, et'^. **!/
- constitue actuellement une des branches les plus importantes de l’astronomie stellaire. Des travaux remarquables ont démontré que les étoiles à variation lumineuse discontinue du type Algol, et celles à variation lumineuse continue du type [3 Lyre, sont des systèmes binaires, et des méthodes de calcul permettent d’obtenir les éléments l’une des composantes
- de l’orbite relative de autour de l’autre supposée fixe Mais on est beau-
- Fig. 3. — Profil de la Lune pendant l’Éclipse du 17 avril /912. (D’après M. Graff.)
- coup moins avancé au sujet des autres étoiles variables, et, en particulier, de celles appartenant au type 0 Céphée, désignées sous le nom de
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- L’ASTRONOMIE
- céphéides, que la spectroscopie a montré être également des systèmes doubles.
- Après avoir étudié les variables pendant une quinzaine d’années, Luizet vient de résumer toutes ses observations sur les céphéides dans un important mémoire : utilisant les résultats obtenus depuis plus d’un siècle, discutant de nombreuses observations qui n’ont jamais été utilisées, l’auteur parvient à dissiper des singularités admises, et à établir des résultats dont quelques-uns peuvent être considérés comme définitifs.
- Depuis que l’analyse spectrale a montré, d’une façon certaine, que les céphéides sont des étoiles doubles, à composantes très serrées, ayant une durée de révolution égale à celle de leurs changements d’éclat, on avait pu obtenir seulement les éléments orbitaux des plus brillantes d’entre elles — celles qui peuvent être étudiées spectrophotogra-phiquement — parce que les méthodes de calcul qu’on leur appliquait étaient celles employées pour les spectroscopiques binaires à éclat constant, et dans lesquelles les données sont les vitesses radiales. Luizet est parvenu à représenter les orbites dans le cas de céphéides que le spectroscope n e permet pas d’atteindre : il obtient un accord remarquable entre les deux courbes de lumière, celle du calcul, et cèlle de l’observation, et ce qui est plus troublant c’est que cet accord est d’autant plus parfait que la courbe de lumière employée est déduite d’un plus grand nombre d’observations, c’est-à-dire est plus précise....
- Quelles hypothèses faut-il faire dans ces systèmes binaires ? Elles sont bien fragiles, assurément : mais qu’importe? si elles représentent les phénomènes. Leur fragilité même leur assure peut-être la fécondité, puisque l’on fera mieux en essayant de les miner. ; !
- Quels furent les faits célestes notoires? Deux éclipses1 de Soleil, principalement — mais les conditions climatologiques furent peu propices pour la seconde, et les efforts réalisés ne furent guère récompensés. Il n’en est pas de même pour l’éclipse totale du mois d’avril : quelle bonne fortune qu’une ligne de totalité traversant la France de part en part et passant près de Paris ! Avec cela, un temps radieux, qui a permis les observations les plus utiles. Éclipse .limite, ni totale, ni annulaire; les deux astres ont le même disque et l’on peut dire,
- soit de l’un, soit de l’autre, qu’il débordera son voisin. Ainsi la pointe du cône d’ombre vient juste, comme un crayon, laisser sa trace sur notre sol. Et, pour ce cas exceptionnel, c’est une observation exceptionnelle aussi, en ballon dirigeable, qui fournira le document le plus précis : décidément, toute acquisition nouvelle présente des conséquences inattendues.
- La radiation solaire reste toujours aussi mystérieuse que complexe dans ses effets. G.-G. Abbot a fait encore de beaux travaux sur la constante solaire, mais qu’est-ce que cette constante, essentiellement variable, avec l’activité incessante de l’astre central? Et comment conclure de toutes ces fluctuations à notre pauvre météorologie terrestre? Les travailleurs restent acharnés, mais les lois précises continuent à échapper... et l’été de 1912 fut déplorable.
- Puis, nous avons une nova dans la constellation des
- Gémeaux , qui a suscité les travaux les plus remarquables : sa vitesse radiale n’est pas considérable, 7 km par seconde environ; mais, d’après les recherches de Gibeler, il semble bien pro-bable qu’elle renferme des éléments radioactifs. Voilà bien d’une nouvelle complication!
- Les. comètes, cette année, ne sont pas nombreuses. Nous devons cependant noter les. brillants succès remportés par Schaumasse, nouveau venu dans ce genre de recherches : sa comète 1912 à est particulièrement curieuse; grâce à des perturbations inattendues, ce n’est autre que la comète Tuttle, dont le passage au périhélie s’est trouvé avancé de deux mois. Et, alors, il faut un peu nous contenter des lointains échos de météores disparus : la belle comète de Innés; la comète de llalley qui, selon Ch.-P. Olivier, se désagrège lentement pour donner naissance aux étoiles filantes de mai, lés Aqua-rides...? et, toujours, cette fameuse comète More-house, dont on étudie la queue avec ses1 masses lumineuses d’apparence mobile, afin d’être fixé sur la force répulsive du Soleil et sur toutes les hypothèses légères de bombardements cathodiques.
- Heureusement les étoiles sont là, plus calmes.
- Plus calmes? Mais le beau travail de Mills sur les vitesses radiales des étoiles australes, montrant que l’on peut déterminer une telle vitesse à un quart de kilomètre près par seconde, met encore en évidence que les vitesses radiales ne sont pas constantes dans
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- L’ASTRONOMIE
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- un grand nombre de cas. Puis, pour les étoiles dont on connaît en même temps le mouvement propre et la vitesse radiale, Wilson établit une remarquable classification avec des graphiques fort suggestifs : ces astres, dont on peut dé terminer le mouvement réel dans l’espace, ne paraissent pas, dans leur ensemble, liés à la trajectoire de la voie lactée, ce qui les rend d’ailleurs particulièrement intéressants.
- Puis voici que le stéréoscope entre, une fois de plus, dans l’outillage de l’astronome : utilisant les observations de Belopolsky, Ivostinsky montre que l’on peut ainsi déterminer les mouvements propres sensibles pour des étoiles faibles, sans qu’il soit nécessaire de recourir à de lointaines séries de mesures.
- Les mesures donnent des résultats intéressants avec un intervalle d’une année seulement!
- Puis, les oscillations secondaires des couples stellaires ont donné lieu aux délicates recherches de
- tinuent à faire d’admirables photographies célestes qui nous laissent stupides d’enthousiasme, montrant les plus jolis détails sur Mars et sur l’anneau de Saturne, des spectres d’une délicatesse inouïe, des flammes du Soleil dont on peut mesurer les transformations, des voies lactées qui couvrent la plaque sauf en certains trous, très noirs, qui demeurent un profond mystère cosmogonique.
- Revenons donc au système solaire. On est surpris de voir Turner déterminer spectroscopi-quement la parallaxe solaire et, surtout, tomber en accord remarquable avec le nombre que Hinks a déduit de centaines de clichés obtenus pour Eros. Cette planète nous met en mémoire le singulier astéroïde découvert par Pâli sa, qui a la même dis tance périhélie que Eros, avec une excentricité beaucoup plus forte et une durée de révolution de quatre années : l’allure d’une orbite cométaire. Les comètes? avec la statis-
- Fig. 6. — Aspect de Saturne en içi2.
- tique si captivante de leurs orbites et qui ramène.!,, W.-H. Pickering à la discussion des planètes traris-neptuniennes possibles.... ! j
- Rétrécissons le cercle. Lowell et Slfpher cherchent à déterminer avec précision la dür'ée de rotation d’Uranus; Struve calcule avec"soin la masse, les axes et l’aplatissement de Mars. Mars! est-il besoin
- ùcmesinger, pour savoir s 11 s agit d une anomalie dans les mesures ou d’une perturbation apportée par un troisième corps. Les parallaxes stellaires conduisent à examiner des groupes d’étoiles qui se meuvent dans les plans parallèles à la voie lactée.... Pourquoi ?
- Les astronomes de Yerkes, fort bien outillés, con-
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- LA PHYSIQUE
- de. dire qu’on lui cherche encore des canaux? faut-il ajouter que tous les astronomes sont encore en quête du meilleur poste d’observation? de l’atmosphère la plus limpide, la plus calme.
- Et, maintenant, revenons un peu sur terre pour étudier de plus près les conditions mêmes dans lesquelles nous observons les astres.
- Nous avons dit, une autre année, qu’il y avait des difficultés à raccorder les mesures de grandeurs stellaires, selon qu’il s’agit d’une estimation visuelle ou photographique, et que ces difficultés paraissaient profondes : il semble, notamment, que l’éclat d’un astre dépende de sa situation par rapport à la voie lactée. Puis, un des problèmes les plus passionnants est d’étudier la nature précise de notre atmosphère, avec les déformations qu’elle peut faire subir aux ondes lumineuses que nous envoient les astres, phénomènes aux confins de l’astronomie, de la météorologie et de la physique, polarisation et bleu du ciel, scintillation, etc.
- Le phénomène de la scintillation a déjà fait l’objet d’innombrables observations et de recherches assez méthodiques : il suffit de parcourir les monographies publiées, celle d’Àrago, celle plus récente de Karl Exner, pour juger l’effort dépensé et constater que le phénomène n’est encore qu’imparfaitement connu. Cependant, les résultats précis de Montigny et de Karl Exner ont permis d’édifier la théorie actuellement adoptée pour la scintillation.
- Considérons un faisceau de lumière parallèle pénétrant dans l’atmosphère et arrivant jusqu’à nous : il traverse un milieu non homogène présentant des variations discontinues de densité et, par suite, d’indice de réfraction ; des rayons voisins parcourent des chemins optiques différents; l’onde primitivement plane nous parvient déformée, avec des saillies et des creux qui subissent des transformations incessantes, conséquences de l’agitation de l’air. Le faisceau de lumière qui nous atteint est ainsi tantôt convergent, tantôt divergent, et une surface donnée, pupille ou objectif de lunette, reçoit des quantités de lumière, tantôt plüs grands, tantôt moins — d’où les changements d’éclats. Si l’on ajoute l’effet de la dispersion de l’air, dès que la distance zénithale est assez grande, les rayons lumineux qui parviennent
- au même point ont traversé des régions Voisines, mais qui diffèrent avec la longueur d’onde : il n’y a plus concordance dans la déformation des ondes correspondant aux diverses radiations — d’où des variations de coloration.
- Cette théorie permet d’expliquer en gros la plupart des apparences que présente la scintillation et, pourtant, quelques-uns lui échappent, par exemple la loi si intéressante de Dufour : « Les étoiles rouges scintillent moins que les jaunes, et les jaunes moins que les blanches ».
- Mais ce phénomène de la scintillation peut être considéré comme entièrement défini parla fréquence et l'amplitude des variations d’éclat et, cela, dans chaque radiation du spectre. Les auteurs qui ont étudié la scintillation au point de vue physique ont surtout envisagé la fréquence pour caractériser le phénomène : les scintillomètres sont destinés à nous en donner une idée. Au point de vue expérimental, la mesure de l’amplitude devient plus délicate et plus difficile : l’étude des causes de ce phénomène serait déjà grandement avancée si l’on possédait seulement des données simples sur les limites entre lesquelles peut varier l’éclat, pour les diverses radiations lumineuses, suivant les conditions d’observation, circonstances atmosphériques, distance zénithale de l’astre, instrument employé, etc....
- La mesure des déformations, dimension et courbure, nous renseigne sur la nature des accidents optiques rencontrés par le faisceau lumineux, la fréquence sur leur vitesse de déplacement, et enfin l’amplitude sur la distance que l’onde lumineuse peut parcourir sans rencontrer d’accidents : ainsi, l’étude de l’amplitude apparaît comme un complément indispensable aux travaux de Montigny et d’Exner pour justifier la théorie admise aujourd’hui et la compléter dans ses conséquences.
- G est dans cette direction utile que nous avons à mentionner les délicates recherches de Gallissot : elles offrent une importance pratique immédiate, car on est en droit de se demander quelle est l’influence de la scintillation sur l’estimation des éclats. Puisse-t-on parvenir, de la sorte, à élucider quelqu’un des points si confus de la photométrie stellaire....
- Jean Mascart.
- LA PHYSIQUE
- Électricité. — Radioactivité. — Optique.
- L’année 191.2 aura été marquée par des discussions passionnées sur les idées nouvelles qui se sont introduites depuis peu en physique : atomes d’électricité (électrons) ; atomes de magnétisme (magné-tons) ; émission discontinue d’énergie (hypothèse des quanta de Planck). L’idée que toutes les variations dans la nature se font d’une façon continue est aujourd’hui en question. On se demande s’il ne faut pas introduire dans les lois naturelles des discontinuités essentielles. Ces idées nouvelles ont
- inspiré un grand nombre de travaux particulièrement en optique.
- Électricité. — À cause de l’importance toujours croissante de l’industrie électrique la plupart des recherches effectuées dans cette branche de la physique ont été orientées en vue des applications industrielles : amélioration des appareils de mesure rendus plus robustes, plus sensibles et d’une lecture plus commode; apparition d’une lampe à lumière blanche utilisant le- passage du courant
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- électrique dans les vapeurs dues à un alliage de mercure et de cadmium : perfectionnement des théories et dispositifs de la télégraphie et de la téléphonie sans fil.
- MM. Villard et Abraham ont poursuivi leurs expériences sur les potentiels explosifs. Ils ont donné une loi indiquant, pour toute distance des éclateurs, la différence de potentiel
- nécessaire à la production d’une étincelle de décharge. Ils se sont servis d’une machine
- Wimshurst à 20 plateaux (fig. 1), capable de supporter des vitesses de rotation de 1200 à 1400 tours par minute. Le voltage maximum obtenu est de 320 000 volts. Sous 250 000 volts, la machine débite un courant de 1 milliampère. Elle permet d’obtenir de puissantes étincelles
- mesurant jusqu’à 60 centimètres de longueur.
- projeté au loin à une vitesse de 16 000 kilomètres par seconde. Ce boulet émis par le radium, c’est la particule a. Des expériences, déjà anciennes, de Rutherford ont prouvé que cette particule est constituée par un atome d’hélium chargé d’électricité positive (l’hélium est ce gaz qu’on trouve en très petite quantité dans l’air et qui liquéfié permet d’obtenir les plus basses températures connues actuellement). Le résidu de l’explosion est un nouvel élément qu’on appelle Vémanation. Ainsi un corps simple : radium donne, en explosant, 2 nouveaux corps simples : hélium et émanation.
- Les particules «, ont fait l’objet d’un certain nombre de travaux ; on a déterminé leur nombre, leur charge, la longueur de leur parcours en employant en particulier la méthode de scintillation :
- Plaque photographique
- Source
- radioactive
- Fig. 2. — La radioactivité. Trajectoires des rayons |3 déviés par Vélectro-aimant. (Photo Danysz, extraite du journal Le Radium.)
- Radioactivité. — En radioactivité le fait le plus important de l’année est l’apparition d’une théorie nouvelle due à Rutherford sur le mécanisme de l’émission des rayons (3 et y.
- On sait que les substances radioactives peuvent émettre 3 sortes de rayons : a, [3, y. Prenons le radium par exemple. Le radium est un corps simple ayant, comme tous les autres corps simples, des propriétés physiques et chimiques déterminées. Mais il diffère des corps simples ordinaires, fer, cuivre, or, etc., en ce que ses atomes né sont pas stables. Chaque seconde une partie de ses atomes explose; un morceau de l’atome est
- plaçons un grain de radium à quelque distance d’un écran fluorescent ; nous voyons cet écran s’illuminer de points brillants, apparaissant, disparaissant, jamais aux mêmes places. Il faut bien penser qu’on a dans ce phénomène la marque du bombardement de l’écran par les particules a, chaque point brillant indiquant l’arrivée d’une particule; nous pouvons donc compter les particules a comme nous pouvons compter les gouttes de pluie que nous ne voyons pas individuellement en comptant les ronds qu’elles produisent à la surface d’un lac.
- En même temps que la particule matérielle a, le radium émet deux sortes de rayons (3
- Ampoule à vide élevé
- Cathode
- Anode
- Fig. 3. — Production des rayons X.
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- et y qui n’ont aucun caractère matériel. Les rayons [3 sont analogues à ceux qui se produisent dans les tubes de Crookes à vide élevé (rayons cathodiques). Ils sont dus à des charges électriques négatives, se déplaçant à des vitesses comprises entre 160000 et 290000 kilomètres par seconde. Leurs trajectoires, sensibles à l’action d’un champ magnétique, s’impriment facilement sur une plaque photographique («g- 2).
- Lorsque les rayons cathodiques frappent un corps matériel, celui-ci émet des rayons X (fig. 5), bien connus par leur pouvoir pénétrant. Les rayons a émis par le radium sont analogues aux rayons X et se forment probablement par un mécanisme semblable. C’est ce mécanisme qu’a précisé Rutherford. Pour le savant anglais, chaque atome émet une charge électrique fi avec une vitesse déterminée, mais cette charge traversant la matière radioactive subit des ralentissements, perd par suite de l’énergie. Les expériences montrent que cette perte d’énergie est toujours multiple d’une quantité élémentaire d’énergie qui serait l’énergie d’un rayon y. Le multiple donne le nombre de rayons y émis par la particule [3. Sans insister davantage nous dirons que Rutherford est conduit à des vues très remarquables sur la constitution et les causes d’instabilité de l’atome radioactif.
- Si la transformation de l’atome de radium est explosive, il doit se produire une sorte de recul grossièrement analogue au recul des armes à feu. Un tel fait a été constaté et étudié ces temps derniers.
- Les recherches entreprises pour obtenir du plomb à partir du polonium radioactif se poursuivent sans qu’aucun résultat définitif ait encore été publié. Il est facile de comprendre l’intérêt de ces recherches. Les 2 parties, hélium et émanation, résultant de l’explosion de l’atome de radium sont évidemment moins lourdes chacune que le tout primitif. Représentons le poids de l’atome de radium par 226,5; à cette échelle, on doit prendre pour poids
- de l’atome d’hélium, le nombre 4. L’explosion détachant un atome d’hélium de poids 4, le résidu (émanation) a un poids inférieur de 4 unités du poids de l’atome de radium, égal par conséquent' à 222,5. Mais l’atome d’émanation obtenu se détruit à son tour en donnant de nouveau un atome d’hélium ; le poids. du résidu baisse encore de 4 unités, devenant 218,5, etc. Finalement, les physiciens ont pu établir le tableau ci-dessous^).
- Nous arrivons donc à un atome non radioactif, c’est-à-dire stable et dont le poids est 206*5 à l’échelle que nous avons envisagée. Mais à cette échelle 206,5 c’est le poids de l’atome de plomb. Si nos vues sont exactes, le plomb doit se former à partir du polonium; les expériences minutieuses entreprises vérifieront-elles cette conséquence théorique?
- Les applications commerciales, médicales, scientifiques des substances radioactives augmentant constamment, la nécessité s’impose de créer un étalon permettant de déterminer de la même façon, dans tous les pays, la quantité de radium contenue dans une substance quelconque. Dans ce but une commission internationale s’est réunie à Paris, au mois de mars dernier. Divers échantillons de chlorure de radium furent étudiés. On constata que celui de Mme Curie contenait 21 mmgr. 99 de chlorure de radium. La Commission a demandé au bureau international des poids et mesures de prendre l’échantillon de Mme Curie comme étalon et de le conserver dans les meilleures conditions de sécurité possibles. En comparant les propriétés d’une préparation quelconque à celles de l’étalon, on peut déterminer la quantité de radium contenue dans la préparation sans aucune opération chimique et sans avoir besoin d’ouvrir le tube qui contient cette préparation.
- Optique. —; Un effort considérable a été fait cette année pour l’étude des spectres des sources lumi-
- Fig. 4. — Le plus puissant des électro-aimants actuels. L’électro-aimant de M. Weiss.
- 1. Poids des résidus.. 226,5 222,5 218,5 214,5 214,5 210,5 210,5 210,5 206,5 -
- Noms des résidus de l’explosion. Radium Émanation Radium À Radium B Radium C Radium D Radium E Polonium Produit final
- Produits Hélium Hélium Hélium Charges Hélium Charges Charges. Hélium inon
- d’explosion, électriques seules électriques • seules électriques seules i- radioactif
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- neuses. De plus puissants moyens d’observation ont été créés. L’américain Wood, employant un réseau de 12 m. 50 de foyer, a pu séparer des raies dont les longueurs d’onde ne diffèrent que de 2 milliardièmes de millimètre (2/100 d’angstrom). La figure 4 montre la disposition du réseau, placé à l’extrémité d’un long tuyau. Les araignées jouèrent de mauvais tours à M. Wood en venant tisser leurs toiles dans le tube; plusieurs fois la lumière fut ainsi interceptée. M. Wood raconte dans son mémoire qu’il se débarrassa des araignées en employant son chat au ramonage du tuyau et envoyant ensuite des fumées empoisonnées.
- Le réseau de Wood constitue, pour l’analyse spectrale, le plus puissant appareil du monde; il a permis au savant américain de faire de très belles études sur les spectres de résonance. Prenons de la vapeur d’iode à température relativement basse ; cette vapeur est obscure; les atomes d’iode sont inertes, incapables de fournir des radiations lumineuses appréciables.
- Eclairons cette vapeur par la lumière d’une lampe Cooper-Hewitt; les atomes se réveillent en quelque sorte sous l’action des ondes lumineuses qui les frappent, résonnent, deviennent lumineux, fournissent un spectre dit de résonance ; la position des raies de ce spectre dépend de la couleur de la lumière excitatrice ; c’est ainsi que la lumière de l’arc au mercure Cooper-Hewitt n’est pas simple; on y trouve, en particulier, une lumière verte et une lumière jaune qu’on peut séparer facilement. Quand on éclaire la vapeur d’iode par la lumière verte, on a le spectre Y représenté sur la figure 5; la lumière jaune donne le spectre tout différent J. De même un piano rend des sons différents quand on agit sur des touches différentes. Wood a étudié l’influence de divers facteurs sur la production des spectres de résonance. Il a comparé ceux-ci au spectre d’absorption de la vapeur d’iode, spectre extrêmement riche, le nombre des raies s’y trouvant étant évalué par Wood à 50 000. Ces faits nouveaux vont permettre de confirmer ou de modifier utilement les théories les plus récentes sur l’émission et l’absorption de la lumière.
- MM. Buisson et Fabry ont fait paraître un important travail sur la largeur des raies spectrales. Cette largeur doit provenir de perturbations du mouvement lumineux dues aux chocs réciproques des particules productrices de lumière d’une part, au mouvement de ces particules d’autre part. De
- même que les astronomes voient tourner le soleil en comparant les spectres des 2 bords, de même on peut voir les particules lumineuses se déplacer en étudiant les bords des raies lumineuses émises. MM. Buisson et Fabry ont constaté que la raie la plus fine actuellement connue est la raie 5570 donnée par le Krypton dans l’air liquide. Sa largeur est de 6/1000 d’angstrom, c’est-à-dire 6/10 de milliardième de millimètre. Ces physiciens ont été conduits, par leurs expériences, à d’importantes conclusions sur la température des sources lumineuses.
- Le phénomène de Zeeman a fait l’objet de nombreuses recherches. On sait/1) que ce phénomène consiste en un changement de période des vibrations lumineuses dû à l’action d’un champ magnétique sur la source productrice de lumière. Les physiciens espèrent, par la confrontation des résultats expérimentaux et des théories proposées par Lorentz, Ritz, Planck, arriver à une représentation plus commode et plus féconde de la constitution et des propriétés de l’atome matériel. Ces expériences nécessitent des champs magnétiques puissants. Les plus forts électro-aimants actuels donnent moins de 50000 gauss (dans l’industrie on ne dépasse guère 10000 gauss). De tels champs ne font pasi assez souffrir les atomes pour forcer ceux-ci à nous donner les renseignements que nous désirons sur leur constitution intime. Les physiciens rêvent d’électroaimants formidables mettant à leur disposition des champs de 500 000 et même un million de gauss ; ajoutons qu’à l’heure actuelle un certain nombre de savants s’occupent activement de transformer ce rêve en une réalité.
- L’alliance de plus en plus étroite de la physique et de la chimie apparaît dans les recherches de MM. Cotton et Mouton sur la biréfringence magnétique des corps. Un certain nombre de substances organiques placées dans un champ magnétique acquièrent les propriétés optiques de biréfringence du spath ou du quartz (fig. 5). Le phénomène serait dû à une orientation des molécules sous l’action du champ magnétique, orientation mettant en évidence l’anisotropie optique de ces molécules. La grandeur du phénomène est en relation avec la constitution chimique des corps. MM. Cotton et Mouton ont reconnu et étudié l’influence très nette de certains atomes ou groupement d’atomes familiers aux chimistes (noyau benzénique, NO2, NH2,
- 1. Yoy. n° 2062.
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- CN, etc.). Là encore il y aurait intérêt à employer des champs magnétiques plus puissants que Ceux dont nous disposons actuellement.
- La substitution de la lumière ultra-violette à la lumière naturelle, pour l’étude des effets chimiques de la lumière, si importants par leur portée biologique, a provoqué une étude systématique des conditions de production de cette lumière. De nouvelles lampes ont été créées au moyen desquelles on a constaté que les rayons ultra-violets peuvent produire des décompositions aussi profondes que la décomposition électrolytique ou celle due aux fermentations. Les réactions qui tendent à se produire spontanément sont accélérées ; il en est ainsi par exemple de la décomposition des poudres sans fumée. MM. Berthelot et Gaudechon proposent une méthode d’investigation nouvelle apte à contrôler et compléter l’examen réglementaire de la stabilité des poudres vis-à-vis de la chaleur par l’examen de stabilité vis-à-vis de la lumière ultraviolette.
- La lumière ultra-violette agissant sur un corps tel que le potassium, chargé négativement et placé dans le vide, arrache de ce corps des charges d’électricité négative qui, convenablement recueillies, fournissent un courant dont l’intensité peut aller jusqu’à 1/2 milliampère. Cette émission de charges électriques suit exactement les variations de la lumière excitatrice. En éclairant périodiquement le corps émetteur des charges, on obtient un courant périodique qui peut faire rendre à un téléphone intercalé dans le circuit un son intense. On a proposé d’appliquer ce phénomène à la transmission électrique à distance des variations lumineuses.
- Dans les autres branches de la physique apparaît généralement la préoccupation dominante des physiciens de consolider le plus possible fnos conceptions sur la structure moléculaire des corps.
- Dans des expériences particulièrement ingénieuses (t), M. Devaux montre que l’équilibre stable de l’huile posée sur l’eau est celui d’une lame continue très mince. En mesurant l’épaisseur de cette lame on trouve environ 1/1000 000 de millimètre; c’est le diamètre théorique des molécules d’huile. La lame d’huile serait donc constituée par une seule couche de molécules.
- i. Yoy. n° 2044.
- C’est le même souci de contrôler nos idées sur la constitution de la matière qui porte les physiciens à se rendre à Leyde, au laboratoire cryogène de M. Kamerlingh OnnesQ), étudier la façon dont la matière se comporte aux très basses températures, allant jusqu’à 272°. En dehors de leur intérêt théorique, les expériences faites à Leyde, en particulier sur la résistivité électrique des métaux, ont montré le danger des extrapolations effectuées sur des formules représentant convenablement, dans les conditions habituelles, les résultats expérimentaux. Ces formules ne conviennent en général que pour ces conditions habituelles ; il est prudent de ne pas leur demander plus.
- Pour terminer cette revue forcément incomplète des principaux travaux de l’année, nous indiquerons les recherches intéressantes de MM. Bénard et Dauzère sur les tourbillons cellulaires (2). Ces expérimentateurs étudient le transport de la chaleur
- par convection. Quand on maintient les 2 faces d’une lame liquide à des températur e s différentes, par exemple 100° et 15°, on voit cette lame se di viser en cellules. Ces cellules sont courbes; la partie centrale forme une cuvette hexagonale (fig. 6) ; les contours, une crête dont les points culminants sont les
- sommets des hexagones.
- Quand on éclaire convenablement la lame li-
- quide on peut photographier, selon la mise au point, soit le foyer de la cuvette, soit le contour hexagonal. On a ainsi les aspects représentés par les figures.
- M. Dauzère explique, à l’aide de ces cellules, la formation des colonnes de basalte, orgues, pavés de géants,etc....Il pense que les tourbillons cellulaires sont appelés à remplir un grand rôle dans l’explication des phénomènes naturels.
- En résumé, l’année 1912 a fait preuve d’une grande activité en physique, activité due surtout à l’apparition de vues théoriques nouvelles servant de guide aux physiciens et appelant immédiatement des vérifications expérimentales.
- G. Brescii.
- Agrégé des Sciences physiques, Préparateur à l’École normale
- 1. Yoy. n° 2054.
- 2. Yoy. n° 2057, du 26 octobre 1912.
- Fig. 6. — Tourbillons cellulaires de M. Dauzère.
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- CHIMIE
- La photochimie. — Les alliages. — L’azote. — La synthèse de l’ammoniac. — L’hélium. — Les engrais potassiques. — Le méthane, succédané du gaz d’éclairage. — Le caoutchouc synthétique.
- Chimie physique. — Cette branche de la science qui étudie et mesure l’influence des divers facteurs dits physiques sur les réactions chimiques, se développe de plus en plus. En fait, on n’aperçoit plus très bien la démarcation entre chimie et physique, et ces deux sciences tendent à se confondre, au fur et à mesure que se précisent nos connaissances sur la mécanique des réactions.
- En tête des études de chimie physique, il faut placer cette année celles qui ont trait à la photochimie, ou action des radiations lumineuses sur les réactions chimiques.
- MM. Berthelot et Gaudechon ont par la lumière ultra-violette des lampes en quartz à vapeur de mercure, désagrégé des molécules organiques diverses : alcool, anhydrides, éthers-oxydes (nos 2060 et 2061).
- Ils ont étudié de même la décomposition des explosifs, en particulier des poudres B, sous l’Influence des rayons ultra-violets afin de suivre leur vieillissement. Leur conclusion pratique est que le picrate d’ammoniaque, propose en 1869 par le général Brugère, serait un explosif très stable et d’emploi très sûr.
- MM. Pribram et Francke, en soumettant une solution de formol à l’action des rayons ultra-violets, ont obtenu de l’aldéhyde glycolique en même temps que des sucres de condensation supérieure, phénomène d’un haut intérêt, puisque le phénol est considéré comme le point de départ de la synthèse des matières sucrées et amylacées au sein de la plante.
- Signalons dans un domaine parallèle les recherches de Pascal relatives à l’action du champ magnétique sur les réactions chimiques.
- Les études des alliages tiennent une très grande place dans les travaux des physico-chimistes.
- Un très grand nombre de recherches expérimentales ont été faites sur les équilibres du système fer-carbone. Il faut signaler parmi eux M. Benedicks, professeur à Stockholm, qui a établi, définitivement semble-t-il, que le fer existe sous deux variétés allotropiques seulement : l’une a stable à froid, qui est relativement tendre et fortement magnétique; l’autre y, stable au-dessus de 900°, dure, fragile, et dénuée de magnétisme. Entre 750 et 900°, la variété y se dissout dans la variété a pour donner une solution solide p, plus dure et moins magnétique que a; le passage de a à p est absolument continu, tandis que celui de p à y est discontinu et comparable à la fusion des solides et aux autres changements d’état physique.
- Il ne faudrait pas croire que les études de ce genre soient dépourvues de sanctions pratiques; bien au contraire, c’est grâce aux travaux de cet ordre, poursuivis patiemment depuis des années, notamment sous l’impulsion de notre compatriote Osmond (décédé en juillet , dernier) que l’on sait fa-
- briquer aujourd’hui cette étonnante gamme d’aciers, où l’on rencontre des aciers résistant aux acides (1 alliage 60 pour 100 de chrome, 55 pour 100 de fer, 2 à,5 pour 100 de molybdène, résiste à l’eau régale bouillante), d’autres qui résistent aux alcalis (fer ordinaire et 5 pour 100 de nickel), d’autres qui résistent à la flamme du chalumeau (aciers Krupp), etc.
- On a de même étudié systématiquement un grand nombre de mélanges binaires : alliages, mélange de deux sels fondus, etc. M. G. Baume, à Genève, a étendu cette étude à la solidification de mélanges gazeux, entre —50 et —150°, et a pu isoler de nouvelles combinaisons entre l’alcool méthylique et l’acide chlorhydrique (ClFOH.HCl), l’acide propio-nique et l’acide chlorhydrique (C2H5C02H + HC1), et une combinaison équimoléculaire de ces trois substances. Voilà certes des résultats de nature à modifier les idées sur les fonctions chimiques : il est étrange de voir deux acides se combiner ensemble par addition. Les recherches ont montré aussi que des substances regardées d’ordinaire comme assez dissemblables sont isomorphes : l’hydrogène sulfuré et les acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhy-drique; l’acide chlorhydrique et l'éthylène, etc.
- - Avant d’en finir avec les alliages, rappelons encore une remarquable application industrielle de la physico-chimie, les alliages poreux, de M. Hannover (V. n° 2041), qui serviront à constituer de remarquables électrodes d’accumulateurs.
- Chimie minérale. — La chimie minérale a perdu cette année un de ses plus illustres représentants : Lecoq de Boisbaudran (1858-1912) connu par ses découvertes de trois métaux nouveaux : le gallium < le samarium et le dysprosium. Les recherches de ce savant ont beaucoup contribué à l’emploi systématique, dans les recherches de pure chimie, des méthodes physiques et physico-chimiques ; son influence a donc été considérable.
- L'azote. — Comme l’an dernier, l’azote a fait l’objet de beaucoup de travaux systématiques. En Angleterre, M. Strutt en déchargeant un condensateur dans l’azote pur, l’a transformé en une modification allotropique à luminosité temporaire jaune, et de très grande activité chimique : elle donne un corps explosif avec l’amalgame de sodium à froid, enlève le chlore au tétrachlorure de carbone, et forme du cyanogène avec l’acétylène. Au laboratoire du professeur P.-A. Guye, à Genève, plusieurs nouvelles déterminations du poids atomique de cet élément ont été reprises encore par des méthodes nouvelles et différentes ; elle ont confirmé la valeur 14,008 déjà admise.
- Voilà pour l’étude théorique du gaz azote. A ce corps se rattache, nos lecteurs le savent, un dés plus grandioses problèmes de la chimie industrielle moderne : la fabrication synthétique des composés de
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- l’azote, industrie toute jeune et déjà colossale (V. Les mines d’azote de Norvège, n° 2059).
- Elle s’est enrichie de nouveaux procédés en 1912 : M. Haussier extrait l’azote, sous forme combinée, des gaz de four a coke. Des expériences en grand se font dans une mine allemande.
- D’autre part, M. Haber a continué ses recherches méthodiques sur la synthèse directe de l’ammoniaque, à partir de l’azote et de l’hydrogène, en s’aidant de la présence des métaux divises. C’est là un des plus curieux chapitres de la chimie, car nous assistons une fois de plus à une manifestation de l’extraordinaire puissance de ces infiniment petits métalliques, dont notre compatriote Sabatier, l’un des premiers, a su tirer méthodiquement parti.
- Ce qui fait l’originalité du travail de Haber, c’est qu’il a étudié avec méthode le fonctionnement de toute une série de catalyseurs, inquiet qu’il était de voir parfois sa synthèse paralysée sans aucune raison apparente. Il constata ceci : si quelques traces de poussières d’un métal comme l’uranium, le manganèse, le molybdène, le tungstène, suffisent à favoriser l’union de l’azote et de l’hydrogène, la présence dans ces poussières d’une fraction plus infime encore de certaines impuretés, arrête complètement l’action du catalyseur. C’est ainsi que \ /I 000 000 de soufre suffira à le paralyser. Par contre, d’autres substances : oxydes de métaux alcalins et alcalino-ferreux, activent le catalyseur. Haber s’est donc consacré cette année à l'étude de poisons des catalyseurs. Il a pu, après des milliers d’expériences, déterminer exactement les conditions qui permettent d’obtenir un catalyseur pur et actif.
- Pour appliquer en grand ce procédé, et fabriquer de l’ammoniaque et ses dérivés, il reste à trouver des sources d’hydrogène. On a déjà les résidus de certaines usines électro-chimiques ; la décomposition de l’eau et la séparation par liquéfaction (procédé Linde ou Claude) de l’oxygène et de l’hydrogène fournira peut-être quelque jour les torrents d’hydrogène réclamés par Haber.
- L'hélium. — MM. Moureu et Lepage ont montré que certaines sources minérales débitent annuellement des quantités très notables de ce gaz, regardé autrefois comme si rare. Ainsi la source César à Néris débiterait environ 40 mètres cubes d’hélium par an; la source Carnot, à Santenay (Côte-d’Or) en produit près de 18 mètres «cubes, etc. Ces résultats présentent un grand intérêt, parce que l’hélium liquéfié est actuellement le réfrigérant le plus puissant, et permet d’atteindre la température extrêmement basse de 2 degrés absolus environ (— 271° C.).
- Les engrais potassiques. — C’est ici d’une question strictement industrielle qu’il s’agit. Elle a été soulevée, ou plutôt réveillée par les États-Unis qui s’inquiètent de payer un tribut chaque année croissant à l'Allemagne, fournisseur exclusif, par ses mines de Stassfurth et de Mulhouse, des sels de potassium nécessaires à l’agriculture.
- Or,le potassium abonde dans la nature; un grand
- nombre de feldspaths le contiennent. Diverses méthodes ont été proposées pour l’exploitation des feldspaths ; rappelons celles de MM. Kayser et Coules (Y. n° 2062) qui, en même temps que des produits potassiques, donnent de l’alumine pure et des ciments.
- Chimie organique. — Le prix Nobel de chimie, a été partagé cette année entre deux Français : MM. Sabatier et Grignard. L’importance de leurs découvertes est telle qu’il n’existe, pour ainsi dire, aucun laboratoire de chimie organique où l’on n’effectue journellement des synthèses par la méthode d’hydrogénation catalytique de Sabatier ou par les dérivés organo-magnésiens de Grignard.
- M. Sabatier, au Congrès du Froid à Toulouse, a annoncé qu’il continuait ses travaux sur la fabrication industrielle du gaz méthane, à partie de coke et d’hydrogène, en présence d’un catalyseur convenable. Question de haute importance : le méthane est un gaz à grand pouvoir calorifique, excellent donc pour alimenter, tout comme le gaz d’éclairage qui en contient du reste une forte proportion, nos becs à incandescence et nos réchauds. Or, les houilles à gaz s’épuisent et c’est là, pour l’avenir de l’industrie du gaz, une grosse menace qui ferait évanouir la préparation du méthane à partir d’un charbon quelconque.
- Ici encore, il faut trouver une source économique d’hydrogène, problème déjà posé à propos de la synthèse de l’ammoniaque de Haber.
- Nous n’avons pas la place d’énumérer ici tous les travaux et toutes les synthèses suscités par l’emploi des mélhodes de Sabatier ou de Grignard. Bornons-nous à mentionner que M. Biaise a obtenu récemment des dérivés organo-zinciques semblables à ceux du magnésium, et effectué grâce à eux des synthèses nouvelles. Notons aussi que M. Jolibois, en chauffant dans le vide un composé organo-magnésien de Grignard, a obtenu un corps inconnu jusqu ici, l’hydrure de magnésium, qui vient compléter la série: des hydrures des métaux alcalirio-terreux : hydrures de baryum, de calcium, de strontium.
- Le grand problème industriel de la synthèse du caoutchouc a provoqué de remarquables recherches de science pure et appliquée; il faut ici citer les noms de l’allemand Harries, le savant qui a le plus fait pour révéler la constitution intime du caoutchouc, de l’anglais Matthews qui a trouvé un moyen pratique de polymériser l’isoprène, du Français Fernbach qui a indiqué les sources économiques d’isoprène (V. n° 2055). La grande firme allemande d’Elberfeld pousse activement la mise au point pratique; au Congrès de chimie appliquée de New-York, M. Duisberg a montré triomphalement trois pneumatiques d’Elberfeld, en caoutchouc synthétique et qui ont roulé sur plusieurs milliers de kilomètres. Reste à abaisser le prix de revient au niveau du caoutchouc naturel. Nous n’en sommes pas encore là.
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- GÉOLOGIE
- M. Lacroix, dont les explorations à la montagne Pelée avaient déjà rénové complètement la vulcanologie et la pétrographie, vient, au cours de sa mission en Afrique orientale, de faire des observations capitales à la Réunion. Dans le cratère du Piton des Neiges, il a vu de nombreux dykes traversant des brèches basaltiques ; la plupart sont basaltiques ou trachitiques, mais il y a aussi des syénites, des gabbros ou des péridotites, c’est-à-dire des roches essentiellement grenues que l’on considérait autrefois comme n’ayant pu se former qu’en profondeur. Or, dans le cas actuel, elles ont pris naissance dans l’appareil externe du volcan, à quelques centaines de mètres de la surface.
- Il en résulte que l’importance que peut avoir la profondeur sur la cristallinité d’une roche a été singulièrement exagérée. Toutes nos conceptions sur la formation des roches grenues se trouvent modifiées par cette observation capitale.
- Dans un autre ordre d’idées, il faut citer les découvertes de fossiles admirablement conservés qu’a faites Walcott dans le cambrien des États-Unis et qui, confirmant les découvertes de Cayeux dans le précambrien, modifient nos conceptions sur l’évolution de la vie et en font reculer l’origine jusque dans les époques fabuleusement anciennes de l’histoire géologique. (Voir La Nature, décembre 1912.)
- Au point de vue de la géologie régionale, on peut signaler la carte géologique du Maroc où M. Louis Gentil a synthétisé toutes les observations faites par lui-même et par tous ses prédécesseurs. Les importantes monographies de MM. Joleaud, Blayac, Flamand ont rénové notre connaissance géologique de l’Algérie. Enfin la publication posthume du monument qu’est la China de Reichtofen marque une étape fondamentale dans notre connaissance de la structure du sol de l’Asie orientale.
- LA PHYSIOLOGIE
- Les questions de physiologie de la nutrition sont toujours à l’ordre du jour. En 1912, un grand progrès a été réalisé par Abderhalden qui a réussi à nourrir des chiens avec des aliments d’origine exclusivement chimique (La Nature, n° 2045), leur donnant non seulement des sucres et des graisses de synthèse, mais encore, des produits de décomposition des albumines fabriqués de toutes pièces au laboratoire.
- Le Dr Maillard a cherché à faire la synthèse de divers polypeptides constituants des albumines animales, en recourant à l’intervention des seules substances dont dispose l’organisme et il a réussi, en se servant de la glycérine, à préparer, à partir des acides aminés, divers di- et polypeptides.
- Depuis quelques années, divers physiologistes emploient un nouveau mode d’expérience très ingénieux, la parabiose. Elle consiste à souder deux animaux l’un à l’autre, deux rats généralement ; la plaie cicatrisée, les vaisseaux sanguins de l’un communiquent avec ceux de l’autre et les deux animaux sont en rapports étroits, toute action subie par l’un retentissant sur l’autre. On a pu ainsi étudier la sécrétion urinaire, les sécrétions internes, etc. Par exemple, Morpurgo, ayant soudé 2 rats, enlève à l’un les reins et voit les reins du second grossir et donner plus
- d’urine; séparé ensuite du premier, ses reins reprennent leur sécrétion et leur poids normaux. On peut espérer beaucoup de ces genres d’expériences.
- Un problème, posé par Pasteur en 1885, a été résolu cette année, celui de la vie aseptique. Pasteur pensait que certains microbes doivent jouer un rôle utile, nécessaire même, et que sans eux la vie serait impossible. Depuis, on attribua aux micro-organismes une grande importance dans les transformations chimiques de la digestion intestinale. Cette importance n’est peut-être pas exagérée, mais la présence des micro-organismes n’est pas une absolue nécessité et la vie peut se poursuivre sans eux. Delcourt et Guyénot l’ont montré pour les mouches du genre Drosophile qu’ils ont pu élever et faire reproduire dans des conditions parfaites d’asepsie (fig. 1). Cohendy, aseptisant des œufs de poule et les plaçant dans une. couveuse à l’abri de toute infection, a pu élever des jeunes poulets sans microbes jusqu’au quarantième jour après la sortie de l’œuf (fig. 2).
- Les questions de survie d’organes et de cultures de tissus ont été fort étudiées. Nous avons déjà exposé l’intérêt de ces recherches, (La Nature, n° 2058). Cette année Àthanasiu et Gradinesco ont réussi à faire battre un cœur de grenouille isolé
- Fig. i. — L'installation de MM. Delcourt et Guyénot pour l'élevage aseptique des Drosophiles.
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- LA BIOLOGIE
- pendant 55 jours en ne lui fournissant comme nourriture que du glucose ; ce cœur a donc pu fournir 560000 pulsations environ sans recevoir aucune albumine. Champy a cultivé des fragments de reins et a suivi la transformation des cellules nouvelles en tissu conjonctif ou épithélial. Long et Mark se sont adressés aux œufs de Mammifères et ont réussi à observer in vitro le début de leur développement. Brachet vient de suivre pendant deux jours le commencement de la différenciation, dans des œufs de Mammifères également, prélevés un peu plus tard. Loeb et Bancroft ont étudié les transformations in vitro des cellules sexuelles du coq. Les recherches sur la survie des tissus et des organes prennent donc un très grand développement.
- Parmi les recherches sur les actions humorales, citons les faits d’anaphylaxie alimentaire prolongée observés par Richet.
- On sait que l’introduction dans l’organisme d’une substance organique étrangère peut, suivant la nature de cotte dernière, produire deux phénomènes différents : l’immunité, ou son contraire l’anaphylaxie (La Nature n° 2019). L’anaphylaxie est un phénomène très général et l’on a démontré qu’il
- se produit non seulement apres injection, mais encore après ingestion de la substance anaphylactisante. Dans ce dernier cas, il faut que la substance ingérée passe dans la circulation. Diverses expériences ont montré qu’il en est bien ainsi, et cette année Bernard, Debré et Porak ont pu retrouver dans le sang de malades ayant mangé de la viande de cheval crue, l'albumine du cheval en petite quantité. Richet vient de prouver que cette anaphylaxie peut durer fort longtemps; ayant fait ingérer à un chien un gramme de crépitine (poison extrait de l’euphorbe) par kilogramme de poids, cette absorption ne fut suivie d’aucun phénomène pathologique; deux mois après, une nouvelle ingestion de 0 gr. 05 par kilogramme produisit un léger trouble; plus d’un an après, une injection de 0 gr. 0045 provoqua la mort en 25 minutes. Ces faits sont d’une grande importance théorique et pratique. Ils peuvent, par exemple, expliquer la sensibilité de certaines personnes à des aliments particuliers,, et l’on a déjà attribué à l’anaphylaxie le rhume des foins, l’asthme, l’urticaire.
- R. Legendre.
- Fig. 2. — L’appareil de M. Cohendy pour l’élevage aseptique des poulets.
- LA BIOLOGIE
- Les deux tendances que nous signalions l’an dernier se retrouvent, bien entendu, cette année : d’une part, les explications physico-chimiques de la vie ; d’autre part, celles mettant en jeu des facteurs internes inconnus.
- Bohn et Drzewina, en privant d’oxygène des animaux inférieurs, soit en les plaçant dans un tube de gaz inerte, soit en leur donnant du cyanure de potassium, ont observé l’inégale résistance des diverses catégories suivant l’habitat, et ont obtenu des modifications curieuses de certaines espèces, une méduse entre autres, dont le nombre des bras varie dans ces conditions.
- Un beau mémoire d’Arnold Pictet contient des observations très complètes sur le mécanisme de la variation de couleur des Papillons. On sait qu’en faisant varier la température, l’humidité, en nar-cotisant ou centrifugeant des pupes de Papillons, on produit des variations souvent considérables de la couleur des ailes, variations qui s’observent naturellement aux diverses saisons ou suivant le climat et qui ont fait parfois créer des espèces distinctes pour des formes d’apparence très différentes. M. Pictet, en réunissant les observations et les expériences antérieures sur le dimorphisme saisonnier, sur l’influence de l’humidité, de la sécheresse, de la tempé-
- rature, dè la lumière, des agents chimiques, de la nourriture, de l’électricité, des actions mécaniques diverses, et en y ajoutant ses propres recherches relatives à l’influences des températures élevées sur de nombreux papillons, arrive à cette conclusion intéressante que dans tous ces cas, les parties de l’aile varient de la même façon, en s’éclaircissant ou s’assombrissant et que cet albinisme et ce mélanisme sont une réaction au changement de milieu quel qu’il soit, se produisant chaque fois qu’un Papillon passe d’un milieu qui lui est habituel dans un autre où une condition quelconque est changée, si bien qu’on peut trouver des individus mélanisants ou al-binisants dans tous les climats.
- Le mimétisme semble être de plus en plus inexpliqué. On sait en quoi il consiste, les observations d’animaux ayant la couleur du sol où ils vivent : fauves du désert, animaux blancs du pôle, insectes verts sur les feuillages, etc., celle d’autres animaux ayant des ressemblances de formes extraordinaires : chenilles semblables à de petites branches, papillons dont les ailes ont la forme et le dessin des feuilles, poissons ressemblant à des algues, sésies (papillons ) inoffensifs imitant les guêpes, papillons inodores comparables à d’autres dégageant une odeur forte, serpents non venimeux
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- imitant les Éiaps venimeux, etc., toutes ces observations avaient conduit à considérer le mimétisme non comme un hasard, mais bien comme une loi qu’on s’efforcait d’expliquer, le plus souvent en admettant que les animaux imitateurs étaient avantagés au point de vue de la lutte pour l’existence,
- un ver, coupés en deux, se réparent : la partie postérieure régénère une partie antérieure, l’antérieure une postérieure. Ce pouvoir de régénération va en s’amoindrissant chez les êtres supérieurs et, chez les mammifères il est limité à la cicatrisation des plaies peu étendues. Chez les êtres inférieurs,
- soit qu’ils passent inaperçus aux yeux de leurs ennemis grâce à leur homochromie, soit qu’ils les dépistent par leur ressemblance avec d’autres espèces. Cette explication donnait bien la raison de la persistance des animaux mimétiques, mais non celle de leur création ; de plus, elle avait le défaut d’être anthromorphi-que, c’est-à-dire de considérer que ce qui est vrai pour les sens de l’homme, l’est aussi pour ceux des animaux. Les recherches de ces dernières années ont montré qu’il n’en est rien et que la couleur protectrice ou la ressemblance des formes qui semblent à nos yeux si parfaites, n’empêchent pas beaucoup d’animaux de distinguer parfaitement v.un insecte vert sur un fond vert ou une chenille
- il est beaucoup plus considérable; une récente expérience du D1' Holmes (La Nature, n° 2027) le montre bien : une planaire, ver plat qu’on rencontre dans l’eau, coupée en une dizaine de morceaux, a donné une dizaine d’individus complets, mais plus petits,
- lesquels sectionnés à nouveau, ont encore régénéré. Continuant cette opération, le Dl Holmes est parvenu à obtenir des planaires complètes 1500 fois plus petites que l’animal normal (fig. 4).
- Les questions d’hérédité sont toujours l’objet de nombreuses recherches. Les tendances des chercheurs sont discordantes sans qu’on aperçoive où est la vérité. Les uns sont partisans de la loi de Mendcl (V. notre Revue de l’an dernier) et cherchent
- Fig. 3. — Lasiocampa quercus, d’après Piolet.
- immobile comme une branche, etc. Le Dr Rabaud vient de donner une bonne étude critique de ce mimétisme et de montrer que les explications fournies étant insuffisantes, la question est tout entière à reprendre.
- La régénération est une propriété de la matière vivante qui a le pouvoir de réparer les troubles apportés à son organisation ; un protozoaire, une hydre,
- à la vérifier, les autres donnent au milieu une importance prépondérante; certains cherchent des exemples de variations lentes et continues, d’autres observent des mutations brusques, mais toutes les expériences entreprises ne durent pas assez longtemps pour que leurs résultats soient définitifs et nous nous dispenserons de citer les nouveaux travaux parus cette année.
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- Ces études sur l’hérédité ont conduit à rechercher les meilleures conditions pour le développement de l’homme et l’on a réuni sous le nom d’eugénique l’ensemble des facteurs favorables à ce développement. Un congrès, tenu à Londres du 24 au 30 juillet dernier, dont il a été beaucoup parlé, a associé pour cette étude des biologistes, des hygiénistes, des médecins, des statisticiens, des sociologues, etc.
- Faut-il parler, dans cette revue de biologie, des chevaux savants d’Elberfeld, Hans et ses compagnons. Les questions de psychologie comparée sont toujours fort délicates, car les animaux, quand ils pensent, ne pensent pas forcément comme nous et ne nous renseignent d’aucune façon sur la finesse de leur psychologie. On a fait, en ces dernières années, un étrange abus de ce mot psychologie pour désigner toutes sortes de façons d’agir des animaux inférieurs, qui ne nous instruisent nullement sur leurs sentiments et sur leurs pensées, et qui ne sont que des actions physiologiques auxquelles nous attribuons, par analogie avec nous, une origine psychologique. Quoi qu’il en soit, mentionnons ici sans commentaires, quitte à en reparler plus longuement un autre jour, les merveilles de Hans et de ses compagnons qui font couler tant d’encre en ce moment.
- Voici les faits : il y a une vingtaine d’années, Wilhelm von Osten, de Berlin, dressa un cheval intelligent, Hans, à calculer et à résoudre de petits problèmes, puis à lire, à reconnaître les accords
- musicaux, à indiquer la date de chaque jour de la semaine, etc. Le cas parut si extraordinaire que les savants s’en occupèrent, qu’une commission fut nommée et que, finalement, on reconnut que Hans répondait exactement en observant les signes approbateurs, imperceptibles et inconscients que lui faisaient son maître ou les assistants. L’affaire paraissait terminée, quand, cette année, paraît un livre de M. Karl Krall, Denkende Tiere, qui remet tout en question.
- M. Krall, continuant les essais de von Osten présente non plus un cheval, mais 6 chevaux savants, le vieil Hans, puis Muhamed, Zarif, Hænschen, Amasis, Haroun. Ceux de ces chevaux dont l’éducation est déjà assez avancée, savent compter, faire les 4 opérations, extraire des racines carrées, cubiques, quatrièmes, résoudre de petits problèmes, que les questions leur soient posées en français ou en allemand ; ils savent lire et écrire conventionnellement leur nom et de courtes phrases. On comprend qu’une pareille révélation agite les esprits; partout on discute, les uns pensant que le fait n’est pas impossible, les autres supposant une supercherie. 11 faut reconnaître que les chevaux ont pu être ohservés, même en l’absence de leur propriétaire, par des savants de valeur : les professeurs Besredka, Kraemer, Sarasin, Ziegler, Claparède, Buttel-Reepen, Mackenzie, Assagioli, et qu’ils se sont fort bien comportés. 11 faut attendre pour se prononcer sur un fait si extraordinaire.
- ; R. Legendre.
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- Fig. 4. — Les tailles successives des pla-. naires régénérées du Dr Holmes.
- LA ZOOLOGIE
- Une des grandes préoccupations de l’heure présente est la protection du gros et du petit gibier, car il est impossible de se dissimuler que ce gibier devient de plus en plus rare chaque année, dans tous les pays où la civilisation pénètre et s’installe pour mettre le sol en valeur. Aussi des Commissions spéciales, chargées d’étudier les moyens de protéger la faune sauvage, ont-elles été convoquées au Ministère des Colonies comme à celui de l’Agriculture.
- La domestication des animaux sauvages est un des moyens les plus sûrs de les conserver. La souche sauvage de nos animaux domestiques est presque partout éteinte, tandis que leurs descendants, soumis à l’homme, ont été transportés et acclimatés sur tous les points du globe. Dans ces derniers temps, on s’est avisé, particulièrement dans l’Amérique du Nord, qu’il y aurait avantage à domestiquer certains animaux restés jusqu’ici sauvages, mais dont la dépouille est utilisée par l’homme sous
- forme de fourrures : c’est ainsi que se sont fondées les Fermes à Renards qui sont en train de se multiplier aux États-Unis et au Canada (Q.
- L’installation de ces fermes est des plus simples ; il est également facile de se procurer les sujets que l’on garde en captivité et qui deviennent, en se reproduisant, la base d’un élevage très rémunérateur au bout de quelques années. Mais le point intéressant était d’améliorer cet élevage et d’arriver, par un choix raisonné des reproducteurs, à ne produire que de belles fourrures répondant au type que la mode recherche et qui est demandé par le commerce. Le Renard américain ( Vulpes fulva) dit « Renard argenté » varie beaucoup de couleur suivant les localités, depuis le roux vif, semblable à la robe du nôtre, jusqu’au gris argenté et au noir intense, et ce sont ces deux dernières teintes qui sont les plus recherchées et se payent le plus cher. La longueur
- 1. Troüessart. L’industrie des fourrures et les fermes à renards argentes (Revue scientifique), 5 mars 1910.
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- et la beauté du pelage sont naturellement en rapport avec la rigueur de l’hiver, ce qui indique que cet élevage ne peut être lucratif que dans les régions les plus froides du pays. Par une sélection soigneusement faite, les éleveurs sont parvenus en peu d’années à produire presque exclusivement des sujets à robe très foncée, et certaines de ces peaux, provenant de Renards que l’on peut dire domestiques, ont été vendues sur le marché de Londres à des prix supérieurs à ceux que l’on offrait naguère des peaux noires ou argentées provenant d’individus tués à l’état sauvage.
- Il existe également, au Canada et dans l’Alaska, des fermes à Renards bleus, ou plutôt à Renards blancs, car ce sont les peaux d’un blanc pur que la mode recherche, au moins en ce moment, à l’égal des peaux d’un noir parfait.
- C’est une autre espèce, le Renard polaire ou Isatis ( Vulpes lago-pus), qui fournit ces peaux. On la trouve dans l’extrême nord des deux hémisphères, de la mer de Behring au Spitz-berg. En été, son pelage est non pas « bleu », mais d’un gris brunâtre et trop peu touffu pour fournir une belle fourrure. Mais en hiver le poil
- s’allonge et passe au blanc parfait, comme celui de la plupart des Mammifères polaires, et c’est sous cette forme qu’on le prépare pour en faire des étoles, des « boas » et d’autres vêtements servant à la parure des dames. Dans ces fermes, la sélection doit également s’exercer, car dans certaines localités moins froides, par exemple en Islande, la fourrure de l’animal ne devient pas blanche en hiver.
- Il est fort probable que cette demi-domestication pourrait s’étendre à d’autres animaux, par exemple à la Marte Zibeline dont la fourrure est plus précieuse encore et, si je ne me trompe, des tentatives ont été faites dans ce sens en Sibérie, patrie de la Zibeline.
- Une autre fourrure, très à la mode l'hiver dernier
- en raison de ses teintes variées, mais devenue rapidement trop commune en raison de son abondance et de son prix relativement peu élevé, est la fourrure d'Opossum. Ce n’est pas l’« Opossum » de l’Amérique du Nord, ainsi nommé dans la langue des Peaux-Rouges, qui la fournit, mais un autre Marsupial très différent qui habite l’Australie et y est, paraît-il, très commun. Avant l’arrivée des Européens, les naturels du pays s’en nourrissaient et se couvraient de sa peau. Le goût de sa chair, fortement musquée, ne peut plaire à un palais civilisé; par contre, sa fourrure chaude et un peu laineuse a été de tout temps utilisée par les colons. C’est le Phalanger renard (Trichosurus vul-pecula) des naturalistes. Son pelage, d’un gris brun sur le dos, est d’un gris clair sous le ventre, et c’est le contraste entre ces deux teintes que l’on utilise de façon variée pour produire ces rayures que montrent les fourrures mises à la mode l’hiver dernier. En 1891, le nombre de peaux d’Opossum apportées sur le marché de Londres atteignait déjà trois millions de peaux. Il est probable qu’en 1911 et 1912* ce chiffre a été de beaucoup dépassé. Le prix varie, suivant la qualité, de 0 fr. 25 à 2 francs par peau brute (*) et en raison de la petite taille de l’animal et des déchets que beaucoup de peaux pré-
- 1. Ces prix sont ceux de 1891 ; ils onl dû augmenter depuis.
- Fig. i. — Le Renard bleu (Vulpes lagopus), en pelage d’hiver {blanc) et en pelage d’été (brun ou gris ardoisé).
- Fig. 2. — Trois pelages du Renard argenté : roux (au premier plan); noir (à gauche); argenté (en haut).
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- sentent, il faut de 80 à 120 peaux pour faire une écharpe de dame. Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud s’est ému de la destruction de ces animaux, faite sur une aussi grande échelle, et a réglementé leur chasse.
- D’un autre côté, une Société est en train de se constituer pour élever les Opossums dans un état de demi-domesticité, à l’exemple des fermes à Renards des États-Unis. On obtiendrait du gouvernement, moyennant finance, la location d’un vaste enclos ren-fermant les arbres sur lesquels vivent les Opossums, et l’on mettrait cet établissement en valeur par les mêmes moyens qui ont réussi aux Etats-Unis pour les deux espèces de Renards dont il a été question ci-dessus.
- Le véritable « Opossum » des États-Unis, que les naturalistes appellent Diclelphys marsupialis, est aussi l’objet, dans ce pays, d’un élevage qui en fait un animal semi-domestique. Mais sa fourrure est de peu de valeur, et ce n’est pas pour sa peau, mais pour ses qualités culinaires qu’on le recherche.
- Tous les grands hôtels de New-York font, figurer sur la carte de leur dîner le ,« rôti d’Ppossum ».
- Chaque jour, des caisses pleines de ces animaux , vivants, expédiées par les fermes d’élevage, les amènent à la ville par le chemin de fer, comme chez nous on expédie les poulets et les lapins destinés à l’alimentation.
- . }Si des Mammifères nous passons aux Oiseaux, nous retrouvons la même préoccupation de protéger les espèces utiles et précieuses, ou de les élever en domesticité. On sait la consommation énorme de plumes que fait la mode actuelle pour l’ornement des chapeaux de dames, et des ligues se sont formées, notamment en Angleterre et aux États-Unis, pour défendre les Oiseaux contre la destruction qui en est faite afin de leur enlever cette parure. Les dames qui font partie de ces ligues s’enga-
- gent à ne plus porter de plumes sur leur tête.
- A l’exemple des pays anglo-saxons, il s’est créé chez nous, tout récemment, une Ligue française pour la protection des Oiseaux, fondée sous les auspices de la Société nationale d'Acclimatation de France. Cette ligue publie un bulletin mensuel où elle cherche à vulgariser dans le public, particulièrement près des femmes et des enfants, les notions et les moyens pratiques qu’embrasse le vaste programme qu’elle s’est tracé. Le Ministère de l’Agriculture a demandé à la Commission qu’il a instituée de dresser à nouveau, pour la France, la liste des Oiseaux utiles et nuisibles, question des plus délicates, car il est tel Oiseau, notre vulgaire Moineau par exemple, que l’on peut considérer comme utile au printemps, époque où il nourrit ses petits d’insectes, et qui devient nuisible à l’automne quand il ne se nourrit plus que de graines de toutes sortes.
- Le principal Oiseau domestiqué dans les temps modernes est l’Autruche, si recherchée à cause de ses plumes magnifiques, et qui a déjà disparu du nord de l’Afrique où elle existait autrefois. Elle vit encore dans l’Afrique australe. Les premiers essais pour la domestiquer dans la Colonie du Cap remontent à cinquante ans. En 1865, les fermes à Autruches de ce pays en possédaient quatre-vingts; aujourd’hui on en compte plus d’un million nées en domesticité et les plumes de ces oiseaux domestiques sont plus belles et se payent plus cher que celles des Autruches sauvages. Des essais qui semblent devoir être couronnés de succès ont été faits pour fonder des fermes semblables dans les colonies françaises, notamment à Madagascar, près de Tulléar, et en Tunisie, à Kebili.
- On cherche aussi à domestiquer les deux espèces d’Aigrettes. Le Syndicat des marchands de plumes
- Fig. 3. — L’Opossum d’Australie (Trichosurus vulpecula).
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- LA BOTANIQUE
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- de Paris a fondé un prix destiné à récompenser l’éleveur qui le premier aura réussi à fonder une ferme à Aigrettes donnant des profits certains. En attendant, le Ministère des Colonies prend des mesures pour protéger les deux especes africaines. Les héronnières, où ces Oiseaux se réunissent pour nicher le long des rivières, seront divisées en quatre sections : la première constituera une réserve permanente où il sera défendu absolument de chasser; les trois autres seront alternativement affermées pour un an et la chasse au fusil y sera seule autorisée.
- Les Oiseaux de Paradis, que l’on ne trouve qu’à la Nouvelle-Guinée, et qui fournissent ces légers panaches si admirés sur la coiffure de nos dames, ont été traqués sans merci par les indigènes et les chasseurs européens et sont devenus rares dans leur pays d’origine. Un riche anglais, Sir William Ingram,
- a entrepris de leur donner un asile inviolable dans la petite île de Tabago, une des Antilles. Quarante-sept Paradisiers, de l’espèce Paradisia apoda, ont été transportés et lâchés dans cette île en septembre 1909. Ces Oiseaux étaient jeunes et, aux dernières nouvelles, n’avaient pas encore pris les belles plumes qui caractérisent le mâle adulte. Il y a cependant lieu d’augurer que cet essai d’acclimatation d’un hémisphère dans l’autre réussira avec le temps.
- Pour donner satisfaction à la fois à la mode et à la Ligue pour la protection des Oiseaux, les plumas-siers se sont évertués à imiter les plumes d’Aigrettes et de Paradisiers avec des plumes d’oiseaux domestiques et principalement de Coqs et de Poules. Ils y sont presque parvenus, mais ces imitations ne peuvent tromper les connaisseurs. E. Trouessart,
- Professeur au Muséum Isaliona
- LA BOTANIQUE
- L’année qui vient de s’écouler a fourni des travaux de botanique intéressant aussi bien l’agronomie que la science pure. On s'est beaucoup occupé cette année de l’étude des engrais et de la nature du sol :
- MM. Müntz et Gaudechon ont constaté que les engrais phosphatés épuisent peu à peu leur énergie, et qu’il ne faut pas, au début d’un assolement, en donner pour plusieurs années d’un coup, mais au fur et à mesure des besoins. M. Demolon, à la suite de M. Boullanger, a reconnu que les plantes (surtout les Crucifères) que l’on cultive pour leurs racines, augmentent beaucoup par l’adjonction de soufre — même en fleur — dans le sol : le gain
- en poids varie entre la moitié et le double. Les feuilles étant plus vertes et jaunissant moins, le soufre agirait peut-être en favorisant la formation de la chlorophylle. Si l’on mêle à la terre des corps radioactifs ou des sels à dose assez minime pour agir comme catalyseurs, les résultats sont fort dif-Fig- 2. — Larve de hanneton férents. M. Foul-dètruite par maria densa. ques, en mêiant
- aux engrais des
- traces de composés d’uranium, a vu la récolte diminuer de 4/6 environ; M. Boullanger a souvent, mais
- pas toujours, obtenu une augmentation de poids en ajoutant au sol 1/50 000 de sels de manganèse, fer, silicium....
- Il a beaucoup été parlé cette année (V. La Nature, n° 2056) duDry-farming, méthode américaine de culture en terrains secs ; je rappelle seulement que c’est une réunion judicieuse de précautions appropriées, mais non originales : tassement du sous-sol pour arrêter l’eau de la surface, labour profond de celle-ci pour éviter le ruissellement, enfouissage d’engrais vert, exploitation faite tous les deux ans. Un laboratoire pour l’étude de l’exploitation des déserts a même été installé à Tucson, dans l’Arizona (n° 2029).
- M. Delassus, en supprimant 1/4, 1/2 ou 5/4 des réserves cotylé-donnaires d’une graine en germination, a Observé le ralentissement de la croissance, le retard de la floraison, l’amoindrissement de la taille, du nombre des fleurs, etc. A cette question des réserves du fruit se rattache un important travail de M. Ed. Ileckel sur la castration du maïs et du sorgho : en supprimant complètement et avant septembre les ovaires et étamines, il provoque une grande augmentation du sucre ; mais la qualité du jus sucré convient mal
- Fig. i. Isaria densa attaquant un ver blanc.
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- LA MÉDECINE
- aux procédés actuels de traitement industriel.
- Les parasites sont toujours l’objet de beaucoup de recherches; M. Muller-Thurgan vient d’établir que la germination des spores (conidies) du mildiou se fait seulement à la face
- Fig. 4. Fig. 5.
- Lepiota pocera. Pleurote corne d’abondance.
- pour que les bouillies à sels de cuivre puissent agir, c’est donc la face inférieure des feuilles qu’il
- faut en asperger. Contre le puceron lanigère du pommier, M. Le Moult a proposé d’employer des champignons parasites (Botrylis,
- SporotricJmm) (fig. 1, 2 et 5) que l’on cultiverait pour les projeter sur j la tige et les branches, et qu’on en- ! fouirait aussi au pied de l’arbre. On sait que depuis assez longtemps déjà l’on emploie avec succès la culture de Botrytis cinerea pour en infester les vers blancs.
- Après avoir réussi l’an dernier à cultiver un Pleurotus, M. Matruchot vient d’obtenir le développement complet du Lepiola procera, ou Coucou-melle, champignon comestible excellent : et cela sur des substrata organiques à peu près quelconques ; une fois les spores ensemencées, Fig. 6. la croissance s’est effectuée jusqu’à ^i^roTe production des chapeaux (figures culture pure /, k „t à l’air libre.
- ~ . J' . (Matruchot.)
- Voici donc un certain nombre de
- grands champignons dont on peut dès à présent essayer la culture industrielle. Rémi Ceillier,
- Docteur es sciences naturelles.
- LA MÉDECINE
- Si la maladie est une lutte, la santé n’est elle-même qu’une paix armée, car les humeurs contiennent de quoi emprisonner, immobiliser, précipiter, dissoudre les substances nocives, les neutraliser. C’est là le rôle des précipitines, lysines agglutinines et autres forces cachées et quelque peu mystérieuses, qui se rapprochent par beaucoup de points des esprits vitaux et animaux d’autrefois et qu’on étudie beaucoup en ce moment.
- La sérothérapie n’est qu’une adjonction artificielle de ces défenseurs ; la vaccination n’est qu’une provocation de l’organisme à les créer.
- La Nature a déjà parlé de la vaccination anti-1 typhique (nos 2017 et 2063).
- S’il semble bien que la science ait triomphé de la fièvre typhoïde, il n’en est pas encore de même de cet autre fléau de l’humanité, le cancer. Depuis les travaux de Wassermann sur la chimiothérapie du cancer des souris, par l’injection d’une combinaison éosine-sélénium, les recherches expérimentales se poursuivent de tous côtés sur le traitement du cancer par le sélénium, le cuivre, le soufre. Chez l'homme, on a bien signalé quelques améliorations locales et générales, mais on ne peut actuellement parler de la guérison du cancer.
- Les recherches de ces dernières années sur les glandes à sécrétion interne ont montré que toute glande,foie,thyroïde, ovaire,hypophyse, etc., déverse dans le milieu intérieur des substances capables d’éveiller, d’exciter les autres glandes, par l’inter-
- médiaire du sang ou du système nerveux, et celui-ci réagira d’une façon spéciale aux hormones, c’est-à-dire aux excitants spécifiques de telle ou telle glande.
- Que la sécrétion interne d’un organe diminue, il en résultera certains troubles ; qu’il existe une hypersécrétion exagérée d’une glande, d’autres troubles apparaîtront, dus aux lésions ou à l’accumulation des produits de sécrétion dans les humeurs.
- On a pensé immédiatement qu’il serait possible de faire disparaître ces troubles en administrant, suivant les cas, un extrait de la glande qui est en hypofonctionnement ou bien un extrait d’une glande antagoniste à celle qui se trouve en hyperfonction-nement : ainsi est née la pratique de Y opothérapie.
- Faisons-nous, en effet, autre chose aujourd’hui quand nous prescrivons de l’extrait de bile, de sang, de thyroïde, de surrénale, d’hypophyse, d’ovaire, de pancréas, de poumon, de foie, d’estomac, etc. ; car il n’est pas actuellement une glande ni un organe qui ne soit administré, soit à l’état frais, soit à l’état sec, sous forme de cachets, de pilules ou d’ampoules injectables.
- Quel est, en effet, le meilleur traitement moderne de l’anémie ou des grandes hémorragies, sinon les injections de sérum sanguin ou de sang humain défibriné !
- Et si cette thérapeutique a échoué, il nous reste le remède héroïque, la transfusion du sang ; les recherches de Carrel sur la suture vasculaire, celles de Crile, de Tuffier ont contribué à mieux régler la
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- L'HYGIENE PUBLIQUE r~...... . — 115
- technique de cette opération, qui consiste essentiellement dans l’anastomose de l’artère radiale du « donor » et d’une veine du membre supérieur ou inférieur du « receptor ». Cette méthode permet de lutter très efficacement contre les grandes anémies
- puisqu’elle introduit dans l’organisme une quantité considérable de sang vivant ; cependant sa difficulté, ses dangers mêmes conduisent, même aujourd’hui, à réserver son application aux heures tragiques et dans les cas très graves.
- L’HYGIÈNE PUBLIQUE
- L’eau pure et la carie dentaire. — Vaccination contre la fièvre typhoïde. — Stabulation des huîtres.
- L'eau pure et la carie dentaire. — On a fait grand bruit, en Allemagne et en France, de l’inlluence fâcheuse des eaux bouillies, stérilisées, distillées sur le développement de la carie dentaire. On a prétendu que ces eaux, trop pures, ne contenant plus de sels minéraux, attaquaient les os et les dents et provoquaient leur déphos-phatisation et leur décalcification. Cette question a été examinée par une commission scientifique spéciale, et officielle qui a conclu que les craintes ainsi exprimées étaient mal fondées ou tout au moins fort exagérées.
- L’emploi de la baguette divinatoire pour la recherche des eaux souterraines prend beaucoup d’extension en Allemagne : une association spéciale s’est fondée à Stuttgart pour l’examen de tout ce qui se rapporte à cette question.
- En France, une sous-commission a été chargée du même objet au Ministère de l’Agriculture (nos 2016, 2047, 2065).
- Vaccination contre la fièvre typhoïde. — Pendant l’été de 1912, une terrible épidémie de fièvre typhoïde a sévi à Avignon, prouvant une fois de plus le danger des eaux contaminées ; mais MM. les professeurs Chantemesse et Vincent ont, chacun de leur côté, mis en application un système de vaccination antityphoïdique qui donne les meilleurs résultats (nos 2017 et 2065).
- Un laboratoire de vaccination antityphoïdique a été installé, par M. Chantemesse, à Nantes, et un autre, par M. Vincent, au Val-de-Grâce à Paris pour les besoins de l’armée.
- Stabulation des huîtres — La salubrité des huîtres, trop souvent accusées de transmettre la fièvre typhoïde et souvent, il est vrai, contaminées par les apports d’eau d’égout, vient enfin d’être
- assurée grâce à la stabulation imaginée par M. Fabre Domergue, inspecteur général des pêches [La Nature, nos 2022 et 2056). Les huîtres, placées pendant quelques jours dans l’eau de mer filtrée, s’y débarrassent de leur contenu intestinal, s’y lavent et peuvent être ensuite consommées sans danger.
- Le Musée d’Hygiène de la Ville de Paris a été inauguré le 6 novembre 1912 (n° 2025).
- Le traitement des eaux de boisson par les hypo-chlorites alcalins (javellisation) n’a pas été recommandé aux petites villes de France. Elle a même été interdite dans les garnisons à cause des difficultés matérielles de son application (n°2026).
- La ville de New-York donne une grande extension à son alimentation en eau potable, A l’approvisionnement réalisé par le grand barrage de Groton au nord de la ville, elle en ajoute un beaucoup plus considérable : il sera constitué par la digue d’Ashokan en voie d’achèvement, qui concentrera les ruissellements des monts Catskill sur la rive droite de l’Hudson au nord-ouest de New-York. En outre, la grande cité va procéder, au prix de 40 000 000 francs, à l’édification de tout un système de filtrage, qui est en effet fort désirable.
- Une loi du 10 juillet 1912 a réglementé fort utilement pour la santé publique l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades.
- Le nouvel établissement filtrant de Saint-Maur, près Paris, a été terminé. Il peut augmenter de de 80 000 ms d’eau purifiée par jour, la provision alimentaire de la ville de Paris. Il a coûté 5 400 000 francs (n° 2050).
- Le rapport de M. Mirman sur la .statistique sanitaire de la France de 1906 à 1910 établit ce qui
- Le grand barrage de Croton pour l'alimentation de New-York en eau potable.
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- suit en 1910, les décès par lièvre typhoïde sont tombés à 5165 ; la mortalité infantile diminue ; la tuberculose reste la principale cause de mortalité, 85 088 décès en 1910; elle est subordonnée étroitement à l’alcoolisme, « véritable ennemi public contre lequel les services d’hygiène sont totalement désarmés ». Le coefficient de la mortalité est de 17,98 pour 1000 habitants en 1910, supérieur à ceux de l’Allemagne, de la Suisse, de la Belgique, de l’Angleterre, des Pays-Bas. Ce taux pourrait être abaissé en France à 14 pour 1000 habitants si les Français observaient mieux les règles d’hygiène et se résignaient à une énergique lutte légale et sociale contre l’alcoolisme (2053 suppl.).
- Pour l’alimentation en eau potable de la ville de Toulon (Var), on a mis en service, en 1912, le
- nouveau barrage-réservoir dé Dardenne, construit par la Compagnie générale des Eaux de Paris, et haut de 55 m. Cet ouvrage, par une conception fort ingénieuse, constitue une sorte de serrement des eaux souterraines de la Foux et du Ragas ; il a réalisé la régularisation des émissions d’eaux intermittentes qui suintent, en fonction de l’abondance des pluies d’amont, entre la Petite Foux (ait. 96 m. 15) et le grand Ragas (149 m. 50). C’est un dispositif des plus curieux appliqué pour la première fois et qui dote la ville de Toulon d’une réserve de 1 500 000 m3 d’eau pure. Pure, du moins si la municipalité tou-lonnaise veut bien tenir la main à l’exécution rigoureuse des mesures de précaution, qui lui ont été imposées par le Ministère de l’Intérieur (Y. Revue cTHygiène, 20 déc. 1912).
- LA GEOGRAPHIE
- Explorations et expéditions. — Géographie physique. — Cartographie. — Géographie politique. — Institutions et congrès.
- Explorations et expéditions. — Le grand fait de l’année est la découverte du Pôle Sud !
- Le 14 décembre 1911, le Pôle Sud a été découvert par le Norvégien Amundsen (n05 2025 et 2066). La Société de Géographie a reçu le vaillant explorateur le 16 décembre 1912.
- - Rappelons également que la mission Legendre qui avait failli, être assassinée dans le pays des Lolos, en Chine, le 25 octobre 1911, a réussi à rentrer en France. Elle a été reçue solennellement à la Sorbonne par la Société de Géographie le 15 novembre 1912.
- Le 27 janvier 1912, le colonel Rollet a pénétré dans Oualata, la ville mystère du Sahara nigérien à 600 km ouest de Tombouctou (n° 2062).'
- Deux nouvelles expéditions ont opéré dans le Groenland et seront continuées en 1913 (n° 2055).
- L'expédition Bullock-Workmann dans le Kara-koram, en 1911, a fait connaître que le glacier de Siaçhen (triangulé par le docteur C. Calciati) aurait 80 km de longueur et serait le plus grand d’Asie.
- Géographie physique. — Le projet de barrage du Rhône près Bellegarde (Ain) devra être mis à exécution de manière à ne pas nuire à la beauté de la perte et du caîïon du Rhône; il importe de renoncer.au grand barrage unique de Génissiat qui noierait irrémédiablement ces sites exceptionnellement remarquables (2021).
- Le rocher branlant de Tandil (République Argentine') est tombé le 29 avril 1912 (n° 2041, Inf.). Il paraît qu’on vient d’en découvrir un semblable dans les environs.
- Les érosions marines attaquent de plus en plus les côtes de Vendée qui doivent être défendues par des travaux spéciaux (ne 2016).
- Il en est de même dans les Bouches-du-Rhône où les Saintes-Marie-de-la-Mer sont de plus en plus en péril (n° 2028).
- Cartographie. — Les 5 premières feuilles de la
- carte du monde au 1/1000 000 ont été publiées et mises en vente (2024). (2 d’Ecosse, France du Nord, Turquie, Afrique du Sud). Cette carte doit comprendre 2084 feuilles dont 500 pour les terres.
- Le service géographique de l’armée dresse des levés de précision au 1/10 000 et au 1 /20 000, dont des extraits sont délivrés moyennant un tarif fixe aux particuliers, aux communes et aux administrations qui en font la demande (n° 2048).
- Le même service met en vente des levés au 1/10000 des oasis algériennes, qui constituent un véritable plan cadastral (n° 2055).
- Enfin il a commencé le levé au 1 /200 000 d’une carte] topographique du Maroc, qu’il espère terminer en 3 ou 4 ans.
- Géographie politique. — La cession d’une partie du Congo français à l’Allemagne a amené des modifications géographiques expliquées par le baron Hulot dans le n°l de la Géographie (15 janv. 1912).
- La Tripolitaine, devenue possession italienne, va pouvoir mettre à profit les recherches des divers explorateurs italiens ou autres, qui ont fait connaître l’existence d’eaux souterraines dans son sous-sol.
- Institutions et congrès. — La Conférence Internationale de l'Heure a adopté, comme heure universelle, celle de Greenwich et un code de signaux pour les centres d’émissions horaires. Un bureau international de l’heure sera créé à Paris, qui deviendra le centre horaire international, la Tour Eiffel devant être la station centrale de signaux (n° 2060).
- Le musée Alpin de Miïnich a été inauguré au début de l’année 1912. (n° 2040).
- La Société de Géographie de New-York a invité 42 géographes européens représentant les principales sociétés de géographie et universités d’Europe, à une excursion transcontinentale tout autour des États-Unis. Ce voyage d’études, dirigé avec une rare compétence par le Pr W. Morris Davis, a duré deux
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- PREHISTOIRE — L’OCÉANOGRAPHIE ----: 117
- mois, d’août à octobre, et s’est effectué dans des conditions particulièrement favorables.
- Le parc National Suisse du val Cluoza (Grisons-Suisse) a été définitivement établi et montre ce qu’il y aurait lieu de faire en France dans le même ordre d’idées (nos 2018 et 2067). En Allemagne, la
- sauvegarde des monuments de la nature sous la direction du Pr Conwentz est très heureusement devenue l’objet d’une organisation officielle (n° 2045).
- Le comité France-Amérique a fait élever aux États-Unis un monument à Champlain à l’occasion de son 3e centenaire. E.-A. Martel.
- PRÉHISTOIRE
- Au début de 1911, le DrLalanne avait découvert dans l’abri sous roche de Laussel (Dordogne) un bas-relief sculpté représentant une femme de l’époque del’âge du renne (n° 2020, Inf.). Une seconde et une troisième découverte du même genre ont suivi ; malheureusement la troisième a été volée et vendue à l’Allemagne.
- Le Dr II. Martin a restauré le crâne moustérien trouvé par lui en 1911 à La Quina (voir Bulletin de la Société préhistorique française de juin 1912) ; il a recueilli au même lieu d’autres ossements humains moustériens, appartenant probablement à neuf individus et dans des conditions de dispersion qui font « actuellement conclure que la sépulture n’était pas en usage chez les moustériens de La Quina, pas plus que la décarnisation ni l’anthropophagie. » (C.R. Ac. Sc., 11 nov. 1912).
- A la Ferrassie (Dordogne), M. le Dr Capitan et M. Peyrony ont trouvé deux squelettes d’enfants moustériens qui avaient, au contraire, selon ces auteurs, été enterrés intentionnellement, avec un rite sépulcral indiscutable (C. B. Ac. Insc. et Bel. Let., 30 août 1912).
- A Laussel (Dordogne), MM. Capitan et Peyrony également ont dégagé le squelette d’un magdalénien, peut-être l’auteur de la curieuse frise sculptée au front de cet abri sous roche et représentant 5 chevaux; il aurait été enterré aussi.
- Les découvertes de peintures et gravures pi'éhis-toriques ont continué à se multiplier en Espagne en 1910,1911 et 1912, tant dans les cavernes que dans
- les abris sous roche et même sur des roches à l’air libre, et ce par les soins de MM. Breuil, Obermaier, Alcalde del Rio, le P. Sierra et Juan Cabré, aux frais de l’Institut de paléontologie humaine fondé par le Prince de Monaco. La nouvelle grotte de la Pasiega (Santander) avec 262 peintures et gravures et les abris d’Alpera (prov. d’Albacète) avec 160 figures sont particulièrement importants (V. Y Anthropologie, t. XXIII, 1912, n° 1 et notre n° 2055 Inf.).
- Des découvertes sensationnelles ont été effectuées en août et octobre, dans l’Ariège, dans la grotte du Tue d’Audubert, près Montesquieu-Avantés, par le comte Bégouen et ses fils. Dans un endroit très difficile d’accès, après l’escalade d’une cheminée de 12 m. 50, ils ont trouvé deux statuettes d’argile, ou plutôt haut-reliefs, presque entièrement détachés, représentant des bisons (Y. C. R. Ac. des Ins. et Bel.-Let., 50 octobre 1912), ainsi que des .gravures, peintures et empreintes préhistoriques; les statuettes de 61 et 63 cm. de long sont à 700 m. de l’entrée. La caverne est fort belle, sert de lit au Yolp souterrain et il faut un bateau pour y pénétrer. Les trouvailles de décorations préhistoriques dans les cavernes et abris sous roche se multiplient donc de façon progressive; elles éclosent, pour ainsi dire, sous la lampe des chercheurs, et il est certain que l’examen de toutes les cavernes connues devra être méticuleusement repris à ce point de vue spécial, car on recueille de ces documents dans les situations les plus étranges et les plus difficilement abordables.
- L’OCÉANOGRAPHIE
- Cette année a vu paraître de nombreux ouvrages qui attestent l’activité de cette jeune science, tout d’abord TheDeplhs ofthe Océan de sir John Murray et du D' Johan Iljort qui contient de nombreux faits nouveaux établis par les recherches du navire norvégien Michael Sars, puis en France, deux volumes de vulgarisation, A la mer, par Ch. Epry et De la surface aux abîmes, par le lieutenant de vaisseau Bourée.
- Les sondages du navire allemand Planet ont fait rencontrer au nord de l’île Mindanao, aux Philippines, dans une des plus grandes fosses sous-marines, une profondeur de 9780 mètres, la plus grande connue (La Nature, n° 2046).
- Les travaux du Michael Sars ont donné des résultats très nombreux et très importants parmi lesquels on peut citer la pénétration de la lumière
- dans l’eau jusqu a une profondeur beaucoup plus grande que celle généralement admise, plus de 1700 mètres; l’influence de la température de l’Atlantique sur le climat de la Norvège et l’abondance de la pêche (La Nature, n° 2025), de nombreuses captures de stades larvaires de poissons comestibles dont le développement est plus ou moins complètement inconnu, de très nombreuses observations biologiques, etc.
- Cette année a vu l’application par le Prince de Monaco du filet Bourée, qui a révélé les extraordinaires migrations verticales journalières de certains animaux des grands fonds.
- Enfin, en France, le Pourquoi Pas? commandé par M. Charcot a fait une longue croisière ôcéano-graphique depuis les côtes de France jusqu’à Pile Jean de Mayen. R. Legendre.
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- MÉCANIQUE
- Les locomotives. — L'es moteurs Diesel. — Le moteur Low. — Navires à gaz pauvre. — La tourbe. Les moteurs d’aviation. — Les moteurs de chemins de fer. — Les turbines à gaz. — La force motrice des marées. — Les changements de vitesse.
- Locomotives. — Les locomotives ont reçu dans ces derniers temps d'importants perfectionnements rendus nécessaires par le rapide accroissement du trafic sur toutes les voies ferrées, aussi bien du nouveau que du vieux monde.
- La surchauffe de la vapeur se développe et se superpose au compoundage. De plus, des essais se poursuivent pour obtenir, au moyen de la vapeur d’échappement, le réchauffage de l’eau d’alimentation jusqu’au voisinage de 100°. On espère ainsi arriver à réaliser une économie dé 25 à 30 pour 100 de charbon sur la machine, actuelle à vapeur saturée. L’économie n’est du reste pas, en soi, le but essentiel de ces recherches; le grand problème est de donner à une machine dont les dimensions sont nécessairement limitées, le maximum de rayon d’action ou de vitesse, et cela sans imposer au
- Santa-Fé Raihvay C° a fait dernièrement construire sur ce type un véritable monstre : 10 essieux couplés en deux groupes ; surface de grille : 7 m2 61 ; surface de chauffe totale : 364 m2, y compris la surchauffe. La machine seule pèse 279 tonnes, 582 avec son tender ; elle ' développe 2500 chevaux et est chauffée au pétrole.
- Moteurs à combustion interne. — Comme les années précédentes, il convient de signaler la faveur croissante dont jouit le moteur Diesel, c’est-à-dire le 'moteur à combustion interne, utilisant le combustible liquide et pratiquant les hautes compressions. La plupart des constructeurs français de moteurs se sont décidés à suivre l’exemple de leurs concurrents allemands et à construire des moteurs Diesel.
- Les applications de ce moteur se multiplient sur
- Fig. i. — La plus grande locomotive du monde : locomotive Mallet de V « Atchinson Topeka ».
- chauffeur qui recharge le foyer une tâche au-dessus des forces humaines. Sur certaines locomotives, le chauffeur doit enfourner 2000 kg de charbon par heure!
- Les locomotives modernes ont à remorquer des trains de plus en plus lourds, aussi prennent-elles des dimensions gigantesques ; pour les trains de voyageurs, on emploie aujourd’hui des locomotives Pacific sur les lignes à déclivités modérées et des locomotives à 4 essieux couplés et bogie à l’avant pour les lignes à fortes courbes. Pour les trains de marchandises, nous voyons des machines de 4 et 5 essieux couplés. Les chemins de fer autrichiens ont même été jusqu’à 6 essieux couplés. C’est le maximum admissible pour une locomotive à essieu rigide. ^
- Aux Etats-Unis où les parcours sont plus longs, les trains plus lourds et les déclivités souvent plus fortes, la locomotive à 6 essieux; couplés a été elle-même reconnue insuffisante. Sur les lignes accidentées, on a appliqué en grand la locomotive articulée de l’ingénieur français . Mallet. L’Atchison Topeka and
- terre et sur mer ; le succès pose un difficile problème : celui des ressources du monde en combustibles liquides : le pétrole n’existe pas en quantités illimitées (Y. n° 2049) ; la demande de cet hydrocarbure s’est rapidement accrue en ces derniers mois, du fait de son emploi par la plupart des marines de guerre pour la chauffe des chaudières à vapeur.
- On lui a trouvé, il est vrai, un succédané : les huiles lourdes provenant de la distillation de la houille, sous-produits de la fabrication du coke métallurgique. Mais ces huiles sont, pour l’instant, d’un prix relativement élevé qui limite l’épa-nouissement du moteur Diesel.
- Précisément parce que ces combustibles d’ordre supérieur sont en quantité restreinte, les recherches continuent pour tenter tout d’abord de tirer meilleur parti du charbon, puis d’utiliser industriellement les combustibles inférieurs si nombreux, et dont il faudra dans un avenir peut-être proche se contenter, quand gisements de houilles et pétroles se trouveront par trop appauvris. •
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- MECANIQUE ; ----- 1 19
- Voici tout d’abord un moteur original imaginé par un Anglais, M. Low. C’est, si l’on veut, un moteur à gaz pauvre, mais la gazéification du charbon s’opère dans des tubes placés à l’intérieur même du moteur; M. Low obtient ainsi un ensemble peu encombrant et d’un rendement, dit-il, excellent.
- Un Allemand, M. Holzapfel, reprenant une idée de Capitaine, a construit un navire mû par moteur cà gaz pauvre (V. n° 2056).
- En ce qui concerne les combustibles inférieurs, il faut noter surtout les travaux de MM. Frank et Caro sur l’utilisation de la tourbe pour la production du gaz pauvre, au moyen du gazogène Mond, en récupérant les sous-produits (n°2056, Inf.).
- A signaler aussi comme indice caractéristique de cet ordre de préoccupations, le développement 2-
- des usines d’incinération d’ordures ménagères. La chaleur produite est utilisée sous des chaudières et l’on peut produire ainsi de la force motrice.
- Dans le domaine des machines à feu, nous devons mentionner encore deux traits importants : le progrès des moteurs d’aviation, chapitre d'industrie essentiellement français, et les applications des moteurs à explosion à la traction des chemins de fer.
- Moteurs d’aviation.
- —Les perfectionnements dans ce domaine sont incessants. Ils s’affirment, par exemple, par l’avènement du moteur Gnome de 80 chevaux, pesant 87 kg, qui a brillamment figuré au circuit d’aviation de l’Anjou. Si le Gnome reste le roi des moteurs rotatifs, des concurrents apparaissent. Citons le Rhône, le Burlat. Un autre rival des plus sérieux est le moteur Renault, qui est un moteur fixe en V. Le moteur Renault de 100 chevaux pèse 275 kg.
- Enfin, la catégorie un peu en marge des moteurs sans soupape retient de plus en plus l’attention des techniciens.. Est-ce là qu’il faut chercher le moteur de demain? Le Salon a révélé un type fort curieux, le Esselbé, dont les cylindres sont remplacés par un tore, à l’intérieur duquel courent circulairement deux paires de pistons.
- Moteurs de chemins de fer. — Les Combinaisons pétroléo-électriques ne sont pas de date récente, mais elles semblent progresser ; on sait en quoi elles consistent : un moteur à pétrole actionne les roues de l’automotrice et fournit la puissance moyenne nécessaire; lorsque, dans les descentes par exemple, il y a excédent de puissance disponible, celle-ci est récupérée par une dynamo qui charge des accumulateurs. Dans les rampes, ceux-ci fournissent à la dynamo, devenue motrice, le surcroît de puissance nécessaire. On a mis récemment en service sur la ligne Saint-Germain-Poissy des machines benzo-électriqûes de ce genre. Cette combinaison permet, dans les lignes à faible trafic, d’éviter l’électrification tout en assurant une souplesse bien supérieure à celle dont on dispose avec la machine à vapeur.
- Une application plus révolutionnaire du moteur à la grande locomotion serait celle du moteur Diesel. Le problème continue à faire l’objet de très sérieuses études en Allemagne, en Suisse et en Angleterre.
- Turbines à gaz. — A côté de ces machines d’aujourd’hui, deux mots sur des machines de demain.
- Nous voulons, parler des turbines à gaz ; : pour beaucoup d’inventeurs, la turbine à gaz sera aux moteurs actuels ce que la turbine à vapeur a été à la machine à vapeur à cylindre ; seulement, elle doit apporter à la mécanique un nouveau moteur moins encombrant, plus simple et de meilleur rendement que tous ses prédécesseurs.
- Get espoir n’a pas encore été réalisé. M. Holz-warth a construit une turbine à explosion qui a fonctionné (V. n° 2028). Mais ce n’est pour l’instant qu’une machine très lourde ét d’un mauvais rendement. Pourra-t-on faire mieux dans ce sens? Il faut avouer que les résultats obtenus sont très peu encourageants. Un ingénieur du plus, haut mérite, Ch. Parsons, l’inventeur des turbines à vapeur, traitant cette question, déclare que la machine rotative à explosion et de grande puissance se réalisera, non point sous la forme turbine, mais sous la forme machine à cylindres inspirée du moteur Gnome. ;
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- L'AUTOMOBl L1 SME
- Force motrice au moyen delà marée. — M.Pein, de Hambourg, a étudié un projet d’utilisation de la marée comme source de force motrice. Il a pour but de créer sur les côtes du Schleswig entre l’île de Nordstrand et le littoral une grande usine centrale électrique (7000 chev.).
- Les eaux emmagasinées à.marée haute dans un réservoir de 1600 hectares retomberaient ensuite sur des turbines hydrauliques actionnant les machines électriques.
- Transmissions. — C’est dans la marine que se pose le principal problème de mécanique relatif aux transmissions.
- L’hélice et le moteur font, on le sait, assez mauvais ménage, le ' bon rendement de la première exigeant de faibles vitesses de rotation, tandis qu’au contraire lés grandes vitesses de rotation conviennent mieux au bon rendement de tous les moteurs, et surtout des turbines et des moteurs à
- explosion. L’interposition d’un changement de vitesse s’impose donc. Ce problème est pratiquement résolu depuis longtemps sur les automobiles, mais ici il s’agit d’une puissance cà transmettre qui se compte non plus par dizaines, mais par milliers de chevaux. Trois solutions se trouvent en présence, qui toutes trois ont fait l’objet d’intéressants essais : le changement de vitesse par engrenages, le changement de vitesse hydraulique et l’électrique. La réduction de vitesse au moyen de simples engrenages a été appliquée par Ch. Parsons sur deux navires anglais faisant le service entre le Havre et l’Angleterre.
- Fig. 4. — Moteurs d’aviation : à gauche : le Gnome de 160 chev. pendant un essai; à droite : le Esselbè de 60 chev. ; au milieu : le Rhosie de 100 chev.
- Les résultats sont bons, mais l’effort transmis par chaque pignon n’est que de 1500 chevaux. En Amérique, M. Westinghouse prétend mieux faire. 11 fait reposer l’arbre de transmission sur un système de presses hydrauliques qui rendent cet arbre flexible, il compte ainsi obtenir un contact plus parfait entre les dentures des roues d’engrenages et réaliser, par suite, une pression plus uniforme sur les dents. L’inventeur affirme, par ce procédé, pouvoir transmettre 4000 chevaux par pignon. Des essais sont en cours sur le Neptune.
- Le réducteur de vitesse électrique présente théoriquement une souplesse parfaite, mais il impose de nombreuses transformations d’énergie et l’on peut douter de son bon rendement, ainsi que de son économie. L’expérience décidera; un essai comparatif se poursuit actuellement aux États-Unis sur un charbonnier de 20 000 tonnes, le Jupiter, et sur deux navires témoins, l’un : un navire de même tonnage mû simplement par machine à vapeur à triple expansion,l’autre,le Neptune, dont il vient d’être parlé (V. n° du 28 sept. 1912).
- Le transformateur hydraulique comporte, en principe, une pompe refoulant un liquide dans un moteur hydraulique. Ce procédé a l’avantage de permettre des variations progressives de la vitesse transmise et, sur une plus petite échelle, on envisage son application aux automobiles. Dans le domaine maritime, nos lecteurs connaissent le transformateur Fôttinguer (Y. n°1970) qui a reçu, cette année, d’importantes applications.
- L’AUTOMOBILISME
- L’année 1912 aura, comme ses devancières, amené dans la construction des véhicules automobiles un certain nombre de modifications, dictées, les unes par la mode, les autres par la recherche de la perfection.
- En matière de tourisme, on, abandonne de plus en plus les grosses voitures trop dispendieuses, pour généraliser l’emploi des engins de petite et moyenne puissance, 8 à 20 ch. De nombreux modèles de
- voiturettes économiques ont fait leur apparition.
- Les constructeurs s’efforcent, de plus en plus, de simplifier les manœuvres et la surveillance, ils enferment tous les mécanismes dont le fonctionnement est certain et durable, et laissent au contraire très accessibles tous les appareils qui peuvent nécessiter soit en route, soit à la remise, un réglage ou une visite quelconque.
- C’est dans cet ordre d’idée, que s’est généralisé^
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- pour les puissances ci-dessus, le moteur à quatre cylindres monobloc à soupapes enfermées, à grais-
- sage interne automatique, et que dans beaucoup d’usines on a adopté le groupe « moteur boite » déjà répandu sur les voitures motobloc.
- Cette disposition consiste à réunir dans un même carter, commun au moteur, l’embrayage métallique à disques multiples et la boîte des vitesses.
- Un tel système, qui exige une construction de tout premier ordre, n’était réalisable qu’avec des mécanismes de fonctionnement irréprochable et durable, parce qu’en cas contraire, le démontage d’une des pièces peut entraîner des complications onéreuses. En revanche, il assure un rendement meilleur, grâce à la suppression de nombreux joints de cardan, et à une lubrification totale toujours assurée.
- Le refroidissement par thermo-siphon, toujours très efficace pour les puissances réduites, se généralise de plus en plus, parce qu’il supprime toutes les nombreuses causes d’ennuis des pompes de circulation. Avec le radiateur à l’arrière, et le capot genre Renault, toutes les parties accessoires du moteur restent accessibles et propres.
- Sur toutes ces voitures, on n’admet plus que la transmission par cardans, à l’exclusion de la chaîne, on y gagne en rendement, en silence, et en propreté.
- Les suspensions ont été perfectionnées, grâce à l’emploi de ressorts plus longs et plus larges, à l’adjonction d’amortisseurs appropriés, et, dans certains cas, de jumelles élastiques avec ou sans amortisseurs internes.
- . Quant aux roues, la mode a imposé le retour aux roues métalliques, amovibles ou non. Ces roues n’offrent aucun avantage, elles sont difficiles à construire; si le vernis des rayons n’est pas en bon état près des jantes, l’eau risque de s’introduire contre l’intérieur des bandages, et leur nettoyage est beaucoup plus long que celui des roues en bois.
- Quant au remplacement, en cours de route, d’un pneu avarié, il n’est guère plus facile avec une roue amovible qu’avec une jante amovible, et pour le tourisme le transport de plusieurs roues amovibles de rechange est bien moins facile que celui de plusieurs pneus sur jante amovible.
- Les progrès sont beaucoup plus sensibles en ce qui concerne les véhicules industriels.
- Les camions automobiles sont actuellement établis avec des mécanismes spécialement étudiés pour eux, et capables d’assurer d’une manière durable le très dur service qui leur est imposé.
- Leur développement a pris, en 1912, de très grandes proportions, incontestablement à cause du système des primes institué par le Ministère de la Guerre, et dont le principal effet a été une orientation très nette de la construction vers un type défini, avec garantie de bonne qualité pour l’acheteur, et remboursement de près de la moitié du prix d’achat.
- Les tracteurs automobiles commencent à se répandre quelque peu, ils sont établis généralement comme les camions, mais ils possèdent en plus un
- Fig, i. — Corbillard automobile.
- Fig. 2. — Pompe à incendie automobile.
- Fig, 3. — Ambulance automobile de l’armée bulgare.
- Fig. 4. — Camion pour l’enlèvement des ordures ménagères avec la répartition interne.
- appareil de blocage du différentiel et un treuil de
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- halage. On peut signaler comme engin nouveau très intéressant, le tracteur Chatillon-Panhard à quatre roues motrices et directrices dont les applications sont très nombreuses, en particulier dans le domaine militaire, où, grâce à ses facultés de circulation en terrain varié, on peut l’utiliser à la traction des pièces d’artillerie de siège.
- Les engins de poids lourd ont reçu en 1912 de nombreuses applications intéressantes : les arroseuses, les arroseuses-balayeuses, les voitures à enlèvement des ordures ménagères, les tombereaux à bennes basculantes font partie du matériel municipal pour l’entretien de la voirie. Les pompes à incendie, les échelles et les voitures de transport d’agrès ou de personnel, sont automobiles dans la plupart des villes importantes. On a créé de nombreux services de désinfection automobiles, et une voiture chirurgicale automobile très remarquable.
- Pour le Service des armées, on a établi des camions de télégraphie sans fil, des camions-ateliers, des tracteurs pour aéroplanes, pour équipages du génie ou de l’artillerie, et des auto-canons.
- On a pu livrer aux entrepreneurs, des binards automobiles, des camions à bennes basculantes avec grues de levage, des tonnes à vidange, des voitures-pompes, des cylindres compresseurs à moteur à explosions, etc. Enfin, on a pu mettre au point de nombreux modèles pratiques de charrues automobiles, et d’appareils agricoles de toute nature.
- On peut conclure que l’année 1912 marque surtout l’avènement définitif du véhicule industriel automobile, et il reste à souhaiter, qu’en 1915, son essor ne soit plus gêné par la hausse inconsidérée des combustibles dont il a besoin, et qu’on ne paye nulle part aussi cher qu’en France.
- Renaud.
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- L’AÉRONAUTIQUE
- Les dirigeables. — La sécurité en aviation. — L’hydroaéroplane. — Les records.
- Le caractère le plus saillant de l’année 1912, a été en France le détachement de l’opinion publique et même des autorités compétentes à l’égard des ballons dirigeables au profit de l’aviation, détachement tellement accentué qu’il a fini par provoquer automatiquement une réaction déjà amorcée.
- C’est donc surtout l’année prochaine que nous aurons à rendre compte de faits nouveaux en matière de dirigeables français ; nous devons nous borner cette année à annoncer des intentions. Nos constructeurs arrivent, à reconnaître la nécessité de recourir, comme de l’autre côté du Rhin, aux ballons rigides, dont les performances sont, malgré tout, impressionnantes, et qui seuls apportent une solution vraiment radicale du problème fondamental de l’invariabilité de la forme.
- C’est ainsi que l’on voit apparaître le premier dirigeable rigide français, le Spiess, d’un cubage encore modeste, mais dont l’intérêt historique est très grand. C’est en effet, la réalisation d’une idée française déjà ancienne et qui devança de plus de trente ans l’apparition des rigides allemands.
- Pour le reste, nous devons nous borner à enregistrer à l’actif de nos petits dirigeables, des exploits intéressants, certes (record de la hauteur : 5025 m.), par le dirigeable éclaireur Conté le 18 juin dernier, etc.), mais qui n’ont rien, il faut l’avouer, de comparable avec les prouesses réalisées en Allemagne par les derniers Zeppelin, le Victoria-Louise ou le Hansa.
- Ces dirigeables allemands, qui représentent aujourd’hui ce qu’il y a de plus perfectionné, sont orientés résolument dans le sens offensif et défensif, pourvus d’artillerie, et d’une plate-forme d’observation et de tir. Ce sont de véritables cuirassés aériens. Et l’on annonce pour 1915 la construction de 20 gi-
- gantesques dirigeables de 26 000 mètres cubes, pouvant porter chacun 100 kg d’explosifs et du comburant pour marcher 60 à 80 heures.
- Mais en France, il y a tout lieu de croire que le renouvellement d’intérêt que va susciter le dirigeable n’aura qu’un caractère provisoire, et que nous chercherons seulement à ne pas être trop inférieurs au point de vue « dirigeable » tant que notre supériorité ne sera pas décisive et écrasante au point de vue aéroplane.
- De grands événements, bien que mal aperçus par le public dans bien des cas, se sont produits cette année-ci en France en ce qui concerne l’aviation, et, en étudiant les progrès réalisés par notre pays dans cette branche de l’aéronautique, nous aurons étudié les progrès qu’elle a accomplis dans le monde entier, car c’est bien incontestablement en France qu’est concentrée l’activité, la science et l’industrie de l’aviation. C’est en France, à part de très rares exceptions, que les différentes nations qui ont été en guerre au cours de cette année, sont venues acheter leurs aéroplanes : Italiens en Tripolitaine, peuples balkaniques à l’heure actuelle. Si l’on a peu de renseignements précis sur les services qu’ont pu rendre les avions aux belligérants, la persistance et l’importance de ces commandes d’aviation fournit cependant à cet égard une indication très suggestive.
- Notons que cette année a vu le premier aviateur militaire blessé à bord de son avion (capitaine Montu, en Tripolitaine) le premier aviateur obligé d’atterrir en territoire ennemi et pris (capitaine Moizzo en Tripolitaine), et le premier avion abattu d’un coup de canon (sous les murs d’Andrinople). Notons enfin l’apparition de l’avion à mitrailleuses.
- Les événements les plus importants qui ont'
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- Fig. i à 6. — i et 2. Essais de lancement de bombes en aéroplane. — 3. Aéroplane français muni d’une mitrailleuse. —4. Sur l’aérodrome de Johannistal, près Berlin, des aviateurs s’exercent à. lancer des bombes sur une cible représentant un Zeppelin. —5. Aéroplane anglais armé d’une mitrailleuse.
- - 6. Un aéroplane bulgare, à Andrinople, capote à l’atterri.
- marqué le développement de l’aviation en 1912 sont ! la stabilité automatique, et les plus grandes exila consécration officielle dés études faites en vue de | gences imposées aux constructeurs quant à la soli-
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- dite des appareils.
- Le problème de la sta: bilité automatique a été longtemps discuté à bien des points de vue. D’abord, en principe, il rencontra l’hostilité (ceci paraîtra peu croyable, mais c’est un fait) de tous les pilotes qui ne se souciaient pas de voir leur habileté rendue moins indispensable. Puis le problème de la stabilité fut, et ceci est bien naturel, très discuté au point de vue purement théorique. Cette longue lutte, que le grand public n’a guère aperçue, a eu au milieu de cette année l’issue qu’elle devait avoir pour que l’aviation pût vivre et prospérer.
- Le colonel Hirschauer, inspecteur permanent de l’Aéronautique militaire, exposa devant le Parlement le 27 juin, l’intérêt primordial qui s’attachait à la solution du problème. Il annonça en même temps que l’un des stabilisateurs automatiques, auquel une place toute spéciale devait être faite en raison des excellents résultats donnés par ses essais, le stabilisateur Doutre, recevait une consécration officielle.
- Il n’y a pas à douter que cette journée a marqué l’un des plus grands pas réalisés dans l’aviation depuis les envolées de Wilbur Wright.
- Un autre appareil qui n’est pas un stabilisateur automatique, mais qui est néanmoins un appareil de sécurité, l’indicateur de vitesse du capitaine Etévé, a été également l’objet d’un très grand développement. Il a été décidé avec juste raison que cet excellent appareil, si Simple et si utile, serait placé à bord de tous nos avions militaires, afin que le pilote ait constamment sous les yeux l’état de sa vitesse relative, dont la constance est la condition essentielle de sa sécurité.
- D’autres luttes, très âpres en raison des intérêts-commerciaux considérables qui étaient en jeu,
- Fig. — Le nouveau dirigeable militaire Fleurus.
- Fig. 8. — Le dirigeable Spiess en construction.
- se sont également livrées cette année et ont abouti au triomphe du bon sens et des bons principes. Des constructeurs célèbres ont été mis en demeure d’élever le coefficient de sécurité de leurs appareils. Il a été décidé à bon droit que les ruptures d’ailes en plein vol étaient une chose intolérable, et que ce genre d’accident devait être définitivement éliminé ; c’est là une question de résistance des matériaux et il n’est pas admissible que l’on construise « fragile )) en fait d’aviation. Les conditions de réception des avions, la surveillance même dans les usines de leur construction par des officiers ont été établies dans des conditions très rigoureuses, mesures a été excellent. Les
- Fig. 9. — L’hydroaèroplane Voisin.
- Fig. io.
- Hydroaéroplane Donnet-Levêque.
- et le résultat de ces accidents ont beaucoup diminué.
- On a beaucoup parlé cette année de l’hydroaéro-plane, mais il serait prématuré de faire dater son avènement de cette année. En fait, beaucoup de problèmes restent à résoudre pour l’utilisation pratique de l’avion marin ; peu d’appareils encore sont pourvus de trains d’ameris-sage élastiques ou de flotteurs de forme rationnelle.
- Ce qu’on ne saurait trop signaler d’autrepart, c’est l’excédent sans cesse croissant de puissance motrice dont disposent nos avions, excédent qui représente à la fois une marge de sécurité très notable, et la possibilité d’ascension rapide, de véritables bonds en l’air : on monte aujourd’hui à 500 mètres en moins de trois minutes. Le record de la hauteur, chaudement disputé entre Legagneuxet Garros, vient de rester à ce dernier, par 5600 mètres.
- Enfin comment ne pas applaudir à la rentrée en France des deux coupes Gordon-Bennett : celle des ballons sphériques, avec Bienaimé; celle des aéroplanes, avec Védrines. R. Chassériaud.
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- LA MARINE DE GUERRE
- L’année 1912 a été intéressante au point de vue maritime en raison de l’état de guerre qui a régné entre la Turquie et l’Italie puis entre la Turquie et les puissances balkaniques.
- Bien qu’il ne se soit livré aucun grand combat, il n’y en a pas moins des leçons à tirer des faits de guerre qui se sont produits sur mer. La plus importante, celle à laquelle il faut toujours revenir, est l’énorme avantage que procure la maîtrise de la mer. Cette domination de la mer a permis à l’Italie d’amener et de débarquer sur la côte tripolitaine une armée de 120000 hommes, puis de la ravitailler sans aucune gêne, alors que les troupes turques chargées de la défense du villayet ont été dès le début des opérations coupées de la métropole et ont dû vivre et se ravitailler sur le pays, sans espoir de secours.
- Les faits maritimes marquants en France en 1912 sont : le lancement en septembre et novembre à la Seyne (Toulon) et à Saint-Nazaire des cuirassés Parts et France, de 23 500 tonnes, 12 pièces de 50 cm, puis la mise en chantier au mois de juillet, à Brest, Lorient et Saint-Nazaire (Loire) des cuirassés Bretagne, Provence et Lorraine également de 25 500 tonnes, mais armés de 10 pièces de 54 cm en 5 tourelles . Ces bâtiments doivent être prêts en trois ans (loi sur le programme naval du 50 mars 1912).
- M, Delcassé a réalisé un plan formé et préconisé depuis longtemps en donnant l’ordre au mois d’octobre, à la 5° escadre, résidant dans l’Océan, de rallier la Méditerranée et de se ranger sous les ordres du commandant de la lre armée navale.
- Les manœuvres navales s’étaient préalablement exécutées dans la Méditerranée et dans l’Océan. Au cours des manœuvres de la Méditerranée, sous l’amiral Boué de Lapeyrère, on a fait pour la
- première fois un usage militaire de deux hydroaéroplanes qui ont rendu de réels services.
- On a également inauguré un nouveau système d’emploi des contre-torpilleurs et des sous-marins constitués en groupes importants rattachés aux escadres.
- Parmi les innovations il convient de citer le voyage du vapeur Kan-gnroo construit par la Société Schneider pour transporter aux rivages les plus lointains les sous-marins qu’elle construit dans ses ateliers de Chalon-sur-Saône. Le Kanguroo reçoit ces sous-marins dans une immense cale où ils pénètrent par l’avant du bâtiment qui est démontable. L’essai de ce système ingénieux a été fait en juillet dernier, le Kanguroo a transporté à cette époque jusqu’au Pérou, le sous-marin Ferré.
- Le sous-marin Delphin, construit par la même
- Société pour le gouvernement grec, a fait sans escorte, et par ses propres moyens, le voyage de Toulon au Pirée( 1100 milles) ce qui constitue un record très intéressant.
- On a mis en service en France un dock construit spécialement pour remonter à la surface un sous-marin ou un torpilleur coulé. Ce dock comporte deux chalands espacés de 8 mètres, réunis solidement l’un à l’autre par leurs avants et arrières. De puissants appareils de levage sont fixés à des fermes qui chevauchent les deux chalands. Ce premier dock a été affecté à Toulon. Un second qui vient d’être mis à l’eau servira à Cherbourg et dans l’Océan. La marine a également étudié un procédé de relèvement des épaves, imaginé par M. Surcouf, au moyen de ballons à l’air comprimé. Les résultats ont été des plus satisfaisants et le procédé Surcouf adopté en principe.
- Les applications à la propulsion des navires importants, des moteurs à pétrole (Diesel) progressent
- Fig. 2. — Coupe du Monte-Penedo, navire à moteur Diesel.
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- LA MARINE DE GUERRE
- lentement. Notons la mise en service du Monte-Penedo, construit à Kiel. Ce paquebot de 106 mètres de long, 4000 tonnes de déplacement, porte deux groupes de moteurs à deux temps, d’une puissance totale de 2000 chevaux.
- Dans la marine de guerre anglaise la construction des Superdreadnought se continue et s’accélère. Les dernières unités lancées sont Ylron Duke, le Marlborough, trentième et trente et unième unités, construites depuis le Dreadnought lancé en dé-
- par le tragique désastre du grand paquebot anglais Titanic coulé au sud du banc de Terre-Neuve par suite d’une collision avec un champ de glace ou un iceberg qui ouvrit le navire sous la flottaison sur une longueur de près de 40 mètres. 1200 personnes ont péri dans cette catastrophe.
- Deux leçons maritimes ont été tirées de cet événement : 1° la nécessité de recouper les cloisons étanches transversales par des cloisons longitudinales placées non loin des flancs des navires;
- 2° L’insuffisance des moyens de sauvetage actuellement réglementaires (embarcations, radeaux, etc.).
- D’autres accidents graves se sont produits au cours de cette année. Les principaux sont :
- La disparition, le 2 février, du sous-marin anglais 43. coulé devant l’île de Wight par un contre-torpilleur. Tout l’équipage a été noyé.
- Le 8' juin, le sous-marin français Vendémiaire a
- Fig. 4. — Plaque traversée par un obus de 3o cm et criblée de ses éclats. — En cartouche : plaque d'acier Krupp de 4S,5 cm, la plus épaisse qui ait été fabriquée, percée par un obus de 3o cm.
- cembre 1905. Le taux moyen annuel des constructions neuves a donc été de 4 unités 1/2 par an depuis sept ans. Les deux nouveaux cuirassés ci-dessus ont 26 000 tonnes de déplacement.
- Parmi les grands croiseurs-cuirassés le Princess-Roijal de 25 000 tonnes a donné, à toute puissance de 80000 chevaux, la, vitesse fabuleuse de 30 n. 7.
- Le record du bâtiment dé
- guerre est néanmoins aux États-Unis où le Texas, lancé le 18 mai, jauge 28 500 tonnes. 11 portera 10 canons de 36 cm. Sa vitesse sera de 21 nœuds.
- La lutte de la cuirasse et du canon. — Dans cette lutte qui dure depuis près de 57 ans, le canon reprend actuellement et une fois de plus le dessus. Après les plaques harveyées, c’est-à-dire durcies à la surface, Krupp a fabriqué des blindages offrant une résistance beaucoup plus considérable que les plaques Ilarwey. Mais ces blindages eux-mêmes ont cédé devant l’effroyable puissance des projectiles lancés par les canons des derniers modèles, comme le montrent les gravures ci-contre dont les légendes sont suffisamment explicatives. Les calibres des canons suivent une progression croissante. Les prochains cuirassés anglais seront armés de pièces formidables de 38 cm.
- Les accidents. — L’année 1912 restera marquée
- Fig. 6. — Les fragments de l'obus qui se sont éparpillés dans toutes les directions et qu’on a ramassés.
- Fig. 5. — Effets produits par l’éclatement d’un obus de 3o cm, sur la structure intérieure d'un navire.
- été coupé en deux dans le raz Blanchard, au large de Cherbourg par le cuirassé Saint-Louis, au cours d’un exercice d’attaque. Tout l’équipage a péri.
- Le 24 juin, une double inflammation de gargousses s’est produite à bord du croiseur-cuirassé français Jules Michelet, entraînant la mort par brûlures de 5 matelots et d’un lieutenant de vaisseau.
- Le 5 octobre, le sous-marin anglais jB2 a été abordé, au large de Douvres, par un paquebot allemand et a coulé aussitôt. Un seul officier a été sauvé.
- Le 14 septembre le contre-torpilleur allemand Gi71, de 800 tonnes, a été coulé dans la Baltique, par abordage avec un cuirassé. 7 morts.
- Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
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- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE
- Si aucune révolution ne trouble plus, depuis des années, le développement de l’électrotechnique, de très intéressantes mises au point se poursuivent et la « popularisation » de l’électricité s’élargit rapidement. Parmi ses applications les plus courantes, l’une se distingue par son importance prépondérante : la traction. Il y a trente ans, l’électricité ser-
- rotatives à grande vitesse, l’éminent ingénieur l’a résolu et s’est attaché ensuite avec succès à la réalisation d’alternateurs capables d’être commandés directement par des turbines à une seule roue et animées de vitesses encore inédites.
- Enfin, le grand développement des transports d’énergie par fils aériens pose des problèmes Mou-
- vait surtout à l'éclairage ; à l’heure actuelle, c’est le domaine de la traction électrique qui profite de la plus grande activité. De grands métropolitains se créent (Hambourg) ou sont en projet; notre banlieue de l’Ouest-Etat sera demain électrifiée et les premiers essais ont déjà eu lieu cette année sur la ligne Versailles-Invalides ; les tramways parisiens se transforment et s’unifient par l’électrification, des travaux énormes sont en cours dans les rues de Paris pour la réfection des voies et l’installation du caniveau électrique; les chemins de 1er du Midi français exécutent de retentissants essais de traction électrique sur grandes lignes; partout il n’est question que d’électrification, et si le courant triphasé a toujours de solides partisans, c’est surtout au courant continu ou au courant alternatif monophasé qu’on a recours pour ces nouvelles installations.
- Dans le domaine de l’éclairage électrique, il faut signaler le développement rapide de la lampe à filament étiré, ainsi que la recherche de types de réflecteurs rationnels.
- D’importantes nouveautés se préparent, grâce à M. Maurice Leblanc, dans la catégorie des machines électriques. Amené, par des recherches étrangères à l’électricité, à étudier le problème des machines
- veaux, dont certains furent inattendus. Nous en citerons un : on se demande actuellement si le pays devant, dans quelques années, être littéralement couvert d’un réseau de transports électriques, réseau aux mailles serrées, il n’y aura pas là un obstacle notable, pour l’avenir, aux voyages des navires aériens. On sait, en effet, combien, aux atterrissages, les fils électriques sous tension sont redoutés des aéronautes et des aviateurs.
- Une autre conséquence du développement des réseaux de distribution électrique est la multiplication des applications agricoles du courant. Sous son heureuse influence, la ferme se modernise, s’assainit et prend un aspect plus élégant en même temps que le travail y devient moins pénible et plus profitable (V. il0 2047). 11 n’est pas jusqu’au travail des champs qui ne bénéficie de l’intervention du nouvel agent. Sans parler de la culture par l’électricité qui n’appartient encore qu’au domaine du laboratoire, il convient de signaler divers essais de motoculture électrique. M. Lebert, à Arcachon, emploie ainsi une charrue-balance mue au moyen de deux treuils électriques. Le courant provient d’une petite usine hydroélectrique. Avec cinq hommes, on défriche, par journée de 8 heures, 1 hectare de lande. La puissance mise en œuvre est de 21 chevaux. R. C.
- Fig. 2. — Le frotteur de la nouvelle automotrice.
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- L’année 1912 a été marquée en T. S. F. par de nombreux progrès techniques et un sérieux développement économique. De plus, au milieu du désordre apparent des batailles commerciales de la T. S. F., les administrations représentées à Londres en juin dernier ont apporté la note de sagesse, de prudence, d’ordre.
- Les systèmes de T. S. F. fondés sur la décharge oscillante des condensateurs par étincelles ont progressé en devenant tous des systèmes à étincelles musicales. Les applications du principe mis dans le domaine public par le grand physicien allemand Max Wien se sont multipliées.
- Dans ces systèmes l’antenne reçoit ses impulsions d’un circuit l’excitant par chocs (systèmes Telefunken, Von Lepel, Compagnie générale r ad iotéiégraphique,
- Helsby...).
- Marconi est resté fidèle à son système avec éclateur tournant, mais en adoptant peu à peu les alternateurs de fréquence plus élevée portant l’éclateur tournant sur leur arbre propre, ainsi que cela se trouvait pratiqué depuis longtemps par Fessenden en Amérique.
- La Société française radio-élecLrique (systèmes J. Bethe-nod) trouve avantage à profiter de la résonance, mais elle a réussi à supprimer l’inconvénient inhérent aux systèmes à accouplement inductif. On sait, en effet, que ces systèmes donnent non pas des ondes pures, mais des ondes qui en comprennent toujours deux et d’autant plus éloignées l’une de l’autre que l’accouplement (donc l’échange d’énergie) entre les deux circuits d’émission est plus fort; d’où impossibilité de syntoniser, c’est-à-dire d’accorder sur une onde puisqu’il y en a toujours deux en même temps, l’une gênant l’autre. Le nouveau système radio-électrique donne une seule onde, donc la syntonie précise.
- Mais au moment où la T. S. F. à étincelles fondée sur l’oscillateur de Hertz donne d’excellents résultats, deux principes nouveaux prétendent atteindre le domaine pratique : le système de Poulsen, l’arc jaillissant dans une atmosphère d’hydrocarbure, vient de permettre une bonne communication jour et nuit deSan-Francisco à Ilonolulu, soit 3600 km, avec 40 kilowatts de puissance.
- D’autre part la télégraphie sans fil sans étincelles a fait beaucoup parler d’elle, même avant de fournir
- des preuves palpables de son efficacité. Plusieurs spécialistes ont construit des alternateurs à haute fréquence (Fessenden, Alexanderson, Rudolph Gold-schmidt, comte Arco, J. Bethenod). Le courant de ces machines provoque directement de la part de l’antenne la radiation d’ondes hertziennes. M. Bé-thenod a indiqué un autre procédé qui ne fait pas intervenir de machine génératrice spéciale, mais multiplie la longueur d’onde d’une antenne, en adjoignant à celles-ci des circuits convenablement calculés. On obtient, ainsi, sans aucune complication, les très grandes longueurs d’onde qui sont aujourd’hui reconnues' favorables aux communications à longue distance et s’accordent avec des fréquences qui ne sont pas supérieures à 20 000 périodes.
- Il est donc probable que nous verrons en 1913 la télégraphie sans fil sans étincelles devenir pratique. Il en résulterait du même coup la téléphonie sans fil, sil’onpossédaitlemicrophone véritablement pratique. Quoique ce problème ne soit pas industriellement résolu, les travaux qui ont été effectués au cours de l’année 1912 permettent bon espoir. Nous citerons les intéressantes expériences faites par le professeur Vanni, au moyen de l’arc spécial de Moretti et du microphone.à eauj que M. Yannea construit selon le principe de Bell, mais avec des perfectionnements nouveaux.- Il a pu ainsi téléphoner sans fil de, Rome à Tripoli, soit à 1100 kilomètres de distance, résultats qui n’avaient jamais encore été atteints.
- On aperçoit donc, au point de vue technique, un mouvement de progrès très intense. Il faut songer que le jour où les câbles sous-marins à grande distance seront rendus inutiles est peut-être proche et que dès lors l’exploitation de la T. S. F. donnera un profit annuel dépassant 500 millions. Ceci explique les compétitions acharnées qui se produisent en T; S. F., aussi bien sur le terrain de la technique que des affaires.
- L’année 1912 a vu s’organiser l’exploitation de la T. S. F. parla Conférence Internationale de Londres, réunie peu de temps après la catastrophe du Titanic. La Conférence, sous l’impression de ce triste souvenir, après avoir flétri les procédés d’exploitation radiotélégraphique employés lors de la catastrophe, a imposé une législation internationale nouvelle à laquelle toutes les nations ont souscrit. ,
- Appareil de télégraphie sans fil à onde unique. (Système Bethenod.')
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2070.
- 25 JANVIER 1913.
- LA TORPILLE-CANON « DAVIS »
- J’ai eu l’occasion de parler déjà (1) aux lecteurs de La Nature d’une arme nouvelle ou pour mieux dire d’une utilisation nouvelle de l’arme bien connue et déjà souvent employée, la torpille automobile, ce nouveau mode d’utilisation ayant été inventé par le
- une charge de 100 kilogrammes d’explosif puissant qui arrive ainsi au contact du bâtiment visé et y fait explosion, en causant les dégâts que l’on peut imaginer.
- Contre cet engin si dangereux qui vient crever la
- Fig. i. — Torpille Davis perçant la coque d’un navire et lançant un obus qui éclate dans lés soûles.
- (.D’après Scientific American.)
- commandant Cleland Davis,de la marine des États-Unis.
- On sait que la torpille automobile dont le modèle le plus connu est celui fabriqué par l’usine White-head, à Fiume, est un long fuseau, muni d’une machine actionnée par l’air comprimé, et qu’un mécanisme des plus ingénieux maintient dans une direction donnée à une immersion réglée d’avance. La tête de ce fuseau, de forme conique, renferme 1. La Nature, n° du 13 mars 1909.
- 410 année.
- coque des navires à o ou 4 mètres au-dessous de la flottaison, les constructeurs navals ont naturellement cherché à protéger leurs bâtiments ; on a inventé dans ce but les filets pare-torpilles, les doubles et triples coques, une cuirasse intérieure descendant jusqu’à la quille des navires. Ces procédés ou palliatifs ont d’ailleurs donné des résultats discutables.
- Ceci dit, je rappelle en quelques mots les principes généraux de l’invention du commandant Davis.
- 8. - 129
- »cr semestre,
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- 130 ; , . LA TORPILLE-CANON « DAVIS »
- Cet engin consiste (l) en une ^véritable torpille automobile dont le cône de choc, renfermant la charge d’explosif, a été enlevé et remplacé par une sorte de canon logé dans l’axe de la torpille. Ce
- partout, et qui peut être posé comme suit : « Étant donné que la partie des navires de guerre placée au-dessus de l’eau est devenue pratiquement inattaquable, comment atteindre la coque sous l’eau,
- r-
- f Fig. 2. — La lorpille-canon Davis
- canon ’est capable de projeter, au moment où la torpille vient frapper un navire, un obus chargé d'un explosif puissant. Ce projectile ainsi lancé sous la flottaison est destiné à percer la coque et les autres obstacles qu’il peut rencontrer, et à venir exploser au milieu même des parties vitales dubâtiment, machines, chaudières. soutes à munitions, etc.
- On se représente aisément les ravages que produira un pareil boulet qui sera, ppur ainsi dire, un prolongement de la torpille et lui permettra de venir produire ses terribles effets destructifs au iûiîieu même du bâtiment, et non plus seule-
- ï l
- celle-ci étant restée beaucoup plus vulnérable parce que composée d’une simple tôle d’acier? »
- En France on poursuit depuis plusieurs années des expériences sur ce thème en employant un obus
- spécial, dit obus P, lancé par des canons ordinaires et dont la caractéristique est qu’il vient explose]' sous l'eau, contre la coque ou à unefaible distance de la coque.
- Voici maintenant les caractéristiques de l’engin du com-
- Fig. 3. — Disposition du canon a l'intérieur de la torpille. — A, corps du canon; B, obus; D, charge de l’obus; C, charge de poudre destinée à projeter l’obus; J, diaphragme obturant le canon et que l’obus transperce; M, évents pour laisser échapper les gaz de la poudre; E, mécanisme de sûrelé pour empêcher le départ du coup prématurément ; e, tige percutante qui provoque le départ du coup; F, déclenchement du percuteur ; G, percuteur; II, bouchon vissé pour permettre l’introduction de la charge de l’obus.
- mandant Davis :
- La torpille est du calibre de 457 mm; le canon long de 185 cm est en acier au vanadium, avec des parois épaisses de 15 mm et un calibre de 205 mm. La partie postérieure du tube-
- Fig 4.— État de la lorpille-canon après un lancement. On distingue très nettement à gauche le canon qui est resté fixé à la partie arrière de la torpille, tandis que l’enveloppe qui l’entourait a été détruite.
- ment contre une coque plus ou moins défendue, j C’est en somme une façon nouvelle de résoudre le problème dont la solution est recherchée un peu i
- 1, Renseignements tirés de YEnyineer,
- canon est encastrée dans la chambre à air de la torpille, la partie antérieure est fermée par un couvercle étanche. L’engin a l’aspect d’une torpille renflée à la tête (voir fig. 1 et 4).
- Le poids du projectile employé pour les essais
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- DÉTELAGE INSTANTANÉ DES CHEVAUX ~...........131
- était de 185 kg, il contenait 17 kg d’explosif. La charge de poudre qui le projetait en avant pesait 5 kg seulement et lui donnait une vitesse de 290 m. à la seconde à la sortie de Famé du canon.
- Il est évident qu’un obus lancé dans ces conditions, et notamment avec une aussi faible charge de poudre, n’irait pas loin. Mais il faut remarquer que la torpille automobile vient le placer à bout portant contre l’obstacle qu’il s’agit de traverser.
- Au vu d’essais particuliers qui avaient donné des résultats très satisfaisants, la marine américaine a fait procéder récemment à des épreuves officielles de l’appareil Davis dans la baie de la Chesapeakc.
- On avait installé un caisson-cible représentant une tranche de navire, portant sur sa face éloignée de l’impact une plaque de 7 cm d’épaisseur. Cette coque était renfoncée à l’intérieur par deux cloisons étanches en acier au vanadium (fig. 3). Pour éviter des erreurs de tir, la torpille lancée contre le caisson était dirigée par un fil de trolley, de façon à le frapper à 1 m. 50 au-dessous de la surface de l’eau.
- Un premier projectile traversa les deux faces de la coque, et les deux cloisons intermédiaires, mais
- passa au-dessous de la cuirasse de la seconde face. Il fit explosion dans l’eau après avoir aussi traversé l'ensemble du système.
- Dans une seconde expérience, après que la torpille et la cible eurent été réparés; l’obus fut tiré directement sur le côté de la coque portant la cuirasse et éclata contre elle sans l’avoir pénétrée, mais la plaque blindée fut brisée.
- Le caisson-cible coula aussitôt. Ces expériences très intéressantes démontrent l’efficacité de la torpille-canon du commandant Davis et de toutes armes semblables, surtout en l’état actuel, où la partie immergée des coques des navires de guerre ne présente généralement aucune épaisseur de métal suffisante pour arrêter un projectile de ce genre.
- La figure 4 donne une idée très exacte de la disposition du canon dans l’intérieur de la torpille.
- Sauvaire Jourdain.
- Capitaine de frégate de réserve. .
- Acier épaisseur ;-} cent.
- G/lisons en acier nu vanadium de 2 cent, d'épais. :eur
- 1G.r projectile
- Fig. 5. — Caisson-cible employé pour les essais
- officiels de la torpille-canon du Commander Davis aux États-Unis.
- DÉTELAGE INSTANTANÉ DES CHEVAUX
- Fig. 1. — Cheval dételé instantanément par l'emploi de la boucle Moncet.
- Le système de boucle ordinairement employé dans qui comporte une courroie, est toujours assez long les harnais, et d’une façon générale dans tout ce à défaire et particulièrement lorsque l’endroit à dé-
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- boucler n’est pas très accessible. M. E. Moricet, qui sait ce qu’est un attelage puisque dans sa famille on est cocher de fiacre de père en fils depuis que les fiacres existent, a eu l’idée de modifier la boucle de façon très ingénieuse. Il a remplacé l’ardillon par un crochet à bascule A (fig. 2) qui tourne autour de son support D; on l’enfile dans la boucle B et on l’accroche ensuite sur l’anneau M ; il y est maintenu par le ressort R lorsqu’il n’y a aucune tension sur les deux parties de la courroie. Il est facile de se rendre compte que dès qu’une tension se produira le crochet À appuiera d autant plus fort contre l’anneau M que cette tension sera plus forte; le bouclage est donc absolument solide et sûr. Si on tire sur l’anneau M au moyen d’un cordon qui est attaché à son extrémité, il bascule en arrière en libérant immédiatement le crochet A et les deux parties se séparent aussitôt.
- Cette ingénieuse disposition donne lieu à plusieurs applications et, en premier lieu, au dételage instantané des chevaux.
- Il suffira, en effet, pour cela que le collier soit agrafé par une boucle (fig. o) analogue à celle que nous venons de décrire et que la sous-ventrière soit bouclée de la même façon. Les anneaux de ces deux sytèmes étant réunis entre eux par un petit câble qui est lui-même attaché à une troisième guide que le cocher tient dans sa main, il n’aura qu’à tirer sur celle-ci pour délivrer le cheval de toute attache et, en même temps, relever les brancards (fig. 1).
- ‘ On comprend tout l’intérêt que peut avoir une
- telle faculté si le cheval est emballé : il peut continuer sa course sans entraîner la voiture avec lui. Il ne conserve que le mors et les guides qui faciliteront sa capture. Dans d’autres circonstances, si un cheval
- tombe, | on j [sait combien il est souvent difficile de le relever avec le harnachement dont il est empêtré ; l’emploi de la boucle Moricet rendra la tâche beaucoup plus facile, sans danger de ruades puisqu’on pourra, le plus souvent, agir à distance.
- L’inventeur avait soumis son appareil au dernier Concours Lépine où, contrairement à ce qu’on pense généralement on ne trouve pas seulement des jouets; il y a des inventions de toutes sortes. Le Jury a tenu à faire exécuter devant lui des expériences pratiques et M. Moricet est venu faire, avec sa voiture, dans les avenues qui entourent le Grand Palais, la démonstration de l’efficacité de sa boucle.
- C’est donc en connaissance de cause qu’il lui a décerné sa plus haute récompense.
- Mais en dehors des cas que nous venons de citer, le nouveau système de boucle peut encore rend-: ., service. A la chasse il permettra de découpler très rapidement les chiens ; dans la marine on pourra s’en servir pour attacher certaines parties du gréement qui demandent à être libérées très facilement ; en aviation il remplacera avantageusement la boucle ordinaire de la ceinture qui maintient le pilote sur son siège afin qu’en cas d’atterrissage défectueux il puisse sauter à temps pour n’être pas pris sous l’appareil. Nous nous bornons à signaler ici les principales applications. Chacun trouvera selon ses besoins le cas où la nouvelle boucle pourra convenir. G. Chalmarès.
- Fig. 2. — La boucle E. Moricet pour débouclage instantané.
- Fig. 3. — Disposition delà boucle adaptée au collier d’un cheval.
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- • ....-«3
- CHRONIQUE
- Le téléphone automatique en Allemagne. —
- Ce système de téléphonie, pour ainsi dire inexistant en France, a déjà reçu en Amérique, en Autriche et en Allemagne, d’importants développements, il/. Drouet, ngénieur des Postes et Télégraphes, a fait à ce sujet une enquête en Allemagne, dont il rend compte dans les Annales des Postes et Télégraphes. Il conclut que l’expérience des installations existantes a donné la certitude qu’aucune difficulté n’était à craindre dans l’emploi du téléphone automatique, même pour des réseaux à nombreux abonnés. La complexité des appareils mécaniques nécessaires avait fait craindre, en effet, des dérangements nombreux et fréquents, capables de paralyser le service. L’un des emplois les plus intéressants du
- système automatique est celui qui étend le bénéfice du service permanent d’un bureau central téléphonique manuel important à des localités voisines dans lesquelles il serait trop onéreux d’assurer un service manuel ininterrompu, en raison du petit nombre des abonnés.
- On compte actuellement 6 bureaux de ce type, équipés avec 30 ou 40 lignes et créés depuis 1909. De plus Posen (4000 lignes), Liegnitz (1000 lignes), Dresde (17 000 lignes), Leipzig (20 000 lignes), auront en 1915 des bureaux semi-automatiques.
- La Bavière, qui n’est pas comprise dans l’énumération ci-dessus, possède plusieurs bureaux automatiques ou semi-automatiques. A Munich, notamment, le téléphone est automatique.
- LE PROBLÈME DE LA POTASSE AUX ÉTATS-UNIS
- La magnifique fertilité naturelle du sol américain, si célèbre vers le milieu du siècle dernier, a, depuis, singulièrement décliné. Une exploitation intensive épuise la terre et l’agriculteur américain, tout comme son confrère d’Europe, est forcé de recourir aux engrais.
- Aussi la consommation, par l’agriculture, des sels de potasse, élément indispensable à la prospérité des champs, croît-elle chaque année. Or, l’on sait que l’Allemagne détient aujourd’hui le monopole presque exclusif des sels potassiques. Us s’extraient des puissants gisements de Stassfurt et de Mulhouse. Les Etats-Unis paient donc à l’Allemagne un tribut annuel de plusieurs dizaines de millions et qui s’alourdit d’une façon continue. Cette dépendance économique a piqué au vif le chauvinisme yankee. Il n’admet pas que, sur le vaste territoire de l’Union, si fécond en ressources de tous genres, un élément aussi primordial que la potasse, fasse défaut. Et l’on a décidé que l’on trouverait de la potasse. On se souvient” que, sous la Révolution, le Comité de Salut Public a eu à résoudre un problème du même ordre; il a fallu faire sortir de terre le salpêtre (nitrate de potasse) nécessaire à la fabrication de la poudre. Le problème, au surplus, se poserait à nouveau pour la France en cas de guerre européenne prolongée et les moyens primitifs mis en oeuvre par le Comité de Salut Public ne suffiraient sans
- ,ute plus à faire face aux besoins de la défense nationale.
- 11 y a donc pour nous à la fois intérêt et profit à suivre les efforts américains.
- Tout d’abord, une grande enquête géologique, dont La Nature a déjà parlé, a été ouverte. Tous les particuliers ont été conviés à y participer; des brochures simples, claires et pratiques ont été mises à la disposition du public curieux de ce genre de prospection; elles indiquent, en un langage à la portée de tous, dans quel sens il convient d’orienter les recherches, comment doivent être pratiqués les sondages, etc. Des laboratoires officiels et gratuits d’analyse minéralogique renseignent les ' chercheurs sur la teneur des échantillons prélevés par eux. !
- Jusqu’ici, les résultats de cette enquête n’ont pas été fort heureux ; on a bien trouvé quelques gisements potassiques dans les montagnes.de l’Ouest, mais peu riches et donnant un produit assez médiocre.
- Les plantes marines sont, on le sait, riches en potasse. Les côtes californiennes peuvent fournir de fort riches récoltes, et l’on songe sérieusement, paraît-il, à les utiliser pour l’extraction du carbonate de potasse qu’elles I
- contiennent. Le procédé n’est pas neuf; il a été longtemps appliqué en France, sur les côtes de Bretagne. Les plantes recueillies étaient brûlées, et le lessivage des cendres fournissait le précieux sel. Cette industrie, autrefois florissante, est tombée chez nous dans une profonde décadence. Peut-être va-t-elle se réveiller, sur la côte du Pacifique, en se rajeunissant au contact des méthodes industrielles américaines.
- Enfin les efforts américains portent encore sur un 3e point : l’extraction de la potasse des silicates naturels qui en contiennent. Les silicates potassiques sont parmi les minéraux les plus répandus sur le globe : ils entrent dans la composition de la plupart des roches cristallines ou volcaniques, surtout sous forme de feldspaths orthose, mi-crocline et sanidine, de micas, de leucite, etc. Des millions de tonnes de roches contiennent un ou plusieurs de ces minéraux avec une teneur moyenne de 10 pour 100 de potasse. On comprend que cette mine, jusqu’ici inexploitée, ait attiré de tout temps l’attention des chimistes, tentés de résoudre le problème de la potasse.
- Depuis 1907 de très nombreuses recherches ont été faites aux États-Unis pour trouver un moyen industriel et économique d’extraire la potasse des minéraux potassiques et notamment des feldspaths.
- Deux chimistes du gouvernement, MM. Cushman et Coggeshall ont exposé au dernier Congrès de chimie de New-York l’état de la question. Nous ne les suivrons pas dans leur revue des brevets de tous genres et nous n’examinerons avec eux que les procédés ayant déjà reçu un commencement d’application industrielle.
- Les matières premières envisagées sont surtout : l’ortho-clase et la leucite, silico-aluminates de potassium répondant respectivement aux formules :
- K20.Al205.6Si02 et K20.Al203.4Si02.,
- minéraux extrêmement abondants aux Etats-Unis. Mais les méthodes générales que nous allons indiquer ci-dessous semblent s’appliquer à de nombreuses autres catégories de roches à potasses*
- Une première catégorie de procédés qui ont donné lieu à des essais réels est celle des procédés chimiques par voie sèche, où les sels potassiques sont volatilisés et recueillis dans les gaz d’échappement. C’est ainsi que Ençkel brevetait en 1909 la méthode suivante : faire fondre un mélange de sable vert (silicate de fer naturel contenant de la potasse), de chaux vive, et de combus-
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- 134 — LE NOUVEAU TÉLÉSTÉRÉOGRAPHE ÉDOUARD BEL1N
- tible; retirer le' fer fondu et les scories, et recouvrer les sels potassicfues des gaz d’échappement. Comme sous-produit utile on obtient le ciment.
- Yoici maintenant une autre méthode par voie sèche qui vise à obtenir le chlorure de potassium. En 1907, Mac-Kee propose de chauffer un minerai potassique contenant du mica avec de la chaux, du sel marin, et du carbone; Cushman, en 1911, nropose de mélanger le feldspath avec de la chaux et des sels d’un acide minéral capable de décomposer le silicate; le mélange pulvérisé est alors traité par le chlorure de calcium qui s’unissant à la chaux donne un oxvchlcrurc de ciment. 11 se forme alors des agglomérats qui sont portés dans un four rotatif analogue à ceux en usage dans l’industrie du ciment Portland. Pendant le grillage la majeure partie du potassium se convertit en chlorure de potassium et reste dans les produits du grillage. Ceux-ci sont broyés
- et constituent, sans autre préparation, un engrais efficace.
- Notons encore le procédé de Thompson qui chauffe au rouge blanc un mélange de feldspath, de sulfate acide de sodium, et de chlorure de potassium. Le sulfate de potassium produit est extrait ensuite par lessivage. Le sulfate acide de sodium employé comme réactif dans cette préparation est un résidu industriel à très bas prix. Ce procédé a lui aussi été expérimenté et semble avoir devant lui un certain avenir.
- On voit que l’utilisation des roches a donné lieu à un bel effort de la part des chimistes. Il serait encore trop tôt aujourd’hui pour préjuger du succès commercial de ces tentatives. Avant tout il faut descendre à un prix de revient très bas, et nous n’avons pas, jusqu’ici, de précisions suffisantes pour pouvoir affirmer que le but est atteint. 11 y a des chances, cependant, pour qu’il le soit un jour. A. T.
- LE NOUVEAU TÉLÉSTÉRÉOGRAPHE ÉDOUARD BELIN
- Édouard Belin, dont nos lecteurs connaissent les premiers travaux, est parvenu à résoudre enfin ce curieux problème de la transmission télégraphique des photographies et des dessins. Posé, il y a soixante ans, par l’abbé Caselli qui réussit la télégraphie des dessins, ce problème a fait par la suite, en ces dernières années surtout, l’objet de recherches très suivies que La Nature a signalées au fur et à mesure des résultats acquis ; mais nous attendions toujours la solution idéale, définitive, qui paraissait devoir échapper, peut-être longtemps encore, aux plus méticuleuses investigations.
- On peut dire, dès maintenant, que les difficultés pratiques sont vaincues par le jeune et sympathique inventeur français qui nous réserve encore des surprises. D’une part, la vitesse de transmission d’une photographie 9,5x14 (format 15x18 réduit par les marges) a pu être réduite à 4 minutes au lieu des 14 ou 15 minutes primitivement nécessaires; d’autre part, la construction d’un appareil transmetteur portatif met entre les mains du reporter-photographe le moyen d’envoyer ses épreuves et sa littérature par le téléphone. Ajoutons enfin que l’usage des courants alternatifs dans les installations fixes permettra de prolonger les distances de télécommunication et de diminuer encore le temps nécessaire à la transmission.
- Nous rappellerons seulement le principe sur lequel repose la phototélégraphie système Belin. Au poste de départ, une épreuve photographique tirée à la gélatine bichromatée pour présenter des creux et des reliefs, puis fixée sur un cylindre, est explorée, pendant la rotation de la progression de ce cylindre, par une pointe appartenant à un transmetteur microphonique; ce microphone envoie sur la ligne des courants plus ou moins puissants selon que la pointé gravit des reliefs plus ou moins accentués. A l’arrivée, ces courants sont reçus dans un galvanomètre très apériodique tel que l’oscillographe Blondel dont le miroir, frappé par un faisceau incident issu d’une lampe Nernst, dirige le faisceau
- réfléchi à travers une lentille, sur un papier photographique extrêmement sensible enroulé sur un cylindre de mêmes dimensions que celui du poste de départ et entraîné dans les mêmes conditions. Le miroir obéit à l’action de l’oscillographe ; il subit des déviations autour de son axe vertical ayant pour effet d’obliger le faisceau lumineux à se déplacer sur une gamme de teintes de telle sorte que les variations du courant se traduisent, sur le papier sensible, en variations d’intensité lumineuse correspondant, en tous points, à celles du cliché photographique à transmettre.
- Transmission. — L’appareil transmetteur normal, c’est-à-dire celai des postes fixes, n’a subi qu’une modification relative à l’organe émetteur du courant. Le microphone primitif a fait place, en effet, à une sorte de rhéostat microphonique appelé rhéomicrophone, constitué par une petite boîte rectangulaire pourvue d’une plaque de charbon, portant, en son centre, une pointe exploratrice (schéma lîg. 2).
- Le fond de la boîte est fermé par une glace G portant dix pointes de charbon C, Cj, C2, C3... isolés par conséquent les uns des autres et inégalement rapprochés delà plaque vibrante supérieure ; les c harbons du centre étant les plus éloignés. L’un d’eux, C, est en contact permanent avec cette plaque. Enfin, tous les charbons sont reliés avec le circuit téléphonique par l’intermédiaire de dix résistances R*, R2, R-.... La transmission s’effectue alors de la manière suivante,. Normalement, le courant de la batterie traverse toutes les résistances avant de se propager sur le circuit, c’est-à-dire qu’il ne passe que très faiblement. Mais lorsque le rhéomicrophone a été mis en place devant le cliché de gélatine bichromatée, sa pointe commence l’exploration dès la rotation du cylindre. Supposons qu’elle gravisse un relief peu accusé. Elle établira un contact entre la plaque de charbon et la pointe la plus rapprochée, Cj par exemple. Le courant de la batterie trouvera donc un chemin direct pour se rendre sur la ligne,
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- LE NOUVEAU TÉLÉSTÉREOGRAPHE ÉDOUARD BEL1N = 135
- à partir du charbon Cj, par ce charbon, la plaque vibrante et le charbon C. La résistance Rt aura été mise en court-circuit et un courant, faible il est vrai puisqu’il aura, en course, franchi neuf résistances, sera envoyé sur la ligne. Si la pointé exploratrice franchit un relief maximum, le contact s’établira avec le charbon 10 et toutes les résistances étant mises hors circuit, la totalité du courant sera envoyée sur la ligne.
- En raison des flexions subies par la lame de charbon, flexions qui at teignent tou-jour s leur maximum au centre de cette lame, c’est-à-dire au point d’application delà pointe exploratrice, les charbons ont été disposés d’une manière toute spéciale (schéma 5). Ils sont groupés en deux séries à droite et à gauche de la boîte et les plus rapprochés du centre sont les plus éloignés de la lame. Nous les avons numérotés suivant leur ordre de rapprochement, le charbon 1 étant en contact permanent, les autres s’éloignent de plus en plus jusqu’au dixième qui est le plus rapproché du centre C et dont le contact avec la lame court-circuite toutes les résistances.
- Tous ces charbons sont montés sur des vis micrométriques permettant le réglage.
- L’une de nos photographies (fig. I) montre le
- 4 8 9 5 1
- O O C ° O O
- O O O O O
- 2 6 10 7 3
- Fig. 2. — Disposition des pointes de charbon dans lerhéomicrophone.
- transmetteur portatif nouvellement construit. Il se compose de deux parties qu’il est possible de séparer pour le transport si on le désire, mais qu’il est moins encombrant de laisser associées, puisque l’ensemble, enfermé dans une sacoche, pèse seulement 9 kg. Le moteur M, constitué par un ressort d’horlogerie que l’on remonte avec une manivelle, commande une série de rouages transmettant leur mouvement à un arbre horizontal, lequel commande la transmission par pignons P et P7. Le mouvement
- est régularisé par le régulateur R sur lequel on peut agir du dehors par une vis Y si l’on désire diminuer ou augmenter la vitesse de transmission. Une aiguille, solidaire de la vis Y, parcourt un arc gradué A sur lequel sont portées les indications nécessaires. Tous ces organes, sauf les pignons P et P', sont contenusdans uneboîte fermée par des glaces.
- Les pignons P et P' commandent deux axes horizontaux. Le premier H est fileté au pas de 1 millimètre; il reçoit le support du rhéomicrophohe qui progresse vers la gauche pendant la marche de l’apparéil et dont la pointé explore le cliché transmetteur à raison de trois tours par millimètre de largeur. Ce cliché est engagé, bien tendu sur le cylindre, maintenu par deux brides qui se rabattent surchaquemarge (en haut et en bas de l’épreuve). Ajoutons enfin que le cylindre solidaire de l’axe du pignon P' se met en place et s’enlève instantanément à l’aide de la petite manette M.
- Réception (fig. 4). — La marche du faisceau lumineux, dans le système récepteur, est suffisamment expliquée par le schéma, figure que nous publions
- Plaque de charbon
- Fig. 3 —Distribution des pointes de char-
- bon sous la plaque du rhêomicrophone.
- pour nous éviter des développements. Nous signalerons seulement le nouveau dispositif de chambre noire permettant la réception dans une salle éclairéè. Le cylindre récepteur, monté sur un axe tournant à la même vitesse que celui de départ et progressant dans les mêmes conditions que la pointe exploratrice, est enfermé dans une chambre octogonale CH qui demeure fixe. Sa face antérieure est percée d’iuiè fenêtre s’étendant sur toute’ la longueur utile du-
- Fig. i. — Le poste transmetteur portatif du nouveau tèlèstèrèographe Belin.
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- 136 :t-LE NOUVEAU TÉLÉSTÉRÉOGRAPHE ÉDOUARD BELIN
- cylindre. Mais, afin d’empêcher l’entrée de la lumière, cette face porte deux bords B B' engagés serrés entre deux rainures R et R' appartenant à une platine métallique P solidaire du bâti. Cette platine est percée d’une ouverture dans laquelle s’engage un tube de laiton T coulissant à frottement dur dans son support également tubulaire. Ce tube se termine par une partie conique percée d’un trou de 1/3 de mm de diamètre situé exactement au foyer de la lentille.
- Pendant l’arrêt, le tube est tiré hors de la chambre noire et on peut enlever celle-ci pour, procéder à la mise en .placé du papier sensible. Dès que l’on désire recevoir, on pousse le tube à fond ; son ouver-; ture vient alors effleurer le papier récepteur et y déposer la succession de points lumineux qui rétabliront la physionomie de l’image transmise. Ajoutons que les traces lumineuses, de même que les explorations de la pointe, s’inscrivent à 1/5 de mm les unes des autres et quelles chevauchent légèrement, afin d’éviter la production d’intervalles sombres entre deux spires voisines.
- Emploi du courant alternatif. — Sur les circuits téléphoniques de grande longueur, le régime de propagation du courant continu est tel que le courant ne peut suivre les émissions trop rapides. Ce retard provient principalement de la capacité des conducteurs.
- Pour transmettre au loin les images photographiques, il est donc nécessaire de recourir à un moyen technique permettant au courant de se propager normalement. C’est la raison pour laquelle M. Belin a résolu d’employer le courant alternatif. Mais il était nécessaire de produire un courant avec une puissance et une fréquence suffisantes. L’inventeur a choisi la fréquence de 800 à 1000 périodes afin de se rencontrer avec la fréquence des transmissions téléphoniques et d’éviter ainsi les obstacles qui auraient pu se présenter du fait des installations des lignes et de celles des centraux téléphoniques qui sont établies pour cette fréquence.
- Les premières expériences ont été faites avec un alternateur à haute fréquence à roue dentée du type Siemens et la disposition générale du système est représentée par le schéma (fig. 5), On constate
- qu’un circuit local, contenant le primaire d’un transformateur, est mis en résonance. Il comporte un ampèremètre, une résistance réglable R et deux condensateurs également réglables. Quant à la self, elle est constante et provient des bobines de l’alternateur. Sur ce circuit primaire, on établit une dérivation renfermant la résistance R et le microphone. Ce dernier appareil appartient au type ancien à trois billes de charbon; il a été conservé parce que le primaire ayant une très faible résistance, celle du microphone devient suffisante pour être efficace. On maintient ainsi, grâce au sectionnement de la ligne par un transformateur, toute la douceur des tonalités de l’épreuve originale.
- Le circuit secondaire est relié directement à la ligne par les deux branches A et B d’une fourchette qui intervient pour réaliser le synchronisme. Il aboutit à une fourchette semblable à celle du poste de départ et au secondaire du transformateur dont le primaire est monté en série avec l’équipage de l’oscillographe.
- Des expériences ultérieures détermineront la puissance à utiliser et fixeront d’une manière définitive le type d’alternateur à adopter.
- Rappelons que le synchronisme est assuré par la
- différence de vi-Récepteur tesse de rotation des cylindres. Celui de réception est animé d’un mouvement légèrement plus rapide que celui de transmission. Dès que le premier a accompli un tour, il s’arrête et attend que le second ait terminé le sien. A ce moment la fourchette A B se place sur B C et envoie sur la ligne un courant issu de la pile P. A l’arrivée, la fourchette a effectué la même manœuvre et le courant de la pile est envoyé dans le relais qui ferme un circuit local. Celui-ci actionne un éleclro dont l’armature, en se déplaçant, permet le départ du cylindre récepteur momentanément immobilisé.
- Pendant la réception, le courant alternatif a pour conséquence de faire osciller le miroir de l’oscillographe, symétriquement à gauche et à droite de sa position d’équilibre, et, en raison de la fréquence d’une part, de la persistance rétinienne d’autre part, le spot de lumière apparaît dédoublé. On pourrait donc utiliser des gammes de teintes doubles,
- Lampe F..
- ^Tnst Oscillateur- deligne Blqndel
- Lentille
- Fig. 4. — Schéma de la réception
- Miroir de
- l'oscillographe Excitation 110Y
- Am pèremêtre
- Condensateurs
- F rimait- î
- Excitation 2 amp
- Transformateur
- IV icrophone
- Sec ondair
- Fig. 5. — Schéma du montage pour le courant alternatif .
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- LE NOUVEAU TÉLÉSTÉRÉOGRAPHE ÉDOUARD BEL1N . 137
- Fig. 6. — L'appareil récepteur.
- symétriques par rapport à un axe qui correspondrait au noir absolu. Mais la moindre erreur dans le réglage de cette position conduirait à la production d’épreuves grises. Pratiquement, M. Belin emploie un seul des côtés de la gamme et par suite une seule des ondes du courant. Il se réserve d’utiliser les deux ondes pour atteindre des vitesses ultra-rapides.
- Une seule phase du problème restait à résoudre : la production, à l’arrivée,d’épreuves négatives ou positives, quel que soit le sens de l’épreuve de transmission. Pour obtenir ce résultat, M. Belin a utilisé une méthode télégraphique déjà ancienne,
- Fig. 7- — Poste récepteur complet.
- réalisée dans le système Duplex par différents procédés, entre autres par la méthode dite du pont de
- ------_ _ Wheatstone qui
- permet de transmettre simultanément deux dépêches par un seul fil de ligne. Nous n’insisterons pas sur ce procédé qui rentre dans la technique télégraphique.
- En résumé, toutes les conditions du problème de la phototélégraphie ont été parfaitement réalisées théorique-I ment et prati-
- ; quement par
- | M. Édouard Be-
- j lin. Le nouveau
- moyen d’information place le reportage photographique sur le même pied que son aîné si en
- honneur aujourd’hui. Lucien Fournier.
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- L’EXPLORATION DES PROFONDEURS DE LA MER
- LE FILET BOURÉE
- Jusque vers 1861, on a cru que les mers étaient inhabitées au-dessous de la limite de pénétration de la lumière qu'on fixait à 200 m. environ. Les quelques animaux ramenés par le plomb de sonde de profondeurs plus grandes étaient passés inaperçus ou bien leur présence avait été expliquée de diverses façons : animaux morts tombés sur le fond ou animaux s’attachant à la sondependant sa montée, etc.
- La rupture du câble télégraphique qui relie la Sardaigne à l’Algérie, arrivée en 1861, obligea de changer d’opinion ; en effet, la rupture s’était faite à une profondeur de 2000 m. et le câble cassé ramené à la surface se montra recouvert de coraux et d’animaux de toutes sortes sur une épaisseur plus grande que la sienne. À. Milne-Edwards, directeur du Muséum, qui examina le câble, y reconnut des Polypiers, dont certains morts tout récemment, à la chair encore fraîche, une huître commune, deux Pectens, etc. On ne pouvait plus
- Fig. i. — Le filet Richard à la descente
- dire que les profondeurs de l’Océan étaient sans vie.
- Le travail de Milne-Edwards fut le point de départ de nombreuses explorations zoologiques sous-marines organisées par les diverses nations : en Angleterre,
- Lightning (1868), Por-cupine(1869-70) et surtout Challenger (1875-76) ; en Amérique, Haissler (1871-72), Blake (1873); en Suède, Vôringen (1876-78); en Allemagne, Gazelle (au même moment). La France, occupée pendant ce temps à réparer les désastres de la guerre, ne profita pas de
- l’avance que lui avait donnée Milne-Edwards et ne se mit à l’œuvre qu’en 1880 avec le Talisman et le Travailleur qui explorèrent les fonds voisins de nos côtes. Depuis 1883, les efforts français se réduisent à peu de chose : la campagne du Cau-dan en 1895, celle delà Vienne en 1900, celle du Pourquoi Pas en 1912. Ils furent heureusement suppléés par les beaux travaux du prince Albert de Monaco qui, depuis 1885, n’a pas cessé d’entreprendre des campagnes océanographiques et d’explorer les océans à la recherche des animaux qui les peuplent et des lois qui régissent leur vie.
- Les nombreuses explorations ainsi faites ont montré que la mer est habitée dans ses profondeurs, jusqu’à 6000 m. environ où l’on a pu atteindre, non seulement sur le fond, mais encore dans les eaux intermédiaires entre la surface et le fond; ces notions sont aujourd’hui aussi courantes que celle de la stérilité delà mer vers 1850.
- La capture des animaux du fond est relativement facile ; on la fait au moyen de nasses, de dragues, de chaluts, etc. Celle des ani-
- Fig.
- nal,
- 2. — dont
- maux nageant entre le fond et la surface est beaucoup plus difficile et a suscité l’invention de nombreux engins. On avait d’abord imaginé divers filets à .ouverture et fermeture automatiques : filet de Sigsbee, de Palumbo, du prince de Monaco, de Giesbrecht, de Chun, de Tanner, de Fowler, etc. Tous (sauf celui de Tanner) descendent fermés.' Arrivés à la profondeur voulue, on les ouvre automatiquement par l’envoi d’un
- Le filet Richard remonté à bord.^ On recueille le seau ter-mile contenu sera versé dans les vases visibles à l’arrière-plan.
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- messager (poids glissant le long du câble) qui déclenche le mécanisme d’ouverture ; ils travaillent un certain temps; puis, avant de les remonter, on fait fonctionner le mécanisme de fermeture soit par l’envoi d’un nouveau messager, soit par la rotation d’une hélice que provoque le mouvement de montée. Ces appareils ont l’avantage de renseigner sur la profondeur où ont été capturés les animaux, mais ils sont d’un fonctionnement délicat, parfois même incertain, et ne peuvent avoir qu’une faible ouverture, ce qui ne permet la prise que des petites espèces.
- Pour récolter des animaux de plus grande taille, il faut nécessairement un filet plus grand; mais alors le dispositif d’ouverture et de fermeture automatiques n’est plus applicable. On peut tourner cette difficulté au moyen de la méthode qu’emploie le prince de Monaco. On fait une série de pêches à des profondeurs variées ; silefiletest, par exemple, descendu cà 1000 m., remonté, puis descendu à 2000 m. et remonté une seconde fois, les animaux
- d’ « explorations fractionnées », suivant l’heureuse expression du D1' Richard, donneront donc les
- Fig. 3. — Le filet Bourée à la descente.
- mêmes renseignements que des pêches aux filets à mécanisme automatique. De plus, l’ouverture du filet pouvant être très grande, on ramènera plus d’animaux et en particulier des grandes espèces qui seraient restées inconnues par un autre procédé.
- Le premier,Hensen, en 1889, utilisa un grand filet pour les pêches en profondeur ; son appareil est un filet de soie* muni d’un seau terminal, suspendu à un cercle de fer de 2 m. de diamètre. Le D1' Richard, directeur du musée de Monaco, a imaginé en 1905 le filet qui porte son nom(‘) (fig. 1 et 2) : c’est une poche en toile d’emballage ordinaire, munie d’une empêche faite de même tissu, portée par une armature carrée en fer dont chaque barre a 5 m. de long;
- le filet, de 6 m. de long, est renforcé aux quatre angles par
- Fig. 4. — Le filet Bourée remonté à bord.
- ae souaes
- voile qui soutiennent le seau terminal et le lest.
- de solides ralingues en toile a
- recueillis dans la seconde pêche et qu’on ne irouve pas dans la première, peuvent être considérés comme vivant entre 1000 et 2000 m. Des séries
- 1. I> J. Richaud. L’Océanographie. Paris, Yuibert et Nonv, '1907'.
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- C
- Le filet est descendu à la profondeur voulue — il l’a été jusqu’à 5000 m. — puis remonté aussi vite que possible (1800 m. à l’heure); il capte alors les ani-' maux de la colonne d’eau verticale qu’il traverse,
- ' colonne de 9 m* de base et de hauteur égale à celle de la descente. Quand il émerge, l’eau filtre à tra-; vers la toile d’emballage, les animaux se ras-| semblent dans le seau que l’on vide dans des bocaux pour un examen attentif (fig. 2).
- ! Le premier essai du filet Richard fut fait le -6 septembre 1905; depuis, il a été constamment employé par le prince de Monaco et toujours avec succès, rapportant une foule de petits organismes dont beaucoup étaient ignorés.
- Nous avons vu que le filet Richard ne remonte qu’à la vitesse maxima de 1800 m. à l’heure; les animaux les plus agiles peuvent donc s’enfuir à son arrivée, si bien qu’il ne capture que les espèces munies de faibles moyens de locomotion. L’examen des estomacs de Cétacés y a fait trouver de nombreux autres animaux, probablement plus agiles, dont beaucoup n’ont jamais été pris autrement. Cette observation a conduit le lieutenant de vaisseau Bouréè, aide de camp du prince de Monaco, à imaginer de modifier le filet Richard en vue de capturer les animaux les plus actifs des eaux intermédiaires. Il vient de décrire ce nouveau filet dans un très beau livre (*) d’où nous sommes heureux d’extraire les figures qui illustrent cet article.
- Le filet Bourée (fig. 5 et 4) rappelle le filet Richard. La poche, de même forme, est faite de filet à mailles d’un centimètre et non de toile d’emballage pour diminuer la résistance à l’avancement ; le fond seul, sur une hauteur de 50 cm, est en toile d’emballage pour éviter l’écrasement des animaux par suite de la violence du courant d’eau ; elle remplace le seau terminal du filet Richard ; l’ouverture est munie de quatre panneaux articulés qui s’ouvrent à 45° sous l’influence du remorquage et portent la surface de prise à 15-16 m2 au lieu de 9; les 4 barres de fer sont plus solides pour résister sans torsion à l’effort de traction beaucoup plus grand qu’elles supportent ; le filet est suspendu au câble par 2 brins en fil d’acier au lieu de 8 pour offrir un obstacle minimum à l’entrée. L’ensemble du filet Bourée réalise donc par rapport au filet Richard divers progrès : augmentation de la surface captante, moindre résistance à la traction, plus grande solidité et commodité de l’attache.
- Le filet lesté est descendu à la profondeur voulue, puis remorqué à une vitesse de 4 à 5 nœuds. Les animaux qu’il rencontre sont projetés par la violence du courant jusqu’au fond du filet où ils sont maintenus sans être écrasés dans la poche en toile
- 1. Lieutenant de vaisseau Bourée. De la surface aux abîmes. Delagrave, éditeur, Paris, 1912.
- 2. De la surface aux abîmes, p. 102.
- 3. Dans une récente communication à l’Académie des Sc ences, M. Bourée a rendu compte de plusieurs séries d’expériences nouvelles qui ont confirmé la migration verticale noc urne des animaux de grand fond et spécialement de ceux à organes lu-
- d’emballage. Les résultats déjà obtenus par le filet Bourée sont fort intéressants. Voici le plus curieux d’entre eux, tel que le relate le lieutenant de vaisseau Bourée (2) : « L'Hirondelle marchant à la vitesse de 5 nœuds environ, on avait immergé le filet Bourée entre 7 et 10 heures du soir. La quantité de câble filé était de 550 mètres et comme on l’avait remorqué sans interruption, l’engin s’était tenu à une profondeur qu’on peut évaluer à 200 ou 250 mètres au maximum. On s’attendait donc à capturer des êtres déjà connus pour habiter les zones supérieures; aussi, grande fut la surprise quand le filet revint à bord. Il contenait une quarantaine à'Argyropelecus, des Ânçjuillidæ, des poissons à organes lumineux, etc., la plupart pris jusqu’alors dans des conditions faisant présumer qu’ils vivaient dans de très grands fonds. La pêche fut renouvelée rigoureusement dans les mêmes conditions et dans les mêmes parages quelque! heures plus tard, entre 6 heures et 9 heures du matin. Cette fois, le filet revint presque vide et ne ramena aucun des animaux précités. » Il faut donc en conclure que les animaux des grands fonds, et principalement les poissons à organes lumineux montent la nuit en grand nombre près de la surface, et que, par conséquent, ils peuvent supporter les énormes variations de pression et de température d’un tel voyage (s).
- Le filet Bourée est encore trop récent pour avoir donné tous les résultats qu’on peut en attendre. Sa manœuvre très simple rendra son utilisation très courante; toutefois elle présente encore quelques difficultés que le lieutenant de vaisseau de Bourée ne se dissimule pas. Le remorquage du filet a pour effet de le faire remonter vers la surface, si bien qu’il ne reste pas à la profondeur où on l’a coulé. Actuellement, on obvie à cet inconvénient en ne le traînant que peu de temps ; le bateau qui le tire est mis en marche pendant 5 minutes, puis stoppé durant le même temps pour que le filet redescende à la profondeur initiale ; une série de manœuvres de ce genre permet de travailler dans une zone limitée en hauteur, la position du filet étant assez exactement indiquée par le dynamomètre du câble. Mais il y aurait évidemment intérêt à ce que le remorquage puisse être continu. Le lieutenant de vaisseau Bourée m’écrit à ce propos : « Les expériences faites avec ce filet seront surtout intéressantes quand "on pourra le remorquer d’une façon constante, l’engin étant muni d’un appareil enregistreur d’immersion. Malheureusement un tel instrument n’existe pas encore. Nous en avons essayé un qui a déjà été modifié plusieurs fois ; mais, au-dessous de 12 à 1500 mètres, il se remplit d’eau et le mécanisme d’horlogerie se noie. Le manomètre
- milieux. Cet océanographe suppose que ces dernières espèces, pénétrant dans les zones supérieures lorsque la nuit est arrivée, se servent alors de leur pouvoir éclairant pour attirer leurs proies, absolument comme les pêcheurs pratiquent en maints endroits la pêche aux flambeaux, la nuit arrivée. Et l’on-, sait combien celte pêche est destructrice puisqu’elle est généralement interdite.
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- EMPREINTES DE QUADRUPÈDES PERMIENS ======= 141
- naturellement n’indique plus rien non plus à partir de ce moment. L’instrument employé se compose de deux demi-lentilles métalliques très épaisses contenant le mécanisme d’horlogerie et un style inscrip-teur commandé par un manomètre ayant sa prise d’eau à la surface d’une des lentilles. Une couronne
- de boulons assure la fermeture sur un joint qui a d’abord été en fibre, puis à surfaces métalliques directes, etc. Mais ce joint manque toujours.... »
- Il y a là un problème intéressant dont la solution sera utile pour toutes les opérations océaniques en profondeur. R. Legendre.
- EMPREINTES DE QUADRUPEDES PERMIENS
- La faune permienne, assez pauvre jusqu’ici en
- animaux terrestres, s’est,
- grâce a
- M. À. Delage, le
- vénérable professeur de Montpellier, enrichie récemment d’une façon fort curieuse et imprévue. M. Delage a découvert, en effet, dans les schistes à Walchia du permien inférieur de l’Hérault, près de Neffies, une trentaine d’empreintes de pas d’un grand quadrupède inconnu, qu’il a appelé le Per-momegatherium Zeilleri.
- Quand on regarde une de ces empreintes dont nous reproduisons deux spécimensQ), on peut d’abord avoir quelque doute sur leur origine. Ces doutes disparaissent lorsqu’on constate la juxtaposition, dans un étroit espace de 3 m. sur 4 m. de tant d’empreintes pareilles, offrant une disposition identique et, comme nous allons le dire, presque toutes tournées de même. L’analyse très fine et très serrée, à laquelle M. Delage a soumis les faits, permet de reconstituer l’histoire de ces empreintes si anciennes de la manière suivante.
- On était là sur le bord d’une grande lagune peu
- Aspect d’une autre empreinte d'un animal de même espèce.
- È'
- l'SàiBiMmttpé'
- ISr-
- ont laissé leurs traces, s’est dirigée un jour vers le «
- lac pour y boire. Tous les animaux allaient dans
- Empreinte d’un pied de Permomegatherium Zeilleri.
- le même sens ; mais, sur le sable plus ou moins sec, formé de fins débris de quartz, de séricite et de dolomie, leurs pas marquaient rarement, ou s’efià-çaient vite, si bien que, de chaque animal représenté, on ne connaît qu’un seul pied, les 25 empreintes appartenant à 25 individus différents. Ce jour-là, le temps devait être très calme, tandis qu’auparavant il y avait eu une forte brise dont on voit la marque dans les traces de vagues que porte la couche de schistes située au-dessous de celle où se trouvent les empreintes. Après le passage des animaux, on vit de nouveau des vagues s’avancer sur ce sable en sens inverse de la marche des animaux et effacer parfois une partie des empreintes en partant du bout des doigts pour remonter vers la plante du pied. Puis, par une circonstance exceptionnelle qui ne s’est pas renouvelée, à notre connaissance, en un autre point de la bordure de ce lac permien, le tout fut recouvert et en quelque sorte moulé sous une couche de sable nouvelle.
- profonde, dont les eaux, comme celles d’un Tchad ou d’une mer d’Aral, étaient soumises à des périodes de progrès ou de recul suivant que les saisons étaient plus ou moins pluvieuses. La troupe de quadrupèdes en question, dont 25 individus au moins
- I. Gus umproiiilus ont été^pholograpldéus d'après dus moulages en plâtre qui un donnent la contre-empreinte, un sorte quelles sont retournées ut inversées. On pourra les comparer aux empreintes d’animaux vivants dont nous avons donné les photographies obtenues par le même procédé, dans notre numéro du 25 mai 1912.
- Qu’étaient ces quadrupèdes, nous pouvons seulement essayer de le deviner d’après leurs empreintes ; car, ni là ni ailleurs, on ne connaît, dans le permien, d’ossements pouvant correspondre aux animaux en question. Mais, d’après les empreintes seules, on arrive à reconnaître qu’il s’agit d’un animal de grande taille puisque les empreintes de pieds ont à peu près exactement 15 cm. Ce quadrupède devait être à très peu près, sinon entièrement, adapté à la vie continentale, car rien dans ces pieds ne rappelle les animaux à mœurs aquatiques. Il
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- ACADEMIE DES SCIENCES
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- c
- avait cinq doigts à chaque pied, avec des ongles, ou rudimentaires ou rétractiles pendant la marche (puisqu’ils n’ont pas laissé de trace). Les empreintes, très appuyées sur le bord externe avec les doigts écartés et rejetés en dehors, accusent des êtres non rampants, relativement hauts sur pattes, à jambes arquées en dedans et marchant presque exclusivement sur les doigts ou sur la pointe des pieds. Enfin, le Permomegatherium paraît avoir eu des pieds à doigts en avant et des pieds à orteils en arrière.
- Maintenant comment se fait-il que de cet animal il ne reste aucun ossement et seulement cette empreinte si fugitive laissée en passant sur le sable d’une plage? Il faut bien remarquer, à cet égard, que les conditions dans lesquelles un animal, et surtout un animal terrestre, des anciennes époques géologiques, a pu se trouver conservé jusqu’à nous sont quelque chose de tout à fait anormal, en sorte
- que nous ne connaissons probablement pas la centième, ou même la millième partie des espèces qui ont vécu. En particulier, dans ce gisement, sur le bord d’un lac généralement calme et à sédimentation très lente, toutes les chances étaient pour que les restes d’animaux disparussent sans avoir eu le temps de se fossiliser.
- J’ajouterai seulement qu’il reste encore quelques points mystérieux dans l’histoire de ces empreintes de pas. Comment un troupeau, marchant en file indienne vers un lac, n’a-t-il laissé que ces empreintes distinctes les unes des autres, et telles que chaque animal y semble représenté par un seul de ses pieds? M. Delage n’a pas dissimulé cette difficulté. Mais peut-être, maintenant que l’attention a été attirée sur ces empreintes, qui étaient très difficiles à distinguer au premier abord, retrouvera-t-on, dans d’autres bassins permiens, d’autres faits qui achèveront d’éclaircir celui-là. À. Latour.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des i 3 et 20 janvier 1913. — Présidence de M. Guyon.
- Renforcement de la végétation. — M. Maqucnne présente une Note de M. Stoklasa, de Prague, relative à l’influence des sels d’uranium et de plomb sur la végétation, c’est-à-dire à l’action des corps qui sont à l’origine et à la fin de la radioactivité. Ces sels exercent une influence favorable sur la végétation, à la condition de ne pas dépasser une certaine dose optima de 2 à 4 kg par hectare au delà de laquelle ils deviennent toxiques. Les sels de plomb peuvent ainsi doubler la récolte des graines.
- Le ver des noisettes. — M. Bouvier expose que M. Ila-baud a étudié le mode d’introduction du ver des noisettes dans le fruit. Ce ver n’est autre chose que la larve d’une sorte de charançon, le Balanus nucum. La femelle pique les noisettes au commencement de juin, quand elles sont encore tendres. Il se forme alors une galle à l’intérieur de la noisette dans laquelle la larve se trouve incluse. Elle ronge ensuite peu à peu les parois de la galle et pénètre dans flamande.
- L’éducation des centres auditifs. — Dans un travail que présente M. d’Àrsonval, l’auteur, M. Marage, tire de ses nombreuses expériences les règles suivantes de l’éducation des centres auditifs. Pour faire chez les sourds-muets l’éducation de ces centres et chez les sourds la rééducation de ces centres, il faut employer des vibrations qui se rapprochent le plus de celles de la voix naturelle, c’est-à-dire des vibrations aériennes intermittentes et non des vibrations métalliques. Il faut en outre débuter par des vibra'ions très- simples et continuer par des vibrations de plus en plus complexes analogues à celles de la voix naturelle. De plus, on doit toujours pouvoir faire varier l’intensité des vibrations employées de manière que l’on soit à même de mesurer chaque semaine le progrès de l’acuité positive.
- Perfectionnement du téléphone. — M. d’Arsonval expose le principe d’un perfectionnement physiologique du téléphone dû à M. J. Glover. Cet appareil donne un son très net; de plus il amplifie l’accentuation de la parole. 11 repose sur l’étude raisonnée, antérieurement
- faite par l’auteur, de la dissociation des timbres de la voix suivant la hauteur au moment même de l’émission vocale. Celte méthode est utilisée pour le classement physiologique précis des voix et pour l’indication, aux compositeurs, des impossibilités vocales. Comme le courant agit sur le récepteur du téléphone, non par son intensité propre, mais par les variations de son intensité, il y a lieu d’amplifier ces variations. Le nouvel appareil utilise à son maximum la dynamique vocale et réalise l’amplification des variations du courant microphonique qui seules peuvent produire sur l’oreille de l’auditeur des sensations nettes et fortes.
- Les signaux horaires de l’Observatoire. — M. Bi-gourdan décrit le principe d’un appareil qu’il a imaginé pour l’envoi des signaux horaires, conformément à un vœu émis par la Conférence internationale de l’heure qui s’est réunie à Paris en octobre dernier. D’après ce vœu, les signaux doivent être formés de traits et de points de durées rigoureusement exactes et égales respectivement à 1 seconde et à 1/4 de seconde. Ces signaux doivent d’ailleurs aussi être séparés par des intervalles rigoureusement exacts. En raison de la précision requise, les signaux ne peuvent être faits à la main ; il est nécessaire de les réaliser automatiquement. C’est ce que permet de faire l’appareil proposé par M. Bigourdan, qui consiste en un cylindre tournant automatiquement d’un mouvement uniforme et sur l’extérieur duquel est enroulé et fixé en hélice régulière un filet carré formé alternativement de matière conductrice et isolante. De longs contacts frottent constamment conli’e un contact électrique. Par ce moyen le courant passe quand 1a. pièce de contact touche une partie conductrice; il est interrompu quand elle touche une partie isolante.
- Vaccination contre la tuberculose. — M. Kappin a inoculé une série de cobayes avec des doses variables de bacilles modifiés par l’action d’un sérum spécifique préparé suivant une méthode qu’il a indiquée, puis, au bout d’un certain temps, il a infecté ces cobayes à l’aide d’une
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- LOUIS CAI LLF.TF.T - 143
- injection virulente, en même temps qu’un lot de cobayes normaux. Il a ensuite observé tous ces animaux. Les cobayes vaccinés ont résisté; tous les cobayes témoins sont morls. En sacrifiant au bout de quelque temps des cobayes survivants, on constate qu’ils sont indemnes de toute lésion pouvant faire suspecter l’évolution d’une infection tuberculeuse. L’effet local de l’injection est caractérisé par un épaississement du tissu cellulaire sous-cutané ou par la production d’un ganglion qui n’aboutit point à un abcès et disparait complètement. Vu la sensibilité du cobaye, on peut espérer que des résultats excellents pourront être obtenus sur l’homme à l’aide du vaccin expérimenté. .
- La chlorose des orangers. —M. Guignard analyse une Note de M. Trabut sur une maladie des orangers appelée la chlorose infectieuse, distincte de la chlorose vulgaire et duc à une intoxication par les sels du sol. Son caractère principal est d’être transmissible par la greffe. Le porte-greffe est lui-même contaminé. Si on l’ampute de la partie greffée, la maladie passe dans le nouveau greffon qui y est implanté. On n’a pas encore réussi à mettre en évidence un micro-organisme dans les sujets infectés.
- L'épuration des huîtres. — L’épuration des huîtres des parcs par la stabulation dans des bassins remplis d’une eau de mer fdlrée et courante a été démontrée par M. Fabre Domergue. MM. Bodin et Chevrel exposent, dans une Note que résume M. Prillicux, que l’on peut par ce procédé épurer des huîtres qui ont été artificiellement infectées par le bacille typhique. On peut donc considérer comme acquise la solution du problème si important de l’épuration des huîtres livrées à la consommation.
- L'identification du crâne présumé de Descartes. — M. Paul Richer décrit la méthode qu’il a employée à l’effet de vérifier que le crâne conservé au Muséum comme provenant du squelette de Descartes, doit, d’après les portraits existants, être attribué au grand philosophe. Les caractères qui peuvent être rapprochés sont les sui-
- vants : fuite du front, saillie des arcades, saillie des apophyses orbitaires extérieures, saillie des os de la pommette, nez busqué. En effet, le crâne accuse ces caractères que l’on observe clairement sur le célèbre portrait peint par Franz Hais et conservé au musée du Louvre. C’est sans doute cette concordance qui a entraîné l’opinion de Cuvier. M. Verneau récemment a entrepris d’éclairer la question. Puis M. Paul Richer s’est appliqué à solutionner le problème par un procédé susceptible de contrôle. Il a fait exécuter, d’après le portrait de Franz liais, le dessin d’un crâne s’y adaptant aussi exactement que possible, puis il a fait un dessin du moulage du crâne après l’avoir placé dans l’orientation de la figure du tableau. De plus, ce dessin a été fait à la même échelle que le tableau. La première opération est d’une rigueur plus grande qu’on pourrait le supposer et né laisse guère place à l’imagination, car une tète présente un certain nombre de points de repère osseux très précis et qui sont fort apparents sur le portrait. Ces mêmes points ont été repérés sur le "moulage du crâne et ont permis de le placer avec une extrême précision dans la position que liais a donnée à son modèle. Enfin, on s’est servi de la chambre claire dans le but d’avoir une précision rigoureuse. La superposition des deux dessins a ensuite été effectuée; elle a été réalisée avec une concordance presque absolue. A titre de contre-épreuve on a effectué des dessins de plusieurs crânes; la 'concordance a été impossible. Une conclusion découle de l’expérience, c’est que le crâne conservé au- Muséum est bien le ci’àne de Descartes si l’on s’en rapporte au portrait peint par Franz Hais.
- Vaccination antityphoïdique dans la. marine. — M. le professeur Chantemesse fait connaître les résultats obtenus en 1912 par ses expériences de vaccination contre la fièvre typhoïde dans la marine. Sur 5107 marins vaccinés on n’a pas observé un seul cas de fièvre typhoïde, alors que, sur les 67 845 autres marins non vaccinés on constatait 542 cas, le touj^du 5 avril à fin décembre 1912. Gu. de Villedeuij..
- LOUIS CAILLETET
- La science française vient d’être cruellement frappée dans la personne d’un de ses représentants les plus éminents. Louis Caillelet, membre de l’Institut, président de l’Aéro-Club de France, vient d’être enlevé à l’affection des siens, le 5 janvier dernier, par une courte, mais douloureuse maladie.
- Né à Châtillon-sur-Seine en 1852, Louis Caillelet, après avoir commencé ses études au collège de sa ville natale, les continua à Paris, au lycée Henri IY, puis à l’École des Mines. Dès cette époque il manifesta pour les sciences expérimentales et, pour la physique en particulier, un goût très vif qui permettait de prévoir la place que Cette science tiendrait dans la suite de sa vie. Appelé bientôt à succéder à son père dans la direction des Forges de St-Marc (Côte-d’Or) il ne tarda pas à mettre à profit les ressources que lui offrait l’industrie métallurgique pour des recherches scientifiques, il fit, en particulier, de nombreux travaux sur les réactions qui se passent
- dans les hauts fourneaux et sur l’état de dissociation des' gaz qui prennent naissance aux températures élevées des foyers industriels.
- Comprenant que d’importantes découvertes restaient à faire dans les propriétés des gaz soumis à de hautes pressions, il eut bientôt l’idée de reprendre l’étude de leur compressibilité en élargissant les limites entre lesquelles les expériences avaient été faites jusqu’alors. Tous les physiciens ont admiré la simplicité et l’ingéniosité des dispositifs par lesquels il put étudier la compressibilité de l’air jusqu’à des pressions atteignant plusieurs centaines d’atmosphères et apporter des résultats entièrement nouveaux sur l’allure de la compressibilité des fluides à ces pressions élevées.
- Mais le chercheur avide et infatigable qu’élait Louis Cailletet ne pouvait se contenter de ces résultats et son esprit était hanté par le désir de résoudre le problème sur lequel s’étaient en vain concentrés
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- les efforts de Faraday et de tant de physiciens illustres : la liquéfaction des gaz. dits permanents. Les récents travaux d’Andrews avaient montré que le secret de la solution devait se trouver dans un mode puissant de réfrigération. Rompant avec toutes les méthodes utilisées jusqu’à ce jour, Louis Caillelet eut alors l’inspiration géniale de s’adresser à la détente des gaz pour atteindre des froids jusqu’alors inconnus. Dès lors le problème était résolu : une série de communications sensationnelles annonçait bientôt au monde savant que les gaz permanents et, en particulier, le. plus rebelle d’entre eux, l’hydrogène, étaient enfin vaincus.
- Un tel succès ne pouvait rester sans sanction.
- Bientôt après, en 1884, l’Académie des Sciences accueillait dans son sein l’illustre physicien et les sociétés savantes de France et de l’Étranger l’ho-noraient de leurs plus hautes récompenses. Le nom de Louis Cailletet était, dès lors, acquis à la postérité.
- Ces succès ne ralentirent point la passion du savant pour les recherches expérimentales et, pendant les dix années qui suivirent, il continua à publier de nombreux mémoires se rapportant surtout aux gaz liquéfiés et à leur emploi pour la production des très basses températures dont les récents « Congrès du Froid » ont fait ressortir l’importance industrielle.
- Four faciliter ces études, Louis Cailletet avait installé, avec la collaboration de M. Eiffel, un gigantesque manomètre sur la tour de 500 mètres récemment construite au Champ de Mars. C’est au cours de ces travaux que l’idée lui vint d’utiliser les grandes hauteurs verticales dont cette tour permet de disposer, pour étudier la chute des corps et la résistance opposée par l’air à leur mouvement. Les résultats obtenus dans ces nouvelles recherches amenèrent Louis Cailletet à s’intéresser à l’étude de l’atmosphère terrestre et aux nouveaux moyens mis
- en œuvre pour la « conquête de l’air ». Il imagina des appareils qui, adaptés aux ballons-sondes, allaient puiser automatiquement, dans les hautes altitudes, de l’air destiné aux analyses chimiques, ou rapportaient de précieuses séries de photographies prises, elles aussi, automatiquement, des régions sur lesquelles ces ballons avaient plané. Enfin, soucieux de faciliter les ascensions aérostatiques, il avait inventé un appareil permettant d’emporter, sous la forme peu encombrante de gaz liquéfié, une provision d’oxygène pur qui, reprenant graduellement sa forme gazeuse, était respiré par les aéronautes et
- leur donnait le moyen de séjourner longtemps sans danger dans un air très raréfié. C’est en reconnaissance des services ainsi rendus à l’aéronautique que l’Aéro-Club deFrance le choisit comme président, et Louis Cailletet s’acquitta, jusqu’à la fin de sa vie, de ces nouvelles fonction s avec son zèle infatigable et son inaltérable dévouement.
- Telle est, brièvement résumée, l’œuvre du savant. Quant à sa vie privée, elle eut la simplicité et la droiture de celle des natures d’élite. La juste satisfaction qu’il éprouvait à voir ses travaux appréciés par ses contemporains n’avait altéré en rien la modestie et la simplicité qui faisaient le charme de son caractère. Ceux qui l’ont connu dans l’intimité et qu’il a associés à quelques-uns de ses travaux, dans les circonstances où l’aide d’un collaborateur lui était nécessaire compteront toujours parmi les meilleures les heures passées avec lui dans les séances de laboratoire.
- Savant désintéressé, aimant la science pour elle-même, Louis Cailletet est de ceux qui ont illustré leur pays par la grandeur et l’importance de leurs découvertes. Et tous ses amis garderont un souvenir ému de l’homme profondément bon qu’il n’a cessé d’être pendant tout le cours de sa vie. E< Colardeau,
- Prof, de Physique au Collège Rolliu.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris,
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- LA NATURE. — N° 2071.
- Xer FEVRIER 1913.
- LA NOUVELLE ECOLE NATIONALE D’ARTS ET METIERS DE PARIS
- Depuis plus d’un.demi-siècle, on réclamait la créa-lion à Paris d’une École d’Àrts et Métiers analogue à celles qui fonctionnaient déjà en province à Châ-lons, à Aix et à Angers. En dépit du vœu émis dès 1871, par le Conseil général de la Seine et renouvelé à plusieurs reprises, les projets des Commissions sommeillèrent longtemps dans les cartons de l’Administration. Mais, grâce à l’initiative de M. Millerand, alors ministre du Commerce, le Parlement sanctionna, le 5 avril 1906, la convention intervenue entre l’État et le département qui contenait les voies et moyens propres à réaliser l’institution si longtemps attendue.
- Sur l’ancien emplacement des abattoirs de Ville-juif en bordure du boulevard de l’Hôpital, M. l’architecte Roussi
- verrons six tours Ernault, diverses transmissions Piat, l’affûteuse universelle Kreutzberger, etc. Les tours à charioter et à fileter, en particulier, sont des outils très précis ; les chariots sont à mouvements automatiques longitudinal et transversal, ils possèdent un débrayage automatique longitudinal et se déplacent rapidement à la main; d’autre part., les organes de manœuvre établis tous à l’avant facilitent le travail de l’ouvrier.
- L’affûteuse Kreutzberger peut prendre entre les
- pointes 400 mm de largeur et meuler effectivement' 500 mm de largeur sur 200 mm de diamètre. La broche porte-meule est à axe inclinable et variable en hauteur, tandis qu’une série de chariots rectilignes super-
- En haut : La façade de la Nouvelle École des Arts et Métiers. A gauche : La fonderie. — A droite : L’atelier de travail du bois.
- édifia les bâtiments de la nouvelle École qui vient enfin d’ouvrir ses portes à la rentrée de 1912.
- Nous avons cru intéressant de faire visiter à nos lecteurs ce vaste établissement, la plus moderne de nos pépinières de futurs ingénieurs. Il nous faudra traverser des cours et préaux spacieux, des salles d’études et des amphithéâtres baignés de lumière, des laboratoires et des ateliers pourvus de machines perfectionnées. Mais nous insisterons principalement sur l’organisation de ces derniers, dont l’outillage perfectionné, choisi avec soin, constitue une usine modèle où figurent les types les plus récents de tours et d’affûteuses, de fraiseuses ou de raboteuses, de scies, de machines à percer, etc.
- Entrons d’abord dans l’atelier d’ajustage où nous
- posés, gradués et munis de butées micrométriques permettent par leurs mouvements combinés d’imprimer à la fraise les déplacements et les changements de position nécessités par le contact de la meule sur tous les points d’une surface de révolution ayant pour génératrices des lignes géométriques droites ou circulaires.
- Les transmissions de mouvements Piat, qui actionnent les différentes machines-outils de l’atelier des élèves des deux premières années méritent également une mention spéciale. Commandées elles-mêmes par des dynamos, elles reposent sur une construction métallique entièrement indépendante de la charpente du bâtiment, et comportent quatre lignes parallèles d’arbres moteurs. Les différents
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- CHRONIQUE
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- spécimens d’organes de ce genre s’y trouvent représentés : paliers à lubrification continue, paliers autograisseurs ordinaires ou à rotule, chaises pendantes à 2 jambes, etc.
- La fraiseuse Barriquand et Marre se prête à tous travaux et sa robustesse la désigne spécialement pour l’exécution des pièces mécaniques en acier de haute résistance. Les mouvements automatiques de sa plate-forme et de son chariot inférieur peuvent se régler au 4 /50e de millimètre, grâce à des butées d’un système nouveau. Quant à l’autre machine à fraiser de P. Huré, son arbre unique porte-fraise s’oriente et travaille dans toutes les directions. Enfin vu les vitesses variées qu’on peut leur imprimer, les perceuses Jost s’emploient aussi bien pour le perçage des petits que des gros trous.
- Jetons un rapide coup d’œil à la fonderie dont une de nos vues montre les tables de moulage. Là, les élèves s’initieront à toutes les parties de l’art du fondeur : la préparation, le séchage, le broyage et le tamisage du sable, la confection des moules, etc. On y rencontre les machines à mouler Bonvillain et Ron-ceray, des cubilots et on y installera prochainement un haut fourneau de démonstration. Dans la forge, où on ne voit encore que des ventilateurs Sturtevant, des enclumes, des marteaux et autres outils du for-
- geron, on établira l’an prochain un marteau-pilon.
- Terminons notre visite par la salle ou les élèves apprendront à travailler le bois. On y trouve, indépendamment des établis et du matériel habituel des menuisiers, les scies, les raboteuses, les toupies les plus perfeclionnées et des tours sur banc de fonte Guillet. Nous signalons simplement pour mémoire la station centrale électrique, encore à l’état embryonnaire, qui doit servir à la fois de laboratoire électro-mécanique et assurer dans l’avenir la force motrice des ateliers ainsi que l’éclairage de l’établissement.
- A l’inverse des institutions similaires de province dont tous les élèves sont internes, on a adopté pour la nouvelle École parisienne, le régime du demi-
- pensionnat. En outre, à la suite des trois ans d’études s’ajoutera une quatrième année facultative accessible aux diplômés des six écoles françaises d’arts et métiers. Aussi nul doute que, sous l’habile direction de M. Corre, secondé d’ailleurs par d’éminents professeurs, cette institution ne forme des techniciens d’élite dont notre pays, si fortement concurrencé aujourd’hui par l’étranger dans les différentes branches de l’industrie mécanique, a tant besoin.
- J.ycques Boyeu 1
- CHRONIQUE
- L’utilisation des tournures et débris de fer.
- — Que faire des tournures et copeaux de fer, déchets obligatoires des ateliers de mécanique ?
- Des essais nombreux semblent démontrer que l’un des moyens les plus avantageux de les utiliser consiste à les agglomérer en briquettes.
- On obtient ainsi une matière première qui trouve son emploi en fonderie, et dans la préparation des aciers, où elle se mélange parfaitement aux matières premièrês usuelles, et se prête à l’élaboration de produits de haute qualité.
- Les tournures et copeaux sont d’abord soigneusement nettoyés ; ils doivent être débarrassés de poussières et de matières étrangères ; les tournures couvertes d’une couche de rouille trop épaisse doivent être éliminées, opéra-
- tion qui s’effectue au moyen d’un séparateur magnétique.
- Les produits ainsi traités sont envoyés alors à la presse à briquetcr.
- Cette machine, sous la forme la plus moderne, est constituée par un plateau tournant portant les moules que les débris viennent remplir automatiquement.
- Dans ces moules s’engagent deux pistons diamétralement opposés, et mus par pression hydraulique.
- Ils compriment énergiquement les matières placées dans le moule; celles-ci s’agglomèrent et l’on obtient ainsi les briquettes qui, à l’air libre, se recouvrent d’une couche de rouille superficielle, grâce à laquelle la cohésion de l’ensemble s’augmente. Les briquettes sont aisément transportables, très maniables, aussi bien au point de vue des opérations métallurgiques que de la manutention.
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- A TRAVERSEE DE LA SUISSE EN BALLON
- Fig. i. — MM. Spellerini et'Console, au moment du « lâchez-tout ! »
- Nous n’avons plus à présenter à nos lecteurs le capitaine Spelterini, l’aéronaute suisse qui, le premier, traversa les Alpes en ballon, et rapporta de sa téméraire excursion de remarquables photographies qui, en nous montrant, vues de haut en bas, des montagnes aux noms familiers, nous les présentèrent sous un aspect qui nous était totalement inconnu.
- Le capitaine est l’un des aéronautes qui comptent le plus grand nombre d’ascensions à leur actif : il vient d’accomplir son cinq cent cinquante - sixième voyage aérien et l’on peut croire qu’il formera date dans ses souvenirs.
- Il s’était imposé comme programme la traversée des Alpes centrales, cet énorme massif que personne n’avait encore osé franchir par la voie des airs, et, cette fois, il avait choisi pour compagnon un photographe professionnel, M. Armand Console, l'un des brillants reporters du Daily Mirror. On jugera par les chiffres suivants que l’expédition eut des résultats remarquables : en l’espace de 14 h. 50 min., les voyageurs parcoururent 400 km, avec une altitude maximum de 5810 m.
- Interlaken avait été choisi comme point de départ. Les opérations de gonflement eurent lieu sur la Hôhenmatte, la superbe place bien connue des touristes, mais la pluie et le vent contrarièrent les desseins des aéronautes pendant toute une semaine. Enfin, le temps parut un peu plus favorable, et une après-midi, à 5 h. 45, le capitaine Spelterini lança le traditionnel « lâchez tout! »
- Comme le « document » ne perd jamais ses droits, nous noterons, d’après le récit de M. Console, l’inventaire de la nacelle. En prévision d’un atterrissage sur un pic désolé, les voyageurs emportaient 5 jours de vivres, à savoir : 2 poulets froids, 5 livres
- Fig. 2. — Vue du glacier du Titlis, prise à plus de 3200 m. d'altitude.
- de bœuf comprimé, 2 livres de fromage, 2 livres de chocolat, 12 pains, 2 boîtes de biscuits, 8 bouteilles de champagne, 1 de bordeaux, 6 de bière, 4 d’eau minérale. La cargaison se complétait de deux boussoles, d’un baromètre anéroïde, de 2 alpenstocks, d’une petite tente et de cartes, sans parler des manteaux et couvertures.
- A 800 m., dans un ciel d’une pureté admirable, le ballon rencontrait soudain un courant de vent glacial et violent qui l’emportait vers le lac de Thoune, alors que le capitaine s’était fixé la direction opposée, soit celle de la Jungfrau. Il lâchait successivement plusieurs sacs de lest, mais sans réussir à s’échapper du courant hostile. Enfin, à 5000 m., un vent favorable ramenait le ballon vers le lac de Brienz et le poussait rapidement dans la
- direction du glacier du Titlis.
- « Au fond des vallées, note M. Console, les lacs m'apparaissaient maintenant comme des gouttes d’eau, et les villages comme de minuscules boîtes d’allumettes. Sôus mes yeux collés aux lentilles des jumelles, j’apercevais parfois des masses de neige et de glace qui se détachaient des sommets pour rouler au fond des abîmes. Et il me semblait impossible à admettre que les lignes noires, minces comme des traits de plume, qui rayaient la masse des glaciers, fussent d’infranchissables crevasses. »
- La nuit tombait déjà quand les voyageurs distinguèrent en avant une crête noire et blanche qui menaçait de leur barrer le passage.
- « Si nous ne montons pas rapidement, déclara le capitaine, nous nous heurtons inévitablement à ces rochers. »
- Mais ils se trouvaient alors à un véritable carrefour des airs : des courants contraires se coupaient ou s’entrechoquaient, emportant le ballon tantôt dans une direction, tantôt dans une autre. Le déchargement d’un sac de lest le faisait monter d’une centaine de mètres et un tourbillon le faisait redescendre d’autant. Yents chauds, vents tièdes, vents froids, semblaient souffler simultanément, d’où d’extraordinaires écarts de température.
- Après une émouvante lutte contre les éléments,
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- 148 ==:LA] TRAVERSÉE DE LA SUISSE EN BALLON
- le ballon atteignait enfin une région plus calme, et, vers 10 h., les voyageurs prenaient leur premier repas : du fromage, du chocolat et du pain, arrosés d’un verre de bordeaux. Une heure plus tard, M. Console commençait à ressentir les effets des
- épuisé ses réserves d’énergie, et, bravant les avertissements du capitaine, il s’abattait au fond de la nacelle et s’endormait.
- Quand il se réveilla, sous le ciel étoilé, un froid intense régnait. Debout, immobile comme une
- Fig. 3. — La place d’Inlerlaken, vue de la nacelle immédiatement après le départ.
- hautes altitudes et de l’air raréfié : son cœur battait lentement et un irrésistible besoin de sommeil le terrassait.
- A minuit et demi, le ballon planait au-dessus des crêtes des Alpes centrales ; sous les rayons de la lune, les neiges éternelles et les glaciers étincelaient dans une paix infinie. A 1 h. 50, le baromètre enregistrait la plus haute altitude atteinte durant le voyage, soit 5810 m.
- « Je me sentais maintenant, confesse notre confrère, aussi abattu qu’une personne atteinte du mal de mer.
- La vie m’abandonnait.Jen’avais plus qu’un but, qu’un désir : me plonger dans le sommeil, même, si je ne devais plus me réveiller, comme m’en avertissait le capitaine. »
- Pris de pitié devant les souffrances qu’endurait son compagnon, l’aéronaute laissait redescendre le ballon de 500 à 400 m. Mais M. Console avait
- statue, le capitaine Spelterini fouillait du regard l’horizon où se diluait déjà une lueur vague, précurseur de l’aurore.
- « Vite! vite! commanda-t-il. Jetez du lest! Je
- suis gelé jusqu’aux os, et il m’est impossible de remuer les mains. » Vainement M. Console tenta de soulever un des sacs ; à lui aussi, ses mains lui refusaient tout service. Et l’ordre se répéta, plus impératif :
- « Dépêchez-vous! Nous approchons d’une montagne ! Si nous ne montons pas plus haut....»
- A plusieurs reprises, le journaliste essaya d’exécuter la manœuvre, mais sans plus de succès : ses doigts morts refusaient de s’agripper aux rebords du sac. La montagne s’approchait avec une rapidité menaçante; le voyage allait-il se terminer d’une
- façon tragique? Soudain, après une nouvelle tenta-
- tive, sa main rencontrait les bouteilles de bière et
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- Fig. 4. — Les cimes des Alpes Centrales, photographie prise à 25oo m, d’altitude.
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- LA TRAVERSEE DE LA SUISSE EN BALLON ... — 149
- de champagne au fond de la nacelle et il en jetait successivement cinq ou six par-dessus bord.
- Il était temps! Suffisamment délesté, le ballon s’élevait d’un bond ; la menaçante crête était franchie. Les aéronautes voyaient maintenant assez clair
- de la petite ville. Un vent léger soufflait et l’habile pilote prit aussitôt ses dispositions pour l’atterrissage. Il ouvrit la soupape, et doucement, sans secousses, la nacelle descendit se poser sur un champ d’herbe, à la base de la montagne. Il était 6 h. 15.
- Fig. 5, — Coucher de soleil sur les Alpes Centrales.
- pour constater qu’ils traversaient une région désolée, une succession interminable de champs de neige et de champs de glace où l’atterrissage pouvait se terminer par une catastrophe. Et l’heure allait sonner où cet atterrissage devrait être effectué, coûte que coûte, comme l’expliqua le capitaine :
- « Nous n’avons plus que deux sacs de lest. Quand nous ne les aurons plus, nous serons comme un navire sans gouvernail. Or, le soleil va faire son apparition d’ici peu, et la dilatation de notre gaz nous fera monter avec la rapidité d’une flèche.
- Que ferons-nous alors?... »
- Vers 4 h. 50, le ballon fut pris dans un tourbillon, et la nacelle fut soumise à des oscillations violentes. Pour en sortir, il fallut sacrifier un des sacs. Bientôt, après la traversée de trois glaciers,les voyageurs distinguèrent dans le lointain des points lumineux : les réverbères d’une petite ville. Puis les clochettes pendues au cou des vaches firent monter jusqu’à leurs oreilles réjouies leur concert de sons argentins.
- Enfin la nacelle effleura la surface d’un glacier, et le ballon descendit lentement dans la direction
- La fin de cette remarquable ascension devait être égayée par des incidents tragi-comiques La descente s’était effectuée sans témoins et personne n’accourait à l’assistance des voyageurs. Pour attirer l’attention des paysans, le capitaine Spel-terini se mit à sonner d’un clairon qui fait toujours partie de son équipement, et deux pâtres apparurent, bientôt suivis d’une foule impatiente de contempler ces deux étrangers tombés du ciel.
- Les voyageurs apprirent qu’ils se trouvaient sur le territoire d’Un-ter - Ammergau, dans la Haute-Bavière. Il ne leur restait plus qu’à transporter le ballon dégonflé et sa nacelle à la gare la plus proche, distante de 5 km, et les paysans les y aidèrent en abattant deux sapins pour en façonner une sorte de traîneau.
- Comme ils s’apprêtaient à faire honneur au repas commandé dans une auberge de la ville, un officier et deux gendarmes vinrent leur annoncer qu’ils allaient être conduits à Munich sous bonne garde : ils étaient accusés d’espionnage 1 Et ils apprirent qu’ils aggravaient singulièrement leur cas en demandant qu’on les laissât au moins télégraphier à leurs amis
- Fig. 6. — Les crêtes du canton de Schwyz.
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- leur atterrissage en Bavière et leur arrestation !
- Enfin une dépêche du Directeur de la police bavaroise apportait l’ordre de leur mise en liberté, et les gendarmes s’excusèrent aimablement :
- « Si vous aviez été des Français, comme nous le
- supposions, vous ne vous en seriez pas tirés à si bon compte I »
- Braves Pandores allemands! Ils finissent par croire que toutes les choses qui volent sont des « Oiseaux de France ! » Y. Forbix .
- LE NOUVEAU « GUTENBERG »
- Comment fonctionne un bureau central
- 1 Le nouveau a Gutenberg ». — Le central téléphonique de la rue Gutenberg, détruit par un incendie le 20 septembre 1908, vient d’être remis en service. Extérieurement, l’immeuble a con-
- téléphonique.
- surveillantes et celles des chefs de service. Au quatrième étage ont été groupés le répartiteur général et le répartiteur secondaire, ainsi que les machines et batteries d’accumulateurs fournissant le courant
- •AUlUPlt D'AfifnVÙ
- Le circuit parti du poste d’abonné, arrive au Centrai sous câble avec 447 autres circuits, est classé sur les répartiteurs, puis s’épanouit r i.°- sur le meuble de départ (jacks individuels et jacks multiples)r 2° sur le meuble d’arrivée, réservé aux abonnés appelés par un autre bureau.
- «cpAHTtreufi ctrttAAL
- Fig. 1.
- Schéma de l’installation générale du nou veau « Gutenberg ».
- servé à peu près l’apparence que lui avait primitivement donnée l’architecte; cependant, à partir du troisième étage, un encorbellement de 1 mètre de largeur a permis d’augmenter la superficie des salles des troisième et quatrième étages, afin de donner plus d’espace disponible entre les multiples et de faciliter l’installation des répartiteurs. Par contre, l’aménagement intérieur a été complètement modifié. Dans l’ancien local, en effet, le sous-sol était occupé par un immense répartiteur de lignes auquel les électriciens chargés de la surveillance avaient difficilement accès. Le nouveau répartiteur est installé au troisième étage, entre les multiples des deuxième et quatrième étages, par conséquent, afin de faciliter la distribution des circuits.
- Le quatrième étage a reçu deux multiples neufs : l’un, celui, de départ, est établi pour 10 000 abonnés ; l’autre, celui d’arrivée, a 12 600 places. L’espace entre les.; deux meubles est occupé par les tables des
- électrique nécessaire au service téléphonique. Au second étage sera transporté le vieux multiple du baraquement provisoire qui fut installé très rapidement et a fonctionné depuis lors à la satisfaction générale. Ce meuble est du système américain de la Western Electric C° ; il a été installé par la Société anonyme Le Matériel Téléphonique (ancienne Société Aboi-lard). Au premier étage seront aménagés les locaux administratifs et un petit multiple de 2600 places, destiné à augmenter la capacité du meuble, de 10000 abonnés du quatrième étage qui atteindra ainsi celle du multiple d’arrivée. Enfin, au sous-sol subsistera encore le matériel destiné au besoin des lignes en transit, c’est-à-dire de celles qui ne font que traverser Gutenberg sans atteindre ses multiples, La téléphonie est devenue, d’un seul coup, une institution vitale. Et cependant, peu nombreux sont les abonnés qui connaissent à peu près le. rouage dont ils usent à chaque instant de la journée, presque.
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- LE NOUVEAU « GUTENBERG »
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- L’organisation d’un central téléphonique. — Nous allons tenter, non de décrire un multiple dans tous ses détails, mais de montrer le fonctionnement'schématique d’une installation téléphonique, en faisant intervenir seulement les appareils principaux. Admettons, pour un instant, que nous sommes au théâtre pour assister à une pièce d’une psychologie échevelée. Gardons-nous des études de caractères et portons seulement notre intérêt sur la trame de la pièce. Chacun, peut faire ce petit effort. Si la téléphonie est une pièce savante, laissons les techniciens en démêler les fils et assistons à la représentation en... abonnés.
- Les câbles. — Chacun sait que les circuits téléphoniques sont constitués par deux fils, un pour l’aller, l’autre pour le retour du courant. Ces fils sont enfermés dans une enveloppe sous plomb, une sorte de tuyau à gaz ; ils se rendent du domicile des abonnés au bureau central en suivant les égouts. Chaque abonné pourrait donc posséder son circuit particulier, entièrement séparé de tous les autres, sur tout le parcours; une telle manière d’opérer serait extrêmement coûteuse. Aussi, pour éviter les frais, on rassemble les circuits, dont les fils sont parfaitement isolés les uns des autres par une enveloppe de papier, sous un unique tube de plomb qui en contient jusqu’à 448 paires, c’est-à-dire les circuits de 448 abonnés. Cet énorme câble quitte le central téléphonique par un souterrain conduisant à un égout qu’il suit, en compagnie de beaucoup d’autres, sur des fers solidement fixés aux parois. A un branchement, il se sépare de ses voisins et se dirige vers le groupe d’immeubles auxquels chacun de ses circuits doit aboutir. Ces immeubles se répartissent sur un emplacement assez vaste : aussi le câble ne tarde-t-il
- Fig. 3. — Schéma d’une communication établie entre deux abonnés appartenant à deux bureaux-différents.
- avniAu B
- abonné. Mais chacun de ces abonnés n’a pas le numéro précédant ou suivant celui de son voisin parce que les sept abonnements ne sont jamais demandés en même temps. Les numéros sont donc distribués sans aucun ordre apparent.
- Les répartiteurs. écheveau de câbles qui pénètre dans le bureau téléphonique.
- Comment se reconnaître au lieu de cette confusion de fils, en apparence inextricable? Un organe nommé répartiteur a précisément pour rôle de faire cesser ce désordre'
- *—* lAnres
- AVfOMAÎIÇVt
- et de classer régu-
- Voilà donc un formidable
- UMPi D Ami
- trjAt* oc *£POnst OC1» l'tNt O'ABOnhC X
- Fig. 2.
- Schéma d’une communication entre deux abonnés appartenant à un même multiple.
- GROUPE D’ARRIVEE
- pas à se diviser en deux autres de 224 paires,, puis chacun de ces derniers en deux de 112 paires, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ensemble se soit émietté par petits câbles toujours sous plomb, contenant seulement sept circuits. Les fils de ces sept circuits aboutissent à peu près au centre du petit groupe d’immeubles qu’ils desservent et se rendent, par paires isolées,-jusqu’aux téléphones de chaque
- lièrement à l'arrivée tous les fils, par ordre numérique, selon le numéro des abonnés qu’ils desservent Nous avons établi, pour faciliter les explications, un dessin schématique montrant le chemin parcouru par un circuit entre le poste d’abonnés et la téléphoniste du bureau central. Suivons ce circuit qui fait partie d’un câble à 448 paires
- ànotAn Ai. 1
- avant de pénétrer à « Gutenberg », au troisième étage, ou se trouve le répartiteur général.
- Dépouillons le colosse de tout ce qui nous embarrasse. Des montants verticaux, en fer, constituent l’ossature de l’appareil. Le câble à 448 paires arrive en face de deux de ces colonnes ou réglettes et se sépare en deux masses de 224 paires. Chacune d’elles gravit la colonne et chaque circuit, chaque paire de fil, par conséquent, vient se terminer sur une des faces de la réglette à deux petites vis de cuivre auxquelles on ajoute un fusible. Un fusible est un fil de plomb qui fond, qui saute, comme on dit, dès qu’un courant trop fort circule sur les fils. C’est donc un appareil protecteur que la cruelle expérience de 1908 a rendu obligatoire.
- Le répartiteur principal comporte encore des réglettes horizontales numérotées de 0 à 99, de 100 à 199, de 200 à 299, etc. Sur chacune d’elles viennent s’épanouir, dans les mêmes conditions que pré-
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- cédemment, 100 circuits réunis en cinq câbles venant du répartiteur intermédiaire dont nous parlerons plus loin. L’abonné tient son numéro de l’emplacement qu’il occupe sur sa réglette. Ainsi notre schéma montre comment l’abonné 15 est relié aux fils de la réglette horizontale par un câble volant à deux conducteurs. L’abonné 220, qui est le voisin de rue de l’abonné 15 et qui, par conséquent, se trouve son voisin dans le câble qui les amène tous deux au bureau central, se retrouve encore .à son côté sur la réglette verticale; mais là s’arrête.le voisinage, car il est relié à la troisième réglette horizontale, celle numérotée de 200 à 299. De même
- appels elle doit répondre instantanément. Rien ne semble plus naturel a priori que de grouper ces 100 abonnés par ordre numérique. Rien, cependant, ne serait plus îàcheux au point de vue du service; tous les abonnés n’exigent évidemment pas le même travail de la part de l’opératrice. L’aveugle groupement numérique risquerait donc de surcharger certaines opératrices et d’en laisser d’autres inoccupées. On établit une sorte d’équilibre en donnant à chaque téléphoniste un nombre à peu près égal d’abonnés actifs et d’abonnés calmes.
- Ce deuxième. classement de câbles s’opère au moyen du répartiteur intermédiaire, composé lui
- Au 3" étage, de gauche à droite : le bâti des relais d’appel et de coupure, le répartiteur intermédiaire, le répartiteur général et l’arrivée des câbles venant des égouts. On remarquera, au-dessus du bâti et des répartiteurs, d’énormes faisceaux de câbles servant à relier les appareils, entre eux et avec les multiples placés au 4’ étage. Au 4* étage : â gauche, le multiple de départ où sont reçus les appels des abonnés et, à droite, le multiple d’arrivée où sont reçues les communications des abonnés appartenant à d’autres bureaux de Paris et de la province. On remarque dèfrière chaque multiple des caniveaux dé câbles et des bâtis portant les relais. Au centre, les
- bureaux des surveillants.
- l’abonné 541, encore voisin de çâbled.es précédents, sera relié à la quatrième réglette horizontale.
- Nos câbles sont maintenant bien en ordre. Voici un nouvel organe de classement, le répartiteur intermédiaire dont le rôle est précisément de détruire cet ordre que l’on a eu tant de peine à établir. Il n’y a là, croyez-le bien, aucune fantaisie administrative.
- Les fils téléphoniques vont, dans un instant, aller s’épanouir sur le meuble téléphonique, le multiple, devant les opératrices qui ont pour rôle d’établir à chaque instant les communications entre appelant et appelé. Chaque téléphoniste aura devant elle l’aboutissement de 100 fils téléphoniques. Ce sont les abonnés dont elle a en propre le service. A leurs
- aussi de réglettes verticales et de réglettes horizontales.
- Ce répartiteur groupera par exemple, sur une même réglette, les abonnés 15 et 221 pour les conduire devant la même téléphoniste.
- Les fils, au sortir du répartiteur, arrivent au multiple.
- Les multiples. — On sait que les multiples sont appelés ainsi parce que, à proximité des mains de chaque téléphoniste, est aménagé un tableau comportant autant de jacks qu’il y a d’abonnés au central. Le jack est un trou auquel aboutit un circuit et dans lequel la téléphoniste enfonce une fiche mobile. Cette fiche se trouve à l’une des extrémités d’un cordon souple terminé à son autre
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- extrémité par une autre fiche. En enfonçant respectivement les deux fiches d’un cordon dans le jack de l’appelant et dans celui de l’appelé, on met les deux abonnés en communication. Ainsi un multiple de 10 000 abonnés est établi de telle sorte que chaque téléphoniste puisse atteindre avec l’une quelconque de ses fiches, un des 10 000 jacks reliés aux abonnés, comme il existe un multiple d’arrivée et un multiple de départ, cette disposition se trouve doublée.
- Les fils, et ils sont nombreux, qui viennent se relier à tous les jacks multiples partent dès réglettes horizontales du répartiteur intermédiaire. D’une réglette, à laquelle arrivent 100 paires de conducteurs venus du répartiteur géné-
- Fig. 5. -pour la
- ral, en partent donc deux séries de 100 qui se distribuent : lp au multiple d’arrivée, 2° au multiple de départ. Les réglettes verticales sont reliées, ainsi que nous l’avons dit, aux jacks locaux constituant le « groupe » d’une opératrice. Enfin, de ces mêmes réglettes verticales partent encore autant de fils aboutissant à des. appareils intermédiaires que l’on nomme relais et qui sont chargés d’envoyer le courant de lumière dans les lampes d’appel. Dès qu’un abonné prend son appareil en main, la lampe qui correspond à son jack local s’allume (ce système d’appel est dû à l’introduction de la batterie centrale) ; elle s’éteint ensuite dès que la téléphoniste a placé la fiche qui termine l’une des extrémités de son double cordon souple dans le jack de cet abonné.
- Nous résumerons nos « impressions » par une statistique générale de l’installation actuelle de « Gutenberg », statistique’Jort édifiante, qui nous a été communiquée par les constructeurs Le Maté-
- riel Téléphonique. Pour le montage des répartiteurs et des multiples des premier et quatrième étages, on a effectué 5 millions de soudures, utilisé 6 millions de mètres de fil et 55 millions de mètres pour les relais, bobines, etc. Le total, soit 41 millions de mètres, est supérieur à la circonférence de la terre! Ces fils et ces soudures ont servi à la
- mise en place de 25 000 lampes, 70000 fusibles, 755 000 jacks, 43 000 relais. Ajoutons qu’il existe deux batteries d’accumulateurs de 4000 ampères-heures et deux machines de charge de 500 ampères. Les multiples ont une longueur totale de 134 mètres et ils sont desservis par 250 téléphonistes, surveil-. : lantes et électri-
- tonnes de matériel entrent dans
- La salle des machines (dynamos charge des accumulateurs).
- Fig. 6. — Une batterie centrale d'accumulateurs au nouveau « Gutenberg ».
- ciens. Enfin 140 cette fabrication.
- Comment se donne une communication. — Terminons cet exposé rébarbatif en racontant l’histoire d’une téléphoniste aux prises avec un abonné.
- L’opératrice peut être appelée à donner deux sortes de communications selon que l’abonné demandé appartient ou non au multiple qu’elle dessert. Dans le premier cas, la manœuvre est simple (schéma fig. 3). La téléphoniste, percevant, par sa lampe allumée,
- l’appel de l’abonné X, enfonce la fiche de réponse r de son cordon souple dans le jack individuel X, abaisse la clé d’écoute et entend la demande. Comme Mr X a demandé Mr Y relié au tableau multiple placé au-dessus du tableau de groupe, l’opératrice prend simplement sa fiche d’appel a et s’assure, en appliquant la pointe contre le jack Y, que la ligne est libre ou non. Cette manœuvre s’appelle « faire le test ». Si la ligne est occupée, la téléphoniste
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- entend un petit bruit caractéristique et elle avise aussitôt le demandeur par les mots, en général fraîchement accueillis : « pas libre ! ». Dans le cas contraire le test donne le silence; l’opératrice enfonce sa fiche dans le jack Y, et appuie sur le bouton d’appel. En même temps une lampe nouvelle, dite de supervision, s’allume et elle ne s’éteint que lorsque M. Y a répondu.
- Cette lampe permet donc à la téléphoniste de recevoir l’appel d’un autre abonné, d’autant plus que le bouton d’appel reste abaissé et renouvelle automatiquement des appels de deux secondes séparés par des intervalles de silence de quatre secondes. Lorsque Y répond, la lampe de supervision s’éteint et les deux abonnés, dont les jacks sont reliés par le cordon souple, échangent leur conversation.
- Il existe deux lampes de supervision commandées respectivement par les deux postes en relation et chacune d’elles est disposée pour s’allumer lorsque le récepteur est accroché au poste auquel elle est momentanément associée. Ces lampes interviennent donc pour éviter l’énervante rentrée de la téléphoniste sur un circuit, afin de s’assurer si la conversation est terminée.
- Dès que les abonnés ont raccroché leurs récepteurs, les lampes de supervision s’allument devant l’opératrice qui se contente d’enlever ses fiches. Ce système a soulagé le personnel et mis fin aux oublis de fiches dans les jacks, oublis entraînant {‘impossibilité de demander une nouvelle communication dès que la première était terminée.
- Si l’opération doit relier deux abonnés X et Z appartenant à deux bureaux différents A et B (fig. 3) la manœuvre est un peu plus longue, car la demande
- doit être transmise à la téléphoniste du bureau B. La première, celle du bureau A, reçoit l’appel comme précédemment, et elle avise aussitôt, par une ligne spéciale dite de conversation, réservée à cet
- usage exclusif, sa collègue du bureau B pour lui transmettre le numéro demandé.. Celle-ci lui désigne la ligne auxi-liaire réunissant les deux bureaux, et qui se termine au bureau A à un jack de départ, sur laquelle elle va compléter la communication, puis elle fait le test sur le circuit Z, ainsi que nous l’avons expliqué précédemment.
- Si la ligne est occupée, l’opératrice ne transmet pas verbalement le « pas libre », elle enfonce la fiche qui termine son cordon unique relié à la ligne auxiliaire, dans un jack, dit d’occupation placé en face d’elle. Ce jack est relié à un interrupteur produisant des intermittences de courant qui allument et éteignent la lampe de supervision de l’opératrice du bureau A : en même temps, l’interrupteur envoie sur la ligne, un ronflement qui peut être entendu par l’abonné X, lequel se trouve ainsi prévenu automatiquement.
- Si la ligne est libre, la téléphoniste B enfonce la fiche de son monocorde dans le jack Z et appuie sur le bouton d’appel automatique. La lampe de supervision de la téléphoniste A s’éteint quand l’abonné Z répond. Lorsque les deux abonnés ont terminé leur conversation, les deux lampes de supervision de l’opératrice A s’allument et celle-ci retire les deux fiches. Le retrait de la fiche enfoncée dans le jack de départ provoque l’allumage de la lampe de supervision du monocorde d’arrivée et la téléphoniste de B retire la fiche du jack' de l’abonné Z.
- Fig. 7. — La téléphoniste établit une communication entre deux abonnés appartenant à son bureau.
- 1 — La téléphoniste attend l’appel.
- 2 — L’abonné appelle : la lampe d’appel s’allume ; l’opé-
- ratrice répond, la lampe d’appel s’éteint.
- 3 — L’opératrice fait le test. La ligne demandée étant libre, l’opératrice enfonce la fiche dans le jack de cette, ligne et appelle l’abonné demandé au moyen d’une clé d’appel automatique. La lampe de supervision correspondant à la ligne demandée s’allume jusqu’à ce que l’abonné
- réponde.
- 4 — Les abonnés causent, les lampes sont éteintes, l’opé-
- ratrice est libre.
- 5 — Les abonnés ont fini de causer, ils raccrochent leurs appareils : les deux lampes de supervision s’allument
- devant l’opératrice qui coupe la communication.
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- Quelques perfectionnements seront encore appor- de telle sorte que l’appel s’effectue automatiquement
- tés aux manœuvres actuelles en vue d’en réduire le dès que les fiches ont pénétré dans leurs jàcks : on
- | — Un abonné appelle : la lampe d’appel s’allume.
- L’opératrice répond : la lampe d’appel s’éteint.
- U
- 3 — L’abonné ayant demandé une communication, la première opératrice appelle sa collègue de l’autre bureau et lui passe l’ordre.
- 4 — La 2° opératrice, après avoir fait le test, enfonce la fiche d’une ligne auxiliaire dans le jack de l’abonné demandé, appelle cet abonné par clé automatique et donne à la première opératrice le numéro de la ligne auxiliaire employée. La première opératrice relie l’abonné appelant à la ligne auxiliaire. La lampe de supervision correspondant à l’abonné appelé brille.
- 5 — L’abonné appelé répond : la clé d’appel automatique remonte, la lampe de supervision s’éteint. Les deux abonnes causent. Les opératrices sont disponibles.
- 6 — Les abonnés ont fini de causer, ils raccrochent leurs appareils. Les deux lampes de supervision de la première opératrice s’allument; celte opération coupe la communication.
- 7 — La communication ayant été coupée par la première opératrice, la lampe correspondant à la ligne auxiliaire s’allume devant la deuxième opératrice et celle-ci coupe à son tour la communication.
- J.
- TFr'ET
- 3 — La ligne auxiliaire et les opératrices sont revenues au repos et disponibles pour d’autres appels.
- Fig. 8. — Les opératrices établissent une communication entre deux abonnés appartenant à deux bureaux différents.
- nombre. C’est, ainsi que sur quelques groupes d’opératrices, les monocordes d’arrivée sont déjà disposés
- supprime l’usage du bouton d’appel. Ce système est employé depuis plusieurs années en Amérique et
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- 156 --— CONSERVES DE SARDINES ET UTILISATION DE LEURS RÉSIDUS
- l’administration française l’a admis pour ses multiples futurs.
- D’autre part, le meuble de 2600 abonnés, installé au premier étage de Gutenberg, sera équipé d’après le système dit à signaux ancillaires, également en usage aux États-Unis. Dans ce système, chaque abonné dispose de deux jacks individuels et de deux lampes d’appel placés devant deux opératrices différentes. Si l’une de celles-ci ne peut répondre immédiatement, sa voisine qui voit la lampe sur feu fixe, pourrions-nous dire, prend l’abonné à la place de la première. En somme, par ce moyen, chaque
- abonné peut être desservi par deux téléphonistes différentes.
- Par ce que nous venons de dire, et plus encore par les photographies et les dessins qui illustrent cette étude déjà longue et cependant bien incomplète, on peut se faire une idée à peu près exacte de ce que représente l’aménagement inférieur d’un central téléphonique. L’abonné, qui ignore tout de la téléphonie, s’insurge parfois contre l’institution, contre les gens et les-choses. S’il pouvait connaître à fond les unes et les autres, peut-être montrerait-il plus d’indulgence ! Lucien Fournier.
- LES CONSERVES DE SARDINES ET L’UTILISATION DE LEURS RÉSIDUS
- Il ne s’agit point ici de revenir sur les causes de la crise sardinière qui est en voie de supprimer radicalement eu France une production jadis florissante et de priver une population nombreuse de son unique gagne-pain, bien que ces causes puissent se ramener synthétiquement à une seule, la résistance au Progrès.
- Je veux seulement décrire la technique d’un des nombreux procédés à l’aide desquels des concurrents mieux avisés trouvent le moyen de ruiner nos pêcheurs et avec eux nos fabricants français.
- D’après les statistiques qui ont été tous ces temps-ci reproduites, la quantité de boîtes de sardines fabriquées en Bretagne et en Vendée s’élevait, au temps de la prospérité, à un million de caisses de 100 boîtes chacune; or, chaque boîte contenant généralement 6 sardines, c’est donc 600 millions de sardines — sans leurs têtes — qui étaient alors livrées à la consommation française ou étrangère.
- Que deviennent ou plutôt que devenaient leurs 600 millions de têtes et aussi leurs intestins qui, comme l’on sait, sont également rejetés?
- Et d’abord quel poids représente cette masse de résidus?
- Une sardine moyenne fraîche et entière pèse en France près de 40 grammes; en Espagne et en Portugal, où les sardines sont plus grosses, leur poids moyen s’élève souvent à 50 et même à 60 grammes, et comme, suivant une tradition assez illogique d’ailleurs, on donne généralement aux boîtes des dimensions fixes, il en résulte que l’on doit retrancher à chaque unité non seulement la tête mais une partie du corps pour qu’elle puisse être introduite dans la boîte.
- L’expérience prouve que les résidus ainsi rejetés représentent entre le tiers et le- quart du poids initial de la bête.
- Donc pour 600 millions de sardines on disposait d’une masse annuelle de 6 à 8000 tonnes de déchet.
- Dans le Portugal, qui est aujourd’hui le plus gros producteur de sardines d’Europe, ces déchets s’élèvent à plus de 10 000 tonnes et c’est là qu’on a songé en premier lieu à les utiliser rationnellement. Je crois utile de décrire l’établissement industriel
- qui a été fondé récemment à Sétubal, principal port de pêche de la sardine, pour le traitement des résidus de conserves de sardines, établissement qui a parfaitement réussi (*).
- Jusqu’à ces derniers temps ces résidus étaient livrés à des fabricants d’engrais qui, les mélangeant grossièrement à de la chaux, en faisaient une sorte de compost d’un maniement difficile et d’une odeur repoussante.
- Mais des analyses et des expériences nombreuses avaient montré, d’une part, que ces résidus renferment une proportion importante d’huile et, d’autre part, que le produit séché, débarrassé de cette huile et réduit en farine constitue à volonté un engrais riche en azote et en acide phosphorique ou un aliment très nutritif pour les porcs et la volaille, sans aucune crainte de communiquer à leur chair un goût désagréable à la condition que l’huile du poisson ait été préalablement éliminée.
- Le seul moyen de séparer à peu près totalement l’huile de la farine de poisson est d’employer un dissolvant chimique, pratiquement l’essence de pétrole.
- Les appareils qui ont été adoptés sont précisément du type de ceux que nous avons décrits ici même pour l’équarrissage des animaux morts, toutefois avec quelques modifications.
- C’est ainsi que l’expérience a prouvé qu’il est préférable et plus économique de dessécher les résidus dans un séchoir approprié avant de les livrer à l’appareil d’extraction où se fait la séparation de l’huile.
- Je ne reproduirai ici que le schéma des appareils que suivra la description des opérations et de leur rendement économique.
- Le séchoir se compose d’un cylindre horizontal en tôle a tournant sur 4 galets et actionné par un pignon et une roue dentée b qui lui communique une vitesse de rotation de 8 tours par minute.
- Dans l’intérieur du cylindre sont disposées des auges tout autour de la circonférence interne. Les fonds du cylindre sont largement ouverts pour laisser librement circuler de droite à gauche les pro-
- 1. Lès principaux ports de pêche de Portugal pour la sardine sont Sétubal, Lagos, Portimao, Olhao, Villa Real San Antonio.
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- CONSERVES DE SARDINES ET UTILISATION DE LEURS RÉSIDUS-----157
- duits de la combustion d’un fourneau à coke.
- Le cylindre est enchâssé à frottement 'à droite dans le massif du fourneau f, à gauche dans une chambre de réception r hermétiquement close, communiquant par un large orifice avec l’aspiration produite par un ventilateur v. C’est ce ventilateur qui provoque le tirage dans le fourneau à coke.
- b eu
- Fig. i. — Séchoir continu poulies résidus de sardineries.
- Les gaz ainsi appelés traversent ensuite un cyclone c où ils sont débarrassés des poussières de poissons que l’aspiration entraîne.
- Les tètes et intestins de sardines sont chargés par la trémie t et, tout en étant constamment soulevés et rejetés par l’auget s, circulent de droite à gauche du cylindre en se desséchant progressivement sous l’influence du vif courant d’air chaud qui chemine parallèlement avec eux. Ils tombent, desséchés, dans la chambre de réception, d’où ils sont extraits d’heure en heure au moyen d’une porte p que l’on ouvre dans cette chambre. Cet appareil est à marche continue.
- Son réglage est obtenu à l’aide de 5 éléments variables : 1° la température des gaz de combustion que l’on augmente ou diminue par un apport plus ou moins abondant d’air extérieur froid qui se mêle au gaz chaud; cette variation est assurée par des registres; 2° l’activité plus ou moins grande du foyer à coke ; 3° le débit plus ou moins copieux de résidus dans la trémie. Cet appareil demande à être calculé rigoureusement si l’on veut éviter un échec et tout particulièrement le danger d’incendie.
- Ces résidus, à leur entrée dans le séchoir, contiennent 60 pour 100 d’eau environ; pratiquement on leur en enlève au séchoir environ les deux tiers, de telle sorte que de 1000 kg de matière première fraîche introduits dans la trémie, contenant 600 kg d’eau, il sort dans la chambre de réception 600 kg de produit contenant encore 200 kg d’eau. Il n’y a pas intérêt à pousser plus avant la dessiccation.
- Pour évaporer cette quantité de 400 kg d eau il faut brûler environ 80 kg de coke.
- Le produit retiré de la chambre de réception, qui
- 1. Voy. n° du 5 décembre 1910.
- représente une masse assez informe, spongieuse et légère, est alors introduit dans l’extracteur, du type que nous avons décrit, sauf de multiples modifications de détail.
- Il se compose d’un cylindre horizontal C fixe fermé, en tôle, dans lequel tourne un arbre muni de fortes palettes PP. A la partie supérieure du cylindre un trou d’homme permet d’introduire les résidus. Dans la partie inférieure du cylindre se trouve un jeu d’orgue de tubes en fer, formant serpentin, destinés à recevoir de la vapeur d’eau à 5 ou 6 kg de pression. Un large tube T émergeant de la partie supérieure du cylindre permet aux vapeurs d’essence et d’eau de constitution animale de s’échapper.
- Le cylindre étant rempli aux deux tiers des résidus, on introduit, par une tubulure U, de l’essence provenant d’un réservoir supérieur S et en même temps on met en mouvement les palettes pour baigner de cette essence la masse agitée des résidus. Aussitôt après on fait arriver de la vapeur d’eau d’une chaudière H dans le serpentin. Une partie de l'essence se vaporise; une autre partie retombe sur le fond du cylindre mélangée avec l’huile des poissons qu’elle entraîne avec elle. Par un dispositif approprié I, ce mélange liquide est évacué au dehors dans un réservoir inférieur E.
- La partie de la vapeur d’essence qui ne s’est pas condensée et en même temps le reste de l’eau du poisson s’échappent par le gros tube T et vont se
- .fT .
- Fig. 2. — Batterie d’extraction de l’huile de poisson par l’essence de pétrole.
- refroidir dans le condenseur D rafraîchi par un courant d’eau R. L’une et l’autre sont reçues dans le réservoir supérieur S où elles se séparent par différence de densité.
- L’huile mélangée d’essence qui a été recueillie, comme je l’ai dit, dans le réservoir inférieur E, est traitée par la chaleur d’un serpentin de vapeur placé dans ce réservoir; l’essence se vaporise, abandonnant l’huile, et va se condenser elle aussi grâce
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- 158 — .... ' rr::. ACADÉMIE DES SCIENCES
- au tubë t dans le condenseur D et coule de là dans le réservoir supérieur S.
- Il suffît dès lors-, à l’aide d’une pression de vapeur faisant monte-jus J, de chasser du distillateur E l’huile séparée de l’essence. Cette huile est ainsi envoyée par un tube Y dans de vastes bâches en toile où elle subit un raffinage rudimentaire qui la rend propre à la Arente.
- Les résidus de sardines, débarrassés de leur huile et des 20 pour 100 d’eau de constitution qu’ils contenaient à leur entrée dans l’extracteur, en sont retirés par une porte O située à la partie inférieure de l’un des fonds du cylindre.
- Ils forment alors une poudre grossière, sèche, grisâtre, sans aucune cohésion que l’on porte à un broyeur-tamiseur pour là réduire à l’état de farine.
- Une opération complète d’extraction exécutée sur des débris préalablement passés au séchoir dure de 8 à 10 heures. Il est remarquable que ces diverses manipulations, grâce à la Condensation de tous les liquides, ne donnent aucune odeur.
- Si on appliquait ce procédé rationnel à toutes les issues des fabriques de conserves, c’est-à-dire aux 8000 tonnes d’autrefois, on créerait une production nouvelle de plusieurs centaines de mille francs, capable de laisser un sérieux bénéfice.
- ACADÉMIE [
- Séance du 27 janvier 1913.
- La respiration des plantes. — M. Maquenne rappelle qu’il a récemment fait connaître une méthode qu’il a créée, avec l’aide de M. Demoussy, pour l’étude de la respiration des plantes. MM. Maquenne et Demoussy font aujourd’hui connaître les résultats qu’ils ont obtenus par l’emploi de cette méthode. En appelant coefficient respiratoire le rapport du volume d’acide carbonique dégagé au volume d’oxygène absorbé, ils ont trouvé que chez les plantes bien vivaces le coefficient est toujours plus grand que l’unité. Il résulte de là que la respiration n’est pas un processus d’oxydation, mais bien un processus de réduction. Des feuilles placées dans une atmosphère dépouillée d’acide carbonique et exposées à la lumière du soleil donnent le même résultat. Cela prouve bien qu’elles dégagent plus d’acide carbonique qu'elles n’absorbent d’oxygène.
- Capture de crabes du Pacifique dans la Manche. — M. Bouvier expose que M. Malard, du laboratoire de Saint-Yaast, ayant eu l’occasion d’observer la coque d’un bateau qui revenait de Madagascar, a trouvé que cette coque était couverte de balanes et que la plupart des coquilles étaient habitées par un petit crabe, que M. de Man reconnut pour une espèce du Pacifique dont il n’existe que trois exemplaires dans les collections, l’un de Bornéo, un autre d’IIonolulu, le troisième du golfe de Siam. Ce crabe, Menippe convexa, paraît adapté à la vie à l’intérieur de balanes voyageuses.
- Les tissus du foie cancéreux. — M. A. Gautier résume un travail de M. Albert Robin sur les éléments des tissus du foie cancéreux. L’auteur a reconnu que ces tissus sont enrichis en éléments inorganiques, mais cependant ne contiennent pas la quantité normale de fer et de chaux. D faut donc rechercher les substances susceptibles
- Toutefois, il ne faudrait pas que le prix des résidus fût trop élevé et d’autre part, il est nécessaire, pour que l’opération soit réalisable économiquement, de disposer d’une quantité de résidus de plusieurs tonnes par jour.
- L’irrégularité des pêches, et par conséquent du travail des fabriques, est facilement corrigée par le séchoir, qui doit avoir une puissance de production supérieure à celle de l’extracteur, de façon que les débris séchés au préalable attendent, sans crainte de putréfaction, leur tour d’être désbuilés.
- II serait vivement à souhaiter, si la crise sardinière parvient à se résoudre, que nos producteurs français ne laissent point se perdre à l’avenir une source de profits que leurs principaux concurrents étrangers savent dès maintenant recueillir.
- Enfin ce n’est point seulement à l’industrie des conserves de sardines, mais encore à toutes les pêcheries industrielles que l’utilisation rationnelle des résidus se présente comme une source constante de bénéfices sérieux à réaliser. Les Allemands, les Portugais, les Anglais et les Américains sont entrés largement dans cette voie ; seule, comme trop souvent, la France est restée en arrière.
- Victor Cajibon.
- Ingénieur E. C, P.
- iS SCIENCES
- - Présidence de M. Guyon.
- de produire un effet sur la minéralisation du foie et modifier ainsi les cellules cancéreuses.
- Émulsions antigènes. — M. Lavcran présente une Note dans laquelle M. Tribondeau expose qu’il obtient avec de simples extraits de farines des émulsions dites antigènes, agissant dans la réaction de Wassermann comme les extraits animaux ordinairement employés. La meilleure préparation est l’extrait acétonique de pois verts secs épurés par l’éther. Cet extrait commode à fabriquer est préférable aux lipoïdes animaux. M. Tribondeau fait remarquer que les pois ont avec les organes animaux généralement utilisés certaines analogies : richesse en lécithines et présence de cholestérine.
- Les phénomènes lumineux des tubes de Geissler. — M. Yillard résume un travail de M. Pérot sur le mouvement des centres lumineux dans les tubes de Geissler. L’auteur a observé que si on mesure la vitesse d’un centre en prenant la raie rouge ou la raie verte de l’hydrogène, on ne trouve pas le même nombre, ce qui parait paradoxal au premier abord, mais peut s’expliquer ainsi : ce centre lumineux est choqué par les électrons en mouvement ; sa vitesse sous l’effet du choc va en décroissant par suite de la résistance du milieu gazeux dans lequel il se meut. D’autre part, la radiation rouge et la radiation verte émises sous l’effet du choc s’amortissent inégalement vite. Il en résulte que la vitesse moyenne que l’on mesure avec la radiation la plus rapidement éteinte sera forcément plus voisine du maximum que celle qu’on mesure avec la radiation la plus durable.
- Élection. — M. Graebe, de Francfort, est élu correspondant de la section de chimie presque à l’unanimité.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
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- L’INVENTION DE LA POUDRE SANS FUMÉE EN 1870
- On racontait il y a quelques mois que la première poudre nitrée remontait à l’année 1410 où elle aurait été employée par le maître armurier Abraham de Mem-mingen Q). On nous apprend aujourd’hui que la poudre sans fumée à la nitro-cellulose pure est décrite en détail dans des brevets autrichiens remontant à 1870-71.
- Les brevets en question inscrits au Patent Amt autrichien sous les numéros 21 208 et 21 257 ont été demandés les 8 novembre 1870 et 5 février 1871 par l’ingénieur Friedrich Yolkmann, directeur de l’usine de Marchegg près de Vienne.
- On trouve dans ces brevets une description complète du mode de fabrication de la poudre sans fumée au moyen de la nitro-cellulose gélalinisée par le mélange éther-alcool. Sous -l’influence de ce dissolvant, la masse « se transforme, dit Yolkmann, en une sorte de bouillie que l’on fait sécher pendant une douzaine d’heures entre 19° et 50°.
- « On obtient ainsi une substance pâteuse flexible à laquelle on peut donner au moyen de moules et de presses toutes les formes que l’on désire....
- « Suivant que la pression... a été plus ou moins accentuée la vitesse de production des gaz de la poudre se trouve augmentée ou réduite, et des règles expérimentales jjermettent au fabricant de régler cette vitesse avec une précision mathématique. »
- Volkmann indique d’ailleurs dans ses brevets tous les avantages que présente la nitro-cellulose gélatinisée :
- Fumée absolument transparente ;
- Détonation atténuée ;
- Résidu très faible, peu adhérent ;
- Poids réduit de moitié ;
- Rasance du tir augmentée;
- Fabrication moins dangereuse que celle de la poudre noire ;
- Puissance non altérée par l’eau.
- Volkmann ajoute que sa poudre est un collodion et que c’est cette constitution qui lui vaut une partie de ses qualités. •
- On voit combien Yolkmann était en avance sur son époque. Aussi lui arriva-t-il - ce qui arrive à tous les inventeurs trop pressés; on rie l’écouta point et non seulement on ne l’écouta point, mais comme son usine, la Collodin fabrih, fabriquait de la poudre sans fumée et que le monopole des poudres existait en Autriche (de même qu’il existe encore en France), le gouvernement autrichien ferma d’office, en 1875, l’usine de Marchegg. Quant à Yolkmann, on n’entendit plus parler de lui, et il ne fit point valoir l’antériorité de sa découverte quand la poudre à la nitro-cellulose gélatinisée reparut triomphalement une dizaine d’annéesplus tard. 11 était sans doute mort de misère comme tant d’autres inventeurs de génie. Sauvage.
- LÉON TEISSERENC DE BORT
- La Météorologie vient de perdre l’un de ses plus fervents adeptes, Léon Teisserenc de Bort, savant d’une grande largeur de vues, initiateur infatigable et érudit.
- Léon Teisserenc de Bort, né à Paris en 1855, a commencé ses travaux en 1878 au Bureau central météorologique. A partir de ce moment, la Météorologie devait le posséder tout entier, et elle occupa, en effet, le reste de son existence.
- En 1878, il publia des Recherches sur la distribution relative des températures et des pressions moyennes à la surface du globe. Il remarqua que les lignes isobares se groupent autour de centres de hautes et de basses pressions bien définis et en nombres limités dans les deux hémisphères. En comparant les cartes isobariques et les cartes d’isa-nomales, il vit que les aires de basses pressions se. superposent aux régions où l’anomalie thermique positive est la plus forte, tandis que les hautes pressions correspondent aux valeurs négatives de l’anomalie. Ces relations mises en lumière pour la première fois par L. Teisserenc de Bort, ont été confirmées par toutes les études faites depuis.
- Généralisant ensuite les résultats obtenus par Hofmeyer, il montra que les maxima et minima barométriques, les « centres d’action » comme il
- 1. Le traité d’Abraham de Memmingen, Feuerwerksbuch, écrit vers 1410, a été imprimé à Francfort en 1534. (Yoy. n° 2057, du 26 octobre 1912.)
- les a dénommés, oscillent autour de positions moyennes, se déplacent lentement d’une saison à l’autre, et que les combinaisons de leurs positions relatives constituent des types du temps auxquels correspondent des conditions climatériques déterminées, de sorte que si l’on connaissait les lois suivant lesquelles un type de temps se transforme en un autre ou persiste en un point, le problème de la prévision à longue échéance serait réalisé.
- De 1886 à 1889, L. Teisserenc de Bort publia dans les Annales du Bureau central météorologique plusieurs Mémoires où il montre l’intérêt de la connaissance de la distribution des pressions à différents niveaux pour la théorie de la circulation générale.
- Jusqu’en 1892, L. Teisserenc de Bort fut chargé du Service de la météorologie générale au Bureau central météorologique. A cette époque un nouveau genre de recherches commençait à s’imposer à l’attention des météorologistes. Les observations ordinaires ne nous renseignent que sur les conditions réalisées au voisinage immédiat de la surface du sol, dans les bas-fonds de notre océan aérien. Pour trouver les lois des phénomènes atmosphériques dans toute leur généralité, il apparaissait nécessaire de., prendre la météorologie par en haut, de sonder les régions élevées.
- Déjà, en 1884, dans un Mémoire sur les Iso-nèphes, L. Teisserenc de Bort avait reconnu que la
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- nébulosité générale à la surîace de la Terre est en relation constante avec la circulation atmosphérique. A la réunion du -Comité permanent météorologique et de la Commission des Nuages tenue lors de la Conférence d’Upsal en 1894, on proposa d’étudier d’abord le mouvement des nuages et de déterminer leur altitude. C’est à L. Teisserenc de Bort que fut confié le soin d’organiser ces recherches en France.
- Puis MM. Hermite et Besançon en France, L. Rotch aux États-Unis, ayant montré que l’on pouvait envoyer dans la haute atmosphère des enregistreurs, sans les y accompagner, en les confiant à des ballons libres ou à des cerfs-volants, on songea à utiliser ce nouveau moyen d’investigation. Mais le budget, toujours trop exigu, du Service météorologique, n’eût permis de consacrer en France que des essais isolés à ces recherches coûteuses par leur essence, et qui ne valent que par une longue continuité. C’est alors que L. Teisserenc de Bort décida de s’y vouer tout entier, et de consacrer, au vaste champ d’action qui allait devenir celui de sa vie, toutes les ressources matérielles que lui assurait une fortune indépendante. Ayant renoncé à fonder une famille, il avait gardé toute liberté de consacrer noblement à la science son temps, ses forces, et toutes ses ressources. Par ses seuls moyens, avec ses seules ressources il créa et outilla l’Observatoire de Trappes qui servit bientôt de modèle aux installations similaires.
- Cette exploration de la haute atmosphère a conduit L. Teisserenc de Bort 'a fixer les premières lois de la variation de la température avec l’altitude, la vitesse et la direction des courants aériens supérieurs, selon les situations atmosphériques. Les sondages lui ont révélé ce fait inattendu que la température de l’air, après avoir décru à partir du sol, montre, subitement, à partir d’un certain niveau qui est variable d’une ascension à l’autre, une inversion qui se maintient jusqu’aux plus hautes altitudes atteintes jusqu’ici. Cette zone, appelée par Ll Teisserenc de Bort zone isotherme, présente une superposition feuilletée de couches où les températures se succèdent dans un ordre quelconque. La portion de l’atmosphère inférieure au niveau de
- l’inversion a reçu de L. Teisserenc de Bort le nom de troposphère; celle qui lui est supérieure, le nom de stratosphère.
- Des sondages exécutés dans la région intertropicale au cours des croisières de VOtaria, en commun avec L. Rotch, lui ont permis de mesurer l’altitude, la vitesse et l’étendue des contre-alizés et lui ont montré qu’au-dessus de l’équateur, à des hauteurs de 15 à 20 kilomètres, on trouve normalement des températures extrêmement basses, tout à fait exceptionnelles à nos latitudes, même en hiver.
- Enfin, à mesure qu’on s’élève dans l’atmosphère, l’entraînement des ballons-sondes vers l’est lui a révélé l’existence probable d’un mouvement général de l’air formant un grand tourbillon polaire qui tourne autour de la Terre de l’ouest à l’est dans notre hémisphère. Ce tourbillon, prévu il y a 50 ans par la théorie de Ferrel, avait été indiqué il y a une vingtaine d’années à M. liildebrandsson par l’observation dumou-vemement des nuages, en même temps que L. Teisserenc de Bort en découvrait l’existence par le calcul des isobares supérieures.
- Depuis plusieurs années, L. Teisserenc de Bort avait porté son attention sur la composition de l’air et la proportion de gaz rares avec l’altitude.
- Mais il est impossible de tout citer, car son esprit original était ouvert à toutes les questions qui touchaient à la dynamique de l’atmosphère.
- Ajoutons cependant, en terminant, que L. Teisserenc de Bort fit paraître en 1898 — et les années suivantes— en collaboration avecM. Hildebrandsson, un ouvrage intitulé les Bases de la météorologie dynamique dans lequel il a réuni l’ensemble des faits observés et des recherches servant de bases à nos connaissances sur les mouvements de l’atmosphère, ouvrage aujourd’hui entre les mains de tous les météorologistes
- Telle est, dans ses grands traits, l’œuvre scientifique accomplie par L. Teisserenc de Bort. On le voit, elle fut vaste, originale et neuve. Le nom de ce grand laborieux ne restera pas seulement associé à la météorologie d’hier, mais encore à celle de demain. J. Loïsel.
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie La-hure, rue de Flcurus, 9, à Paris.
- Léon Teisserenc de Bort.
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- LA NATURE. — N° 2072.
- 8 FEVRIER 1913.
- LES FOURMIS A MIEL DES DÉSERTS MEXICAINS
- Peut-être n’y a-t-il pas dans toute l’histoire des insectes, pourtant féconde en traits curieux, de fait
- des sociétés, des fourmilières, dont chacune comporte, en proportion variable, plusieurs sortes d’individus, différents à la fois par l'habit et par la fonction sociale : des mâles et des femelles ailés, préposés à la perpétuation de la race, et des neutres aptères, dont il existe ordinairement deux types, les uns plus petits (ouvrières), chargés de toutes les besognes de la vie collective, les autres plus grands (soldais), dont les mandibules solides ont pour mission de tenir en respect les prédateurs. Or, dans les colonies des fourmis àmiel,on observeune cinquième catégorie d’individus, une cinquième caste sociale. Cette caste, formée aux dépens des neutres des deux types, est expressé-
- L’appâtement.
- La récolte du miellat sur les galles de niolcaspis,
- Individus melli-g'eres accrochés à la voûte d’une chambre.
- plus attachant que l’ingénieux moyen mis en œuvre par les fourmis à miel américaines (Myrmecocyslus melliger et M. mexicanus) pour triompher des difficultés fort rudes de l’existence dans leur milieu aride.
- La stérilité des régions désertiques du Mexique et des États-Unis où vivent ces fourmis rend le problème de l’alimentation quotidienne particulièrement ardu pour un insecte astreint à trouver sa principale nourriture dans les substances végétales et les petites proies animales. Les ardeurs de l’été et les rigueurs de l’hiver y restreignent à une très courte durée la saison pendant laquelle prospèrent les plantes et les insectes nourriciers.
- Pour subsister hors de ces temps propices, mais trop brefs, où la moisson n’est qu’un jeu et la chasse un facile plaisir, les Myrmécocystes des déserts mexicains disposent d’une précieuse ressource, exagération physiologique et normale de tendances que l’on retrouve, à des degrés divers, chez la plupart des fourmis.
- Tout le monde sait que ces hyménoptères réalisent
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- Entrée d’un nid.
- ment destinée à la protection contre la disette, éventualité toujours rapidement menaçante dès que la pluie ou la sécheresse confine au logis la population.
- Ces neutres ainsi appelés à la curieuse fonction de garde-manger, pour fournir à la subsistance de
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- 162 :---= LES FOURMIS A MIEL DES DESERTS MEXICAINS
- la république aux périodes de famine, deviennent des « melligères ». Pour remplir leur utile rôle, dont l’accomplissement exige une parfaite abnégation et un exemplaire oubli de soi, ils possèdent la faculté d’emmagasiner dans leur jabot, considérablement distensible, une quantité énorme d’un liquide sucré que les ouvrières butineuses leur rapportent du dehors. Ainsi sont réalisées de véritables outres vivantes, auxquelles les membres de la colonie puisent quand toute autre nourriture vient à faire défaut.
- Les fourmis en général (et d’autres hyménoptères) ont le pouvoir de loger dans leur jabot, au cours de la récolte, une provision alimentaire liquide, sucs de plantes ou d’insectes, pour en appâter au retour, par voie de régurgitation, une larve ou une sœur retenue au nid.. De plus, beaucoup d’entre elles manifestent un goût prononcé pour l’exploitation des exsudats sucrés des pucerons, des cochenilles ou des nectaires des fleurs.
- L’exagération simultanée de ces deux tendances dans une même espèce conduit facilement à la constitution d’une colonie de fourmis à miel, avec ses trois catégories d’ouvrières, travaillant en commun, sous une forme spéciale et une livrée appropriée, au bien-être de la collectivité.
- L’existence d’une caste de melligères crée des conséquences biologiques particulières : les butineuses, en effet, doivent à leurs sœurs condamnées au rôle de « garde-manger » immobiles une protection et des soins, qui atténuent les difficultés de ce rôle et mettent en outre le miel à l’abri des chances d’altération ou de destruction.
- Les observateurs qui ont patiemment étudié les fourmis à miel mexicaines (‘) nous apprennent, que. les nids de ces insectes, établis parmi les rocailles et dans un sol très dur, débouchent au dehors par un orifice circulaire d’environ 2 cm de diamètre, situé au centre d’un cratère conique dont la profondeur peut atteindre 8 centimètres.;
- 1. Mac Gook, The honey anls of the Garden 'of the Gods (1882); W. M. Wjeeleu, Iloney ants (Bullel. of lhe American Mus. of Nati(r. History\, 1908).
- Cet orifice conduit dans une galerie assez large, qui s’enfonce à une quinzaine de centimètres, et se divise ensuite en conduits plus étroits, débouchant dans des chambres d’un aménagement spécial et caractéristique. Ces chambres, dont l’établissement exige des prodiges d’énergie de la part de chétifs insectes, ont 15 cm de long, 10 cm de large, 4 cm de haut; le sol en est soigneusement battu et égalisé, mais les parois et le plafond, celui-ci en forme de voûte, sont à dessein laissés rugueux.
- Tel de ces nids atteint des proportions gigantesques ; on en a observé couvrant une aire de plus de 2 mètres carrés, et s’enfonçant à 1 mètre dans le sol. Les chambres sont destinées à loger les individus melligères; ils y pendent du plafond, étroitement juxtaposés, leurs ventres sphériques serrés les uns contre les autres, et accrochés par les ongles aux aspérités de la voûte, intentionnellement respectées par les petits architectes.
- Les melligères passent leur vie entière dans cette situation, condamnées par leur poids à une immobilité presque absolue. Tout au plus quelques déplacements d’une grande lenteur et d’une faible étendue leur sont-ils permis; si par accident ellés tombent de la voûte, une ' assistance-étrangère leur est-indispensable pour regagner leur position pendante.
- Durant le jour, la paix et sans doute le repos régnent au nid; la citadelle semblerait abandonnée, si l’on n’apercevait à Torifice d’accès quelques soldats reconnaissables à leur grosse tête, et qui, détachés en sentinelles, veillent au salut commun, et réservent aux assaillants éventuels le plus mauvais accueil.
- Vers le soir commencent les expéditions. L’orifice du nid livre, passage à de .nombreuses butineuses, qui vont en files explorer les branches des Quercus undulaia, abondants dans ces déserts. Les rameaux de ce chêne sont le champ où moissonne la fourmi à miel; ils portent, souvent en grande quantité, des galles ligneuses du volume d’un pois, œuvre d’un cynipide, YHolcaspis pernicioms.
- A la nuit, ces galles laissent transsuder des gouttelettes limpides et sucrées. Instruites par leur instinct héréditaire, les fourmis à miel sortent à l’heure précise où apparaît, sur les galles de YIIol-
- La fourmi à miel : i, mâle; 2, femelle; 3, ouvrière; 4, soldat; 5, melligère; 6, ouvrière ordinaire et 7, individu melligère grossis.
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- LA MÉTALLOGÉNIE
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- caspis, le miellat qui représente l’objet de leurs convoitises et le but de leurs expéditions.
- Les paysans du Mexique se montrent friands du liquide sucré amassé dans le jabot des fourmis à miel (qu’ils nomment busileràs). Ce sont surtout les femmes et les enfants qui s’occupent à en rechercher les nids ; ils deviennent, paraît-il, très habiles dans cette chasse.
- Quand le miel est consommé sur place, on se contente de sucer les insectes, et d’en rejeter la dépouille vidée. Mais ces fourmis sucrées constituent
- la matière de cadeaux très appréciés ; en ce cas, on les range avec précaution sur une assiette, et on leur ôte soigneusement la tête et le thorax, pour éviter que, en se mordillant mutuellement, elles ne rompent la paroi mince de leur abdomen distendu, et ne soient réduites à l’état d’outres flasques.
- A l’examen chimique, le miel des Myrmécocystes se révèle comme une solution presque pure de sucre de fruit, ne différant du sucre de raisin que par l’absence de cristallisation.
- À. Acloque.
- LA MÉTALLOGÉNIE
- Au moment où je viens de résumer dans un ouvrage volumineux (*) les résultats actuellement acquis par la métallogénie, il n’est peut-être pas inutile d’apprendre à la majorité des lecteurs ce qu’est cette science, en grande partie nouvelle, pour laquelle j’ai dû créer, il y a quelques années, ce nom nouveau.
- La métallogénie étudie les lois qui président à la distribution de la richesse minérale et c’est ainsi que je me suis trouvé amené à décrire et à étudier, dans une sorte de dictionnaire raisonné, tous les grands gisements du monde entier. Gomme toute notre chimie, toute notre industrie ont, si l’on remonte assez loin, pour hase première et initiale des éléments empruntés au monde minéral : on voit que le sujet est très vaste. Lorsqu’il s’agit d’apprécier ains la richesse minérale, il faut commencer par la définir; car un minerai d’or, d’argent ou de plomb, ou même un phosphate, un nitrate utilisables ne sont pas, ainsi qu’on l’imagine trop souvent, des produits nettement déterminés, absolument et rigoureusement distincts des substances minérales sans valeur, comme sont, par exemple, minéralogiquement déterminés des cristaux de galène, de blende, d’apatile, etc. Le minerai utile passe au minéral sans valeur par toutes les transitions et la démarcation de l’un à l’autre varie suivant les époques, ou, à la même époque, suivant les lieux. N’importe quelle roche prise au hasard renfermera toujours, par exemple, quelques centièmes de fer. Sera seule réputée minerai de fer la roche dans laquelle cette teneur deviendra telle, dans des conditions de gisement économiquement précisées, qu’on puisse l’extraire et la traiter avec profit. On se trouve donc en présence d’un problème qui est à la fois économique, industriel et géologique. C’est pour en simplifier les termes que j’ai proposé de considérer la métallogénie comme la science des concentrations minérales utilisables, ou encore des concentrations minérales exceptionnelles, anormales (les concentrations normales se trouvant, par leur banalité même, dépourvues de valeur).
- De tout temps, on a recherché des minerais et minéraux utiles; et, par conséquent, comme l’homme a un penchant naturel à vouloir expliquer les phénomènes naturels en présence desquels il se trouve, très anciennement aussi on a fait un peu de métallogénie à la façon dont M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. Les travaux relativement profonds des Phéniciens, des Grecs et des Romains supposaient, chez les entrepreneurs qui les exécutaient, une conception préalable de la forme du gisement et de ses transformations profondes. Cette
- 1. Traité des gîtes minéraux et métallifères. 3 vol. Paris, Béranger.
- science s’est lentement développée. Cependant il est bien permis de dire qu’elle se présentait, il n’v a pas bien longtemps encore, comme un véritable chaos, où des observations trop locales et trop hâtivement généralisées servaient à échafauder des théories contradictoires. Le progrès s’est fait, en métallogénie, parallèlement avec les progrès de la géologie proprement dite, sur laquelle le chercheur de minerais doit constamment s’appuyer.
- Il a fallu, pour cela, sortir de notre petite Europe que l’on s’e'tait jusqu’alors contenté d’étudier et même de quelques coins très limités d’Europe, en France, en Allemagne, en Angleterre, pour examiner des gisements dispersés sur toute l’étendue du monde. C’est alors seulement que, par des comparaisons de plus en plus nombreuses, on s’est rendu compte de ce qui forme aujourd’hui la base de toute notre théorie : à savoir que les minerais n’apparaissent pas au hasard à la surface de la terre, mais sont en quelque sorte nécessités par les conditions tectoniques propres à la région envisagée. C’est alors que l’on a pu déterminer ce que j’ai appelé le type régional des gîtes métallifères, avec ses associations de minéraux caractéristiques, et classer ces gîtes par provinces qui, avec les mêmes conditions de la géologie générale, reproduisent également les mêmes types de minerais. C’est alors enfin qu’on a pu commencer à chercher la solution de ce problème qui aurait paru antérieurement insoluble : prévoir, d’après une exploration rapide d’un pays, où l’ensemble de sa constitution est apparu, le genre des richesses minérales dont il est permis d’y espérer la rencontre.
- Par un progrès parallèle, on a compris qu’un gîte métallifère ne se présente pas à nous aujourd’hui tel qu’il était au moment de sa formation, mais qu’il porte l’empreinte très marquée des mouvements postérieurs du sol encaissant, des érosions auxquelles ce sol a été soumis, etc. De même que nous venons de le voir fonction de sa position dans l’espace, il estégalementjonction de sa position originelle dans le temps. Et il en défi résulté un aulre pas fait vers la solution d’un problème encore plus essentiel dans la pratique : celui qui consiste à prévoir, d’après les parties hautes d’un'gîte, quelles seront ses modifications profondes. Sans entrer dans aucun détail, il suffit d’énoncer ces deux problèmes où le géologue est appelé à faire œuvre de prophète avec'vérification presque immédiate de ses prédictions pour comprendre qu’une véritable science s’est constituée ici le jour où l’on a pu simplement envisager une méthode rationnelle pour en découvrir la solution et où l’on a commencé à poser les jalons de ce chemin nouveau, si utile à explorer.
- Les éludes de détail ont fait, dans ces dernières
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- 164 ' LE PROBLEME PHYSIOLOGIQUE DU SOMMEIL
- années, énormément d’autres progrès grâce aux efforts de toute une légion de chercheurs. Je citerai notamment toute la série des gisements que j’ai pu grouper dans le type nouveau des imprégnations diffuses de profondeur. Des bibliothèques entières se sont constituées, avec des périodiques nombreux spécialisés sur ce sujet de la métallogénie. Il est regrettable de constater qu’en France,
- où beaucoup de ces progrès ont été accomplis, et où la, richesse minière joue maintenant un rôle important avec la contribution de notre domaine colonial, les idées nouvelles ont quelque peine à se faire jour. C’est pourquoi nous avons tenu à en indiquer ici tout au moins les avantages et les principes les plus élémentaires.
- L. De Launay.
- LE PROBLÈME PHYSIOLOGIQUE DU SOMMEIL
- Qu’ésh-ce que le sommeil? Que signifie cet arrêt périodique de notre activité volontaire? Quelle est la cause de ce besoin de repos? Autant de questions que l’on se pose depuis fort longtemps et auxquelles beaucoup ont cherché une réponse plus ou moins vraisemblable, plus ou moins ingénieuse. Le sommeil est une des nécessités les plus impérieuses de notre vie, il soustrait à notre volonté le tiers de notre existence, et l’on comprend qu’un problème d’une telle importance soit le sujet des méditations et des recherches de nombreux penseurs.
- A vrai dire, le problème a une double face, suivant qu’on l’étudie en soi-même ou qu’on l’examine chez les autres. Pour les psychologues, il soulève de nombreuses questions, entre autres celle de savoir ce que devient notre conscience pendant le sommeil, si elle se continue dans les rêves ou si elle est discontinue et aussi celle de la distinction du rêve et de la réalité. Le sommeil est encore le monde des rêves qui nous révèlent tant de secrets de notre vie intérieure.
- Mais le sommeil présente une autre face, physiologique celle-là.
- En quoi consiste-t-il? quels changements organiques le caractérisent? quels sont son mécanisme, sa cause, son rôle? Mon ami Henri Piéron a étudié ce problème physiologique du sommeil dans un beau livre qui vient de paraître Q), et que je suis d’autant plus heureux de présenter que j’ai collaboré avec son auteur à la réalisation d’un grand nombre des expériences qui y sont relatées.
- Tout d’abord, qu’est-ce que le sommeil normal? Quelle définition peut-on en donner? Il est plus facile de dire ce qu’il n’est pas que ce qu’il est. Il n'est pas identique à la narcose, à l’hypnose, à la léthargie, au coma; il diffère des changements rythmiques appelés « sommeils » de certaines plantes telles que le trèfle, la sensitive; il n’est pas semblable au sommeil hibernal de l’escargot, de la marmotte et d’autres animaux. Mais qu’est-il exactement et à quels signes peut-on le reconnaître? Les
- 1. Henri Piéron. Le Problème physiologique du sommeil. Masson, Paris, 1913.
- définitions du sommeil sont nombreuses, tant les psychologiques que les physiologiques, mais aucune n’est satisfaisante, car aucune ne rend compte de tous les aspects du phénomène et ne correspond à toutes ses modalités.
- Si nous ne pouvons définir le sommeil, essayons tout au moins de l’examiner. Observons,tout d’abord l’homme endormi, puis cherchons quels changements se produisent en lui pendant son sommeil et nous pourrons alors aborder l’examen des définitions et des théories qui cherchent à expliquer cet état.
- L’homme est un excellent objet d’observations relatives au sommeil, puisque seul il permet d’ajouter à 1 observation extérieure la description de ce qu’il ressent. Regardons donc un homme qui s’endort, qui sommeille, qui se réveille.
- Contrairement à ce qu’on croit communément, on ne dort pas parce qu’on est fatigué. Certes la fatigue peut favoriser le sommeil, mais elle peut tout aussi bien provoquer l’insomnie. Voyez cet employé qui toute la semaine a des occupations sédentaires; chaque soir, il s’endort facilement ; un beau dimanche, il va à la campagne, fait une longue promenade à pied et le soir, fatigué, harassé, énervé, il ne peut trouver l’endormissement habituel. Nous nous endormons surtout par habitude ou par désintérêt. Nous avons l’habitude de nous coucher le soir et de dormir la nuit ; mais les travailleurs de nuit prennent une habitude inverse, dorment le jour et ont sommeil le matin. La vue ou la pensée de notre chambre à coucher, de notre lit, l’obscurité, le silence nous rappellent notre habitude et nous donnent envie de dormir, mais ce n’est là qu’une habitude puisque nous pouvons en changer et qu’elle varie avec chacun. Une personne qui se couche tous les soirs à 10 heures et se réveille tous les matins à 6, a sommeil tous les soirs à cette heure et cesse d’avoir ce besoin tous les matins à 6 heures ; telle autre qui ne se couche pas habituellement à heure fixe, ne s’endort ni ne s’éveille à une heure déterminée. On peut, quand on le veut ou qu’il en est besoin, passer une nuit sans sommeil
- Q 1 2 3 5 6 7 8 9 10 11
- heures.
- Fig. i. — Courbe de profondeur du sommeil établie, par Kohlschüt-ter en i863 : la profondeur augmente rapidement au début, puis diminue jusqu’au réveil. (D’après II. Piéron, le Problème physiologique du sommeil.)
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- LE PROBLÈME PHYSIOLOGIQUE DU SOMMEIL —....... : 165
- de même qu’on peut s’entraîner à dormir à volonté à n’importe quel moment. Un médecin qui vient de s’endormir, réveillé pour une visite d’urgence, se lève et la fait sans qu’il en résulte aucun trouble. Des mineurs, ensevelis par un éboulement, sont restés plusieurs jours sans dormir, cherchant cons-
- Fig. 2. — Un chien,ayant reçu une injection de sérum d’un chien insomnique, dort i h. 7/2 après.
- tamment la délivrance. Non seulement, on peut à volonté avoir sommeil, mais on peut aussi régler sa durée. La plupart des gens dorment 8 heures par jour, mais on pourrait dormir plus longtemps si l’on en prenait l’habitude et beaucoup moins si cela devenait nécessaire.
- Napoléon, dit-on, dormait seulement 5 à 4 heures par jour.
- Cette habitude peut devenir tyrannique et l’on connaît des enfants qui ne s’endorment qu’après que leur mère les a embrassés, des gens qui choisissent une certaine position, d’autres qui doivent penser à quelque idée bien définie pour que le sommeil vienne les visiter.
- On dort aussi par désintérêt, car il nous est arrivé à tous de nous endormir dans des conditions inhabituelles. La vue d’autres personnes dormant auprès de nous, un bruit monotone, ou même varié, nous poussent au sommeil hors du lieu et du temps habituels. On s’endort à un cours, à une conférence et même à l’Opéra. La digestion, la fatigue favorisent cette somnolence, mais sa véritable cause est le désintérêt. Bâiller, dormir sont des signes d’ennui. « On dort, dit Berg-
- son, dans l’exacte mesure ou l’on se désintéresse. » Mais si le sommeil est une habitude ou une réaction de désintérêt, il est encore quelque chose de plus, puisqu’on ne peut supprimer le sommeil sans graves inconvénients. Il est un besoin impérieux de . notre organisme et les animaux qu’on empêche de
- Fig. 3. — Réveillé, il se rendort dans une position anormale où on le maintient.
- dormir meurent au bout de quelques jours, bien plus vite que si on les privait de nourriture. Le sommeil repose, il est réparateur et son besoin croît à mesure que notre veille se prolonge, que notre attention continue d’être soutenue.
- Le premier signe du besoin de sommeil est une sensation de picotement aux yeux ; c’est elle que les petits enfants attribuent au passage du marchand de sable lançant sa poudre aux yeux. Puis apparaissent les bâillements dont la cause et le mécanisme ne sont pas bien connus ; la tête devient lourde, les membres las; les paupières s’abaissent, l’attention disparaît, la tête fléchit et nous entrons dans le sommeil. Pendant quelques instants encore, le monde extérieur parvient jusqu’à nous, mais bientôt les odeurs, puis le toucher, puis les bruits mêmes s’effacent ; leur dernière entrée dans notre conscience donne parfois lieu à des rêves informes et incohérents ; enfin nous sommes isolés du monde qui nous entoure, notre conscience est abolie, nous dormons.
- Le sommeil ne dure pas le même temps pour
- Fig. 4. — Lâché, il retombe sur le côté et continue de dormir.
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- tout le monde'; généralement il devient plus court à mesure que nous vieillissons; les nouveau-nés dorment presque tout lé temps qu’ils ne tettent pas, 18 ou 20 heures par jour; les adultes se contentent généralement dé 8 heures de sommeil; les vieillards ne dorment que 5 ou 6 heures.
- Le sommeil varie non seulement de durée, mais encore d’intensité. Parfois l’on dort à « poings fermés » et « un coup de canon ne nous réveillerait pas », d’autres fois le moindre bruit provoque le réveil. Dans le cours d’une seule nuit, l’intensité du sommeil varie beaucoup. On s’en est rendu compte en mesurant l’excitation nécessaire à divers moments pour provoquer le réveil. Généralement le sommeil devient peu à peu plus profond pendant les premières heures, puis de plus en plus léger jusqu’au réveil (lig. J).
- Le réveil, comme l’endormissement, peut être prémédité, spontané ou provoqué. Certaines personnes s’éveillent au moment qu’elles veulent, par exemple à l’heure qu’elles avaient fixée la veille et il en est qui ne font jamais ainsi erreur de plus d’un quart d’heure. D’autres se réveillent par habitude, tous les jours à une même heure ou au lever du jour ou à un certain bruit de sonnerie, de voiture, etc. D’autres encore s’éveillent spontanément quand elles ont assez dormi, après les huit heures habituelles de sommeil par exemple. Outre ces causes de réveil, il en est d’autres, les excitations internes ou externes notamment. La faim, la soif, le froid, le besoin d’uriner peuvent éveiller. Les troubles respiratoires ou circulatoires, provenant d’un mauvais état de. santé ou dus à une mauvaise position dans le lit, peuvent également provoquer le réveil, accompagné souvent alors de cauchemars. Certains rêves, par l’émotion qu’ils produisent, réveillent brusquement; ceux qui ont déjà rêvé chute, noyade, écrasement, le savent bien. Un bruit insolite, une brusque lumière font également cesser le sommeil.
- Toutes les excitations n’ont pas la même qualité pour provoquer le réveil; celles qui présentent le plus grand intérêt sont les plus efficaces. Une mère qui dort est éveillée par le moindre bruit de son enfant malade tandis que son sommeil n’est pas troublé par d’autres sons beaucoup plus intenses mais qui ne l’intéressent pas. Le soldat, à la chambrée, n’est souvent nullement agité dans son sommeil par le tapage que font ses camarades en rentrant tardivement de permission; la sonnerie du clairon, annonçant l’alerte ou le réveil, le met sur pied immédiatement. Les cloches sonnent toutes les heures de la nuit mais n’éveillent qu’à l’heure voulue celui qui se règle sur elles. Il n’est pas jusqu’au silence qui puisse éveiller le meunier dormant au tic tac du moulin, le marin reposant au bruit de l’hélice.
- Le réveil nous fait passer en sens inverse par les mêmes états que l’endormissement. Plus ou moins rapidement, nbus reprenons vaguement conscience,
- ouvrons nos yeux et devenons à moitié éveillés, aussi bien prêts à nous rendormir si la cause du réveil cesse, qu’à reprendre complètement l’état de veille si elle continue d’agir. Si ce dernier état se réalise, nous reprenons contact avec le monde extérieur, constatons l’heure, voyons l’entourage, entendons les bruits et, de nouveau attentifs au réel, portons notre premier jugement, rappelons nos souvenirs et décidons de nos actions.
- Ces observations, que tout le monde a pu faire, ne suffisent pas pour se faire une idée précise du sommeil ; il faut y ajouter les résultats des enquêtes des physiologistes sur l'état des diverses fonctions de l’organisme. Bien que l’expérimentation soit difficile, puisqu’on risque de troubler le sommeil en l’observant, par sa présence, le bruit que l’on fait, l’appréhension du dormeur, la gêne des appareils qu’on lui impose, on est parvenu à avoir de nombreux renseignements. On sait aujourd’hui que, pendant le sommeil, le cœur se ralentit, les vaisseaux se dilatent, surtout ceux de la peau, produisant souvent le gonflement des paupières et la sudation, la pression artérielle diminue, la respiration se ralentit, l’oxygène est absorbé et surtout l’acide carbonique exhalé en plus faibles quantités, le tube digestif continue son travail ainsi que les glandes sécrétoires : lé matin, le repas du soir est entièrement digéré, la vessie pleine. Enfin, pendant le sommeil, la température du corps s’abaisse, les muscles sont généralement relâchés, l’excitabilité réflexe et la sensibilité diminuées, l’activité cérébrale adaptée aux circonstances supprimée. Il est vrai que certains de ces phénomènes peuvent être liés plus à la position couchée et immobile qu’au sommeil lui-même.
- Tels sont les faits acquis par de longues et patientes recherches. Ils vont nous permettre d’aborder une nouvelle question : le mécanisme du sommeil. Quelle est la cause qui provoque l’endormissement, puis le réveil? Les théories explicatives ne manquent pas. Pour les uns, le sommeil est dû à une anémie cérébrale ; le cerveau, appauvri de sang, n’a plus assez de nourriture ou accumule trop de déchets pour continuer à fonctionner; pour d’autres, la cause est inverse : le cerveau est congestionné dans la position couchée; malheureusement, les faits ne sont pas d’accord avec ces hypothèses : on peut être couché sans pouvoir dormir, l’anémie cérébrale ne provoque pas le sommeil. Une théorie à la mode il y a quelques années expliquait le sommeil par les mouvements des cellules nerveuses du cerveau : s’allongeant, elles entraient en contact les unes avec les autres; se rétractant, elles s’isolaient, supprimant les communications des divers centres; le sommeil serait dû à leur contraction; on n’a jamais vu de mouvements de ce genre des fibres et des cellules nerveuses. D’autres auteurs ont supposé que les centres nerveux possédaient un pouvoir d’arrêt, d’inhibition, qu’ils exercent en provoquant le sommeil, certains ont même précisé le lieu de ce centre
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- du sommeil dans notre système nerveux; les observations manquent pour appuyer cette hypothèse. Est-ce alors la sécrétion interne de quelque glande mystérieuse, thyroïde ou hypophyse, qui régit le sommeil? Est-ce l’état d’hydradation ou de déshydratation des cellules nerveuses? Est-ce encore l’accumulation dans les centres de substances de déchets toxiques : acide lactique, cholestérine, acide carbonique, leucomaïnes, urotoxines, neurotoxine, etc.? Toutes ces opinions ont été soutenues, bien que peu justifiées.
- Claparède a fait une juste critique de ces théories : tout d’abord, rien ne prouve que les changements physiologiques observés pendant le sommeil, n’en sont pas la conséquence au lieu d’en être la cause. Puis, relativement aux théories toxiques que nous venons de signaler, il. déclare qu’elles n’expliquent pas le sommeil et le réveil volontaires, et que, de plus, le sommeil n’est pas en rapport avec la fatigue, qu’il serait dans ce cas très bref, ou, si l’intoxication était assez grande pour nécessiter 8 heures de repos, sa répétition journalière ne serait pas sans provoquer des désordres graves de l’organisme.
- Faut-il donc abandonner l’espoir d’expliquer l’acte le plus banal de notre vie, le sommeil? Claparède ne l’a pas pensé et il a proposé une théorie ingénieuse qui peut rendre compte de toutes les moda-r lités du sommeil et n’être embarrassée d’aucun des phénomènes psychologiques qui l’accompagnent. Cette théorie, « biologique » comme il l’appelle, est la suivante : le sommeil n’est pas simplement un repos, une cessation de fonctionnement de l’organisme, c’est une fonction active, de défense. De même que la faim et la soif précèdent le besoin impérieux de nourriture, de même que l’hirondelle émigre avant les premiers froids, on a le désir du sommeil avant d’en avoir le besoin impérieux ; tous ces instincts se font sentir avant d’être d’une nécessité absolue, et ainsi ils nous protègent et nous défendent contre les dangers d’une privation. Le désir du sommeil n’est donc pas d’une exigence inéluctable, mais bien un instinct souple, modifiable, pouvant s adapter aux circonstances, régi, comme tous les instincts, par la loi de l’intérêt momentané : nous dormons, si aucun aùtre intérêt n’est plus grand que celui de dormir. Cette théorie a l’avantage de s’appliquer à toutes les formes si multiples du sommeil ; elle n’exclut pas les théories physiologiques ; mais elle les débarrasse de la difficulté — insurmontable — d’expliquer les nombreux phénomènes psychologiques de l’endormissement, du sommeil et du réveil.
- Acceptons donc la théorie biologique de Claparède et utilisons-la pour poursuivre l’étude physiologique du sommeil. Le sommeil est un instinct qui se déclanche, nous l’avons vu, sous l’influence de la volonté, de l’habitude, du désintérêt; ces phénomènes sont hors du domaine de la physiologie et il y a peu de chance qu’elle trouve la cause de l’endormissement ; d’ailleurs les phénomènes qui l’accom-
- pagnent sont souvent inconstants et rien ne permet de les considérer comme déterminants du sommeil. Sur le terrain physiologique, la question doit donc être posée autrement qu’elle ne l’a été jusqu’alors. Le sommeil est un instinct de défense ; contre quoi protège-t-il? Parmi les stimuli qui le déclanchent, quels sont ceux d’ordre physiologique?
- Nous avons cherché, mon ami Piéron et moi, à répondre à ces deux questions : contre quoi le sommeil protège-t-il? qu’est-ce qui donne envie de dormir? Nous avons pensé qu’en supprimant le sommeil, en provoquant une veille prolongée, nous rendrions le besoin de sommeil plus impérieux, et mettrions mieux aussi en évidence les stimuli de cet instinct de dormir. Nous avons donc tenu des animaux en éveil, en les fatiguant le moins possible, et nous avons constaté que l’insomnie prolongée est toujours très grave, les animaux arrivant à bout de résistance après une dizaine de jours et ne tardant pas à mourir. Pendant cette veille forcée, la température, les échanges respiratoires, la teneur en eau du sang et du cerveau ne varient pas, ce qui élimine certaines théories que j’exposais plus haut. Vers le dixième jour, l’animal ne peut plus garder les yeux ouverts, ses pattes fléchissent constamment, il n’a plus aucune attention sensorielle; de plus, son cerveau présente des altérations nettes et localisées. Si alors on le laisse dormir, il se plonge dans un sommeil profond d’où il sort complètement rétabli et normal. La veille prolongée provoque donc, en même temps qu’un besoin impérieux de sommeil, des altérations cellulaires dans le cerveau. A quoi sont dus ces phénomènes, à un épuisement ou à une intoxication?
- Nous avons cherché la réponse à cette nouvelle question. En prélevant du sang, ou mieux du liquide céphalo-rachidien, d’un animal soumis à une veille prolongée et en l’injectant dans le système nerveux d’un autre animal normal, on provoque chez ce dernier le même besoin de sommeil ; après l’injection, il s’engourdit, ses paupières clignent, ses membres fléchissent, ses yeux se ferment et il s’endort (fig. 2, 5, 4) ; en même temps apparaissent, dans son cerveau, les lésions caractéristiques de l’insomnie. Si on le laisse tranquillement dormir, il se remet et se réveille tout à fait normal et bien portant.
- On peut donc transmettre le besoin de sommeil d’un animal à un autre. Cette expérience nous apprend, de plus, qu’au cours de la veille prolongée il s’accumule, dans les humeurs de l’organisme, une substance — dont nous avons déterminé certains caractères — qui est capable de provoquer le sommeil.
- Ces expériences, jointes à la théorie de Claparède éclaircissent, croyons-nous, le problème du sommeil. Le sommeil est donc un instinct de l’organisme qui le défend contre la formation et l’accumulation d’une substance toxique produite pendant la veille prolongée. R. Legendre.
- Docteur ès sciences.
- Préparateur de physiologie au Muséum.
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- LE SÉNÉGAL NAVIGABLE
- Les premiers navigateurs européens, descendant le long de l’Afrique, virent avec joie succéder aux rives désertes et sablonneuses du Sahara, les côtes bordées de quelque végétation verte qui marquait l’embouchure d’un fleuve.
- Ils abordèrent pour s’approvisionner en eau douce et demandèrent aux nègres, en montrant la nappe d’eau que sillonnaient des embarcations nombreuses : « Quelle est cette rivière? » Les indigènes sans comprendre, répondirent : « Sou nou gai » : « Ce sont nos pirogues ». C’est ainsi que fut baptisé le fleuve Sénégal sur lequel les premiers établissements normands vinrent s’établir dès 1626.
- - Le Sénégal forme la première voie de pénétration vers l’intérieur de l’Afrique que l’on trouve en venant d’Europe ; il n’est pas étonnant que des commerçants du xviie siècle se soient de suite fixés à
- son embouchure. Les Compagnies envoyèrent leurs agents dans le haut fleuve sous la protection de troupes armées, des points d’appui furent ainsi construits et le commerce s’organisa en même temps que la chasse aux pillards maures Trarza.
- On trafiquait de la gomme, de la pondre d’or, de l’ivoire et de la chair noire.
- Les indigènes vantaient en des récits enthousiastes les richesses du Soudan jusqu’où devait nous mener le Sénégal. Des explorations rapides furent faites, puis, sous la poussée de Faidherbe, la conquête s’organisa méthodiquement.
- En 1881, le général Borgnis-Desbordes fondait Rayes. Un barrage de rochers y coupant le lit du fleuve, marquait la limite supérieure du cours navigable de cette admirable voie du Sénégal qui nous permit d’atteindre le cœur de l’Afrique.
- Le régime de ce fleuve ne se prête cependant pas à un trafic très important.
- C’est un cours d’eau intermittent. D’une pente générale faible, il est coupé de bancs de sable et de rochers, il s’épand en de nombreux marigots, et se
- termine par une embouchure qu’une barre importante rend difficile à pénétrer.
- Régime. — Le Sénégal, long de 1700 kilomètres, est formé de la réunion du Bakoï et du Bafing qui prennent leur source au Fouta-Djalon, les affluents du Sénégal descendent aussi de cette région montagneuse où les pluies commencent en mai. Les précipitations torrentielles y sont tellement violentes que le lit supérieur se remplit en quelques jours ; les eaux se précipitent en cascades et par de nombreux rapides dans le bief inférieur qui commence à Rayes.
- Le fleuve, qui en ce point a 1000 kilomètres encore à parcourir pour arriver à la mer, ne descend plus que de 50 mètres.
- La crue progresse alors lentement, elle atteint son maximum à Bakel le 1er septembre, à Podor le 15 octobre, à Richard Toll le 50 octobre; lorsque la crue arrive à Saint-Louis, les eaux commencent à baisser dans le cours supérieur du fleuve.
- Durant la saison sèche, entre des berges abruptes hautes souvent de 16 mètres, le Sénégal se traîne sur des bancs de sable, portant lentement à l’Océan un mince filet d’eau que traversent facilement les troupeaux des nomades.
- Lorsque le fleuve s’est rempli, il coule majestueusement à pleins bords, alimentant généreusement les marigots et les lacs qui doublent son lit toujours large de 400 mètres. La hauteur des eaux atteint 15 mètres au-dessus de l’étiage à Bakel au début de septembre, la différence de niveau provoquée par la crue n’est que de 1 mètre environ à Saint-Louis.
- En ce point, le fleuve n’est séparé de la mer que par une mince langue de sable, il se heurte à cet obstacle fragile qui le rejette vers le sud et ne trouve son embouchure qu’à 20 kilomètres de la ville.
- Là encore, il reçoit l’assaut de l’Océan lui-même, qui, de toute la force de sa barre, semble vouloir rejeter vers l’intérieur les eaux que lui amène péniblement de si loin le fleuve Sénégal.
- Navigation. — La barre est le premier obstacle qui rend l’accès du Sénégal difficile et même impossible pendant 70 jours environ de l’année aux navires de haute mer.
- La profondeur du chenal praticable varie entre 2 m. 50 et 5 m. 50 atteignant assez rarement 4 mètres.
- Les bateaux de faible tirant d’eau peuvent donc seulement pénétrer dans le fleuve, ils doivent sou-
- [MA.U RIMNIE
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- Fig. i. — Cours navigable du Sénégal. .
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- LE SÉNÉGAL NAVIGABLE
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- vent 'même aller à Dakar décharger une partie de leur cargaison ou s’alléger sur rade avant de pouvoir tenter le passage. Cette opération devient alors longue et difficile.
- Un corps de pilotes indigènes expérimentés est
- qui constitueront leur approvisionnement d’une année. Elles envoient à la métropole les produits indigènes accumulés dans leurs magasins.
- Lorsque les eaux commencent à baisser, seuls, les bateaux de plus faible tonnage, peuvent remonter
- Fig. 2. — Groupe de chalands tirés à la cordelle par les laplols {matelots nègres) marchant sur le bord du fleuve.
- chargé de guider les navires dans la passe marquée, par les soins des ingénieurs hydrographes, de bouées et de balises. D’ailleurs tout un personnel organisé surveille et étudie le chenal dont le piétage est mesuré chaque jour et annoncé par télégramme à Dakar et à Saint-Louis.
- Lorsque le navire a pénétré dans le Sénégal, il peut, selon la saison, atteindre un point du cours plus ou moins éloigné.
- D’août à octobre, les grands vapeurs tirant 4 mètres peuvent se rendre à Rayes.
- Le trafic sur le fleuve devient assez important, c’est alors que les fonctionnaires, les commerçants et surtout les femmes européennes, quittent la colonie ou y reviennent en évitant ainsi les fatigues et les ennuis du long voyage qu’ils devraient effectuer en toute autre saison.
- Durant cette période aussi, les maisons de commerce font venir presque toutes les marchandises
- jusqu’à Rayes ; ils doivent même ensuite s’arrêter a Bakel, puis à Raidi, puis à Podor. Le fleuve, un moment parcouru par les grands vapeurs, s’endort doucement et les pirogues, les chalands seuls peuvent se traîner lentement jusqu’à Rayes sur les bancs de sable et à travers les rochers découverts.
- Le transport des passagers est assuré par un service de navigation dont le monopole a été donné à la maison Devès et Chaumet.
- Au moment des hautes eaux, les vapeurs mettent 4 jours pour se rendre de Saint-Louis à Rayes ; le prix du voyage selon la classe varie de 160 fr. à 30 fr. ; le prix du transport des marchandises varie de 40 fr. à 12 fr. la tonne selon la nature et le sens.
- Quand les gros vapeurs ne peuvent atteindre Rayes, un service de la colonie pousse un peu plus avant la navigation à vapeur au moyen de petits bateaux de faible tirant, actionnés par deux roues
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- portées par le même axe et situées à l’arrière. Ils comportent 6 cabines sans couchettes et un pont supérieur sur lequel les passagers étendent les lits pliants ; 20, 50 et même 40 Européens sont ainsi transportés dans les plus mauvaises conditions de confort.
- Enfin, les petits « fluviaux » eux-mêmes doivent s’arrêter ; on emprunte alors un troisième moyen de locomotion : c’est le « chaland », petite embarcation dont l’équipage comprend 8 laptots.
- On avance péniblement soit à la voile, soit à la perche, soit à la pagaie, soit sous l’effort des indigènes halant l’embarcation en marchant sur la berge.
- Quelquefois les bancs de sable obstruent complètement le fleuve, les nègres font un chenal et, en soulevant de leurs' épaules l’embarcation, ils la portent véritablement jusqu’à ce que la profondeur permette au chaland de flotter à nouveau.
- La vitesse de marche est singulièrement ralentie ; si l’on peut se rendre en 4 jours à Ivayes au moment des hautes eaux, il faut quelquefois 50 et même 40 jours pour atteindre cette ville quand le fleuve est le plus bas. Même au moment de la crue du Sénégal, les bancs de sable et les seuils rocheux forment un réel obstacle à la navigation.
- Différentes missions hydrographiques ont dressé des cartes fluviales et ont établi tout un système de balises indiquant les écueils dangereux et les passages praticables dans les endroits ensablés. En outre, des pilotes spéciaux accompagnent chaque bateau à vapeur. Cependant de nombreuses épaves marquent les passes difficiles et montrent que les sinis-
- tres n’ont pu être malgré tout complètement évités.
- Dans l’état actuel du fleuve, bien que l’on construise une ligne de chemin de fer reliant directement Thiès à Rayes, le Sénégal restera quand même la grande voie commerciale qu’il sera toujours économique d’emprunter au moment des hautes eaux.
- D’ailleurs, il est souhaitable que des travaux importants soient entrepris pour améliorer la navigabilité du Sénégal. Ils auront pour but :
- 10 De faciliter l’accès du fleuve à son embouchure ;
- 2° De résoudre le problème de l’insuffisance du débit ;
- 5° D’améliorer les passages difficiles.
- Des études préliminaires ont été faites par Bouquet de la Grye et d’autres ingénieurs. Le travail qui semble le plus rationnel consisterait à percer la lagune de Barbarie, un chenal artificiel serait creusé, maintenu par des pieux en ciment armé.
- On a proposé pour régulariser le débit du fleuve de construire des barrages qui retiendraient dans le bief supérieur les eaux d’hivernage, en ne laissant passer que la quantité nécessaire pour permettre en toute saison le passage des navires tirant 4 mètres.
- On pourrait aussi creuser un canal sensiblement parallèle au cours du fleuve et qui puiserait dans un immense réservoir construit en amont de Rayes l’eau nécessaire à l’alimentation de ses écluses.
- Chacun de ces projets comprend des travaux d’irrigation des terres riveraines du Sénégal qui permettraient la mise en valeur de toute cette région restée presque inculte jusqu’à présent. Dalba.
- POMPE A INCENDIE AUTOMOBILE MULTICYLINDRIQUE
- L’emploi de la pompe à incendie automobile, tend à se généraliser de plus en plus, en raison même de sa puissance et de sa grande vitesse de déplacement. Toutefois, l’organisation d’un tel engin n’est pas sans offrir d’assez grandes difficultés.’
- Un premier pas dans la voie de la pompe mécanique a consisté à adopter les pompes à vapeur à traction animale, sur lesquelles une chaudière à misé en pression assez rapide actionnai t une pompe à piston ordinaire.
- Dès que l’on s’est décidé à introduire les véhicules automobiles dans les services de pompiers, il a paru, avec juste raison, beaucoup plus logique d’employer le moteur à
- Fig, i. -T-» Pompe multicylindrique Drouville.
- (A) Tubulure d’arrivée d’eau ; (B) tubulures de refoulement; (C) couronne annulaire d’alimentation; (D) couronne annulaire de refoulement ; (E) cylindre ;-(F) piston avec double cuir embouti ; (G) crépine d’admission ; (H)’ siège des clapets ; (LJ clapet d’admission ; (K) clapet de refoulement; (M) vilebrequin.
- explosion de la voiture à actionner lui-même la pompe. Toute la difficulté du problème réside précisément dans le choix de la pompe.
- Pour s’en rendre compte, il suffît de rappeler les conditions variables d’utilisation auxquelles ont à faire face les services d’incendie. Il faut arriver vite à pied d’œuvre, se relier aussitôt avec la source d’alimentation d’eau la plus proche et entrer immédiatement en action.
- Les sources d’alimentation pourront être, suivant les cas, une bouche d’eau de la ville débitant avec une certaine pression initiale, un bassin ou une mare dont l’eau est à peu près au niveau du sol, ou un ruisseau, rivièrp, nappe d’eau en contre-bas im-
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- POMPE A INCENDIE AUTOMOBILE MULTICYLINDRIQUE rzr=^ 171
- Fig. 2. — Pompe à incendie automobile Drouville.
- portant. Quant au débit des lances, il devra permettre d’atteindre des points plus ou moins éloignés et plus ou moins élevés.
- Toutes les familles de pompes ne sont pas également susceptibles de répondre convenablement à un ensemble de conditions
- aussi variées. —...... ...... . . ........
- Les pompes centrifuges, parfaites pour un travail d’épuisement déterminé, ne paraissent pas convenables pour un service d’incendie, elles exigent un amorçage préalable au moyen d’un dispositif auxiliaire et elles doivent être menées à une vitesse de rotation qui tienne compte de la hauteur d’aspiration et de la hauteur de lancement.
- Les pompes rotatives, à cames ou à palettes profilées, du type Greindl, qui s’amorcent seules et fonctionnent bien sous toutes les pressions, peuvent être admises dans de très bonnes conditions ; elles donnent un débit con-
- Fig. 3. — Pompe Droimlle, vue arrière.
- tinu, et il ne s’y produit pas de remous importants.
- Ce sont pourtant les pompes à pistons, à deux ou quatre cylindres, qui ont généralement la préférence. Elles sont robustes, rustiques, et d’un fonctionnement très durable, mais dans le cas qui nous -occupe elles sont de di-.. ................ ' mensions réduites, menées vite, et il s’y produit des à-coups, des remous et des pertes de charges assez importants qui entraînent une diminution de rendement, mais dont on corrige les effets sur la régularité du débit au moyen d’une bouteille d’air.
- Les établissements Drouville, de Nancy, viennent de mettre en service un noùveau modèle de pompe à pistons qui évite les inconvénients précédents et présente tous les avantages des pompes rotatives.
- Elle se compose (flg. 1) d’un tambour cylindrique divisé par une cloison en deux couronnes annulaires réservées: l’une à l’extérieur , à l’arrivée de l’eau
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- 172 LES NOUVEAUX INSTITUTS DE
- d’alimentation ; l’autre à l’intérieur, à l’eau de refoulement. C’est sur cette dernière que sont branchés les tuyaux de conduite des lances.
- Quatre cylindres, deux à deux opposés, placés d’une façon radiale, constituent les corps de pompes ; ils sont ouverts aux deux bouts, l’un pour le passage de la tige de piston, l’autre pour l’installation des soupapes de distribution.
- Les pistons, garnis de deux cuirs emboutis, sont montés deux à deux sur deux cadres qui peuvent être animés d’un mouvement de va-et-vient alternatif, sans déplacement latéral, grâce à deux groupes de roulements à billes centrés sur le maneton d’un arbre vilebrequin moteur de la pompe.
- Une crépine d’admission, formant joint étanche dans la cloison annulaire, sert de communication entre l’arrivée d’eau et le fond de cylindre.
- Un barillet en bronze, percé de trous, serré contre la base de la crépine, sert de siège aux soupapes.
- Les soupapes sont en caoutchouc moulé, d’une épaisseur suffisante pour résister aux fortes pressions ; elles ont une très grande surface active et sont quand même très légères.
- Le va-et-vient 'des pistons aspire l’eau par le centre du barillet et la refoule par la périphérie.
- Le mouvement des quatre pistons étant commandé toujours dans le même sens, et d’une manière continue, par la rotation du vilebrequin, l’eau, tant à l’alimentation qu’au refoulement, progresse toujours dans le même sens, ce qui réduit considérablement les remous.
- Grâce à l'emploi de soupapes en caoutchouc, légères et de grande section, et à une forme appro-
- RECHERCHES ALLEMANDS ...................-.......-
- priée de la face active du piston, on a réduit au minimum les pertes de charges dues à l’inertie des soupapes et au laminage, en même temps que les dimensions de l’espace nuisible.
- Cette pompe peut être menée très vite, 5 à 400 tours à la minute, sans aucun inconvénient.
- Afin de la mettre à l’abri des effets de la surpression brusque qui résulterait de la fermeture inopinée d’une ou plusieurs lances, une soupape de retour d’eau, réglable à la main pour une pression donnée, fonctionne automatiquement et met, dans ce cas, en communication les deux couronnes annulaires.
- Les dimensions et les caractéristiques du modèle de pompe adopté sont les suivantes :
- Cylindres : 140 mm d’alésage et 80 mm de course.
- 'Vitesse de rotation : 5 à 400 tours à la minute.
- Débit en volume : 90 à 120 m3 à l’heure, sans pression au refoulement ni dépression à l’aspiration.
- Elévation manométrique : 80 m., mesurés à la sortie de la pompe.
- Projections : horizontalement, 60 à 80 m. ; verticalement, 35 à 40 m.
- Hauteur d’aspiration : 8 m. 50.
- Cette pompe est d’un encombrement extrêmement réduit; elle s’installe à l’arrière d’un châssis de camion automobile, dont toute la plate-forme reste disponible pour le transport du personnel et des accessoires.
- La commande mécanique se fait au moyen d’un arbre de transmission placé sous la dépendance des engrenages de la boîte de vitesses, grâce à un baladeur spécial, mis en prise, au moment du besoin, par la manœuvre du levier des vitesses. D. Renaud
- LES NOUVEAUX INSTITUTS DE RECHERCHES ALLEMANDS
- Deux grands instituts de recherches scientifiques viennent de s’ouvrir en Allemagne. Un troisième s’ouvrira prochainement. L’Institut de chimie à Dahlem, près de Berlin, a été construit sur un terrain appartenant à l’Etat ; les bâtiments ont coûté 1 375 000 francs, don de la Yerein Chemische Reichsanstalt qui a également doté l’établissement d’un revenu annuel de 175 000 francs. Le directeur est M. Beckmann, de Leipzig, assisté des professeurs Willslâtter, de Zürich, et Hahn, de Berlin. Le deuxième institut est celui de chimie physique et d’électrochimie; il est dû à la libéralité d’un grand industriel berlinois, M. Koppel. Il est placé sous la direction du professeur Haber de Karlsruhe, bien connu par ses travaux sur la fabrication synthétique de l’ammoniaque. Enfin, la création d’un institut de recherches spécialement consacré au charbon a été décidée tout récemment. Cet institut sera placé à Mulheim dans le bassin de la Ruhr. Les bâtiments coûteront 875 000 francs. Une somme double de celle-ci sera consacrée à l’outillage. Notons que le comité de direction de tous ces instituts a pleine indépendance pour diriger les recherches dans le sens qui lui conviendra. Mais il. doit rester en contact intime avec les industriels de la région, les universités et les administrations, qui peuvent lui soumettre des problèmes scientifiques qu’ils désirent voir étudier, à leurs propres frais
- bien entendu, et au besoin par leur propre personnel. Les directeurs et les savants des instituts de recherches ont le droit de breveter les inventions faites par eux au cours de leurs recherches, à condition de laisser une participation de 25 à 30 pour 100, à l’institut.
- La genèse de ces établissements est intéressante à signaler : on s’est inquiété en Allemagne du fait que les obligations pédagogiques des professeurs d’université ne leur laissaient plus que de faibles loisirs pour les recherches scientifiques proprement dites. En effet, la tâche principale de ces professeurs est de former des ingénieurs et des techniciens et l’on n’admet pas que ce rôle essentiel, si bienfaisant pour le pays, puisse être négligé par eux, pour quelque motif que ce soit. Mais, avec le développement de l’industrie allemande, cette tâche s’accroît sans cesse et l’on a pu craindre qu’il n’en résultât un ralentissement de la production scientifique pure, et' par suite que la source primordiale d’où découlent les principaux progrès industriels ne vînt à tarir.
- C’est alors que fut décidée la création de ces instituts de recherches, réservés à des travailleurs dégagés de toute obligation d’enseignement et pourvus de l’outillage scientifique le plus parfait.
- Quelques extraits de l’adresse rédigée par le célèbre chimiste Fischer, lors de la création de l’Institut de
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- LA PREMIÈRE MACHINE A CALCULER A TOUCHES = 173
- Mulheim, feront mieux comprendre l’esprit dans lequel doivent fonctionner ces établissements.
- M. E. Fischer expose que les progrès considérables réalisés dans l’utilisation du charbon par les fours à coke à récupération et le gazogène Mond, ne seront pas le dernier mot de la science sur ce chapitre. De vastes perspectives s’ouvrent aujourd’hui encore. C’est ainsi que l’on peut envisager la fabrication d’hydrocarbures par une distillation de la houille sous pression dans une atmosphère d’hydrogène, ou d’hydrogène et de vapeur d’eau. Spillker et Weissgerber ont découvert dans le gaz de coke, et dans les produits de distillation du goudron, du butadiène, point de départ de la synthèse du caout-
- chouc. Ce n’est pas tout ; les constituants les moins volatils du goudron peuvent, en présence d’hydrogène et de catalyseurs convenables, se transformer en hydrocarbures volatils, en huiles d’éclairage, de grande valeur, voire en composés de la série aromatique et de la série grasse. (Travaux de Sabatier.)
- De même l’oxyde de carbone du gaz d’éclairage peut être transformé en méthane. Bref, les progrès de la chimie permettent d’entrevoir d’énormes perfectionnements dans la mise en valeur du charbon. L’Allemagne s’efforce dès maintenant de s’assurer le bénéfice des découvertes à venir, en favorisant intelligemment la recherche scientifique.
- LA PREMIÈRE MACHINE
- Depuis le jour où le génie de Pascal adolescent créa la première machine à additionner, en 1642, nombreux sont les inventeurs qui se sont ingéniés à combiner des calculateurs mécaniques.
- « On rencontre dans différentes publications, écrit M. Maurice d’0cagne(1), plus de 120 types distincts de machines à calcul. La plupart, il est vrai, n’existent qu’à l'état de dessins ou de modèles, et n’ont pu ainsi faire leurs preuves. En fait, le nombre des machines à calcul effectivement construites (dont la plus grande partie se ramène à un très petit nombre de types) s’élève au moins à 4000, tandis qu’à la fin du xvme siècle on en comptait à peine une trentaine se ramenant à une quinzaine de types distincts. »
- C’est surtout depuis un quart de siècle que la fabrication des machines à calculer a pris un essor considérable,, que les exemplaires mis dans la circulation réalisent des idées neuves ou soient simplement l’application d’idées anciennes plus ou moins élégamment perfectionnées.
- Ce ne sont plus seulement les quatre règles, les racines carrées ou cubiques que ces machines attaquent aujourd’hui, mais les problèmes de l’algèbre et du calcul intégral. Il est bien évident toutefois que le gros de l’effort des fabricants porte sur les machines élémentaires.
- Les machines à additionner, objets d’études continuelles et de perfectionnements incessants, ont
- 1. Calculs numériques. Exposé d’après l’article allemand de R. Mchmke, de Stuttgart, par M. Maurice d’Ocagne, dans l’édition française de 1 ’Encyclopédie des Sciences mathématiques pures et appliquées. Cet article forme un volume de 257 pages in-octavo bourré de renseignements historiques et techniques. Il est indispensable à quiconque veut se mettre au courant de ces questions fort complexes de calcul mécanique. On pourra également consulter avec fruit la deuxième édition du Calcul simplifié, publiée en 1905 par le même auteur, chez Gauthier-Villars, et le Calcul mécanique, publié en 1911 par l’ingénieur général Jacob dans l’Encyclopédie scientifique du Dr Toulouse, à la librairie Doin. Le Calcul simplifié fait partie de la Bibliothèque générale des Sciences. L’article de Y Encyclopédie des Sciences mathématiques a été imprimé en 1909. Le nombre de machines indiqué par l’auteur à cette date est certainement bien dépassé aujourd’hui.
- 2. M. d Ocagxe. Calcul simplifié, p. 56. L’auteur ajoute
- A CALCULER A TOUCHES
- presque atteint de nos jours la perfection. Les caisses enregistreuses font l’objet d’un commerce considérable. Les frères Patterson, de Dayton (Ohio), qui se sont fait une spécialité de ce genre de machines, avaient seulement deux ouvriers en 1883. Ils produisaient alors 50 pièces par an. Vingt ans après, leur usine occupait 4000 personnes et livrait au commerce 60 000 machines par an.
- Afin de répondre aux desiderata de sa clientèle et « de modifier les types existants, au nombre de 200, pour les adapter aux besoins spéciaux de telle ou telle comptabilité, un véritable atelier d’inventeurs, comprenant 6 chefs-inventeurs secondés chacun par 10 assistants, fonctionne en permanence à l’usine (2) ».
- La mère de toutes ces machines est française et porte la signature de notre grand Pascal. La figure 1, reproduction d’une des planches du Recueil des machines approuvées par VÀcadémie, publié en 1735 par Gallon, représente l’aspect de la machine et indique comment on la faisait fonctionner (5). Les machines à multiplier et à diviser ont, elles aussi, en perspective un bel avenir.
- Le nombre de celles qui sont actuellement en service est déjà considérable.
- La plupart appartiennent à la grande famille des instruments basés sur la décomposition de la multiplication en additions répétées et simplifiées. La première machine de ce genre fut imaginée par l’illustre
- que «c I usine Patterson est réputée aux États-Unis pour son excellente organisation ouvrière, nulle part ailleurs les patrons n ayant su intéresser plus directement leurs ouvriers aux perfectionnements continus de la fabrication, ni leur assurer une plus grande somme de confortable. »
- 5. Recueil des machines approuvées par l’Académie, t. IY, p. 137. On trouvera également dans cet ouvrage là description de la machine arithmétique de Lespine (t. IV, p. 131) et de trois machines de M. Ilillerin clc Boistissandeau (t. Y, p. 103, 117 et 121). Notre Conservatoire des Arts et Métiers possède 4 exemplaires de la machine de Pascal (qui avait été combinée, on le sait, par le jeune homme pour aider la comptabilité de son père). L’un de ces exemplaires fut donné cri 1711 à l’Académie des Sciences par le chanoine Périer, neveu de Pascal. Un autre porte l’inscription : Esto probali instrumenti symbolum hoc : Blasius Pascal, arvernus, vnventor, 29 mai 1652. Le Conservatoire possède également une machine de Lespine et une de Boistissandeau.
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- 174 = LA PREMIERE MACHINE A CALCULER A TOUCHES
- Leibnitz, vers 1671. Ce grand philosophe et mathématicien, fondateur du calcul différentiel, dépensa, dit-on, une centaine de mille francs pour faire établir deux types qui virent le jour en 1694 et en 1706. Il ne réussit pas à obtenir des résultats pratiques.
- La machine de Leibnitz présente la première application du système à'entraîneur le plus répandu dans le monde des instruments mécaniques de calcul, le tambour denté portant neuf dents d’inégale longueur(‘).
- Ce tambour a été appliqué avec succès en 1820 à l’arithmomètre inventé par Thomas (de Colmar), directeur de la Compagnie d’assurances « Le Soleil », et dont les perfectionnements successifs dus au fils de l’inventeur, Thomas de Bojano, et au constructeur Payen, ont fait une machine vraiment accomplie, au témoignage de M. d’Ocagne(1 2).
- Dans son rapport sur cette machine, publié par la Société d’encouragement à l’Industrie nationale et daté du 13 décembre 1878, le général Sébert, après avoir mis en relief les avantages de l’arithmo-mètre Thomas, écrivait ce qui suit :
- « Malheureusement, si la machine donne celte rapidité d’exécution (24 secondes pour effectuer le produit par lui-même d’un nombre composé de 10 chiffres 9), il n’en est pas de même dans l’exécution des additions, et pour ces opérations elle n’opère pas plus vite qu’un calculateur d’habileté ordinaire, ce qui tient à la lenteur relative de l’inscription des chiffres successifs des nombres à additionner, inscription qui s’obtient par le déplacement des boutons à index.
- « Il en serait tout autrement si, pour inscrire les nombres à additionner, il suffisait de toucher du doigt, sans les déplacer, les boutons servant à marquer la place de chacun des chiffres à inscrire. C’est là le dernier perfectionnement qu’il reste à apporter à la machine et qui en fera dès lors un appareil d’un emploi universel. »
- Le général Sébert avait indiqué 'à Thomas de Bojano une disposition au moyen de laquelle il avait
- 1. L'une des machines de Leibnitz existe encore (rraisem-blablcment celle de 1694) à la Bibliothèque royale de Hanovre. Voir pour cette machine : d’Ocagne, Calcul simplifié et Calcids numériques.
- 2. Calculs numériques. Note 205, p. 255.
- espéré réaliser ce desideratum. Trente-quatre ans sc sont écoulés et l’opérateur est toujours obligé, comme en 1878, d’amener ses boutons en face des chiffres marqués sur une échelle horizontale, de même que les machines du type Odhner obligent à le faire pour leurs leviers le long d’un arc de cercle.
- La machine X X X vient précisément aujourd’hui combler la lacune que regrettait Sébert en permettant l’inscription des chiffres au tableau par simple pression du doigt sur une touche poussée à fond.
- Les figures 2 et 5 représentent cette machine avec et sans couvercle. On voit en À les séries de touches correspondant aux diverses colonnes de chiffres. B est la manivelle classique des machines à calculer dont chaque tour transporte dans le résultat une fois, dix fois, cent fois... le nombre inscrit. G est le levier, classique aussi, des additionneurs et caisses enregistreuses. Lorsqu’il a fonctionné, les chiffres inscrits sur les touches disparaissent automatiquement par le relèvement instantané de celles-ci, à moins toutefois que l’on ait besoin de conserver ces chiffres pour les ajouter ou les retrancher une seconde ou une troisième fois. Dans ce cas il suffit, pour assurer leur maintien, de déplacer le petit levier conservateur D.
- En E on voit le levier dont les deux positions permettent, celle du haut la multiplication et l’addition, celle du bas la division et la soustraction. Les boutons F, par leur déplacement de droite à gauche, le chariot, étant soulevé légèrement, opèrent la remise à zéro une fois les opérations terminées. Chaque guichet du chariot est d’ailleurs accompagné d’un petit bouton spécial G qui permet de faire séparément sur chaque chiffre inscrit telle correction ou changement qu’on désire.
- Notons enfin que tous les nombres écrits sur les touches abaissées apparaissent à travers les petits guichets que l’on voit en II.
- Parmi les particularités intéressantes de construction il en est une que nous montre la figure 4.
- Au lieu d’avoir des tambours cannelés formant un rouage à dents d’inégale longueur, la machine X X X porte simplement des axes sur lesquels sont embrochés des disques portant 1,2,3... 9 dents. Ces disques sont disposés parallèlement et chacun d’eux se trouve en face d’une des touches du clavier.
- 11 est certain que cette disposition entraîne une
- Fig. i. — La machine de Pascal et la manière de s’en servir.
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- LA PREMIÈRE MACHINE A CALCULER A TOUCHES ::..175
- simplification dans la fabrication en même temps qu’elle facilite les réparations en cas d’accidents.
- En définitive, la machine à calculer X X X réalise la synthèse de la machine à additionner et de la machine à multiplier j1).
- Elle comporte à la fois le levier de manœuvre qui permet dans les additionneurs la rapidité du transport des sommes à ajouter ou à retrancher, et la manivelle qui dans les machines à calculer proprement dites donne la rapidité des produits. L’emploi de la touche pour l’inscription des éléments des opérations multiplie l’importance pratique de ces deux avantages combinés.
- Il résulte de cette combinaison synthétique la
- Ajoutez-y encore — et c’est un avantage assez appréciable — que le prix d’une machine X X X comprenant une machine à additionner. et une à calculer, est sensiblement inférieur au total des prix de ces deux machines séparées et vous aurez une idée générale des qualités par lesquelles se recommande le nouvel instrument.
- Je ne parle pas ici, bien entendu, des petits tours de main, des trucs simplificateurs que la coexistence des deux machines fondamentales en une seule permet de réaliser et qui, dans certaines circonstances, ou bien permettent une économie de temps ou excitent l'étonnement du spectateur (2). Ceci est un à-côté intéressant de la question qui nous occupe ici.
- Fig. 2. — La machine à calculer XxX.
- possibilité de faire sans difficulté des opérations comportant à la fois des multiplications, des divisions, des soustractions, des additions intercalées, enchevêtrées les unes dans les autres.
- Ajoutez à cela que les ressorts, très dangereux dans le fonctionnement des machines à calculer, quelles qu’elles soient — puisque tout déplacement d’organe actif comportant un ressort peut être faussé par le bris de ce ressort — sont employés seulement en quelques points sans importance. Partout où il est besoin de sécurité absolue règne le fidèle engrenage.
- 4. Nous n’avons pas à entrer ici, bien entendu, dans le détail de la construction d’une machine dont nous signalons seulement ici les avantages sur ses devancières. CeLte machine est en effet basée pour les principes essentiels sur les données de Leibnitz et de Thomas. On trouvera la description de rArilhmomèlre original de Thomas dans le Bulletin de la Société d’encouragement, 1822, p. 555. Celle description a
- Et nous devons nous borner aux choses essentielles et capitales.
- Il est en tout cas un fait certain, c’est qu’aujour-d’hui la machine à calculer est entrée dans les mœurs commerciales, industrielles et scientifiques. Regardée d’abord avec indifférence, ou avec une curiosité hostile, elle s’est peu à peu glissée dans le monde des calculateurs. Elle s’y est imposée.
- Grâce à elle, la fatigue cérébrale résultant chez le calculateur de la répétition indéfinie de calculs fastidieux, quoique simples — ou parce que simples
- été faite par Hoyau. Elle a été complétée par un Rapport de Benoit, inséré dans le Bulletin de 1851, t. L, p. 115 et par le Piapport du général Sébert, cité plus haut (1879, t. VI, p. 595). Reuleaux a également donné cette description en 1862 dans Ber Civilingenieur.
- 2. On trouvera quelques trucs de ce genre indiqués dans le Rapport du général Sébert, déjà cité.
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- 176 —.. LA PREMIÈRE MACHINE A CALCULER A TOUCHES
- — se trouve atténuée dans de très fortes proportions.
- L’attention, au lieu d’être continuelle, se borne en quelque sorte, pour lui, à l’écriture des nombres que la machine combinera, pour ainsi dire, auto-
- d’une confiance absolue dans l’instrument, qui va désormais prendre à son compte la partie matérielle la plus ardue de sa tâche d’autrefois.
- Dans ces conditions, si heureuses pour le moral,
- Fig. 3. — La machine XxX, découverte.
- matiquement. Et celle inscription même se présente | il est évident que le succès doit aller à la machine avec un caractère de quasi-infaillibilité, puisque | qui, à égalité de qualité dans la construction, pro-
- Fig. 4. — Schéma du fonctionnement.
- p, Touches avec leurs ressorts de rappel f et leurs crans d’arrêt r ; g, plaque de retenue des crans avec son ressort de rappel s permettant aux touches de reprendre leur place de repos ; i, leviers commandant la prise des engrenages mobiles h' coulissant longitudinalement sur l’arbre h avec les engrenages à nombres inégaux de dents k' montés sur k ; c, carcasse ; a, disque des chiffres ; d, engrenage de commande de l’addition ; d\ engrenage de commande de
- la soustraction ; t, commande de l’arbre k.
- tout chiffre inscrit se trouve contrôlé par son apparition derrière un guichet vérificateur.
- Bannie à jamais la crainte d’une erreur de retenue ou d’une inexactitude de report ! Une fois en possession de sa machine, le calculateur se sent armé
- duit le plus et le plus de choses, à la machine susceptible de réaliser le plus grand nombre d’opérations rapides.
- Or, on peut dire, qu’en fait d’opérations, la machine X X X fait tout ! Léopold Reverchon.
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Flcurus, 9,’à Taris.
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- LA NATURE. — N° 2073.
- 15 FÉVRIER 1913.
- GIGANTESQUE ANTENNE POUR TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Une antenne de 25 km de long, comptant 250 km fils! De tels chiffres semblent échappés de la plume de quelque romancier fantaisiste. Ils sont cependant fort sérieux. Nous les relevons dans
- sans dépense excessive, sans gêne pour les habitants, et sans troubles provoqués par les canalisations électriques voisines, M. Bouthillon propose un emplacement situé dans le pittoresque massif de
- Fig. i. — Un des sommets où passerait l’antenne gigantesque : falaises du Haut du Seuil (iço8 m.) " et du Midi de Bellefonds (Grande Chartreuse). Source du Guier-Vif. (Clichée..a. Martel.)
- un rapport récemment résumé par les Annales des Postes et Télégraphes, rapport relatif à un hardi projet dû à un jeune ingénieur de l’administration, M. Bouthillon.
- La réalisation d’une telle antenne permettrait sans conteste des observations scientifiques et pratiques d’une haute importance pour les progrès de la télégraphie sans fil. Aussi souhaitons-nous que ce curieux projet aboutisse promptement.
- Disons de suite que les frais en seraient peu élevés : 25000 francs, selon les évaluations de l’auteur.
- L’antenne serait constituée par 10 fils tendus horizontalement, chacun d’eux mesurant 25 km de long. Pour pouvoir disposer un semblable réseau
- la Grande Chartreuse (département de l'Isère).
- Les supports d’antenne seraient formés par les crêtes de 5 chaînes de montagnes, orientées du Sud au Nord, qui constituent la partie Sud du Massif de la Grande Chartreuse : 1° la Grande Sure et la chaîne au Sud de cette montagne (1800 à 1900m. d’altitude); 2°la chaîne du Mollard de la Chaleur (1800 m.); 5° la chaîne du Charmant Som (1787 à 2087 m.); 4° la chaîne du Roc d’Àrguilhe et de Chamechaude (1787 à 2087 m.); 5° la chaîne du Rocher du Midi de Bellefonds et du Saint-Eynard (2066 à 1400 m.).
- Ces 5 chaînes sont à une distance maxima de 5 km et sont séparées par des vallées profondes.
- 11. - 177
- (io conducteurs parallèles et horizontaux).
- 41e année.
- Ier semestre,
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- 178 = GIGANTESQUE ANTENNE POUR TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Les fils d’antennes s’appuieraient, par l’intermédiaire d’isolateurs à haute tension, sur des poteaux ou des potelets plantés sur les lignes des sommets. Ils seraient en acier d’excellente qualité, travaillant à 80 kg par millimètre carré de section. Dans ces conditions, une portée de 5 km correspond à une flèche de 500 m., de sorte que, pour la plus grande portée (entre le Charmant Som et le roc d’Àrguilhe), le câble dans sa partie la plus basse reste encore à 500 m. au-dessus du fond de la vallée. La descente des fils et la prise de terre se ferait, soit au village de La Buisse, soit à Saint-Joseph-de-Rivière.
- Quel est l’objet d’une installation de pareille envergure? Il s’agirait d’étudier l’application à la télégraphie sans fil des grandes longueurs d’onde, de l’ordre de plusieurs cen- taines de kilomètres, correspondant à des oscillations
- ! des ingénieurs de T. S. F. Ils n’ont pas oublié (voy. n° 2056, 19 oct. 1912) l’ingénieux procédé par lequel M. Béthenod, poursuivant un but analogue à celui de M. Bouthillon, se propose de multiplier pour ainsi dire à volonté, au moyen d’un agencement électrique convenable, la longueur d’onde d’une
- antenne donnée.
- L’antenne de grandes longueurs d’onde, de l’ordre de 100 km par exemple, présente en effet deux avan-tages capitaux : tout d’abord elle peut être mise en oscillation électrique par excitation directe, au moyen d’alternateurs ordinaires, d’une fréquence de 1000, qui se construisent aujourd’hui couramment, notamment pour la télégraphie sans fil musicale.
- Au contraire, avec les longueurs d’onde actuellement usuelles, il faudrait, pour faire de l’exci-
- %StJoseph de Rivière
- NORD
- A
- --------------------,
- s?
- A®
- pgT-')5 PemSom Rocd'Arguime "*2066
- F
- Chamechau2dl\j^f^nard
- Fig. 3. — Les deux tracés préconisés par M. Bouthillon pour son antenne.
- CharmantSom
- 1871
- PelitSom dArguilhs 2066
- 9 '10 11
- Kilomètres
- Fig. 4. Coupe du massif de la Grande Chartreuse selon le tracé ABC DE F.
- électriques dont la fréquence est de l’ordre de 1000.
- La longueur d’onde d’une oscillation hertzienne émise par une antenne est proportionnelle aux dimensions linéaires de l’antenne; ce fait justifie
- tation directe, disposer d’alternateurs à très haute fréquence, de l’ordre de 100000, machines d’une construction extrêmement délicate. Faute d’alternateurs de ce type, fonctionnant d’une façon satis-
- Mollard delà Chaleur
- Chahnechaude
- 2087
- £,1_____ifiSl%nard
- Fig. 5. — Coupe du massif selon le tracé A^CjD, E,Fj.
- les dimensions, au premier abord insolites, préconisées par M. Bouthillon.
- Les lecteurs qui ont suivi, les divers articles consacrés par La Nature à la T. S. F. depuis quelques mois saisiront de suite l’intérêt qui s’attache à la réalisation d’oscillations hertziennes à grande longueur d’onde. Ils savent que c’est vers ce but que convergent en ce moment les principaux efforts
- faisante, il faut employer les procédés d’excitation indirecte qui diminuent le rendement et altèrent la pureté des ondes.
- Deuxième avantage : à la réception, l’emploi des grandes longueurs d’onde permet d’éviter une importante cause de perte d’énergie, en supprimant les détecteurs; le récepteur téléphonique serait en effet directement sensible aux courants d’une fré-
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- _ DECOUVERTES DANS LA GROTTE DE REMOUCHAMPS ::..179
- quence de 1000 périodes que lui enverrait l’antenne réceptrice.
- La longueur d’onde actuellement employée à la Tour Eiffel est de 2100 m. ; celle du poste allemand de Norddeich est de 1650 m. Marconi, dans les projets présentés il y a quelque temps au gouvernement anglais, prévoyait des longueurs d’onde atteignant jusqu’à 17 km. On voit quel progrès serait réalisé d’emblée par l’antenne deM. Bouthillon.
- Ajoutons que même, à défaut de résultats pratiques, elle se prêterait à des expériences scientifiques de la plus haute importance relativement au mode de transmission si obscur encore des ondes hertziennes.
- Des résultats surprenants ont déjà été obtenus à la réception par M. Kribitz (voy. n° du 20 janvier 1912) au moyen d’antennes horizontales de quelques centaines de mètres, formées de fils de fer
- tendus sur des piquets à faible hauteur au-dessus du sol ou même dans des tranchées, c’est-à-dire dans des conditions en apparence détestables, eu égard à la théorie classique des ondes hertziennes.
- L’antenne rêvée par M. Bouthillon permettrait vraisemblablement d élucider un des plus sérieux problèmes théoriques soulevés par la télégraphie sans fil, et ce résultat serait à lui seul la source de progrès considérables. *-
- Aussi espérons-nous voir bientôt, sur les cimes pittoresques du massif de la Grande Chartreuse, se dessiner la fine toile d’araignée que représente notre figure 2.
- Son aspect imprévu mécontentera peut-être les amants exclusifs de la nature. Mais, pour les initiés, il ajoutera à la beauté sévère du paysage inanimé le charme d’un peu de pensée humaine.
- A. Tuoller.
- NOUVELLES DECOUVERTES DANS LA GROTTE DE REMOUCHAMPS
- Près Spa, Belgique
- M. Martel qui, il y a quelques années, explora la grotte de Remouchamps, en compagnie de M. E. Van den Broeck et de nous-même, a souvent préconisé l’emploi des échelles pour l’exploration des galeries supérieures des cavernes. Il a prédit que sous terre la méthode ascensionnelle produirait des résultats certains (i). En suivant cet utile conseil, il nous a été donné de réaliser cette année d’importantes découvertes dans la grotte de Remou-champs.
- Nous avons fait construire une série d’échelles pouvant se joindre les unes aux autres de manière à atteindre des orifices ouverts à une vingtaine de mètres de hauteur. A l’aide de ces engins nous avons pu reconnaître très aisément, le 16 septembre der-
- 1. Dès 1894, M. Martel indiquait, à l’occasion des cheminées verticales du grand gouffre de Rabanel (Hérault, V. leu Abîmes, [j. 16, 144, etc...), qu’il y aurait lieu de se livrer à ,de véritables ascensions pour accéder aux superpositions ignorées de grottes et d’avens intérieurs. Depuis lors, l’application souterraine des procédés d’escalade alpestre a, en effet, révéle des
- nier, une centaine de mètres de galeries (G. H. 1 du plan). Ces galeries, représentant le vestige d’un troisième étage de la grotte, se réunissent, au
- point [H, en une cheminée dont l’existence avait été pressentie dans notre grand ouvrage sur les cavernes de Belgique (2) (t. I, p. 481), difficilement accessible à cause de son étroitesse, mais très intéressante parles remarquables cuves creusées par les eaux tourbillonnantes qui garnissent ses parois.
- Le 18 septembre, nos échelles étaient transportées par barque jusqu’à l’extrémité connue de la rivière souterraine (R du plan) et, en une heure, elles étaient dressées et lixées, en ce point, contre la paroi rocheuse, presque verticale, en
- prolongalious de gouffres ou cavernes, antérieurement ignorées (Martel, in Manuel d’alpinisme, Paris, Laveur, 1904, p. d96.) %
- 2. Y. Les cavernes et les rivières souterraines de la Belgique, par Van üen Broeck, Martel cl. Baiiir, 2 vol. in-8, Bruxelles, 1910, t. T, p. 467-485.
- Fig. i. — Le Rubicon au < Passage de Calypso », sur la rivière souterraine.
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- 180 ::: . DECOUVERTES DANS LA GROTTE DE REMOUCHAMPS
- haut de laquelle on apercevait une petite ouverture. Pénétrant dans celle-ci, nous avons eu la très agréable surprise de découvrir, non seulement une salle aux proportions gigantesques, que l’on a nommée la « Cathédrale », mais aussi une série de gouffres, galeries et salles d’un très grand intérêt scientifique.
- surface qu’on les prendrait pour de l’ivoire. D’autres cailloux, de formes plus arrondies que les précédentes, ne sont constitués que de cristaux rayonnant autour d’un point central.
- Ajoutons que cette salle va être aménagée pour le public de manière à n’altérer en rien son caractère
- Etage inferieur
- Etage supérieur
- Etage supérieur découver!
- La cathédrale
- A/13 •
- .La chapelle
- :>»/C
- Fig. 2. — Pian des nouvelles découvertes faites dans la grotte de Remouchamps en içi2.
- La « Cathédrale », immense nef aux parois verticales et à plafond plat, est longue déplus de 100 m., large de 40 m. et haute de près de 60 m. C’est une énorme diaclase se terminant en pointe à l’une de ses extrémités (Le « chœur ») et aboutissant à des galeries accessibles au moyen d’échelles (Le « Jubé »), à son autre extrémité.
- Des parois de la salle descendent, de tous côtés, des coulées stalagmi-tiques aux tons variés,dontl’une, notamment, forme un admirable amas simulant une chapelle. Sur le plancher chaotique et mouvementé, nous avons découvert de belles stalagmites aplaties, de nombreux bassins de cristallisation et, dans ceux-ci, de curieuses formes cristallines, telles que des demi-sphères d’unè régularité parfaite — la surface plane posée sur le sol — et des sortes de cailloux plus ou moins arrondis ou allongés — fragments de calcaire — recouverts d’une carapace de cristaux minuscules, si blancs et si polis à la
- grandiose et impressionnant, et à préserver de tout acte de vandalisme ses merveilleuses cristallisations. On y aura accès par le point A au moyen d’un escalier. Du point B, une passerelle métallique accrochée au rocher, à une quinzaine de mètres au-
- dessus de la rivière souterraine, conduira au-dessus d’un pont rocheux naturel — le « Pont des Titans » — vestige d’un étage disparu. Fait curieux, cet étroit pont rocheux est recouvert d’une épaisse couche de limon, déposé par la rivière lorsqu’elle coulait à ce niveau. De ce pont, l’on domine admirablement le cours de la rivière sur une longue distance. De là, on descendra une corniche rocheuse, puis un escalier, pour arriver finalement à l’embarcadère R.
- Parmi les galeries et salles découvertes à l’ouest de la « Cathédrale » — et qui ne seront pas aménagées de manière à ne pas en altérer le curieux caractère, mais seulement rendues accessibles —
- Fig. 3. — Coupe passant par la Cathédrale > et par la galerie G. H. I.
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- ..........— VACCINATION PRÉVENTIVE
- signalons plus particulièrement les salles E et F.
- La salle E est ornée, sur son plancher, à sa voûte et sur ses parois, d’une profusion de stalactites et stalagmites de couleurs claires et de plusieurs bassins de cristallisation dont l’un renferme des cristaux d’une blancheur neigeuse et d’une pureté que nous n’avons vue nulle part. »
- La salle F est, à notre connaissance, unique en son genre. Elle est creusée dans le schiste, tandis que son plancher, sa voûte et ses parois sont décorés de stalactites et stalagmites calcaires. Cette anomalie s’explique par le fait que la cavité s’est formée d’abord dans des bancs calcaires inclinés à 40°, à la limite et en dessous d’une lentille assez épaisse de schiste.
- Le schiste s’est peu à peu effondré successivement par plaques qui s’accumulèrent sur le plancher de la salle. Si la lentille de schiste ne s’est pas entièrement effondrée, c’est parce que les infiltrations des bancs calcaires qui la recouvrent ont cimenté les plaques de cette roche tendre. La voûte s’est ensuite ornée de stalactites, les parois se sont décorées de coulées stalagmitiques, et toutes les plaques de schiste du plancher se sont recouvertes d’un enduit opalin, de petits cristaux très brillants et d’un curieux effet. Si l’intérêt scientifique est ici très grand, l’aspect décoratif est extrêmement remarquable.
- Terminons ces lignes en ajoutant que l’aménagement de la grotte de Remouchamps — formée de
- CONTRE LA FIÈVRE TYPHOÏDE ................ 181
- trois étages de galeries superposées — vient d’être entièrement transformé, l’accès en est maintenant bien plus facile et sa visite a été réduite à deux heures. On suit d’abord à pied les galeries et salles supérieures ornées d’une profusion remarquable de stalactites et de stalagmites, puis, arrivé au fond de la caverne, on descend en barque, par les galeries inférieures et sur toute sa longueur, la rivière souterraine, nommée le « Rubicon,.». Neuf barques et dix-huit guides sont affectés à la conduite des visiteurs. Cette extraordinaire navigation que l’on effectue en une demi-heure, est réellement féerique (fig. 1).
- Pour rendre possible cette amélioration considérable, il a fallu percer les deux siphons rocheux, qui rompaient le cours libre de l’eau; ainsi on a réuni les tronçons connus aux tronçons inconnus de la rivière souterraine; en outre, on a établi, vers l’aval, un barrage d’un mètre de hauteur, qui permet de régulariser le débit du « Rubicon » et par conséquent d’effectuer la promenade nautique aussi bien aux basses eaux qu’aux hautes eaux.
- En résumé, grâce à ces aménagements nouveaux, grâce à la longue navigation que l’on peut actuellement y faire, et par suite des récentes découvertes dont nous venons de parler, la grotte de Remouchamps a réellement pris rang parmi les plus belles et les plus remarquables cavernes de l’Europe. E. Rahtr.
- LA VACCINATION PRÉVENTIVE CONTRE LA FIÈVRE TYPHOÏDE
- [À la séance du 20 janvier de l’Académie des Sciences, M. le professeur Chantemesse a communiqué une note que nous croyons devoir reproduire presque in extenso.]
- Depuis vingt-cinq ans, on a organisé la lutte contre la fièvre typhoïde par l’épuration de l’eau potable ; mais il n’est pas possible d’avoir toujours et partout de l’eau pure et le problème prophylactique ne tient pas tout entier dans cette étiologie. Dès l’aurore de la bactériologie, on s’efforça de trouver le vaccin de la fièvre typhoïde. En 1887, des savants allemands Frankel et Simmonds, Beumer et Peiper montraient qu’en injectant à des animaux de petites doses de bacilles typhiques vivants et virulents on augmentait leur résistance contre le virus de la fièvre typhoïde. Cette immunisation avec des microbes vivants et non atténués était trop dangereuse pour pouvoir s’étendre à l’homme.
- A cette même époque, et pour la première fois (Annales de l’Institut Pasteur, 1887, 1888, 1892), je faisais connaître avec M. Widal un vaccin de l’infection typhique qui était efficace, qui était inoffensif, qui ne contenait rien de vivant susceptible de se développer dans le corps de l’homme et qui, à l’aide de trois ou quatre injections de substance stérile, donnait aux animaux l’immunité contre le virus de la fièvre typhoïde dans l’immense majorité des cas, sinon dans tous. Ce vaccin, formé de bacilles typhiques stérilisés par chauffage, était celui, qui allait être appliqué à l’homme et lui conférer l’immunité exactement comme il le faisait aux animaux,
- Ce vaccin fut appliqué à l’homme en 1896 d’abord à l’étranger, et, en 1899, je vaccinai moi-même par cette méthode les élèves de mon service d’hôpital. Le vaccin chauffé s’étendit peu à peu dans le monde à mesure que ses bienfaits faisaient leurs preuves....
- Au bout d’une année de vaccinations pratiquées chez les soldats, avec du vaccin chauffé, le Gouvernement des Etats-Unis rendait obligatoire, dans ses armées, ce mode de prophylaxie.
- En 1903, le savant allemand Wassermann préconisa le vaccin bacillaire polyvalent et les autolysats, méthode reprise en France plus récemment.
- En 1909, m’appuyant sur nos expériences de. 1887... et sur les renseignements venus de l’élranger,'je demandai à l’Académie de Médecine de nommer une Commission pour étudier ma propre méthode antityphoïde.
- Après l’avis favorable de l’Académie, le Ministre de la Guerre,» M. Messimy, me chargea, l’an dernier, d’installer avec un médecin principal de l’armée, cette vaccination parmi les troupes des confins algéro-marocains. Au Maroc, aucun des vaccinés ne fut atteint malgré l’épidémie persistante. En 1912, j’ai pratiqué beaucoup de vaccinations dans les services hospitaliers, livré beaucoup de vaccin chauffé à la Marine, à l’armée, à la population civile et le maire de Nantes a créé un service municipal de vaccination antityphoïde. Je ne parlerai pas des inconvénients produits par cette méthode, soit locaux, soit généraux, pour la raison qu’ils n’ont pas existé ou qu’ils ont existé très faiblement. En voici la raison : je suis
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- 182 CURIEUSE EXPÉRIENCE D’AÉRODYNAMIQUE
- resté fidèle au mode de préparation du vaccin stérilisé par chauffage et conservé, de plus, dans une émulsion crésolée qui met à l’abri d’une impureté accidentelle. Les résultats de ces vaccinations ont été on ne peut plus favorables.
- A partir du 5 avril 1912, le ministre de la Marine, M. Delcassé, a autorisé la vaccination facultative des équipages de la flotte et des ouvriers des ports avec le vaccin que je livrais....
- La majeure partie de cette population marine, soit 67 845 personnes, n’a pas eu recours à la vaccination antityphoïde et a subi, du 5 avril à fin décembre 1912, 542 cas de fièvre typhoïde et 118 cas d’embarras gastrique fébrile.
- Par contre, 5107 personnes qui n’avaient jamais eu la typhoïde, se sont fait vacciner. Résultat : les vaccinés...
- ont été protégés contre la fièvre typhoïde d’une manière saisissante.... Ils n’ont pas présenté un seul cas de fièvre typhoïde. Parmi eux, un homme seulement fut atteint d’embarras gastrique fébrile, qui naturellement a guéri....
- Au Congrès de Washington, en septembre dernier, le major Russel, qui prépare pour l’armée américaine le vaccin par la méthode de chauffage du bacille typhique inaugurée par nous, il y a vingt-cinq ans, déclarait que, depuis l’emploi du vaccin, la fièvre typhoïde avait pratiquement disparu de l’armée navale des États-Unis.... Les renseignements concordants venus de tous les pays du monde légitiment l’espérance que notre siècle verra la fièvre typhoïde disparaître peu à peu des pays civilisés, grâce à la vaccination, comme le xix° siècle a vu disparaître la variole. Profr Ghantemesse.
- CURIEUSE EXPÉRIENCE D’AÉRODYNAMIQUE
- La sphère est le corps dont la forme géométrique paraît le plus simple, on est donc tout naturellement disposé à en conclure que c’est elle aussi qui, dans l’air, se comporte suivant les règles les plus simples. Il n’en
- K =
- 4 (Xi
- o, m 0,01
- SV2
- 0,00
- Sphère c el6.2im.de 1 ïiamè tre
- 1 t %
- O 4 8 12 16 20 24 28 32mAvc.
- iY/tewr• V du/ courant d’air.
- Vitesse/ V chu cou rant d 'air
- 0,03
- •0,02
- 0,01
- 0,00
- S >hère de 33 ( im.de liamè ,re
- O 4 8 12 16 20 21 28 32m/sec.
- ritesse V du courant d'air
- Fig. i. — Courbes montrant la variation du coefficient K avec la vitesse du vent pour 3 sphères de diamètres différents.
- est rien cependant : en voici pour preuve une expérience de M. Eiffel qui paraîtra, sans aucun doute, légèrement paradoxale.
- Prenez une sphère et soumèttez-la à l’action d’un vent d’une vitesse déterminée : la sphère oppose au vent une certaine résistance. Si le vent augmente, il semble tout naturel d’admettre que la résistance de la sphère au. vent augmente également. La fameuse loi du carré de là vitesse (la résistance d’une surface est proportionnelle au carré de la vitesse du vent V = KSV2) voudrait que cette résistance augmentât mémo très rapidement.
- Or, M. Eiffel vient de montrer qu’il n’en est pas toujours ainsi. Il a constaté sur une sphère de 16,2 cm'de
- diamètre que si.pour des vents compris entre 4 m. et 12 m. la résistance de la sphère est approximativement conforme à la loi, à partir de la vitesse de 12 m. lout, change brusquement : la résislance de la sphère diminue : ainsi la vitesse du vent augmente et néanmoins l’effort total exercé par ce vent sur la sphère s’abaisse. Et il s’abaisse régulièrement à mesure que la vitesse du vent augmente jusqu’à la vitesse de 15 m. environ. Après quoi, tout rentre dans l’ordre et la résistance s’accroît à nouveau avec la vitesse du vent à peu près conformément à la loi du carré de la vitesse.
- '“de 15,2 cijn .
- de dikmèt’e>
- diamètre
- 8 i2 mm&.
- litesse/ V du, courant d/air en, n,/se/y.
- Fig. 2. — Courbes montrant la variation de la résistance totale au vent, selon la vitesse du vent, de 3 sphères de diamètres différents.
- Ce phénomène curieux ne se manifeste pas de là-même façon pour des sphères de différent diamètre. lVI. Eiffel a expérimenté devant son tunnel, bien connu de nos lecteurs, une sphère de 24,4 cm de diamètre et une autre de 55 cm de diamètre.
- Sur la première de ces sphères, la période critique apparaît pour une vitesse de vent comprise entre 8 et 9 m. à la seconde. Pour la deuxième sphère, l’inflexion de la courbe révèle également une période critique entré 4 et 8 m.
- On se rend compte de la nature du phénomène sur les 5 graphiques que nous reproduisons ci-contre.
- Le phénomène s’analyse plus nettement si l’on considère les variations du coefficient Iv de la formulé R = KSV2 (R résistance totale, S surface diamétrale, V vitesse). Il prend pour chaque sphère des valeurs variables avec la vitesse du vent, et représentées sur notre deuxième série de diagrammes. On y aperçoit nettement l’étendue des périodes critiques marquées par la brusque dénivellation des courbes ; on voit que le coeffi-
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- LES CHEVAUX SAVANTS D’ELBERFELD ===== 183
- cient K a deux valeurs principales bien dïslinctes : l’une comprise entre 0,02 et 0,03 pour les faibles vitesses, l’autre voisine de 0,01 pour les vitesses supérieures à 16 m.
- On se rend compte également que la loi de similitude n’est pas toujours vraie, car les 5 sphères donnent lieu à des périodes critiques tout à fait différentes. Lord Rayleigh, dans une note à l’Académie des Sciences, a fourni une explication théorique de ces curieux paradoxes :
- « D’après la loi de similitude dynamique, précisée par Stokes et Reynolds pour les liquides visqueux, le coeffi-
- . _ . . V
- cient K est une fonction d’une seule variable — ’ où v
- est la viscosité cinématique, constante pour un liquide donné, et L est la dimension linéaire, proportionnelle
- à S'. Ainsi les vitesses critiques ne doivent pas être les mêmes dans les trois cas, mais inversement proportion-
- nelles a L. En vérité, si nous changeons l’échelle des vitesses suivant cette loi, nous trouvons les courbes de M. Eiffel presque identiques, au moins quand ces vitesses ne sont pas très petites. »
- (( Je ne sais, ajoute lord Rayleigh, si les écarts résiduels sont réels ou non. La théorie simple admet que les sphères sont polies, sinon que les inégalités sont proportionnelles aux diamètres, que la compressibilité de l’air est négligeable et que la viscosité cinématique est absolument constante. Si les résultats de l’expérience ne sont pas complètement d’accord avec la théorie, on devra examiner ces hypothèses de plus près. »
- On voit tout l’intérêt théorique de l’expérience de M. Eiffel. Ajoutons qu’elle comporte un enseignement pratique : car les sphères fonctionnant à l’état de pendules sont employées dans de nombreux appareils pour mesurer soit la vitesse du vent, soit même celle des aéroplanes. A. T.
- LES CHEVAUX SAVANTS D’ELBERFELD
- Les animaux savants ne sont pas rares et La Nature en a maintes fois présenté à ses lecteurs. Mais il en est certainement peu d’aussi extraordinaires et d’aussi intéressants que les savants chevaux d’Elberfeld, ni qui aient soulevé plus de discussions et fait couler autant d’encre.
- En pareille matière, dans une question aussi délicate, il faut se contenter d’exposer les faits. Les discussions ne peuvent être basées que sur un examen personnel, approfondi des chevaux et non être simplement l’expression d’une croyance de sentiment. "Nous relaterons donc seulement les faits qui sont venus à notre connaissance, sans entrer dans les multiples polémiques qu’ils ont suscitées, particulièrement en Allemagne. Prétendre que rien ne s’oppose à ce que des chevaux aient une intelligence mathématique égale, sinon supérieure à la nôtre, en vertu des lois de l’évolution qui en font nos très proches parents, comme le pense Haeckel; soutenir que les expériences d’Elberfeld ne sont que charlatanisme parce que l’homme est seul raisonnable, comme le croit Ettlinger, sont des façons trop simples et trop partiales de trancher la question.
- Voyons les faits :
- Il y a une vingtaine d’années, un Berlinois, Wilhelm von Osten possédait un cheval. Ayant cru remarquer que cet animal était doué d’une certaine intelligence, il lui vint l’idée de la cultiver et de la développer. En 1890, il commença l’éducation de la bête et réussit rapidement à lui faire comprendre un grand nombre de mots et à compter jusqu’à 5. Arrivé à ce résultat, l’animal mourut. Wilhelm von Osten chercha alors un autre cheval pour reprendre ses leçons; en 1901, il choisit un étalon de 5 ans, « Hans », à cause du grand développement de son front et entreprit aussitôt son enseignement. Il lui apprit d’abord à comprendre les mots droite, gauche, haut, bas, etc., puis lui donna les premières notions de calcul. Hans, placé devant une table,
- ayant à son côté von Osten agenouillé, apprenait les nombres au moyen de quilles placées devant lui pendant que son éducateur prononçait 1, 2, 5... et faisait frapper par le cheval un nombre de coups correspondant; bientôt Hans sut aussi lire des chiffres écrits au tableau noir, puis calculer, et enfin résoudre de petits problèmes faciles. En même temps, Hans apprenait à lire, connaissait la date de chaque jour de la semaine, jugeait de l’harmonie ou de la dissonance des accords musicaux, etc.
- Ce cheval extraordinaire devint rapidement célèbre. Des officiers vinrent le voir et racontèrent ses prouesses; le public accourut et tout Berlin défila dans la cour où von Osten le soignait. La presse à son tour parla de Hans, sa photographie parut dans les journaux tandis que des discussions, souvent violentes, s’élevaient, les uns criant au génie de l’éducateur, le comparant à Darwin, vantant l’intelligence de la bête, pendant que les autres voyaient dans ce prodige une farce gigantesque et supposaient les tromperies les plus diverses : signaux optiques, acoustiques ou électriques, quand ce n’était pas la télépathie et autres phénomènes occultes qu’on mettait en jeu.
- Finalement, une Commission scientifique, composées des deux professeurs de psychologie et de physiologie de Berlin, du directeur du jardin zoologique, d’un directeur de cirque, d’officiers et de vétérinaires, examina le cheval Hans. Elle conclut qu’il n’y avait aucun truc, que le cheval répondait en l’absence de son propriétaire, toutefois sans donner l’explication de cette merveille.
- Tôt après, une seconde Commission de psychologues reprit l’enquête et M. Oskar Pfungst arriva à cette conclusion j1) que le cheval ne répondait qu’autant que les assistants savaient quelle réponse devait être faite, qu’il était guidé par les mouve-
- 1. 0. Pfdkgst. Bas Pferd des Herrn von Osten, Leipzig, 1907. ..................
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- LES CHEVAUX SAVANTS D’ELBERFELD
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- ments inconscients de son propriétaire ou des personnes présentes, si bien qu’en évitant ces mouvements, on n’obtenait plus aucune réponse juste et qu’en en faisant volontairement on faisait dire à Hans tout ce qu’on voulait. Il restait bien à expliquer comment le cheval avait appris à observer si finement ces mouvements qui, d’après M. Pfungst, ne dépassent souvent pas un cinquième de millimètre. Mais enfin, l’explication était trouvée : Hans n’était pas un cheval aussi savant qu’un homme, notre supériorité n’était pas atteinte.
- Wilhelm von Osten, non découragé, continua son œuvre éducatrice ; mais les attaques, violentes ou ironiques dont il fut l’objet après la publication du rapport de Pfungst — on alla jusqu’à demander contre lui des poursuites judiciaires, une condamnation —l’attri stèrent grandement, et il mourut, isolé, abandonné, en 1909. Les chevaux savants semblaient oubliés et leur question définitivement réglée. Il n'en était rien cependant.
- Un négociant d’Elberfeld, M. Karl Krall, qui avait assisté aux expériences de von Osten, et avait même hérité à sa mort du cheval Hans, continua ses essais, convaincu que von Osten avait été, non seulement honnête et sincère, mais encore en possession de la vérité. Pour la mieux faire apparaître, il entreprit d’éduquer d’autres chevaux' et enseigna successivement deux étalons,
- Zarif et Muhamed, le premier calme et appliqué, l’autre plus intelligent et capricieux, puis un petit poney, têtu et décidé, Hànschen, enfin tout récemment deux étalons arabes, Amasis et Hâroun, achetés au roi de Wurtemberg. Tous ses élèves font de rapides, d’étonnants progrès, et M. Krall vient d’exposer leurs hauts faits en même temps que sa méthode d’éducation dans un livre qui fait partout le plus grand bruit(1).
- M. Krall expose ses principes d’enseignement et les résultats qu’ils donnent et il faut avouer qu’ils sont stupéfiants. Muhamed ' et Zarif sont depuis 5 ans à l’école; leurs leçons durent 1 h. 1/2 à
- j, Karl Krall, Denkende Tiere, Leipzig, 1912,
- 2 heures par jour. Au début, leurs progrès furent étonnants. En trois jours, ils apprirent à reconnaître les chiffres 1, 2, 5 écrits au tableau; après 10 jours, Muhamed savait compter jusqu’à 4. Peu après, on lui faisait comprendre ce que sont les dizaines qu’il frappe avec le pied gauche, réservant le pied droit pour les unités; le zéro est exprimé par un lent mouvement de tête de gauche adroite.
- Le 15e jour, Muhamed savait additionner et soustraire des nombres d’un chiffre; le 16e jour, il commençait les multiplications et les divisions; le 19e, les fractions. Le deuxième mois, il apprit à répondre aux questions posées en français aussi bien qu’en allemand. Le septième mois, il sut extraire les racines carrées et cubiques et effectuer des opérations telles (5 x 4) -+- y/56 ou 5
- v/56x\/64 T ,
- -------4—. La seconde
- y/4
- année, il apprit à lire, les lettres de l’alphabet étant représentées pour lui par des nombres conventionnels. Zarif fit des progrès tout aussi extraordinaires et, quatre mois après sa première leçon de lecture, épela les mots qu’il entendait prononcer : pferd, essen, zucker, zarif, etc. Bientôt les deux chevaux surent causer. Si M. Krall annonce à Muhamed qu’il va lui donner des carottes, le cheval répond : fiinf (cinq). De véritables dialogues s’engagent : « Pourquoi Zarif n’a-t-il pas été sage? — Parce qu’il est paresseux. — Et pourquoi est-il paresseux? — Parce qu’il dit qu’au commencement de la leçon, il ne veut rien savoir. »
- Tels sont les faits décrits par M. Krall. On comprend qu’ils réveillent les discussions soulevées autrefois par Hans, et que la question des chevaux savants soit plus que jamais d’actualité. En Allemagne, elle est à l’ordre du jour; Haeckel déclare que ce livre « montre d’une façon convaincante l’existence de la raison de l’animal » ; le professeur Edinger pense que « l’âme des animaux se révèle ainsi », tandis qu’Ettlinger critique sévèrement les expériences de M. Krall et que le professeur Dexlér affirme que « le livre de Krall est une vilaine tache dans notre littérature
- Fig. i. — Muhamed.
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- contemporaine. Né dans l’atmosphère empoisonnée du Humbug et de la fourberie, il est un monument élevé au culte de la bêtise. »
- Qui faut-il croire? Si nous n’avions pour étayer notre opinion que les affirmations du livre de M. Krall, nous pourrions certes rester sceptiques, mais il y a les témoignages de ceux qui ont vu. Quand le professeur Kraemer, le DrSarasin,le professeur Ziegler, le Dr Besredka, le Dr Claparède et tant d’autres, affirment la réalité des expériences auxquelles ils ont assisté, quand ils déclarent n’avoir observé aucune supercherie,force nous est de les croire et les chevaux savants d’El-berfeld deviennent une extraordinaire énigme.
- Le Dr Claparède, le très fin psychologue genevois, a publié récemment (Q le récit de sa visite à Elber-feld ; il est à lire d’un bout à l’autre. On y trouvera la narration de toutes ses observations : Zarif épelant spontanément le nom de Claparède ; Muhamed répondant en 10 secondes à des questions telles que \/l5 376, \/5852,
- \/456 976, pendant que son maître est absent;
- Zarif dialoguant^ : « Que désires-tu? — Etre fatigué, moi. — Comment t’appelles-tu? — Zarif..
- — Qui est Zarif? — Moi.
- — Cinq au carré? —
- 25. — Douze plus onze?
- — 25, etc. »
- Le Dr Claparède a nettement posé les hypothèses que l’on peut faire sur le cas de ces chevaux savants : supercherie, signes involontaires, télépathie , aptitudes intellectuelles remarquables ?
- La première idée qui vient à tout lecteur de ces récits est qu’il y a quelque supercherie ou quelque truc insoupçonné. Mais M. Karl Krall n’exploite pas financièrement l’intelligence de ses chevaux; il est
- '1. Dr Ed. Claparède. Les chevaux savants d’Elbcrfeld, Archives de Psychologie, t, XII, 1912,
- un riche bijoutier et ne s’occupe d’eux que par curiosité, aux dépens même de sa maison de commerce; de plus, il y aurait un gros inconvénient pour lui à tromper le public et les mésaventures de von Osten sont bien faites pour le lui rappeler. Ses chevaux répondent, même lorsqu’il n’est pas là, qu’ils soient dans leur stalle ou dans la cour; quel
- artifice, quel langage secret leur maître pourrait-il employer dans ces conditions?
- Hans répondait, d’après le rapport de Pfungst, à des signes involontaires des personnes présentes. En est-il de même des chevaux d’Elber-feld? Mais les chevaux répondent, même quand ils sont seuls dans lasalle, les assistants les observant du dehors à travers de petits trous percés dans la porte. Parfois ils commettent des erreurs désordonnées ou des transpositions de chiffres ou des tâtonnements, incompatibles avec une direction volontaire ou non par les personnes présentes.
- La télépathie, l’existence d’un sens inconnu, etc., n’expliquent rien puisqu’on ne sait rien de leur existence.
- Que faut-il donc penser? Les chevaux d’El-berfeld sont-ils raisonnables, savent-ils parler, réfléchir, calculer? C’est l’opinion de M. Krall, mais elle est si contraire à nos croyances habituelles qu’il nous répugne d’y adhérer.
- Le Dr Claparède conclut en rappelant le principe d’Hamlet : « Tout est possible », qu’il corrige aussitôt par cet autre : « Le poids des preuves doit être proportionné à l’étrangeté des phénomènes. » Attendons que les preuves augmentent, puisqu’une Société de Psycho-zoologie vient d’être fondée par M. Krall pour l’examen de ses animaux. Plus tard, nous en reparlerons.
- René Meule.
- Fig. 3. — Le cheval Zarif prenant une leçon de calcul.
- Fig. 4. — La leçon dans la cour.
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- PRODUITS DE LA FORÊT ET DE LA BROUSSE A MADAGASCAR111
- Fig. i-
- Landolphia Perrieri. Piralahy.
- Parmi les nombreux produits naturels dont le général Galliéni a fait commencer l’étude dès son arrivée à Madagascar, on peut citer en ne s’occupant que des plus intéressants, c’est-à-dire en portant l’attention seulement sur ceux qui donnent déjà lieu à un important mouvement commercial : le caoutchouc, la gomme copal, le crin végétal, la cire d’abeille, les essences forestières et les écorces tannantes de palétuvier.
- On trouve du caoutchouc d’excellente qualité dans presque toutes les forêts de Madagascar.
- Ce caoutchouc provient de lianes, d’arbres ou d’arbustes.
- Les principales lianes
- Fig. 3. — Landolphia Madagascariensis. Voahena.
- fournissant une gomme
- Fig. 2.
- Landolphia Sphaero-carpa. Piravavy.
- d’excellente qualité sont : le Landolphia Perrieri (fig. 1), connu par les indigènes sous le nom de Piralahy, c’est-à-dire, mot à mot « caoutchouc mâle » ; le Landolphia sphaerocarpa (fig. 2), appelé par les Malgaches Piravavy, mot signifiant caoutchouc femelle et le Landolphia Madagascariensis (fig. 5), désigné sur place sous le nom de Voahena.
- Les deux premières sortes se rencontrent surtout dans le Nord-Ouest et dans l’Ouest.
- La troisième est abondante, principalement dans toutes les parties du versant oriental. L’extraction du caout-
- i. Les figures de cet article sont reproduites d’après des photographies de M.Em.Prudhomme.'
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- PRODUITS DE LA FORÊT ET DE LA BROUSSE A MADAGASCAR = 187
- chouc liane, telle qu’elle est pratiquée par les Mal- [ drano » (fig. 4) appartenant au genre Mascarenhasia ; gâches, entraîne le sectionnement de tous les rejets j puis 1’ « intisy » (fig. 6) (Eupihorbia intisy), plante
- Fig. 4. — Rameau d'Hazondrano du Sud-Est. (Mascarenhasia.)
- dépassant la grosseur du doigt.
- Ces rameaux sont coupés, au moyen de la hachette indigène (ant-sibé), en fragments de 50 à 60 centimètres de long, puis disposés verticalement au-dessus d’un récipient quelconque, dans lequel s’écoule le latex qu’on recueille, finalement, soit dans une petite marmite en fonte, soit encore, plus simplement, dans un entrenœud de tige de bambou ou dans un fragment de calebasse. La coagulation, est faite, en général, au moyen d’un peu d’acide sulfurique étendu d’eau, de jus de citron ou de fruits de tamarin.
- Parmi les arbres, on doit mentionner les « guidroa
- Fig. 5. — Rameau, de Copalier. (Hymmenea verrucosa.)
- croissant dans l’Extrême-Sud, dans une région dont la végétation possède l’aspect le plus étrange et dont on peut difficilement se faire une idée en Europe (fig. 9 et 10).
- Les plantes de cette contrée, dont le port diffère totalement de tout ce que nous avons l’habitude de voir dans la zone tempérée, semblent complètement privées de feuilles et sont, pour la plupart, entièrement couvertes d’épines nombreuses et acérées rendant les déplacements dans la brousse particulièrement pénibles et douloureux.
- 1° h’intisy est curieusement désigné à Mada-
- » et les « hazon- | gascar sous le nom caractéristique de « caoutchotic
- Fig. 6. — Euphorbia Intisy. Intisy ou caoutchouc sans feuilles du sud de Madagascar.
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- 188 = PRODUITS DE LA FORÊT ET DE LA BROUSSE A MADAGASCAR':
- sans feuilles ». 11 a été déterminé et décrit par Drake del Castillo, en 1899, époque à laquelle j’ai rapporté en France, pour la première fois, de nombreux documents photographiques et échantillons concernant YEuphorbia intisy que j’avais eu la bonne fortune de recueillir, en 1898? dans la région du Fort Dauphin.
- Les exportations de caoutchouc malgache ne dépassaient guère 400 tonnes en 1896. Elles sont montées, progressivement, à près de 600 tonnes en
- 1903, ont dépassé 830000 kg en
- 1904, 1125 tonnes en 1910 et 801000 kg en 1911.
- 2° Gomme copale: Ce produit, employé dans la confection des vernis, est tiré d’un grand arbre abondant sur la côte orientale,
- VHymmen ea verrucosa (Tan-droho des Malgaches) (fig. 5).
- La gomme copale se présente sous l’aspect de masses jaunes plus ou moins foncées, presque transparentes chez les échantillons d e très belle qualité.
- Les exportations sont assez variables et ne paraissent pas suivre une marche régulière.
- Elles atteignent environ 20 000 kg par an (21151 kg en 1911).
- 3° Le raphia : Le raphia (fig. 7) est un grand palmier très ornemental fournissant une fibre très employée en Europe, par les horticulteurs, et dont on commence à se servir, pour faire des étoffes d’ameublement.
- Le raphia se rencontre sur une grande partie du versant oriental, ainsi que dans le Nord-Ouest et dans l’Ouest. On ne le trouve ni dans l’Extrême-Nord ni dans l’Extrême-Sud de Madagascar. Dans le Centre, il en existe seulement quelques spécimens isolés.
- Ce que nous appelons la fibre de raphia n’est pas autre chose que l’épiderme supérieur des jeunes
- feuilles que l’on coupe peu de temps avant leur épanouissement.
- Les usages locaux du raphia sont innombrables. On en fait des vêtements, des coiffures et des instruments de pêche. Avec la nervure médiane des feuilles qui atteignent jusqu’à 12 m. de long, on confectionne des échelles et des filanjanes (sorte de chaise à porteur). On se sert également de ces nervures pour établir des charpentes légères. On consomme enfin le bourgeon terminal de ce palmier
- qui constitue un excellent chou palmiste.
- Le raphia brut constitue un des importants produits naturels de Madagascar. En 1896, les exportations de raphia ont à peine atteint 1584 tonnes. Depuis 1905, elles dépassent 4000 tonnes par an et se sont élevées à plus de 6300 tonnes en 1911. A ce chiffre il convient d’ajouter les exportations de tissus de raphia ou rabanes qui, actuellement, atteignent 70000 francs par an (exportations de 1911).
- Crin végétal : A côté du raphia il faut citer le crin végétal, fibre très employée en brosserie, qui est fournie en abondance par des palmiers croissant sur le versant Est. Madagascar en exporte 40 à 70 tonnes par an (69 824 kg en 1911).
- Cire d'abeille : Parmi les produits de la forêt et de la brousse, la cire d’abeille se classe au rang de ceux qui donnent lieu aux exportations les plus importantes. La cire d’abeille récoltée à Madagascar provient exclusivement des ruches sauvages. La récolte en est faite par les indigènes. On en trouve dans toutes les forêts. Les exportations de ce produit accusent, depuis dix ans, une progression assez rapide. Elles ne dépassaient guère 191 tonnes en 1896 et ont atteint 531 000 kg en 1910.
- Bois : A signaler enfin que Madagascar exporte
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- PRODUITS DE LA FORET ET DE LA BROUSSE A MADAGASCAR
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- une certaine quantité de bois, surtout de l’ébène, du palissandre, et des bois rouges analogues à l’aca-
- tantes applications en Europe. L’accroissement des exportations de bois de Madagascar est surtout lié
- Fig. 8.
- Le palétuvier.
- Fig. g. — Aspect de la végétation de l’Extrême-Sud de Madagascar.
- jou. Les forêts de la, Colonie renferment une foule d’essences très intéressantes, mais encore insuffisamment connues et dont l’exploitation est souvent rendue difficile, sinon impossible, à cause de l’insuffisance des moyens de communication.
- Comme presque partout, on s’est surtout intéressé aux bois durs qui sont très abondants dans Me.
- Certains résistent aux clous. Il semble aujourd’hui qu’il serait aussi très utile de chercher à employer les bois tendres et légers dont l’exploitation serait bien plus facile. Contrairement à ce que l’on croit en général, ces bois pourraient peut-être recevoir d’impor-
- au développement des voies de communication qui a été l’une des principales préoccupations du général
- Galliéni pendant les dix ans qu’il a passés à la tête de cette colonie. Cette question est liée également à celle de l’abaissement du fret qui, pour permettre le commerce des produits encombrants et d’une valeur intrinsèque relativement faible, doitêtreaussi réduit que possible. Depuis quelques années, Madagascar exporte entre 250000 et 550 000 francs de bois par an. Ecorces tannantes : Il reste à mentionner, pour terminer, les écorces tannantes de palétuvier (fig. 8) qui, depuis quelques années, figurent parmi les
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- exportations de Madagascar. Cet article est surtout expédié en Allemagne.
- Dans le Nord-Ouest et dans l’Ouest les réserves de ce produit, dont le Jardin colonial s’est beaucoup occupé, sont extrêmement abondantes.
- La première exportation a eu lieu en 1902; il s’agissait d’un simple échantillon ne dépassant guère une tonne.
- En 1905 les envois sont montés à 136 820 kg. En 1911 ils se sont élevés à plus de 53 000 tonnes.
- A côté des écorces de palétuviers il faudrait encore citer les cocons du ver à soie sauvage, les pailles de chapellerie, etc., mais le cadre forcément restreint de cet article nous oblige à mentionner simplement ces articles sans nous y arrêter.
- Les exportations des produits de la forêt et de la brousse accusent donc de grands progrès; mais il importe, en même temps, d’appeler l’attention sur un danger sérieux qu’on s’efforce de restreindre le plus possible dans les colonies étrangères; mais dont on ne s’occupe peut-être pas assez chez nous. Je veux parler des feux de brousse pratiqués sur une si grande échelle à Madagascar et qui, si l’on n’y prend garde, pourront
- anéantir, peu à peu et sans profit, tout le stock de richesses naturelles renfermées dans les forêts malgaches.
- Il ne faut pas songer à interdire brusquement la pratique des feux de brousse. Vouloir agir sans transition pourrait avoir les conséquences les plus désastreuses ; mais il importe, à tout prix, d’enrayer peu à peu la coutume d’incendier la brousse et la forêt en montrant aux indigènes comment ils peuvent éviter d’avoir recours à cette pratique désastreuse.
- D’un autre côté on ne saurait trop recommander aux fonctionnaires coloniaux d’user de toute leur influence et de toute leur autorité sur les populations indigènes pour qu’on ne saigne pas à blanc les caoutchoucs exploités et pour qu’on n’abatte pas inutilement des plantes utiles.
- Dans les pays chauds, on a rarement le respect des plantes. Les indigènes y abattent et massacrent souvent des arbres sans raison. Il appartient à l’administration de s’efforcer de corriger cette coutume déplorable.
- Em. Pruuhomme.
- Ingénieur Agronome Directeur du Jardin colonial.
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- Fig. ii. — Carte de Madagascar donnant approximativement, la répartition géographique des principaux produits naturels de la forêt et de la brousse.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 3 et io février 1913. — Présidence de M. Guyon.
- La mortalité masculine et féminine. — Pendant le premier âge, les décès de garçons sont plus nombreux que les décès de filles. MM. Pinard et Magnan, qui disposent des Archives de l’hôpital Baudeloque, ont procédé à une statistique qui embrasse une période de 20 ans, 1891-1911, et ils ont constaté 1954 décès de garçons et 1584 décès de filles. Le nombre de décès pendant la grossesse est au contraire sensiblement le même pour les garçons et les filles. L’inégalité parait tenir de la différence de grosseur des garçons et des filles.
- La radiation solaire et la végétation. — M. Muntz expose que l’intensité des radiations solaires n’est pas, pour l’assimilation végétale et l’abondance des récoltes, un facteur aussi important qu’on le croit. L’absence du soleil pendant les années 1910 et 1912 n’a pas. empêché la production d’une grande quantité de matières carbonées ;
- l’année 1911, pendant laquelle le ciel fut constamment clair, n’en a pas donné davantage. L’eau est un facteur dans l’accroissement des végétaux, bien autrement important que le soleil. M. Muntz attribue les résultats signalés ci-dessus à la rareté de l’acide carbonique dans l’air. Pour déterminer l’assimilation de ce gaz, des radiations diffuses suffisent, on peut dire que la luminosité est toujours assez abondante et que l’accroissement est limité par la proportion d’acide carbonique aérien.
- La géologie de Visthme de Corinthe. — M. Dépéret expose l’histoire du pliocène du golfe et de'l’isthme-de Corinthe. Cette région a été occupée par un bras de mer où se sont formées d’épaisses masses de sédiments marins (1000 mètres et plus) à l’Ouest, saumâtres à l’Est. Le fond du golfe était en même temps le siège d’un affaissement lent et continu jouant ainsi le rôle d’un
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- DÉSASTRE DE L’EXPEDITION SCOTT AU PÔLE SUD —, - : 191
- véritable géosynclinal pliocène. Puis, à l’époque du pliocène supérieur, le bras de mer corinthien a été remblayé par des cailloutis fluvio-marins et enfin surélevé par le soulèvement en masse de la région, où. les dépôts de pliocène sont portés en certains points à 1750'mètres d’altitude. Ces phénomènes ont entraîné, au début du quaternaire, la soudure complète du Péloponèse et de la Grèce.
- Pouvoir de certains métaux sur la croissance des végétaux inférieurs. — M.rA. Gautier rappelle que dans une précédente communication, M. Lepierre a montré que le cadmium remplace parfaitement le zinc dans le milieu de Raulin où il joue, comme ce dernier métal, un rôle énergétique remarquable dans la rapide croissance de Sterigmalocystis nigra. Le zinc ne joue donc pas le rôle de catalyseur spécifique; il peut être remplacé par d’autres éléments présentant avec lui des analogies chimiques. L’auteur annonce qu’il a obtenu de bons résultats avec le glucinium.
- Les progrès de l’aviation. — M. Lecornu explique qu’on ne sera maître de l’air que le jour où l’on aura donné la sécurité aux aviateurs. Il faut donc chercher cette sécurité. L’exemple des oiseaux est un encourage-, ment. Sans doute l’oiseau dispose d’une ressource naturelle spéciale pour assurer sa stabilité, mais il n’en faut pas moins rechercher le perfectionnement des procédés d’atterrissage et de conduite des aéroplanes. Une Union s’est formée dans ce but ; elle ‘dispose de fonds importants provenant d’un subside de l’Etat et de contributions de particuliers. Cette Union a créé un prix principal de 400 000 francs et plusieurs primes de 20 000. Le jury n’examinera que des appareils en état de fonctionner et de se prêter à toutes les expériences jugées utiles. Les conditions du concours seront publiées prochainement.
- Candidatures. — Lecture est donnée des lettres par lesquelles MM. Chabrié, professeur à la Sorbonne, directeur de l’Institut de chimie appliquée, Paul Janet, directeur de l’École supérieure d’électricité, et Maurice d’Ocagne, professeur à l’École polytechnique, posent leur candidature à l’une des deux places vacantes dans la section des académiciens libres, par suite de la mort de MM. Teisserenc de Bort et Cailletet.
- Conférence des poids et mesures. —• Le secrétaire perpétuel, M. Gaston Darboux, annonce que la cinquième conférence générale des poids et mesures se tiendra à Paris, le 9 octobre prochain.
- L’élection d’un correspondant. — L’Académie procède à l’élection d’un correspondant pour la section de botanique, en remplacement de M. Schwendener, élu
- associé étranger. La section avait proposé, en première ligne, M. Hugo de Yries, d’Amsterdam, en deuxième ligne, ex æquo et par ordre alphabétique, MM. Farlow, de Cambridge (Massachusetts, États-Unis d’Amérique) et Nathorst, de Stockholm. Au premier tour de scrutin, M, Hugo de Yries a été déclaré élu à la presque unanimité des suffrages. Professeur à l’Université d’Amsterdam, M. Hugo de Yries est connu dans le monde savant pour ses nombreux travaux de botanique, notamment sur les phénomènes de torsion et les mutations des végétaux qui se transmettent par graines.
- Le soleil falsificateur. — MM. Daniel Berthelot, professeur à l’École de pharmacie de Paris, et Gaudechon soumettent à l’Académie une étude qui ne manquera pas d’avoir une répercussion dans le commerce de l’alimentation. Ils font voir qu’une des falsifications les plus fréquentes des aliments sucrés tels que sirops, confitures, etc., consiste dans le remplacement du sucre de canne par la glucose extraite à bas prix de la fécule de pomme de terre. Or, leur travail montre aussi que le sucre de canne exposé au soleil se transforme en glucose bien que très lentement. Le falsificateur, dans ce cas, serait le soleil! Les auteurs tirent de cette constatation la conclusion pratique suivante qu’il faut, avant d’attribuer la présence de la glucose dans un sirop à une fraude, s’assurer que ce corps existe en grande quantité.
- L’arbre à caoutchouc de Para. — M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, analyse une Note dè M. Bret sur d’existence en Afrique occidentale de deux formes stables d’Hevea brasiliensis présentant une aptitude différente à la production du latex du caoutchouc. En se servant des caractères anatomiques, M. C. M. Bret a établi que l’arbre à caoutchouc de Para, 1 ’Hevea brasiliensis, dont on a entrepris d’immenses plantations en Extrême-Orient et qui a été introduit à la Côte occidentale d’Afrique, présente dans ces dernières régions, deux formes physiologiques bien nettes, à rendements différents et à caractères héréditaires.
- Travaux divers. — Le professeur Guignard présente à l’Académie au nom du docteur Balland, ancien pharmacien principal de l’armée, correspondant de l’Institut et membre associé de l’Académie de Médecine, une intéressante monographie intitulée « les pharmaciens militaires français ». — M. Bigourdan offre à l’Académie un nouveau volume de ses observations de nébuleuses faites à l’Observatoire de Paris. — MM. Anthony et Gain soumettent à l’Académie une Note sur l’évolution du squelette de ces oiseaux désignés sous le nom de manchots. — M. Ilatt présente à ses confrères diverses cartes de marine dressées par M. Gernez.
- Ch. de Villedeuil.
- DÉSASTRE DE L’EXPÉDITION SCOTT AU PÔLE SUD
- Des dépêches de Nouvelle-Zélande du 10 février ont apporté l’affreuse nouvelle qu’après avoir atteint le Pôle Sud le 18 janvier 1912, le capitaine Scott et quatre de ses compagnons auraient péri au retour vers.le 29 mars, dans une tempête de neige, à 2u0 km seulement de la station de base de l’expédition.
- Au Pôle même les vaillantes victimes auraient
- retrouvé le drapeau norvégien d’Àmundsen, parvenu au but cinq semaines plus tôt.
- Dans cette double conquête si cruellement payée, il faut se souvenir que Scott avait voué sa vie à préparer et à semer le redoutable champ de recherches, où le sort injuste ne lui réservait que le regain de la récolte et l’ivraie du trépas !
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- LES SONDAGES DE NEIGE POUR LES INSTALLATIONS D’IRRIGATION
- Dans nos régions, si l’on connaissait les quantités de neige qui recouvrent les montagnes, on pourrait déterminer les quantités d’eau qui, au printemps et en été, seront disponibles pour l’irrigation des champs situés dans la plaine. Ce problème présente un intérêt particulier dans les contrées arides empruntant leur eau aux canaux d’irrigation naturels ou artificiels. Lorsque le cultivateur connaît la quantité d’eau que lui fournira la montagne, il peut en effet apprécier d’avance le rendement de ses champs et, le cas échéant, choisir les semences d’accord avec l’abondance plus ou moins grande de l’irrigation. D’autre part, l’ingénieur construisant un barrage destiné à l’irrigation ou à la production de force motrice, aura tout intérêt à connaître la quantité d’eau passant en moyenne à un endroit donné.
- M. Cecil Alter, directeur du bureau météorologique de Sait Lake City, a eu l’idée de faire au printemps, peu de temps avant la fonte des neiges, des sondages systématiques des couches de neige recouvrant les montagnes d’Utah et de s’en servir pour déterminer les quantités d’eau disponibles pour l’irrigation des champs et d’autres emplois. A cet effet, il a fait un arpentage exact de la montagne, en étudiant sa topographie et en examinant la disposition des neiges. On comprend facilement que la neige, loin de recouvrir les pentes en couche uniforme, est chassée par les tempêtes dans les crevasses et les ravins. A certains endroits, sous la pression des couches supérieures et l’action d’une pluie occasionnelle et d’une fonte superficielle, elle finit par devenir aussi dure que la glace. Dans les forêts, la neige est au contraire en couche uniforme et par conséquent bien moins compacte; c’est pourquoi elle y fond bien plus facilement que sur les pentes qui, bien des fois, même dans le cas d’une exposition au midi, restent
- jusqu’en été couvertes de neige. Sur les branches des arbres, la neige fond avec une rapidité particulière. Afin de déterminer, pour un système fluvial donné,
- la quantité d’eau correspondant à chaque champ de neige, il faut évidemment déterminer non seulement la superficie de celui-ci, mais la profondeur et la densité moyenne de la neige. Pour ses premières expériences, M. Alter a choisi le bassin du Ma-pleCreek, qui, de toutes les rivières du pays, se distingue par la rareté de ses obstacles naturels. L’appareillage de l’expérimentateur comportait un tube à échelle pour déterminer la densité de la neige, un baromètre anéroïde, une boussole et un cercle gradué à plomb, pour déterminer les rampes. Son équipement personnel se complétait de skis et d’un alpenstock.
- Le tube densimétrique de 1 m. 20 de longueur et d’environ 7 cm de diamètre portait, à l’une de ses extrémités, une tubulure un peu [plus étroite dont les bords aigus permettaient de l’enfoncer dans la glace. Après avoir introduit ce tube dans la couche de neige à étudier, on l’en retirait et le portait sur la balance, avec la colonne de neige enlevée (de hauteur connue).
- Ces sondages ont été faits à environ 500 m. de distance, en explorant les pentes d’une façon systématique et en inscrivant les résultats sur une carte topographique établie au préalable. Après avoir mesuré la profondeur de la neige, en enfonçant l’alpenstock gradué, on a apprécié par le procédé décrit ci-dessus la densité de chaque couche. En inscrivant sur la carte les données de 277 sondages pareils, M. Alter a pu établir que la couche de neige était en moyenne de 70 cm et l’équivalent d’eau moyen de 29 cm, ce qui suffirait pour inonder le pays tout entier arrosé par la rivière, d’une couche d’eau uniforme de 55 cm de profondeur.
- D1' Alfred Gradenwitz.
- Vue montrant l’absence de neige sous les arbres.
- Météorologiste équipé pour les sondages de neige.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2074.
- 22 FÉVRIER 1913.
- LA CROISSANCE DU BANANIER
- Fig. i. — En haut, à gauche : tronc fraîchement coupé; à droite : le même, 20 minutes plus tard; en bas, à gauche: 8 heures ensuite; à droite : 3i heures après la section.
- habitants des 'pays tempérés ne connaissaient que de réputation. Les progrès de la navigation à vapeur lui ont rapidement ouvert nos marchés, à tel point qu’elle forme désormais une importante ressource alimentaire pour ces mêmes régions. D’après
- 4.1e annee. — Ier semestre.
- sur ce sujet un très remarquable article, la France importe annuellement pour près de 2 millions de francs de bananes, à ne parler que de l’importation d’origine américaine.
- D’autres nations en consomment beaucoup plus
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- 194 I-::.:::::..::.:::::::::'." -- LA CROISSANCE
- que nous. L’importation allemande est de plus de 5 millions de francs; celle de l’Angleterre monte à plus de 40 millions'.
- Le premier rang appartient sans conteste aux Etats-Unis : ils ont importé, en 4911, une quantité de bananes valant au prix d’achat plus de 65 millions et dont les revendeurs ont tiré plus de 175 millions-
- Fig. 2. — La cueillette des régimes.
- Les plus grands producteurs de bananes sont : la Jamaïque, qui exporte une moyenne annuelle de 12 millions de régimes, et le Costa-Rica, qui la suit de près avec 10 millions. Viennent ensuite, par ordre d’importance, le Honduras, le Panama, Cuba, la Colombie, le Nicaragua, le Guatémala, la Dominicaine.
- On remarquera que toutes ces régions tropicales sont baignées par les eaux de l’Atlantique. La raison en est que la plante ne peut prospérer que dans les régions chaudes et saturées d’humidité. Sur le versant du Pacifique, où le climat est sec, où les pluies sont rares et peu abondantes, cette culture ne donne que des résultats médiocres.
- Le bananier est-il d’origine asiatique ou américaine? Grave problème qui a déjà fait couler des flots d’encre, et que nous n’avons point la prétention de résoudre. Il est certain que des variétés sauvages se rencontrent dans les forêts-vierges de l’Amérique tropicale et des îles de la Sonde. D’autre part, les premiers explorateurs des Antilles et de l’Amérique du Sud constatèrent que les indigènes cultivaient le bananier depuis un temps immémorial, et l’on fit une constatation analogue aux Philippines et dans le sud des Indes. Il est donc sage de conclure que la « Providence des Tropiques », suivant deux évolutions parallèles, prit rang parmi les plantes cultivées simultanément dans l’Ancien et le Nouveau Monde. N’est-ce pas le cas du chien, qui fut domestiqué par nos lointains ancêtres asiatiques comme par les autochtones de l’Amérique du Nord?
- Il existe une quarantaine d’espèces de bananiers, dont la plupart produisent des fruits comestibles.
- DU BANANIER ..............^ ’ =±
- Seuls, les fruits qui se mangent crus sont importés en Europe, et l’on ignore généralement que plusieurs espèces produisent des fruits qui remplacent la pomme de terre sous les tropiques et ne deviennent comestibles qu’après la cuisson. On les mange bouillis, cuits sous la cendre ou frits dans la graisse et c’est précisément sous cette forme que la banane est devenue le principal aliment des populations des terres tropicales. La chimie a reconnu, d’ailleurs, que la banane et la pomme de terre avaient sensiblement la même composition.
- On sait que l’usage de la farine de banane commence à se répandre en Europe, et qu’on l’emploie avec succès contre les maladies d’estomac. Là ne se bornent pas les services demandés à cette plante providentielle. Les indigènes des Philippines cultivent une espèce textile dont les fibres servent à tisser une étoffe de grande finesse et à fabriquer des cordages, connus dans le commerce d’exportation sous le nom d’abaca. L’archipel en a exporté l’an dernier pour une valeur de 88 millions de francs.
- Dans d’autres régions, on tire de la macération des fruits et de leur fermentation un vinaigre d’assez bonne qualité. Le plantain, nom créole des espèces dont les fruits se mangent cuits, donne à la distillation une boisson trop fortement alcoolisée pour un gosier européen. Une variété de ce même plantain fournit une essence dont on tire un arôme qui sert, paraît-il, aux contrefacteurs d’outre-Rhin pour donner du « bouquet » à leurs cognacs et fine-
- Fig. J. — Le transport des régimes dans l’exploitation.
- champagne. Un remède qu’on dit être très efficace contre les maladies de la gorge et des bronches est fourni sous forme de sirop par la banane-fruit. Enfin, des Indiens de l’intérieur de la Colombie, de la race des Chocoes, m’ont affirmé qu’ils tiraient de la fleur d’un bananier aux fruits comestibles le violent poison dans lequel ils trempaient la pointe de leurs petites flèches à sarbacane.
- Ce que nos coloniaux français devront retenir
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- LA CROISSANCE DU BANANIER
- avant tout, c’est l’énorme capacité de rendement de la plante. La culture de la banane, qui n’exige qu’une main-d’œuvre très réduite, produit à l’hectare, en substances nutritives, une fois et tiers de plus que le maïs, deux fois et tiers de plus que l’avoine, trois fois de plus que le blé et que les pommes de terre, et quatre fois de plus que le seigle. M. Franklin Adams a puisé ces intéressantes comparaisons dans les rapports du Bureau d'Agriculture des États-Unis.
- Nous n’entrerons pas ici dans les détails de la culture du bananier. Rappelons qu’il se reproduit par rejetons qui poussent sur les racines tout autour du tronc. Pour établir une bananerie, on plante ces rejetons sur un terrain nettoyé de ses arbustes et de ses herbes en laissant un intervalle de 4- m. environ entre les plants. Ceux-ci sont désormais abandonnés à eux-mêmes et il suffira d’empêcher les mauvaises herbes de croître en abondanceautour de leur pied.
- La croissance s’effectue avec une rapidité qui tient du prodige.
- Au moment de leur transplantation, ces rejetons avaient de Om. 80 à 1 m. de haut.
- Six semaines plus tard, leur hauteur atteint 2 m.; quatre semaines encore et le bananier, haut de 5 à 10 m. (selon les espèces) , cesse de dérouler les superbes feuilles enroulées dans sa tige, et du centre de sa couronne s’élance un épi dont la pointe donne bientôt naissance à un énorme bouquet de fleurs rouges qui se transforment en fruits. L’épi, devenu tige, ploie progressivement sous le poids, et le régime se développe tête en bas, dans le sens opposé à celui que lui donneront les marchands de primeurs quand ils le suspendront dans leurs boutiques.
- Selon les espèces, c’est de 7 à 12 mois après la floraison que le régime est bon pour la cueillette. Pour différentes raisons qu’il serait trop long d’exposer ici, on ne le laisse jamais mûrir sur le plant, et c’est une précaution qu’observent les indigènes eux-mêmes qui cultivent le bananier pour leur propre usage et non pour l’exportation.
- Nos photographies illustrent pittoresquement cette extraordinaire rapidité de croissance du bananier.
- Un tronc, coupé à 10 h. du matin (fig. 1 ), avait déjà changé d’aspect vingt minutes plus tard : son cœur émergeait de 2 cm au-dessus de la coupure. Les feuilles enroulées continuaient leur poussée ascensionnelle et à 6 h. du soir, soit 8 h. après la décapitation du tronc, elles présentaient l’aspect que nous montre la figure. Enfin, à 5 h. du soir, le jour suivant, soit 51 h. après l’abatage, la souche était couronnée d’un gracieux panache.
- Après la cueillette du régime, le tronc, désormais inutile, est tranché au ras du sol; mais le cultivateur n’a pas à s’occuper de son remplacement puisque les rejetons qui entourent sa base sont prêts à prendre sa place. Généralement, on con-: serve quatre de ces rejetons, et l’on s’arrange; au
- cours de la sélection, pour que le plus vieux porte des fruits pendant que le deuxième est en pleine floraison, que le troisième est à moitié de sa croissance et que le quatrième commence à sortir de terre. De cette façon, une bananerie produit sans interruption d’un bout de l’année à l’autre et sans qu’il y ait besoin de replanter.
- On cite des plantations dont les récoltes n’ont pas diminué après cinquante années d’existence !
- Mais ce sont là des exceptions propres aux régions d’une fertilité exceptionnelle; en règle générale, la production d’une bananerie commence à diminuer vers la dixième année.
- Il est incontestable que la culture de la banane est une industrie qu’attend un avenir illimité. Avec un service de transport organisé comme celui des Compagnies américaines dont les 15Ô vapeurs, construits spécialement, apportent rapidement à Nexv-York, à Baltimore et à la Nouvelle-Orléans les produits des bananeries du Centre-Amérique et des Antilles, la culture de cette plante pourrait devenir une intarissable source de revenus pour nos colonies de la Côte d’Afrique. J. d’Izier.
- Fig. 4. — L’embarquement des régimes.
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- LA PUISSANCE DES MOTEURS D’AUTOMOBILES ET L’IMPOT
- Depuis le 1er janvier 1915, une nouvelle formule d’évaluation de la puissance des moteurs d’automobiles a été rendue réglementaire par une circulaire du Ministre des Travaux publics, dont nous rappelons brièvement les grandes lignes.
- La circulaire précédente, du 18 septembre 1908, donnait comme guide pratique de l’évaluation de cette puissance, en vue de l’assiette de l’impôt, la formule empirique : P = 0,044 D2,7 dans laquelle P désigne la puissance en chevaux, D l’alésage en centimètres.
- Cette formule s’appliquait à tous les moteurs à explosions à 4 temps, comportant 4 cylindres, d’alésage compris entre 8 et 13,5 cm, et il était spécifié que les chiffres donnés par son application devaient être en général considérés comme le minimum de ceux à inscrire dans les notes descriptives des véhicules; et il était prescrit qu’il ne conviendrait d’admettre des valeurs moindres que pour des raisons spéciales bien démontrées, mais qu’in-versement on pourrait assigner à la puissance une valeur notablement supérieure.
- La même circulaire ajoutait, qu’en ce qui touche les moteurs ayant plus ou moins de 4 cylindres, il faudrait procéder par comparaison avec ceux de 4 cylindres de même alésage, en tenant compte également des qualités spéciales aux différents types de moteurs. Pour les alésages supérieurs à 15,5 cm, les règles d’appréciation étaient laissées à l’initiative du Service des mines.
- Une telle élasticité, dans l’application d’une formule déjà empirique, produirait fatalement des divergences d’évaluation inadmissibles, lorsqu’il s’agit du calcul d’établissement d’une imposition.
- De plus, l’allongement notable de la course dans la plupart des moteurs modernes, a eu pour conséquence d’accroître la puissance à égalité d’alésage, et il existait aussi de très grandes différences dans les vitesses de régime admises par les constructeurs.
- Pour toutes ces raisons, il a paru plus logique de tenir compte, pour évaluer la puissance d’un moteur donné, de l’alésage, de la course et de la vitesse de rotation.
- Après un examen approfondi de la questionna Commission centrale des automobiles a estimé que la formule la plus correcte et la plus simple devait considérer la puissance comme proportionnelle au volume total des cylindrées motrices engendrées par le piston dans l’unité de temps, et elle a proposé, à cet effet, la formule suivante, où les conditions précédentes sont explicitement indiquées : P = K.?i.D2L m dans laquelle P désigne la puissance en chevaux, n le nombre de cylindres du moteur, D leur alésage en centimètres, L la course des pistons en centimètres, co la vitesse angulaire en tours par seconde, et K un coefficient numérique, auquel on donne les valeurs suivantes, pour tenir compte du rendement
- des moteurs en fonction du nombre de leurs cylindres.,
- K = 0,000 20 pour les monocylindres ;
- K — 0,000 17 pour les deux cylindres;
- K = 0,000 15 pour les quatre cylindres ;
- K = 0,000 13 pour les moteurs à plus de 4 cylindres.
- A l’exception de la vitesse w, toutes les caractéristiques de cette formule sont directement mesurables ou vérifiables, et ne peuvent donner lieu à aucune contestation. Pour (ù, le Service des mines n’admettra qu’un chiffre ne présentant aucune exagération ni dans un sens ni dans l’autre.
- Une base d’appréciation sera notamment obtenue, en rapprochant des vitesses maxima réalisées sur route les données de la notice descriptive, concernant les rapports des engrenages, des diamètres des roues et les vitesses kilométriques correspondantes, délivrée par le constructeur.
- Quant aux moteurs déjà déclarés, et reçus sous l’empire des anciennes règles, l’administration acceptera de rectifier les puissances inscrites sur les anciennes notices descriptives quand les propriétaires en feront la demande. En ce cas, la vitesse « qui sera acceptée ne pourra être inférieure à celle qui aurait été primitivement déclarée.
- A première vue cette nouvelle formule paraît logique, puisqu’elle tient compte de l’importance des cylindrées actives, et du nombre de leurs actions par seconde. Mais au point de vue mécanique, elle n’est quand même qu’empirique, parce qu’elle suppose que la puissance d’un moteur à explosion croît proportionnellement à sa vitesse de rotation, ce cjui est faux.
- En pratique, la puissance d’un moteur à explosion va d’abord en croissant assez rapidement avec la vitesse, puis passe par un maximum, et ensuite décroît peu à peu lorsque la vitesse dépasse celle qui correspond au maximum.
- La fig. ci-dessus indique approximativement la courbe réelle de variation de puissance d’un moteur à quatre cylindres de 65 x 120, et montre la différence qui existe, aux diverses vitesses, entre la puissance réelle et celle que donne la formule officielle.
- En réalité, à part certains moteurs à très longue course et à régime très élevé, la nouvelle formule est très favorable au public, parce qu’elle donne, presque dans tous les cas, une puissance inférieure à celle pour laquelle on était imposé jusqu’ici.
- 11 y a donc lieu d’espérer, que tout en laissant place à la critique scientifique, elle sera appréciée favorablement par tous les propriétaires d’automobiles.
- Elle entre en vigueur cette année à partir du 1er janvier, et toutes les voitures neuves mises en service et déclarées depuis cette date, seront de ce fait imposées conformément à la circulaire récente du 15 décembre 1912.
- ; n
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- ______I_____1______I_____I______I_____l__|__I______I_____I______I_____I_____L______1_____I___
- O 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 2200 2400 2600 2800 3000
- Comparaison entre la puissance réelle et la puissance calculée sur un quatre-cylindres de 65X120. — A.V1B, Courbe de variation de puissance en fonction de la vitesse; MN, droite représentant la puissance calculée proportionnellement à la vitesse par la formule réglementaire (au régime de i5oo tours, le moteur donne au banc ' i5,2 chev. et il est imposable pour 7,9 chev.).
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- MONT D'OR ET FAUCILLE
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- Il reste à indiquer la conduite à tenir par les propriétaires de voitures imposées d’après les anciens règlements, s’ils désirent obtenir un dégrèvement partiel, au cas où la puissance calculée par la nouvelle formule serait inférieure à celle pour laquelle ils payaient jusqu’ici.
- Il y a lieu tout d’abord de demander à l’ingénieur des mines de délivrer un certificat de rectification de puissance imposable, en joignant à cette demande la notice descriptive du véhicule déjà imposé, et l’indication de la vitesse de régime indiquée par le constructeur, si elle ne figure pas déjà sur la notice.
- Ce certificat pourra ensuite être mis à l’appui d’une demande de dégrèvement, adressée au préfet soit avant la publication du rôle d’impôt, soit après cette publication au cours du délai dont on dispose pour adresser les
- réclamations. Un exemple fera ressortir, pour un cas particulier, l’importance du dégrèvement partiel que l’on peut espérer obtenir.
- Une voiture, dont la notice descriptive portait les caractéristiques suivantes : moteur à 4 cylindres, alésage 112 mm, course 140 mm, donnant 25 chevaux à 1000 tours, était imposée pour 25 chevaux.
- L’application de la formule
- P = 0,00015 x 4 X ÏÜ2 X 14 x ^ = 17,56
- 60
- fera imposer la voiture pour 18 chevaux, soit un dégrèvement de 6 x 7 + 1 X 9 = 51 francs, dans une commune à droits simples, et de plus de 100 francs dans Paris. D. R.
- MONT D’OR
- Le 25 décembre 1912, les journaux français et suisses enregistraient l’information suivante : « Aux travaux du tunnel du Mont d’Or, une perforatrice a crevé, ce matin, vers 7 h. 1/2, près du kilomètre 4,274, à 75 mètres de l’avancement, une poche d’eau considérable (fig. 5). Vers 10 heures du matin, le Bief rouge, rivière du versant français, affluent du Doubs, tarissait; la canalisation de 50 cm de diamètre, qui avait été réservée pour l’écoulement des eaux du tunnel, était naturellement impuissante à évacuer les eaux, qui s’élevaient, dans le tunnel, à une hauteur de 50 cm, venant se déverser à l’entrée en une importante cascade (fig. 2) qui creusait une excavation de 15 à 20 m. de profondeur, détruisant les routes de la Dernier et de l’Échelle, mettant en péril la ferme du Canada et causant des dégâts importants dans les baraquements. Le débit, évalué d’abord à environ 1800 litres à la seconde, s’abaissait à environ 1000 litres pour remonter rapidement, à la suite d’une série d’averses, à environ 5000 litres (29 décembre). Depuis lors, il a de nouveau baissé et s’équilibre, dans l’état actuel des eaux, à environ 5 à 6000 litres à la seconde. »
- C’est après la traversée des marnes oxfordiennes (Argovien) que l’eau a fait irruption dans le tunnel.
- On sait que le tunnel du Mont d’Or est situé sur la ligne en construction de Frasne à Vallorbe, destinée à se raccorder avec la ligne du Simplon. Ce tracé, qui réalise un raccourci d’une quinzaine de kilomètres seulement, sur le parcours Mouchard-Lausanne, a été définitivement adopté, en 1909, à la suite de la Conférence internationale de Berne et sa prise en considération a amené l’ajournement indéfini du projet de percement de la Faucille, qui raccourcirait de 146 km le parcours Paris-Genève. On prétendait, à ce moment, que le Frasne-Vallorbe, qui n’avait encore fait l’objet d’aucune étude géologique complète, ne coûterait que 17 millions, tandis que la Faucille, entièrement étudiée à ce point de vue, était évaluée à 125 millions. Or, on peut prévoir maintenant que le Frasne-Vallorbe aura coûté près de 100 millions, et l’on verra bien, qu’en
- ET FAUCILLE
- réalité, il n'a rien raccourci, ni rien amélioré.
- Dès 1902, j’avais prévu, d’une façon intégrale, les difficultés hydrologiques que l’on rencontrerait, si l’on se décidait à percer un tunnel dans cette région et le 26 juillet 1902, je faisais, au sommet même du Mont d’Or, une petite conférence sur cette question aux élèves des diverses Facultés de France, qui excur-sionnaient depuis 8 jours sous ma direction dans la région. Dès que l’idée de percer le Mont d’Or commença à prendre forme, je publiai, dans le Petit Comtois (novembre 1905) un article dont je me contenterai de citer les quelques lignes suivantes : « De plus, le tunnel du Mont d’Or, quoique kilomé-triquement beaucoup moins long que ceux de la Faucille, est, au point de vue géologique et hydrologique, rempli d'aléas. On aura là un tunnel à pente unique qui, du côté France, sera envahi par les eaux, dès que l'on rencontrera le Valanginien, et du côté Suisse, dès que l’on recoupera l'Oxfordien ; le débit sera certainement très supérieur à celui qu’on aurait rencontré dans le plus grand tunnel de la Faucille. Le percement du Mont d’Or aura en outre pour effet de faire tarir ou au moins de diminuer considérablement les sources qui alimentent les villages de Jougne, Saint-Antoine, Métabief, Rochejean et les Hôpitaux. Il est vrai qu’avec les eaux du tunnel, on pourra alimenter richement Vallorbe et même lui fournir de la force motrice. » Et encore (Petit Comtois, 18 septembre 1909) : « On sera complètement envahi par les eaux, dès la traversée du synclinal des Longevilles et on n’aura d’autre ressource que d’abandonner l’attaque du côté français pour la reprendre du côté suisse. De ce côté tout ira bien jusqu’au moment où l’on traversera les marnes oxfordiennes qui affleurent dans l’axe anticlinal du Mont d’Or où elles surmontent les calcaires du Bathonien. Dès la rencontre de ces marnes, un important débit se déversera dans le tunnel, débit qui s’accroîtra encore quand on traversera pour la deuxième fois les mêmes marnes, sur le flanc nord. Néanmoins on pourra assurer, grâce à la pente, l’écoulement de ce débit sur Vallorbe, mais on sera forcé de continuer le forage du tunnel par l’attaque sud
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- jusqu’à la rencontre du Néocomien, point où l’on recoupera le niveau aquifère qui aura arrêté les travaux sur le versant nord. » Or, tout ceci s’est réalisé textuellement : l’attaque par le versant nord a du être arrêtée par suite de l’impossibilité d’épuiser les eaux, à environ 900 m. de la tête nord. On a alors repris l’attaque du côté suisse. Un premier niveau d’eau a été recoupé, après la première traversée de l’Oxfordien : on vient de couper le second, qui a amené la disparition des sources de Métabief et des Hôpitaux. (Bief rouge et sources voisines et même de la grande source de Malbuisson). Reste à recouper le troisième niveau (synclinal des Longevilles) : il est certain, que, pour cette partie également, les prévisions que j’ai faites se réaliseront intégralement. La coupe schématique ci-contre montre la disposition des niveaux d’eau rencontrés et de celui qui reste à percer.
- Ce qui rend la situation particulièrement grave, mais ce qui ajoute à son intérêt hydrologique, c’est que le point où l’on a recoupé la source du Bief rouge est à 80 m. environ
- au-clessous de ladite source. C’est là un des exemples les plus typiques de ces siphonnements de cours d’eau dans les terrains calcaires, sur la fréquence .desquels Martel et moi avons insisté d’une façon particulière depuis plusieurs années et dont la méconnaissance a déjà causé de désagréables sur-
- A* d Or
- Suisse
- France
- prises. On peut faire deux hypothèses sur la disposition de la fissure qui a amené les eaux dans le
- tunnel : ou bien on se trouve en présence d’une diaclase, c’est-à-dire d’une cassure élargie par l’érosion et la corrosion des eaux souterraines, ou bien d’un siphon inverse. La première de ces hypothèses est, de beaucoup, la plus vraisemblable et alors, il faut s’attendre, comme je l’ai dit plus haut, à recouper encore, dans toute la traversée du Jurassique supérieur, qui reste à faire, une série de diaclases parallèles à celle-là et par lesquelles les eaux reviendront dans le tunnel.
- Dans le but de démontrer que l’on peut ramener les eaux sur le versant français, les ingénieurs viennent de reboucher complètement, le tunnel en établissant un barrage sur toute sa section, dans les marnes oxfordiennes imperméables, à l’aval de la venue d’eau, du côté suisse. Il est bien évident que dans ces conditions, si le barrage est bien fait, on a quelques chances de reconstituer les niveaux piézo-métriques primitifs, mais on aura tout simplement prouvé que, si l’on n’avait pas creusé le tunnel, les sources du versant français auraient continué à couler! Mais, lorsque l’on va poursuivre Tavance-
- Fig. i. — Coupe du Mont d’Or. — Js, Jurassique supérieur très perméable par fissuration (calcaires plus ou moins compacts); Jm, Bajocien et Bathonien (calcaires compacts fissurés); O, Oxford ien (faciès argovien), marnes imperméables ; C, infracrétacé en grande partie imperméable; A, venue d'eau rencontrée le 24 décembre; B, vernie d’eau que l’on rencontrera avant Vachèvement du tunnel.
- ment, on va être obligé de faire sauter le barrage et de le remplacer par un bouchon latéral destiné à aveugler la fissure; lorsque l’on rencontrera une deuxième, une troisième, une quatrième fissure, on sera obligé de procéder de même et, en définitive, on sera forcé d’achever le tunnel en le revêtant d’une
- m
- paroi complètement étanche, et en prenant toutes les précautions nécessaires pour que le revêtement soit partout suffisant pour résister à une pression d’au moins 9 atmosphères, car, après l’établissement du barrage, le manomètre a marqué, en eaux moyennes, 92 m. et l’on ne sait pas ce qu’il indiquera en très grandes eaux : il est à souhaiter que les ingénieurs n’oublient pas cette considération. Que va-t-il arriver, en outre, quand, après avoir percé le synclinal, le volume des eaux se trouvera doublé : on va bien être obligé de laisser couler les eaux actuellement rencontrées, vers la Suisse, en attendant l’achèvement du iunnel : ceci est inévitable. Or, par des eaux de force moyenne, on a eu 5000 litres à la seconde ; que fera-t-on, lorsqu’avant l’achèvement dn
- tunnel, il faudra en évacuer au moins 10 000? En outre, quelles vont être les conséquences de tous les phénomènes de capture qui vont certainement se produire, lorsqu’on aura laissé couler les eaux pendant plusieurs mois sur le versant suisse? La réponse n’est pas douteuse : si, avant l'achèvement du tunnel, on ne fait pas les travaux nécessaires pour assurer le retour des eaux d’une façon définitive sur le versant français, il sera probablement trop tard pour essayer cette restitution lorsque le tunnel sera achevé : les tentatives faites jusqu’ici par les ingénieurs ne sont pas, je tiens à l’affirmer formellement ici, de nature à remédier d'une façon définitive et stable au trouble que le percement du tunnel a apporté dans le régime des eaux souterraines de toute cette région (Q. Je ne puis en dire davantage pour le moment, mais je reviendrai sur la question lorsque le deuxième « accident » se sera produit, c’est-à-dire lorsqu’on aura percé le synclinal des Longevilles (fig. 1).
- Pour le moment, qu’il me soit permis seulement, de constater les points suivants :
- 1° Un débit d’environ 400 litres en basses eaux et de plus de d m3 en eaux moyennes sera détourné du bassin du Rhône pour être envoyé dans celui du Rhin, si l’on n’arrive pas à reconstituer les niveaux
- 1. On a placé en arrière du barrage 22 kg 125 de fluorescéine. Or. chaque kg peut colorer 40000 m3 d’eau cl actuellement aucune coloration n’est encore ressortie, c’est la démonstration la plus éclatante de Xinefficacité du barrage.
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- LA TRAGÉDIE DU PÔLE SUD
- piézométriques primitifs. Dans cette hypothèse, la disparition complète des eaux du Bief rouge, de Métabiefj des Hôpitaux, de la grande source de Malbuisson et de plusieurs sources voisines deviendrait définitive ;
- 2° Il reste encore à percer une zone, dans laquelle on rencontrera un débit à peu près égal à celui déjà recoupé.
- 3° La traversée entre les lacs de Remoray et de Saint-Point, a forcé les ingénieurs à détourner complètement le cours du Doubs entre les deux lacs, et le remblai actuellement établi et qui doit être élevé à 9 m. sera d’une instabilité dangereuse autant que coûteuse.
- 4° Les dépenses du projet du Mont d’Or avaient été évaluées à 17 millions (20 millions d’après les évaluations les plus pessimistes des ingénieurs), elles atteindront probablement une centaine de millions !! En tout cas, les prévisions actuelles des ingénieurs arrivent à tripler à peu près les données initiales.
- LA TRAGÉDIE
- C’est avec un respect ému qu’il convient d’aborder pareil sujet, en notant dès les premiers mots que Robert Falcon Scott et ses quatre compagnons sont tombés victimes de circonstances qu’aucune expédition polaire n’avait encore trouvées réunies et liguées.
- Mais il nous faut d’abord esquisser la biographie du héros ; nous y recueillerons la preuve qu’il avait au plus haut degré les qualités qui font l’homme de génie : la conception de l’idée, l’esprit d’exécution, le souci du détail, la connaissance des hommes. C’est indiquer déjà que Scott n’abandonnait rien au hasard. Le hasard s’est vengé de ce dédain, effroyablement.
- Né à Devonport en 1868, il embrasse la carrière navale, débute à quatorze ans comme élève-officier, obtient rapidement son brevet de lieutenant-torpilleur, sert soüs les ordres de l’amiral Egerton, vétéran des expéditions polaires. Ses ambitions d’explorateur ont pris corps, et il recueille de la bouche de son chef de précieux enseignements. Dès lors, les récits de voyages dans les régions antarctiques deviennent ses livres de chevet.
- La presse britannique ouvre une campagne en faveur de, l’organisation d’un voyage d’exploration vers l’Extrême-Sud ; les fonds sont réunis. Sous le patronage de deux amiraux qui ont jugé à l’œuvre le jeune officier, Scott est nommé commandant de l’expédition, en juin 1900, et le premier volontaire dont il accepte les/services est Ernest Shackleton, son ami, qui va devenir son élève avant de s’improviser son rival. ~ -
- La Discovery, construite spécialement pour l’expédition, met à la voile en août 1901. Cinq mois plus tard, soit en janvier 1902, elle atteint le continent antarctique, que des pieds humains foulent pour la première fois, et c’est encore pour la première fois
- Il ne faut pas oublier que le tracé du Mont d’Or a été élaboré uniquement pour combattre celui de la Faucille, qui raccourcissait le tracé Paris-Genève de 146 km, mais coûtait 125 à 130 millions. Or, le tracé Frasne-Yallorbe passe à plus de 900 m. d’altitude, il raccourcit d’une quinzaine de kilomètres, il passe dans une des régions les plus mauvaises au point de vue de la neige, son profil est déplorable, alors que celui de la Faucille était parfait et il va coûter presque autant. Les tunnels de la Faucille, étant des tunnels de base, avaient tous leur tracé au-dessous de couches imperméables les mettant à l’abri de l’invasion des eaux.
- Que le Frasne-Yallorbe serve au moins de leçon pour l’avenir : lorsque l’on reprendra le projet de la Faucille, qu’on adopte le tracé primitif, tei que je l’ai étudié en 1902. Si, sous prétexte d’économie, on essaie de substituer aux tunnels de base de petits tunnels d’altitude, on se lancera dans la pire des aventures. E. Fournier.
- ^ Professeur à l’Université de Besançon.
- DU PÔLE SUD
- qu’une expédition se décide à hiverner dans le voisinage du Pôle Sud.
- En novembre 1902, Scott et ses deux compagnons, Shackleton et le Dr Wilson abandonnent leur hivernage et s’acheminent vers le Pôle. Ils marchent durant 59 jours et ne s’arrêtent que devant la crainte de manquer de vivres pour eux et pour leurs chiens. Quand ils se décident à rebrousser chemin, ils se trouvent à 610 km de leurs quartiers d’hiver, et peu s’en faut qu’ils laissent leurs ossements au fond de ces solitudes ; retardés par des tempêtes de neige, c’est dans un état de complet épuisement qu’ils atteignent enfin la Discovery. Le salut quasi inespéré préparera le scientifique qu’est Robert Scott à croire au miracle.
- Après un second hivernage, l’intrépide explorateur repart en traîneau, en octobre 1903, à la recherche d’une route qui le conduirait plus rapidement vers le Pôle. Il traverse les montagnes de la Terre de Yictoria, aperçoit l’immense plateau où il rêve déjà de s’élancer en traîneau automobile et, ajournant la satisfaction de sa glorieuse ambition, rentre en Angleterre où ses compatriotes, et avec eux tout le monde civilisé, lui font fête.
- Son ami et disciple, Ernest Shackleton, repart bientôt à la conquête du Pôle et s’en approche à 179 kilomètres en suivant la route indiquée par son maître. Robert Scott est repris de l’amour dés aventures, bien qu’il vienne de contracter mariage, et il dresse les plans d’une nouvelle expédition. Son calvaire commence : où trouvera-t-il les soixante mille livres sterling qu’elle doit coûter? Il emprunte à droite et à gauche, vend à l’avance ses relations de voyage et ses tournées de conférences, fait appel à la générosité de ses compatriotes. Enfin son navire, la Terra-Nova, part le 1er juin 1910 de Londres
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- i. Le capitaine 'Scott. — 2 .La Terra-Nova dans les glaces. 3. La Terra-Nova à Londres. — 4 Le sous-officier Evans.
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- pour la Nouvelle-Zélande, et il la rejoint six semaines plus tard en s’embarquant sur un paquebot-poste. Le 29 novembre', le petit vapeur part de Port-Chal-mers, sa dernière escale, et le 20 décembre, après avoir lutté pendant onze jours contre la banquise, il atteint enfin l’eau libre de la mer de Ross. Le 25 janvier 1911 l’expédition procède à l’établissement de ses quartiers d'hiver sur la rive du Mac Murdo Sound.
- Le grand raid vers le Pôle va commencer, et Scott est ardemment convaincu qu’il atteindra le but glorieux, ci tte fois. Non! Il n’a rien abandonné au hasard! Son plan, méticuleusement étudié depuis des années, sera exécuté mathématiquement. Il sait exactement en quels points devront être établis les dépôts de vivres et de combustible qui jalonneront sa route. Il a trié sur le volet, parmi les hommes d’élite qui se sont attachés à sa fortune, les quatre compagnons qui le verront planter le drapeau britannique sur le Pôle conquis : le Dr E. A. Wilson, le lieutenant de vaisseau H. R. Bowers, le capitaine de cavalerie L. E. G. Oates (qui contribua financièrement à l’organisation de l’expédition), le sous-officier Evans. Ils sont tous vigoureux, jeunes, enthousiastes, et plusieurs, dans le nombre, sont déjà familiers avec cette terre de la désolation et du silence qu’est l’Antarctique. Quant à lui, c’est un athlète sur qui la fatigue physique n’a pas de prise.
- Soudain, la foudre éclate sur ce plan admirablement organisé, et à l’heure même où il entre dans la période d’exécution : le 4 février, en explorant la côte de la grande Barrière de Glace, dans la baie des Baleines, la Terra-Nova aperçoit le Fram!
- Le Fram ! Amundsen ! Ces deux mots sonnent un glas d’angoisse aux oreilles de l’explorateur, lui qui croyait, comme tout le monde de la géographie, que le navigateur norvégien était à ce moment aux prises avec les glaces du Pôle arctique? Il faut rendre cette justice à M. Roald Amundsen qu'il avait préparé ce coup de théâtre avec une rare maîtrise. Dès janvier 1909, il confiait à de bavards reporters ses plans d’organisation d’une expédition vers le Pôle Nord, et personne — Scott moins que tout autre — ne songeait à mettre en doute celte annonce. Mais, tandis que la Terra-Nova se dirigeait vers la Nouvelle-Zélande, ouvertement, sans malice, si l’on peut dire, le Fram, lui, partait pour le cap Horn, en laissant croire qu’il gagnerait de là le détroit de Behring. L’itinéraire était habilement calculé : quand Scott aurait dit adieu à la civilisation en s’éloignant de sa dernière escale néo-zélandaise, il n’aurait aucune raison de soupçonner que M.,Amund-sen ne voguait pas alors dans les parages du Chili ou du Pérou.
- Le Fram fait escale à Madère, et l’explorateur norvégien se décide enfin à révéler ses véritables intentions à ses amis de Christiania : « Nous partons directement d’ici pour les régions antarctiques, leur écrit-il, afin de faire concurrence aux Anglais. Je
- DU PÔLE SUD :
- ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour ne pas humilier la Norvège..... »
- On peut donc s’imaginer la pénible surprise qu’éprouvent Scott et ses compagnons en apprenant que le Fram est ancré à peu près à la même distance du Pôle que la Terra-Nova, à une centaine de lieues de leurs propres quartiers d’hiver, et l’on est en droit de penser que la nouvelle cause un certain malaise parmi eux. Maîtres de la situation, ils avaient compté choisir leur heure avant de s’élancer vers le Pôle; mais la présence d’un rival, prêt à leur ravir une gloire dont l’attrait leur a coûté tant d’efforts, va leur imposer le choix de cette heure. Sans cette fatale intervention, Scott remettrait son départ à l'automne de 1912; il attendrait un nouvel arrivage de ces poneys sibériens et de ces mules de l’Ilima-lava sur les services desquels il avait tant compté, et qui n’ont pas encore atteint ses quartiers.
- « Je me rends bien compte, écrit-il à un ami, que la présence d’Amundsen complique extraordinairement notre situation . mais, comme nous risquerions de ne jamais atteindre le Pôle si nous acceptions cette course au clocher, je suis bien résolu à agir exactement comme si Amundsen n’était pas ici.... »
- Sage résolution dont le héros n’aurait pas dû se départir ! Il part le 1er novembre avec ses quatre compagnons ; mais il n’a ni poneys ni chiens, d’où l’obligation de limiter au minimum ses provisions de bouche, son combustible, son matériel de campement. Il croyait avoir prévu l’impossible, et jamais une expédition polaire n’avait été préparée avec pareil esprit de méthode; et le voilà contraint de partir dans des conditions déplorables, et avec un retard de plusieurs semaines passées à attendre les poneys. Aussi, entreprend-il son voyage de 1300 kilomètres (2600 avec le voyage de retour) par un temps abominable, sous des rafales de neige qui immobilisent trop fréquemment cette poignée de héros.
- D’après leurs calculs, ils devraient célébrer la Christmas au Pôle, et ils en sont encore à 235 kilomètres le 4 janvier. Ils n’y parviennent que le 18 janvier, et pour y trouver le drapeau norvégien, planté dès le 14 décembre par leur rival. Frustrés de leurs lauriers, ils rebroussent tristement leur chemin vers le Nord. Démoralisés, insuffisamment nourris, guettés par cet infernal ennemi des explorateurs polaires qu’est le scorbut, ils voudraient doubler les étapes, rentrer au moins avec la vie, à défaut de la victoire qu’ils avaient ardemment convoitée. N’ont-ils pas tous des mères, des femmes, des enfants, qui les attendent au pays?
- Mais la fatalité s’acharne contre eux. Le plus robuste des cinq, Evans, un colosse, fait une chute grave, et meurt quelques jours - plus tard, le 17 février. Déjà affaiblis par les premières atteintes du scorbut, ses compagnons doivent encore se partager la charge qu’il transportait si vaillamment. Des tempêtes épouvantables retardent leur pénible avancée, et ces pauvres gens, que hante le cauche-
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- : : ............ LA TRAGÉDIE
- mar du quart de ration, après la demi-ration dont ils ont dù se contenter depuis plusieurs semaines, ont à subir d’effroyables températures de quarante-trois degrés centigrades au-dessous de zéro !
- Le tour vient au jeune capitaine Oates de dire adieu à la vie. Les pieds et les mains gelés, il a lutté héroïquement pour suivre ses compagnons ; mais, déjà, il comprend que le salut de ses camarades dépend de sa disparition, puisque son affaiblissement retarde leur marche. Et le vaillant officier qui avait rapporté de la guerre du Transvaal le glorieux sobriquet de « No surrender Oates » — Gâtes qui ne se rend jamais — complote dès à présent de rendre les armes à la destinée.
- Le 16 mars, il déclare en se couchant sous la tente qu’il espère bien ne pas se réveiller. Mais il se réveille au matin. Dehors, la tempête fait rage. D’un suprême effort, il se redresse, enveloppe ses compagnons d’un dernier regard, trouve en lui, moribond comme il l’est, l’énergie surhumaine d’un sourire, et annonce : « Je vais dehors pour un instant.... » Si jamais suicide fut héroïque, c’est bien le terme qu’il faut accorder à la mort volontaire du jeune capitaine, qui, pour sauver ,ses compagnons, s’éloignait d’eux pour aller s’étendre sous les rafales de neige, le jour même de son trente-troisième anniversaire de naissance. Et l’on retrouvera l’appréciation de cet acte sublime dans le journal de Scott :
- « Nous savions que Oates marchait à la mort, mais, tout en nous efforçant de le dissuader, nous comprenions que c’était là l’acte d’un homme brave, d’un gentilhomme, d’un Anglais.... »
- Quand le journal de Scott, qu’il tint scrupuleusement au jour le jour jusqu’à la veille de sa mort, sera publié, nous saurons quels incidents se produisirent durant les douze jours écoulés entre le noble suicide du capitaine Oates et la mort des trois survivants. On sait déjà qu’ils luttèrent désespérément contre l’infortune, qu’ils retrouvèrent les dépôts établis le long de leur route par les expéditions préliminaires, qu’ils s’y réapprovisionnèrent en vivres, mais qu’ils eurent le désespoir de constater qu’ils ne contenaient pas la provision de combustible liquide (essence et pétrole) sur laquelle ils avaient établi leurs calculs. Et c’est là l’inexplicable et formidable accusation que nous apporte l’immortel Message au public qu’écrivit Scott quatre jours avant sa mort, alors que ses doigts n’avaient plus la force de tenir la plume.
- Cependant, le miracle faillit se produire! Scott, Wilson et Bowers purent s’approcher à moins de 18 kilomètres du One-Ton-Depot ! En une journée de marche, ils pouvaient changer le cours de leurs destinées ! Mais une tempête leur barrait la route, et ils dressèrent la tente qui serait leur linceul et leur cercueil. Quand, le 12 novembre, soit sept mois et demi après la fin tragique des trois héros, l’expédition de secours retrouva leurs cadavres, il lui fut aisé de reconstituer la dernière veillée. Les malheu-
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- reux avaient épuisé totalement— jusqu’aux miettes de biscuit —leur réserve de vivres ; il ne leur restait plus qu’une petite quantité de thé. WiLon et Bowers comprirent que la fin était proche, et ils s’allongèrent dans leurs sacs de fourrure pour s’y endormir dans la mort. Lui, Scott, s'acharna à vivre, à espérer, jusqu’au moment suprême : qui sait si une expédition de secours n’allait pas arriver d’un instant à l’autre? qui sait si la tempête de neige, qui faisait rage depuis neuf jours, n’allait pas se calmer?...
- Il refusa de se coucher, s’installa au centre de la tente, le dos appuyé au mât; puis, comme le bois trop mince lui meurtrissait la nuque, il plaça derrière sa tête l’épais cahier où il venait de consigner ses dernières notes. Et ce fut dans cette altitude de rêveur que mourut l’un des hommes les plus énergiques qu’aient produits noire époque, celui que la postérité honorera comme l’un des plus illustres explorateurs polaires.
- On invoque trop aisément la fatalité pour expliquer les désastres; mais il faut bien reconnaître qu’elle s’acharna à la perte de l’Expédition Scott. Dans son « Message au Public », le héros se contente de désigner quelques-unes des causes de son échec : le manque de transport animal, l’état anormal de la température, le manque de consistance de la neige durant le voyage de retour, la disette de combustible dans les dépôts. Mais, grâce aux confidences recueillies de la bouche de plusieurs membres de l’expédition par les journaux de Nouvelle-Zélande, au retour de la Terra-Nova, il est possible de dresser une liste plus complète des causes techniques ou fortuites du désastre :
- 1° Sur les 49 poneys qui devraient coopérer à la marehe vers le Sud, il n’en reste plus que 8 en octobre 1911;
- 2° Une épidémie décime les chiens esquimaux un mois avant le départ ;
- 5° Les traîneaux automobiles fonctionnent mal ;
- 4° Les 8 poneys disponibles tombent malades, et l’on perd du temps à attendre leur rétablissement ;
- 5° Des vents violents et une neige molle retardent la marche vers le Pôle ;
- 6° Evans, le plus robuste des cinq hommes, devient à moitié fou aux abords du Pôle. Non seulement il ne peut plus rendre de services, mais il retardera la marche de ses compagnons longtemps avant de subir la blessure qui hâtera sa fin;
- 7° La constatation que M. Amundsen les a devancés démoralise les malheureux ;
- 8° Une série de vents debout, jointe au mauvais état de la neige, retarde leur voyage de retour;.
- 9° L’épuisement de Oates les retarde encore ;
- 10° La disette de pétrole dans les dépôts les expose à mourir de froid;
- 11° Une tempête de 9 jours les arrête à quatre lieues et demie du dépôt qui est leur suprême espoir; >
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- 12° Un détachement, commandé par le lieutenant Campbell, devait, d’après le plan de Scott, venir à sa rencontre en février. La Terra-Nova, qui devait coopérer à cette expédition de secours, ne put réussir à s’approcher de la côte. Abandonné sans vivres ni vêtements d’hiver, ce détachement vécut durant six mois dans une hutte de neige, en se nourrissant exclusivement de viande de phoque ;
- 13° La maladie du capitaine Evans, commandant de la Terra-Nova, contribua à faire échouer les plans de Scott;
- 14° Une expédition de secours, composée de deux hommes et de deux attelages de chiens, partit fin février des quartiers d’hiver pour se porter à la rencontre de Scott. Elle atteignit le One-Ton-Depot le 3 mars et y demeura jusqu’au 10. L’épuisement des chiens l’empêcha de pousser plus loin ;
- 15° Une nouvelle expédition de secours fut arrêtée par le mauvais temps.
- De ces quinze causes d’insuccès, la première fut, de toute évidence, la plus décisive : le plan de Scott reposait sur l’emploi des poneys qui avait si bien réussi à Shackleton. Ces poneys venant à manquer, le plan s’effondrait : Evans, harassé, épuisé, devenait fou, et les malheureux, perdant un temps précieux à le secourir, épuisaient leurs provisions, s’affaiblissaient à leur tour, et n’avaient
- plus la force d’atteindre le dépôt de vivres.
- Comme nous terminions cet article, de nouvelles dépêches de Christchurch (Nouvelle-Zélande) nous apportent quelques renseignements complémentaires tirés des notes trouvées dans la tente fatale. Nous les résumerons ici pour nos lecteurs.
- Scott et ses compagnons croisèrent la piste des chiens de M. Amundsen par 88° de latitude et la suivirent jusqu’au camp des Norvégiens, situé à 5 kilomètres du Pôle. Le matin du 17 janvier, ils aperçurent la tente laissée par les Norvégiens, et Scott prit des observations avec un théodolite : elles indiquèrent 89° 59 1/2' S. Ils poussèrent donc leur traîneau-automobile pendant un demi-mille, et Scott planta le drapeau britannique. Des deux journées passées au Pôle, la première fut nuageuse, mais la seconde fut claire, et le soleil se montra.
- Les explorateurs prirent dix photographies sur pellicules, et Scott en prit lui-même deux autres montrant la tente de M. Amundsen. Retrouvés dans les bagages des trois héros, ces douze clichés deviendront de précieuses reliques pour les géographes comme pour tous ceux qui admirent, en Robert Falcon Scott et en ses compagnons, les nobles exemples de courage et d’abnégation dont viennent de s’enrichir les annales du genre humain.
- Y. Forbin.
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- Que le lecteur se rassure! Je ne viens pas lui présenter quelque nouvel hôtel monstre, à l’usage d’Américains milliardaires. Le Cliff-Palace, ou le palais dans la falaise, pour lui donner son vrai nqm, est cependant une chose américaine, une des plus modernes et des plus anciennes, et, comme il convient à ce qui est d’Amérique, la principale au monde ; un village préhistorique, restauré, comme on a restauré chez nous le château de Pierrefonds, et destiné, pour F amusement ; du touriste et l’instruction de l’homme de science, à montrer, sur la place même, ce qu’était une des plus curieuses formes de la civilisation américaine autochtone, avant la venue des blancs.
- Cliff-Palace est, comme l’indique la première moitié de son nom, non pas un palais, comme pourrait le faire croire la seconde moitié, mais un village préhistorique, établi dans une falaise, un de ces sites de cliff-dwellings (habitations dans la falaise) dont l’importance est fiepuis longtemps reconnue dans toute la région Sud-Ouest des États-Unis. Les lecteurs de La Nature savent que cette même région est celle aussi des « pueblos », ces villages peaux-rouges, à architecture très particulière et déjà ' très avancée, que les conquérants espagnols ont trouvés établis à leur arrivée et dont quelques-uns sont encore habités aujourd’hui, notamment par les tribus Hopis et Zunis. Les cliff-dwellings du même territoire ne sont pas autre chose — du
- moins à beaucoup d’égards — que des pueblos enfoncés dans la falaise des canons du pays, au lieu d’être installés dans les vallées ou sur les plateaux. Cliff-Palace est le plus grand, le plus pittoresque et le plus typique de ces villages. Il a, de plus, ce mérite singulier d’être compris dans une de ces « réservations » de beautés naturelles ou humaines, que les États-Unis ont établies sur leur territoire, sous le nom de « parcs nationaux » ; c’est une des merveilles du National Park de la Mesa Verde, dans le, Colorado. Et c’est à ce titre que le soin d’en fouiller et d’en restaurer les ruines fut confié, en 1909, à l’un des bons collaborateurs du Bureau d’ethnologie américaine de la Smithsonian Institution, M. J. W. Fewkes.
- La substantielle monographie (Q que cet auteur vient de publier, après avoir accompli sa mission, montre que le choix de Cliff-Palace était particulièrement heureux comme « illustration » d’un des types principaux de la civilisation préhistorique américaine.
- Chose curieuse, malgré son importance, Cliff-Palace échappa, à la curiosité non seulement des conquérants espagnols, mais même des ecclésiastiques et des colons qui leur succédèrent, et ne fut découvert qu’entre 1880 et 1890. Décrit sommairement par F. H. Chapin (1890), W. R. Birdsall (1891),- puis plus longuement par Nordenskiôld
- 1. Bur. of American Ethnology, Bull. 51, 1911,
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- Fig. i. — Vue générale de Cliff-Palace.
- Fig. 2. — La partie sud de
- Cliff-Palace, après la restauration.
- Fig. 3. — La « Maison'ffu Chef •> (attribution douteuse), après restauration.
- dans son ouvrage en suédois sur les cliff-dwellers M. Fewkes une description détaillée et complète. Le de la Mesa Yerde (1895), il devait attendre jusqu’à fait s’explique par le site même, le canon presque
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- au fond duquel se trouve Cliff-Palace étant épais-sement boisé de cèdres et de pins, mêlés à des souches de chêne. -
- Le village, dont la forme générale est celle d’un croissant, emplit presque complètement l’intérieur d’une vaste caverne, du type « abri sous roche », dont le seuil est relié au fond de la vallée par un talus d’éboulis couvert de végétation. Aux temps préhistoriques, les « fermiers » qui y habitaient se rendaient, par quelques sentiers abrupts, sur le plateau du canon, situé au-dessus du village, pour visiter les champs de maïs qu’ils y entretenaient, au milieu des clairières de cèdres. Le nom que les Blancs donnèrent au premier de ces sentiers lorsqu’ils le découvrirent la « misère des hommes gras » — indique assez que cet accès n’était point commode et que Cliff-Palace n’était pas à la merci d’un coup de main. Il est probable que cette qualité de forteresse naturelle en avait décidé le choix, malgré la difficulté de se ravitailler en eau, car le canon est à sec et les habitants ont dû faire des réserves artificielles.
- Le plancher de la caverne n’est pas d’un niveau égal, mais formé de sept terrasses assez irrégulièrement superposées, sur lesquelles s'étageaient les habitations, autour d’une place publique irrégulière, située vers le tiers de la longueur totale de la façade. Abandonné depuis des siècles — puisqu’on n’y a absolument rien trouvé qui indique une influence, même lointaine, de la civilisation blanche — le site était très endommagé par les intempéries lorsque M. Fewkes y pénétra, et il l’était encore plus par le vandalisme humain, notamment par celui des chercheurs de poterie, qui avaient crevé des quantités de planchers et achevé de renverser les murs branlants. La restauration de M. Fewkes n’a naturellement été que partielle, il n’a pas rebâti les murs tout à fait détruits, mais complété ceux qui étaient endommagés, rétabli les liaisons évidentes, reconstitué les planchers et les toits, en se fondant sur l’examen des débris qui en restaient. Des enduits de ciment, des conduites pour l’écoulement des eaux d’infiltration ou de ravinement, ont achevé le salut des « antiquités majeures », c’est-à-dire du site lui-même. Quant aux« antiquités mineures » — ou à ce qui en restait, et c’était fort peu de chose — des outils de pierre (entre autres des meules à maïs), de la poterie, de la vannerie (paniers et sandales), des outils de bois, des moulins à feu, des outils d’os, des pendants d’oreilles en turquoise, des graines, des étoffes tissées, le tout a été envoyé au Musée national des Etats-Unis. L’emplacement, ainsi « remis , à neuf », donne l’idée concrète la plus satisfaisante de ce qu’était un cliff-dwelling dans le sud-ouest des i États-Unis, aux derniers temps de l’âge de la pierre américain.
- Le plus grand nombre des habitations sont ce que l’auteur appelle des « chambres séculières » par opposition aux bâtiments d’usage religieux. Toutes ces chambres ont été numérotées de 1 à 94, mais en
- réalité leur nombre est supérieur à ce chiffre, le numérotage n'ayant pas tenu compte du nombre des étages, qui est souvent de deux ou de trois, et quelquefois de quatre. Ces pièces frappent d’abord par leur petitesse, et il est, à cause de cela, de croyance populaire aux États-Unis que les habitants de falaises — les cliff-dwellers — étaient des hommes de petite taille. Les quelques ossements retrouvés montrent que cette opinion n’est pas fondée ; la faible dimension des pièces indique simplement que la vie des cliff-dwellers se passait surtout au dehors, soit sur la place ou dans les ruelles du village, soit dans la campagne environnante.
- Ces chambres — circulaires ou rectangulaires — sont, en règle générale, comme les bâtiments religieux d’ailleurs, bâties en blocaux de pierre, taillés à grandeur approximativement uniforme, et reliés par un mortier devenu très dur. Quelquefois la pierre est remplacée par de la brique d’argile, à forme cubique, et dans quelques cas par de la brique adobe (faite de terre pétrie avec des cendres végétales). L’arc est inconnu dans toutes ces constructions, aussi bien que l’emploi de piliers, pour soutenir, par exemple, les planchers ou les toits. Les murs, dont la coupe est en sifflet, plus large à la hase qu’au sommet, sont recouverts d’un enduit d’argile, appliqué à la main (probablement par les enfants et les femmes) et souvent décoré de dessins et de peintures. Les portes et les fenêtres donnent aux bâtisses un aspect typique. Les portes, en effet, ne donnent pas accès de plain-pied au dehors ; vues de l’extérieur, ce ne sont que des fenêtres plus grandes, soit rectangulaires, comme sont les fenêtres, soit en forme de T : on y accédait au moyen d’échelles volantes, appuyées quelquefois à la saillie d’un balcon. Lorsque l’habitant, installé sur son plancher d’argile durcie, avait retiré les échelles, il pouvait reposer en paix chez soi, comme dans une citadelle inexpugnable.
- La plupart de ces pièces servaient à l’habitation, soit comme chambres des femmes (dont elles étaient sans doute la propriété) et centres de la vie familiale, soit comme dortoirs. D’autres étaient réservées à la mouture du maïs, et quelques-unes servaient de magasins aux clans divers. Une dernière enfin servait de chambre crématoire : on y brûlait la plupart des morts de la tribu, dont on a retrouvé pêle-mêle des ossements et des cendres.
- D’autres morts — ou peut-être des morts destinés à être brûlés plus tard — étaient déposés tout à fait au fond de la caverne, derrière les habitations : on en a retrouvé là un certain nombre, momifiés naturellement, par suite de la sécheresse de l’air. Le même endroit servait à accumuler les objets de rebut les plus divers.
- Les bâtiments religieux — les Kivas, comme on dit — sont une des particularités de l’ancienne civilisation nord-américaine du sud-ouest de l’Union. Ces « chambres cérémonielles » sont en principe (et presque toujours en fait) souterraines. Cela ne les
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- empêche pas d’être construites, et c’est ainsi que la place publique de Cliff-Palace n’est pas autre chose que le toit des kivas du village, toutes resserrées dans le même endroit. Elles se trouvent en avant des habitations séculières, celles-ci étant ramassées au fond de la caverne. Gomme toutes les kivas, aussi bien celles des autres cliff-dwellings que celles des Pueblos, celles de Cliff-Palace n’ont pas de fenêtres ; elles n’étaient éclairées que par la flamme du foyer qu’on y entretenait, d’où le nom d’estufa que leur avaient donné les Espagnols et que Jere-miah Curtin(1) traduisait — plaisamment, mais justement — par « maison de sueur ». Dans les pueblos modernes, ceux des Hopis par exemple, chaque kiva appartient en propre aux membres d’un clan déterminé et en particulier aux « fraternités » d’hommes, quoique quelques « sororités » (le mot est yankee) y aient parfois accès. Il est extrêmement probable qu’il en était de même à Cliff-Palace.
- Le travail accompli à Cliff-Palace n’ajoute rien de nettement inédit aux connaissances antérieurement acquises. Son but, original et nouveau, était d’ailleurs simplement de présenter une sorte de musée en place, une leçon de choses, en prenant un exemplaire topique, et ce but est parfaitement atteint. De plus, c’est sinon le premier, du moins le second (2), et en tout cas le plus important des cliff-dwellings qui aient fait l’objet d’une étude monographique. Or, au point de vue scientifique, le résultat de cette étude est de montrer que la méthode monographique s’impose pour l’investigation des cliff-dwellings et des pueblos, si l’on veut arriver à une solution précise des problèmes posés à leur égard.
- Le plus important de ces problèmes est celui des rapports entre la civilisation des cliff-dwellings et celle des Pueblos. Par leur plan d’ensemble, par
- celui des habitations privées et des kivas, par le style et la technique architecturale, par le mobilier et le matériel, et par les mœurs qu’impliquent ces conditions, ces deux civilisations n’en font qu’une — et l’on peut dire que le cliff-dwelling est un pueblo à flanc de falaise, à moins qu’on ne préfère dire que le pueblo est un cliff-dwelling en liberté. C’est là justement ce qu’il s’agit de savoir : si la civilisation pueblo est sortie de la falaise, ou si elle y est entrée. La question est bien loin d’être tranchée et il se peut qu’elle ne le soit pas par une solution uniforme. Il semble cependant que, d’une façon générale, le cliff-dwelling ait été abandonné plus tard que le pueblo : cela signifie qu’au moment de sa décadence la civilisation des pueblos s’est retirée et est venue mourir dans la falaise, comme dans un dernier refuge, mais cela n’éclaire pas les rapports antérieurs des deux sortes de sites.
- Une conclusion de l’étude de l’àge de la pierre nord-américain qui se confirme de plus en plus, c’est que, dans le sud-ouest des Etats-Unis, l’époque des Pueblos (et des cliff-dwellings) a été précédée par celle que les ethnologistes américains nomment des « pit-rooms » ou des « fosses ». Elle tire son nom de sa caractéristique : des petites chambres, circulaires ou rectangulaires, qui sont artificiellement creusées, les unes dans la paroi des falaises, les autres verticalement dans le sol. La kiva souterraine des pueblos et des cliff-dwellings serait une survivance de cette époque ancienne pendant une époque plus récente.
- Comme je l’ai indiqué ici naguère (n° 2012), il est tout aussi impossible d’avancer des dates pour la préhistoire américaine que pour la nôtre. On voit cependant qu’elle possède, elle aussi, ses époques déterminées et ses particularités propres.
- Jeak-Paul Lafitte.
- NOUVELLES TRANSMUTATIONS DE MATIÈRE
- Les expériences de Ramsay, Collie et Patterson.
- Le mot de transmutation, banni du langage scientifique aux xvme et xixe siècles, a reconquis, dès la découverte de la radioactivité, tous ses droits. Les corps radioactifs ne donnent-ils pas lieu à des phénomènes nets et indiscutables de transmutation de matière? Le radium, corps simple au sens chimique du mot, se détruit spontanément pour donner naissance à de l’hélium, et à ce gaz curieux, que nous nommons en France émanation et que Ramsay a baptisé niton. Le niton à son tour dégage de l’hélium, et donne naissance à un autre corps simple, le radium À, qui lui-même fait bientôt place à toute une série de nouveaux corps simples, aboutissant au polonium.
- Ces faits nous ont familiarisés à nouveau avec les
- [. Auteur d’admirables recueils de contes peaux-rouges.
- 2. Le premier est Spruce-ti’ee bouse (La Maison du Sapin), décrit également par M. Fewkcs (Dur. of. Am. Ethn. BkII.JlA).
- rêves des alchimistes qui nous paraissent aujourd’hui moins chimériques. Aussi a-t-on accueilli avec le plus vif intérêt, mais sans le moindre scepticisme a priori, la nouvelle sensationnelle, transmise la semaine dernière par les journaux, que des cas nouveaux de transmutation avaient été mis en évidence par Sir William Ramsay et ses élèves, les professeurs Collie et Patterson.
- Avant de résumer les communications de ces savants à la Chemical Society de Londres, nous devons insister sur le caractère essentiel des transmutations radioactives, les seules actuellement bien connues : elles sont spontanées, automatiques, et échappent absolument à notre action. Tous les moyens d’action ont été expérimentés : chaleur, lumière, pression, dilution, concentration, etc., nul n’est capable de modifier en quoi que ce soit l’évolution d’un atome de radium. Le phénomène
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- « échappe à notre influence autant peut-être que lui échappe l’évolution d’une étoile lointaine ». (Jean Perrin, Les atomes.)
- Nous voici loin de la transmutation telle que la concevaient les alchimistes. Cependant sir William Ramsay a pensé que l’énergie formidable libérée par la destruction de l’atome de radium, pourrait être utilisée pour démolir l’édifice atomique d’autres substances. Cette énergie se manifeste, on le sait, sous trois-formes simultanées : projections de particules positives a, qui sont des atomes d’hélium porteurs de deux charges positives; projections de particules [3, qui sont des corpuscules électrisés négativement ou électrons émis à des vitesses atteignant les 9/10 de celle de la lumière ; émission de radiations y qui sont des ébranlements de l’éther semblables aux rayons X.
- Les expériences de Ramsay ont utilisé les rayons 6. Le grand savant anglais a annoncé tout d’abord la transmutation du cuivre en lithium, qui n’a pas été confirmée ; puis plus récemment celle du silicium en carbone, qui exige encore une vérification.
- Un moment sir William se trouva privé de sa pierre philosophale. Le radium dont il disposait lui avait été prêté, et il avait dû le rendre. Il songea alors à expérimenter une autre source de rayons (3, beaucoup plus abordable, à savoir la vulgaire ampoule à rayons X. Les rayons cathodiques, qui en heurtant l’anticathode y donnent naissance aux rayons X, ne sont autre chose que des émissions d’éleclrons, identiques aux corpuscules [3 du radium, mais animés d’une vitesse moindre.
- Telle est l’origine des expériences déjà célèbres, que toute la presse a signalées. Ramsay prit de vieilles ampoules à rayons X; il les brisa pour recueillir les gaz qu’elles contenaient : à l’analyse, il trouva de l’hélium, du néon et de l’argon. Puis, au lieu de briser les ampoules, il les chauffa à 500°, recueillit les gaz et y trouva le spectre de l’hélium et d’un peu de néon. La présence du néon et de l’argon s’expliquent. Ce sont des constituants de l’air atmosphérique, il a pu en rester des traces, après que le vide a été fait dans l’ampoule. Mais l’hélium! D’où vient-il? Selon Ramsay, sa présence ne peut s’expliquer que par une transmutation, dont il resterait à préciser les conditions.
- Les communications de MM. Collie et Patterson ont porté sur la présence du néon dans l’hydrogène après le passage de décharges électriques dans l’hydrogène à basse pression. Les premières expériences de M. Collie avaient eu pour objet de, décomposer le spath fluor par la décharge. En expérimentant sur du spath fluor reçu d’Islande par Sir William Ramsay, il obtint de l’hélium. De nouvelles investigations effectuées au moyen des appareils imaginés précédemment par Ramsay révélèrent la présence du néon. On obtint le même résultat avec du fluorure de calcium artificiel, avec de la laine de verre et même en faisant passer l’étincelle dans le tube de verre vide.
- D’où vient le néon? De l’air s’est-il infiltré à travers
- les interstices des robinets? Provient-il des impuretés de l’hydrogène dont le tube est rempli, ou de l’oxygène employé ultérieurement pour éliminer l’hydrogène ? Enfin le néon ne se trouvait-il pas dissous dans le verre? Le professeur Collie décrit les expériences faites par lui pour contrôler ces divers points. Elles aboutissent à une réponse négative. Il a même constaté que le néon n’aurait pu s’introduire du dehors à travers le verre chauffé. N’aurait-il pu cependant pénétrer dans le récipient à la faveur de la décharge des rayons X? Les expériences conduites en collaboration par MM. Collie et Patterson semblent fournir ici encore une réponse négative. Le tube d’expérience fut entouré d’un autre tube rempli de néon, et le résultat précédemment obtenu ne se trouva nullement modifié; le tube extérieur fut alors rempli avec de l’hélium, on trouva encore du néon à l’intérieur du premier. Puis on; pratiqua dans le tube extérieur un vide supérieur à celui du vide des ampoules à rayons X. M. Collie voulait voir s’il ne serait point passé du gaz du tube intérieur dans le tube extérieur. Un centimètre cube d’oxygène pur fut admis dans ce dernier tube ; ayant ensuite extrait le gaz par pompage, on y fit passer l’étincelle électrique : une légère explosion révéla la présence d’hydrogène. L’excès d’oxygène ayant été absorbé par le charbon, il restait des gaz résiduels qui réservaient aux deux savants une étonnante surprise. L’analyse spectrale révéla, dans ce résidu, de l’hélium mélangé d’un peu de néon.
- M. Patterson reprit l’expérience en remplissant d’oxygène le tube extérieur, après le passage de l’étincelle dans le premier tube, on trouva dans le second non plus de l’hélium, mais du néon.
- L’explication de ces deux curieuses expériences serait la suivante : dans la première, sous l’effet de la décharge électrique dans le tube à vide, l’atome d’hydrogène se serait chargé d’électricité, se serait condensé et aurait été expulsé hors du tube, sous forme de particules a, qui, une fois neutralisées, deviennent des atomes d’hélium.
- Dans la seconde expérience, les particules a projetées contre les atomes d’oxygène auraient donné naissance au néon. La valeur des poids atomiques de! ces 3 corps rend l’hypothèse vraisemblable : hélium (4) H-oxygène (16) = néon (20).
- De toute façon, nous assisterions à la naissance de corps simples à partir d’autres corps simples ; c’est-à-dire à des transmutations. Et celles-ci, à l’encontre des transmutations radioactives, seraient non plus des phénomènes à marche inflexible, échappant à tout pouvoir humain, mais bien l’œuvre raisonnée du physicien, renouvelable à volonté.
- Ces expériences, soulèveront sans aucun doute des controverses passionnées. Des vérifications précises, minutieuses sont nécessaires avant que ces résultats ne soient définitivement acceptes. '
- Sir J. J. Thomson, l’illustre physicien, a déjà formulé de graves objections que nous indiquerons dans notre prochain numéro. À. Troller.
- Le Gérant: P. Masson. — Imprimerie Lahvre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2075.
- Ier MARS 1913.
- LES CRISTAUX D’ART D’EMILE GALLE
- Dans la vaillante métropole de l’Est, cité orgueilleuse qui se dresse, non loin de la frontière, comme une citadelle avancée, un artiste éminent et trop tôt disparu, Emile Gallé, verrier-poète, qui ciselle la phrase comme il ciselle le cristal, ajouta, pour nos émois et nos émerveillements, un nouveau fleuron à la couronne d’art dont s’enorgueillit Nancy. C’est, chez lui, une véritable débauche — débauche heureuse et voulue — de formes et de coloris, et c’est, chanté sur chaque' vase,- dans chaque vase, à l’aide dé la Couleur et du tou-retj le poème éternel de la nature, de la nature vraie, vivante, aux contours invariables, immortels comme elle-même. , •
- Il a rendu, avec un art impeccable, avec une vérité saisissante, la tristesse des fonds marins, où d’étrangés poissons se glissent entre des aiguës bronzées. Il a fait revivre, sur le cristal, les teintes délicates et chatoyantes des fleurs, la grâce ailée du papillon,
- Délégante envolée de quelque graminée,- de quelque arbuste souple et flexible, la •
- force puissante et calme de quelque vieux tronc rugueux. Rien chez lui n’est laissé au hasard. Tout effet est voulu, cherché, obtenu, après quelquefois de longues études, de nombreux essais, un labeur obstiné, patient, qui n’est proprement qu’une forme du génie.
- Et l’artiste conçoit, et le verrier exécute, des vases symboliques comme celui qui fut offert au grand Pasteur, des vases où la matière asservie se plie aux caprices du maître; et ces vases, sur la panse des-
- i- — Lès rugosités sont enlèvées à l’aide de roues enduites IT de potée d’émert. Le brillant ci la décoration est produit de même jV l'aide de roues de liège enduites de potée-d’étain.
- 41' année.
- Ier semestre,
- quels rutile l’or des cuivres ou meurent des tons fanés, semblent sonner l’éclatante fanfare des san-/ glantes chevauchées, chanter l’ivresse de la jeunesse/.; et de l’amour, pleurer la tristesse et la mélancolie! des soirées endeuillées d’hiver. , 1
- Si le créateur de ces merveilles a disparu, son inspiration féconde subsiste. D’autres artistes, formés à son école, imbus de ses doctrines, dépositaires de ses secrets, ont conservé lés traditions du maître, continué son œuvre et maintenu très haut la réputation mondiale qu’avait donnée à ses productions le délicat artiste qui n’est plus.
- C’est dans l’usine où s’élaborent ces œuvres d’art que nous vous conduirons aujourd’hui. Un atelier de composition et dé dessin ’ spécial à la production verrière en est l’âme. Là sont exécutés, d’après de nombreux modèles de nature vivante ou morte, grâce, au jardin de! l’usine, grâce à ses collections d’histoire naturelle, les aquarelles et les cartons destinés aux émailleurs, aux graveurs ou aux peintres. Là, également, on cherche les profils pour lé tournage des formes en bois destinées au soufflage.
- C’est ensuite, dans un autre atelier, la recherche continuelle de colorations nouvelles. Ce qu’est cetté recherche, combien sont multiples les essais tentés, Gallé nous l’a dit lui-même, excellemment, dans ses Notices d Exposition, réunies ét publiées, avec d’autres écrits, en 1908 (1).:> Nous inspirant de ces
- 1. Émile Galle. Écrits pouf l’Art. Keriôùàrd-Laüreris, éditeur, 6, rue de Tournon, Paris. <
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- notices, dont nous reproduirons meme textuellement quelques passages. : ils vous donneront urte idée du labeur que représentent ces essais.
- Dès 1878, Gallé avait produit un verre à base de potasse auquel une petite quantité d’oxyde de cobalt donnait un joli ton de saphir.
- Il baptisa cette teinte Clair de lune. Elle fut reproduite, en Allemagne, sous le nom de Monds-chein ; en Angleterre, sous celui de Moonlighl-ylass.
- Par l’emploi de divers oxydes colorant la masse, par l’introduction de feuilles métalliques, or ou platine, il obtenait des effets nouveaux. Bientôt, il produisait « des tons jaunâtres d’écaille blonde, nuagés de rouge et de blanchâtre. Ces effets étaient produits par moi — dit Gallé — en projetant sur le marbre des groisils d’opale et de verre rouge au protoxyde de cuivre, recueillis par le verrier tout autour d’une paraison chaude. »
- L’argent, le soufre, lui donnaient ensuite des bruns, des verdâtres irisés, et l’iridium et le thallium, métaux rares et précieux, des colorations inédites.
- Par divers procédés : jaspures, marbrages, malaxages, interpositions de décors, il reproduisit des matières naturelles : gemmes, quartz, agates, jades. Il obtint ensuite, par projection de diverses matières,, «les bullages colorés d’une mince couche métallique. Grâce à l’action de l’atmosphère oxydante ou réductrice du four, il créa des flambés, perles métalliques, irisations.
- En vue d’enrichir le cristal par l’émail et la peinture, Gallé s’attacha à obtenir des couleurs et émaux vitrifiables à basses températures, et notamment des bleus, des verts, des jaunes non employés
- jusqu’alors, ainsi que des émaux transparents appliqués en relief. 11 produisit ensuite des émaux opaques de teintes fausses, parmi lesquels des émaux à l’or, et « il n’est guère de nuances, si fugitives soient-elles, que sa palette d’émaux en relief sur le verre ne reflète, depuis l’orangé, le rouge de cire à cacheter, jusqu’au violet et au pourpre ». Il les rehausse de feuilles métalliques iixées par des fondants, les complète d’émaux translucides permettant l’examen de certaines pièces, et la révélation de leurs beautés, aussi bien aux rayons réfractés qu’à la lumière réfléchie.
- A l’aide d’autres émaux, dits « émaux bijoux » fusibles à basse température, il put copier complètement la nature, imiter les émaux champlevés sur cuivre ou les incrustations sur cristal de roche. Il créa des glaçures très fusibles « noyant, sous un flux vitreux et teinté des gravures, des nielles, des paysages en camaïeux » et des verres doubles dont la capsule intérieure « ornée d’émaux-bijoux incrustés, a été emboîtée dans une capsule extérieure, la suture étant dissimuléepar un décor d email opaque ».
- Tels sont, exposés, ,pour un certain nombre d’entre eux, dans lesTermés mêmes dont s’est servi Émile Gallé, quelques-uns des per-fectionnements apportés.par luià l’art du verrier. Il en est d’autres, non moins heureux, et, de ce nombre,, est la production de taches obtenues à l’aide d’oxydes, et qui constituent un .puissant moyen de décoration pour les pièces riches;. Il en est de même, de la marqueterie de verre, qui est, elle aussi, un très heureux élément de décoration, et qui, retouchée par les graveurs à la
- Fig. 2. — Pose de bitume de Judée sur les parties qui ne doivent pas être mordues par Vacide.
- Fig. 3. — La pose de bitume de Judée sur les petites pièces.
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- LES CRISTAUX D’ART D’EMILE GALLE
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- roue,'a permis l’obtention de pièces fort originales.
- 11 nous reste à montrer maintenant à la suite de quelles opérations les matières diverses, mélangées avec leurs colorants dans une sorte de tambour, et transportées dans les creusets, vont se transformer en ces vases magiques décorés de paysages, de Heurs, d’insectes, d’oiseaux, d’animaux étranges. .
- La fusion du cristal s’opère dans un four Boëtius à 4 creusets pouvant contenir chafcun 550 kg de matière, à une température de 1400 à 1450°, obtenue par des gazogènes à coke. La matière en fusion est prise à l’aide de la canne de verrier, et, par soufflage, roulage, compression à l’aide d’instruments divers, amenée à la forme qu’elle doit avoir.
- Pour certaines pièces d’un profil plus délicat, ainsi que pour celles qui doivent être faites en série, l’ouvrier utilise des moules fabriqués à l’usine. La matière encore malléable est introduite dans ces moules et en épouse la forme intérieure sous l’action du soufflage.
- C’est sur les formes ainsi obtenues que sont appliqués les émaux opaques ou translucides, refondus ensuite dans des moufles. Mais ce n’est là qu’un genre de décoration. Il en est d’autres obtenus par doublage, triplage, quadruplage des colorations. Dans ce dernier cas, la matière est préparée d’avance à l’aide de diverses couches superposées, extérieurement les unes sur les autres, refondues et réchauffées un grand nombre de fois pendant la décoration, de manière à obtenir un ensemble très cohérent. La forme définitive n’est donnée qu’en-suite, soit par simple soufflage et à l’aide de pinces, ciseaux, compas, dont le verrier se sert avec beaucoup d’adresse, soit dans des moules en bois ou. en fonte. Ce sont les vases ainsi obtenus que la décoration ennoblira pour la plus grande satisfaction de nos yeux.
- Il faut au préalable que ces vases, détachés de la canne à l’aide de ciseaux, soient refroidis lentement, les pièces de verre ou de cristal, on le sait, étant sujettes à se. rompre par suite d’un refroidissement trop brusque. La pièce est donc transportée dans l’arche à recuire, où elle séjourne parfois pendant quatre jours, à une température de plus en plus faible.
- Au bout de ce temps, elle, peut être sortie de l’arche et remise aux décorateurs.
- Pour les pièces faites en série, la décoration est dessinée sur le vase à l’aide de
- Fig. 4.
- Un modèle de vase de Galle.
- Fig. 5.
- Un autre modèle de vase.
- Fig. 6. Une coupe de Galle.
- poncifs établis d’après les dessins et aquarelles élaborés à l’atelier de composition décorative. Ces poncifs appliqués sur le vase indiquent, au moyen de traits blancs, les parties à ménager. Les vases sont alors remis aux ouvriers et ouvrières qui, dans de vastes et clairs ateliers, sont installés le ( « long de tables garnissant le pourtour de ces salles.
- Les vases de grandes dimensions, d’un poids élevé, sont portés à l’atelier des hommes.
- Les petites pièces, plus légères et plus maniables, étant confiées aux femmes et même à de toutes jeunes fillettes. Chacun de ces ouvriers, homme ou femme, assis sur un tabouret devant la table appuyée au mur, a devant lui une barre de bois horizontale, perpendiculaire à la table et un peu en contre-bas de celle-ci, sur laquelle sont déposés des godets remplis de bitume de Judée résineux, des pinceaux, brosses, petits chiffons, etc. A droite de l’ouvrier est une planche horizontale, légèrement plus élevée que la barre de bois et parallèle à celle-ci.
- Le vase étant introduit dans cette barre, l’ouvrier, assis sur son tabouret, le bras sur ,1a planche, ayant entre ses doigts le pinceau chargé de bitume, se trouve dans les conditions les plus favorables pour le travail délicat qu’il doit effectuer. De la main gauche, il maintient le vase, le faisant tourner en cas de besoin, et, de la droite, soutenue par l’accoudoir, il dépose, à l’aide du pinceau, de minces filets ou de larges touches de bitume, suivant les dessins du poncif.
- Ce travail terminé, les pièces sont portées aux bains d’acide fluorhydrique à 75 pour 100 où des ouvriers, pittoresquement vêtus de vieux uniformes militaires de rebut, afin d’éviter les taches d’acide sur leurs vêtements de ville, et munis de gants en caoutchouc, sont chargés de la manipulation de ces pièces. Celles-ci sont déposées dans les cuves de bois garnies de plomb, an-dessus desquelles court un très puissant aspirateur qui entraîne les vapeurs d’acide, et les ouvriers les y laissent suivant le temps nécessaire, surveillant constamment le travail de l’acide.
- On conçoit quel parti peut être tiré de l’action de cet acide sur le cristal. Si nous supposons, par exemple, un vase triple de teinte bleue extérieurement, jaune au milieu, rouge à l’intérieur, il est
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- 212 :..LES CRISTAUX D ART D’EMILE GALLE
- facile de comprendre qu’on obtiendra un dessin en relief bleu sur fond jaune si l’on enlève certaines parties de l’enveloppe bleue jusqu’à la partie médiane de couleur jaune. On obtiendra, par suite, des teintes en relief bleues sur jaune et d’autres jaunes sur rouge si, toujours au moyen de l’acide, on enlève des parties du vase médian de teinte jaune jusqu’à la partie intérieure rouge.
- Mais — et c’est là ce qui fait la valeur de ce procédé — la décoration du vase précité ne se borne pas aux trois teintes unies supposées. Chacun sait que le mélange des tons bleus et des tons jaunes donne un vert d’autant plus pâle ou d’autant plus foncé que le jaune ou le vert prédomine. 11 en est de même de la teinte orangée, obtenue par mélange du jaune et du rouge, et, elle aussi, d’autant plus claire, c’est-à-dire jaunâtre, ou plus sombre, c’est-à-dire rougeâtre, suivant que le jaune ou le rouge est en excès.
- On conçoit sans peine, maintenant, quelle infinie variété de tons, bleus, jaunes, rouges purs, avec toute la gamme des verts et des orangés, l’emploi de l’acide fluorhydrique permettra d’obtenir sur le vase dont nous parlons. Les parties respectées par l’acide seront bleues, mais, en raison de la transparence du verre, ce bleu ne tardera pas, grâce à la sous-couche jaune, à se transformer en vert, d’abord très foncé, puis de plus en plus clair, au fur et à mesure que l’acide en diminuera l’épaisseur. L’effet voulu obtenu, le vase, retiré du bain d’acide, lavé et séché, recevra une nouvelle application du poncif, qui indiquera les parties à respecter. Celles-ci étant à' nouveau recouvertes de bitume de Judée, les objets à décorer seront replongés dans les bains d’acide qui, rongeant la feuille jaune plus ou moins, donneront des tons variant de l’orange le plus clair au rouge le plus vif.
- Grâce aux découvertes de Gallé, les vases doublés ou triplés pouvant être composés de couches de toutes teintes, suivant les effets à obtenir, il est évident que ces passages dans les bains d’acide permettront de décorer les objets au gré de l’artiste chargé de la composition de ces décors, dont l’infinie variété ne laisse pas que de surprendre le visiteur.
- Le travail de l’acide terminé pour l’instant, chaque pièce passe à la taillerie, où, à l’aide de roues de diamètres plus ou moins grands, enduites de potée d’émeri, sont enlevées les défectuosités ou rugosités, ainsi que les traces d’acide. Souvent, la pièce ainsi parée subit une dernière opération, celle du matage. Elle est introduite dans un bain d’acide fluor-hydrique très dilué qui a pour but, ainsi que son nom l’indique, de donner de la matité aux fonds. Ce résultat obtenu, les pièces passent au polissage, où, à l’aide de roues de liège, garnies de potée d’étain, l’ouvrier donne du brillant à la décoration qui ressort ainsi vivement sur la matité des fonds.
- Les pièces ordinaires sont alors terminées. Il ne
- reste plus qu’à procéder au nettoyage, qui se fait, à la brosse, au moyen d’eau et de savon, ou à la soude et à la potasse d’Amérique.
- Les pièces fines, au contraire, qui doivent recevoir une décoration beaucoup plus délicate, sont confiées aux graveurs. À l’aide de tourets, dont quelques-uns véritablement minuscules, faits de rosette (ou cuivre rouge) de laiton, de bronze, de liège, de bois ou de feutre, enduits d’un mélange d’émeri, d’huile et d’essence de térébenthine, le graveur attaque la pièce sur toutes ses faces, finit le travail de l’acide, enlève les petits défauts, éharbe, creuse des intailles, des inscriptions, transforme en un mot, la pièce venant du polissage, et fait d’un produit commercial un véritable objet d’art. Beaucoup de pièces, d’ailleurs, ne sont pas dégrossies à l’acide et passent directement des mains du dessinateur à celles des graveurs. L’exécution, vrai travail de camée, est suivie de près par l’artiste pondant toute la durée du travail.
- Nous n’avons eu en vue, dans ce rapide exposé des procédés techniques mis en œuvre à l’usine Gallé — et sauf l’exception ci-dessus — que la production des pièces industrielles, destinées à une sorte de vulgarisation artistique. Ainsi que l’a dit excellemment Gallé lui-même : « La conciliation de la production à bon marché et de l’art n’est pas impossible, et la robe commerciale du cristal n’est pas nécessairement de mauvais goût. »
- Il n’est pas, d’ailleurs, de procédés techniques. pour les pièces de luxe. Ici, tout relève de l’art, nous dirions presque du grand art. Les verres de teintes rares ou curieuses, obtenus très difficilement, avec un déchet fort important, ne peuvent être fabriqués industriellement, et il en est de même de certaines pièces remarquables, décorées d’intailles et de camées dus entièrement à l’inspiration de l’artiste, qui doit opérer ainsi qu’on le fait dans la glyptique, par exemple. Suivant des exemples cités par Gallé, l’un de ces artistes, ayant à décorer une coupe marbrée noir, tira son sujet, sous l’inspiration du maître, de trois marbrures opaques dont il fit : la Nuit, le Silence, le Sommeil. Un autre de ces artistes, en présence d’un verre contenant des soufflures, imagina d’y graver une femme et des amours, soufflant des bulles de savon représentées par ces soufflures.
- C’est évidemment là de l’art et du meilleur. Grâce à ses pièces de luxe, Gallé a enrichi des collections particulières, ainsi que nos musées, d’œuvres superbes qui portent bien la marque de notre temps et rediront sa gloire aux générations futures. Par ses productions industrielles, au contraire, il a vulgarisé son art, atteint le grand public, propagé à l’infini le goût de la nature, l’amour de la plante et de la fleur, et, en cela, assurément, le grand artiste a fait œuvre utile et méritoire.
- Georges Lanorville.
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- CONCOURS
- D’ATTELAGES AUTOMATIQUES POUR VÉHICULES DE CHEMINS DE FER
- Attelage Pavia-Casalis
- Les lecteurs de La Nature ont déjà été mis au courant de la question de l’attelage automatique des véhicules de chemin de fer par un précédent
- été institué entre les inventeurs d’attelages automatiques dont les systèmes n’avaient pas été essayés en grand, du moins sur les réseaux français. Le
- 18 15 ft
- Fig. i. — Vue de côté de l’attelage lorsque les deux véhicules sont attelés automatiquement.
- n
- article paru dans le numéro du 4 mai 1912 où était décrit l’appareil Boirault. Comme on sait,S’attela ge automatique a pour but d’éviter l’interposition d’un homme d’équipe entre les véhicules au moment de l’accouplement et de supprimer ainsi les accidents souvent mortels pouvant en résulter.
- Cette question de l’attelage automatique est très complexe et l’opinion des Compagnies de chemins de fer sur. ses avantages et ses désavantages est encore très partagée. Quoi qu’il en soit elle préoccupe vivement les ingénieurs de chemins de fer, et des études se poursuivent activement dans le but d’obtenir une solution à la fois simple et économique. Différents concours ont déjà été institués à ce sujet, notamment à Milan en 1909. De son côté la France n’est pas restée inactive. Par un décret ministériel du 10 août 1912 un concours a
- concours devait être jugé par les membres de la commission en prenant pour base le programme
- précédemment arrêté par une commission spéciale qui avait été chargée par le Comité technique des chemins de fer de procéder à une première étude. Il résultait de ce programme que seuls devaient être pris en considération les systèmes d’attelage compatibles avec le maintien définitif des tampons latéraux. L’attelage américain se trouvait donc de ce fait éliminé.
- La commission classa d’abord les attelages dans les cinq classes suivantes : (a) attelages actuels exigeant l’introduction des agents entre les tampons; (fc)attelages non automatiques, mais ma-nœuvrés de l’extérieur; (c) attelages automatiques compatibles avec le maintien des tampons latéraux; (d) attelages automatiques permettant pendant la période transitoire le maintien des tampons latéraux;
- . Ny :
- Fig. 2. — Vue de face de l'attelage.
- Fig. 3. — Vue en plan de l’attelage terminé automatiquement.
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- 214 .= CONCOURS D'ATTELAGES AUTOMATIQUES
- (e) attelages automatiques incompatibles avec le maintien des tampons latéraux ou système américain pur. Puis, elle estima que, aux termes de la mission qui lui a été donnée, seuls les appareils rentrant dans la classe (c) pouvaient être primés, c'est-à-dire ceux automatiques avec le maintien des tampons latéraux.
- Voici le résumé des travaux de la commission : Prix de 5000 francs : Pavia-Casalis, présenté par la Société anonyme Westinghouse ; prix de 5000 francs : Piadana; prix de 2000 francs : Moyet et Bouvier. Premières mentions : Jepson, Leduc et Lambert, Scharfenberg. Deuxièmes mentions : Boucher frères, Vinzio. Troisièmes mentions : Van Bonn, Joly (Jules), Poulet. En dehors du concours : Laycock.
- La commission fait remarquer que l’appareil * Pavia-Çasalis auquel est attribué le premier prix est nettement supérieur à cëtix qui ont obtenu le deuxième et le troisième prix. Il avait déjà obtenu le premier prix en 1909 au Concours international d’attelages à Milan. Nous croyons donc intéressant
- chaîne indiquée sur la figure 5 actionnée par le levier 15. Cet arbre se termine du côté de l’attelage par une came 8 formée de trois surfaces d’appui correspondant à trois épaisseurs différentes, comme le montre le schéma à droite de la figure i. Cette disposition de la came qui est la caractéristique principale de l’appareil, sur laquelle s’appuie le crochet d’attelage 5, permet de donner à celui-ci la position qui lui convient, soit pendant le désaccouplement., soit pendant l’accouplement des véhicules. Sur ce même arbre 7 se trouve un contrepoids et une pièce 15 fixée à un maillon de chaîne qui assure la liaison entre cette pièce et la queue de la barre d’attelage 5.
- Pour opérer la première phase de l’attelage, c’est-à-dire pour préparer les organes de l’accouplement qui devra ensuite se faire automatiquement au moment du contact des véhicules, on actionne de l’extérieur le levier 15 qui, au moyen de la chaîne et de la pièce 14, fait tourner l’arbre 7. Dans ce mouvement, la pièce 15 qui, comme nous l’avons vu, est reliée à la barre d’attelage 5, est actionnée par le
- Fig. 4. — Deux véhicules équipés se rapprochant pour s'atteler automatiquement.
- Fig. 5. — Les deux Fig. 6. — Les deux véhicules
- véhicules attelés auto- attelés automatiquement. Vue
- matiquement. par-dessus.
- d’en dire quelques mots d’autant plus que d’après l’opinion émise par l’ingénieur Campiglio, président de la Commission italienne, l’appareil Pavia-Casalis, pendant les essais, s’est démontré, à cause de sa simplicité, comme le plus approprié à un service réel et pratique de chemins de fer.
- Description de l’appareil. —- Ne pouvant, sans sortir du cadre de cet article, décrire avec détail cet appareil d’attelage, nous nous contenterons d’en donner le prinpipe avec indications des principaux organes et leur mode de fonctionnement. L’attelage s’opère en deux phases. Dans la première, on prépare de l'extérieur les organes devant servir à faire l’accouplement et dans la seconde celui-ci s’achève automatiquement lorsque les A’éhicules viennent en contact.
- La tige de traction 1 (fig. 1 à 5) est prolongée par une barre 2 articulée avec elle et qui se termine par une fourche munie d’un axe sur lequel sont fixés le crochet d’attelage 5, la barre d’attelage 5 et le crochet de sûreté 6. Au-dessous de cet axe 2 et parallèlement à lui se trouve un second arbre 7 pouvant tourner autour de son axe au moyen d’une
- même arbre 7. Cette barre d’attelage est alors soulevée et prend la position représentée par la photo (fig. 4). En même temps, la came 8 qui soutient le crochet d’attelage a tourné et ce crochet s’est abaissé en prenant appui sur la surface d’appui d’épaisseur la plus faible 1 d.
- Dans ces conditions, l’appareil est armé, c’est-à-dire préparé pour l’accouplement automatique. Lorsque les véhicules viendront en contact, les maillons d’attelage des deux véhicules qui, comme nous l’avons vu, ont été soulevés par la manœuvre extérieure (photo fig. 4), glisseront l’un sur l’autre et le maillon supérieur viendra buter contre les arrêts dont est muni le crochet d’attelage 7. Celui-ci, pivotant alors vers le haut, viendra finalement s’accrocher dans le maillon d’attelage 5 (fig. 1) et l’attelage sera complet. En même temps, le crochet, par suite de son soulèvement, a quitté le cran 11 de la came 8 ; l’arbre 7 tourne sous l’action du contrepoids et le crochet vient s’appuyer sur la saillie 9 de la came 8 ; le maillon d’attelage 5 du second véhicule n’étant plus alors soutenu par la pièce 15 devient libre, tourne vers le bas et s’engage dans le
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- LES ALGUES DES RÉGIONS ANTARCTIQUES ===== 215
- crochet de sûreté 6. C’est cette position définitive qui est indiquée sur la fig. \.
- Pour décrocher l’attelage, il suffit d’amener la manette 15 dans l’ergot 16 (fig. 2). L’arbre 7 en tournant entraîne la came 8 qui dégage le crochet 5 qui vient alors prendre appui sur la saillie 8 de la came. En même temps le maillon d’attelage 5 est soulevé et quitte le crochet de sûreté 6. Dans ces conditions, aucun attelage ne pourra se faire même si les véhicules viennent à s’entre-choquer violemment. Pour opérer un nouvel attelage il suffira de remettre le levier 15 dans la position indiquée au début.
- L’appareil Pavia-Casalis se compose de pièces forgées et estampées faciles à construire autant qu’à monter et ne comporte pas de ressorts, son fonctionnement ne reposant que sur la gravité.
- Il permet d’effectuer du même coup l’attelage double de traction et de sûreté et établit, automatiquement et progressivement, la tension convenable
- entre les véhicules grâce à la disposition de la came. (
- Il satisfait aux prescriptions internationales de la; Conférence de Berne, respectant les cotes d’encombrement prévues par cette Conférence et laissant^ subsister les tampons latéraux en tant qu’organes de ’ choc. Ce dernier avantage est très important si l’on songe aux risques que pourrait entraîner l’adoption, d’un appareil à répulsion centrale pour un matériel qui a été construit en prévision d’organes distincts de choc et de traction. .
- Enfin, pendant la période de transition, c’est-à-, dire celle pendant laquelle s’opère la transformation, du matériel primitif, l’accrochage est aussi facile à exécuter que l’accrochage ordinaire et, dans les manœu-, vres en gare, où l’on n’emploie que le tendeur,l’agent peut décrocher sans s’introduire entre les wagons.
- Cet appareil présente donc, même pendant la période de transition, des avantages et moins de risques d’accidents. R. Bonnin.
- LES ALGUES DES RÉGIONS ANTARCTIQUES
- Les différentes expéditions qui se sont succédé dans les régions glacées australes ont essayé d’arracher les secrets de cette nature qui vient de prouver, hélas, sa résistance à se les laisser saisir.
- Mais cependant on parvient peu à peu à connaître toute cette vaste zone polaire et chaque mission rapporte une nouvelle provision de faits et de documents géographiques et scientifiques.
- Dans le domaine des sciences naturelles, il est une étude fort intéressante qui s’est poursuivie progressivement et qui, si elle n’est pas encore parvenue à arracher tous ses secrets à ce pays, en a cependant, à force de patience et de temps, découvert et révélé une grande partie : nous voulons parler de nos connaissances actuelles sur la flore ai gologique des "régions antarctiques.
- Le but de cet article est de donner une idée générale de cette flore aussi bien terrestre que- marine, et principalement de montrer les conditions d’existence des algues dans ces contrées où la rigueur du climat joue un si grand rôle au point de vue biologique.
- La flore marine antarctique actuellement connue (en laissant de côté les plantes microscopiques qui entrent dans la composition du plankton) comprend environ une centaine d’espèces. Parmi les Chloro-pkycées ce sont surtout les Ulvacées, Ulothrichacées et Cladophoracées qui dominent; chez les algues brunes les Desmarestia,des Laminariacées et quelques Fucacées, et parmi les Floridées les Gigartina-cées, Gracilariées, Delesseriacées et Corallinacées.
- Sans entrer ici dans le détail des espèces, nous passerons simplement en revue les différents éléments qui . exercent leur influence, influence souvent néfaste, sur cette végétation, c’est-à-dire :
- T° La nature de la.côte,et du.fond,........
- 2° La chloruration et la densité de l’eau de mer. J 5° La température de la mer et de l'atmosphère;! 4° L’influence des marées. j
- 5° L’influence de la lumière. ;
- 6° L’influence des glaces.
- C’est surtout sur les petites îles basses, tout au, moins pour les régions littorale et sublittorale, que l’on peut étudier les caractères de la végétation algo-j logique de la région antarctique. Ces îles présen-’ tent presque toujours, en certains points de leur, côte, des petites plages découvrant à marée basse, plages rocheuses qui renferment une flore et une j faune caractéristiques se retrouvant, en ce qui con-; cerne les principales espèces, dans toute la région. ! — Les fonds sont balayés par des courants assez ! violents qui laissent la roche à nu et permettent! ainsi aux algues de s'y fixer. *
- Pendant l’été, la fonte des neiges et des glaces des, continents n’est pas suffisante pour donner naissance à des rivières et la fonte de la banquise forme simplement, à la surface de la mer, une mince couche de faible densité qui ne semble influencer en rien la végétation littorale. La chloruration et la densité] de l’eau de mer croissent jusque vers le mois d’août, qui correspond au plein hiver ; elles restent ensuite! élevées jusqu’au mois de novembre, puis diminuent! peu à peu. Cette variation est due à la formation de] la glace de mer qui enrichit l’eau en sels pendant les mois d’hiver. !
- La température de l’atmosphère qui, pendant les! mois d’été, est toujours, même dans les régions! antarctiques les * plu s - septentrionales (Shetland- du* Sud, Terres Louis-Philippe, de Graham),voisine de 0°, et l’abondance des glaces flottantes, font que la température de la mer est très basse dans toutes ces régions et presque toute l’année inférieure à 0°.'
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- 416 ========== LES ALGUES DES RÉGIONS ANTARCTIQUES
- Les marées peuvent y atteindre une .amplitude de deux mètres, parfois même davantage.
- La végétation algologique a dû aussi s’adapter au manque de lumière, qui persiste pendant une grande partie de l’année. Cette diminution de la lumière est due d’abord à la couche de glace qui, dans la saison froide, recouvre la surface (de la mer et peut atteindre une grande épaisseur. Elle est due aussi à la nuit polaire, qui est de plus en plus longue à des latitudes de plus en plus méridionales.
- Enfin c’est surtout la glace qui exerce une grande influence sur la répartition de la végétation algologique. — Le long des côtes, partout où se trouvent les glaciers dont le pied baigne directement dans la mer, il ne peut se produire aucune végétation d’algues fixées. C’est surtout là où l’influence de la glace n’est pas continue, c’est-à-dire où certaines régions de la côte en sont débarrassées pendant une partie de l’année et présentent la roche à nu, que les algues peuvent s’établir. Ces conditions sont surtout remplies sur le pourtour des terres et principalement des îles basses, qui présentent en été quelques petites plages.
- Ces plages, suivant la saison, offrent deux aspects bien différents. C’est d’abord, en hiver, une période pendant laquelle la vie végétale doit être ,en partie suspendue, les plages étant recouvertes par la banquise qui emprisonne les quelques algues restées en place. Cette banquise, sous l’influence journalière de la marée et parfois aussi de la houle, rabote constamment la surface des rochers et permet presque seulement aux algues calcaires, grâce à leur dureté d’une part, à leur position sur les parois plus ou moins verticales et les creux des rochers, d’autre part, de pouvoir rester en place. Cette première période, qui est la plus longue, dure environ depuis la fin de mars jusqu’en octobre.
- C’est ensuite pendant les mois les plus chauds, c’est-à-dire d’octobre à mars, la période active, végétative. La zone littorale se débarrasse peu à peu de la banquise qui l’emprisonnait, et, en quelques semaines, elle se recouvre, dans les endroits favorables, d’une végétation assez abondante.
- Mais pendant ces mois d’été, les glaces flottantes continuent à exercer leur influence destructive sur la végétation algologique. Elles sont la principale cause de la pauvreté des algues dans ces régions antarctiques. Ces glaces de dérive, transportées par les courants, sont chassées par les vents vers les plages qu’elles envahissent au moment de la haute mër. Si la mer était tout à fait calme, sans houle, à marée basse, ces glaçons s’échoueraient lentement sur place, pour être ensuite repris par le flux et flotter à nouveau, sans causer de grands dommages aux algues fixées sur les rochers. Mais la mer étant
- Fig. i. Falaise à Vile Déception. La partie qui baigne dans la mer, aux. endroits abrités, est tapissée d’algues. Fig. 2. Une plage de Vile Petermann au début de l'été. La surface des rochers, sans cesse rabotée par les glaces, est dépourvue de végétation. — Fig. 3. Les algues sont localisées dans les endroits abrités, entre les pierres. La partie inférieure de celles-ci est tapissée d’algues calcaires. — Fig. 4• Une plage de sables volcaniques à l’île Déception. Les algues sont fixées sur les quelques cailloux qui émergent du sable.
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- toujours plus ou moins agitée, sous l’influence de la houle, ces glaces, par leur déplacement continuel, roulent sur les cailloux et les rochers et enlèvent tous les corps de faible résistance qui se trouvent à la surface de ceux-ci. Seules les algues placées à l’abri, dans des creux, peuvent braver l’assaut des glaces.
- Il n’y a pas que la zone littorale, c’est-à-dire la zone comprise entre les niveaux de la plus haute et de la plus basse mer, qui soit exposée à cette destruction. Il en est de même pour la région sublittorale et les régions plus profondes. Ce ne sont plus alors les débris de banquise qui agissent, mais les gros fragments de glace, les ice-blocks et les icebergs qui, avec leurs éperons sous-marins, raclent tout ce qu’ils rencontrent sur leur passage. Là aussi, dans ces fonds plus ou moins grands, les seuls endroits abrités peuvent conserver une flore assez abondante.
- Si nous jetons un rapide coup d’œil sur la répartition de cette flore, nous voyons que dans la zone littorale dominent les Chlorophycées (Monostroma, Urospora...) et les algues calcaires avec quelques Phéophycées et F bridées. — La région sublittorale, qui s’étend jusqu’à une quarantaine de mètres de profondeur, est surtout caractérisée par la présence des Desmarestia. Enfin dans la zone littorale, dont l’extrême limite doit se trouver entre 100 et 150 mètres, ce sont les Floridées qui dominent.
- La flore algologique d’eau douce peut se diviser en deux parties :
- Les algues que l’on trouve soit sur la terre humide, parmi les mousses et les lichens, ou encore dans de petits lacs ou des filets d’eau, — et les algues qui vivent à la surface de la neige formant ces neiges colorées connues sous les noms de neiges verte, rouge ou jaune.
- Toutes ces algues doivent résister à des conditions climatériques très dures. Elles restent, en effet, glacées pendant neuf mois de l’année, enfoncées sous la neige, subissant des froids qui peuvent atteindre jusqu’à — 50° G. En été dans les endroits humides où on les trouve, à la surface des rochers bien exposés aux rayons du soleil, elles subissent dans une seule journée de grands écarts de température.
- Malgré ces conditions défavorables, la flore algologique terrestre est encore assez bien représentée puisqu’on en connaît actuellement plus de cent espèces. Ce sont surtout les Schizophycées qui dominent, et, parmi ces algues bleues, les genres Chroococcus, Lyngbya, Phormidium, Oscillatoria, Nostoc; h celles-ci il faut ajouter quelques Conjuguées (Cosmarium...) et Chlorophycées (Irochiscia, Prasiola, Ulothriæ, Conferva...).
- Les neiges colorées, formées en majeure partie
- Fig. 5. Aspect de la côte de Vile Petermann pendant l’hiver. — Fig. 6. Le môme paysage au milieu de l’été. — Fig. 7. Une plage à marée basse. Les quelques algues existantes sont localisées dans les creux et les fentes des rochers.— Fig. 8. La même plage envahie par des débris de glace. La surface de la banquette de glace côtière est recouverte d’algues microscopiques vertes et rouges.
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- 218 ' LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL ET LA PRÉVISION DU TEMPS
- d’algues, microscopiques unicellulaires, se trouvent surtout sur les parties basses des pentes de neige, et toujours en des points où la surface de cette neige est mouillée, et principalement au voisinage des rookeries de pingouins. Chaque fois que la température s’élève et que la surface de la neige fond, ces algues prennent alors un grand développement.
- On les rencontre aussi formant un bourrelet rouge, jaune ou vert, à la limite des champs de neige, là où celle-ci est en contact avec le rocher et présente une fusion plus rapide. On les trouve encore tapissant les falaises de glace qui arrivent de la mer, toujours localisées en des points où se fait la fusion.
- De loin ces neiges colorées ont l’aspect de prairies plus ou moins vastes, d’un rouge ou d’un vert souvent intense, jetant une note vive dans le paysage
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL 1
- Toute perturbation météorologique s’accompagne invariablement d’une perturbation électrique susceptible d’être signalée à son début, dans un rayon très étendu, par les récepteurs hertziens sensibles aux ondes parasites qui naissent de la rencontre orageuse des vagues atmosphériques. Ainsi, un des avantages inattendus de la télégraphie sans fd est de se prêter à l’étude de l’état électrique de l’atmosphère et de fournir des renseignements utiles pour la prévision du temps.
- Jusqu’ici, le concours de la science nouvelle s'est borné à l’enregistrement des orages. Des dispositifs à sonnerie ou des dispositifs écrivants montés sur cohéreur ou sur détecteurs électrolytiques fonctionnent dans la plupart des observatoires ; chaque déflagration orageuse, en agissant à distance sur ces appareils, s’y révèle par un appel sonore ou par une déformation brusque de la courbe du graphique d’enregistrement.
- Les renseignements que peuvent fournir de tels systèmes ne sont pas sans valeur; ils nous paraissent néanmoins, en raison du caractère uniforme de leur manifestation, d’une utilité très limitée. D’autre part, l’emploi d’un avertisseur à timbre ou d’un enregistreur graphique exige, avec un réglage délicat et compliqué, l’excitation d’ondes puissantes qui restreint à une soixantaine de kilomètres le champ des observations météoro-statiques ; il s’ensuit que l’échéance des phénomènes annoncés est très brève et peu susceptible d’être mise à profit.
- Une méthode d’observation beaucoup plus simple, tout à fait sérieuse, est la méthode d’écoute téléphonique à laquelle on n’a guère songé jusqu’ici et qui peut fournir, dans un rayon d’investigation immense, des renseignements inestimables.
- Nous avons régulièrement étudié de cette façon, pendant toute une année, à notre poste d’expérience d’Anché (Indre-et-Loire), les parasites atmosphériques et nous avons été frappé de la variété de ces parasites ainsi que du caractère particulier qu’ils revêtent selon la nature des phénomènes atmosphériques qu’ils accompagnent ou précèdent.
- L’orage, le froid, la pluie, la tempête s’annoncent dans les récepteurs téléphoniques d’un poste de T. S. F. par des signes caractéristiques faciles à reconnaître.
- laiteux. C’est surtout en février et mars, mois les plus chauds, qu’elles sont les plus abondantes. Puis en avril, avec le froid qui revient, tous les organismes qui les composent disparaissent, enfouis sous une couche de neige de plus en plus épaisse, pour ne reparaître et se développer à nouveau que huit mois après.
- Pauvre en espèces, la flore algologique antarctique est ’ caractérisée par l’abondance de certaines de ces espèces et aussi par l’uniformité de distribution que présentent quelques-unes d’entre elles.1 Cette uniformité de distribution doit être due, dans toutes ces régions froides, à la faible variation annuelle des conditions physiques dans lesquelles ces plantes vivent et surtout à la rudesse du climat dans ces pays de glaces. LoüIS Gain<
- Docteur è,s lettres.
- r LA PRÉVISION DU TEMPS
- Des craquements violents sont l’indice d’un orage voisin' qui approche si les Taquements se font de plus en plus fréquents, qui s’éloigne, au contraire, s’ils deviennent1 plus espacés ou s’ils s’affaiblissent.
- Une. forte nuée de grêle passant à proximité de l’antenne provoque dans les écouteurs un léger sifflement1 induit par la succession rapide des décharges entre les grêlons électrisés qui s’entre-choquent. Lorsque l’antenne reliée à un peigne parafoudre laisse échapper aux pointes de ce peigne de petites étincelles blanches et bruyantes, c’est encore l’indice d’un temps favorable à la grêle.
- Un abaissement de la température, une gelée printanière, sont habituellement précédés de claquements secs, espacés, assez faibles.
- Si le vent doit tourner, les parasites sont de faibles longueurs d’onde et semblent s’égrener en chapelets.
- Des crépitements nombreux, auxquels se mêlent, de moment en moment et assez régulièrement, des craque-, ments forts et fusants, précèdent les grandes dépressions barométriques et annoncent la tempête.
- L’approche de la pluie, de la neige o.u du brouillard, en améliorant la conductibilité de l’air et du sol, favorise les communications radiotélégraphiques ; le froid et la sécheresse les compromettent au contraire.
- Nous avons entendu par des nuits très calmes de frêles parasites dont le bruit rappelait le choc cristallin d’une goutte d’eau tombant au fond d’un puits; nous en avons entendu dont le souffle à peine perceptible imitait un battement d’ailes et d’autres qui se signalaient par un tapotement bref et sourd dans l’écouteur téléphonique....
- Il existe des parasites de toutes intensités, de tous genres, de toutes longueurs d’onde comme il existe une infinité de phénomènes météorologiques. Les plus intéressants à connaître ne sont pas, on le voit, ceux que signalent les cohéreurs, mais ceux nettement caractérisés que révèlent les détecteurs sensibles. Noms avons découvert avec notre détecteur à cristaux F.D plusieurs variétés curieuses impossibles à surprendre avec le meilleur électrolytique.
- Il serait sans doute téméraire d’établir sur nos données solitaires une table de prévision du temps, mais nous sommes persuadé que l’étude .suivie des perturbations
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- A PROPOS DE TATOUS NOUVEAUX
- électriques de l’atmosphère aboutirait à une météorologie prévoyante et que des pronostics certains pourraient être tirés d’observations générales judicieusement ordonnées.
- L’État, qui a favorisé pour le plus grand bien de l’agriculture, du commerce et de la navigation l’établissement de stations météorologiques, ne saurait se désintéresser de l’organisation prochaine dans ces établissements d’un service d’études aérologiques utilisant la T. S. F. (1).
- Le matériel nécessaire serait peu coûteux et toujours facile à installer;la méthode d’observations pourrait être très simple et le service des stations ne serait point surchargé.
- Chaque observatoire devrait être doté d’un petit poste récepteur de T. S. F. utilisant avec un détecteur très sensible un montage en direct et un montage inductif.
- Le collecteur d’ondes serait constitué par un gril orienté fait de trois brins de fil de cuivre étamé de vingt dixièmes de diamètre, distants de 1 m. 50, placés à 12 ou 15 m. de hauteur.
- Ces données ne sont pas absolues; mais de multiples essais comparatifs nous ont démontré qu’elles étaient des plus favorables; une antenne plus petite n’a pas un rayon d’action suffisant pour des prévisions à longue échéance, une antenne plus grande recueille trop copieusement les parasites; quant à la question d’orientation, elle est capi-
- tale, car il importe que les parasites se différencient par leur efficacité selon leur direction d’origine.
- Les observations seraient faites avantageusement trois fois par jour : le matin à 6 heures et à 11 heures, et le soir à 9 heures.
- Elles porteraient :
- a) Utilisation du montage en direct : 1° sur l’état électrique de l’atmosphère (calme ou troublé); 2° sur le caractère particulier des ondes parasites (fortes, faibles, brèves, fusantes, crépitantes, isolées, groupées, etc., etc.).
- b) Utilisation du montage inductif : 1° sur la longueur d’onde des parasites les plus nombreux; 2° sur la valeur de la réception des émissions radiotélégraphiques et particulièrement des émissions dites « musicales ». Cette observation, toujours possible le soir, viserait de préférence une émission faible assez familière.
- Nous ne doutons pas qu’en rapprochant les relevés de ces diverses observations des bulletins météorologiques ordinaires, on ne s’aperçoive bientôt d’une relation étroite entre les uns et les autres, relation de cause à effet, d’après laquelle pourra s’élaborer une science nouvelle très précise de la prévision du temps.
- L’État ne pensera-t-il pas qu’une expérience aussi simple, mais grosse peut-être d’avantages inappréciables, mérite d’être tentée? Franck Dup.oquier.
- A PROPOS DE TATOUS NOUVEAUX
- A tous les âges de la. terre, la population zoologique de rAmérique du Sud a accusé des caractères d’évidente spécialisation. Déjà Ameghino, Lydekker ont montré l’étrangeté de la faune fossile qui peuplait jadis les grandes plaines de l’Argentine et du Brésil, ainsi que les contreforts de l’imposante arête montagneuse des Andes; plus récemment, Gaiidry, avec sa haute autorité, dégageait cette conclusion de l’étude des collections de M. Tournouer : que les découvertes en Patagonie troublent notre croyance en la similitude de la marche de l’évolution sur l’ensemble du monde. Le développement de la nature animée, dit-il, qui semblait avoir été formée, progressivement, ne paraît pas avoir la même continuité dans les deux hémisphères.
- De nos jours encore, l’Amérique australe semble avoir été oubliée par le progrès; elle héberge des mammifères très particuliers tels que les Paresseux, les Tapirs, les Sarigues, les Tatous, pour en citer quelques-uns au hasard de la plume, qui ont l’air de vivants vestiges géologiques. La découverte des deux types de tatous nouveaux que nous signalons ici aux lecteurs de La Nature a donc une portée philosophique et déductive un peu supérieure à celle qui ressortirait au premier abord d’une simple description d’animaux nouveaux. Ces deux tatous ont été rapportés aû cours de la mission scientifique G. de Créqui Montfort et E. Sénéchal de la Grange.
- 1. Les Écoles normales d’instituteurs où fonctionne déjà un service météorologique très bien compris, nous paraissent toutes désignées pour expérimenter la méthode nouvelle.
- F. D.
- Les tatous actuellement vivants sont des mammifères de taille moyenne ; les plus grands atteignent la dimension du porc-épic, tels les Priodontes, tandis que les plus petits, comme les Ghlamydophores, dépassent à peine la taille d’un gros rat. Leur habitat est absolument restreint à l’Amérique du Sud et à l’Amérique centrale.
- Le corps est épais et ils sont bas sur pattes, aussi leur démarche est-elle très curieuse, ressemblant à un glissement dû au mouvement rapide des membres. La tête, qui est petite, est terminée par un museau plus ou moins allongé ; les yeux sont de dimensions réduites ; les oreilles, grandes et pointues chez certaines espèces, sont moins allongées chez d’autres, mais toujours mobiles; la bouche est petite et la langue peu extensible et lisse ; les dents comprennent tantôt des incisives et des molaires, tantôt sont toutes semblables. Le corps est couvert d’une carapace osseuse formée d’écailles polygonales disposées en rangées transversales. Cette carapace, qui est contenue dans l’intérieur de la peau, comprend plusieurs parties : une plaque frontale appelée bouclier céphalique, un bouclier scapulaire convexe qui recouvre les épaules, un bouclier pelvien qui protège les reins, des bandes mobiles transverses réunissant ces deux derniers boucliers, enfin des anneaux d’écailles ou des tubercules entourant la queue. Les bandes mobiles sont en nombre variable, chez certaines espèces fossiles de très grande taille comme le Glyptodon il n’y en avait pas, de sorte que dans sa carapace en un seul morceau, qui rappelait par sa forme celle des tortues, l'individu se trouvait
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- A PROPOS DE TATOUS NOUVEAUX
- pour ainsi dire emboîté; chez d’autres actuellement vivants il y en a soit 3 (Tolypeutes), soit 6, 7 ou 8 (Dasypus), soit 9-(Tatusia), soit 12 ou 13 (Prio-dontes), de sorte que ces animaux semblent être revêtus de leur carapace comme un chevalier du moyen âge l’était de son armure.
- Les tatous ont quatre ou cinq doigts aux membres antérieurs et cinq aux membres postérieurs; ces doigts portent des griffes épaisses disposées pour remuer la terre. Pour la plupart nocturnes, ces animaux vivent dans des terriers, par petites bandes ; ils se nourrissent d’aliments très variés : vers, mollusques, insectes, reptiles, œufs et même racines
- se roulent en boule à la manière des hérissons; quelques-uns peuvent s’enfermer complètement dans leur carapace.
- On a souvent importé des tatous vivants dans les jardins zoologiques d’Europe où il ont parfois vécu plusieurs années. On est même parvenu, dans quelques cas, à les faire reproduire en captivité; ainsi au Zoological Garden de Londres, une femelle mit bas des petits qui vinrent au monde avec une peau nue et tendre, mais sur laquelle se dessinaient déjà tous les plis et tous les caractères de l’adulte ; ces jeunes tatous se développèrent très rapidement. A Cologne, on a pu voir également une femelle qui
- diverses. On raconte qu’ils sont très friands de charogne et qu’il est rare de trouver dans la pampa ou sur les premiers escarpements des Andes une carcasse en putréfaction sous laquelle il n’y ait un tunnel où s’isole un tatou, car ces animaux n’attaquent pas franchement, à ciel ouvert, le cadavre, mais se glissent dessous pour l’atteindre par des galeries souterraines. On prétend aussi que les tatous ne craignent pas la morsure des reptiles, même celle des plus venimeux, comme les serpents à sonnettes, quoique ceux-ci soient au moins aussi nombreux que les vipères de nos pays ; les indigènes sud-américains ajoutent qu’ils vivent en bonne intelligence avec ces serpents et qu’ils cohabitent souvent dans les mêmes trous.
- Lorsque les tatous sont poursuivis et qu’ils n’ont pas le temps de fttir et d’atteindre leur terrier, ils
- y vit encore depuis neuf ans mettre bas à deux reprises différentes deux petits, mais ils moururent sans que leur mère veuille les allaiter.
- La plupart des tatous sont comestibles et les Indiens les mangent tous, mais les Européens n’apprécient la chair que de certaines espèces comme celle du Tatusia hybrida que l’on trouve chez tous les marchands de comestibles de Buenos-Aires. Au dire de Rougger, cette chair, lorsqu’elle est rôtie et assaisonnée de piment et de jus de citron, serait un des mets les plus délicats. Bien nourri, le tatou devient si gras que tout le corps paraît comme enveloppé de graisse.
- Des deux tatous nouveaux dont la découverte est due aux membres de la mission Créqui Montfort et Sénéchal de la Grange,l’un, le Dasypus boliviensis, est connu par trois exemplaires, pris vivants aux
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- NOUVELLES TRANSMUTATIONS DE MATIÈRE 221
- environs d’Uyuni, en Bolivie, à 5660 m. d’altitude, et rapportés en France conservés dans l’alcool. Ce tatou mesure à peu près 50 cm de longueur, sans compter la queue longue de 9 à 12 cm. Sa hauteur est d’environ 15 cm (fig. 1). Comparé à la plupart des tatous du genre Dasypus notre animal est donc relativement de petite taille. Au point de vue zoologique, ses plus proches parents sont le Dasypus villerosus et le D. Nationi; cependant il se distingue de ce 'dernier par des caractères assez nets pour qu’il nous ait semblé utile d’en faire le type d’une espèce nouvelle, tout au moins jusqu’à ce que des recherches ultérieures nous aient montré des termes de passage entre les diverses formes ci-dessus mentionnées qui ne seraient plus alors que des variétés d’une même espèce.
- L’autre tatou, le Tolypoides bicinctus, ne nous est connu que par sa carapace seule, trouvée en
- Fig. 2. — Carapace enroulée de Tolypoides
- Bolivie aux environs de Tarija. Cette carapace, parfaitement nettoyée par les Indiens, est peinte d’une couleur jaune orangé et rouge; elle est complètement enroulée et forme une sphère creuse assez régulière présentant un seul orifice qui correspond aux deux échancrures destinées à laisser passer la tête et la queue chez l’animal vivant et déroulé. Elle ressemble ainsi à une petite calebasse (fig. 2).
- Par son aspect général, par ses dimensions, par
- la forme de ses écailles et surtout par le pouvoir qu’il a de s’enrouler en boule, d’où le nom de bolita (petite boule) qu’il a reçu des indigènes, ce tatou se rapproche beaucoup des Apars de Cuvier, c’est-à-dire des représentants du genre Tolypeutes qui a été créé par Illiger en 1811. Il s’en distingue néanmoins nettement par la présence de deux bandes mobiles au lieu de trois, ce qui nous a autorisé à établir pour lui le genre Tolypoides. Il nous a été d’autant plus facile de distinguer notre Tolypoides bicinclus des espèces du genre voisin que nous avons trouvé, dans les collections recueillies par la mission, une autre carapace préparée de manière identique et peinte de la même couleur, et qui est une carapace de Tolypeutes, probablement de T. Muriei; celle-ci possède trois bandes mobiles parfaitement distinctes, comme tous les représentants connus jusqu’ici de la famille. Comme le
- ,. — A gauche, vue dorsale; à droite, vue de profil.
- montrent les figures, la carapace enroulée de notre nouvel animal est en outre beaucoup plus sphérique que celle du Tolypeutes, et cela tient aux dimensions relatives des boucliers scapulaire et pelvien, ce dernier étant relativement plus court chez Tolypoides que chez Tolypeutes.
- M. Neveu-Lemaire.
- Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon.
- NOUVELLES TRANSMUTATIONS DE MATIÈRE
- Les expériences de Ramsay interprétées par J. J. Thomson.
- Nous avons résumé, dans notre précédent article, les sensationnelles expériences de Ramsay et dé ses élèves Collie et Patterson. Ramsay, en analysant le contenu de vieilles ampoules à rayons X, y découvrit de l’hélium. Collie et Patterson, en soumettant de l’hydrogène pur à l’action des rayons catho-
- diques, constatèrent selon les circonstances l’apparition du néon, l’un des gaz rares de l’atmosphère, ou de l’hélium. Les conditions de l’expérience donnaient la parfaite certitude qu’aucun de ces gaz n’était présent dans les ampoules avant le passage du courant. ,
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- 222 NOUVELLES TRANSMUTATIONS DE MATIÈRE
- Comment expliquer ce surprenant phénomène? Diverses hypothèses s’offrent à l’esprit; sir William Ramsay, résumant la question à un journaliste du Daily Mail, déclarait que trois explications seules sont à envisager :
- 1° Il y a eu transmutation en hélium ou en néon du métal de la cathode ou d’un des nombreux éléments que contient le verre de l’ampoule.
- 2° Ou bien l’hydrogène, sous l’action des rayons cathodiques, se condense et se convertit en hélium ou néon.
- 5° Ou bien ce sont les particules électriques constituant les rayons cathodiques (particules .|3), qui donnent naissance directement à l’hélium et au néon.
- Bref, il y aurait, soit transmutation d’un corps simple en un autre corps simple, soit création de matière par l’électricité.
- Sir J. J. Thomson, l’illustre créateur de la théorie électronique, ne souscrit pas intégralement aux conclusions de Ramsay. Il reconnaît les faits ; mais il leur donne une autre interprétation, fondée sur une longue et probante série d’expériences personnelles des plus ingénieuses, et il adopte une 4e explication qui est la suivante : l’hélium et le néon ne sont pas créés dans les ampoules à rayons cathodiques; ces gaz étaient occlus, soit dans les électrodes, soit dans le verre, soit dans les corps soumis au bombardement des particules cathodiques à l’intérieur des ampoules ; ils sont libérés au passage du courant ou par le choc des particules. Ainsi se justifie, sans miracle, leur apparition. Cependant il faut expliquer aussi la présence préalable de l’hélium et du néon dans les substances qui les maintenaient prisonniers; nous verrons plus loin que, pour arriver à une explication satisfaisante, sir J. J. Thomson est forcé d’admettre que des transmutations se sont opérées au sein de ces substances.
- Devant l’importance des expériences de sir Thomson, nous croyons utile de les résumer avec quelques détails, d’après une communication que publie notre confrère anglais Nature (13 février 1913).
- Depuis de longs mois, sir J. J. Thomson étudie les effets de la décharge cathodique sur des métaux, sur des solides divers, et sur des gaz à basse pression, ainsi que les effets de la décharge électrique à travers des gaz à pression relativement élevée.
- Après le passage de la décharge, une partie des gaz présents dans l’ampoule d’expérience est amenée dans une seconde ampoule scellée sur la première et séparée de celle-ci par un robinet. Le contenu de cette seconde ampoule est alors analysé par la méthode des rayons positifs, créée récemment par sir J. J. Thomson lui-même (voy. La Nature, n° 1988, 18 juillet). •
- Cette méthode d’analyse l’emporte en sensibilité sur l’analyse spectrale elle-même ; elle consiste à projeter les atomes électrisés positivement, et à suivre leur trajectoire déviée par un champ électrique et un champ magnétique. Celle-ci dépend du poids de l’atome. Si donc l’on isole, au moyen d’un
- tube étroit, un fin pinceau de matière, celui-ci donne lieu dans les champs déviateurs à une série de paraboles que l’on peut enregistrer photographiquement, aussi nombreuses qu’il y a de corps différents dans le pinceau isolé; leurs éléments géométriques définissent exactement le poids atomique, donc la nature des substances analysées.
- En appliquant cette méthode, sir J. J. Thomson constata fréquemment la présence dans les ampoules à rayons cathodiques d’un corps encore inconnu de poids atomique 5 (peut-être de l’hydrogène triato-mique?). Pour l’instant, il le désigne par l’abréviation peu compromettante X3. C’est pour préciser les conditions d’apparition de ce corps mystérieux que sir Thomson fut amené à entreprendre la série méthodique d’expériences qui lui ont fourni la clé de l’énigme posée par Ramsay.
- Il constata tout d’abord, en multipliant les expériences et en variant les conditions, que, dans les circonstances les plus favorables à la production de X-, il se produit, en général, également de l’hélium et du néon. C’est bien la confirmation des faits signalés par Ramsay et ses élèves.
- Mais voici l’épreuve fondamentale qui fait tomber les hypothèses de création de matière par le courant électrique.
- Pendant une heure, on faisait passer un arc dans l’hydrogène à 3 centimètres de pression entre deux électrodes en fil de fer (dans ce cas, les rayons cathodiques sont absorbés dans le voisinage immédiat de l’électrode). L’analyse du gaz révéla la présence de X3, de l’hélium et du néon. L’expérience, reprise le jour suivant avec les mêmes électrodes, donna les mêmes résultats. Le surlendemain, on recommença, mais en remplaçant l’hydrogène par l’oxygène, le X5 apparut encore, mais en très faible quantité; l’hélium et le néon ne purent être décelés. On réitère le jour suivant : le X3, l’hélium et le néon ont complètement disparu ; enfin, les électrodes restant toujours inchangées, on évacue avec soin tout l’oxygène et on lui substitue à nouveau l’hydrogène ; on n’ohserve plus même une trace de gaz étrangers. Mais, si l’on remplace les électrodes anciennes par des fils neufs, X5, hélium et néon réapparaissent. Nul doute donc qu’il ne s’agisse ici de substances incluses dans les électrodes.
- Les circonstances qui accompagnent la mise en liberté de ces gaz méritaient d’être étudiées d’une façon approfondie. Ils apparaissent parfois par le simple passage de la décharge électrique ordinaire ; mais c’est à la faveur de l’énergique bombardement par les rayons cathodiques qu’ils se manifestent avec le plus d’abondance.
- Sir J. J. Thomson emploie une ampoule munie d’une cathode courbe, émettant des rayons qui viennent converger sur une tablette où l’on place le corps à soumettre au bombardement. L’élévation de température est telle que le corps est, en général, porté au rouge blanc. Le bombardement est poursuivi pendant 5 ou 6 heures.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES ~-----"il ...:223
- Les substances suivantes donnèrent lieu à un dégagement de X5, accompagné d’hélium, et le plus souvent, mais pas toujours, de néon : fer, nickel, oxyde de nickel, zinc, cuivre, plomb, platine ; un échantillon de mica noir se fît remarquer par son abondante production de néon.
- Le platine est particulièrement riche en X3.
- Un échantillon de platine bombardé 4 jours de suite a donné, le premier jour : du X5, un peu de néon et d’hélium. Le second jour, après que les gaz produits la veille eurent été soigneusement éliminés, les gaz recueillis furent en quantité à peu près semblable.
- Mais,le troisième jour, X3 avait très sensiblement diminué, le néon et l'hélium légèrement. Enfin, le quatrième jour, le néon avait disparu; l’hélium et le X3 étaient à peine perceptibles.
- Ces trois gaz, comme tout le donne à penser, existent préalablement dans les corps bombardés;
- mais ils y sont fixés avec une énergie extraordinaire ; un chauffage, même intense et prolongé, est incapable de les libérer; leur présence pose donc un intéressant et difficile problème.
- Ont-ils été absorbés pendant la fabrication des matières qui les renferment? Mais il faut noter que le gaz X3 n’apparaît jamais, dans aucune analyse de l’air atmosphérique.
- Sir J. J. Thomson se demande si ces gaz ne sont pas le signe d’une radioactivité faible des métaux ordinaires : ceux-ci se désagrégeraient à la façon du radium ; mais, tandis que la destruction atomique du radium s’accompagne d’une violente projection de particules a, lancées avec une vitesse qui permet de les déceler aisément, celle d’un métal ordinaire ne dégagerait pas assez d’énergie pour rendre perceptibles les débris de l’atome explosé; pour évacuer ceux-ci, il faut faire intervenir le secours puissant des rayons cathodiques. À. Trolleh.
- CHRONIQUE
- Nouvelles expéditions polaires. — Un curieux différend est soulevé au sujet de la nouvelle expédition polaire organisée par M. Yihjalmar Stefansson, le jeune explorateur qui a découvert récemment dans la Terre de Banks une tribu d’Esquimaux aux yeux bleus et aux cheveux blonds. L’explorateur devait repartir en juin, avec le concours financier de l’American Muséum of Natural History et de la Société de ; Géographie américaine. Le premier ministre du Canada, M. Borden, a l'ait offrir à M. Stefansson un don de .580 000 francs en posant comme condition que l’expédition serait canadienne. Ainsi, ce serait le drapeau du Dominion qui flotterait sur les terres que découvrirait M. Stefansson. Dans les inté-
- rêts de la science, souhaitons que ce différend reçoive une prompte solution. Une autre expédition, également organisée par l’American Muséum of Natural History, partira incessamment, sous la direction de M. D. B. Mac Millan. Elle s’efforcera d’atteindre une vaste terre connue sous le nom de Croker Land, que plusieurs navigateurs ont aperçue au nord-ouest de Elle du Prince-Patrick, mais sans pouvoir s’en approcher. Après avoir exploré cette terre, l’expédition se partagera en deux détachements, dont l’un explorera l’Océan glacial au nord des Iles Parry et s’efforcera de rejoindre l’expédition Stefansson (dont nous parlons plus haut) au nord du détroit de Behring ; l’autre tentera de revenir par l’extrême nord du Groenland.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 février 1913.
- U immunisation par voie intestinale. — M. Guignard dépose, une Note de MM. J. Courmont et A. Rochaix sur l’immunisation contre le staphylocoque pyogène par la voieisintestinale. • En- continuant leurs expériences sur la vaccination intestinale, ils ont trouvé que l’introduction dans le gros intestin du lapin, de cultures de staphylocoques tuées par la chaleur, confère à l’animal une immunité appréciable. Les vaccinés survivent aux témoins et ont une infection atténuée qui, au lieu de se porter sur les reins et le cœur, se localise sous la peau, sur le système1 osseux ou sur' les synoviales. L’infection est donc plus lente et se manifeste par d’autres'localisations.
- Les éléments minéraux des feuilles. — M. André présente un travail sur la migration dés éléments minéraux dans les feuilles immergées dans l’eau où reposant sur le sol.; Le départ de ces éléments ne se fait point d’une façon uniforme. L’auteur donne à ce sujet un tableau. Il observe que Bon est amené à conclure que le phosphore est contenu l’état de phosphate et le soufre à l'état de sulfate. ~
- La fonction chlorophyllienne. —. MM..Maquenne et. Demoussy, utilisant les données ; fournies par leurs
- — Présidence de M. Guyon.
- recherches antérieures sur la respiration des végétaux, ont déterminé la véritable valeur du coefficient chlorophyllien supposé dégagé de toute influence de la respiration. Ils ont trouvé que ce coefficient brut est toujours très voisin du coefficient respiratoire et le plus souvent un peu plus près de l’unité. Il en résulte que le coefficient chlorophyllien réel est à peu près exactement égal à I, ce qui est conforme à ce que l’on sait du processus chimique'de l’assimilation.
- Propriétés physiques du fer. — M. Le Chatelier résume un travail de M. Broniewski sur les propriétés thermo-électriques du fer. Afin d’avoir dos résultats plus précis que les résultats actuels, l’auteur a opéré sur du fer électrolytique. Il a pu ainsi constater l’existence, vers 1000°, d’une nouvelle perturbation de ces propriétés.
- ’ Un mode d'érosion fluviale. — M. P. Termier présente une Note de M; Lugeon sûr un mode d’érosion fluviale observé par l’auteur dans le cours de la rivière Yadkin (Caroline du* Nord),, dans la région où cette ..rivière coule entre des roches éruptives très dures, d’àge algonkien. A la jonction du lit majeur et du lit
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- mineur, les saillies du lit rocheux faisant face à l’amont sont ciselées et burinées par les filets d’eau chargée de sable siliceux, filets presque horizontaux et animés de vitesses très grandes. Il se forme ainsi des surfaces concaves parfaitement polies, sillonnées et creusées de cupules et ressemblant par le poli et par les ciselures aux surfaces des roches exposées au vent du désert. M. Lu-
- geon pense que, dans les rivières à fort débit et à grande vitesse, chargées de sable dur et non de vase et coulant sur des roches dures, homogènes et élastiques, ce mode d’érosion peut prendre une réelle importance.
- Élection. — M. Yuillemin, de Nancy, est élu correspondant de la section de botanique.
- Cu. de Yilledeuil.
- LE WAGON-CINÉMA
- Après le wagon-restaurant et le wagon-lit, voici permettent de le déplacer facilement. Le cinémato-
- le wagon-cinéma. C’est une Compagnie de chemins graphe est disposé, à droite, sur la plate-forme pos-
- Uintérieur du wagon-cinéma.
- de fer américaine, la Pittsburgh, Harmony, Butler et Newcastle Railway Company, qui en a eu l’heureuse idée et qui, pour fournir à ses voyageurs un nouveau moyen de tromper l’ennui, du voyage (et en même temps pour faire concurrence aux lignes rivales), vient de l’adopter sur son réseau. Il est vrai que ce surcroît de confort est réservé aux sociétés retenant une voiture spéciale.
- L’intérieur du wagon constitue, on le voit, une salle de spectacle allongée, aux extrémités de laquelle se trouve le dispositif cinématographique; L’écran lumineux est disposé sur des rouleaux qui
- térieure et muni d’un dispositif d’ajustage au moyen duquel il peut être rapidement élevé et rangé dans un réduit prévu dans la partie supérieure du vestibule. Toutes les fois qu’on désire ses services, on n’a qu’à rabattre l’appareil cinématographique sur des supports qui le maintiennent à la hauteur voulue pour la projection.
- ! Contrairement à ce qu’on craignait d’abord, les. vibrations du wagon en mouvement n’exercent pas le moindre effet perturbateur sur le fonctionnement
- ; de l’appareil, même aux vitesses maxima du train.
- | Dr Alfred GradenWitz.
- 1 , - •
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahurk, rue de Fléurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2076.
- 8 MARS 1913.
- UN POISSON AÉRIEN : LE PROTOPTÈRE
- Dire que les poissons vivent dans l’eau est une banalité. Mais les vérités, même banales, souffrent des exceptions, et, bien que cela paraisse extraordinaire, il existe des poissons qui peuvent vivre hors de l’eau. Déjà, les poissons volants quittent quelquefois « l’humide élément », il est vrai qu’ils le font si peu de temps que cela ne compte guère.
- gène ; YAnabas peut, grâce à cette disposition, vivre hors de l’eau, ramper dans l’herbe humide, aller d’une rivière dans une autre et même grimper aux arbres. D’autres poissons avalent de l’air, lui font traverser leur tube digestif et fixent au passage l’oxygène au moyen de houppes très riches en vaisseaux situées dans l’intestin ; c’est ainsi que le (7a/-
- en partie, le tunnel apparaît conduisant au trou percé dans l’enveloppe du Protoptère. 3. Le cocon du Protoptère complètement dégagé.
- L’anguille se permet des sorties plus prolongées, et il n’est pas rare d’en rencontrer voyageant dans l’herbe humide et même émigrant d’un ruisseau dans un autre. Toutefois, elles ne subiraient pas sans péril une dessiccation prolongée. D’autres pois-
- lichtys du Brésil résiste au dessèchement des rivières où il vit. Le Cobitis fossilis respire de la même façon; enfoui dans la vase, il vient de temps en temps à la surface et avale quelques bulles d’air, après quoi, il retourne dans son trou. Il en est
- Fig. 4. — Le Protoptère au sortir de son enveloppe.
- sons peuvent rester plus longtemps sur le sol, tels les Saccobranchus de l’Inde et les Amphipnoüs qui, grâce à des sacs aériens sous-cutanés, respirent l’air gazeux aussi bien que celui dissous dans l’eau; aussi les voit-on sortir de l’eau fréquemment et rester assez longtemps sur le sol. L’Anabas, autre poisson de l’Inde, a là partie supérieure de ses cavités branchiales transformées en une sorte d’éponge qui, lorsqu’il est à l’air, humecte les branchies et leur permet de continuer l’absorption de l’oxy-
- d’autres encore mieux adaptés à la vie aérienne parce qu’ils ont, outre les branchies des autres poissons, de véritables poumons; tels sont le Neoce-ratodus ou poisson de vase de l’Australie, le Lepi-dosiren. de l’Amérique centrale, le Protopterus de l’Afrique équatoriale. Ils sont fort intéressants à divers points de vue; tout d’abord, ils indiquent un mode de passage possible de la vie aquatique à la vie aérienne, puis ils prouvent que les poumons des vertébrés aériens ne; proviennent pas de la transfor-
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- 41e année.
- 1er semestre.
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- mation des branchies puisque chez eux les deux organes coexistent ; enfin’, leurs mœurs sont dignes d’être notées. Nous prendrons comme exemple de celles-ci, le Protoptère, Protopterus annectans, dont un exemplaire vient d’arriver vivant au Muséum d’histoire naturelle de New-York. M. Bashford Dean raconte dans le dernier numéro du journal de cette institution, la vie et le voyage de ce nouveau pensionnaire. L’individu arrivé à New-York vivait dans une rivière de Gambie. Ces rivières tarissant pendant la saison sèche, le Protoptère remédie à cet inconvénient en se creusant dans le sol une sorte de loge qu’il fait communiquer avec la surface par un assez long canal. L’eau disparaissant, le Protoptère se réfugie au fond de son trou, s’enveloppe dans une sorte de mucus qu’il sécrète, et, ses branchies devenues sans emploi, utilise ses poumotls. 11 attend ainsi le retour de la saison des pluies, pendant
- qu’un trou, orifice du tunnel au fond duquel le poisson dormait. On enleva cette terre avec soin et l’on arriva bientôt à dégager le tunnel et la poche renfermant le poisson, poche percée d’un seul trou (fig. 2) destiné à amener l’air jusqu’aux poumons du Protoptère. La poche fut ensuite complètement dégagée, et apparut comme une sorte de cocon à texture de papier, formée de plusieurs couches de, mucus desséché (hg. 5). On la plaça dans l’eau, et quelques minutes après, elle commença à s’animer, son habitant cherchant à la briser pour en sortir. Quelques minutes encore, et l’on vit apparaître le Protoptère, noir, couvert de boue, ses nageoires toutes ratatinées (fig. 4). Son aspect a changé depuis (fig. 5) et aujourd’hui, il est de couleur claire, luisant,' sa nageoire postérieure bien étalée, ses nageoires latérales délicates et dressées. 11 se sert fréquemment de celles-ci comme de pattes et rap-
- Fig. 5. — Le Protoptère dans sa vie aquatique.
- plusieurs mois, un an peut-être même. Le poisson est alors devenu aérien. Le Protoptère arrivé à New-York avait été recueilli avec la masse de terre qui l’entourait (fig. 1) sur le fond d’un ruisseau desséché. Le tout, bien emballé, fut expédié en Amérique. Le colis ressemblait à une grosse motte de terre ordinaire et n’avait comme particularité
- pelle alors les salamandres avec lesquelles il a de grands rapports anatomiques.
- Ce représentant d’une des formes animales les plus intéressantes, d’une espèce de passage entre les Poissons et les Batraciens sera certainement une des curiosités du Muséum de New-York.
- RelNé Merle.
- LANGAGE CORRECT, LOCUTIONS IMPROPRES
- N’y a-t-il pas un certain pédantisme à chercher l’absolue propriété des expressions dans le langage technique? Beaucoup de gens le pensent, et un écrivain soucieux de ne point passer pour ennuyeux a quelque mérite à combattre en faveur du langage correct.
- ” Hospitalier ne s’en fit pas faute. Jusqu’à sa mort, il est resté sur la brèche, poursuivant sans merci, dans les écrits des savants ou des techniciens les plus notoires, tout ce qui, par une déviation dans le sens des mots, pouvait entraîner l’erreur ou la confusion. On lui en a voulu un peu, tout en rendant hommage à sa persévérance, à son courage, et, pour tout dire, à la réelle
- utilité de cette œuvre d’épuration. Plus d’un auteur technique avait, en corrigeant ses épreuves, le souci de ne rien laisser passer qu’Hospitalier pût critiquer; et: ainsi fut obtenu ce fort appréciable résultat, de donner aux revues françaises consacrées aux choses de l’industrie line correction du langage que sont loin de posséder les rèVues étrangères.
- Mais Hospitalier n’est plus, et l’incorrection remonte peu à peu à la surface. Sachant que j’ai lutté aux côtés de l’ami disparu, et que, par ma profession même, j’ai été conduit plus d’une fois à intervenir dans des questions de notation, plusieurs confrères ont insisté afin que
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- ' " . LANGAGE CORRECT,
- je reprisse l’action abandonnée. Je le fais d’autant plus volontiers qu’à n’en pas douter, le besoin de correction est fort répandu, et qu’il suffît, dans ce domaine, de coordonner quelques efforts, pour les rendre immédiatement fructueux.
- Je dirai d’abord comment une négligence de langage a causé la mort d’un homme et de grands dégâts matériels. L’an dernier, dans une usine métallurgique, un ingénieur avait donné à un ouvrier l’ordre d’introduire, dans un tube d’acier, de l’acétylène jusqu’à 15 kilogrammes. L’ouvrier plaça donc consciencieusement le tube sur une balance, et se mit à pomper, en surveillant le mouvement de l’aiguille. Le poids du tube montait lentement, et l’on était encore loin de compte, lorsque se produisit l’inévitable explosion.
- La faute de la catastrophe remonte certainement à l’ingénieur ; il avait voulu parler non de la quantité d’acétylène, mesurée en kilogrammes, mais de sa pression, de 15 kilogrammes par centimètre carré. Le plus puriste des hommes ne pensera certainement pas que cette faute lui eût mérité d’être victime de l’explosion ; mais il y eut une injustice du sort à l’égard de l’ouvrier.
- La pression, au surplus, n’a pas de chance; on croirait qu’elle a pris à tâche d’accumuler les négligences du langage.
- Hospitalier reprochait un jour à un professeur d’une grande école de proposer à ses élèves des problèmes insolubles. « Vous leur demandez, disait-il, de calculer la pression exercée, par une planche de dimensions données sur les trois appuis qui la supportent, et dont les positions sont fournies par leurs coordonnées.
- — Où donc voyez-vous la difficulté du problème?
- — L’est que* pour calculer la pression sur chacun des supports il est nécessaire de connaître sa section, et vous avez oublié de l’indiquer.
- — Mais j’entendais parler de l’effort.
- — Alors pourquoi le désignez-vous par le mot de pression, qui est expressément réservé au quotient d’un effort par une surface? »
- Le professeur trouva Hospitalier subtil; c’est peut-être un de ses élèves, dont une négligence de langage causa la mort d’un homme.
- Pour échapper à l’ambiguïté, certains auteurs parlent de « pression unitaire » ; ils sont ainsi à peu près-certains d’être compris des lecteurs habitués à un langage flottant. Pour les autres, ils tombent dans le pléonasme.
- Pression étant employé dans le sens de force, ce dernier vocable gagne un certain degré de liberté, et il en abuse sans vergogne. Lorsqu’on a de 1’ « énergie à vendre », on offre de la « force à louer », et lorsqu’on veut préciser la « puissance » d’un moteur, on dit que sa « force est de n chevaux ».
- Cette multiplicité de sens donnée au terme « force » remonte à l’époque où la science mécanique errait encore dans l’établissement de ses notions fondamentales. Nous souffrons de la « force vive », terme auquel on a tenté, sans plus de correction, de substituer celui de « puissance vive ». La notion que l’on veut ainsi désigner n’est, en effet, ni une force ni une puissance, mais une énergie.
- Pour les anciens mécaniciens la vis vivci avait quelque raison d’être ; Leibniz opposait la force vive à la force morte, tout comme les Anglais mettent en regard du clead load le living load, charge en mouvement, assimilée à un être vivant(*).
- Un poisson se débattant au bout d’une ligne exerce
- i. J’ai tenté de donner, dans mon Initiation à la mécanique, un exposé tangible de ees notions, w.
- LOCUTIONS IMPROPRES ===== 227
- sur elle des secousses susceptibles de la briser, alors que, mort ou savamment fatigué par. un lent va-et-vient au bout de l’hameçon, il pend inerte, et ne produit plus de dégâts.
- La confusion que crée dans l’esprit des débutants le terme « force vive » appliqué à désigner de l’énergie, est encore accrue par le fait que, pour les uns, la force vive est le produit ?n»2, alors qu’il est pour les autres { mv-. L’expression d’ « énergie cinétique », que j’ai proposée il y a plus de vingt ans, et à laquelle la plupart des physiciens se sont ralliés, désignant sans ambiguïté la quantité qu’il représente, est comprise sans aucune initiation. Lorsqu’elle aura gagné les géomètres et les mécaniciens, l’impropre expression de (( force vive » aura vécu.
- Au même groupe de notions se rattache, dans la mécanique industrielle, celui de l’utilisation d’une quantité donnée de matière pour l’obtention d’un résultat déterminé. La puissance d’un moteur est un des facteurs qui en fixent la valeur. Sa masse ou son poids en est un autre, dont l’aviation a établi toute l’importance. Alors que les moteurs relativement les plus légers exigeaient le travail de 80 kg de matière pour produire la puissance d’un cheval, le célèbre colonel Charles Renard avait déclaré l’aviation possible lorsque le cheval serait produit par un moteur pesant 5 kg au maximum, et sa prophétie s’est trouvée réalisée rigoureusement. p-t
- Hospitalier avait désigné par l’expression de « puissance massique » le quotient de la puissance, d’un moteur par sa masse. L’expression fut naturellement critiquée par les ennemis de la nouveauté, mais elle était heureuse, et s’est imposée à la fois par sa nécessité et par sa clarté. Malheureusement, lorsqu’on la traduit dans une valeur numérique, on a coutume d’en inverser les éléments. La puissance massique . d’un moteur est ainsi exprimée en kilogrammes par cheval ou par kilowatt, alors que, logiquement, elle devrait être donnée en kilowatts par kilogramme.
- La raison que l’on indique pour ' cette inversion du langage est que, jusqu’ici, l’évahiâtion correcte conduirait à une fraction de l’unité.
- Deux solutions ramèneraient indifféremment à la complète correction. L’une consisterait à exprimer en watts et non en kilowatts par kilogramme la puissance massique, l’autre adopterait le terme de « masse puissancique », proposé également par Hospitalier, mais que son inélégance a laissé sans emploi.
- A l’avantage de la première solution, on peut faire valoir le fait que le nombre de watts par kilogramme d’un moteur dit « léger » est, actuellement, de l’ordre de quelques centaines, et que tout progrès se traduirait immédiatement par une avance appréciable des évaluations numériques. C’est bien là, semble-t-il, qu’est la vérité pratique. Elle éliminerait le cheval, et c’est encore un avantage marqué, au moment où tous les techniciens désireux de l’épuration des systèmes d’unités expriment le vœu de le voir disparaître.
- Cette même inversion, rencontrée dans Dévaluation des puissances massiques, se retrouve dans l’expression du rendement .d’une source lumineuse. Le watt,est ici consommé, et non produit comme par le moteur ; il devrait donc figurer au dénominateur, alors que, par un illogisme singulier, on persiste à parler de rendements en watts par bougie. .
- La raison en est la même que ; pour les puissances massiques. Jusqu’à ces- derniers temps, les lampes exigeaient; pour produire une bougie, un nombre de watts
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- 228 LE PROCÉDÉ HADFIELD POUR
- petit, mais supérieur à l’unité. Le rendement exprimé en bougies par watt aurait été fractionnaire, ce que l’on voulait éviter. Or, la lampe à filament métallique atteint la bougie par watt; les lampes au néon ou au mercure fournissent, par watt, deux ou trois bougies. L’objection tombe donc d’elie-même ; il devient très pratique d’exprimer correctement les rendements, en bougies par watt.
- Je ne chicanerai pas sur le terme de rendement, qui, dans cette acception, n’est pas tout à fait correct; celui d’ « utilisation » serait certainement mieux à sa place, le rendement étant le quotient de deux quantités de même espèce ; mais ne réformons pas tout à la fois, il y a de plus grosses incorrections à signaler et à poursuivre.
- Si le langage parlé ou écrit souffre de nombreux défauts de logique, les abréviations ne sont pas mieux •traitées. Les infractions à des règles bien établies, et que chacun connaît ' ouf devrait connaître, commencen t .dès la numération. : i i '
- Les'cinq centièmes d’une quantité s’écrivent 0,05, et cela,' nul ne l’ignore. Mais que dirait un marchand, si on avait la prétention de lui payer un vingtième de centime l’objet marqué 0,05’ centimes? Et ne voit-on pas, presque couramment; désigner par 0,002 mm le fil de 2 millimètres? De peur de n’ètre pas suffisamment compris,. on tombe dans le pléonasme, sans se douter que les deux réductions, de franc à centime et de mètre à millimètre, sont multipliées respectivement par 5 centièmes' et par 2 millièmes.
- PRODUIRE DE L’ACIER SAIN -..........................:
- De semblables négligences n’ont parfois que peu de gravité, mais elles peuvent aussi avoir de sérieuses conséquences. Qui n’a vu des ordonnances médicales contenant des prescriptions telles que 0,05 centigrammes? Evidemment, le médecin a entendu dire 5 centigrammes ou 0,05 gramme. Le pharmacien, conscient des doses, redresse l’incorrection et interprète la pensée du médecin, à défaut de son ordonnance. Mais il peut ignorer ou oublier, il peut prendre l’ordonnance à la lettre, et préparer, en toute conscience, des médicaments d’action nulle ou négligeable. Bien plus, habitué à corriger souvent, il peut rectifier une ordonnance déjà correctement établie et centupler la dose prévue. Dans un cas comme dans l’autre, il peut y avoir mort d’homme ; l’un aura eu pour cause un défaut, l’autre un excès de médicament.
- Faut-il insister encore sur les ' et " pour les minutes et secondes de temps? Sur les cq et les ce pour le centimètre carré et le centimètre cube ? La loi prescrit d’écrire cmâ et cm3, notation internationale, comprise par chacun et faisant image. Quelquefois, l’accumulation est compacte; le bulletin d’une grande société technique parlait récemment de vitesses égales à 500 m". Il s’agissait de mètres par seconde ; le contexte l’indiquait, mais il eut été bien difficile de le deviner par la seule abréviation. Dans de telles conditions, les notations tournent au rébus; ce n’est pas pour cela qu’elles ont été imaginées. Cii.-Ed. Guillaume ;
- Correspondant do l’Institut.
- LE PROCÉDÉ HADFIELD POUR
- C'est un accident banal que celui d’une pièce d'acier de fort belle apparence, qui, après avoir subi avec succès toutes les épreuves classiques de réception, se brise im beau jour soudainement en service normal. On en'fait l’autopsie : alors seulement l’on découvre la cause du mal : dissimulée dans la pro-
- Fig. i. — A gauche, le refroidissement du métal
- dans une lingotière ordinaire provoque des réassurés; à droite, refroidissement par couches horizontales dans une lingotière chauffée d sa partie supérieure.
- fondeur du métal, elle échappait à toute investigation extérieure ; qu’on la baptise : paille, soufflure, retas s sure, le plus souvent le hasard seul peut, en saine justice, être rendu responsable de sa
- PRODUIRE DE L’ACIER SAIN
- présence. La pièce a été fabriquée selon toutes les règles de l’art : des milliers d’autres élaborées dans les mêmes conditions et soumises aux mêmes efforts, se comportent de façon irréprochable.N empêche que ce type d’accident qui vous surprend en pleine confiance est particulièrement redoutable ; il a provoqué déjà bien des catastrophes :: c’est le rail qui se rompt au passage d’un train, l’essieu d’automobile qui se brise en pleine marche, le moteur qui brusquement fait défaut à l’aviateur, etc. Aussi faut-il accueillir comme des bienfaiteurs de l’humanité, les inventeurs de méthodes métallurgiques permettant d'éliminer à coup sur de tels aléas. ^ Fig. 2. — Gpupe verti-De très nombreuses cale de la yingolière recherches ont été faites HadfieU.
- dans ce sens : les résul- \
- tats les plus heureux jusqu’ici semblent avoir été obtenus par sir Robert Hadfield, métallurgiste anglais renommé. Au dernier Congrès de Ylron et
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- LE PROCÉDÉ HADFIELD POUR PRODUIRE DE L’ACIER SAIN rzr—- 229
- Steel Institute, il a fait connaître un procédé relativement simple, en même temps que d’une remarquable efficacité.
- Avant d’en exposer brièvement le principe, il est nécessaire de rappeler comment sont élaborés les produits en acier laminé ; ce sont ceux: qui donnent lieu le plus fréquemment aux accidents dont nous parlons plus haut; c’est eux que vise la méthode Hadfield.
- Le métal en fusion, au sortir des cornues Besse-mer ou des fours Martin, est versé dans des lingo-tières où il se refroidit ; on démoule, on coupe la
- solidifie progressivement à partir des bords, il se forme un vide central ou poche de retassure qui peut affecter le tiers et même davantage de la hauteur du lingot. On comprend maintenant pourquoi on scie la partie supérieure du lingot, avant de l’envoyer au laminoir. Qu’arrive-t-il si l’on n’a pas éliminé complètement la poche de retassure? Après le réchauffage du lingot, les deux lèvres de la poche se rejoignent sous la pression du laminoir ; et l’examen le plus minutieux ne révélera désormais aucun défaut : cependant la température de réchauffage n’a pas été suffisante pour provoquer une véritable
- Fig. 3. — Une coulée d'acier dans les lingotières du système Hadfield.
- partie supérieure du lingot, nous allons voir pourquoi, on réchauffe la pièce et on la porte au laminoir où elle prend sa forme définitive.
- Or, le refroidissement dans la lingotière donne lieu à divers phénomènes fort nuisibles à la qualité du métal : la solidification commence sur toutes les parties qui sont en contact avec les parois froides de la lingotière ; la partie liquide se réunit au centre où se rassemblent le carbone et les impuretés, produisant ce que l’on appelle la ségrégation, c’est-à-dire la séparation des éléments constitutifs de l’acier et la destruction de l’homogénéité du métal. En même temps, par suite du retrait du métal qui se
- soudure et il subsiste bel et bien une fracture invisible dans la pièce.
- Enfin les bulles d’air et de vapeur d’eau qui restent incorporées au métal trop vite solidifié donnent naissance aux soufflures. On sait depuis longtemps que l’on peut éliminer celles-ci par l’addition d’une certaine proportion d’aluminium au métal liquide dans la lingotière. Mais on n’évite pas ainsi la grande poche de retassure et les inconvénients qui en résultent.
- Sir Robert Hadfield s’est proposé le problème suivant ; assurer la solidification progressive du lingot par assises horizontales à partir du fond,
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- 230 LE PROCÉDÉ HADFIELD POUR PRODUIRE DE L’ACIER SAIN
- et maintenir la partie supérieure à l’état liquide le plus longtemps"possible, afin de permettre aux gaz occlus de se dégager, et aux impuretés diverses:dc venir toutes se rassembler dans le haut du lingot. La lingotière perfectionnée représentée par nos figures lui a fourni la solution cherchée.
- Elle porte une pièce supérieure mobile munie d’une garniture en sable réfractaire. Le métal ayant éténoulé rapidement, et additionné de la dose voulue d’aluminium, on place sur la surface supérieure du liquideune petite couche de scories d’affinage surmontée d’une couche de charbon. On souffle de l’air comprimé sur le charbon, qui brûle vive-
- Fig. 4. — Coupe de 4 lingots. Les lingots 1, 2, 3, élaborés selon les méthodes usuelles; le lingot 4, selon le procédé Hadfield. _
- ment, et maintient ainsi pendant un temps, suffisant la tête du lingot à bonne température.
- Les résultats obtenus sont extrêmement remarquables : ils apparaissent nettement sur notre figure 4 où l’on voit la coupe de 4 lingots ; le premier est un acier coulé à la façon ordinaire et remarquablement riche en soufflures, mais sans retassure; le second est un lingot du même'acier, coulé de là même façon,; mais avec addition de 0,036 pour 100 d’aluminium, moins de soufflures, mais la retassure est très nette; le troisième est encore un lingot du même acier'avec 0,09 d’alumi-: nium, les soufflures ’ont complètement disparu,
- mais la retassure est énorme. Le quatrième lingot nous montre le même acier traité par la méthode
- Fig. 5, —: Lingot de 740 kg fondu par la méthode Hadjield.
- Hadfield ; le lingot est parfait dans toute sa masse, sauf une très légère chute à la partie supérieure.
- On peut ainsi utiliser en toute sécurité les 8 ou 9/10 du lingot, alors qu’auparavant il était de règle de rejeter au moins le tiers supérieur. La méthode de Sir Robert Hadfield réalise donc une diminution énorme des déchets, en même temps qu’elle augmente la sécurité de la fabrication.
- Aussi l’amélioration des produits n’est-elle point contre-balancée ici par une augmentation de prix. Sir Robert Hadfield, qui a déjà traité par sa méthode près de 15 000 tonnes d’acier, estime avoir réalisé une économie de 10 à 15 francs par tonne.
- Il est un pays où, sans aucun doute, la méthode de Sir Robert Hadfield sera accueillie avec empressement, nous voulons dire les États-Unis. Nos lecteurs savent que ce pays détient le record peu enviable des accidents de chemins de fer. Les enquêtes ont prouvé que la faute en incombait aux rails fort défectueux en usage outre-Àtlantique. Ces rails sont fabriqués avec du minerai assez impur, par le procédé Ressemer qui n’élimine qu’imparfaitement les impuretés, alors qu’en Europe on a donné depuis longtemps la préférence au procédé Martin-Siemens. Mais ce n’est pas là la cause primordiale des ruptures de rails. En ces dernières années, les aciéries américaines, surchargées de commandes urgentes, ont cru pouvoir, avec l’assentiment des Compagnies de chemins de fer, se départir des règles sévères qui, dans le Vieux Monde, continuent à présider à l'élaboration des produits laminés. Elles ont cessé de rejeter tout le tiers supérieur des lingots, et se sont bornées à un taux de déchet beaucoup moindre. Dés centaines de voya- Fig. 6. — Section d’un
- geurs ont payé de rail américain. Les de-
- leur vie cette sau- fauts'du lingot se retrou-, . vent dans le rail fini.
- vage économie.
- L’introduction du procédé Hadfield contribuera, sans aucun doute, à modifier ce déplorable état de choses* "par .-bonheur inconnu en Europe.
- A. Troller.
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- FABRICATION DU PAPIER A CIGARETTES
- Malgré l’avis des médecins, dont :un grand nombre, d’ailleurs, sont d’impénitents fumeurs, il est constant que l’usage de « l’herbé à Nicot » se répand de plus en plus dans toutes les classes de la société. La cigarette, surtout, règne en maîtresse, et, aux champs et à l’atelier aussi bien que dans les salons, ses capricieuses volutes, dans leur envol gracieux vers l’azur, emportent avec elles nos soucis et nos peines, sur lesquels la plante divine semble étendre un voile léger, immatériel, qui nous les fait oublier pour quelques instants.
- A-t-on idée de la quantité de papier que représentent, réunies, les innombrables feuilles brûlées ainsi, au cours des jours, par de non moins innombrables fumeurs ? A défaut d’une statistique générale, qui risquerait fort d’être inexacte, nous avons eu l’idée de demander à MM. Abadie, dont le nom est universellement connu des fumeurs, la permission de visiter les ateliers où s’élaborent ces feuilles légères, et, grâce à leur bienveillante autorisation, nous vous conduirons, aujourd’hui, dans leur usine du Theil (Orne) où se fabrique le papier, et dans celle de Paris, sise avenue Mala-koff, à deux pas du Bois et de l’Arc de Triomphe, où ce papier est découpé en feuilles ou mis en tubes, formes sous lesquelles nous le trouvons dans les bureaux de tabac.
- La première salle où nous pénétrons, à l’usine du Theil, est la salle des chiffons, où 50 ouvrières en moyenne, du commencement à la fin de l’année, trient et découpent en petits morceaux les 1200 000 kilogrammes de chiffons consommés annuellement par cette usine, chiffons de lin et de chanvre seules ment, bien entendu, car les étoffes de laine et de
- coton ne sauraient être utilisées pour cet usage. Debout devant une vieille lame de faux, emmanchée solidement dans la table, elles prennent un à un ces chiffons, qui ont, au préalable, subi un premier nettoyage, les passent sur la faux, les découpent en
- fragments d’environ un décimètre carré, et, suivant leur couleur et leur texture, les trient en les jetant dans l’un des compartiments d’un casier placé devant elles.
- Les toiles à voile de chanvre, les cordes de campagne, les cordes marines, les ficelles et surtout les gros câbles sont particulièrement recherchés pour cet usage. Ces derniers, trop gros pour être découpés à la main, sont sectionnés en petits bouts à l’aide d’une machine puissante, et ces fragments tombent sur une toile sans fin (où sont déversés également les chiffons découpés) qui les élève et les porte dans un énorme blutoir aux parois inclinées où ces fragments, longtemps promenés, descendent lentement et viennent tomber dans des caisses, à peu près débarrassés des poussières qu’ils pouvaient encore contenir.
- Alors a lieu, au sein de lessiveurs sphériques, chargés à leur partie supérieure, un lessivage dans une dissolution à 5 pour 100 de chaux et 1 à 2 pour 100 de soude. Ces lessiveurs sphériques, dont la contenance est d’environ 70 hectolitres, et qui sont capables de supporter une pression intérieure de 5 atmosphères, peuvent laver, à la fois, en une 1/2 heure, 1500 kilogrammes de chiffons.
- Ceux-ci, chargés dans des wagonnets, sont transportés, à 4 kilomètres du Theil, à l’usine de Masles, où a lieu la trituration ou défilage de ces chiffons. Déversés dans de grands bacs en ciment, dits piles-
- Fig. i. — Salle des chiffons, où 1200 tonnes de chiffons sont annuellement découpés en fragments.
- Fig. 2. — Lessivent sphérique lavant, en une demi-heure, i5oo kg de chiffons.
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- défileuses, ces chiffons sont entraînés, grâce à l’eau dans laquelle ils sont en suspension, sous les lames dentées dont est armée la pe'riphérie d’un cylindre animé d’un mouvement de rotation qui fait passer ces dents contre d’autres lames dentées fixées au fond du bac et constituant la platine. La pâte ainsi triturée est ramenée au Theil où elle est déposée dans un autre bac, ou pile blanchisseuse, contenant une solution yde chlorure de chaux.
- ' Dans la même pile est déversée ensuite une solution à 5 pour 100 d’hÿposulfite ! de soude qui joüe ici le rôle d’antichlore et a pour but d’éliminer le chlore qui pourrait, par la suite, amener la destruction du papier. La pâte, encore grossière, passe ensuite dans une autre pile, assez semblable à la pile défileuse, mais où les lames sont beaucoup plus rapprochées et qui porte le nom de pile raffineuse. Elle pourrait, à la sortie de cette pile, être transformée en papier ordinaire, mais le papierà cigarettes devant être d’une très grande finesse, elle est déversée dans d’autres bacs constituant les piles affieu-reuses, ou plus simplement af-fïeureuses, qui l’amènent à un état de ténuité extrême.
- Au sein de toutes ces piles baigne une sorte de tambour recouvert d’une toile métallique à mailles plus ou moins fines et qui a pour but de relaver une deuxième fois les pâtes, l’eau étant évacuée par les fines mailles du tambour-laveur, qui ne laisse passer aucune fibre. Il importe, en effet, que les pâtes soient bien lavées pour leur enlever toutes traces de chlore, même après l’anti-chlore. Au sortir de l’af-fleureuse, la pâte est immédiatement convertie en papier. C’est alors qu’entrent enjeu les merveilleuses machines dont la description complète demanderait
- un volume, et qui, au nombre de deux à l’usine du Theil, marchant jour et nuit, avec deux équipes se relayant, peuvent fournir, par 24 heures, et à elles deux, 120 kilomètres de papier à cigarettes, d’une largeur de 180 centimètres, et pesant, suivant la finesse de ce papier, de 1600 à 2000 kilogrammes au total, à raison, suivant les espèces, de 10 à
- 20 grammes au mètre carré.
- Déversée par des pompes dans des réservoirs appelés cuviers, la pâte passe au sablier, où elle se débarrasse des impuretés qu’elle pourrait encore contenir,: puis dans l’épurateur, cylindre forméde petites lames. Elle s’écoule alors sur la table de fabrication, ou forme, toile métallique sans fin, en fil de laiton retors, portant 80 trous au centimètre carré, et qui est animée d’un mouvement de progression longitudinal très lent, ce qui permet de donner une grande finesse à la feuille, et d’un léger mouvement de va-et-vient
- latéral. Des bandes de caoutchouc sans fin, appelées couvertes, forment les rebords de la toile métallique. La pâte s’y débarrasse d’une partie de son eau, puis passe sur les siphons-aspirateurs, où, par raréfaction de l’air au-dessous, la pression atmosphérique chasse l’eau qui reste danslapâte, enfin sur les presses humides et de là sur un feutre transporteur et sur la presse coucheuse. Ce qui, en somme, différencie surtout la fabrication du papier à cigarettes de la fabrication des autres papiers minces, c’est d’abord le, choix des matières premières employées : textiles, chanvre et lin de premier choix, et notamment toiles à voiles lavées par l’eau de mer et l’eau de pluie. C’est, ensuite, lé soin apporté aux opérations dé lessivage, défilage, blanchissage et raffinage, qui sont portées à un haut degré de perfection.
- Fig. 3. — Pile raffineuse remplie de la pâte immaculée qui donnera le papier.
- Fig. 4. — Salle des piles où travaillent piles raffineuses et affleureuses.
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- Le papier se faisant sur machine peut être vergé de toutes façons. Cette opération se fait à l’aide d’un rouleau vergeur, placé avant la presse humide, et qui donne son empreinte au papier avant que celui-ci soit sec. Souvent aussi, il est fait uni ou velin. Il n’a pas alors l’apparence que nous avons accoutumé devoir au papier à cigarettes. Cet aspect
- ou bourdonnent à l’envi de merveilleuses petites machines : massicots, machines à transformer le papier en tubes, machines à imprimer et découper les feuilles, machine à applications de liège, or, argent en bobines, machines à imprimer les couvertures, tout un petit monde d’ouvriers et d’ouvrières s’agite fébrilement.
- lui est donné à la filigraneuse, où il passe sur un cylindre plein portant le nom des fabricants ainsi que certaines marques et vergeures. Il est ensuite découpé en grandes feuilles, au format 51 X 76 cm ou 54 X 76 cm et expédié aux ateliers de Paris.Cependant, lorsque chaque feuille doit porter une marque imprimée en couleurs, ou dorée, ou même les deux, comme pour certains papiers de luxe, elle est portée aux . bobineuses, où la feuille venant du rouleau de 67 centimètres de largeur vient s’enrouler sur des cylindres creux de carton, de 17 à 80 millimètres de largeur, enfilés sur l’axe de la machine, pour être découpée en bandes de même largeur, de façon à constituer des bobines qui seront à leur tour expédiées à Paris.
- C’est, en effet, au 130 de l’avenue Maïakoff qu’ont lieu les dernières opérations. Dans une vaste, salle
- Je m’approche d’abord des puissants massicots, qui, avec une aisance et une rapidité merveilleuses, découpent à la fois, au format des feuilles des cahiers de papiers à cigarettes, les larges feuilles envoyées du Theil, au nombre de 100 à 200 feuilles, séparées, suivant le genre, en paquets de 100 à 200 feuilles superposées, par des papiers de couleur qui, après le découpage, constitueront les feuilles de garde des cahiers. Avec une précision infinie, le lourd couteau s’abaisse, et découpe d’abord des bandes dans les grandes feuilles, puis ces feuilles étant présentées à la machine dans l’autre . sens, les bandes sont découpées transversalement aux formats usuels : 70 X 56 mm — 73 X40 mm.
- Lorsque les feuilles doivent être imprimées, au contraire, elles sont envoyées à Paris sous forme de
- Fig. 5. — i. Machine à papier avec, au premier plan, la table de fabrication ou forme. — 2. Filigraneuse imprimant dans le papier marques et vergetures. — 3. Bobineuse, découpant les feuilles en bandes étroites enroulées en bobines. — 4. Ensemble des machines imprimant et découpant le papier des bobines.
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- bobines et remises aux ouvrières, pittoresquement coiffées d’un bonnet de papier à cigarettes, qui conduisent les douze machines chargées de ce travail. La bande de papier venant des bobines passe alors
- Fig. 6. — Une machine à imprimer et découper les feuilles, avec applications de marques dorées.
- contre une molette portant en relief le dessin à reproduire sur chaque feuille et qui s’est imprégnée contre un feutre sans'fin d’un enduit ou mordant destiné à fixer la dorure1 sur la feuille. La bande entre ensuite dans une caisse de cuivre hermétiquement fermée, où, entraînée par des rouleaux, elle passe dans une poudre impalpable de bronze qui se fixe sur le mordant. La bande ressort de la boîte de cuivre, passe contre une autre molette qui imprime en bleuie nom des fabricants sous la marque dorée, puis entre des rouleaux qui la conduisent sous un ciseau où elle est découpée en feuilles qui viennent s’amasser dans une sorte d’augette placée sous le ciseau et où elles sont comptées et séparées automatiquement par des feuilles de garde suivant le nombre de feuilles que chaque cahier doit contenir.
- Qu’ils viennent des massicots ou des machines à imprimer et découper, ces paquets de feuilles sont remis, avec les couvertures fabriquées à part, à des ouvrières travaillant au dehors, qui rapportent les cahiers terminés trois fois par semaine.
- La machine à imprimer les couvertures est, elle aussi, une merveille de précision. La bande de papier fort venant de la bobine, entraînée par des rouleaux, passe, là encore, contre des molettes, portant en relief les divers dessins en dorure que doit présenter cette couverture, et qui l’imprègnent du mordant nécessaire. Elle pénètre ensuite dans le bronze en poudre, qui s’attache sur le mordant et passe
- alors contre d’autres molettes qui impriment le nom des fabricants, la marque et le n° du papier, ainsi que quelques autres indications s’il y a lieu. Elle arrive alors, pour quelques genres de couvertures, sous une autre molette qui perfore le papier, inscrivant ainsi la marque de fabrique d’une manière indélébile, puis, à l’instar du condamné à mort, finit sous le couteau, qui découpe d’un seul coup la couverture. Elle vient enfin tomber dans une augette, d’où elle est prise pour être remise aux ouvrières en même temps que les paquets de feuilles.
- Près de là, dirigée par une toute jeune fille, presque une enfant, sérieuse sous sa pittoresque coiffe, est la machine à applications de liège, or ou argent, en bobines.
- Une bande de papier, d’une largeur de 28 millimètres, se déroule de la bobine venant de l’usine, passe sur les molettes qui l’enduisent de mordant, s’imprègne de bronze en poudre dans la boîte à ce destinée, puis vient passer sous une bande de liège, d’or ou d’argent se déroulant perpendiculairement à elle, et de même largeur. La bande de papier étant gommée au passage, un petit carré de liège (ou d’or ou d’argent) se colle sur cette bande, qui, ainsi marquée et pourvue de son application, va s’enrouler autour d’une autre bobine placée à la partie supérieure. Celte bande, sur une autre machine, sera transformée en un long tube, puis découpée en petits bouts, au milieu de
- Fig. 7 — Machine à imprimer, dorer, perforerai découper les couvertures des cahiers.
- chaque application de liège ou de métal et au milieu de l’intervalle entre deux applications, de façon à former des tubes de la longueur d’une cigarette que les manufactures ou les fumeurs eux-mêmes n’auront plus qu’à remplir de tabac et qui donneront les plus élégantes cigarettes qu’on puisse rêver.
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- Dans la même salle est la machine à transformer la bande de papier en tube. Cette bande, là encore, se déroule d’une bobine venant de l’usine, passe sur des rouleaux qui l’entraînent de façon que l’un de ses bords vient affleurer une petite gouttière en communication avec un godet rempli d’une dissolution de gomme arabique. Un imperceptible filet de gomme s’applique sur ce bord.
- La bande, ensuite, engagée dans un anneau, s’enroule en un tube parfaitement régulier dont la partie inférieure (où sont les deux bords de la bande), vient s’appliquer contre une petite molette, légèrement dentée sur son pourtour, 'qui presse fortement le bord gommé contre l’autre et ferme solidement le tube. Lorsque celui-ci ne doit recevoir aucune impression, il peut être immédiatement découpé en petits tubes de la longueur d’une cigarette, opération que pratiquent automatiquement des ciseaux fixés à l’extrémité de la machine. Dans le cas contraire, le long tube vient s’enrouler sur une bobine qui sera portée aux machines à imprimer et découper.
- La mise en cahiers des paquets de feuilles peut
- se faire automatiquement à l’aide d’une machine fort compliquée. Le plus souvent, cependant, ainsi que nous l’avons dit plus haut, ce travail est fait à domicile par des femmes. Nous avons pu, néanmoins, le voir pratiquer à l’usine. Il a lieu, d’ailleurs, de façon fort simple. La couverture est perforée à l’endroit voulu. Une ouvrière, de l’extérieur, y passe
- un petit anneau de caoutchouc très fin, le retient à l’intérieur par une mince tige métallique, enduit les deux bords de colle et les rabat sur cette tige, de manière à maintenir le tout. Il ne lui reste plus
- Fig. 8. — Machine à applications de liège, or ou argent sur les feuilles de papier.
- ensuite qu’à gommer légèrement la tranche d’un paquet de feuilles, y compris la feuille de garde* et à l’appliquer à la partie intérieure de la couverture qu’elle replie et maintient fermée à l’aide du caoutchouc.Le cahier est prêt pour la vente.
- Les pochettes de tubes et cahiers de papier mis en boîte sont portés ensuite à l’atelier de cachetage. Sur une plaque de métal, les ouvrières étendent la colle à l’aide d’un large pinceau, y appliquent côte à côte les bandes de cachetage, impression en dessus, les recouvrent d’une feuille de papier grossier, appuient fortement pour qu’elles s’imprègnent de colle, puis les soulèvent délicatement et les posent sur les boîtes, qu’elles rendent ainsi inviolables.
- C’est une bien petite chose qu’une feuille de papier ou un tube à cigarette. Leur fabrication n’en est pas moins fort compliquée, et offre un bel exemple de ce que peut l’industrie moderne.
- Malgré le nombre et la perfection des machines employées, 550 ouvriers et ouvrières, au total, sont occupés dans les diverses usines de la maison Abadie, et ce nombre permet de se faire une idée de la quantité de feuilles et tubes qui peuvent être, chaque année, livrés par cette maison au commerce de détail,
- Georges Lanorvirle. . ,
- Fig. 9- — Machine à transformer et à découper en tubes la bande de la bobine.
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- LA TOPOGRAPHIE MILITAIRE AU MAROC
- Un récent Bulletin du Comité de l’Afrique française (novembre 1912) donne sous la signature du capitaine Bellot des détails sur l’œuvre géographique accomplie au Maroc par l’armée depuis le début de l’occupation française. Nous résumons ci-après ces détails en les complétant.
- Dès le début des opérations, un Bureau topographique fut organisé à l’état-major des troupes débarquées, comme cela avait eu lieu dans les campagnes de Chine et de Madagascar. Ce Bureau procéda au lever des territoires nouvellement occupés, en suivant d’une manière continue le mouvement de propension militaire dans la Chaouïa.
- Les résultats obtenus, plus précis que ceux généralement atteints par d’autres organisations analogues, sont dus à deux causes.
- En premier lieu, le Bureau topographique des troupes débarquées fut constamment dirigé par des officiers du Service géographique de l’armée (les capitaines, puis commandants Prudhomme, Perret, le capitaine Bellot). De plus, les officiers chargés d’établir le canevas géodé-sique appartenaient tous également au Service géographique; une grande partie des opérateurs topographes avaient la même origine.
- En second lieu, la lenteur même des opérations militaires permit d’exécuter, dans la Chaouïa, des levers presque réguliers à l’échelle du 100000° (feuilles de Casablanca, Settat, Oulad-Saïd, Bou-Beker, Mechra-ech-Chaïr). Le Bureau s’occupait en même temps de publier les itinéraires levés pendant les diverses colonnes : les « Itinéraires sur Fez au 100000°, Itinéraires de Tadla au-200 000° ». •
- Mais ces cartes, tout en rendant les plus grands services aux autorités militaires et à l’administration civile,
- n’interprétaient pas le terrain avec assez d’exactitude pour permettre l’établissement d’avant-projets relatifs aux travaux publics.
- Aussi a-t-il été décidé, au début de 1912, qu’une carte du Maroc au 200 000° serait exécutée à l’aide des moyens développés dont dispose Je Service géographique de l’armée. La tâche géographique est donc dédoublée : le Bureau topographique reprend son rôle normal ; marchant à l’avant-garde, il exécute les levers de reconnaissance, ses travaux s’étendant en longueur en se ramifiant dans toutes les directions suivies par nos colonnes. Le Service géographique, au contraire, procède au levé régulier des régions suffisamment pacifiées : ses travaux s’étendent en surface.
- Pendant sa première campagne topographique (mars à juillet 1912), le Service géographique a exécuté le levé d’une superficie de 12000 km2 dans la région limitée au nord par la frontière espagnole et au sud par la ligne Rabat-Meknès, en comprenant la forêt de Mamora. Cette carte, dite « de reconnaissance » a, en réalité, la valeur d’une carte régulière. Elle comprend trois feuilles (Bou Selham, Rabat, Meknès) dont une édition provisoire va être publiée incessamment.
- De son côté, le Bureau a vu ses moyens d’exécution de tirage rapide des cartes considérablement augmentés par les soins du Service géographique : du débit mensuel de 200 exemplaires, il est passé à celui de 2500, chiffre qui d’ailleurs croîtra encore. Il fournit ainsi en nombre suffisant aux autorités militaires et politiques les exemplaires d’une carte de reconnaissance au 200000° constamment tenue à jour. En plus de cette carte, le Bureau a livré encore quelques cartes spéciales, notamment celle des étapes et celle des tribus (5 feuilles : Rabat-Fez. Larache, la Chaouïa).
- MACHINE A ÉCRIRE LA MUSIQUE
- Le principe adopté dans la construction de la machine à écrire « la Dactyle » permet de changer très facilement de caractères typographiques. On sait en effet, par la description qui en a été faite ici(1), que dans cette machine l’impression est obtenue au moyen d’un barillet qui porte 84 signes placés sur trois rangs; chacun d’eux vient se présenter devant le papier selon que le barillet a plus ou moins tourné sous l’action de la touche frappée. Pour changer de genre de caractères (romains, italiques, etc.), il suffit de changer de barillet, ce qui se fait en un instant. L’idée est venue d’établir un barillet spécial pour écrire la musique ; la réalisation était possible puisque depuis longtemps déjà on est arrivé à composer typographiquement des partitions de musique, mais dans le cas particulier de la machine à écrire plusieurs difficultés se présentèrent. Il fallait en premier lieu réduire le nombre des signes employés de façon à pouvoir les loger tous sur le barillet ; en outre il fallait pouvoir imprimer 1. Voy. n° 1181 du 18 janvier 1896.
- chaque signe non pas à la suite les uns des autres comme dans l’écriture ordinaire, mais presque toujours à des hauteurs différentes sur la portée ou en dehors. On est arrivé à réduire à 84 caractères tous les éléments nécessaires à l’impression du morceau le plus compliqué. Chacun d’eux représente ou bien une note noire ou blanche, ou bien l’un des éléments qui doit concourir à former un signe musical. Ils sont tous représentés sur les touches du clavier à côté des lettres, signes, ponctuation et chiffres de la machine ordinaire qui, eux, sont inscrits en rouge.
- La clé de sol, par exemple, est décomposée en quatre éléments; on voit chacun d’eux représenté sur la gravure ci-contre (fig. 1) à gauche du signe complètement formé. La clé de fa ne comporte que trois fractionnements (fig. 2). Les croches, les barres de valeur pour un groupe de notes, etc..., sont également frappées sur plusieurs touches (fig. 3). Le but n’est pas d’aller vite, mais d’écrire lisiblement. Pour permettre d’imprimer chaque frappe à des hauteurs différentes sur le papier on a imaginé
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- MACHINE A ÉCRIRE LA MUSIQUE
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- un petit mécanisme spécial très simple se plaçant à côté de la machine ordinaire qui, elle, n’est en rien modifiée dans sa construction.
- Ce mécanisme se compose d’un axe À (fig. 4) dont une extrémité est rendue solidaire du rouleau porte-papier ; l’autre extrémité est terminée par une
- la clé de sol, en rouge pour la clé de fa. La capacité de la machine est de 6 octaves et demi. Pour placer le papier à la hauteur voulue il suffit de déplacer la manette M jusqu’à ce que l’index soit en regard de la note ou du signe à imprimer.
- On trace la portée en mettant l’index à l’endroit
- 1‘ ig. i. Fig. 2. Fig. 3.
- roue dentée E commandée au moyen de l’axe D, par un secteur S sur lequel agit une manette M. On comprend facilement en examinant notre gravure qu’en agissant sur cette manette on peut déplacer le rouleau, dans un sens ou dans l’autre, d’une quan-
- voulu et en frappant sur la touche correspondante autant de fois qu’il est nécessaire pour arriver au bout du papier; on imprime ainsi trois lignes à la fois, puis on recommence ensuite pour les deux autres. La portée étant tracée on y inscrit les notes,
- Fig. 4. — La < Dactyle » transformée pour l’écriture de la musique.
- tité quelconque. Pour régler ce déplacement on est guidé par un index E qui parcourt un tableau gravé sur le carter C fermant le couvercle du sectèur S. On voit en cartouche sur notre gravure cet index et le carter mis en place sur l’appareil. Le tableau représente, au milieu, les 5 lignes de la portée principale, en dessus de celle-ci 6 lignes supplémentaires et en dessous 5 autres lignes. Sur ces lignes sont indiquées les notes correspondantes : en blanc pour
- les dièzes, etc., en déplaçant avec la main gauche l’index E pour chaque opération.
- Il est certain qu’on ne peut pas arriver à aller aussi vite que quand on imprime de l’écriture ordinaire, mais sans aller toutefois aussi vite que si on écrivait la musique à la main ; on peut cependant approcher de cette rapidité. Le but, comme nous l’avons dit, n’est pas d’arriver à transcrire très vite, mais de donner une copie très nette et très claire.
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- 238 ===== UN NOUVEL OBUS D’EXERCICE ALLEMAND
- On ne cherche pas non plus à substituer la typographie à la gravure pour les éditions musicales ; celle-ci est encore universellement employée, malgré les tentatives qui ont été faites pour la remplacer, et bien que certaines d’entre elles aient donné cependant d’assez bons résultats pour la publication d’un journal de musique. Ce que l’on se propose ici c’est
- de mettre à la disposition du compositeur le moyen de faire transcrire son œuvre lisiblement et à peu de frais. Si on a pour cela employé des encres spéciales il est facile ensuite de faire le tirage d’un assez grand nombre d’exemplaires soit par un report sur pierre, soit simplement en polycopie.
- . G. Ciialmarès.
- UN NOUVEL OBUS D’EXERCICE ALLEMAND
- Dans toutes les armées modernes, on s’efforce pendant les grandes manœuvres, et au cours des divers exercices combinés des trois armes, de se rapprocher le plus possible de la réalité. Malheureusement, dès qu’il s’agit, dans les camps d’instruction, d’exécuter les tirs réels, on est obligé, en raison même des dangers que l’on pourrait faire courir aux troupes, de sérier les opérations, en ne laissant tirer que chaque arme séparément. C’est ainsi que les tirs d’infanterie se font sans artillerie, ou seulement avec des tirs à blanc ou des tirs fictifs de celle
- Obus d'exercice Krupp. A, Paroi en bois ; B, Revêtement en fer-blanc mince; C, Boîte à poudre en bois formant ogive; D, Fusée percutante; E, Charge de poudre d’éclatement ; F, Rondelle en bois de séparation; G, Composition à fumée; II, Bloc de remplissage en bois; I, Ceinture; K, Coupe par xy montrant les fenêtres longitudinales.
- arme, et que les tirs de guerre de l’artillerie se font sans la présence de l’infanterie. Pourtant il serait très important de pouvoir exécuter des tirs réels, dans les manœuvres combinées des trois armes, l’artillerie occupant ses positions de combat sur le terrain, et tirant le plus souvent par-dessus les troupes amies. Jusqu’ici on n’a jamais osé, dans la crainte des éclatements prématurés toujours possibles, faire tirer l’artillerie dans ces conditions, et c’est pour cette raison, qu’il est intéressant de signaler le nouvel obus d’exercice, que Krupp a fait breveter le 50 mars 1911, dans l’intention de permettre précisément le tir sans danger, par-dessus les troupes engagées.
- Cela est d’autant plus important qu’en particulier, en Allemagne, aux manœuvres d’automne, on a constitué des unités sur le pied de guerre, et laissé aux divers chefs la plus grande latitude pour organiser des manœuvres avec tirs réels, mais que pour les raisons exposées plus haut, on n’a pas osé non plus se risquer à l’emploi combiné de l’infanterie et de l’artillerie avec feux réels.
- L’obus présenté par Krupp semble résoudre le problème, et dans ces conditions la technique paraît, une
- fois de plus, avoir permis à l’armée de faire un nouveau pas dans la préparation à la guei're.
- Cet obus, de forme cvlindro-ogivale comme les projectiles usuels de l’artillerie de campagne, est muni d’une fusée percutante, destinée à en provoquer l’éclatement au contact du sol, mais rien ne paraît s’opposer à le munir, comme les projectiles de guerre, d’une fusée à double effet, percutante et fusante, qui permettrait aussi de simuler les tirs à schrapnclls fusant pardessus les troupes.
- Il se compose d’une enveloppe cylindrique en bois à fond plat, constituant la paroi même du projectile et le culot. Au fond est disposé un bloc de bois terminé par un cône servant de bloc de remplissage, par-dessus est tassée une composition de suie et de charbon de bois, destinée à produire au moment de l’éclatement un nuage de fumée intense et comparable à celui que donnent les projectiles de guerre. La paroi, dans cette région, est percée de fentes longitudinales qui ont pour but de laisser facilement s’échapper la fumée dans toutes les directions; ces fenêtres sont elles-mêmes obturées extérieurement par une enveloppe cylindrique très mince en fer-blanc, facilement réduite en fragments minuscules au moment de l’explosion. Au-dessus du mélange à fumée, et séparé par une rondelle de bois, se trouve la charge de poudre d’éclatement, contenue dans un récipient en bois vissé dans la paroi, et formant l’ogive même'du projectile. Dans cette ogive est logée la fusée percutante.
- Toutes les dimensions sont calculées pour qu’au moment de l’explosion les divers matériaux constituant l’obus soient pulvérisés, ou tout au moins réduits en fragments suffisamment petits pour les rendre complètement inoffensiîs sur les troupes voisines.
- Les termes mêmes du brevet et les expériences auxquelles on s’est livré, font ressortir, que même en cas d’explosion prématurée, il ne peut y avoir aucun danger pour les troupes sur lesquelles pourraient retomber les débris.
- Il est bien évident qu’il ne s’agit là que d’un obus d’exercice, dont il n’y a en aucun cas à apprécier les effets sur le but, mais dont l’emploi permettrait, d’une part, aux artilleurs, d’effectuer des tirs réels dans les manœuvres combinées des trois armes, en occupant les positions de combat les plus favorables pour les batteries, et, d’autre part, à l’infanterie et à la cavalerie, de s’habituer à progresser sur le champ de bataille, sous le feu même des batteries amies en se rendant compte ainsi de la manière dont celles-ci pourront les aider à mener l’attaque dans les meilleures conditions.
- Mais s’il est impossible d’apprécier l’efficacité matérielle de ces obus sur les objectifs, il n’en est pas moins vrai que l’emplacement des débris retrouvés, ou l’observation des points d’éclatement, permettront, dans bien des cas, de juger le bien fondé des mesures prises par le
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- commandant de l’artillerie, et la bonne exécution du tir par les commandants de batteries.
- Il y a là une idée intéressante, et l’adoption d’un tel projectile semble devoir rendre de réels services pour l’instruction des troupes, dans les manœuvres combinées des trois armes. L’imperfection qu’il paraît présenter, réside dans son faible poids, qui le rend inapte aux
- grandes portées usuelles; on pourrait peut-être l’améliorer dans cet ordre d’idées, en y introduisant par exemple une dose assez considérable de poussière impalpable extraite d’un corps assez dense, et mélangée intimement, soit à la charge d’éclatement, soit à la composition à fumée, pour éviter un enrochement toujours possible. Capitaine Renaud.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 24 février et 3 mars 1913. — Présidence de M. Guyon.
- La fusion et la solidification des corps gras. — M. Le Chatelier et Mlle Cavaignac ont entrepris des recherches expérimentales précises sur les températures de fusion et de solidification des corps gras. Ces températures sont différentes de telle sorte que les phénomènes ne sont pas réversibles. Cette anomalie a été l’objet d’hypothèses. On a fait intervenir des états allotropiques différents, des chaleurs latentes distinctes. M. Le Chatelier et Mlle Cavaignac montrent que la durée joue un rôle important.
- La synthèse des sucres. — M. Stoklasa étudie la synthèse des sucres par réaction de l’hydrogène naissant sur l’acide carbonique opérée sous l’influence de l’émanation du radium. M. Stoklasa a déjà montré que cette synthèse peut être réalisée sous l’influence des rayons ultra-violets ; il y a là une analogie remarquable entre les deux sources d’énergie.
- La théorie des ions. — Les expériences effectuées par M. Frouard et le prince de Tonnay Charente tendent à démontrer que la théorie des ions due au célèbre physicien Arrhénius repose sur une interprétation défectueuse des lois qui régissent la dissolution des composés organiques.et minéraux.
- Examen des préparations à l’aide du microscope. — M. Bouvier signale un perfectionnement à l’emploi du microscope imaginé dans le but d’obvier à la difficulté pratique très grande d’examiner une préparation sous ses deux faces. Le moyen est, le suivant. Une lame de verre est percée d’un trou tronconique. On colle dans la partie étroite une lame de verre sur laquelle on place la préparation, puis au-dessus on colle une deuxième lame de verre. On peut alors porter sous le microscope cette lame perforée en la posant sur l’une ou l’autre face et procéder sans la moindre difficulté à l’examen des deux côtés de la préparation.
- La décomposition du carbure de calcium. — M. Briner-Ivurne montre qu’à la température élevée de 900° à 1000°, ce corps se dissocie en carbone et en calcium.
- Recherches sur les eaux souterraines. —M. de Launay présente une Note de M. E.-A. Martel sur l’utilité pratique que présente l’étude des variations de température des eaux souterraines pour les projets de captages d’eaux potables. Dans les terrains fissurés et habités, ces variations coïncident en général avec les changements de débit et avec la mise en jeu d’éléments de contaminations plus ou moins graves. Des faits innombrables, révélés notamment par les premiers dossiers de l’inventaire des ressources hydrauliques du sous-sol de la France, récemment organisé par M. Dabat au Ministère dé l’Agriculture, se multiplient pour confirmer cette riouvelle notion qu’on n’est pas parvenu jusqu’ici à faire apprécier à sa réelle valeur. Elle procure les renseigne-
- ments les plus précieux sur l’origine et les pollutions des eaux de puits et d’émergence destinées à l’alimentation publique. Il est définitivement prouvé qu’en terrains fissurés et habités les eaux varient d’une saison à l’autre aussi bien en température qu’en débit, et qu’elles présentent d’autant moins de chances de pureté que ces variations sont plus amples. La fixité de température n’existe dans les eaux souterraines que parmi les nappes continues des sables et terrains finement détritiques, — les nappes captives, — et les nappes artésiennes (les griffons thermo-minéraux ét^tft mis à part).
- La détermination des différences de longitude. — M. Yionnet, à Paris et M. Delporte, à Uccle ont entrepris de déterminer la différence de longitudes de la méridienne de Cassini et de la méridienne correspondant au centre de l’instrument méridien d’Uccle par deux procédés différents comportant, l’un le transport des signaux de temps à l’aide des fils télégraphiques, l’autre le transport des signaux de temps à l’aide de la télégraphie sans fil. Les deux résultats obtenus diffèrent entre eux de 0S,011. L’erreur moyenne de celui donné par le premier procédé est de ± 0S,007 et l’erreur moyenne de celui fourni par la télégraphie sans fil est ±0%006. On peut donc dire que les deux méthodes se valent ; or la seconde est incomparablement plus pratique, parce qu’elle n’exige pas l’immobilisation des lignes télégraphiques pendant 2 heures environ au cours d’un nombre de soirées qui peut être grand si le temps est défavorable.
- U enlèvement des engins explosifs. — MM. Ivling et Florentin étudient les moyens d’assurer le service de l’enlèvement des engins explosifs déposés sur les voies publiques. Ils ont recherché quelle pouvait être l’influence, des basses températures sur l’éclatement de ces engins. Avec une température de —85° l’effet est nul, mais avec la température de —180° que donne l’évaporation de l’azote liquide, il n’y a plus explosion des engins amorcés. Cette particularité tient non pas à ce que la matière explosive de l’engin est devenue inerte, mais à ce que l’amorçage ne peut plus fonctionner.
- Utilisation des rayons X pour la micrographie. — M. Pierre Goby décrit un appareil radiographique spécial, à l’aide duquel des images radiographiques sont obtenues si nettes qu’elles peuvent être beaucoup amplifiées par la photographie et donner ainsi la reproduction de détails internes d’objets de dimensions microscopiques existant à l’intérieur de corps opaques.
- Le rayonnement des corps incandescents. — M. Nord-mann représente par une courbe le rapport du rayonnement lumineux au rayonnement total des corps portés à une très haute température et constate que ce rapport présente un maximum pour une certaine température qui est d’environ 6000°. Cette température maximum de 6000° est celle du soleil. Il résulte de là que le rayonne-
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- 240 ===== APPAREIL GOUT A DISTILLER LE MERCURE
- ment lumineux des étoiles très chaudes est, contrairement à ce que l’on admet, inférieur à celui du soleil. En particulier l’étoile Algol, à laquelle M. Nordmann assigne, au moyen de son pyromètre stellaire, une température de 13 300°, émet proportionnellement à son rayonnement total deux fois moins de lumière que le soleil.
- Mesure du rayonnement ultra-violet. — M. Daniel Berthelot décrit un actinomètre qui permet de mesurer
- exactement le rayonnement ultra-violet des sources lumineuses. En raison de l’application croissante de ces radiations, notamment dans le domaine de la stérilisation, un tel instrument est appelé à rendre de' précieux services.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un correspondant de la Section de chimie en remplacement de M. Ladenhurg décédé. M. Barbier, de Lyon, est élu par Al voix. Ch. de Yilledeuil.
- APPAREIL GOUY A DISTILLER LE MERCURE
- Le rôle que joue le mercure pur en physique la fait depuis longtemps chercher des appareils permettant de nettoyer, d’une façon commode, ce métal lorsqu’il a été souillé soit par le contact des métaux, soit par les vapeurs qu’on rencontre dans les laboratoires.
- L’appareil ci-contre, étudié par deux savants qui y ont travaillé à des époques très éloignées, et construit sur leurs indications, permet d’atteindre ce but.
- M. Mendeleef, en Russie, avait imaginé un appareil de ce genre ; M. Gouy l’a modifié et simplifié tel que la figure le représente.
- Il se compose essentiellement d’un long tube fait de deux parties de diamètres différents : la partie supérieure large, la partie inférieure capillaire, analogue à un tube dé chute de trompe à mercure.
- A l’endroit de la soudure de ces tubes, se fixe extérieurement une cloche verre B ; un. ballon C
- en
- à très long col vient recouvrir le tube supérieur et plonger dans la cloche par l’extrémité ouverte de son col. Le tube capillaire, à sa partie inférieure, pénètre dans l’ouverture centrale d’un flacon de Woolf, dont la tubulure latérale porte un robinet rodé, ainsi que la tubulure inférieure.
- Un petit flacon A à tubulure inférieure, porlé par une cale, sur le côté de la cloche, est destiné à contenir le mercure souillé. Il débouche dans la
- poyET
- A gauche, détails de la partie supérieure; à droite, vue d’ensemble de l’appareil à distiller le mercure.
- cloche B au moyen d’un tube de caoutchouc muni d’une pince.
- Enfin une tige de cuivre placée sur le support, porte un bec annulaire percé de trous et muni d’un robinet en même temps qu’une pince destinée à supporter le ballon et un dôme métallique destiné à protéger contre les courants d’air la partie chauffée.
- Fonctionnement. — Le mercure à purifier, après avoir été traité par l’acide sulfurique et l’acide azotique, puis bien séché, est introduit dans le petit flacon A, d’où l’on en laisse écouler une certaine quantité dans la cloche B, qui lui est inférieure. On raccorde à une trompe à eau le robinet de la tubulure supérieure latérale du grand flacon, le mercure monte dans l’espace annulaire pour atteindre le ballon supérieur C, où il est chauffé. La distillation s’opère dans le vide, les vapeurs mercurielles viennent se condenser dans le tube large, se rassemblent en gouttelettes et descendent dans le tube capillaire, où elles forment une série de chapelets qui entretiennent le vide, comme cela a lieu dans les trompes à mercure. A partir de ce moment, la communication avec la trompe à eau peut être interrompue et l’appareil continue à fonctionner indéfiniment si l’on a soin de laisser constamment du mercure impur dans la cloche B. André Breton.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2077.
- 15 MARS 1915.
- L’ARLEQUIN DE SURINAM
- Il existe des régions qui sont véritablement privilégiées, et où toutes les merveilles du monde ento-mologique se trouvent, comme à plaisir, réunies : les Guyanes, la Colombie, le Brésil sont de ce nombre. Nulle part ailleurs, dit, avec raison, M. le Dr Trouessart, « la faune des Insectes ne présente une égale profusion de formes de grande taille ou parées de couleurs éclatantes » ; les Longicornes surtout, comme dans tous les pays où existent de grandes étendues de forêts, s’y font remarquer par la bizarrerie de leur structure et par l’ampleur de leurs dimensions.
- Les premiers voyageurs qui s’intéressèrent aux productions de ces contrées en firent des descriptions si merveilleuses qu elles excitèrent un grand enthousiasme parmi les « curieux de la nature », à tel point qu’une artiste hollandaise de grand talent, Marie Sybille de Mérîan, s’exila volontairement à la Guyane en 1699, avec sa fille, uniquement dans le but d’y étudier les Insectes et les flèurs.
- Parmi les géants du monde des Coléoptères, qui sont en quelque sorte caractéristiques des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, nous représentons l’un de ceux auxquels les anciens auteurs, qui aimaient les analogies, ont donné le nom d’Arlequins.
- L’Arlequin de Cayenne (Acrossus longimanusL.), dont les longues pattes antérieures sont si curieusement conformées, est un. familier de tous les entomologistes ; il est représenté dans la plupart des ouvrages de vulgarisation et est assez répandu dans les collections privées; mais, son compatriote et rival, l’Arlequin de Surinam (Macrôdonlia cervi-cornis L.) (fig. 1), beaucoup plus rare, est en même temps beaucoup moins connu.
- A cause de la longueur de leurs antennes,
- Geoffroy. Il est certain que ce bel insecte, q; atteint 22 cm, est des plus extraordinaires et que ses caractères sont tout à fait exceptionnels parmi les Prionidés; quelle'que soit, en effet, la place qu’on lui assigne dans le phylum cérambvcidien, il tranche toujours fortement -sur .tous les groupes qui l’environnent. .
- Il convient de remarquer le pro-thorax, dont les côtés sont crénelés et épineux; ainsi que les îo mandibules, si développées que Linné avait pu les comparer a des cornes de cerf.
- Les élytres, aplaties comme des feuilles, sont bariolées de taches jaunâtres et noires, sensiblement symétriques ; ce sont ° ces bariolures qui ont valu à ces insectes le nom d’Arlequins.
- Les antennes sont grêles et dépassent à peine la moitié de la longueur du corps ; les pat-L tes, allongées comme chez tous les insectes marcheurs, ne portent aucune dent ni aucune épine, fait presque exceptionnel chez les Prionidés.
- On ne connaît jusqu’ici que six espèces de Macrodontia, qui ne se distinguent les unes des autres que par l’armature des mandibules, la silhouette du prothorax et la zébrure des élytres. Il va sans dire que ce sont des Insectes fort rares et qu’on ne les peut guère étudier que dans les très grandes collections (x) ; tous sont de taille supérieure à la moyenne et propres aux régions équatoriales,de l’Amérique du Sud.
- On ne sait malheureusement que très peu de choses concernant le mode de vie des Arlequins ; leurs larves, comme celles de tous les Prionidés sylvains, vivent dans l’intérieur des végétaux ligneux, où elles subissent leurs transformations. Les naturels de la Jamaïque et de la vallée du Maroni, qui ces grands coléoptères appartiennent à la Fig. 2. en sont très friands, savent très bien les
- famille dite des Longicornes (Ceranibycidæ); Le Frions artisan ex traire du bois tendre des Fromagers (2); on les trouve sous les écorces en voie de (Er£ates fabeI> je crojs qUe ces iarves n’ont jamais été
- Fig. 1. — L’Arlequin de Surinam (Macrodontia cervicornis).
- décomposition ou grimpant le long du tronc des arbres ; ils volent lentement, mais très rarement, principalement le soir, à une faible hauteur au-dessus du sol.
- L’Arlequin de Surinam fait partie du genre Macrodontia (*), créé par Audinet-Serville en 1852; ce nom fait allusion aux longues mandibules de l’espèce la plus commune, l’ancien Prionus cervicornis de
- t. Du grec : macros, long et odous, dent. ' -
- décrites. *
- M. H. Lucas a donné quelques détails intéressants sur la nymphe en 1867, dans les Annales de la Société entomologique de France ( Bulletin, p. LXXXII).
- 1. La photographie que nous reproduisons ici a été faite sur un échantillon appartenant à la riche collection de M. ItaÉ Obertiidr.
- c2. Les Fromagers (Bombax, Ceïba, Globosum, etc.) sont des arbres appartenant à la famille des Malvacécs.
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- 242 =::.::== LES BASES MODERNES DE
- En Europe, les coléoptères du groupe des Arlequins ne sont pas nombreux ; l’espèce la plus répandue paraît être le Prione artisan (Ergates faber’ L.) (fîg. 2) que l’on rencontre assez communément, même en France, dans les départements du Midi, mais dont les dimensions, quoique déjà notables, restent toujours bien inférieures à celles de la plupart des grands Prionides américains.
- Comme conclusions aux brèves indications qui précèdent, nous nous bornerons à faire remarquer que, pour les Arlequins, comme pour tous les
- LA THERMODYNAMIQUE ========
- insectes géants, la loi de la taille paraît trouver ici une de ses plus intéressantes^ applications. Si nous les comparons, en effet, aux Éléphants ou aux Gira-fidés actuels, nous pouvons admettre qu’ils approchent, comme ces derniers, du terme extrême de leur évolution; leur distribution géographique étroitement limitée, le petit nombre de leurs espèces et la spécialisation exagérée de leurs organes, sont des indices indiscutables de leur prochaine extinction^).
- C. IIoulbert.
- Professeur à l’Université de Rennes:.
- LES BASES MODERNES DE LA THERMODYNAMIQUE
- L’acquisition scientifique et philosophique la plus importante du xix° siècle est celle des deux principes fondamentaux de la thermodynamique : le principe de l’équivalence ou de Joule-Mayer et le principe de l’entropie ou de Carnot-Clausius. Cës principes sont généraux, s’appliquent aux phénomènes les plus divers, de sorte que la thermodynamique domine toute la physique moderne.
- Blais l’analyse des phénomènes qu’elle permet n’est pas assez profonde au gré des savants. Elle ne renseigne, pourrait-on dire, que sur l’extérieur; le mécanisme intime, les réactions élémentaires échappent à son analyse, et c’est surtout vers elles que se tourne de plus en plus l’attention des physiciens modernes.
- Dans la doctrine classique, il n’est jamais question de molécules, d’atomes, d’ions ou d’électrons, mais seulement de grandeurs directement observables.
- Ainsi que le disait Henri Poincaré, « abandonnant les théories ambitieuses d’il y a 40 ans, encombrées d’hypo-lhèses moléculaires, les thermodynamistes cherchent à élever sur la thermodynamique seide l’édifice tout entier de la physique mathématique ».
- Blais les physiciens, surtout après le succès des théories atomistiques qui ont mis en évidence la réalité de la structure moléculaire de la matière, ont essayé de déduire le principe de Carnot-Clausius, et d’interpréter les fonctions thermodynamiques, en particulier l’entropie, en partant des théories moléculaires. Il ne faut pas se dissimuler qu’en tentant cette explication, en quittant, comme le dit BI. II. Lorentz, les grandes routes tracées, le physicien s’avance un peu à l’aventure et risque de s’égarer ; mais il ne faut pas non plus oublier que les hypothèses moléculaires ont permis d’établir en électro-lvse, en théorie cinétique des gaz, en électricité des résultats que la thermodynamique classique seule eût été impuissante à nous fournir.
- Boltzmann le premier, puis après lui Gibbs, Planck, Einstein, Poincaré, pour ne citer que les plus illustres, se sont attachés à ce problème et on peut considérer comme entièrement acquise à l’heure actuelle une relation fondamentale, due à Boltzmann, et qui relie l’entropie d’un système à la probabilité des états que peut prendre ce système. C’est cette introduction du calcul des probabilités en physique qui constitue la caractéristique du mouvement scientifique actuel, et ce sont les résultats nouveaux, les théories fécondes qu’il a permis d’établir, que BI. 11. Lorentz, l’éminent professeur à la Faculté de Leyde, a passés en revue dans une série de
- cinq conférences qu’il a faites récemment au Collège de France.
- Quelle que soit la définition que l’on donne de la probabilité d’un état, qu’elle soit déterminée comme le suppose BI. II. Lorentz par une fonction de l’énergie du système et des paramètres géométriques, qui le définissent, le volume par exemple, ou qu’elle soit, comme le propose BI. Einstein, proportionnelle au temps pendant lequel l’état considéré existera, le système étant abandonné à lui-même, on n’en sera pas moins conduit à envisager des fluctuations de distribution par rapport à la distribution la plus probable : fluctuations que la thermodynamique classique ignore et qui jouent un rôle dans les phénomènes, comme on peut le montrer dans certains cas.
- Un exemple permettra de concevoir ces fluctuations. Si on divise un volume donné de gaz, en deux parties rigoureusement égales, par une paroi imaginaire, la dis-. tribution la plus probable des molécules gazeuses dans ce volume sera celle pour laquelle, de chaque côté de la qiaroi, le nombre des molécules sera le même. Blais ces molécules sont en mouvement permanent et essentiellement irrégulier; par suite de cette agitation, un certain nombre d’entre elles traverseront, à un instant donné, la séparation et passeront d’une moitié du volume dans l’autre. Les nombres des molécules ainsi échangées entre les deux moitiés ne sont pas forcément x’igoureusement les mêmes et par suite la répartition entre chacun des volumes variera sans cesse, subira des fluctuations, sans toutefois s’écarter beaucoup de la valeur moyenne dans un sens ou dans l’autre. De même qu’il y aura des fluctuations en densité des molécules, il y aura des fluctuations de l’énergie dans un système de corps en contact.
- Toutes ces fluctuations peuvent être calculées; mais les effets qu’elles produisent sont en général si petits et elles varient si rapidement qu’on ne peut espérer les déceler. Il y a pourtant deux cas particuliers dans lesquels elles ont une action visible : dans l’étude des mouvements browniens et dans celle de la coloration bleue du ciel.
- On sait que, si l’on examine au microscope les particules en suspension dans une préparation liquide, elles éprouvent une série de déplacements irréguliers difficiles à décrire. C’est le mouvement brownien découvert par Brown en 1827 et qui est dû, ainsi que l’ont montré
- 1. Il va sans dire que cette expression doit s'entendre ici au'sens paléonlologique..
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- QUELQUES CROYANCES ANCIENNES RELATIVES AUX PLANTES : 243
- MM. Gouy et Perrin, au choc des molécules invisibles contre ces particules qui révèlent ainsi l’état d’agitation interne du fluide, comme un bateau qui suit les mouvements des vagües révèle les mouvements de la mer. Si la distribution des molécules était toujours la même, les poussées dans tous les sens sur les particules seraient à chaque instant égales, et les particules resteraient au repos. C’est donc aux fluctuations en densité des molécules qu’il faut attribuer les déplacements observés.
- Dans un autre ordre de phénomènes, les fluctuations en densité des molécules d’un corps gazeux le rendent optiquement hétérogène. En effet, l’indice de réfraction dépend de la densité; comme celle-ci, suivant la trajectoire d’un rayon lumineüx, varie en chaque point à chaque instant, il en sera de même des constantes optiques et, par suite, le gaz doit éparpiller les rayons lumineux qui le traversent comme le ferait un brouillard. L’effet, pour être sensible, nécessite évidemment que le trajet du rayon soit grand : c’est justement ce qui se produit pour la lumière solaire qui traverse toutel’atmos-
- phère terrestre avant d’arriver à l’œil de l’observateur. C’est à cette action, dont l’intensité dépend de la couleur de la lumière considérée, que lord Rayleigh attribue la coloration bleue du ciel.
- En terminant, ses conférences, M. 11. Lorentz a discuté la question de savoir si les théories statiques, qui, d’un côté, vont plus loin que les théories thermodynamiques, pouvaient, d’un autre côté, être considérées comme entièrement satisfaisantes, embrassant les mêmes phénomènes que la théorie classique et avec la même vigueur. La question du rayonnement du corps noir soulève à ce sujet de graves difficultés dont nous avons entretenu ici même nos lecteurs ; elle conduit à des complications extrêmes, comme par exemple le rejet de la mécanique classique et les considérations d’une structure granulaire pour l’énergie. M. Lorentz estime que les théories nouvelles ne pourront pas rendre compte d’une manière satisfaisante de tous les phénomènes observés, à moins qu’on ne leur fasse subir d’assez profondes modifications. H. Vigneron.
- QUELQUES CROYANCES ANCIENNES RELATIVES AUX PLANTES
- LA PHYTOGNOMONIQUE
- Il en est des plantes comme de toutes choses. Avant d’arriver à leur connaissance rationnelle, les hommes leur ont attribué mille vertus et mille méfaits qui ne nous paraissent plus aujourd’hui que curieuses superstitions.
- Les Grecs croyaient que la récolte des plantes est dangereuse pour ceux qui ne sont pas initiés à leurs secrets, et il faut arriver à Théophraste pour entendre la première raillerie à l’égard de ces herboristes qui croient que le fruit de la pivoine cueilli en plein jour est un danger pour les yeux ou qu’un gâteau de miel est nécessaire à la récolte de Y Iris fœtidissima ou encore que l’arrivée d’un aigle, quand on arrache l’hellébore, est signe qu’on mourra dans l’année.
- Mais l’ironie de Théophraste ne suffit pas pour détruire ces croyances que l’on retrouve dans l’antiquité romaine et pendant tout le moyen âge ; les plantes passent pour posséder des charmes, des caractères magiques, qui les rendent, suivant les cas, bienfaisantes ou redoutables.
- Ces croyances se retrouvent encore aux xvie et xvnfi siècles, et miss Agnès Arber vient d’en citer de curieux exemples dans son livre Herbalsconsacré à l’histoire de l’illustration botanique (1).
- Le plus curieux est peut-être la phytognomonique qui avait déjà attiré l’attention de M. Rémy de Gourmont (2). Cette phytognomonique n’est autre que
- l.iHerbals, thèir origin and évolution, par Miss Aubeii, Cambridge University Press.
- 2. Une science ancienne, la Phytognomonique, par Rémy de Gourmont, Revue des idées, 15 juin 1908.
- m £>. KÆÔctnj.
- Fig. i. — La Mandragore d’après Brunfelsius, i53~. On la croyait faite de membres humains.
- la doctrine des signatures. Elle fut imaginée par Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus de Hohenheim, plus connu sous le nom de Paracelse, ce médecin curieux du début du xvie siècle, dont les œuvres contiennent un si étrange mélange d’erreur et de vérité. Pour lui, beaucoup de plantes médicinales présentent, marquées sur quelques parties de leur corps, des indications de leurs propriétés ; ainsi, l’herbe de la Saint-Jean a des feuilles perforées qui sont fort utiles pour guérir les trous et les coupures de la peau; ses Heurs, qui pourrissent eii prenant une teinte rouge sang, sont efficaces pour cicatriser rapidement les blessures sanglantes, etc.
- La théorie des signatures fut développée et amplifiée par un médecin de Naples, Jean-Baptiste Porta, qui lui donna tout son développement. Précurseur de Gall et de Lavater, Porta avait écrit une étude sur la physiognomonié humaine dans laquelle il montrait que le caractère et les qualités de l’homme se trouvent inscrits dans certains détails de sa forme. 11 eut l’idée d’étendre cette conception aux plantes et réunit ses observations et ses déductions dans un ouvrage, Phytogno-monicci, aussi intéressant par son texte que par ses illustrations, dont la première édition parut à Naples en 1588.
- Rémy de Gourmont a très bien résumé le début du livre de Porta : « Il n’est rien d’impossible aux forces cachées dans les plantes. Les anciens signalent des plantes qui congèlent l’eau, forcent les lions à se coucher, allument des incendies, font deviner l’avenir, font rire tant et plus qu’on ne veut,' des-
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- 244 = QUELQUES CROYANCES ANCIENNES RELATIVES AUX PLANTES
- sèchent, jetées dedans, les étangs, arrêtent l’élan d’une armée, et cent autres merveilles. » Porta y cherchera des vertus plus modestes. « Les animaux nous en donnent l’exemple, car le cerf connaît une herbe qui, mangée, fait tomber de son corps la
- sa Phytognomonique et l’illustre de’ gravures où il réunit la plante et l’organe ressemblants. Les plantes dont les fleurs ressemblent à des insectes sont, d’après lui, efficaces contre les piqûres de ces mêmes insectes ; il les dessine en une même planche
- Fig. 2. — Les plantes préservant de la piqûre des insectes, d'après Porta (i5çi).
- Fig. 3. — Herbe du Scorpion [Porta, i5çi).
- flèche du chasseur ; avec la chélidoine, l’hirondelle ! sait guérir les yeux malades de ses petits ; mordues par un serpent, les tortues se soignent avec la sarriette ; la belette, blessée par un rat, se traite avec de la rue. Malades, les cigognes emploient l’origan, et la chèvre, le lierre. L'anguille, aveuglée d’avoir passé l’hiver dans la vase, s’ouvre, au moyen de fenouil, les yeux, et ranime en la frottant aux piquants du genévrier la sensibilité de sa peau engourdie... Tant de beaux exemples ne sont-ils pas pour encourager l’homme à considérer les plantes de très près et à les interroger sur leurs vertus secrètes? On y découvre bientôt un merveilleux parallélisme avec l’organisation animale. Il est des plantes chaudes, il en est d’humides, de sèches, de froides. Il en est de très grandes et de très petites, de faibles et de robustes.
- Les unes ont des parties en cœur, en langue, en mains, en oreilles ; les autres en cheveux, en yeux, en nez; d’autres encore sont de petits hommes tout façonnés en la forme adamique. Ne verra-t-on pas en cela providentielles destinations? D’ailleurs les chasseurs, les pasteurs, les familiers de la nature confirment ces idées, tous savent que la feuille en forme de cœur guérit les infirmités du cœur. Si un mouton a la langue malade, il lui faut appliquer des feuilles aiguës, de véritables langues naturelles, telles la bourrache ou la renouée. » . . J “
- Telle est la doctrine de Porta. 11 la développe en
- (fig. 2) où l’on voit deux orchidées comparables à la mouche et à l’abeille, le pois comparable au papillon. Les herbes, dont les fruits ou les racines ressemblent au scorpion, sont des remèdes souverains contre sa piqûre (fig. 5). La grenade, dont le fruit entr’ouvert rappelle les dents, consolide celles-ci, la pomme de pin, pour la même raison, calme les douleurs dentaires, la racine de cardamine a la même propriété (fig. 4). L’aster, l’anthémis, la joubarbe, l’aconit, le souci, etc., dont les fleurs semblent des yeux, éclaircissent la vue, guérissent les maladies de la vision et de son appareil (fig. 5).
- On trouve encore dans Porta les plantes qui prolongent la vie, qui guérissent la jaunisse, les maladies de cœur, la goutte, etc. Il ne leur trouve pas d’ailleurs que ces seules propriétés ; mêlant à sa phytognomonie des croyances astrologiques, il voit encore dans les plantes l’influence du ciel, des astres, du soleil, des planètes, avec toutes les vertus qu’on leur attribuait à cette époque et dont nous parlerons peut-être quelque jour.
- La phytognomonie fut en honneur jusqu’au xvne siècle ; elle est exposée dans plusieurs ouvrages de botanique de ce temps, avec plus ou moins de développements et de variantes.
- On la retrouve encore dans le livre de William Cole, Adam in Eden, paru en 1657. Son récit de la noix est peut-être le plus bel exemple de la doctrine des signatures. Les noix, dit-il’, ont la parfaite
- Fig. 4. — Plantes pour les dents (Porta, i5çi).
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- LES NOUVEAUX TRAMWAYS PARISIENS :......245
- signature de la tête : la coque verte représente la peau du crâne, la coque dure le crâne lui-même, la fine peau jaune les méninges ; les quartiers de noix rappellent tout à fait la forme du cerveau. Aussi, les noix sont-elles très profitables pour le cerveau : broyées, humectées de quintessence de vin et placées sur la couronne de la tête, elles réconfortent puissamment l’esprit.
- Cette doctrine des signatures n’était d’ailleurs pas acceptée de tous. Si Robert Turner déclarait que « Dieu a imprimé sur les plantes, herbes et fleurs, comme si c’étaient des hiéroglyphes, la vraie signature de leurs vertus », beaucoup de botanistes, dès le xvie siècle, refusaient d’y croire pour diverses raisons : Dodoens, en 1585, la rejetait parce que la phytognomonique n’avait pas été affirmée par les anciens, et aussi, il faut bien le dire, parce qu’il la trouvait incertaine. Guy de la Brosse, le créateur du Jardin des Plantes, en disait en 1628 : « C’est comme des nuées que l’on fait ressembler à tout ce que la fantaisie se représente, à une grue, à une
- grenouille, à un homme, à une armée, et autres semblables visions. »
- Peu à peu, avec le progrès des sciences exactes, la phytognomonique déclina, puis s’éteignit.
- Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Rémy de Gourmont déclare : « Notre codex n’a pas gardé trace de la médecine de Porta, et la récente opothérapie est tout de même un peu moins déraisonnable. Mais qui sait? Les remèdes de la phytognomonique guérissaient peut-être. La raison trouve parfois dans la déraison un appréciable secours et le poison même devient roboratif, quand on y voit un baume. Voilà en tout cas un bel exemple de science chimérique. »
- Miss Agnès Arber est d’un avis quelque peu différent. Elle pense qu’on en retrouverait encore aisément des traces dans les croyances médicales populaires d’aujourd’hui et aussi peut-être dans l’esprit de quelques savants puisque, pour ne citer qu’un fait, la découverte de la salicine, efficace contre le rhumatisme, lui serait due.
- Daniel Claude,
- Pig. 5. — Les plantes favorables aux yeux {Porta, i5gi).
- LES NOUVEAUX TRAMWAYS PARISIENS
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- Les Parisiens peuvent voir, depuis dix-huit mois environ, des chantiers de plus en plus nombreux s’ouvrir dans les principales artères de leur capitale et barrer la chaussée sur une grande partie de sa longueur. Bien que nous commencions à être habitués à l’encombrement de nos rues et au bouleversement de nos chaussées, il est parfois bon d’en connaître la cause, surtout lorsque celle-ci intéresse toute la population parisienne. Les travaux auxquels nous faisons allusion sont, en effet, d'une très grande importance, étant donné qu’il s’agit de la transformation complète des tramways parisiens, lesquels, déjà anciens pour la plupart, ne sont plus en rapport avec les progrès récents des moyens de transport.
- Cette transformation eût d’ailleurs été, sans aucun doute, effectuée plus tôt, si les concessions de la plupart des compagnies exploitantes n’étaient arrivées à expiration en mai 1910. C’est là, en effet, la raison pour laquelle il a été nécessaire, avant d’entreprendre les travaux de transformation, d’attendre les décrets de réorganisation définitive des divers réseaux.’
- Le plus important de ces réseaux était, en 1910, le réseau de la Compagnie, des Omnibus, laquelle avait déjà adopté la traction mécanique sur la plu-
- part de ses lignes depuis 1900 environ. Étant donné qu’à cette époque on hésitait encore entre les avantages des divers modes de traction appliqués aux tramways, la Compagnie des Omnibus décida alors d’essayer concurremment plusieurs systèmes. Quelques années auparavant, on avait déjà mis en service un petit nombre d’automotrices à vapeur du système Rowan (fig. 1). Ensuite, on mit à l’essai la traction à air comprimé, au moyen de voitures automotrices sur la ligne « Cours de Yincennes-Saint-Augustin » et de locomotives sur la ligne « Louvre-Versailles ». Ce même système fut appliqué vers 1900, ayec quelques améliorations, à un certain nombre d’anciennes lignes à chevaux. Mais on ne tarda pas à s’apercevoir que, si ce mode de traction permettait d’assurer un service assez régulier, il était, par contre, d’un rendement économique médiocre. En effet, l’air, comprimé par les machines de l’usine centrale, se refroidit et, par suite, commence à se détendre dans les réservoirs principaux de cette usine; puis, au fur et à mesure qu’il se rend aux postes de chargement des voitures, il subit encore une chute de pression importante, du fait de la perte de charge dans les canalisations, dont la plupart comportent une longueur de plusieurs kilomètres. Enfin, l’air comprimé se détend encore dans les réservoirs des
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- automotrices et sa température devient, par suite, si basse que son utilisation n’irait pas sans inconvénients pour le mécanisme, si l’on n’avait soin de le réchauffer artificiellement. Pour obtenir ce réchaufr
- Fig. i. — Automotrice à vapeur système Rowan. ï(Bien que datant d’une vingtaine d’années, ces voitures sont encore en service.)
- fage, on essaya d’abord d’emmagasiner, dans des | réservoirs, spéciaux des automotrices, de la vapeur surchauffée que l’on mélangeait à l’air comprimé avant l’introduction de celui-ci dans les cylindres moteurs; mais on reconnut ensuite préférable de disposer, à l’avant de chaque automotrice, une sorte de bouilleur chauffé par un petit foyer à coke.
- Cet exposé rapide permet de se rendre compte des frais élevés que nécessite la traction à air comprimé; on voit, en effet, que, par suite des détentes successives de l’air comprimé, la puissance utilisée dans les cylindres des automotrices ne représente qu’une fraction relativement faible dè la puissance produite à l’usine centrale.
- C’est pourquoi la Compagnie des Omnibus recourut, de préférence, par la suite, à la traction à vapeur, plus économique. Deux types de générateurs tubulaires à circulation d’eau, le type Serpollet et le type Purrey, furent successivement essayés.
- Actuellement, la plupart des automotrices à I vapeur -s de la Compagnie des Omnibus sont I
- munies de générateurs à vapeur Purrey (fig. 2).
- Enfin*, vers la même époque, on essaya sur deux lignes la traction électrique par accumulateurs. Mais, étant .donné le mauvais rendement tdes accumulateurs,: ce système ne pouvait permettre qu’une
- appréciation très imparfaite des avantages de la traction électrique. F [
- D’autre part, si la traction électrique n’a pas été adoptée plus tôt, il faut reconnaître que la Compagnie n’en était pas seule responsable, étant donné l’aversion marquée des pouvoirs publics et de l’administration municipale pour le trolley, c’est-à-dire pour la forme de réalisation la plus pratique de la traction électrique appliquée aux tramways. En effet, la Compagnie des Omnibus, sachant que sa concession expirait en 1910, ne voulut naturellement pas entreprendre l’installation de caniveaux très coûteux, qui n’eussent pu être amortis en un laps de temps aussi restreint. C’est pourquoi, lorsque l’application du trolley à la partie extrci-muros de la ligne « Louvre-Versai lies » fut réalisée, c’est-à-dire en 1906, on adopta une solution un peu spéciale, consistant à faire remorquer dans Paris les trains électriques par les anciennes locomotives à air comprimé, transformées toutefois, à cause de leur puissance devenue insuffisante, en locomotives à vapeur avec
- Fig. 3. — Train de la ligne « Louvre-Versailles’» dans Paris. L'automotrice électrique et une voiture d'attelage sont remorquées par. une locomotive à. ‘ vapeur.
- générateurs Purrey. Ces locomotives, d’an aspect peu élégant (fig. 3), sont encore en service aujourd’hui, mais ne vont pas tarder à disparaître.
- En 1910, le réseau municipal de tramways, dont la concession avait été donnée à la Ville de Paris, fut de nouveau rétrocédé par celle-ci à la Compagnie générale des Omnibus. Bien qu’aucun mode<de traction ne fût imposé, le'cahier des charges stipulant simplement que la traction devait être mécanique, la Compagnie des Omnibus, devenue ainsi concessionnaire du réseau pour une période de quarante années, n’hésita plus, en présence de ce nouvel élaLde choses, à recourir à l’emploi exclusif de la traction; électrique. Cejmode de traction s’était en effet, entre temps, imposé définitivement, comme le seul qui: convînt à l’exploitation d’un réseau de tramways urbain à trafic intense. Quoique les avantages de la traction électrique soient vraisemblablement déjà connus de la plupart des lecteurs de cette Revue,-nous les rappellerons très brièvement.
- On sait, tout d’abord, que le couple élevé, déve-' loppé au démarrage par les moteurs électriques,-
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- permet une accélération très rapide des voitures.
- Cette propriété des moteurs électriques est particulièrement précieuse pour les lignes de tramways, sur lesquelles elle permet, en effet, de réaliser un gain de temps appréciable, étant donné que la nature même du service de ces lignes exige de nombreux arrêts et, par suite, de fréquents démarrages.
- D’autre part, les importants perfectionnements,
- Enfin, nous rappellerons les avantages accessoires de la traction électrique, tels que la suppression des plaques tournantes (ou de la dangereuse manœuvre dite « du triangle » qui les remplace), la propreté, l’absence de bruit, de fumée et d’odeur, etc.
- L’adoption définitive de la traction électrique avait d’ailleurs été facilitée par un certain revirement des pouvoirs publics à l’égard du
- Fig. 4. La construction d'une voie a caniveau central. — Fig. 5. Pose des rails. Fraisage des extrémités. — Fig. 6. Réchauffage des rails avant la soudure.
- apportés à l’installation des grandes usines centrales modernes, permettent à celles-ci de vendre aux entreprises de traction l’énergie à un prix très réduit; la traction électrique est donc incontestablement, à l’heure actuelle, la plus économique, poür un réseau comportant de très nombreuses
- trolley, lequel sera appliqué dans toute la banlieue, ainsi que dans les faubourgs de la capitale.
- La Compagnie des Omnibus a adopté, pour l’équipement de ses lignes à trolley, les dispositions les plus récentes, c’est-à-dire, ainsi que nous venons de le rappeler, la suspension élastique et le
- Fig. 7. Soudure des rails, par l'aluminothermie. La rondelle d’obturation enlevée, On coule le fer. Fig. 8. Coulée du mélange calorigène dans le moule à souder les rails. — Fig. 9. Joint après la soudure.
- lignes groupées sur une étendue relativement faible, comme c’est le cas pour toutes les grandes villes.
- En outre, les automotrices électriques à alimentation continue, par trolley ou par caniveau, présentent, sur les automotrices à vapeur ou à air comprimé, l’avantage de n’exiger aucune perte de temps pour le ravitaillement, soit en combustible et en eau, soit en air comprimé. Il s’ensuit que, sur une ligne quelconque, on peut assurer un horaire déterminé ^avec pn moins grand nombre de voitures.
- trolley désaxé; en outre, dans l’intérieur de Paris, les poteaux sont munis d’ornements analogues à ceux des grands lampadaires électriques. Les sections adoptées pour les fils de contact sont les suivantes : 67 mm2 dans Paris, 87 mm* en banlieue (‘y.
- 1. Lés renseignements qui suivent ont été empruntés à une très intéressante communication, faite lé 22 novembre '1912, à la Société des Ingénieurs civils, par M. A. Mariage, Directeur général de la Compagnie générale des Omnibus de Paris, auquel nous adressons ici tous nos remerciements. J.-L. SI.
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- Dans le centre de Paris, l’emploi du trolley n’étant pas autorisé,.il fallut recourir à une autre forme de la traction électrique. Or, les systèmes à contacts superficiels et les accumulateurs étaient d’ores et déjà condamnés par l’expérience. C’est pourquoi le caniveau a été définitivement adopté.
- Pour l’établissement de ce caniveau, on s’est inspiré de l’expérience acquise dans les constructions de ce genre en France et à l’étranger.
- Les nouveaux caniveaux, que l’on installe actuellement dans Paris, comportent deux rails de contact intérieurs (un pour chaque pôle) ; ces rails sont suspendus à des isolateurs, par l’intermédiaire de rondelles excentrées, permettant un réglage aisé et précis de la position des rails de contact. Les isolateurs sont boulonnés aux rails centraux bordant la rainure.
- On a reconnu préférable d’employer un rail de contact isolé par pôle ; en effet, si l’un de ces pôles se met accidentellement à la terre (ce qui est fréquent avec les caniveaux), il n’en . résulte pas d’interruption , du service. Par contre, si l’un' des pôles, était normalement à la terre,
- (comme dans les lignes à trolley), la misé accidentelle à la terre de l’autre pôle compromettrait gravement le fonctionnement de la ligne.
- On a adopté lé caniveau axial, lequel présente sur le caniveau latéral un certain nombre d’avantages que nous énumérerons brièvement. Tout d’abord, la séparation complète des rails de rainure et des rails de roulement rend le remplacement de ces derniers rails plus facile qu’avec le caniveau latéral, .où l’un des rails de rainure sert en même temps de rail de roulement. Les rails de rainure du caniveau axial, n’ayant pas, d’autre part, à supporter le poids des voitures de la ligne, s’usent relativement si peu que la Compagnie des Omnibus n’a pas prévu leur renouvellement pour la durée de sa concession actuelle. D’autre part, la répartition des charges est meilleure avec le caniveau axial qu’avec le caniveau latéral. Enfin, la largeur de la rainure peut être, avec le caniveau axial, beaucoup plus réduite. En effet, avec,le caniveau latéral, cette largeur ne doit pas être inférieure à celle de la gorge des rails de roulement ordinaire, soit 50 à 55 mm. Avec le caniveau axial, au contraire, l’emploi d’appareils de prise de courant d’un nouveau modèle très plat a permis à la Compagnie des Omnibus de réduire la
- largeur de la rainure à 25 mm environ, ce qui est encore un grand avantage.
- Les nouveaux caniveaux présentent un certain nombre de perfectionnements. C’est ainsi que l’on ; a ménagé, dans les chaises constituant l’ossature» métallique du caniveau, de nombreux trous, à l’intérieur desquels on fait pénétrer le béton ; celui-ci fait ainsi plus intimement corps avec l’ossature, ce qui augmente la solidité du caniveau. D’autre part, à Londres, on a constaté récemment que des déformations, dues au passage des voitures, se produisaient sur les chaises, à l’endroit où les patins des rails de roulement reposent sur celles-ci. Pour éviter ces déformations, la Compagnie des Omnibus a intercalé des semelles souples en bois de teck, entre les chaises du caniveau et;les patins des rails de roulement. 1
- Les Parisiens peuvent, d’ailleurs, suivre sur les différents chantiers, les diverses phases de la construction des caniveaux. La figure 4 montre la perspective d’un caniveau achevé, le pavage seul restant à effectuer. Les figures 5,6, 7, 8, 9 et 10 représentent, .d’autre part, les diverses : opérations de l’exécution d’un caniveau et, en particulier, des joints, presque tous effectués par le procédé aluminothermi-que.
- L'énergie électrique du réseau sera fournie par trois usines : l’usine de la Compagnie générale d’Électricité de Paris à Saint-Denis, l’usine de la Compagnie Thomson-Houston à Vitry et enfin l’ancienne usine d’air comprimé de la C. G. 0. à Billancourt, laquelle sera transformée dans ce but en usine centrale triphasée. La première de ces usines fournira des courants triphasés à 10000 volts, les deux autres des courants triphasés également, mais à la tension de 15 500 volts.
- Les courants triphasés à haute tension seront transformés, dans dix sous-stations, en courant continu à 600 volts, tension d’alimentation des automotrices. Ces sous-stations seront réparties en divers points de Paris et de la banlieue et la puissance de chacune d’elles dépendra de l’importance de la section du réseau qu’elle devra desservir. On a disposé les canalisations de telle sorte qu’en cas d’arrêt, même total, de l’une des usines, les deux autres puissent alimenter toutes les sous-stations. On saisira toute l’importance de cette disposition, si l’on se rappelle que, lors des inondations de 1910, le service de la plupart des lignes parisiennes fut interrompu
- Fig. io. — Fabrication des moules en sable pour la soudure des rails.
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- par suite de l’arrêt de quelques-unes des usines qui les alimentaient (1).
- Le nouveau matériel roulant, que la Compagnie générale des Omnibus destine au service de ses lignes électrifiées, est également des plus intéressants.
- Ce nouveau matériel comporte quatre types de
- adhérent au poids total de 70 à 80 pour 100 environ. Une telle adhérence est suffisante pour un effort de traction moyen; mais, étant donné que l’importance du trafic de la plupart des lignes parisiennes exige l’emploi de trains de deux voitures (une automotrice et une remorque), ou a craint de n’avoir pas une adhérence suffisante pour l’effort de
- Fig. il. — Nouvelle automotrice électrique à grand empattement (3 m et nouvelle voiture de remorque sur bogies- de la C. G. O.
- pW- -y', f VL
- voitures, dont trois types de voitures automotrices ' ‘‘ J‘’“~
- et un type de voitures de remorque. Le matériel automoteur se décompose comme suit
- 6 o)
- K
- dits
- 200 automotrices sur bogies à roues inégales
- bogies à traction maxima. Ce type de voiture, qui comporte 54 places, dont 36 assises, était évidemment, cà cause de sa grande capacité et de sa douceur de roulement, l’un des mieux appropriés au service de la capitale. Toutefois, son emploi n’a pu être généralisé pour la raison suivante.
- On peut, en effet, obtenir, avec, les bogies
- à traction maxima et par une répartition convenable des poids, sur les essieux moteurs, d’une part, et sur les essieux porteurs, d’autre part, un rapport du poids
- 1. Le récent incendie de l’usine de Saint-Denis, qui a, pendant quelques heures, interrompu la distribution d’électricité dans une grande partie de la capitale et provoqué l’arrêt du Métropolitain, montre'bien qu’à cet égard aucune précaution ne saurait être superflue. •• J.-L. M.
- Fig. 12. — Un ancêtre :
- Le dernier tramway à chevaux parisien.
- traction que doivent développer les automotrices, afin de remorquer ces trains sur de fortes rampes.
- La Compagnie des Omnibus a, par suite, cru devoir limiter l’emploi des automotrices sur bogies à traction maxima aux lignes ne comportant pas de rampes de plus de 30 millimètres par mètre.
- 2° 350 automotrices, sur trucks à deux essieux avec empattement de 3 m. 60, comportant 48 places, dont 30 assises (fig. 11). Ce type d’automotrices est à adhérence totale, les deux essieux! étant moteurs. C’est la raison qui l’a fait préférer pour les lignes à trafic important et à fortes rampes. L’emploi d’un grand empattement et la position centrale de la plate-forme, que cet
- empattement a permis de réaliser, rendent ces voi-
- tures assez confortables. Les mouvements de lacet et de galop, si intolérables sur les voitures à faible empattement, sont très atténués.
- D’ailleurs, des yoitures analogues sont en service
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- depuis un certain temps déjà, à Vienne, où les résultats qu’elles ont donnés ont été satisfaisants.
- 3° 100 automotrices, sur trucks à deux essieux également, mais à empattement de 3 m. 25 seulement, comportant 45 places, dont 50 assises, pour les lignes à faible trafic.
- Quant aux voitures de remorque (fig. 11), au nombre de 450, elles^seront toutes montées sur bogies à roues égales.
- Ces 1100 voitures représentent une dépense totale de 24 millions de francs.
- Les nouveaux tramways présentent un certain nombre de dispositions nouvelles, qui recevront certainement le meilleur accueil du public.
- Tout d’abord, les Parisiens ne verront pas sans satisfaction disparaître des nouveaux tramways, comme déjà des omnibus automobiles, l'antique impériale, dernier vestige des antiques diligences, d’un accès si incommode et d’un séjour intolérable par les grands froids d’hiver. L’impériale était, d’ailleurs, si peu fréquentée pendant la mauvaise saison, que la Compagnie a trouvé son intérêt à la remplacer par des compartiments de 2e classe fermés et plus confortables. La disposition de ces compartiments, ainsi d’ailleurs que celle des compartiments de lle classe, rappelle celle des nouveaux omnibus automobiles, avec banquettes transversales et couloir intermédiaire ; toutefois, à cause des dimensions du gabarit, on n’a pu disposer que trois places de front au lieu de quatre. V(
- Quant aux plates-formes d’accès, elles sont centrales dans toutes les nouvelles voitures, sauf dans le troisième type d’automotrices, destiné aux lignes à faible trafic. En outre, on a cintré les châssis des voitures, de manière à « décrocher » ces plates-formes c’est-à-dire à abaisser le plancher de celle-ci. Il en résulte, d’abord un abaissement du centre de gravité qui augmente sensiblement la stabilité et le confort de la voiture. D’autre part, le marchepied se trouve ainsi à une faible hauteur par rapport au sol, ce qui rend la montée et la descente plus faciles; d’ailleurs, pour faciliter encore le mouvement des voyageurs, on a disposé, de chaque côté de la plate-forme, une double porte d’accès.
- Les nouvelles voitures seront naturellement éclairées et chauffées électriquement. Un éclairage de secours, comportant des lampes à filament métallique à bas voltage et alimenté par une petite batterie, a été disposé sur chaque voiture. Un conjoncteur-disjoncteur ferme automatiquement ce circuit de secours, dès que le circuit d’éclairage principal vient à faire défaut, par exemple par suite d’un déraillement de la perche du trolley.
- La traction électrique est actuellement appliquée, en totalité ou en partie, sur les lignes suivantes de la Compagnie Générale des Omnibus :
- 1° La ligne Louvres-Versailles (trolley extra-muros,> locomotives à vapeur dans Paris (Q;
- i. Sur cette ligne le trolley a été récemment prolongé dans Paris, du Point-du-Joür au Pont d’Iéna. J.-L. M.
- 2° La ligne Vincennes-Louvre (trolley et accumulateurs) ;
- 5° La ligne Cours de Vincennes-Louvre (trolley et accumulateurs) ;
- 4° La ligne Villette-Nation (trolley) ;
- 5° Le tronçon Montreuil-Nation de la nouvelle ligne Montreuil-République-Louvre (trolley) ;
- 6° La ligne Auleuil-Saint-Sulpice (trolley).
- 7° La ligne Charenton-Place de la République (trolley) ;
- 8° La ligne Cimetière-Saint-Ouen-Porte de Cli-gnancourl-Rastille (trolley).
- Sur les trois premières de ces lignes, l’emploi des locomotives à vapeur, d’une part, des accumulateurs, d’autre part, n’est que provisoire, dans l’attente de l’achèvement des caniveaux. Quant aux dernières, l’emploi presque exclusif du trolley a permis d’en mener l’électrification assez rapidement; ces cinq-lignes sont desservies par de nouvelles automotrices, des trois types dont nous avons parlé plus haut. D’autre part, sur les lignes « Cours de Vincennes-Louvre », « Louvre-Versailles » et « Saint-Ouen-Bastille », circulent quelques nouvelles voitures de remorque sur bogies, dont on peut remarquer la douceur de roulement.
- On espère aussi être en mesure de procéder bientôt à la transformation de la dernière ligne de tramways à traction animale, la ligne « Pantin-Opéra ». Un délai, un peu plus long que pour les lignes précédentes, est nécessité par l’établissement de la partie en caniveau. Enfin, on procédera, au fur et à mesure de l’achèvement des travaux, à l’électrification des lignes actuelles à vapeur et à air comprimé, ainsi qu’à la mise en service des lignes complémentaires, prévues par le cahier des charges de la nouvelle concession. Le réseau achevé comprendra près de 40 lignes, toutes desservies électriquement.
- D’autre part, certains réseaux départementaux, dont plusieurs lignes sont encore actuellement desservies par des voitures à accumulateurs, procèdent également à l’équipement de ces lignes au moyen du trolley et du caniveau. En effet, les voitures à accumulateurs, dont le rendement devient d’autant plus mauvais qu’elles sont déjà anciennes, sont actuellement tout à fait impropres à assurer un service-régulier. En outre, les émanations d’acide sulfurique, inévitables avec les accumulateurs, sont des plus désagréables pour les voyageurs.
- L’activité, avec laquelle les travaux sont menés, nous permet d’espérer que nos chaussées seront bientôt rendues à la circulation et que, d’autre part, nous verrons bientôt disparaître les bruyants et inconfortables tramways à vapeur et à air corne-primé, ainsi que les lourds et poussifs tramways à accumulateurs.
- Cette transformation constituera le complément indispensable, qui dotera enfin notre capitale d’un ensemble dé moyens de transport, digne de la Ville-Lumière. J.-L. Mfdynsri.
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- ÉTUDES CINÉMATOGRAPHIQUES D’UN MARTEAU-PILON
- On connaît les services que la cinématographie a rendus pour étudier les mouvements trop rapides ou trop lents pour se prêter à l’ob-
- servation vi- t25*
- suelle. C’est ainsi ^ -
- que le vol des in- 6Al
- sectes d’une part, et, d’autre part, la croissance des plantes ont pu être suivis dans toutes leurs phases et que même la vie de l’infini--ment petit — le monde des microbes— a été rendue accessible à l’investigation scientifique.
- Un ingénieur autrichien, M. 0.
- Fuchs,professeur à l’École Polytechnique allemande de Brünn, a eu l’idée de mettre le cinématographe au service de l’investigation techni-
- D , .. Æ^i-
- que, en etudiant lefonctionnement ^ d’un marteau-pi- J Ion.
- Des recherches antérieures avaient fait voir l’impossibilité, pour un marteau-pilon à vapeur, d’obtenir avec les moyens ordinaires de bons diagrammes d’indicateùrs, permettant d’étudier la distribution de la vapeur et de déterminer la puissance de frappe réalisée* ,
- . Voulant d’autre part démontrer que les marteaux-pilons sont d’un fonctionnement plus économique qu’on ne le suppose en général, M. Fuchs s’est adressé à lai méthode cinématographique.
- Son dispositif expérimental comporte une bande de papier animée d’un mouvement continu et qui
- Fig. t. — Le marteau-pilon étudié au cinématographe.
- Fig.
- traverse les tambours de deux indicateurs reliés aux deux côtés du cylindre et dont les styles inscrivent
- par conséquent «' ^ ; ’ ' les pressions
- ^ comme ordon-
- ^ ^ nées d’une courbe
- ininterrompue. La bande de papier est commandée par un moteur électrique : celui-ci agit par l’intermédiaire d’un engrenage, sur un cylindre métallique, qui presse la bande contre un cylindre en caoutchouc, de fa çon à l’entraîner par frottement; Une minuterie qui fait dévier à chaque demi-se1 conde, de sa tra: jectoire normale, un style ins,crevant sur la bande une ligne droite, subdivise les courbes des pressions en intervalles de temps.'
- Ce qui est intéressant dans le cas présent, ce n’est pas, toutefois, la relation entre les pressions et le temps, mais la trajectoire du piston ou du pilon. Or, ce sont les mouvements du pilon qui sont enregistrés cinématographiquement à l’aide dam index léger fixé au piloiî et qui se déplace le long, d’une graduation divisée en centimètres. Chaque-vue enregistrée sur la. pellicule cinématographique révèle ;donc, par la! position de l’index en. face de la graduation, la position ou se trouve le. pilon du marteau; aussi, deux vues consécutives, permettent-elles de reconnaître lé chemin parcourü-par le piston et le pilon, dans l’intervalle séparant
- Le dispositif cinématographique.
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- deux vues. Pour déterminer ce temps, on dispose sur l’enregistreur une espèce d’horloge, dont le cadran est cinématographie en même temps que le marteau-pilon lui-même.
- La bande de papier donne, on le voit, les pressions en fonction du temps et la pellicule, les trajectoires également en fonction du temps. De là on peut déduire facilement la relation entre ces deux
- inscriptions, c’est-à-dire la pression correspondant à une position donnée du piston.
- Les résultats de ces recherches ont fait voir que les marteaux-pilons sont d’un fonctionnement bien plus économique qu’on ne le suppose en général. Ils ont permis aussi d’étudier la distribution de vapeur et d’en déduire les conditions les plus favorables au fonctionnement du piston. D1 Alfred Gradenwitz.
- SONNERIE A UN SEUL FIL NON ISOLÉ
- En utilisant le principe de la T. S. F. il est possible de faire fonctionner, dans un appartement, une sonnerie électrique aune assez grande distance, sans aucune canalisation de fil. Il suffit, pour cela, d’employer un détecteur à limaille et un relai, appareils qui sont faciles à construire. Mais il est nécessaire de produire des ondes hertziennes pour actionner le relai et, même pour une faible distance, cela nécessite une installation et une dépense assez importantes, car il faut une pile à grand débit, ou des accumulateurs, et une bobine d’induction. Quand il ne-s’agit que d’une sonnerie d’appartement c’est une installation peu en rapport avec le service rendu. Si on se trouve dans la nécessité cependant d’avoir une sonnerie, et dans l’impossibilité de faire une canalisation ordinaire en fils isolés, on peut utiliser en partie les appareils de T. S. F. sans avoir à produire de fortes étincelles. M. G. Boulage a, en effet, constaté qu’une simple étincelle d’extra-courant, même plus faible que celles qui se produisent à la vis de réglage d’une sonnette ordinaire, suffit à actionner un relai par l’intermédiaire du tube à limaille, mais à la condition essentielle de relier ce tube à l’appareil producteur au moyen d’un fil, qui peut êtré extrêmement fin, 3/10 de millimètre, par exemple, et non isolé.
- Outre l’intérêt scientifique qui s’attache à cette constatation, elle permet, dans certains cas, des applications
- utiles. L’inventeur a installé chez lui une sonnerie qui fonctionne de cette façon à plus de 60 m. de la porte d’entrée. Au poste d’appel se trouve une pile sèche d’un élément P3 et une petite bobine de fil sur noyau de fer. En tirant sur un levier A, on agit sur un balai qui vient frotter sur une râpe H en produisant de faibles étincelles. Un fil non isolé relie cette râpe au détecteur à limaille D placé près du timbre S de la sonnerie de façon que le marteau M le frappé pour le décohérer. Quand le courant passe, le relai R, alimenté par la pile P2, attire son armature qui vient buter en C et ferme le circuit de la pile Pj sur la sonnerie. L’étincelle qui se produit à la vis de réglage de celle-ci est trop éloignée du détecteur pour le rendre conducteur ; on pourrait d’ailleurs la supprimer au moyen d’un condensateur formé de quelques feuilles d’étain et de papier.
- L’inventeur n’a pas la prétention de remplacer, dans tous les cas, les sonneries .ordinaires par le dispositif que nous venons d’indiquer; la nécessité d’employer trois piles et un relai rendraient généralement l’installation par trop onéreuse; mais, dans certains cas, la faculté d’éviter une canalisation à gros fils soigneusement isolés pourra compenser cette dépense supplémentaire, qui n’est pas d’ailleurs considérable car la construction peut être très rudimentaire. G. Chalmarès.
- DEUX CANOTS DE SAUVETAGE AUTOMOBILES
- Les deux premiers canots de sauvetage automobiles viennent d’être construits pour la Société' centrale de sauvetage des naufragés.
- Comment, alors que depuis plus de dix ans, le canot automobile est devenu un engin pratique, sinon vraiment commode, les canots de sauvetage ont-ils, jusqu’à cette année, gardé pour seuls moteurs la voile, la plupart du temps inutilisable par les mauvais temps qu’ils doivent affronter, et la rame, qui demande aux sauveteurs, en sus de l’énergie farouche qu’il leur faut opposer, au vent, à la pluie, aux embruns, aux difficultés de manœuvre, aux dangers de sauvetage même, un effort physique énorme et de rendement si médiocre? r-
- C’est que, d’une part, dans un pays aux côtes découpées, aux ports multiples, comme est le nôtre, les sociétés de sauvetage, dont les fonds sont limités, aiment mieux multiplier des engins médiocres, mais capables de rendre partout des services, que d’établir, en quelques points, des canots perfectionnés, qui n’auront que rarement à porter secours aux navires en péril. Mais c’est aussi que la construction du canot de sauvetage automobile soulève des problèmes délicats, que n’aborde pas le constructeur de canots de plaisance, destinés à naviguer par beau temps dans des mers relativement calmes.
- Ce qui caractérise foncièrement le canot de sauvetage, c’est d’être insubmersible et inchavirable.
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- DEUX CANOTS DE SAUVETAGE AUTOMOBILES —...... : 253
- Pour remplir la première condition, il ne suffit pas que le canot soit ponté ; car dans les accostages en mer à des navires où à des embarcations agitées par les lames, souvent près dé rochers dangereux, le canot risque qu’un choc, un brusque échouement fasse à sa coque une blessure, par où la mer, en quelques instants, l’inondera. Le canot sera donc non seulement ponté, pour éviter d’embarquer à chaque lame, mais encore très compartimenté, et muni de caisses à air, qu’on fait généralement en cuivre, pour en . assurer l’inoxydabiliLé, et par suite la conservation en bon état d’étanchéité.
- Il faut de plus que le canot soit inchavirable, c’est-à-dire que son. centre de gravité soit placé, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des navires, au-dessous du centre de poussée, qu’on appelle aussi centre de carène. Dans ces conditions le canot revient toujours à la position pour laquelle sa quille se trouve le plus bas possible; il ne risque, ni de se renverser complètement s’il a pris une inclinaison trop forte, ni de pencher de plus en plus sur un bord, s’il est partiellement inondé; quels que soient les accidents qui surviennent, il se redressera dès que l’effort anormal aura disparu. 11 faut encore que l’eau qui peut être embarquée au-dessus du | pont, et qui est retenue par les pavois soit rapidement évacuée par des sabords suffisants : dans le dernier canot construit, Y Emile-Perrin, trois tonnes d'eau chargeant le pont retournent à la mer en trente secondes.
- Si le canot est à moteur, il est de première nécessité que le moteur soit absolument à l’abri de la mer et des embruns : la magnéto en particulier est un organe sensible qui cesserait tout service, si l’eau salée l’atteignait. Le moteur est donc dans une caisse étanche, placée au centre de l’embarcation, et où l’air n’accède que par un long tuyau débouchant lui-même dans un compartiment de l’avant protégé contre l’entrée brusque d’une grande masse d’eau. On protège de façon analogue le tuyau d’échappement des gaz contre les rentrées d’eau : tous ces tuyautages sont la cause d’une perte de rendement de moteur, mais qu’il faut consentir, pour gagner de la sécurité de marche;
- La question de l’emplacement de l’hélice est également primordiale. Il importe, en effet, que les naufragés qu’on recueille à la nage ne soient pas happés par l’appel d’eau de celle-ci et grièvement blessés par elle. Pour cela, dans les canots à moteur construits pour le sauvetage, l’hélice est placée dans un tunnel. Les formes de ce tunnel ont été étudiées de manière à faciliter l’arrivée de l’eau sur les pales, et à réduire le moins possible le rendement propulsif de l’hélice. La photographie que nous donnons du canot construit par les chantiers Normand montre nettement cette disposition. On y voit apparaître sous la coque l’extrémité d’une pale d’hélice rendue ainsi inoffensive, h'Émile-Perrin, dont il s’agit, est construit entièrement en acajou, à double bordé. Le premier canot de sauvetage automobile, le Raoul
- Guérin, construit à Juvisy par les chantiers Deper-dussin, était en tôle ; mais le bois résiste mieux que l’acier aux chocs brusqües, étant plus élastique, et l’adoption dudou-ble bordé élimine la plupart des chances d’avaries. L ' Émile -Perrin b. iim.40 de longueur, 3 m. 07 de largeur au fort, 0 m. 70 de tirant d’eau moyen. On voit sur la photographie qu’il est muni d’une quille importante,. formant lest, et de deux quilles de roulis. Le moteur, à essence, un Panhard-Levassor, développe. 35. chevaux à 700 tours. 11 comporte quatre cylindres séparés, en fonte; le graissage est fait sous pression. Toutes les commandes, y compris Celle du gouvernail sont dans la main du même homme. La vitesse normale est de 7 nœuds (soit 13 km à l’heure), l’approvisionnement suffisant pour 24 heures de marche. C’est ainsi que ce canot a pu, par ses propres moyens, rejoindre son port d’attache, accomplissant en deux jours, sans un raté, le trajet du Havre à Saint-Servan. Pour parer à l’arrêt éventuel du moteur, le canot est muni non seulement d’avirons, mais encore d’une voilure qui permet de le gréer en goélette. Il est certain que la construction de pareilles unités constitue un progrès considérable, qui permettra, dans bien des cas où le mauvais temps ou la puissance des courants obligeraient les canots sans moteur à rester sur leur cale, d’accomplir des sauvetages jusqu’ici impossibles. André Dachs.
- Le canot de sauvetage à moteur « Émile-Perrin ».
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- AMAZONES CHINOISES *
- <•' Personne ne saurait dire ce qui se passe en Chine, I eeux qui s’y trouvent encore moins que les autres. |
- Une dame chinoise et ses deux filles en uniforme d’engagées-volontaires.
- Ceux-ci connaissent mieux les faits, en leur ensemble et avec leurs contingences, et ils en jugent sans passion, tandis que ceux-là prennent violemment parti pour ou contre.
- Contentons-nous, pour notre part, de traiter d’un des aspects pittoresques de la récente crise chinoise en consacrant quelques lignes au régiment de volontaires-femmes recruté à Nankin, l’ancienne capitale de la dynastie chinoise des Ming redevenue la capitale politique du pays avec la chute et la déchéance de la dynastie mandchoue.
- Depuis une dizaine d’années, l’émancipation féminine faisait en Chine de rapides progrès, grâce à l’actif patronage de la vieille impératrice-douairière, qui avait fondé des collèges et des écoles supérieures de jeunes filles à Pékin, à Shanghaï, à Nankin, et dans d’autres villes.
- On comptait, avant la révolution, plusieurs publications patronnées exclusivement par les femmes, dont une feuille quotidienne éditée à Pékin.
- Quand le mouvement insurrectionnel éclata, les élèves du collège de jeunes filles de Sanghaï, du Îchang-You offrirent immédiatement au général en chef des forces républicaines d’organiser entre elles
- un régiment qui serait composé de femmes-soldats.
- « Le ciel a donné aux femmes les memes droits qu’aux hommes, disait la pétition. L’aiguille ne nous suffit plus : nous demandons des armes! »
- Le général Li répondit poliment à cette supplique belliqueuse qu’il recourrait plus tard aux services des intrépides guerrières; mais elles entendaient choisir elles-mêmes leur heure. Bientôt, la popula-^ tion de Shanghaï voyait défiler dans les rues de la ville la première compagnie de femmes-volontaires, dont les uniformes mettaient en valeur l’allure martiale. Le mouvement s’étendait dans toute la Chine du Sud ; chaque grande ville comptait bientôt son régiment de femmes-soldats. Et l’on affirme que ces troupes prirent part à plusieurs combats et se comportèrent bravement sous le feu.
- Grâce à l’initiative de notre confrère londonien, le Daily Mirror, dont un des collaborateurs a parcouru récemment la Chine, il nous est possible de publier plusieurs photographies sur le régiment féminin de Nankin. L’une d’elles nous montre une dame entourée de ses deux filles, engagées-volon-taires; une autre nous retrace pittoresquement un tableau de la Chine nouvelle ; une femme-capitaine qui s’est fait conduire en jirinkcha au siège du Gouvernement provisoire.
- On remarquera la curieuse forme de la coiffure des jeunes guerrières, qui s’est inspirée à la fois du képi des soldats japonais et du béret des collèges féminins d’Angleterre et d’Amérique; et l’on constatera avec satisfaction que toutes ces jeunes femmes, bien qu’appartenant aux meilleures classes de la société, ont des pieds normaux, ce qui indique que
- Une femme-capitaine du régiment d'amazones de Nankin.
- l’horrible coutume de la déformation des pieds était virtuellement, abolie depuis une vingtaine d’années.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 mars i^t3. —
- Le bore dans l'organisme des animaux. — M. Roux communique un travail de MM. Gabriel Bertrand et Agul-hon sur la présence du bore dans l’organisme des animaux. A l’aide d’une méthode extraordinairement sensible, ils sont parvenus à déceler l’existence de traces infinitésimales d’acide borique dans le corps de tous les animaux.! Ce sont les espèces de région marine qui, en général, en renferment le plus. Dans certaines espèces comme la truite et la sangsue, on n’en trouve guère plus de 1 cent-millionième du poids de l’animal vivant.
- L'élude de Vatmosphère. — M. Deslandrcs présente une Note de M. Maurice, qui fut le collaborateur de M. Teissercnc de Bort dans ses recherches sur la circulation atmosphérique. L’auteur résume les principaux résultats acquis pour la haute atmosphère grâce aux lancements de ballons-sondes effeclués par M. Teissercnc de Bort en Laponie, en 1907, 1908 et 1909. Ces lancements ont permis de découvrir l’existence, à une hauteur e 10 000 m. à 15 000 m. d’une couche d’air à tcmpé-
- Présidence de M. Appell.
- rature constante en hauteur, où même, parfois, la température diminue avec la hauteur. La découverte de cette couche, qu’il a appelée isotherme ou stratosphère, est un fait très important dans la science, qui fera passer le nom de M. Teisserenc de Bort à la postérité. Avec MM. llildebrandson et Maurice, il a effectué les mêmes recherches en France et dans la région équatoriale. Il a pu ainsi constaler que la couche isotherme est plus élevée à l’équateur où elle est placée à 15 000 m. De plus, il a constaté qu’à cette hauteur la température est de — 80° à l’équateur et de —50° à 60° sous le cercly polaire. Ainsi, à cette hauteur, la température va en augmentant du pôle à l’équateur; elle suit donc une loi inverse de celle que l’on observe dans" les couches inférieures. La connaissance des couches élevées de l’atmo-sphèrej dit M. Deslandres, est nécessaire à la solution du problème de la prévision du temps à longue échéance, aussi doit-on désirer que les belles recherches réalisées d’abord en France -et momentanément arrêtées soient continuées et étendues. Cu. de Yilledeuil.
- MICROSCOPE COMPARATEUR A DOUBLE CHAMP
- Voici un nouveau microscope qui rendra certainement de grands services toutes les fois que l’on voudra comparer deux préparations, et particulièrement lorsqu’on examinera un produit, alimentaire par exemple, comparativement à un autre produit type, dans le but de déceler les falsifications.
- Il fut imaginé par le Dr W.
- Thorner d’Osnabrück et il est construit par la maison W. et II. Seibert de YVetzlar. Il se compose d’un oculaire relié par une boîte rectangulaire renfermant deux systèmes de prismes symétriques à deux tubes de microscope ordinaires terminés par deux objectifs de même grossissement. La platine P est assez large pour porter deux préparations qui reçoivent la lumière par deux miroirs distincts.
- L’ensemble de l’appareil est porté sur un pied unique.
- . Les rayons lumineux réfléchis par le miroir traversent la préparation et pénètrent dans îe tube du microscope ; à la sortie de celui-ci ils entrent dans la boite rectangulaire où ils rencontrent deux prismes à réflexion
- totale qui les dévient deux fois à angle droit; ils arrivent enfin à l’oculaire où l’oeil les reçoit: chaque microscope ayant le même dispositif, symétriquement construit, l’œil placé à l’oculaire voit à la fois l’image de deux préparations. La mise au point se lait comme pour un microscope ordinaire à l’aide d’une vis à mouvement rapide À et d’une vis micrométrique B. Comme les préparations peuvent être couvertes de lamelles d’épaisseur variable, on corrige cette" différence au moyen de vis micro métriques C, C, déplaçant les objectifs. Une vis I), placée sous la boîte rectangulaire renfermant les prismes, permet de déplacer latéralement ceux-ci de manière à faire paraître dans le champ de l’oculaire soit les deux préparations, soit l’une ou l’autre seulement.
- Un dispositif spécial peut faire voir une des préparations en lumière polarisée.
- LeD1 Thôrner s’est surtout servi de ce microscope comparateur pour la recherche des fraudes alimentaires. Une préparation d’aliment normal étant placée sous l’un des objectifs, on place sous l’autre une
- Fig. i. — Microscope comparateur à double champ.
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- 256 .....= MICROSCOPE COMPARATEUR A DOUBLE CHAMP
- préparation de l’aliment à examiner ; la vue simultanée des deux échantillons permet de reconnaître immédiatement s’il y a fraude. Les ligures 2, o, 4
- Fig. 2. — A gauche, amidon de maïs.
- A droite, amidon de seigle. — Grossissement x 3jo.
- montrent l’aspect comparatif de deux sortes d’amidons, dii beurre et du saindoux, d’une bonne et
- composition d’un papier, pour comparer divers échantillons d*’acier, etc.
- Grâce à cet appareil les zoologistes pourront exa-
- Fig. 3. — A gauche, graisse de porc.
- A droite, beurre. — Grossissement x35o.
- miner en même temps deux échantillons d’animaux microscopiques ou deux pêches de planktonet mieux
- Fig. 4. — A gauche, culture de levure de bière pure. A droite, levure sauvage de moisissures. — Grossissement X 700.
- d’une mauvaise levure. On s’est également servi du microscope à double champ pour détermiiier approximativement la teneur en graisse d’un lait, pour reconnaître dans un tissu la présence de soie, de laine ou de coton, pour étudier la structure et la
- Fig. 5. — A gauche, coupe histologique de poumon normal. A droite, coupe de poumon tuberculeux. — Grossissement x 100.
- saisir leur différence; les pathologistes pourront avoir sous les yeux à la fois le tissu normal et le tissu altéré (fig. 5), etc.
- On voit donc les multiples services que peut rendre ce nouvel instrument. R. M.
- Imprimerie Lahuius, rue tic Flcurus, 9, à l’aria.
- ie Gérant P. Massok.
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- LA NATURE. — N° 2078.
- 22 MARS 1913,
- LA RECONSTRUCTION DU PONT NOTRE-DAME
- Les Parisiens assistent, en ce moment, aux divers phases de la réfection du pont Notre-Dame. C’est un travail curieux, car la transformation complète du pont aura été effectuée sans que la circulation ait été interrompue un seul instant. Ce pont, qui franchit le grand bras de la Seine, sert à relier le quai
- de remplacer les trois arches centrales par une travée métallique de 59 m. 51 de portée laissant une hauteur libre de 8 m. 92 entre l’intrados à la clé et le niveau de la retenue normale du barrage de Suresnes. La largeur du pont entre les deux têtes des arches de rive conservées a été également aug-
- de la Cité avec le quai de Gesvres. Reconstruit en 1854, il se composait de cinq arches elliptiques d’une portée variant entre 17 m. 50 et 18 m. 50. Il est situé entre le pont d’Arcole, pont métallique à une seule travée et, par conséquent, de grand débouché et le Pont-au-Change qui relie l’île de la Cité avec la place du Châtelet et qui se compose de trois arches en maçonnerie, mais dont les piles
- montée et portée de 21 m. 10 à 25 m. 70. Quant à la chaussée, sa largeur sera de 12 mètres avec de chaque côté un trottoir de 4 mètres. La travée métallique (fig. 2) se composera de sept arcs avec semi-encastrement espacés de 5 mètres d’axe en axe pour les cinq arcs intermédiaires et de 4 mètres entre ces arcs et ceux de tête. Quant au tablier métallique que supportent ces arcs, on a dû lui donner
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- 32,20..
- Fig. 2. — Coupe longitudinale du nouveau pont Notre-Dame. Les lignes ponctuées indiquent l’état actuel du pont.
- ne se trouvent pas dans le même alignement que celles du pont Notre-Dame. De plus, resserrée entre des murs de quai verticaux, la Seine a, à cet endroit, surtout en temps de crue, un courant très rapide rendant difficile et même dangereuse la navigation fluviale. Aussi nombre de bateaux sont-ils venus se briser contre les piles du pont Notre-Dame, par suite du manqué de débouché de ses arches.
- Il était donc indispensable de remédier à ce grave inconvénient et on décida, comme le montre la figure 2, tout en conservant les deux arches de rive»
- une disposition spéciale permettant l’établissement du caniveau souterrain dans lequel sont disposés les conducteurs électriques servant à la traction des tramways delà Compagnie parisienne qui empruntent le pont Notre-Dame.
- L’élargissement des arches de rive conservées et dont nous venons de parler a été obtenu en accolant aux anciennes maçonneries de la voûte et à chaque tête de nouvelles voûtes se terminant par une série de voussoirs à bossage.
- On a dû également consolider et élargir, comme
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- 4.1e annee. — ier semestre.
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- 258 : :.--.~—.LA POMPE A VIDE MOLÉCULAIRE
- le montre la partie hachurée de la figure 2, les deux piles conservées. Pour cela on a d’abord coulé un massif de béton à l’intérieur d’une enceinte de pieux et palplanches. Ce massif de béton dont la section est indiquée sur la figure 2 et qui entoure chaque pile est arasé un peu au-dessous du niveau de la retenue normale de Suresnes, ce qui correspond à la première assise des piles. Puis, au-dessus de ce massif, l’élargissement et l’allongement de la pile est en maçonnerie. Les anciens avant-becs ont été démolis et remplacés par de nouveaux qui, en plan, ont une section rectangulaire comme on le voit sur la figure 1. A la partie supérieure, ces avant-becs se terminent par une section circulaire formant prolongement de la corniche des arches de rive conservées.
- Pendant les travaux, les deux arches de rive ont été soutenues au moyen de cintres afin de diminuer la poussée de celles-ci pendant la démolition partielle des trois arches centrales et avant le montage des arcs métalliques qui équilibrent cette poussée. Ce montage s’opère de la manière suivante :
- Afin de permettre la circulation des tramways de la Compagnie parisienne sur le pont pendant le montage de la travée métallique, cette opération a dû être faite en deux phases dont la première est actuellement en cours.
- Les deux voies de tramways et le passage des piétons qui ont été reportés sur la moitié amont du pont, restent supportés par les trois voûtes centrales en maçonnerie du pont qui sont provisoirement conservées. Du côté aval et sur la moitié de leur
- largeur ces mêmes voûtes sont' alors démolies en conservant les deux piles intermédiaires dont on arase le niveau à une hauteur suffisante pour servir d’appui aux cintres de montage des quatre arcs métalliques qui forment la partie aval de la travée. C’est cette phase de l’opération que représente la photographie (fig. 1). Les arcs, les tympans-et le tablier qui constituent cette moitié aval du pont sont alors successivement montés au moyen de grues roulantes par les procédés ordinaires.
- Lorsque le montage de celte moitié aval de la travée métallique sera achevé, ce qui ne saurait tarder, les voies de tramways, qui, comme nous l’avons dit, se trouvent provisoirement sur la partie amont non encore démolie du pont, seront mises à leur place définitive sur la partie métallique aval achevée, et la circulation sur cette partie du pont pourra alors être rétablie. La partie amont se trouvant alors libre, on pourra procéder à la seconde phase du montage de la travée métallique, c’est-à-dire à la démolition des trois voûtes centrales et au montage de la moitié amont en procédant de la même manière que celle que nous venons d’indiquer pour la moitié aval.
- Les travaux se poursuivent activement et d’ici quelques mois le nouveau pont pourra être livré à la circulation. Il ne restera plus qu’à démolir les deux piles intermédiaires. On aura alors un chenal offrant un large débouché et on évitera ainsi, à l’avenir, les accidents malheureusement trop fréquents dont nous parlions au début.
- R. Bonnix.
- LA POMPE A VIDE MOLÉCULAIRE
- Parmi les appareils indispensables dans un laboratoire scientifique moderne, il faut citer en premier lieu les machines à faire le vide. Nombreuses sont en effet les recherches dans lesquelles il est nécessaire d’opérer sous pression réduite, depuis les préparations de chimie où l’on distille dans le vide, jusqu’aux expériences sur les gaz raréfiés et ultra-raréfiés.
- D’une façon générale, les pompes à vide sont basées sur le même principe que celle d’Otto de Guericke dans laquelle un piston solide mobile dans un cylindre enlève à chaque manœuvre une fraction constante de la masse de gaz contenue dans le récipient à vider. Divers perfectionnements de détail ont été apportés à l’appareil primitif. L’étanchéité dans les modèles les plus récents est assurée par une couche d’huile recouvrant les valves, mais la tension de vapeur de cette huile empêche le vide de descendre au-dessous d’une certaine valeur voisine du dix-millième de millimètre de mercure. Dans les trompes à mercure, le piston, au lieu d’être métallique, est formé par une gouttelette de mercure emprisonnant dans un tube de verre une petite quantité du gaz à expulser. Un perfectionnement intéressant consiste à rendre le fonctionnement de l’appareil continu. On y arrive dans certains modèles tels que ceux de Wien et de Kaufmann en utilisant un tube incliné enroulé en spirale qui tourne constamment. Un courant de mercure
- passant à travers ce tube emprisonne l’air qui parcourt l’hélice et se trouve finalement chassé de l’appareil.
- M. Gaede a construit, il y a quelques années, une pompe à mercure permettant d’atteindre une pression voisine du cent-millième de millimètre de mercure. Elle est constituée en principe par un cylindre extérieur A(fig. 1) à demi rempli de mercure dans lequel tourne un second cylindre B muni de deux palettes PP’ frottant constamment sur le cylindre extérieur sous l’action du ressort r. L’espace intérieur est ainsi divisé en deux chambres qui sont mises alternativement en communication avec le récipient à vider R et l’extérieur E. Le fonctionnement de la pompe nécessite un vide préalable de quelques millimètres de mercure.
- Plus récemment, les résultats de ses belles recherches sur les gaz raréfiés ont conduit M. Gaede à imaginer une pompe dite moléculaire qui fait le vide plus rapidement et mieux qu’aucune pompe actuellement existante. La pression restante, impossible à -mesurer tellement elle est faible, est inférieure à 0,000 000 1 millimètre de mercure.
- La pompe moléculaire est constituée en principe d’un cylindre A (fig. 2) tournant autour de son axe dans une enveloppe B où est pratiqué, en E, un dégagement entre deux ouvertures n et m. En faisant tourner rapidement le cylindre A on constate entre m et n une différence
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- de pression proportionnelle à la vitesse de rolation de A et à la viscosité du gaz. Celte viscosité étant indépendante de la pression, la différence de pression reste constante, tout au moins entre certaines limites. Les rayons de A et de B sont excessivement voisins l’un de l’autre.
- En pratique la section droite du cylindre extérieur B présente intérieurement un ressaut G (fig. 3) qui vient presque toucher le cylindre tournant. Le gaz entraîné par le mouvement du cylindre tend à s’accumuler sur une des faces du ressaut et à se raréfier sur l’autre. Près de la première face la paroi du cylindre extérieur est percée d’une ouverture qui la met en communication avec une pompe préparatoire qui abaisse la pression à quelques millimètres et près de l’autre face du ressaut, là où le gaz tend à se raréfier, une autre ouverture communique avec le récipient où l’on veut faire le vide. La pompe comprend plusieurs cylindres connectés. La vitesse de rotation varie de 8000 à 12 000 tours par minute. L’axe de rotation sort à travers des joues et porte à son extrémité une poulie commandée par courroie. L’ensemble de la pompe, du moteur et du rhéostat de démarrage forme un bloc. Des difficultés de construction ont dû se présenter pour que le passage des
- petit par rapport à la distance entre les parois en regard des deux cylindres concentriques A et B, la viscosité du gaz seule intervient pour l’entraîner dans le sens du mouvement. Comme nous venons de dire que la viscosité est indépendante de la pression, la différence de pression entre les deux faces du ressort sera constante et fonction uniquement de la vitesse de rotation. Si le vide préliminaire est de 100 mm de mercure par exemple, le vide secondaire pourra être de 90 mm. Si le vide primaire est de 40 mm, le vide secondaire sera de 30 mm ; mais si le vide primaire est de 10 mm, le vide secondaire ne sera pas 0, car le gaz devenant ultra-raréfié pendant l’opération, le phénomène change d’allure.
- En effet, Maxwell a établi théoriquement, et Knudsén a vérifié, que le rebondissement des molécules contre les parois, dans le cas des gaz ultra-raréfiés, c’est-à-dire tels que le libre parcours moyen des molécules soit de l’ordre de grandeur des dimensions du récipient, de la distance entre A et B dans le cas présent, se fait entièrement au hasard par suite des irrégularités moléculaires de la surface contre laquelle les molécules se heurtent. Quand il en sera ainsi, c’est le rapport des pressions entre les
- Fig. i. Schéma de la pompe de Gaede. — Fig. 2. Principe de la pompe moléculaire. — Fig. 3. Plan et coupe de la pompe moléculaire.
- axes à travers les joues fut étanche. M. Gaede dit simplement qu’elles ont été vaincues par l’emploi d’un joint dynamique à huile. Il est probable, d’après M. Dunoyer, qu’il s’agit d’une centrifugation d’huile de graissage qui, sous l’action de la pression atmosphérique, décrit un cycle en assurant l’étanchéité des paliers, mais sans pouvoir, par suite de l’effet de la force centrifuge, pénétrer à l’intérieur de la pompe.
- Le fonctionnement de la pompe est le suivant. Tant que le gaz n’est pas très raréfié, c’est-à-dire tant que le libre parcours moyen des molécules, ou le chemin qu’elles peuvent parcourir sans se heurter mutuellement, est
- deux faces du ressort qui sera une fonction déterminée de la vitesse de rotation du cylindre. Si le vide primaire est de 1 mm par exemple, le vide secondaire pourra être de 0 mm 1 ; si le vide primaire est de 0 mm 1 le vide secondaire sera de 0 mm 01 et ainsi de suite.
- Le nouvel appareil de M. Gaede semble appelé à rendre de très grands services dans les cas où l’on veut un vide élevé, sans vapeur de mercure et avec un grand débit. Cet avantage est particulièrement précieux dans les recherches modernes sur les différents rayons, surtout clans l’étude des rayons canaux.
- II. VlGNET’.ON
- LES GRANDS TRAVAUX DU PORT ET DE LA RADE DE TOULON
- Toulon est, après Brest, le plus beau de nos ports militaires.
- Jusqu’à ces dernières années, sa rade avec son fond de 10 mètres était restée suffisamment vaste et profonde pour recevoir et contenir nos escadres du Nord et du Midi qui réunissaient un petit nombre d’unités et, d’ailleurs, ne s’y trouvaient réunies qu’exceptionnellement. Il n’en va plus de même aujourd’hui. La situation politique générale et la saine raison militaire ont conduit le gouver-
- nement à rassembler en Méditerranée sinon la totalité, du moins la plus grosse partie de nos forces navales.
- Actuellement la rade de Toulon et l’arsenal doivent être à même de faire face aux besoins d’une véritable flotte qui ne compte pas moins de 120 ou 130 unités de tous tonnages parmi lesquels se trouvent près de 40 grands bâtiments, dont 6 de 18 000 tonnes.
- Dans un avenir assez rapproché ce nombre s’aug-
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- 260 t. LES GRANDS TRAVAUX DU PORT ET DE LA RADE DE TOULON
- mentera encore de nouveaux navires qui sont déjà en achèvement à flots ou qui se succèdent avec une heureuse rapidité sur les cales de nos divers chantiers de construction officiels ou privés. Et ce seront alors des navires de 24 ou 26 000 tonnes, longs de 170 mètres, calant plus de 9 mètres qu’il s’agira d’y recevoir.
- Puis, vers 1917, lorsque sera terminé le pro-
- est trop vieux ; il a été créé pièce à pièce pour faire face aux besoins du moment, les darses 'ou bassins venant successivement s’accoler à la plus âgée de toutes, celle qui qui fut creusée sous Henri IV. Aucune de ces darses, le long desquelles sont en outre dispersés les ateliers et magasins, à grandes distances les uns des autres et d’accès difficile, n’a été établie pour recevoir les unités modernes qui
- Fig. i. — Point du rivage de la Seyne où seront construits les caissons Préliminaires.
- gramme naval actuel, qui doit nous donner 28 grands cuirassés, programme que les circonstances mondiales nous amèneront sans doute à corser, c’est encore Toulon qui aura la charge de loger, réparer, caréner, approvisionner toute cette flotte.
- Or il saute aux {yeux, depuis bien longtemps,
- tendent vers 200 mètres de long, et qu’on a grand’-peineà mouvoir, en courant toutes sortes de risques, dans ces bassins aux entrées trop étroites, aux quais trop rapprochés.
- Pour permettre aux piétons, aux ouvriers, de circuler dans ce dédale de pièces d’eau on emploie
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- Fig. 2. — La rade de Toulon et la première armée navale, vues du Quai de la Vieille-Darse.
- (Phot. Marius Bar.)
- hélas ! que Toulon, disposé et aménagé comme il l’est aujourd’hui est, et le deviendra de plus en plus, incapable de faire face aux nécessités qui vont lui être imposées à brève échéance, même en demandant à Bizerte qui doit ejn quelque sorte être son second, l’aide que ce beau port est d’ailleurs tout prêt à lui donner.
- Trop de temps a été déjà perdu, trop de tergiversations ont été apportées dans une décision que les circonstances rendaient inévitable. L’arsenal de Toulon
- encore des moyens archaïques, vestiges d’âges révolus, qui font la joie des amateurs de choses pittoresques... quand ils ne sont pas pressés !
- Ce sont des bacs, vénérables chalands de bois, qu’un ouvrier nonchalamment porte d’un côté à l’autre de la darse en halant sur une corde ; dans un autre coin on voit un pont en dos dane, reposant sur des barques, qui évoque pour les marins revenus des mers de Chine des souvenirs d’Extrême-Orient. Qu’un navire ait à passer d’une darse à
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- Fig. 3. — Les travaux à la Darse neuve, sur laquelle mordront les nouveaux bassins de radoub. On voit dans le fond les vieilles cales de construction de Vau ban.
- Fig. 4. — La construction d’un bassin de radoub par foncement de caissons, (Vue prise lors de la construction des bassins de Missiessy.)
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- l’autre, et le cas est continuel, la corde du Lac est détendue, le pont chinois est replié et les piétons, les ouvriers qui ont à faire de l’autre côté, attendent que la circulation puisse être reprise. On conçoit les pertes de temps et les inconvénients de tous genres qui résultent de cette organisation et de bien d’autres du même genre !
- Depuis bien des années on a reconnu la nécessité de remédier à tout cela et d’organiser Toulon pour le rôle qu’il est appelé à jouer, et pour celui surtout qu’il devra remplir plus tard.
- Mais la marine, à qui les crédits ont toujours été si jalousement
- tion de 180 degrés en se traînant sur la vase collante. Il arrive même, lorsque le mistral souffle violemment, ce qui produit automatiquement dans la rade une baisse d’eau de 50 ou 40 centimètres, que ces navires ne peuvent plus appareiller par leurs propres moyens et qu’il leur faut l’aide de remorqueurs.
- Il arrive, de plus, que les hélices puissantes des cuirassés tournant près du fond, remuent violemment cette vase qui rentre ensuite par les tuyaux d’aspiration et vient engorger des organes délicats comme les condenseurs des machines.
- En fait, j’ai vu certains de nos cuirassés se traîner hors de la rade de Toulon avec des condenseurs où le vide était tombé à zéro. Ils étaient sous le coup im-médiat d’accidents des plus graves !
- On s’est mis à l’œuvre pour parer à ce danger et aux inconvénients de toutes sortes qu’entraîne la trop faible profondeur de l’éau en rade de Toulon. Des dragues puissantes, mais peut-être pas assez nombreuses, travaillent à porter le fond réel à 15 mètres. 1 500000 francs sont affectés à cette opération de nécessité primordiale. Cefond de 15 mètres sera suffisant pour tous les besoins futurs, à condition, toutefois, qu’on le maintienne; les formes de nos navires de 26000 tonnes ont été, en effet, calculées de telle sorte que leur tirant d’eau arrière ne dépassera pas 9 m. 10. En admettant qu’on arrive urt jour à 10 mètres, il restera une marge très suffisante. Je dois ajouter que ce chiffre de 13 mètres est seulement l’idéal vers lequel on tend sans qu’il soit prouvé qu’on l’atteindra jamais.
- En ce moment on travaille à reformer partout le fond véritable de 11 mètres qui mettra nos navires actuels à Taise, puis on reprendra l’œuvre pour arriver à 15 mètres.
- La superficie actuelle de la rade propre à recevoir
- mesures, a pense qu’il convenait de courir au plus pressé, c’est-à-dire à la constitution de notre flotte de combat et, dans ces conditions, elle avait dù se contenter d’amorcer les travaux qui devront mettre le port et la rade de Toulon à hauteur des be-soins de la flotte nouvelle.
- Les plans de ces travaux sont établis, leur exécution est entamée. Nous allons les passer en revue succinctement.
- Celui de ces besoins qui se présente en première ligne, c’est la profondeur d’eau nécessaire.
- Actuellement nos navires de 18000
- tonnes calent à l’arrière 8 m. 45. Il semblerait donc qu’ils doivent se trouver à Taise dans une rade où les fonds sont théoriquement de 10 mètres. Mais en pratique il en va tout autrement. L’épaisseur de la tranche d’eau de la rade diminue régulièrement par l’apport des détritus divers qu’y déposent les nombreux bâtiments qui y sont souvent rassemblés, et par celui des vases et terres entraînées par les cours d’eau ou ruisseaux. Si bien qu’avec ce fond théorique de 10 mètres, nos navires calant 8 m. 40 sont presque envasés, au point que lorsqu’ils ont l’avant tourné vers le fond de la rade et qu’ils doivent le diriger vers la passe pour appareiller, ils sont extrêmement gênés, étant obligés d’accomplir cette évolu-
- Fig. 5. grands
- — Le point de l’arsenal bassins de radoub de
- de Toulon où on construit les quatre 220 m. de longueur [les terre-pleins
- nouveaiix qui entoureront les bassins sont indiqués par des hachures).
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- les grands navires est inférieure aux besoins qui vont se produire quand il faudra y loger un nombre important d’unités ayant de 150 à 165 mètres de longueur. La disposition des postes d’amarrage sera remaniée en conséquence et on compte gagner le déficit par des dragages dans les parties de la rade jusqu’ici inutilisées par suite du manque complet de fond. En attendant de posséder cette ressource on a préparé o postes d’amarrage en dehors de la digue, dans ce qu’on appelait autrefois le mouillage de vaisseaux. On compte gagner aussi quelques postes en reportant, le long de la grande jetée, le champ de réglage des torpilles automobiles qui rendait inuti-
- Charbon
- Magasin
- Grand
- caisse i
- Fig. 7- — Coupe eu long des nouveaux appontements.
- lisable en pleine rade une superficie considérable.
- Ayant ainsi assuré le logement des navires il faut songer à les radouber.
- Les bassins de carénage propres à revevoir les grandes uni tés actuelles et surtout les futures sont trop peu nombreux à Toulon. On travaille bien à élargir l’entrée des o bassins de 200 mètres de Missicssy de façon à en permettre l’accès aux 25500 tonnes, Bretagne, Lorraine, Provence, dont la construction avance, mais cette solution n’est qu’un pis aller, la largeur de ces formes étant tout juste suffisante pour permettre l’accès de ces bâtiments. De plus, c’est au carénage de 28 navires de grandes dimensions que Toulon, aidé il est vrai de
- Bizerte, doit se tenir prêt, et 5 bassins sont évidemment insuffisants (*).
- La marine, en cette matière, rompant enfin avec des habitudes trop craintives, a pris une résolution énergique dont il faut beaucoup la louer. Elle a
- décidé la construction simultanée à Toulon de 4 grands bassins de radoub pouvant se jumeler 2 à 2 pour constituer 2 bassins de 440 mètres de longueur dont chacun aura 220 mètres de longueur. Ce travail considérable coûtera 55 millions de francs.
- Il a été confié à une association de ces grands industriels qui se sont fait en France et au dehors une réputation méritée dans ce genre de travaux et d’autres non moins importants. Ce sont la Société des grands travaux de Marseille, les établissements Daydé, et MM. Fougerolle frères.
- Il était malaisé de loger dans un espace étroit et aux abords encombrés comme celui de la rade de Toulon quatre bassins de cette importance comportant par ailleurs de larges quais, des voies d’accès nombreuses et dégagées, des constructions pour les pompes et logement d’appareils divers.
- Le problème a été résolu avec une ingéniosité particulière. Les quatre bassins seront placés bout
- à bout et deux par deux [ ^ comme le montre le plan
- ci-contre.
- La longeur totale de l’installation sera donc de 440 mètres. Les bassins s’étendront partie sur la rade où des terre-pleins rapportés les entoureront, partie sur quelques constructions de la darse Yauban; celles-ci sont appelées à disparaître.
- Les navires à caréner pourront entrer dans les 4 bassins, soit du côté de la rade, soit du côté de la
- 1. Voici l’état des bassins du porL de Toulon actuellement: 3 bassins à Missicssy, 200 mètres de longueur; 4 bassins de 220 mètres en construction, 6 bassins pour unités moyennes.
- Voie Voie
- d’accès d'accès
- 'harbortj
- iChartonf
- de retour
- Magasin
- Magasi n
- N a v i re à
- ravitailler
- Caisson
- Caisson
- Fig. 6. — Les nouveaux appontements de Toulon. Vue de face,
- (-20,70)
- Fig. () — Coupe des nouveaux bassins.
- Petit Petit
- ca/sson caisson
- Gr^caisson
- det'extrémite
- Fig. 8. — Vue de Vapponle-menl en plan. Échelle réduite.
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- darse. La largeur aux portes est de 42 m. 07, ce qui est largement suffisant, les cuirassés de 25 500 devant avoir 27 mètres de largeur seulement.
- Un quai de 150 mètres de longueur prolongera vers le sud le terre-plein du .bassin de l’Ouest pour abriter les navires contre les clapotis que cause parfois le mistral en rade pendant les manœuvres d’entrée et de sortie, toujours délicates.
- Le procédé employé par l’Association dont j’ai parlé plus haut, pour la construction de ces 4 bassins, les plus grands du monde, est le suivant :
- Sur un des bords de la rade de Toulon, en face de l’Arsenal, à côté des chantiers de construction navale de la Seyne, l’Association a creusé en pleine terre un immense bassin où vont être assemblés et montés 4 caissons en tôle ayant exactement les dimensions des bassins qu’il s’agit de bâtir.
- Quand leur montage sera terminé, ces caissons seront successivement amenés sur les emplacements définitifs où les fouilles et tous les travaux d’aménagement du sol auront naturellement été préalablement exécutés. Puis ces caissons seront progressivement lestés et lorsqu’ils reposeront sur le fond à la profondeur voulue, on construira sur leur carcasse les revêtements en pierre et en ciment qui constitueront le bassin proprement dit, avec ses formes et ses installations particulières. L’achèvement de ces magnifiques et importants travaux est prévu pour 1918.
- Simultanément on s’occupe de créer les agencements nécessaires pour que nos bâtiments puissent se ravitailler eu combustible rapidement et commodément. Ils consistent en un vaste terre-plein sur lequel seront déposés les énormes stocks de charbon nécessaires au service courant et aux réserves de
- temps de guerre. Les bâtiments y accéderont par cinq appontements en ciment armé qui remplaceront avantageusement les vieux appontements sur pilotis de bois qui servent encore actuellement et sur lesquels on n’ose plus laisser les navires s’appuyer, tant ils sont pourris. 11 grandes unités pourront désormais s’approvisionner en même temps.
- Ces appontements seront installés suivant les conceptions les plus modernes. Ils seront munis de trois voies pour chemin de fer. La voie centrale servira pour le dégagement des wagons vides. Les deux voies latérales seront surélevées de façon à mettre le charbon qu’elles amèneront à une élévation suffisante pour qu’il puisse être conduit automatiquement par des glissières jusqu’aux soutes des navires.
- Enfin une dernière réforme importante, en attendant d’autres, est en cours d’exécution dans l’arsenal de Toulon. C’est celle qui consistera à employer l’électricité comme force motrice générale dans les divers et si nombreux ateliers et sur les chantiers de construction ou de réparation. On évitera ainsi l’usage de plus de 50 sources particulières d’énergie actuellement disséminées dans l’arsenal sous forme de chaudières et machines à vapeur.
- Ainsi transformé, notre beau port de Toulon et sa rade seront à hauteur de leur tâche, j’exprime l’espoir queles travaux encours pourront être poussés plus activement et que notre flotte, dont les besoins s’accroîtront rapidement avec le nombre des navires qui la composeront, trouvera à Toulon, dans un avenir rapproché, toutes les ressources et facilités nécessaires qui lui permettront d’être toujours prête à courir où son devoir et les intérêts du pays l’appelleront. Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
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- De tout temps, la bravoure a inspiré l’admiration et le respect; dans les sociétés primitives, c’est presque toujours le plus vaillant que la collectivité choisit comme chef. Il n’est donc pas surprenant que, dès l’antiquité, l’homme ayant accompli quelque prouesse se soit efforcé d’en perpétuer le souvenir et que le même souci s’observe encore chez les nations les plus civilisées. Chez nous, celui qui s’est signalé par une action d’éclat aspire à recevoir des pouvoirs publics une croix, une médaille, un insigne quelconque qui le désigne à l’attention de ses concitoyens ; chez les primitifs, c’est le brave lui-même qui se décerne un brevet de vaillance, brevet qui revêt la forme de trophées, dont les variétés sont infinies. Je me bornerai, dans cette notice, à parler de quelques trophées de guerre, qui consistent en têtes ou en portions de têtes humaines, auxquelles on a fait subir parfois de singulières préparations.
- Hérodote raconte que les Taures de la Chersonèse coupaient les têtes de leurs ennemis tués ou prison-
- niers et qu’ils les fixaient à l’extrémité de perches, au-dessus de leurs maisons, pour qu’elles protégeassent leurs demeures. En agissant ainsi, ils voulaient évidemment inspirer une crainte salutaire à ceux qui auraient été tentés de venir les attaquer. A la Nouvelle-Guinée, les Alfourous se comportent de la même façon : lorsqu’ils se sont emparés d’un village, ils coupent les têtes de tous les habitants qui tombent en leur pouvoir et les emportent dans leurs montagnes, où ils les suspendent aux parois de leurs cases. Il y a quelques mois, les Marocains clouaient encore des têtes de vaincus au-dessus des portes de leurs villes.
- Ces trophées primitifs n’ont évidemment qu’une durée assez limitée, car la putréfaction ne tarde pas à accomplir son œuvre. Les « chasseurs de. têtes » de la Nouvelle-Guinée recueillent à ce moment les crânes, achèvent de les nettoyer et les conservent précieusement dans leurs cases, car un homme est d’autant plus considéré qu’il possède un plus grand
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- nombre de ces restes humains. Il en est de même chez les Dayaks de Bornéo qui, eux aussi, se livrent à de véritables chasses à l’homme dans le seul but d’augmenter leurs collections de crânes. Naguère, ces braves, qui ne dédaignaient pas la chair humaine, faisaient parfois cuire à petit feu les têtes dont ils s’étaient emparés, en ayant soin de ne pas en carboniser les os pour pouvoir les conserver, et mangeaient avec délices les cervelles des vaincus. D’autres fois, ils se contentaient d’enlever toutes les parties molles, et d’extraire le cerveau par le trou occipital. Quand les os étaient bien nettoyés, la mandibule était fixée au crâne à l’aide de rotang ou d’une ligature en fibres végétales, et le trophée ainsi préparé était suspendu au-dessus de l’entrée de la case. La curieuse photographie que nous reproduisons a été offerte au laboratoire d’anthropologie du Muséum par mon confrère et ami le Dr Jules Ilarmand, ambassadeur honoraire : elle représente la maison d’un chef Dayak, au-devant de laquelle on aperçoit deux douzaines de têtes humaines placées là pour témoigner de la vaillance du maître du logis (fig. 1).
- Je dois dire, cependant, que, dans bien des cas, l’heureux possesseur de tant de trophées ne s’est pas signalé par une grande bravoure. Il arrivait souvent, et il arrive sans doute encore — car la coutume ne semble pas avoir entièrement disparu — qu’un Dayak, désireux de se procurer la tête d’un de ses semblables, se mît à l’affût derrière un buisson et attaquât le premier venu ; les femmes et les enfants n’étaient même pas à l’abri de ces attaques perfides, quoique leurs crânes ne fussent pas aussi appréciés que ceux des hommes. Il n’est pas rare que l’indigène de Bornéo soit poussé par la passion amoureuse à attirer les gens dans un guet-apens. Un jeune homme, en effet, n’oserait jamais demander une fille en mariage s’il n’avait à lui offrir une tête fraîchement coupée de sa main, et, comme il n’a pas tous les jours l’occasion de tuer un ennemi, il s’en prend à un passant quelconque. Après avoir décapité sa victime, il va en porter la tête toute saignante à sa belle, qui s’en saisit, entre dans une
- rivière avec le trophée et se lave avec l’eau ensanglantée qui en découle. Une fois nettoyé, le crâne servira à orner la demeure des nouveaux époux.
- Les Dayaks ne se bornent pas toujours à un simple nettoyage de leurs trophées; il leur arrive de les polir, de les ciseler, de les incruster d’étain. Le Muséum de Lyon possède une fort belle tête, sculptée avec un art véritable par un insulaire de Bornéo (fig. 2). Les crânes ainsi décorés ont, aux yeux des indigènes, une valeur considérable, et on a vu des Dayaks donner jusqu’à 1250 francs en échange d’une de ces pièces pour la faire figurer au milieu de leurs autres trophées.
- Aux îles Marquises, les têtes ne sont jamais aussi bien travaillées. On se contente généralement, après
- les avoir nettoyées, de fixer la mâchoire inférieure au crâne à l’aide d’unetresse ou d’un rotang. Parfois, la tresse passe sous le menton et dans la cavité nasale; parfois, elle est ornée de cheveux à ses extrémités. Dans beaucoup de cas, le trophée est complété par l’adjonction de deux défenses de babi-roussa introduites sous chaque arcade zygomatique et attachées par un lien aux pommettes (fig. 5). Le Musée d’ethnographie du Trocadéro possède un trophée des îles Marquises, qui se compose d’une tête entièrement enveloppée de tapa, c’est-à-dire d’étoffe obtenue par le battage de la seconde écorce du mûrier à papier; sur la partie de la tapa, qui recouvre la face, de bizarres peintures simulent les yeux et une raie peinte traverse obliquement le visage de haut en bas. Deux cordons en coton, terminés à chaque extrémité par de gros nœuds et passant sous les arcades zygomatiques, permettaient de suspendre la pièce.
- C’est surtout aux Nouvelles-Hébrides et dans la Nouvelle-Bretagne que les têtes conservées comme trophées subissent de singulières préparations. Je ne parlerai pas des extraordinaires mannequins funéraires de l’île Mallicolo, composés de paille, de lianes, de feuilles de bananier enduites de terre glaise peinte en rouge, noir et blanc et surmontés de têtes de chefs, également recouvertes d’un enduit argileux ;
- Fig. i. — Case d’un chef Dayak de Bornéo avec nombreux trophées de crânes humains.
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- Fig. 2. — Tête humaine sculptée par les Dayaks de Bornéo. {Coll. Muséum de Lyon.)
- je dois, en effet, pour ne pas dépasser les limites d’un article de revue, m’en tenir aux trophées proprement dits. Or, aux Nouvelles-Hébrides, on rencontre fréquemment des têtes osseuses dont la face a été recouverte de libres végétales et d’argile, pour remplacer les parties molles. Quelquefois la calotte crânienne est cachée par une véritable perruque en cheveux. Le visage est entièrement badigeonné de rouge et de noir, de rouge et de bleu, ou bien de rouge, de noir et de blanc. Ces têtes proviennent souvent d’ennemis que le vainqueur a décapités; mais, pas plus aux Nouvelles-Hébrides que dans le reste de la Mélanésie ou en Malaisie, on ne saurait juger de la vaillance d’un indigène par le nombre de trophées qu’il exhibe. En effet, le commandant Markham, de la marine anglaise, raconte qu’un brick monté par des trafiquants de chair humaine européens ayant stoppé à quelque distance de l’ile Florida, un canot chargé d’insulaires s’approcha du navire qui, par une manœuvre en apparence accidentelle, le fit chavirer. Les chaloupes furent mises à la mer comme pour porter secours aux naufragés ; mais, en réalité, les matelots européens tranchèrent la tête de ces malheureux et retournèrent à bord du brick avec leur sanglant butin. Il avait été convenu entre certains chefs et quelques commandants de navires que ceux-ci se procureraient des têtes et recevraient en échange des individus vivants qui iraient travailler pendant un ou deux ans dans les possessions des Blancs.
- A la Nouvelle-Bretagne, les têtes coupées sont souvent transformées en masques de danse (fig. 4). Les guerriers n’en conservent que le squelette de la face et l’os frontal; au moyen d’un enduit, ils refont un visage grimaçant, rendu plus horrible encore par les couleurs dont ils le peignent. Des traits blancs, tracés sur les lèvres, simulent les dents, et des fibres de coco, prises dans la pâte, imitent un collier de barbe. A l’intérieur est fixé, soit un bâtonnet, que le danseur saisit entre ses dents, soit des liens destinés à attacher le masque sur la tête du guerrier.
- Ailleurs, au lieu de la face, c’est la calotte crânienne qui est conservée comme trophée. Au dire d’Hérodote, les Scythes agissaient ainsi quand ils avaient mis à mort un ennemi redoutable. « Ils scient le crâne, dit-il, à la hauteur des sourcils et le nettoient. Les pauvres se contentent de le revêtir par dehors d’un morceau de cuir de bœuf, sans apprêt; les riches non seulement le couvrent d’un morceau de cuir de bœuf, mais ils le dorent aussi en dedans, et tous s’en servent, tant les pauvres que les riches, comme une coupe à boire. Ils font la même chose des têtes de leurs proches, si, après avoir eu quelque querelle ensemble, ils ont remporté sur eux la victoire en présence du roi. »
- Dans plusieurs vieilles sépultures de notre pays, remontant à l’époque de la pierre polie, notamment dans des grottes sépulcrales de la Marne, on a découvert des voûtes de crânes dont les bords ont été usés par frottement. S’agit-il de trophées comparables à ceux des Scythes ou de coupes ayant un caractère sacré? il est difficile de le dire. Nous savons, en effet, que les Néolithiques de la Marne rendaient un culte à certaines divinités,- et, d’autre part, en Mongolie, les prêtres attachent des vertus particulières aux coupes fabriquées avec des crânes humains. Aux environs d’Ourga, par "exemple, les morts sont transportés dans de véritables charniers où ils sont livrés en pâture aux chiens. Or, souvent, lorsqu’un bonze passe à proximité des ossements nettoyés par les fidèles compagnons de l’homme, il scie un crâne horizontalement et en emporte la calotte pour en faire une coupe à boire, obéissant en cela à des idées superstitieuses.
- En Afrique, la coutume de conserver comme trophées les têtes des ennemis est assez répandue. Le Musée d'Ethnographie du Trocadéro possède des tam-tams de guerre et des cartouchières que le Dr Etournaud a rapportés du Tiassalé (Côte d’ivoire) et qui sont ornés de trophées de cette nature. Les premiers (fig. 5) consistent en troncs d’arbres creusés, soigneusement travaillés et recouverts de
- Fig. 3. — Trophée de Nouka-Hiva, îles Marquises, consistant en une tête humaine ornée de défenses de babiroussa. {Coll. Muséum d'IIist. nat.)
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- peau à leur partie supérieure. Une couronne de crânes humains, maintenus par une sorte de filet, se voit en haut de l’instrument.
- La cartouchière, dont nous reproduisons la photographie (fig. 6), est une ceinture en cuir munie de neuf poches, qui ressemble à celle de nos chasseurs.
- Sur un pendentif, également en cuir, sont cousus des gris-gris consistant en coquilles marines.
- Mais les ornements les plus curieux de cette pièce sont les dix maxillaires supérieurs fixés par une lanière sur la cartouchière elle-même, maxillaires qui ont été détachés, au niveau du plancher des fosses nasales, de crânes d’ennemis tués par le brave Nègre qui exhibait avec orgueil de tels trophées. Il est bien évident que la vue de tant de mandibules devaitinspirer une grande terreur aux adversaires d’un si vaillant guerrier.
- Au Dahomey, Ghézo, l’aïeul du fameux Béhanzin, avait un trône qui reposait sur les crânes de quatre chefs d’Houndjoroto, vaincus par lui. Son fils, Gléglé, avait fait clouer le crâne d’Àkoïkon, roi de Houéli, sur le tam-tam qu’on frappait pour marquer le pas du souverain dahoméen.
- En Amérique, les trophées consistaient fréquemment en dépouilles humaines. Il n’est personne qui ne connaisse la coutume qu’avaient naguère les Peaux-Rouges de scalper leurs ennemis vaincus pour en garder la chevelure. On
- sait également que les anciens Mexicains édifiaient de véritables monuments avec les crânes des victimes sacrifiées à leurs divinités. Mexico possédait cinq de ces affreux édifices, qui portaient le nom de Tzompatli. Le plus grand, en forme de parallélogramme, à demi pyramidal, mesurait 154 pieds de largeur à sa base. On accédait au sommet par un escalier de trente marches, dont chacune était faite de pierres et de crânes humains. Sur la plate-forme, se dressaient de hauts poteaux séparés par un espace
- Fig. 4. — Masque de danse de la Nouvelle-Bretagne. {Coll. Musée d’Ethnographie du Trocadéro.)
- Fig. 5. — Tam-lam du Tiassalé (Côte d’ivoire), orné de crânes humains à sa partie supérieure. {Musée d’Ethnographie du Trocadéro.)
- de 4 pieds et percés de trous dans toute leur longueur. Ces trous servaient de support à des barres transversales, garnies de crânes enfilés par les tempes. Enfin, au sommet de l’édifice, s’élevaient deux tours fabriquées de crânes et de chaux. Andres de Tapia, ayant voulu compter le nombre de ces têtes, s’arrêta au chiffre de cent trente-six mille.
- A Mexico également, se trouvait une vaste excavation, le Tlélatiloyan, dans laquelle on conservait les peaux des victimes écorchées.
- Ces victimes, dont on sacrifiait une vingtaine de mille, chaque année, dans l’Anahuac, étaient presque toutes des prisonniers de guerre.
- Les Yurunas du rio Xingu, au Brésil, transforment parfois les crânes de leurs ennemis en trompettes de guerre. Après en avoir rempli d’un mastic les cavités orbitaires et les fosses nasales, et avoir simulé les pupilles par des graines, ils introduisent un bambou dans le vertex. Ces trompettes ont une grande valeur aux yeux des Indiens.
- Les trophées les plus curieux de l’Amérique du Sud sont peut-être ceux que préparaient, et que préparent encore certaines tribus de l’Amazone. Les Cajas, les Indiens du rio Madeira, les Parintintins et les Mundurucus du rio Tapajos momifiaient les têtes
- "te»,
- Fig.6.— Cartouchière du Tiassalé {Côte d’ivoire), ornée de dix maxillaires humains.{Musée d’Ethnographie du Trocadéro.)
- de leurs ennemis après en avoir arraché les dents, qui étaient destinées à fabriquer des colliers. La peau était teinte au moyen de roucou et les yeux étaient remplacés par des boulettes de mastic, dans lesquelles on enchâssait des petits anneaux de coquilles blanches. Un paquet de cordelettes, dont une, plus longue et plus grosse que les autres, ser-
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- vait à suspendre la pièce, était fixé dans la bouche. Enfin, de jolis pendentifs en plumes brillantes, mélangées de glands en coton, étaient attachés de ; chaque côté de la tête au moyen de nombreuses cordelettes passant dans des trous pratiqués dans le pavillon de l’oreille
- (fig. 7).
- Pour clore cette énumération un peu macabre, qu’il m’aurait été facile d’allonger considérablement, je mentionnerai des trophées déjà connus des lecteurs de La Nature par un article qui a paru dans le n° 1450 de cette revue (20 octobre 1900) ; je veux parler des chanchas ou tsantsas des Indiens Jiba-ros, faussement attribuées aux Incas par l’auteur de l’article auquel je fais allusion.
- Après avoir séparé la tête du tronc, le Jibaro en incise la peau en arrière, jusqu’au sinci-put, et, parfois, sur les côtés, jusqu’au-dessus des apophyses mastoïdes. Ces incisions lui permettent de retirer les os du crâne et de la face.
- La peau, avec la chevelure, est mise alors à bouillir, pendant un temps assez court, dans une décoction de plantes sauvages, puis elle est placée sur une pierre arrondie, fortement chauffée. Quand la pierre se refroidit, elle est remplacée par d’autres, de plus en plus petites, dont la dernière ne dépasse guère la grosseur d’une orange. En même temps, à l’aide d’une autre pierre chauffée, l’Indien repasse extérieurement les téguments. La peau se durcit, se ratatine et prend une teinte brune, très foncée; la tête se réduit à la grosseur du poing environ et ne présente plus d’apparence humaine (fig. 8). Les incisions sont cousues avec soin et un trou est pratiqué au vertex pour permettre le passage d’un cordon de suspension.
- . Au début- de l’opération, les lèvres ont été
- Fig. 7. — Trophée des Mundurucus du rio Tapajos, Brésil. {Coll. Muséum d’Hist. nat.)
- réunies par trois ligatures afin - de maintenir la bouche fermée. Des fils de 50 à 40 centimètres de longueur, dont le nombre varie de 24 à 56, sont attachés à un fil qui relie transversalement les sutures au-dessous de la lèvre inférieure. Enfin, dans quelques cas, le trophée est complété par l’adjonction de dépouilles de petits oiseaux au brillant plumage.
- En raison du faible volume des tsantsas, le guerrier Jibaro peut, dans les combats, en porter plusieurs attachées à sa propre chevelure. Gomme tous les trophées humains dont il a été question ci-dessus, ceux-ci avaient, pour leurs possesseurs, une valeur considérable. Naguère, les collectionneurs les payaient, en Europe, un prix fort élevé: en 1865, une tsantsa fut achetée 1500 francs par un amateur, et, il y a à peine quinze une autre fut vendue francs à la salle Drouot. Aujourd’hui, tous les musées en possèdent des spécimens, mais tous ne sont pas d’une authenticité absolue, car des industriels peu consciencieux ont réussi à fabriquer de fausses tsantsas.
- Comme je le disais au début de cet article, on retrouve dans toute l’humanité le même fonds de vanité. Le primitif qui n’a pas de décorations à exhiber, montre avec orgueil les têtes des ennemis qu’il a vaincus. Mais, de même que, chez les civilisés, on rencontre des habiles qui sont chamarrés de croix sans s'être signalés par des services exceptionnels, de même certains sauvages réussissent, comme nous l’avons vu, à se procurer des collections de trophées sans avoir jamais couru de grands risques. Dr R. Verneau.
- Professeur au Muséum d’IIistoire naturelle, Conservateur du Musée d’Etlmogrnphie.
- ans,
- 500
- Fig. 8. — Télé préparée parles Jlvaros de l’Équateur. {Coll. Muséum d’Hist. nat.)
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- LES EXTINCTEURS D’INCENDIE
- Il y a quantité de moyens préconisés pour lutter contre l’incendie, et ce nom d’extincteurs peut être appliqué aussi bien à la pompe à vapeur des sapeurs des grandes villes qu’à la petite « grenade » de verre contenant un liquide ignifuge.
- Mais, en fait on réserve habituellement le nom d’extincteur à ces petits engins métalliques, peints en rouge brillant, que l’on voit nichés un peu partout dans les usines, les bureaux et magasins, les autos de la Compagnie des omnibus ou des Postes et télégraphes.
- Si nous examinons de près un de ces appareils, nous y lisons une instruction succincte recommandant, en cas de besoin, d’opérer tel ou tel mouvement, puis de diriger sur le foyer à éteindre le jet de liquide sortant aussitôt du récipient. Comment fonctionnent ces extincteurs ? et jusqu’à quel point sont-ils efficaces ? C’est ce que nous allons examiner.
- Extincteurs métalliques. —
- La plupart des extincteurs du commerce sont de construction et de fonctionnement très simples. Une boîte de tôle contient une solution saturée de bicarbonate sodique et un petit récipient de verre plein d’un acide fort, habituellement acide chlorhydrique. L’ensemble est disposé en sorte qu’il ne puisse y avoir contact des deux liquides qu’au moment de l’emploi : l’acide fort chasse alors le gaz carbonique du bicarbonate. On obtient ainsi une solution aqueuse de chlorure de sodium, saturé d’anhydride carbonique, et un fort excès de gaz comprimé dans la partie libre du récipient
- (ce dernier effet n’est jamais qu’incomplètement rempli de liquide). C’est cette pression gazeuse qui projette violemment la solution dès qu’on ouvre le tube de sortie, débouchant dans le bas de l’extincteur.
- Ce dispositif destiné à provoquer le mélange des réactifs au moment de l’emploi, on peut le combiner de bien des manières. L’ingéniosité des inventeurs s’est donné là libre cours, et c’est presque uniquement à ce sujet que furent pris les nombreux brevets d’extincteurs. Sans examiner tous les systèmes inventés pour cela, nous décrirons ceux des modèles les plus répandus.
- Le plus simple des dispositifs permettant de provoquer le mélange et la réaction produisant le gaz, est l’appareil à coup de poing (fig. 1). Sans qu’il soit nécessaire de plus d’explications, on
- conçoit que pour l’emploi, il suffise de tenir la boîte d’une main et de donner de l’autre un coup de poing sur la tige : le bas de cette tige casse un flacon plein d’acide, l’acide tombe dans la solution carbonatéeetsous l’influence de la pression, le liquide sort en jet violent. Au lieu de faire agir la tige percutante avec le poing, on peut la disposer par le bas, en sorte qu’il suffise de frapper l’appareil à terre pour le mettre en état d’activité; on construit ainsi des extincteurs sphériques (fig. 2) et coniques (fig. 3). Tous sont évidemment d’emploi commode, mais ceux du dernier genre ont l’inconvénient de noyer la garniture dans laquelle frotte le percuteur : à la longue, il sfi produit parfois des pertes de liquide.
- 1 2 3
- Fig. i, 2 et 3. — Extincteurs à mise en fonction par choc du poing (fig. i) ou en frappant l’appareil par terre {üg. 2 et 3).
- 4 5 6
- Fig. 4 et 5. — Extincteurs à mise en inarche par balancement {fig. 4) ou retournement {fig. 5). Fig. 6. — Extincteur à gaz carbonique comprimé.
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- 270".:. .—.... ....: LES EXTINCTEURS D'INCENDIE
- On a construit aussi un extincteur à marteau oscillant (fig. 4) que l’on actionne en tournant brusquement l’appareil sur lui-même : dispositif peu pratique pouvant amener des ruptures intempestives et demandant à être manié par quelqu’un d’exercé à la manœuvre. A noter enfin l’appareil à retournement, ne comportant aucun mécanisme : l’acide y est contenu dans un flacon non bouché (fig. 5), de sorte que, pour provoquer le mélange, il suffit de renverser l’ensemble sens dessus-dessous.
- Tous ces extincteurs sont construits en différentes dimensions et possèdent divers dispositifs accessoires : taquet amovible bloquant le boulon à percussion pour éviter toute manœuvre intempestive, robinet ou coiffe fermant au repos l’orificc de sortie du jet. Les grands appareils possèdent souvent un tube de caoutchouc et une lance pour diriger commodément le jet, des bretelles pour fixer le réservoir à dos d’homme. Les charges de rechange, vendues le plus souvent dix fois leur valeur, peuvent aisément être confectionnées en sachant que le récipient doit n’être rempli d’eau qu’aux deux tiers, en sorte que la pression du gaz produit ne fasse pas tout sauter; et que, pour chaque litre d’eau, il faut, d’une part, 100 gr. de bicarbonate sodique, d’autre part, si l’on ne veut pas avoir finalement un grand excès d’acide détériorant la tôle du récipient, environ 125 gr. d’acide chlorhydrique ordinaire (à 22° Bé).
- Au lieu de ne fabriquer qu’au moment de l’emploi le gaz carbonique pour projeter le liquide, on peut se le procurer tout préparé : des appareils en tôle forte existent qui sont chargés avec des capsules contenant de l’anhydride carbonique fortement comprimé. La capsule est logée en haut de l’appareil (fig. 6) et il suffit au moment opportun de tourner une vis supérieure pour provoquer la rupture de l’enveloppe : le gaz se répand dans le récipient et se dissout dans l’eau qu’il comprime fortement. En fait, à part les dimensions et la construction plus robuste, il s’agit d’un appareil à préparer l’eau de Seltz et n’importe quel siphon pourra servir d’extincteur !
- Ceci nous amène à parler de l’efficacité des appareils dont nous venons d’examiner, construction et fonctionnement. Tous les constructeurs d’extincteurs ne manquent pas d’exhiber des certificats très élo-gieux, avec attestation de commandants de pompiers et photos impressionnantes à l’appui, faites à la suite d’expériences qu’ils s’offrent parfois à recommencer. Il faut savoir que ces genres d’expériences ne prouvent absolument rien parce que presque toujours truquées. On prend généralement un tas de planches que l’on arrose de pétrole : le feu qui offre instantanément un aspect terrifiant est arrêté non moins instantanément sous l’action du fameux extincteur. Un peu de réflexion fait comprendre ce qui s’est passé : le pétrole, ajouté en petite quantité, brûle presque instantanément, l’excès étant parfois absorbé dans le sol, il n’en
- reste presque plus quand on projette le liquide qui naturellement éteint sans peine le peu qui reste. Mais qu’on attende que le bois soit bien brûlant (nous supposons qu’il n’est pas ignifugé : cela s’est vu pourtant!) et on pourra constater que les mixtures les plus coûteuses et les appareils les plus compliqués ne font guère plus d’effet qu’une projection d’eau ordinaire.
- Et ceci est bien facile à comprendre. Que l’eau soit ou non saturée de gaz carbonique, chargée de sel ou acidulée par un peu d’acide fort en excès, elle agit surtout, au point de vue extinction du feu, en absorbant la chaleur dégagée par la combustion. Connaissant d’une part la chaleur de vaporisation et la chaleur spécifique de l’eau; d’autre part la puissance calorifique des combustibles, on peut donc comme l’a fait M. Paris, colonel des pompiers de Paris (Q, dresser un tableau indiquant combien un poids donné d’eau peut éteindre de divers
- combustibles Calories dégagées Quantités de combustibles
- par la combustion de pouvant être éteintes
- 1 kg. par 40 litres d’eau à 10°.
- Houille qualité
- moyenne . . 7 500 calories 5 kg 41
- Charbon de bois. 6 000 — 4 kg 26
- Bois sec. . . . 3 500 — 7 kg 75
- Goudron. . . . 9 500 — . 2 kg 69
- Pétrole .... -12 000 — 2 kg 13
- Alcool à 35°. . 5 200 — 4 kg 86
- La présence d’acide carbonique qui, libéré sous l’action de la chaleur, gêne la combustion, et surtout la commodité d’emploi du liquide, qui, dirigé sûrement en mince filet sur le foyer à combattre, est parfaitement utilisé, rendent évidemment l’eau des extincteurs très efficace. Mais son action n’a rien de si extraordinaire qu’on le veut parfois bien dire !
- Grenades extinctrices. — Il en es,t de même pour les a grenades » en verre qui, projetées sur un foyer, cassent en répandant un liquide extincteur. Que ces grenades soient affublées de tel ou tel nom, qu’on les fasse en verre coloré ou non, et de formes plus ou moins bizarres, ce ne sont jamais que des réservoirs d’une petite capacité, conséquemment, d’une efficacité très mesurée.
- Comme on ne peut employer là d’eau saturée de gaz carbonique, on se sert de solutions diverses, à base de sels ignifuges.
- Des solutions d’un simple mélange de 10 gr. carbonate de soude pour 50 gr. sel de cuisine donnent déjà une action extinctrice supérieure à celle de l’eau ordinaire. Mais les grenades employées le plus souvent contiennent, pour un litre d’eau environ, 150 gr. sel de cuisine et 75 gr. sel ammoniac : il se produit, sous l’action d’une haute température, de l’ammoniac et de l’acide chlorhydrique, gaz empêchant la combustion.
- On peut naturellement varier à l’infini la composition des liquides pour grenades. Il est des formules très compliquées. M. Gavalowski, par exemple, qui fit des analyses de liquide contenu dans des grenades
- 1. Revue Scientifique, 18M,
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 271
- extinctrices, trouva dans le produit le plus apprécié :
- Chlorure de calcium..................18,5
- Chlorure de magnésium................ 5,7
- Chlorure de sodium................... 1,5
- Bromure de potassium................. 2,2
- Chlorure de baryum................... 0,2
- Eau...............................72,2
- Nous avons déjà publié dans La Nature (') quelques formules pour la confection de telles mixtures. Au cours de ces dernières années, on préconisa l’emploi de liquides très mousseux, ce qui est facile à obtenir en ajoutant de la saponine aux mixtures acides et des savons aux liquides alcalins. On conçoit que la formation de mousse puisse très bien isoler les parties en combustion : l’air indispensable ne peut arriver à leur contact. On fit de très intéres-
- santes expériences en Allemagne avec ces produits, presque toujours employés à l’aide d’engins spéciaux pour produire la mousse au moment opportun. Toutefois, le procédé ne s’est pas jusqu’ici répandu pratiquement chez nous.
- Telles qu’elles sont et pour si imparfaites qu’elles soient, les grenades et les petites machines extinctrices sont très utiles parce qu’elles constituent de petites réserves d’eau placées à proximité des points où pourrait se déclarer un incendie. Elles sont très efficaces pour éteindre un feu de cheminée par exemple. Mais il serait dangereux de leur prêter des vertus magiques. Leur présence ne doit jamais amener à 'négliger aucune des précautions indispensables dans tous les cas pour parer à l’éventualité de ce terrible ennemi qu’est l’incendie. A. Ciiaplet.
- A 6000 MÈTRES D’ALTITUDE EN AÉROPLANE
- Le 12 mars, l’aviateur Perreyon montant un monoplan Blériot a conquis le record de P altitude. Il a atteint 6000 m. L’aéroplane était mû par un moteur Gnome de 160 chevaux. Le vol a duré 1 h. 7. Il se décompose ainsi : Montée : 1000 m. en moins de 2 minutes; 2000 m. en 5 minutes; 3000 m. en 9 minutes; 3800 m. en 14 minutes; 6000 m. en 55 minutes. — Descente : 6000 m. en 12 minutes. Le record était détenu jusque-là par Roland Garros qu’il l’avait porté à 5610 m. le 11 décembre 1912 à Tunis. La conquête du record d’altitude présente un intérêt tout particulier ; elle ne constitue pas, en effet, comme on pourrait le croire au premier abord, une simple performance sportive, faisant uniquement honneur à l’audace, à l’habileté et à l’endurance du pilote. Elle met en évidence les disponibilités de l’aéroplane en force motrice, et atteste par là sa sou-
- plesse, et, dans une certaine mesure, sa sécurité. L’excès de force motrice constitue pour l’aviateur une garantie précieuse de sécurité; lorsque, par suite d’un remous, d’un changement brusque de direction du vent, la vitesse de l’aéroplane par rapport à l’air ambiant vient à baisser subitement et que la sustentation de l’appareil est compromise, le coup de collier que le pilote peut demander à son moteur en ce moment critiquej lui permettra de se tirer sans encombre d’un pas difficile. L’appareil qui peut ainsi affronter les dangers d’une atmosphère agitée, possède évidemment l’une des qualités essentielles que l’on est en droit de réclamer d’un appareil de tourisme ou d’un éclaireur militaire. Mieux que toutes autres épreuves, celles d’altitude révèlent les progrès accomplis par l’aéroplane comme engin pratique de locomotion. A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 mars 1913. -
- Dissociation par radiation. — M. Daniel Berthelot annonce qu’il a réussi avec M. Gaudechon à dissocier à froid, au moyen des rayons extrêmes du spectre ultraviolet, les composés hydrogénés les plus stables que Sainte-Claire Deville n’avait décomposés qu’aux plus hautes températures du chalumeau oxhydrique.
- Les cours d’eau des Alpes et des Pyrénées. — MM. Müntz et Lainé communiquent les résultats de recherches qu’ils ont entreprises à la demande de l’Administration de l’Agriculture sur les cours d’eau des Alpes et des Pyrénées. Le service des grandes forces hydrauliques étudie le débit de ces cours d’eau en vue de l’établissement de barrages-réservoirs destinés à la production de la force motrice et à l’arrosage des terres. Mais un problème se pose. Quelles sont les quantités de limon charriées par ces cours d’eau? Ne sont-elles pas telles que les réservoirs s’envaseraient rapidement et cesseraient de fonctionner? La construction de barrages entraînant de grands frais, une importance capitale s’attache à la solution préalable de celte question. MM. Müntz et Lainé ont établi 15 stations dans les Alpes et 8 dans les Pyrénées qui ont fonctionné un an et demi. Les eaux des
- i. Reproduites dans les Recettes de la Maison, livre V.
- Présidence de M. Appell.
- Alpes sont généralement très limoneuses. Ainsi l’Isère charrie 4 millions de tonnes de limon en 24 heures, à l’époque des crues, la Durance 570 000 tonnes. Avec de pareilles teneurs les réservoirs seraient vite ensablés. Il ne faut donc entreprendre la construction de barrages qu’avec une extrême prudence. Les eaux des Pyrénées sont beaucoup plus limpides ; un pareil effet n’est pas à craindre.
- A/J'aiblisse?nent de la radiation solaire en 1912. —-Il a été signalé que la radiation solaire avait subi un 1 rouble en 1912, comme si le ciel avait été caché par une sorte de voile. M. Eginitis, directeur de l’observatoire d’Athènes, a entrepris des recherches sur la radiation solaire au moyen d’un héliomètre de Campbell. C’est une boule polie placée au centre d’une zone de papier sensibilisé spécialement. Le corps réfléchissant étant une boule donne un foyer dans tous les azimuts occupés par le Soleil, de telle sorte que celui-ci dans sa course trace une ligne. M. Eginitis a pu constater à l’aide de cet .appareil un curieux phénomène. A partir du 7 avril, la courbe a commencé le matin avec un retard d’environ 20 minutes par rapport à l’instant auquel elle aurait dù s’inscrire et a fini 20 minutes plus tôt le soir. Le phénomène a persisté avec des variations jusqu’en octobre et a cessé au commencement de novembre. Ch. de Viu-edeuh..
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- LE GYPAÈTE DES INDES
- Le Jardin zoologique de Londres vient d’enrichir ses collections d’un très beau spécimen de Gypae-tus barbatus, ce gypaète barbu désigné souvent sous son nom allemand de vautour-des-agneaux (lœmmergeyer). Ce grand rapace, qui sert de chaînon entre l’aigle et le vautour, est souvent représenté dans les volières de nos ménageries. Mais l’individu que possède maintenant le célèbre établissement de Regent’s Park, et qui a été capturé aux Indes, présente une particularité remarquable. D’après M. Seth Smith, le directeur des galeries ornithologiques, il aurait une envergure de 14 pieds, soit 4 m. 25, et l’on pourrait le considérer comme le plus grand oiseau (exception faite des autruches, casoars, nandous) qui ait jamais figuré dans une ménagerie.
- Il est permis de supposer qu’il n’a pas complètement achevé sa croissance, puisque sa tête n’est pas encore pourvue de cette couronne de plumes blanches si remarquable chez l’adulte. Est-ce à causede sonjeune âge qu’il se montre aussi timide?
- Il proteste à peine, comme le montre notre photographie, contre le contact d’une main humaine, et, donnant le démenti à son aspect farouche comme à sa taille, il se laisse toucher, si l’on ose dire, comme un petit poulet !
- Après les remarquables travaux de Steinmüller, de Tschudi, de Girtànner, si magistralement résumés par M. Louis Lavauden dans ses récents articles de la Revue française d’ornithologie, nous ne saurions émettre la prétention de présenter ici au lecteur une monographie du magnifique oiseau dont l’enthousiasme d’un naturaliste allemand n’a pas hésité à faire le « roi du monde ailé ». Mais nous pouvons rappeler que les ornithologues ne se sont pas encore mis d’accord sur une question que le gypaète, s’il était consulté, considérerait comme vitale. S’attaque-t-il à des proies vivantes, ou se contente-t-il de cadavres? Doit-on le ranger parmi les oiseaux nuisibles ou parmi les créatures utiles? Faut-il le protéger contre les chasseurs, ou, au contraire, lui vouer une guerre d’extermination?
- La question a une importance particulière pour la France. Si le gypaète est encore relativement commun dans les Pyrénées, en Sardaigne, en Afrique
- du Nord, dans le Caucase, dans le massif de l’Hima-laya, s’il continue à fréquenter l’Oberland bernois et d’autres régions de la Suisse, il a pratiquement disparu de nos Alpes françaises, alors qu’il abondait encore, il y a un siècle, dans les montagnes du Dauphiné et de la Savoie.
- De l’enquête personnelle à laquelle s’est livré M. Louis Lavauden, garde général des Eaux et Forêts, découle cette curieuse constatation que, seul, le gypaète des Alpes peut et doit être considéré comme un oiseau nuisible. Partout ailleurs, que ce soit en Espagne ou aux Indes, dans l’Atlas ou dans les Balkans, l’unanimité des témoignages le représente comme un oiseau utile, qui n’attaque jamais une proie vivante. Cette divergence de jugements est d’autant plus singulière que le groupe, si cosmopolite qu’il soit, ne constitue qu’une seule espèce.
- Or, personne ne pourrait contester maintenant l’authenticité des cas d’agression relevés à l’actif du gypaète. Dans les Hautes-Alpes, c’est un pâtre qui voit un de ces oiseauxlui enlever un agneau ; il le poursuit, l’atteint dans les rochers, reprend la bête égorgée, mais est obligé de l’abandonner, sous les attaques furieuses du grand rapace. Dans les Basses-Alpes, dans la Savoie, ce sont des bergers ou des chasseurs qui tuent des gypaètes tenant encore dans leurs serres l’agneau dérobé. En Suisse et dans le Dauphiné, ce sont de jeunes enfants qu’ils enlèvent et dévorent, et un brave paysan, accusé d’avoir tué son fils et fait disparaître le cadavre, n’est acquitté que sur la déposition du D1' Girtànner, l’ornithologiste bien connu, qui prouve que l’enlèvement a eu un gypaète pour auteur.
- M. Louis Lavauden ne se contente pas de poser le problème, il lui apporte une solution qui nous paraît très logique. Le gypaète est resté un « briseur d’ossements », comme l’appelle le paysan espagnol, dans les régions sauvages où les grands fauves (ours ou loups) lui assurent encore une suffisante ration de cadavres. Ces fauves ont disparu du massif alpin, et le gypaète, poussé par la faim, a acquis peu à peu l’habitude de s’attaquer à des proies vivantes.
- Ce cas de transformation des habitudes qui s’est effectué pour ainsi dire sous nos yeux, était intéressant à signaler. V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laihjre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2079.
- 29 MARS 1913.
- LES NIDS DES POISSONS
- On se représente volontiers les Poissons comme des êtres stupides, dénués de tout instinct comme de toute affection, et l’on croit bien facilement qu’ils n’ont aucune sollicitude pour leurs petits, Mère Nature se chargeant de tout à leur égard; au plus, quelques personnes instruites admettent-elles une exception pour l’Épinoche dont les nids ont été représentés et.décrits plusieurs fois (fîg. 1).
- Il n’en est pourtant pas ainsi, et les Poissons ne sont nullement privés de facultés psychiques, notamment en .ce qui concerne l’instinct familial. Au
- #Avi, *: '
- les plus connus sont les Épinoches, petits poissons de la famille des Gastérostéidés. Ils se trouvent dans, tous nos ruisseaux et aiment surtout les eaux calmes et assez claires ; on connaît leur façon de nidifier., En mai, juin ou juillet, le mâle, coloré de sa livrée de noces avec dos bleuâtre, ventre, lèvres, joues et base des nageoires empourprées ; recherche sur la vase un endroit propice ; quand il l’a trouvé, il s’y enfonce, s’y tourne, y barbote et finit par circonscrire une petite cavité. Il part ensuite recueillir des brins d’herbe ou des filaments de racines qu’il apporte un à un dans sa bouche pour en garnir d’abord le fond de l’excavation et ensuite les côtés ; il est curieux à voir, brassant, foulant et entremêlant ses matériaux; pour leur donner solidité, il les agglutine d’un mucus sécrété par sa peau et dont il les enduit en se frottant contre eux. Quand le fond et les côtés sont garnis, il se place au milieu pour donner le calibre, puis, de
- t -, A*'/-
- mSèêsê&Sè
- moment des noces, beaucoup prennent une livrée spéciale plus brillante que leur costume habituel et certains construisent des nids.
- Chez la plupart des animaux, le rôle le plus important pour la conservation de l’espèce est dévolu à la femelle. Chez les Poissons qui s’occupent de leur progéniture, au contraire, c’est le mâle qui remplit le rôle prépondérant; c’est lui qui bâtit le nid, garde les œufs, veille, défend et élèveles jeunes; il n’existe, à cette règle, que de rares exceptions : par exemple chez les Aspedo et Solenostoma, ce sont les femelles qui portent leurs œufs sur des organes spéciaux.
- Nous ne ferons que rappeler en passant les soins divers que prennent certains Poissons pour assurer l’existence à leur progéniture; les uns, quittant la mer, s’avancent vers la source des rivières, tels : les Esturgeons, Saumons, Aloses, Lamproies; d’autres, inversement, vont des eaux douces à la mer, telles sont les Anguilles; certains fixent leurs œufs sur les plantes aquatiques, les enroulent autour des racines ou des crampons de ces plantes, d’autres, enfin, construisent de véritables nids. Parmi ceux-ci,
- 1. Le nid
- de
- l’Epinoche.
- 2. Le nid de
- V Epinochette.
- 41e année.
- Jer semestre.
- matériaux semblables et par les mêmes procédés, il confectionne la toiture; complètement terminé, le nid a la forme d’un petit manchon; inutile de dire que, comme chez les oiseaux, la cavité interne en est particulièrement soignée; l’ouvrage est en grande partie caché dans la vase, et apparaît comme un petit monticule d’un décimètre environ. Ce travail achevé, l’Épinoche attend maintenant le passage d’une femelle, ou va lui-même en chercher une et l’amène au nid dans lequel elle entre bientôt pondre, puis elle s’en va; aussitôt partie, le propriétaire entre à son tour, imprègne les œufs de laitance et, comme la ponte d’une seule femelle est insuffisante, il en amène d’autres jusqu'à ce qu’il' y ait assez d’œufs; il se fait alors éleveur et reste auprès du
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- LES NIDS DES POISSONS
- nid qu’il entretient ; il provoque sur les œufs des courants d’eau afin d’éviter le développement de végétations parasites, et cela jusqu’à l’éclosion, c’est-à-dire pendant 2 à 3 semaines.
- Après l’éclosion, sa garde incessante n’en continue pas moins; il surveille la croissance des petits, les défend, les empêche de s’éloigner du nid tant qu’ils ne sont pas capables de se suffire et de se défendre eux-mêmes ; c’est alors seulement qu’il les abandonne.
- Une autre petite espèce de nos eaux douces,
- constitue leur gardien et, plus tard, il sera le défenseur des petits.
- Citons encore les Crénilabres, de la famille des Labridés, dont les mœurs ont été observées par Gerbe en 1864. Le Crénilabre massa (Crenilabrus massa Risso) de la Méditerranée et du golfe de Gascogne construit ses nids dans des ' excavations sur les grèves que les grandes marées laissent parfois à découvert; ces nids ont la forme de taupinières de 12 à 20 cm de large sur 7 à 8 de haut, ils sont formés d’algues (Cladofores et Conferves entremêlées de zostères) etassu-jettis par des coquilles de mollusques.
- Un autre Crénilabre, le C. mélope (Crenilabrus melops L.), commun sur nos côtes bretonnes nidifie dans les prairies marines émergeant près de la laisse de basse-mer des vives eaux, son nid est composé de fucus et en forme de petit monticule.
- En dehors des poissons qui, comme les espèces dont nous venons de parler, construisent de véritables nids, comparables à ceux des oiseaux, une foule d’autres bâtissent des nids flottants ou
- l’Épinochetle (Gaslerosleus pungilius L.), le « tenspined stickleback » ne construit pas son nid dans la vase, mais l’attache, à une certaine hauteur, aux plantes aquatiques; le mâle de I’Épino-chette travaille différemment de celui de l’Epinoche; il fait d’abord un paquet arrondi de fins brins d’herbes aquatiques ou de conferves, le fixe aux plantes, puis s’efforce d’y pénétrer; quand il a réussi, il se tourne et retourne en avançant de plus en plus jusqu’à ce que le nid ait la forme caractéristique du petit manchon.
- Une autre espèce de Gastérostéidés, l’Epinoche de mer (Spinacliia vulgaris L.) qui vit sur nos côtes, attache son nid aux varechs, aux cordages pendants, etc.
- Dans une autre famille, celle des Gobiidés, nous trouverons : le Gobie noir (Gobius niger L.), petit poisson de 10 à 12 cm, commun sur nos côtes océaniques et méditerranéennes où il est connu sous les noins vulgaires de Cabot, Goujon de mer, Boute-not, etc. En mai ou juin, le mâle creuse sous les plantes aquatiques une sorte de petite habitation dont là voûte est formée par la base des plantes ; ce travail achevé, il s’établit à l’orifice et invite les femelles pondeuses à entrer ; quand ce nid est suffisamment pourvu d’œufs et que ceux-ci sont fécondés, il se
- Gymnarchïis niloiicus; 2, son nid; 3, Poisson-Soleil et son nid.
- bien creusent de simples trous au fond des eaux comme notre Chabot de rivière (Cotlus gobio L.), mais le père n’en montre pas moins une singulière sollicitude pour les œufs et les jeunes.
- ' M.*Th. Th. Gill a réùni et illustré nos connaissances à ce sujet; nous puiserons quelques autres exemples dans son travail.
- Voici le Poisson de Paradis (Macropodus viri-diaùratus) de l’archipel Indien, élevé souvent en captivité ; il construit un nid flottant formé d’un agglomérat de bulles d’air incluses dans un mucus sécrété par la bouche du poisson et durci ensuite.
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- LES NIDS DES POISSONS
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- Les Hoplosternum, poissons américains de la
- s’est présentée, il l’aborde, tous deux tournent autour
- famille des Callichtyides, emploient une matière du nid, et finalement y entrent ; après une première
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- anciens types paléontologiques ; c’est un habitant des eaux douces d’Amérique. Au printemps le mâle creuse, dans un endroit propice, une excavation évasée de deux à trois pieds de diamètre sur un environ de profondeur, il garnit le fond de cette excavation de fragments de racines ou bien de sable. Son ouvrage achevé, il attend le passage d’une femelle ou, si aucune ne vient, comme l’Epi-noche et d’autres, il part en chercher une; mais généralement avant deux nuits d’attente, une Amia
- i, Glanis et son nid; 2, Poisson-Chat et son nid.
- ponte, ils renouvellent leurs jeux autour du nid, y rentrent, et ainsi de suite jusqu’à cinq ou six fois.
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- 276 .—:..v " —r LE NAUFRAGE DU a SALAZIE »
- La ponte achevée, le père veille assidûment les œufs.
- • Le Glanis (Parasilurus Aristotelis Garman) de la famille des Siluridés qui aétésignatédepuisbiendes siècles par Aristote, mais qui jusqu’en 1890, a été confondu avec un autre Siluridé : le Silurus glanis L. Il recherche pour pondre les racines des arbres et y attache souvent ses œufs que le père garde ensuite très soigneusement, se faisant quelquefois enlever avec la racine plutôt que d’abandonner son trésor.
- Le Poisson-Chat (Amiurus nebulosus) d’Amérique introduit en Europe où on a beaucoup parlé de lui, a été observé nichant dans des morceaux de tuyau de poêle et dans un vieux seau! Tout comme les autres, le père continue ses soins après la naissance des jeunes.
- Le Gymnarchus nïloticns du Nil blanc, lac Tchad, Sénégal et Niger, construit, dans les marécages, un vaste nid flottant de deux pieds de long sur un de large et dans lequel il élève un millier d’œufs. Les
- indigènes n’approchent de ces nids qu’avec précaution, car le père et gardien est très féroce et mord cruellement.
- Nous terminerons par un petit poisson américain introduit lui aussi chez nous où il est fort commun aujourd’hui dans toutes les eaux douces : le Poisson-soleil (Eupomotis gibbosus), le mâle choisit un endroit ombragé, près d’une rive et autant que possible au milieu de la végétation aquatique; il creuse un petit bassin en forme de soucoupe qu’il débarrasse soigneusement de tous les cailloux en les rejetant à l’entour, soit par des coups de queue, soit en les prenant avec sa bouche.
- Ces quelques exemples montrent que lorsqu’il s’agit de la conservation des espèces, la nature suscite des instincts merveilleux jusque chez ses sujets en apparence inférieurs et, pour nous en tenir aux Poissons, les nombreuses espèces dont nous ignorons encore les mœurs, nous révéleront sûrement d’autres traits curieux et insoupçonnés. J. Péneau.
- LE CYCLONE DU 24 NOVEMBRE 1912
- On sait que Madagascar et les îles voisines sont sur la route des cyclones qui parcourent l’océan Indien dans l’hémisphère sud. Ces ouragans suivent dans cette mer une route symétrique de celle à laquelle ils sont assujettis dans l’hémisphère nord ; —c’est-à-dire que, ayant pris naissance dans les parages de l’équateur, ils s’en écartent en suivant une parabole dont le sommet est placé à des latitudes variables.
- Le 24 novembre 1912, un de ces effroyables météores a passé sur la partie nord de notre colonie en y produisant les effets de destruction qui forment leur cortège habituel.
- M. Àubouy, capitaine au long cours, lieutenant de port à Diégo-Suarez, a dressé la carte reproduite ci-contre indiquant la marche du cyclone. Les observations sur la direction du vent en différents points pendant la tempête, lui ont permis d’établir que le centre du phénomène marchant suivant une direction nord-est—sud-ouest, avait passé à quelques kilomètres à peine dans l’est de Diégo-Suarez où les dégâts ont été, en effet, particulièrement considérables.
- Entre autres désastres, le cyclone du 24 novembre a causé la perte du grand paquebot français Salazie de la Compagnie des Messageries Maritimes qui effectuait son voyage régulier. Ce bâtiment, arrivé de Marseille à Diégo-Suarez, le 22 novembre, en était reparti le 25 à 10 heures du soir. Le baromètre t n’indiquait jusqu’à ce moment rien d’anormal. Cependant la petite baisse, qui se produit journellement de midi à 2 heures et qu’on appelle la marée barométrique, s était accentuée depuis le 21, comme il est facile de s’en rendre compte à l’inspection du diagramme ci-joint, copie de la courbe fournie par le baromètre même du Salazie.
- ET LE NAUFRAGE DU « SALAZIE »
- Le paquebot faisant sa route pour longer la côte Est de l’ile, son commandant eut, le 24, dès 8 heures du matin et malgré un mouvement ascendant du baromètre, la notion de l’approche d’un cyclone. Le vent fraîchissait, en effet, en tournant du sud-ouest vers le sud, pendant qu’une énorme houle arrivait du nord-est, secouant effroyablement le navire. Gêné par le voisinage de la côte qui lui interdisait certaines manœuvres, le commandant du Salazie se résigna à affronter la tempête sur place en tenant tête aux énormes lames que souleva bientôt le vent de plus en plus furieux. Toutes les précautions possibles furent prises pour assurer la sécurité du navire et des passagers.
- Ail h. 50 du matin lèvent souffle en ouragan. Des vagues monstrueuses s’abattent sur le Salazie que sa machine ne peut plus tenir debout à la lame ; les claires-voies sont défoncées, les embarcations arrachées de leur porte-manteaux, le grand mât et le mât d’artimon sont brisés. Une trombe d’eau éteint une partie des chaudières/le bâtiment tombe de plus en plus en travers à la lame et sa situation devient extrêmement critique; car non seulement il menace d’être envahi par la mer et de sombrer dans l’affreuse tourmente, mais il est rapidement entraîné vers la côte dont il n’est plus éloigné que d’une trentaine de milles. Le commandant essaye de le ramener debout à la lame, en jetant à la mer deux filets à marchandises remplis de balles de foin(1). Au
- 4. On confectionne ainsi ce que les marins appelle une ancre flottante. Cet appareil ou tout autre du même genre, tronçons de mâts, débris, de voilure, embarcations pleines d’eau, n’offrent pas de prise au vent, dérivent moins que le navire et retiennent son avant auquel ils sont reliés, dans le lit du vent et des lames. Il échappe ainsi au danger de présenter le travers aux lames.
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- LE NAUFRAGE DU « SALAZ1E
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- moment où on essaye de lancer le premier filet un coup de mer formidable envahit le pont et enlève le premier lieutenant, M. Bracco, qui dirigeait l’opération. Le malheureux officier disparaît sans qu’il soit
- pont, envahit le bateau, les cabines et le grand salon où se tiennent groupés les passagers qui, dans cette terrible épreuve, n’auront cessé un seul instant, tout comme l’équipage, de montrer le plus
- Fig. i. — Le campement des naufragés du Salazie sur la côte déserte de Nossy- Xcomba.
- possible, dans la tourmente qui fait rage, de lui porter le moindre secours. On ne saura plus rien de lui, mais il faudra garder un souvenir pieux à ce marin mort à son poste en faisant son devoir.
- A ce moment , dit le rapport du commandant, la mer était tellement furieuse qu’il était impossible de s’approcher du bastingage sans s exposer à être emporté. 11 est alors 5 h. 1/2.
- À 4 heures on réussit à jeter à la mer les deux filets remplis de foin, mais à ce moment la machine dont les feux sont plus qu’à moitié éteints, stoppe définitivement. On trouvera plus tard que des débris de câbles d’acier se sont enroulés dans l’hélice. Le Salazie est désormais la proie de la mer qui détruit tout ce qui reste sur le
- grand courage et le plus méritoire sang-froid. À partir de 4 h. 30, le Salazie, réduit à l’état
- d’épave, est poussé par le vent et les vagues vers les récifs de la côte. 11 y arrive à 8 h. 25 et touche sur les coraux de l’ile Nossy-Ànkomba. La nuit fut terrible, le bâtiment talonnant constamment sur les coraux, pendant que les vagues le recouvraient presque enentier. Heureusement la coque, quoique crevée en plusieurs points, résista à ce dernier et furieux assaut, et, le 25, à 10 heures du matin, l’ouragan s’étant éloigné et la mer ayant baissé, on put débarquer les passagers qui en attendant l’arrivée de secours rapidement envoyés de Diégo-Suarez, formèrent à terre le pittoresque campement que représente notre gravure.
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- 278 .......—: LE NAUFRAGE DU a SALA21E »
- La courbe du baromètre du Salazie (fig. 4) est intéressante. On y voit que le centre du météore a passé à la distance minima du Salazie vers 4 h. 50
- gueur d’environ 430 km. Elle a franchi cette distance en 48 heures approximativement, soit à la vitesse de 9 km à l’heure. Le mouvement de trans-
- Routc; suivies par le. ''Salaries
- Directions et force, dxjuvtmi,
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- Point ou le"Sa!azie”a cessé in/ d'être maître de sa
- Nos si Bc
- <7
- MRles marins .
- Fig, 3. — Carte dressée par M. Aubouy, lieutenant de port à Diégo-Suarez, montrant la trajectoire du cyclone du 24 novembre 1912, ainsi que la route du Salazie depuis son départ de Diégo-Suarez
- jusqu'à son naufrage.
- du soir, le 24, et qu’à ce moment la pression était tombée à 720 mm.
- À partir de 4 h. 30, le baromètre remonte brusquement, le centre du cyclone s’écarte, le vent a tourné au nord-est. Au moment de l’échouage le mécanisme de l’enregistreur fut ébranlé et cessa de fonctionner. La pression était alors de 758 mm. Elle était remontée de 18 mm en 4 heures ! Le 25 novembre à 4 heures du matin l’enregistreur fut remis en marche, l’aiguille marqua une pression de 740 mm.
- Voici, d’après les renseignements fournis par le directeur de l’Observatoire de Tananarive, quelques caractéristiques du cyclone du 24 novembre.
- La trajectoire du centre a traversé Madagascar dans la direction nord-est à sud-ouest sur une lon-
- lation du météore (qu’il ne faut pas confondre avec la vitesse du vent dans son tourbillon) était donc exceptionnellement lente.
- Dans la partie nord de Madagascar, le cyclone du 24 novembre a produit de véritables désastres. La ville d’Antsirane a été presque complètement détruite, dans la baie de Diégo-Suarez tout le matériel
- flottant a été perdu, un torpilleur a coulé, le transport Vaucluse subit des avaries et put à peine résister en se servant de sa machine.
- Quantité de villages ont été balayés par l’ouragan. Dans celui d’Ambilobe aucune case n’est restée debout sur près d’un millier. Le nombre des victimes a été considérable et dépasse 300. Dans un autre, un temple où s’étaient réfugiés une centaine d’indigènes a été
- Midi MP Midi, Mb Midi MP Midi MP JfEdi_MP Midi MP MdùÆP 18Nov. 19 20 21 22 23 24Nov.
- Fig. 4. — Courbe du baromètre enregistreur du Salazie du 18 au 25 novembre 1912.
- A, Interruption due à une avarie du mécanisme, provenant de la secousse au moment de l’échouage du navire.
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- L’ÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT
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- emporté par les eaux d’un torrent et tous les occupants noyés.
- Ayant ainsi dévasté le nord de la grande île, le cyclone est allé se perdre dans le canal de Mozambique, le 25, entre Majunga et Analalava.
- Mais auparavant il s’était heurté au massif montagneux de Tsaratanana, et avait perdu dans ce choc la plus grande partie de son énergie. La baisse
- L’ÉPURATION DI
- Dans cette étude que nous consacrons à l’épuration des eaux d’égout, question passionnante sur laquelle les techniciens ne sont pas encore parvenus
- du baromètre à Majunga ne fut en effet que de 4 mm au-dessous de la moyenne.
- Cette particularité, dit M. Colin, directeur de l’Observatoire de Tananarive, jointe à l’allure très irrégulière de la courbe tracée par le barographe de la capitale, indique que la dépression s’est comblée partiellement, dans sa traversée de l’île.
- Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
- » EAUX D’ÉGOUT
- à Clichy, à Colombes, à Pierrelaye où sont mécaniquement et sommairement traitées les eaux avant d’être refoulées sur les terrains d’épandage, enfin
- 2 3 k 5 Kil.
- Régions' d’irrigations
- PONTOIl
- Romaines mumicipaziscj
- ’énéral
- Usine,
- Colombes
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- Fig. i. — Carte des régions d’épandage des eaux des égouts parisiens.
- à se mettre d accord, nous parlerons uniquement des procédés employés par la Ville de Paris. Le service de l’assainissement de la Seine a conçu, en effet, une organisation toute spéciale, basée sur de longues années d’expériences, et qui peut servir de modèle à toutes les installations visant au même but, si elles sont placées dans des conditions identiques en ce qui concerne la nature du sol utilisé. La Ville de Paris dispose, en effet, de 5150 hectares de terrains sur lesquels s’effectue l’irrigation par les eaux d’égout; elle a construit d’importantes usines
- des installations biologiques, d’essais à Gennevilliers et définitives à Méry-Pierrelaye et à Carrières-Triel. Tous ces travaux sont la conséquence de la loi organique de 1889, de lois et décrets suivants, enfin de la nouvelle loi en préparation sur la protection des sources et nappes souterraines.
- L’épuration des eaux d’égout est obligatoire avant leur déversement dans les cours d’eau. Rendues impures aux rivières, elles les contamineraient immédiatement et les transformeraient en foyers d’infection.
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- 280 ..L’EPURATION DES EAUX D’ÉGOUT
- Le procédé le plus anciennement employé est l’épuration par le sol. La terre est un filtre naturel qui remplit parfaitement les fonctions biologiques qui lui sont demandées. L’utilisation agricole, qu’il y a lieu d’employer chaque fois que la nature du sol le permet, n’est cependant pas nécessaire ; elle permet seulement de donner des résultats économiques. MM. Müntz et Lainé déclaraient même récemment, qu’il serait avantageux d’effectuer le transport des eaux d’égout sur de grandes distances, étant donnée la valeur nutritive de ces eaux pour les plantes.
- En ce qui concerne Paris, les lois et décrets qui autorisent l’épandage imposent l’utilisation agricole tout en permettant d’effectuer tous les essais jugés nécessaires. C’est ainsi que le service de l’assainissement continue les expériences relatives à l’infiltration sur sol naturel sans culture (filtration intermittente) en même temps que l’épuration culturale. Nombre de villes emploient ce procédé. Malheureusement tous les sols ne sont pas favorables à l’utilisation de ce système et toutes les tentatives d’épuration par le sol, avec ou sans culture, sont en cas négatif, vouées à un échec certain.
- C’est la raison pour laquelle les chimistes ont été amenés à concevoir l’épuration chimique qui eut quelques succès il y a une vingtaine d’années, mais qui souleva de vives critiques en raison du prix de revient et surtout de la production des boues. Il a été abandonné pour l’épuration biologique.
- Vers 1898, eurent lieu les premiers essais d’un procédé d’épuration biologique sur sol artificiel, procédé immédiatement signalé en France par MM. Bechmann et Launay. Il eut aussitôt beaucoup de succès parce qu’il s’annonçait comme devant supprimer la production des boues et être d’un prix de revient minime en raison de la faible valeur du mâchefer qui entre dans la constitution des lits.
- C’est alors que fut proclamée la faillite de l’épandage ou épuration agricole. En effet, on reconnut vite que les sols artificiels se colmatent rapidement,
- car les eaux d’égout contiennent de grandes quantités de boues qu’aucune action chimique ne peut transformer. Elles pénètrent dans le sol artificiel, ferment peu à peu les pores des mâchefers et le contact diminue entre l’oxydant et la matière à oxyder ; les eaux s’échappent, à la longue, presque aussi impures qu’au moment de leur déversement sur le sol.
- On s’est aperçu de ces inconvénients après de nombreuses expériences et l’on a dû compléter les premières installations (fosses septiques et lits) par des fosses de décantation qui font disparaître une partie des avantages du système, surtout au point de vue économique. La Ville de Paris ne peut cependant épurer ainsi toutes les eaux de ses égouts auxquelles viennent encore s’ajouter, à la suite d’une convention intervenue avec les communes du département de la Seine, toutes les eaux de ces communes. De plus, le volume des eaux recueil lies par les égouts augmente chaque année dans une proportion inquiétante : ce fait est la conséquence de l’augmentation considérable des distributions d’eau potable dans Paris (il est encore question de nouvelles adductions d’eau). C’est ainsi que, cette année, les égouts roulent, par jour, 100000 mètres cubes de plus que l’an dernier.
- La Ville de Paris épure donc les eaux de ses égouts par irrigation sur le sol naturel avec utilisation agricole, et, comme régulateur, elle a adopté l’épuration sur sol artificiel. C’est la pratique de ces deux systèmes que nous allons étudier.
- Les terrains choisis sont des terrains d’alluvions anciennes de la vallée de la Seine dans les régions de Gennevilliers, d’Achères et de Carrières-Triel, et les sables de Beauchamp de Méry-Pierrelaye. Les eaux des régions élevées de Paris se rendent directement par des dérivations dans la plaine de Gennevilliers où elles se distribuent par simple gravitation. Toutes les autres se rendent à l’usine de Clichy par trois grands collecteurs : le collecteur de Clichy, le collecteur d’Asnières et le collecteur Marceau. Dans celte usine, de puissantes pompes les
- Fig. 2. — Culotte en ciment arméy à Vusine de Colombes.
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- L’ÉPURATION DES EAUX D’ÉGOUT
- 281
- refoulent dans l’émissaire général des eaux d’égout qui fait suite au siphon d’Asnières ; une partie est également refoulée dans la plaine de Gennevilliers. L’émissaire général arrive à l’usine de Colombe^
- de l’émissaire général se détachent trois branches principales. L’une quitte la chambre des vannes à Herblay, alimente toute la plaine d’Àchères. La seconde se dirige sur l’usine de Pierrelaye (branche
- Fig. 3. — Un lit biologique circulaire à Gennevilliers.
- qui est la plus importante du monde entier à ce point de vue. Les pompes de Colombes relèvent les eaux et. les refoulent dans deux conduits de 1 m. 80 de diamètre qui traversent la Seine sous le tablier du V pont d’Argenteuil et atteignent le Point-Haut d’Àr-genteuil dont la côte est assez élevée pour dominer toute la vallée de la Seine jusqu’à Mantes. L’émissaire général reprend naissance à cet endroit et se développe, sur une longueur de 22 km pour desservir les régions à irriguer. Il est constitué par un aqueduc libre de 5 mètres de diamètre, capablede débiter 9750 litres à la seconde. La traversée de la vallée de l’Oise et celle de la vallée de Chennevières se font en une conduite forcée de 2 mètres dè diamètre.
- On voit, sur la carte que nous publions, que
- de Méry) ; cette usine est destinée à relever les eaux pour leur permettre d’atteindre les points les plus élevés des dénivellations du sol assez accidenté dans cette région. Enfin, ^troisième branche alimente les
- terrains de Car-rières-Triel ainsi que la nouvelle et très importante installation d’épuration biologique sur sol artificiel dite de Carrières-Triel qui vient d etre terminée. Plus tard, l’émissaire général sera prolongé de plusieurs kilomètres encore sur la vallée de la Seine.
- Ainsi que nous l’avons expliqué théoriquement au début de cet article, les eaux ne sont pas envoyées sur les terrains de culture et sur les sols artificiels, telles qu’elles sortent des égouts. Les usines de Clichy et de Colombes comportent, en effet, de grands bassins dits de décantation dans lesquels les eaux abandonnent une partie des matières
- Fig. 4. — Dècanteur avec appareil distributeur, système Lajfly.
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- 282 -.....—- ----------- LES CHEMINS DE
- lourdes qu’elles tiennent en suspension et qui provoqueraient des accidents dans les machines et les canalisations. Çes matières tombent au fond des bassins d’où elles sont extraites par des grues. A Clichy, des grilles arrêtent également tous les corps flottants et les rejettent automatiquement sur un chemin de roulement d’évacuation.
- Les eaux arrivent donc dans l’émissaire général avec un pourcentage très réduit de matières entraînées et elles peuvent être dirigées en cet état sur les terrains de culture. Mais lorsque l’épuration doit s’effectuer sur sol artificiel (lits de mâchefer) comme à Gennevilliers et surtout à Garrières-Triel, les eaux séjournent encore dans de nouveaux bassins de repos pour y abandonner une grande partie des boues qu’elles ont charriées. A Triel, les eaux sortent de ces bassins légèrement opalines et arrivent presque claires sur les lits biologiques. Elles abandonnent ces sols, naturels ou artificiels, très limpides, parfaitement épurées, et font retour à la Seine. Dans le domaine de Méry, il existe également une installation d’épuration biologique sur sol artificiel, mais elle est alimentée par les eaux superficielles, celles qui n’ont pu s’épurer dans les terrains.
- Afin de compléter les renseignements généraux
- FER D’AFRIQUE ..................—.........—
- sur l’installation énorme effectuée par la Ville de Paris pour épurer les eaux de ses égouts, nous ajouterons que ces eaux, après leur passage et leur épuration à travers le sol, viennent gonfler la nappe souterraine où elles sont ensuite captées par un réseau considérable de drains qui les recueillent et les renvoient à la Seine. Les eaux sortant des drains péUvent être considérées non seulement comme étant inoffensives, mais aussi potables ; les populations de Gennevilliers et d’Achères s’en servent couramment.
- Les terrains dits d’épandage appartiennent en partie seulement à la Ville de Paris ; ceux-ci sont loués à des concessionnaires. Une ferme est même exploitée en régie directe par la ville ; elle n’est pas la moins curieuse à étudier de ces exploitations agricoles auxquelles nous consacrerons un article spécial. Disons seulement d’ores et déjà que l’eau d’égout est très appréciée par les cultivateurs à qui elle est distribuée avec'profusion. Les cultures sont très variées et pendant les années de sécheresse, comme l’année 1911, les plaines de Gennevilliers et d’Achères ont fourni aux Halles une telle quantité de légumes que les prix raisonnables ont pu être maintenus. Lucien Fournier.
- LES CHEMINS DE FER D’AFRIQUE
- On a souvent comparé l’Afrique aune assiette renversée. En effet, elle est faite d’un vaste plateau intérieur se terminant au voisinage de la mer par des pentes abruptes. Cette constitution géographique explique pourquoi le continent noir est resté si longtemps impénétrable : rivages inhospitaliers, fleuves coupés de rapides au voisinage de leur embouchure ; c’étaient là et ce sont encore de sérieux obstacles à l’envahissement des peuples civilisateurs. Cependant l’Afrique est aujourd’hui connue presque dans tous ses recoins, et elle apparaît comme recélant d’immenses richesses agricoles et minières; aussi les nations européennes se sont-elles empressées d’établir leur domination sur les territoires disponibles où elles entrevoient, dans un avenir très proche, un vaste champ d’action. La conquête politique est à peu près achevée aujourd’hui, pour la conquête économique il ne manque plus que de bonnes voies de communication.
- De toutes parts on se met 5 l’œuvre pour les créer ou les compléter, et les premières années du xxe siècle verront sans aucun doute s’accomplir la mise en valeur, par le rail et les voies d’eau, des terres d’Afrique.
- Dès maintenant, le bilan du réseau ferré africain est loin d’être négligeable. Il a été établi récemment par M. le gouverneur des colonies Salesses, dans un magistral rapport au Congrès national des Travaux publics, rapport que nous nous proposons de résumer ici.
- « Les premières voies africaines ont été créées dans l’Afrique Australe, puis dans l’Afrique du Nord à partir de 1854, mais leur développement a été d’abord peu rapide ; le vrai début des voies ferrées en Afrique doit être fixé à Tannée 1880, qui a vu les missions transsahariennes, les projets du Dakar-Saint-Louis, du Kayes-
- Niger, l’œuvre de Stanley, et l’évangile qu’il a prêché en faveur du Bas-Congo, les efforts des Français et des Anglais en Tunisie et en Egypte pour y développer les chemins de fer. »
- Aujourd’hui les grandes lignes sont tracées, on aperçoit « la forme et l’allure des futurs réseaux ». Yoici comment M. Salesses les dessine à grands traits :
- Au nord et au sud du continent se trouvent deux zones à climat tempéré, possédant une population européenne ou arabe nombreuse, et desservies par des réseaux déjà bien développés : 4000 km de voies ferrées en Égypte, 5000 en Algérie-Tunisie; 18 000 dans l’Afrique du Sud.
- Pour relier ces deux pôles de peuplement et de civilisation, deux grands tracés apparaissent : tout d’abord le Cap-Caire, ligne de 11 000 km en partie voie ferrée, en partie voie fluviale et lacustre qui ne présente plus que 1470 km de lacunes, puis le transafricain de M. Berthelot, encore à l’état d’ébauche, qui partirait d’Oran pour aboutir à Stanleyville sur le Congo en traversant le Sahara (6000 km de tracé). Ces deux lignes constitueront, dans un avenir plus ou moins proche, l’épine dorsale de l’Afrique. Sur elle viendront se souder six grandes transversales : la première est la ligne côtière méditerranéenne de Tanger à Alexandrie par Fez, Joudj-el-Begal, Tlemcen, Blida, Tunis, Sousse, Gabès, Tripoli. Cette transversale est actuellement amorcée par nos lignes algériennes, sur 11 000 km environ.
- La deuxième transversale, qu’on pourrait appeler Soudanaise, partirait de Konakry ou de Dakar pour aboutir à Soualdm ou Port-Soudan en passant par Kouroussa ou Bamako, Ouagadougou, Say, Zinder, Abecher, Khartoum et Berher (longueur approximative : 7500 km). Elle est amorcée sur 1430 km à Test et 587 à l’ouest.
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- LES CHEMINS DE FER D’AFRIQUE ::....... 283
- La troisième transversale, que M. Salesses nomme la a Congolaise supérieure », a été imaginée récemment par les Allemands, à la suite de la cession d’une partie du Congo français. Elle partirait de Douala (Cameroun), pour atteindre Mombasa par Edea, Stanleyville, Mahagi, Jinja et port Florence en Ouganda. Elle utiliserait les voies fluviales de la Sanga, du Congo et du Nil et le lac
- 2500 par voies navigables. Les seules lacunes sont entre Kabalo et le Tanganyika (500 km) et entre Kigoma et Tabora (413 km). Elles sont en cours de construction et seront achevées en 1915.
- La cinquième transversale ou « Portugaise » part de Lobito Bay pour aboutir à Beira par Benguella, Bihé, Eli-sabelhville, les chutes Victoria sur le Zambèse, Boulou-
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- Les chemins de fer d’Afrique.
- Victoria. Sa longueur serait de 4400 km. A l’ouest, il existe 90 km de Douala à Edea: A l’est, les Anglais ont construit 1054 km en Ouganda.
- La quatrième transversale ou « Congolaise belge )) partirait de Banana pour aboutir à Daressalam par Matadi-Léopoldville, le Congo et ses chemins de fer riverains (Stanleyville-Ponthierville et Iündu-Congolo), Buli, le Tanganyika, Kigoma et Tabora ; longueur : 4600 km dont
- wayo et Salisbury. Sur une longueur totale de 4500 km elle ne comprend plus qu’une lacune de 1170 km entre Huambo en Anzola et Kambore sur le Cap-Caire.
- Enfin la sixième transversale ou « Sud-Africaine » partirait de Swa-Kopmund pour aboutir à Lourenço-Mar-quès par Windhœk, Keetmanshoop et Johannesburg 5000 km avec une lacune de 1200 km entre Keetmanshoop et Fourteen-Streams.
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- 284 : EXTRACTION DES RACINES DE NOMBRES PARFAITS
- Sur ces lignes essentielles, s’embranchent des lignes de pénétration moins importantes, dont certaines sont déjà en construction ou achevées ; on les trouvera sur la carte ci-contre.
- Enfin il faut noter quelques lignes qui ne se rattachent pas au précédent squelette : elles sont, pour des raisons spéciales, parallèles à la côte ; ce sont : le Dakar-Saint-Louis, le Freetown-Pendembu (Sierra-Leone), le Lomé-Ànecho (Togo), l’Ottavi, Tsumeb, Windhœk, Kalkfontein (sud-ouest-africain allemand).
- Le bilan actuel des voies ferrées africaines peut se résumer ainsi :
- France. — 8400 km de voies : 5500 en Algérie, 1600 en Tunisie, 2400 en Afrique occidentale, 950 dans les autres colonies africaines.
- Angleterre. — 28 000 km de voies : 4000 en Égypte,
- 18 000 en Afrique du Sud et Rhodésie, 2350 dans le Soudan anglais, 1500 en Nigeria, 1050 en Ouganda, 1100 dans les autres colonies.
- Allemagne. — 5800 km de voies : 1950 dans le sud-ouest africain, 1300 dans l’est africain, 325 dans le Togo, 250 dans le Cameroun.
- Belgique. — 1450 km dans le Congo.
- Portugal. — 800 km : 205 dans le Mozambique, le reste en Angola (les lignes de Beira et Lobito-Bay sont comptées à l’Angleterre).
- Italie. — 120 km en Erythrée, 20 à Tripoli.
- Soit au total : 42 500 km de voies ferrées, pour les réseaux terminés. Il faut y ajouter 2810 km de lignes en construction : 900 pour la France, 1000 pour l’Angleterre, 580 pour l’Allemagne, 290 pour la Belgique, 240 pour le Portugal. A. T.
- PROCÉDÉ RAPIDE D’EXTRACTION DES RACINES DE NOMBRES PARFAITS
- Récemment, avait lieu, à la Sorbonne, une réunion de la Société française de Philosophie. On y discutait la question des chevaux savants d’Elberfeld, dont La JSature a déjà parlé (n° 2073), et M. le professeur Claparède, de Genève, était venu tout exprès à Paris pour dire ce qu’il avait vu et ce que l’on avait expérimenté depuis peu, entre autres les observations des docteurs Assagioli et Mackenzie qui purent obtenir des réponses des chevaux de M. Ivrall, étant seuls avec eux. La discussion fut animée, certains affirmant l’existence d’un truc secret, les autres doutant prudemment. Parmi les premiers, se trouvait M. Quinton qui releva, dans les expériences de M. Ivrall, diverses « impossibilités » qu’il critiqua sévèrement. R avait^été frappé par ce fait que les chevaux se trompent aussi souvent (environ 40 pour 100) quand ils font une addition très simple que lorsqu’ils extraient une racine cubique, quatrième ou cinquième; il se demandait pourquoi ces chevaux additionnent, multiplient, extraient des racines, tandis que jamais ils ne font ni soustraction, ni division; enfin, il ne trouvait pas trace, dans leur éducation, des leçons allant plus loin que 144. Désireux de s’expliquer les trucs possibles pour les extractions de racines, il avait réussi à découvrir un procédé, fort simple et rapide, de trouver les racines cubiques ou cinquièmes de nombres parfaits, et il étonna la Société française de Philosophie en annonçant qu’il se faisait fort de donner en quelques secondes le résultat des opérations qu’on voudrait bien lui poser. On ne s’en fit pas faute, et l’on put constater que M. Quinton calcule pour le moins aussi vite qu’un cheval savant ; ceux-ci, on se le rappelle, répondent en quelques secondes à des questions telles que \/15.376, \ 5.852, {/456.97G, etc. M. Quinton en fait tout autant !
- M. Quinton avait refusé de révéler le secret de sa méthode déclarant qu’um peu de réflexion permettrait à n’importe quel mathématicien de le trouver. Le surlendemain, le Matin le dévoilait, tel que M. Quinton venait de le lui apprendre. A vrai dire, le procédé n’a rien de général, il ne s’applique qu’aux racines de puissances parfaites ; il ne permet pas de reconnaître si un nombre est une puissance parfaite ou s’il ne l’est pas, et il faut être certain d’être en présence d'un nombre parfait pour se livrer à la simplification de calcul que propose M. Quinton. Mais quand ces conditions sont réalisées, on peut, en effet, donner en quelques secondes une réponse exacte.
- Pour les racines cinquièmes, M. Quinton a observé que le chiffre des unités de la racine est le même que celui du nombre parfait : \/32 = 2; \/213 = 3;... ^59.049 = 9. Les puissances cinquièmes des 9 premiers nombres se prêtent donc facilement à une extraction rapide. Pour aller au delà, il faut avoir un peu plus de mémoire et se rappeler les puissances cinquièmes des 9 premiers nombres. La tranche comprise entre dix billions et cent mille donne le chiffré des dizaines; le chiffre des unités est celui des unités de la racine. Ainsi, on s’explique que M. Quinton ait résolu instantanément l’opération y/229.345.1)07 que lui posa le président de la Société de Philosophie, 2295 centaines de mille sont com-prises)entre 1024, puissance cinquième de 4, et 3125, puissance cinquième de 5; le chiffre des dizaines est donc 4; celui des unités est 7 ; la réponse est 47.
- Pour les racines cubiques, le procédé est à peine différent. M. Quinton a remarqué que les cubes de 1, 4, 5, 6, 9 sont terminés par le même chiffre 1, 4, 5, 6, 9 et que les cubes de 2, 3, 7, 8 sont terminés par 8, 7, 5, 2, complément à dix du chiffre des unités. Les racines cubiques des cubes parfaits plus petits que 1000, sont donc obtenus instantanément : \/S== 10 — 8 = 2;
- \/27 = 10 — 7 = 5; ^64 = 4;... ^729 = 9. Pour les cubes plus grands, allant jusqu’au million, il faut, comme précédemment, savoir par cœur les racines cubiques des 9 premiers nombres. Ainsi ^5.832 = 18; 5 étant compris entre 1 et 8 a une racine comprise entre 1 et 2 ; donc le chiffre des dizaines est 1 ; celui des unités est 10 — 2 = 8.
- Voici tout le mystère. M. Quinlon peut extraire par le même procédé bien d’autres racines, 7°, 9e, 11°, 15e, 15e, etc. Est-ce là le secret des chevaux d’Elberfeld? M. Quinton ne le prétend pas et signale seulement ces procédés rapides comme étant susceptibles d’abréger singulièrement les calculs, et, en permettant de communiquer immédiatement la réponse aux chevaux, d’étonner les spectateurs de leur savoir. Le procédé n’est guère utilisable couramment et nous ne le signalons, à notre tour, qu’à titre de simple curiosité. Nul doute qu’il permettra à ceux qui le connaîtront d’étonnèr leur entourage, d’être plus extraordinaires qu’Inaudi ouque.Dia-maudi, plus rapides même qu’un cheval savant. Qu’ils prennent seulement garde à ce qu’on ne leur donne que des puissances parfaites l René Merle.
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- BULLES DE SAVON
- Les bulles de savon, qui font la joie des enfants, méritent aussi l’attention des gens sérieux. Elles sont mieux qu’un passe-temps agréable, car elles contribuent pour une grande part à leur révéler quelque chose des mystères de la physique moléculaire.
- Enfin, il est peu de sujets dont l’étude se rapporte aussi directement à ce que nous voyons journellement autour de nous, et on ne peut faire quoi que ce soit d’un liquide saris mettre en jeu les forces capillaires auxquelles la bulle de savon doit son existence.
- Les expériences que l’on peut effectuer sur les bulles de savon, non seulement sont attrayantes, mais leur réalisation ne nécessite qu’un matériel excessivement simple et un peu d’habileté que l’on acquiert très rapidement. JL Vernon Boys, auquel on est redevable de tant de dispositifs ingénieux, s’est attaché à l’étude des bulles de savon, et a résumé en un petit volume qui a rencontré en Angleterre une faveur considérable, les expériences originales qu’il a imaginées et les conseils que lui a suggérés une longue pratique.
- On sait que tout se passe comme si la surface libre d’un liquide jouissait de propriétés mécaniques différentes de celles de la masse même. Il semble qu’il y ait une membrane élastique tendue superficiellement. On peut arriver à cette impression en regardant simplement une goutte .d’eau qui glisse le long d’une vitre ou tremble à l’extrémité d’une petite tige. On peut aussi en avoir une représentation plus frappante par l’expérience suivante. On prend un morceau de toile à tamis en cuivre, dont les mailles sont distantes de 1 millimètre environ. On y découpe un cercle de 20 centimètres de diamètre que l’on confectionne en une petite cuvette dont le bord a 2 centimètres environ de hauteur. On la plonge alors dans un bain de paraffine fondue, on la retire après quelques instants et on la secoue vigoureusement de façon que les gouttelettes de paraffine qui pourraient obturer les trous de la toile soient chassées. On peut alors verser de l’eau dans cette cuvette sans qu’elle traverse le fond. Il est bon, pour éviter le choc de l’eau sur le tamis, de ne pas y verser l’eau directement, mais de disposer une feuille de papier sur le fond, feuille que l’on retire ensuite doucement. Inversement, la cuvette paraffinée flotte sur l’eau sans sombrer et on peut même y verser de l’eau; le liquide passe à travers les mailles et va rejoindre celui qui est à l’extérieur.
- Une bulle de savon est constituée par une mince couche de liquide comprise entre deux membranes capillaires. On peut d’ailleurs réaliser des lames liquides qui se comportent à la manière de feuilles de caoutchouc tendu en employant des supports appropriés. Pour réaliser commodément les expé-
- riences que nous allons décrire, il est nécessaire de préparer avec soin la solution mère, génératrice des bulles. Les meilleurs résultats sont obtenus de la manière suivante : on prend 5/4 de litre d’eau distillée à laquelle on ajoute 1/40 d’oléate de soude pur; on laisse dissoudre un jour. On achève ensuite de remplir avec de la glycérine pure et on agite fortement la bouteille. Après avoir laissé le mélange reposer pendant 8 jours dans un endroit frais et obscur, on décante à l’aide d’un siphon en laissant l’écume; enfin, on ajoute 5 à 4 gouttes d’ammoniaque concentré par litre de solution. La préparation peut se garder intacte de longs mois si l’on a soin de la conserver à l’abri de la chaleur et de la lumière. Elle permet d’obtenir des bulles et des lames excessivement solides et durables. Les supports pour les lames et les bulles doivent être légers, aussi les construit-on en fil d’aluminium de 0 mm. 3 de diamètre environ, et il ne faut pas oublier de les humecter d’eau de savon avant leur emploi.
- Pour gonfler de très grosses bulles, de 50 centimètres de diamètre par exemple, on se sert d’un chalumeau recourbé tel que ceux que l’on emploie pour l’essai du gaz d’éclairage. On souffle avec la bouche dans le bout étroit par l’intermédiaire d’un bec, tandis que le bout large est entouré d’une bande de batiste serrée fortement qui alimente de liquide la bulle à mesure qu’elle grandit.
- Disposant ainsi du matériel nécessaire, on peut réaliser sur les lames capillaires et les bulles de savon de nombreuses expériences dont nous allons passer quelques-unes en revue.
- Une membrane liquide, avons-nous dit, est élastique à la façon d’une feuille de caoutchouc. Voici quelques expériences qui montrent directement cette propriété. On attache, suivant les extrémités d’un diamètre d’un cadre circulaire, un fil de soie non tendu et on plonge le tout dans l’eau de savon. En retirant lentement, l’anneau se trouve rempli par une mince membrane sur laquelle le fil se meut librement. En crevant la pellicule d’un côté du fil à l’aide d’une pointe de papier buvard ou d’une aiguille chauffée, on voit le fil se tendre comme l’indique la figure 1 sous l’action de la membrane restante. On peut varier l’expérience en faisant une boucle au fil; en crevant la membrane au milieu, la boucle prend la forme circulaire (fig. 2).
- Si l’on regarde pendant quelques instants une bulle de savon, on voit peu à peu le liquide compris entre les deux lames capillaires qui constituent les parois s’écouler vers le bas de la. bulle en formant une goutte qui grossit lentement. En même temps la coloration de la bulle change ; en certains endroits on voit se former une tache noire et, quelques secondes après, la bulle éclate. Le même phénomène
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- est observable avec une lame plane tendue sur un cadre rectangulaire dont un des côtés est mobile et peut être déplacé parallèlement à lui-même.
- Les colorations observées sont dues à l’interfé-
- tité de liquide emmagasinée entre les deux lames étant trop faible, il se produit une sorte de décollement de ces lames : l’une d’elles se déchire, glisse et laisse l’autre seule. L’épaisseur d’une seule
- Fig. i et 2. Expériences sur F élasticité d’une lame d’eau de savon. — Fig. 3. La bulle de savon comprime l'air intérieur. — Fig. 4, 5, 6, 7, 8. Formes diverses de pellicules de savon tendues
- sur des supports.
- rence qui se produit entre les radiations lumineuses réfléchies sur la surface externe et sur la surface nterne de la lame capillaire. On peut même, en se basant sur les teintes observées, calculer l’épaisseur de la pellicule savonneuse. Quant à la tache noire, elle est due à ce que, à un certain moment., la quan-
- lame est de quelques millièmes de millimètre.
- M. Perrin vient tout récemment d’étudier au microscope ces lames noires et les résultats non encore publiés de ses expériences sont des plus curieux. Indiquons seulement, sans entrer dans des détails, que M. Perrin fera connaître ultérieurement
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- qu’il a trouvé, en opérant sur des solutions fluorescentes de savon, que sur les bords de la tache noire, l’épaisseur varie par bonds successifs ; il existe des marches de quelques millièmes de millimètre 'de
- connaissance complète de la constitution d’une simple bulle de savon.
- La pression à l’intérieur d’une bulle de savon est supérieure à la pression atmosphérique, comme on
- Fig. 9. Une lame de savon repousse une bulle à travers un anneau en fil de fer. — Fig. 10. Bulle roulant à l’intérieur d’une bulle cylindrique. — Fig. 11. L’aérostat capillaire, formé de 2 bulles de savon. La bulle intérieure remplie de gaz d’éclairage.
- hauteur dont le nombre peut atteindre la centaine. Somme toute,, et d’une façon très grossière, la lame, au voisinage de la tache noire, a la même disposition qu’un jeu de cartes que l’on vient d’étaler sur le tapis de jeu. Ce résultat, presque incroyable, montre combien on est loin encore de la
- peut s’en rendre compte de la manière suivante : on souffle une bulle à l’extrémité d’un large tuyau ; en approchant l’extrémité opposée de la flamme d’une bougie, on voit celle-ci s’incliner sous l’effet de l’air qui s’échappe de la bulle qui diminue (fig. 3).
- Les pellicules de savon peuvent affecter des formes
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- variées, que l’on peut réaliser par l’emploi de supports appropriés. En formant une lame liquide entre deux surfaces de verre que l’on sépare ensuite normalement, on la voit s’incurver et prendre l’aspect représenté par la figure 4. De même, en enroulant un fil de fer en spirale et en disposant l’hélice ainsi obtenue sur une tige rectiligne comme l’indique la figure 5, on obtient après immersion dans la solution de savon une surface liquide (fig. 6) que l’on appelle caténoïde. Un support ayant la forme d’un prisme triangulaire ou d’un cube donne lieu aux lames liquides représentées fig. 7 et 8. Les apparences observées sont très jolies si l’on a soin d’ajouter à la solution de savon un peu de fluorescéine. En concentrant à l’aide d’une lentille les rayons solaires ou ceux d’un arc électrique sur la lame liquide, celle-ci devient fluorescente et montre une jolie coloration verte. Il faut avoir soin de n’ajouter que des quantités excessivement faibles de fluorescéine si l’on veut obtenir une fluorescence notable.
- Nous avons vu que la pression à l’intérieur d’une bulle de savon était légèrement supérieure à celle de l’atmosphère dans laquelle elle flotte, on pourrait donc en déduire que les membranes capillaires sont imperméables aux gaz. Il n’en est rien'4"*;î et une expérience très siny-ÿi * pie permet de s’en rend're\ * •
- compte. On verse au fond-d’une cloche de verre renversée un peu d’éther qui s’évapore immédiatement en donnant une vapeur lourde qui reste dans la cloche. On souffle une bulle de savon que l’on introduit dans l’atmosphère d’éther en la tenant par le tuyau ayant servi à la souffler. Au bout de quelques instants, on la retire et on l’approche de la flamme d’une bougie placée à distance de la cloche contenant l’éther : la bulle fait explosion par suite de l’inflammation de l’éther qu’elle contient. Il faut remarquer d’ailleurs qu’il ne s’agit pas ici d’une vraie perméabilité de la bulle; l’éther pénètre à l’intérieur par condensation sur la paroi externe et évaporation sur la paroi interne.
- M. Yernon Boys a montré que, lorsque les surfaces
- des bulles sont bien lisses, elles peuvent être pressées l’une contre l’autre sans qu’il y ait contact réel. A cet effet, il place une bulle sur un anneau horizontal un peu trop étroit pour qu’elle puisse la traverser. En appuyant sur elle à l’aide d’une lame liquide tendue sur un autre anneau, la bulle passe à travers l’anneau sans qu’il y ait eu contact réel à aucun moment (fig. 9).
- Une autre expérience peut être réalisée : on souffle une bulle d’assez gros diamètre supportée par un cercle d’aluminium et une seconde bulle à l’intérieur de la première. On applique alors sur la bulle extérieure un second anneau et on l’éloigne du premier de façon à déformer la bulle et à la transformer en un cylindre. On peut alors faire rouler la bulle intérieure sur les parois du cylindre (fig. 10).
- Enfin, on peut constituer un véritable aérostat capillaire de la façon suivante. On souffle une grosse bulle que l’on dépose sur un supporttrès léger' et, à l’intérieur, une bulle plus petite, mais contenant du gaz d’éclairage. Cette seconde bulle tend à monter et, si le support n’est pas trop lourd, on voit l’ensemble s’élever lentement (fig. 11). L’expérience est très jolie si la bulle intérieure est soufflée avec une solution de savon rendue fluorescente.
- Pour ces dernières expériences il est bon d’employer, pour souffler, un tube ayant la forme de la figure 12 qui empêche le liquide de venir accidentellement détruire la première bulle déjà formée.
- A côté de l’amusement qu’il peut prendre à réaliser les expériences que nous venons de signaler, l’expérimentateur sera largement payé de sa peine par le spectacle des bulles aux couleurs irradiées qui, au gré des circonstances locales, vont, viennent, montent, descendent, d’un mouvement lent et gracieux en reflétant sur leurs parois, avec une netteté surprenante, tous les objets environnants, réalisant ainsi « l’image de l’univers dans une bulle de savon ». H. Vigneron.
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- longueur du tube SS cm.
- Fig. 12.
- Dispositif à employer pour souffler des bulles doubles.
- P. S. — Les gravures qui illustrent cet article ont été dessinées, avec l’autorisation de l’éditeur, d’après celles qui ornent’le, charmant ouvrage de M. Yernon Boys : Soap Bubbles. Ce volume est publié par la Society for promoting Christian Knowledge, à Londres, . '
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences paraîtra dans le prochain numéro.
- Le Gérant : P. Masson. — .Imprimerie Lahüre, rue dé Fleuras 9/ à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2080. ....: . ..:i_.....z=irr.-. : 5 AVRIL 1913.
- L’HORTICULTURE DANS L’OUEST DES ÉTATS-UNIS
- L’industrie de la culture intensive des arbres fruitiers dans l’Ouest des États-Unis est de date récente; elle se développe avec une grande rapidité surtout dans les États suivants : le Washington, l’Orégon, l’Idaho, l’Utah, le Colorado et le Nouveau Mexique.
- Lorsque le pays était encore peu peuplé, il y a une vingtaine d’années, et que l’industrie minière était de beaucoup la plus importante de toutes, on aurait bien étonné les rudes colons d’alors, si on leur avait prédit que les principales vallées des États mentionnés seraient irriguées dans toute leur largeur et se couvriraient d’immenses vergers.
- c’est le nom que leur ont donné les premiers explorateurs espagnols et qui leur a été conservé.
- Le sol est plus riche que celui de la vallée basse du quaternaire; le plateau a, en outre, l’avantage d’un drainage naturel du sous-sol ; ce drainage n’a cependant pas été suffisamment facilité par des conduites d’eau et c’est un problème qui commence à se faire sentir dans les plus vieux districts où l’irrigation date de près d’une génération. Dans les districts où les canaux d’irrigation sont construits depuis peu, ou dans ceux où la construction est seulement commencée, on se préoccupe d’installer un
- La section transversale de ces vallées est indiquée par le profil de la vallée de San Juan, au Nouveau Mexique (fig. 2); un profil semblable est fourni par la plupart des vallées où se poursuit la culture intén-sive des arbres fruitiers, telle que celle de Grand River, à Grand Junction au Colorado; de la rivière Uncompahgre, à Delta et à Montrose, au Colorado ; de la rivière Boise, à Nampa et à Boise, dans l’Idaho; de la rivière Rogue, à Medford, dans l’Oregon; de la rivière Hood, dans le même Etat, de la vallée de Yakima, dans le Washington, et bien d’autres.
- La vallée tertiaire forme un plateau peu incliné et qui se rencontre à un niveau'variant de 10 à 40 mètres au-dessus du niveau de la vallée quaternaire. Ces plateaux sont appelés des « mesas »;
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- système de drainage complétant le système . d’irrigation.
- L’épaisseur de la couche de terre arable de ces plateaux, de ces « mesas », y atteint jusqu’à 10 et même 15 mètres d’épaisseur, permettant aux arbres fruitiers d’obtenir le maximum de nourriture par leurs racines.
- Un autre avantage est encore à ajouter ; au printemps, les couches d’air froid descendent dans les bas-fonds de la vallée quaternaire, tandis que l’air plus chaud, qui y a été accumulé durant le jour, remonte sur les plateaux de l’ancienne vallée tertiaire, où les vergers sont établis.
- Naturellement, les bas-fonds, bien plus faciles à irriguer par de courts canaux, ont d’abord attiré les colons ; ce n’est qu’une fois que le pays s’est peuplé
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- L'HORTICULTURE DANS L’OUEST- DES ÉTATS-UNIS
- Hautes falaises rocheuses
- et que les capitaux nécessaires ont été réunis, que des travaux importants ont permis de construire de longs et larges canaux, qui, partant du lit de la rivière, ont graduellement gagné à flanc de coteau le niveau des « mesas » qu’ils arrosent. En même temps le!réseau des chemins de fer a peu à peu pénétré dans ces vallées et a permis à la culture des arbres fruitiers, qui demande un transport rapide du centre de production aux centres de consommation, de remplacer la culture de la luzerne et celle des céréales, moins rémunératrices.
- Commencée timidement d’abord, puis continuée avec une activité croissante, d’année en année, la culture des arbres fruitiers a pris une importance énorme dans l’Ouest des États-Unis.
- Il y a de nombreuses raisons pour cela ;' le sol vierge qui est mis en culture est d’une extrême fertilité; les vergers sont tous irrigués, ce qui permet une culture scientifique, donnant aux arbres juste la quantité d’eau qui leur est le plus favorable et la donnant aux périodes où l’arrosage des arbres est le plus utile ; le pays a un climat aride avec une proportion exceptionnelle de jours ensoleillés, variant de250 à 320 jours suivant les localités ; les fruits se colorent bien et prennent une saveur excellente.
- La transformation directe de la brousse en vergers de haute culture a conduit à des méthodes d’exploitation nouvelles. L’expérience a démontré qu’il est avantageux, pour un verger, d’être planté sur un terrain qui, non seulement a été défriché, mais qui, en outre, a été cultivé au moins pendant une année et pendant plusieurs, si possible. En effet, à cause de la valeur spéciale des terrains mis en culture d’arbres fruitiers, un grand nombre de vergers sont établis dès que les canaux d’irrigation viennent d’être construits et permettent de mettre en valeur une partie de la vallée.
- Par exemple, et pour donner une idée, le comté de San Juan, au Nouveau Mexique, est arrosé par trois vallées importantes, celle de San Juan, celle de Las Animas et celle de La Plata. Jusqu’en 1905, la contrée n’avait pas de chemin de fer; en 1905, une ligne secondaire y a été construite par la Compagnie de chemin de fer « Denver et Rio Grande ». La construction de canaux d’irrigation importants a suivi de près. L’an dernier, un canal, « Citizen’s ditch », long de 40 kilomètres, a été achevé; il arrose 2000 hectares sur la rive nord de la vallée San Juan; un autre canal,* l’« Inca ditch », est actuellement en construction ; il arrosera 6000 hectares, dont la moitié environ sur la rive gauche de la rivière Las Animas dont il tire son eau; le canal passera ensuite par un tunnel dans la vallée de San Juan, et arrosera à peu près 5000 hectares dans cette vallée, à un niveau plus élevé et parallèle à celui du canal « Citizen’s ditch »..
- Fig. 2.— Profil de la vallée de San Juan (Nouveau Mexique).
- Un autre canal, Hammond-Farmington, est projeté sur la rive sud de la rivière San Juan ; il doit arroser près de 5000 hectares. Lés cari aux Inca et Hammond-Farmington seront probablement ache-r vés d’ici deux ou trois ans. • L’année, dernière, et cette année-ci, environ le sixième des terrains nouvellement arrosés ont été plantés en vergers, soit 800 hectares chaque, année, > sur lesquels on a planté en moyenne 175 arbres par hectare, ou un total de 140000 arbres, chaque année. La population du comté est à présent de: 8000 habitants.
- Ces chiffres montrent que la culture des arbres fruitiers n’est pas, comme généralement en France, une branche secondaire d’une large exploitation agricole, mais est au contraire la partie la plus importante de nombreuses exploitations. La propriété est en effet répartie en un grand nombre de propriétés agricoles variant de 8 à 60 hectares. Un propriétaire qui n’a, pas d’ouvriers ne peut prendre soin que d’un verger de 5 à 4 hectares.
- La hâte à mettre les nouveaux terrains en vergers, à cause des bénéfices très grands qu’on en retire,* a été cependant tempérée par les résultats obtenus et il a été démontré qu’au bout de 4 ans des arbres, plantés dans un sol qui avait reçu une culture préliminaire, telle que haricots, maïs, blé, etc., pendant un an, après avoir été défriché et avant qu’on y établisse un verger, étaient aussi avancés que des arbres plantés depuis 5 ans et directement après que le sol avait été défriché.
- L’usage est de planter des arbres qui ont des racines de deux ans et un tronc d’un an, et qui sont expédiés directement des pépinières. On. les plante du milieu d’avril au milieu de mai.
- Une méthode de plantation qui est largement employée à présent consiste à faire détoner une cartouche de dynamite à la place où chaque arbre doit être planté; cette méthode n’est pas toujours nécessaire, ou même utile; elle est surtout avantageuse pour les terrains dont le sous-sol est plus ou moins argileux et offre plus de résistance à la pénétration des racines que des terrains particulièrement sablonneux. A Grant Pass, dans la vallée de la rivière Pmgue, dans l’Orégon, l’utilité de fissurer le sol avec une cartouche de dynamite, et de permettre aux racines de croître beaucoup plus vite a été reconnue, comme le prouvent les deux photographies ci-jointes (fig. 5 et 4).
- La plupart des vergers de l’Ouest des États-Unis sont situés dans des vallées dont l’altitude varie de 1000 à 1800 mètres. Un des dangers contre lesquels leurs propriétaires doivent se garer est la perte de la récolte par suite des gelées du printemps. Les variations de température, au début du printemps, sont à peu près les mêmes qu’en France.
- Les ravages de la. gelée blanche sont dus à la fois
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- LA CARTE HYDROGRAPHIQUE D’ITALIE ' ' == 291
- au rayonnement nocturne, qui amène le refroidissement des couches d’air situées à la surface du sol et à l’action des premiers rayons du soleil, qui fait éclater les jeunes bourgeons contractés par le froid. On a cherché à se défendre des premiers rayons du soleil en allumant des feux d’herbes donnant une fumée épaisse, qui couvre comme d’un nuage protecteur le verger et lui donne le temps de se dégeler lentement et graduellement. Malheureusement, ces nuages sont facilement dispersés par le vent.
- Aussi les propriétaires de vergers dans l’Ouest des États-Unis ont-ils cherché à augmenter la température ambiante, au-dessus d’une température de zéro degré. Pour cela, on place dans tout le verger de petits fourneaux à pétrole, aussi simples que possible, avec l’aide desquels il est possible d’éleverla température ambiante de 5 à 6 degrés jusqu’aux plus hautes branches (lig. 1). Il est parfois utile de combiner ce relèvement de la température avec l’action de nuages chauds de fumée qui atténuent le rayonnement de la chaleur obtenue. On considère que 250 de ces petits fourneaux par hectare sont suffisants; on a aussi reconnu qu’il est plus utile d’avoir un grand nombre de fourneaux, de petit calibre, qui répartissent la chaleur d’une manière plus uniforme qu’un moins grand nombre d’appareils de plus grandes dimensions.
- Tous les fermiers ont le téléphone chez eux ; les
- pots à pétrole sont remplis, prêts à être allumés avec des torches, et une personne habile peut allumer les 250 fourneaux d’un hectare en cinq minutes. Le service météorologique du district en danger veille la nuit, tandis que les fermiers vont se coucher. Dès que le thermomètre est descendu à un point assez bas pour mettre la récolte en danger, des messages téléphoniques sont envoyés à tous les fermiers qui s’habillent en hâte et courent allumer leurs fourneaux.
- Parfois, il faut allumer les fourneaux deux ou trois nuits de suite; parfois, une nuit de soins suffit pour sauver la récolte.
- Puis vient la lutte contre les insectes, l’irrigation du verger et enfin la récolte; celle-ci est conduite systématiquement. Il y a maintenant des machines sur le marché, qui distribuent automatiquement les
- fruits, et surtout les pommes, par ordre de grosseurs. Elles les divisent par exemple en trois catégories, grosses pommes, pommes de moyenne grosseur et petites pommes. Un nouveau triage a lieu pour chaque catégorie, d’après la qualité du fruit, sa couleur, l’absence démarqués. Les pommes de chaque catégorie sont divisées en qualité extra-fine, fine et ordinaire. La même sélection a lieu avec les autres fruits. Les fruits enveloppés de papier de soie sont mis en boîtes et envoyés au marché. De cette manière, la récolte produit le meilleur résultat possible. Étienne A. Ritter,.
- Fig. 3 et 4. — Deux cerisiers de 2 ans, celui de gauche planté dans un trou creusé à la bêche, celui de droite dans un sol fissuré par une cartouche de dynamite.
- LA CARTE HYDROGRAPHIQUE D ITAUE
- Depuis l’année 1887, le Ministère d’agriculture, industrie et commerce d’Italie a entrepris la publication d’une carte hydrographique (presque achevée) du royaume, accompagnée de mémoires descriptifs.
- L’objet de cette publication est de faire connaître les facultés d’utilisation des cours d’eau italiens1 tant pour les forces motrices que pour les irrigations. Elle correspond aux Annales de l’hydraulique agricole de France, mais sur un plan plus complet et mieux défini et avec l’inappréciable addition de la carte.
- Dès 1863, le Ministère italien avait publié un mémoire descriptif et statistique préliminaire des améliorations en matière d’irrigations. En 1876 seulement on put. com-
- mencer les études de détail sur les débits des cours d’eau et des canaux, sur les volumes d’eau dérivés par l’industrie, sur le reliquat utilisable, etc. Dès octobre 1877, chaque province possédait sa carte hydrographique fournissant ces renseignements. Une loi du 25 décembre 1885 prescrivit l’extension des travaux d’irrigation — nomma une Commission centrale de l’hydraulique agricole — et des Commissions provinciales. Vers la fin de 1886,* presque toutes celles-ci avaient fourni les documents, renseignements et mémoires justificatifs qui permirent de commencer la carte hydrographique d’Italie ; cette carte a pour base la carte officielle topographique au 100 000°, simplifiée quant au figuré de terrain —
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- mais indiquant en bleu les eaux, les terrains irrigués et les moyennes de pluie — et en rouge les terrains irrigables, les canaux projetés ou en construction, etc. Elle comprend 241 feuilles (non compris la Sardaigne).
- En 1888, a commencé l’impression des mémoires descriptifs, au nombre d’une quarantaine en 1912 : ils traitent leur sujet soit par province, soit par monographies séparées, soit par bassins hydrographiques distincts. Plusieurs, accompagnés d’atlas, sont de gros et importants ouvrages. Et presque tous renferment de précieux documents géographiques. Regrettant de ne
- pouvoir, faute de place, en donner la liste complète, nous citerons au moins les monographies de l’Anio (n° 4, 1841, 2 fr.), de Nera et Yelino (n° 14, 1892, 5 fr.), des Marais Pontins, etc. (n° 20, 1895, 5 fr. 50), du Sele (n° 22, 1896, 3 fr.), du Tibre (n° 26, 1899; 26 bis réédit. 1908, 6 fr.), de l’Arno (n° 29, 1902,
- 5 fr.), cours d’eau de l’Apennin méridional (n° 32, 1906,
- 6 fr. 50), cours d’eau de la Sicile (n° 54, 1909, 6 fr.), etc. C’est une œuvre d’utilité nationale, aussi digne d’éloges et d’attention que les ivater-supply papers de l’U. S. Geological Survey. E.-A. M.
- LES HAUTS FOURNEAUX ÉLECTRIQUES
- Dans un haut fourneau ordinaire, que le combustible employé soit de la houille crue, du coke ou du charbon de bois, etc.,le carbone joue un triple rôle. 11 doit tout d’abord réduire les matières entrant dans le lit de fusion en en séparant les éléments constituants de la fonte recherchée, fer, silicium, manganèse, etc. ; il doit ensuite entrer lui-même dans la composition de la fonte, mais il faut encore que par sa combustion au moyen d’air insufflé dans l’appareil, il élève la température des minerais et fondants jusqu’à celle où les phénomènes de réduction se présentent, fonde la fonte et les laitiers, et les maintienne dans un état tel que leur coulée hors du haut fourneau reste possible.
- De ces trois rôles, deux ne peuvent être supprimés : ce sont les deux premiers. Jusqu’ici le carbone seul possède des qualités réductrices pratiquement utilisables en sidérurgie ; le carbone constitue également un élément indispensable de la fonte. Mais le troisième rôle, celui de fournisseur de chaleur, peut être dévolu à d’autres agents que lui et il était tout naturel de songer à utiliser, particulièrement dans des cas de combustible cher, le courant électrique que certains pays peuvent produire dans des conditions remarquables d’économie au moyen de stations centrales hydrauliques. De là vint la pensée d’appareils producteurs de fonte employant l’électricité, appareils dans lesquels il ne serait en outre plus nécessaire d’insuffler de l’air pour la combustion du carbone d’échaufïement, d’où simplification dans les appareils accessoires.
- De nombreux essais furent faits dans cet ordre d’idées, mais on peut dire que ce ne fut qu’en ces toutes dernières années qu’une réalisation industrielle de la fusion électrique des minerais de fer pour fonte fut effectuée.
- Entrer dans le détail de toutes les expériences serait long et fastidieux et dépasserait de beaucoup le cadre de cette étude : nous nous permettrons cependant avant toute indication sur les appareils aujourd’hui en service, de rappeler les deux grandes séries d’expériences qui, plus ou moins directement, conduisirent aux appareils actuels ; les expériences canadiennes et suédoises,
- Les premières furent loin d’ailleurs d’avoir l’ampleur des secondes ; venant après les essais prélimi-
- naires de la Praz et Livet et quoique limitées à quelques semaines en 1906 à Sault-Sainte-Marie, elles permirent cependant de déclarer la possibilité pratique et économique de la production de la fonte électrique dans certaines conditions.
- Les secondes furent poursuivies pendant plusieurs années, tant à Domnarfvet qu’à Trollhâttan pour ne se terminer en cette dernière usine qu’en fin septembre 1912 : à Domnarfvet, usine particulière, les essais eurent lieu en 1907-1909 sur des appareils de petites dimensions, de types inventés par trois ingénieurs suédois, Lindblad, Stalhane et Grônwall. Le dernier modèle parut assez intéressant pour que Jernkontoret, la puissante association de maîtres de forges suédois, crût bon de créer en 1910 une installation complète d’expériences à Trollhâttan, à côté de la centrale hydro-électrique d’État, installation à laquelle elle consacra plusieurs centaines de milliers de couronnes, sous la seule condition qu’après la mise au point complète de la fabrication, les brevets correspondants seraient à disposition de ses adhérents contre simple redevance de 1,25 couronne par tonne produite. Actuellëment, indépendamment du fourneau de l’usine de Trollhâttan, loué à une société sidérurgique particulière à la fin des expériences de Jernkontoret (50 septembre 1912), sont en marche du même système deux appareils à llagfors (de 3000 chev. chacun), un à Domnarfvet (2500 chev.) ; sont projetés ou en construction un troisième à Hagfors et trois à Nykroppa. En Norvège, un haut fourneau électrique (au coke, tandis que les précédents étaient au charbon de bois, 5500chev.) existe à Hardanger; trois sont projetés ou en construction, un à Hardanger, deux à Àrendal. Du même type, un appareil serait en construction en Suisse.
- A côté de ce type producteur de fonte électrique, dont là mise au point paraît maintenant complète, d’autres appareils se rapprochant plus ou moins du haut fourneau ordinaire nnt été ou sont en marche, à Héroult (Californie) et Tinfos (Norvège) : le premier est assez analogue à l’appareil suédois de Trollhâttan et s’est assez bien comporté dans une première campagne, pour que l’on ait envisagé un moment la mise à feu de nouveaux appareils ; le second est en service seulement depuis la fin septembre 1912, après quelques essais satisfaisants
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- LES HAUTS FOURNEAUX ÉLECTRIQUES —— ~------- 293
- effectués avec un appareil de plus petites dimensions.
- Pour en terminer avec cette rapide énumération des principaux appareils producteurs de fonte élec-
- des fours à acier Keller et Héroult, ou des fours à carbure Helfenstein, et installés à Héroult en Californie (Noble-Héroult), Darfo (Keller) et Domnarfvet
- Fig. i. — Vue avant du haut fourneau de Trollhàttan.
- trique, citons encore des appareils tout à fait alors éloignés du haut fourneau; ce sont les appareils Keller, Helfenstein et Noble-Héroult, se rapprochant
- (Helfenstein) : le four d’Héroult marche depuis plusieurs mois et semble maintenant en fonctionnement régulier ; le four de Darfo a été tout récemment mis
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- 294 —LES HAUTS FOURNEAUX ÉLECTRIQUES
- en? 'marche, le four de Domnàrfvet né l’est' pas encore. Il faudra attendre quelque temps pour connaître le fonctionnement pratique de ces deux derniers. Disons seulement que tandis que les fourneaux ordinaires suédois et norvégiens sont prévus pour 5000 à 5500 chev., le nouveau four de Domnarfvet travaillerait avec 12 000, ce qui devrait correspondre à 100 tonnes journalières de production environ.
- Dans le cours de ce premier article, nous nous attacherons surtout à l’étude de ce que nous pouvons appeler les hauts fourneaux électriques, c’est-à-dire des appareils se rapprochant du haut fourneau ordinaire au coke ou au charbon de bois. Jusqu’ici, ajoutons-le, la Suède et la Norvège sont les pays où la production de la fonte électrique a été le mieux étudiée et suivie et où des quantités notables de ce produit sont industriellement obtenues au haut fourneau électrique.
- Les hauts fourneaux électriques employés en Suède, tant à Trollhâttan qu’à Hagfors, ou qu’à Domnarfvet, ainsi que celui d’Hardanger en Norvège, sont tous construits suivant les mêmes brevets : ils se composent d’un vaste creuset recouvert par une voûte en coupole dans laquelle passent les électrodes d’amenée du courant, deux par phase d'un courant triphasé ordinairement, biphasé à Trollhâttan. Les électrodes actuellement à section circulaire de 55 à 60 cm de diamètre présentent à leurs extrémités des pas de vis creusés dans leur masse, pas de vis qui au moyen de pièces en carbone comme les électrodes, permettent de suivre l’usure au fur et à mesure qu’elle se produit par le vissage d’électrodes consécutives; ceci permet d’éviter les pertes de parties d’électrodes, quand celles-ci trop usées devaient être antérieurement remplacées par des neuves, et ne pouvaient par cela même être employées jusqu’au bout.
- La voûte présente en son centre un orifice circulaire ou col du fourneau, faisant communiquer le creuset avec la partie supérieure de l’appareil; cette partie supérieure, au profil ordinaire d’un haut fourneau, comporte des étalages, un ventre et une cuve. Les matières chargées au gueulard descendent successivement dans la cuve, le ventre et les étalages en rencontrant les gaz dégagés dans les réactions du creuset qui cheminent en sens inverse et sont réchauffées et réduites en partie par eux. A travers le col, les matières pénètrent dans le creuset en y formant un cône d’éboulement qui ne touche pas la voûte; les électrodes arrivent presque au contact de ce cône, mais ne pénètrent pas dans les masses en réaction.
- La protection de la voûte du creuset contre les hautes températures est réalisée d’une façon assez particulière : les gaz du gueulard purifiés et refroidis par des pompes à injection d’eau sont renvoyés dans le creuset par des orifices ménagés dans la voûte entre les électrodes, se réchauffent dans le creuset et recèdent ultérieurement leurs calories dans la cuve. Un refroidissement des parties déli-
- cates du fourneau, joint au col (pour éviter les inconvénients de dilatations différentes, le creuset est isolé de toute la partie supérieure du fourneau supportée par une armature métallique spéciale), passages des électrodes dans la voûte, etc., est effectué au moyen de tuyaux ou de boîtes à circulation d’eau. Les parties latérales du creuset sont également recouvertes d’une tôle sur laquelle on peut faire couler de l’eau. On obvie enfin à des échauffements partiels de la voûte par un jet d’air qui est envoyé par une pompe et une canalisation spéciales sur les parties rougies, quand besoin est.
- Pour éviter de faire avancer trop souvent à l’intérieur du creuset les électrodes au fur et à mesure de l’usure, ce qui pourrait avoir des inconvénients pour la bonne tenue des garnitures au passage dans les boîtes de refroidissement, on doit pouvoir avoir des voltages variables non seulement aux transformateurs, mais aussi sur chaque phase du courant secondaire et automatiquement réglables : ceci est réalisé par un appareillage spécial des transformateurs de haute en basse tension. Le voltage du courant envoyé au four varie en général de 40 à 90 volts.
- Le combustible employé est le charbon de bois, exceptionnellement le coke dans le fourneau norvégien d’Hardanger ; l’emploi de ce dernier combustible ne paraît d’ailleurs pas avantageux avec ce type d’appareil.
- Les derniers hauts fourneaux construits, ont une hauteur utile intérieure de 10 m. 50, un diamètre maximum de creuset de 4 m. 675, un cube total de 40 in3 75. Du sol sur lequel repose le creuset, au niveau du chargement du gueulard, la distance est de 15 m. 65.
- Comme résultats acquis, nous pouvons signaler que les deux hauts fourneaux d’Hagfors, allumés en mars et août 1912, ont coulé, en 1912, 7796 tonnes, soit par appareil et par jour 19 tonnes environ (c’est la production moyenne des hauts fourneaux ordinaires suédois au bois); la consommation de courant fut de 2500 kilowatts-heure par tonne et celle de combustible de 20 III. 5 de charbon de bois. Comme la majorité des hauts fourneaux suédois, l’usine d’Hagfors a en vue la fabrication des fontes fines très pures en soufre et phosphore, fontes Bessemer ou Martin ordinairement, obtenues à partir de minerais très purs et de combustible sans impuretés notables comme le charbon de bois. Par rapport aux fourneaux ordinaires consommant les mêmes minerais, on réalise alors une économie de 57 à 58 hectolitres de charbon de bois, ce qui est considérable; avec la possibilité de l’obtention, comme fréquemment en Suède, de force électrique à bon marché, on peut donc envisager que le procédé permettra le développement de la production des fontes fines menacé tant par la restriction apportée à l’exploitation des forêts, que par coût de plus en plus élevé du combustible végétal.
- Avec des lits de fusion plus riches (les précédents
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- d’Hagfors donnent en moyenne 53 pour 100 de fonte par rapport au total des minerais et de la castine) et arrivant à plus de 63 pour 100, la Société de Degerfors qui a repris à partir du 1er octobre 1912 le fourneau de Trollhàttan, a obtenu dans les mois d’octobre, novembre et décembre 1912, 1906 tonnes, soit 20 t. 7 par jour avec une consommation moyenne de 2076 kwh seulement. Ce résultat était réalisé en fontes Martin à 0,5-1 pour 100 silicium, 0,015 soufre et 0,010 phosphore. Les fontes Martin d’Hagfors ont sensiblement même composition ; les fontes Bessemer de cette usine (on en a obtenu environ le quart de la production totale) accusent avec les mêmes teneurs en soufre et phosphore que précédemment, 1,2 pour 100 silicium et 2,8 manganèse.
- La consommation d’électrodes, qui est un des facteurs importants du prix de revient, se tient, pour les appareils à 6 électrodes, aux environs de 7 kg par tonne de fonte obtenue.
- Pour ce qui concerne l’entretien, on peut affirmer que les réfections sont plus coûteuses et plus fréquentes avec les fourneaux électriques, qu’avec les fourneaux ordinaires au bois : la voûte du creuset est une partie faible, soumise à de hautes températures et par suite facilement altérable ; les matériaux réfractaires employés dans la construction de l’appareil sont en outre naturellement de qualité supérieure,surtout dans les parties basses.
- Au point de vue des prix de revient, on
- w, peut dire dans l’état des connaissances actuelles, que tout compris, amortissement des installations complètes, intérêt du capital investi, réparations, redevances de brevet, salaires, etc., on a actuellement en Suède équivalence des fontes fabriquées au procédé ordinaire au bois ou au nouveau procédé électrique, avec un lit de fusion rendant 53 pour 100 en fonte Martin, pour des prix de 63 ôre (0 fr. 87) par hectolitre de charbon de bois et de 50 couronnes (69 fr. 50) par kw-an aux bornes des transformateurs de l’usine sidérurgique.
- Fig. 2. — Four Hans Bie Lorenzen.
- Si-on remarque que de nombreuses centrales hydro-électriques suédoises réalisent le kw-an industriel à moins de 40 couronnes et qu’à l’heure actuelle (1912) le prix moyen de l’hectolitre de charbon de bois rendu aux usines oscille entre 65
- Trou
- pour pyromètre-.
- Chemise métallique Sable
- Brique réfractaire
- Trou pour JJL py rom être _
- Fig. 3. — Haut fourneau électrique de 3ooo chcv.
- et 70 dre, on comprend qu’un grand avenir puisse être envisagé pour le nouveau procédé en Scandinavie. Les minerais non phosphoreux de Kirunavara réservés maintenant à la consommation nationale pourront, grâce aux ressources forestières de Laponie et aux réserves hydrauliques puissantes du Nord de la Suède, se voir traiter avantageusement un jour ou l’autre sur les lieux mêmes de production.
- A côté de ce type de haut fourneau électrique, un autre appareil, se rapprochant beaucoup de lui par sa forme et ses caractéristiques, a été en marche à Héroult, en Californie (États-Unis). Il se différencie néanmoins du fourneau suédois par un certain nombre de particularités ; tout d’abord, il n’y a pas de circulation refroidissante des gaz dans le creuset ; en second lieu, lés électrodes pénètrent profondément dans la charge et ne viennent plus seulement à son contact; enfin, les gaz sont brûlés dans la partie supérieure de la cuve, de manière que l’on profite de leurs calories latentes pour échauffer les matières de la charge ; la puissance calorifique dés gaz est d’ailleurs épuisée par le parcours des gàz brûlés,
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- 296 ============= L’ÉTUDE DE LA HAUTE ATMOSPHÈRE
- encore chauds à leur sortie du gueulard, : à travers des chambres où l’on emmagasine le minerai avant son introduction' dans le fourneau. Au point de vue des résultats globaux, le fourneau d’Héroult se comporta comme les fourneaux suédois : il faut simplement remarquer que l’on y avait surtout en vue la fabrication des fontes de moulage, importées en Californie à grands frais des régions productrices éloignées. Le haut fourneau permettait de créer dans cet État possesseur de minerais riches et purs et de ressources forestières importantes, mais trop distant des districts houillers des États-Unis, une métallurgie locale à laquelle ces conditions particulières pouvaient assurer un certain avenir.
- Enfin, comme dernier type de haut fourneau électrique, nous devons citer celui en fonctionnement à l’usine de Tinfos, près de Notodden, en Norvège. A vrai dire, le type employé dans cette usine tient à la fois de four à creuset ordinaire (four électrique à acier) et de four à réduction préalable des minerais par les gaz de la réaction. Il se compose d’un creuset À dans lequel pénètre, à la partie supérieure, une électrode1 d’amenée du courant, la sortie du courant se faisant dans le type monophasé actuel de Tinfos par une électrode noyée dans la sole. Le combustible de réduction, coke en la circonstance, est introduit autour de l’électrode directement dans le creuset A. Les minerais et castines arrivent dans ce même creuset par une série de cheminées étroites B,
- où ils circulent en sens inverse des gaz aspirés par une pompe prenant sur la chambre collectrice C; l’aspiration doit être réglée de façon à ce qu’il n’y ait pas d’appel d’air à travers le combustible autour des. électrodes, ce qui causerait une perte inévitable de carbone. O11 peut rendre cette condition .plus certaine en introduisant les combustibles dans lé creuset au moyen de petits sas spéciaux. Les: gazj comme dans le fourneau américain, sont brûlés àdapartie supérieure des cheminées par de l’air introduit par des orifices tels que'a.
- Le four allumé le 28 septembre 1912'paraît avoir, confirmé les résultats du premier petit four, d’expérience qui avait préalablement fonctionné à Tinfos. Il consomme environ 550 kg de'coke de réduction par tonne et la production en fontes Martin pures avec des minerais rendant 45 à 45 pour 100 seulement serait de 5 tonnes environ par kw-an réellement envoyé au fourneau. Le four est construit suivant les brevets de Hans Bie Lorenzen. ;
- Avec cet appareil, nous avons terminé cette rapide description des appareils producteurs de fonte électrique et se rapprochant* du haut fourneau ordinaire. Sans vouloir ici discuter si ces appareils sont plus ou moins avantageux que d’autres au point de vue de la production de la fonte, électrique, remarquons simplement qu’ils fonctionnent dans des conditions d’ores et déjà favorables pour certains pays comme les pays Scandinaves. P. N.
- L’ÉTUDE DE LA HAUTE ATMOSPHÈRE
- ET LES TRAVAUX DE LÉON TEISSERENC DE BORT
- Le 17 décembre 1912, un ballon-sonde parti de l’Observatoire aérologique de Pavie atteignit l’altitude de 57 700 m. : c’est l’exploration la plus lointaine que des instruments humains aient jamais effectuée dans l’atmosphère, et ce résultat sensationnel vaut d’être mis en valeur.
- Le ballon en question était en gomme-para, fabriqué par « Continental Caoutchouc and Gutta-per-cha C° » de Hanovre, gonflé à l’Hydrogène'et muni d’un parachute; son diamètre 1900 mm, mn des plus grands employés pour ce genre de sondage, était imposé par les appareils spéciaux que l’on désirait lui faire enlever. L’ascension fut assez régulière et sans grandes particularités;; la descente eut, lieu à 59 km; de l’observatoire. Examinons, à présent, les
- caraçteristiqués de ce voyage aérien. V > .
- La pression atmosphérique minimum fut de 5 mm ; la tempéi-atiire minimum enregistrée fut dé—56?,9 à l’altitudédel9;750m.; l’inversion supérieùre;(stra-tosphère)Afut ;rencontrée à l’altitudé .de 12585 m. . avec une température de — 55°,5; la température y reste quelque temps constante, puis augmente, pour redescendre ensuite, remonter de nouveau et atteindre à la fin — 51°,6, à l’altitude maxima enregistrée.
- Mais si le raid du ballon du professeur Gamba
- est au-dessus de tout éloge, il ne faut pas oublier les précurseurs dans cette voie du sondage de l’atmosphère. En quoi consistent les singularités observées en altitude? la stratosphère? Qui a, le premier, obtenu des indications précises sur les couches d’inversion thermique? leur variabilité avec les saisons? et leur influence sur la météorologie générale?
- - C’est ce que nous .devons nous efforcer de rappeler succinctement ici.
- , On désigne sous le nom d’atmosphère l’enveloppe gazeuse de la terre, qui est indispensable à la vie telle que nous la pouvons concevoir : en effet, c’est grâce aux gaz contenus dans cette atmosphère que sont possibles les diverses manifestations auxquelles nous assistons, combustions, respiration, etc. A la surface et au voisinage immédiat de la terre, la composition de l’air atmosphérique est assez exac-: tement connue : le gaz que nous respirons est constitué par un mélange, où l’on rencontre 78 volumes d’azote, 21 volumes d’oxygène; la centième partie qui reste à déterminer en toute rigueur comporte de l’acide carbonique, de la vapeur d’eau, des traces d’argon et de divers autres gaz rares tels que hélium, néon, etc.... Il faut noter que la vapeur d’eau et l'acide carbonique sont en proportions assez va-
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- Fig. i. — Commént Ton sonde l’atmosphère.
- i. Lancer de ballons-sondes et hangar à ballons à Trappes. —; 2. Poste pour les visées de ballons 3. Nacelle de ballon-sonde avec l’enregistreur.
- 4. Appareil enregistreur. — 5. Cerf-volant Hargraves en usage à VObservatoire de Trappes
- 6. Treuil pour les cerfs-volants.
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- L’ÉTUDE ?.DB LA HAUTE ATMOSPHÈRE :
- 4-0 Km
- Sàallotf-âoncU de 5*avie
- -30
- -20
- riàbles suivant l’échantillon d’air analysé. Enfin, le poids moyen de -l’atmosphère au niveau de la mer est représenté par le poids d’une colonne de mercure de 760 mm de hauteur.
- Dès que l’on s'élève dans l’atmosphère, soit par une ascension en montagne élevée, soit par une ascension en ballon, on observe que la densité de l’air diminue, les combustions s’effectuent mal, la respiration devient pénible, la température diminue : autant de phénomènes qui font pressentir que l’épaisseur de notre couche gazeuse n’est pas illimitée. En effet, cette enveloppe est entraînée parla terre dans son mouvement de rotation et il s’ensuit que, dans les hàutes régions, les molécules gazeuses seront très espacées comme étant soumises à deux forces : la pesanteur, qui tend à les rapprocher du centre de la terre, et la force centrifuge, dont l’effet inver se tend à les en éloigner.
- Au delà d’une certaine surface limite, l’une de cés deux forces devient prépondérante : si la force centrifuge domine,les particules n’obéissant plus à la terre, sont chassées de son rayon d’action et, par suite, cessent d’appartenir à notre atmosphère. Le calcul indique que cette surface est éloignée de la terre de 5 à 6 fois le rayon terrestre — soit environ la dixième partie de là distance de la terre à la lune : il s’agit ici d’une limite théorique de 340000 km.
- Les étoiles filantes, notamment, nous permettent une mesure assez exacte de l’épaisseur de ' l’atmosphère : les astéroïdes, arrivant avec de très grandes.vitesses, rencontrent les particules gazeuses atmosphériques, s’échauffent par frottement au point de devenir lumineux et visibles pour un observateur placé à la surface de la terre. Les observations simultanées faites en des lieux différents permettent, par une sorte de .triangulations d’obtenir la hauteur à laquelle notre atmosphère fut atteinte par le mé-
- ui ;
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- téore : les plus grandes hauteurs observées par ce procédé sont comprises entre 2 et 500 km.
- Nous n’insisterons pas sur les autres procédés permettant d’estimer l’épaisseur de la couche aérienne : nous avons ainsi l’idée suffisante d’un ordre de grandeur. Mais comment la masse gazeuse est-elle répartie? On sent bien que, pour de telles déterminations, nos connaissances sont très limitées en altitude, puisque, jusqu’à ces dernières années, le seul moyen d’investigation en notre possession était le ballon ordinaire ; mais, depuis quinze ans, les cerfs-volants et surtout les ballons-sondes ont permis de donner un plus grand développement aux recherches dans l’atmosphère libre.
- Au point de vue physique, on peut diviser la partie la plus basse de notre atmosphère en trois parties :
- La première s’étend depuis la surface du sol jusqu’à l’altitude de 5000 m. environ : dans cette zone existent la presque totalit é de la vapeur d’eau, les poussières ; tout y est en relation étroite avec les accidents de la surface du sol ; c’est t là- que se pro-m duisent et évoluent pres-^ que toutes les grandes perturbations atmosphériques. La température y décroît très irrégulièrement et y présenté fréquemment le phénomène de l’inversion, c’est-à-dire que, au lieu de diminuer lorsque l’on monte, la température augmente avec l’altitude dans certaines couches dont l’épaisseur peut atteindre 1500 im et même "2000 m> Cette couche a été très bien étudiée par ballons montés, ballons captifs, et surtout par cerfs-volants.
- La seconde couche s’étendrait de 5000 à 10 000 m. On n’ÿ rencontre plus guère que quelques nuages, la température y décroît uniformément ; c’est vers 10000 m. que l’on observe les températures les plus basses, avec quelques nuages très fins formés
- Fig. 2. — Les zones’ de l’atmosphère d’après Teisserenc de Bort. (La courbe pointillés indique les variations de là température avec la hauteur.)
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- L’ÉTUDE DE LA HAUTE ATMOSPHÈRE - 299
- d’aiguilles de glace. C’est là, encore, que l’homme lui-même dut s’arrêter : le 31 juillet 1901, Berson atteignait 10 800 m. Les trains de cerfs-volants ont permis d’explorer la partie inférieure de cette couche jusque vers 5000 ou 6000 mètres, les ballons montés permettent aussi de l’étudier.
- L’ensemble de ces deux premières couches constitue ce que Léon Teisserenc de Bort a nommé la troposphère, supposant que c’est la région où se produisent les mouvements verticaux de l’air.
- Le reste de l’atmosphère ressortit à la troisième zone que l’on nomme stratosphère parce qu’il n’y a plus de mouvements verticaux de l’air.
- Pour l’explorer, autant que faire se peut, il faut recourir aux ballons-sondes qui nous occupent plus
- mètre, etc., devront être très légers. Des modèles spéciaux ont été créés à cet effet.
- Ces ballons sont gonflés au gaz hydrogène pour que leur force ascensionnelle soit aussi grande que possible par rapport à leur volume : ils s’élèvent, en effet, très rapidement, de 4 à 8 m. par seconde au début, atteignent leur point maximum et redescendent. En général, les ballons de caoutchouc éclatent à leur point maximum. Il faut alors protéger les appareils et leurs précieuses indications contre une chute destructrice, on a recours à un dispositif ingénieux : le ballon sphérique est recouvert d’un parachute qui lui forme manteau et, au moment de l’éclatement, le parachute se développe et amortit la chute. D’autres fois, on lance deux
- Fig. 3. — L’Observatoire de Trappes où Teisserenc de Bort fit ses beaux sondages de Vatmosphère.
- spécialement pour l’instant. Il s’agit de petits ballons de caoutchouc ou de papier.
- Les ballons de papier sont sphériques ; ils ont un diamètre variant de 3 m. à 8 m. (14 m5 à 270 m3 de volume). Les ballons de caoutchouc sont assez semblables à ceux que l’on donne aux enfants, mais de meilleure qualité et beaucoup .plus grands. Leur diamètre, sans être distendus, varie de 0 m. 40 à 2 mètres.
- En cours d’ascension, ce diamètre peut atteindre 6 mètres à 8 mètres avant que le caoutchouc ne se déchire. Les tailles les plus employées sont 6 m. de diamètre (113 ms) pour les ballons de papier et 1 m. 20 à 1 m. 50 pour les ballons de caoutchouc. Cette taille dépend d’ailleurs des instruments que l’on veut faire enlever. De toutes façons, les instruments enregistreurs qu’il s’agit d’élever dans l’atmosphère, baromètre, thermomètre, hygro-
- ballons dont un seul éclate, le second reste alors pour diminuer la vitesse de la descente.
- Enfin, si l’on veut prélever des échantillons d’air, on fait enlever par le ballon des tubes fermés par une pointe fine et dans lesquels on a réalisé un vide aussi parfait que possible : un déclanchement produit par un mouvement d’horlogerie casse la pointe qui est, d’ailleurs, automatiquement ressoudée quelques minutes après.
- Ces recherches par ballons-sondes ont été effectuées sur presque toute la surface de la terre : des missions ont parcouru les océans Atlantique et Indien, d’autres ont été en Laponie et au Groenland, ou dans la région des grands lacs africains. Des lancers réguliers sont faits dans, presque tous les pays civilisés.
- Et, maintenant, quels sont les résultats généraux de ces multiples ascensions?
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- 300 : LÉTUDE DE LA HAUTE ATMOSPHÈRE
- En partant du niveau de la mer, la température décroît assez irrégulièrement dans les 2000 ou 3000 premiers mètres, présentant de fréquentes inversions, puis elle décroît assez rapidement et régulièrement jusqu’à une altitude variable de 8000 à 14000 m. suivant la situation : dans nos régions, c’est au voisinage de ces altitudes que les températures les plus basses ont été observées. Si l’on continue à s’élever, la température croît en général sensiblement (couche chaude) pour se remettre à diminuer très lentement et irrégulièrement. C’est cette couche où la température est presque constante et .présente des variations irrégulières en plus ou en moins que l’on nomme couche isotherme ou stratosphère.
- Le ballon de Pavie, que nous avons mentionné au début, donne bien des indications de cet ordre; citons encore le ballon belge du 5 novembre 1908 qui enregistrait —67°,8 à 13 500 m. et ne marquait plus que — 65°,5 à 29 040 m. et celui lancé à Trappes le 10 août 1907 qui montra —55°,6 à 13 000 m. et — 51°,0 à 28 000 m.
- Cette distribution de la température se retrouve partout assez analogue (ne changeant qu’avec la situation météorologique), dans les régions tempérées et polaires, comme le montrent les chiffres ci-dessous empruntés à Teisserenc de Bort, dans ses lancers à des latitudes très différentes :
- Température Minimum
- au départ. de température.
- 1901 9 mars. Moscou. — 19°,0 — 50°,2 à 8000 m.
- — — Paris. + 5°,i — 48°,8 —
- — 15'— Moscou. — 7°,3 — 55°,4 à 9300 m.
- —. — Paris. -t~ 4°,0 — 50°,4 —
- ou bien dans les comparaisons entre l’Observatoire de Trappes et la station de Kiruna en Laponie (latitude Nord) :
- Température Température au
- 1907 au départ. Minimum. point culminant.
- 14 mars. Kiruna. -12°.l - - 69°,8 à 10.760”1 — 66°,6 à 14.080"
- — Trappes. + 2°,1 - 65°,8 à 11.150 — 58°,6 à 11.570
- 26 — Kiruna. — 4°,6 - -56°,7 à 11.600 — 53°,2 à 15.600
- — Trappes. -h 2°,6 - -61°,9 à 11.980 — 55°, 1 à 15.600
- 29 — Kiruna. — 1°,0 - -66°,3 à 11.974 — 51°,6 à 17.000
- — Trappes. -+- 4°,0 - -60°,6 à 11.450 - 50°,0 à 14.000
- Depuis longtemps, Teisserenc de Bort a montré que l’altitude de la stratosphère varie avec la situation météorologique. Basse (8000 m. à 9000 m.) et chaude (— 45° à — 55°) dans les dépressions barométriques, elle s’élève en se refroidissant dans les anticyclones où elle peut atteindre des températures de —60° à —75° à des altitudes voisines de 14 000 mètres.
- - Autre remarque très intéressante : on ne rencontre que très rarement des températures de — 80° au pôle ou dans les régions tempérées, tandis que ce nombre est fréquemment atteint et même dépassé sous l’équateur où la stratosphère ne se rencontre qu’à des altitudes de 16 à 18000 m. ; les mesures faites par Teisserenc de Bort dans les mers intertropicales et en Laponie, pendant les années 1906, 1907 et 1908, ont montré que, pour-les
- hautes régions, la température est moins basse vers les pôles que dans la zone équatoriale, bien que, à la surface du sol, les pôles l’emportent à cet égard de 20 à 50°. Les mouvements qui ont lieu à l’équateur entraînent sans doute une détente plus grande de l’air et un abaissement .correspondant de la température.
- En outre, la température baisse plus vite dans les régions équatoriales parce que l’air y est plus sec, et elle baisse plus longtemps, parce que la stratosphère se trouve à une altitude plus élevée; aussi, vers 16 000 m. ou 17 000 m., on observe des températures de 20° à 30° plus froides au-dessus de l’équateur qu’au-dessus de la Laponie.
- Enfin, les diverses observations ont permis au savant météorologiste autrichien Hann de calculer la composition de l’air aux diverses altitudes : et cette atmosphère, dont nous avons indiqué la composition au niveau du sol, ne serait pas constante! 18 pour 100 seulement d’oxygène à 10 000 m. ; 15pour 100 à 20 000 m. ; 7 pour 100 à 35 000 m..., tandis que l’azote croît parallèlement avec 81, 84, 93 pour 100....
- Qui donc oserait dire qu’il reste indifférent à des recherches aussi belles, aussi désinléressées? et qui nous conduisent à une connaissance plus intime de notre propre lieu de séjour, en nou s permettant de saisir de plus près le mécanisme des mouvements aériens.
- Or, il faut ici le dire bien haut : parmi tant de savants météorologistes à la poursuite de la vérité, notre compatriote Léon Teisserenc de Bort fut un des plus grands. Qui, plus tôt que lui, s’est lancé dans la voie des cerfs-volants et des ballons-sondes? Et notre précurseur a consacré à cette œuvre noble et haute plus de vingt ans de sa vie, sa santé, sa fortune : installant un peu partout des stations provisoires de sondages aériens, organisant des missions pour les recherches en mer; toujours en quête du progrès; fondant à Trappes le seul observatoire français de météorologie dynamique, où il obtint les plus beaux résultats avec son collaborateur M. Maurice.
- Léon Teisserenc de Bort est un grand précurseur : il fut modeste et dévoué, rempli d’abnégation.
- Sa mort subite est une perte irréparable pour la science française. L’Observatoire de Trappes est-il appelé à disparaître? l’œuvre de cet homme de bien, à peine née, va-t-elle rentrer dans le néant au moment même de sa pleine fécondité? Ce serait une lourde faute, à tous points de vue, et nous ne pouvons pas renier l’œuvre admirable et continue de notre compatriote. , ,
- Le savant directeur de l’Observatoire de Meudon, M. H. Deslandres, confrère et ami de Teisserenc de Bort, fait de justes efforts pour nous conserver les bienfaits du savant météorologiste : que sa voix soit entendue! Tous les amis de la science désintéressée auront à cœur de le soutenir et de l’aider.
- Jean Mas car t.
- ' Directeur de l’Observatoire de Lyon.
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- L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE EN 1912
- M. G. Besançon, secrétaire général de l’Aéro-Club de France, dresse chaque année un substantiel tableau des progrès accomplis par l’aéronautique. De son rapport pour 1912, nous extrayons les chiffres qui suivent concernant les dirigeables et les aéroplanes.
- Dirigeables. — En 1912, il a été construit et livré en France 7 dirigeables nouveaux, d’une puissance motrice globale de 1760 chevaux, d’une jauge totale de 64 500 tonneaux, qui ont effectué en 400 voyages, ayant duré 1591 heures, 36 363 km, enlevant 3694 passagers. On prévoit pour 1913, l’exécution de 14 unités nouvelles développant 10 460 chev. et jaugeant en tout 287 800 m5.
- « cet avis, sur le relevé comparé de la production de nos « usines en 1911 et en 1912 et de leurs prévisions « pour 1913 ».
- Pour les aéroplanes, M. Besançon trouve :
- Appareils construits en 1911 : 1350, avec une puissance motrice globale de 80 000 chev.
- Appareils construits en 1912 : 1425, avec une puissance motrice globale de 86 000 chev.
- Appareils prévus pour 1913 : 2000, développant 125 000 chev.
- En 1912, le total des distances parcourues en aéroplane atteint 3 000 000 km pour 33 900 heures, avec
- Les Grands Records d’Aviation.
- 1906
- 1907
- 1908
- 1909 ' 1910
- 1911
- 1912
- &^2Q2™ SANTOS-DUMONT ( 12 Novembre !Qo6) France
- O kit
- Szf 7oo™ H. FARMAN (26 Octobre igoj) France (même record qu'en igoy )
- j&fÿSS™ L.BLÉRIOT (28Août igog) France
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- ^^AaxeBLANC (io Juillet igio) États-Unis
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- ’â.toof J VÉDRINES
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- Vitesse à l'heure.
- (^Se^tembreigiz) Etats-Unis
- 1906
- 220mSANTOS-DUMONT(12Novembreigo6) France ,, 770? H. FARMAN (26 Octobre igoj ) France
- i2li^ioo™ WiLBUR WRIGHT (3i Décembre igo8) France
- 23^212™ H. FAR MAN (3 Novembre igog) France
- 5â^7^5^TABUTEAU (3o Décembre igio) France
- 7Lo*20gT GOBÉ (25 Décembre iqu) France
- 400 500
- Distance.
- 600 7 OO ÔOO 9OO 7000
- 1906
- 1907
- 1908
- 1909
- 1910
- 1911
- 1912
- 2/?%SANTOS-DUJYlONT ( 12Novembre 1906) France
- H.FARMAN (26 Octobre -igoj) France 2^2o)23,,,/S VY1LBUR WRIGHT(3iDécembreigoô) France
- H .FARMAN (3 Novemvre igog) France 5^2H.FARMAN (18Décembre igio) France
- 11 hl,2Q>>,/5 FOURNY (^Septembre ign) France
- iÿ?iyjh^’/5 FOURNY (11 Septembre tg/2) France
- • JiÂ-Co8.)SU. £k.-
- 10 12 Jieures
- Durée.
- .5 5oo
- -ç. _5000
- 2000
- .1 5oo
- Altitude.
- Dans ce nombre sont comptés les 7 dirigeables de 20 000 m3 récemment commandés pour l’aéronautique militaire. La marine a proposé de faire mettre en chantier des unités plus puissantes encore.
- Aéroplanes et hydroaéroplanes.—M. Besançon, après avoir établi le bilan sportif de l’année 1912, qu’il résume très nettement ait, moyen des 4 graphiques de records que nous reproduisons ci-dessus, aborde le côté industriel de la question.
- En dépit de l’accroissement considérable du nombre des pilotes (489 nouveaux brevets dans le dernier exercice) « l’industrie de l’aviation traverse une période diffi-« cile. Rien ne servirait de le nier; il vaut mieux regarder « la situation en face. On y gagne, tout d’abord, de ne « pas s’en exagérer la gravité. Je me fonde, pour émettre
- 12 900 passagers à bord, pilote compris, et le nombre des voyages au-dessus de 10 km s’élève à 9100.
- Pour les moteurs, on trouve :
- En 1911, 1400 moteurs (puissance globale non chiffrée).
- En 1912 : 2217 moteurs, avec une puissance globale-de 158 200 chev.
- Prévus pour 1915 : 4110 moteurs, avec une puissance globale de 285 900 chev.
- Pour les hélices :
- En 1911 : 8000 environ.
- En 1912 : 8000 hélices, soit sensiblement le même nombre qu’en 1911, malgré l’augmentation légère du nombre d’appareils, anomalie qui pourrait peut-être s’expliquer, partiellement tout au moins, par le perfec-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- tionnement croissant des engins diminuant la fréquence dès avaries matérielles.
- Prévues pour 1915 : 14 900 hélices.
- Ces chiffres prouvent que la production s’est accrue, mais que la progression suivie est sensiblement moins rapide que dans les années précédentes.
- « Et ainsi se trouve une fois de plus vérifiée la règle « historique applicable à tant de grandes découvertes. « Tant qu’elles ne sont qu’entrevues par quelques-uns, « la masse les déclare chimériques. Lorsqu’elles sont « enfin réalisées, au moins dans leur principe, on s’en « exagère, sinon la portée réelle, du moins les possibi-« lités immédiates. Et comme celles-ci, si rapide que « soit le progrès, tardent toujours trop à se réaliser au « gré de certaines impatiences, par une réaction inhé-« rente à la nature de l’esprit humain, une sorte de « déception et de désenchantement ne tardent pas à se « manifester. »
- C’est en ces moments psychologiques que le rôle utile du gouvernement, des administrations, et des groupements constitués peut se faire sentir avec le plus d’utilité. L’Aéro-Club de France l’a bien compris et il se dispose, en 1915, à multiplier ses efforts pour assurer les progrès et la prospérité de l’aviation.
- ACADÉMIE
- Séances des 25 et 3i mars 1913
- Séparation des effets lumineux et calorifiques. — M. Dussaud, qui a déjà réalisé la séparation des effets lumineux et calorifiques pour les lampes à incandescence et obtenu ainsi la lumière froide, vient de réussir à opérer cette séparation dans toutes les sources lumineuses (arc électrique, flammes du gaz, du pétrole, etc.).
- Il obtient donc maintenant avec toutes les sources, la « lumière froide », ce qui permet de réaliser une économie très importante sur la dépense occasionnée par les procédés actuels d’éclairage.
- Identification de parasites. — MM. Laveran et Marullaz. exposent les résultats d’expériences qu’ils viennent d’effectuer sur le Toxoplasma gondii en vue de reconnaître s’il convient de l’identifier avec 1 eToxoplasma cuniculi.L’un est un parasite d’un petit rongeur commun en Tunisie et connu sous le nom de gondi, l’autre est un parasite du lapin au Brésil. Pour que l’identification soit certaine il faudrait que l’inoculation fût effectuée d’une façon satisfaisante avec le Toxoplasma gondii sur le lapin et avec le Toxoplasma cuniculi sur le gondi. La première inoculation seule a déjà été tentée, inutilement d’ailleurs, en Tunisie ; MM. Laveran et Marullaz viennent de la réussir. L’expérience montre que les jeunes lapins sont plus sensibles et que l’inoculation s’effectue plus facilement par injection intraveineuse. Une maladie généralisée de la moelle osseuse et du cerveau apparaît alors. On est donc porté à penser que le parasite du gondi est identique à celui du lapin et ce qui confirme cette opinion, c’est que tous deux sont transmissibles au pigeon, quoique la transmissibilité d’un parasite d’un mammifère à un oiseau soit inattendue. Enfin, on observe que le lapin au Sénégal peut être atteint du Toxoplasma découvert au Brésil. On s’expliquerait aisément ainsi que le parasite ait pu passer en Tunisie.
- Les éléments de la sécrétine. — MM. Launoy et Æchslin ont entrepris de rechercher si les phénomènes
- Son programme sportif est particulièrement chargé : organisation de la coupe Gordon-Bennett qui s’annonce comme une manifestation grandiose; de la coupe Internationale Jacques Schneider d’aviation maritime (100 000 fr. de prix) qui sera disputée à Monaco en avril ; de l’épreuve d’hydroaéroplanes Paris-Deauville avec le concours du Ministre de la Marine.
- A côté de cette partie sportive, l’Aéro-Club envisage une tâche plus élevée, plus importante aussi, celle de transformer l’aéroplane en un instrument de locomotion aussi accessible, aussi usuel, si possible, que l’automobile terrestre.
- La première condition à réaliser est celle de la sécurité. L’Aéro-Club a pris l’initiative de créer un groupement, « l’Union pour la sécurité en aéroplane », qui. dispose aujourd’hui d’une somme de 500 000 francs. Cette somme sera attribuée selon un règlement qui sera prochainement publié.
- L’Aéro-Club se préoccupe en outre de développer le goût de l’aviation parmi scs membres en organisant à leur intention des vols de démonstration et des voyages aériens à prix réduit. Enfin, il s’efforce de multiplier, pour les touristes de l’air, les abris et les terrains d’atterrissage judicieusement répartis.
- :S SCIENCES
- — Présidence de M. Guyon.
- de suractivité du pancréas et de vasodilatation entraînant une chute de pression artérielle, qui suivent l’injection de sécrétine, sont dus à une même substance. Ils sont parvenus à séparer dans la sécrétine deux substances dont l’une produit la suractivité du pancréas sans vasodilatation et dont l’autre au contraire produit la vasodilatation en influant faiblement sur le pancréas.
- Création de nouvelles places démembrés de l’Académie.
- — M. le Président donne lecture d’un décret, rendu en conformité d’une délibération de l’Académie, créant six places de membres non résidants réservées aux savants français déjà correspondants, habitant hors des départements de Seine et Seine-et-Oise.
- Élections. — M. Lebeuf, de Besançon, est élu correspondant en remplacement de M. Ch. André, de Lyon, décédé.
- Vaccination contre le charbon. — M. Leclainche donne communication, en son nom et au nom de M. Yallée son collaborateur, des résultats auxquels il est arrivé après douze ans d’étude systématique de la vaccination contre le charbon symptomatique. Cette maladie est très redoutée des éleveurs. Les auteurs ont progressivement amélioré la technique de leur première invention. Us font connaître aujourd’hui un procédé qui leur a permis de produire des races véritablement atténuées du microbe du charbon, races que l’on n’était pas encore arrivé à obtenir. Les vaccins préparés par eux assurent, par une seule intervention et sans aucun risque, la parfaite immunisation des animaux exposés à l’infection. En ces trois dernières années, 545 000 bovins ont été vaccinés par cette méthode avec un complet succès. Les auteurs considèrent comme résolu le problème de la vaccination contre le charbon symptomatique.
- Attribution d’un prix. — Le prix Francœur (1000 fr.) est décerné à M. Claude, membre adjoint du Bureau des Longitudes, pour l’ensemble de ses travaux astronomiques. . Ch. de Viixedeuil.
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- CHRONIQUE
- Les Négritos des Philippines. — La presse américaine signale que le monde savant des États-Unis vient d’adresser une pétition au Congrès dans le but d’obtenir, par voie législative, que des mesures de protection soient prises pour la protection des; Négritos des Philippines, menacés, selon les pétitionnaires, d’extinction rapide sans une intervention de l’État. On sait que ces populations ont été très répandues autrefois aux Andaman, dans la Péninsule malaise, et aux Philippines ; elles furent même pendant longtemps le seul élément humain de cet archipel. Us n’y sont plus guère aujourd’hui
- qu’au nombre de 25 000 et encore n’en peut-on compter, sur ce chiffre, que 5000 de race pure, les autres étant des sang mêlé de mœurs très différentes. Les vrais Négritos philippins, dont il s’agirait de faire une sorte de « musée vivant », sont parmi les races humaines du plus bas niveau de culture. Habitant de misérables huttes sur pilotis, ils présentent ce trait curieux d’avoir, quoique insulaires, une peur presque insurmontable de l’eau : ils ignorent la nage, la navigation, et jusqu’à là pêche. Leur seule ressourcé est la chasse, qu’ils pra-. tiquent au moyen de flèches empoisonnées.
- MODES DE TRANSPORT PAR TERRE
- Pour transporter choses et gens, on ne dispose encore au Se-Tchoan ni de la moderne locomotive, ni de l’antique voiture.
- On y utilise bien, quoique sur une petite échelle, le cheval et le mulet, mais comme animaux de bât ou de selle, jamais comme bêtes de trait. Ce qui n’est pas transporté par ces quadrupèdes, c’est-à-dire presque tout, l’est par le bipède humain qui est la véritable bête de somme du Se-Tchoan et de bien d’autres provinces chinoises.
- Transport des personnes. —En plaine, et presque uniquement au voisinage des grandes villes, on emploie la brouette. Le siège en est constitué par un bâti en bois recouvrant la moitié supérieure de la roue; un dossier en bambou léger et deux points d’appui pour les pieds à l’extrémité antérieure des brancards assurent au voyageur une position assez stable. La roue du véhicule est en bois plein. Avec le temps, ces roues ont creusé dans le dallage en pierre des routes un sillon où les brouettes circulent en grinçant.
- C’est qu’en effet l’essieu est en bois comme tout le reste du véhicule et n’est jamais graissé. Par ailleurs, la brouette est assez intelligemment construite, avec un centre de gravité situé très en avant.
- La chaise à porteurs est d’un usage général dans la province pour les personnes qui ne désirent pas aller à pied. C’est le moyen de transport préféré„des Chinois pour plusieurs raisons : c’est le plus chic,, le plus confortable, la chaise étant toujours couverte, et on y peut dormir, ce qui est impossible à cheval ou sur une brouette. Malheureusement il est onéreux, même quand la chaise n’est qu’à deux porteurs. Pour circuler en chaise à trois porteurs, il faut être mandarin. Un préfet est généralement porté dans une chaise bleue par quatre hommes; la • chaise verte est réservée aux fonctionnaires civils ou militaires d’ordre élevé, tao-taïs, gouverneurs de province.
- Dans le portage à deux les brancards reposent directement sur les épaules des hommes. Dans la
- EN USAGE AU SE=TCHOAN (CHINE)
- chaise à quatre, les brancards sont réunis à leurs extrémités par une corde double dans laquelle passe un bâton dont les extrémités rembourrées reposent sur une épaule de chacun des porteurs d’avant et sur l’épaule opposée des porteurs d’arrière. Ce bâton est parallèle aux brancards. L’équilibre est maintenu par la main des porteurs intermédiaires posée sur le brancard. De temps à autre les porteurs changent d’épaule, opération annoncée par le cri de : « Pang-Ko ! » ; elle se fait en marchant.
- La chaise ouverte a été introduite au Se-Tchoan par les Européens sous forme d’un fauteuil en rotin pourvu de quatre montants pour recevoir une toiture en toile imperméable et, naturellement, d’une plate-forme peur les pieds.
- Les animaux de selle, le cheval et la mule, ne sont pas très prisés par les Chinois qui ont une préférence marquée pour les moyens de transport passifs. Ils figurent surtout dans les escortes de mandarins. Le cheval du Se-Tchoan est de petite taille, de l .m, 25 a 1 m. 30, mais il est résistant et de pied sûr. Bien nourri, il fournit de longues étapes. La mule a plus de taille et possède par ailleurs les mêmes qualités que le cheval au-dessus duquel elle est placée en Chine dans la hiérarchie des équidés.
- Transport des marchandises; — On dispose, pour cet objet, de la brouette, de la balançoire et de la hotte.
- La brouette, destinée au transport dés marchandises est moins bien construite que l’autre; son centre de gravité est plus près des bras du porteur, d’où nécessité d’user de la bretelle. Elle sert couramment au transport des cochons vivants posés en travers et solidement ficelés. Il est exceptionnel que ces animaux aillent en chaise, ainsi que l’a vu une fois le célèbre voyageur Marcel Monnier.
- La balançoire est pour les marchandises ce qu’est la chaise pour les personnes, le moyen de transport le plus usité; elle consiste en une longue tige, généralement en bambou, aplatie à l’endroit des épaules. La charge est répartie également aux deux extrémités de ce fléau sur une plate-forme ou dans un
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- TRANSPORT PAR TERRE EN USAGE AU SE-TCHOAN (CHINE)
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- panier suspendus comme les plateaux d’une balance. Le porteur change d’épaule sans rompre la charge, en'faisant rapidement glisser la balançoire en arrière d’un côté à l’autre. Un homme vigoureux peut porter ainsi de 30 à 35 kg sur une distance de 25 kilomètres.
- qu’une plante ou deux objets qui ne peuvent être mis en balançoire, ils les fixent au milieu d’une longue tige de bambou soutenue par deux hommes.
- On peut se demander pour quel motif les Chinois usent si peu des animaux de bât pour le transport
- Estampe chinoise représentant divers modes anciens et modernes de transport.
- Ce n’est guère qu’en montagne qu’on utilise la hotte, qui est un bâti en bois assez léger fixé sur le dos à l’aide de bretelles, comme le sac du soldat. Les objets à transporter sont placés et maintenus sur la hotte qui sert aussi au transport des individus. Pour se reposer, le porteur, en fléchissant les genoux, cale le fond de sa hotte sur un bâton dont l’autre extrémité appuie sur le sol. C’est lui le plus à plaindre des coolies, car il ne peut déhotter aussi facilement qu’on lâche la balançoire.
- Les objets trop encombrants, comme les meubles, sont portés sur le dos où ils sont liés par tout un assemblage de cordes. C’est un spectacle curieux de voir les déménageurs trimballer ainsi de volumineuses armoires. Jamais les Setchoanais ne portent sur la tête ou sur les bras ; quand, ils doivent transporter un objet unique tel
- des marchandises lourdes. Les Annales racontent que, pour éviter la concurrence vitale de l’homme et des animaux, un empereur prescrivit le sacrifice de ces derniers et la transformation des pâturages
- en rizières en vue d’assurer à l’homme une provende un peu plus large. L’utilisation des animaux de bât presque uniquement en montagne, c’est-à-dire dans des régions où la culture du riz n’est pas pratiquée, donne à cette légende un caractère de vraisemblance.
- Il est temps qu’une exploitation mieux comprise du sol et que la construction de voies ferrées au Se-Tchoan viennent augmenter les ressources alimentaires de ce pays et enlever à leur pénible métier un grand nombre des malheureux coolies porteurs tout en diminuant les frais de transport, fort onéreux par les moyens actuels. Dr J. Legendre.
- Le Gérant : P. Masson. Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2081.
- 12 AVRIL 1913.
- MALADIE DES ANCIENS OBJETS D’ART EN PLOMB
- Il y a quelques années, M. Cohen, professeur à l’Université d’Ûtrecht, démontra que Y étain pouvait contracter une maladie contagieuse dont le germe se transmettait par contact d’un échantillon à un autre.
- D’après les expériences du chimiste hollandais, cette peste métallique est un phénomène moléculaire : l’étain blanc se transforme en étain gris et comme, au cours de sa métamorphose, son volume spécifique augmente d’un quart, il se gonfle, se déchire et finalement tombe en poussière d’une extrême ténuité.
- M. Cohen a « diagnostiqué » aussi, sur d’autres métaux, la maladie de l’écrouissage. En voici, par exemple, un cas susceptible de se renouveler fréquemment. Il s’agit de récipients de lampes en laiton laminé : ces lampes se trouvaient en service depuis près de trois ans et hors d’usage lorsque le laiton apparut complètement corrodé. Bien que la composition chimique du métal n’eût pas varié, sa cohésion avait disparu,provoquant de-ci delà des fentes et des trous. L’analyse microscopique prouva que, par suite de recristallisation, le passage de l’état métastable à un état plus stable avait déterminé la corrosion de la matière en certains endroits. Le contact d’une lampe malade suffit à contaminer en peu de temps une lampe saine.
- Tout autre apparaît, selon M. Camille Matignon, la destruction progressive et spontanée des anciens objets d’art en plomb tels que sceaux, pendentifs, épingles, abreuvoirs ou mangeoires d’oiseaux, médailles, enseignes de pèlerinage, etc. Le Conservateur du Musée de Cluny,
- Fig. i. — Début de la maladiesur un médaillon en plomb du xvi® siècle.
- Fig. 2 et 3.
- Fig. 5. — Saint Georges en plomb malade.
- M. Haraucourt s’étonnant, en effet, de voir certaines pièces en plomb de ses vitrines s’oxyder, petit à petit, puis se changer en une masse pulvérulente alors que d’autres confectionnées avec le même métal demeuraient indemnes, pria ce chimiste d’examiner la question. L’éminent professeur du Collège de France se mit à l’œuvre et, après avoir analysé les poudres recueillies dans divers casiers, se rendit compte qu’elles se composaient en majeure partie de carbonate plombique et voici, selon lui, le processus de l’infection.
- Les plombs altérables renferment des traces d’une matière étrangère (chlorure) dont l’intervention, dans une première réaction, rend possible à la température ordinaire l’action simultanée sur le métal, de l’oxygène, de l’humidité et du gaz carbonique existant dans l’atmosphère. Puis ce catalyseur se
- reforme ultérieurement dans son état initial afin de provoquer à nouveau la même série de transformations chimiques. Du reste, les constatations faites par M. Matignon militent en faveur de cette théorie, car il a toujours noté la présence de chlorures dans les échantillons malades et il a réussi, d’autre part, à provoquer la contagion dans un plomb sain qu’il chlorurait artificiellement.
- Nos photographies permettent d’illustrer cette ébauche de pathologie et de thérapeutique des métaux. Regardons, par exemple, ce médaillon florentin du xvie siècle représentant Alphonse d’Aragon parVittorePisano(fig. 1).
- Derrière la tête du personnage, on voit une tache blanche qui décèle le commencement du mal. Sur d’autres illustrations (fig. 2 à 4), entre deux enseignes de pèlerinage des xue
- Enseignes de pèlerinage et tête de crayon malades. Fig. 4. — Objet similaire sain. '
- Fig. 6. — Abreuvoir d'oiseaux non attaqué.
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- LE CONCOURS DE LA BAGUETTE DIVINATOIRE
- et xvie siècles complètement blanchies, figure une pièce similaire très bien conservée. Notre gravure (fig. 7) montre une mangeoire d’oiseaux du xve siècle prête à tomber en poussière et la figure 6 un abreuvoir destiné aussi aux hôtes ailés et parfaitement indemne. Le Saint Georges et la Sainte Valérie de notre photographie (fig. 5) sont également altérés ainsi que la tête de crayon du xive siècle (fig. 8), mais on a empêché la maladie de gagner la tête du crayon pig (fig. 9) en le vernissant, prête D’ailleurs, laprésence des chlorures dans des pièces archéologiques s’explique aisément puisqu’on les découvre souvent dans le sol, et la teneur variable de ces composés Fig. 8.— Tête d’un échantillon à l’autre proviendrait de leur séjour plus ou moins prolongé dans des terrains renfermant des eaux saumâtres. Le mécanisme de l’attaque du plomb se formulerait alors de la façon suivante. Le sel marin intervient pour former un carbonate ou un bicarbo-
- de crayon malade.
- nate alcalin transitoire avec retour ultérieur à la forme chlorure ou bien encore avec la formation d’un oxychlorure de plomb. Ce cycle hypothétique entraîne, pour les produits en voie de transformation, une réaction alcaline; or, M. Matignon a pu la constater précisément en déposant une goutte de solution de phtaléine à la surface d’une lame attaquée.
- Comme remède, le chimiste propose d’enduire les objets d’art en , H| plomb d’un vernis trans- Il parent à base de fulmi-coton. Ce H corps, en supprimant à peu près
- l’action de l’air, ralentit les progrès de I
- l’oxydation, mais ne la supprime pas Fi —T.éte complètement. crayon 6
- L’implacable mort guette donc bien vernissée. des chefs-d’œuvre de nos musées et jusqu’ici la vigilance des conservateurs ne les défend guère mieux des injures du temps que de la hardiesse des voleurs. Jacques Boyer.
- - Mangeoire d’oiseaux tomber en poussière.
- LE CONCOURS DE LA BAGUETTE DIVINATOIRE
- A propos du concours de baguettisants organisé par M. Henri Mager pendant le 2e Congrès de Psychologie expérimentale tenu à Paris du 25 au 29 mars, sous la présidence de M. Boirac, nous avons reçu une correspondance à laquelle il nous est impossible de répondre : tant à cause de son abondance et de son uniformité, que des conditions personnelles dans lesquelles nous avons dû nous occuper de ce concours.
- Nous publierons incessamment un article de M. Viré sur les résultats fournis par les expériences de recherche des vides souterrains. Mais en ce qui touche celle des eaux souterraines, nous devons nous borner à reproduire la note suivante, communiquée par le Ministère de l’Agriculture au journal Le Temps, qui l’a publiée dans son numéro du 8 avril 1915 (dernière heure).
- E.-A. M.
- La question des sourciers au Ministère de l’Agriculture. — La section d’hydrologie souterraine du Comité d’études scientifiques instituée au Ministère de l’Agriculture s’est réunie ce matin, rue de Varenne, sous la présidence de M. Dabat, directeur général des eaux et forêts. Elle a examiné le résultat des travaux de _sa sous-commission qui est chargée, depuis 1910, d’étudier l’ensemble des divers appareils dont l’usage est actuelle-
- ment préconisé pour la découverte automatique des eaux souterraines.
- Au cours de cette réunion, M. Martel, membre du Comité, a donné lecture de son rapport sur les récentes expériences organisées par le 2° Congrès de Psychologie expérimentale et auxquelles ont pris part, ainsi que nous l’avons raconté, un certain nombre de « sourciers )j venus des différents points de la France.
- Il résulte des faits exposés dans le rapport de M. Martel, aussi bien que des recherches antérieures de la sous-commission, qu’il n’est possible de formuler à l’heure actuelle, aucune conclusion sur la question.
- M. Martel a fait d’ailleurs ressortir devant le Comité que les expériences ont été faites par un temps défavorable, en raison de la pluie qui les a contrariées.
- Le Comité, en conséquence, a décidé qu’il convenait de poursuivre l’étude de la découverte automatique des eaux souterraines, en procédant à de nouveaux essais, dans des conditions déterminées pa-r les nécessités pratiques. Quand, par exemple, une ville aura recherché de l’eau sur certains points de son territoire, et que ces recherches auront été infructueuses, la sous-commission d’hydrologie, qui reste chargée de diriger ces essais, pourra faire appel à des « baguettisants », qui, ainsi mis en face de la difficulté, pourront montrer leur savoir-faire.
- En ce qui concerne les recherches des cavités sèches auxquelles les sourciers se sont récemment livrés, M. Martel a fait incidemment connaître au Comité, qui n’avait pas à examiner cette question, que les résultats obtenus sont de nature à surprendre.
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- La question des tracteurs puissants est devenue d’actualité aujourd’hui, elle intéresse un assez grand
- à quatre roues motrices et directrices, avec un seul différentiel central, dont on a pu admirer les
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- Fig. i. — Principe de l’autorégulation. — D, indicateur ; E, induit; N S, pôles de l’indicateur; M, collecteur; B B', balais principaux ; CC', balais auxiliaires; II, circuit des courants compensateurs ; XY, ligne neutre.
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- Fig. 2. — Principe de l’autoexcitation. — Mêmes lettres que figure i avec en plus RR' rhéostats; K K, contacts mobiles solidaires de l’accélérateur du moteur, et destinés à faire varier les résistances.
- nombre de grosses entreprises industrielles, raffineries, exploitations agricoles, briquetteries, carrières, etc., — mais elle est du plus haut intérêt surtout pour les besoins militaires. La traction de l’artillerie lourde, et de certains équipages d’armée, par des moyens mécaniques, s’impose de plus en plus. Cette solution présente sur la traction animale, de nombreux avantages, elle permet de réaliser des vitesses de déplacement plus grandes, de couvrir des étapes journalières plus considérables, elle diminue des deux tiers la longueur des colonnes, et elle est capable d’assurer la traction du matériel dans les conditions de terrain varié accidenté les plus difficiles.
- Nous avons montré (La Nature n° 2015) à quelles difficultés on se heurtait pour établir des tracteurs puissants dans les limites de poids par essieu assez réduites qu’impose la résistance des chaussées et des ouvrages d’art, et nous avons vu que pour permettre de développer un effort de traction suffisant, sans dépasser le poids maximum de 5 tonnes par essieu, il fallait faire participer à l’adhérence le poids total de l’engin en rendant toutes ses roues motrices.
- Nous avons indiqué, comme exemple de solution purement mécanique, le tracteur Châtillon-Panhard
- prouesses aux grandes manœuvres de l’Anjou en 1912, où il a remorqué dans tous les terrains un mortier de 220 mm avec son affût et ses apparaux, c’est-à-dire un poids total de 12 tonnes.
- Actuellement, d’autres modèles sont en construction, et parmi ceux-ci, nous examinerons aujourd’hui le tracteur Balachowsky et Caire qui constitue une solution particulière et nouvelle du problème posé.
- La caractéristique essentielle de ce tracteur est d’être à transmissions électriques, avec électromoteurs disposés dans les roues elles-mêmes, et équipage électrique spécial excluant tout combinateur ainsi que tous les engrenages habituels de démultiplication.
- L’idée de transmettre 1 énergie aux quatre roues motrices, par l’intermédiaire de l’électricité, n’est pas nouvelle, mais on avait toujours considéré comme pratiquement irréalisable, surtout sans dépasser des limites de poids extrêmement réduites, la possibilité de commander directement les roues par des électromoteurs à faible vitesse, en supprimant complètement tous les intermédiaires employés jusqu’ici.
- Le problème à résoudre est en réalité le suivant : le moteur à explosions tournant à, sa vitesse de régime, et développant une puissance constante de
- Fig. 3. — Coupe d’un électro-moteur de roue. — A, essieu; B, inducteur calé sur l’essieu et supportant les roulements à billes R; C, induit; D, couronne métallique supportant le fer de l’induit ; D, plateau support du collecteur ; E, coins de serrage des lames frottantes; F, câbles; G, tambour de frein; H, corpsde roue.
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- 22 chevaux par exemple, on transforme cette puissance en watts.au moyen d’une génératrice, et il faut pouvoir distribuer cette puissance aux électromoteurs des roues, en organisant l’équipage électrique total de telle manière que la puissance transmise aux roues s’adapte immédiatement et automatiquement aux diverses exigences de la traction sur route (pentes, rampes, palier, variations de résistance de la chaussée, etc.).
- Une simple comparaison fera comprendre facilement le problème qu’il fallait résoudre.
- Sur un véhicule à transmission mécanique, avec boîtes de vitesses à engrenages, on adapte la puissance disponible à la jante aux diverses exigences de la traction, en transformant les deux facteurs, vitesse de translation et effort moteur, dont le produit (F. V.) est égal à cette puissance, au moyen des changements de vitesses, pour obtenir de nouvelles combinaisons — F,V2 = FSVS ... — FV dans lesquelles on gagne en force ce qu’on perd en vitesse ou réciproquement, pour se plier au terrain et aux circonstances.
- Avec les transmissions électriques, la puissance disponible à la jante peut s’exprimer par un certain nombre de watts, dont l’expression est égale à tout instant au produit du voltage par l’intensité du courant utilisé (W = El). La variation du voltage correspond à la vitesse, et la variation de l’ampérage correspond à l’effort moteur. Il faut donc pour se plier aux diverses exigences de la traction, pouvoir faire varier le voltage et l’ampérage en sens inverse l’un de l’autre, à la demande des circonstances, mais de telle sorte que le produit de ces deux facteurs reste toujours égal au nombre de watts disponibles.
- Ce qui rend originale et caractéristique la solution de MM. Balachowsky et Caire, c’est que cette transformation des deux éléments du courant débité par la génératrice, se fait automatiquement, sans l’intervention du conducteur, à la demande même des roues motrices, suivant la résistance que celles-ci ont à vaincre.
- Le véhicule ayant une certaine vitesse en palier, si une côte se présente, il ralentit de lui-même, tandis que l’effort moteur aux jantes augmente dans les proportions nécessaires.
- Le moteur à explosions actionne directement une dynamo génératrice, dont l’inducteur placé au centre est fixe, tandis que l’induit constitue le volant même du moteur. Cette disposition a été adoptée pour réaliser une meilleure ventilation de l’induit.
- Les deux difficultés à vaincre, pour résoudre le problème indiqué plus haut, étaient l’autorégulation, et l’autoexcitation.
- L’autorégulation consiste à assurer la diminution du flux au moment où l’ampérage augmente, et inversement, de manière que la puissance absorbée par la génératrice reste constante, tant que la vitesse de rotation du moteur thermique reste elle-même constante,
- 11 est donc nécessaire d’obtenir que le couple résistant opposé par la génératrice reste constant dans les conditions ci-dessus, quelle que soit l’augmentation de l’intensité du courant débité par cette génératrice.
- Cela revient à obtenir, si on appelle E et I le voltage et l’intensité maximum admissibles pour la génératrice, pour une vitesse invariable du moteur, que la puissance électrique en watts puisse varier de E I
- -Xl à E On obtient ce résultat en créant, au n n
- sein même de l’induit, une zone dans laquelle circulent des courants compensateurs obtenus d’une manière spéciale, capable de permettre d’atteindre pour n, la valeur 3 au moins. Un tel résultat n’est guère possible par les moyens habituels de production de ces courants compensateurs, solénoïdes, enroulements-série, ou antagonistes, etc.
- Pour atteindre les limites d’action indiquées, sur le flux, on a eu recours au procédé suivant (fig. 1) :
- Aux deux balais principaux habituels montés sur un même collier mobile, on a adjoint deux balais auxiliaires montés également sur un autre collier mobile, de telle sorte que les deux jeux de balais peuvent prendre entre eux, ou par rapport à l’axe géométrique, toutes les positions pouvant convenir au réglage.
- Si la machine est établie de telle façon que le flux de l’induit se rapproche ou domine celui de l’inducteur, il en résultera un déplacement de la ligne neutre, qui devra toujours se faire entre les deux balais de même nom des couples précédents.
- Si ces balais sont reliés entre eux par un enroulement inducteur gros fil, de résistance appropriée, le déplacement de la ligne neutre fera varier la différence de potentiel entre les balais de même nom.
- Cette différence de potentiel est à tout instant la résultante des forces électromotrices de sens contraire, siégeant dans les spires de champs différents embrassées par les balais, et qui varient avec la position de la ligne neutre, c’est-à-dire avec la charge.
- On peut donc déterminer la position relative des balais de même nom de telle façon que, lorsque la différence de potentiel fournie par la génératrice est maximum, les enroulements inducteurs considérés soient alimentés par un courant résultant magnétisant, c’est-à-dire concourant à l’excitation de la machine.
- Au fur et à mesure que l’intensité débitée par la génératrice augmente, la ligne neutre, en se déplaçant, diminue la force électromotrice résultante, entre les balais de même nom qui alimentent les enroulements compensateurs, et le flux total de la machine diminue.
- Cette force électromotrice passera par zéro, pour changer de sens, lorsque la ligne neutre continuera à se déplacer sous l’influence de l’augmentation de l’intensité du courant débité, et l’affaiblissement du flux total continuera à se manifester jusqu’à la
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- limite, les enroulements précédents agissant à ce moment-là comme démagnétisants.
- Bien entendu, cette partie de l’excitation n’intervient que pour la régulation, et un enroulement ordinaire assure l’excitation de la génératrice.
- Lorsque cetté dernière est actionnée à une faible vitesse, pour favoriser l’amorçage on a recours au dispositif indiqué figure 2, qui constitue l’auto-excitation.
- Entre l’un des balais, 'a l’une des extrémités de l’enroulement inducteur compensateur, se trouvent intercalées des résistances allant de l’infini à zéro, c’est-à-dire aboutissant au montage normal de la figure 1.
- Lorsque la résistance est infinie, c’est-à-dire quand le contact avec une des résistances n’existe pas, le courant total issu de la génératrice traverse les enroulements précédents, il diminue ensuite dès que
- L’autorégulation obtenue par les moyens précédents est telle, que pour évoluer sur une route quelconque, de profil variable, les variations de l’effort résistant éprouvées par les roues règlent d’elles-mêmes automatiquement l’allure du véhicule, tandis que le moteur thermique continue à tourner à sa vitesse constante de régime.
- Quant aux électromoteurs des roues motrices, ils sont organisés comme l’indique la figure 5. L’inducteur est calé sur l’essieu et reste fixe, il supporte par des roulements à billes la roue elle-même dont le moyeu se trouve constitué par l’induit mobile. Les câbles de courant arrivent par le centre à travers des canaux ménagés dans la partie centrale de l’inducteur. La roue comporte des tambours de freins de friction, mais on dispose aussi comme moyen retardateur du freinage électrique.
- L’ensemble de l’équipement électrique a été très
- Fig. 4. — Camion Balachowsky et Caire.
- le contact est établi, et que l’on fait augmenter les résistances.
- En pratique, le déplacement du contact des rhéostats est solidaire de la pédale d’admission des gaz au moteur thermique.
- On favorise ainsi l’amorçage à basse vitesse, en faisant passer tout ou partie du courant principal dans l’enroulement supplémentaire, pour aboutir finalement au montage permettant l’autorégulation, dès que le régime normal du moteur thermique est atteint*
- largement calculé pour permettre de fournir des efforts supérieurs à ceux dont on a besoin généralement.
- Le tracteur comporte quatre roues motrices garnies de bandages en caoutchouc, et peut développer sur sol sec un effort moteur égal à la moitié de son poids en charge. S’il s’agit d’un simple camion porteur, on se contente, comme d’ordinaire, de deux roues motrices à l’arrière, comme l’indique la figure 4. D. Renaud.
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- Quand, l’année dernière, ML Vilhjalmur Ste-fansson revint de son séjour de cinq années et demie dans les régions arctiques avec la nouvelle qu’il y avait découvert des tribus aux yeux bleus, au teint clair, à la barbe et aux cheveux tirant sur le roux, il se trouva des'ethnographes pour
- hausser les épaules et sourire d’incrédulité. Ils auraient pu se souvenir, cependant, que le jeune explorateur avait accompli déjà, en 1906, un voyage de découverte et d’étude sur les rivages de l’océan Glacial qui l’avait couvert de gloire.
- Descendant le Mackenzie jusqu’à son embou*
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- chure, il explorait les régions avoisinantes, passait deux hivers parmi les Esquimaux, dont il étudiait les mœurs et les dialectes, et s’imposait au retour une route à travers des régions inconnues : il descendait la rivière du Porc-Epic et le Yukon.
- Dès son retour en pays civilisé, M. Stefansson s’attelait à la réalisation d’un nouveau projet, qu’il résuma modestement en ces quelques mots : il ne se proposait pas de découvrir le Pôle ou de donner son nom à quelque nouveau continent, mais bien de chercher à entrer en contact avec des races qui n'auraient jamais eu de rapports avec la civilisation, et, s’il découvrait de pareilles races, de les étudier sur le vif.
- Son programme rencontrait bon accueil auprès de l’American Muséum of Natural History, de New York, et le Canada demandait à participer officiellement aux frais de l’expe'dition. Stefansson s’adjoignait un naturaliste de haute réputation, le Dr Rudolph M. Anderson, et l’expédition était désormais désignée sous le nom de Stefansson-Anderson Arctic Expédition. Elargissant son programme tout en conservant aux éludes ethnographiques la première place, elle devait étudier en même temps la faune de ces régions désolées. Nous montrerons dans un prochain article l’abondance et l’intérêt du butin zoologique rapporté par le Dr Anderson.
- Notre but se limitera cette fois à exposer en leurs grandes lignes les résultats ethnographiques obtenus par l’expédition, en mettant à profit, avec l’autorisation de l’auteur, la relation qu’il vient de publier dans le Harper s Magazine. Notons dès à présent que M. Stefansson parcourut à pied, en l’espace de cinq années, plus de 16000 kilomètres, itinéraire qui s’effectua en grande partie à travers des régions totalement inconnues.
- Descendant le Mackenzie comme Stefansson l’avait fait en 1906, les deux compagnons atteignaient l’embouchure de ce fleuve vers la fin de l’été de 1908, et, se confiant à deux pirogues indigènes, exploraient la côte septentrionale de l’Alaska. L’hiver suivant, ils visitaient tous les camps d’Esquimaux situés entre le Colleville et le Mackenzie, revenaient par eau, durant l’été de 1909, jusqu’à la baie de Franklin, et passaient le long hiver arctique parmi les Esquimaux chasseurs de la vallée du Horton.
- Au printemps de 1910, Stefansson, se séparant du Dr Anderson, partait avec trois Esquimaux vers le golfe d,u Couronnement sans s’encombrer de provisions, résolu qu’il était à vivre du produit de sa chasse, entreprise audacieuse qu’il devait mener à bonne fin. Au cours de cette mémorable campagne de douze mois, il découvrait un premier village d’Esquimaux qui n’avaient jamais aperçu un homme blanc, apprenait d’eux l’existence des Esquimaux à teint clair, et, prenant pour guide un de ces indigènes, poussait jusqu’au cap Bexley, où il trouvait un premier campement de cette race mystérieuse.
- Durant l’année 1911, les deux voyageurs se réunissaient pour explorer les rivages du vaste golfe du
- Couronnement et l’immense région totalement inconnue comprise entre le Coppermine et le Horton. Puis, sans autre compagnon qu’un Esquimau, Stefansson traversait ce même golfe, s’enfonçait dans l’intérieur de la Terre de Victoria, et revenait hiverner parmi les Esquimaux de la vallée du Horton. Il en repartait le 22 mars 1912, parcourait à pied les 1700 kilomètres qui le séparaient de Point-Barrow ; où il arrivait le 15 juin pour s’embarquer sur le cutter envoyé à sa rencontre par le Gouvernement américain.
- L’expédition prenait fin. Mais nous savons déjà que l’infatigable explorateur ne rentrait à New York que pour en organiser une nouvelle, et nous ne pouvons que souhaiter qu’elle soit aussi fertile en résultats scientifiques que celle dont nous allons parler.
- Le 21 avril 1910, quand Stefansson, partant de ses quartiers d’hiver du cap Parry avec trois Esquimaux, six chiens, un traîneau, 960 cartouches de fusil et quinze jours de vivres, se mit en route vers l’Est, il désespérait presque du succès de sa mission : vainement, il avait cherché depuis deux années une tribu pure de tout contact avec le monde extérieur. Et il s’enfonçait maintenant dans une région où les rares explorateurs qui l’avaient précédé n’avaient rencontré aucun signe d’habitation humaine. Y trouverait-il seulement du gibier?
- Après dix-neuf jours de marche, Stefansson et ses trois Esquimaux (dont une femme, qui n’était pas la moins intrépide), découvraient enfin des marques laissées sur la glace par le passage de traîneaux, puis un village abandonné comprenant une cinquantaine de huttes. Les voyageurs se remettaient en chasse, apercevaient, après six jours de marche, un second village abandonné par la même tribu, et distinguaient enfin trois indigènes occupés à guetter des phoques par des ouvertures taillées dans la glace. Ces indigènes faisaient partie de la peuplade si laborieusement cherchée : elle avait bien entendu parler d’hommes au visage pâle, mais n’avait jamais eu, de près ou de loin, le moindre contact avec la civilisation. Elle ignorait jusqu’à l’existence de l’allumette chimique, et soupçonnait encore moins celle des armes à feu.
- Il est intéressant de noter comment s’effectua le premier contact entre les représentants de l’Age de la Pierre et les représentants de l’Age de l’Acier. Stefansson avait chargé un de ses Esquimaux, Tan-naumirk, d’aborder l’un des chasseurs de phoques. Assis près du trou percé dans la glace, l’homme resta immobile en feignant d’ignorer l’approche de l’étranger, mais tout en le surveillant par de rapides regards lancés en dessous. Soudain, comme la distance était réduite à cinq ou six pas, le sauvage se dressa en brandissant un long couteau, prêt à bondir.
- Au lieu de frapper, il resta comme figé dans cette attitude belliqueuse, tout en laissant entendre une sorte de chant monotone qui remontait du fond
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- du gosier sans que les lèvres s’entrouvrissent. Comme Stefansson l’apprit plus tard, l’homme était convaincu qu’il avait devant lui un fantôme, et que ces intrus, vêtus de vêtements étranges, accompagnés de chiens très différents de ceux de sa tribu et comme forme et comme taille, venaient d’un mystérieux au delà peuplé de génies malfaisants. Or, quiconque oublie de prononcer au moins un son chaque fois qu’il aspire de l’air en présence d’un esprit s’expose à devenir fou.
- Durant une quinzaine de minutes, le sauvage fit entendre sa plainte gutturale, tout en gardant son couteau levé, pendant que Tannaumirk le haranguait du mieux qu’il pouvait et s’efforçait de le convaincre que lui et ses compagnons n’avaient aucune intention maligne. L’homme se décida enfin à prêter l’oreille, puis, à répondre. Il parlait un dialecte aussi semblable à celui de l’Esquimau demi-civilisé que l’espagnol l’est au portugais, et ils finirent par se comprendre. Le sauvage demanda avant tout à tâter le nouveau venu pour s’assurer qu’il n’était pas un esprit et qu’il n’avait pas de couteau sous ses vêtements.
- Après une interminable perquisition, il le pria de l’accompagner au village, mais en imposant comme condition sine qua non que ses compagnons ne les suivraient qu’à bonne distance.
- Les deux Esquimaux arrivaient au village, dont tous les habitants, au nombre d’une cinquantaine, se tenaient déjà, très surexcités, devant le seuil de leurs huttes de neige. Le sauvage leur .annonçait solennellement que les nouveaux venus étaient d’honnêtes personnes, des « gens sans couteau », et tous, hommes, femmes, enfants, s’élançaient à la rencontre de Stefansson et de ses compagnons. Le premier arrivé se présentait lui-même, selon l’étiquette :
- — C’est moi qui suis Un-Tel. Je suis bien disposé envers toi, et je n’ai pas de couteau. Qui es-tu ?
- Chacun des nouveaux venus répondait à la question, en ajoutant que son couteau était resté sur le traîneau et qu’il n’en cachait pas un autre sous sa veste. L’homme exprimait alors sa satisfaction et s’effaçait, pour permettre au camarade suivant de se présenter et de répéter l’interrogatoire. Parfois, un homme présentait, sa femme, ou une femme, son mari. Gaîment, les femmes déclaraient qu’elles avaient hâte de se faire présenter, car il leur fallait
- retourner dans leurs huttes pour préparer un bon morceau en l’honneur des voyageurs.
- « Les hommes, raconte M. Stefansson, nous demandèrent ensuite de choisir l’emplacement de notre camp, et, le choix fait, une demi-douzaine de bambins reçurent l’ordre d’aller chercher dans les maisons de leurs pères les truelles à neige et les mitaines dont les Esquimaux se servent en construisant leurs iglos. On ne nous permit pas de collaborer à la construction de la hutte, et nous nous résignâmes à surveiller passivement le travail actif des maçons, qui ne demandèrent que trois heures pour nous livrer une hutte spacieuse.
- « Quand ils l’eurent meublée de peaux, de fourrures et de lampes, ces braves gens nous exprimèrent l’espoir que nous l’occuperions jusqu’à ce que le dernier morceau de viande de leurs provisions fût consommé. Ils n’iraient pas à la chasse aux phoques tant que nous resterions avec eux, et
- ne reprendraient leurs habitudes que lorsque leurs enfants commenceraient à crier la faim. Notre séjour parmi eux serait une saison de fêtes, car c’était bien la première fois que leur tribu recevait la visite d’étrangers venus de si loin qu’elle n’avait jamais entendu parler de leur pays d’origine ! »
- Ces bons sauvages, qui savaient pratiquer si noblement les lois de l’hospitalité, mirent deux jours à comprendre que Stefansson était un de ces kablunats, un de ces hommes blancs dont ils avaient vaguement entendu parler par des représentants de tribus situées plus à l’Ouest. Et comme il s’étonnait qu’ils ne l’eussent pas compris dès le premier abord en voyant ses yeux bleus et sa barbe blonde, ils protestèrent :
- — Mais comment aurions-nous pu le deviner, puisque nous avons vers le Nord des voisins qui ont des yeux et des barbes comme les vôtres ?
- Pour la première fois, la Science, en la personne de Vilhjalmur Stefansson, entendait parler d’Esqui-maux aux yeux bleus et à la barbe blonde ! Ce propos recueilli de la bouche d’un sauvage par un ethnographe devait être le point de départ d’ardentes controverses dans le monde scientifique en révélant l’existence d’une race mystérieuse.
- On comprend que l’explorateur ait eu hâte de vérifier une information d’une importance aussi capitale. Dès le lendemain, il se mettait en route
- Fig. i. — Esquimaux de la Terre de Victoria partant chasser le caribou avec leurs arcs.
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- avec un de ses hommes, Natkusiak, et un Esquimau qui se faisait fort de les conduire au premier village des Haneragmiuts. Après une marche ininterrompue de près de vingt-quatre heures, les voyageurs découvraient enfin un groupe de quatre maisons de neige bâties sur la mer congelée, à une dizaine de mètres du rivage de la Terre de Victoria : .
- Selon la coutume esquimaude, ils faisaient halte à une distance de sept à huit cents mètres, et le guide, continuant seul son chemin, pénétrait successivement dans les quatre huttes pour en réveiller les habitants et leur annoncer la visite. Us s’habillaient en grande hâte, s sortaient pour entourer le guide et l’assaillir de leurs questions impatientes, puis, le laissant courir au-devant des deux voyageurs, s’assuraient que leurs chiens étaient solidement attachés et qu’ils ne pourraient pas attaquer l’attelage des visiteurs.
- Le guide annonçait à ses compagnons qu’ils pouvaient approcher sans crainte, leur transmettait le message de bienvenue des Heneragmiuts, rebroussait chemin avec eux, les arrêtait à deux cents mètres des maisons. Aussitôt, les neuf habitants mâles du village s’avancaient de front, à pas comptés, les bras levés au-dessus de leur tête, et en répétant à voix haute : « Nous sommes des amis. Nous sommes ce que nous paraissons être. Votre venue nous rend joyeux. »
- Selon les instructions du guide, Stefansson,
- Natkusiak, et le guide lui-même, restaient immobiles, en levant les bras en l’air. A la distance de neuf à dix' mètres, les .neuf hommes s’arrêtaient, avec un ensemble digne de soldats bien exercés, et, le guide, s’avançant de quelques pas, s’arrêtait devant le premier homme de la file, attendait qu’il prononçât son nom» se aioramait à son tour, faisait un pas à gauche pour se trouver en face du deuxième homme, échangeait les présentations, et ainsi de. suite, jusqu’au neuvième homme. Successivement, Stefansson et son compagnon répétaient cet étrange manège, et la partie cérémonieuse de la bienvenue prenait fin.
- Nous dirons en peu de mots quelle fut la suite de
- l’accueil : la hutte' rapidement construite pour les étrangers, l’invitation qu’ils acceptèrent de pénétrer dans les maisons pour y être présentés aux femmes et y participer à des, festins de « soupe au sang de phoque » et de viande de phoque bouillie. Nous avons hâte d’emprunter quelques extraits m'Journal de Stefansson et de montrer l'impression que lui produisit sa première rencontre avec ces « Esquimaux blonds ». Voici ce qu’il écrivit le soir de cette journée mémorable, 16 mai 1910:
- « Je comprends maintenant pourquoi les indigènes du cap Bexley m'ont pris l’autre jour pour un Esquimau. Parmi ces . 1 * " neuf Esquimaux (dont
- trois jeunes garçons), il en est trois dont la barbe est presque de la couleur de la mienne, et on les prendrait aisément pour de véritables Scandinaves.... Les traits du visage et les proportions du corps sont bien ceux de robustes Scandinaves au teint brûlé par le soleil et le grand air.... »
- Si cette première entrevue était restée sans lendemain, Stefansson lui-même aurait pu se croire le jouet d’une illusion ; mais il restait plus d’une année parmi les indigènes de la Terre de Victoria, apprenait à les connaître presque tous de nom, les étudiait de près, les soumettait même à des mensurations. Il constatait que plusieurs avaient les yeux d’un bleu clair, presque châtain, et les cheveux plus foncés, mais avec des reflets roux, et que, chez quelques-uns, les sourcils étaient d’un blond très pâle. Il remarqua aussi que plusieurs avaient les cheveux bouclés.
- Ces signes suffiraient à indiquer que les indigènes de la Terre de Victoria, bien qu’ayant la même langue et les mêmes habitudes que les Esquimaux, n’ont pas la même origine ethnique, car ceux-ci ont les yeux noirs, les cheveux noirs et lisses, la barbe noire et peu fournie. En outre, ils sont de stature médiocre, tandis que les premiers sont de grande faille, et larges d’épaules. Mais voici un trait plus scientifique. Chez les Esquimaux, ainsi que le lecteur pourra en juger en comparant entre elles deux de nos photographies, le crâne est beaucoup plus étroit que
- Fig. 2. — Esquimau de la race commune, montrant la forme caractéristique du crâne.
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- LES ESQUIMAUX BLONDS DE LA TERRE DE VICTORIA 313
- Fig. 3. — Esquimaudes de race métis de la Terre de Victoria.
- la face ; leur index facial varie selon les tribus entre 405 et 102. Au contraire, chez les indigènes de la Terre de Victoria, le crâne est sensiblement plus large que la face, et Stefansson, après avoir mesure 104 adultes mâles, a pu s’assurer que l’index de la race est de 97.
- Pour comprendre tout l’intérêt historique et ethnographique de la découverte de Stefansson, il convient de nous reporter aux annales Scandinaves. On sait que les Norvégiens colonisèrent les rivages de l’Islande dès l’an 872. Quelque temps plus tard, un navigateur islandais, nommé Gurinbjorn, rapporta la nouvelle qu’il avait aperçu des îles à l’Ouest de l’Islande. En 982, un fameux aventurier, Eric le Rouge, exilé de Norvège pour ses crimes, vint se fixer en Islande, où il commit de nouveaux assassinats qui l’obligèrent à prendre la fuite. Il prit la direction qu’avait indiquée Gunnbjorn, découvrit le Sud du Groenland (qu’il nomma ainsi, dit la chronique, pour mieux attirer les colons en leur faisant accroire que cette terre était recouverte de prairies verdoyantes !), et revint en Islande pour y organiser une expédition.
- En 983, une flotte de 25 navires partit d’Islande pour le Groenland, qu’atteignirent seulement quatorze dans le nombre. Il est probable que ce premier contingent d’émigrants comprenait environ 700 âmes, et les annales Scandinaves nous apprennent que la jeune colonie prospéra rapidement, et qu’elle établit un fructueux commerce d’échange avec la mère-patrie, à laquelle elle envoyait de l’ivoire, des peaux, de l’huile et des produits agricoles (beurre, laine, etc.) Nous savons déjà que le fils d’Eric le Rouge,
- Leifr Eiriksson, découvrit le Labrador en l’an 1000. Nous savons aussi qu’au xme siècle, les Scandinaves du Groenland, qui devaient être au nombre de 4000, organisèrent une véritable
- compagnie de navigation dont les navires, construits au Groenland, venaient chercher des bois au Labrador pour les transporter en Islande et en rapporter des objets manufacturés.
- La décadence commença en 1294, quand un roi de Norvège accorda à une firme de Bergen le monopole du commerce groenlandais, en interdisant aux colons de construire des navires. Vers la même époque, les Esquimaux commencèrent à attaquer la colonie et détruisirent vers 1341 les comptoirs les plus septentrionaux, La peste noire, qui ravagea horriblement le Nord de l’Europe, et la guerre qui éclata entre la Norvège et la Ligue hanséatique, se combinèrent pour interrompre toutes communications entre la Norvège et l’Islande, d’une part, les colonies Scandinaves du Nouveau Monde, de l’autre. Quand, deux siècles plus tard, en 4585, l’Anglais Davis redécouvrit le Groenland, il n’y trouva plus que des villages d’Esquimaux.
- Qu’étaient devenus les colons ? Avaient-ils été massacrés jusqu’au dernier? S’étaient-ils fondus dans la race esquimaude par des mariages ? Avaient-ils traversé le détroit de Davis pour chercher vers l’Ouest les terres plus hospitalières dont les rivages avaient reçu la visite de leurs ancêtres ? M. Stefansson est partisan de la théorie de l’exode, et, dans ce cas, il est permis de supposer que les émigrants, fuyant les Esquimaux du Groenland, eurent bientôt à se défendre contre ceux du Labrador, qui les obligèrent à pousser plus loin vers l’Ouest, puis, vers le Nord, à la recherche de régions giboyeuses où la lutte pour l’existence se ferait moins âpre grâce à l’absence de tribus autochtones. La vaste Terre de Victoria, où abondent les boeufs musqués, les caribous, les phoques et les oiseaux sauvages (oies, cygnes, etc.), fut la terre promise où aboutit l’exode.
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- En savant consciencieux qu’il est, M. Stefansson se garde d’affirmer que ses Esquimaux blonds soient les descendants des Scandinaves disparus du Groenland au cours du xive siècle; mais il serait difficile d’expliquer autrement l’existence de cette race
- mystérieuse. De toute façon, le lecteur aura compris la haute importance de la découverte de Yilhjalmur Stefansson, au point de vue de l’ethnographie comme à celui de l’histoire.
- Y. Forbin.
- L’ALIMENTATION DE LONDRES EN EAU POTABLE
- La première application en grand des pompes à combustion interne.
- L’alimentation des grandes villes en eau potable est un problème qui se pose aujourd’hui dans presque tous les pays : le développement continu delà population, l’accroissement rapide des besoins par suite
- monde. Gomme son niveau est notablement plus élevé que celui de la rivière qui l’alimente, les eaux doivent être élevées mécaniquement. A cet effet, les ingénieurs du métropolitain YVater Board n’ont
- Fig. i. — Coupe de Vinstallation élévatoire de Chingford.
- des progrès de l’hygiène et du confort mettent partout les services publics dans l’obligation de créer des ressources nouvelles. Londres, tout comme Paris, Berlin et New York, se trouve aujourd’hui dans l’obligation d’accroître, au prix de travaux considérables, ses réserves en eau potable. La capitale anglaise dispose, depuis quelques jours, d’un nouveau réservoir de grandes dimensions, établi sur la rivière Lea. Le réservoir de Chingford pourra emmagasiner plus de 25 millions de, mètres cubes, qui s’ajouteront aux 11 millions de mètres cubes que retiennent déjà, sur cette même vallée de la Lea, les réservoirs de Banburg et de Walthamstow, pour alimenter la région Est de Londres. Il mesure une superficie de 250 hectares et sa profondeur dépasse par endroits 12 mètres.
- Le réservoir de Chingford présente une particularité qui en fait une œuvre actuellement unique au
- pas hésité à recourir à un engin d’invention récente et ne comptant encore qu’un petit nombre d’applications, nous voulons dire la pompe à combustion interne Humphrey. Lés lecteurs de La Nature connaissent bien ce type nouveau (v. n° 1925), une des plus remarquables créations mécaniques de ces dernières années. La pompe Humphrey utilise directement, pour élever l’eau, la puissance libérée par l’explosion et la détente d’un mélange gazeux dans une chambre de combustion. Elle économise donc les transformations nombreuses que tous les autres types de poinpes font subir à la puissance motrice pour lui faire accomplir le travail de l’élévation de l’eau.
- L’expérience tentée à Chingford est singulièrement hardie : il s’agit d’élever chaque jour 810 000 mètres cubes d’eau à une hauteur variant entre 7 m. 50 et 9 mètres. A cet effet, on a installé 5 pompes
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- Fig. 2. — Les conduites de refoulement élevant Veau dans le réservoir de Chingford. En cartouche : l'une des conduites en charge.
- capables de développer chacune une puissance de 500 chevaux environ.
- Il fallait que les qualités du nouvel engin inspirassent grande confiance, car lorsque les contrats furent signés, il n’existait en service qu’une pompe Humphrey,modèle expérimental d’une puissance de 50 chevaux environ.
- Il est vrai que les avantages de la pompe à combustion interne sont énormes : simplicité de fonctionnement, économie considérable de combustible, réduction du prix de premier établissement. Le devis d’établissement des pompes Humphrey réalise une
- économie de 475000 francs par rapport au devis le plus bas dressé en prévoyant des pompes centrifuges mues par machine à vapeur à triple expansion.
- La pompe ne comporte aucune pièce mobile, en dehors des soupapes dont le jeu assure les admissions de l’air frais et l’expulsion des gaz brûlés. La pression d’explosion s’exerce sur l’eau elle-même qui forme piston, donc pas de graissage, pas d’usure mécanique, et grande économie dans le fonctionnement.
- La Société qui a assuré la construction de ces pompes s’est engagée à ne pas dépasser une con-sommation de charbon de 495e1
- Fig. 3. — Une des pompes Humphrey vue par-dessus.
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- par cheval-heure. Le mélange combustible envoyé dans la chambre d-explosion des pompes Humphrey est du gaz pauvre provenant de gazogènes à anthracite Dowson. Malgré le prix élevé de l’anthracite, la dépense en combustible sera 2 à 3 fois inférieure à ce qu’elle serait avec toute autre installation.
- Devant de pareilles promesses, on conçoit tout l’intérêt avec lequel les ingénieurs du monde entier suivent l’exploitation du réservoir de Chingford. La question n’intéresse pas moins les contribuables, puisqu’on dernière analyse, c’est eux qui bénéficieront de l’économie réalisée. R. Yillers.
- ANTENNES POUR T. S. F.
- Quand on se trouve à une petite distance du point d’émission des ondes herziennes, les appareils de réception fonctionnent pour ainsi dire sans antenne; il en est
- qui se dispose horizontalement parallèlement au sol. On obtient un excellent rendement, permettant de recevoir à longue distance, en tendant à 1 mètre au-dessus du
- Isolant
- Isolant
- Isolant
- Fig. J.
- ainsi à Paris où l’on reçoit les signaux horaires de la Tour F. L. avec la plus grande facilité. Mais en province il n’en est plus de même et les détecteurs doivent être reliés à des fils spécialement disposés pour recueillir les ondes.
- On a indiqué que les fils télégraphiques ou téléphoniques de lignes aériennes peuvent être utilisés, mais il n’est pas toujours possible d’y rattacher un détecteur ; le plus souvent on sera obligé de faire une installation spéciale. Nous pensons qu’il sera intéressant de donner quelques indications à ce sujet comme suite à l’article que nous avons publié sur -la fabrication d’un détecteur.
- Les renseignements qui suivent et les dessins qui les accompagnent nous ont été très obligeamment fournis par M. Paul Jégou, ingénieur électricien, qui s’est tout particulièrement occupé des questions de T. S. F. et dont nous avons déjà signalé ici plusieurs inventions très intéressantes.
- Le fil à employer pour confectionner une antenne peut sans inconvénient être du fil de fer galvanisé de 5 à 7 dixièmes de millimètre.
- Le fil de cuivre ne s’imposerait que si on voulait pouvoir faire Y émission ; dans ce cas, la théorie indique qu’il y a un réel avantage à l’employer, mais il est entendu que nous ne nous occupons pas ici d’autre chose que de réception.
- L’antenne la plus simple à installer, quand on a de la place, comme cela arrive souvent à la campagne, est celle
- immmmk
- Fig. 2.
- sol (fig. 5) deux fils parallèles écartés d’environ 50 à 60 centimètres l’un de l’autre. Il suffit de planter 2 ou 3 piquets supportant une petite irergue, et de faire passer le fil dans des isolateurs suspendus à ses extrémités. On aura d’excellents isolateurs en prenant des poulies de porcelaine qu’on trouve chez tous les fournisseurs d’accessoires pour l’électricité.
- On entoure la poulie avec une ficelle pour la suspendre au support et on fait passer le fil métallique dans le trou central.
- Avec une antenne de ce genre n’ayant que 50 à 40 mètres de long on reçoit très bien à 250 kilomètres et, si on peut lui donner 70 mètres de longueur, on peut augmenter sa faculté de réception jusqu’à 400 kilomètres. La longueur de l’antenne est un facteur très important pour la réception.
- M. Jégou a démontré, dans une communication à l’Académie des Sciences (séance du 21 octobre 1912), que pour obtenir un rendement maximum dans les antennes de ce genre il faut et il suffit que deux fils soient associés. Si on ne tend qu’un seul fil, il ést nécessaire de disposer d’une longueur beaucoup plus considérable.
- Dans le cas où l’on ne veut pas installer des poteaux spéciaux avec supports isolés, on peut employer du fil émaillé qu’on pose sur des branches d’àrbre; mais il faudra toujours avoir deux fils écartés l’un de l’autre et avoir grand soin qu’ils ne touchent le sol en aucun point ce qui, par un phénomène spécial, empêcherait toute réception. A l’une des extrémités de l’antenne on réunit
- Fig. 3.
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- les deux fils ensemble (fig. 5) pour les rattacher au poste récepteur R qui communique avec la terre au moyen d’un fil aussi court que possible, c’est-à-dire en évitant d’employer du fil aérien qui viendrait contrarier le rôle de l’antenne.
- Si on n’a pas un espace suffisant pour disposer des fils parallèlement au sol, on pourra souvent obtenir une assez grande longueur de fils en les disposant dans le sens de la hauteur. On devra alors se rapprocher autant que possible de la disposition dite en parapluie. On y arrivera, par exemple, en suspendant l’extrémité des fils à la lucarne d’une mansarde. On donnera soit la disposition de deux V séparés par une vergue de bois (fig. 1), soit la disposition de deux V accolés (fig. 2). Avec des fils de 20 à 25 mètres de long environ on reçoit les signaux horaires et météorologiques de la Tour F. L. à 350 kilomètres avec la première disposition (fig. 1) et 250 kilomètres avec la seconde (fig. 2).
- Des hauteurs plus considérables permettraient d’aug-
- menter notablement la distance de réception. Le diamètre des fils importe assez peu pour la réception, mais il faut tenir compte des efforts qu’ils ont a supporter-, surtout par grand vent.
- Pour les raccords de différents fils aux points de jonction on peut se passer de soudure, mais il faut tordre énergiquement et sur une assez grande longueur les fils à réunir. Dans ce cas, il faut, nous dit M. Jégou, s’attendre cependant à voir au bout d’un certain temps l’intensité de la réception se modifier, jusqu’à même s’annihiler complètement, puis reprendre ensuite sans cause apparente. Il est bon d’être prévenu de ce fait afin de ne pas attribuer aux détecteurs ou téléphones ce qui vient de l’antenne. Ces contacts imparfaits aux points de jonction jouent un rôle assez mal défini, mais M. Jégou a constaté que si on utilise momentanément l’antenne pour l’émission d’ondes produites par une petite bobine d’induction, elle redevient pendant un certain temps aussi bonne qu’au début. G. Ciialmarès.
- t
- CHRONIQUE
- Salade d’ailettes des turbines du « Lusitania».
- — Alors que le grand paquebot Lusilania entrait ces jours derniers à Fishguard Harbour, il eut à manœuvrer rapidement pour éviter un abordage avec un vapeur qui croisait sa route. A ce moment précis, une avarie se produisit dans l’appareil hydraulique qui sert à transmettre les mouvements de la i;oue sur la passerelle au servomoteur qui commande le gouvernail. Le gouvernail se trouva donc immobilisé au moment critique et, pour
- parer au danger imminent d’abordage, le commandant ordonna de faire marcher les turbines en arrière à toute vitesse.
- L’ordre fut exécuté, mais la pression de la vapeur fut, il faut le croire, trop forte, et plus d’un million d’ailettes des turbines furent arrachées de leur logement. Le remplacement de ces ailettes coûtera plusieurs millions de francs et immobilisera le Lusitania pendanTun certain temps.
- L’AVENTURE DU « ZEPPELIN »
- Une singulière ironie du sort a jeté en France, le 3 de ce mois, le dernier-né, le plus perfectionné et le plus secret des Zeppelins. L’événement est sans précédent dans les annales de l’aéronautique militaire. Nous lui devons de pouvoir publier la belle série de photographies ci-contre : elles constituent iin ensemble de documents techniques de la plus haute valeur.
- L’aventure du dirigeable allemand qui a provoqué en France une légitime émotion, est aujourd’hui, grâce aux récits des quotidiens, connue dans tous ses détails. Nous nous bornerons à la relater brièvement pour insister davantage sur la description de l’aéronef gigantesque, hier encore mystérieux, venu si bénévolement nous livrer ses secrets.
- Le 5 avriL dernier, le Zeppelin-IV ayant a bord des pilotes et mécaniciens civils, et une commission officielle deréception, en tout 13personnes, quittait son hangar de Friedrichshafen (sur le lac de Cons-, tance) à 6 heures du matin. Il devait achever ses essais de réception en gagnant Metz, son port d’attache définitif où l’attendait un hangar perfectionné. Il régnait un violent vent d’Est. Au passage de la Forêt-Noire, le dirigeable rencontra une zone d’épais brouillards où il perdit son orientation : sans s’en apercevoir, il dériva fortement à l’Ouest et se trouva entraîné en territoire français. A 1 heure de
- l’après-midi, le pilote se rendant compte qu’il était en France, et que son passage avait été aperçu, décida d’atterrir pour éviter toute interprétation fâcheuse de sa malencontreuse randonnée. A 1 h. 30, le dirigeable prenait terre sur le champ de manœuvres de Lunéville. Un groupe de cavaliers y évoluait au même moment : circonstance heureuse qui permit d’organiser un service d’ordre et de protéger le navire aérien contre la curiosité de la foule et les sautes de vent.
- L’enquête officielle, menée avec célérité, par le général Hirschauer de l’Aéronautique militaire, démontra que l’on avait hien affaire à un ballon civil, en essais de réception, et à des pilotes égarés. Malgré des avaries assez sérieuses et réparées à la hâte par! des moyens de fortune, le dirigeable, regonflé grâce à un wagon de tubes d’hydrogène comprimé envoyé d’urgenpe de Constance, reprenait le lendemain la route de Metz sous la conduite de son personnel civil, tandis que les officiers de la commission de réception regagnaient la frontière en automobile.
- Le Z-4 est le 16a et dernier en date des dirigeables construits aux chantiers de Friedrichshafen. C’est un ballon de 21 000 m3, long de 148 mètres, mesurant 14 m. 50 de diamètre. lia une vitesse I propre de 80 kilomètres à l’heure ; chiffre considérable qui lui vaut une grande aisance de manœuvre
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- et lui permet de sortir par des temps assez durs.
- Il dispose d’une .force.ascensionnelle qui lui permet d’emporter un personnel nombreux/ de fortes réserves d’huile et d’essence, et un armement spécial (mitrailleuse et bombes), ce ballon a donc un grand rayon d’action; ses nacelles sont, en outre, aménagées d’une façon pratique et relativement confor-
- étranger, a pu passer la nuit amarré à la belle étoile, par un vent assez vif ; forcé de se délester d’un moteur, il a pu néanmoins regagner son port, dès le lendemain, sans encombre. Ce sont là de belles qualités militaires et qui donnent à réfléchir.
- On sait que les Zeppelins sont des ballons munis d’une carcasse rigide en aluminium assurant la per-
- Le Zeppelin-IV amarré sur le champ de manœuvre de Lunéville.
- table, qui en fait un véritable paquebot; elles comportent, notamment, des couchettes pour le personnel, une cabine de télégraphie sans fil, un cabinet noir pour photographie. Si nous ajoutons que dans des épreuves de durée, il tint l’air 18 heures, on
- Le moteur démonté et quelques pièces placées momentanément sous .saisie après l'atterrissage.
- verra qu’il s’agit là d’un engin de guerre réellement fort redoutable, malgré les infirmités inhérentes à sa nature, en tout cas nettement supérieur à nos dirigeables militaires actuels (vitesse mâxima : 60 kilomètres à; l’heure).
- Il faut surtout retenir de l’incident les points suivants : le gigantesque et fragile engin forcé d’atterrir loin de ses centres de ravitaillement, sur terrain
- manence de la forme, l’hydrogène y est emmagasiné dans une série de ballonnets indépendants entre lesquels s’intercalent des poches à eau que l’on peut vider et qui constituent le lest. Le Zeppelin-IV possède 16 ballonnets.
- Vue de l’une des nacelles du Zeppelin. Au premier plan les officiers allemands.
- Le Zeppelin-IV porte 2 nacelles. Celle du commandant à. l’avant, a 1 moteur de 160 chevaux commandant 2 hélices à 4 pales disposées à droite et à gauche dans le plan diamétral du ballon. Elles sont mises en mouvement par un arbre direct avec transmission par pignons d’angle. La nacelle de l’arrière porte 2 moteurs de 160 chevaux chacun, actionnant 2 autres hélices à 4 pales. Un embrayage
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- quadruple permet d’actionner une hélice par n’importe quel moteur ou une seule hélice par 2 moteurs.
- Un couloir en V réunit les 2 nacelles en suivant la quille du dirigeable. Là, sont arrimés les outils : pelles, pics, pioches et les instruments de rechange ; au centre est la cabine du commandant, puis un water-closet avec chasse d’eau, un cabinet noir fort bien installé, et la cabine de T. S. F. ; une cabine avec couchettes est réservée aux officiers, un réduit avec hamacs aux hommes d’équipage.
- De l’arrière de la nacelle avant part un boyau vertical, muni d’une échelle d’aluminium et qui traverse tout le
- Un dangereux coup de vent. Le dirigeable soulevé. violemment par l’arrière.
- ballon. Par cette cheminée, on gagne, la plate-forme supérieure du ballon, qui mesure 5 m. de large sur autant de long et qui est parée pour recevoir une mitrailleuse, protection contre les agressions d’aéroplanes.
- On verra très nettement sur nos photographies le détail des empennages arrière et des gouvernails.
- Nous ne pouvons terminer cet article sans dire un mot des ballons-fantômes que depuis quelque temps on signale un peu partout. Quelques joursavantl’aventure du Zeppelin-1 V, des journaux publièrent la nouvelle qu’un dirigeable allemand, muni de'
- Vue arrière du Z-IV.
- projecteurs, avait été aperçu la nuit dans la région de Mohon-Fort des Ayvelles, sur la Meuse. En Angleterre, l’imagination populaire est hantée par la crainte de l’espionnage en dirigeable et, de tous côtés, on annonce des incursions de dirigeables mystérieux, toujours caractérisés par ce fait qu’ils n’apparaissent que la nuit et sont munis de projecteurs.
- On ne sait pas très bien quels renseignements utiles un dirigeable pourrait rapporter d'une fugitive incursion de ce genre, et l’on sait trop quels dangers il courrait pour admettre qu’aucun pays aille compromettre de gaîté de cœur dans une telle équipée
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- un instrument fragile et coûteux, précieux en temps de guerre, mais en temps de guerre seulement.
- Il convient d’observer à ce sujet, comme vient de le faire M. le colonel Renard à la Société astronomique, que l’apparition nocturne des ballons-fantômes se reproduit chaque fois qu’une période de tension politique coïncide avec l’époque où la planète Vénus brille d’un vif éclat.
- C’est bien cette belle et inoffensive planète qui est la cause de tout l’émoi populaire. Le Bulletin de la Société' astronomique cite quelques faits probants : en 1905, une vive émotion régna toute une semaine dans la population du port de Cherbourg ; on 'signalait chaque soir la présence d’un mystérieux
- engin d’espionnage : ce n’était que l’étoile du soir.
- En ce moment, Vénus est dans tout son éclat : la population d’outre-Manche est alarmée; en France, on voit des ballons-fantômes; en Roumanie, on croit voir des aéroplanes russes; en Bessarabie (Russie)', on tire des coups de fusil sur la planète que l’on prend pour un dirigeable roumain. Des faits du même genre sont signalés sur d’autres points de la frontière russe. '
- Une bonne jumelle suffirait pour faire justice de ces erreurs alarmantes : car Vénus présente des phases qui permettent de l’identifier immédiatement et de ne la confondre, en aucun cas, avec le phare d’un véhicule aérien. A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 avril 1913. -
- Injections de sels de radium. — MM. Dominici et Laborde adressent un travail sur les injections de sels de radium dans l’organisme. Ils ont trouvé que l’élimination de ces sels est lente, surtout lorsqu’ils sont introduits par injection intramusculaire. Ils restent concentrés au point d’injection et ne se répandent que peu à peu. Dans une expérience ils ont trouvé, en ce point, qu’au bout de 151 jours, 50 pour 100 du sel y était encore. Les auteurs signalent l’affinité des sels de radium pour les tissus osseux, ce qui peut s’expliquer si l’on considère que le radium se rapproche des métaux alcalino-terreux.
- Les minerais sédimentaires de fer de Normandie. — M. Leclerc, ingénieur en chef des mines, s’est préoccupé d’expliquer l’existence du minerai sédimentaire de fer dans le silurien de la Normandie et de la Bretagne. Avec M. Marchadier, il a étudié ce minerai chimiquement. Une attaque par un acide faible a-laissé subsister une quantité très importante de particules d’origine organique. Ils sont ainsi amenés à expliquer la formation du minerai par la présence d’algues qui ont fourni des noyaux calciques, lesquels ont été l’origine d’oolithes.
- L’état du soleil pendant l’été de 1892. — M. Guillaume, de l’Observatoire de Lyon, communique les conclusions auxquelles l’a conduit l’examen méthodique des observations de la surface solaire pendant le 5e trimestre 1912. 11 constate ainsi que le soleil est resté dans une phase de diminution d’activité.
- Inscription des mouvements respiratoires. — M. Ma-rage a. observé que lorsque l’on tient le bras le long du corps, l’avant-bras étant horizontal, le coude s’appuie sur les fausses côtes. Chez les sujets qui ont le type de la respiration diaphragmatique développé, le mouvement des fausses côtes se transmet à l’avant-bras ainsi qu’à la main et on peut inscrire ce mouvement en l’amplifiant 50 fois au moyen de la méthode graphique. Les tracés sont caractéristiques; ils révèlent tous les mouvements de l’acte respiratoire. Si l’appui sur le thorax est supprimé, on n’obtient plus rien. M. Marage remarque que les sourciers, pour découvrir les cours d’eau souterrains, ont les bras appliqués le long du corps, les mains tiennent la baguette qui est dans un état d’équilibre instable. La moindre modification du rythme respiratoire changera
- Présidence de M. Guyon.
- la position du membre supérieur et la baguette se mettra en mouvement. Cette déduction est corroborée par les faits suivants : 1° la baguette ne marche pas quand les coudes sont loin du corps ; 2° la baguette ne marche pas quand les mains sont appuyées sur un support. M. Marage pense donc que l’on se trouve en présence, chez les sourciers, d’un phénomène analogue à ceux que produisent les agents physiques sur certains organismes. Il n’y a ni fluide spécial, ni rayons d’un nouveau genre; la baguette et le pendule divinatoire ne sont que des pneu-mographes. Cela n’enlève rien à la réalité des découvertes que les sourciers sont susceptibles de faire.
- Résonance optique de la vapeur de sodium. — M. Louis Dunoyer communique le résultat d’expériences qu’il vient d’effectuer sur la résonance optique de la vapeur de sodium, éclairée par la radiation jaune du sodium. Si l’on soumet la vapeur de sodium à l’excitation de-La-lumière jaune de la raie D du sodium, les atomes-. ÏL'ésàîpremières couches de vapeur traversées entrent•qh. résonance et émettent à leur tour la même, lumière. Celte - résonance est assez intense pour que la lumière excitatrice soit arrêtée et renvoyée sous forme de lumière diffuse par une couche superficielle très mince de vapeur. La partie centrale de la raie D est d’ailleurs seule efficace à ce point de vue. Il s’agit donc d’un phénomène semblable à celui observé par M. Wood sur la vapeur de mercure éclairée par des radiations du mercure d’une certaine longueur d’onde.
- Rôle de l’albumen. — MM. Marcel Dubard et J. Urbain démontrent, au moyen d’expériences portant sur une série de graines, que l’albumen n’est jamais indispensable au développement de l’embryon. L’action de cette substance de. réserve est cependant favorable, surtout dans les premiers jours de la germination; son influence se manifeste, chez un embryon albuminé, par un .plus rapide et un plus grand développement de la gemmule. Ils concluent que la plantule d’une graine mîire possède en elle les réserves nécessaires à son développement, mais à la condition absolue qu’elle soit indemne de mutilations.
- Prix. — L’Académie décerne le prix Petit d’Ormoy (10 000 fr.) à M. Guichard pour l’ensemble de ses travaux mathématiques. Ch. de Villedeuil.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2082. ... ...... -....... ' — 19 AVRIL 1913.
- LA FAMILLE DU TERMITE LUCIFUGE
- Tout le monde connaît les Termites, ces singuliers insectes qui, dans les pays chauds, élèvent des termitières gigantesques. En France, ces petits êtres industrieux ont un représentant beaucoup plus modeste, mais qui n’en est pas moins intéressant : c’est le Termite lucifuge, ainsi nommé parce qu’il craint la lumière et travaille toujours à l’obscurité. Il vit à la fois dans les Landes, à l’intérieur des tronc de bois de pins abattus, et aussi dans les maisons des villes du Sud-Ouest,
- Bordeaux, Roche-fort , ' La . Rochelle, etc. A ce dernier point de vue, il est très nuisible, car il ronge les poutres sans manifester son travail à l’extérieur, de sorte que les charpentes finissent par être minées ‘ sans que l’on s’en doute et par s’écrouler : c’est d’ailleurs à la présence du Termite lucifuge que l’on doit l’ef- 1 fondrement, vers 1850, de la Préfecture de La Rochelle qui était minée de bas en haut, jusque dans les moindres coins. « Un jour, raconte de Qua-trefages, les archives du département furent trouvées détruites presque en totalité, et cela sans que la moindre trace du dégât parût au dehors. Les Termites étaient arrivés au carton en minant les- boiseries, puis ils avaient tout à leur aise mangé les papiers administratifs, respectant avec le plus grand soin la feuille supérieure et le bord des feuillets, si bien qu’un carton rempli seulement de détritus informes semblait renfermer des liasses en parfait état. Les bois les plus durs étaient attaqués de même. J’ai vu, dans l’escalier des bureaux, une poutre de chêne dans' laquelle un employé, faisant un faux pas, avait
- 41e année. — 1er semestre.
- enfoncé la main jusqu’au-dessus du poignet. L’intérieur, entièrement formé de cellules abandonnées, s’égrenait avec un grattoir, et la couche laissée intacte par les Termites n’était guère plus épaisse qu’une feuille de papier. »
- On comprend que cet ennemi — qui continue ses déprédations — soit bon à connaître. Mais la chose n’est pas facile, car la famille du Termite
- lucifuge est des plus compliquées et à la déchiffrer le plus habile des généalogistes y perdrait son latin. Mais, heureusement , les zoologistes sont là, et l’un d’eux, M. J. Feytaud (*), est arrivé à débrouiller cet écheveau emmêlé.
- Dans le nid — ou plutôt le repaire, car il n’a pas de forme bien définie — du Termite lucifuge, il y a : 1° des neutres^ dont le rôle est de travailler àl’habitation(oM-vriers) ou à la défendre (soldats) ; 2° des individus sexués ou insectes parfaits dont le rôle est d’assurer la reproduction de la colonie et qui se subdivisent en mâles et en femelles. Il y a, en outre, des individus ou : nymphes n’ayant pas encore achevé leur développement et destinés à devenir, les uns des mâles, les autres des femelles.
- Les individus les plus abondants sont les ouvriers, qui ont 5 millimètres de long sur 2 de large. Leur tête est grosse et dépourvue d’yeux, ils ne sortent d’ailleurs jamais du nid. Le thorax, étroit, ne porte pas d’ailes. L’abdomen est ovalaire et, dans son intérieur, on voit, par transparence* le tube digestif, tout rempli des débris de bois dont l’insecte fait sa
- '1. J. Feytaud, Contribution à l'étude du Termite lucifuge, Thèse de la Faculté des sciences de Paris, 1912.
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- Fig. 1. — L’habitat normal du Termite lucifuge dans la forêt de pins des Landes. +, troncs détruits par des Termites.
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- LA FAMILLE DU TERMITE LUCIFUGE
- Fig. 2. — Diverses for A, insecte parfait; B, nymphe de 2e forme
- nourriture. Les ouvriers vaquent aux divers travaux de la colonie; ce sont eux, notamment, qui creusent le bois ou confectionnent les galeries et qui soignent les autres individus.
- Les soldats sont assez nombreux, mais beaucoup moins que les ouvriers. On les dis- * „ S- C.
- ti ngue facilement à leur tête très volumineuse, occupant près de la moitié de la longueur totale du corps et portant des mandibules très développées, en forme de crochets. Leur seul rôle consiste à défendre la colonie : lorsque le nid est ouvert pour une cause quelconque, les soldats accourent, se campent sur la brèche et ouvrent aussi largement que possible la pince formée par les mandibules. Leurs antennes sont dirigées en avant, pour qu’ils puissent se rendre compte de l’arrivée de l’ennemi, qu’ils cherchent à saisir dans leurs mandibules. Dans cette attitude, il faut reconnaître qu’ils ont l’air très crâne et semblent vouloir indiquer qu’il ne fait pas bon s’attaquer à eux. Ah, mais!...
- Les insectes parfaits sont noir brunâtre, tandis que les autres individus de la colonie sont blancs, ce qui les fait désigner sous le nom impropre de « fourmis blanches ». Leur corps n’a pas plus de 6 millimètres, mais paraît plus long à cause de la présence de quatre ailes transparentes appliquées sur le dos. La tête est petite et pourvue de deux yeux.
- Les uns sont mâles et les autres femelles. Parmi eux, cependant, il y en a deux plus spécialement privilégiés en ce qu’ils remplissent effectivement leur rôle reproducteur : c’est le couple royal, dont il n’existe qu’un seul par colonie, et composé d’un roi et d’une reine. Tous deux se distinguent des autres insectes parfaits en ce que leurs ailes, d’abord existantes, sont tombées et ne subsistent plus que sous forme de moignons. Chez le roi, l’abdomen reste mince, tandis que,
- mes du Termite lucifuge. nymphe de T° forme; C, ; D, ouvrier; E, soldat.
- Fig. 3. — Roi du Termite
- chez la reine, il prend un énorme développement, pouvant atteindre 10 à 12 millimètres de long sur 4 de large. Le rôle important que le roi et la reine jouent dans la colonie est attesté par l’activité dont ils sont l’objet. « Les ouvriers, dit M. Feytaud, leur
- prodiguent des J) jp soins, les nour-
- rissent en quelque sorte à la becquée, comme les jeunes, lèchent leurs téguments pour les débarrasser des excreta, trans -portent les œufs au fur et à mesure de la ponte dans les galeries ou compartiments spéciaux aménagés en couveuses. La situation du couple
- dans le nid est extrêmement variable ; il est généralement établi au centre, mais il se trouve aussi parfois dans les parties superficielles ou dans les parties profondes et jusque dans les racines des souches. »
- Je passe sur la description des autres individus de la colonie — ce qui n’intéresserait que les zoologistes purs — pour arriver à la question de Y essaimage qui était encore mal connue. Au moment où la colonie veut se multiplier, plusieurs sexués en sortent et forment autour de l’orifice de sortie une masse noire grouillante, puis ils s’envolent (l’essaimage peut d’ailleurs se renouveler durant plusieurs jours de suite). Chaque couple s’établit ensuite en un lieu propice et, quinze jours après environ, la ponte commence. Au troisième mois, la colonie nouvelle est ébauchée par la naissance des premiers individus qui sont tous des ouvriers. Ceux-ci, de suite, assument la charge de l’entretien du nid et de l’alimentation des nouveaux jeunes, charge jusqu’alors remplie par les parents. La colonie se perfectionne ainsi peu à peu, les individus issus des pontes nouvelles évoluant dans différentes directions et, finalement, devient identique à celle de laquelle nous sommes partis.
- Henri Couiun.
- et reine âgés lucifuge.
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- TÉLÉGRAPHE MEANS A SIGNAUX DE FUMÉE POUR ÉCLAIREURS AÉRIENS
- Un inventeur américain, M. James Means, de Boston (Mass), nous envoie la description d’un très curieux appareil de télégraphie optique, permettant aux éclaireurs aériens (aéroplanes ou dirigeables) de faire parvenir des messages à des postes terrestres ou marins ou même à d’autres éclaireurs aériens. Mais alors que les appareils ordinaires de télégraphie optique nécessitent l’emploi d’un miroir renvoyant au poste récepteur les rayons du soleil pendant le jour, ou ceux d’une lampe suffisamment puissante pendant la nuit, ce qui nécessite un réglage plus ou moins compliqué, l’appareil Means se contente de recourir à des nuages de noir de fumée de dimension variable. Un nuage de petit diamètre correspond à un point de l’alphabet Morse, un nuage plus gros correspond à un trait. On peut donc réaliser ces signaux en soufflant plus ou moins longuement dans un récipient ad hoc, rempli de noir de fumée.
- Les avantages revendiqués par l’inventeur en faveur de son système sont surtout la simplicité de l’appareil et la suppression de la force motrice considérable, nécessaire avec la télégraphie sans fil, sans parler de la possibilité d’établir des communications entre deux dirigeables ou deux aéroplanes en mouvement.
- La figure ci-jointe permet de se faire facilement une idée du fonctionnement de l’appareil. A est un réservoir plein de noir de fumée, B une sorte de lance communiquant avec le tuyau d’échappement E du moteur (ou une bouteille d’acide carbonique), C un obturateur maintenu en place par un ressort D et commandé à la main ou au pied par un câble G, F une trompe à air soufflant dans le réservoir A pour entraîner le noir de fumée.
- On voit qu’une courte traction sur G donnera un petit nuage de fumée (point de l’alphabet Morse); une traction plus prolongée donnant un nuage plus gros (trait du même alphabet). Bien de plus simple par conséquent, pour l’aviateur, que de causer avec un interlocuteur éloigné de 6 à 8 kilomètres et disposant d’une jumelle. La seule condition à remplir est que l’aviateur se déplace à peu près perpendiculairement à la ligne qui joint son appareil à l’observateur.
- Ce mode de communication s’applique particulièrement bien à Variation d’artillerie. On sait, en effet, qu’à l’heure actuelle les batteries à tir rapide exécutent presque exclusivement du tir masqué, c’est-à-dire qu’elles s'installent dans des vallons soigneusement défilés pour tirer sur des batteries ennemies dissimulées avec un soin égal. Mais l’aéroplane a bien vile fait de dépister l’adversaire et il signalera par exemple, au groupe d’artillerie qu’il est chargé d’orienter :
- 3 batteries à 400 mètres à l’est de Bry, ce qui, en abrégé, s’écrit
- 3 B 4 E Bry soit en alphabet Morse
- et en signaux Means à fumée
- mil ••••# • ••• • •••
- Une des batteries du groupe ami tire alors une salve et l’aviateur qui a observé le tir envoie le renseignement suivant :
- ' 1 (ong) 2 (cents) d (roite) '1 (cent)
- «•«. *«••• ••• *••••
- Les salves suivantes corrigées tomberont alors sur l’adversaire.
- En France, jusqu’à ce jour, on a cherché à munir les dirigeables, et même les aéroplanes, de postes de télégraphie sans fil. Mais c’est là un procédé compliqué dont le fonctionnement est toujours un peu aléatoire et qui nécessite, dans tous les
- G
- ti ........ .........—d
- B
- cas, un opérateur spécial exercé. La T. S. F. doit, ; ! par suite, être employée exclusivement pour les ; I
- liaisons à grande distance et elle semble réservée j j-
- aux dirigeables. Sur le champ de bataille, elle j ; pourrait être avantageusement remplacée par la td télégraphie optique à signaux de fumée. On éviterait ainsi à l’observateur en aéroplane la nécessité de libeller un message et de venir ensuite le jeter à son correspondant, ce qui entraîne toujours une perte de temps sensible. Or, à quoi bon posséder des canons à tir rapide si l’on doit attendre, pour s’en servir, que l’observateur soit venu apporter ses renseignements. L’appareil Means paraît de nature à supprimer les retards de ce genre, et il est à souhaiter que nos artilleurs fassent le plus tôt possible l’essai de ce moyen de transmission aussi simple qu’ingénieux. Major Sauvage.
- LE NOUVEAU THÉÂTRE
- Un imprésario de grande initiative, M. Gabriel Astruc, épris du modernisme le plus raffiné, vient d’ériger, à Paris, un théâtre qui se pose en concurrent de nos plus réputées salles de spectacle. Nous ne rééditerons pas les critiques soulevées très fréquemment par la presse quotidienne sur la mauvaise disposition des salles actuelles ; constatons seulement que le public se plaint de ne rien voir et que, d’autre part, la machinerie emprunte ses appareils à une mécanique d’un autre âge. Le nouveau théâtre des
- DES CHAMPS-ÉLYSÉES
- Champs-Elysées se présente, au contraire, dans des conditions parfaites à tous les points de vue(1).
- La construction. — Le théâtre s’élève, avenue Montaigne, non loin de la place de l’Alma, sur un terrain de 40 m. de façade et 120 m. de profondeur.
- 1. Les plans de la construction sont dus à M. Bouvard et toute la partie décorative à M. Perret, architecte décorateur. Tous les travaux de construction et plus spécialement la partie technique, qui est essentielle, ont été effectués sous la direction de M. Eugène Milon, ingénieur.
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- La construction est entièrement faite en béton armé, revêtu, sur la façade, d’application de marbre blanc. Elle comporté deux salles de spectacle : l’une, celle de l’opéra, contient 2000 places; l’autre, celle de la comédie, possède 500 places.
- L’entrée de la première occupe presque toute la largeur de l’édifice; celle de la seconde a
- immense cuvette en béton armé constituée par un double plancher protecteur contre les infiltrations d’eau. Sous la scène, plus profondément descendue que le reste de la construction, le radier est renforcé et les fondations abaissées.
- La grande salle d’opéra. — La grande salle d’opéra peut être comparée à une carcasse de
- Salle de répétitions Il (Grd théâtre)
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- Salle de répétitiom (Pl théâtre)
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- 2e pont de service
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- Plancher de scèi
- Vestibule
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- I Bar
- 2? dessous
- Fig. i. — Coupe du théâtre des Champs-Élysèes.
- été aménagée dans l’angle arrondi que fait l’avenue avec une rue de service longeant le théâtre dans toute sa profondeur. Cette rue se termine par une courette séparant le mur de fond de la scène du bâtiment réservé aux loges des artistes.
- Au-dessus du vestibule ouvrant sur le
- hall de la grande salle se trouvent deux foyers superposés et, sur le plafond du dernier, une salle d’expositions. Le petit théâtre a été aménagé directement sur le grand hall; à la hauteur de la coupole se trouve une salle de répétitions réservée aux comédiens.
- Du hall, on accède, de plain-pied, aux fauteuils d’orchestre
- Fig. 2.
- escaliers et des de la salle de
- et par des ascenseurs aux différents étages l’opéra. Les sous-sols de cette première partie de la construction sont occupés par un bar, des magasins, les chaudières de ventilation et les ventilateurs.
- La scène, ses dessous et ses combles, ont une hauteur totale de 58 m. ; sous la courette se trouve la salle des nlachines.
- L’ensemble est complètement isolé du sol par une
- navire de forme carrée et constituée intérieurement par une immense cuve cylindrique de 27 m. de diamètre et 12 m. de hauteur. Les galeries établies à la hauteur de chaque étage relient la structure intérieure aux murs extérieurs. Le rez-de-chaussée,
- en amphithéâtre, a reçu une pente suffisamment prononcée pour mettre à l’aise tous les spectateurs. Les fauteuils d’orchestre sont flanqués, à droite et à gauche de deux groupes, de deux baignoires. Au premier étage se trouvent les grandes loges; à l’étage au-dessus, les fauteuils de balcon et, au 5e étage, les gradins de l’amphithéâtre. Enfin, le pourtour supérieur, entre les gradins et la coupole, est occupé par des loges dites d’amphithéâtre. Toutes les constructions sont faites en ciment armé; elles s’avancent de 6 m. vers l’intérieur de la salle. La décoration, très sobre, est faite de marbre blanc, bois peint et étoffe rouge. Ajoutons, enfin, que la salle des répétitions réservée aux artistes de l’opéra est aménagée au-dessus de cette grande salle.
- Schéma de la commande électrique de l’orgue.
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- L’orchestre, dissimulé aux yeux des spectateurs, occupe une galerie cintrée ménagée entre la salle et la scène. Le plancher de cette galerie est mobile afin d’obtenir le meilleur rendement possible de chaque instrument. On a remarqué, en effet, que les sons se développent mieux lorsqu’ils sont émis à une certaine hauteur. Ajoutons, pour ce qui concerne l’acoustique qui obéit à des lois empiriques et par conséquent d’une exactitude douteuse, tout au moins pour ce qui concerne la propagation des sons dans les salles de spectacle, que toutes les surfaces planes ont été proscrites, cette proscription entraînant celle des colonnes.
- La scène. —
- Les murs latéraux de la scène font suite à ceux de la salle. Celui qui la sépare de cette dernière est percé d’une ouverture rectangulaire de 12 m. de longueur sur
- 10 m. 50 de hauteur. Le mur de fond, percé également à la hauteur du plateau d’une vaste ouverture fermée normalement ,par un rideau de fer, est entièrement isolé des autres.
- 11 constitue à lui seul un rideau fait de poteaux verticaux en béton relié par des entretoises de même nature.
- Les vides sont remplis par deux murs de briques sur champ, séparés par un espace libre de 0 m. 25 de largeur. Le plancher de la scène, ou plateau, est légèrement incliné vers l’avant; il mesure 18 m. 50 de profondeur et 30 m. de large et comporte un second plancher mobile destiné à recouvrir la galerie de l’orchestre lorsque des fêtes seront données dans la salle. Les dessous ont 8 m. de profondeur et forment 3 étages. C’est là que sont dissimulés les 5 ponts mobiles sur lesquels on monte les motifs destinés à apparaître instantanément sur la scène. Le gril est à 25 m. au-dessus du plateau afin de pouvoir dissimuler les rideaux sans les doubler. Deux ponts, situés à des hauteurs différentes au-dessus de la scène, assurent
- le service. Enfin les équipes de frises et de rideaux sont fixées au gril ; des câbles d’acier passant sur des poulies les soutiennent et descendent sur un des côtés de la scène ; ils se terminent par des contrepoids d’équilibre et permettent de monter et de descendre les équipes presque instantanément et sans effort. Les décors, maintenus par des fermes métalliques, sont manœuvrés de la même manière. Sur la scène, deux tambours permettent de dérouler les horizons mobiles lorsque ce genre de décor est nécessaire. Enfin deux monte-charges de 1000 kg permettent de manutentionner tous les décors.
- Toutes les commandes s’effectuent à l’aide de moteurs électriques ; le rideau de fer peut être actionné de trois endroits différents.
- L’équipement général des deux théâtres est complété par deux ascenseurs pour dix personnes, affectés à la grande salle, un ascenseur de 15 personnes pour celle de la comédie et un autre de 10 personnes pour la salled’exposition.
- La lumière.— La profusion des lumières et, plus encore, la multiplicité des jeux nécessités par les effets de scène ont décidé les organisateurs à recourir à l’emploi d’un appareillage bien connu, l’orgue électrique, installé par la Compagnie d’Electricité de Creil.
- En principe, cet organe est constitué par un certain nombre de poulies à double gorge, folles sur un arbre commun qui leur sert d’axe. L’une des gorges reçoit un câble d’acier terminé par un curseur capable de parcourir un jeu de rhéostats. L’autre gorge est pourvue d’un second câble terminé par un ‘contrepoids permettant la tension convenable du poids du curseur.
- A l’aide de ces poulies on peut réaliser deux mouvements : le premier, lent, avec une manette à main qui parcourt une certaine portion du disque
- Fig. 3. — La scène vue de l'intérieur.
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- de la poulie, l’autre, rapide, à l’aide de l’arbre terminé par un volant de manœuvre. Ce volant permet une extinction aussi rapide que possible, mais n’ayant pas la brutalité de la coupure faite par un interrupteur.
- L’installation comporte trois séries de poulies actionnant 75 circuits. A chaque levier élémentaire commandant un circuit correspond une résistance métallique calculée de façon à permettre, par l’intermédiaire de son curseur, une variation d'intensité de lumière allant du plein feu à l’extinction complète. Ces résistances, placées côte à côte, ont une longueur de plus de 10 m.
- Les appareils de commande, qui constituent le jeu d’orgues, sont placés sur la scène, dissimulés aux regards des spectateurs ; le mécanicien juge ainsi directement des effets produits.
- La distribution de l’éclairage s'effectue, à la partie supérieure de la scène, au moyen de 6 herses ayant chacune 16 m. de longueur.
- Leur ensemble comporte 850 lampes de 40 watts réparties en 4 couleurs : blanc, rouge, vert, jaune. Sur chaque côté de la scène un groupe de 4 prises de courant est placé sous le plancher.
- Ces prises sont accessibles par une trappe à couvercle et permettent de brancher à chaque plan du plateau, et de chaque côté, un portant à 4 couleurs, une traînée à 2 couleurs et 1 projecteur.
- L’éclairage est complété, sur le devant de la scène par une rampe de 11 m. montée en deux parties et sur les plans postérieurs par un groupe de 4 projecteurs de 50 ampères répartis sur les ponts de service.
- Tous ces circuits, sauf ceux de projecteurs, sont branchés sur le jeu d’orgues pourvu d’un tableau de distribution comportant les appareils de mesure et les interrupteurs de tous les circuits.
- Le courant électrique intervient encore pour la commande des signaux, faite par le régisseur au moyen d’un tableau spécial. Ces signaux sont constitués par des lanternes à 4 compartiments. Dans chacun de ces compartiments se trouvent 2 lampes montées en parallèle. Le régisseur, en provoquant de son tableau l’allumage de l’un des compartiments, donnera ainsi un des ordres conventionnels suivants : attention, montez, descendez, arrêtez. Ces signaux s’appliquent à la commande du rideau, des ponts mobiles et des trappes. Afin d’être assuré que le signal transmis a fonctionné
- régulièrement, le tableau du régisseur est doublé par un tableau témoin.
- D’autre part, dans une installation de cette importance, le chef d’orchestre doit pouvoir donner la mesure, en même temps qu’à ses musiciens, à plusieurs endroits différents : à l’orgue, qui, de la coulisse, encourage et soutient les choristes, aux choristes eux-mêmes répartis en plusieurs points de la scène, et enfin aux choristes éloignés, exécutant des chants lointains, placés dans les sous-sols de la scène. Les signaux du métronome lumineux sont semblables aux précédents. Les ordres conventionnels étant remplacés par les chiffres de la mesure : 1, 2, 5, 4, le chef d’orchestre transmet cette mesure à l’aide d’un clavier à 4 touches.
- L’installation électrique du petit théâtre est semblable à celle que nous venons de décrire, mais moins importante.
- Orgue à commande électrique. — L’orgue n’est pas un instrument d’orchestre. On le dissimule sous les combles dans des caisses en bois pourvues de volets qui laissent filtrer les notes; celles-ci se marient religieusement avec les chœurs qu’elles soutiennent. L’organiste reçoit la mesure du chef d’orchestre et son clavier commande électriquement
- Fig. 4. — La scène vue de la salle.
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- les tuyaux. L’étude complète d’une installation de ce genre n’inte'resse que les techniciens; nous allons en présenter seulement le principe.
- rend à l’électro G dont l’armature soulève une petite soupape. Celle-ci ouvre le petit tube vertical T appartenant à un relais à vent, en bois, contenant
- Fig. 5. — La lumière au théâtre : La répartition de la lumière entre les circuits se fait au moyen de l’orgue électrique (à droite). A gauche, les résistances de l’orgue électrique.
- Le levier de la note est pourvu d’une vergette portant un certain nombre de5 contacts. La pédale au pied est équipée de même, mais avec un seul
- dans la chambre P de l’air sous pression. Dès que le tube T est ouvert, la pression de P s’exerce sur une membrane D qui se soulève et entraîne sa tige.
- Fig. 6. — L’art de l’ingénieur au théâtre : A gauche, les chaudières du chauffage central; à droite, le moteur Diesel.
- contact établissant le circuit entre la source de courant et un des ressorts entre lesquels circule la vergette. Lorsque l’on appuie sur une note en A (fig. 2), le contact s’établit en B et le courant se
- Celle-ci porte deux soupapes S S' réunies par une chambre. La soupape S s’ouvre donc pendant que S' se ferme et l’air contenu dans P s’échappe par un tube pour aller gonfler le soufflet d’une note.
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- L’ART DE DÉCOUVRIR LES SOURCES
- Tous les effets d’harmonie sont commandés par des moyens semblables. Cette installation a été réalisée par M. Puget, de Toulouse.
- Chauffage et ventilation. — Le volume total des pièces à chauffer dans tous les locaux du grand et du petit théâtre est de 56375 mètres cubes qui nécessitent 1054 760 calories correspondant à une production de 1955 kg de vapeur à l’heure. Cette quantité de vapeur est fournie par cinq chaudières ayant chacune 25 m2 8 de surface de chauffe. La vapeur est dirigée sous les planches par des canalisations entourées de calorifuge. Dans les loges d’artistes, les studio, les ateliers, les salons, les surfaces de chauffe sont des radiateurs apparents.
- Pour la grande scène, on a employé des tuyaux à ailettes placés sur le sol ou sous le plancher ou le long des murs.
- Dans les galeries, ces mêmes tuyaux sont dissimulés dans des niches. Le chauffage est solidaire de la ventilation dans les deux salles de spectacle ; pour la plus grande, on a prévu une arrivée de 30 000 m3 d’air à l’heure et dans la petite,
- 10 000 m3.
- Deux projets de ventilation ont été prévus : avec de l’air pris dans la salle et avec de l’air pris sur le toit de la construction. Dans le premier cas, la salle est chauffée avant la séance en aspirant l’air qu’elle contient et en le refoulant sur une batterie de chauffe pour L’obliger à faire retour à la salle. Cette
- méthode est très rapide. Lorsque la salle est chauffée, on fait intervenir le second procédé en aspirant l’air de l’extérieur, convenablement filtré, en le chauffant ensuite pour l’envoyer enfin dans la salle à la vitesse de 1 mètre; il est évacué sur le toit pendant que quatre ventilateurs rappellent 10 000 mètres cubes d’air dans le sous-sol pour rabattre la zone neutre et chauffer par aspiration les parterres.
- Les trémies de refoulement sont constituées, par un intervalle ménagé entre deux planchers sous les loges et au-dessus des baignoires. Celle d’aspiration forme une vaste galerie courant à l’arrière du parterre et ensuite sur le parterre par une tôle ajourée. C’est ainsi que l’air chaud, au lieu de se porter à la partie supérieure de la salle, est amené à descendre partiellement pour réchauffer le parterre. Cette installation est due à M. Séguin, ingénieur.
- Mesures prises contre l’incendie. — La descente du rideau de fer assure une séparation efficace avec la salle pourvue de larges couloirs d’évacuation. Au-dessus de la scène, les matières combustibles de la couverture s’en-flammeraienttrès rapidement pour former un appel d’air entraînant la fumée et les flammes. Un poste de pompiers commande toutes les manœuvres qui sont effectuées par deux escaliers en colimaçon affectés uniquement à ce service. Lucien Fournier.
- Fig. 7• — Fa salle du Nouveau Théâtre.
- L’ART DE DÉCOUVRIR LES SOURCES
- LES SOURCIERS ET LA BAGUETTE DIVINATOIRE
- Le 22 mars dernier, M. Henri Mager, auteur d’un important ouvrage récent sur « Les moyens de découvrir les eaux souterraines et de les utiliser » (Paris, Dunod et Pinat, 1912) et organisateur du Concours de baguettisants dont la presse a tant parlé à la fin
- de mars, venait me demander de combiner une expérience dont les sourciers devaient être les principaux personnages. Il s’agissait non pas de leur faire trouver des cours d’eau souterrains, mais ni plus ni moins que de leur faire révéler, par la puissance
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- L’ART DE DÉCOUVRIR LES SOURCES :..—:...: —. 329
- magique de leur bâton, de simples cavités souterraines dont l’eau serait absente. Malgré mon scepticisme absolu à l’égard de cette pratique, J’acceptai cependant, décidé à proclamer leurs talents si, par impossible, ils m’étaient révélés, mais résolu à mettre ces messieurs dans des conditions où aucune fraude ne fût réalisable, et où nul indice de la disposition du sous-sol ne pût être deviné de la surface. Il fallait, en outre, que l’on pût vérifier immédiatement la matérialité de leurs dires.
- Les anciennes carrières souterraines de Paris et des environs me parurent présenter toutes les conditions requises.
- Mon ami Emile Gérards, sous-ingénieur du service de l’Inspection générale des carrières, l’auteur de la belle monographie, Paris souterrain, me fournit, parmi les minutes encore inédites, trois plans de cavités répondant aux conditions que je recherchais. Je fis prendre le calque d’une partie des contours de l’une d’elles, et je fis donner rendez-vous aux sourciers, au jury , et aux correspondants des journaux pour le jeudi 28, à 8 heures du matin, à la porte Daumesnil.
- Nul donc, en dehors de moi —
- Gérards étant retenu à son bureau — ne connaissait ni l’endroit exact de l’opération, ni la physionomie des carrières souterraines en ce point.
- A 1500 m. de là, les concurrents furent réunis. M. Mager leur expliqua le thème de l’opération : recherche des cavités. souterraines non parcourues par l’eau, ce qui est, paraît-il, et je le crois aisément, le summum de la difficulté pour les baguet-tisants. Quatre seulement se détachèrent du groupe et déclarèrent vouloir concourir.
- Nous en prîmes un, laissant les trois autres avec le reste des sourciers au fond d’un pli du sol, boisé, et dissimulant absolument l’horizon dans la direction où nous devions aller. Nous nous rendîmes sur le lieu d’expérience, situé sur la commune de Saint-Mandé, à l’angle de l’avenue de Saint-Mandé et de l’avenue de Gravelle.
- Le sol était constitué par une vaste pelouse coupée de routes macadamisées et ne pouvait, en aucune façon, déceler la conformation du sous-soL
- Celui-ci est ainsi composé. Entre 16 et 20 m. de profondeur s’étendent des excavations, dont la hauteur varie de 1 m. 25 à 4 m., et creusées dans le
- calcaire grossier. Çà et là des piliers de soutènement ont été réservés dans la masse rocheuse. Le toit de la carrière se compose ensuite d’une épaisseur moyenne de 14 m. de calcaire grossier surmonté de marnes, le tout recouvert de terre végétale.
- Ni le son, ni la différence de végétation ne pouvaient, dans ces conditions, déceler la présence des cavités.
- J’avais enfoui au fond de mes poches le plan, que je n’avais communiqué à personne, et qui n’en devait sortir qu’après toutes opérations terminées, au moment de la critique.
- Le premier examen porta sur M. Pélaprat, gendarme en retraite, à Monlflanquin (Lot-et-Garonne). Le thème était celui-ci : partir d’un point donné en suivant une ligne droite, de direction quelconque, et signaler les vides rencontrés:
- M. Pélaprat commença par nous signaler deux
- galeries souterraines recoupant le petit chemin qui part du point fixé. Nous n’en ferons pas état, ces galeries, si elles existent, n’étant point connues du Service des carrières ; nous n’en pouvons donc contrôler l’existence (fig. 5, NM).
- Un peu plus loin, il nous signala un vide et je reconnus aussitôt, d’après ma mémoire du plan des galeries souterraines, qu’il devait être à peu près sur la limite de la carrière. Je lui dis donc d’en suivre et déterminer les contours', et, à mon grand étonnement, je le vis jalonner assez exactement ces contours. Mais, arrivé en un certain point, je le vis tourner à angle droit et aller en ligne droite dans une direction qui, à mon sens, devait s’écarter de 90° à 120° de la vraie direction du fond de la carrière (fig. 1 et 5).
- Je le fis alors revenir jusqu’au point de départ, délimiter la portion des contours en sens inverse et l’arrêtai à la route circulaire, dite « route du Parc ». Pendant ce temps j’avais pu lever à l’extérieur, le plan de la ligne suivie par M. Pélaprat.
- Nous fîmes alors appeler le deuxième concurrent, M. Lebrun, cressonnier à Niort. Je le mis à l’extrémité de la route du Parc, joignant l’avenue de Gravelle à la route de Saint-Mandé, et lui demandai de délimiter les vides qu’il y pourrait rencontrer.
- Le graphique (fig. 2) montre que la concordance est bonne en ce qui concerne la traversée de la
- Fig. i. — M. Pélaprat, armé de sa baguette, suit les contours de la carrière souterraine.
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- route, mais qu’ensuite toute la partie Nord ne concorde plus du tout. M. Lebrun aurait-il commis cette légère erreur, s’il avait été mis à même de recommencer l’expérience à son temps et à tête reposée?.L’expérience que je lui fis exécuter 2 jours plus tard, me permet de croire qu’il l’aurait de lui-même rectifiée.
- M. Probst, de Buglose (Landes), vint en troisième lieu. Placé à l’angle des deux rues, il devait suivre une ligne droite de son choix allant recouper la route de Saint-Mandé.
- Arrivé au voisinage de la ligne déterminée par M. Pélaprat, il indiqua certains points au nombre de 16, délimitant trois carrés et un rectangle allongé. Interrogé sur la signification de ces points, il nous déclara qu’il sentait des masses pleines à l’intérieur de chaque série de quatre points, et des vides à l’extérieur, ce qui me rappela très nettement la physionomie de piliers marqués sur le plan du Services des carrières (fig. 2).
- M. Coursange, de Chabrillan, par Crest (Drôme), vint en dernier lieu, partit d’un point différent, et nous signala la présence d’un puits avec des galeries partant du fond dans plusieurs directions, ce qui est exact (fig. 5).
- À tous quatre je demandai de déterminer la profondeur de la carrière au-dessous du sol. M. Probst, à côté d’un de ses piliers, indiqua 16 m. Le plan coté du Service des carrières donne, à 5 m. de ce point, la profondeur de 15 m. 85. Les trois autres indiquèrent, selon les points, entre 16 et 20 m., ce qui, d’après le Service des carrières, est parfaitement exact.
- Nous arrêtâmes là la séance, bien que plusieurs baguettisants se fussent décidés au dernier moment à concourir malgré leur refus du début. Mais il était près de midi, des expériences devaient avoir lieu à 2 h. 1/2 à Àrgenteuil et je ne pus, à mon grand regret, car je commençais à être vivement intéressé, faire droit à leur demande.
- C’est alors seulement que je sortis de ma poche le calque du plan des carrières, qui nous montra combien le tracé de M. Pélaprat se rapprochait du plan souterrain levé par la brigade topographique du Service des carrières.
- Malheureusement, dans l’état d’esprit où j’avais abordé l’expérience, plein de scepticisme sur ses résultats, je m’étais borné à faire relever sur mon calque la seule trace du bord de la carrière sur un petit espace, et nous ne pûmes pour le moment vérifier l’exactitude des données fournies par les autres expérimentateurs.
- Je priai donc le lendemain M. Gérards de bien vouloir compléter mon plan et voici les constatations tout à fait surprenantes qui me furent alors révélées.
- 1° Tracé Pélaprat. — Ce tracé coïncide à peu près avec le tracé officiel. Il est un point sur lequel je dois cependant insister. C’est le rebroussement du tracé à l’angle Nord. Ce rebroussement se trouvait
- au delà de la portion de limite tracée sur mon calque, et, dans mon esprit, il riexistait pas. Je croyais que la ligne se prolongeait toujours dans la même direction générale, et j’ai déjà noté plus haut mon étonnement de voir M. Pélaprat faire un angle dans son tracé. J’étais dans l’erreur et M. Pélaprat avait raison. C’est là un fait, à mon sens, très important, qui écarte d’une façon absolue, dans le cas présent, toute réaction de ma pensée sur celle de la personne en expérience. Nous aurons encore tout à l’heure occasion de signaler un fait du même genre.
- 2° Tracé Lebrun. — Rien à ajouter à ce que j’ai dit plus haut.
- 3° Tracé Probst. — Je fus, je l’avouerai, beaucoup plus impressionné par les résultats obtenus par M. Probst. Son tracé se superpose exactement au tracé de quatre des piliers indiqués par la carte des carrières. Je n’insisterai pas davantage sur ce fait que les plans ci-contre mettent en un singulier relief, me proposant ici simplement de faire une sorte de procès-verbal tout sec des faits qui ont été obtenus.
- 4° M. Coursange nous avait signalé un puits. Le repérage n’en fut fait sur le terrain qu’au pas, vu l’heure avancée. Malgré l’imprécision d’un tel système, le point indiqué paraît coïncider exactement avec un ancien puits d’extraction de la pierre aujourd’hui bouché par une dalle recouverte d’une épaisseur de 2 m. de terre végétale.
- Ces résultats me parurent tellement précis que je désirai vivement continuer les expériences dans de meilleures conditions. Les sujets sont, paraît-il, défavorablement impressionnés par la présence d’un grand nombre de personnes assemblées dans leur voisinage et circulant sur le terrain d’expérience. Ils s’impressionnent aussi, disent-ils, les uns les autres et l’on verra plus loin que j’ai pu vérifier moi-même cette affirmation. Enfin, bien que nous ayons mis près de 5 heures pour examiner quatre personnes, j’avais dès ce moment le sentiment que nous avions opéré trop rapidement et que nous n’avions pu voir que les virtuoses de la baguette.
- Je désirais opérer plusieurs heures avec un seul sourcier et un tout petit groupe de contrôleurs.
- M. l’abbé Mermet, de Gernier, canton de Neuf-châtel (Suisse), voulut bien se tenir à ma disposition le samedi 29. Il était entendu qu’il se remettait entièrement en mes mains, non comme un sourcier qui se vante de pouvoir tout faire et bien autre chose encore, mais comme une sorte d’instrument de physique dont on veut étudier les réactions.
- L’expérience eut lieu au Jardin des Plantes, autour des bâtiments de L'Administration, et dura toute une matinée. Alors que MM. Probst, Pélaprat et Lebrun opèrent avec une baguette de bois, et M. Coursange avec une baguette de métal, M. Mermet travaille avec un pendule. Il était chargé de déterminer les vides qu’il pourrait rencontrer sous ses pieds. ,
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- Fig. 2 et 3. — Superposition des tracés des sourciers et de la'carrière souterraine de Saint-Mandé. (Les parties teintées représentent les contours de la carrière et les piliers de soutien.)
- En ce point, la topographie souterraine est extraordinairement complexe : c’est un ensemble de grands vides, coupés de piliers de soutènement, soit réservés dans la roche lors du creusement de la carrière, soit maçonnés ; des murailles rectilignes, des tuyaux d’amenée d’eau ou de gaz, viennent encore compliquer le plan souterrain.
- En deux heures environ, il nous a déterminé assez exactement le front d’une partie de la carrière.
- Partant du point A (fig. 5), il suivit une ligne ABC, qui correspond exactement aux limites de la carrière. En D il indiqua une cavité inconnue du Service des carrières et que nous ne pouvons par conséquent vérifier. Puis de D à E, il reprend le front de la carrière, saute par-dessus une galerie sans la signaler et suit un gros mur qui la limite, rentre en F sur des vides, mais reprend en G un pilier naturel de soutènement. En face, il nous a tracé une ligne correspondant assez bien dans ses angles saillants à des piliers de soutènement, mais qui n’aurait pas dû être fermée dans tous ses angles rentrants.
- Ajoutons un détail qui a son importance. Entre A et B, il me donna par quatre fois une ligne fermant complètement la cavité, alors que je lui affirmais le passage en ce point d’une galerie souterraine.
- Vérification faite à la fin de l’expérience, c’est encore le sourcier qui avait raison contre moi; la galerie
- que j’avais en vue passe à C m. plus à l’Ouest.
- Recherchant des aquariums qui existaient dans mon laboratoire des Catacombes, M. Mermet me détermina seize points qui ne correspondent point à ces aquariums, mais par contre se superposent exactement, d’abord au tuyau d’amenée de l’eau à mes aquariums, puis à une portion des tuyaux emmenant le trop-plein desdits aquariums dans un puits (II, J, K). Il me semble y avoir là plus qu’une coïncidence due au hasard. Pour la profondeur, l’opérateur m’indiqua 9 m., ce qui est absolument exact. Je lui fis remarquer à la fin de l’expérience, lorsque nous descendîmes ensemble aux catacombes, une plaque de pierre sur laquelle fut gravée en 4 808, époque de la construction de l’escalier, l’inscription : 27 pieds = 8 m. 77.
- M. Mermet devant quitter Paris le jour même, pour des raisons majeures et ne pouvant par conséquent assister aux expériences sur conduites d’eau qui étaient organisées l’après-midi par M. Diénert aux Buttes-Chaumont, me demanda s’il ne me serait pas possible de lui faire exécuter quelque chose d’analogue. Nous avions précisément dans les galeries souterraines du laboratoire des Catacombes, à 7 m. 50 de profondeur sous nos pieds, un robinet que l’on pouvait ouvrir ou fermer à volonté.
- M. Mermet, après tâtonnements
- Fig. 4. — Tracé Lebrun au Jardin des Plantes. (Les parties sombres sont des piliers de roche en place, ou des murailles de soutien. Les parties grisées sont des déblais.)
- Fig. 5. — Tracé Mermet. {Mêmes observations que pour la figure 4.)
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- au pendule, se plaça sur la verticale du conduit. M. Richard, préparateur au Muséum, fut chargé de chronométrer l’instant précis de ses constatations, et je descendis aux Catacombes avec mon préparateur M. Labitte. Le robinet fut ouvert et fermé trois fois à des intervalles de 1 minute 1/2 à 3 minutes. À la fin de l’expérience les résultats furent comparés et les moments d’ouverture du robinet furent reconnus concordants. Il n'en fut pas de même des moments de fermeture. L'expérience serait à reprendre dans d’autres conditions. Ont assisté aux recherches de M. Mermet : MM. Lecomte, professeur au Muséum, Richard et Labitte, préparateurs, de Fontenay, de Varigny et Plaindoux.
- M. Lebrun fut convoqué le lundi 31 mars avec le même thème sur un point voisin.
- Il a délimité un contour circulaire de 1 m. 85 de diamètre, exactement superposé à l’orifice d’un ancien escalier circulaire aujourd’hui bouché à 2 m. de profondeur par une dalle recouverte de terre et dont le diamètre intérieur est de 1 m. 75, concordance d’autant plus remarquable qu’il a dessiné sa trace extérieure simplement avec son talon. Il le sentait d’ailleurs comme un pilier plein (fig. 4, E).
- Enfin, il nous a marqué une série de points NOPQR, qui pour lui étaient des piliers et qui jalonnaient exactement la direction de l’égout.
- Or, si l’on examine le croquis ci-joint, on voit que les points R et Q se superposent à des piliers pleins, polygonaux et non circulaires comme M. Lebrun les indiquait, et que les autres sont sur une partie que n’a point pu relever l’Inspection des carrières et dont nous ne connaissons pas la topographie. Nous ne pouvons donc retenir que la remarquable coïncidence des points Q et R avec des piliers connus, et la non moins remarquable superposition de tous les points indiqués avec l’axe de l’égout.
- Nombre d’autres expériences furent exécutées par les sourciers en des lieux variés dans les journées des 27, 28, 29 et 30 mars, pour la recherche des métaux enfouis et des eaux souterraines, expériences que je suivis eu simple curieux. Il ne m’appartient pas d’en donner ici les résultats. Je laisse ce soin à M. Mager et à ses collaborateurs.
- J’ajouterai seulement une expérience personnelle, mais tout accidentelle au début, et qui pourra peut-être présenter un certain intérêt pour la série des observations que je compte poursuivre, puisque elle me permet d’espérer que je pourrai être à la fois observateur et sujet.
- Le 2 avril, j étais allé au parc du château du Marais à Àrgenteuil, où avaient lieu des sondages sur divers points indiqués les jours précédents par les sourciers.
- Ayant observé la manière dont ils tenaient leur baguette, j’en faisais l’explication à quelques personnes présentes et je fis mine, par plaisanterie, de chercher moi-même des sources.
- Arrivé sur un point indiqué précédemment par
- les sourciers comme produisant sur eux une grande réaction, et tout en causant à ce moment précis de choses étrangères au sujet, j’éprouve tout à coup une sensation bizarre et vois l’extrémité de la baguette s’abaisser lentement vers le sol. Je continue à marcher et fais tous mes efforts, par une torsion en sens contraire des poignets, pour arrêter la marche de la baguette. Rien en vain d’ailleurs, car celle-ci, avec une torsion très nette au point où elle sortait de mes mains, se met enfin à la position verticale.
- Plus étonné encore que les témoins, je recommençai l’expérience cinq ou six fois dans des sens différents, toujours avec le même résultat.
- Il en fut identiquement de même le lendemain et les jours suivants en d’autres lieux, lorsque je passai, volontairement, cette fois, sur une conduite d’eau, ou auprès d’un puits. Pourtant, à un moment, je cessai pendant plusieurs minutes d’éprouver auprès du puits aucune des sensations et réactions extrêmement nettes qui se produisaient l’instant d’auparavant. A ce moment, mon ami Pierre Embry était au bord du puits, muni d’une baguette métallique avec laquelle il cherchait à opérer.
- Ce n’est que 5 ou 6 minutes après son éloignement que les phénomènes reprirent chez moi.
- Que tirer de tout cela? Pour ma part, j’estime qu’il ne faut point aller brusquement du scepticisme absolu à un enthousiasme irréfléchi ; qu’il ne faut point conclure définitivement sur les résultats d’expériences improvisées, faites dans des conditions généralement mauvaises et surtout avec trop de rapidité, qu’il ne faut point croire surtout que les sourciers soient tout-puissants.
- Un point me paraît pourtant acquis : certaines personnes — dont il semble que je fasse partie — peuvent reconnaître, à une notable profondeur, des cavités, des eaux et diverses substances souterraines, dont rien ne décèle la présence à la surface du sol.
- Je suis désormais persuadé, à la suite de ces 4 ou 5 journées d’observations portant sur un certain nombre de sujets, qu’il y a dans la question des sourciers, non point le néant scientifique comme je me le figurais jusqu’ici, mais au contraire un intéressant problème à examiner avec toute la prudence et toutes les garanties qu’il comporte.
- La méthode graphique que j’ai adoptée, sans être, tant sans faut, la seule que l’on puisse employer, me paraît précieuse en beaucoup de cas et je me propose de continuer à m’en servir.
- Nous espérons pouvoir, M. Martel et moi, au cours de l’été prochain, poursuivre l’expérimentation, en opérant sur de vastes cavités naturelles et avec le concours de certains des sourciers qui nous ont paru se classer vraiment au premier rang, et en les mettant dans des conditions matérielles et morales bien plus favorables que celles qu’ils viennent de rencontrer.
- Nous essaierons de leur faire tracer à la surface du sol la configuration des cavités comme celles de
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- Padirac et de Lacave (Lot), dont les plans sont faits et où l’on trouve grottes sèches, eaux stagnantes et rivières courantes; et nous tâcherons aussi de les faire opérer sur des grottes nouvelles dont le plan ne sera exécuté par les topographes qu'après l'achèvement de celui des sourciers.
- Ainsi nous pourrons, dans un isolement propice, et en présence des conditions diversifiées, comme il est nécessaire, discuter utilement les résultats.
- Nous aurons donc sans doute l’occasion de revenir ultérieurement sur le sujet.
- Armand Viré,
- Docteur ès sciences, directeur du Laboratoire de Biologie souterraine de l’Ecole des Hautes Etudes.
- LE RÔLE DES TRACES DANS LA VIE VÉGÉTALE
- C’est une donnée depuis longtemps classique dans la physiologie végétale qu’il entre une dizaine de corps simples dans la composition élémentaire des végétaux : hydrogène, oxygène, carbone, azote, soufre, phosphore, potassium, calcium, magnésium, et fer. Ces dix éléments se trouvent non seulement dans les tissus du végétal, mais ils sont nécessaires à son développement normal : l’absence d’un seul entraîne la non-utilisation des autres et l’arrêt de la croissance.
- A eux dix, ces corps constituent au moins les 99,9 pour 100 du poids total de l’organisme végétal et quelquefois davantage.
- De quoi est fait le millième restant, et quelles sont son importance et son rôle? C’est la question qu’a lumineusement traitée M. Gabriel Bertrand dans une conférence faite à New-York, en septembre 1912, au YIII° Congrès international de chimie appliquéej1).
- Les corps en question sont de deux sortes : les uns sont des éléments constants, quoique de faibles doses, les autres sont propres à certains genres, familles, ou espèces.
- Les premiers sont au nombre de cinq : silicium, chlore, sodium, manganèse, aluminium. Ils se présentent par quantités infimes, ou, comme on dit, à l’état de « traces )), titrant chacun moins de 1/10 000° et parfois même de 1/100 000e.
- Les dix-huit autres sont : iode, brome, fluor, arsenic, bore, rubidium, sodium, lithium, strontium, baryum, zinc, cuivre, cobalt, argent, vanadium, cérium. Ils sont de même à l’état de traces.
- La question qui se pose est la suivante : ces éléments sont-ils des « éléments physiologiques », c’est-à-dire nécessaires à l’économie de la plante, ou, comme on l’a soutenu, des corps étrangers, accidentels, introduits par osmose?
- Pour M. G. Bertrand, le caractère « physiologique » est indéniable au moins pour la majorité d’entre eux, et, les comparant à des ferments, il n’hésite pas à les envisager, suivant sa pittoresque expression, comme des « infiniment petits » chimiques.
- Le cas du manganèse est le mieux étudié et le plus démonstratif.
- Ce métal paraît exister chez tous les végétaux : il a été reconnu et dosé dans une foule de graines, de racines, de feuilles, et de plantes entières, dans des proportions, variables suivant les espèces et les organes, et qui varient de moins de 1/100 000° à 1/1 000000e.
- C’est donc bien un élément typique de l’ensemble de ceux dont on recherche la valeur. Mais sa très faible teneur rend évidemment fort difficile de mettre son rôle en relief, et ainsi s’explique l’échec des tentatives qu’ont
- 1. Annales de l'Institut Pasteur, 25 novembre 1912.
- faites à ce sujet Sachs (vers 1860), puis Raulin (1870). Le problème est aujourd’hui élucidé par l’étude de la laccase.
- La laccase est un principe, facile à isoler, qui fut d’abord reconnu dans le latex des arbres du genre Rhus, latex d’un blanc un peu jaunâtre, qui noircit et durcit au contact de l’air, devient susceptible d’un très beau poli, et n’est autre chose alors que la célèbre laque des bibelots japonais. On sait aujourd’hui que la laccase ne se trouve pas seulement dans le latex qui donne la laque, mais est universellement répandue dans le monde végétal. Elle y joue le rôle d’intermédiaire entre l’oxygène contenu dans l’atmosphère et diverses substances organiques renfermées dans les cellules.
- Or, ce principe est dù à la combinaison d’une matière organique particulière, jouant le rôle d’un acide très faible, avec une petite quantité de manganèse; dans la laccase de l’arbre à laque du Tonkin, la proportion du manganèse est de 0,12 pour 100. Si on enlève à la laccase cette quantité de manganèse, elle perd sa propriété de réductrice d’oxygène.
- L’utilité du manganèse pour les végétaux est donc démontrée. La très faible proportion de ce métal est expliquée du même coup par le fait qu’il en suffit d’une très petite quantité pour fixer une quantité presque indéfinie d’oxygène.
- On est beaucoup moins fixé sur le rôle des autres traces. Ce qu’on sait sur le zinc et le bore est cependant dès maintenant à retenir.
- Raubn avait découvert que 1/100 000° de zinc dans le milieu de culture permet de très belles récoltes de VAspergillus niger : on expliquait ce fait en supposant une action indirecte du zinc, détruisant les microbes qui auraient pu envahir le milieu. L’hypothèse est erronée. M. Javillier a montré que le zinc entre dans la composition de l’Aspergillus, agissant sur sa croissance à la façon du manganèse, et il l’a au surplus décelé et dosé dans un grand nombre d’espèces végétales différentes.
- Un autre collaborateur de M. G. Bertrand a fait des constatations analogues en ce qui concerne le bore.
- Il est à peine nécessaire d’indiquer combien cette voie de recherches est importante pour ses applications à l’agriculture. On sait ce que dès maintenant l’adjonction d’engrais catalytiques (manganèse, bore, etc.) aux engrais ordinaires a d’importance économique. Il est certain d’autre part que les recherches sur la fertilité du sol vont être forcées de ne plus s’en tenir seulement à l’appréciation de la richesse en azote, phosphore, et potassium, et devront recourir à de nouvelles méthodes d’analyse. Il est très vraisemblable enfin que ces découvertes sont destinées à jeter un jour tout nouveau soit sur l’excellente pratique des rotations culturales, soit même sur la pathologie végétale. Marcel Blot.
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- L’ASTRONOMIE
- Le Bulletin de la Société astronomique conte, d’après Photo-Revue, comment aux Etats-Unis une grave erreur judiciaire fut naguère évitée grâce à l’astronomie.
- Un jeune homme d’Ohama fut accusé d’avoir, dans une intention criminelle, placé une valise chargée de dynamite à la porte d’une maison, entre 14 et 15 heures, le dimanche 22 mai 1910.
- Deux jeunes filles attestèrent qu’elles avaient vu, un peu avant 15 heures, un homme répondant au signalement de l’inculpé, passer dans le quartier en tenant une valise à la main. C’était la seule charge relevée contre le jeune homme.
- Or, l’avocat de l’accusé découvrit qu’à l’heure dite, les jeunes filles étaient dans une église située à plus de 1500 m. de la maison dynamitée, qu’elles avaient assisté à l’office et s’étaierit fait ensuite photographier deux fois près de cette église.
- L’avocat consulta un astronome qui, d’après la position des ombres très nettes relevées sur l’une des épreuves, détermina le moment exact auquel la photographie avait été prise. II assura que ce moment était, à moins d’une minute près : 15 h. 21 m. 50 s. Les jeunes filles
- ACADÉMIE E
- Séance du 14 avril 1913. —
- U amertume du vin. — On sait que la maladie de l’amertume des vins est due à la transformation de la glycérine en acroléine, qui, à son tour, se transforme en une résine. M. Yoisenet démontre que cette destruction de la glycérine est due à l’intervention d’un microbe qu’il a dénommé Amaracrylus bacillus.
- Transformation des hydrates de carbone dans le sol. — M. Maillard a recherché le mécanisme de la transformation des hydrates de carbone dans le sol en matières humiques. Dans l’organisme, les sucres et les produits cellulosiques donnent les substances mélaniques; lorsqu’ils sont mis en contact avec des acides aminés, ils donnent les matières humiques dans le sol.
- Extraction des albumines du sang. — MM. Piettre et Vila ont imaginé un procédé qui permet de retirer du sang les matières albuminoïdes qui y sont contenues. Au lieu d’employer des doses massives de sels pour séparer les albuminoïdes dissoutes, ils déminéralisent le sang en utilisant la dialyse sur un sirop de sucre. Les sels s’éliminent par osmose et les albumines se précipitent et peuvent être recueillies à l’état de pureté.
- Procédé de préparation de Valuminium. — M. Matignon expose qu’il paraît bien établi que la magnésie est irréductible par l’aluminium. En effet, dans l’aluminothermie on opère la préparation des métaux chrome, manganèse en provoquant la réduction des oxydes par l’aluminium dans des vases brasqués en magnésie, seul oxyde qui, dans ces conditions, reste irréductible et n’introduit en conséquence aucune impureté dans le métal. Or, de considérations fondées sur une théorie, des équilibres qu’il a édifiée, M. Matignon a été conduit à penser que cette réduction doit être possible. En effet, il lui a suffi de chauffer la magnésie et l’aluminium dans le vide pour obtenir aussitôt le magnésium. La réaction constitue une véritable méthode de préparation appelée sans doute, vu le prix de l’aluminium, à remplacer la méthode électrolytique.
- ET LA JUSTICE
- n’avaient donc pu voir l’accusé à 15 heures, à l’endroit de l’attentat. Leur témoignage s’écroulait. Mais l’avocat général crut devoir railler ce calcul et les prédictions des savants en général. 11 le fit d’une façon fort plaisante qui excita l’hilarité continue des jurés. L’accusé fut déclaré coupable et condamné à 15 ans de travaux forcés.
- L’affaire vint en appel à la Cour supérieure d’Etat. Au cours de la nouvelle instruction, le premier anniversaire du jour où la photographie avait été faite arriva. L’astronome vérifia sur place ses calculs : il ne s’était pas trompé d’un quart de minute. La Cour suprême jugea que la condamnation avait été prononcée sur preuves insuffisantes et cassa l’arrêt.
- Un nouveau procès fut entamé. L’accusation consulta M. Swezey, professeur d’astronomie à l’Université de Nebraska, elle lui demanda de remesurer la position de l’ombre et de recalculer le temps.
- Le résultat trouvé par lui donnait un écart de 29 secondes sur celui du premier astronome. Dans ces conditions, l’accusation fut abandonnée, et le jeune homme remis en liberté. Il l’avait échappé belle.
- S SCIENCES
- Présidence de M. Guy on.
- Nouvel appareil téléphonique. — Partant de cette constatation que l’émission de la voix se fait à la fois par la bouche et par le nez, M. le Dr Glover a combiné un nouvel appareil téléphonique qui reproduit nettement la voix en l’amplifiant. M. Glover montre expérimentalement, à l’aide de son téléphone physiologique, que ce n’est pas par son intensité propre que le courant agit sur l’aimant récepteur dans le téléphone, mais bien par ses variations et qu’il y a lieu de multiplier les variations autant que les vibrations aériennes de la voix le permettent. Le nouvel appareil qui utilise à son maximum h; pouvoir dynamique de la voix réalise cette multiplication des variations du courant micro phonique.
- L’absorption de l’eau par les tissus. — MM. Mayer et Schœffer ont entrepris l’étude de l’absorption de l’eau par les tissus vivants. Cette question est fort importante au point de vue physiologique et pathologique. On considérait que l’échange était régi par la seule force osmotique. Or, ce facteur est insuffisant pour expliquer tous les faits. Les auteurs ont reconnu qu’il existait deux substances dans le plasma qui jouent un rôle primordial, plus important que celui de l’osmose ; ces deux substances sont la cholestérine et les lipoïdes.
- Propriété des rayons de Rôntgen. — M. de Broglie présente un travail sur de nouveaux phénomènes de diffraction des rayons de Rôntgen. Les récentes recherches poursuivies dans cette voie sont d’un grand intérêt parce qu’elles tendent à rendre presque matérielles les conceptions réticulaires de la constitution des cristaux.
- Élection. — M. Landouzy est élu académicien libre en remplacement de M. Teisserenc de Bort, décédé.
- Prix. — Le prix Gustave Roux (1000 fr.) est décerné à M. Montel, chargé de conférences à la Faculté des Sciences de Paris, pour ses travaux mathématiques sur la théorie des fonctions analytiques. — Le prix Lanne-longue est décerné à Mme Cuzco et à Mme Rück.
- Gh. DE VUXEDÈUIL.
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- VORACITÉ DE POISSONS PÉLAGIQUES
- Si l’homme est un loup pour l’homme, que dire de certains poissons? Il n’est pas rare d’en rencontrer dont l’estomac est rempli de débris d’autres poissons plus petits et l’on connaît maintes autopsies, de squales en particulier, dans l’estomac desquels se trouvaient d’autres poissons de moindre envergure non encore digérés, lesquels renfermaient à leur tour d’autres poissons plus petits, les mangeurs ayant été mangés avant d’avoir eu le temps de profiter de leur pêche !
- Certains poissons de haute mer sont particulièrement voraces et les récentes campagnes océanographiques nous en ont fait connaître d’extraordinaires à ce sujet. Le groupe des Sac-copharyngidés comprend de beaux poissons d’un
- leurs mâchoires très développées, aux articulations fort souples, leur permettent d’avaler d’un seul coup des poissons aussi gros qu’eux qu’on aperçoit ensuite à travers les minces tissus distendus de la peau
- Fig. 2. — En haut, Ghiasmodus niger, poisson de 9,5 cm ; en bas, un individu ayant avalé un autre de la même espèce, plus grand que lui, qu’on aperçoit par transparence dans son estomac.
- noir velouté, vivant entre deux eaux, dont la gueule est de beaucoup la plus importante partie du corps ; leurs noms indiquent bien cette particularité : Sac-copharynx, Eurypharynx, Gcistrostomus (fig. 1) ;
- Fig. i. — En haut, Gastrostomus bairdii; en bas, un individu d’une nouvelle espèce de la même famille des Saccopharyngidés.
- et de l’estomac. On en avait déjà pêché à diverses reprises, l’estomac plein; le Challenger avait rapporté un Saccopharynx, dont l’estomac était rempli d’un poisson presque aussi grand que lui ; le prince de Monaco avait également trouvé divers représentants extraordinaires de cette famille, mais le record en cette matière semble détenu par un Ghiasmodus niger pêché pendant la dernière campagne du « Michael Sars » (*), dont l’estomac contenait un autre individu de même espèce beaucoup plus gros que lui. L’animal, dont l’estomac ne fait normalement qu’une légère saillie, a, après un tel repas, une dilatation telle que sa cavité gastrique est devenue plus volumineuse que tout le reste de son corps.
- La figure 2 montre l’aspect normal d’un de ces Ghiasmodus et l’aspect de celui qui avait ingéré une telle proie. Il serait curieux de connaître la manière dont se fait la digestion de pareils repas. Nul doute que ces poissons possèdent des sucs digestifs extrêmement puissants pour arriver à liquéfier et assimiler de telles masses. Malheureusement, la physiologie des êtres des grands fonds est encore tout à fait inconnue, et elle sera fort difficile à connaître.
- S§'ïs&.^'e$3
- LES CANONS KRUPP POUR SOUS-MARINS
- Dans la construction des sous-marins, deux tendances se manifestent depuis quelque temps : d’une part, on s’attache à augmenter le déplacement de ces bateaux; d’autre part, on les munit, outre leurs torpilles, de canons servant à la défense et à la protection.
- C’est ainsi que l’usine Krupp vient de mettre au
- point deux types spéciaux de canons adaptés aux besoins particuliers des sous-marins. Pour les petits calibres, elle choisit des canons à affût conique, réduisant autant que possible la résistance de l’eau
- 1. Les figures de cet article sont extraites du livre de MM. Muiuiaï et IIjokt, Deplhs of the Océan, Macmillan, éditeur, Londres, 1912.
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- pendant les déplacements sous-marins. Pour les canons à calibre moyen qui, en raison de leurs dimensions, opposeraient à l’eau une résistance excessive, susceptible de réduire considérablement
- dessous du pont supérieur, tout le temps qu’il n’est pas en service. La faible saillie du support stationnaire, qui seule dénote la présence du canon, n’oppose pas à l’eau une résistance appréciable.
- la vitesse de translation, un dispositif à éclipse a été ima giné. Les canons sortent du sous-marin et se trouvent immédiatement en ordre de combat.
- La figure 1 représente le canon sous-marin de petit calibre (3,7 cm), d’un poids total de 265 kg, reposant sur un socle fixe. Son tube est disposé dans uri berceau cylindrique, dans lequel il glisse en arrière pendant le tir. Le recul est réduit par un frein hydraulique, et un ressort ramène le canon à sa position de tir. Le socle, en forme doublement conique, porte un frein de friction qui, dans une mer agitée, prévient les oscillations involontaires.
- Le canon de calibre moyen (7,5 cm), représenté aux figures 4, 5 et 6, comporte un affût basculant. D’un poids de 860 kg, il reste dans une cale, au»
- i. Canon sous-main de petit calibre installé à poste fixe. — 2. Le logement du canon à éclipse, en position de plongée. — 3. Un tir se prépare, le capot s'ouvre. — 4. Apparition du canon.— 5. Le canon en position d'attente.
- 6. Un tir.
- Afin de monter le canon en position de combat, on n’a qu’à ouvrir le couvercle de cette cale et à retirer un verrou, après quoi le canon, sous l’action de ressorts, s’élève automatiquement. 20 secondes sont requises pour disposer le canon en ordre de combat et pour attacher le cran de mire et le porte-épaule ; il n’en faut pas davantage pour faire redescendre la pièce sous le pont.
- On sait que les aéroplanes, qui permettent de déceler la présence des sous-marins aux profondeurs considérables sont leurs ennemis les plus dangereux; aussi le support du canon permit-il de pointer soit à faible hauteur (pour le tir contre les sous-marins de l’ennemi, etc.), soit à altitude considérable (pour le tir contre les ballons et les aéroplanes).
- Le. Gérant : P. Masson. —Imprimerie Lahuris, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2083.
- 26 AVRIL 1913.
- LES NOUVELLES RECHERCHES MINIÈRES EN BELGIQUE
- à 'est avec un intérêt " croissant que l’on suit, en Belgique et dans le Nord de é la France, les re-r cherches entreprises en vue de déterminer l’importance de la partie méridionale du bassin charbonnier belge qui va de la vallée de la Meuse à la frontière française où il trouve sa continuation dans les gisements du Nord et du Pas-de-Calais. Cette émotion ne doit pas surprendre. L’industrieuse Belgique est le théâtre d’un tel dévelop-
- pons que les lois sociales volées ces dernières années, et relatives à la réduction de la journée du travail, ainsi que celles dont la présente grève générale pourra être suivie, sont plutôt de nature à contrarier l’accélération du rendement des mines.
- C’est pourquoi l’opinion publique éprouva, il y a une dizaine d’années, un A'éritable soulagement lorsque l’on apprit la découverte de la houille dans une province du Nord, le Limbourg, dans un vaste pays de bruyères et de bois,'la Campine, voisin du bassin charbonnier hollandais. Là-bas, les exploitants et les ingénieurs travaillent maintenant. On fonce, on construit; le « minier » a été retrouvé. On peut dire que le nouveau bassin sera en pleine exploitation dans 5 ou 6 ans, si les industriels ne rencontrent pas trop de difficultés dans la traversée des nappes aquifères, puissantes et dangereuses daris cette région.
- Or, depuis quelque temps, une nouvelle d’une
- Fig. i. — Un triage central dans un charbonnage du sud de la Belgique (Grand-Hornu). Les produits des différents sièges d'extraction sont ramenés dans cette installation centrale où ils sont lavés et triés avant les expéditions. Le transport se fait par voie aérienne.
- pement industriel, en métallurgie, en verrerie, en industrie du bâtiment, notamment, que sa production de houille est insuffisante et qu’elle doit avoir recours à ses trois voisins producteurs, l’Allemagne, l’Angleterre et la France. En ce moment même on sait que les stocks de houille, accumulés en vue de la grève, n’ont pas suffi à permettre l’activité des usines.
- L’instabilité de cette situation peut amener de graves contrariétés. Il est donc fort naturel que les Belges aient le souci de favoriser, par tous moyens, l’accroissement de leur production minière, d’autant
- extrême importance se précise. On annonce l’existence, dans le Sud de la Belgique, au midi de la limite considérée antérieurement comme définitive, d’un gisement charbonnier fort, important, caché sous des terrains plus anciens, dont l’exploitation présentera peut-être des difficultés en raison de sa profondeur, mais dont l’existence consolide la situation de l’industrie charbonnière belge.
- Les études géologiques de ces dernières années ont modifié les idées généralement admises sur la structure du gisement charbonnier belge.
- Précisons donc.
- 41e année.
- icr semestre.
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- 338 : LES NOUVELLES RECHERCHES MINIÈRES EN BELGIQUE
- La coupe transversale classique du grand bassin limité en Belgique par la frontière française à l’Ouest et la vallée de la Meuse à l’Est, indiquait, faisant suite aux plateaux du Nord, une série d’ondulations comprises entre des failles inclinées au Sud et se terminant par des dressants renversés sur la lisière sud du bassin, le long de laquelle on peut suivre en affleurement le passage de la faille eife-lienne. On déterminait sur tout le bord sud, le poudingue houiller, la roche qui marque la limite du gîte exploitable. Le bassin belge semblait, en somme, refermé sur lui-même et il paraissait inutile de continuer les recherches. Or, cette théorie vient d’être condamnée.
- Les études géologiques et les sondages des exploitants dans le bord nord, ont permis de préciser de nouvelles conditions de formation du bassin sud de
- encore dans la partie française qui s’étend parfois à des kilomètres de la frontière (fig. 2).
- Les premiers résultats obtenus ont naturellement engagé les Sociétés minières à préciser leurs recherches, en vue de présenter de nouvelles demandes de concession ou d’extension de leurs domaines. Tant et si bien que la zone vierge du Sud, voisine de la frontière française, est à présent presque définitivement déterminée.
- On a pratiqué des sondages et des foncements à Leernes, pour le compte du charbonnage de Fontaine-Lévêque, à Gozée pour le compte de Forte-Taille, à Ham-sur-Heure pour le compte de Jamioulx, à Nalinnes pour le compte du Bois-du-Cazier, à Lover-val pour le compte de Marcinelle-Nord, à Bouffioulx pour la Société des recherches de Charleroi, etc., sans compter les mises en exploitation du charbon-
- HOLLANDE
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- Anciens hossins chu SuxL Nouvelle, xone- des recherches
- Fig. 2. — Carte schématique montrant le développement des bassins du sud de la Belgique et la nouvelle zone où se poursuivent les recherches.
- la Belgique. Il semble acquis que celui-ci se présente sous la forme de tranches ayant glissé les unes sur les autres, sous l’effet de puissantes poussées tan-gentielles venues du Midi. La faille eifelienne serait la dernière charriée de cette façon, recouvrant de terrains plus anciens, des assises récentes.
- Les soixante-dix-sept sondages entrepris dans différentes régions, soit dans le bassin de Mons (Borinage), soit dans le bassin de Charleroi, soit dans le sud du Centre (La Thudinie), toujours le long de la frontière française, ont montré que le midi du bassin belge est composé d’une série de bassins superposés en forme d’écailles séparées par des failles qui se détachent de la faille du Midi et qui sont toutes en forme de cuvette.
- Il paraît donc y avoir là, dans le sud du bassin de Charleroi, dans la Thudinie, dans le sud du bassin de Mons, un vaste gisement parfaitement exploitable, non seulement dans le territoire belge, mais
- nage d’ilensies, à deux pas de Blanc-Misseron, les sondages de Bray, de Quievrain, de Sivry, près de la frontière, voire ceux entrepris à Grand Reng et sur le territoire français.
- Toute la zone comprise entre Charleroi et la région de Mons, au sud, le long de la frontière et passé celle-ci, semble assurée, dès à présent, d’une mise en valeur tout à fait remarquable et de longue durée. Ce n’est pas, à dire vrai, un bassin nouveau que l’on vient de découvrir, c’est plutôt une mise en exploitation d’une énorme portion du bassin charbonnier belge que l’on jugeait inexploitable.
- Les veines recoupées par les travaux sont-elles susceptibles d’être exploitées avec profit? On en est dès à présent convaincu. Les couches rencontrées ont des puissances différentes, naturellement. On note de 35 cm à 1 m. 35 avec des teneurs en matières volatiles de 20 pour 100 en moyenne. Et il ne s’agit que de recherches préliminaires. C’est en
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- A PROPOS DE L’ALBANIE
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- somme un succès, et il ne faut pas s’étonner que ces recherches et ces... trouvailles aient singulièrement intéressé le monde industriel belge, les exploitants et les géologues. On y trouve la preuve que le vieux bassin charbonnier qui s’étend de la frontière française à la frontière allemande, par le Iiai-naut, la province de Namur et la province de Liège au nord de l’Àrdenne, est susceptible d’être développé et mieux mis à profit dans le Sud.
- Une telle éventualité n’est point négligeable. Non seulement elle maintient, dans la partie wallonne du pays, l’extraordinaire activité économique que l’on doit à l’industrie charbonnière et dont on redoutait le déplacement au profit du Nord, par la mise en exploitation du nouveau bassin de la Campine, mais elle assure aussi la possibilité de mieux équilibrer la situation charbonnière du pays, vis-à-vis de la consommation nationale.
- Certes, il n’est pas encore possible de préciser ce que les nouvelles richesses minières découvertes dans le Sud réserveront financièrement aux exploitants; mais il paraît certain que, dans quelques années, lorsque l’extraction sera en rendement, la
- production des bassins du Ilainaut sera très sérieusement majorée. Il y a là une garantie pour l’avenir.
- La question est intéressante au point de vue français.
- Il ne faut pas oublier que les prévisions marquent la possibilité d’extension du bassin du Hai-naut belge, dans le territoire français. C’est d’ailleurs pour préciser ces indications premières, que des sondages de recherches viennent d’être entrepris près de Jeumont, etc., par différentes Sociétés franco-belges, à Grand Reng, etc. Et quand nous aurons signalé que toute la région frontière de Blanc-Misseron à Jeumont voit surgir de nombreuses usines métallurgiques, verrières, etc., érigées sur le sol français et desservies par des milliers de travailleurs des deux pays, nous aurons laissé entrevoir l’éventualité — peut-être très prochaine — d’un grand développement économique de la région du Nord.
- Toutes ces raisons justifient l’intérêt que l’on porte, aussi bien en France qu’en Belgique, aux découvertes houillères dont nous venons de parler.
- Marios Renard,
- Directeur de l'École provinciale des Arts cl Métiers du lluiiiaut.
- CHRONIQUE
- Nouvelle théorie de la vision. — Comment se fuit le passage des ondes optiques dans la rétine? Quelles relations y a-t-il entre le mouvement de la lumière et la perception lumineuse? Dans les Archives italiennes de Biologie, le Dr Castelli vient de donner une nouvelle réponse à ces questions ; il pense que l’impression lumineuse physiologique est due à un phénomène de résonance optique, opéré par les granules pigmentaires de la rétine. En effet, il a mesuré un grand nombre de ces granulations et il a trouvé que leur diamètre est toujours compris entre 0,5 et 1,1 millième de millimètre chez la grenouille et il en a conclu que, ces dimensions étant du même ordre de grandeur que les longueurs d’onde
- des rayons monochromatiques compris entre le rouge et le violet du spectre, les granulations pigmentaires, recevant des rayons de lumière blanche, entrent en vibration, selon leurs dimensions, pour les différents rayons monochromatiques excitateurs. Ces grains seraient donc de véritables résonateurs optiques et joueraient dans l’œil le même rôle que les cellules de l’organe de Corti dans l’oreille, pour les sons. Les vibrations des granulations pigmentaires donneraient naissance aux mouvements des cônes et des bâtonnets qui communiquent leurs excitations aux autres cellules nerveuses de l’oeil. La vision ne serait donc pas un phénomène chimique, mais bien un phénomène physique d’ordre très général.
- A PROPOS DE L’ALBANIE
- La plus jeune des nations du monde se vante à bon droit d’être la plus vieille race d’Europe, et l’histoire, comme aussi l’anthropologie, est prête à admettre cette dernière prétention.
- Tout paraît indiquer que les Albanais sont les descendants directs de ces mystérieux Pélasges qui vivaient sur les rivages de l’Adriatique, en Macédoine et en Epire, des siècles avant le triomphe de l’hellénisme, et que les Athéniens considéraient comme les autochtones de la Péninsule balkanique, des îles de l’Archipel, de la Sicile et de l’Italie méridionale.
- Espérons que la science sera bientôt en état d’éclaircir les origines de cette race mystérieuse, d’étudier méthodiquement ses dialectes, de procéder sur elle à des mensurations anthropologiques, et de comparer aux crânes des Albanais des temps mo-
- dernes, ceux que des fouilles archéologiques mettront certainement à jour. Le massif albanais était devenu depuis cinq siècles la région d’Europe la plus inaccessible. On compte maintenant par douzaines les représentants de races blanches qui ont pénétré au Tibet, tandis qu’on trouverait difficilement dix voyageurs qui aient traversé l’Albanie.
- Ce qu’il faut poser en principe, c’est que les Albanais — ou les Skipetars, comme ils s’appellent eux-mêmes — forment une race homogène, compacte, aux caractères bien déterminés; il suffit d’avoir fréquenté quelques Albanais, même occidentalisés, pour éviter désormais de les confondre avec les autres nationalités balkaniques. Leurs yeux et leurs cheveux noirs, leur face allongée, la finesse de leurs traits, leur taille élancée, sous les épaules robustes, tout les différencie des Serbo-Monténé*
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- 340 —:— A PROPOS DE L’ALBANIE
- grins, des Bulgares et des Roumains. D’une façon générale, la distinction est plus difficile à faire quand il s’agit des Grecs, d’abord parce que les deux nationalités ont des ascendances ethniques communes, puis, parce que ces derniers se sont efforcés d'helléniser plusieurs centaines de mille Albanais qui habitent leur territoire.
- Nous avons déjà eu l’occasion de remarquer combien il était difficile de déterminer l’effectif de chacune des nationalités en présence. Grecs et Serbes ont évidemment tout intérêt à diminuer l’importance numérique d’une race dont ils ambitionnent le domaine. D’autre part, si les Ottomans n’ont jamais recensé les populations de leur empire, les Comités albanais ont certainement tendance à profiter de cette absence de statistiques officielles pour grossir le nombre de leurs compatriotes. Dans les pays où la population n’a jamais été dénombrée, on peut parfois se fier aux évaluations approximatives des missionnaires; mais ce concours nous fait défaut pour l’Albanie,où trois religions rivales sont en présence.
- Un voyageur français qui a traversé l’année dernière l’Albanie, M. Gabriel Louis - Jaray, et dont l’intéressant récit vient de paraître Q), a recueilli les chiffres suivants de la bouche du chef spirituel des Mirdites, tribu catholique. Les Albanais musulmans seraient au nombre de 1 200 000 ; les orthodoxes compteraient 600 000 âmes, et les catholiques, 200000. Les Skipetars, ou Albanais d’Albanie, formeraient donc, d’après Mgr Dochi, un ensemble de 2 millions. Mais M. Kristo Anastas Dako, membre du Comité nationaliste albanais, qui a publié récemment dans Y American Review ofReviews, une étude sur ses compatriotes, porte à 5 millions le nombre de ceux d’entre eux qui étaient sujets ottomans au début de la guerre. Il y ajoute les contingents suivants : 900 000 Albanais sujets grecs ; 800 000 Albanais sujets italiens ; 50 000 émigrés en Amérique ; 50 000 fixés en Roumanie, etc. Ainsi, d’après M. Dako, le nombre des Albanais restés fidèles à leur langue. maternelle, s’élèverait à environ 4 800 000 âmes.
- Cette langue skipetar, qui a traversé les âges
- 1. Chez Hachette, éditeur. Paris.
- sans créer une littérature digne de ce nom, est, si l’on peut dire, le ciment d’une race qui a toujours su défendre son autonomie, mais n’a jamais réussi à fonder une nation durable. Dès les temps les plus reculés, des aventuriers tentèrent de grouper les tribus albanaises et de s’en proclamer rois ; mais ces entreprises ne rencontrèrent que des succès éphémères. En l’an 168 avant J.-C., les Romains conquirent le pays, mais renoncèrent à latiniser ces farouches montagnards, qui conservèrent leur langue, leurs lois et leurs coutumes.
- Après le partage de l’Empire romain, la Skiperie suivit les destinées de Byzance. Les Grecs du Bas-Empire la désignèrent sous le nom d'Albasan, qui est celui d’un clan (Elbassan) fixé dans la région centrale du pays. Et ce fut de ce terme que les Italiens tirèrent la désignation géographique d’Albania, adoptée depuis par les autres nations européennes.
- Puis, survinrent les flots successifs des invasions serbes, bulgares et turques, et l’Albanie changeaautantde fois de maîtres. Un moment, un homme de génie, Skanderberg, faillit faire entrer la Skiperie indépendante et victorieuse dans les rangs des puissances européennes et chrétiennes. Mais, à sa mort,l’édifice s’écroulait; la Turquie soumettait l’Albanie à sa domination. A partir de cette époque (1478), le pays retomba dans l’oubli et se contenta d’être partie intégrante de l’Empire ottoman, auquel il fournit des légions de fonctionnaires et de soldats, dont Chukri Pacha, le défenseur d’Andrinople, Albanais de pure race, restera l’un des plus glorieux. Notons que ce fut à cette époque, au moment de la conquête de la Skipérie par les Turcs, que des milliers de patriotes traversèrent l’Adriatique pour s’établir en sol italien. Quatre siècles et demi se sont écoulés, et les descendants de ces émigrants parlent encore la langue de leurs ancêtres et restent fidèles à la plupart de leurs antiques coutumes, ce qui montre combien est vivace chez cette race le sentiment de nationalisme. Crispi, l’homme d’État italien, était, paraît-il, un de ces descendants d'Albanais.
- L’organisation politique et sociale des Albanais est passablement compliquée. On pourrait assez justement la comparer à celle de la France du moyen âge, quand notre territoire appartenait à ces
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- grands vassaux toujours prêts à s’affranchir de la domination royale. Ils se divisent en deux groupes principaux, les Ghègues, au Nord, les Tosques, au Sud ; au point de vue ethnique, ils diffèrent fort peu ; mais les dialectes des derniers, restés fidèles au culte grec orthodoxe, se sont corrompus au contact des populations hellènes, leurs voisines, tandis que les Ghègues, bien que convertis en grand nombre à l’islamisme, restaient cependant plus fermés à l’in-lïuence étrangère.
- Ces deux groupes se divisent en de nombreuses tribus dont nous ne nommerons que les principales : les Malissores, les Ilasis, les Lionmotes, les Mir dites.
- Chacune obéit à un chef héréditaire, le bairakdar, qui, pour gouverner ses sujets, s’appuie sur un conseil formé par les plus vieux chefs dedans (fars).
- A son tour, le chef du clan jouit d’une autorité presque absolue sur les chefs des familles qui les composent. Ces familles forment de véritables tribus de 50 à 100 têtes; les membres, étroitement apparentés (fils, petits-fils, neveux, etc.), vivent parfois dans une maison commune.
- Cet émiettement de l’autorité explique l’histoire des Albanais et constitue la menace de demain, à l’égard de leurs ambitions politiques : attachés fanatiquement à leur indépendance individuelle plus encore qu’à leur indépendance collective et nationale, ils ont rarement accepté l’autorité d’un chef suprême, et, s’ils sont restés soilmis pendant quatre siècles à la domination turque, c’est bien parce qu’elle se montra envers eux indulgente et paternelle. Du jour où le parti Jeune-Turc voulut les traiter comme les autres sujets ottomans, leur faire payer l’impôt, les soumettre à la conscription, leur imposer des fonctionnaires de race non albanaise, ils se révoltèrent, provoquant cette légendaire « étincelle » qui allait bel et bien mettre le feu aux Balkans. .>
- On aura remarqué que les Albanais, au cours de leur révolte contre la Turquie (1910 à 1912) comme pendant leur lutte de l’hiver dernier contre les envahisseurs serbes et grecs, ne se soulevèrent pas en
- masse. Cependant, ils communiaient tous dans le même idéal d’indépendance; mais ce manque d’unité militaire, qui poussa les tribus à se révolter les unes après les autres, montre bien que les Albanais sont au même degré d’organisation politique que l’était la France au moyen âge.
- Plusieurs tribus ont esquissé des confédérations; mais la jalousie et la susceptibilité des bairakdars les ont toujours empêchés d’abdiquer leurs pouvoirs entre les mains d’un chef unique, même pour une période limitée, et, au grand contentement des Turcs, ces confédérations n’ont jamais été que des corps sans tête, à l’existence éphémère.
- Quant à la situation économique de cette étrange race, elle est encore plus rudimentaire que leur organisation sociale.
- Les routes albanaises sont, en général, d’affreux chemins de montagnes où le voyageur est menacé à chaque pas par un précipice ou par une fondrière.
- L’industrie est nulle, et c’est à peine si l’on peut voir quelques moulins à blé ou à huile dans les villes, comme Ipek, Prizrend, Scutari; encore sont-ils possédés et dirigés par des étrangers.
- La grande majorité des habitants, surtout parmi les tribus musulmanes, est composée d’illettrés; par contre, de nombreux notables ont fait de brillantes études en France, en Italie ou en Autriche.
- En résumé, les Albanais pourront-ils former une nation durable? Avec les Comnènes, les Skanderbergs et les Ducagins, ils ont prouvé dans le passé qu’ils pouvaient atteindre ce résultat.
- Souhaitons, pour la tranquillité future de l’Europe, qu’il en soit ainsi dans l’avenir. Un gros point noir serait écarté des préoccupations politiques si l’Albanie pouvait un jour se civiliser et devenir autre chose qu’une fiction diplomatique, inventée par la Triple Alliance pour tenir en échec les peuples slaves. Y. Forbin.
- Paysan albanais.
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- PROCÉDÉS RAPIDES' D’EXTRACTION DES RACINES
- DES NOMBRES QUELCONQUES
- La Nature a déjà relaté dans son numéro 2079 les procédés imaginés par M. Quinton pour extraire rapidement les racines cubiques et cinquièmes de nombres parfaits. Depuis, M. Quinton s’est appliqué à étendre sa méthode à tous les nombres et il y est parvenu rapidement. A la Société d’Anthropologie, il vient de faire deux communications successives pour révéler sa manière d’opérer. A la séance du 5 avril, il résolut les questions suivantes :
- A) Opérations sur des nombres quelconques :
- 1° Extraction de la racine cubique de nombres quelconques compris par exemple entre 100 millions et 1 milliard. Obtention d’une racine de 4 chiffres, le dernier chiffre étant approché à 5 unités près environ. Exemple : 558 865 568. Racine 823,2; la racine exacte étant 825,7. Temps : 25 secondes.
- Dans cette opération, qui est la plus complexe, M. René Quinton bat la règle à calcul comme vitesse et comme précision. La règle à calcul Mannheim donne par exemple, pour l’extraction précédente, le résultat 825,0 en 50 secondes.
- 2° Aperception des nombres qui ne sont pas des cubes parfaits. Exemple ; 755 571, cube parfait; 612 252, cube imparfait.
- R) Opérations sur des nombres qui sont des puissances parfaites :
- 1° Extraction d’une racine cubique d’un nombre de 6 chiffres. Exemple : 185 193. Racine 57. Temps :
- I seconde.
- 2° Extraction d’une racine cinquième d’un nombre de 9 ou 10 chiffres. Exemple : 8 587 540 257. Racine 97. Temps : 1 seconde.
- 5° Extraction d’une racine cubique d’un nombre de 9 chiffres. Exemple ; 128 787 625. Racine 505. Temps : 20 secondes.
- 4° Extraction d’une racine cinquième d’un nombre, de
- II chiffres. Exemple : 64 097 340 625. Racine 145. Temps : 50 secondes.
- 5° Extraction d’une racine cubique d’un nombre de 12 chiffres. Exemple ; 560 488 070 615. Racine 7117. Temps : 50 secondes.
- La rapidité de ces résultats tient du prodige, quand on ne connaît pas l’ingénieux procédé employé.
- A la dernière séance de la même Société, jeudi dernier, 17 avril, M. Quinton a expliqué sa méthode de calcul, qui, croyons-nous, pourra rendre service, en dehors de l’étonnement que ne manqueront pas de provoquer les résultats chez ceux qui ne la connaîtront pas. Elle ne nécessite qu’un petit nombre de connaissances très simples qu’il est facile de se rappeler : les cubes des 9 premiers nombres, leurs puissances cinquièmes, et quelques propriétés remarquables des nombres que nous signalerons à mesure que nous en aurons besoin.'
- Voici, appliquée à quelques exemples, la méthode suivie par M. Quinton :
- Extraction de la racine cubique de nombres quelconques. — Obtention d’une racine de 4 chiffres, le dernier chiffre étant approché à 5 unités près environ. Exemple : 558 865 568. Racine 825,5, la racine exacte étant 823,7.
- Procédé. — Le procédé est infiniment simple. L’extraction classique exigerait plus de quarante opérations et près d’un quart d’heure de calcul. La méthode de
- M. Quinton ramène tout à une soustraction et à une division.
- Il n’y a d’abord à considérer que les 4 premiers chiffres du nombre dont on extrait la racine : 558,8 par exemple dans le nombre qui précède. La soustraction et la division à faire sont les suivantes :
- 558,8 — 511,8 — 47 Division de 47 par 2 — 25,5.
- Le nombre 8 étant la racine cubique de 512 dont le repère par la méthode de Quinton est 511,8, il suffit de placer le chiffre 8 devant le nombre 23,5; on obtient ainsi
- 825,5 qui est la racine cherchée.
- La méthode consiste donc à retrancher des 4 premiers chiffres du nombre dont on doit extraire la racine le repère immédiatement inférieur, et à diviser la différence par un chiffre connu, spécial pour chaque repère.
- L’opération est si simple qu’un élève de l’école primaire peut l’effectuer mentalement en quelques secondes.
- Pour toute la série des nombres (qu’il s’agisse de millions, de milliards ou de trillions), il suffit de connaître 21 repères, leur racine et leur diviseur, ce qui équivaut à retenir 15 numéros de téléphone environ, à moins qu’on ne préfère les avoir écrits devant soi sur une feuille de papier.
- Ces repères peuvent être établis par chacun, de même que leur racine et leur diviseur. Ainsi, dans l’exemple précédent, on part de l’observation suivante :
- 8Û3 — 512 mille.
- 813 = 551 —
- 823 = 551 —
- 85s = 571 —
- La progression des cubes des nombres au voisinage de 80 est donc par vingtaine de mille; en retranchant 511,8 de 558,8, il reste 47 dizaines ou 25,5 vingtaines; la racine est donc approximativement 8255. Pour rendre l’approximation plus grande, M. Quinton modifie un peu certains cubes : il emploie pour le cube de 8, 511,8 au lieu de 512, pour celui de 7, 541 au lieu de 545, pour celui de 6, 214 au lieu de 216, les autres sont utilisés exactement.
- Pour certains repères, la division est remplacée par une multiplication, ce qui simplifie encore le calcul. Ainsi, la progression des cubes des nombres au voisinage de 90 étant de 25 000 environ, on divise la différence par 25, ou mieux on la multiplie par 4. Exemple : soit à extraire la racine cubique de 789 657 671 922. Opérations : le premier chiffre est 9, racine cubique du nombre repère 729 ;
- 789,6 — 729 = 60,6
- 60,6 x 4 = 242,4.
- D’où la racine 9242,4, la racine exacte étant 9245,0.
- Temps de l’opération : 10 secondes. La règle à calcul Mannheim donnerait 9260, résultat beaucoup moins exact, en un temps plus long, 25 secondes.
- Nous ne reviendrons pas sur les procédés d’extraction des cubes et des racines cinquièmes des nombres qui sont des puissances parfaites, procédés que nous avons exposés dans notre précédent article.
- Une curieuse application en est faite par M. Quinton dans le cas suivant :
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- Extraction de la racine cubique d’un nombre parfait de 9 chiffres. Exemple : 128 787 625. Racine 505. Temps : 10 à 20 secondes.
- Procédé. — Le premier et le dernier chiffre de la racine s’obtiennent, comme nous l’avons expliqué, soit 5 pour le premier chiffre et 5 pour le dernier, dans l’exemple qui précède. Reste à trouver le chiffre du milieu de la racine. On applique la méthode décrite pour l’extraction de la racine cubique d’un nombre quelconque. Par exemple, pour le nombre qui précède, on retranche 125, qui est le repère de 5, de 128, 7, soit une différence de 5,7. On divise 3,7 par 8 (diviseur du repère 125), ce qui donne 0,4. On retient simplement le chiffre 0 qu’on place entre les deux chiffres 5, précédemment trouvés. On obtient ainsi la racine 505.
- On peut aussi employer le procédé de la preuve par 9, bien qu’il soit plus long. Nous en donnerons un exemple pour les racines cinquièmes ; le procédé serait le même pour les racines cubiques, en tenant compte de leurs propriétés particulières, que nous indiquerons plus bas.
- Extraction de la racine cinquième d’un nombre de 11 chiffres. Exemple : 64 097 340 625. Racine 145. Temps : 20 à 50 secondes.
- Procédé. — Le premier chiffre et le dernier chiffre de la racine s’obtiennent comme dans l’extraction de la racine cinquième d’un nombre de 9 ou 10 chiffres, soit 1 pour le premier chiffre et 5 pour le dernier, dans l’exemple qui précède. Reste à trouver le chiffre du milieu de la racine. La preuve par 9 permet de l’obtenir.
- On additionne en preuve par 9 tous les chiffres du nombre dont on extrait la racine. Les puissances qui donnent en preuve par 9 : 1 ou 8, ont une racine qui donne en preuve par 9 : 1 ou 8. Les puissances qui donnent en preuve par 9 : 5 ou 7, ont une racine qui donne en preuve par 9 : 2 ou 4. Les puissances qui donnent en preuve par 9 : 2 ou 4, ont une racine qui donne en preuve par 9 : 5 ou 7. Les puissances qui donnent en preuve par 9 : 0, ont une racine qui donne en preuve par 9 : 0, 5, 6 ou 9.
- Dans l’exemple qui précède l’addition des chiffres du nombre dont on doit extraire la racine donne 1 en preuve par 9. Le total des chiffres de la racine doit donc également donner 1 en preuve par 9. Or, nous possédons deux chiffres de la racine, le chiffre 1 et le chiffre 5 qui donnent un total de 6. Le troisième chiffre
- LE CHEMIN DE FER
- L’idée de lancer une voie ferrée à travers le Sahara vers les terres tropicales a été conçue, dès 1876, par Paul Soleillet, et reprise en 1878 par Duponchel, ingénieur des Ponts et Chaussées.
- C’est afin de poursuivre pratiquement ce projet que fut organisée l’expédition Flatters. On se souvient encore de l’échec douloureux de cette entreprise occasionné par l’assassinat du lieutenant-colonel, chef de la mission, à Tadgenout, près du Àhaggar, en 1881.
- La question du Transsaharien qui s’était posée, préoccupa depuis cette époque tous les esprits audacieux. Mais, au cours des discussions passionnées
- [R TRANSAFR1CA1N ................... ........- 343
- que nous cherchons est donc 4. Il nous suffit de le placer entre 1 et 5. Nous obtenons ainsi 145, qui est la racine cherchée.
- Il est très facile de retenir à quel chiffre correspond en preuve par 9 pour le total des chiffres du cube, le total des chiffres de la racine. On retranchera 5 aux chiffres impairs 5 et 7, ce qui donnera 2 et 4; on ajoutera 3 aux chiffres pairs 2 et 4, ce qui donnera 5 et 7.
- Enfin, la combinaison de la méthode de la preuve par 9 et de la loi de croissance des cubes permet de répondre à la question suivante : Un nombre donné est-il un cube parfait ou imparfait ?
- Exemple : 755 571, cube parfait; 612 254, cube imparfait; 126 458, cube imparfait, etc.
- Procédé. — Les cubes de tous les nombres donnent, en preuve par 9 : 0, 1 ou 8. Le nombre 612 254 ne peut donc être un cube parfait puisqu’il donne 4 en preuve par 9.
- Le nombre 126 458 donne 8 en preuve par 9 et pourrait donc être, d’après cette épreuve, un cube parfait. Mais il ne l’est pas pour la raison suivante : le repère immédiat inférieur à 126 est 125, cube de 5.
- 51 126 458 était un cube parfait, sa racine serait 52; mais le diviseur du repère 125 est 8, ce qui signifie qu’entre 50 et 55 les cubes croissent de 8000 environ quand les racines augmentent d’une unité. Le cube de
- 52 est donc approximativement 141 000. Le nombre 126 458 est donc un cube imparfait.
- Les mêmes procédés pourraient être employés, avec quelques modifications, à des extractions d’autres racines; ils rendront certainement service à tous ceux qui ont fréquemment besoin d’effectuer ces opérations.
- De plus, M. Quinton pense qu’il y aurait lieu d’examiner de, ce point de vue les calculateurs prodiges, Inaudi, Diamandi et autres, et de savoir s’ils n’emploient pas des procédés analogues qui simplifient leurs opérations. Quand ils extraient devant nous, en 20 secondes, la racine quatrième d’un nombre de 6 chiffres, nous croyons qu’ils opèrent comme en arithmétique et qu’ils effectuent par conséquent vingt opérations en 20 secondes. Peut-être font-ils une simple soustraction et une division comme dans la méthode de M. Quinton. Afin d’apprécier la rapidité de leur mécanisme cérébral, il est donc essentiel de les observer à nouveau et d’exiger d’eux qu’ils disent quelle série d’opérations les conduit au résultat; c’est ce que va maintenant étudier la Société d’Anthropologie. René Merle.
- TRANSAFRICAIN
- qui s’engagèrent à ce sujet, les champions les plus ardents et les détracteurs les plus acharnés ne pouvaient produire d’arguments sérieux puisqu’ils manquaient de données exactes sur les difficultés que pouvait présenter le Grand Désert à rétablissement d’une ligne de chemin de fer.
- Au cours de l’année 1911, l’idée du Transsaharien est reprise, modifiée, élargie. Il ne s’agit plus seulement de relier, à travers le désert, les pays soudanais à l’Algérie, la voie transsaharienne n’est que le tronçon septentrional d’un chemin de fer transafricain dont l’immense ruban doit se dérouler à travers tout le continent noir, depuis les côtes médi-
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- terranéennes jusqu’aux possessions anglaises sud-africaines. A la lecture de la carte on saisit toute l’importance de ce grandiose projet.
- Nous ne pouvons examiner dans cette étude sommaire le problème économique si intéressant qui se pose : il faudrait faire l’inventaire des richesses
- normale de 1 m. 44 doit se prêter au passage des trains à grande vitesse, partant de la côte algérienne ; d’une part, il desservira la vallée du Niger et, d’autre part, il se dirigera vers le Congo en passant à l’est du lac Tchad, en territoire français. Tels sont les premiers éléments du problème. 11 convient de les discuter sommairement.
- Puisqu’il s’agit de mettre à quelques jours d’Europe les contrées de l’Afrique centrale et permettre d’atteindre par voie ferrée la colonie du Cap, il faut que les
- Fig. i. — La mission transsahariennne.
- En haut : Saharien. — Au milieu : Puits de Timissao. En bas : Campement de Silet.
- des contrées soudanaises et des régions équatoriales de nos possessions africaines, nous devrions étudier la valeur des pays desservis par la ligne projetée à travers le Congo belge et l’Afrique dû Sud qui comprennent « des terres immenses d’une magnifique fertilité et la plus riche région minière que nous connaissions ».
- Le chemin de fer transafricain établi en voie
- trains aient une grande vitesse.
- La rapidité est le seul remède à la distance. — Les colons, les ingénieurs, les commerçants doivent pouvoir en peu de temps se rendre dans les pays d’exploitation en évitant les longs déplacements improductifs et fatigants. Il faut que les voyageurs n’aient pas à souffrir de la chaleur tropicale et de la fatigue occasionnée par un voyage de plusieurs journées. Seul, un matériel assis sur une voie large permet des installations confortables. La voie de 1 m. ou 1 m. 05, généralement usitée dans les chemins de fer coloniaux, ne- répond pas à la double exigence : vitesse et confort.
- Pour passer à la réalisation du projet de construction de cette voie normale, une mission fut organisée pour aller étudier sur place, à travers le Sahara, la partie la plus délicate et la plus difficile de la ligne.
- Cette mission fut constituée en décembre 1011,
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- ses membres sont rentrés en France en novembre 1912; grâce à ses travaux, on peut maintenant examiner techniquement le projet de la construction d’une voie transsaharienne.
- On ne pouvait pas, a priori, affirmer que la traversée du Grand Désert fût une entreprise facile ou même possible à une voie ferrée. D’après les renseignements recueillis _ antérieurement et les travaux cartographiques existants, on pouvait seulement déterminer l’axe selon lequel on avait le plus de chance de trouver un tracé
- Nous avons dit que l’axe selon lequel on devait orienter les recherches avait été déterminé en s’appuyant sur les renseignements apportés par des Sahariens compétents, cette détermination fut faite en tenant compte des considérations suivantes.
- favorable. La connaissance de ces pays explorés depuis si peu de temps n’était pas assez profonde pour que les conclusions basées sur les documents géographiques soient définitives, l’exploration des zones sahariennes encore bien incomplète ayant été faite par quelques voyageurs hardis, et surtout par les officiers des compagnies sahariennes et des unités méharistes soudanaises, qui n’avaient pas dirigé leurs recherches en vue de l’établissement d’une ligne de chemin de fer en se préoccupant des conditions toutes spéciales qu’exige une telle entreprise.
- Toutefois on était à peu près fixé :
- 1° Sur l’aspect général des régions à parcourir ;
- 2° Sur le genre de difficultés qu’on devait rencontrer.
- Nous ne nous occuperons pas ici du tracé de la ligne entre la côte méditerranéenne et la région des oasis, un groupe d’ingénieurs eût à faire dans cette zone une reconnaissance semblable à celle qui précède tout projet de chemin de fer en Europe. Dans le cadre de cette étude ne pourrait tenir non plus la discussion des grands itinéraires déjà proposés antérieurement.
- Fig. 2. — Quelques paysages sahariens.
- En haut : Puits de Tabankort. — Au milieu : Puits d’In Ouzel. En bas : Rochers du Tassili Tan Adrar (Timissao).
- Une voie ferrée doit :
- 1° Eviter les levées montagneuses ;
- 2° Être a l’abri de l’invasion des sables ;
- 5° S’appuyer sur des points d’eau suffisamment rapprochés les uns des autres.
- Les montagnes sahariennes sont des barrières
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- infranchissables, non parce que la hauteur des cols est grande, mais les pentes qui y conduisent sont très fortes ; presque toujours ces accidents de terrain se présentent sous la forme de barrières abruptes; ajoutons que le granit ou le grès qui en constituent l’ossature, se prêtent mal par leur dureté au travail de terrassement.
- Il n’est pas utile d’insister sur le danger que présente le sable, tout le monde a vu des représentations par gravure de ces immenses dunes sableuses qui menacent par leur mobilité les établissements sahariens.
- Enfin, la condition de la fréquence suffisante des puits n’est pas spéciale au pays du Grand Désert.
- Or, à l’examen de la carte, on voit que le désert de sable de l’Erg Chach s’étend à l’ouest de la ligne Adrœr-Bourem, mais s’appuie sur les contre-forts de l’Ahnet ; on s’aperçoit aussi que le Ténéré de l’Est vient battre de ses dunes mouvantes les pentes orientales de l’Aïr. On savait qu’outre ces deux immenses régions sableuses on devait s’attendre à rencontrer des plaques isolées de sable, tout aussi dangereuses d’ailleurs pour une ligne.
- D’autre part, on soupçonnait qu’entre le Mouyder et l’Ahnet, on pourrait atteindre un col assez facilement, que l’abord des contreforts du plateau central du Ahaggar se ferait de là sans difficulté et que la descente vers le Tanezrouft serait assez commode.
- Ainsi, pour éviter les dunes mouvantes et les régions accidentées, il fallait orient er les recherches dans la direction Adrar-Silet en passant entre le Mouyder et l’Ahnet.
- A partir de Silet, le tronçon allant desservir le Niger emprunterait un itinéraire situé soit à l’est de l’Àdrar nigritien, soit à l’ouest de ce massif; toutefois il semblait que le tracé occidental serait préférable. La ligne principale, de son côté, passant au puits important d’In Guezzam se dirigerait vers Agades en évitant les contreforts de l’Aïr et l’on espérait pouvoir atteindre ensuite le Tchad sans grandes difficultés.
- Il fallait se contenter de ces renseignements et opérer dès lors une exploration tout en établissant un avant-projet succinct qui permît à la fois de voir s'il était possible de songer à la construction d’une voie saharienne et de rapporter des documents nécessaires à 1’établissement d’un devis approximatif.
- Le choix de la zone à étudier ayant, été fait, il restait avant le départ même :
- 1° A fixer les méthodes de travail correspondant au pays qu’on allait explorer et au genre de documents que l’on devait rapporter ;
- 2° A déterminer les exigences techniques de la voie normale de 1 m. 44 devant les obstacles d’ordre spécial que l’on rencontrerait au Sahara.
- On ne peut songer, au cours d’un voyage d’exploration en pays désertiques, à employer les méthodes ordinairement suivies pour faire une reconnaissance d’une ligne en Europe, plusieurs raisons s’y opposent. Il faut que les travaux soient vivement menés
- entre chaque puits, les parcours dans les régions dépourvues d’eau et de pâturages doivent être faits de telle façon que les animaux des convois n’aient pas à souffrir. 11 est avant tout nécessaire que l’on puisse s’assurer de la possibilité de l’entreprise et tout travail trop précis et lent serait inutile si, par l’itinéraire suivi, on se heurtait brusquement à un obstacle insurmontable. Enfin, il n’est pas inutile, dans ces pays immenses où la nature du terrain et les formes du sol restent identiques sur des étendues infinies, de lever tout le tracé avec précision.
- Aussi on se décida à reconnaître tout un réseau d’itinéraires de façon à éviter les retours en arrière, les pertes de temps et à permettre de choisir la meilleure voie si plusieurs tracés étaient favorables. On prit les décisions suivantes : 1° les itinéraires seront levés à la boussole, mais s’appuieront sur des portions déterminées astronomiquement, soit par l’astrolabe à prisme, soit au théodolite, en transportant l’heure au moyen de plusieurs chronomètres et en s’efforçant d’obtenir, par des observations d’occultations d’étoiles, des stations plus précises en longitude ;
- 2° Le nivellement sera fait au moyen du baromètre anéroïde, des observations faites à des heures convenables et accompagnées de lectures du thermomètre-fronde permettront de réduire les résultats de chaque jour en tenant compte des observations obtenues soit à l’hypsomètre, soit au thermomètre à mercure en stationnement qui donnent le moyen de déterminer une surface de comparaison par combinaison avec les résultats donnés dans les stations météorologiques du Sahara et du Soudan septentrional ;
- 5° Des types de terrain judicieusement choisis seront levés avec précision au tachéomètre. On obtiendra ensuite la cubature approchée des terrassements sur toute la ligne en adoptant par comparaison dans des régions d’allures identiques les chiffres obtenus avec les types dont les tronçons différents se rapprochent.
- On devait ainsi atteindre avec le maximum de vitesse possible un degré de précision suffisant dans les travaux pour le projet du chemin de fer transsaharien.
- Il fallait de cette exploration rapporter l’assurance qu’il était possible d’établir une voie à écartement normale destinée à être parcourue par des trains rapides, et ceci exige que le tracé ne comporte pas de courbes inférieures à 750 m. et de rampes supérieures à 10 millimètres.
- Enfin, on devait poser comme axiome que tout obstacle exigeant un travail d’art important devait être considéré comme insurmontable, car si on peut songer à organiser des chantiers de pose assez forts au milieu du désert, le ravitaillement se faisant en profitant de l’établissement à l’avancement de la voie, on ne pourrait pas cependant alimenter en plus les ateliers nécessités par des travaux d’art supplémentaires dont les besoins énormes en maté-
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- riaux et en livres s’ajouteraient à ceux des équipes de pose.
- Les instructions techniques qui furent rédigées avant le départ de la mission d’études s’appuyaient sur les considérations que nous venons de développer.
- Nous ne pouvons dans cette étude sommaire faire l’exposé de la préparation toute spéciale qu’exige l’organisation d’une mission chargée de traverser le Sahara. Une exploration d’une telle envergure devant être accomplie dans une région qui ne possède aucune ressource, demande de la part de ceux qui l’organisent une expérience profonde des questions sahariennes.
- Les membres de la mission, l’escorte, les vivres, le matériel, les chameaux de selle et de bât étaient réunis au début de mars 1912 à El Aoulef, à 150 km à l’ouest d’In Salah. Cependant, un officier passant par le Sénégal et le Niger se dirigeait vers Silet, où la concentration devait se faire le 2 mai.
- L’examen de la carte, mieux qu’un long exposé, montrera l’importance du travail exécuté. Dix mille kilomètres d’itinéraires ont été levés, appuyés sur 150 points déterminés astronomiquement, et cette rude tâche fut menée au milieu du Sahara difficile et peu connu, durant la saison torride de l’été tropical dans ce pays de la soif où les membres de la mission durent constamment rester plusieurs jours sans toucher de puits, en ne s’alimentant qu’avec l’eau transportée dans les peaux de bouc à dos de chameau.
- Les études permettent d’établir :
- 1° Une carte au 1/1 000000R basée sur des levés exécutés au 1/100 000e;
- 2° Un profil en long de la voie;
- 5° Un catalogue d’échantillons de terrains.
- Bien que le travail de mise au net ne soit pas terminé, on peut affirmer que la construction du Transsaharien, selon le tracé reconnu, est techniquement possible ; sur de longues étendues on trouve un terrain plat à sol consistant tout prêt pour l’infrastructure. Les terrassements partout autre part sont insignifiants. L’abord des massifs montagneux se fait par des passages qui n’exigent pas de courbes d’un rayon inférieur à celui indiqué ou de rampes supérieures à la limite fixée. Les nappes de sable ont été évitées et l’envahissement de la voie ne sera pas à craindre. Les points d’eau ont été reconnus suffisamment abondants et rapprochés les uns des autres pour se prêter à l’alimentation des chantiers de construction, d’après les techniciens autorisés en matière de grands travaux publics. Il reste à résoudre le problème de la traction. Il semble que l’électricité sera le meilleur tracteur dans les zones désertiques en exigeant moins de stations de ravitaillement que le moteur à vapeur.
- La possibilité de la construction de la ligne transsaharienne étant démontrée, il n’y a plus qu’à trouver les moyens les plus pratiques et les moins onéreux pour mener à bonne fin cette gigantesque entreprise du chemin de fer transafricain qui comprendra environ 7500 km dont 4000 en plein pays du Désert. Laibe.
- L ESPAGNE
- TUNISII
- A/L G E R I E
- MAROC
- TRI POLITAINE
- r,.
- Zinderg, Nguigmi*
- NIGERIA
- Fig-. 3. — Mission du Transafricain (1912). Itinéraires principaux de la mission dans le Sahara.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ai avril 1913. — Présidence de M. Guyon.
- Action chimique clés rayons ultraviolets. — MM. Daniel Berthelot et Gaudechon démontrent que les rayons ultraviolets décomposent à froid tous les composés gazeux métalliques et déposent le métal en couches réfléchissantes. Ils ont pu constituer ainsi, avec le zinc, l’arsenic, l’antimoine, etc., des miroirs comparables aux miroirs argentés ou étamés par les procédés chimiques usuels.
- Études des sons d’un piano. — M. Sizes, professeur au Conservatoire de Toulouse, adresse une étude sur les sons d’un piano. Il a remarqué que chaque note grave est accompagnée de l’octave grave du son fondamental.
- Cette deuxième note est nette et perceptible. Il a encore constaté que les notes graves de ce piano étaient accompagnées des harmoniques 1, 5, 5, 7, qui leur donnaient le timbre des sons produits par les tuyaux fermés. Il est intéressant de relever que les facteurs aient pu obtenir ce résultat.
- Études de la lumière émise par le soleil. — M. Bou-taric, professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier, a profité du beau climat de cette ville pour étudier comparativement l’intensité de la radiation solaire et la proportion de lumière polarisée existant dans la
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- lumière diffuse. Ses observations portent sur une année. Les deux quantités comparées varient dans le même sens; il en résulte que l’absorption atmosphérique est due en majeure partie à la diffusion.
- Les venins du serpent et du scorpion. — M. Arthus a entrepris de rapprocher les propriétés des venins de serpents et celles des venins de scorpions. Il a étudié notamment l’action du venin du Buthus ægyptiacus sur le cobaye. L’injection intraveineuse du venin de serpent produit une chute de la pression artérielle alors que l’injection intraveineuse du venin de scorpion égyptien provoque une élévation de cette pression. Sur le cœur, le venin de serpent produit peu d’effet, alors que le venin de scorpion détermine un ralentissement des mouvements. Il y a donc à la fois ralentissement du cœur et hypertension artérielle, ce qui est rare. L’emploi de l’adrénaline produit le même phénomène. Les effets produits par le venin des scorpions algériens sur les vaisseaux et le cœur se classent entre ceux propres aux serpents et ceux particuliers au Buthurus ægyptiacus.
- Hydrologie du bassin parisien. — M. Ch. Barrois présente une Note de M. François Bochin expliquant que l’Eure, autrefois parallèle à la Seine, est allée, par un affluent, capter le Loir qui naît maintenant au sud de
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- UN VOL PLANÉ
- La Bevue aérienne publie un rapport du capitaine Aubry, relatant un incident très émouvant, survenu au cours d’un vol de reconnaissance dans la région de Villerupt.
- Choqué par une série de coups de vent violents, l’appareil du courageux pilote fit, sur une hauteur de 500 mètres, un tour complet sur lui-même, décrivant un S gigantesque. Par bonheur, l’aéroplane put reprendre sa position d’équilibre avant de reprendre terre. Voici le récit de l’incident. L’aviateur, à 750 mètres de haut, préparait son atterrissage. Il venait de couper l’allumage et de se mettre à piquer. « Au moment précis où je « piquais, deux coups de vent très violents et se suivant « à une seconde environ, me prirent par-dessus et pla-« cèrent mon appareil dans une position verticale. Je me « trouvai absolument vertical, debout sur mon palonnier « et voulus tirer le volant à moi pour redresser l’appa-o reil. Rien n’y fit et, peu à peu, de 750 mètres à
- Courville. En donnant autrefois le nom d’Eure-et-Loir au département, on ne pouvait mieux exprimer, sans s’en douter, l’état antérieur des rivières de la région. Une autre capture du Loir est probable à Vendôme. Ces deux faits sur la rive gauche de la Seine et la bordure occidentale du bassin de Paris sont symétriques de ceux qu’on a observés sur la rive droite et la bordure orientale, ils offrent un grand intérêt dans l’évolution hydrologique du bassin parisien.
- La sexualité dans les naissances à Paris. — MM. Pinart et Magnan remarquent que les statistiques municipales des naissances ne permettent pas de déterminer la proportion exacte des deux sexes parce que le sexe des mort-nés n’est pas indiqué. Mais, en utilisant les renseignements recueillis à l’hôpital Baudelocque, ils ont pu déterminer exactement le rapport des êtres des deux sexes qui viennent au jour à Paris. Ce rapport est celui de 21074 (garçons) pour 20 206 (filles), soit 104 garçons pour 100 filles.
- Élections. — M. P. Sabatier est élu membre non résidant, à la presque unanimité des suffrages. — M. Jules Boulvin, de Gand, est élu correspondant de la Section de mécanique, en remplacement de M. Amsler, décédé. Cii. de Villedeuil.
- A TÊTE EN BAS
- « 400 mètres environ je continuai la chute en voyant « mon appareil se mettre lentement le ventre en l’air. « Vers 400 mètres, mon appareil, sensiblement horizontal, « fit un vol plané à Venvers : j’étais suspendu par les « cuisses et les mains au volant, la tête en bas, obligé « de la renverser vigoureusement en arrière pour voir « le sol. Pendant ce vol horizontal, la vitesse diminua « sensiblement et, le poids du moteur agissant., l’appa-« reil, à environ 550 mètres du sol, reprit peu à peu la a position verticale, continuant ainsi à décrire une sorte « d’S gigantesque. J’eus alors l’espoir de pouvoir le re-« prendre s’il dépassait, de si peu que ce fût, la position « verticale. Vers 100 mètres du sol, j’étais enfin vertical « et parallèle au vent (dans toute cette chute, j’avais « fait face à gauche par rapport à la première direc-« tion). Tirant alors sur le volant, je redressai l’appareil « très facilement et je pus me trouver en place normale « à 70 ou 80 mètres du sol. »
- APPAREIL POUR PHOTOGRAPHIER LES DOCUMENTS
- DANS LES BIBLIOTHÈQUES
- Il semble au premier abord que la reproduction en blanc sur noir, d’un document de bibliothèque, soit très facile, puisqu’en somme il ne s’agit que de faire un cliché négatif, chose élémentaire en photographie.
- Quand on veut passer du projet à la réalité, on s’aperçoit bien vite qu’il y a quelques difficultés d’ordre pratique qu’on n’avait pas prévues. Pour pouvoir installer l’appareil et le document l’un en face de l’autre, à bonne distance, parallèlement a la surface sensible, on ne trouve sur place aucun matériel convenable ; même s’il s’agit d’une simple feuille de papier, une gravure non encadrée par
- exemple, on est fort embarrassé, car on ne peut, le plus souvent, la fixer sur un mur bien éclairé. En outre, si on a à copier un manuscrit de plusieurs pages, que de châssis lourds et encombrants ne faut-il pas emporter !
- Mgr Graffin, professeur honoraire de langues orientales à l’Institut catholique de Paris, s’est bien vite rendu compte de ces difficultés quand, amené par ses fonctions à étudier un grand nombre de manuscrits, il reconnut l’impossibilité de se les procurer pour les étudier à loisir et fut obligé de recourir à la photographie. Dès 1888, il résolut de mettre ce projet à exécution et devint photographe
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- dans ce but. A l’Exposition de 1900, il avait déjà montré un premier appareil qui lui avait donné de bons résultats et qui est encore aujourd’hui, à l’Institut catholique, dans les laboratoires de M. Branly.
- Depuis cette époque,
- Mgr Graffin a apporté, avec l’aide des ateliers Mackenstein, un certain nombre de perfectionnements qui constituent l’appareil qu’il vient de présenter à la Société française de Photographie (fig. 1). Le pied, le porte-objet et la chambre noire forment un tout complet pouvant se transporter facilement quand on a replié les divers éléments (fig. 2) ; ils s’installent très rapidement près d’une fenêtre dans une salle de bibliothèque.
- Le pied et le porte-objet sont formés d’une légère charpente, munie d’un système d’entretoises articulées qui leur donne une grande solidité. La chambre noire est munie d’un prisme, placé devant l’objectif, afin de permettre, en premier lieu, de donner une image redressée, directement lisible sur le négatif obtenu et, en second lieu, de disposer toujours le document horizontalement, c’est-à-dire dans la position la plus commode pour faciliter les déplacements nécessaires pour une mise en plaque exacte, sans qu’il soit besoin de rien modifier ensuite; quand il s’agit d’un manuscrit de plusieurs pages reliées en volume, il n’y a qu’à tourner les feuillets. Afin de diminuer le poids et de donner une grande capacité à l’appareil, on a employé le papier sensible en rouleau. MM. Lumière ont fabriqué à cet effet un papier orthochromatique qui, complété par des écrans établis par M. Monpillard, permet d’obtenir d’excellents résultats en blanc sur noir, avec des papiers jaunis et tachés, comme il s’en rencontre le plus souvent, lorsqu’il s’agit de vieux manuscrits.
- Les rouleaux de papier sensible peuvent avoir jusqu’à 25 mètres
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- de long et permettent de photographier en une seule journée un volume de 500 pages. Afin de laisser toujours le châssis en place, on a utilisé le système des appareils à main, dits « Reflex », surtout employés en Angleterre, dans lesquels un miroir à 45° renvoie l’image sur un verre dépoli restant à poste fixe.
- Une loupe placée sur le côté permet de faire une mise au point rigoureuse. Au moyen d’une manette extérieure, on relève la glace quand cette opération est faite et il n'y a plus qu’à effectuer les poses successives en tournant les boutons du châssis à rouleaux après chaque pose.
- On peut, avec le même châssis, obtenir à volonté différents formats depuis le 13-18 jusqu’au 24-30.
- Actuellement, les appareils de Mgr Graffin sont utilisés dans un très grand nombre de bibliothèques de France et de l’étranger. Un travail très important a été entrepris, depuis 1909, par les Bénédictins américains, qui cherchent à réunir tous les manuscrits latins de la Yulgate devant concourir au collationnement du texte de saint Jérôme, qui constitue la Bible.
- En ce moment, c’est en Espagne qu’ils opèrent, sur des manuscrits déjà étudiés sur place par des savants français.
- On comprend combien il est plus facile de faire des études de ce genre, quand on a réuni en un seul lieu, au moyen de la photographie, tous les manuscrits épars dans le monde entier. Mgr Graffin a utilisé aussi tous les documents qu’il a recueillis dans les bibliothèques pour faire fondre des caractères typographiques : syriaques, coptes, etc., qui servent à composer le texte de certaines publications spéciales, telles que la Revue de l'Orient chrétien. G. Mareschal.
- APPAREIL POUR PHOTOGRAPHIER LES DOCUMENTS
- Fig. i. — Appareil de Mgr Graffin pour la photographie des documents dans les bibliothèques.
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- L’ORIENTATION CHEZ LES FOURMIS
- Le problème de l’orientation est un des plus mystérieux. Gomment les pigeons voyageurs retournent-ils au colombier? Comment expliquer le retour au gîte de chats, de chiens et de chevaux égarés? Le problème est encore plus difficile lorsqu’il s’agit d’insectes, comme les abeilles ou les fourmis, qui savent retrouver leur ruche ou leur nid après un lointain voyage.
- Occupons-nous aujourd’hui des fourmis qui ont fourni ces temps derniers de curieuses observations à Piéron et à Cornetz Q). Les fourmis font deux sortes de voyages : tantôt, elles sortent du nid en bandes et suivent à la file une longue piste ; tantôt elles partent isolément et reviennent de même.
- L’observation de longs cordons de petites fourmis noires traversant un sentier, par exemple, a fait penser à une piste olfactive. Les grands observateurs du passé, Bonnet,
- Hubert, avaient déjà soutenu cette théorie qu’illus- q trèrent récemment Forel, puis Bethe. Une fourmi laisse sur le sol la trace invisible de son chemin grâce à son odeur ; pour revenir au nid, elle n’a qu’à suivre sa propre odeur.
- En effet, il suffit d’interrompre la piste en posant en travers une brindille de bois ou en frottant le doigt en travers pour que les fourmis soient désorientées.
- 11 est vrai que les diverses espèces de fourmis réagissent inégalement à ces perturbations : les Lasius sont complètement désemparées, les Formica pralensis beaucoup moins. Piéron a pu enlever les feuilles mortes sur lesquelles passait une colonne de Formica aruncicola sans provoquer autre chose que quelques hésitations et un court arrêt.
- Parfois, lorsque la piste est trop sinueuse, les fourmis la rectifient en atténuant progressivement les coudes ; mais cette observation, faite "par Bethe, n’est pas incompatible avec la théorie de la trace olfactive.
- 11 n’en est plus de même pour d'autres observations déjà anciennes. Forel a, en effet, constaté qu’en retirant une fourmi de la piste et l’y replaçant après l’avoir retournée, elle reprend généralement la voie correcte du retour et non la voie inverse sur laquelle on l’a dirigée. Bethe a répété cette expérience en plaçant sur un chemin de fourmis une plaque tournante qu’il faisait tourner de 180 degrés
- 1. M. Piéron, Bulletin de l’Institut général psychologique, 1904; Scienlia, 1912. V. Cornetz, Bulletin de Vbis-
- on de 560 degrés, pendant que les fourmis la traversaient ; la rotation de 560 degrés n’avait aucun effet, celle de 180 degrés produisait un trouble d’orientation. Faut-il en conclure que les traces de l’aller n’ont pas la même odeur que celles du retour ou bien l’orientation des fourmis est-elle due à une autre cause qu’à l’olfaction ? Contre la théorie de la piste olfactive, plaident encore d’autres faits. Tout d’abord, l’interruption de la piste produit bien un désarroi passager, mais après quelques instants d’hésitations, de recherches, de reculs, on voit toujours certains individus retrouver la bonne direction et indiquer le chemin aux autres. Puis, toutes les fourmis ne marchent pas en colonnes ; certaines espèces, telles que Formica fusca, cinerea, rufibar-bis, se déplacent toujours individuellement ; d’autres, les Myrmica par exemple, n’ont qu’exceptionnelle-ment des sorties collectives; enfin, même chez les espèces circulant en bandes, il y a toujours de nombreux individus partant seuls du nid et y revenant de même. Dans tous ces cas, l’hypothèse de la trace olfactive ne peut plus être soutenue.
- Quel nouveau sens invoquerons-nous pour les trajets individuels? Est-ce la vision qui sert alors aux JT fourmis pour se conduire? ou une mémoire musculaire? ou un sens d’orientation?
- Distinguons, pour nous y reconnaître, deux cas, celui de l’orientation aux environs de la fourmilière et celui de l’orientation dans les voyages de longues distances.
- Aux alentours du nid, il semble que les fourmis connaissent le terrain, ou tout au moins certains repères. Fabre a remarqué pour une fourmilière dont les individus sortaient presque toujours vers le nord, qu’une fourmi placée au nord retrouvait rapidement le nid, tandis que, placée au sud, elle tâtonnait longtemps. Turner a montré que les jeunes apprennent à reconnaître les abords de la fourmilière au moyen de divers repères, les uns olfactifs, les autres visuels et même auditifs tels que rugosité et couleur du sol, bruits, etc. Santschi pense que les Messor, qui produisent elles-mêmes un bruit, sont guidées par l’ouïe vers le nid. Piéron a distingué des espèces surtout visuelles : Formica, Cam-ponotus, d’autres olfactives : Lasius, d’autres musculaires : Messor. Cornetz a récemment apporté de
- titut général psychologique, 1910, 1912; Bevue des Idées, 1912; Archives de Psychologie, 1912.
- Fig. J. — Trajet d’un JVIyrmecocystus au voisinage de la fourmilière N. Arrivée au repère C1?
- elle change de direction, atteint le repère C3, puis Cg, puis C4 avant de retrouver l’entrée du nid N près de laquelle elle a déjà passé. (D’après Cornetz.)
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- L’ORIENTATION CHEZ LES FOURMIS ' 351
- précieuses contribulions à cette question en observant avec une grande patience des trajets de fourmis ; il a noté leurs tâtonnements autour de la
- Fig. 2.
- Une fourmi, Messor I \ '' mediorubra, partie à i h. 1/2
- ^ ) du nid N, a exploré jusqu’en G
- ( où elle a trouvé une graine;
- j / elle est ensuite revenue en R !r^J (gros trait), puis a cherché « l'orifice du nid N [trait fin)
- par une série de trajets sinueux. U observation s’arrête
- à 4 h. 1/2 en A, alors que la fourmi fatiguée n’a pas encore retrouvé la fourmilière. (Observation de Cor netz, faite en décembre.)
- fourmilière, et en a conclu que beaucoup d’espèces s’orientent fort bien de loin et fort mal de près, contrairement aux hommes qui retrouvent facilement un lieu dont ils connaissent les abords et plus difficilement un point éloigné. Seules, les fourmis à bonne vue trouvent du premier coup leur nid et y rentrent directement.
- L’orientation lointaine des fourmis est beaucoup plus curieuse encore. On sait que, fréquemment, des ouvrières sortent isolément à la recherche de la nourriture; elles s’éloignent souvent ainsi à plusieurs mètres de la fourmilière, sur un terrain
- inconnu, et, leur exploration terminée, reviennent au nid, généralement par le chemin le plus court. Comment s’orientent-elles donc dans le chemin de retour? Reconnaissent-elles les lieux au moyen de repères visuels ? Piéron a montré qu’elles ne suivent pas exactement les traces de l’aller et quelles ne sont troublées ni par les ombres qu’on porte sur leur route ni par la destruction de la piste. Cornetz a reconnu que toutes les fourmis, les aveugles comme les clairvoyantes, reviennent dans la direction du nid. Qu’on les déplace d’un certain angle, de 90 degrés par exemple, immédiatement elles tournent de 90 degrés en sens inverse et partent. L’expérience est facile à faire, soit au moyen d’un disque tournant semblable à celui imaginé par Lubbock, soit, d’une manière encore plus simple, en capturant la fourmi sur un brin d’herbe ou un caillou qu’on fait tourner. La fourmi a donc une notion des angles décrits et de l’orientation. Bien plus, qu’on transporte le brin d’herbe ou le caillou sur lequel elle passe en un autre endroit, la fourmi s’oriente et part dans la direction où serait le nid si elle n’avait pas été déplacée. Elle parcourt dans cette direction une distance à peu près égale- à celle qui la séparait de son .nid, cherche en tous sens le nid qui n’y est pas. Les erreurs angulaires commises sont généralement’lrès'faibles : 2 à'5degrés^ les erreurs de longueur sont souvent plus grandes, atteignant 12 à 15:pour 100. Cornetz a résumé en une loi tous ces faits : « Une ouvrière, dit-il, retournant .à la fourmilière, déplacée, et placée dans un milieu analogue connu ou inconnu, commence par replacer l’axe de son corps dans l’attitude qu’avait cet axe avant la capture, puis se dirige vers un point correspondant très sensiblement à l’emplacement de sa fourmilière, tel que, si elle n’avait pas été déplacée, elle l’aurait assez exactement atteint. » Comment expliquer cette orientation si parfaite? Evidemment, le souvenir des efforts musculaires, le sens kinesthésique, peut intervenir, mais il n’explique pas l’orientation angulaire. Celle-ci est-elle due à un sens magnétique ou à une fonction comparable à celle du labyrinthe des vertébrés?
- Comme on le voit, les fourmis ne vont pas sans soulever de nombreux et curieux problèmes. Pour les résoudre, les observations et les expériences
- Fig 3. — Une fourmi, Pheidole pallidula, partie du nid N, est arrivée en X. On l’attire sur une pointe de couteau où se trouve une parcelle defromage. Le couteau, tourné de 1800, est placé en X'. La fourmi s’oriente, puis se dirige vers M, dans une direction parallèle et à une distance égale à celle de XN. Arrivée en M, elle tournoie, égarée. (D’après Cornetz.)
- devront être nombreuses. Elles sont à la portée de tout observateur patient et avisé. L.-Y. Dehorne.
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- [LES AIGUILLES DE VALBELLE
- Au sud de la petite ville de Brignoles (Var), près de la Chartreuse de Montrieux, les aiguilles de Yal-
- au bord et aux lianes d’un chemin très ensoleillé, au-dessus d’un plateau désert et mousseux, vers 550 à 650 mètres d’altitude. La végétation luxuriante du Midi y ensevelit les moindres fissures et les lloraisons de l’ali-boufier [styrax officinale), particulièrement, y deviennent magnifiques.
- Les trois figures ci-contre montrent qu’il y a bien l'a une grande curiosité, trop peu visitée, de la Provence.
- Paroi d'un cirque.
- belle sont une « cité naturelle de rochers » qu’on a nommée le Montpellier-le-Vieux" de la Provence, d’autant plus justement que la roche (dolomie) est la même que dans le célèbre chaos du Causse Noir.
- Notre collaborateur, M. Mader, nous en a fait parvenir les photographies ci-contre qui montrent bien la similitude entre les deux localités des décou-
- Un obélisque.
- Les Aiguilles de Valbelle, près Brignoles ( Var).
- {Le Montpellier-le-Vieux de la Provence.) (Phot. Mader.)
- pures, obélisques et amphores, toujours si surprenants d’aspect. Les aiguilles de Yalbelle se dressent
- tiques nécessaires, par M. Armand Janet.
- Une amphore.
- L’excursion peut se faire aisément du littoral méditerranéen, en partant d’Hyères ou de Toulon. On quitte le chemin de fer à la station de Solliès-Pont, pour se rendre en voiture à là Chartreuse de Montrieux, par Bel-gentier.
- Pour les piétons il y a 27 kilomètres d’Hyères à la Chartreuse; et le guide Joanne de Provence décrit la course avec les renseignements pra-d’après les données fournies
- Le Gérant : P. Masson.— Imprimerie Lahdkjs, rue de Fleuras 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2084.
- 3 MAI 1913.
- LE MUGUET
- Voici le joli mois de mai.
- Les muguets aux mille clochettes Carillonnent pour son retour.
- La tradition s’est établie récemment d’offrir, le
- quanLilé, qu’on baptise alors du nom de muguet diverses plantes, qui certes, lui' ressemblent extérieurement, mais en sont souvent très éloignées au point de vue botanique.
- a) Le vrai muguet, Convallaria majalis ;
- (b, c, d) Les faux muguets : b) Polygonatum multiflorum ; c) Asperula odorata ; d) Ophiopogon japonicus.
- 1er mai, un bouquet de muguet comme porte-bonheur. Mais il s’en vend ce jour-là une telle
- Le vrai muguet est le Convallaria majàlis, qu’on appelle encore muguet de mai, muguet à clochettes,
- 410 année. — ior semestre.
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- 354 . ~.~. LE MUGUET
- et que les Anglais nomment poétiquement « Lily of the Valley », le lis de la vallée. C’est une plante de la famille des Asparaginées qu’on trouve fleurie dans les bois en ce moment; ses deux feuilles d’un vert clair entourent la petite tige où pendent des clochettes blanc laiteux d’un délicieux parfum. Plus tard, les fleurs se faneront et feront place à des fruits charnus et rouges.
- Les faux muguets sont assez nombreux et trompent souvent l’acheteur novice. L’un d’eux est de la même famille que le vrai; c’est le Polygonatam, bien connu sous le nom de Sceau-de-Salomon; on le trouve également dans les bois et j’en ai cueilli de nombreux pieds, prêts à fleurir, dimanche dernier, dans le bois de Yincennes. Ils diffèrent du muguet par leurs feuilles plus nombreuses alternant tout le long de la tige et par leurs fleurs allongées en tube; si l’on fouille le sol à leur pied, on déterre une sorte de grosse racine horizontale qui est en réalité une tige souterraine ou mieux un rhizome ; tous les ans, ce rhizome produit un nouveau tronçon, qui reste attaché aux précédents, sur chacun desquels on peut voir la trace de l’implantation de la tige sous forme de cicatrice circulaire, d’où le nom de Sceau-de-Salomon. Les Polygonatam des bois sont de deux sortes : le vulgaire à tige anguleuse, le multiforme à tige arrondie. On les cultive, ainsi que quelques variétés très voisines à feuilles panachées,)pour l’ornementation des jardins dans leurs parties boisées, et aussi pour en faire des bouquets.
- Un autre faux muguet est le muguet des bois ou Reine-des-bois, l’Aspérule odorante, Rubiacée qui pousse également dans les bois, fleurit en mai et a de petites fleurs blanches en entonnoir; mais ses feuilles sont groupées par 6 ou 9 au même point et son fruit est sec. Elle dégage une agréable odeur, différente de celle du vrai muguet, qui la fait utiliser, dans le Nord de la France, après dessiccation, pour parfumer le linge, et en Allemagne pour fabriquer, par infusion dans du vin blanc, le « Mai Wien ».
- Enfin, dans le Midi, on cultive une petite Aspa-raginée exotique, YOphiopogon japonicus, qui provient de Chine, et a une certaine ressemblance avec le muguet à clochettes.
- Le vrai muguet, que nous saurons maintenant distinguer facilement de ses imitateurs, ne sert pas seulement à exprimer gracieusement des vœux de bonheur. Il présente une autre utilité, thérapeutique, connue depuis longtemps. Auxvie siècle déjà, l’Herbier d’Apulée déclare que le lys de la vallée a été trouvé par Apollon et donné par lui à Esculape le médecin. On l’emploie, en effet, dans les maladies de cœur, comme succédané de la digitale. Aujourd’hui, on sait en extraire les principes actifs qui sont
- deux glucosides, la convallarine et la convallamarine, que les médecins ordonnent quelquefois.
- Le muguet sauvage, tel qu’on le trouve dans les bois, ne suffirait pas à alimenter la vente du 1er mai. De plus, on voit dans les jardins et à la devanture des fleuristes des muguets fleuris bien avant et bien après l’époque normale de floraison. C’est que l’horticulture s’en est mêlée et a su faire produire au muguet de nombreuses variétés, à feuilles panachées, tachées, striées, à fleurs colorées, blanches ou roses, simples ou doubles, généralement plus grandes que les fleurs sauvages, et aussi des cultures précoces ou retardées.
- M. Gaget a récemment donné, dans La Vie à la campagne, d’intéressants renseignements sur cette culture qui se fait presque exclusivement en Allemagne, dans les terrains légers, sablonneux du Brandebourg, du Hanovre, du Wurtemberg. Les muguets sont plantés en lignes de novembre à février, plutôt en novembre, dans un sol ameubli à la bêche et fumé abondamment. La première année, en même temps qu’ils donnent des feuilles et des fleurs, ils forment des racines et des rhizomes souterrains qui poussent jusqu’aux premières gelées; ces rhizomes présentent des nœuds d’où sortiront de nouveaux bourgeons. Les bourgeons d’un an grossissent et donnent des feuilles pendant les 2e, 3e et ¥ années et fleurissent généralement la 5e ; à partir de ce moment, ils donnent chaque nouvelle année un bourgeon florifère. Ces bourgeons, pourvus de racines, sont les griffes qu’on arrache de novembre à avril, pendant l’arrêt de la végétation, pour les vendre aux forceurs ; ceux-ci les placent dans des serres de novembre à mars pour en obtenir des fleurs forcées. D’autres fois, on les garde dans des réfrigérants d’avril à novembre pendant toute la saison chaude, pour les forcer ensuite ; c’est alors la culture retardée. On peut ainsi obtenir des fleurs de muguet à peu près en toutes saisons.
- L’Allemagne est actuellement le fournisseur du monde entier pour les greffes de muguet. Elle en exporte actuellement 60 à 70 millions dont la moitié en Angleterre et 15 à 20 millions en Amérique. Récemment, un horticulteur de Hampton (Angleterre), M. E. Victors, ancien élève de l’École d’agriculture de l’Ailier, vient, avec le concours de cette école, d’essayer l’introduction en France de la culture du muguet. Il a choisi un terrain du Bourbonnais placé dans des conditions analogues à celles des cultures d’Allemagne et il a déjà obtenu plus de 100 000 griffes qu’il a forcées dans ses serres d’Angleterre, où il en a obtenu des plants comparables à ceux provenant d’Allemagne.
- Souhaitons que le muguet porte bonheur à nos cultivateurs des vallées du centre.
- René Merle.
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- = m^mix-as'tsiasrssem =
- L'AUTOMOBILE INTERPLANÉTAIRE
- 35S
- Une seule génération a pu assister à l’éclosion de la locomotion mécanique dans les bateaux à vapeur et à son perfectionnement jusqu’à l’aéroplane. Après avoir conquis les mers, l’homme s’est adjugé l’empire des airs. Que reste-t-il à désirer maintenant, sinon de réaliser le rêve des romanciers et des poètes et de créer la locomotion interplanétaire.
- On en a souvent parlé, sous forme de romans, mais sans jamais se préoccuper de l’ordre de grandeur des phénomènes qu’il faudrait mettre en jeu pour la réaliser ainsi que des difficultés d’ordre physiologique qui se présenteraient. M. H. Esnault-Pelterie vient, à la Société de Physique , d’examiner laquestion d’une façon plus scientifique.
- Nos connaissances actuelles nous montrent que la matière est capable d’emmagasiner l’énergie et de la transporter sous des formes infiniment plus condensées que celles que nous savons utiliser pratiquement. Supposons donc, pour un instant, que la limite d’allégement des moteurs soit infiniment éloignée de ce que nous savons faire maintenant et considérons le problème sans plus nous préoccuper de cet allégement.
- Existe-t-il un moteur capable d’assurer la propulsion d’un engin dans le vide interplanétaire? Oui, un tel moteur existe, ou tout au moins le principe sur lequel il pourrait reposer. Ce moteur est la fusée, autrement dit le moteur à réaction. La fusée, en effet, s’élève par suite de la réaction qu’exercent sur elle, en s’échappant, les gaz de la déflagration de la poudre. Le milieu extérieur n’intervient pas, l’appareil marche mieux dans le vide que dans l’air : le moteur interstellaire serait donc une sorte d’énorme fusée.
- Le rendement est malheureusement fort mauvais. En effet, pour éloigner à l’infini de la terre une masse de
- 100 kilogrammes, il faudrait lui fournir 0 371 103 kilo-grammètres et le moteur en dépenserait 2172 000 000, soit un rendement de 0,0295; c’est peu.
- La consommation de l’agent de propulsion devrait sans doute être plus considérable, si l’on tient compte de certaines conditions physiologiques. En effet, l’attraction terrestre n’existant plus à une certaine distance de notre planète, les corps à l’intérieur du véhicule n’auraient plus de poids, en particulier le voyageur qui flotterait dans sa prison, ainsi que tous les objets environnants. S’il lui prenait alors l’envie de se nourrir, de boire par exemple, le liquide n’étant plus sollicité par la pesanteur n’aurait aucune raison pour passer de la bouteille dans le verre et l’estomac du buveur.
- Pour supprimer ces inconvénients, on serait dans l’obligation de soumettre le véhicule à une accélération artificielle constante, le mouvement deviendrait uniformément accéléré. Cela permettrait, il est vrai, d’atteindre des vitesses, formidables, fort utiles pour franchir les énormes espaces considérés, mais la dépense d’énergie deviendrait encore plus énorme.
- II faudrait arriver à l’emmagasiner sous une forme au moins 400 fois plus condensée qu’elle ne l’est dans la dynamite (pour le trajet Terre-Lune et retour seulement), peut-être même 40 000 fois plus condensée si on se heurte à certaines difficultés physiologiques et il faudrait consommer près de 300 kilogrammes de cet explosif extra-puissant par kilogramme transporté. Par contre, 25 kilogrammes de radium suffiraient, si l’on savait en extraire toute l’énergie, dans le court espace de temps nécessaire au trajet, mais il n’en est rien malheureusement, et le radium perd la moitié de son énergie en 1780 ans seulement!... II. Y.
- LE ROUISSAGE DU LIN
- Depuis quelque temps, fonctionne à Loos, près de Lille, une usine ou l’on pratique le rouissage du lin par des procédés purement chimiques. Dans une récente conférence à la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale, M. Dybowski a signalé les excellents résultats obtenus par cette méthode.
- Des échantillons de filasse qu’il a montrés à l’assistance ne le cèdent en qualité à aucune des filasses si réputées, obtenues par le rouissage dans les eaux de la Lys. Le procédé employé à Loos consiste à chauffer les pailles de lin en autoclave en présence d’eau et d’hydrocarbures. L’opération dure de 6 à 12 heures. Au sortir de l’étuve, il suffit de froisser et de peigner la paille pour en dégager la filasse qui sera de là envoyée aux filatures. Rappelons que le rouissage en rivière exige 40 jours, qu’il a pour effet d’empoisonner le cours d’eau de matières en putréfaction, et qu’il exige des ouvriers un travail si pénible, si dangereux que l’on ne trouve plus qu’à grand’peine la main-d’œuvre nécessaire.
- C’est donc un très grand progrès que celui qui vient de se faire jour dans l’industrie linière. Son influence économique s’annonce comme devant être très heureuse pour notre pays.
- L’industrie linière est très prospère en France; elle puisait autrefois sa matière première dans le pays même. Les superficies emblavées en lin atteignaient 120000 hec-
- tares en 1867 ; elles sont descendues en ces dernières années à 20 000 hectares. Non pas que la culture du lin ait cessé d’être rémunératrice ; mais le rouissage étant devenu impraticable dans nos régions, les pailles récoltées doivent être envoyées en Belgique, où on les traite sur les rives de la Lys, dont les eaux se prêtent particulièrement bien au rouissage. Elles nous reviennent ensuite sous forme de filasse. Ce double voyage grève lourdement le prix de revient et limite les débouchés de la culture linière nationale. Il n’en va plus de même avec un procédé qui permet de traiter sur place les pailles de lin, sans difficultés spéciales de main-d’œuvre. On peut donc s’attendre à voir revivre la culture du lin dans les campagnes de France. En 4911, 88 000 tonnes de filasse ont été importées de Russie. Ce serait tout bénéfice pour le pays que de produire lui-même cette matière première. Notons encore que le procédé employé à Loos s’applique également au décorticage et au dégommage de la ramie, problème resté jusqu’ici sans solution pratique. La ramie offre un textile de tout premier ordre qui, jusque maintenant, n’a pu être ulilisé en grand, en raison des difficultés de sa préparation. Le nouveau procédé de rouissage chimique paraît devoir lui ouvrir le champ de la grande industrie, pour le plus grand bien d’un grand nombre de nos colonies qui produisent ce textile en abondance.
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- LES BUTTES HUÎTRIÈRES DE SAINT-MICHEL-EN-L’HERM (VENDÉE)
- On connaît, depuis longtemps, dans le Marais poitevin, les amas de coquilles qui se trouvent près du bord de la route de Luçon à l’Àiguillon-sur-Mer, entre les deux « îles » calcaires de la Dune et du bourg de Saint-Michel.
- La région est constituée par un marais maritime,'desséché et entièrement cultivé, formé d’argile calcaire, dite bri dans le pays, dont la surface est à une altitude variable de 2 à 5 m. au-dessus du niveau moyen de la mer.
- Les buttes atteignent l’altitude 11, d’après la cote portée sur la carte au 80 000e, feuille de Fontenay-le-Comte, où les monticules sont du reste très mal indiqués; il en résulte que le point le plus élevé est à 8 ou 9 m. au-dessus du niveau du Marais. Les canaux, qui servent à évacuer les eaux continentales, arrivent au bas des buttes; ce sont des étiers où les eaux de la mer peuvent remonter dans les grandes marées, et, en cas de besoin, pendant les sécheresses.
- La longueur totale des buttes doit atteindre 800 mètres environ ; elles sont au nombre de trois, formant des petites collines allongées et contournées. Il est difficile d’en apercevoir le substratum; on ne peut donc pas dire quelle est l’épaisseur réelle de l’amas. L’ensemble forme une masse, de plus de 500000 m3, sans compter ce que l’on ne voit pas (1). On a dit que les huîtres étaient arrangées par couches ; cette affirmation vient de ce que les pentes de ces collines montrent des séries de lignes horizontales dues à ce que les buttes servent de lieu de pâturage; le piétinement des animaux a produit cette curieuse disposition de petits , sentiers 'sttb-horizontaux qui donnent l’aspect d’une stratification régulière, surtout lorsqu’on examine de loin.
- Ces amas ont été exploités autrefois pour amendement en quelques points, et les excavations montrent que les coquilles sont empilées dans tous les sens, sans aucun sédiment intermédiaire ; il y a donc de nombreux vides dans l’ensemble.
- 1. Ces monticules ont toujours attiré, l'attention des observateurs; dès 1573, La Popelinière, l’historien'des guerres de religion, s’en était occupé ;'Il habitait Sainte-Gemme, près de Luçon. . . * ' 6 K '1 11 '
- Les mémoires les plus importants'publiés sur îles buttes sont ceux de Fleuriau dé Bellévue (1814) et de A. de Quàtre-fages (1862). La Société géologique de Franco s’en est occupée en 1908-1909.
- Origine. — La question du mode de formation des buttes est encore l’objet de discussions. Les uns ont dit qu’elles représentaient un immense banc d’huîtres, d’une époque très récente, ou de l’époque quaternaire, ou même de l’époque pliocène, et que leur relief actuel était dû à un soulèvement, général ou local; d’autres savants ont admis que ces amas ne sont pas le résultat de forces naturelles, qu’ils ont été faits de mains d’hommes.
- Je ne crois pas que ces buttes puissent résulter de l’accumulation d’huîtres (Ostrea ediilis Linné) ayant vécu en place et formant des bancs ultérieurement soulevés jusqu’à leur altitude actuelle. Il y a certainement plus de 9 m. de coquilles superposées, surtout des huîtres, avec de rares exemplaires de quelques autres espèces : moules, peignes, ba-lanes, etc. ; toutes les formes que j’ai ramassées sont encore vivantes sur la côte voisine, qui n’est qu’à une distance de quelques kilomètres. Or, dans la nature actuelle, il n’y a pas de points où les bancs d’huîtres atteignent une épaisseur comparable à celle des buttes; celle-ci ne dépasse jamais quelques décimètres ou peut-être 1 m., dans les parages de La Rochelle.
- Il faut donc supposer un affaissement lent du sol pouf que les huîtres aient pu vivre et s’accumuler les unes sur les autres; et ensuite, un soulèvement pour que les buttes aient pu atteindre leur altitude actuelle. Or, on ne trouve l’indication d’aucun de ces mouvements dans le voisinage; 1’ « île » calcaire de la Dune, qui est à quelques centaines de mètres, ne montre pas de bancs inclinés, comme ce serait le cas, s’il y avait eu des dislocations brusques et violentes ^surtout pour lé fait supposé d’un sou-lëvémènt volcanîqué localisé aux buttes mêmes.
- On a supposé aussi que la mer a été plus élevée de 15 à 20 m. autrefois (ou le continent plus bas de la même quantité), que, les bancs d’huîtres, se sont formés sur place et qu’ensuite, la mer s’est abaissée (ou que la région s’est soulevée) pour en arriver aux conditions actuelles. Or, on ne trouve aucune trace de mouvements récents de la mer dans la plaine de Luçon ; il n’y a nulle part de cordon littoral, analogue aux dépôts de sable, galets roulés et coquilles marines, qui bordent nos côtes actuelles ; cela indiquerait d’une façon certaine que la mer a été plus élevée autrefois. - •
- (e t'Aiguillon
- Fig. i. — Marais Poitevin, + Emplacement des buttes huîtrières de Sa int-Michel-en-V lier m.
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- LES BUTTES H UÎ TRI ÈRES DE SAINT-MI CH EL-EN-L'HERM -- 357
- Fig. 2. — Aspect des collines d'huîtres, vue prise du sud-ouest; la route est celle de Saint-Michel à Luçon; la ferme à gauche est la Cabane des Chauds. La tache blanche à sa droite représente l'excavation de l'exploitation des huîtres pour macadam et amendement. En avant, sur le sol dît, Marais, on voit les tourteaux de bouse de vache, qui sont employés comme combustible.
- Les buttes huîtrières ne rappellent pas non plus les cordons littoraux et grèves de tempête, que la mer a laissés en divers points du Marais, au fur et à mesure du comblement de l’ancien golfe de la Sèvre, par le dépôt des vases marines (bri). Les valves des coquilles de ces collines sont entières, en immense majorité, même les anomies, qui rappellent les pelures d’oignon ; ce ne sont donc pas les Ilots violents de la mer qui les ont accumulées.
- En résumé, l’existence de ces amas de coquilles constitue un véritable hiéroglyphe; c’est un point singulier, qui n’est en relation avec aucun fait géologique,
- — ni du Marais poitevin avec ses « îles », —ni de la Plaine (jurassique moyen) de Luçon-Fontenay, qui limite cette région du nord,
- — ni de la région
- des Bois de l’Aunis (jurassique supérieur), qui limite le Marais au sud.
- Du reste, le grand cartographe Masse disait, en 1715, qu’on peut regarder ces huîtres comme une
- des choses les plus singulières qui soient au monde.
- Les buttes ne constituent donc pas un banc d’huîtres naturel; ce sont de^ amas artificiels, à mes yeux de géologue; ils me paraissent inexplicables en dehors de l’archéologie.
- Très souvent, ces coquilles montrent les deux valves réunies, ce qui m’empêche d’y voir des Kjokkenmoed-dings (débris de cuisine), analogues à ceux que l’on trouve, sur les bords de la mer, en Danemark et en Amérique. D’ailleurs, un appétit monstrueux, pendant de longues périodes d’années,
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- 358 :....TURBINES MARINES AVEC RÉDUCTEURS DE VITESSE
- ne suffit pas à expliquer l’amoncellement de coquilles de Saint-Michel. Les plus énormes Kjokkenmoed-dings étudiés par les ethnologistes américains, comme celui de Pope’s creek (Maryland), n’atteignent que 500 000 pieds cubiques, soit environ 20 000 ms.
- On trouve des bancs d’huîtres naturels subfossiles, dans le Marais poitevin, au-dessous de sa surface actuelle ; par exemple, dans le port de Luçon, dans le canal de la Banche (Charente-Inférieure), et même auprès de Saint-Michel. C’est là qu’il faut chercher l’origine de la matière première, qui aurait été transportée par l’homme.
- 11 est difficile de deviner quelle a été l’idée direc-
- trice de ceux qui ont construit ces collines. Ce n’est pas une accumulation ordinaire de matériaux dont on veut se débarrasser ; il ne me paraît pas que ce soient les restes d’une digue pour abriter un port, ou une enceinte fortifiée contre les Normands, par exemple. C’est probablement une construction en rapport avec des idées religieuses, comme les monticules allongés ou serpents terrestres des Hauts-Plateaux d’Algérie, ou les tertres des constructeurs de buttes de l’Amérique préhistorique.
- N. B. Je dois les photographies ci-jointes à l’obligeance de M. Auguste Dollot, que je remercie particulièrement.
- Jules Welsch,
- Professeur de géologie à l’Université de Poitiers.
- TURBINES MARINES AVEC RÉDUCTEURS DE VITESSE A ENGRENAGE
- Nous avons dans un précédent article (n° du 7 mai 1910) indiqué les causes qui avaient amené les constructeurs de navires à interposer entre l’arbre de l’hélice et celui de la turbine à vapeur un réducteur de vitesse. Nous n’y reviendrons donc pas. Dans ce même article nous avons décrit deux types de réducteurs de vitesse à engrenages, l’un construit par la Société Westinghouse et qui est en ce moment à l’essai sur un charbonnier de la marine militaire des États-Unis; l’autre étudié et construit par M. Parsons et qui fut mis à l’essai sur un cargo le Vespasian. Avec une vitesse de rotation de la turbine de 1466 tours à la minute et de 73 tours de l’hélice, c’est-à-dire un rapport de vitesse de 19 à 1, la puissance développée a été de 1000 chevaux. Les résultats furent très encourageants et engagèrent M. Parsons à poursuivre les essais dans cette voie et à en faire l’application à des navires de plus grand tonnage et plus grande puissance. Ce sont des résultats obtenus que M. Parsons vient: de communiquer à Y Institution of Naval Architects dans sa • session de mars 1913. A l’heure actuelle, le réducteur de vitesse Parsons est en service non seulement sur des cargos, mais aussi sur des Channel steamers et sur des navires de guerre, pour une puissance totale de 26 000 chevaux et il y a en ce moment en construction une puissance globale de plus de 120 000 chevaux, dont deux installations de 20 000 chevaux. Deux navires de la Compagnie L. et S. W. faisant le service entre Southampton et le'Havre sont munis de turbines à vapeur avec réducteur de vitesse Parsons et, depuis leur mise en service, ces navires ont donné une économie de charbon fie 40 pour 100 comparativement à des navires semblables de la mémo Compagnie, mais munis de turbines actionnant directement l’arbre d’hélice. Cette économie est due, comme de fait remarquer M. Parsons, d’abord à l’augmentation de rendement de la turbine et de l’hélice, dont le nombre de révolutions a été réduit tandis que celui de la turbine a été augmenté et, ensuite, à une amélioration dans la forme de la coque du navire résultant de la réduction du nombre des chaudières et de l’adoption de la double hélice. Après un parcours de 26 000 milles, les engrenages ont été trouvés en parfait état et sans aucune trace d’usure. Deux navires faisant le service entre les Indes et l’île de Ceylan, étudiés par Sir William White, ont été également équipés avec le même dispositif et ont donné complète satisfaction. Un essai comparatif fait avec beaucoup de soin entre *m cargo muni de turbines avec réducteur de
- vitesse Parsons marchant à la vitesse de 10,5 nœuds et un cargo semblable ayant mêmes chaudières et même hélice, mais muni d’une machine alternative à triple expanseur, a donné comme résultat une économie de charbon de 15 pour 100 en faveur du premier.
- L’examen des dentures d’engrenage, après une longue durée de fonctionnement, tout en transmettant une puissance considérable, a démontré, d’après M. Parsons, que l’effort sur les dentures se répartit bien également sur toute leur surface et permet de conclure qu’avec l’engrenage double hélicoïdal il n’est nécessaire d’avoir recours ni au bâti flottant, ni au piston hydraulique pour égaliser l’effort sur la denture, comme le propose la Société Westinghouse. L’élasticité du bâti suffit en ayant soin, toutefois, de relier l’arbre' des pignons de l’engrenage avec celui de la turbine au moyen d’un accouplement flexible qui donne à l’appareil toute latitude dans le sens longitudinal et fait que l’effort transmis se répartit également entre le pignon avant et arrière du réducteur de vitesse. D’après M. Parsons, il n’y a aucune limite quant à la puissance à transmettre par l’intermédiaire dé l’engrenage et ce mode de transmission peut être avantageusement appliqué depuis le cargo à faible vitesse jusqu’aux navires à grande vitesse tels que les torpilleurs, les cuirassés et les transatlantiques. La plus grande puissance transmise par un seul pignon d’engrenage a été jusqu’ici de ,5000 chevaux sans que celui-ci, après un certain temps de service, ait montré traces d’usure. M. Parsons admet que cette puissance peut aisément être portée à 6000 chevaux. Un pareil résultat n’a pu être obtenu qu’en créant de toute pièce un nouvel outillage permettant de tailler la denture des engrenages avec une exactitude pour ainsi dire mathématique. Cependant, malgré la perfection de ce nouvel outillage, celui-ci s’est trouvé encore insuffisant pour faire disparaître totalement les irrégularités presque imperceptibles qui existent sur les dents et qui sont la cause d’un bruit qui, quoique très faible, se reproduit périodiquement et empêche la marche silencieuse de l’engrenage. En ajoutant à l’outil servant à la taille de la denture un dispositif nouveau, M. Parsons et ses collaborateurs sont arrivés, cependant, à faire disparaître ces aspérités. Ce dispositif fort ingénieux que nous ne pouvons qu’indiquer faute de place est décrit dans le mémoire de M. Parsons. Grâce .à lui, il sera possible d’obtenir des trains d’engrenages ayant une marche absolument silencieuse.
- R. Bonnin.
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- LES USINES ÉLÉVATOIRES DES EAUX D EGOUT DE LA VILLE DE PARIS(1)
- Usine de Clichy. — L’origine du service de l’assainissement de la Seine est fixée à Clichy, dans une très importante usine où aboutissent les trois collecteurs dits de <( Clichy », de « Marceau » et d’ « Asnières ».
- Les quatre cinquièmes de la production journalière des eaux usées de la capitale, soit près de 650000 m3, se déversent dans son bassin de dégrossissage. Ce bassin est constitué par un réservoir enterré de 60 m. de longueur, 15 m. de largeur et 3m. 15 de profondeur.
- Les eaux d’égout y perdent de leur vitesse et laissent déposer sur le radier une partie des matières lourdes qu’elles charrient. Ces matières sont ensuite extraites à l’aide de deux bennes dragueuses montées sur ponts roulants et actionnées, l’une par un moteur à vapeur, l’autre par un moteur électrique. Les deux bennes enlèvent quotidiennement 150 m3 de fumier chargés ensuite sur des. bateaux qui pénètrent directement dans l’usine par un chenal accolé à l’un des grands côtés du bassin et en communication directe avec la Seine qui coule à proximité. Un second bassin est en voie de construction.
- Les eaux s’échappent par des fenêtres dans six canaux qui les conduisent à l’aspiration des pompes. Chaque canal est pourvu d’une grille mécanique faite de barreaux ronds et largement espacés, destinée à arrêter les « torches » ou paquets volumineux dont l’arrivée sur les grilles mécaniques causerait des avaries. Les autres matières légères sont saisies par des sortes de peignes mobiles entraînés
- par une chaîne sans fin, soulevées et déversées sur un chemin de roulement qui débouche au-dessus du chenal en communication avec la Seine et où un bateau est amarré en permanence.
- I Chaque canal !' aboutit dans la galerie d’aspiration creusée sous la chambre des pompes. L’ancienne installation mécanique de l’usine de Clichy comportait quatre machines horizontales Far-cot, monocylindriques, actionnant deux pompes centrifuges à axe vertical, susceptibles de relever 2000 à 2500 1. par seconde à 5 à 6 m. de hauteur. Ces machines sont alimentées par 5 chaudières Farcot de 220 m2 de surface de chauffe. On a dû installer ensuite 4 machines à triple expansion des Forges et Chantiers delà Méditerranée, de 130 chevaux chacune, et actionnant également des pompes centrifuges capables de relever • 1 10001. à la secon-
- de à 6 m. 50 de hauteur. 5 chaudières semi-tubulaires de 210 m2 de surface de chauffe les alimentent. Enfin, plus récemment, ont été introduites à Clichy 3 dy-namos-pompes constituées par un moteur triphasé de 220 chevaux actionnant, sous une tension de 5500 volts, des pompes centrifuges susceptibles de relever 3600 1. à la seconde à 5 à 6 m. de hauteur.
- Toutes ces eaux sont refoulées dans une construction spéciale qui constitue les deux bâches de refoulement : la bâche d’Achères et celle de Gennevilliers, d’où les eaux sont enfin dirigées sur chacune de ces
- 1. Voy. n° 2079, du 29 mars 1915. L'épuration des eaux d’égout, par L. Fodrnier.
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- plaines. La bâche d’Achères se termine par un puits qui est l’origine du siphon d’Asnières, assez célèbre dans les annales des travaux publics parce que la méthode dite du bouclier a été mise en pratique pour la première fois en France pour sa construction. Le puits a 24 m. de profondeur et 5 m. 50 de diamètre intérieur ; il est prolongé sous la Seine par une galerie de 2 m. 50 de diamètre et 450 m. de longueur. Les eaux se déversent ensuite dans un aqueduc qui se rend à l’usine de Colombes.
- Le siphon d’Asnières ne présente qu’un intérêt de construction : mais si l’on veut bien observer que les eaux qui le traversent sont encore fortement chargées de matières solides, on comprendra la
- Il ne nous est pas possible de quitter l’usine de Clichy sans nous arrêter un instant devant l’ouvrier qui recueille les bouchons charriés par les eaux d’égout. On ne s’imagine pas combien de ces innocents bouchons sont entraînés ainsi. L’ouvrier qui les recueille à la sortie même du collecteur est armé d’une fourche pourvue d’un treillis métallique. Une poutre est amarrée à ses deux extrémités en travers de l’égout et les bouchons s’accumulent dans l’angle aigu que l’un de ses bouts forme avec l’un des côtés de la maçonnerie. L’ouvrier les ramasseainsi sans difficulté et les jette dans un panier. Que deviennent-ils? Ils entrent dans la confection des tapis ou enduits de liège après avoir été séchés et réduits en poudre.
- nécessité de procéder à un nettoyage assez fréquent. Cette opération s’effectue à l’aide d’une énorme boule creuse de 2 m. de diamètre, contenant une caisse métallique que l’on remplit d’eau pour lester la boule au moment de l’utiliser. Elle pèse alors 5000 kg. On la descend dans le puits à l’aide d’un palan et on la laisse tomber au fond. Chassée par le courant, elle parcourt le siphon en heurtant ses parois et détache les dépôts qui s’y forment. Pendant ce travail, l’eau continue à circuler, puisque le diamètre de.la boule est inférieur à celui du siphon ; les débris détachés sont donc entraînés eux aussi par, le courant, de sorte qu’aprèsle passage de la boule le siphon se trouve , débarrassé de la plus grande partie ,de ses dépôts. L’énorme sphère est ensuite extraite. de la canalisation à la sortie du siphon et ramenée à Clichy. . . •.
- Usine de Colombes. — L’usine de Colombes est la plus importante usine élévatoire des eaux d’égout qui existe dans le monde entier. Elle peut servir de modèle pour toutes les constructions analogues; nous en publions le plan afin de permettre à nos lecteurs d’en étudier l’ensemble.
- Les bassins de dégrossissage, au nombre de six, séparés par un emplacement destiné à en recevoir un septième, sont abrités sous un immense hall. Ils mesurent chacun 54 m. 50 de longueur, 10 m. de largeur et 4 m. 50 de profondeur. La surface totale de décantation est de 2070 m2. Ces réservoirs reçoivent les eaux de Clichy et une partie de celles non utilisées à Gennevilliers qui lui sont envoyées des bassins .de dégrossissage de Saint-Ouen pourvus également de grilles. .
- Les matières lourdes se déposent dans ces im-
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- menses cuves et sont extraites comme à Clichy à l’aide de dragues mobiles sur des ponts roulants électriques qui les déposent dans des wagonnets, lesquels les évacuent vers une estacade établie en Seine d’où elles sont déversées dans des bateaux. Geux-ci les transportent sur les lieux d’utilisation soit pour les besoins de l’agriculture, soit simplement pour remblayer d’anciennes carrières. On extrait environ 100000 tonnes de fumier par an dans ces bassins.
- Le problème de l’évacuation des' fumiers peut être solutionné d’une manière plus intéressante qui fait depuis plusieurs années l’objet d’études très suivies à l’usine de Colombes. Nous voulons parler
- machines à vapeur de l’usine À appartiennent toutes au type Corliss, monocylindrique à condensation par mélange; leur vitesse varie de 26 à 54 tours par minute, selon les besoins du service. Les pompes élévatoires sont du système Girard à clapets multiples (48 par pompe) ; leur débit, par tour, est de 866 1. pour les groupes Farcot et de 1087 1. pour les groupes Fives-Lille.
- Les eaux quittant les bassins de décantation par une galerie souterraine sont amenées dans la galerie d’aspiration qui circule sur toute la longueur de l’usine, côté Seine, puis refoulées dans une chambre dite des robinets aménagée dans la culée de la rive gauche du pont d’Àrgenteuil. De là, elles traversent
- Fig. 4. — Salle des machines de l’usine de Colombes.
- de l’incinération après séchage. Un four a été construit dans ce but, mais les résultats voulus n’ont pas encore été complètement atteints, le séchage préalable ayant jusqu’ici laissé à désirer. Nous étudierons en temps voulu cette installation.
- L’usine élévatoire de Colombes a été mise en service en 1895. A cette époque, elle ne comprenait qu’un seul hall abritant 4 groupes élévatoires Farcot auxquels on ajouta, en 1898, 8 groupes Fives-Lille. Ces 12 groupes sont alimentés par 4 chaudières Farcot, 12 chaudières Niclausse, 4 chaudières Fives-Lille et 1 chaudière Roser. Les fumées sont dirigées dans 4 cheminées ‘de 42 mi de hauteur à partir du sol, occupant le centre de l’usine actuelle. Cette première construction est désignée sous le nom d’usine A pour la distinguer de la seconde, l’usine B, Les
- le pont en quatre tubes de 0 m. 80 de diamètre qui se groupent en deux canalisations également tubulaires pour atteindre la chambre des vannes située à Herblay.
- La construction du bâtiment B, parallèle au premier, fut décidée peu de temps après la mise en marche de la première usine. Ce bâtiment abrite 6 groupes élévatoires Fives-Lille montés en 1900, 10 chaudières semi-tubulaires de même construction raccordées par un collecteur de vapeur avec les chaudières de l’usine A. Cette installation a fonctionné seule jusqu’à cette année, mais on vient de lui adjoindre deux groupes élévatoires électriques Farcot. Une sous-station transformatrice d’énergie électrique a également été construite pour transformer le courant triphasé à 5500 volts, fourni par
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- 362 LES USINES ÉLÉYATOIRES DES EAUX D EGOUT
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- le secteur, en courant continu à 110 volts nécessaire à tous les services : éclairage, service des grues
- électriques des machines-outils, etc. Les groupes élévatoires à vapeur sont identiques à ceux de la première usine; quant aux groupes électriques, alimentés par le secteur « Le Triphasé », ils sont disposés de telle sorte que chaque moteur actionne directement deux pompes centrifuges conjuguées à un axe horizontal et qui débitent chacune 1000 mètres cubes par seconde à raison de 500 tonnes par minute.
- Pour desservir l’usine B, la galerie d’amenée des eaux a été prolongée; elle s’ouvre sur une galerie d’aspiration parallèle au boulevard d’Achères. Ces eaux sont refoulées dans une conduite en fonte de 1 m. 10 de diamètre et une autre de 1 m. 80 en béton armé qui aboutissent, comme celles de •g l’usine A, à la chambre des robinets. Les conduites ^ faites en béton armé sont tapissées intérieurement ^ d’une enveloppe en tôle.
- La puissance totale de cette belle usine est de £ 10000 CY ; elle peut fournir un total de 12 600 litres
- « par seconde.
- ^ Les services annexes de l’usine méritent une •g mention spéciale ; son fonctionnement est basé, en §5 .effet, sur une quasi-autonomie pour tout ce qui ^ concerne les réparations des avaries survenant aux •g machines. D’importants ateliers ont été construits J> dans ce but, le matériel étant soumis à une fatigue anormale en raison du travail spécial auquel il est ^ assujetti et à la nature des eaux relevées. L’usine dispose, dans ce but, d’un atelier de mécanique avec machines-outils, d’un atelier de menuiserie et de g modèles, d’une forge avec marteau-pilon, d’une
- | chaudronnerie et d’un atelier spécial pour l’appa-g reillagë électrique.
- S Les mâchefers provenant des foyers sont éga-lement traités sur place : concassés, criblés, lavés, pour être utilisés au remplissage des lits perco-2 lateurs des installations d’épuration biologique de § Carrières-Triel. Avec les résidus on fait des remblais et des agglomérés.
- £ L’usine consomme annuellement de 40 à 45 000 I tonnes de charbon qui lui sont amenées par bateaux. vi Deux grues électriques, capables de soulever si) 1500 kg chacune sont installées sur une estacade £ élevée spécialement sur la rive de la,Seine; elles prennent le charbon dans les bateaux et le versent dans des vagonnets qui le répartissent dans les chaufferies et au parc de réserve. La réserve actuelle est de 12 000 tonnes.
- Un puits atteignant la nappe profonde fournit l’eau potable qui est refoulée par une pompe électrique dans un réservoir métallique élevé sur pylônes. L’eau destinée aux usages industriels est puisée en Seine dans une prise spéciale placée sous l’estacade à charbon ; une pompe à vapeur la maintient à une charge variant entre 20 et 10 m., suivant les besoins.
- Signalons enfin le laboratoire dans lequel s’effectue le contrôle des matières entrant à Uusine ainsi que les essais d’épuration des eaux, de dessiccation des fumiers, les bains-douches pour le personnel et l’infirmerie. Le personnel de l’usine, indépendance-
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- ment du conducteur chef de section et de la direction, est de 250 chefs, ouvriers et ouvrières; en été, lorsque le débit des eaux est plus important/ce personnel s’élève à plus de 500.
- Usine de Pierrelaye. — La branche de Méry amène les eaux de l’émissaire général à l’usine de Pierrelaye où elles sont refoulées dans une colonne dite de relèvement, faite en ciment armé,, pour permettre leur distribution dans les terrains vallonnés de Méry-Pierrelaye qui sont les plus importants
- 5 chaudières semi-tubulaires Roser de 1024 mètres carrés de surface de chauffe.
- On peut compter, en chiffres ronds, que Glichy refoule annuellement sur Colombes près de 250 millions de mètres cubes d’eau et 70 millions sur Gennevilliers dont une partie revient à Colombes qui est chargée de relever cette énorme masse de liquide. L’usine de Pierrelaye, de son côté, relève annuellement une quarantaine de millions de mètres cubes. Ce travail représente une consommation de
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- Fig. 6. — Plan de
- de ceux affectés par la ville de Paris à l’irrigation, puisque leur surface totale atteint 2010 hectares. L’installation mécanique comprend 7 groupes éléva-toires. Quatre de ces groupes, construits auCreusot, de 200 chevaux chacun, sont à piston plongeur avec deux corps de pompe à simple effet, munis de 78 clapets-disques à ressorts; ils sont desservis par 6 chaudières à foyer et faisceau tubulaire intérieurs présentant une surface de chauffe de 118 mètres carrés.
- Les trois autres groupes, Garnier et Faure-Beaulieu, font 500 chevaux; ils sont alimentés par
- l’usine de Colombes.
- plus de' 50 millions de kilogrammes de charbon et de 2 millions de kilogrammes de coke.
- Ajoutons, pour compléter ces renseignements sur ce que nous conviendrons d’appeler la partie préparatoire de l’assainissement des eaux d’égout, que les dérivations de Saint-Ouen traversent, avant de se raccorder au niveau de distribution de Gennevilliers, des bassins de dégrossissage pourvus de grilles à leur sortie, et fonctionnant comme ceux de l’usine de Clichy. Les fumiers en sont extraits par des dragues électriques et évacùés par vagonnets se rendant sur la berge de la Seine. Lucien Fournier.
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- LE NOUVEL APPAREIL SERVANT AU TIRAGE DES OBLIGATIONS
- La Ville de Paris et le Crédit foncier viennent l’un et l’autre de mettre en service un nouvel appa-
- Fig. i.
- Fig. 2.
- reil pour le tirage de leurs obligations qui constitue un progrès considérable sur l’ancienne roue dont on faisait usage jusqu’ici.
- Pour mémoire, nous rappellerons qu’elle affectait la forme d’un tambour monté sur un axé dont les côtés él aient formés de glaces et que l’on faisait tourner pour mélanger le million de numéros qu’elle contenait généralement. Unpupille de l’Assistance publique plongeait la main pour en retirer un à un les numéros.
- La nouvelle roue est en réalité une sphère et fonctionne mécaniquement. Elle a été construitepar un inventeur ' parisien, M. J.-B. Vico, qui
- même que pour les anciens appareils (voy. La Nature du 19 août 1899) et faite mécaniquement, aucun d’eux ne peut sortir sans être dûment contrôlé.
- Le matériel complet comprend :
- 1° Une sphère en verres bombés et devant contenir la totalité des numéros (fig. 8);
- 2° Un appareil servant à extraire les numéros un à un pour le tirage des obligations à lots (fig. 10) et se fixant à l’un des pôles de la sphère ;
- 3° Un appareil servant à l’extraction d’environ mille numéros à la fois (fig. 11) et se fixant à l’autre pôle, pour les remboursements au pair;
- 4° Une petite sphère s’adaptant à cet appareil (fig. 12) et destinée à recevoir les mille numéros extraits ;
- 5° Un appareil muni d’un support, lequel fixe la petite sphère et sert à en extraire les numéros par séries de vingt-cinq (fig. 13).
- Les figures 1 et 2 ainsi que la figure 9 représentent l’appareil principal en position de fonctionnement pour la sortie des numéros par unités.
- Fig. 5.
- Fig. 6.
- s'est depuis longtemps spécialisé dans cette question. Après la mise en roue des numéros qui est la
- Fig. 4.
- Cet appareil consiste en une sphère (a) touril-lonnée sur un chevalet-chariot (b) pouvant être mise en rotation par une force motrice quelconque, par exemple par un moteur électrique; celte sphère {à), dans laquelle sont enfermés la totalité des étuis de l’émission, comporte à ses deux pôles deux appareils de sortie (d et e) dont le mécanisme sera décrit ci-après et destinés, le premier à la sortie des étuis par unités, le second à la sortie multiple des étuis en vue des remboursements au pair.
- Le premier de ces dispositifs représenté par la figure 10 et par les figures 5 et 4 comprend une tu-
- àcf.1
- Fig. 7.
- bulure (d) fixée à l’un des pôles de la sphère (a) de diamètre convenable pour que les étuis puissent
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- NOUVEL APPAREIL SERVANT AU TIRAGE DES OBLIGATIONS
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- Un compteur (?*) enregistre le nombre de numéros délivrés.
- L’extraction des étuis se fait donc mécaniquement et à distance (9) sans qu’on ait, pour aucune des opérations, à introduire la main à l’intérieur de la sphère.
- Pour tirer les numéros en vue des remboursements au pair, il faut d’abord nous reporter à la figure 5.
- Gomme on le voit, l’appareil servant aux tirages à lots (d) est remonté au sommet de la sphère (a).
- Le tube (e) marqué sur le schéma est remplacé maintenant par un globe de verre ainsi qu’on le voit sur la figure 11, prise d’après un appareil en service.
- Ce globe étant donc placé, seul et sans la petite sphère (r), dans le bas de la grande sphère (a) se remplit, dès qu’on ouvre le tiroir de communication (que l’on aperçoit très bien sur la figure 11) d’un nombre
- Fig. 8.
- s’y engager facilement plusieurs à la fois comme l’indique la figure 3.
- La prise d’un étui dans le groupe de ceux placés dans la tubulure (d) est effectuée par une sorte de plongeur consistant en un tube (f), d’un diamètre convenable pour ne contenir qu’un seul étui, ajusté dans la partie inférieure de la tubulure (d) et pouvant coulisser d’un mouvement alternatif afin de s’élever en plongeant dans le groupe des étuis jusqu’à ce qu’un ou plusieurs de ceux-ci s’y engagent. Ce tube (f) est engagé par sa région inférieure sur un tube fixe (g) sur lequel il peut coulisser; ce tube (g) est en verre afin de laisser voir l’étui qui se trouve à l'intérieur prêt à tomber.
- Le mouvement alternatif du tube mobile (f) est produit par un levier (i) relié à un noyau de fer doux (j) engagé dans un solénoïde (k). Un dispositif sensiblement analogue commande l’orifice du tube et permet la chute des étuis un à un à chaque contact électrique.
- Fig- 9*
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- 366 —NOUVEL APPAREIL SERVANT AU TIRAGE DES OBLIGATIONS
- indéterminé de numéros. On fait alors faire une révolution complète à la grande sphère (a).
- Quand le globe (e) se trouve à son sommet, il
- butant sur le tiroir (t), démasque l’orifice de sortie de la tubulure en verre dans laquelle les étuis viennent se placer bout à bout, prêts à tomber un par un.
- Fig. 10.
- reverse dans la grande sphère une partie de son trop-plein et conserve une quantité d’environ mille numéros grâce à un tube qui émerge en son milieu et qui constitue un niveau. On le distingue parfaitement sur la figure 11.
- Quand le globe (e) est revenu se placer dans le bas de la grande sphère (a) le tiroir s’est refermé automatiquement et isole ainsi les mille numéros extraits de la totalité des autres.
- À l’aide d’un raccord à baïonnette, on adapte alors la petite sphère (v), ainsi
- Fig. i2.
- qu’on le voit sur la figure 12.
- On ouvre un tiroir et les
- numéros contenus dans le . -
- globe (e) tombent tous dans ga * •
- la petite sphère (v). 5* ivjii t
- Ainsi remplie, on la trans- : 3’-
- porte sur un autre appareil
- muni d’une double potence i-i îMv:
- à laquelle on l’accroche T m
- (figures 13 et 6). i»
- Ce dispositif sert à extraire »J| Jm
- les mille numéros environ fï: 4
- * contenus > par séries de vingt- il s t*ï ïj •* : '<i
- cinq. r. 1, ï* s iï-% :;v -Æ
- Le récipient (v) étant ap^ * " mm
- 4^ '-'3* v ' f i
- provisionné et fixé sur son support (c), la tubulure (y) se trouve exactement placée dans l’axe des logements de la couronne (P), laquelle est percée de 25 trous destinés “ chacun à recevoir un étui.
- On actionne alors le plateau de manœuvre (D) dans le sens de la flèche (fig. 7) et celui-ci en tournant vient agir par l’intermédiaire de la rampe (E) sur le bouton (f) qui fait basculer le levier (F) dont l’extrémité (f), en
- Ces divers mouvements se produisent ainsi jusqu’à ce que la couronne (P) soit complètement garnie.
- 0'n l’enlève alors du plateau (0) pour opérer le
- dépouillement des étuis et l’on recommence l’opération avec une autre couronne jusqu’à épuisement des mille numéros. Un compteur (M) indique continuellement le nombre d’étuis sortis.
- Ajoutons que tous les numéros, après avoir été proclamés, sont collés sur des cartons destinés chacun à en recevoir vingt-cinq.
- Il y a de ce fait un triple contrôle puisque le nombre d’étuis extraits sur chaque couronne correspond à celui de ceux collés sur chaque carton et que le compteur en donne également le chiffre.
- On voit qu’avec ce nouvel appareil, nous sommes loin des anciennes roues.
- Ce grand perfectionne-Fig. i3„ ment ajoute une garantie
- de plus à la sécurité et aux précautions très sérieuses qui sont d’ailleurs toujours prises pour assurer la parfaite régularité des tirages.
- Henriquez-Phillipe .
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- 367
- LE « VATERLAND »
- Le plus grand navire du monde.
- Le Vaterland, qui vient detre lancé sur les chantiers Blohm et Yoss de Hambourg, est le second bateau de la classe Imperator de la ligne Hambourg-Américaine ; c’est, à l’heure qu’il est, le vaisseau le plus grand du monde. Ses dimensions principales sont les suivantes : longueur maxima 276 m., largeur 50 m. 50, profondeur 19 m. 25.
- Le Vaterland comporte au milieu 11 ponts superposés ; la passerelle se trouve a 40 m., le bord supérieur des 5 cheminées à 60 m., et les pommes des 2 mâts, â 76 m. au-dessus de la quille.
- Afin de donner une idée de l’énorme somme de travail qu’il a fallu fournir dans la construction de ce navire, faisons remarquer qu’elle a consommé ou consommera 54 millions 1 /2 de kilogrammes d’acier laminé,
- 2 millions de kilogrammes defonte d’acier, 2 millions de kilogrammes de fonte,
- 1 million de kilogrammes de cuivre, et 6 millions 1/2 de kilogrammes de bois.
- 1800 hommes, en moyenne, ont été chaque jour employés dans les travaux de construction, et les différentes parties du vaisseau sont reliées ensemble par 5 millions de rivets, chacun d’un poids de 2 kg 1/2; chacune des lourdes tôles d’acier du fond double est d’un poids de 5 tonnes, chacun des supports de paliers portant les arbres d’hélices, de 50 tonnes et le lingot de letambot, de 140 tonnes. Le gouvernail est d’une superficie de 40 m2, et son axe d’un diamètre de 70 cm. Bien que ni les aménagements intérieurs, ni les machines principales ne fussent encore
- installés, le poids de lancement du navire était le plus grand de tous ceux jusqu’ici réalisés (plus de 51 millions de kilogrammes).
- Le Vaterland sera actionné par 4 turbines de marche avant, qui, suivant les exigences variables, seront reliées en série ou fonctionneront séparément. Les turbines de marche arrière sont également disposées en vue de l’ac-tionnement indépendant de chaque axe. La puissance totale des turbines de marche avant, de 61 000 chevaux effectifs, à 180 tours par minute, donnera au navire une vitesse moyenne de 22 milles 1/2 par heure. Quant aux machines auxiliaires, signalons, en première ligne, les 5 turbo-dynamos alimentant les 10 000 lampes électriques et un groupe moteur - dynamo sur le pont supérieur pour l’éclairage de sûreté et la commande des cabestans électriques.
- Les constructeurs ont attaché une importance particulière aux dispositifs garantissant la sécurité des passagers. En dehors des cloisons étanches transversales et des cloisons longitudinales de la salle des machines, on a installé une grande quantité de cloisons longitudinales, à l’avant et à l’arrière, c’est-à-dire dans les parties les plus exposées de la coque ; toutes ces cloisons étanches ont été continuées bien au delà de la ligne de flottaison du navire portant sa charge tout entière. Les 85 bateaux de sauvetage sont capables de transporter environ 5900 personnes, c’est-à-dire bien plus que le nombre maximum
- Lancement du « Vaterland », à Hambourg.
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- 368 .. == STATUETTES COLOMBIENNES
- se trouvant à bord. Grâce à un dispositif spécial, 70 de ces bateaux, soit un nombre suffisant pour transporter toutes les personnes se trouvant à bord, pourront être descendus du même côté du navire.
- Ce paquebot géant est disposé pour loger 700 passagers de première, 600 de seconde, 1050 de troisième, et 1700 de quatrième classe, soit un total de 4050 passagers, en plus d’un équipage d’environ 1200 personnes. D' A. Gradenwitz.
- STATUETTES COLOMBIENNES
- Au temps de la conquête espagnole, le plateau de Bogota, dans la Colombie, était occupé par des Indiens Chibchas. Ceux-ci parlaient une langue spéciale, bien caractérisée, qu’on retrouvait avec diverses modalités, depuis le Nicaragua au Nord jusqu’au Pérou où régnaient les Incas. Les Chibchas du plateau de Bogota avaient une civilisation développée dont on connaît assez bien l’histoire (*) ; ils étaient organisés en clans et en tribus et étaient
- savent se livrer à ce travail; ils apprennent la sculpture par tradition, de père en fds, et arrivent à donner à leurs œuvres un jaspect vrai, vivant, sincère, tout à fait remarquable. Les sujets traités ne varient guère : ils représentent des Indiens et des Indiennes de la montagne, dans leur vie journalière, dans leurs attitudes coutumières, généralement dans le costume qu’ils ont, avec les paniers qu’ils portent, quand ils viennent à Bogota vendre
- Statuettes en bois des Indiens de Bogota.
- gouvernés par des caciques. Ils vivaient dans des maisons groupées en villages et en villes et la capitale, Bogota, comptait 20 000 habitants. Ils portaient des vêtements tissés plus ou moins décorés, savaient faire des poteries et des céramiques et ils nous ont laissé de remarquables figurines, le plus souvent faites d’un alliage d’or, d’argent et de cuivre, dont on connaît de nombreux spécimens. Le musée d’ethnographie du Trocadéro possède même un certain nombre d’outils provenant de l’atelier d’un fondeur des environs de Tunja.
- Leurs descendants actuels, les paysans indiens des environs de Bogota, possèdent encore un art intéressant dont on pourra juger par les figures ci-jointes. Le Bulletin de l’Union Panaméricaine qui les donne nous apprend que peu d’indiens
- 1. Bedciiat. Manuel d'archéologie américaine, Paris, 19l2.
- leurs produits. La matière utilisée est le bois tendre; les sculpteurs paysans la travaillent admirablement. Ces statuettes, véritables œuvres d’art, sont vendues à des prix dont ne se contenteraient pas beaucoup d’artistes de nos pays : 2 fr. 50 à 5 francs pièce. Les plus habiles sculpteurs font encore des œuvres plus importantes, représentant des extérieurs et des intérieurs de chaumières indiennes ; ces grandes pièces valent à Bogota de 25 à 50 francs.
- Le costume des personnages est un précieux renseignement d’ethnographie : outre la jupe chez les femmes, le pantalon chez les hommes, tous portent une couverture drapée analogue à celle des anciens Chibchas et des anciens Indiens du Mexique. Les vases ont des formes semblables à celles des anciennes poteries. On pourra remarquer aussi, sur les figures que nous reproduisons, les diverses manières de porter les fardeaux. Daniel Claude.
- Le compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences paraîtra dans le prochain numéro.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuki:, rue de t’icurus, 9, à Paris,
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- LA NATURE. — N° 2085. =r.- . ~ % 10 MAI 1913.
- UNE RIVIERE SOUTERRAINE D EAU CHAUDE SOUS LA DURANCE
- A SERRE-PONÇON (HAUTES ALPES)
- En 1885, au cours de nos explorations glacialo-giques, nous avions constaté dans le canon de la Durance, à Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), l’existence de deux sources minérales situées sous Rousset, vers le niveau des eaux de la rive droite de la Durance :
- 1° Une petite source d’eau salée que les habitants du voisinage utilisaient à l’époque de la gabelle;
- 2° Et, à une centaine de pas à l’aval, sur une partie un peu plus élargie du canon, une source d’eau chaude, dont les bouillonnements émergeaient
- fondeur de 42 m. 50, sans avoir rencontré d’une manière certaine le sol rocheux, et dut être abandonné.
- Il restait donc un doute sur la profondeur précise à donner aux fondations de ce grandiose barrage projeté sur 85 m. de hauteur, pour une retenue d’eau de 607 millions de mètres cubes.
- Après de nouvelles études sérieuses, le Ministère des Travaux publics décida en 1912 « de creuser, dans le rocher de la rive droite, un puits, du fond
- Fig. i. — Entre les puits et l’atelier des machines de Serre-Ponçon. (Phot. L. Dupuis.
- sur une étendue de 15 m., dans une ilaque d’eau des laisses des basses eaux de la rivière. Toutes les parties de la flaque d’eau avaient une température de 50 à 55°.
- Ces deux sources qui n’ont jamais été, croyons-nous, signalées avant nous, étaient cependant connues des rares habitants du voisinage.
- Et ce fut précisément au voisinage de ces sources que M. Wilhelm choisit l’emplacement du grand barrage de retenue qu’il projetait sur la Durance.
- Quelques sondages de recherches furent à cette fin pratiqués en 4898 au travers de la Durance. Ces sondages, opérés au trépan, révélèrent des profondeurs de graviers de 10 et 12 m. Mais l’un d’eux, foré au milieu du lit de la rivière, atteignit la pro-
- 41e année. — ier semestre.
- duquel partirait une galerie qui passerait sous le lit de la Durance (*) », et cela afin de s’assurer de la profondeur de l’ancien canon de la rivière, et de la possibilité d’amorcer les fondations du barrage dans une roche étanche et solide.
- Cette décision nous fit espérer que ces travaux pourraient rencontrer des venues de la source d’eau chaude qui nous intéressait. Aussi nous tâchâmes de nous tenir au courant des événements, au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
- Le puits fut commencé au début de septembre 1912, avec une section de 6 m2, et fut poussé jusqu’à une profondeur de 63 m., à travers laquelle ne
- 1. Ivan Wilhelm. La Durance. Paris, 1913, page 163.
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- 370 UNE RIVIERE D'EAU CHAUDE SOUS LA DURANCE
- furent rencontrés que des suintements et des filets d’eau froide peu importants. Mais, vers le 1er février, le forage avait donné jour, à 61 m. de profondeur, à une venue d’eau chaude de quelques litres à la minute et de 36° environ.
- Lors d’une visite sur les lieux, du 11 février, il nous fut manifeste que ce faible débit ne représentait pas l’émergence abondante, que nous avions constatée en 1885 sur les laisses de la rivière. Un baquet de 500 litres, à va-et-vient intermittent, suffisait à évacuer les eaux du puisard.
- A ce moment, cependant, on travaillait à l’établissement d’une pompe d’épuisement ; car on commençait, à 60 m. de profondeur, le percement de la galerie sous la Durance et l’on redoutait, dans ce forage, les infiltrations possibles des eaux de la rivière.
- Cette galerie de 4 m2 de section, et avec une pen te de 1 pour 100 pour faciliter l’écoulement dans le puisard des eaux qu’on pourrait rencontrer, fut poussée, jusqu’à 70 m., à travers les assises à peu près horizontales du lias moyen inférieur, sans qu’on rencontrât la moindre fissure, le moindre filet d’eau, tellement la roche était homogène et étanche.
- Mais, à partir de 70 m., des suintements et des filets d’eau chaude et saline apparurent au plafond de la galerie; et le 28 mars, à 71 m. 50, un coup de mine donna passage à une gerbe d’eau chaude de 10 à 12 litres à la seconde. Cette eau à 49° jaillissait du plafond par une ouverture irrégulière de 15 cm sur 2 à 5 et sous une assez forte pression.
- La température de la galerie brusquement élevée imposa l’établissement d’un puissant ventilateur avec des tuyaux de 20 cm de diamètre.
- M. l’ingénieur Yallecard essaya vainement d’aveugler la fissure d’émergence; cette obturation détermina bientôt le décollement d’une grosse écaille de la roche du plafond.
- La première émotion passée, on put cependant, avec quelques précautions, reprendre les travaux, car tout le personnel se faisait un point d’honneur de pousser rapidement la galerie à travers les 50 m. qui restaient à forer.
- Cependant, le 4 avril, pressentant l’afflux d’un plus grand débit de l’eau chaude, ce qui aurait suspendu les travaux faute d’une pompe plus puissante,
- notre ami, le sagace surveillant M. Chaix, nous téléphona : « 1200 litres à ' Ici minute,, arrivez vite, car demain il serait peut-être trop tard. » Et, 2 heures après, sous la conduite de M. l’ingénieur Yallecard et du surveillant M. Chaix, nous descendions dans le puits et nous suivions la galerie, qui sert de ruisseau à l’eau chaude dont nous apercevons à 70 m. la cascade en panaches, grâce aux lampes des mineurs. Chemin faisant, nous examinons les parois et le plafond de la galerie. La roche du lias moyen inférieur qui les constitue est une marne argileuse très homogène, sans la moindre fissure. Aussi, sur tout ce travers, on n’a rencontré aucun filet d’eau, aucun suintement.
- L’émergence de l’eau chaude saline est au milieu de la voûte et se fait par une fente irrégulière de 15 cm sur 2 à 5. Tout autour de cette émergence se montrent au plafond, sur 1 à 2 m. de rayon, d’autres filets d’eau chaude sous pression.
- L’émergence de la source produit un bruissement sourd, continu. Tout à coup ce bruit devient strident et comparable à des beuglements. Les ouvriers, interrogés, déclarent que c’est la première fois qu’ils perçoivent ce bruit, qui n’a duré que quelques secondes, et que nous avons entendu à deux reprises pendant près de 2 heures que nous sommes demeurés dans la galerie.
- Après notre départ, les travaux furent continués toute la nuit et toute la matinée du lendemain, 5 avril.
- Mais ce jour-là, à 15 h. 50, alors que la galerie avait atteint une longueur de 75 m. 20, se produisit une irruption d’eau chaude si soudaine, que les ouvriers s’enfuirent à toutes jambes vers la sortie du puits. Et, détail émouvant, un des mineurs qui avait oublié son gilet contenant tout son avoir, revint, après avoir fait quelques pas, vers la cascade pour sauver son trésor, et put enfin arriver à la benne avec de l’eau, à 49°, jusqu’à mi-corps. Le sauve-qui-peut se fit par la benne, ou par les échelles : tous les ouvriers, les mineurs, les pous-seurs de vagonnets et ceux de la pompe, purent heureusement sortir du puits, dans lequel l’eau chaude s’éleva après eux et atteignit la hauteur de 58 m., et cela en 40 minutes.
- Quel a pu être le débit de ces. eaux envahis-
- Fig. 2. — Sous la cascade de la rivière chaude à 6o mètres sous la Durance. (Phot. L. Dupuis.)
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- LES FLOTTES DE DIRIGEABLES FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRES == 371
- santés? Si les heures où se sont produits ces phé-nomènes ont été exactement notées par le surveillant et les ouvriers et si le remplissage de la galerie et du puits s’est exactement accompli en 40 minutes, le débit peut être très approximativement calculé, puisque les dimensions des cavités sont connues :
- Capacité de la galerie ..... 75 X 2 X 2 = 500 m3
- Capacité du puits........... . 58 X 0 ma — 348 —
- Poches des parois, niche à pompe. 52—
- Total du débit en 40 minutes. 700 m5
- D’où l’on déduit :
- Débit à la minute . . . . 17 m3 500
- Id. seconde...........291 litres.
- D’après les mesures qui nous ont été fournies par MM. Vallecard et Chaix,»les variations du débit ont été, du 28 mars au 5 avril (midi), de 900 à 1200 litres à la minute et les températures ont été de 49° le 28 mars, 46° le 2 avril, 47°,5 le 5 avril (matin).
- Au moment où l’eau fut stationnaire à 58 m. dans le puits, la température de la surface était de
- 40° le 5 avril, de 56° le 10 avril, tandis qu’elle était de 58° à 60 m. de profondeur.
- D’après le nivellement opéré le 6 avril par M. Mo-nard, conducteur des Ponts et Chaussées, le niveau supérieur de l’eau chaude du puits se trouvait à 5 m. en contre-bas de la route établie entre le puits et la rivière, et à 1 m. 51 en contre-bas du niveau actuel des eaux de la Durance.
- Le réseau de fissures servant de gaine au courant d’eau chaude passait indubitablement au-dessus de la galerie et allait se déverser dans la Durance à 1 m. 51 au-dessous de sa surface. Dans ce parcours, l’eau chaude, ayant su se frayer un passage, put ainsi atteindre au-dessous d’elle la galerie, la remplit ainsi que le puits jusqu’à son niveau, puis elle reprit son écoulement sur la Durance.
- Il y a donc là une source thermale importante, dont le captage sera facile puisque sa pression hydrostatique la ramène à la surface, et dont l’emploi, le jour où ses propriétés thérapeutiques auront été étudiées, pourra être une richesse pour la contrée.
- David Martin.
- LES FLOTTES DE DIRIGEABLES FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRES
- Que vaut notre flotte de dirigeables vis-à-vis de celle des Allemands? C’est à cette question, de toute actualité, que nous allons chercher à répondre par des chiffres.
- France. — Notre flotte de dirigeables se compose actuellement des éléments que voici :
- En premier lieu, 5 grands croiseurs aériens, répartis dans nos places de l’Est : Adjudant- Vincenot (Toul), Adjudant-Beau (Verdun), Dupuy-de-Lôme (Maubeuge), qui sont nos unités les plus récentes, les plus puissantes (9000 m3), les plus rapides (55 km à l’heure), les mieux équipées. Aces navires de premier rang, il convient d’ajouter notre nouveau Fleurus qui les dépasse en vitesse (58 km à l’heure), mais dont le cubage est sensiblement plus faible (6500 m3).
- La puissance motrice de 200-250 chevaux qui est nécessaire pour la propulsion des trois premiers, est également réduite à 160 à bord du Fleurus^).
- Par contre, les diamètres s o n t
- 1. De même que les dirigeables militaires de plus de 8000 m3 sont dénommés croiseurs,
- Fig. i. — Le Fleurus, le plus récent des dirigeables français.
- peu différents, ainsi qu’il résulte du tableau I.
- Dans ce tableau, nous avons rassemblé la totalité des dirigeables français actuellement existants, y compris les dirigeables civils, dont l’armée ne disposerait, par voie de réquisition, qu’en temps de guerre (leurs noms sont indiqués en italique).
- Comme on le voit, la grande majorité de notre flotte aérienne appartient au type souple (S.). De 1908 à 1911, nous avons construit quatre semi-rigides (S. R.), et tout récemment enfin le Spiess, à carcasse en bois, est venu marquer notre premier effort dans la voie du ballon rigide (R.), où les Allemands nous ont largement devancés.
- D’autre part, il convient de noter que l’un des
- types souples, le
- 7 7^ — (“i type trilobé
- ! préconisé par l’in-
- génieur espagnol Torrès Quevedo, et construit en France par la Société Astra, présente, au point de vue de la bonne conservation de la forme, des avantages analogues à ceux des rigides.
- ceux qui cubent tic 5000 à 8000 m3 s’appellent éclaireurs, et les plus petits, vedettes.
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- 372= LES FLOTTES DE DIRIGEABLES FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRES
- Telle quelle, on voit combien notre flotte de croiseurs aériens , est inférieure, comme nombre, comme cubages, comme vitesses réalisées, comme rayon d’action, à la flotte allemande. La différence est malheureusement plus accentuée encore qu’il ne résulte du tableau I : nous y avons mis en évidence nos meilleures unités, celles sur lesquelles nous pourrions le mieux compter si la guerre éclatait demain. Mais une bonne partie des autres est, soit
- En faisant la part des déchets et des retards, on peut donc compter que nous disposerons à la fin de 1913 d’une douzaine de grands dirigeables réellement utilisables, inférieurs toutefois aux grands croiseurs allemands.
- Allemagne. — Les forces dont dispose l’Allemagne en dirigeables sont consignées dans le tableau II. Ce qui frappe tout d’abord dans cette nomenclature, c’est la proportion importante des
- PORTS d’attache NOMS DES DIRIGEABLES DATE ET TYPE CURAGE m3 LONGUEUR DIAMÈTRE PUISSANCE. chevaux. VITESSE km /heure.
- Tout Tableau Adjudant- Vincenot. !. — Les dir 1911 S. •jgeables fran 9.000 çais. 89 12,80 200 55
- Verdun. Adjudant-Beau. 1911 S. 8.950 87 14,02 240 55
- Maubeuge Dujjuy-de-Lôme. 1912 S. 9.000 89 12,80 250 55
- Selle de Beauchamp. 1911 S.R. 8.000 89 14,60 150 50
- Fleurus. 1912 S. 6.500 77 12,50 160 58
- Saint-Cyr Le Temps. 1911 S. 2.500 50 9,50 70 50
- Zodiar-3. 1909 S. 1.430 42 8,20 40 45
- Épinal Capitaine-Ferbcr. 1911 S. 6.000 76 13 140 55
- Commandant-Coulclle. 1912 S. 9.000 — — 380 —
- Ghâlons Capitaine-Marchal. 1911 S.R. 7.500 84,50 13 150 47
- Lieutenant-Chauré. 1911 S. 8.950 87 14 240 55
- \ Transaérien. 1912 S. 9.000 76 14,50 500 55
- Lsy | Conté. 1912 S. 6.600 65 12 150 50
- / Colonel-Renard. 1910 S. 4.200 66 11 100 50
- Astra-Torrès. 1911 S. î.euo 47,50 8 55 50
- Meudon ....... Lcbaudy-4. 1911 S.Ii. 5.500 61 10,50 70 45
- Liberté. 1909 S.R. 4.800 71,50 13 120 —
- Lucerne Ville-de-Lucerne. 1909 S. 4.450 60 13 100 44
- Spiess. 1912 R. 11.500 — 13 400 ?
- Metz Tableau IL Z-l. — Les dir 1912 R. igeables allen 12.000 nands. 126 12 230 58
- P-I. 1908 R. 4.000 60 10,50 85 51,5
- Hambourg L-l. 1912 R. 22.000 160 15 510 83,5
- Victoria-Louise. 1912 R. 18.700 147,50 14 450 80
- \ P LA. 1908 S. 3.200 60 8,50 85 45
- Bitterfeld PL-10 1912 S. 1.800 45 9 100 50
- C tout h. 1909 S. 1.840 42 9,50 50 52
- / Z-3. 1912 R. 20.000 149 14 510 80
- P-3. 1911 S. 10.000 86 15 400 67,5
- 1 Jl-S. 1910 S.R. 1.700 46 7,30 75 58,5
- Berlin RS. 1912 S.R. 5.960 65 11 120 51,5
- PL.-6. 1910 S. 7.500 68 15 220 51,5
- i PL-9. 1911 S. 1.800 45 9 50 46,5
- PL-iS. 1912 S. 8.050 70 15 220 60
- ( Suchard. 1911 S. 11.700 76 16,50 220 45
- Pulsdam Hansa. 1912 R. 18.700 147,50 14 450 80
- Cologne Z-2. 1911 II. 17.250 140 14 450 77
- P-2. 1912 S. 8.050 80 14 300 63
- Kœnigsberg P-4. 1912 S. 10.000 86 15 400 68
- Biesdorf (près Berlin). S.-S. (SiemenS'Schuckert.) 1911 S. 15.000 — 14 650 74
- en réparation, soit en transformation. C’est ainsi que notre unique rigide, le Spiess, vient seulement d’être rendu disponible après une longue période de mise au point.
- En 1915, l’aéronautique militaire française doit mettre èn service 7 grands dirigeables militaires de 20 000 m3 et d’au moins 75 km à l’heure. Nos quatre grands constructeurs projettent également pour cette année la construction de 4 grands croiseurs civils (Bayard-Clément, Astra, Zodiac, Le-baudy) et de 4 autres dirigeables types Fleurus, Bayard-Clément, Astra, Zodiac.
- croiseurs rigides à grand cubage, à grande vitesse, à grand rayon d’action. Ajoutons que la charge utile qu’ils peuvent emporter dépasse 5 tonnes pour les grands Zeppelins {Victoria-Louise, Hansa, Z-) et 6 tonnes pour le dirigeable de la marine (du type Zeppelin également).
- Dans le tableau, les Zeppelins sont indiqués par la lettre Z (ou L pour le dirigeable marin), les Parsevals, par P ou PL, les Ruthenbergs par R.
- Bien entendu, cette flotte, comme la nôtre, comporte des déchets. C’est ainsi que nous y avons supprimé la série des trois Cross, semi-rigides mili-
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- LES FLOTTES DE DIRIGEABLES FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRES
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- taires (les anciens M), dont l’un, après réparations, viendra à Metz, et que nous n’avons même pas tenu compte du Z,„, non réceptionné officiellement, dont nous avons reçu la visite à Lunéville. Par contre le PLa et le PLç, ont terminé leur service.
- Ce tableau ne peut prétendre ni à être complet, ni même à être très exact, car des modifications du matériel aéronautique et surtout de sa destination sont fréquentes et secrètes. C’est ainsi que la nomenclature des ports d’attache ne doit pas être considérée comme autre chose qu’une indication. Le Z-ô, par exemple, indiqué comme attaché à Berlin, est en réalité destiné à Metz. De même il est impossible de connaître au jour le jour l’état des navires disponibles ou indisponibles. Mais la liste que nous donnons suffit à montrer que l’Allemagne ne possède
- geables allemands peuvent évoluer entre 18 hangars, fixes ou orientables, situés à Berlin, Biesdorf, Potsdam, Kœnigsberg, Posen, Kiel, Hambourg, Dusseldorf, Leichlingen, Cologne, Metz, Francfort, Mannheim, Bade, Strasbourg, Gotha, Friedrich-shafen : on voit que la frontière du Rhin a été pourvue avec un soin spécial.
- Ce sont peut-être des dirigeables civils ( Victoria-Louise, Hansa) qui constituent les unités les plus redoutables. Leur armement est prévu d’une manière très complète. Quant à celui du dirigeable de la marine Lv il comporte même un canon à tir rapide.
- Ce qui paraît surtout redoutable dans cet armement, c’est que les Allemands l’ont étudié très sérieusement, non seulement comme matériel, mais
- Londres
- Ffeurus
- Victoria-Louise Buterfeld ÎGotha
- Francfort "
- A Schütte-Lanz
- r - ManriReim ^ )
- Touh *.*àBaden Epinal .'Strasbourg
- ••Friedriehchafen ; Munich^
- Hambourg
- Berlin
- Potsdam
- Breslau
- Fig. 2. — Les dirigeables f rançais et allemands et les principaux hangars allemands.
- pas quarante Zeppelins, comme l’imprimait tout récemment un grand journal.
- De même, n’est pas indiqué le rigide à carcasse en bois Schütte-Lanz, de Mannheim, qui vient de subir un grave accident (l).
- Si un Suchard figure seul dans le tableau, le Suchards est plus célèbre; c’est lui qui, sous le commandement du capitaine Bruecker, doit effectuer le voyage de Las Palmas (Canaries) aux Indes. Du type Parseval, il a 12 300 m3, une nacelle de 10 m., 200 chevaux de puissance.
- L’indication des ports d’attache ne doit pas être prise d’une manière absolue : certaines attributions ne sont pas encore définitives. Au total, les diri-
- 1. Cependant la résistance dont la carcasse en bois de ce dirigeable a fait preuve à cette occasion, ainsi que dans un premier accident survenu une dizaine de jours auparavant, a été, paraît-il, très remarquée par l’aéronautique militaire allemande : le résultat serait qu’une nouvelle et importante commande de ce type de dirigeables vient d’être passée, et que l’aéronautique militaire allemande s’est assuré le monopole de cette construction.
- encore comme méthodes de tir; des exercices de tir sont exécutés du haut des dirigeables sur des silhouettes terrestres.
- D’autre part, tous les dirigeables allemands (sauf le Pf), sont équipés de manière à pouvoir envoyer et recevoir des télégrammes sans fil.
- Dans les 5 fabriques allemandes de dirigeables (à Munich, Friedrichshafen, Mannheim, Berlin et Bitterfeld), sont actuellement en construction de nouvelles unités, dont six dirigeables civils (1 Zeppelin et 5 Parseval).
- Au total, l’Allemagne comptera donc dans le cours de 1913 une vingtaine de grands croiseurs réellement disponibles Q).
- Parmi les dirigeables en construction, nous relevons seulement 2 Zeppelins contre 4 Schütte-Lanz, à carcasse en bois, de 24 000 m3 : 2 pour la guerre,
- 1. C’est intentionnellement que nous ne totalisons pas exactement, ni pour l’Allemagne, ni pour la France, les chiffres qui résultent des nomenclatures ; il est sans intérêt de tenir compte de disponibilités qui n’existent que « sur le papier ».
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- 374= LES FLOTTES DE DIRIGEABLES FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRES
- 2 pour la marine ; un Parseval est également commandé pour la marine. Ceci à titre de pure indication, car si l’état actuel de la flotte aérienne est secret, celui des projets en cours est deux fois secret.
- Telle est, d’après les documents que laissent publier avec parcimonie les gouvernements intéressés, la situation respective de notre flotte de dirigeables vis-à-vis de celle des Allemands. Notre infériorité ressort avec netteté de ce double bilan, et aussi notre effort pour diminuer cette infériorité. Mais la question de savoir jusqu’à quel point il est désirable d’augmenter notre flotte de dirigeables, et s’il faut sacrifier l’un à l’autre le dirigeable ou l’avion, cette question reste en dehors de l’exposé purement statistique qui précède.
- Il faut, pour la trancher, mettre en balance les qualités maîtresses du dirigeable — grand rayon d’action et possibilité d’opérer des reconnaissances la nuit — avec ses immenses servitudes : fragilité, difficulté de ravitaillement, d’atterrissage de fortune, prix, etc.
- Il ne faut pas non plus oublier la terrible série de catastrophes où ont sombré 9 des grands rigides allemands(1), ni la perte financière qui en résulte, ni ce que pourrait donner chez nous, appliquée à l’aviation(2),la somme correspondante.
- Nous n’examinerons pas aujourd’hui ces questions.
- Mais', après les deux premières flottes aériennes, il convient de jeter un coup d’œil sur celles des autres pays, dont’plusieurs ont déjà commencé de grands efforts pour passer au premier rang à ce point de vue.
- Russie. — La Russie a une flotte de dirigeables beaucoup plus importante qu’on ne le croit généralement, et qui lui donne le droit de se considérer comme occupant à ce point de vue la 5P- place en Europe.
- L’École militaire d’Àéronautique dispose de 5 di-
- rigeables : Noms Dates et tvpe. Cubage m3. Puissance chevaux.
- Lébéj 1909. S. R. 5500 100
- Krétchét .... 1910. S. R. 5680 200
- Goloubj 1910. S. 2270 75
- Sokol 1911. S. 2500 100
- lioblchik .... 1911. S. 2150 90
- A la frontière occidentale sont affectés :
- Clément-Bayard I 1909. S. 5500 100
- Zodiak-Vlf . . . 1910. S. 2140 60
- Puis, ait sud : Parseval .... 1910. S. 6700 220
- Zodiak-VIIL . . 1910. S. 2100 60
- A Vladivostock, un dirigeable
- Iastreb .... 1910. S. 2500 75
- Enfin, d’autres dirigeables sont commandés : tels Y Albatros, de 10 000 m3, d’une vitesse de 60 km à l’heure, construit par l’usine nationale Iorsky, YAstraXIII (français) et le Clément-Bayard VI, qui achèvent actuellement leurs essais (9600 m3,260 chevaux, 13 m. 50 de diamètre, longueur totale 86 m.).
- Italie. — Jusqu’à l’année dernière, l’Italie ne possédait que 5 petits dirigeables (série P : Pif P„, P-, Pv Ps, de 4500 m3, 50 km à l’heure). Mais elle vient d’en construire deux de 12000 m3 (A^, A/2j. Et la série des M (moyens) va se continuer par les dirigeables en construction : Af-, Mk, Ms, ayant les mêmes caractéristiques, c’est-à-dire la vitesse, déjà très notable, de 70 km à l’heure, un champ de 2000 m. en altitude, un rayon d’action de 1000 km, une puissance de 500 chevaux, et capables de tenir l’air pendant 55 à 40 heures.
- Ce n’est pas tout. L’Italie, avec ses 5 chantiers de construction de Rome, Milan, Campalto, Vérone,
- Bracciano(3), veut se créer une flotte aérienne puissante. Une 5e série, la série des G (grands), dont la construction est dès maintenant décidée, et dont le 1er exemplaire doit sortir cette année, égalera par le cubage les grands croiseurs allemands (24 000 m3) et les dépassera en vitesse (100 km à l’heure), si les plans de M. Forlanini et du major dal Fabbro donnent tout ce que l’on en attend. La puissance motrice prévue pour assurer cette vitesse sensationnelle n’est pas.inférieure à 1000 chevaux (4). Enfin, il paraît que la construction italienne est assez remarquable pour que des officiers allemands soient chargés de les suivre attentivement.
- Autriche-Hongrie. — L’Autriche, qui n’avait pas de flotte aérienne, pour ainsi dire, a voulu récemment acquérir un Zeppelin en Allemagne, ce qui n’a pas été sans soulever quelques bruyantes inquiétudes chez sa puissante alliée.
- Angleterre. — L’Angleterre ne possède actuellement aucun dirigeable de grand tonnage. Les
- 1. Sept Zeppelins détruits par des coups de vent (ce sont ceux que rappelle la figure), et deux autres incendiés, sans compter les trois semi-rigides Gross (Mv RL,, M3) presque détruits, le môme jour (10 octobre 1912), par un incendie, dans leur commun hangar de Tegel.
- 2. Il s’en faut bien d’ailleurs que les Allemands aient néglige leur aviation, comme on le répète en France; et les résultats qu’ils ont obtenus paraissent correspondre parfaitement aux grands sacrifices qu’ils ont faits.
- 5. Un sixième est en construction à Fcrrara.
- 4. Un dirigeable nommé Citta di Milano, construit à Bazzio, 24000 m5, 50 km-h., est destiné, paraît-il, à la traversée de l’Atlantique.
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- petits aéronats dont elle dispose sont d’ailleurs remarquables par des dispositions ingénieuses, notamment leurs hélices orientables.
- L’amirauté anglaise vient seulement de commander 2 dirigeables de 10 000 m5 faisant au moins 65 km à l’heure. L’un sera du type Astra-Torrès, l’autre du type Parseval.
- Le plus petit dirigeable du monde, le Baby, simple tige de bambou suspendue à une enveloppe gonflée de gaz et portant un moteur de 55 chevaux seulement, appartient à l’Angleterre. Mais c’est aussi le plus rapide dirigeable connu; il dépasse
- 80 km à l’heure. Les Anglais compensent ainsi les mécomptes subis avec leur grand dirigeable naval Mayfly, détruit à Barrow en 1912.
- C’est ainsi qu’on peut, à grands traits, esquisser un tableau d’ensemble des Hottes de dirigeables actuelles. Les données qui précèdent résultent delà comparaison d’un grand nombre de documents,, mais qui sont si épars et souvent si contradictoires, qu’on ne saurait leur accorder une valeur rigoureuse. Elles fixent cependant avec netteté les ordres de grandeur respectifs de la force aérienne des divers Etats — aviation non comprise. R. Chassériaud.
- LES BATEAUX A FOND DE VERRE DE CALIFORNIE
- C’est grâce à l’ingénieuse invention d’un écrivain justement réputé des deux côtés de l’Atlantique, M. Charles-Frederik Hôlder, auteur de remarquables études sur la pêche et les poissons, qu’il est possible, désormais, d’admirer les étranges beautés des bas-fonds marins sans avoir à se glisser dans l’encombrant costume d’un scaphandrier.
- On s’étonnera, comme nous le rappelions récemment dans une « information », que d’entreprenants industriels n’aient pas encore songé à exploiter l’idée du glass-bottom boat dans les eaux claires et peuplées du littoral méditerranéen. Ce bateau à. « fond de verre », imaginé par M. Charles-F. Hôlder, quand il étudiait la faune marine des parages de la Floride, et qu’il fit connaître plus tard aux riverains de la Californie Méridionale, comporte sur son pont plusieurs ouvertures carrées qui sont comme les margelles d’autant de puits dont l’orifice inférieur encadre une épaisse glace sans tain.
- Les passagers s’accoudent aux balustrades, et, penchés sur les ouvertures, ils voient se dérouler sous leurs yeux les forêts d’algues multicolores et leurs étranges habitants.
- La réfraction causée par l’épaisseur de la glace grossit les objets sans les déformer, et les moindres détails du fond de la mer apparaissent avec une netteté que rend plus parfaite l’admirable limpidité des eaux californiennes.
- Dans les parages de l’île de Santa-Catalina, très important centre de tourisme, les bateaux à fond de cristal se sont multipliés à ce point que leur flottille représente un capital de plus d’un million de francs. Les vapeurs de San-Pedro, le portdeLos-Angeles, qui, durant la belle saison, amènent des milliers de touristes dans la gracieuse baie d’Ava-
- lon, sont assaillis par de nombreux bateliers, qui se disputent à l’avance la clientèle.
- Et, certes, l’excursion vaut bien le demi-dollar demandé. Vainement, on chercherait dans le monde propre au tourisme — à 50 kilomètres d’une des plus jolies villes d’Amérique, de Los-Angeles — un endroit comparable à cette perle du Pacifique qu’est l’île de Santa-Catalina. Ses 100 kilomètres de circonférence sont entourés d’une immense forêt de Nereocystis, algues gigantesques, dont le fouillis abrite une multitude de créatures marines, et l’on trouve parmi elles de nombreuses espèces qui ne se rencontrent nulle part ailleurs.
- Parmi les êtres qui défilent sous le fond de cristal, l’étoile-de-mer se signale tout d’abord aux yeux des spectateurs par la façon dont elle se détache sur le fond vert, rouge ou violet des massifs d’algues. Les astéries californiennes atteignent des proportions colossales, et il arrive assez fréquemment que les passagers soient les témoins passionnés d’un duel entre un de ces échinodermes et une écrevisse de mer.
- Un spectacle qui fait toujours sensation, c’est l’apparition d’un octopus, mollusque qui abonde dans les eaux de Santa-Catalina. On le voir surgir d’entre deux roches, en une allure timide et gauche, qui forme contraste avec sa hideur. Mais, qu’il aperçoive un crabe ou un autre crustacé dont la taille ne soit pas disproportionnée avec la sienne, et ses tentacules se détendent comme un coup de fouet pour saisir la proie et l’emporter.
- En général, les pieuvres de Santa-Catalina ont moins d’un mètre de largeur, mais on en rencontre qui offrent jusqu’à une envergure de 5 m. 50. Quand les circonstances s’y prêtent, les passagers peuvent constater avec quelle facilité ces
- Fig. i. — Les « regards » d’un bateau à fond de verre.
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- Fig. 2 à 5. — 2, Pyrosome en état de phosphorescence; — 3, Requin de Port-Jackson avec ses œufs « en vrille » ; — 4, Un poisson voisin de nos rascasses ; — 5, Poisson dit « Tête d’Indien »,
- mollusques changent leur couleur, qu’ils adaptent à celles des plantes ou des roches avoisinantes. On les voit aussi, à l’approche d’un poisson, s’entourer comme d’une nuée protectrice en répandant quelques gouttes d’un liquide noirâtre, soit pour en surgir àTimproviste, si la proie leur a paru inoffensive, soit pour y demeurer prudemment blottis, s’ils ont jugé qu’ils auraient plus de chance d’être le mangé que le mangeur.
- Les étranges organismes que les pêcheurs appellent pittoresquement gelée-de-mer, se rencontrent en grandé abondance, et, sous une infinie variété de formes et de couleurs, dans les parages de Santa-Catalina. Certains jours, les passagers de bateaux à fond de verre ont l’illusion que la baie d’Avalon en est littéralement bondée ! Et les capitaines font alors de fréquentes pauses pour permettre à leurs hôtes de suivre les mouvements de ces bizarres créatures et d’en étudier les attitudes.
- Les rhizostomes, genre de méduses acalèphes, sont de beaucoup les plus nombreux parmi ces u poissons-gelée ». On en remarque une espèce dont la matière gélatineuse est colorée en blanc et en rose et dont les disques ou cloches ont de 60 à 70 centimètres de diamètre, tandis que la masse flottante de tentacules et de rubans que supportent ces disques balance une traîne d’un rose translucide, dont la longueur atteint 5 mètres. Et il en est dont les dimensions sont encore plus majestueuses, car ces tentacules sont parfois longs de 12 à 13 mètres!
- D’autres espèces sont colorées en violet, en marron, en brun foncé tirant sur le noir, et d’autres rassemblent sur le même individu toutes les nuances de l’arc-en-ciel. D’après M. Charles-F. Ilolder, qui a consacré plusieurs années à l’étude de cette faune californienne, certaines espèces de ces gelées-de-mer n’ont jamais été décrites, ce qui revient à dire que le bateau de cristal permet parfois d’apercevoir des méduses d’espèces totalement inconnues.
- Qu’on juge du spectacle féerique que présentent ces bas-fonds aux eaux limpides, quand l’excursion
- se déroule durant une nuit tranquille ! La mer paraît illuminée de lueurs mystérieuses, et les méduses qui passent et repassent sous les glaces sans tain sont comme imprégnées de phosphorescence, et l'on dirait d’une envolée de comètes dans l’azur liquide.
- Un capitaine soucieux de plaire à ses passagers recourt alors à un moyen infaillible. Il
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- capture un pyrosome, cette étonnante créature en forme de baril allongé qui est en réalité une colonie de Tuniciers pélagiques, et, du bout du doigt, il trace sur la tunique des signes et des lettres qui apparaissent aussitôt en lignes de feu. L’expérience, comme on le suppose bien, obtient toujours un vif succès.
- Une autre curiosité de ces parages, c’est le nautile, que l’on considère justement comme le plus beau des mollusques avec sa coquille d’un dessin si délicat et d’une coloration si brillante. Mais il aime les hautes températures, et il ne s’aventure que rarement dans les eaux de Santa-Catalina, trop septentrionales pour cet habitant des mers chaudes.
- Donnons ce conseil au lecteur qui serait tenté d’aller faire connaissance avec les « Jardins de la Mer », d’accorder la préférence aux plus petits des bateaux à fond de cristal, et, si ses ressources l’y autorisent, d’en louer un pour son usage exclusif; il ne regrettera pas les cinq ou six dollars que lui coûtera sa fantaisie. De cette façon, il pourra visiter en détail l’incomparable « aquarium » qui se déroule sous ses yeux et faire stopper l’esquif au-dessus des régions les plus intéressantes.
- Cette liberté d’action lui sera particulièrement utile quand il visitera certains fonds rocheux peuplés d’anémones de mer gigantesques, qui, lorsqu’elles sont épanouies, offrent une superbe variété de formes et de couleurs. S’il concentre son attention sur tel individu, il verra sortir de sa bouche l’inséparable compagnon de l’actinie, un petit poisson qui n’a rien à redouter des voraces tentacules qui couronnent le po-lype.
- Il faut renoncer ici à décrire tous les poissons qui passent communément dans le champ des lunettes flottantes, au cours d’une excursion. L’un des plus voyants doit à ses amples nageoires le nom de poisson-ange, car elles semblent l’envelopper comme d’ailes de chérubin, et sa coloration d’un rouge très vif lui a mérité ce curieux sobriquet : le garibaldien.
- Propre aux eaux californiennes, il passe pour être d’humeur sociable, et l’on a remarqué fréquem-
- Fig. 6 à 9. — 6, Quelques anémones de mer; — Argonaute hors de sa coquille; — 8, Une murène; — 9, Un duel entre astérie et crustacé.
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- ment qu’il s’élance du trou de rocher qui lui sert de demeure pour aller au-devant du bateau à fond de cristal et s’approcher joyeusement de la vitre. L’uniformité de couleur (rouge vif avec reflets d’or) caractérise l’adulte, les jeunes sont tachetés de bleu brillant, et les pêcheurs prétendent que les taches émettent la nuit des effluves électriques.
- Dans les champs d’anémones, on voit fréquemment émerger d’une crevasse de rocher la tête féroce d’une murène, avec ses crocs qui font songer au serpent à sonnettes. Ces anguilles atteignent 2 mètres de longueur, et l’on cite des cas où des plongeurs mexicains eurent à subir leurs attaques.
- L’apparition d’un « poisson tête-d’Indien » a régulièrement le don d’arracher aux spectateurs des oh! et des ah! enthousiastes. Ce n’est pas sans raison que les pêcheurs de Santa-Catalina l’ont comparé à un Peau-Rouge en costume national. Son corps est bariolé d’un rouge et d’un bleu d’une tonalité très chaude, et ses nageoires dorsales font l’effet de plumes bleues ou noires, arrangées comme la guirlande de plumes d’aigle qu’un chef indien porte dans le dos. Ses yeux, grands et protubérants, sont bleu faïence, sous les étranges antennes qui les surplombent.
- Les poissons, mollusques et crustacés dont nous venons de parler se rencontrent assez près du rivage. En poussant un peu au large, le bateau permet à ses hçtes d’étendre singulièrement leurs connaissances en faune et en flore marines.
- A 5 ou 600 mètres de la rive, les fenêtres de cristal s’ouvrent sur des canons aux parois à pic, entre lesquelles l’eau devient d’un bleu indigo incomparable. C’est dans ces'profondeurs que l’observateur ravi voit passer d’épaisses bandes de perches aux yeux de turquoise, que l’approche d’un requin et de son escorte de rémores met en fuite.
- Çà et là, du fond de ces gouffres, surgissent les ramures des algues gigantesques, et l’œil, qui s’habitue, distingue enfin, dans leur feuillage olive ou marron, des formes nouvelles. La difficulté de les découvrir réside dans ce fait que la plupart des espèces qui vivent dans une région d’algues affectent ;Une silhouette et une coloration qui rappellent étonnamment ces mêmes algues.
- Tel est le cas du kelp-fish, dont la couleur verdâtre et la forme allongée font d’autant mieux songer à une feuille que ses nageoires ne se dis-
- tinguent pas quand il se présente de profil. Et c’est par centaines qu’on pourrait citer les espèces à mimétisme qui habitent l’immense forêt sous-marine de Santa-Catalina.
- Une dernière recommandation que nous ferons au touriste, c’est de ne pas hésiter à recommencer son excursion dans le bateau à fond de cristal un lendemain de tempête. Les mouvements intérieurs de la mer font alors remonter vers la surface des êtres aux formes bizarres que les pêcheurs californiens eux-mêmes considèrent comme des raretés. C’est le cas d’un poisson long d’un mètre, mince et souple comme un ruban, et d’un blanc argenté, que l’on ne voit qu’après une forte tempête, comme s’il montait chercher le calme dans les hauteurs ! Un pêcheur captura, l’an dernier, au fdet, un de ces poissons-rubans qui mesurait 7 mètres !
- Mais la grande curiosité scientifique de Santa-Catalina est probablement son requin-pigmée, long de 60 à 70 centimètres, et qui est caractérisé par les deux piquants placés en avant des deux nageoires dorsales.
- L’histoire de ce squale est peut-être unique dans les annales de la science. On en connut tout d’abord l’existence par la découverte de plusieurs squelettes fossilisés, et l’on s’accorda à le classer parmi les espèces irrémédiablement éteintes. Puis, un naturaliste des Antipodes signala Y erratum : le petit requin existait bel et bien dans une baie de la Nouvelle-Galles du Sud, et on le baptisa du nom de cette baie : le requin de Port-Jackson, avec la conviction qu’il était propre à l’Australie.
- Enfin, quand la faune marine des rivages américains du Pacifique fut étudiée par les ichtyologues, on en découvrit une autre espèce dans les eaux californiennes, et c’est un des poissons que l’on capture communément près de Santa-Catalina.
- A l’encontre de ses grands congénères, il nage pesamment et fréquente les fonds de roche, où il se livre nuitamment à la poursuite des crabes. Ses œufs, en forme de tire-bouchon, sont devenus en Californie un article de curiosité très recherché des touristes.
- Formulons de nouveau le vœu que ces notes attirent l’attention de quelque entreprenant industriel. Le bateau à fond de cristal pourrait devenir rapidement la grande attraction de certaines anses de notre littoral. Y. Forbin.
- Fig. io. Pieuvre géante.
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- PROGRAMME D’EXPÉRIENCES PERMETTANT DE RÉSOUDRE D’UNE FAÇON DÉFINITIVE
- LE PROBLEME DE LA BAGUETTE DIVINATOIRE
- Mon nom ayant figuré dans beaucoup de journaux à propos de la recherche des métaux par les baguettisants, il ne sera peut-être pas sans intérêt de faire connaître le résultat de mes observations et les conclusions qu’on en peut tirer.
- Le hasard seul me conduisit à m’occuper de cette question. Il y a quelques mois, je reçus la visite de deux organisateurs d’un Congrès de psychologie expérimentale, MM. Mager et Durvillë, qui me proposèrent de contrôler les expériences des baguettisants. Cette démarche tenait à ma réputation d’observateur sévère, laissée dans l’esprit des occultistes par l’insuccès de leurs tentatives pour gagner le prix de 2000 francs que le prince Roland Bonaparte et moi avions jadis fondé, dans le but de récompenser la personne capable de soulever un objet sans contact, expérience que les spirites assuraient très facile.
- Les démonstrations relatives à la recherche des sources au moyen de la baguette divinatoire me paraissant entourées de grandes difficultés, et les baguettisants assurant découvrir les métaux aussi aisément que les cours d’eau, je consentis à diriger des expéi’iences sur des métaux suivant un programme que je me réservais de déterminer, ce qui, je le dis à l’honneur de mes visiteurs, fut immédiatement accepté.
- Le principal était de trouver une expérience bien démonstrative. J’imaginai la suivante qui, réalisée, eût constitué, sur un sujet controversé depuis plusieurs siècles, une démonstration définitive ne laissant place à aucune objection.
- Dix métaux usuels taillés en lames de même format (10 cm x 10 cm) furent enfermés dans dix enveloppes. Un simple numéro était mis sur chacune de ces enveloppes. Afin d’éviter toute hypothèse de communication de pensées ou simplement des signes d’approbation pendant l’expérience, les métaux étaient placés , sous enveloppe par une personne qui ne devait pas assister aux expériences. Si les observateurs avaient pu déterminer les noms des dix métaux, le hasard n’y eût été certainement pour rien. Le calcul des probabilités montre, en effet, que la chance de découvrir Tes
- dix métaux au hasard était de
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- 5 028 800
- • En n’employant
- que cinq métaux, la chance de tomber juste en disant
- 1
- leurs noms au hasard eût été de Faible chance assu-
- rément, mais non négligeable entièrement.
- Le Congrès ayant été ouvert, je me rendis à une des séances avec mes dix enveloppes préparées comme il vient d’être dit.
- Une première expérience faite par un habile sourcier, M. C., en présence de trois ou quatre témoins dans une salle isolée, ne fournit aucun résultat. On se borna alors, sur la demande de ce dernier, à lui faire rechercher si une pièce de 20 francs était tenue dans la main droite ou la main gauche d’un assistant. Il se trompa dans plus de la moitié des cas, mais nous déclara n’avoir pas fait beaucoup d’expériences avec les métaux.
- Je donnai alors rendez-vous chez moi pour le lendemain à deux des plus habiles chercheurs de métaux, MM. Probst et Falcoz. Us vinrent avec le Dr de Yarigny, observateur très sagace, qui assista aux expériences.
- Ces messieurs étaient porteurs de baguettes en différents métaux, chaque baguette ne pouvant, paraît-il, déceler qu’un métal déterminé. Je leur présentai mes dix enveloppes numérotées dont j’ignorais, je le répète, le contenu, inscrit sur un registre que je n’avais pas voulu regarder.
- Malheureusement, les opérateurs me déclarèrent qu’étant très fatigués par les séances du Congrès, ils ne pouvaient déterminer que cinq métaux dont je devais leur donner d’abord les noms afin de leur permettre de choisir les baguettes nécessaires.
- Pour satisfaire à cette demande, je fus obligé de chercher, au moyen des numéros, les noms des métaux enfermés dans les enveloppes, de façon à ne présenter aux opérateurs que celles dont ils se déclaraient capables de découvrir le contenu. Il se trouva ainsi que je connus, malgré moi, les noms des métaux correspondant aux numéros inscrits sur les enveloppes.
- Le choix des cinq enveloppes ayant été fait, je présentai chacune d’elles successivement aux deux opérateurs, en les posant simplement à terre. Après quelques minutes, le nom d'es cinq métaux (aluminium, cuivre, argent, plomb, zinc) fut correctement désigné.
- Cette expérience, évidemment remarquable, n’aurait pu être considérée comme concluante que si elle avait été répétée plusieurs fois. Une telle répétition, bien que d’une importance capitale, fut refusée par les expérimentateurs alléguant leur fatigue.
- Exécutée une seule fois, elle provoque, indépendamment de la chance minime, mais dont il faut tenir compte, d’avoir deviné simplement au hasard, les observations suivantes :
- Etant obligé, pour les raisons dites plus haut, de connaître le nom des métaux contenus dans les enveloppes, j’ai pu-faire inconsciemment des signes d’approbation pendant que les opérateurs prononçaient en se consultant les noms des métaux.
- Il faut remarquer ensuite que, pour faire agir les baguettes dans les directions qui leur semblaient nécessaires, les opérateurs ont légèrement déplacé à plusieurs reprises les enveloppes, ce qui a pu leur donner, par la différence de poids quelques indications, d’ailleurs bien légères, sur l’espèce des métaux (*) contenus dans les enveloppes.
- Des expériences analogues à la mienne, réalisées par M. Coupaux avec les mêmes opérateurs, ne réussirent qu’une fois sur cinq, mais il faut ajouter que les métaux avaient été mis dans des tubes de verre, substance qui empêcherait les baguettisants, disent-ils, de sentir l’action des métaux.
- Je ne tire donc aucune conclusion définitive des expériences qui précèdent, mais si on les rapproche de quelques succès obtenus pendant le Congrès pour la recherche des sources et des grandes cavités, on peut considérer comme probable que certains corps dégagent quelque chose susceptible d’impressionner les personnes douées d’une sensibilité spéciale.
- 1. La plaque d’aluminium pesait 54'gr. ; celle d’argent, plus mince, 59 gr. ; la différence est donc minime. La lame de cuivre pesait 77 gr.; celle de zinc, 89 gr. ; la lame de plomb, 97 gr.
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- Ce quelque chose agit sur l’organisme, qui réagit ensuite sur la baguette, mais cette dernière n’est pas directement impressionnée par les métaux et les sources. Elle reste, en effet, toujours immobile si, au lieu de la tenir à la main, on la dispose sur un support lui permettant une très grande mobilité.
- Tous les opérateurs instruits sont d’accord pour reconnaître que c’est eux-mêmes qui, sous1 l’influence d’une excitation spéciale, font mouvoir la baguette. M. Hémon, professeur agrégé de philosophie au lycée de Lyon, fait à ce sujet des observations très justes. Les métaux agissent peu sur lui, mais il a découvert plusieurs sources avec la baguette et ressent une extrême fatigue après chaque opération. On peut d’ailleurs évaluer, suivant lui, à une sur dix le nombre de personnes qui, tenant une baguette convenable à la main, sont impressionnées par l’approche d’un métal ou l’action d’un cours d’eau souterrain.
- Quelle est la nature du quelque chose qui se dégage des métaux et des cours d’eau? Je pourrais évidemment invoquer ici mes anciennes expériences sur la dématérialisation lente et continue de la matière et sur l’énergie intra-atomique. Je ne le ferai pas, parce que, entre les hypothèses susceptibles d’expliquer un phénomène, il faut toujours choisir la plus simple. Or, plusieurs explications faciles peuvent être essayées pour interpréter le phénomène. .
- En ce qui concerne les cours d’eau souterrains, une très légère humidité dans leur voisinage — humidité à laquelle sont si sensibles les rhumatisants — pourrait être invoquée. Pour les métaux, une action sur l’odorat est admissible. Il ne faut pas oublier, en effet, que la plupart d’entre eux—l’argent enfermé pendant quelque temps notamment — dégagent des odeurs très fortes que des per-
- sonnes sensibles perçoivent peut-être à une grande distance.
- Il serait facile de vérifier ces hypothèses provisoires et sur lesquelles je n’insiste nullement.
- Le point qui me semble mériter une étude sérieuse est l’extrême sensibilité de certains individus à des influences imperceptibles pour d’autres et les applications biologiques et même thérapeutiques que Ton pourra tirer d’une telle sensibilité.
- Je résumerai ce qui précède en disant que le phénomène de la baguette divinatoire, discuté depuis des siècles, mais considéré par la plupart des savants comme illusoire, semble avoir des fondements réels et mérite d’être examiné avec soin. On sait d’ailleurs que l’Académie des Sciences a nommé une Commission pour cette étude. Si elle se borne à rechercher l’aptitude des baguettisants à découvrir des sources, elle n’arrivera — pas plus que les Commissions qui ont fonctionné depuis deux siècles — à aucune conclusion précise. Un résultat décisif avec des phénomènes d’un tel ordre ne peut être obtenu, en effet, qu’au moyen d’observations nombreuses répétables à volonté. L’emploi des métaux sous enveloppe, suivant la méthode très simple que j’ai exposée plus haut, réaliserait seule cette condition.
- Je n’ai pu répéter ces expériences moi-même parce que les opérateurs que j’avais sous la main devaient quitter Paris le même jour. S’il m’avait été possible de les observer pendant quelque temps, je serais aisément arrivé dans un sens ou dans l’autre à des conclusions catégoriques et j’aurais élucidé ainsi d’une façon définitive les incertitudes formulées dans cet article et qui subsistent depuis 200 ans. Avec les fonds dont l’Académie dispose, il sera extrêmement facile à sa Commission de répéter mes expériences un nombre de fois suffisant pour fixer tous les doutes. Gustave Le Bon.
- CHRONIQUE
- Un prix de 400 000 francs pour la sécurité en aéroplane. — L’Union pour la sécurité en aéroplane, 35, rue François-!"1', Paris, ouvre un concours pour récompenser les auteurs de dispositifs qui « apporteront une contribution importante à la sécurité des appareils plus lourds que l’air ». Un grand prix de 400 000 francs récompensera l’auteur d’un appareil que le jury estimera présenter un intérêt exceptionnel au point de vue de la sécurité. Ce grand prix ne pourra être divisé. En outre, des primes dont le montant sera fixé par le jury, mais qui ne pourront être inférieures à 20 000 francs, récompenseront les auteurs d’appareils présentant un intérêt important. Le jury est composé de 15 membres, dont'10 nommés par l’Union, 1 par le Ministre des Travaux publics, 1 par le Ministre de la Marine et 3 par le Ministre de la Guerre. Les fonds destinés à doter ce concours ont été recueillis par souscription; le total s’élève actuellement à 582000 francs. Souhaitons que de ce bel effort sorte la solution tant attendue du problème de la sécurité en aéroplane.
- Un nouvel emploi de la pomme de terre. —
- 11 nous est révélé par le Bulletin des ingénieurs civils. Depuis quelques années, on utilise en Allemagne la pomme de terre desséchée pour la nourriture des bes-
- tiaux, et ce produit est de plus en plus demandé et sa consommation est telle qu’en 1912 Ton comptait 404 fabriques en activité. Le développement de l’industrie de la dessiccation de la pomme de terre a été la conséquence de la surproduction et de l’avilissement des prix de la pomme de terre, qui fait, on le sait, l’objet d’une culture intensive en Allemagne. La dessiccation offre un moyen d’utiliser avantageusement le surcroît de production les années de récolte abondante.
- On emploie actuellement deux méthodes pour la dessiccation. L’une produit ce qu’on appelle le « schnitzel a qu’on fait en divisant la pomme de terre en morceaux de la grosseur d’un crayon à dessiner et en le séchant à haute température. L’autre méthode produit une sorte de flocons. On cuit d’abord les pommes de terre à la vapeur, on les écrase et on les sèche en même temps en les faisant passer entre des cylindres chauffés à la vapeur. Ces rouleaux sont assez rapprochés pour que la matière n’ait que l’épaisseur d’une feuille de papier. La chaleur la fait adhérer à la surface et la rotation est calculée de façon que la dessiccation soit complète avant que les rouleaux aient achevé leur tour.
- La dessiccation d’une tonne de pommes de terre coûte de 5 à 7 fr. 50 sous forme de schnitzel, et J0 à 12 fr. 50 sous forme de flocons.
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- LE TOXIMETRE GUASCO
- La plus grande préoccupation qu’on doit avoir quand on installe un appareil de chauffage ou d’éclairage c’est d’éviter la production d’oxyde de carbone; les autres gaz, tels que l’hydrogène carburé, l’acétylène, décèlent heureusement leur présence par leur odeur bien avant d’atteindre la dose mortelle.
- Il n’en est pas de même de l’oxyde de carbone qui n’a aucune odeur et qui est très toxique, même à faible dose. Aussi a-t-on déjà cherché à plusieurs reprises les moyens qui pourraient faire connaître à temps sa présence dans l’air respiré, avant qu’il ne produise des conséquences funestes. On a généralement employé pour cela des réactions chimiques, procédé assez délicat, parfois trop sensible, nécessitant quelques manipulations qui, si simples soient-elles, ne sont pas toujours à la portée de tout le monde.
- M. Guasco a pensé à utiliser la propriété qu’a la mousse de platine de s’échauffer rapidement en présence de l’oxyde de carbone qu’elle absorbe en grande quantité ; propriété qui est utilisée de façon pratique depuis plusieurs années pour l’allumage du gaz d’éclairage et depuis fort longtemps dans le briquet à hydrogène.
- Il a ainsi constitué un appareil qui ne nécessite aucune manipulation. Il est formé d’un thermomètre différentiel de Leslie qui se compose, comme on sait, d’un tube en U terminé par deux réservoirs pleins d’air ; une colonne de mercure, ou d’un liquide coloré, se déplace dans le tube à la moindre différence de température entre les deux réservoirs. M. Guasco a fixé sur l’un d’eux une dizaine de pastilles de mousse de platine ; il a masqué le côté
- du tube qui correspond à ce réservoir et fait une graduation sur l’autre branche. Dès que l’appareil se trouve dans un milieu contenant de l’oxyde de carbone, il y a une différence de température aussitôt accusée par le déplacement de la colonne qui est d’autant plus important et plus rapide qu’il y a plus de gaz toxique. Il est évident que d’autres gaz, le gaz d’éclairage pur, par exemple, auront la même action, mais on sera prévenu aussi par l’odeur; quant à l’hydrogène l’indication de sa présence serait également très utile à connaître ; il est d’ailleurs rare qu’on se trouve dans un milieu où ce gaz soit susceptible de se produire à l’état assez pur pour être inodore. C’est donc principalement pour l’oxyde de carbone que les indications du toximètre seront précieuses. M. l’inspecteur général des mines H. Le Chatelier a présenté l’appareil à l’Académie des Sciences, après l’avoir expérimenté avec succès.
- De son côté, M. Guasco a fait de nombreuses expériences desquelles il ressort que la dénivellation totale dans le tube en U est de 13 millimètres pour la proportion de 1/1000 d’oxyde de carbone, ce qui donne une marge plus que suffisante pour tracer une graduation qui donne des indications utiles pour 1/10000 du gaz toxique.
- Dans un modèle spécial l’inventeur a pris le mercure comme colonne indicatrice et il a disposé dans le tube un contact en platine. Gela permet dé fermer un circuit électrique et d’actionner soit une sonnerie, soit une lampe à incandescence et d’avertir ainsi, même à distance, par signal sonore ou lumineux, qu’il y a danger par suite de présence anormale du gaz toxique. G. Cualmarès.
- Le toximètre Guasco. A droite, le tube en U portant les pastilles de mousse de platine.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 28 avril et 5 mai 1913. — Présidence de M. Guyon.
- Préparation du baryum. — M. Matignon expose que sa théorie des équilibres chimiques" lui a permis de prévoir que le silicium devait pouvoir se substituer à la baryte, quoique la chaleur de formation de celle-ci l’emporte de 35 calories sur celle de la silice (par atome oxygéné). L’expérience a vérifié cette prévision : le silicium met en liberté le baryum. Le ferro-silicium est aujourd’hui préparé industriellement et son bas prix le rend très avantageux pour cette opération. La dépense est
- néghgeablc. La réaction exige un chauffage régulier entre 1050° et 1200° qui peut aisément s’obtenir par l’électricité dans les usines productrices de ferro-cyanure où l’on dispose d’énergie à bon marché.
- Destruction d’une chenille de la vigne. — MM. Blanc et Picard ont découvert une septicémie de la chenille de la vigne arctiacaja abondante en 1912, en France.
- 1 Ils ont trouvé sur des chenilles mortes un bacille
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- qu’ils ont cultivé et ont reconnu que les cultures de ce bacille causaient la mort des chenilles. Il suffit de souiller de ces cultures les aliments des chenilles, pour qu’elles périssent.
- Description d’un cryocautère. — M. d’Arsonval décrit un cryocautère indicateur de pression imaginé par M. le Dr Henri Béclère. Chaque fois qu’il est possible de fournir une indication de mesure thérapeutique, il y a service rendu à la science. L’auteur a réalisé .un appareil qui, dans l’application du froid aux affections cle la peau, permet d’observer en kilogrammes et fractions de kilogramme la pesée exercée sur chaque centimètre carré de la surface d’application. Dans ce but, le récipient qui contient le corps froid (acide carbonique neigeux et acétone liquide, air liquide, chlorure de méthyle, etc.), est constitué par un tube métallique dont le fond formant la surface de contact est stérilisable, comme dans l’appareil de M. Bordas ; de plus, un ressort muni d’un index permet de mesurer la pesée que l’on doit exercer pour obtenir, en des temps déterminés, des effets déterminés. Ce perfectionnement a donc une grande importance en thérapeutique.
- Maintien de la pression dans les tubes à néon. — M. Claude expose que dans les tubes à décharges électriques actuellement connus — tubes de Moore, tubes de Crookes — la pression des gaz diminue rapidement et exige des rentrées de gaz par des moyens ingénieusement combinés. Une seule exception existe actuellement à cette règle, c’est celle des tubes à néon de M. Georges Claude, qui fonctionnent pendant des milliers d’heures sans que le besoin apparaisse d’une rentrée de néon. M. Claude montre que cette particularité n’est pas due seulement à l’emploi de très grandes électrodes et à la facilité extrême avec laquelle le néon se laisse traverser par la décharge électrique, ce qui permet de charger les tubes avec une quantité de néon 10 fois plus forte qu’avec les autres gaz, mais à ce que le néon est en outre le moins absorbable de tous les gaz par la vaporisation cathodique ; si un mélange gazeux contenant du néon fonctionne dans un tube luminescent, les autres gaz disparaissent petit à petit; le néon reste.
- Les bois du Gabon.— M. Chevalier est allé étudier au Congo français les bois que peut fournir la forêt vierge. L’exportation des bois de la colonie du Gabon a pris récemment un très grand développement. Le commerce en est passé de 5679 tonnes en 1896, à 52 526 en 1906, et à 108 242 tonnes en 1911. Les 9/10 sont fournis par un grand arbre, l’okoumé (Ancoumea klaincana Pierre) très abondant dans la forêt vierge. C’est le bois des boîtes à cigares. Le bois corail ou padouk africain provient du Plerocarpus soyantii Taub. ; il fournit un bois rouge analogue au bois de campêche. L’ébène qui donne 500 tonnes par an provient du Dios-pyros Evita Pierre ; c’est un très beau bois d’un noir franc, se polissant parfaitement et dont le commerce pourra être développé par la création de moyens de communication. Les acajous sont représentés par de très grands arbres du genre Iihaya ; il en existe dans la forêt d’autres essences inexploitées ; elles donnent des acajous susceptibles de rivaliser avec les plus belles sortes du Honduras et de Cuba.
- Les diamètres solaire et lunaire. — M. Baillaud résume un travail de M. Simonin sur les observations faites lors de l’éclipse du soleil du 17 avril 1912. Tout d’abord, il résulte de ces observations que l’ascension
- droite et la déclinaison de la lune offrent par rapport aux positions calculées, en tenant compte des corrections de Newcomb, les écarts suivants : d /R — 0,65 dD = 4",5. La valeur du diamètre du soleil est 51'59",92 et celle du diamètre de la lune 51'4",52. Le diamètre du soleil a donc été trouvé supérieur à sa valeur calculée. L’instant du premier contact extérieur a été observé avec un retard moyen de 6S, celui du dernier avec une avance moyenne de 5S. Les observations des autres contacts ne paraissent affectées que d’erreurs accidentelles. D’autre part, M. Baillaud présente un travail du Père Chevalier qui, d’après une longue série d’observations précises, arrive à la valeur 51'59",95 pour le diamètre du soleil. Cette valeur, qui concorde avec celle déduite par M. Simonin des observations d’éclipses, diffère très sensiblement de celle qui a été tirée des observations de M. Auwers, 15'59",26. De plus, le Père Chevalier a constaté qu’il existe une différence entre le diamètre polaire et le diamètre équatorial, qu’enfin cette différence au lieu de rester constante subissait des variations et paraissait avoir une période.
- Élection. —- M. Gouy, de Lyon, est élu membre non résidant. Les principaux travaux de M. Gouy sont relatifs à l’absorption et à l’émission des flammes colorées, à la propagation anormale des ondes avec une avance d’une demi-longueur d’onde lors du passage par un foyer, à la diffraction jusqu’à plus de 150° de la direction incidente, à la vitesse des ondes lumineuses différentes de la vitesse du train d’ondes dans le cas de milieux dispersiîs, à la physique solaire (ces derniers travaux ayant conduit à abandonner l’hypothèse classique des particules solides ou liquides produisant le spectre continu et à prouver que ce spectre est dù aux vapeurs métalliques elles-mêmes), au rôle de la pesanteur dans les tubes de Natterer. M. Gouy a, en outre, découvert que le pouvoir inducteur spécifique de l’eau est 80, valeur tout à fait anormale; il a enfin expliqué le mouvement brownien par Pagitation thermique et cette explication, donnée dès 1888, a pris aujourd’hui une importance considérable. M. Schwœrer, de Colmar, est élu correspondant de la section de mécanique en remplacement de M. Dwels-hauwers-Dery, décédé. M. Moris Davis, de Cambridge (Massachusetts), est élu correspondant de la section de géographie et navigation en remplacement de Sir George Danvin, décédé.
- La préparation du cacao. — M. Perrot expose que le cacao subit dès sa récolte une préparation dont les conditions sont mal déterminées. H en résulte pour les planteurs une difficulté considérable pour obtenir un produit de qualité invariable tel que celui réclamé par l’industrie du chocolat. M. Perrot montre qu’en stérilisant sur place le cacao frais, on obvie à cette difficulté en fournissant aux industriels un produit identique à lui-même qu’ils peuvent ensuite traiter à leur gré. Les expériences faites à ce sujet dans une de nos plus grandes maisons françaises sont décisives. Le retentissement des expériences de M. Perrot peut être considérable, car la production annuelle du cacao est de 220 000 tonnes.
- La rouille des céréales. — M. Beauverie adresse une Note relative à la propagation de la rouille des céréales. L’auteur a trouvé que dans l’intérieur des grains pouvaient se trouver des spores ou des filaments du champignon de la- rouille permettant la transmission de la maladie sans le passage du champignon d’une plante à une autre plante. C’est aboutir par une voie toute diffé-
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- rente de celle suivie par M. Eriltsson à sa même conclusion pratique au point de vue de la propagation de la rouille.
- Une larve de la peau de l’homme. — M. Surcouf, du Laboratoire colonial du Muséum, a étudié, d’après des spécimens qui lui ont été envoyés par M. le Dr Gonzalez, de Caracas, -les larves d’une mouche qui, dans l’Amérique du Sud, vivent à la surface du corps de l’homme où elles occasionnent des plaies. La mouche dont elles proviennent pond des œufs, non sur l’homme, mais sur des feuilles où ils sont attachés par une matière collante. Les moustiques qui viennent se poser sur ces feuilles se chargent d’œufs surtout sur l’abdomen. Les œufs éclosent, mais les larves ne les quittent point pour cela. Elles attendent que l’insecte pique l’homme, se laissent alors tomber et s’accrochent dans l’orifice de la piqûre.
- Le fluor dans Vorganisme.— M. A. Gautier explique que certains éléments se localisent dans l’organisme et qu’il est très important de déterminer quel est le rôle de la localisation. On savait, depuis 1817, que les os et l’émail des dents contiennent du fluor, et depuis, on a même donné quelques résultats de dosage du fluor dans l’organisme. Mais ces dosages sont peu nombreux et peu satisfaisants, parce que l’on ne possédait point de méthode pratique de haute précision à cet effet. Cette méthode, MM. Gautier et Clausmann l’ont créée. Ils l’ont largement appliquée et la conclusion est que le fluor est partout dans l’organisme. Dans la peau de l’homme on en trouve 4 mgr 5 pouf 100 gr. de tissu et 4 mgr dans la peau d’une femme âgée. L’épiderme humain en contient 16,4, l’écaille de pangolin 17,9, la carapace de tatou 22, l’écaille de l’alose 59,9, l’émail dentaire d’un jeune chien 72, d’un vieux chien 118, de l’hippopotame 181. Dans les cheveux noirs, blonds, châtains, gris, on note les nombres 17,15,16, dans les poils d’un chien noir adulte 19,7, dans ceux d’un vieux chien blanc 8,2. Les ongles humains en renferment 9,4, la corne de bélier 2,4, les tuyaux de la plume de poule 7,2, les barbes 11J8, les tuyaux de la plume d’autruche 5,0, les barbes 7,9. L’étude de ces nombres montre que le fluor accompagne toujours l’acide phosphorique et qu’il en suit les variations : on est amené à penser qu’il communique à l’émail des dents
- leur résistance aux actions microbiennes et leur dureté ; enfin, il paraît établi que la quantité de fluor diminue avec l’âge.
- Origine de certains pétroles. — M. de Launay présente une Note de M. Jean Chautard sur les pétroles du Wyoming (U.-S.-A.). Ces pétroles seraient d’origine organique et proviendraient de l’accumulation d’organismes animaux et peut-être végétaux dans les lagunes d’âge crétacé supérieur. Les roches imperméables imprégnées sont toujours au contact avec les argiles lagunaires qu’on peut considérer comme roches-mères de ces pétroles.
- La lutte contre le tétanos, -j- MM. A. Lumière et Chevrotier rappellent qu’ils ont essayé l’action des oxydants contre les effets de la toxine tétanique. Us ont employé le persulfate de soude. Les^cobayes soumis à l’infection tétanique et traités par le persulfate résistent plus longtemps, mais finissent par mourir; chez les chiens, la survie est également bien plus grande, et même quelques-uns guérissent. Des médecins, encouragés par ces résultats, ont tenté d’effectuer des injections de persulfate sur des tétaniques. Us ont observé que la contraction est moindre et ont obtenu quelques cas de guérison.
- La température des étoiles. — M. Violle expose que la comparaison des températures des étoiles, déterminées par M. Nordmann à l’aide de son pyromètre stellaire, avec les températures déterminées par M. Rosenberg de Gôttingen par la méthode photographique, fournit des résultats très satisfaisants. Pour 8 Persée les températures trouvées sont 18 500° et 16 500°, pour Algol 13 300 et 12 000°, pour Procyon 7800 et 8000°, pour le Soleil 5000 et 5000°.
- L’activité solaire. — M. Guillaume communique le résultat de ses observations faites sur la surface solaire pendant le 1er ti’imestre 1913, à l’Observatoire de Lyon. A l’inverse des constatations opérées pendant le 4e trimestre 1912 qui laissaient soupçonner une reprise de l’activité solaire, le nombre des taches et des facules a un peu diminué, de sorte que la date moyenne du minimum ne peut encore être fixée.
- Élection. — M. Bazin est élu membre non résident.
- Ch. de Villedeuil.
- HAGENBECK
- Karl llagenbeck, le grand marchand de fauves à Hambourg, vient de mourir dans sa propriété de Stellingen, à 69 ans. Il était une des personnalités les plus connues du monde entier. À quelqu’un qui demandait son adresse exacte, on répondit ; « Mettez simplement sur l’enveloppe : llagenbeck, la lettre lui parviendra. »
- Il était né en 1844. Déjà son père montrait des animaux dressés dans les villes allemandes, et en faisait aussi le commerce. Lorsque son fils eut 20 ans, il lui laissa complètement l'affaire et depuis lors, Karl llagenbeck la développa au point d’en faire une entreprise unique au monde.
- C’était un homme mince et de haute taille, au visage maigre encadré d’une barbe en collier qui lui donnait bien plutôt l’aspect d’un Yankee que d’un Allemand. Dans son regard se lisait beaucoup de finesse au travers d’une bonhomie souriante. Il
- parlait je ne sais combien de langues et sa conversation était captivante, surtout quand il causait des animaux sauvages, de leur capture, de leurs mœurs, de leur dressage; car il avait la passion de son art. Il entretenait par centaines des correspondants et des trappeurs sous toutes les latitudes.
- Sa maison a maintenant 15 stations de rassemblement dispersées dans toutes les parties du monde et cette organisation lui a maintes fois permis de présenter en Europe des animaux qu’on n’y avait jamais vus vivants. Les jardins zoologiques du continent ont particulièrement profité de ses intéressantes importations.
- Après avoir longtemps acheté et vendu des fauves qu’il tenait enfermés dans des caisses à Hambourg, comme des denrées dans un magasin, il avait exécuté le projet, longtemps caressé, de les présenter au public à travers un parc où, grâce à des disposi-
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- HAGENBECK
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- tions d’une admirable ingéniosité/ ils jouissent d’une demi-liberté. Nous avons à plusieurs reprises décrit ici même le parc de Stel-lingen (nos 1900 et 1986).
- Il y dépensa des sommes énormes et ce fut cependant , je crois bien, sa plus fructueuse opération, car les animaux y prospèrent et les visiteurs accourent de partout, à 50 pfennige par tête, pour les y admirer.
- Mais leur plus grand admirateur. . était cèrtaine- ' ment Hagenbeck lui-même : il exerçait sur ses terribles pensionnaires un extraordinaire prestige et, quoique la plupart ne séjournassent là, entre leur arrivée et leur vente, que comme des voyageurs dans une hôtellerie, du plus loin qu’il l’apercevait, chacun à sa manière, saluait son maître. !
- L’empereur Guillaume fut un visiteur assidu du parcdeStellingen(fîg. 2).
- Il avait comblé Hagenbeck de décorations et de témoignages flatteurs et il s’est fait représenter à ses funérailles. C’est qu’il y avait en Hagenbeck non seulement un commerçant habile et audacieux, mais un zoologiste animé d’un pénétrant esprit d’observation. Il cherchait sans relâche à acclimater, à reproduire, à croiser des espèces qu’il jugeait pouvoir devenir utiles à l’homme.
- Nous avons parlé de sa ferme d’autruches, de ses croisements du zébu avec la vache européenne, de son dressage de l’éléphant africain.
- Et toutes ces entreprises, il les exécutait sans
- hésiter, sur une vaste échelle; chaque année, son parc s’enrichissait d’annexes et de créations nouvelles. La dernière fois que je le vis — c’était en décembre 1911, — il me dit : « Vous
- avez bien fait de venir maintenant, car il y a pour près de 5 millions d’animaux dans le parc. »
- L’œuvre d’Ha-genbeck sera continuée par ses deux fils, eux aussi des hommes superbes, qui ont chacun une lignée de petits Hagenbeck, tous plus vigoureux les uns que les autres et qui, comme le héros de Rudyard Kipling, prétendent déjà dominer la faune sauvage au milieu de laquelle ils grandissent.
- Notre photographie (fig. 1) les représente dans le parc de leur grand-père, s’exerçant à la course, montés sur de grosses tortues qu’ils excitent en leur tendant leur mets favori, des salades, au bout d’un bâton.
- Hagenbeck a certainement rendu de grands services à la science zoologique en permettant aux naturalistes d’observer vivants des animaux rares qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion de voir, et aussi en leur laissant disséquer et étudier l’anatomie des animaux morts.
- Ceux qui voudraient connaître l’activité de cet homme remarquable, n’auront qu’à lire le volume de souvenirs qu’il publia il y a peu de temps et dans lequel il raconte avec entrain les principaux événements de sa vie. Victor Cambon.
- Fig. i. — Les petits enfants d’Hagenbeck faisant une course à la tortue.
- Fig. 2. — Vempereur d'Allemagne visitant le parc d’Hagenbëck. A gauche de l’Empereur, Hagenbeck.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laitore, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2086. —..l ' ::::: _ 17 MAI 1913.
- LE DIRIGEABLE RIGIDE « SPIESS »
- Le gouvernement français fait procéder actuellement aux épreuves de réception du ballon dirigeable « Spiess », qui porte le nom de son inventeur. L'idée de construire des dirigeables rigides nous est venue à la suite de la catastrophe du
- la société Zodiac. Nous allons compléter les renseignements publiés l’an dernier dans notre page d’informations.
- La carcasse, polygonale, est constituée par 14 poutres creuses faites chacune de 4 planchettes
- Le dirigeable Spiess au départ de Saint-Cyr.
- « République » due à une blessure faite à l’enveloppe pâr une des pales, détachée de l’une des hélices pendant la rotation. On observa, avec juste raison, que si le dirigeable avait appartenu au type cloisonné, la catastrophe eût été évitée. Il est utile d’ajouter également que la paternité des dirigeables rigides appartient à la France. M. Spiess déposa en effet, en 1873, une demande de brevet relative à la construction d’un navire aérien dirigeable constitué « par un système de ballons réunis et conjugués à leur équateur dans une carapace avec laquelle il ne forme qu'un seul et unique appareil, de manière à composer un tout solidaire. Dans ce système, ajoutait l’inventeur, l’aérostat et la nacelle ne forment qu’un seul appareil rigide auquel on peut facilement adapter des moteurs et des propulseurs ». Le brevet prévoyait, en outre, que les propulseurs seraient placés par paire aux flancs même du dirigeable, c’est-à-dire à leur emplacement rationnel dans l’axe de poussée, afin d’en obtenir le rendement maximum.
- Cette conception, qui ne doit par conséquent rien à Zeppelin, vient d’être réalisée dans les ateliers de
- 410 année. — 1er semestre.
- vissées et collées par leurs bords ; chacune de ces planchettes forme en réalité une très longue boîte sur laquelle sont enroulées, en sens inverse et collées, deux bandes de forte toile. Cette sorte de frettage s’oppose à l’écartement des planchettes sous l’action d’une charge aux extrémités faisant travailler la
- poutre à la compression. Leur épaisseur varie de 6 à 12 millimètres. Une de ces poutres de 8 mètres de longueur, qui pèse 19 kilogn, a supporté pendant les essais une charge de 7000 kilogrammes.
- Le dirigeable e^t fait de 14 ballons de section polygonale, sauf ceux des extrémités qui se terminent en ogive, dont l’ensemble constitue la capacité totale. Chaque ballon est indépendant. Un rayonnement de tiges d’acier partant d’un anneau central et aboutissant à chacun des angles du polygone assure la rigidité avec des poutres formant longerons et des croisillons latéraux en tiges d’acier disposés en croix de Saint-André dans le plan des faces.
- Chaque ballon est en tissu caoutchouté double pesant 220 grammes par mètre carré. L’étanchéité de ce tissu est telle que la perte par endosmose ne
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- Le dirigeable Spiess vu de Varrière.
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- 386 .... LE DIRIGEABLE RIGIDE « SP]ESS »
- dépasse pas 2 pour 100 du volume par 24 heures. Le volume de chacun des ballonnets de la partie cylindrique est de 1200 mètres cubes. Les soupapes supérieures laissent échapper automatiquement l’excès de gaz dû à la dilatation; elles sont également commandées à la main.
- A la partie inférieure, une quille de section triangulaire formant poutre armée, concourt à la rigidité longitudinale de l’ensemble et assure la répartition des charges sur toute la construction. Cette quille, de 64 mètres de longueur, a reçu un léger plancher qui permet de passer d’une nacelle à l’autre.
- La carène et la poutre. triangulaire sont recouvertes d’une enveloppe en tissu léger tendu extérieurement, de façon à faire disparaître les saillies présentées par les poutres, qui seraient de nature à accroître la résistance de pénétration.
- Les deux nacelles, placées l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, comportent des plates-formes rigidement reliées à l’ossature générale ; on peut simplement les considérer comme les prolongements surbaissés et élargis du plancher de la quille.
- Dans la première nacelle sont disposés, à l’avant, les volants de commande des gouvernails de direction et de profondeur, les tirettes provoquant la chute du lest constitué par des sacs étanches remplis d’eau et distribués en divers points de la construction, les commandes des soupapes supérieures des ballons, les transmetteurs d’ordre et les divers instruments. A l’arrière se trouve le moteur de 175 CV de 6 cylindres actionnant, par l’intermédiaire de pignons d’angle et d’arbres obliques, 2 hélices de 4 m. de diamètre situées de part et d’autre de la carène. Des pylônes, faisant partie de la carcasse, supportent les axes dont la hauteur est à 5 m. 25 au-dessus du point bas des nacelles. Les hélices tournant à une vitesse moitié moindre que l’arbre du moteur, la démultiplication s’effectue par les pignons coniques engrenant avec ceux de l’arbre des hélices.
- Le rendement aux arbres d’hélices serait su-
- périeur à 90 pour 100 de la puissance motrice.
- La partie antérieure de la nacelle d’avant a reçu le groupe moteur qui commande également 2 hélices dans les mêmes conditions que celui d’arrière.' La partie libre de cette nacelle est destinée aux passagers.
- Les dispositifs de direction et de stabilité, sont situés à la pointe arrière de la carène. La direction horizontale est assurée par 4 gouvernails verticaux jumelés, d’une surface totale de 50 m2'; 2 biplans, également jumelés, 'permettant la direction dans le sens vertical ; leur surface est la même que celle des gouvernails verticaux. Ces 2 biplans permettent de rapides et importants déplacements sans recourir à la manœuvre des soupapes ou au jet de lest.
- Les engins d’arrêt et de retenue au sol sont amarrés à une pieuvre placée à l’avant de la quille répar-tissant, par l’intermédiaire d’organes élastiques et
- d’un faisceau de câbles, les tractions et les chocs en de nombreux points sur toute la longueur de la carène. Celle-ci supporte, en outre, d’autres câbles latéraux utilisés pendant les manœuvres pour fixer le dirigeable sur des chariots à galets, circulant sur des rails utilisés pour le sortir du hangar ou l’y faire rentrer.
- Un commandant, 2 pilotes et 3 mécaniciens constituent l’équipage normal de ce nouveau navire aérien qui peut, en outre, emporter 1000 kg de lest et une quantité d’essence capable d’alimenter les moteurs pendant 8 ou 10 heures.
- Les caractéristiques du Spiess sont les suivantes : volume 12 800 m3, longueur totale 113 m,, surface au maître-couple 125 m2, hauteur totale de la construction, nacelles comprises, 17 m. Ajoutons enfin que 12 ballons seulement sont pourvus de ballonnets intérieurs; ceux des pointes n’en comportent pas.
- Au cours des premières sorties qu’il vient d’effectuer, ce nouveau dirigeable a évolué avec beaucoup d’aisance et de régularité; il atteindra sans aucun doute la vitesse normale de 65 km à l’heure, qui a été prévue. Lucien Fournier.
- Détail de construction. Le filet retenant les ballonnets à l’intérieur de l'armature.
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- LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Le professeur italien Vanni vient de réaliser de remarquables communications par téléphonie sans fil entre Rome et Tripoli, c’est-à-dire sur une distance de plus de 1000 kilomètres.
- Ce magnifique résultat marque une date dans Vhistoire des communications radio-électriques. Il a. été obtenu au moyen d’appareils aussi élégants qu’ingénieux. M. Vanni a bien voulu se charger d’en faire connaître le mécanisme à, nos lecteurs dans l’article suivant.
- LE PROFESSEUR VANNI.
- La téléphonie sans fil est encore à ses débuts, car elle est bien plus difficile que la télégraphie sans fil. Cela tient à ce que, laissant de côté les difficultés de transmission et de réception qui sont communes aux deux systèmes, dans la télégraphie sans fil il y a un phénomène artificiel simple à transmettre, c’est-à-dire les signaux conventionnels de l’alphabet Morse, tandis que dans la radiotéléphonie, il y a un phénomène naturel des plus complexes, c’est-à-dire la parole articulée avec son timbre caractéristique. Il s’agit par conséquent, non seulement de transmettre sans altération ou déformation le son fondamental qui constitue le fond de la parole articulée, mais aussi tout l’ensemble des harmoniques parfois très nombreux qui accompagnent ces mêmes sons. Quoi qu’il en soit et quelque complexe que soit le problème, les expériences qui ont été faites en France par MM. Blondel, Ferrié et Brenot, MM. Tissot Collin et Jeance, en Allemagne par M. Ruhmer, en Amérique par Fessenden et de Forest, en Italie par M. Majorana, ont apporté une contribution de la plus haute valeur à la solution de ce difficile problème, et ont démontréla possibilité de transmettre les sons musicaux et la parole articulée, sans altération sensible de timbre, à des distances de plusieurs centaines de kilomètres, et cela en ne mettant en jeu que des puissances relativement faibles.
- Dans les expériences dont je vais dire un mot et qui ont été faites à l’Institut militaire de télégraphie sans fil et à la station de Cento Celle dans les environs de Rome, on est arrivé à transmettre la parole et le son d’un microphone jusqu’à Tripoli, à 1000 kilomètres environ, avec une puissance un peu supérieure à 1 kilowatt.
- L’espace me faisant défaut pour donner des renseignements un peu détaillés sur ces expériences, je me bornerai à fournir quelques indications générales.
- En ce qui concerne la réception, il est bien connu que tout bon appareil récepteur de télégraphie sans
- fil peut aussi servir pour la radiotéléphonie. Toutefois l’expérience a démontré — et on comprend bien qu’il doit en être ainsi — qu’il est préférable de se servir des appareils intégrateurs, ou à effet total, comme le bolomètre, comme certains détecteurs à cristaux ou mieux encore les détecteurs à gaz raréfié.
- Dans mes expériences de téléphonie sans fil, à grande distance, je me suis toujours servi de ce dernier appareil dont le Capitaine Bardeloni a augmenté la sensibilité et qui est, dans l’état actuel de la technique, le plus convenable peut-être pour la radiotéléphonie.
- La grande difficulté de la téléphonie sans fil consiste dans l’appareil de transmission qui doit comprendre deux parties essentielles : un générateur d’ondes entretenues et un variateur, c’est-à-dire un appareil capable de faire varier la radiation électromagnétique de l’antenne selon les modulations de la voix.
- Le générateur doit être capable de produire des ondes continues ou entretenues et non des ondes amorties telles que celles dont on se sert généralement dans la télégraphie sans fil. En effet lorsque l’appareil émet des ondes amorties, les groupes d’ondes actives sont séparés par des intervalles d’inactivité quelquefois très considérables par rapport aux intervalles d’activité, et il est évident que dans ces conditions, ainsi que M. Blondel l’a démontré le premier, la transmission des modulations de la voix, c’est-à-dire du son fondamental et du cortège harmonique qui l’accompagne, serait difficile ou impossible. Je ne parlerai pas du système de production d’ondes entretenues au moyen d’un arc électrique, système dù à M. Poulsen, et qui est bien connu; je dirai seulement quelques mots du principe du générateur à eau, découvert par M. Moretti, qui a servi à mes expériences, à cause de sa commodité d’emploi et de la qualité des ondes qu’il émet.
- Principe de Moretti. — La disposition générale en est représentée dans la figure n° 1 ; le courant continu au potentiel de 500 volts environ, alimente à travers les résistances R et les selfs le générateur à eau : celui-ci est essentiellement formé par deux électrodes en cuivre A et B dont le positif inférieur B est perforé de manière à donner lieu à un jet d’eau à très faible débit qu’on règle convenablement par des vis appropriées. L’électrode négative A disposée supérieurement est massive et à surface plane. En dérivation sur ces deux électrodes se trouvent les circuits à courant variable constitués par une capacité C et une self P qui forment le primaire d’un transformateur dont le secondaire est collecté d’une part à la self des réglages d’antenne et d’autre part à terre.
- La théorie complète de cet appareil est encore à faire. Ce qu’on peut dire, c’est que le phénomène qu’il présente offre une certaine analogie avec ce
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- LA TELEPHONIE SANS FIL
- qui se passe dans un interrupteur de Wehnelt. Il paraît probable qu’au contact de l’arc qui tend à se former initialement, l’eau se vaporise en prenant l’état sphéroïdal et interrompt très brusquement le circuit; en même temps, une partie de cette eau se dissocie, mettant en liberté de l’hydrogène et de l’oxygène, ce qui constitue un mélange détonant ; il se forme ainsi une série de petites explosions qui ouvrent et ferment le circuit un grand nombre de fois par seconde, nombre qui peut s’évaluer, selon les déterminations faites par moi à l’aide d’un miroir tournant, à quelques centaines de milliers de tours par seconde, c’est-à-dire à une fréquence bien supérieure à la limite des sons perceptibles.
- En définitive,
- l’arc continu qui Générateur Ms c
- tend à se former se résout ainsi en un grand nombre d’étincelles partielles dont chacune donne lieu très probablement, non pas à une décharge oscillante comme dans le déflagrateur ordinaire de la télégraphie sans fil, mais à un grand nombre de décharges unidirectionnelles, impulsions se succédant avec une fréquence très grande et par conséquent très appropriée à exciter des courants variables dans le circuit
- ' Antenne
- -WvW/---------JL2JL-
- R I
- Fig. i. — Schéma de l’appareil de transmission radio-électrique de Moretti.
- tance des électrodes, la vitesse de l’eau et les constantes électriques du circuit d’alimentation.
- Il est essentiel de remarquer que les générateurs établis selon le phénomène découvert par Moretti conduisent, comme la lampe de Poulsen, à produire un arc interrompu un grand nombre de fois par seconde.
- Mais alors que l’arc de Poulsen jaillit entre
- 2 charbons, dans une atmosphère d’hydrocarbure ou d’hydrogène, celui de Moretti jaillit à l’air libre entre deux électrodes de cuivre, ce qui dispense de l’emploi du gaz et simplifie singulièrement l’opération. En tout cas, et indépendamment de toute théorie, l’expérience démontre qu’avec le générateur Moretti, on peut faire passer dans l’antenne un courant électrique de forte intensité. C’est là un desideratum des générateurs d’ondes. Le principe de ce générateur a été appliqué d’une autre manière par M. Bethenod à un système d’éclateur se réglant
- Microphone type Bell
- ~ Z
- Jet
- ''vibrant
- Objectif
- cinématographique
- Disque
- stroboscopique
- Fig. 2. — Dispositif pour cinématographier le jet d’eau parlant.
- d’antenne. On peut dire d’une manière synthétique que, grâce au phénomène de Moretti, on accomplit par voie purement électrique, et sans organe mobile, ce que fait par voie mécanique un interrupteur très rapide dans le primaire d’une bobine de Ruhm-korfî. L’expérience confirme cette manière de voir et démontre qu’on a sur l’antenne un courant très intense et qui peut aisément arriver à une dizaine d’ampères lorsqu’on a réglé convenablement la dis-
- automatiquement et de telle sorte que l’inconvénient de l’usure des électrodes se trouve presque supprimé (1).
- i. Il y a lieu de signaler aussi que le même ingénieur a réussi à éviter l’emploi des résistances que l’on était jusqu’ici obligé d’introduire avec tous les systèmes à arc entre la dynamo et l’arc, et qui avait pour effet de diminuer considérablement le rendement. Ces importants perfectionnements donnent à l’arc un intérêt nouveau pour la télégraphie et la téléphonie sans fil.
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- Les microphones du type Bell. — Les merveilleuses propriétés acoustiques d'un jet d’eau. — Ayant ainsi obtenu un courant sur l’antenne, il est nécessaire de faire varier ce même courant et par conséquent les radiations électromagnétiques correspondantes selon les modulations de sons à transmettre, c’est-à-dire qu’il faut un variateur de courant avec microphone, à cause de la valeur élevée du courant nécessaire pour faire de la téléphonie à une distance un peu considérable. On ne peut pas songer à se servir d’un microphone ordinaire à charbon qui ne peut supporter qu’un ampère environ ; on a dû alors recourir pour ces expériences au microphone hydraulique, le seul qui puisse, à cause du refroidissement opéré par l’eau, supporter le passage du courant intense.
- Je me suis servi de deux formes diverses de microphones dont l’une est dérivée du type imaginé par Chichester Bell dès 1886 et appliqué par le professeur Majorana à ses belles expériences de téléphonie sans fil. L’autre forme de microphone est aussi à liquide, mais sa construction et son mode de fonctionnement en font un type différent de celui de Bell. Les microphones hydrauliques sont fondés sur les propriétés des jets liquides étudiés par le grand physicien français Savart, par lord Bayleigh et par Bell lui-même. On sait que tout jet liquide cylindrique oscillant d’un type mince sous une pression déterminée présente trois parties parfaitement séparées dont la première est limpide, continue et ressemble à un cylindre de cristal à
- Fig. 4. — Microphone Vanni (jel fixe et collecteur vibrant), avec excitation électromagnétique du système Righi.
- sections constantes ; la deuxième est trouble, à sections variables et présente des fuseaux régulièrement disposés sur une certaine longueur à la suite de la partie limpide ; cette deuxième partie est en appa-
- rence continue, mais en réalité discontinue, ainsi qu’on peut le démontrer en l’éclairant par intermittence au moyen d’un disque stroboscopique ; on
- Fig. 3. — Microphone du type Vanni (jet fixe, collecteur oscillant), avec amplifications acoustique et mécanique : A, B, plaques vibrantes ; T, tube;
- M, N, membrane vibrante; Z, pavillon; R, pompe centrifuge remontant l’eau.
- voit ainsi qu’elle est formée de gouttes de formes sphéroïdale et sphérique qui se succèdent l’une après l’autre dans l’espace et dont chacune est animée d’un mouvement vibratoire de période déterminée qui la fait passer de la forme sphéroïdale allongée à axe vertical à celle d’un sphéroïde aplati à axe horizontal en passant par la forme sphérique intermédiaire. On conçoit aisément que l’œil ne puisse percevoir directement ces différentes formes et ne voie que l’enveloppe de l’ensemble ; enfin, la troisième partie du jet est franchement résolue en gouttes sphéroïdales séparées par des intervalles plus ou moins grands que l’on peut voir distinctement à l’œil nu. On'a ainsi dans un jet liquide un phénomène de vibration qui appartient à la catégorie des vibrations libres. La période des vibrations exécutées par les gouttes de la partie trouble ne dépend, ainsi que la théorie le démontre, que de la nature du liquide, de sa constante capillaire, du diamètre et de la pression du jet, etc.... Mais on peut aussi introduire dans le même jet liquide une vibration forcée, c’est-à-dire imposée par une cause extérieure, ainsi qu’on va le voir.
- La théorie démontre, en effet, qu'un cylindre liquide à section circulaire devient une figure d'équilibre instable dès que sa longueur surpasse le périmètre de sa section droite. On peut faire varier la condition de stabilité par l’action d’une cause extérieure. Il en résulte, ainsi que Savart l’a démontré pour la première fois, que, si dans les environs du jet est produit un son capable d’introduire une action perturbatrice quelconque dans la
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- condition de stabilité du jet, la tendance a la résolution en gouttes se manifestera plus près de l’orifice du jet et le cylindre liquide se raccourcira entre la partie continue limpide et la partie trouble à fuseaux qui remontera. Dès que la cause perturbatrice a cessé d’agir, le cylindre revient à la stabilité initiale, la zone de séparation reprenant sa position primitive. Si donc la cause mécanique extérieure agit par impulsions cadencées, ainsi que cela se produit par les vibrations d’un son, le cylindre liquide effectue une série de vibrations forcées en synchronisme avec les vibrations excitatrices si les conditions de production du jet et surtout sa pression sont convenablement réglées. Si on fait alors tomber la partie trouble sur une membrane tendue, sur un cylindre blindé pouvant fonctionner en résonateur, la fréquence de succession des gouttes sur la membrane peut devenir telle que le jet reproduit et amplifie le son excitateur par un phénomène de résonance tout à fait particulier qu’on pourrait nommer résonance hydrodynamique, ainsi que Savart l’a démontré. On peut très bien faire reproduire en jet liquide le son d’un diapason sans que les branches de celui-ci soient ? appuyées sur le tube d’où jaillit la colonne liquide. On obtient les mêmes résultats si la cause excitatrice extérieure, au lieu d’avoir le caractère d’un son musical, a le caractère d’un bruit ou d’une succession de bruits plus ou moins amortis, tels1 que le tic tac d’une montre; en réglant convenablement f la pression on peut faire entendre dans un amphithéâtre avec une intensité remarquable le même bruit (expérience exécutée pour la première fois par Ghichester Bell).
- Cette merveilleuse propriété que possède le jet liquide de reproduire et amplifier par résonance hydrodynamique lés sons et les bruits extérieurs a été le point de départ des microphones Bell.
- Ces microphones comprennent deux parties essentielles : le transmetteur et le collecteur. La première partie a pour but de transmettre l’onde sonore au jet liquide; celui-ci, lorsqu’il a un diamètre et une pression convenables, reproduit et amplifie par résonance les vibrations qu’on lui communique directement ou indirectement.
- Le transmetteur peut avoir évidemment les formes les plus variées, telles que celles qui lui
- ont été données par Bell, par Majorana et par moi-même; dans l’un de ces types de transmetteurs, j’applique le principe d’amplification des vibrations forcées du jet non seulement par résonance hydrodynamique, mais aussi par résonance acoustique et mécanique. Dans ce double but, les vibrations sonores qu’il s’agit de transmettre, recueillies ' par les pavillons Z, agissent dans une espèce de chambre de résonance qui est limitée intérieurement par la membrane du microphone et dont une crémaillère fait varier le volume d’une manière continue jusqu’à ce que le maximum d’effet soit atteint.
- L’amplification mécanique est produite de la manière suivante : le centre M de la membrane où a lieu le ventre de vibration est lié à un levier de troisième genre 0 - B dont le point d’appui est en 0 et qui porte l’extrémité B à une distance déterminée et qu’on peut régler, du petit tube T d’où sort le liquide microphonique qui est constitué par de l’eau acidulée à une pression convenable.
- Le collecteur est constitué par deux lames de platine dont la position et l’inclinaison par rapport au jet peuvent varier, de telle manière que le jet liquide cylindrique qui tombe sur une des lames du collecteur soit recueilli par l’autre et s’étale en minces pellicules liquides.
- Il est alors aisé de comprendre le fonctionnement de l’appareil : les ondes sonores recueillies par le pavillon Z subissent une première amplification acoustique dans le timbre de la résonance et une deuxième amplification mécanique par le levier 0 à B ; elles agissent alors sur le tube T qui se met en vibration de telle manière que si le jet se trouve avoir un diamètre, une forme et une pression convenables, il reproduit et amplifie, par résonance hydrodynamique, les vibrations sonores. A cause du mouvement vibratoire du jet, l’épaisseur de la lame mince, comprise entre les Jeux électrodes du collecteur, varie par conséquent aussi selon les modulations de la voix, et de même varie la résistance électrique de la couche liquide comprise entre les deux lames de platine du collecteur. Il est évident que, si celui-ci fait partie du circuit secondaire antenne-terre dont le primaire est parcouru par le courant variable d’un générateur à arc, tel que celui décrit précédemment, l’intensité du courant qui parcourt
- Fig. 5. — Photographies successives de la chute d’une goutte d'eau et d’une goutte de lait. Ces photographies prises par M. Lansiaux, à intervalles de i/iooo0 de seconde, montrent bien les vibrations de la goutte.
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- ip
- H
- -LJ
- Détail de la lettre 0,
- figures.
- Le microphone Vanni. — Dans le microphone dont on vient de parler, la caractéristique essentielle est que l’on communique les vibrations sonores qu’il s’agit de transmettre au jet liquide, qui vibre par résonance hydrodynamique; et ces vibrations ont pour résultat final de faire varier l’épaisseur et par conséquent la résistance
- Fig. 6.
- Le jet d’eau parlant cinématographie.
- ipSÉ
- «ifi
- l’antenne et par conséquent les radiations électro-magnétiques varient en correspondance des modulations de la voix et des sons qu’il s’agit de transmettre; on aura ainsi transformation des ondes
- sonores produites devant l’appareil en ondes électromagnétiques qui se propageront jusqu’à la station réceptrice.
- Une chose extrêmement remarquable est que la configuration du jet vibrant, c’est-à-dire la disposition des différentes gouttes qui constituent la partie en forme de fuseau trouble, est caractéristique du son qu’on produit devant l’appareil. Le jet reprend une forme exactement semblable lorsque le son reprend la même hauteur et le même timbre.
- Ceci peut se démontrer d’une manière très simple avec le dispositif qui est représenté dans la figure 2, dans laquelle l’image du jet sortant du microphone est projetée sur l’écran par l’intermédiaire d’un disque stroboscopique à vitesse variable. Ayant réglé convenablement la pression du jet et la vitesse du disque, on peut voir sur l’écran, lorsqu’on parle devant l’embouchure du microphone, l’immobilisation des différentes gouttes séparées du jet, et on
- ÉH peut ainsi constater un effet ' remarquable : on a, dans cette
- expérience, une espèce de
- El* reproduction optique des mots
- } J A ou ^es sons prononcés devant
- l’appareil et cette sorte de physionomie optique du jet se trouve reproduite par voie cinématographique dans les
- £
- ÜHË
- Le mot Roma.
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- du jet lamellaire interposé entre les électrodes du collecteur- qui sont fixes et ne prennent pas part active à la vibration; j’appellerai donc cet appareil un microphone à jet vibrant et collecteur fixe.
- On peut obtenir d’une manière différente et plus directe ce même résultat, à savoir : faire varier l’épaisseur et la résistance de la lame liquide comprise entre les électrodes du collecteur en corrélation avec les modulations de la voix. Dans le modèle représenté par la figure 5 et que j’appellerai « microphone à jet fixe et collecteur vibrant », le collecteur est constitué par deux lames conductrices A et B dont l’une, par exemple À, vibre, ayant ainsi une différence essentielle avec le type « Bell ».
- Le jet sortant du tube T au lieu d’être vibrant est fixe et il est entouré par un tuyau en ébonite qui lui sert de support et le préserve de l’agitation de l’air. Dans le but d’augmenter l’amplitude de l’énergie des vibrations, je me suis servi de la double amplification acoustique et mécanique dont il a été parlé plus haut. Dans ce cas, les ondes sonores recueillies par le pavillon Z subissent l’amplification acoustique dans la chambre de résonance et une deuxième amplification par le lien du levier coudé du premier genre 0 - B dont le point d’appui est en H et l’extrémité 0 est fixée au centre de la membrane vibrante M, tandis que l’autre extrémité constitue l’électrode vibrante À du collecteur. L’autre électrode B est dans le modèle qui est représenté dans la figure fixe, mais il est évident qu’on peut aussi la faire identique à l’autre, c’est-à-dire qu’on peut la rendre vibrante en la fixant au centre d’une membrane symétrique à l’autre et qui constitue le fond d’un deuxième timbre de résonance. Dans ce cas, les deux chambres de résonance sont liées par un double tuyau avec pavillon à embouchure devant lequel on parle. Il est aussi convenable d’augmenter l’intensité des vibrations du centre de la membrane en faisant celle-ci de matière magnétique (tôle de fer mince) et en la faisant vibrer par impulsion électromagnétique selon le procédé dont s’est servi M. le professeur Righi en 1878 dans son téléphone (fig. 4).
- Il est alors aisé de comprendre le fonctionnement de ce nouveau type de microphone à jet fixe et collecteur vibrant : sur l’électrode A, tombe, d’une hauteur qu’on peut régler et avec une pression déterminée, le jet sortant du tube T. Quand on parle devant le pavillon du microphone, les vibrations du centre de la membrane sont transmises et amplifiées par voie mécanique à l’électrode mobile A et celle-ci vibre en donnant de petits chocs au jet et en le transformant ainsi de jet cylindrique en jet lamellaire dont l’épaisseur et la résistance électrique varient périodiquement selon les modulations des sons produits devant l’appareil. 11 y a encore un autre phénomène qui rend plus intense cette variation d’épaisseur, c’est que la lame A, en vibrant, plonge plus ou moins dans la couche liquide adhé-
- rente à la lame B, jouant ainsi le rôle de vanne à lumière périodiquement variable. Si donc le système de deux électrodes vibrant avec la lame liquide interposée est intercalé dans le circuit antenne-terre, ce même circuit sera parcouru par des courants périodiquement variables selon les modulations de sons produites devant l’appareil.
- On voit donc que la fonction essentielle du microphone : de produire une résistance variable sur le circuit antenne-terre, est obtenue dans ce nouveau type d’une manière directe sans que la résonance hydrodynamique joue un rôle essentiel, car le changement de résistance est obtenu par les vibrations des électrodes qui, à la différence du type Bell, sont mobiles sous l’action des ondes sonores, tandis que le jet est fixe et ne prend pas part active à la vibration. Dans le nouveau type il y a aussi l’avan-lage que l’appareil est plus ramassé.
- Gomme l’expérience démontre qu’il est nécessaire pour le fonctionnement de cet appareil d’avoir une valeur critique de la pression du jet et que cette pression doit être réglable dans les limites de 4 à 5 mètres environ des colonnes d’eau, il est commode d’obtenir cette pression par voie dynamique, ce qui peut se faire selon la figure 2 en se servant d’une pompe centrifuge « R », faite en matière inattaquable par les acides, intercalée entre l’arrivée d’entrée et celle des sorties du microphone. Un tel microphone à pompe électrique vient d’être réalisé dans les ateliers de la Société française radioélectrique. En réglant convenablement les constantes et la vitesse de la pompe au moyen d’un simple rhéostat, on peut obtenir la pression de charge nécessaire pour le bon fonctionnement de l’appareil avec le double avantage de réduire l’encombrement de l’appareil par élimination des tuyaux de charge de 4 ou 5 mètres et de pouvoir utiliser presque indéfiniment le même liquide microphonique, dont la préparation exige des soins particuliers.
- C’est avec ces dispositifs qu’ont été faits les essais de téléphonie «sans fil de Rome; d’abord à l’Institut militaire de télégraphie sans fil dirigé par le capitaine de vaisseau M. Pullino, puis à la station de la marine italienne située à Gento Celle, à quelques kilomètres de Rome.
- Les réceptions ont été faites successivement à l’île de Ponza (120 kilomètres), à Magdalena (160 kilomètres), à Palerme (420 kilomètres), à Yittoria (600 kilomètres) et enfin 'a Tripoli (1000 ldlomètres).
- Dans ces essais j’ai eu la précieuse collaboration de M. le commandant Pession, de la station de Cento Celle et du capitaine Bardeloni, de l’Institut militaire de télégraphie sans fil. Je suis heureux de pouvoir rendre ici hommage à leur habileté et à leur compétence technique.
- Je dois aussi exprimer toute ma reconnaissance à MM. les Ministres de la Marine et de la Guerre italiennes, pour tous les encouragements et facilités de toute sorte dont ils m’ont comblé !
- Prof. Yanm.
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- LA PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE DE LA PRÉFECTURE DE POLICE
- A L’EXPOSITION DE GAND (*)
- Ce service a comme principale fonction, outre le relevé quotidien des portraits des criminels arrêtés chaque jour, de photographier les lieux de crime, généralement des intérieurs. De telles photographies, pour être à même de rendre service dans les enquêtes judiciaires, doivent participer à la fois de la rigueur métrique du plan d’architecte et de la documentation si complète et si impartiale de l’image photographique.
- Ce double résultat, réalisé tout récemment pour la première fois, est obtenu au moyen d’appareils spéciaux de mon invention qui figurent dans la salle consacrée à la Préfecture de Police, à l’Exposition de Gand.
- Nous pensons intéresser nos lecteurs en leur expliquant succinctement la théorie de ces appareils.
- Les conditions nécessaires pour obtenir une photographie susceptible d’être correctement mesurée et même transformée en plan à une échelle connue, sont (quand on opère sur un sol horizontal) : 1° que la hauteur de l’objectif au-dessus du sol et le tirage focal soient constants et connus, et 2° que la ligne d’horizon soit repérée sur le cliché même. Il est aisé de voir que, dans ces conditions, le sol sera toujours photographié de la même façon, c’est-à-dire avec une déformation perspective toujours la même. Supposons alors que l’on ait tracé sur le sol, à partir de la projection de l’objectif et en les numérotant, des lignes parallèles à la plaque sensible et équidistantes de la valeur du tirage focal ; il est évident que ces lignes
- 1. (Voir sur le même sujet les articles de La Nature des 25 août 1883 : La Préfecture de Police à l’Exposition d'Amsterdam-, 15 août 1885 : Du signalement anthropométrique-, 18 mai 1889 : La photographie judiciaire à la: Préfecture de Police ; 14 mai 1910 : La Préfecture de Police à l’Exposition de Bruxelles).
- seront toujours reproduites à la même place sur les clichés et pourront ainsi servir à décompter immédiatement les intervalles séparant l’objectif des différents points du sol horizontal.
- Il suffira donc d’inscrire d’avance les amorces de ces numéros de ligne sur les marges des cartons dits
- « cadres métriques », destinés à recevoir la photographie, pour obtenir de suite une véritable échelle des distances (ou plutôt des profondeurs) de chaque point du sol photographié.
- De plus, en raison de la similitude des triangles dans l’espace, d’une part, dans l’intérieur de la chambrenoire, del’autre, on prouve que, par exemple, la trentième ligne parallèle tracée sur le sol, à partir de l’objectif, subit dans la chambre noire une réduction exactement égale à trente; il en est de même pour les autres lignes. On peut ainsi apprécier immédiatement la réduction des différents objets verticaux ou parallèles à la plaque qui reposent sur le sol, ce qui constitue une échelle de réductions ayant le même tracé que celle des distances (2).
- Quant au repérage de la ligne d’horizon, origine commune des deux échelles précédentes, il est effectué automatiquement au moyen de deux aiguilles fixées dans l’intérieur de la chambre et qui font ombre sur le cliché.
- La mise en plaque de l’image est assurée par le déplacement de la plaque sensible à l'arrière et non par celui de l’objectif, lequel doit rester fixe dans l’espace; on peut ainsi cadrer la photographie, de façon que le bas de l’image parte d’un point du sol plus ou moins rapproché de l’appareil.
- 2. D’ailleurs en multipliant les coefficients de réduction par le tirage local (qui est constant), on retrouve les nombres successifs de l’échelle des distances.
- Fig. 1,2,3. — Appareil de photographie métrique avec mise en plaque de l’image à l’arrière. — En usage au service photographique de la Préfecture de Police.
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- Fig. 4. — La Conciergerie. — Salle Saint Louis.
- La chambre de l’appareil est combinée de manière à permettre d’obtenir deux tirages focaux exactement déterminés. Le plus petit tirage focal, 15 cm, est obtenu lorsque les deux parties de la chambre sont appliquées l’une contre l’autre et réunies par des crochets (fig. 3). L’autre,
- 25 cm, s’obtient en écartant la partie arrière de la chambre et en développant le soufflet qui est alors limité automatiquement par le moyen de bras articulés (fig. 1 et 2), l’objectif restant fixe dans l’espace.
- Pour obtenir dans ces conditions une mise au point correcte aux différentes distancés, on fait usage dé trousses d’objectifs d’un nouveau genre dites « à tirage constant » calculées par l’éminent opticien de Paris Lacour-Berthiot, qui permettent d’avancer ou de reculer
- dans l’espace l’emplacement du plan de netteté maximum, en changeant seulement la lentille-avant de l’objectif sans avoir à déplacer le verre poli.
- Ajoutons aussi qu’avec cet appareil et grâce à la mobilité du cadre dans le sens vertical, combinée avec la fixité de l’objectif dans l’espace, on peut prendre successivement dans le sens de la hauteur deux photographies qui, coupées au niveau de la ligne d’horizon indiquée sur le cliché, se raccorderont exactement, les deux images ainsi réunies pouvant atteindre le format 30 X 40.
- Le pied est d’un modèle spécial dit « gonio-métrique » et la chambre s’y trouve placée de façon que le centre optique de l’objectif soit situé sur l’axe même de rotation de la plateforme tournante. La longueur des branches
- Fig. 5. — Abaque redresseur pour rétablissement du plan architectural des intérieurs. — O — Projection horizontale du centre optique.
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- ainsi que leur écartement sont tels qu’ils amènent sans tâtonnement l’objectif à 1 m. 50 au-dessus du sol (fig. 1 et 2). La tête de pied est munie
- graduation circulaire
- avec index mobile permet de prendre des vues panoramiques sous des angles variés et de se servir de cet appareil pour me-
- PREFECTURE de POLICE
- DlRSCîlOH ÔÉNÉRAU DES RÊCHERCHtS.
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- Fig. 6. (Voir la légende explicative à la figure 7.)
- de deux disques à plans inclinés frottant l’un sur l’autre, qui donnent une mise en station horizontale très rapide et très sûre; d’autre part, une
- süfer directement les angles horizontaux des parties du terrain que l’on jugerait utile de faire figurer sur le plan, sans toutefois les photographier. Les
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- branches du pied peuvent s’allonger à 2 m. de longueur, et s’adapter à une couronne qu’on peut ainsi placer horizontalement et sur laquelle on renverse la chambre pour photographier sans déformation, à une échelle connue, les objets placés sur le sol, tels qu’ils sont découverts au fur et à mesure des fouilles et aussi les mosaïques, empreintes, corps étendus, etc. (fîg. 3). On peut également photographier des plafonds en retournant l’appareil dans l’autre sens. Lorsqu’il s’agit de prendre des vues détaillées de monuments éloignés, ou de reproduire un document en grandeur naturelle, ou enfin de se livrer à toutes les opérations de photographie ordinaire, on adapte à l’avant de l’appareil un cadre à soufflet allongeant à volonté le tirage jusqu’à plus de 70 cm. En résumé, cet appareil, qui permet de prendre des photographies pour ainsi dire mécaniquement, peut remplacer avantageusement, dans la plupart des cas, les appareils si coûteux et si encombrants de phologram-métrie pour le relevé photographique du plan du terrain et des monuments. Cette application est évidemment susceptible de rendre de grands services aux explorateurs n’ayant pas le moyen ou le temps de procéder sur place à des levés topographiques suivant les méthodes ordinaires.
- Encadrement des épreuves. — Les épreuves obtenues doivent être collées, avons-nous dit, sur les cadres « métriques » correspondants, en ayant soin de faire coïncider exactement l’image des aiguilles avec la ligne d’horizon du cadre (fîg. 4). Dès lors, toute transversale À B tracée à la base de tout objet, tel, par exemple, que la colonne du premier plan de la figure 4, indiquera par ses intersections avec les graduations latérales : 1° à gauche, la distance de l’objet à l’objectif ou plus exactement sa profondeur comptée dans la direction
- de l’axe optique (on trouve 7 m. 25); 2° à droite, le coefficient de reconstitution de cet objet, c’est-à-dire le nombre par lequel il faudrait multiplier la hauteur photographique de la colonne pour obtenir sa grandeur réelle ; on trouve 29 comme coefficient applicable et 15 cm comme hauteur de l’image sur le cliché original. En multipliant donc 13 cm par 29, on obtiendra la hauteur réelle de la colonne en ce point, soit : 5 m. 77 environ.
- Pour la transformation de la photographie en plan architectural, le procédé graphique habituellement usité consiste dans l’emploi d’un « abaque » numéroté en forme d’éventail (fig. 5). Les lignes divergentes (partant d’un point 0 qui représente la projection de l’objectif sur le sol) correspondent aux verticales de même numéro tracées sur la photographie d’après les graduations centimétriques horizontales du cadre. Les transversales de l’abaque coïncident avec les transversales de même numéro tracées sur la photographie en se servant des graduations verticales intérieures de « réductions et distances ». Avec ce système de coordonnées, on voit que tout point du sol visible sur la photographie est immédiatement repéré sur le plan. L’échelle du plan est donnée par l’écartement des transversales de l’abaque, lequel équivaut toujours à un tirage focal de 10 cm, de 15 cm, ou de 25 cm, selon l’objectif employé.
- Les traités spéciaux mentionnent plusieurs tracés permettant de redresser la perspective d’un sol horizontal : le plus connu est un éventail dont le centre se trouve sur la ligne d’horizon au point principal, ce qui oblige à détériorer l’épreuve pour le dessiner. Notre abaque planimétrique, en plaçant le centre de l’éventail sur le plan même (au point où tombe la projection de l’œil ou de l’objectif), supprime ces inconvénients. Chaque point du sol est
- Fig. 7•
- Fig. 6 et 7. —* Spécimen de redressement direct d’une photographie métrique d'intérieur, obtenu avec le nouvel appareil redresseur.—Pour mettre en évidence la déformation perspective, un réseau en éventail a été tracé sur le sol en partant de la projection du centre optique. — Conformément à la théorie, on voit que les lignes divergentes sont devenues parallèles verticales sur la photographie perspective recueillie. L’intervention de l’appareil redresseur a donc comme résultat de les restituer dans leur direction primitive, à la réduction uniforme de ijio*, sur le cliché original.
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- relevé au moyen d’un système de coordonnées rectangulaires; les unes, horizontales transversales, dont les intervalles se rétrécissent sur la perspective jusqu’à se confondre avec la ligne d’horizon, deviennent écartées régulièrement sur l’abaque; les autres, les verticales, qui sont espacées également sur la photographie, se distribuent sur le plan en un éventail régulier partant de la projection du centre optique (Voy. fig. 6 et 7).
- J’ai perfectionné tout récemment cette technique de la reconstitution du plan géométral, par la création d’un appareil qui redresse directement, au moyen d’un objectif, les perspectives du sol obtenues dans l’appareil métrique.
- Ce nouvel appareil (fig. 8 et 9) est basé sur le principe du retour inverse des rayons lumineux. Le cliché à redresser est placé dans un plan perpendiculaire à celui du papier sensible qui doit recueillir l’image redressée. L’objectif est incliné à 45° et son centre optique doit occuper, par rapport au cliché, le même emplacement qu’il avait lors de la prise de la photographie; quant à la distance du papier à l’objectif, elle varie suivant l’échelle qu’on veut obtenir. Ici, l’échelle adoptée est de 1/10e et la théorie montre que le papier doit être placé à une distance égale au dixième de la hauteur de l’objectif au-dessus du sol lors de la prise du cliché métrique, c’est-à-dire à 15 cm du centre optique.La figure 8 reproduit le trajet des rayons et suffit à expliquer comment l’image redressée peut passer pour avoir été prise directement parallèlement au sol, c’est-à-dire sans déformation.
- Les photographies d’intérieur qui sont prises sous un angle de champ très grand (110°) manquent
- 1, Pour déterminer le foyer de l’objectif, il faut remarquer que l’axe optique ainsi incliné va percer le sol à une distance égale à 10 fois sa hauteur, c’est-à-dire à 105.fois le tirage de l’appareil, ce qui donne, pour la longueur focale absolue de l’objectif, la valeur de 149 mm environ. On peut alors vérifier par le calcul , que tous les points du sol vont former leurs images conjuguées exactement sur la plaque sensible^
- généralement de netteté sur les premiers plans et notamment dans les coins ; grave défaut : car, l’état du sol, au point de vue des empreintes de pas, des mille traces ou taches dé toute origine qu’on retrouve toujours en pareil cas, joue un rôle très important dans presque toutes les enquêtes criminelles.
- Les appareils du nouveau modèle exposés ont solutionné cette question en donnant à la planchette de l’objectif une inclinaison d’un dixième vers le sol sans toutefois modifier le tirage. L’observation montre qu’en choisissant un foyer approprié, l'image du sol devient alors nette depuis le premier plan jusqu’à l’infini (1). Comme la plaque sensible reste rigoureusement verticale, rien de la perspective géométrique n’est altéré et les encadrements métriques conservent toute leur précision.
- M. Ilennion, le nouveau préfet de police, est venu se rendre compte par lui-même des nouveautés destinées à être présentées à Gand. Il s’est montré particulièrement frappé des services que la transformation des photographies en plan architectural est appelée à rendre au cours des instructions judiciaires, notamment en faisant ressortir clairement la corrélation des diverses vues entre elles et leur localisation sur des plans d’ensemble. M. Ilennion a trop souvent manifesté le désir de voir apporter aux enquêtes de police le plus de précision possible pour ne pas apprécier ces appareils qui rentrent tout à fait dans cet ordre d’idées.
- Nous ne croyons pas nous tromper en préjugeant que ces perfectionnements des méthodes photographiques trouveront auprès des polices étrangères le même succès que les innovations de police scientifique créées à la Préfecture de Police de Paris au cours de ces
- dernières années. ...' ,
- Alphonse Bertillon,- .
- Inventeur de l’anthropométrie. judiçiaire. -,
- Axe de l'objectif___.jj
- Emplacement du plan reconstitué à l’échelle du ’/5
- Sol horizontal
- Fig. 8. — Théorie du retour inverse des rayons, appliquée dans la construction de l’appareil redresseur.
- Fig. 9. — Nouvel appareil dit « Redresseur » ayant pour but d’obtenir directement, au moyen de la photographie, le plan architectural du sol d'après un cliché métrique. — Échelle des plans ainsi reconstitués : ijioe. — Format 60/60.
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- LE CANCER DES PLANTES
- Les titres de gloire de M. le Dr Erwin F. Smith, directeur du Laboratoire de Pathologie des Plantes au Département de l’Agriculture des États-Unis, se limiteraient-ils à sa belle découverte du cancer des plantes (1), qu’il faudrait déjà inscrire son nom sur la liste des bienfaiteurs de l’humanité, puisque cette maladie cause des pertes énormes aux agriculteurs de tous pays. Mais nous allons voir que cette découverte semble de nature à faire avancer l’importante question du cancer humain, ce fléau dont tant d’éminents savants ont recherché vainement les causes et les remèdes.
- Dès 1892, M. Erwin Smitli eut à s’occuper d’une galle en forme de couronne (crown-gall) qui sévissait sur les pêchers de Californie. Loin de supposer alors que la maladie était d’origine bactérienne, il pensa a priori qu’elle était causée par des champignons ; après six mois de recherches vaines, il abandonna cette étude, que plusieurs de ses collaborateurs reprirent après lui, mais sans plus de résultats.
- En février 1904, des horticulteurs du New-Jersey signalèrent au Bureau of Plant Industry que leurs plants de « marguerites de Paris » (Chrysanlkemum fructescens ) étaient envahis par une étrange maladie. Des galles, dont le diamètre variait entre un et plusieurs centimètres, apparaissaient sur les tiges et sur les feuilles, et plus nombreuses chez les plantes âgées que chez les jeunes. Les faits démontraient nettement que la maladie n’était pas due à l’intervention d’insectes : les galles faisaient leur apparition aussi bien l’été (culture en plein air) que l’hiver (culture en serre).
- Comme il l’avait fait en 1892, M. Smith accusa en principe les champignons, mais dut abandonner cette piste. Un de ses collaborateurs, le Dr C. Townsend, découvrit dans l’intérieur des galles des bactéries qu’il réussit à isoler ; mais les inoculations sur des plantes saines ne donnèrent aucun résultat. Renonçant provisoirement à l’hypothèse bactérienne, les expérimentateurs essayèrent de produire artificiellement les galles en infligeant aux plants, à tous leurs degrés de développement, des blessures mécaniques (piqûres d’aiguille, incisions au couteau). Là encore, leurs efforts échouèrent.
- Enfin, en mai 1906, le Dr Smith réussissait, après de multiples tentatives, à isoler une nouvelle bactérie qu’il allait chercher dans la profondeur des tissus de la galle. Cultivé selon les règles, puis inoculé sur des plants sains, cet organisme provoquait l’apparition de galles identiques à celles qui avaient inspiré d’aussi fertiles études ; une longue série d’expériences démontra que, pratiquement, toutes les inoculations entraînent des infections. Le Bacterium tumefaciens était découvert. Après de nouvelles recherches, les expérimentateurs trouvèrent enfin le moyen de colorer l’organisme dans les
- 1. Bulletins nos 215 et 255 de l’ü.-S. Department of Agriculture ; Science, Vol. XXXV, n° 892,
- tissus pour le rendre visible sous le microscope. Mais ce ne fut qu’après six nouvelles années d’études que le Dr Smith se décida enfin à rendre publique sa découverte du Cancer des Plantes.
- Avec l’aide des microphotographies mises obligeamment à la disposition de La Nature par le Département de l’Agriculture des Etats-Unis, nous allons pouvoir reconstituer les admirables travaux de M. Erwin F. Smith, montrer comment il produit ce cancer, surveiller la propagation du mal, comparer la structure de la tumeur initiale à celle des tumeurs secondaires, suivre au microscope l’action de la bactérie sur les cellules saines, et enfin distinguer le redoutable organisme, le Bacterium tumefaciens.
- La figure 1 nous présente un plant inoculé par une piqûre d’aiguille le 15 janvier 1911, et photographié le 17 avril suivant, alors que la tumeur primaire XX commençait à dépérir. Quelques jours après l’inoculation, des nodules apparaissaient sur le pourtour de la tige, à l’emplacement des pointes d’aiguille, grossissaient rapidement, et donnaient naissance à la malformation volumineuse que montre la photographie. Le cancer étendait rapidement ses racines, et deux cancers secondaires perçaient bientôt en deux points de la tige A et C, tandis que d’autres, encore enveloppés de tissus normaux, s’annonçaient en D et dans la feuille E. Dans la figure snpplémentaire, nous voyons l’aspect intérieur de la tige sectionnée immédiatement au-dessous de la feuille B ; cette section présente en S une tumeur secondaire en formation.
- Cette première photographie indique nettement que la galle étudiée se comporte comme un cancer humain, et non comme une anodine tumeur. Sa croissance et son développement ne s’arrêtent qu’avec la mort du sujet; constamment, sans arrêt, et dans toutes les directions, ce cancer végétal, attaque, envahit et conquiert les tissus qui l’environnent. C’est exactement ce qui se produit avec un cancer humain. On se rendra compte de la foudroyante rapidité de la marche de l’infection en regardant la figure 2 : cette photographie de deux betteraves fut prise deux mois après l’inoculation de leurs racines.
- Abordons maintenant l’examen de quelques microphotographies.
- Comment se comporte l’ennemi, une fois introduit dans la place? Comment s’élabore son œuvre de destruction? C’est ce que nous dévoilent les microphotographies suivantes. La figure 4 qui nous offre la section longitudinale du pétiole D de la figure 1 montre que les cellules contaminées, vues de face, diffèrent absolument des cellules saines entre lesquelles elles se développent. Elles forment une agglomération (au centre de la photographie) dont l’aspect rappelle le ris de veau.
- L’image suivante (fig. 5) présente les résultats de l’activité des cellules cancéreuses ; moins grossie que la photographie précédente, elle montre l’aspect
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- LE CANCER DES PLANTES - —- : 399
- du même pétiole vu en coupe longitudinale. Une tumeur a pris naissance au milieu même des tissus, que son rapide développement écarte, comprime et contorsionne.
- Avec la photographie suivante (fig. 6) qui est celle de la coupe horizontale d’une tige en un point situé entre une tumeur primaire et une tumeur secondaire, nous découvrons comment le mal se faufile à travers les tissus sains. Le cordon cancéreux est aperçu en X. A l’exception de ce point sombre, la tige présente l’aspect d’un organe sain ; toutefois, les cellules ligneuses ont déjà réagi, et leur ceinture s’est épaissie dans le voisinage immédiat du cordon cancéreux. Le bel arrangement symétrique des cellules est détruit; les cellules empoisonnées ont perdu enlre elles leurs relations quasi géométriques, et leurs formes respeclives sont déjà devenues irrégulières.
- C’est comme la matérialisation de la fameuse théorie de Cohnheim, que nous rappellerons en quelques mots. D’après le grand savant allemand, le cancer humain serait engendré par des cellules restées isolées (restées sans emploi, pourrait-on dire), durant la vie de l’embryon ; sans relations normales avec les cellules qui les ensevelissent dans la masse, elles resteraient endormies pendant un temps plus ou moins long jusqu’à ce qu’un stimulant quelconque ranimât leur activité ; possédant le formidable pouvoir de prolifération qui appartient à toute cellule embryonnaire, elles troubleraient profondément, par leur reproduction intensive, la vie des cellules adultes, et provoqueraient le cancer.
- La photographie suivante (fig. 3) nous montre les ravages produits dans un pétiole par une tumeur secondaire, rejeton d’une tumeur primaire située sur la tige de la plante. Un coup d’œil suffit pour constater que le fléau a accompli son œuvre presque en entier; il ne reste plus qu’une petite partie de tissus normaux : les régions claires qui occupent le sommet et la droite de la figure. Comme il ne
- s’agit que d’une tumeur secondaire, l’œuvre de destruction a respecté plus ou moins la structure originale de la tige : un cordon cancéreux a pris la place de la moelle, et, de ce point comme centre, rayonnent dans toutes les directions des plaques de cellules ligneuses (les rayons noirs sur la photographie), séparées par des plaques de cellules médullaires (les rayons clairs), le tout entouré d’une bague de cellules d’écorce.
- Cette structure originale disparaît complètement dans une tumeur primaire, et l’on ne peut plus reconnaître alors les divers éléments d’un organe normal : feuille, pétiole ou tige. Au lieu de l’organisation primitive, on ne voit plus qu’un chaos de tissus cancéreux et de fibres ligneuses. Cette mixture est semée d’une infinité de points noirs qui sont autant de centres d’activité des cellules cancéreuses. Toutes ces lésions montrent, isolées ou en amas, les bactéries du cancer végétal découvertes par le D1' Erwin F. Smith et ses laborieux collaborateurs. Empruntons au savant américain la description qu’il fait de ce microorganisme : « Les galles du Chrysanlhemum fru-lescens sont dues à un schizomycète blanc nommé Bacterium tumefa-ciens. Il a la forme d’un bâton court, se multiplie par scissiparité, et se meut à l’aide d’un fïagellum placé à l’une de ses extrémités. On peut le cultiver dans des milieux divers, mais il ne vit pas très longtemps sur l’agar. Il forme sur les plaques d’agar ou de gélatine de petites colonies, rondes et blanches. » Dans le Bulletin n° 255 (p. 18) du Département de l’Agriculture mentionné plus haut, le Dr Smith déclare qu’il a rencontré jusqu’à cent bactéries vivantes dans une seule cellule ; mais elles sont généralement bien moins nombreuses. Un peu plus loin il expose sa théorie de l’action des bactéries sur les cellules :
- « Dans cette maladie, la relation entre hôte et parasite peut être considérée comme une symbiose, association toute à l’avantage de la bactérie, Celle-ci
- Fig. i. — Un plant de Marguerite, trois mois après l’inoculation d’un cancer : X, tumeur primaire; A, C, tumeurs secondaires; D, E, débuts d’autres lésions.
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- tire sa nourriture des cellules de l’hote et leur cède en échange l'acide carbonique qu’il produit; cet acide les excite à produire de la chlorophylle et par conséquent la bactérie ne détruit pas les cellules, mais les pousse à se subdiviser normalement, et à une vitesse excessive.
- « Cette excitation se produit apparemment dans
- Fig. 2. — Betteraves deux mois après l'inoculation des racines.
- les conditions suivantes. Les bactéries enfermées dans une cellule produisent comme résidu un acide qui s’y accumule, arrête bientôt leur croissance, et les altère. Les membranes de ces minuscules cadavres, devenues perméables, laissent se répandre des endotoxines dans la cellule. Celle-ci contient donc
- 4 5 Fig. 4. Section d’un pétiole attaqué visible en. D da pétiole atteint. — Fig. 6. Coupe d’une tige entre d
- reliant les d,
- désormais les résidus bactériens suivants : les endotoxines libérées par la désintégration des membranes; une certaine quantité d’un acide faible; un peu d’ammoniaque ; un excédent d’acide carbonique.
- « Stimulé par un ou plusieurs de ces poisons, le noyau cellulaire entre en division. Tirées de leur léthargie par cet afflux de matière, les bactéries se jettent sur les cellules nouvellement formées et vivent à leurs dépens jusqu’à cè que l’acciimulàtion
- d’acide arrête leur activité. Ces cellules se divisent à leur tour, et le cycle se poursuit. Ainsi, le combat se perpétue en donnant successivement l’avantage aux adversaires, et la tumeur se développe rapidement, et indépendamment des besoins de la plante. » Le Dr'ErwinF. Smith croit que la maladie qu’il a si bien étudiée suit un cours identique à celui du
- Fig. 3. — Pétiole complètement envahi par le cancer.
- cancer de l’homme et des animaux. Toutefois, le distingué savant se contente de conclure prudemment :
- « Qu’on ne nous fasse pas dire que nous pensons que l’organisme qui cause ces tumeurs végétales est capable aussi de causer le cancer humain ! Nous croyons simplement que ce dernier est occasionné
- 6
- is la figure 1. — Fig. 5. Coupe longitudinale d’un >ux tumeurs : en X, groupe de cellules cancéreuses ux tumeurs. »
- par un parasite de la cellule humaine analogue à ce parasite de la cellule végétale. »
- Les travaux du Dr Smith ranimeront certainement l’ardeur des partisans de la théorie microbienne du cancer. Espérons avec lui que les bactériologistes découvriront tôt ou tard le moyen d’isoler et de cultiver, s’il existe, le microbe du cancer animal, j comme il a mis en évidence le microbe du cancer des plantes. V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2087.
- 24 MAI 1015.
- UN NOUVEL APPAREIL TÉLÉPHONIQUE
- POUR LES COMMUNICATIONS A GRANDES DISTANCES
- Dans sa séance du 14 avril dernier, l’Académie I L’émission est, au contraire, nasale pour les syl-des Sciences a reçu une communication des plus in- I labes AN, UN, ON, IN, et MA, ME, MI, MO, MU,
- téressantes, présentée par M. le professeur d’Ar-sonval, sur un nouvel appareil téléphonique dû à l’ingéniosité de M. le Dr Jules Glo-ver.
- En sa qualité de médecin du Conservatoire de musique et de déclamation, le Dr Glover eut l’occasion d’étudier particulièrement des phénomènes qu’avaient négligés les inventeurs qui perfectionnèrent le téléphone.
- A l’aide d’un appareil formé de deux glaces placées à angle droit dont l’une se met devant
- l’orifice buccal et l’autre devant l’orifice nasal, il parvint, grâce à la buée qui se condense dessus, lors de l’émission des sons, à dissocier la pression et la vitesse de ces émissions qui se font les unes par la bouche et les autres par le nez.
- G'est un organe qui s’appelle le voile du palais qui répartit ainsi les différentes sonorités. Le Dr Glover arriva donc à cette constatation, qu’il obture l’entrée du conduit nasal dans tous les sons émis
- Fig. i. — Le docteur Glover téléphonant avec Vappareil de son invention. On distingue nettement les deux conques conduisant les sons buccaux et nasaux aux deux microphones différents.
- mm
- Fig. 2. — Schéma indiquant le fonctionnement du voile du palais. A gauche : Dans les notes graves et dans l’émission d’une syllabe ayant un M ou un N, le voile palatin est ouvert et laisse passer le son et la buée par le nez. — A droite : Dans les notes élevées et dans l'émission des syllabes n’ayant ni un M ni un N, elle est exclusivement buccale, le voile palatin obturant complètement l’orifice nasal. (Tous droits de reproduction réservés.)
- ne comportant ni la lettre M, ni la lettre N, d’où émission buccale.
- ainsi que pour toutes celles comportant la lettre M ou N. Par contre, le voile du palais s’obture progressivement et l’émission devient progressivement buccale, au fur et à mesure que ces syllabes se font sur des notes plus élevées, observation intéressante mais qui n’entre pas en ligne de compte en ce qui concerne les conversations téléphoniques.
- On se rendra d’ailleurs parfaitement compte du fonctionnement du voile palatin, par la planche que nous reproduisons. Le Dr Glover tira, de ses
- travaux, cette » T’ conclusion que les lettres M et N étant les plus fréquemment employées, une grande partie des sons émis se trouvait perdue avec l’usage des appareils actuels. Or, ce n’est pas par son intensité propre que le courant agit sur l’aimant récepteur, mais bien par ses variations ; il y avait donc lieu de chercher à multiplier ces conditions de variation.
- Pour cela, il était indispensable d’utiliser les variations de la dynamique vocale, nasale d’une part, buccale de l’autre
- 25. — 401
- 41e année. — ior semestre.
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- LES PLEURS DE SANG
- et qu’ainsi, dissociée au moment même de l’émission, aucune partie n’en soit perdue.
- En se basant sur ces considérations physiologiques, il était donc possible d’obtenir une amplification sonore considérable et une netteté extrême de la voix indispensable pour les communications à grande distance ou transocéaniques. On sait que la plus grande distance obtenue jusqu’ici avait été Paris-Rome.
- Le nouvel appareil se compose d’une colonne portative supportant le crochet commutateur avec son combiné formé de deux microphones transmetteurs ou de deux groupes de microphones de sensibilité différente pour le nez et pour la bouche ainsi que le récepteur.
- 11 est construit avec conques ou sans conques et peut fonctionner sous le régime électrique actuel ainsi que sous le régime de la batterie centrale intégrale (qui est incontestablement le régime de l’avenir) sans pile d’appel, sans pile de conversation, et même sans bobine d’induction, cela sous un courant de 24 volts ou plus ou moins fort.
- La résistance uniforme des microphones est de 150 ohms. L’appareil comporte une sonnerie polarisée et un condensateur qui est celui de la sonnerie.
- Quant à l’hvgiène, elle peut être assurée dans les postes publics par un dérouleur automatique de papier fin qui permet d’interposer chaque fois une feuille entre les microphones et le nez et la bouche. La netteté et l’intensité restent excellentes.
- En somme, ce perfectionnement physiologique du téléphone peut s’appliquer soit au régime actuel,, soit au régime de la batterie centrale intégrale, système pour lequel l’énergie électrique, utilisée à la fois en vue des transmissions vocales et des appels visuels et de supervision, est pour le réseau tout entier produite par une source d’électricité placée dans le bureau central et maintenue à un voltage déterminé.
- Ajoutons que des essais avec ce nouvel appareil furent faits sur des distances considérables qui laissent loin derrière elles celles auxquelles on parvenait jusqu’ici à obtenir une communication souvent, hélas, défectueuse. Même en parlant presque à voix basse, les paroles étaient perçues avec une netteté remarquable.
- Ce progrès permet d’espérer, dans un avenir peut-être pas très éloigné, la possibilité de communiquer entre Paris et nos possessions africaines ou même entre Paris et New-York. Heinriquez-Phillipe.
- LES PLEURS DE SANG SINGULIER
- Les insectes, que leur petitesse met à la merci de beaucoup d’ennemis, ont à leur disposition toutes sortes de moyens de défense (morsures, simulation de la mort, odeur nauséabonde, etc.), qui, dans bien des cas, sont très efficaces et leur donnent tout au moins le temps de fuir. Certains d’entre eux se font remarquer par une particularité curieuse que connaissent bien tous les entomologistes : lorsqu’on cherche à les capturer, on voit sortir de leur corps une assez grande quantité d’un liquide, coloré en rouge ou en jaune, qui, semble-t-il, a pour rôle de .« dégoûter « les animaux, les lézards ou les oiseaux, par exemple, qui voudraient les manger. Qu’est-ce que ce liquide? Est-ce un produit de sécrétion de quelque glande ou bien faut-il y voir le sang même de l’animal? C’est à cette dernière, opinion, défendue d’ailleurs déjà par d’autres zoologistes, que se rallie M. À.-Ch. Hollande, qui vient de publier un important travail sur la question (*).
- Ce rejet de sang se rencontre surtout chez les Coléoptères, aussi bien les adultes (Timarcha, Méloé), que les larves (Coccinelle à 7 points). La sortie du liquide a lieu tantôt au voisinage de la bouche, tantôt aux articulations fémoro-tibiales des pattes, parfois aux articulations des hanches et du thorax, aux bords latéraux des élytres et du thorax. Un rejet analogue peut se constater aussi chez les Hyménoptères (Cimbex, etc.), les Orthoptères (larves du
- 4. Hollande. Üaulohémorrhée ou le rejet du sang chez les insectes (Toxicologie du sang). Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, 1911.
- MOYEN DE DÉFENSE DÉS INSECTES
- Grillon des champs), les Papillons (Zygènes), les Hémiptères (Pucerons).
- L’effusion du sang ne se produit que suivant des circonstances bien déterminées. Au moment où l’on cherche à saisir l’insecte, il se laisse choir et ne donne aucun signe de vie, même lorsqu’on le remue ; il demeure dans un état de mort apparente et cela peut durer plusieurs minutes : l’insecte ne rejette du sang que s’il est réellement menacé. Les positions que prend le corps des insectes durant la simulation de la mort sont différentes pour les espèces considérées, mais toutes tendent à préserver les parties molles du corps et à ne mettre en évidence que les endroits par lesquels s’effectue la sortie du sang. Ainsi, toutes les fois que l’émission du sang a lieu au xnisinage de la bouche, l’animal tient les pattes repliées, la tête rentrée et les antennes cachées dans leurs sillons. Si, dans ces conditions, on prend délicatement l’insecte entre les doigts, il demeure immobile, mais on voit aussitôt apparaître aux deux côtés de la bouche une grosse goutte de sang. Quand, au contraire, il s’agit d’un insecte présentant une hémorragie aux articulations des pattes, l’insecte ne tient plus la tête enfoncée, mais inclinée sur le ventre, tandis que les pattes demeurent plus ou moins repliées sous l’abdomen. Quant aux larves, elles s’enroulent généralement en spirale ou en boule. Ce dernier cas se rencontre par exemple chez celles de la Bête à bon Dieu, où la tête ! et la partie postérieure de l’abdomen sont incurvées vers la face ventrale du thorax ; dans cette position,,
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- LES PLEURS DE SANG ......... — 403
- les membranes d’articulation par lesquelles s’effectue la sortie du sang se trouvent mises à nu et la sortie du sang peut s’effectuer librement.
- Il y a lieu de se demander comment peut se produire cette singulière effusion de sang qui apparaît spontanément, sans que l’insecte ait été le moins du monde blessé.
- D’après M. Hollande, elle s’explique facilement, dans plusieurs cas, par la présence à la surface de la peau, de pores spéciaux qui font communiquer l’appareil circulatoire avec le dehors : une simple contraction du corps et le sang ruisselle à la surface de la peau. Tantôt ces trous persistent toute la vie de l’insecte, tantôt ils disparaissent après la période
- repénètre dans la cavité générale par les orifices mêmes de sortie.
- À quoi peuvent servir ces pleurs de sang ? Nous avons dit, plus haut, qu’ils servaient vraisemblablement de moyen de défense aux insectes. Il faut bien dire cependant que telle n’est pas l’opinion de tout le monde, de M. Hollande, par exemple, qui considère le rejet du sang comme un simple acte réflexe sans but bien défini. Cette conclusion est assez inattendue, car le même auteur a établi que le sang des larves et des adultes qui présentent des saignées volontaires est en général toxique vis-à-vis des animaux insectivores. À ce propos, on peut remarquer que le degré de toxicité n’est pas le
- Émission de sang par différents insectes. — /, Tettigonia viridis. 2, Zonabris variabilis. 3, Lampyris noctilüca. 4, Gulerucella luteola. 5, Larve de Cimbex saliceti. 6, Région moyenne d’une larve de Coccinella-punctata. 7, Galeruca tanaceti. 8, Timarcha violaceonigra.
- larvaire, tantôt enfin, mais plus rarement, ils ne se rencontrent que chez l’adulte.
- Dans d’autres cas — plus nombreux — le sang s’échappe par des déchirures des téguments qui apparaissent en un point de moindre résistance ou encore par des vésicules à parois minces qui se gonflent de sang et éclatent subitement. Dans ces deux cas, les traces de l’hémorragie disparaissent après chaque mue.
- La quantité de sang rejetée à chaque saignée volontaire est naturellement variable avec la taille de l’insecte et aussi avec la « peur » qu’on lui a causée ou la durée de Y « agacement » auquel on l’a soumis. Elle est d’environ 4 mm3 chez la Méloé, 5 mm3 chez la larve du Timarcha, 1 cm3 chez l’Eugaster de Guyon. Ce sang expulsé reste souvent à la surface du corps, mais parfois rentre en son intérieur, soit que l’insecte l’avale, soit qu’il
- même pour tous les sangs, que, par exemple, le sang des Tenthrédinides est moins toxique que celui des Timarcha et des Coccinelles. Parfois même, le sang émis par certains insectes, tout en étant toxique pour quelques animaux insectivores ne produit aucun effet nocif sur d’autres : ainsi le Leucome du saule est dévoré impunément par les hirondelles et les chauves-souris, mais lue les lézards et les grenouilles, et le sang des Coccinelles tue les araignées, les lézards et les moineaux, mais n’influence pas les fauvettes. Il n’y a là rien d’étonnant; des moyens de défense suffisamment parfaits pour opposer une résistance absolue à tous les ennemis, de quelque nature qu’ils soient, cela ne s’est jamais vu. Heureusement d’ailleurs, car les animaux ainsi favorisés pulluleraient tellement à la surface de la terre, que les autres — et nous-mêmes — disparaîtraient. Ce ne serait pas juste. Henri Coupin.
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- UN CHEMIN DE FER SUR GLACIER DANS L’ALASKA(1)
- Après avoir construit un chemin de fer sur la mer à l’extrémité de la Floride, au moyen des cayes ou récifs qui se prolongent jusqu’à Ivey-West(2), les Américains n’ont pas craint d’en établir un sur un glacier. C’est dans l’Alaska, sur le glacier d’Allen, qu’on a accompli ce tour de force, qui ne laisse pas d’ailleurs que d’offrir certains risques. Ce chemin de fer représente, en effet, une des tentatives les plus hardies, mêmes téméraires, du génie civil.
- Le glacier d’Allen, prend naissance sous les champs
- plus grande dans la vallée de la Copper River. Le glacier s’ysétale, en effet, en une cuvette oblongue, mesurant 8 kilomètres suivant la direction Nord-Sud, et 6 environ suivant la direction transversale, c’est-à-dire en travers de la vallée qu’il barre complètement. Le cours de la rivière se trouve ainsi rejeté tout contre la paroi Est de la vallée. L’étranglement qui s’ensuit (Bairtl Canyon) n’est cependant pas suffisant pour déterminer de vériiables rapides devant le front du glacier et, en 1909, des
- Fig. i. — Carte topographique du glacier d’Allen (monts Chugach-Alaska) dressée par M. Lawrence Martin. 5,5 miles (8,8 km) de voie ferrée courent sur ce glacier.
- de neige inexplorés des monts Chugach, à l’ouest de la Copper River. Il mesure plus de 16 kilomètres dans sa partie connue, et probablement au moins 28 à 52 en tout. Il se décompose en deux régions très nettes : l’une en vallée le rattache aux montagnes, l’autre aboutit à l’est au cours de la Copper River et forme son extrémité. Dans la partie vallée, la largeur moyenne est de 2800 mètres. Le glacier y est formé d’une glace claire, ne présentant à sa surface que de rares moraines. La largeur devient
- 1. Extrait d’un ouvrage qui va paraître par les soins de la National Géographie Society de Washington. (Campagnes de 1909, 1910 et 1911.)
- Voy. La Nature, n° 1806, du 4 janvier 1908.
- bateaux à vapeur naviguaient dans cette partie de la rivière. La partie centrale de la cuvette est celle où la glace est le plus découverte, tandis que la partie orientale est couverte de moraines et de végétation.
- C’est sur la périphérie de cette cuvette terminale qu’un chemin de fer à voie normale a été construit en 1909. Il fait aujourd’hui un parcours de 8,8 km sur la glace, et il est desservi par des trains quotidiens, aussi bien l’hiver que l’été.
- Tout à fait à son extrémité orientale, le glacier vient aboutir en pente douce et ondulée contre le cours même de la Copper River, qui forme ici le Baird Canyon. La surface est accidentée dans cet' endroit, couverte de moraines et de végétation,
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- CHEMIN DE FER SUR GLACIER DANS L’ALASKA r—....... 405
- entre lesquelles la glace nue apparaît souvent. On l’a reconnue le long même de la rivière en août 1909 et en bien des endroits pendant la construction du chemin de fer.
- Quelques vallons coupent la marge du glacier tout autour de sa périphérie ; l’un d’eux forme un bassin considéra-mie, occupé par un lac, et dû sans doute plus à la fonte des glaces et à l’effondrement qu’à l’érosion du ruisseau. Quelques-uns de ces vallons sont complètement revêtus de végétation; les autres ne présentent que des alignements d’arbres morts et abattus, déracinés par la fonte des glaces.
- La végétation de cette zone extérieure du glacier, stagnante et couverte de moraines, est faite surtout
- glacier, quoique la rivière coule contre la glace nue.
- L’histoire ancienne du glacier Allen est mal connue. On sait seulement, comme le prouve la végétation, que sa dernière période d’expansion est antérieure à 1843. Depuis celte date, le mouvement en avant de la glace est si lent dans la vallée, que toute celle qui provient des champs de neige vient se perdre en blocs verticaux sur le plateau intérieur. Cependant, en dépit de ce qu’on croit en Alaska, le glacier n’est certainement pas « mort » ; il continue sa progression, ce qu’attestent à la fois l’abondance des neiges dans les montagnes et le crevassement du plateau intérieur dans sa partie adjacente au glacier dans la vallée. Ce mouvement, très lent, ne semble
- Fig. 2. — Le glacier d’Allen sur la périphérie duquel on a construit près de 9 km de voie ferrée.
- d’aulnes en fourrés épais et continus, avec des peupliers du Canada disséminés aux abords de la rivière. L’âge des plus vieux aulnes, estimé en 1910, variait de 50 à 67 ans; ainsi l’extension du glacier à travers la vallée, signalée il y a 24 ans par l’officier qui lui a donné son nom, remonte au moins à 1845, et sans doute au delà.
- Il semble d’abord que le voisinage immédiat du glacier, par rapport à la Copper River, sur le Baird Canyon, doive faire courir des dangers à la navigation. En fait, il ne se détache jamais d’icebergs du front du glacier, couvert, on l’a vu, d’un manteau de moraines et de végétation.
- De plus, en dépit du rétrécissement du courant, dont la largeur passe de 260 m. à 15, sa vitesse n’est pas suffisamment accrue pour saper le front du
- pas, il est vrai, affecter le moins du monde le contour oriental de la cuvette, puisque depuis plus d’un demi-siècle, la végétation a regagné environ 1 m. 50 sur le sol de la moraine.
- Lors de notre visite de 1909, la glace était visible dans six des tranchées du chemin de fer sur le glacier terminus ; on ne la voyait plus dans aucune un an plus tard, quoiqu’on pût la mettre à jour un peu partout en fouillant légèrement. En 1909,1a voie ferrée avait été établie sur une sorte de bouclier en ballast morainique, encaissé dans la glace, où on lui avait ouvert sa place à la dynamite. Elle se trouva sérieusement modifiée en 1910, l’effondrement qui s’y était produit par suite de la fonte de la glace allant suivant les places, ici de 60 cm à 1 m., là jusqu’à 2 m et même 2 m. 45. Un effondrement à la lisière
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- de la Copper River montra qu’en 1910 la glace s’enfonçait beaucoup. plus bas que le lit de celle-ci. L’aire effondrée la plus considérable, sous le trajet du chemin de fer, mesure 17 m. sur 40. Le mouvement y a commencé en 1909 et la glace était alors visible en dessous des rails. Le tassement y était de 2 m. en 1910 lors de notre passage, quoique les
- Fig. 3. — La voie ferrée sur la glace du glacier. — A droite : la végétation qui recouvre le glacier. — A gauche : le Copper River.
- employés eussent essayé à diverses reprises de le diminuer par des travaux de remplissage. Il se produisait encore des effondrements en 1910 et en 1911, lors de notre dernière visite.
- Nulle part ailleurs dans le monde — du moins à notre connaissance — on n’a établi une voie ferrée de près de 10 kilomètres sur l’extrémité d’un glacier encore en activité, « vivant ». Ici le caisson de ballast qui supporte les traverses et les rails repose directement sur la glace, et non pas, comme au glacier Ileney, à quelques kilomètres au Nord, sur une moraine stabilisée.
- Cette périlleuse situation se traduit par de constants déboires : tantôt la fonte de la glace défonce le
- pas d’issue possible à l’extérieur. Après la période d’immunité de 67 ans qui est attestée par la végétation, on doit s’attendre quelque jour à un mouvement de ce genre. Le danger semble même particulièrement imminent pour les années qui vont venir : les glaciers avoisinants, Childs, Grinnell, Heney, ont progressé en effet en 1910 et 1911, ce qui suggère que les champs de neige à l’Ouest de la Copper River doivent déterminer un mouvement semblable pour le glacier Allen, situé précisément entre le Grinnell et le Heney. Il semble toutefois qu’une telle progression serait de peu de durée, et même, si la poussée n’était pas trop forte, que tout l’effort pourrait en être supporté par le plateau intérieur, comme ce fut le cas en 1906 pour le Glacier Rigarré. On peut espérer que le pourtour de la cuvette du glacier, où se trouve établi le chemin de fer, ne serait pas nécessairement démantelé.
- L’avenir dira ce que valent ces pronostics. Dès à présent, M. Caleh Corser m’écrit que le mouvement de progression a commencé pendant l’été de 1912. La bordure Sud du glacier s’est épaissie et crevassée et a fini par se rompre en septembre, montrant de la glace d’un bleu clair, là où il y avait une moraine éparse sur la glace en 1911. Du côté Nord,
- profil de la voie, tantôt il se forme de nouveaux ruisselets qui entraînent un remaniement du système d’étayage; une fois même, le bâti d’un pont a chevauché de 42 centimètres vers la rivière, et il a fallu refaire une pile nouvelle. Gomme ces difficultés reviendront chaque été, l’exploitation sera fort coûteuse, et d’ailleurs la vitesse des trains restera fort réduite, quoique par contre les voyageurs ne soient jamais en danger, la surveillance de la voie étant forcément très attentive.
- Ce qui rend le maintien du chemin de fer encore plus chanceux, c’est l’hypothèse toujours possible d’un mouvement de progression du glacier. La voie serait détruite, et tout le trafic arrêté, car il n’y a
- Fig. 4. — La voie sur la moraine du glacier. A gauche : la glace. — Dans le fond la voie repose sur la glace.
- même épaississement avec formation de crevasses, et une progression du glacier atteignant, dit-on, jusqu’à 800 mètres.
- D’autre part, le plus fort des ruisseaux delà partie Nord a quitté le lit qu’il occupait jusqu’en 1911, et s’en est ouvert un nouveau à 1600 mètres plus à l’Ouest. Son cours s’est gonflé, et a fréquemment débordé, ce qui a causé des perturbations dans la pente du chemin de fer, établi à cet endroit sur des
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- graviers d’origine alluviale. Toutefois, à la fin de septembre 1912, les dégâts n’avaient pas été suffisants pour faire suspendre la circulation.
- On se demandera pourquoi les ingénieurs ont adopté un tracé aussi hasardeux ; c’est qu’il avait l’avantage de dispenser d’établir des tranchées dans le roc, un tunnel et deux ponts coûteux sur la Copper River. On a commis toutefois une sérieuse erreur, pendant la construction du chemin de fer, en détruisant toute la végétation aux abords du parcours. Si l’on avait laissé croître les aulnes immédiatement contre la voie, l’effondrement de la glace se serait trouvé trcs réduit. Cela est si
- vrai qu’on va probablement se décider à faire les frais d’une plantation nouvelle. La glace se trouvera ainsi sans doute assez profondément enterrée pour écarter le retour des faits de ce genre. Enfin, s’il arrive que le chemin de fer soit détruit par la progression du glacier, on en sera quitte pour le reconstruire, puisqu’une fois arrivée à son maximum, cette progression sera suivie d’un recul et ne se reproduira plus avant au moins un siècle. Il est clair toutefois qu’il y a mieux à trouver que des glaciers pour y faire passer une voie ferrée(') !
- Lawrence Martin.
- Chef de la National Géographie Sociely’s Alaskan Expédition.
- L’ENREGISTREMENT DES RADIOTÉLÉGRAMMES ET SON APPLICATION
- EN GÉODÉSIE DE PRÉCISION
- Au début de la télégraphie hertzienne, lorsque la féconde découverte du professeur de Bonn fut appliquée en télécommunication, on inscrivait sur une bande d’appareil Morse les radiotélégrammes.
- C’est Hertz, en effet, qui doit être considéré comme l’inventeur au sens vrai du mot (dis-coverer, disent nos voisins d’outre-Manche) de la télégraphie sans fil. En découvrant, en 1888, les ondes électriques, Hertz rendit possible la radiotélégraphie, de même qu’Ampère, par l’invention du solénoïde, doit être considéré comme l’inventeur du télégraphe électrique.
- Lorsqu’un génial cerveau a ainsi, à l’exemple de ces deux grands savants, levé le voile qui cachait tout un champ fécond d’investigations, il n’est plus malaisé de faire la récolte des applications. On peut dire, en effet, que si tel ou tel n’avait pas constitué le télégraphe sans fil tel que nous le voyons aujourd’hui, d’autres, sans tarder, eussent fait sortir cette application de la découverte de Hertz où elle se trouvait contenue et même très apparente. Par contre, on ne peut assurer que si Hertz n’avait pas découvert les ondes électriques, un autre l’eût fait sans tarder. La preuve en est immédiate. Bien que Maxwell, l’élève de Faraday, ait dès 1870, imaginé
- la théorie électro-magnétique de la lumière, théorie qui suppose des mouvements ondulatoires électriques, il fallut attendre près de 20 ans pour
- que les ondes électriques sortissent du domaine de la pure et d’ailleurs un peu confuse hypothèse.
- Nous sommes loin aujourd’hui des premiers balbutiements de la radiotélégraphie. 11 y a bientôt 20 ans, en 1894, je parvenais à actionner un téléphone m. de distance et à recevoir à son aide les signaux rythmés du Morse. Le fait que cette réception s’obtenait à travers 4 murs de 0 m. 50 d’épaisseur chacun et sans aucun fil tendu émerveillait déjà ceux qui assistèrent à ces expériences réalisées dans les caves de la Faculté des Sciences de Bordeaux. Deux ans plus tard, M. Marconi rendait les ondes électriques perceptibles à quelques centaines de mètres des appareils émetteurs, cela au laboratoire de M. Righi. Bientôt de nouvelles portées furent obtenues. A l’arsenal de la Spezia, puis en Angleterre, les communications atteignirent quelques kilomètres. En 1900, les communications étaient pratiquement échangées à 100 km. La télégraphie sans fil devenait une application de l’élec-
- 1. Les figures de cet article sont reproduites d’après des photographies de M. le prof. Lawrence Martin.
- Fig. i. — Deux fois par jour la Tour Eiffel émet des signaux horaires à io h. 45 et à 23 h. 45. A ces époques, les appareils de transmission sont, par une ligne spéciale, mis à la disposition d’un astronome qui, de l’Observatoire de Paris, peut les commander. Cet astronome surveille un pendule garde-temps. A 10 h. 44, il agit par un manipulateur Morse et fait émettre aux appareils de la Tour Eiffel une série de traits radiotélé-
- graphiques------, cela jusqu’à 10 h. 44 m. 55 s. L’astronome
- connecte alors le dispositif de commande avec le pendule du garde-temps et, à 10 h. 45 m. exactement, le pendule du garde-temps lui-même en effectuant son oscillation produit l’émission d’un court signal radiotélégraphique qui- ne dure pas plus de i/5 de seconde. C'est 10 h. 45. Aucune émission n’est faite jusqu’à 10 h. 46. De 10 h. 46 à 10 h. 46 m. 55 s. envoi par te manipulateur à la disposition de l’astronome des signaux Morse
- radiotélégraphique s----,------qui constituent les signaux
- avancés de 10 h. 47. A 10 h. 47 exactement, le garde-temps émet un signal de i/5 de seconde. C’est 10 h. 47. Silence jusqu’à 10 h. 48. De 10 h. 48 à 10 h. 48 m. 55 s. environ, des signaux
- Morse radiotélégraphiques--------- -, — - - - Enfin, envoi
- automatique du signal de 10 h. 49, puis, quelques secondes à peine après, commence l'envoi d’un télégramme météorologique. La nuit, à 23 h. 45, 23 h. 47 et 23 h. 49, même émission de signaux horaires précédés de leurs signaux avancés. — pour annoncer 23 h. 45,----- pour annoncer 23 h. 47,--------pour annon-
- cer 23 h. 49. Aussitôt après 23 h. 49, un télégramme composé de deux groupes de 6 chiffres est destiné, suivant ce que nous expliquons plus loin, à fournir l’hettre au centième de seconde près.
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- tricité désormais consacrée par la pratique. On recevait alors les radiotélégrammes au Morse.
- Récemment, les émissions de la Tour Eiffel ont été reçues à 6500 km de Paris. Mais ces portées énormes ont eu leurs inconvénients. Dès que la portée excéda quelque cent kilomètres, l’inscription du radiotélégramme ne fut plus possible. C’est au téléphone que se fait actuellement la réception hertzienne. Il est curieux de constater que, réduit à ses organes essentiels, le poste récepteur du télégraphe sans fil actuel trouve son image fidèle dans le dispositif de télégraphie sans fil que j’ai réalisé le premier en 1894, en insérant un téléphone dans la coupure du résonateur électrique à coupure que je venais alors d’imaginer.
- Tout en conservant aux postes récepteurs de télégraphe sans fil la faculté de capter les ondes émises à des milliers de kilomètres, il s’agissait donc de
- nouveau en œuvre l’an dernier pour étudier l’influence de l’éclipse de soleil du 17 avril (*) sur les transmissions hertziennes.
- Les inscriptions de la figure 1 ont été obtenues à l’aide d’un galvanomètre sensible ordinaire, trop lent pour qu’on puisse dissocier dans les signaux horaires les signaux avancés qui se différencient à peine les uns des autres.
- J’ai donc du imaginer des galvanomètres spéciaux, très sensibles, mais aussi très rapides, dont j’ai donné dans des revues techniques la description détaillée. J’indiquerai ici seulement qu’ils sont formés d’un cadre de fil de cuivre, isolé à la soie, de 3/100 de millimètre de diamètre, portant jusqu’à 1200 tours de fil. Ces cadres n’ont aucune carcasse, ils portent un miroir de 2 mm X1 mm et ne pèsent que 1 gr. à 1 gr. 5. Ils sont suspendus par un bifilaire de cocon, haubanné à mi-hauteur.
- Traduction. — B. C. M. (Bureau central météorologique). R (Rejkjavik), pression 7o5, vent E. modéré. — V. (Valentia), pression 737, vent W. S. W., violent, mer très houleuse. — O. (Ouessant), pression 745, vent W. assez fort, mer agitée.—• C. (La Corogne), pression 738, vent S. W. faible, mer peu agitée. — H. (Horta), pression 767. vent S. S. W. faible, mer très belle. — S. (Saint-Pierre et Miquelon), pression 780, vent N. W- assez fort. — Profonde dépression : Iles-Britanniques. Mauvais temps côtes ouest Europe. Paris, vent 22 mètres.
- Fig. 2. — Radiotélégramme météorologique du 19 mars 1913. Se lit de droite à gauche.
- leur permettre à nouveau l’inscription des radio-télégrammes.
- C’est la solution de ce problème, l’inscription des signaux hertziens de longue portée, auquel je me suis consacré depuis trois ans bientôt et que je viens de résoudre d’une façon pratique.
- Déjà en mai 1910, à l’époque où les signaux de l’heure furent émis durant une période d’essais d’une quinzaine de jours, par la Tour Eiffel, à 8 heures 1/2 du soir (ce qui eut lieu du 9 au 22 mai 1910), j’étais parvenu à montrer les signaux hertziens reçus à Poitiers, à 500 km de la Tour, à l’auditoire d’un cours public d’électricité industrielle en utilisant un galvanomètre Thompson convenablement réglé dont le spot lumineux se déplaçait suivant le rythme même des émissions.
- Vers la même époque, j’ai pu enregistrer (voy. fig. 1 ) par la photographie les signaux hertziens de la Tour. J’employais un dispositif que j’ai mis à
- Avec des cadres de 20 mm X 12 mm de surface et de 0 gr. 2 on peut obtenir un système oscillant 50 à 100 fois par seconde, mais qui ne décèle dans un champ magnétique de 1000 à 1200 gauss (champ magnétique réalisable au moyen d’un puissant aimant permanent) que deux dixièmes de milliampère [200 p.a(2)]. Avec des cadres de 70 mmx 12 mm, poids 1 gr. 2, l’oscillation est plus lente, 10 à 20 par seconde, mais par contre on peut inscrire le centième de microampère en utilisant un champ magnétique de 5000 gauss seulement (champ ne nécessitant qu’un électro-aimant de faible volume et coûtant peu d’entretien).
- Bien qu’à une distance relativement faible de la Tour Eiffel (Poitiers-Paris == 500 km à vol d’oiseau),,
- 1. Yoy. La Nature, A. Turpaix, Influence de la lumière sur la propagation des ondes électriques, n° 2036, 1er juin 1912.
- 2. pa = Microampère, millionième d’ampère. v :
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- je me suis astreint à donner à mes dispositifs une sensibilité très grande, utilisant à dessein une antenne unifilaire et de faible hauteur. Je n’inscris donc que des courants d’antenne de 8 à 10 centièmes de microampère au plus, si bien que les galvanomètres que j’ai construits pourraient aisément, adaptés à des antennes à rideau, capter et enregistrer les signaux de la Tour à 4 ou 5000 km de Paris.
- Ces galvanomètres m’ont permis non seulement d’obtenir l’inscription photographique de radio-télégramme telle que celle que représente la figure 2 (radiotélégramme météorologique du 19 mars) et la figure 5, radiotélégramme de nuit du 15 mars, mais encore de réaliser des relais extra-sensibles. Le cadre est attelé par un coin au moyen d’un cocon à un très léger levier (0 gr. 026) qui en décuple les déplacements. Ce levier produit un
- battements des secondes d’un chronomètre on peut, en notant les coïncidences qui ne peuvent manquer de se produire au cours des 3 minutes environ que dure l’expérience, déduire l’heure que marquait le chronomètre au moment du 1er top, comme aussi celle du 180e top. C’est là l’application d’une méthode classique déjà ancienne utilisée par Borda pour déterminer avec une grande précision la durée de l’oscillation d’un pendule donné : la méthode dite des coïncidences. Après les signaux horaires de 25h49, l’Observatoire de Paris envoie deux groupes de chiffres, par exemple (voy. fig. 5) 295965-525511. C’est le résultat de l’application de la méthode précédente faite par l’astronome de service aux battements du garde-temps de l’Observatoire. Ces chiffres indiquent un résultat corrigé de toutes les causes d’erreur possibles. Ils signifient que le 1er top envoyé le fut à 25h 29m 59%65 centièmes de
- Fig. 3. — Radiotélégramme du i5 mars 23 h. 40 a 23 h. 55. Enregistré photographiquement à Poitiers et reçu au Morse par la méthode de deux relais en cascade. Se lit de droite à gauche. Après les mots « Observatoires de Paris, signaux horaires », se lisent les signaux avancés et les signaux horaires de 23 h. 45, 23 h. 47 et 23 h. 49, puis un groupe de deux nombres : 29-59-63, 32-55-12, répétés trois fois et qui signifient : heure du 1" top : 23 h. 29 m. 59 s.,63; heure du 180e top : 23 h. 32 m. 55 s.,12. On a inscrit, au-dessous des déplacements du spot
- lumineux, les signaux Morse équivalents.
- contact par rapprochement de boucles minuscules de fil d’argent de 2/100 de millimètre de diamètre. On peut ainsi fermer d’une manière sûre un courant de 10 microampères. C’en est assez pour pouvoir actionner un des plus sensibles relais connus jusqu’à ce jour. On peut donc recevoir au Morse comme naguère en employant deux relais en cascade. Et de fait, le radiotélégramme de la figure 3 a été reçu à Poitiers au Morse. Il suffît que la transmission ne soit pas trop rapide. C’est d’ailleurs là un des moindres avantages des dispositifs que je viens de réaliser ; la réception au son ou l’inscription photographique étant pratiquement suffisante.
- La plus intéressante application des dispositifs nouveaux concerne la géodésie.
- Tous les soirs, vers 23h 30, la Tour Eiffel envoie 180 tops radiotélégraphiques espacés à l’intervalle de 1-1/50 ou 98/100 de seconde. Si on écoute simultanément à l’aide d’un téléphone ces tops et les
- seconde et que le 180e top correspondait à 25h52m55%ll centièmes de seconde. On connaît donc, d’après cela, la correction au centième de seconde près du chronomètre que l’on a soumis à l’étude par cette méthode des coïncidences.
- Au lieu d’écouter les tops et les secondes inscri-vons-les au moyen de nos galvanomètres rapides. Nous aurons l’inscription que représente la figure 4, celle du 15 mars. En défilant un décimètre de film à la seconde, il suffit d’effectuer le relevé du top au millimètre près pour obtenir le 1/100 de seconde. C’est ainsi qu’en combinant la lecture du film (fig. 4) obtenu le 15 mars 1913 au renseignement fourni par l’Observatoire le même jour vers 23h 50 (voir radiotélégramme de la figure 3), j’ai pu relever que le chronomètre de Poitiers marquait au moment du 1er top: 24h 29m 30% 772
- l’Observatoire ayant transmis
- 23h29m 59%63.
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- 410 : .L’ENREGISTREMENT DES RADIOTÉLÉGRAMMES
- Le chronomètre retardait donc de 28s,858.
- Cette méthode de situation du top dans la seconde est bien plus précise que la méthode des coïncidences. Tout d’abord l’inscription des tops et des secondes n’astreint pas à la détermination d’une coïncidence auditive, forcément fugace et qui ne laisse pas de trace. On peut donc préciser le souvenir et empêcher l’erreur. En lisant à loisir le film obtenu, on peut donc appliquer la méthode actuelle, celle des coïncidences, d’une manière plus certaine et plus sûre. Mais point n’est besoin même de rechercher des coïncidences au sujet de la situation exacte desquelles on hésite d’ailleurs souvent. Il suffirait que l’Observatoire inscrive, suivant mon procédé, un seul top dans la seconde du garde-temps et qu’il relève l’heure corrigée de son garde-temps. Ce serait cette heure qu’il télégraphierait aux observateurs qui auraient eux-mêmes, par la méthode que je préconise, situé le même top dans la seconde de leurs chronomètres. Au besoin dans la pratique, un certain nombre de tops, 5 ou 6 au plus, seraient émis toutes les minutes ou toutes les 2 minutes, cela trois fois, et le télégramme hertzien des tops indiquerait l’heure exacte du 1er top de chacune des trois séries.
- Fig. 4. — Inscription de l’heure au i/ioo de seconde près. Inscription simultanée des tops émis par la Tour Eiffel et des secondes d’un chronomètre à comparer au 1/100 de seconde. Film obtenu le i5 mars à Poitiers (3oo km de la Tour Eiffel). Le i" top est inscrit en O. Le. 60* top qui manque en M permet le contrôle du rr top en O. On voit nettement les inscriptions successives des tops et des secondes. Le top se rapproche de la seconde, coïncide bientôt avec elle, reparaît, s’éloigne de la seconde, se place au milieu de la seconde et se rapproche de nouveau de chaque seconde du chronomètre. La minute du chronomètre ne s’inscrit pas. Le manque de seconde en A indique 23 h. 3o pour le chronomètre. On en déduit par visée micrométrique que 0,iar top, correspond à 23 h. 29 m. 3o s., 772 au chronomètre. Le radiotélégramme des tops du i5 mars (voir la fig. 3) ayant indiqué pour instant du 1" top 23 h. 29 m. 5ç s.,63, le chronomètre retardait le i5 mars de 28 s.,858.
- Avant d’employer la méthode des coïncidences telle qu’elle est utilisée à l’heure actuelle aux relevés géodésiques de précision, il y a lieu, je crois, de vérifier l’équirépartition dans le temps des 180 tops actuellement émis. Les tops sont produits, en effet, par le mouvement d’un pendule dont on ne peut suspecter la régularité. Mais ce pendule met en mouvement tous les 0,98 de seconde tout un dispositif d’émissions d’ondes hertziennes : relais fermant un circuit qui comprend un interrupteur à jet de mercure, lequel ferme un circuit comprenant capa-
- cités, selfs et éclateur. Est-on bien sûr que les émissions des tops se distribuent dans la durée exactement tous les 0,98 de seconde comme les battements du pendule qui en commande l’émission? N’y a-t-il pas entre battements et émissions des tops un retard qui varie d’un top à l’autre? Et si ce retard existe, est-il négligeable? Il est capital et essentiel, à mon sens, de faire tout d’abord cette vérification expérimentale. Et c’est à quoi j’utilise actuellement la méthode que je viens de mettre au point.
- Cette méthode me paraît pouvoir être utilisée d’une manière plus précise que celle des coïncidences, à relier les réseaux géodésiques intercontinentaux, le réseau géodésique européen et le réseau américain par exemple, cela en mettant à profit la portée énorme des signaux hertziens de la Tour Eiffel, laquelle atteint 6500 kilomètres.
- Voilà donc la nouvelle télégraphie, bien que la portée pratique de ses ondes reste plus que décuplée, rendue à nouveau capable d’inscrire ses transmissions. Par là sa sécurité s’accroît, en même temps que se précisent les procédés géodésiques que l’envoi radiotélégraphique de l’heure vient de rénover.
- Est-ce à dire, comme on l’a, bien à tort, prétendu dès l’essor de la radiotélégraphie, que la télégraphie sans fil soit de nature à remplacer et à détrôner la télégraphie ordinaire. Nullement. Et je reviens encore à ce que j’écrivais déjà en 1901, en publiant la T'e édition de mon ouvrage La télégraphie sans fil et les applications pratiques des ondes électriques (1). Si l’invention de la télégraphie ordinaire avait, non pas précédé, mais suivi celle de la télégraphie sans fil, les télégraphes de Hughes, de Baudot et. tant d’autres ingénieux télégraphes de toute sécurité, ainsi que la télégraphie avec fil elle-même, seraient considérés comme un énorme progrès sur la radiotélégraphie.
- J’ai été le premier et le seul à ma connaissance à préconiser l’emploi des ondes électriques en télégraphie avec conducteur. Je reste persuadé que lorsqu’on restreindra l’utilisation des ondes sans conducteur aux cas vraiment utiles, on exploitera enfin la voie que j’ai naguère ouverte et que tôt ou tard on suivra.
- Cela signifie-t-il que le progrès réalisé parce que nécessitant l’emploi d’un conducteur perdra de l’intérêt? Aucunement; si au point de vue poétique et imaginatif ce progrès reste inférieur, sans doute, à celui qui consisterait à n’employer aucun conducteur, il ne faut pas perdre de vue qu’un seul conducteur ramifié sera suffisant pour distribuer d’une manière multiple l’énergie en mille lieux. Un réseau unique permettrait peut-être alors d’assurer, entre un nombre presque infini de localités, grâce aux propriétés même de la résonance électrique, et les communications télégraphiques ou teléphoni-
- 1. A. Turpain. La télégraphie sans fil et les ap.plica--lions pratiques des ondes électriques. lre édition. Paris, Gautluer-Yillars, 1902, 2e édition 1908. *
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- ques et les distributions d’énergie de tout mode.
- Certes la télégraphie sans fil ne sera point pour cela abandonnée. Elle a et gardera un domaine où elle conservera une suprématie incontestable : celui des communications collectives. Dans ce domaine ses applications particulières resteront des plus fé-
- condes, tel l’envoi des signaux horaires qui constitue, sans conteste, l’un de ses plus beaux succès, telles encore les applications de ces signaux aux relevés géodésiques de haute précision et la réunion des réseaux géodésiques du monde entier en un tout exact et cohérent. Albert Turpain,
- Professeur à l’Universilé île Poitiers.
- MINES AÉRIENNES CONTRE LES DIRIGEABLES
- Les dirigeables ont fait en ces derniers mois de tels progrès que l’on ne peut plus envisager avec dédain leur rôle éventuel en cas de guerre : reconnaissances à grand rayon, bombardement des nœuds de mobilisation et des places fortes, voire débarquements en des points stratégiques importants, tels sont les services que peut rendre aujourd'hui une flotte aérienne, lorsque le temps ne lui est pas trop hostile.
- Un ingénieur militaire anglais en retraite N. B. T Simmons, ému de ce nouvel état de choses, inquiet surtout des dangers éventuels dont une escadre aérienne ennemie pourrait menacer les ports anglais, s’est préoccupé de mettre ceux-ci en état de défense contre les croiseurs de l’air. Il propose un moyen fort curieux, inspiré des procédés de défense sous-marine des forts. Un dispositif de ballons portemines protégerait les places importantes tout comme les mines sous-marines défendent l’accès des ports.
- Yoici comment s’exprime à ce sujet M. Simmons :
- « Les régions à faible altitude sont sous la pro-
- « tection de canons à tir vertical, il n’est nécessaire « de défendre que les régions supérieures, dans la
- « mesure du pos-« sible. C’est ce « que je propose « de faire au « moyen de bal-« Ions-mines. En « chaque point « où l’on est en « droit de redou-« ter une atta-« que aérienne, « on disposera « un certain a nombre de « mines aérien-« nés portées par « de petits balte Ions captifs. « Ceux-ci seront « attachés à des « câbles, ma-« nœuvrés par « des treuils sur « chariots. Ces « chariots seront « munis d’un « petit dispositif « électrique réu-« ni au câble et « par lui à la « charge explo-« sive que porte « le ballon. On « fera monter ou « descendre le « ballon captif à « l’altitude voulue. À l’approche d’un dirigeable « ennemi, l’homme affecté au service de la mine « aérienne manœuvrera, au moment qu’il jugera « opportun, le dispositif électrique provoquant ainsi « l’explosion au passage de l’aéronef à combattre. » Notre figure représente un arsenal protégé selon les idées de M. Simmons. À gauche, un ballon captif observe les parages de la place.
- Projet de défense fixe aérienne, selon les idées de M. Simmons.
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- NOUVELLES FONTAINES DE HÉRON
- Tout le monde connaît la fontaine de Héron, ainsi nommée parce que son inventeur fut le mécanicien Héron, d’Alexandrie, qui vivait environ 150 ans avant notre ère. Son principe est des plus simples : il consiste à lancer de l’eau en jet par la pression de l’air qu’on comprime au moyen d’une autre masse d’eau. Dans sa forme pri-^ mitive, la fontaine de Héron se compose de trois vases et de trois tubes (fig. 1). Le vase supérieur ci, en forme de vasque, est traversé par le jet d’eau et communique par un tube fixé à sa partie inférieure avec le fond du vase inférieur c. Dans le deuxième vase b, complètement clos, débouchent deux tubes, l’un qui, partant du bas, va se terminer par le jet d’eau dans le vase supérieur, l’auire qui, s’ouvrant en haut, descend à la partie supérieure du vase inférieur c également clos. Le vase b étant plein d’eau, le vase c étant plein d’air, la vasque supérieure a étant amorcée avec un peu d’eau, l’appareil se met à fonctionner.
- L’eau de a descendant en c comprime l’air et le refoule en b; sa pression fait sortir l’eau de b par le jet d’eau; l’eau retombe dans la vasque a et s’écoule en c; le jet d’eau continue donc aussi longtemps qu’il y a de l’eau en b et de l’air en c; il est d’autant plus haut que la distance de a à c est plus grande, et, théoriquement, il aurait une hauteur égale à la distance ac si n’intervenaient pas les frottements contre les parois des tubes et la résistance de l’air.
- La fontaine de Héron est une curiosité des cabinets de physique, et longtemps on la trouva dans tous les laboratoires de lycées. Elle y était représentée par des vases de formes variées, plus ou moins élégants, plus ou moins éloignés, mais sa construction était toujours la même, et il ne semblait pas qu’on dût la perfectionner.
- C’est cependant ce que vient de faire M. Aristide Fiorentino, qui, obligé de s’appliquer à construire des appareils de fortune pour le cabinet de physique d’une école pauvre et mal montée, a imaginé trois variétés de fontaines de Héron, fort ingénieuses et si simples que beaucoup de nos lecteurs s’amuseront sans doute à les monter et à les faire fonctionner.
- Nous empruntons au Bolletino di Matematiche e di Scienze fisiche e naturali la description de ces appareils.
- Le premier modèle, classique, nécessite seule-
- ment deux flacons à deux tubulures, des bouchons, quelques bouts de tubes de verre et des tuyaux de caoutchouc. La vasque supérieure peut être tout simplement une cuvette dans laquelle les deux tubes de caoutchouc arriveront par la partie supérieure (fig. 2), ou mieux une cloche de verre percée à sa partie inférieure d’un trou par où passeront deux tubes dont un formera le jet d’eau. La figure 5 donne une idée suffisante du montage de l’appareil pour que chacun puisse le construire. Ainsi réalisé, il possède sur la fontaine de Héron habituelle plusieurs avantages : il permet d’obtenir un jet à peu près continu; en effet, comme on le voit sur la figure 5, il suffit d’employer deux vases de même capacité pour que, lorsque l’écoulement cesse, on le rétablisse en sens inverse, simplement en abaissant le flacon b vidé qui deviendra inférieur et élevant le flacon c rempli qui deviendra le vase moyen; le jet d’eau qui venait de cesser de jaillir par le tube de gauche de la vasque supérieure repartira par le tube de droite et sera tout aussi beau si l’on a soin d’y fixer l’ajutage qu’on avait monté précédemment à gauche. En outre, la fontaine ainsi construite permet de faire varier les distances des trois vases entre eux et, par conséquent, d’étudier dans des conditions différentes l’action de la pression sur les liquides. Nous laisserons à nos lecteurs le soin de déterminer expérimentalement ce qui se passe quand on élève ou qu’on abaisse un des trois vases isolément.
- On peut augmenter la force et la hauteur du jet d’eau au moyen d’un autre dispositif représenté par la figure 4. C’est encore une fonlaine de Héron qui ne nécessite aucun nouvel appareil, mais seulement un peu de mercure ; son montage est quelque peu différent : l’eau de la vasque supérieure arrive non plus au bas, mais au haut du vase c plein de mercure ; celui - ci s’écoule dans le vase b par la tubulure inférieure; le vase b plein d’eau communique avec le jet d’eau par son orifice supérieur. L’appareil peut marcher dans les deux sens, comme le précédent; quand la bouteille b s’est remplie de mercure et la bouteille c d’eau, il suffit d’abaisser b, de lever c, d’enlever l’orifice du jet d’eau du tube de gauche et de le fixer au tube de droite pour que la fontaine fonctionne en sens inverse. Comme la pression du mercure est beaucoup plus grande que celle de l’air, le jet est beaucoup plus haut. Sa hauteur théorique
- Fig. 2. — La vasque supérieure remplacée par une cuvette.
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- NOUVELLES FONTAINES DE HÉRON
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- pourrait ê tre facilement calculée ; la pression subie par l’eau dépend, en effet, des trois différences de niveau suivantes : dl entre les vases a et c, entre les vases c et b, d. entre les vases a et b; l’eau ayant pour densité 1, le mercure 15,6, on a comme expression de la pression :
- {d-i X 1) + (42X 15,6) — ((4x1) = dt — d.a 4- 15,6 (£,.
- d- — d± étant sensiblement égale à c/2, la pression subie par l’eau, et par conséquent la hauteur du Jet d’eau est donc finalement 12,6 r/2 ou 12,6 fois la dénivellation du mercure dans les deux bouteilles, sans tenir compte, bien entendu,, des résistances et des frottements.
- qui le conduit dans le verre M' qu’il remplit peu à peu ; l’eau qui surnage, subissant la pression de la colonne d’eau et de mercure, qui la surmonte, passe dans le tube t' qui la conduit au jet d’eau. On peut régler la hauteur du jet de différentes manières : 1° en faisant varier la hauteur du tube f; 2° en serrant plus ou moins la pince p; 5° en abaissant plus ou moins l’extrémité libre du tube g.
- Nous engageons vivement nos lecteurs à construire ces diverses fontaines qui soulèveront pour eux de nombreux problèmes de physique : influence de la capillarité des tubes, rendement énergétique de la fontaine, etc.
- Fig. 3, 4, 5. — Fontaines de Héron modifiées par M
- La troisième fontaine de M. Fiorentino diffère beaucoup plus du type classique de la fontaine de Héron, mais elle a l’avantage sur les précédentes de fonctionner sans arrêt, le jet d’eau sortant toujours du même tube. La figure 5 en donne une idée suffisante pour nous éviter une longue description.
- La force motrice est fournie par le mercure qu’on remonte de temps en temps du vase M' dans le vase M. Le mercure, coulant du vase M par le siphon s dans le tube t, rencontre sur sa route un étranglement réglable par une pince p. A son arrivée dans le tube t, il forme un chapelet de gouttelettes séparées par de petites colonnes d’eau provenant de la vasque supérieure a; le chapelet de gouttes descend dans le vase inférieur B où le mercure se décante ; il est extrait du vase par le tube g
- Outre ces occupations scientifiques, les fontaines de Héron modifiées par M. Fiorentino pourront procurer de nombreuses distractions; leur aspect est très décoratif; on pourra l’augmenter en teintant l’eau avec un peu d’éosine ou de fuchsine qui donneront au jet des reflets fluorescents; on pourra encore placer sur le jet d’eau, soit la classique coquille d’œuf, soit mieux encore un petit personnage façonné de telle façon que la partie inférieure concave le fasse tenir en équilibre sur le jet d’eau où il se livrera à mille oscillations gracieuses ou cocasses ; on pourra encore varier la forme du jet d’eau, le transformer en une gerbe abondante ou en une lame mince en donnant à l’orifice une forme appropriée : petit trou, simple fente, trou carré, rectangulaire, étoilé, etc.
- André Breton.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des i3 et 19 mai ic>i3. — Présidence de M. Guyon.
- L’œuvre scientifique de M. Poincaré. — M. Mittag Lœffler, de Stockholm, correspondant de la section de Géométrie, assiste à la séance et fait hommage d’un ouvrage contenant une analyse des principaux travaux de Henri Poincaré dans laquelle sont indiquées, d’après M. Poincaré, les considérations qui l’ont guidé lors de la poursuite de ces travaux. M. Darhoux, après avoir remercié M. Mittag Lœffler de cet ouvrage publié sur l’un des membres les plus célèbres de l’Académie, ajoute qu’il est heureux de pouvoir annoncer qu’une, édition complète des œuvres très éparses d’Henri Poincaré va pouvoir être publiée. Cette publication s’impose d’autant plus que ce savant a ouvert beaucoup de voies nouvelles dans lesquelles il sera facile à de nouveaux auteurs de se lancer.
- Le fluor dans l'organisme. — M. A. Gautier présente une nouvelle communication résumant les résultats de ses dosages du fluor dans l’organisme de l’homme et des animaux, dosages effectués avec le concours de M. Ciausman. Les nombres qu’il indique se rapportent à 100 grammes de tissu. Les principaux sont les suivants : os humain long (fémur): diaphyse 49"s, 5 (frais), 56mB,6 (sec); épiphyse 11"’5,9 (frais), 15ms,l (sec); os long d’enfant : diaphyse 15ms,6 (frais), 22’"8,5 (sec); épiphyse 5me,7 (frais), Hm8,4 (sec); os court : I4me,9 (frais); os plat : 17 (frais); os de bœuf long : diaphyse 80"’s,0 (frais), 87‘"b',5 (sec); épiphyse 16niB,7 (frais) ; dentinede chien de 7 ans : 56“B,0 (frais), Glms,5 (sec); arête d’alose: 49n'B,7 (frais), 57ros,9 (sec); cartilage humain, fémur: épiphyse lme,4 (frais); cartilage non ossifié du veau : 0n,B,5 (frais); trachée de mouton : O1"8,4 (frais); tendon : O1"8,5 (frais).
- Accidents géologiques du Plateau central. — M. De Launay expose que l’on observe sur le plateau central de la France divers accidents géologiques qui présentent un caractère complexe. Ce sont des lambeaux de roches ayant l’apparence de brèches parfois minces et ayant quelquefois quelques mètres de large seulement. À la suite des travaux de M. Termier sur les roches écrasées, le phénomène apparaît sous un aspect nouveau. M. De Launay a observé en effet sur ce plateau, disposées suivant une ligne, des roches écraséës et recimentées ensemble. Si l’on admet que tous les lambeaux de terrains relevés sont de même nature, on voit qu’ils tracent à travers ce plateau des, lignes qui séparent des zones tectoniques et se prolongent jusque dans le Poitou et le Sancerrois pendant le terliaire.
- Effet des injections d’acide carbonique. — M. le D' Bayeux, qui a imaginé une technique pour la pratique des injections intra-veineuses d’oxygène et en a étudié l’effet comparatif sur le chien et le lapin, a entrepris une série d’expériences analogues à l’aide du gaz acide carbonique. Les doses supérieures à une limite qu’il indique sont mortelles; la mort survient par asphyxie. Il résulte de l’ensemble des expériences que, de même que le chien peut recevoir plus d’oxvgène que le lapin par kilogramme d’animal vivant, il peut recevoir plus d’acide carbonique.
- Sur les phosphures d’hydrogène solides. — On attribuait jusqu’à ce jour au phosphure d’hydrogène solide découvert par Le Verrier la formule P4 H2. M. L. Hackspill démontre, en préparant ce corps à partir des phosphures alcalins Ps M-, qu’il faut le considérer comme l’acide de ces sels, et par suite l’écrire Ps H?.
- Toute une série de phosphures métalliques dérivent également de cet acide. MM. Hackspill et Bossuet les décriront prochainement.
- Différence de longitude de Paris-Washington. — A la suite de déterminations de différences de longitudes entre Paris d’une part, Alger et Bizerte d’autre part, la possibilité d’une opération entre Paris et Washington apparut. Un essai préliminaire ayant pour but de connaître les difficultés techniques fut confié aux spécialistes français du bureau des longitudes, du service géographique de l’armée, de la marine, qui avaient mené à bien les opérations précédentes : MM. Diancourt, ingénieur hydrographe en chef, commandant Ferrié de la T. M., capitaines Perrier et Levesque, lieutenant de vaisseau Gignon et à des savants américains, MM. Ilell, Hall, Hough, Madison. Les signaux de la Tour Eiffel furent entendus à la station américaine d’Arlington en décembre. Les essais durèrent pendant 12 jours en mars 1912 sous la haute direction de M. le général Bourgeois, directeur du S. G. A., de M. Renaud, directeur du S. II. M. à Paris, de MM. le capitaine de vaisseau Jayne, directeur de l’Observatoire naval de Washington et Bul-lard, directeur du service radiotélégraphique de la marine américaine d’Arlington. Deux soirées communes d’observations astronomiques ont été effectuées. Les comparaisons d’heures par signaux radiotélégraphique s purent être faites très fréquemment malgré les brouillages et perturbations de toute nature. Des expériences d’inscriptions photographiques de ces signaux ont été réalisées par M. Abraham. Il fut même possible dans la nuit du 28 mars d’échanger une conversation entre Paris et Washington. Une communication dans les deux sens, à une distance de 6000 km, n’a jamais été obtenue nulle part. Les opérations définitives dureront de 4 à 6 mois, elles seront entreprises à partir d’octobre par l’Observatoire de Paris et 1’Observatoire naval de Washington. On admet que la vitesse de propagation des ondes hertziennes est égale à celle de la lumière dans l’air; il est possible que dans la propagation au-dessus de l’Atlantique on trouve un nombre différent, car elle se fait à la fois par l’air et par l’eau. En ce moment, le service géographique se sert déjà de la T. S. F. pour l’établissement de la carte du Maroc et pour les opérations de la délimitation des frontières hispano-marocaine et franco-allemande. Les méthodes françaises ont donc une importance pratique considérable.
- Le dosage de la cocaïne. — MM. Marcel Gompel et Victor Henri exposent un procédé qu’ils ont imaginé pour la recherche et le dosage de certains alcaloïdes tels que la cocaïne. 1/20 000 de gramme contenu dans 10 centimètres cubes peut être décelé et même dosé par l’étude du spectre ultra-violet. La question présente un intérêt pratique certain, par exemple pour la recherche des alcaloïdes dans la recherche du cheval, recherche dont on a parlé souvent à propos du dooping.
- La température des glaciers du Mont Blanc. — Le prince Roland Bonaparte présente une Note de M. VaUot, directeur des Observatoires du Mont Blanc, ayant pour titre « Valeur et variations de la température profonde des glaciers du Mont Blanc ». D’après des observations portant sur un grand nombre d’années, l’auteur expose
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- que dans les glaciers situés à plus de 4000 m. d’altitude, les variations diurnes de la température ne dépassent pas 1 m. de profondeur et qu’à partir de 7 m. 50, la température demeure constante. C’est qu’on est arrivé à la couche où s’arrête la variation annuelle des saisons. Du fait de l’imperméabilité des couches inférieures des glaciers, l’auteur conclut que toute théorie de l’écoulement des glaciers basée sur l’introduction et le regel de l’eau de surface dans les fissures capillaires profondes est en contradiction avec l’observation.
- Les végétaux de la Chaouia. — M. Pitard, l’un des quatre naturalistes chargés de reconnaître les conditions physiques et naturelles du Maroc, décrit le « peuplement végétal de la Chaouia ». D’avril en juillet 1912, il a parcouru toute h Chaouia ; il établit l’existence de trois zones de végétation assez distinctes et constate que dans aucune autre partie de l’Afrique du Nord, la flore méditerranéenne n’atteint un aussi puissant développement et une marge aussi méridionale.
- Galvanothémpie. — M. le médecin-major Ilirtz, chargé du Service de physiothérapie à l’hôpital du Val-de-Grâce, a réussi à pratiquer la radiothérapie intensive à faible intensité de courant. Dans la technique actuelle, le courant est emmené sur la région à traiter par des électrodes de matière spongieuse imbibée d’eau ou de solutions médicamenteuses. La surface des électrodes est de quelques cm2. L’intensité du courant que l’on peut faire passer ainsi est de 50 à 50 milliampères, quelquefois, mais rarement 100 milliampères, en raison de la sensation pénible de brûlure ressentie pendant la séance et de l’irritation vive que subit la peau par l’élec-trolyse. Le courant doit suivre l’axe des nerfs. Cette méthode peut être appelée : emploi de fortes densités de courants avec faibles intensités. À la suite d’observations sur près de 600 malades, on a combiné un mode d’application différent très curatif. Les électrodes sont très longues; elles occupent toute l’étendue des membres et remontent le long de la colonne vertébrale. Leur surface atteint 2000 cm2 et le courant employé varie de 60 à 80 milliampères pour les membres supérieurs, 250 et 500 milliampères pour les membres inférieurs traités simultanément. La densité du courant reste faible et les séances sont très facilement supportées. Le courant passe perpendiculairement à la direction des nerfs. L’efficacité du traitement est très grande contre les névrites. La guérison survient dans des cas qui ont résisté au mode
- habituel d’application du courant. Il n’est pas exagéré de dire qu’il s’agit d’un gros progrès de l’électrothérapic.
- L’essai des câbles électriques isolés. — M. André Léauté présente un travail dans lequel il expose les précautions qu’il faut prendre pour l’emploi de la résonance dans l’essai des câbles 'éléctriques isolés.
- Communication. — M. L. Cayeux communique une Note sur l’origine des minerais sédinïentaires où il ne partage pas les vues de M. Leclère sur la question. — M. Pierre Bonnet fait connaître la-structure des chaînes entre le lac Gœhtchaï et VAraxe, résultat de ses impoiv tantes études en Transcaucasie, sur la frontière persane, dans la région de Djoulfa. — M, L. Desnoix, directeur de la revue l’Eau, a mis à la disposition de l’Académie des Sciences une somme de 5000 francs pour contribuer aux expériences sur la baguette des sourciers.
- Élection. — M. Blondel est élu académicien libre en remplacement de M. Caiüetet, par 58 voix contre H à M. de Grammont. Les ouvrages de M. Blondel sur les alternateurs et les moteurs synchrones, sur la traction électrique, ont donné aux industriels les théories et les méthodes qui jusque-là faisaient presque complètement défaut. Son admirable oscillographe, instrument d’analyse électrique presque parfait, a permis de comprendre et d’éviter les surprises à chaque instant rencontrées au début de l’emploi des courants alternatifs, et fourni les données nécessaires à l’amélioration des machines. M. Blondel a créé les unités, les-méthodes et les appareils que réclamait la photométrie des foyers lumineux puissants; l’éclairage public a grandement bénéficié de ses inventions sur les globes diffusants et les arcs à flamme dont le rendement, grâce à lui, est devenu cinq fois supérieur à celui des arcs ordinaires. Grâce à ses perfectionnements dans les machines, lampes et systèmes optiques des phares, la puissance des phares est passée de 500 000 carcels à 5 000 000 (Creach à Ouessant). 11 a également beaucoup contribué aux progrès de la télégraphie sans fil par ses études sur les transformateurs à résonance, les étincelles musicales, la direction des ondes. Dès 1902, il avait indiqué le principe de la téléphonie sans fil; sous sa direction, des phares à ondes hertziennes ont été établis à l’ile de Sein et à Ouessant. Bientôt fonctionneront des radiophares à ondes tournantes indiquant au navigateur, non seulement devant quelle station il se trouve, mais sa position par rapport à cette station.
- Ch. de Yili.edeuil.
- CHRONIQUE
- L’extinction du rhinocéros. — Elle n’est pas près de se produire, si nous nous en rapportons à un èhasseur, M. Stewart Edward White, qui publie dans Y American Magazine d’intéressantes observations sur ce pachyderme. Les rhinocéros sont encore très nombreux dans le centre et l’est de l’Afrique ; l’auteur en a aperçu jusqu’à 14 en l’espace de 2 heures, et il croit qu’il en aurait rencontré le double s’il s’en était donné la peine. Dangereux moins encore par leur force que par leur stupidité, qui les porte à se précipiter sur tout être qui les dérange dans leur solitude, ces animaux seront les premiers à disparaître parmi la grande faune
- africaine; toute colonisation est impossible dans leur voisinage, et l’on devra les détruire systématiquement, sauf dans les réserves qui leur seront attribuées.
- L’auteur reconnaît toutefois qu’ils ont rendu et rendent de grands services aux voyageurs et aux chasseurs. Ce sont eux qui percent et entretiennent des sentiers à travers les forêts aux arbustes épineux; ce sont eux encore qui taillent des chemins en zigzag sur les parois des canons que les pluies torrentielles creusent sur les hauts plateaux. Sans les « routes de rhinocéros », la colonisation ou l’exploration de vastes territoires africains aurait dû être ajournée pendant une période illimitée.
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- LA FLORICULTURE « A LA GLACE »
- Si les étrangers eux-mêmes, reconnaissent que l’industrie frigorique, source de richesses pour plusieurs nations d’outre-mer, est d’origine française, il faut rendre à César ce qui lui appartient et complimenter les floriculteurs hollandais, inventeurs d’un procédé qui, sans avoir l’importance économique de la conservation des vivres par le froid, présente cependant un réel intérêt.
- On sait que la culture des tulipes est l’une des industries nationales des Pays-Bas. Très entreprenants, leurs horticulteurs ne négligent jamais une occasion de participer aux expositions organisées dans les pays voisins. Mais, en raison même de la nature des plantes exposées, de telles entreprises entraînent de gros risques. Le transport des bulbes en chemin de fer ou dans les cales des vapeurs favorise une floraison prématurée, e t les fleurs sont exposées à perdre de leur fraîcheur et de leur éclat avant d’avoir subi l’examen du jury.
- Pour se prémunir contre de pareils risques, un floriculleur hollandais, M. M.
- J. Guldemond, chargé d’organiser à Londres une exposition où devaient figurer plus de 50 000 jacinthes et tulipes, a eu recours à un procédé déjà connu, mais qu’il a été le premier à appliquer d’une façon aussi grandiose. 11 s’agissait de retarder jusqu’au jour d’ouverture la floraison de ces 50 000 plantes, et cela malgré les surprises du capricieux climat de
- Londres, où le printemps pouvait, à l’improviste, prendre les devants sur le calendrier !
- Des blocs de glace furent espacés à l’intérieur des serres, dont les vitrages furent recouverts extérieurement de toiles épaisses. D’autres toiles, tendues horizontalement sur des échafaudages, formèrent t o i -ture à 50 centimètres au-dessus de ces vitrages. Enfin, comme le montre une de nos photographies, des toiles tendues verticalement achevèrent d’amortir l’action de la lumière solaire.
- Une autre photographie montre comment furent traitées certaines variétés rares dont la floraison était déjà trop avancée; leur vie fut, pour ainsi dire, suspendue sous l’influence des quatre blocs de
- glace formant caisse autour des plants.
- Grâce à ces laborieuses et minutieuses précautions, ces 50 000 bulbes exposés offrirent sensiblement le même degré de floraison le jour de l’ouverture, et, résultat cherché et bien mérité, la presse ne tarit pas d’éloges à l’égard des organisateurs de l’exposition. Les tonnes de glace avaient été utilement employées. Quelques bulbes non réfrigérés figuraient à titre de témoins à côté des plantes à la glace; la comparaison attestait l’efficacité de la méthode. Les fleurs du groupe non refroidi étaient pleinement épanouies et commençaient déjà à se flétrir, alors que.les autres étaient en parfaite fraîcheur. Y. F.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- — N° 2088.
- 31 MAI 1913.
- L0C0TRACTEUR SCHNEIDER A HYDROCARBURE
- Depuis le triomphe du moteur à explosions dans l’automobilisme, de nombreuses tentatives ont été faites pour substituer ce moteur à la vapeur, sur des locomotives de faible puissance destinées a des usages particuliers ; mais ces machines sont restées jusqu’ici en nombre très restreint et presque comme spécimens isolés.
- On a pu se demander pourquoi ce moteur, malgré ses succès, tant sur route que dans l’air et dans l’industrie, ne pouvait arriver à supplanter la vapeur sur la voie ferrée, même pour des machines de faible puissance.
- Les raisons de cette anomalie sont assez nom-
- tage économique sur le rendement plus faible des' moteurs à vapeur, parce que, si certains d’entre eux seulement atteignent 18 pour 100, ils utilisent tous pour leur fonctionnement des combustibles grossiers d’un prix très bas, qu’il est impossible de concurrencer avec l’essence, le benzol ou l’alcool carburé.
- La machine à vapeur est d’une souplesse et d’une docilité, qui la rend très apte aux démarrages puissants nécessaires pour remorquer des trains toujours assez lourds, tandis que le moteur à explosions qui exige une mise en marche préalable, ne peut être utilisé qu’avec des transformateurs d’énergie capa-
- Fig. i. — Le locotracteur Schneider.
- A, réservoir à naphtaline ; B, moteur; C, conduite.
- breuses, nous les résumerons pour mieux permettre d’apprécier la valeur du nouvel engin qui fait l’objet de la présente étude.
- Pour le véhicule porteur routier, on ne peut réduire les frais de transport qu’en diminuant le plus possible le poids mort, et en donnant la préférence aux ensembles mécaniques les plus légers. Pour une locomotive, au contraire, il est indispensable de réaliser un poids total suffisant pour atteindre l’adhérence voulue. Dans ces conditions, le poids mort considérable de la chaudière avec son foyer, des caisses à eau avec leur contenu, du combustible grossier et lourd* etc., inhérent aux moteurs à vapeur, s’il empêche la réalisation pratique du camion de tonnage moyen actuellement en faveur, n’est pas du tout prohibitif, au contraire, pour la locomotive.
- Le rendement thermique 21 à 24 pour 100, des moteurs à explosions habituels, n’offre pas d’avan-
- blesde faire varier en sens inverse le couple moteur et la vitesse, embrayages avec boîtes de vitesses ou autres systèmes, dont la manœuvre peut être précaire et délicate, en raison même des masses à entraîner. Aussi l’etablissement d’une locomotive à moteur à explosions exige-t-il la solution de pror blêmes mécaniques plus difficiles, que ceux qui intéressent le véhicule routier.
- En revanche, dans certains cas particuliers, lignes d’intérêt local à faible trafic, lignes d’usage très intermittent, galeries peu aérées, ravitaillements en eau difficiles, etc., il peut devenir très avantageux d’avoir recours à la machine à hydrocarbures qui a une mise en marche immédiate, une conduite facile à la portée du premier venu, n’a pas besoin de ravitaillements d’eau importants, ne fait pas de fumée, ne laisse pas échapper d’escarbilles capables de causer des incendies, et qui peut s’accommoder d’un service, aussi intermittent qu’il soit, sans exiger
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- de vérification de chaudière, de remplacements de joints, etc.
- Le locotracteur construit par MM. Schneider et O a été établi précisément pour satisfaire à un programme de ce genre. Il est destiné à la traction sur les voies de l’usine, qui comportent un tunnel servant de passage au personnel, et dont le débouché se fait sous les fenêtres mêmes de la direction, c’est-à-dire dans des conditions telles, que la fumée et les escarbilles sont des plus gênantes. Il est capable de traîner un train de 160 tonnes au maximum, malgré son gabarit restreint et son poids de 18 tonnes. Il peut développer au démarrage un effort maximum de 3500 kg, et passer dans des courbes de très faible rayon.Monté sur deux essieux distants de 1 m. 60, munis de roues de 3 m. 72, la longueur totale de tampon à tampon, est de 5 m. 80.
- Cette machine comporte un moteur à hydrocarbure du type usuel des automobiles, et une transmission de mouvement tout à fait particulière.
- Le moteur est à 4 cylindres de 140 X 200, donnant 70 chev. à 950 tours; sa construction a été prévue pour lui assurer le meilleur rendement possible et pour faciliter, sans grand démontage, la visite des bulles et même des pistons. L’allumage se fait par magnéto à haute tension, avec avance automatiquement appropriée aux diverses vitesses du moteur.
- Le refroidissement se fait par thermosiphon, mais avec ébullition de l’eau et condensation dans un radiateur situé sur l’abri même du mécanicien, de manière à avoir toujours autour du moteur une enceinte remplie d’eau à 100 degrés, dont la nécessité s’imposait comme nous allons le voir.
- Le moteur a été établi pour pouvoir fonctionner soit au moyen d’un carburant volatil quelconque, essence, benzol, alcool carburé ou autre, soit au moyen de la naphtaline dont la température de fusion est 79 degrés.
- Le principe d’emploi de ce dernier carburant consiste à le fondre au bain-marie à 100 degrés, c’est-à-dire à température constante bien définie, contrairement à ce qui se passe lorsqu’on utilise les gaz de réchauffement.
- Le moteur comprend donc deux carburateurs, l’un pour la marche au benzol, l’autre pour la marche à la naphtaline. On passe de l’un à l’autre en marche, par la simple manœuvre d’un robinet à trois voies.
- Le réservoir à naphtaline est accolé au moteur, la naphtaline fondue est élevée avec excès, par une pompe actionnée par le moteur, dans une cuve à trop-plein qui sert de niveau constant pour le gicleur.
- Cette pompe, qui est bloquée par la naphtaline tant que la fusion n’est pas obtenue, comporte une commande élastique spéciale, et sa tige est munie d’un index, dont la mise en mouvement indique au mécanicien que le piston commence à
- fonctionner, et que la marche à la naphtaline est possible.
- Le moteur est mis en action au benzol, jusqu’à ce que l’eau ait atteint 100 degrés et que la naphtaline soit fondue. On utilise de la naphtaline brute en plateaux, à 80 francs la tonne, et comme la consommation au cheval-heure n’est que de 260 à 280 grammes, le prix du cheval-heure ne dépasse pas tout compris 0 fr. 05, chiffre absolument comparable à celui que l’on réalise avec la locomotive à vapeur.
- Quant à la transmission de mouvement, elle est obtenue au moyen de là transmission aéro-thermique Ilautier, dont les essais se sont poursuivis depuis déjà plusieurs années avec succès. L’ensemble est résumé sur le schéma de la figure 2.
- L’arbre-vilebrequin et l’arbre de transmission principal sont reliés par un différentiel à train épi-eycloïdal, dont la boîte porte extérieurement un engrenage en prise avec l’engrenage d’entraînement d’un compresseur d’air à quatre cylindres.
- Ce compresseur alimente, par simple transvasement immédiat, un moteur à air comprimé, relié lui-même à l’arbre de transmission par un train d’engrenages.
- Les excès de pression du compresseur, en faisant agir une soupape de retenue spéciale, assurent le remplissage d’un réservoir d’air destiné à actionner le sifflet, le frein à air, et la mise en marche automatique du moteur à explosions, système Letombe et Aucoq (La Nature, n° 2080).
- Le fonctionnement de la machine est le suivant : Sur place à l’arrêt, le moteur à explosions étant en action, on agit sur les soupapes du compresseur d’air pour les laisser ouvertes ; l’arbre de transmission restant arrêté, les satellites tournent sur eux-mêmes en forçant le tambour à tourner et; à actionner le compresseur d’air qui ne produit aucun travail puisque ses soupapes restent ouvertes.
- Pour démarrer, on libère les soupapes du compresseur, qui commence à fonctionner et à envoyer de l'air comprimé dans le. moteur à air, en même temps qu’il crée une résistance à la' rotation du tambour du différentiel.
- L’action motrice du pignon, par l’intermédiaire du train épicycloïdal différentiel, se décompose alors en deux couples :
- L’un sur l’arbre, qui tend à actionner le véhicule; l’autre sur le tambour, qui met le compresseur en action.
- Au fur et à mesure que la pression montera, la réaction motrice du compresseur se transmettra par le train épicycloïdal, pour augmenter le couple sur l’arbre ; en même temps le moteur à air donnera un couple moteur qui se transmettra par les engrenages, pour se superposer au couple précédent, et le véhicule démarrera sous l’influence combinée de ces forces.
- En réduisant ensuite peu à peu l’admission du moteur à air, on augmentera la résistance du com-
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- presseur d’air, qui ralentira de vitesse, en provoquant, par réaction du train épicycloïdal, l’accélération progressive de l’arbre de transmission.
- Lorsque finalement l’admission du moteur à air sera complètement fermée, le compresseur calera en arrêtant le tambour, et le mouvement sera assuré par simple transmission directe sans transformation d’énergie, le train différentiel ne fonctionnant plus alors que comme un simple réducteur de vitesse.
- La machine possède un changement de marche, obtenu au moyen d’un baladeur à griffes, qui permet de solidariser avec le faux essieu, l’un ou l’autre de deux engrenages d’angle opposés, en prise avec l’arbre de transmission principal.
- En plus du frein à main, et du frein à air comprimé, on peut réaliser un freinage progressif, en
- tion, cette locomotive constitue une solution originale, tout à fait nouvelle, de locomoteur à explosions. Elle jouit des mêmes qualités de souplesse que la meilleure locomotive à vapeur, sa conduite est des plus simples, elle se réduit au maniement de trois manettes, sans aucune surveillance spéciale. Grâce à l’adoption de la naphtaline à bas prix, elle peut lutter économiquement avec la machine à vapeur, tout en conservant sur cette dernière l’avantage d’être toujours prête à entrer en action immédiatement.
- L’adoption de cette machine se recommande dans toutes les exploitations à trafic modeste, où les interruptions de travail sont importantes, et dans toutes celles où les chances d’incendie sont à’’ craindre. Elle intéresse tout particulièrement l’autorité militaire, pour le service des voies étroites des
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- Fig. 2. — Schéma de la transmission aérothermique Hautier. — M, moteur à explosions; Y, volant; D, mécanisme différentiel; B, engrenage moteur; S, satellites; T, arbre de transmission; E, engrenage commandant le compresseur ; L, lève-soupapes du compresseur ; A, moteur à air comprimé; F, engrenages commandant l’arbre T; G., changement de marche; P, faux essieu; R, réservoir d’air de réserve pour les fonctions accessoires; S, mise en marche automatique Letombe; Y, sifflet; X, Frein à air comprimé.
- faisant fonctionner le moteur à air comme-compresseur, par simple renversement de la distribution.
- La transformation d’énergie dans l’appareil Hautier s’effectue dans d’excellentes conditions de rendement, parce que l’air est transvasé, sans relais du compresseur dans le moteur à air, et que les pertes de chaleur sont réduites ainsi au minimum.
- Cette transformation n’intéresse d’ailleurs qu’une fraction de moins en moins importante de l’énergie fournie par le moteur à explosions, fraction qui devient nulle en palier, et sur les parcours faciles.
- En fait, le rendement mécanique varie depuis 65 pour 100 au moment du début du démarrage jusqu’à 90 pour 100 dans la marche en palier.
- Ainsi qu’on peut le voir par cette rapide descrip-
- places de guerre, en remplacement des machines à vapeur actuellement en usage.
- Ces dernières machines, dont l’entretien est difficile en temps de paix, exigent une installation complexe de ravitaillement en eau, des visites ou réparations de chaudière fréquentes, un tracé de ligne assez compliqué pour défiler même le panache de fumée aux vues de l’ennemi, et ne pas risquer de déceler les divers emplacements des batteries ou des magasins.
- Le locotracteur à naphtaline pourra même s’approcher sans danger des magasins à poudre, et on pourra prévoir très facilement, dès le temps de paix, les approvisionnements importants de combustible nécessaires pour le fonctionnement des machines pendant plusieurs mois, car les approvisionnements en naphtaline sont aussi faciles à emmagasiner et à conserver que des stocks de charbon.
- T). Renaud. -
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- LA NOUVELLE EXPLORATION ANTARCTIQUE ALLEMANDE
- Tandis qu’Amundsen conquérait le Pôle Sud et que Scott, après avoir atteint a son tour le but suprême, trouvait une mort héroïque sur la Grande Barrière, une expédition allemande commandée par le lieutenant Filchner accomplissait, dans une autre région de F Antarctique, une exploration qui, sans avoir acquis des résultats aussi sensationnels, n’en mérite pas moins de retenir l’attention. Au prix de très grosses difficultés, elle rapporte, en effet, des renseignements importants sur la configuration de la mer de Wed-dell.
- L’extension de cette mer vers le sud constituait un des plus intéressants p r o -blêmes que présente l’Antarcti-que. Comme le montre la fig. 1, entre la terre de Graham, c’est-à-dire entre le complexe continental situé au sud de l’Amérique et que nous ont révélé Dumont d’Urville, de Gerlache, Nor-denskjôld et Charcot, et la terre Goats, s’ouvre une large expansion océanique. En 1825, le chasseur dé phoques anglais Weddell y avait atteint le 74°15' latitude sud. Du point où il avait rebroussé chemin, aucune apparence de terre n était visible, et la mer libre s’étendait à perte de vue dans le sud. Cette constatation et l’orientation des côtes Coats et Graham avaient conduit à penser que la mer de Weddell se prolongeait très loin vers le pôle. On avait même émis l’opinion qu’elle coupait de part en part le continent antarctique et communiquait avec la mer de Ross. Contrôler cette hypothèse, et installer sur la terre Coats une escouade qui tenterait de traverser le continent antarctique pour aboutir à la terre Victoria, tel était le programme élaboré par le lieutenant Filchner qui s’était déjà
- fait connaître par une remarquable expédition au Tibet.
- Le 11 décembre 1911, à bord du navireDeutschland et avec un nombreux personnel scienlifique, cet explorateur quittait la Géorgie du sud, en route pour le Sud.
- Sept jours plus tard, par 61°2' de latitude et 51°o7' de longitude ouest, il se heurtait à une banquise très épaisse. Résolument on pousse le navire
- dans la glace, et dès lors pendant trente-neuf jours c’est une lutte acharnée. Tellement épais sont les champs qui enserrent le Deut schtand qu’en quatorze jours, du 17 au 31 décembre, il ne réussit à gagner que 51 milles, et que du 6 au 10 janvier 1912 il demeure complètement arrêté. Après s’être frayé un passage pas à pas à travers la banquise pendant 500 kilomètres, l’expédition atteignait enfin des eaux relativement navigables au delà du 65047' de latitude et durant quatre jours ensuite pouvait faire bonne route vers le sud.
- Ainsi que le montre l’expérience de Filchner, l’accès de la mer de Weddell se trouve, comme celui de la mer de Ross, défendu à une latitude relativement septentrionale par une très puissante masse de glaces flottantes, derrière laquelle se rencontre une zone relativement libre.
- Plus au sud, par 70°47' de latitude, les Allemands furent de nouveau arrêtés par un pack. Pour le doubler, ils vinrent dans l’est et dans le sud-est, puis, sur ces entrefaites, soudain, le 24 janvier 1912, la glace s’ouvrit et la marche vers le sud put être reprise. Six jours plus tard, sous le 76°48/ de latitude, une terre inconnue était en vue à laquelle
- CEORCIE SUD
- 'fin de la dérive
- \Dcbul; Weddell 20.11.18X2^
- /
- CHARCOT
- Tf/IRE uo
- WCE RECENT LUtTPOLO
- Fig. i. — Carie de la partie de VAntarctique explorée par l’expédition du lieutenant Filchner. La ligne pointillèe trace la route du Deutschland. (D’après le Bulletin de la Société de Géographie de Berlin.)
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- NOUVELLE EXPLORATION ANTARCTIQUE ALLEMANDE ———: 421
- fut donné le nom du prince régent de Bavière Luitpold.
- Depuis quelque temps, d’ailleurs, les explorateurs avaient été prévenus de l’approche d’une côte par les sondages. Après avoir rencontré au sud du 60° de latitude des fosses de 3000 à 5000 mètres, sous le 74° parallèle ils avaient observé un brusque relèvement des fonds; les brassiages n’étaient plus que de 1500 mètres, et à quelques milles plus loin, de 600 à 700 mètres. Evidemment on se trouvait au-dessus d’un plateau continental.
- Suivant la côte vers le sud-ouest, l’expédition arrivait finalement par 77°48' de latitude dans une baie, la baie Vahsel, ouverte entre la côte et un embâcle d'icebergs et d’autres glaces moins élevées (fig. 3).
- La terre Luitpold est entièrement recouverte d’un puissant inlandsis, qui se termine sur la mer par une falaise de 20 à 30 mètres de haut. Dans l’alignement de la baie trois nu-nataks (*) seulement ont été aperçus au-dessus de cette coupole de glace. De ce côté, le continent antarctique atteint une hauteur de 800 à 1000 mètres, en même temps, comme le montre la figure 2, son relief fait un coude vers le sud. Le lieutenant Filchner a reconnu de loin l’extension de ce bombardement du sol jusque vers le 79° de latitude. A l’ouest de Y inlandsis s’étend une « barrière » qui a été longée sur une distance de 150 kilomètres, et qui présente la plus grande analogie avec celle de Ross. Sa muraille terminale, élevée de 10 à 25 mètres, flotte; dans son voisinage immédiat on a sondé 500 à 700 mètres. A l’est, cet énorme appareil se trouve précédé par une nappe de glace également flottante, composée à'icebergs et de glaçons de 8 à 50 mètres de haut, morcelée et séparée de la « barrière » par des canaux congelés au moment du séjour du Deutschland. Cet agrégat glaciaire paraît offrir une grande ressemblance avec celui observé par le professeur E. von Drygalski en avant de Yinlandsis qui
- 1. Terme emprunté à la langue grônlandaise pour désigner les affleurements rocheux qui s’élèvent au-dessus des glaciers polaires et qui est adopté aujourd’hui dans le vocabulaire géographique.
- occupe la terre de l’Empereur Guillaume II et à laquelle il a donné le nom de Schelfeis (glace du plateau continental).
- Comme presque toutes les côtes antarctiques, celle devant laquelle se trouvait le lieutenant Filchner présentait des conditions très défavorables au débarquement et à l’établissement d’une station à terre. Il ne pouvait être question d’installer lès quartiers d’hiver sur Y inlandsis, en raison des difficultés qu’on éprouverait à hisser le matériel au sommet de cette falaise, et des périls que le navire courrait au pied de cet escarpement de glace. Les mêmes dangers interdisaient un débarquement sur la « barrière ». Dans ces conditions l’érection de la station fut décidée sur la nappe de glace flottante formant la rive occidentale de la baie Yahsel. A coup sûr, les hiverneurs s’y trouveraient dans une
- situation singulièrement aventurée, mais nécessité fait loi.
- Le 18 février, après douze jours de travail, la cabane destinée à abriter l’expédition était presque achevée, lorsque le glaçon sur lequel elle reposait se disloqua et commença à dériver vers le nord. A grand peine on put sauver le matériel débarqué. Après cet accident,lelieutenant Filchner ne perdit pas courage, et, malgré les dangers auxquels les glaces exposaient son navire, il demeura dans la baie, afin de rechercher un nouvel emplacement pour la station. Malheureusement, toutes ses reconnaissances demeurèrent infructueuses. Pendant ce temps, le court été antarctique avait pris fin ; déjà de la « jeune glace » capable de supporter le poids d’un homme se formait entre les blocs disjoints; pour échapper à l’emprisonnement force fut donc à l’expédition d’abandonner la baie Yahsel. Après s’être, à grand’peine, frayé un passage, le Deutschland fut définitivement arrêté et bloqué sous le 73°43' de latitude (fig. 4). Dès lors pendant de longs mois ce fut la lente dérive avec la banquise, à laquelle le bâtiment demeurait rivé. La figure 1 montre que le navire s’est déplacé d’abord dans l’ouest-nord-ouest jusqu’au 72e parallèle qu’il a franchi le 7 mai 1912, puis dans le nord jusqu’au début d’octobre et finalement dans le nord-est. Dans l’Antarctique, une seule fois auparavant un navire
- 3ûO environ
- Canaux
- congelés.
- Nappe de glace flottante composée d’icebergs et de glaçons de 8 à 30 mètres de haut.
- Fig. 2. — Carie de la Terre du Prince Régent Luitpold et de la < barrière » adjacente. (D’après le Bulletin de la Société de Géographie de Berlin.)
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- d’exploration était ainsi demeuré tout un hiver dans la banquise. En 1898 la Belgica fut prise par les glaces dans l’océan Pacifique et y resta captive douze mois. Si l’expédition belge a été soumise à de violentes pressions, mais sans grave conséquence pour la sûreté de son navire, le Deutsch-land n’a pas été exposé à ce danger. La relation publiée par le Bulletin de la Société de Géographie de Berlin (I, 1913), auquel nous empruntons ces renseignements, ne mentionne qu’une seule dislocation violente de la banquise pendant l’hivernage du lieutenant Filchner. Dans l’Arctique des navires emprisonnés dans les mêmes conditions eussent certainement été mis à mal. De l’expérience des expéditions belge et allemande il semble donc résulter que les pâcks antarctiques ne sont pas soumis à des convulsions aussi redoutables que ceux de l’hémisphère boréal.
- Cette circonstance s’explique par la ' configuration différente des deux calottes polaires. Dans le nord les banquises se trouvant de tous côtés comprimées par des terres se brisent et- leurs fragments s’em-; pilent les uns pardessus les autres, lorsqu’ils sont chassés contre ces obstacles, tandis que, le continent antarctique se trouvant enveloppé par un immense océan, la large ceinture de glaces flottantes qui l’entoure peut, au gré des vents,
- s’épancher et se détendre librement, sans rencontrer aucune résistance.
- Seulement le 26 novembre 1912, après plus de huit mois de détention, le Deutschîand réussit à se
- dégager ; trois semaines plus tard il ralliait la Nouvelle-Géorgie.
- L’expédition du lieutenant Filchner a eu ce résultat très important de combler un large blanc de la carte. Désormais il devient possible de tracer les contours du continent antarctique dans une région du versant atlantique où ils étaient jusqu’ici complètement inconnus, ainsi que les limites approximatives de la mer de Weddell. Loin de découper la calotte polaire australe de part en part, cette mer dessine simplement une large échancrure entre les terres Coats et Luitpold à
- l’est, et la terre de Grabam à l’ouest ; la limite méridionale ne doit guère dépasser le 78e degré de latitude. Peut-être seulement envoi t-elle vers le sud-ouest des canaux qui isoleraient la terre de Graham du reste du continent.
- C’est ainsi qu’à côté des raids sensationnels qui passionnent le grand public et qui ont plutôt un caractère sportif, des expéditions moins retentissantes acquièrent des résultats plus importants au point de vue purement géographique et scientifique, comme le prouve l’entreprise du lieutenant Filchner.
- Charles Rabot.
- Fig. 3. — La Terre du Prince Régent Luitpold.
- Vue prise dans la baie Vahsel. (Photographie de l’expédition du lieutenant Filchner.)
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- LA PLUS PUISSANTE USINE HYDROELECTRIQUE DU MONDE
- Les plus puissantes usines de houille blanche I usine dont la construction s’achève en ce moment actuellement en activité sont, sans doute, les éta- | sur le Mississipi à Keokuk, dans l’état d’Iowa.
- Fig. i. — L'usine hydroélectrique de Keokuk et l'écluse du canal de navigation après l'achèvement des travaux (d’après la maquette du projet).
- Fig. 3. — Le barrage du Mississipi à Keokuk (i3o5 m. de long).
- blissements du Niagara et le groupe d’usines norvégiennes créées sur les chutes de Rjukan pour fixer l’azote de l’air. Les unes et les autres seront détrônées, en juillet prochain, par la gigantesque
- La puissance, empruntée aux Rapides des Moines, ne sera pas inférieure à 500000 chevaux. Le Mississipi River Power C°, qui a assumé l’initiative de cette formidable entreprise, se propose de dis-
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- 424 LA PLUS PUISSANTE USINE HYDROÉLECTRIQUE DU MONDE
- tribuer la force motrice, ainsi captée, dans une zone de 250 kilomètres de rayon autour de l’usine génératrice. L’un de ses plus gros clients sera la grande ville dé Saint-Louis, distante de 220 kilomètres, qui a déjà passé un contrat pour 60000 chevaux.
- Ce qui caractérise la nouvelle usine de Keokulc, c'est que la chute utilisée est de faible hauteur, 9 m. 76 en moyenne. C’est dire que les eaux qui devront traverser les turbines pour fournir la puissance de 500 000 chevaux auront un débit gigantesque. C’est dire, également, que les travaux d’établissement dépassent de loin en envergure tout ce qui a été fait jusqu’ici dans cet ordre d’idées, et qu’ils ne seront pas égalés de longtemps. On ne peut
- qui circulent sur le fleuve. L’écluse dépasse par ses dimensions toutes celles du canal de Panama. A cette partie du travail, il faut ajouter une grande cale sèche pour les réparations des bateaux.
- Le barrage est installé au bas de la chute des Moines. Il donne lieu à une chute de 10 à 11 mètres. En arrière de lui se formera un lac de près de 260 kilomètres carrés et de 96 kilomètres de long.
- Au point de vue construction, c’est un barrage déversoir à profil parabolique, en ciment armé. Sa crête est surmontée de 119 vannes de décharge qui permettront d’utiliser une surélévation de niveau et qui, par temps de crue, seront ouvertes en nombre suffisant. La coulée du ciment s’est effectuée dans des moules en acier remplaçant les moules en bois
- Fig. 4. — L’usine et l’écluse en construction.
- v
- comparer le barrage construit à travers le Missis-sipi qu’au grand barrage d’Assouan, sur le Nil.
- A l’endroit de l’emplacement de l’usine de Keo-kuk, la largeur du fleuve est de 1600 mètres, et sa profondeur moyenne de 2 m. 14. Il débite 566 mètres cubes par seconde en basses eaux, et 10 500 mètres cubes en temps de crues.
- L’œuvre comprend trois parties essentielles : 1° un grand barrage en maçonnerie, de 1505 mètres de long, s’appuyant à la rive gauche du fleuve, d’une part, et d’autre part à l’usine; 2° l’usine génératrice, construite en plein fleuve, parallèlement à la rive, donc perpendiculairement au barrage;'elle s’étend sur'une longueur de 524 mètres; 3° une écluse située le long de la rive droite du fleuve, et ayant pour but d’assurer une traversée facile des rapides aux nombreuses embarcations
- généralement utilisés en semblable occurrence. Quand le ciment a fait prise, on enlève les moules pour les replacer plus loin. Le moule métallique tout d’une pièce permet d’effectuer cette opération avec le maximum de rapidité.
- L’usine génératrice construite à l’extrémité du barrage se développe parallèlement à la rive du fleuve sur 526 m. de long, et 57 m. 50 de large. Elle est assise sur de solides fondations poussées! à 7 m. 50 au-dessous du lit rocheux du fleuve. Elle contiendra 30 turbines à axe vertical, mettant en mouvement autant de générateurs électriques. Ces turbines comptent parmi les plus puissantes unités actuellement en construction dans le monde entier. Au-dessus de la salle des turbines, à 13 m. 70 au-dessus du lit de la rivière, se trouvent la salle des machines contenant 50 alternateurs et la salle des
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- transformateurs.
- L’étage supérieur contient l’a p p a r e i 11 a g e électrique. Les alternateurs produiront du courant alternatif triphasé de 25 périodes sous tension de 10 000 volts. Les transformateurs porteront celte tension à 110 000 volts, ce qui permettra la distribution de l’énergie dans un rayon de 250 km.
- On aura une idée de l’importance des travaux exécutés pour 1 usine de Keokuk, lorsque l’on saura qu’il a fallu construire une voie ferrée de 24 km, pourvue de 16 locomotives et de 142 wagons, qu’il a fallu installer 44 chaudières à vapeur, alimentant des machines d’une puissance totale de 5755 chevaux-vapeur, que l’on a posé 80 km de tuyauteries, établi des pompes d’une capacité de 125 000 litres à la minute.
- Une somme de 5 millions de francs fut consacrée aux seuls travaux d’organisation et de mise en chantier.
- Les travaux ne s’achevèrent pas sans quelques incidents sérieux : les plus graves furent les violentes attaques du fleuve au cours de l’hiver 1912.
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- |ce fut tout d’a-fbord, au mois de [mars, un formi-[dable assaut de ' glaces charriées | par le fleuve. Les ! batardeaux heu-[ reusement résis-| tèrent victorieusement. Au mois i d’avril suivant, tle Mississipi eut ! une crue considérable,la plus forte constatée depuis 70 ans. Dans la nuit du 2 avril, les eaux déjà hautes, montè-1 rent à nouveau subitement et rapidement. Un violent cyclone se produisit en même temps. Des vagues gigantesques montaient à l’assaut des ouvrages et les directeurs de l’entreprise purent craindre de voir balayer eh une nuit tout le travail de 2 ans. Mais l’on avait prévu cette bataille, et la lutte était organisée. Les wagons chargés de 5000 sacs de ciment étaient tenus "prêts à être déchargés sur les points où l’attaque du fleuve causerait le plus de crainte. Aussi, dès que l’alarme fut donnée, en pleine nuit, et malgré la tempête, les sacs furent aus'silôt jetés sur tous les points menacés ; les barrages ainsi brusquement surélevés résistèrent victorieusement aux eaux déchaînées; et les travaux exécutés sous leur protection n’eurent pas à souffrir(1). R. Yijllers.'
- LEj’CANON D’OPPEDETTE (VAUCLUSE)
- Fig. 5. — Le montage des alternateurs. Ceux-ci seront au nombre de 3o.
- LE CANON D’OPPEDETTE (VAUCLUSE ET BASSES-ALPES)
- Dans la Montagne (Revue du Club alpin français) de mars 1912, M. Alph. Callot, professeur à Marseille, a publié une intéressante étude détaillée sur une gorge inédite entaillant la base des plateaux de Vaucluse; avec l’aide des photographies qu’il nous a gracieusement remises, nous la résumerons brièvement.
- Juste à la limite des deux départements des Basses-Alpes et de Vaucluse, entre Forcalquier et Apt, cette gorge est parcourue par le Cou-Ion, Caulon ou Calavon,
- curieuse rivière à demi disparition, au sud de la
- Fig. i. — Situation du canon d'Oppedelte.
- souterraine et en voie de zone à abîmes des plateaux de Banon à Saint-Chris-tol (2) (V. fig. 1). Au voisinage de la Durance, le débit du Calavon varie de 500 lit. en bas étiage à 740000 lit. en grandes crues !
- Les gorges (ou Canon)
- 1. Cet article était écrit quand sc produisit la récente et désastreuse crue du Mississipi qui dépassa encore celle de 1912. L’usine de Keokuk semble avoir auss bien résisté en 1915 qu’en 1912.
- 2. V. E--A. Martel : Les Abîmes, 1894, eliap. n.
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- portion de l’eau; en tous temps de grandes marmites dites Unes conservent d à 2 m. de cette eau, à l’abri de l’évaporation. Des plaques de limon (appelé nite) restent toujours humides au point qu’on pourrait s’y enliser dangereusement.
- C’est au début d’août qu’il est le plus sûr d’effectuer la visite, dont M. Callot a minutieusement décrit les procédés et les difficultés, avec Op-pedette pour point de départ. Les contours de diverses flaques d’eau et de plusieurs à pic infranchissables sont longs et malaisés (fig. 5 et 5).
- En descendant par le Pas de la Cheville (assez scabreux) on accède à
- Fig. 2. — Entrée du canon sous Oppedette.
- d’Oppedette ont 2 km 1 /2 de longueur et sont encaissées entre des murailles atteignant de -40 à 120 m. d’élévation'; leur écartement arrive à n’être, par places, que de 20 m. au sommet et de 1 m. en bas. Les plus grandes crues y atteignent 4 m. de hauteur, les crues habituelles 1 m. 50; elles sont, si brusques qu’elles surprendraient (comme à Daluis) (Voy. n° 1855.) les visiteurs imprudemment engagés dans le parcours à la suite d’une forte pluie ; mais elles durent peu, car l’écoulement est rapide et les cailloux du lit (*) absorbent une
- Fig. 3. — Etroit de la 2e Tine.
- un point où le fond du canon fait voir 4 petites grottes, une source et un resserrement de 0 m. 50. Par le Pas du Charbonnier (plus commode) on va voir « les Tines », chapelet de 6 marmites de géants, longues en tout de 25 m., fort compliquées à contourner. Quatre ont toujours de l’eau à 1 m. 50 ; au-dessus de la sixième une arche naturelle a été évidée dans la roche en place (fig. 5). D’autres roches percées se voient aussi sur la rive gauche, à l’issue du canon.
- Après ce résumé trop succinct du travail de M. Callot, il faut remarquer que le canon d’Oppedette est simi-
- Fig. 4. — Vue plongeante prise entre le Pas de la Cheville et le Pas du Charbonnier.
- i. Sans doute même aussi les fissures du sous-sol.
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- laire des ravines (décrites ici même) de la Nesque (Voy. n° 1541), de Régalon (Yoy. n° 1409) (précisément dansla région de Vaucluse et à peu de distance du Galavon), des Arcs (Voy. n° 854) (Hérault), du Saison à Saint-Engràce (Voy. n°1861) ; comme elles, il entre dans la catégorie des petits canons calcaires inachevés, dont le creusement s’est arrêté,
- senti à le faire jusqu’ici),les régions à calcaires fissurés. En l’espèce on paraît s’être méfié de ce risque, car M. Cal-lot indique que, à la grande satisfaction des touristes, on n’a pas encore exécuté le projet, conçu depuis cinquante ans, de barrer le Canon d’Oppedel-te pour en faire un bassin de retenue, « soit par-« ce que les dé-« penses seraient
- parce que le sous-sol fissuré provoque la fuite d’une grande part des eaux de ruissellement ; il est intéressant de multiplier les exemples de ce genre de phénomènes, de façon qu’on se résigne à ne plus le considérer comme exceptionnel, et à tenir pour dangereuses, au point de vue des travaux publics (et beaucoup plus qu’on n’a con-
- Fig. 5. — En haut.
- Arche naturelle de la 6e Tine.
- Fig. 6. — Au milieu à gauche.
- Fond du cafion.
- « trop élevées pour les « communes intéressées, « soit parce que l’étan-« chéité en tous points « n’est pas certaine ». Les accidents naturels signalés dans le canon établissent surabondamment que cette étanchéité est plus que douteuse.
- Un autre rapprochement est curieux à faire. Outre l’arcade du fond à la 6e Tine, il y a une ar-
- Fig. 7. — Au milieu
- à droite. Arche du Pas : de la Cheville.
- Fig. 8. —En bas. Arche de l'Aven du Caslor (à 822 ni.phot. Martel, 1899).
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- 428 === MACHINES A TEINDRE LES FILS EN INDIGO
- che naturelle (Pig. 7) au sommet des falaises du Pas de la Cheville, à 120 m. au-dessus du thalweg; elle est identiquement pareille à une arcade que j’ai trouvée en 1899 à l’entrée du grand aven (entonnoir plutôt) du Castor sur les plateaux de Vaucluse, près de Saint-Christol, mais à 822 m. d’altitude (fig. 8).
- En haut comme en bas de ces falaises, c’est donc bien l’eau courante qui, par érosion surtout mécanique, a donné naissance à ces percées toutes de même aspect et de même origine, malgré leur situation topographique actuelle si dissemblable.
- E.-À. Martel.
- MACHINES A TEINDRE LES FILS EN INDIGO
- Dans toutes les industries modernes, on s’est ingénié à réduire au minimum la dépense de main-d’œuvre. Non seulement on produit toujours ainsi une économie notable, mais le travail est plus régulier, la surveillance peut être diminuée, l’ouvrier conducteur de quelque puissante machine à grande production aura moins de mal et sera payé davantage. Néanmoins, il existe encore quantité d’opérations industrielles pour lesquelles on n’a pu jusqu’alors, malgré maintes tentatives, substituer la confection mécanique du travail humain : les traitements à effectuer étaient à la fois trop compliqués et de conduite forcément trop irrégulière.
- Mais- un jour ou l’autre ces difficultés sont vaincues et l’ingéniosité des inventeurs crée quelque appareil satisfaisant aux desiderata les plus imprévus et les plus divers.
- C’est ainsi que pour la teinture des écheveaux en indigo, il n’existait guère jusqu’à présent de machine à teindre bien pratique. On sait, en effet, que l’indigo est insoluble dans l’eau ; on ne peut le faire entrer dans la composition des bains de teinture qu’à l’état de « leucodérivé » réduit, ou indigo blanc. Les « cuves » ou bains dans lesquels on teint en indigo sont en conséquence composées d’eau tenant en dissolution des substances fortement réductrices, lesquelles peuvent d’ailleurs différer beaucoup : c’est ainsi que les teinturiers orientaux qui surent les premiers utiliser l’indigo employaient des
- liquides sucrés en fermentation; depuis quelques années, on emploie maintenant généralement les hydrosulfites, réducteurs bien plus puissants et
- commodes. Les écheveaux à teindre, préalablement « décreusés )) par ébullition dans des solutions de soude, sont plongés dans la cuve : ils s’y imprègnent delà dissolution d’indigo blanc. On les sort aussitôt en exprimant et on les expose à l’air : il y a oxydation et l’indigo s’in-solubilise en deve-' nant bleu. C’est cette particularité qui fait la solidité au lavage des teintes obtenues : comme le pigment est insoluble et formé dans la masse même des fils, il y adhère parfaitement. Pour avoir des teintes plus foncées, plus « corsées », on n’opère pas avec des « cuves » plus concentrées, mais onre-passeplusieursfoisl’é-cheveau dans le bain, en laissant oxyder après chaque immersion (on donne ainsi jusqu’à huit passages pour l’obtention de bleus noirs).
- Dans de telles conditions, il est impossible.d’employer sur les cuves à l’indigo les machines usuelles à teindre ; en « lissant » à l’air les écheveaux plongeant dans le bain, on provoque une oxydation irrégulière de l’indigo ; d’autre part, si l’on met le liquide en mouvement et non le fil, le bain lui-même s’oxyde et son indigo précipite. Ajoutons qu’enfin, pour obtenir une grande production,, la marche d’un appareil doit être oontinue, le séjour des fils dans le bain étant assez long. Tout cela était si difficile à réaliser que, pratiquement, on continuait à teindre
- Fig. i. — Appareil Regordosa.
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- MACHINES A TEINDRE LES FILS EN INDIGO ============ 429
- Fig. 2. — Appareil Jomandreu. Vue de côté.
- à la main les écheveaux en indigo; comme la façon du travail était fort coûteuse, on teignait les fds bon marché avec d’autres matières colorantes de moins bonne qualité mais d’application plus facile.
- Il n’en sera plus de même désormais. Au cours de ces précédentes années, deux techniciens espagnols imaginèrent presque simultanément des machines à teindre spécialement destinées au traitement des écheveaux dans les « cuves )) d’indigo, et leurs appareils, maintenant employés dans divers pays, donnent, d’excellents résultats et produisent une très forte économie de main-d’œuvre. En principe, les machines nouvelles assurent une assez longue
- immersion dans le bain où les écheveaux sont remués sans dépasser la surface du liquide; les fils, toujours placés sur la même garniture, sont ensuite sortis du bain, exprimés, puis promenés lentement à l’air avec agitation, de façon à assurer la parfaite oxydation de l’indigo. L’appareil Regordosa se distingue par sa facilité de pose sur n’importe quel récipient; les écheveaux y sont promenés à l’air le long de montants vert icaux (fig. 1 ). Dans le dispositif Jomandreu, au contraire (fig. 2), qui nécessite l’emploi d’une cuve spéciale, le parcours aérien est horizontal. Etant donné l’étroite analogie entre les systèmes rivaux, nous ne décrirons en détail que la machine Jomandreu qui paraît donner pratiquement de meilleurs résultats.
- L’appareil est extrêmement simple. Il se compose d’une cuve entièrement close (sauf deux rainures pour l’entrée et la sortie des écheveaux), qui reçoit le bain de teinture et dans laquelle plongent successivement des barres métalliques portant les écheveaux. Ces barres sont portées par deux chaînes sans fin ; elles s’y accrochent presque automatiquement, guidées par les chaînes de telle sorte que, pendant le trajet dans le bain de teinture, l’angle qu’elles forment avec la verticale se modifie graduellement (fig. 4). Les écheveaux sont ainsi alternativement repliés sur eux-mêmes et élargis, ce qui favorise la pénétration du bain de teinture.
- La régularité de la teinture est obtenue, non par l’agitation des écheveaux, mais par la variation de leur position sur les
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- LA LEVURE SÈCHE
- barres plates. Dans ce mouvement lent, toutes leurs parties viennent se présenter à l’action du bain, sans que l’on introduise d’air dans ce dernier. Pendant leur passage dans la cuve, les écheveaux sont complètement immergés ; aucune oxydation ne peut donc avoir lieu qu’après leur sortie de la cuve. Un système de roues dentées (fig. 2) oblige les chaînes, les barres et les écheveaux à un parcours sinueux qui augmente la durée d’immersion et produit un mouvement de balancement très favorable à la régularité de la teinture.
- Une fois imprégnés d’indigo blanc, les écheveaux sont essorés entre deux rouleaux de caoutchouc; puis ils sont promenés horizontalement à l’air libre (fig. 2). La matière colorante s’oxyde, de sorte qu’on peut finalement enlever les barres (fig. 5).
- Deux jeunes gens suffisent à alimenter l’appareil, l’un plaçant, près de l’entrée dans le bain, les bâtons chargés de coton blanc, l’autre enlevant les écheveaux teints qui descendent après leur parcours aérien. Le fonctionnement est donc absolument automatique et continu ; en raison de la régularité des opérations et de la façon parfaite avec laquelle on peut les régler, on obtient de la sorte, à dépense égale en indigo et à nombre égal de passages, des teintes plus régulières et plus intenses.
- Quant à l’économie de main-d’œuvre, elle peut être calculée par le fait que deux ouvriers teignent, sans fatigue, avec des machines de type moyen, 4 à 5000 kg de coton par jour, ce qui ne peut se faire sans machine qu’avec plus d’une douzaine d’ouvriers.
- L’invention sera d’autant mieux accueillie dans les milieux industriels que se répand davantage l’emploi des couleurs « de cuve », c’est-à-dire se teignant comme l’indigo, à l’état de leu codérivé dans un milieu réducteur, puis insolubilisé sur la fibre par oxydation aérienne. On sait, en effet, que depuis quelque dix ans, à l’indigo naturel de l’Inde est substituée de plus en plus l’indigotine synthétique des usines allemandes ; le nouveau produit, qui n’a évincé son concurrent que par ses propriétés supérieures de bon marché et de pureté, a donné une extension considérable à la teinture en indigo. En outre, non contents d’avoir fait aussi bien que la Nature, les chimistes organiciens firent mieux : des procédés, analogues en principe à ceux qu’ils imaginèrent pour préparer l’indigo synthétique, leur permirent d’obtenir d’autres couleurs de cuves (dérivés thioindigo, colorants d’anthracène et d’anthra-quinone).
- Toutes ces matières colorantes sont, comme leur prototype, très solides, mais elles offrent une riche variété de teintes allant du rouge au jaune et du brun au vert. On en fait grand emploi pour teindre en nuances « grand teint » et les étoffes de laine et les cotonnades, ce dont le consommateur ne manquera pas d’être heureux, qui pâtit trop souvent de la fugacité des couleurs d’aniline seules connues autrefois. Aussi est-il heureux de constater que les progrès de la chimie sont suivis et complétés des perfectionnements de l’appareillage. A. Chaplet.
- Fig. 4 — Appareil Jomandreu. Schéma de circulation des écheveaux.
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- il.
- LA LEVURE SÈCHE DANS L’ALIMENTATION ET LA MÉDECINE DE L’HOMME
- ET DES ANIMAUX
- Depuis quelques années, on cherche à utiliser la levure résiduelle dont l’écoulement est toujours très difficile pour les brasseries, bien qu’il en existe plusieurs modes d’utilisation tant au point de vue alimentaire que thérapeutique et industriel.
- L’alimentation réunit le plus grand nombre de procédés ‘ qui, généralement, ont pour objet la préparation d’extraits de levure dont la composition se rapproche beaucoup de celle de l’extrait de viande. Je rappellerai seulement les méthodes de Wahl et Ilénius, Peters, Goodfellow, O’Sullivan, Dormeyer et Rucforth qui, tout en procédant différemment, parviennent à épuiser la levure de ses éléments nutritifs et à constituer de bons produits, mais d’un usage encore peu répandu. Toutefois, la transformation de la levure humide en ces extraits exige de nombreuses manipulations et un matériel qui en élèvent le prix, tandis que l’obtention de la levure sèche ne demande que des appareils à dessécher.
- L’utilisation de ce genre de levure remonte déjà à plusieurs années en Allemagne où, sur l’initiative du Professeur Delbrück, l’Institut des fermentations de Berlin a établi deux concours relatifs, l’un aux sécheurs, l’autre aux divers genres d’emplois de la levure sèche dans l’alimentation de l’homme et des animaux. Depuis 1910, l’attention s’est portée davantage sur ce produit et, récemment, M. F. Hayduck a publié dans la Tageszei-tung fur Brauerei, sur l’organisation du séchage de la levure, en vue d’en faire une véritable industrie, un article très intéressant dont voici un résumé succinct.
- Etat actuel.—En 1910, il n’existait que 5 appareils à dessécher en fonctionnement et les 100 kilogrammes de levure sèche coûtaient 16 marks (20 francs); l’an dernier, il y en avait 20 en marche et le même poids du produit s’élevait à 21 marks (26 fr. 25) ; une brasserie de Vienne l’avait même porté à 50 couronnes (51 fr. 85). Ces faits indiquent que l’industrie du séchage de la
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- ACADÉMIE DES SCIENCES ...- 431
- levure est en pleine marche, et que les brasseries peuvent se créer un débouché pour tout l’excédent de leur levure à un prix rémunérateur, sous la condition que la production et la vente soient organisées.
- Production. — Elle peut avoir lieu de deux façons, soit dans les brasseries mêmes au moyen d’appareils dessiccateurs, soit dans des sécheries centrales travaillant la levure des brasseries situées dans leur voisinage.
- Dans chaque brasserie. — Le concours institué en 1910 par l’Institut des fermentations de Berlin entre 5 appareils sécheurs a montré qu’au prix de 16 marks les 100 kg de levure sèche, celui de l’hectolitre de levure en pâte ressortait entre 0 mark 80 et 1 mark 50 (1 franc et 1 fr. 87). Mais la fixation de ce prix dépend moins du genre de l’appareil que de son rendement : plus grande est la surface desséchante, plus faible est le prix de revient. Si l’on admet que les 100 kg de levure sèche soient payés 50 marks (57 fr. 50) comme la poudre de viande, c’est-à-dire que, défalcation faite du rabais consenti aux revendeurs, ce prix tombe à 22 marks 50 (28 fr. 12), pour le fabricant, l’hectolitre de levure humide produirait entre 1 mark 80 et 2 marks 50 (2 fr. 25 et 5 fr. 12).
- Il s’ensuit, d’après l’auteur, que toute brasserie, qui réunit, par jour, un hectolitre de levure résiduelle pâteuse, peut installer sans aucun risque un appareil dessiccateur.
- Dans les sécheries centrales. — Mais comme la plupart des brasseries ne disposent pas de la place nécessaire pour l’installation d’un appareil, le plus simple est de recourir dans les milieux usiniers à une sécherie centrale qui travaillerait les levures résiduelles des brasseries placées dans son rayon. Les différents essais qui ont eu lieu montrent que le prix de revient est en raison inverse de la surface des appareils, et que, si l’on en emploie de grands au lieu de petits, l’on fait une économie de 1 mark (1 fr. 25) par hectolitre de levure soumise à ce traitement. Dans tous les cas, l’organisation d’une sécherie centrale permet de couvrir largement les frais de transport de la levure par les économies provenant de l’emploi de grands appareils.
- Vente de la levure. — Elle a lieu très différemment jusqu’ici : tantôt par l’envoi direct aux consommateurs, tantôt en recourant à l’intermédiaire de détaillants ou à celui de marchands en gros. Il en résulte, naturellement, une différence notable dans les prix payés au producteur, différences qu’influencent encore la connaissance de la valeur du produit et ses frais d’envoi à domicile. Aussi l’organisation de la vente est-elle très désirable dans l’intérêt bien compris du développement ultérieur
- de cette nouvelle industrie. Et la meilleure forme qu’elle pourrait prendre serait celle d’un syndicat entre producteurs de levure, lequel fixerait le prix minimum et se substituerait à chacun de ses membres pour la vente, en ayant soin de faire aux intermédiaires une remise suffisante pour leur permettre de vendre au prix le plus bas.
- Levure alimentaire et médicinale. — Cette industrie ne peut prospérer que si la levure sèche entre facilement dans l’alimentation et la thérapeutique, ce qui paraît certain, car les essais entrepris par la station de Berlin au sujet de la levure sèche alimentaire privée de ses principes amers ont donné des résultats satisfaisants. Le moyen jugé le meilleur jusqu’ici, a été la prescription du produit sur ordonnance de médecin. Il existe à son égard 26 rapports médicaux, provenant en partie de grands hôpitaux dans lesquels son action fortifiante a été reconnue chez les adultes comme chez les enfants. On a établi, en outre, que cet aliment très nutritif peut trouver son emploi dans la préparation de nombreux plats aussi agréables qu’appétissants et y remplacer la viande en totalité ou en partie. Il va de soi que cette levure doil être débarrassée de son amertume, mais c’est là une opération facile à réaliser dans toute sécherie centrale dirigée par un habile technicien.
- Au début, l’Institut de Berlin avait fixé, pour diverses raisons majeures, le prix de cette levure à 5 marks (6 fr. 25) le kg, tout en l’abaissant à 2 marks 50 (5 fr. 15) pour différentes associations, mais si elle était produite industriellement dans une sécherie centrale, ce dernier prix subirait encore une sensible diminution, ce qui contribuerait à en augmenter très notablement l’usage.
- La levure sèche peut enfin devenir médicinale et, à ce titre, avoir son emploi dans la médecine humaine et vétérinaire. L’Institut de Berlin désigne sous ce nom la levure résiduelle tamisée, lavée et séchée, mais non délivrée de ses principes amers. Il la fournit, quant à présent, au prix de 2 marks 50 (5 fr. 12) aux vétérinaires qui la font entrer dans la thérapeutique animale. Mais pour qu’elle obtienne le même succès au point de vue médicinal qu’alimentaire, il importe que son séchage soit conduit de manière à lui assurer la même valeur qu’à la levure fraîche et aux autres préparations sèches dans lesquelles la vitalité des enzymes a été conservée. Ces différents procédés d’utilisation de la levure résiduelle, qui sont considérés en Allemagne comme appelés à devenir dans l’avenir la source de grands développements industriels, méritent, ce me semble, d’attirer l’attention de la brasserie française,- afin qu’elle en retire, s’il y a lieu, de nouveaux éléments de prospérité. A. Truelle.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 Mai 1 ^ 13.
- Application des faits tirés du vol des oiseaux. — M. Magnan présente un travail intitulé : « Données pour la construction d’un monoplan idéal tirées des caractéristiques des oiseaux ». Malgré la différence de poids considérable existant entre l’aéroplane et l’oiseau, M. Magnan a pu calculer les dimensions d’un appareil construit sur le modèle d’un oiseau et apporte ainsi une utile autant que nouvelle contribution à la théorie des aéroplanes. Il a précédemment démontré que les rapaces qui pratiquent le vol plané ont une grande surface alaire, un petit moteur représenté par des muscles pectoraux réduits, une grande envergure, une queue assez longue. Les oiseaux marins, qui utilisent le vol à la voile, possè-
- Présidence de M. Guyon.
- dent une surface alaire presque aussi grande que celle des planeurs ; leur envergure est plus grande, tandis que l’aile est très étroite, la queue presque atrophiée. Le moteur est petit. Les oiseaux rameurs, tels que les passereaux, gallinacés, colombins, offrent une surface alaire très réduite avec des muscles pectoraux puissants pour frapper de violents coups d’ailes. L’envergure est petite, l’aile est large, la queue est assez longue. Or, le vol des oiseaux planeurs est celui qui se rapproche le plus du vol des aéroplanes. M. Magnan indique les dimensions d’un aéroplane de ce type enlevant un poids de 500 kg : surface alaire, 14 m2 97 ; poids des ailes, 98 kg 5 ; envergure, 10 m, 5; longueur de l’aile, 1 m. 87 ; longueur de
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- SËRP ENTS-R ATI ERS
- la queue, 2 m. 06 ; longueur de l’appareil, 4 m. 67. Deux remarques s’imposent. Par la méthode de M. Magnan on a l’avantage de calculer directement les dimensions d’un monoplan d’après le poids qu’il doit soulever; déplus, les monoplans en usage sont trop longs; les autres dimensions sont voisines de celles fournies par l’expérience.
- Restitution de dessins disparus. — M. Lippmann présente, au nom de M. Wauters, un fascicule reproduisant une série de cartons préparés par Raphaël en vue de la composition de son tableau ayant pour sujet La Coupe de Joseph, retrouvée dans le sac de Benjamin. Le dessin original avait été exécuté suivant sa première manière, c’est-à-dire suivant la facture du Pérugin. Puis Raphaël, ayant changé ses procédés, 'retoucha ses cartons à la sépia dans le but de modifier son dessin. Cette couche a disparu aujourd’hui et l’on n’aperçoit plus que le dessin primitif. Mais il est resté des traces de la gomme qui fixait la sépia. M. Wauters a pu réussir à photographier ces traces et à obtenir ensuite des épreuves qui reproduisent le second dessin.
- La réunion de VAssociation internationale des Académies. — L’Association internationale des Académies vient de tenir sa réunion triennale à Saint-Pétersbourg. Une délégation de savants français appartenant à l’Institut a participé à cette réunion. Au nom de ceux appartenant à l’Académie des Sciences, M. E. Picard expose l’état des
- questions dans la discussion desquelles la délégation est intervenue. Elle a d’abord appelé l’attention sur la création du Comité international de l’heure, création votée par un Congrès qui a siégé à Paris en octobre dernier. La délégation désirait que l’Association des Académies donnât tout son appui moral à l’institution nouvelle. Les représentant de l’Académie de Berlin ont élevé quelques objections en soutenant que le but poursuivi n’était pas exclusivement scientifique. Mais l’appui de l’Association a été accordé. De même, l’Association a préconisé l’emploi d’une certaine méthode astronomique, a donné son approbation à une proposition concernant les déterminations des constantes physiques. Mais, sur une proposition concernant l’unification et la simplification du calendrier, les avis ont été très partagés. Il a été rappelé qu’une Commission s’était réunie dans ce but en Russie, il y a 14 ans, et qu’après quelques séances elle s’était ajournée sine die en raison des difficultés qu’elle avait rencontrées. Néanmoins, l’Association a nommé une Commission qui aura trois années pour rédiger un rapport. A la demande de l'Académie de Berlin, une autre Commission a été constituée pour l’étude des phénomènes volcaniques. Il a été aussi question de la publication des manuscrits de Leibniz. Un catalogue critique de ces manuscrits nombreux est paru et forme deux volumes. Ch. de Villedeute.
- SERPENTS-RATIERS
- Comme l’a prouvé un fermier de Pennsylvanie, il est facile de dresser les couleuvres de grande taille à la poursuite des rats. Il serait exagéré de dire que le brave homme est sur le chemin de la fortune; mais il se fait de respectables revenus en se transportant de ferme en ferme avec sa demi-douzaine de couleuvres, qui se glissent avidement dans les trous des rongeurs et les mettent à mort.
- C’est un fait connu que les serpents rendent, d’inestimables services aux cultivateurs, surtout dans les régions chaudes, où pullulent les rongeurs. Règle générale, le chaume de la case est le refuge favori d’un ou de plusieurs reptiles qui font oublier leur présence pendant la journée. La nuit venue, ils descendent hardiment sur le sol de la maison et pourchassent sans merci rats, souris et cancrelats.
- L’auteur de ces lignes fut maintes fois réveillé par les cris perçants des rongeurs, aux prises avec l’un
- de ces reptiles quasi-domestiques. En Colombie, en Amérique Centrale, les paysans ont grand soin de poser à terre, avant de s’endormir, une écuelle d’eau
- fraîche, où les couleuvres s’abreuvent, leur chasse terminée. U leur arrive souvent de trouver au matin dans un coin de la case une couleuvre de grande taille qui, pour s’être gavée de rats plus que de raison, fut
- hors d’état de se hisser jusqu’à sa retraite. Personne ne s’avisa de troubler sa digestion.
- Dans un dis-
- trict minier où vécut l’auteur, à Cana (Darien), un boa de 5 mètres de long avait élu domicile sous le plancher de la hutte qui servait de cuisine. Il n’en sortait que la nuit., pour chasser les rats, qui infestaient le campement. Cependant, il finit par
- s’habituer si bien à son nouveau milieu, qu’il sor-
- tait en plein midi de sa cachette pour aller s’étendre au soleil, sur une éminence occupant le centre du camp. Ce boa, comme on le voit, avait des mœurs éminemment sociables.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE
- QUARANTE ET UNIÈME ANNÉE —1913
- PREMIER SEMESTRE
- \
- ?
- ''1
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences, 14, 31, 43, 75, 93, 142, 158, 190, 223, 239, 255, 271, 302, 320, 334, 347, 381.
- Acide carbonique (Injections), 414.
- Acide urique et circulation, 93.
- Acier sain : procédé Hadfield, 228. Aérodynamique : curieuse expérience, 182.
- Aéronautique, 122.
- Aéronautique : industrie en 1912, 301. Aéroplane à 6000 m. d’altitude, 271., Aéroplane : sécurité, 76.
- Aéroplane : prix de 400 000 francs pour la sécurité, 380.
- Aérostable Moreau, 81.
- Afrique : chemins de fer, 282.
- Aiguilles de Yalbelle, 352.
- Alaska (Chemin de fer sur), 404. Albanie (A propos de 1’), 339.
- Albumen : rôle, 320.
- Albumines du sang : extraction, 334. Alcool, 5.
- Algues des régions antarctiques, 215. Aluminium : procédé de préparation, 334.
- Amazones chinoises, 254.
- Amundsen au pôle sud, 55.
- Antarctique : algues, 215.
- Antarctique (Explorationallemande), 420. Antennes pour T. S F., 316.
- Antenne gigantesque pour T. S. F., 177. Appareil Gouy à distiller le mercure, 240.
- Archéologie du Turkestan chinois, 21. Arlequin de Surinam, 241.
- Armement des armées balkaniques, 49.
- Astronomie, 97.
- Astronomie et justice, 334.
- Atmosphère : étude, 255.
- Atmosphère : phénomènes optiques, 87. Atmosphère : travaux de Teisserenc de Bort, 296.
- Atome d’électricité, 76.
- Attelage Pavia-Casalis, 213.
- Automobile interplanétaire, 355. Automobilisme, 120.
- Aviation : progrès, 191.
- B
- Baguette divinatoire : concours, 306.
- Baguette divinatoire : programme d’expériences, 379,
- Baguette divinatoire : réponse aux questions posées, 46.
- Baguette divinatoire et sourciers, 328.
- Balkans : armement des armées, 49.
- Ballon : traversée de la Suisse, 147.
- Bananier : croissance, 193.
- Baromètre : variations, 93.
- Baryum : préparation, 381.
- Bateau-feu « Le Havre », 3.
- Bateaux à fond de verre de Californie, 375.
- Belgique : nouvelles recherches minières, 337.
- Bibliothèques appareil pour photographier les documents, 348.
- Biologie, 108.
- Biréfringence magnétique, 31.
- Bois du Gabon, 382.
- Bore dans l’organisme des animaux, 255.
- Botanique, 113.
- Boulogne : port, 44.
- Bulles de savon, 285.
- Buttes huîtrières de Saint-Michel-en -l’Horm, 356.
- c
- Cacao : préparation, 382.
- Cailletet (Louis), 143.
- Californie : bateaux à fond de verre, 375.
- Canons Krupp pour sous-marins, 335. Canots de sauvetage automobiles, 252. Caoutchouc de Para (Arbre à), 191. Carbure de calcium : décomposition, 239. Carte hydrographique d’Italie, 291. Cartographie de la région polaire antarctique, 14.
- Centres auditifs : éducation, 142. Céréales : rouille, 382.
- Charbon : vaccination, 302.
- Chaouïa, 415.
- Chemins de fer d’Afrique, 282.
- Chemin de fer transafricain, 343. Chemin de»fer sur glacier (en Alaska), 404.
- Chenille de la vigne : destruction, 381. Chevaux savants d’Elberfeld, 183. Chimie, 105/
- Chimpanzé : éducation d’un bébé, 95. Chlorophylle : fonction, 223.
- Chlorose des orangers, 143. Cinématographie d’un marteau-pilon, 251.
- Circulation et acide urique, 93.
- » \
- Supplément au n* 2088 de La Nature du 31 mai 1913.
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- 434 := : .. :::::
- Clichés stellaires : comparateurs pour la mesure, 35.
- Cliff-Palace, 204. .
- Cocaïne, 414.
- Colombie : statuettes, 368.
- Comparateur pour la mesure des clichés stellaires, 35.
- Conserves de sardines : utilisation de leurs résidus, 456.
- Constantes de la physique mathématique,
- 31.
- Corps gras : fusion et solidification, 239. Cosmogonie, 75.
- Cours d’eau des Alpes et Pyrénées, 271. Crabes du Pacifique dans la Manche, 158. Cristaux d’art Emile Gallé, 209. Crustacés primaires nouveaux, 1. Cryocautère, 382.
- Cyclone du 24 novembre 1912 et naufrage du Salazie, 276.
- D
- Descartes : identification du crâne, 143. Dessin au microscope : nouveau dispositif, 86.
- Dessins disparus, restitution, 432. Détecteur pour T. S. F. : construction, 59. Dételage instantané des . chevaux, 131. Diamètres solaire et lunaire, 382. Dirigeables : flottes française et étrangères, 371.
- Dissociation par radiation, 271.
- Dressage des poules, 16.
- E
- Eau : absorption par les tissus, 334. Eaux d’égout : épuration, 279.
- Eaux d’égout : usines élcvatoires de la Ville de Paris, 359.
- Eau potable : alimentation de Londres, 314.
- Eaux souterraines, 239.
- École d’Arts et Métiers de Paris, 145. Electricité : industrie, 127.
- Empreintes de quadrupèdes permiens, r 144.
- Emulsions antigènes, 158.
- Enfants arriérés, 31.
- Engins explosifs : enlèvement, 239. Épuration des eaux d’égout, 279. Érosion fluviale, 223.
- Éruption du Taal, 39.
- Esquimaux blonds de la Terre de Victoria, 309.
- États-Unis : horticulture dans l’ouest, 289.
- Étoiles : température, 383.
- Expéditions polaires nouvelles, 223. Exploration antarctique allemande, 420. Extincteurs d’incendie, 269.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Faucil'e et Mo - 'Or, 197.
- Faune marine, 31.
- Fer : propriétés physiques, 223.
- Fer : utilisation des tournures et des débris, 146.
- Feuilles : éléments minéraux, 223. Fièvre typhoïde : vaccination préventive, 181.
- Filet Bourée, 138.
- Floriculture à la glace, 416.
- Fluor dans l’organisme, 383, 414.
- Foie cancéreux, 158.
- Fontaine de Héron, 412.
- Fourmis à miel des déserts américains 161.
- Fourmis : orientation, 350.
- G
- Gabon : bois, 382.
- Gallé : cristaux d’art, 209. Galvanothérapie, 415.
- Géodésie et enregistrement des radioté-légrammes, 407.
- Géographie, 116.
- Géologie, 107.
- Géologie de l’isthme de Corinthe, 190. Glacier (Chemin de fèr sur), 404. Glaciers du Mont-Blanc (Température), 414.
- Glandines, 20.
- Glover (Téléphone à grande distance), 401. Greffe des plantes herbacées, 14. Grignard et Sabatier, 27.
- Grotte de Remouchamps : nouvelles découvertes, 179.
- Gutenberg (Le nouveau), 150.
- Gypaète des Indes, 272.
- H
- Hagenbeck, 383.
- Hauts fourneaux électriques, 292. Horticulture dans l’ouest des États-Unis 289.
- Houiller de la région alpine, 76.
- Huîtres : épuration, 143.
- Hydrates de carbone : transformation dans le sol, 334.
- Hydroélectrique (Usine la plus puissante du monde), 423.
- Hydrologie du bassin parisien, 348. Ilydroplane de 800 chevaux, 47. Hygiène publique, 115.
- I
- Illusions d’optique, 63.
- Immunisation par voie intestinale, 223.
- I Impression de plaques, 93.
- Incendie : extincteurs, 269.
- ! Incinération des ordures ménagères méthodes anciennes et nouvelles, 18. Indigo (Machine à teindre), 428. Industrie aéronautique en 1912, 301. Insectes (Pleurs de sang chez les), 402. Instituts de recherche allemands, 172. Ions : théorie, 239.
- Isthme de Corinthe : géologie, 190. Italie : carte hydrographique, 291.
- K
- Keokuk (Usine hydroélectrique la plus puissante du monde), 423.
- L
- Langage correct, locutions impropres, 226.
- Larve de la peau de l’homme, 383. Lenoir (Etienne), 54.
- Levure sèche et alimentation, 430.
- Lin : rouissage, 555.
- Locomotive à naphtaline, 94. Locotracteur Schneider, 417.
- Londres : alimentation en eau potable, 314.
- Longitude : détermination des différences, 239, 414.
- Loukbinh d’Indo-Chine, 63.
- Lumière froide, 302.
- M
- Macédoine, Salonique et Thrace, 7.
- Machine à calculer à touches, 173.
- Machine à écrire la musique, 236.
- Madagascar : produits de la forêt et de la brousse, 186.
- Maladie des anciens objets d’art en plomb, 305.
- Manganèse en agriculture, 15.
- Marine de guerre, 125.
- Maroc : topographie militaire, 236.
- Marteau-pilon : étude cinématographique, 251.
- Mécanique, 118.
- Médecine, 114.
- Mercure : appareil Gouy à distiller, 240.
- Métallogénie, 163.
- Microbes : action des alcalis sur la vitalité, 51.
- Micrographie : utilisation des rayons X, 239.
- Microscope comparateur à double champ 255.
- Microscope : examen des préparations, 239.
- Mines : nouvelles recherches en Belgique, 337.
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- Mines aeriennes contre dirigeables, 411. Minerais sédimentaires de fer en Normandie, 320
- Mont-d’Or et Faucille, 197.
- Mortalité masculine et féminine, 190. Moteurs d’automobiles : puissance et impôt, 196.
- Moteur à charbon, 94.
- Mousses : culture, 14.
- Muguet, 355.
- Musique : machine à écrire, 236.
- N
- Naufrage du Salazie et cyclone du 24 novembre 1912, 276.
- Navires : accroissement du tonnage, 93.
- Navires : construction, 75.
- Négritos des Philippines, 303.
- Nids des pois*ons, 273.
- Nielle : toxicité des graines, 15.
- Nombres parfaits : procédé rapide d’extraction des racines, 284.
- Nombres quelconques : procédés rapides d’extraction des racines, 542.
- Normandie : minerais sédimentaires de fer, 520.
- O
- Obus d’exercice allemand, 238.
- Océans : rôle magnétique, 14. Océanographie, 117.
- Opium en Perse, 33.
- Oppedette (Canon), 425.
- Orangers : chlorose, 143.
- Ordures ménagères : méthodes anciennes et nouvelles d’incinération, 18. Orientation chez les fourmis, 350.
- P
- Papier à cigarettes : fabrication, 231. Parasites : identification, 302.
- Parcs nationaux en France, 71.
- Pêche de la sardine, 65.
- Perse : industrie des tapis, 77.
- Perse : opium, 33.
- Pétrole : origine, 383.
- Phosphore blanc : dosage des traces, 75. Phosphures d’hyrogène solides, 414. Photographie automatique : appareil Ashton-Wolff, 91.
- Photographie des documents de bibliothèques, 348.
- Physiologie, 107.
- Physiologie végétale, 93.
- Physique, 100.
- Phytognomonique, 243.
- Piano : étude des sons, 347.
- Plantes : croyances anciennes, 243.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Plantes : respiration, 158.
- Plateau Central (Accidents géologiques), 414.
- Pleurs de sang chez les insectes, 402. Plomb : maladie des anciens objets d’art, 305.
- Pneumocoque : propriété, 93.
- Poissons : nids, 273.
- Poissons pélagiques : voracité, 335.
- Pôle sud : Amundsen, 55.
- Pôle sud : désastre de l’expédition Scott, 191.
- Pôle sud : tragédie, 200. Polyembryonie, U.
- Pomme de terre : nouvel emploi, 380. Pompe à incendie automobile mullicy-lindrique, 170.
- Pompe à vide molécu’aire, 258.
- Pont Notre-Dame : reconstruction, 257. Pont de la Roche-Bernard, 17.
- Port de Boulogne, 44.
- Potasse aux États-Unis, 133.
- Poudre sans fumée : invention en 1870, 159.
- Poules : dressage, 16.
- Préhistoire, 117.
- Prévision du temps et T. S. F., 218. Prix Nobel pour la chimie, 27. Protoptère, poisson acrif-n, 225.
- R
- Racines de nombres parfaits : procédé rapide d’extraction, 284.
- Racines de nombres quelconques : procédés d’extraction rapides, 342.
- Radiation solaire : affaiblissement en 1912, 271.
- Radiation solaire et végétation, 190.
- Radiotélégrammes (Enregistrement des) et géodésie de précision, 407.
- Radium : injections de sels, 320.
- Rayons Rôntgen : propriétés, 334.
- Rayons ultra-violets : action chimique, 347.
- Rayonnement des corps incandescents, 239.
- Remouchamps : nouvelles découvertes dans la grotte, 179.
- Résistance de l’air, 93.
- Résonance optique de la vapeur de sodium, 320.
- Respiration : inscription des mouvements, 320.
- Respiration des plantes, 118.
- Rhinocéros (Extinction), 418.
- Rivière souterraine d’eau chaude sous la Durance à Serre-Ponçon, 369.
- Roche-Bernard : pont, 17.
- Rouille des céréales, 382.
- Rouissage du lin, 355.
- S
- Sabatier et Grignard, 27. Saint-Michel-en-l’Herm : buttes huî-trières, 356.
- ............... ^=.=z 435
- Salonique, Macédoine et Thrace, 7. Sardine : comment on la pêche, 65. Sardines : utilisation de leurs débris, 156.
- Savon : bulles, 285.
- Scorpion et serpent : venins, 348.
- Scott : désastre au pôle sud, 191. Sècrétine : éléments, 302.
- Sénégal navigable, 168.
- Serpent et scorpion : venins, 348. Serpcnts-ratiers, 432.
- Serre-Ponçon : rivière souterraine d’eau chaude sous la Durance, 369. Se-Tchoan : transports par terre, 303. Sexualité dans les naissances à Paris, 348.
- Signaux horaires de l’Observatoire, 142. Sodium : résonance optique de la vapeur, 320.
- Soleil : activité, 383.
- Soleil : état pendant l’été 1912,320. Soleil : étude de la lumière émise, 347. Soleil falsificateur, 191.
- Sommeil : problème physiologique, 164. Sons d’un piano, 347.
- Sondages de neige pour les installations d’irrigation, 192.
- Sonnerie à un seul fil non isolé, 252. Sources thermales, 76.
- Sourciers et baguette divinatoire, 528. Sous-marins : canons Krupp, 335. Statuettes colombiennes, 568.
- Sucres : constitution, 14.
- Sucre : synthèse, 15, 239.
- Suisse : traversée en ballon, 147.
- T
- Taal : dernière éruption, 39.
- Tapis : industrie en Perse, 77.
- Tatous nouveaux, 219.
- Teindre en indigo (Machine), 428. Teisserenc de Bort (Léon), 159. Teisserenc de Bort : étude de la haute atmosphère, 296.
- Télégraphe Means à signaux de fumée, 323.
- T. S. F., 128.
- T. S. F. : antenne gigantesque, 177.
- T. S. F. : comment on construit un détecteur, 59.
- T. S. F. et prévision du temps, 218. Téléphone automatique en Allemagne, 153.
- Téléphone : nouvel appareil, 334. Téléphone : bureau central Gutenberg, 150.
- Téléphone Glover, 401.
- Téléphone : perfectionnement, 142. Tèlèstéréographe Edouard Belin, 134. Termite lucifuge, 321.
- Tétanos : lutte, 383.
- Théâtre des Champs-Elysées, 323. Thermodynamique : bases modernes, 242. Thrace, Macédoine et Salonique, 7. Tirage des obligations : nouvel appareil, 364.
- Tonnage des navires : accroissement, 93. Topographie militaire au Maroc, 236. Torpille-canon « Davis », 129.
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- 436 ..................-.. ....
- Toulon : grands travaux du port et de la rade, 259.
- Tour Eiffel : 'mouvements verticaux, 68. Toximètre Guasco, 381.
- Tracteur Balachovvsky et Caire, 307. Tracteur Schneider, 417.
- Traîneau sous-marin, 31.
- Tramways parisiens nouveaux, 245. Transafricain, 343.
- Transmutation de matière, 207, 221. Transports par terre au Se-Tehoan, 303. Tripolitaine : avant la mise en valeur, 82. Trophées humains curieux, 264. Trypanosomiases des mammifères, 56. Tubes de Geissler : phénomènes lumineux, 158.
- Tubes à néon : maintien de la pression, 382.
- Turbines du Lusilania : salade d’ailettes, 517.
- Turbines marines avec réducteurs de vitesse à engrenage, 558.
- Turkestan chinois : archéologie, 21.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- U
- Ultra-violet : mesure du rayonnement, 240.
- Usines élcvatoires des eaux d’égout de la Ville de Paris, 359.
- V
- Vaccination antityphoïdique, 15.
- Vaccination antityphoïdique dans la marine, 143.
- Vaccination préventive contre la fièvre typhoïde, 181.
- Vaccination contre le charbon, 302.
- Vaccination contre la tuberculose, 142.
- Valbelle : aiguilles, 552.
- Vaterland, le plus grand navire du monde, 367.
- Végétation et radiation solaire, 190. Végétation : renforcement, 142. Végétaux inférieurs : pouvoir de certains métaux sur leur croissance, 191. Végétaux : rôle des traces, 333. Véhicules industriels au Salon de 1912, 28.
- Venins du serpent et du scorpion, 348 Ver des noisettes, 142.
- Vin : amertume, 334.
- Vision : nouvelle théorie, 339 Vol des oiseaux, 431.
- Vol plane la tète en bas, 348.
- w
- Wagon-cinéma, 224.
- I
- Zeppelin : aventure, 517.
- Zoologie, 110.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- A. T. — Étienne Lenoir, 54. — Le problème de la potasse aux États-Unis, 153. — Une curieuse expérience d’aérodynamique, 182. — A 6000 mètres d’altitude en aéroplane, 271. — Les chemins de fer d’Afrique, 282. — L’aventure du Zeppelin, 317.
- Acloque (A.). — Les fourmis à miel des déserts américains,
- 161.
- Allemagne (Henri R. d’). — L’industrie des tapis en Perse, 77.
- Blot (Marcel). — Le rôle des traces dans la vie végétale, 355.
- Bonnin (R.). — Le port de Boulogne, 44. — Attelages Pavia-Casalis, 213. — Reconstruction du pont Notre-Dame, 257. — Turbines marines avec réducteurs de vitesse à engrenage, 558.
- Boyer (Jacques). — Les glandines, 20. — Appareil de photographie automatique Ashton-YVolff, 91. — La nouvelle École d’arts et métiers de Paris, 145. — Maladie des anciens objets d’art en plomb, 505.
- Bresch (G.). — La physique, 100.
- Breton (André). — Quelques illusions d’optique, 63. — Appareil Gouy à distiller le mercure, 240.— Nouvelles fontaines de Héron, 412.
- Cambon (Victor). — Les conserves de sardines et l’utilisation de leurs débris, 156. — Hagenbeck, 383.
- Ceillier (Rémi). — Un dispositif pour dessiner au microscope, 86. — La botanique, 113.
- Chalmarès (G ). — Gomment on construit un détecteur pour T. S. F., 5'J. — Dételage instantané des chevaux, 151. — Machine à écrire la musique, 256. — Sonnerie à un seul fil non isolé, 252. — Antennes pour T. S. F., 316. — Le toximètre Guasco, 381.
- Ciiantemessk. — Vaccination préventive contre la fièvre typhoïde, 181.
- Chaplet (A.). — Les extincteurs d’incendie, 269.
- Chassériaud (R ). — L’aéronautique, 122. — Les Hottes de dirigeables française et étrangères, 371.
- Claude (Daniel). — Quelques croyances anciennes relatives aux plantes; la phytognomonique, 243. —Statuettes colombiennes, 368.
- Colardeau (Ë.). — Louis Caillelet, 143.
- Coupin (Henri). — La famille du Termite lucifuge, 321.— Les pleurs de sang, singulier moyen de défense des insectes, 402.
- D. R. — La puissance des moteurs d’automobile et l’impôl, 196.
- Daciis (André). — Le bateau-feu Le Havre, 3. — Deux canots de sauvetage automobiles, 252.
- Dalba. — Le Sénégal navigable, 168.
- Deiiorne (L. Y.b — L’orientation chez les fourmis, 350. Dekobra (Maurice). — L’opium en Perse, 53.
- Detceuf (André). — La synthèse du sucre, 15. — Les prix Nobel pour la chimie, 27.
- Duroquier (Franck). — La T. S. F. et la prévision du temps, 218.
- Fabre-Domergue. — Comment on pêche la sardine, 65.
- Fop.bïn (V.). — La dernière éruption du Taal, 39. — La traversée de la Suisse en ballon, 147. — La tragédie du Pôle Sud, 200. — Le gypaète des Indes, 271. — Esquimaux blonds de la terre de Victoria, 509. — A propos de l’Albanie, 539. — Les bateaux à fond de verre de Californie, 375.
- Fournier (Ê.). — Mont d’Or et Faucille, 197.
- Fournier (Lucien). — Le nouveau télestéréographe Édouard Bclin, 134. — Le nouveau Gutenberg, 150. — L’épuration des eaux d’égoiit, 279. — Le nouveau théâtre des Champs-Élysécs, 525. — Les usines élévatoires des eaux d'égout de la Ville de Paris, 559.
- Gain (Louis). — Les algues des régions antarctiques, 215.
- Gradenwitz (Dr A.). — Un traîneau sous-marin, 31. — L’éducation d’un bébé chimpanzé, 95. — Les sondages de neige pour les installations d’irrigation, 192. — Le wagon-cinéma, 224. — Eludes cinématographiques d’un marteau-pilon, 251. — Le Vaterland, 367.
- Guillaume (Cii.-Ed.). — Comparateur pour la mesure des clichés stellaires, 35. — Les mouvements verticaux de la Tour Eiffel, 68. — Langage correct, locutions impropres, 226.
- IL Y. — L’automobile interplanétaire, 355.
- Heniuquez Piiillipe. — Le nouvel appareil servant au tirage des obligations, 364. — Nouvel appareil téléphonique Glo-ver, 401.
- Houlbert (C.). — L’arlequin de Surinam, 241.
- Izier (J. d’). — La croissance du bananier, 193.
- Lafitte (J.-P.). — Archéologie du Turkestan chinois, 21. — Avant la mise en valeur de la Tripolitaine, 82. — Cliff Palace, 204.
- Laibe (Lieutenant). — Le chemin de fer transafricain, 343.
- Lanorville (Georges). — Les cristaux d’art Émile Galle, 209. — Fabrication du papier à cigarettes, 251.
- Latour (A.). — Nouveaux crustacés primaires, 1. — Empreintes de quadrupèdes permiens, 141.
- Launay (L. de). — La métallogénie, 103.
- Le Bon (Gustave). —Programme d’expériences permettant de résoudre d’une façon définitive' le problème de la baguette divinatoire, 379.
- Legendre (Dr J.). — Mode de transport par terre au Sc-Tchoan. 503.
- Legendre (R.). — La physiologie. 107. — La biologie, 108. — L’océanographie, 117. — Le filet Bourée, 158. — Le problème physiologique du sommeil, 164.
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-
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- 438 - ’ ..........LISTE DES
- Lemercier (Ch.). -=-» Le pont.de la Roche-Bernard, 17.
- Loir (Dr). — Méthodes anciennes et nouvelles d’incinération des ordures ménagères, 18.
- Loisel (J.). — Les phénomènes optiques de l’atmosphère, 87.
- — Léon Teisserenc de Bort, 159.
- M. (E.-A.). — Carte hydrographique d’Italie, 291. — Le concours de la baguette divinatoire; 506.
- Mareschal (G.). — Appareil pour photographier les documents dans les bibliothèques, 348.
- Martel (E.-A.). — Macédoine, Salonique et Thrace, 7. — Réponse aux questions posées sur la baguette divinatoire, 46. — Amundsen au Pôle- Sud, 55. — Les parcs nationaux en France, 71. — La géographie, 116.
- Martin (David). — Une rivière souterraine d’eau chaude sous la Durance à Serre-Ponçon, 369.
- Martin (Lawrence). — Chemin de fer sur glacier dans l’Alaska, 404.
- Mascart (Jean), — L’astronomie, 97. — L’étude de la haute atmosphère et les travaux de Léon Teisserenc de Bort, 296.
- Medynski (J.-L.). — Les nouveaux tramways parisiens, 245.
- Merle (René). — La polyembryonie, 11. — Les maladies à trypanosomes des Mammifères, 36. — Les chevaux savants d’Elberfeld, 183. — Un poisson aérien, le Protoptère, 225.
- — Procédés rapides d’extraction des racines des nombres parfaits, 284. — Procédés rapides d’ex'raction des racines des nombres quelconques, 342. — Le muguet, 353.
- Neveu-Lemaire (M.). — A propos de tatous nouveaux, 219.
- P. N. — Les hauts fourneaux électriques, 292.
- Péneau (J.). — Les nids des poissons, 275.
- Prudhomjie (Em.). — Produits de la forêt et de la brousse à Madagascar, 186.
- R. C. — L’aérostable Moreau, 81. — L’industrie électrique, 127.
- R. M. — Microscope comparateur à double champ, 255.
- Ratier (E.). — Nouvelles découvertes dans la grotte de Remouchamps, 179
- Renard (Marius). — Les nouvelles recherches minières en Belgique, 337.
- AUTEURS - .............................— ....—r
- Renaud (D.). — Les véhicules industriels au Salon de 1912, 28. — Un nouvel bydroplane de 800 chevaux, 47. — L’automobilisme, 120. — Pompe à incendie automobile multi-cylindrique, 170. — Un nouvel obus d’exercice allemand, 238. — Le tracteur Balachowsky et Caire, 307.
- Reverchon (Léopold). — La première machine à calculer à touches, 173.
- Ritter (Etienne A.). — L’horticulture dans l’ouest des États-Unis, 289.
- Sauvage (Major). — L’armement des armées balkaniques, 49. — L’invention de la poudre sans fumée en 1870, 159. — Télégraphe Means à signaux de fumée, 323.
- Sauvaire Jourdan. — La marine de guerre, 125. — La torpille-canon « Davis », 129. — Grands travaux du port et de la rade de Toulon, 259. — Le cyclone du 24 novembre 1912 et le naufrage du Salazie, 276.
- Troller (A.). — L’alcool, 5. — Antenne gigantesque pour T. S. F., 177. — Nouvelles transmutations de matière, 207, 221. — Le procédé lladfield pour produire de l’acier sain, 228.
- Troüessart (E.). — La zoologie, 110.
- Torpain (A.). — Enregistrement des radio!élégrammes et son application en géodésie de précision, 407.
- V. F.— Le dressage des poules, 16.— Floriculture à la glace, 416.
- Verneau (Dr). — Curieux trophées humains, 264.
- Vigneron (H.). — Les bases modernes de la thermodynamique, 242. — La pompe à vide moléculaire, 258, — Bulles de savon, 285.
- Villedeuil (Ch. de). — Comptes Rendus des séances hebdomadaires de. l’Académie des Sciences, 14, 51, 43. 75, 93, 142, 158, 190, 223, 239, 255, 271, 502, 320, 334, 347, 381.
- Yillers (R.). — L’alimentation de Londres en eau potable,
- 314.
- Vincent (IL). — La vaccination antityphoïdique, 13.
- Viré (Armand). — Les sourciers et la baguette divinatoire, 328.
- Welsch (Jules). — Les buttes huîtrières de Saint-Michel-en-l’Herm, 356.
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES.
- Séances hebdomadaires de l’Académie des Sciences (Cm. de Villedeuil), 14, 31, 43, 75. 93,142. 158, 190, 223,
- 239, 255, 271, 302, 320, 334, 347, 381............414
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE.
- Comparateur pour la mesure des clichés stellaires (Ch.
- Ed. Guillaume)....................................... 35
- L’astronomie (J. Mascart).............................. 97
- Procédé rapide d’extraclion des racines de nombres parfaits (R. Merle)......................................284
- L’astronomie et la justice.............................334
- Procédés rapides d’extraction des racines des nombres
- quelconques (R. Merle)..............................342
- L’automobile interplanétaire (II. Y.)..................355
- Cosmogonie............................................ 75
- Détermination des différences de longitude.............259
- Etude de la lumière émise par le soleil..............347
- Les diamètres solaire et lunaire.......................382
- La température des étoiles.............................583
- L'activité solaire.....................................383
- La différence de longitude Paris-New-York .... 414
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Quelques illusions d’optique (A. Breton).............. (33
- Les mouvements verticaux de la Tour Eiffel (Ch.-Ed. Guillaume) ................................................ 68
- Dispositif pour dessiner au microscope (B. Oui,if.r) • . 86
- La physique (G. Bre'sch)...............................100
- Louis Cailletet (E. Colardeau).........................143
- Nouvelles transmutations de matière (A. Troller). 207, 221 Langage correct, locutions impropres (Ch.-Ed. Guillaume). 226 Appareil Gouy à distiller le mercure (A. Breton) . . . 240
- Les bases modernes de la thermodynamique (II. Vigneron)................................................. 242
- Microscope comparateur à double champ (B. M.). . . . 255
- Pompe à vide moléculaire (H. Vigneron).................258
- Bulles de savon (II. Vigneron).........................285
- Enregistrement des radio télégrammes et géodésie de
- précision (A. Turpain)............................. 407
- Nouvelles fontaines de Héron. 412
- Rôle magnétique des océans . .......................... 14
- Biréfringence magnétique............................. 31
- lTne constante de la physique mathématique. ... 31
- L’atome d’électricité................................ 76
- Les phénomènes lumineux des tubes de Geissler . . 158
- Propriétés physiques du fer..........................223
- Théorie des ions.....................................239
- Examen des préparations à l’aide du microscope. . 259
- Rayonnement des corps incandescents..................239
- Utilisation des rayons X pour la micrographie.. . . 239
- Mesure du rayonnement ultra-violet...................240
- Dissociation par radiation...........................271
- Lumière froide.......................................302
- Résonance optique de la vapeur de sodium.............320
- Propriété des rayons de Rôntgen......................334
- Etude des sons d’un piano........................... 347
- Maintien de la pression dans les tubes à néon. . . 382
- 2. Chimie.
- Ta synthèse du sucre (A. Detceuf)..................... 15
- Les prix Nobel pour la chimie (A. Detoeuf).......... 27
- La chimie.............................................105
- Les nouveaux Instituts de recherche allemands .... 172
- Constitution des sucres.............................. 14
- Dosage des traces de phosphore blanc.................. 75
- Le soleil falsificateur...............................191
- Synthèse des sucres...................................239
- Décomposition du carbure de calcium...................239
- Fusion et solidification des corps gras...............239
- Extraction des albumines du sang......................334
- Transformation des hydrates de carbone dans le sol. 334
- Procédé de préparation de l’aliminium.................334
- Action chimique des rayons ultraviolets...............347
- Préparation du baryum.................................381
- Phosphures d’hydrogène solides........................414
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Géologie..............................................107
- La métallogénie (L. de Launav)........................163
- Houiller de la région alpine.......................... 76
- Sources thermales................................... 76
- Géologie de l’isthme de Corinthe......................190
- Minerais sédimentaires de fer en Normandie. . . . 320
- Hydrologie du bassin parisien........................ 548
- Origine de certains pétroles..........................583
- Accidents géologiques dans le Plateau Central ; . 414 ~
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-
-
-
- 440 :-- ------ = TABLE
- 2. Météorologie,
- Les phénomènes optiques de l'atmosphère (J. Loisn,). .
- Léon Teisserenc de Dort (J. Loisil)..................
- L’étude de la haute atmosphère et le* travaux d« Léon
- Teisserenc de Bort (J. Mascaiit'............
- Variations du baromètre..............................
- Etude de l’atmosphère................................
- Affaiblissement de la radiation solaire de \ 012 . . Etat du Soleil pendant l’été de 1912 .......
- 3. Biologie. — Physiologie.
- La polyembryonie (René Meule). . ....................
- Le dressage des poules (Y. F.).......................
- L’éducation d’un bébé chimpanzé (Br A. Gradenxvitz) .
- Physiologie <R. Legendre)............................
- La biologie (R. Legendre)............................
- Le problème physiologique du sommeil (R. Legendre' . Les chevaux savants d’Elberfeld (René Merle'. . .
- Voracité de poissons pélagiques......................
- L’orientation chez les fourmis (L.-Y. Dehorns) . . . . Action des alcalis sur ta vitalité des nn'rr^bes . . .
- L'acide urique et la circulation.....................
- L'éducation des centres auditifs.....................
- Le bore dans l’organisme des animaux.................
- Les éléments de la sécrétine.........................
- :ï Inscription des mouvements respiratoires. . ... . L’absorption de l’eau par les tissus ........
- Nouvelle théorie de la vision........................
- La sexualité dans les naissances à Paris.
- Les venins du serpent et du scorpion.................
- Le fluor dans l'organisme ...........................
- Le fluor dans ! organisme............................
- 4. Zoologie. — Paléontologie.
- Nouveaux crustacés primaires (A. Latour)...............
- Les glandines (J. Boyer)...............................
- Gomment on pèche la sardine (Fabre-Domergue1 . . .
- La zoologie (E. Trodessart).......................
- Le füet Bourée (R. Legendre)...........................
- Empreintes de quadrupèdes permiens (A. Latour). . . Les fourmis à miel des déserts américains (A. Acloque). A propos de tatous nouveaux (M. Neveu-Leiiaire) . . . Un poisson aérien, le Protoptère (R. Meri e) . . . .
- L’arlequin de Surinam (C. IIouluert)...................
- Le gypaète des Indes (V. Foubin) ....
- Les nids des poissons (J. Péneau) .....................
- La famille du termite lucifuge (II. Coupin)............
- Les but tes liuî trières deSaint-Michel-en-l’Herm(J.YVELScn). Les bateaux à fond de verre de Californie (V. Forbin) .
- llagcnbeck (V. Cambon) . ........................... . .
- Pleurs de sang, singulier moyen de défense des insectes
- (II. Coupin)........................................
- Serpents-raticrs...........• • • <.....................
- Faune marine...........................................
- Le ver des noisettes ..................................
- Capture des crabes du Pacifique dans la Manche . .
- Identification de parasites............................
- Destruction d’une chenille de la vigne.................
- Rhinocéros, extinction............................. . .
- MATIÈRES ==========
- 5. Botanique. — Agriculture.
- L opium en Perse (M. üekobrx)......................... 53
- La botanique (R. Ceillier) . . .........................115
- Produits de la forêt et de la brousse à Madagascar (E.
- Prudhomme)...........................................186
- La croissance du bananier (J. d’IziER)..................159
- Les algues des régions antarctiques (L. Gain) ..... 215
- Quelques croyances anciennes relatives aux plantes : la
- phytognomonique (Daniel Claude).................213
- L’horticulture dans l’ouest des États-Unis (E.-A. Ritter). 289 Le rôle des traces dans la vie végétale (M. Blot) . . . 535
- Le muguet (R. Merle)................................. 555
- Le rouissage du lin.....................................555
- Floriculture à la glace (V. F.).........................416
- Culture des mousses..................................... 14
- Greffe des plantes herbacées ........................... 14
- Toxicité des graines de nielle.......................... 15
- Le manganèse en agriculture............................. 15
- Loukbinh d'Indo-Chine................................. 63
- Physiologie végétale.................................... 95
- Renforcement de la végétation...........................142
- La chlorose des orangers................................145
- La respiration des plantes..............................158
- Radiation solaire et végétation.........................190
- Pouvoir de certains métaux sur la croissance des
- végétaux inférieurs .................................191
- L’arbre à caoutchouc de Para.......................... 191
- Les éléments minéraux des feuilles .....................223
- La fonction chlorophyllienne............................223
- Rôle de l'cdbumen.......................................520
- L’amertume des vins.....................................554
- Un nouvel emploi de la pomme de terre................. 380
- Préparation du cacao....................................582
- La rouille des céréales.................................382
- Les bois du Gabon............................ . . 382
- Les végétaux de la Chaouïa..............................415
- V. - GÉOGRAPHIE.
- La dernière éruption du Taal (V. Forbin).............. 59
- Réponse aux questions posées sur la baguette divinatoire
- (E.-A. Martel)..................................... 46
- Amundsen au pôle sud (E.-A. Martel) .................. 55
- Les parcs nationaux en France (E.-A. Martel) .... 71
- La géographie (E.-A. Martel)............................117
- L’océanographie (Pi. Legendri) .........................117
- Le Sénégal navigable (Dalba)............................168
- Nouvelles découvertes dans la grotte de Remouchamps
- (E. Rahir)......................................... 179
- Désastre de l’expédition Scott au Pôle S d............191
- Mont d’Or et Faucille (E. Fournier) ..................197
- La tragédie du Pôle Sud (V. Forbin,.............. 200
- La topographie militaire au Maroc.......................256
- Carte hydrographique d’Italie (E.-A. M.) . .............291
- Le concours de la baguette divinatoire (E.-A. M.). . . 506 Les sourciers et la baguette divinatoire (A. Viré) . . . 528
- Les aiguilles de Yalbelie...............................352
- Une rivière souterraine d’eau chaude sous la Durance
- à Serre-Ponyon (D. Martin)...........................569
- Programme d’expériences relatives à la baguette divinatoire (G. Le Bon).......................................579
- Nouvelle exploration antarctique allemande (C11. Babot). 420
- Le canon d’Oppcdctte (E.-A. Martel).....................425
- Gartographie de la région polaire antarctique ... 14
- Nouvelles expéditions polaires..........................223
- Un mode dé’rosion fluviale ........................... 223
- Recherches sur les eaux souterraines....................259
- Les cours d’eau des Alpes et des Pyrénées . . . ... 271
- DES
- 87
- 159
- 296
- 93
- 255
- 271
- 520
- 11
- 16
- 95
- 107
- 108
- 164
- 183
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- 350
- 51
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- 1
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-
- TABLE
- VI. - ANTHROPOLOGIE. - ETHNOGRAPHIE. ARCHÉOLOGIE.
- Macédoine, Salonique et Thrace (E.-A. Martel) .... Archéologie du Turkestan chinois (J.-P. Lafitte) . . . Avant la mise en valeur de la Tripolitaine (J.-P. Lafitte).
- Préhistoire..............................................
- Cliff-Palace (J.-P. Lafitte).............................
- Amazones chinoises.......................................
- Curieux trophées humains (Dr R. Verneau).................
- Esquimaux blonds de ta terre de Victoria (V. Forbin) .
- A propos de l’Albanie (Y. Forbin) .......................
- Statuettes colombiennes (D. Claude)......................
- L’identification du crâne présumé de Descartes . . Négritos des Philippines.................................
- VII. — MÉDECINE. — HYGIÈNE.
- L’alcool (A. Tiioller)..............................
- La vaccination antityphoïdique (H. Vincent).........
- Les maladies à trypanosomes des mammifères (René
- Merle)...........................................
- La médecine.........................................
- L’hygiène publique..................................
- Vaccination préventive contre la fièvre typhoïde (Ciian-
- temesse).........................................
- Le toximètre Guasco (G. Chalmarès)..................
- La levure sèche et l’alimentation des hommes et des
- animaux (Truelle)................................
- Les enfants arriérés................................
- Propriété du pneumocoque............................
- Vaccination contre la tuberculose...................
- L'épuration des huîtres.............................
- Vaccination antityphoïdique dans la marine. . . .
- Les tissus du foie cancéreux........................
- Emulsions antigènes.................................
- Mortalité masculine et féminine.....................
- L'immunisation par voie intestinale.................
- Vaccination contre le charbon.......................
- Injections de sels de radium........................
- Cryocautère.........................................
- Une larve de la peau de l’homme.....................
- La lutte contre le tétanos..........................
- Effet des injections d'acide carbonique.............
- Galvanothérapie.....................................
- VIII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- L’alcool (A. Tiioller)..................................
- L’industrie des tapis en Perse (11. li. d’Allemagne). . .
- Un moteur à charbon.....................................
- Mécanique...............................................
- Le problème de la potasse aux Etats-Unis (A. T.) . . . La nouvelle École d’Arts et Métiers de Paris (J. Boyer). Les conserves de sardine et l’utilisation de leurs débris
- (V. Cambon) .........................................
- La première machine à calculer à touches (L. Rever-
- chon)..........._....................................
- Les cristaux d’art Émile Galle (G. Lanorville) .... Fabrication du papier à cigarettes (G. Lanorville) . . . Machine à écrire la musique (G. Chalmarès)..............
- MATIÈRES .............::r -.y.::. : :.441
- Études cinématographiques d’un marteau-pilon (A. Gra-
- DENWITZ).........................................251
- Les extincteurs d’incendie (A. Chaplet).............269
- Maladie des anciens objets d’art en plomb (J. Boyer) . 305
- Nouvel appareil servant au tirage des obligations (Hen-RIQUEZ PiULLIPe)................................. 564
- Machine à teindre les fils en indigo (Chaplet) .... 428
- 2. Electricité.
- Comment on construit un détecteur pour T. S. F.
- (G. Chalmarès)........................................ 59
- L’industrie électrique (R. C.). . . ............. . . . 127
- T. S. F................................................128
- Le nouveau télestéréographe Édouard Belin (L. Fournier) ...................................................134
- Le nouveau Gutenberg (L. Fournier)........................150
- Antenne gigantesque pour T. S.' F. (A. Troller). . . . 177 La T. S. F. et la prévision du temps (Franck Duroquier). 218 Sonnerie à un seul fil non isolé (G. Chalmarès) .... 252
- Antennes pour T. S. F. (G. Chalmarès).................... 516
- Nouvel appareil téléphonique Glover (IIenriquez-Piiillipe). 401 La plus puissante usine hydroélectrique du monde
- (R. Villers)...........................................423
- Le téléphone automatique en Allemagne.....................131
- Perfectionnement du téléphone.............................142
- Les signaux horaires de l’Observatoire....................142
- Nouvel appareil téléphonique.......................... 554-
- Essai des câbles électriques............................. 415
- 3. Photographie.
- Appareil de photographie automatique Ashton-WollF
- (J. Boyer)........................................... 91
- Appareil pour photographier les documents dans les
- bibliothèques (G. Marescual)..........................348
- Expériences d’impression de plaques..................... 93
- 4. Outillage.
- Dételage instantané des chevaux (G. Chalmarès) .... 131
- 5. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Méthodes anciennes et nouvelles d’incinération des ordures
- ménagères (Dr Loir).................................. 18
- Le port de Boulogne (R. Bonnin)......................... 44
- Pompe automobile multicvlindrique (D. Renaud) ... 170
- Les sondages de neige pour les installations d’irrigation
- (A. Gradenwitz).............,........................192
- Reconstruction du pont Notre-Dame (R. Bonnin) .... 257
- Grands travaux du port et de la rade de Toulon (Sauvaire
- Jourdan;.............................................259
- L’épuration des eaux d’égout (L. Fournier)..............279
- Alimentation de Londres en eau potable (R. Villers). . 314
- Le nouveau théâtre des Champs-Èlysées (L. Fournier) . 323
- Les usines élévatoires des eaux d’égout de la ville de Paris (L. Fournier) . . . .............................359
- DES
- 7
- 21
- 82
- 117
- 204
- 254
- 264
- 509
- 339
- 368
- 143
- 303
- 5
- 13
- 36
- 114
- 115
- 181
- 381
- 430
- 31
- 95
- 142
- 145
- 143
- 158
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- 382
- 383
- 383
- 414
- 415
- 5
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- 84
- 119
- 153
- 145
- 156
- 173
- 209
- 231
- 236
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-
-
-
- 442 .........— TABLE DES
- 6. Mines et métallurgie.
- Le procédé Hadiield pour produire de l’acier sain
- (A. Troller).........................................228
- Les hauts fourneaux électriques (P. N.).................292
- Nouvelles recherches minières en Belgique (JI. Renard. 537 Utilisation des tournures et des débris de fer . . . 146
- 7. Transports. — Chemins de fer. Automobilisme.
- •Le pont de la Roche-Bernard (Ch. Lemercier)........... 17
- Véhicules industriels au Salon de 1912 (Renaud) ... 28
- Un traîneau sous-marin (A. Gradenwitz)................. 31
- Étienne Lenoir (A. T.).................................. 54
- L’automobilisme (Renaud)................................120
- La puissance des moteurs d’aulomobile et l'impôt (D. R.). 196
- Attelage Pavia-Casalis (R. Bonnin)......................213
- Le wagon-cinéma (A. Gradenwitz).........................224
- Les nouveaux tramways parisiens (J. L. Medynski). . . 245
- Les chemins de fer d'Afrique (A. T.)....................282
- Modes de transport par terre au Se-Tchoan (Dr J. Legendre) .'............................................ 303
- Tracteur Balaehowsky et Caire (D. Renacd)...............307
- Le chemin de fer transafricain (Laibe)..................513
- Chemin de fer sur glacier dans l’Alaska (Lawrence-Martin). 404
- Locolracteur Schneider à hydrocarbure...................417
- Une locomotive à naphtaline............................. 94
- 8. Aéronautique.
- Un nouvel hydroplane de 800 chevaux (D. Renaud) . . 47
- L’aérostable Moreau (R. C.).......................
- MATIÈRES
- L’aéronautique (R. Chassériaud)..........................122
- La traversée de la Suisse en ballon (V. Forbin) .... 147
- Une curieuse expérience d’aérodynamique (A. T.) . . . 182
- A 600 mètres d’altitude en aéroplane (A. T.)...........271
- L’industrie aéronautique en 1912.........................501
- L’aventure du Zeppelin (A. T.) . A.......................317
- Télégraphe Means à signaux de fumée (Major Sauvage). 323
- Un vol plané la tête en bas..............................348
- Les flottes de dirigeables française et étrangères (R. Chas-
- sériaud)..............................................571
- La sécurité en aéroplane................................. 76
- Résistance de l’air...................................... 93
- Les progrès de l’aviation................................191
- Un prix de 400 000 francs pour la sécurité en aéroplane ....................................... ... 380
- 9. Marine. — Art militaire.
- Le bateau-feu Le Havre (A. Daciis)..................... 5
- L’armement des armées balkaniques (Major Sauvage). . 49
- La marine de guerre (Sauvaire Jourdan).................125
- La torpille-canon « Davis » (Sauvaire Jourdan) .... 129
- L’invention de la poudre sans fumée en 1870 (Sauvage). 159 Un nouvel obus d’exercice allemand (Capitaine Renaud). 258 Deux canots de sauvetage automobiles (A. Dachs) . . . 252
- Le cyclone du 24 novembre 1912 et le naufrage du
- Salarie (Sauvaire Jourdan)...........................276
- Les canons Krupp pour sous-marins.......................335
- Turbines marines avec réducteurs de vitesse à engrenage (R. Bonnin).........................................358
- Mines contre les dirigeables............................411
- Le Vaterland (A. Gradenwitz)............................367
- Construction des navires................................ 75
- Accroissement du tonnage des nav.ns.................... 93
- L'enlèvement des engins explosifs.......................259
- Salade d’ailettes des turbines du Lusitania.............317
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAHURE 9, Rue de Flcurus, 9
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : *20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2063. — 7 DÉCEMBRE 1912
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- La théorie de l’émulsion. — Nos lecteurs savent qu’on désigne sous le nom d’émulsion l’état de suspension stable dans lequel un corps se maintient dans une autre substance. Un certain nombre de matières sont bien connues pour provoquer cet état : la saponine, le savon, par exemple; mais les conditions dans lesquelles on doit les employer sont encore assez discutées. On a constaté récemment que les huiles contenant 5,5 pour ioo d’acide gras libre s’émulsionnent spontanément quand on les ajoute en gouttes à une solution de carbonate de soude à o,a5 pour ioo. L’émulsion spontanée se fait moins facilement quand l’huile contient, soit plus, soit moins d’acide libre. Ces points sont intéressants à fixer pour les industries, assez importantes, dans lesquelles on a à préparer des émulsions, comme c’est le cas dans la fabrication de certains tissus.
- La combustion de l’oxyde de carbone.— Une nouvelle contribution vient d’être apportée à ce sujet par M. Wieland ; cet auteur a constaté que, même en l’absence d’oxygène libre, l’oxyde de carbone, en présence de noir de palladium, c’est-à-dire de;palladium réduit, est oxydé par l’eau pour donner du gaz carbonique, suivant l'équation :
- CC + H20 = ; CO2 + H*
- Oxyde de carbone Eau Acide carbonique Hydrogène
- Fhydrogène ainsi formé étant absorbé par le palladium. Le processus de ce phénomène peut être mis en évidence par une brillante expérience, consistant à projeter, dans un mélange d’oxyde de carbone et d’air humide, du noir de palladium qui donne lieu à la formation d’une pluie de belles étincelles, provenant vraisemblablement de la combustion spontanée de l’hydrogène inclus dans le palladium au cours de la réaction de l’oxyde de carbone sur l’eau.
- Les injections d’oxygène contre l’asphyxie. —
- L’injection d’oxygène gazeux sdus la peau est une méthode thérapeutique récente qui a déjà donné de fort beaux résultats, notamment dans les étals asphyxiques.. L’oxygène injecté est peu à peu résorbé, dissous.dans le sang circulant qu’il enrichit. Récemment M. le DrBayeux a communiqué au Congrès de Pathologie comparée, les heureux effets qu’il a obtenus de l’injection hypodermique d’oxygène dans des asphyxies d’origines variées. Au moyen de son. oxygénateur de précision, ces injections sont simples et inoffensives. Elles font rapidement disparaître la dyspnée des tuberculeux, les quintes syncopales de la coqueluche, les suffocations du croup, et même le mal des montagnes, comme, le montrent les expériences de l’auteur faites à l’Observatoire du Mont-Blanc. Voici donc un nouveau moyen thérapeutique facile à appliquer et fort utile.
- Les mines de soufre de la Nouvelle-Zélande. — Les grands producteurs de soufre, l’Italie, la Louisiane et le Japon, auront bientôt à se défendre contre un nouveau rjval, la Nouvelle-Zélande, dont les gisements
- vont entrer en exploitation par les soins d’une compagnie canadienne. Ces gisements, situés dans l’île White, qui fait partie de l’archipel, sont, affirme-t-on, d’une étendue et d’une richesse exceptionnelles : la teneur de leur roche serait de 84 pour 100 de soufre pur. La présence de nombreuses chutes d’eau dans le voisinage facilitera l’exploitation; mais les promoteurs auront à tenir compte delà rareté de la main-d’œuvre, alors que les exploitations de Sicile et du Japon disposent d’une main-d’œuvre dont l’abondance et le bon marché sont proverbiaux. La mise en valeur des gisements de White Island sera particulièrement préjudiciable au Japon, qui exporte une quantité importante de soufre au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, Ces trois pays n’imposaient aucun droit d’entrée au soufre japonais, et il est bien évident qu’ils accorderont un tarif préférentiel au soufre néo-zélandais. Comme ils achetaient ce produit au taux de 134 francs la tonne, il reste de la marge pour la concurrence nouvelle.
- Un diamant de 1649 carats. — On vient de trouver à la mine Premier, au Transvaal, un diamant de 1649 carats qui paraît être de qualité médiocre, mais qui, par la dimension, est le second du monde, inférieur au Cullinan qui pesait 3o3a carats, mais supérieur à tous les autres : Jagersfontein Excelsior de 971 carats; Grand Mogol de 787 carats; Jagersfontein Reiiz de 634 carats;; Kohinoor de 186 carats. r
- Les voies ferrées américaines. — Les statistiques de source officielle sur les. chemins de fer des Etats-Unis accusent, pour l’année se terminant au 3o juin, une' notable augmentation du nombre des passagers, mais aussi une importante diminution sur la quantité de marchandises transportées, ce qui serait l’indice d’une diminution de la production industrielle. Le nombre des passagers a été de 997409882, soit une augmentation de 2.5726683 par rapport aux douze mois précédents. Les recettes effectuées par passager et par mille (1609 m.) ont été de o fr. 10 environ (exactement 1,9 centime de dollar). Les marchandises transportées ont formé un total de 1781637954 tonnes, soit une diminution de 68262 147 tonnes. Les recettes moyennes par tonne et par mille ont été de 3/4 de centime de dollar.. Le réseau américain est de 362710,18 milles (soit en-: viron 58o337 km) Les lignes employées durant cette même année ont fourni un total de 246 124,4 milles (soit environ 393799 km),: ce qui indique qu’une importante fraction du réseau a chômé, par suite de la faillite der compagnies intéressées. Au 3o juin, les lignes améri-caines employaient 61827 locomotives et 2 359 335 voitures.
- Les dirigeables en Allemagne. — L’Allemagne pousse avec activité le développement de sa flotte aérienne..Les crédits demandés cette année au Reichstag, pour la construction des dirigeables, s’élèvent de i5 à 18 millions de Marks. • .
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- INFORMATIONS
- La navigation sur l’Amour. — Le gouvernement russe s est efforcé d utiliser le grand fleuve sibérien pouir: le transport des marchandises, et l’entreprise donne des résultats très encourageants. D’après un journal de Harbin, le Harbinsky Vestnik, le nombre des navires employés sur l’Amour a augmenté en cinq années dans la proportion de 70 pour 100. On en compte maintenant 464* dont 200 vapeurs, 27 grands voiliers et 237 chalands, qui appartiennent à 66 compagnies, i3 firmes commerciales et 87 particuliers. Le prix d’achat de ces 464 navires représente un capital de près de 5o millions de francs.
- Le « melon du desert. ». — Dans les régions déseï'-tiques de l’Afrique allemande du Sud-Ouest, et plus particulièrement dans le territoire de la Baie de la Baleine, existe une plante qui peut être considérée comme la Providence des peuplades misérables qui habitent ces contrées. Le Narrait est une cucurbitacée ; mais, à l’encontre de toutes les autres plantes de cette famille, il ne possède pas de feuilles. Pour être plus exact, il se forme bien des feuilles sur sa tige; mais, à peine formées, elles se dessèchent, tombent, et sont remplacées par de longues épines très aiguës et très résistantes, et qui poussent toujours par paire. Elles protègent efficacement les fruits contre les attaques des mammifères et des oiseaux, les laissant ainsi à la disposition des hommes, qui savent les cueillir sans se piquer. Ces fruits, qui contiennent des matières éminemment nutritives, forment l'unique ressource de nombreux nomades qui seraient condamnés à mourir de faim si la récolte venait à manquer, pour une cause ou pour une autre. Les racines de cette plante, assez semblables à celles de la ronce, s’enfoncent profondément à travers les dunes de sable, jusqu’à ce qu’elles rencontrent le sol humide; elles ne le rencontrent parfois qu’à vingt mètres de profondeur. L’absence de feuilles est une autre preuve de la merveilleuse adaptation du narrah à son habitat. Il y souffle fréquemment de terribles tempêtes de sable ; les feuilles, surchargées d’une masse considérable, joueraient le rôle de crampons et prolongeraient l’enfouissement de la plante, qui périrait bientôt. Délivrée de ces impedimenta, la tige ensevelie s’élance à l’assaut des dunes et ne tarde pas à reconquérir sa place au soleil.
- Prix décêrnés par l’Académie des Sciences. —
- Chimie : Prix Jecker (10000 fr. ), destiné à récompenser l’auteur de travaux remarquables de chimie organique, à M. Bourquelot. — Prix Monlyon (25oo fr., Arts insalubres) : M. Paul Adam, pour l’ensemble de ses travaux relatifs à Y Hygiène industrielle. — PrixCahours (3ooo fr.), partagé également entre M.VI. Ramart Lucas, Paul Claus-manu, Oswald. — Anatomie et zoologie : Prix Savigny (idoo fr.) : M. Louis Germain, pour l’ensemble de ses travaux sur la Faune malacologique de l’Est africain. — Prix Thoré (200 fr.) : M. Antoine Grouvelle, pour l’ensemble de ses Travaux sur les Coléoptères clavi-cornes, et pour son ouvrage intitulé : Synopsis des Rhy-sodides et description d’espèces nouvelles. — Prix généraux : Médaille Berlhelot : des médailles Berthelot : MM. Bourquelot, Paul Adam, Ramart Lucas, Paul Claus-mann, Oswald. — Prix Trémout(noo fr.) : M. Charles Frémont. — Prix Lannelongue (2000 fr.) : Les arrérages de celte fondation sont partagés entre Mme Cusco et Mme Rück. — Prix Gustave Roux (1000 fr.) : M. Armand Billard, pour ses travaux sur les animaux de la classe des Ilydroïdes. — Médecine et chirurgie : Prix Montyon. Trois prix, de 2*>oo francs chacun, sont décernés à : M. Y. Pachon, pour ses travaux relatifs à la Mesure de la pression artérielle chez l’homme; M. Charles Nicolle, pour l’ensemble de ses travaux sur le Typhus exanthématique-, M. O. Josué, pour l'ensemble de ses travaux sur Y Artériosclérose. Trois mentions de i5oo fr. chacune, sont accordées à : M. IL Carré, pour l’ensemble de ses travaux originaux, traitant de certaines affections du mouton sous la dépendance du microbe de la suppuration caséeuse-, MM. Maihis etM. Léger, pour leur ouvrage intitulé : Recherches de parasitologie et de pathologie humaines et animales au Tonkin ; M. Etienne Ginestous, pour son mémoire intitulé : Ophtalmo-chromo-diagnostic et photothérapie oculaire. Des citations très honorables sont accordées à : M. Jean Troisier, pour son travail intitulé : Rôle des hémolysines dans la genèse des pigments biliaires et de Vurobiline-,
- MM. Henri Claude et Stephen Chauvet, pour leur travail intitulé : Sémiologie réelle des sécrétions totales des nerfs mixtes périphériques ; M. Albert Sézary, pour ses Recherches sur les surrénalites scléreuses ; M. À. Ma-gitot, pour son Etude de la survie de la cornée transparente de l’œil conservée en dehors de Vorganisme ; M. Louis Renon, pour son ouvrage intitulé : Le traitement scientifique pratique de la tuberculose pulmonaire-, Noël Fiessinger, pour son ouvrage intitulé : La cellule hépatique, particulièrement chez les mammifères et chez l’homme-, M. Georges Schreiber, pour son ouvrage intitulé : La poliomyélite lépidémique. — Prix Barbier (2000 fr.) : M. E. Léger, pour l’ensemble de ses travaux. — Prix Bréant (100000 fr.) : non décerné. L’Académie décerne sur les arrérages de la fondation : Un prix de 2Ôoo fr., à M. C.-J. Finlay, pour l’ensemble de ses travaux Sur le rôle des moustiques dans la propagation de la fièvre jaune. Un prix de 25oo fr. à M. A. Agramonte, pour l’ensemble de ses travaux sur le même sujet. — Prix Godard (1000 fr.) : M. Jacques Parisot, pour ses travaux intitulés : Pression artérielle et glandes à sécrétions internes. — Prix du baron Larrey (750 fr ) : M. Troussaint, médecin inspecteur de l’armée, pour son ouvrage int:tulé : La direction du Service de santé en campagne. Des mentions très honorables sont accordées à MM. les médecins-majors : M. Ch. Teissier, pour un travail intitulé : De l albuminurie latente dans l'armée ; M. Talon, pour son mémoire intitulé : Etude sur l'association de la scarlatine et de la rougeole; M. R. Pi-gache et M. G. Worms, pour leur mémoire intitulé : Recherches sur l'histologie normale et pathologie du thymus chez quelques Mammifères ; M. A. Conur, pour son mémoire intitulé : Etude bactériologique de l épidémie de choléra qui a sévi, en 1911, sur les troupes de la Division d'occupation de la Tunisie. — Prix tfellion (1400 fr.) : Mme Banda-Legrain, pour la campagne anti-alcoolique à laquelle elle a dévoué sa vie. Mention honorable à M. J. Cavaillé pour son ouvrage intitulé : Le charbon professionnel. — Prix Mège (10000 fr.) : non décerné. Le prix annuel (3oo fr.) : décerné à Mme Long-Landry, pour son ouvrage intitulé : La maladie de Little, étude anatomique et pathogénique. — Prix Monlyon (Physiologie expérimentale) (7^0 fr.) : M. P. Portier, pour ses ouvrages intitulés : Recherches physiologiques sur les insectes aquatiques et Recherches physiologiques sur les champignons entomophytes. Mentions très honorables à : M. Max Kollmann, pour l’ensemble de ses travaux sur les Leucocytes-, M. Théodore Rosset, pour son travail intitulé : Recherches expérimentales pour l'inscription de la voix parlée-, M. Jules Glôver. pour son mémoire intitulé : Physiologie de la voix. Recherches sur la réception des ondes sonores vocales et applications. Dissociation auditive et graphique des timbres vocaux. — Prix Philipeaux (900 fr.) : partagé entre : M. Marcel Lisbonne, pour son travail intitulé : Sur deux conditions de milieu nécessaires à la saccharification de l'amidon par les amylases salivaires et pancréatiques-, M. Emile-F. Terroine, pour 1 ensemble de sps travaux, portant principalement Sur la constitution colloïdale des constituants de l’organisme, sur les ferments du suc pancréatique, etc. — Prix La Caze (10000 fr.) : M. E. Wertheimer, pour l’ensemble de son Œuvre physiologique. — Prix Martin-Damourelte (1400 fr.) : M. Maurice Arthus, pour son travail intitulé : Etude sur les sérums antivenimeux. — Prix Lallemand (1800 fr.) : partagé entre : MM. Gabr'el Petit et Léon Marchand, pour leur mémoire intitulé : Recherches cliniques et anatomiques sur la pathologie comparée du système nerveux-, M. Giuseppe Slerzi. de Padoue, pour son ouvrage intitulé : Il sistema nervoso central di Verte-brati. Mention très honorable à M. J. de Goyon, pour son travail Sur la condition sensitive dans la. moelle épinière. — Prix Pourat (1000 fr.) : M. F. Ma guon, pour son mémoire intitulé : Recherches sur le rôle des graisses dans l'utilisation de Valbumine alimentaire. — Prix Bordin (Sciences naturelles) (3ooo fr.) : non décerné. Un encouragement de 2000 fr. est accordé à M. R. Robinson, pour son mémoire intitulé : Contribution « l’étude du déterminisme de la sexualité chez quelques Mammifères. — Prix général : Prix Saintour (8000 fr.). Un prix de 2000 fr. est décerné à M. Maurice Laugcron, pour ses travaux de Pa éobotanique. Une mention de 1000 fr. à M. YVill Darvillé, pour son ouvrage intitulé : L’eau à la ville, à la campagne et dans la maison.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Automobilisme
- Rail à table de roulement amovible. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé des explications sur cet intéressant dispositif dont la description (Voy. n° 2o5g) a été obscurcie par une omission de texte à l’impression.
- Rappelons que ce dispositif a pour objet de faciliter et d’accélérer le renouvellement des voies de tramways dans les villes : lorsqu’un rail est usé, il suflit, en effet, d’enlever la table de roulement, sans toucher à la voie ni au pavage. Outre le gain de temps, fort appréciable dans les villes qui comme Paris souffrent de la moindre gêne apportée à leur circulation, il y a,une économie très notable due à ce fait que la partie inférieure du rail peut servir presque indéfiniment.
- Pour bien faire comprendre comment, dans l’esprit de l’inventeur, sont réalisés ces avantages, il importe de préciser la façon dont se fixe et s’enlève la table de roulement. Celle-ci est rendue solidaire de son support R : i° par les deux tenons situés à sa base et qui se logent dans les mortaises correspondantes au support; 2° par les tenons mobiles H. Leur col demi-cylindrique porte une gorge excentrée dont la saillie s’appuie sur la table d’assise inférieure. Ces tenons se trouvent fixés dans la position indiquée sur la figure par deux
- cales encoin,foi’-cées en K entre la tête du tenon et le talon inférieur de la table mobile. Cescales permettent en outre de rattraper le jeu que pourra prendre cette dernière.
- On voit que ce mode de fixation pris en dehors de l’âme du rail à qui il laisse ainsi toute sa force, assure une solidité parfaite de la table sur son support. Le support et la table ne forment qu’un tout ; de sorte que ce rail en deux parties peut être posé aussi bien tout nu sur ses traverses qu’enrobé dans le béton d’une chaussée.
- Pour assurer la liaison du rail avec le pavé, il suflit d’une fourrure K placée dans le mentonnet, d’une bordure A et de cales B placées de distance en distance entre les deux premières. Ces cales transmettent à la fourrure les pressions de dilatation du pavé de bois. — Chez M. Gaudin, 24, place Dauphine, Paris.
- ctg^ Pédagogie
- Procédé de lecture et d’écriture instantanées applicables aux diverses langues avec rapide initiation à la lecture usuelle du français — Grâce à une disposition des lettres analogue à la table de Pytha-gore et à des images appropriées d’objets connus correspondant à ces lettres, dont la première syllabe du nom donne 1 énonciation des lettres mêmes et des groupes de syllabes formées par celles-ci, il est possible d’arriver quasi instantanément à lire les mots de sa langue comme un jeu, en les décomposant ou à les écrire en assemblant les syllabes à l’aide du tableau, leur reproduction en lettres romaines majuscules par le débutant n’exigeant aucun apprentissage. Un petit, relevé de lettres équivalentes en prononciation initie promptement à la lecture usuelle. Les images peuvent être changées à volonté suivant les circonstances, notamment pour en-
- seigner le français à des étrangers. Des bandes en blanc ont été réservées sur le tableau mural pour figures complémentaires au besoin. La méthode est applicable aux diverses langues, attendu que les lettres peuvent être remplacées par des chiffres romains pour les voyelles et par des chiffres arabes pour les consonnes, 1 alphabet français étant considéré comme pouvant reproduire d’une façon suffisante tous les sons de la voix.
- Cet expéddif procédé est établi sous forme de livret, de tableau mural et de double règle articulée (après transformation). En outre, avec un syllabaire auxiliaire récréatif en double cercle mobile, on peut former quasi mécaniquement les syllabes des mots et avec une règle syllabaire auxiliaire formant équerre s’exercer à combiner les lettres pour la formation des mots lorsque ces lettres sont connues.
- étant aj>prises aux débutants comme un jeu des plus simples et des plus intéressants. Ce procédé donne le moyen de nommer immédiatement les lettres sans se tromper, de les combiner presque mécaniquement, de se reconnaître sans peine et de se contrôler à volonté. — En vente chez M. Falque, libraire, 23, rue des Grands-Auguslins, Paris.
- A
- Ct§TNS. 'Electricité
- Pendule électrique..— On a reconnu qu’il est très difficile d’obtenir le fonctionnement régulier d’une pendule dont le balancier est actionné directement par un électro-aimant, et qu’il est préférable d’employer, pour actionner le mécanisme, un ressort qu’on remonte périodiquement au moyen d’un moteur électrique. Ce remontage peut être aussi fréquent qu’on le veut, de sorte que le ressort peut être de dimension réduite.
- C’est ce procédé qui a été employé par M. Ch. Clerc pour construire une pendule qui a tout à fait l’aspect ordinaire et qui peut marcher indéfiniment, pourvu qu’on renouvelle la pile en temps utile. Le moteur employé au remontage est très petit ; il se loge facilement dans le mécanisme, où il occupe moins de place que les barillets nécessaires pour les ressorts de la sonnerie et du mouvement d’une pendule ordinaire. Il se compose (fig. 1) d’un aimant permanent A, entre les branches duquel tourne un induit D auquel le courant est envoyé par .l’intermédiaire de ressorts qui viennent frotter sur le col-
- S~^Hr
- Coupe du rail Gaudir
- En résumé, plus d’illettrés, la lecture et l’écriture
- 1. Règle équerre du syllabaire.
- 2. Syllabaire en double cercle mobile.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- lecteur. Deux éléments de pile sèche suffisent à le mettre en marche pendant très longtemps puisqu’il ne dépense que 7/100 d’ampère. Il peut tourner à 35oo tours à la minute et ne pèse que 200 gr. ce qui le rend utilisable dans beaucoup d’autres applications telles
- que : jouets mécaniques, bateaux, voitures, etc.
- Dans l’application de l’horlogerie il était nécessaire de produire l’arrêt instantané dès que le courant est coupé, et aussi d’empêcher qu’il ne tourne à l’envers, dans le cas où, par mégarde, on aurait inversé les pôles de Fig. i. — Le moteur la pile. M. Clerc est ar-
- de la pendule électrique. rivé à ce résultat de
- façon très simple en plaçant en regard des extrémités de l’aimant une armature qui, lorsqu’elle est attirée, fait frein sur l’induit.
- C’est sa position normale quand aucun courant ne traverse l’appareil; c’est encore sa position si le courant passe dans le mauvais sens. Mais, quand il passe dans le sens normal, l’armature est au contraire repoussée,
- ment par un contact qui se produit toutes les heures sur la roue des minutes. Le remontage dure environ 6 secondes, au. bout desquelles le courant .se trouve coupé, par suite de l’avancement de la roue qui l’a produit. C’est aussi le moteur qui fait fonctionner la sonnerie au moyen du mécanisme dit « à rateau ». Les broches C soulèvent la pièce H, correspondant au marteau S, pour le laisser ensuite tomber brusquement sur le timbre; une disposition spéciale permet également de faire sonner la demie. — Chez M. Clerc, i53, rue de Belleville, Paris.
- Divers
- Pincette automatique. — Les pincettes ordinaires qui sont employées pour les feux de cheminée au bois ou au charbon de terre ont l’inconvénient d'avoir une ouverture immuable. Pour prendre un morceau [plus gros que cette ouverture il faut les ouvrir en employant ses deux mains, pour maintenir ensuite le morceau en prise, ou pour en saisir un plus petit il faut exercer une pression sur les branches. La pincette automatique (fig. 1) évite de faire ces manoeuvres. Elle se compose
- et l’induit libéré, se met aussitôt à tourner pour s’arrêter, brusquement calé par le frein, dès que le courant sera coupé. Sur l’axe de ce moteur on a disposé une vis sans lin Y (fig. 2) qui commande une roue R pourvue de broches uniformément espacées C. Sur l’axe de cette roue (vue en profil sur la fig. 3) on a enroulé un ressort B en fil d’acier, à spires nombreuses, dont l’une des
- Fig. 3. — Vue en plan des divers organes de la pendule électrique.
- d’une lige creuse terminée par deux griffes qui en temps normal se touchent par suite de l’action d’un ressort logé dans la tige. À la partie supérieure se trouve un levier sur lequel il suffit d’appuyer, avec la main même qui tient l’appareil, pour faire écarter les griffes de la quantité nécessaire pour saisir l’objet.
- Fig. 3 et i. — La pince à sucre automatique.
- extrémités est fixée à la roue R et l’autre au pignon P qui commande les rouages M actionnant les aiguilles à la manière habituelle. Chaque fois que le moteur tourne, le ressort se trouve donc bandé d’une quantité suffisante pour qu’il puisse actionner le mécanisme, jusqu’au remontage suivant. Afin d’éviter qu’il ne puisse être trop bandé, il n’est relié au pignon P que par un disque qui agit par friction et glisse si on dépasse la limite voulue. La mise en marche est faite automatique-
- Quand on cesse d’appuyer le ressort agit pour ramener les griffes l’une contre l’autre et l’objet est maintenu entre les griffes (fig. 2) Sur le même principe on a fait une petite pince à sucre très pratique pour aller puiser des morceaux, même petits, au fond d’un sucrier. Il suffit d’appuyer avec le pouce sur le bouton de la partie supérieure pour faire écarter les griffes (fig 3) et de cesser d’appuyer pour que le rooi’ceau saisi soit maintenu dans la pince. — Chez M. Mathieu, 19, rue de Valois, Paxûs.
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- VARIETES
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- La pourriture grise des fleurs de chrysanthèmes.
- — De divers côtés, et plus particulièrement dans la région du sud-est, des chrysanthémistes qui produisent en grande quantité le chrysanthème à grande fleur, pour le commerce, se plaignent des ravages causés dans leurs cultures par une maladie très dommageable dont ils ne connaissent pas le remède.
- Cette maladie parasitaire n’est auti'e que la pourriture grise, qui attaque les raisins, et est provoquée par le développement d’un champignon microscopique, le Bolrjtis cinerea Pers. Elle a pour principales causes déterminantes l’humidité et l’excès de matières azotées dans le sol. En effet, il est peu de cultures florales qui soient soumises au même degré que le chrysanthème à la grande fleur à des principes culturaux intensifs ayant pour objet d’exalter la floraison. On observe que les producteurs de grands capitules, uniques sur un pédoncule, abusent souvent des engrais azotés liquides naturels, et des bassinages, et il en résulte que les boutons floraux sous l’influence de ces trop copieuses fumures, se trouvant gorgés de matières azotées, prennent un très grand développement, une densité considérable, par suite de la multiplicité des fleurs qui se trouvent fortement serrées, comprimées, de la périphérie au centre du capitule, manquent d’air et sont alors prédisposées à éclater et à être atteintes par les maladies parasitaires.
- Au Congrès des chrysanthémistes qui eut lieu à Marseille en 1909, M. Chifflot, docteur ès sciences, signala les diverses phases du développement de la pourriture grise sur les fleurs de chrysanthèmes, du fait de l’évolution du Botrytis-cinerea Pers. Ce champignon, souvent saprophyte, c’est-à-dire végétant sur des tissus morts, et souvent aussi parasite, est constitué par de très nombreux filaments extérieurs, dressés, cloisonnés, plusieurs fois ramifiés et terminés par une tète un peu renflée, garnie de petites pointes sur lesquelles s’insèrent les spores nombreuses, hyalines, parfois légèrement brunâtres dont l’ensemble donne à la partie envahie une couleur gris-cendré, d’où le nom de pourriture grise, donné à cette maladie parasitaire. Les filaments internes qui rampent dans l’intérieur des cellules ont des suçoirs, et leur sécrétion spéciale amène une dissolution du cadre des cellules envahies par les filaments et même des cellules voisines.
- Les spores du cryptogame germent très facilement ; la température nécessaire à leur développement peut descendre à 6 degrés et même au-dessus de o degré quand le milieu est extrêmement humide.
- Au bout d’un certain temps d’évolution sur la plante, le parasite forme, dans l’intérieur des tissus, des amas noirâtres ou sclérotes, qui sont ses organes de conservation.
- M. Chifflot observe que l’excès d’engrais azotés liquides naturels apporte non seulement une humidité nuisible, mais encore une grande quantité de parasites qui, s’établissant d’abord sur les parties du sol arrosé, attaquent ensuite les capitules.
- Ainsi donc, il est bien reconnu que le développement du Botrytis cinerea arrive à toute son intensité quand les bassinages sont fréquents, le terrain trop mouillé, les fumures liquides trop exclusivement azotées et trop abondantes, et enfin lorsque l’aération des organes flo-
- raux est insuffisante, par suite de leur excessive densité.
- Dès lors, il est aisé de discerner les moyens auxquels les producteurs de chrysanthèmes à grand capitule peuvent recourir pour prévenir la maladie, dans la culture en pleine terre comme dans la culture en pots. C’est d’abord d’éviter l’excès d’engrais azotés liquides naturels, ou mieux de les remplacer par des engrais organo-chimiques à action immédiate (sang, viande, sulfate d’ammoniaque, superphosphate et sulfate de potasse). Ensuite, éviter les bassinages; intempestifs après les journées chaudes suivies de nuits fraîches, notamment en septembre et octobre; espacer le plus possible les boutures racinées, lo.rs de leur mise en place, ou des pots, lorsqu’on cultive les chrysanthèmes en pots, de manière que les plantes reçoivent une large aération quand elles ont acquis tout leur développement ; enfin, à l’entrée de l’automne, abriter les chrysanthèmes cultivés en pleine terre pour les préserver de la pluie, et les découvrir quand le temps est sec et beau.
- Si malgré ces mesures préventives, et comme on le constate assez fréquemment dans la culture des chrysanthèmes en serre, la pourriture grise venait à se déclarer, il faudrait se résoudre à supprimer les capitules et les pédoncules atteints, en évitant de disséminer les spores du champignon, car ce dernier s’attaque d’abord aux parties externes du capitule, bractées et surtout premiers demi-fleurons externes.
- Lorsqu’on constate la présence des inflorescences gris-cendré sporifères, il est alors trop lard, le champignon ayant déjà envahi tous les tissus profonds et mous qui forment le réceptacle, et si la partie supérieure et centrale du capitule parait encore saine, toutes les fleurs qui la constituent sont pourries à leur base, et toutes les parties prennent des teintes brunâtres.
- On doit avoir soin de brûler les capitules et les pédoncules attaqués.
- Les mesures préventives indiquées ci-dessus peuvent être utilement complétées par l’application de poudres spéciales; les plus efficaces sont les suivantes :
- a) Poudre du Dr Barello.:
- Talc........................92 pour 100
- Sulfate d’alumine............. 3 —
- Sulfate de chaux.............. 4 —
- Sulfate de fer................ 1 —
- b) Poudre cupro-calcaire :
- Ciment......................20 pour 100
- Stéatite cuprique.............3o —
- Chaux hydraulique.............5o —
- Cette dernière composition doit être employée après que l’on a humecté les plantes avec une solution de savon noir à 5 pour 100. Les poudres seront répandues à l’aide d’une soufreuse-poudreuse, le matin ou le soir, de façon à bien couvrir toutes les parties des capitules. Les traitements seront appliqués dès la mi-septembre et renouvelés tous les huit ou dix jours, jusqu’au moment de la complète floraison des chrysanthèmes.
- Des observations qui précèdent, il résulte que pour éviter les pertes du fait de la pourriture grise, dans la culture si importante du chrysanthème à grande fleur, on doit appliquer une fumure rationnelle et éviter l’excès d’humidité. Henri Blin.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- La clinothérapie pour les aliénés. — Boulevard de l’Hôpital, sur la place ombragée d’arbres qui s’étend devant l’hospice de la Salpêtrière, se dresse la statue de Pinel. Il y a deux siècles les fous, les aliénés, les agités de toutes sortes, étaient jetés pêle-mêle, fers aux mains et aux pieds, dans des cabanons infects. Pinel, en grand apôtre médical, sut faire comprendre que la folie n’était qu’une maladie, bien triste il est vrai, souvent incurable, mais que les malheureux qui en sont atteints avaient
- droit à la commisération de tous et il fit tomber les chaînes qui entravaient ces pauvres gens.
- Le Dr Magnan n’aspire pas, même après sa mort, à des honneurs pareils; je le sais trop modeste pour y songer jamais. Mais on pourra garder le souvenir de son passage à l’asile Sainte-Anne et de la révolution qu’il a opérée, nouveau Pinel, dans le traitement des aliénés. Il n’y a pas encore bien des années, et j’ai connu ce triste temps, tout maniaque agité, tout alcoo-
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- HYGIENE ET SANTÉ
- lique atteint de cet affreux delirium tremens, était encerclé dans la camisole de force et souvent isolé dans des cellules comme un véritable malfaiteur. Dès son arrivée à cet asile de douleurs, Magnan entreprit une réforme qu’il a pu mener à bien et qui lui a donné les plus heureux résultats. Agité ou non, tout aliéné est placé dans la salle commune avec les autres et mis au lit ; s’il est très agité, on le place dans un coin et le mur est garni de matelas. Une surveillance étroite est exercée par un gardien qui se tient près du lit, sans paraître faire la moindre attention aux faits et gestes du malade, lui offrant à boire tisane ou bouillon, mais tout prêt à intervenir s’il était besoin.
- L’expérience de plusieurs années, près de vingt ans, expérience portant sur plus de 3oooo malades, a montré que ce séjour dans les salles communes semble calmer plus vite leur excitation que lorsqu’ils sont en cellule et isolés. La présence des voisins qui sont tranquilles, qui acceptent les soins des gardiens, produit sur eux un effet salutaire; il est rare qu’au bout de 2, 3 joitrs,
- 5 au plus, ils ne soient devenus comme eux calmes et paisibles. Même les alcooliques amenés en plein délire, et qui en a vu dans cet état peut s’imaginer le degré d’excitation, même ces malades arrivent rapidement à être dociles et moins agités.
- La clinothérapie, qui est du reste pratiquée dans d’autres asiles européens, mérite donc d’être répandue et appliquée de parti pris au traitement de l’aliénation. 11 suffit d’une surveillance très rigoureuse pendant les premiers temps, par conséquent d’un nombre d’infirmiers proportionné au nombre des malades.
- Un résultat non moins surprenant de ce traitement par le repos au lit et en commun a ôté la suppression des suicides, d’ordinaire si fréquents malgré la surveillance, dans les établissements d’aliénés. Depuis 1897,011 le Dr Magnan a appliqué la clinothérapie à l’asile Sainte-Anne, on n’a eu à regretter que trois cas de suicide. C’est le cas de dire, avec notre bon fabuliste, souvent douceur fait plus que violence.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Comment on peut fabriquer de la chaux sans four Spécial. — On sait que la chaux est préparée en calcinant des pierres calcaires dans un four généralement assez grand. Il peut être avantageux de se passer d’une
- A, couche de gazon ; B, évents ; C, canal pour l’arrivée d’air ; D, E, couches successives de calcaire et de combustible.
- telle installation : c’est le cas par exemple pour des constructions à faire près de gisements calcaires, cependant que les moyens de communication sont très coûteux. Voici alors comment on peut opérer : choisir une aire plane, en terre, de 8 m. de diamètre et creuser au centre une cavité profonde de 5o cm et large de 1 m., communiquant à la périphérie de l’aire, dü côté du vent dominant, par une fosse de même profondeur,
- large d’un fer de bêche (V. fig.). L’excavation est remplie de paille, puis de menus morceaux de bois, puis de rondins, le tout étant disposé de façon que sous l’action de la pression exercée au-dessus, il ne se produise pas d’affaissement. On dispose ensuite sur l’aire la pierre à chaux (calcaire, marbres, etc.) et la houille de chauffage, par lits alternatifs. Pour un wagon de charbon pesant 10000 kg, il faut -environ 5o m3 de calcaire, et le mélange doit occuper un cercle d’environ 5 m. de diamètre. On commence à faire un lit de pierres plates assez grosses et on le couvre d’un lit de houille cinq fois moins épais, puis on continue en prenant des précautions pour laisser de nombreux vides permettant la circulation des gaz. Ceci est facile à faire par un choix approprié des morceaux de carbonate calcique et de charbon selon leur grosseur.
- Quand tout est empilé en un tas rétréci par le haut pour le rendre bien stable, on recouvre de plaques de gazon, puis d’une bouillie d’argile, on ménage dans le haut, du côté opposé au fossé, quelques évents.
- Avec une perche, on enfonce vers le centre un tampon de paille enflammé : la masse entre en combustion absolument comme un tas de rondins destinés à être transformés en charbon de bois. La calcination peut durer de quelques jours à quelques semaines selon l’intensité de l’aération. Il est préférable de marcher à lente allure, la décomposition du calcaire étant ainsi plus régulière et complète. On peut substituer au charbon de la tourbe ou des déchets ligneux divers, mais l’opération est ainsi rendue plus délicate. Le combustible devra être bien sec, mais la pierre calcaire pourra s’employer légèrement humide.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Errata. — Dans notre recette pour l’imperméabilisation du ciment (p. 198 du supplément, n° du 16 nov. il faut lire 7 pour 100 de sulfate calcique et non 2,7 pour 100 comme une erreur nous l’avait fait mettre. — Au n° 2062, Informations, p. 210 : L’altitude du Pike’s Peak est de 4292 m. et non de 4i37 m.
- Renseignements. — M, Caussin, à Sœtrang. — Consultez le Manuel Roret, tannage, corroyage, hon-
- groyage. — 2 vol., prix : 7 fr., chez Mulo, rue Haute-feuille, Paris.
- M. A. C., à Sèvres. — Il est difficile de se prononcer sur les causes des altérations constatées sur votre Phoenix-, il n’est pas certain que les taches jaunâtres des feuilles soient imputables à un acarien ou d’autres insectes que vous appelez poux, et dont nous ne pouvons déterminer l’identité entomologique sans examen de quelques spécimens. Il se peut en effet, que la plante soit attaquée par un petit champignon, FExosporium palmivorum ; dans ce cas, il faudrait couper les feuilles les plus attaquées et les brûler, puis essayer des pulvérisations de bouillie bordelaise. Cette maladie crypto-gamique est assez fréquente sur les Phoenix. Si les altérations sont vraiment dues aux insectes dont-il s’agit — et il faut vous en assurer — il y aurait lieu d’essayer le
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- BOITE AUX LETTRES
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- traitement suivant : Répandre en pulvérisation sur la plante malade un insecticide composé de : nicotine io gr., carbonate de soude 2 gr., eau 1 litre, en mélange avec de la bouillie bordelaise préparée dans la proportion de 1 kg. 5oo de sulfate de cuivre pour 100 litres d’eau; ou bien, employez une solution composée de 6 à 10 grammes de lysol par litre d’eau.
- M. P. Bresson, Directeur de l’usine à gaz, à Tournon. — Pour purifier le mercure ayant servi à l’amalgame de zincs de piles, il faut le faire tomber en pluie fine à l’air, en sorte que tous les métaux étrangers puissent s’oxyder et être enlevés par filtration à la peau de chamois. Mais l’action oxydante est très longue à se parfaire.
- M. Paul Brene, à Vienne (Isère). — Il n’existe pas de produit pouvant à la fois enlever la rouille et en empêcher ensuite la venue. Il faut d’abord dérouiller votre lustre, puis ensuite le vernir. Vous trouverez de nombreux procédés pour cela dans chaque recueil de Tis-sandier, ou mieux dans les Recettes de l’Atelier qui paraîtront chez Masson au commencement de igi3.
- M. X. B. — Pour vernir les tubes des instruments d’optique, on emploie tout simplement des vernis colorés en rouge par du sang-dragon, de la gomme-gutte etc... De nombreuses formules sont données par L. Naudin dans son volume de Y Encyclopédie Léauté (2 fr. 5o Masson, édit). Mais il est plus pratique d’acheter le vernis tout fait (vernis « or » de Sœhnée, par exemple).
- Un abonné. — Il est très difficile de désodoriser un meuble imprégné à la suite d’un long usage, d’une odeur ammoniaco-urinaire. Vous pourriez essayer de placer à l’intérieur, pendant assez longtemps, une assiette ou
- tout autre récipient à grande surface, contenant un peu d’acide acétique fort. Ensuite, il serait bon d’exposer quelques semaines en lieu aéré, chaud et sec.
- M. A. Stoffel, Paris. — Bibliographie de l’industrie des soies artificielles. Vous trouverez dans les 2 volumes « Succédanés de la soie » de Y Encyclopédie Léauté (Masson, édit. 2 fr. 5o le volume) une complète bibliographie concernant les soies artificielles et les similis. Consulter en outre les longs articles de Beltzer parus depuis dans la Technique moderne (1910) sur les soies artificielles et Y Industrie textile (1910-1911) sur le mercerisage. Pour la soie végétale de lin, il n’a encore été fait aucune publication technique, en dehors de l’article que nous lui avons consacré. Pour plus de renseignements, s’adresser à la Société La soie végétale, 44, rue Blanche, Paris,
- M. L., à Liège. — Pour les morsures de serpents et leur traitement, voir La Nature, n° 2049, 3i août 1912.
- M. P. C., à Paris. — i° L’iodure de sodium à l’intérieur à petites doses; les exercices méthodiques de massage du tympan; 20 il existe de petits appareils, genre microphone, qui s’adaptent à l’oreille et facilitent l’audition; 3° il n’y a qu’à choisir parmi les spécialistes parisiens, otolaryngologistes des hôpitaux ou attachés à l’Asile des sourds-muets.
- A. Paccard, à Albertville.— Cuivre repoussé. Comme bourrage des creux, on emploie du mastic fait en incorporant de l’argile à de la poix fondue. Pour le patinage, voir nos recettes, énumérées dans une dernière « Boîte aux Lettres » (réponse « Cercle des Officiers » de Magnac-Laval).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La naissance d’une libellule : Daniel Claude. — Nouveaux procé-. dés de fabrication de l’aluminium : A. Troll®r. — Un grand savant: H.-A. Lorentz : G. Brescii. — Les ballons dirigeables en France et à l’étranger : R. C. — Oualata, la mystérieuse métropole de l’art saharien : V. Forbin. — Le pupitre musical : Lucien Fournier. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil.
- — Un groupe électrogène automat que : R. Villers. Supplément. —- Nécrologie : Ch. Bourseul inventeur du téléphone.
- — La classification des spectres stellaires, — La transformation du phosphore blanc en phosphore rouge. — Production et consommation mondiales actuelles du charbon et du pétrole, etc.
- Organisme économique et désordre social, par C. Colson, membre de l’Institut. In-18, Ernest Flammarion, 1912. Prix : 3 fr. 5o.
- Cet ouvrage met en relief les causes de désordres qui font obstacle au bon fonctionnement de l’organisme économique et qui menacent de le compromettre. Le livre III notamment, L'individu, la famille et la solidarité, montre comment 1 ordre public est compromis par les opinions et les lois tendant à ébranler la solidarité naturelle, fondée sur les liens de famille, pour y substituer une solidarité purement artificielle et des prescriptions soulevant d’inextricables difficultés comme les assurances obl galoîres. — Le livre IV, Les associations, la conscience collective et la puissance publique, signale l’extension abusive du rôle des associations, les difficultés que trouve l’Etat à maintenir la discipline parmi ses agents, enfin l’action désorganisatrice exercée par la tyrannie des syndicats et par l’extension des grèves. Le livre V, La morale, la justice et les sanctions, montre les dangers qui résultent de la prédominance actuelle des sentiments dé pitié sur l’idée de justice et qui va aujourd’hui jusqu’à compromettre la sécurité publique. — C’est un beau livre longuement mûri de philosophie scientifique et sociale.
- Les Démocraties latines de l’Amérique, par F. Gargia-Caldéron. Préface de M. Raymond Poincaré. In-18. Ernest Flammarion, éditeur. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur décrit la vie politique tourmentée de ces nations jeunes, leur évolution intellectuelle, les problèmes de leur avenir, la transformation de l’espagnol, conquérant orgueilleux et avide, dans ce nouveau milieu, son mélange avec l’indien et le nègre, qui explique les révolutions fréquentes dans ces régions, et la stagnation des anciennes colonies espagnoles. Il raconte ies luttes de ces peuples pour l’indépendance et l’influence des « caudillos », chefs despotiques et parfois bienfaisants. Il a voulu montrer l’action puissante des idées françaises dans la vie politique et intellectuelle de ces nations latines. Il analyse les périls qui menacent l’avenir du nouveau monde latin : invasion des émigrants allemands et japonais, mainmise des Etats-Unis sur les finances d’outremer. Il n’est pas indifférent pour la France et les peuples latins d’Europe que les démocraties américaines deviennent des états saxons.
- Les propriétés physiques du sol, par A. Petit. In-16. 100 p. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris, 1912. Prix : 2 francs.
- Electromagnetic radiation and the mechanic actional arising from it, par le Dr A. Schott, i vol. 33o p. Cambridge University Press, 1912. Prix : 18 sh.
- Très importante contribution mathématique à la théorie électro-magnétique des radiations.
- Handbuch der vergleichenden Physiologie, par Hans Winterstein, livraisons 25-28, in-8° Gustav Fischer, éditeur, Iéna, 1912. Prix, chaque livraison : 5 mark.
- La 25° livraison contient la fin de l’étude de Winterstein sur les phénomènes physico-chimiques de,la ^respiration et le début de celle de Babak sur le mécanisme et l’innervation de la respiration; la 26°, la suite de l’étude de R. du Bois-Reymond sur la physiologie du mouvement et celle de O. Weiss sur la production des bruits et des sons; la 27e, l’étude de Biedennann sur la physiologie de la substance de soutien et du squelette ; la 28°, celle de Mangold sur le sens acoustique et statique.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o’",3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT . DIRECTION ET FONCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 nov. 1912 . 2°.0 S. s. w. 1. Couvert. » Gelée bl. ; éclaircies. ...
- Mardi 26 5°,4 S W. 4. Pluie. 2,3 Pluie de 3 h. 45 à 10 h. 50 ; couvert ; pluie à 23 h. 50.
- Mercredi 27 5°,9. W. S. W. 4. Pluie. 6,0 Pluie cesse à 5 h. 25. ; pl. de 6 h. 35 à 7 h. 10 ; nuag. ; gelée bl.
- Jeudi 28 ..... . 0°,5 W. S. W. 2. Beau. 1,0 Gel. bl. ; pluie de 0 h. 30 à 1 h. 15. ; nuag.
- Vendredi 29 2°,5 S. 3. Couvert. 0,8 • Gelée bl. ; grésil et neige de 7 b. 45 à 8 h. 55. Couv, jusq. 10 b.
- Samedi 50 . 6°.9 S. 5. lluie. 12,4 Gelée bl. : pluie de 1 b. 50 à 16 h. couvert.
- Dimanche ict déc . . -— 1°,5 Calme. Beau. 0,1 Gelée bl. ; nuag. ; pluie de 22 b. 15 à 23 h. 15.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1912. — SEMAINE DU LUNDI 25 NOVEMBRE AU DIMANCHE 1" DÉCEMBRE 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à JO; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : ....' * 7 -— 1----------------‘ "------------~—ené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à
- courbé épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.-
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du j8 au 29 novembre. — Le 18. Pression supérieure à.765 de la péninsule Ibérique à la Russie. Dépression sur le N. de l’Europe (Vardoe, 743), une autre vers l’Islande. Pluies sur le W. de l’Europe. Neiges dans le Centre et le S. En France : Biarritz, 21 mm; Bordeaux, xi ; Charleville, 7. Temp. du matin : Arkhangel, -—6°; Belfort, -j- 1 ; Paris, 7; Alger, 10; moyenne à Paris : 6° (normale ; 5°,5). — Le 19. Fortes.pressions sur le W. de l’Europe et l’Atlantique (Bretagne : 770). La dépression de l’Islande s’avance lentement vers l’E. Pluies générales en Europe. En France : Biarritz, 85 Nancy, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Besançon, o°; Marseille, -}- i; Paris, +5; Brest, 9; moyenne à Paris : 6° (normale-: 5°,4)- — Le 20. La dépression de la veille s’étend vers le S.-E. (745 mm entre les îles Féroé et la Norvège). Fortes pressions sur la moitié S. dé l’Europe. Pluies sur le W. et le N. du continent. En France : Belfort, 12 mm; Besançon, 11; Paris, 2. Temp. du matin : Haparanda, —170; Gap, —1; Belfort, + 2 ; Marseille, 3; Paris, 7; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 5°,2). — Le 21. Pression élevée sur le S.-W. et le W. de l’Europe (Madrid : 776). Dépression dans les parages de l’Islande. .Une autre sur. la Baltique et le Centre de la Russie. Pluies générales. En France : Biarritz, 14 mm ; Clermont, 12;. Lyon, 6. Temp. du matin : Arkangel, -^-iG0 ; Lyon, -j-5 ; Paris, 9 ; Cherbourg, 12; moyenne à Paris : 6°,4 (normale :: 5°,i). —Le 22. Fortes pressions sur l’Atlantique et l’Europe centrale. Dépression dans les parages de l’Islandepüne autre sur Tltalie $t les Balkans. Pluies sur les Iles-Britanniques et le N. de 1-Europe; abondantes en Algérie et S. de l’Italie. En France : beau temps ; inoyenne à Paris : 6°,9 (normale : 5°, 1). — Le 23. Pression supérieure à 776 du W à l’E. de l’Europe. Dépression dans les parages de l’Islande. Une autre persiste.en Italie (Palerme : 755). Pluies sur le N.-W. de l’Europe. Temp. du matin : Arkhangèl,
- — 12°; Clermont-Ferrand, —2; Marseille, o; Paris, 1; Cherbourg, 11 ; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 4°,9V
- — Le 24. Fortes pressions du W. à l’E. de l’Europe : (Biarritz : 771; Kharkolï : 776). Basses pressions sur Islande, Ecosse et N. de la Russie. Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. Temp. du matin : Belfort, —5°; Toulouse, —1; Marseille, o; Pan's, -j-4 ! Brest, 9; moyenne à Paris : 4°>9 (normale : 4°>7)• —-Le 26. Dépression sur les Iles-Britanniques ; une autre sur la Scandinavie. Pluies sur le ’ N.-W. de l’Europe En France : Calais, 23 mm; Charleville, i4; Paris, 7. Temp. du matin : Budapest, —3°; Belfort, o; Paris, -j- 5; Nantes, g; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 4°>5).
- — Le 27. La dépression des Iles-Britanniques se déplace vers le N.-E’. (îles Shetland : 724). Mauvais temps sur toute l’Europe. Tempête sur la Manche et la mer du Nord. Pluies sur le W. de l’Europe et la Scandinavie : Dunkerque, 21 mm; Nice, 10; Paris, 1. Temp. du matin: Berne, — 3°; Paris, Nantes, Clermont-Ferrand, -j- 6 ; Alger, i3; moyenne à Paris : 5°,9 (normale : 4°>3).
- — Le 28. Profonde dépression (centre à Vardoe : 731) s’étend de l’extrême N. à la Méditerranée où’ se forme un minimum secondaire (Livourne : 753). Pluies sur le
- ; W. du continent; neiges sur le Centre. En France : Cherbourg, i3 mm; Rochefort, 10. Temp. du matin : Belfort, o°j; Paris, —f— 1 ; Nantes, 2; Toulouse, 4; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 4°>i). — Le 29. Nou-; velle dépression sur les Ilés-Britanniques, et le N.-W. de la France. Pression basse sur tout le continent; supérieure à 766 seulement dans l’E. de la Russie. Tempête sur là Manche. Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Ballon de Servance, 87 mm; Cherbourg, 21 ; Biarritz, i4; Parié, 9. Temp. du matin : Belfort, t— 3°; Paris, .4- '2 ; Nantès, 7 : Alger, i3; moyenne' à Paris : 4°>2 (normale : 4°1- •
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiéne publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature i> doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N°j20<54. — 14 DÉCEMBRE 1912
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- Une conséquence inattendue du changement de méridien.— Depuis l’an dernier, la France a substitué, pour la détermination de l’heure légale, le méridien de Greenwich au méridien de Paris. Autrement dit, toutes les horloges de France ont été retardées de 10 minutes. Cette mesure a eu, dans la vie pratique, une conséquence à laquelle nul, peut-être, n’avait songé au moment où le changement s’est opéré. Elle a augmenté dans toute la France les dépenses d’éclairage et naturellement tous les fournisseurs de lumière s’en réjouissent. M. Lefèvre, dans la Revue électrique, met clairement en évidence cette augmentation. Toutes nos habitudes se trouvant retardées de 10 minutes, on peut affirmer que dans les bureaux et les magasins, et les usines, les lampes restent allumées chaque jour 10 minutes de plus que dans l’ancien système ; il en est presque rigoureusement de même pour les habitations. On peut répondre, il est vrai, que les mêmes lampes sont allumées le matin 10 minutes plus tard et que, en conséquence, il n’y a aucun changement. Il n’en est rien, et pour s’en convaincre il suffit d’examiner les courbes de débit d’hiver d’une centrale électrique quelconque : on y observe deux pointes bien caractérisées : l’une le matin, l’autre le soir; mais cette dernière est incomparablement plus accentuée que la première. Aussi la diminution que le changement de méridien fait subir le matin à la consommation, est-elle beaucoup plus faible que l’augmentation de débit, le soir. Ajoutons qu’au printemps, en été et à l’automne, l’éclairage du matin n’est nullement affecté par le retard de 10 minutes, tandis que l’éclairage du soir s’en trouve augmenté, toujours dans les mêmes proportions. Partant de ces données, M. Lefèvre évalue à 1 pour 100 l’augmentation d’éclairage qui résulte du changement de méridien. C’est donc pour tous les marchands de lumière, usines électriques, usines à gaz, épiciers fournisseurs de pétrole, alcool, carbure et bougie, un surcroît automatique de recettes qui, pour être modéré, n’est nullement négligeable.
- Lampe électrique à vapeur de cadmium. — Cette lampe que vient d’imaginer' un physicien allemand, M. Wolfke, donne une lumière blanche. Tout le monde connaît aujourd’hui la lampe à vapeur de mercure : elle a l’avantage d’être fort économique au point de vue consommation de courant, mais la coloration verte de la lumière fournie par elle, limite considérablement ses aoplications. M. Wolfke, après avoir essayé un grand nombre de métaux et d’alliage, semble avoir résolu le problème par l’emploi d’un amalgame de cadmium à faible teneur en mercure. Le cadmium a les propriétés suivantes qui le désignaient, en effet, pour l’usage que vient d’en faire M. Wolfke : la température de vaporisation dans le vide est basse (45o° C.) ; il n’attaque pas le verre, son spectre contient des radiations rouges. Le
- cadmium pur utilisé dans une lampe donne une lumière rouge; additionné de 3 à 10 pour 100 de mercure, il donne une lumière blanche satisfaisante.
- Réception de radio-télégrammes au moyen d’antennes au ras du sol. — M. Rothé signale dans les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences la possibilité de recevoir les radio-télégrammes avec des antennes très réduites et au ras du sol. C’est ainsi qu’il a pu recevoir à Nancy les radio-télégrammes de la Tour Eiffel et ceux de plusieurs stations allemandes avec un fil long de i5 mètres placé à a m. 5o au-dessus du sol. Un fil complètement horizontal et d’une cinquantaine de mètres de long, placé à hauteur d’homme, lui a permis également la réception. D’autres expériences ont été faites au cours des vacances dernières près de Saint-Dié. L’antenne dont s’est servi M. Rothé était un fil de cuivre unique placé sur les potelets de i5 centimètres de haut, très mal isolé, touchant parfois le sol. La longueur a varié d’un minimum de i5 jusqu’à un maximum de 35 mètres. Cette antenne communiquait avec une conduite d’eau, conduite d’arrosage du jardin, par l’intermédiaire d’une bobine de self de 0,0045 henry; il n’était pas orienté dans la direction Paris. Le circuit du détecteur comprenant le téléphone et les piles, était en dérivation entre le sol, le point d’attache de l’antenne et la bobine de self. Dans ces conditions, M. Rothé a entendu parfaitement la Tour Eiffel. Le jardin où ces expériences ont été faites était entouré d’un grillage métallique de plus d’un mètre de hauteur.
- Le fer électrolytique. — Nous avons déjà signalé ce procédé spécial de fabrication du fer. Il est dû à M. F. Fischer et a été mis au point dans les ateliers de la maison Langbein Pfannhauser à Leipzig. Le procédé semble être aujourd’hui entré dans une période d’application industrielle, et le fer électrolytique est appelé à des emplois intéressants. C’est au moins ce qu’il résulte d’une communication de M. Duisberg au Congrès de chimie appliquée de New-York. Le métal est obtenu par l’électrolyse entre 100 et 1200 d’une solution d’un sel de fer, mélangé d’un produit microscopique tel que le chlorure de calcium; le métal déposé par le courant électrique est parfaitement pur et ne recèle aucune trace d’hydrogène. Dans les essais faits jusqu’alors par d’autres chercheurs, c’est l’hydrogène qui avait été le grand obstacle, le gaz, restant incorporé au métal, donnait un produit poreux sans aucune consistance et par suite inutilisable. La dureté du fer électrolytique obtenue par M. Fischer n’est pas plus grande que celle de l’aluminium. C’est un métal d’une grande perméabilité magnétique. Il s’aimante et se désaimante beaucoup plus vite que le fer ordinaire et ne garde pas de magnétisme rémanent. Cette propriété est précieuse dans la fabrication des moteurs électriques. Actuellement les tôles d’induits sont faites le plus souvent en acier au
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- silicium. Le fer électrolytique substitué à l’acier augmente dans des proportions considérables le rendement du moteur : c’est ainsi que M. Duisberg à montré au Congrès de chimie 2 moteurs identiques comme construction et comme dimensions, utilisant l’un l’acier, 1 autre le fer électrolytique, le Ier avait une puissance de 1/2 cheval, le 2e de i,3 cheval. C’est donc une amélioration considérable.
- Le ciment armé au bois. — A propos d'une récente information sur ce sujet, M. M.-A. Boldi, ingénieur, via Alessandria, n° 74, à Rome, nous informe que, dès 1908, il a breveté l’emploi du bois renforcé par le ciment, et que depuis lors il a été fait de larges applications de sa méthode en Amérique et notamment au Chili.
- Ignifugation permanente des tissus de coton. — M. W.-H. Perkin a fait connaître au Congrès de chimie appliquée de New-York, le résultat de ses éludes sur l'ignifugation des tissus de coton. Le but de M. Perkin était de trouver un produit d’imprégnation assurant l’incombustibilité et résistant au lavage, la plupart des méthodes en usage ont, en effet, l’inconvénient de n’assurer qu’une efficacité momentanée qui disparaît après quelques lavages. M. Perkin, avec la collaboration de M. Brad-bury, a entrepris une série d’essais méthodiques qui l’ont conduit à s’arrêter aux sels d’étain. Ceux-ci s’junis-sent intimement à la fibre de coton. Voici le procédé adopté : le tissu est plongé dans une solution de stan-nate de soude où il s’imprègne complètement. Il est ensuite débarrassé :dé l’excès de liquidé par comprèssion entre des cylindres, et complètement séché sür un tambour de cuivre chauffé. Le tissu est alors immergé dans une solution de sulfate d’ammoniaque, puis à nouveau essoré et séché. Il s’imprègne ainsi d’oxyde d’étain et de sulfate de soude. Ce sel est éliminé par lavage à l’eau. Le tissu ainsi traité est complètement incombustible ; la couche protectrice résiste à tous les lavages à l’eau chaude et au savon. Les couleurs du tissu ne sont pas altérées, l’étoffe gagne même en souplesse et solidité. Le procédé n’a qu’un défaut, il est relativement coûteux, l’étain étant un métal d’un prix élevé. Il entraîne une majoration d’environ o fr. 11 au mètre. Une maison anglaise, Whipp Bros and Tod, de Manchester, a commencé, sous la désignation de Non-Flam, à mettre en vente ces nouvelles étoffes.
- La tache blette mongolique. — On sait que les enfants de race jaune présentent, à la naissance et pendant les premières années, une tache bleutée bien marquée, sans relief, sans poils, à bords peu nets, située, sur les reins ou le bas du dos. Cette tache disparaît pendant l’enfance et persiste rarement après quelques années. Chez le singe, au contraire, elle persisterait toute la vie. 98 pour 100 des enfants chinois ont cette tache; on la retrouve chez les Japonais, à Java, chez les Tagals, chez les Polynésiens d’Hawaï, à Tahiti, aux Iles-Marquises, chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, les Esquimaux du Groenland, dans l’Alaska, la Californie, le Mexique, l’Amérique centrale, l’Equateur, le Pérou, le Brésil, la Patagonie, etc., toujours chez des enfants de peuples de souche jaune. Chose rémarquable, les Aïnos, indigènes de l’île septentrionale du Ja'pon, d’origine inconnue, mais certainement non mongolique, ne présentent pas cette tache. On admet donc généralement que la tache bleue est spéciale à la race jaune et qu’il est exact de l’appeler mongolique. Toutefois, le Dr Bruch, de Tunis, vient d’observer beaucoup d’enfants porteurs de cette tache parmi la population tunisienne dans des milieux variés : arabes, juifs, siciliens, métis de nègre, etc. Les enfants porteurs de cette tache ne sont jamais blonds ou roux; ils ont les cheveux noirs ou châtains, les yeux et le teint foncés. Cette exception est curieuse à signaler en ce qu’elle tend à montrer que la tache bleue n’est pas spécifique des races mongoliques (d’après la .Presse Médicale).
- L’attitude des animaux pendant une éclipse de soleil. — On répète souvent que, pendant le's éclipses totales de soleil, les animaux présentent des signes de terreur ou regagnent leurs nids. L’éclipse du 17 avril dernier qui fut presque totale à Paris, a permis à M. Lapicque de détruire cette légende et il vient de publier dans le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle
- les constatations qu’il a faites dans la ménagerie. Seuls, les moineaux ont été pour la plupart prendi’e leurs places accoutumées pour la nuit et les lions se sont tous étendus immobiles comme pour dormir, mais les autres oiseaux et mammifères ont manifesté la plus complète indifférence. Dans la grande volière, un paon faisait la roue au moment du maximum. M. Kunckel d’Herculais, assistant au Muséum, observa à Conflans-Sainte-Hono-rine, que les moineaux gagnèrent leur gîte et qu’un rossignol se mit à chanter; dès que le soleil reparut, les moineaux reprirent leur activité et le rossignol se tut. M. Labitte, attaché au Muséum, vit des abeilles suspendre leurs travaux pendant la période d’assombrissement. Mais aucun observateur ne vit de manifestations d'effroi. Enfin M. Perriraz (Bulletin de la Société Vau-doise), toujours au Jardin des Plantes, a vu au même moment les coqs chanter, les poules percher, les rapaces tourner la tête en tous sens, les oiseaux aquatiques faire un bruit assourdissant, tandis que les singes semblaient inquiets, les lions, les zèbres et les hippopotames* se couchaient, et que l’otarie gesticulait-, que l’ours blanc se cachait, et que les chèvres et les hémiones ne semblaient nullement influencés.
- Deux nouveaux squelettes de reptiles fossiles. —
- La collection- de paléontologie du Muséum des Etats-Unis à Washington, vient de s’enrichir de deux très beaux squelettes montés de reptiles fossiles. Ces deux pièces, très complètes, furent trouvées par le Service géologique des Etaits-Unis dans les célèbres dépôts de fossiles connus sous le nom de « Morrison Beds », situés dans le Wyoming. Le plus grand, nommé Campto-
- Les deux nouveaux Camptosaurus du Muséum national des Etats-Unis.
- saurus Browni, atteint près de 6 mètres de long, en y comprenant une queue de près de 3 mètres; l’autre espèce, Camptosàurus manus, eSt plus petite, elle n’a qu’un peu plus de 3 mètres. M. Gilmore, qui a fait monter les deux squelettes, vient d’en donner la des-cript'on dans les Proceedings of the U. S. National Muséum, en insistant sur leur remarquable état de conservation. Ces Camptosaurus sont évidemment loin d’être comparables comme taille à l’énorme Diplodocus, mais ils présentent une autre sorte d’intérêt; le groupe de reptiles auquel appartiennent ces deux animaux est très voisin des oiseaux, et les deux nouveaux squelettes montrent une dentition peu développée, le devant de la bouche, sans dents, étant probablement prolongé, chez l’animal vivant, par un bec corné.
- Un dauphin blanc. •— Des cas dlalbinisme ont été signalés chez un très graud nombre d’animaux et tout le monde a pu voir des lapins et des chats albinos, sinon des merles blancs, qui d’ailleurs- ne sont pas d’une extrême rareté. Mais un dauphin albinos est chose beaucoup moins fréquente Le professeur W. Mac Intosh vient cependant d’en décrire un (Notes front the Gatty Marine Laboratory) capturé dans la baie de Saint-Andrews : c’était une jeune femelle longue de près de 90 cm ; elle était entièrement d’un blanc jaunâtre sauf deux bandes long'tudînales légèrement colorées courant de chaque côté du corps et deux taches sombres en forme de croissant allant de chaque œil à l’angle de la bouche; les yeux étaient normalement pigmentés, contrairement à ce qu’on observe chez la plupart des albinos.
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- *•> Construction *
- r Construction hardie en béton armé. — L’Exposition d’industrie et d’agriculture à Kôslin (Poméranie) possède une construction curieuse. C’est un escalier fait entièrement en béton armé et qui semble se projeter tout entier en porte-à-faux. Son palier supérieur forme
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- légèrement sur les côtés de façon à limiter la montée de celle-ci. Pour les lampes qui comportent un champignon destiné à étaler la flamme, le bloc-mèche aune disposition spéciale qui permet de laisser passer la tige supportant ce champignon. — M. Barthez, 44, rue Marey à Alger.
- *>> Mécanique <«*
- Le tasseau « Lierre ». — Encore une invention suscitée par le problème du clou. Rien de plus simple en apparence que d’enfoncer un clou dans un mur, mais souvent rien de plus délicat. Le clou, s’il est trop fort, risque d’endommager gravement la paroi où on le plante ; trop faible il ne portera plus la charge qu’on lui des^ tine. Le clou adhère bien au bois, mais non à la pierre ou au plâtre. Dans ce dernier cas, l’emploi de taim pons enbois s’impose et leur pose exige des outils spéciaux, du temps. Bref, c’est tout un travail. C’est pour éviter ces complications qu’a été imaginé lé tasseau « Lierre », il permet, pour fixer une planche à un mur, de n’utiliser que des petits clous de tapissiers incapables de détériorer la cloison. Le tasseau en effet est un support fait d’une tige en tôle, ayant la forme représentée sur notre figure. Il suffit de deux tasseaux pour une planche. On voit que l’effort exercé par la planche sur ces supports se transmet verticalement droit aux clous et jamais obliquement ; dans ces conditions ceux-ci ne subissent que des effets de cisaillement mais non d’arrachement. La fixation dans le mur n’exige, dès lors, pour ainsi dire aucune précaution. Il faut 2 minutes à peine pour poser le tasseau « Lierre », et moins de 3o secondes pour l’enlever. —-En vente chez M. Maillefert, 167, rue de Bercy, Paris.
- Le tasseau « Lierre
- L’escalier monolithe de Kôslin.
- un pavillon d’où l’on jouit d’un coup d’œil magnifique sur l’Exposition tout entière. La hauteur totale de cet escalier est de 10 m. 75, il repose sur une plaque de fondation en béton armé de 4 m. 4X5 Wô une première portée, inclinée d’environ 45°, s’élève à une hauteur de 3 m., et aboutit à une plaque .en béton armé formant palier. De ce palier s’élève un deuxième escalier montant en 20 marches (sous un angle également de 4Ô0) à la hauteur de 7 m. 20. La stabilité de la constructure est essentiellement basée sur la disposition de l’armature de l’escalier supérieur, qui se continue à une certaine profondeur dans l’escalier inférieur.
- *>> 'Eclairage
- Bloc-mèche pour lampe à pétrole. — Le grand inconvénient des lampes à pétrole c’est qu’elles fument facilement et qu on ne s’en aperçoit pas toujours à temps. Le meilleur moyen d’éviter la fumée est de régler la mèche une fois pour toutes, mais il est assez difficile de se rendre un compte exact de la hauteur à lui donner; s’il faut recommencer tous les jours on risque fort de ne pas tomber juste. M. Barthez a eu l’idée de mettre un point de repère facile à retrouver toujours et auquel la mèche arrive automatiquement. Il est constitué parunpetit ressort en fil de fer recourbé qu’on introduit dans l’intérieur du porte-mèche et qui déborde
- iè> Jouets
- Le « Damier-Cartes
- Le Damier-Cartes. — L’inventeur a eu l’ingénieus,e idée d’associer les jeux de cartes et de dames en utilisant le damier ordinaire ; mais une figure de carte à jouer a été gravée sur chaque pion. En réalité, il est impossible de souder tous les jeux de cartes avec le jeu de dames : mais la difficulté a été tournée en imaginant de nouveaux jeux qui s’appellent : le Damier-Manille, le Damier-Piquet, le Damier- Guerrier.
- Yoici, par exemple, comment on joue au Damier-Piquet.
- La partie est de 3o points. L’un des joueurs prend les cœurs et les carreaux, l’autre les piques et les trèfles. Chacun joue avec 16 pions-cartes pour reconstituer le jeu de 32 cartes et on, joue comme aux dames. Lorsque l’un des joueurs pourra, en cours de route, former une tierce, une quatrième ou une quinte en amenant les jetons-cartes sur une même ligne, ou encore trois dix, trois rois, quatre as, etc., il comptera le même nombre de points qu’au jeu de cartes ordinaire. Mais l’adversaire surveille ces formations et s’efforce de les briser dès que cela lui est possible, en sacrifiant un pion s’il est nécessaire. La même tierce ou quinte peut se répéter une seconde ou même une troisième fois, mais sur une autre ligne. On conçoit combien est importante la place occupée parles pions.au début du jeu; chaque joueur aura donc intérêt à les distribuer d’après un
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ordre que seule l’expérience peut lui enseigner. Lorsque l’un des joueurs va à dame il attend son tour pour jouer puis il la place, dans son jeu, à l’endroit qui lui paraît le plus avantageux pour améliorer sa situation. Il est élémentaire de chercher à prendre, à son adversaire, les pions-cartes marquants. Dès que l’un dés joueurs a pris tous les marquants, il compte 5 points et additionne la valeur dés cartes. Si le nombre de points convenu— 3o— n’est pas atteint on recommence la partie jusqu’à ce que lé nombre fixé ait été atteint par l’un des joueurs. — L’inventeur, M. Léon Niémacté, 21 bis, rue de Vitry, à Alfortville, a réussi à combiner ainsi un jeu nouveau et très attrayant.
- Le Dédaquet. — Ce nouveau jeu tient du jaquet et du jeu de dames. Il est constitué par une caisse en bois avec côtés libres pour le lancement des dés par les joueurs. Au centre se trouve le casier.
- Les cases sont distribuées pour permettre à quatre
- Le « Dédaquet ».
- Combinaison du jacquet et du jeu de dames.
- joueurs de prendre part à une partie. Les deux diagonales dessinées par des cases blanches limitent le casier de chaque joueur qui est donc constitué par un triangle de cases alternativement bleues et rouges. De plus, les cases constituant les deux côtés égaux de chaque triangle sont chacune de deux couleurs : bleue et rouge. Les dés ne portent pas de points mais seulement des couleurs différentes sur chaque face ; l’une des faces rappelle les deux couleurs des cases bicolores. On joue avec trois dés, sans marquer de points par conséquent, en ne considérant que les couleurs. Si les trois dés donnent deux bleues et une rouge, le joueur place deux jetons sur les cases bleues et un autre sur les cases rouges; s’il amène une face bicolore, le jeton prend place sur une case semblable. Enfin si un dé présente une face blanche, le joueur ne le compte pas ; c’est un dé perdu! On joue jusqu’à ce que toutes les cases soient occupées par des jetons ; puis on continue la partie en sens inverse, c’est-à-dire en enlevant les jetons. Le premier des joueurs dont le damier est débarrassé le plus vile est le gagnant. — Le dédaquet est en vente chez M. Regel, 18, passage Rivière, à Paris.
- Le poisson creux du « Nautilus ».
- Le Nautilus. — C’est un petit poisson de celluloïd, accomplissant, à l’intérieur de son bocal, tous les mouvements du poisson dans l’eau ; plongée, ascension, nage
- entre deux eaux, etc.
- Le bocal est une sphère en verre remplie d’eau et fermée à sa partie inférieure par une membrane élastique maintenue parunbouchon. Cette membrane est en contact avec l’eau du récipient et peut être soulevée pour exercer une pression sur le liquide, en appuyant avec le doigt sur un levier extérieur.
- Le poisson est un corps creux plein d’air : à sa partie inférieure il renferme un petit disque métallique sur le pourtour duquel est fixée une membrane élastique ; au centre, ce disque porte un léger tube, recourbé vers l’arrière, et traversant le corps du flotteur, mais sans établir de communication entre l’eau et l’air à l’intérieur • du poisson. L’eau remplit le tube et l’espace compris entre le disque et la membrane, espace d’autant plus grand que cette membrane est plus tendue, c’est-à-dire que la pression exercée par l’eau est plus grande.
- Lorsque l’on appuie sur le levier, l’eau du globe pénètre par le tube sous la membrane qu’elle distend en comprimant l’air à l’intérieur du poisson; celui-ci se trouve alourdi et descend vers le fond du globe. Si on diminue la pression, l’air intérieur, comprimé, refoule l'eau par le tube et le poisson s’élève. Le fonction-
- nement de ce jouet curieux est donc basé sur le principe du ludion. Mais comme le tube est recourbé vers l’arrière, le courant d’eau qui s’en échappe est également dirigé vers l’arrière et la réaction de ce liquide sur le milieu ambiant donne la propulsion vers l’avant. En agissant sur le petit levier, on communique ainsi au poisson artificiel des mouvements tout à fait semblables à ceux qu’exécutent les poissons dans l’eau. En somme c’est un pois- Vue d’ensemble du jouet,
- son rouge dans son
- bocal que l’enfant anime à sa volonté. — L’inventeur de ce petit aquarium artificiel est M. Fresnain, 81, rue de l’Eglise à Paris.
- m> Objets utiles
- Le bouche-serrure. — Bien que la serrurerie d'appartement se soit beaucoup perfectionnée et qu’on emploie aujourd’hui plus qu’autrefois la serrure dite de sûreté, il existe encore bien des portes qui ne sont fermées que par la serrure ordinaire à clef pleine. C’est la plus facile à crocheter.
- On peut la rendre inviolable par le petit appareil représenté ci-contre (fig. i). Il se compose de deux parties :
- Fig- !•
- l’une terminée par un anneau et l’autre terminée par deux ergots (fig. 2); elles sont réunies l’une à l’autre par un pas de vis ; mais la partie inférieure est disposée de telle sorte que les ergots peuvent rentrer ou sortir selon qu’on tourne à droite ou à gauche la partie supérieure. En outre, quand les ergots sont complètement sortis, si on continue à tourner, on sépare complètement les deux parties l’une de l’autre (fig. 3). L’emploi de l’appareil consiste donc à l’introduire dans la serrure, après avoir retiré la
- Fig. 2. Fig- 3.
- (fig. 1); puis à tourner de façon à faire sortir les ergots pour le maintenir en place dans la serrure et à enlever la partie supérieure qu’on emporte avec soi.
- La serrure se trouvé ainsi parfaitement bouchée et incrochetable. Pour la libérer, il suffira de revisser la partie supérieure sur la partie inférieure et de tourner jusqu’à ce que les ergots soient rentrés.— Chez M. Mathieu, 19, rue de Valois.
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- HYGIENE ET SANTE
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- La tuberculose dans les colonies françaises. — On
- sait depuis longtemps que la tuberculose est beaucoup plus fréquente chez les peuples civilisés que chez les sauvages; sa diffusion est en rapport avec l’intensité des échanges et les Européens qui sont les plus atteints semblent être les principaux propagateurs de cette maladie à travers le monde. Les documents sur les pays hors d’Europe et d’Amérique étant encore peu nombreux le Dr Calmette a eu l’idée de faire une enquête dans les colonies françaises et il vient d’en publier les résultats dans les Annales de l'Institut Pasteur. Divers médecins ont appliqué à des groupes d’indigènes l’épreuve de la cutiréaction à la tuberculose. Voici les résultats obtenus :
- NOMBRE DE SUJETS POUR CENT RÉAGISSANT A LA CUTIRÉACTION.
- Enfants Enfants Sujets Moyenne Colonies. de de de plus de . \
- 0 à 1 an. 1 à 15 ans. lo ans. generale.
- Sénégal 2,4 17,8 15,2 15,1
- Guinée française . . . - ))• 1,6 5,0 1,8
- Côte d’ivoire )) » » 8,4
- Madagascar 0,6 9,3 7,1 7,0
- Mayotte et Seychelles. . » )) )) 17.1
- Réunion 0 40,6 81,0 52,4
- Algérie 1,8 19,9 52,8 26,0
- Antilles françaises . . . 0 37,1 44,1 41
- Tonkin. ....... 0 19,1 43,7 31,4
- Annam. . . )) » » 38,1
- Cochinchine ...... )) » » 16 (*
- Cambodge )) » )> 4,6
- Les conclusions de cette enquête sont d’un vif intérêt. On voit dans le tableau ci-dessus que les plus vieilles colonies sont les plus atteintes. Dans les anciennes colonies de la Réunion de la Martinique et delà Guadeloupe, la tuberculose est à peu près aussi répandue que dans les grands centres européens. La tuberculose est par contre extrêmement rare parmi les nègres dans les pays où l’Européen n’a pénétré que depuis peu; le nombre des tuberculeux s’accroît d’ailleurs très vite avec la pénétration et les échanges de plus en plus intenses qui en résultent et il semble que les races indigènes sont d’autant plus sensibles et présentent une mortalité d’autant plus grande qu’elles sont depuis moins longtemps en contact avec la civilisation.
- On a longtemps discuté l’origine humaine ou bovine de la contagion tuberculeuse et von Behring, en 1903, à soutenu que la tuberculose pulmonaire humaine de l’adulte n’est que la manifestation tardive d’une infection le plus souvent d’origine bovine contractée dès les premiers mois de la vie à la suite de l’ingestion de lait de vache tuberculeuse. Les observations du Dr Calmette contredisent cette assertion. En effet, les popiilationS indigènes de l’Afrique Occidentale et de l’Indo-Chine ne présentent pas de réaction à la tuberculine jusqu’au moment du sevrage ; de plus, celles-ci aussi bien que celles des Antilles et d’Océanie ne donnent jamais de lait de vache à boire aux enfants. Il faut donc admettre pour ces pays une contagion interhumaine au moins aussi intense que celle qui s’exerce dans les agglomérations populeuses de l’Europe.
- VARIÉTÉS
- L’industrie du tapioca. — La consommation du tapioca est considérable, et l’exportation de ce produit du manioc a subi un accroissement très grand durant ces vingt dernières années. Les pays qui cultivent le manioc, ne suffisant pas à produire pour satisfaire aux besoins de la consommation, la culture s’est étendue dans des pays favorables à la végétation de cette plante, et actuellement le genre Manihot — qui comprend notamment, le manioc utile [Jatropha manihot), le manioc doux ou cassave douce (Jatropha Læflingi L), plus riche en fécule que le premier et connu au Brésil sous le nom de Maudioca Mausa — est exploité sur de vastes étendues de territoires à la Réunion, la Jamaïque, Madagascar, Côte d’ivoire (Grand Bassam), en Malaisie, au Brésil, en Floride, à Java, etc.
- Le tapioca de la Réunion se rapproche du tapioca de Rio-de-Janeiro ; il est très gommeux et gonfle, à la cuisson, plus que le tapioca de Singapore. Comme variétés de manioc cultivées à la Réunion en vue de l’industrie du tapioca, on exploite le Camanioc, dont le rendement varie de 20 000 à 60 000 kilogrammes à l’hectare, le manioc Soso, dont le rendement est supérieur de 20 pour 100 à celui du camanioc, et le manioc de Singapore, qui rapporte 20 pour 100 de moins que ce dernier. Les variétés les plus recherchées pour la préparation industrielle du tapioca sont les deux premières. Le camanioc a une teneur de 23 à 3q pour 100 en amidon; le manioc soso 20 à 26 pour 100 : cette teneur est généralement plus forte dans les cultures faites en régions sèches.
- En Malaisie, les usines européennes établies dans la province de Wellesley produisent, d’après M. J.-J. Huls-kamp, consul des Pays-Bas à Penang, des tapiocas [ftake tapioca) de toute première qualité, se vendant toujours plus cher que ceux produits par les usines chinoises, qui traitent le manioc par des procédés encore trop sommaires et imparfaits. Le tapioca chinois est acheté, surtout, par des maisons de Londres, qui le revendent à des glucoseries; ce n’est pas, à vrai dire, le tapioca alimentaire, recherché par le commerce des comestibles.
- A la Jamaïque, l’industrie du tapioca se pratique, depuis quelques années, suivant des données scientifiques,
- I. Pas d’observations sur des sujets de plus de 20 ans.
- à l’instigation d’un spécialiste distingué, M. Cousins. Dans ce pays, comme à la Réunion, d’importantes étendues de terres incultes ont été mises en valeur par la culture du manioc en vue de la production des tubercules destinés à la féculerie. D’après M. Ed. Du Buisson, président de la Chambre d’agriculture de l’île de la Réunion, une culture de manioc pratiquée rationnellement peut procurer un bénéfice de 4ao à 55o francs par hectare et par an; les 100 kilogrammes de tubercules sont vendus au prix de 2 fr. 5o aux usiniers.
- On apprécie la valeur alimentaire du tapioca fourni par le manioc, en considérant la composition de la racine de manioc qui est la suivante : fécule 23 pour 100; sucre, gomme 5,53; cellulose, pectose i,5o; matières azotées 1,07 ; matières grasses o,4o ; sels minéraux o,65 ; eau 67,75 pour 100. L’industrie de préparation du tapioca se pratique suivant des principes analogues à ceux en usage dans la féculerie de pommes de terre. Les installations les mieux outillées utilisent un maté-, riel comprenant : un laveur-épierreur, une râpe, tantôt centrifuge marchant par la force motrice, tantôt à travail extérieur, un broyeur de fécule verte, à quatre cylindres, servant à désagréger les mottes de fécule avant leur envoi à l’étuve ; un tamiseur mécanique pour séparer les sons de la fécule ; un cuiseur à vapeur pour cuire la fécule étuvée et fabriquer le tapioca en grumeaux; une table à vapeur ou bâche à évaporer, pour la dessiccation des grumeaux tapioca cuits ; enfin, on construit des installations automatiques complètes pour la préparation du tapioca granulé comestible.
- Les rhizomes ou tubercules de manioc sont d’abord jetés dans le laveur-épierreur, pour le lavage, de là, ils passent; à l’aide d’une chaîne à godets, dans un second laveur simple à axe horizontal, muni de bras et d’un tambour portant à l’intérieur quelques tôles repoussées qui enlèvent les derniers fragments de peau. Les rhizomes nettoyés passent ensuite dans une râpe (système Champonnois) placée en contre-bas. Cette râpe, alimentée d’eau, entraîne avec elle la pulpe dans un bac inférieur où une pompe, fonctionnant de façon continue, enlève ce mélange pour le porter au tamiseur, qui laisse passer la pulpe entraînée par l’eau et retient les sons, résidus dirigés dans un bassin de repos. La fécule est amenée sur des tables profondes de 40 à 5o centimètres,
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- VARIÉTÉS
- et très longues, construites en maçonnerie; c’est sur ces tables que la fécule se dépose. L’eau est éliminée par décantation, et la fécule envoyée dans un premier démê-leur, sorte de bac dans lequel se meut un arbre vertical muni de deux bras horizontaux, qui agitent la fécule et l’eau. Cette fécule est reprise et lavée à l’aide d’un tuyau flotteur qui la conduit à des tamis de soie (noS i5 et 16) où les derniers sons se trouvent abandonnés. La fécule est dirigée alors sur de petites tables très étroites, et on règle le débit de manière que le dépôt ait lieu immédiatement. De là, on envoie à un second démêleur semblable au premier, où s’opère un second lavage, puis on laisse reposer dans un grand bac cimenté. L’eau est éliminée par décantation et il reste un gâteau de fécule, qui subit un léger broyage avant d’être envoyé dans des bassines de cuivre ou cuiseurs à vapeur où commence la Cuisson. Si le gâteau formé contient un excès d’humidité, on passe la fécule aux turbines avant de la soumettre à l’action des broyeurs. Les bassines chauffées à la vapeur à 5o°-6o° reçoivent la fécule sèche. A l’aide d’une sorte de couteau et d’une fourchette à trois dents plates, des femmes remuent la fécule pendant la cuisson, qui dure environ dix minutes, après quoi la fécule cuite est retirée et mise à. sécher sur des plaques doubles en fonte, chauffées à 900. Le tapioca est formé, on le passe au concâsseur et à la bluterie, où se règle le degré de granulation.
- Ce mode de fabrication est celui que l’on emploie à l'ile de la Réunion. Les producteurs de Java extraient la fécule d’une façon très simple. Les racines sont pelées, lavées dans un courant d’eau, puis râpées. La pulpe est travaillée dans une cuve remplie d’eau, jusqu’à ce que, par la pression, elle laisse écouler une eau claire; elle est alors comprimée dans une toile au-
- dessus d’un baril; le liquide qui s’écoule est laissé au repos dans le baril, afin que la fécule entraînée se dépose. Au bout de vingt-quatre heures ce liquide entre en fermentation. L’eau qui surnage est décantée le troisième jour, pour laisser la farine dans le fond du baril ; cette farine est exposée au soleil pendant trois jours et remuée de temps à autre, à la main, afin qu’elle sèche convenablement'. Les manufactures de Java, exploitées, pour la plupart, par des Chinois, utilisent des machines actionnées par des moteurs hydrauliques. La râpe est un cylindre de 3o à 40 centimètres de longueur sur 10 à i5 centimètres de diamètre, garni de petits bouts de fil de fer. L’eau qui circule autour de cette râpe entraîne la pulpe dans un réservoir; de là, cette pulpe est transportée dans un tamis, cylindre incliné, de forme octogonale ou hexagonale, de 4 à 5 mètres de longueur, couvert d’une toile en petit fil de laiton. Ce tamis tourne lentement et reçoit, à sa surface, un faible courant d’eau. La pulpe tombe à l’extrémité inférieure, tandis que la farine, en suspension dans l’eau, pénètre à travers la toile métallique et se dépose. Elle est encore agitée et déposée une seconde fois, puis séchée et remuée à la main dans un endroit énsoleillé. Le séchage est achevé dans des étuves où le plus grand soin est indispensable pour ne pas surchauffer les plaques et brûler la farine. On obtient ainsi deux qualités de farine de tapioca, la première qualité est blanche et fine ; la seconde légèrement colorée et présentant un grain moins fin.
- L’industrie brésilienne, qui produit les meilleures qualités de tapioca, grâce à l’emploi de méthodes de préparation perfectionnées, fournit à la consommation européenne une grande partie de sa production.
- Henri Blin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Procédé de fabrication de l’eau-de-vie de miel.
- —- On peut obtenir, par l’alcoolisation du miel, une excellente eau-de-vie, en employant 1200 gr. de miel pour faire 1 litre d’eau-de-vie. On prépare un vin de miel peu alcoolique, par la méthode générale de préparation de l’hydromel, mais en n’employant que 20 kg de miel par hectolitre d’eau, ce qui donne, après fermentation, un liquide à 8° d’alcool. Pour bien réussir, il faut éviter de distiller les liquides à plus de 8 à io° d’alcool et avoir soin d’augmenter la dose d’acide tar-trique, que l’on porte à 25o gr. par hectolitre; la fermentation rapide et complète s'obtient par l’emploi de i5o gr., par hectolitre, de sels La Claire (Institut La Claire, à Morteau, Doubs). La levure de Folle blanche •est particulièrement recommandable; elle communique à l’eau-de-vie un bouquet spécial de fine champagne, qui se retrouve à la distillation. L’eau-de-vie de miel a
- un goût particulier, mais peu prononcé, que l’on masque ou fait disparaître en mettant, dans, l’alambic, un peu de menthe ou de genièvre, ou une pelletée de charbon de bois, ou encore un litre de crème retirée du lait. Ces substances absorbent ou retiennent les huiles essentielles contenues dans le liquide soumis à la distillation. Voici une formule qu’indique M. Derosne, pour vieillir
- l’eau-de-vie de miel :
- Iufusion de brou de noix . . 1 centilitre.
- Essences d’amandes amères . 1 centigramme.
- Cachou en poudre.............10 centigrammes.
- Alcali volatil. ....... 1 gouttelette.
- Si, par l’emploi du cachou, on n’obtient pas une eau-de-vie suffisamment colorée, on ajoute un peu de caramel liquide. Après un repos d’un ou deux mois, l’eau-de-vie ainsi traitée paraît avoir dix ans d’âge.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et dés recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Détecteur électrolytique fonctionnant sans piles. —M. Vanson de Poligny nous écrit, en réponse à la question de M. Breton (V. n° 2061). « Il n’y a guère d’amateur en T. S. F. qui n’ait oublié au moins une fois de fermer l’interrupteur reliant habituellement les piles au détecteur électrolytique. Le peu d’intensité de la réception ce jour-là a dû lui faire apercevoir son erreur et constater surtout que l’absence d’une force électromotrice auxiliaire n’est pas un obstacle au fonctionnement du détecteur électrolytique,
- mais seulement la raison de son peu de sensibilité. Le fait signalé par M. Breton est donc bien connu. Il le trouvera d’ailleurs relaté à la page 36 de l’ouvrage : La télégraphie sans fil, de MM. Petit et Bouthillon. L’interprétation des tracés obtenus en enregistrant à l’oscillographe le courant qui passe dans le détecteur électrolytique soumis à l’action des ondes hertziennes, permettant d’admettre que son effet est dû à une dépolarisation de l’anode (Manuel de T. S. F., p. 79, par Tissot), on doit admettre également que si ce détecteur fonctionne sans piles, c’est qu’il trouve ailleurs le courant de polarisation des électrodes dont il a besoin. Le détecteur électrolytique composé de deux tiges métalliques différentes (platine et cuivre) en contact avec de l’eau acidulée, forme une véritable pile polarisable dès qu’elle débite. C’est donc en lui-même que le détecteur de M. Breton trouve le courant utile. Quand le détec-
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- BOITE AUX LETTRES
- teur éleclrolytique fonctionne avec une pile auxiliaire, c’est un véritable voltamètre : à l’électrode positive se dégage de l’oxygène, à l'électrode négative de l’hydrogène. Quand il se conduit lui-même comme une pile, c’est de l’hydrogène qui se dégage autour de l’électrode positive. Il semble qu’il impoi’te peu d’ailleurs que la gaine gazeuse, qui entoure et par suite polarise l’électrode positive, soit formée d’oxygène ou d’hydrogène, puisque le résultat est le même. Il a toujours paru nécessairej pour produire un courant électrique, que les deux lames métalliques plongées dans l’eau acidulée ne fussent pas de même nature, puisque c’est la différence des actions chimiques qui crée la différence de potentiel. Si on plonge dans de l’eau, même très fortement acidulée, deux lames de zinc, par exemple, ces lames sont énergiquement attaquées, mais on n’obtient aucun courant. Cependant, si au lieu d’employer un détecteur électrolytique composé d’une pointe line de platine et d’une pointe fine de cuivre, comme le fait M. Breton, on se sert du type classique formé de deux électrodes de platine, c’est-à-dire de deux fils d’un même métal, l’un; de 2/100° de mm, l’autre de 4 à 6/ioe de mm, on peut lire sans 'pllës~àuxîllîaîrës lès ’ràdibtéré'grammës' de là' Tour Eiffel à 35o km de Paris , ainsi que j’en ai fait l’expérience. Il n’y a pas que les actions chimiques qui engendrent des différences de potentiel. L’expérience montre que si on chauffe les soudures de. deux métaux différents en contact, on crée un courant thermoélectrique. Le fil de platine des pointes du détecteur électrolytique est relié aux fils de cuivre, ou de. bronze, ou de fer galvanisé des conducteurs .extérieurs, soit directement, soit par l’intermédiaire de mercure. Dans tous les cas des métaux différents sont en contact. Si de plus on remarque que la pointe fine de platine est susceptible de s’échauffer sous l’action des oscillations électriques, on voit qu’un détecteur constitue toujours un
- élément thermoélectrique. La Nature du 18 juin 1910 a donné la description d’un nouveau détecteur imaginé par M. Jégou, spécialement construit pour fonctionner Sans piles. L’inventeur s’est attaché à augmenter la différence de potentiel qui existe, comme nous l’avons vu, à l’intérieur du détecteur électrolytique ordinaire, en formant l’électrode négative avec un amalgame de mercure et d’étain.
- Renseignements. — M. Wirth, à Lisbonne. — L’amadou se prépare avec un champignon croissant sur les vieux arbres : l’amadouvier. Après l’avoir arraché et dépouillé de son écorce, on le fait macérer dans l’eau froide, et on le bat au maillet. Faire bouillir ensuite pendant quelques instants dans une solution de salpêtre 25 à 5o grammes par litre d’eau. Laisser égoutter puis sécher et battre finalement à nouveau avec un maillet jusqu’à ce que la masse soit devenue bien souple.
- M. Dranem, Bucarest. — Vous trouverez une description complète de la fabrication des timbres en caoutchouc dans l’ouvrage, de Maigne et Petit, Caoutchouc, gutta-percha, tome I, pages 327 à 329. Mulo, édit., 12, rue Hautefeuillë. “.................
- M. Gaucha, avenue Meissonier, Paris. — Coloration artificielle des végétaux. — S’il s’agit de plantes fraîches, voir les articles de M. Blin dans notre Supplément du 6 novembre 1909, et de G. Tissandier dans notre numéro du 25 septembre 1875; mais surtout là monographie très complète publiée par Duchaussoy,: en 1909 dans le Bulletin de la Sociétélinnéenne du Nord de la France. S’il s’agit de plantes séchées, consulter les -notices publiées par les fabricants spécialistes sur la teinture des pailles, nattes, vanneries. Bayer et Cic, à Croix (Nord) et Cassella et Cie, PL Morand, Lyon, vous enverront de telles notices si vous les demandez en indiquant qu’il s’agit d’une éventualité d’application! industrielle.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Nouveaux crustacés primaires : A. Latour. — Le bateau-feu « Le Havre » ; André Daciis.— L’alcool : A. Tloller. — Macédoine, Salonique et Thraee : E.-A. Martel. —La polyembryonie : René Merle. — La vaccination antityphoïdique : Simple histoire d’une très grave épidémie .r Prof.- H. Vincent. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil, — La synthèse du sucre : André Detoeuf.— Le dressage des poules : V. F.
- Supplément, -— La théorie de l’émulsion. — La combustion de l’oxyde de carbone.— Injections d’oxygène contre l’asphyxie. —'Les mines de soufre de la Nouvelle-Zélande, etc.—- La pourriture grise des fleurs de chrysanthèmes. — La clinothérapie pour les aliénés. '
- Traité de métallogénie. Gîtes minéraux et métallifères. Gisements, recherches production et commerce des minéraux utiles et minerais, description des principales mines, par L. De Launay, membre de l’Institut. Trois forts volumes. Paris. Béranger, édit. Prix : relié, 90 francs. -
- Nous ne saurions faire ici l’éloge de cet ouvrage considérable, où se résume toute la carrière scientifique de notre directeur. Nous nous contenterons d’en indiquer l’objet et le plan. Reprenant, sous une forme totalement différente, un sujet qu’il avait abordé il y a vingt ans dans un premier travail, l’auteur y a étudié toute la richesse minérale envisagée dans son exten-* sion la plus vaste depuis le diamant ou le pétrole jusqu’à l’or et au platine. Il a examiné, à l’occasion de chaque substance minérale utilisable, ses applications, sa consommation mondiale, sa statistique, ses principaux centres de production, donnant ainsi une' description méthodique et complète de tous les gisements miniers du monde entier. Les premiers chapitres sont consacrés à une étude générale de ce que M. De Launay a appelé la métallogénie : étude où l’on trouve synthétisés les résultats des recherches
- les plus récentes sur la théorie des gîtes métallifères et leur formation. Puis il aborde la description détaillée des divers substances minérales en les classant d’après l’élément chimique qui y joue un rôle prépondérant. C’est ainsi qu’une série de chapitres successifs sont consacrés à l’azote, au fluor, au soufre, au carbone, au bore, au phosphore, àù silicium, à l’antimoine, à l’étain, au fer, au manganèse, à tous les grands et petits métaux. Les figures et les cartes sont nombreuses, Une série d’index et de tables permettent de retrouver rapidement, ou les gisements d’une substance donnée, ou les gîtes d’un type déterminé, ou les richesses minérales diverses d’un pays, d’une région, d’une province.
- Le pneumatique, par H. Petit, i vol. 343 p. illustré. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris, 1912. Prix : 6 fr. 5o. ---
- L’auteur montre comment est fait un pneumatique, comment il vit et comment il meurt. Le sujet intéresse cyclistes et automobilistes qui trouveront, dans ce volume d’agréable lecture l’explication de bien des accidents ou aventures désagréables, ainsi qu’une foule de renseignements pratiques. J
- Conférences sur quelques thèmes choisis de la chimie. Physique pure et appliquée, par Svante Arrhénius. 1 vol. 112 p. Hermann, éditeur. Paris, 1912. Prix : 3 francs.
- Ces conférences sont celles que l’illustre savant Suédois a données en 1911 à la Sorbonne.^Éllès partent! sur l’historique' de la théorie moléculaire, sur les-propriétés des sùspensions et les phénomènes'd'absorption, sur l’énergie libre, et sur l’atmosphère des planètes! *
- La théorie des ions et Vélectrolyse, par A. Hollard; In-8, 220 p., 17 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1912 (20 édition). Prix : cartonné, 5 francs.
- Exposé élémentaire envisagé surtout au point de
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- BIBLIOGRAPHIE
- vue de l’interprétation des phénomènes électrolyliques en solution aqueuse et de l’analyse chimique.
- La fabrication du sacre, par D. Sidersky, ingénieur-chimiste. i vol. grand in-18 jésus, cartonné toile, 36o p.., 37 fig. (Encyclopédie Loin). Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- L’auteur résume, dans un premier chapitre, la chimie des sucres et leurs propriétés caractéristiques, puis expose l’histoire de cette industrie depuis ses origines jusqu’à nos jours, il étudie les différentes matières pi'emières, et traite ensuite des différentes phases de la fabrication, du raffinage, du contrôle chimique et des emplois industriels du sucre.
- Aide-mémoire de Vindustrie textile, par R. De Prat. 1 vol. illustré, 375 p. Béranger, éditeur. Paris, 1912. Prix : 10 francs.
- Cet aide-mémoire fort pratique contient une partie intéressant le filateur et le tisseur : renseignements sur les transmissions, l’éclairage, les fibres textiles, leur numérotage, leur traitement, l’organisation des ateliers de filature et de tissage, les machines à employer, les diverses opérations à faire subir au textile'pour le transformer en tissu. Une partie commerciale résume les notions commerciales courantes et donne les tarifs douaniers. Un index bibliographique et un vocabulaire anglais-français-allemand terminent l’ouvrage.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 déc. 1912. . 4°, 7 S W. 3. Pluie. 3,3 Nuag. ; pl. à div. repr. le m. ; gel. bl. le s.
- Mardi 3 4°,0 W. 2. Quelq. nuages. » Teu nuag. ; faib. brouill. le matin et dans la soirée ; gel. bl.
- Mercredi 4 — 0°,4 S. 1. Brouillard. »> Couv. jusq. 19 h. ; beau ensuite; brouill. toute lajoürn. ; gel. bl.
- Jeudi 5 1°,9 S. E. 2. Couvert. » Beau ; gel. bl. matin et soir. •
- Vendredi 6 5°,S S. 2. Nuageux. 1,9 Nuageux ; pluie de 21 h. à 21 h. 50.
- Samedi 7 4°,0 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert; bruine de 8 à 9 h. ; halo.
- Dimanche 8 4°,0 S. S. E. 1. Nuageux. o Peu nuageux ; gelée bl. matin et soir.
- DECEMBRE 1912. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 1912.
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- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
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- Dimanche
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- la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à '
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 2 au 8 décembre. —Le 2. Basse pression sur le N.-W. de l’Europe : Irlande, 742 mm. Pressions supérieures à 765 sur le S.-W. et l’E.. Pluies et neiges générales‘sur le continent. En France : Charleville, 12 mm; Besançon, 4- Temp. du matin : Gap, —5°; Belfort, — 2; Bordeaux, -j-4 ; Paris, 5; Alger, i3; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 39,7). ~ Le 3. Fortes pressions sur lè S.-W. èt Te Centre de l’Europe : 777 mm en Espagne. Dépression sur la Baltique et la Méditerranée. Pluies sur le N. dç l'Europe. Temp. du matin : Arkhan-gel, —-5°; Gap, -f 2; Paris, 4; Bordeaux, 8; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 3°,6). — Le 4- Pressions élevées sur le S.-W., le Centre et-l’È. du continent : 777 mm dans l’E. de la France. Yaste dépression sur l’Atlantique : Islande, 738; Ecosse, 755. Pluies sur [le N. et l’E. de l’Europe. Temp. du matin : Nancy et le Mans, —1°; Paris et Marseille, o; Biarritz, '+ 4 ; moyenne à Paris : o°, 1 (normale : 3°,5). — Le 5. Les basses pressions s’étendent sur le W. et le N. de l’Europe. La pression reste élevée sur le Centre et l’E.
- Pluies sur le N.-W. de l’Europe. Temp. du matin : Gap, — i2°; Belfort, —4l Perpignan, —2; Brest, —j— 4; moyenne à Paris : i°,6 (normale : 3°,4). — Le 6. Basses pressions sur tout le N.-W. de l’Europe. Minimum.près des îles Féroé; un autre sur l’Islande (744)- Pression supérieure à 765 sur le Centre et l’E. du continent (Lemberg : 773). Pluies sur le N.-W. du continent. Temp. du matin : Gap, —ii°; Besançon, —3; Marseille, o; Paris, 6; Brest, 10; moyenne à Paris : 7°,i (normale : 3°,3). — Le 7. Même situation barométrique que la veille. Pluies sur le N.-W. du continent. En France : Lorient, 5 mm; Brest, 3. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Belfort, — 5 ; Toulouse, —1; Marseille et Paris, -J- 4; Brest, 11; moyenne à Paris ; 6°,4 (normale : 3°,3). — Le 8. Fortes pressions sur presque toute l’Europe : Nancy et Prague : 774 mm; Kharkoff, 776. Temp. du matin : Gap, —io°; Belfort, —6; Clermont-Ferrand, — 2 ; Paris, -|~ 4 I Brest, 11 ; moyenne à Paris : 5a,3 (nonnale : 3°,2). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 8, à 5 h. 16 m. du soir.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature t> doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2065. — 21 DÉCEMBRE 1912 SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : Sir George-Howard Darwin. — Digne | fils de l’illustre Darwin, George Darwin, qui vient de mourir le 7 décembre à Cambridge, laisse derrière lui une brillante œuvre scientifique. 11 fut tout d’abord le collaborateur de lord Kelvin dans ses inoubliables études sur les marées, études qui conduisirent à la construction d’une machine calculant automatiquement lés dates des marées. Il se consacra ensuite à des études d’astronomie mathématique, relatives à l’influence des marées lunaires sur la durée du jour. Il apporta également d'importantes contributions au problème astronomique dit des trois-corps, qui ne cessa de l’occuper durant toute son existence. Il laisse de profondes études de géophysique. G. Darwin était né en 1845 à Down.
- G. Dalen, titulaire du prix Nobel de Physique. — Le prix Nobel pour la physique a été accordé cette année au Suédois G. Dalen. M. Dalen est né àStenstorp, le 3o novembre 1869; il fit ses études d’ingénieur au Polytechnicum de Zürich. Ses premières recherches portèrent sur les accumulateurs de gaz. Il imagina notamment un accumulateur d’acélylène qui peut absorber jusqu’à 100 fois son volume de ce gaz. Il utilisa cet appareil pour armer les bouées marines à feux intermittents d’un dispositif d’éclairage automatique; mais qui avait le défaut de fonctionner aussi bien le jour que la nuit; d’où une dépense inutile. M. Dalen lut ainsi conduit à inventer sa valve à soleil qui interrompt pendant le jour l’arrivée du gaz à acétylène à la flamme de la bouée. La valve à soleil (voy. n° 1920) se compose de deux petits disques d’un métal ayant un grand coefficient de dilatation. L’un des disques est noirci, l’autre poli. Le disque noirci, absorbant une plus grande proportion de rayons solaires, se dilate plus que le disque poli; cette différence de dilatation se transmet à un levier qui agit sur une valve et interrompt le passage du gaz. Quand le soleil disparaît, ou que surviennent des brouillards, la valve s’ouvre d’elle-même et la bouée fonctionne à nouveau. Bien entendu, il y a un petit jet de gaz qui brûle constamment en veilleuse. Les bouées du type Dalen sont aujourd’hui d’un usage très répandu. On les emploie notamment sur la côte sud-américaine et au canal de Panama. Ajoutons qu’en septembre dernier, M. Dalen a été victime d’un grave et déplorable accident, une explosion de gaz, qui lui a fait perdre la vue.
- Enrichissement des phosphates pauvres. — Les
- engrais phosphatés sont extrêmement répandus et leur emploi agricole augmente de plus en plus. Aussi cherche-t-on à livrer au commerce des engrais phosphatés aussi riches que possible; mais on se trouve quelquefois embarrassé quand on a affaire à des minerais pauvres et on cherche alors des procédés détournés pour les enrichir. Le Chemiker Zeitung a signalé récemment une méthode de M. Ebbinghaus applicable à la tx'ansforma-
- tion des phosphates pauvres en engrais phosphatés. Les phosphates tricalciques provenant des gisements naturels sont traités par une solution d’acide chlo-rique et la solution obtenue, traitée à son tour par la soude, donne du phosphate bicalcique et du chlorate alcalin. Le phosphate bicalcique est directement assimilable par les végétaux; il est soluble dans le citrate d’ammoniaque et possède par suitè une valeur marchande beaucoup plus élevée que le phosphate trical-cique insoluble d’où l’on est parti. En outre, l’avantage du procédé est d’éviter toute dépense de réactif. En effet, on part pour ce dernier du chlorate de sodium que l’on électrolyse ; d’une part, on obtient de l’acide chloriquc qui sert à traiter les minerais bruts phosphatés, et d’autre part, de la soude qui sert à précipiter la solution obtenue. Or, 011 recombine alors précisément l’acide chlorique et la soude pour reformer le chlorate de sodium d’où l’on était parti. Il s’ensuit que la même quantité de ce dernier corps sert indéfiniment. La seule dépense est celle de la force employée à son .électrolyse, dépense qui peut être très faible, si lès conditions économiques de la région s’y prêtent. On obtient un engrais très riche titrant 35 pour 100 d’acide pliosphorique soluble. Ce procédé, nouvellement employé en Suède, où les forces naturelles disponibles sont nombreuses et abondantes, parait appelé à un très grand avenir.
- L’épuisement du pétrole. — A un moment où, de tous côtés, les industries s’outillent pour l’emploi du pétrole et sa substitution à la houille comme si les réserves de ce combustible. étaient inépuisables, il est important de montrer combien, au contraire, elles sont précaires et combien l’épuisement des grands gîtes connus est prochain, Cela est particulièrement sensible dans le Caucase, à Bakou où la production en septembre 1912 n’a été que de 33 553 000 pouds de 16,38 kg (536ooo t..), contre 43 3oo000 pouds en septembre 1911. La production des neuf premiers mois n’a atteint ainsi que 3o8 991 000 pouds, contre 342 200 000 pouds, en diminution de 33 209 000 pouds, dont 9 647 000 pouds pendant le seul mois de septembre. Cela correspond, pour l’année 1912. à un total de 6 58oooot. alors qu’en 1902, on arrivait à 10 410 0001. La production propre de la Société de Bakou a été de i5ooooo pouds, chiffre égal à celui de septembre 1911, mais bien inférieur à celui de septembre 1910 et surtout à celui dé septembre 1909, qui dépassait 2 millions de pouds. La production des neuf premiers mois de l’année se totalise pour elle, par i3 millions 1/2 de pouds : ce qui correspond à 288 000 t pour l’année. Il s’y ajoute, toutefois, les productions de nouveaux terrains de Sourakhany qui ont fourni 5 5ooooo pouds en six mois. Mais l’appoint de ces nouveaux terrains, maintiendra à peine la production au niveau de celle de l’an dernier. Le pihénomène que nous constatons ainsi à Bakou se retrouve dans tous les autres
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- districts pétrolifères un peu ancien. Malgré la mise en valeur de nombreux gisements nouveaux que Ton cherche avec lièvre un peu partout dans le monde, il n’est pas surprenant, dans ces conditions, qu’il y ait renchérissement du combustible liquide. A Bakou, le prix de vente de celui-ci a dépassé ces derniers temps 38 kopecks par poud, contre a5 kopecks environ il y a un an et i5 kopecks il y a deux ans.
- Le lavage des billets de banque. — M. J. Ralph, directeur de l’imprimerie américaine des bank-notes, a eu l’excellente idée de soumettre les billets de banque, d’une circulation si intense aux Etats-Unis, à un lavage et à une-désinfection en règle. La machine employée à cet effet fonctionne depuis quelque temps à la Trésorerie de Washington; elle sera incessamment mise en service dans les différentes succursales de ce département. Les billets sales introduits entre deux bandes d’étoffe sans lin, sont poussés par celles-ci à travers la lessive et l’eau de rinçage; ils subissent de la part de ces bandes d’étoffe un frottement léger et comme l’eau est, à tour de rôle, absorbée par l’étoffe et chassée par compression, les billets finissent par se nettoyer complètement. Avant
- La machine à laver les billets de banque (en service à la trésorerie de Washington).
- de quitter la machine, ils s’engagent toutefois dans une seconde paire de bandes traversant deux grands rouleaux de fer chauffés au gaz, qui dessèchent et’repassent les billets. La lessive, qui se compose d’un savon de résine ordinaire et d’un blanchissant chimique doux, sert en même temps à détruire tous les germes morbides contenus dans la masse du papier. Sa composition a été choisie en sorte que les faibles quantités de colle enlevées par la solution soient entièrement remplacées. Cette machine, opérée par deux ouvrières, lave plus de 4ooo billets par heure.
- Le dressage des poules. — A propos de l’article paru sur ce sujet dans notre numéro du 7 déc. 1912, un de nos lecteurs, M. R. Le Bourdellès, conseiller à la Cour d'Appel de Rennes, nous adresse l’intéressant extrait suivant des Mémoires de Nicolas-Joseph Foucault, intendant de provinces, sous Louis XIV. (Collection de documents inédits sur l’histoire de France, Imprimerie Nationale, 1862.) (Foucault fut intendant en Poitou, de x685 à 1689.) P. i5n. Année 1686. « Le sieur Bérard, prêtre, avait un talent particulier pour élever des perdrix. Il les faisait couver par des poules ; il les l'assemblait au son d’un petit tambour pour les repaître et il les conduisait devant lui, partout où l’on voulait, comme des poules d’Inde. J’en ai fait conduire par ce prêtre à 1
- Chambord, à Versailles et à Meudon. P. 155. Au mois d’avril 1686, le sieur Bérard, vicaire de la paroisse de... (sic), qui élevait des perdreaux pour les jeter dans le parc de Versailles, en a porté par mon ordre à M. de Louvois, pour Meudon. »
- Obus à oxygène liquide du D1 Nodon. — La Nature a signalé les intéressantes expériences de M. G. Claude sur l’emploi des explosifs brisants à l’oxygène liquide. Ces explosifs ne le cèdent en puissance à aucun de ceux actuellement connus : ils présentent le. gros avantage suivant : les éléments dont le mélange constituera le produit explosif, restent séparés jusqu’au moment de l’emploi : nul danger, par suite, d,ans l’emmagasinement de l’explosif qui sera simplement une inofïensive poussière de charbon, ou de la poudre d’aluminium, ou un carbure d’hydrogène quelconque. Peut-on envisager l’application au canon d’explosifs de ce genre? Ce serait un progrès énorme sur les poudres de guerre actuelles dont on sait les dangers. Malheureusement les. explosifs à oxygène liquide sont brisants : c’est-à-dire que l’union de l’oxygène et du combustible s’effectue avec une soudaineté telle que les gaz dégagés brusquement par la combustion brisent tout sur leur passage. Mais ne peut-on modérer ces réactions, de même que l’on a su modérer la vitesse de combustion de la cellulose dans la poudre B ? — M. Nodon, dans le Cosmos, l’affirme et propose une solution qui permettrait de réaliser des explosifs progressifs à oxygène liquide comparables aux poudres, progressives actuellement en usage. Celles-ci doivent leurs propriétés à leur constitution en grains distincts, de dimensions sensiblement égales et dont l’inflammation commence d’abord par la surface extérieure avec une certaine lenteur, puis se communique graduellement à toute la masse. M. Nodon fabrique de même de petits grains de masses combustibles, cubes,, cylindres ou sphères, constitués par un mélange de substances carburées combustibles : alcool et glycérine, benzine ou pétrole, et de matières inertes, telles que silice fossile, ponce pulvérisée, etc., additionnées d’une certaine quantité variable d’eau. La matière inerte et l’eau sont les éléments qui ralentiront, dans la mesure désirée, la vitesse de combustion. Ces grains de combustible sont, de plus, préparés de façon que la surface en soit sensiblement moins poreuse que l’intérieur. Ils sont entassés dans des gargousses spéciales : réservoirs en laiton argenté bien poli sur les deux faces, et parfaitement clos après l’introduction des grains, sauf une petite ouverture par où l’on introduira l’oxygène liquide. Le réservoir est entouré d’une substance calorifuge, lame de verre ou feutre, et d’une deuxième enveloppe en laiton argenté, poli sur les deux faces. On obtient ainsi un vase très suffisamment étanche à la chaleur. Par une tubulure extérieure, on verse l’oxygène liquide dans une chambre en métal mince placée au centre de la gargousse : ce métal devient fragile comme du verre; il suffit du choc violent d’un percuteur extérieur au canon pour le briser en mille pièces. L’oxygène liquide inonde la cartouche; l’obus est prêt; il suffit alors, comme dans les gros canons actuels, de faire exploser, par percussion, la cartouche de fulminate de mercure disposée dans la gargousse.
- Le plan de Rome antique. — Celte œuvre remarquable en faveur de laquelle Mgr Duchesne, de l’Académie française, vient de faire appel au public pour une souscription (Figaro, 29 novembre, Temps, 5 décembre) est actuellement au palais des Thermes, à Rome, et menacée de disparaître, parce qu’elle est trop fragile pour être transportée, avec la destruction prochaine de ce/palais. C’est un énorme relief, qui n’a pas coûté moins de dix ans de travail à son auteur, M. P. Bizot, architecte, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, et qui mesure 11 mètres sur 6. A l’échelle de 1/400, il représente la ville antique au iv° siècle de notre ère, alors que tous les monuments antiques les plus fameux étaient construits. Le but de la souscription qui vient de s’ouvrir est de sauver cette œuvre d’une impeccable érudition,, en l’achevant et en la moulant en bronze. On estime que le total des frais s’élèvera à une centaine de mille francs; au moment où nous écrivons, plus de 25000 francs sont déjà recueillis. On peut adresser directement les souscriptions à la Gazette des Beaux-Arts, 106, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- "Electricité
- Fig. I. — Radiateur Arpin.
- Chauffage électrique. — Le mode de chauffage le plus commode et le plus sain est certainement celui çju’on obtient au moyen du courant électrique ; il n’a contre lui que son prix de revient élevé à Paris et dans
- beaucoup de villes. Cependant si on fait faire une canalisation, avec compteur spécial, destinée exclusivement au chauffage, ou à la force motrice, on obtient le courant à moitié du prix auquel il est compté pour l’éclairage. Dans ces conditions le prix devient abordable, au moins pour un chauffage intermittent; d’ailleurs il y a beaucoup de localités où le courant n’est pas très cher et dans certains cas où l’on fabrique soi-même son électricité, comme dans une grande usine par exemple, on peut considérer le chauffage comme pratique ; aussi existe-t-il beaucoup d’appareils destinés à cet usage.
- M. C. Arpin construit sous le nom de Nekki-Denki des radiateurs dont le rendement considérable est dû à une métallisation des tubes qui contiennent les résistances. Les appareils ont la forme générale représentée ci-contre (fîg. i), avec variante pour le style de l’encadrement. Le principe consiste à enfermer dans les tubes horizontaux qui sont en verre (fig. a) des spirales de fil métallique argentan ou cons-tantan reliées entre
- elles en série de façon à ce qu’elles soient fortement échauffées par le passage du courant. C’est le principe employé dans tous les appareils de ce genre ; mais ce qui caractérise ceux-ci, c’est qu’on a revêtu extérieurement les tubes d’un dépôt de cuivre poli et verni ensuite au four de façon à conserver la surface brillante et sans oxydation.
- L’expérience a permis de constater que si l’on monte sur le même appareil des tubes de verre ordinaire et des tubes métallisés, un thermomètre placé au contact des premiers ne s’élève qu’à 75°, tandis qu’il monte à
- 125° au contact des autres. — Quand les tubes sont échauffés ils conservent assez longtemps leur chaleur et on les entretient d’ailleurs en réduisant la consommation; à cet effet il y a sur chaque radiateur deux connexions différentes, l’une pour le grand chauffage et l’autre pour l’entretien. Pour fixer les idées nous dirons que sous une tension de 110 volts on consomme de 3 à ii ampères selon le cube à chauffer; par exemple dans une pièce de 40 mètres cubes un radiateur consomme 6 ampères-heure, amène la température de 5° à environ 170 en 1 heure et demie.
- Sur le même principe M. C. Arpin a construit des appareils pour chauffer l’eau instantanément. Les tubes
- Fig. 2. — Tube à spirale chauffante.
- Fig. 3. — Appareil électrique pour chauffer l’eau.
- sont renfermés dans d’autres tubes métalliques (fig. 3) avec un intervalle où circule l’eau; tous ces tubes enveloppes sont, comme on le voit sur la gravure ci-contre, réunis entre eux par des ajutages.
- On obtient 2 litres i/a d’eau à une température de 4o° en une minute avec une consommation de 5o watts; des appareils plus réduits, ne consommant que 17 watts par minute, donnent 85 centilitres d’eau à 4o°. — Les appareils Arpin se trouvent chez M. Mathieu, rue de Valois.
- Mécanique
- Le pince-tout. — L’aspect de ce singulier appareil' évoque la serre d’un gigantesque et fantastique oiseau. C’est bien, en effet, une serre, mais mécanique et auto-
- matique, destinée à saisir les corps immergés ou inaccessibles, à draguer et à repêcher les épaves. Il comporte essentiellement deux plateaux, l’un fixe monté sur un tube sur lequel coulisse le deuxième plateau.
- Le plateau fixe porte 10 puissantes griffes articulées, indépendantes les unes des autres, qui viennent s’enclan-cher dans des évidements ménagés à cet effet autour du plateau mobile, et avant le lancement.
- L’appareil est caractérisé par un très résistant serrage de 10 cliquets à crémaillère, qui laissent les griffes se développer librement suivant la structure des objets ou épaves à retirer puis, au relevage, grâce au jeu du plateau mobile, bloquent les griffes toutes à la fois. — L’inventeur est M. Laumet, 5o, quai des Cclestins, Paris. Le prix d’un appareil est de 60 francs.
- Jouets
- La sauterelle acrobate. — Sur le couvercle pe épais d’une boite quelconque, ou même sur une simpl planchette, placez un objet pesant quelques grammes Puis donnez un léger coup sous le couvercle. L’objet sautera en l’air. Tel est le principe sur lequel est basé ce nouveau jeu.
- La boîte j>orte un léger portique, mobile afin de pouvoir être rabattu, tendu dé quelques fils métalliques. La sauterelle est quelconque, en os, par exemple, mais pourvue de quatre crochets. On la place sur le fond de la
- boite, décoré pour la circonstance d’une mare, avi feuilles de nénuphar, d’une grenouille qui ouvre ui large bouche découpée dans la boîte elle-même, et d’i puits également découpé. La bouche de la grenouille
- Le jeu de la sauterelle acrobate
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- le puits sont deux obstacles par lesquels peut disparaître la sauterelle et faire perdre le joueur.
- Celui-ci met l’iusecle sur la boîte et frappe sous le fond avec un petit maillet de bois. La sauterelle fait des bonds et retombe sur le couvercle — ou dans un obstacle — jusqu’à ce qu’un coup de maillet heureux l’ait obligée à s’accrocher à un des fils. Chaque fil représentant un nombre de points déterminé, il est facile de faire le compte de chacun dès que la partie est terminée. — L’inventeur est M. Denis, 18, rue de la Justice. Paris.
- Pistolet lance disque. — Chacun, sans_ outillage spécial peut construire une douzaine de ces pistolets pour io centimes !
- Deux planchettes, dont .l une est taillée en forme de crosse de pistolet (ou à peu près) sont assemblées au
- moyen d’une pointe. Un ressort assez robuste réunit!’extrémité delà planchette mobile à la planchette- fixe. On arme en abaissant la première qui est maintenue sur la seconde par une lamelle d’acier courbée à angle droit et mobile autour d’une pointe. Enfin un coup de scie étant donné à l’extrémité du grand bras de la planchette mobile, on peut, y loger un disque de papier fort, portant de la publicité.
- Dès qu’on libère la planchette mobile en tournant, avec le doigt, la lamelle d’acier, le ressort tire violemment sur l’extrémité de la planchette et le disque est projeté à une très grande hauteur.
- C’est là un excellent jouet à très bon marché et tout aussi amusant que beaucoup d’autres très chers. — Les constructeurs sont MM. Dreyfus et Presberg, 19, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- Pistolet lance-disqt
- c£§tns Divers
- Chaussures à semelles amovibles. — Un homme d’équipe circule sur la voix ferrée, tout à coup son talon se prend dans l’aiguille et y reste encastré : le malheureux n’a pas le temps de se dégager car voici l’express qui arrive à toute vitesse. — Nous avons trop souvent l’occasion de lire de tragiques faits divers de ce genre ; la répétition des accidents de cette nature a ému deux inventeurs algériens et les a conduits à imaginer un nouveau type de chaussure des plus curieux.
- La chaussure brevetée par MM. Ernould et Patillon est en quelque sorte démontable. Elle se compose de deux parties : la première est le chausson, il est armé dans sa semelle dite première de deux glissières femelles en acier, très flexibles, allant de la pointe du dit chausson au conti’efort. La seconde partie est une semelle à talon, pourvue de deux couteaux en acier, solidement encastrés, allant également de la pointe au contrefort.
- La semelle-talon s’engage par ses couteaux dans les
- I de souliers et des semelles de rechange. Par ces temps de vie chère, le soulier démontable serait, sans doute, bien accueilli des familles pauvres.
- Nous ne savons si les inventeurs ont pu passer de la théorie à la pratique; mais, en tout cas, leur idée, quelles que soient les réalisations, nous a paru assez ingénieuse pour mériter d'être signalée. — S’adresser : M. Ernould, -i, boulevard Victor-Hugo, Alger.
- çg'ssj. Objets utiles
- La « Stella» nouvelle épingle à chapeaux. — Serait-ce enfin la solution du problème de l’épingle à chapeau 1’ Solution fort élégante, car elle supprimerait tout simplement cet engin si incommode pour la propriétaire, si dangereux pour les voisins.
- La « Stella » se fixe une fois pour toutes sur le chapeau : elle comporte une tige A terminée d’un côté par une spirale B, de l’autre par une pointe C sur laquelle se vissera la perle ou l'ornement D. On pique donc à la place choisie la tige A; la rondelle E et la spirale restant à l’intérieur du chapeau : la pointe C dépasse à l’intérieur; on la garnit de la petite rondelle de protection F, du léger ressort à boudin G, on visse l’ornement. L’épingle est montée. Il en faut en général deux par chapeau : que faudra-t-il faire pour se coiffer?
- Comment on se sert.de la « Stella ».
- Tout simplement, donner quelques tours en sens convenable, à l’ornement qui termine la « Stella » : la spire s’engagera dans les cheveux où elle se maintiendra. Pour retirer le chapeau, tourner la « Stella » de quelques tours en sens contraire, et la spire se dégage.
- Voilà donc un petit objet qui, une fois monté, ne présente aucune pointe assassine, tout en offrant un extérieur aussi coquet que les épingles ordinaires. Cette considération humanitaire ne suffirait peut-être pas à faire renoncer nos coquettes à leurs habitudes; mais voici qui, sans doute, les décidera.
- Avec le nouveau dispositif, 011 épargne tout d’abord la coiffe des chapeaux que les épingles actuelles transpercent en tous sens et criblent bientôt d’une infinité de trous. On épargne l’épingle elle-même : la « Stella » ne
- «WttttTOTO»-
- Les différentes pièces de la « Stella ».
- glissières du chausson auquel elle adhère parfaitement, formant, une fois fixée, une chaussure qui extérieurement ne se distingue pas d'une chaussure ordinaire.
- Mais que le porteur de ce soulier vienne à se laisser saisir le talon dans un croisement de rails, un effort lui permettra de se dégager sans peine, en abandonnant simplement la partie inférieure de sa chaussure.
- Les inventeurs voient également dans ce type de chaussure, un modèle parfaitement adapté aux besoins de la troupe : le soldat n’emporterait plus qu’une paire
- court pas le risque de tomber sans que l’on s’en aperçoive. On épargne du temps aussi ; pour se coiffer, il suffit ; de placer le chapeau sur la tête, et de donner quelques tours à la « Stella »; on supprime le difficile maniement des longues épingles.
- Enfin, l’on évite la compression des vaisseaux sanguins de la tête, exercée même par l’épingle la plus souple, et d’où résultent tant de migraines.— La « Stella » est en vente, 7, rue du Commandant-Lamy, Paris. Prix : 1 fr. y5 les deux, franco.
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- VARIETES
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- Le temps de la jeunesse chez les animaux. — La
- Nature a déjà parlé (n° 2021, 17 février 1912) de la longévité des divers animaux. Il semble bien que celle-ci soit en rapport avec leur taille et aussi avec la durée de leur jeunesse. Le Dr Chalmers Mitchell vient de réunir dans son volume sur l’enfance des animaux (The Chil-dhood of Animais, Heinemann, éditeur, Londres) un grand nombre de renseignements, intéressants qui montrent clairement ce rapport.
- Pour l'homme, la jeunesse dure de i5 à 20 ans ; elle est un peu plus courte chez les peuples des régions chaudes que chez ceux du nord de notre continent,* beaucoup plus' courte chez les sauvages que chez les civilisés. Les singes anthropoïdes les plus voisins de l’homme, sont si difficiles à conserver en captivité, qu’on n’a pas de renseignements exacts sur leur jeunesse qu’on évalue à 8 ou 12 ans. Les autres singes, plus résistants, ont pu être élevés dans des jardins zoologiqués et l’on a reconnu que les babouins et les mandrills deviennent adultes de la 8e à la 12e'année, les macaques de la 3e à la 6e, les petits singes d’Amérique de la 2e à la 3".
- Parmi les carnivores, les lions et les tigres mettent de 3 à 5 ans pour devenir adultes, les léopards, les lynx et les caracals de 1 an et 1/2 à 3 ans; les ours ont une croissance plus lente, puisque les ours bruns ne se développent qu’en 5 à 6 ans et les blancs en un temps plus long encore; les phoques, faciles à observer dans leurs nurseries si bien décrites par Puidÿard Kipling, restent enfants pendant 4 ans et continuent encore de grandir après cet âge; les chiens ont une jeunesse d’autant plus longue qu’ils sont plus grands : les dogues ne sont adultes qu’à 2 ans, les grands chiens de chasse et les lévriers à 18 mois, tandis que les pointers et les setters le sont à i5, les fox-terriers à 12 et les petits chiens plus, tôt encore. Les blaireaux restent avec leur mère pendant 6 à 8 mois et sont adultes à un an; les loutres, les belettes, les martes et les putois, plus petits, le sont à 10 mois.
- Les éléphants, les plus grands et les plus gros des animaux terrestres, ont une jeunesse fort longue : 20 à 24 ans, très courte, il est vrai, en comparaison de celle de l’homme puisque, adultes, ils sont 5o fois plus gros. Les rhinocéros, dont l’enfance est plus difficile à observer, restent avec leur mère pendant leurs 7 ou 8 premières années qu’ils emploient à grandir. Les chevaux et les ânes, très influencés par la domestication, ont une jeunesse assez courte: 3 à 4 ans. Les zèbres ont une enfance de durée sensiblement égale. Les tapirs ont leur pelage d’adulte à 4 ou b mois, mais continuent de grandir jusqu’à la lin delà première année. Les hippopotames, assez souvent élevés en captivité, croissent rapide-
- ment puisqu ils ont terminé leur croissauce au bout de 5 ou 6 ans et, qu’adultes, ils pèsent souvent plus de 4 tonnes. Les porcs atteignent leur complet développement en 18 mois à 2 ans.
- Les girafes, les plus grands des ruminants, grandissent en 6 à 7 ans; les chameaux, plus petits, eh 3 ans, les lamas et alpacas en un peu moins de temps. Les bisons sont adultes au bout de 2 à 3 ans, les élans après 2 ans, les antilopes après 1 à 4 ans suivant leur taille.1 Sur les marsupiaux, les renseignements sont peu nombreux; toutefois, on sait que les grands kangourous quittent la poche de leur mère 6 mois après leur naissance et qu’ils sont adultes au bout de i à 2 ans; les petites espèces se développent plus rapidement, en 6 mois à 1 an.
- Parmi les rongeurs, les castors ont une jeunesse qui dure de 2 à 3 ans, les lièvres i5 mois, les lapins 8 mois à 1 an, les cochons d’Inde 5 à 6 mois, les rats 6 mois, les souris 3 à 4 mois. '>
- Tous ces exemples montrent que la durée du développement est extrêmement variable suivant les espèces. Elle est certainement en rapport avec la taille de ranimai adulte, avec sa longévité, avec la complexité de sa structure; mais ces facteurs ne sont pas suffisants pour tout expliquer. .. .
- Les oiseaux montrent une tout autre règle. Bien que certaines espèces aient une longévité plus grande que les mammifères, la durée de leur développement est toujours relativement brève : les autruches, les plus grands oiseaux actuellement vivants, deviennent adultes en 3 à 4 ans comme les oiseaux de paradis et les condors ; les petits oiseaux.de proie, les poules et les faisans croissent en 2 ans, tandis que les flamants, beaucoup plus grands, croissent en moins de temps. Tout ce qu’on peut dire est que les oiseaux ont une durée de développement assez constante : 1 à 4 ans, qui n’a aucun rapport avec.la taille.
- Les reptiles atteignent souvent un âge avancé et leur développement est très lent, mais on ne peut en donner les limites, celles-ci vaiüant énormément avec la température. Il en est de même des batraciens, des poissons et des invertébrés qui n’ont pas, comme les mammifères et les oiseaux, le moyen de maintenir leur température interne constante. Certains même se reproduisent sans atteindre jamais l’état adulte, tels certains insectes et surtout l axolotl dont l’exemple est bien connu.
- Des observations nombreuses sur la durée du développement des espèces animales, comme celles réunies par M. Chalmers Mitchell, posent de multiples problèmes, et il est à désirer qu’elles deviennent plus fréquentes, car elles aideront certainement à résoudre d’importantes questions de biologie. René Merle. © t
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’empoisonnement par l’arnica. — L’arnica a été de tous temps, et peut-être encore aujourd’hui, une drogue populaire d’un usage courant en cas de traumatismes, de contusions. Un enfant venait-il à se heurter la jambe, vite une compresse de tèinture d’arnica ; une femme tombait-elle en pâmoison, donnez-lui vite quelques gouttes d’arnica à prendre dans de l’eau. L’usage populaire n’était pas dénué de bon sens et peut-être ne devrait-on pas dédaigner cette jolie plante de montagnes. C’est ce que fait remarquer notre confrère de la Province médicale à propos d’un cas d’ëm-poisonnement par la teinture d'arnica signalé par M Drouet.
- Une femme avait absorbé d’un coup deux cuillerées à soupe de teinture; dans la région de la Vendée, l’arnica passe pour un enménagogue efficace. Des douleurs abominables, une sensation de brûlure intense à l’estomac, le tout accompagné de symptômes d’excitation nerveuse prolongée furent le résultat de l’ingestion de cette dose excessive. Grâce à des soins énergiques, la femme fut bientôt hors de danger.
- L’arnica (Arnica monlana ou Cinerari aarnica) est connue sous bien des noms suivant les pays. Tabac des montagnes, tabac des Savoyards ou des Vosges, herbe aux chutes, plantain des Alpes, quinquina des papvres. On trouve, en effet, cette jolie plante un peu pàrtout dans les terrains siliceux et granitiques. L’arnica contient un alcaloïde amer, l’aimicine, des principes résineux, du tannin, une huile essentielle et d’autres produits secondaires : c’est à l’arnicine que sont dues ses propriétés physiologiques. Ces propriétés rapprochent l’arnica des strychnées et des renonculacées. Comme ces plantes, il donne, quand il est absorbé, une sensation de brûlure dans la gorge, des nausées, des vomissements, de la gastralgie, en même temps qü’il accélère le pouls et les mouvements respiratoires et provoque des contractions involontaires des muscles.
- Cette ressemblance d’action avec les médicaments slrychniques explique l’usage qu’on en a fait comme stimulant du système nerveux, dans les paralysies, les atonies musculaires. Elle explique aussi l’intensité des phénomènes toxiques quand on l’absorbe, comme dans
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- HYGIENE ET SANTÉ
- le cas que je cite, à de hautes doses. Le Dr Hirtz croit, que ces accidents d’empoisonnement, fort rares du reste, peuvent trouver leur explication d’une autre façon. Pendant un voyage dans les montagnes, il a observé que des mouches cantharides se déposaient volontiers sur les fleurs d’arnica et y restaient assez longtemps pour les contaminer de leur principe vésicant ét toxique. Des teintures préparées avec des fleurs additionnées par ce procédé naturel, d’une petite dose de cantharide, seraient évidemment dangereuses et pourraient provoquer soit en applications locales, soit
- ingérées à l’intérieur, des irritations plus ou moins graves.
- A petites doses, à l’intérieur, comme on l’emploie dans la pratique populaire, le danger n’est, pas redoutable et les praticiens du temps passé qui l’employaient comme fébrifuge et comme excitant dans les fièvres adynamiques avaient raison et pouvaient l’administrer plus hardiment que les produits à base de strychnine, d’aconitine ou autres, d’un maniement plus dangereux. Ne proscrivez donc pas les vieux médicaments, usez-en, n’eu abusez pas. D' A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé de conservation des os et de l’ivoire. —
- Ceux qui ont essayé de conserver des squelettes d’animaux ou des ôs, ou de l’ivoire, savent combien c’est chose difficile. Au bout d’un temps plus ou moins long, la matière organique contenue dans l’os se putréfie, devient acide et attaque les sels de chaux, si bien que l’os s’écaille, se brise et finit par tomber en poussière. Pour conserver des substances osseuses, il faut donc empêcher leur contamination par les bactéries ou arrêter le développement de celles-ci en les privant d’oxygène. Les injections d’huile, de glu, etc., qu’on a essayées, ne donnent pas de résultats satisfaisants, car ces substances peuvent subir des transformations chimiques une fois injectées, et de plus, emprisonnent de l’air au lieu de s’y substituer. Les divers vernis ont le même inconvénient et se craquellent quand ils sèchent, laissant de multiples portes ouvertes à l’infection microbienne. Les gommes et résines ont les mêmes défauts.
- M. Boettcher, qui a étudié l’action de ces divers conservateurs, préconise (Proceedings ofthe U. S. National Muséum) l’emploi de la paraffine qui n’a qu’un défaut, celui de se contracter en se refroidissant et de diminuer
- ainsi des 14 centièmes de son volume, mais qui est cependant de beaucoup supérieure à tous les autres produits. Il recommande, lorsqu’on se trouve en expédition, de couler de la paraffine à 80-90 degrés dans les trous des os ou de l’ivoire préalablement chauffés, pour éviter leur altération jusqu’à l’arrivée en Europe; ce procédé permet de rapporter dés pièces d’ivoire, par exemple, sans craindre qu’elles se fendent pendant le transport, mais il est insuffisant pour une conservation indéfinie, la paraffine n’ayant pas pénétré assez profondément dans toutes les cavités de l’os.
- Pour obtenir une préparation permanente, on immerge complètement l’objet dans de la paraffine chauffée au bain-marie ; il y reste un temps variable suivant sa grosseur : une heure ou deux pour les os de rats ou de souris, une semaine ou plus pour les défenses d’éléphant ou autres gros objets; dans ce dernier cas, les os sont chaque jour tenus au chaud dans la journée, refroidis la nuit. Pour permettre aux bulles d’air de s’échapper, les os sont placés successivement dans toutes les positions. Cette méthode a donné à l’auteur d’excellents résultats pour la conservation des ivoires.
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- BOITE AUX LETTRES
- aSL.
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raisou de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Rectifications : La bauxite. (Voy. n° 2062.) —M. A. Fonville nous signale avec raisou que dans l’article « Nouveaux procédés de préparation de l’aluminium » la bauxite a été mal définie : la' bauxite est un hydrate d’aluminium associé à de l’hydrate ferrique et à de la silice. Voici un exemple de composition de bauxite : Al2 O3: 6g 0/0;. Fe*05 : 12,,42.0/0; Eau combinée 14 » 74 o/o; SiOa : 3,45 0/0! Sa composition est du reste très variable. —- Le Pont de la Roche-Bernard (v. n° 2064). — Une erreur s’est glissée dans la phrase suivante de cet article : « Il (ce pont) est d’ailleurs établi en un type très analogue à celui du pont du Métropolitain de Paris, construit par la même maison (Daydé et Pillé) et qui franchit la Seine en amont du pont d’Austerlitz ». Le pont en question sur la Seine a été construit, non par MM. Daydé et Pillé, mais par la Société de constructions de Levallois-Perret.
- Renseignements. — M. Ch. Jérusalem, à Moscou. — M. Nodon, 12, rue de Houlis, Bordeaux, a imaginé récemment un intéressant procédé industriel de désétamage des déchets de fer blanc.
- M. Louis Godefroy, à Orléans. — Pour faire les joints des enveloppes d’eau des cylindres des moteurs à explosions, on peut employer avec succès, soit le carton d’amiante trempé dans l’huile de lin cuite et découpé à la demande des deux surfaces planes à serrer l une sur
- l’autre, soit mieux encore le tauril qui s’emploie en feuilles et que l’on trouve dans le commerce sons ce nom. Ces joints s’entendent des grandes surfaces fonte sur fonte comme celles des fonds de chemin d’eau des monoblocs par exemple. Pour des joints de tuyaux d’eau à brides de serrage on peut opérer de la même manière ou encore avec du carton de fibre. Pour les joints moins importants ou moins nettement raccordés on peut aussi employer la graisse Belleville utilisée sur les chaudières à vapeur.
- M. Perrein, à Barsac. — Le résultat de l’épreuve des camions automobiles a été publié par les soins du Ministère de la Guerre, les 20 types de camions suivants ont été primés : 1 type Schneider, 2 types Panhard-Levassor, 1 type La Buire, 1 type Ariès, 1 type Delan-gère et Clayette, i type Clément-Bayard, 2 types Latil, 3 types Saurer, 1 type De Dion, 4 types Berliet, 1 type Motobloc, 2 types Renault. En dehors de l’énumération de ces résultats, tous les chiffres de consommation et les incidents relevés par la Commission militaire sont tenus seci’ets. Ce que vous êtes en droit de conclure, c’est que tous les véhicules ci-dessus ont satisfait complètement aux épreuves et que leur consommation s’est tenue au-dessous des limites imposées par le règlement o 1. 06 environ à la tonne kilométrique totale.
- M. A. C. H., à G. — Pour nettoyer et blanchir les tables en bois des cuisines, laver d’abord avec de l'eau chaude contenant un peu d’une lessive toute faite genre Phénix, essuyer et badigeonner d’une couche épaisse de bouillie faite én triturant au’ mortier du chlorure de chaux (« chlore » des droguistes) avec suffisamment d’eau. Après une heure ou deux de contact, bien laver à grande eau. <— Pour assouplir les bottes de chasse, le mieux est encore do les enduire d’une graisse inallé-
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- BOITE AUX LETTRES
- râble, vaseline par exemple. — Pour remettre à neuf un bac de zinc, il suffit de le brosser à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique ; quelques grammes par litre suffisent et' encore faut-il rincer à gï-ande eau aussitôt après brossage, pour éviter une trop forte attaque du métal.
- M. Bidel, à Blois. — Yous trouverez une bonne étude faite par M. Rolants sur les fosses septiques dans la Revue d'Hygiène, du 20 octobre 1912, publié chez Masson et Gie, 120, boulevard St.-Germain, Paris.
- M. de Brandner, à Bruxelles. — Nous ne retrouvons pas la méthode en question. Le relai Brown se ti’ouve
- chez l’inventeur : M. Brown, Electrical-Êngineer, 4,' Great Winchester, St. London I. C.
- M. Lopez Garcia, à San Ciprian. — Les écrans en question ne sont pas à poudre d’aluminium. Ce sont des écrans spéciaux sur verre.
- M. J. B., à Lille. — Les chaufferettes à la baryte sont faites avec une solution aqueuse saturée à chaud de chloi’ure de baryum ordinaire; on peut employer de même façon l’acétate de soude ou tout autre sel très soluble n’attaquant pas le métal des chaufferettes et provoquant, en se dissolvant, un fort abaissement de | température.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le pont de la Roche-Bernard : Cir. Lemerciër. — Méthodes anciennes et nouvelles d’incinération des ordures ménagères : D1' Loir. — Les Glnndines : mollusques carnassiers du Mexique : Jacques Boyer, — Archéologie du Turkestan chinois : Jean-Paue Lafitte. — Le prix Nobel pour la chimie: MM. Grignard et Sabatier : André Detoeuf. — Les véhicules industriels au Salon de 1912 : Renaud. — Académie des sciences : Cix. de Vil-ledetjit.. — Lu traîneau sous-marin : Dr Alfred Gradenwitz.
- Supplément. — Une conséquence inattendue du changement de méridien, etc.
- Précis de physiologie par Maurice Arthus, professeur de Physiologie à l’Université de Lausanne. Quatrième édition entièrement refondue, in-8° xvii-930 p. 320 fig. Masson, édit., Paris, 1912. Prix cartonné toile souple : 12 fr.
- Le très remarquable précis de physiologie du professeur Arthus est devenu, dès son apparition, un livre classique. Sa 4e édition qui paraît aujourd’lnxi est mise complètement à jour. Elle comprend en réalité deux ouvrages : un premier traité de physiologie — imprimé en gros texte — destiné aux commençants, contenant les notions les plus élémentaires,et un second traité de physiologie — comprenant l’ensemble de l’ouvrage, gros et petit texte — représentant un second degré de l’enseignement physiologique.
- On y trouvera clairement exposés dans un ordre parfait les faits expérimentaux bien établis et maintes fois contrôlés, sans hypothèses hasardeuses, et l’on aura après l’avoir lu, la notion la plus nette et la plus, précise de cette science de la vie.
- Zigzags au pays de la science, par A. Acloque. i vol. gi’and in-8 illustré de 36o pages. 1912. A. Marne et fils, Tours, Prix : broché, 2 fr. 5o; cartonné, 3 fr. 25.
- Intéressant recueil de 39 chapitres sur divers sujets scientifiques (insectes, zoologie, botanique, astronomie, histoire de la science, etc.). L’illustration est variée et instructive ; le texte est rédigé sous une forme claire et très simple, qui le met à la portée des jeuxxes gens, pour lesquels le livre a été spécialement écrit.
- Bans le royaume des machines, par D. Bellet. [i vol. 192 p. 60 gravures. Hachette, éditeur, Paris, 1912.
- Dans cette série d’agréables causeries, accessibles à tous, l’auteur présente à ses lecteurs les plus rapides locomotives modernes, les derniers paquebots, les girnes les plus puissantes ; il les fait assister au creusement des ports, au percement des tunnels, à la fabrication des allumettes, des automobiles, etc.
- Flore complète illustrée de France, Suisse et Belgique, fasc. 10 et 11, par G. Bonnier, Orlhac, édit., Paris.
- Le fascicule 10 est consacré à la fin- des Crucifères et aux Cappai’idées, il termine le tome I et en donne la table des matières alphabétiques. Le fascicule 11 commence le tome II avec la famille des Cistinées et celle des Yiolariées. L’exécution des planches en couleurs est de plus en plus parfaite.
- Dans l’Atlantique, Sainte-Hélène auxx\ue et xruP siècles. L archipel de Tristan da Cunha. Cotes de l'Afrique australe. Les voyages d'Auguste Broussonet au Maroc et aux Canaries, par M. Henri Dehérain. In-16, 5 cartes. Hachette et Cie, édit. Prix : 3 fr. 5o.
- L histoire de Sainte-Hélène avant l’arrivée de Napoléon, la manière dont les Anglais s’en sont emparés, les aventures d’un de nos compatriotes, Etienne Poirier, qui en fut le gouvexmeur, le traitement des esclaves qu’on y importait, constituent la matière de la première partie. Les pages consacrées à 1 archipel de Tristan da Cunha, traitent d’un sujet entièrement neuf.
- Le Nil argentin, par J.-A. Doleris. In-8°, 25 grav. hors texte et 3 Cartes, Pierre Roger et Ci0, Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- Etude économique et agricole sur la région méridionale de la République Argentine ; c’est la vallée du Rio Negro pleine de promesses pour l’agriculture quand elle sera bien irriguée.
- Les richesses d’art de la Ville de Paris. Les musées municipaux, par Maurice Quentin-Bauchart. In-8°, 64 planches, H. Laurens, édit. Prix : 8 francs.
- Œuvre posthume d’un des fondateurs du musée Galbera et du Petit Palais. Ce sixième volume de la collection Les richesses d'art de la Ville de Paris décrit le Petit Palais, le musée Galbera, le musée Carnavalet, le musée Ceimuschi, le musée Yictor Hugo et le dépôt d’Auteuil. Il abonde en curieuses anecdotes, intéressants détails et excellentes illustrations.
- La Peinture, par Ch. Moreau Yauthier. In-8", 16 grav. en couleurs et 24 grav. en noir, Hachette et Cie, Paris, 1912. Prix : cartonné toile, i5 francs; broché,
- 10 francs.
- Ce livre, d’une idée originale, est une véritable technique de la peintux’e. Depuis Apelle jusqu’aux impressionnistes d’aujourd’hui, il analyse et décrit la palette de chacun des novateurs au fur et à mesure qu’elle s’enrichit ou se systématise. De nombreuses planches en couleurs et en noir précisent ces observations, chacune d’elles reproduit grandeur nature un fragment du tableau original pris comme sujet de démonstration. Le livre se termine par de précieuses indications sur les erreurs de techniques, la valeur inégale des couleurs employées, les procédés d’entretien, de réparation, de restauration des tableaux et même sur les faux tableaux qu’on rencontre trop fréquemment.
- Tours de carte, 2e série, par R. Barbaud, directeur des Postes et Télégraphes, en retraite. 1 vol. illustré, 320 p. Encyclopédie Roret. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille. Paris. Prix : 2 fr. 5o.
- Cet amusant opuscule décrit de nombreux tours de carte effectués à l’aide d’appareils spéciaux : c est-à-dire jeux de cartes machinés, cartes truquées, etc.
- 11 offre des moyens divers et relativement simples pour intriguer et distraire un public.
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- BIBLIOGRAPHIE
- De la surface aux abîmes, par le lieutenant de vaisseau H. Bourse, in-8°, 140 p., 116 lig., 4 planches en couleurs, Ch, Delagrave, éditeur, Paris, 1912. Prix : broché, 7 fr. 5o ; relié, 10 francs.
- Tout en étant élémentaire, ce volume est assez précis pour donner une idée de l’océanographie et des principaux travaux que cette science comporte; il est d’une lecture agréable.
- De Paris à Bénarès et Kandy, par le Dr A. Mignon, i 18 illustrations de A. Bessé, Plon-Nourrit et Ci<!, édit., Paris, 1913. Prix : i5 francs.
- Récits et impressions de voyage dans l’Inde et à Ceylan. Beau volume dont la charmante illustration passe en revue les merveilles architecturales de l’Inde tandis que le texte décrit aussi bien les monuments que les mœurs curieuses de ce prestigieux pays.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Sajnt-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 déc. 1912. . — 2°,6 S. 1. Beau. n Gel. hl. ni.-s. ; beau.
- Mardi 10 0°,9 S. S. W. 2. Brouillard. 1,2 Couv. ; brouill. ; pluie le soir.
- Mercredi H *°,1 S W.5. Couvert. 0,4 Un pou de pluie; couvert.
- Jeudi 12 8°, 4 S. W. 3. Couvert. 4,3 Pluie de 2 b. 15 à 6 b. 10 ; nuageux.
- Vendredi 13 0°,1 S. S. W. 2. Beau. 0,5 Beau le ni. : couv. le s. ; gel. bl. ni. ; pluie le soir.
- Samedi 14 9°,7 s: w. i. Couver!. 0,3 Couvert ; un peu de pluie.
- Dimanche 15 . . . . 12°,0 S. W. 4. Couvert. 0,2 Couv. ; queh|. lois de la bruine; un peu de pluie à 23 1). 30-45.
- DECEMBRE 1912
- SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15
- DÉCEMBRE 1912.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince., thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre, à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 9 au i5 décembre. — Le 9. Profonde dépression sur l’Islande, s’étendant vers les Iles-Britanniques. Pression élevée sur la moitié S. du continent. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin ; Belfort, — 70; Paris,
- — 3; Nantes, +2; Brest, 10; Alger, 11; moyenne à Paris ; i°,6 (normale : 3°,i). •— Le 10. La pression baisse sur toute l Europe en restant supérieure à y65 sur la moitié S. Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Calais, 20 mm; Cherbourg, 7; Paris, 2. Temp. du matin : Arkhangel, — 14°; Lyon, —6; Paris,
- j ; Alger, 10; Brest, 11; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 3°,i). — Le 11. Profonde dépression sur le N.-W. de l’Europe (Seydisfjord : 719 mm). Pressions élevées sur le S. du continent (Toulouse : 772 mm). Neiges et pluies sur le N., l’E. et le W. Temp. du matin : Arkhangel, —a3-°; Moscou, —4; Besançon,
- — 1 ; Paris, 4- 7 ; Nantes, 8; moyenne à Paris : 8° (normale : 33). — Le 12. La dépression de la veille s’étend vers le S. et l’E. ; son centre reste en Islande (70g mm). Pluies sur le Centre et le W, ;de l’Europe. En France : Biarritz, i3 mm; Calais, (>; Nancy, 3. Temp. du matin :
- du Bureau Central Météorologique.
- Arkhangel, —26°; Toulouse, -j- 1 ; Nancy, 6; Paris, 8; Alger, 10; moyenne à Paris ; 7°,8 (normale ; 2°,g). — Le i3. Dépression profonde sur tout le N.-W. de l’Europe; la pression baisse rapidement sur les Iles-Britanniques, et se relève dans le S.-W. (Bordeaux : 773). Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. Temp. du matin : Arkhangel, —270; Berne, —2; Paris, o; Toulouse, 3 ; Alger, 12; moyenne à Paris : 4°,8 (normale : 2°.g). — Ze 14. Les pressions restent basses sur le N. de l’Europe. Pressions élevées dans le S. du continent (Toulouse : 779). Pluies sur le W., le N., le Centre de l’Europe. En France : Belfort, 11 mm; Calais, (». Temp. du malin ; Clermont-Ferrand, o° ; Paris, -)- 10; Nantes et Alger, 11 ; moyenne à Paris ; io°,6 (normale : 20,8). — Le i5. Yaste dépression sur toute la moitié N. de l’Europe (728 mm en Finlande). Pression élevée-sur le S.-W. (Madrid : 781). Pluies sur presque toute l’Europe. En France : Dunkerque, i5 mm; Belfort, 4- Temp. du matin : Arkhangel, —ia°; Lyon, +4; Bordeaux, 8; Paris, 12; moyenne à Pax’is : i2°,g (normale ; 20,7).
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L<1 Nat Ure » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit (VT?)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite,
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2066. — 28 DÉCEMBRE 1912
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- INFORMATIONS
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- SUPPLÉMENT
- La vitesse apparente des étoiles filantes.— La
- détermination de la vitesse réelle des étoiles filantes dans l’espace dépend de la détermination de leur vitesse apparente. Cette évaluation est extrêmement difficile à réaliser en raison de l’énorme vitesse de ces corps, qui ne restent visibles qu’un instant. Comme le phénomène est imprévu et se produit en des endroits variés du ciel, l’observateur est généralement surpris et son observation se borne à constater l’apparition avec l’une des mentions : instantanée, très rapide, rapide ou lente. Ces mentions sont des renseignements bien vagues pour servir à un calcul précis, et les astronomes ont cherché diverses solutions pour remédier à cette incertitude. L’une d’elles a été employée en Amérique. Elle consiste à faire tourner devant un objectif photographique, avec une vitesse donnée, une roue de bicyclette dont on a garni les rayons, de deux en deux, de secteurs opaques. Sur la plaque photographique, la traînée laissée par une étoile filante brillante sera représentée par des petits traits interrompus, l’intervalle des traits correspondant aux éclipses par les secteurs opaques. Cette détermination est évidemment la plus précise que l’on ait faite. C’est également l’une de celles qui fournissent le minimum de documents. En effet, elle ne s’applique qu’aux météores très brillants et à ceux qui traversent la région, très petite du ciel, embrassée par l’objectif. Avec plusieurs objectifs disposés de manière à couvrir une étendue aussi grande que possible du ciel, des écrans rotatifs animés exactement de la même vitesse, et enfin une période météorique très riche coïncidant avec du beau temps, il faudra une véritable chance pour enregistrer une traînée. La recherche d’autres méthodes s’impose donc, malgré l’exactitude de la précédente. Le professeur W. Ceraski a employé un procédé nettement différent, qu’il décrit dans les Annales de VObservatoire astronomique de Moscou (vol. Y, 19ti), à l’occasion de la détermination de la vitesse angulaire apparente des Perséides. Un pendule très court porte une très petite lampe électrique à son extrémité. L’astronome observe les météores à travers une glace sans tain qui lui montre en même temps, par réflexion, l’image de la petite lampe mobile, comme si elle se déplaçait au milieu des étoiles. Avec beaucoup de tâtonnements, qui conduisent à un réglage très minutieux du pendule, on peut parvenir à ce qu’une étoile filante et l’image de la lampe se présentent comme deux phénomènes très analogues. C’est ainsi que M. Modestov, observant les Perséides, a reconnu que certaines d’entre elles parcouraient 5 degrés en des temps variant de o“,o5 à os,o8. Ces observations peuvent être entreprises par des amateurs; multipliées, il n’est pas douteux qu’elles rendraient de grands services à la science, en même temps qu’elles conduiraient à des solutions très ingénieuses de la question. Nous les recommandons à nos lecteurs pour les vacances prochaines (chute des Perséides), laissant à leur ingéniosité
- le soin de trouver le dispositif expérimental qui donnera la meilleure solution.
- L’acétate de cellulose succédané ininflammable du celluloïd. — C’est aujourd’hui le grand concurrent du celluloïd. Il présente sur lui le précieux avantage de fournir des produits plastiques ininflammables; il commence donc à s’introduire dans la fabrication des films cinématographiques et dans bien d’autres industries : notamment celle des vernis d’aéroplanes. On a fabriqué en 1911, en Europe, environ 100 tonnes d’acétate de cellulose, produites exclusivement en Allemagne. Il ne faudrait pas croire cependant que l’acétate de cellulose fût un produit absolument allemand : deux chimistes français, MM. Clément et Rivière, ont fortement contribué à mettre au point sa préparation pratique et nous empruntons les détails qui suivent à une communication faite-par eux aux congrès de Chimie appliquée de New-York. Pourquoi leurs brevets, comme tant d’autres brevets français, n’ont-ils trouvé acquéreurs qu’Outre-Rhin, c’est là une question qu’il ne nous appartient pas d’examiner. L’acétate de cellulose n’est pas un produit chimique nouveau, mais ce n’est que depuis peu de temps que l’on sait le traiter pour en obtenir une masse colloïdale et plastique. Il faut, pour cela, lui incorporer un solvant solide ; et le mélange intime de ce corps et de l’acétate s’obtient par l’action d’un solvant liquide et volatil, qui est généralement un mélange de tétrachloré-tliane et d’alcool. Le produit solide qui conférera au mélange sa plasticité et jouera un rôle comparable à celui du camphre dans le celluloïd, est constitué en général par un mélange de deux corps : l’un, qui sei'a plus particulièrement l’agent plastique, l’autre qui sera l’agent produisant l’ininflammabilité. Le premier est constitué surtout par la triacétine (CH2C02CH3— CHC02CH3 — CH2C02CH3). Le second est habituellement du triphé-nylphosphate ou du tricrésylphosphate. L’acétate de cellulose ainsi obtenu semble avoir toutes les qualités du celluloïd, mais il est plus coûteux; la matière brute en acétate de cellulose vaut environ deux fois plus qu’en celluloïd.
- Nouvelles matières premières pour fabriquer le caoutchouc artificiel. — Au cours de son intéressant exposé publié dernièrement dans La Nature, M. Deteuf montrait toute l’importance pratique du choix des matières premières : il est bien évident que le terpène obtenu à partir de. l’essence de térébenthine sera bien inférieur sous le rapport du prix à celui issu de l’amidon. Les ressources de la chimie sont telles qu’à peine née la méthode de fabrication du caoutchouc artificiel, on pense à utiliser quantités de réactions permettant l’emploi de toutes sortes de matériaux faciles à se procurer à bon marché en quantités illimitées. C’est ainsi que M. Dubosc pense au méthane, facile à extraire du gaz d’éclairage qui en contient 3o pour 100 ou à prépa-
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- INFORMATIONS
- rer avec de l’eau et du carbure d’aluminium. En passant sur 1 oxyde de cuivre chauffé à 200 degrés, le méthane donne de 1 éthylène et du propylène qui, ensuite retransformés de façon analogue, donneront de l’isoprène et du butadiène. Les huiles lourdes peuvent aussi en principe donner des carbures utilisables : traitées par le platine chauffé, elles donnent de l’érythiène qu’on peut aisément après chloruration transformer en isoprène.
- Influence de l’éclairage au gaz sur les feuilles des arbres. — En ce moment, on peut faire tout le long du boulevard Raspail, une observation très curieuse que montre bien la photographie ci-dessous prise le to décembre dernier. Les-jeunes arbres, plantés il y a quel-
- Photo prise le 10 décembre par M. Thézard.
- ques années, dans l’axe de ce boulevard, ont maintenant perdu toutes leurs feuilles comme cela est la règle en cette saison, sauf celles voisines des becs à gaz comprimé placées sur les branches dirigées vers la lumière. L’influence de l’éclairage intense de ces réverbères a donc fortement retardé la chute de ces feuilles.
- Le radium en Australie. — Jusqu’ici l’Europe seule possédait des fabriques de radium. L’Australie, à son tour, aborde cette fabrication. On vient ' d’achever à Sydney la préparation d’une certaine quantité de bromure de radium, extrait de minerais australiens. D’après une information du Times, elle s’élèverait à 400 milligrammes, et l’usine qui les a produits est capable actuellement de livrer 4o milligrammes par semaine. Pour apprécier la signification de ces chiffres, il faut se souvenir que le prix du bromure dé radium pur dépasse 35o francs le milligramme.
- La Noël chez les Serbes. — .Les Serbes, très religieux comme le sont tous les Slaves, observent durant les fêtes de Noël de curieuses coutumes dont l’origine remonte probablement au delà de leur conversion au christianisme. La plus étrange est celle du « lancement du kutdjé », généralement pratiquée parmi les paysans. Aidée de ses filles, la.mère prépare une pâte composée de farine de froment, de miel et de confitures de groseilles, dont , elle façonne un immense gâteau. Le père enlève une poignée de cette pâte poisseuse, la roule en forme de boule et la lance au plafond. Si le projectile s’aplatit et reste collé à une solive, c’est une promesse
- de bonheur et de prospérité pour la famille. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si la pâte retombe aussitôt, on peut s’attendre aux pires calamités. Il serait intéressant de savoir si cette bizarre superstition a cours parmi les autres rameaux de la grande famille slave.
- La salinité des mers polaires. — On sait que les mers polaires sont moins salées que les autres. On attribue généralement ce fait à l’abondance des neiges et à leur fusion au printemps. Or, d’après M. Woeikof [Petermann s Mitteilungen), ce phénomène n’intervient guère et l’explication est toute différente. Les eaux peu salées, légères, gèlent plus vites que celles plus salées auxquelles elles ne peuvent ainsi, se mélanger. Au printemps, lorsque le mélange deviendrait possible, l’énorme apport d’eau douce des fleuves vient augmenter la couche superficielle d’eau douce qui sera de nouveau gelée l’hiver suivant si bien qu’il n’y a jamais un mélange homogène dans les mers polaires des eaux de différentes" densités et que l’eau de la surface est toujours peu salée.
- Les entreprises d’irrigation en Algérie. — Comme tous les territoires nord-africains, l’Algérie a sa productivité liée dans une très large part au développement de son système d’irrigation. Il est donc très intéressant de noter, d’après un récent fascicule publié parla Direction des travaux publics et des mines, que notre première colonie utilise de plus en plus ses ressources hydrauliques. En 1906, les entreprises d’irrigation qui fonctionnaient arrosaient une superficie totale de 155989 hectares; en 1910, ce même chiffre était passé à 209989 hectares, soit une augmentation de 5/|Oo. Pour satisfaisants que soient ces chiffres, il est cependant possible de faire plus, püisqu’en effet la totalité des eaux dès maintenant captées est loin d’être employée. Le syndicat de Tlemcen, par exemple, qui dispose d’une superficie irrigable de 45oo hectares, n’en irrigue réellement que 2x02; de même pour le syndicat d’Hen-naya, où la proportion est de 672 à 3oo.
- Utilité imprévue des barbes de blé. — D’une façon générale, les cultivateurs n’aiment pas le blé barbu, parce que les pailles qui en proviennent sont difficilement acceptées par les animaux : ceux-ci sont, en effet, blessés assez soixvent, en cours d’ingestion par les dards acérés des épis. Cependant, dans les régions à vents violents, cette culture est rationnelle, parce que les bai'bes, faisant office de ressorts, empêchent les grains de s’entre-choquer et, par suite, de tomber à terre : elles tiennent, de plus, à distance les moineaux et les oiseaux pillards. Mais le professeur Lemstron, de l’Université d’Helsingfors, vient d’établir par surci'oît que les barbes du blé soutirent l’électricité atmosphérique et agissent à la façon de véritables paratonnerres : dès lors, elles font vivre l’épi dans un milieu constamment électrisé. Les récents travaux sur l’électroculture ont montré que cette condition est très favorable à la bonne végétation et au rendement des plantes. C’est ce qu’a constaté le professeur Lemstrôm, et c’est ce qui explique, d’api'ès lui, la rusticité exceptionnelle et la productivité des blés barbus. Cette théorie nouvelle, et d’ailleurs vraisemblable, peut fort bien-s’appliquer aux conifères dont les innombrables aiguilles sont parcourues sans cesse par des courants telluinques, dirigés tantôt dans un sens et tantôt dans l’autre. L’arbre vit donc dans un champ électrique peiunanent. Il n’en faut pas davantage pour fournir une raison plausible à la quantité anormale d’ozone, qui existe dans l’atmosphère des forêts de résineux et lui confère des propriétés théi’apeutiques certaines. Dans ce domaine nouveau de l’électricité végétale, toutes les hypothèses sont permises.
- D’Afrique en Italie en aéroplane. — Le x8 décembre, Roland Gai’ros pi-enait son vol à Tunis, avec l’intention d’accomplir le trajet de Tunis à Rome. Parti à 8 h. 7 du matin sur monoplan Morane, moteur Gnome de 5o chevaux, à 10 h. 3o, il atterrissait à Marsala, en Sicile, ayant couvert 240 km au-dessus de la Méditerranée. A 2 h. 3o du soir, il repartait pour attei'rir à Ti'apani, où un accident d’atterxdssage l’immobilisa plusieurs jours. Le 21 à 7 h. 3o du matin, Garros repart, s’arrête à Messine de 10 h. 3o à 2 h. 3o ; pour atterrir à Saint-Eufemia en Calabre, accomplissant ainsi un trajet de 400 km. Le 22, l’audacieux aviateur repi’enait son vol à 8 h. 45 du matin, pour ai'river à Naples à 11 h. 3o ; à 1 h. 20 il s’envole vers Rome où il atterrit sur la place d’Armes à 2 h. 45.
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- L’Aviation au Concours Lépine. — Les aéroplanes-jouets n’ont pas démesurément inspiré les inventeurs cette année. Beaucoup de ceux qui les années précédentes avaient été tentés par la simplicité apparente de tels jouets ont dû éprouver des déboires car ils ont cessé la lutte. Nous retrouvons cependant quelques conceptions anciennes si légèrement modifiées que l’on cherche vainement en quoi l’appareil présenté diffère de celui qui l’a précédé.
- Le seul jouet vraiment intéressant est l’œuvre de
- Monoplan Coinbv.
- M. Comby. Cet inventeur a présenté un monoplan et un biplan qui sont de véritables petites merveilles et ont certainement fait l’objet d’études ^ approfondies. Les appareils eux-mêmes ne diffèrent en rien des modèles connus, des grands oiseaux qui remplissent le monde de leurs exploits. Mais leur fuselage est constitué par un grand tube d’aluminium (il en existe deux dans le biplan) utilisé comme réservoir d’air comprimé. La provision d’air, que l’on renouvelle après chaque vol à l’aide d’une simple pompe de bicyclette, actionne un gentil petit moteur à cinq cylindres disposés en étoile qui entraîne l hélice.
- L’aéroplane est monté sur quatre petites roues. Dès que le moteur est mis en route, il roule quelques mètres sur le sol, s’élève à une dizaine de mètres de hauteur, quelquefois plus et parcourt plusieurs centaines de mètres. Lors des essais qui eurent lieu sur l’Esplanade des Invalides pendant le concours Lépine, les deux aéroplanes luttèrent victorieusement contre un vent violent et traversèrent toute l’esplanade à plusieurs reprises.
- Un autre petit aéroplane, l’aviette, construit pour figurer la bicyclette aérienne, se tient également bien en l’air, mais son faible moteur à caoutchouc ne lui permet que des envolées trop réduites.
- Pourquoi faut-il que les inventeurs, les vrais, ceux qui croient avojr trouvé quelque chose de sérieux, se croient obligés d’exposer leurs modèles réduits au Concours de jouets ? Ils n’y sont pas à leur place et leurs conceptions ne peuvent être jugées sérieusement puisque les techniciens eux-mêmes déclarent qu’une invention ne peut être prise Moteur Comby. en considération que si
- elle a fait ses preuves sur un grand appareil.
- Nous avons eu la curiosité d’étudier sommairement quelques-unes de ces inventions. Combien paraissent archaïques et nous reportent à 20 ou 3o ans en arrière, sinon par l’idée du moins par la forme donnée à l’idée.
- Voici, par exemple, le Touriste dont notre figure reproduit les formes lourdes ne s’inspirant que de loin de nos gracieux monoplans. C’est un modèle réduit au 1/10; il se caractérise par l’allongement facultatif de la surface arrière, par le changement de l’incidence des ailes, train d’atterrissage spécialement étudié pour poids lourds, enfin Une carrosserie destinée à contenir une douzaine de passagers.
- Un autre inventeur, M. Baguascone, a imaginé le
- gauchissement automatique par ailerons commandés par un pendule. Le pendule a été également mis en pratique par M. Waelkens, qui, de plus a construit des plans dont l’ensemble se présenté sous une forme triangulaire. Le moteur, l’hélice et le siège du pilote sont
- de l’appareil. M. Martin a construit un nouveau canard dont le châssis prolongé vers l’arrière porte deux gouvernails horizontaux; le llotteur est placé entre les deux roues porteuses. De nombreux autres appareils figurent encore dans cette catégorie d’inventions à exploiter ; nous ne nous y arrêterons pas davantage car il est impossible de juger de leur valeur sur des modèles réduits.
- Par contre, le parachute automatique Defieber-Derre nous paraît mériter plus qu’une simple mention. Il est constitué essentiellement par une sorte de parapluie de
- Aéroplane Waelkens.
- 9 mètres de diamètre et 63 mètres carrés de surface. Le siège du pilote de l’aéroplane est rendu solidaire du parachute par l’intermédiaire d’une fourche métallique et se dégage automatiquement du châssis dès que le parachute fait un certain angle avec l’aéroplane. L’ensemble est commandé par un pendule à la tige duquel est fixée une commande dégageant un crochet. En cas de chute de l’aéro, le crochet libère l’axe de l’appareil et la toile, tendue par l’intermédiaire de baleines métalliques, s’ouvre sous l’action d’un câble de caoutchouc formant ressort. En même temps un mécanisme spécial entre en fonction “pour détacher le siège du pilote du châssis, de sorte que le parachute devient complètement indépendant. Cette solution n’est peut-être pas le dernier
- Le canard L. Martin.
- mot en la matière, mais elle paraît intéressante et mérite d’être mise au point.
- M. Leuillieux a été' tenté par les hydroaéroplanes, qu'il empêche de capoter en utilisant un système permettant de faire varier l’angle que fait l’aéroplane avec son flotteur. La liaison entre les deux parties est effee-
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- tuée par quatre tringles fixées au flotteur et susceptibles de se relever ou de s’abaisser en entraînant l’aéroplane proprement dit. De plus des freins arrêtent l’élan sur l’eau et un gouvernail adapté au flotteur permet à l’hydroplane de naviguer et de se diriger sur la surface liquide. Ce serait là réellement avantageux.
- Nous terminerons ce rapide examen en signalant les deux cerfs-volants de MM. Marquer et Julien qui, malgré un vent violent, ont pris leur essor d’une manière brillante et se tiennent parfaitement dans l’air. M. Julien est parvenu à mettre au point un intéressant appareil étudié l’an dernier. Quant au cerf-volant
- Le parachute Defieber-Derre.
- Marquer il se distingue de ses devanciers par la forme du grand plan qui est tout à fait celle d’un ballon dirigeable.
- En résumé cette section du concours Lépine a fourni peu de jouets inédits et intéressants. Devons nous attribuer la cause de ce manque d’efforts de la part des inventeurs à l’indifférence des enfants ?
- *>> Objets utiles
- sons de commerce (oblitération des traites), etc. etc., toutes les fois, en un mot, que l’on a le souci d’obtenir une empreinte nette et visible. — Chez M. Villon, 3, rue des Lions, Paris.
- Porte manteau pliant. — Ce porte manteau est formé de deux lames métalliques L L articulées de façon à pouvoir se replier complètement l’une sur l’autre. Dans la position ouverte (fig. i), elles sont maintenues dans le prolongement l’une de l’autre par deux rubans R R reliés au crochet de suspension. Pour donner plus de solidité, une troisième lame réunit ce crochet à l’articulation. Au milieu des lames principales sont fixées deux pinces qui permettent de suspendre un pantalon ou un jupon. Quand l’appareil est replié (fig. 2), il tient fort peu de place et on peut en loger plusieurs dans une va- Le porte-manteau pliant,
- lise. Ce genre de ouvert et replié,
- porte manteaupeut
- rendre service aux voyageurs qui ne trouvent pas toujours ces accessoires dans les hôtels ; ils peuvent aussi servir aux commerçants qui ont besoin seulement, à certaines époques de l’année, d’un assez grand nombre d’appareils ; ils peuvent alors les ranger sans être encombrés pendant le reste du temps. — Chez M. Mathieu, 19, rue de Valois.
- Timbre à rotule. — Les timbres humides métalliques (en cuivre ou acier), notamment ceux qui servent à oblitérer les lettres, ne donnent généralement pas une empreinte lisible, et par suite ne remplissent pas leur but. Cela tient à ce que l’on ne frappe presque jamais complètement d’aplomb sur la surface à timbrer. La main qui tient le manche l’incline plus ou moins à droite ou à gauche, en avant ou en arrière et c’est le bord du timbre qui porte seul. La défectuosité d'oblitération des figurines postales a d’ailleurs donné lieu à de fréquentes réclamations du public. Pour remédier à cet inconvénient, M. Villon a eu l’idée de monter sur une rotule spéciale très simple et solide la partie gravée du timbre de sorte que dès qu’elle touche le papier elle prend immédiatement la position absolument plane et adhère sur toute sa surface. Le manche peut prendre telle position que lui donnera la main, la gravure arrivant toujours bien à plat sur le papier, l’empreinte sera toujours nette. Cette disposition offre en outre cet avantage secondaire qu’il n’est plus du tout nécessaire de frapper fort, ^ „ comme sont obli-
- gés de le faire les employés de la poste avec les tim-bres rigides actuels. Le poids du timbre suffit à obtenir une empreinte nette.
- Cette petite modification très simple, comme on le voit, a des conséquences très intéressantes, notamment dans le service des postes où, malgré les timbreurs mécaniques, eux-mêmes imparfaits, il existe beaucoup de services où le timbre à date est frappé à la main. Il y aurait grand intérêt à généraliser l’emploi de ce système qui permettrait au public de vérifier l’exactitude des distributions du courrier. M. Chaumet a d’ailleurs apprécié les avantages pratiques de cette petite invention et décidé de mettre à l’essai ce nouveau timbre « Àutoplan ».
- L’usage du timbre « Autoplan » est également indiqué pour les sceaux des officiers ministériels, des administrations, compagnies de chemins de fer, banques, mai-
- 1. Coupe du timbre.
- 2. Manipulation du timbre.
- JJP> JoUetS
- Le Vrai Sport. — Le jeu de croquet a largement inspiré l’inventeur du Vrai Sport qui a su trouver, cependant, une combinaison inédite et fort intéressante. Le jeu se compose d’un certain nombre de montants de bois, reposant sur des pieds et portant des bandes d'e diverses couleurs. Chaque montant reçoit un certain nombre de boules de bois, perforées par conséquent, de couleurs différentes et, de plus, numérotées. Enfin, chaque joueur est armé, en guise de maillet, d’un bâton pourvu d’une pointe permettant de ramasser les boules. Dès que l’équipe est arrivée sur le terrain du jeu, le chef prend à la main les boules les unes après les autres et les lance aussi loin que cela lui est possible. Chaque joueur est chargé de retrouver ses boules et de les remettre dans le piquet qui lui est affecté en respectant l’ordre des couleurs et des numéros. On comprend combien le jeu est difficile, car chaque joueur possède le même nombre de boules, toutes coloriées des mêmes teintes et possédant les mêmes numéros; mais chaque série ne peut être rassemblée que sur un unique montant puisque les couleurs sont repérées sur ceux-ci. La boule 3 rouge, parexemple, conviendra parfaitement au montant 2, mais elle ne peut être engagée qu’en troisième lieu; le joueur à qui elle appartient devra donc chercher d’abord sa première boule, l’apporter sur son montant, courir ensuite à la seconde, puis à la troisième. Et comme il court le risque en cherchant les couleurs de s’arrêter à des boules qui ne lui appartiennent pas, la partie se
- prolonge longuement, les joueurs courent, cherchent, rapportent des boules qui ne leur appartiennent pas ou la deuxième avant la première, etc. Ils se passionnent certainement à ce jeu qui leur procure plus d’exercice que le croquet. Le constructeur de ce jeu est M. Petitjean, 88 bis, rue du Ruisseau, à Paris.
- Le Vrai Sport.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en novembre 1912, par M. Ch. Dufour.
- La pression moyenne est supérieure de imm,5 à la normale, la température moyenne inférieure de o°,45 à la moyenne générale de 5o ans.
- Le minimum absolu, observé le 8, est de —a0,5; le maximum absolu, relevé le 10, de n°,8; l’amplitude totale de la variation de la température n’est ainsi que de 14°,3 alors que l’amplitude totale normale de novembre dépasse 200, lçs extrêmes absolus moyens étant respectivement —4°,i et iG°, 1.
- La hauteur mensuelle de pluie est de 48“”,3, le rapport à la normale : i,o5, mais on compte 20 jours pluvieux dont 19 de pluie appréciable au lieu de 15, nombre moyen. On a entendu le tonnerre le 11 et il y a eu une petite averse de neige, la première de la saison, le 29.
- Le niveau moyen de la Marne 3nï, 17 est supérieur de o“,58 à la normale. Les cotes extrêmes relevées à l’échelle du Parc ont été 2m,57 le 2 et 3m,gi le 7.
- Pression barométrique. (Alt. 5om,3.) — Moyenne des 24 heures : 758mm,9i ; minimum absolu : 740""“,7 le 3o à i4h 20m; maximum absolu : 769”“,9 le 7 à 23 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, 2°,i8; des maxima, 8°,78; des 24 heures, 5°,37. Minimum absolu, —2°,5 le 8; maximum absolu, n°,8 le xo. Amplitudes diurnes : moyenne, 6°,,60; la plus élevée, ii°,3 le 8 ; la plus faible, 3°,o les 17 et 26. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, —o°,io; des maxima, I2°,93; minimum absolu, —5°,4 le 4l maximum absolu, i9°,o le ior. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 70,37 ; à 21 heures : 7°,38; (prof. o“,65) à 9 heures : 8°,58; à 21 heures : 8°,53; (prof. 1 mètre) à 9 heures : g°,52; à 21 heures : 9°,48. De la Marne. — Moyennes : le matin, 6°,97 ; le soir, 7°,oi. Minimum, 5°,23 le 8; maximum, xo°,ii le ier.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5mm,84. Minimum absolu, 3’““,2 le 7 à i3 heui’es; maximum absolu, 8mm,7 le 10 à i3 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heux-es : 87,3. Minimixm absolu, 41 le 7 à i3 heures; maximum absolu, 100 à 18 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) 7,24; 1 jour clair le 7 ; 6 jours entièrement couvei-ts les 14, 16, 17, 21, 26, 3o.
- Insolation. — Durée possible 274 heures ; durée effective 57h,i en 19 jours; rapport 0,21.
- Pluie. — Total du mois 48m,rL,3 .en 791l3. Maximum en 24 heui’es, i2mra,4 le 3o.
- Nombre de jours : de pluie, 20 ; de pluie appréciable (égale ou supéi'ieure à omra,i) : 19; égale ou supérieure à x““ : 12 ; à 5“” : 2 ; à 10““ : 1 ; de grêle, 1 ; de grésil, 2 ; de neige, 1 ; de gelée, 5 dont 2 consécutifs le 7 et le 8 ;
- de tonnerre, 1 ; de brouillard, 8; de givre, 3; de bi'ume, i3; de l’osée, 2; de gelée blanche, 17.
- Fréquence des vents : calmes, 86.
- N . . . . 55 S. E. . . . 0 W ... . 34
- N. N. E. . 52 S. S. E. . . I W. N. W. 3i
- N. E. . . 16 S 76 N. W. . . 37
- E. N. E. . 7 S. S. w . . 97 N. N. YV . 39
- E.. . . . 0 s. w. . . . i45
- E. S. E. . I w. s. w. . 43
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3ra,o5. Moyennes diurnes : la plus élevée, 7™,5 le 26; la plus faible, om,6 le 17. Yitesse maximum, i6“,o le 11 à n11 25“ par vent d’W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3”, 17. Minimum, 2+57 le 2; maximum, 3m,91 le 7.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Piœssion —{— xmm,47 ; température —o°,45; tension de la vapeur — o“m,47 ; humidité îœlative —}— o,3 ; nébulosité +0,18; pluie +2,3; jours de pluie appréciable +4; insolation— 711,7.
- Électricité atmosphérique. — Moyenne générale (28 jours) : 92 volts. Moyennes diurnes : la plus élevée i5a volts le 7 ; la plus faible 7 volts le 14. Moyenne des jours où le potentiel est x-esté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation orageuse, ni brouillard persistant,. 125 volts; moyenne diurne la plus élevée i52 volts le 7 ; la plus faible 73 volts le 23. Amplitude diurne correspondante : 0,29; amplitude noctui'ne : 0,57.
- Radiation solaire. — La valeur la plus élevée trouvée dans les 6 observations possibles au cours du mois de novembre 1912 a été Q = o0al,974 le 7 à xih43m.
- Taches solaires. — L’observation en a été possible à dix dates différentes, les 3, 4> 8, ix, 12, 22, 23, 27, 28, 29. Le Soleil a paru alors dépourvu de taches.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 5, 6, 13, 17, 22; faibles les 8-xi, i5, 16, 26; modérée le 14.
- Mouvements sismiques. — Le 2, début à 3h x3”49“> ph. pie. 3h 23“ à 3h3o“, fin après 4 heures; le 2, très faible mouvement de 41' 22“ à 5 heures; le 3, faible mouvement de 6h52ra à 7hxo“; le 7, début à 7h5im 438, ph. pie. 8h 12“ à 8h 29“, fin vei’s 1 ih 40“; Ie 7> début à i7h 7“, ph. pie. i7h25“ à i7h38“; la fin se confond avec la préphase du microsisme suivant; le 7, début à i7h53“, ph. pie. i8h 8“-i8'1 23“, fin après 20 heures; le 8, faible mouvement de 8h47m à 9h i5“; le 14, très faible mouvement de i7h5om à j8 heures; le 17, ph. pie. de i2hi3“ à I21'23”, fin vers i3 heures; le 15, début i41i6”, ph. pie. de i4h 4o“ à 15 heures, fin vers 16 heures; le 28, faible mouvement de 2ih4m à 2ill3o“; le 3o, faible mouvement de 3h 18“ à 3h 3o“. Les appareils indiquent encore des traces de mici’osismes aux dates des icr, 2, 3,6, 13, 21 et 22.
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- HYGIENE ET SANTE
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- La cocaïnomanie à Paris. — La cocaïne est un anesthésique local de la plus grande valeur; un badigeonnage de la muqueuse du nez avec une solution au dixième permet au bout de quelques instants de pratiquer des cautérisations ignées assez pi'ofondes ; de même sur la muqueuse de la bouche. Instillée dans l’œil, la solution de cocaïne anesthésie la conjonctive et laisse pratiquer toutes sortes d’opérations sur l’œil, y compris la cataracte. Les injections sous-ctitanées faites en série dans une région insensibilisent la zone et permettent d’opérer sans douleur le patient, qui peut suivre le geste du chirurgien. Mon ami Reclus, le promoteur de cette anesthésie locale et régionale, a fait depuis quelques années des milliers d’opérations de petite et même de grande chirurgie sans aucun accident.
- Ce sont là les avantages précieux de cet alcaloïde. Mais comme tous les agents narcotiques il a des dangers, les hautes doses provoquent des accidents toxiques graves et parfois mortels ; les petites doses répétées amènent de l’intoxication chronique, tout comme la morphine, l’opium et tous ses déi’ivés.
- A l’une des dernières x'éunions de la Société de médecine mentale, le Dr Briand, médecin de l'asile Sainte-Anne et plusieurs de ses collègues ont signalé l’extension prise par la cocaïnomanie chez un grand nombre de femmes habitant la Butte Sacrée, Montmartre. Chez ces femmes, d’après l’enquête poursuivie par le docteur et son assistant M. Yinchon, l’intoxication s’est généralisée par pur snobisme, par mode et mauvais exemple. La première malade a dû sans doute priser de la cocaïne pour remédier à un rhume de cerveau; l’alcaloïde impxœ-gnant la muqueuse, l’ischémie, la décongestionne et rend perméables les fosses nasales. Mais ce n’est là souvent qu’un effet passager, d’où nécessité de répéter les pi’ises. L’habitude devient peu à peu une manie et les rhinologistes la connaissent bien; aussi évitent-ils, ayant été tous témoins de cas d’intoxication, de prescrire des poudres contenant de fortes doses de cocaïne. Yous imaginez sans peine qu’on se passe d’eux. Avec une ordonnance présentée dans plusieurs pharmacies, on peut se pi’ocui'er des doses assez fortes du pi’oduit. Il parait au sux'plus, d’api'ès l’enquête de M. Yinchon, qu’il
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- existe mille et un moyens d'avoir, en y mettant le prix, la poudre efficace, tout comme les morphinomanes savent obtenir leur drogue nécessaire.
- Les priseuses de cocaïne sont, paraît-il, assez nombreuses à Montmartre. Le mal a gagné aussi le sexe fort, et les habitués de certains bars, de certains établissements interlopes, sont tous plus ou moins cocaïnomanes. Les uns, déjà intoxiqués par la morphine cherchent une sensation nouvelle, un analgésique plus puissant ; les autres sont souvent de malheureux déséquilibrés, qui trouvent avec la drogue toxique l’oubli momentané de leurs maux, comme d’autres avec l’alcool, l’opium ou le haschisch, dans les rêves paradisiaques que semble donner la cocaïne.
- Arrivées à un certain degré d’intoxication, vai'iable suivant les doses quotidiennes, suivant la résistance du sujet, les malades sont prises de symptômes d’hallucinations, d’interprétations délirantes qui ont parfois toutes les allures de la paralysie générale. Les troubles sensitifs et sensoriels sont des plus marqués et l’affaiblissement intellectuel marche de pair avec l’affaiblissement physique. Pour être moins violent que chez les morphinomanes, le besoin de cocaïne est impérieux et il survient de meilleure heure, dès les premières doses. Une complication assez curieuse de cette manie de priser est la perforation de la cloison nasale ; à force d’introduire dans le nez des tampons d’ouate imbibés de solution de cocaïne, ou à force de priser, la muqueuse finit par être détruite, la paroi cartilagineuse ischémiée s’ulcère et il s’établit une perforation fort heureusement invisible à l’extérieur.
- L’intoxication par la cocaïne, la cocaïnomanie, dont j’avais déjà signalé les progrès et les dangers, a des conditions de diffusion bien plus faciles que la morphine.
- Pour la morphine, il faut une seringue, il faut une piqûre; bon nombre de morphinomanes se font lin-jection à travers la poche du pantalon, à travers la jupe, quand ils ne sont pas libres de quitter le vêtement; ils y gagnent souvent l’ennui d’abcès locaux. Pour les fumeurs d’opium, intoxication qui nous a été rapportée des colonies et qui sévit dans un certain monde, il faut connaître les établissements de fumeries; leur porte n’est pas ouverte à tout venant et à n’importe qui.
- Avec la cocaïne il n’est pas besoin de tant de mystère. Il suffit d’avoir l’argent pour l’achat et la dépense est élevée car les intermédiaires de vente ne se font pas faute de prendre des commissions importantes (M. Yinehon cite le prix de 40 francs le gramme). Une fois la provision acquise, il n’y a qu’à priser; c’est dire que les malades ne s’en privent pas et arrivent très vite aux accidents d’intoxication.
- Que faire pour combattre ce nouveau fléau? mettre la justice ^n mouvement; c’est bien le cas de dire qu’elle est aveugle. Comme le fait observer M. Briand, je parle du docteur et non du garde des sceaux, quoique, j’imagine, leur opinion serait adéquate, l’action de la justice sera toujours entravée parce que les victimes elles-mêmes ont intérêt à faire continuer la vente du toxique. On peut tout de même essayer, le mal en vaut la peine. Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
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- CSK
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour construire un détecteur pour T. S. F. : Fil de platine, chez Duplessis, 2-20, rue Saint-Martin, Paris. — Echantillons de galène naturelle ou artificielle, minerais divers, chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris. — Fil émaillé pour bobines, chez Corbin, 10, boulevard des Batignolles, — Tube de détecteur tout fait avec fil fin 4 fr. 5o, chez Régnier, 10, rue Victor-Cousin. — Postes T. S. F. complets : Corbin, 10, boulevard des Batignolles; Ancel, 91, boulevard Pereire; Chandet, 10, rue Dupetit-Thouars ; Ducretet et Roger, y5, rue Claude-Bernard, Paris ; Varet, 39, rue Ri-vay, à Levallois-Perret; Picard, i3i, b. Sébastopol, Paris.
- Renseignements. —M. A. L., à Milly. —La Société FAquaria se réunit les icrs et 3CS vendredis au siège social, 9, rue de Saint-Pétersbourg, à 9 heures du soir.
- M. E. B., à Nictheroy (Belgique). — Sur les races balkaniques et d’Asie Mineure, voyez : Dr Vital Cuinet. La Turquie d’Asie, 4 vol. in-8°. Paris, Leroux, vers 1891. Prix'de souscription ; 3o francs; — Chantre (Ernest). Recherches anthropologiques dans l’Asie occidentale {Transcaucasie, Asie Mineure et Syrie) (1890-1894)- Lyon, i8g5. In-40. Prix ; 25 francs?; — Lunch, Arménie. 2 vol. in-8°. Longmans, Green and C°, Londres, 1901. Prix : 4° francs; — L. De Launav. La Bulgarie, 1907. In-X2. Paris. Hachette. Prix : 4 francs; — A. Muzet. Aux pays balkaniques. In-12, 191-2. Paris, Pierre Roger, Prix : 4 francs.
- M. L., à Auxon. — L’appareil le plus simple pour déceler l’oxyde de carbone est celui d’Albert Lévy et Pécoul, construit par Berlemont, 11, rue Cujas, Paris.
- M. L. Pourchot, rue de Marseille à Lyon. — Pour enlever des taches d'encre sur l’ivoire, le mieux est d’opérer comme sur le papier en humectant alternativement les places tachées avec de l’eau de Javel, puis, après épongeage au papier buvard, avec du vinaigre. Mais pour permettre la pénétration, il faut laisser chaque liquide au contact de l’ivoire pendant cinq à dix minutes.
- M. P. Borias, à Saint-Léon’-Vézère. — Pour préparer la chaux avec du bois, selon indication de notre recette dans le n° du 7 décembre, nous estimons, étant donné le pouvoir calorifique moyen, qu’il faudrait employer un poids de combustible double de celui de houille. Mais ne croyez-vous pas que l’amendement des terres argileuses peut se faire tout aussi bien avec de la craie ou des marnes qu’avec la chaux?
- M. J. C., h Alais. — Pour l’achat des poissons d’appartement, vous pouvez vous adresser à Bétrémieux à Roubaix. Nous ne connaissons pas de maisons dans votre région.
- M. Hochet, à Santiuste (Burgos), — Pour colorer le ciment d’un dallage, il suffit de faire longuement agir une solution aqueuse concentrée d’une couleur diamine quelconque : elle pénétrera dans la masse où elle abandonnera en séchant sa matière colorante.
- M. Collon, à Tours. — Les timbres en caoutchouc sont faits en moulant la gomme sur un relief de plâtre lui-même cliché avec des caractères typographiques (voir le volume de Pelit : Caoutchouc, Mulo, édit., rue Hautefeuille, Paris). Dans ces conditions, vos dessins faits à la gélatine bichromatée, auraient-ils un relief suffisant pour permettre le moulage au plâtre avec traits bien en creux? cela nous parait douteux.
- La naissance d’une libellule. — MM. Pathé frères nous informent qu’ils ont récemment édité un film cinématographique sur ce sujet sous le titre : « Comment les demoiselles viennent au monde. »
- M. P. B., Paris. — La teinture d’iode instantanée est en vente chez Robert et Carrière, 37, rue de Bourgogne, Paris.
- G. L., à Bruxelles. — Travaux de MM. Sabatier et Senderens : i° des notes dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences : T. 124, p. 616 et 1358 ; T. 128, p. 1173 ; T. i3o, p. 25o et i55g; T. 13g, p. 1628; T. i32, p. 566. 20 Un mémoire détaillé dans les Annales de Chimie et de Physique (7), t. 7, p. 351. (Masson et Cie, édit., Paris.)
- M. J. L., Bihorel-lès-Rouen. — Yotre procédé pour enlever les taches d'encre de Chine sur toile à calquer nous intéressera vivement, bien que notre demande concerne plutôt des taches sur toile ordinaire. Nous espérons lire sous peu votre description et nous vous remercions de cette aimable communication.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Dalle, à Noisy-le-Sec. — Renforcement à.l'iodure de mercure : Eau, ioo cc. ; sulfite anhydre io à 20 gr. ; Iodure mercurique 1 à 2 gr.
- Le renforcement est d’autant plus intense qu’on met plus d’iodure. On suit le renforcement en regardant le cliché par transparence, on arrête quand il est suffisant, on lavé et on peut en rester là. Cependant pour éviter le jaunissement ultérieur, il est bon de passer le cliché dans un développement, soit au diamidophénol ou à l’hydroquinone, soit au pyrogallique, etc.
- Affaiblissement : Eau 100 cc. ; hyposulfite, 5 gr. ; fer-ricyanure de potassium o gr. 5o.
- Surveiller fréquemment l’action qui est assez rapide
- et arrêter un peu avant l’obtention du degré .voulu parce que l’action se continue un peu; bien lavera l’eau courante.
- M. A. S. Rouquette, à Nîmes. — Fabrication des potages et bouillons concentrés. — Il s’agit d’une industrie nouvelle sur laquelle on n’a encore croyons-nous rien publié. En tous cas, il ne faut pas songer à la possibilité de faire en petit de pareilles préparations.
- M. L. C., à Eltre. — Les récepteurs de signaux horaires que vous nous indiquez sont également recommandables. Sur la prévision du temps et l’utilisation des renseignements du Bureau central météorologique, voyez l’article de M. Loisel, n° ig3i, 28 mai 1910.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’opium en Perse : Maurice Dekodra. — Comparateur pour la mesure des clichés stellaires : Ch.-Ed. Guillaume. — Les maladies à trypanosomes des mammifères : René Merle. — La dernière éruption du Taal : V. Forbin. — Académie des sciences : Ch. dé Villedeuil. — Le port de Boulogne : R. Bonnin. — Réponse aux questions posées sur la baguette divinatoire : E.-A. Martel. — Un nouvel liydroplane de 800 chevaux : IL Renaud.
- Supplément. — Nécrologie : Darwin. — Prix Nobel : G. Dalen. — Enrichissement des phosphates pauvres. — L’épuisement du pétrole. — Le temps dé la jeunesse chez les animaux. — L’empoisonnement par l’arnica.
- Au Pôle Sud, par R. Amundsen, in-8°, 368 p., 125 grav. et 1 carte. Adapté par "Ch. Rabot, Hachette et Cie. Prix : 20 francs.
- Notre article dans ce numéro a résumé le haut fait d’Amundsen. Avec son habituel talent de traduction, M. Rabot procure aux lecteurs français le captivant journal de route qu’est ce beau livre. A trois ans d’intervalle, il faut le mettre à côté de son précurseur Au cœur de VAntarctique, de sir Shackleton.
- Mémoires sur VElectricité et l'Optique, par A. Potier, membre de l’Institut, publiés et annotés par A. Blondel. Préface de M. Poincaré, i vol., 33o p. Gauthier-Villars, éditeur, igi2.
- Potier fut un physicien d'un esprit vaste et pénétrant, il fut aussi un professeur de grand talent. Ses travaux sont surtout d’un théoricien, mais, selon le mot de Poincaré, d’un théoricien vivant avec la matière. Aussi présentent-ils en même temps qu’un haut intérêt scientifique, une grande valeur pratique. A côté de travaux originaux, le présent volume contient des « leçons », citons notamment : un mémoire sur l’électrodynamique et l’induction, un autre sur la théorie électromagnétique de la lumière qui sont de véritables modèles d’exposition claire et élégante. L’éditeur a groupé en trois parties les travaux de Potier par lui recueillis : Electricité théorique, Electrotechnique (la partie la plus importante du recueil), Optique. Cette dernière contient d’importants mémoires notamment sur la réflexion vitreuse et métallique.
- Aéro-Manuel 1912-1913. Répertoire sportif, technique et commercial de P Aéronautique, par Ch. Farotjx, ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, rédacteur technique à l'Auto, rédacteur en chef de La Vie Automobile. 20 édition. In-8° raisin (i6X^5) de 758 pages avec nombreuses figures. H. Dunod et E. Pinat. Paris. Prix : cartonné, 10 francs.
- L'Aéro-Manuel présente, dans un cadre clair et pratique, un ensemble coordonné d’utiles documents et renseignements relatifs au sport, à la construction et à l’industrie aéronautiques. Il comporte un substantiel historique, un dictionnaire technique avec de courtes notes sur les principaux appareils, enfin un annuaire industriel, commercial et sportif.
- Dernières inventions, dernières découvertes, par Daniel Bellet. 1 vol. in-8°. Paris. Hachette et Cio. Prix : 3 francs.
- Pœvue pratique des plus récents faits survenus dans
- le domaine de l’astronomie, de la géographie physique,; des travaux publics et des inventions appliquées aux sciences.
- Les merveilles du monde, les prodiges de la nature, les créations de l’homme. 1 vol. in-40. 637 pages. Parisi
- L. Hachette et Cie. Prix : 20 francs.
- Cette nomenclature des principaux monuments et sites naturels du monde entier est une précieuse encyclopédie illustrée de tout ce que le globe terrestre présente d’intéressant. La sélection en est fort judicieuse. Le soin de l’illustration en fait un magnifique livre de bibliothèque, aussi facile et utile à consulter qu’un dictionnaire.
- Le Tibet révolté, vers Nepémakô, la terre promise des Tibétains, par Jacques Bacot. i vol. in-8°. Paris. Hachette et Cie. Prix : i5 francs.
- Contribution à la révélation du Tibet interdit, ce curieux volume traverse le théâtre des événements qui se sont déroulés au Tibet depuis l’année 1905. Les géographes y trouveront 6 remarquables cartes itinéraires à l’échelle du i/5ooooo°.
- La Tripolitaine interdite, Ghadamès, par Léon Pervin-quière. i vol. in-8°. Paris. Hachette et Cio. Prix : 4 fr.
- Ce volume d’actualité, œuvre d’un géologue consommé, raconte une mission du ministère des Affaires étrangères à la mystérieuse Ghadamès.
- Aux camps turco-arabes. Notes de route et de guerre en Cyrénaïque et en Tripolitaine, par G. Rémond, i vol. in-8°. Paris, igi3. Hachette et Ci0. Prix : 10 francs.
- Ces lettres écrites des camps eux-mêmes commentent de la plus vivante manière les événements dont la Tripolitaine vient d’être le théâtre.
- En Tripolitaine. Voyage à Ghadamès, suivi des Mémoires du maréchal Ibrahim-Pacha ancien gouverneur, sur son œuvre en Tripolitaine avant la guerre. Préface de
- M. Duparc, professeur à l’Université de Genève, par Edmond Bernet, chargé de missions scientifiques. 1 vol. in-8°, Fontemoing et Cie édit., 4, rue Legoff, Paris. Prix : 7 fr. 5o
- Tableau d’instructives lectures parmi les sables, les oasis, les puits, les jardins, les ruines romaines de la Tripolitaine.
- Les vainqueurs de la mer. Histoire générale de la Marine par Léon Berthaut. i vol in-40, Paris, Ernest Flammarion, édit., Prix : 10 francs.
- Très instructive encyclopédie de l’histoire maritime universelle, depuis les galères antiques jusqu’à la bataille de Tsou-Shima. Les deux dernières parties sont consacrées aux grandes pêches et à l’organisation des moyens de sauvetage maritime.
- Chemins de fer, automobiles, par Max de Nansouty, Préface de M. Alfred Picard, membre de l’Institut, 698 fig. 1 vol. in-4°, Paris, Boivinet Cie édit., Prix : i5 francs.
- Ce nouveau volume de la refonte des populaires Merveilles de la ScieJice de Louis Figuier a remis au courant tout ce qui concerne les chemins de fer jusqu’au tunnel du Lotschberg; il donne l’historique de tous les véhicules automobiles, y compris les canots à pétrole.
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- Les Grandes Institutions de France : Le Musée du Louvre. Sculptures et Objets d’Art du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes, par André Michel et Gaston Migeon, ioG gravures. H. Laurens, édit., second volume de la série consacrée au Musée du Louvre. Prix :3 fr. 5o.
- Ce double département est devenu l’un des plus importants du Musée, l’un des plus appréciés. Aucun ouvrage d’ensemble n’avait encore été consacré à ces
- collections, et le public trouvera avec plaisir et profit dans celui-ci, la meilleure documentation de texte et de gravures.
- Les papiers posthumes du Pickwick-Club, par Charles Dickens, illustrés en couleurs par Cecil Aldin, i vol. in-4°, Paris, Hachette et Cie. Prix : 25 francs.
- L’illustration du célèbre chef-d’œuvre est particulièrement digne de mention, à cause de son artistique humour et de son admirable exécution matérielle
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5
- VENT PLUIE. EN MILLIMÈTRES
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL
- Lundi 16 déc. 1912 . ii°, 3 W. S. W. 4. Couvert. 5,4
- Mardi 17 0°,6 S. S. W. 2. Beau. »
- Mercredi 18 2°,2 S. S. W. 2. Couvert. 9,7
- Jeudi 19 1“,0 S. S. W. 2. Couvert.
- Vendredi 20 — 1°,0 Calme. Couvert. »
- Samedi 21 0°,5 S. 2. Beau. »
- Dimanche 22 ... . — 0°,4 S. 1. Couvert. »
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS GENERALES
- Couvert; bruine ensuite, pluie île H h. à 17 h. 45.
- Beau ; gelée blanche.
- Couv. jusq. 17 b. : beau ensuite ; gel. bl. ; pluie puis neige. Couv. ; brouil. le ni. ; la neige disparaît à 15 b.
- Couv. jusq. 7 b. ; beau ensuite ; gelée bl. ; brouil. jusq. 9 h. Beau ; gelée bl. ; faible brouil. à 21 h.
- Nuag. jusq. 14 h. ; beau ensuite ; gel. bl ; brouil. de 7 à 10 h.
- DÉCEMBRE 1912. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 DÉCEMBRE 1912.
- Lundi | Mardi l Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse. les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 16 au 21 décembre. — Le 16. Pression basse sur la moitié N. de l’Europe. Minima de 730 mm entre l’Islande et la Norvège, et près de Saint-Pétersbourg. La pression reste supérieure à 770 sur la péninsule Ibérique et la Méditerranée. Pluies sur le W., le Centre et le N. de l’Europe. En France : ballon de Servànce, 35 mm; Nancy, g; Paris, 5. Temp. du matin : Ai'khangel, —io°; Bordeaux, -j- 5 ; Nantes et Alger, 11; Paris, 12; moyenne à Paris : g°,2 (normale : 2°,6). — Le 17. La pression se relève sur le N. de l’Europe avec minima sur la Norvège et le N. de la Russie. Fortes pressions sur le S.-W. du continent. Pluies générales. En France : Belle-Ile, 17 mm; Cherbourg, 4. Temp. du matin : Charleville, —i°; Paris, 1 ; Brest, 5; Biarritz, 11 ; moyenne à Paris : 3°,6 (normale : 2°,6). — Le 18. Basses pressions sur l’Atlantique, le W. et le N. de l’Eurôpe (Bretagne : 753 mm; Norvège : 736). Pluies générales. En France : Le Mans, 12 mm; Paris et Belfort, 10. Temp. du matin : Lyon, —3°; Toulouse, — 2; Paris, +2; Brest, 8; moyenne à Paris : i°,g
- du Bureau Central Météorologique.
- (normale : 2°,5). — Le 19. La pression se relève sur le S.-W. et le S.-E. (Bukarest : 770). Dépressions vers l'Ecosse (74°); au N. des Açores (755), sur la Scandinavie (Stockholm : 742). Pluies et neiges sur le N. de l’Europe. Tëmp. du malin : Gap, —2°; Paris, + 1 ; Bordeaux, 3 ; Brest, 10 ; moyenne à Paris : 2^9 (normale : 20,5). — Le 20. Fortes pressions sur le Centre et le S. de l’Europe (Turin : 772). Dépression profonde aux îles Féroé (734). Beau temps en France. Temp. du matin : Yardoe, — 110; Gap, —6; Paris et Nancy, — 1 ; Bordeaux, 4l Brest, 11 ; moyenne à Paris : 2°,4 (normale : 20,4)- — Le 21. Même situation barométrique que la veille, sauf une nouvelle dépression s’approchant de la péninsule Ibérique (La Corogne : 758). Pluies dans le S. de la France : mont Aigoual, 63 mm; Perpignan, 32; Toulon, 4- Temp. du matin : Moscou, —g°; Gap, —5; Nancy, —1; Paiis, +1; Brest, 9; Alger, 12; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 2°,4). — Phase s de la Lune : Premier Quartier le 16, à 8 h. 16 m. du soir.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l'Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne ce La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, "Boulevard Saint-Germain, Taris (V7e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2067. — 4 JANVIER 1913.
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- INFORMATIONS
- SUPPLEMENT
- Nécrologie : G. Richard. — Nous apprenons avec regret la mort de M. Gustave Richard, agent général de la Société d’Encouragement pour lindustrie nationale. Ingénieur civil des Mines, après avoir été attaché au service de la traction de la Compagnie du Nord et après s’être occupé pendant plusieurs années de la construction des moteurs à gaz, M. Richard se consacra entièrement à ses études de prédilection, celles relatives à toutes les questions se rattachant de près ou de loin à la mécanique théorique et appliquée. Agent général de la Société d’Encouragement en i8gè, c’est sous son impulsion que se développa le si intéressant Bulletin que publie cette Société. M. Richard y résumait régulièrement toutes les nouvelles inventions et les perfectionnements touchant à la mécanique et aux constructions civiles et, chose importante, il y publiait la bibliographie de tous les articles parus dans les périodiques français et étrangers touchant à l’industrie. En 1897, il fondait la Revue de Mécanique. En 1900, il prit une grande part à l’important Congrès international de mécanique. Doué d’une intelligence remarquable jointe à une grande obligeance, il était toujours prêt à mettre son admirable documentation à la disposition de quiconque venait se renseigner auprès de lui, et il a rendu ainsi à l’industrie française d’inappréciables services.
- Météorologie de la France en 1911. — M. Eiffel vient de publier le 6° volume de 1 Atlas météorologique annuel qu’il a commencé en 1906 (voir n° 1723, supplément, p. 5). Les résultats sont condensés d’après les valeurs journalières des moyennes de 2 5 statious françaises. Il résulte des tableaux et des cartes qui composent l’Atlas que, depuis 1906, la France traverse une période météorologique extrêmement troublée. Il est très heureux que la savante et rainulieuse entreprise de M. Eiffel ait constitué et recueilli les procès-verbaux de ces troubles, car il n’y a pas encore d’établissement scientifique national qui puisse publier aussi complète cette précieuse série de graphiques. Les ressources du Bureau central météorologique sont insuffisantes. Et le Service de météorologie agricole conçu au Ministère de l’Agriculture n’est encore qu'en voie d'organisation. Celte période météorologique « comprend une année extrêmement pluvieuse (1910) et une année extrêmement sèche ( 1911 ), des étés très froids (1907-1909) et un été exceptionnellement chaud (1911), des hivers doux ou froids. Cette diversité des caractères météorologiques augmente encore l’intérêt des comparaisons que l’on peut faire facilement en rapprochant nos divers graphiques. » L’année 1910 a été particulièrement pluvieuse avec 775 mm d’eau; 1911 au contraire a été très sèche avec 428 mm de pluie seulement; pour 1911 la nébulosité a été très faible « il y a eu près de 20 pour 100 d’heures de soleil de plus que dans une année moyenne » ; l’été particulièrement chaud a vu 38°7 à
- Toulouse le 5 août et 37°7 à Lyon le 10 août. Les renseignements sur les chutes de neige demeurent toujours assez incomplets ; les chutes de grêle ont été relativement rares ; et les vents de Nord à Est ont été à peu près aussi fréquents que ceux de Sud à Ouest. En résumé les caractères météorologiques de l’année 1911 sont exactement opposés à ceux de l’année 1910.
- La comète Gale (1912 a). — Cette comète, la première de l’année 1912, découverte en Australie le 9 septembre dernier, est toujours visible, en d’excellentes conditions, puisqu’elle est circompolaire, observable, par conséquent, toute la nuit. Son éclat a diminué, mais il est encore suffisant pour permettre l’usage des instruments de moyenne puissance. Eclat total de 8e à 9e grandeur. Petit noyau de 10e à 11e. La comète, dans le courant de janvier, traversera en partie les constellations du Dragon, de Céphée et de Cassiopée, comme on pourra s’en rendre compte en reportant les positions ci-dessous sur une carte céleste. Ces positions viennent d’être publiées dans le n° 46!8 des Astronomische Nach-richten, par M. Ebell. Elles représentent la situation de
- la comète, pour moyen de Berlin. le jour donné, à 12 heures, temps
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON ÉCLAT
- 2 jimv. 1913. . . 17 h. 37 m. 16 s. + 69° 55',0 8«',7
- 4 - 17 h. 45 tn. 28 s. h- 71" 34',9 8«%8
- 6. — 17 h. 54 m. 58 s. -t- 73° 14',1 86-,8
- 8 — 18 h. 5 m. 57 s. -+-74° 51',8 8^',9
- 10 — 18 h. 19 m. 4 s. •+- 76° 27',8 86', 9
- 12 18 h. 35 m. 5 s. -+- 78° l',0 96',0
- 14 — 18 h. 54 m. 51 s. -t- 79° 30',2 96',0
- 16 — 19 h. 20 m. 4 s. ~t- 80° 53',9 96', 1
- 18 — 19 h. 52 m. 44 s. -I- 820 9',4 96',1
- 20 — 20 h. 55 m. 19 s. -+- 83° 12',9 9«',2
- 22 — 21 h. 29 m 57 s. -+- 83° 59'.0 9e',5
- 24 — . . 22 h. 55 m. 59 s. h- 84° 22',1 96',3
- 26 -- ' . . 23 h. 40 m. 13 s. -+-84° nS',7 96', 1
- 28 — . . 0 h. 40 m. 5 s. -+-83° 51',0 96%4
- 01» — . . 1 h. 28 m. 28 s. -+-85° 5',0 96',5
- 1" fév 2 h. 5 m. 56 s. -+- 82“ 7',4 9 6',6
- 5 2 h. 34 m. 41 s. + 81° 2'.8 96',6
- 5 — 2 h. 57- m. 11 s. +- 79° 54',7 9*',7
- Usine d’ozonisation de Saint-Pétersbourg. — Un
- crédit de 28 millions de francs a été voté au printemps de 1912 par la Douma municipale de Saint-Pétersbourg, pour l’extension des usines d’ozonisation de cette ville. Il s’agit de compléter les installations d’épuration d’eau de la Néva commencées en 1909. C’est la Compagnie générale de l’Ozone (française) et la Société Siemens et Halske (russe) réunies qui ont été chargées des travaux. L’usine de la rue Penkowaa, établie en 1910, distribuait quotidiennement 3 600 000 vedros (44 000 m3) à la portion delà capitale au nord de la Grande Néva. L’usine de Shpalermaïa, qui fonctionnera dans 2 ans et qui sera la plus grande usine connue de stérilisation électrique, distribuera à toute la portion de Saint-Pétersbourg au sud de la Grande Néva 22000000 de
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- INFORMATIONS
- vedros (270000 m3) d’eau potable par jour (d’après Y Eau pure, juillet 1912).
- Percement du tunnel du Somport, vallée d’Aspe.
- — Le percement du premier tunnel transpyrénéen de Paris à- Madrid a été effectué le i3 octobre, c’est-à-dire que ce jour-là, dans la matinée, les deux galeries d’avancement se rejoignirent et permirent la rencontre des deux équipes de travailleurs. L’entreprise française étant en avance de 2 semaines sur l’espagnole, c’est au delà de la frontière vers le sud que le contact fut opéré. La ligne ne sera pas livrée à la circulation avant 2 ou 3 ans.
- Les fumeurs de chanvre. — Le chanvre indien ou haschich, est généralement mâché par ceux qui y cherchent un paradis artificiel. Mais il existe aussi des fumeurs de haschich, d’après ce que nous apprend M. A. Hesnard dans Y Encéphale, principalement en Orient : Crète, Turquie, Syrie. La substance fumée est un extrait impur réduit en petits fragments ou en poudre, de couleur brune, qui répand une fumée âcre et irritante. On la fume dans un narghileh et l’on entretient sa combustion au moyen de morceaux de charbon de bois incandescents. Le fumeur aspire profondément la fumée et la garde le plus longtemps possible ; quelques bouffées suffisent pour obtenir l’ivresse. Celle-ci se manifeste par une excitation très grande : le fumeur cause, s agile, a une mimique exubérante en même temps que ses mouvements deviennent incoordonnés et que sa face prend un aspect vultueux. S’il prend l’habitude de fumer la drogue, il change rapidement; il devient hébété, sans énergie et tombe dans un état de décrépitude pouvant aller jusqu’à la démence définitive (d’après la Presse Médicale).
- Le sucre de canne et le sucre de betterave. —
- L’industrie du sucre de canne, après avoir été fortement menacée de ruine par celle du sucre de betterave, reprend depuis peu son ancienne prospérité. M. Prinsen Geerligs, dans uii volume sur le sucre de canne qui vient de paraître, nous montre ce récent développement en une série de tableaux statistiques dont nous citerons seulement le suivant :
- Aimées. Sucre de canne
- par rapport à la production totale
- i85‘2-53 . 86,0 pour 100
- 1869-70 . 67,3
- 1880-81 . 62,7 —
- 1888-84 . 47>° —
- i884-85 . 45,4 —
- 1889-00 . 37>7 —
- 1895-96 . 39,6 —
- 1901-02 37,5 —
- 1906-07 . 42,4 —
- 1910-11 . .... . 41,2 —
- 1911-12 . 49-° "
- Ce tableau représente bien la lutte engagée entre les productions des deux sucres qui semblent tendre vers un état d’équilibre et un partage à peu près égal de la consommation.
- La protection des oiseaux. — Une des femmes les plus riches d’Amérique, Mme Russell Sage, veuve du financier du même nom, vient d’acheter, pour le prix de 760 ooo francs, Marsh island, île située au large de la Louisiane, et qui sert d’étape ou de lieu de nidification à des multitudes d’oiseaux migrateurs. Longtemps, on put y voir des colonies de canards et oies sauvages excessivement nombreuses qui y passaient l’hiver. Les agents des marchands de plumes massacrèrent des millions de ces oiseaux. La générosité de Mme Russell Sage fera de Marsh Island un refuge inviolable pour les oiseaux sauvages ; ils y seront protégés par des gardes qui dépendront du Gouvernement fédéral et de l’Etat de la Louisiane. La riche bienfaitrice, qui a déjà dépensé 140 millions de francs en œuvres charitables, est membre de plusieurs ligues pour la protection des oiseaux sauvages, en particulier de la Société Audubon.
- Société des Amis du Muséum. — La Société des Amis du Muséum, créée pour aider notre vieux Jardin des Plantes de son appui moral et financier, enrichir ses collections et favoriser ses travaux scientifiques, vient d’entrer dans sa cinquième année d’existence. Son action
- devient de plus en plus efficace, puisqu’elle a pu en cette dernière année acquérir un bison destiné à tenir compagnie à un autre solitaire que le Muséum avait récemment reçu, donner des récompenses aux gardiens de ménagerie qui ont montré envers les animaux confiés à leurs soins le zèle le plus intelligent, faciliter au Muséum l’acquisition de la très belle et très complète bibliothèque botanique réunie par M. Bornet, obtenir du Ministère de l’Intérieur une subvention pour l’achat d’un gigantesque électro-aimant nécessaire à M. Becquerel pour ses recherches sur la constitution de la matière. Ce secours précieux, accordé au Jardin des Plantes qui en a tant besoin, nous fait souhaiter que la Société des Amis du Muséum prenne encore un plus grand développement. Cet hiver elle organise pour ses membres des conférences-promenades dans les diverses parties des collections et publie un bulletin renseignant sur l’activité du Muséum, ses curiosités, ses acquisitions.
- L’institut J.-J. Rousseau de Genève. — Le 20 octobre dernier s’est ouvert à Genève, sous le nom d’institut Jean-Jacques Rousseau, une école libre des sciences de l’éducation qui se propose d’une part d’enseigner les questions relatives à l’éducation des membres de l’enseignement et des personnes qui se destinent à la pédagogie, d’autre part, de susciter, de centraliser et de coordonner les recherches propres à faire progresser la science de l’enfant. La haute valeur des hommes qui le dirigent : M. Bovet, professeur à l’Université de Neuchâtel, M. le Dr Claparède,professeur à celle de Genève, est un sûr garant de son succès. Dès maintenant, l’institut étudie l’intéressante question du sommeil de l’enfant et recueille les documents d une vaste enquête sur ce sujet. L'institut est établi, 3, place de la Taeonnerie, Genève.
- Découverte de fresques. — Le peintre André Humbert vient de découvrir non loin de Bourges, à Bri-nay, dans le Cher, des fresques du xn0 siècle dans uu excellent état de conservation en dépit de la couche de plâtre qui les recouvrait. Elles représentent des scènes de l’Evangile (Ac, des Inscriptions, 22 novembre, 1912).
- Archéologie Nord-Américaine. — L’archéologue canadien, H.-S. Smith vient de découvrir à Prescott, les vestiges d’un village indien, bien antérieur à l’arrivée des européens. On y a trouvé, outre des crânes, des ustensiles divers d’usage domestique, et de nombreux morceaux de poteries qui portent des dessins compliqués.
- Trouvaille archéologique en Charente-Inférieure.
- — Un cultivateur a mis au jour en labourant un champ situé au lieu dit Sainte-Colombe, à Thairé, une sépulture qu’on attribue à l époque romane. Le sarcophage, en pierre d Ardillières, recouvert d’une dalle épaisse, contenait deux squelettes, dont l’un portait au doigt un anneau de bronze décoré d’emblèmes analogues à des armoiries. D’après la Chronique des Arts (7 décembre 1912), plusieurs sépultures présentant les mêmes caractères avaient déjà été découvertes au même endroit, au cours du siècle dernier. En 1817 notamment on y avait trouvé diverses pièces d’armure encore très belles, avec un fragment de casque muni de son cimier, des boutons de métal et des éperons de cuivre.
- Les travaux du service des antiquités d Égypte
- — M. Maspero vient de rendre compte à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres des travaux exécutés cette année par ce service. On a continué la restauration de Karnak, achevé celle de Deir-el-Medineh et poussé fort loin celle du temple de Ilibeh. Le déblaiement du pronaos d’Esneh est terminé et le dégagement des portions méridionales du temenos d’Edfou avance rapidement. Mais ces travaux le cèdent en importance au fait qui domine tous les événements archéologiques de cette année : l’achèvement du relèvement du barrage d’As-souân. La surélévation du barrage avait été décidée en igo5 ; l’inauguration des parties surhaussées a eu lieu en septembre dernier. Le gouvernement égyptien a tenu fidèlement les engagements qu’il avait pris vis-à-vis du service des antiquités; il a donné tout l’argent demandé pour la défense des monuments menacés de submersion. Ceux-ci sont depuis deux ans prêts à recevoir l’assaut, et la publication de leurs inscriptions est en bonne voie d’exécution.
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- c^vs. Automobilisme <?«$,
- Transmissions, chaînes ou cardans. — On réserve généralement en matière d’automobiles, le nom de transmissions à l’ensemble des organes mécaniques destinés à relier la boîte de changement de vitesses aux roues motrices, pour leur transmettre le mouvement. Les deux modes de transmission employés jusqu’ici sont : les chaînes, et les arbres à joints de cardan.
- Avant de discuter les avantages et les inconvénients des deux systèmes, nous rappellerons brièvement en quoi ils consistent.
- i° Transmission par chaînes. — Les roues motrices portent des couronnes dentées, qui sont reliées au moyen de chaînes à rouleaux à des pignons dentés, calés sur un arbre secondaire parallèle à l’essieu, et dénommé arbre transverse. Cet arbre secondaire est lui-même commandé par un couple d’engrenages coniques, recevant leur mouvement de l’arbre de sortie de la boîte des vitesses (fig. i). Il peut être porté par la boîte des vitesses elle-même, auquel cas toute sa partie centrale peut être considérée comme en faisant partie; il peut aussi constituer lui-même un ensemble séparé, et dans ce cas le couple d’engrenages coniques est relié à l’arbre de sortie de la boîte des vitesses, par un arbre auxiliaire muni de joints de cardans.
- Ce type de transmission, qui permet de réaliser facilement une assez grande démultiplication entre l’arbre de sortie de la boîte des vitesses et les roues motrices, grâce à la différence des diamètres des pignons coniques en prise et des roues dentées de la chaîne, continue à être très répandu sur les camions automobiles, alors qu’il tend à disparaître des voitures de tourisme, comme nous le verrons dans la suite.
- a0 Transmission par cardans. — Les roues motrices sont montées sur un essieu tubulaire, ou sur un essieu à fusées creuses, de manière à permettre à un arbre
- La première, appliquée en particulier par l’usine De Dion, diffère de la transmission par chaînes décrite plus haut, par ce fait que l’arbre transverse, au lieu d’être
- Fig. 2. — Détail de la transmission à cardan.
- moteur central de venir les actionner directement par leur moyeu, à travers l’essieu tubulaire ou la fusée creuse.
- Cette transmission comporte deux solutions générales ;
- La transmission par cardans transversaux, et la transmission par arbre à joints de cardans.
- rigide, et de porter des pignons de chaîne, est brisé de chaque côté de la boîte des vitesses, reportée très en arrière, par un joint de cardan qui permet d’actionner directement les roues par leur centre, au moyen d’un bout d’arbre traversant les fusées d’essieu, et réuni lui-même au précédent par un deuxième joint de cardan. L’avantage de ce dispositif est de permettre défaire profiter delà suspension tous les organes mécaniques de la transmission, absolument comme dans le cas des chaînes, et de réaliser un essieu arrière assez léger. Il offre en outre la possibilité, comme avec les chaînes, de continuer à marcher, jusqu’au prochain garage, avec un essieu faussé accidentellement, ce qui est impossible avec la transmission par arbre longitudinal à cardans.
- Ce dernier dispositif consiste à réunir l’arbre de sortie de la boîte des vitesses à l’arbre de commande des roues motrices, par un arbre longitudinal muni de joints de cardans convenables (fig. 2).
- L’essieu arrière porte, dans ce cas, le nom de pont arrière. Il est constitué par une partie tubulaire rigide., formant carter étanche, qui sert à supporter le poids de la voiture et à contenir toute la partie mécanique destinée à actionner les roues. Cette partie mécanique est commandée par un couple d’engrenages coniques, exactement comme un arbre transverse à chaînes, précisément par un arbre longitudinal muni de joints de cardans.
- Lorsqu’il est nécessaire, avec les transmissions par cardans, d’obtenir une très grande démultiplication, comme c’est le cas pour les camions automobiles, il faut introduire dans l’ensemble un couple d’engrenages démultiplicateurs supplémentaire.
- On peut disposer ce couple à l'entrée du pont arrière, entre l’arbre longitudinal et le coxiple conique cité plus haut (solution La Buîre) ; on peut aussi faire actionner par l’arbre transverse, non plus la roue par son centre, mais un pignon d’engrenage cylindrique en prise avec une couronne'dentée fixée à la roue. (Solution des autobus parisiens.)
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- Quel que soit le mode de transmission adopté, l’ai'bre transverse, ou l’arbre central du pont arrière, est en deux parties réunies par un mécanisme spécial appelé différentiel, dont le rôle est de permettre à chacune des roues, arrière de rester motrice sans avoir à patiner, lorsque dans un virage les chemins parcourus par chacune d elles sont différents.
- Nous reviendrons sur ce mécanisme dans une étude ultérieure parce qu’il présente un intérêt tout particulier (fig. 3).
- Comparaison entre les deux systèmes. —
- Dans le cas des voitures de tourisme, où la difficulté d’obtenir une grande démultiplication ne se pose pas, on peut reprocher à la chaîne de constituer de plus un relai qui absorbe une certaine fraction du travail moteur, d’être bruyante, sale et dangereuse, de s’user et de s’allonger assez vite, pourimposer des remplacements onéreux assez fréquents.
- On peut aussi remarquer que sur un terrain inégal, lorsque la roue monte ou descend, elle produit des variations subites de position des dents des pignons sur la chaîne, qui entraînent des irrégularités dans la répartition du travail aux deux roues, et par suite des à-coups dans l’ensemble de la transmission.
- En revanche, la transmission par chaîu&J^rmet de réaliser'un ensemble i-Gues arrière-essieu
- beaucoup plus léger, et de diminuer beaucoup l'importance de la partie non suspendue du véhicule. Cette condition est particulièrement avantageuse pour la tenue à la route des voitures très rapides, et c’est la raison pour
- Fig. 3. — Mécanisme intérieur d’un pont arrière à cardans. — a, arbre à cardan; è, pignon d’attacpie du différentiel; c, boîte
- des pignons satellites; carter
- chaîne est actuellement l’exception dans les voitures de tourisme.
- Lorsqu’elle existe sur une voilure, il faut veiller avec le plus grand soin à régler les tendeurs de chaîne, de manière que l’essieu arrière soit bien perpendiculaire à l axe de la voilure, ou, ce qui revient au même, parallèle à l’arbre transverse. Un moyen simple, pratique, pour le vérifier, consiste à mesurer avec une ficelle la distance qui existe entre l’extrémité de l’arbre transverse et l’extrémité correspondante de l’essieu, prise de centre à centre, et à s’astreindre en serrant ou en desserrant les tendeurs de chaîne à ce que cette distance soit rigoureusement la même des deux côtés.
- Cette vérification s’impose à chaque remplacement de chaîne, et en général toutes les fois que l’on constate une usure anormale de bandages pneumatiques.
- La transmission par cardans, dont tous les organes sont enfermés et très bien lubrifiés, est silencieuse, propre et durable, c’est le type de choix pour les voitures de ville, et la plus facile à entretenir. Elle est indifférente aux inégalités du sol, mais elle exige pour bien fonctionner des joints de cardan convenables, à raison de deux par arbre, avec obligation de disposer l’arbre récepteur parallèlement à l’arbre moteur.
- Lorsque deux arbres sont réunis par un joint de cardan, en faisant entre eux un certain angle, si l’un des arbres le deuxième prend un mouvement cosinusoïdal, qui présente une vitesse maximum et une vitesse minimum, et réciproquement. Il est donc essentiel, dans une transmission par
- dj carter; f\ étrier à douilles relié au
- arbre des roues motrices; à, tube-fourreau.
- TABLEAU I
- ESSAIS EFFECTUÉS LE 22 JANVIER igi2 SUR UN CAMION BERLIET A TRANSMISSION PAR CHAINES.
- Procès-verbal du 24 février 1912.
- DESIGNATION
- Indication de la combinaison de vitesse.
- Rendement moyen Rendement moyen de la voiture.
- UNITES
- RESULTATS ET RENSEIGNEMENTS
- 4e vitesse.
- Numéro des expériences Durée des expériences. 1 2 5 4 r> 6 7 8 9
- minutes. 5 5 5 5 5 5 5 5 5
- Nombre de tours de la roue motrice. tours-minute. 87,2 116.2 151,8 157,2 174,4 66 74,5 87,8 94,4
- Effort de traction kgr. 175 185 189 194 184 589 594 591 578
- Puissance effective à la jante. . . . chevaux. 9,2 12,9 15,1 18.5 19.4 15,5 17,7 20,7 21,6
- Nombre de tours du moteur. . . . tours-minule. 576 770 875 1040 1155 777 8/5 1030 1110
- Puissance effective du moteur. . . chevaux. 13 18,6 21.5 25,1 26.4 18,7 21.5 24,9 26,2
- Vitesse du camion. . km à l’heure. 14,2 18,8 21,4 25,5 28,3 10,7 12,1 14,5 15,4
- Rendementpour chaque expérience. 0/0 70,8 69,4 70,9 73,7 75,5 82,9 85,1 83,1 82,4
- 5° vitesse.
- OBSERVATIONS
- Comparer les chiffres gras qui correspondent à une vitesse presque é-gale du moteur.
- Rayon des roues motrices. 0ro,450
- laquelle la très grande majorité des voitures de course sont à chaînes.
- Elle présente encore l’avantage de permettre un changement de multiplication presque instantané, et de rouler encore avec un essieu accidentellement faussé. Cette propriété la fera choisir exclusivement pour les voitures spéciales, destinées à un très dur service en terrain varié, comme les auto-mitrailleuses par exemple,
- Néanmoins, malgré les. essais de carters protecteurs, et les perfectionnements proposés, le transmission par
- cardans, d’avoir l’arbre moteur et l’arbre récepteur parallèles, réunis par un arbre portant deux joints de cardans, afin d’obtenir la restitution du mouvement uniforme.
- Certains constructeurs négligent cette obligation pour simplifier, mais comme les inégalités signalées se produisent dans ce cas fatalement, il en résulle, soit une usure plus grande des bandages, soit la production d’à-coups et de vibrations préjudiciables à la conservation des joints eux-mêmes.
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- La transmission par cardans présente les inconvénients suivants : elle ne permet pas de marcher avec un essieu arrière faussé, elle rend difficiles les changements de démultiplication, elle exige l’établissement d un pont arrière compliqué de très grande précision forcément coûteux, elle conduit à un ensemble roues arriere-essieu assez lourd, qui nuit un peu à la tenue à la route en vitesse.
- Ce dernier inconvénient reste cependant très relatif, car les voitures de course Renault, munies de ce dispositif, n'en ont pas moins gagné des épreuves célèbres, et montré une excellente tenue en vitesse.
- Tout au plus, peut-on reprocher à l’exagération du poids non suspendu une usure un peu plus rapide des bandages.
- Malgré tout, c’est la transmission par cardans qui constitue aujourd’hui, pour les véhicules de tourisme, le type le plus à recommander.
- En ce qui concerne les camions automobiles, la majorité des constructeurs semble préférer jusqu’ici la transmission par chaînes, sans doute parce qu elle est moins chère à établir, et qu’elle permet de réaliser très simplement une assez grande démultiplication.
- Néanmoins nous ne croyons pas que ce soit là encore la solution de choix. En laissant même de côté tous les inconvénients, de saleté, de bruit, d’usure, de mauvais
- réglage, etc., cités plus haut, il est un facteur très important à considérer pour le véhicule industriel, c’est le rendement mécanique. Or, on peut affirmer que la chaîne, à cause de ses vibrations, et de la difficulté qu’elle éprouve à s’engager et à se dégager sur les dentures, donne un rendement de moins en moins bon à mesure que sa vitesse de translation augmente.
- Le tableau I qui résume une série d’essais, faits aux Arts-et-Métiers, sur un camion Berliet à chaînes, montre l’importance de cette diminution du rendement. Alors qu’en 3° vitesse, où il existe encore en prise dans la boîte des vitesses un train d’engrenages, on relève un rendement à la jante de 83 pour 100, en 4° vitesse, où on est en prise directe, on ne trouve plus que 73 pour 100. Du fait qu’à ce moment la chaîne va plus vite, on perd 10 à i5 pour 100 de plus. D’ailleurs, lorsqu’on entend passer un camion à chaînes bien construit, sur bandages de caoutchouc, le seul bruit qui persiste est celui que fait la chaîne, et il est évident que tout bruit se paie.
- Pour un véhicule industriel, où on recherche avant tout l’économie, une perte de rendement de 10 pour 100 est assez importante pour qu’on cherche à l’éviter.
- Si on tient malgré tout à conserver la chaîne, il faudra s’évertuer encore à la perfectionner, à lui assurer des dentures toujours appropriées et un graissage durable.
- D. Renaud»
- VARIÉTÉS
- Une station thermale an Japon : Kousatsu. — Le
- Japon, pays volcanique, possède un certain nombre de sources minérales. Les plus importants de ces thermes, nous apprend le Dr Burnier dans la Presse Médicale, se trouvent à 200 kilomètres au nord-ouest de Tokio, au milieu de montagnes hautes de 3ooo mètres et plus (les Alpes japonaises), au voisinage du volcan éteint Asama. Là se trouvent une trentaine de stations thermales dont la plus renommée est Kousatsu. Kousatsu est situé sur un pial eau de 3 à 5 kilomètres de long, à 1200 mètres d’altitude, et se trouve entouré de toutes parts par de hautes montagnes. Les environs sont tristes et sans charmes, car les Japonais-ignorent encore l’art de créer des parcs et promenades autour des villes d’eaux. La région très accidentée n’est desservie par le chemin de fer que sur la côte nord-ouest, si bien qu’on ne peut y arriver qu’au prix de multiples fatigues. Les baigneurs ont recours habituellement à des chevaux de bàt,.qui portent à droite et à gauche un siège spécial.
- La saison dure de juin à mi-septembre. L’hiver y est précoce, et durant des semaines Kousatsu est enfoui sous une épaisse couche de neige.
- Au milieu du village, composé presque exclusivement d’hôtels pour baigneurs, construits en bois, se trouve une grande place où jaillissent les sources chaudes sulfureuses, et de hautes colonnes de vapeurs d’eau et de gaz sulfureux s’élèvent en sifflant vers le ciel.
- L eau qui s’échappe, déjà un peu refroidie, circule dans de nombreuses conduites de bambou qui l’amènent dans les nombreux bains publics et dans les bains privés des hôtels.
- En d’autres noints du village, des fontaines de granit laissent couler une excellente eau glacée et claire comme le cristal.
- A part les bains privés où les classes fortunées font leur cure, il existe pour les classes inférieures toute Une série de bains publics pouvant recevoir de 5o à 200 baigneurs, et qui, le plus souvent, sont remplis jusqu’à la dernière place.
- Ces ba:ns publics sé composent d’un hall bâti grossièrement en bois où se trouvent des bassins également en bois div isés en compartiments par de larges cloisons. La température y est uniforme. Les bains s’y prennent par groupes et sont surveillés par un maître de bains.
- Dès 1 aube, une sonnerie de cor réveille les baigneurs, qui, par bandes, en vêtements de nuit, se dirigent vers le hall; les uns prennent leurs bains tout habillés, les* autres coin ploiement nus.
- Le fait de prendre sou bain tout habille n’est pas ici
- une marque de décence, mais bien une façon de se protéger contre la température excessive du bain. L’eau arrive en effet dans chaque bassin à une température de 57° à 58° C.; même pour un Japonais il est difficile de supporter une pareille température. Chaque baigneur reçoit alors une planchette de cyprès longue de 8 pieds, large de 1 pied 1/2, avec laquelle il commence à battre l eau, en se servant du bord du bassin et des cloisons comme point d’appui; il entre bientôt en sueur. Un chœur accompagne ces manœuvres préparatoires qui durent environ dix minutes.
- La température du bain s’est alors abaissée à 5o° environ. Quand le maître des bains a fait cette constatation, chaque baigneur reçoit une écuelle de bois et se verse de l’eau chaude environ vingt fois sur la tête et le corps, évitant ainsi une congestion cérébrale ultérieure.
- Quand cette phase du bain est terminée, le maître des bains donne un signal et toute la bande se plonge dans l’eau jusqu’au cou en gémissant, et demeure immobile, de façon à sentir le moins possible la chaleur.
- Ici se place un dialogue datant de plusieurs siècles (Kousatsu existait déjà au xvi° siècle) chanté par le maître des bains et les baigneurs.
- Le maître des bains, montre en main, chante :
- Sore de san bun,
- Kaisei ni fim,
- Kage de ippun.
- Tsukuri shirnbo,
- Shinibo no shidokoro,
- Yoroshiku de agarîmasho.
- C’est-à-dire : il vous reste encore trois minutes à demeurer dans le bain, plus que deux maintenant, une seulement. Ayez patience. La patience est nécessaire. Maintenant c’est terminé. Sortez du bain.
- Chaque minute est saluée par les baigneurs d’un refrain, d’une sorte de gémissement de plus en plus fort et, au signal donné, les corps, rouges comme des écrevisses, sortent rapidement de l’eau.
- Dans le hall, doit alors pendant quelques instants régner un silence absolu ; sinon, d’après une vieille tradition, le bain serait inefficace.
- Chacun s’habille ensuite pour laisser la place à une nouvelle fournée de baigneurs qui attend ; car on prend 3 à 5 bains par jour pendant cinq à six semaines.
- Les bains sont la propriété de la commune, qui veille à leur entretien. Il n’existe pas de cure-taxe; mais on attend de chaque baigneur qui a terminé sa cure un pourboire proportionnel à ses moyens, et le Japonais est toujours généreux comme pourboire.
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- Igc.
- HYGIENE ET SANTE
- La cure d’oignons. — On revient de temps en temps aux vieux remèdes d’autrefois, on va puiser dans l'arsenal des anciennes pharmacopées des recettes que le populaire a conservées pieusement et dont il use sans l’aide de la Faculté. En ce moment, on préconise la cure d’oignons comme médication diurétique. Il s’agit bien de l’oignon Amlgaire, Alium cepa, de la famille des Liliacées, qui figure dans nombre de recettes culinaires et que les gens du Midi dévorent à belles dents comme nos marmots les confitures.
- L’oignon cuit a des propriétés laxatives, l’oignon cru a des propriétés diurétiques. Il les doit à l’huile essentielle qu’il contient et dont tout le monde a pu constater l’effet irritant sur les yeux en coupant ou écrasant ses tuniques. La médecine de jadis employait l’oignon en tisane, en vin, associé au lait pour la cure de l’hydro-pisie, de l’anasarque et de l’albuminurie. Serres d’Alais aurait, dit-on, guéri 60 cas d’ascite par la seule vertu de l’oignon associé à la diète lactée. Aujourd’hui on serait tenté de croire que le lait a eu dans ces guérisons plus de part que l’oignon. Il faut cependant lui accorder cette propriété diurétique. Le Dr Caries, de Bordeaux, l’a essayé sous diverses formes et. en a obtenu de bons résultats. Tantôt il l’administre cru et l’on sait que la saveur varie beaucoup suivant la provenance, ce bulbe, âcre dans le Nord, devient doux et sucré dans le Midi ; tantôt il l’administre sous forme de vin composé dont voici la formule facile à préparer dans n’importe quel ménage :
- Oignon mûr ordinaire, cru.............200 gr.
- Miel blanc...............................100 —
- Yin blanc...............................,~oo —
- Le Dr Dalché a voulu s’assurer de la réalité de ces faits et a essayé la cure d’oignons chez un assez grand
- nombre de malades atteints de lésions rénales ou des troubles circulatoires amenant un ralentissement notable de la diurèse. Il a employé une alcoolature préparée par M. Grimbert, directeur de la Pharmacie centrale des hôpitaux. Or cette alcoolature donnée à doses variables, suivant les cas, de 1 à 4 cuillerées à café dans une tasse de bouillon, a déterminé une diurèse abondante de 1, 2 et 3 litres par 24 heures. Si on ajoute le régime lacté, l’effet est plus rapide et plus prononcé.
- L’émission abondante d’urine s’observe surtout dans les cas d’œdèmes, d’épanchements séreux tels que les ascites. Un détail intéressant observé par M. Dalché est l’élimination abondante des chlorures sous l’action de l’alcoolature d’oignons. Or on sait combien l’excès de chlorures provoque les troubles hydropiques et l’on a institué à cet égard tout un régime de déchloruration en cas de lésions rénales, suppression du sel presque en totalité dans l’alimentation.
- A quoi peut-on attribuer l’action diurétique de l’oignon ? très sûrement à l’huile essentielle, âcre et volatile qu’il contient. La meilleure preuve c’est que la cuisson anéantit la propriété diurétique, tout simplement parce qu’elle a fait disparaître les principes volatils qui constituent l’essence. La macération dans l’alcool, telle que l’administre M. Dalché, conserve toute la valeur efficace de l’oignon. La préparation de l’alcoolature est du reste des plus simples : vous n’avez qu’à faire macérer pendant 10 jours de la pulpe d’oignons frais dans son ppids d’alcool à 900. On passe, on filtre; le liquide obtenu, jaune pâle,"renferme en solution environ 3o grammes de substances fixes par litre ; chaque cuillerée à café d’alcoolature correspond environ à 5 grammes d’oignon.
- Les méridionaux font la cure simple, en dévorant l’oignon cru, imitons-les quand nous voudrons accroître l’activité de notre filtre rénal. Dr A- C.
- JteD
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Dispositif automatique pour la décantation des liquides tenant en suspension des particules très
- légères. — Très facile à construire avec les ressources du moindre laboratoire, l’appareil de MM. Freund, le dispositif se compose d’un petit flacon F flanquant le vase Y contenant du liquide à décanter. Le tout étant agencé comme le montre la figure ci-contre, en ouvrant doucement le robinet d’eau R, on provoque la sortie du liquide en S. Il suffit alors de fermer R pour provoquer une aspiration en Y par
- le tube coudé U qui, ainsi doucement amorcé, sert au siphonage décantant. Quand la décantation est achevée, on ouvre R en plein; il y a excès d’eau qui, ne pouvant s’écouler en S, passe en Y et sert à laver le précipité décanté. (Chemiker Zeitung.)
- Pour désodoriser un meuble imprégné d’une odeur ammoniaco-urinaire, un de nos lecteurs, M. Savary, conseille l’emploi du formol dont il a fait usage avec succès. Mettre le formol dans un récipient et le laisser s’évaporer de soi-même, au besoin vaporiser avec un vaporisateur de toilette.
- M. Savary a pu, par^ce moyen, désinfecter des objets imprégnés de triméthylamine. C’est dire la puissance de désinfection du formol.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Questions. — Un de nos abonnés nous demande quel est le mode de fabrication des billes de pierre ou marbre, qui servent de jouet aux enfants et où l’on pourrait se procurer le matériel nécessaire à cette fabrication. —- Un de nos abonnés de Roumanie nous demande de poser à la sagacité de nos amis le petit problème suivant : Quelle origine doit-on attribuer à la mode anglaise de ne pas couper le poisson avec un couteau; y a-t-il là une observation scientifique, comme pour le découpage des fruits (on le fait avec des
- couteaux en argent parce que les sucs acides attaquent rapidement l’acier) ? ou s’agit-il seulement de quelque snobisme ?
- Renseignements. — E. S., à Honfleur. — La pile en question paraît être simplement une pile Leclanehé, qui se trouve chez tous les électriciens.
- M. Ch. PetitMvenue de Messine, à Paris. —Nettoyage du marbre, dît plâtre. — Nous avons publié déjà de nombreuses ^recettes : vous les trouverez dans les Recettes M la Maison qui paraîtront sous peu dans la collection des recettes de La Nature.
- M. A. Ch., à Paris. — U n’est pas d’exemple, en France, qui puisse permettre d’affirmer que le traite-* ment des jus de tabacs ne titrant que 6 gr. de nicotine par litre soit susceptible de procurer une rémunération suffisante, la production quotidienne des jus, dans la
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- BOITE AUX LETTRES
- manufacture étrangère dont vous parlez, ne correspondant qu’à 42 à 48 kg de nicotine pure. En France, les manufactures de l’Etat livrent généralement des jus ordinaires dont la teneur en nicotine est de i5 à 20 gr. par litre, des jus renforcés à 4° gr- et des extraits titrés à 100 gr. Toute la question est de savoir si la manufacture étrangère pourrait avoir l’écoulement régulier de sa production quotidienne, et à quels usages serait destiné l’extrait de tabac ainsi produit ; enfin, à quel prix ce dernier serait vendu. Nous 11’avons pas d’indications à cet égard. D’autre part, l’extraction de la nicotine des jus de tabacs exige des appareils spéciaux, que l’on ne trouve pas dans le commerce en France, où la production des jus de tabacs est monopole d’Etat. Mais vous pourriez, en demandant l’autorisation préalable au Directeur des Manufactures de l'Etat, au Ministère des Finances, visiter la Manufacture de tabacs de Reuilly, près Paris, où vous puiseriez sans doute les renseignements de nature à vous éclairer sur cette question. Consultez aussi M. Schlœsing, Directeur de l’Ecole des tabacs, à Paris, et auteur d’un procédé perfectionné pour l’extraction de la nicotine des jus de tabacs, et M. Parenty, Directeur de la Manufacture de Lille, auteur du procédé d’extraction par le pétrole.
- M. le Dr Fedou, à Lavaur. — Taches de vin sur le linge. — La différence d’action entre coulage du cuvier et lessivage à la vapeur provient sûrement de la composition des lessives, car les lessiveuses à affusion donnent une action plus énergique que les cuviers. Dans certains cas, les cendres de bois pourraient être plus efficaces que les cristaux, parce que, outre leur carbonate sodique, surtout actif, elles contiennent d’autres sels détersifs (voy. le vol. Blanchissage, de Cbaplet, Masson, éditeur, 2 fr. 5o). Mais en employant une lessive genre Phénix, contenant du silicate et de la soude caustique, vous aurez plus d’effet qu’avec les cendres. — Confits d’oie. C’est la graisse qu’on emploie toujours. Impossible de vous fixer la dose, qui dépend de la forme du vase et de la grosseur des morceaux. On s’arrange pour que la viande baignée dans la graisse soit recouverte de 3 à 4 centimètres de graisse.
- M. P. Bagnol, à Guéret. — Yos déductions nous paraissent très justes : en écrivant sur du papier avec une solution de chlorate et en chauffant, on obtient des traits noirs parce que le papier s’est à cet endroit plus facilement carbonisé sous l’influence du sel.
- M. S. N. —Bien des moyens sont employés contre le rhume des foins, réussissant chez l’un, impuissants chez Fautre. Essayez les cautérisations galvaniques du nez, les prises de poudre de pollen (pharmacie Roberts, rue de la Paix), le remède nouveau conseillé récemment, les comprimés de kinectine.
- Un abonné, à Maxéville. — Fabrication de la chaux sans four. — Notre description fut faite d’après le travail de Groud publié dans la revue belge le Chimiste-Un tel procédé fut décrit aussi l’an dernier dans les chroniques de la Revue générale des Sciences. Mais vous ne trouverez là guère plus de détails que dans notre Supplément du n° ao63.
- M. Balquet, à Airvault. — Démoulage, de pseudopierres en béton. — Pour éviter les arrachements superficiels produits par l’adhérence du béton aux parois du moule, il suffit de bien badigeonner ce dernier avant emploi, à l’aide d’une solution de suif dans l’essence de térébenthine (Lecarme et Bied).
- M. L. H. P. — D’après M. Le Moult qui fut, en 1890, l’instigateur du procédé de destruction des vers blancs et des hannetons par la propagation, dans le sol, d’un champignon parasite voisin de Ylsaria densa, le Botrytis tenella — propagation qui se fait par les spores, communiquant la maladie aux larves saines — ce procédé serait d’une efficacité reconnue et aurait donné d’excellents résultats, notamment dans la Mayenne et l’Orne, à l’époque susdite. C’est aussi l’opinion qu’émit M. Léizour, professeur d’agriculture de la Mayenne, qui, à la suite d’essais en pleine terre, crut pouvoir affirmer « qu’il suffit d’introduire quelques vers contaminés, dans les champs envahis par les vers blancs, en ayant soin de les mettre en contact immédiat avec quelques vers sains, pour obtenir l'apidement la destruction de tous ceux qui existent dans le champ ». Les vers contaminés remontent d’abord à la surface du sol et ne se terrent à nouveau que s’ils sont sur le point de mourir; ils se colorent alors
- en rose très clair, le corps devient dur, se momifie et se couvre d’un duvet mycélien, et de filaments qui s’allongent et adhèrent au sol environnant. Théoriquement, la contamination n’est donc pas douteuse ; mais on doit à la vérité de dire que l’efficacité de la méthode de destruction est très controversée. Il serait donc bien difficile d’exprimer un avis ferme en ce qui concerne l’essai auquel vous vous êtes livré en 1892, et l’explication qui pourrait être donnée de la cause réelle de la disparition des vers blancs que vous avez constatée depuis bien des années, surtout si la disparition a été générale dans toute la région. Il se peut qu’elle soit due àla destruction à peu près complète, par dissémination des spores du Botrytis tenella, mais il se peut aussi qu’elle soit imputable à des causes saisonnières : descente des vers blancs dans les profondeurs du sol, par suite d’une humidité ou de chaleurs excessives ou des froids. Dans tous les cas, pour être fixé, il eût été utile, au moment de l’essai et pendant deux ou trois années consécutives, de fouiller le sol à une certaine profondeur pour y rechercher les vers momifiés, car on trouve les vers contaminés à des profondeurs variables, morts et entourés de la moisissure caractéristique, ou mourants et présentant tous les caractères de vers atteints par le Botrytis tenella, lorsque ce champignon parasite a produit son effet destructeur.
- M. E. IL, boulevard Beauséjour, à Paris. — Pour l’outillage (râpes mécaniques, cuves et toiles métalliques, séchoirs, etc.) et machinerie complète pour fécu-lerie de manioc, voyez aux adresses suivantes : P. Hérault, constructeur-mécanicien, 197, boulevard Voltaire, Paris; Ch. Touaillonfils, ingénieur-constructeur, 72, boulevard de. Sébastopol, Paris. Comme autre maison s'occupant spécialement de ce matériel, nous mentionnons également : Hubert Bœken et Cio, à Düren, province rhénane (Allemagne). Ces maisons peuvent fournir un devis pour l’installation d’une industrie du manioc. '
- M. L. B., à Saint-Hilaire. — Les papiers antias thma-tiques se préparent en imprégnant du papier non collé (papier à filtrer, papier buvard), comme on fait pour les papiers d’Arménie. Mais le bain aromatisant est préparé différemment. D’après Cerbeland, la plupart des papiers antiasthmatiques seraient préparés ainsi. Filtrer une décoction de x gr. opium, 10 gr. feuilles de belladone, 5 gr. feuilles de digitale, 5 gr. feuilles de datura et 10 gr. feuilles de coca (dans un litre d’eau). Ajouter 5o gr. eau dé laurier cerise et faire dissoudre 100 gr. nitrate de potasse. Verser finalement une solution de o gr. 5 menthol dans 3o gr. teinture de benjoin. C’est de cette mixtui’e qu’on imprègne les bandes de papier. Comme vous le voyez la formule est complexe, et il est plus pratique de se procurer le produit chez le pharmacien que de le préparer soi-même.
- Dr Lagorse, à Brive. — A) Règles à calculs pratiques pour opérations simples. Choisir tout simplement les modèles meilleur marché d’un constructeur séxdeux : Tavernier-Gravet, par exemple, 19, nie Mayet, Païus. B) Nous regrettons que vous n’ayez pu trouver le produit indiqué : ceci vient de ce que certains petits fabricants cessent tout à coup leur vente sans que naturellement nous puissions en êti-e avertis. C) Mei’ci de votre obsei'vation que nous tenons à communiquer de suite à nos lecteurs : Pour rendre un cadran de montre lumineux dans Vobscurité, s’assurer, avant d’appliquer l'enduit phosphorescent, que les aiguilles indicatrices sont bien larges pour faire taches visibles sur le fond irradiant.
- M.Ed. M,, à Vannes. A) Peroxyde de zinc h 20 pour 100 indique une peroxydation seulement partielle : le reste du produit étant de l’oxyde ordinaire à oxygène très stable. Wurtz ne mentionne pas le pimduit parce qu’il est relativement récent. Une étude complète fut publiée par de Keghel dans la Revue générale de Chimie du 3 novembre 1912. B) U oxyde de zinc passe pour adoucir l’épiderme et sert à préparer Un grand nombre de poudres « de riz » et pâtes pour beauté du teint. Mais, comme pour toutes les questions de ce genre, il est bien difficile d’avoir une certitude !
- M. A. C. Blanchepierre. — Pour avoir de la pierre lithographique, demandez à un spécialiste tel que Bou-zard, 10, boulevard de la Bastille, Paris, des déchets que vous pulvérisez finement. Ou plus simplement, tâchez de vous procux’er les débxds d’un vieux cliché chez quelque lithographe de votre région.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’opium en Perse : Maurice Dekobra. — Comparateur pour la mesure des clichés stellaires : Ch.-Ed. Guillaume. — Les maladies à trypanosomes des mammifères : René Merle. — La dernière éruption du Taal : V. Forbin. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Le port de Boulogne : R. Bonnin. — Réponse aux questions posées sur la baguette divinatoire : E.-A. Martel. — Un nouvel hydroplane de 800 chevaux : D. Renaud.
- Supplément. — Nécrologie : Darwin. — Prix Nobel : G. Dalon. — Enrichissement des phosphates pauvres. — L’épuisement du pétrole. — Le temps de la jeunesse chez les animaux. — L’empoisonnement par l’arnica.
- Applications de la télégraphie sans fil, par P. Jégou.
- 1 brochure, 66 p. Desl'orges, éditeur. Paris, 1912.
- M. Jégou expose comment se font les signaux horaires de la Tour Eiffel, et par quels moyens chacun peut les recevoir chez soi. Il étudie le problème de la T. S. F. en aéroplane, celui des radio-phares et indique un certain nombre de dispositifs pour éviter les bruits parasites dans les récepteurs. L’auteur a apporté à la T. S. F. la contribution de nombreux travaux personnels, ce qui augmente encore l’intérêt de cette brochure.
- Cinématique appliquée et mécanismes, par L. Jacob, directeur du Laboratoire central de la Marine. i vol. grand in-18 jésus, cartonné toile, de 4°° pages, avec 171 fig. (Encyclopédie scientifique). O. Doin et fils, éditeurs, 8, place de l’Odéon, Paris. 1912. Prix : 5 francs.
- L’étude des mécanismes est la base même de l’instruction de l’ingénieur et de l’inventeur. M. L. Jacob expose, selon une classification originale, l’essentiel de nos connaissances à ce sujet. Il fait une grande place à la méthode géométrique, si féconde, inaugurée par l’ingénieur Marbec.
- La Science des philosophes et l'art des thaumaturges dans l’antiquité, par A. de Rochas. 2? édition augmentée de documents inédits et accompagnée de 24 planches.
- 1 vol. 2Ô2 p. Dorbon aîné, éditeur, 19, boulevard Haussmann, Paris. Prix : 8 francs.
- Le colonel de Rochas, en étudiant les ressources que la science offrait aux thaumaturges de l’antiquité, a été conduit à écrire un captivant chapitre de l’histoire de la science antique : les notices historiques du présent livre résument l’évolution de la science depuis Pythagore jusqu’à la Renaissance. L’auteur insiste particulièrement sur Ctésibios, Philon, et surtout sur Héron d’Alexandrie : il donne la traduction complète des Pneumatiques de ce savant, ainsi que la table des matières de ses Mécaniques. Notons également un fragment des Pneumatiques de Philon de Byzance, la préface de Jean de Pêne ( 1555 ) à Y Optique d’Euclide, et les extraits des Philosophou-mena d’Origène.
- Céramique primitive, introduction à l’étude de la technologie, par L. Franciiet, in-8°, 160 p. et 26 fig. Geuthner édit., 1911. Prix : 6 fr.
- L’auteur indique les [bases fondamentales sur lesquelles doivent s’appuyer les recherches techniques relatives à la céramique des premiers âges.
- Après avoir décrit les argiles à poteries et la composition des pâtes des poteries anciennes, il étudie l’influence de la cuisson sur leurs éléments et montre (d’après les documents archéologiques et ethnographiques), les premiers procédés de façonnage à la main, au tour et au four, les matières décorantes, l’origine de la glaçure et celle des pâtes vitrifiées. Le tout en ce qui touche la fabrication des poteries préhistoriques, étrusquès, grecques, romaines ; africaines et sud-américaines ; égyptiennes et asiatiques.
- Utilisation du Ilaut-Rhône Français, éLude sur le projet de Génissiat, par la Commission d’Etudes du Projet de Génissiat (Avril, 1912, in-8°, 48 P- et 8 planches).
- Rapport de M. Bocliet, résumé d’une conférence de M. Lugeon, i3 mars 1912 à Zürich et observations du Comité d’études du projet du barrage de Génissiat sur le Rhône pour défendre ce projet contre les critiques dont il a été l’objet. Y. La Nature du 17 fév. 1912, n° 2021.
- Histologie physiologique de l'homme et des mammifères présentée en préparations microscopiques, avec texte et dessins explicatifs, par le professeur Sigmund. ire livraison : la peau, Cari Zeiss, édit., Paris, 1912. Prix i3 fr. 5o.
- Les traités d’histologie parus jusqu’à présent, quelque bien édités qu’ils soient, ne donnaient des tissus et des cellules que des dessins ou des photographies. Cette nouvelle publication présente une innovation importante. En effet, au texte et aux illustration sont jointes des préparations microscopiques qui permettent de se rendre compte des faits dans leur réalité et de les étudier dans tous leurs détails, sans aucune interprétation. Nous avons pu examiner les préparations relatives à la peau qui accompagnent le premier fascicule. Elles sont extrêmement bien faites, d’après les techniques les plus précises, fort claires et très bien choisies. Quand on connaît les difficultés et les lenteurs de telles préparations, ou ne peut qu’admirer celles qui sont aujourd’hui présentées au public ; elles rendront les plus grands services aux étudiants et aux naturalistes de toutes espèces et permettront à tous ceux qu’intéressent la structure et le fonctionnement de l’organisme d’acquérir sans peine et rapidement une connaissance précise, exacte de ses différentes parties.
- H almanach de la coopération pour 1910. 1 broch., 26 p., à l’Union coopérative des Sociétés françaises de consommation, 1, rue Christine, Paris. Prix : o fr. 3o.
- Il renferme des études sur les œuvres coopératives et sociales de France et à l’étranger (dus notamment à MM. de Boyve, Cernesson, Daudé-Bancel, Gide, Laurens, Mirus, Promer, Fr. Rochdale, etc.) et des documents statistiques très précieux.
- Elementi di astronomia, par Giovanni Bocgardi, Turin, Tip. del Collegio degli Artigianelli.
- Le savant directeur de l’observatoire de Turin est un professionnel érudit et compétent, ainsi qu’un professeur expérimenté et averti. Il devait être tenté, réunissant toutes ses qualités, d’écrire un ouvrage d’ensemble sur l’astronomie, clair, simple et pratique. Il y a réussi, là où tant d’autres avaient renoncé.
- Bans la première partie, l’auteur nous donne l’astronomie de position, débarrassée du fatras des formules : les points essentiels, capitaux, en vue des applications, avec des exemples et des modèles de calculs ; rejetant les développements théoriques et surabondants de la trigonométrie sphérique, G. Boc-cardi nous donne, au point de vue pratique et réel, les développements en séries simples, les formules différentielles, la résolution par approximations comme dans le cas de l’équation de Képler.
- La seconde' partie, consacrée à la Lune, est peut-être plus élégante encore : l’image géométrique et l’intuition dispensent de développements fastidieux ; plusieurs démonstrations d’un même point éclairent les divers aspects de la question. 1
- Ceux qui savent l’astronomie se réjouiront de voir exposer avec une pareille élégance des questions ardues; ceux qui veulent l’apprendre pourront s’initier facilement ainsi à d’importants problèmes qu’ils ne pouvaient encore connaître que de nom.
- En raison des fêtes du Jour de l’An, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : *20, Boulevard Saint-Germain, Paris (Yîe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2068. — II JANVIER 1913.
- SUPPLEMENT
- INFORMATIONS
- Qât,
- Salinité des océans. — Malgré les larges communications qu’ils ont entre eux, les océans ne sont pas tous également salés. L’Océan Indien contient 34 gr. 3 de sels par litre, l’Océan Pacifique 34 gr. 9, l’Océan Atlantique 35 gr. 4- La forte salinité de l’Atlantique est d’autant plus remarquable qu’il reçoit les plus grands fleuves du monde : Saint-Laurent, Mississipi, Orénoque, Amazone, Plata, Congo, et la plupart des fleuves européens, et que l’Océan Glacial Arctique lui apporte chaque année 20000 kilomètres cubes de glace. M. Woeïkof vient de donner (Petermanris Mitteilungen) une explication de cette anomalie. Observant que les continents qui bordent l’Atlantique ne présentent guère que des plaines sur son versant tandis que les hautes chaînes de montagnes sont généralement très éloignées de la côte, il en conclut que les vapeurs produites sur l’Atlantique se condensent et se précipitent loin de la mer et qu’une grande partie n’y retourne pas, soit qu’elles se perdent par évaporation, soit qu’elles s’écoulent vers des bassins fermés comme ceux de la Caspienne, de l’Asie centrale, du Sahara.
- Usine électrique utilisant une chute d’eau de 1200 mètres. — La Pacific Light and Power Corporation dont le siège social est à Los Angeles (Californie), projette une installation hydroélectrique qui comptera parmi les plus audacieuses qui soient au monde. Il s’agit d’utiliser les chutes du Big Creek, dans la Sierra Nevada, à 43o km environ de Los Angeles. La dénivellation utile du cours d’eau est de 1200 mètres et la puissance de l’usine sera de 100000 chevaux. Le courant électrique sera transporté à la tension de i5oooo volts jusqu’à Los Angeles.
- La fonte électrique. — Le traitement direct du minerai de fer par l’électricité pour l’obtention de la fonte se développe dans les pays de grande chute d’eau, notamment en Scandinavie. Six fours électriques sont actuellement en fonctionnement : un four de a5oo ch., à Trollhâttan (Suède). Un four de 35oo ch., à Domnarfvert (Suède). Deux fours de 3ooo ch., à Hag-fors (Suède). Un four de 35oo ch., à Hardanger (Norvège). Et un four de 3ooo ch., à Héroult, Shasta C°. (Cal.). En outre, les cinq fours suivants sont à peu près achevés : un four de 35oo ch., à Hardanger (Norvège). Trois fours de 3ooo ch., à Arendal (Norvège), et un four de a5oo ch., en Suisse. La puissance totale affectée à l’industrie sidérurgique est à présent de 3a 5oo ch. ; de plus, la Noble Electric Steel Company, de Héroult aux Etats-Unis, s’occupe d’établir des fours supplémentaires pour arriver à une production de ioo tonnes de fonte électrique par jour.
- L’industrie de l’oxygène. — L’oxygène trouve aujourd’hui un grand débouché dans le coupage et la soudure oxyacétyléniques et oxhydriques. C’est en Allemagne que ce gaz trouve ses plus grands débouchés : 4 millions de m5 en 1911, provenant de 3q usines où
- on le prépare par liquéfaction de l’air, et de 3 usines électrolytiques. La France vient ensuite avec 2 millions de m5, 9 usines par liquéfaction d’air, 3 usines électrolytiques. L’Angleterre utilise 1,1 million de m3, elle a 10 usines. Etats-Unis et Canada réunis absorbent 1,1 million de m5 et comptent 17 usines. L’Autriche-Hongrie, l’Italie consomment chacune 600000 m3. La consommation mondiale est de 10 millions de m5, le nombre d’usines de 147.
- Utilisation des eaux résiduaires des fabriques de pâte à papier. — Les usines qui produisent de la pâte de cellulose dite chimique, c’est-à-dire par l’action du bisulfite de calcium sur le bois, déversent dans les cours d’eau des eaux résiduaires qui causent les plus grands dommages. Elles empoisonnent les poissons et rendent l’eau imbuvable, aussi les usines de cellulose chimique ne peuvent prospérer sans trouble que dans des régions désertes. Or il semble qu’il serait possible de modifier cette situation. Les eaux en question contiennent en effet environ un tiers du bois utilisé pour la préparation de la pâte ; on a eu l’idée, au lieu de rejeter sans profit des eaux dangereuses pour autrui, de les utiliser pour la fabrication der l’alcool. Le procédé, dû à M. Ost, est le suivant : on cuit en autoclave à la température de 1200 en présence d’acide sulfurique concentré, on obtient ainsi de la dextrose fermentescible, que la fermentation transforme en alcool ordinaire. On obtiendrait ainsi 60 litres d’alcool à 100 pour 100, pour 100 mètres cubes d’eau résiduaire. Ce procédé est, paraît-il dès maintenant, appliqué en Suède.
- Électrification des chemins de fer Prussiens. —
- Pendant que, en France, la Compagnie du Midi procède à l’introduction de la traction électrique sur une importante fraction de son réseau pyrénéen, et que les chemins de fer de l’Etat poussent les études d’électrification des lignes de banlieue, en Allemagne l’Administration des chemins de fer Prussiens poursuit avec une grande activité d’importantes transformations du même genre. Dans ces derniers mois, la locomotive électrique a conquis chez nos voisins beaucoup de‘terrain. Après une série d’expériences qui ont duré de igo3 à 1907, les chemins de fer de l’Etat Prussien décidèrent en 1909 d’électrifier certaines sections de leurs grandes lignes, à savoir : la section Magdebourg-Leipzig-Halle longue de i54 kilomètres ; la ligne Laubau-Kônigszelt en Silésie, longue de 129 km ainsi que l’embranchement des Riesengebirge, long de x45 km. De plus, au commencement de 1911, une école pratique de traction électrique était fondée, afin d’initier le personnel au nouveau matériel. Elle fonctionne entre Dessau et Bitterfeld sur la ligne Magde-bourg-Leipzig. Le système de traction adopté est le courant monophasé à i5ooo volts. L’électrification sera achevée en 1914; 97 locomotives électriques et 145 automotrices seront mises en service. D’autre part, un pro-
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- INFORMATIONS
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- jet tendant à l’électrification de tons les chemins de fer de la banlieue de Berlin est actuellement soumis au Parlement Prussien. Il s’agit d’un réseau de 4°° km de lignes à double voie; de 27 km de simple voie, et de 125 km de lignes auxiliaires. La dépense prévue est de 155 millions de francs. La transformation pourrait être achevée en 1916. Elle se justifie par les mêmes raisons que l’électrification dans la banlieue parisienne : nécessité de faire face avec les lignes existantes à un trafic intense et toujours croissant; tâche devant laquelle la locomotive à vapeur s’avoue aujourd’hui impuissante.
- Statistique comparée des chemins de fer allemands :
- En 1880.
- 53. 645 kilomèi res
- Longueur totale............
- Capital engagé . . . .
- Nombre cl’cmployés. . . . Nombre d’ouvriers . . . . Nombre de locomotives . . Wagons pour voyageurs . . Marchandises transportées. .
- Voyageurs . •..............
- Recettes de ce dernier chef
- 8.800 millions de marcs. 129.215 155.343 10.869 19.929
- 165 millions de tonnes. 215 millions.
- 222 millions de marcs.
- En 1910.
- Longueur totale...........
- Capital engagé............
- Nombre d’employés. . . . Nombre d’ouvriers ....
- Nombre de locomotives . . Wagons pour voyageurs. . Marchandises transportées . Voyageurs. .......
- Recettes de ce dernier chef .
- 59.000 kilomètres.
- 17.300 millions de marcs. 281.783 418.588 27.157 57.644
- 575 millions de tonnes. 1.541 millions (7 fois plus). 820,9 millions de marcs.
- Le détail des recettes pour voyageurs se décompose comme suit*:
- lr0 classe .
- 2e — .
- 5° — .
- 4e — .
- 13,0 millions. 69 —
- 109 —
- 29 —
- (en 1880)
- 25.1 millions. 146 —
- 350 —
- 299,3 —
- (en 1910)
- La mortalité par les morsures de serpents dans l’Inde. —Le gouvernement des Indes, dans son rapport sur la destruction des animaux sauvages et la mortalité due aux carnivores et aux serpents pendant l’année 1911, mentionne un notable accroissement du nombre des décès causés par la morsure de ces derniers. En 1910 ils s’élevaient à 22478; cette année ils atteignent 24264. Le Bengale vient en tête de la liste avec un total de 9344 décès, une sérieuse augmentation dans le nombre des morts s’étant produite dans la région de Bhalgalpur par suite d’inondations qui déterminèrent l’émigration en masse des serpents des terres cultivées vers les villages. Nombre de décès causés par la morsure des serpents dans l’est du Bengale et de l’Assam peuvent être. attribués à la même cause, quoique la mortalité totale ait été en ces contrées inférieure à celle de 1910. Après le Bengale, c’est aux Provinces-Unies que revient la plus haute mortalité, le nombre de morts étant de 5761 alors que l’année précédente, il n’atteignit que 5436. Cependant, l’extermination des serpents venimeux fait des progrès dans la vaste péninsule : 172000 reptiles ont été tués en 1911, alors que le bilan de 1910 n’était monté qu’à 91 100. Cette augmentation est due aux sages mesures du nouveau vice-roi, lord Hardinge, qui a rétabli le système des primes. Il était temps d’agir, car les invasions de serpents venimeux avaient porté de nombreuses colonies d’agriculteurs à abandonner leurs champs. L’extermination des grands carnassiers a été poussée avec la même activité : de 19282 têtes en 1910, elle a passé en 1911 à 25 840, et l’on compte dans ce nombre 1426 tigres, 5352 léopards et 4a5i loups. Les fauves ont tué 1948 personnes et 91709 bovidés domestiques (en 1910, 2382 personnes et 93070 bovidés). Les serpents ont tué en 1911 10 533 bovidés (pour 10 990 en‘19x0). La même statistique indique que le traitement inventé par sir Lauder Brunton pour combattre les effets du venin a donné d’excellents résultats dans nombre de cas, mais elle n’enregistre cette information que sous réserve.
- Les insectes et la marée. — M. le professeur Houl-bert, dans un récent numéro d’Insecta, signale un fait intéressant observé par lui le i3 octobre dernier à Saint-
- Malo. La digue de Paramé se couvrit l’après-midi d’un très grand nombre de Coléoptères : coccinelles, staphy-linides, carabiques de petite taille, immobiles, les ailes étendues, à la surface des dalles, au soleil. On pouvait sans difficultés faire de nombreuses et intéressantes captures. Vers 4 heures, tous les insectes disparurent,, ne laissant comme traces de leur apparition que les nombreux cadavres des écrasés. Ce phénomène est bien connu des entomologistes et son explication est aisée : le 11 octobre avait lieu la grande marée d’automne; les insectes cachés dans les fissures des murs de la digue furent surpris par l’eau montant à une hauteur inaccoutumée ; trempés, les ailes mouillées, ils sortirent au premier rayon de soleil pour se sécher avant de.regagner leur demeure.
- Records de cornes. — A propos de la récente donation au British Muséum de la remarquable collection de cornes de M. A. O. Hume, The Field donne, pour diverses espèces de Ruminants, les plus grandes dimensions de la tête munie des cornes. Voici quelques-uns de
- ces chiffres :
- Shou (Cervus affinis)............................1 m. 40
- Cliiru (Panlholups hodgsoni......................0 m. 70
- Gazelle de Mongolie (Gazella gnlturosa)..........0 m. 40
- Yak (Bos grunniens)........................ 0 m. 97
- Cerf de Yarkand (Cervus yarcandensis)............1 m. 03
- Sambar (Cervus unicolor).........................1 m. 25
- Chilal (Cervus axis).............................0 m. 97
- Thamin {Cervus eldi)..................................lm.03
- Bezoard (Antilope bezoarlica)....................0 m. 76
- Gazelle de Yarkand (Gazella yarcandensis) .... 0 m. 42
- (Capt a falconeri)...............................1 m. 57
- Bouc sauvage du Sind (Copra hircus blylhi) . . . 1 m. 58
- Bliaral (Pseudoïs nahara)........................0 m 81
- Argnli-du Tliibet (Ovis ammon hodgsoni)..........1 m. 42
- Urial de Ladak (Ovis vignei).....................0 m. 97
- Urial de Khelat (0. vignei blanfordi)............0 m. 99
- Buffle indien (Bos bubaiis)......................1 m 40
- Le record appartient au mouton de Marco Polo dont la tête et les cornes atteignent la taille démesurée de 1 m. 925. Ces dimensions sont presque toutes beaucoup plus grandes que celles des ruminants de nos pays. On peut se demander l’avantage procuré par de tels ornements qui donnent à la tête un poids considérable. La question a été posée maintes fois sans être jamais résolue d’une manière satisfaisante.
- Le record des ballons-sondes. —- Un ballon enregistreur lancé, le 7 décembre dernier par l’Observatoire aérologique de Pavie a atteint l’altitude de 37 700 mètres. La température minima enregistrée a été de —56°,9 à la hauteur de 19780 mètres. L’inversion supérieure (stratosphère) fut trouvée à 12 385 mètres avec une température de — 55°,5. A la plus grande hauteur on enregistra une température de — 5x°,6 et une pression barométrique de 3 mm. Le ballon était en caoutchouc, diamètre : 1900 mm., avec parachute en soie. L'enregistreur était fourni par l’Observatoire de Trappes, du regretté M. Teisserçnc de Bort.
- Découverte d’un trésor en Russie. — Il y a quelques semaines, deux jeunes garçons trouvèrent par hasard dans un village du gouvernement de Poltava (Russie méridionale) un trésor précieux, enfoncé peu profondément dans la terre, lequel constitue une des plus belles collections d’orfèvrerie ancienne qui aient été retrouvées jusqu’ici. Ce trésor a pu être sauvé par les soins de la commission archéologique impériale et ne tardera pas à entrer au musée de l’Ermitage. M. Diehl vient de faire connaître à l’Académie des Inscriptions et belles letti'es les pièces principales qui le composent : vases et coupes d’or et d’argent relevés de sculptures en relief, vaisselle précieuse, bijoux, armes et harnachements de chevaux, plaques d’or non travaillées. Parmi ces objets, les uns se rattachent à l’art chrétien et certains peuvent remonter au quatrième et au cinquième siècle ; le plus grand nombre est d’art sassanide, par exemple la magnifique coupe d’argent au centre de laquelle figure un roi perse à cheval, Aucune pièce ne semble postérieure au milieu du septième siècle. Des monnaies d’or trouvées avec le trésor portent l’effigie de l’empereur Héraclius et de son fils (638-64i). Il est donc probable que ce trésor provient d’un de ces chefs nomades, qui erraient alors dans les steppes de la Russie méridionale et qui, plus d’une fois, se mirent au service des Perses pour ravager l’empire Byzantin.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *> 'Électricité
- Appareil avertisseur de fin de chargement pour
- les accumulateurs. — C’est un dispositif très simple : il utilise la pression du gaz qui se dégage lorsque la
- charge de l’accumulateur est achevée. Dans un tube en verre deux fois recourbé, on verse un peu de mercure; celui-ci poussé par ] a pression du gaz vient prendre contact avec l’extrémité de deux fils et ferme le circuit d’une sonnerie électrique. Un petit trou dans le tube laisse échapper le gaz quand la pression est seulement accidentelle (par exemple, provoquée par la poussée du bouchon, ou la dilatation du gaz chauffé). — Ce dispositif nous est communiqué par,M. Winguer, 70, rue Maghin, Liège.
- Articles de Bureau
- Répertoire-classeur Eldey. — Voici un petit classeur dont on ne saurait trop recommander l’usage. Il se place sur une table, ou même peut être fixé au mur, à côté de l’appareil téléphonique. Il a été imaginé, en effet, pour faciliter la recherché des numéros des abonnés avec lesquels on est le plus fréquemment appelé à entrer en conversation.
- Le classeur est un petit meuble vertical pourvu, à l’intérieur, de dix tablettes que l’on élève à volonté ; sur les planchettes, classées d’après leur ordre alphabétique sont distribuées, les unes au-dessous des autres, un nombre de fiches assez grand sur chacune desquelles on inscrit le nom d’un correspondant, son adresse et son numéro de téléphone. Dès qu’on veut l’appeler, il suffît de soulever la tablette portant la première lettre de son nom jusqu’à ce que le nom apparaisse. On a le numéro de l’abonné. Le grand avantage que présente ce répertoire-classeur réside dans cette particularité que la tablette reste soulevée aussi longtemps qu’on le désire. Si, pour une cause quelconque, l’abonné n’a pas répondu, on quitte le téléphone en laissant la tablette levée, la fiche de l’abonné demeurant la première apparente sur la tablette. On peut revenir cinq minutes ou une heure après, on retrouve le numéro de l’abonné instantanément sans avoir aie chercher de nouveau. Ce résultat est obtenu à l’aide d’un ressort fixé à l’intérieur du classeur et qui appuie de champ sur les tablettes. La seule pression de ce ressort suffit pour les maintenir dans la position que l’on désire. On construit des classeurs de 90, i5o et 3oo fiches. — L’inventeur est M. Louis David, 14 et 16, rue Planchât, à Paris.
- *> Photographie
- Virage par sulfuration. — Les images photographiques à tons bruns ou sépia sont généralement plus recherchées que les images noires, qui ont presque toujours une tendance à être plutôt grises que noires. MM. Lumière et Seyewetz ont récemment étudié la question du virage en brun au moyen des mélanges qui, en libérant le soufre à l’état naissant, transforment à chaud
- l’argent initial noir qui constitue l’image en un produit brun, sans teinter les blancs du papier (cette dernière condition n’est pas remplie par les virages à froid au moyen des sulfures alcalins).
- Comme virage à chaud, on emploie déjà depuis longtemps l’hyposulfite de soude et l’alun qui agit à la température de 8o°; cela nécessite évidemment une insolubilisation préalable de la gélatine de l’épreuve au moyen du formol ou de l’alun de chrome; il y a d’ailleurs d’autres inconvénients inhérents à un bain chaud.
- Les travaux de MM. Lumière et Seyewetz les ont amenés à produire la sulfuration à froid, sans teinter les blancs, en employant le soufre naissant à l’état colloïdal. La formule est la suivante :
- Eau...................................1000 c. c.
- Hyposulfite........................... 12S gr.
- Solution de dextrine à 5o pour 100. . . a5o c. c.
- Au moment de l’emploi on ajoute 5o c. c. d’acide chlorhydrique ordinaire.
- Le bain ainsi constitué est d’abord limpide, mais devient bientôt laiteux par suite de la présence du soufre qui reste en suspension sans se déposer même après plusieurs heures. On plonge dans ce bain pendant 20 ou 2Ô minutes les épreuves au gélatino-bromure ou au gélatino-chlorure. Elles ne semblent avoir subi, après ce temps, aucune modification; mais, lorsqu’on les lave à l’eau ordinaire, leur couleur vire peu à peu au brun et le ton définitif brun chaud que l’on recherche est obtenu après une heure et demie environ et lavage.
- Pour ceux qui ne voudraient pas préparer eux-mêmes le bain en question, on a mis dans le commerce, sous le nom de « virage sep » un mélange tout préparé qu’il suffit de dissoudre dans l’eau pour obtenir le bain de virage.
- *»> Jouets <.-<&
- Poot-ball de salon. — Voici un jeu de salon réellement nouveau et fort intéressant.
- Au centre d’une boîte carrée, dont le fond est constitué par quatre plans inclinés vers le centre, est montée une sorte de toupie dentée que l’on actionne à la main. Cette toupie est taillée dans une masse de bois assez volumineuse et suffisamment lourde pour conserver pendant quelque temps le mouvement de rotation qu’on lui communique. Elle tourne sur un axe fixe et ne se déplace nullement dans le jeu.
- Chaque plan incliné porte, près du bord de la boîte, deux alvéoles dans chacune desquelles on place une bille. De plus, à chaque angle, une petite coupe faite en fil de fer, reçoit une balle de caoutchouc. Les billes sont susceptibles de venir se loger dans des espaces numérotés 5, 10 et 15, limités dans des plates-bandes entourant le jeu,
- Foot-ball de salon.
- entre les plans inclinés et les bords, par conséquent. Mais une tringle empêche les balles de pénétrer dans ces sortes d’enclos. Par contre ces mêmes balles peuvent venir se loger dans les angles de la boîte, lesquels sont numérotés 3o.
- Lorsque l’on veut jouer, on met en place les billes et les quatre balles, puis une cinquième balle est mise sur la toupie. Cette toupie étant en rotation, la balle qu’elle porte est chassée par la force centrifuge ; projetée dans le jeu, elle atteint ou non une bille ou une balle et revient ainsi que les autres projectiles, au contact de la toupie. Celle-ci les chasse de nouveau pour les diriger sur d’autres billes et d’autres balles qui, à leur tour
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- prennent part à la danse générale. A moins qu’elles ne parviennent à se loger, les unes dans leurs cases numérotées des plates-bandes, les autres dans les angles du jeu. Lorsque la toupie s’arrête, le jeu s’éteint, on compte les points représentés par l’emplacement des billes et des balles et le joueur suivant lance la toupie à son tour après avoir remis le tout en place. On peut donc admettre autant de joueurs que l’on désire autour du foot-ball de salon; le gagnant est celui qui a obtenu le plus fort total de points. — L’inventeur est M. Yallé, 8, rue Thiers, à Boulogne-sur-Seine.
- Le joueur de billard. — Ce petit jouet automatique est d’un mécanisme très ingénieux, construit par des moyens rudimentaires qui le rendent très intéressant.
- Le joueur lance des billes avec la queue qu’il tient dans la main; celles-ci tombent dans l’un des trous qui terminent le billard et remontent ensuite se placer d’elles-mêmes devant la queue du joueur. Un mouvement d’horlogerie très simple (fig. ij, comme tous ceux qu’on em-l'ig. i. ploie pour ces sortes
- de jouets, met en mouvement un axe coudé chargé de tendre le ressort qui lance la queue en avant par un mouvement brusque dès que le levier auquel elle est reliée échappe. Dès qu’une bille est passée par l’un des trous du billard, elle tombe dans une gouttière inclinée (lig. a) qui l’amène au-dessus d’une vis sans fin où elle s’engage. Cette vis est constituée par un fil de fer enroulé en spirale et elle est mise en mouvement par un engrenage d’angle commandé par l’extrémité de l’axe coudé dont nous avons parlé plus haut.
- Arrivée au bout de sa course sur cette vis sans fin, la bille suit une légère dépression tracée sur le fond Fig. a.
- du billard et se
- trouve amenée en bonne place au moment précis où la queue va se déclancher pour la lancer. Il y a six billes diversement colorées pour que les joueurs en choisissent chacun une ; les trous du billard portent des points qui, additionnés, indiquent le gagnant. Les billes passent ainsi indéfiniment ; il suffit d’entretenir de temps en temps le remontage du mouvement d'horlogerie. — Chez M. Mathieu, 19, rue de Yalois, Paris.
- *_> Objets utiles
- Cloche réfrigérante. — C’est une cloche à double paroi, en terre d’alcarazas, et que l’on remplit d’eau par un orifice ménagé à la partie supérieure. L’eaü s’évapo-
- rant par les innombrables pores de la poterie, il en résulte un très notable abaissement de température. Yoilà donc un moyen très simple de protéger les aliments tout en les rafraîchissant. — L’objet est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix pour un diamètre de 10 centimètres : 1 fr. 90, port o fr. 85.
- Dessous de plat en amiante comprimé. — L’amiante est, on le sait, incombustible; c’est cette propriété qui est utilisée dans le dessous de plat. Celui-ci peut s’interposer entre un plat quelconque que l’on veut ré-
- chauffer et la flamme. On évite ainsi le bi-is presque inévitable qui résulterait d’un chauffage direct. Le même dessous de plat peut servir encore à protéger les fonds des casseroles, à mieux répartir sur eux la chaleur des flammes de réchaud, etc. — L’objet est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix : o fr. 45, port o fr. 25.
- Le piège à rongeurs « l’Oubliette ». — Ce piège est extrêmement simple; il nous paraît cependant des plus efficaces; car il a l’avantage d’être toujours prêt à saisir une nouvelle proie, même lorsqu’il a déjà fait une ou plusieurs victimes.
- L’Oubliette est un récipient rempli d’eau pure ou acidulée et fermé par une trappe à bascule. Sur cette trappe on dispose l’appât; on a soin d’en rendre l'accès facile. Le rongeur attiré par l’appât, grimpe sur la plate-forme traîtresse et est aussitôt englouti.
- Ce piège inventé par M. Gri-mault, de Chartres, est en vente chez R. Guyot, 54» rue d’Allemagne, Paris. Prix, modèle souricière : 3 fr. 45; modèle ratière : 4 fr. 95.
- **> Divers
- Brosse à monnaie. — On brosse ses vêtements, on époussette les meubles ; mais l’on ne songe guère à la propreté des pièces de monnaie qui circulent, cependant, bien souvent entre des mains douteuses. Les poussières qui restent ainsi attachées au métal sont des nids de microbes parfois dangereux.
- La brosse à monnaie, représentée ci-contre, remédiera dans une certaine mesure à cette situation. Elle est destinée aux commerçants et doit être fixée sur le
- comptoir. Toute pièce de monnaie donnée ou rendue passe d’abord sur la brosse. Libre à vous, donc, de la brosser sur ses deux faces avant de la renfermer dans votre bourse. Ajoutons que la brosse en question permet, même si l’on est ganté, de ramasser sa monnaie sans difficulté. — Elle est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg. Prix ; 8 francs (port o fr. 85).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Q*.,
- J AN VIER-FEVRIER-MARS 1913
- Les heures sont données en temps moyen légal compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L’équinoxe de printemps se produira, celle année, le 21 mars, à 5h i8m. Nos lecteurs savent qu’à cette époque de l’année, la durée des jours et des nuits est la même. Le Soleil remonte de l’hémisphère austral du ciel dans l’hémisphère nord.
- L’aclivité solaire a nettement présenté un minimum en 1912. Cette période de calme va-t-elle continuer, ou bien, comme on l’a constaté à la lin de l’année, les groupes un peu importants de taches solaires observés en décembre marquent-ils le début de la nouvelle phase d’activité solaire ?
- Il importe d’être fixés sur ce point, et des observations suivies sont indispensables. Le Soleil a une influence bien connue sur la vie terrestre, qui se ressent de ses variations d'activité. Nous pouvons dire que celles-ci nous intéressent directement, puisque la Terre entière y est soumise. Cette considération seule doit suffire pour faire poursuivre les observations de l'astre éblouissaut.
- IL — PLANÈTES
- Mercure traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne et du Yerseau. Il sera visible le matin au début de janvier, sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 12 février, et deviendra visible le soir. Il atteindra sa plus grande élongation le 11 mars, à i8°i3' à F Est du Soleil. On pourra le rechercher 5 ou 6 jours avant et après cette date.
- Diamètre de Mercure : le 6 janvier, 5^,7 ; le 5 février, 4",7 ; le 5 mars, 6",2; le 28 murs, 10",7.
- Le 11 janvier, Mercure sera en conjonction avec la planète Jupiter, à i5 heures, à o° i3' Sud. Ce phénomène sera difficilement observable, et une lunette montée équatorialement sera nécessaire pour trouver les deux astres.
- Vénus brille avec un magnifique éclat le soir, au coucher du Soleil. Sa lumière est si vive quelle porte ombre.
- Vénus traverse les constellations du Yerseau, des Poissons et du Bélier. Elle atteindra sa plus grande élongation, le 12 février, à 46° 43’ à l’Est du Soleil.
- Dans un petit instrument, une longue-vue, cette planète présente des phases analogues à celles de la Lune. Le 12 février, cette phase correspondra au premier quartier de notre satellite.
- Diamètre de Vénus : le 6 janvier, 17",4; le 5 février, 22",4; le 5 mars, 3i",i-; le 25 mars, 4<>,/>9-
- Vénus sera en conjonction avec la Lune, le 11 février, à 12 heures, à o°5i' Nord.
- Mars, plongé dans le rayonnement solaire, est inobservable.
- Jupiter, très bas sur l’horizon de Paris, dans la constellation du Sagittaire, est pratiquement inobservable. Il se lève, le 25 mars, à 2h38m. Diamètre équatorial, le 25 mars, 36",7.
- Saturne, dans le Taureau, est visible le soir. Il se couche, le 25 mars, à 23h 6m et on peut encore l’observer en de bonnes conditions pendant les trois premiers mois de l’année.
- Il sera en quadrature orientale le 16 février.
- Le système des anneaux s’ouvre de plus en plus, comme on peut le voir au tableau ci-dessous (hauteur de la Terre). Voici les principaux éléments de l’anneau :
- HAUTEUR HAUTEUR
- DE LA TERRE DU SOLEIL
- GRAND AXE PETIT AXE AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU
- DATES EXTÉRIEUR EXTÉRIEUR PLAN DE L’ANNEAU PLAN DE L’ANNEAU
- 8janv. 1913. il",6 18",2 — 24° b' — 25° 1'
- 1" février. . 42",8 17", 5 —24° S' —26° 0'
- b mars . . . 40",4 16",7 . —24° 29' —25° 21'
- Diamètre équatorial du globe de Saturne le 6 janvier, 2o'\3 ; le 5 février, 19",4; le 5 mars i8'',6.
- Une lunette de om,o4 seulement suffit pour deviner l’anneau. Mais un diamètre supérieur est nécessaire pour bien le distinguer.
- L’observation des quatre principaux satellites de cette
- planète peut être faite avec une lunette de om,io8. Mais pour les reconnaître parmi les étoiles, ce n’est pas chose facile, parce que, surtout actuellement, le système se présente à nous très obliquement.
- On y parviendra en connaissant d’avance leur position. Celle-ci sera obtenue facilement au moyen d’un schéma spécial, tel que celui publié par l'Annuaire astronomique de M. Flammarion, et de tables des élongations. Le schéma donne, en effet, l’aspect des orbites des satellites projetées sur le fond du ciel. Les orbites sont divisées en jours, à partir de l’élongation orientale. Comme les tables donnent l’époque de l’élongation orientale, d’après le nombre de jours écoulés depuis cette époque, on peut facilement placer un satellite donné.
- Uranus, dans le Capricorne, en conjonction avec le Soleil le 24 janvier, est inobservable.
- Neptune, dans la constellation des Gémeaux, très près du Cancer, sera en opposition le i5 janvier. De janvier à mars, il sera légèrement au-dessus du groupe formé par les étoiles 85 et 79 des Gémeaux.
- On peut trouver Neptune à l’aide d’une petite lunette, lorsqu’on connaît bien sa position sur le ciel d’après une carte très complète, telle que celle donnée par Y Annuaire astronomique pour 1913. Cette carte, dressée au moyen des grandes cartes d’Argelander, contient toutes les étoiles de la région jusqu’à la grandeur 9,5 environ. Il est donc facile, par une identification de proche en proche, en partant d’une étoile brillante, de trouver la planète.
- Si l’on dispose d’une monture équatoriale, la position suffira. Voici les coordonnées de Neptune pour les prochains mois :
- DATES
- 6 janvier. . b février. . b mars . .
- ASCENSION DROITE
- 7 h. 47 m.
- 7 h. 43 m.
- 7 h. 41 m.
- DIAMÈTRE
- DÉCLINAISON APPARENT
- + 20° 39' 2”,3
- -i- 20° 49' 2",3
- + 20° b6' 2",3
- Neptune est visible comme une étoile de 8e grandeur.
- Petites planètes. — On pourra rechercher Pallas, une des plus brillante des petites planètes situées entre les orbites de Mars et de Jupiter, en s’aidant de l’éphé-méride suivante :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 2 mars 1915 . lb h. 9 m. -t- 7° 31' 8,1
- 10 — 15 h. 11 m. -+- 9° 49' 8,0
- 18 — . . 15 h. 12 m. -i- 12° lb' S,0
- 26 - 15 h. 11 m. -+- 14° 43' 8,0
- L’opposition aura lieu le 23 avril. Pallas est la seconde, dans l’ordre des découvertes, de l’essaim des petites planètes. On en compte plus de 760 aujourd’hui.
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse totale de Lune. — Cette éclipse se produit le 22 mars. Elle sera invisible en France. Elle commencera à 9h 17“ et finira à i4h39m. Grandeur de l’éclipse 1,574, le diamètre de la Lune étant un. Le phénomène sera surtout visible des îles de l’Océanie.
- lu’Annuaire astronomique de M. Flammarion pour 1913 signale comme particularité très rare que, cette année, il y a trois éclipses de Soleil et deux de Lune, toutes invisibles en France et même en Europe.
- Conjonctions :
- Le b janvier, Mars en conjonction avec la Lune, à 20 li., à 4° 2b' K.
- Le 9 janvier, Mercure en conjonction avec Mars, à 20 li., à 0°46' N.
- Le 11 janvier, Venus en conjonction avec la Lune, à 11 h., à 1°28'X.
- Le 11 janvier, Mercure en conjonction avec Jupiter, à lb h., à 0°13' S.
- Le 13 janvier, Mars en conjonction avec Jupiter, à 22 h., à 0°47' S.
- Le 18 janvier, Saturne en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 6° 14' S.
- Le 2 lévrier, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 21 h., à 5° 17’ N.
- Le 3 février, Mars en conjonction avec la Lune, à 19 h., à 4° 15' N.
- Le 10 février, Vénus en conjonction avec la Lune, à 12 h., à 0° 51' N.
- Le 14 février, Saturne en conjonction avec la Lune, à 16 h., à 6°20' S.
- Le lb février, Mercure en conjonction avec t Verseau (4,3), à 3 li., à 0° 10' N.
- Le 2 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 15 li.. à 5° 22' N.
- Le 4 mars, Mars en conjonction avec la Lune, à 21 h., à 5° 19' N.
- Le 9 mars, Mercure en conjonction avec la Lune, à lb h., à 1° 29’ X.
- Le 11 mars, Vénus en conjonction avec la Lune, à 21 li., à 2° 1' K.
- Le 14 mars, Saturne ,cu conjonction avec la Lune, à 1 h., à 6° 23' S.
- Le 30 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 3 h., à b° 19' N.
- Le 51 mars, Uranus en conjonction avec la Lune, à 20 h., à 4° 0' X.
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- Occultations d’étoiles. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 9 janvier. . . cp Capricorne. 53 17 h. 46 m. 18 h. 47 m.
- 17 — Ç Bélier. 4,8 15 h. 21 m. 16 h. 27 m.
- 18 — . . . X Taureau. 5,3 21 h. 9 m. 22 h. 23 m.
- 20 — 49 Cocher. 5,1 22 li. 38 m. 23 h. 43 m.
- 21-22— . . c Gémeaux. 5,5 23 h. 26 m. 0 h. 38 m.
- 28 — a Vierge (L’Epi). 1,1 1 h. 5 m. 2 h. 10 m.
- 31 — . . 5347 B. A. C. 5,5 4 h. 16 m. 5 h. 12 m.
- 2 février. . . W Sagittaire. 4,3 6 h. 50 m* 7 h. 42 m.
- 17 — . . 47 Gémeaux. 5,6 . 23 h. 21 m. 25 h. 58 m.
- 21 — X Lion. 4.8 18 h. 13 ni. 19 h. 3 m.
- 26 — 212 t’iazzi XIV". 5,9 4 h. 50 ni. 5 h. 44 m.
- 27 — - . . b Scorpion. 4,7 4 h. 24 ni. 4 h. 44 m.
- 13 mars . . . Pléiades :
- 15 — . . 17 Taureau (Electre). 5,8 22 h. 1 m. Appulse à 1 ',5
- du bord.
- 15 — 23 Taureau (Mérope). 4,3 22 li. 7 m. 23 h. 2 m.
- 13 — Tj Taureau (Alcyone). 3,1 22 h. 47 m. 23 h. 25 m.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 13-14 — . 27 Taureau {Atins). 3,8 23 h. 20 ni. 0 li. 9 m.
- 15-14 — . 28Taureau (IHéione). 5,2 25 h. 26 m. 0 h. 7 m.
- 16 — . 1848 B. A! C. 5,6 1 !i. 20 m. 2 h. 9 m.
- 16 — . 49 Cocher. 5,1 16 h. 50 m. 17 h. 58 m.
- 16 — . 54 Cocher. 5,8 19 h. 11 m. 20 h. 4 m.
- 17 — . c Gémeaux. 5,5 20 h. 0 m. 20 h. 55 m.
- 25 — . a Vieuge (L’Epi). 1,1 20 h. 41 m. 21 h. 26 m.
- 24 — . 4531 B. A. C. 6,0 2 h. 50 m. 3 h. 46 m.
- Étoiles filantes. — Les 2 et 3 janvier, chute des
- Bootides. Radiant (3 Bouvier.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée) :
- 7 janvier (23" 3m); 10 (19" 52”); 28 (0h47“) ; 30 (21-57*“). — 2 février (18h26”) ; 19 (25"22“). — 14 mars (21" 56”) ; 17 (18" 45”).
- Em. Toucher.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Questions à nos lecteurs. — Un de nos lecteurs nous demande à quelles mesures métriques correspondent les mesures employées pour le numérotage des chaussures.
- Renseignement. — J. B. Stevens, Bruxelles. — Huiles pour transformateurs. : l’exposé le plus récent et le plus complet de cette question a paru dans la Lumière Electrique du 6 juillet 1912. 142, rue de Rennes, Paris.
- M. G. L. à Souzy. — Pour préserver les cultures des attaques des lapins de garenne et des lièvres, on emploie, effectivement, à l’aide de cordes imprégnées, non pas des produits de composition uniforme, mais des produits de
- composition variable, vendus dans le commerce sous des noms différents. Généralement, ces produits sont à base d’huile animale, huile de poisson, dégras, goudron et autres substances à odeur forte, repoussante. Nous ne connaissons pas la composition exacte de ces produits, composition que les vendeurs ne tiennent évidemment pas à indiquer, et nous ne croyons pas qu’il existe, quelque part, des indications à cet égard, sauf pour les cas où il s’agirait d’un procédé breveté, et où on pourrait connaître le numéro du brevet, faisant mention de la nature et de la proportion des substances employées. L’analyse d’un échantillon du produit serait, semble-t-il, le seul moyen d’être renseigné. Il résulte de ces considérations que nous ne pouvons dire si la fabrication de de ces sortes de produits est à la portée de tout le monde, et comment on doit procéder. A titre de simple indica-cation, nous donnons ces deux adresses ; Dautreville et Lebas, rue des Francs-Bourgeois, Paris; Floquet, à Aubervilliers (Seine), (lapinifuge).
- BIBLIOGRAPHIE
- aOL
- a*?
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Comment on pêche la sardine : Fabre-Domergue. — Les mouvements verticaux de la Tour Eiffel : Ch.-En. Guillaume. —Les parcs nationaux en France : E.-A. Martel. — Académie des sciences : Ch. de Vit.ledeuil. — L’industrie des tapis en Perse : Henri R. d’Allemagne.
- Supplément. — Nécrologie : G. Richard. — Météorologie de la France en 1911. — La comète Gale (1912 a). — Usine d’ozonisation de Saint-Petersbourg. — Percement du tunnel de Somport, vallée d’Aspe. — Les fumeurs de chanvre. — Les travaux du service des antiquités d’Egypte. — Le sucre de canne et le sucre de betterave. — La protection des oiseaux, etc.
- Forme, puissance et stabilité des poissons, par Frédéric Houssay. Im8°, 372 pages. Hermann et fils, 6, rue de la Sorbonne, Paris. Prix : 12 fr. 5o.
- M. Houssay a résolu de montrer avec rigueur sur un exemple net la façon dont le milieu extérieur modèle une forme animale donnée. Ayant fait choix des poissons pour sujet de son étude, il a entrepris de prouver que la résistance de l’eau était capable à elle seule de rendre compte de toutes les formes et de toutes les variétés que l’on trouve chez ces animaux, chacune étant exactement appropriée à une certaine vitesse, à laquelle aussi correspond une certaine résistance. M. Houssay passe incessamment de l’observation faite sur le vivant à l’expérience exécutée avec des modèles artificiels : marche des courants d’eau sur l’animal mobile étudiée à l’aide de fils de soie flottants fixés sur son corps, mesure de la puissance sur des poissons ingénieusement et simplement attelés, résistance à l’avancement des carènes de toutes sortes avec ou sans nageoires vibrantes, modifications des formes depuis les époques géologiques jusqu’à nos jours.
- Les champignons. Essai de classification, parle Dr Paul Vuillemin. Encyclopédie scientifique. O. Doin, éditeur. Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- L’auteur étudie les différents caractères des champignons, entendus au sens large et ne comprenant pas seulement les Basidiomycètes ou champignons à chapeau; il examine successivement les classifications discontinues basées sur la morphologie, celles continues basées sur l’évolution des formes, celles cytologiques et enfin les biologiques. Gela l’amène à étudier les problèmes de biologie relatifs aux champignons : structure, reproduction, mode de vie, etc. ; il le fait avec une grande compétence et donne de nombreuses et précieuses références bibliographiques.
- Carte topographique de VAsie-Mineure occidentale, par le Dr A. Philippson, au i/3ooooo° en 6 feuilles; feuilles 2 et 4 Gotha, Justus Perthes. Prix : 10 francs la livraison de 3 feuilles ; 6 fr. 25 la feuille isolée.
- Nous avons déjà fait l’éloge de cette belle carte qui représente un travail considérable dans un pays incomplètement connu et dont certaines parties demeurent d’accès difficiles. Les 2 nouvelles feuilles comprennent Brousse, Nicée, Kutahia, Afion-Kara-Hissar, Alaschéhir, Hiérapolis, toute une partie de l’Asie-Mineure importante par ses ruines antiques et traversée par la fameuse ligne de Bagdad. C’est un document géographique de la plus haute valeur (l’édition géologique de cette nouvelle carte, feuilles 1 et 3 a paru dans les Suppléments nos 167 et 172 des Petermann1 s Mitteilungen).
- Etude géologique sur le projet du barrage du Haui-Rhâne français à Génissiat, par M. Lugeon, Mémoire
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- BIBLIOGRAPHIE
- de la Soc. Géologique de France, 4° série, t. II, mémoire n° 8, in-40, i36 p. avec 38 fig. et planches. Paris, Société géologique, 20 août 1912.
- Important travail qui expose en détail les travaux de M. Lugeon sur cette question et notamment les intéressants sondages qu’il a exécutés à Génissiat. L’auteur continue à défendre énergiquement le projet de haut barrage en cet endroit du Rhône et à nier le rôle de la fissuration de l’écorce terrestre dans la formation des vallées.
- Résumé de la géologie des Pyrénées françaises, par L. Garez, (fig. dans le texte, une planche de coupe et six cartes en couleurs (Mémoire de la Société Géolog. de France, 4e série, t. II, n° 7, i5 mars, 1912, i32 p.).
- C’est le résumé du considérable ouvrage de Fauteur sur la géologie des Pyrénées françaises en 6 volumes. M. Carez donne un aperçu de l’histoire géologique de la chaîne et discute les théories différentes des siennes sur la structure des Pyrénées.
- Documents scientifiques de la MissionTilho, cartes n”s 4, 5, 6, 7.
- Annexe du tome ïer des documents relatifs à cette
- : importante publication. Il reste à publier la feuille 8, carte de Aïr.
- Le blé, par François et Pierre Berthault. In-16, 164 p-,
- , 93 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique.
- ; Paris, 1912. Prix : 1 fr. 5o.
- Etude très pratique et très claire de la culture du blé et de ses conditions les plus favorables : conditions climatériques, choix des variétés et des semences, soins d’entretien, maturation et récolte, rendements, maladies et altérations. Ce petit livre, le premier de la « Nouvelle Bibliothèque du cultivateur » fait bien augurer de cette nouvelle collection.
- La fenaison par les procédés modernes, par Tont Ballu. In-16, 156 p., 54 fig- Librairie agricole de la Maison Rustique. Paris, 1912. Prix : 1 fr. 5o.
- Les progrès du machinisme agricole ont une importance toute spéciale en ce qui concerne la fenaison. M. Tony Ballu étudie cette évolution et décrit les machines de fenaison, non pas au point de vue mécanique, mais uniquement au point de vue de leur emploi pratique et de leur travail.
- Les fonctions protectrices, parles D" Louis et Paul Murat. Maloine, édit. Paris, 1912. In-12, 199 p. Prix : 3 fr
- Les merveilles du corps humain, par les Dr9 Louis et Paul Murat. Pierre Téqui, éditeur, Paris, 1912. In-12, CXXXVIII, 752 p. Prix : 6 francs.
- Les auteurs trouvent dans les principales fonctions de l’organisme : système nerveux, circulation, respiration, digestion, organes des sens, processus de défense, la preuve que l’être humain n’est pas un pur mécanisme, mais bien qu’il est dû à une cause téléologique.
- Paysages d'Italie, par André Maurel, i vol. in-12. Paris, librairie Hachette et Cie, 79, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 fr. 5o.
- Dans cette suite aux Petites villes d'Italie l’auteur continue à faire connaître et apprécier de la plus séduisante manière tout le charme des innombrables coins d’Italie, qui ne sont pas encore gâtés par la cohue des touristes en caravanes. Ce volume traverse l’Ombrie et la Sabine de Volterra à Gaëte.
- Sur les confins du Maroc, d'Oudjda à Figuig, par Louis Rousselet, i vol. in-4°, Paris, Hachette et Gie, 79, boulevard Saint-Germain. Prix : broché, 3 francs.
- L’érudit géographe à qui l’on doit l’achèvement du grand dictionnaire de géographie universelle, et qui nous contait en 1875 les merveilles de l’Inde des Rajahs, nous conduit cette fois à la frontière à peine ouverte du Maroc et de l’Algérie. Les pages sur les grands chefs indigènes, la légion étrangère, les troupes noires et mauresques sont de la plus attrayante lecture.
- Agenda P. L. M. pour 1913, 3oo pages, cartes postales détachables et nombreuses illustrations. Prix : 1 fr. 5o.
- C’est le 3e volume de cette jolie collection, renfermant, outre les renseignements pratiques, des notices instructives sur les curiosités du réseau.
- The Childhood of Animais, par P. Chalmers Mitchell. In-4, 269 p., 36 fig., 12 pl. en couleurs. Heinemann, éditeur, Londres, 1912. Prix : relié, 10 sh.
- L’enfance des animaux fut le sujet d’une série de conférences adaptées à un jeune auditoire que l’auteur fit à la Royal Institution. Il les a réunies en cet ouvrage agréablement présenté et illustré, où l’on trouvera maints renseignements sur les métamorphoses des larves, la durée de la jeunesse, les couleurs et les ornements des petits, les soins d’élevage, la nourriture,l’apprivoisement, l’éducation des jeunes.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 23 décembre au 5 janvier. — Le 23. Dépressions sur le N. de l’Europe (Bodoe : 744 mm), sur l’Islande (747 mm). Pression élevée sur le S.-E. du continent. Pluies dans le W. de l’Europe. En France : Nice, 12 mm; Paris, 3. Temp. du matin : Haparanda, —8°; Berne,
- -—2; Paris, -j-1 ; Nantes, 2; Alger, 14; moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 2°,3). —Le 24. Dépression importante sur le N.-W. de l’Europe (Islande : 736 mm ; Yalentia : 743)- Pressions élevées dans le S. Pluies sur le N., le Centre et le W. En France : Cherbourg, i5 mm; Paris, 2. Temp. du matin : Uleaborg, —i5°; Paris et Clermont, —{— 7 ; Biarritz, 14 ; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 2°,3). — Le 25. La dépression de la veille s’étend vers l’E. et le S. (minima en Norvège et au large de la Bretagne). Pressions élevées dans le S. Pluies sur le N, et le W. En France : Cherbourg, 25 mm; Charleville, 9. Temp. du matin : Besançon; -j~ 7°; Paris, 10; Alger, i3; moyenne à Paris : io°,7 (normale : 2°,3). — Le 26. Dépression à l’E. de l’Irlande (Yalentia : 730 mm). Pression supérieure à 770 dans le S. Pluies sur le Centre et le W. En France : Gap, 20 mm; Charleville, 19; Paris, 7. Tempête sur la Manche et l’Océan. Temp. du matin : Arkhangel, —160; Lyoh, 4; Paris, 8 ; Nantes 11; moyenne à Paris : 8°,4 (normale ; 2°,2). — Le 27. Nouvelle dépression au large des Iles-Britanniques. Pression basse sur le Ni de FEii-rope, élevée sur le S. Pluies sur lé Centre et le W. Én France : Cherbourg, 34 mm; Besançon, i3; Paris, 3.
- du Bureau Central Météorologique.
- Temp. du matin : Berne, +5°; Paris, 8; Brest, 12; moyenne à Paris-: io°,6 (normale : 2",2). — Le 28. Vaste dépression sur le N. et le N.-E. de l’Europe (centre en Ecosse : 734). Pression élevée dans le S. Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 14 mm; Brest, 8. Temp. du matin : Haparanda, — 220; Moscou, + 1; Nancy, Paris et Nantes, 11; Biarritz, i5; moyenne à Paris : ii°,6 (normale 20,2). — Le 29. Pression reste basse sur le N.-W. de l’Europe et élevée sur le S. Pluies et neiges sur le N. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —70; Belfort, + 5 ; Paris, 6 ; Nantes, 11 ; Alger, i3 ; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 2°,i). —Le 3o. La pression se relève sur le W. de l’Europe. En France : 775 mm. Dépression sur la Scandinavie et au voisinage de l’Islande. Pluies sur le N. et le Centre. Temp. du matin .- Arkhangel, -—2i°; Paris, -j- 2; Marseille, 6; moyenne à Paris : 4°>2 (normale : 2°,i). — Le 3i. Pression supérieure à 770 sur le W. et le Centre de l'Europe. Dépression sur le N.-W. (îles Féroé : 732). Temp. du matin: Clermont-Ferrand, — 4°; Nantes, —1; Paris et Bordeaux, o; Marseille -f-5. —Le ior janvier 1913. Pluies en France : Perpignan, 42 mm; Cherbourg, 5; Lyon, 2. — Le 2. Pression basse sur le N.-W. de l’Europe. Minima sur l’extrême N. et près de l’Islande. Fortes pressions-sur le Centre et le S.-E. Pluies sur le W. et le S. En France : Perpignan, 27 mm; Brest, 2. Temp. du matin : Paris et Belfort, -(-4°; Lyon et Bordeaux, 6; Alger, 12; moyenne
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- à Paris : 5°,2 (normale : 2°,i). — Le 3. La dépression de la veille persiste sur l’Islande (Rejkjavik : 728 mm). Pression élevée sur le continent. Pluies sur le W. et le S. Temp. du matin : Belfort, o°; Paris, 4; Brest et Biarritz, 9; moyenne à Paris : 5°,9 (normale : 2°,i). — Le 4- Même situation barométrique que la veille. Pluies sur le N.-W. de l’Europe. En France : mont Aigonal, 45 mm; Brest, i3. Temp. du matin : Uléaborg, —io°; Lyon et Belfort, —1; Bordeaux, 4; Paris, 5; Marseille,
- 10; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 2°,i). -— Le 5. Pression inférieure à 760 sur le N. et le W. de l'Europe. Minima sur la Manche : Ouessant : 754) et l’Islande. Aire anticyclonique sur le Centre et l’E. (Kief : 77g). Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. Temp. du matin : Belfort, —3°; Paris, -f 6 ; Nantes, 8; Alger, 11; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 2°,i). — Phases de la Lune : Pleine lAine le 24, à 4 h. 39 m. du matin ; Dernier Quartier le 3o, à 8 h. 21 m. du soir.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES I>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 dcc. 1912. 0°,6 S. S. W. 2. Couvert. » Couv, ; gel. bl. ; brouill. jusq. apr. 18 b., de 6o m. à 8 h.
- Mardi 24 . 6°,6 S. W. 3. Nuageux. 5,4 Nuag. ; ]usq. 9 b. ; couv. eus. ; pl. de lh50 à 2h45 et de 17bo5 à 19h10.
- Mercredi 25 ... . 10°,0 S. W. 3. Couvert. 1,6 Couv. ; brume le m. ; pl. de 8h50 à 8b40 et de 20b50 à 2l''30.
- Jeudi 26 7°,8 S. 5. Couvert. 7,3 Couv. jusq. 15\ p. nuag. cns. ; pl. de 9b à 12h30 et de 14b50 à 15h10.
- Vendredi 27 ... . 7°, 5 W. 2. Couvert. 2,6 Couv. goût, à 7\ puis bruine; pl. de 9b30 à 15b30.
- Samedi 28 11°,2 S. W. 4. Couvert. )) Couvert.
- Dimanche 29. . . . 6°,2 S. S. W. 3. Peu nuageux. » Nuag. ; un peu de pluie fine à 12\
- Lundi 30 1°,7 S. W. 3. Beau. » Gelée blanche ; quelq. nuages.
- Mardi 31 0°,0 S. S: W. 2. Couvert. » Gelée blanche; brouill. le m. ; couvert.
- Merci’. l“r janv. 1913. — 0°,9 S. 1. Couvert. )) Gelée blanche ; très nuageux.
- Jeudi 2 . 4°,4 Calme. Couvert. » Rosée; brume; quelq. éclaircies.
- Vendredi 3 4°,0 S. S. W. 1. Couvert. 1,2 Rosée; brouill. : pl. de 10b25 à 45.
- Samedi 4 5°,4 S. 2. Couvert. » Couv. jusq. 121' : beau ensuite; brume.
- Dimanche 5. 5°,7 S. 3. Beau. 0,8 Beau le m. ; couv. le s. ; rosée ; goût, ou pl. de l U'oS à 18h35.
- DECEMBRE 1912, JANVIER 1913. — SEMAINES DU LUNDI 23 DECEMBRE 1912 AU DI MANCHE 5 JANVIER 1913.
- G MIDI G MIN G MIDI G MIN G. MlPL G G 6
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a labrt a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale , de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /so, Boulevard Saint-Germain, Tarit (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2069. — 18 JANVIER 1913
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Action de la pression dans le frottement contre la glace. — La facilité de glissement qui permet le patinage serait incompréhensible si l’on ne savait que, sous une pression suffisante, la glace se fond, et permet ainsi, en contact avec elle, de se mouvoir pour ainsi dire sur l’eau, qui assure une sorte de lubrification automatique. C’est, semble-t-il, James Thomson qui a proposé le premier cette explication, souvent répétée. On en avait eu une confirmation indirecte et par contraste dans cette constatation, faite par Amundsen, de la grande difficulté du glissement des traîneaux dans la neige très froide, où l’avancement s’effectue à peu près comme dans du sable; loin de la fusion naturelle, les pressions ordinaires sont trop faibles pour la provoquer, et la neige ou la glace se comportent comme les autres solides. M. Henry Morphy, de l’Université de Dublin, vient de soumettre le phénomène à quelques expériences directes, qui contribueront à l’élucider plus complètement. Un petit traîneau très léger était posé sur une surface bien unie de glace artificielle, maintenue à température constante à l’aide d’un bain réfrigérant. L’équipage étant au repos, on inclinait graduellement le vase contenant la glace, et on fixait aussi exactement que possible l’instant du démarrage. Celui-ci était assez précis pour qu’il ne régnât, sur la valeur de l’inclinaison limite, qu’une incertitude de l’ordre du demi-degré. Le traîneau était chargé de poids croissants, pour chacun desquels on déterminait l’inclinaison, Or voici le fait saillant des expériences de M. Morphy : jusqu’à une certaine valeur de la charge, l’inclinaison limite se maintenait constamment au voisinage de 20° ; puis, dès que cette valeur était dépassée, l'inclinaison tombait brusquement à 9°,3o'. C’était, vraisemblablement, le moment précis où la pression commençait la fusion de la glace, à la température de —5°,6o où elle était maintenue. Ces expériences présentent un intérêt suffisant pour être poursuivies dans des conditions variées, et notamment pour des températures 'diverses de la glace. La fusion et la regélation qui assurent l’écoulement lent des glaciers sont dues, comme on sait, au même phénomène, qui occupe, dans l’ordre naturel, une importance de premier ordre.
- La peau du lait. — D’après les recherches de M. Ch. Porcher de Lyon, la peau qui se forme sur le lait à la cuisson, s’explique, comme suit : par l’élévation de température, le caséinate de chaux qui se trouve normalement dans le lait, est dissocié et la chaux, mise en liberté, s’unit rapidement à l’acide carbonique de l’air. Il se forme une pellicule de carbonate calcique qui sert de support à la çaséine insolubilisée, à de l’albumine coagulée et enfin à de la graisse. L’albumine et la graisse ne jouent ici qu’un rôle accessoire.
- Sur deux sources de gaz inflammables découvertes sur le territoire de Pîse. — On sait que des
- gaz inflammables peuvent se dégager de divers régions souterraines, souvent situées dans les voisinages des mines de pétrole ou de charbon. En effectuant des trous de sondage à 18 et 27 mètres dans le territoire de Pise, on a recueilli un gaz qui y existait sous la pression de deux atmosphères et qui possédait la composition suivante :
- Acide carbonique ....... 3,9
- Oxyde de carbone............... o,5
- Méthane'. .....................80,7
- Carbures éthyléniques.......... 0,9
- Oxygène...................... 1,3
- Azote.......................... 8,0
- Ethane......................... 5,9
- et renfermant par conséquent près de 90 pour 100 de gaz combustibles.
- L’enregistrement des signaux radiotélégraphi-ques. — Etant donné l’infime quantité d’énergie développée dans les signaux radiotélégraphiques que perçoivent les postes récepteurs de télégraphie sans fil, l’enregistrement des signaux est un problème très délicat et qui relève de la physique de haute précision. Depuis quelque temps, M. Abi’aham procède à la Tour Eiffel à des expériences très intéressantes à cet égard. L’appareil enregistreur est un milliampèremètre spécial construit par M. Carpentier. Il est à cadre mobile dans le champ d’un puissant électro-aimant, et dérive directement du siphon-recorder imaginé par lord Kelvin pour la télégraphie par câbles sous-marins. Ici l'inscription s’obtient avec une plume, ou mieux en munissant le cadre mobile d’un miroir qui projette un point lumineux mobile sur une bande de papier photographique. On obtient ainsi des photogrammes qui se prêtent à des observations d’une grande précision. On peut par ce moyen arriver notamment à l’enregistrement automatique des signaux horaires.
- La télégraphie sans fil au Congo belge.— L’organisation radio-télégraphique du Congo belge est l’objet de l’attention toute particulière du roi Albert de Belgique. En février ign, une expédition fut chargée des travaux préparatoires relatifs à l’installation de postes entre Borna et le territoire du Katanga. C’est à la suite du rapport établi que fut décidé l’établissement d une communication double entre Banana et Elisabethville. Lés postes intermédiaires, remplissant les fonctions de relais, seront disposés le long du Congo, du Kassaï et du Saukuru. Ce réseau comporte actuellement les stations suivantes : Banana, Borna, Léopoldville, Coquîl-hatville, Lissala, Stanley ville, Lowa, Kindu, Kongolo, Kikondja, Elisabethville et Lusambo. Lorsque ce réseau sera terminé, l’Etat indépendant du Congo disposera des communications suivantes : Banana-Boma (80 km), qui est déjà en exploitation depuis 1911; de plus, Borna communique avec les navii’es en mer; Boma-Léopold-ville (43a km). Ces deux stations sont reliées par nue
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- INFORMATIONS
- voie ferrée depuis 1898 et par une ligne télégraphique; de plus, Léopoldville est en relation avec la station française de Brazzaville, située à 2,5 km, sur la rive droite du Congo, Léopoldville est encore relié à Coquilhat-ville, .depuis 1899, par une ligne télégraphique qui sera ainsi complétée par la T. S. F, ; Coquilhatville Slanley-ville (Sookm), avec poste intermédiaire à Lissala; Stan-îeyville est relié par une ligne télégraphique de iu5 km avec Ponthierville et par T. S. F. avec Lova et Kindu (5oo km); Kindu-Kongolo (35o km), déjà reliés par une ligne ordinaire; Kongolo-Kikondja-Elisabethville, et enfin, sur le Sankuru, la station de Lusambo qui pourra entrer en relations avec différents postes du réseau, De plus, ce réseau principal sera complété par des lignes télégraphiques secondaires, comme celles de Boma-Lukula et Kasongo-Uriva (426 km). Ainsi sera réalisée la communication x-adio-télégraphique Boma-Lac de Tanganyka que l'on avait tenté de réaliser par les moyens ordinaires et dont les difficultés de pose de conducteurs avaient .causé l’abandon. La longueur totale des communications à l'intérieur du Congo belge s’élèvera a plus de 5ooo km dont 2000 faites de lignes terrestres. On compte environ i3oooo francs de frais pour l’installation de ehacuue des stations qui communiqueront également avec tous les navires du Congo et seront employées pour les opérations géodésiques. Quant aux heures de service, il est utile d’observer qu elles ont été fixées entre 6 heures et 11 heures du matin, en raison des perturbations atmosphériques qui se produisent pendant la journée ; on a remarqué, en effet, que l'intensité des signaux devient trop faible après 11 heures. Enfin, cet important réseau sera en communication directe par l'intermédiaire du poste de Borna, avec une station de grande puissance que l’on construit actuellement à Laeken.
- Contre les accidents de chemin de fer. — Nous 11’apprendrons rien à nos lecteurs en rappelant que les Etats-Unis sont le pays du monde dont les chemius de fer tuent ou blessent le plus grand nombre de personnes. Ce qui est nouveau, c’est le remède apporté à cette plaie nationale par une Compagnie d’importance secondaire dont le réseau avait été jusqu’à l’année 1910 particulièrement meurtrier, pour les employés comme pour les voyageurs; Las de payer à ses victimes ou à leurs familles des indemnités dont le montant grossissait d’année en année, le Chicago-and-North-Western-Railway prit à son service un homme doué de l’esprit d’organisation, et lui coufia la mission d’humaniser son réseau. Il lui laissait carte blanche et, au lieu de lui donner de gros appointements, promettait de lui abandonner pendant un intervalle de plusieurs années l’économie que la Compagnie réaliserait sur son compte-indemnités par rapport au bilan de 1910. M. Ralph C. Richards commença par organiser des « comités de salut public » dans lesquels il fit entrer des ingénieurs et chefs de service, des employés et ouvriers, et il les exhorta à inspecter constamment et minutieusement la voie et le matériel roulant, et à signaler par écrit les défauts de consti'uclion et les conditions de travail qui leur paraîtraient de nature à engendrer des accidents. Ces inspections s’accomplissaient durant les heures de travail, c’est-à-dire aux frais de la Compagnie. Puis, M. Richards s’efforça d’inculquer aux employés de la voie et de la traction des principes de sagesse et, pour atteindre ce résultat, il organisa une véritable obsession. Pancartes accrochées dans les dépôts de matériel roulant, affiches apposées dans les cantines et les vestiaires, feuille volante épinglée au chèque représentant la paie mensuelle, tout lui était bon pour remettre les mêmes phrases sous les yeux des intéressés. Nous citerons ici les plus typiques : « Souvenez-vous qu’il vaut mieux provoquer un retard que causer un accident. » « Mieux vaut être vigilant qu’estropié. » « Chaque fois qu’un employé est tué ou blessé, c’est une famille plongée dans le chagrin. Et il faut le remplacer par un homme inexpérimenté, d’où une augmentation de risques de mort ou de blessure pour les autres employés, » « Le plus grave danger pour un bon employé, c’est de travailler en compagnie d’un employé négligent. » Ce système eut des résultats très satisfaisants; le 3o avril 1912, seize mois après son application, on put constater une remarquable diminution dans le nombre des accidents, par rapport aux 16 mois précédents, le nombre des morts avait diminué de 107, et celui des blessés, de
- 8996. Dans certains cas, le taux de diminution fut inouï; 53 pour 100 pour les employés de train tués ; 5o pour ioo pour les employés de gare tués; 44 pour 100 pour les employés de train blessés; 43 pour 100 pour les employés de la voie blessés; 42 pour 100 pour les voyageurs tués. L’exemple donné par cette Compagnie de second ordre a fait école, et le système de M. Richards est désormais appliqué sur les réseaux des plus puissantes Compagnies, comme la Pennsylvania, le New-York Central, le Baltiinore-et-Chio.
- Puissance de multiplication des mouches. — La
- Nature a parlé récemment (n° 2062) de l’énorme puissance de multiplication d’un infusoire dont les générations de cinq années, si tlles avaient pu être toutes rassemblées au même moment, auraient occupé dix mille fois le volume de la terre. Nous trouvons dans un ouvrage tout récent, Destruction des parasites, de MM. François et Rousset, des nombres bien plus-formidables relatifs à la mouche domestique. D'après les observations et les calculs du professeur L.-O.Tloward, la mouche pond quatre paquets de 120 œufs qui se développent en une dizaine de jours ; par conséquent une seule mouche apparue le Ier juin serait devenue à la fin de septembre, si tous les œufs s’étaient, développés et si aucun descendant n’était détruit :
- iCT juin ................................ 1
- 10 — 480 fois plus ou............. 480
- 20 — — 47.800
- 3o —- — ............ 6.912 000
- 10 juillet — ............ 869 440 000
- 20 — — 84.252.800.000
- soit, en continuant les calculs jusqu’à la fin de septembre, 84.724.977.2.42 880.000.000.000.000mouches. Une mouche ayant envirou 5 millimètres de long, la famille, au bout de ces 4 mois, alignée en une seule file, occuperait 20.000.000.000.000.000 ooo.ooo kilomètres soit un tcilliou de fois le tour de la terre. Heureusement que les mouches ont des malheurs!
- Grottes ornées du Soudan. — Dans le Sahel soudanais, entre Kayès et Tombouctou, M. Frantz de Zeltner a découvert, principalement dans la haute vallée du Sénégal, de nombreuses grottes ornées de peintures et gravures rappelant celles du Sahara, de l'Afrique du Sud et même des cavernes de France et d Espagne. Beaucoup de dessins sont relevés d’ocre rouge ; ils représentent assez grossièrement des hommes et des chevaux, ainsi que des signes fort énigmatiques; des silhouettes de mains rappellent celles de la grotte de Gargas, des lignes barbelées sont analogues à ce qu'on a trouvé sur lès parois des grotles de Niaux et d'Alta-mira. Enfin, on observe aussi quelques figures d animaux, On ne sait rien de l’âge ni de l'objet de toutes ces représentations, que les indigènes actuels considèrent comme anciennes, mais sans s’y intéresser aucunement. (Voir Fr. de Zeltner. Mission dans le Sahel soudanais. Paris. Imprimerie Nationale, 1912.)
- Exposition automobile à Alger. —- L’Automobile-Club d’Algérie organise, du 22 mars au i5 avril 19>3, une exposition internationale d’automobiles et de moteurs industriels et agricoles.
- Les automobiles en France. Il existait en France an début de 19x2 : 76771 automobiles ordinaires et 12414 de louage. Il faut encore ajouter à ce total : 28 6 il motocyi-lettes. Les autos non de louage se répartissent en 49616 voitures de 12 chevaux, au maximum, et 27 155 voitures de plus de 12 chevaux. Rnppelons qu’en 1902 il y avait en France 9207 automobiles seulement En 19x1, on en comptait 64209 (voitures de louage non comprises). Il y a donc eu en 1912 une augmentation de plus de 12 000 unités. Notons que les exportations ont atteint le chiffre de 162 43o 000 francs et les importations 11574000 francs. Le département de la Seine à lui seul compte i3 38p autos. Après lui, viennent Seine-et-Oise avec 3299; Je Nord avec 2785.
- L’invention du film cinématographique — La justice américaine vient de trancher judiciairemant la question de la paternité du film cinématographique. Cette paternité était revendiquée par Edison. Le tribunal américain la lui refuse et l’attribue à Eastmann. La contribution d Edison dans le cinéma réside dans le dispositif d entrai entent dit film; mais le film lui-même n’est pas de son invention.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- g«. Mécanique
- Le boulon indéréglable C. E. R. — On vient de nous signaler un nouveau sysièine de boulon indesserrable dit « boulon indérégable C. E. R. »
- Dans ce système (voy. fig. ci-contre) le filetage du ‘boulon est partiellement interrompu sur une certaine longueur et suivant deux génératrices diamétralement •opposées, par une rainure formant une gorge peu profonde de section en arc de cercle. L écrou, en fer spécial légèrement malléable, présente à sa partie supérieure une collerette dont le diamètre intérieur, non taraudé,
- Le boulon C. E. R. Le matage de la collerette.
- est très légèrement supérieur au diamètre de la partie liletée du boulon.
- Lorsque le serrage de l’écrou est complètement obtenu à l aide de la clé, on donne un coup de matoir sur la collerette de manière à lui faire épouser le fond de la rainure pratiquée sur le filetage; ou peut répéter l’opération sur la rainure diamétralement opposée car la solidarité de l’écrou et du boulon s en trouvera considérablement augmentée, mais ce u’est pas absolument indispensable. Il est évident, que l'opération ainsi effectuée rend impossible tout retour en arrière de l’écrou et qu’un serrage immuable se trouve parfaitement réalisé.
- Tout le monde sait cependant que, par suite des trépidations, des matages peuvent se produire sur les filets ou entre les pièces assemblées par les boulons, et que, s’il s’agit de pièces en bois, la dessiccation donne lieu à une diminution d épaisseur de ces pièces. Il en résulte en fait un desserrage sans que l’écrou ait cependant fait le moindre retour en arrière. Avec l’écrou G. E. R. il suffit d’opérer alors un resserrage à l’aide d’une clé; les enfoncements de la collerette s’effacent sans difficulté en raison de la malléabilité du métal constituant l'écrou; le serrage convenable étant de nouveau réalisé, un coup de matoir sur la collerette au droit des deux rainures fixe l'écrou dans sa nouvelle position.
- La pose de 1 écrou C. E. R. est simple et rapide; pas de goupille, pas de contre-écrou. Son emploi ne doit pas rencontrer de résistance sérieuse de la part des ouvriers parfois hostiles aux innovations qui modifient leurs habitudes de travail. Les récents essais qui en ont été faits par de grandes administrations ont été satisfaisants et l’on peut penser qu’il sera apprécié dans les nombreuses branches d’industrie où la fixité des boulons est particulièrement désirable. — Société des boulons indéréglables C. E. R., 56, rue de Londres, à Paris.
- L’anti-cambrioleur. — C'est un petit appareil fort simple, peu coûteux, d’un fonctionnement sûr, destiné à signaler par une sonnerie bruyante, capable de réveiller le dormeur le plus résolu, toute tentative d'effraction.
- Il comporte un support que I on visse contre le cadre de la porte ou fenêtre à protéger. A ce support est reliée une cuvette qui dissimule un mécanisme de commande de marteau, susceptible de venir, sous l’action
- Coupe du bouton
- pendant le matage de la collerette.
- d’un ressort-moteur, frapper à coups redoublés la cloche qui recouvre ledit mécanisme.
- Le problème à résoudre était de maintenir le ressort tendu tant que la porte est fermée, et de le libérer dès qu’on entrouvre celle-ci. Ce rôle est assuré par
- l’étoile ABC. Dans la position de fermeture, elle maintient immobile le marteau frappeur; mais si on l’écarte de cette position, le marteau et par suite le ressort qui le commande sont libérés de tout obstacle, et la sonnerie résonne jusqu’à ce que le ressort soit complètement détendu. Le remontage se fait en tournant en sens convenable la cloche. — Cet avertisseur a été inventé et est construit par M. Humbert, 117, Grande-Rue, Besançon. Prix ; 4 fr. 95 ; par poste, 0 fr. 3o en sus.
- Photographie ‘3vt§£
- Montage du double tirage sur un appareil à simple tirage. — Voici un dispositif très simple (un amateur un peu habile le construira facilement) permettant de transformer à volonté un appareil dit « Folding » ou une jumelle à simple tirage et à objectif double symé-
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- Fig. 1. — Vuo d’ensemble du dispositif; son montage à la suite d’un appareil photographique.
- .)
- trique en un autre à double tirage. Il nous est indiqué par M. R. Barthe. Le dédoublement de la lentille arrière permet, comme on sait, d’obtenir une image très agrandie, et, par suite, de photographier avec profit des objets très éloignés.
- Pour le réaliser, on se procurera un cadre de verre dépoli A et un soufflet conique B correspondant à la dimension de l’appareil. (Le cadre A peut aussi être fait aisément en une seule pièce M.) Puis on fabriquera un
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- autre cadre en bois, C, identique à celui d’un « Folding », mais ayant seulement i5 mm d’épaisseur.
- L’appareil étant au point sur l’infini, on enlèvera la lentille avant, et, visant un objet très éloigné, on mesurera la distance d séparant le cadre de l’appareil du verre dépoli, pour que l’image soit nette à pleine ouverture sur celui-ci. Le soufflet sera collé aux cadres A et C, ceux-ci étant reliés entre eux par des crochets ('Ilg. x et 3) découpés dans de la tôle épaisse, ayant la forme indiquée fig. 3. Les extrémités Fj et IL devront être moins éloignées entre elles que les extrémités D pour empêcher le décen-trement vertical de C par rapport à A, le crochet G empêchera le décentrement F: et F2 seront maintenues rapprochées ressort H, dont l’extrémité I, mobile et recourbée, s’engagera à volonté dans une encoche pratiquée dans le crochet.
- La longueur x des crochets est facilement calcixlable en fonction de r et d :
- x = yV2 -f- d -
- (Pour un 9 X 12, on prendra r=3- cm).
- De petits crochets K et L maintiendront le tout fermé.
- Fig. 3. — Crochet reliant le soufllet aux cadres A et C.
- Fig. \. — Le cadre A en verre dépoli.
- fl
- ,3 4
- L'ensemble, replié, ne tiendra pas plus de place que 6 châssis métalliques minces, et, mis à la suite de l’appareil, formera un bloc compact avec celui-ci.
- Virage au platine. — On obtient avec certains papiers de très jolis tons par le virage au platine ; 1 emploi de ce métal est assez courant mais les formules sont tx'ès variables. C’est le chloroplatinite de potassium qui est le plus souvent utilisé, mais son action ne se fait sentir sur les épreuves à virer qu’à condition d’introduire un acide dans le bain. C’est sur cet acide que les auteurs ne sont pas d’accord et c’est lui qui donne lieu à des formules variées. MM. Lumière et Seyewetz ont entrepris une étude très approfondie de la question en faisant des essais méthodiques d’une grande variété d’acides minéraux et oi'ganiques. Ils sont arrivés aux conclusions suivantes : la conservation des bains est assurée aussi bien à la lumière qu’à l’obscurité par l emploi des acides sulfurique, chlorhydrique, nitrique, phosphorique et lactique. Par contre les bains s’altèrent rapidement avec les acides borique, acétique, oxalique, et surtout formique.
- Tous les acides suivants : sulfurique, nitrique, phos-phorique, citrique et lactique donnent de beaux tons noirs et les blancs restent très purs.
- En résumé il n’y a pas avantage, contrairement à ce qu’on a recommandé autrefois, à employer des acides organiques plutôt que des acides minéraux et il y a tout intérêt, au point de vue de la conservation du bain et de la facilité d’emploi, à utiliser l’acide sulfurique.
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- Fig. 2. — Détail de l’ajustage d'un crochet sur le cadre A.
- horizontal de C, au moyen d’un
- "Electricité
- Chauffe-lit électrique.,— Un de nos abonnés, M. Pe-rard, de Meaux, nous indique un moyen simple et peu coûteux pour fabriquer soi-même un chauffe-lit élecv trique fonctionnant parfaitement.
- La chaleur est fournie simplement par une ampoule de 5 bougies à filament de charbon de la forme dite « flamme » ou cylindrique, qui remplace la résistance employée par les constructeurs.
- On place cette ampoule dans une vieille boîte à conserve de forme cylindrique, de la grosseur d’une bouteille à bordeaux. On cale l’ampoule et on l’isole avec du gravier bien sec. On garnit les contacts et les
- fils de prise de courant avec de la cordelette d’amiante. Enfin l’on ferme la boite avec un disque de bois blanc percé au centre d’un trou pour le passage des fils. Ceux-ci aboutissent à une prise de courant quelconque.
- Ce petit appareil recouvert d’une housse en flanelle a très bon aspect, et il est difficile de se douter de la simplicité des moyens employés.
- Au bout de 10 à i5 minutes, le cylindre est très suffisamment chaud pour l’usage auquel il est destiné. La consommation est de i5 watts à l’heure. C’est fort peu de chose. Quant au prix de ce chauffe-lit ultra-moderne, il ne dépasse pas 2 à 3 francs. On pourra constituer tout aussi simplement une chaufferette.
- Le radio-pocket, récepteur d’ondes de T. S. F. — Le nombre d’amateurs qui installent chez eux de petites stations réceptrices de T. S. F. augmente chaque jour. Nombreux aussi sont les appareils qui leur sont offerts et nous avons déjà eu l’oc- ^ T
- casion d’en décrire plusieurs.
- Le radio-pocket, imaginé par M. Denis, se distingue par l’heureux agencement des organes. IL contient, rassemblés dans une boîte de 8 cm de large sur i5 de haut, tous les éléments d’un poste complet de T. S. F. à savoir : un détecteur électrolytique, 1 pile de 3 volts,
- 2 condensateurs, et 1 téléphone spécial. L’appareil est à montage simple : Le téléphone, la pile et le détecteur sont en série, leur circuit aboutit à un conjoncteur dont la borne A doit être reliée à l’antenne, la borne T à la terne.
- Nos lecteurs savent' combien il est facile, au moins pour un poste simple destiné à recevoir à Paris les signaux de la Tour Eiffel, de constituer une terre et une antenne : les conduites d’eau ou de gaz constitueront des tenues parfaites. Quant à l’antenne, on peut, à la rigueur, s’en passer. N’importe quelle masse métallique représentant une assez grande capacité : balcon, appareil de chauffage mobile, toiture de hangar, constituera une antenne à la condition de n’être reliée à la terre par aucun conducteur métallique.
- Signalons encore que dans le radio-pocket, le détecteur est hermétiquement bouché et par suite irrenver-sable. C’est un véritable appareil de poche. — Le Radio-pocket est en vente chez M. Yarret, 3g, rue Rivav, Levallois-Perret. Prix : 60 francs.
- Détails du radio-pocket : Le con-joncteur enlevé, le courant de la pile est coupé entre A et 13 ; le conjoncteur placé, les ondes venant de l’antenne A, pour aller à la terre, T, passent : i° par A, D, D’, C', C et T ; 20 par A, B, t, t'. P', P, D', C', Cet T ; C, C', condensateur : M, fil de plomb dont l’extrémité inférieure forme une boucle au bas du tube N.
- cfkx* Divers
- Sablier téléphonique. — En province, où la taxe téléphonique se paye à la conversation, à Paris, dans les cabines téléphoniques publiques, l’unité est la conversation de 3 minutes. Le sablier téléphonique indique, d’une façon visible, ces 3 minutes. Il comporte 3 sabliers ordinaires, où l’écoulement du sable se fait respectivement en 3, 6 et 9 minutes.
- Yoilà donc un moyen fort commode d’éviter les contestations avec les téléphonistes, et surtout de concrétiser la fuite du temps, temps qui, ici plus qu’en tout autre cas, représente de l’argent. — L’objet est en vente chez M. Renaut, 43,boul. de Strasbourg, Paris. Prix : 2 fr. (port 0 fr. 35).
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- Pour les yeux des automobilistes. — Lorsque les premiers chauffeurs, pilotant les premières automobiles, se lancèrent sur les routes, bravant le vent, la pluie et la tempête, combien ont payé de troubles oculaires ces agréables randonnées. On n’avait pas pensé que l’air, le froid, la poussière et aussi les moucherons viendraient irriter paupières et conjonctive et déterminer des inflammations quelquefois sérieuses. Sans doute il en est, parmi ces conquérants de l’espace, qui songèrent, dès le premier voyage, à prendre les précautions nécessaires et à se couvrir le nez d’une bonne paire de lunettes. Aujourd’hui, aucun chauffeur ne s’avisera, à moins de simple promenade, de partir sans avoir cette garantie nécessaire pour les yeux.
- Quelles lunettes sont les meilleures, quels verres sont les plus propices pour éviter aux voyageurs l’ophtalmie dont j’ai vu un exemple des plus graves, au moins par sa ténacité, chez un de mes camarades. Le Dr Jacqueau, de Lyon, qui joint à ses qualités et connaissances de spécialiste, une pratique continue de l’automobile, a donné récemment quelques conseils des plus judicieux que je crois utile de faire connaître aux lecteurs de La Nature. Il en est un grand nombre, j'en suis sûr, qui'conduisent eux-mêmes leur voiture ou qui, s’ils ne tiennent pas le volant, sont exposés, comme le conducteur, en étant assis à ses côtés dans une voiture ouverte, à toutes les intempéries et à toutes les causes d’irritation oculaire.
- Ne prenez pas, dit M. Jacqueau, des verres coquilles, comme on les recommande souvent et comme on les trouve dans le commerce. Généralement ces verres sont mal taillés et quand vous les avez sur le nez, vous ne trouverez plus, à moins d’un hasard extraordinaire qui vous a fait tomber sur des verres irréprochables, de symétrie dans les plans antérieurs de votre voiture. Prenez des verres parfaitement plats et supprimez le bourrelet d'ouate que l’on trouve quelquefois comme bordure de lunettes ; il vaut mieux que l’air circule autour de votre œil que de le plonger des heures durant dans une atmosphère chaude.
- De quelle couleur allez-vous choisir'vos lunettes ? La mode est au jaune., au jaune-orangé, au jaune Fieuzal; même chez les humbles piétons qui veulent braver l’été les rayons irritants du soleil on a conseillé le jaune, en laissant de côté les verres classiques jadis teintés en bleu foncé ou en gris fumé. Les verres jaunes sont en effet, avec les verres verts, ceux qui interceptent le mieux les radiations ultra-violettes; mais, comme le fait remarquer notre confrère, ces radiations ne sont peut-être pas les seules nocives et l’expér;ence
- doit avoir le pas sur les considérations de laboratoire
- C’est ce que M. Jacqueau a fait; il a expérimenté, voici comment : « J’ai, dit-il, fait pendant une grande partie de l’été, le même trajet d’une soixantaine de kilomètres, le matin, toujours à peu près aux mêmes heures, et le plus souvent avec un soleil radieux. Désirant me faire une religion personnelle, j’ai essayé successivement, et à plusieurs reprises, pendant la durée de ce trajet, des verres fumés jaune-orangé, jaune, vert ou Fieuzal, atténués. Seuls, les verres plans de teinte légèrement fumée m’ont toujours été particulièrement agréables; le jaune orangé vient tout de suite après, et par temps sombre est probablement supérieur. Ce sont donc ces deux teintes qui sont à recommander.
- D’après mon expérience personnelle, c’est le jaune-vert que j’ai trouvé le plus agréable et le plus pratique. Je dois dire que je n’ai jamais conduit, mais je me tenais assis à côté du chauffeur et sauf la tension d’esprit et la préoccupation nécessitées par la conduite de l’auto j’étais dans les mêmes conditions. Ce sont vraisemblablement de petits détails variables suivant les personnes : verres fumés ou jaune-orangé sont bons, retenez ceci.
- Le verre protège contre l’air, la poussière, contre la luminosité solaire, mais il protège aussi contre les corps étrangers, moucherons, moustiques, qui dans certaines régions, au bord des rivières et vers la fin du jour, se rencontrent en légions serrées. Les lunettes protègent même contre des corps étrangers plus denses tels que des fragments de pierres ; le caillou peut casser la lunette mais, comme le fait observer M. Jacqueau, l’instinct réflexe de la conservation est si rapide qu’entre le bris du verre et le choc, les paupières ont le temps de se fermer et de former sur le globe une sangle protectrice.
- N’oubliez pas, maintenant, chauffeurs professionnels, amateurs automobilistes de toutes classes et de tout genre, qu’il sera sage de donner à votre organe visuel, à la fin d’une course, des soins hygiéniques comme vous en donnez au reste du corps. Tous prenez un bain, un tub pour enlever la poussière, donnez aussi un bain à votre œil. Avec un petit tampon d’ouate, baigné dans de l’eau bouillie tiède ou mieux dans de l’eau bouillie faiblement salée (5 pour 1000) bassinez les paupières, essuyez leurs bords, nettoyez les cils, vous enlèverez la poussière et toutes les particules malsaines relevées en vitesse sur la route, dans la boue, le crottin de cheval ou les mares puantes des fumiers de villages. Quelques soins et votre œil n’aura rien à craindre et pourra le lendemain vous diriger sur la route, avec l’ivresse d’un bon état de santé, d’un esprit sain et d’une ballade idéale. Dr A. G.
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- VARIÉTÉS
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- Influence de la Lune sur les phénomènes météorologiques. — L’opinion que la Lune exerce une influence sur l’atmosphère est une de celles qui ont été le plus discutées et remonte aux époques les plus l’eculées.
- Cette croyance que « la pluie et le beau temps dépendent des phases de la Lune » avait cours chez les Anciens. Thalès de Milet, à ce qu’il paraît, savait prédire le temps ; c’est une recette aujourd’hui perdue. Dans ses Géorgiques, Virgile nous pai’le de cette croyance aux présages lunaires :
- Si son croissant terni s’émousse dans les airs,
- La pluie alors menace et la terre et les mers. (Delille).
- Le moyen âge avait lui aussi ses pronostics qu’il exprimait de la façon suivante :
- Primus, secundus, tertius nullus ;
- Quartus aliquis;
- Quintus, sextus qualis ;
- Tota luna talis.
- Le maréchal Bugeaud avait formulé une règle, qu’il disait avoir trouvée dans un monastère espagnol, sur les relations entre le temps à venir et les lunaisons. Il paraît même qu’il n’entreprenait jamais une expédition sans avoir consulté la Lune.
- De nos jours on admet encore dans le bassin méditerranéen que lorsque la Lune est djegud (expression espagnole signifiant qu’au premier quartier le croissant paraît couché sur le dos, les cornes en l’air), la lunaison est toujours tempétueuse. Les Espagnols et les Mahonais ont même fait à ce propos le proverbe :
- Luna djegud, marino dretto,
- c’est-à-dire, qu’en pareil cas, le marin doit veiller au grain et se tenir debout. En réalité, ce phénomène de la Lune sur le dos n’est qu’une conséquence du mouvement de cet astre autour de la Terre et se reproduit à des époques déterminées.
- Mais si certaines croyances relatives à la puissance de la Lune n’apparaissent justifiées en aucune manière, constituent des idées préconçues, ou dérivent de l’observation irréfléchie, on ne doit pas nier cependant que notre satellite ne puisse exercer une influence sur notre atmosphère, malgré certains résultats contradictoires.
- « A Paris et en Allemagne, par exemple, le maximum du nombre de jours de pluie a lieu entre le premier quartier et la pleine Lune ; le minimum entre le dernier quartier et la nouvelle Lune ; le rapport du maximum au minimum est de 1,26 à Paris et de 1,21 en Alle-
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- VARIÉTÉS
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- magne; il semblerait donc, au premier abord, qu’il y ait là une loi réelle et que les chances de pluie soient, après je premier quartier, plus grandes d’un quart ou d’un cinquième qu’après le dernier; ce serait, du reste, une différence encore trop faible pour pouvoir servir dé base à une prévision sérieuse. Mais la loi ne subsiste plus pour le sud de la France; à Orange, en effet, le minimum des jours pluvieux se produirait entre’ la pleine Lune et le dernier quartier, et à Montpellier au moment du premier quartier. S’il y a une relation entre les phases de la.Lune et la pluie, cette relation est donc très complexe et variable d une région a une autre. )> (Angot.j
- L’étude des observations barométriques a montré que la rotation diurne et la révolution synodique de la Lune provoquent des marées aériennes : la pression barométrique subit une double oscillation quotidienne et présente une variation correspondant aux phases de la Lune avec un maximum un peu après l’époque de la pleine Lune et un minimum au moment de la nouvelle Lune. Mais les amplitudes totales de ces oscillations sont extrêmement faibles.
- D après M. van Bebber, en Allemagne, la température ne montre aucune périodicité se rapportant aux phases de la Lune, tandis que les vents de Nord et Nord-Est, semblent le plus fréquents au moment du dernier quartier, le plus rares au premier quartier, et que les vents de Sud-Ouest présentent une variation inverse.
- Dans une élude sur l’influence de la Lune sur la vitesse du vent aux sommets du Saënlis, du Sonnblick et du Pike’s Peak, M. H. Àrctowski conclut que cet élément est certainement influencé par la Lune et que cette dépendance est probablement due à une simple action de masse.
- En discutant les observations faites à Padoue au siècle dernier, Toaldo avait trouvé que les changements de temps présentaient une certaine relation avec les phases lunaires, mais ces conclusions apparaissent plutôt comme le résultat de 1 idée préconçue que Toaldo avait de l’influence qu’il voulait démontrer.
- « Dans ces dernières années, l’étude de l’influence de la Lune a été reprise d’une manière qui paraît plus scientifique. Tout d’abord on a abandonné l’idée de trouver des relations entre les phénomènes météorologiques et les phases de la Lune, c’est-à-dire la révolution synodique, qui ne représente que les positions relatives de la Terre, de la Lune et du Soleil; on a
- étudié alors la révolution anomalistique, qui correspond mieux aux positions respectives réelles de la Terre et de la Lune ; on a cherché surtout à comparer la position de la Lune en déclinaison non pas à un phénomène météorologique particulier, température, pluie, changement de temps, etc., mais à l’ensemble de la distribution de la pression à la surface du globe. L’idée fondamentale de ces recherches est que les mouvements de la Lune en déclinaison peuvent amener des déplacements généraux de l’air, un balancement entre les régions tropicales et les latitudes élevées. » M. II. Poincaré a établi, par exemple, il y a une dizaine d’années sur un nombre immense d’observations, que la limite Nord des vents alizés suit le mouvement en déclinaison de la Lune, s’étendant davantage vers les latitudes moyennes quand la Lune a une déclinaison boréale. « On comprend alors qu’un mouvement d’une zone de hautes pressions, par exemple, pût amener du beau temps d’un côté de la zone, et simultanément du mauvais temps d’un autre côté, et que ces variations, contraires au premier aspect, fussent dues cependant à une même cause. Ces études sont encore trop récentes et trop peu développées pour avoir donné déjà des résultats que l’on puisse considérer comme suffisamment concluants et généraux, mais c’est en suivant cette voie que l’on arrivera peut-être à découvrir des relations réelles entre les mouvements de la Lune et les phénomènes météorologiques, alors que les recherches anciennes n’avaient abouti à aucune conclusion sérieuse. »
- Au point de vue purement historique, il est intéressant de noter que « l’effet produit dans l’atmosphère terrestre par l’action de la Lune » a été discuté par l’abbé Mann dans un Mémoire sur les marées aériennes, lu le 16 novembre 1774 à l’Académie de Bruxelles. Et, quoique depuis cette date — déjà si reculée — bien des calculs aient été faits dans le but d’élucider le problème, et que, l’existence même des marées atmosphériques semble avoir été démontrée, dès à présent, d’une façon absolument indiscutable, nous sommes pourtant encore bien loin de connaître ce phénomène d’une façon satisfaisante, et cela à tel point que la question des influences atmosphériques lunaires peut encore de nos jours être résumée par cette phrase écrite par d’Alembert en 1746, savoir que : « l’action de la Lune sur notre atmosphère est très considérable, et qu’elle doit être mise au nombre des causes capables de produire dans l’air des changements et des altérations sensibles. »
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- « Pétroles » pour le nettoyage des cheveux. — On
- sait que les essences et les huiles obtenues par distillation du pétrole dissolvent fort bien les matières grasses. Ces liquides peuvent donc être employés pour décrasser la tête et la chevelure. Mais les « pétroles » vendus en parfumerie spécialement pour cette destination n’ont ni l’odeur, plutôt désagréable, ni la dangereuse inflammabilité des vapeurs des pétroles rectifiés. Ces nouvelles propriétés seraient-elles donc obtenues au prix d’ttn traitement spécial?
- Non. Il faut chercher d’un autre côté la cause de cette apparence singulière. Les pétroles des parfumeurs ne contiennent pas. traces de pétrole! Ce sont tout simplement des mélanges d’eau et d’alcool, avec addition d’essences parfumées pour leur donner un goût agréable. Ceci d’ailleurs ne les empêche pas d’être efficaces. Et on pourra très bien employer ces mixtures en les préparant soi-même par simple mélange de :
- Alcool à 900............................100 c. c.
- Eau distillée .........................100 —
- Essence de lavande ou de bergamote . . 20 —
- On agite fortement avant emploi pour émulsionner l’essence non dissoute, et on applique en frictions avec une brosse ou en lotions avec une petite éponge.
- Beaucoup de pseudo-pétroles à vertus vantées par force réclames sont préparés de manière un peu différente : le parfum est donné par un mélange complexe d’essences à bouquet plus fin, ils contiennent de petites doses d’antiseptiques comme l’acide salicylique, le
- chloral, ou de médicaments comme des sels de pilocar-pine, ou de quinine. Mais en fait tout cela ne vaut pas mieux que la mixture ci-dessus très facile à préparer soi-même et dix fois plus économique.
- {Laboratoire de la Nature.) Pour écrire sur du fer-blanc avec de l’encre ordinaire, on éprouve souvent d’insurmontables difficultés : l’encre se rassemble en gouttelettes séparées. Voici un moyen très simple pour rendre le métal mouillable par l’encre, qui dès lors reste à tous les endroits où passe la plume. Il suffit, après un essai infructueux, de tartiner les gouttelettes d’encre sur la surface métallique soit avec un bout' de toile, soit même plus simplement, — mais plus malproprement! — avec le bout du doigt. Eviter de trop frotter, sans quoi le métal reprendrait son gras : il est facile après quelques essais de s’arrêter au moment voulu.
- Débadigeonnage. — On prend une bande de calicot, on l’enduit de colle de pâte, on l’applique sur la boiserie ou la muraille à débadigeonner et on laisse sécher. En arrachant ensuite le tissu, on enlève l’enduit qui s’est gercé et écaillé pendant le séchage de la colle. Il suffit d’un léger coup de brosse pour enlever le reste.
- Sur les surfaces moulurées, il n’est guère possible de bien appliquer le calicot. Il suffit dans ce cas de donner successivement plusieurs bonnes couches de colle de farine. Si le temps est sec, au bout de trois à quatre jours, l’enduit de colle se fendille et tombe spontanément en entraînant le badigeon sous-jacent.
- (Bulletin monumental.)
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont su nnlés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de.renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abomlanee de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours. “
- Renseignements. — Uruguay. — Outre le dessèchement des marais et eaux stagnantes qui empêche la pullulation des moustiques, il existe quelques autres moyens déjà décrits dans le n° 2042 de La Nature.
- M. J.-P., à Buenos-Aires. — Votre demande ne nous donnant pas d’indication sur l’identité entomologique des mites qui ravagent vos champignons secs, nous supposons qu’il s’agit de petits papillons du groupe des Teignes (Myelois ceratoniæ) pondant leurs œufs lesquels se transforment en larves qui rongent les champignons. Pour éviter la contamination des Teignes, il conviendrait de recourir à un étuvage à sec ou traitement à la vapeur chaude, dans un grand récipient, ou bien de renouveler le traitement par fumigation à l’acide sulfureux en disposant, dans un local clos hermétiquement, les champignons sur des claies superposées et en brûlant du soufre à raison de 20 à 25 grammes par mètre cube; le soufre doit être placé sur une étagère élevée au-dessus du sol. On peut recourir également à la stérilisation par immersion des champignons, pendant 2 ou 3 secondes, dans de l’eau de mer bouillante ou, à défaut, dans de l’eau salée avec du sel non raffiné, à raison de 5 kg par 100 litres d’eau ; mais l’eau de mer est encore préférable. D’autre part, nous avons constaté que l’essence de serpolet est très efficace contre les mites; il suffit d’en employer un décimètre cube ou un quart de litre, que l’on verse sur des morceaux de vieilles éponges, introduits dans un flacon à large goulot, lequel flacon est mis, débouché, dans le lieu de conservation, tenu bien clos. Outre que l’essence de serpolet éloigne les mites, elle dégage aussi un parfum très agréable. Enfin, il convient d’observer que le mode de conservation par empaquetage, des champignons secs, laisse beaucoup à désirer. Le meilleur mode de conservation en sec consiste à peler les champignons aussitôt cueillis, enlever une partie de la queue, jeter dans l’eau bouillante pendant 2 à 3 minutes et faire bien égoutter; ensuite on dispose les champignons en chapelets en les enfilant sur une ficelle mince ou du gros fil, sans qu’ils se touchent, et on les fait sécher à l’air ou au four très modérément chauffé, après quoi, on les range dans des sacs ou des boîtes qu’on place en lieu sec.
- Un collectionneur, à Paris. — Bibliographie des ouvrages de « recettes » spéciales pour conservateur de
- collections. Blanchet et de Villenoisy, Guide'de l'antiquaire, in-18, Paris, 1899, Leroux, éditeur, rue Bonaparte. — Fr. Rathgen, Ilandbûcher der Kdniglichen Muséum zu Berlin. Die Konservierung von Alterthums-funden, in-8°, Berlin, 1898. — N. Thiollier, Moyejis de conserver et de nettoyer les objets anciens trouvés en terre, broch. in-8°, Montbrison, 1896 [Bull, de la Société locale archéologique). Enfin le guide officiel du Ministère allemand pour l’instruction publique, Merkbuch, Alterthilmer aufzugraben und aufzubewahren, in-8°, Berlin, 1894. Nous limitons nos indications aux recettes pour collections archéologiques ; si nous avons bien compris, ce sont les seules vous intéressant. Pour collections d’histoire naturelle, la bibliographie est bien plus riche. — Moulage d’empreintes en étain. Le problème est fort intéressant; nous allons nous occuper d’y chercher une solution dans notre Laboratoire.
- M. Drancourt, à Paris. — On distingue dans le commerce plusieurs variétés de litharges différant par l’aspect. En refroidissant rapidement le résidu de l’oxydation du plomb, les lamelles' de litharge sont jauné-orangé : on a la litharge jaune ou litharge d’argent. Quant au contraire le refroidissement est lent, la couleur vire au rouge vif : on obtient la litharge rouge ou litharge d’or. Mais en aucun cas la litharge « d’argent » n’est un oxyde de ce métal comme l’ont parfois écrit des traducteurs plus ingénieux que renseignés! — 20 Pour empêcher les dépôts adhérents de sulfures à l’intérieur d’un tube où arrive un courant d'hydrogène sulfuré dans une solution de sel métallique, il suffit de passer avant montage, à l’intérieur du tube, une petite brosse écouvillon (modèle fumeurs, pour tuyaux de pipes) préalablement suiffée. — 3° Nous ferons des essais à ce sujet.
- M. Antonio Carvalhal, à Lisbonne. — Nous ne voyons pas très bien ce que vous entendez par « composition recouvrant les statués de bois pour imiter les chairs. » Si la couche est très mince., ce peut être n’importe quelle peinture. Si elle est épaisse, le bois serait peut-être, avant peinture, recouvert de plâtre.
- M. Dendailly, allée des Capucines, à Marseille. — À) On peut décolorer les cheveux vivants par lavages répétés à l’eau oxygénée ; mais on obtient ainsi un joli blond, pas un blanc. B) Des enduits phosphorescents sont obtenus en incorporant à du vernis une poudre phosphorescente préparée par le procédé décrit dans le tome I des Recettes de Tissandier (Masson, édit., 2 fr. 5o).
- M. Rende, rue Carpeaux, Paris. — Ebonite fendue. Les fissures peuvent être bouchées avec de la paraffine chaude. Si les morceaux sont séparés, les recoller avec de la colle forte mise à ramollir dans l’acide acétique.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’aérostffile Moreau : R. C. — Avant la mise en valeur de la Tripolitaine : Jean Paul Lafitte. — Un disRoût f pour dessiner au microscope : Rémi Ceillier. — Les phénomènes opûques de l'atmosphere : J. Loisex,. — Appareil de photographie automatique Ashton-Wolff : Jacques Boyer. — Academie des sciences : Ch. de Vii/LKDEum. — Un moteur à charbon. — L’éducation d’un bébé chimpanzé : Dr Ai.fred Gradenwitz.
- Supplément. — Salinité des océans. — Usine électrique utilisant une chute d’eau de 1200 mètres. — La fonte électrique. — L’industrie de l’oxygène. — Utilisation des eaux résiduaires des fabriques de pâte à papier, etc.
- La télégraphie sans fil pour tous. Notions élémentaires.
- — Construction et installation de postes de T. S. F. t et renseignements sur les services radiotélégraphiques, par Franck Duroquier. i vol., nombreuses figures, plans et schémas de montage. Librairie générale de l’enseignement, Paris. Prix : 3 francs.
- Ce petit livre est à recommander à tous les amateurs qui désirent installer un petit poste de T. S. F. Ils y trouveront des explications claires et des indi-
- cations pi’atiques toujours contrôlées par l’expérience. C'est un guide de premier ordre.
- Les rayons ultra-violets et leurs applications, par l’Institut du M. S. I. 1 vol. in-8°, 44 fig- Librairie du mois scientifique et industriel, 8, rue Nouvelle, Paris (90). Prix : 2 fr. 75.
- Cette brochure énumère les propriétés physiques, chimiques et biologiques des rayons ultra-violets. Il décrit les principales lampes à vapeur de mercure susceptibles de les produire, notamment les lampes à tubes de quartz. Il indique les principales applications de ces rayons : éclairage économique, stérilisation de l’eau, traitement des maladies de la peau, synthèses photochimiques, blanchiment de l’huile, etc.
- La téléphonie moderne, par R. Ajltekmann. i vol. in-16 de 246 pages et i5i gravures. Bibliothèque Omnia, 20, rue Duret, Paris, 1912. Prix : 7 fr. 5o.
- Comment fonctionne un téléphone ? Comment fonctionne un réseau téléphonique privé ou public? C’est ce que M. Altermann explique d’une façon claire, simple, à la portée de tout le monde. Tous les appareils actuellement en service en France y sont décrits,
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- BIBLIOGRAPHIE
- ainsi que les bureaux centraux les plus modernes de notre pays, de Belgique, d’Allemagne et d’Amérique. A noter une description complète de tous les systèmes de téléphonie automatique.
- Les hélices aériennes, par Ch. Hanocq. i vol. illustré, 128 p. Berger-Levrault, éditeur, Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- Partant des expériences de MM. Eiffel, Dorand, Rateau et Riabouchinski, l’auteur établit une théorie élémentaire de l’hélice et indique des procédés de
- calculs simples, concordant avec les résultats expérimentaux.
- Au paradis des Rajahs, par Hexri de Foc-quières. Préface de Henri Lavedan, de l’Académie française. 1 vol. in-8°, Fontemoing et Cie, éditeurs, 4> rue Le Gofî, Paris. Prix : 8 francs.
- D"e Bombay à Ceylan, Fauteur nous promène à Kapurthala, Baroda, Bénarès, Madras, etc., et nous fait pénétrer dans les séjours encore enchanteurs des rajahs semi-indépendants.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M, Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 janv . 1913 . 7°,0 S. S.W. 1. Pluie fine. 3,5 Couv. ; pluie de 3 h. 15 à 10 h. 15.
- Mardi 7 3°,3 S. s. w. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusq. 17 h. ; beau ensuite ; brouill. avant le jour et le soir.
- Mercredi 8 3°,6 S. E. 2. Couvert. » Peu nuag. ; gel. bl. ; l'aib. brouillard à 6 h. ; très humide.
- Jeudi 9 5°,9 S. S. E. 2. Peu nuageux. » Nuag. le m.; beau le soir.
- Vendredi 10. .... 0°,0 E. S. E. 2. Beau. )> Beau; gelée bl. ; malin et soir; brume.
- Samedi 11 1°,2 S. S. W. 1. Couvert. 7,3 Couv. ; gel. bl. ; brouill, de 9 h. à 12 h. ; pi. dans la soirée.
- Dimanche 12 ... . 5°,4 W. 3. Queltf. nuages. 2,7 Pluie le m. et à 14 b. 55; nuageux.
- JANVIER 1913. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 JANVIER 1913.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 6 au 12 janvier. — Le 6. Dépression dans les parages de l’Islande. Une autre se rapproche des Iles-Britanniques (Yalentia : j55 mm). Pression élevée sur le Centre et l’E. du continent (Ivharkof : 779). Pluies sur le N. et le YY. de l’Europe. En France : ballon de Ser-vance, 17 mm; Charleville, 6; Paris, 2. Temp. du matin : Moscou, —5°; Belfort, -j- 2 ; Paris, 7; Biari’itz, i3; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 2°,i). — Le 7. Même situation barométrique que la veille. Quelques pluies dans le N. et le S. de l’Europe. En France : Sicié, 18 mm. Temp. du matin : Moscou, —io°; Paris, + 3; Belfort, 5; Nantes et Bordeaux, 6; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : 2°,i). — Le 8. La pression s’abaisse dans le W. et le S. de l’Europe. Minima au large de l’Islande (Rejkjavic ; 735 mm) et des Iles-Britanniques (Yalentia : 745). Fortes pressions sur le Centre, l’E. et le N.-E. Pluies sur le N. En France : Cette, 14 mm; Brest, 3. Temp. du matin : Belfort, o°; Paris, -}-4; Toulouse, 6; Alger, 12; moyenne à Paris : 5°,4 (normale : 2°,i). — Le 9. Dépression assez profonde sur les Iles-Britanniques et l’Atlantique (Yalentia : 740). Pression élevée sur le continent. Neiges et pluies dans l’E. et l’extrême YY. de l’Europe. Temp. du matin : Arkhan-gel, —io°; Belfort, —3; Paris, 6; Toulouse, 8;
- du Bureau Central Météorologique.
- moyenne à Paris : 6°,5 (normale : a°,i).'— Le 10. Les basses pressions de la veille s’étendent sur le W. de la France et le N. de l’Espagne (Irlande :'733 mm; golfe de Gascogne : ySy). Pression élevée sur le N.-E. du continent. Pluies sur le Centre et le YY. de l’Europe. En France : Biarritz, 17 mm; Cette, 4; Nancy, 2. Temp. du matin': Moscou, —6°; Belfort, —4; Pains, o; Nantes, +8; Alger, xo; moyenne à Paris : i°,6 (normale : 2°,i). — ie 11. Yaste zone de basses pressions sur l’Atlantique et le W. de l’Europe. Fortes pressions sur le N. et l’E. (Finlande : 781). Pluies sur le YV. Neiges sur le N.-YY. et le Centre. En France : Brest, 41 mm; Toulouse, 28; Charleville, 16; Besançon, 12; Paris, 10. Temp. du matin : Moscou, —is° ; Nancy, — 2 ; Paris, -j- 1; Toulouse, 4 ^Nantes, 8; moyenne à Paris : 4°,4 (normale : 2°,2). — Le 12. Basses pressions duN-.-YY. au S.-E. de l’Europe. Pression élevée sur le S.-W. et le N.-E. (Açores : 772 mm; Uléaborg : 779). Pluies abondantes sur le W. de l’Europe En France : le Mans, 34 mm; Bordeaux, i5; Nancy, 7. Temp. du matin : Uléaborg, — i5°; Belfort, —J— a ; Brest, Paris et Bordeaux, 5; Perpignan, 10; moyenne à Paris : 5°,4 (normale : 2°,2).
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2070. — 25 JANVIER 1913
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
- Qgf,
- Éruptions volcaniques dans le Pacifique. — Depuis la terrible éruption du Taal, volcan del’île Luçon,quieut lieu le 3o janv. 191 r (v. n°2o65), deux nouvelles éruptions volcaniques ont été signalées dans le Pacifique, celles du volcan Asama-Fama au Japon, le 8 mai 1911, et du mont Katmaï, dans l’Alaska, le 6 juin 1912. La première a été étudiée par le professeur Omori qui a fait, à son sujet, d’intéressantes observations. Il a constaté que l’éruption a provoqué des variations de pression barométrique jusqu’à une distance de 137 km. Ces variations se traduisent par une élévation soudaine, suivie d’une dépression. Des détonations furent entendues à 5o km du volcan, tandis qu’aucun son ne fut perçu dans des localités plus voisines. C’est là un fait curieux à noter; il a déjà été constaté pour la transmission du son provenant d’explosions violentes dans des carrières. On l’attribue à la réflexion du son sur les couches supérieures de l’atmosphère (v. n°20o5). L’éruption fut accompagnée d’un tremblement de terre, se propageant à la vitesse de 3,31 kilomètres àla seconde. Quant au Katmaï, c’était un volcan considéré comme éteint. Les quelques spectateurs qui assistèrent de loin au phénomène, signalent qu’il s’accompagna d’une violente tempête électrique : éclairs et tonnerre ; en même temps d’épais nuages de fumées et de cendres obscurcissaient le ciel. Des • pluies de cendres tombèrent jusqu’à 140 km du volcan, recouvrant le sol, par endroits, d’une couche de poussière volcanique épaisse de plusieurs centimètres.
- Les plus grandes profondeurs marines mesurées sont actuellement les suivantes :
- Fosse des Philippines ' du Planet (juin 1912) OU env. 9° N. env. 127° 0. 9780 m.
- Fosse des Marianes ou Nero du — 12° 45' N. — 145° 49' 9036 —
- Fosse des Kerniadec . . • 30° 28' — 176° 59' AV. 9427 —
- — Tonga . . . Philippines. — 23° 59' — 12° 23' — 175° 4' — 125° 57' 0. 9184 — 8900 —
- Fosse du Japon ou du Tus- carora Fosses de Portorico. . . . — 44° 55' - 19° 38' — 152° 26' — 66° 26' 8513 — W. 8341 —
- — Palau . . . — 7» 30' S. — 133° 10’ 0. 8138 —
- — Atakama . . - 23° 42' — 71° 32' W. 7635 —
- — Jap. . . . . — des Liukiu. . . — 9° 10' - 23° 30' N. — 135° 3)' — 126° 2o' 7558 — 7481 —
- — Aléoutes . . — 51°55' — »7i° 12' 0. 7581 —
- — de la Romanche - 0°U' S. — 18° 15' W. 7570 —
- -• — de Taluu . . . _ — • de la Sunde . . — 4° 10' — 10° 2' — 128° 20* — 108° 5' 0. 7248 — 7000 —
- [Kayser Physik des Meeres, édité par le Dr. Forch) (d’après le Geographischer Anzeiger de sept. 1912),
- Extraction de l’acidé dioxystéarique des sols. —
- L’acide dioxystéarique, qui est un composé oxygéné de l’acide oléique, a pu être extrait du sol par deux savants américains, Schreinér et Shorey, qui l’ont identifié avec le même acide préparé par voie de synthèse chimique. Ils l’ont obtenu en quantité suffisante pour faire des essais de culture comparatifs et s’assurer de sou action toxique sur les plantes. Des résultats analogues ont été
- obtenus avec l’acide dioxystéarique artificiel. Il était intéressant de signaler dans le sol l’existence de ce composé inattendu dont le rôle et le mode de formation naturel ne sont pas encore bien connus, mais dont la proportion est très faible.
- Le nouveau canard Blériot. — Les constructeurs d aviation travaillent ferme et cherchent, un peu dans toutes les voies, la solution des grands problèmes que
- soulève la locomotion aérienne : stabilité, sécurité facilité de conduite et d’observation. On arrive ainsi à des appareils de formes, au premier abord, un peu surprenantes. Témoin le nouveau « canard » que vient de construire Blériot et que représente notre photographie.
- Le chemin de fer du Mittenwald (Tyrol). ______ Pour
- réunir plus directement Munich à Innsbruck, on a inauguré l’été dernier un nouveau chemin de fer, qui traverse les Alpes allemandes entre le plateau des lacs bavarois et la vallée moyenne de l'Inn. — Cette ligne passe à une dizaine de kilomètre au sud-est d’Ober-Ammergau (célèbre pour sa représentation décennale des mystères de la Passion) et elle dessert Pàrtenkir-chen et Mittenwald, deux grands centres d’excursions alpines (voir n" 2o33, 11 mai 1912, l’article sur la fabrication des violons à Mittenwald). Décidée dès rgo5, cette voie n’a été commencée qu’en 1910; elle est à voie normale et à traction électrique. La plus grande pente est de 36,5 pour 1000. La distance n’est raccourcie que de 16 kilomètres par rapport au parcours par Rosenheim. En raison de la pente, on ne" gagne rien sur la durée du trajet, mais on a créé ainsi eu face du Brenner une 3" ligne d’Allemagne en Tyrol, particulièrement importante pour lés touristes.
- Les travaux du canal de Kiel. — Les travaux se poursuivent actuellement en vue de l’élargissement et de l’approfondissement du canal de Kiel. D’après une note du commandant Meillet dans le Monde Economique, le canal aura une section de 825 mètres carrés au lieu' de 413 mètres carrés à l'heure actuelle; on va augmenter le nombre des garages, et les ponts Vont être reconstruits ; il y a lieu de signaler tout particulièrement rétablissement d’écluses doubles à Brunsbüttel et à Haltenaû ; ces écluses auront 33o mètres de longueur sur 45 mètres
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- INFORMATIONS
- de largeur; leur profondeur, au-dessous du niveau moyen des eaux, sera de i3 ni. 77; elles seront les plus grandes du mondé, même. après l’achèvement du canal de Panama; elles comportent 5ooooo mètres cubes de maçonnerie, du béton en majeure partie. Le nouveau pont de Rendsburg, le seul qui sera maintenu comme pont tournant, mesurera 80 mètres et sera également le plus grand de son genre ; tous les autres ponts seront surélevés. La dépense totale est estimée à 223 millions de marks. Les travaux seront achevés au printemps de 1915, à l’exception du pont de Taterpfal qui doit être démoli seulement en 1916.
- Un tunnel SOUS le Rhin. — L’administration allemande a décidé de remplacer le pont de bateaux qui unit Coblentz à Ehrenbreitstein, par un tunnel creusé sous le fleuve. Le Rhin mesure à cet endroit-34o mètres de large. Le tunnel aurait sur un pontl'avantage d’être, en temps de guerre, à l’abri des incursions d’aéroplanes.
- L’industrie du Menthol au Japon. — On sait que le menthol, qui prend une place de plus en plus importante dans la pharmacopée comme dans la confiserie et la parfumerie, est principalement fourni par l’Angleterre et les Etats-Unis, où la culture de la menthe poivrée (Mentha piperita) est cultivée sur une grande échelle. La variété japonaise fournit une plus forte proportion de cristaux de menthol, et le Japon est en passe de devenir un des premiers producteurs. En 1911, il a exporté 75700 kg de menthol, d’une valeur de 2 457 5oo francs, et 114800 kg d’essence de menthe (peppermint), d’une valeur de 1 747 5oo francs. Les productions des années précédentes avaient été beaucoup plus importantes ; mais la hausse du riz a porté les fermiers japonais à s’occuper de ce céréale et à restreindre la culture de la menthe. Il convient d’ajouter, que l’essence de menthe, telle qu’elle est fabriquée au Japon, a un goût et une odeur désagréables qui lui ferment les marchés européens et américains; aussi, le gouvernement japonais tente-t-il actuellement d’acclimater la menthe anglaise.
- Pour empêcher la destruction des oiseaux par les phares. — On sait quelles hécatombes d’oiseaux se pi'oduisent autour des phares lors des migrations. Le jBulletin de la Ligue française pour la protection des oiseaux nous donne un moyen de les éviter, moyen intenté par le professeur Thijsse et adopté par le gouvernement hollandais. Le grand phare de l’île de Ters-chelling était en Hollande un des plus grands destructeurs d’oiseaux. M. Thijsse observa que les oiseaux ne périssent pas assommés contre la lanterne du phare, comme on le croit généralement, mais bien qu’ils s’épuisent à suivre pendant des heures dans leurs mouvements tournants les rayons des projecteurs. Après s’être ainsi exténués, ils tombent sur les toits, dans les champs où ils deviennent la proie facile des prédateurs les plus variés, chats, corneilles, hommes aussi parfois. Pour leur éviter cette mort, pour les protéger, il suffit de leur fournir de nombreux perchoirs où ils puissent se reposer à l’abri de leurs ennemis. L’essai fait dans l’île de Terschelling.a donné d’excellents résultats : des passages de milliers d’oiseaux : pinsons, étourneaux, alouettes, grives, bécasses, etc., ont eu lieu pendant l’automne sans laisser de nombreux morts ; ainsi, dans la nuit du i3 aù 14 novembre, 6000 oiseaux perchèrent et l’on ne trouva le lendemain qu’un mort, une bécasse ; la même nuit, i5o bécasses périssaient au phare de Gotteville, près de Cherbourg. Souhaitons que les observations du professeur Thijsse ne restent pas lettre morte en France.
- Le vin de palme en Tripolitaine. — Le vin de
- palme, le « laghbi », comme l'appellent les arabes, est uù liquide blanchâtre, .laiteux, douceâtre et légèrement acidulé. M. Nappi nous apprend (Bolletino del Ministero italiano d’Agricoltura) la manière très simple de le fabriquer : après la floraison du palmier, en avril, on arrache presque toutes les feuilles de l’arbre et l'on creuse au sommet du tronc un trou en forme de tasse, prolongé par un canal s’ouvrant à T extérieur ; deux ou trois jours après cette opération, le jus commence à couler régulièrement et continuellement; on le recueille dans un récipient; l’écoulement dure environ deux mois et.donne 8, 10 et même quelquefois 20 litres par jour. Ce jus est le vin de palme, dont les indigènes. font une grande consommation. Malheureusement, les arbres
- ainsi traités sont fortement compromis; ils ne peuvent redonner de fruits avant trois ans, et même beaucoup dépérissent et meurent. Aussi le gouverneur de-Tripoli vient-il de réglementer sévèrement la récolté du « laghbi » dont la consommation va certainement décroître au grand profit des palmeraies.
- Les températures des diverses parties de la plante. — MM. W. Louguinine: et G-; Dupont viennent d’étudier la distribution de la température dans les diverses parties de la plante ; ils se sont adressés à des végétaux de petite taille, pour éliminer la lenteur d’équilibrage de la température des tissus profonds, la mauvaise conductibilité des grandes masses, etc. Ceci obligeait à employer des pinces thermo-électriques fort délicates : les fils (cuivre et constantan) n’avaient 'que ;i/io de mi 11 ira. pour les petits organes ; on pouvait apprécier le i/3oo de degré. Les auteurs ont constaté que la température de la tige du lis., par exemple, augmente de i°,5 pour i5 cm au-dessus du sol; puis elle reste constante, et arrive à un excès de 2 degrés auprès de la; fleur; dans la feuille, la température, minima au pétiole,, augmente brusquement dans la nervure médiane pour diminuer vers le sommet ou les bords du limbe, et dans les parties minces. La fleur éclose est plus froide que la tige, mais la température d’un bouton en floraison est plus élevée que dans toute autre région de la plante ; le maximum est dans les carpelles, le minimum dans les pétales. Les parties les plus chaudes d’une plante au soleil sont les plus épaisses, parce qu’elles évaporent le moins; le maximum n’est pas à la surface ensoleillée, toujours pour la même raison, mais à une certaine profondeur. La couleur a naturellement une action marquée, les régions de teinte claire étant plus froides que les sombres. Plus il y a de lumière, plus les différences de température s’accentuent.
- Les cités-jardins. — Une communication de M. G. Benoît-Lévy à l’Académie des Sciences morales et politiques en date du 3 août s’est occupée des cités-jardins. La seule existant actuellement est Garden City, à une heure au nord de Londres. En 1904, une société, au capital de 7 5oo 000 francs y a créé de toutes pièces une ville destinée à contenir 3o 000 habitants sur i5oo hectares. Déjà 8000 habitants, i5oo maisons, 40 usines et plus de 3oo associations y représentent la vie sociale. Un quartier spécial est affecté aux usines qui sont mises en communication directe avec le chemin de fer. Les i5oo habitations se trouvent au milieu de jardins et d’exploitations agricoles qui les isolent des usines. Chaque maison a son jardin; pas une seule n’a plus de deux étages. La mortalité générale n’y dépasse pas 5 pour 1000 alors qu’elle est au moins de i5 pour 1000 dans les villes les plus salubres. La densité de la population n’est que de 18 habitants par hectare, au lieu de i85o à 38oo habitants par hectare à New-York et 400 à Paris. A vingt-cinq minutes de Douai, un village-qardin a été récemment créé par la Compagnie des mines de Dour-ges, Courrières (Pas-de-Calais).
- Une école d’enfants arriérés. — La municipalité de Roubaix vient de prendre une heureuse initiative en ouvrant pour les enfants arriérés une école de perfectionnement. Cette école recevra deux catégories d’élèves : les arriérés, c’est-à-dire les enfants, qui sans être anormaux, sont en état de débilité mentale et ne possèdent qu’une intelligence et une responsabilité atténuées ; les instables, c’est-à-dire les enfants affectés d’une incohérence de caractère qui leur rend insupportable la discipline scolaire. Les enfants de l’une et l’autre catégorie sont, à proprement parler, des malades moraux et il est bien certain, que leur éducation, pour porter des fruits, doit être faite selon d’autres méthodes que celles en usage pour les enfants parfaitement sains.
- Création d’une Bibliothèque Nationale en Allemagne. — Il n’y avait pas encore en Allemagne d’institution correspondant à notre Bibliothèque Nationale, le dépôt légal des imprimés n’étant pas obligatoire dans tous les Etats. La Bourse de la librairie de Leipzig vient de décider de créer une Deutsche Biicherei, qui centralisera tous les imprimés publiés en Allemagne et à l’étranger à partir du Ier janvier 1913. Cette bibliothèque moderne, qui ne contiendra aucun ouvrage antérieur à igid,. devra attendre longtemps pour rivaliser avec celles de Paris, de Berlin et de Londres, riches surtout par leur fonds ancien.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•> Électricité
- Une grande génératrice de courant continu pour l’industrie électro-chimique. — Les résultats si satisfaisants obtenus avec leurs machines engagèrent la
- Le stator d’une dynamo d’électrolyse de 2G5o kilowatts.
- Société de l’industrie de l’aluminium, à Neuhausen, à charger les usines mécaniques Oerlikon de la construction de trois grandes génératrices de courant continu destinées à une extension de ses usines de Chippis
- Vue d’ensemble de la dynamo.
- (Valais). Ces machines, par leur puissance, leur nombre de tours et leurs dimensions, comptent parmi les génératrices de courant continu les plus remarquables qu’on, ait jamais construites. Voici leurs caractéristiques :
- Puissance................a65o kilowatts.
- Tension . . ..................34o volts.
- Intensité de courant. . . 780 ampères.
- Nombre de tours . . . . . 3oo par minute.
- Notons en outre que ces machines ont une capacité de surcharge de 25 pour 100 pendant 2 heures, dont
- xo pour xoo correspondent à la tension et i5 pour 100 à l’intensité de courant; une capacité de surcharge de 5o pour 100 pendant une demi-heure dont 10 à i5 pour 100 correspondent à la tension et 40 à 35 pour 100 à l’intensité de courant.
- Enfin le nombre de tours peut s’augmenter de 1,8 fois la valeur normale (54o tours par minute) sans que l’effort dépasse la moitié de la limite d’élasticité de la matière.
- Le rendement garanti est de 94,5 pour 100 à pleine charge et de 93 pour 100 à demi-charge.
- Ces machines sont, semble-t-il, les premières machines à courant continu qu’on ait jamais construites pour la vitesse relativement élevée de 3oo tours par minute pour la puissance et l'intensité en question ; ce sont aussi les plus puissantes dynamos d’électro-chimie actuellement en service. Ceci est d’autant plus remarquable que la prise du courant se fait par un seul collecteur.
- *>> Mécanique
- Nouvelle machine automatique pour analyser les fumées de générateurs. — On sait que ces appareils se répandent de plus en plus dans l’industrie, où ils permettent de faire d’importantes économies de combustibles. Aussi en existe-t-il maintenant un certain nombre de systèmes. Leur rôle est de faire automati-
- 1. — Vue de l’appareil Eckardt.
- Coupe schéma de l’appareil Eckardt.
- lessive dépotasse
- quement une prise d’un volume déterminé du gaz d’échappement, d’en mesurer la teneur en acide cai’bonique et à l’inscrire automatiquement sur un diagramme.
- Dans l’appareil Eckardt, le gaz est aspiré de façon continue par un petit injecteur àeau, genre Giffard (ftg. 2) : on réalise ainsi la purge de: la conduite allant aux carneaux du générateur. L’excès de gaz part dans l’air et l’eau s’écoule dans le tube de descente 1, où elle peut s’élever jusqu’au-dessus du coude du tube de trop-plein 2.
- Sur le tube de trop-plein 2 est glissé un second tube 3, un peu plus largn et fermé à sa partie supérieure. L’ensemble forme aspirateur à siphon qui vide rapidement le tube de descente 1, aussitôt que l’eau commence à pénétrer dans le tube 2.
- Ce siphon fonctionne tant que le . niveau de l’eau n’est pas descendu en dessous de l’ouverture inférieure du tube 3, ce qui a pour conséquence d’interrompx’e la colonne d’eau et de laisser remonter le niveau de l’eau. On obtient de cette manière une montée et une descente alternative du niveau d’eau, à des intervalles réguliers dont la AÙtesse peut être modifiée en réglant l’admission d’eau par un robinet.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Par suite de l’ascension de l’eau, l’air contenu dans la chambre 4 est chassé par le tube 5 dans la chambre supérieure 6, remplie de liquide jusqu’au sommet du tube 5. L’air chassé vers la chambre 6 chasse de cette chambre une quantité correspondante du liquide moteur, par le tube 7, dans le récipient mesureur 8, et en même temps dans le tube de montée 9. Aussitôt que le niveau de l’eau recommence à descendre dans, a chambre 4i le liquide moteur s’écoule hors du réservoir mesureur 8 et des tubes 7 et 9, pour retourner dans la chambre 6. Sous l’influence de l’aspiration du liquide qui retourne dans le réservoir mesureur, celui-ci se remplit par le tube 10 raccordé à la source de gaz. Aussitôt que le liquide moteur recommence à monter, il chasse le gaz devant lui, en partie dans le tube 10 jusqu’à ce que son embouchure soit atteinte et fermée par le liquide. La quantité de gaz qui est alors enfermée dans le récipient mesureur 8 est poussée, par la continuation de l’ascension du liquide à travers le tube n,dans le réservoir inférieur qui contient une lessive dépotasse caustique. Les gaz sortent alors par le bas du tube n,sous la forme de petites bulles et, glissant le long des plans inclinés 13, ils sont contraints de traverser le liquide absorbant. Par l’action du tube 14, qui plonge dans le tube de montée 9, le récipient d’absorption reste en relation avec l’atmosphère, de sorte que la première partie du gaz qui y pénètre peut s’échapper librement, jusqu’au moment où le liquide qui s’élève dans le tube 9 vienne fermer l’embouchure du tube 14. Ceci se produit au moment précis où le mesureur 8 contient encore une quantité bien déterminée de gaz, qui passe alors dans la chambre d’absorption. Lors du passage du gaz à travers le liquide absorbant, l’acide carbonique est retenu tandis que le restant du gaz passe sous la cloche 17 qui plonge dans la glycérine. La cloche, fixée par des fils, sur une molette folle et équilibrée par un entrepoids, se soulève ainsi, proportionnellement à la quantité de gaz qui pénètre dessous. Ce mouvement de la cloche est transmis par un levier coudé dont la pointe dessine sur une bande de papier à diagrammes, commandée par un mouvement d’horlogerie, un trait correspondant à l’amplitude du mouvement de la cloche. Ce papier à diagrammes porte l’impression d’une échelle sur laquelle on peut lire directement, en pour cent de gaz analysé, la quantité d anhydxûde carbonique.
- Aussitôt que les gaz ont été chassés du récipient mesureur 8, l’eau recommence à s’abaisser dans le tube de descente 1 et, par conséquent, le liquide moteur diminue aussi dans le récipient mesureur 8, ce qui produit l’aspiration d’un nouvel échantillon de gaz par le tube 10, tandis que les gaz analysés retournent de la cloche 17 dans la chambre d’absorption 12 et s’échappent dans l’atmosphère par le tube 14, aussitôt que la descente du liquide dans le tube 9 libère l’embouchure du tube 14.— L’appareil Eckardt est vendu par MM. Rater et Ankersmit, 140, avenue de Villiers, Paris.
- **> Photographie
- Poudre éclair. — La meilleure poudre au magnésium pour la photographie autochrome, et autre, est celle de Lumière qui n’est pas dangereuse parce qu’elle ne peut pas détoner au choc par suite de l’emploi du perchlorate de potasse au lieu de chlorate. La formule qui en a été publiée indique magnésium deux parties pour une partie de perchlorate; mais on est embarrassé de savoir si c’est parties en poids ou en volume : c’est en poids qu’il faut l’interpréter; on aura donc :
- Magnésium en poudre impalpable ... 20 gr.
- Perchlorate de potasse — ... 10 —
- 11 suffit de 8 à 10 grammes pour un cliché autochrome avec un objectif ouvert à F : 4,5. Pour le noir o gr. 5o suffisent,
- *> Jlrticles de Pureau
- Pupitre articulé 1’ « Instantané ». — Dans les appartements où la place est souvent mesurée au plus juste, il est intéressant de pouvoir faire disparaître à un moment donné un meuble dont on ne se sert pas. C’est le cas du pupitre pliant représenté ci-contre, appuyé contre un mur, il n’a que 0,08 cm d’épaisseur.
- On voit en B la case à papiers qui reste en place (fig. 1) et le volet A de la table qui est rabattu. Lorsque celui-ci est relevé, il dégage deux pieds qui viennent s’appuyer sur le sol et donnent toute la solidité nécessaire à une table de travail (fig. 2). Si celle-ci est insuffisante et qu’on veuille travailler debout on développe le pupitre qui se trouve au-dessus : l’encrier inversable qui y est fixé est toujours prêt à servir. Les dimensions de la table qui a o m. 75 de haut sont de o m. 88 de long sur o m. 55 de large. Quant au pupitre, il se trouve à une
- 1. Table repliée. 2. Table développée, avec le pupitre.
- hauteur de x m. 17 et il a o m. 77 de long sur o m. 5o de large.
- On peut utiliser la table et le pupitre simultanément ou séparément, suivant les besoins. C’est un meuble très pratique surtout pour les maisons de campagne, les chambres d’hôtels, les cabines de bateau, etc. — En vente chez M. Mathieu, 19, rue de Yalois, Paris.
- *> Divers
- Chaise à siège ajustable. — Tout le monde n’a pas la même hauteur de buste et de jambes et cependant les chaises sont à peu près invariablement de la même hauteur; aussi voit-on souvent qu’on emploie pour hausser le siège des coussins, des livres ou toute autre installation sommaire. Le modèle qui est représenté ci-contre permet de hausser le siège à volonté suivant les besoins ; il peut l’emplacer le tabouret de piano, dont le siège suspendu sur une vis est souvent très instable et peu confortable. De même pour le bureau il sera très utile en permettant, surtout pour les enfants, de donner une hauteur en rapport avec la taille.
- Cela évitera toute déformation et toute fatigue, qui sont dues très souvent à la mauvaise position prise pour écrire par suite du manque d’adaptation du siège et Dispositioa de la Chaise
- de la tame. à s;ège ajustable.
- Le mécanisme est
- solide, il est composé de deux X articulés qui se logent dans le siège quand celui-ci est complètement rabattu et qui se développent à mesure qu’on l’élève. Une crémaillère à cran d’ax'rêt fixée au dossier pei’met d’arrêter le siège à l’endroit voulu. — Chez M. Mathieu, 19, nie de Yalois.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en décembre 1912, par M. Ch. Dufour.
- La moyenne mensuelle de la pression 76omm,7 est supérieure de 2mm à la normale; la température moyenne est en excès de 2°,8.
- Le thermomètre, sous l’abri, n’est pas descendu au-dessous de —20,8, minimum absolu du mois, relevé le 9. Le maximum absolu i3°,4 a été observé le 28; on avait noté x3°,3 dans l’après-midi du 27.
- La durée d’insolation 7g11 5 est considérable pour la saison ; elle est en excès de 2gh 8 sur la normale et le rapport d’insolation qui est normalement de 0,19 atteint o,3i.
- La hauteur mensuelle de pluie 44mm>2 est très sensiblement égale à la moyenne générale de décembre (rap-poi’t à la normale 0,99).
- Il est tombé de la neige le 18; elle a formé sur le sol une légère couche qui a d’ailleurs disparu le lendemain.
- Pression barométrique. (Alt. 5om,3.) — Moyenne des 24 heures : 760““,73; minimum absolu : 747"”“,9 le-26 à 1711 i5m; maximum absolu : 770™“,5 le 3 à 21 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, 20,14 ; des maxima, 8°,69 ; des 24 heures, 5°,55. Minimum absolu, —2°,8 le 9; maximum absolu, i3°,4 le 28. Amplitudes diurnes : moyenne, 6°,55; la plus élevée, n°,9 le 8; la plus faible, 2°,i le i5. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, —o°,i9; des maxima, io°,62; minimum absolu, —6°,9 le Ier; maximum absolu, i8°,4 le 28. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 5°,68 ; à 21 heures : 5°,74; (prof. om,65) à 9 heures : 6°,57; à 21 heures : 6°,58 ; (prof. 1 mètre) à 9 heures : 7°,37 ; à 21 heures : 7°,36. De la Marne. — Moyennes : le matin, 5°,36; le soir, 5°,44- Minimum, 3°, 12 le 10; maximum, 7°,86 le 29.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,2o. Minimum absolu, 3mm,o le icr à 4 heures et à 5 heures; maximum absolu, iomm,5 le 27 à 16 heures et à 21 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 89,9. Minimum absolu,^43 le 8 à i3 heures; maximum absolu, 100 à 20 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) 6,11; 1 jour entièrement clair, le 9 ; 8 jours complètement couverts les 10, 1 x, 14. 15, 19, 23, 27, 3i.
- Insolation. — Durée possible 256 heures ; durée effective 79h 5 en 17 jours; rapport o,3i.
- Pluie. — Total du mois 44mm>2 en 381' 8. Maximum en 24 heures, 9mm,7 le 18.
- Nombre de jours : de pluie, 16; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i) : 15 ; de pluie supérieure ou égale à imm : 10; à 5mm : 4; de neige, 1 ; de gelée, 10 dont 4 consécutifs du 20 au 23; de brouillard, 10; de
- brume, 3: de gelée blanche, 18; (de halos solaires, 1. Fréquence des vents : calmes, 23.
- N .... 18 S. E. ... . 9
- N. N. E. . N. E. . . E. N. E. .
- S. S. E. . S..........
- S. s. w .
- 23
- 114
- 178
- W . . . . W. N. W. N. W. . . N. N. W .
- 11
- 12 8
- E......... o S. W. ... 223
- E. S. E. . 12 W. S. W. . 97
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3ra,g6. Moyennes diurnes : la plus élevée, 7m,8 le 26; la plus faible, im, 1 le 22. Vitesse maximum i3m,o le 26 à i4h iora par vent de S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m,5i. Minimum, 3m,02 le ier; maximum, 3m,g6 le 28.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression -(-2mm,oi; température -(-2°,81; tension de la vapeur -j- imm,o5; humidité relative -)- 1,3 ; nébulosité — 1,18; pluie —om“,3; jours de pluie appréciable o; insolation + ?9h 8.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (i5 jours) : 109 volts. Moyenne diurne la plus élevée
- 191 volts le 4 : la plus faible 25 volts le 19. Moyenne des 8 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni brouillard persistant, 120 volts; moyenne diurne la plus élevée 154 volts le 22; la plus faible 86 volts le 8. Amplitude diurne correspondante 0,18; amplitude nocturne 0,75.
- Radiation solaire. —L’observation n’en a été possible qu’à 5 dates différentes. La valeur maximum de Q a été 0,753 le 5 à 1 ih 3om.
- Taches solaires. — On a suivi 2 taches ou groupes de taches en i5 jours d’observation. Le Soleil a paru dépourvu de taches à 11 dates différentes les Ier, 3, 5-g, 12, 22, 29, 3o.
- Perturbations magnétiques. — Faibles les 9, i3, 24, 3o; modérée 2-3; assez fortes 6-7, 22-23.
- Mouvements sismiques. — Le ier, début 8h35ra, ph. pie. de gh x6m à 9h25m, fin xo heures; le 5, début vers X2h39m, ph. pie. de i3h8m à i3h i6m, fin vers i3h4o™; le 7, début 22h55m49’. pb- pie. de 23h 16 à 24 heures, fin vers 24h 4°ra > Ie 9> début oh im5os, ph. pie. de oh36m à oh 54m> fin vers ih 4om; le 9, ph. pie. de 9h i3m à gh 33m ; fin après 11 heures; le 24, début oh2im38% ph. pie. de oh 5om à ih7m, fin après 2 heures; le 24, début vers i8h 54” ; ph. pie. de i9h2m à i9h6m, fin vers i9h3om; le 28, début vers 8h24“, ph. pie. de 8h 55ra à gh iom, fin 10 heures; les appai’eils indiquent encore des traces de microsismes le 17, le 20, le 26 et le 29.
- Floraisons. — Le 3, nardosmia fragrans.; le 6, ehimo-nanthus ; le 14, rose de Noël.
- = <
- VARIÉTÉS
- La fabrication des billes en pierre. — Nous recevons, en réponse à la question posée à ce sujet, plusieurs l'éponses fort documentées dont nous remercions vivement les auteurs :
- M. Gorgérât du Locle nous écrit : « Le procédé le plus ancien consiste à prendre un fût métallique, pouvant tourner autour d’un axe central. Dans ce fût on place de petits cubes de pierre. On fait tourner le fût, les petits cubes s’usent les uns conti’e les autres et donnent des sphères. »j
- « La maison G. Eckhard, à Leipzig-Reudnitz, s’occupe de la fabrication du matériel à produire en grand la bille en pierre. »
- M. Schnepp de Nancy nous donne d’intéressants renseignements historiques : « Yers i8Sy, un industriel saxon du nom de Wachner a monté une usine à billes pour jouets dans la vallée de la Zorn près Saverae. L’usine a bien prospéré, d’autres se sont montées sur la même xivière. Survint la guerre de 1870 qui ruina ces établissements dont la clientèle se trouvait en France, séparée de l’Alsace par une barrière de douanes. Cari Wachner n’abandonna pas la lutte ; il créa une nouvelle
- usine en France à Pont-Saint-Vincent (près Nancy), qui existe encore » M. Schnepp nous donne ensuite ces détails sur le mode de fabrication en usage dans les grandes usines :
- « La fabrication est bien simple ; les pierres qu’on emploie sont assez dures, teinte bleue. Des ouvriers spéciaux les cassent au moyen de petits marteaux tranchants, en de petits dés carrés selon la grandeur des billes qu’on veut obtenir. Ces ouvriers par l’habitude deviennent très habiles et arrivent à débiter 2000, même plus de ces dés par jour, car avant 1870 on payait 2 fr. 5o le mille. .
- « Les dés ainsi préparés sont disposés sur des plateaux en fonte portant un certain nombre de rainures demi-rondes circulaires correspondant à la grosseur des dés ; un plateau supérieur portant les mêmes l'ainures et s’accordant parfaitement avec les rainures du plateau inférieur peut s’abaisser sur le plateau inférieur de manière à ne rester séparé que par les dés disposés dans les rainures. Les deux plateaux sont alors mis en mouvement par un moteur quelconque et par le frottement, le roulement, le mouvement giratoire que leur impriment les deux plateaux, les coins disparaissent et
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- VARIÉTÉS
- les dés qui ont été bien mouillés, peu à peu deviennent tout à fait ronds. Quatxd ils sont bien à point, on les enlève et on en remet d’autres.
- Le colorage se fait par des couleurs d’ôcre, dans des plateaux identiques, mais qui ne servent que pour cette opération ». — 31. Schnepp, 58, rue Pasteur, Nancy, fournit le matériel nécessaire à cette fabrication.
- 31. l’abbé Delahaye nous écrit : « Pour la fabrication industrielle des billes, il est probable qu’on débite des cubes au guide et à la scie mécanique ; mais, en certains pays, les billes sont faites à la main par des femmes et des enfants avec du marbre sortant de la carrière et par cela même plus tendre.
- Voici comment on procède. On prend un bloc, un cube de marbre de la grosseur que l’on veut, par exemple de o,i5 cm de côté. On le cale dans une boîte comme en ont les menuisiers pour couper d’équerre. Avec une scie, on coupe le cube par tranches bien égales de o,oi5 mm d’épaisseur. Ces dix tranches superposées sont placées bien calées dans la boîte et sciées de dix traits bien égaux de o,oi5 mm, ce qui donne ioo parallélépipèdes de o,i5 cm de long, sur o,oi5 de côté, moins
- toutefois l’épaisseur du trait de scie. Ces ioo parallélépipèdes bien enchâssés, bien calés dans la boîte, sont sciés en io parties égales, ce qui donne iooo petits cubes, dont on abat les angles et adoucit les arêtes avec un couteau. On met le tout dans un sac, une manche, de forte toile de i m. 5o à 2 m. de longueur, fermé par un bout que l’on attache à un crampon. On saisit l’autre extrémité du sac et par une vive secousse on envoie les billes à l’autre bout, par une secousse on les ramène à soi et ainsi de suite. En très peu de temps les billes sont parfaitement arrondies par le frottement si le travail préliminaire a été bien exécuté. »
- ' Enfin, M. Augiera, de Peymilou, nous donne les renseignements bibliographiques qui suivent : « Je signalerai à ce lecteur l’ouvrage de M. Henri Coupin intitulé : Promenade scientifique au pays des frivolités, librairie Vuibert et Nony, où il trouvera, pages 21 x et suivantes, quelques détails précis sur la fabrication des billes en marbre. Il pourrait aussi consulter le volume des Voyages en France, de M. Ardouin Dumazet concernant le département de l’Aube où il trouvera une courte description du « moulin à billes » d’Arsonval.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour « laver » un précipité, on dirige un jet de pis-sette sur le filtré où fut rassemblée et isolée la matière solide à séparer du liquide dans le sein duquel on l’a produite. L’opération est parfois très longue par suite du « grimpage » se produisant avec certains liquides.
- Fig. 1. — Filtre pendant la séparation du précipité.
- Fig. 2. — Filtre h bords repliés pour [le lavage.
- Quoiqu’on dirige le jet du liquide à laver sur le bord du filtre, il est très difficile de débarrasser complètement le papier des sels dissous qui l’imprègnent; ceci se voit fort bien quand il s’agit d’une solution colorée.
- Voici un tour de main très simple, sinon très élégant, grâce auquel les analystes expérimentés arrivent à laver
- rapidement les filtres imprégnés des précipités les plus « grimpants ». Après égouttage, on replie vers l’intérieur les bords du filtre, sur une hauteur de 1 à 2 centimètres (fig. 2) et on dirige le jet de pissette sur la partie retombante. En opérant ainsi quand la solution imprégnante est colorée, on voit littéralement le lavage se faire presque instantanément.
- Destruction des renards. — On sait que ces malignes bêtes évitent souvent les pièges : en particulier, les cadavres assaisonnés de strychnine qu’on met sur leur passage sont fréquemment laissés de côté. Voici un moyen, applicable seulement en hiver, pour exciter maître renard à se départir de sa prudence habituelle. Par un temps de gelée, on fait enterrer à l’endroit infesté un cuissot de cheval dont la jambe seule émerge du sol : en versant de l’eau sur ce qui saille, on recouvre l’appât d’une forte couche de glace qui la rend inattaquable à la dent des rôdeurs. Et tout autour de l’amorce, on dépose quelques cadavres de souris copieusement strychnisés. Il n’est pas l’are de trouver après chaque nuit un ou plusieurs cadavres de renards étendus près du piège.
- Pour préparer les souris, on ne touche les bêtes que les mains couvertes de gants imprégnés de l’odeur de quelque cadavi’e faisandé. On soulève avec une pince la peau de la cuisse et on y fait une incision dans laquelle on dépose 10 décigrarames de strychnine.
- jteo
- 1pd
- BOITE AUX LETTRES
- aOL
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — F. R. A7iort. — Une ampoule électrique de 3a bougies, sur un courant de 200 volts, exigera environ x/5 d’ampère, s’il s’agit d’une lampe à filament métallique. Il faudra trois fois plus pour une lampe à filament de carbone.
- M. E. Vidières, à Dreux. — Dans l’hypothèse que vous nous soumettez, tous les éléments minéraux, provenant d’un incendie de forêt atteignant la couverture morte et l’humus, renfermeront toujours un certain nombre de substances solubles, notamment des sels de potassium, de sodium, de magnésium et même de calcium, qui pourront se dissoudre sous Faction des pluies
- et exercer leur influence habituelle sur les zéolithes con> tenues dans le sol. Si le feu a été très violent, il peut même déshydrater et décomposer les zéolithes superficielles qui ne peuvent plus remplir leur rôle habituel ; mais les autres éléments zéolithiques, situés plus profondément dans la terre, suffiront toujours dans ce cas pour provoquer les décompositions avec les eaux d’infiltration chargées des matières minérales mises en liberté par l’incendie des substances végétales.
- M. Balquet, à Airvault. — Nous ne croyons pas très économique de chercher à remettre à neuf des tampons encreurs de machine à écrire (Yost). Il faudrait les laver à la benzine ou à l’essence de pétrole, les faire sécher, puis imprégner d’une solution saturée de violet méthyle dans l’eau glycérinée à 25 pour xoo.
- 3/1. le capitaine Truillet, à Paris. —Le tain des glaces est chez les fabi-icants protégé par une couche d’enduit spécial; si cela ne suffit pas à le protéger de l’humidite, il serait bon de le recouvrir d’une bonne couche de j vernis à l’huile, appliquée avec beaucoup de précautions.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Mige.on, à Bruxelles. — Voyez l’ouvrage : Fabrication électrochimique des composés nitrés. par Jean Escard, i vol. 116 pages, Dunod et Pinat, édit., Paris. 45, quai des Grands-Augustins, Prix : 4 fr. .5,0....
- Abonné, 1956-558, Poitiers. Pour vernir les feuillages secs, qn peut employer un vernis copal à ,l’alcool, très peu concentré et utilisé de préférence en bain dans lequel on plonge les branches.
- M. Rondet, à Sfax. — Enduit sur mur pour pseudo-tableaux noirs. Nul doute qu’un bon enduit de "ciment puisse convenir. On devrait le teinter dans la masse, et sans doute y appliquer une couche de vernis noir mat dans lequel on délaie un peu dé poudre d’émeri.
- M. de Schamphelaere, Gand. — Il ne fut, que nous sachions, rien publié sur la récupération des déchets de désétamage des glaces. Mais le problème nous paraît
- a priori facile à résoudre., Il vous suffirait de quelques petits essais pour déterminer le plus pratique des divers moyens de séparation de l’étain et du mercure. Une méthode très simple consisterait par exemple à faire déposer le mercure en immergeant des lames de cuivre, puis Pétain, sur des lames de zinc.
- M. Blancféné, Bruxelles. — Impossible de préparer une pà te à polycopier pour encre d’imprimerie : c’est par suite de la dissolution des couleurs de l’encre que ces pâtes donnent des clichés. Or lès pigments des encres d’imprimerie sont insolubles.
- M. Vidal, à Millau. — Gravure du cuivre et du zinc. On empêche l’attaque du métal par les acides en le recouvrant d’un enduit préparé par mélange à chaux de poids égaux des produits : asphalte, cire d’abeilles, poix dë Bourgogne.
- BIBLIOGRAPHIE
- OSE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La Science et l’Industrie en 1912 : Astronomie : JeanMascart.
- — Physique : G. Bresch. — Chimie. — Géologie. — Physio-, logie : R. Legendre. — Biologie : R. Legendre. — Zoologie :
- E. Trouessart, ~ Botanique : Rémi Cetllter: — Médecine;
- — Hygiène publique. — Géographie : E.-A. Martel. — Préhistoire. — Océanographie : R. Legendre. — Mécanique. — Automobilisme : Renaud. — Aéronautique : R. Chassériaud.
- — Marine de guerre : Sauvaire Jourdan. — Industrie électrique : R. C. — Télégraphie sans fil.
- Supplément. •— Action de la pression dans le frottement contre la glace. — La peau du lait. — L’enregistrement des signaux radiotélf graphiques, etc.
- Oscillations et vibrations. Étude générale des mouvements vibratoires, par A. Boutaric. i vol. grand in-18 Jésus, cartonné toile, 410 pages, avec i3g figures. Doin, éditeur, Paris, 1912. Prix : 5 francs.
- La considération des mouvements vibratoires établit un lien entre des phénomènes a priori tout différents, phénomènes acoustiques, phénomènes optiques, phénomènes calorifiques et phénomènes lumineux. L’auteur en donne une étude générale et montre comment les résultats obtenus s’appliquent en gros aux divers chapitres de la physique.
- Le temps qu’il fait, Le temps qu'il fera, par A. Berget. 1 vol. in-8°. Paris, Ch. Delagrave. Prix : 10 francs.
- iC’est tout un traité de météorologie que nous donne les avant professeur à l’Institut Océanographique. Après la route de l'air, consacrée à l’aéronautique et à l’aviation, il nous expose avec sa clarté coutumière les lois des phénomènes de l’atmosphère, les procédés et les instruments qui les étudient et leurs influences sur la planète et ses habitants. Il faut noter que M..Berget admet la justesse de la périodicité climatique de 35 ans, loi de Bruckner, du moins pour les pays de l’Europe occidentale et sous réserve de ne l’appliquer qu’à des moyennes.
- Matériaux de gros œuvre, par E. Leduc et G. Chenu (collection des Manuels Bordas et Roux, d’analyses chimiques). 1 vol. 285 pages. Béranger, éditeur, Paris, 1912. Prix : 6 francs.
- Ce volume indique les méthodes d’analyses et d’essais mécaniques se rapportant aux pierres naturelles ou artificielles, aux matériaux de couverture, d’empierrement, de pavage et dallage, aux peintures, aux argiles, aux verres et glaçures
- Eaux-de-vie, par X. Rocques (collection des Manuels Bordas et Roux, d’analyses chimiques). 1 vol. 3a 1 p. Béranger, éditeur, Paris, 1912. Prix : 6 francs.
- Contient les méthodes d’analyse des eaux-de-vie de consommation, une très intéressante série de documents analytiques relatifs à des cognacs et eaux-de-vie de diverses provenances, un appendice réunissant les documents législatifs et administratifs concernant les spiritueux.
- Les poudres de la guerre et de la marine en France et à l’étranger, par Maurice Cabart Danneville, sénateur de la Manche. 1 vol. in-8° de 3go pages. Berger-Levrault, éditeurs, 5, rue des Beaux-Arts, Pai'is, 1912. Prix : 3 fr. 5o.
- Etude administrative, technique et scientifique de nos poudres ainsi que de celles des autres puissances. L’auteur a fait partie de la Commission d’enquête nommée après la catastrophe de Y Léna et il cherche les éléments d’une réponse impartiale à l’angoissante question des poudres.
- Le séchage des fruits et des légumes, par J. Nanot et C.-L. Gatin. In-i8, 324 p-, 67 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris, 1912. Prix : 3 fr. 5o.
- L’ouvrage de M. Nanot sur le séchage des fruits et des légumes jouit d’une grande réputation, et l’on peut dire qu’il est devenu classique en la matière. La nouvelle édition qu’il vient d’en publier, en collaboration avec M. Gatin, entièrement refondue et mise au courant de la technique moderne, décrit en détail et de la façon la plus claire les méthodes perfectionnées qui, substituées aux procédés surannés de séchage, permettront à nos producteurs de ne pas redouter la concurrence étrangère ; en outre, la dessiccation de
- . chaque fruit ou légume fait l’objet d’un chapitre spécial,
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour igi3. 1 vol. Gauthier-Villars, éditeur, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- Outre les données astronomiques qu’il contient chaque année, T Annuaire fournit cette année des données géographiques, statistiques et économiques, une note de M. Bigourdan sur l’éclipse de soleil du 17 avril, une note du commandant Ferrié Sur l’application de la T. S. F. à l’envoi de l’heure, et enfin les discours prononcés aux funérailles de Radau, et de Poincaré.
- Les Agendas Dunod pour igi3. 10 petits volumes, 45o p. reliés en peau souple. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris. Prix : 3 francs le volume.
- Ces utiles agendas se sont encore améliorés cette année; les mines et la métallurgie font désormais l’objet de 2 volumes séparés ; ils ont été rédigés par M. Levât. MM. Debauve et Aucamus ont écrit le
- .Bâtiment et les Travaux publics; M. Javet, la Chimie-, M. Pierre Blanc, les Chemins de fer-, M. Favrar, la Construction automobile ; M. Izart, la Mécanique ; M. Montpellier, V Electricité ; M. Le Mercier, le Commerce.
- Le Japon fleuri, par Walter Tyndale. In-8°, 24 planches en couleurs, d’après les aquarelles de l’auteur. Pierre Roger et Cie, éditeurs. Prix : 12 francs.
- Elégant reflet pittoresque de la vie japonaise, derrière les cloisons de papier, dans le grouillement des fêtes populaires et le calme des campagnes, avec le cadre gracieux de jardins fleuris, d’étangs à lotus et iris, de forêts dominées par le Foujiyama. Les délicates aquarelles rendent à merveille l’exquise douceur du pays nippon.
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- Aux pays balkaniques, par A. Mvzet. 26 photogravure?, 1 carie. In-8°. Pierre Roger et Cie, Paris. Prix : 4 fr.
- Intéressant livre d’actualité. L’auteur a passé plusieurs années dans les Balkans. Rappelant comment la question d’Orient est devenue la question balkanique, il commencé au traité de Berlin et passé par la révolution turque de 1908 pour décrire l’état du Monténégro, de la Serbie et dé la Grèce, au moment précis où a éclaté la guerre présente.
- Londres et la vie à Londres, par F. de Bernhardt. i vol. in-8°. 110 gravures. Pierre Roger et C'% Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- C’est un véritable cinématographe de la capitale britannique sous le règne de Georges Y ; des palais aux cloaques, des musées aux prisons; il nous initie à la vie intime, aux moeurs, aux usages des millions d’habitants qui peuplent la plus grande cité que les hommes aient jamais construite.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5o™,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT D RECT10N ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13janv. 1913. ' 0°,6 S. S.W. 1. Peu nuageux. 0,5 Gel. bl. ; couv. de 8 li. à 20 h. ; brume ; pi. à 16 h. 13 et 18 h. 25.
- Mardi 14 2°,0 Calme. Couvert. 1,0 Eclaircies à 17 h. ; ]>1. de-15 h. 45 à 14 il. 50 et de 20 h. à 20 h. 50.
- Mercredi 15 4°,9 S. S. W. 4. Pluie. 2,0 PI. de 6 h. 50 à 9 h. 20; couv. jusq. 11 ; peu nuag.
- Jeudi 16 3°,2 S. W. 3. Beau. 4,4 Pluie le m. et le soir; nuageux ; halo à 12 h.
- Vendredi 17 4°,7 S. W. 5. Pluie. 0,9 PI. à 7 li. et à 22 h. 30; nuageux.
- Samedi 18 4°,6 S. W. 3. Couvert. 0,2 Tr. nuag. ; pl. de 9 h. 55 à 10 b. ; halo à 21 li. . :
- Dimanche 19 . . . . 1°,9 S. 3. Couvert. 0,6 Couv. ; gel. bl. ; brouil. 500“ à 9 b. ; averses’à 10h. 50 et à 19 h. 45.
- JANVIER 1913. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 JANVIER 1913.
- Lundi
- Mardi
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre t'amené à 0, au niveau boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du i3 au 19 janvier. — Le t>. Dépression dans les parages de l’Islande (Reijkiavik : 7^4 mm)- Fortes pressions sur le S.-W. et le N.-E. du continent. Pressions faibles sur le W. et le S.-E. Pluies et neiges sur le W. et le Centre. En France : Nantes et Bordeaux, 14 mm; Nancy, 4- Temp. du matin : Belfort, o°; Paris et Toulouse, + 1; Lyon et Marseille, 4; Alger, 12; moyenne à Paris 20,9 (normale : 2",2). — Le 14. La pression reste basse sur l’Àtlântique et le W. de l’Europe : la Coubre, 749 mm; Yalentia, 780. Pression élevée sur le N. et TE. Pluies sur le YV., le Centre et le S. En France : Nantes, 17 mm; Lyon, 6. Temp. du matin : Moscou, —- ii°; Belfort, .1 ; Paris, +3; Marseille, B; Biarritz, 11; moyenne à Paris : 4° (normale : 2°,2). — Le i5. Dépression assez profonde sur le YV. de l’Europe, ayant son centre au large de l’Irlande (Yalentia : 737 mm). Pression élevée sur l’E. Pluies générales sür le W. de l’Europe : Bordeaux, i5 mm; Limoges, 14. Temp. du matin : Bucarest, —-15°; Belfort, o; Toulouse et Paris, 5 ; Brest, 7; moyenne à Paris : 6°,t (normale :
- Le 16. Dépression sur tout le W. de l’Europe (centre au large de l’Irlande : 741 mm). Fortes pressions sur l’E. Pluies sur le YV. et le S. Eu France :
- Cherbourg. s5 mm; Nantes, 10; Paris, 4- Tempête sur là Manche et l’Océan. Temp. du matin : Haparanda,
- — 170; Belfort, -f-2 ; Paris, + 3 ; Brest, 8; Alger, i4l moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 2°,3). — Le 17. Les basses pressions du W. s’étendent vers l’E. et le N.-E. Minimum persistant au large de l’Irlande; un antre sur les Pays-Bas (745). Pression élevée dans l’E. Pluies ou neiges générales sur l’Europe. Temp. du: matin : Moscou, —19°; Belfort. -4-3; Paris, 5; Toulouse, 7: moyenne à Paris : 5°,8 (normale : a°,3). — Le 18. Le? basses pressions s’étendent sur l’Europe centrale et la Scandinavie (Copenhague : 747)- Neiges et pluies sur le N.-YV. de l’Europe. Temp. du matin : Haparanda,
- — 20°; Yienne, —4; Paris, +5; Nantes, 6;. Alger, i5; moyenne à Paris : 5°,9 (normale : à°,3). — T,é 19. Nouvelle dépression s’avance vers les Iles-Britanniques (Irlande : 760 mm). La pression se relève sur le Centre et le S.-W. du-continent. Neiges et pluies sur le N. et le W. En France : Brest, 9 mm ; Paris, 1. Temp. du matin : Paris et Toulouse, +2; Nantes, 7; Biarritz, 9: Alger, 12; moyenne à Paris : 4°.8 (normale : 2°,3). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 15, à 4 h. 8 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : <20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2071. — 1 r FÉVRIER 1913
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- La durée des peintures. — On a effectué récemment sur ce sujet différentes expériences intéressantes dont nous nous permettrons de signaler les résultats à nos lecteurs. La lumière peut modifier les pigments colorés de différentes manières, mais le changement de couleur est généralement dû à une oxydation. L’addition d’un siccatif dans une huile peut produire, soit l’oxydation du pigment, soit sa réduction avec oxydation subséquente de l’huile. C’est ainsi que, dans les peintures, le sulfure de plomb est oxydé à l’état de sulfate de plomb à la lumière ; cette observation donne par suite un moyen simple de régénérer les peintures à base de céruse qui ont été noircies par sulfuration avec le temps; il sutlit de les exposer à un vif soleil qui fait passer le sulfure de plomb noir à l’état de sulfate blanc. Des couleurs, vraiment stables, peuvent paraître fugaces si elles ont été mal préparées ou incorporées à une huile blanchie à l’acide. La garance protège le vermillon probablement parce qu’elle intercepte les rayons les plus actifs dans la production du changement d’état qui se produirait. Les vernis protègent les pigments de la peinture contre l’air humide et la lumière ultra-violette. Les pigments produits par oxydation ont plus de chances de stabilité que ceux qui ont pris naissance par réduction. Les artistes, les peintres, les fabricants de couleurs, les amateurs pourront tirer parti de ces observations.
- La nouvelle forme du Vésuve. — Le Vésuve, avant sa grande éruption de 1906, atteignait l’altitude de 1335 m. et son cratère dépassait à peine le diamètre de 200 m.; ensuite, ce cratère a mesuré 700 m. sur 600 avec une profondeur de 400 à 5oo m. et l’altitude est tombée à 1x82 m. par suite d’écroulements des bords dans l’intérieur. Certainsde ces éboulements ont soulevé de tels nuages de poussière qu’on les a pris souvent pour des fumées d’éruptions nouvelles. Le dernier de grande importance eut lieu le 12 mars 19x1, mettant hors de service la station supérieure du funiculaire Cook. En août 1911, M. Friedlânder, de Naples, fit exécuter par M. Castiglione d.es levés topographiques précis au 1/10 000e pour le cône du Vésuve et au i/25oo° pour le cratère lui-même. On trouva alors pour celui-ci les diamètres de 85o m. sur 700 et des altitudes de 1082 à 1182 m. pour le rebord et 864 m. pour le fond du cratère. (Malladra a relevé 858 m. dans sa fameuse descente du 14 niai 1912.). Tandis que les fumerolles de l’Atrio del Cavallo ne marquent que 98° à ioo° C., celles de l’intérieur du cratère sout Beaucoup plus chaudes : 43o° en juillet 1909 (d’après Perret); 9000 en août 1911 ; 25o° pendant l’hiver 1911-12 (Malladra); ^28', en septembre ign (Capello); 195° le 14 mai 19x2 (Mal-Indra), etc. Depuis 1906, la tranquillité du Vé-uve est exceptionnellement longue. Les 2 belles cartes de M. Castiglione sont publiées dans 1 e Petermanris-Mitteilungen de novembre 19x2 auxquelles nous empruntons ces détails.
- La traversée des Alpes en aéroplane. — L’aviateur Bielovucic a renouvelé le 25 janvier l’expérience qui coûta la vie à Chavez. Monté sur un monoplan Henriot-Gnôme, l’audacieux pilote effectua, par-dessus le Sim-plon, le trajet Brigue-Domo d’Ossola en. 26 minutes. Voici ce que fut le voyage d’après le récit même de l’aviateur : « Parti de Brigue après avoir déblayé cette nuit 5oo mètres cubes de neige avec 70 hommes pour pouvoir prendre mon vol, je montai à 2200 mètres en 7 minutes et m’engageai dans la. vallée Sartine, mais des ratés m’obligèrent à revenir dans la vallée de Brigue. Sans atterrir, ayant réglé la carburation de mon moteur, je me dirigeai vers le Simplon, passai à 2000 mè-ti'es au-dessus de Gabi, à 3200 mètres sur Monschera et commençai un vol plané pour atterrir au champ Chavez 26 minutes après le décollage. La première partie de ma travex’sée fut très pénible jusqu’à Simplon-Village, facile jusqu’à Monschera et à nouveau très pénible jusqu’à l’atteriissage. » Bielovucic comme Chavez est de nationalité péruvienne.
- Le record d’altitude en aéroplane avec passager.
- — L’aviateur Legagneux accompagné de miss Davies a monté le 27 janvier à 3670 mèti-es. Il pilotait un monoplan Morane.
- L’aéronautique militaire allemande. — On sait que l’Allemagne fait actuellement un nouvel et gigantesque effort militaire. L’aéronautique n’y est pas oubliée. Une loi aérienne va être prochainement soumise au Reichstag et comportera pour l’armée et la marine une dépense de 25 millions de francs. Ce crédit serait destiné avant tout à assurer l’accroissement méthodique de la flotte de dirigeables déjà très puissante dont disposent nos voisins.
- Recherches sur la densité de l’air atmosphérique.
- — Bien que ce sujet ait été traité de nombreuses fois, il est toujours intéressant de signaler les recherches qui sont faites sur ce sujet et qui l’enrichissent de nouveaux documents. C’est ainsi que M. Ph.-A. Guye et ses colla-borateui-s ont déterminé la densité de l’air atmosphérique, à Genève, en février, mars et avril 1910. Ils font observer que le poids du litre normal d’air sec, privé d acide carbonique, peut varier d’un lieu à un autre, de quelques dixièmes de milligramme; la composition atmosphérique n’est pas constante et l’on devrait, en bonne justice, renoncer à l’usage de rapporter les densités des gaz à celle de l’air, choisi comme gaz de référence. Le poids moyen du litre normal d'air sec et privé d’acide carbonique, pris à Genève du 11 février au 28 avril, est de 1 gr. 2930 ; les valeurs minima trouvées dans le même endi’oit au-dessous de cette moyenne sont toutes accompagnées ou précédées d’un maximum relatif de la pression barométrique. Les minima de densité de
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- INFORMATIONS
- l’air et de teneur en oxygène seraient dus à la descente d air des régions supérieures de l’atmosphère, un peu moins riches en oxygène que les régions inférieures.
- Les chemins de fer français au 31 décembre 1911.
- — Grandes Compagnies, 3g32i km; Compagnies secondaires 1160 km; chemins non concédés 3a8 km; total : 40.809 km; augmentation sur 1910, 177 km. A signaler parmi les nouvelles lignes ouvertes : Saint-Jean-d’Angély à Saintes (11 juin 1911); Montlouis à Bourg-Madame (28 juin 1911); Saint-André à Annot (3 juillet 1911). Algérie (comme en 1910), 3297 km; Tunisie : 1910, 12.33 km; 1911, 1343 km. Le i5 mai 1911 on a ouvert la ligne de Ouardeinine à Sfax.
- Le port de Marseille en 1911. — Le trafic du port a été très voisin de 20 millions de tonneaux; ce chiffre atteste la remarquable prospérité de notre port méditerranéen. Entrées et sorties réunies, on a compté 16 836 navires; 19632974 tonneaux de jauge et 8 176247 tqnnes de marchandises, non compris 609 939 tonnes de charbon et autres provisions de bord à la sortie, avec 470 887 voyageurs.
- Affaissement des fondations de Saint-Paul de Londres. — En 1907, certaines fissures produites à la cathédrale de Saint-Paul de Londres avaient été attribuées au dessèchement excessif des 12 mètres de sable sur lequel l’édifice est fondé. Le drainage de ce sable aurait été effectué par divers travaux souterrains aux alentours. M. Hoyer Millar avait en conséquence proposé de rendre de l'humidité à ce sous-sol en y introduisant de l’eau par des tuyaux. Depuis cette date lés craquelures du monument ont continué ; on remplit les crevasses de ciment au moyen de l’air comprimé. Les architectës, notamment Sir Francis Fox, et le chapitre de la cathédrale combattent un projet qui voudrait faire passer un tramway souterrain dans le voisinage de l’édifice. Les vibrations résultant du passage des voitures motrices ne feraient qu’accentuer le péril que court déjà l’immense construction, trop lourde pour son sous-sol et pour ses fondations.
- Le plus grand sky-scraper de New-York, actuellement en voie d’achèvement, sera terminé en avril prochain : c’est le Woolworth Building. Notre photographie
- montre son aspect vu du sommet de son aîné et voisin le Singer Building. Il devait avoir primitivement 700 pieds de haut (229 m.), mais on a effilé le couronnement et porté l’élévation totale à 780 pieds (238 m.). Il y aura 55 étages. L’architecte est M. Gilbert qui a déjà construit entre autres le beau capitole de Saint-Paul, capitale du Minnesota. Nous reviendrons prochainement sur cette construction, la plus élevée du monde après la tour Eiffel.
- Le « Vaisseau du désert ». — Le chameau sera. bientôt dépossédé de ce classique surnom par le rival que vient de lui susciter un ingénieur anglais établi au Caire, M. Hoobrew Lallan. Son « automobile à sable ». pour traduire ici le nom anglais qu’il lui a donné, a été imaginé ingénieusement pour supporter les longs voyages à travers les déserts africains. Les roues ont
- une largeur de jante qui les empêche d’enfoncer profondément dans le sable, et leur diamètre assure assez d’espace entre le sol et la carrosserie pour qu’il n’y ait pas à redouter que des tourbillons de poussière soient soulevés par le passage du véhicule. Ces roues sont en bois, et le caoutchouc, qui se détériore si rapidement, sous l’action de la chaleur solaire, a été remplacé par des bourrelets de cuir. Le moteur est suffisamment protégé contre les infiltrations de sable fin par une enveloppe hermétiquement ajustée. M. Hoobrew Lallân a procédé à des essais très satisfaisants dans les environs de la Pyramide de Gizeh.
- La mortalité des débitants. — Dans la Presse médicale, M. Lucien Jacquet vient d’étudier la mortalité de diverses professions et entre autres, celle des débitants de boissons. Cette dernière est considérable. A Paris, 36,i pour 1000 hommes de 3o à 49 ans meurent chaque année et 4^,9 pour xooo cabaretiers. En Suisse, 25,8 pour 1000 hommes dans les mêmes conditions meurent chaque année et 42,5g pour 1000 cabaretiers. En Angleterre, les mêmes constatations peuvent être faites : de 1880 à 1882, il y a eu 1000 morts pour 64 621 adultes de 20 à 25 ans et 1021 morts pour le même nombre de débitants; de i8go à 1892, les nombres sont 61 2i5 hommes pour 1000 morts dans la totalité de la population et pour 1642 morts parmi les cabaretiers; de 1900 à 1902, 71 oo5 adultes pour 1000 morts, pour 1669 morts chez les débitants. La même statistique est aussi saisissante sous une autre forme; en Angleterre, la tuberculose ne tue que 67 clergymen et io5 médecins sur 1000 atteints, elle cause la mort de 607 garçons cabaretiers ! Ces quelques chiffres montrent clairement tout le danger de l’alcoolisme, non seulement pour ceux qui achètent l’alcool, mais encore pour ceux qui le vendent. Suivant le mot de Hayem « la phtisie se prend des deux côtés du zinc. »
- Trouvailles archéologiques. — À Paris, les travaux entrepris, pour la ligne n° 7 du métro, à l’entrée de l’avenue de l’Opéra, ont mis à découvert un mur perpendiculaire à l’avenue, enfoui à une certaine profondeur et qui semble constituer un vestige de l’ancienne enceinte de Charles Y. Auprès de ces ruines, on a relevé, dans les mêmes fouilles, les restes de l’ancien égout de la rue Jeaunessin, qui longeait les anciennes murailles et ne serait autre chose que l’antique chemin de ronde intérieur en face duquel fut blessée Jeanne d’Arc le 8 septembre 1429, — A Chalon-sur-Saône, en démolissant les fondations de la maison Mathey Jacob, on a mis à jour un socle avec l’inscription : deae-sovconnai:-oppiuani-cabiToxmenses. « De la déesse de la Saône, camp retranché de Chalon. » Ce socle marque l’emplacement, jusqu’ici indéterminé, du camp retranché établi par César.
- Blanchissage électrique. — L'Electricien rapporte que la Compagnie « National Laundry Machinery », de Dayton (Ohio, Etats-Unis), a récemment pris des brevets pour une machine de blanchissage électrique. Le linge peut y être lavé, blanchi et désinfecté au moyen d’un courant électrique d'une tension déterminée. Le cotirant: électrique électrolyte le liquide qui remplit la machine et met ainsi en liberté des réactifs qui dégraissent et blanchissent le linge.
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- igo
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ott
- Montages de sonneries trembleuses ordinaires sur 110 volts. Indicateurs lumineux. — Les sonneries trembleuses ordinaires sont actionnées toujours par le courant fourni par des piles Leclanché. Un dispositif simple permet de se passer des piles électriques et d’utiliser le circuit d’éclairage de l’habitation pour
- ( * ) /T#\ In terrc/pteur
- Bouton Kp<te,a,ampe
- t/e sonner/e —
- Fig. I. — Sonnerie en série avec une lampe existante.
- Si l’on a plusieurs boutons d’appel dans des pièces différentes par exemple, on peut n’utiliser qu’une seule sonnerie, mais alors en employant une lampe pour chaque bouton, on peut distinguer quel est le bouton qui a appelé. Dans l’exemple donné par la figure 3, la lampe correspondant au bouton de la salle à manger est rouge, celle qui correspond au salon est blanche et celle de la chambre est bleue.
- Si l’on a plus de trois boutons ou si l’on veut, pour
- actionner les sonneries. Il nous a paru intéressant de développer cette question, car on arrive à des conclusions pratiques, ingénieuses et relativement économiques.
- Prenons d’abord le problème dans un cas simple. Supposons que dans une pièce il y ait une lampe électrique et son commutateur interrupteur. Dans cette pièce nous mettrons le bouton-poussoir qui doit actionner la sonnerie située par exemple à l’office ou à la cuisine. Nous aurons soin de prendre du fil bien isolé et le montage devra être fait consciencieusement. La sonnerie sera reliée d’une part au fil d’éclairage qui va directement à l’interrupteur de la lampe et d’autre part à l’autre fil d’éclairage, mais entre la lampe’ et l’interrupteur et par l’intermédiaire du bouton-poussoir.
- L’interrupteur de la lampe étant ouvert, si on appuie sur le bouton, la lampe et la sonnerie sont disposées en série et, suivant la formule connue, l’intensité du courant est :
- J _ , I 10 volts
- résistance de la lampe + résistance de la sonnerie
- La sonnerie sera actionnée, la lampe clignotera et
- Fig. 2. — Installation avec
- lampe supplémentairi
- deux ou trois boutons faire quelque chose de plus complet, on fabriquera une boîte à compartiments qui aura autant de cases que de lampes (fig. 4), chaque lampe sera fixée sur une petite douille et un support-rosace en bois ordinaire. Les connexions à réaliser sont celles indiquées sur le schéma. Pour fermer les cases par-devant, on mettra des verres dépolis sur lesquels on pourra peindre en noir les inscriptions « salle à manger », « bureau », « salon », etc. Au lieu de verre dépoli, on peut se contenter d’une feuille épaisse de papier calque sur laquelle on écrira le libellé en gros caractères à l’encre de Chine.
- Quand un bouton sera actionné, la sonnerie tintera et la lampe correspondante clignotera synchroniquement avec les vibrations de la palette de l’électro de la sonnerie. On pourra voir quel est le bouton qui appelle par linscription devenue lumineuse. Pour éviter que pendant le jour la trop grande clarté empêche de distinguer ce clignotement, on placera le tableau dans un
- l/erre dépoli ou papier calqua
- Boîte indicatrice à lampes.
- Salle
- Salon
- Chambre Bureau
- S ohé ma homes
- on voit que, pour placer la sonnerie, il suffira de passer un fil au lieu de deux de la sonnerie au bouton.
- Bien entendu la valeur des résistances est importante ; une bonne disposition est celle qui accouple une sonnerie de 5 ohms de résistance avec une lampe de 16 bougies. On a intérêt à avoir en général une sonnerie à iaible résistance.
- Lorsque l’interrupteur de lampe est fermé, la sonnerie ne fonctionnera plus, car le courant se partage d’une quantité inversement proportionnelle aux résistances quand il a plusieurs passages simultanés. Pour réaliser le fonctionnement, il faudrait fermer l’interrupteur. Ceci est un grave inconvénient.
- On peut l’éviter par le dispositif de la figure i qui exige une lampe supplémentaire et deux fils pour installer la sonnerie. On a alors un dispositif d’avertissement à la fois acoustique par la sonnerie et lumineux par la lampe.
- endroit sombre, ou on le munira d’un volet couvre-jour comme cela est indiqué sur la figure 4.
- Cette installation est facile à réaliser par un amateur, elle ne demande que du soin pour que l’isolement de l’installation soit suffisant. Il vaut mieux ne pas employer du fil de sonnerie ordinaire, mais prendre au contraire du fil mieux isolé.
- Les transformateurs domestiques. — Nous avons vu que l’on pouvait actionner directement des sonneries avec du courant 110 volts continu en intercalant une lampe dans le circuit.
- Pour les courants alternatifs, il est un moyen élégant de supprimer les piles électriques, c’est de brancher un petit transformateur abaisseur de tension. En effet, une sonnerie à faible résistance de 5 ohms par exemple, marche parfaitement bien sous le courant alternatif à très bas voltage, 4 à 8 volts. Par conséquent un transformateur de ce genre pouri'a se substituer aux
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- SCIENCE APPLIQUÉE gg
- piles électriques dans tous leurs emplois : sonneries, contacts de porte, tableaux indicateurs, allumoirs, moteurs, jouets, horloges électriques, etc.
- Ces transformateurs sont constitués comme tous les appareils du même genre : une carcasse en fer feuilleté qui porte deux enroulements ; c’est en résumé une bobine d’induction. L’enroulement primaire branché sur i io volts est en fil fin et a une grande résistance; l’enroulement secondaire qui sert au circuit d’utilisation est en gros fil et a une résistance faible. Théoriquement, pour chaque enroulement, le rapport du voltage au nombre de spires de fil doit être le même; ainsi, pour abaisser la tension de iiovols à 8 volts, le rapport du nombre des spires des enroulements sera :
- no
- -r- ou 14 environ.
- O
- La considération de l’intensité permet ensuite de fixer la valeur des résistances des bobines.
- Le transformateur ainsi constitué sera placé au mur près de l’arrivée du secteur, on fixera les deux fils d’arrivée aux bornes no volts ; le circuit d’utilisation sera relié aux bornes du bas. On aura soin de mettre un coupe-circuit entre Je transformateur et l’arrivée du sec-
- Interrupteur*
- Fig, 1. — Installation d’une sonnerie sur l’alternatif. Fig. 2. — Installation avec tensions secondaires différentes.
- teur, afin de garantir le transformateur quand il y aura un court-circuit sur le secondaire.
- Le schéma de montage est celui de la figure 1 où le circuit d’utilisation agit sur une sonnerie.
- Dans ce schéma est représenté un transformateur simple qui ne donne qu’une tension d’utilisation, mais il peut y avoir des cas où certains appareils fonctionneront à 3 volts, les sonneries par exemple, d’autres à 5 volts et même 8 volts, les petites lampes électriques par exemple. Dans ce cas on emploie un transformateur dont l’enroulement secondaire est constitué par 2 bobines. La première bobine donnera une tension de 3 volts, la seconde une tension de 5 volts et si l’on met les 2 bobines en série on aura une tension de 8 volts.
- Par suite nous aurons 3 bornes à la sortie du secondaire, a, b, c, (voy. fig. 2). Entre les bornes a et b on aura 3 volts, entre b et c on aura 5 volts et entre a et c on aura 8 volts. Ainsi sur la figure 2 on peut actionner simultanément une sonnerie marchant avec 3 volts, un moteur jouet fonctionnant sous 5 volts et une lampe mignonnette de 8 volts.
- Bien entendu il faut également placer un coupe-circuit. Le transformateur est placé sur un socle porcelaine que l’on accroche au mur.
- Ces transformateurs, soit simples, soit à tension secondaire combinée réalisent une grande économie; ils ne nécessitent aucun entretien et fournissent du courant au fur et à mesure des demandes, La dépense de courant est autant dire nulle.
- Une application intéressante et économique de ces transformateurs est celle de l’éclairage à très basse ten-
- sion. Cette question a déjà été traitée longuement dans La Nature (Science appliquée, n° 1838, i5 août 1908). Nous renvoyons les lecteurs à cet article.
- Articles de Bureau
- Le porte-copie. « le Flexible ». — Cet.appareil a été. imaginé pour faciliter la tâche parfois pénible des dactylographes.
- Celles-ci posent en général leur copie sur la table
- « Le Flexible
- Fig. 2.
- Le Flexible » fixé contre un mur.
- même qui supporte la machine à écrire. Mais, il lui faut une vue bien perçante pour relire ses feuillets sans être obligée de se baisser; si elle n’a pas le bonheur déposséder une vue supérieure à la normale, elle est contrainte à des mouvements innombrables qui la fatiguent et lui font perdre du temps.
- Le « Flexible » est un support réglable qui place la copie bien en face de l’exécutante et à la distance la mieux adaptée à sa vue.
- Il se compose d’un support creux porté sur une plaque. Dans le tube on fixe le flexible métallique,. sorte de tresse que l’on peutplier à volonté, de façon à bien régler la position du pupitre. Sur celui-ci est montée une pièce à ressort qui maintient les feuillets de la copie.
- Enfin un signet sert à indiquer, le cas échéant,
- 1 endroit où 1 on s ar- Fig, 3, — Le porte-copie main-rête. Le « Flexible » se tenu par la machine à écrire, pose en général sur la
- table même de la machine, on glisse la plaque sous le support de celle-ci et tout l’appareil se trouve ainsi solidement maintenu. On peut aussi fixer l’ensemble horizontalement contre un mur au moyen de la vis maintenant la plaque. L’ensemble est, on le voit, simple et souple, donc pratique. L’appareil vaut 7 fr. 5o. Il est en vente chez Scoubart, 60, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris.
- Objets utiles
- Coupe-sandwiches. — Yoici un dispositif facile à improviser pour découper chez soi des sandwiches, ou des tranches minces de tout autre aliment.
- Il suffit de trois planches de bois montées comme l’indique notre figure, un couteau à lame bien tranchante peut pivoter à l’une de ses extrémités, autour d’un axe qui le relie à une petite monture de fer fixée à la planche horizontale. L’autre extrémité de la lame coulisse dans la glissière C. Une tige de fer repliée en forme d’LÎ sert à appuyer l’objet à découper, les tranches tombent ensuite d’el'les-mêmes dans une assiette,
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- VARIÉTÉS
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- Le sucre ajouté aux fruits pendant la cuisson diminue-t-il leur acidité? — On admet, généralement, que les baies et les fruits acides que l’on fait cuire avec du sucre laissent au palais la sensation d’une moindre acidité que ceux qui ont subi la cuisson sans cet édulcorant.
- Plus grande est l’addition du sucre, plus le goût aigrelet diminue, ou, en d’autres termes, moins le fruit cuit semble avoir conservé d’acidité, d’autant plus grande paraît être la perte qu’il a éprouvée^ Mais cette opinion, très répandue également en Suisse,- n’est pas exacte, comme l’ont montré des expériences effectuées sur des pommes, des poires et des groseilles à maquereau, par W. Kelhofer, ancien directeur de la Section de chimie à la station expérimentale de Wadenswil (Suisse). En voici un résumé.
- i° Pommes et poires. — Les essais ont porté sur la variété de pommes Gold Parmâne (Reine des Reinettes) et la sorte de poires Spate Weinbirne (Yineuse tardive).
- Les fruits, débarrassés de leurs pédoncules, calices et endocarpes, ont été coupés en très petits morceaux, puis on en a fait des lots d’un poids donné dont les uns ont été mis à cuire dans 2 fois 1/2 leur poids d’eau distillée avec le i/o de leur poids de sucre de canne, et les autres sans cet hydrate de carbone. Lorsque la pulpe a été assez cuite, ce qui a demandé un quart d’heure pour les pommes et une demi-heure pour les poires, on l'a écrasée dans un mortier en y ajoutant une quantité d’eau suffisante pour dissoudre les principes solubles et parfaire un volume déterminé. On a filtré et dosé l’acidité.
- 20 Groseilles à maquereau. — On a opéré sur des baies non mûres, avec lesquelles, après broyage dans un mortier, on a constitué des lots qui ont été additionnés de la moitié de leur poids de sucre, ou que l’on a laissés tels quels, et que l’on a fait cuire avec 2 fois leur poids d’eau. Bref, on a épuisé la pulpe par une digestion d’une heure au bain-marie dans de l'alcool à 5o°, et, dans le liquide filtré, on a dosé l’acidité. Voici
- la teneur constatée dans les deux cas par Kelhofer :
- Acidité exprimée en acide tartrique dans un kilo de fruits _____soumis à la cuisson.
- sans sucre. avec du sucre.
- Pommes, Reine des Reinettes. g gr. 97 9 gr. 68
- Poires Vineuse tardive. ... 4 — 70 4 — 7°
- Groseilles à maquereau ... 27 — 20 27 — 10
- L’examen de ces chiffres montre que la diminution de l’acidité est si faible, dans ces trois genres de fruits soumis à un sucrage pendant leur cuisson, qu’elle ne peut, par elle seule, déterminer un changement de saveur appréciable par le palais, et que c’est avec raison que Kelhofer a conclu de ses essais que ce changement qui, cependant, existe réellement, doit être attribué à la quantité plus ou moins grande du sucre ajouté qui masque l’acidité.
- D’ailleurs, à l’instar de M. Jourdain, les ménagères ont, sans le savoir, résolu ce petit problème de chimie culinaire, quand, dans la préparation des confitures, elles font varier le poids du sucre en raison de l’aigreur des fruits. Si elles n’emploient, habituellement, qu’un poids de sucre égal aux trois quarts de celui des fruits pour les pêches et les poires, elles mettent poids égal pour la plupart : abricots, cerises, fraises, reines-Claude et vont jusqu’à une fois 1/2 pour les groseilles qui sont les plus acides. Si le sucre ne diminue pas l’acidité des fruits, son addition complète par sa valeur nutritive leur action curative, car leur acidité organique libre ou à l’état de sels stimule l’appétit ainsi que les fonctions digestives, laxatives et rénales. Pour les arthritiques, l’usage assez prolongé de ces fruits constitue jusqu'à un certain point, par la transformation de leurs sels en carbonates alcalins, une cure d’eaux alcalines.
- Au total, même verts et acides, les baies et les fruits à noyau et à pépins bien cuits que, sous le couvert du sucre, le palais, subtil gardien, laisse franchir agréablement le vestibule de l’appareil digestif, sont toujours accueillis avec plaisir dans son mystérieux laboratoire, l’estomac, où ils sont rapidement transformés et élaborés quand son complexe et délicat outillage fonctionne normalement. A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Imperméabilisation des planchers. — On doit d’abord commencer par oblitérer les rainures existant entre les planches ; on emploie pour cela un mastic à base de cire de pétrole, produit résiduel du raffinage des pétroles dont on extrait la paraffine (la valeur commerciale est minime : 10 à i5 francs les 100 kg). On prépare à chaud le mélange suivant :
- Cire de pétrole ........ 70 grammes.
- Cire de Carnauba....... 3o —
- Chaux hydraulique........20 —
- puis on le coule dans les rainures préalablement débarrassées soigneusement des poussières dont la présence gênerait l’adhérence au bois. Les rainures très larges, les rainures sans fond, les trous du parquet par lesquels la substance liquide s’échapperait, sont obturés au préalable au moyen d’un mastic composé de 5 parties de cire de pétrole et de 3 parties de blanc d’Espagne pulvérisé.
- Pour l’imperméabilisation proprement dite, il convient d’employer le mélange suivant, bien supérieur aux cires usuelles et encaustiques :
- Cire de pétrole . . . ... . 20 grammes.
- Paraffine...................... . 100 -—
- Ou frotte le parquet avec le produit et on étend à la brosse ; la masse adhère fortement au bois et tient beaucoup plus longtemps que la cire d’abeilles : il suffit d’en appliquer une fois par mois.
- L’entretien des planchers est rendu ainsi plus facile
- et moins onéreux : au lieu de brosser deux ou. trois fois par semaine, il suffit d’un brossage mensuel fait après application du produit. Pour l’entretien journalier, on passe une serpillière humide, puis au bout de quelques instants, quand le parquet est redevenu sec, on frotte avec un tampon de laine ce qui donne un bel aspect brillant. (Archives de médecine et de pharmacie militaires.)
- ' : 'fi
- Comment on doit employer les engrais en arboriculture. — Les procédés usités actuellement semblant à M. Wagner très peu rationnels, l’éminent agronome allemand a combiné une nouvelle méthode d’application lui ayant donné de meilleurs résultats. Voici, d’après la description parue dans le Bulletin de la Société nationale d’agriculture, comment il convient d’opérer :
- On emploie à la fois du fumier et des engrais chimiques. Ces derniers seront de préférence choisis parmi les suivants : nitrate de soude, sulfate d’ammoniaque, scories de déphosphoration, superphosphate, chlorure de potassium; les doses étant par jeune arbre, pour une période de trois ans, de : Nitrate de soude 200 gr., (soit environ 25-3o gr. d’azote); Scories de déphosphoration 2S0 gr., (env. 3o-4o gr. acide phosphorique ; Chlorure de potassium 80 gr. (env. 40 gr• de potasse).
- L engrais phosphaté-potassique est intimement mélangé à la terre destinée à être jetée d’abord dans la fosse après placer de l’arbuste : l’engrais sera donc parfaitement à portée des radicelles. On place ensuite une couche de terre épaisse de 2o-3o centimètres, puis
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- on épand le nitrate et on recouvre d’une bonne couche de fumier de ferme ou d’un compost quelconque. Le tout doit être finalement enterré sous un peu de terre pour achever de combler la fosse.
- Désinfection des appartements par l’ammoniaque.
- — On peut remplacer les procédés usuels de désinfection des pièces habitées (fumigations de formol ou de ses succédanés) par l’évaporation d’ammoniaque ordinaire placée simplement dans des vases plats (cuvettes de photographe par exemple), au niveau du parquet. Le Dr Riegler, à l’Institut d’hygiène de Buda-Pesth, désinfecta ainsi une chambre de 100 mètres cubes avec i kg d’ammoniaque ordinaire ; après une heure il s’était évaporé 200 gr. de liquide, après deux heures 1S0 gr., après trois heures 3oo gr., après 4 heures 35o gr., après cinq heures 390 gr. et 4^o après huit heures. Naturellement la pièce doit être hermétiquement close.
- Dans ces conditions, après examen de tissus imprégnés auparavant de microbes divers, on constate que les bacilles du choléra et de la typhoïde sont tués au bout
- de deux heures, la bactérie et les spores du charbon en moins de trois heures, le bacille diphtérique après huit heures. On voit que le procédé est efficace ; en outre il est peu coûteux; enfin il n’altère ni les meubles ni les tentures. (Centralblatt für Bakteriologie.)
- Désinfection des rasoirs et tondeuses. — Ces instruments peuvent transmettre, comme l’ont constaté un grand nombre d’hygiénistes, les maladies contagieuses de l’un à l’autre des clients d’un coiffeur. Aussi est-il à recommander de les désinfecter avant emploi par immersion dans un liquide antiseptique convenable. Au lieu des solutions phéniquées ou métalliques diverses, M. Périer préconise l’usage du liquide :
- Essence de Wintergreen............3o grammes.
- Teinture de quillarya saponaria. . 6 —
- Eau............................... 1 litre.
- peut être un peu plus coûteuse, mais d’odeur très agréable, non toxique ni irritante. Quant aux propriétés antiseptiques, elles sont particulièrement puissantes.'
- (Annales d’hygiène.)
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Dollinger, à Saint-Moritz. — La glace laiteuse est due à l’inclusion de petites bulles d’air infinitésimales, mais très nombreuses. C’est une émulsion d’air dans l’eau. Quand la congélation se fait brusquement, la glace a le plus souvent l’aspect laiteux. Apiculture, par Hommell. Baillière, éditeur, Paris. 5 fr.
- . M. V. Marguerie. — Nous ne connaissons aucune étude sur le produit que vous nous indiquez.
- M. Witz. — Tous nos remerciements.
- M.. VIngénieur Ferria, à Turin-Cavoretto. — Pourproférer les meubles en bois de l'attaque des vers, bien se garder d’employer une mixture sucrée! Par contre l’injection dans les trous déjà faits d’une solution alcoolique de sublimé donne comme vous le pensez d’excellents résultats. On la fait avec une solution saturée, au moyen d’une petite seringue de Pravaz.
- C. P. A. L., à Pantin. — Pour recoller l'écaille, il suffit de serrer les surfaces à réunir avec une pince métallique et de laisser tremper pendant une heure dans l’eau bouillante Les bords en contact se soudent solidement, à condition d’avoir été nettoyés et, s’il y a lieu, aplanis.
- M. L. C., boulevard Magenta, à Paris. — La façon dont votre question est posée constitue qu’une indication trop sommaire pour que nous puissions vous renseigner. Nous ne savons ce qu’il faut entendre par herbe appelée communément Champanex, plante qui ne figure sur aucun catalogue de maison d’herboristerie. S’il s’agit bien d’une plante officinale ou médicinale, nous pensons que vous pourriez vous adresser, aux fins 'de renseignements précis, aux spécialistes suivants : M. Lextreit, ancien professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, à Exmes (Orne). M. le Dr Chevalier, chef des travaux de pharmacologie à la Faculté de Médecine, 8, rue de l’Arrivée, à Paris. Quant à l’indication de l’identité botanique de cette plante et de ses propriétés, son habitat, etc., elles ne nous paraissent possibles que sur examen d’un échantillon de ladite plante.
- M. Ck. S., République Dominicaine.— La Candelilla, du genre Pedilanthus ou Euphorbia, pousse à l’état sylvestre, dans le nord et plus particulièrement dans les régions septentrionales du Mexique. Cette plante productrice de cire, connue de tout temps par les mexicains, qui en font des chandelles, se reproduit avec facilité et ne demande aucun soin. Quand on l’a coupée au ras du sol, elle se reproduit au bout d’un an ou deux
- et se multiplie très aisément. Pour l’extraction de la cire après avoir soumis la plante hachée grossièrement à une simple cuisson, on recueille cette cire par décantation. Le simple procédé d’ébullition permettrait de récolter 6 à 8 pour 100 de cire brute, à 90 pour 100 de pureté environ. Cette cire, que quelques fabricants appellent Candelina, est livrée en marquettes d’un poids de 5 livres anglaises (la livre anglaise équivaut à o gr. 4^9)1 ren" fermées chacune dans une boîte de carton. Yingt marquettes remplissent une caisse, dont le poids net est de 100 livres. La cire de Candelilla est bien acceptée sur les marchés européens; sa couleur jaune, qui parait indiquer une pureté relative, peut être modifiée aisément par une nouvelle rectification. C’est tout ce que nous savons sur la question; il n’existe pas, à notre connaissance, d’onvrage traitant spécialement de la culture et de l’industrie de cette plante. Si vous désirez poursuivre vos recherches en vue d’obtenir une documentation plus complète, nous vous conseillons de vous adresser, de notre part, à M. L. Fourton, ingénieur agronome, Profesor y Jèfe de la Division de Quimiou, en la Estacion Agricola Central, Escuola Nacional de Agricultura y Vétérinaria, Mexico. D. F. Voyez aussi aux adresses suivantes : M. le Dr Chevalier, chef des travaux de pharmacologie à la Faculté de Médecine, 8, rue de l’Arrivée, à Paris ; M, Jules Poisson, au Muséum d’histoire naturelle, Paris; M Prudhomme, directeur du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne (Seine) ; Journal d’Agriculture tropicale, 21, rue Hautefeuille, Paris; M. Challamel, éditeur d’ouvrages sur les plantes coloniales, 17, rue Jacob, Paris.
- M. Perdigao, à Porto-Paz. — Vous trouverez des renseignements sur la fabrication du carbure de calcium dans l’ouvrage : Les fours Jélectriques et leurs applications, par Jean Escard, 1 vol., chez Dunod et Pinat, 49, Quai des Grands Augustins, Paris. Prix : 19 fr. 5o.
- M. F. E., à Saulieu. —Voyez l’ouvrage Fabricant de cadres (Manuel Rorét) Prix 2 fr. Mulo éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris. Vous trouverez des baguettes à la Société française des baguettes, 54, rue deBondy, Paris. Vous trouverez l’outillage chez V. Gautier, 5, rue Rochechouart, Paris; chez Rougier et Plé, 116, rue du Temple, Paris.
- M. J, L., lecteur soissounais. — x° Le produit vendu par un pharmacien, non pas pour détruire les ‘Corbeaux, mais pour protéger les blés contre leurs ravages, produit dit blé rouge, est composé simplement de minium, humecté d’un peu d’eau ou d’un peu d’huile de pétrole: La semence de blé est pralinée dans ce.mélange. Mai» si cette mixture protège le grain, elle n’empêche pas les corbeaux de s’attaquer à la jeune plante lorsqu’elle est levée. Le procédé de Xavier Raspail est plus efficace. Faire bouillir, pendant une heure, dans 2 litres d’eau. 70 grammes de goudron de houille et 20 grammes d aloes, décanter l’eau sursaturée et y mettre tremper, pendant
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- cinq heures, un demi-litre de blé, faire égoutter le grain et le rouler dans de la cendre finement tamisée. D’autre part, verser sur un demi-litre de blé une cuillerée de goudron de houille et, après avoir remué jusqu’à ce que lotis les grains soient bien enduits et entièrement noirs, les rouler dans la cendre. Le procédé Têtard consiste en l’emploi d’un mélange composé de 6 litres de goudron de gaz, 3 litres de pétrole et i litre d’acide phéni-que pour io quintaux de semence. Faire bouillir le goudron dans une marmite sur feu doux, retirer du feu, ajouter le pétrole en agitant, verser ensuite l’acide plié-niqué, puis remuer vivement la masse, pendant quelques minutes, avec un bâton. Etaler sur une aire étanche, d’abord un quintal de semence, verser dessus i litre du mélange, bien remuer le tout à la qoelle, de façon que tous les grains soient noircis ; continuer ainsi en traitant chaque fois un quintal de semence, puis, verser sur le tas de blé environ io litres de phosphate naturel pulvérisé, brasser et laisser sécher. Il faut compter 4 fr. 4 5 de matières premières et i fr. 5o de main-d’œuvre, ce qui permet, moyennant une dépense de i fr. 5o par hectare, de préserver la récolte contre les corbeaux. Enfin, on peut aussi employer, pour i hectolitre de semence, un mélange composé de 200 grammes de goudron, 200 grammes de pétrole dissous dans 1 litre et demi à 2 litres d’eau chaude; puis 200 grammes de sulfate de cuivre dissous dans une égale quantité d’eau chaude ; bien mélanger ces deux liquides avant d’asperger le blé. Quant au minium, il se vend chez les droguistes, autour de o fr. 60 à o fr. 80 le kilogramme. — 20 Nous ne connaissons pas la composition chimique exacte dit nécrol pour la destruction des mauvaises herbes, et nous ne pouvons nous substituer à l’industriel inventeur. Dans tous les cas, nous ne pourrions faire une analyse à notre laboratoire que si vous nous fournissiez un échantillon
- suffisant. — 3° La vaporite est un insecticide en poudre ayant, d’après l’inventeur, la propriété de produire de l’acide sulfhydrique au contact du sol humide et de dégager des vapeurs de corps insecticides de la série des carbures aromatiques. Quant à la composition chimique, même observation que pour le nécrol. — 4° Il y a une grande variété de produits vendus dans le commerce sous le nom d’extraits de cidre. Outre que la loi sur la répression des fraudes interdit la fabrication et la vente des cidres ne provenant pas du pur jus de pomme, et à plus forte raison l’emploi de substances nuisibles, il est impossible de se prononcer sans une analyse, d’autant plus que le procédé de fabrication est généralement le secret du fabricant.
- M. Schildge, avenue Hoche, à Paris. — Extincteurs d incendie. — A) Nous croyons les extincteurs à liquide bien plus efficaces que les poudres. B) Nous publierons prochainement une étude sur ces appareils, avec de nombreuses formules. C) Certainement, l’emploi d’un vulgaire « siphon » à eau chargée de gaz carbonique, est efficace : cela vaut certains extincteurs payés dix fois plus. Mais naturellement le remède ne suffit que si l’incendie est pris tout à son début.
- M. Patarroni, à Clairac. — A) Pour tout ce qui concerne les acides gras, voir le traité de Lewkowitch-Bontoux, Technologie des matières grasses, Dunod et Pinat, éditeurs, à Paris. B) On extrait industriellement la chlorophylle de certaines plantes vertes pour en faire un colorant inofïensif qui sert en conserve alimentaire. Très cher, le produit est peu employé. Il n’est fabriqué croyons-nous que par une ou deux usines allemandes, et nul travail ne fut publié sur la technique de préparation. Le mieux pour vous documenter là-dessus serait de vous procurer par une agence technique les quelques brevets pris sur l’extraction dès chlorophylles.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La torpille-canon « Davis » : Sauvaire Jourdan. — Dételage instantané des chevaux : G. Chaumarès. — Chronique. — Le problème de la potasse aux Etats-Unis : A. T. — Le nouveau téléstéréographe Edouard Belin : Lucien Fournier. — L’exploration des profondeurs de la mer : le filet Bourée : B. Legendre.
- — Empreintes de quadrupèdes permiens : A. Latour. — Académie des sciences : Ch. de Viuledeuit,. — Louis Cailletet : E. Couardeau.
- Supplément. — Eruptions volcaniques dans le Pacifique. —• Les plus grandes profondeurs marines —Le nouveau canard Blériot.
- — Le chemin de fer du Mittenvvald (Tyrol). — Les travaux du canal de Kicl, etc. — La fabrication des billes en pierre.
- L’intoxication par le tabac, par le Dr Abel Gy. In-8°. 184 p. Masson, éditeur, Paris, 1912. (Encyclopédie Lêauté). Prix : broché, 2 fr. 5o ; cartonné, 3 francs.
- En s’appuyant sur l’expérimentation et sur la clinique, l’auteur étudie complètement cet empoisonnement de plus en plus commun en insistant particulièrement sur les désordres apportés par le tabac aux fonctions du cœur, des vaisseaux et du système nerveux, en exposant en détails la pathogénie si controversée du cancer de la langue. Après avoir établi la valeur microbicide exacte du tabac, M, Gy passe en revue les différents produits dénicotinisés et montre quel degré de confiance on peut avoir en eux.
- Recherches sur les métaux alcalins, par M. L. Hacks-pill. i vol. illustré, 100 p., Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1912.
- Ces savantes et délicates recherches ont porté sur la préparation des métaux alcalins, la détermination de leurs constantes physiques : dilatation, densité, tension et densité de vapeur saturante, résistance électrique aux diverses températures, propriétés thermo-électriques, et sur l’étude de leur attaque par l’eau à basse température.
- Le moteur, par H: Petit. 2e édition. In-8° 12X18, 600 p., 235 fig., Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1912. Prix 8 fr. 5o.
- Après avoir brièvement rappelé les quelques notions de mécanique indispensables, notre collaborateur étudie chacun des organes du moteur et montre comment ils concourent au fonctionnement de l’ensemble, tout en s’attachant à mettre en lumière et à résoudre les questions qui font l’objet des controverses entre chauffeurs. Ce livre est écrit avec la clarté et la compétence que connaissent bien nos lecteurs.
- Les canalisations isolées, conférences faites à l’Ecole supérieure d’électricité, par J. Grosselin. In-8°(25-i6) de vi-96 pages avec 26 fig. et 2 planches ; Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1912. Prix : 3 fr. 75.
- Ce livre est destiné à donner à de futurs ingénieurs des idées d’ensemble sur la technique des canalisations électriques souterraines ou isolées.
- Les applications de Vélectricité à l’agriculture, par J. Escard. 1 brochure illustrée, 74 p., Baillière, éditeur, Paris, 1912.
- M. Escard passe en revue tous les services que l’agriculture peut attendre de l’électricité; tout d’abord l’amélioration des cultures, application encore dans l’enfance et pour laquelle manquent jusqu’ici des données certaines ; puis le travail électromécanique du sol et les emplois de l’électricité à la ferme, qui offrent au courant électrique des débouchés chaque jour croissants, enfin quelques applications spéciales : blanchiment des farines, stérilisation, fabrication des engrais.
- La pratique du génie rural, par A. Provost et P. Rol-ley, in-16, 416 p., Baillière, éditeur, Paris, 1912. Prix : broché, 5 francs ; cartonné, 6 francs.
- Dans une première partie sont indiquées les règles générales présidant à la rédaction des pi'ojets et des marchés. Puis vient une série des projets que l’on a le plus souvent à étudier à la campagne. Avant chaque
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- BIBLIOGRAPHIE
- projet, des considérations générales résument les principales données, formules et modes de calcul à utiliser dans la pratique et indiquent le mode de marché convenable. Chaque projet comporte toujours, en outre des pièces ordinaires, un devis descriptif et cahier des charges complet. Le volume de MM. Pro-vost et Rolley sera, ainsi, un guide utile et sûr pour les architectes, agents des ponts et chaussées, agents voyers, géomètres et autres techniciens s’occupant de 1 étude et de la conduite des travaux communaux, syndicaux ou particuliers à la campagne.
- Le livre de la jungle, par Rudyard Kipling, i vol. in-40,
- Paris, Ch. Delagrave, illustrations de Reboussin. Prix : 10 francs.
- Le chef-d’œuvre du grand romancier anglais est un vrai livre d’histoire naturelle qui a raconté la vie animale de la jungle indienne. Sans parler de la grande idée philosophique du livre, on n’admirera jamais trop les descriptions vivantes de l’auteur. Les pages qui racontent le duel où la mangouste triomphe du cobra sont célèbres même chez les savants ; et c’est une heureuse idée d’avoir consacré au livre de la jungle une édition spécialement bien illustrée par la plume et le pinceau.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE |
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 janv. 1913. 4°,5 S. W. 4. Très nuageux. 10,6 Presq. couv. ; un peu de pi. à 10 h. 20, pi. à partir de 18 h.
- Mardi 21 6°,S W. S. W. 4. Couvert. 6,2 Couv. ; pl. jusq. 2 h. 45, à 11 11., de 13 h. 50 à 15 h. 40 et un peu à 20 h.
- Mercredi 22 3°,9 W. N. W. 2. Couvert. 6,0 Tr. nuag.; faib. brouill. le m.; pi. à partir de 19 h. 35; gel bl. le s.
- Jeudi 23 ..... . 9°,S W. 2. Couvert. 0,3 Couv. ; la pluie cesse à 0 h. 15 ; un peu de bruine à 6 h.
- Vendredi 24 ;°,5 S. W. 2. Couvert. J) Presque couvert; brume le m.
- Samedi 23 6°, 6 S. W. 3. Couvert. 6,2 Couv. ; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 26 ... . 6°,1 N. N. E. 2. Couvert. 0,4 Tr. nuag. jusqu’à 14 II. beau ensuite ; pluie le m. ; gelée bl. le soir.
- JANVIER 1913.—SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 JANVIER 1913.
- Ma fil i
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 20 au xS janvier. — Le xo. Dépression sur les Iles-Britanniques et s’étendant vers l’E. et le S. Le centre est en Irlande (Valentia : 733). Pression élevée sur la Méditerranée. Neiges et pluies sur le N. le W. et le S. de l’Europe. En France : Nantes, 28 mm; Char-leville, ai; Paris, 14. Temp. du matin : Arkhangel, — 26°;'Belfort, 4-2; Paris, 5; Marseille, 11 ; moyenne à Paris : 6°,8 (normale ; 2°,4). — Le ai. La dépression delà veille s’étend vers l’E. Minimum sur les Pays-Bas : 740. Pression élevée sur l’Algérie et l’Espagne. Neiges et pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : ballon de Servance, 5i mm; Toulouse, 12; Paris, 3. Temp. du matin : Arkhangel, —16°; Paris et Toulouse, —)~ 7 ; Nantes, 6; Alger, 11 ; moyenne à Paris : 6°,4 (normale ; 2",4). — Le 22. La pression se relève sur le S.-W. du continent. Dépression sur l’Europe centrale. Une autre sur l’Atlantique entre les Açores et l’Irlande. Pluies et neiges générales. En France ; Toulouse, 18 mm ; Bèlfort, 7; Paris, 6. Temp. du matin ; Moscou, —210; Paris, -J- 4; Toulouse, 5; Biarritz, 12; moyenne à Paris :
- 4°,6 (normale : 2°,4)- — Le x\. Nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques. Une autre dans les parages des Açores. Pression supérieure à 765 dans le S.-W. et l’E. du continent. Neiges et pluies sur le Centre et leN.-W. En France : ballon de Servance, 24 mm; Belfort, 8. Temp. du matin : Moscou,— 25°; Belfort, o; Toulouse, 4-4; Paris, 10; Alger, 12; moyenne à Paris ; 90,7 (normale : 20,5). — Le 24. La pression reste basse sur le N.-W. et le Centre de l’Europe (Irlande, 746 mm). Fortes pressions déns le S., l’E. et sur l’Islande. Neiges et pluies sur la moitié N. de l’Europe. Temp. du matin: Moscou, —20°; Belfort, 4 ; Paris, 4-7; Alger, i5; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 2°,5). :— Le 25. Dépression sur l’Allemagne et les pays du N. (Copenhague : 746 mm). La pression s’abaisse en Islande et se relève sur les Iles-Britanniques (Valentia : 764 mm). Temp. du matin : Arkhangel, — 180; Berne, — 1 ; Paris, + 7 ; Nantes, 8; Biarritz, i3; Alger, 17. — Phases de la Lune : Pleine Laine le 22, à 3 h. 40 du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJ*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2072. — 8 FÉVRIER 1913.
- SUPPLEMENT
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- INFORMATIONS
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- Le mammouth découvert dans la vallée de l’Aa (France). — Le Dr Pontier, de Lumbres, a découvert dans la vallée de l’Aa un nouveau squelette d’Elephas primigenius. Ce mammouth, le premier trouvé à l’état complet dans le bassin de Paris, fut mis à iour dans les
- Squelette du mammouth de l’Aa remonté.
- bàllastières de la Garenne à Arques, près de Saint-Omer. Il reposait à 7 mètres de profondeur dans les alluvions moustériennes, recouvertes par le limon quaternaire, associé à une faune très riche (Rhinocéros tichorinus, Equus caballus, Bos primigenius, Cerrus elaphus, ete.). Averti de la trouvaille, M. Pontier se rendit sur les lieux et, sous sa direction, on parvint à exhumer les principales pièces dans un état de conservation suffisant pour qu’on puisse en opérer la reconstitution. Actuellement le squelette remonté atteint 3 m. a5 de hauteur.
- Il se rapproche, tant par ses défenses particulièrement recourbées et spiralées que par ses caractères anatomiques, des mammouths sibériens. Une telle découverte faite en France est donc particulièrement intéressante puisque les spécimens paléontologiques de ce genre n’abondent pas, même dans les collections scientifiques les plus riches du monde.
- La foudre globulaire. — M. W.-M. Thornton, du college Armstrong, à Newcastle-sur-Tyne, donne dans le Physical Magazine une explication simple de la formation de la foudre globulaire. La foudre globulaire descend lentement d’un nuage, généralement après un violent coup de tonnerre, sous la forme d’une boule lumineuse bleuâtre, elle rebondit sur le sol, lorsqu’elle le touche, puis se déplace encore quelques mètres horizontalement. Ces boules suivent volontiers un conducteur électrique, par exemple une conduite de gaz, elles éclatent lorsqu’elles entrent en contact avec de l’eau, cependant l’explosion se produit aussi quelquefois en l’air. La boule disparaît alors instantanément en produisant une violente déflagration qui peut causer des dégâts importants et qui dégage une forte odeur d’ozone. Thornton pose en principe que la foudre globulaire ne peut contenir autre chose que les gaz de l’atmosphère. Comme le globe lumineux est plus lourd que l’air et qu’il a une teinte bleuâtre, l’ozone serait son principal constituant ; l’ozone est en effet 70 pour 100 fois plus lourd que l’air et se forme avec accompagnement d’une lueur bleuâtre, surtout lors de décharges électriques intenses. L’ozone se transforme facilement en oxygène et il est naturel d’attribuer la disparition instantanée de la boule incandescente à la transformation soudaine de l’ozone en oxygène; en outre l’énorme quantité d’énergie qui est libérée ainsi explique l’explosion. L’hypothèse est donc parfaitement plausible; mais il reste à prouver la possibilité de la formation d’une grande quantité d’ozone pendant un orage. Cette preuve, Thornton la trouve dans une comparaison avec les phénomènes de la décharge électrique d’une pointe. Il montre que lorsque, à l’extrémité d’un nuage duquel vient de partir un éclair, la tension est presque suffisante, mais toutefois ne parvient pas à produire une nouvelle décharge, il doit exister pendant un certain temps une ionisation intense avec forte production d’ozone. Lorsque ce gaz a atteint un certain volume, la boule se forme, elle est chassée du nuage et descend sur la terre sous forme de foudre globulaire.
- Les mines les plus profondes du monde. — Les
- mines les plus profondes du monde sont celles qui exploitent le cuivre du Lac Supérieur et qui descendent maintenant à 15g4 m. sur les conglomérats de Tamarak et i493 m. sur ceux de Calumet and Hecla. Il est remarquable de constater avec quelle netteté y a été vérifiée la loi ordinaire d’appauvrissement des mines de cuivre
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- INFORMATIONS
- en profondeur au-dessous d’un certain niveau. La teneur, qui a été longtemps de 4 à 5 pour 100, est descendue à x ,26' pQur tout?le district eu 1906, a ipi en 1907, x ,o5. en 1908, i en 19x1. Elle est inférieure à celle des mines porphyriques de l’Utah, qui oscille autour de i,5o pour 100. Ce district minier ne peut continuer à vivre et à pi-ospérer que grâce aux facilités extrêmes du traitement métallurgique, avec des minerais surtout formés de cuivre natif et grâce à la qualité exceptionnelle du cuivre ainsi obtenu, qui est fourni tout affiné par la nature. Avec de tels minerais, la Calumet a distiùbué, depuis sa fondation en 1871, 600 millions de francs de dividendes, ce qui la place en tête de toutes lés compagnies du inonde.. Les puits sont généralement inclinés suivant la couche de conglomérat cuprifère qui est à 400 sur l’horizontale. Les puits verticaux, par lesquels on. va directement atteindre la couche métallifèi-e à une profondeur plus ou moins grande suivant la méthode européenne, sont ici l'exception. Cependant le Red Jack et est un puits vertical de i5oo m. à sectionde 7,5 m. sur 4,5o m. divisée en 6 compartiments. La température de la roche en profondeur dépasse 3x°.
- Hydrogénation des huiles.— On sait que notre compatriote, l'illustre chimiste Sabatier, a doté la chimie organique d’une méthode d’hydrogénation d’une extraordinaire souplesse. Elle consiste à fixer directement l'hydrogène sur les corps organiques à basse température, par l'intervention d’un catalyseur convenablement choisi et préparé Le corps le plus fréquemment employé est le- nickel pulvérulent : quelques ti'aces de ce métal suffisent à provoquer la réaction. Parmi les applications industrielles extrêmement nombreuses que laisse entrevoir cette méthode, il en est une fort intéressante, qui depuis quelque temps a tenté une foule de chercheurs : c’est l'hydi’ogénation des huiles grasses. En effet, la fixation de l’hydrogène sur des huiles liquides ordinaires, offre la possibilité d’en faire des corps gras, de tel degré de consistance que l’on désire. On fera ainsi avec des huiles inférieures et de peu de valeur commerciale, des pi’oduits aptes à entrer dans la fabi-ication des savons, ou même des matières comestibles. En particulier les huiles de poisson et de baleine, qui par suite de leur odeur ne pouvaient servir qu’à fabriquer des produits de basse qualité, peuvent être par ce moyen complètement désodorisées, et on les emploie pour en faire des huiles consistantes, qui sei'viront à fabriquer d’excellents savons durs. Une usine allemande, la Germania Werk, à Emraerich (Allemagne), vend aujourd’hui des huiles améliorées par ce procédé. 11 est bon de rappeler à ce propos qu’un chimiste M. Hemptinne avait proposé dans ce but, il y a quelques années, une méthode toute différente qui consistait à traiter l’huile par des décharges électriques, sous une pression inférieure à la pression atmosphérique. Le procédé d’hydrogénation par la méthode Sabatier, se prête également à l’amélioration d’huiles végétales telles que les huiles de graines de coton avec lesquelles il sera possible de fabriquer des produits gras, consistants, et propres à la consommation. On voit quel vaste champ d’applications s’ofïrent à l’industrie dans cette branche.
- Évaluation officielle de la puissance des moteurs d’automobiles. — Une circulaire du Ministre des Travaux publics en date du i5 décembre 1912; modifie les instructions conformément auxquelles s’opérait jusqu’ici l’évaluation par le fisc de la puissance des moteurs d’automobiles. La circulaire du 18 septembre 1908, qui faisait loi jusqu’à maintenant, prescrivait l’usage de la formule suivante : P = 0,044 D2>7 « dans laquelle P désigne la puissance en chevaux-vapeur, et D l’alésage en centimètres. Cette formule s’appliquait aux moteurs à essence de pétrole fonctionnant d’après le principe du cycle à 4 temps, et comportant 4 cylindres d’alésage compris entre 8 cm et i3 cm 5. Il était d’ailleurs spécifié que les chiffres donnés par cette foi’mule devaient êtx*e, en général, considérés comme le minimum de ceux à inscrix-e dans lés notés descriptives; qu’il ne conviendrait d’admetti'e des valeurs moindi'es que pour des raisons spéciales* après nn examen attentif de la question; qu’inversement il pourrait se trouver des cas 011 l’on serait fondé à assigner à la puissance imposable une valeur notablement supérieure; qu’il conviendi-ait
- d’être attentif aux particxxlarités de construction susceptibles de nécessiter un changement, dans un sens ou dans l’autre, de la base d’appréciation. », Cette, formule n’était donc qu’approximative et laissait place à l’arbitraire. En conséquence, la nouvelle circulaire prescx-it que désormais « l’évaluation administrative de la puissance des moteurs fonctionnant suivant le cycle à 4 temps se fera désormais systématiquement par la formule suivante : (1) P = K 71 Dâ’L », daixs laquelle P désigne la puissance en chevaux-vapeur, n le nombre des cylindres, D leur alésage en centimètx'es, L la course commune des pistons, également en centimètres, w en tours par seconde, la vitesse maximum de rotation réalisée sur route., enfin K un coefficient numérique ayant les valeurs ci-après : 0,00020 pour lés moteurs monô-cylindriques ; 0,000x7 pour les moteurs à 2 cylindres; o,oç>oi5 pour les moteurs à 4 cylindres; o,oooi3 poulies moteurs de plus de 4 cylindres. »
- La circulaire ajoute : « x° La formule sera obligatoirement applicable à .tous les moteurs fonctionnant suivant le cycle à 4 temps. Pour les moteurs de types spéciaux et actuellement exceptionnels, tels que ceux qui fonctionnent d’après le principe du cycle à 2 temps, les ingénieurs des mines continueront, comme par le passé, à apprécier la puissance imposable d’apx-ès les éléments dont ils disposeront. Quand la formule donnera pour la puissance un nombre fractioixnaire, on adoptera le nombre entier le plus voisin.
- « 20 A l’exception de la vitesse de rotation », toutes les caractéristiques figurant dans la formule sont directement mesurables et vérifiables, et ne peuvent donner lieu à aucune contestation. Pour la vitesse », le service des Mines n’admettra qu’un chiffre ne présentant d’exagération ni dans un sens ni dans l’autre. Pour le déterminer, il fera usage de tous renseignements utiles. Une base d’appréciation sera notamment obteixue, en i-appra-chant des vitesses effectives maxima réalisées sur route, les données de la notice descriptive, concernant les rapports des engrenages, le diamètre des roues motrices ef les vitesses kilométriques correspondantes.
- « En cas de désaccord irréductible sur ce point entre un déclarant et le service des Mines, l’ingénieur en chef soumettra la question à l’appréciation de l'Administration supérieui-e avec tous les documents et renseignements de fait dont il disposera. »
- L’électrification des chemins de fer italiens. —
- La traction électrique prend en Italie comme en Allemagne et en France nn grand développement, favorisé, du reste, par des subventions gouvernementales. Elle est actuellement appliquée sur la grande ligne de Gênes à Milan, entre Ponledecimo et Busalla. On électrifie la ligne de Modane à Turin (tunnel du Mont-Cenis). Les chemins de fer de l’Etat italien ont établi, en outre, un vaste projet d’électrification. Avant de passer à la réalisation, on a jugé nécessaire de procéder à de minutieuses expériences préliminaires de traction électrique au moyen de courant monophasé. Ces expériences s’effectuent sur la ligne Turin-Pinerolo (3o km).
- Lames de zinc percées par un insecte. — On connaît quelques insectes dont les larves sont assez fortement armées pour perforer des lames de. plomb. En voici un, le Criocephalus rusticus, dont les mandibules sont assez puissantes..pour attaquer des feuilles de zinc. On savait déjà qu’il est un des plus graixds destructeurs des bois de construction; M. Houlbert, px'ofesseur à l’Université de Rennes, vient de pi'ésenter dans Insecta, avec photographies à l’appui, les pièces de bois d’une toiture en sapin, fortement endommagées par les larves de cet insecte qui y avaient creusé de nombreuses galeries, tout en respectant la sui’face. Les pièces de bois étant recouvertes d’une feuille de zinc, les insectes, api'ès leur métamorphose, avaient pei-cé la surface du bois jusqu’alors respectée et, x’encontrant la lame de zinc, l’avaient perforée. C’est, croyons-nous, la première fois qu’on signale l’attaque d’un métal aussi dur que le zinc par un insecte, les faits jusqu’alors cités se rapportant à des pièces de plomb : tojtu^es,^cartouches, balles, crem sets, ou a des alliages de faible dùrè.té) • pl.acpués typographiques que parviennent à creuser plusieurs espèces d’insectes : Callidium, Bostrychus, Itylotrupes, Apale, Celonia, parmi les Coléoptères, et Sirex juvencus parmi les Hyménoptères.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Mécanique %*
- Marteau-trousse-outil. — C’est tout un atelier de mécanicien renfermé dans le manche'd’un marteau. On voit celui-ci représenté dans notre première gravure (fig. i). Si on tire sur l'extrémité du manche, la partie M qui est emboîtée dessus se détache et du manche du marteau on sort dix outils : lime, ciseau, tournevis, vrille, etc. (fig. 2). Chacun de ces outils s’adapte à lextrémité de la partie M qu’on vient de retirer de
- contrôler périodiquement l’isolement des circuits et les pertes à la terre qui sont fréquentes. Yoici des disDô-sitifs simples et faciles à réaliser économiquement.
- i° Courants à basse tension. — Prenons un exemple concret et supposons que la distribution de l’électricité soit à no volts. Aux bornes du tableau d’arrivée où aux bornes de la machine, si l’on fait son courant soi-même, on branchera deux lampes de 110 volts montées en série (fig. 1). Entre les deux lampes on branchera un fil que l’on connectera à la terre, à une conduite d’eau ou à une pièce métallique des charpentes de l’immeuble, ce fil débranchement passera par an interrupteur unipolaire et par un galvanomètre.
- Fermons l’interrupteur, si le fil A est à la terre, le courant passera dans le galvanomètre et la lampe L{ brillera plus que la lampe La. Si le fil B est à la terre
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- Fig. 1. — Installation pour basse tension.
- dessus le manche et permet de le manier facilement. Le marteau lui-même, lorsque cette pièce M a été retirée, se trouve transformé en tenaille.
- Enfin, une pièce accessoire, livrée avec le marteau-trousse, comporte une petite enclume E et une pince P qui permet de la fixer au bord d une table. Un trou est ménagé pour passer la plus grosse des deux branches de la tenaille et l’autre branche libre vient s’appuyer contre la vis Y (fig. 4) contre laqtxelle elle est maintenue, par le ressort R. On a ainsi constitué un étau qui permettra d’assujettir la pièce à limer.
- Sous un faible volume on trouve donc tout ce qui est nécessaire pour un petit travail de mécanique ou de serrurerie, en outre des 10 outils contenus dans le manche, on a le marteau, la tenaille, l’enclume, l’é-
- Fig. 3. Fig.
- le phénomène se présentera pour la lampe L2. Le galvanomètre n’est pas indispensable — on peut se contenter de juger seulement la différence d’éclat des lampes — il permet seulement de déceler des pertes très faibles. L’interrupteur peut être également supprimé, mais il est dangereux quelquefois d’avoir le - fil continuellement, à la terre.
- 20 Courants à haute tension. — Dans le cas de courants à haute tension, la disposition de principe est la même, mais les lampes témoins L, et La ne prennent le courant que par l’intermédiaire d’un petit transformateur approprié, au lieu d’être branchées sur la ligne directement. Supposons qu’on ait une distribution à 3ooo volts. Les transformateurs abaisseront la tension de 3ooo à 110 par exemple et les lampes Lj et L2 seront des lampes de 110 volts. On les mettra l’une ou l’autre à la terre par un interrupteur inverseur. La lampe: Lj s’allumera si la perte à la terre est sur le fil A; si,la
- j Moteur d’utilî.
- Terra
- Fig. 2. — Installation pour haute tension.
- tau, etc. C’est plus qu’il n’en faut pour les réparations urgentes et c’est ce qui rend ce petit matériel indispensable à la maison, aussi bien qu’à tous ceux qui font de l’automobile ou même simplement du tourisme à bicyclette. — En vente chez M. Mathieu, 19, rue de Yalois. Prix : 8 fr. 75.
- Électricité
- Recherche des pertes à la terre dans les canalisations électriques. — Dans une installation un peu importante d’éclairage, comme celle qui se trouve dans une villa, un château, une usine, il est intéressant de
- perte est sur le fil B cette lampe restera obscure, tandis que c’est la lampe La qui devient lumineuse quand on manœuvrera l’interrupteur inverseur.
- Dans le cas de courants à basse tension, on peut facilement réaliser soi-même l’installation qui ne demande que les soins ordinaires exigés par une installation d’éclairage ordinaire à 110 volts.
- Dans le cas des courants à haute tension, l’interrupteur inverseur doit être approprié à la tension de service. Quant aux transformateurs, ils doivent abaisser la haute tension considérée jusqu’à celle exigée poux4 les lampes employées, 55 ou no volts par exemple. La puissance de ces transformateurs est d’ailleurs très petite.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Bouilleur électrique. — Cet appareil très portatif est destiné à faire chauffer instantanément de l’eau ou une boisson quelconque sans réchaud d’aucune sorte. C’est un petit cylindre en métal dans lequel sont disposées des résistances qui s’échauffent sous le passage du courant (fig. i ). A cet effet, un fil souple permet de le relier soit à une prise de courant, soit à une douille de lampe si on se trouve à l’hôtel. On place simplement le cylindre dans la tasse ou dans le verre où l’on a mis le liquide à
- chauffer (fig. 2), on adapte la prise de courant et aubout de 5 à 6 minutes, on a de l’eau bouillante. Le plus souvent on n’a pas besoin de l’ébullition et 2 ou 3 minutes suffisent pour avoir le degré voulu. On n’a donc aucun danger d’incendie ni de mauvaise odeur. Maintenant que l’électricité se trouve à peu près partout, on sera assuré d’avoir toujours de l’eau chaude à sa disposition sans avoir à transporter de l’alcool ou de l’essence qui sentent mauvais et une lampe ou un réchaud qui sont encombrants. L’appareil est nickelé et poli de façon à pouvoir toujours être entretenu en parfait état de propreté. Il se fabrique pour le courant de 110 ou 220 volts. La dépense de courant est de 4 ampères-heure. — Se trouve chez M. Simon-Brunschwig et Cio, 7, rue des Messageries, Paris. Prix : 25 francs.
- *> Photographie
- Champ de netteté d’un objectif ou tolérance de mise au point automatique. — Beaucoup d’amateurs photographes n’ont que des appareils à main, destinés surtout à l’instantané, et dans lesquels la mise au point .est faite d’avance au moyen d’une échelle graduée suivant les distances du modèle à l’opérateur. Est-ce à dire pour cela qu’il faudra s’astreindre à mesurer exactement cette distance pour avoir une image nette ? Non, loin de là; il y a une assez grande tolérance, qui augmente d’ailleurs à mesure que l’ouverture relative de l’objectif diminue.
- On nous demande souvent comment on peut se rendre compte de cette tolérance et nous allons donner ici les formules très simples qui servent à la calculer, de sorte que chacun pourra, selon l’objectif qu’il possède, se faire une table correspondant à ses besoins.
- Il faut s’entendre d’abord sur ce qu’on peut appeler image nette. En général, on accepte pour telle celle dans laquelle les pinceaux lumineux qui concourent à la formation de l image, donnent sur le verre dépoli des
- points ayant ~ de millimètre.
- Dans ces conditions, la distance minimum à laquelle doit se trouver l’objet pour donner une image nette est
- indiquée par la formule D = (100 f y-
- %2
- /•'
- La distance focale f est généralement gravée sur la .monture de l’objectif, elle est dans tous les cas donnée
- sur les catalogues du fabricant. Le facteur y- exprime
- l’ouverture en fonction du foyer, ou diaphragme. On la trouve gravée sur la monture de beaucoup d’objectifs ; mais cependant elle est encore assez souvent exprimée par une notation spéciale au constructeur. Dans ce cas, on aura recours aux tables de concordance publiées dans les agendas. Dans celui de Lumière, notamment, on la trouve sous le titre : Correspondance des divers
- systèmes de numérotage des diaphragmes. On y verra,
- par exemple, que le diaphragme correspond au
- n° 256 de la notation de Zeiss pour ses objectifs anciens et au n° 64 de la notation pour ses objectifs nouveaux, etc
- Le calcul donnera pour un objectif de o m. 18 de
- foyer ouvert à D = ( 100 Xo. 18)2 m. 40.
- C’est la distance la plus faible à laquelle devra être l’objet pour que l’image soit nette sans mise au point.
- Mais une autre formule va nous permettre de calculer quelle tolérance, soit en avant, soit en arrière, nous pouvons admettre pour les distances plus rapprochées qui nécessitent une mise au point.
- En appelant p celte distance, les limites seront
- D4-f D — f
- p -—;— en avant et p —------ en arriéré.
- r D p r D — p
- Si nous appliquons ces formules à notre objectif de o m. 18 de foyer, et que nous nous proposions
- de photographier un objet situé à 10 m., nous aurons
- 5x.4o4-o.i8 _ , , 5i.4o — 0.18
- io -—-—:------=8 m. 40 et 10 -------------=i2m. 5o.
- 5ï.4o-j-io 5i.4o—10
- Il y aura donc un espace de 4 mètres dans lequel les objets seront pratiquement nets.
- Plus le diaphragme sera petit, pour une même distance, plus l’importance de cet espace augmentera. Si
- nous prenons, par exemple, comme diaphragme ^ au lieu
- O
- de jAj) nous trouvons que le champ de netteté va de 8 m.
- à i3 m. 20, soit 5 m. 20 de latitude. Par contre, plus la distance choisie sera courte, moins la latitude sera grande. Si nous avions pris 6 m. au lieu de 10 m.,nous aurions trouvé comme champ de netteté 5 m. 26 et 7 m., soit seulement 1 m. 74 de latitude.
- On pourra facilement, avec les formules ci»dessus, se faire, pour l’objectif qu’on possède, une table à deux entrées où l’on inscrira, d’une part, les distances qui se présentent le plus souvent, d’autre part, les trois ou quatre diaphragmes qu’on peut employer et en regard les limites de champ de netteté. Cela dispensera de faire des mesures sur le terrain, ce qui, dans le cas de l’instantané, est d’ailleurs fort difficile.
- *»> Objets utiles
- Bouchon de sûreté. — En général, quand on veut fermer de façon sûre une bouteille entamée, on a recours à des bouchons spécialement aménagés pour cela. Le petit appareil ci-dessous (fig. 1) permet de conserver le bouchon ordinaire. C’est un capuchon en fil de fer terminé en bas par un cercle qu’on peut écarter légèrement pour le passer sous la bague du goulot de la bouteille et qu’on serre ensuite pour l’empêcher [d’en
- Fig. 1.
- Détails du bouchon de sûreté.
- Fig. 2.
- Le bouchon en place.
- Fig. 1.
- Fig. 2.
- sortir. On le maintient dans cette position en passant un petit cadenas dans les œillets ménagés à cet effet. La clef minuscule du cadenas peut être portée en breloque, on l’a ainsi toujours sur soi. C’est un petit accessoire qui sera utile pour les bouteilles de cognac, de liqueurs ou même de vin, et aussi pour les liquides dangereux qui servent dans un ménage : eau de javelle, eau de cuivre, etc., et qui ont donné lieu parfois à des méprises fâcheuses. — En vente chez M. Mathieu, 19, rue de Yalois.
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- VAR] ETES
- Le langage sourd-muet des scieries américaines.
- — Dans les grandes scieries mécaniques des Etats-Unis d’Amérique, le bruit est tellement assourdissant que les ouvriers ne peuvent s’entendre sous peine de s’époumoner.
- Ceux de Tacoma dans l’Etat de Washington (qui exploitent ce qui reste des grandes forêts des Cascade Mountains) ont donc imaginé un très ingénieux système de signes manuels tout à fait analogues au langage des sourds-muets, et qui leur permet de se comprendre à distance, malgré le bruit. L’usage s’en est généralisé dans toutes les scieries de la côte du Pacifique. C’est surtout pour indiquer les épaisseurs auxquelles doivent être sciées les planches que cette convention est employée. Notre figure^) montre suffisamment comment ces indications d’épaisseur sont fournies par les positions variées de la main et des doigts. On n’a pas pu dessiner tous les signes ainsi employés, car il en est d’autres qui en combinent plusieurs ou qui s’aident de mouvements convenus. Par exemple l’indication de 3 1/4 se compose de 2 signes : d’abord le numéro 3 et ensuite le petit do’gt levé après fermeture des trois premiers.
- Pour indiquer les 3/4, on fait suivre l’unité d’abord du signe 3 et ensuite du petit doigt levé (comme un 6). De même les 1/2 sont figurés par le pouce succédant à un autre chiffre, etc.
- S’il s’agit d’autres indications que celles d’épaisseur, on emploie diverses combinaisons : ainsi, pour retourner un [tronc'd’arbre, on lève la main^ ouverte avec la
- __ I. Ces renseignements nous ont été gracieusement communiqués par la West Coast Lutnberman de Tacoma, à notre passage dans cette ville en septembre dernier, au cours de l’excursion transcontinentale aux Etats-Unis offerte par la Société de géographie de New-York aux délégués des Sociétés de géographie d’Europe et conduite par le professeur W. Morris Davis.
- paume en dehors pour la laisser ensuite retomber sur le côté, etc., etc.
- Enfin chaque usine possède des combinaisons spéciales
- de signes pour son usage particulier. Il en résulte une très appréciable économie de temps et de fatigue.
- E.-A. M.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- L’intoxication par le tabac (*). — Si l’immense majorité des hygiénistes sont d’accord pour déclarer que l'usage du tabac est nocif et peut même devenir dangereux, ils ne le sont plus pour expliquer cette action toxique. Les uns l’attribuent à la nicotine, alcaloïde certainement très violent, mais dont l’action n’est peut-être pas la plus importante. D’autres ont décelé dans la fumée diverses substances : acide prussique, pyridines, nicotéine, nicotelline, nicotinine, pyroline, collidine, toutes beaucoup plus toxiques que la nicotine ; la collidine est la plus terrible d’entre elles puisqu’il suffit d’en respirer quelques instants pour éprouver des vertiges et de la faiblesse musculaire. L’oxyde de carbone est encoi'e un autre poison qui se dégage du tabac brûlant lentement; une seule cigarette peut en fournir 10 à 4o centimètres cubes. Il est vrai que la combustion du tabac produit aussi du formol qui diminue la nocivité de certains de ces corps, de la nicotine entre autres.
- Quelles que soient les substances qu’aspire le fumeur avec la fumée, l’usage habituel du tabac n’est certainement pas sans dangers. Il est souvent la cause de plaques leucoplasiques buccales, et, chez certains sujets prédisposés, du cancer de la langue ; il peut provoquer des dyspepsies et des troubles intestinaux, des altérations de l’audition et de la vision. Ses méfaits les plus graves sont l’angine de poitrine avec ses troubles cardiaques, les lésions qu’il provoque dans les artères coronaires nourricières du cœur et l’athérome de l’aorte consistant en une ,dilatation, un épaississement et une calcification de ce vaisseau.
- 1, Ce titre est celui d’un livre du Dr Abel Gy, récemment paru dans XEncyclopédie des Aide-Mémoires, où l’on trouvera un exposé très complet de ce sujet, et des détails sur les diverses questions résumées ici.
- La simple énumération de ces dangers devrait suffire pour effrayer le fumeur et le décider à perdre sa mauvaise habitude. Mais les habitudes sont difficiles à abandonner; comme on l’a dit, le tabac est avant tout un poison de la volonté. Aussi, devient-on fumeur sans difficultés, sans même s’en apercevoir, et ne peut-on cesser de l’être sans de grands efforts et une ferme énergie. Il est des cas où, cependant, la nécessité de cesser de fumer est impérieuse, ce sont ceux où le fumeur se plaint de palpitations, quand il est atteint d’une maladie de cœur, de tuberculose, de dyspepsie, ou quand il est névropathe.
- Comment cesser de fumer ? Certains industriels ont imaginé de substituer au tabac d’autres plantes, des feuilles de menthe, de houblon, d’eucalyptus, de caféier, de sauge officinale, etc. Sans compter que fumer ces feuilles n’est pas non plus sans danger pour le malade, il arrive le plus souvent que celui-ci retourne plus ou moins vite à ses anciennes habitudes ; puisqu’il n’a pas cessé de fumer, il s’adresse de nouveau au tabac, après quelques jours de substitution.
- Divers hygiénistes ont cherché à dégoûter le fumeur du tabac : Kolometzew a préconisé, dans ce but, un gargarisme de nitrate d’argent à 0,25 pour ioo renouvelé chaque matin; Bardet a proposé un gargarisme analogue au nitrite de soude à o,5o pour 100; Skoulski recommande de toucher la gorge plusieurs fois par jour avec un pinceau trempé dans une solution de nitrate d’argent à 5 pour 100. Tous ces procédas produisent le même effet; le fumeur qui s’y soumet, bien que ne ressentant aucun changement du sens du goût, ne peut plus aspirer une seule bouffée de tabac tant l’amertume produite par celle-ci est désagréable. Le tout est de s’y soumettre assez longtemps pour que l’habitude se perde.
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- HYGIENE. ET SANTÉ
- Le mieux est peut-être encore de cesser brusquement de fumer et d’avoir assez de volonté pour ne plus succomber à la tentation et retomber dans -'le'péché'.'
- Les personnes bien portantes peuvent fumer sans grands inconvénients à la condition de ne consommer que des quantités très modérées de tabac. Divers médecins ont cherché à rendre l’habitude de fumer inoffensive en arrêtant les substances toxiques de la fumée ou en débarrassant le tabac des produits nocifs qu’il contient.
- L usage des fume-cigares et des pipes à long tuyau, celui des narghilehs répondent à la première préoccupation. On a essayé également de filtrer la fumée sur un corps poreux : ouate ou amiante, imbibé de tanin ou de sels de fer. Le nombre des pipes et des fume-cigares imaginés pour réaliser cette absorption est considérable et nous n’entrerons pas ici dans le détail de ces diverses inventions.
- Au lieu d’arrêter au passage les produits nocifs de la fumée, d’autres chercheurs ont essayé de désintoxiquer le tabac tout en lui gardant son parfum. On peut enlever une partie de la nicotine en lavant le tabac ou mieux en le faisant infuser pendant 20 minutes dans du café noir très chaud ; le tabac lavé ensuite à l’eau bouillante, n’a plus qu’à être séché. En Allemagne, on vend sous le nom de Nikotinfrei des cigares faits de tabac lavé dans une
- solution de tanin puis parfumés d’origan sauvage. En France, depuis quelques années, les manufactures de l’Etat vendent sous le nom de caporal doux dénicotinisé un tabac lavé à l’eau et débarrassé ainsi d’une grande partie de son alcaloïde. En Autriche, les fabriques de l’Etat produisent un tabac dénicotinisé, au moyen d’un traitement des feuilles par la potasse et la chaux. Le Dr Parant, qui est un spécialiste de ces questions, et dont La Nature a déjà signalé une pipe très ingénieuse et hygiénique (n° 2060), a proposé une méthode de désintoxication du tabac qui le débarrasse de la nicotine et de divers autres alcaloïdes tout en lui laissant son parfum ; 5oo grammes de tabac fin sont arrosés avec 25o grammes d’eau alcaliniséè ; 2 heures après, on extrait le jus à la presse; 2 ou 3 heures après, on lave avec 25o grammes d’eau qu’on exprime ensuite à la presse; le tabac pressé est ensuite arrosé d’une teinture aromatique contenant divers produits : théobromine, caféine, thymol, terpinol, etc. ; le jus extrait à la presse est traité par du tanin qui précipite les alcaloïdes, puis filtré et versé sur le tabac ; 5 ou 6 heures plus tard, le tabac est mis à sécher lentement. Tous ces tabacs dénicotinisés, quels qu’ils soient, sont bien moins toxiques que le tabac ordinaire et leur usage est à recommander à tous les fumeurs impénitents. Rexé Merle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour enlever les taches d’encre de Chine sur la toile. — En réponse à la question posée dans la Boîte aux lettres de La Nature du 26 octobre dernier, nous recevons de M. J. L. à Bihorel-lès-Rouen l’intéressante lettre suivante : « On petit envisager deux hypothèses : l’enlèvement des taches d’encre de Chine. i° Sur la toile ordinaire et 1° sur la toile à calquer, utilisée par les dessinateurs. On se trouve donc en présence de deux procédés bien différents pour l’enlèvement radical de ces taches. Nous n’exposerons aujourd hui que le deuxième cas, nous promettant de revenir, un peu plus tard, sur le premier, si nos essais comparatifs sont concluants.
- « Pour faire disparaître les taches sur la toile ci calquer. — Placer, au-dessous de la partie tachée, un fragment de verre exempt de stries, ou mieux un cliché photographique usagé (9 X 12), la surface polie en contact avec la toile; puis, doucement et avec un peu d’attention, effacer avec une bonne gomme au crayon (Faber n° 12, par exemple), d’aspect, de préférence, un peu rugueux. Lorsqu’au début des opérations, la partie brillante de la toile commence à se teinter en noir, fait qui résulte de l’écrasement irrégulier de la tache, il est indispensable de blanchir fréquemment les faces arrondies dé la gomme au crayon, en les frottant sur des rognures de papier à dessin résistant, tel qtte le Canson
- ou analogue. Répéter cette opération autant de fois que cela sera nécessaire. On peut aussi, en évitant d’attaquer le tissu de la toile, s’aider d’une lame de canif bien tranchante et très effilée, en la promenant délicatement sur les parties très opaques qui résisteraient à la gomme-crayon. Il n’est pas moins utile de faire intervenir la gomme à l’encre pour faire disparaître les derniers petits points rebelles qui peuvent être attaqués simultanément en longueur et en largeur; mais, .au préalable, il est essentiel de s’assurer que la surface de la gomme-encre sur laquelle on opère soit rigoureusement lisse, le moindre fragment de verre, insuffisamment broyé, étant susceptible de produire des rayures désastreuses et irréparables ; quelques minutes suffisent pour faire disparaître toute trace d’encre de Chine. Enfin, en s’aidant d’un petit manche en os, préalablement bien nettoyé, on lustre la partie grattée, devenue mate, sur laquelle on applique, avec la lame d’un canif, une parcelle de cire jaune, ou mieux de la paraffine, que l’on frottera vivement (toujours sur le verre) avec un linge blanc fin, non pelucheux et très propre. L’opération est alors terminée. Ce procédé, à la portée de tous, permet au dessinateur de remettre au point ses dessins et, s’il le désire, de faire des reproductions photographiques sur papiers aux sels de fer. »
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. *— La
- machine XxXse trouve chez M. Roux, 13, rue Monsigny, Paris. : '
- Renseignements. — M. S. L., Le Quesnoy (Nord). — i° Au point de vue pratique, nous ne saisissons pas les avantages qu’on peut avoir à réduire en farine de la luzerne et du trèfle secs destinés à l’alimentation des volailles. L’opération ne paraît pas économique en ce sens que, par suite des frais de manipulation, le prix de revient de l'aliment ainsi obtenu est sensiblement augmenté sans compensation appréciable dans son utilisation.
- On donne toujours le trèfle et la luzerne à l’état vert, concurremment avec d’autres aliments (grains,pâtées, etc.). Mais si l’opération dont il s’agit est jugée indispensable, nous ne voyons pas d’autre moyen que le broyage à l’aide d’un pilon et d’nn mortier, — opération longue, surtout si l’on a une assez grande quantité de ces fourrages secs à traiter — ou encore l’emploi d’un moulin à blé ; nous ne connaissons pas d’appareil spécial. Dans tous les cas, il est indispensable que la dessiccation soit, absolument complète; — 20 un moteur d’automobile, a poste fixe, peut marcher au gaz de ville au lieu d’essence, mais on estime que le rendement serait diminué au moins de moitié, et qu’il y aurait des difficultés d’allumage.
- M. II. D., à Paris. — Nous publierons prochainement un article sur la question qui vous intéresse.
- M. Iran Grangier, Le Brux. — Un de nos collaborateurs étudie cette question, fort délicate; nous publierons prochainement son travail.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. B. T.,(Seine-et-Oisé). — Il nous est impossible de vous répondre par la voie du journal. Prière d indiquer adresse exacte.
- M. 11. D., k Saint-Moritz.— x° Vous trouverez des produits anti-halos tout préparés, chez Poulenc, 19, rue du 4-Septembre, Paris. Yoici, de plus, une formule. Mélanger à see : ocre rouge, 100 gr. bien pulvérisés; dex-trine, 5o gr. On ajoute en remuant un mélange de 5 a c. c, d’eau et: 5 c. c. de glycérine. On étend au dos des plaques avec un pinceau et on laisse sécher à l’obscurité. Avant le développement on lave à l’eau; — 2e" Photographie autochrome, lisez les Plaques autochromes, par Y. Cremier, publié chez Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. le Dr Cuniot, à Saint-Yallier, —La Nature a donné dans son Supplément, nos 2005-2012-2018, tous les renseignements pratiques concernant l’avance à l’allumage et les dispositifs adoptés par les constructeurs. Il vous suffira de vous y reporter, pour être complètement éclairé sur la question qui vous intéresse. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’insister sur le fait que l’avis que vous y trouverez est complètement désintéressé.
- Quelle que soit la conviction que vous vous serez faite à la suite de là lecture des études ci-dessus, ce qui nous paraît le plus logique dans le cas que vous nous soumettez, est d’accepter l’avance fixe installée par votre constructeur. Le maniement de l’avance variable est toujours assez délicat; et pour des moteurs de faible puissance comme celui que vous indiquez, l’avance fixe est très satisfaisante et ne peut vous occasionner aucun ennui.
- M. J. L., à Bordeaux. — Nous ne savons comment opèrent les antiquaires ( ?) professionnels pour donner
- aux. tapis neufs les tons décolorés de l’ancien. Mais si vous : pouviez nous envoyer quelques petits échantillons sur lesquels on pourrait faire des essais de laboratoire nous pourrions très probablement vous renseigner.
- M. Visseaux, à Laneuviile-sur-Meuse. — Non les encres usuelles pour stylographes ne sont pas inaltérables. L’encre de Chine seule mérite ce titre, et encore pas absolument. Yoir pour cette question le volume de Margival, Les encres (2 fr. 5o, Masson, édit.).
- ... M.. R. F., à Neuilly. —- Pour rendre les cheveux blancs d’un beau blanc, il n’existe guère de moyen efficace. Vous pourriez employer l’eau oxygénée diluée qui, sous le nom de « décoction de camomille allemande » est vendue par les coiffeurs pour blondir les cheveux noirs. Mais on. doit appliquer le liquide avec ménagement, car à la, longue il rend les cheveux cassants.
- M. R. L., à Noisy-le-Sec. —Les pâtes servant à apprêter les cadres destinés à être ensuite dorés sont préparées en triturant suffisamment de blanc d’Espagne (pour avoir la consistance désirée) dans, une mixture préparée avec 1 kg de colle de peau pour environ
- 10 litres d’eau. On travaille jusqu’à obtention d’un mélange intimement homogène.- -
- M. G. Mages, à Bourgoin. -— On prépare un liquide pour bouillottes restant très longtemps chaudes en faisant dissoudre à chaud i5 kg d’acétate de soude dans
- 11 litres d’eau, et emplissant de suite les bouillottes,. La question des encaustiques sans essence reste à l’étude dans notre laboratoire ; mais de tels essais demandent toujours d’assez longs délais fnous publierons dans nos Recettes les formules sitôt qu’elles seront élaborées définitivement.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La nouvelle École nationale d’Aits et Métiers de Paris : Jacques Boykh. —- Chronique. — La traversée de la Suisse en ballon : V. Forbin. —- Le nouveau « Gutenberg » : Lucien Fournier.— Les conserves de sardines et l’utilisation deleuis résidus : Victor (Jambon. — Académie dés sciences : Ch de Viuledeuiu. — I.'invention de la poudre sans fumée en 1870. — Léon Teisserenc de Bort : J. Loiset,.
- Supplément. — La durée des peintures,, — La nouvelle forme du Vésuve. — La traversée des Alpes. — Les chemins de fer français au 3i décembre 1911. —Le port de Marseille en 1911. — Affaissement des fondations de Saint-Paul de Jmndres. —- Le plus grand sky-scraper de New-York. — Le « Vaisseau du desert ». etc. -
- Cryologie. Applications du froid à l’hygiène, aux recherches de laboratoire, à la thérapeutique, par le .Dî'-Lortat-Jacob. In-8°, 172 p. Masson, éditeur, Paris, 1912. (Encyclopédie Léauté). Prix : broché, 2 fr. 5o; cartonné toile, 3 francs. :
- Dans cet intéressant volume, le Dr L. Lortat-Jacob expose au triple point de vue de l’hygiène, des recherches de laboratoire et de la thérapeutique, le rôle dévolu à l’emploi des basses températures. L’hygiéniste y trouvera des renseignements pratiques, concernant le mode d’action du froid sur la viande, le poisson, lé lait, les œufs, etc. ; l’expérimentateur, un :i!grand nombre de faits concernant la Physique, la Chimie, l’Histoire naturelle, la microbiologie, la préparation des extraits secs, l’anatomie, l’histologie et îa toxicologie. Enfin, l’aliteur expose en médecin une étude d’ensemble sur là cryothérapie locale et générale, et les applications indirectes au froid, aux eaux minérales, au vaccin et au sérum.
- Mécanique appliquée, par John Perryv traduit de la 9“ édition anglaise, par Davaux avec additions de E. et F. Cosserat. Tome I. L’énergie mécanique, 1 vol. 400 p., 2o5 fig., Hermann, éditeur, Paris, 1 g 13.
- Le mode d’enseignement de la mécanique employé par M. Perry paraîtra surprenant au public français. Nos ouvrages classiques de mécanique appliquée, débutent tous par l’exposé'de principes et de règles qui sont de pures abstractions mathématiques. Pour M. Perry, au contraire, la mécanique est une science purement expérimentale. Il s’attache à montrer à l’élève comment on tire de l’expérience tous les principes, comment on raisonne sur les cas concrets qui se présentent dans la pratique du métier d’ingénieur, et il n’embarrasse sa mémoire que du minimum de connaissances et de formules mathématiques. Cette méthode, qui met immédiatement l’élève en contact avec les réalités de son futur métier, qui le force à observer et à réfléchir sur des faits concrets, nous paraît la plus propre à lui faire pénétrer à fond les lois fondamentales de la mécanique et leur utilisation. Nous souhaitons qu’elle se développe dans noire enseignement technique.
- T. S. F. Renie mensuelle de radiotélégraphie et radiotéléphonie, 36, rué de Mons, Yàlenciennes.
- La télégraphie sans fil a pris assez d’importance dans la vie publique et dans l’industrie pour justifier l’existence d’un organe qui lui soit exclusivement consacré. Notre nouveau confrère se propose de fournir à ses lecteurs une documentation scientifique, technique et pratique puisée aux meilleures sources.. C’est là une heureuse initiative à qui nous souhaitons bon succès.
- Télégraphie sans fil. (Réception des signaux horaires et des télégrammes météorologiques), par le Dr Pierre Corret. 1 brochure in-16, 96 pages. Maison de la Bonne Presse, 5, rue Bayard, Paris, 1912. Prix : 1 fr.
- Encore un livre pratique et excellent à l’usage des amateurs de T. S. F. Il indique très clairement comment on installe un poste d’amateur, comment on le construit, et comment on comprend les télégrammes reçus. . ,
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- BIBLIOGRAPHIE
- Richesses minérales de Madagascar, parD. Levât. In-8° de xvi-36o pages. H. Dunod et E. Pinat, édit, Prix : i5 francs.
- L’ouvrage de M. Levât donne quelques renseignements utiles sur les minerais de Madagascar : l'or en particulier, puis les autres produits minéraux, notamment les pierres précieuses, le graphite, les minerais radifères, les gîtes de cuivre natifs du lac Kinkony, le pétrole même. Une étude de la question delà main-d’œuvre et celle de la réforme à introduire dans la législation minière actuelle constituent le dernier chapitre de cet ouvrage.
- Treasury of human Inheritance. Parts VII et VIII. Dwarfism, par H. Rischbieth et Am y Barringtox. Londres, 191a. Dulau et Cio, éditeurs. Prix : i5 francs.
- Ce nouveau mémoire du laboratoire d’Eugénique de l’Université de Londres rassemble tous les faits connus de nanisme chez l’homme, que ceux-ci soient dus à l’achondroplasie ou au nanisme vrai. On y trouvera tout ce qui a paru jusqu’à ce jour sur cette question et de nombreuses illustrations reproduisant les nains représentés dans l’art antique et moderne et ceux qui furent photographiés en ces dernières années.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- OS*,.
- Observations de
- M. Ch. Dufour (Parc
- Saint-Maur, altitude 5om,3o
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 janv. 1913. — 1°,3 E. N. E. 2. Beau. » Gel. bl. ; beau jusq. 10 h. ; nuag. ensuite.
- Mardi 28 5°,1 S. S. E. 1. Couvert. » Eclaircies ; brume.
- Mercredi 29 7®,6 Calme. Pluie. 1,6 Bruine ou pl. ; pl. de 1 h. à 11 h. ; couvert, brume.
- Jeudi 30 6°,0 E. 1. Couvert. 1,5 Couvert ; brume; pluie de 23 b. <à 24 h.
- Vendredi 31 ... . 9°,0 W. S. W. 4. Couvert. 12,8 Pl. cesse à 6 h. 15; petite pl. mêlée de grêle à 11 b.45 et 13-16h.45.
- Samedi 1er février. . 5#,0 S. 3. Couvert. 7,1 Pluie de 8 b. 45 à 25 h. ; couvert.
- Dimanche 2 4#,1 W. S. W. 3. Nuageux. » Nuageux.
- JANVIER-FEVRIER 1913. — SEMAINE DU LUNDI 27 JANVIER AU DIMANCHE 2 FEVRIER 1913.
- Lundi
- | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
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- IBSSBBBBBBBSB B9B 999 mmm mmm mmm mmm mmm mmm «mmmmmmmmmmm mmmaaanHMaaa menai a________
- IBBBBBBBBBBBB mmgtmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm mmmmmmmmmmmm mmmmmmmmmmmm mmBimmmmmmtmKam mmmEammmmmmmmB llMaaiBBinniaiBBiMaaoMaMNHMHiam mmimmmmmmmmmmmaxmcammmmimmmmmmmmBimBimmmmmmmmaimmmmmmBammmiaaBaHimmmmKamiml
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Q à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 27 janvier au V février. — Le 27. Pression supérieure à 765 mm sur le N. et le Centre de l’Europe (Cassel : 772). Basses pressions sur l’Atlantique de l’Islande à la péninsule Ibérique : minima à Rejkiavik (743) et Yalentia (756). Temp. du matin : Haparanda,
- __240; Belfort, —3; Paris, —1; Brest et Marseille,
- 4- 5; Alger, 14. — Le 29. Pression basse sur le W. de l’Europe. Minima sur l’Irlande (748) et le golfe de Gascogne (768). Pression élevée sur le N. et, le Centre du continent. Pluies générales sur le W. En France : Cette, 43 mm; Toulouse, i5; Nice, n. Temp. du matin : Haparanda, —28°; Moscou, — 19; Belfort, + 1; Bordeaux, 7; Paris, 8; moyenne à Paris : 8°,5 (normale : 2o^). — Le 3o. Çasses pressions entre l’Islande, les Iles-Britanniques et la Méditerranée. Fortes pressions sur l’E. et sur les Açores. Pluies sur le W. et le S. En France : Cherbourg, a5 mm; Charleville, 21; Cette, 20; Paris, 14 ; Limoges, 10. Temp. du matin : Breslau,
- du Bureau Central Météorologique.
- — 16° ; Belfort, — 1 ; Paris et Toulouse, + 6; Marseille, 10; moyenne à Paris : 7°,3 (normale : a°,7). — Le 3i. Dépression profonde sur le N. et le W. de l’Europe, ayant son centre en Islande (717 mm). Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 23 mm; Gap, 9; Besançon, 6. Temp. du matin : Cracovie,—-18°; Belfort, -|-6 ; Paris, 9; Alger, 13 ; Biarritz, 14j moyenne à Paris : 6°,5 (normale : 2°,7). — Le ier février. La pression se relève sur le W. de l’Europe, tout en restant très basse en Scandinavie, en Islande et sur les Iles-Britanniques (Rejkiavik : 722 mm; îles Féroé : 73.1). Tempête sur la Manche. Pluies générales. En France : le Mans, 20 mm; Besançon, i5; Paris, 7. Temp. du matin : Arkhangel, —28°; Paris, -f-5; Bordeaux et Perpignan, 8; Alger, i3; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 20,8). —Phases de la Lune : Dernier Quartier le 29, à 7 h. 35 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à 1 École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « Lâ Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Taris (YJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N" 2073. — 15 FÉVRIER 1913. SUPPLÉMENT
- JteD
- INFORMATIONS
- La petite planète 594 « Mireille ». — On sait qu’il existe, principalement entre les orbites de Mars et de Jupiter, tout un essaim de petites planètes dont le nombre atteint, actuellement, près de 760. La plupart de ces astres ont des dimensions très faibles — quelques kilomètres seulement — et leur éclat est très petit. Pour certains, il est inférieur à la i3e grandeur. Grâce à l’application des méthodes photographiques, les découvertes de ces corpuscules planétaires sont nombreuses chaque année. Souvent aussi, on retrouve des astres déjà observés, et c’est un pénible travail d’identifier le point minuscule révélé par les clichés, avec une quelconque des planètes connues. On y parvient au moyen des éphémérides calculées d’avance et, souvent aussi, en suivant le nouvel astre et redéterminant ses éléments, que l’on identifie alors avec les éléments connus. Ce travail est fort long, et il faut un certain temps pour inscrire une planète nouvelle, avec tous ses éléments, dans la liste générale des petites planètes. On lui donne alors un numéro d’ordre, par ordre chronologique des découvertes, et plus tard, un nom, lequel est emprunté soit à la mythologie — mais avec les découvertes répétées celle-ci n’a plus suffi — soit à la science, soit à la géographie, à la littérature, aux noms et prénoms des décou^ vreurs ou de savants illustres, ces noms étant, en général, pourvus d’une terminaison latine féminine qui leur donne généralement une consonance agréable. En voici quelques exemples : Junon, Yesta, Cérès, Uranie, Asia, Con-cordia, Stereoscopia, Sylvia, Camilla, Gabrielle, Heidel-berga, Icléa, etc Le joli nom de « Mireille », chanté par le grand poète Mistral, manquait dans cette phalange céleste, et M. Camille Flammarion — qui ne manque jamais d’associer la poésie et l’astronomie — s’en est aperçu. Il a signalé cette lacune à M. H. Kobold, directeur du Bureau des Astronomische Nachrichten, à Kiel, où se fait le classement des petites planètes, et à M. Max Wolf, le savant directeur de l’Observatoire d’Heidelberg, où l’on découvre maintenant, grâce au puissant outillage photographique, la plupart des petites planètes nouvelles. M. Max Wolf a toujours en réserve un certain nombre de ces petits astres, découverts par lui, et encore anonymes. Il s’est empressé de donner le nom de « Mireille » à la petite planète 5g4. trouvée par lui en 1906, qui accomplit sa révolution en i555 jours, à la distance moyenne 2,627 du Soleil, celle de la Terre au Soleil étant prise pour unité. Il y a encore de nombreuses lacunes à combler dans cet essaim où un grand nombre de planètes portent juste un numéro d’ordre : souhaitons de les voir remplies d’aussi heureuse façon; rendre l’astronomie belle et poétique est le moyen de la faire aimer.
- La flotte aérienne chinoise. — Le Président de la République chinoise a décidé la création d’une flotte aérienne dont l’instruction sera confiée à un Français,
- le lieutenant d’infanterie coloniale Bon. En principe, tous les officiers de l’Etat-Major chinois passeront par l’Ecole d'aviation, soit comme pilotes, soit comme observateurs. Douze biplans ont été commandés en France. L’an prochain, un grand concours d’aéroplanes sera organisé à Pékin. Le Gouvernement chinois prévoit une flotte d’un millier d’aéroplanes.
- Pour empêcher la formation des buées sur les vitrages de magasins. — L’Electrical Review and Western Electrician annonce qu’une Compagnie anglaise « Anti-Window Steaming », de Londres, vient de mettre sur le marché un curieux dispositif destiné à empêcher la formation de dépôts de buée ou de givre sur les fenêtres de magasins par les temps froids — dépôts dus à la différence de température entre l’air du dehors et celui du dedans, aiusi qu’à la condensation qui en résulte de l’humidité sur les vitres. L’appareil consiste en un bec en forme d’éventail disposé à angle droit avec un tuyau placé le long de la fenêtre et à l’intérieur, et par conséquent invisible du dehors. Un ventilateur centrifuge fait pénétrer par ce bec un fort courant d’air. L’air sec, passant par le bec, se répand sur la surface de la fenêtre et empêche entièrement les dépôts d’humidité. Un petit moteur électrique suffit pour actionner le ventilateur. Lors d’un essai, une fenêtre avait été recouverte de buée, au^ point de devenir opaque, au moyen d’une bouillotte remplie d’eau chaude; cette fenêtre redevint claire trente secondes après la mise en marche de l’appareil et, tant que l’appareil continua à fonctionner, on ne constata pas le moindre dépôt ultérieur de buée sur le verre.
- L’abatage hydraulique aux mines d’argent de Cobalt. — On sait l’emploi qui a été fait de la méthode hydraulique daus les mines d’or californiennes, et les discussions avec les agriculteurs, qui ont finalement, fait abandonner le procédé. Actuellement, depuis le mois de juin 1912, on applique la même méthode dans les grandes mines d’argent canadiennes. Dans cette région, lès veines argentifères, d’une si étonnante richesse, sont, en effet, recouvertes par quelques mètres de dépôts glaciaires qui les masquent et qu’il faut commencer par enlever si on veut les reconnaître. Au lieu d’employer des tranchées, une des principales mines, celle de Nipissing, a commencé la démolition de ce terrain superficiel sous l’action d’un violent jet d’eau à la pression de 12 kilogrammes par centimètre carré. Le débit est de 23o hectolitres par minute et la dépense en force de 6y5 chev. L’eau arrive dans la lance par l’intermédiaire d’un joint à rotule et s’écoule par un orifice de 10 à i5 centimètres de diamètre. Les galets glaciaires, qui ont souvent 3o à 4° centimètres, sont chassés par ce courant dans un petit lac voisin qu’ils comblent peu à peu ; leurs dimensions font qu’ils ne peuvent s’en allen
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- INFORMATIONS
- plus loin et ne constituent donc pas une gène pour l’agriculture.
- Les mines de cuivre porphyriques. — On appelle mines porphyriques un certain nombre de mines de cuivre situées dans l’Utah qui exploitent des minerais à basse teneur, i,5 pour ioo, disséminés dans des roches éruptives décomposées, dites porphyres. Ce qui a permis 1 exploitation, c’est, à la fois le bas prix de l’extraction réalisée par pelles à vapeur et les perfectionnements obtenus peu à peu depuis dix ans dans la concentration mécanique. La principale de ces mines, la Utah Copper, créée en 1904, vient aujourd’hui au cinquième rang, parmi les producteurs de cuivre mondiaux, un peu au-dessus de la Rio Tinto et de la Calumet and Hecla (la grande mine du Lac Supérieur). Cette mine se trouve à Bingham, à 45 kilomètres de Sait Lake City, vers 1900 mètres d’altitude. On commence par y enlever une zone supérieure appauvriè en cuivre de 3a mètres d’épaisseür, contenant dés minerais oxydés qui aujour-d hui sont jetés au stérile. Puis on attaque au-dessous une zone de cémentation, à monzonite chargée de chalco-pyrite,qui représente, d’après la compagnie, 3oo millions de tonnes reconnues. On travaille avec des pelles à vapeur sur 21 étages distants d’environ 21 mètres en, verticale, dans une grande tranchée. Le minerai est d’abord démoli aux explosifs, puis chargé à la pelle dans les wagons. Le prix de revient est d’environ 2 fr. par tonne. Les ateliers de concentration mécanique ont passé, en 1911, 4680000 tonnes de minerai à i,5i p. 100 dont elles ont retiré 69,53 pour 100, avec des frais de 25 fr. par tonne. Les concentrés ainsi obtenus dans ces mines tiennent finalement 25,60 pour 100 de cuivre. Ce résultat est fourni par une série d’appareils, de broyeurs, de cylindres criblants, de cribles à secousses, de tables tournantes, etc. On fait ensuite passer à la fusion et, finalement, le cuivre est revenu, en 1911, à 880 fr. la tonne, en tenant compte de l’or et de l’argent contenus. Mais, peu après, une grève violente a fait hausser les salaires de 10 pour 100.
- Nouvelle méthode pour combattre la malaria. —
- On sait que de nombreux moyens ont été préconisés contre la malaria et que les moustiques sont les agents de propagation de cette maladie. On a conseillé, notamment, de dessécher les marais ou de les recouvrir d’une couche de pétrole qui entraîne la destruction des larves de moustiques. La France médicale nous apprend qu’en Amérique, au Texas, le Dr Campbell a imaginé et essayé une nouvelle méthode qui donne des résultats encore plus satisfaisants que par les procédés indiqués jusqu’ici. Dans un district infesté par la malaria, le Dr Campbell fit édifier une pyramide en bois, mesurant 12 mètres de hauteur, reposant sur quatre piliers, et percée, sur ses quatre faces, d’ouvertures oblongues comme celles des jalousies. Cette pyramide est destinée à servir de refuge aux chauves-souris ; elle peut donner asile à 10000 individus. Des perchoirs intérieurs permettent aux chauves-souris de s’accrocher. Le plancher de cet édifice est mobile, ce qui permet de l’enlever de temps à autre pour le nettoyage du refuge et l’enlèvement du guano, qui constitue un excellent engrais, dont la vente suffit à couvrir les frais d’entretien. On a constaté que, depuis que le dispositif imaginé par le Dr Campbell a été installé, la malaria a à peu près disparu du district infesté, les chauves-souris faisant une chasse acharnée aux moustiques — qui sont des insectes nocturnes — et eh dévorant bien plus que n’en dévorerait n’importe quel oiseau. En outre, on a remarqué que cette destruction est encore bien plus considérable qu’elle ne le serait par les poissons qui détruisent les larves de moustiques à la surface des marais et des étangs. C’est là un bienfait à l’actif des chauves-souris, si souvent accusées, à tort, de bien des méfaits, voire même classées parmi les animaux nuisibles dans les campagnes.
- Floraison des bambous. — On croit généralement que tous les bambous d’une même espèce fleurissent au même moment, qu’ils soient èn pleine terre ou en serre, quel que soit le climat où ils sont placés, et qu’ensuite ils meurent fatalement. M. Maurice de Vilmorin vient de communiquer à la Société nationale d’acclimatation ses observations sur plusieurs espèces cultivées en France, Belgique et Angleterre, qui contredisent la croyance générale. Certes, des bambous d’une même espèce fleurissent souvent en même temps, aussi
- bien les jeunes pousses récemment transplantées et en plein développement, que les vieilles touffes fixées depuis longtemps au même lieu, mais parfois la floraison, des divers pieds s’espace sur un intervalle de plusieurs semaines, de plusieurs mois ou même de 4, 5 ou 6 années. De plus, la mort ne suit généralement pas la floraison et la fructification; elle est l’exception et non la règle. ;
- La falsification de la « crotte de chien ». —La
- « crotte de chien » est fort employée par les mégissiers notamment dans l’industrie du gant à Grenoble. Qui eût cru que cet humble produit, qui littéralement traîne les rues, pût faire l’objet de falsifications. Cependant M. Loucheux, chimiste au Laboratoire central du Ministère des Finances, nous révèle dans les Annales des falsifications qu’il a ep à examiner un produit importé-d’Allemagne, sous la dénomination fallacieuse d’excréments d’animaux, produit destiné selon lui à falsifier « la crotte de chien » commerciale. Cette substance, quoique habilement façonnée en petits cylindres, n a pu à l’analyse, dissimuler son origine : on y a trouvé des produits minéraux, des fragments d’écailles et d’arêtes de poissons, des débris de matières cellulosiques et de l’amidon. Il s’agirait donc d’une matière fabriquée avec des débris de poisson.
- La flotte marchande de la France. — h'Annuaire de la Mariné marchande française nous apprend que le tonnage brut de la flotte de commerce et de pêche s’élève, en 1912, à 2249.488 tonneaux répartis entre 4077 navires comprenant i656 vapeurs, 238i voiliers et. 40 navires à moteurs. Cette flotte se décompose en : bateaux à voyageurs, i45; bateaux-pompes, 5; bateaux renfloueurs, 32; dragues, 18; navires-câbliers, 8; navires (croiseurs auxiliaires en temps de guerre), 7; navires-écoles, 3; navires frigorifiques, 10; navires-hôpitaux, 3; navires pétroliers, 3 ; paquebots, 204 ; remorqueurs, 4*4; vapeurs de pêche, 286; voiliers de grande pêche, 36o ; voiliers des autres pêches, 631. Les navires à propulsion mécanique se classent comme suit, d’après leur mode de propulsion : navires à aubes, 32; navires à 1 hélice, i52o; navires à 2 hélices, 121 ; navires à 3 hélices, 3; navires à 4 hélices, 3. On compte 8 navires à turbines et 62 bâtiments qui sont pourvus d’appareils de télégraphie sans fil. Enfin, le nombre des navires attachés à la métropole s’élève à 3597 : 10 sont en service en Corse, i35 en Algérie et 409 aux colonies. 100 nouveaux navires sont en cours de construction.
- Le travail des femmes au Japon. — Le directeur du Bureau industriel au Japon vient défaire un inté-, ressant rapport sur le rôle des femmes dans l’industrie japonaise. Ce rôle est d’une grande importance dans presque toutes les industries. La main-d’œuvre féminine domine notamment dans celle de la soie (qui représente plus de 5o pour 100 de l’exportation japonaise), du coton et autres matières analogues. Pour l’ensemble des diverses industries, la part du travail-homme et du travail-femme est indiquée par les chiffres suivants : hommes, 34 pour 100; femmes, 66 pour 100; dans le travail de la soie le rapport est de 7,7 femmes à 1 homme (330 020 femmes ou filles, 43 264 hommes ou garçons). Le salaire des femmes est fort inférieur à celui des hommes : tandis que celui-ci oscille de o fr. 75 à 1 fr. 25 par jour, celui des femmes se tient entre o fr. 5o et o fr. 70.
- Exposition de la falsification»des denrées alimentaires à l’Exposition Universelle de Gand 1913. —
- Les villes de Bruxelles, Gand, Liège et Anvers ont décidé d’organiser cette année à l’Exposition Universelle de Gand, une Exposition Nationale de la falsification et de l’altération des denrées alimentaires, ayant pour objet l’étude scientifique des fraudes alimentaires, et surtout l’éducation du consommateur. On y montrera le produit naturel, le produit pur et le produit diversement altéré. Des laboratoires où les denrées seront manipulées fonctionneront devant le public. Enfin, de nombreuses conférences, appuyées de projections cinématographiques, seront faites à l’Exposition par des médecins et des sociologues compétents. En même temps que cette exposition, se tiendra un Congrès international pour la lutte contre la falsification des denrées alimentaires, S’adresser pour tous l'enseignements à M. Antony Neuckens, Hôtel-de-Ville, à Bruxelles.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Automobilisme
- Le différentiel des automobiles. — Le différentiel est un ensemble mécanique, destiné à permettre aux deux roues motrices d’un même essieu de rester toutes deux motrices, sans aucun glissement, lorsque les chemins parcourus par ces roues ont des longueurs différentes.
- Sur les voies ferrées, pour les locomotives et wagons, où les roues d’un même essieu sont solidaires l’une de l’autre, c’est au moyen de la conicité des bandages que l’on empêche le patinage en courbe de se produire.
- Grâce à cette organisation, dans un virage, la roue du dehors roule, sur le rail, très près de son boudin, c’est-à-dire sur une circonférence plus grande que celle de la roue du dedans. De sorte qu’il y a compensation, entre l’excès de longueur du rail extérieur sur celle du rail intérieur, et la différence de développement des deux circonférences de roulement.
- Il suffit pour une roue d’épaisseur donnée de choisir judicieusement l’angle de conicité du bandage qui satisfait à la courbe de plus petit rayon de la ligne, pour qu’il n’y ait jamais de patinage sur toutes les courbes de rayon plus grand.
- Sur les voitures automobiles, il a été nécessaire de recourir à un dispositif mécanique relativement compliqué, comprenant des engrenages d’angles, ou des engrenages cylindriques.
- La figure i représente le type le plus répandu de différentiel par engrenages d’angle.
- Les roues motrices sont solidaires chacune du mouvement d’un des deux arbres placés dans le prolongement l’un de l’autre, et appelés demi-arbres du différentiel, soit directement dans le cas de l’essieu à cardans, soit par chaînes dans le cas de l’essieu à chaînes, soit par engrenages droits dans le cas des transmissions par cardans avec démultiplication des camions automobiles.
- Ces deux demi-arbres sont munis chacun d’un engrenage d’angle, appelé couronne planétaire.
- Les dentures de ces deux couronnes sont rendues solidaires l’une de l’autre par un certain nombre de petits pignons d’angle, appelés satellites. Ces pignons satellites sont montés fous sur les bras d’un croisillon, qui leur servent d’axes, et dont les extrémités sont encastrées dans une coquille en acier, enveloppant tout le système et portant le nom de coquille du différentiel.
- C’est cette coquille elle-même qui reçoit, par un couple d’engrenages d’angles, le mouvement d’entraînement engendré par le moteur. Elle entraîne à son tour le croisillon du différentiel, dont les satellites agissent sur les couronnes planétaires, soit sans tourner sur leur axe, en provoquant un mouvement de rotation de même vitesse des deux demi-arbres du différentiel, soit en tournant sur leur axe, et en permettant pour les deux demi-arbres des vitesses différentes.
- En pratique, le satellite se comporte comme le fléau d’une balance, il fait gagner en vitesse à une roue ce que l’autre perd, et réciproquement, de telle sorte que le centre de gravité de la voiture marchant toujours d’une vitesse régulière sur une route sinueuse, les virages sont réalisés par accélération de vitesse de la roue du dehors et diminution égale de vitesse de la roue du dedans.
- Il est intéressant de voir comment la puissance motrice se répartit entre les deux roues, dans un virage, ou en fonction de leur vitesse relative de rotation.
- En raison de la symétrie de l’appareil, et cette hypothèse ne changeant rien à la discussion, nous ferons abstraction des rendements mécaniques et nous exprimerons la puissance par le produit F. Y, de la force motrice agissant sur le croisillon du différentiel, par la vitesse de son point d’application par seconde.
- Le pignon satellite, n’ayant lui-même que des mouvements simples, rotation propre ou entraînement circulaire, il y a équilibre à tout instant, entre la force F, qui entraîne son axe, et les deux forces F' et F", que
- développent deux de ses dents diamétralement opposées, sur les couronnes planétaires. On peut donc écrire *
- (i) F = F' -j- F".
- En appelant Y' et Y" les vitesses des points d’application de ces forces sur les planétaires, on a aussi :
- (a) Y=L_lL..
- 2 -
- D’autre part, le principe de la conservation de l’énergie donne :
- (3) FV = F'V,+ F"V".
- Si on définit la piste suivie par chacune des roues
- Le différentiel des automobiles
- a. Pignon d’attaque du différentiel. — b. Couronne transmettant l’attaque à la coquille c. — c. coquille du différentiel. — cl. Pignons satellites, fous sur les axes rn. — h. Pignons commandant les arbres l (planétaires). — l. Arbres actionnant les roues arrière. — m. Croisillon de la coquille du différentiel.
- motrices, en se donnant le rapport K des rayons de courbure de ces pistes, qui sera du même coup le rapport des vitesses, on a :
- V'
- (4) Re-
- cette relation rapprochée de (2) nous donne Y' et Y" en fonction de Y, sous la forme :
- Y' — y y"___y
- K + x ~ K + 1
- Si on porte ces valeurs dans (3), on peut écrire :
- (3 bis
- F = F',
- 2 K
- 4- F" —
- \ * TV
- ÏV —j— 1 Iv —|- 1
- En rapprochant (1) et (3 bis) on a finalement :
- F
- p/ — p// — 1
- ~~ 2’
- c’est-à-dire que Veffort moteur se répartit également entre chacune des roues motrices.
- Et en écrivant par suite (4) sous la forme
- K==
- Y'
- Z y
- 2-
- F'Y'
- Y'
- 2
- On voit que le travail se répartit sur chaque roue motrice proportionnellement aux rayons de courbures des pistes, ou encore aux vitesses de rotation de ces roues.
- Nous avons donné ces quelques précisions parce
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- SCIENCE APPLIQUEE
- qu elles permettent d’analyser un inconvénient qui résulte dans bien des cas de l’emploi du différentiel.
- Si par exemple un véhicule est arrêté sur un terrain d’adhérence variable, de telle sorte qu’une de ses roues motrices soit sur un sol très glissant, tandis que l’autre est sur unç partie très adhérente, il pourra se produire un patinage tel de la roue non adhérente, qu’il soit impossible d’avancer, alors même que l’effort moteur appliqué à l’autre roue serait suffisant pour permettre la propulsion.
- En effet, le moteur actionne la coquille du différentiel, qui entraîne les satellites, mais une des couronnes planétaires, solidaire de la roue non adhérente, pouvant tourner très facilement, les satellites prendront appui sur la couronne qui résiste,pour provoquer le patinage. A ce moment on pourrait écrire les relations (2) et (3).
- V' = 0 V" = aV F" = - F"V" = FV.
- La roue qui patine,'tourne à une vitesse double de celle qu’elle . aurait si la voiture avait sa marche normale, et toute la puissance motrice est absorbée par cettë roue, sans que le véhicule puisse avancer.
- Cet inconvénient se produit assez souvent avec les voitures de tourisme, sur l’asphalte gras, lorsqu’une des roues est munie d’un pneu lisse, et l’autre d’un antidérapant, mais il n’est généralement pas très grave.
- Sur les véhicules de poids lourd, au contraire, il devient indispensable d’y parer.
- Un moyen de fortune consiste à réduire, par un procédé quelconque, la vitesse de rotation de la roue qui s’emballe, par exemple, en la freinant momentanément en agissant sur la commande de son frein individuel.
- Mais le véritable remède consiste à adopter un mécanisme complémentaire, permettant de bloquer à volonté le différentiel.
- Cet appareil est imposé d’ailleurs par l’autorité militaire, sur les tracteurs automobiles présentés aux épreuves annuelles d’endurance, il existe en outre sur beaucoup de camions automobiles, Berliet, Panhard, Saurer, etc.
- Pour bloquer le différentiel, il suffit de solidariser momentanément un des demi-arbres avec la coquille du différentiel. Cette opération rend impossible le mouvement des satellites sur la couronne planétaire correspondante, et tout se passe comme si ce satellite était bloqué sur son axe.
- L’appareil peut donc être constitué très simplement, par un manchon à griffes coulissant à volonté sur la partie extérieure cannelée d’un des demi-arbres, que l’on peut mettre en prise avec des encoches convenables de la coquille du différentiel.
- Toutefois, on ne doit se servir de l’appareil que pour se tirer d’un mauvais pas,'et éviter de rouler longtemps avec le différentiel bloqué, lorsque ce n’est pas nécessaire, parce qu’une telle pratique conduirait à une usure rapide des bandages.
- Dans certaines voitures de course, pour éviter que dans les cahots les roues .soulevées s’emballent, au détriment de la vitesse moyenne, et de la conservation des pneus à la retombée, on avait supprimé le différentiel en réduisant simplement la voie. Mais les virages devenaient difficiles, ils ne pouvaient se faire que par un véritable dérapage, et cette pratique a été abandonnée.
- La suppression du différentiel n’estpas à poursuivre, c’est un organe1 indispensable au bon fonctionnement des transmissions, s’il n’existait pas il faudrait l’inventer, mais, en ce qui concerne les camions automobiles, il est indispensable de le compléter par l’adjonction d’un mécanisme de blocage facultatif.
- Un simple exemple numérique permet d’en faire ressortir l’importance dans ce cas particulier.
- Les roues motrices à bandages ferrés, d’un camion pesant 6 tonnes, et chargées chacune de 2 tonnes, peuvent développer sur sol sec 600 kg d’effort moteur à la jante par roue.
- Si l’adhérence d’une des roues devient inférieure à o,i, elle ne pourra plus développer que 200 kg.
- Si à ce moment le camion se trouve engagé sur une rampe de 4 pour 100 exigeant un effort total un peu supérieur à 400 kg, la roue non adhérente va' se mettre à patiner, en mettant l’autre roue dans l’impossibilité d’utiliser l’adhéi'ence dont elle dispose pour développer
- l’effort de 400 kg nécessaire. En bloquant le différentiel, les deux roues devenant ensemble solidaires l’une de l’autre et de la transmission, la roue adhérente, qui peut disposer d’une adhérence de 600 kg, développera, à elle seule, l’effort moteur voisin de 5oo kg, nécessaire à la propulsion. D. Renaud.
- Mécanique
- Courroies extensibles Lia. — Le serrage au moyen d’une courroie en cuir est une opération qui demande une assez grande dépense de force, et dont les résultats ne sont pas le plus souvent, en rapport avec l’effort déployé. En effet, l’élasticité du cuir est faible ; de plus sous l’influence de l’humidité, des secousses et de la tension, le cuir s’allonge peu à peu et la courroie se desserre d’elle-même.
- 11 n’en va plus ainsi avec la courroie extensible Lia. Celle-ci est Courroies extensibles Lia.
- en deux parties, reliées par un tendeur, formé de deux ressorts spirales. Ce ressort permet de donner sans peine à la courroie le degré exact de tension que l’on désire, et de plus cette tension se maintient perpétuellement. On comprend, sans qu’il soit nécessaire d’insister plus longtemps, tous les avantages offerts par une courroie de ce type. — Les courroies Lia sont en vente chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Jouets
- Auto-charrette pour enfants. — Le véhicule que son inventeur a appelé auto-charrette est conçu d’une façon ingénieuse et permet de donner à d’enfant soit une petite voiturette ou quadricycle qu’il actionne au moyen de pédales, soit une charrette ordinaire qu’on peut pousser ou tirer avec deux brancards.
- Beaucoup de détails de l’appareil sont ingénieusement établis comme on le verra dans la description.
- Quand on veut faire fonctionner. le véhicule comme auto d’enfant, on a un capot avant,*un siège arrière, un volant et une tige de direction qui fait pivoter par une barre d’assemblage les deux roues d’avant, un pédalier qui actionne l’essieu arrière comme dans une bicyclette. Sur l’essieu arrière une roue est folle afin de pouvoir faire plus ou moins de chemin que l’autre dans les virages (lig. 1)..
- Supposons qu’on veuille transformer l’auto en charrette. Le capot dissimule un siège qu’on fait apparaître, les accoudoirs sont formés par les pare-boue qu’on relève, le volant et la tige de direction viennent se coucher au niveau du châssis. Les pédales sont placées horizontalement afin de permettre le glissement d’une planchette qui obture l’ouverture sous les pieds de l’enfant.
- L’essieu arrière est débrayé par un manchon à griffes d’avec le pignon de commande. Enfin les 2 brancards qui étaient couchés le long du bâti sont relevés et l’auto peut servir comme charrette (lig. 2).
- D’autres détails, comme le réglage des manivelles, des brancards, etc., contribuent à donner de l’originalité à l’auto-charrette. —- Ce curieux petib véhicule' est en vente chez M. E. Pillu, mécanicien, g, rue Charles-Delaunayr, à Troyes.
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- ‘10O
- HYGIÈNE ET SANTE
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- La composition de l’air et la vitalité des microbes.
- — Toute ménagère sait que par les temps orageux le bouillon a tendance à surir, le lait à tourner, à aigrir et les viandes à se gâter. Dans les laiteries, on a remarqué que les laits recueillis et transportés au cours d’un orage avaient grandes chances d’arriver à destination en mauvais état, sinon caillés, du moins aigris et impropres à la consommation. Quelle explication donner de ces altérations ? on s’est évertué à chercher la cause sans pouvoir la déterminer d’une façon précise; on a accusé l'électricité et l’ozone qui se dégage au moment de l’orage; on a incriminé la température élevée, les modifications atmosphériques, lélévation du degré hydro-métrique, mais sans en donner la preuve.
- . M. Trillat qui professe à l’Institut Pasteur vient, dans une série d’expériences conduites avec le soin qu’on doit apporter à ces sortes de recherches, d élucider ce problème. Au lieu d’envisager les atmosphères chargées d’émanations putrides, la théorie miasmatique des anciens, comme la cause déterminante des. maladies, des épidémies. M. Trillat s’est demandé si l’air ne peut pas constituer, par sa composition chimique, un milieu favorable à la conservation et au développement des germes pathogènes qui s’y trouvent. Notez qu’il n’est pas besoin de doses bien considérables de ces infiniment petits ; il faut environ cinq millions de levure alcoolique pour faire un milligramme. On comprend que des modifications très minimes dans la composition de l’air puissent activer la pullulation des microbes, tout comme une dose minime d’un agent chimique en arrête le développement. Richet a montré que le chlorure de baryum, un sel qui n’est pas très violent, exerce, à la dose d’un milliardième de gramme, une action sur le ferment lactique. Il suffit donc de très faibles proportions de substances gazeuses dans l’air pour le rendre nocif aux microbes.
- Pour rendre cette démonstration évidente, M. Trillat prend des.germes pathogènes divers et dans deux récipients semblables, ces germes soumis aux mêmes conditions de température et d’humidification, sont exposés, les uns à l’action d’un air aussi pur que possible, les autres à celle d’une atmosphère diversement viciée. Les germes sont ensuite ensemencés dans des bouillons de culture ou d’autres milieux nutritifs et la numération comparative des colonies reud compte des effets de la composition variable de l’air. Pour rendre l’expérience plus saisissante, on avait pris dans un cas de l’air du glacier de Tré-la-Tête, dans le massif du mont Blanc, et l’air du Châlet-Hôtel, situé au bas du glacier.
- Il résulte de ces recherches répétées bien des fois, et avec des germes de toutes sortes, que Pair chargé d’émanations putrides favorise la vitalité des microbes. Mais la présence de gaz putrides dans l’atmosphère ne suffit pas pour créer ce que M. Trillat appelle une ambiance favorable ; il faut d’autres conditions adjuvantes, la température, l’humidité, etc. Comment expliquer cette action de gaz putrides, même à faible dose dans l’air, sur les microbes ? On peut supposer que T alcalinité des milieux putrides favorise le gonflement, l’hydratation de la matière albuminoïde, le gonflement du protoplasma des germes aide à la rapidité de leur reproduction. On sait, en effet, que dans les labora-' toires de bactériologie, les cultures sont hâtées en les additionnant d’une dose légère de sel alcalin.
- Une autre hypothèse, émise par M. Trillat, c’est que ces gaz sont susceptibles de fournir une alimentation, à défaut de meilleure et de normale, aux microbes qui en sont dépourvus.
- Cette ambiance favorable à la vitalité des microbes a un caractère distinctif, c’est son alcalinité, et elle présente comme éléments constituants l’ammoniaque, les amines grasses et des substances volatiles azotées que .quelques-unes de leurs réactions rapprochent des alcaloïdes gazeux. Les circonstances qui favorisent, en altérant la pureté de l’air, la vitalité et la pullulation des microbes sont nombreuses, voisinage de foyers de décomposition putrides, émanations du sol provoquées par les perturbations cosmiques, orages ou autres.
- Une particularité curieuse, qui montre qu’il y a dans ces modifications de nombreux facteurs, nature des mi-
- crobes, degré de putréfaction, etc., c’est que leur influence varie beaucoup avec la proportion et la durée, de telle sorte qu’une substance qui. favorisera, à faible dose et pendant un contact de faible durée, la conservation des microbes devient, au contraire, antiseptique et destructive à doses élevées ou par uncontact prolongé. C’est ce qui permettrait d’expliquer la pureté, relative s’entend, de l’atmosphère des égouts et des fosses d’aisances, mise en évidence par Miquel.
- Ce n’est donc pas à l’électricité, à l’ozone, aux conditions de température et d’humidité, qu’il faut rapporter les altérations du lait et des substances alimentaires par les temps d’orage. Ce sont les émanations gazeuses .qui se dégagent du sol ou des produits en décomposition sous l’influence de la dépression atmosphérique qui excitent les fermentations et provocfuent les altérations.
- Les épidémies, la propagation des maladies trouvent de même une explication dans les recherches de M. Trillat. Il a pu démontrer, après de nombreux essais, que l’eau distillée renfermant un cinq millionième de son poids de gaz putride, exempte d’ailleurs de toute trace de matière albuminoïde fixe et ne contenant, comme matière minérale, que ce qu’elle a pu dissoudre de son récipient en verre, c’est-à-dire rien, ou à peu près, peut être ensemencée et donner lieu à une abondante culture, comme les bouillons classiques. Comment avec ces doses infinitésimales ne pas comprendre que toute parcelle d’eau, même la plus pure, peut être un foyer de dissémination microbienne. Et quand l’air est chargé de brouillard et d’humidité, toutes ses particules aqueuses forment autant de petits bouillons de culture favorables au développement des germes. L’extension si rapide des épidémies de grippe n’a peut-être pas d’expli-' cation plus plausible. Et le principe admis jadis daûs la pratique chirurgicale de ne pas faire, à moins d’extrême urgence, de grande opération, par les temps très chauds ou orageux, était bien justifié, quoiqu’on ne pût. cependant expliquer le pourquoi.
- 11 y a quelque vingt ans, le professeur Gueniot avait incriminé la viciation de l’air comme la cause d’accidents de septicémie puerpérale, survenus dans son service et dans sa clientèle. Les soins donnés aux malades ne permettaient pas d’accuser une source de contamination quelconque et il parut logique au savant accoucheur d’accuser la viciation de l’air, d’autant que des émanations suspectes provenaient tantôt d’un cabinet ou d’une fosse d’aisances, tantôt d’un plomb en libre communication avec l’égout. Gomment ce méphitisme pouvait-il exercer, sur ses malades, une influence pathogène? M. Gueniot fut convaincu, devançant M. Trillat dans son interprétation, qu’on ne pouvait l’envisager que comme milieu de culture et il pensa même pouvoir accuser le vibrion septique, microbe anaérobie, des.accidents dont il fut témoin. M. Trillat est venu confirmer, par ses recherches bactériologiques, le bien-fondé de l’hypothèse émise par M. Gueniot.
- Bien des points, dans ces études si intéressantes, demandent encore à être élucidés. Pourquoi ces ambiances favorables à la vitalité des microbes à certaines doses, deviennent-elles opposées et destructives, à doses plus fortes. Question de doses, dira-t-on, c’est fort possible, c’est même probable. Question aussi de terrain, de réceptivité. Mais où se trouvé la limite où l’ambiance méphitique, de dangereuse devient protectrice? On le voit, M. Trillat peut poursuivre utilement ses belles recherches. Quoi qu’il en soit, .il faut en retenir ce détail, c’est que l’altération des matières alimentaires n’est due qu’à des émanations gazeuses dont on pourra parfois se mettre à l’abri, que la propagation des maladies trouve dans l’altération des gouttelettes d’eau en suspension dans l’àir par les gaz provenant des décompositions organiques que les anciens appelaient miasmes, la meilleure interprétation, quand il n’y a pas' contamination directe ou inoculation. Les préceptes hygiéniques de laisser entrer dans nos logements le plus d’air pur et le plus de soleil possible, l'agent antimicrobien le meilleur et le moins coûteux, spnt souvent le plus sûr moyen de se garantir contre les maladies.
- Dr A. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Patinage des monnaies. — Un de nos abonnés, M. Chalat, veut bien nous communiquer la recette suivante dont il se sert pour donner au laiton et à l’argent des teintes grises. Faire dissoudre à chaud un mélange
- de :
- Sulfate de cuivre....... 2 grammes.
- Hyposulfïte de soude ... 10 —
- Eau............... 100 c. c.
- Il se forme un précipité noir de sulfure de cuivre ; on peut décanter et employer le liquide clair, ou se servir de la mixture trouble, mais en agitant alors continuellement le bain. Essayé au Laboratoire de La Nature — non assurément pour contrôler les indications reçues, mais pour pouvoir renseigner sur toutes les conditions de l’application, — le bain nous a donné, à chaud : sur bronze, un rouge à reflets violacés irréguliers ; sur argent un gris jaune-brun; sur nickel un gris bleuté; à froid, aussi bien sur bronze que sur nickel, un ton métallique rougeâtre. Les patines obtenues ne sont pas très jolies, mais leur irrégularité même leur donne un aspect qui sera sans doute utilement mis à profit pour donner aux pièces neuves l’apparence du vieux.
- Moulage des empreintes laissées par les pas. —
- On sait quelle grande importance peuvent avoir de tels documents dans les expertises légales. C’est habituellement le médecin légiste ou le technicien du Service anthropométrique qui se chargent d’effectuer l’opération, toujours assez délicate. Mais dans certains cas, pour les empreintes laissées dans la neige, pour celles produites dans un chemin fréquenté, on ne peut attendre le spécialiste. Voici comment chacun peut opérer :
- Empreintes dans la terre. — i° Placera quelques centimètres au-dessus du sol une plaque de tôle un peu plus grande que la surface à mouler, et recouverte de charbons incandescents. On provoque ainsi réchauffement du relief à copier sans en altérer la surface. Quand la terre est brûlante, on projette de la stéarine en poudre fine (préparée en grattant des bougies avec un couteau). La masse fond, puis se solidifie en moulant l’empreinte. (Procédé ILugoulin.)
- 2° Mélanger intimement des poids égaux de plâtre, de ciment et de sable très fin. A l’aide d’un tamis, projeter très doucement la poudre sur les empreintes à mouler jusqu’à dépôt d’une couche de quelques centimètres.
- Mouiller alors très doucement en arrosant d'eau en quantité suffisante pour imprégner, sans excès, la masse. On enlève avec précaution après avoir attendu que le plâtre ait fait prise. (Méthode Hodann.)
- Empreintes clans la neige. — On gâche du plâtre avec de l’eau et de la neige, de façon à obtenir une masse à la température zéro. On coule très délicatement sur la surface à mouler. (Coutagne et Florence.)
- Conservation des fruits. — Le procédé suivant est employé avec succès par un grand nombre d’horticulteurs anglais. Les fruits sont mis à tremper dans l’eau froide contenant 3 pour 100 d’une solution de formol (type commercial à 40 pour xoo), puis après dix minutes d’immersion, on les dispose sur des claies où ils s’égouttent et sèchent. On opère du moins ainsi pour les pommes, poires et autres fruits devant être pelés avant consommation; mais pour le raisin, les cerises, les prunes, etc., on rince à l’eau claire pendant cinq minutes au sortir du bain formolé.
- L’aldéhyde formique, dont le pouvoir antiseptique est bien connu, assure la disparition des germes de moisissures, bactéries et autres agents de pourriture; il disparaît ensuite peu à peu complètement.
- Grumeaux noirs sur le linge venant d être blanchi.
- — Ménagères et blanchisseuses ont parfois la désagréable surprise de voir le linge qu’elles viennent de laver, rester souillé de très petites piqûres noires produites par de fines particules poisseuses qu’il est très difficile d’enlever sans soumettre à nouveau le linge au lessivage. D’après le Guide pratique de la Blanchisserie, ces taches proviennent d’une précipitation de crasse produite aussitôt après le lessivage. Quand on lave du linge très sale, la lessive usagée qui imprègne les fibres contient en effet en dissolution une si forte quantité de matières crasseuses diverses qu’il suffit d’un brusque refroidissement pour les rendre insolubles. Dans ces conditions, si l’on rince à l’eau froide le linge sortant du lessivage, il y a précipitation de crasses à l’état de vésicules poisseuses adhérentes au linge. Pour éviter leur venue, il suffit tout simplement de laver avec de l’eau savonneuse chaude (76° C) le linge venant d’être lessivé et de faire, après savonnage, un premier rinçage à l’eau bouillante, après quoi on pourra terminer sans danger avec de l’eau froide.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. X., à Paris. — Pour sceller un récipient en verre sur sa monture métallique, comme c’est le cas pour une lampe, le mieux est de gâcher de l’oxyde de zinc avec du chlorure de zinc, en solution à la densité de i,5 à laquelle on a ajouté 3 pour 100 de borax. Employer de suite, car le ciment durcit avec une grande rapidité (c’est le même que celui servant aux dentistes pour les obturations).
- M. Chagnaud, à la Rochelle. — Toutes les poudres sèches extinctrices d’incendie sont très peu efficaces ; elles contiennent du sel ammoniac, des carbonates alcalins.... Nous publierons prochainement dans La Nature des formules de composition de mixtures liquides, bien plus actives.
- M. Chardin, à Pantin. — Evidemment, un tube de cuivre rouge dans lequel il tombe du mercure sera perforé un jour ou l’autre. Nous ne voyons guère d’autre moyen, pour enlever le mercure, que de faire arriver jusqu’au fond du tube un mince tuyau par lequel on injecterait de la vapeur ou de l’air comprimé : avec une pression un peu forte, vous pourrez projeter le mercure au dehors.
- M. A. L., à Bonnières. —Sur l’exploitation forestière il existe des ouvrages traitant la question à un point de vue général : Exploitation technique des forêts, 1 vol,
- 2 fr. 5o ; Exploitation commerciale des forêts, 1 vol.
- 2 fr. 5o, par II. Yanutberghe; Les essences feuillues,
- 1 vol. 2 fr. 5o; Les essences résineuses, 1 vol. 2 fr. 5o, par Henri Loubié ; Sylviculture, par A. Fron, 1 vol. franco 5 fr, 4o; Les forêts, par Boppe, 1 vol. franco 8 fr. 5o ; Traité de sylviculture générale, par A. Frochot, 1 vol. franco 10 fr. 60; Traité de sylviculture, par P. Mouille-fert, 2 vol. franco i3fr. 90; Les résineux, par M.-L. Nicolas, x vol. o fr. 60; Le pin maritime, par Raymond Brunet, 1 vol. franco 1 fr. 4° ! Traité d’exploitation commerciale des bois, 2 vol. 35 fr., par Alphonse Ma-tbey; Le pin d’Alep dans le Midi, par Planchon (n° 21, de la revue La vie agricole et rurale, franco o fr. 35). Pour ce qui concerne l’importance des forêts de pins résineux et l’exploitation forestière, spécialement en Corse, Algérie et Tunisie, nous ne connaissons pas d’ouvrages se référant à l’étude particulière de ces questions pour les pays pi'écités ; le mieux serait de se renseigner, pour la Corse, à l’Office des l'enseignements agricoles et au Service des Forêts, au Ministère, de l’Agriculture; à M. G. Fasquelle, directeur des Services agricoles de la Corse, à Ajaccio; au Conservateur des Forêts, même adx*esse. Pour l’Algérie : au Gouvernement général de l’Algérie (Direction de l’Agriculture), à Alger ou à son Office à Paris, galerie d Orléans, Palais-Royal. Pour la Tunisie, à la Dix’ection de 1 Agriculture,
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- BOITE AUX LETTRES
- du Commerce et de la Colonisation, à Tunis; à M. L. Guillochon, directeur du Jardin d’Essais, Tunis. Pour les ouvrages indiqués ci-dessus et les recherches sur les questions se rapportant à la Corse, l’Algérie et la Tunisie, s’adresser à la Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris.
- M. Régnier, Nice. — i° Si le liquide a perdu son odeur, il faut certainement le remplacer. — 2° Un bon mélange est le sucre en pâte composé de 4 kilogrammes de sucre en poudre, i kilogramme de miel chaud, quelques cuillerées de farine (Hommell, Apiculture, Baillière, éditeur).
- M. Couvet. — Voici une bonne formule qui fait disparaître les pellicules et arrête la chute des cheveux. Frictions sur le cuir chevelu avec une brosse douce
- 2 fois par semaine :
- Huile de ricin......... 3 grammes.
- ".. Goudron de Norvège : . . t —
- Chloroforme............i5 —
- Teinture de benjoin .... i5 —
- Alcool à yo° quantité suffisante pour compléter un demi-litre.
- Un abonné, à Montevideo. — i° Le tympan perforé se répare seul, mais quand il y a eu large perte de substance, on peut remédier aux troubles auditifs par un tympan artificiel que posera un auriste ; — a0 aucun appareil n’est bon, quand il est invisible.
- M. I). R. (Rhône). — i° Un vernis au celluloïd peut être préparé en faisant dissoudre dans l’acétone de
- vieilles pellicules photographiques (débarrassées de leur gélatine sous l’action de l’eau bouillante). On peut d’ailleurs prendre n’importe quels déchets de celluloïd, du moment qu’il s’agit d’un produit bien transparent.
- Un suscriptor del Plata. — On ne peut de la même façon imperméabiliser vêtements et chaussures. Pour les vêtements, nous recommandons le procédé Balland décrit dans La Nature, p. i4 du Supplément de 1911 (2e semestre). Pour les chaussures, le mieux est d’employer des mixtures à base de matières grasses, dont vous trouverez formules de composition dans les « Recettes » de Tissandier (tome I, pages 44 et 49, Masson, éditeur).
- P. F. Université. — Nous publierons prochainement un article détaillé sur ce sujet.
- M. le jDt du Bouchet, avenue Victor-Hugo, Paris. — Les plaques « Electro », « Brix», etc., pour le nettoyage des bijoux, sont faites tout simplement avec de l’aluminium, souvent allié à de très faibles quantités d’autres métaux. Nous leur avons consacré l’an dernier une de nos recettes (2e semestre, p. 174 du Supplément).
- Don F. de Sales, à Eysden (Limbourg). — Nous ne voyons pas le moyen de dévernir des gravures dont l’encre part sous l’action de l’alcool. Ne pourriez-vous pas décolorer en baignant dans un bain d’eau oxygénée faible contenant xo ou 20 pour 100 d’alcool (qui permettrait la pénétration à travers le vernis). Après lavage et séchage, si le résultat est" bon, vous pourriez rèvérnir avec un vernis copal coupé de deux ou trois fois son volume d’alcool à 900.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les fourmis à miel des déserts mexicains : A. àcloque. —La métal- . logénie : L. De Launay. — Le problème physiologique du sommeil : R. Legendre. — Le Sénégal navigable : Dalba. — Pompe à incendie automobile multicylindrique : D. Renaud. — Les nouveaux instituts de recherches allemands. — La première machine à calculer à touches : Léopold Rëverchon.
- Supplément, — Le mammouth découvert dans la vallée de l’Àa (France). — La foudre globulaire. — Les mines les plus profondes du monde, — Hydrogénation des huiles. — Evaluation officielle de la puissance des moteurs d’automobiles. — L’électrification des chemins de fer italiens.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1913, par Flammarion. Prix : 1 fr. 5o.
- Contentons-nous de signaler cette précieuse publication qui est aujourd’hui arrivée à sa 49e année avec un succès persistant. On y trouve l’ensemble de tous les phénomènes célestes observables pendant l’année, une série de notices scientifiques, tableaux météorologiques, une revue météorologique pour 1911, etc.
- Anthropologie _ anatomique; crâne, face, tête sur le vivant, par le Dr Georges-Paul Boncour. O. Doin, éditeur. Paris, 1912. In-18, 400 P-» 44 fig- Prix : 5 francs.
- Ce livre d’Anthropologie qui étudie le crâne, la face et la tête sur le vivant, a été écrit dans un esprit éminemment pratique : il peut donc intéresser non seulement les anthropologistes, mais aussi les médecins et les anatomistes. On y trouvera un exposé de la morphologie du crâne et de la face, les formes humaines comparées aux formes des groupes voisins et leur évolution ainsi que leurs variations. L’auteur s’est appliqué à nous donner une méthode céphalométrique impeccable qui rendra service à tous ceux qui veulent recueillir des documents séineux sur les races humaines ou les anomalies.
- Les Rochers gravés de Saint-Aubin-de-Baubigné, par M. le D1' M. Baudouin (Bull, de la Soc. d’Anthropologie de Paris, 7 déçembi'e 1911 ).
- Description et discussion de la roche gravée dite la « famille du soleil » découverte en 1876 par M. de Béjari'y qui la publia dès 1879.
- Les Sociétés primitives de l'Afrique équatoriale, par le Dr A. Cureau, gouverneur honoraire des colonies. In-8°, xn-420 p., 9 fig-, 18 pl. et 1 carte. Armand Colin, éditeur, Paris, 1912. Prix : 6 francs.
- L’auteur analyse l’âme du nègre, puis fait parcourir au lecteur les étapes successives des sociétés humaines de l’Afrique tropicale. La naissance et le développement de la famille et du village, l’origine du principe d’autorité, le jeu des intérêts individuels ou sociaux, l’influencé des milieux sont décrits dans cet ouvrage avec le souci constant d’écarter tout système préconçu. La reconstitution synthétique rapprochée de l’analyse minutieuse, la couleur locale rappelée en des tableaux imagés, enfin des photographies et dessins de l’auteur, évoquent constamment les lieux et les hommes mêmes.
- L’escargot. Elevage et parcage lucratifs, Préparation et système de vente, par G. Boisseau et G. Lanorville. Hachette et Ci0, Paris, 1912. Prix : 2 fr. 5o.
- Parmi les petites industries rurales créées l'écem-ment, il n’en est pas qui aient davantage séduit les pei'sonnes cherchant des sources de revenus à la campagne que l’élevage et le parcage de l’escargot. Le présent ouvrage met sous les yeux du débutant ou du professionnel déjà expérimenté la marche à suivre le plus utilement pour élever, recueillir, parquer, engraisser les escargots et les préparer, emballer, etc., en vue de la vente, tout ceci avec des tableaux du. chiffre de dépense et du chiffre de revenu. Cès conseils et ces renseignements minutieux s’accompagnent d’une-illustration photographique également instructive : parcs à escargots, vues d’aménagements, phases diverses de l’élevage, etc.
- Libya Ltalica, par P. Vinassa de Regny, avec cartes géographique et géologique et 68 illustrations, chez. Ulrico Hoepli, édit., Milan, 1912. Prix : 7 fr. 5o.
- Monographie de la Tripolitaine faisant connaître avec de belles cai'tes l’histoire, la géologie, la géographie, la météorologie, la faune de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque. Les chapitres consacrés à l’agriculture, aux eaux souterraines, aux matériaux utilisables et à l’avenir de la nouvelle colonie italienne donnent à l’ouvrage un cai’actère pratique des plus utiles. '
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- BIBLIOGRAPHIE
- Histoire naturelle cynégétique de France et des pays limitrophes, par A. Masclef, in-8°, ioopl. en couleurs, nombreuses figures; Lhomme, éditeur, Paris, igi3.
- Le premier fascicule qui vient de paraître fait bien augurer de ce nouvel ouvrage. Le chasseur peut rencontrer, rien qu’en France, plus de 200 espèces de gibier et utiliser comme auxiliaires une cinquantaine
- d’animaux différents. Ce livre se propose de faire connaître toutes ces bêtes, de les décrire, de signaler leur distribution géographique, leur origine, leurs moeurs et instincts, les particularités de leur chasse, et aussi ce qu’on peut faire pour leur acclimatation, l’élevage, le repeuplement, le dressage, etc. Les illustrations et là présentation de ce premier fascicule ajoutent à son intérêt.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DÛ MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 îcvr. 1913. 8°,5 S. AV. 2. Couvert. » Couvert ; brume.
- Mardi 4 8°,6 S. S. AV. 3. Couvert. » Couvert.
- Mercredi 0 . . . . . 7V S. E.3. Nuageux. » . Nuag. jusq. 8 h., beau ensuite ; rosée dans la soirée.
- Jeudi 6 5°,7 S. 1. Couvert. » Eclaircies enlre 9 h. 12 h. et ap. 20 h. ; couv. le reste du temps.
- Vendredi 7 7#,0 S. 3. Couvert. 1,8 Très nuag. ; rosée ; halo ; pluie à partir de 23 h.
- Samedi 8 7°,8 W. S. AV. 3. Beau. 4,8 l’eu nuag.; pluie jusqu’à 3 h. 15 ; brume.
- Dimanche 9 0°,1 S. 2. Beau. » Quelq. nuag. ; gelée blanche matin et soir.
- FÉVRIER 1913. — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 FÉVRIER 1913.
- Lundi
- Mardi
- | Mercredi |
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 3 au 9 février. — Le 3. Dépression dans les parages de l’Islande (Rejkjavik :71g mm). Pression très élevée sur le S.-W. du continent (Biarritz : 775). Pluies générales en Europe. En France : averses dans le W. Crue de la Seine : cote au Pont Royal : 5 m. o5. Temp. du matin : Kharlcof, —90; Belfort et Lyon, -f- 3; Paris, 9; Nantes, io; Alger, 14; moyenne à Paris : 9°,2 (normale : 20,9). — Le 4- La dépression de l’Islande se déplace vers l’E. Pression élevée sur tout le S.-W. de l’Europe. Pluies sur la moitié N. du continent. En -France : beau temps. La crue de la Seine atteint son maximum : 5 m, 21 au Pont Royal. Temp. du matin Marseille, —j—4° ; Bordeaux, + 5 ; Lyon, 6 ; Paris, 9 ; Brest, 10; moyenne à Paris : 9°,2 (normale : 3°). — Le 5. La pression baisse assez rapidement sur le S.-W. et le W. de l’Europe ; supérieure à 770 mm dans le Centre et le S.-E. Dépression dans l’Extrême N. (Uléaborg : 735 mm), en Islande (739) et au large de l’Irlande (Valentia : 755). Beau temps en France. Temp. du matin : Arkhangel,
- -— 17°; Besançon, -j- 1; Nantes, 4; Paris, 7; Brest, 9; moyenne à Paris : 7°,9 (normale : 3°, 1). — Le 6. La pression reste basse sur le N.-W. et le N. de l’Europe. Minima sur la Baltique (745 mm), près de l’Islande (730), au large de l’Irlande (749)- Fortes pressions sur
- du Bureau Central Météorologique.
- le S. de l’Europe. Pluies sur le N. du continent et l’Italie. Temp. du matin : Arkhangel, —180; Charle-ville, -4~ 3 ; Nantes et Lyon, 5; Paris, 6; Alger, i3 ; moyenne à Paris : 7°,3 (normale : 3°,2). — Le 7. Profonde dépression sur l’Islande et les Iles-Britanniques (Vestmanœr : 720 mm; Yalentia, 747)- Pression reste élevée sur le Centre et le S. de l’Europe. Pluies sur le W. et le N. du continent. En France : Dunkerque, 35 mm; Cherbourg, 16; Paris, 7. Temp. du matin : Gap, —4°; Toulouse, -j-1 ; Marseille, 4; Paris, 7; Brest, ir; moyenne à Paris : 9°,a (normale : 3°,2). — Le 8. La dépression des Iles-Britanniques se déplace vers l’E: (Skudesners : 739 mm). Pression élevée sur la moitié S. de l’Europe. Neiges et pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Arkhangel, —180; Gap,
- — 5; Lyon, 4; Paris, 8; Bordeaux, 10; moyenne à Paris : 70 (normale : 3°,3).— Ze 9. Pression très élevée sur la moitié S. de l’Europe (780 mm dans l’E. de la France). Dépressions persistent en Islande et en Finlande. Pluies sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, — 170; Charleville,
- — 3 ; Paris et Toulouse, o; Nice, 10 ; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 3°,3). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 6, à 5 h. 22 m. du matin.
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- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.'
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : J20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
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- N° 2074. — 22 FÉVRIER 1913
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Gustav Patrick de Laval. — Le grand ingénieur sué-doisest mort le 2 février dernier. IL mérite d’être.compté parmi les plus féconds et les plus originaux inventeurs du xixe siècle. Né en 1845, à Blosenberg (Suède), il débuta en 1866 comme ingénieur dans une mine de cuivre. Il n’y resta que peu de temps, mais assez pour puiser dans les observations quotidiennes de son métier la première idée de la turbine à vapeur qui devait rendre son nom illustre. Il revint compléter à l’Université d’Upsala ses études de chimie, puis reprit le poste qu’il avait quitté; il y fut chargé d’installer une fabrique d’acide sulfurique. Quelque temps après, il installait à son compte une petite verrerie. Les résultats financiers furent déplorables; en 1875, le jeune ingénieur, chargé de dettes et résolu à les payer dans le plus bref délai, acceptait une situation aux mines de fer de Klosterver-ken. C’est alors qu’il imagina les écrémeurs centrifuges qui devaient révéler son nom au monde industriel. La mise au point de celte invention n’alla point sans difficultés; de Laval, absorbé par ses occupations professionnelles, ne pouvait y consacrer que quelques loisirs. Il dut se décider à renoncer à sa situation pour se donner tout entier à son invention. Lorsque celle-ci fut parfaitement au point, de Laval se rendit à Stockholm dans l’espoir d’y trouver les moyens de la mettre financièrement en valeur. Ce fut alors le dur calvaire de tous les inventeurs pauvres. Après nombre de pénibles et vaines démarches, l’inventeur put enfin réunir un petit capital qui lui permit de commencer la fabrication. Son obstination courageuse fut récompensée, le succès des écré-meuses centrifuges de Laval fut.colossal. De Laval était donc déjà bien connu lorsqu’il aborda publiquement le problème de la turbine à vapeur : sa contribution personnelle est double : il préconisa l’emploi des tuyères à vapeur divergentes, grâce auxquelles l’énergie contenue dans la vapeur sous pression se transforme intégralement en énergie cinétique; d’autre part il imagina un axe flexible qui lui permit de faire tourner les roues de ses turbines à des vitesses très élevées. Il put ainsi construire des turbines à une seule roue, d’un volume très réduit, véritables bijoux de mécanique. Enfin, pour rendre pratique une machine tournant à pareille vitesse, il adopta la transmission par engrenages qui n’avait jamais encore été utilisée dans de semblables conditions. Les idées de de Laval à cet égard trouvent aujourd'hui leur plein épanouissement dans les travaux de Westinghouse et de Parsons sur les turbines à engrenages. Une des caractéristiques du génie de de Laval était la hardiesse. C’est ainsi que, dès 1897, il effectuait des essais d’utilisation de la vapeur à des pressions énormes dépassant 100 kilogrammes par centimètre carré. Nul jusqu’ici n’a encore osé le suivre dans cette voie. L’activité de ce grand chercheur était extraordinaire, il a laissé sa marque dans de nombreux problèmes de chimie industrielle ; il a fondé et dirigé des affaires puis-
- santés et, jusqu’à ses derniers jours, il garda cet esprit curieux, alerte, et par certains côtés ingénu, qui caractérise les grands créateurs.
- Occultations d’étoiles par Jupiter. — Les occultations d’étoiles parles planètes constituent des phénomènes intéressants et rares. Au cours de ses recherches sur les occultations de ce genre pendant l’année 1913, M. Th. Banachieiviez a trouvé plusieurs conjonctions intéressantes de la planète Jupiter. Il donne, dans le n° 4626 des Astronomische Nachrichien, les époques de ces phénomènes. Les étoiles considérées sont assez faibles, et, s il y a occultation, il faudra un instrument uu peu puissant pour observer celle-ci. Voici les dates de ces phénomènes :] •
- DATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR PHÉNOMÈNE
- 10 mai 1913. . C PD— 22°,7456 8«r,4 Occultation probable.
- 25 mai .... C PD.—22°,7419 7«r,9 Occultation. . •
- 26 octobre. . . G PD— 23°,7327 8Br,5 Occultation.
- 1.1 sera du plus haut intérêt de suivre la planète Jupiter à l’approche de ces dates.
- La fontaine de Vaucluse a débité entre le 10 et le i5 décembre 1910, i5o,8m3par seconde, chiffre qu’elle n’a dépassé qu une fois (152,7 m3 le 7 novembre 1906 et i5o m3 en novembre 1886). Comme toujours, ce gros débit a été la conséquence de pluies abondantes et prolongées tombées sur les plateaux de Vaucluse pendant la première quinzaine de décembre 1910. La température la plus basse a été de + i2°C. de décembre 1906, à février 1911 et la plus élevée de -j- i4°,4Ci en septembre 1911 (d’après le compte rendu pour l’année 1911 de la Commission météorologique du département de Vaucluse. — Voir aussi La Nature, n° 1867, 6 mars 1909.)
- La circulation des cycles, motocycles et automobiles en France. — Un rapport récent de M. Maurice Martin expose les résultats généraux relatifs à la circulation mécanique en France. Au 3i décembre 1912, on comptait dans notre pays : 2989985 vélos ; 89 i85 autos ordina-res; 28641 motocycles, soit, pour la France entière : 1 bicyclette par i3 habitants; 1 automobile par 5oo habitants ; 1 motocycle par i382 habitants. Il y a dix années, en 1902, on comptait 1 bicyclette par 3o habitants, i automobile et 1 motocycle par 2000 habitants. Voici maintenant, de trois ans en. trois ans, le détail de ce progrès, depuis l’époque qui suivit immédiatement la première grande course Bordeaux-Paris (1891) et la première course Paris-Brest et retour (1891), points de départ de la grande évolution cycliste actuelle :
- Il existait, en i8g3, i5io43 bicyclettes; en 1896, 329816; en 1899, 831 739; en 1902, 1094554; en igoS,’ 1653769; eu 1908, 2244594; en 1911, 2980985 bicyclettes. . .
- Les départements les mieux fournis sont les suivants ?
- Seine, 3o4 866 bicyclettes; Nord, r58844 ; Seine-et-Oise, 96443 ; Gironde, 75002; Pas-de-Calais, 70 253 ;
- n§&- ta
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- Seine-Inférieure, 62876; Maine-et-Loire, 60 384; Saône-et-Loire, 58 204; Seine-et-Marne, 55 458; Loiret, 54242 bicyclettes.
- Par rapport à la population, la Seine n’arrive que 48e et l’on trouve en tête la Seine-et-Marne, avec i5 bicyclettes par 100 habitants; puis le Loiret avec 14.
- Pour les automobiles l’accroissement, depuis 1899, a été de 1 à 55. En 1899 il existait en France 1672 automobiles; en 1912, on en a 76771, plus 12414 autos de louage, soit au total 89 185 véhicules. Voici les chiffres d’année en année, non compris les automobiles de louage :
- Années. Nombre d’automobiles en France. Années. Nombre d’automobiles en France.
- 1899 . . 1 672 1906 . . . 26 262
- 1900 . 2 897 1907 . 3i 286
- 1901 . 5 386 1908 . . . 37586
- 1902 . 9 207 «9°9 • • 44 769
- 1903 . 12984 1910 . . . 53 669
- 1904 . . . 17 107 1911 . . . 64 209
- igo5 . . . 21 543 1912 . • , 76 771
- Le commerce de l’automobile se résume de la manière
- suivante : Exportations. Importations.
- 1899 fr. 4 25g 000 473 OOO
- i9°° 10 495 000 I 284 OOO
- 1901 16 577 000 999 000
- i902- • • 3o 219 000 1 068 000
- i9°3 5o 837 000 1 267 000
- i9°4 71 o35 000 3 836 000
- 19°3 IOO 521 000 4 3g6 000
- i9<>6 137 854 000 8 665 000
- >9<>7 i45 364 000 8 683 000
- 1908 127 3oo 000 6 409 000
- >909 146 615 000 7 525 000
- I9‘°- • 161 878 000 8 884 000
- I911 162 43o 000 11 574 000
- i9t2 212 o45 IOO 14 186 000
- Le département qui possède le plus d’automobiles est celui de la Seine : i3 38g et 8io5 autos de louage, soit au total ai 4g4 automobiles. Le département qui en compte le moins est la Corse, avec 19 véhicules. Enfin ceux dont le recensement annonce plus de 1000 automobiles, sans compter le louage, sont :
- Seine-et-Oise, 3299; Nord, 2785; Seine-Inférieure, 2422; Rhône, 1945 ; Bouches-du-Rhône, i656; Seine-et-Marne, i5o6; Oise, i5oi; Eure, 1488; Pas-de-Calais, 1425; Marne, 1424; Gironde, 1402; Aisne, 1233; Alpes-Maritimes, 1178; Somme, 1x21; Saône-et-Loire, 1079; Loire, io63; Maine-et-Loire, 1062; Hérault, io56; Calvados, 1046.
- Pour la France entière, on peut estimer qu’actuel-lement il existe une automobile par 5oo habitants, tandis qu’il y a dix années on en comptait une pour 2000 habitants.
- La radiotélégraphie transatlantique. — La radiotélégraphie transatlantique passionne les gouvernements autant, qu’autrefois, la pose des conducteurs sous-marins entre les deux continents. Récemment le gouvernement norvégien a passé un contrat avec la Compagnie Marconi pour organiser un service entre la Norvège et les Etats-Unis. L’emplacement de la station norvégienne n’est pas encore déterminé, mais la station américaine sera élevée non loin de New-York. Ces deux stations seront les plus puissantes du monde, puisqu’elles devront assurer un service régulier sur une distance de 6000 km. Par ces postes passeront vraisemblablement tous les télégrammes de l’Amérique à destination de la Suède, de la Norvège, du Danemark et de la Russie. La taxe sera de 1 fr. 20 par mot pour les télégrammes ordinaires et de o fr. 60 par mot pour les télégrammes de presse. D’autre part, Valdemar Poulsen se propose de relier également la péninsule Scandinave avec l’Amérique du Nord en établissant une station intermédiaire sur la pointe sud du Groenland. Nauen, en voie de reconstruction, communiquera également avec la station de Long-Island à Sayville, qui sera prochainement terminée, avec des ondes de 2800 m. de longueur. Sayville effectuera également un service avec les navires en mer. L’Electro-techniscker Anzeiger annonce également la prochaine organisation d’un service radiotélégraphique entre le Canada et l’Irlande. Enfin, toujours entre les Etats-Unis et l’Angleterre, la Compagnie Marconi est sur le point
- de doubler son service. Afin de pouvoir transmettre et recevoir simultanément des télégrammes, deux nouvelles stations seront élevées dans chaque pays : une des communications sera exclusivement affectée à la transmission d’Europe en Amérique et l’autre aux dépêches déposées aux Etats -Unis et à destination de l'Europe. Les nouvelles stations anglaises seront élevées : l’une à Car* narvon, l’autre à Towyn, dans le pays de Galles.
- L’acier électrique en France. — C’est en France que les fours électriques pour la fabrication de l’acier ont pris naissance. Ils y ont trouvé également d’intéressants débouchés. D’une étude de M. Robert Pinot, dans la Revue financière universelle, il résulte que la production française d’acier électrique a atteint, en 1911, i3 85o tonnes de produits bruts, 8898 tonnes de produits finis contre 2289 tonnes de produits bruts en 1908 et *1235 tonnes de produits finis.
- Parcs nationaux aux Etats-Unis. — Le Sénat des Etats-Unis est saisi d'un bill tendant à la création d’un bureau des parcs nationaux. On songe en effet à uniformiser le mode d’administration des différents parcs nationaux et des réserves qui existent sur le territoire des Etats-Unis. Il y aurait un directeur, des experts et des assistants qui, sous le contrôle du Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, seraient chargés de la superintendance des 41 réserves existantes. La plupart de ces réserves en effet sont dépourvues de bonnes routes ; leur administration est partagée entre trois Ministères, les administrateurs sont trop souvent chargés et surchargés d’autres besognes. Une centralisation ne peut qu’améliorer, dans l’intérêt général, les parcs nationaux dont la création de principe est déjà si salutaire, et où des perfectionnements d’application seraient tout à fait nécessaires. Le bill a été proposé par le sénateur Smoot. Un autre bill proposant de distraire près de 5oôoo acres de la portion occidentale du parc national du Y’osemite doit être au contraire énergiquement combattu, parce que cette portion renferme des arbres qui comptent parmi les plus beaux du monde, ainsi que des prairies et des eaux courantes particulièrement propices au camping.
- Les sacs aériens des oiseaux. — On sait que beaucoup d’oiseaux ont, outre les deux poumons, des sacs aériens, généralement au nombre de neuf, situés de chaque côté du corps, communiquant d’une part avec les bronches, d’autre part avec un grand nombre de cavités irrégulières placées sous la peau, entre les muscles et même dans la cavité des os creux. A quoi servent-ils ? On avait d’abord pensé (Méry, 1689) qu’ils sont une réserve d’air destinée aux poumons. Puis l’opinion courante en ces dernières années fut qu’ils facilitent le vol en diminuant le poids spécifique de l’animal, l’air chaud qu’ils contiennent faisant en quelque sorte de l’oiseau une montgolfière. Les récentes recherches de Yictorow (Pflü-gers Archiv) donnent une troisième explication qui semble la bonne. Yictorow a constaté que le pigeon par exemple, dont la température interne est de 4o°.5, renferme dans ses sacs aérifères 5o centimètres cubes d’air. Dans une atmosphère à i5°, cette réserve d’air à 4o°5 ne l’allégerait que de 5 milligrammes, ce qui est une diminution de poids insignifiante et enlève toute valeur à l’hypothèse généralement admise. Par contre, si l’on excite longuement les muscles du vol d’un oiseau à sacs aériens intacts, sa température n’augmente pas, tandis qu’en tétanisant les mêmes muscles après destruction des sacs aérifères, on voit la température du corps de l’animal monter peu à peu. Il faut en conclure que les sacs aériens des oiseaux servent de régulateurs thermiques et remplacent la transpiration cutanée absente (les oiseaux n’ont pas de glandes sudoripares). Ce rôle des sacs aériens, déjà vu par Pierre de Yescovi en 1894 et Soum en 1896, semble définitivement établi.. On s’explique maintenant que les mouvements énerjHftUes des ailes n’élèvent pas la température du sang mi cœur, celui-ci étant protégé, isolé et refroidi par lès deux plus grands sacs aériens qui l’entourent.
- Reconnaissance d’hydroaéroplane dans la guerre des Balkans. — Si l’aéroplane a joué un rôle assez faible dans la première partie delà guerre des Balkans, il semble qu’il n’en soit pas absolument de même depuis la reprise des hostilités. Le lieutenant aviateur grec Montussis, avec un passager, a accompli le 7 février dernier une belle reconnaissance militaire au-dessus des Dardanelles. Il montait un appareil Maurice Farman.
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- IgD
- Automobilisme
- Avertisseur de dégonflement des pneumatiques
- — Il est important que les pneumatiques qui garnissent 'les roues des autos restent toujours bien gonflés, car dès qu’ils ne présentent plus une rigidité suffisante ils se détériorent très rapidement.
- Or, sans que le dégonflement soit assez complet pour •que des cahots se produisent et avertissent ainsi le conducteur de la voiture, il arrive souvent que la diminution de la pression intérieure est suffisante pour être nuisible et l’on ne s’en aperçoit que trop tard, quand l’enveloppe est déjà détériorée. M. E. Bellan a pensé qu’on pouvait se baser sur une différence de hauteur de la voiture au-dessus du sol pour être renseigné sur le degré de gonflement des pneus. Et, en effet, il est évident que dès qu’il y a diminution de la pression intérieure, il y a affaissement du pneu et, par suite, abaissement de l’ensemble de la voiture.
- Le dispositif d’avertisseur qu’il a établi sur ce principe -est très simple. Il consiste à ajuster sur chaque essieu une béquille B terminée par une roulette et articulée vers son milieu. On règle sa hauteur, une fois pour toutes, de façon à ce qu’elle soit à une faible distance du sol quand le pneu est gonflé normalement. Dès qu’il y a diminution de la pression l’affaissement produit
- Disposition de l’avertisseur, de profil et de face.
- permet à la roulette de toucher le sol et le jeu de l’articulation ferme le circuit d’une pile qui actionne une sonnerie placée près du conducteur. Cette fermeture se fait aussi bien à la marche avant qu’à la marche arrière et même à l’arrêt. Une petite pile sèche suffit à assurer le fonctionnement et, le plus souvent, elle sera inutile, car beaucoup de voitures sont munies de l’éclairage par accumulateurs. De plus, dans un nouveau dispositif destiné à ceux'qui ne veulent pas employer l’électricité, la sonnerie est actionnée mécaniquement par une transmission flexible.
- C’est un accessoire très intéressant et peu coûteux qui permettra de faire des économies de pneumatiques. — En vente chez M. E. Bellan, 137, avenue de Villiers, Paris.
- Mécanique
- Un broyeur-concasseur perfectionné. — Dans un grand nombre d’industries, le broyage et le concassage des matières dures joue un rôle important. Pour obtenir le résultat voulu, on met en oeuvre la compression et le choc. Il existe aujourd’hui une grande variété de broyeurs-concasseurs par compression qui fonctionnent d’une manière plus ou moins satisfaisante. L’application du choc pur et simple est cependant plus rationnelle en ce qu’elle économise la perte de force mécanique absorbée dans le travail de compression par les frottements parasites. Le casseur de pierres sur la route, armé de son marteau à long manche, utilise seulement le choc. En imitant cette manière d’opérer, M. Chapitel, en 1876, a inventé le concasseur à marteaux mobiles qui est aujourd’hui universellement employé.
- M. Chapitel, afin de satisfaire aux exigences nouvelles de l’industrie, a singulièrement perfectionné son appa-
- reil primitif. Le nouveau type Chapitel-Loret est capable de produire à volonté le concassage, le broyage, la pulvérisation des matières suivant des grosseurs calibrées automatiquement. Son encombrement est cependant très réduit. Il se compose d’une chambre cylindrique de broyage, intérieurement garnie d’une tôle d’acier. Une ouverture en haut sert à l’introduction des
- Fig ,1. — Concasseur Chapitel-Loret pour la production du macadam.
- matières à broyer, une autre ouverture en bas sert à la sortie des matières broyées. Au plafond de la chambre sont fixés de distance en distance des parachocs ou barres d’acier dur formant saillies. L’arbre moteur central porte plusieurs plateaux circulaires parallèles traversés par quatre axes sur lesquels oscillent les marteaux frappeurs, généralement au nombre de deux sur chaque axe. Les marteaux rayonnent sous l’action de la force centrifuge, et ne rencontrent aucun obstacle à leur course circulaire sinon les matières qui tombent sur eux et sur lesquelles ils multiplient les chocs à la volée, uniquement de bas en haut. Un tambour, recouvert d’une grille plus ou moins serrée et intérieurement muni d’arêtes transversales jouant le rôle de godets ramasseurs, tourne lentement sur galets autour de la chambre de broyage.
- Le fonctionnement de l’appareil est facile à comprendre. Les matières versées dans la trémie supérieure rencontrent les marteaux, puis sont lancées violemment contre les parachocs successifs où elles se fragmentent à nouveau. Le produit concassé s’écoule librement par le fond de la chambre de broyage sur les grilles du tambour mobile. La rotation de ce tambour, très ingénieusement disposé, rend le criblage ou tamisage automatique ; les matières réduites à la grosseur désirée traversent les grilles et s’évacuent d’elles-mêmes au-dessous de l’appareil; les trop gros morceaux retenus dans l’enveloppe du tambour sont remontés dans la trémie supérieure d’où ils tombent à nouveau sur les marteaux. Un cribleur pour macadam peut être remplacé par un tamis à toile métallique et, dans tous les cas, la grosseur des grilles ou des mailles détermine automatiquement le nombre
- des repasses dans la - *g ^
- chambre à broyage Broyeur-concasseur Chapitel-Loret. jusqu’au moment précis où les matières sont suffisamment granulées ou pulvérisées.
- Aussi bien le broyeur-concasseur Chapitel-Loret diffère de tous les appareils broyeurs usités jusqu’à présent, car le même appareil par le changement du tambour cribleur, qui se fait très rapidement, permet d’obtenir des matières plus ou moins divisées, par exemple, s’il s’agit de pierre concassée, du macadam, du cailloutis ou du gravier et les intermédiaires ; s’il s’agit de sucre, d’arséniate de soude, on a de la poudre
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- ou du granulé. Dans le nouveau broyeur à marteaux mobiles, on peut concasser, broyer ou même pulvériser finement, les ciments, chaux, plâtres, phosphates, os, sucres, laitiers de forge, pyrites, mâchefers, scories, charbons, produits réfractaires, tous les minerais ;• on obtient des graviers pour ciment armé exactement calibré, on sépare dans les déchets de fonderie le métal pur des scorie adhérentes....
- Il faut noter cependant que dans le nouveau broyeur ou ne retrouve point les grilles servant d’enclume qui sont utilisées dans les anciens types à marteaux mobiles; le broyage ne se fait qu'à la volée et précisément, pour celte cause, le broyeur Chapitel-Loret a un rendement maximum correspondant au travail effectué. Avec une force de 8 chevaux, il produit 3 mètres cubes de macadam à l’heure. L’usure ne porte que sur les organes vraiment actifs, les marteaux et les parachocs ; mais elle est réduite autant que possible par l’emploi d’aciers spéciaux extrêmement durs et résistants que fournit actuellement la métallurgie.
- Le broyeur-concasseur Chapitel-Loret est remarquable par la simplicité de sa construction et de son fonctionnement, par son encombrement réduit, par la multiplicité de ses applications possibles. Il a déjà fait ses preuves industriellement. Il a sa place marquée partout où l’on réclame broyage, concassage ou pulvérisation.
- Photographie
- I ser i st à 15 ampères obtenir une intensité très suffisante sur un écran de i m. 20 de côté ; alors que pour obtenir le même résultat avec l’arc à l’air libre, il faut dépenser 20 ampères et plus. Les charbons . sont placés à angle droit (fig. 1) et le charbon horizontal traverse un cylindre de verre M percé d’un trou T (fig. 2) à cet effet. Un couvercle C qui se place sur ce cylindre, le ferme complètement; mais un robinet placé sur le côté permet cependant d’obtenir un très léger renouvellement de l’air ce qui peut être utile dans certains cas. Des boutons P et H sont disposés pour le rapprochement des charbons et d’autres L, N pour le réglage du point lumineux en hauteur et en largeur. En donnant 0,01 cm d’écartement on peut laisser l’arc s’allonger jusqu’à i5 mm sans, que la lumière change sensiblement et ce n’est qu’au bout d’une demi-heure environ qu’on atteint ce résultat ; avec le. courant de 220 volts on peut presque atteindre une heure sans réglage. :
- D’ autres modèles de lampes en vase cjo.s construits par la même Société sont disposés pour l’éclairage des ateliers de pose ; on a reconnu que la lumière était plus aelinique que celle de l’arc libre et on obtient des clichés satisfaisants avec des poses de 2 ou 3 secondes. Il y a avantage à ne pas éclairer directement le modèle avec la lumière de l’arc, mais plutôt avec la lumière réfléchie et diffusée sur une surface blanche. On place les lampes à une assez grande hauteur et on obtient les mêmes effets qu’avec la lumière du jour. — En vente chez Follows. et Lévy, 129, boulevard Ricbard-Lenoir, Paris.
- Emploi de la lampe à arc en vase clos pour la photographie. — Au lieu d’employer des lampes à arc ordinaires pour la projection et pour l’éclairage du modèle à l’atelier, il est plus avantageux d’employer des lampes dans lesquelles les charbons sont disposés de
- façon à produire l’arc dans un vase complètement fermé. L’atmosphère dans laquelle se fait la combustion est formée d’une grande quantité d’oxyde de carbone puisque l’air ne peut s’y renouveler et il y a à cela plusieurs avantages appréciables. En premier lieu, la dépense de courant est, à lumière égale, beaucoup moins élevée parce que ces lampes fonctionnent avec un voltage supérieur à celui exigé par les autres et que, par suite, on n’est pas obligé d’absorber 5o à 60 pour 100 du courant dans une résistance sans aucun profit. En deuxième lieu, les charbons se consument très peu et le réglage devient très peu fréquent ; la lumière reste constante pendant 20 à 3o minutes, ce qui est très précieux pour les projections. Nous avons eu entre les mains une lampe destinée à cet usage, construite par la Westminster Engineering de Londres, et nous avons pu faire des projections d’autochrômes dans de très bonnes conditions. Avec un courant alternatif de 110 volts, nous avons pu sans dépas-
- Objets utiles
- L’invisible tirant pour portes. — Pour arrêter à un point donné l’ouverture d une portière de voiture ou de wagon, pour l’empêcher de s’abattre brusquement sur la caisse de la voiture, ce qui ne manquerait pas de défoncer rapidement la carrosserie, on emploie généra-
- Fig. 1.
- lement un cuir épais qu’on fixe d’une part sur le montant intérieur, et d’autre sur la partie baitante. Cela manque d’élégance et le système représenté ci-contre' est destiné à produire un effet aussi sûr tout en restant invisible. On a remplacé le cuir par une languette métallique en acier poli assez souple et assez mince pour glisser dans une coulisse qui peut être dissimulée sous le capitonnage de la portière.
- Cette languette, dont l’extrémité E est vissée sur la partie fixe A de la voiture, est percée en son milieu d’une rainure qui permet de limiter sa course. A cet effet la coulisse D, fixée sur la portière B, est percée de trous ; lorsqu’on a réglé une fois pour toutes le développement maximum, il suffit de placer une vis dans celui de ces trous qui correspond à la fin de la rainure pratiquée dans la languette. Quand la portière est fermée, celle-ci est complètement rentrée dans sa coulisse (fig. 2) et rien n’est visible à l’intérieur de la voiture si on a eu soin de placer les différentes pièces sous la garniture d’étoffe. — En vente chez Mme Yve Gen-dron, 149, faubourg Saint-Denis.
- Nettoyeur de peignes. — C’est un simple petit balai fait de tiges en acier. L’emploi en est simple et sûr, et se comprend sans qu’il soit besoin de plus amples explications.
- — L’objet est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix : c
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- VARIÉTÉS
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- Sur la piste des ravageurs de la ferme. — S’il est facile, pour choisir le mode de destruction des insectes parasites, de se procurer un spécimen de ravageurs, il est beaucoup plus malaisé de reconnaître l’ennemi quand il s’agit des ravages faits dans notre basse-cour. C’est cependant nécessaire, pour combiner un piégeage rationnel, par exemple. Aussi, allons-nous chercher, observateurs perspicaces, habiles aux déductions sûres, à reconstituer l’état civil de nos ravageurs d’après le genre même de leurs méfaits.
- Au poulailler. — Supposons-le renfermer une vingtaine de volailles, ce qui est le cas peut-être le plus répandu. Et voyons d’abord les œufs. Si tous ou presque disparaissent, la volaille restant intacte, la fouine est coupable. La pie, quand elle s’attaque à l’œuf, perce la coquille de part en part. Le rat id.it. disparaître les œufs de pigeon sans laisser nulle trace. Quand on retrouve des œufs écrasés dont on a mangé le jaune en laissant le blanc, le hérisson gourmet doit être incriminé.
- Quant aux volatiles, ils sont souvent en piteux état, si le poulailler reçut la visite de quelque hôte carnassier. La fouine les tue tous d’un coup de dent à la nuque ou à la gorge, en sorte qu’ils gisent par terre, intacts en apparence. Si le trou d’accès est assez graud, deux ou trois cadavres manquent qui furent enlevés par le meurtrier; si le trou est trop petit pour qu’une poule y puisse passer, un ou deux cadavres furent dévorés à la poitrine.
- Mons putois a d’autres coutumes. Elles varient d’ailleurs un peu selon l’état des lieux et l’humeur du sire. Parfois deux, quatre, dix, quinze, ou même toutes les volailles sont tuées, et en général privées de leur tête ; c’est quand le trou d’entrée ne permet pas l’enlèvement d’une poule entière : de dépit, notre putois exporte de petits moi’ceaux ! Quand le trou est assez grand, il se contente d’enlever deux ou trois pièces. Souvent, une seule poule fut victime, qui, tirée par le col dans le trou n’a pas franchi l’obstacle; elle reste là, mais le visiteur lui coupe la tête; c’est toujours ça de butin !
- La blanche herminette, à la menteuse renommée d’innocence, laisse en souvenir de sa visite au poulailler trois, quatre, voire un peu plus de cadavres, seulement percés à la tête. Elle n’emporte ni ne décapite rien.
- La belette, modeste, se contente d’une victime, souvent quelque petit poulet; la pièce n’est pas emportée, le crâne est pei'foré. Parfois la victime s’est rebiffée et conserva la vie sauve; mais elle est alors ordinairement un peu déplumée et blessée à la tête.
- Maître renard extermine tout et' vide complètement le poulailler de ses habitants. Parfois il opère dans une cour en plein midi. En cherchant bien, on trouve, à quelques mètres de là, un coin de terre fraîchement remuée ; c’est là que sont dissimulés les cadavres que notre rusé compère viendra déterrer à l’occasion.
- Le chat sauvage étrangle une ou plusieurs volailles qu’il dévore sur place à moitié ou mieux totalement. La
- loutre visite parfois les poulaillers du bord des rivières; quelques poulets ou canetons disparaissent en plein jour sans laisser de traces.
- Au clapier. — Si tous les lapins sont tués, pi-oprement, d’uu coup sûr à la nuque, quand un ou deux cadavres manquent seulement : la fouine est passée par là. Quand, tout étant dans le même état, aucun cadavre ne manque, mais que certains ont l’œil mangé, le cerveau sucé, la coupable est une belette ou une herminette.
- Le putois laisse tous les lapins saufs, excepté quelques-uns qui manquent, ou sont retrouvés près du trou d’entrée, percés à la nuque. Les surmulots blessent les lapins au nez, mais en ne tuant généralement que les jeunes lapereaux, gisant sur le sol.
- Le renard tue et emporte tout; il enterre souvent, pour venir chercher, quand besoin sera, quelques cadavres dans le voisinage. Le chat enlève un ou deux infortunés rongeurs et les traîne à quelque distance; on les retrouve entamés, mais non blessés à la nuque.
- Dans les bois. — Quand on trouve juste sous un nid une femelle d’oiseau sans blessure à la tête, l’écureuil a commis le meurtre; mais si le cadavre gît assez loin de l’aplomb du nid, le chat doit être soupçonné.
- Un cadavre de faisan à nuque percée, trouvé dans une forêt solitaire, vient d’une martTe, si l’estomac seul fut dévoré. L’herminette, la belette percent la nuque, mais n’entament pas le corps; le putois décapite sa victime. Quant aux chats, ils dévorent à demi le faisan, sans blessures spéciales à la nuque ou à l’estomac.
- Si pendant le jour, les grives pendues à des lacets sont décapitées, le geai, ou plus rarement la pie, se régalèrent des têtes manquantes, en attendant de revenir peu après jeter les corps à terre et les dévorer en sillonnant les cadavres de trous larges comme des noix.
- Si messire loup ne laisse nulle trace de ses carnages, au moins en ce qui concerne le même gibier (il ingurgite viande, plumes, os et tripes sans autrement s’incommoder!), les louveteaux laissent dans les coulées des ossements et des plumes. Maître renard abandonne seulement les grandes pennes et fait chère du duvet; parfois il laisse à moitié enterrés quelques os, les pattes d’une poule ; les rapaces ailés laissent près du squelette toutes les plumes. Dans ces deux cas, on trouve aussi généralement le squelette nettoyé près des autres débris.
- Après avoir examiné les cadavres ou ce qu’il en reste, voyons les œufs, dont sont friands beaucoup de nos parasites. Un œuf de poule, maculé, trouvé dissimulé sous des feuilles mortes, y fut très probablement caché par la fouine et la belette. Si l’œuf intact est enterré, le voleur est un renard. Le putois enlève l’œuf en le laissant intact, le maculant beaucoup et ne le cachant guère; il en est de même du lérot, mais alors les traces d’ongles laissées sur la coquille sont très rapprochées les unes des autres. H. Rousset.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Q^<
- Pour empêcher les cassures sur papiers à la cel-loïdine. — Certains papiers genre celloïdine, et par exemple le « contrast » pour clichés faibles, qui servit à nos essais, se gondolent dans les bains dès qu’ils sont vieux de quelques mois. Il se produit alors en les redressant, aussi bien après séchage qu’à l’état mouillé, des cassures très fines qui sillonnent la photo de traits blancs faisant naturellement fort mauvais effet. On peut aisément remédier à cela en laissant les épreuves s’enrouler sur elles-mêmes dans des bains d’hyposulfite et de lavage (dans le virage, la torsion n’est encore que très peu prononcée, elle ne gêne pas), puis finalement en plongeant dans l’alcool fort. Quand le papier est bien imprégné, ce qui demande environ un quart d’heure, on étale les épreuves bien à plat, et on les serre entre des feuilles de papier filti’e ou de papier buvard : le séchage est presque instantané et il ne se produit aucune cassure.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Cires artificielles. — La cire d’abeille coûte cher : de 4 à 6 francs le kilogramme, selon la blancheur. Aussi s efforce-t-on de lui substituer d’autres matières plus économiques chaque fois qu’on peut le faire. Ainsi les cires à cacheter, la plupart des cirages ne contiennent-ils nulle trace de cire. Et depuis peu on trouve des cires à parquets n’en contenant pas davantage. C’est de produits de ce genre que nous allons nous occuper.
- Ces substances ne peuvent être à base de cires véritables, qui toutes sont vendues à prix élevés : la cire de Carnauba vaut 4 francs le kilogramme, la cii*e de Caude-lilla, 3 fr. 5o et la cire du Japon 2 francs. Aussi les fabrique-t-on avec des produits à meilleur marché : colophane à 5o francs le quintal, vaselines et ozokérites valant de i à 2 francs le kilogramme; huiles minérales à 3o, 40 ou 5o francs les 100 kilogrammes. On conçoit que par un mélange convenable de ces matières, toutes bien miscibles, les unes liquides, le autres solides
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- et même sèches, cassantes ; on puisse arriver à obtenir une masse de la consistance de la cire. Voici les renseignements résultant des essais que nous fîmes à ce sujet.
- Comme matière de base, l’ozokérite est à préférer bien que donnant des pseudo-cires très brunes. Ni la paraffine, ni la cire du Japon, ni même la cire d’abeille véritable ne donnent de si bons résultats. On y associera, pour abaisser le prix de revient, de la colophane, mais pas trop, sans quoi le mélange donne des enduits collants. Pour ne pas obtenir de masses trop sèches, on ajoute encore du pétrole ordinaire, à faible dose. Ne pas essayer de le remplacer par la vaseline, qui coûte plus cher et donne des enduits mous.
- Pratiquement, on préparera une bonne cire artificielle en opérant ainsi : faire fondre au bain-marie ioo gr. ozokérite brune, ajouter xoo g r. colophane et remuer jusqu’à homogénéité. Ajouter alors io cc. de pétrole raffiné, remuer, couler dans un moule quelconque d’où •on puisse aisément ensuite enlever le gâteau refroidi et solidifié : une cuvette photographique en faïence fait parfaitement l’affaire. On se sert de la cire ainsi préparée absolument comme de la cire d’abeille. Toutefois, si on peut aisément la transformer en encaustique par dissolution dans l’essence de térébenthine, il est absolument impossible d’en faire des encaustiques à l’eau, OÙ la cire est émulsionnée par un alcali.
- (.Laboratoire de La Nature). Pour convertir en vinaigre du cidre acide. — Les cidres fabriqués avec des pommes peu riches en sucre ou insuffisamment mûres, étant peu alcooliques, ne se •conservent pas et souvent même, en un laps de temps assez court, ils deviennent acides, tournent plus ou moins à l’aigre. Un traitement défectueux affaiblit encore le degré alcoolique, et l’on ne sait alors quel parti tirer de ce cidre devenu imbuvable. Dans de semblables conditions, le meilleur emploi qu’on en puisse faire, c’est de le convertir en vinaigre, mais en un vinaigre qui se conserve. A cet effet, il faut d’abord remonter le cidre avec de l’alcool, de façon à obtenir 7 à 8 degrés ; ensuite on procède de la manière suivante : on place sur un chantier assez élevé, et dans une pièce chauffée, de manière à avoir au moins 25 degrés, deux barriques à vin de 2a5 litres, puis on perce vers le milieu de l’un des fonds une ouverture de 5 centimètres pour l’entrée de l’air, el une .seconde ouverture, plus petite, au sommet du fond opposé, pour la sortie de l’air; sur la bonde, un entonnoir servira au chargement. On commencera ensuite par remplir chaque barrique jusqu’au tiers au plus,
- avec du bon vinaigre, et on ajoutera xo litres de cidre. Huit jours après, nouvelle addition de 10 litres et ainsi de suite jusqu’à 40 litres. L’acétification complète des 4o litres successivement ajoutés demande huit jours; donc, huit jours après la dernière addition, on peut retirer de chaque futaille 40 litres de vinaigre, et on recommence dans les mêmes conditions. Ce procédé est un peu lent, mais c’est le plus économique ; les autres peuvent être plus expéditifs, mais ils exigent plus de frais d’installation. Le vinaigre ainsi obtenu doit être collé, plus tard, à la colle de poisson.
- Emulsion cuprique de pétrole à la fois insecticide et anticryptogamique. — On sait que les mixtures cupriques sont très efficaces pour détruire les parasites cryptogames de la vigne et autres végétaux; d’autre part, le pétrole et les huiles lourdes de houille détruisent sûrement quantité d’insectes nuisibles. Dans ces conditions, on devait penser à associer l’un et l’autre agent pour permettre la préparation de liquides antiparasitaires. Malheureusement, il est difficile d'émulsionner les hydrocarbures dans les bouillies cupriques ; le pétrole se sépare et la solution n’est plus homogène. C’est pour remédier à cet inconvénient que M. Gastine (Comptes rendus de l'Académie des Sciences) préconise l’emploi de poudre de Sapindus, obtenue en pulvérisant les fruits de l’arbre du même nom, cultivé avec succès en Algérie; très riche en saponine, le produit assure la parfaite émulsion du pétrole avec une dépense bien moindre que si on employait le bois de Panama ou la saponine.
- La bouillie Gastine se compose, pour 10 litres d’eau, de :
- Poudre de sapindus........................ 20 gr.
- Acétate neutre de cuivre..................100 gr.
- Mélange d’huile lourde de houille et de
- pétrole.................................200 c. c.
- (de densité égale à celle de l’eau).
- On ne mélange les deux hydrocarbures (au demeurant très actifs l’un et l’autre) que pour obtenir une densité égale à l’unité, l’émulsion ainsi formée étant naturellement plus stable. Il est à noter qu’en raison de l’état divisé du liquide en suspension dans l’eau, il pénètre mieux les tissus des insectes parasites. D’autre part, l’émulsion est plus visqueuse et mieux adhérente à la surface des feuilles que s’il se fût agi d’une simple solution aqueuse de cuivre. A tous points de vue, la nouvelle mixture est donc supérieure à celles seulement employées jusqu’à présent.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- AVIS AUX LECTEURS. — Nous prions instamment nos lecteurs désirant recourir à l'avis du Laboratoire de la Nature à propos d'insuccès dans les recettes, de vouloir bien nous décrire tout au long les manipulations qu’ils effectuèrent. Une suffit pas de nous dire « J’ai essayé telle recette sans réussir » pour que nous puissions les renseigner efficacement ; il faut noter le mode opératoire suivi dans chaque essai, le détail des résultats obtenus. Il est bon si possible de nous envoyer un échantillon, il est intéressant de nous faire part de ses observations et de ses idées. Nous pourrons de la sorte renseigner plus rapidement et plus sûrement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil à distiller le mercure est construit par Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince, Paris.
- Renseignements. — M. Roger Belbergue, boulevard Saint-Germain, Paris. — Nous eussions pu bien mieux vous répondre connaissant le détail de vos essais infructueux, que vous seriez aimable de nous donner. En général, pour sécher les fleurs, n’importe quel sable fin
- peut convenir; il faut l’employer tiède et placer le tout dans une pièce bien chauffée, près d’un poêle, d’une bouche de chaleur. L’important est de faire agir une grosse masse de sable sur peu de fleurs en sorte que leur humidité soit aisément et complètement absorbée.
- M. P. Lignier, Châteaubriant. — A) En effet, notre pâte (Supplément de 19x2-1) ne donne pas un aussi joli brillant que les crèmes pour cuir du commerce; mais elle pénètre et assouplit le cuir. Nous donnerons sous peu, après étude en notre Laboratoire, les formules de mixture à brillant extra. B) Pour la crème jaune, les proportions d’eau et de savon sont bien exactes, mais elles n’ont rien de précis, tout cela pouvant varier un peu sans inconvénient.
- M. J. R., à Etampes. — La question, telle que vous l’exposez, doit se l'attacher à la législation sur les habitations à bon marché et sur le bien de famille, en ce qui concerne l’agriculture. Nous ne pouvons entrer, ici, dans tous les détails explicatifs que comporterait votre projet, lequel nous paraît réalisable, en principe. Il vous faudrait d’abord consulter les lois du 3o novembre 1894, du 12 avril 1906, sur les habitations à bon marché, du 10 avril 1908, sur les sociétés de crédit immobilier. Il existe, actuellement, une douzaine de ces sociétés, sur divers points du territoire ; elles ont en vue, précisément, de permettre l’acquisition d’une maison, par les travailleurs agricoles. En 1908, le Ministère de l’Agriculture a étudié le moyen d’employer une partie des
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- ressources du crédit agricole à créer un petit crédit agricole immobilier, grâce auquel les jeunes gens trouveraient les avances nécessaires pour se monter une petite exploitation agricole. A côté des sociétés d’habitations à bon marché, constituées sous le régime des lois de 1894 et 1906, il existe tout un groupe de sociétés, poursuivant le même but, et se tenant en dehors du mouvement provoqué ou du moins régi par ces lois. Il s’est formé, dès 1894, des sociétés de constructions de maisons à bon marché, qui construisent des habitations qu’elles vendent, en général, par annuités, et des sociétés de crédit ouvrant du crédit pour bâtir ou acheter des maisons aux sociétés de constructions ou aux particuliers. C’est à l’une d’elles qu’il conviendrait de s’adresser ; elles font à leurs sociétaires l’avance des frais de construction, lesquels sont remboursés sous forme d'un loyer mensuel ou trimestriel représentant généralement 5 pour 100 d’amortissement et 3 pour 100 d’intérêt, soit 8 pour 100 cbi prix total, de sorte qu’au bout de 20 ans, le sociétaire devient propriétaire de sa maison. La loi de 1894 a apporté des réductions d’impôts, maintenu la continuation de l’œuvre en cas de décès du père de famille, par l’assurance sur la vie et l’indivision de l’habitation, en modifiant le régime successoral. Le père de famille doit donc contracter, avec la Caisse d’assurances en cas de décès, une assurance spéciale faite au profit du prêteur ; en cas de décès du père de famille, la caisse d’assurances verse les annuités restant à courir. L’assuré peut se libérer par une prime unique ou par
- des primes annuelles, dont le taux dépend du taux de l’emprunt, de l’âge de l’assuré et déjà durée du contrat (soit environ r pour 100 par an, de la ^léun de la maison). Chaque héritier a la faculté |e reprp^d?e la maison sur estimation. Pour plus apaples; reqfeei^nements; voir aux adresses suivantes : MjSAlfr^giJu„bois, secrétaire de la Société française des habd^Êms "à bon marché, i5, rue de la Ville-l’Evêque, Pl^HRSociété d’épargne des retraites, 38, rup^Blanche, PaM||fMinistère du Travail et de la Prévoyance sociale ; f|l. E. Dechàrme, directeur du Service du crédit mutuelle! de lavcoopération agricoles, au Ministère de l’Agriculture ; Secrétariat du musée social, 5, rue Las-Cases, Paris.
- M. B. M., Tunis. — Les cartes au 1/1 000000 sont en vente chez Le Soudier, 176, boulevard Saint-Germain, Paris. — Pour la France c’est le Service géographique de l’armée qui dresse cette carte. — Il n’existe pas de notice sur cette carte. Voyez'Tarticle n° 2024.
- M. Hugnier-Truelle, à Troyes. — Pour mettre à neuf votre buste de marbre blanc, l’enduire d’une mince couche de bouillie épaisse faite avec de l’essence de pétrole et du blaüc de Meudon ou de l’amidon. Laisser sécher, brosser. Au besoin renouveler le traitement.
- M. Lamy, place de l’Hôtel-de-Ville, Angoulême. — Les questions de blanchiment sont toujours très délicates quand il s’agit d’aliments où ne doit rester nulle trace de réactifs décolorants. Nous ferons quelques essais à notre Laboratoire, le problème n’ayant pas encore, que nous sachions, été résolu.
- BIBLIOGRAPHIE
- GSÊL,
- \
- Sommaire de nptre précédent numéro.
- Gigantesque antenne pour télégraphié sans fil : A. Troller. — Nouvelles découvertes dans la grotte de Remouchamps^ près Spa, Belgique : E. Rahir. — La vaccination préventive contre la fièvre tvphoïde : Profr Chantemesse. — Curieuse expérience d’aérodynamique : A. T. — Les chevaux savants d’Elberfeld : René Merle. — Produits de la forêt et de la brousse à Madagascar : Em. Prudhomme. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Désastre de l’expédition Scott au Pôle Sud. — Les sondages de neige pour les installations d’irrigation : Dr Alfred Gradenwitz.
- Supplément. — La petite planète 594 « Mireille ». — La flotte aérienne chinoise, etc.
- L’évolution de la sidérurgie française, son état actuel et ses perspectives d’avenir dans le district du Nord, par P. Angles d’Auriac, ingénieur au Corps des Mines, à Lille. In-8° de i5o p., avec 9 graphiques, H. Dunod et E. Pinat. Prix : 6 francs.
- Cet ouvrage, dont l’auteur a donné un rapide aperçu dans sa conférence, inaugurale du Congrès de la Société de l’industrie minérale, tenu à Douai en juin 1911, constitue l’exposé à la fois le plus large et le plus précis qui ait été publié à ce jour sur la sidérurgie française. Les conditions techniques et économiques de la fabrication de la fonte, du fer et de l’acier dans les principaux districts sidérurgiques français, les fortunes diverses des procédés concurrents, leur situation présente et leurs perspectives d’avenir sont examinées d’une façon magistrale par un observateur dont l’impartialité et la compétence sont universellement reconnues.
- Industries des poils et fourrures, cheveux et plumes, par Fr J. G. Beltzer. In-8° de xvi-262 p., avec 83 fig., H. Dunod et E. Pinat. Prix : 12 fr. 5o.
- Cet ouvrage détaille d’ajbord l’apprêt du cuir ou de la peau proprement dite. Les peaux ou les cuirs étant ainsi apprêtés souples, on donne aux poils la teinture requise, pour imiter telle ou telle fourrure de prix. Cette teinture peut s'effectuer â la brosse ou au plonger, ou par l’emploi successif de ces méthodes. On termine par des dégraissages et des brossages énergiques, pour éîyniner l’excès de colorant non fixé et pour lustrer où ïjrillanter les poils; puis, on peut
- raser finalement les jarres ou les duvets (épilage), de façon à obtenir des fourrures unies, ayant une belle apparence veloutée et pouvant être assorties facilement.
- Les hydroaéroplanes. Etude technique et pratique des aéroplanes marins, par F.-R. Petit, avec préface d’ANDRÉ Beaumont. In-8°, 84 p-, 52 fig.'H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, 1912. Prix : 3 francs.
- M. F.-R. Petit indique les principes théoriques sur lesquels ^loit reposer la construction rationnelle des aéroplanes marins, il décrit ensuite les principaux appareils actuellement réalisés et indique les résultats obtenus.
- Les aéronefs sans chutes, nouveaux appareils d’aviation orthogonaux sûrement propres à réaliser les voyages par air publics, sans péril, par L. Remacle. i broch. L. Vivien, éditeur, 48, rue des Ecoles, Paris, 1912. Prix : 1 franc.
- L’auteur propose de renoncer aux aéroplanes, trop meurtriers, et expose tout un système nouveau d’aviation où l’élévation serait obtenue, en envol vertical, au moyen de palettes, d’aubes clapetées, à virage. Un parachute, également à clapets, fixé au sommet de l’appareil, immuniserait de la chute.
- Les ennemis des plantes cultivées, par G. Truffaut. Versailles, Laboratoires Tniffaut, 1912, in-8, 564 P-Prix : 10 francs.
- L’ouvrage comprend deux parties : i° un dictionnaire où pour chaque plante on décrit les diverses maladies, les différents ennemis qui peuvent attaquer racines, feuilles, fleurs, fruits ; 20 un second dictionnaire où sont classés les divers ennemis dont on décrit, les formes, les habitudes, les procédés de destruction. Le volume est ainsi d’usage très pratique. Il est illustré de très nombreux dessins dans le texte et hors texte, ces derniers étant pour la plupart des photos faites d’après nature.
- D’Alger à Tombouctou, par le comte René le More. In-16, Plon-Nourrit et Cie. Prix : 3 fr. 5o.
- D’Alger à Tombouctou par In Salah, avec retour par Timissao et In Zize, sans payer son audace de périlleuses surprises. Les notes de ce raid de quinze mois abondent en observations précises et se terminent par tout un plan de pénétration par l’aviation.
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- Radioactive Substances and their Radiations, par Rutherford i vol. illustré, 700 p., Cambridge University Press.édit., Londres Fetler-Lane, 1913. Prix : i5 fr.
- Ce traité, rédigé par l’un des plus brillants pionniers de la science nouvelle de la radioactivité, est en anglais l’équLadent du beau traité français de Mme Curie. D’aSHÉfedmirable clarté d’exposition, le livre de M. RulliSprord est certainement aujourd’hui l’ouvrage le plus complet et le mieux au courant des découvertes nouvelles.
- MendeVs Principles of Heredily, par W. Batesox, in-8°, 4 r3 p., 38 fig., 6 pl., Cambridge University Press, i9i3. Prix •. relié, 12 sh.
- T.a Nature a déjà exposé (nos 1786 et 1864) la théorie de Mendel dont Bateson est le plus ardent défenseur. On trouvera dans ce nouvel ouvrage, outre une biographie très complète du moine Grégor Mendel et la traduction de ses deux mémoires, un exposé détaillé de toutes les questions d’hérédité examinées d’un point de vue mendélien.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE jgf>
- Observations de M
- Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES . OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 févr. 1913. — 2°,4 S. 1. Beau. » Gelée 1)1. ; peu nuageux. -
- Mardi 11 2° 7 S. 1. Quelcr nimbes. » Gelée lui. : peu nuag. ; brouill. dansJn soirée.
- Mercredi 12 Ô°,2 N. 2. Beau. » Gelée bl. ; peu nuag. ; brouill. le matin.
- Jeudi 13 5°,4 N. 3. Couvert. » Nuag. jusq. lt h. ; beau ensuite.
- Vendredi 11 2° 4 N. 4. Couvert. » Gelée bl. ; très nuageux.
- Samedi 13 — 0°,9 N. N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; nuag. ; couronne et lialo lunaire.
- Dimanche 16 . . . . — 0°,3 N. E. 2. Nuageux. » Nuag. .jusq. 12 h. ; beau ensuite ; gel. bl.
- FÉVRIER 1913. — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 FEVRIER 1913.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, .la direction du vent. Les courbes dit milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- ................................• i 1
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du io au i5 février. — Le io. La pression est supérieure à 770 sur le Centre et le W. du continent (Zurich : 779). Dépressions en Islande et Russie. Pluies sur le N. de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Àrkhangel, —i5°; Berne, —3; Paris, —2; Nantes, — 1 ; Nice, -j-6; Alger, 14; moyenne à Paris : a0,8 (normale : 3°,4)- — Le 11. Aire de fortes pressions sur l’Europe. Dépression dans les parages de l’Islande. Beau temps en France, Temp. du matin : Paris, —3°; Clermont-Ferrand, —t; Toulouse, o; Nantes, -j- 2 ; Biarritz et Nice, -P 10; moyenne à Paris : i°,5 (normale : 30,4). — Le 12. Pression très élevée stir tout le N.-W. de l’Europe, supérieure à 775 dans les Iles-Britanniques, le N. de la France et l’Allemagne. Beau temps en France. Temp. du matin : Arkhangel, —210; Charle-ville, — 1 ; Paris, o; Nantes, -fi 1 ; Biarritz, 10; Perpignan, 13 ; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 3°,5). — Le i3. Les pressions élevées se maintiennent comme la veille. Pression basse en Islande et dans le S, de l’Italie.
- Pluies et neiges en Hongrie et dans le N. de la Scandinavie. Temp. du matin : Belfort, —i° ; Paris, -j- 3 ; Nantes, 4î Toulouse, 5; Alger, i3; moyenne à.Paris : 5°,6 (normale : 3°,5). — Le 14. Baisse générale de la pression, qui reste voisine de 77$ sur le'W. et le N.-E. du continent. Dépression sur ie S.-E. de l’Europe, s’étendant jusqu’à la Provence En France : beau temps: sauf dans le S.-E. Nice : 2 mm d’eau. Temp; du matin ; Arkhangel, —3o°; Moscou, '—23; Limoges, -—2; Nantes et Bordeaux, -f 1 ; Paiis; 2 ; Alger, 9 ; moyenne à Paris : 4° (normale : 3°,R). — Le i5. La baisse barométrique continue dans toute l’Europe, sauf le Centre où l’on note 775. Dépression sur la Méditerranée et l’Islande. Beau temps général. Temp. du malin : Kîef, — 18"; Belforl, —3; Paris, —1; Toulouse, 0; Alger, + i3; moyenne à Paris 2°,3 (normale : 3°,6). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 14, à 8 h. 34 ni. du malin. :
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- LA
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L.3 NütltT"& » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, 'Boulevard Saint-Germain, Paris (ine)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2075. — Ier MARS 1913
- SUPPLÉMENT
- JÈD
- J0D
- INFORMATIONS
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- L’électricité pour l’amélioration du rendement agricole de la terre. — D’après YElectrotecknische Zeitschrift, des essais ont été faits récemment à Petrovic, près de Prague, au cours desquels, grâce à l’emploi de l’électricité, le rendement agricole de plusieurs espèces de plantes a doublé. On s’y est servi du rayonnement d’électricité statique à haute tension. Sur des isolateurs portés par des poteaux en bois, on a attaché des fils d’acier distants l’un de l’autre de ioo mètres; sur ces fils était tendu un filet rayonnant formé de fils de fer, de 0,2 millimètre de diamètre, espacés de io mètres. Le filet rayonnant fut disposé à 4 mètres au-dessus du champ, de manière à ne pas gêner les travaux agricoles. Une station électrique chargeait le filet à haute tension statique, au moyen d’un interrupteur à mercure, d’un transformateur et d’une soupape électrolytique. On commençait par transformer le courant alternatif ordinaire à courant à haute fréquence. Puis on élevait la tension par des transformateurs à la valeur de iooooo volts; on redressait enfin lé courant, car le courant alternatif aurait été inefficace pour le but à atteindre. Comme le courant doit s’écouler sans cesse du filet rayonnant vers la terre, un des pôles du transformateur était branché au filet, l’autre à la terre. La consommation d’énergie électrique a été extrêmement faible : 240 watts-heure. Il fallait éviter d’opérer par temps pluvieux ou par temps trop sec.
- Un nouveau procédé de sondage. — D’après un discours de M. Mercier, président de la Société des Ingénieurs civils, on commence à appliquer un nouveau procédé de sondage à la grenaille, qui s'adapte avec succès aux terrains lés plus durs. Ce procédé, utilisé par le grand sondeur alsacien Vogt, comporte l’emploi d’un cylindre de 6 à 7 mètres de long, ayant le diamètre du sondage à effectuer et suspendu par des tiges creuses assurant l’arrivée d’un courant d’eau sous pression à la base du trou de sonde. Ce cylindre comprend deux compartiments : un compartiment inférieur ou tube carottier, et un compartiment supérieur ou tube à sédiments. Le tube carottier est prolongé par la couronne à grenaille en acier spécial de 5o à 60 centimètres dé hauteur. Tout l’ensemble est suspendu à un câble et tourne avec une vitesse d’environ 140 tours par minute. La grenaille d’acier, introduite dans l’eau d injection, parvenue à la base de la couronne, tourbillonne et rode la roche en produisant une fine poussière que 1 eau entraîne et qui se dépose dans le tube à sédiments. Celui-ci découpe latéralement un cylindre de roche qui vient se loger dans le tube carottier. Quand il est rempli, on soulève légèrement tout l’appareil et on envoie un fort courant d’eau contenant des cristaux de quartz qui usent rapidement la roche et détachent la carotle. Celle-ci est facile à remonter, grâce aux cristaux de quarlz qui restent coincés entre elle et le tube carottier. Ce procédé
- de sondage a été appliqué pour la première fois, à Lure (Haute-Saône) en 1908, puis aux mines de Soumont dans les recherches récentes du Pas-de-Calais et dans celles de minerais de fer en Normandie.
- Les dragages d’or en Californie. — La vieille industrie aurifère de Californie, dont la richesse classique commençait à s’épuiser, a été rénovée dans ces dernières années : d’un côté, par l’application des dragages aux alluvions ; de l’autre, par la reprise en profondeur des mines filoniennes, que l’on avait abandonnées après avoir vu leurs miuerais riches de concentration superficielle s’épuiser peu à peu. Actuellement, la Californie produit de nouveau plus de 100 millions d’or (32760 kilogrammes en 1911) et reprend la tête de la production nord-américaine (un peu plus que le Colorado et que le Nevada), et, sur ce chiffre, les deux tiers environ sont fournis par les dragues. Le premier emploi' de la drague en Californie remonte à 1898. Les dimensions des appareils ont augmenté progressivement, pendant ce temps, depuis 2,5 pieds cubes jusqu’à i5 pieds cubes pour les godets. On arrive maintenant à traiter des sables à o fr. 20 d’or par tonne. Les principales installations de ce genre se trouvent le long de la Feather River (Oroville), de la Yuba River (autour de Marys-ville et de l’American River (près deFolsom), un peu en amont des points où ces rivières se jettent dans le Sacrnmento. Par exemple, quatre compagnies ont dragué sur l’American River de 1899 à 1908. Elles ont été remplacées par la Natomas Consolidated qui a maintenant 8 dragues en fonctionnement. Ces dragues sont, en principe, construites directement dans un bassin, à partir duquel elles doivent commencer à travailler et qui lui-même est situé fort au-dessus du lit de la rivière sur un sol de galets alluvionnaires. L’un de ces appareils à godets (bucketsj de i3,5 pieds cubes a une carcasse en bois (hull) de 33 m. 5o de long, i5 m. de large, Gi godets et nécessite une force de 6/t5 chevaux. On commence maintenant à remplacer les dragues en bois par des dragues en acier que l’on construit exceptionnellement comme des navires sur le bord du bassin, où on les lance après coup. Toutes les dragues ont des moteurs d induction triphasés recevant le courant, à 2200 volts. La drague parcourt généralement un trajet sinusoïdal. Elle travaille 24 heures avec trois équipes comprenant chacune 3 hommes. L’or est retenu par amalgamation et on estime qu’on n’en laisse, pas perdre plus de 10 pour 100. La perte en mercure est de 1 à 2 pour 100. La principale réparation est celle des lèvres des godets qu’il faut remplacer assez fréquemment. Une drague à godets de 13,5 pieds cubes peut arriver à draguer 40 hectares de terrain par jour à une profondeur de 6 mètres et extraire alors à peu près 8000 tonnes de terrain. Dans ces conditions,le prix de revient par tonne descend àofr. 12; mais il est plus souvent de 0,20 à o,3o, dont 24,7 pour 100
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- INFORMATIONS
- pour la main-d’œuvre, 6,1 pour le matériel, ai,9 pour le force électrique, 3,6 pour l’eau, 33,3 pour les réparations, 5,8 pour les frais généraux,' 2,7 pour les assurances et impôts, 1,9 pour les frais de fusion et les transports. D après la loi, les dragues n’ont pas le droit de travailler dans le lit du fleuve, mais seulement dans les anciens dépôts situés à 3o ou 4° m. au-dessus de ce lit. Les terres draguées sont rejetées au fur et à mesure, soit dans le bassin même surlequel flotteladrague, soit en arrière et ne sont pas entraînées à la rivière, où elles n occasionnent donc pas de dommages. Quelquefois même, on utilise les galets dragués pour l’empierrement en les concassant ; mais la demande de ce chef est faible. On essaye également de planter des arbres sur les terrains dragués.
- Turbines à vapeur de 30 000 chevaux. — C’est le record actuel de la puissance. Il est atteint par 3 machines que vient d’installer la Rheinisch Westfàlische Electricxtatswerk, à Dusseldorf. Elles ont été construites respectivement par la Société A. E. G. de Berlin, et par les deux maisons suisses Brown-Boveri et Escher-Wyss.
- Un prix de 50 000 fr. pour un nouveau carburant. — La British Society of Motor Manufacturées and Traders offre un prix de 5o 000 francs à l’inventeur d’un nouveau combustible volatil utilisable dans les moteurs à combustion interne, à condition que la matière première puisse se trouver en abondance sur le territoire de la Grande Bretagne, et que le combustible puisse être vendu à un prix commercial. L’Angleterre comme la France souffre de la disette de combustible pour moteurs et cherche à se libérer de la tutelle étrangère.
- Carottes monstrueuses. — De temps à autre, on nous signale des légumes monstrueux par leur forme ou par leur taille. Récemment, nous avons reçu de Philadelphie la photographie d’une carotte qu’à première vue on pourrait prendre pour celle de la main de quelque mandarin chinois; les cinq digitations allongées qui terminent cette carotte ressemblent en effet curieusement à des doigts terminés par des ongles très longs. Le Field vient de publier la photographie d’une autre carotte, moins extraordinaire de forme, mais d’une taille vraiment énorme; elle a 22 centimètres et pèse plus de
- Fig. 1. — Une carotte monstrueuse de plus de 2 kg.
- 2 kilogrammes ; elle provient d’un jardin de Taunton. Comme la précédente, elle présente un certain nombre de tubercules adventices. Les pommes de terre, qui poussent sur des tiges souterraines, ont souvent plusieurs tubercules accessoires, mais les carottes qui sont de vraies racines, en présentent, beaucoup plus rare-
- ment. On sait que la carotte sauvage a une racine sèche,, dure et mince et que c’est à la culture qu’on doit son développement et l’accumulation de ses réserves sucrées. Les cas, comme ceux que nous signalons, sont-ils tératologiques ? Sont-ils dus à une nourriture trop abon-
- Fig. 2. — Une carotte en. forme de main.
- dante ou à un trouble de croissance causé par un champignon ou un insecte ? Peuvent-ils devenir hérédi-1 aires et donner naissance à une race de carottes de grande valeur économique? Autant de questions auxquelles des faits isolés comme ceux-ci sont insuffisants pour répondre.
- Origine des Philistins. —L’origine ethnique de la-race belliqueuse qui donna son nom à la Palestine et lutta pendant plusieurs siècles contre les Israélites a provoqué d’interminables discussions. Des deux hypothèses généralement adoptées, l’une lui donne l’Egypte pour lieu d’origine; l’autre, 1 île de Crête. Les fouilles importantes qu’une expédition anglaise a èntrëprises dans la région côtière de la Palestine viennent à l’appui de la seconde hypothèse ; les poteries et autres objets mis à jour tendent à prouver que les Philistins étaient originaires de Crête. Les archéologues ont découvert les ruines très imposantes d’une ville dont il est fait mention dans les livres bibliques, Belhchémech ; sa fondation remonterait à l’an i5oo av. J.-C. On signale, parmi les ruines mises à jour, l’orilice d’nn puits large de 5 mètres, taillé dans le roc, et qui fournissait probablement de l’eau à toute la population.
- La dépopulation des campagnes. — Un grand mou-1 veinent porte les hommes à s’entasser de plus en plus daus les villes et à déserter les campagnes. Le dénombrement de 1910 aux Etats-Unis montre que l’exode des campagnes vers les villes a depuis vingt ans une intensité très grande.
- 1890 1900 1910
- Population urbaine. 22.708.150 50.780 875 -12 625.585
- — rurale . -10.259.284 45.213.7(0 49 348.885
- — totale. . 02.947.714 75.9U4 575 91.972.266
- Pourcentage :
- Population urbaine. 56,1 °/0 40,5 °/„ 46,5 °/„
- — rurale , 63,9 °/0 59,5 °/0 55,7 °/0
- Dans ce calcul, on a compté comme villes les agglomérations déplus de 25oo habitants (au lieu qu’en Europe on compte au-dessus de 2000 habitants) : le nombre de ces villes de plus de 25c;o habitants est de 2400. L’acr croissement total de la population a été, dans la deiv nière décade, de 21 pour 100, dont 34,9 pour 100 pour les villes et 11,1 pour le reste du pays. Certains Etats n’ont presque pas de ruraux; la population urbaine de Rhode-Island est de 96,7 pour 100; de Massachussetts, de 92,8; du Connecticut, de 89,7; de l’Etat de New-York, de 78,8, et de celui de New-Jersey, de 75,2 pour 100. En France le mouvement s’est produit comme suit :
- 1846 1856 1866 1876 1886 1869 1906
- Population urbaine. 55.22 °/0 58,11 41,26 43,24 46,75 49.76 51.29 Population rurale. . 64,78 °/0 61.89 58,74 56,75 55,25 50,24 48,71
- En Angleterre, en 1901, il y. avait 68,2 pour 100 de population urbaine contre 31,8 de population rurale. Le mouvement est analogue en Allemagne. Le développement de l’industrie est un des principaux facteuri de ce phénomène. (Dr Ed. Imbeaux, Revue d’hygiène et de police sanitaire, 20 oct. 1911.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ?
- *> "Electricité
- Charge des accumulateurs sur courant alternatif.
- — Nous avons vu précédemment la manière de charger sur courant continu no volts une petite batterie d’accumulateurs de 2 ou 3 éléments par exemple. L’accumulateur, étant un réservoir d’énergie, emmagasine le courant électrique sous forme d’énergie chimique réversible.
- Avec le courant alternatif le courant change de sens à intervalles réguliers, par conséquent l’accumulateur qui •emmagasinera l’énergie électrique dans un sens, la restituera dans l’autre sens et le courant alternatif ne pourra charger un accumulateur.
- Si l’on n’a à sa disposition que du courant alternatif •et si l’on veut charger des accumulateurs, il faut transformer le courant alternatif en courant de même sens, soit continu, soit redressé.
- Pour cela, différents moyens sont employés. D’abord les permutatrices ou commutatrices qui ne sont autre •chose que des moteurs électriques marchant comme moteurs alimentés par du courant alternatif et fonctionnant en plus comme dynamo génératrice de courant continu. Ce sont des appareils chers, demandant de l’entretien et applicables seulement pour les fortes puissances, ce qui n’est pas notre cas ici.
- Les redresseurs de courant à vapeur de mercure, d’origine relativement récente, ont joui dès le début
- Coupe, circuit |
- 'tuée du courant alternatif
- Si
- Ampèremètre
- Plomb
- Accumula feurs
- Fig. I. — Montage simple d'une.soupape.
- d’une grande vogue, mais les résultats intéressants peut-être dans les laboratoires, n’ont pas donné dans la pratique toutes les espérances qu’on en attendait.
- Un troisième procédé est l’emploi de soupapes ou clapets électrolytiques. Le clapet électrolytique, comme son nom l’indique, ne laisse passer (de même que le clapet à eau pour le courant hydraulique) le courant électrique que dans un seul sens. Bornons-nous à l’étude d’une seule des différentes réalisations pratiques du principe de la soupape électrolytique, la soupape Nodon.
- Cet appareil est en réalité un voltamètre dont une électrode est constituée par une feuille de plomb et l’autre un petit cylindre en alliage spécial d’aluminium, le tout baignant dans une solution appropriée d’un sel métallique spécial. Le système aluminium plomb ne laisse passer le courant que dans le sens plomb aluminium, tout courant inverse étant arrêté, l’électrode active étant l’électrode d’aluminium; par conséquent, dans le courant alternatif, il ne passera qu’une demi-phase du courant.
- Supposons qu’on ait 3 éléments d’accumulateurs à charger, le montage le plus simple à réaliser est celui de la figure i. Dans ce montage on a placé un rhéostat destiné à donner au circuit l’intensité ùécessaire à la charge de la batterie. En effet, à l’entrée de la soupape la tension étant de no volts, on a environ 90 volts à la sortie en courant redressé et l’on pourrait évidemment calculer un rhéostat de lampes comme nous l’avons indiqué dans un numéro récent de La Nature. Il est évidemment beaucoup plus commode d’avoir un rhéostat métallique.
- L’inconvénient de ce montage est d’absorber une grande quantité de puissance dans le rhéostat, cette puissance est complètement perdue Si l’on veut éviter cela, il est préférable d’abaisser la tension alternative
- avant l’entrée dans la soupape au moyen d’un transformateur, appareil du même genre que ceux que nous avons décrits précédemment (voy. n° 2071). Le montage est celui de la figure 2. On emploie tout de même un rhéostat, mais moins important que dans le montage figure 1, pour obtenir l’intensité nécessaire, qu’il sera bon de contrôler avec un ampèremètre qui sera un ampèremètre à courant alternatif.
- La manière de procéder avec le montage fîg. 2 est la
- Arrivée de / alternatif
- fn torrup tour bipolaire
- Transformateur
- gros
- Plomb
- Accumula teur
- Fig. 2. — Montage d’une soupape avec transformateur.
- de : on ferme l’interrupteur et dès que l’ampère-a une position fixe on règle l’intensité au moyen
- suivante
- mètre a une position du rhéostat.
- Les deux montages que nous avons indiqués sont ceux qu’on peut réaliser sur du courant monophasé, le rendement étant de 70 à 80 pour 100.
- Si l’on a du courant biphasé, triphasé, etc., comme ici la puissance demandée est faible, on se contentera, pour avoir une installation économique, de ne monter l’appareil que sur un pont de la distribution, ce qui ramène aù courant monophasé.
- Puisque nous parlons des soupapes électrolytiques, mentionnons une utilisation intéressante pour les projections cinématographiques ou autres.
- Sur le courant alternatif le rendement lumineux d’un arc est environ 40 pour 100 moindre que le rendement sur le courant continu. En interposant une soupape on réalise une économie de consommation à intensité lumineuse égale, surtout si l’on interpose en plus une bobine de self-induction qui
- rend 1 ondulation ne- Arriva* du courant <?,le-natif
- gligeable et qui est de consommation négligeable. Cette bobine de self permet en plus de régler l’arc qui fonctionne sans bruit et sans scintillement.
- En résumé, l’utilisation des soupapes se fait chaque fois qu’on a besoin de courant de même sens et qu’on ne dispose que d’une source de courant alternative. Outre les
- applications déjà citées, il faut citer : les ascenseurs, les lampes à vapeur de mercure, les appareils médicaux, les électro-aimants, etc.
- f/îterruptei
- Hhéostat
- Fig. 3.
- Soupape Accus
- Autre-montage simple*
- *» Télégraphie sans fil
- Un nouveau détecteur indéréglable pour la T. S. F.
- — M. Dosne donnait, il y a quelque temps dans cette revue (n° 2042) la description d’un détecteur à cristaux indéréglables, l’indéréglabilité étant obtenue par la fixation sur la pyrite d’une aiguille acérée' à l’aide de stéarine. Le procédé est judicieux, en effet, lorsqu’on emploie
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- le sulfure de fer; mais lorsqu’on utilise la galène — et c’est le cas général, car il y a des échantillons de sensibilité extrême — il en est tout autrement.
- Tout d’abord le cuivre et l’étain sont avec raison les métaux les plus employés pour le contact avec le sulfure de plomb naturel ou artificiel, on constate une certaine diminution de la sensibilité lorsqu’on se sert d’aiguilles ou de fil d’acier.
- Ensuite la galène, beaucoup moins dure que la pyrite, supporte plus difficilement que celle-ci une pression quelque peu forte. On comprend de suite qu’il est presque impossible d’immobiliser, à l’aide de stéarine fondue, un fil de cuivre d’un dixième de mm, par exemple!
- Je me sers donc depuis plusieurs mois d’un détecteur d’une sensibilité extrême et d’une indéréglabilité presque absolue : sa grande facilité de construction le met à la portée de tous. Il me permet, avec une antenne relativement courte (26 m. 3 fils), d’entendre nettement les postes côtiers français, ceux d’Algérie et du Maroc et la plupart des grandes stations d’Europe.
- Je tiens à en donner la primeur à La Nature.
- Le fragment de cristal sensible, relié aune des bornes b est enrobé comme à l’ordinaire dans de la soudure (plomb, 2 parties; étain, i partie) répandue en couche peu épaisse au fond d’une cavité cylindrique de 20 mm de diamètre environ, creusée dans une planchette de
- bois paraffiné. Dans cette cavité est fixé un manchon en cuivre l à lintérieur duquel peut tourner un cylindre en matière isolante (ébo-nite, bois paraffiné, etc.).
- Percé dans ce cylindre de bois paraffiné que je ne puis mieux comparer qu’à un « bouchon », un trou de faible diamètre laisse glisser librement un fil de cuivre très mince, recourbé à sa partie supérieure et relié à l’autre borne de l’appareil et formant contact avec la galène à sa partie inférieure.
- Pour trouver un point sensible, il suffit, tout le matériel de réception étant monté, de tourner lentement le « bouchon » jusqu’à ce que l’on entende nettement au téléphone le son du radiateur d’essai.
- Les chocs et les trépidations sont, par la suite, sans action appréciable sur la réception.
- Tel qu’il est, ce détecteur, qui reste des journées entières sans se dérégler, me donne entière satisfaction.
- Je souhaite qu’il se répande parmi les amateurs pour le plus grand profit de la T. S. F. Pierre Poirier.
- — Coupe transversale suivant axe médian.
- *> Mécanique <«*
- de l’Association automobile belge, a construit un appareil enregistreur qui a été utilisé pendant les épreuves du récent concours d’amortisseurs belge.
- Cet appareil est assujetti sur un support P que l’on fixe sur la caisse de l’automobile pourvue de l’amortisseur ou de la suspension à expérimenter. Il est constitué par un bâti ou boîte métallique B dans laquelle se meut entre deux guidages une tige A assujettie, vers sa partie supérieure, au ressort à boudin R qui l’entoure et dont la base est fixée au bâti B. L’extrémité inférieure de la tige A est reliée à un levier L dont une extrémité est articulée au bâti et l’autre porte un poids S que l’on peut déplacer à volonté.
- Un levier T est relié par une biellette E à la tige A tandis que deux autres biellettes e et e' le relient au bâti B, de façon à former un parallélogramme permettant les déplacements verticaux de l’extrémité libre t du levier T, parallèlement à eux-mêmes, quand ce levier, sollicité, par la tige A, oscille autour de son point d’al tache avec la biellette e.
- L’extrémité t du levier T porte un stylet qui marque une empreinte sur une bande de papier fixée sur le tambour D. Ce tambour est entraîné autour de son axe par un mouvement d’horlogerie placé à l’intérieur.
- Lorsque l’appareil a été mis en place sur l’automobile, on fait tourner le tambour D et la pointe t trace sur le papier une ligne neutre de comparaison. Dès que la voiture est mise en marche les chocs ou trépidations se transmettent au poids S suspendu au levier L de l’appareil. Ce poids, par suite de l’inertie, subit des oscillations verticales dont l’amplitude est proportionnée à l’importance de ces chocs.Comme le poids est relié à la tige à ressort, celui-ci épouse les oscil-lations et les transmet à la lige T qui les inscrit sur le tambour.
- Selon que l’on accélère ou que l’on ralentit le mouvement d’horlogerie et aussi selon que l’automobile marche à grande ou à faible allure, c’est-à-dire que les chocs se succèdent de très près ou non, le graphique se présentera sous la forme d’une série de traits juxtaposés ou sous ' celle d’une ligne brisée assez ouverte. Dans l’un et l'autre cas, les courbes tracées au-dessus et au-dessous de la ligne neutre auront d’autant plus de hauteur que les chocs auront été plus prononcés c’est-à-dire que la suspension aura été moins efficace.
- On compare les graphiques à l’aide du planimètre ou du curvimètre pour se rendre compte de la valeur des appareils soumis aux essais.
- Coupe de l’enregistreur R. Matliot.
- Appareil enregistreur R. Mathot pour 1 étude des amortisseurs d’automobiles. — Le confort en automobile a fait naître une catégorie d’appareils amortisseurs et d’autres connus sous le nom de suspensions ayant pour but de supprimer les oscillations légères que n’absorbent pas les ressorts. La plupart décès appareils absorbent les vibrations et préviennent les chocs. Presque tous s’appliquent aux ressorts arrière où ils se substituent aux jumelles pour servir d’accouplement mobile ou élastique entre les pincettes. Ce genre d’appareils paraît avoir détrôné ceux qui s’intercalent entre les essieux et le châssis pour obvier au brusque écartement qui est consécutif à une forte flexion des ressorts.
- Comme il est assez difficile de comparer d’une manière précise les résultats fournis par l’un et l’autre appareil, M. R. Mathot, président de la Commission technique
- ge> Objets utiles
- Machine à laver les couteaux. -
- seau, contenant un support sur lequel on peut placer 24 couteaux, la lame verticale. Une poignée permet de faire tourner ledit support. Le récipient est rempli d’eau chaude, qui, dans ce mouvement, vient frapper violemment les lames et les nettoie ainsi parfaitement. On essuie ensuite avec un torchon bien sec. --- La machine est en vente chezM. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix : 10 fr.
- C’est une sorte de
- -fH 100 ISF
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- RÉSUME METEOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint
- Le mois de janvier 1913, dont la pression moyenne j55mm,52 est inférieure de 3mm,44 à la normale, a été très chaud et très pluvieux.
- La température moyenne 5°,8 est en excès de 3°,5; la quantité totale d’eau recueillie au pluviomètre s’élève à 70™”,9 en 21 jours de pluie. Le rapport de cette hauteur à la normale du mois est 1,79 et dans la série des observations du Parc Saint-Maur qui comprend actuellement 40 mois de janvier, le mois qui vient de s’écouler vient immédiatement après janvier 1910.
- * Le niveau moyen de la Marne a été de 3m,78 ; il a dépassé 4 mètres à partir du 23. La rivière était en crue à la fin du mois et a atteint la cote 4m>h9 1°
- 3i janvier.
- Pression barométrique. (Alt. 5om,3.) — Moyenne des 24 heures : 756mm,52; minimum absolu : 735mm,5 le 21 à ih iom; maximum absolu : 766””, 1 le 26 a i g11 i5m.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, 2°,95; des maxima, 8°,62; des 24 heures, 5°,79. Minimum absolu, —2°,o le 27; maximum absolu, i2°,2 le 5. Amplitudes diurnes : moyenne, ' 5°,67 ; la plus élevée, 9°,2 le 28; la plus faible, 2°,6 le 21 et le 29. Sur le sol gazonné.—- Moyennes : des minima, o°,36; des maxima, 110,79. Minimum absolu, —7°,o le 27; maximum absolu, i6°,2 le 9. Dans le sol gazonné.
- — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 5°,65;
- à 21 heures : 5°,69; (prof. om,65) à 9 heures : 6°,26;
- à 21 heures : 6°,27; (prof. 1 mètre) à 9 heures . 6°,81 ;
- à 21 heures : 6°,82. De la Marne. — Moyennes : le matin, 5°,71; le soir, 5°,86. Minimum, 40,70 le 17; maximum, 70,18 le icr.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,o8. Minimum absolu, 3mm,7 le 27 à 7 heures; maximum absolu, 8mm,6 le 25 à 18 heures et le 29 à 10 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,9. Minimum absolu, 5g le 24 à i5 heures ; maximum absolu, 100 à 12 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) 7,26; moyenne diurne la plus faible : 1,0 le 10; 4 jours entièrement couverts, les n, 23, 25, 29.
- Insolation. —Durée possible 269 heures; durée effective 52b 6 ; rapport 0,20.
- Pluie. — Total du mois 70mm,9 en 64h 9- Maximum en 24 heures, i2mœ,8 le 3i.
- Nombre de jours : de pluie, 21; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i) : 21; égale ou supérieure à imm 14 ; à 5m“ : 6 ; à 10 mm : 2 ; de grêle, 1 ; de gelée, 3; de brouillard, 7; de brume, 6; de rosée, 3;
- de gelée blanche, 8 ; de halos : solaires, 1 ; lunaires,
- Fréquence des vents : calmes 27. '
- N . . . . 0 S. E. . . . 49 W . . . . 32
- N. N. E. . 6 S. S. E. . . 52 W. N. W. 20
- N. E. . . 9 S io3 N. W. . . 10
- E. N. E. . ll S. S. W . . 168 N. N. W . 2
- E 2 I s. w. . . . I 23
- E. S. E. . 5i w. s. w. . 54
- :-Maur en janvier 1913, par M. Ch. Dufour^).
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3m,79. Moyennes diurnes : la plus élevée, 8”,4 le 20; la plus faible, i®,! le 2. Vitesse maximum i6m,6 le 20 à 23'‘5o“ par vent dé S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m,78. Minimum, 3m,o3 le 12; maximum, 4,n>69 le 3i.
- Comparaisons aux valeurs normalesij). — Pression — 3”m,44;. température —j- 3°,48 ; tension de la vapeur -f- imm,iè; humidité relative -|-o,8; nébulosité -f-0,18; pluie —{- 3 imm,4 î jours de pluie appréciable rj-7 ; insolation — 8 heures.
- Électricité atmosphérique. — Moyenne générale (16 jours) : 71 volts. Moyenne diurne la plus élevée
- 144 volts le 12; la plus faible 22 le 21. Moyenne des 5 journées où le potentiel est resté constamment positif et où Ton n’a, en outre, observé ni précipitation ni brouilPard persistant, 85 volts; moyenne diurne la plus élevée 119 volts le 27; la plus faible 62 volts le 24. Amplitude diurne correspondante o,34; amplitude nocturne 0,87.
- Radiation solaire. —1 Six mesures en ont été faites à 5 dates différentes. La valeur la plus élevée ocaI,763 a été obtenue le 27 à x x1’ 33”.
- Taches solaires. — Le Soleil a paru dépourvu de taches aux 18 dates où l’observation en a été possible.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 9, 17, 22-23, 28; faibles les 4, 10, 20, 25, 3o, 31 ; assez forte, nuit du 18-19; modérée le 3.
- Mouvements sismiques. —Le 5, début à i7h44m42% ph. pie. de i8h9m à i8h 18®, fin à 19 heures; le 7, début à 23h3n’42% ph- pie. de 231' 47“ à 23h 52m, fin vers 24 heures ; le 8, faible mouvement de 2011 5“ 4P à 20’1 3o“; le 9, début 31124™ 59% ph. pie. 3'143 à 31' 55m, fin vers 5 heures; le 11, début vers i3h32ra, ph. pie. de i4hiom à i41,4o”, fin vers 16 heures; le 19, début vers 1711 18”, ph. pie. de i7h4om à i8h i5m, fin vers 20 heures; le 20, début à o1' om 2S, ph. pie. de oh 32m à o1' 4*m» vers 2 heures ; le 27, faible mouvement de i9h 5om à 20 heures. Les appareils indiquent encore des traces, de micro-sismes les 5, 10, i5 et 20 janvier.
- Floraisons. —- Le 19, primevère acaule ; le 24, perce-neige, saxifrage à feuilles épaisses; le 25, pâquerettes (en petit nombre); le 3o, orme. Depuis le 12, on trouve quelques violettes des bois; un groseillier doré et un cognassier du Japon portent quelques fleurs.
- 1. Les observations du Pare Saint-Maur, faites à l’heure locale
- jusqu’au 3i décembre 1912, ont été reportées à l'heure légale à la date du lor janvier 1913. L’heure légale est en retard sur l’heure locale de 9m58s. ,
- 2. Depuis le Ier janvier 1910, les moyennes mensuelles de la pression, de la température et les totaux mensuels de la pluie sont rapportés aux normales de 5o ans (i85i-igoo) déterminées par M. Angot.
- Pour les autres éléments les comparaisons ont été faites de 1904 à 1908 avec les moyennes des 3o années (1874T903), de 1909 à 1912 inclus, avec,les moyennes de 35 ans (1874-1908). Elles sont faites à partir de janvier 1913 avec les moyennes de 40 ans 1874-1913. Ces moyennes sont d’ailleurs presque identiques à celles des 35 années (1874-1908).
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- HYGIÈNE ET SANTE
- La carie dentaire et sa localisation. —-La carie dentaire’ est une maladie fréquente et dont la genèse tient bien souvent au défaut de propreté de la bouche, au défaut d’entretien des dents. J’en ai donné des preuves à diverses reprises et les statistiques relevées par les médecins d’établissements scolaires ne sont pas faites pour démentir cette fréquence. La carie frappe-t-elle indirectement toutes les dents? Non, s’il faut en croire le relevé présenté par notre confrère le Dr Herpin à la Société d’Anlhropologie. De même que, entre les divers sujets adultes ou enfants, on constate des variations de fréquence de cette lésion, de même les diverses dents présentent une susceptibilité variable avec chacune d’elles. Les statistiques de dentistes de divers pays s’accordent toutes pour établir que la carie est plus fréquente à la mâchoire supérieure qu’à la mâchoire inférieure; il semble, d’autre part, mais à ce point de
- yue les relevés ne sont plus aussi concordants, qu’il y ait prédominance de la lésion du coté gauche. Sur un chiffre de 12 763 cas observés par Herpin, on compte à la mâchoire supérieure 7525 cas de carie contre 5148 seulement pour la mâchoire inférieure.
- Parmi les dents, en est-il de plus susceptibles les unes que les autres ? Un groupe, dit notre confrère, semble particulièrement indemne, c’est celui des incisives et même des canines inférieures qui ne sont atteintes que dans une proportion tout à fait restreinte. Faut-il attribuer cette immunité relative à la présence de la salive qui forme autour d’elles un bain incessamment renouvelé, alors que les autres dents sont à peine humectées, et qui dilue pour ainsi dire plus facilement qu’à la mâchoire supérieure les produits septiques, c’est possible. Les prémolaires inférieures voisines sont moins fréquemment atteintes que les supérieures. Pour
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- HYGIENE ET SANTÉ
- les autres groupes de dents, la proportion des lésions est sensiblement égale.
- Le groupe des premières molaires semble le plus affecté et cela semble légitime étant donné que la dent de six ans, la première sortie des dents définitives, est aussi celle qui séjourne le plus longtemps dans la cavité buccale et se trouve de ce fait la plus exposée à l’action des agents extérieurs.
- Cette localisation varie, il faut le dire, dans les statistiques ; ainsi, tandis que Magitot, Herpin, Giuria, de Gênes, assignent la première place,* dans l’ordre de fréquence des lésions, au groupe des premières grosses molaires, d’autres, comme Scheff, Hitchcock leur assignent d’autres groupes. En examinant de près les statis-
- tiques, on peut établir qu’il y a, pour une bouche donnée, une uniformité de carie manifeste pour les Allemands, un peu moins nette pour les Anglais et qui va en diminuant pour les Français et surtout pour les Italiens. La susceptibilité à la carie va en décroissant à mesure qu’on descend vers le Midi et ces faits sont en accord avec la répartition de la carie dentaire en France, où l’on voit que les régions soumises à des invasions, nombreuses venues du Nord (populations kimriques) sont celles qui donnent la plus forte proportion de caries.
- Les questions de races doivent donc être envisagées dans le problème étiologique de la carie dentaire. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Contre les brûlures. — L’application d’une couche d’huile sur la partie brûlée, pour empêcher le contact de l’air, donne comme on sait de bons résultats. A en croire plusieurs praticiens teinturiers, l’emploi des sul-foricinates ou huiles solubles, combinaisons miscibles à l’eau obtenues en faisant agir sur l’huile de ricin d’abord l’acide sulfurique, puis un alcali, permettrait d’obtenir de meilleurs effets encore. Contrairement à l’acide picrique on ne doit pas appliquer l’huile soluble sur des plaies qu’il irriterait plutôt, mais sur l’épiderme, même dans le cas de brûlures très graves, et surtout si l’application est immédiate, il y a soulagement très rapide.
- Il est intéressant de signaler cette propriété d’autant plus qu’elle est assurément peu connue, que le produit est fort bon marché, et qu’il est employé dans nombre d’ateliers : teintureries en rouge turc, constructions mécaniques (comme lubrifiant pour les forets de machines à percer, les outils de tour, etc.).
- (Moniteur de la teinture.)
- Un vernis pour les métaux. — Nous avons mis à l’essai, dans le Laboratoire de La Nature, un produit nouveau destiné à préserver les métaux contre l’action des agents atmosphériques. C’est une sorte de vernis
- d’une extrême fluidité, constitué par la dissolution de gommes dans des dissolvants appropriés. Ces gommes sont traitées par un procédé spécial qui accroît dans de notables proportions la contraction moléculaire et leur donne, par suite, une grande imperméabilité aux gaz. de toute nature.
- Ce vernis a été spécialement étudié pour le service de la Télégraphie militaire qui a obtenu, par son emploi, une inaltérabilité complète des miroirs métalliques argentés des projecteurs oxyacétyléniques. L’utilisation de ce produit s’étend à tous les métaux, il constitue un excellent anti-rouille pour la conservation des armes, des panoplies, et de tous les objets métalliques : cuivres, argenterie, bronzes, fer forgé, qui, après astiquage et vernissage, conservent, pendant deux ans, leur aspect de neuf.
- Le produit s’applique à froid avec un tampon d’ouate imbibé de vernis que l’on promène simplement sur le métal. La pellicule invisible, parfaitement transparente, est sèche au bout de 24 heures et le métal acquiert une inaltérabilité complète.
- Le produit, appelé vernis Camt, est exploité commercialement par M. Gilart, 72, rue Taitbout. Prix du flacon : o fr. 65.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. —• Dans la boîte aux lettres, la Réfaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai dé dix à quinze jours.
- AVIS AUX LECTEURS. — Nous prions instamment nos lecteurs désirant recourir à l'avis du Laboratoire de la Nature à propos d'insuccès dans les recettes, de vouloir bien nous décrire tout au long les manipulations qu’ils effectuèrent. Une suffit pas de nous dire « J’ai essayé telle recette sans réussir » pour que nous puissions les renseigner efficacement : il faut noter le mode opératoire suivi dans chaque essai, le détail des résultats obtenus. Il est bon si possible de nous envoyer un échantillon, il est intéressant de nous faire part de ses observations et de ses idées. Nous pourrons de la sorte renseigner plus rapidement et plus sûrement.
- Renseignements. —M. J. D., Doubs. — Comme solvant de la résine, si vous voulez un liquide bon marché, il faut prendre des hydrocarbures minéraux : benzol, éther ou essences de pétrole. Comme solvants inodores, nous ne connaissons rien; mais il en est dont l’odeur n’est nullement désagréable : par exemple, parmi les produits peu connus, les dérivés chlorés de l’éthylène et du méthane (fabriqués par la Société des carbures 80, rue Saint-Lazare, Paris).
- M. P. de Framo, de Tersant, Malaga. — Nous publierons bientôt un article sur cette question. — Nous vous conseillons d’acheter un transformateur à une Société d’électricité, par exemple, Ducretet, j5, rue Claude-Bernard, Paris, plutôt que de le faire vous-même. Pour
- transformer de l’alternatif en continu, vous avez, en outre des moyens que vous indiquez, le redresseur à vibreur construit par M. Soulier, rue de la Gare, 7, Arcüeil (Seine).
- M. Wirth, Lisbonne. — Sauvetage des sous-marins. — Il n’existe aucun appareil qui permette de ramener à la surface un sous-marin immergé à 60 mètres de profondeur et qui s’y trouverait immobilisé. 11 est d’ailleurs certain qu’un sous-marin qui se trouverait dans cette situation critique verrait presque aussitôt sa coque se crever sous la pression de l’immense colonne d’eau qui le surmonterait. En tous cas, aucun scaphandrier, muni des appareils actuellement employés, ne peut descendre et travailler à cette profondeur.
- M. B. M., Gray. — Les taches jaunâtres sur gravures anciennes disparaissent sous l’action de l’eau oxygénée diluée (10 à 25 pour 100). Il est facile d’opérer soi-même avec une simple cuvette pour photographie.
- Abonné n° 1731, à Albigny, Rhône. — Nous étudions au Laboratoire la préparation des encres pour papier de couleur et publierons bientôt une recette à ce sujet.
- Abonné ig56-558, à Poitiers. — Les chaufferettes à forte accumulation de calories peuvent être obtenues avec des solutions de divers sels. On emploie souvent l’ace-tate de soude, le chlorure de baryum. Les modèles à la baryte dont vous nous parlez sont obtenus en faisant fondre au bain-marie de la baryte hydratée ordinaire et en emplissant aussitôt la bouillotte ensuite hermétiquement refermée (il est bon de souder le bouchon pour éviter toute possibilité de fuites). Quand la bouillotte est refroidie, on la réchauffe toujours au bain-marie, le feu nu pouvant provoquer un éclatement. Eviter de laisser longtemps à l’air la baryte qui absorbe gaz car-
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- tonique, et humidité en perdant ses propriétés. Il faut un peu moins de 2 kilogrammes du produit commercial par litre de capacité des bouillottes à remplir.
- M. Roman, Aix. — Pour récupérer l’argent dans des balayures d'atelier, on calcine légèrement ces dernières on traite par l’acide nitrique, on lave et on précipite l’argent en ajoutant au liquide de l’acide chlorhydrique ou une solution de sel marin. Le précipité de chlorure est lavé, séché et calciné ; on obtient au fond du creuset un culot d’argent métallique.
- M. Marion, à Tournon. — i° La trempe des marteaux à rhabiller les meules de moulins se fait comme la trempe ordinaire de tranches de forge mais plutôt douce que dure. La chose très importante ,est d’employer du très bon acier. Il se peut que les marteaux achetés tout faits soient faits avec des aciers de qualité plutôt inférieure. Le mieux est d’acheter de l’acier à 1 fr. 80 ou 2 francs et de forger le marteau soi-même, de cette façon on est sûr de la qualité, on a intéi’êt à à ne pas regarder au prix.
- 20 Les rats mangent plutôt les lanières que la courroie elle-même, car la lanière est toujours enduite d’un peu de glycérine. Le moyen d’éviter que les rats mangent les lanières c’est de les faire tremper dans une dissolution de sulfate de fer. Ce moyen est appliqué avec succès dans plusieurs usines d’Algérie et donne de très bons résultats.
- M. de A'., le Moutchic, Gironde. — Il est très facile de préparer une excellente encre violette fort économique en faisant dissoudre daps un litre d’eau 10 à 20 gr. dextrine ou gomme arabique, 1 gr. acide sali-cylique et 10 gr. violet méthyle.
- Habitués du Café de la Bôurse, Besançon. — Nous publierons prochainement une élude sur les crèmes à la cire pour entretien des chaussures. Pour cirer et colorer le bois, il convient de le badigeonner d’abord avec une solution aqueuse de couleur diamine de teinte voulue. Après séchage, on enduit d’un encaustique; nous donnerons prochainement aussi des recettes pour la préparation de ces mixtures.
- M. le Bibliothécaire de la ville de Beaune. — Nous publierons sous peu une recette pour faire des moulages en étain.
- M. Lebrou, ingénieur, à Sainte-Eulalie-de-Cernon. — Un excellent apprêt pour tuyaux à eau en toile, peut être donné en badigeonnant successivement avec de l’eau de savon concentrée et une solution saturée de sulfate cuprique. Il se forme dans les fils un savon dë cuivre, à la fois imperméabilisant et antiseptique.
- M. J. P., à Clairac. — i° Leçons de choses, par Colomb, chez Hachette. Prix 1 franc. — 20 Pellin et Dubosc, rue de l’Odéon, Paris.
- M. P. L., Roubaix. — Il n’existe pas de produits, inoffensifs ou non capables de conserver aux cheveux la couleur de la jeunesse! Pour enrayer les chutes précoces, on préconise certains produits antiseptiques, ne
- faisant pour la plupart pas^de mal, s’ils ne font pas grand bien. Et il existe d’autre part des teintures pour cheveux nullement dangereuses, à condition de les employer rationnellement (Voir La teinture des cheveux, brochure in-8° à 2 fr. Dunod, éd., Quai des Gds-Augustins, Paris)
- M. Lepide, Bastia.. — Pour conserver aux tubes de caoutchouc leur souplesse, le mieux est de les tenir complètement immergés dans l’eau distillée ou dans une solution aqueuse de phénol à 3 pour 100.
- M. Breton, Châtillon-sur-Seine. — La cire de pétrole mentionnée dans notre recette du icr février, est en fait difficile à se procurer. On peut la remplacer par de l’ozokérite, vendue chez tous les droguistes, en particulier Pelliot, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- M. Labergerie, Verrières. — Pour donner au bois blanc l’apparence de l’ébène on le badigeonne avec une solution aqueuse de chlorhydrate d’aniline (5 pour 100), puis après séchage, avec une solution de bichromate dépotasse (5 pour 100); on recommence jusqu’à suffisante intensité du noir.
- Bibliothèque de l’école des cadets, Namur, — La cire de Carnauba est vendue chez tous les droguistes (par exemple Pelliot, 27, rue des Francs-Bourgeois, Paris); de même que les cires de pétxmle : ozokéiüte, céx’ésine, paraffine, etc.
- M. Richard, rue Danrémont, Nantes. — De tous les tissus de soie, le tussor est l’un des plus faciles à nettoyer. Se servir d’eau de savon tiède ou mieux d’une décoction de bois de Panama.
- M. M. Hodanger, Paris. — Dans l’article il est dit de prendre du fil bien isolé et de faire l’installation soigneusement comme une installation de lumière puisque le courant est à 110 volts. Il est dit également de ne pas prendre du fil de sonnerie, par conséquent, avant de faire le dispositif indiqué, il faut s’assurer qu’il n’y a pas de terre quelque pai’t et que tout est bien isolé.
- M. Seguy, receveur des finances, à Nantes. — Rien n’est plus facile que à’encoller des feuilles de papier : il suffit de les plonger dans une colle d’amidon très chaire (tout à fait fluide) et de laisser sécher à l’ombre.
- M. Desmazières, à Viviez. — i° Une lampe à essence pour travailler le verre, si elle est d’un modèle un peu spécial, ne doit pas être. demandée à un marchand d’appareils de laboratoire, mais à un constructenr spécialiste, à qui vous soumettrez vos ci’oquis. Par exemple, Enfer, 10, rue de Rambouillet, Paris; — 20 les vues pour pi’ojection sont colorées avec des solutions de couleurs dérivées du goudron : vous trouvei’ez des mixtures toutes préparées chez Radiguet-Massiot, x5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- M. le Directeur de l’école de la rue Chaponnay, Lyon. — Pour combattre l’humidité des murs, il existe plusieurs bons procédés que vous trouvei’ez décrits dans les Recettes de la maison (pages 302 à 3o5) qui vont paraître chez Masson.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro. *
- La croissance du bananier : J. b’Iziek.— La puissance des moteurs d’automobiles et l’impôt : D. R. — Mont d’Or et Faucille i , E Fournier. — La tragédie du Pôle Sud : V.Foruin. — ‘ Lliiï-Palace : Jean-Paul Lafitte. — Nouvelles transmutations de matière : les expériences de Ramsay, Collie et Patterson ï A. Troller.
- Supplément.----Gustav Patrick de Laval. — Occultations d’étoiles
- par Jupiter. — La fontaine de Vaucluse. — La circulation des cycles, motocycles et automobiles en France. — La radiotele-graphie transatlantique. — L’acier électrique en Finance,— Parcs : nationaux aux Etats-Unis, etc.
- Précis de microscopie, par le Dr M Langeron, préface par le professeur R. Blanchard, in-8° de la Collection des Précis médicaux xxni-751 p., 270 fig. Masson et Cio, éditeurs, Pai'is, 1913. Prix : cartonné toile souple, 10 francs.
- Ce précis a l’importance d’un traité, en ce sens que, bien loin d’être un livre élémentaire, il aborde et expose dans toute leur ampleur les diverses ques-
- tions ou scientifiques ou pi’atiques qui sont de natui’e à intéresser tous ceux qui travaillent dans les laboratoires d’histologie, de zoologie, de botanique, de parasitologie, en un mot, et d’une façon plus géné-l’ale, dans les établissements où l’on étudie l’une ou l’autre des branches multiples qui sont du ressort’de la biologie. M. Langeron a eu le mérite de couper court avec tout le fatras qui encombre d’habitude lès ouvrages de technique microscopique et de ne s’en tenir qu’aux procédés vi'aiment nouveaux, avec lesquels il est très familiarisé et dont la valeur relative lui est bien connue, et ceci aussi bien pour la technique micrographique qu’en ce qui concerne la partie expérimentale et instrumentale de son livre. C’est donc un livre vécu et longuement mûri qui sera indispensable à tous ceux qui s’intéressent au microscope.
- Les transports, par Paul Brousse et Albert Bassède. 2 vol. in-8°, H. Dunod et E. Pinat. Prix : 9 fimncs.
- Paris n’a pas eu, pendant longtemps, un oulillage de ti'ansports qui fût proportionné au chiffre de sa
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- BIBLIOGRAPHIE
- population et à l’intensité de sa vie. On ne saurait même prétendre que celui qui existe présentement résolve toutes les difficultés et réponde à tous les besoins. Cet ouvrage décrit l’outillage des transports parisiens. Les auteurs examinent d’abord les moyens de transport qui utilisent le sol, ou le sous-sol (voi-turés, omnibus, tramways, funiculaires, chemins de fer, métropolitains), puis ceux qui utilisent l’eau (bateaux) et en troisième lieu, simplement pour mémoire, ceux qui utilisent l’air. On peut ainsi, arrivé au terme de cette étude, mesurer d’un coup d’œil d’ensemble ce qui a été fait à Paris dans l’industrie des transports, et entrevoir ce quij reste à faire.
- Les machines-outils, manuel pour apprentis et ouvriers mécaniciens, par Oscar J. Beale, traduit par Omer Buyse. In-16. H. Dunod et E. Pinat. Prix : i fr. 5o.
- Ce petit livre a pour but d’initier les jeunes mécaniciens à la conduite des machines-outils. Il donne des conseils pour l’entretien des machines-outils et ! des instructions pour calculer la vitesse des engrenages et des poulies, ainsi que les roues de rechange pour le filetage. Un chapitre est consacré au travail sous des angles déterminés, un autre porte sur la division rectiligne et circulaire et sur la subdivision des pas de vis.
- La grande industrie des acides organiques : bitartrate de potasse, acide tartrique, acide citrique, par Ulysse
- Roux. In-8° de vm-544 P-> H. Dunod et E. Pinat. Prix : 20 francs.
- Dans l’élaboration de cet ouvrage, M. Roux s’est efforcé d’exposer simplement et clairement tous les détails de ces industries en cherchant à faciliter, par des exemples numériques, l’application des formules et développant tous les calculs nécessaires à l’établissement d’un avant-projet pour chacune des fabrications traitées.
- Etudes sur Vliistoire byzantine, par Alfred Rambaud. Avec une préface par Charles Diehl. i vol. in-18. Armand Colin. Prix : 3 fr. 5o.
- Par son livre sur l'Empire grec du Xe siècle, Alfred Rambaud avait pris dans les études byzantines rang de maître et même d'initiateur. Les études groupées dans ce recueil, offrent une résurrection de la Byzance des Empereurs, avec son hippodrome empli d’ardentes passions, théâtre de brutales émeutes, sa cour éblouissante, troublée par de sanglantes tragédies, ses types si curieux d’hommes d’Etat, philosophes et guerriers. C’est une contribution à l’histoire des sports et à leur rôle qui tend à ressusciter dans la vie moderne. Un chapitre sur la guerre de races entre Hellènes et Bulgares au xe siècle présente, en outre, un intérêt d’actualité. Précédé d’une préface et enrichi de notes dues à M. Charles Diehl, dont on sait la compétence dans les questions byzantines, ce volume de « Reliquiae » apporte une importante contribution à l’histoire politique et littéraire de Byzance.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 fevr. 1913. — 0°.5 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Tr. nuag. ; gel. bl, ; grains de neige entre 15 h. 10 et 18 h.
- Mardi 18 — 5",0 N. E. 4. Beau. » Beau jusq. 10 h. ; nuag. ensuite ; gel. bl.
- Mercredi 19 — 4°, 9 N. N. E. 3. •Beau. » Gouv. à 6 h. ; beau ensuite; gel. bl.
- Jeudi 20 - 5°,0 N. E. 2. Beau. » Peu nuag. de 10 à 14 h. ; beau av. et ap. ; gel. bl.
- Vendredi 21 — 4°,3 N. 3. Beau. » Beau; gel. bl. ; brume.
- Samedi 22 — 2°, 2 N. N. E. 3. Beau. » Beau ; gel. bl., ; brume. _
- Dimanche 23 ... . — 4°,6 N. N. E. 2. Beau. » Beau ; gelée blanche.
- FÉVRIER 1913. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 FÉVRIER 1913.
- PHASES DE LA LUNE : Pleine Lum le 21 février à 2 h, 4 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L.& Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N* 2076. — 8 MARS 1913,
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Les machines à vapeur de France. — Elles représentaient en 1910 un total de 2 912 000 chevaux-vapeur, auquel il faut ajouter 9667000 chevaux appartenant à l’industrie des chemins de fer. Les chiffres correspondants en 1900 étaient respectivement : r 791 000 et 5 877 000. Les usines métallurgiques utilisent 5/j3 000 chevaux-vapeur contre 3i4ooo en 1900. Les tissus et vêtements 535 000 contre 408000. Les mines et carrières 5o6 000 contre 277 000. Les usines génératrices d’électricité 390000 contre 139000. Les industries alimentaires 231 000 contre 187000. L’industrie du bâtiment, de l’entreprise 198000 contre i34ooo. L’agriculture 178000 contre r33ooo. Les industries chimiques et tanneries i?5 000 contre 80000. Les papeteries 90000 contre 43u’ooo. Les services publics de l’Etat 74 000 contre 49 000.
- Les mesures des cordonniers. — Le Directeur de l’Ecole professionnelle et industrielle de la chaussure à Bruxelles nous écrit : « Veuillez trouver ci-dessous la réponse à une question posée par un de vos lecteurs à propos des mesures employées en cordonnerie (n° 2068 de La Nature). Le compas de cordonnier porte trois mesures : à sa partie inférieure et sur les côtés (pour une disfance de o m. 10) une échelle en centimètres allant jusque o m. 46; sur sa face supérieure, à gauche, une échelle en points de Paris, à droite, une échelle en points anglais. Le point anglais correspond à i/3 de pouce anglais, lequel vaut o m. 0255; chaque point anglais porte quatre divisions appelées lignes. Le point de Paris correspond au 1/4 du pouce français qui vaut o m. 027. Le pouce français se divise en 2 moitiés ou quatre quarts de pouce; le 1/4 étant également divisé en trois parties appelées lignes, le pouce français et le pouce anglais valent donc chacun 12 lignes. »
- Les irrigations en Algérie. — Nous recevons de M. Caufourier, ingénieur des Ponts et Chaussées, à Mostaganem, la très intéressante lettre qui suit. Elle rectifie et complète notre récente information sur ce sujet, et nous sommes heureux de la publier in extenso : « Je lis, à la page d’a Informations » du n° 20O6, un article sur les irrigations en Algérie, où il est dit que « la totalité des eaux dès maintenant captées est loin d’être employée. » Ainsi présentée, l’indication n’est pas tout à fait exacte, et je vais la rectifier et la compléter, tout au moins en ce qui concerne l’0ranie, les principes adoptés étant d’ailleurs les mêmes pour tout le territoire. La zone irrigable est déterminée, comme base d’un projet d’irrigation, par les données expérimentales suivantes. Une récolte de céréales nécessite' cinq arrosages mensuels équivalant chacun à üne couche de o m. 10 d’eau, en décembre, janvier, février, mars et avril : mai est utile mais non indispensable — soit 5ooo m5 à l’hectare pendant ces cinq mois. Cela équivaut à un débit continu de o 1, 38 par seconde et par hectare irrigué, étant entendu que l’on procède non de
- cette façon, mais par tours d’irrigation périodiques réglés par un horaire. La zone irrigable serait donc délimitée, connaissant le débit moyen de la rivière dans la période d’irrigation, à raison de 2 hectares 5 par litre, si la culture était continue; mais elle ne l’est pas et 11e peut l’être en Algérie, pour divers motifs dont le principal est le prix de revient élevé de l’engrais chimique et la rareté du fumier de ferme, le bétail étant élevé à l’air et pâturant sur les jachères faute de cultures fourragères assez développées (faute d’eau, en définitive). Deux assolements sont habituellement pratiqués : l’assolement biennal céréales-jachères (ou mieux céréales-labour préparatoire), et l’assolement triennal blé-orge-jachères (ou mieux labour préparatoire), le premier plus, répandu. Comme l’on n’arrose que la partie emblavée, on voit que les deux assolements conduisent à admettre respectivement 5 hectares et 3 Ha y5 par litre de débit, de sorte que la moitié seulement de la zone irrigable dans un cas, les 2/3 dans l’autre sont cultivés, le débit étant néanmoins utilisé en totalité et l’irrigation étant poussée au maximum. Dans la période estivale, le débit des rivières tombe à 10 pour 100 en moyenne du débit moyen d’hiver (sans tenir compte des crues, qui peuvent momentanément centupler ce dernier débit, mais sont inutilisables). A ce moment, les eaux sont employées, à raison de 1 litre par seconde et par hectare, sur une faible fraction de la zone irrigable que le colon complante en patates, maïs, cucurbitacées et autres cultures hydrophiles dites d’été. Au point de vue administratif; les irrigations sont assurées par des syndicats sous le régime de la loi du 21 juin i865, aux frais des intéressés pour l’entretien, à 5o pour 100 avec la colonie, pour les améliorations telles que bétonnage de canaux : enfin les travaux neufs sont exécutés par le Service des Ponts et Chaussées ou sous son contrôle immédiat, avec subvention de la colonie représentant en général ?5 pour 100 de la dépense totale. »
- L’exportation des oeufs du Maroc. — La France marocaine nous apprend que les oeufs sont actuellement un des principaux articles d’exportation du Maroc. En effet, en 1909, on en expédia 5 4oiog3 kg valant 6 124 964 fr. et, en 1910, 5 562 419 kg pour 6 232 2i5 fr., soit 12 et 16 pour 100 de la totalité des exportations. Mazagran est le principal port de ce trafic; la Grande Bretagne et l’Espagne sont les plus ghands acheteurs. La France Commence aussi à s’intéresser à ce commerce, puisque .ses achats ont passé de 59868 fr. en 1909 à ior 021 fr.1 en 1910 et 284706 fr. en 1911’. Les oeufs du Maroc sont généralement petits ; ils ne pèsent que 5o à 55 gr. en moyenne et valent de 5o à 100 fr. le mille suivant la saison.
- Champignon destructeur des mouches. — On s’est beaucoup occupé depuis quelques années de l’étude des champignons parasites des insectes nuisibles qui peuvent
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- INFORMATIONS
- être utilises pour la destruction de ces derniers (La Nature, n“ 2069). voici un, Empusa muscœ, connu depuis longtemps et déjà proposé comme, moyen de destruction des mouches, que M. Hesse vient de cultiver artificiellement ; les abondantes cultures obtenues peuvent servir à infecter la mouche commune (Musca domestica), la petite mouche (Fannia canicularis) et la mouche charbonneuse (Stomoxys calcit-rans). Les spores du champignon sont avalées par les mouches, germent dans leur tube.digestif et envahissent tous leurs tissus. Le Local Government Board d’Angleterre étudie en ce moment ce nouveau moyen de destruction des mouches.
- Pourquoi les escargots ne voient-ils pas? -— On sait que l'es Escargots ne voient ni’ -les formes ni même les variations d’éclairement, malgré les deux yeux qu’ils portent au bout de leurs' cornes postérieures. Le professeur Emile Yung, qui depuis longtemps s’occupe de ces animaux, vient d’en donner l’explication à la Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève. D’après lui, -les Escargots et autres Gastéropodes terrestres ont un cristallin immobile, sans appareil d’accommodation, ce qui ne leur permet pas de recevoir des images nettes sur leur rétine. De plus, les cellules rétiniennes ne sont pas en continuité avec le nerf optique, ce qui explique la cécité totale de ces animaux. Leur odorat, très lin et très développé, les aide heureusement à se conduire.
- Pour et contre le héron. — Le Field rapporte une longue discussion sur les mérites et les méfaits du héron. Est-il utile ou nuisible ? il serait intéressant de le savoir, afin d’encourager ou de limiter sa chasse. Actuellement, les avis sont partagés. Les uns ont toujours trouvé dans l’estomac du héron de petits poissons, voire même de petites truites, et ils proposent de le chasser et même de récompenser d’une prime chaque capture. Mais d’autres soutiennent qu’il tue les rats, souris, lézards, grenouilles et autres petits animaux sans causer aucun dommage aux poissons; quelques pêcheurs le considèrent même comme un allié qui fait la police de la rivière en détruisant les ennemis de la gent aquatique. Lesquels ont raison? Tel le héron de La Fontaine, méprise-t-il carpes, brochets, tanches, goujons pour ne manger que limaçons ?
- Le chat en Australie. — Une des plus grandes expériences de changement dé faune par introduction d’un nouvel animal est certainement celle qui se poursuit actuellement en Australie. On sait que les Européens importèrent le lapin dans cette île, pauvre en mammifères, dans l’espoir d’augmenter les ressources en viande ; l’augmentation fut plus grande qu’on le pensait; les lapins pullulèrent et devinrent un terrible fléau pour l’agriculture. Pour s’en débarrasser, on eut l’idée d’importer un ennemi des lapins, le chat. Les chats domestiques attaquèrent bien les lapins, comme on l’espérait; mais à leur tour, ils se multiplièrent à tel point qu’aujourd’hui, d’après 1 ’ Agricultural Gazette of New South Wales, ils sont plus nuisibles encore que les lapins. Certains de ces chats domestiques d’Europe, abandonnés ou égarés loin des habitations, sont redevenus sauvages et chassent, sans préférence, les oiseaux, les opossums, les petits mammifères, les jeunes agneaux et même... les lapins. Dans les régions où les chats sauvages sont nombreux, le petit gibier et les jeunes marsupiaux ont presque disparu et l’on peut craindre la destruction de certaines espèces. Le plus terrible est que les chats n’ont aucun ennemi. Aux îles Lord Howe, où les chats sauvages sont devenus énormes (certains pèsent plus de 9 kg), et où ils détruisent un grand nombre d’oiseaux de mer, on a essayé de s’en: débarrasser en introduisant des chiens, mais cette fois on se méfie du nouvel auxiliaire et l’on tue les chiens en excès pour éviter un troisième fléau.
- Statistique infantile. — Dans le dernier numéro de la Revue philanthropique, M. Mirman, directeur de l’Assistance et de l’hygiène publiques, donne des renseignements sur la mortalité des enfants de la naissance à un an. Celle-ci décroît sensiblement, comme le montrent les statistiques suivantes relatives à l’ensemble de la France. En 1906, on enregistrait i35,5 décès pour 1000 enfants; en 1907, 118,7; en *908, ii6,3; en 1909, io5,3; en 1910, 100,1. Cet heureux résultat est certainement dû à la vulgarisation des préceptes d’hygiène et à l’œuvre admirable des crèches et des consultations de nourrissons. Mais si la mortalité infantile diminue, le nombre
- des enfants assistés croît fortement; de 50734 en 1900, ils sont passés à 64 773 en 1910, soit une augmentation, de 27 pour 100.; et cette constatation est aussi lamentable que la première est encourageante.
- Pêches maritimes de P Angleterre. — D’après The-Field, le poisson débarqué en Grande-Bretagne en i885-s’élevait à 58o 000 tonnes valant 1S2 millions de francs; en 1911, on en apporta 1 Ï79 2io1 tonnes pour 285 millions de francs. Presque tous provenaient des chalutiers qui pêchent aujourd’hui de là mer Blanche et de la côte russe de l’Océan Arctique-jusqu?àu large du Maroc. Si la même progression continuait, la flotte de pêche anglaise apporterait en 1935 2 millions 1/2 dé tonnes de poissons sur les marchés du littoral^ mais cet accroissement ne peut être maintenu car les chalutiers repêchent guère en pleine mer, mais bien sur le plateau continental qui est limité et, de plus, il est fort à craindre que cette pêche trop intensive.ne finisse par appauvrir les réserves de la mer en poisson.
- L’Alpe homicide en 1912. —- D’après les statistiques publiées par 1 Union alpine allemande et autrù-chienne, le nombre des victimes des Alpes a été, l’année dernière, le plus restreint qu’on ait relevé depuis douze ans. Le nombre total des morts en montagnes alpines a été en effet de 1117 pour ces douze ans, de 182 en 1911, 128 en 1910, et seulement g5 en 1912. 36 de ces morts se sont produites sur le territoire allemand, 26 aux environs de Vienne, 29 dans le Tyrol et le reste en Suisse. 53 de ces morts sont dues à des chutes dans des précipices, i3 à des avalanches, 8 au froid, les autres à divers accidents, Enfin, sur les g5 victimes, il y a 6 femmes. Le mont Blanc à lui seul a fait trois victimes, le même jour : l’alpiniste D. Jones, de Cambridge, sa femme et le guide J. Truffer (i5 août 1912).
- Les monastères du mont Athos. — Une des rares questions où se soient trouvés d’accord les délégués à Londres des puissances en lutte dans les Balkans a été le maintien, en tout état dé cause, de l’autonomie assurée aux moines du mont Athos depuis le sultan Mourad IL Les vingt monastères: de la célèbre montagne, avec les nombreux hameaux qui-en dépendent, occupent'un territoire d’environ 5oo kilomètres carrés, et la population des moines compte en gros 7000 âmes. C’est une sorte de république, où le pouvoir se trouve aux mains d’un Conseil, élu par les monastères. Comme les monastères grecs sont la majorité (17 .sur 20), le Conseil est grec lui-même,, quoique d’ailleurs le contingent du monastère russe et de ses dépendances soit en fait aussi important en nombre, et qu’il y ait un monastère serbe et un bulgare. Ces monastères sont de deux types, suivant qu’ils ont pour chefs un abbé élu pour la vie ou un Conseil de deux ou trois moines. D’une hospitalité très renommée, le mont Athos est cependant interdit rigoureusement aux femmes... et aux animaux. Après la prise de Salonique, la reine de Grèce, qui voulait visiter la montagne, dut renoncer à son projet devant les vives protestations des moines, Lady Slratford Radcliffe (son mari était l’ambassadeur anglais à Constantinople de 1810 à i83o) est la seule femme qui soit parvenue à violer la consigne dans les 5oo dernières années. On sait que le mont Athos renferme des trésors au point de vue archéologique ; par malheur, les vieilles et belles fresques qui s’y trouvaient ont été odieusement barbouillées, sous prétexte de restauration.
- Le bilan de l’émigration. — Durant les douze mois terminés au 3o juin, les émigrants débarqués aux Etats-Unis n’ont: étéqu’aunombre de 838712; il faut y ajouter 178 988 émigrants en transit.. (En 1905, le nombre des émigrants avait été de 1 026 499)- D’autre part, 333 262 personnes établies dans le pays, mars de naissance étrangère, sont parties des Etats-Unis durant ces mêmes douze mois, et en annonçant leur intention de ne pas revenir. 282030 personnes en sont parties également, mais avec l’intention de revenir. Tous comptes faits, on constate que l’immigration n’a augmenté la population que de 401 8(53 personnes, le chiffre le plus bas qu’on ait enregistré depuis cinq ans.
- Le 3e Congrès international du froid aura lieu cette année du 14 au 24 septembre à Washington et Chicago. Rappelons que le premier eut lieu à Paris, le second à Tienne.
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- Pylônes pour transport de force. — Lorsqu’il «’agit de transport de- force, la canalisation électrique entre, cotnme on‘sait, pour une très grande part dans ; les dépenses de premier , établisse meut. Il est donc très important de réduire non seulement lé poids des lils qui servent à ce transport de^forcë, mais saussi le prix des pylônes qui doivent servir de support à ces fils. D’un • autre côté ces pylônes doivent offrir une résistance suffisante aux efforts auxquels ils sont soumis, être aussi économiques que possible et; de plus, présenter un aspect de légèreté et d’élégance, surtout si ceux-ci doivent-être placés à l’intérieur d’une ville.' v v :
- .Dans cet ordre d’idées nous croyons intéressant de signaler un.,type de pylône étudié par M. Loisy, chef du
- transversale du pylône et du tube métallique qui le surmonte.
- Fig. 2. — Pylône double pour courants à haute tension,
- Fig. I. Fig. 2.
- service électrique de l’usine de Cognac. C’est un pylône mixte, moitié en béton armé, moitié métallique. Il se compose (fig. i) du pylône proprement dit qui est en béton armé. Son armature est formée de quatre fils ronds de x8 mm de diamètre reliés par des liens de 7 mm de diamètre. Le béton se compose de 4ôo kg de ciment par mètre cube. Ce pylône est encastré dans le sol à une profondeur de i m. io.
- A la partie supérieure de ce pylône et en prolongement de celui-ci se trouve un tube métallique de 4 m. 5o de longueur. Ce tube est encastré dans le pylône à une profondeur variable de telle sorte qu’il est possible de placer les fils à la hauteur voulue suivant les besoins. Ce pylône est calculé pour résister à un effort de i5o kg agissant à son sommet. Du reste, il est possible, en faisant varier les dimensions de l’armature, de lui donner la résistance nécessaire. Son poids est, en moyenne, de 8oo kg et le prix varie entre 55 et 65 francs.
- Ce type de pylône a été employé avec succès par la Société électrique de Cognac-Royan pour l’équipement de plusieurs de ses lignes, notamment pour la ligne à haute tension (36oo volts) entre Cognac et plusieurs propriétés et châteaux voisins. Ces pylônes sont en service depuis 6 ans et ont donné toute satisfaction.
- Raccord rapide pour vapeur ou gaz. — La figure r ci- contre représente up raccord rapide qui peut servir pour le raccordement instantané de tuyaux de vapeur ou de gaz. Pour cela on vient faire un bloquage énergique sur une rondelle joint r que l’on écrase entre les deux têtes A et D du raccord.
- A cet effet, la douille B est filetée et porte deux épau-lements dans lesquels viennent se placer, pour être
- maintenus dans le sens longitudinal, la collerette de la pièce A qui porte deüx secteurs. La rotation est bloquée par un doigt d’arrêt. La rondelle du joint qui se trouve entre les collerettes des pièces A et D peut être écrasée par un écrou creux que traverse la pièce D et qui en se vissant dans la douille D vient serrer l’un contre l’autre lès deux raccords. Cette opération peut se faire très
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- rapidement et l’avantage de ce dispositif est dè ne pas coûter plus cher que le raccord ordinaire.
- Pour les tubes de vapeur, de chauffage, de gaz ou d’eau sous pression, on emploiera un joint métallique ou un bourrage approprié. S’il s’agit d’une canalisation ordinaire d’arrosage, le joint de cuir est suffisant. — Chez Kirfel, ig6, rue Michel-Bizot, Paris.
- Chauffage
- La Spirale radjatrice. — Le chauffage au moyen des foyers placés directement en dessous d’une cheminée est si défectueux qu’on y renonce de plus en plus : il y a au moins la moitié de la chaleur produite qui s’en va par la cheminée sans aucun profit. On peut récupérer une partie de cette perte, quand on se sert d’un poêle, en allongeant le tuyau de tôle qui le relie à la cheminée; mais cela manque d’élégance et c’est peu pratique. Il se produit même souvent, quand la conduite est un peu longue, une cpndensation.dont ‘ le résultat est de faire couler un liquide noirâ-'tre sur le parquet. Dans certains pays où les poêles sont très en usage ou donne au tuyau en tôle un développement localisé sur un petit espace en lui faisant prendre des formes géométriques telles que losanges ou rectangles.
- La spirale radiatrice a été inspirée de ces considérations et elle a été étudiée de façon à être adaptée très facilement à un tuyau de poêle quelconque (fig. 2); il suffit en effet de l’intercaler entre deux sections du tuyau, où elle occupe de 3o à 60 centimètres de hauteur selon le diamètre de celui-ci.
- Elle est formée (fig. 1) d’une section droite de tuyau en tôle sur lequel on a disposé une spirale creuse, également en tôle, ayant son entrée A à la partie inférieure et sa sortie B à la partie supérieure. Une clef C, placée au milieu de la section droite,, permet de manœuvrer un disque obturateur qui la ferme complètement ; dans ce cas les gaz chauds produits par la combustion sont forcés de traverser complètement la spirale avant de s’échapper dans la cheminée. Il y a, par conséquent, une quantité d’air beaucoup plus considérable qui se trouve
- Fig. 1. -Fig. 2.
- Détail Je l’appareil. — Vue d’ensemble..
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- chauffée pai' suite de son contact avec la spirale; cet air monte à la partie supérieure de la pièce et se trouve constamment renouvelé par de l’air plus froid qui vient s’échauffer à son tour. — Si la chaleur est trop forte à un moment donné, il suffit de manœuvrer la clef de façon à ouvrir l’obturateur et l’effet de la spirale se trouve aussitôt supprimé, les gaz s’échappent par le chemin le plus court qui leur est offert.
- 1 Cet appareil très simple et peu coûteux est tout indiqué pour les établissements qui n’ont pas le chauffage central tels que les ateliers, les écoles, les casernes. Des expériences ont été faites dans certains régiments de Paris et les résultats ont été très satisfaisants ainsi qu’en témoignent les diagrammes que nous avons sous les yeux. Au mois de novembre dans une salle de 355 mètres cubes on obtenait avec la spirale en 4 heures une élévation de température de io degrés (de 90 à 190); tandis que, pendant le même temps, avec un poêle ordinaire et avec là même quantité de charbon, on ne dépassait pas une élévation de plus de 6° (90 à i5°). Dans une autre expérience pour une chambrée de 255 mètres cubes on maintenait avec la spirale une température moyenne de 170 pendant 4 heures et demie tandis que sans la spirale on ne pouvait obtenir cette température que pendant 3 heures avec la même quantité de charbon.
- Ces résultats méritent certainement d’attirer l’attention; la simplicité d’application de ce système, son faible prix de revient, comparés à l’économie de combustible réalisé, sont de nature à le faire adopter non seulement par les particuliers pour le chauffage des appartements, mais surtout par l’armée, par les grandes administrations et les industriels, pour tous les locaux où l’on ne peut pas installer le chauffage central.
- Divers
- Économisons nos chaussures ! — Le moyen déciût ci-dessous qui permet de prolonger dans de grandes proportions là durée normale des souliers est simplement une application du proverbe : « Mieux vaut prévenir que guérir ».
- Ce procédé présente l’avantage, en restant à la portée de tout homme un peu adroit de ses dix doigts, d’assurer aux chaussures une durée au moins double dé celle qu elles ont normalement.
- Mais avant d’indiquer un remède au mal dont souffrent généralement1 nos pauvres souliers, examinons d’abord la marche du mal, il sera alors plus facile de le guérir.
- Nous sortons du magasin le pied chaussé d’une bottine élégante, que nous avons choisie en même temps assez forte pour qu’elle puisse supporter vaillamment et le plus longtemps possible les intempéries. Pendant quelque temps tout va bien, notre chaussure est excellente, mais après un délai plus ou moins long elle commence à manifester des signes d’usure et neuf fois sur dix, c’est la semelle qui aura été la première atteinte.
- Par économie nous portons la chaussure en cet état encore le plus longtemps possible et lôrs-qu’enfîn, elle est devenue trop malade, nous avons recours à l’homme dé l’art. Ce dernier, après un rapide coup d’œil, nous déclare qu’un ressemelage et un redressage des talons déjà tordus va remettre Trépied de cordonnier, notre chaussure à l’état de neuf.
- Ceci ne se fera évidemment pas sans bourse délier et la somme demandée est toujours assez élevée comparativement à la valeur de la chaussure.
- Mais ce n’est pas là le plus gros inconvénient;
- Pour faire sa réparation, le cordonnier doit clouer une nouvelle semelle sur ce qui reste de bon de l’ancienne, en le faisant il disloque complètement la liaison imperméable qui existait entre l’empeigne et la semelle ; ûotre chaussure va donc prendre l’eau, sans compter que l’empeigne dont la couture a été fortement endommagée par ce travail se coupera à la moindre fatigue subséquente, ce qui nous obligera à abandonner notrè chaussure au chiffonnier si nous ne voulons pas la porter ornée d’un racommodage.
- Par-dessus le marché, si notre cordonnier n’avait pas pour son travail une forme exactement semblable à celle de la chaussure primitive, celle-ci sortira de ses mains complètement déformée.
- L’origine du mal est donc le manque de résistance de la semelle à l’usure. Le remède est bien simple, empêchons celte usure de se produire*
- Achetons simplement un trépied de cordonnier. Cet outil que représente la figure 1 porte trois formes, une pour talons, les deux autres pour semelles homme et femme. Procurons-nous encore un peu de cuir pas trop épais (3 à 5 mm) et quelques pointes.
- Aussitôt notre chaussure achetée, avant quelle ait été portée, garnissons la semelle d’une contre-semelle, de notre cuir. Pour cela, découpons cette nouvelle semelle de même forme que celle du soulier, mais en la faisant moins large de 5 mm sur tout le pourtour, de façon qu’en appliquant celte contre-semelle sur la semelle du soulier, celle-ci déborde de 5 mm. Ceci est très important, car nous rendrons ainsi notre contre-semelle beaucoup plus facile à placer, puisque nous éviterons la partie la plus difficile de l’art du savetier, à savoir : l’ajustement du Fig. 2. — Le soulier protégé, pourtour d’une nouvelle
- semelle, de façon à ce qu’elle se conFonde avec l’ancienne.
- Une fois notre cuir découpé, mettons notre chaussure sur la forme correspondante du trépied et fixons cette contre-semelle au moyen d’une couronne de petites pointes (voir figure 2).
- La semelle du soulier étant en très bon état, les pointes auront une prise facile et les deux semelles s’appliqueront très bien l’une sur l’autre.
- Nous en ferons de même pour le talon, en ayant soin que la pièce rapportée soit également en retrait de 5 mm sur le talon du soulier, toujours pour le même motif que ci-dessus.
- Yoilà notre chaussure désormais garantie contre l'usure de la semelle et tout le cortège de maux qui s’ensuit.
- Evidemment cette contre-semelle va, elle aussi, s’user par l’usage, c’est inévitable, mais dès que nous la verrons se percer, nous n’aurons qu’à la déclouer et la remplacer par une neuve. Nous pourrons même, puisque c’est la partie correspondant à la plante du pied qui est la première atteinte, diviser notre semelle en deux parties A et B et ne remplacer que la partie A ou la partie B suivant le cas.
- Nous en ferons de même pour le talon lorsque le besoin s’en fera sentir.
- L’auteur emploie ce moyen depuis plus de deux années et les chaussures ainsi traitées sont encore absolument en bon état, malgré le service assez dur qu’il leur impose, ses occupations l’appelant à être dehors tous les jours par tous les temps.
- Nous avons indiqué tous les avantages du procédé, maintenant retournons la médaille et voyons les inconvénients, ils sont d’ailleurs peu nombreux. La chaussure à laquelle on a ajoute une contre-semelle est devenue un peu plus lourde, c’est vrai, mais la différence est assez faible pour qu’elle n’entre guère en ligne de compte, d’ailleurs on pourra la compenser en achetant des chaussures à semelles un peu moins épaisses.
- Le prix dû cuir pour la contre-semelle est peu de chose si on le découpe soi-même dans des déchets achetés chez un marchand de fournitures pour cordonnier, mais on peut encore souvent éviter cette dépense en employant du cuir découpé dans de vieux souliers, ou dans de vieilles guêtres, même de vieux pneus de bicyclette. Les bouts de courroie de transmission achetés à vil prix dans les usines, sont excellents, car c’est en général du cuir dè 'première qualité, très souple et imbibé de matières grasses.
- Enfin il faudra un peu d’habileté manuelle, mais elle ne dépasse pas la mesure ordinaire, d’autant plus que ce travail est très facile et on le réüssit parfaitement bien après une ou deux expériences.
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- VARIÉTÉS
- La radiotélégraphie en 1911. — Le Journal Télégraphique vient de publier la statistique radiotélégra-phique pour l’année 1911. Ce document permet de se rendre compte de l’état exact de la nouvelle télécommunication au commencement de l’année 1912. En voici les éléments principaux, par pays.
- Afrique du Sud : 2 stations côtières pourvues de récepteurs téléphoniques desservies par 8 agents. Trafic : 4828 radiotélégrammes. Recettes : 33 4d 1 fr. Dépenses : 143 433 fr.
- Allemagne : 19 stations côtières et 283 stations de bord, desservies par 16 morses, 3oi récepteurs téléphoniques et un relais enregistreur. Les systèmes représentés se répartissent ainsi : Telefunken, 242. Marconi; 56, de Forest, 4- Radiotélégrammes : 63379. Recettes : 203 351 fr.
- République Argentine : 11 stations côtières et 25 stations de bord desservies par des récepteurs téléphoniques.
- Australie : Sq stations côtières et 17 stations de bord desservies par des récepteurs téléphoniques. Radiotélégrammes transmis : 938. Recettes : 8926 fr.
- Autriche : 2 stations côtières et 87 stations de bord, 41 récepteurs téléphoniques et 4 morses.
- Belgique : 1 station côtière et 20 stations de bord : 10 morses, 14 récepteurs téléphoniques, 24 agents, 12421 radiotélégrammes,. Recettes : 3164 fr. Dépenses : 43 542 fr.
- Brésil : 5 stations côtières desservies par des récepteurs téléphoniques. 35 agents, 11 528 radiotélégrammes. Recettes : 127246 fr.
- Curaçao : 3 stations côtières, récepteurs téléphoniques, 7 agents, 299 radiotélégrammes. Recettes : 3863 fr. Dépenses : 18 448 fr.
- Danemark : 8 stations côtières et 19 stations de bord, 19 morses, 14 récepteurs téléphoniques, 3i agents, 1967 radiotélégrammes. Recettes : 4682 fr. Dépenses : i8o55 fr.
- Espagne : 12 stations côtières et 28 stations de bord, 6 morses et 40 récepteurs téléphoniques, 49 agents, 6199 radiotélégrammes. Recettes : i5 367 fr. Dépenses : 112 840 fr.
- France : 17 stations côtières et 198 stations de bord, 157 morses et 2i5 récepteurs téléphoniques, 25 agents, 22 3o4 radiotélégrammes. Recettes : 8oi54.fr-.
- Afrique occidentale française : 3 stations côtières, récepteurs téléphoniques, 22 agents, 1910 radiotélégrammes. Recettes : 28 23o fr. Dépenses : 180612 fr.
- Indochine française : 3 stations côtières, 3 morses et 4 récepteurs téléphoniques, 8 agents.
- Madagascar : 2 stations côtières, 1 station de bord, récepteurs téléphoniques, 8 agents, 2527 radiotélé-
- grammes. Recettes •: 26117 fr. Dépenses : 3x 835 fr.
- Grande-Bretagne : 44 stations côtières, 626 stations de bord; 362 stations appartiennent au système Marconi, 29 au système United Woreless, i3 au système Telefunken, 12 au système Lodge-Muirhead, 4 au système Helsby Wireless Telegraph Company, 3 au système de Forest, et 1 à chacun des systèmes Anglo-American Telegraph Company, British Radio et Rochefort. Radiotélégrammes : 62045. Recettes : 269 3oi fr. Dépenses 387 037 fr.
- Grèce : 1 station côtière, 17 stations de bord.
- Indes Britanniques : 10 stations côtières, 2610 radio-télégrammes. Recettes : 15 45g fr- Dépenses : 109422.
- Indes Néerlandaises ; 1 station côtière, 171 radiotélégrammes. Recettes : 1268 fr. Dépenses : 244018 fr,
- Italie : 20. stations côtières, 79 stations de bord, 7x43 radiotélégrammes.
- Japon et Formose : 7 stations côtières, 28 stations de bord, récepteurs téléphoniques, 80 agents, 25824 radio-télégx'ammes. Recettes : 59398 fr. Dépenses : 363 000 fr.
- Maroc : 4 stations côtières, 4ai6 radiotélégrammes. Recettes : 36 510 fr.
- Mexique : 7 stations côtières, 34 agents, 108 radiotélégrammes. Recettes : 1576 fr. Dépenses : 83 057 fr.
- Pays-Bas : 6 stations côtières, 53 stations de bord, 10 morses, 60 récepteurs téléphoniques, 65 agents, 7435 radiotélégrammes. Recettes : 23 432 fr. Dépenses : 72 755 fr.
- Portugal : 6 stations côtières, 6 stations de bord.
- Roumanie : 1 station côtière, 5 stations de bord.
- Russie : 19 stations côtières, 2 stations, de bord, i3 moi’ses, 21 récepteurs téléphoniques.
- Suède : 5 stations côtières, 29 stations de bord, 18 morses, 34 récepteurs téléphoniques, 140 agents, 286 radiotélégrammes. Recettes : 855 fr. Dépenses : 2o3 800 fr.
- Pour compléter ces x-enseignements, il nous semble utile d’ajouter que le nombre des stations nouvelles ouvertes au service pendant l’année 1912 a été de 6o3, dont 62 stations côtières et 541 stations de bord. Plusieurs administrations ont prescrit l’installation obligatoire de postes de T. S. F. à bord des navires transportant des passagers. Le gouvernement autrichien songerait même à confier au ministre du commerce le droit d’établir la station et de la faire exploiter par ses agents. Il est à désirer que l’initiative autrichienne soit suivie par toutes les administrations. Tous les navires, sans exception, doivent posséder des postes de télégraphie sans fil, si les compagnies de navigation hésitent à s’incliner devant ce devoir humanitaire, leurs gouvernements respectifs doivent les y obliger. L. F.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pour arrêter les saignements de nez. — Le saignement de nez se produit lorsque, sous l’action d’une congestion trop intense de la muqueuse pituitaire, une des artérioles de la cloison médiane vient à se rompre.
- Le plus souvent, ce petit accident cesse de lui-même peu de temps après avoir commencé; mais parfois, il dure assez longtemps pour donner quelques inquiétudes et nécessiter une intervention médicale. On a alors généralement recours aux liquides hémostatiques ou au tamponnement des fosses nasales et à la cautérisation.
- M. le Dr Pech vient de donner dans un des derniers numéros du Bulletin médical un moyen fort simple d’arrêter les épistaxis qui rendra service en ce qu’il est à la portée de tous et ne nécessite aucune instrumentation. Puisque le saignement de nez est dû à une congestion de la muqueuse, le Dr Pech s’est dit qu’il suffit pour l’arrêter, de diminuer celle-ci en abaissant la pression sanguine. On y airivera de la manière la plus simple en provoquant l’afflux du sang dans le thorax par une inspiration exagérée, ce qui produira une diminution de la tension sanguine dans la tête.
- Plus l’orifice d’entrée de l’air dans la poitrine sera étroit, plus il faudra faire effort pour aspirer l’air et plus aussi il conviendra de prolonger l’inspiration pour
- gonfler le thorax au maximum. Quoi de plus simple, dès lors, que de comprimer latéralement avec l’index la narine par laquelle il ne s’écoule pas de sang? Ce mouvement va tout d’abord obturer cette voie d’entrée de l’air, puis, la cloison médiane du nez se rapprochant de la paroi du lobule de la narine opposée, s’adossera à elle et réduira à une simple fente l’orifice par lequel l’air ne pourra entrer désormais que sous l’action d’une aspiration forcée. L’inspiration doit durer de cinq à huit secondes, bouche close. Elle est suivie immédiatement d’une expiration brève par la bouche. Les inspirations se poursuivent quelques instants encore en appelant toujours l’air par la narine qui saigne, et en le rejetant en bloc par la bouche. Ces inspirations doivent être faites debout et tête droite. Deux ou trois suffisent généi*alement pour que le sang cesse de. couler. Il convient d’éviter de se moucher pour ne pas détacher lé caillot qui s’est formé.
- L’anémie cérébrale que Ton procure par ce moyen est si complète que, si on prolonge au delà de toute nécessité ces inspirations forcées, on vacille pris d’éblouissements.
- Tel est ce procédé très simple dont M. Pech garantit l’efficacité.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Découpage du caoutchouc: — Voici un procédé extrêmement simple perméttant le découpage facile des feuilles dë caoutchouc selon des surfaces absolument planes. Il fut imaginé par M. Boissière pour prélever dans les caoutchoucs dont on veut déterminer la qualité, dès bandes destinées aux essais dynamométriques de rupture; quând on découpe de tels échantillons limités par des sections portant des irrégularités, les chiffres sont naturellement faussés/ C’est pourquoi en Allemagne on prélève ces éprouvettes en estampant d’un seul coup un anneau Ou une bande, M. Boissière obtient des échantillons dë toutes formes en employant Une scie à ruban ordinaire dü modèle industriel. Mais il -faut se servir d’une scié fine et sans dents, arrosée constamment, aussitôt avant son entrée dans la feuille de caoutchouc, par un mince filet d’eau dégouttant d’un tuyau disposé ad hoc. <
- Eftcre pour écrire sur le papier noir. — Une telle encre est très utile pour écrire sur certaines étiquettes-réclames, certaines inscriptions pour collections ; on obtient de la sorte des inscriptions très visibles, d’un aspect sortant de l’ordinaire.
- Rien de plus facile qüe de préparer üne pareille mixture. On fait une colle très claire avec loo gm d’eau et 5 à 20 gr. de gomme arabique. Puis on triture dans le liquide de io à 25 gr. d’une poudre blanche et légère : craie lévigée,.ou amidon de préférence. L’encre est faite et peut être appliquée à la plume ou au pinceau; on doit toujours agiter avant emploi pour bien mettre le pigment en suspension. . • : -'r:
- On obtient des : traits^ bien blancs fort visibles aussi bien sur toutes sortes de papiers foncés que sur le noir. Il faut préférer la craie à l’amidon parce que lés traits amidonnés ne prennent leur pleine couleur qu’après séchage, Rejeter les poudres blanches trop peit couvrantes, donnant des traits pâles (talc, lcaolirt; oxyde de zinc, lithopone), ou trop lourdes, et se sédimentant alors très vite (céruse, blanc fixe). Les proportions sont très approximatives et, pratiquement, On peut ne rien mesurer du tout. ; ; ;
- On peut effacer les traits en lavant à l’eau avec un pinceau, ce qui permet les retouches. Si les étiquettes doivent résister au frottement, il est indispensable d’y projeter finalement au pulvérisateur tin peu de vernis copal coupé d’alcool. [Laboratoire de La Nature.)
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent- accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- AVIS AUX LECTEURS. — Nous prions instamment nos lecteurs désirant recourir à L'avis du Laboratoire de la Nature à propos d'insuccès dans les recettes, de vouloir bien nous décrire tout au long les manipulations qu’ils ej'J éditèrent. Il ne suffit pas de nous dire « J’ai essayé telle recette sans réussir » pour que nous puissions les renseigner efficacement : il faut noter le mode opératoire suivi dans chaque essai, le détail des résultats obtenus. Il est bon si possible de nous envoyer un échantillon, il est intéressant de nous faire part de ses observations et de ses idées. Nous pourrons de la sorte renseigner plus rapidement et plus sûrement.
- Renseignements. — M. H. de T:, à Paris. — Nous ne connaissons pas la brosse que vous nous indiquez.
- M. G. F., à Grugies (Aisne). — i° Les graines de luzerne et de trèfle cuscutées sont celles qui_contiennent •en mélange des graines de cuscute, plante parasite qui envahit les prairies artificielles formées par ces légumineuses, qu’elle étouffe, et dont elle diminue parfois considérablement la récolte. C’est pourquoi, lorsqu’il s agit de semer les luzernes et les trèfles, il faut avoir soin de n’employer que des graines exemptes de cuscute ; •— 2° il ne faut pas trop se fier à la dénomination de « graines décuscutées » donnée comme garantie de pureté, car c’est là une terminologie imprécise qui, parfois, n’a pas d’autre but que de tromper l’acheteur ; l’essentiel, c’est d’avoir la certitude que le décuscutage a été fait avec tous les soins voulus. Le Service de la impression des fraudes tolère io graines de cuscute par kilogramme de luzerne ou de trèfle vendus sans la mention « non décuscuté », aussi lorsque ce chiffre u’est pas atteint, il faut passer les semences au tamis n° 220 s’il s’agit de la petite cuscute, et au tamis à alvéoles s’il s’agit de la grosse cuscute. C’est par le prélèvement d’échantillons, soumis ensuite à l’analyse, que l’on peut se rendre compte si les semences de luzerne et de trèfle ont été décuscutées. On peut aussi expertiser les lots en jetant les semences suspectes dans l’eau; celles de la cuscute ne vont pas au fond, tandis que les autres vont au fond de l’eau. L’analyse exigerait un développement que nous ne pouvons donner ici, faute de place. Tous renseignements vous seront donnés à ce sujet par la Station d’essais de semences à Paris (4, rue Cervantès prolongée), où vous pouvez, vous adresser pour obtenir les instructions relatives au prélèvement des échantillons, etc.
- Le prix d’une analyse ordinaire est de 2 fr. à 2 fr. 5o; — 3° pour décuscuter les semences de légumineuses, on se sert d’appareils spéciaux Jdécuscuteurs), mais il en est de bons et de mauvais, et il faut savoir se servir de l’appareil; c’est précisément parce que, très souvent, l’opération est mal faite, que l’on trouve dans le commerce des lots contenant encore des graines de cuscute, bien qu’ils soient vendus comme étant décuscutés. Mais avec les appareils d’épuration perfectionnés, on arrive, sans faire de déchets exagérés, à éliminer la totalité de la cuscute (petite et grosse), pourvu que l’on opère avec soin et sur des lots de semences bien homogènes. Nous indiquons la décuscuteuse de G. Duval, 46> boulevard Gambetta, à Saint-Quentin (Aisne), machine qui, montée sur une batteuse à petites graines, permet l’enlèvement complet de la cuscute entre deux batteurs (ébourreur et ébosseur). Notez que les graines de la petite cuscute passent à travers un tamis à mailles de x millimètre, le tamis 220 du commerce, tandis que celles de la grosse peuvent atteindre 1 mm 25 et plus. Enfin, pour éviter la présence des semences de cuscute dans les luzernes et trèfles, il faut détruire la plante quand elle apparaît dans les cultures ; délimiter largement les taches de cuscute, les faucher aussi près, du sol que possible, recueillit' et brûler hors du champ tout ce qui a été fauché, répandre sur les taches une solution de sulfate de fer à 10 pour 100 (10 kg de sulfate de fer dans 100 litres d’eau), avoir soin que tous les filaments soient touchés par le liquide; ou bien, passer le râteau de fer sur les places atteintes et y semer ensuite un mélange composé de 2 parties de sel marin, 1 partie de chaux éteinte à l’air et 1 partie de cendres lessivées ou charrées.
- M. de Smet, à Gand. — Le genre spécial de vos tissus nous paraît provenir d’un mode particulier de traitement plutôt que d’un emploi de fibres inusitées. Il faudrait, pour savoir à quoi s’en tenir, faire des essais que nous ne pouvons guère entreprendre à notre Laboratoire où l’on s’occupe de chimie domestique, non de recherches industrielles. Yous pourriez consulter M. Per-soz, directeur du Laboratoire textile de la Bourse de commerce de Paris.
- M. F. Benoit, à Claye; M. Béal, à Vertolaye. — Les cires de pétrole (ozokérite ou paraffines molles) sont vendues chez Pelliot, droguerie, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- M. Béal, à Vertolaye. — Les enduits paraffinés pour parquets s’appliquent toujours à chaud. Pour la désinfection des locaux par l’ammoniaque, il faut 10 cm3 de liquide à 220 B. par mètre cube. Nous ne savons pas quelle est exactement la résistance du bacille de Koch.
- M. L. du B., avenue Victor-Hugo, Paris. — Nous ne connaissons pas de procédés pour rendre à Tébonjt.e
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- verdie à la lumière sa coloration primitive. Mais nul doute que nous ne puissions en établir si vous voulez bien mettre un échantillon à notre disposition.
- M. P: de Montarby, à Saumur. — Les vieux tableaux non vernis sont nettoyés en frottant doucement une éponge imbibée de vinaigre. Les vieux tableaux vernis sont humectés, sans frotter, avec un linge imprégné d’alcool à 4o° ; après contact de quelques instauts, on lave avec une éponge mouillée; après séchage, on passe une couche de vernis.
- M. Courant, le Havre. — Merci de vos très intéressantes observations. Nous savions d’ailleurs que notre pseudo-pétrole pour chevelure n’était pas homogène et avions recommandé d’agiter avant emploi pour émulsionner. C’est en effet sur la demande d’un lecteur que nous avions élaboré la recette pour imiter une spécialité commerciale) or, dans celle-ci, il y a également beaucoup d’essence, et elle n’est pas en solution.
- Mme Brice, à Lille Saint-Maurice. — L’étamage électrolytique est inusité; pour déposer sur bronze une couche très mince d’étain on opère par simple trempage dans des solutions à base de chlorure d’étain, pour
- avoir une couche plus épaisse, on étame à chaud. Voir pour ces procédés le volume de Michel : Coloration des métaux, pages 2i5 à 221 (3 francs, Desforges, éditeur, quai des Grands-Augustins, Paris).
- M. L. Rocket, Granja de Santuiste. — Pour le rétamage des récipients de fer étamé, on opère ainsi :
- a) Faire fondre de l’étain pur dans une poêle en fer chauffé sur un réchaud à charbon de bois dont on active la combustion avec un soufflet fonctionnant sans cesse.
- b) Chauffer les pièces à rétamer sur un autre fourneau semblable, puis les plonger dans un mélange à volumes égaux d’acide chlorhydrique et d’eau, rincer finalement à l’eau et faire sécher près du feu. c) Préparer en décapant en faisant dissoudre dans un peu d’acide chlorhydrique des rognures de zinc jusqu’à refus. Tout ceci fait, on plonge la pièce dans le décapant puis aussitôt dans l’étain fondu saupoudré d’un peu de sel ammoniac ; on la fait tourner dans la poêle, à l’aide de pinces, pour que le métal liquide vienne au contact de toutes les parties de l’objet. Finalement, on frotte la pièce, à peine sortie du bain, avec un tampon d’étoupe et on plonge dans l’eau.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les cristaux d’art d’Emile Galle : Georges Lanorviuue. — Concours d’attelages automatiques pour véhicules de chemins de fer : attelage Pavia-Casalis : R. Bonnin. — Les algues des régions antarctiques : Louis Gain. — La télégraphie sans fil et la prévision du temps : Franck Duroquiër. — A propos de tatous nouveaux : M. Neveu-Lemaire. — Nouvelles transmutations de matière : les expériences de Ramsay interprétées par J.-J. Thomson’: A. Troluer. — Chronique.— Académie des sciences : Ch. de Ville deuil, — Le wagon-cinéma : Dr Ai.fred Gradenwitz.
- Supplément. — L’électricité pour l’amélioration du rendement agricole de la terre, etc.
- Les atomes, par Jean Perrin, professeur de chimie physique à la Sorbonne. 1 vol. in-16 de la Nouvelle collection scientifique, avec figures. Librairie Félix Alcan, Prix : 3 fr. 5o.
- Le livre de M. Jean Perrin résume nos connaissances actuelles sur la constitution de la matière. L’auteur fait l’historique du rôle que les hypothèses moléculaires ont.joué depuis l’antiquité dans le développement de la chimie (théorie atomique) et de la physique (théorie cinétique des gaz). Mais surtout, il insiste sur les expériences récentes qui, en utilisant des phénomènes profondément différents (tels que le mouvement brownien, la coloration bleue du ciel ou le rayonnement d’un four incandescent), ont donné des déterminations précises et concordantes pour le poids ou les dimensions des atomes. Le livre se termine par un aperçu des transformations intérieures aux atomes, et dont la radioactivité a établi l’existence. Comme tous les ouvrages de M. Perrin, celui-ci est un modèle de clarté et d’élégance.
- Pr ogres des métallurgies autres que la sidérurgie, et leur état actuel en France, par Léon Guillet. In-8° de 334 p.> H. Dunod et Pinat. Prix : 10 francs.
- Dans cet ouvrage, M. L. Guillet décrit les progrès les plus récents des métallurgies autres que celles du fer. Pour chaque métal étudié, l’auteur indique, avec détails, les diverses méthodes employées pour les traitements des différents minerais. Des documents économiques (variation de production et de consommation, variation de cours, importations, exportations, etc.), de très nombreuses planches, figures, photographies et micrographies complètent cet exposé de la métallurgie moderne.
- La fabrication du coke et les sous-produits de la distillation de la houille, par Adrien Say. In-8° de 243 p., H. Dunod et Pinat. Prix : i5 francs.
- Dans cet ouvrage, l’auteur a insisté sur la question
- si intéressante de la régénération de la chaleur dans les fours à coke, en traitant avec détails l’épuration des gaz, et abordant l’emploi de ces gaz pour l’éclairage des villes. Il a aussi passé en revue les nouveaux procédés employés pour la fabrication directe du sulfate d’ammoniaque et lés essais relatifs à la distillation des goudrons.
- Les nouveaux horizons de la science : la matière, la molécule, l’atome, par II. Guilleminot. In-8, 297 p. Steinheil, éditeur. Paris, 1913. Prix : 4 francs.
- Brillant exposé de l’état actuel de nos connaissances sur les principales questions de chimie physique.
- Scientific papers, par J.-Y. Buchanan, i vol. in-8°, 314 p-, avec portrait, cartes, diagrammes. Cambridge University Press. Prix : relié, 10 sh. 6 d.
- Buchanan, physicien et chimiste de l’expédition du Challenger, est un des fondateurs de l’océanographie. Il a réuni ses travaux dans ce volume et dans un second qui paraîtra prochainement. Dans celui-ci on trouve l’exposé de notions aujourd’hui classiques telles-que celles de la distribution de la température et de la salinité de l’océan, celle de la nature minérale du Bathybius considéré comme le plus primitif des êtres vivants par Huxley et Haeckel, celle des hauts-fonds sous-marins, etc.
- La pêche, par Cunisset-Carnot, in-8°, 378 p., 48 pl-hors texte et nombreux schémas; Pierre Lafitte, éditeur, Paris, 1912. Prix :
- Précédé d’une humoristique préface de Pierre Mille,, ce volume, très élégamment présenté, révélera en un style alerte, tous les mystères de la pêche en eau douce et en mer. On y trouvera les meilleures recettes pour le choix des engins, la préparation des amorces et des esches, les emplacements de pêche, et aussi les modes de capture des diverses espèces, etc.
- My Adventures among South Sea Cannibals, par Douglas Rannie. In-8° avec 3q illustr. et 1 carte. Seeley, éditeur, Londres, 1912. Prix : 16 sh.
- L’auteur a pendant neuf ans voyagé parmi les petites îles à l’est dq l’Australie comme agent du gouvernement de Queensland (Australie). Il y a vu de nombreux Cannibales èt ayant epr la chance de n’être point mangé, il a rassemblé ses souvenirs dans ce volume. On y trouvera, racontés d’une manière attrayante, de nombreux détails sur les habitants de cette poussière d’îles qui s’étend entre le Queensland et la Nouvelle-Calédonie et que ne visitent guère les Européens et leurs navires.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 fèvr. 1913. — 5°,1 S. E. 2. Beau. j) Gel. bl. ; beau.
- Mardi 25 — (P,6 S. E. 2. Beau. » Gel. bl ; beau.
- Mercredi 26 3°,4 S. E. 2. Couvert. 2,1 Gel. bl. ; très nuag. ; pluie le soir.
- Jeudi 27 5°,4 S. S. E. 2. Couvert. 2,8 Pluie le matin et l’après-midi; couvert.
- Vendredi 28 5°.5 N. 5. Couvert. 0,1 Tin peu de pl. vers 3 h. Couvert.
- Samedi 1*' mars. . . 1°,2 N. E. 1. Couvert. » Gel. hl. ; nuag. jusq. 15 h. ; beau ensuie.
- Dimanche 2 . . . . — 1°,3 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Gel. bl. ; un peu de litige et de «rrési! entre 9 et 10 b. ; nuag.
- FÉVRIER-MARS 1913. — SEMAINE DU LUNDI 24 FÉVRIER AU DIMANCHE 2 MARS 1913.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à bozile sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 16 au 28 février. — Le 16. Pression élevée sur toute l’Europe ; aire supérieure à 770 des Iles-Britanniques à la Russie (Moscou : 777 mm). Dépression dans l’Extrême N. (Yardoe : 755). Quelques pluies sur le N. du continent et la Méditerranée. Temp. du matin : Moscou, —23°; Besançon, —4; Paris, o; Brest et Perpignan, 5 ; Alger, 11 ; moyenne à Paris : i°,9 (normale : 3°,7). — Le 17. Pression très élevée dans le N. de l’Europe (Norvège : 779 mm). Dépressions sur la Méditerranée (Palma : 737 mm) et sur les Açores. Pluie et neige sur le S.-W. de l’Europe. En France : cap Bear, 11 mm d’eau; Lyon, 5. Temp. du matin : Moscou, —24°; Clermont-Ferrand, —4; Paris, —1; Bordeaux, o; moyenne à Paris : o°,6 (normale : 3°,8).
- — Le 18. La dépression de la Méditerranée s’étend vers le N. (Clermont-Ferrand : 756). Fortes pressions sur la Scandinavie et la Finlande. Pluies et neige sur le N. de l’Europe. En France : mont Aigoual, 34 mm d’eau; Biarritz, 4- Temp. du matin : Odessa, — i3°; Nancy,
- — 5; Paris, —3; Marseille, + 5; Alger, 14; moyenne à Paris : — o°,4 (normale : 3°,8). — Le 19. Pression basse sur le S.-W. de l’Europe et la Méditerranée. Minîma à Cagliari et aux Açores. Fortes pressions sur le N.-W. et le Centre. Neiges et pluie sur l’Italie et le Sud de la France : mont Aigoual, 48 mm ; Bordeaux, 8. Temp. du matin : Vienne, —90; Belfort, —7; Paris,
- ___5; Alger, -j- 12; moyenne à Paris : — x°,7 (normale :
- 30 ^). — £e 20. Aire de forte pression du N.-W. au S.-E, du continent. Dépressions dans l’extrême N.; sur la Méditerranée et aux Açores. Temp. du malin : Kief,
- — io°; Paris,. —5; Nantes, —2; Bordeaux, o. —-Le 22. Pression très-élevée sur le N.-W. dé l’Europe. Les dépressions de la Méditerranée et du N. du continent se déplacent vers l’E. Dépi’ession importante sur les Açores. Pluies sur le N. et le S. du continent. En France : beau temps. Temp. du malin : Uléaborg, — 170; Belfort, —5; Paris et Bordeaux, — 2; Perpignan, -{- 6; moyenne à Paiûs : — o°,5 (normale : 4°). — Le 23.
- Les fortes pressions de la veille se sont propagées vers l’E. et le S. Dépression au voisinage de l’Islande. Beau temps en France. Temp. du matin : Clermont-Ferrand, — 70; Paris, —5; Bordeaux,—3; Brest, + 1; moyenne à Paris : 20 (normale : 4°»1 )- — /le 24.. Les basses pressions de l’Islande se rapprochent des Iles-Britanniques et du W. de la France. Les fortes pressions persistent dans le Centre et le W. de l’Europe. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : averses à Biarritz et en Bretagne. Temp. du matin : Hapàranda, —24°; Besançon et Clermont-Ferrand, —5 ; Paris, —3; Biarrilz, +11; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 4°,i)- — Le 25. Vaste zone de basse pression sur l’Atlantique et le N.-W. de l’Europe (Valentia : 742). Fortes pressions sur le S.-E. du continent. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Cette, 23 ram; Limoges, 5. Temp. du malin : Saint-Pétersbourg, — 180; Besançon, —3; Paris, —— 1 ; Bordeaux, + 6; Biarritz, 11; moyenne à Paris : 5°,2 (normale : 4°,2). — Le 26. La pression s’abaisse sur le W. et le N. Fortes pressions sur le S.-E. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Cette, 21 mm; Limoges et Besançon, 8; Paris, 4- Temp. du matin : Arkhangel,
- -— 190; Belfort, —2; Paris, -|~3; Marseille, 9; moyenne à Paris : 6°,i (normale : 4°>3). — Le 27. Basses pressions sur le N. et le W. (Vardoe : 742; golfe de Gascogne : 755). Fortes pressions sur l’Islande ainsi qu’entre l’Espagne et les Açores. Pluies sur le N., le W. et le S. En Finance : Cette, 3o mm; Besançon, 18; Charleville, 2. Temp. du matin : Besançon, —}— 3° ; Paris, —J— 5 ; Toulouse, 7; Alger, jG; moyenne à Paris : 7°,i (normale : 4°,3). —Le 28. La pression s’élève sur tout le W, de l’Europe. Dépressions sur le N.-E. (Riga : 746) et sur l’Islande (754). Pluies générales. En France : quelques avex*ses dans le N., le Centre et l’E. Temp. du matin : Clermont-Ferrand, -f-40; Paris et Marseille, -f- 6 ; Biarrilz, 9; Alger, 10; moyenne à Paris : 5°,3 (noimaale : 4°,4). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 27, à 9 h. 16 m. du soir.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique. Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne <t La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Taris (YJe)'
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite. i;
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 2077. — 15 MARS 1913
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Alfred Picard. — Doué d’une vaste intelligence, animé d une puissance de travail qui ne s’est pas démentie un seul instant au cours de sa longue carrière, Alfred Picard laissera le souvenir d’un des plus remarquables administrateurs de notre époque et d’un des plus utiles serviteurs du pays. Né à Strasbourg eu 1844, M. Alfred Picard, après de fortes études littéraires et scientifiques, entra à l’Ecole Polytechnique en 1862 et de là à l’Ecole des Ponts et Chaussées, au sortir de laquelle il fut chargé successivement d’une mission en Orient, puis au canal de Suez. En 1870, il prit du service dans l’armée de la Loire.
- A la conclusion de la paix, il fut envoyé à Nancy avec le commandement du génie, et au milieu des plus grandes difficultés, en deux mois, il édifiait des casernes-baraquements et aménageait parfaitement la circonscription militaire qui lui était confiée. Dès 1872, il était appelé aux importantes fonctions du contrôle de l’exploitation des chemins de fer de l’Est, d’une partie du canal de la Marne au Rhin et du canal de l’Est, fonctions qu’il occupa jusqu'en 1879. Furent exécutés sous sa direction, entre autres le réservoir de Passy et les machines élévatoires de Yalcourt, de Yacon, etc. Président de la Section des travaux publics, de l'agriculture, du commerce, de lindustrie, des postes et télégraphes au Conseil d’Etat, il fut nommé rapporteur général de l’Exposition de 1889, puis commissaire général de l’Exposition de 1900. Il eut, ensuite, à présider la Commission chargée d’étudier les questions d’organisation du réseau d’Etat après le rachat de l’Ouest. Après la catastrophe de 1 ’léna, il fut quelques mois Ministre de la Marine.
- En 1910, il dirigea les travaux de la Commission des Inondations. Enfin en 1912, il était appelé à la vice-présidence du Conseil d’Etat, Il était membre libre de l’Académie des Sciences. Ses rapports sur les Expositions de 1889, de 1900 (Bilan d’un siècle), sur les inondations constituent des œuvres monumentales, mines épui-sables où quiconque voudra se documenter sur l'évolutiou industrielle, économique et sociale de notre époque devra se reporter.
- L’expédition Mawson dans l’Antarctique. — L’é-
- motiôn soulevée dans tout le monde civilisé par la mort de l’héroïque Robert Scott et de ses quatre compagnons avait à peiné perdu de son intensité que des dépêches de Sydney annonçaient un nouveau désastre polaire : le D" Mawson, chef d’une expédition australienne, et plusieurs de ses compagnons, Savaient pas réussi à regagner le rivage pour' s’eiùbarquer sur leur navire 1 Aurora avant qù)il fût chassé par les glaces, et deux autres membres de l’expédition, le lieutenant Ninnis, de la marine anglaise, et le Dr Mertz, de nationalité suisse, avaient péri. C’est par une dépêche expédiée par télégraphie sans fil de la Terre d’Adélie à 1 île Macquarie,
- et réexpédiée à Melbourne, que le Dr Mawson a annoncé ces tristes nouvelles. Le lieutenant Ninnis aurait été englouti dans une crevasse en traversant un glacier, et le médecin de l’expédition serait mort de maladie. Quant au Dr Mawsou, il envisagerait sans crainte son long hivernage dans l’Antarctique avec ses six compagnons. Rappelons que 1 expédition était partie de Hobart (Tasmanie) le 2 décembre 1911, à bord d’un robuste baleinier acheté à Terre-Neuve, et que commandait le capitaine Dawis, qui avait commandé précédemment le Nimrod, le navire de l’expédition Shackleton. Le but du Dr Mawson n était pas d atteindre le Pôle Sud, mais bien d explorer les rivages et l'intérieur du continent antarctique à l’ouest du cap Adare, région négligée par les explorateurs depuis sa découverte par Dumont d’Urviile, et d’y poursuivre des recherches scientifiques. D’après le Times l’expédition disposait d’un budget de plus d un million de francs, fourni eu majeure partie par lés gouvernements d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Tous les membres, à 1 exception, précisément, dés deux victimes, étaient nés dans l’une ou l'autre de ces colonies. Plusieurs avaient participé brillamment à dé précédentes expéditions antarctiques, notamment le Dr Maw-son, qui, sous les ordres de Sir Ernest Shackleton, avait découvert le pôle magnétique. Le Gouvernement anglais avait fait don de 5oôoo francs à l’expédition; 1 Institut Carnegie, de Washington, l’avait dotée d’un matériel complet pour poursuivre ses études magnétiques; enfin, le Gouvernement danois lui avait procuré 48 chiens esquimaux du Groenland et des traîneaux. Son équipement comprenait un monoplan, qui devait servir à explorer 1 intérieur du continent antarctique; Partie, le 2 décembre 1911, YAurora, contrariée par le .mauvais temps, mettait quinze jours à franchir la distance entre Hobart et l’île Macquarie, où le Dr Mawson établissait une station d’études et un poste de télégraphie sans (il, dont les messages atteignirent le poste de Snwa (Fidji), soit une distance de 3700 km. Le 9 janvier 1912, le navire atteignait le continent à l’extrême ouest de la Terre d’Adélie et pénétrait dans une baie creusée dans la grande barrière de glace, que les explorateurs baptisaient baie du Commonwealth. Ils y établissaient leurs quartiers d’hiver, et le navire se remettait en marche vers l’ouest, après avoir débarqué le Dr Mawsou et quatorze de ses compagnons; qüi se proposaient d’explorer la région en traîneaux. L’Aürora tentait vainement de pénétrer vers le sud à travers les glaces flottantes. Elle passait sur l’emplacement de la prétendue Terre de Clairie, dont elle constatait la non-existence, et atteignait le point choisi pour l’établissement d’une seconde station, par 95° de longitude Est, à 1765 km de la station principale. Après le débarquement et l’installation d’un nouveau contingent commandé par M. Wilde, lé navire repartait pour Hobart, qu’il atte guait le 11 mars, et d’où il s’éloignait bientôt pour
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- poursuivre des éludes océanographiques dans les eaux australasiennes et sub-antarctiques. Dans les premiers jours de décembre, il repartait pour le Sud afin de ramener l’expédition, et nous savons désormais que le Dr Mawson et six compagnons manquèrent au rendez-vous et se virent condamnés à prolonger d’une année leur séjour dans les solitudes polaires, il ne couvient pas de s’inquiéter outre mesure su11 le sort des explorateurs, car une de leurs dernières lettres reçues en Europe, et que publie le Times, précise que la région où ils sont retenus pour un long hiver abonde en phoques et en pingouins. M. Mawson, qui a découvert entre les Terres d’Àdélie et de Victoria une nouvelle île qu’il a baptisée Terre de Georges V, compte profiter de ce séjour forcé pour parfaire ses études magnétiques.
- Une modification chimiquement active de l’hydro-gene. — Un auteur américain, M. Laugmuir, vient de constater l’existence d’une forme spéciale de 1 hydrogène, possédant une activité chimique particulière. Si 1 ou chauffe entre i3oo et u5oo°, dans une atmosphère d’hydrogène, un fil de tungstène, sous une très faible pression, on constate la disparition du gaz hydrogène. Ce phénomène est analogue au « durcissement » des lampes à.incandescence provoqué par une absorption du gaz résiduel par le filament. Si l’on opère dans une atmosphère d’azote ou d’oxyde de carbone, on n’obtient „un effet semblable qu’à partir dé 22000 et son origine est électrique alors qu’avec l’hydrogène, elle est purement thermique. Dans Inexpérience que nous signalons au début, l hydrogène n’est pas absorbé par le fil métàllique ; il est en quelque sorte fixé sur le verre, plus particulièrement si celui-ci est refroidi à la température d’ébullition de l’air liquide. Si on laisse le fil de tungstène se refroidir et si ou laisse l’ampoule de verre revenir à la température ordinaire, l’hydrogène se reforme; il est alors sous un état spécial. Cette nouvelle forme absorbe l’oxygène en s’y combinant; elle se combine directement au phosphore pour donner l’hydrogène phosphoré gazeux PH5, dont la synthèse directe n’avait pu être encore réalisée. En un mot, cet hydrogène manifeste une activité chimique particulière. L’auteur explique ce fait en admettant que, dans les conditions de l’expérience, on obtient 1 hydrogène à l’état d'atomes H (et non pas de molécules H4) et que cet hydrogène atomique libre, d’abord dissous dans le fil, puis rejeté, est rendu incapable de reformer de l’hydrogène moléculaire en raison de la très faible pression du milieu dans lequel les atomes sont très dispersés. Le platine, et surtout, le palladium, jouissent des propriétés du tungstène sous ce rapport, mais à un degré bien plus élevé.
- Passivité du fer des chaudières à vapeur. — On
- sait que la corrosion des chaudières à vapeur constitue un des inconvénients les plus sérieux atteignant la plupart des industries et qu’elle peut avoir pour conséquences la rupture ou l’explosion des chaudières, amenant des accidents graves ou mortels. Aussi ne cesse-t-on d’étudier les moyens d’éviter cette corrosion due, la plupart du temps, à la mauvaise qualité des eaux d’alimentation des chaudières. MM. Byers et Voris se sont proposés assez récemment de déterminer si, ainsi que l’ont prétendu certains auteurs, les solutions de bichromate empêchent l’action corrosive des éléments contenus dans ces eaux. La méthode employée consiste à mesurer le voltage et l’intensité d’un courant passant entre deux électrodes de fer dans les cas où celui-ci est supposé actif ou passif, la passivité étant indiquée par l’élévation du voltage entre les électrodes. Les expériences ont été faites à partir de la température ordinaire et jusqu’à x6o°. Le fer anodique est rendu passif par des solutions de bichromate de potassium de concentration, même très faible, et n’atteignant que o,i25 pour ioo; il reste passif, même pour de très faibles courants entre la température ordinaire et celle à laquelle les chaudières sont portées au cours de leur travail. Le chlorure de sodium détruit cette passivité qui est ramenée par un excès de bichromate; mais les quantités nécessaires de ce dernier corps varient avec la température et passent par un minimum vers 93°. L’action corrosive du sulfate de soude est annihilée parle bichromate employé à la même concentration. Les carbonates et bicarbonates ne semblent pas nuire à l’action préservatrice du bichromate. En pratique, il semble qu'en ajoutant à l’eau d’alimentation des
- chaudières une quantité de bichromate de potassium égale à quarante fois sa teneur en chlorures (calculée en chlorure de sodium), on peut être assuré d’une bonne préservation.
- Carrière de fossiles. — On sait que des quantités d’ossements appartenant à des espèces disparues depuis des milliers d’années ont été recueillies dans le Wyoming (Etats-Unis). La nouvelle carrière de fossiles, découverte dans le bassin de la rivière du Daim-Rouge (Canada, province d’Alberta), promet un butin encoi’e plus important. Une première expédition, organisée par le Muséum d histoire naturelle de New-York sous la direction de M. B. Brown, y a recueilli assez d’ossements pour remplir deux vagons. Parmi les pièces les. plus importantes, on cite un squelette complet de Sau-rulophus, monstre de la famille du Dinosaure; il a près de îo mètres de long, et offre cette très intéressante particularité que la peau de la moitié du corps s’est conservée. Les explorateurs ont rapporté un crâne de Monoclonius (Dinosaure à cornes), et un squelette presque complet d’Ornithomimus, petit Dinosaure à 1 apparence d’oiseau. Comme il convient, ils attachent une grande importance à l’énorme ischion d'Anhylo-saitrus Irouvé dans les fouilles, pièce qui permettra à la paléontologie de reconstituer le squelette de ce gigantesque animal. D’autres ossements paraissent appartenir à des espèces complètement inconnues jusqu’à ce jour. Dès à présent, on annonce que des expéditions s’organisent pour aller étudier et exploiter au printemps cette nouvelle station.
- Grotte du Pis-de-la-Vache, à Lacave (Lot). — M. Armand Viré a commencé en igo5 et repris en 1912 des fouilles à la grotte du Pis-de-la-Vache, dans le parc du château de Laforge (commune de Souillac, Lot) propriété de M. Julien Yalat. Cette grotte est de petites , dimensions, 70 m. de long, sur 10 m. de largeur moyenne, par 170 m. d’altitude, dans la vallée de la Corrèze, à 80 m. au-dessus de la Dordogne. La coupe établie à i5 m. de l’entrée est fort intéressante parce qu’elle comprend :
- A) Une couche stérile de cailloutis anguleux, sable et argile surmontant d’énormes rochers éboulés, qui, peut-être ue constituent pas encore le sol primitif de la grotte.
- Au sommet, squelettes d’Ours des cavernes. . . 2m,5o
- B) Moustérien. —Argile rouge, cailloux roulés,
- pointes et racloirs moustériens en silex, quartz et basalte............................................0m,7O
- C) Couche stérile de cailloutis et éboulis . . . xm,5o
- D) Magdalénien. — Foyers dans cailloutis et
- éboulis. Gs gravé, bois de renne, coquilles percées, aiguilles, etc............................. om,70
- E) Cailloutis stérile...........................om,io
- F) Azylien ou Magdalénien tout à fait supérieur. om,i5
- G) Cailloutis stérile......................, om,io
- FI) Néolithique. — Charbon, hache polie,
- ossements, etc................................... o”\5o
- I) Eboulis de gros blocs ...................om,6o
- Au total..............bm,8o
- Tout l’ensemble des époques préhistoriques est donc représenté ici : 5oo me. d’éboulis environ ont déjà été remués; il en reste encore plus de 4000 à étudier. (Bul. Soc. préhistorique de France, octobre 1912.)
- La migration des hirondelles. — Une revue anglaise d’ornithologie, British Birds, dirigée par M. H. F. Wikherby, a distribué en deux ans à ses lecteurs plus de 32 000 bagues pour les fixer aux pattes d’oiseaxxx saxxvages. Elles portent toutes, en outre d’un numéro d’ordre, l’inscription Witherby, Iligh Holborn, London. Le à3 décembi’e 19x2, un habitant d’Utrecht (Natal, Afrique Australe) capturait à trente kilomètres de cette ville, sur la ferme de Roodeyand, une hirondelle portant une de ces bagues, dont le numéro d’ordre était B. 83o.
- Il: était dont facile d’identifier l’oiseau. On s’est assuré qu’il avait été bagué le 6 mai 1911 par M. G. R. B-Masèfield, à Roseliill (dans le centre de l’Angleterre), où il avait bâti son nid. C’est la première,fois, expose M. Witherby, qu’on ait constaté cet exploit extraordinaire d’une hirondelle née en Europe Occidentale qui soit allée hiverner en Afrique Australe, c’est-à-dire en Ira-versant la moitié de l’Europe et le Continent Africain dans sa plus grande longueur.
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- DU CHOIX DES APPAREILS SANITAIRES
- Bien des personnes sont tentées de croire que pour assainir une habitation, il suffit de remplacer les vieux modèles d’appareils sanitaires par de nouvelles formes. On ignore que dans une installation sanitaire privée, des revêtements céramiques, une robinetterie étince-celante, une cuvette plus ou moins ornée ou enjolivée, s’ils plaisent à l’œil, ne sont cependant qu’un mince appoint pour la salubrité. Ge qu'on ne voit pas est plus essentiel que ce qui est exposé à la vue (Ë. et F. Putzeys).
- Il va sembler téméraire à beaucoup de signaler comme défectueux certains appareils sanitaires que l’on trouve figurant non seulement dans les catalogues des plus importants fabricants, mais encore dans certains ouvrages traitant de l’assainissement des villes et des habitations.
- Water-closet. — Voyons d’abord le water-closet. Un bon appareil doit satisfaire aux conditions suivantes : i° permettre l’évacuation rapide et absolument complète des déchets liquides ou solides qui y sont versés ; 2q permettre une installation d une façon sûre et en rapport intime avec la conduite d’évacuation; 3° être d’une solidité à toute épreuve; 4° être construit de manière à permettre un accès et un nettoyage faciles de toutes ses
- parties intérieures et extérieures.
- Ou écartera donc en premier lieu les water-closets de construction compliquée, comme ceux munis de dispositifs mécaniques, crémaillères ou autres, destinés à maintenir dans la cuvette une nappe d eau suffisante pour diluer les matières et appelés à commander la chasse. Au nombre de ces appareils nous Fig, i, citerons les closets à
- cuillerqui rappellent l’anciennelatr ne anglaise dite pan-closet, les closets dits à clapet et ceux à tampon lesquels d’ailleurs commencent à disparaître parce qu ils ne donnent jamais qu’une fermeture imparfaite, même avec une retenue d’eau, et par suite laissent inévitablement passer les gaz odorants.
- Le water-closet à cuvette conique allongée (fig. i) est à rejeter ; la surface trop développée du tronc de cône est fatalement et progressivement souillée par les matières fécales,qui ont d autant moins de peine à adhérer aux parois de la cuvette que l’eau destinée au rinçage, sortant du bras latéral, décrit un trajet en spirale et que le courant d eau ayant perdu durant ce long parcours sa force vive, le siphon finit toujours par s’engorger.
- On a bien songé à remplacer la cuvette allongée par une courte, mais si 1 inconvénient signalé est de ce fait amoindri, il n en subsisle pas moins et, la plupart du temps, on constate que dans ces deux modèles de closets, la cuvette est dans un état d infection plus ou moins accentué.
- La cuvette dite à fond plat laquelle présente comme Findique la figure 2 un fond peu éloigné du dessus de l’appareil contenant une faible quantité d’eau,, est elle aussi à condamner. Par cela même que le volume d’eau a une profondeur insuffisante pour noyer convenablement les matières, il arrive que le fond et la partie anterieure des parois latérales sont fréquemment le siégé de souillures que la chasse d’eau ne parvient pas à nettoyer entièrement, étant dépourvue de sa force par la projection même de l’eau contre la paroi antérieure de la cuvette. Par conséquent l’eau et les matières qu’elle doit entraîner se déposent, l’encrassent pour mieux dire,
- autour de la surface intérieure de la paroi verticale conduisant vers le fond de la cuvette. En outre, cette même eau arrivant au siphon avec une force amoindrie ne peut en assurer le rinçage parfait.
- Cette forme de cuvette a encore un autre inconvénient également important, c est d’avoir sa jonction au tuyau de chute cachée sous le plancher ou au milieu de celui-ci. Le plombier ne pourra que placer la cuvette sur un joint en mastic forcément fait au petit bonheur, quelque soit le nombre de vis qu’il mettra pour la fixer au plancher. Il y a donc là un joint défectueux au plus haut point. Les dépôts et obstructions seront fréquents, le débouchage et le nettoyage seront difficiles à opérer, sinon impossibles, sans enlever l’appareil.
- Au point de vue cons-truclion, cette crainte est à exprimer que la partie antérieure de la cuvette saillant fortement, 'elle se trouve de ce fait exposée aux chocs et et par conséquent au bris de la faïence.
- La figure 3 nous montre un autre modèle récent de cuvette où loti remarque de suite le manque de plonge suffisante ou autrement dit le manque de scellement d’eau du siphon, la partie A étant insuffisamment plongée dans l’eau, la surface B et la quantité d’eau dans le siphon étant vraiment trop réduites.
- On conçoit qu’il ne suffit pas que les matières fécales tombent directement dans la réserve d’eau, mais il faut encore que celle-ci présente une surface très développée afin que les matières ne risquent pas de souiller les parois de la cuvette.
- Le même reproche d’une jonction défectueuse avec le tuyau de chute sera adressé à ce modèle comme au précédent.
- Comme on le voit, le choix d’un appareil et sa pose réclament aussi bien de la part des propriétaires que des architectes, une grande attention. Nous donnons figure 4 et 5 des types recommandables parce que les parois ont une forme et une inclinaison telles que les matières ne peuvent les frôler et que la retenue d’eau est importante en surface et en profondeur, ce qui assure l’ino- Fig. 4.
- dorité; la vidange
- s’y opère siphoniquement, c’est-à-dire que le contenu de la cuvette est aspiré, en d’autres termes, obéit à la pression atmosphérique, un vide relatif étant réalisé dans la branche ascendante du coupe-air, condition d’ailleurs indispensable attendu que le flot de rinçage tombant du réservoir de chasse ne parviendrait pas à refouler à travers le coupe-air les déchets et le papier déposés dans une cuvette à grande réserve d’eau. ;
- Ainsi la masse d’eau entraînée par l’aspiration, remplit complètement les tuyaux de chute, et par la rapi-
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- dilé de la chasse, en lave les parois d'une façon complète ; on est par suite assuré que non seulement la cuvette et le siphon sont tout à fait propres, mais encore que le tuyau de chute lui-même est nettoyé sur tout son parcours.
- On remarquera la facilité avec laquelle on peut installer le n° 4 et surveiller toujours l’état du jouit d’installation. Le n° 5 rappelle le système du colonel Waring, très répandu en Amérique.
- La profondeur d'eau est d’environ 20 centimètres avec une obturation de près de 10 centimètres au siphon alors que le maximum dans les siphons ordinaires ne
- dépasse pas 5 centimètres.
- Voici un procédé très simple indiqué par M. E. Put-zeys pour se rendre compte à titre d’essai de la bonne construction d'un waler-closet : l’intérieur sera enduit de noir de fumée que l'on recouvrira deplusieurs fragments de papier ; on déposera ensuite dans la retenue d’eau deux ou trois pommes de . terre et un bouchon de liège, corps de densités bien différentes comme on le voit ; puis on fera fonctionner le réservoir de chasse. Si la cuvette est entièrement nettoyée et débarrassée de son contenu parune seule chasse de 13,5 litres fournie en 7 secondes, on en conclura que le closet est bien établi.
- En ce qui concerne la partie complémentaire d’un bon water-closet, c'est-à-dire le réservoir de chasse, il n’est pas aujourd’hui sur le marché un appareil irréprochable quoiqu’il eu existe d’excellents modèles si l'on veut bien y mettre le prix. La majorité des réservoirs de chasse sont pour ainsi dire un mal nécessaire en tant qu’ils exigent presque continuellement des réparations, minimes sans doute, mais qui sont néanmoins onéreuses à la longue.
- Pour que le volume d’eau de chasse assure l’entraînement des déchets et du papier jusqu’à l’égout et n’en laisse rien séjourner ni dans le drain ni dans le siphon de pied, il faut que l’appareil de chasse ait un débit proportionné à la longueur, à la section et à la pente du drain. 11 résulte d’expériences faites en i8g3 à Londres, sous les auspices du Sanitary Institute :
- i° Qu’une chasse de 9 litres n’entraîne pas toujours les matières que reçoit le siphon d'un water-closet appartenant au meilleur type; qu’une chasse de i3 1. 5 est nécessaire à cet effet;
- 20 Que dans le cas d’un drain de i5 m de long et de 10 ou i5 cm de diamètre ayant une pente de 2,5o pour 100 :
- a) 2 1 pour 100 des matières restent dans le drain après une chasse de 9 litres et 5 pour 100 seulement après une chasse de i3 1. 5;
- p) Dans le siphon disconnecteur (siphon de pied), la rétention est dans le premier cas de 36 pour 100 et dans le second cas de 26 pour 100 ;
- 3° Que dans le cas d’un drain de 8 m. de long, la rétention y est de 3 pour 100 après une chasse de 9 litres et de » pour 100 seulement après une chasse de i3 1 5 ; tandis que pour le siphon disconnecteur, elle est respectivement de 26 et de 19 pour ïoo selon que la chasse a été de 9 ou i3 1. 5.
- De ces conclusions, il ressort que tout réservoir de chasse fixé au-dessus d’un water-closet doit fournir au moins i3 1. 5 d’eau chaque fois qu’il est amené à fonctionner, bien que ce volume d’eau soit encore insuffisant pour nettoyer complètement le siphon de pied.
- Quant au tuyaü servant de décharge, il faut qu’il ait un diamètre d’environ 35 mm si le réservoir est installé à la hauteur normale. Mais ce n’est pas tout que l’eau sorte d’un gros tuyau pour avoir une bonne chasse, il faut également qu’elle tombe d’une hauteur suffisante. C’est pour cela que l’on place les réservoirs à 2 m. au moins au-dessus du siège du water-closet. Cette différence de niveau n’étant pas toujours possible, et c’est ainsi qu’est née celte tendance générale des réservoirs bas, le diamètre du tuyau de décharge devra être porté à 5i et même à 76 mm, dimensions bien rarement données par les plombiers ou exigées par les propriétaires.
- Les réservoirs de chasse sont avec ou sans siphon.
- Les appareils siphoniques sont à l'heure actuelle les plus répandus bien que peu se remplissent suffisamment vite sans danger de déborder et d’une façon à peu près silencieuse. Lue expérience préalable doit donc guider le choix d’un modèle.
- Vidoirs. — Dans les habitations privées, c’est le plus souvent la cuvette du water-closet qui tient lieu d urinoir. C’est irrationnel et antisalubre parce que la cuvette en question se trouve à un niveau trop bas et que, de ce fait, les alentours risquent d'être souillés. Pour obvier à cet inconvénient, on préconise l’emploi d’un vidoir, sorte d urinoir en forme de cuvette de cabinet.
- Ou aura alors le soin de choisir cet appareil en porcelaine et à bec. Il sera muni d’une occlusion hydraulique et comportera une chasse automatique intermittente car il n’est pas admissible dans la pratique que Ion soit astreint à tirer une chaînette pour faire fonctionner un réservoir de chasse après l’usage d’un urinoir ; les trois quarts du temps les personnes n’y songeraient pas, d où les dépôts désagréables aussi bien à la vue qu’à l’odorat.
- Mais cet appareil, pour composer une installation vraiment salubre, devra être complété par certaines dispositions de lieu. Les parois verticales du local seront imperméabilisées, c’est-à-dire protégées contre les projections possibles par des plaques d’ardoise, d opaline, etc. Le pavement sera également imperméable et suffisamment incliné vers un regard siphoïde en poterie, muni lui aussi d’une couronne de chasse afin que tout liquide ayant pu tomber à proximité du vidoir puisse s’y diriger.
- On aura enfin le soin de ne pas jeter dans le vidoir des matières étrangères telles que papier, bouts de cigares, allumettes, etc., qui auraient tôt fait de l’obstruer.
- Eviet'S. — Les éviers de cuisine ou autres en terre réfractaire émaillée ou en grès artificiel vernissé ou émaillé sont certes un grand progrès sur les anciens bacs en pierre à surface rugueuse et poreuse, d’apparence malpropre, difficilement nettoyables ainsi que sur les éviers en tôle (ou fonte) émaillée fatalement destinée à s’écailler sous le moindre choc, et l’on sait que quand cet accident s’est produit, le métal dénudé ne tarde pas à s’oxyd.er compromettant l’aspect et diminuant la valeur de l’évier. Mais, comme leurs anciens, ils ont également ce défaut d’avoir une profondeur insuffisante, 8 à 10 centimètres alors que l’usage montre qu’il faut au moins 3o centimètres.
- Les angles doivent être arrondis afin d’empêcher l’accumulation des ordures et faciliter le nettoyage. Le fond doit être incliné vers l’orifice du départ qui sera pourvu soit d’un bouchon obturateur en caoutchouc
- Fig. 6.
- avec en dessous une grille fixée solidement dans une large sortie afin d’arrêter les matières diverses vidées dans l'évier et empêcher les obstructions, soit d’une bonde permettant de remplir l’évier, mais également complétée par une grille (üg. 6). Les clapets à cloche soi-disant inodores sont une complication inutile, le. but n’étant pas du tout rempli.
- Dans tous les cas, tout évier à bouchon (ou à bonde) doit être pourvu d’un trop-plein de façon à pouvoir établir un courant d’eau continu et à prévenir tout débordement en cas de fuite du robinet si le bouchon est resté en place. Cette décharge de sûreté, disposée de manière à se prêter facilement à un nettoyage, aura au moins 5 centimètres de diamètre et devra déboucher au-dessus du siphon. M. Bousquet.
- (A suivre.) Architecte-hygiéniste.
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- Une curiosité technico-grammaticale. — Voici une pelile curiosité grammaticale qui intéressera peut-être quelques lecteurs de La Nature. On sait combien est fréquent le reproche fait à notre orthographe d’être compliquée. Pourquoi, disent les amateurs de simplicité, ne pas écrire le français comme on le parle.
- C’est très joli en théorie pour qui connaît bien sa langue. Mais pour le vulgaire, ce n’est pas du tout la même chose. J’en ai trouvé une preuve au cours de mes recherches sur l’horlogerie du xive au xvn° siècle. Elle m’a semblé assez typique pour mériter d’être publiée.
- Savez-vous de combien de façons j'ai rencontré, écrits par les scribes du bon vieux temps, les deux mots horloge et horloger?
- Celui-ci de 26 et celui-là de 43 î
- Et ce n’est peut-être pas tout.
- Voici en tous cas les deux séries avec une date et un nom propre en face de chaque orthographe :
- horloge du duc de Bourgogne, 1509.
- orloge do niolel de Beauté, 1578. oreloge du roi. 1581. h or reloge de Chalons, 1422. aurloge (un petit), 1577. aureloge d’Evreux, 1518. aurlauge du roi, xiv° siècle. orologe de l'abbaye de Lagrasse, 1400.
- aurologe de lTniversilé do Caen. 1521.
- horologe d’Embrun, 1581. horrologe de Guilleslre, 1688. aorloge de Compiègnc, 1550. orilnge. Livre des rois, xne siècle. ierloge, dans Villars de Ilone-court, xiii0 siècle. arreloge (Philippe Marion, faiseur d’). Nevers, 1490. oi> eloge de Germoles, 1587. auloge de Caen, 151 r‘. ologe de Nevers, 1513. olloge de Dijon, 1401. holorge de Nevers, 1455.
- oulorge de Lyon, 1481. oulogr de Lyon, 1481. orloige de Dijon, 1385. oreloige de Germoles, 1388. orreloige de Dijon, 1390. horloige de Dijon, 1412. horreloige de Dijon, 1385. aroiloige de Dijon, 1405. oroloige fait par Zwollis, 1459 auloige de Germoles, 1387. reloge de Biom, 1380. roloqe par Philippe Marion de Nevers, 1490.
- rolloge de Guillestro, 1606. rellogc de Montpellier, 1427. relog de Montpellier, 1410. relocge de Pèrigucux, 1477. rellolge de Bordeaux, 1460. rellogge de Montpellier, 1427. relolge de Monlpcllier, 1410. relulge de Périgueux, 1492. reloige de Châteauneuf, 1397. roloige de Dijon, 1412. reloiche de Dijon, 1593.
- Voilà pour l’horloge. Voici maintenant pour l’horloger :
- horloger.
- or loger, Gilbert Martinot, 1&8Ü.
- horlogeur, Pierre Lcqueux, 1396.
- orloqeur (maître Pierre 1’), Paris, 1577
- orclognir, Jean Mevyn. Nevers, 1458.
- orrelogeur, Jean Mevyn,Nevers, 1458.
- aurlaugeur, Pierre de Sainle-Béaie, Paris, 1364.
- aorlogeur, Martinot, 1564.
- orologeur, Grégoire, Romans, 1573.
- horrologeur, Jean Gérard, Castelnau, 1634.
- or le g eut', Pierre Merlin. Angers, 1390.
- arologeur, Gilles Vautrier, Beauvais, 1599.
- orloigeur du duc de Bourgogne, 1399.
- ologeur du roi, 1581.
- allogeur, Pierre Chouen, à Par-tlicnay, 1408.
- orogeur, Baudet de Coulomby, Rouen, 1437.
- holoi geidr, Jehan Mevyn. Nevers, 1455.
- oilogier. Robin de Bret. Rouen, 1451.
- horlogier, Louis Demarc, Rulfec, 1603.
- aurelogier, Jean Dechien, An-, gers, 1432.
- oroloqter, Jalli, Grenoble, 1550.
- horologier, Pierre Bergier, Grenoble, 1603.
- relogier, Pierre Grudan, Périgueux, 1492.
- relocgier, Michel Malet, Périgueux, 1476.
- relodgier, Pierre Prot, Pau, 1580.
- relogeur, Felletrey, Châlons-sur-Baône, 1467.
- Parmi ces formes, il en est que l’on ne rencontre qu’une ou. deux fois, d’autres, au contraire, qui reviennent très fréquemment, telles que orloge et orlogeur/ -On voit que toutes ces orthographes se rattachent à deux radicaux : orl et rel. Sur ces racines, les scribes ont brodé de toutes les façons imaginables, au point que, n’était la distribution géographique et historique, on pourrait croire que ces deux séries sont le résultat d’un jeu orthographique!
- Il n’en est rien. Les braves secrétaires, notaires et plumitifs du bon vieux temps, essayaient tout simplement d’écrire comme ils parlaient, ou comme ils croyaient entendre parler autour d’eux ! Ils ne se doutaient guère que leurs orthographes fantaisistes fourniraient à leurs descendants là preuve la plus évidente et la plus typique que les choses simples en apparence sont quelquefois les plus terriblement compliquées.
- Léopold Reverchon.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- La teinture d’iode dans la fièvre typhoïde. — Dans les maladies infectieuses, dans les pyrexies, dans toutes les intoxications, notre organisme a un puissant moyen de défense, c’est 1 hyperleucocytose, la surproduction des éléments destinés à combattre et même à détruire les agents microbiens. Aussi les médecins visent-ils dans leurs applications thérapeutiques à provoquer et à accroître le fonctionnement cellulaire ; c’est dans ce but qu’on a conseillé certaines toxines microbiennes qui devaient neutraliser le virus infectieux, certains agents puissants, tels les sérums antitoxiques et les sels colloïdaux. Guidés par ce principe, deux médecins de Bordeaux, le professeur Arnozan et le Dr Caries ont eu l’idée d’appliquer la teinture djiode au traitement de la fièvre typhoïde.
- Cette affection redoutable et dont nous possédons aujourd’hui heureusement un moyen efficace de prophylaxie, est une maladie caractérisée justement par l’abaissement du taux des leucocytes, par de l’hypoleucocytose. Nos confrères ont pensé qu’en stimulant la production des leucocytes, en relevant le chiffre tombé bien au-dessous de la normale, ils remédieraient à l’état d’adynamie et de prostration qui caractérise cette maladie. L’iode, et sous la forme' la plus pratique de teinture, leur a paru l’agent le plus apte à donner ce résultat. On sait, en effet, qu’il possède une action véritablement excitatrice du tissu lymphoïde, d’où son emploi de longue date chez ceux qu’on appelait les lymphatiques; à doses peu élevées, mais continues, il provoque l’hyperleucocytose avec mononucléose et il constitue en même temps un agent d’immunité.
- MM. Arnozan et Caries savent, et ils n’en font pas mystère, qu’ils ont élé précédés dans cette médication thérapeutique par d’autres médecins qui avaient reoonnu, comme le reconnaissent aujourd’hui les chirurgiens qui
- emploient largement l’iode comme antiseptique, la valeur microbicide de cet agent. Dès i85g, c’est déjà loin de nous, le Dr Magonty avait préconisé l’emploi de ce médicament et d’autres depuis ont suivi cet exemple. Les professeurs bordelais ont voulu en généraliser l’emploi, en s’appuyant sur les recherches de physiologie pathologique.
- Dans le cours des dernières années, ils ont traité 44 cas de fièvre typhoïde par la teinture d’iode, 38 adultes, 6 enfants ; cette teinture était administrée à la dose de i5 à 20 gouttes par jour, dans du lait ou du vin de Malaga qui dissimulent assez bien le goût désagréable de l’iode. De l’observation attentive des symptômes fournis par ces malades, il résulte que l’iode a eu certainement une action favorable sur le cours de la maladie. Notez que ces médecins n’ont pas hésité, le cas échéant, à utiliser des médications complémentaires, strychnine, huile camphrée, quinine, etc. ; mais l’iode a été le médicament primordial et il semble que la série heureuse qu’ils ont eue tienne bien à son administration.
- L’iode n'a rien de dangereux et il sera bon de l’essayer, en pareille occurrence. Mais si vous m’en croyez, n’hésitez pas, si vous avez près de vous des sujets jeunes, à les rendre inaccessibles au bacille d’Eberth, en les faisant vacciner préventivement. Les résultats obtenus par MM. Chantemesse, Vincent et les médecins de la plupart des armées européennes sont là pour démontrer les résultats décisifs de la vaccination et son innocuité à peu près générale.
- Puisque je parle d’iode, je signalerai en passant le bénéfice qu’en a tiré le Dr Cabanès dans une petite épidémie de variole à Alger. Dès l’apparition des taches, les garde-malades touchaient légèrement la plaque avec un petit bâtonnet imprégné de teinture d’iode, en res-
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- HYGIENE ET SANTE
- pectant la peau saine. C’est un travail de bénédictin que de s’amuser à tatouer tout un corps de cette façon; l’opération durait a heures et même plus par jour et a dû être poursuivie pendant une semaine en moyenne, jusqu’à dessiccation complète des pustules. Moyen fastidieux, mais il en vaut la peine, car la suppuration a été beaucoup moindre, nulle même dans certains cas et les malades ont guéri sans avoir dé cicatrices. Essayez
- à l’occasion, mais pour cette maladie, la plus évitable de toutes, il y a un moyen infaillible de ne pas avoir cette occasion, c’est de se faire vacciner et revacciner tous les dix ans. On le répète sur tous les tons, mais il faut croire qu’il y a des gens à l’oreille dure et à l’entendement difficile puisqu’on compte encore annuellement en France des centaines de morts par la variole. - Dr A. G.
- SSC
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Procédés de destruction des mauvaises herbes et de la mousse sur les terrains de jeux,, avenues et allées de jardins. — Cette question intéressant bon nombre de nos lecteurs, nous résumons ici les indications relatives aux divers procédés susceptibles d’être employés, suivant les circonstances. Pour les terrains de jeux (tennis, foot-ball), il est indiqué d’employer le sel dénaturé, qui, à la dose de 5 pour 1000, stérilise le sol, entretient sa dureté à la surface, et est très économique; son usage doit suivre le grattage des herbes et précéder le ratissage de propreté, de façon à incorporer le* sel dans la couche superficielle au contact des semences dont il faut détruire la vitalité. L’eau météorique dissout le sel et constitue le véhicule naturel de l’agent morbide. Employer 5o kg de sel par are, en deux épandages de printemps, et à deux ou trois semaines d’intervalle, soit 25 kg chaque fois (première dose dans le sol, deuxième, à la surface) ; répandre le sel à la main, l’opération se fait ainsi plus régulièrement. On recouvre d’une couche de sable après épandage du sel (épaisseur de cette couche : 5 centimètres). (Pour se procurer le sel dénaturé, on doit faire une demande au chef de poste des Contributions indirectes de la région, et à la localité la plus proche pourvue d’un entrepôt ou d’un dépôt de sels impurs destinés aux usages agricoles).
- Quand le temps est pluvieux, les procédés suivants réussissent particulièrement bien et peuvent remplacer le sel lorsqu’on ne peut se le procurer aisément, pour une raison ou pour une autre.
- Arroser avec le mélange préparé comme suit et additionné de deux fois son volume d’eau : 6o litres d’eau de lessive, 2 kg de soufre en poudre et 6 kg de chaux, ,1e tout soumis à l’ébullition dans un récipient en fer, ou bien, arroser avec une solution composée d’acide sulfurique et d’eau (i gramme d’acide par litre d’eau). Ce mélange étant corrosif, le faire avec grande précaution, en se servant de vases en terre, bois, verre, ou cuivre. Un autre procédé, très expéditif, mais un peu plus coûteux, et auquel on ne pourrait reprocher que l’inconvé-
- nient de laisser subsister pendant quelques jours une odeur de naphtaline, consiste à arroser avec un mélange bien émulsionné de 5o pour 100 d’huile de goudron et 5o pour 100 d’eau.
- A noter que, dans la préparation du mélange de lessive, soufre et chaux, il faut avoir soin de remuer avec un bâton, puis, laisser refroidir et couper avec moitié d’eau froide ; répandre par un temps sec, en se servant d’un arrosoir.
- Le crüd ammoniac, sous-produit en poudre granuleuse, grossière, provenant de la fabrication du gaz d éclairage (prix : g ù 10 francs les 100 kg), est surtout à conseiller au moment du repos de la végétation, lorsque les surfaces à traiter se trouvent à proximité de terrains portant des plantes cultivées. Sur les espaces les plus difficiles à traiter, il faut recourir à de fréquents sarclages, apporter une épaisse couche de tan ou d’escarbilles ou de cailloux roulés provenant de gravier de rivière passé au crible; l’emploi de l’eau bouillante est indiqué, après quoi on recouvre de cailloux, procédé qui ne conviendrait pas aux terrains de jeux, mais qui trouverait par contre, son application dans les allées de jardins très fortement envahies par une végétation persistante.
- Comme produits spéciaux, vendus dans le commerce, pour la destruction des mauvaises herbes, nous mentionnerons, mais à titre de simple indication, car nous n’avons pas eu l’occasion d’en faire Fessai : le Nécrol (G. Trufîaut, 90 bis, avenue de Paris, à Versailles), et VIdéal Weed Destroyer (Boivin, ph.-chim., à Bourges).
- Lorsqu’il s’agit, plus particulièrement, de détruire la mousse, on peut faire usage de la suie de bois, la répandre de préférence au printemps ou en été, arroser légèrement de temps à autre, si le temps est très sec; ou du sulfate de fer en solution à raison de 5 kg pour 100 litres d’eau; ou encore du sulfate de fer en neige, à répandre au printemps, par un temps faisant présager la pluie ; la dose à employer est de 4 à 5 kg par are ; prix du sulfate de fer en neige : 6 francs à 6 fr. 5o les 100 kg. Henri Blin.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — L’inventeur de la sonnerie à uu seul fil est M. l’abbé Boulage, curé de Ghennevières (Seine-et~Oise). — L’appareil à distiller le mercure (Voy. n" 2076) est construit par Neveu, 16, rue Monsieur-Ie-Prince, Paris. — Broyeur-concasseur (Voy. n° 2074)- — L’adresse de MM. Chapitel et Loret est 24» avenue de l’Eperonnière, Nantes.
- Renseignements. — La T. S. F. et la prévision du temps (Voy. n° ioj5). — La longueur de l’antenne-type recommandée est de 65 mètres environ.
- B. J. de M. D., Cessenon. — Pour charger des accumulateurs on peut employer un rhéostat de lampes qu’on peut calculer et construire facilement soi-même,
- comme l'indique un article précédent. On peut employer un transformateur dont les données de construction, les fils, les enroulements varient beaucoup suivant les voltages et les intensités. Dans un prochain article nous indiquerons la manière de procéder et le moyen de calculer les éléments d’un petit transformateur;
- P. B., & Vertolaye. — Les lampes chauffantes sont à filament de carbone. A la différence des lampes pour l’éclairage, on n’y fait pas un vide parfait, mais on y introduit une certaine quantité d’un gaz quelconque. Le verre est dépoli. Ces dispositions augmentent la proportion de watts transformés en chaleur dans l’am-ponle, et dérivée ensuite par convection (Voy. n° 2037, 8 juin 1912).
- Af. A. Rudman, à Paris. — Uoxylithe donne de l’oxygène au contact de l’eau. Vous en trouverez chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain.
- M. Dumas, Larba (Algérie). — Nous avons l’an dernier publié une recette élaborée dans notre Laboratoire, pour préparer un brillant liquide à métaux analogue à ceux du commerce. Voici une autre formule, empruntée au Formulaire vétérinaire de Cerbelaud, pour obtenir
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- BOITE AUX LETTRES
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- une pâte à brillanter les métaux. Prendre : tripoli extra fin, 600 gr. ; oléine ordinaire, 400 gr. ; ammoniaque 3 gr. ; carmiç, 2 gr. On malaxe et on conserve en pot. Il importe que le tripoli soit extrêmement fin. On peut supprimer le carmin, ou ajouter un parfum quelconque.
- M. Varinois, rue Poussin, à Paris. — Le tétrachlorure de carbone est vendu en gros chez Pelliot, rue des Francs-Bourgeois, 27.
- M. A. P., rue Manin, à Paris.—Voir Boîte aux Lettres du ier mars la réponse à la Bibliothèque de Namur.
- Un hôtelier béarnais. — L’ozokérite est vendue par Pelliot, 27, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- M. Hochet, à Santiuste. — Les clichés faibles donnent plus de contrastes quand on les tire sous un écran jaune. Les papiers dont vous parlez sont basés sur ce principe, la couleur jaune est incorporée à l’émulsion.
- M. L. M., Tunisie. — Nous ne pouvons dans la Boîte aux lettres faire un cours de soudure ; vous trouverez tous ces renseignements dans les Recettes de l’atelier qui vont paraître chez notre éditeur.
- M. S. Pingray, à Béziers. — On fabrique encore en France le carbonate sodique dans les soudières de Chauny (Aisne) et de Saint-Fons (Rhône), et probablement aussi chez Kuhlmann, à Lille. Mais la production baissé chaque année. Nous ne savons si les fabricants récupèrent Je soufre des résidus.
- M. D., à Paris. — Le groupe électrogène Lister est construit par MM. Faul, 47, rue Servan, Paris.
- Verreries du Nord. — Pour vous documenter en vue de l'organisation d’un service de pompiers dans une ville importante, nous ne saurions trop vous engager à examiner le matériel remarquable que possède actuellement le corps des pompiers de la ville de Paris. Son matériel automobile, fourni [par les usines Delahaye et Morane, 10, rue du Banquier, à Paris, comprend : des pompes automobiles actionnées par un moteur à explo-
- sions de 40 à 60 chevaux ; d’un poids de 6200 kg, elles peuvent atteindre la vitesse de 60 km à l’heure en palier, la pompe est du type centrifuge avec amorçage spécial en 40 secondes par pompe pneumatique auxiliaire, elle débite à 5 kg de pression de 2000 à 2400 litres à la minute. Le moteur à double allumage est à mise en marche automatique avec dispositif Letombe et Aucoc ; des échelles automobiles pesant 5ooo kg pouvant atteindre une hauteur de 26 mètres et actionnées par le même moteur que ci-dessus; des fourgons de protection avec moteur de 20 chevaux portant le matériel nécessaire à chasser l’eau, pour protéger les étages inférieurs et limiter autant que possible les dégâts. Vous pouvez également avoir recours aux établissements Drouville, de Nancy, qui construisent la pompe spéciale décrite dans La Nature, Quant aux trains Renard, il n’en n’existe plus en construction et il serait difficile de s’en procurer, vous pouvez d’ailleurs actuellement les remplacer avec avantage par les tracteurs à quatre roues motrices qui viennent de faire leur apparition sur le marché. Ces appareils,[tout en ne dépassant pas le poids maximum de 7 à 8 tonnes en charge, sont capables de remorquer i5 tonnes sur tous les terrains, si accidentés soient-ils, et même de passer en terrain varié avec obstacles, petits fossés, troncs d’arbres, etc. On peut s’en procurer aux. trois adresses suivantes : Tracteur Chatillon-Panhard, 19, avenue d’Ivry, à Paris, 4 roues motrices et directrices avec transmissions mécaniques (Voy. I.a Nature, n° ao 15) ; tracteur Blum-Latil, 9, rue Neuve-de-Villiers, à Levallois-Perret, 4 loues motrices et directrices avec transmissions mécaniques; tracteur BalachoNvsky et Caire, 64. rue de la Chaussée-d’Antin, Paris, 4 roues motrices dont 2 directrices avec transmissions électriques. Ces engins sont très puissants et possèdent des facultés d’évolution absolument incomparables.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un poisson aérien : le Protoptère : René Mereë.— Langage correct, locutions impropres : Cu.-Kd. Guillaume. — Le procédé Hadfield pour produire de l’acier sain : À. Trolger. — Fabrication du papier à cigarettes : Georges Lanorvigge. — La topographie militaire au Maroc.— Machine à écrire la musique : G. Chagmarès. — Un nouvel obus d’exercice allemand : Capitaine Renaud. — Académie des sciences : Cu. de Viegedeuie. — Appareil Gouy à distiller le mercure : André Breton.
- Supplément. — Les machines à vapeur de France. — Les mesures des cordonniers. — Les irrigations en Algérie. — L’exportation des œufs du Maroc.— Champignon destructeur des mouches, etc.
- L'évolution de la chimie au XIXe siècle (pages choisies des grands chimistes), par Marcel Oswald, i vol. 128 p., 16 portraits hors texte. Larousse, édit., Paris.
- Sous ce titre, notre collaborateur, M. Oswald, vient de faire paraître un petit ouvrage plein d’intérêt par sa documentation soignée, sa précision et sa clarté. Ce n’est pas un livre fait à coups de ciseaux, et où les extraits sont mal reliés entre eux, mais une histoire fortement conçue, écrite dans un style clair et sobre, avec un souci constant d’être accessible au lecteur; les citations y viennent simplement corroborer ou préciser le contexte
- Chimie légale, guide de F expert-chimiste, par R. de Forcrand. In-8° de viii-3g2 p., H. Dunod et E. Pinat. Prix : 9 francs.
- A mesure que les industries chimiques se développent, et que se multiplient les conflits d’intérêts qu elles peuvent provoquer, l’expertise chimique devient de pins en plus fréquente, et s’impose aux tribunaux comme le seul moyen d’élucider les questions techniques qui leur sont posées. Des leçons spéciales sur ce sujet ont été faites à l’Université de Montpellier depuis plusieurs années, et leur rédaction constitue le livre de M. de Forcrand.
- Forecasting Weather (La prévision du temps), par N. N. Shaw, directeur du Meteorological Office de Londres. 1 vol. 373 p. abondamment illustré. Constable et C°, éditeur. 10, Orange Street. Leicester Square. Londres, 1911. Prix : 12/6.
- Pour pouvoir prédire le temps, il faudrait connaître toutes les circonstances qui influent sur lui et dans quelle mesure. La météorologie n’en est pas encore à ce point. Mais déjà elle fournit d intéressantes approximations, dignes de discussion, et résultant de longues observations, appuyées de considérations théoriques. M. Shaw nous en présente le bilan; son ouvrage très clair, très nourri, illustré de très nombreux et suggestifs diagrammes météorologiques, sera lu avec le plus vif intérêt. Après avoir expliqué la façon de dresser les cartes météorologiques, et indiqué les déductions empiriques que l’on en peut tirer, M. Shaw examine les relations entre la vitesse du vent et la distribution des pressions. Il examine ensüite le problème du temps, du point de vue de la physique et il énumère avec détails, les diverses prévisions que la. science est aujourd’hui en droit d’exprimer.
- Heredity, par J. Arthur Thomson. In-8°. 2e édition,, 627 p., 47 fig. John Murray, éditeur, Londres, 1912. Prix : relié, 9 sh.
- L’hérédité est un des problèmes les plus obscurs auxquels on s’attaque actuellement. Ce volume est un exposé d’ensemble très clair et très bien ordonné de cette grande question. L’auteur, après avoir rappelé les bases physiques de l hérédilé et les divers changements observables : variations, fluctuations, mutations, expose les divers modes d’hérédité en y comprenant la réversion, la télégonie et autres phénomènes curieux; puis il étudie la transmission des caractères acquis qu’il ne croit pas prouvée, ensuite les divers genres d’études entreprises : observations pathologiques, statistiques, expériences. L’ouvrage se termine par l’histoire des théories déjà formulées et par un exposé des aspects sociaux du problème. Prudent et
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- BIBLIOGRAPHIE
- sage dans ses opinions, weissmanien modéré, l’auteur a su décrire les faits sans parti-pris et sans systématisation excessive.
- Effets gyroscopiques. Théorie simplifiée du gyroscope, par G, Clauzel, Dunod et Pinat.
- La théorie du gyroscope a de nombreuses applications pour la dérivation des projectiles, la rotation des turbines motrices d’un navire ou de l’hélice d’un aéroplane. Cet exposé simplifié rendra donc des services.
- Bulletin de la Section scientifique de l’Académie roumaine, xre année, n° r, Bucarest, 191-a. Prix : 1 franc.
- Nous sommes heureux de signaler à nos* lecteurs ce nouveau Bulletin où l’on trouvera réunis les travaux des savants roumains dout beaucoup sont nos amis et écrivent en notre langue.
- Pour s'enrichir au Maroc, publié par Y Office du Maroc, In-i6, 120 pages. Albin Michel, édit.
- Aperçus généraux sur le Maroc avec indication sur la vie, le travail, le commerce et l’industrie.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5omJ3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL pluie en MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Luruli 3 mars 1913 . 2®,0 S. S. W. 3. Brouillard. » Dresq. couv. ; gel. bl. ; brouillard le ni., brume le soir.
- Mardi 1 S°,0 S. S. W. 2. Couvert.. 0,0 Couv. ; rosée ; bruine de 8 h. 1(1 à 8 b. 50.
- Mercredi 5 8°,5 S. S. W. 3. Couvert. » Couv. jusq. 18 h. : nuag. ensuite ; gouttes à 16 h. 10-15.
- Jeudi G 10°,4 S. S. W. 3. Couvert. » Couv. : rosée; forte brume le 111. ; gouttes à 15 h. 30-40 cl à 18 b.
- Vendredi 7 9®,5 S. S. W. 4. Couvert. » Couv. ; gouttes à 11 h.
- Samedi S 4°,3 W. N. W. 2. Très nuageux. 0,1 Nuag. ; un jieu de jduie à 2 h. 45 et mêlée de grésil à 16 h. 15.
- Dimanche 9 . . . . — 1°,3 S. S. W. 1. Beau. » Gelée bl. ; nuageux; brume.
- MARS 1913,
- SEMAINE DU LUNDI 3 AÙ DIMANCHE 9 MARS 1913.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi ] Vendredi
- sMRsanMMnanK
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébnÊsilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du ier au 7 mars. — Le icr. Pression supérieure à ^65 du N. au S.-W.*de l’Europe et aux Açores. Dépression au voisinage des Iles-Britanniques (Yalentia : 759). Une autre sur la Méditerranée. Temp. du matin :-Hapa-randa : —24°; Belfort, —1; Paris et Nantes, + i ; Perpignan, 7; Alger, 8; moyenne à Paris : 2°,5 (normale : 4°,4). — Le 2. La pression reste élevée sur presque toute l’Europe sauf les Iles-Britanniques et la Norvège. Nouvelle dépression au voisinage des Açores. Neiges et pluies sur le W. de l’Europe. Temp. du matin : Haparanda, —3o°; Moscou, —17; Paris et Toulouse, -f- x ; Nantes, 4 ; Alger, 11 ; moyenne à Paris :
- 20,9 (normale : 4°,5). — Le 3. Profonde dépression sur le N.-YV. de l’Europe et les parages de l’Islande (îles Féroé : 740). Pression supérieure à 770 sur la moitié S. du continent. Neiges et pluies sur le N.-YV. de l’Europe. Temp. du matin : Arkhangel, —28°; Berne, —3;, Paris, -U* 2; Nantes, 5; Alger, 10; moyenne à Paris-: 6°,7 (normale : 4°»5)- —Le 4- La pression reste basse sur la moitié N. de l’Europe Centre cyclonique important au voisinage de l’Islande (Reijkiavik : 707 mm) après une baisse très rapide. Fortes pressions sur le S. du continent. Neiges et pluies sur le N. de l’Europe.
- du Bureau Central Météorologique.
- En France : Calais et Cherbourg, 4 mm- Temp. du matin : Moscou, —26°; Belfort, -j~ 6; Paris, -f- 8 ; Nantes, g; Alger, 11; moyenne à Paris : 90,9 (normale : 4°>6)-
- — Le 5. Très profonde dépression sur le N.-YV. de l’Europe (Seydisfjord : 713 mm; îles Féroé : 716). Pression élevée sur le S. du continent. Tempête sur la Scandinavie. Neiges et pluies sur le N. et le N.-YV. de l’Europe. En France : Cherbourg, 8 mm. Temp. du matin : Moscou, — 140 ; Clermont-Ferrand, -f- 2 ; Paris, 9; Nantes, 11; moyenne à Paris : io°,3 (normale 4°>7)-
- — Le 6. La pression reste très basse sur le N.-YV. de l’Europe (Bodoe : 715 mm; Haparanda 73.2).' Fortes pressions sur la moitié S. du continent (Berne 77^)-Pluies sur le N. et le YV. de l’Europe. En France : Temp. du matin : Moscou, -f-3°; Belfort, 7 ; Paris, 10; Nantes, u ; moyenne à Paris : 2°,i (normale : 4°.7)- ~~ Le 7. Basses pressions sur tout le N. de l’Europe (Var-
- .doe : 727). Pression élevée sur le S. dû continent et aux Açores. Pluies.sur le N. et le N.-YV. de l’Europe. En France : le Havre, 2t mm; Cherbourg, 17; Charle-vilie, i5 ; Belfort, 7. Temp. du matin : Haparanda,—6°; Moscou, —f- 3 ; Clermont-Ferrand, 5; Paris, 10; Nantes et Alger, 11; moyenne à Paris : rr° (normale : 4°>8).
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l'Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (Vl*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2078. — 22 MARS IPI3.
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- Pour éviter le retour du désastre du Titanic. —
- On se rapppelle que le Titanic, éventré par un iceberg au-dessous de la flottaison, coula parce qu’une fois sa coque crevée, l;eau ne trouva plus devant elle aucun obstacle et remplit les trois compartiments dont les cloisons étanches avaient été elles aussi déchirées par le bloc de glace. Il y avait là, dans la construction de ce géant des mers, un vice qui fut l’unique cause du désastre et
- auquel on s’est aussitôt préoccupé de remédier à bord de l’Ofympic, frère du Titanic. U Ofympic retiré du service pendant l’hiver dernier a été remis entre les mains de ses constructeurs, à Belfast. Ceux-ci l’ont muni d’une double coque intérieure placée à environ un mètre de la première. Cette seconde coque est formée par des plaques de tôles rivées sur la face interne des couples, constituant ainsi une enveloppe intérieure complète. Il résulte de cette transformation qu’une rupture de la coque extérieure, qui aurait permis autrefois à l’eau d’envahir le navire, n'entraînerait plus actuellement que la pénétration de cette eau dans les espaces cellulaires compris entre les deux coques. Le volume de liquide qui pourrait s’introduire ainsi serait très faible et hors d’état de compromettre la sécurité du bâtiment, ou même de l’empêcher de faire sa route. Il faut ajouter qu’une précaution de ce genre a, depuis longtemps, été prise dans la construction de nos paquebots français. Ils sont munis soit d’une double coque, soit de cloisons étanches longitudinales placées très près de la coque et qui
- joueraient, en cas d’accidents, le même rôle que la double enveloppe. Quant aux bâtiments de guerre, la possibilité de voir leur carène crevée au-dessous de la flottaison par les torpilles, a conduit depuis longtemps les constructeurs à les munir des protections nécessaires. Ils ont donc tous une double, voire même une triple coque, et certains d’entre eux portent encore une cuirasse légère placée en dedans ce cet appareil pour empêcher les effets de l’explosion de la torpille de s’étendre jusque dans les parties vitales du navire.
- Les victimes des nouveaux travaux d’adduction d’eau de New-York. — Des travaux gigantesques sont en cours depuis plusieurs mois pour amener à New-York les eaux des monts Castkill. Il n’est point prouvé que ces eaux soient, au point de vue hygiénique, d’une qualité exceptionnelle, ni qu’elles assurent à la gigantesque agglomération américaine une hygiène parfaite. En outre, un fait est dès maintenant certain : c’est que l’entreprise aura été mortelle pour une véritable armée de travailleurs. Sur l’effectif des ouvriers employés aux travaux qui se monte à nooo hommes, on compte déjà 200 morts et 38oo blessés. La plupart des accidents proviennent d’explosions de dynamite.
- Le plus grand wagon de marchandises du monde.
- — C’est un wagon de jla Norfolk and Western Railroad Company. 11 est destiné au transport de la houille et sa capacité est de ioo tonnes. Il mesure' 14 mètres de long et est monté sur bogies.
- La force motrice par les rayons solaires. — La
- Nature a déjà parlé à deux reprises de l’installation réalisée par M.j Frank Shuman, de Philadelphie. Cet inventeur utilise la chaleur des rayons solaires pour assurer l’évaporation de l’eau dans des chaudières spéciales. Une usine solaire de ce type fonctionne aujourd’hui à Meadi, près du Caire en Egypte. Elle comporte des réflecteurs paraboliques concentrant les rayons solaires sur un long récipient quadrangulaire disposé selon l’axe focal des réflecteurs. Le récipient, dont les faces sont en verre noirci, constitue la chaudière. La vapeur produite est bien entendu à très basse pression. M. Shuman a imaginé une machine à vapeur spéciale pouvant fonctionner sous l’impulsion de cette vapeur.
- Le chemin de fer Pan-Américain. — On peut prévoir dès à présent l’époque où il sera possible d’aller de Montréal à Buenos-Ayres en sleeping-car. Lés lacunes du vaste réseau sur lequel les Etats-Unis comptent tant pour développer leur commerce et étendre leur influence en Amérique latine se comblent assez rapidement, malgré les obstacles naturels que rencontrent les ingénieurs. Il ne manque plus actuellement que 23 kilomètres pour qu’un train parti de New-York atteigne la capitale du Guatemala. La ligne qui reliera cette ville à San-Miguel, dans le Salvador, est en cons-
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- traction. rDe San-Miguel à Panama, la distance est de 560 kilomètres ; c’est une des sections du futur « pan-american » les moins avancées, bien qu’elle offre çà et là quelques tronçons en service ou en construction. En Amérique du Sud, il ne reste plus qu’à construire 280 kilomètres de voie ferrée pour que Buenos-Ayres soit relié au lac Titicaca, qui lui-même est maintenant relié à Cuzco (Pérou) par une ligne en plein service. Après achèvement de ces 280 kilomètres, on pourra donc faire circuler les trains entre Buenos-Ayres et Cuzco, sur une distance de plus de 3200 kilomètres. D’autres tronçons existent, ou sont à l’étude, dans la traversée delà Bolivie, du Chili, du Pérou, de l’Ecuador et de la Colombie.
- Assainissement des marécages du Reno (Italie).
- — Un décret italien vient de concéder les travaux d’amélioration des terrains marécageux situés sur la rive droite du « Reno ». Ce projet est le plus important de tous ceux analogues déjà exécutés dans la haute Italie. Il embrasse plus de 86000 hectares, et iS communes des provinces de Ferrare, de Bologne et de Ravenne. Les travaux fertiliseront de grandes étendues de terres jusqu’ici incultes et insalubres. Les frais sont évalués à 56 millions dont moitié à la charge de l’Etat et moitié à celle des provinces, des communes et des propriétaires intéressés. Les travaux commenceront le printemps prochain.
- La pêche du port de Boulogne. — Boulogne est le premier des ports de pêche français; il possède la flotte la plus nombreuse et la mieux outillée ; le produit de ses pêches maritimes s’est élevé en 1911 à 25 millions de francs. Boulogne a livré à la consommation 14 828 55o kg de harengs frais d’unevaleur de 5714080 fr. ; 11 487971 kg de marée fraîche vendus 9382687 fr. ; 3 056074 kg de maquereaux frais, représentant une valeur de 2474730 fr., de plus, ils ont ramené d Islande 5 040 517 kg de morue d’une valeur de 3 020 347 fr., et de Terre-Neuve : 1218520 kg valant 487500 fr. Boulogne a également fourni aux marchés un total de 39470 kg de homards et de langoustes vendus 94 8i5 fr., 285o kg d’huîtres, 35 000 kg de crevettes, 18 000 kg de crustacés divers.
- Les Japonais à Formose. — Le gouvernement japonais fait poursuivre avec activité les préparatifs de laFormo-san Exposition qui sera inaugurée au mois de mai et qui montrera les progrès accomplis dans l’île de Formose (ou Taïwan) depuis la conquête (1891). C’est principalement en vue de fournir de l’éclairage et de la force motrice à cette exposition que le gouvernement de Formose a fait édifier à Uraï, dans lintérieur très montagneux de l’île, une usine hydro-électrique qui entrera bientôt en service. Sa capacité de production sera d’environ 2000 ch. v., et son coût de revient sera de 2 5oo 000 francs. Elle servira également à l’éclairage de Toihoku, la nouvelle capitale de l’île.
- Le « bâton-marchant. » — On connaît de nombreux insectes qui imiterüt les supports sur lesquels ils vivent : branches, bourgeons, feuilles. Ainsi, les chenilles arpen-teuses se tiennent souvent au repos, fixées par leur partie postérieure à une tige et re-tent immobiles, obliquement sur leur support, semblables à des branches dénudées ; des Orthoptères, les Bacilles ressemblent à s’y méprendre à des bourgeons, quand ils sont en repos; les Dixippus, étudiés par Piéron, passent tout le jour dans une attitude immobile qui les rend très comparables à un rameau. Parmi ces exemples de mimétisme, le plus parfait est peut-être celui de Aplopus Mayeri observé par Stockard (Biological Bulletin). U A pin pus est un Phasmide abondant aux îles Tortugas en Floride; il ressemble admirablement aux tiges de Suriana maritima sur lesquelles il vit et dont il mange les f« uilles. Ses pattes antérieures présentent une particularité curieuse; au repos, il les tient allongées devant lui, appliquées étroitement l’une contre l’autre ;- elles portent une courbure qui permet à la tête de se loger exactement entre elles, une inflexion qui dégage les yeux seuls et une gouttière où se placent les antennes; l’ensemble apparaît comme un bâton pointu parfaitement continu, la tête ni les antennes n’apparaissant hors des pattes. La ressemblance avec une tige est encore augmentée par l’habitude de l’insecte d’osciller de temps en temps, par exemple quand on souffle sur lui ou même sans cause extérieure. L’adaptation, comme on le voit, est vraiment parfaite. Il ne reste plus qu’à l’expliquer.
- Résistance des nouveaux timbres anglais. — On a
- rarement l’occasion de parler des timbres-poste au point de vue scientifique. Cependant M. Sam S. Buckley vient de signaler une modification apportée récemment à la perforation des timbres anglais pour augmenter leur résistance et éviter leur déchirement. Jusqu’à présent les timbres-poste étaient perforés dans les deux sens, vertical et horizontal par des trous également espacés, au nombre de 7 par centimètre. Mais on remarqua qu’ils se détachaient mal suivant les lignes horizontales, les machines à papier alignant les fibres dans une certaine direction de telle sorte que la résistance du papier est maxima dans un sens, minima dans un autre sens perpendiculaire. Pour remédier à cet inconvénient, les nouveaux timbres anglais présentent 14 perforations pour 2 centimètres dans le sens vertical et i5 dans le sens horizontal ; leur séparation se fait ainsi sans difficultés et sans qu’ils se déchirent. En France, les timbres ont toujours sept perforations au centimètre; leur appliquera-t-on ce petit perfectionnement?
- Brevets anglais. — Une statistique de source officielle accuse une augmentation des demandes de brevets anglais pour l’année écoulée, qui ont été au nombre de 3o 118, soit 718 de plus qu’en 1911. Cependant, c’est encore l’année 1910, époque du grand engouement pour l’aviation, qui l’emporte, avec 3o4o3 demandes. Les inventeurs jaaraissent avoir cédé en 1912 à l’attraction des moteurs à combustion interne et de leurs accessoires (vaporisateurs d’huile, soupapes, etc ) C’est la catégorie qui a fourni le plus grand nombre de demandes. L’automobilisme et les applications de l’électricité viennent ensuite.
- Un attelage étrange. — Les habitants de Boston pouvaient voir, ces jours-ci, un des « rois » du cuivre, M. Q.-A Shaw, traverser la ville emporté par un fort étrange attelage : M. Shaw ne se promène plus en effet que traîné par une paire de taureaux, qu’il conduit à l’aide de rênes passées dans un anneau qui leur traverse le nez. L’attelage est, paraît-ii, fort docile. Nous n’en sommes pas encore aux attelages de tigres, mais évidemment cela viendra !
- La grenouille volante de Java. — Sîedlecki a récemment décrit (Biologisckes Centralblatt) une grenouille, Polypedates Reinwardti, curieuse à beaucoup de points de vue. Elle vit dans le jardin botanique de Buitenzorg, à Java, ou il l’a observée. Sa taille est ordinaire, 5o à 75 centimètres; la peau du dos est le jour vert bleuâtre pâle, la nuit vert foncé ou brun olivâtre. Le jour, la gr enouille reste immobile, les yeux à l’abri de la lumière, le ventre tourné vers le jour; elle se tient fixée à son support par les pelotes adhésives placées au bout de ses doigts mais encore par le ventre qui sécrète une substance visqueuse très adhésive; elle est alors difficilement visible sur le fond qui 1 entoure. La nuit elle part en chasse, à la recherche de sa nourriture qui consiste surtout en gros grillons et autres orthoptères nocturnes; on la voit alors faire des sauts de 2 mètres de long suivant un arc très tendu; n’avant souvent que 20 centimètres; pendant ce saut, les poumons sont pleins d’air et gonflent le corps, les doigts sont largement étendus; 1 animal retombe ainsi, largement étalé sur ses membranes palmaires qui forment coussin élastique. Ces longs sauts, ces planements lui permettent d’échapper à ses ennemis et notamment aux serpents arboricoles qui lui font la chasse.
- Plantations de caoutchouc en Malaisie. — L’extension des plantations de caoutchouc prend une importance considérable en Malaisie. D’après le Moniteur officiel du commerce, la superficie plantée en hévéas y atteignait 200000 hectares à la fin de 1911, et l’on espère que ces plantations donneront la product'on suivante : 2o5oo tonnes pour 1912 ; 28 800 pour 1918 ; 3g 000 (1914) i 5o 200 {1915) ; 60000(1916). Malgré l’énormité de ces chiffres, il ne semble pas cependant qu’il y ait sujet de craindre une surproduction, la consommation mondiale croissant en effet parallèlement à la production (on estime la consommation de 1912 à 801 000 tonnes, pour.une production de g3ooo). On voit en tout cas que, si les prédictions ci-dessus se réalisent, la Ma’aisie enlèvera au Brésil sa première place dans la production mondiale du caoutchouc.
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- Du choix des appareils sanitaires (suite).
- Lavabos. — Cette catégorie d’appareils sanitaires se fait remarquer par une grande diversité de formes et de modèles dont bon nombre sont vraiment défectueux et constituent une nuisance réelle parce que rien n’est plus infect que l’eau de toilette en décomposition.
- En ce qui concerne la forme générale, ronde ou ovale, c’est la seconde qui est, la plupart du temps, préférée ; mais
- il nous semble que l’on doit tenir compte sur ce point des circonstances et des arrangement s parti culiers de l’installation. Ils sont fixes ou à bascule ; ce dernier système est à rejeter parce que la surface du récepteur d’eau usée et le dessous de la cuvette sont, 4 chaque décharge, souillés par l’eau sale, ce qui -entraîne l’obligation de nettoyer régulièrement ces deux pièces essentielles du lavabo, si l’on veut le maintenir en parfait état de propreté. Or cette opération est en pratique difficile alors qu’il est très simple de rincer la cuvette d’un lavabo fixe.
- Dans tous les cas, quelle que soit leur forme, la. majorité des lavabos construits jusqu’ici sont de dimensions par trop exiguës, sinon parfois absurdes. En outre la vidange de beaucoup d’entre eux, et surtout pour les modèles à bas prix, est trop petite et par surcroît pourvue d'une grille qui réduit encore le passage de l’eau lors de l’évacuation. Aucun lavabo ne devrait avoir une sortie de vidange de moins de 3o à 4° millimètres de passage libre. Quant à la chaînette avec bouchon en caoutchouc dont ils sont munis, ce dispositif ne devrait pas être employé dans un appareil dit sanitaire car la nécessité de plonger les mains une fois rincées à travers l’écume savonneuse afin de vider l’appareil, est un désavantage et qu’en outre ce dispositif ne peut être solide.
- La disposition de vidange et de trop-plein, consistant en un tube placé dans un trou percé à la partie postérieure de l’appareil et que l’on soulève afin d’ouvrir la conduite de la cuvette vers le tuyau de décharge ou siphon est elle aussi défectueuse et malpropre. La vue de la figure i montre sans peine que le nettoyage est très difficile et le fonctionnement défectueux par suite de ce que l’eau sale et l’écume savonneuse mélangées à la saleté se déposent sur les parois extérieures et intérieures du tuyau de vidange et de trop-plein ainsi que sur les parois de la cavité qui reçoit ce tuyau Lors du remplissage de la cuvette par de l’eau qui doit être propre, les parties contaminées entrent en contact avec l’eau fraîche et salissent celle-ci.
- La figure. 2 nous représente un lavabo bien compris
- parce que la vidange et le trop-plein sont visibles et accessibles au nettoyage; la vidange s’opère par un tube nickelé servant en même temps de trop-plein et placé dans une dépression ménagée à l’arrière de la cuvette.
- Les modèles de lavabos qui se placent contre le mur sans jonction intime avec celui-ci laissent une fissure recueillant forcément la saleté qu’il est très malaisé d’enlever. Aucun ornement ne doit surcharger un lavabo, ni dépressions pour le savon, ni motifs quelconques permettant le dépôt dépoussiéré ou autre malpropreté.
- Dans bien des cas enfin, la robinetterie est d’un type léger et peu résistant, exigeant des réparations continuelles. Donc, vidange rapide et accessible, trop-plein accessible également et d’un fonctionnement sûr et efficace, même lors de l’arrivée maximum de l’eau, forme générale facilement nettoyable et de grandeur suffisante, sont autant de desiderata à formuler à l’égard des lavabos.
- Baignoires. — Ilya lieu de regretter l’usage du bain en baignoire parce qu il est vraiment une erreur : l’immersion du corps dans une eau rendue ensuite plus ou moins malpropre à la suite du lavage du corps et le contact de la peau avec l’écume savonneuse qui surnage sur cette eau souillée n’est, en effet, rien moins que contraire aux principes hygiéniques de la propreté personnelle. A tous égards, le bain par aspersion est bien préférable parce qu’avec lui aucun dépôt, écume ou eau sale ne peut être en contact avec le corps, tout en permettant un lavage aussi parfait et un rinçage bien plus efficace de la peau nettoyée. Nous n’insisterons pas davantage et puisque baignoire il y a, examinons cet appareil.
- Bien des matériaux entrent, à l’heure actuelle, dans la fabrication des baignoires : marbre, ardoise, terre réfractaire émaillée, verre, nickel, cuivre, acier, ferétamé, fonte, zinc, etc. ; mais ce sont les métaux parce que bons conducteurs de la chaleur qui sont les plus employés, si les baignoires en marbre ou en terre réfractaire émaillée ont pour avantages leur longue durée, leur solidité et la résistance de l’émail aux acides et aux sels employés habiluellement dans les bains, par contre elles ont plusieurs inconvénients : prix élevé, poids considérable, faible conductibilité vis-à-vis de la chaleur qui est absorbée et rendue avec une extrême lenteur, au toucher impression de froid désagréable et parfois nuisible.
- La baignoire en cuivre est certes très durable, c’est même la meilleure au point de vue de la conductibilité calorique, mais elle est très coûteuse d’achat et d’entretien. Afin d’éviter l’oxydation, on a songé à l’étamer, mais comme ce préservatif est assez laid d’aspect, on a été amené à le compléter par un émaillage dont la qualité, on le conçoit, est en raison directe du nombre de couches. Dans tous les cas, le coût de ces deux opérations vient s’ajouter à la valeur'du métal. C’est également pour le même motif, l’oxydation, que l’on étame et émaillé ensuite les baignoires en fer. La baignoire en zinc, très répandue encore, est d’un niauvais usage si le zinc n’est pas d’une forte épaisseur; de plus elle demande du temps et de la peine pour l’entretenir et lui donner un brillant qui ne sera malgré tout que momentané et sans lequel aucune baignoire ne peut avoir bon aspect.
- Reste la baignoire en fonte émaillée dont la vogué s’accentue. Là aussi les mêmes abus de la crédulité du public existent. Il nè suffit pas que l’émail ait une apparence attrayante par1 sa blancheur et son uniformité, il faut qu’il soit bien appliqué; sans cela il ne peut pas résister à l’action des eaux chaudes savonneuses et aux ingrédients, et il ne tarde pas à se craqueler sous les brusques changements de température auxquels est forcément exposée une baignoire. En outre, sa surface lisse finit
- Fig. 3.
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- par disparaître et il devient extrêmement difficile à nettoyer. On ne devrait donc utiliser que des émaux de qualité supérieure, mais il est évident que ces émaux ne peuvent s’obtenir aux prix auxquels se vendent les baignoires soi-disant bon marché, et quoi qu’en disent certains fabricants, une baignoire en fonte émaillée supérieure ayant subi plusieurs feux à des températures et d’une durée convenables ne peut s’obtenir à des prix inférieurs à x5o et 175 francs, non compris la robinetterie d’alimentation et de vidange. On rejettera donc l’article à bon marché.
- La baignoire affecte diverses formes : même largeur d’une extrémité à l’autre, on rétrécissement allant de la tête au pied, enfin parois latérales droites ou inclinées vers le fond ; nous sommes partisan de ce double rétrécissement parce qu’il procure une économie d'eau et fait que le baigneur a le dos commodément appuyé. L’arrondi des angles intérieurs sera exigé afin de prévenir l’accumulation des souillures et du savon; à ce point de vue, le fond de la baignoire en zinc laisse bien à désirer.
- Quant à la robinetterie et aux conduites de décharge et de trop-plein dont dépend pour une large part la valeur hygiénique d’une installation de bains, on choisira
- Fig.
- ces accessoires de telle sorte qu’ils soient solides, que leurs joints soient accessibles pour une réparation éven* tuelle, que la vidange s’opère rapide et silencieuse, e est-à-dire en une minute et demie, ce qui implique un orifice de départ de 35 à 5o millimètres de diamètre, que le trop-plein soit d’un fonctionnement assuré et efficace, enfin, pour les mêmes raisons que dans les lavabos, que l’orifice d’entrée de l’eau pure soit distinct de celui de sortie de l’eau souillée de façon que la première ne risque pas d’entrer en contact avec des surfaces salies.
- En conséquence, l’on doit considérer comme antisalubre la vidange telle quelle est appliquée figure 3 et, comme salubre, celle de la figure 4 ; dans ce dernier système la bonde de décharge prend la forme d’.un tuyau de trop-plein logé dans une dépression ouverte et ménagée au pied de la baignoire; un levier ou un bouton permet de la soulever ou de l’abaisser à volonté. Il va de soi que la chaînette et le bouchon comme vidange sont à écarter pour les mêmes raisons que celles citées dans les lavabos. M. Bousquet.
- Architecte-hygiéniste.
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- 'Electricité
- Indicateur d’appel lumineux à contrôle. — Dans une étude précédente nous avons vu le moyen de faire fonctionner en série avec une lampe une sonnerie, ce qui nous amenait à constituer un tableau lumineux remplaçant les tableaux à voyants ou à annonciateurs.
- Une disposition fondée un peu sur le même principe d’avoir un signal lumineux existe déjà au Waldorf Hôtel, à Cannes. Elle a été installée par la maison Yiette, de Lyon, et nous en trouvons la description dans le Bulletin de l’Association des Anciens Elèves de l’Ecole Bréguet.
- Le signal lumineux est avantageux dans un hôtel, car le personnel perd du temps à aller consulter le tableau indicateur; il s’énerve quand il est obligé d’y retourner à chaque instant. Si plusieurs appels se font en même temps et qu’on fasse disparaître les voyants, on peut
- oublier un numéro. Enfin le tableau de contrôle n’indique pas le nombre d’appels.
- Yoyons le dispositif employé pour obvier à tous ces inconvénients.
- L appel du client se fait toujours par poire, bouton, etc. ; il actionne une sonnerie d étage et une sonnerie dans le bureau de la direction.
- Au-dessus de chaque porte se trouve un indicateur (fig. 1). Quand un appel s’effectue dans une chambre, l'indicateur placé à la porte est parcouru par du courant. L’armature a d’un électro-aimant est attirée et libère un piston en ébonite b qui apparaît en dehors de la boîte. Ce piston vient donner le contact aux ressorts d qui commandent le circuit d’allumage de la lampe c.
- Pour ramener le tout dans la position primitive il faut pousser le piston ébonite ce qui réenclenche l’armature et éteint la lampe.
- L appel est donc caractérisé par l’allumage et l’apparition de b hors de la boite. Le voyant a pour but Fig. 1. — Indicateur de déceler l’appel alors même que de porte : a, armature la lampe ne s’allumerait pas par man- mobile; b, voyant; que de courant ou par bris du c> lamPe; cl- contact filament. Le tableau de contrôle de d allumage; B, bobine la direction est assez original. * 6 ectlo‘
- Il comporte un relais par étage monté en série avec un contrôleur et avec la canalisation d éclairage de 1 étage correspondant. Le relais donne par sa palette un contact qui allume une lampe correspondant à l’étage. Le contrôleur est constitué par un galvanomètre gradué de telle sorte qu’une division correspond à l’intensité d’une lampe de chambre. Si l’aiguille est sur le chiffre 3 au contrôleur de l’étage a, ceci indique que 3 clients ont appelé à l’étage 2.
- Au fur et à mesure qu on réenclenche un voyant, par suite qu on éteint une lampe, le galvanomètre descend
- Bouton
- Lampe /?
- Bêlais
- Sonnerie
- Fig. 2. — Schéma général d’une installation.
- d une division. La surveillance est donc assurée à distance. Quand le couloir d’un étage fait un coude, on ne peut apercevoir toute une série d’indicateurs, on place alors dans l’angle une lampe de rappel.
- L’installation ne comporte que 3 fils par étage, ce qui simplifie singulièrement les canalisations compliquées des sonneries à tableaux.
- L’ensemble est alimenté par une batterie d'accumulateurs de 5 éléments de 60 ampères-heure.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Les gosselins. — Ce nom ne vous dit rien; il faut être en effet de la partie pour le connaître. En terme de boucherie on appelle gosselins les tout jeunes animaux amenés à l’abattoir : agnelets, chevreaux, porcelets et jeunes veaux. Rien de plus tendre que la chair de ces petits sacrifiés, mais rien n’est plus dangereux, paraît-il, pour 1 alimentation dans certains cas. Un vétérinaire des plus distingués, M. Morot, a communiqué au Congrès de pathologie comparée des faits probants sur la nocivité de ces viandes. Ces jeunes animaux sont à un âge critique où les infections de tout genre, et notamment 1 entérite, ont plus facilement prise sur eux que sur les animaux adultes et forts. De tout temps, du reste, on a regardé comme ne valant pas la chair d’animaux faits celle des jeunes rejetons et, déjà au moyen âge, on proscrivait ces viandes ; des défenses analogues sont inscrites de nos jours dans les règlements_de beaucoup d’abattoirs français et étrangers.
- Qu’un de ces jeunes animaux soit atteint d’une de ces maladies infectieuses, que sa viande soit distribuée aux consommateurs et l’on pourra voir survenir les accidents toxiques plus ou moins graves qu’on observe après 1 ingestion de conserves avariées ou de viandes trop faisandées. Dans les grandes villes, la surveillance aux abattoirs et sur les marchés est assez étroite pour que le consommateur n’ait pas à craindre d’accident de ce fait. Mais dans les petites agglomérations, à la campagne, partout où n’existe pas un service d inspection, les accidents peuvent se produire. Rejetez donc de l’alimentation les viandes de tout jeunes animaux; elles ne sont pas très nourrissantes, et ont l’inconvénient, quand l’animal n’est pas en état de parfaite santé, d’être mauvaises et parfois toxiques. Il vaut mieux un bifteack un peu dur, et qu’on a peine à mâcher, que de risquer une indigestion ou un empoisonnement en mangeant Jdu gosselin. Dr A. C.
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- Les poids lourds dans l’armée anglaise. — Nous avons pu nous procurer quelques précisions sur la manière dont nos voisins d’Outre-Manche ont prévu l’organisation des convois automobiles de leurs armées..
- C’est l’Army Service Corps, qui est seul chargé de tout ce qui a trait au service des ravitaillements de toute nature, aussi bien au point de vue de leur préparation technique, qu’au point de vue de leur exécution militaire.
- On a organisé dès le temps de paix des compagnies automobiles avec matériel, comprenant : 2 officiers, 5o hommes de troupe, 8 camions automobiles, 2 tracteurs à vapeur ou à essence, 2 camions-ateliers, 2 voitures de tourisme et 2 motocyclettes.
- En temps de guerre, ces compagnies, renforcées par des réservistes et du matériel de réquisition comprennent : 4 officiers, i5o hommes destinés à la conduite des véhicules, 5ô ouvriers mécaniciens, 40 camions automobiles, 3 tracteurs, 3 camions-ateliers, 3 voitures de tourisme et 3 motocyclettes.
- On affecte définitivement à chaque division d’infanterie, d’un effectif moyen de 19000 hommes, deux de ces compagnies destinées, l’une au ravitaillement en vivres, pain, viande, petits vivres, et avoine, l’autre au ravitaillement en munitions.
- Soit au total, par division, le chiffre énorme de 80 camions automobiles.
- Quant aux opérations du ravitaillement lui-même, elles sont prévues de la manière suivante : les vivres et les munitions sont amenés de l’intérieur par voie ferrée, jusqu’à la gare régulatrice qui les achemine par les embranchements encore utilisables, jusqu’aux stations têtes d’étape de route les plus voisines des troupes à ravitailler.
- A ces diverses stations, le transbordement est fait sur les camions automobiles, qui sont dirigés par voie de terre jusqu’à des points désignés, appelés points de rendez-vous, où ils doivent arriver à une heure déterminée, et où ils attendent l’ordre de procéder au ravitaillement.
- Ils sont à cet effet dirigés, ensemble ou par petits groupes, en des points appelés points de contact, où ils trouvent les trains régimentaires des unités, auxquels ils délivrent leur chargement.
- Ils retournent ensuite à vide, soit à la gare d’où ils étaient partis, soit à la nouvelle gare imposée par les circonstances.
- Quant aux camions-ateliers, ils restent à la gare de départ pour procéder aux quelques réparations qui leur incombent, ils ne se déplacent que lorsque la gare de départ est changée.
- Ces camions-ateliers ne sont pas automobiles, ils sont traînés par les tracteurs ou même par des chevaux, ils comportent un moteur à explosion, placé sous la voiture, et destiné à actionner par courroie les diverses machines-outils, un tour à charioter et à fileter, une
- machine à percer, une meule, une dynamo pour l’éclairage, et un palan à chaîne, mobile le long d’un rail horizontal placé près du toit de la voiture. Ils sont capables d’exécuter des réparations d’assez faible importance, au même titre que les camions-ateliers automobiles, utilisés en France par l’aviation (La Nature, n° 2056). Mais ils ne sauraient prétendre assurer toutes les réparations qui s’imposent dans un service automobile intensif, ni même les travaux qui exigent une grande précision.
- Les machines-outils sont en effet de faible puissance, elles sont de plus assujetties sur le tablier même de la voiture, et n’ont pas une fixité suffisante pour ne pas présenter des trépidations gênantes. Il reste indispensable de doter les convois automobiles d’ateliers de réparations plus importants et mieux outillés, analogues à ceux qui figuraient aux grandes manœuvres d’Anjou, dans les formations françaises.
- Les points particuliers sur lesquels il paraît utile de revenir, dans l’organisation anglaise des convois automobiles, c’est l’attribution préalable et définitive de deux compagnies automobiles à chaque division d’infanterie, et la spécialisation de l’une pour le transport des vivres, et de l’autre pour le transport des munitions.
- Cette conception peut être admissible en Angleterre, qui peut être riche en camions automobiles, et où on n’a pas à prévoir la mise sur le pied de guerre d’une armée de terre très nombreuse, elle conduirait dans les armées des puissances continentales à prévoir la réquisition d’un nombre beaucoup trop considérable de véhicules, qu’il serait de plus impossible de trouver.
- Dans la pratique, d’ailleurs, on peut opérer avec un meilleur rendement, en n’utilisant qu’un nombre de véhicules plus de moitié moindre. Il suffit de ne considérer les convois automobiles, que comme des organes destinés à prolonger les chemins de fer, dès que l’action de ces derniers ne peut plus se faire sentir au voisinage absolument immédiat des troupes, et par suite de n’en prévoir l’emploi que dans ce cas.
- Dans ces conditions, la spécialisation des imités automobiles à tel ou tel service, et leur affectation prématurée et définitive à telle ou telle division ou élément d’armée, ne peuvent conduire qu’à une mauvaise utilisation, ainsi qu’il est possible de le démontrer par deux exemples simples.
- Une armée, composée de plusieurs corps d’armée accolés, prend l’offensive et est amenée à faire une conversion autour de son aile droite, par exemple. Par suite de destructions effectuées par l’ennemi sur les voies ferrées, il est impossible d’avancer les gares têtes d’étape de route correspondant aux corps de gauche, qui vont ainsi s’éloigner de plus en plus des voies ferrées, tandis que l’aile droite reste très rapprochée de sa gare de ravitaillement. Dans ces conditions, alors que le corps de droite pourra se passer de convois automobiles, et ravitailler directement à la gare les
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- VARIÉTÉS
- trains régimentaires, il sera indispensable de reporter tous les convois automobiles vers l’aile gauche, pour suppléer à l’absence de voies ferrées utilisables.
- Après une grande bataille, dans laquelle les corps d’armée situés à une aile, par exemple, auront eu à soutenir une lutte acharnée, alors qu’à l’autre aile Faction aura été plus calme, il sera indispensable d’assurer d’un côté un rasdtaillement intensif en vivres, munitions et matériel, alors que de l’autre on pourra se contenter de ravitailler en vivres. On y parviendra en augmentant momentanément du côté voulu le nombre des unités automobiles à employer au ravitaillement, par prélèvement sur l’autre côté.
- Gela revient à dire que, s’il est nécessaire de constituer un nombre d’unités automobiles assez important,
- pour pouvoir en doter au besoin tous les corps d’armée, il semble préféi’able de les grouper par armée, sous l’autorité du commandant des services de l’arrière, qui les utilisera au mieux des circonstances.
- En revanche, une idée qui paraît excellente dans l’armée anglaise, c’est d’avoir spécialisé dès le temps de paix l’Army Service Corps dans l’étude des questions automobiles. La spécialisation des services techniques multiples des armées modernes s’imposera de plus en plus, comme elle s’est imposée depuis longtemps déjà dans les marines de guerre. C’est sans doute parce que précisément l’Angleterre est une puissance navale avant tout, qu’elle a introduit dès le début de son organisation la spécialisation dans ses troupes de terre.
- D. Renaud.
- .JfeD
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QSÇ.,
- Cylindres enregistreurs pour phonographes. —
- D’après le Praticien industriel une masse donnant de bonnes inscriptions peut être obtenue avec :
- Stéarine...................... 1000 grammes
- Soude caustique................. a5o —
- Stéarate de plomb................ 26 —
- Paraffine, éventuellement de . 10 à 20 gr.
- On fait d’abord fondre la stéarine, on saponifie par la soude puis on ajoute le stéarate, et enfin la paraffine pour rendre au besoin le produit moins dur. On filtre sur des feuilles de ouate placées dans un tamis, on réchauffe le liquide clair et on coule en moules. Ceux-ci sont composés d’une enveloppe de fer et d’un noyau central en cuivre rouge rainuré d’un filet de vis. Dès qué la masse commence à se solidifier, on dévisse le cylindre qui adhère mal au noyau préalablement badigeonné de pétrole. On laisse ensuite refroidir complètement : la matière moulée se rétracte en se détachant spontanément des parois.
- Encaustique ininflammable. — Au lieu de faire dissoudre de la cire, pour la commodité d’application, dans l’essence de térébenthine, on peut l’émulsionner dans l’eau. Les mixtures ainsi préparées ont l’avantage d’être ininflammables, mais elles ont l’inconvénient d’être longues à sécher. Il existe plusieurs formules pour la composition de ces encaustiques, la plupart comportant un bain de savon avec addition de carbonate ou de tartrate alcalins. Les tartrates ne nous donnèrent aucun bon résultat. Par contre, le carbonate de potasse permet d’obtenir des émulsions très stables. On l’emploie ainsi : préparer à chaud un bain avec 5oo c. c. d’eau et 5o à 60 gr. de savon de Marseille râpé. Ajouter au mélange bouillant 10 gr. carbonate de potasse anhydre et 5o gr. cire d’abeilles, en remuant jusqu à parfaite homogénéité. Couler en vases, bien boucher ensuite, ou employer aussitôt après préparation. Refroidi, l’encaustique se prend en masse, d’emploi pas très commode ; il convient, pour en enduire le bois à cirer, de réchauffer jusqu’à liquéfaction..
- (Laboratoire de La Nature.)
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseiguëments qui lui parvieunent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Détecteur indéréglable pour la T. S'. F. — M. Savary, ingénieur, 226, rue Solférino, à Lille, nous écrit : « J’ai lu dans votre numéro du Ier courant la description d’un détecteur indéréglable de M. Pierre Poirier. J’ai le regret de vous informer que je me sers depuis plus d’un mois d’un détecteur basé sur le même principe que j’ai déposé sous la dénomination Radiofixe il y a une dizaine de jours et que je vais mettre en vente. »
- Renseignements. — M. Z. Hauser, Russie. — En plus des appareils que vous citez, il y a le redresseur vibratoire de M. Soulier, ingénieur, 4, avenue de là Gare, Arcueil. Sur votre demande il vous communiquera tous renseignements utiles. Sur les redresseurs, nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial. Nous vous conseillons de consulter les articles très étudiés qui ont paru à ce sujet dans la Revue Electrique (Gauthier-Villars, éditeur, Taris) dans Y Industrie Electrique (Lahure, éditeur, g, rue de Fleurus, Paris). .,
- M. H. d’Hagerue, à Vannes. — Fournisseurs de soudures très fusibles et autodécapantes : Gourdon, 34, rue Alexandre-Dumas; Grauer et Ci0, 76, boulevard Richard-Lenoir ; W. Klepp, 54, boulevard Richard-Lenoir.
- M. R. B., à Saucats. Impossible de tracer des bro-
- deries sur velours et peluche des dessins décalquables au fer chaud. On doit faire directement les traits à la gouache ou en pyrogravure. ,
- M. A. G., à Beauvais. — Nous mettons la question à l’étude. Mais elle demandera du temps, étant donnée la difficulté d’étude analytique des mélanges complexes de matières grasses.
- M. F. Calloud, à Anvers. — Le compte rendu du Congrès de 1901 (Paris) a été publié, de même que ceux de Liège 1905 et Bruxelles 1910. Vous pouvez vous les procurer l’un et l’autre, soit à la Société française de photographie, 31, rue de Clichy, à Paris; soit à la Société Belge de photographie, Palais du Midi, à Bruxelles. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial à la stéréoscopie des petits objets; il y a eu des articles épars dans différentes Revues. M. Louis Schrambach, i5, rue de la Pépinière, à Paris, pourra vous renseigner; il construit un appareil spécial. Pas d’unité de mesure uniforme pour la sensibilité des plaques. Les fabricants ne se sont pas mis d’accord et utilisent des sensitomètres différents. . . , . . .
- M. F. de B., Gouv. de Niowno (Pologne russe). ~r Il n’existe pas d’ouvrage traitant du rouissage artificiel chimique remplaçant l’ancienne méthode du rouissage en rivière. Il faudrait vous adresser soit au Comité linier de France, à Lille (Nord), soit à MM. Feuillette et Cie, à Boulogne-sur-Seine. Le procédé auquel vous faites allusion est un procédé nouveau et très spécial, et un dérivatif de ceux employés pour l’obtention de la soie végétale de lin, consistant à décortiquer la fibre à fond, pour l’assouplir et à soumettre au traitement chimique, en plongeant le lin dans une cuve de traitement
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- contenant, sans doute, une lessive alcaline, puis dans une cuve de lavage; après séchage, le lin passe au battage pour faire tomber les matières décortiquées. Cette méthode chimique de rouissage fait d’ailleurs partie des procédés constituant l’invention brevetée due à M. Domergue, pour la fabrication de la soie de lin, et exploitée par la Société anonyme française La Soie végétale, 44> rue Blanche, Paris. Nous croyons utile d’ajouter que l’exploitation des procédés en question pourrait se faire à l’étranger, après entente avec ladite société, laquelle a dû déjà négocier, en septembre 1912, avec des groupes russes, pour l’application de ces procédés au traitement des lins russes qui, paraît-il, acquièrent, par ce traitement, une uniformité de coloris et une souplesse remarquables. Nous pensons donc qu’à
- défaut d’ouvrage sur cette question du rouissage artificiel chimique, vous auriez intérêt, également, à vous adresser à M. Domergue, au siège de la Société, indiqué ci-dessus.
- P. B , à Paris. — Vous trouverez des renseignements sur la question dans notre numéro 1961, 24 décembre 1910 et dans des communications faites à la même époque à la Société française de physique. Il ne nous a pas été donné jusqu’ici de constater des applications pratiques effectives qui justifieraient un nouvel article.
- Sextius, à Aix. — Les récipients à air liquide Dewar (et non d’Arsonval) conserveraient évidemment l’acide carbonique liquide. Adressez-vous à la Société de l’air liquide, 48, rue Saint-Lazare, Paris.
- ’lgO
- BIBLIOGRAPHIE
- QSL
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’arlequiu de Surinam : C. Houi.bert. — Les bases modernes de la thermodynamique : H. Vigneron. — Quelques croyances anciennes relatives aux plantes : la Phytognomonique : Daniel Claude. — Les nouveaux tramways parisiens : J.-L. Medynski.
- — Etudes cinématographiques d’un marteau-pilon : Dr Alfred Gradenwttz. — Sonnerie à un seul fil non isolé : G. Chalmabès.
- — Deux canots de sauvetage automobiles : André üachs. — Amazones chinoises. — • cadémie des sciences : Ch. de Villedeui l.
- — Microscope comparateur à double champ : R. M.
- Supplément. — L’expédition Mawson dans l’Antarctique, etc.
- Recueil de constantes physiques, publié par II. Abraham et P. Sacerdote. i vol. in-4° (28-23) de xvi-754 p-, avec figures et 5 planches, Gauthier-Villars, édit., Paris, igi3. Prix : 5o francs.
- Ce volume représente une œuvre de première importance entreprise par la Société française de physique avec le concours d’une armée de collaborateurs d’élite. On y trouvera réunis et classés clairement et méthodiquement les chiffres les plus importants de la physique ; les valeurs numériques choisies ont été soigneusement sélectionnées. En tête de chaque tableau, une courte notice, accompagnée d’exemples numériques, définit avec précision les quantités qui y figurent et spécifient les unités employées. C’est un précieux outil mis à la disposition des physiciens et industriels.
- Guide pratique d’aviation, par les lieutenants Sensever et Peralda, préface du général Hirschauer. i vol. in-12 illustré. Chapelot, éditeur, Paris, 1912. Prix : 3 francs.
- Guide de l'aviateur, par Roland Garros, i vol. illustré 96 p. Pierre Lafitte éditeur, Paris, 1912. Prix : 1 fr. 5o.
- Voici deux excellents guides, œuvres de pilotes éprouvés, voire illustres, écrits sans formules,-accessibles aux moins initiés, et qui révèlent très exactement tous les mystères de l’aviation. Les trois brillants aviateurs sont parfaitement d’accord sur les conseils à donner aux débutants, sur les qualités à exiger d’un bon aviateur et sur la façon de conduire un apprentissage. Les conseils des deux officiers sont plus précis, plus minutieux ; ceux du brillant sportsman qu est Garros ont la forme concise d’un catéchisme, et ce n’est pas un défaut dans un sport qui ne permet jamais l’hésitation. Ces deux petits livres ne sont pas cependant sans offrir de sérieuses divergences bien caractéristiques de l’état actuel de l’aviation. MM. Sensever et Peralda, ayant exposé les espoirs militaires qui se fondent sur l’aéroplane, expliquent par là les lâtonnements de l’autorité militaire à la recherche des meilleurs types. Garros, soutenant avec raison que la sécurité réside dans l’excès de puissance, combat avec assez de vivacité les appareils « tangents », c’est-à-dire alourdis par des accessoires trop nombreux,
- des dispositifs de construction trop parfaits, et même par un moteur excessif. Beaucoup d’appareils, issus des derniers concours, sont tangents, donc dangereux. Enfin Garros expose un plan fort sage d’école natioïiale d’aviation : souhaitons, pour le bien de notre industrie nationale, qu’il aboutisse au plus tôt.
- La biologie synthétique, par Stéphane Leduc. In-8, 217 p., 118 lig. Poinat, éditeur, Paris, 1912.
- On connaît les idées du professeur Stéphane Leduc qui explique la vie exclusivement par des phénomènes physico-chimiques. On trouvera dans ce volume un exposé complet de sa théorie et de ses recherches sur les générations spontanées et le sommeil électrique, le tout écrit avec conviction, présenté clairement et abondamment illustré.
- Pomologie nouvelle, par Rudolf Richter. In-8°, 110 p., 8 fig. Baillière, éditeur, Paris, 1912. Prix : 3 francs.
- M. Richter préconise une méthode nouvelle dë culture des arbres fruitiers : il recommande la transplantation presque sans racines et sans branches, proscrit la taille, les insecticides, les fumures intensives, les ameublissements du sol, etc., et obtient de fort beaux résultats.
- Vers la victoire avec les armées bulgares, par Wagner. Traduit de l’allemand par le commandant Minart. Un vol. in-8°, Berger-Levrault, Paris. Prix : 5 francs.
- Le lieutenant Wagner nous fait assister à l’éclosion de l’entente entre les Etats balkaniques, et nous montre comment une nation, petite par son étendue et le nombre de ses habitants, a su préparer dans l’ombre, avec une incroyable ténacité, la guerre libératrice. Des cartes fort claires et complètes permettent de suivre pas à pas une campagne sur laquelle les renseignements personnels de l’auteur n’ont peut-être pas toute la précision désirée.
- Les embarras de l’Allemagne, par Georges Blondel. 6e édition, in-16. Plon-Nourrit, éditeurs. Prix : 3 fr. 5o.
- En dépit des progrès considérables que le nouvel Empire a réalisés, il semble qu’il y ait aujourd’hui dans toutes les classes de la société un sentiment de malaise. L’industrialisme, qui a débordé sur toutes les branches de l’activité nationale, n’a pas élevé le niveau intellectuel et moral des populations. Le renchérissement du coût de la vie est plus marqué qu’en France et provoque beaucoup de récriminations. C'est une des principales causes de la poussée si inquiétante du socialisme : elle est avant tout le fruit du mécontentement. Guillaume II, s’il jouit toujours d’un grand prestige, n’inspire pas une. pleine confiance; on a le sentiment qu’il est médiocrement secondé, et l’organisation constitutionnelle du pays n’est rien moins que satisfaisante. Dans cette intéressante étude, M. Blondel expose encore que le gouvernement impérial dans la politique extérieure n’offre pas au reste du monde le spectacle de ce « désintéressement .» qui vaut toujours à la France une si haute influence.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Carte Michelin, Marseille-Nice, au 1/200 000e, n° 46. Delagrave, Paris. Prix : 1 franc.
- C’est la ire feuille d’une excellente carte pour
- cyclisme et automobilisme qui doit comprendre 5o feuilles de 96 X 38 en 4 couleurs. Le dépliage eu est ingénieux et commode.
- W~
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 mars 1915. 4°,3 S. S. W. 2. Couvert. » Gel. bl. ; couvert de 7 h. à 18 li.
- Mardi 11 1°,6 S. 2. Nuageux. » Gel. bl. peu nuag. : brouillard le m. ; halo.
- Mercredi 12 5°,0 N.E. 2. Couvert. » Gel. bl. ; couv. de 6 b. à 8 b. ; beau ensuite ; brouill. le m. ; halo.
- Jeudi 15 6°,5 S. W. 2. Couvert. » Rosée ; quelq. éclaircies à 6 h. ; forte brume.
- Vendredi IL ... . 6°, 2 S. S. W. 2. Très nuageux. » Rosée : très nuageux.
- Samedi 15 6°,9 S. W. 2. Beau. 0,9 PI de 2 h. 45 à 3 h. lo ; nuag. de 9 b. à 16 h. ; beau av. et après.
- Dimanche 16. . . . 4°,9 S. S. W. 2. Nuageux. 0,0 Gel. bl. ; halo ; gouttes vers 14 h. 50; très nuag.
- MARS 1913. — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANGHE 16 MARS 1913.
- BBBiHMmHaiai mmamnaaKannoHi mamaaHtHpraN:
- laBMMBiRiaaiiiBainnaHKvaiaiBa BaBnüHn«nriliDBHHHHaMiaaiMIDaaHk'niH« BmDaBna«HBiiaB3EannaiMBnMnninH0».
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à 1 boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 8 au 16 mai's. — Le 8. La pression se relève dans le W. de l’Europe et aux Açores (Irlande : 772 mm). Profonde dépression sur le N.-E. du coutinent. Pluies sur le W. et le Centre du continent. En France : Besançon, 14 mm; Lyon, 6. Temp. du matin : Moscou et Charleville, -(-20; Paris et Brest, 5; Toulouse, 9; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 6°,5 (normale : 4°>9)- — Le 9. La pression devient très élevée sur le W. de l’Europe (Bordeaux : 782). Nouvelle dépression sur l’Islande (733). Pluies sur le N.-W. de 1 Europe et en Italie. Temp. du matin : Belfort —20; Paris, — 1 ; Toulouse, o; Nice, 5; Cherbourg, 7; moyenne à Paris : 5°,i (normale : 5°). — Le 10. Fortes pressions du W. à l’È. du continent (Limoges : 781 mm). Dépression sur la Scandinavie (Bodoe : ^80) et le N. de la Russie. Pluies sur le N. et le Centre du continent. Averses dans le N. de la France. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Moscou,
- — 3; Clermont-Ferrand, —2; Besançon, + 1; Paris, 4; Perpignan, 8; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 5°,2).
- — Le it. Pression élevée sur le S. de l’Europe. Une dépression persiste sur le N. et dans les parages de l’Islande. Pluies sur le N. du continent. En France : beau temps. Temp. du matin : Nantes, —20; le Mans et Clermont-Ferrand, o; Paris, -f- 2; Biarritz, 8; moyenne à Paris : 7°,G (normale : 5°,3). .— Le 12. La pression s’abaisse lentement sur le S.-W., en restant supérieure à 775 sur les Pays-Bas et le N. de la France. Basses pressions entre l’Islande et le N. de la Russie. Pluies sur les Iles-Britanniques et dans le S. du continent. En France : beau temps. Temp. du matin : Hel-singfors, —14° ; Bucarest, 0; Boulogne et Paris, —j— 5 ;
- du Bureau Central Météorologique.
- Perpignan, 9; Alger, i5; moyenne à Paris : 8°,9 (normale : 5°,4). — Le i3. La pression reste supérieure à 765 sur la moitié S. du continent. Dépression dans les parages de l’Islande et sur la Scandinavie. Pluies sur le N.-W. de l’Europe. En France : quelques ondées dans le N. Temp. du matin : Moscou, —6°; Boulogne et Paris, ^j-7 ; Bordeaux, 10; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 5°, 5). — Le i4- Les basses pressions envahissent le N.-W. de l’Europe : minimum entre les îles Feroe et l’Islande (Seydisfjord : 733). Pression élevée dans le S. et l’E. (Bucarest : 773). Pluies sur le N.-W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 6 mm; Paris et Bordeaux, 1. Temp. du matin : Haparanda, — io°; Limoges, —J— 4î Paris, 5; Marseille, 7; Brest, 10; Alger, 14 ; moyenne à Paris io°, 1 (normale : 5°,6).
- -— Le i5. La pression reste élevée sur la moitié S. de l’Europe (La Corogne : 775 mm). Zone de basses pressions entre l’Islande, les Iles-Britanniques et le N. de la Russie (Bodoe : 739). Pluies sur le W. et le N. de l’Europe. En France : Calais : 7 mm; Charleville, i* Temp. du matin : Moscou, —6°; Gap, o; Dunkerque, + 5; Paris, 7; Bordeaux, 10; moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 5°,7). — Le 16. Pression basse sur le N. de l’Europe. Minimum de 740 sur la mer du Nord. Tempête sur les Pays-Bas et la Manche. Fortes pressions sur la Manche et le S. du continent (Vienne et Madrid : 772 mm). Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : La Hague : 36 mm; Boulogne, 35; Ouessant, 18; Charleville, 1. Temp. du malin : Haparanda, — io°; Belfort, + 1 ; Paris, 5; Brest et Nice, 10; moyenne à Paris : 7°,7 (normale : 5°,8).
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l'Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit (Yle)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- Ne 2079. — 29 MARS 1913
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Sir William White. — Sir William White, l’ancien directeur des constructions navales en Angleterre, vient de mourir à l’âge de 68 ans, à la suite d une attaque de paralysie. Doué d’une intelligence remarquable, jointe à un grand esprit d’initiative, c’est sous son impulsion et avec une énergie qui ne s’est jamais démentie, que la marine militaire anglaise a pris i’énorme développement qu’elle atteint aujourd’hui. Pendant les dix-sept années qu’il occupa le poste de Directeur des constructions navales, il a conçu et fait construire : 43 cuirassés, 26 croiseurs cuirassés, 102 croiseurs protégés et 74 navires de moindre importance, soit un total de 245 navires ayant coûté une somme totale de 2 milliards et demi de francs. Toutes les questions relatives à la science des constructions navales ont été constamment le sujet de ses préoccupations et de ses études tant théoriques que pratiques. En outre de son traité sur Y Architecture navale, ouvrage classique traduit eu plusieurs langues étrangères, Sir William White a publié dans de nombreux mémoires le résultat de ses •études. Nous citerons entre autres ceux se rapportant à la stabilité des navires, au roulis, à l’influence des quilles de roulis sur l’amortissement de celui-ci. Nous citerons également son adresse eu igo3, comme Président de la Société des Ingénieurs civils de Londres, dans laquelle il résume, d’une manière magistrale, tous les progrès successifs de la marine militaire et marchande dans ces derniers temps. Né à Devonport en 1845, il entra comme simple ouvrier apprenti à l’arsenal de cette ville. Puis, après avoir suivi avec succès les cours de l’Ecole du génie maritime de South Kensington et de Greenwich, il entra en 1867, dans le Service de l’amirauté et devint ingénieur en chef en 1881. Entre temps et pendant plusieurs années il professa le Cours d’architecture navale à l’école de Greenwich, Après un séjour de deux années à Elswick ( 1883-i 88 5) où il dirigea les ateliers que venait de fonder la Société Armstrong et pendant lequel il eut à étudier et faire construire des cuirassés destinés à l’Autriche, à l’Espagne, à la Chine et au Japon, Sir William White rentra, en 1885, dans le Service de l’amirauté pour succéder à Sir Nathanel Barnaby, comme Directeur des constructions navales, poste qu’il occupa jusqu’en 1902 et qu’il dut abandonner par suite de son état de santé. Après quelques années de repos, sa santé s’étant rétablie, Sir William White reprit ses occupations favorites. Il fit partie de la Commission Gu-nard chargée d’étudier le type de moteur qu’il y avait lieu d’adopter pour les deux navires à grande vitesse (25 nœuds) à construire, le Lusitania et le Mauretania, et qui, comme on sait, décida l’emploi des turbines Parsons. Il prit la direction des chantiers Swan Hunter and Wigham Richardson, les constructeurs du Mauretania, puis celle de la Parsons Marine Turbine C°. Imbu de î idée des avantages de la turbine comme machine motrice pour les navires, c’est pendant la direction dc'cetle dernière Société qu’il s’attacha à développer l’emploi de
- la turbine non seulement pour les navires à grande vitesse, mais aussi pour ceux à faible vitesse, comme les cargos. Aussi est-ce dans ce but qu’il poursuivit avec M. Parsons l’application du réducteur de vitesse à engrenages qui, tout en conservant au moteur un poids modéré, permet d’obtenir un rendement global convenable. Des navires de ce type ont été construits par lui pour le service entre les Indes et Pile de Ceylan et un ertain nombre de cargos et de navires à voyageurs munis de ce même type de moteurs sont actuellement en service ou en construction.
- Le carat métrique en Belgique. — Le Parlement belge vient d’adopter le carat métrique de 200 milligrammes. La loi, signée par le Roi le 10 de ce mois, deviendra aussitôt effective. Cet événement prend une particulière importance en raison du fait que le Gouvernement hollandais avait décidé d’attendre l’adhésion de la Belgique à la réforme du carat pour l’imposer au marché d’Amsterdam, considéré comme solidaire de celui d’Anvers, et que, d’autre part, le Gouvernement des Etats-Unis était résolu à n’adopter le nouveau carat que lorsqu’il aurait été accepté à la fois par la Belgique et les Pays-Bas. L’adhésion des Etats-Unis devant entraîner sûrement celle de l’Angleterre, on peut prévoir, pour un avenir prochain, la disparition complète de tous les anciens carats et leur remplacement par le carat international.
- Les composants radio-actifs des sources thermales de Hokuto, Taïwan. — Deux savants japonais ont récemment publié une étude intéressante sur la composition d’une eau thermale de leur pays qui, par le repos, dépose des sédiments très abondants; cette eau est celle des sources de Hokuto. Les sédiments déposés sont constitués essentiellement par de l’angleso-baryte et renferment surtout du sulfate de baryum; ils contiennent en outre de petites quantités de cérium et de lanthane et une certaine proportion d’éléments radioactifs. Parmi ceux-ci, trois au moins sont présents : lionium, le polonium et le radium; par contre, ces sédiments ne renferment pas d’uranium, ainsi qu’on aurait dû s’y attendre ; ce corps devant donner naissance, d’après ce qu’on sait aujourd’hui, aux principes radio-actifs. Ces résultats généralisent les faits déjà établis dans nos régions, à savoir que presque toutes les eaux minérales, d’origine profonde, renferment des substances radioactives auxquelles elles doivent peut-être, au moins partiellement, leurs propriétés curatives.
- Le nouveau sismographe de New-York — Les
- Américains, qui prétendent à tous les records, décrivent le nouveau sismographe que possède le Muséum d’histoire naturelle de New-York comme le plus grand qui ait jamais été établi. Il a été construit à Strasbourg (Alsace) par la Maison J. et A. Bosch pour le compte d’un îûche mécène américain, M. Emerson Mac Millan, qui l’a offert à T Académie des Sciences de New-York.
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- INFORMATIONS
- Installé dans une chambre aux fondations massives reposant sur la roche, il a r m. 85 de hauteur et i m. i5 de largeur. Ses deux pendules régulateurs pèsent chacun 5oo kilogrammes. L’appareil était à peine réglé qu’il reçut, si l’on ose dire, son baptême sismique : 1 aiguille indicatrice vibra violemment pendant 45 minutes en indi-
- quant une série de chocs intenses. Une dépêche de Rome annonça le lendemain que le tremblement de terre enregistré s’était déroulé dans le nord de l’Alaska Une grande distribution hydro électrique en Espagne. — On aménage actuellement pour le grand centre industriel de Barcelone deux fortes chutes d’eau situées sur le Rio Sègre, affluent de l’Ebrc et sur le Rio Noguera-Pallaresa, affluent du Sègre. La première de ces usines hydro-électriques comptera 56ooo chevaux; la seconde 70000. Elles seront secourues par deux centrales auxiliaires installées sur le Rio Noguera-Pallaresa et développant 11 000 chevaux. Enfin, elles sei’ont ultérieurement renforcées par une troisième grande usine centrale de i5oooo chevaux, construite sur l’Ebre. Les deux usines, distantes de Barcelone de 140 kilomètres environ, seront reliées à la ville par deux lignes de transmission à double circuit, sur pylônes d’acier, transportant du courant à 110 000 volts.
- Convoi d’aéroplanes militaires. — La photographie que nous reproduisons ci-dessous, mieux qu’un long discours, caractérise l'état actuel de l’aviation. Les
- exigences militaires qui s’accroissent chaque jour en ont fait une puissante industrie, ^limitée à un petit nombre de constructeurs, mais ceux-ci produisent par imposantes séries. On aperçoit ci-dessus un convoi de
- 10 monoplans Blériot, destinés au camp d’Avor et qui viennent d’être embarqués à la gare d’Austerlitz.
- Le record de la distance en ballon sphérique. —
- 11 appartenait, depuis le 8 janvier 1912, à M. Bienaimé
- (Stuttgart-Ribnoyé : 2191 km en 46 heures). Il vient d’être conquis par M. H. Rumpelmayer et Mme Gold-schmidt : partis le 21 mars de la Molte-Breuil. ces deux: aérouautes atterrissaient \i heures plus tard à Kharkoff. La distance est de uioo kilomètres.
- Toponymie des sources du Frioul (Italie). — La ville d'Udiue en Frioul à l'angle nord-est de 1 Italie effectue en ce moment le captage de 5 sources portant des noms d’orig ne slovène, dont la bizarrerie n’est pas moins grande que celle de certains noms basques ou mexicains; les 5 sources s’appellent :
- i° Tapotbardau ; 2°Topatoze; 3° Tapotcragneroban ; 4° Tasazabiacan : 5° Tapatcuboriizou ! Ce sont là de singuliers vocables géographiques! (Mondo sotterran'eo, Udine, janvier-février 1912)
- La nouvelle Piedra-Movediza.— Nous avons relaté la chute du fameux rocher branlant de Tandil (République Argentine) à la date du 26 février 1912. La perte de ce phénomène naturel avait été considérée comme si regrettable qu’on avait proposé de le reconstituer artificiellement et de le remettre en place! Mais on a trouvé mieux encore en découvrant non loin de là, le 25 août, une autre pierre branlante, à 4 lieues de Tandil, qui peut remplacer la disparue.
- Pour détourner le Gulf-Stream. — Un Américain, d’imagination hardie, vient de déposer à la Chambre des Réprésentants des Etats-Unis un projet de loi demandant au Gouvernement de faire construire en plein Atlantique une digue gigantesque, dans le but de détourner le Gulf-Stream. La digue aurait de 75 mètres à i5o mètres de profondeur, elle partirait de la côte de Terre-Neuve et mesurerait 35o kilomètres de long. Elle aurait pour effet de rapprocher le Gulf-Stream des côtes des Etats-Unis, et de les faire bénéficier par suite de la douceur du climat dont jouissent aujourd’hui les rivages européens. De même le Groenland deviendrait une région de climat tempéré. Faut-il dire que même aux Etats-Unis ce projet fantaisiste n’est guère pris au sérieux?
- Le ver luisant. — J H. Fabre, le grand conteur des merveilles du monde des insectes, vient de donner aux Annales le récit des mœurs du ver luisant. Celui-ci, encore appelé lampyre (Lampyris noctiluca) est bien connu par l’appareil phosphorescent qui illumine l abdo-men de la femelle et la révèle au promeneur attardé pendant les belles nuits de l’été. Fabre a observé, avec son ingéniosité et sa patience accoutumées, les mœurs de ce porteur de lumière. Il Ta vu chasser avec ardeur et s’attaquer habituellement à un petit escargot (Hélix variabilis). Chose curieuse, le lampyre anesthésie sa victime avant de la manger. Fabre l’a vu s’approcher d’un escargot, sortir deux mandibules courbes percées d’un fin canal et piquer méthodiquement le bord du mollusque. Après 4 à 6 piqûres, l’escargot est devenu insensible et il reste en cet état 2 ou 3 jours, délai beaucoup plus que suffisant pour que le ver luisant s’en abreuve, non en le mangeant réellement, mais bien en suçant le liquide produit par la digestion des tissus de l’escargot sous l’influence des sucs sécrétés par l’insecte. Cette anesthésie et cette digestion à l’extérieur, assez fréquentes dans le monde des insectes, sont vraiment d’un mécanisme merveilleux.
- Produits volatils qui se dégagent dans l’ensilage du maïs. — Dans un grand nombre de régions agricoles, on conserve les produits, les fourrages, destinés à l’alimentation du bétail, dans des silos, c’est-à-dire dans des cavités creusées en terre dans lesquelles ces matières sont tassées et recouvertes ensuite de terre pour les sousti'aire au contact de l’air. Elles subissent là une fermentation spéciale pendant laquelle il se forme des substances qui donnent à la nourriture un goût particulier, mais assez apprécié des animaux de la ferme, auxquels on la distribue pendant le courant de l’hiver quand les fourrages habituels sont épuisés. Certaines de ces fermentations ont été déjà étudiées. On a récemment constaté que pendant l’ensilage dn maïs, il se forme, comme acides volatils, les corps suivants : 17 pour 100 d acide formique, 73 pour 100 d’acide acétique, 8 pour 100 d’acide propionique et 0,6 pour 100 d’acide butyrique. Les autres produils volatils sont des alcools renfermant 21 pour 100 d’alcool méthylique, 72 pour 100 d’alcool éthylique et 7 pour 100 d’alcool propylique; mais on ne trouve pas d’éthers dans ces matières.
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- Fig. i.
- Fig.
- cette dépense devient insignifiante puisqu’elle peut ne pas dépasser 2 centimes en 12 heures. Le bec est muni d’un raccord qui se visse à la place d’un appareil quelconque ; il comporte un très petit chalumeau recourbé (fig. 1) terminé en forme de potence et portant en haut un crochet réglable qui supporte le manchon sphérique ; cela permet de l’approcher plus ou moins de la flamme du chalumeau pour le régler. Une galerie en cuivre destinée à supporter un verre protecteur (fig. 2) complète l’ensemble de cette veilleuse économique dont l’intensité est très supérieure à celles qui avaient été imaginées jusqu’à présent. — Comptoir des Inventions Nouvelles,
- 31, boulevard Bonne-Nouvelle.
- c$*n&. Chauffage
- L’Électro-aéro-gaz. — Comme son nom l’indique, cet appareil fabrique du gaz avec l’aide de l’air et de l’électricité.
- L’air est envoyé par le tube T (fig. 1) dans un carburateur C au moyen d’un ventilateur électrique Y. Là il rencontre de l’essence de pétrole provenant du réservoir R et il acquiert toutes les propriétés du gaz d’éclairage ordinaire.
- L’action du ventilateur le chasse hors du carburateur qu’on relie par un tube souple aux appareils de consommation: réchaud de cuisine, ou autre. Ce ventilateur est mû par un petit moteur électrique qui se branche, au moyen d’un fil souple, sur la douille d’une lampe àincandescence. Il est complètement fermé au moyen d’un couvercle B dans l’intérieur duquel est disposée une cloison en forme de spirale (fig. 2) qui canalise l’air,légèrement comprimé, jusqu’à la sortie S où est attaché le tube T (fig. 1). Quand l’appareil n’est pas utilisé on peut découvrir les' ailettes M (fig. 3) et utiliser leur mouvement pour produire l’aération d’une pièce où l’on fume par exemple.
- L’électro-aéro-gaz vient compléter heureusement une installation domestique à la campagne où il est plus fréquent aujourd’hui de trouver de l’électricité que du
- Fig
- Chimie appliquée
- Détermination rapide de la proportion d’éléments charbonneux contenus dans les poussières des houillères — Parmi les recherches entreprises à la Station d’essais de Liévin, pour déterminer les meilleurs moyens propres à assurer la sécurité dans les mines de houille, on a fait l’étude des poussières formées par les débris de charbon et de roches, qui s’accumulent dans les galeries et chantiers, et sont susceptibles de s’enflammer, lorsque la proportion de la poussière de houille atteint ou dépasse certaines valeurs limites, fixées par les essais.
- Pour connaître cette proportion, un premier moyen consiste à incinérer un poids connu de la poussière suspecte et à peser les cendres obtenues ; la différence des deux pesées donne le poids du charbon brûlé, avec une erreur, parfois notable, qui correspond à la perte de poids, à l’incinération, des éléments rocheux. Mais ce procédé est assez long et nécessite un outillage qui n’existe pas toujours dans le laboratoire d’une fosse; on parvient à une exactitude suffisante pour la pratique par un moyen plus simple consistant à déterminer la densité des poussières, parce que celles de la houille et des débris rocheux ne varient guère.
- Pour appliquer cette méthode, on emploie un Voluménomètre, imaginé par MM. TafFanel et Le Floch, formé d’un flacon de verre soufflé d’environ 5o cm3, à large ouverture, fermé par un bouchon creux rodé, et surmonté d’un tube gradué de 5 cm3, divisé en 100 parties. Cet instrument est représenté par la figure ci-contre.
- On opère de la façon suivante :
- Sur un trébuchet sensible au demi-décigramme, on pèse i5 grammes des poussières à examiner, que l’on introduit dans le flacon débouché, à l’aide de l’entonnoir métallique qui accompagne l’instrument.
- On y verse ensuite exactement, avec une pipette, 25 cm3 d’alcool dénaturé ordinaire (alcool à brûler) ; on replace le bouchon sur le flacon et l’on agite, afin que les poussières puissent être bien mouillées et que les bulles d’air se dégagent.
- Puis on verse à nouveau, par le haut du tube, 25 cm3 du même alcool, et on lit sur le tube à quelle division s’arrête le niveau du liquide. Ce niveau est d’autant plus élevé, le chiffre en est d’autant plus faible, que la poussière essayée contient plus d’éléments charbonneux, dont la densité est inférieure à celle des éléments rocheux.
- L'opération étant ainsi terminée, on jette le contenu du flacon sur un filtre et l’on recueille l’alcool qui peut servir indéfiniment.
- On peut, en préparant des mélanges en proportions connues de charbon pur et de roches pures, déterminer directement la courbe de correspondance entre les divisions de l’échelle et les proportions d’éléments charbonneux. — Le voluménomètre est construit par MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain,
- ' Paris.
- 'Eclairage
- Bec-veilleuse à incandescence « Dragon ». — Quand on ne peut pas avoir la lumière électrique et qu’on est dans l’obligation d’éclairer par intermittence un local quelconque, on a recours à divers artifices toujours un peu compliqués qui permettent d’allumer rapidement un bec de gaz II serait plus simple de laisser ce bec toujours allumé si la dépense qui en résulte ne devait pas prohiber cette solution simpliste. Or, avec le bec renversé à manchon sphérique représenté ci-contre (fig. 1 et 2),
- gaz. Or si l’électricité offre d’inappréciables avantages pour l’éclairage, il faut bien reconnaître que, le plus souvent, son prix de revient est trop élevé pour qu’on puisse l’employer au chauffage et à la cuisine.
- Avec le nouvel appareil il suffit de tourner le commu»
- Appareil de t MM. Taffanel
- Le Floch.
- Voluménomètre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- tateur qui actionne le ventilateur pour pouvoir allumer aussitôt un réchaud à gaz.
- Le prix de revient est en raison du coût de l’essence qu'on trouve pour l’alimentation des automobiles : un litre de cette essence produit environ 4 mètres cubes de gaz carburé. Quant au courant électrique consommé par le ventilateur, il est environ de i5 watts à l’heure.
- Dans la plupart des cas la dépense sera moins élevée que si l’on prenait le gaz à une usine de distribution; mais dans maintes circonstances on n’aura d’ailleurs pas le choix et c’est surtout pour cela que l’appareil a été construit. — Se trouve à la Société nouvelle du gaz universel, boul. de la Liberté, à Chantenay, Nantes.
- Objets utiles
- Fausset l’Idéal. — Quand on a un fût en vidange il faut, pour que le vin, le cidre ou la bière se conservent bien, éviter la rentrée d’air non aseptique et on a pour cela déjà imaginé plusieurs systèmes de faussets. Celui de M. Mourey, représenté ci-dessous se compose d’une soupape S, s’ouvrant du dehors en dedans, maintenue par un ressort en spirale qui la fait appliquer sur son siège tant que la dépression qu’on veut maintenir à l’intérieur du fût n’est pas dépassée. Au-dessous de cette soupape se trouve une cuvette dans laquelle on loge une pastille en feutre P contenant une matière stérilisante. On met le fausset en place en perçant un trou de préférence dans la bonde. Quand on ouvre le robinet du fût, l’air ne peut entrer que quand la dépression produite est suffisante pour que la soupape fonctionne et, en outre, il est obligé de se filtrer sur le feutre aseptisé; la surface du liquide en vidange n’est, par conséquent, en contact direct, qu’avec de l’air exempt de germes quelconques et sa conservation est assurée.
- Le même fausset fonctionne également pour des fûts qui contiennent des liquides en fermentation, et, dans ce cas, il permet l’échappement du gaz lorsqu’il a dépassé une pression réglée d’avance. Pour cela il suffit de retourner l’appareil qui est construit de telle sorte que la pointe se dévisse pour se fixer à l’autre extrémité; dans ces conditions la soupape fonctionne en sens inverse, c’est-à-dire du dedans au dehors, et permet l’échappement du gaz quand il dépasse la force du ressort qui a été réglé en consé -quence. — En vente au Comptoir des Inventions Nouvelles, 31, boulevard Bonne-Nouvelle.
- Brîse-jet mixte. — C’est principalement pour le laboratoire de photographie qu’a été imaginé ce petit appareil. Il se fixe sur un robinet quelconque où il est maintenu à frottement par la bague en caoutchouc dont il est muni; une toile métallique placée à l’intérieur fait l’office de brise-jet. L’eau arrive sans force, sous forme de jet cylindrique, comme au sortir du robinet ordinaire. Si on fait basculer la manette M (fig. i), on obture l’orifice d’écoulement en jet, et aussitôt l’eau s’échappe par
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- les trous de la pomme d’arrosoir qui entourent cet orifice (fig. a). Cela permet de laver les clichés et surtout les papiers ’’de grand format comme ceux employés dans l’agrandissement. En,repoussant la manette dans l’autre sens on revient aussitôt au jet ordinaire qui permet de remplir les flacons, les verres, etc., et aussi défaire certains lavages qui ne nécessitent pas l’écoulement sous forme de pluie. — En vente au Comptoir des Inventions Nouvelles, 3r, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- Divers
- Moule à cigarettes « Rapid ».—Un véritable fumeur tient à honneur de faire lui-même ses cigarettes. Mais l’antique technique qui consiste à rouler le tabac dans un bout de papier détaché d’un carnet, s’ëst singulièrement perfectionnée en ces derniers temps. Des petites machines pratiques ont été imaginées qui font ce
- La confection d’une cigarette avec le moule « Rapid ».
- travail rapidement. Elles ont introduit l’usage des tubes en papier dans lesquels la machine introduit le tabac. Ce procédé à conquis peu à peu la faveur du public; il a l’avantage de permettre, à bon marché, la confection de cigarettes fort élégantes comme les cigarettes à bout de carton ou cigarettes russes, les cigarettes à bout d’or ou de liège. Ce genre de tubes se vend aujourd’hui couramment et le développement de celte vente, réagissant à son tour sur la machine qui lui a donné naissance, a conduit à perfectionner encore les petites machines à cigarettes.
- Un des derniers modèles construits à cet effet est la machine Rapid. L’appareil se compose” de deux lames de métal mobiles autour d’une charnière. En desserrant ces lames, il se forme une cavité dans laquelle on répartit le tabac; on glisse le tube sur le tuyau. En refermant les lames, on comprime le tabac en même temps que l’on maintient le tube par la pince D. Il suffit de pousser le tabac dans le tube avec la tige de métal qui complète la machine et l’on obtient une cigarette parfaite. — Prix de la machine avec une boîte de tubes : i fr. iS. Société des papiers Alésia, 5, impasse Reille, Paris.
- Cuve à eau pour projection. — Il existe dans le commerce des cuves à eau spéciales, formées de deux glaces parallèles cimentées dans une garniture telle qu’on puisse remplir d’eau l’espace les séparant. C’est là qu’on place les bestioles aquatiques dont on veut projeter l’image vivante et les mouvements. sV.ii
- Le projectionniste amateur hésite souvent à bon droit pour acheter cette cuve assez chère dont il ne se servira, somme toute, pas très souvent.. Yoici un moyen de confectionner très facilement une cuve à eau idéalement économique, aisément nettoyable, démontable, et au demeurant capable de rendre d’aussi bons services qu’une cuve du modèle normal.
- Deux clichés photographiques, débarrassés de leur gélatine par immersion dans une lessive de soude caustique, sont bien nettoyés, puis réunis aux deux bouts par des ronds élastiques en caoutchouc, obtenus au besoin en sectionnant un tube de gros diamètre. Auparavant, un tube vide, en caoutchouc bien souple, fut interposé de manière à former un U. Pour peu que nous ayons pris la précaution de vase-liner notre tube, il forme joint étanche, en s’aplatissant contre les parois planes qui le pressent. Et nous pourrons emplir d’eau l’intervalle libre, puis transformer notre cuve en un petit aquarium que la projection grandira sur l’écran.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en février 1913, par M. Ch. Dufour.
- La pression barométrique moyenne 762”“,5 a été supérieure de.3œm,6 à la normale.
- La température moyenne 4">1 est en excès de o°,5 ; le mois est caractérisé par une période très chaude qui débute à la fin de janvier, s’étend jusqu’au 8 février et durant laquelle les moyennes diurnes sont supérieures d’au moins 40 à leurs normales respectives, l’écart atteignant même 6° le 4 et le 7 et 7° le 3, et une période froide du 15 au 24 présentant des écarts inverses sensiblement de même ordre.
- La nébulosité moyenne a été 4.4 alors que la normale de février est de 6,7. La.clarté du ciel a augmenté sensiblement l’amplitude moyenne de la variation diurne de la température. Les gelées ont été nombreuses : 17 dont 12 consécutives du i5 au 26; toutefois le minimum absolu de la température —5°,5, observé le 20, est encore sensiblement supérieur au minimum absolu moyen de février. Le maximum absolu i3°,8 a été relevé le 25.
- La durée d’insolation, i5o heures, est la plus élevée que l’on ait trouvée en février depuis 1881, début de l’observation régulière de ce phénomène. L’état du ciel a permis d’effectuer 5i mesures de l’intensité de la radiation solaire à 14 dates différentes. Pour des hauteurs du Soleil atteignant à peine 3o°, les valeurs de l’intensité de la radiation du 22 au 25 ont dépassé une calorie, elles ont donc été supérieures à celles que l’on avait obtenues pendant le 2e semestre de 1912.
- L’humidité relative est inférieure de 7 à la normale du mois. La moyenne mensuelle est seulement de 75.
- La pluie a été faible et rare. La hauteur totale s’élève à igram,5 (rapport à la normale =: 0,62) et il n’y a eu que 7 jours de pluie appréciable au lieu de i3, nombre moyen. Il est tombé un peu de neige le 17 en quantité inappréciable.
- La Maine était en crue à la fin de janvier; elle a atteint sa hauteur maximum, 5”, 14 le 3; après quelques légères oscillations elle a baissé régulièrement à partir du 9 et la cote 2m,8i le.28 février est inférieure deom,70 à la hauteur normale correspondante.
- Pression barométrique. (Alt. 5o”,3.) — Moyenne des 24 heures : 762““,48; minimum absolu : 744mttt> 1 le Ier à 22h 45m ; maximum absolu 774mm,2 le 8 à 22''55”.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, o°,22; des maxima, 8°,80; des 24 heures, 40,10. Minimum absolu, —5°,5 le 20; maximum absolu, i3°,8 le 25. Amplitudes diurnes : moyenne, 8°,58; la plus élevée, i5°,7 le 25; la plus faible, 3°,2 le 4- Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, —2°,9i ; des maxima, i5°,25. Minimum absolu, —9°,2 le 23; maximum 220,6 le 23. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 4°>37 ; à 21 heures : 4°,4o; (prof. o”,65) à 9 heures : 5°,41 ; a 21 heures : 50,39; (prof- 1 mètre) à 9 heures : 6°,22; à 21 heures : 6°,18. De la Marne. — Moyennes : le matin, 5°,28; le soir, 5°,53. Minimum, 20,89 Ie ; maximum, 7°,65 le 8.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 4Mm,7i. Minimum absolu, imm,9 le 23 à 14 heures; maximum absolu, 8mm,2 le Ier à 18 heures et 20 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 75,3.
- Minimum absolu, 22 le 23 à 14 heures; maximum absolu, 100 à 8 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) 4>4-II y a eu 5 jours entièrement clairs du 21 au 25, et 4 jours complètement couverts les ier, 3, 4 et 28.
- Insolation. —Durée possible 283 heures; durée effective i5o heures; rapport o,53.
- Pluie. — Total du mois 19""“,5 en 22h5; maximum en 24 heures, 7mm, 1 le ier.
- Nombre de jours : de pluie, 8; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i) : 7; égale ou supérieure à imm : 5; à 5ra” : 1 ; de neige, 1; de givre, 1; de gelée, 17; de brouillard, 2; de brume, 8; de rosée, 3; de gelée blanche,- 17; de halos : solaires, 1 ; lunaires, 2.
- Fréquence des vents : calmes, 3i.
- N . . . . 83 S. E. . . . 36 W . . . . i3
- N. N. E..110 S. S. E. . . 46 W. N. W. 9
- N. E. . . 73 S........94 N. W. . . ii
- E. N. E. . 17 S. S. W . . 61 N. N. W . 17
- E........ 17 S. W. . . . 4a
- E. S. E. . 4 W. S. W. . 8
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m,o3. Moyennes diurnes : la plus élevée, 6m,9 le 2 ; la plus faible, o”,6 le 11. Vitesse maximum : 14m>7 Ie ier à 2ih55m par vent de S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 4“)0o. Minimum : 2”, 80 le 26; maximum : 5m,i4 le 3.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression —{— 3mm,56 ; température -J-o°,46; tension de la vapeur — i“m,o3; humidité relative —7,1; nébulosité —2,3; pluie —1 imm,8 ; jours de pluie appréciable—6; insolation -f- 64 heures.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (26 jours) ; 87 volts. Moyenne diurne la plus élevée
- i38 volts le io; la plus faible 5 volts le Ier. Moyenne des 18 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation ni brouillard persistant 97 volts; moyenne diurne la plus élevée 138 volts le 10; la plus faible 56 volts le 3. Amplitude diurne correspondante o,3o; amplitude nocturne o,5o.
- Radiation solaire. — 5i observations en ont été faites à 14 dates différentes. Les valeurs les plus élevées ont été obtenues du 23 au 25. .On a observé Q— le a5 à xih55ra; icaI,i2 le a3 à nhi5ra; 1cal, 14 le 24 à
- 1ih 26”.
- Taches solaires. — En 20 jours d’observations on n’a suivi qu’une seule tache qui a persisté du 21 au 25. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 2, 5-io, 12, i3, i5-20 février.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 12, 16, 17, 19, 25, 26; faibles le i3 et le i5; modérée le 14.
- Mouvements sismiques. —Le 20, débuta 9hnm27s, ph. pie. de 911 37“ à 9h 58”, fin vers n^So”; le 23, faible mouvement de 311 38” à 4 heures; le 27, très faible mouvement de i6h5i“ à 17'* 6m; les diagrammes portent encore des traces de microsismes le 7 entre 3 heures et 4 heures, le 14 entre 26 heures et 21 heures, le 15 de 21h 5o” à 221' 5ra.
- Floraisons. — Le 10, crocus; le 12, amandier; le 7, épine noire ; le 20, hépatique bleue ; le 21, saule marsault.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour empêcher le « grimpage » le long des filtres.
- — Quand on filtre sur papier certains mélanges contenant un précipité très fin et léger, il arrive souvent que les matières en suspension « grimpent » le long du papier. Même si le filtre n’est jamais rempli qu’à moitié, comme le liquide pénètre jusqu’en haut par capillarité, des particules s’élèvent avec lui, et parfois même arrivent à passer de l’autre côté du bord. De même les matières solubles s’accumulent à la partie extrême du papier qù’il est ainsi difficile de laver. N’importe quel
- chimiste amateur qui eut à filti’er un liquide coloré ne manqua point de remarquer la difficulté de lavage des bords du filtre : il faut les arroser à plusieurs reprises pour arriver à la décoloration. r
- On peut aisément remédier à cela par l’emploi de filtres dont les bords sont rendus impénétrables au liquide à la suite d’un léger paraffinage. On fait fondre de la paraffine ou de la cérésine (préférable aux autres matières grasses parce qu’inattaquables aux réactifs) et avec un pinceau, on recouvre de graisse liquide une
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- très mince couronne. Eviter de tremper le papier dans le bain, la paraffine pénétrant alors trop avant. Le filtre ainsi préparé est employé plat ou plissé, et peut se remplir complètement de liquide, sans que le grimpage puisse se faire au-dessus de la zone paraffinée. Les précipités les plus légers ne franchissent pas eux-mêmes cette barrière. On doit éviter toutefois de paraffiner les filtres destinés à subir des lavages à l’eau bouillante ; la matière grasse serait dans ce cas fondue et viendrait souiller le verre de l’entonnoir, voire le contenu du filtre. (Laboratoire de la Nature.)
- Pour décolorer les graisses, huiles, cires. — Le procédé le plus simple et le plus efficace consiste en l’emploi de farine fossile, ou silice formée de carapaces de diatomées microscopiques. Il semble que cette matière agisse surtout en raison de son extraordinaire porosité : la surface totale des éléments contenus dans une tonne de farine fossile ou kieselguhr dépasserait en
- effet 16000000 mètres carrés. Tous ces pores sont remplis d'air qui sous sa forme extrêmement divisée possède un énorme pouvoir oxydant. Les matières pouvant être décolorées sont les pétroles, paraffine, vaseline, ozoké-rite et cérésine ; les suifs, saindoux et graisses d’os; les huiles de baleine, de hareng et de morue ; les huiles de lin, de coco, de palme, de pavot, de coton et de navette. On commence par chauffer les graisses minérales vers ioo-i5o° et les graisses animales vers 8o°; les huiles végétales étant décolorées à la température ordinaire. On ajoute 2 à 5 pour 100 de silice et on brasse pendant une demi-heure. On laisse déposer et on décante le liquide surnageant. Non seulement il y a décoloration parfois complète, mais bien souvent, on observe une relative désodorisation. En outre, les huiles et graisses animales ayant subi l’action de la silice rancissent beaucoup moins facilement qu’avant le traitement.
- Les Matières grasses.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. —- Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Fourcade, à Sceaux. — Il n’existe pas à notre connaissance de livres donnant la construction d’un petit transformateur. Nous publierons prochainement une étude sur ce sujet qui permettra à un amateur de construire un petit transformateur.
- M. O. M., à Grenoble. — Des essais faits précédemment au Laboratoire de La Nature, il résulte que pour dénicotiniser partiellement le tabac, il suffit de le mettre macérer pendant 24 heures dans l’eau acidulée par 2 pour 100 d’acide chlorhydrique ; on rince ensuite parfaitement à l’eau et on fait sécher.
- M. Ch. Etienne, à Fresse. — Ce qui importe dans le fonctionnement d’une sonnerie, c’est le nombre de tours de fils et la résistance. En mettant 14 lampes en série, vous avez un circuit très résistant et sous ii5 volts vous avez un ampérage beaucoup trop faible. Il faut d’abord connaître la résistance de la sonnerie ; si vous ne pouvez la mesurer indiquez-nous le diamètre du fil et les dimensions delà bobine, nous calculerons approximativement la résistance. Nous publierons prochainement une petite étude sur ce calcul ainsi que le moyen de diminuer facilement la résistance d’une sonnerie trop résistante.
- M. J., rue Lemercier, à Paris. — i° Actuellement, il n’y a encore rien de fait, en France, dans l’utilisation des joncs et des roseaux pour la fabrication de la pâte à papier. Il faudrait être fixé exactement sur la teneur en cellulose de ces plantes et, à cet égard, il ne semble pas qu’elles puissent offrir un très grand intérêt. Il serait nécessaire de faire des essais préalables, et, dans ce but, vous pourriez vous adresser au Laboratoire de l’Ecole de papeterie annexée à l’Université de Grenoble, en lui soumettant une certaine quantité de ces plantes. Il est une autre utilisation susceptible de vous intéresser, pour les plantes de marais, c’est celle de l’industrie du paillage des chaises qui, d’ailleurs, se pratique avec les joncs, laîches, carex, scirpes, massettes, àRabastens (Tarn), Nantes, Rancy, près Louhans (Saône-et-Loire), dans la Somme et l’Yonne. On peut aussi employer les plantes de marais à la fabrication des cordes, nattes, tresses, tapis, corbeilles, chapeaux, semelles d’espadrilles ou de chaussons, et divers articles de sparterie et de vannerie. Néanmoins, les roseaux suffisamment gros et ligneux pourraient servir de matière première pour l’industrie de la pâte à papier. — 20 Gomme plantes pouvant faire l’objet d’une culture pour alimenter cette industrie, nous avons déjà signalé le lin, le maïs géant de Serbie, On peut ajouter les ajoncs et, surtout, les genêts. Une genêtière, constituée à raison de 10000 plants à l’hectare, peut fournir, pendant vingt années, environ 200 à 23o quintaux
- à l’hectare, annuellement; 12000 quintaux de genêt vert (différence de poids entre le genêt vert et le genêt sec : 5o pour xoo), soit 6000 quintaux de genêt sec peuvent fournir 4200 quintaux de pâle à papier valant 4o francs le quintal, sans compter les résidus, qui peuvent valoir 3o francs par quintal. Quant à la technique de l’industrie dupapier de genêt, etauxbénéfices possibles, nous ne pouvons aborder cette question en détail, ici.
- M. Apolina, collegio San Isidro La Orotaria. — Il importe peu, quand on précipite l’acide phosphorique à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien, d’ajouter, pour éviter de précipiter le fer et l’alumine, du citrate ammoniacal, de l’acide citrique, ou du réactif citro-magné-sien. Pratiquement on préfère le citrate ammoniacal : i° parce que cela évite de changer la dose d’ammoniaque comme on devrait le faire en employant l’acide citrique ; 20 parce que si on employait du réactif citro-magnésien, on dépenserait inutilement de l’acide citrique quand on analyse des superphosphates : ils en contiennent déjà qui servit à solubiliser le phosphate monocalcique.
- M. XYZ, à Paris. — Percer des trous dans du verre en entourant de mastic la place à enlever, puis versant du plomb fondu, n’est guère pratique. On ne peut réussir — et encore pas toujours! — que sur des verres extra-minces. Le verre ordinaire se brise et les glaces épaisses résistent très bien au métal. — Il est impossible de percer des trous dans le fer en le chauffant au rouge, puis enfonçant un bâton de soufre : même entouré d’une toile ignifugée, le soufre coule et s’enflamme, tandis que le métal résiste parfaitement.
- M. Selmersheim, à Paris. — Nous ne connaissons aucun moyen de rendre le bois mouillable par le mercure. Nous étudions la question au laboratoire,
- M. P. Malapert, à Soissons. — Le celluloïd se colle en serrant les parties à souder entre des pinces chaudes, ou avec un adhésif fait par dissolution de celluloïd dans l’acétone.
- J. IL. R. — i° Il faut que les spires soient régulières; mais l’absolue perfection n’est pas nécessaire. — 2° La transcription automatique des signaux de T. S. F. est possible, mais au moyen de relais ou d’appareils galvanométriques délicats et coûteux. Des installations de ce genre ne sont pas actuellement accessibles aux amateurs.
- MM. F. et E. Gilli, à Firenze. — Quant à présent, il n’existe, à notre connaissance, qu’une firme fabriquant en France, la soie de lin, d’après les procédés chimiques, mécaniques et industriels pour la transformation du lin et autres textiles en soie végétale ou en fils fin-extra, procédés brevetés dus à M. Domergue. Cette firme est la Société anonyme française : La Soie végétale, qui a son siège à Paris, 44. nue Blanche, et qui possède deux usines : l’une à Asnières (Seine), dont la production journalière est de 2000 à 2600 kilogrammes; l’autre à Notre-Dame-du-Vaudreuil (Eure), qui peut produire 5ooo kilogrammes par jour. Actuellement, la fabrication et la vente de ce produit sont concentrées entre les mains des industriels qui ont formé ladite société.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Beau, à Nimes. — Pour nettoyer un bronze enfumé, faire une bouillie avec du blanc d’Espagne et de l’essence de térébenthine, appliquer une couche, laisser sécher, épousseter. S’il y a lieu, recommencer plusieurs fois.
- M. Ch. Beauclair, à Dax. — Nous ne connaissons que la distillation comme moyen d’extraire l’essence d’une résine. Un autre procédé de séparation ne permettrait
- probablement pas d’obtenir exactement les mêmes produits. Yous pourriez vous adresser à M. Yèzes, chef de la Station d’études résinières à la Faculté des Sciences de Bordeaux.
- Dr Robineau, à Chatillon-Coligny. —- Yotre bâtonnet pour électrode d’accu nous paraît tout simplement du zinc. Yous pourriez essayer un bâton pour piles Le-clanché, tel qu’on en trouve dans tous les bazars.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La reconstruction du pont Notre-Dame : R. Bonnin. — La pompe à vide moléculaire : H. Vigneron. — Les grands travaux du port et de la iade de Toulon : Sa ovaire Jourdan. — Curieux trophées humains : Dr R. VerneAU. — Les extincteurs d’incendie : A. Chapdet. — A 6000 métrés d’altitude en aéroplane : A. T.
- — Académie des sciences : Ch. de Villedeuiu. — Le gypaète des Indes : V. Forbin.
- Supplément, — Pour éviter le retour du désastre du « Titanic ».
- — Le» victimes des nouveaux travaux d’adduction d’eau de New-York. — Le plus grand wagon de marchandises du monde. — La force motrice par les rayons solaires, etc.
- Notions pratiques d’électricité à l'usage des médecins, par M. Lermotez, membre de l’Académie de médecine, 1 vol. grand in-8° de xm-863 pages, avec 426 figures. Masson et Cie, éditeurs, Paris, 1913. Prix : cartonné toile, 20 francs.
- La connaissance de l’électricité, au moins dans ses lois fondamentales, est aujourd’hui indispensable à tout médecin digne de ce nom. Le Dr Lermoyez s’est proposé, dans le présent volume, d’exposer les rudiments de la science électrique avec la clarté et la simplicité nécessaires pour en rendre la lecture aisée et profitable à des lecteurs ne pouvant donner que peu de temps à cette initiation. Il y a parfaitement réussi, et par là son livre intéresse un public beaucoup plus vaste que le public médical à qui il semble exclusivement destiné. Tous les praticiens et tous les amateurs qui se sentiront insuffisamment maîtres des principes de l’électricité le liront avec fruit. Ajoutons qu’ils y trouveront les conseils les plus abondants et les plus sûrs pour tout ce qui concerne les installations pratiques : recettes pour les travaux d’amateurs, guide pour les achats d’appareils, aussi bien moteurs, transformateurs, lampes et accumulateurs, qu’appareils strictement médicaux.
- JJ Education physique ou V Entraînement complet par la Méthode naturelle, par G. Hébert, lieutenant de vaisseau, directeur technique de l’enseignement des exercices physiques dans la Marine. Yolume de 86 pages, 24 phot. hors texte. Yuibert, Paris, 1912. Prix : broché, 2 francs.
- La civilisation est un obstacle au développement physique complet. Pour en combatti’e les funestes eflets et acquérir le plus haut degré de santé et de force, il faut revenir à la nature. Telle est la thèse soutenue par M. Hébert. La Méthode naturelle est basée sur la pratique raisonnée des exercices pour lesquels l’homme est spécialement construit et organisé : la marche, la course, le saut, le grimper, le lever, le lancer, la défense naturelle et la natation.
- Apprécier un aéroplane, Vaméliorer s’il y a lieu, par le capitaine du génie Duchêne. i vol. 60 p. Librairie aéronautique, 4o> rue de Seine, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- La méthode générale d’appréciation indiquée par l’auteur, se rapporte exclusivement aux qualités mécaniques de l’appareil, c’est-à-dire aux relations existant entre les vitesses de translation et d’ascension de celui-ci, sa capacité de transport et la puissance motrice dépensée pour les réaliser. L’auteur montre comment, à l’aide d’un procédé graphique, il est possible de se faire une idée de l’influence qu’exercent sur ces relations les différentes données de construction de l’aéroplane, en insistant tout particulièrement sur l’extrême importance que présente, à ce point de vue, le judicieux agencement du système propulseur.
- Cette très originale, et très claire brochure, sera lue avec vif intérêt.
- Le Bréviaire du Chauffeur. Anatomie, physiologie, pathologie, thérapeutique et hygiène de la voiture automobile et des motocycles, par le Dr R. Bommier. 6e édition.
- 1 vol. in-8° (18 X 12) de xxii-55o p., 222 fîg. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, igi3. Prix : broché,
- 7 fr. 5o.
- Il nous suffira de rappeler cet excellent livre que nous avons déjà eu l’occasion de mentionner plusieurs fois, à l’occasion de chacune de ses nouvelles éditions.
- Environs de Paris [Guides-Joanne). Nouvelle édition. In-16, 5o cartes et 39 plans. Paris. Hachette. Prix :
- 7 fr. 5o.
- Ce guide, conçu sur un plan nouveau, décrit les environs de Paris par centres d’excursions et par régions qui font chacune l’objet d’une monographie.
- Ber Energetische Imperativ (l’impératif Energétique), par N. Ostwald. 1 vol. 544 P» Akademische Yerlags-gesellschaft. M. B. H., Leipzig, 1912. Prix : broché, 9 M. 60.
- Sous le nom d’impératif énergétique, N. Ostwald désigne la maxime pratique suivante : ne gaspiller aucune énergie ; utiliser toute énergie. Selon le savant allemand, elle découle logiquement des théories énergétiques dont il s’est fait l’apôtre. Ces théories peuvent se résumer en ceci : il n’y a pas de distinction entre la matière et l’énergie : la matière n’est qu’une forme de l’énergie, et l’énergie est la source unique et fondamentale de tous les phénomènes physiques et même moraux. A la lumière de ce nouveau monisme, Ostwald examine les principales questions à l’ordre du jour dans le domaine philosophique, politique, moral, scientifique et pédagogique. Ses réflexions portent la marque d’un esprit noble et hardi, mais surtout pratique et organisateur. Sa traduction en langage énergétique du matérialisme philosophique ne paraîtra peut-être pas d’une très profonde originalité. Mais tout le monde approuvera les considérations du savant sur la nécessité d’une organisation internationale du travail scientifique, et applaudira aux remarquables tentatives faites par lui dans cette voie. Ostwald est un apôtre du pacifisme; il prêche le désarmement et c’est à la France qu’il fait appel poux donner l’exemple aux autres peuples. Nous avouons que les arguments par lesquels Ostwald prétend! nous imposer ce périlleux honneur nous ont parm fort peu convaincants. Dans l’ensemble, ce livre, d’une-lecture fort agréable, a le grand mérite de nous-documenter sur l’orientation actuelle d’une partie' importante du monde intellectuel d’outre-Rhin.
- Herbals, their origin and évolution, par Miss Agnes-Arber. In-8, 253 p., n3 fig., 21 pi. Cambridge University Press, 1912. Prix : relié, 10 sh. 6 d.
- Les premiers herbiers imprimés ont paru en Europe en 1470. Cet ouvrage signale les principaux de ces livres et leur évolution jusqu’en 1670. C’est un chapitre d’histoire des sciences fort intéressant et admirablement présenté avec de très nombreuses et curieuses illustrations.
- The Work of rain and Hivers, par T. G. Bonnet (Cambridge, University Press 1912), in-12, 144 p.
- Bon résumé des phénomènes de ruissellement, dénudation, érosion, formation des vallées et histoire des rivières.
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- BIBLIOGRAPHIE
- The Duah of Turkestan, par W. Rickmer Rickmers, 564 p. avec 207 cartes et figures. Cambridge (University Press), 1 g 13. Prix : 37 fr. 5o.
- Ce remarquable ouvrage est l’œuvre d’un montagnard réputé à l’Alpin-Club de Londres. Avec le sous titre trop modeste d une esquisse physiogra-phique et de comptes rendus de quelques voyages, il donne une description des plus importantes au point de vue géographique de la région comprise entre les Pamir et la mer d’Aral. Il définit le Duab comme la portion du Turkestan comprise entre les cours supérieurs des deux rivières Amu-Darya et Sir-Darya. L’abondance des observations géologiques en fait un
- livre de haute science tandis que la beauté toute spéciale des illustrations lui donne une réelle valeur artistique. L’University Press de Cambridge s’est surpassée dans cette impression.
- Bulletin de la Société serbe de géographie, n° 1, Belgrade, 1912.
- Cette nouvelle publication (semestrielle) rédigée par le professeur J. Coizic est l’organe de la Société serbe de géographie, fondée à Belgrade en 1910. Ce bulletin se propose surtout d’étudier la Péninsule Balkanique. Les études ou articles rédigés en serbe, seront suivis d’un résumé en français, anglais, allemand et italien. Le ier fascicule contient dix articles.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT D.RECT10N ET FOT.CE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 mars 1913. 7°,0 S. S. W. 5. Couvert. 4,7 Couv. jusq. 16 h. ; nuag. ensuite; pi. à div. rcpr. av. grêle cl neige.
- Mardi 18 2°,2 N. W. 2. Beau. 0,2 Nuageux ; pl. à 5 h. 15-30; gel. bl. ; halo; brume.
- Mercredi 19. . . . ; 3°,1 S. 3. Couvert. 2,4 Couv. ; gel. bl. ; averses entre 10 b. et 22 b.
- Jeudi 20 9’,4 S. S. W. 3. Couvert. 1,3 Couv. jusq. 17 li. ; très nuag. ensuite ; pl. à div repr. le in.
- Vendredi 21 ... . 8°.5 S. 4. Eclaircies. 1.0 Nuag. ; gouttes entre 6 et 7 h. ; averses entre 13 b. et 17 h. 53.
- Samedi 22 5°,1 S. E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. ; gel. bl. ; gouttes à 8 b.
- Itininiiciie 23. . . . 6°,0 S. S. E. 2. Nuageux. )) Nuageux ; halo à 15 b.
- MARS 19!3. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 MARS 1913.
- Samedi
- Dimanche
- Vendredi
- Mercredi
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 À 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les combes du milieu indiquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a labri a
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 17 au 21 mars. — Le 17. Situation atmosphérique troublée sur le W. et le N. de l’Europe Centre cyclonique sur l’Angleterre (Yarmouth : 740 mm). Fortes pressions sur le S.-E. du continent. Pluies sur le W. et le N. du continent. En France : Limoges, 22 mm; Lyon, 20; Bordeaux, i5; Paris, 5. Temp. du matin : Haparanda, — 180; Bordeaux, + 5 ; Brest et Charleville, 6; Paris, 7; Lyon, 9; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 5°',5 (normale : 6°)- — Le 18. La dépression de la veille se’ déplace vers le N.-E. (Christiania : 727 mm). Une autre dépression se rapproche de l’Irlande. Pluies générales en Europe. Temp. dii matin : Lyon, o°; Nantes, _[_ ï ; Paris et Bordeaux, 2; Cherbourg, 5; Alger, 15 ; moyenne à Paris : 3°,6 (normale : 6°,i). — Le 19. La dépression de l’Irlande envahit le N.-W. de l’Europe. Centre en Ecosse : 722 mm (baisse de 3i mm en 24 heures). Fortes pressions vers les Açores (Horta : 767). Pluies sur le W., le Centre et le N. de l’Europe.
- du Bureau Central Météorologique.
- En France : Dunkerque, 8 mm; Rochefort, 5; Paris et Belfort, 3. Température moyenne de Paris : 6°,2 égale à la normale. — I.e 20. Basses pressions sur presque toute l’Europe. Minimum sur la mer du Nord : Skudes-ness, 722 mm. Pluies sur le W. et le N. de 1 Europe. Abondantes en France : Rochefort, 19 mm; Besançon, 18; Clermont-Ferrand, 8; Nice et Paris, 1. Temp. du matin : Haparanda, — i°; le Havre, -(-7; Besançon, 8; Paris, 9; Bordeaux et Marseille, 11 ; Alger, i5 ; moyenne à Paris : 90 (normale : 6°,3). — Le 2t. Basses pressions sur le W. et le N. de l’Europe (Malin Head : 735 mm; Christiania : 738). La pression reste supérieure à 765 sur le S.-E. du continent et les Açores. Pluies sur le YV. et le N. de l’Europe. En France : Cherbourg, 8 mm; Nantes, 5; Paris, t. Temp. du malin : Haparanda, — 15° ; le Havre, -j- 6 ; Paris, 9; Lyon, 11; Alger, 14 i moyenne à Paris : io°,3 (normale : 6'-’,5).
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- Revue des
- Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, "Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N°^2080. — 5 AVRIL 1913.
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- CjSf
- Parallaxes stellaires. —Le Dr F.-L. Chase et M. M.-F. Smith ont publié dans les Transactions of the astro-nomical Observatory of Yale University les résultats de leurs observations hélio métriques de parallaxes de 4i étoiles australes, dont la plupart possèdent un grand mouvement propre. Sept étoiles montrent un mouvement propre total excédant i", et 8 ont une parallaxe dépassant o",i. Deux étoiles seulement sont communes aux deux catégories. Le même volume renferme un catalogue d’étoiles dont les parallaxes ont été déterminées à l’Observatoire de Yale. Ce catalogue comprend 25o étoiles, ce qui est un chiffre considérable, en raison de l’énorme difficulté que présente la détermination des parallaxes.
- Le commissaire-priseur électrique. — Y'Electricien signale, d’après un journal allemand, que l'on a essayé en Hollande de vendre des œufs aux enchères par un procédé électrique. Les résultats ont été très satisfaisants et la méthode pourrait, semble-t-il, trouver d’autres applications. L’élevage de la volaille, on le sait, est très développé dans les Pays-Bas. Chaque samedi, dans les centres d’élevage, a lieu une vente des œufs aux enchères. Le bruit qui régnait les jours de marché déplaisait aux calmes et paisibles Hollandais. Et le commissaire-priseur électrique fut imaginé pour rendre moins mouvementée cette vente aux enchères. Il fonctionne de la façon suivante : les œufs se vendent par lots de a5oo unités, et chaque lot a reçu un numéro. Chaque candidat acquéreur est assis sur un siège, qui porte également un numéro. Le fonctionnaire dirigeant la vente est assis sur un trépied, devant un cadran qui porte des chiffres représentant les prix. A côté du cadran est suspendu un tableau de numéros, qui communique avec des boutons d’appel disposés sur les chaises des acheteurs. Le fonctionnaire énonce le numéro d’un lot d’œufs, donne les indications utiles sur le poids, etc., puis fait retentir une sonnerie. A ce signal, l’aiguille se meut lentement sur le cadran, touchant d’abord les chiffres les plus élevés pour se rapprocher peu à peu des chiffres les plus bas. L’aiguille se trouve-t-elle sur un prix qui tente un candidat acquéreur, celui-ci abaisse le bouton d’appel disposé sur sa chaire, l’aiguille s’arrête, une sonnerie retentit et, sur le tableau des numéros, le chiffre accepté du candidat acquéreur s’éclaire. Tout cela s’accomplit sans bruit et sans excitation. L’enchérisseur reste assis tranquillement sur sa chaise et attend que l’aiguille passe sur le prix qu’il désire payer.
- Présence de quelques principes intéressants dans divers végétaux. — Les végétaux ont été étudiés très soigneusement au point de vue des principes immédiats qu’ils peuvent contenir; mais cependant on signale journellement des substances spéciales qui ont été caractérisées dans diverses plantes dans lesquelles leur faible
- proportion les avaient laissées passer inaperçues. C’est ainsi qu’on vient de trouver récemment le tréhalose, sucre en C18, dans un exsudât formé sur les fleurs du Carex brunescens, sorte de laiclie des sables, à la suite d’une gelée de juillet, alors que, dans la plante elle-même, on n’avait pas pu en déceler l’existence. Les fleurs du Gymnadenia albida ont été trouvées contenir de la vanilline, le principe intéressant de la vanille. Dans une inflorescence formée sur les chapeaux d’une variété de Boletus borinus, sorte de champignons, on a pu isoler de la sorbite, un sucre alcoolique en C6. Enfin, on a signalé la présence de bétaïnes, qu’on avait d’abord extraites du jus de betteraves, dans les feuilles de tabac et dans deux autres plantes : une légumineuse, Vicia sativa et une labiée, Betonica officinalis.
- Bateau-glisseur à hélice aérienne. — Ce bateau qui porte le nom de Colonial mesure 7 m. de long, 1 m. 5o de large, pèse 2200 kg. Il est mû par un moteur
- Labor-Aviation 4 cylindres actionnant un propulseur aérien Cyrnos tournant à 1800 tours par minute. Le bateau peut porter 4 à 6 personnes ou 600 kg de marchandises.
- Le Pérou préhistorique. — Dans le Bulletin of the Pan-American Union, M. Charles W. Currier rend compte d une visite qu’il a faite d’une antique cité située à 40 kilomètres de Lima, en compagnie de M. le professeur Randolph Saville connu pour ses explorations en Ecuador. Ses ruines, encore très imposantes malgré les attaques des siècles et des tremblements de terre, occupent une superficie de 4 kilomètres carrés dans le haut de la vallée du Rimac, maintenant inhabité, mais qui fut couvert jadis d’une population très dense. La tradition veut que cette ville fut conquise par les Incas deux siècles avant l’arrivée des Espagnols; ils lui donnèrent le nom de Caxamarquilla, « la ville des roches ». Plusieurs quartiers sont presque entièrement ensevelis sous le sable; mais une partie de la ville montre encore des rues parfaitement alignées, et que bordent les massives murailles des maisons. On distingue çà et là, sur
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- INFORMATIONS
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- des éminences, des ruines de temples et de forteresses, dont plusieurs ont conservé leur forme pyramidale, et auxquelles donnent accès de longs et larges escaliers coupés de terrasses. En certains points, on ne peut fouiller le sable sans rencontrer des quantités de crânes et d’ossements humains. Jusqu’ici, cette ville est sans histoire; on ignore complètement par quelle race elle fut fondée et habitée, et il est même permis de croire
- qu’elle était déjà en ruines quand les Incas, descendus des hauts plateaux de la Cordillère, conquirent la région. Ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que ses fondateurs étaient parvenus à un haut degré de civilisation, comme le montrent la belle ordonnance des rues et la disposition extérieure et intérieure des maisons. Caxa-marquilla, la ville-morte, mériterait qu’une expédition scientifique organisât des fouilles méthodiques parmi ses ruines grandioses.
- La plus puissante automobile du monde. — C’est sous cette désignation-record que les journaux américains présentent la nouvelle automobile que la Pensyl-vania Railroad Company vient de mettre en service pour véhiculer ses vagons de marchandises à travers les rues de Jersey-City, en remplacement des longs attelages de chevaux qu’elle avait employés jusqu’alors. Ce tracteur a près de 3 mètres de large, 7 mètres de long, et
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- pèse 14 tonnes. Il est plus puissant qu’une locomotive de train à marchandises, et, attelé à un train, peut être arrêté presque instantanément, soit sur uu espace d’un mètre. Ses roues débordent de chaque côté des rails, et il peut sortir de la voie aisément.
- 375 000 francs pour l’aviation.— Le journal anglais Daily Mail, à qui l'aviation dut déjà des prix généreux, crée deux nouveaux prix : l’un de a5o 000 francs, l’autre de 125 000. Le prix de 25oooo francs est pour le premier aviateur qui franchira l’Atlautique de n’importe quel endroit situé aux Etats-Unis, au Canada, ou à Terre-Neuve, à n’importe quel endroit de Grande-Bretagne ou d’Irlande et vice versa. Le deuxième prix, de 125 000 francs, sera décerné au premier aviateur anglais qui pilotera un hydroaéroplane de marque et de fabrication anglaises autour de la Grande-Bretagne en
- 72 heures, sans toucher terre, mais avec le droit de se poser dans les ports anglais pour se ravitailler.
- Désastreuses inondations aux États-Unis. — Des
- pluies torrentielles ont provoqué dans l’Ouest des Etats-Unis d énormes inondations; des légions entières sont dévastées; les victimes sont nombreuses; des populations entières out dû s’enfuir, sans abri, devant la montée des eaux. Le 23 mars, un violent cyclone s est abattu sur le Nebraska, l’Illinois, l’Indiana, faisant plusieurs centaines de victimes et causant des millions de dégâts. Le mauvais temps persistant, les inondations de 1 Ohio et de ITudiaua se sont étendues au bassin du Mississipi, notamment à la Pennsylvanie, à la Vir-ginje et au Kentucky. Les villes de Dayton (Ohio) et Colombus (Ohio) ont particulièrement soull’ert. Parmi les localités importantes envahies par les eaux, il faut encore citer Pitlsburg, Sterling, Indianapolis ; plusieurs digues de réservoir, eu se rompant, ont encore aggravé la catastrophe. Les victimes se compient par centaines. Les personnes sans abri, par centaines de mille ; les pertes matérielles, par centaines de millions de dollars. C’ est le plus grave désastre qu’aient subi les Etats-Unis depuis le tremblement de terre de San-Fraucisco.
- Étude d’un nid de Talégalle. — On sait que les Talégalles sont de curieux oiseaux qui ne couvent pas leurs œufs, mais les déposent au centre d'un amoncellement de feuilles mortes et de débris organiques dont la fermentation fournira la chaleur nécessaire à leur développement. M. le Dr Loisel vient d’étudier un de ces nids (Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation) observé à VYoburn Abbey, dans le parc du duc de Bedford. De 1897 à 1909, douze couples de ces oiseaux furent importés d’Australie dans ce parc; ils y vivent en pleine liberté et s’y sont si bien acclimatés qu’aujour-d hui on en compte près de i5o. A la fin de mars ou au commencement d’avril, chaque couple construit son tumulus ; celui éludié par le Dr Loisel avait 3 mètres de diamètre à la base et 1 m. 10 de haut; il était revêtu d’une couche de feuilles et de brindilles de bois sec recouvrant une masse de terreau brun composé de terre et de débris végétaux complètement décomposés; au centre on trouva cinq œufs, placés à differents niveaux, leur grand axe horizontal; il n’y avait aucune trace de canal d aération ou de sortie pour le futur jeune éclos. L’observalion d’une coquille d’œuf brisée pleine de terre montra que le petit oiseau remplit de terreau la coquille qu’il abandonne pour commencer le creusement de son chemin vers la lumière; on trouva d’ailleurs le jeune Talégalle sorti de cetle coquille à 80 centimèlres de là, accroupi sur ses pattes, la tête tournée vers l’extérieur du tumulus; il était de la taille d’un fort dindonneau, couvert de plumes sur le corps et les ailes, les pattes assez fortes pour le porter, les yeux ouverts et de couleur dorée. C’est là une observation très complète .de ces curieux oiseaux d’Australie, encore peu communs en Europe.
- Le nouveau jardin pittoresque est le nom d’une société qui vient de se fonder à Bruxelles pour populariser le jardin naturel ou jardin sauvage, où I on groupe, artificiellement, les éléments de décoration conformément aux lois de la nature elle-même. Par des conférences, des excursions, des expositions, la société s’efforcera de « faire régner la beauté naturelle dans un domaine voué jusqu’ici à trop de banalité ou d’illogique fantaisie! » La cotisation annuelle est de 10 francs (20 francs pour les membres protecteurs; 200 francs pour les membres à vie). On s’inscrit auprès du secrétaire, M. Pauli, 25, avenue Haverskerke, Forest, Bruxelles, Belgique.
- Exposition internationale urbaine de Lyon. —
- Une exposition de tout ce qui touche à l’organisation de la cité moderne : démographie, enseignement, hygiène, transports, etc., aura lieu à Lyon de mai à novembre 1914* La ville de Lyon y adjoindra une exposition des industries locales et des colonies françaises.
- Congrès d’hygiène sociale. — L’Alliance d’hygiène sociale tiendra à Paris, du i5 au 17 mai prochain, un Congrès où seront étudiés les moyens d’aclion éducative et les méthodes d’enseignement à propager pour l’hygiène individuelle et sociale.
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- *>_» Automobilisme <4
- Mise en marche automatique des moteurs à explosions. — Un des inconvénients des moteurs à explosions réside dans la difficulté de leur mise en marche.
- Les petits moteurs, et d’une manière générale tous les moteurs de voitures automobiles, peuvent se lancer à la main, au moyen d’une manivelle de mise en marche à débrayage automatique. Mais pour les moteurs fixes, et même pour les gros moteurs d’automobile, l’opération est souvent pénible et toujours dangereuse.
- Dans la pratique, la mise en marche à la main oblige le conducteur à descendre de voiture, quel que soit le temps, à se cariiper parfois dans la boue, et à saisir une manivelle généralement maculée, pour communiquer au vilebrequin les quelques tours néces>aires à la production dune explosion. Cefte opération, salissante pour les mains et pour les vêlements, toujours pénible .sur les moteurs rébarbatifs, est souvent dangereuse à cause des risques de retour de manivelle, produits par des explosions prématurées, dont la conséquence est dans la plupart des cas la fracture de l’avant-bras.
- Aussi a-t on cherché depuis longtemps un dispositif pratique, pèrméttant la mise en marche automatique.
- 11 en existe un certain nombre de types, qui ont la sanction de l’expérience, nous nous bornerons à en indiquer le principe, et leur mode d’application sur les moteurs de voitures, mais il reste entendu qu’ils conviennent également à tous les motexxrs fixes;
- i° Introduction auxiliaire de gaz tonnant, — Une première solution consiste à envoyer dans le cylindre |un mélange d’air et de combustible tout préparé, dont ou provoque l'explosion au moyen d’une étincelle.
- Ce procédé a été employé autrefois sur lès moteurs fixes, et il y a quelques années seulement sur les moteurs d’automobile, il n’est pas à recommander pour les raisons suivantès :
- Le réglage d un mélange tonnant, avec les combustibles habituels, est très difficile à obtenir à. part, et les ratés d’allumage sont fréquents. Si. pour obvier à cet inconvénient; on emploie l’acétylène, beaucoup plus susceptible de détoner, on court le risque d’explosions brisantes qui peuvent être dangereuses.
- En outre, dans tous les cas, s’il y a eu des ratés, ou une fausse manœuvre, il. est indispensable, avant de recommencer l’essai de mise en marche, de purger les cylindres des mélanges mal préparés, ou des gaz brûlés qüi s’y trouvent, et dont la présence serait capable de troubler profondément les dosages ultérieurs.
- De telles opérations deviennent finalement au moins aussi pénible* que> la mise èn marché à la main.
- 20 Emploi pour la mise en marche de moteurs auxiliaires, r.— Ce mode opératoire devient très logique lorsqu’on dispose d’une source d’énergie auxiliaire, et plusieurs cas sont à examiner :
- a) Moteur électrique, auxiliaire. — Ce principe était appliqué, tout récemment encore,-sur la voiture G. E. M., électromécanique, dont quelques exemplaires sont encore en circulation. Sur ce véhiculé, le moteur à explosions actionnait lés roues par 1 intermédiaire d’une génératrice de réceptrices et d’une batterie d’accumulateurs assez importante Pour la mise en marche du moteur, il suffisait de faire fonctionner la génératrice en réceptrice, au moyen du courant de là batterie
- Une solution de ce genre peut être adoptée pour les moteurs fixes importants servant à l’éclairage, toutes les fois que l’on dispose d’une batterie tampon.
- Au Salon de 1912. la plupart des constructeurs avaient dispose sur leurs châssis des dynamos d’éclairage, en prise par engrenages avec le volant même du moteur, et reliées électriquement à une batterie d’accumulateurs de faible capacité. On a immédiatement pensé qu’il serait possible d’utiliser, comme ci-dessus, cette installation à la mise en marche des moteurs.
- Il est malheureusement douteux que l’on puisse y parvenir avec d’aussi faibles moyens, parce que des mesures, faites sur un très grand nombre de moteurs, ont fait ressortir que le couple de démarrage est très important, et que, même en décomprimant les cylindres,
- la puissance absorbée par le moteur est très voisine de 60 pour ioo de sa puissance eD marche normale.
- En fait, l’emploi d’un moteur électrique auxiliaire n’est applicable qu’avec un appareillage - trop important pour être pratique sur les voitures automobiles du type courant.
- b) Moteur à air comprimé auxiliaire. — On peut obtenir la mise en marche, en installant, en prise avec l’arbre vilebrequin, un’ moteur spécial à air comprimé de puissance convenable.
- On détermine ainsi une mise en marche toujours très sûre, mais la solution est généralement encombrante et coûteuse, puisqu’en réalité il faut recourir à un deuxième moteur, presque aussi puissant que le premier.
- On peut citer, dans cet ordre d’idées, le démai'reur Barbey qui figure sur.un assez grand nombre de voitures automobiles Delaunay-Belleville, et dont l’installa-tion peut se faire assez simplement sans apporter la moindre modification au mécanisme. s Gèt appareil comprend un petit moteur à quatre cylindres horizontaux, opposés deux à deux en deux groupes placés l’un au-dessus de l’autre.
- Les pistons de deux cylindres opposés sont reliés par une même tige rigide, sur laquelle s’articule, en un point, une bielle reliée à un vilebrequin à deux coudes, calés à 900 pour supprimer tout point mort.
- En envoyant de l’air comprimé dans les cylindres, le
- Fig. i; — Soupape et distributeur d’air comprimé. A, soupSpe automatique; B, cylindre de moteur; C, arrivée d’air; D, arrivée d’air du réservoir; lï, tiroir circulaire ; F, tubes de distribution: H, arbre moteur.
- moteur démarre en entraînant le vilebrequin du moteur à explosions, avec lequel il “est' ën prise directe.
- La liaison est organisée de telle sorte que c’est l’air comprimé lui-même qui détermine l’embrayage du démarreur sur le moteur, en poussant un piston dans un cylindre d’embrayage.
- Dès que l’air cesse son effet, un ressort antagoniste opère le débrayage.
- Dans la pratique, la distribution de l’âir comprimé venant d’un réservoir spécial se fait, à la demande du conducteur, par la manœuvre d’un combinateur qüi permet d’envoyer de l’air, soit aux cylindres moteurs et au cylindre d’embrayage, soit au cylindre d’embi'ayage seul.
- On a, en effet, organisé le démarreur de manière telle, que ses deux cylindres supérieurs peuvent à volonté servir de pompe à air pour alimenter le réservoir.
- Dès que le moteur à explosions a été mis en action, on supprime l’arrivée d’air aux cylindres du démarreur, tout en laissant la pression agir 'sur le cylindre d’embrayage, qui maintient la liaison effective. Le moteur à explosions entraîne alors à son tour le démarreur dont les cylindres supérieurs refont le plein du réservoir. Dès que la pression maxima est atteinte, le conducteur agit sur le combinateur pour désembrayer.
- L’appareil fonctionne très bien, s’installe très facilement, sur une voiture quelconque, mais il a le défaut d’être d’un prix assez élevé, environ i5oo francs, et jusqu’ici il n’a trouvé place que sur certaines voitures de luxe.
- Sur certains engins spéciaux, la mise en marche par
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- SCIENCE APPLIQUEE
- moteur auxiliaire à air comprimé est tout indiquée du fait de l’organisation même de la transmission.
- C’est le cas de la locomotive à explosions du Creusot organisée avec la transmission aérothermique Hautier. Le moteur à explosions actionne les roues, par l’intermédiaire d’un différentiel spécial, d’un compresseur d’air avec réservoir relais, et d’un moteur à air comprimé. Il était tout naturel d’employer le compresseur
- Fig. 2. — La mise en marche Letombe et. Aucoc sur châssis Delahnye.
- d’air, comme moteur auxiliaire de mise en marche, mais cette solution reste spéciale à ce cas particulier.
- On peut citer parmi les tentatives de ce genre le démarreur Ham, applicable à toutes les voitures.
- L’appareil'üfcomprend un cylindre, dans lequel se meut uu piston, fixé à une bielle munie de dents de crémaillère. Ces dents sont fixes lorsque la bielle est poussée par le piston, elles se couchent au contraire lorsque la crémaillère est rappelée. Celte crémaillère peut être mise en prise avec une roue à rophet, solidaire du moteur. En envoyant de l’air comprimé dans le cylindre, on produit l’entraînement du moteur pendant toute la course du piston, en fermant l’arrivée de l’air comprimé, et en ouvrant une soupape d’échappement, le piston est ramené à fond de course, par des ressorts de rappel. Si le moteur n’a pas été mis en route ainsi du premier coup on peut recommencer l’opération.
- L’air comprimé vient d’un réservoir alimenté par un petit compresseur spécial, ou même d’une simple bouteille d’air.
- Cet appareil constitue une solution assez simple et assez peu coûteuse, et c’est là son principal intérêt.
- Fig. 3. — Distributeur Letombe et Aucoc à pistons valves. —
- A, arrivée de l’air; F, tuyaux de distribution aux cylindres;
- C, came échancrée; D, pistons valves; E, arbre moteur,
- 3° Envoi d’air comprimé directement dans les cylindres. — Cette solution est plus élégante, plus simple et plus logique généralement que les précédentes, c’est à elle que la plupart des constructeurs ont donné la préférence. Sur les voitures Saurer, on est parti de ce fait d’expérience, qu’un moteur à quatre cylindres s’arrête toujours de telle sorte que tous les pistons sont à la même hauteur dans les cylindres, et que l’un d’eux, par conséquent, se trouve placé dans la position qui correspond à un temps d’explosion.
- Si dans ce cylindre on fait arriver de l’air comprimé, son piston entraînera le vilebrequin, pendant que dans les autres cylindres un cycle à quatre temps commencera à se produire. A la fin de cette première course, un distributeur envoyant l’air dans le cylindre suivant convenable, le mouvement se continuera, et il en sera ainsi jusqu’à ce qu’une explosion se produise.
- Il suffira, à ce moment, de fermer la distribution de l'air comprimé, et les soupapes automatiques spéciales, d’arrivée d’air dans les cylindres, resteront appliquées sur leur siège, par la pression de l’explosion, ou de leur ressort de rappel, pendant toute la marche normale du moteur. Quant à l’air comprimé, il est engendré par un petit compresseur auxiliaire, actionné à volonté au moyen d’un des engrenages de la boîte des vitesses, et dont le débit est emmagasiné dans un réservoir, jusqu’à une pression de 20 kg environ.
- La seule question sur laquelle il faille porter son attention est l’organisation même des distributeurs.
- Il est indispensable qu’ils soient prévus, pour qu’en temps normal ils ne laissent subsister aucun frottement, capable d’y produire une usure inutile, ou une résistance quelconque.
- Une solution des plus simples est indiquée par la figure 1. Un tiroir circulaire, monté en bout avec un léger jeu axial, sur un arbre relié au moteur, porte un orifice excentré, qui vient successivement coïncider avec les quatre canalisations conduisant aux cylindres. Lorsqu’on envoie de l’air comprimé pour le démarrage, le tiroir est appliqué sur sa glace par la pression, et assure l’étanchéité voulue, mais dès que le moteur est en marche, et que la pression cesse d’agir par la fermeture de l’air, le tiroir continue à tourner sans exercer aucun frottement parasite.
- Sur les voitures Delahaye, figure 2, on emploie un distributeur à pistons valves, dû à MM. Letombe et Aucoc, qui jouit des mêmes propriétés.
- Cet appareil, figure 3, comprend quatre petits pistons valves, qui peuvent se déplacer dans des alésages, disposés à angle droit autour d’une came à une échancrure, actionnée par le moteur.
- Une couronne circulaire, où arrive l’air comprimé, communique avec le dessus des pistons valves. Au démarrage, sous l’effet de la pression, les pistons s’appuient sur la came, et dès que l’échancrure arrive sous ï’un d’eux, ce dernier descend, en découvrant l’orifice de communication avec le cylindre intéressé. Dès que le moteur est en marche, et que la pression n’agit plus, les pistons remontent dans leurs logements, cessent de s’appuyer sur la came, et tout frottement est supprimé.
- L’air comprimé est produit comme précédemment par un compresseur auxiliaire, avec réservoir relais. Ce dispositif est employé notamment sur un certain nombre de pompes à incendie automobiles de la ville de Paris.
- Le schéma 4 indique l’installation complète d’une mise en marche automatique par envoi d’air comprimé dans les cylindres, figurant sur les voitures anglaises Wolseley. D. Renaud.
- *> Concours Lépine
- Nous n’avons pas coutume, dans ce journal, de parler des événements politiques et 'c’en est un que le départ de M. Lépine, qui occupa durant de longues années, avec la dignité que l’oa sait, les fonctions de préfet de police.
- Mais, au moment où il quitte la vie active, nous ne pouvons pas ne pas rappeler, à cette place plus particulièrement consacrée aux petits inventeurs, que M. Lépine fut le fondateur des Concours des Petits Inventeurs. Depuis 12 ans, ce Concours a permis à une foule de modestes et ingénieux chercheurs de se mettre en valeur et de révéler des talents qui, autrement, seraient restés sans emploi. Par là M. Lépine a rendu le plus signalé service à une classe extrêmement intéressante de travailleurs, et indirectement à l’industrie française en général.
- Beaucoup se sont . demandé, avec inquiétude, si le Concours subsisterait après le départ de son créateur.
- Nous recevons de l’Association des Petits Fabricants et Inventeurs, l’avis que celte bienfaisante institution continuera à fonctionner comme par le passé.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- AVRIL-MA I-JUIN 1913.
- Les heures sont données en temps moyen légal
- compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le solstice d’été est fixé au 22 juin, à i1'io1”. Nos lecteurs savent que cette époque de l’année marque celle des plus longs jours et des nuits les plus courtes.
- A la latitude de Paris même, vers le 22 juin, le Soleil ne descend pas à x8° au-dessous de l’horizon, et la nuit n’est pas complète. On voit la lueur du crépuscule se déplacer peu à peu, du nord-ouest au nord, puis au nord-est dans le cours de la nuit. Celte observation du crépuscule de minuit est toujours intéressante à faire : il faut pour cela un lieu bien isolé des lumières artificielles, un horizon dégagé, un ciel pur et l’absence de la Lune.
- L’activité solaire semble entrer dans une nouvelle phase. Après l’accalmie de la fin de l’année 1912 — coupée seulement par l’apparition d’un beau groupe en décembre — un nouveau groupe a été observé en février jg r3, à une latitude boréale de 35°. L’apparition de groupes à latitude élevée est un indice d’un réveil de l’activité, le minimum est passé.
- II. — PLANÈTES
- Mercure traverse les constellations des Poissons et du Taureau. Il sera visible le malin à la fin d’avril et au début de mai, et le soir à la fin de juin. IL atteindra sa plus longue élongation du matin, le 25 avril, à 270 4' à l’ouest du Soleil. Celte élongation sera la plus grande de l’année. On pourra trouver Mercure 5 à 6 jours avant ou après celte date.
- Diamètre de Mercure : le 6 avril, io'^g; le 6 mai, 6",5 ; le 5 juin, 5", 1.
- Vénus, après avoir brillé d’un magnifique éclat dans le ciel du couchant, depuis le début de l’année, est passée en conjonction inférieure avec le Soleil le 25 avril. Elle devient donc, à partir de cette date, étoile du matin. Elle traverse les constellations du Bélier, des Poissons et du Taureau.
- Elle atteindra son plus grand éclat le 25 mai.
- Le diamètre apparent de Vénus augmentera jusqu’à sa conjonction inférieure le 25 avril, et diminuera ensuite, comme le montre le tableau suivant :
- dates diamètre apparent
- 6 avril.................. 50",4
- 26 —..................... 58'',8
- 6 mai................ 55'',1
- 26 — .................... 40",9
- 15 juin.................. 30",1
- Mars commencera à devenir visible à la fin de juin. Son diamètre sera alors inférieur à 6". Nous en parlerons au prochain Bulletin.
- Jupiter, dans le Sagittaire, à son minimum de hauteur possible sur l’horizon de Paris, sera en quadrature occidentale le 7 avril et presque en opposition à la fin de juin (opposition le 5 juillet). C’est donc la période des observations qui va s’ouvrir, peu favorable en nos régions vu la grande déclinaison australe de la planète.
- Diamètre équatorial de Jupiter le 5 avril, 37",8; le 6 mai, Ie 5 juin, 45",o.
- Comme nous avons soin de le faire à chaque opposition, nous recommandons aux observateurs l’étude de la surface de la planète, qui peut se faire à l’aide d’instruments de moyenne puissance, et l’observation des satellites, dont les variations rapides de position font un système solaire minuscule. Ces variations donnent lieu à des éclipses, des occultations, des passages de l’ombre des satellites sur la planète, etc., dont on trouvera le détail dans Y Annuaire astronomique pour 1913 de M. Flammarion.
- La surface de Jupiter a subi dernièrement d’importantes modifications. La bande équatoriale nord est devenue, vers la fin de 1912, l’un des détails les plus sombres et les plus apparents de la planète. Le 10 mai prochain, Jupiter passera devant une étoile de 8,5 gran-
- deur. Ce phénomène rare durera 16 heures, par suite du mouvement apparent, très lent, de Jupiter à cette époque. Nous reviendrons prochainement sur ce phénomène spécial.
- Saturne, dans le Taureau, sera en conjonction avec le Soleil le 29 mai. Il sera encore observable en avril.
- Diamètre équatorial du globe de Saturne, le 6 avril, 17",8; le 6 mai, 17",4; le 5 juin, 17",3.
- Voici les principaux éléments de l’anneau :
- GRAND AXE PETIT AXE DATES EXTÉRIEUR EXTÉRIEUR
- 6 avril. . . . 38",5 16”,3
- 8 mai .... 37",5 16",2
- l*'juin . . . 37”,5 16",4
- HAUTEUR HAUTEUR
- DE LA TERRE DU SOLEIL
- AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU PLAN DE L’ANNEAU PLAN DE l’aNNEAU
- — 25° 5' —25° 52'
- — 25° 59' —25° 41'
- — 26° 1' —25° 48’
- Nous avons donné au précédent Bulletin les indications pour l’observation de la planète et des satellites.
- Uranus, dans le Capricorne, sera en quadrature occidentale le 28 avril et visible dans la seconde partie de la nuit. Il se. lève, en effet, le (3 avril, à 3h3m; le 6 mai, à ih7m; le 5 juin, à 23h9m.
- On pourra rechercher Uranus aux positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 avril .... 20 h. 38 m. —19° 6' 3",8
- 6 mai............... 20 h. 40 m. —18° 59' 5",8
- 5 juin.............. 20 h. 40 m. —19° 3' 5”,9
- Uranus brille comme une étoile de 6e grandeur environ et offre, dans les instruments assez puissants, un disque bleuâtre de 4" de diamètre environ.
- Neptune, dans les Gémeaux, est presque stationnaire. Il sera en quadrature orientale le i3 avril.
- On pourra le rechercher aux positions suivantes :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 avril........ 7 h. 40 m. + 20° 59' 2",2
- 6 mai .... . 7 h. 41 m. +• 20° 57' 2",2
- 5 juin......... 7 h. 4i m. -)-200 50’ 2",2
- Neptune est visible comme une étoile de 8° grandeur environ.
- Petites planètes. — On pourra rechercher Cérès et Pallas à l’aide de l’éphéméride suivante :
- CÉUÈ5 PALLAS
- DATES A\ CD ÉCLAT JR CD ÉCLAT
- 3 avril . . . . 16b 5“ — 11° 58' 7*',5 15„ g» + 17° 8' 7e',9
- 11 — . . . . I6h 2” —11°55’ 7gr,4 15b 5“ + 19° 23' 8E',0
- 19 — . . . . 15b59“ — 11° 50' 7E',4 14b58” + 21° 25' 8k',0
- 27 — . . . . 15b 53“ —11° 46' 7e',3 14" 51“ + 23° 2' 8e',1
- 5 mai . . . . 15b 47“ -11° 43' 7«',3
- 13 — . . . . 15“39“ — 11° 42' 7E',3
- 21 — . . . . 15h52“ —11° 44' 7E',3
- 29 — . . . . 15b25“ — 11° 51' 7gr,5
- 6 juin . . . . 15b18” — 12° 5' 7E',4
- 14 — . . . 15b 13“ — 12° 20' 7e',5
- 22 — . . . . 15h 9“ — 12° 45' 7E% 5
- 30 — . . . . 15- 7“ — 13° 11' 7E',6
- 111. — PHÉNOMÈNES
- Éclipse partielle de Soleil. — Le 6 avril, petite éclipse partielle de Soleil, invisible en France. Elle sera visible de l’Amérique du Nord et du Pôle Nord. Elle commencera à i5h55m et finira à i9hi2m. Grandeur maximum de l’éclipse : 0,424, le diamètre du Soleil étant un.
- Conjonctions :
- Le 3 avril, Mars en conjonction avec la Lune, k_2 li., à 1° 34’ Nord.
- Le 8 avril, Vénus en conjonction avec la Lune, à 17 h., à 4°T Nord.
- Le 2 mai, Mars en conjonction avec la Lune, à 9 h., à 0°48' Sud.
- Le 4 mai, Mercure en conjonction avec la Lune, à 8 h., à 4°49’ Sud.
- Le 5 mai, Vénus en conjonction avec la Lune, à 0 h., à 1° 26' Nord.
- Le 9 mai, Mercure en conjonction avec Vénus, à 4 h., à 5° 41' Sud.
- Le 31 mai, Mars en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 3*9’ Sud.
- Le 51 mai, Mercure en conjonction avec Saturne, à 19 h., a 2° 4' Nord. Le 1" juin, Vénus en conjonction avec la Lune, à 16 h., à 4° 38' Sud.
- Le 5 juin, Mercure en conjonction avec la Lune, à 4 li., à 3°48' Sud.
- Le 20 juin, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 3 h., à 4° 47' Nord. Le 21 juin, Uranus en conjonction avec la Lune, à 20 li., à 3° 27' Nord. Le 24 juin, Mercure en conjonction avec Neptune, à 11 h., à 2° 11’ Nord.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 22 avril. . . . 212 Piazzi 14h 5 9 0 1i. 22 m. 1 li. 34 m.
- 22 — b Scorpion, 4,7 23 h. 2 m. Appulseà5\9
- ilu bord.
- 22 — . A Scorpion. 4,6 23 b. 50 m. AppulseàO',1
- du bord.
- 23 — . tc Scorpion. 3,0 2 b. 31 ni. 3 h. 46 m.
- 2 niai. . . Mars. — 7 h. 19 m. 8 b. 45 ni.
- 10 — . 47 Gémeaux. 5,6 19 h. 55 m. 20 h. 55 ni.
- 17 — . a Vierge (L’Epi). 1,1 15 li. 56 m. 16 1). 41 m.
- 17 — . 4531 B. A. C. 6,0 22 h. 7 m. 22 il. 52 m.
- 26 — . cp Capricorne. 5,3 2 h. 41 m. 4 b. 0 m.
- 11 juin. . . . 89 Lion. 5,7 18 b. 58 m. AppuJsoàO',5
- du bord.
- 16 — . . tt Scorpion. 5.0 19 b. 45 m. AppulscàO',1
- du bord.
- HATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDE!R COMMENCEMENT FIN'
- 17 juin. . . . 5347 B. A. G. 5.5 0 h. 15 m. 3 b. à m.
- 18 — . . W Sagittaire. 4.3 22 h. 56 m. 23 h. 38 m.
- 20 — . A Sagittaire. 4,9 22 h. 19 ni. 25 h. 50 m.
- Étoiles filantes. — Du 19 au 22 avril, chute des Lyrides. Radiant 104 Hercule.
- Du icr au 6 mai, chute des Aquarides. Radiant rt Verseau.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) :
- G avril (20h30m); 29 juin (0b8“).
- En. Touohet.
- 1*d
- VARIETES
- O*.,
- Le printemps précoce. — Tout le monde a remarqué — et beaucoup l’ont déploré —- que la végétation est cette année anormalement précoce. Tôt, l’automne dernier, les arbres perdirent leurs feuilles à la suite d’une assez forte gelce, quelques raisins tardifs furent même perdus : puis le temps se radoucit et l’hiver se passa sans grand frimas. Toute l’Europe occidentale subit cette saison trop peu froide. Après les pluies abondantes de l’été dernier qui avaient amené un développement exubérant du feuillage, septembre fut assez sec et normal, mais octobre fut doux et humide, sauf les quelques jours de gelée qui amenèrent la chute des feuilles ; novembre, décembre, janvier, février furent également fort doux : les gelées furent relativement rares et ne dépassèrent guère —4 à —5 degrés; aucune ne fut persistante et les nuits de gel furent toutes suivies de journées humides et pluvieuses ou pour le moins plus chaudes que la normale en cette saison. Aussi, les plantes de toutes espèces n’ont-elles guère subi le repos hivernal.
- Tout au plus ont-elles somnolé, la circulation de la sève n’ayant pas totalement cessé, comme cela a lieu pendant les froids d’un hiver normal. C’est ainsi qu’on a pu voir suinter une légère humidité des branches coupées aux arbres qu’on a taillés ou sur les troncs des arbres qu’on a abattus.
- Cet hiver anormal a produit un printemps précoce. Dès le mois de février, les marronniers et les aubépines ouvrirent leurs bourgeons, tandis que les prunelliers et certains poiriers étaient déjà en fleurs. Le marronnier du 20 mars que les Parisiens consultent chaque année, a de beaucoup devancé la date de son bourgeonnement habituel, comme s’il s’inquiétait du calendrier et comme s’il savait que Pâques est fort tôt cette année; le
- 20 mars, il montrait non seulement des bourgeons, mais encore de jeunes feuilles ouvertes.
- M. Enfer, qui vient de noter dans la Revue horticole les particularités de cette saison précoce, signale les sureaux, les Buddleias, les chèvrefeuilles qui, dès le i5 février, montraient déjà des pousses nouvelles; certains rosiers grimpants, tout en ayant conservé leurs feuilles de l’an dernier, présentaient déjà de nombreuses pousses; d’autres rosiers en avaient de plus de 2 centimètres, certains même avaient déjà des rameaux à fleurs. Parmi les arbres fruitiers, les poiriers avaient leurs boutons à fruits prêts à s’épanouir ou tout au moins déjà gonflés, et maintenant leur floraisi 11 est parfaite; les pêchers sont également fleuris ; la vigne a ses sarments qui commencent à croître ; les abricotiers, cerisiers, pruniers vont bientôt fleurir.
- Une telle précocité n’est pas sans donner de grandes inquiétudes. Il faut craindre que cette végétation hâtive soit peu vigoureuse et que les fleurs des arbres fruitiers nouent mal. Par-dessus tout, il faut redouter les gelées possibles, probables même, qui pourraient ravager ces fleurs trop tôt épanouies. Aussi fei’a-t-on bien de. les prévoir et de s’en défendre par les moyens habituels : construction d’abris en toile pour les espaliers, emploi dans les vergers des pots à fumée pour diminuer le rayonnement et éviter les gelées blanches. La taille des arbres fruitiers et de la vigne devra également tenir compte de cet état météorologique; il y aura intérêt à conserver un grand nombre de boutons à fleurs chez les premiers, à tailler la deuxième à trois yeux au lieu de deux, dans l’espoir que les gelées ne détruiront pas toutes les jeunes promesses et que nous aurons peut-être ainsi une abondance normale de fruits, malgi’é la précocité de la végétation. Daniel Claude.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- Collyre contre la cataracte. — J’ai indiqué [La Nature n° iggS) les résultats favorables obtenus dans certaines formes simples de cataracte par les bains d’œil iodurés. Voici un moyen plus simple et plus pratique conseillé par le D‘ Chevallereau. Il se sert d’un collyre à même base dont voici la formule :
- Iodure de sodium. . cinquante centigrammes.
- Eau distillée . . . . dix grammes.
- et dont on mettra deux gouttes matin et soir dans l’œil, en l’instillant la tête penchée en arrière pour que le liquide reste bien dans le cul-de-sac palpébro conjonctival et soit absorbé.
- A cette dose, les malades n’éprouvent aucune sensation désagréable et s’ils tolèrent bien cette solution on
- peut élever progressivement la dose jusqu’à 80 centigrammes; il y a alors une sensation légère dé cuisson. L’iodure de sodium est assez mutable, aussi la solution doit-elle, pour être bonne, être renouvelée tous les huit jours., L’iodure de potassium serait plus actif peut-être que le sel de sodium, mais il est plus irritant pour l'œil-Il faudrait abaisser, si on voulait s’en servir, le taux de la solution.
- En suivant ponctuellement ce traitement, on ne guérit pas, cela va sans dire, toutes les cataractes, mais on en améliore quelques-unes, d’autres restent stationnaires et puis comme le traitement est assez anodin, on peut toujours essayer avant d’en venir à une opération beaucoup plus simple que jadis gi'âce à l’anesthésie locale de l’œil par la cocaïne ou les produits similaires. Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
- St,
- cssT
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sout sitnalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abomlanue de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — C. de Lesseux, à Bar-sur-Aube ; Ghapitel et Loret, 24, avenue de l’Epéronnière, Nantes. — Appareils à distiller le bois, Leclaire, x4o, rue Saint-Maur, Paris. Le dénaturant officiel de l’alcool est le méthylène.
- M. Th. Charroi, Le Pirée. — Votre moteur n’a que peu à craindre du froid. Veillez seulement à ce que l’eau de refroidissement ne se congèle pas quand le moteur est au repos. Le mieux est d’ajouter à l’eau 3o pour 100 de glycérine.
- M. G. J)., h Valence. — Il existe en effet des solvants permeltant de dissoudre les déchets de soie pour en préparer ensuite des fils. La Société Serret a pris un brevet indiquant l’emploi des ammoniures et des lessives alcalines. Mais le procédé n’eut jamais d’application industrielle en raison de la valeur des déchets de soie et du peu de solidité des fils fabriqués.
- M* Balguet, notaire à Airvault. — Il nous est difficile de savoir si les vapeurs de sulfure de carbone employées pour conserver les lainages attaqueront les broderies «métalliques» (?) Mais, pour éviter tout risque, il est bien simple de prendre l’essence de pétrole, aussi efficace.
- M. le capitaine Bidegaray, à Fontenay-le-Comte. — i° Pour retarder la Drise du plâtre,, il suffit d’y ajouter o,5 à 1 pour 100 de borax finement pulvérisé : le temps de prise est sensiblement double. A noter que le plâtre ainsi boraté résiste moins bien à la compression; — 20 Nous ferons des essais pour retarder le temps de prise des ciments à l’oxychlorure de zinc.
- M. IJ. L., à Chantenay. — Il nous est impossible de vous indiquer une peinture pour métal résistant à coup sûr à la chaleur, à l’acide chlorhydrique et à l’acide sulfureux. Voici les formules nous semblant les meilleures; il vous faudrait les essayer dans les conditions de la pratique : a) Chauffer x kg huile de lin cuite jusqu’à dégagement de fumées blanches, ajouter 5o à 100 gr. caoutchouc en menus morceaux et remuer jusqu’à dissolution. Si la mixture devient trop épaisse en refroidissant, on ajoute un peu d’essence de pétrole; b) Préparer un vernis avec 80 gr. gomme laque par litre d’alcool à 900.
- BIBLIOGRAPHIE
- OSSL
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les nids des poissons : J. Péneau. — Le cyclone du 24 novembre 19x2 et le naufrage du « Salazie » ; Sauvaire Jourdan. — L’épuration des eaux d’égout : Lucien Kournif.r. — Les chemins de fer d’Afrique : A. T. — Procédé rapide d’extraction des racmes de nombres parfaits : René Meri.e. — Bulles de savon : H. Vigneron.
- Supplément. — Nécrologie : Sir William White. — Le nouveau sismographe de New-York. — Les composants radio-actifs des sources thermales de Hokuto, Tacivan. — Une grande distribution hydrn-electrique en Espagne. — Convoi d’aéroplanes militaires.— Toponymie des soui'ees du Frioul (Italie).— La nouvelle Piedra-Movediza. — Pour détourner le Gulf-Stream. — Le ver luisant, etc.
- Les savons, par R. Vallier. In-8°, x56 pages, i3 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 19x3. [Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.)
- Après une étude du mécanisme de la saponification et quelques pages consacrées à l’appareillage et aux matièr es premières de savonnerie, l’auteur étudie successivement : les savons d’empâtage ^savons non épurés « à la petite chaudière » et savons mous) ; les savons épurés (savons de Marseille, savons relargués divers, savons marbrés); les savons spéciaux (savons de toilette, savons liquides et en poudre, savons à détacher, à polir, à lubrifier, etc.). L’ouvrage est terminé par des 'études sommaires sur l’économie de production, l’analyse des savions, leurs propriétés, par un Index bibliographique et un Dictionnaire des brevets modernes pris en savonnerie.
- I.a chaufferie moderne. Alimentation des chaudières et tuyauteries de vapeur, par Jacques Guillaume et André Turin. In-8° de viu-270 p., avec 272 figures, H. Dunod et E. Pinat. Prix : 10 francs.
- Le plan de la première partie de l’ouvrage, c’est-à-dire de l étude de l’alimentation, suit l’ordre réel des opérations de traitement de l’eau : l’épurateur, le réchauffage, puis l’introduction dans les générateurs de vapeur. La seconde partie traile des tuyauteries de vapeur, et insiste surtout sur les plus importantes : les tuyauteries de vapeur à hautes pressions. On passe en revue, ensuite, les éléments de tuyauteries, les raisons qui permettent de choisir entre les multiples produits offerts dans le commerce. L’étude de la robinetterie contient des indications générales, l’exposé de pi’incipes de fonctionnement et des exemples.
- Notions de mathématiques, par A. Sainte-Lagüe. i vol, illustré, 5i2 pages. Hermann, éditeur, Paris, igi3. Prix : 7 francs.
- Cet excellent ouvrage se distingue peut-être plus encore par ce qu’il ne contient pas que par ce qu’il renferme. Rédigé à l’usage de tous ceux, et ils sont nombreux aujourd hui, qui ont besoin de s’armer rapidement d’un outil mathématique assez sûr et puissant pour attaquer les pi'oblèmes courants de la technique et de la physique expérimentale, il se borne aux faits essentiels de l’arithmétique, de l’algèbre, de la trigonométrie, de la géométrie et de l’analyse. Ce raccourci suffit à révéler l’enchaînement intime des théories et à en faire comprendre à la fois le mécanisme pratique et le sens profond. Le livre de M. Sainte-Lagüe rendra d’éminents services.
- Manuel d'archéologie américaine, par H. Beucthat. In-8, vn-747 p., 249 fig. Alphonse Picard, éditeur, Paris, 19x3. Prix : i5 francs.
- Ce manuel, le premier de ce genre écrit en français, rendra service aussi bien aux américanistes qui y trouveront une documentation abondante et sûre qu’au grand public qui y apprendra une histoire trop peu connue en France, celle de l’Amérique préhistorique et des civilisations américaines disparues. L’ouvrage débute par l’exposé de nos connaissances sur la ou plutôt les découvertes du Nouveau-Monde.
- Aux sources du Nil, par le chemin de fer de l’Ouganda, par Jules Leclercq. In-16, gravures hors texte et une carte; Plon-Nourrit, éditeur, Paris, 19x3. Prix :: 4 francs.
- L’auteur fait visiter avec lui, en pi’enant note de& changements survenus et des aspects nouveaux, ces contrées récemment soumises à la civilisation.
- A travers l'Inde, par le capitaine Claude-Lafontaine. In-16. Plon-Nouriùt, éditeur, Paris, 19x3. Prix ; 3 fr. 5o.
- On lira avec plaisir le récit de la randonnée que l’auteur a exécutée dans ce pays magique.
- Promenades au Far-West, par François de Te s s an. In-x6. Plon-Nourrit, éditeur, Paris, igi3. Prix • 3 fr. 5o.
- Suite de récits pittoresques sur l’aspect et la vie actuels de l’Ouest américain.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Comment nous avons conquis le Maroc (1845-1912), par E. Dupuy. In-18, 4°o P- 1 carte et 4 croquis. Pierre Roger, éditeur, Paris, igi3. Prix : 3 fr. 5o.
- La relation vivante des différentes campagnes que nous avons été amenés à y entreprendre, alternant avec une évocation suggestive des débats diplomatiques, que complète le texte in-extenso des différents accords, enfin le tableau héroïque des premières heures du protectorat, font de ce livre une des belles pages de notre histoire coloniale.
- Au feu avec les Turcs. Journal d’opérations (Campagne de Thrace, 12 octobre-x4 novembre 1912), par G. von Hochwachter. Traduit de l’allemand par le OMinart.
- 1 vol. in-8, 4 cartes hors texte. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, igi3. Prix : 3 francs.
- L'auteur, officier supérieur de l’armée allemande, instructeur de la cavalerie ottomane, a participé à la débâcle turque de Kirk-Kïlissé, à la bataille malheureuse de Viza, à la retraite en désordre sur les lignes de Tchataldja, et enfin à l’organisation de la suprême et victorieuse résistance sur cette dernière position. Ses notes rapides sont des plus instructives au point de vue militaire. Le major allemand attribue la défaite turque à l’organisation déplorable des services de barrière et au nombre excessif de régiments de rédifs (réservistes) mis en ligne pour résister au premier choc des Bulgares.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES Dü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 mars 1915. 1°,5 Câline. Beau. » Gel. 1)1. ; peu nuag.; faible brouill. le m.
- Mardi 25 2°,7 N. 2. Beau. » Gel. ht. ; beau jusq. 12 b. ; nuag. ensuite ; gouttes à 1 i 1). et 21 h.
- Mercredi 2G 5°.l N. N. E. 1. Couvert. 8.4 Gel. bl. ; couvert; pluie de t3 h. à 19 h. 15 et à 22 h. 20.
- Jeudi 27 6°.7 S. W. 5. Pluie. 3,3 Pluie de 3 b. 50 jusq. 8 h.; couv. jusq. Il h.; nuag. ensuite.
- Vendredi 28 ... . 8°.2 S. S. E. 2. Couvert. 2.0 Couvert; pluie de 9 h. 50 à 11 h. 40; pluie à 23 h. 15 continue.
- Samedi 29 .... . 10°,3 S. E. 5. Couvert. 7,1 Pluie cesse à 0 II. 10; pluie de 9 h. 45 à 11 b. 10; couvert.
- Dimanche 50. . , . 9°,0 Calme. Couvert. 8,0 Couvert ; pluie presque tout le temps.
- MARS 1913. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 MARS 1913.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 25 au 3o mars. — Le a5. La pression barométrique est supérieure à 765 sur le W., le Centre et le S.-E. de l’Europe. Dépressions sur l’Islande (738) et sur la péninsule Ibérique. Neiges et pluies sur le N. et l’E. du continent. En France : Perpignan, 28 mm d’eau; Marseille, 22; Nice, 7. Temp du matin : Haparanda, — 14° ; Nantes, 4-2; Paris, 3; Nice, 9; Alger, 15 ; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 70). — Le 26.- La dépression de l’Espagne s’étend vers le N.-E. (Cette : 755). Pression élevée sur le. Centre du continent. Pluies sur le W. et le Centre du continent. En France : Nice, 25 mm ; Lyon, 22 ; Paris, 11 ; Nancy, 5. Temp. du matin : Arkhangeî, —8°; Belfort, 4-3; Paris et Nantes, 5; Alger, 13 ; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 7°,2). — Le 27. Basses pressions sur l’Atlantique et le W. de TEtfrope (Yalentia : 747)- Pression supérieure à 765 sur la Scandinavie et le S. de la Russie. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Rochefort,
- 6 mm; Charleville, 3. Temp. du matin : Arkhangeî, -—2°; Toulouse, -f- 5; Besançon, 6; Paris, 7; Biarritz, 12; moyenne à Paris : g°,4 (normale : 7°,3). — Ze 28. Profonde dépression sur le W. de l’Europe; minimum au .large de l’Irlande (Yalentia : 735). Pression très
- du Bureau Central Météorologique.
- élevée sur le N.-E. (Finlande : 777). Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Dunkerque, 14 mm; Biarritz, 27; Limoges, 17; Paris, 7. Temp. du matin : Arkhan-gel, — i6° ; Moscou, — 1 ; Belfort, -f- 4 ; Paris, 8 ; Nantes, 9; Alger, i5; moyenne à Paris : 9°,2 (normale : 7°,5). — Le 29. Basses pressions sur tout le W. de l’Europe (golfe de Gascogne : 745) Pression très élevée au N.-E. (Moscou : 780). Pluies sur le YY. de l’Europe. En France : Lorient, 10 mm; Paris et Bordeaux, 3. Temp. du matin : Moscou, —90; Nantes, -f-7 ; Belfort, 9; Paris, io; Biarritz, i4; moyenne à Paris : io0,g (normale : 70,6). — Le 3o. Des dépressions persistent sur le S.-W. et le N.-YY. de l’Europe (Islande : 742; Baléares : 702). Fortes pressions sur la moitié E. du continent (Ivharkof : 780). Pluies abondantes en France : Bordeaux, 5o mm; Marseille, 26; Limoges, 22; Paris, 12. La Charente, la Dordogne, la Corrèze et la Yienne débordent et provoquent des dégâts considérables. Temp-du matin : Belfort, -\- 8°; Paris, 9; Biarritz, 10; Lyon,
- 11 ; Marseille, 16; moyenne à Paris : io°,4 (normale: 70,8). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 29, à
- 12 h. 58 m. du matin.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie ^^
- L. DE LAUNAY
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L.3. Nature i> doit être adressé aux bureaux du journal : >30, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VT*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2081. — 12 AVRIL 1913.
- SUPPLÉMENT
- J&SD
- INFORMATIONS
- Vénus visible le matin et le soir du même jour.
- — On sait que la planète Vénus est visible tantôt comme étoile du matin, tantôt comme étoile du soir, et le fait s'explique bien simplement. En effet, par suite de son mouvement autour du Soleil, la planète est tantôt à l’Ouest de cet astre, donc se lève avant lui le matin et ne peut être visible le soir, ou bien elle est à l’Est, donc se couche après lui le soir et ne peut être vue le matin, car il fait jour quand Vénus se lève. Cependant, il peut arriver qu’en raison des positions respectives du Soleil et de Vénus, la planète soit visible à la fois le matin et le soir. Un membre de la Société astronomique de France, M. Al. Aymé, licencié ès sciences, à El Affroun (Algérie), vient précisément d’attirer l’attention des observateurs sur ce point dans le dernier numéro (avril ig13) de l’Astronomie, et ce fait va se réaliser dans quelques jours, vers le u5 avril. Il est dû à la forte déclinaison boréale de Vénus qui, au moment de sa conjonction inférieure, se trouvera à plusieurs degrés au-dessus de l’écliptique, qui est la route suivie par le Soleil. L’écart maximum existant entre les levers ou les couchers des deux astres, comme le montre M. Aymé, peut atteindre une cinquantaine de minutes.
- L’auteur donne d’ailleurs le tableau suivant, particulièrement intéressant :
- LEVER DE VÉNUS COUCHER DE VÉNUS
- DATES AVANT I.E SOLEIL AHtÈS LE SOLEIL
- 16 avril 1913 . . v 15 minutes —
- 19 — ... 23 — —
- 20 — ... 25 — —
- 21 — ... 28 — 52 minutes.
- 22 — ... 30 — 12 —
- 23 — ... 52 — 52 —
- 2t — ... 51 — 25 —
- 25 — ... 36 — 15 —
- 26 — ... 58 — -1 —
- &
- On sait que pour être visible à l’œil nu, Vénus doit se lever 3o à 35 minutes avant le Soleil, ou se coucher après de la même quantité. Le tableau ci-dessus montre que l’on devra rechercher Vénus dans le ciel du matin, principalement pendant les 5 minutes qui précéderont le lever du Soleil, à partir du aa avril (3 jours avant la conjonction inférieure), et on pourra espérer la voir le aa et le a3 avril au soir. Ainsi, ajoute M. Aymé, les aa et a3 avril, Vénus, encore « étoile du soir », pourra être observable le matin et le soir.
- Action des acides sur la germination. — Les
- acides ont généralement une action favorable sur la germination, d’après les conclusions d’un travail de Mlle Promsy présenté à la Société nationale d’agriculture. Ils agissent sur les graines des fruits charnus plus que sur celles des fruits à péricarpe sec. La germination est accélérée par tous les acides expérimentés : citrique, malique, tartrique, oxalique, acétique, chlor-
- hydrique, sulfurique, quand on les emploie à des doses convenables. Chaque espèce de graine est activée au maximum par un acide particulier; ainsi l’acide tartrique, qui a presque triplé en poids frais la récolte des plantules de courge est moins favorable que l’acide oxalique pour les graines de tomate. Les doses d’acide ont naturellement aussi une influence : seules, les solutions diluées sont favorables et c’est à des concentrations variant de o,5 à 5 pour iooo que leur action est optima. Les acides produisent non seulement un accroissement plus rapide des plantules et une augmentation de la turgescence, mais encore un accroissement du poids qui prouve leur valeur nutritive; les acides organiques surtout produisent cette dernière action. L’immersion des graines dans une solution acide avant l’ensemencement produit le même effet, parce que la graine contient alors une acidité suffisante pour agir sur le développement ultérieur.
- Glacière alpestre. — Dans certaines régions de la Haute-Bavière, d’ingénieux montagnards ajoutent a leurs maigres ressources en fabriquant une glace à laquelle
- Vue d’une glacière alpestre.
- les glaciers de Munich donnent la préférence, en raison de sa pureté. Pour l’obtenir, on élève sur une éminence exposée à tous les vents un échafaudage de forme cubique muni d’un certain nombre de traverses. A l’aide d’un tuyau, on amène l’eau d’une source voisine jusqu’au sommet de l’échafaudage, où elle se déverse dans une sorte de tamis qui la laisse retomber en une pluie fine. Sous l’action des vents froids, les gouttelettes se congèlent instantanément, et les traverses sont bientôt enveloppées de gracieuses draperies de stalactites, qui s’allongent et s’épaississent progressivement. Il ne reste plus qu’à détacher la glace, à l’aide du marteau ou de la scie, à l’empiler dans des barils, et à l’expédier à la ville par traîneau. Aussi simple qu’économique, la fabri-
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- INFORMATIONS
- caLion de la glace se poursuit aiusi tout l’hiver. Notre photographie représente une de ces ingénieuses installations, à Bad-Ivreuth, près du lac de Tegern.
- Nouveau câble sous-marin entre Marseille et
- Alger. — Un nouveau cable télégraphique sous-marin sera-posé prochainement entre Marseille (guérite du Roucas-BIanc) et Alger (guérite de IIussein-Dey). Le conducteur sera formé de 7 fils de cuivre de 0,8 mm de diamètre.
- La tuberculose à Paris. — Le Rapport sur les recherches relatives à la répartition de la tuberculose et du cancer Idans les maisons de Paris, dressé par P. Juillera-t (chez Chaix, Paris, 1912, in-8°, i3a p.), est un document officiel au Préfet de la Seine, et le fruit des recherches du Bureau du Casier sanitaire de Paris peudaut 1 année 1911. Ses conclusions sur la tuberculose sont les suivantes :
- Les observations pendant 18 années portent sur un total de 169705 décès par tuberculose pulmonaire à Paris. La plus efficace mesure à employer contre la tuberculose consiste à assurer dans les logements 1 accès de la lumière solaire. Depitis 1905, 011 a donc entrepris la suppression des taudis obscurs dans les maisons infectées, et cette amélioration ne s est poursuivie que très lentement jusqu’en 1907 et 1908, années où la mortalité par tuberculose atteignit le chiffre énorme de 10262. — En 1909, 549 maisons étaient améliorées et on a enregistré 548 décès de moins qu’en 1907 et 1908. — En iqio, pour 886 maisons assainies, il y a 8i3 décès de moins qu’en 1907 et 1908, etc.... Mais on a vu de nouveaux foyers se créer dans des maisons jusqu’alors indemnes, pai'ce qu’elles avaient reçu la population expulsée des locaux malsains démolis. Toutes les maisons de Paris, même les plus confortables, sont affectées d’une tare très grave, par suite de l'obscurité des chambres sur courettes. Il faut absolument faire observer les règlements sur la largeur des cours « puisqu’il est établi que la tuberculose est avant tout la maladie de l’obscurité, et que le meilleur moyen de la combattre est de faire pénétrer partout en abondance l’air et le soleil. » M. Juillerat ajoute que la fameuse question des espaces libres, squares, jardins et terrains de jeux, est capitale pour la santé de Paris. La disparition rapide des jardins particuliers et des vastes cours devient un véritable danger qui assurera un regain de mortalité tuberculeuse. De 1901 à 1911, d’après les rapports de M. Fontaine, les espaces libres de Paris ont diminu,é de i5g hectares dont 94 de jardins particuliers et 65 de cours et terrains. Il faudra nécessairement réduire la hauteur des maisons et augmenter les dimensions obligatoires des cours si Ton veut efficacement réduire la tuberculose.
- Profil en long du Rhin. — Par suite du lent affaissement du sol, l épaisseur des alluvions du Rhin, entre Gross-Gerau et Mannheim, dépasse 100 mètres et descend au-dessous du niveau de la mer. D’après StuhI. la dénivellation du Rhin, de Mayence à Dusseldorf, est très
- inégale, comme le montre le tableau suivant Sections.. Chute bistance \ —» ' en mètres., en km. PenLc.
- Mainz-Bingcn . . è . 3,45 3i I : 9000
- Bingen-Saint-Goar. . ii,i5 27 I : 2420
- Biebrich-Erbacli. . . 0,84 i i I : I3 pôo
- Erbach-Rudesheim. . 2,02 14 I : 6980
- Sai n t-Goa r-Koblenz . 7.i5 36 I : 5 a35
- Koblenz-Andertiacli . 5.99 22 I : 3 6;6
- Andernaeh-Bonn. . . 8,40 41 I . 4880
- Bonu-Kôln 7,60 33 I : 4 35o
- tvoln-Uusseldorf. . . 9,74 56 I ; 5747
- Il en résulte nettement que, même sur un grand fleuve, le profil en long demeure fort loin de la coupe théorique d’équilibre chère aux géographes théoriciens. C’est la conséquence de l’inégale résistance des roches et terrains traversés par le fleuve.
- L’élevage en Allemagne. — Un discours récent de l’Empereur d’Allemagne a signalé l’importance croissante prise en Allemagne par l’élevage. Ce développement est dû, d’une part, à l’augmentation toujours plus grande du prix de la viande due à une consommation toujours croissante à mesure que se développe le bien-être, d'autre part, aux insuccès des cultures de céréales
- qui ont poussé les agriculteurs à les remplacer par despâturages et des prairies. Les renseignements suivants, que publie le Bulletin de l Institut international d’Agriculture, donneront une idée de ces progrès. Les moutons seuls n’ont pas augmenté ; la concurrence des laines coloniales a fait diminuer leur nombre des 3/4 depuis 1865 ; par contre tous les autres genres de bétail sont en augmentation constante. Les chevaux ont passé de 3 millions de têtes en 1860 à 435oooo en 1907; les chèvres se sont élevées de 182000 en i865 à 3 53ooooen 1907; les porcs de 6460000 à 22 i5oooo. L’élevage des bovidés a subi une croissance plus lente, due surtout à la lenteur de développement et d’exploitation de chaque bête; leur nombre qui était de i5 millions en 1861 a atteint 2o63o5oo en 1907; rien qu’en Prusse on èn comptait un peu plus de 12 millions. De plus, le poids de chaque bête abattue, bœuf ou veau, a constamment grandi ainsi que la quantité de lait fournie par chaque vache. Ces résultats sont dus surtout aux efforts du gonvernement et des groupements particuliers : surveillance sanitaire, choix des reproducteurs, expositions et concours, épreuves de rendement, etc.
- Les Japonais à Formose. — Le directeur de l'Ecole de Médecine et de l’Institut de recherches expérimentales de Taihoku (Formose), M. le DrT. Takaki, vient de publier à Dresde, sous le titre de Die hygienischen Verhàlt-nisse der Insel Formosa, une étude du plus haut intérêt documentaire sur la situation de cette colonie au point de vue de l’hygiène et de la santé publique. La mortalité à diminué d’une façon notable à Formose avec les habitudes d’hygiène introduites par l'administration japonaise : de 1906 à 1909, elle est tombée de 34,0 à 31,8, em même temps que la natalité montait de 3g,3 à 4i,i> La population est de plus de 3 millions d’âmes, dont 5y 400 Japonais. On y compte encore plus de 82 000 sauvages, autochtones ou de race chinoise. Le nombre des femmes et fillettes aux pieds estropiés à la mode chinoise est de plus de 800 000, soit 56,9 pour 100 de la population féminine de race chinoise. Le nombre des aveugles est de plus de i5 000. et celui des crétins (avec ou sans goitre) est de plus de 2000. Ce livre, qui représente une grosse somme de travail, contient un grand nombre de documents et statistiques, notamment une nomenclature des plantes médicinales et des plantes vénéneuses de l île, ainsi qu’une description de treize espèces de serpents venimeux qu’on y rencontre; sur 1715 personnes mordues par ces reptiles de 1904 à 1909, le nombre des cas mortels a été de 121.
- L’émigration influe-t-elle sur la forme du corps?
- — La Commission d’immigration des Etats-Unis avait chargé en 1908 le professeur Franz Boas d’étudier les caractères physiques de ceux qui viennent s’établir en Amérique. Celui-ci vient de réunir en un volume sets observations anthropométriques et en tire des conclusions fort curieuses. Ainsi la tête des descendants d’hébreux devient plus courte et celle des siciliens plus longue; le poids et la taille des premiers augmentent, ceux des seconds diminuent. Le Dr Boas en avait d’abord conclu à l’existence d’une race américaine vers laquelle tendraient les divers types européens immigrés, mais il a depuis abandonné cette idée. Comment alors s’expliquer ces transformations du .corps, et en particulier cette modification de la tête. Est-ce un simple accident de statistique qui disparaîtra quand les mensurations seront plus nombreuses ? Est-ce, comme on l’avait pensé, la conséquence d’une autre manière d’eramaillotter les enfants, ceux-ci ayant les mouvements plus libres ? Est-ce l’influence d’une sélection de certains types, les autres tendant à disparaître? Ou bien encore faut-il y voir l’action d’un changement de milieu? Le Dr Boas incline à accepter cette dernière explication. Elle a pour elle les observations faites en Europe par Ammon à Bade, Livi en Italie, Fischberg sur les Juifs ; ces auteurs ont constaté que les paysans s’installant dans les villes présentent des variations du crâne surtout nettes chez leurs enfants.
- Congrès préhistorique de France. — Ce 9e Congrès, organisé par la Société préhistorique française, se tiendra à Lons-le-Saulnier, du 27 juillet au 2 août prochain; il comprendra diverses communications entre autres sur le préhistorique du Jura et des excursions dans ce département.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Electricité ^*,^3
- Le Batik électrique. — La technique du batik •connue des Javanais depuis des siècles, et plus récemment introduite en Europe, consiste à exécuter des dessins au moyen de cire liquide, répandue sur un tissu (ou du papier) clair, teint ultérieurement.
- Les parties du tissu correspondant au dessin sont enduites de cire chaude liquide, après quoi le tissu est tout entier plongé dans une solution de matière colorante : les parties recouvertes de cire ne prennent pas de couleur et le reste se colore uniformément.
- Après dessiccation, le même tissu (désormais multicolore) est prêt à recevoir un nouveau dessin, conservé par « hatikage » dans sa teinte originelle, tandis que le fond prendra une teinte plus foncée, et la même opération peut être répétée plusieurs fois jusqu’à ce que le fond soit devenu tout à fait sombre.
- La cire ayant été enlevée par lavage à l’essence, les différentes couleurs ressortent d’une façon très frappante sur le fond sombre. Les magnifiques effets de couleurs ainsi réalisés ne sont égalés par aucun procédé d’impression; le tissu est, en effet, tout entier imprégné de couleur.
- Les applications du batik ne sont pas aussi limitées qu’on serait, à première vue, tenté de le croire. Le même procédé s’applique parfaitement au bois teint en différentes nuances (ou gravé) et aux métaux chimique-
- Coupe do l’appareil pour hatikage électrique.
- ment teints ou corrodés. On obtient des gravures particulièrement belles sur le cuivre, le laiton, etc.
- L’instrument employé parles Javanais pour appliquer la cire, est une sorte de petit entonnoir, fixé à un manche et muni d’un petit orifice, où la cire est chauffée sur un feu de charbon. En Europe, l’on se sert soit de dispositifs analogues, soit de petits réservoirs fermés, qui se terminent par une pointe percée d’un orifice très fin. Dans tous ces dispositifs la cire qui, pendant le travail, se refroidit rapidement doit toutefois être réchauffée de temps en temps (sur une flamme à alcool, à gaz ou à essence). Ces fluctuations de température de la cire occasionnent naturellement de nombreux inconvénients : tandis que la cire liquide immédiatement après le chauffage s’écoule en un jet assez énergique pour produire des traits souvent trop épais ou même des pâtés, l’écoulement ne tarde pas à s’arrêter par suite du refroidissement trop rapide.
- Afin de réaliser une température parfaitement uniforme de la cire, Mme G. Lamprecht-Gewecke, à Nuremberg, vient d’imaginer un style « batikeur » chauffé par l’électricité. Grâce à l’emploi de cet ingénieux dispositif, on obtient non seulement des traits rigoureusements uniformes, mais un travail rapide, commode et précis.
- Ce style est représenté en coupe longitudinale à la ligure x. a est un réservoir cylindrique, renfermant la cire liquide f, et à la partie inférieure duquel on a vissé une embouchure c, percée d’un oïdfice fin d. Le tamis e disposé dans le réservoir de cire, au-dessus de l’embouchure, sert à retenir les impuretés de la cire liquide.
- La cii'e est chauffée par la bobine de chauffage b dont les connexions passent à travers le manche g, à l’intérieur duquel elles sont attachées à une corde flexible i,
- reliant le style électrique directement à une boîte de contact de no ou 120 volts ou, à l’intermédiaire d’une résistance en série, à une tension plus élevée.
- Ce dispositif fonctionne à volonté avec le courant continu ou alternatif; sa consommation est environ celle d’une lampe à incandescence petite ou moyenne.
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- Agrandisseur universel Mackenstein. — Il n est
- pas nécessaire d’insister sur l’utilité de faire des agrandissements; ce qu’il importe plutôt de considérer, c’est la difficulté qu’on éprouve souvent à installer con-
- Vue d’ensemble de l’agrandisseur universel.
- venablement le cliché à agrandir, étant donné que celui-ci peut être aussi bien un 4 1/2x6, qu’un 9X12, ou même seulement une partie d’un i3 X 18 ou d’un 18 X 24. C’est dans le but de se plier à toutes ces conditions qu’a été construit ce nouvel appareil. 11 se compose (fig. 1) d’une chambre noire à soufflet qui ne présente rien de particulier et peut servir d’appareil ordinaire d’atelier ou de voyage. Elle est munie à l’avant de deux tringles articulées qui viennent s’accrocher au chariot sur lequel est monté le porte-cliché. Celui-ci est construit de façon à recevoir tous les formats. Il se compose (fig. 2 et 3) d’un cadre muni d’un verre dépoli d’un côté et de l’autre de deux glissières M et F munies de rainures et destinées à supporter le cliché.
- La glissière inférieure F est munie de ressorts qui appuient sxtr les coulisses et la maintiennent en place par frottement tout en permettant de la déplacer pour la mettre à bonne hauteur; la glissière M coulisse au
- Porte-cliché ouvert selon deux formats différents.
- contraii’e librement et deux ressorts à boudin R tendent constamment à la l'approcher de la première. Il suit de là qu’un cliché inséré entre ces deux glissières est pris comme dans une mâchoii’e, quelles que soient ses dimensions, et qu’on peut placer au centre du verre dépoli la partie dont on désire faire l’agrandissement.
- Deux volets V situés de chaque côté et montés sur des coulisses permettent de masquer à droite et à g.auche les parties inutilisées.
- L’échelle d’agx’andissement est obtenue en éloignant ou en rapprochant le cliché de l’objectif et c’est pour faciliter cette manœuvre, tout en conservant un parallélisme parfait entre le cliché et le verre dépoli de la chambi'e, que le cadre porte-cliché dont nous venons de parler est monté sur un chariot à crémaillère.
- L’appareil est ti’ès robuste et tient peu de place quand il est replié. — Ateliers Mackenstein, r5, rue des Carmes, Paris.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Microscopie 'S'Slfc
- Nouveau montage de préparations microscopiques. — M. Cépède vient d’imaginer [Comptes rendus de l’Académie des Sciences) une nouvelle manière très simple et très pratique de monter les préparations microscopiques (fig. i). 11 emploie les lames ordinaires, mais perforées en leur centre d’un trou circulaire ; le bord supérieur du trou est rodé obliquement comme le montre la ligure 2. Pour monter une préparation avec cette nouvelle lame, on place dans le trou une lamelle ronde du type qu’on trouve dans le commerce ; puis on y dépose une goutte du liquide conservateur, glycérine ou baume de Canada; on plonge dans cette goutte 1 objet à examiner : petit animal, coupe, etc. ; on recouvre le tout d’une nouvelle lamelle ronde que l’on presse légèrement ; le milieu conservateur s’étale jusqu’aux bords et vient unir solidement les deux lamelles à la lame ajourée. Les avantages de ce nouveau montage sont multiples : d’abord, on peut ainsi examiner aux forts grossissements les deux faces de la préparation, ce qui est précieux quand il s’agit d'un objet peu transparent ou d’une coupe épaisse; puis la lamelle a'nsi enchâssée peut devenir le fond d’une petite cuve où 1 on observera une goutte d’eau et ses habitants; enfin, l'emballage des préparations, toujours si délicat, sera grandement simplifié, les lames pouvant reposer les unes sur les autres sans risque d’écraser les préparations (fig. 3). Ajoutons
- Fig. i. — Nouvelle lame complètement montée.
- Fig. 2. — Coupe de deux préparations miscroscopiques montrant le détail du montage et ses avantages.
- Le milieu conservateur est figuré en noir, les lamelles et les lames en blanc.
- Fig. 3. — Paquet de six préparations superposées.
- que la lame de verre peut être remplacée par n’importe quelle matière rigide et facile à travailler : ébonite, celluloïd, etc.
- Appareils 'S'C.gù
- Nouvelle machine à traire. — Au dernier Concours central agricole d’Amiens, la Société anonyme « la Galakton », de Paris, a présenté une machine à traire fort ingénieuse. L’appareil affecte à peu près la forme d’une boîte cylindrique plate (fig. i) dont les deux bases sont formées par deux flasques F, munies chacune de quatre gros 1rous disposés comme le sont habituellement les trayons sur le pis d’une vache. Entre les flasques, et perpendiculairement à elles, se trouvent quatre demi-cylindres creux C, en aluminium, sur la face concave desquels viennent s’appliquer les trayons. Pour assurer l’extraction du lait, chaque élément C est muni d une série de quatre ou cinq doigts métalliques d, garnis chacun d’une épaisse rondelle de caoutchouc, articulés autour d’un axe b parallèle à celui de G et que des ressorts tendent constamment à éloigner de cette pièce. D'autre part, au centre de l’appareil (fig. a) se trouve un axe A, que fait tourner un flexible f en relation avec une pièce quelconque animée d’un mouvement de rotation; cet Axe A porte quatre ou cinq touches t qui, pendant le mouvement de rotation, viennent pousser successivement les doigts d de chacun des éléments trayeurs C; mais ces différentes touches ne sont pas exactement superposées les unes aux autres; elles sont légèrement décalées, de façon que celle qui est au
- niveau le plus élevé agisse la première, et que les suivantes se succèdent chacune avec un léger retard suc celle qui est immédiatement au-dessus d’elle. Il en résulte que les trayons T engagés dans les cylindres G sont comprimés d’abord près de leur insertion sur le quartier, puis progressivement, de haut en bas, vers leur pointe, ce qui assure l’extraction du lait sans qu’il
- y ait lieu de faire une succion
- Fig. I. — Plan de la machine a traire.
- mécanique sur les organes.
- Fig. 3. — Coupe d’un des evlindres de traite.
- Bien entendu, des organes de réglage, assez simples d’ailleurs, permettent d’adapter la machine aux différentes conformations de pis, et un harnais spécial, qu’on peut rapidement adapter à la bête, soutient la machine pendant le fonctionnement (d’après le Bulletin de VInstitut international d’Agriculture).
- Divers
- Siphon pour vidange automatique des aquariums.
- — Quand un aquarium n’est pas muni de dispositif à trop-plein et qu’on désire y établir un renouvellement constant de l’eau, il est très commode d’effectuer la vidange à l’aide d’un siphon spécial ainsi construit.
- Prendre du tube de plomb pour conduite d’eau de petit diamètre et le couder de manière à le faire revenir plusieurs fois sur lui-même (fig.). Le coude supérieur doit chevaucher sur le bord de l’aquarium à vider, et le reste de l’appareil être équilibré de manière que le tout se tienne droit. Un peu plus bas que le second coude du haut (lui-même moins élevé que le premier), on perce un très petit trou f de rentrée d’air (avec une petite drille d’amateur de découpages en bois mince). Ge petit trou limite le niveau de l’eau, et on le pratique en conséquence à hauteur voulue ; on peut en faire deux ou trois et recouvrir ceux dont on ne se sert pas de bagues eu caoutchouc : ceci permet de faire à volonté varier le niveau.
- Si nous plaçons notre siphon sur le bord de notre aquarium tout à fait plein, que nous fermions du doigt le petit trou latéral et que nous amorcions en aspirant par l’extrémité libre, l’eau se met à couler. Mais sitôt que le niveau du liquide dans le bac arrive sur le plan horizontal passant par le trou d’air, le second coude du haut se remplit d’air et l’écoulement cesse, sans que néanmoins le premier coude du haut, formant siphon, puisse se désamorcer. Dans ces conditions, sitôt que le niveau de l’eau dans l’aquarium remonte, le second coude du haut tend à se remplir; dès qu’il l’est, il forme siphon jusqu’à complet départ du trop-plein. Et l’appa--reil continue ainsi à fonctionner ou non de façon absolument automatique.
- Nous avons parlé de tuyau en plomb. Il est plus économique et plus élégant de fabriquer son appareil à vidange automatique avec du tube de verre, du genre de celui employé dans les laboratoires (8 à io mm de diamètre). Il suffit pour cela d’avoir un bec papillon sur lequel on pourra chauffer le tube pour le couder. Quant aux trous d’aération, on les fait en soufflant dans le tube, bouché à l une de ses extrémités et fortement chauffé à l’endroit voulu au moyen d’une très petite flamme de chalumeau.
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- VARIÉTÉS
- Bureau central météorologique de France (Extraits du rapport du directeur (M. Akgot), sur les travaux de l'année 1912). — La vérification des prévisions a élé faite d’après des règles très sévères. Le pourcentage des succès, évalué ainsi, a été de 73 pour les avis de tempête, de 79 pour la direction du vent et de 73 pour les avis agricoles. Avec les anciens modes d évaluation, ces nombres correspondraient à des pourcentages compris entre 85 et 90.
- Le réseau des stations pluviométriques continue à s’accroître, mais trop lentement. Le département de l’Aisne possède enfin une Commission météorologique ; on a pu suppléer en partie à Fabsence d’une Commission dans le Var. Il subsiste encore malheureusement une lacune presque complète dans les Hautes-Alpes, où cependant l'utilisation des forces hydrauliques naturelles donne aux observations sur le régime des pluies une importance pratique immédiate.
- Le directeur a fait paraître, dans le tome I des Annales de 1908, une discussion des observations acti-nomélriques faites au parc Sainl-Maur et une étude détaillée sur la distribution de tous les éléments magnétiques en France à l’époque 1901. Cette étude devra servir de base aux révisions ultérieures des cartes magnétiques de la France.
- M. Dongier a publié la discussion des orages en 1908.
- M. Goulereau a publié, dans le tome I des Annales de 1908, une élude théorique sur les mouvements atmosphériques. Il a collaboré à Y Atlas météorologique de M. Eiffel.
- Observatoire du Parc Saint-Maur et station magnétique du Val-Joyeux. — L’Observatoire du Parc Saint-Saiut-Maur, avec son annexe, la station magnétique du Yal-Joyeux, est la station d’expériences du Bureau central météorologique : il comprend, en outre, le laboratoire des recherches météorologiques de l’école pratique des hautes études.
- On y a fait reprendre par M. Eblé les déterminations magnétiques en France; i5 stations, dont 5 nouvelles et 10 occupées précédemment par M. Moureaux, ont été choisies sur la côte Ouest de France, entre Nantes et l’Espagne. Les résultats obtenus paraissent très satisfaisants et l’entreprise sera continuée.
- Observatoire de Trappes. — L’Observatoire de météorologie dynamique, créé à Trappes en 1896 par M. L. Teisserenc de Bort, et entretenu entièrement à ses frais, a continué en 1912 les lancers de ballons-sondes.
- L’avenir même de lOb-ervaloire est maintenant mis en question par le décès de son fondateur, survenu le 2 janvier 1913.
- Ce serait un grand malheur de voir disparaître le seul établissement où ces études sont poursuivies régulièrement en France. Tout le monde scientifique souhaite que non seulement l’Observatoire de Trappes soit maintenu, mais qu’on assure aussi la publication des documents si intéressants, qui y ont été accumulés depuis iG ans et qui sont restés presque entièrement inédits.
- Observatoires régionaux. Observatoire de Nantes. — Le projet d’établissement de la traction électrique pour les tramways est en voie d’exécution, et il y a lieu de craindre qu’il en résulte des troubles dans l'enregistrement des variations du magnétisme terrestre.
- Observatoire de Perpignan. — La réception de l’heure par télégraphie sans fil laisse à désirer; il se produit de fréquentes interruptions, dues à l’installation défectueuse de l’antenne sous le couvert des hautes futaies de la promenade publique voisine.
- Il est question de lancer une antenne par-dessus la rivière de la Tet, seul terrain découvert dont l’Observatoire puisse disposer.
- Le sismographe Wiechert a fonctionné régulièrement depuis le mois de mars; mais la détermination des constantes laisse encore à désirer.Un certain nombre de troubles sismiques importants ont déjà été enregistrés.
- Le fonctionnement normal du sismographe est parfois gêné par le passage de lourds véhicules, par la trépidation du sol après ouragans du Nord-Ouest, mais surtout par les mouvements de la mer par tempêtes d’entre Nord et Sud-Est; il y a là un phénomène intéressant à étudier et que M. Mengel a déjà eu l’occasion d’utiliser
- pour les renseignements qui lui sont demandés par le port de Barcelone.
- Observatoire du Pic du Midi. — Rattaché à l’Université de Toulouse, il est dirigé par M. Marchand.
- La ligne de tramway électrique entre Lourdes, Bagnères et les cascades de Gripp sera mise en exploitation au cours de l’été prochain et les inconvénients prévus se produiront en ce qui concerne • l'enregistrement du magnétisme terrestre et la ligue télégraphique. Les communications téléphoniques seront probablement rendues très difficiles, à moins de placer un fil de retour de Bagnères à Gripp, et un transformateur à Gripp : cela entraînera des dépenses assez élevées qu’il y aura lieu de faire supporter à la compagnie concessionnaire du tramway.
- Le jardin botanique alpin a été entretenu par M. Bouget ; aucun changement n’y a été apporté.
- Observatoire du Puy-de-Dôme. — L’Observatoire, rattaché à l’Université de Clermont-Ferrand, se compose de deux stations, celle du Puy-de-Dôme et celle de la Côte-de-Landais, àAubières; sous la direction de M. Mathias, l’Observatoire a répondu aux désirs du Conseil général en faisant fonctionner, au printemps, un service de prévision des gelées blanches.
- Le 3i juillet, 1 Observatoire a procédé à la vérification de la hauteur atteinte par les fusées dites para-grêles, mises à sa disposition par la Commission de l’agriculture, du Conseil général et le Syndicat départemental agricole. Les fusées étaient tirées verticalement à la station de la Côle-de-Landais et le centre du nuage sphérique produit par l’éclatement était observé de la station du sommet du Puy-de-Dôme.
- Les résultats montrent une disproportion énorme entre la valeur réelle de la hauteur d éclatement et la hauteur annoncée.
- La Société d’horticulture et de viticulture du Puy-de-Dôme a institué un concours de fusces et créé une récompense spéciale pour les artificiers dont les fusées atteindraient la hauteur d’éclatement de i5oo mètres. Ce concours a eu lieu à deux reprises et une seule fusée a atteint la hauteur annoncée. Il y a donc fort à faire pour perfectionner les fusées dites paragrêles qui, la plupart du temps, n’atteignent même pas les nuages.
- Le département du Puy-de-Dôme, étant de ceux où la foudre produit le plus d’accidents de personnes et le plus de dégâts aux récoltes, s’est intéressé tout particulièrement à la question des « niagaras électriques » auxquels l’inventeur attribue une influence grèlifuge manifeste. Une Commission a élé envoyée dans le département de la Vienne afin d’étudier le barrage électrique constitué par un cer tain nombre de « niagaras » ; il semble bien que ces « niagaras » n’agissent que comme paratonnerres et nullement comme grêlifuges. Le pylône de la Côte-de-Landais, armé de 98 pointes de fer à peu près équidistantes, a été grêlé deux fois depuis sa transformation en « niagara ».
- L’Observatoire météorologique du Puy-de-Dôme a élé compris au nombre des établissements auxquels sont rattachés en principe une station régionale de météorologie agricole ainsi que des postes météorologiques agricoles; à cet effet, une somme de 2.3oo francs a été mise à sa disposition.
- L’organisation de ce service a été confiée à M. David, météorologiste de l’Observatoire.
- Observatoire du mont Venioux. — Les bâtiments appartiennent au département de Vaucluse.
- L’Observatoire est sous la direction de M. Gubiand, ingénieur en chef des ponts et chaussées, président de la Commission météorologique. Les observations sont toujours faites six fois par jour et transmises au Bureau central. Le chemin vicinal qui conduit à l’Observatoire est en très bon état d’entretien. La situation matérielle de l’Observatoire du mont Ventoux est bonne.
- Observatoire de VAigoual. — L’Observatoire du mont Aigoual a été édifié et est entretenu exclusivement par les soins de l’Administration des eaux et forêts; il est sous la direction de M. Anterrieu-Vons, inspecteur des eaux et forêts à Nîmes-Ouest. Les observations sont faites trois fois par jour par un garde forestier et adressées chaque mois au Bureau central météorologique. Une dépêche est envoyée en outre chaque matin.
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- VARIÉTÉS
- Conclusions. — Le Bureau central météorologique, créé en 1878, a vu peu à peu ses attributions s’accroître dans des proportions qui n’avaient pu être prévues. Aux observations purement météorologiques se sont ajoutées celles du magnétisme terrestre, de l’électricité atmosphérique, de la radiation solaire et des mouvements du sol.
- Par suite de ces circonstances, le personnel du Bureau est arrivé maintenant à la limite extrême du travail qu’il peut produire, les différents chapitres du budget,
- grevés outre mesure, ne laissent plus aucune disponibilité pour les besoins nouveaux. Alors que les établissements similaires de l’étranger, plus richement dotés, se développent sans cesse, le Bureau central météorologique de France est arrivé à un point où il ne peut plus songer à augmenter son activité ni le champ de ses recherches.
- Il est indispensable d augmenter ses ressources matérielles.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- cssT
- Les tapis arsenicaux. — Un comité vient de se former sous la présidence du sénateur Louis Martin pour provoquer la révision du procès de Mme Lafarge et sa réhabilitation comme innocente du crime pour lequel on l’avait condamnée. Le professeur Denigés, de Bordeaux, aurait démontré par des expériences rigoureuses que les doses d’arsenic trouvées par Orfila dans le corps du mari étaient insuffisantes pour amener la mort. A si longue échéance, la question semble bien difficile à trancher ; souhaitons pour les mânes de la condamnée et pour ses descendants que le comité ait raison. L’empoisonnement par l’arsenic n’est plus de mode : c’était bon pour i83o de glisser dans un verre d’eau, dans un plat succulent, un peu de poudre toxique. Aujourd’hui le browning a pris la place du poison, cela va plus vite et fait plus de bruit.
- Est-ce à dire que les empoisonnements par les sels arsenicaux ne s’observent plus guère ? Comme intoxications criminelles, oui, mais comme intoxications accidentelles, c’est autre chose. On a nié la boutade de Raspail prétendant trouver de l’arsenic jusque dans le fauteuil du président; mais il y a un fonds de vérité dans cette parole. L’arsenic se trouve dans la plupart des organes du corps humain, comme l’ont prouvé les recherches chimiques les plus modernes et il abonde dans la nature où la défense agricole contre les insectes de tout genre en déverse chaque année des tonnes. J’ai rappelé en son temps (Yoy. La Nature, 190g, p. g3) la discussion soulevée au sein de l'Académie de médecine par l’emploi en grand des bouillies arsenicales pour la préservation des vignobles. Des accidents graves d’empoisonnement avaient été signalés à ce moment, mais comme on le faisait remarquer, en regard de l’énorme consommation •d’acide arsénieux, ils étaient isolés et dus la plupart du temps à des erreurs.
- L’arsenic est un poison dangereux même à petites doses, quand ces doses sont ingérées quotidiennement ou quand elles sont absorbées par les voies respiratoires. Les * papiers de tenture, les papiers de jadis peints en vert ont occasionné à plusieurs reprises des accidents sérieux dont la cause fut décelée par l’analyse du papier qui était coloré avec du vert de Scheele, un sel arsenical. Yoici des cas analogues rapportés par le
- D1 Kuttner.et dus à la poussière de tapis, dont les matières colorantes sont à base d’arsenic. Chez la plupart des malades qu’il a observés, le symptôme prédominant était une diarrhée chronique que rien ne modifiait. Régimes variés, médicaments de tous genres, étaient impuissants à arrêter le flux intestinal. Mais le malade venait-il à s’absenter, partir en voyage, passer quelques jours à la campagne, en un mot, quitter son appartement pendant un temps même limité, aussitôt le dérangement de corps s’améliorait et s’arrêtait complètement si l’absence se prolongeait. Inutile de dire que ces diarrhées prolongées avaient amené chez les malades du Dr Kuttner des désordres qui firent croire à de l’anémie pernicieuse. L’arsenic agit en effet assez rapidement, même à petites doses, sur l’intestin, provoquant de l’irritation, de la diarrhée et souvent de l’entérite rebelle. Certains sujets sont fort susceptibles, on s’en est aperçu quand on a injecté des doses trop fortes du nouveau remède dit le 606 ; ils le sont parfois à des doses minimes de liqueur de Fowler, tandis que d’autres arrivent à supporter sans inconvénient des doses considérables.
- M. Kuttner, dans les cas spéciaux qu’il eut à soigner, arriva à incriminer les tapis. Nous ne connaissions de nocif dans l’usage des tapis que la poussière qu’ils emmagasinent et avec les poussières les agents microbiens. Il faudra tenir compte du mode de teinture, des agents tinctoriaux employés pour colorer les laines. Certaines couleurs d’origine minérale contiennent d’assez fortes doses d’arsenic sous divers états, c’est là probablement la cause des accidents observés. Le poison a pénétré par les voies inspiratoires et a opéré lentement mais d’une façon continue. Il eût été bon de faire connaître la manufacture d’où sortaient ces tapis dangereux; ce doivent être en somme des accidents rares. Les tapis d’Orient, les tapis de Perse sont fabriqués avec des laines teintes, avec des produits végétaux; on avait essayé les matières tinctoriales comme l’aniline et ses dérivés, mais la plupart des fabricants sont revenus aux anciennes coutumes. En tout cas, je ne crois pas qu’on ait jamais observé dans notre pays d’accidents toxiques par un tapis; il était utile de les faire connaître, mais on peut se rassurer sur le danger d’empoisonnement par ce mécanisme. Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
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- CSK*
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées dîune bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Indicateur d’appel lumineux à contrôle. (Voy. n° 2078, 22 mars igi3, Sciences appliquées.) — M. Viette qui a imaginé cet appareil est ingénieur-constructeur à Cannes (et non à Lyon, comme nous l’avons imprimé par erreur).
- Renseignements. —M. J. Saget, à Neuilly-sur-Seine. — L’enduit à base d'aluminium pour projection paraît en effet un peu gris, mais cela n’empêche qu’il soit plus lumineux en tant qu’écran. Il nous paraît mauvais de chercher à neutraliser la chaux par un acide ; mais vous pouvez chercher à en employer moins, en vous arrêtant dès que la caséine reste partiellement insoluble.
- A. Moniz, à Feijo. — i° Pour obtenir tous les renseignements complets dont vous avez besoin, sur les huiles de graissage, il vous suffira de vous adresser à la Société anonyme André fils, 8, rue de la Tour- des* Dames, à Paris, qui est le fournisseur d’un très grand nombre de services de l’Etat français, et des com-
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- BOITE AUX LETTRES
- pagaies de chemins de fer et navigation. Cette Société pourra vous indiquer les propriétés des diverses huiles, la manière de les reconnaître et la liste des ouvrages qui traitent de la question. — 2° II n'est guère possible en quelques lignes de vous exposer les méthodes employées pour le travail du caoutchouc, vous trouverez divers renseignements dans les ouvrages d’automobilisme et dans les études publiées sur le caoutchouc et le latex par M. Victor Henri à l'imprimerie Bouquet, rue Armand-Carrel, à Auch. Pour le cas particulier qui vous intéresse, il vous suffit de savoir que la dissolution destinée au collage des pièces de caoutchouc est obtenue en dissolvant du caoutchouc para pur, non vulcanisé, dans de la benzine. Pour obtenir la vulcanisation du caoutchouc vierge on peut opérer par l’un des procédés suivants : (a) incorporer dans le caoutchouc par malaxage, à 4°°> de la fleur de soufre ou du sulfure d'antimoine, puis, après confection de l’objet à fabriquer, porter le tout dans une autoclave à une température de i4o° centigrades; [b) submerger l’objet fabriqué avec du caoutchouc non vulcanisé, dans un bain de soufre fondu à i4o° centigrades, et laver ensuite à la potasse; (c) tremper à froid l’objet de caoutchouc non vulcanisé, dans une solution de chlorure de soufre dans du tétrachlorure de carbone, la vulcanisation est instantanée. Le premier procédé est celui qu emploient les manufactures de caoutchouc pour les grosses pièces moulées, pneus, bandages pleins, etc., les deux autres servent pour vulcaniser des objets d’épaisseur moindre, feuilles, tubes, gants, etc. : on peut par exemple fabriquer très facilement des gants en caoutchouc en trempant plusieurs fois de suite une main en porcelaine dans de la dissolution de caoutchouc vierge, puis ensuite dans un bain de chlorure de soufre qui vulcanise le dépôt obtenu et il ne reste qu’à retirer le gant du moule. O11 vend pour la réparation des chambres à air ou des enveloppes, soit un vuleanisateur à froid à base de chlorure de soufre, sulfamate de camphre par exemple, soit de la pâte préparée comme pour le premier procédé, et qu’il faut porter à 1400 une fois la réparation effectuée au moyen d’un appareil de chauffage spécial dont de nombreux modèles sont sur le marché.
- M. F. C. 29. — Voici la manière de procéder pour fabriquer, avec la sciure de bois, des agglomérés ou briquettes pouvant servir au chauffage, plus écono-
- miquement que le charbon de terré. Il faut observer, fout d’abord, pour que ces agglomérés ne puissent se briser en morceaux, qu'il ne faut pas leur donner une trop grande longueur. Les dimensions les plus convenables ne doivent pas dépasser 5 à 6 centimètres de diamètre et 10 à i5 centimètres de longueur. La sciure doit être chauffée à sec jusqu’au moment où sè déposent les éléments goudronneux du bois, qui servent d’agglo-mérant ; ensuite, on comprime fortement la sciure dans une presse à briquettes, ou en la pilonnant dans un moule, après l’avoir additionnée — si les éléments goudronneux ne suffisaient pas pour assurer l’agglomération parfaite — de goudron liquide d’usine à gaz ou de brai sec (5 à 6 pour 100 en poids), ou encore d’un peu d’argile ou de terre glaise. On fait alors le malaxage à chaud, puis on soumet à la compression dans un moule en bois. La pâte doit être chauffée à 80-90 degrés. Quant à la pression, il faut compter 100 à i5o kilogrammes par centimètre carré. Notez que le brai sec associé à la sciure donne des agglomérés qui brûlent avec peu d’odeur et bien moins de fumée que si l’on emploie du brai gras, et que cette substance — tout comme le goudron et Fargile — n’est à utiliser comme agglomérant que si la sciure seule ne peut former des agglomérés ayant une parfaite cohésion. On trouve, chez les constructeurs de matériel de briquetteries, des machines à bras susceptibles de convenir pour ce travail. Voici une adresse : Boulet et Cie, 28, rue des Ecluses-Saint-Martin, Paris, Xe.
- G. G., à Paris. — Il vous faudrait un relais extrêmement sensible (relais Claude). L’installation serait coûteuse. Elle n’est pas encore à la portée d’un amateur.
- M. Bidegaray, à Fontenay-le-Comte.—Pour retarder la prise si rapide des ciments à l’oxychlorure de zinc, il suffit d’ajouter un peu de borax. Voici des formules recommandables :
- Chlorure de zinc . . . . . 200 (A) 500 (B)
- Oxyde de zinc .... . . 53o 3oo
- Verre pulvérisé. . . . i5o 100
- Borax . • • 4 10
- Eau 110
- M. D., à P. — Vous trouverez dans le Bottin des. adresses de constructeurs. Il convient avant tout de vous protéger par un brevet ou un dépôt de marque.-de fabrique.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OÊL.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’horticulture dans l’Ouest des Etats-Unis : Etienne A. Rjtter.
- — La carte hydrographique d’ttalie : E.-A. M. — Les hauts fourneaux électriques : P. N. — L’étude de la haute atmosphère et les travaux de Léon Teisserenc de Borf : Jean Mascart. — If industrie aéronautique en 1912. — Académie des sciences : Ch. de Yieeedeuil. — Modes de transport par terre en usage au Se-Tchoan (Chine): Dr J. Legendre.
- Supplément. — Parallaxes stellaires. — Le commissaire-priseur électrique. — Présence de quelques principes intéressants dans divers végétaux. — Bateau-glisseur à hélice aérienne. —. Le Pérou préhistorique. — La plus puissante automobile du monde.
- — 3?5 000 francs pour l’aviation, etc.
- Histoire des ménageries de Vantiquité à nos jours, par Gustave Loisel. 3 forts volumes in-8, illustrés ensemble de 60 phototypies hors texte. H. Laurens, éditeur, Paris, 1913. Prix : 36 francs.
- Animaux sauvages captifs ou apprivoisés gardés pour le luxe ou l’amusement, pour la chasse ou la table, ou encore pour servir à la science et à l’art, ont leur histoire décrite dans ces volumes très documentés où l’on trouve depuis la description d’un jardin d’acclimatation créé à Thèbes par une pha-raonne de la XVIII8 dynastie, le compte des animaux qui peuplaient les ménageries des empereurs romains, les parcs à lions des rois de Babylone en passant par les animaux sauvages de presque tous les rois de France, de Pépin le Bref à Louis XVI, ceux des sei-
- gneurs, des bourgeois et des montreurs de bêtes dé tous les temps et de tous les pays, jusqu’aux ménageries, jardins et parcs zoologiques ou d’acclimatation, grandes réserves d’animaux publiques ou privées, aquariums et fermes d’élevages d’animaux sauvages actuels. M. Loisel montre encore quel a été le rôle des ménageries en zoologie descriptive et expérimentale, en anatomie et en acclimatation, il note toutes les observations, expériences et hybridations qui ont été faites dans les ménageries au cours des âges.
- L’art de découvrir les sources et de les capter, par E.-S. Auscher. In-16 35o pages. (3e édition avec 112 figr..,. J.-B. Baillière, Paris, 1913). Prix : 4 francs.
- Cet excellent volume pratique résume cè qui concerne les propriétés de l’eau, sa circulation souterraine, la recherche et le captage des sources et la, législation.
- Manuel pratique du conducteur-chauffeur d’automobiles, par Maurice Farman. Nouvelle édition. 1 vol. in-16, 328 p., 209 11g. Bernard Tignol, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris, 1912. Prix franco : relié toile anglaise, 5 francs.
- L’auteur, qui n’est pas seulement un célèbre aviateur, mais un automobiliste de la première heure, a écrit un ouvrage essentiellement pratique. Cette nouvelle édition constitue une refonte complète. Comme les précédentes, elle sera fort bien accueillie.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Armand Gautier, par Ernest Lebon, i vol. in-8° de vm-96 p. avec un portrait en héliogravure. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1912. Prix : 7 francs.
- M. Lebon raconte la vie si bien remplie du grand chimiste et complète son récit par la bibliographie de tous les écrits du savant M. Lebon en a relevé 600 et résumé les principaux d’entre eux.
- Le cuirassé et ses ennemis sous-marins, parle lieutenant de vaisseau Georges Blanchon (Michel Mérys). i vol. in-8°. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, igi3. Prix : 3 fr. 5o.
- En un style élégant et attachant, M. Blanchon dégage avec netteté les grandes lignes de l’évolution du matériel naval. Il explique le présent et fait prévoir l’avenir.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DE CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 51 mars 1913. 10°, 8 E. S. E. 2. l’luic. 8,1 Couv. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 1er avi il . . . 6°,9 S. S. E. 2. Couvert. 1,5 Très îiung. ; quelq. averses.
- Mercredi 2 5°,U S. S. W. 2. Beau. B Nuag. de 11 li. à 17 h.; beau av. et après; gel. bl.
- Jeudi 3 3°,2 N. E. 2. Beau. » Beau jusq. 10 h. ; couv. ap. 12 h. ; gel. bl.
- Vendredi 4 7°,0 •N. E. 2. Couvert. «S, Presq. couv.jusq. 17 h.; beau ensuite; brume; gel. bl.
- Samedi 5 7°,8 N. 4, Couvert. )) Tr. nung. ; brame ; rosée ; halo'
- Dimanche 6 . . . . 5°, 7 N. N. E. 2. Couvert. 4,3 Tr. nuag. ; brume; rosée; halo : pluie de 15 h. 35 à 14 h. 48.
- MARS-AVRIL 1913. — SEMAINE DU LUNDI 31 MARS AU DIMANCHE 6 AVRIL 1913.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressiotis barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à bidule Sécha- courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 3i mars au 6 avril. — Le 3i. Dépression du N.-W. de l’Europe à la Méditerranée (Irlande : 740 mm; Provence : 756). La pression se relève sur le S.-W. et reste élevée dans l’E (Kharkof : 779). Pluies sur toute la France : Nice, 4° mm; Dunkerque, 35; Gap, 18; Paris, 3. Temp. du matin : Kief, o°; Bordeaux, +9; Paris, 11 ; Nice, i5; moyenne à Paris : io° (normale : 70,9). — Le ior avril. La pression se relève dans le S.-W. de l'Europe (plus de 765 mm en Espagne). Dépressions dans les parages de l’Islande (747) et en Italie (Livourne : 759). Pluies sur la moitié W. de l’Europe. En France : Biarritz, 7 mm ; Paris, 1. Temp. du matin : Kief, -J- i°; Dunkerque, 5; Paris, 7; Nice, 10; Alger, i5; moyenne à Paris : 7°,g (normale : 8°,i). — Le 2. Pression élevée dans l’E. et le S.-W. du continent ainsi que sur les Açores (Toulouse : 770; Kharkof : 773). Dépression au voisinage des Iles-Britanniques (Yalen-tia : 754). Quelques pluies sur le W. de l’Europe et l’Italie. Temp. du malin : Kharkof, —i°; Paris, +3; Toulouse, 5; Nice, 10; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 8°,3). — Le 3. La pression s’élève sur le N. de l’Europe et baisse sur le S.-W. de la France (Biarritz : 754) et sur la péninsule Ibérique (Madrid : 755). Pression supérieure à 765 depuis l’Islande jusqu’au S.-E. du continent (Copenhague : 770). Pluies sur la moitié W. de l'Europe. En France : Perpignan, 3i mm; Port-
- Yendres, 20; Calais, 16; Charleville, 5. Temp. du matin : Kharkof et Clermont-Ferrand, o° ; Paris, -f 3 ; Bordeaux, 5; Nice, 10; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 8°,i). — Le 4. La dépression ,de la veille sur le S.-W. se creuse en maintenant son centre sur le N. de l’Espagne (Madrid : 761). Pression très élevée sur leN.-W. de l Eürope. Pluies abondantes dans le S. de la France et l’Italie : Marseille, 66 mm; Perpignan, 9; Biarritz, 14. Temp. du matin : Belfort, —f- 4° i Clermont, 6; Paris et Bordeaux, 7; Cherbourg, 8; moyenne à Paris : 9°,5 (normale : .8°,5). — Le 5. La dépression de l’Espagne se déplace sur le N. (Nancy et le Mans : 730). Pression élevée sur le N. de l’Europe. Pluies sur le S.-W. de l’Europe. En France : Marseille, 19 mm; Clermont, i5; Toulouse, 14. Temp. du malin : Saint-Pétersbourg, o°; Gap, +3; Toulouse, 6; Paris, 8; Nantes, g; moyenne à Paris : io°,3 (normale : 8°,7). — Le 6. La pression s’abaisse pur toute T Europe et est inférieure à 755 sur le W., le Centre et le N. Dépression près des Açores, Pluies sur le S.-W. et le Centre du continent. En France : Biarritz, 37 mm; Bordeaux, 10; Nice, 9; Paris, 4. Temp. du matin : Arkhangel, —3°; Belfort, +4! Brest et Toulouse, 8; moyenne à Paris : g°,2 (normale : 8°,9). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 6, à 5 h. 49 m- du soir.
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- LA
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à
- l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E--A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Taris (Y1e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2082. — 19 AVRIL 1913
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Nécrologie : W. Kress (1836-1913). — Kress qui vient de s’éteindre à Vienne fut en aviation un grand précurseur dont le nom mérite de figurer à côté de ceux des Penaud, des Tatin et des Ader. Luthier de son métier, dès 1864, il se passionnait pour le problème du plus lourd que l’air, et en entrevoyait la solution dans l’accouplement de l’hélice avec le perf-volant. En 1870, il fit voler un petit hélicoptère mécanique, puis construisit de même un petit aéroplane à hélice semblable à celui de Penaud dont il ne connaissait pas les travaux. En i8g5, un comité se constitua à Vienne en vue de mettre à sa disposition une somme de 20 000 florins destinés à la construction d’un grand appareil. Le moteur léger n’existait pas encore, et le constructeur qui s’était engagé à fournir un moteur de 20 chev. pesant 200 kg ne put tenir son engagement. En 1901, l’appareil pourvu d’un lourd moteur Mercédès, de 35-45 chev., pesant i3 kg par cheval commença ses essais. Mais, lourdement chargé, il manquait de stabilité et Kress faillit se noyer. Manquant d’argent, il 11e put continuer ses travaux. Mais l’on doit reconnaître qu’il était bien près de la solution, et que s’il eût disposé de moyens matériels plus larges, il eût sans doute réussi. Son nom mérite de figurer en bonne place dans l’histoire de l’aviation.
- La quatrième comète de 1912. — Une comète, dont la découverte, est passée à peu près inaperçue, a été trouvée le 3i décembre 1912, par M. B. Lowe, à Laura (Australie du Sud). Cette comète, la quatrième de l’année (1912 d), était de faible éclat. Elle fut observée par M. Lowe les 3i décembre 1912, 3, 5, 6, et 9 janvier 1913, mais l’annonce de la découverte ne fut transmise que le 7 janvier seulement, de sorte que des mesures précises n’ont pas pu en être obtenues. D’après les informations transmises par M. Dodwell, directeur de lObservatoire Adélaïde, cet astre était visible dans une petite lunette de 81 mm et montrait une courte queue. Sa position, le 3o décembre 1912, à i7h3om, t. m, de Greenwich, était à environ 4° au Sud de l’étoile a Vierge (L’Epi). Il s’est déplacé avec une grande vitesse vers le Sud, comme on peut lé voir par les positions ci-dessous, estimées par M. Lowe :
- DjVTES T, NT. DE GREENWICH ASCENSION DROITE
- 50 dèc. 1912. . 17 b. 30 fn. 13 h. 18 in.
- 2 ianv. 1913 . . 17 h. 30 m. 15 h. 58 m.
- 4, — • , , 17 h, 50 m. 14 h, 7 m-
- g — . . 17 li. 50 m. 14 li. 50 rii.
- D’après les premiers calculs de l’orbite, le passage au périhélië (plus petite distance au Soleil) est arrivé, vers le 3 février, à la distance de 96 millions de kilomètres. Le plus grand rapprochement de la Terre a coïncidé avec le moment de la découverte, à environ 40 millions de kilomètres de distance. Rappelons que M. Lowe découvrit au commencement de septembre 1912, avant
- DÉCLINAISON
- — 6° 30'
- — 17° 40'
- — 23° 40'
- — 29° 50'
- M. Gale, la comète 1912 a, encore actuellement visible, mais réduite au faible éclat de la i3° 1/2 grandeur; il ne fit connaître que plus tard sa découverte.
- Pour détourner le Gulf-Stream. — Rien de nouveau sous le soleil. Nous signalions récemment ce projet déposé au Parlement américain, et qui consistait à détourner le Gulf-Stream par une digue partant de Terre-Neuve; on ramènerait ainsi sur les côtes des Etats-Unis et du Canada un climat tempéré. Cette idée, dont l’audace fait sourire les Américains eux-mêmes, n’est pas neuve, et la paternité en appartient, ainsi que nous le signale un de nos lecteurs, M. Gognot, à l’illustre savant français Babinet (1794-1872). En 1873, parut chez Lemerre une brochure intitulée : Le Printemps perpétuel en France et en Angleterre. Elle était signée du nom d’un ancien élève de Babinet, M. Mala-pert, qui affirmait n’exposer que les idées de son maître. L. Figuier, dans son Année Scientifique de 1873,. consacre un article de 6 pages à la question. Babinet proposait d’empêcher, par une digue placée au-dessous de la dernière des îles du Cap-Vert, la branche orientale du Gulf-Stream de retourner sur la mer des Sargasses, dans l’Atlantique. Dans ces conditions, les eaux chaudes seraient venues longer les côtes de France, d’Angleterre et de la Baltique. Les matériaux nécessaires à la digue auraient été extraits de l’île de Téné-riffe. Inutile de dire qu’aucune étude n’avait été faite pour démontrer la possibilité pratique d’une telle entreprise.
- Le caoutchouc extrait du gaz de houille. — On sait que l’on peut aujourd’hui produire du caoutchouc en partant d’un carbure d’hydrogène nommé butadiène. Encore faut-il disposer de butadiène à bon marché. Or, ce produit existe en petites quantités dans les gaz bruts provenant de la distillation de la houille, notamment dans les fours à coke. Partant de là, ùûe Société allemande, la « Teervereinigung », vient de breveter un procédé de fabrication du caoutchouc artificiel, par traitement du benzol, sous-produit de la distillation de la, houille. Le benzol brut, débarrassé du sulfure de carbone, est soumis à la distillation fractionnée. Une partie des hydrocarbures ainsi isolés est ensuite soumise à la polymérisation, par le procédé déjà connu du sodium. La fabrication du caoutchouc se transformera peut-être un jour en une industrie satellite de celle du gaz d’éclairage et de la grande industrie métallurgique.
- Emploi des diastases en papeterie. — Les artistes qui ont à employer!de très beau papier, lès aquafortistes par exemple, sont unanimes à constater que les meilleurs papiers « pur chiffon » d’à présent sont loin de valoir ceux d’autrefois. Cette infériorité, très réelle, provient non point, comme on le croit parfois, de ce que
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- INFORMATIONS
- les chiffons d’à présent ne valent pins rien, mais de ce qu. ils furent, en papeterie, soumis à des traitements épurants, tellement énergiques que l'a: solidité des fibres cellulosiques est parfois fortement compromise. C’est pour remédier à cela que dans quelques grosses papeteries anglaises, on commence à remplacer le blanchiment des chiffons avec les solutions de soude chauffées sous pression, par des lavages dans une solution de malt. Il suffit d’un bain de quelques heures, à la température de 6o° au plus (les diastases seraient détruites si on chauffait trop) pour que soient solubilisées les matières fixées dans les chiffons pendant l’apprêt sans que naturellement les...Ç1hres souffrent le moins du monde. On peut ensuite laver) Où même envoyer directement chiffons et bain, àla pile qui triturera le tout : la diastase, en effet, a transformé farines et fécules de l’apprêt én dextrine, or cette matière constitue un excellent encollage pour le papier ! , -
- Curieuse action d uu électro-aimant. — La pho-
- très puissant, pouvait soulever du boulet, mais encore le poidi
- tographie ci-jointe paraît à première vue extraordinaire : comment un homme peut-il se pendre à une chaîne accrochée seulement au sol au-dessous de lui? Cependant, cet exercice eut lieu récemment dans une usine où l’on utilise un électro-aimant comme grue pour le transport. Un boulet de fer était relié au plancher par une forte chaîne. L’électro-aimant placé au-dessus de ce boulet et mis en action l’attira et tendit la chaîne verticalement; un ouvrier eut alors l’idée de se suspendre à cette chaîne et d’y grimper jusqu’au boulet; il le fit comme à une perche sans qu’elle pliât. Cette apparente contradiction aux lois de la pesanteur est tout simplement due à ce que l’électro-aimant, non seulement la masse ; de l’homme.
- Nouveau procédé de métallisation des tissus. —
- On fait parfois en impressions de cotonnades des applications de poudres métalliques : bronze, aluminium qui, fixées par une colle appropriée, donnent l’impression de tissus d’or et d’argent. Le genre n’est pas très courant, mais il fut parfois en vogue : l’an dernier, par exemple, où faisaient, fureur les étoffes plus ou moins persanes à grands ramages et à teintes crues. On conçoit que pour fixer de telles poudres métalliques, il faille une colle non acide pour ne pas attaquer le pigment. Ainsi, en employant la « séricose » ou solution d’acétocellulose dans l’acide acétique, qui sert à fixer sur tissus diverses poudres colorantes, on n’obtenait avec des poudres d’aluminium du de bronze que des résultats désastreux. Un industriel alsacien parvint à résoudre la difficulté en mettant à profit la curieuse propriété de se condenser qu’ont phénol et formal-dehydre mis en présence dans certaines conditions. On sait que cette réaction fut mise à profit par le chimiste américain Bakeland pour préparer des substituts du celluloïd. Dans certaines indienneries alsaciennes, on avait bien avant Bakeland préparé de la bakelyte sans le savoir en ajoutant du phénol à la colle servant à fixer les couleurs et du formol à ces couleurs. Recouverte d’un tel mélange, l’étoffe au cours du vaporisage fixateur se recduvre d’une pellicule imperméable et souple qui retient solidement les particules métalliques brillantant joliment le tissu.
- Arbres enregistreurs météorologiques.—M. Dou-glass, qui a examiné un grand nombre de Pins (Pinus ponderosa) du nord de l’Arizona, a constaté que l’écar-
- tement des anneaux de croissance fournit une mesure-assez précise de la quantité de pluie tombée dans le-vdisinage. Dans Science, oh il publie ses observations, il déclare que la précision obtenue par cette méthode d évaluation est de 70 à pour 100. Sur de vieux, arbres comptant 400 et même 5oo anneaux d’accroissement, M. Douglass a pu noter des variations de croissance se répétant tous les 21 ans et d’àutres plus faibles-toutes les 11,4 années. Deux zones maxima d’accroissement correspondent exactement à deux.périodes maxima. de précipitations atmosphériques, lesquelles coïncident elles-inèmes avec une température maxima et une phase-minima des taches, solaires. Il serait curieux de chercher si les . mêmes corrélations s’observent sur lqs arbres de nos pays.
- Nouveau terme géographique. — On connaît enfin, le nom de‘la capitale fédérale de l’Australie; c’est au cours de la-pose de Ja -première: pierre:.que::l.’épùU-se du gouverneur général, lady Denman, a tiré d’un coffret d’argent un parchemin sur lequel était - écrit le nord choisi : Canberra, le terme indigène qui servait déjà à désigner le district. Cette décision met fin à une longue querelle; chacune des colonies qui forment la fédération avait émis la prétention de « baptiser » la future cité, et des pétitions publiques avaient tenté de faire pression sur le gouvernement. Parmi les noms proposés, on peut citer : Federatia, Pacifica, Laboria, Querosa, Tranquil-City, Felixtown, Shakespeare, Vénus, et d’autres appellations encore plus prétentieuses ou grotesques. L’emplacement de la nouvelle capitale se trouve dans lq district de Yass, c’est-à-dire sur le territoire de la Nouvelle-Galles du Sud ; il est constitué par un plateau bordé de forêts superbes, et que limitent dans deux directions des collines abruptes, d’un accès difficile.
- Un nègre académicien au XVIIIe siècle. — Comme les « précédents » sont la base de toutes les institutions modernes, il est toujours amusant d’en récolter d’ori-ginaux. Croirait-on que l’Académie des Sciences ait pu avoir un membre nègre au xvm8 siècle? Nous ignorons si ce fait s’est rencontré depuis. Voici comment la Gazette de Leyde commentait alors cet événement qui correspondait bien au courant des idées théoriques du temps. « L’Académie des Sciences a élu le a3 août 1786) pour correspondant, M. Lister, noir libre, habitant de l’Isle de France, de qui elle avait reçu plusieurs sortes de bonnes observations météorologiques. C’est le premier exemple d’un noir, agrégé à une Compagnie savante ; et ce choix de l’Académie prouve que, partout où elle trouve le mérite, elle s’empresse de le reconnaître et de se l’attacher. Quelques philosophes ont cru que l’espèce noire était inférieure à la nôtre ; et cette opinion spéculative aurait été sans inconvénient si l’avidité des Européens n’en avait pas profité pour traiter les nègres avec une barbarie qu’aucune opinion ne peut justifier. Puisse le progrès des lumières, éclairant les hommes sur les droits de tous leurs semblables, anéantir à jamais les conséquences barbares de ce préjugé que l’expérience a déjà bien souvent démenti. » L’Institut était, d’ailleurs, plus libéral à cette époque qu’il ne l’est aujourd’hui, puisque l’on voyait alors une femme, Mme Vigée-Lebrun, à F Académie des Beaux-Arts et que l’on vit bientôt après, à l’Institut, un grand comédien, Boutet, dit Monvel. ;i
- La population de la Tunisie. — Le recensement de la population européenne, effectué dans la régence de Tunis, à la date du i5 décembre 1911, a donné les résultats suivants, en face desquels nous indiquons ceux de 1906.
- En 1906. En 1911.
- Français . . 34.6iO 46.044
- Italiens . . 81.i56 88.082
- Anglo-Maltais. . . . . io.33o x1.3oo
- Espagnols .... . . 600 587
- Grecs ...... . . 683 996
- Divers . . 1.5 -i 6 1.767
- La population italienne de Tunisie ne s’est donc accrue pendant ces cinq années que de 6926 unités, tandis que la française a augmenté de ii 434> Voici d’ailleurs les étapes de la population française tunisienne depuis vingt ans : 9973 en 1891; 16207 (1896);; 25201 (190:); 34610 (1906); 46044 ( 1911 ). (Revue- franr çaise de l’étranger et des colonies.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- »*> Chimie <«*
- Ultra-filtres de Malfitano. — Après les filtres ordinaires en papier, après les ’ bougies de porcelaine à pores beaucoup plus fins, voici les ultra-filtres en côllo-dion qui arrêtent au passage non seulement les particules retenues par les autres filtres, mais encore celles beaucoup plus petites de l’ordre du millionième de millimètre. On sait qu’il existe des microbes invisibles au microscope parce que plus petits que 0^,2, par exemple lé virus de la rage, celui de la fièvre jaune, etc. ; l’ultramicroscope a révélé ces derniers temps des particules colloïdales extrêmement petites que le microscope ne permet pas de soupçonner. L’ultra-filtre de Malfitano
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- Fig. 1 à 6. — Fabrication d’un ultra-filtre de Malfitano.
- permet de filtrer avec une grande rapidité ces particules et ces microbes qui passent cependant au travers des bougies de porcelaine les plus parfaites.
- M. Malfitano s’est servi pour cela de membranes de
- çollodion maintenues constamment humides. Suivant leur mode de préparation, elles présentent des pores plus ou moins petits et sont par conséquent plus ou moins perméables;
- Fig. 7 à 10.
- Divers modèles d’ultra-filtres.
- nous donnerons plus , loin des indications à ce sujet.
- La forme la plus commode à donner à ces membranes est celle d’un sac qu’on fabrique aisément en plongeant un mandrin de verre de forme convenable (fig. 1) dans du çollodion liquide (fig. 2); le çollodion. se dépose en une couche à la surface; cette couche est d'autant plus épaisse qu’on répète'plusieurs fois l’opération; on laisse sécher la membrane à l’air (fig. 3) puis on place le tout dans la cavité d’un tube-filtre (fig. 4), on rabat le bord supérieur de la membrane sur le tube-filtre (fig. 5) et l’on aspire l’air par la tubulure inférieure ; le mandrin se détache et peut être alors facilement enlevé (fig. 6). Le tube-filtre est cannelé à sa partie intérieure ou bien il est tapissé de toile ou de papier, de manière que le liquide qui filtre puisse atteindre facilement la tubulure inférieure.; . , ...
- , La vitesse de filtration peut être augmentée en aspirant par le tube inférieur ou en amenant le liquide sous
- pression dans le filtre. Un liquide trouble, ou même à peine opalescent (renfermant, par conséquent, des particules de l’ordre du millionième de millimètre) amené dans l’ultra-filtre, en sort parfaitement clair, limpide et optiquement vidé; aucun des microbes connus, même ceux dits invisibles, ne peut traverser l’ultra-filtre ; les matières colloïdales en suspension dans un liquide sont toutes retenues, sauf celles plus petites que .les dimensions indiquées ci-dessus ; on peut ainsi séparer diverses diastases, toxines, antitoxines, etc. L’ultra-filtration permet donc la séparation et le fractionnement mécanique de matières que l’on ne peut isoler par aucun autre moyen; elle a sur la dialyse l’avantage d’être plus rapide et de séparer les colloïdes d’un | milieu sans modifier celui-ci. :
- Le çollodion employé peut être facilement préparé; on l’obtient en dissolvant du coton nitrique dans un mélange d’alcool et d’éther. Le coton nitrique s’obtient en plongeant 5o gr. de coton hydrophile sec dans un mélange de 1000 gr. d’acide sulfurique et 5ûo gr. d’acide nitrique purs refroidis; après 24 à 3o heures, le coton est retiré, lavé plusieurs fois dans l’eau pure exempte de chaux, puis séché à la température ordinaire ; une fois sec, on ajoute à 3 parties de ce coton nitrique 100 parties du mélange alcool-éther (3o à 70 pour 100 d’éther et 70 à 3o pour xoo d’alcool aussi anhydres que possible). La perméabilité et la fragilité des ultra-filtres diminuent avec la teneur en coton nitrique du çollodion, avec sa richesse en éther et avec l’absence d’eau. On peut augmenter la perméabilité en ajoutant un peu d’acide acétique ou la diminuer au moyen d’huile ou de camphre. :
- M. Malfitano a fait construire plusieurs modèles d’ultra-filtres permettant d’opérer par aspiration (fig. 7) ou par pression (fig. 8), de se servir de l’ultra-filtre comme d’un dialyseur (fig. 9), d’opérer datis des conditions d’asepsie (fig. 10). Les ultra-filtres de Malfitano sont construits par les établissements Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- *»> 'Electricité
- Réveil-matin électrique. — Bien des personnes qui, de par leurs occupations, doivent se lever souvent de grand matin, se réveillent difficilement ou se rendorment même lorsque la sonnerie de leur réveil a cessé de retentir. Le dispositif suivant, imaginé par le lieutenant Breton, très simple, peu coûteux et que tout le monde est capable de réaliser, permet de supprimer toutaléa. Nous demanderons à notre réveil, et cela sans le modifier, de fermer lui-même le circuit d’une pile dans lequel est intercalée une sonnerie électrique.
- Lorsqu’un réveil, placé sur une surface unie, sonne, il est facile de constater qu’il se déplace dans le sens où le marteau frappe le timbre. C’est ce mouvement qui sera Utilisé pour fermer le circuit:
- Prenons une petite planchette dans laquelle nous encastrerons deux plaquettes de métal (fer-blanc par exemple) séparées par un intervalle de quelques millimètres. Sur chacune de ces plaquettes sera fixée une borne reliée à un des fils du circuit.
- Le réveil étant remonté et placé sur la planchette-, un des pieds sur A, l’autre dans l’intervalle qui sépare A de B, ce dernier pied viendra se placer sur B lorsque le mouvement de la sonnerie fonctionnera. Le circuit étant ainsi fermé, la sonnerie électrique retentira d’abord en même temps que celle du réveil, puis seule jusqu’au moment où l’on ira enlever le réveil de la planchette.
- Ce système .permet en outre.de faire,, â heure fixe, retentir plusieurs sonueries placées dans des pièces, différentes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- r II est bon, dans la construction de la planchette, de placer la plaque B légèrement en contre-bas par rapport à A et de ménager à la surface du bois bien poli entre les deux plaques métalliques une légère pente de A vers B.
- Construction
- Le lattis Lièvre. — Actuellement, pour faire un plafond, l’ouvrier est obligé de clouer sur les solives, lentement, l’une après l’autre, les lattes qui formeront le treillis destiné à recevoir le plâtre. M. Hector Lièvre a imaginé un procède qui accélère singulièrement ce tra-
- La peso du lattis Lièvre.
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- vail. Le treillis est préparé à l’avance : les lattes en sont réunies les unes aux autres par des fils de fer de façon à former une sorte de toile qu’il suffit de dérouler et de
- fixer aux solives. Pour poser de la sorte io m. superficiels de lattis Lièvre, il faut 25 minutes, tandis que plusieurs heures sont nécessaires pour mettre en place la même; surface de lattes ordinaires.
- Le lattis armé se compose de lattes carrées ou triangulaires, espacées de i5 mm d’axe en axe et laissant entre elles un espace libre de 5 mm.
- Elles sont maintenues à distance fixe par des contournements en fil de fergalvanisé, espacés de i5o mm environ. Ce lattis s’applique aussi bien aux planchers en fer qu’aux planchers en bois. — En vente chez M. Hector Lièvre, 65, quai de la Gare, Paris.
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- Le lattis Lièvre.
- *> Divers
- Siphon pour alimenter un aquarium. — Certains poissons d’aquarium demandent absolument à ce que l’eau dans laquelle ils vivent soit constamment renouvelée. Et certaines plantes aquatiques, plantées dans la tourbe tapissant le fond de l’aquarium ne peuvent bien croître que si l’eau est parfaitement aérée. Il est facile de satisfaire à ces deux conditions en ménageant dans l’aquarium une arrivée d’eau aérée au moyen d’un siphon spécialement agencé à cet effet.
- Un tube de verre simplement coudé après chauffage
- régulier dans la longueur d’une flamme de bec à gaz papillon, est troué sur sa longue branche à un endroit tel que finalement mis en place la hauteur a soit un peu plus petite que la hauteur b (fig.). Pour faire ce trou, on bouche une des extrémités du moufle, on chauffe l’endroit convenable avec un petit dard de chalumeau, et quand le verre passe au rouge, on souffle par le bout libre du tube. Après avoir régularisé d’un coup de lime les bords coupants de l’orifice qui s’est formé, on glisse sur le tube un bout de tube en caoutchouc s’appliquant sur le trou, en serrant comme un manchon, et on fait une piqûre d’aiguille sur la membrane tendue qui ferme le trou.
- Dans ces conditions, le siphon étant installé et amorcé, le contenu du tube à l’endroit de l’orifice subit une pression égale à la hauteur du liquide a, et une dépression égale à la hauteur b ; en conséquence, il se produit un appel d'air à l’orifice percé dans la membrane caoutchoutée. Et il s’écoule par le bas du siphon un liquide mélangé de bulles d’air qui barbotent dans l’eau pour le plus grand plaisir des poissons rouges et des plantes parmi lesquelles ils frétillent.
- Objets utiles
- Le verrou pneumatique. — Les commandes à distance se prêtent à une foule d’applications pratiques ; les amateurs de confortable ont su les utiliser pour simpli-
- Fonctionnement du verrou pneumatique.
- fier nombre de petits travaux de la vie courante. C’est ainsi que l’on a imaginé de nombreux dispositifs pour permettre d’ouvrir de loin le verrou d’une porte : ceci à l’usage surtout des sybarites qui aiment à se faire servir au lit leur petit déjeuner du matin.
- Il existe divers systèmes de commande à distance : mécanique, par ressort ou fil électrique ; le verrou pneumatique se classera certainement parmi les plus simples et les plus pratiques. Il n’exige aucun accessoire et est pratiquement inusable.
- Il consiste en un tube creux aboutissant d’une part au verrou à commandes, de l’autre au bouton de commande. Celui-ci est constitué par un piston se déplaçant à point étanche dans un cylindre; le déplacement du piston comprime de l’air dans le tube et manœuvre le verrou. Le piston, lorsqu’on cesse d’appuyer, est ramené par un ressort à la position de repos. — Le verrou complet, avec 7 mètres de tuyau métallique, est vendu 7 francs, chez M. Repon Wight, 14, cité d’Antin, Paris.
- Le verrou pneumatique.
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- VARIETES
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- Les microbes de Paris. — A l’Observatoire de Montsouris, Miquel avait introduit, il y a une trentaine d’années, l’étude des microbes et poussières de l’air de la capitale; cette étude se poursuit encore aujourd’hui, et MM. Sartory et Marc Langlais, utilisant les résultats obtenus et y ajoutant de nombreuses expériences personnelles, viennent de nous donner la statistique des microbes de Paris f1).
- Dans les rues, le nombre des microbes augmente avec l’intensité et la rapidité de la circulation. Rue de Rivoli, Miquel avait trouvé en 1880-82 une moyenne de 75o bactéries par mètre cube; en 1909-1911, Sartory et Langlais en trouvent 1460. Au Parc Montsouris, par contre, leur nombre a peu varié, 88 au lieu de 75. Dans une rue étroite, à circulation intense, la rue du Sentier, on trouve le matin à 8 heures de 11 à 24000 bactéries et le soir à 5 heures de 29 à 5iooo; le dimanche, jour de repos, ces nombres tombent à 4000 le matin et 5ooo le soir. Par contre, l’air de l’avenue de Montsouris, voie large, et calme, est toujours pauvre en microorganismes : 106 par mètre cube à 8 heures du matin, 118 à midi. Le boulevard Saint-Germain, voie également large mais beaucoup plus fréquentée, est intermédiaire entre les deux précédentes voies : à l’angle du boulevard Saint-Michel, on trouve dans l’air de 1400 à 5100 germes; près du Ministère de la Guerre, de 45o à 23oo ; près de la Chambre des Députés, de 1040 à 58oo. L’avenue du Bois-de-Boulogne est une des voies où la pureté de l’air est la plus variable; en semaine, à 9 heures du matin, il contient de 65o à 85o bactéries, à 6 heures du soir de 12000 à 12x000; le dimanche à 9 heures, une dizaine de mille et à 6 heures jusqu’à 575000! Ce dernier nombre est le record des bactéries à l’air libre.
- Bien entendu, beaucoup de causes agissent sur la richesse de l’air en microbes. La pluie la diminue : place Clichy, à 5 heures du soir, on trouve un jour pluvieux 38oo germes par mètre cube, un jour sec 16600; l’arrosage a le même effet. La sécheresse augmente cette teneur, surtout quand la circulation des voitures devient plus intense et que le vent souffle ; les chantiers de terrassements et de démolitions sont de véritables nids à poussières vivantes : place d’Italie, on compte en moyenne'225 germes par mètre cube; près d’un chantier, leur nombre s’éleva jusqu’à 320000! Le nombre des microbes diminue très rapidement quand on s’élève ; la moyenne des prises faites à la Tour Eiffel en est un bon exemple : au pied, on trouve 2217 bactéries par mètre cube; au ier étage, 4°8; au 2e, 96; au sommet, 5. Les autres édifices, moins élevés, donnent des chiffres comparables : 28 à 32 au sommet du Panthéon, 31 à 47 sur les tours de Notre-Dame.
- Les squares et jardins sont généralement considérés comme des réservoirs d’air pur; les analyses de MM. Sartory et Langlais montrent combien juste est cette opinion. L’air du jardin du Luxembourg ne renferme en moyenne que 60 à 137 bactéries par mètre cube, le parc Monceau 118 à 253, les Buttes Chaumont 180 à 412, le square Saint-Pierre à Montmartre 76 à 2x3. Le soleil est un puissant et rapide purificateur puisque l’air pris à l’ombre renferme près du double des bactéries de l’air ensoleillé.
- 1. A. Sartory et Marc Langlais. Poussières et microbes de l’air, iu-8, Poinat, éditeur, Paris, 1912.
- Si l’air libre, extérieur, est bon en général, il n’en est plus de même des atmosphères confinées : habitations mal tenues, cafés, salles publiques, grands magasins, casernes, ateliers, etc. MM. Sartory et Langlais ont trouvé dans un restaurant populaire 4° 000 microbes à 11 heures du matin, 60000 à midi et demi; dans une grande taverne, 3ooo à 11 heures, 460000 à 10 heures du soir. Dans un grand magasin, la moyenne a été de 3ooooo à 2000000; les jours d’exposition, elle dépassé 4000000! Les musées, quand ils sont visités, sont aussi fortement pollués : le dimanche après midi, on y trouve jusqu’à 1 200000 microbes par mètre cube. Les expositions des salons de peinture rivalisent avec celles des grands magasins, et Ton pourrait juger de leur succès non seulement par là foule qui les visite, mais aussi par le nombre des microbes qu’on y rencontre. Le dimanche, vers 5 heures, le Salon d’Automne de 1910 recevait 3 000,000 de microbes par mètre cube d’air, le Salon de la Société Nationale de 1911, 5 000000 et celui des Artistes Français 14000000. Le Salon de l’Automobile n’atteignait pas 10000000, malgré sa popularité. Ces nombres ne permettraient-ils pas une statistique amusante des goûts du public ? Beau sujet d’enquête ou de concours pour un journal! J
- Les hôpitaux, heureusement, sont moins souillés de germes. En 1880, Miquel en trouvait 5 à 6000 à l’Hôtel-Dieu; en 1908, il y en avait 12000 à la Charité, 12 à 25 000 au Dispensaire antituberculeux Emile-Loubet, 11 000 dans une maison de santé privée. Les casernes sont un peu plus contaminées : 24 4°o bactéries par mètre cube à la caserne du Prince-Eugène, 11 75o à la Pépinière, 7860 à la caserne Dupleix, 19 à 25 000 à celle de Reuilly, i4 75o à l’Ecole Militaire. L’atmosphère des ateliers est très inégalement souillée ; tantôt on y trouve un petit nombre de germes, tantôt on les y rencontre en proportions fantastiques, 3o 000 000, dans les industries particulièrement insalubres, couperies de poils, salles de triage des chiffons, d’épuration des plûmes et duvets, etc.
- La statistique serait incomplète si elle ne parlait pas du Métropolitain. Le nombre des germes y est très variable, diminuant quand les arrosages sont fréquents et abondants, augmentant énormément aux heures d’affluence. Dans la station souterraine de la place de la Bastille, MM. Sartory et Langlais ont trouvé à 9 heures et demie du matin, après un arrosage copieux, 410 bactéries par mètre cube; 2 heures plus fard, les quais étant secs, 68000. A la station Raspail, les chiffres varient en une journée de 65o à 52 000, à Italie de 60000 à 140000, à l’Etoile de 700 à 270000. Somme toute, l’air du Métropolitain est beaucoup moins souillé que celui des cafés et même que l’air des rues un peu passagères.
- Une statistique n’a d’intérêt que par les conclusions qu’elle permet d’établir. MM. Sartory et Langlais n’y ont pas manqué et ils terminent en demandant pour les villes : les arrosages abondants, la suppression du balayage à sec, la réglementation de la circulation et surtout la multiplication des espaces libres; pour les habitations : l’aératiôn la plus grande, la suppression des ventilateurs qui soulèvent les poussières, la disparition des balais et des plumeaux; pour les gens : des vêtements propres, l’interdiction de cracher par terre.
- R. M.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour coller les étiquettes sur l’aluminium. — La
- plupart des colles ordinaires ne donnent aucune adhérence lorsqu’il s’agit de fixer du papier à la surface de ce métal : la mince couche d’alumine, recouvrant toujours le métal, est seule fixée et se détache très facilement. On peut obvier à cela en ajoutant à la colle un peu d’un sel de mercure, lequel provoque une attaque du métal. Nous avons en particulier obtenu d’excellents résultats en ajoutant 5 pour 100 d’acétate mercurique à
- de la colle ordinaire faite avec de la ’gomme arabique ou du Sénégal et de l’eau. '{Laboratoire de La Nature.) £
- Vernissage au tampon. —^La façon dont est fait le vernissage influe souvent plus sur la perfection du résultat que sur la qualité du vernis. Aussi importe-t-il d’appliquer avec grand soin le vernis. Voici, à titre d’exemple, le mode opératoire suivi dans une fabrique de pianos.
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- RÉCETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le bois poncé au papier de verre o, puis au oo, est enduit d’huile de lin, après quoi on ponce encore avec un mqrçeau de pierre à grain très fin. On essuie avec un linge sec, puis on enduit de blanc d’Espagne, en frottant avec la paume de la main, et on essuie à nouveau.
- On frotte ensuite, d’un mouvement circulaire, avec un tampon de lainage couvert d’un morceau de vieille toile saupoudré de ponce porphyrisée. Quand, le bois est d’aspect bien brillant, on frotte de même façon avec un autre tampon sur lequel on met du vernis à tampon et un peu d’alcool. Avoir soin de bien frotter sur les
- bords. Remettre un peu de vernis quand le tampon ne glisse plus très bien, en ajoutant alors aussi un peu d’alcool. On ajoute aussi, mais fort prudemment, quelques gouttes d’huile de lin sur le bois.
- Après vernissage complet, on laisse reposer pendant 24 heures, et on recommence, en faisant suivre le tamponnage au vernis d’un autre. tamponnage à l’alcool. .Cette fois on fait glisser le tampon de bout èn bout pour qu’il ne reste pas traces de coups de tampon. On laisse finalement sécher pendant un jour au moins avant de toucher le meuble.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement.. En raison de l’abondance de la correspondance et dès recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements; — M. Courtois, avenue Montaigne, à Paris. — Nous mettons au Laboratoire la question à l'étude.
- Un associé de la Sociedad Bilbaina. — Sur la production d’électricité par le vent, voyez l’article paru dans La Nature, le 3 juin 1911, n° 1984.
- M. Wirth, à Lisbonne, est prié de donner son adresse exacte.
- M. Bigot, à Rebais. — La Compagnie de Saint-Gobain, place des Saussaies, à Paris, pourra vous mouler un évier de laboratoire en verre. Mais, quand on ne fait faire qu’une pièce à la fois, les frais de moule sont fort élevés. Il serait bien plus pratique de vous procurer un évier en lave émaillée de Volvic, qui est plus solide que le verre et résiste aussi bien aux divers réactifs. Constructeurs : Flicoteaux, Borne et Boudet, 83, rue du Bac, Paris.
- M. L. M. J., à Epernay. — i° On peut très bien, pratiquement, renfermer le mercure dans des récipients de fer ou de fonte sans que les parois soient attaquées. 20 Pour réduire le voltage d’un courant il suffit d’intercaler un rhéostat, que vendent tous les électriciens, ou plus simplement plusieurs lampes à incandescence (à filaments de charbon). 3° Nous ne savons si les tubes d’acier sans soudure se font couramment en si petits diamètres. Demandez-le aux fabricants spécialistes : Bonmartin, 63, avenue de la République; Lajeunesse et C‘% 22, boulevard Richard-Lenoir.
- Bibliothèque de Sçcdec. — i° Evidemment le vert-de-gris se trouvant dans les distributions d’eau potable peut être dangereux. Mais il ne se détache que si on heurte ou plie les tuyaux, et il est facile d’éviter cela. D’ailleurs il n’y a pas de moyen pratique pour l’enlever sans attaquer le cuivre. 20 Vous pouvez employer l’as-phaltine. 3° Vous trouverez plusieurs formules d’enduits .pour tableaux noirs dans les Recettes de la maison (p. 180) qui vont paraître chez notre éditeur.
- -Mt A. S.,k Lyon. — Pour un aperçu sommaire par l’image, nous ne saurions vous recommander mieux que l'Histoire de France, en 100 tableaux (490 vignettes), par Paul Lehugeur, chez Lahure, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- D. F. M., à Mortagne. —- Nous ne saurions trop vous engager à remplacer, pour vos transports, tous vos chevaux par la traction automobile. L’engin qui vous donnera le plus de satisfaction est le camion automobile type 3 tonnes à 3,5 tonnes, à moteur à explosions avec transmissions mécaniques et bandages de caoutchouc aux quatre roues. Ces types de camions ont un excellent rendement économique, leur consommation moyenne est de o 1. o45 à la tonne kilométrique totale, et si vous avez soin d’adopter un type primé par le Ministère de la Guerre, vous toucherez des primes dont le montant total vous remboursera presque la moitié de votre prix d’achat, 6800 francs pour le camion de 3, 5 tonnes de chargé utile. Il existe quelques spécimens de camions automobiles à transmissions électriques,
- mais il ne faut pas oublier que les moteurs électriques ne sont que des transformateurs d’énergie et qu’il faut toujours les associer à une source productrice d’énergie, moteur à explosions ou autre. Deux types peuvent alors être envisagés : le camion à accumulateurs électriques, dont le rechargement de la batterie se fait au moyen d’une des dynamos de l’usine, et dont le rayon d’action est toujours assez limité. Ce type n’est pas à recommander en général, à cause des frais assez élevés d’en tretien des accumulateurs actuels, du poids mort qu’il faut traîner, et du faible rayon d’action dont on dispose. Il faut le réserver pour des cas particuliers, pour constituer par exemple des avant-traiiis moteurs interchangeables correspondant à divers arrière-trains ne travaillant pas en même temps, arroseuses, balayeuses, voitures à ordure, dans un service de voirie. Le camion à transmissions électriques avec moteur à explosions, dont il existe quelques rares modèles en service. Ce type ne présente aucun avantage sur le camion à transmissions mécaniques, son rendement mécanique n’est pas meilleur, et par suite il ne procure aucune économie de consommation, en outre aucun d’entre eux n’est primé jusqu’ici. Quant à sa conception théorique, elle est généralement beaucoup plus difficile à comprendre par les conducteurs habituels de camions, et il peut en résulter des interruptions de service beaucoup plus fréquentes, ou des pannes plus difficiles à réparer. Pour toutes ces raisons, il reste préférable de prendre le camion automobile à moteur à explosions de 20 à 3o chev. environ, avec boîte à quatre vitesses, transmissions par cardans ou chaînes, roues à bandages de caoutchouc d’un des types primés de 35oo kilogrammes de charge utile, qui conviendra parfaitement aux transports que vous avez à assurer. Néanmoins, si vous tenez quand même à vous documenter spécialement sur les véhicules de poids lourd à transmissions électriques, nous pourrons vous donner l’adresse des deux ou trois constructeurs qui s’occupent de ces engins.
- Mme de L., à Dinan. —Voy. le n° 2054, 5 octobre 1912, Recettes.
- M. le Br G., à Buxy. — i° En ce qui concerne l’étude de l’utilisation des sarments de vigne pour la fabrication de la pâte à papier, il n’existe, actuellement, que les travaux auxquels s’est livré M. Chaptal, répétiteur de chimie analytique à l’Ecole nationale d’Agriculture de Montpellier. Les résultats de ces travaux, commentés dans la presse technique et scientiqque, ont été’ publiés, notamment, dans Le Progrès agricole et viticole (1, rue Albissou, Montpellier), numéros du 22 mars et du 15 novembre 1908,. du 23 juin 1912 [25 .centimes le numéro] ; Le Génie civil (6, rue de la Chaussée-d’Antin, Paris), numéro du 23 novembre 1912 [le numéro 1 franc], — 20 II n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrage spécialement consacré à cette question encore nouvelle. Pour la fabrication du papier de bois, nous indiquons : Les succédanés du ckiffon en papeterie, par "V. Urbain, 1 vol. 2 fr. 5o, librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, Paris; Le Papier, par P. Charpentier, .1 vol. 17 fr. 5o, librairie Dunod et Pinat, 47* .quai des Grands-Augustins, Paris;. Végétaux propres à la fabrication de la cellulose et du papier, par Rostaing et Fleury-Percie du Sert,. 1 vol. 10 fr., même librairie, -rr 3q Actuellement on ne-, connaît pas. de fabriques ;de papier de sarments en France pu en Algérie, m,ais nous savons
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- BOITE AUX LETTRES
- que h 6 nesti m epo UV ô i r créer bientôt de i5 à: 20 usines dans lés: deux arrondissements de Béziers et de Narbonne, cHacünéd’ëllès devant produire 4 tonnes de pâte par' 9.4 heures en s'approvisionnant dans un rayon de 5 kilomètres. D’autre part, nous savons qu’ën*jüin. 1912, une Société ppur la fabrication de la pâte de sarments était en formatipn et, qu’à ce sujet, M-’ J. Gaïsset, directeur du Syndicat ' agricole de Lézignan (Aude), donne volontiers tous renseignements utiles. — 4° Yous pouvez vous adresser à M. Gbaptal, à l’Ecole d’Agriculture de Montpellier, ainsi qu'a M. Favier, professeur à l’Ecole française de papeterie de Grenoble, et à M. Vidal, professeur à l’Université de cette ville.
- M. Pagès, à Roanne. — Ce n’est pas en celluloïd qu’il faut songer à faire des récipients à moutarde : l’odeur qu’on ne peut enlever s’oppose à cet usage. Il faudrait employer soit la viscose (moins chère que le celluloïd) fabriquée par la Société française.«La viscose», à Arques-la-Bataille (Seine-Inférieure); soitl’acétocellulose (plus chère que le celluloïd), fabriquée par l’Aktien Gesellschaft für Ànilin Fabrikatiôn à'Greppin (Allemagne). Ces substances, également à base de cellulose, ont les propriétés du celluloïd, mais ne sont ni malodorantes, ni inflammables. -
- ; M. Ripert, à Constantinople. — Yous trouverez toutes èes formules dans les Recettes de la Maison qui vont
- paraître chez notre éditeur. Comme lotion antipelliculaire,-rien ne vaut, malgré les dires des coiffeursj üne bonne décoction de bois de Panama.; Une eau de toilette antiseptique/ et parfumée 'sera, préparée eu.;ajoutant à l’eau ordinaire une cuillerée d’acide borique /-par cuvette'et un peu d’eaü de roses ou de .fleur® d’oranger.
- M. Boulineau, à Jâvrezac.— S’agit-il ; dç, papier tenture ou de tapisseries véritables? et comment fut fait lé collage ? !I1 nous faudrait savoir cela pour 'vous renseigner. S’il s’agit de papier collé sur du plâtré avec de la gélatine ou un empois de farine, la façon d’opérer lè plus proprement serait de : badigeonner d’une couche épaisse décollé de pâte très claire. La pièce étant close, au bout de quelques heures le papier pourra être détaché facilement.
- M. S. J.eleu, le Quesnoÿ. -— Colle pour cuir : faire dissoudre des rognures de celluloïd . (vieilles pellicules photographiques dégélatinées par exemple) dans de l’acétone, en quantité suffisante pour obtenir une mixture très épaisse.
- M. O. Lamarche, vue de Javel, à P artsPour écrire sur un menu en bois verni, en traits facilement effaçables, on peut prendre de l’encre rouge ordinaire, ou préparer des encrés dé h’împorte quelle couleur’en délavant des cpuleurs pour aquarelle dans l’eau contenant 5 pour ioq de gomme arabique. ?
- BIBLIOGRAPHIE
- a&>
- b
- Sommaire de notre précédent numéro.
- (Maladie des. anciens objets d’art en plomb : Jacques Boyer. i Le concours de la baguette divinatoire : E. A. M. — Le tracteur Balachowsky et Caire : D. Renaud. — Les Esquimaux blonds de la Terre de Victoria : V. Forbin. — L’alimentation de Londres en eau potable : R. Villers —- Chronique. — L’aventure du Zeppelin : A. T. — Académie des sciences-: Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — Action des acides sur la germination. — Glacière alpestre. — Nouveau câble sous-marin entre Marseille et Alger. —- La tuberculose à Paris. — Profil en long du Rhin. — L’élevage en Allemagne. — Les Japonais à Formose, etc.
- L’excursion transcontinentale aux Etats-Unis, par MM. P. Bastian, H. Baulig, A. DEmangeôn, L. Gallois, F. Herbette, E. de Margerie, E. de Martonne,
- A. Yacher, Armand Colin, Annales • de Géographie, n° 122, 15 mars 1913.
- Intéressant procès-verbal scientifique de la visite aux Etats-Unis offerte en 1912,par la Société de Géographie de New-York, à 4P géographes européens et conduite par le professeur A. W. Davis, de l’Université de Harvard.
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- De la méthode dans les sciences, 20 série, 1 vol. in-16 de la Nouvelle collection scientifique, Félix. Alcan, édit. Prix : 3 fr. 5o. Préface, par Emile Borel. — Astronomie, jusqu'au milieu du XVIIIe' siècle, par
- B. Baillaud. — Chimie physique, par Jean Perrin.
- — Géologie, par Léon Bertrand.— Paléobotaniquë, par R. Zeiller. — Botanique, par Louis Blaringhem.
- — Archéologie, par Salomon Reinach. — Histoire littéraire, par Gustave Lanson. — Statistique; par Lucien March. — Linguistique, par A. Meillet.
- Ce second volume envisage les méthodes à un point de vue moins philosophique, mais plus technique que le premier et n’aura certainement pas moins de succès. '
- Le celluloïd et ses succédanés, par W. Main. In-8° (12) 163 pages, i5 fig. Gauthiers-Yillars, éditeur, Paris, 1912. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.) Prix : 2 fr. 5o.
- M. Main s’y est efforcé de tracer fin fidèle état actuel de l’industrie du celluloïd véritable et de ses imitations. Ecrit par un chimiste de haute compétence, l’ouvrage présente, comme il convient, le double caractère scientifique et industriel.
- Les Aviettes. Etude et historique de l’aviation sans moteur, par G. Houard. Une brochure in-8° illustrée de photographies. Editions scientifiques de la Revue dp Cerf-Volant, 1, boulevard Henri-IY, Paris. Prix : i franc.
- L’auteur examine impartialement au cours de cet ouvrage les diverses solutions qui ont été proposées « pour la réalisation du problème de l’aviation sans moteur et relate, en détails, les nombreux essais qui ont été faits dans cette voie. Il soumet au lecteur l’opinion de techniciens éminents sur la question du vol humain et décrit quelques types d’aviettes.
- Traité de chimie minérale, par Hugo Erdmann, traduit sur la cinquième édition allemande par A. Corvisy. Tome premier, Introduction \à la chimie et métalloïdes, avec 243 figures et 2 spectres coloriés. In-8° raisin de 56o pages. Hermann et fils, éditeurs, Paris, 1913. Prix : 12 francs.
- Le traité d’Erdmann, fort apprécié en Allemagne, est un traité intermédiaire entre les classiques de l’enseignement secondaire et les traités généraux. Après une introduction sur les lois générales de la chimie vient l’étude des métalloïdes. Pour chaque élément l’auteur a pris soin d’indiquer son origine naturelle, et il a signalé les principales applications des corps étudiés, en y joignant parfois quelques données statistiques et commerciales intéressantes.
- Fortschritte der naturwissenschaftlichen Forscliung, von E. Abderhalden. Bd. FV et Bd. Y. Urban et Schwar-zenberg, éditeur, Berlin, io5 b, Friedrichstrasse, 1912. • ,
- Le tome IY de cette publication contient les études suivantes : le développement des méthodes opératoires pour l’étude des processus de 'digestion et de résorption, par London; l’aérodynamique expérimentale, par Zickendraht; l’importance biologique dè' la période glaciaire par Zschokke ; l’état de la question de l’aphasie, par Heilbronnér; l’état colloïde du blanc d’œuf, par Pauli; la téléphonie automatique, par Eichhorn. — Le tome Y contient quatre importantes études : le développement des recherches sur la sexualité, du Dr Kammerer; le télégraphon, du Dr Eichhorn; le besoin de nourriture de l’homme en période de croissance en rapport avec le travail corporel, par le Dr Tigerstedt; l’implantation et la transplantation, par le Dr Axhausen.' - i!
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- BIBLIOGRAPHIE
- Au Tchad, par M. le Capitaine Cob.net, 26 figures, • 3a5 pages, Plon-Nourrit et Cio, édit., Paris, 1911.
- L’auteur raconte ses trois années de séjour chez les Senoussites, les Ouaddaïens et les Rirdis. C’est ' un livre d’action qui dépeint vivement l’expansion de l’eiHpire africain français pour le Soudan entre le lac Tchad, le Borkou et le Ouaddaï.
- Carte topographique de VAsie-Mineure occidentale, par le Dr Philippson, 6 feuilles au i/3oo 000e Gotha, Justus Per thés.
- La a® livraison (prix : 10 francs) de cet excellent
- document a paru en 1912 ; elle renferme les feuilles 2 et. 4 où l’on trouve Brousse et Kutahié (feuille 2), Afiun-Karahissar et Hiérapolis (feuille 4)- L’édition géologique (à 10 francs la feuille) est parue pour les . feuilles 1 et 3. „ . ..
- Notice sur la création d’un barrage-réservoir à Ilammam-Zriba, près dé Zaghouàn (Tunisie), par J. Coignet, ingénieur civil, in-8°, Tunis, 1912.
- Exposé d’un projet conçu pour irriguer les environs de! Zaghouan en emmagasinant 11 millions de mètres cubes d’eau.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- G^><
- Observations de M,
- Ch. Dufour (Parc
- Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 avril 191S . 6°,0 N. N. W. 3. Couvert. 0,5 Eclaircies; averse à 14 h., mêlée de grêle.
- Mardi 8 . 5°,0 N. N. E. 3. Couvert. ï> Peu nuageux.
- Mercredi 9 . . . . . 4°,8 N. 3. Couvert. » Gel. bl. ; très nuageux; brume.
- Jeudi 10 3°,0 S. W. 2. Couvert. 1,4 Gel. bl. ; brouill. à 6 h. ; pluie par intervalles ; couvert.
- Vendredi 11 ... . 6°,0 N. N. E. 2. Couvert. 8,8 Ccuv. ; pluie de 15 h. ÔO à 24 h. ; cesse à 0 h. 15,
- Samedi 12 3°,4 N. W. 7. Couvert. 1,5 Pluie le matin; grains de neige de 7 h. 30 à 8 h.
- Dimanche 13. . . . 2°,0 N. 2. Beau. 0,0 Gelée bl. ; un peu de grésil et de neige; nuageux.
- AVRIL 1913. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 AVRIL 1913.
- Samedi
- Dimanche
- Lundi
- Vendredi
- Mercred
- La courbe supérieure indique là nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du mi lien indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. 5,
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 7 au n avril. — Le 7. Yaste zone de basse pression sur le Centre et le S. de l’Europe (Varsovie : 746 mm). Pression élevée sur l’Ecosse et l’Irlande. Pluies générales. Eu France : Biarritz, 5o mm; Clermont-Ferrand, i4; Toulouse, 6; Paris, 1. Temp. du matin : Arkhangel,
- -—a0- Chai'leville, -(-5; Brest et Paris, 6; Marseille,^; Biarritz, 11; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 90). — Le 8. La pression reste basse sur l’E, et le S. de l’Europe (Bucarest : 7461 mm ; Arkhangel : 748). Fortes pressions entre l’Islande et les Iles-Britanniques. Pluies générales. En France : Marseille, 8 .mm; Toulouse, 7. Temp.. du matin : Uleaborg, —5°; Charleville, +4; Paris et Bordeaux, 5; Brest, 7; Alger, i3; moyenne à Paris : y0,5 (normale : 9°,2). — Le 9. Les fortes pressions du N.-E. se propagent vers le S. Dépression sur le S..E. (Bucarest : 761) et sur l’extrême N. (Bodoe : 756). Pluies sur le N.-W. et le S. de l’Europe. En
- du Bureau Central Météorologique.
- France : quelques averses dans le N. et l’E. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Belfort, +2; Limoges, 3; Brest, 8; Marseille, 10; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 90,3). — Le 10 La pression reste élevée sur le W. de l’Europe (Irlande : 770 mm; Gascogne : 765). La dépression de l’extrême N. s’étend vers l’E. et le S. (Yardoe : 736). Pluies générales. Neige en Allemagne. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Belfort et Nantes, -f-1 ; Paris, 3; Bordeaux et Marseille, 6 ; moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 9°,4)- — Zen. La pression baisse sur l’E. dé l’Europe. Minima sur la Baltique (740), le golfe de Gênes (y$4) et l’Ecosse. Pluies générales. En France : Dunkerque, 18 mm; Besançon, xi; Paris, 10; Lyon, 5. Temp. du matin : Haparanda, —90; Belfort, 4“.4; Ie Havre et Paris, 6; Marseille, 9; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 9°,5).
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : tio, Boulevard Saint-Germain, Paris (Y1‘)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2083. — 26 AVRIL 1913.
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
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- Occultations de deux étoiles par Jupiter. — Le
- passage de cette planète devant une étoile assez brillante constitue un phénomène rare, d’un grand intérêt scientifique. Nous avons attiré précédemment (n° 2074) l’attention de nos lecteurs sur les occultations de ce genre visibles en 1913. Dans le n° 4637 des Astrono-mische Nachrichten, M. Th. Banachiewicz est revenu sur le premier de ces phénomènes, celui du 10 mai prochain, qu’il a pu calculer complètement. L’étoile occultée CPD — 220,7436 est de la grandeur 8,5. Jupiter étant stationnaire le 5 mai, par suite de la combinaison de son mouvement avec celui de la Terre, son déplacement apparent, au moment de l’occultation, sera très faible, et le phénomène durera très longtemps : environ 16 heures. L’occultation sera à peu près centrale. Pour le centre de la Terre, l’immersion se produira le 10 mai, à i3h58m, temps moyen de Greenwich, à la latitude
- — ii° de Jupiter. L’émersion aura lieu le n mai, à 5h 49™, à la latitude jovigraphique + i°. L’erreur moyenne estimée pour ces contacts est d’environ 3o minutes. M. Banachiewicz indique que l’entrée sera visible en Europe (excepté l’Orient) et en Afrique. La sortie sera observable en Australie et en Asie orientale. Il en résulte — ce que l’auteur n’indique pas expressément
- — que les heures précédentes sont données en temps moyen astronomique de Greenwich. En effet, Jupiter, à Paris, se lève le 10 mai vers 2 3h 4om (soit 10 mai, 1 x1' 4om, t- m. a) et se couche le 11 vers 8h 6m (soit 10 mai 2011 6m, t. m. a.) Il sera donc levé à Paris depuis 21' 18"1, quand l’immersion commencera. Par contre, l’émersion aura lieu sous l’horizon. L’immersion se fera par le bord assombri de la planète, et le mouvement de Jupiter étant seulement de o"o42 en une minute, il sera avantageux pour l’étude de l’éclat de l’étoile. Le même jour, une occultation de cette étoile par le IIe satellite n’est pas absolument impossible. M. Banachiev.dcz rappelle, en terminant, que dans une occultation analogue du 12-i3 août 19x1, les valeurs calculées par lui pour les moments des contacts se sont montrées en accord excellent avec l’observation, ce qui peut donner bon espoir pour la prochaine occultation. — Tout récemment (5 avril), le même astronome vient de donner (Astronomische Nachrichten, n° 4642) les circonstances de l’occultation d’une autre étoile, CPD — 220,7419, de 8° grandeur environ, par Jupiter. Cette occultation se produira le 25 mai 1913. L’immersion aura lieu au bord assombri de la planète,le 25 mai,à i3h x5“(t. m. a. de Greenwich), à la latitude — 4° de Jupiter. Elle sera visible en Eux'ope (sauf l’Orient) et en Afrique. L’émersion aux'a lieu à 17U 57m, à la latitude jovigraphique de —3°. Elle sera obsei'vable du Cap et de l’Améinque (sauf la partie occidentale de l’Amérique du Nord). L’eri'eur moyenne sur les moments calculés ci-dessus peut être de 10 minutes environ, en plus ou en moins. Une occultation de l’étoile par les satellites n’est pas probable. Une lunette de
- o m. 108 et même de o m. 081 permettra sans doute d’observer ces divers phénomènes. Nous recoinmandons spécialement ces deux observations à ceux de nos lecteurs possédant des instruments un peu puissants.
- Une chute de météorites à Aztec (Arizona). — Le
- 19 juillet 19x2, entre 6 h. 20 et 6 h. 40 de l’après-midi, il s'est produit dans l’Arizona, près de Holbrook, une chute de météorites remarquable, au sujet de laquelle on a pu grouper des observations particulièrement complètes. L’arrivée de la météorite s’est traduite par un grand biuxit, entendu à plusieurs kilomètres de distance et comparable au roulement d’un vagon dévallant une pente rapide, à un échappement violent de vapeur ou à un grondement de canon lointain. Le méléox’e n’a pas été vu en l’air, la lumièi’e du jour étant encore trop forte pour laisser discerner son enllammement. Mais, bientôt apx’ès, des chercheurs ont commencé à se rassembler sur le champ de l’explosion pour y recueillir les pierres dispersées par la chute, qui couvraient un espace de 5 kilomètres dans la direction de la trajec-toii’e et de 800 mètres transversalement. Après une récolte patiente et minutieuse, on a finalement recueilli 218 kilogrammes de pierres comprenant d’abord 29 individus de plus de 1 kg (le plus gros atteignant 6665 gr.); puis 6000 individus de 1 à 1000 gr., enfin 8000 individus de moins de 1 gr. constituant une véritable poussière de météorite. Cette sorte de fin gravier constituée par de petites boules mal ari'ondies est particulièrement curieuse à examiner. Un fragment gros comme une orange avait été se loger dans un arbre: Examinés, ces fragments présentent une première croûte formée à l’entrée du météore dans notre atmosphère et une seconde croûte constituée au moment de l’explosion. On y observe surtout de l’enstatite, avec un peu d’oli-vine et de diallage, quelques spinelles, du fer natif, de la magnétite et de la pyrrhotine nickelifère disséminée. La constitution est donc très analogue à celle des x'oehes basiques, au milieu desquelles on exploite, par exemple au Canada ou en Norvège, certains minerais de nickel. Yoici, en comparaison, une liste, par ordi'e de date, des principales chutes semblables bien observées du 19e siècle : 26 avril i8o3, l’Aigle en France 2 à 3ooo pierres, poids total 37 kg; 14 décembre 1807, Weston (Connecticut), 18 kg; 22 mai 1808, Stannern (Autriche) 200 à 3oo pierres, 38,5 kg; xor mai 1860, New Concoi’d (Ohio), 98 kg; 9 juin 1866, Knyahinya (Hongrie), plus de 1000 pierres 423 kg; 3o janvier 1868, Pultusk (Pologne), environ 100000 pierres, 201 kg; 1 janvier 1869, Hessle (Suède) a3 kg; 12 février 1875, lîomestead (Iowa)* 124,5 kg; 3’ février 1882, Mocs (Hongrie), plus de • 100000 pierres, i55,6kg; 2 mai i89o> Forest (Iowa), 122 kg. On ne connaît pas, dans l’Arizona, d’autres chutes de météoxdtes : le point de chxxte le plus voisin (s’il y a eu Tellement chute) étant celxxi de Canon Diablo,
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- INFORMATIONS
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- à environ 100 kilomètres, sur lequel on continue à discuter très vivement et dont l’origine est encore problématique.
- La catastrophe du ballon sphérique « Zodiac ». — Une épouvantable catastrophe survenue le 17 avril dernier est venue mettre en deuil le monde aéronautique. Le ballon sphérique Zodiac, monté par cinq personnes, s’est perdu aux environs de Nogent-sur-Marne. Les cinq aéronautes ont péri. C’étaient le pilote Àumont-Thiéville, le capitaine Clavenad bien connu par ses exploits d’aviateur, le capitaine de Noue, le lieutenant Yasselot, le sergent du génie Richy. Le ballon surchargé disposait de peu de lest; le temps était pluvieux, le vent soufflait à la vitesse de 60 km à l'heure et rabattait vers la tërre le ballon ne put gagner les altitudes élevées; on le vit se heurter avec violence contre les collines et les maisons. Sans doute, le pilote et quelques-uns des passagers furent-ifs alors grièvement blessés ou tués; quelques instants après, l’aérostat venait s’abîmer sur le sol et l’on constatait que la corde du panneau de déchirure avait été manœuvrée à 200 m. d’altitude. Le ballon subitement dégonflé était donc tombé sans avoir eu le temps de faire parachute.
- Paris-Berlin en aéroplane.— Le 16 avril, l’aviateur Daucourt, concourant pour la lui te Pommery, a effectué sans encombre le trajet Paris-Berlin, soit 700 km en i3 heures. Parti de Châteaufort à 5 h. 3o du matin, Daucourt, après escales à Mézières, Liège, Hanovre, atterrissait au champ d’aviation berlinois de Johannis-tahl à 18 h. 3o. La durée du vol réel n’a pas dépassé 9 heures. L’aéroplane qui a permis à Daucourt ce superbe raid est un monoplan Borel, moteur Gnome de 5o chevaux.
- Une machine à essayer les pavés. — Popular Mechanics relate que la ville de Détroit aux Etats-Unis a récemment expérimenté une curieuse machine à essayer les pavés. Le but est de soumettre le pavé à des épreuves aussi voisines que possible de celles qu’il
- subira dans la réalité. On a donc cherché à imiter l’effort exercé par le sabot de cheval. La machine comporte un double bras d’acier horizontal tournant autour d’un axe vertical et se terminant à chaque extrémité par une roue amovible pesant 700 kg. De plus, à cette roue, sont fixés 5 plongeurs dont l’extrémité a la forme d’un fer à cheval; actionnés par une came, leur mouvement se combine à celui de la roue pour représenter l’effet du passage d’un cheval attelé à une voiture.
- L’huile de café. — Lors du grillage des grains de café, il se forme des substances brunes aromatiques, dont la solution aqueuse est colorée et possède un arôme particulier ; l’ensemble de ces substances est appelé caféol, caféone ou huile de café. On a attribué à ces matières, plus encore qu’à la caféine, principe actif des grains de café, une action nocive sur le cœur et le système nerveux et on a cherché à préparer du café inofîensif, soit par élimination de la caféine, soit par d’autres moyens concernant ces substances brunes. Le café sans caféine s’obtient en traitant les grains par la vapeur surchauffée, puis par la benzine ; une sorte de café, dit « café Thum », est obtenu, d’après les indications du brevet, en humectant le café avec de l’eau chaude et en brossant énergiquement les grains jusqu’à ce qu’ils soient blancs. On a préparé l’huile essentielle en soumettant le café grillé moulu à un entraînement par la vapeur surchauffée, épuisant à l’éther et évaporant. L’huile aromatique obtenue renferme 38 pour 100 d’acides acétique et valérique, 5o pour 100 d’alcool furfurylique, puis des phénols, crésols, etc. La quantité d’acide est légèrement plus grande dans le café ordinaire que dans le café décaféiné
- et le café Thum; la quantité d’alcool furfurylique est notablement plus faible dans le café privé de caféine-que dans les deux autres. Ces différences expliquent peut-être les effets physiologiques dillérents produits par ces diverses sortes de cales.
- Quelques réactions chimiques des rayons pénétrants du radium. — L’Institut pour l'étude du radium a publié dernièrement quelques recherches de M. Kailan relativement à l’action que les rayons pénétrants du radium exercent sur les diverses substances qui y sont exposées. On a constaté que ces rayons réduisaient le sulfate ferrique à l’état de sulfate ferreux et que cette réduction était favorisée par la présence de matières organiques telles que du sucre de canne. En agissant sur l’eau, ces mêmes rayons la transforment partiellement en eau oxygénée, H2O2, et leur action est plus forte si l’eau est acide, plus faible si elle est alcaline. Les solutions acides de bromure de potassium sont décomposées et la vitesse de décomposition croit avec la concentration du sel ou de l’acide. Les rayons pénétrants du radium n’accélèrent pas l’éthérification, c’est-à-dire la combinaison des acides et des alcools, mais ils provoquent, quoique faiblement, l’isomérisation de certains corps organiques ; ils n’ont pas d’influence sur une solution [d'acide oxalique à 25° et pendant une durée prolongée de 1000 heures. Enfin, ils intervertissent les solutions neutres de sucre de canne, c’est-à-dire qu'ils le transforment, au moins partiellement, en un mélange de glucose et de lévulose.
- Recensement de « Sky-scrapers ». — Une Commission municipale, chargée d’étudier la question des maisons géantes au point de vue de la sécurité publique, a commencé par établir qu’il existait dans le centre de New-York, c’est-à-dire dans 1 île Manhattan, 9 maisons de plus de 3o étages, 60 de plus de 20 étages, et 1160 de plus de 10 étages. Un membre de la Commission, M. Alfred Ludwig, inspecteur en chef des bâti-" ments, déclare dans un rapport officiel que la plupart de ces maisons, soi-disant incombustibles, sont, avec leurs escaliers et leurs puits d’ascenseurs, comme autant de foyers qui n’attendent qu’une allumette pour vomir les flammés, car leurs étages sont parfois bourrés de matières éminemment inflammables.
- L’hiver en Norvège.— Un de nos lecteurs de Christiania, M Crichton Somerville, nous adresse d’intéressants détails sur la chute de neige qui a interrompu pendant deux semaines la circulation sur la ligne de Christiania à Bergen. La section la plus gravement affectée fut celle de Gjeilo à Myrdalen. Deux trains postaux, transportant de nombreux passagers, furent surpris respectivement à Hangastol et à Hallingskeid par la tempête, et restèrent immobilisés pendant i3 jours, durant lesquels les voyageurs vécurent dans les vagons chauffés ou campèrent dans les locaux de ces deux petites gares, en se servant des coussins des vagons comme de lits. Les provisions furent vite épuisées, et l’on dut charger des skieurs militaires de transporter des vivres aux prisonniers. A Finse, la neige s’amoncela jusqu’au sommet des maisons, et des touristes s’amusèrent à s’élancer sur leurs skis du haut des toits. Les puissantes locomotives chasse-neige que possède la ligne tentèrent vainement de déblayer la voie; elles furent bloquées à leur tour; et l’on dut mobiliser de nombreux ouvriers pour ouvrir à la pelle un passage aux trains. De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu une pareille tempête de neige en Norvège.
- La lutte contre les moustiques. — Signalons à ce sujet d’intéressantes expériences poursuivies en Amérique dans une région justement réputée pour l’abondance et la férocité de ses moustiques, le New-Jersey, où d’immenses étendues de terrain sont rendues inhabitables par la gravité du fléau. Une Commission scientifique avait été formée, il y a quelques années, pour le combattre; après de patientes recherches, elle recommanda l’emploi d’un arbuste, YOcimum viride, d’origine sud-américaine, dont la présence éloigne les moustiques, probablement à cause de son odeur. Une seule brindille posée dans une chambre les empêche d’y pénétrer; un plant entretetenu près d’une maison la préserve de leurs visites. Mais on 11e sait pas encore si la plante est nuisible par elle-même aux êtres humains, et c’est le problème qu’on cherche à éclaircir depuis plusieurs mois dans le district d’Orange (New'-Jersey).
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «$*$. Automobilisme
- Le pare-boue Menu. — Dans toutes les agglomérations urbaines, et même sur nos grandes routes, le progrès de la locomotion automobile et celui de la voirie n’ont pas évolué parallèlement. Alors que la circulation augmente avec une rapidité étonnante, pour le plus grand bien du commerce et du lise, l’entretien des chaussées, entravé par les règles administratives, est loin de suffire aux besoins. Voies défoncées et boueuses, pavés disjoints, mares de boue, voilà ce que rencontrent trop souvent les automobilistes sur les belles routes de France, et surtout dans les villes et villages. Si les amateurs d’automobiles souffrent de cet état de choses, les piétons en souffrent bien davantage. Ce n'est jamais sans terreur qu’ils voient approcher une voiture d’allure un peu rapide, surtout un jour pluvieux. Ils savent que la fuite seule peut les garantir des projections de boue : rien n’est plus instructif que d’examiner, à Paris par exemple, les devantures et les murs des immeubles dans les rues à grande circulation d’automobiles et surtout d’autobus ; ils sont constellés de boue jusqu’à une hauteur qui dépasse parfois a mètres.
- Que faire contre un pareil fléau? Réorganiser les ser-
- L’emploi d’une fausse jante sectionnée maintenant le flasque de caoutchouc, assure la rigidité absolue du pare-boue en cas d abordage volontaire, ou non, du trottoir.
- Le pare-boue étant continu, on a une protection complète et constante. De plus, grâce à sa forme, l’esthétique de la voiture n’est nullement compromise. Quant au montage et au démontage,’ ils sont extrêmement rapides. Bref, appareil pratique et appelé à rendre de très grands services. — En vente chez M. Menu, 5, rue Beudant, Paris.
- Tourisme
- Maisonnette démontable. — Dès l’arrivée du printemps, les citadins commencent à songer à l’évasion qui, dans quelques mois, les libérera de la lourde atmosphère des villes, pour le plus grand bien de leur santé. Et chacun de s’organiser selon ses moyens et ses goûts.
- A ceux qui possèdent quelque parcelle de terrain, la maisonnette démontable que représente le dessin ci-contre, pourra offrir de précieuses ressources : abri pour les personnes ou, tout au moins, garage pour l’automobile.
- Vue de la maisonnette démontable.
- C’est une petite construction en flbro-ciment, matière composée de ciment et d’amiante, résistante, imputrescible et incombustible. Les murs, les cloisons et le toit sont faits de panneaux tous interchangeables qui permettent de transformer une partie pleine en une porte ou une fenêtre ou vice versa.
- Une maisonnette de 3 mètres sur 5 avec porte à deux vantaux coûte g5o francs; elle se monte et se démonte en 2 heures. Il existe aussi un modèle plus important
- f-0 9-4--»
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- Automobile et autobus munis du pare-boue Menu.
- vices de voirie, dira-t-on? Sans doute; mais le jour où nous jouirons de rues et de voies toujours rigoureusement propres n’est pas proche. La dépense est trop forte pour la faire supporter d’un seul coup aux budgets municipaux, ou même au budget national. La boue est pour longtemps un mal inévitable.
- Tout au moins faudrait-il s’efforcer de la laisser là où elle est, c’est-à-dire sur la chaussée et éviter d’en faire supporter les inconvénients aux innocents piétons et aux immeubles plus innocents encore. Tel est le rôle des pare-boue.
- Les pare-boue sont des organes qui se fixent sur les roues des véhicules, et qui ont pour but d’empêcher les projections de boue dont se plaignent tant les Painsiens.
- Le problème est moins aisé à résoudre qu’il ne paraît : la meilleure preuve en est qu’actuellement encore il serait difficile de découvrir, à Paris, un pare-boue efficace. Ceux dont sont munis les autobus sont de simples bavettes qui voltigent, le plus souvent, autour de la roue, et dont la protection est complètement illusoire.
- M. Menu a imaginé et mis au point un pare-boue qui échappe à toute critique, et qui de plus a l’avantage énorme d’être durable et d’un prix modéré.
- Il comprend un cercle de caoutchouc d’un profil et d’un diamètre convenablement déterminés, placé dans un plan parallèle à la roue, à une certaine distance du bandage et supporté par la roue.
- La solidarité du pare-boue et de la roue est assurée par des griffes qui se fixent sur la jante.
- 1.95------.ÿ
- Plan du garage avec chambre du chauffeur.
- avec chambre pour chauffeur, d’un prix de i25o francs. — En vente à la Société des emplois du fibro-ciment, 3 bis, rue Clapeyron, Paris.
- Physique
- L’Uïïiverselle. — Baromètre enregistreur avec calendrier perpétuel, thermomètre et hygromètre.
- L’inventeur de cet appareil, M. Estay, s’est fait cette réflexion fort juste que le bai’omètre enregistreur, instrument fort commode à consulter, mais d’un prix relativement élevé, trouverait parmi les amateurs de bien plus nombreux débouchés s’il pouvait rendre d’autres services que celui de signaler les variations de pression atmosphérique.
- Le coût de l’appareil en limite la vente aux amateurs météorologiques fortunés, ou aux obsei’vatoires et établissements publics.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Or, un baromètre enregistreur est composé : i° d’un cylindre renfermant un mouvement d’horlogerie qui le fait tourner sur lui-même en huit jours; 2° d’un baromètre anéroïde proprement dit, muni d’un dispositif enregistreur qui inscrit les variations sur le cylindre.
- Pourquoi ne pas utiliser le mouvement d’horlogerie pour indiquer l’heure à la façon d’une pendule ordinaire? Tel a été le but de M. Estay; partant de là, il a réussi à construire un petit meuble à plusieurs usages
- et dont le prix n’est pas disproportionné avec les services pratiques que l’on en peut attendre.
- Le cylindre enregistreur, dans le dispositif de M. Estay, reçoit un mouvement d’une pendulette marchant huit jours et donnant l’heure très exacte à une minute près. De plus, l’inventeur a placé sur le cylindre enregistreur un système de quantièmes perpétuels, qui donne automatiquement le jour, la date et le mois. De plus, un petit cylindre dévideur, parallèle au grand, permet de placer d’un seul coup le papier enregistreur nécessaire pour un mois. Dans les enregistreurs actuels, le changement s’effectue tous les huit jours; M. Estay diminue donc le nombre des manipulations.
- Enfin, l’appareil muni d’un thermomètre et d’un hygromètre, qui permettent des comparaisons fort intéressantes avec le baromètre, est des plus utiles pour prévoir le temps du lendemain avec chances de succès. — Tout cet ensemble constitue un meuble élégant et utile coûtant i5o francs. Il est fabriqué par Mme Jobez, à Morez-du-Jura.
- Cinématographie <*c$>
- Cinéma électrique pour tous. — Dans son numéro du 12 octobre 1912, La Nature a décrit un cinématographe dans lequel la lumière électrique, produite par la seule force d’un homme, permet d’obtenir une vue animée de o m. 80 sur 0 m. 5o environ.
- Un constructeur parisien, M. Georges Mendel, connu depuis longtemps par ses travaux sur la Photographie, le Phonographe et le Cinématographe, a inventé de son côté une machine électromagnétique, mue par un seul homme, mais capable de projeter, avec un cinématographe ordinaire et avec les films usuels du commerce, une Ame animée de 2 m. de longueur sur 1 m. 5o de hauteur. '
- L’appareil de M. Mendel a ceci de particulier qu’il est absolument indépendant du cinématographe proprement dit.
- La boîte électromagnétique contenant la magnéto avec ses engrenages et sa courroie de commande a environ om,37 X om,3o X om,26 et pèse i3 kg; on la pose sur une table quelconque et un aide ou bien un spectateur tourne la manivelle pour produire le courant électrique nécessaire à l’incandescence de la petite lampe du cinématographe.
- Un fil souple, d’une longueur quelconque, relie cette boîte au cinéma, qui est lui-même posé sur un pied à 3 branches et dont Y opérateur tourne la manivelle.
- Il y a dans ces dispositifs de grands avantages :
- i° Possibilité de donner plus de puissance à l’usine électrique humaine et indépendante de l’appareil de projection ;
- 20 Absence au cinématographe des vibrations produites par la rotation de la manivelle qui meut la magnéto d’éclairage;
- 3° Possibilité d’adapter la lampe spéciale de projec-
- tion àtous les cinémas qui emploient les films ordinaires du commerce, qui se trouvent partout en vente ou en location.
- Ces avantages se vérifient dans la pratique ; en effet, avec la boîte électromagnétique de M. Mendel, la superficie couverte très lumineusement sur l’écran est de 3 m2 ; elle peut même être plus grande si l’on emploie un écran métallisé par une peinture à base de poudre d’aluminium ; d’autre part, les vues projetées sont fixes et sans flottement sur l’écran.
- La gravure ci-contre fait voir les détails de l’appareil Mendel.
- L'usine électromagnétique, le cinéma avec son projecteur lampe à incandescence, un pied à trois branches et 3oo m. de films à sujets variés coûtent ensemble 45o francs. C’est la solution du cinéma pour l’école, la caserne, la famille, et même pour les petits exploitants forains, une vue de 3 m2 pouvant être convenablement appréciée par 100 personnes au moins.
- O11 peut voir fonctionner cet appareil dans le laboratoire de M, Georges Mendel, 10 bis, boulevard Bonne-Nouvelle, à Paris.
- Divers
- Bain-marie à niveau constant. — M. Morel vient de décrire dans le Bulletin des Sciences Pharmacologiques un dispositif très simple permettant de transformer en bain-marje à niveau constant un bain-marie ordinaire. Il suffit, pour le construire, de se procurer un bout de tube de verre de 6 à 10 cm de long sur 1 ou 2 cm de diamètre T, un tube à essai ou à échantillon t, quelques tubes de verre étroit et trois bouchons b1, Z*2, b3. Le gros bout de verre sert à faire une chambre à eau à niveau constant réglable par un trop-plein p, qu’on relie au bain-marie par un siphons s'. Sile siphon était placé directement entre le tube T et le bain-marie, on risquerait de le voir se désamorcer, les gaz qui se dégagentdubain-marie venant se rassembler au haut de la courbure; pour évuter cet inconvénient, on emploie comme siphon deux tubes de verre s et s'débouchant à leur partie supérieure dans un petit flacon, tube à essai, ballon ou tout autre récipient jouant le rôle de chambre à air. Les bouchons devront donc être percés comme l’indique la figure : le bouchon b1 aura 2 trous pour le passage des 2 branches du siphon s et s' qui pénétreront très peu dans la chambre à air; le bouchon b2 aura 3 trous, l’un pour l’entrée de l’eau e, le 20 pour la branche ascendante du siphon s, le 3° pour une communication entre la chambre à eau et l’air libre a ; le bouchon b5 n’aura qu’un trou pour le passage du tube d’évacuation de l’eau s.
- L’appareil étant construit, on l’amorce de la façon suivante : on relie le tube d’arrivée d’eau à un robinet et l’on renverse tout le dispositif ; le tube de communication a étant fermé, l’eau coule dans la chambre à eau puis remplit la chambre à air et sort enfin par l’extrémité du tube s' du siphon ; il suffit alors de boucher avec le doigt cette extrémité et de retourner rapidement l’appareil ainsi amorcé dont on plonge le tube s' dans l’eau du bain-marie ; le niveau constant est placé à hauteur convenable soit sur un support, soit par une agrafe en fil de fer fixée sur le rebord du bain-marie ; le réglage définitif est obtenu en montant ou abaissant à volonté ie trop-plein p.
- L’appareil peut être construit en un quart d’heure, son prix de revient est insignifiant ; nul doute qu’il rendra service à tous ceux qui font usage du bain-marie dans les laboratoires, les pharmacies, etc., et qu’il pourra remplacer les bains-maries à niveau constant que livre l’industrie à des prix assez éleArés.
- Rectification. — Le verrou pneumatique (Voy.
- N° 2082). Le prix de cet appareil est de i5 fr. et non de 7 fr. comme nous l’a fait dire une fâcheuse erreur d’impression.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Oservatoire du Parc-Saint-Maur en mars 1913, par M. Ch. Dufour.
- La pression moyenne 758mm,i est supérieure de imm,6 à la moyenne générale de 5o ans. La température a été presque constamment supérieure à la normale à partir du 3; la moyenne mensuelle 8°,i est en excès de 2°,2. Le minimum absolu — 2°,7 a été observé le 2, le maximum absolu 190,8 le 22, et l’on a compté 6 jours de gelée.
- La nébulosité moyenne est supérieure de 0,8 à la normale; il n’y a eu dans tout le mois aucun jour entièrement clair.
- La durée totale de l’insolation a été seulement de g3 heures (normale : 126 h.) et le rapport d’insolation qui est normalement de 0,34 est descendu à 0,25.
- La pluie est tombée presque exclusivement pendant la 20 quinzaine. La hauteur totale est de 48mm,i en i3 jours de pluie appréciable (rapport à la normale 1,17).
- Il y a eu de la neige le 2 en quantité appréciable et le 17 dans la matinée, où elle a accompagné une averse de pluie mélangée de grêle. Il est encore tombé un peu de grêle le 21 ; on a entendu un coup de tonnerre le 17 .dans l’après-midi.
- Pression barométrique. (Alt. 5om,3.) — Moyenne des 24 heures : 758'““,09; minimum absolu : 740™“,2 le 19 à i4h iom; maximum absolu 774“™,4 le 9 à nh3ora.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, 3°,57; des maxima, i2°,62; des 24 heures, 8°, 14. Minimum absolu, —2°,7 le 2; maximum absolu, i9°,8 le 22. Amplitudes diurnes : moyenne, 9°,o5; la plus élevée, i6°,7 le 22; la plus faible, 3°,6 le 20 et le 3o. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, o°,g3 ; des maxima, 2i°,67. Minimum absolu, —6°,8 le 2; maximum 33°,9 le 22. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 6°,40; à 21 heures : 6°,64 ; (pfof. om,65) à 9 heures : 6°,29; à 21 heures : 6°,35 ; (prof. 1 mètre) à 9 heures : 6°,3o; à 21 heures : 6°,35. De la Marne. — Moyennes : le matin, 8°,00; le soir, 8°,33. Minimum, 4°,65 le 2; maximum, io0,2o le 3o.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm, 14. Minimum absolu, 2mm,5 le 8 à 12 heures; maximum absolu; 9mra,4 le 3o à 14 heures et le 31 à
- 9 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 76,0. Minimum : 26 le 12 à i5 heures; maximum : 100 à
- 10 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne des 24 heures (6 h. à 21 h.) : 6,9. Moyenne diurne la plus faible : 1,9 le 11. Il y a eu 4 jours entièrement couverts : les 19, 28, 3o et 3i.
- Insolation. — Durée possible : 367 heures; durée effective 93 heures; rapport o,25.
- Pluie. — Total du mois : 48mm,i en 54h7; maximum en 24 heures : 8mm,6 le 3o.
- Nombre de jours : de pluie, 15 ; de pluie appréciable (égale ou supérieure à omm,i) i3; de pluie supérieure .ou égale à imm : 10; à 5mm : 4; de neige, 2; de grêle, 2; de grésil, 2; de gelée, 6, les 1, 2, 9, 18, 19, 24; d’ orage, 1; de brouillard, 4; de brume, 6; de rosée, 4; de gelée blanche, i5; de halos : solaires, 5; lunaires : 2.
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4™>59. Moyenne diurne la plus élevée : 8m, 1 le 16; la plus faible : im,5 le 9 et le 24- Vitesse
- maximum : 1 5m,o [e iû à ioh 35“ par vent de S. S. w.
- Fr équence des vents : calmes, 27.
- N . . . . 22 S. E. . . . 37 W . . . . 32
- N. N. E. . 21 S. S. E. . . 43 W. N. W. 10
- N. E. . . 28 S 82 N. W. . . 28
- E. N. E. . 7 S. S. w . . 225 W. N. W . 8
- E. 14 s. w. . . . 126
- E. S. E. . 12 w. s. w. . 22
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 2m,68. Minimum : 2m,43 le 17; maximum : 3m,o6 le 3i.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression -f-imm,55; température +2°,23; tension de la vapeur -f-omm,78; humidité relative -f- 0,6; nébulosité 4-0,8; pluie jours de pluie appréciable — 1; inso-
- lation — 33 heures.
- Électricité atmosphérique. — Moyenne générale (27 jours) : 53 volts. Moyenne diurne la plus élevée : 96 volts le 11 ; la plus faible : — 2 volts le 26. Moyenne des 9 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation orageuse, ni brouillard persistant : 67 volts. Moyenne diurne la plus élevée : 96 volts le 11; la plus faible : 41 volts le 7. Amplitude diurne correspondante : 0,82; amplitude nocturne : 0,84.
- Radiation solaire. — L’observation en a été seulement possible le 11 et le 12. On a trouvé Q — ioal,09 le 11 à 131' 24™ ; ical,07 le n à i4hnra.
- Taches solaires. — Aux 12 dates auxquelles l’observation en a été possible, les r, 2, 8, 9, 11, 12, i5, 16, 18, 22, 25, 27, le Soleil a paru dépourvu de taches.
- Perturbations magnétiques. — Faibles : les 7, 8, 11-12, 22, a3, 29-30, 31 ; modérées : les i5, 16, 17, 21; assez forte : le 14.
- Mouvements sismiques. —Le 14, débuta 8h59m45% ph. pie. de 911 3om à ioh iom, fin vers 14 heures; le 23, début à 2ih4m 37% ph. pie. de 2ih39m à ai^Ao"1; fin vers 22,14om; le 31, début à 3h53,ni6% ph. pie. de 411 aom à 4h 46m ; fin après 8 heures. Des microsismes beaucoup plus faibles sont enregistrés le 6, début (?) à n1'22m-23'", ph. pie. de 111'38m à 1 ih 46“, fin vers I21'iom et, le 8, début (?) à i6h9m, ph. pie. de i6h 32m à i6h5im; fin vers )7h4om. Enfin, les appareils indiquent des mouvements plus faibles encore le ier entre i5h 17"* et i5h5om; le 3 de 3h 27“ à 4 heures; le 6 de 2h 39“ à 3h iom environ; le 18 de ih56ra à 2h i5“ environ; le 24 entre ioh5om et iih 1/2; le 26 de 221137 à 22h5onl; le 27 de 3h2im à
- 411 20m.
- Floraisons. — Le 4, forsythia viridissima, mahonia à feuilles de houx; le 5, narcisse, glechoma; le 7, abrL côtier, coucou; le 8, jacinthe non cultivée; le 10, ribes sanguineum; le 12, ribes aureum, anémone des bois; le 14, merisier, iberis tempervirens ; le i5, jasminum nudiflorum, pêcher de plein vent; le 17, buxus (des Baléares); le 19, buxus pyramidalis ; le 20, cydonia japonica; le 22, prunier (reine-Claude), cerisier (anglaise); le 23, corchorus, ficaire, érable plane; le 26, pervenche bleue; le 27, groseillier à grappes, groseillier épineux; le 28, alliaire, lamium; le 29, laurier noble, laurier-cerise; le 3i, muscari à grappes, saule commun.
- Oiseaux. — ier chant de la griv;e le 5 ; de la fauvette à tête noire le 20; on a vu une hirondelle le 3i.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Les parasites du martinet. — C’est une croyance répandue dans mon pays natal, et qui doit exister ailleurs; que 1 hirondelle porte bonheur à la maison où elle vient édifier son nid. Vraie ou fausse, la croyance fait qu’on ne toucherait jamais à un de ces nids et que le joli oiseau est accueilli comme un heureux messager au retour du printemps. Eh bien, ce gentil oiseau devient parfois notre ennemi en apportant dans nos foyers des insectes désagréables, qui vivent en parasites dans son plumage. Ecoutez l’histoire que nous content, dans le Paris médical, deux professeurs de la Faculté de Lyon, très compétents en ces matières.
- Une dame, qui habite à Lyon en plein cœur de la
- ville, vient un jour au Bureau d’hygiène en demandant qu’on vienne à son secours et qu’on la délivre d’un parasite qui a envahi son appartement et qui la harcèle nuit et jour de piqûres peu douloureuses, mais fort désagréables. Daus la journée, le corps étant protégé par les vêtements, la figure et le cou sont les seules parties atteintes; mais la nuit, dans le lit, tout le corps est piqué et l’on constate en effet la présence de petites papules prurigineuses qui occasionnent une démangeaison pénible. La victime apportait un des insectes, dont elle avait recueilli depuis huit jours de nombreux spécimens. Il fut aisé aux maîtres de reconnaître l’insecte qu’on appelle vulgairement la mouche-araignée;
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- HYGIENE ET SANTE
- elle est mouche par ses deux courtes ailes, mais elle a surtout l’aspect de l’araignée par ses pattes longues et écartées. Le nom scientifique de cette mouche est le cratærhina pallida qui est en effet un parasite de l’hirondelle, mais surtout du martinet.
- Cet insecte appartient à la famille des pupipares qui vivent en parasites au milieu des plumes et des poils et qui se nourrissent du sang de l’animal sur lequel ils s’installent, à l’aide des vigoureux crochets de leurs pattes. Ils ont une agilité extrême, mais quand ils sont agrippés sur leur proie, ils ne s’envolent qu’à la dernière extrémité et. on a toutes les peines du monde à les arracher. Pour les tuer, il faut d’un coup de ciseau les couper en deux ou leur arracher la tête, car on n’arrive à rien en cherchant à les écraser.
- Le corps du délit reconnu, il fut aisé d’établir la genèse des accidents. La pièce occupée par la plaignante est sous un grenier au voisinage du toit, formé de tuiles recourbées, mais dont les joints plâtrés ont disparu et abritent des quantités de martinets et leur progéniture et naturellement aussi leurs parasites. Les fenêtres de la chambre se trouvant très rapprochées du toit, 20 centimètres environ, les mouches n’avaient pas un long trajet à faire pour pénétrer dans l’appartement et venir agacer et incommoder son habitante. Il suffit d’une réparation à la toiture et de boucher les interstices des fenêtres avec le toit pour amener la cessation
- de ces ennuis et la disparition des insectes. Le grenier fut trouvé rempli de paille et de détritus au milieu desquels nichaient de nombreux martinets, entretenant comme de juste de nombreuses mouches.
- Les cas de parasitisme de ce genre doivent être rares. Yan Beneden, qui a si bien étudié toutes les variétés de parasites du règne animal, avait observé des cas de ce genre dans une salle de l’hôpital militaire de Louvain. Les insectes avaient pénétré pendant la nuit par les fenêtres et, au matin, on trouva plusieurs malades la peau piquée et les draps tachés de sang. Yan Beneden put recueillir les insectes et reconnut le parasite de l’hirondelle.
- La morale à tirer de cette aventure peu dramatique est que, si gentille que soit l’hirondelle, comme on le dit dans la vieille chanson, si gracieux que soit le martinet dans ses virevoltes fantastiques les soirs d’été, il est bon que son nid soit en dehors de nos habitations et que l’on ait porte close contre son incommode parasite. Songez que cette mouche-araignée est de la famille des pupipares et que c’est dans cette famille qu’on trouve la dangereuse mouche Tsé-tsé qui est la disséminalrice de cette terrible maladie du sommeil. Qui dit que dans nos climats cette autre petite vermine de pupipare ne pourra être l’agent vecteur de quelque vilaine maladie infectieuse ?
- Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. S. D., à Saint-Martin. — Ouvrages publiés récemment en français sur la fabrication du papier : Cross et Bewan, Manuel de la fabrication du papier, in-8, 1902 (Béranger, édit., rue des Saints-Pères); Puget, La fabrication du papier, in-12, 1911 (Bailière, édit., rue Hautefeuille) ; Watt, Traité de la fabrication du papier, in-8, 1912 (Tignol, édit., quai des Grands-Augustins). Nous vous recommandons ce dernier, mais il ne contient que bien peu de chose sur la parchemination.
- M. A. A., à Leysin. — i° Les engrais catalytiques, et particulièrement les sels de manganèse (sulfate, carbonate, chaux manganésée) sont actuellement à l’étude; il y a beaucoup d’expériences à faire, celles qui ont été faites en culture, comme applications pratiques, étant encore trop restreintes. La question est encore à l’état de théorie fort intéressante, mais n’ayant pas reçu la consécration de la pratique. Les seuls résultats importants, ayant fait l’objet de travaux jiubliés en 19x2, et susceptibles de présenter un certain intérêt pratique, sont ceux de M. Gabriel Bertrand, professeur à la Sorbonne, et directeur du Laboratoire de chimie biologique de l’Institut Pasteur, 26, rue Dutot, Paris. Nous signalons, notamment, la communication faite au Congrès de Paris, les i5 et 16 mars 1912, par M. le professeur Gabriel Bertrand : Sur quelques résultats obtenus par l’emploi des engrais catalytiques (Bulletin de F Association des chimistes de sucrerie et distillerie de France, avril 1912J; Sur le râle des infiniment petits chimiques en agriculture. Conférence au 8e Congrès international de chimie appliquée, New-York, septembre 1912.
- Voir aussi les résultats communiqués à la Société nationale d,’agriculture de. France, par M. Tho-massin (séance du 3i janvier 1912) sur l’emploi des engrais catalytiques, et plus particulièrement, du manganèse (excédents de récoltes de 20 à 22 pour 100 pour l’avoine, i5 pour 100 environ pour la bettei’ave) ; les études de M. Chancrin [Journal d?agriculture pratique, 26, rue Jacob, Paris, nos des 3o mai et 6 juin 19x2); celles de M. E. Miège, pinncipaux engrais catalytiques et leur mode d’action (Journal d’agriculture pratique,
- n08 des 25 juillet et 8 août 19x2). M. le professeur Gabriel Bertrand poursuivant l’étude de cette question, lui écrire à l’adresse ci-dessus ; 20 Pour l’électroculture, voir la relation du Congrès international d’électrocul-tùre, qui s’est tenu à Reims, en octobre 1912 (secrétariat général 58, boulevard Yoltaire, Paris). Notre impression est que les résultats des travaux communiqués à ce congrès n’ont pas permis de formuler des conclusions précises, au point de vue pratique. Quant aux travaux fort intéi-essants du lieutenant Basty, qui, croyons-nous a dû publier une brochure sur la question, le mieux serait de s’adresser directement à M. le lieutenant Basty, à Angers.
- M. A. T., boulevard de Picpus, à Paris. — La question est à l’étude au Laboratoire.
- M. X. — Enlevage d’un liséré d’or sur peinture d’un tableau ancien. — S’il s’agit d’un liséré peint, et non doré à la feuille, le mieux est de ramollir à la soude caustique, puis de gratter. Pour ne pas détériorer la peinture d’à côté, on découpe une bande de papier-filtre fort juste de la largeur du liséré, on l’imbibe d’une lessive de soude caustique et on la pose exactement sur l’endroit à enlever.
- M. A. G. F., à Alençon. — Pour la préparation des peintures en bâtiment, voir p. 324 les Recettes de l’atelier qui vont paraître chez notre éditeur.
- Abonné 1290-24. — Fournisseurs de produits chimiques au petit détail : Leviel, 119, boulevard Saint-Germain; Rieul fi-ères, 5o, rue des Ecoles. — Teintures pour barbe : pour les préparer soi-même, voir les Recettes de la maison, qui vont paraître chez notre éditeur (p. X19); comme bons produits du commerce, nous vous conseillerions la marque Oréal, rue du Louvre. — Il est facile d’enlever, avant blanchissage, l’empois des cols et manchettes en saccharifiant l’amidon dans un bain tiède d’extrait de malt. De tels extraits concentrés sont vendus par Lucanes, 12, boulevard Poissonnièx’e, Paris; Nicolle-Malpas, 2, nie Jules-César, Paris. — La recette de crème noire pour soulier est élaborée : elle paraîtra incessamment.
- 1956-558. — D’une manière générale, renoncez à l’emploi de la graisse consistante dans les boîtes de vitesse, et réservez l’emploi de ce lubrifiant uniquement pour les petites articulations qui compoi'tent des gx-aisseui’s genre Stauffer. Si vos carters sont suffisamment étanches, employez de l’huile demi-fluide, sinon adoptez l’huile épaisse, valvoline ou graisse spéciale Malicet et Blin. Il est assez difficile de débari’asser les
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- BOITE AUX LETTRES
- huiles épaisses souillées des impuretés qu’elles contiennent, pour les l'aire resservir après vidange des carters, mais l’opération est assez facile, pour des huiles de fluidité suffisante, avec le dispositif suivant : constituer avec un tube de plomb, de cuivre ou de verre de diamètre suffisant, i à 2 centimètres, un siphon recourbé avec une branche notablement plus longue que l’autre, y introduire en quantité convenable de la mèche de coton de manière à remplir le tube entièrement sans serrage (ce remplissage se fait facilement en passant d’abord une ficelle ou un fil de fer, qui permet de tirer ensuite la mèche), installer l’huile à filtrer dans un récipient surélevé par rapport au récepteur destiné à l’huile filtrée, amorcer le siphon en le remplissant d’huile propre, ou en le laissant s’amorcer par capillarité, et le disposer verticalement, la petite branche dans l’huile à filtrer. Il ne reste plus qu’à attendre patiemment le transvasement progressif de l’huile qui se fait forcément assez lentement. Ce procédé donne de très bons résultats, il serait applicable aux huiles épaisses si on disposait d’un moyen de chauffage permanent pendant toute la durée de l’opération.
- M. O. Lamarche, rue de Javel, Paris.— Nous faisons quelques essais au Laboratoire.
- M. Pépin, io Calle del D1 Soler à Alicante. — Envoyer un échantillon de quelques kilogrammes du sulfate de baryte à réduire en poudre impalpable, à la firme : Dalbouze, Brachet et Cu, à Puteaux, Seine. Ils vous le broieront de conformité à l’échantillon et vous renseigneront sur les appareils nécessaires.
- M. Le Goff-Giblain, à Graville-Sainte-lIonorine. — Nul doute que les spécialistes suivants puissent vous fournir de petits broyeurs pour tourteaux : Dalbouze-Brachet et C‘% à Puteaux (Seine); Krupp-Grusonwerk,
- Magdebur-Buckau (Allemagne); Sloan et C°, rue du Louvre, Paris.
- 225 Cos J. B. — Un train pesant 420 tonnes et marchant à la vitesse de 100 kilomètres à l’heure doit être arrêté par le serrage des freins qu’on suppose appliqués sur toutes les. roues du train. Quelle sera la longueur de l’arrêt et la durée de cet arrêt en supposant que cet arrêt se fasse sur une voie dont le profil est en palier?
- L’effort retardateur total sera le - du poids du, train,
- 7
- c’est-à-dire -——60 t. La longueur de l’arrêt sera 7
- P
- donnée par la formule : l = - - ou P = poids du train,
- 29 E
- v — vitesse en mètres à la seconde: F = effort retardateur — 60 000 kg.
- ^ 420 000 X 27 772 _
- 27”,77; g — 9,81
- 270 m.
- 2 X 9.81 X 6o 000 La durée de l’arrêt sera donnée par la formule : Pr 420 000 X 27.77
- t :
- FS'
- 19 ,44
- 60 000 x 9.81
- Le nombre de kilogrammètres absorbés pendant l’arrêt sera donné par la formule :
- __420000 X 27.77^
- 1
- 2 X 981 ce qui correspond à
- = 16 204 63o kilogrammètres, 16 204 63o
- 425
- 38129 calories,
- 425 étant l’équivalent mécanique de la chaleur. 80 étant la chaleur de fusion de la glace, la quantité de glace qui
- pourra être fondue sera égale à —= 476,6 kg.
- '/&D
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- La famille du Termite lucifuge : Henri Coupin. — Télégraphe Means à signaux de fumée pour éclaireurs aériens : Major Sauvage. — Le nouveau théâtre des Champs-Elysées : Lucien Fournier. — L’art de découvrir les sources : les Sourciers et la baguette divinatoire : Armand Viré. — Le rôle des traces dans la vie végétale : Marcel Blot. — L’astronomie et la justice. — Académie des sciences : Cir. de Villedeuil. — Voracité des poissons pélagiques. — Les canons Krupp pour sous-marins.
- Supplément. — Nécrologie : W. Kress (i836-iqi3). — La quatrième comète de 1912. — Pour détourner le Gulf-Stream. — Le caoutchouc extrait du gaz de houille, etc.
- 4e Conférence internationale de génétique. Comptes rendus et rapports, édités par M. Philippe de Vilmorin, secrétaire de la Conférence. In-8°, 571 p., nombreuses gravures dans le texte et 10 planches en couleurs hors texte. Masson et Gie, éditeurs, Paris, 1913. Prix ; 25 francs.
- Ce volume, qui contient, en dehors du compte rendu des séances, le texte in extenso des importantes communications qui ont été faites, était impatiemment attendu par tous ceux qu’intéresse cette science, la « génétique », qui englobe sous son titre l’étude troublante de l’hérédité tout entière, qu’il s’agisse de l’homme, des animaux ou des plantes. On sait quel succès a eu cette Conférence, la première de ce genre tenue à Paris et à laquelle avaient pris part les principaux génélistes du monde entier. En fait, ce volume, qui contient une masse considérable de documents, expose l’état actuel de la génétique après les précieuses découvertes des dernières années et constitue une importante addition à la littérature du sujet.
- Optique physique, par R.-W. Wood. Ouvrage traduit de l’anglais d’après la 2e édition, par IL Vigneron,
- licencié ès sciences et H. Labrouste, agrégé de l’Université. 2 vol. Tome I. Optique ondulatoire. Volume de vm-433 p. avec 262 fig. et 5 pl. Gauthier-Villars, 1913. Prix : 16 francs.
- L’ouvrage de Wood, très complet aussi bien au point de vue théorique qu’au point de vue expérimental, se distingue surtout par l’originalité de la partie expérimentale. L’éminent physicien qu’est Wood a mis là le meilleur de lui-même; des expériences ingénieusement simples, mais puissamment démonstratives par leur simplicité même, abondent et fourniront ample matière à réflexion aux lecteurs du livre. Et surtout l’on y trouvera, au courant des divers chapitres, l’exposé complet des travaux de Wood qui tiennent une grande place dans l’optique; moderne. Pour ce qui concerne la partie théorique,. Wood s’est contenté de suivre d’assez près l’ouvrage-classique et fondamental de Drude. Bref, ce ier volume, parfaitement traduit par M. Vigneron, constitue une œuvre du plus haut intérêt.
- Les textiles végétaux, par J. Beauverie, Encyclopédie industrielle, par C. Leciialas, in-8° (25-16J de xm-73o p., avec 290 fig. Prix : 18 francs.
- Rares et par conséquent précieux dans l’antiquité, les textiles végétaux sont aujourd’hui d’un usage universel. Au lin et au chanvre plus tard, se sont ajoutés successivement : d’abord le coton, depuis un siècle; plus récemment, le jute, la ramie, l’abaca, le pitte, le raphia, etc. Par exemple le jute, avec une importation annuelle atteignant 80 millions de kilos, alimente en France une industrie considérable, produisant des cordages, des toiles grossières et des tentures. Dans la première partie de son ouvrage l’auteur fait connaître l’origine anatomique des divers matériaux employés comme textiles. La deuxième partie est consacrée à l’étude successive des textiles végétaux actuellement utilisés.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’Impérialisme Japonais, par H. Labroue. i vol. in-16. Paris. Delagrave. Prix : 3 fr. 5o.
- M. Labroue trace un tableau fort intéressant de l’expansion japonaise à travers le Pacifique et alentour. Si vive qu’ait été parfois l’opposition anti-japonaise aux Etats-Unis et au Canada, il n’y a vraiment a péril japonais » qu’aux Hawaï, où l’immigration se fait en masse, et partout ailleurs, Philippines, Nouvelle-Zélande, Australie, Java, Indo-Chine, Indes, il n’y a que développement de la puissance commerciale japonaise plutôt que danger réel d’occupation. Telle est du moins la conclusion des faits cités par l’auteur, quoi-
- que celui-ci d’ailleurs pousse volontiers son étude au noir : livre vivant, et très documenté.
- Premiers secours et soins à donner aux malades et aux blessés, par le Dr W. Douglas Hogg, 7e édition, in-18, cartonné, 38o p., 79 fi g. O. Doin, éditeur, Paris, igi3. Prix : 3 francs.
- Excellent petit livre où l’on trouvera tout ce qu’on doit savoir pour secourir les malades, les blessés, les empoisonnés, les asphyxiés en attendant le médecin, la conduite à tenir dans les divers sauvetages, pour le transport des malades et blessés, à leur chevet, etc.
- asr>.
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 14 avril 1913 . 1°,0 N. 1. Beau. »
- Mardi 15 5’Yl S. S. E. 1. Couvert. »
- Mercredi 16 6°,3 S. 0. Très nuageux. 8,8
- Jeudi 17 . . . . . . 7\0 N. E. 1. Pluie. 11,1
- Vendredi 18 ... . 7°.l S. S. W. 3. Peu nuageux. 1.8
- Samedi 19 11°.0 S. S. W. 4. Couvert. 4,8
- Dimanche 20. . . . 8°,5 W. S. W. 2. Peu nuageux.
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- l’eu nuageux; gelée Manche matin et soir; forte brume à 6 h. Couv. jusq. 10 h. puis nuageux, beau après 17 h. ; rosée; halo.
- Tr. nuag.jusq. tOli., couv. eus.; halo ; pluiepr. cont. de 11 h. 40à21 h. Couv. le m,; nuag, le s.; pluie à diverses reprises jusq. 16 h. ; halo. Nuageux le m. ; couv. le s.; pluie par intervalles après 12 h. Couvert; pluie une grande partie de la journée.
- Nuageux; halo à 13 h.
- AVRIL 1913. -- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 AVRIL 1913.
- Lundi ] Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi
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- Samedi I Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosilê de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri < boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 12 au 18 avril. — Le 12. Dépression sur le S.-E. de l’Europe ayant son centre dans l’E. de la France (745 mm). Une dépression persiste sur la Baltique. Fortes pressions sur les Açores. Neiges et pluies sur le N. et le W. de l’Europe et l’Italie. En France : Charleville, 10 mm; Marseille et Besançon, 2. Ternp. du matin : Charleville, —J— 20; Paris, 3; Brest, 8; Marseille, ti; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : g0,6). — Le i3. La pression se relève sur le W. de l’Europe et la Russie. La dépression de la France ' s’éloigne sur l’Italie. Dépression en Islande (789 mm). Neiges-et pluies sur le Centre et le S. du continent,- et sur le N. des Iles-Britanniques. Temp. du matin : Belfort, —20; Marseille et Paris, + 2; Alger, i3; moyenne à Paris : 3°,2 (normale ; 9°,7). — Le i4- La pression s’élève sur le N. et le W. de l’Europe. Dépression sur l’Italie, sur l’Islande et les Iles^Britanniques (Reykjawik : 737 mm). Pluies sur le N-W. et le S.-E. de l’Europe. Temp. du matin : Belfort, —3°; Paris et Nantes, -|-T ; Alger, 12; moyenne à Paris ; 4°,5 (normale : 9°,8).- — Le x5. Forte pression du S.-W. au N.-E. du continent (Limoges : 765 mm; Arkhangel, 770). Dépression profonde dans les parages de l’Islande (Reykjawik : 724). Pluies sur le Centre et le N.-W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 9 mm; Brest, 4- Temp. du matin : Uleaborg,
- — xo°; Belfort, o; Paris, +5; Alger, 10; moyenne à Paris : 7?0,7 (normale : g0,9).— Le 16. La dépression de l’Islande se déplace vers le S.-E. Baisse barométrique sur tout le N.-W. de l’Europe : îles Féroé, 725 mm. Fortes pressions sur le N.-E., le S.-W. et les Açores. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : le Mans, 27 mm; Nantes, 24; Paris, 14. Temp. du matin: Clermont-Ferrand, —40; Paris, +6; Nantes, 9; Alger, i4 ; .moyenne à Paris : 8° (normale : io°). — Le 17. La pression s’abaisse sur toute l’Europe. Minimum près de l’Islande (727 mm). Fortes pressions sur le N.-E. et les Açores (773). Pluies sur le-N., le Centre et le W. de l’Europe. En France : Besançon, 7 mm; Paris, 6; Toulon, 4. Temp. du matin : Uleaborg, — i°; Paris et Brest, -j- 7; Belfort, 8; Monaco et Biarritz, 12; moyenne à Paris : 70,9 (normale : io°,i). —Le 18. La pression se l’elève sur le W. de l’Europe; supérieure à 765 sur la péninsule Ibérique et le S. de la France. Dépression dans les parages de l'Islande (Reykjawik : 735 mm). Pluies sur le N., le Centre, le W; En France : mont Yenloux, 5i mm; Lorient, 18; Charleville et Cherbourg, 10; Brest, 8. Temp, du matin : Belfort, -f- 4°; Clermont-Ferrand, 6; Paris, 7; Alger, 17; moyenne à Paris : 8°.4 (normale : io°,2). — Phases de ia Lune : Premier Quartier le 14, à 5 h. 40 du matin.
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- LA
- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 2084. — 3 MAI 1913.
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- - g
- Nécrologie : Victor Tatin (1843-1913). — Le nom
- de Tatin doit rester honoré dans l’histoire de l’aviation comme celui d’un de ses plus méritants pionniers. Tout d’abord fervent de sports nautiques, puis élève de
- Marey, il construisit dès 1879 un petit appareil volant, mû par un moteur à air comprimé, pesant 1750 grammes et qui, expéi’imenté à Meudon, vola par ses propres moyens autour du poteau auquel il était attaché. Il collabora avec le professeur Richet à l’établissement de modèles réduits d’aéroplanes à vapeur. Il contribua à l’établissement des plans du premier dirigeable de M. H. Deutsch (de la Meurthe),la Ville de Paris. On lui
- doit d’importants mémoires techniques, notamment sur les hélices aériennes. Ses dernières oeuvres furent les Eléments d'aviation et Théorie et pratique de V aviation.
- VICTOR TA.TJX.
- Les minerais de platine de l’Oural. — Le Dr II. G.
- Hollz a fait dernièrement de nombreuses analyses de minerais de platine de l’Oural et il a observé, dans les résultats obtenus, certaines anomalies qui l’ont porté à croire à l’existence d’un nouveau métal dans ces minerais. Le fait, s’il se vérifie, serait intéressant, car il augmenterait encore d’une unité le nombre déjà considérable des éléments que l’on connaît dans la mine de: platine : platine, iridium, rhodium, palladium, osmium, or, cuivre, fer, plomb.
- L’aéroplane et la guerre. — Les premiers essais d’aéroplane à la guerre ont eu lieu lors de la guerre soutenue par l’Italie en Tripolitaine. Dans la guerre balkanique, bien qu’aucun des belligérants ne possédât de service d’aviation régulièrement organisé, les aéroplanes ont joué un rôle assez important. On n’est pas encore fixé sur tous les détails de leur collaboration et sur l’étendue des services militaires rendus par eux; mais il semble bien que ceux-ci sont loin d’avoir été
- négligeables. On se souvient de la randonnée d’un officier grec au-dessus des Dardanelles. Les assiégeants
- L’aéroplane grec du lieutenant Sakoff à Janina poursuivi par des obus turcs.
- d’Àndrinople disposaient de quelques aéroplanes asse> hétéroclites, qui paraissent avoir servi surtout à lance
- Un camp d’aéroplanes à Janina.
- des proclamations dans la ville. Dans la seconde partie de la guerre, les Turcs, à Tchalaldja, ont à leur tour fait
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- INFORMATIONS
- usage de l’aéroplane comme instrument de reconnaissance. A Janina, les Grecs disposaient de plusieurs aéroplanes. On nous signale en particulier la belle reconnaissance accomplie au-dessus du fort de Bizani par l’aviateur volontaire russe Sakofï; celui-ci, à 5oo m. du sol, .put observer les positions ennemies et lanéer 6 bombes sur la garnison. Les Turcs dirigèrent un feu nourri sur l’aéroplane qui fut atteint par plusieurs balles. Le réservoir d’essence fut transpercé et le moteur s’arrêta. L’aviateur put cependant atterrir sans autre dommage, réparer et reprendre son service.
- Le paquebot T « Aquitania ». — Nous donnons plus loin quelques détails sur le nouveau paquebot allemand, le Vaterland. Son émule anglais, Y Aquitania, vient d’être lancé à Glasgow; comme les célèbres Lusitania et Mauretania qui firent époque dans l’histoire de la marine marchande, il appartient à la Compagnie Cunard et doit servir entre les Etats-Unis et l’Europe. Yoici les principales caractéristiques de la nouvelle ville flottante ; ses dimensions, on le verra, sont très voisines de celles des nouveaux paquebots allemands, mais un peu inférieures. L’Aquitania mesure 275 m. de long, 29 m. 60 de large; son tonnage brut sera de 47 000 tonnes. Il sera mû par 4 hélices qu’actionnent des turbines à vapeur, à trois étages de détente, disposées comme celles du paquebot France. Y,’Aquitania sera un paquebot rapide pouvant filer 23,5 nœuds. Il sera aménagé pour 660 passagers de Te classe, 698 de seconde, 1900 de troisième, 972 officiers et hommes d’équipage.
- Chasse aux icebergs. — On se souvient que la catastrophe du Titanic suggéra aux nations maritimes l’idée d’organiser à frais communs la surveillance de l’Atlantique septentrional en vue d’observer la présence et le passage des icebergs et d’empêcher la répétition d’un aussi épouvantable sinistre. En attendant qu’un accord international s’effectue, l’Angleterre, que la question intéresse plus particulièrement, lui a donné une première solution en transformant en station flottante d’observation océanique un navire construit spécialement pour résister au choc des glaces. Le Scotia, parti de Dundee (Ecosse) il y a quelques jours pour gagner les parages de Terre-Neuve, fut le navire de l'expédition antarctique écossaise de 1903. Il jauge 357 tonnes, peut faire 7 nœuds à la vapeur, et 10 nœuds à la voile par vent favorable. Il est pourvu d’appareils de télégraphie sans fil à longue distance qui lui permettront de communiquer avec les stations de Terre-Neuve et du Labrador; deux opérateurs font partie de son personnel, qui comprend en outre un hydrographe, un météorologiste et un naturaliste, savants expérimentés. Plusieurs laboratoires, dont un de biologie marine, ont été installés à bord. Le navire emporte des kites ou' cerfs-volants qui élèveront dans les airs des instruments pour l’étude des courants aériens et autres phénomènes atmosphériques. Ce sera la première fois que des observations de ce genre seront faites dans cette partie de l’Atlantique. Le Times, à qui nous empruntons ces détails, expose que l’organisation de cette intéressante mission est due à une entente entre le Gouvernement britannique (Bureau du Commerce) et la VYite Star Line, celle-ci représentant les grandes Compagnies de navigation transatlantique. Il convient d’applaudir à cette intelligente initiative qui sera certainement fertile en résultats. L’un des problèmes inscrits au programme de la mission consistera à étudier la débâcle des glaces arctiques, à déterminer l’époque à laquelle elle commence à se produire, et à rechercher la direction que prennent les icebergs. Transmises au fur et à mesure par le « sans fil », ces observations permettront aux Compagnies de régler la route de leurs navires.
- Le vieillissement des vins en bouteilles. —
- MM. Gayon et Dubourg viennent d’étudier, dans la Revue de viticulture, le vieillissement des vins. L’oxygène jouant le rôle principal dans cette transformation, on obtient un vieillissement d’autant plus lent que les récipients sont mieux bouchés. Il y a plus d’un siècle, on atteignait ce résultat en fermant les bouteilles avec des bouchons de liège deux fois plus longs que les bouchons actuels (Château-Lafite, 1808), puis on employa des bouteilles fermées à l’émeri (Château-Lafite, 1820-1825). Aujourd’hui, on se contente de choisir des
- bouchons de liège de très bonne qualité. Les vins fins sont conservés en demi-bouteilles (o 1. 38), bouteilles Frontignan (o 1. 7b), magnum (1 I. 5o), impériales (3 1.)-et jéroboams (6 L). Le vin se maintient d’autant plus frais et plus jeune que les récipients sont plus grands; dans les grandes bouteilles, le dépôt est moins grand, l’acidité et les éthers en quantités moindres, le bouquet moins développé.
- La ponte des serpents. — M. G. A. Boulenger, bien connu par ses remarquables études sur les Vertébrés inférieurs, s’occupe en ce moment des serpents d’Europe et cherche à connaître le nombre de jeunes et la date de ponte de chaque espèce. Il donne dans The Field les renseignements suivants qu’il a déjà pu réunir :
- I. — Espèces ovipares.
- CEUFS DATES
- Couleuvre à collier (Tropi./lonotiis natrix) . v 11 à 48 juin-septembre
- Couleuvre d’eau (T. lessellatm)............... 5 5 23 'juillet-août.
- Couleuvre vipérine (7’. viperinus)............ 4 à 20 juin-juillet.
- CouleuvreverteetjaunelZawjeMsj/fmenensw). 5 à 15 juin-juillet.
- Serpent de Dabi [Z. Dalilü)..................5
- Fer à cheval (Z. hippocrepis)................. 5
- Couleuvre à 4 raies (Coluber qiialuurlinealus). 3 à 10 juillet.
- Serpent d’Esculnpe [G. longissimm)............ 5 à 8 juin-juillet.
- Couleuvre léopard (C. léopard mus)............ 2 à 5 juillet.
- Couleuvre à échelons (C. 'sca taris).......... 9 juin-juillet.
- Couleuvre maillée (Cœlopellismonspessidana). 4 à 12 juillet. Tarbophidc vivace (Tarbophis vivax) .... 7 à 8 juillet".
- II. — Espèces vivipares.
- ŒITS DATES
- Couleuvre lisse (Coronella auslriaca) .... 2 à 15 août-septembre.
- Vipère commune ( Vipera bénis)................ 5 à 17 août-sept.
- Vipère d’Orsini ( V. ursinii)................. « à 18 juin-août."
- Vipère renard ( 1. venardi)............... 5à 7 août.
- Aspic (V. aspiss)......................... 4 à 18 août-sept.
- Ce sont là les seuls renseignements que l’on possède, et, pour les autres espèces, les observations manquent encore.
- L’hiver des bêtes. — Si l’hiver 1912-1913 a été particulièrement doux en France, au point que la neige n’est pas tombée une seule fois dans la région parisienne, il n’en a pas été ainsi dans d’autres parties de 1 Europe. En Norvège, la neige a désorganisé pendant plusieurs semaines le service des Compagnies de chemins de fer ; des trains ont été immobilisés pendant huit jours sans qu’on put les dégager; dans plusieurs villes, les voyageurs ont dû descendre de leurs chambres d’hôtel
- Abris pour les cerfs dans le parc de Bad'Kreuth.
- par les fenêtres, la neige s’élevant dans les rues jusqu’au premier étage des maisons. Et l’on sait que l’Europe orientale ne fut pas mieux favorisée, et que la neige et le froid suspendirent les opérations de guerre. La neige tomba en abondance dans plusieurs parties de l’Allemagne, notamment en Bavière, où son épaisseur inusitée décima les bandes de cerfs en les empêchant de trouver leur subsistance habituelle. Sur les vastes domaines de Bad Kreuth, qui appartiennent à la couronne bavaroise, on s’empressa de construire des hangars recouvrant des râteliers où l’on renouvelait chaque jour la provision de foin. Et ce fut grâce à cette mesure que les beaux troupeaux de cerfs de Bad Kreuth, si réputés en Bavière, purent traverser ce rigoureux hiver sans que leur nombre diminuât sensiblement.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Automobilisme
- Les boîtes de vitesse. — Dans un moteur, la puissance est variable avec la vitesse de rotation; pour le moteur à explosions, cette puissance, d’abord très faible, va en croissant peu à peu pour passer par un maximum à une vitesse, dite de régime, et décroître ensuite au delà de cette vitesse.
- Quant au couple moteur, qui correspond lui-même à l’effort transmis au vilebrequin par le piston, il est lui-même variable dans des conditions analogues, mais son maximum a lieu pour une vitesse légèrement inférieure à la précédente.
- Pour pouvoir raisonner plus simplement, nous exprimerons la puissance, c’est-à-dire le travail pendant l’unité de temps, par le produit de l'effort moteur par la vitesse de déplacement de son point d’application en une seconde.
- On peut, par suite, représenter la puissance du moteur par une expression de la forme F. Y., où F est l’effort moteur et Y la vitesse par seconde de son déplacement.
- En ce qui concerne un véhicule automobile, nous considérerons la puissance à la jante des roues motrices, qui sera une fraction plus ou moins importante de la précédente suivant les qualités de rendement des transmissions, et nous la prendrons sous la forme f. v.
- En pratique, la meilleure utilisation du moteur a lieu par la vitesse de régime, et nous admettrons que c’est précisément à cette vitesse que nous disposons à la jante de la puissance f. v. Nous raisonnerons donc comme si nous avions à utiliser, dans tous les cas, une puissance constante f. v.
- D’une manière générale, les transmissions du véhicule ont été établies pour que les deux valeurs f et v correspondent à l’effort moteur nécessaire à la propulsion du véhicule, en palier et faible rampe, lorsque le moteur tourne à sa vitesse de régime.
- Mais, comme l’effort résistant opposé par la route est variable avec l’état du sol, les accidents du terrain, pentes et déclivités, le vent, etc..., il est nécessaire de pouvoir développer, à la jante des roues motrices, un effort moteur approprié à ces résistances variables.
- On y arrive en faisant varier la démultiplication de la voiture, de manière à réaliser les vitesses tq, r2, r3... qui correspondent aux efforts /j, f,2, f3... exigés, tout en satisfaisant à la condition fv — /j çq = /L iq = f3 iq....
- Le résultat est obtenu au moyen des boîtes de vitesses qui permettent de faire varier à volonté la démultiplication du véhicule.
- Il serait très désirable d’avoir un changement de vitesse progressif continu qui permettrait de se plier
- y
- J
- Fig. i. — Courbes de variation de vitesse en fonction de la pente (boîte à 4 vitesses). — A, courbe en xr!! vitesse; B, C, D, courbes en 20 3e et 4e vitesses; M, enveloppe correspondant au changement de vitesse progressif continu.
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- 150 200
- Pentes en m/m
- 300
- 350 jo
- à toutes les circonstances, tout en conservant au moteur sa vitesse de régime; mais, à défaut d’un tel appareil, l’expérience prouve qu’avec un nombre fini de combinaisons, 3 ou 4 Par exemple, on peut serrer pratiquement le problème d’assez près.
- Nous n’entreprendrons pas la description des boîtes de vitesses elles-mêmes, car ces mécanismes sont à l’heure actuelle suffisamment connus. Dans toutes, les changements de vitesses s’obtiennent au moyen de combinaisons d’engrenages que l’on fait varier par le déplacement de trains baladeurs, généralement multiples.
- Nous nous bornerons à discuter l'opportunité pour les véhicules industriels, et en particulier pour les
- camions automobiles, d’adopter des boîtes de vitesses donnant quatre vitesses, de préférence à celles qui n’en donnent que trois.
- Pour le véhicule industriel, dont le budget est généralement assez mesuré, il y a le plus grand intérêt à disposer d’un mécanisme qui lui permette de se plier le mieux possible aux exigences du terrain.
- bous démontrerons l’avantage, dans cet ordre d’idées,
- Fig. 2. — Courbes de variation de vitesse en fonction de la pente (boite à 3 vitesses).
- Pentes en m/m
- que présente la boite à quatre vitesses sur la boîte à trois vitesses, en traitant un cas concret simple.
- Nous prendrons pour cela un camion automobile pesant 6 tonnes en charge, et disposant de 20 chevaux à la jante des roues motrices, lorsque le moteur tourne au régime de 1000 tours.
- Les démultiplications extrêmes sont généralement déterminées pour que le camion puisse réaliser, en palier et faible rampe de 2 pour 100, une vitesse de 18 km à l’heure, ou 5 m. par seconde, et qu’à sa plus grande démultiplication ( ire vitesse) il soit capable d’utiliser, comme effort moteur, le maximum d’adhérence dont sont susceptibles les roues motrices. Avec les bandages de caoutchouc, dans le cas qui nous occupe, la première vitesse peut être prise de o m. 80 par seconde.
- Les autres vitesses, correspondant aux autres combinaisons de la boîte des vitesses, s’échelonnent entre lès deux limites ci-dessus.
- i° Cas de la boîte à quatre vitesses. —Nous admettrons l’échelonnement rationnel suivant : ire vitesse o m. 80, 2e vitesse 1 m. 60, 3e vitesse 3 m. 20, 4e vitesse 5 m.
- En négligeant la résistance de l’air, assez faible sur le véhicule aux vitesses ci-dessus, en admettant une résistance au roulement en palier de 3o kg par tonne, et une résistance supplémentaire due à la pente, de 1 kg par tonne et par millimètre, les pentes limitées que l’on pourra gravir aux •‘diverses allures indiquées sont les suivantes :
- ira vitesse om. 80 rampe limite 282 millimètres par mètre,
- 2° — 1 m. 60 — 126 —
- 3e . — 3 m. 20 — 53 —
- 4e — 5 m. — 20 —
- Pour représenter graphiquement les variations d’allure du camion, aux diverses combinaisons de vitesse ci-dessus en fonction de la pente, il suffit d’examiner ce qui se passe pour l’une d’entre elles.
- En troisième vitesse, sur la rampe de 53 mm, le moteur pourra tourner à son régime, et entraîner le camion à l’allure de 3 m. 20 par seconde; si la pente augmente, le moteur, trop chargé, va diminuer peu à peu de vitesse et bientôt s’arrêter ; si la pente diminue, le moteur va peu à peu s’emballer, et accélérer la vitesse du véhicule. On peut fixer, comme limite pratique à cet emballement, une augmentation de vitesse de So pour 100, au-dessus de la vitesse de régime, pour rester dans les limites logiques de fonctionnement sans danger, du moteur lui-même.
- Par suite, en prenant comme axe des x les pentes, et comme axe des y les vitesses eu mètres par seconde, on peut construire, figure 1, les courbes À, B, G, D, qui correspondent respectivement aux variations d’allure possibles du camion, en iro 20, 3e et 4e vitesses.
- La courbe M, enveloppe des précédentes, représente la variation d’allure que l’on pourrait obtenir en fonction de la pente, avec le moteur tournant sans cesse à son régime, si l’on possédait un changement de vitesse progressif continu. Les triangles curvilignes hachurés représentent précisément les imperfections du système adopté.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 2° Cas de la boîte à trois vitesses. — Les vitesses extrêmes restait les mêmes, nous adopterons comme vitesse intermédiaire 2 m. 20 par seconde, à laquelle corx'espond comme rampe limite 83 mm par mètre. En répétant le même raisonnemeut que ci-dessus, on pourra construire les courbes A', B', C', M', relatives aux diverses combinaisons, en remarquant que A', C, M', sont respectivement les mêmes que A, D, M, du cas précédent.
- Pour montrer pratiquement l’avantage économique que peut présenter le camion à quatre vitesses sur l’autre, nous résoudrons le problème d’utilisation suivant, relatif à un service journalier, en pays moyennement accidenté.
- Deux camions identiques, comme tonnage et puissance, munis l’un d’une boîte à quatre vitesses, et l’autre d’une boîte à trois vitesses, démultipliées comme il a été dit, ont à effectuer, chaque jour, un paême trajet comprenant un certain nombre de kilomètres en palier, 25 km en rampe à 5 pour 100, 10 km en rampe à 8 pour 100 et 5 km en rampe à 12 pour 100. Quel sera le temps passé en rampe par chacun d’eux, et la différence de prix pouvant en résulter ?
- En se reportant aux diagrammes précédents, on trouve immédiatement les chiffres suivants :
- Camions à quatre vitesses. — La rampe à 5 pour 100 exige l’emploi de la 3° vitesse qui permettra l’allure de
- 3 m. 3o et les 25 km exigeront 2 h. 6 m. 14 sec.
- La rampe à 8 pour 100 exige l’emploi de la 20 vitesse qui permettra l’allure de 2 m. 20, et les 10 km exigeront 1 h. i5 m. 55 sec.
- La rampe à 12 pour 100 exige l’emploi de la 2e vitesse qui permettra l’allure de 1 m. 60, et les 5 km exigeront 1 h. 2 m. 3o sec.
- Soit, pour le temps total en rampe, 4 h. 24 m. 40 sec.
- Camions à trois vitesses. — La rampe à 5 pour 100 exige l’emploi de la 2e vitesse et permettra l’allure de de 2 m. 80, les 25 km exigeront 2 h. 28 m. 48 sec.
- La rampe de 8 pour 100 exige l’emploi de la 2e vitesse et permettra l’allure de 2 m. 3o, les 10 km exigeront 1 h. 12 m. 27 sec.
- La rampe de 12 pour 100 exige l’emploi de la iro vitesse et permettra l’allure de 1 m. 20, les 5 km exigeront 1 h. 9 in. 26 sec.
- Soit, pour le temps total en rampe, 4 h. 5o m. 41 sec.
- Ces chiffres montrent que le second camion mettra, dans les conditions les plus favorables, 36 minutes de plus que le premier.
- Si l’on admet que le rendement mécanique moyen des transmissions est de 70 pour 100, les 20 chevaux à la jante correspondent à un moteur de 3o chevaux environ.
- En prenant comme chiffre de consommation moyenne ol. 4 au cheval-heure, les 36 minutes de travail à pleine charge du moteur de 3o chevaux entraînent une consommation de combustible de 6 kg d’essence ou 8 litres, à un prix moyen de o fr. 5o le litre.
- Dans ces conditions, le camion à quatre vitesses, sur l’itinéraire journalier précédent, économiserait au moins
- 4 francs par jour à son propriétaire.
- C’est précisément pour tenir compte de ces avantages économiques, que le ministère de la guerre a rendu obligatoires, dans son programme pour 1913, les boîtes à quatre vitesses au moins sur les camions primés.
- On peut d’ailleurs citer comme véhicule disposant d’un nombre plus considérable de vitesses, le tracteur à quatres roues motrices Blum-Latil, qui est prévu avec six vitesses, en deux groupes de trois, obtenues par l’accouplement d’une boîte à trois vitesses et d’un arbre de transmission général, au moyen de deux combinaisons d’engrenages. D. Renaud.
- A
- 'Electricité
- La Minuterie P. Q. — Cette minuterie, comme la plupart de ses congénères, est employée pour l’éclairage temporaire des escaliers. Elle présente cette particularité, qui semble bien être un avantage, de ne'comporter aucun mouvement d’horlogerie.
- Ce n’est autre chose qu’un sablier où le sable est remplacé par du mercure qui, en passant de la chambre supérieure à la chambre d'expérience, forme un circuit d’éclairage. L’écoulement terminé, le circuit est interrompu. Pour remettre le courant, il suffit de faire tourner la poignée de l’appareil d’un demi-tour.
- Examinons de plus près l’appareil. Il se compose d’un bloc cubique en porcelaine E, serré entre deux récipients en verre D et D’ au moyen d’un collier de fer.
- Dans le bloc de porcelaine sont scellés deux bouts d’arbre en fer F et F’ isolés l’un de l’autre. Dans ces deux arbres sont percés les logements correspondant à des trous traversant de part en part le bloc de porcelaine et faisant communiquer les deux récipients D et D’
- par des petits trous I et V percés dans le fond de chaque logement.
- Ces petits trous sont disposés de façon que l’un soit en haut et l’autre en bas. L’arbre de gauche F appuie sur la tête pointue d’un boulon qui lui sert de pivot et placé au centre du socle porcelaine A. L’autre arbre F’ est supporté par un chevalet C en cuivre, fixé au socle porcelaine par deux points. L’extrémité de l’arbre F’ porte un goulot porcelaine goupillé sur ledit arbre. Le tout est recouvert d’un couvercle en laiton B.
- L’interrupteur étant dans la position du dessin, le mercure contenu dans le récipient D s’écoulera dans le récipient D’ en passant par le trou I de l’arbre F et mettra, pendant son écoulement, les deux arbres F et F’ en communication, permettant ainsi le passage du courant. Aussitôt l’écoulement terminé, la communication cessera avec le courant; il suffira, pour le rétablir, de faire exécuter un demi-tour au goulot, c’est-à-dire de ramener le récipient plein au-dessus pour avoir pendant 3 minutes passage du courant. — L’appareil est indéréglable. Il est construit par M. Berlie, 56, quai Saint-Vincent, Lyon. Prix : 35 francs.
- Objets utiles <«*
- Le verrou de poche Lutetia. — Par ces temps de cambriolage, il est prudent, surtout dans les hôtels, de pouvoir défendre sa porte contre toute tentative de crochetage.
- Le verrou amovible Lutetia en offre le moyen. Il se
- présente sous forme peu encombrante, et peut prendre place sans aucune gêne dans un simple trousseau de clés. C’est un objet éminemment transportable. Son rôle est de rendre étroitement solidaires le battant de la porte et la partie fixe, en empêchant tout croche'tage.
- Il se compose d’une tige filetée terminée par un crochet, et sur laquelle se déplace un écrou molleté.
- Les figures ci-contre font clairement comprendre le rôle du verrou Lutetia. — Il est en vente chez Ponsin, 52 bis, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Cirage-crème pour chaussures. — Faire chauffer
- au bain-marie un mélange de :
- Ozokérite........................10 gr.
- •Cire de carnauba ou du Japon. . 10 —
- Noir animal....................... 5 —
- Essence de térébenthine .... 5o c. c.
- Sitôt que la masse est homogène, cesser de chauffer et continuer d’agiter en plongeant le récipient dans l’eau froide pour hâter la prise en masse. Eviter de substituer de la cire d’abeilles aux cires indiquées : le brillantage serait moins rapide. Employer du noir d’excellente qualité, sans quoi le noir obtenu n’est pas joli. Conserver la mixture en boîtes toujours fermées de leur couvercle dès qu'on ne se sert plus du produit.
- (Laboratoire de la Nature.)
- Crème ininflammable pour chaussure. — Il s’agit d’une crème ininflammable analogue à celles du commerce, et revenant naturellement bien meilleur marché quand on la prépare soi-même. Ces produits sont des sortes d’encaustiques à l’eau, où l’émulsion des matières grasses est obtenue grâce à la formation d’un savon de résine. On prépare une excellente crème en chauffant
- au bain-marie le mélange :
- Ozokérite............................io gr.
- Colophane............................io —
- Cire du Japon ou cire de Carnauba . 4 —
- Carbonate de potasse................. 4 —
- Nigrosine............................ i —
- Noir de fumée.................... . 2 —
- Eau ordinaire........................80 c. c.
- Quand le tout est bien liquide, on rend la masse homogène par agitation soignée, on cesse de chauffer et on continue de remuer jusqu’à léger épaississement. On coule alors en boîtes qui devront être soigneusement fermées. Ne pas essayer de substituer le carbonate de soude au carbonate de potasse : la pâte serait grumeleuse ; ni non plus de prendre de la cire d’abeilles en place de cire végétale : elle manquerait d’onctuosité. Enfin, il faut prendre de l’ozokérite brune et non de la cérésine blanche ou de la paraffine.
- (Laboratoire de la Nature.)
- Colles pour cuir. — Nous avons déjà publié une recette de telle mixture à base de celluloïd, laquelle, élaborée au Laboratoire de la Nature, nous avait donné de fort bons résultats. Voici, d’après la Revue de chimie industrielle, quelques formules de colles semblables :
- Colle à base de nitrocellulose. — Faire dissoudre le plus possible de nitrocellulose dans un mélange de :
- Acétate d’amyle......................55 gr.
- Huile de fusel...................... 12 —
- Acétone............................ 10 —
- Benzine............................ 23 —
- On ajoute au liquide un peu d’une solution saturée de caoutchouc dans le sulfure de carbone.
- Colle à l’acétocellulose, pour courroies. — Les bouts à joindre, taillés en biseau assez long, sont badigeonnés d’une colle contenant :
- Acétocellulose.......................i5 gr.
- Alcool à 900.........................io —
- Tétrachloréthane................. . 90 —
- On presse fortement immédiatement ensuite les fragments à revenir.
- Colle à l’acétocellulose, très rapide. — Simple solution composée de :
- Acétocellulose...................... i5 gr.
- Acétone............................. 100 —
- Le collage obtenu avec la mixture est particulièrement solide.
- Etiquettes inaltérables pour jardins. — Les horticulteurs soigneux prennent soin de fixer aux plantes des étiquettes indiquant leur exacte variété : car, si bonne que soit la mémoire, elle est insuffisante à empêcher nos confusions ou à prévenir celles du jardinier. En place des étiquettes de bois, s’abîmant, rapidement, ou de celles en zinc sur lesquelles il faut écrire avec des encres spéciales à traits souvent trop pâles, on peut se servir d’étiquettes en papier, faciles à faire et toujours très lisibles. Mais, pour les rendre capables de résister aux
- intempéries, il nous faut les protéger. Voici comment :
- Munissons-nous d’une lampe à souder, du modèle dont se servent les plombiers, qui brûle des vapeurs d’essence, et procurons-nous, chez quelque spécialiste de fournitures pour laboratoires, du tube de verre à diamètre mesurant 10 à i5 millimètres. Chaque tube, long de 1 mètre, coûte deux ou trois sous et permet de confectionner une dizaine d’abris pour étiquettes.’ Ceci fait, chauffons le tube dans le dard de la lampe (vers la fin de la flamme) à 10 centimètres environ du bout, en tournant sur l’axe. Le verre s’échauffe, rougit, se ramollit : à ce moment, on tire le tube de chaque côté jusqu’à séparation des deux fragments. La pointe effilée du petit bout est aussitôt remise sous la flamme où on la laisse en tournant jusqu’à ce que le cône s’arrondisse, après quoi on laisse refroidir. Pendant ce temps, nous écrivons de notre plus belle plume le nom de la plante à étiqueter sur une mince languette découpéë dans une carte de visite, de largeur égale au diamètre du tube, et nous la glissons dans le petit bout détaché, voici l’étiquette à l’abri. Pour l’y mettre tout à fait, nous chauffons l’extrémité libre du tube, en soudant un vieux bout qui servira pour l’étirage facilitant
- Étiquettes pour jardins : accrochées (a, b) ou fichées en terre (c, d).
- la fermeture. En étirant, nous formons un petit dispositif permettant l’accrochage : étranglement serré par une ficelle, (fig. b) crochet ou anneau (fig. a). Si l’étiquette doit être fichée en terre, on étire un long tube pointu. On peut, pour immobiliser le papier dans le tube, faire un étranglement ou enfoncer une pointe de crayon après ramollissement du verre (fig. d), mais ce n’est pas très utile, car, en écrivant sur une bande un peu large qu’on roule pour l’enfoncer dans le tube, le papier tient très bien par suite de la tendance au déroulement.
- Inutile de dire que ces étiquettes sont absolument inaltérables : elles conservent indéfiniment leur fraîcheur.
- Blé rouge. — On peut préparer ce blé empoisonné, servant à détruire les rongeurs, en versant 2 kg de froment dans une solution composée de :
- Eau........................... 7Ôo e. c.
- Sulfate de strychnine............ 5 gr.
- Fuchsine......................... 4 gr-
- On mélange soigneusement avec un bout de bois, en prenant bien garde de ne pas toucher au mélange avec les doigts, pendant 1 ou 2 heures, pour que les grains soient bien imprégnés. On fait ensuite sécher à l’air en remuant de temps à autre. Eviter de laisser le blé, à portée des poules qui en mangeraient et seraient empoisonnées.
- Rappelons que si la strychnine, un des plus violents poisons connus, ne peut être vendue par le pharmacien que sur ordonnance du médecin, on peut dans les campagnes demander à la mairie un certificat attestant que le produit est destiné à la destruction des parasites agricoles. On peut alors aisément se procurer la strychnine chez les droguistes.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la botte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — Vernis résistant à la chaleur, à l’acide chlorhydrique et à l’acide sulfurique. — La Société des accumulateurs Tudor, 79, rue Joseph-II, Bruxelles, nous informe, à propos d’une récente demande à ce sujet, qu’elle fabrique un vernis répondant à ces conditions.
- M. P. D., à Fleurville. — Jusqu’à présent, on s’est borné à exploiter le genêt qui croît à l’état spontané dans les terrains arides et rocailleux, et cela pour l’utiliser comme aliment du bétail ou comme engrais. La culture de cette plante pour ces deux usages est limitée, en France, à quelques cantons de la Bretagne; elle est plus répandue en Belgique, dans les terrains sablonneux, de peu de valeur, ainsi qu’en Italie et dans d’autres contrées méridionales, et seulement pour la production fourragère. Actuellement, il n’existe pas d'études ou d’ouvrages consacrés à la culture rationnelle et méthodique du genêt, culture que nous avons préconisée en vue d’implanter en France l’industrie de fabrication de la pâte à papier tirée du genêt. Voici, en résumé, les conditions daus lesquelles cette culture doit être pratiquée : les terrains argilo-sableux et sableux frais, les sols schisteux et non calcaires sont ceux qui conviennent le mieux. Pour le semis, il faut cueillir les graines avant la maturité, qui s’achève dans un grenier bien aéré; on mélange ces graines à 3 ou 4 fois leur poids de terre ou de sable, et on sème au printemps, dans une avoine, sans recouvrir la semence à la herse ; il faut 400 à 5oo grammes de graines par hectare. En culture industrielle, le mieux est de creuser à l’aide du hoyau de petites fosses espacées de r mètre; de mettre, dans chaque fosse, 3 ou 4 graines, puis recouvrir de 2 centimètres de terre. Après germination, arracher les plants les plus faibles pour ne laisser, à chaque fosse, que le plus robuste. Au printemps de la troisième année, couper les plants à environ 3o centimètres du sol, pour favoriser l’émission de nombreux rameaux et la formation en cépée. Chaque année, au printemps, on coupe ces rameaux qui constituent la récolte. Le genêt n’exige pas de soins culturaux ; il ne craint ni les grandes chaleurs, ni le froid, ni aucun fléau. L’hectare peut produire 200 à 235 quintaux, en moyenne, annuellement, en rameaux longs, verts et flexibles, et sur cette même surface il faut compter 10000 plants. Une genêtière établie dans ces conditions peut demeurer productive pendant vingt années, environ. Les dépenses nécessitées pour cette culture sont : ensemencement, frais de coupe, de récolte et de transport. En fait de culture méthodique, nous ne connaissons que les expériences pratiques du professeur Carlo Neppi, de l’Université de Pise, faites sur les domaines du prince Borghèse, à Anzio Nettuno (Italie). Il convient d’observer que l’on peut -augmenter la production des genêts qui croissent à l’état spontané, en les taillant au printemps, avant le départ de la végétation, à environ 10 centimètres du sol. On obtient ainsi, par l’accroissement de longueur des •rejets, une récolte au moins double de celle obtenue des genêts abandonnés à eux-mêmes.
- M. Ch. Pépin, à Alicante. — Sur la fabrication des couleurs, il existe en français deux bons ouvrages de publication récente : Couleurs, peintures et vernis, par Desaime et Pierron, in-16, 1909, Baillière, édit., 19, rue Hautefeuille. Prix : 5 francs. —Manuel du fabricant de couleurs, par CofGgner, in-8°, 1908, Tignol, édit., 53 bis, quai des Grands-Augustins. Prix : 10 francs.
- M. Casin, boulevard Magenta, Paris. — Nous publierons prochainement dans nos Recettes une bonne méthode pour le vernissage au tampon.
- M. le vicomte de Brossin de Mêrê, château de Gro-zieulx. — Pour enlever la teinte brune produite sur le bois par les solutions de permanganate, il faut brosser avec du bisulfite de soude. Naturellement, enlever auparavant, s’il y a lieu, l’encaustique ou le vernis avec de la potasse ou de la benzine. Si un lavage au bisulfite
- ne suffit pas, on laisse sur le bois un chiffon imprégné de bisulfite ; au bout de quelques heures on lave avec du vinaigre. Au besoin, recommencer les deux traitements.
- Abonné 1956, Poitiers. — N° du 27 décembre 1.902.
- M. V.,k Bourges. — Nous ne connaissons pas de publication traitant de la création artificielle de colonies de fourmis. Ce sont les larves et nymphes de la fourmi rouge et noire (formica rufa) qui, sous le nom impropre d’œufs de fourmis, servent à l’alimentation des faisans et des perdreaux. Ces fourmis abondent dans les forêts, où elles construisent de gros tertres hérissés d’aiguilles de pins. Mais il faut observer que les fourmis des prés valent mieux que celles des bois pour nourrir ces oiseaux. Pour se procurer cette nourriture, le mieux est de retourner complètement la fourmilière avec une bêche et d’en recueillir le contenu dans une boîte hermétiquement close. Pour établir de nouvelles fourmilières, on recherche un terrain dur et bien uni, sur lequel on dresse un petit tas de brindilles, puis on verse auprès le contenu de la boîte. Au bout de quelques minutes, les fourmis, revenues de leur étourdissement, recueillent tous les œufs, c’est-à-dire les larves, et vont les porter sous le petit tas de brindilles, seul abri à leur portée. Ce triage étant soigneusement fait' par les fourmis elles-mêmes, il est facile de ramasser les larves. Les fourmis ne tarderont pas à aller fonder une nouvelle colonie dans les environs, et pour multiplier les fourmilières il suffit de renouveler la même opération sur d’autres points. Pour plus amples renseignements et recherches bibliographiques, s’il y avait lieu, on pourrait s’adresser à M. Guénaux, répétiteur de zoologie à l’Institut national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, à Paris, et à M. Pierre Lesne, assistant au Muséum d’Histoire naturelle, 23, rue Cuvier, à Paris.
- M. H. S., à Ismaïlia (Egypte). — Comme documentation pratique, voici une nomenclature des ouvrages à consulter pour l’étude des questions de greffage, taille, culture des arbres fruitiers, de la vigne en espalier, des rosiers et autres végétaux : 10 L’art de greffer, par Ch. Bal-tet, 1 vol. 4 fr. 40; La pépinière, par le même, 1 vol.
- 8 fr. 60; Arbres, arbrisseaux et arbustes à fleurs de plein air, par le même, 1 vol. o fr. 70; La greffe et la taille des rosiers, par le même, 1 vol. 1 fr. 65; La taille des arbres ' fruitiers, par Forney, 2 vol. 7 fr. 60; Le pêcher, par G. Bellair, 1 vol. o fr. 60; L’abricotier, le cerisier et le prunier, par le même, 1 vol. o fr. 60;
- Arboriculture fruitière, par J. Foussat, 1 vol. 1 fr. 45;
- Traité de la taille et de la culture des arbres fruitiers, par Gillekens, 1 vol. 4 fr. 4<U Traité de la taille des arbres fruitiers, par Hardy, x vol. 6 fr. 10; Arbres fruitiers, taille et mise à fruits, par Puvis, 1 vol. 1 fr. 40;
- Arboriculture fruitière, par L. Bussard et G. Duval,
- 1 vol. 6 fr. ; Plantation et greffage des arbres fruitiers, par Pierre Passy, x vol. 1 fr. 5o ; Traité d'arboriculture fruitière, par le même, 3 vol. 8 fr. 10; Le pêcher en espalier, par Couturier, 1 vol. 3 fr. 80 ; Cours pratique d’arboriculture fruitière, par J. Depierreux, 1 vol.
- 2 fr. 75 ; Manuel pratique d'arboriculture fruitière, par Focquereau-Lenfant, 1 vol. 3 fr. 80; Instructions élémentaires sur la culture des arbres fruitiers, par Du Breuil, 1 vol. 2 fr. 80; Taille des arbres fruitiers, par Pierx'e Passy, 1 vol. 1 fr. 5o; Culture du pêcher, de l’abricotier, etc., parle même, 1 vol. 1 fr. 5o; Culture des raisins de table, par le même, 1 vol. x fr. 5o; Les arbres fruitiers, par Pierre Joigneaux (manuel populaire), 1 vol. 2 fr. 80; Les arbres fruitiers, par de Lam-bertye, 1 vol. 1 fr. 20; Les cultures fruitières de plein vent, par H. Latière, 1 vol. 3 fr. 3o; Culture des bons fruits, par P. Tricaud, 1 vol. 2 fr. 75 ; Culture pratique de la vigne en espalier, par H. Loiseau, 1 vol. o fr. 60; JLa taille de la vigne, par Joseph Perraud, 1 vol. 5 fr. ; Manuel pratique du greffeur de vigne, par Y. Pulliat, 1 vol. 1 fr. i5; Traité pratique des greffes aériennes de la vigne, par de Mondenart, 1 vol. 2 fr. 25 ; — 20 Les rosiers, par Cochet-Cochet et Mottet, 1 vol. 3 fr, ; Le rosier, par Lachaume, 1 vol. 1 fr. 26; Les roses, par Gemen et Bourg, 1 vol. 2 fr. i5; Le rosier, par H. Loi-seau, 1 vol. o fr. 60. On trouve ces ouvrages à la Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paxùs.
- M. R. Caillaux, rue d’Abbeville, à Paris. — Pour la teinture du bois blanc en nuance acajou, on emploie une
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- BOITE AUX LETTRES
- décoction de bois rouge. "Voir les Recettes de VAtelier, p. 261. Masson, éditeur. Prix : 3 francs.
- M. le Dr V. Chiusoli, à Ravenna.’—-L’extrait de « péta-lias » n’est pas une essence naturelle : c’est tout simplement un nom de fantaisie donné par un marchand de parfums à l’une des spécialités qu’il vend. Il s’agit d’un « bouquet » complexe, à base de diverses essences et de composés synthétiques. Dans ces conditions, vous ne pouvez trouver le produit que chez le préparateur ou dans un de ses dépôts. C’est, croyons-nous, la Société des parfums, rue d’Enghien, Paris, qui a lancé cette pseudo-essence de « pétalias ».
- M. R. H., rue Erlanger, 27, à Paris. -=- Pour la confection d’une masse plastique isolante, voir le volume Les isolants, par J. Escard. Gauthier-Yillars, éditeur, quai des Grands-Augustins.
- M. Alfredo de Aranjo, à Lima. •— Pour insolubiliser vos moulages, le mieux serait de couler dans les moules la gélatine glycérinée, puis de tremper après refroidis-
- sement dans dü formol. Nous publierons d’ailleurs dans les « Recéttes » Une formule de gélatine élastique, inso-lubilisée pour moulage, après vérification dans notre Laboratoire.
- M. P. Duchataux Oudin, à Reims. — On ne fait au Laboratoire de la Nature aucune analyse commerciale rétribuée. Le sâpindus n’est malheureusement pas vendu chez les droguistes parisiens; il faudrait vous adresser à des maisons algériennes, par exemple à Alger : Boucher et Leriche, 24, rue Mogador; Chevallier, 37, rue de Chartres; Janin, 4? rue de la Liberté.
- M. Balland, à Saint-Clair de la Tour. — Il y a très peu de fabriques de films. La plus importante est la maison Eastman. En France, la maison Lumière en fabrique. Depuis quelques mois, l’usine Pathé fabrique elle-même ses films et une partie est ininflammable (acétate de cellulose). Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la matière, mais vous pouvez vous procurer des renseignements au Mois scientifique, 8, rue Nouvelle.
- BIBLIOGRAPHIE
- ossT
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Les nouvelles recherches minières en Belgique : Maiuus Renaud. — Chronique.' — A propos de l’Albanie : Y. Forbin. — Procédés rapides d’extraction des racines des nombres quelconques : René Merde. — Le chemin de fer transafricain : Laibe. — Académie des sciences : Ch. de Yibledeuie. — Un vol plané la tête en bas. — Appareil pour photographier les documents dans les bibliothèques : G. Mareschab. — L’orientation chez les fourmis : L.-Y. Dehorne. — Les aiguilles de Valbelle.
- Supplément. — Occultations de deux étoiles par Jupiter. — Une chute de météorites à Aztec (Arizona). — L’huile de café. — Quelques réactions chimiques des rayons pénétrants du radium. — Une machine à essayer les pavés, etc.
- Les merveilles de l’instinct chez les insectes, par J.-H. Fabre. Extraits des Souvenirs entomologiques et Histoires inédites du Yer luisant et de la Chenille du chou, in-18, 271 p., 16 pl. Delagrave, éditeur, Paris, 1913. Prix : broché, 3 fr. 5o; relié mouton, 6 francs.
- Sous ce titre se trouvent réunies une quinzaine d’études délicieuses précédées d’une description vivante de ce coin de terre, a l’Harmas », qui fut le laboratoire de plein air, où le grand savant, accroupi parmi les pierres et les arbustes, assista pendant de si longues années à la vie de ces petits êtres dont il déduisait et vérifiait sans aucune précipitation les impulsions mystérieuses et merveilleuses de l’instinct. Parmi les insectes dont il est question dans ce volume, il faut en citer qui sont connus de tous : la sauterelle verte, la mouche bleue de la viande, les araignées. On ne lira pas sans émerveillement le récit des opérations du nécrophore, ce croque-mort des animaux relativement gros comme la taupe, la souris, etc. Mais les lecteurs trouveront à ce nouveau volume un attrait tout particulier, car, à côté des morceaux extraits des Souvenirs entomologiques, se trouvent deux études inédites : le Yer luisant et la Chenille du chou, insectes inégalement connus de nous, mais dont les mœurs sont également ignorées.
- La vie de J.-H. Fabre, naturaliste, par un disciple, par le Dr G.-Y. Legros. Préface de J.-H. Fabre. In-18, 297 p., portrait de J.-H. Fabre, en héliogravure. Delagrave, éditeur, Paris, 1913. Prix : 3 fr. 5o.
- Ce livre est un passionnant commentaire de l’œuvre du grand naturaliste. C’est aussi un pieux hommage rendu à ce vieillard dont la gloire ira grandissant à mesure que l’on se rendra compte de la portée de ces travaux auxquels l’entomologiste a consacré une longue et laborieuse existence. Le Dr Legros qui fut l’ami de l’illustre maître, son confident et son disciple, a assisté en témoin attentif et passionné à l’éclosion des derniers travaux du savant, à ses dernières années de labeur, si critiques, si délaissées, si
- émouvantes avant la résurrection finale. Il a pu fouiller dans les archives familiales et c’est ainsi qu’il fait revivre tant de souvenirs qui retracent fidèlement 1 existence du grand naturaliste, véritable poème d’énergie et de labeur désintéressé, et nous montrant en même temps comment fut élaborée cette œuvre qui fait aujourd’hui l’admiration du monde entier.
- Aperçu d’une histoire de la langue grecque, par A, Meil-let, professeur au Collège de France. 1 volume in-16. (Hachette et Cie, Paris). Prix : broché, 3 fr. 5o.
- On n apprend plus guère le grec en France et c’est dommage. Car c est la langue littéraire par excellence et c est aussi la langue ou a commencé à s’exprimer notre science. Le livre de M. Meillet envisage le grec d un autre point de vue, comme un cas unique de survivance permettant de suivre pendant 3ooo ans 1 évolution d’un langage. Cette histoire montre comment le développement linguistique dépend des événements historiques et des conditions sociales. On y voit comment les langues tendent sans cesse à se briser en parlers locaux distincts et comment les Grecs ont réagi en se donnant des langues communes et ont fini par réaliser l’unité de langue.
- Etudes culinaires, suivies du traitement de l’obésité des gourmands, par Ali-Bab. 2e édition. 1 vol. 636 pages. Flammarion, éditeur, Paris, igi3. Prix : 12 francs.
- Ali-Bab est le pseudonyme d’un très distingué ingénieur des mines. Il faut lui être reconnaissant de remettre en honneur et de vulgariser la science gastronomique qui n est point si futile, ni si méprisable que le pensent certains beaux esprits. « L’art d’accommoder les aliments pour les rendre appétissants et digestibles » relève directement de l’hygiène bien comprise. Dans le grand mouvement de renaissance physique qui, en ce moment, reconstitue, la France,, l’art de bien manger a un grand rôle à jouer. Ali-Bab, converti à la gastronomie par ses pénibles expériences d’ingénieur prospecteur, nous offre classées en ordre (juasi scientifique une série de recettes succulentes infiniment variées, souvent originales, toujours parfaitement saines. Il nous fait faire également un curieux et (agréable voyage à travers les cuisines de tous les peuples ; à le lire, on se convaincra que-la bonne cuisine n’est nullement l’ennemi du beau langage.
- Le catalogue des catalogues 1913 (Guide de l’acheteur automobile), édité par Y. Lefèvre et Baron, i, avenue Félix-Faure, Paris. Prix : 1 fr. 3o.
- Il donne les prix, caractéristiques de : 177 marques d’autos françaises et étrangères, 1122 châssis, 19 marques d’aviation, 92 marques d’accessoires, de pneus et divers. Il donne notamment des renseignements intéressants pour les petites voiturettes, les cycle-cars, motocyclettes, etc.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Æ
- Characteristics of existing glaciers, par William Herbert Hobbs, New-York, 1911, The Macmillan Company, in-8ü, 140 lig. Prix : 16 fr. u5.
- Par une intéressante comparaison entre les glaciers d’Europe, d’Amérique, et même des glaces polaires, l’auteur reprend tout ce qui concerne les glaciers ; et
- il s’applique surtout à démontrer que les conditions ne sont pas les mêmes, sur les effets semblables pour les inlandsis du Groenland, les fleuves congelés des Alpes et les banquises. L’auteur estime que les théories opposées de Y érosion glaciaire et de la protection glaciaire sont excessives chacune pour leur part. L’illustration de cet important livre est excellente.
- jteo
- 10D
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- G&>:
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FOUCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 avril 1913 . 9°,9 S. E. 2. Couvert. 2,0 Couvert; jduie à diverses reprises.
- Mardi 22 11°,7 r S. S. E. 1, Couvert. 0,4 Pluie à 4 h. ; nuageux.
- Mercredi 23. . . . . li°,0 N. N. E. 1. Nuageux » Rosée; brume; nuageux.
- Jeudi 24 9°,9 N. N. E. 1. Nuageux. » Rosée ; faible brouillard ; nuageux.
- Vendredi 23 ... . n°.r. S. W. 2. Couvert. 1,0 Rosée; brunie; très nuageux; averse à 12 h. 13-18.
- Samedi 26 10°.9 S. S. W. 3. Nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Dimanche 27. . . . 12u,<) S. S. E. 2. Beau. » Rosée; nuageux.
- AVRIL 1913. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 AVRIL 1913—
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi ^ | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à borde mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du ig au 26 avril. — Le 19. Nouvelle dépression sur la mer du Nord (Shields : 74° mm). Fortes pressions sur le S.-W. et l’E. (Moscou : 770). Pluies sur le N.-W. En France : Biarritz, 25 mm; Brest, 23; Besançon et Lyon, 14 ; Paris, 4- Temp. du matin : Belfort, 70; Toulouse et Moscou, 10; Paris, 11; Alger, 16; moyenne à Paris : n°,2 (normale : ro°,3). — Le 20. Même situation barométrique que la veille. La dépression de la mer du Nord s’est déplacée vers le N.-E. Pluies sur le N.-W. et lé Centre du continent. Temp. du matin : Dunkerque, + 70; Paris et Saint-Pétersbourg, 8; Nantes et Toulouse, 12; moyenne à Paris : io°,6 (normale : io°,4)- — Le 21. La pression barométrique se relève sur le N. et le Centre de l’Europe (Vienne : 765 mm). Dépression sur les Iles-Britanniques (Valentia : 731). Pluies sur le Centre et le W. En France : Lyon, i5 mm d’eau; Perpignan, i3; Paris, 2. Temp. du matin: Kuopio, -f- 4° ; Belfort, 5 ; Biarritz et Toulouse, 11 ; Alger, 16; moyenne à Paris : i2°,5 (normale : io°,5). — Le 22. Fortes pressions depuis les Iles-Britanniques jusqu’à la Russie. Dépression profonde sur l’Islande (734)- Minima secondaires (760) sur le golfe de Gascogne et la Méditerranée occidentale. Pluies sur le Centre et le W. du continent. En France : Pic du Midi, 29 mm; Biarritz, 22; Brest, 11; Marseille, 8. Temp. du matin : Hapa-randa, — 20; Belfort et Nantes, -f- 11 ; Paris et Biarritz, 12; moyenne à Paris : i5° (normale io°,6). — Le 23. Dépression dans les parages de l’Islande (Isafjord : 7'5o mm) et sur la Méditerranée (Alicante : 758). Aire
- du Bureau Central Météorologique.
- de fortes pressions entre les Açores, les Iles-Britanniques et la Finlande. Pluies sur l’Allemagne et le W. de l’Europe. En France : mont Ventoux, 36 mm; Marseille, a5; Nice, 16; Lyon, 11; Clermont-Ferrand, 10. Temp. du matin : Belfort, -)- 8°; Nantes, 12; Paris, 14; Alger, 16; moyenne à Paris : 15°,3 (normale : io°,7). — Le 24. La pression baisse sur presque toute l’Europe. Minima au large des Iles-Britanniques (Valentia : 747) et sur le Centre de la France. Pression supérieure à 763 en Russie. Pluies sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Biarritz, 14 mm; Nancy, 10; le Mans, 9. Temp. du matin : Belfort et Paris, -f- io°; Nantes et Alger, 11; Toulouse, 12; moyenne à Paris : i3°,6 (normale : io°,8). — Le 25. Dépression sur le N.-W. de l’Europe et sur la Méditerranée occidentale (Cagliari : 753 mm). Pression élevée en Russie et sur les Açores. Pluies sur le N. et le W. de l’Europe En France : mont Ventoux, 3o mm; Marseille, 17; Nice, 6; Nancy, 3. Temp. du matin : Spitzberg, —16°; Bcdfort, -f- 10; Paris, 12; Alger, i4; moyenne à Paris : i2°,3 (normale : ii°). — Le 26. Nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques (Irlande : 784 mm), une autre sur la Méditerranée; fortes pressions sur la Russie. Pluies sur le N., le W. et le S. de l’Europe. En France : Nice, 5 mm; Brest et Marseille, 3. Temp. du matin : Belfort, 9; Nantes, 10; Paris, 11; Alger, 13 ; Nice, 17; moyenne à Paris : n°,8 (normale : 11). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 20, à 9 h. 33 du soir.
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- Revue des Sciences et de
- leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : iao, 'Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « Ta Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2085. — 10 MAI 1913.
- SUPPLÉMENT
- iüD
- INFORMATIONS
- attt
- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3i mai (n° 2088), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 20 mai aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- La formation des oxydes d’azote par l’action de l’étincelle électrique dans l’air liquide. — Nos lecteurs savent que l’étincelle électrique éclatant dans l’air, c’est-à-dire en substance dans un mélange d’oxygène et d’azote, amène la combinaison de ces deux corps à l’état de composés oxygénés de l’azote plus ou moins complexes ; et ils n’ont certainement pas oublié que ce principe a été mis en oeuvre assez récemment pour la préparation synthétique industrielle des nitrates, notamment du nitrate de chaux qui commence à faire concurrence au salpêtre du Chili. Un auteur allemand, M. E. Muller, a eu l’idée de faire agir l’étincelle, non plus sur l’air à l'état gazeux, mais sur l’air liquide. D’après ses expériences, cette action peut donner naissance, suivant le courant électrique employé, soit à de l’ozone pur pour les courants à haute fréquence, soit, à côté de petites quantités d’ozone, à une combinaison solide d’azote et d’oxygène pour les courants à faible fréquence. Cette combinaison, mise en suspension dans l’air liquide, possède une coloration verte, mais, sous l’action de la lumière, elle devient d’un bleu céleste clair. L’analyse de la combinaison verte correspond à la formule de l’anhydride azoteux N2O3.
- L’osmose dans le sol. — Malgré les nombreux travaux exécutés à ce sujet, le problème de la circulation de l’eau dans le sol n’est pas encore élucidé d’une façon complète et l’on doit se borner encore à enregistrer les diverses expériences susceptibles d’éclairer cette question si importante. On a constaté récemment que les sous-sols argileux fonctionnaient comme des membranes semi-perméables et que l’eau les traverse tandis qu’une solution saline ne les traverse pas. La vitesse de passage de l’eau augmente avec la température ; la pesanteur intervient, bien entendu, dans les effets produits par cette osmose. Enfin, l’efficacité du sol agissant comme membrane semi-perméable augmente avec la profondeur. Ces nouvelles recherches sont susceptibles
- d’applications agricoles, notamment au drainage des terrains argileux.
- Métal résistant aux acides. — La cherté croissante du platine, jusqu’alors surtout employé au laboratoire et à l’usine comme métal résistant parfaitement aux acides forts, provoque les recherches de substituts plus économiques. Nous avons mentionné ici (Supplément de mars 1908) l’invention des métillures, alliages qui d’ailleurs ne paraissent guère avoir été pratiquement appliqués. On vient en Amérique d’imaginer un alliage de nickel chromé qui aurait donné de meilleurs résultats. C’est un composé très complexe contenant 65 pour 100 de nickel, 18 pour 100 de chrome, 8 pour ioo de cuivre, 3 pour 100 de tungstène, 2 pour 100 d’aluminium et
- I pour 100 de manganèse et des traces utiles de divers autres métaux. L’alliage peut être martelé, étiré, limé.
- II résiste si bien aux acides sulfurique et nitrique qu’on en fait des chemises d’obus calorimétriques.
- 1500 kilomètres en aéroplane sur un monoplan métallique. — L’aviateur Guillaux vient d’accomplir le plus beau raid aérien que nous ayons eu à enregistrer jusqu’ici. Parti de Biarritz le dimanche 27 avril, à 4h 42' du matin, il s’est reposé de son voyage à 7 heures » du soir à Kollum, au nord de la Hollande, ayant effectué un trajet de i5oo km — officiellement 1255 — en 9 heures de vol. L’appareil qui lui a permis une telle performance mérite une courte description. C’est un monoplanjnétallique Clément-Bayard dont les caractéristiques sont les suivantes : envergure 9 m. 20; largeur des ailes 2 m.; surface portante 16 m2; longueur totale 7 m. 5o; poids à vide, avec un moteur de 80 CV, 35o kg; charge utile 275 kg. Vitesse moyenne 145 km à l’heure. Le fuselage est fait en tubes d’acier au nickel; sa section est pentagonale à l’avant pour faciliter l’aménagement de la partie mécanique et du siège du pilote. La section devient ensuite triangulaire et diminue jusqu’à l’extrémité qui porte les empennages et gouvernails. Il est garni de tôles d’aluminium à l’avant et de toile à l’arrière. Le châssis d’atterrissage est constitué par deux tubes d’acier horizontaux, l’un fixe, l’autre mobile, supportant les roues ; ils sont réunis par deux biellettes et quatre amortisseurs en caoutchouc. L’essieu est réuni au fuselage par quatre tubes en acier se réunissant en trois points à l’aide de trois écrous. L’armature des ailes est en tôle d’acier au nickel et bois de frêne. Elles sont emmanchées dans le fuselage au moyen d’articulations métalliques; le haubanage est assuré par des câbles d’acier pourvus de tendeurs, Les ailes sont absolument indéformables, sauf dans le sens du gauchissement. Les empennages et les gouvernails sont également à carcasses métalliques tubulaires. Un levier unique commande le gouvernail de profondeur et le gauchissement; le gouvernail vertical est actionné au pied. L’aménagement général a été parfaitement compris.
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- INFORMATIONS
- Le pilote, confortablement assis dans un baquet en aluminium garni de cuir, est protégé contre le vent par un torpédo. Un tableau en bois supporte tous les accessoires de contrôle : compte-tours, manomètre de pression, altimètre, porte-carte, niveau d’essence. Une pompe à air, commandée par le moteur, maintient une pression constante dans le réservoir d’essence; elle évite au pilote la manœuvre de la pompe à main. Enfin, un capot d’aluminium recouvre le moteur afin d’éviter les projections d’huile. Nous devons ajouter que les usines Clément-Bayard effectuent en ce moment des essais en vue de supprimer entièrement l’usage du bois dans la construction des ailes. Les nouveaux appareils seront donc entièrement métalliques ; seules, les surfaces portantes et celles constituant les empennages et les gouvernails resteront ce qu’elles doivent être dans tous les aéroplanes.
- ~ Tissu protecteur contre les rayons X. — Les gants généralement en usage pour les manipulations radiologiques sont des gants ordinaires auxquels on a ajouté, du côté de la face dorsale, une sorte de palette en caoutchouc plombeux qui arrête bien les rayons X, mais qui manque absolument de souplesse ; d’autre part, les mains sont protégées aussi longtemps qu’on n’expose aux radiations de l’ampoule que la face dorsale du gant, mais, du côté de la face palmaire èt au niveau des parties latérales qui sont le plus fréquemment exposées au cours des manipulations radiologiques, la protection est nulle. La Presse médicale nous apprend que M. Bettrémieux, aè Roubaix, vient d’imaginer un tissu beaucoup plus souple qui permet de protéger toute la main contre les radiodermites. C’est un tricot de soie chargé de trois fois son poids de phospho-stannate de plomb. La soie, ainsi traitée par teinture, contient 26,47 pour 100 d’oxyde d’étain et 3^,5 pour 100 d’oxyde de plomb. Ce nouveau tissu a l’avantage d’être beaucoup plus souple que ceux qu’on employait jusqu’à présent et d’être tout à fait imperméable aux rayons X, surtout quand la face dorsale a été renforcée. Il rendra de grands services aux radio,-logues toujours menacés de brûlures graves.
- Le commerce des bananes. — Un de nos lecteurs, M. Louis Granier, nous fournit des renseignements complémentaires au sujet de l’article sur la croissance du
- bananier, paru dans le n° 2074. Le bananier est cultivé également aux îles Canaries, partout où les eaux d’irrigation ne font pas défaut, et la production est abon-c dante; rien qu’à Marseille, on a reçu, l’an dernier, de ces îles,
- 11 766 cages d’un régime et 117 660 cages de deux régimes de bananes, achetées pour 2 600000 fr. L’espèce cultivée aux Canaries est le bananier de Chine, Musa si-nensis, qui n’atteint guère plus de 2 mètres et produit cepen-
- ,, dant de gros
- fruits très appréciés. L’espèce cultivée aux Antilles, .beaucoup plus grande, est le Mus sapientium. Nous reproduisons ici la floraison d’un bananier américain, .d’apçès une photographie que nous venons de recevoir de la Floride.
- - L’huile de foie de morue. — On a beaucoup discuté sur les causes de l’action thérapeutique de l’huile de foie de morue; on l’a tour à tour attribuée à l’iode, aux phosphates, aux lécithines, aux alcaloïdes que l’huile conlient. D’après M. O. T. Williams [The Pharmac. Jauni, and Pharmacist), elle serait due aux matières
- grasses très abondantes dans l’huile dont elles constituent les à g8_ centièmes. Ces matières grasses sont très facilement assimilables parce qu’elles sont formées d’acides gras non saturés. Laissée à l’air, l’huile devient moins digestible en même temps que ses acides gras se saturent et que son indice d’iode diminue. M. Williams propose donc de choisir les huiles de foie de morue commerciales, préparées et conservées à l’abri de l’air et riches en acides gras non saturés; ces huiles sont les plus efficaces en même temps qu’elles possèdent le goût le moins désagréable et la plus grande-digestibilité.
- Les zébus de Madagascar. — L’ Agriculture Nouvelle fait connaître les premiers, résultats, fort encourageants, de-T'exportation des zébus de Madagascar. L’île nourrit environ 4600000 de ces animaux. En 1909, on essaya d’en expédier en France, et en 1911 on en embarqua 16 253 valant 1 i3oooo francs. En même temps, une usine de conserves et de frigorification, installée près de Diégo-Suarez, traita, d’avril à octobre 1911, 10000 zébus qui donnèrent près de 1000 tonnes de viande valant 1 589000 francs. Une autre usine vient de se construire près de Majunga.
- Une invasion de lapins dans les cimetières. —
- Maître Jeannot, pourchassé probablement de ses logis forestiers, avait trouvé tout simple d’élire domicile dans les cimetières de Rouen. A l’abri des poursuites, il se mit à pulluler, comme pullule cette engeance, et à commettre de tels dégâts, que le conservateur dut appeler les chasseurs à la rescousse. Les plantes, les fleurs apportées par les parents pour orner les tombes disparaissaient en quelques heures, dévorées par les petits rongeurs. Les chasseurs appelés traquèrent les lapins ati*furet, mais les terriers creusés presque à pic le long des tombes, ne permettaient pas au furet de ressortir du terrier et il fallut renoncer à ce procédé de destruction. Ôn eut alors l’idée de recourir au virüs employé en Australie pour la destruction de ces terribles lapins. Le D' Loir, directeur du bureau d’hygiène; fut chargé de cette opération qui avait déjà très bien réussi jadis dans les caves de M. Pommery à Reims. En huit jours, le poison avait fait son œuvre, les lapins étaient détruits, morts dans leurs terriers et les cimetières roùennais débarrassés de leurs méfaits.
- Un nouveau « Linné ». — L’Académie des Sciences de Berlin vient d’accorder une subvention extraordinaire de i5ooo francs à une œuvre qui mérite d’attirer l’attention : il s’agit de faire un nouveau Linné, qui paraîtra sous le titre Nomenclator animalium generum et subge-nerum, et sera rédigé sous la direction du zoologiste allemand Fr. E. Scïiulze. Les travaux préparatoires k cette tâche énorme sont commencés : ils ont pour premiers buts de créer à Berlin un répertoire authentiqué des noms d’espèces et de sous-espèces, rangés par ordre alphabétique, puis, sous une forme permanente, un bureau central et international de la nomenclature à la fois zoologique et paléontologique. Ce bureau aura pour charge de répartir et de coordonner la besogne en plus d’une centaine de séctions, correspondant aux coupures mêmes du règne animal, et où des spécialistes de tous pays auront pour charge de suivre chacun la production scientifique dans leur domaine propre. Souhaitons, le plus, vif succès à cette tentative d’oi-ganisation scientifique. !
- Crocker Land Expédition. — M. Hovey, de l’Arne-rican Muséum of Natural History, nous informe que fa Crocker Lând Expédition vient d’être réorganisée et qu’elle partira en juillet prochain. Cette expédition,-se propose de découvrir et d’explorer une nouvelle terre qu’on suppose exister au nord-ouest des îles qui s’étendent entre la terre de Grant et celle du Prince Patrick, au nord-ouest du Groenland; L’existence de cette terre est déduite de l’observation du régime des marées dans l’océan Arctique, de nombreuses traditions des Esquimaux et surtout du rapport de l’amiral Peary, qui déclare avoir vu cette terre en juin 1906 des points élevés du cap Colgate et du cap Thomas Hubbard. L’expédition durera plus de 2 ans; elle relèvera la carte de cette nouvelle terre et y fera de nombreuses observations météorologiques, sismologiques, géologiques, zoologiques, botaniques et ethnologiques. Les souscriptions américaines s’élèvent déjà à 25o 000 francs et l’expédition s’annonce comme une des plus importantes que les Etats-Unis aient jamais organisées.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Q0C
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- t^ss. Mécanique <*«&>
- Nouveau système de presse hydraulique. — Ou
- •connaît le principe du fonctionnement des presses hydrauliques, et l’avantage de leur emploi. Pratiquement, ces sortes de presses pèchent cependant par un point faible : le joint entre le piston et le corps de presse où on injecte l’eau doit résister à de formidables pressions ; quelque parfait qu’il soit il fait perdre de la force par frottement, il s’use et laisse alors passer un peu de liquide.
- Le constructeur anglais Lister vient de supprimer élégamment cet inconvénient en imaginant une presse hydraulique sans joint. L’appareil, très simple, se compose essentiellement d’un cylindre extensible formé d’éléments annulaires en acier doublés intérieurement de caoutchouc. Le tout forme cannelures déformables (fig. i) et quand on injecte de l’eau à l’intérieur, l’ensemble s’allonge, tel un soufflet d’accordéon, et soulève un sommier, guidé par les tiges du bâti. Ce sommier
- porte un panier de tôle perforée où fut placée la matière à pressurer, ainsi for te-ment poussée contre le piston fixe, porté par un sommier supérieur et entrant juste dans le panier.
- Bien qu’on en puisse douter, peut-être à cause d e la solidité relative du caoutchouc qui, somme toute, supporte tout l’effort, la pompe est, paraît-il, très rustique et son f o n c t i onnement garanti. Bien entendu, le système ne vise pas à remplacer les formidables presses hydrauliques d’aciéries, mais pour les petits modèles enusage dans les industries chimiques et pharmaceutiques par exemple, l’innovation semble réellement avantageuse. La presse Lister est vendue en France par Isaac et Villiot, ingénieurs, i3, rue de l’Aqueduc, Paris.
- Pompe à chaîne sans fin « multicellulaire ». —
- Les pompes de certains systèmes sont composées essentiellement de chaînes à godets : les godets s’emplissent dans le bas du puits, remontent et se vident en haut tandis que la chaîne les supportant tourne autour de la roue motrice. L’appareil imaginé par M. Caruelle repose sur une ingénieuse modification: de ces sortes de chaînes à godets. La chaîne « multicellulaire » de ses pompes ne porte pas de godets, ou plutôt elle en forme une quantité formidable, de par la seule disposition des maillons. Ceux-ci, en effet, sont formés de petites plaques en tôle estampée, articulées à leurs extrémités avec les bouts des plaques voisines comme dans les chaînes Galle; mais les éléments au lieu d’être plans, sont profilés de manière à ce que leur ensemble formé des petites cellules (fig. 2). D’autres cellules sont formées par la jonction de deux séries de maillons; et toutes ces cellules sont suffisamment petites pour que, plongée dans l’eau et remontée verticalement, la chaîné sorte avec tous ses évidements remplis de liquide.
- ' r ' K
- Vue d’ensemble d’une petite presse Lister.
- Il suffit donc de faire dérouler une telle chaîne multicellulaire tout le long d’un puits pour élever l’eau du bas jusqu’à la poulie sur laquelle tourne la chaîne. Mais il faut alors combiner un procédé permettant de provoquer la vidange des cellules chargées d’eau ; l’inventeur atteint ce but très facilement en intercalant sur le trajet de la chaîne, à l’endroit où l’on veut recueillir l’eau, une petite poulie (fig. 1) qui, en coudant la chaîne,
- en raison aussi de la force centiûfuge, assure le départ de l’eau tombant dans un réservoir ad hoc. — Cette pompe est construite par M. Caruelle, à Origny-Sainte-Benoîte (Aisne).
- 3§'în£< Electricité ^4^3
- Appareil portatif pour l’essai d’une bobine. — A
- la foire à la ferraille, qui vient de se terminer il y a quelques semaines, nous avons vu, ainsi que certains de nos lecteurs sans doute, nombre de vieux appareils électriques : vieilles sonneries, téléphones préhistoriques, magnétos d’appel couvertes de poussière, et même bobines de Ruhmkorff. Si vous marchandez une de ces épaves, venues on ne sait d’où, le brocanteur vous
- Fig. 2. — Essai avec ampèremètre.
- Fils de cuivre d'essai
- sèche
- Fig. 3, — Essai d’une bobine.
- assurera évidemment que le fonctionnement en estparfait.
- Ceci peut se vérifier assez facilement pour une magnéto d appel ou d’allumage, car en la faisant tourner, si jamais elle tourne, on pourra se rendre compte si une petite étincelle se produit aux contacts. Mais ce qui’est. possible avec un appareil rotatif ne l’est plus avec un appareil qui exige, pour fonctionner, une source quelconque d’électricité et ce n’est pas, certes, le marchand en plein air qui vous fournira la pile nécessaire à l’essai désiré. Vous risquez alors d’acheter une sonnerie, un téléphone, une bobine dont les circuits sont coupés. Vous pourrez évidemment les réparer, mais vous aurez payé ainsi des appareils hors d’usage beaucoup trop cher. :
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Yoici un moyen simple de vous confectionner un appareil d’essai portatif à l’aide d’une lampe électrique de poche.
- Ces lampes contiennent ordinairement une pile sèche qui actionne une petite lampe élèctrique (fig. i), et le circuit passe par un bouton d’allumage qui n’est autre qu’un simple bouton poussoir.
- Si l’on place dans le circuit la bobine à essayer, le courant ne passera que si le conducteur n’est pas coupé et que si la bobine est utilisable et alors le filament de la lampe rougira plus ou moins, suivant que la résistance de la bobine est petite ou grande.
- Pour réaliser ce dispositif, on utilisera le bouton poussoir et on fixera un fil de cuivre de sonnerie de 20 centimètres environ à chaque pôle de l'interrupteur et les extrémités de ces fils seront reliées aux fils d’entrée et de sortie de la bobine à essayer (fig. 3).
- Comme nous l’avons dit, si la résistance de la bobine est grande, la lampe rougira très peu et, si l’on voulait un essai plus probant et plus visible, on pourrait intercaler, entre un des fils de cuivre venant de la lampe et un des fils de la bobine, un petit ampèremètre de poche (fig. 2). La moindre déviation de l’aiguille indiquera que le courant circule et que la bobine n’est pas coupée.
- Bien entendu, pendant l’essai, il ne faut pas agir sur le bouton poussoir, mais si l’essai de la bobine ne donnait rien, le bouton poussoir servirait à contrôler le bon état de la pile sèche, car, en actionnant ce bouton, la lampe doit briller normalement, ce qui prouverait alors que c’est bien la bobine qui ne vaut rien. Avec ce petit dispositif d’essai, on ne courra pas le risque d’employer dans un montage une bobine mauvaise, ce qui naturellement donnerait des résultats nuis et ferait rater les expériences les plus simples.
- Photographie
- La pince flotteuse. — On a indiqué depuis longtemps, comme procédé de lavage des épreuves sur papier, celui qui consiste à les fixer à un bouchon de liège qui permet de les maintenir verticalement dans la cuve de lavage. Bien qu’on puisse employer divers.
- moyens peu compliqués pour fixer une épreuve au bouchon, il a semblé qu’il serait
- • Fig. 2.
- plus commode de livrer de petites pinces toutes préparées à cet effet. Elles sont formées de deux morceaux de liège de 3 centimètres et demi de long, taillés en biseau et réunis par un caoutchouc. Il suffit d’appuyer sur une extrémité pour ouvrir la pince ; le papier une fois introduit dans le flotteur, on disposera celui-ci de façon à ce qu’il repose sur l’eau horizontalement.
- En employant ce procédé pour laver les épreuves, on évite qu’elles ne se superposent les unes aux autres et on peut, par suite, abréger l'opération, toutes les épreuves se trouvant toujours en contact avec une eau constamment renouvelée. —- Chez M. Laurent, g3, rue Legendre, Paris.
- Objets utiles
- Le revolver lumineux. —- La lampe électrique de poche, dont l’emploi s’est répandu si rapidement, a reçu aux Etats-Unis une ingénieuse application qu’il est intéressant de signaler : c’est le revolver lumineux. a
- rst La crosse de l’arme est disposée pour recevoir une petite pile sèche assez puissante pour illuminer une ampoule logée dans un tube métallique fixé sous le canon, et parallèlement à lui.
- En amenant la détente à un premier point d’arrêt, ou, à proprement parler, à un premier point de résistance,
- la pression du doigt provoque le contact entre la pile et la minuscule lampe. Un jeu de réflecteurs projette la lumière de telle façon que le tireur n’a plus qu’à viser le centre du disque lumineux qui va se plaquer sur la
- y
- 1.
- surface offerte; et une'seconde pression sur la détente déclanche le chien et provoque l’explosion de la cartouche. La lampe s’éteint instantanément dès que la
- Fig. 2.
- détente revient en avant après l’explosion, et ne se rallume que sous une nouvelle pression.
- Il est certain que la nouvelle arme pourra rendre des services aux personnes appelées à se défendre contre une attaque nocturne. D’après les journaux américains, elle serait déjà adoptée pour l’armement de la police de Chicago.
- Briquet à 30 000 allumages. — Quand on veut seulement se servir du briquet pour allumer une mèche permettant au fumeur de prendre du feu par tous les temps, malgré le vent et la pluie, l’appareil devient d’une construction très peu compliquée. Mais en général la petite quantité de ferio-cerium qu’on peut placer contre la roulette molletée, qui provoque les étincelles, est trop faible et nécessite un renouvellement assez fréquent. M. Fleury-Lourd, dans le modèle qu’il vient de créer (fig. 1 et 2) a ménagé une place suffisante pour loger une baguette A de plus de 1 centimètre qui, d’après les expériences qu’il a pu faire, peut donner plus de 3oooo allumages.:Mais l’emploi d’une baguette un peu longue nécessite un réglage du ressort R qui la pousse vers la molette.
- Pour cela le constructeur a terminé l’extrémité inférieure de ce ressort par un crochet mobile D qu’on peut placer successivement dans des encoches a, b, c, d pratiquées à cet effet dans la coulisse qui sert au logement du ressort. Dès qu’on s’aperçoit que le frottement n’est plus suffisant, il suffit d’avancer ce crochet d’un cran et ainsi de s&ite jusqu’à usure complète du ferro-cerium. — Chez M. Fleury-Lourd, 45, rue dü Faubourg-du-Temple, Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
- Qêt.
- Un procédé de gymnastique respiratoire. — La
- culture physique a fait chez nous et dans tous les pays des adeptes nombreux; la santé péut être acquise ou modifiée par de simples exercices journaliers et dans les collèges, pas encore dans tous, dans les gymnases, on a délaissé ces exercices de gymnastique aux cordages pour faire de simples mouvements rythmés des jambes et des bras, pour assouplir les muscles et donner au corps de la vigueur et de l’élasticité. Dëmandez au lieutenant de vaisseau Hébert ce qu’il a obtenu et ce qu’il obtient tous les jours des hommes confiés à son entraînement méthodique.
- Il est un point de culture physique qui s’adresse plus spécialement à l’enfance et aux malades : c’est la gymnastique respiratoire. Aucun organe, a dit un hygiéniste savant, le Dr Lagrange, ne se modifie aussi rapidement que le poumon pour s’accommoder au fonctionnement plus actif qui lui est demandé. D’une façon générale, la technique actuelle de la gymnastique respiratoire se trouve trop compliquée pour beaucoup de malades et de souffreteux. La procédé le plus simple est la respiration ample et profonde, la bouche fermée; en exécutant au grand air une série de mouvements respiratoires de grande amplitude, on fait pénétrer jusque dans les alvéoles pulmonaires une quantité d’oxygène supérieure à celle que donne une respiration normale, on fait entrer l’air dans des cellules qui ne se déplissent pas, ne s’ouvrent pas toujours quand on ne donne pas une inspiration large et profonde. Si ce petit jeu respiratoire se fait à la campagne et a fortiori dans la montagne où l’air est plus pur, moins chargé de particules nocives, le bénéfice est encore plus grand.
- Un de nos collègues, le Dr Pescher, vient d’imaginer un procédé très simple pour forcer en quelque sorte l’acte respiratoire.- Il a été conduit à ce moyen très ingénieux et très commode par le désir de remédier à l’insuffisance pulmonaire chez un petit malade atteint de pleurésie, chez lequel la gymnastique respiratoire était particulièrement indiquée. Comme il ne parvenait pas à lui faire exécuter facilement, par la seule explication théorique, les mouvements nécessaires, il eut recours au procédé qu’il appelle procédé de la bouteille, dont voici la technique bien simple.
- Quand on renverse dans un récipient quelconque contenant un peu d’eau une bouteille pleine d’eau, celle-ci, par le fait de la pression atmosphérique, ne se vide pas, bien que débouchée. Pour la vider, il suffit d’insuffler de l’air dans la bouteille, à l’aide d’un tuyau de caoutchouc introduit par le goulot; on réalise une contre-pression; ce sont des principes de physique élémen-
- taire. Or, ce petit appareil permet de réaliser la gymnastique respiratoire de la façon la plus complète et la plus amusante pour les enfants.
- Le volume d’air qui circule dans le poumon à chaque mouvement respiratoire est, chez l'adulte, d’environ un demi-litre ; chez l’enfant, il ne dépasse guère normalement un tiers dé litre. Si vous faites insuffler dans la bouteille un litre d’air dans le mouvement expiratoire, ce qui suffit à vider la bouteille, et ce qui suppose une inspiration préalable d’environ un litre d’air, vous aurez réalisé un acte respiratoire intensif, puisque vous aurez presque doublé le volume d’air en circulation dans le poumon. Il suffit de graduer l’effort, suivant la résistance et l’âge du sujet, en prenant des bouteilles de capacité différente et en les faisant vider un certain nombre de fois de suite, le matin et le soir.
- Chez son petit malade, M. Pescher fit vider 20 bouteilles le matin, autant le soir, puis 3o et plus les jours suivants. L’enfant prenait plaisir à ce jeu et s’entraînait lui-même; il arriva à vider des bouteilles de 2 litres. Le résultat de ces exercices fut surprenant, l’épanchement pleurétique diminua rapidement, le poumon reprit sa place normale et au bout de quelques semaines tout était rentré dans l’ordre.
- Ce premier succès encouragea notre confrère à généraliser ces essais et les résultats qu’il a obtenus chez les enfants débiles, qui respirent mal, à poitrine rétrécie, méritent d’être connus; les emphysémateux, tous ceux qui ont, comme on dit, la respiration courte, doivent bénéficier de ce procédé. L’essentiel est de commencer par des récipients de capacité modérée, un demi-litre au plus pour les enfants, un litre pour les adultes en progressant lentement jusqu’à 2 litres pour les premiers et 4 litres pour les seconds. L’inspiration doit se faire par le nez, être lente et régulière; l’expiration, destinée à vider la bouteille, devra de même être lente, sans à coup et jamais poussée à fond, avant d’être bien exercé. Entre chaque acte respiratoire il faut un léger repos.
- Combien de fois doit être répété le procédé de gymnastique ? ,,Cela dépend, comme je l’ai dit; de la résistance et de l’état du sujet; deux séances par jour, comprenant de 10 à 5o exercices, seront suffisantes dans la plupart des cas; une séance de 10 exercices, faite avec méthode, ne demanderait pas plus d’un quart d’heure. Rien de plus simple, n’est-ce pas ; rien de plus pratique, de plus à la portée de tous. Essayez et vous obtiendrez, n’en doutez pas, le même bénéfice qu’a tiré l’auteur du procédé de la bouteille. Dr À. Cartaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Procédé de blanchiment des huiles. — Le commerce recherche les huiles de teinte aussi pâle que possible, ce caractère étant considéré comme un indice de la qualité. Le permanganate de potasse est utilisé avec succès pour le blanchiment des huiles.
- Yoici comment on doit procéder :
- Après avoir fait» dissoudre 1 kg de permanganate de potasse en petits cristaux, dans 10 litres d’eau, on mélange peü à peu cette dissolution, d’une couleur pourpre intense, dans 3o kg de l’huile à blanchir et on remue le tout aussi souvent que possible, à plusieurs reprises, pendant deux jours. Ce temps écoulé, on ajoute 20 litres d’eau et 5 kg d’acide chlorhydrique du commerce à 20-22 degrés Baumé, et on brasse de nouveau, énergiquement.
- Au bout de quelques jours, on soutire soigneusement l’eau acidulée, on traite l’huile par l’eau chaude, afin de la purger des traces d’acide, et on la fait passer sur un filtre au charbon. On obtient ainsi une huile parfaitement blanchie, dépourvue de tout excès de coloration
- qui la déprécierait. Les huiles d’olive, de lin, de pavot, de palme, de poisson, etc., se prêtent très bien à ce traitement.
- Colle forte liquide. — On sait que les colles à base de gélatine se solidifient en refroidissant : cela oblige à les employer chaudes, ce qui peut être parfois gênant. Aussi ajoute-t-on fréquemment à ces mixtures une substance empêchant la gélification quand s’abaisse la température; le plus souvent de l’acide nitrique ou de l’acide acétique. Malheureusement, les colles liquides préparées de la sorte ne peuvent être employées sur papier par exemple, non plus que sur toute matière sur laquelle réagissent les acides, -i
- La colle préparée selon les indications deiM. Stéphan ne présente pas ces inconvénients. On l’obtient en faisant ramollir 5oo gr. gélatine ou colle de Givet dans 4oo c. c. d’eau, en chauffant au bain-marie pour homogénéiser le mélange ; puis en ajoutant roo gr. de résor-ciue, ou, mais cela est moins à recommander, 100 gr.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- d’acide phénique. Naturellement, on peut étendre avec plus d’eau si l’on veut obtenir une mixture très fluide.
- (Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.)
- Laits de cire. — On peut aisément amener la cire d’abeilles à l’état d’émulsions très fluides et très persistantes avec.de l’eau simplement alcalinisée. De telles mixtures seront employées avantageusement comme encaustiques ininflammables par exemple. On peut les préparer en chauffant à l’ébullition un des mélanges
- suivants : A B
- Eau 100 err. xoo gr.
- Cire d’abeilles 10 — 10 —
- Ammoniaque 1 — » —
- Carbonate de potasse. . )) 2 —
- L’émulsion, bien agitée, est coulée en flacon quelconque après repos pour séparer la croûte superficielle se formant souvent quand on emploie l’ammoniaque, et
- qu’on ne peut émulsionner par un excès d’alcali. A la longue, il arrive que les laits se résolvent; mais il suffit de remuer pour rétablir l’homogénéité.
- Très économiques en raison de la faible teneur en cire et de l’absence d’essence, et nullement dangereux à cause de leur ininflammabilité, ces encaustiques s’appliquent sur le bois en couche épaisse qu’on doit laisser longuement sécher avant de brillanter. L’encaustique au carbonate de potasse donne par séchage un enduit d’aspect dépoli qu’il est bon de frotter d’abord avec un bout de bois arrondi et brûlé à son extrémité, avant de procéder au brossage. Plutôt que de préparer des laits très concentrés, au cas où l’enduit ne paraît pas assez épais, mieux vaut passer une ou plusieurs couches, après séchage de la précédente : la cire s’émulsionne mal quand les mixtures en contiennent trop. En aucun cas, on ne peut substituer à la cire d’abeilles ses imitations à base d’ozokérite : même en employant des décoctions de saponine, il est impossible de les émulsionner. (Laboratoire de la Nature.)
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. Hervé de Beaulieu, à Boulogne-sur-Seine. — Pour boucher solidement les trous et joints dans les murs, employer un des ciments décrits dans les Recettes de la Maison, p. 297 et 298, qui vont paraître chez notre éditeur.
- DT G., à Vichy. —Contrairement aux termes de la lettre que vous avez reçue du Service des mines, la circulaire du i5 décembre 1912 indiquant une nouvelle formule d’évaluation de la puissance en chevaux des automobiles, intéresse autant le public qui paie que le Service des mines qui taxe suivant son bon plaisir. Logiquement, votre voiture 4 cylindres y5 X 120, au régime maximum de i5oo tours, devrait être taxée pour 10 chevaux, d’autant que la note descriptive qui la con-eerne, approuvée en avril 1910 par le Service des mines, indique comme vitesse maxima en palier 61 km 700, qui est bien près de la vérité pour cet engin. Dans la pratique, la formule proposée étant empirique, et fausse d’ailleurs, conduirait, si on l’appliquait à la vitesse de régime du moteur, seule logique et intéressante, à une telle diminution de la puissance taxée, qu’il en résulterait un trou important dans le budget admis jusqu’ici. Les ingénieurs des mines ont donc reçu en conséquence l’ordre d’adopter pour o> une valeur telle, que l’impôt à payer reste le même que précédemment. Il en résulte que généralement les demandes de dégrèvement seront reçues comme la vôtre, parce qu’au lieu de prendre
- pour (ù la vitesse maxima indiquée -? qui ne donnerait que 10 chevaux, le Service des mines adoptera pour
- votre moteur m
- 1770
- 60
- qui vous laissera imposé pour
- 12 chevaux, alors même que vous ne pourrez pas faire tourner votre moteur à un régime aussi élevé. Cela revient à dire que, pour toute demande de dégrèvement, on s’efforcera de ne ne rien détaxer, en prenant une valeur de &> suffisamment forte pour cela. En réalité, il eût mieux valu, lors dé la création d’une formule d’application aussi fantaisiste, adopter un coefficient numérique plus fort, qui fasse correspondre la puissance imposable, non pas à une vitesse co absolument inaccessible, mais bien à une vitesse connue qui corresponde'à la puissance maxima au banc, c’est-à-dire à peu près à la vitesse de régime. Le coefficient o,oooi5 de la formule étant trop faible, et de nature à trop diminuer le rendement des impôts sur les automobiles, on se rattrape en augmentant w qui devient alors la véritable inconnue du problème. C’est très simple!
- M. Chardin, à Pantin. — Sur l’efficacité comparée des divers calorifuges, les chiffres les plus souvent cités sont ceux de M. Hepwart, que nous reproduisons ci-dessous :
- Plume Perte de chaleur pour 100. . . 6,2 Efficacité relative. 100
- Coton cardé .... . . 8,1 98
- Crin • • ii,4 94,4
- Toile ....... • - n,7 94,3
- Jute . . i3,2 92,5
- Poudre de liège . . . . i3,6 92,3
- Sciure de bois . . . . . 14,2 91-5
- Magnésie calcinée. . • • i4,7 9°,9
- Plâtre . . 36,2 68,0
- Amiante • • 47,9 55,5
- Sable fin . . 66,3 35,8
- Mais ces indications sont toutes relatives : l’efficacité relative varie selon les températures auxquelles on opère, selon l’épaisseur des revêtements, etc.... Voir pour plus de détails, et les chiffres obtenus par d’autres expériences, les travaux de Luttge, parus en 1887 dans les Transactions de l’Institut des ingénieurs miniers américains ; et ceux de Boyer-Guillon, publiés en 1906 dans le Bulletin du laboratoire du Conservatoire des Arts et Métiers.
- M. P. C. S. N. — Vous pouvez trouver du kieselguhr des diverses variétés aux adresses suivantes : Alquier, 36, rue de Joinville, Paris; Yereinigte deutsche Kiesel-guhrwerke, Hanovre (Allemagne); Iven fils,^ 3, rue Fontaine-du-Roi, Paris.
- M. H. D. T., à Paris. — Pour obtenir sur étoffe une « teinture » or très résistante, le mieux est de fixer une feuille d’or véritable en opérant comme les doreurs : on donne une couche de colle de pâte, puis, après séchage, une couche de blanc d’œuf ; puis, après séchage, on passe un chiffon légèrement huilé. On applique une feuille d’or, et on appuie avec un fer chaud qui fixe le métal en coagulant l’albumine.
- M. A. G., à Paris. — Un homme de 70 kg possède environ 5 litres de sang, une femme de 60 kg, 4 litres.
- C. Cafmont, Montevideo. — Aucun redresseur de courant ne se prête à l’emploi que vous désirez en faire. Il faut des piles ou des accumulateurs. Yoici les adresses des fabricants : redresseur Soulier, 7, rue de la Gare, Arcueil; soupape Nodon, à la Société Mors, 7, rue Duranti, Paris.
- M. W. Marquerie, à Tarbes. — Les meules à poudre dure agglomérée par le caoutchouc sont faites en malaxant l’abrasif avec de la gomme, des factices, du soufre et en chauffant ensuite à l’autoclave. La vulcanisation est une opération délicate qu’un amateur ne peut guère entreprendre. L’ouvrage Caoutchouc, p&x Petit (Mulo, éditeur, rue Hautefeuille), contient des details sur la préparation des mélanges et la vulcanisation, mais sans renseignements spéciaux pour les meules.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. P. II., à Sainte-Mère-Église. — Pour la destruction des rats, on emploie avec succès, paraît-il, le Séro-Raticide du Dr Gazai, produit agissant par le virus exalté d’une toxine qui les tétanise immédiatement et les fait périr quelques instants après. Ce produit n’exige aucune préparation ni manipulation pour son emploi et conserve indéfiniment ses propriétés. Quant au Raiifuge, autre produit, il s’emploie en badigeonnage et éloigne les rats. Nous ne connaissons pas la composition de ces produits, qui sont d’ailleurs préparés industriellement et vendus en boîtes : le Séro-Raticide, 5 et io francs la boîte; le Ratifuge, 3, 5 et io francs, par là Société Cazal et Cie, 26, boulevard Saint-Denis, Paris, à laquelle vous pourriez vous adresser pour tous renseignements complémentaires. Actuellement, on expérimente, sous le contrôle du Ministère de l’Agriculture, dans le département de la Charente-Inférieure, et pour la destruction des campagnols ou rats des champs, les virus du D1 Chritsmas qui paraissent devoir être de même efficaces contre les rats qui infestent les-habitations. Ces virus sont : le Ratin et le Ratinol que l’on peut se procurer à la Société française des Laboratoires bactériologiques, 37, rue des Acacias, à Paris (17e). D’autre part, nous apprenons que, d’après M. Sauvinet, assistant de zoologie au Muséum d’histoire naturelle, le Ratinol employé dans cet établissement y a donné un résultat très satisfaisant.
- M. G. S. n° i3, à Nancy. — Nous ne possédons pas d’indications relatives à remploi de l’acide cinnamique en vinification, et nous pensons que cet acide ne présente pas grand intérêt dans le cas dont il s’agit. Il n’existe d’ailleurs pas, actuellement, d’études particulières sur cette question (articles de revues ou ouvrages). Nous savons, cependant, que l’on a dû faire usage de l’acide cinnamique pour la conservation de certains vins blancs, notamment les vins dits de Gaillac. Pour être renseigné à cet égard, le mieux serait de s’adresser aux spécialistes dont voici les noms : M. Vincens, directeur de la Station oenologique dé Toulouse ; M. le Dr Blarez, professeur de chimie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux; M. L. Mathieu, directeur de la Station œnologique de Bourgogne, à Beaune (Côte-d’Or) ; M. Colomb-Pradel, directeur de la Station agronomique de Nancy; M. B. Fallût, sous-directeur du Laboratoire agronomique et œnologique de Loir-et-Cheb, à Blois; M. Moreau, directeur de la Station œnologique d’Angers, et M. Semichon, directeur de la Station, oenologique de Narbonne (Aude).
- M. M. Joliot, à Pau. — Nul doute que vous puissiez facilement préparer des bombes produisant une épaisse fumée en arrivant à terre. Voyez le Manuel Roret, a artificier » (Mulo, éditeur, rue Hautefeuille). En principe, et par prudence, nous ne publions pas de recettes pyrotechniques.
- BIBLIOGRAPHIE
- OS*L
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le muguet : René Merle. — L’automobile interplanétaire : H. V.
- — Le rouissage chimique du lin. — Les buttes huîtrières de
- Saint-Michel-en-l’Herm (Vendée) : Jules Welsch. — Turbines
- marines avec réducteurs de vitesse à engrenage : R. Bonnin. —
- Les usines élévatoires des eaux d’égout de la Ville de Paris :
- Lucien Fournier. — Le nouvel appareil servant au tirage des
- obligations : Henriquez-Phillipe. — Le « Vaterland », le plus
- grand navire du monde : Dr A. Gradenavitz. — Statuettes
- colombiennes : Daniel Claude.
- \
- Supplément. — Nécrologie : Victor Tatin. — Les minerais de platine de l’Oural, etc.
- Recettes et procédés utiles de « La Nature ». Tome I. ' Recettes de la maison. Tome IL Recettes de Vatelier, par A. Chaplet, 2 vol. illustrés et cartonnés vendus séparément. Masson et Cie, éditeurs, Paris, 19x3. Prix : 3 francs le volume.
- M. Chaplet, qui dirige le Laboratoire de La Nature avec une compétence et une activité que nombre de nos lecteurs ont pu apprécier, a entrepris de rajeunir , . et de. compléter .les Recettes et procédés utiles que
- G. Tissandier avait réunies en petits volumes de lecture commode. .Ce qui caractérise çette nouvelle édition, c’est, avec le classement méthodique des
- 'recettes, ce fait-essentiel que la majeure: par lie des renseignements-publiés ont été contrôlés par l’auteur - même-ou par des collaborateurs de ce journal ; beaucoup sont originaux et sont le résultat d’essais au ' Laboratoire, entrepris toujours sur la demande de nos lecteurs. Il ne nous appartient pas de .faire l’éloge de ces deux petits livres. L’éditeur a mis tous ses soins à-les présenter sous une forme élégante et pratique. Donnons un aperçu des matières' : les Recettes de la maison donnent des recettes alimentaires, dés eônséils d’hygiène, des procédés de nettoyage, de construction, etc. ; les Recettes de4’atelier comportent IéS chapitres suivants : Recettes dû bureau, Recettes du mécanicien, Recettes de* l'électricien, Travail des métaux, Travail du bois, cuir, corne, ivoire, celluloïd, etc.
- Traité de la couleur au point de vue physique, physiologique et esthétique, par M.-A. Rosenstiehl, in-8° . de xv-278 p., avec 56 fig. et 14 planches coloriées.
- H. Dunod et E. Pinat. Prix : 20 francs.
- M. Rosenstiehl a cherché les lois de l’harmonie des couleurs et complété les travaux de Chevreul et de
- ses successeurs. Il traite des applications à la photographie en couleurs et de l’arrangement harmonieux des couleurs dans les dessins et dans les appartements. L’auteur montre comment on assortit la couleur des boiseries et des étoffes avec celle du bois des meubles et du teint de la personne humaine. Il décrit des appareils très simples, des manipulations rapides qui constituent les moyens d’expérimentation, et montre comment, étant donnée une couleur directrice et les surfaces relatives assignées aux diverses couleurs, celles-ci s’en déduisent expérimentalement avec précision.
- Manuel pratique de Vouvrier électricien-mécanicien. Adaptation française de l’ouvrage allemand de Ernst Schulz, par J.-A. Montpellier, in-8° de 324 p., avec 175 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 6 francs.
- M. Schulz a exposé,, dans ce livre, le fonctionnement des dynamos, des alternateurs, des transfor-mateurs, des commutatrices et des convertisseurs, ainsi que celui des moteurs à courant continu et à courants alternatifs. M. Montpellier a complété chacun des chapitres de l’édition allemande par des additions d’ordre essentiellement pratique, de manière à constituer un manuel élémentaire à la portée des ouvriers qui ont, non seulement à conduire et à réparer des machines électi'iques, mais qui doivent encore en connaître parfaitement le fonctionnement. ^
- Comment on crée une mine, par M. Lecomte-iDenis,. 2e édition, in-i6 de 225 p. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 4 fr. 5o.
- M. Lecomte-Denis a examiné toutes les phases de l’histoire d’une mine, aussi bien ce qui dépend de l’art de l’ingénieur que les questions,.économiques, industrielles et financières qui en découlent. Il s’est efforcé de mettre en garde ses contemporains contre les chevaliers d’industrie de tous ordres, fauteurs du discrédit jeté, grâce à leurs manœuvres, sur l’industrie minière.
- Les Concepts fondamentaux de la science, par Federico Enriques, traduit de l’italien par L. Rougier. i vol. in-18 (Bibliothèque Gustave Le Bon). Flammarion, éditeur, Paris, 1913. Prix : 3 fr. 5o.
- Cet ouvrage étudie la genèse psychologique et la signification réelle des concepts fondamentaux de la science. L’auteur montre que ces concepts, loin d’être des conventions simplement commodes, ti'ouvent leur justification dans les données de la physiologie des
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- sens et l’analyse des sensations, ou dans les générales de l’association des idées.
- Le peuple annamite. Ses mœurs, croyances et traditions, par E. Langlet, Préface de M. A. de Pouvourville. In- 12, 322 p., 8 photos et une carte. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, igi3. Prix : 3 fr. 5o.
- Ce sont lès notes et observations recueillies au cours de plusieurs années de mission topographique, en Annam, par un sous-officier qui sans cesse a vécu dans des milieux indigènes. Habile à gagner la confiance des populations rurales, il a su en profiler pour se documenter sur les mœurs, si différentes de celles
- des Annamites frôlés par la civilisation dans les centres populeux.
- L’Avenir de nos villes. Etudes pratiques d’esthétique urbaine. Nice, capitale d’hiver, par Robert de Souza. i vol. in-8 avec 106 illustrations et plans. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, iqi3. Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur s’inquiète de l’enlaidissement de nos villes, et, à propos de Nice, dont la croissance a été particulièrement rapide et négligée, véritable trésor gâché, il pose le grand problème de l’assainissement, du développement rationnel et de l’esthétique des cités modernes.
- “1*so
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- -OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 avril 1913 . 15°,2 S. 2. Eclaircies. » Nuageux ; rosée.; halo.
- Mardi 29 16°,1 N. E. 1. Quelq. nuages. 0,1 Peu nuag. ; rosée ; halo ; éclairs dans la soirée, avec petites averses.
- Mercredi 30. .... 16°, 8 S. S. E. 1. Nuageux. 8,1 Tr. nuag. ; rosée ; orages entre 11 h. et 21 h. ; pluie dans la soirée.
- Jeudi 1er mai.... 8°, 5 W. N. W. 3. Pluie. 4,5 Tr. nuag. ; averses le malin et entré 20 et 21 h.
- Vendredi 2 9°,0 S. S. w. 1. Couvert. M Couv. jusq. 15 11., nuageux ensuite.; brume.
- Samedi 3 8°,0 s. s. w. 1. Beau. 0,5 Beau jusq. 8 h.; nuag. ens.; rosée ; halo ; gouttes ; averses dans la s.
- Dimanche 4 . . . . 8°,0 S. S. W. 2. Pluie. ' 7,2 Très nuageux; pluie à diverses reprises.
- AVRIL-MAI 1913. — SEMAINE DU LUNDI 28 AVRIL AU DIMANCHE 4 MAI 1913.
- Lundi | Mardi ) Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 27 avril au 3 mai. — Le 27. Pressions basses sur le W. et le S. de l’Europe. Minima au large de l’Irlande (Valentia : 736 mm). Fortes pressions sur l’E. de la Russie. Pluies sur le W. et le S. du continent. Temp. du matin : Dunkerque, 8°; Nantes, 11; Paris, 12; Biarritz, 16; Alger, 17; moyenne à Paris : 140,1 (normale :
- 11$). — Le 28. La pression se relève sur toute l’Europe. Une dépression persiste sur les Iles-Britanniques et dans les parages de l’Islande (Yalentia : 744)- Pluies sur la moitié W. de l’Europe. En France : ballon de Servance : 21 mm; Cherbourg et Lorient, 5. Temp. du matin : Charleville, ii°; Moscou, 13 ; Paris et Bordeaux, i5; Biskra, ai ; moyenne à Paris : i8°,6 (normale : ii°,3). — Le 29. La pression est élevée sur presque tout le continent : Vardoe, 775 mm; Riga, 770. Minima au large de la péninsule Ibérique et dans les parages de l’Islande (750). Pluies sur le W. de l’Europe. En France : La Hague, 8 mm; Besançon, 4. Temp. du matin : Nantes, i3°; Marseille, 14 ; Paris et Alger, 16; moyenne à Paris : ig0,4 (normale : n°,3). •— Le 3o. La pression s’abaisse entre l’Islande, les Iles-Britanniques et le N.-W. de la France (Malin-Head : 751 mm); elle reste élevée sur le N. et l’E. du continent. Pluies sur le
- du Bureau Central Météorologique.
- W. de l’Europe. En France : Dunkerque, 25 mm; Toulouse, 22; le Mans, 16; Paris, 11. Temp. du matin : Arkhangel, — 4°; Nantes, +10; Marseille, 12; Paris, 17; Nancy, 20; moyenne à Paris : i4°,8 (normale : Ti°,4). — Le ier mai. Pression basse sur le W. de l’Europe. Minima sur l’Islande (746 mm) et les Pays-Bas (756). Fortes pressions sur le N;-E. et le S.-W. du continent. Pluies sur le W. de l’Europe. En France : Besançon, 18 mm; Nancy, 15: Gap, 14; Paris, 2. Temp. du matin : Arkhangel, —6°; Lyon, +6; Paris, 9; Marseille, 11 ; Alger, 17; moyenne à Paris : io°, 2 (normale : ii°,5). — Le 2. Même situation barométrique que la veille. Minima sur l’Islande (748), le Danemark (755) et l’Autriche (757). Pluies sur le W. et le Centre. En France : Biarritz, 19 mm; Lorient, 11. Temp. du matin: Belfort, 70; Paris, 9; Marseille, 11 ; Alger, 15 ; moyenne à Paris : g°,4 (normale : n°,6). — Ze 3. Nouvelle dépression sur le N.-W. de l’Europe (Ecosse : 748 mm; îles Scilly : 782). Baisse générale de la pression. Pluies sur le N., le Centre et le W. de l’Europe. Temp. du matin : Belfort et Limoges, 6°; Paris et Lyon, 8; Alger, 17. — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 28, à 6 h. 9 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut, Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : lao, 'Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2086. — 17 MAI 1913.
- SUPPLEMENT
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- Avis de l'administration. — L’échéance du 3 e mai étant l'une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l'abonnement se termine avec le numéro du 3i mai (n° 2088), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 20 mai aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- La grandeur des molécules. — Les chiffres étant impuissants à éveiller des idées exactes sitôt qu’ils s’éloignent trop des normes habituelles, on a coutume, pour représenter des choses très grandes ou très petites, de donner des comparaisons. En voici une fort juste que donne M. Boll, dans le Bulletin des anciens élèves de l’Ecole de physique et de chimie, pour évaluer la grandeur de la molécule: « Sj l’on cherche à compter le nombre des molécules contenues dans 1 millimètre cube de gaz hydrogène, et qu’on en sépare par sa pensée un milliard par seconde, cette opération durerait plus de dix siècles! » Notons à ce propos que l’ordre de grandeur dont il s’agit n’est pas, comme tant d’autres chiffres démesurés, le résultat de calculs fort hypothétiques. On le calcule de façon relativement exacte, et en arrivant aux mêmes résultats ou presque, en se basant sur divers phénomènes très différents : viscosité des gaz, mouvements browniens, couleur bleue du ciel, vie du radium.
- La nature de la lumière produite par certain insectes. — On sait qu’un certain nombre d’insectes émettent, à diverses périodes de leur existence, une lumière spéciale très visible dans l’obscurité ; le ver luisant est le type le plus connu de ces animaux. Les hypothèses les plus différentes ont été émises au sujet de la nature de cette luminosité sans, d’ailleurs, que la question soit tranchée d’une façon définitive. Un chimiste, M. Ives, a récemmènt passé en revue les phénomènes de « lumière froide » dus à la fluorescence, à l’électro- et chimico-luminescence et ceux dus aux organismes vivants. Il a signalé que, pour les insectes, la luminosité durait encore 2 ans après la mort. Ce fait intéressant démontre qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène biologique proprement dit et que cette luminosité est due vraisemblablement à un phénomène chimique indépendant de la vie; il tendrait à orienter les recherches dans un sens nouveau. L’illustre J.-H. Fabre, dans sa dërnière étude sur le ver-luisant, arrive à la même conclusion.
- L’existence d’eaux naturelles ozonisées. — L’ozone, qui est dû à une condensation de l’oxygène, se détruit facilement et rapidement en sorte qu’il semble difficile de le rencontrer dans les eaux naturelles. Cependant, en étudiant l’eau forte de Bagnores du Monte Àmiata, on a trouvé que les gaz dégagés renfermaient o cm3 0064 d’ozone par litre. Bien que celte quantité soit faible, le fait est intéressant à noter et peut, peut-être, servir à expliquer l’action thérapeutique des eaux qui la contiennent.
- Action de l’eau de baryte sur certains verres. —
- On sait que les verres, qui sont constitués au point de vue chimique surtout par des silicates alcalins et alcalino-terreux, sont solubles en proportion très appréciable dans les alcalis, tels que la potasse et la soude. On a constaté de même que l’eau de baryte attaque le verre; avec certaines variétés qui contiennent des sulfates, il se forme, à la surface, du verre, de petits cristaux de sulfate de baryte.
- Recherche de l’arsenic dans une terre de cimetière. — A la suite des recherches de MM. Armand Gautier et Gabriel Bertrand, on sait que l’arsenic est un corps, à peu près universellement répandu chez les êtres vivants, en quantités faibles, il est vrai, mais appréciables par les méthodes sensibles de dosage que nous possédons aujourd’hui. Il n’est donc pas étonnant que l’on ait retrouvé cet élément dans la terre d’un cimetière italien dans lequel étaient ensevelies de nombreuses générations d’habitants ; les quantités extraites ont atteint plusieurs milligrammes par kilogramme de terre.
- Action des vapeurs sur les végétaux. — Les
- plantes sont nettement sensibles aux vapeurs que divers parfums ou essences répandent dans l’air en quantité pourtant impondérable : M. Coupin a publié, il y a deux ans, une série d’observations à ce sujet; en enfermant pendant dix jours des planlules de blé dans une atmosphère saturée de diverses vapeurs aromatiques, il a pu répartir les parfums en plusieurs classes de toxicité décroissante : les vapeurs des essences de Badiane et d’Anis tuent immédiatement la plantule (il est à remarquer que ces deux essences si toxiques entrent précisément dans la composition de l’Absinthe) ; les essences d’Absinthe, Thym, Serpolet, Lavande, Bergamote, Tanaisie, Romarin, Néroli, ne tuent qu’au bout d’un certain temps et après une légère croissance de la plante; les émanations de Cannelle, Verveine, Ylang-ylang, Violette, Sauge, Menthe, Mélisse, Win-tergreen, Géranium, Fenouil, Angélique, Orange, rendent,, la plante malade et diminuent sa croissance, mais sans la tuer; le Cumin, l’Origan, le Santal, l’Iris, ralentissent seulement son développement; enfin le Patchouli, le Vétiver, l’essence de Girofle, n’exercent aucune action. Plus récemment, M. Molisch a spécialement étudié l’effet
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- INFORMATIONS
- de la fumée de tabac sur les plantes; cette action est nettement nocive, même à faible dose : il suffit d’une bouffée de cigarette par litre d’air contenu dans une cloche, pour qu’au bout de plusieurs jours celle-ci puisse encore vicier l’air qu’on y renfermera au point d’agir de façon appréciable sur une plante fraîchement mise; ce qui donne à penser que les agents toxiques sont divers produits empyreuinatiques volatils et complexes plutôt que l’oxyde de carbone comme le pense M. Molisch. Celui-ci fait remarquer avec raison que bien des expériences de croissance ont dû être faussées par ce fait que les expérimentateurs fumaient en opérant. Les micro-organismes végétaux sont encore plus sensibles. Ces résultats sont assurément pour donner raison aux adversaires de l’absinthe et du tabac.
- A propos de bulles de savon. — M. Vigneron, dans un récent article, résumait ici la nouvelle édition du joli livre de M. Vernon-Boys. Un professeur de l’Université de Gand nous fait remarquer, à ce propos, que la plupart de ces expériences reviennent au célèbre physicien belge Plateau (i8oi-i883), et à son gendre et continuateur van der Mensbruggh. Sans vouloir déterminer ici ce qui appartient respectivement aux physiciens belges et à M. Vernon-Boys, nous saisissons avec plaisir cette occasion de rendre hommage au très grand savant que fut Plateau. Les admirables expériences sur la statistique des liquides constituent une véritable mine où les professeurs et les vulgarisateurs puiseront longtemps encore.
- Défense de fumer. — La municipalité de Philadelphie vient d’interdire de fumer dans les tramways. Un tailleur s’est avisé d’un artifice ingénieux, en vue d’éviter le douloureux sacrifice du cigare ou de la cigarette entamée. Il munit le gilet de ses clients d’une poche doublée d’amiante. Cette matière est rigoureusement incombustible. Dans la poche amiantée, on place le cigare allumé; il s’y éteint doucement et sans danger et le fumeur peut le reprendre dès sa descente de voiture.
- Documents égyptiens sur la « Sortie d’Égypte ». —
- On sait, depuis 1883, par des fouilles de l’égyptologue Naville, que l’itinéraire donné par les Juifs comme celui delà « Sortie d’Egypte » n’est pas imaginaire. Dans le site de Tell-el-Maskhuta, situé entre le Nil et la mer Rouge, ce savant avait retrouvé l’ancienne ville égyptienne de Pe-Atum (Pithom) et identifié le district environnant de Thukut avec le Sukkoth hébraïque de l’Ancien Testament, prouvant ainsi que la route de Ramsès, avec ses diverses étapes, était bien connue des auteurs de YExode et des Nombres. Une preuve littéraire de ces connaissances géographiques juives .vient d’être ajoutée à ces données archéologiques par le déchiffrement d’un papyrus égyptien en écriture démotique, datant du troisième siècle avant J.-C. et publié par J. Offort dans une récente publication du Palestine Exploration Fund. Ce document, qui contient une liste géographique des localités du Delta, cite les villes Ha-hiroth, Migdol et Baalzephon, citées également et dans le même ordre dans le récit du Pentateuque. Ce texte n’a, bien entendu, de valeur certaine qu’en ce qui concerne l’information de la géographie égyptienne des écrivains israéliles, et ne constitue en rien, ni une preuve de la réalité de l’exode, ni une indication sur le trajet suivi. Il faut signaler cependant que l’égyptologue Daressy attribue au mot Pihahi-roth (dont la forme sémitique est Pi-ha-kiroth) la signification de « lac de Kharta » et reconnaît dans ce lac le Djebel-el-Kheir de l’Egypte actuelle. C’est l’emplacement où s’appliquerait au mieux le fameux épisode de la traversée de la mer Rouge, ce lac se trouvant encore en connexion avec ladite mer, par Pintermédiaire du golfe de Suez, dont il forme l’extrémité septentrionale. Cette attribution est également admise par l’éminent égyptologue anglais, Flinders Petrie, dans son ouvrage récent Egypt and Israël.
- Action de l’argent sur PAspergilIus. — Depuis les célèbres expériences de Raulin, en 1870, tout le monde répète que l’argent empêche le développement des champignons du genre Aspergillus, même quand il se trouve à l’état de traces ; c’est même là le premier exemple et le plus célèbre des actions infinitésimales. Or, il semble bien que la question est à reprendre, après les notes qui
- viennent de paraître dans les Comptes Rendus de la Société de Biologie. D’une part, MM. Cadur et Thiry, en plaçant des pièces d’argent dans un vase contenant une culture à’Aspergillus, 11’ont observé aucun retard dans le développement. D’autre part., M. Clément a élevé des Aspergillus niger dans divers milieux contenant du col-largol, du protargol, de l’argyrol et aussi dans des vases d’argent pur. L’argent ne semble donc pas avoir le pouvoir toxique qu’on lui avait attribué.
- La longueur des Orvets. — Tout le monde connaît le serpent de verre ou orvet (Anguis fragilis), très commun dans toutes nos campagnes, où on le confond souvent avec les vrais serpents. Le Dr Boulenger vient de citer, dans le Field, les records de taille atteints par cette jolie et fragile espèce. Un serpent de verre du British Muséum, incomplèt — sa queue s’étant aulolo-misée— mesure 0 m. 425 ; un autre, complet, provenant du Sussex, a la même longueur; mais le plus grand est un orvet provenant de la Côte-d’Or, en. France, qui atteint presque o m. 5o. On comprend qu’une telle taille, exceptionnelle chez l’orvet, provoque sa confusion avec les serpents et amène sa destruction. Un nouvel exemple du danger des grandeurs!
- Population de la Grande-Bretagne et de Londres.
- — Voici des extraits d’un rapport de M. Paul Meuriot, à la Société de Statistique, sur la population de la Grande-Bretagne en 1911. De 1-901 à 1911,1a population des Iles-Britanniques a augmenté de 3756000 unités; de 1891 à 1901, cet accroissement avait été de 3 730000. Depuis 1801 lé taux le plus faible (680000 unités), appartient à la période 1841 -1851, à cause de la très forte émigration des Irlandais. Sur les 21260000 habitants gagnés par le Royaume-Uni depuis 1831, les deux tiers à peu près (i3 760000) reviennent à la seule période 1871-1911. L’Angleterre proprement dite tient le premier rang. De 1901 à 1911, elle s’accroît de 3 236 000 unités, soit 86 pour 100 de l’augmentation totale de la Grande-Bretagne. Dans le pays de Galles, l’accroissement est également très sensible, plus de 3oo 000 habitants depuis 1901. En Ecosse, il y a un ralentissement dans l’augmentation. U y a une diminution en Irlande, mais qui tend à décroître. L’Irlande, qui comptait en 1841 8 196000 habitants, n’en a plus aujoui'd’hui que 4382000 et elle ne représente plus que 9,7 pour 100 de la population britannique totale au lieu de 32,6 pour 100 en 1841. Le Royaume-Uni est, avec l’empire allemand, le pays des grandes agglomérations urbaines. On y compte aujourd’hui 5o villes de plus de 100000 habitants avec une population globale de 16 millions, soit plus du tiers de la population totale. L’Angleterre proprement dite renferme 41 villes de plus de 100000 âmes (il n’y en avait que 12 en 1871). Ce développement urbain concentre la population dans l’agglomération londonienne et le nord de l’Angleterre. Or, comme la répartition des sièges aux Communes n’a pas changé depuis 188 x, cette répartition tourne au détriment des circonscriptions dont la population augmente le plus. L’Irlande garde toujours ses io3 mandats parlementaires; la moyenne des habitants p&v constituency n’y est que de 42 5oo, tandis qu’elle est de 66 100 pour l’Ecosse et de 72 700 pour l'Angleterre et le pays de Galles. Pour la première fois, la population de Londres a diminué : 4628000 habitants au lieu de 4 536ooo en 1901. Mais la banlieue augmente sensiblement ; les 11 districts du central area qui comptaient
- 1 187000 habitants en 1861, n’en ont plus que 866000 et la Cité, qui avait encore 129000 habitants en :85i, n’en avait plus que 27 000 en 1901 ; elle en compte maintenant moins de 20 000. Les 19 districts de la périphérie, dont la population s’élevait en 1901 à 3 180000 âmes en ont aujourd’hui 3 657 000. L’augmentation n’est plus sensible qu’à l’ouest et au sud. L’Outer Ring, de 1901 à 1911, gagne 685 000 habitants, sa population est aujourd’hui de
- 2 730 000 âmes et on y trouve huit villes de plus de 100000 habitants. Dans ces conditions, la population du Greater London est de 7252000 habitants, soit près du sixième du Royaume-Uni et plus du cinquième de l’Angleterre proprement dite (21,3 pour 100). M. Raphaël-Georges Levy a fait observer que les recensements ne font connaître le nombre des habitants qu’aux heures de nuit, où en effet la Cité est déserte, et M. Cadoux a évalué à 700 000 le nombre des personnes rassemblées journellement dans la Cité.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- se> Cinématographie <*
- Le cinématographe employé comme cible. — Un
- inventeur anglais vient d’avoir l’idée de constituer, avec le cinématographe, de véritables cibles vivantes à l’usage des amateurs de tir : au lieu de s’exercer sur le classique carton, ou la non moins classique pipe, c’est sur des fauves enchâsse, des oiseaux en plein vol, des chevaux au galop, des automobiles lancés à toute vitesse, des soldats isolés ou en troupe, que les tireurs éprouvent leur adresse. Un dispositif mécanique arrête le film une seconde après chaque coup de feu, et la trace de balle apparaît nettement comme un trou lumineux sur l’écran. On peut donc apprécier aisément le résultat. Voici par quel mécanisme est assuré l’arrêt momentané du film : le bruit de la décharge est transmis, par des
- Position du tireur.
- microphones suspendus au-dessus de la cible, jusqu’à la cabine de l’opérateur de cinéma. Là, il impressionne un relais, et celui-ci provoque l’arrêt temporaire du film. Il faut encore faire disparaître le trou percé par la balle sur l’écran du cinéma. A cet effet, derrière celui-ci s’en trouvent deux autres, mobiles formés de deux rouleaux de papier blanc, se déroulant l’un horizontalement, l’autre verticalement; de la sorte, l’orifice percé par le projectile ne subsiste qu’un instant et s’efface presque aussitôt. Il est probable que cet ingénieux dispositif ne tardera pas à passer le détroit.
- *» .'Electricité
- de la bobine (fig. i). Le fil occupe l’espace qui n’est pas hachuré, par conséquent autant de fois la section du fil, plus celle de son isolant, sera contenu dans une des rectangles blancs, autant de fois le fil fera le tour de la bobine.
- Les dimensions des rectangles sont faciles à déterminer. La hauteur est la. distance intérieure des jours de la bobine, soit A et la base b est la i/a différence des diamètres des jours et de la partie centrale ou noyau, soit b.
- La section occupée par le fil, étant donné le diamètre d du fil, y compris la couche de coton, soie, etc., isolante, est c?2. On aura donc :
- Nombre de tours de fil — ^ fe.
- {#)
- Ceci est le nombre de tours théorique, en admettant que le fil se trouve inscrit dans Un carré et que les carrés n’empiètent pas lés uns sur les autres (fig. 2), mais ceci ne se produit généralement pas en pratique et les fils dans l’opération de l’enroulement d’une bobine se chevauchent plus ou moins et le nombre de tours trouvés devra être augmenté de environ 1/10. On aura donc en réalité :
- Nombre de tours
- b X li
- 1,10 X
- di
- 2° Longueur du fil. — nS- — Coul)e d’une bobine. Connaissant le nombre de
- tours, il est facile de trouver la longueur totale du fil qui se trouve sur la bobine. Les tours placés près du noyau sont très courts, tandis que les tours extérieurs emploient beaucoup plus de fil. Mathématiquement, la moyenne des longueurs des différents tours égale la longueur de la spire dite moyenne, c’est-à-dire de celle qui se trouve au centre du bobinage (fig. 1).
- La longueur de cette spire, dont le rayon est égal au rayon du noyau, plus la moitié de b a :
- n (r -J- è)2
- et la longueur du fil sur la bobine sera :
- Nombre de tours X longueur de la spire moyenne.
- 3“ Résistance électrique. — Etant donné la longueur du fil qui se trouve sur la bobine, il est facile de calculer sa résistance si l’on connaît la résistance électrique d’un mètre de fil de cuivre de même section métallique ; cette section ou le diamètre qui permet de la trouver, étant pris cette fois, la couche isolante étant enlevée.
- Enroulement pratique. Fig. 2
- Enroulement théorique.
- Le diamètre du fil nu étant connu, on (trouvera dans des tables la résistance du mètre de fil.
- Voici quelques chiffres extraits de ces tables pour le fil de cuivre :
- Fil de Résistance du mètre en ohms.
- Calcul de la longueur du fil et de la résistance électrique d’une bobine. — Etant donné une bobine de fil achetée d’occasion ou autrement, il peut être nécessaire, comme nous le verrons en étudiant la construction d’un petit transformateur, de connaître le nombre de tours, la longueur du fil et la résistance : voyons comment on obtient ces données très simplement.
- i° Nombre de tours. — Représentons la coupe en long
- omm,i de diamètre. .... 2, 0342
- oram,2 — . . . . o, 5o823
- on,m,5 — . : . . o, 08 i58
- omra j 7 — .... 0,041 514
- °mnl)9 — .... 0,025 ii3
- imœ — .... 0,020342
- Au moyen de ces données il est facile de calculer la
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- résistance du mètre de fil d’un diamètre quelconque. En effet, à longueur égale, la résistance d’un fil est inversement proportionnelle à sa section ou au carré de son diamètre. Par exemple, nous prendrons pour base le fil de diamètre 0,1 mm et, si nous voulons calculer la résistance R d’un fil de diamètre o,32 mm, nous écrirons :
- ^ 2,o342 X 10 X 10
- “ 32 X 32 •
- La résistance du mètre de fil étant connue, il suffira de multiplier cette résistance par la longueur totale trouvée au paragraphe 2 pour avoir la résistance de la bobine.
- Bien entendu, les chiffres du tableau concernent des résistances étalons prises à o°. Si l’on voulait un résultat précis, il faudrait faire une correction de température, car la résistance d’un même échantillon de fil croît avec la température.
- Pour ceux de nos lecteurs que cette correction intéresserait, la valeur du coefficient est de o,oo3g par degré. Par exemple, si on a la résistance R d’un fil à o° et qu’on veuille connaître la résistance R' à if>°, on écrira :
- R' = R [1 -f- (0,0039 x 15)].
- On voit, somme toute, qu’en pratique courante, l’augmentation de la résistance R est peu appréciable.
- E.-H. Weiss.
- j£> Chimie ot
- L’épuration chimique des eaux de toilette. —
- L’eau chimiquement pure est chose rare et, par suite, précieuse. La plupart de nos eaux de boisson et de
- TT-7-
- :. — Petit filtre de toilette.
- Fig. 1. — Filtre d’appartement à permutite.
- toilette sont chargées de sels calcaires qui, parfois fort utiles à la santé, n’en sont pas moins très gênants pour la toilette et les soins du ménage. Toutes les ménagères savent les ennuis que font naître les eaux dites « dures » : dépôts d’incrustation sur les casseroles, difficulté de cuire les légumes, difficulté pour blanchir le linge, et consommation excessive de savon. De même, la toilette avec une eau dure est fort désagréable en raison des précipités de savons insolubles auxquels les savons de toilette donnent naissance lorsqu’ils entrent en contact avec les sels calcaires dissous dans l’eau.
- Mais comment faire pour adoucir une eau par trop düre? Dans l’industrie oh a recours à des épurateurs chimiques automatiques, appareils de poids et de prix, dont on ne peut guère envisager l’adaptation aux petites installations.
- Cependant, on met en vente depuis quelque temps de petits épurateurs domestiques, fondés sur un procédé qui a depuis longtemps fait ses preuves dans l’industrie. Ces appareils ne sont pas d’un prix prohibitif. Il nous paraît donc intéressant de donner sur eux quelques détails.
- Le produit épurant qu’ils emploient est connu sous le nom de permutite. La Nature a déjà signalé les curieuses propriétés de cette substance (Yoy. n° 1923, 2 avril 1910). C’est un silico-aluminate de soude hydraté, répondant à la formule chimique brute :
- 2 SiO3. Al2 O3. Na20.6H-0. La base que contient ce sel à côté de l’alumine est, comme l’a montré le Dr Gans, facilement remplaçable par une autre base (d’où le nom de permutite). Ainsi, lorsqu’on met en contact une solution d’un sel de chaux et la permutite, il se forme une permutite calcique, et l’eau de la solution se charge du sel de soude correspondant. Celui-ci est soluble en toutes circonstances, ne donne jamais lieu à des dépôts, ni à des précipités avec le savon.
- L’intérêt de la. permutite est que cette substance est, pour ainsi dire, inusable. Lorsqu’elle a fonctionné un certain temps, et que la permutite épurante s’est transformée en permutite calcique inactive, on la régénère intégralement en la traitant tout simplement par du sel marin.
- En conséquence, l’appareil épurateur domestique comporte un cylindre fermé contenant le lit de permutite et qui constitue le filtre proprement dit. Au-dessus de ce cylindre est un petit réservoir dans lequel on prépare la dissolution de sel marin destinée à la régénération. Celle-ci s’effectuera par exemple la nuit. Le matin, il suffira de laisser ouvert pendant quelques minutes le robinet de nettoyage, par où s’écoulera l’eau chargée de chlorure de calcium résidu de la régénération. L’appareil sera dès lors prêt à fournir toute la journée de l’eau épuisée.
- Un filtre de toilette pouvant épurer sans régénération 270 litres d’eau coûte 135 francs. Un filtre d’un débit de i35 litres à l’heure coûte 56o francs. — En vente à la Société de la Permutite, 76, boulevard Haussmann, Paris.
- Objets utiles
- Le coqhygiène. — La première qualité d’un œuf à la coque est d’être d’une grande fraîcheur, la seconde est d’être cuit à point. Malheureusement, il est fort difficile de s’assurer de façon absolue de la fraîcheur de
- l’œuf et, malgré les différents systèmes imaginés pour la cuisson, on n’est jamais sûr de l’avoir arrêtée au point voulu. Les choses seraient bien simplifiées si on pouvait regarder ce qui se passe dans l’œuf. C’est ce qu’a pensé M. Fleury-Lourd et, pour cela, il casse la coquille qu’il remplace ensuite par une autre en porcelaine mince : c’est le coqhygiène. Il a la forme et la contenance d’un œuf de bonne grosseur et son couvercle est assujetti au moyen d’un fil d’acier formant ressort (fig. 1). Quand on a cassé l’œuf, et constaté sa fraîcheur, on le laisse couler directement de sa coquille dans la porcelaine qu’on referme. On met à l’eau bouillante comme d’habitude ; celle-ci ne peut pénétrer parce que l’air contenu dans l’espace formé par le couvercle se trouve dilaté et s’oppose à son entrée. Après le temps normal on retire l’appareil et, si on a des doutes sur le degré de cuisson, rien n’est plus facile que de s’en assurer en retirant momentanément le couvercle, puis de refermer et de continuer la cuisson si cela était nécessaire.
- Les œufs ainsi présentés sur la table se mangent beaucoup plus proprement que dans leur coquille : d’abord parce qu’on les ouvre toujours facilement et, ensuite, parce qu’en les assaisonnant on ne les fait pas déborder. Ils ont absolument le même goût que s’ils étaient servis de la façon habituelle et la partie coagulée de l’albumine s’attache aux parois de la porcelaine tout comme à la coque naturelle. En réalité, rien ne les distingue des œufs à la coque tels qu’on les mange habituellement, mais on est garanti contre toute surprise désagréable. — Chez M. Fleury-Lourd, 43, faubourg du Temple, Paris).
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- VARIETES
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- L’avenir du canal de Panama et la concurrence de Suez. — Un économiste américain de grande réputation, M. Emory R. Johnson, chargé par son gouvernement d’une étude sur l’avenir économique du canal de Panama, et aussi sur le montant des droits de passage qu’il conviendra de fixer pour que l’entreprise devienne financièrement profitable, publie dans la North American Review un remarquable travail sur le même sujet.
- L’auteur prédit que le canal de Panama et le canal de Suez entreront en concurrence dès l’ouverture du premier, et qu’ils se disputeront ardemment la clientèle en lui offrant des tarifs réduits sur les droits de passage comme sur le prix du charbon. Il donne, au sujet de cette grande guerre commerciale de demain, des chiffres qu’il nous paraît intéressant de reproduire.
- Il note d’abord que, durant l’année fiscale 1910, les marchandises échangées entre les deux rivages des Etats-Unis (Atlantique et Pacifique) par les trois voies du cap Horn, du chemin de fer de l’isthme de Tehuan-tepec et de celui de l’isthme de Panama ne représentaient que les 11,4 pour 100 du tonnage total qui aurait pu se servir du canal de Panama. Le commerce des Etats-Unis avec l’étranger aurait constitué, durant cette même année, les 32 pour 100 de tout le fret qui aurait emprunté cette voie. Il en conclut qu’avec une renaissance de la marine marchande américaine, et avec l’octroi de subsides et privilèges à cette marine, les 43,4 pour 100 des marchandises passant par le canal auraient été l’objet de faveurs spéciales, leur permettant de concurrencer avec avantages les 56,6 pour 100 qui auraient représenté l’actif des marines étrangères (anglaise, allemande, française, etc.).
- M. Emory Johnson calcule que l’entretien et l’exploitation du canal coûteront annuellement 17600000 fr., auxquels s’ajouteront 2 5oo 000 fr. pour l’administration de la zone concédée au gouvernement américain. D’autre part, le canal aura coûté 1876000000 fr., capital dont la plus grosse partie a été fournie par des emprunts. L’intérêt à 3 pour 100 de cette somme montera annuellement à 56 25o 000 fr. Il s’ensuit donc que, si le canal ne doit pas être une charge financière pour les Etats-Unis, il devra produire un revenu annuel de 76 25o 000 fr.
- L’auteur calcule ensuite, en se basant sur des statistiques relevées dans les ports des Etats-Unis et d’Europe, que, si le canal avait été ouvert en 1910, le total du tonnage enregistré des navires qui l’auraient traversé aurait été de 8328029 tonnes. Il estime, en tenant compte de la marche ascendante du commerce maritime durant ces dix dernières années, que ce total de tonnage s’élèvera à io5ooooo tonnes en 1 g 15.
- Le rapporteur croit que plusieurs contrées éloignées, telles que la Nouvelle-Zélande et l’Australie, s’empresseront d’adopter le nouvel itinéraire, quel que soit le montant des droits. Par exemple, un cargoboat filant à 10 nœuds se rendant de Wellington à New-York, gagnera dix jours en empruntant le canal, au lieu de passer par le détroit de Magellan, comme il le fait actuellement; dans les mêmes circonstances, un navire allant de Sydney à New-York, économisera seize jours. La perspective de payer un droit de passage de 5 à 6 francs par tonne ne fera donc pas hésiter les navires allant de cette partie de l’Océanie vers les ports orientaux de l’Amérique du Nord.
- La concurrence entre Panama et Suez affectera surtout les régions qui, à l’ouverture du canal interocéanique, se trouveront dans cette situation géographique que les navires, partant de leurs ports, auront à peu près la même distance à parcourir pour se rendre dans les grands ports d’Europe, en passant par l’un ou l’autre canal. Et ce sera le cas de régions très commerçantes, comme l’Australie et Singapore, dont les navires adopteront celui des deux canaux qui leur offriront les tarifs les plus avantageux.
- D’autre part, si l’on trace une ligne enti’e Hong-Kong et Manille, on constate que tous les points situés sur cette ligne se trouvent à égale distance maritime de New-York en passant par l’un ou l’autre canal. Ainsi, la distance et le temps seront à l’avantage du canal de Panama pour les navires à destination des ports américains du Nord-Atlantique qui partiront de ports situés au nord et à l’est de ces deux villes, et ils seront à l’avantage du canal de Suez pour les ports situés au sud et à l’ouest de ces mêmes villes.
- On voit par là que la concurrence entre les deux entreprises sera acharnée dans plusieurs régions. Le commerce actif que l’Europe entretient avec la Chine, le Japon et les Philippines, n’empruntera la voie de Panama que s’il y rencontre des conditions plus avantageuses que celles que lui offre Suez.
- Le Gouvernement américain devra donc établir une échelle de droits de passage assez compliquée s’il veut attirer une partie du transit qui se fait entre l’Europe et l’Extrême-Orient. Il devra aussi s’efforcer de fournir le charbon à meilleur marché. D’après M. Johnson, il lui sera possible de le vendre sans perte à raison de 25 francs la tonne, soit 5 francs de moins qu’il a coûté à Suez.
- Ces chiffres nous font prévoir que l’année 1916 verra éclater une guerre « mondiale » à laquelle on chercherait vainement un précédent dans les annales du commerce.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Toxicité de la naphtaline. — Parmi les petits supplices que les ménagères soigneuses se plaisent à imposer à leurs proches, il faut faire une place d’honneur à celui de la naphtaline.
- Tout le monde sait en quoi il consiste : au début du printemps, les lainages et les fourrures sont brossés, battus, puis enfermés dans des armoires, après que l’on a inséré copieusement dans leurs plis ces odieuses boules blanches que vendent tous les épiciers et qui répandent une odeur aussi pénétrante et aussi désagréable que possible.
- Grâce aux boules de naphtaline, les mites sont, paraît-il, écartées, et les vêtements d’hiver se conservent intacts d’une saison froide à l’autre. Seulement, quand on veut les remettre après 7 ou 8 mois, ils sentent si mauvais, qu’on est contraint de les exposer longuement à l’air et que, malgré tout, ils conservent dans leurs plis une insupportable odeur à la fois âcre et empyreumatique.
- Si encore la naphtaline servait à quelque chose et constituait vraiment un préservatif souverain contre les ravages des insectes, il en faudrait prendre son parti. Mais elle est à ce point de vue d’une efficacité plus que
- problématique. Les travaux de Berthelot l’ont prouvé; elle est dépourvue de toute action antiseptique, n’éloigne qu’un nombre très restreint d’insectes et particulièrement n’empêche pas les mites d’accomplir dans les étoffes leur petit travail de destruction.
- L’emploi de la naphtaline n’est donc pas autre chose qu’une erreur domestique; tout ce qui brille n’est pas or, et tout ce qui sent mauvais n’est pas antiparasitaire. Mais le malodorant hydrocarbure n’est pas seulement inutile, il est encore parfois dangereux. Dans l’industrie, on produit la naphtaline par les produits les plus variés : passage de vapeurs de bromure de phénylbu-tylène sur la chaux vive portée au rouge sombre, distillation sèche de substances organiques, passage de vapeurs d’alcool ou d’acétylène à travers des tubes portés au rouge, etc., etc.; de toutes ces méthodes, celle qui repose sur la distillation du goudron de houille est la plus employée. Or, dans les usines où l’on procède à ces fabrications, les inspecteurs du travail prescrivent la plus large aération des ateliers, et cette mesure très sage s’explique par ce fait que les vapeurs dégagées sont toxiques.
- Cependant, dans les maisons particulières où l’on
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- HYGIENE ET SANTE
- emploie la naphtaline pour la prétendue conservation estivale des étoffes de laine et des fourrures, on méconnaît généralement cette précaution simple, et on ne paraît pas savoir que les émanations en sont dangereuses en même temps qu’infiniment désagréables. La chose est pourtant certaine. Il est beaucoup de personnes qui ne peuvent les supporter sans maux de tête, .et il en est quelques-unes pour qui elles sont franchement délétères.
- Il y a quelques années, le Dr Geluja signala un cas de malaise grave, avec migraine violente et vomissements, chez un jeune homme qui couchait sur un divan dont les coussins avaient été naphtalisés. Plus récemment, le Dr Lefèvre, de Caen, a donné des soins à un
- malade qui faillit mourir pour avoir couché dans une chambre où se trouvaient à profusion des boules de naphtaline. Enfin, MM. Gaube et Tribot ont démontré à l’Académie des Sciences que la naphtaline se dédouble assez rapidement, au contact de l’air, en naphtol et en oxyde de carbone, qui se dégage et cause les accidents toxiques qui ont été parfois constatés.
- Il est donc à la fois sage et prudent d’abandonner dans les maisons l’emploi de la naphtaline pour conserver intactes les étoffes, les tentures et les fourrures; tout au moins convient-il, si l’habitude est plus forte que le raisonnement, de se souvenir des dangers d’intoxication auxquels elle expose.
- Francis Marre.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédés pour nettoyer les tonneaux à huile et à liqueurs fortes. — On assainit très facilement les tonneaux ayant contenu de l’huile à manger, en y introduisant, par hectolitre de capacité, 5oo gr. de cristaux de soude en dissolution dans 5 litres d’eau bouillante. On promène cette lessive sur toutes les parois, en plaçant le tonneau dans diverses positions et, alternativement, sur les deux fonds. Le sel de soude forme avec l’huile un savon soluble, que l’on fait évacuer après quelques heures. Il suffit ensuite de rincer plusieurs fois à l’eau fraîche, et le tonneau est ainsi dépouillé de la matière huileuse.
- Pour les tonneaux ayant contenu de l’absinthe, du rhum, de l’anisette et autres liqueurs à goût particulier et pénétrant, les huiles essentielles de ces liqueurs imprègnent le bois, et une partie, si légère qu’elle soit, de ces parfums, résistant aux lavages, on introduit dans le tonneau débondé et couché presque sur bonde, de la vapeur, au moyen d’un tuyau. Cette vapeur pénètre le
- bois. On fait durer l’opération pendant 4° minutes au moins, afin de faire disparaître toute l’odeur. L’eau de condensation est aussitôt rejetée, et on complète le nettoyage par plusieurs rinçages à l’eau claire.
- A défaut de générateur de vapeur, on peut recourir aux agents chimiques énergiques ; verser dans le tonneau, et par hectolitre de capacité, 20 gr. de sel, 20 gr. de bioxyde de manganèse, 20 gr. d’acide sulfurique et, sur le tout, un demi-litre d’eau bouillante, toujours par hectolitre. Cette manipulation étant assez délicate, il faut avoir soin de se tenir à proximité de la bonde pendant le mélange. On bonde ensuite solidement, et on agite le tonneau en tous sens. Après 12 heures, on fait évacuer le liquide, et on rince plusieurs fois à l’eau chaude, puis à l’eau froide.
- Si l’odeur de chlore persiste, on la fait disparaître avec de l’eau acidulée à l’acide sulfurique, dans la proportion de 5o gr. par litre, et en opérant plusieurs rinçages.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie lej faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En rais.on de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Marie, Plessis-le-Veneur. — Peinture pour récipients à alcool concentré. Faire dissoudre au bain-marie, dans 100 litres d’eau, 15 kg de gomme arabique, 5 kg colle forte de Givet et 5 kg gélatine Coignet. Appliquer au pinceau la mixture homogène.
- M. F., à Lyon. — Pour rendre une statue de plâtre capable de résister à la pluie, on l’enduit d’huile de lin siccative. Voir les Recettes de la maison, p. 3og et 3.IO.
- M. Sauer, rue Andrieux, à Paris. — Le Dr Bakeland lui-même a publié sur la bakelyte un long Mémoire traduit d’après le /. of industrial and engineering Che-’mistry de New-York, dans le Moniteur scientifique du Dr Quesneville, en 1909 et en 1910.
- M. I. M. E., à Santos (Brésil). — Pour imperméabiliser des enveloppes de foot-ball, le mieux, nous semble-t-il, serait d’appliquer une solution de gutta dans l’huile, telle que celle dont vous trouverez la composition page 281 des Recettes de l’Atelier, qui viennent de paraître chez notre éditeur.
- Mme F. G., à .Villers-Allerand (Marne). — La question que vous nous soumettez est si délicate que nous ne voyons pas comment nous pourrions vous conseiller, quelle mesure pourrait être prise pour faire disparaître l’inconvénient dont vous vous plaignez. Il est douteux que l’administration municipale ou préfectorale puisse intervenir utilement en pareil cas, et cette appréciation
- nous paraît justifiée par l’insuccès de votre démarche auprès du maire. Il s’agit, en l’espèce, d’une question d’intérêt général : la défense des vignobles contre les gelées. C’est au préfet qu’il appartiendrait d’ouvrir une enquête de commodo et incommoda, ce qui a lieu lorsqu’il s’agit de la salubrité publique. Mais, en pareil cas, est-ce bien possible? Nous ne le croyons pas. Aussi bien, il n’existe pas de loi spéciale réglementant la matière, et il est bien difficile d’admettre qu’un préfet puisse s’opposer à l’emploi des nuages artificiels en vue de préserver les vignobles des gelées ; une telle mesure, qui devrait alors être appliquée, en toute justice, dans tout le département, serait pratiquement impossible, par la raison qu’elle léserait gravement les intérêts des populations viticoles. D’autre part, il .importe de remarquer que, quelles que soient les substances employées pour produire les nuages artificiels (tourteaux de créosote placés dans des -sacs, comme en Champagne, résine, goudron, brai, pétrole, etc., etc.) le but est, précisément, de produire une fumée épaisse, noire, très dense, capable de former un bon écran protecteur et, si besoin est, de protéger encore les vignes lorsque le soleil paraît. La raison d’être de cette pratique s’explique donc d’elle-même, et il paraît bien impossible d’éviter l’inconvénient signalé, car il y a toujours, même par le calme favorable aux gelées blanches, une légère brise qui déplace les fumées. Il convient de ne pas tomber dans l’exagération, en ce qui concerne l’hygiène et le tort qui peut être causé aux habitants, mais de supporter un état de choses que, raisonnablement, on ne peut empêcher, d’autant que l’emploi des nuages artificiels n’est que de très courte durée, étant limité à la période durant laquelle, au printemps, les gelées blanches sont si justement redoutées par les vignerons. Enfin, la seule tentative que
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- vous puissiez faire, à notre avis, serait d’engager les vignerons à substituer, si possible, aux nuages artificiels, et après essais, les para-gelées en papier, en paille, en genêts ou en toile, les paillassons ou autres abris, plus coûteux et nécessitant plus de main-d’œuvre que les nuages artificiels, mais dont les dépenses d’achat et d’emploi pourraient être réduites si elles étaient supportées à frais communs, par voie d’association ou de groupement syndical des vignerons de la commune.
- Mme Ve C., rue de la Goutte-d’Or, à Paris. — La loi Ribot, du io avril 1908, sur la petite propriété rurale, doit surtout s’appliquer, dans l’esprit de son auteur, aux petits fermiers, métayers et journaliers, en vue de leur faciliter l’achat d’un champ ou d’une maison. Aux termes de cette loi, l’emprunteur doit justifier qu’il a le cinquième de la somme nécessaire pour l’achat de la propriété, donner une hypothèque et contracter avec la Caisse nationale des retraites un contrat d’assurance temporaire, à prime unique, garantissant le paiement des annuités qui resteraient à échoir au moment de sa mort. Cette prime peut, d’ailleurs, être incorporée au prêt hypothécaire; en outre, l’emprunteur doit justifier que la valeur locative de son logement ne dépasse pas un certain maximum (art. ier de la loi du 10 avril 1908). Voyez les lois du 3o novembre 1894 et du 12 avril 1906, sur les habitations à bon marché. Les sociétés de crédit
- immobilier ont en vue de permettre l’acquisition d’une maison; elles construisent des maisons qu’elles vendent, en général, par annuités. D’autres sociétés ouvrent du crédit, pour bâtir, aux sociétés de constructions ou aux particuliers. Elles font, à leurs sociétaires, l’avance des frais de construction, lesquels sont remboursés sous forme d’un loyer mensuel ou trimestriel représentant, généralement, 5 pour 100 d’amortissement et 3 pour 100 d’intérêt, du prix total. Au bout de 20 ans, le sociétaire devient propriétaire de la maison. Le chef de famille doit contracter avec la Caisse d’assurances en cas de décès une assurance spéciale faite au profit du prêteur. En cas de décès, la Caisse d’assurances verse les annuités restant à courir. L’assuré peut se libérer par une prime unique ou par des primes annuelles, dont le taux dépend du taux de l’emprunt, de l’âge de l’assuré et de la dui'ée du contrat, soit environ 1 pour 100 par an de la valeur de la maison. Vous trouverez de plus amples renseignements aux adresses suivantes : Société d'épargne des retraites, 38, rue Blanche, Paris; M. Dubois, secrétaire de la Société française des habitations à bon marché, i5, rue de La Ville-l’Evêque, Paris; M. P. Decharme, directeur du Service du crédit mutuel et de la coopération agricole, au Ministère de l’Agriculture; au Secrétariat du Musée social, 5, rue Las-Cases, Paris; et au Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale.
- JfcD
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Une rivière souterraine d’eau chaude sous la Durance à Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) : David Martin. — Les flottes de dirigeables française et étrangères : R. Chassériatjd. — Les bateaux à fond de verre de Californie : V. Forbin. — Programme d’expériences permettant de résoudre d’une façon délinitive le problème de la baguette divinatoire : Gustave Le Bon. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Le toximètre Guasco : Chalmarès. — Hagenbeck : Victor Cambon.
- Supplément. — Avis de l’administration. — La formation des oxydes d’azote par l’action de l’étincelle électrique dans l’air liquide. — L’osmose dans le sol, etc.
- Les industries chimiques modernes, par A. Chaplet. 1 vol. in-12 de 4*6 pages avec g5 gravures. Delagrave, éditeur, Paris, 1913. Prix : 5 francs.
- - Le nouvel ouvrage que vient de publier notre collaborateur diffère notablement de tous ceux consacrés jusqu’alors à la chimie industrielle. Après avoir, au cours d’un premier chapitre, rappelé les notions fondamentales de la chimie et donné très simplement la clef du langage par « symboles », l’auteur étudie chaque groupe d’industries en réunissant ces dernières comme elles le sont en pratique. Nous passons ainsi en revue : l’énergie chimique (combustions de foyers, de moteurs, d’explosifs), la « grande » et les « petites » industries chimiques, les industries des gaz, des matériaux de construction, des métaux, l’électrochimie, les industries chimiques organiques (industries agricoles, photographiques, pharmaceutiques, textiles, du caoutchouc et du celluloïd, etc.). Ecrit fort simplement, l’ouvrage s’adresse à tous. Il ne comporte que des descriptions de procédés modernes et pratiques ; toutes les industries de produits dont nous nous servons journellement étant particulièrement mises en relief.
- L,e travail mécanique de la pierre dans l'industrie, par J. Escard, in-40 de 76 p., avec 126 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 4fr. 5o.
- Le but de cet ouvrage est de faire connaître aux industriels les différentes machines actuellement utilisées pour travailler la pierre : i° Machines destinées au sciage et au débitage des blocs de pierre au sortir de la carrière. Elles comprennent principalement les lames d’acier à mouvement rectiligne alternatif, les scies à ruban et les lames circulaires ; 20 Scies à fil d’acier (fil hélicoïdal); 3° Perforateurs et instruments
- divers utilisés pour le moulurage, le profilage et le tournage des pierres préalablement débitées en blocs de forme massive et régulière ; 4° Lapidaires et appareils divers employés pour le dressage et le polissage. Les perfectionnements actuels ont deux origines : tout d abord la facilité de production de la force motrice à bon compte, ce qui permet d’utiliser des machines suffisamment puissantes avec une consommation spécifique restreinte; ensuite l’emploi, dans ces machines, de substances d’une très grande dureté, telle que le diamant et le carborandum, qui réalisent une usure rapide et régulière des matériaux à travailler.
- Rivières canalisées et canaux, par Cuënot, ingénieur en chef des ponts et chaussées, gr. in-16 de xn-904 p., avec 459 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage est un exposé complet de la question des rivières canalisées et des canaux, tant en France qu’à l’étranger. L’auteur y étudie successivement les barrages fixes, les barrages mobiles à fermettes, les barrages mobiles à hausse, les barrages mobiles à tambour et ceux à pont supérieur, puis compare l’utilisation des divers systèmes de barrages mobiles à. l'établissement d’une retenue d’eau. M. Cuënot passe ensuite à l’examen des moyens employés pour franchir les barrages. Il expose donc les conditions de ht navigation par éclusées et flottages, des écluses à sas, la fondation des écluses à sas, l’emplacement, les abords et accessoires des écluses.
- Les maladies des machines électriques, par Ernst Schulz, 2e édition française, traduite par A. Halphen, in-16 de 92 p., avec 42 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 2 fr. 5o.
- Ce petit ouvrage traite des défauts et accidents qui peuvent se produire dans les génératrices, moteurs et transformateurs à courant continu et à courants alternatifs.
- Le procédé de photographie des couleurs par dispersion prismatique, par E. et J. Rheinberg. i vol. broché avec 36 figures explicatives. Paris, Charles-Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas. Prix : 3 fr. 5o.
- La méthode par dispersion spectrale proposée par MM. E. et J. Rheinberg apporte une solution intéressante du problème des couleurs en photographie. Le principe sur lequel elle repose a été exposé dans La Nature du 24 novembre 1906, n° 1748. C’est la même méthode que celle employée par M. Chéron,
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- BIBLIOGRAPHIE
- mais les appareils sont différents. Toutes les opérations se résument à exécuter un négatif ordinaire (en noir), à faire de ce négatif un positif ordinaire (sur plaque à ton noir), ce positif monochrome étant placé dans l’appareil même qui a servi à la prise du négatif, soit pour l’examen direct, soit pour la projection. Les auteurs ne se dissimulent pas que l’avenir industriel du pi-océdé est encore problématique, les appareils étant extrêmement délicats, coûteux et difficiles à manier; mais ils s’efforcent de démontrer que la méthode à laquelle ils ont apporté une aussi considérable contribution est supérieure à toutes les autres par sa fidélité, par sa facilité d’emploi, par la possibilité qu’elle offre d’obtenir des copies en nombre illimité, par son aptitude à rendre l’aspect spécial des tissus soyeux et changeants, l’éclat métallique, la transparence et le brillant des cristaux, etc.... Sans prétendre avoir atteint à la dernière limite de la perfection, ils sont parfaitement fondés à affirmer qu’une méthode amenée à ce degré de réalisation pratique est susceptible de donner couramment des résultats intéressants. Ils ne manquent pas d’ailleurs de convier opticiens et constructeurs à collaborer à leur œuvre en entreprenant de perfectionner la photographie des couleurs par dispersion spectrale.
- La France, histoire et géographie économiques, études par M. Maurice Yitrag. Paris, 1912. « Revue de la Vie Mondaine », édit., 46, rue de Londres, Paris. Tome ier. « Les Frontières méridionales ».
- Rédigé surtout aux points de vue industriel, commercial et économique, cet ouvrage n’a point négligé les bons aperçus géographiques. L’illustration est excellente et abondante et les données statistiques sont fort utiles. Il a su allier heureusement la documentation commerciale et la description proprement dite.
- Anatomie plastique, par Edouard Cuyer. In-18, 35o p., 146 fig. O. Doin, éditeur, Paris, 1913. Prix : cartonné toile, 5 francs.
- Bon manuel d’anatomie plastique ou artistique où l’on trouvera les notions d’anatomie humaine et animale nécessaires à un dessin correct, les renseignements de physiologie suffisants pour exprimer le mouvement et la mimique.
- L’aquarium cle chambre. Introduction à l'étude de l'histoire naturelle, par le Dr F. Brocher. In-8,
- . 45o pages, 186 figures. Payot, éditeur, Paris, 1913. Prix : 5 francs.
- Ce livre nous fait connaître les animaux des eaux douces et les nombreux faits biologiques qu’ils permettent d’observer. Les conseils qu’il renferme sur la pêche, l’élude et la conservation des êtres en aquarium, les renseignements qu’il donne sur leur anatomie et leur physiologie en font un livre précieux à consulter, surtout pour ceux qu’intéressent les insectes aquatiques.
- Cours de route et voies ferrées, par Heude. Gh. Béranger. Prix : 10 francs.
- Cet ouvrage, qui fait partie de Y Encyclopédie des Travaux Publics Léchalas, représente une partie, la plus nouvelle, du cours professé par l’éminent ingénieur Heude aux Ponts et' Chaussées. Il traite de trois matières nouvellement introduites dans l’ensei-
- . gnement : chemins vicinaux, automobilisme, construction des voies ferrées sur chaussées. On remarquera les chapitres relatifs au goudronnage et à la discussion serrée, avec prix de revient, des diverses méthodes proposées pour remédier aux dégâts des automobiles.
- Annales. Ministère de l’Agriculture. Direction del’hydrau-lique agricole. Documents officiels, jurisprudence, rapports et notes techniques (France et étranger). Fascicule 39. Paris, Imprimerie Nationale, 1909. In-8°, 5oi pages.
- A la suite de nombreuses notes techniques et décisions juridiques, ce volume renferme deux très importants rapports : l’un de M. René Tavernier, sur les grands travaux hydrauliques aux Etats-Unis (140 pages et une carte hydrographique) ; l’autre de M. de Labrosse sur les forces hydrauliques Scandinaves.
- Annuaire statistique des engrais et produits chimiques destinés à l'agriculture, par E. et M. Lambert. Gr. in-8° de 3a8 p., H. Dunod et E. Pinat. Prix : i5 francs.
- Peu de substances minérales intéressent directement plus de personnes que les grands engrais minéraux : nitrate de soude, sulfate d’ammoniaque, engrais potassiques, phosphates, superphosphates, scories de déphosphoration. MM. Lambert se sont efforcés de réunir les documents statistiques relatifs à ces engrais de façon utilisable pour tous, en mettant de l’ordre et de la lumière dans la production, la répartition et la consommation de produits qui, pour le monde entier, représentent une valeur d’échange supérieure à deux milliards par an. Leurs tableaux synthétiques clairs et précis permettent d’embrasser, sur les dix dernières années, l’état de la production de la consommation et des stocks pour chacun des principaux fertilisants, ainsi que leurs fluctuations de prix.
- Les 3200 recettes, in-12, Martelet, éditeur à Troyes, 1912. Prix : 3 francs.
- Parmi les divers recueils de petites recettes, celui-ci, sans doute, détient le record d’ampleur; c’est un énorme volume de i25o pages où l’auteur a rassemblé quantité de conseils, parmi lesquels dominent ceux relatifs à la médecine usuelle et à l’alimentation.
- Guide de la Fagne, par H. Angenot (Verviers, 1912), in-12, 112 pages.
- Guide illustré, description générale de la région culminante de la Belgique où la Baraque Michel, au sud-est de Verviers, atteint 674 mètres.
- Vergleichende Physiologie wirbelloser Tiere, Vol. I, par le professeur H Jordan. In-40, 738 p., 277 fig. Gustav Fischer, éditeur, Iéna. Prix : broché 25 m. ; relié 26 m. 5o.
- Ce premier volume de la Physiologie comparée des , Invertébrés est consacré à l’élude de la nutrition. Après une étude générale des aliments au point de vue chimique, l’auteur décrit la nourriture, la structure et la physiologie de l’appareil digestif des différents groupes d’animaux. Un dernier chapitre résume nos connaissances sur la nutrition des Invertébrés et les divers types qu’ils présentent. L’ouvrage, bien présenté et illustré, fournit de très nombreux renseignements sur ce problème de physiologie comparée dont beaucoup de parties ont été jusqu’ici trop peu étudiées.
- The Teralology of Fishes, par James F. Gemmill. In-4°, xvii-74 p., 26 pl. James Maclehose and Sons, éditeurs. Glasgow, 1912. Prix : i5 sh.
- Excellente monographie des monstruosités des Poissons, étudiées surtout chez la Truite et le Saumon. On y trouvera une bibliographie très complète et l’élude de nombreux cas, comparés à ce que l’on sait des autres Vertébrés. L’auteur arrive à cette conclusion que les monstruosités peuvent apparaître spontanément, sans cause apparente, aussi bien qu’elles peuvent être produites par l’action du milieu durant le développement.
- University of California publications : American Archaeo-logy and ethnoldgy : vol. XI, n° 1 : Eléments of the Kato lànguage, par P.-E. Goddard. Berkeley, Cali-
- fornia University Press, 1912, 8°, 2 dollars.
- Monographie linguistique d’ulie tribu du grand groupe des Athapascam (Californie), suite et complément des textes déjà publiés par l’auteur (vol. V, n° 3).
- Die Magie als experimentelle Naturwissenschaft, par le Dr Staudenmaier, Leipzig, Akadem. Verlagsgesells. M. B. FI., 1912, 1 vol. 8°. Prix': 4 mk 5o.
- Ce que l’auteur appelle « magie » c’est le « psychisme » ou le «spiritisme » et ce sont les faits (?) de cet ordre dont il prétend faire matière d’expérimentation, soit qu’il s’agisse du « moi conscient », de « l’inconscient », ou du « subconscient ». Nous n’avons pas à entrer dans la discussion d’un tel ouvrage : notons simplement qu’il se présente sous le patronage du chimiste Ostwald.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- L. DE LAUNAY
- Membre de l’Institut, Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « Lâ Nütlirs » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, "Boulevard Saint-Germain, Tarit ("VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2087. — 24 MAI 1913.
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i mai étant Tune des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3i mai (n° 2088), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 20 mai aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de i8 francs au lieu de 26 francs.
- Nouvelle comète 1913 a. — M. Schaumasse, astronome à l’Observatoire de Nice, a découvert, le 6 mai, une nouvelle comète, de neuvième grandeur et demie. La position de cet astre était, le 6 mai, à i5 h. 5 m., temps moyen de Nice :
- Ascension droite — 20 h. 54 m. 44 s. ;
- Déclinaison — -f- g°52'
- mouvement dirigé vers le nord-est : —3 m. 12 s. et —{- 51 .
- La nouvelle comète Schaumasse est la première découverte en igi3.
- L’absorption de l’acétylène par le noir de palladium. — On sait que le noir de palladium, c’est-à-dire le palladium réduit par un procédé quelconque, possède un pouvoir absorbant considérable vis-à-vis de divers gaz et nolamment de l’hydrogène ; cette propriété s’étend également à l’acétylène. On a récemment mesuré les quantités de ce dernier corps absorbées par le noir de .palladium dans diverses conditions et l’on a trouvé les , résultats suivants pour 1 gr. de métal :
- Durée Volume
- Conditions de l’expérience. de d’acétylène.
- contact. absorbé.
- En suspension dans l’eau.............. 597 heures. 91,66 c. c.
- En suspension dans l’alcool à 60 pour 100. 384 — 344,63 —
- À l’état sec, à la température ordinaire. 166 — 47,46 —
- — — 195 — 78,50 —
- A l’état sec, à 50-60°................ 398 — 115,25 —
- Dans le dernier cas, l’absorption a été un peu moins vive que dans les deux cas précédents; mais, dans toutes les expériences, on voit que l’absorption de l’acétylène par le noir de palladium est très importante. 11 y aura peut-être lieu d’utiliser ces observations pour divers emplois pratiques de l’acétylène.
- La substance active de la fumée d’opium. — Les
- lecteurs de La Nature sont certainement au courant de la campagne entreprise très justement pour combattre
- l’usage si pernicieux de l’opium, qui tend malheureusement à se répandre ; ils connaissent aussi l’influence désastreuse de cette drogue sur la santé de ceux qui l’emploient. Des expériences entreprises dernièrement ont permis de caractériser, dans la fumée de l’opium, la présence de la morphine qui, à elle seule, est parfaitement susceptible de justifier une grande partie des dé--sordres physiologiques que l’on observe chez les fervents de l’opium.
- Un voyage transatlantique en ballon sphérique.
- — M. J. Brücker avait projeté de traverser l’Atlantique en dirigeable, en s’aidant des vents alisés. Son expédi-
- Le ballon Suchard partant pour son vol d’essai.
- tion avait commencé à s’organiser, mais des différends survenus entre les collaborateurs ayant fait avorter ce projet, M. Brücker vient de décider de réaliser, à lui seul, son idée originelle. Il s’apprête à la mettre à exécution, sous une forme quelque peu modifiée, èn remplaçant le dirigeable par le ballon sphérique. Le ballon destiné à ce vol transatlantique vient d’être construit et équipé dans l’espace de six semaines, par la maison Metzeler et Cie, à Munich. Le 28 février, en présence de représentants des autorités militaires bavaroises, il a subi des essais fort heureux. Etant parti sur le coup de 12 h. 3o, il s'est, en effet, rapidement élevé à 235o mètres d’altitude et après avoir navigué entre deux couches de nuages, vers la vallée de l’Inn, il a atterri à 3 heures dans le district de Chiemsee. Un accessoire particulièrement intéressant de ce ballon, qui cube 7250 m5, est. le dispositif d’arrosage, construit d’après les indications de M. Brücker et du Dr Alt, à l’Institut météorologique de Munich, par l’usine Metzeler
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- INFORMATIONS
- et Cie. Ce dispositif est un système de tuyaux de caoutchouc, destinés.,., en cas de rayonnement intense du soleil, à arroser le ballon d’une douche d’eau, le refroidissant et s opposant à une expansion excessive du gaz. Après ce voyage d’essai, le Suchard II a été transporté à Ténériffe, d’où il partira, au cours du printemps, pour son vol transatlantique qui, d’après les calculs de M. Brücker, düreraJau maximum 6 à 8 jours. Sa nacelle est disposée pour tenir la mer; elle est munie de tout le nécessaire pour un voyage prolongé.
- Cinématographe grandeur nature. — Le cinématographe multiplie les efforts pour donner chaque jour davantage l’illusion de la réalité. A Londres, au théâtre de là Scalâ, le Kinoplasticon fait défiler des projections où les personnages animés sont grandeur nature. Il n’y a pas d’écran visible et ils semblent se déplacer sur une véritable scène éclaii’ée comme toutes les scènes de théâtre. L’illusion, secondée par les paroles et de la musique en synchronisme avec le mouvement des acteurs virtuels, est, paraît-il, parfaite.
- L’origine du Timavo. — M. G. Marinitsch, notre correspondant de Trieste, nous écrit : L’identité de la Recca et de la rivière souterraine de la caverne Lindner, à Trébic, que quelques-uns voulaient nier, vient d’être enfin définitivement établie par MM. Timeus et Piacentini, en jetant 17 kilogrammes d’uranine dans le petit lac de la grande doline à Saint-Canzian par a métrés au-dessus de l’étiage. Après i35 heures et demie, la coloration s’est manifestée dans la rivière de Trébic en durant trois jours. Quatre jours plus tard, on la vérifia au Timavo, naturellement plus diluée, par analyse chimique. Lorsqu’on exécuta, en 1907 et 1908, l’expérience au lithium qui prouva la communication de la Recca et du Timavo (Yoy. La Nature, n° 189), la descente à Trébic n’était pas possible, les échelles et les plates-formes étant pourries et dangereuses. Depuis lors, la municipalité, en vue des études qu’une Commission scientifique vient de faire pour un nouvel aqueduc, a fait construire de nouvelles échelles en pitchpin et des plates-formes sur des travées en fer avec une dépense de 16 à 17000 francs, de sorte que la descente est maintenant parfaitement sûre et plus aisée. Ce problème est donc résolu d’une manière incontestable, et les suppositions, qui prétendaient que la rivière de Trébic n’avait pas de relation avec la Recca et n’était que le déversoir des eaux de la vallée de Castelnovo et Materia, se sont trouvées en défaut.
- D’un autre côté, dans un mémoire intitulé : Ricerche sul Timavo inferiore(Trieste, Stabil. artist. tip. G. Caprin, 1913)> M- Timeus, directeur du laboratoire chimique du bureau d’hygiène de Trieste, reprend l'idée d’alimenter Trieste par les eaux du Timavo inférieur qui débite x 200 000 m3 par jour. Dans un précédent mémoire [Studi in relazione al provvedimente d’acquà per la citta di Trieste. — Dati idrologici, chimici e batteriologici. Trieste, G. Caprin, 1910) il avait soutenu que ces eaux traversent de telles épaisseurs de débris terreux ou sableux qu elles se filtrent réellement même à travers leurs cascades, puits, lacs et siphons souterrains. Il affirme que les troubles du Timavo sont dus aux matériaux argileux des vides souterrains et que l’auto-épuration est manifestement réalisée, d’après la constance du débit, les faibles oscillations de température, les analyses chimiques et bactériologiques. Cependant il propose une vaste zone de protection et un système de préfilti'age mais sans’stérilisation.
- L’aphioiée et la fièvre hématurique. — Cette dangereuse maladie coloniale serait-elle maintenant vaincue ? Le Journal d agriculture tropicale nous apprend que M. Fontoynont, professeur à l’Ecole de médecine de Tananarive, vient d’étudier une plante de Madagascar, l’aphloiée (Aphloia theœformis), appelée par les indigènes Voa-fotsy, dont les feuilles sèches infusées dans Terni bouillante sont un remède remarquable contre les crises de fièvre hématurique. Les malades doivent boire le plus possible de cette infusion faite à la dose de 3o gr. de feuilles par litre et supprimer en même temps l’absorption de quinine. Dans ces conditions, les guérisons sont très nombreuses. Ces résultats ont conduit à essayer d acclimater l’aphloiée dans d’autres régions tropicales. Des graines, enveloppées dans des boîtes métalliques pleines de sable ou de mousse, ont déjà été expédiées de Madagascar au Congo belge, à Kisântu ;
- elles y ont bien germé et on a pu bouturer les branches qui ont poussé ; depuis octobre dernier, il y a donc au Congo toute une pépinière d’aphloiées qui se développent parfaitement. Les plants ont l’aspect de buissons rameux, à branches étalées, de 1 m. à 1 m. 5o de haut; ils fleurissent normalement comme dans leur pays d’origine. Il est à souhaiter que la culture de l’aphloiée se répande sur tout le globe, dans les régions tropicales où sévit la. fièvre hématurique.
- « Soyons bons pour les animaux.... » — Nous nous contentons trop volontiers de mots dans nos pays latins. Une ligue plante sur la chaussée de belles plaques émaillées qui exhortent les passants, sur des routes fréquentées par les automobiles, à traiter les chevaùx avec bonté. Plus pratiques dans leur esprit de charité, les Américains font moins de propagande par les yeux. Mais leur action est certainement plus efficace, car ils démontrent par des faits comment on peut se- montrer1 bon envers les animaux. C’est à eux que revient l’invention des chapeaux pour chevaux, et nous avons signalé dans ces colonnes qu’une ligue de protection avait lancé l’an dernier à New-York une « citerne-automobile » qui distribuait gratuitement des seaux d’eau fraîche aux attelages, durant les périodes de grande chaleur. C’est
- cette même ligue qui vient d’inaugurer à New-York, à Philadelphie, et dans d’autres grandes villes des Etats-Unis, un système de douches pour les chevaux. Dans les parages des carrefours les plus passagers, sur le bord du trottoir, sont installés des appareils qui permettent aux cochers et charretiers d’administrer à leurs bêtes des douches rafraîchissantes, excellent préventif contre l’insolation. Et l’on sait que le cheval est plus particulièrement prédisposé à subir les effets d’un « coup de soleil » comme nous en avons quotidiennement la preuve dans nos grandes villes d’Europe, quand nous traversons une authentique canicule ! La ligue américaine a trouvé un précieux concours auprès des compagnies concessionnaires du Service des eaux, qui leur fournissent gratuitement l’eau consommée par ces appareils. Ceux-ci sont confiés à la garde de vieux ouvriers retraités à qui la ligue assure un salaire quotidien d’un dollar, soit cinq francs. Et c’est là la seule dépense que lui coûte cette mesure humanitaire qu’on voudrait voir appliquer ailleurs, même à l’ombre des platoniques inscriptions que l’on sait !
- Bancs de poissons congelés. — Des journaux canadiens signalent un étrange phénomène qui s’est produit récemment dans les eaux de l’île du Prince-de-Galles, dans la baie de Klawrach (Alaska). Une baisse soudaine de la température provoqua la congélation de l’eau alors que d’épais bancs de harengs s’étaient réfugiés dans les parages de l’île. Une énorme quantité de poissons, évaluée à plusieurs centaines de milliards, furent tués par le froid. Le capitaine du vapeur Northland rapporte que son navire traversa des amas de poissons morts pendant plusieurs heures. La marée déposa sur les grèves de l’île des millions de poissons congelés.
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- 'Electricité
- La lampe signal. — C’est une lampe électrique de poche ordinaire, mais elle présente cette particularité essentielle, qu’elle est pourvue de trois ampoules donnant chacune une couleur différente : blanc, rouge, bleue. Chacune de ces ampoules peut être actionnée séparément de sorte que les effets lumineux varient selon le désir du possesseur.
- Le petit schéma que nous publions montre comment est effectué le montage de ces lampes. La base de cha-cune d’elles appuie sur une lame métallique qui se met automatiquement en communication avec l’un des pôles de la pile lorsque l’on introduit cette dernière dans sa monture. Cette monture, l’enveloppe, est métallique, elle porte trois boutons qui servent de commutateur. Ces boutons sont reliés électriquement avec le boîtier qui lui est également relié à l’autre pôle de la pile. Enfin, une lamelle partant de chaque lampe se termine en face de la pointe des boutons. On voit de suite que si l’on appuie sur l’un des boutons on mettra la lampe correspondante dans le circuit, alors que les autres resteront isolés. Cettelampe à trois feux peut servir àla correspondance de nuit sur de bonnes distances; on peut faire aisément de la télégraphie optique en attribuant, par exemple, la valeur des points et des traits
- La lampe signal à trois couleurs.
- Bouton
- Blanc
- Schéma de la partie électrique de la lampe.
- du système Morse à deux couleurs et manipuler rapide-mènt. Aujourd’hui chacun connaît cet alphabet; il n’y a donc aucune difficulté à redouter. — La lampe signal est en vente chez M. Roussel, comptoir de vulgarisation des Petites Inventions, 94, rue Saint-Antoine, à Paris. Prix de la lampe : 6 fr.
- Chauffage
- Le chauffe-eau « Le Marseillais ». — Les exigences hygiéniques de la vie moderne ont entraîné un assez grand nombre de. constructeurs à imaginer des appareils répondant souvent à des besoins illusoires. L’hygiène est tributaire de l’eau que l’on a à peu près partout en quantité suffisante, mais son chauffage nécessite encore une série de manœuvres qu’il était intéressant de supprimer. Certains appareils existent pour simplifier le travail; nous allons décrire l’un des plus récents et des plus parfaits qui aient été construits jusqu’ici : Le Marseillais, étudié par les établissements Grouvelle et Arquembourg.
- Le nouvel appareil est un chauffe-eau continu capable de procurer, à tout instant, de l’eau chaude à différentes températures, jusqu’à ioo°. Il est constitué par un corps de chaudière cylindrique comportant deux enveloppes entre lesquelles est placée une matière calorifuge. Le brûleur, unique, est situé à la base de la chaudière, il
- comporte un bec genre Bunsen B dont l’extrémité s’engage dans une chambre de combustion t faite de matériaux réfractaires rapidement portés à une température élevée favorisant la combustion du mélange de gaz et d’air à l’intérieur. La flamme s’élève ensuite dans un tube T à l’intérieur duquel une spirale U retarde la vitesse des gaz et leur permet de se refroidir complètement au contact des parois du tube. L’eau de condensation suit les parois et s’échappe par la tubulure D ménagée à la base de la chambre de combustion.
- L’eau froide pénètre dans la chaudière par sa base ; la canalisation E est pourvue d’un robinet régulateur muni d’un appareil à dilatation M; lorsque l’eau atteint la température extrême de ioo°, le régulateur agit sur l’admission des gaz qui se trouve alors en partie obturée. D’autre part, ce régulateur peut être manœuvré à la main pour donner une eau chaude à une température quelconque ; il suffit de tourner le volant pour amener un index en face du chiffre correspondant au degré désiré.
- L’eau chaude s’écoule par une tubulure placée à la partie inférieure de la chaudière communiquant avec la partie supérieure au moyen d’un tube intérieur; l’écoulement étant réglé par l’ouverture d’un robinet, l’entrée d’eau froide, sous pression, dépend de cette ouverture.
- Ce chauffe-bain présente l’avantage de conserver pen- a dant deux ou trois jours l’eau qu’il contient à la température initiale à cause de l’enveloppe calorifuge de la chaudière.
- L’installation ne présente aucune difficulté ; elle s’accommode de toutes les dispositions des lieux et des canalisations. Les diverses dimensions des modèles autorisent son emploi dans les petits appartements aussi bien que dans les appartements confortables, les villas, hôtels, hôpitaux et salles d’opération. Les petits ap
- Le chauffe-eau « Le Marseillais * (coupe).
- pareils se fixent sur des planchettes au mur, les autres se posent sur le sol ou le plancher.
- Voici le tableau des caractéristiques des quatre modèles courants :
- Quantité d’eau
- disponible par Consommation du Diamètre
- Capacité. U h. à 85°. gaz à l’heure. extérieur. Hauteur.
- 10 litres. 70 litres. 46 litres. 226 mm 0 m. 72
- 50 — 150 — 100 — 563 mm 1 m. 55
- 125 — 360 — 180 -~ 525 mm 1 m. 70
- 250 — 500 — 250 — 690 mm 1 m. 71
- Le Marseillais est construit par les établissements Grouvelle, Arquembourg et Cia, 71, rue du Moulin-Vert, à Paris. Les prix sont respectivement de 170 fr., 3oo fr., 455 fr. et 53o francs.
- Chimie pratique
- Bain-marie à niveau constant pour laboratoire.
- — Il existe plusieurs dispositifs permettant d’obtenir automatiquement l’alimentation d’un bain-marie pour
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- SCIENCE APPLIQUEE
- compenser les pertes produites par l’évaporation. Voici un système particulièrement commode imaginé par M. Schirm.
- Le bain-marie est alimenté par un tube plongeant dans la partie inférieure et communiquant au robinet spécial à plusieurs voies (b fig. i) qu’on peut aisément faire construire par n’importe quel souffleur de verre. Ce robinet termine deux tubes annulaires dont le plus petit est fixé au bouchon d’un flacon-réservoir de grande
- capacité (fig. i) b ||\y placé en charge du
- bain-marie. Ce flacon contient de l’eau, laquelle est introduite par un tube- entonnoir, dont l’extrémité inférieure laissant passer l’air (flacon de Mariotte) passe par le plan horizontal qui limite la hauteur du liquide dans le bain-marie (a fig. i).
- Il est aisé de comprendre l’économie de la régulation automatique de ce niveau. On commence d’abord par emplir aux trois quarts le flacon d’eau, le robinet étant placé de sorte que l’air puisse librement partir du flacon. Puis, en continuant de verser, on tourne le robinet perpendiculairement à sa première position, l’air se comprime et fait sortir l’eau par le tube conduisant au bain-marie. Dès que ce tube est plein, on cesse d’ajouter l’eau : il forme siphon ne se désamorçant jamais et fonctionnant chaque fois que le niveau de l’eau
- Fig. i. — Ensemble du bain-marie.
- Fig. 2. -i— Détail de robinetterie,
- dans le bain descend- au-dessous du plan horizontal limité par le bas du tube-entonnoir.
- Le montage peut être simplifié de manière à remplacer le robinet spécial, soit par un robinet à quatre voies [c fig. 2), soit même par des robinets ordinaires (d fig. 2). Dans ce dernier cas, on peut, bien entendu, ne pas employer du tout de robinets, mais des pinces agissant sur des tubes de caoutchouc.
- Sports -çsî&j
- Electric Home Exerciser Victoria. — Voici un ex'.croiseur qui a l’avantage d’utiliser à quelque chose l’énergie de celui qui veut « faire ses muscles ». Au lieu de tirer sur des caoutchoucs, ressorts ou autres freins, Vexercisé produit ici l’électricité nécessaire à l’éclairage de son home. La gracieuse jeune femme, représentée sur notre gravure, fait tous les matins une petite heure d’entraînement, ce qui lui permet de lire le soir dans son lit le dernier roman à sensations.
- En effet, on voit que les pédales de cette sorte de bicyclette de chambre actionnent un lourd volant V, lequel, à son tour, entraîne, à 1800 tours par minute, une petite dynamo shunt D capable de produire 1 à 2 ampères sous i5 à 18 volts. Ce courant est largement capable de recharger une petite batterie d’accumulateurs de 6 éléments, soit 12 volts 12 ampères heure, contenue dans un coffret portatif A. La charge de la batterie est contrôlée par un petit tableau de distribution T comportant : voltmètre, ampèremètre, indicateur de charge et décharge, interrupteur et prises de courant. Ce
- tableau simplifié permet^: x° la charge de la batterie ; 20 l’éclairage direct sans batterie; 3° l’éclairage avec la batterie en tampon (marche en parallèle) et la dynamo.
- Quand le pédaleur a terminé son entraînement, il détache la batterie de la machine et, la nuit, il dispose de 3 ou 4 heures d’éclairage électrique avec de petites lampes de3 à 10 bougies.
- Non seulement cet éclairage ne coûte rien, mais sa production contraint son propriétaire à s’entraîner méthodiquement : pas d’exercice, pas de lumière !
- Or, il résulte de l’expérience que le pédalage méthodique et régulièrement pr atiqué, une heure par jour, en vêtements légers et devant une fenêtre ouverte ou sur une terrasse en plein air favorise la digestion, combat l’obésité, la constipation, l’artério-sclérose et le rhumatisme. Mais peu de gens procèdent méthodiquement à un tel entrainement sans y être contraints ; il se peut que le [désir d’avoir chaque soir l’électricité gratuite force les propriétaires de l’Electric Home Exerciser à faire, tous les jours, un exercice salutaire à leur santé. C’est ce qu affirme le constructeur de cette machine que l’on peut voir et essayer, 191, faubourg Poissonnière, à Paris. Son prix est de 25o francs.
- Jouets
- La souris automotrice. — Ce petit jouet diffère totalement de tout ce qui a été fait jusqu’ici dans ce genre, il ne contient aucun mécanisme et se meut par son propre poids. On le pose sur une surface verticale ou oblique : glace, vitre, bois lisse et l’animal descend seul, par saccades, en effectuant des changements de direction commandés par sa seule fantaisie, jusqu’à ce qu’il ait atteint la fin de son voyage,.la partie inférieure de la glace ou de la vitre.
- La souris est faite en carton moulé peu épais épou-, sant tout à fait la forme de l’animal. C'est une simple feuille de carton. A l’intérieur une aiguille sert d’axe au mécanisme constitué par une molette striée de gélatine. C’est tout.
- Lorsque le temps est humide et gélatine devient molle et se colle légèrement contre le bois et le verre ; mais le poids de la souris tire sur la dent en contact avec son support. A un moment donné
- assez chaud, la
- La souris automotrice et son mécanisme.
- il détache cette dent; la souris tombe, mais elle est retenue par une dent suivante qui agit de la même manière. Comme l’adhérence entre les dents et le verre est irrégulière, la souris gravit parfois l’espace d’une dent, d’autres fois celui de deux ou trois dents et descend très irrégulièrement, dirigée uniquement par l’irrégularité du décollage de chaque dent. Par les temps secs il faut réchauffer légèrement la gélatine avec les doigts avant de mettre la souris en place. — Ce curieux et amusant jouet est en vente chez M. Roussel, 94, rue Saint-Antoine, à Paris. Prix : o fr. 3o.
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- IgD
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à J’Oservatoire du Parc-Saint-Maur en avril 1913, par !M. Ch,15 Dufour.
- La moyenne mensuelle de la pression est inférieure de 2mnl à la normale; celle de la température est très sensiblement égale à la moyenne générale de 5o ans (1851-1900).
- Le mois présente au point de vue de la température deux périodes principales : l’une relativement froide du 9 au 18, où les moyennes diurnes sont surtout basses du 12 au 14, l’autre, chaude du 19 au 3o, où les excès sur les normales atteignent 70 le 28 et 8° le 29. Les températures extrêmes, observées sous P abri, sont : — 20,7 le i3 et 2(i°,6 le 29.
- La tension de la vapeur d’eau, l’humidité relative et la nébulosité sont en excès.
- La durée totale de l’insolation est de i52 heures (normale 164 heures); le rapport d’insolation est de 0,37.
- La hauteur de pluie s’élève à 56mm,2 en i5 jours de pluie appréciable. Le rapport de cette hauteur à la normale d’avril est de 1,34- H est tombé quelques grains de neige mélangée à la pluie le 12 et le 13 ; on a observé des éclairs le 29 et entendu le tonnerre à diverses reprises le 3o.
- Le niveau moyen de la Marne 3m,i3 est un peu supérieur au niveau normal d’avril. Les cotes extrêmes ont été : 2m,6i le 11 et le i5 et 3m,84 le 26.
- Pression barométrique. (Alt. 5om,3.) — Moyenne des 24 heures : 754““,25; minimum absolu : 743ram,3 le 12 à 6 heures; maximum absolu 76.3mm,o le 2 à 9h 20“.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, 5°,o3 ; des maxima, i5°, 10; des 24 heures, 9°,8g. Minimum absolu, —2°,7 le x3; maximum absolu, 26°,6 le 29. Amplitudes diurnes : moyenne, io°,07; la plus élevée, i6°,6 le 27; la plus faible, 4°>4 le 7- Sur le sol gazonné.—; Moyennes : des minima, 3°,o3; des maxima, 28°,49. Minimum absolu, —4°>7 le *3; maximum absolu, 43°,3 le 29. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : g°,3o; à 21 heures : 90,60 ; (prof. om,65) à 9 heures : 8°,90 ; à 21 heures : 8°,g5 ; (prof. 1 mètre) à 9 heures : 8°,55; à 21 heures : 8°,61. De la Marne. — Moyennes : le matin, io°,62; le soir, ii°,08. Minimum, 8°,64 le 14; maximum, i5°,j2 le 3o.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6mm,85. Minimum absolu, 2mm,2 le 12 à 14 heures; maximum absolu, 13œm,9 le 29 à 24 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 74,9-Minimum absolu : 3o le 12 à 14 heures; maximum absolu : 100 à 4 dates différentes.
- Nébulosité. —. Moyenne (6h. à 21 h.) : 6,58. Moyenne diurne la plus faible : 2,4 le 27 ; il y a eu 3 jours entièrement couverts : les 10, 11, 19.
- Insolation. — Durée possible : 4IQ heures; durée effective : i52 heures; rapport 0,37.
- Pluie. — Total du mois : 56mm,2 en 43h6; maximum en 24 heures : iimm, 1 le 17.
- Nombre de jours : de pluie, 16; de pluie appréciable (supéi'ieure ou égale à omm,i) i5; de pluie supérieure ou égale à imm : 12; à 5mm : 4; a iomm : 1 ; de neige, 2; de grêle, 2; de grésil, 1 ; de gelée, 3, consécutifs les 12, i3, 14 ; d’orage, 1; d’éclairs seuls, 1; de brouillard, 2; de brume, 7; de rosée, 11; de gelée blanche, 7; de halos : solaires, 8; lunaires : 1.
- Fréquence des vents : calmes, 22.
- N . . . , . IOO S. E. . . . 19 W . . . . i3
- N. N. E. . g5 S. S. E. , . 61 W. N. w. 16
- N. E. . , . 43 S 69 N. W. . . i4
- E. N. E. . 11 S. S. W . . 97 W. N. W. 3i
- E , i5 s. w. . . . 66
- E. S. E. . 18 w. s. w. . 3o
- Vitesse du vent en mètres par seconde.— Moyenne des 24 heures : 4“>i9; moyenne diurne la plus élevée : 8”,4 le 12; la plus faible : im,4 le 14. Vitesse maximum : i6m,5 le 12 à 6h4om par vent de N. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3°,i3.
- Minimum : 2“,61 le 11 et le 15 ; maximum : 3m,84 le 26.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression, — température, —o°,o5 ; tension de la vapeur,
- -|- omm,72 ; humidité relative, +5,7; nébulosité, 4-0,7, pluie, -f- 14mm,3 ; jours de pluie appréciable, -j- 2; insolation, — 12 heures.
- Electricité atmosphérique. — ‘Moyenne générale (27 jours) : 55 volts. Moyenne diurne la plus élevée :
- '100 volts le 20; la plus faible : 8 volts le 11. Moyenne des 12 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation orageuse, ni brouillard persistant : 61 volts. Moyenne diurne la plus élevée : ioo volts le 20; la plus faible : 4^ volts le 27. Amplitude diurne correspondante : o,5o; amplitude nocturne : 0,49.
- Radiation solaire. — Huit observations en ont été faites à 5 dates différentes. La valeur la plus élevée icaï, 12 a été obtenue le 29 à i3h 28“.
- Taches solaires. — Un seul groupe de taches a été observé pendant le mois. Il a été aperçu le 5 et avait disparu le 8. Le Soleil a paru dépourvu de taches les 2, 3, 8, 12, 15, 22, 23, 27, 28 et 3o avril.
- Perturbations magnétiques. — Faibles : les 10, i3, i5, 16, 17-18, 28; modérée : le 12; forte : le 9.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements ont été très nombreux. Les principaux ont été enregistrés aux dates et heures suivantes : Le 3, début à ohi6ra, ph. pie. de oh 46“ à oh53m, fin à ih i5m; le 3, début à nhom 33s, fin à 12 heures ; le 7, début à i4h 1 ira 53% ph. pie. de i4h38” à 141158, fin à i5hx5ra; le 9, début à i8h6m45% ph. pie. de i8h4im à i8h 56m, fin après 20 heures; le i3, début à 6h53mi2% ph. pie. de 71’ a6m à 7h 4i“, fin après 9 heures, distance probable : 9600 km ; le 14, début à 8h4"fph. pie. de 8h 37*“ à 8h5im, fin après 911 3om; le 18, début à i3h 44m 4% fin vers *5 heures ; le 18, début vers igb27m, ph, pie, de 20 heures à 20h 12“, fin vers 21 heures;'le 24, début à ioba6m4o,> ph. pie. de iihiom à nh3om, fin après 12 heures; le 24, début à i2h4o“ 10% fin vers 14 heures; le 25, début à i8hiom52% ph. pie. de i8h5im à i9hi5m, fin à 22h3om, distance probable : 9400 km; le 29-3o, début à 23h4im, fin à ih3om; le 3o, début à nh46ra46% ph. pie. de 12''x8m à i'2h 33m, fin à 14 heures.
- Des mouvements beaucoup plus faibles se rencontrent le 4» entre i4h 2im et i5 heures ; le 8, de 3h 1 im à 3h 35m ; le 9, de i7K xm à iyl,5Sm; le ix, entre ioh i5m et ioh5om et de à i6h3om; le 14, entre i7h5om et 171157“ ; le
- 16-17, de 23h 53m à oll3om; le 17, de x3h 23m à 14 heures; le 20, de 3h25ni à 4h iom et de io^Sô® à nh 3om; le a5, de 11' 36m à 21'iom et de 4’‘27m à 6biom; le 26, de 4h 3im à 7 heures et de i3h i6m à i3h4om; le 27, de g1^”1 à gh 4om; le 28, de 4h 26™ à 4h 45'“ et de 1 g1* 35“ à 20h xom; le 29, de 4h iom à 4h4om. Enfin les diagrammes portent encore des traces de micxmsismes les 1°% 5, 6, 7, 9, 12, 14, 18, 20, 21, 22, 24, 25, 28 et 3o avril.
- Floraisons. — Le ie% renoncule bulbeuse; le 2, cerisier (Montmorency); le 3, linaire cymbalaire; le 6, cerisier (Sainte-Lucie); le 12, corbeille d’or; le i3, cassis, réveille-matin; le i5, dyelitra spectabilis, spirée; le 17, cognassier, chamerisier; le x9, lilas de Perse, bouton d’or; le 20, épine blanche, arum; le 21, érable sycomore; le 22, lilas commun, épine rose, herbe à Robert ; le 23, sorbier des oiseleurs, fusain à lai*ges feuilles; le 24, érable champêtre, lilas blanc, arbre de Judée, pommier (Canada); le 25, marronnier blanc, géranium à feuilles rondes ; le 26, tulipe non cultivée ; le 27, ancolie ; le 28, belle d’onze heures; le 29, ger-mandrée, lupuline ; le 3o, épine vinette, glycine, chéli-doine, polygonatum vulgare.
- On a vu deux hirondelles le 5, des hannetons le 5.
- Pi’emier chant du pic-vert le 22, du coucou le 23, de la tourtei’elle le 29.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Le sérum-rhum. — A la suite des chocs traumatiques gx-aves, des opérations de longue durée, à la suite de grandes hémorragies, le blessé ou le malade se trouve daixs des conditions d’affaiblissement tel qu’il faut à tout
- px'ix relever les forces et dans le plus bref délai, sous peine d’un accident syncopal mortel. C’est dans ces cas graves qu’on pratiquait autx*efois la transfusion du sang, méthode thérapeutique délaissée, puis remise en hou-
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- neur récemment. Aujourd’hui, on a dans les injections de sérum un moyen excellent. de renforcer la tension sanguine, de relever les forces et de combattre la défaillance cardiaque.
- Un jeune interne de la maison départementale de Nanterre, M. Engel, a pensé qu’on pourrait accroître la valeur des injections sous-cutanées ou intra-veineuses de sérum en les additionnant d’une petite quantité d’alcool. C’est ce qu’il a fait et avec succès chez un certain nombre de malades du service du Dr E. Reymond. Il emploie, pour alcooliser son sérum, un rhum de parfaite* qualité, vieux, et l’ajoute au sérum classique à la dose de 5 pour ioo. Aux ampoules de sérum on ajoute la dose de rhum proportionnelle et on fait l’injection.
- Les résultats sont de beaucoup supérieurs à ceux que donne l’injection d'huile camphrée, de spartéine ou de sérum ordinaire. La tension sanguine remonte plus rapidement et surtout elle se maintient plus longtemps
- près de la normale. La respiration se fait plus ample, plus régulière. Le malade éprouve une impression caractéristique de bien-être, dû peut-être à son léger degré d’ébriété, quoique l’auteur affirme n’avoir jamais observé de délire éthylique.
- Le sérum-rhum n’a pas d’action mauvaise sur le rein et est, à ce point de vue, bien préférable au sérum chloruré. Souvent même on a des effets marqués de diurèse et, dans les cas de pneumonie grave chez lesquels M. En-gel a employé ce moyen, la diurèse a eu les résultats les plus heureux. Le sérum-rhum remplace avantageusement chez ces malades la classique potion de Todd. L’alcool introduit par la voie sous-cutanée ou intraveineuse ne fatigue pas la muqueuse de l’estomac, et on peut ainsi en faire absorber des doses élevées. Détail à noter : cette médication ne doit pas être employée chez les enfants, qui la supportent mal.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QSÇ,
- Filtres en papier pour grands entonnoirs. — Quand on veut faire de grands filtres à la manière ordinaire,
- Fig. x. — a, feuille de papier; — b, feuille pliée en quatre; c, la même après tracé des deux premiers plis.
- c’est-à-dire en plissant alternativement d’un et d’auti’e côté selon les rayons du rond de papier, le filtre fonc-
- Fig. 2. — La feuille de papier pendant le tracé des plis. — a, les deux premiers plis sont faits; — b, on a retourné de l’autre côté pour faire les deux suivants; — c, les trois premiers plis sont achevés.
- tionne souvent mal. En effet, ou bien on fait beaucoup de plis, et ceux-ci se confondant vers la pointe sont
- peu marqués, si bien qu’ils disparaissent sous la pression exercée par le liquide; ou bien on en fait peu et c’est alors vers le haut du filtre que la pression déforme le papier en l’appliquant contre la paroi de l’entonnoir.
- Yoici comment on peut remédier à cela. La feuille à transformer en filtre est pliée sur elle-même à sa partie médiane, puis repliée selon la perpendiculaire élevée sur le milieu du premier pli (fig. x). Les lignes des premiers plis servent alors de guides pour faire d’autres plis, bien parallèles aux premiers dont ils sont distants de 1/2 à 1 centimètre (fîg. 2).
- Ceci fait, on retourne le papier pour recommencer la même opération et ainsi de suite jusqu’à ce que tout F%- 3- — les Plîs sont achevés; — le papier soit plié b> le filtre est dél)lié-
- (fig. 3). Avec un
- peu d’habitude, on arrivera très bien à faire le travail très rapidement et très régulièrement.
- Le filti'e est, au moment de l’emploi, déplissé. On constate alors que les plis sont écartés les uns des autres de la même distance sur toute leur longueur : ils conserveront en conséquence bien mieux leur forme. Les plis ne venant pas tous aboutir au même endroit, le papier est moins fatigué et ne x'isque pas de se déchirer. Enfin, l’absence de déformation et la présence de lignes rayonnantes zigzaguées, où viennent aboutir les arêtes, font que le papier ne s’applique pas sur le verre pour empêcher l’écoulement du liquide filtré.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il xxe peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. Saillard, à Maîche. — Yous trouverez les renseignements détaillés qui vous intéressent, dans le n° 2067 de La Nature, article d’automobilisme sur les transmissions. Dans les voitures automobiles, l’essieu moteur étant relié au châssis par l’intermédiaire des ressorts de suspension, il est indispensable de permettre une certaine indépendance entre l’arbre de sortie de la boîte des vitesses et les roues motrices. On a adopté
- deux sortes de transmissions : la transmission par chaînes, et la transmission par cardans, qui permettent l’une et l’autre à l’essieu de se déplacer verticalement d’une manière assez importante pendant le jeu des x*es-sorts, sans amener de pei’turbations appréciables dans le fonctionnement des oi'ganes moteurs. Il existe de nombreux types de joints de cardan dont vous trouverez la description dans les catalogues d’automobile, et en particulier dans celui de Malicet et Blin, io3, avenue de la République, à Aubervilliers, qu’il vous suffira de demander. Mais tous ces types sont établis de manière à réaliser deux articulations, dans deux plans perpendiculaires, dont le jeu combiné permet à l’un des arbres de prendre, par rapport à l’autre, une inclinaison assez appréciable, sans cesser d’être commandé par lui. On
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- BOITE AUX LETTRES
- appelle alors transmission par cardans un système tel que la liaison à établir entre la boîte des vitesses fixée au châssis, et les roues motrices qui oscillent par rapport à ce châssis, est réalisée au moyen d’arbres articulés les uns sur les autres par des joints de cardan. —-
- En automobilisme, on réunit d’ailleurs toujours les arbres des deux organes voisins, même s’ils sont installés à poste fixe dans le prolongement l’un de l’autre, par des joints de cardan, pour tenir compte des déformations ou flexions du châssis pendant la marche.
- JtO
- BIBLIOGRAPHIE
- QtfL
- ont
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le dirigeable rigide « Spiess » : Lucien Fournier. — La téléphonie sans fil : Pr Vanni. — La photographie judiciaire de la Préfecture de police à l'Exposition de Gand : Alphonse Bertillon.
- — Le cancer des plantes : Y. Forbin.
- Supplément. — Avis de l’administration.— La grandeur des molécules. — La nature de la lumière produite par certains insectes.
- — L’existence d’eaux naturelles ozonisées. — Action de l’eau de baryte sur certains verres. — Recherche de l’arsenic dans une terre de cimetière. — Action des vapeurs sur les végétaux. — A propos de bulles de savon. — Défense de fumer. — Documents égyptiens sur la « Sortie d’Egypte », etc.
- L’art de faire des affaires par lettre et par annonce. Méthode scientifique appliquée à la correspondance et à la publicité, par Sherwin Cody, traduit et adapté par L. Chambonnaud. In-16 jésus de 292 p., H. Dunod et E. Pinat. Prix : 4 fr. 5o.
- Ce livre, fort original, indique la manière d’obtenir du travail de la correspondance un masimum de rendement. Qu’est-ce donc qu’une lettre qui porte? C’est celle qui produit avec certitude sur un correspondant l’impression favorable que l’on désire créer, de manière à lui faire faire avec précision ce que l’on désire qu’il fasse. Apprendre à rédiger de bonnes lettres, c’est donc acquérir l’assurance que la correspondance et la publicité donneront un bénéfice positif.
- Die Steinzeitliche Technik, par le Dr L. Pfeiffer, 25o illustrations, 340, p. (G. Fischer, Iéna, 1912.) Prix : 16 fr. 26.
- L’auteur présente, comme une contribution à l’his-
- toire du travail, une revue générale fort bien documentée de la technique de la pierre à toutes les époques, depuis les problématiques éôlithes jusqu’aux sauvages actuels. Il examine tous- les matériaux employés : du silex à l’obsidienne ; la recherche de la matière première, sa mise en œuvre, les formes caractéristiques des époques ou des peuplades. De même pour l’os et le bois. Le chapitre VI est consacré à l’utilisation des animaux sauvages tués à la chasse. Le dernier chapitre (VII) traite de l’extinction du travail de la pierre qui disparaît devant l’agriculture, les mines et les métaux. Curieux ouvrage qui a très ingénieusement traité son sujet.
- Mémoires du Service géologique de V Indo-Chine. 1 vol. ; — Mission du Laos, par H. Mansuy; — Contribution à la géologie du Tonkin, par H. Mansuy; — Etude géologique du Yunnan oriental, par J. Deprat et H. Mansuy. Imprimerie d’Extrême-Orient, Hâncrf-Haïphong, 1912.
- Cette très importante publication scientifique, qui inaugure la série des Mémoires du Service géologique d’Indo-Chine, fait le plus grand honneur à nos compatriotes d’Extrême-Orient. C’est une étude de détail minutieuse et complète sur des pays qui étaient il y a peu de temps encore à peu près inconnus, et sur lesquels nous possédons maintenant des données géologiques telles qu’on n’en a pas sur beaucoup de pays européens. Le Yunnan oriental, qui forme une annexe naturelle du Tonkin, et où la ligne de chemin de fer ouverte jusqu’à Yunnan-fou permet aujourd’hui de pénétrer facilement, possède d’ailleurs des richesses minières dont ce Mémoire n’avait pas à parler, mais dont il éclaire néanmoins l’allure et la constitution. De très nombreuses et belles planches paléontolo-gique rendent la publication tout à fait luxueuse.
- <
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Q3L
- 055?
- Du A au 16 mai.— Le 4* La dépression de la veille s’étend vers le S.-E (Pas-de-Calais : 747 mm). Fortes pressions sur le N. du continent et sur les Açores. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe : Charleville, 16 mm; Biarritz, 12; Paris, 8. Temp. du matin : Arkhangel, — 5°; Moscou, +1; Belfort, 7; Paris, 8; Toulouse, 12; moyenne à Paris : 8°,5 (normale : n°,8). — Le 5. Dépression assez profonde sur le W. et le Centre de l’Europe, ainsi que sur l’Islande (Reykjawik et Nice : 747 mm). Fortes pressions sur le N.-E. et les Açores. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Bordeaux, 11 mm; Nantes et Toulouse, 9; Besançon, 8. Temp. du matin : Arkhangel, — i°; Belfort, ~f~ 5 ; Paris, 7; Nantes et Toulouse, 9; moyenne à Paris : 8°,7 (normale : ïi°i9). — Le 6. La dépression de l’Islande s’étend sur les Iles-Britanniques. Une autre persiste dans le S.-E. de l’Europe. Fortes pressions dans le N. et sur les Açores (769 mm). Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Charleville, 10 mm; Besançon et Biarritz, 8; Paris, 4. Temp. du matin : Belfort, —j— 4°; Paris, Bordeaux, Toulouse, 9; Alger, 17; moyenne à Paris : io° (normale : 12°). —Le 7. Basses pressions du N.-W. au S.-E de l’Europe. Minima sur les Balkans (742) et sur l’Irlande (743). Fortes pressions sur le N. Pluies sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Brest, 9 mm; Cherbourg, 4* Temp. du matin : Belfort, -J-5°; Clermont-Ferrand, 7; Paris, 8; Nantes, 9;
- moyenne à Paris : io° (normale : i2°,i).— Le78. Pror fonde dépression sur l’Irlande, les Iles-Britanniques, le W. de la France (Valentia : 737). Pluies sur le W. et le Centre de l’Europe. En France : Lorient, 22 mm; Nantes, 12; Paris, 2. Temp. du matin : Arkhangel, o°; Belfort, 7; Paris et Nantes, 10; Toulouse, i3; moyenne à.Paris : i3° (normale : i2°,2). — Le 9. Basses pressions sur le W. et le S. de l’Europe. Minimum em Irlande (Valentia : 742). Pression élevée sur le N. du continent. Pluies sur le S.-E. et le W. de l’Europe. Énu France Calais, 14 mm; Paris et Clermont-Ferrand, 12; Charleville, 10. Temp. du matin : Nantes, -f-90; Belfort, 12; Paris, 14(Alger, 20; moyenne à Paris : i3°,8 (normale : i2°,3), — Le 10. Même situation barométrique que la veille.. Temp. du matin : le Mans et Bordeaux, xo°; Toulouse, i3; Besançon, 16; Alger, 20. — Le 12. Dépression sur le W. de l’Europe (Valentia : 75x ). Pression basse dans l’E, et le S.-E. du continent, voisine de 765 sur le Centre, 769 en Scandinavie. Pluies sur le W. et le N. du continent. En France : Perpignan, 21 mm; le Mans et Toulouse, 19; Nantes, 7. Temp. du matin : Vardoe, —20; Belfort et Limoges, +8; Paris, 10; Bordeaux, i3; Nice, 17; moyenne à Paris : i2°,5 (normale : i2°,6). — Le i3. La pression monte sur le N. de l’Eui'ope et vers les Açores (Horta : 774; Islande : 773). Faibles minima sur le W. de la France et le N. de l’Algérie. Pluies sur le W. et le S.-E. de l’Europe. En
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- France : Lyon, io mm; Cette et le Mans, 6. Temp. du matin : Arkhangel, —2°; Limoges, + 7; Toulouse, 8; Paris, 13; Besançon, i5; Marseille, 16 (moyenne à Paris : i3°,3 (normale : ia°,7).— Le i4- Dépression sur le S.-E. de l’Europe et l’Algérie (Alicante : y54)* Fortes pressions depuis les Açores jusqu’à l’Islande et vers le N. du continent. Pluies sur le S.-W. de l’Europe. En France : mont Aigoual, 59 mm; Biarritz, 14 ; Paris, 3. Temp. du matin : Nantes, 8°; Bordeaux, 12; Paris, 13 ; Nancy, 14; moyenne à Paris : 140,9 (normale : i2°,8). —
- Le i5. La pression reste basse sur le S.-W. de l’Europe. Minima sur le golfe de Gascogne (754) et l’Algérie (755). Fortes pressions sur le S.-E., les Iles-Britanniques et les Açores. Pluies sur le S.-W. de l’Europe. En France : Perpignan, 35 mm; le Mans, 22; Toulouse, 17; Marseille, 8; Paris, 3. Temp. du matin : Brest, io°; Lyon et Paris, 13 ; Nancy et Bordeaux, 14 ; moyenne à Paris : i5°,3 (normale i2°,9). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 6, à 8 h. u5 m. du matin; Premier Quartier le i3, à 11 h. 45 m. du matin.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de Al. CH. Dufour (Parc Saint-M.aur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 5 mai 1913. 6°,S E. N. E. 2. Très nuageux. 2,3
- Mardi 6 9°,1 S. S. w. 1. Beau. 3,7
- Mercredi 1. ... . 8°,1 S. W. 2. Beau. ».
- Jeudi 8 10°,2 S. E. 5. Très nuageux. 1,8
- Vendredi 9 13°, 5 S. E. 1. Couvert. »
- Samedi 10 11°,8 Calme. Couvert. 3,5
- Dimanche 11. . . . 10°,0 S. 2. Beau. 0,6
- Lundi 12 10°,4 S. S. E. 1. Nuageux. 0,1
- Mardi 13 13°,2 E. 3. Couvert. 0,0
- Mercr. 14 13°,1 S. 1. Pluie. 2,6
- Jeudi 15 13°,1 N. E. 1. Pluie. 5,2
- Vendredi 16 ... . 14°,1 N. 2. Couvert. 1,4
- Samedi 17 15°,2 S. 1. Pluie. 9,8
- Dimanche 18 ... . 12°,0 N. N. W. 3. Beau. ))
- OBSERVATIONS GENERALES
- Pluie de (PSO à 2h15; nuag. ; gouttes à 12b15.
- Rosée ; peu nuag. le m. ; couv. le s. ; pluie de 15ho0 à 18k50.
- Brume ; peu nuageux.
- Rosée ; brume ; très nuag. ; pluie dans là soirée.
- Très nuageux.
- Pluie de 4k50 à 6‘'5 ; très nuag. ; forte brume.
- Nuag. ; rosée ; averse à I PSO et de 17b55 à 18b10. -
- Couv. de lGb à 19\ très nuag. av. et apr. ; halo ; petites averses. Couvert ; rosée ; quelq. fois des gouttes.
- Tr. nuag. de 15b à 18h; couv. av. et ap. ; pluie jusq. 9h.
- Couv. ; pl. jusq. 0h30 et de 5h30 à 8'iO ; goutt. à 19,l30 ; brume.
- Beau de 12“ à 16k; couv. av. et ap.; un peu de pluie à 6\
- Couv. ; pl. jusq. 2b30, de 3"45 à 7b10, de 18"25 à 19"10, de 20“ à 20h25. Nuageux ; brumeux.
- MAI 1913. — SEMAINES DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 18 MAI 1913.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- G MIDI 6 MIN 6 MIDI G MIN G MIDI G MIN G MIDI G MIN G MIDI G MIN 6 MIDI ;b Ml N G MIDI G
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Q à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe. épaisse, les pressions barométriques [baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abrt a borde sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l’Institut, Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique, Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « N&ture » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2088. — 31 MAI 1913.
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La distance des nébuleuses. — Quelle est la distance des nébuleuses? Jusqu’en ces dernières années, on pouvait la croire de beaucoup supérieure à celle des étoiles, et l’on voyait dans ces vaporeuses formations célestes d’autres Voies lactées, d’autres univers semblables à celui qui nous environne, mais réduits par la distance en un faible brouillard lumineux. Ainsi, une nébuleuse était considérée comme un <c univers stellaire » analogue à notre « amas galactique » auquel appartient le Soleil, et la distance entre les différents univers, comparée à leur dimension, était de l’ordre de celle des étoiles entre elles. Avec les recherches de l'astrophysique, les idées se sont modifiées, les distances relatives se sont précisées, et l’on est porté à admettre aujourd’hui que la distance des nébuleuses est de l’ordre de celle des étoiles. D’ailleurs, dans bien des cas, les nébuleuses et les étoiles voisines semblent en connexion intime, et tout semble indiquer que l’on se trouve en présence de systèmes physiques déterminés. De ce nombre, on peut citer les Pléiades, les étoiles nébuleuses d’Herschel et certaines nébuleuses régulières ayant une étoile à leur centre. Dans l’hémisphère austral, les nuées de Magellan sont un exemple bien connu. Pour évaluer la distance d’un astre, on mesure sa parallaxe. Ainsi la parallaxe d’une étoile est l’angle sous lequel, de l’étoile, on voit le demi-diamètre de l’orbite terrestre, supposé placé perpendiculairement à la direction qui les joint. Connaissant cette valeur angulaire de la parallaxe et le demi-diamètre réel de l’orbite de la Terre, il est facile de calculer la distance de l’étoile. En réalité, ces angles sont extrêmement petits, et il faut des mesures d’une haute précision pour en déterminer la valeur probable. On se sert d’observations faites à six mois d’intervalle, au bout desquels la Terre est parvenue à l’autre extrémité d’un diamètre de son orbite. Par perspective, une étoile subit un petit déplacement par rapport au fond du ciel, par rapport aux étoiles bien plus éloignées qu’elle. C’est ce minuscule déplacement semi-annuel qu’il faut évaluer. On ne connaît aucune étoile ayant une parallaxe égale à 1" d’arc. Toutes sont inférieures à cet angle si petit. Le nombre des étoiles dont la parallaxe est évaluée est ainsi aujourd’hui encore très faible. L'Annuaire du Bureau des Longitudes pour igi3 en signale 101 seulement supérieures à o",i. Les étoiles offrent des points lumineux précis, dès images photographiques dhine grande netteté, sur lesquels on peut effectuer des pointés de grande précision. Il semblait que par les procédés habituels, on ne pourrait jamais arriver à semblable détermination pour les nébuleuses, dont les contours sont si délicats et si vaporeux. Grâce à la photographie, on y est cependant parvenu. En 1908, M. Karl Bohlin, de Stockholm, a fait connaître les résultats de trois déterminations de position des noyaux de la grande nébuleuse d’Andromède, d’après les mesures prises sur de nombreux clichés photographiques. Les
- déterminations ont exigé environ 41 000 pointages et ont conduit à une parallaxe de (>",17. La distance correspondante est 181 trillions de kilomètres, et la lumière met environ 19 ans et 2 mois à la parcourir. Ainsi, la belle nébuleuse d’Andromède est relativement près de nous, beaucoup plus près que certaines étoiles dont on a déterminé la distance. Un nouvel essai de détermination de parallaxe de nébuleuse vient, d’être publié par M. Gustaf Strômberg, de l’Obseryatoire de Stockhom, dans le N° 465o des Astronomiscke Nack-richten. Il s’agit de la nébuleuse G G 117, très voisine de la grande nébuleuse d’Andromède, sorte de satellite de cette dernière. Par suite de la netteté de cette petite nébuleuse, les mesures sont beaucoup plus faciles que sur la précédente. M. Strômberg a mesuré les So clichés qui avaient déjà été mesurés par M. Bohlin pour la grande nébuleuse et qui remontent tous aux années x.901 à 1905. Il a comparé les positions de la nébuleuse GG 117 à une étoile voisine dont les coordonnées diffèrent de — ns,56 en ascension droite et — 18",3 en déclinaison. Des 5o mesures de différences d’ascension droite et des 46 mesures de différences de déclinaison, M. Strômberg conclut, pour la parallaxe de la nébuleuse, -j- o",09. Ce nombre correspond à une distance de 342 trillions de kilomètres et à une durée du trajet de lumière de 36 ans et 4 mois. Malheureusement, l’erreur moyenne de ce résultat atteint ± o",o6, c’est-à-dire est presque de l’ordre de grandeur de la quantité à mesurer. Il convient donc de ne considérer cette nouvelle détermination que comme un résultat provisoire. Quoi qu’il en soit, les deux déterminations précédentes prouvent que les nébuleuses sont beaucoup plus près de nous que l’on n’était habitué à le considérer.
- Comète Schaumasse (1913 a). — Cette comète va se présenter dans des conditions favorables pour l’observation. Son éclat, jusqu’ici, est assez faible, mais il augmente peu à peu. Les observations effectuées du 7 au x 1 mai, et que publient les Astronomiscke Nach-chrickten, n° 4632, montrent que cet éclat a été apprécié de manière très différente, suivant les observateurs : il oscille entre la 9me,5 grandeur et la iime,2. Les premières observations ont permis de calculer une orbite provisoire, et le même journal donne trois calculs différents de M. E.-C. Pickering, de M. Ebell et de MM. G. Fayet et A. Schaumasse. Ces derniers ont utilisé les observations faites par M. Schaumasse, les 6, 7 et 8 mai, à l’équatorial coudé de l’Observatoire de Nice. Ils ont calculé les éléments paraboliques suivants :
- Passage-au périhélie .........T — 1913 mai 15,4222 j ^d^PariT11
- Longitude du périhélie........ ic = 55° 32 'S" 1
- Longitude du nœud ascendant. . . . Q = 315°21'7" > 1913,0.
- Inclinaison.......... ........ i =152°31'26" J ;'-
- Logarithme de la distance périhélie . log q — 0,16292.
- L’éphéméride calculée sur la parabole précédente,
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- INFORMATIONS
- pour 12 heures, temps moyen de Paris, est la suivante :
- 1915 ASCENSION DROITE DÉCLINAISON 1
- rs A*
- 24 mai 19 h. 3 m. 21 -H 31° 10' 0,87
- 26 — 18 h. 40 in. Il 53u 55'
- 28 — ...... 18 h. 14 m. 4 4- 36° 23' 0,94
- 30 —‘ 17 h. 45 ni. 55 4-38° 31'
- 1" juin ' 17 h. 15 m. 56 4- 40° 6' 0,93
- 0 — 16 li. 45 m. 33 4-41° 9'
- 5 — 16 h. 15 m. 50 4- 41° 35' 0,84
- 7 — 15 h. 47 m. 45 4-41° 31’
- 9 — 15 h. 22 xn, 2 4-41° 1' 0,71
- On admet que l’éclat d’une comète varie en raison inverse du carré de sa distance au Soleil et à la Terre. C’est ce qu’exprime la dernière colonne du tableau ci-dessus. On voit donc que l éclat va augmenter jusqu’au ier juin. MM. Fayet et Schaumasse font remarquer qu’à cette époque la comète passera au méridien vers minuit. Dans nos régions, elle sera très voisine du zénith; on peut donc espérer qu’elle deviendra, sinon visible à l’œil nu, tout au moins perceptible à l’aide d’une simple jumelle.
- Concours de ï’aviette. — Les aviettes sont les engins volants sustentés par le seul moteur humain. Le concours organisé en 1912 ne fut pas heureux et ne révéla aucune machine satisfaisant aux programmes de l’épreuve. Celle-ci sera tentée à nouveau en igi3, mais sous une forme moins ambitieuse que l’an passé. Il ne s’agit plus de voler pendant 10 mètres sans le secours d’un moteur; nous sommes en présence d’un simple concours de vitesse, sans vol obligatoire, entre toutes les machines roulantes, bicyclettes ou autres, uniqxiement actionnées par la force humaine appliquée à un propulseur aérien quelconque. L’épreuve exclusivement réservée aux véhicules sans roue moti’ice a pour but de mettre en parallèle les différents propulseurs aériens, hélices, ailes battantes, etc., employés depuis un an pour le lancement de Ï’aviette. Elle aura lieu sur un demi-tour de piste, 333 mètres. Le temps ne devra pas excéder 1 minute. Quatre prix de 10000, 2000, 1000 et 5oo francs, offerts par la maison Peugeot, récompenseront les vainqueurs.
- La maladie des « Sky-scrapers ». —Un architecte-expert de New-York, M. George T. Mortimer, expose une théorie qui cause une vive émotion aux Etats-Unis, où. les maisons géantes à structure d’acier se sont multipliées si rapidement depuis dix ou quinze ans. D’après lui, il faudra interdire la construction de pareils immeubles, si l’on veut éviter d’épouvantables catastrophes. « De même que les vers, déclare-t-il, percent les coques des voiliers, de même les courants électriques dits « vagabonds » désintègrent les charpentes d'acier qui forment le squelette d’un sky-scraper. L’électricité bien utilisée rend les plus grands services à la civilisation, mais ces courants vagabonds peuvent devenir une source de dangers incalculables. Or, on sait pertinem-
- ment que des courants électriques provenant de diverses sources s’égarent dans la masse d’un immeuble; de même qu’ils percent à la longue les conduites d’eau ou de gaz. Des experts, appelés à examiner un sky-scraper de Chicago, ont établi que les colonnes d’acier de cette maison se désintégraient au taux d’une livre par heure. Ce qui arrive à Chicago doit se passer également à New-York et ailleurs. Des expériences ont établi nettement qu’un haut voltage n’était pas indispensable pour provoquer cette œuvre de destruction. Un courant de très faible voltage peut amener la désintégration de l’acier ou du fer forgé. » D’après M. Mortimer, la construction de ces maisons de vingt à cinquante-cinq étages réserve de terribles mécomptes. ï
- L’agriculture en Indo-Chiné. — Le Bulletin de VOffice des renseignements agricoles du Ministère des Colonies donne des renseignements sur l’état de l’agriculture en Indo-Chine en 1911. En Cochinchine, le riz qui est la culture principale, se développe lentement à mesure que s’étendent les canaux d’irrigation. Son rendement étant irrégulier, les indigènes y adjoignent de plus en plus d’autres cultures : maïs, canne à sucre, arbres fruitiers, ananas, manguiers, poivrier, tabac, etc. On essaie dans la province de Gocong la culture du cocotier. La colonisation indigène progresse comme le prouvent les 20 000 Ha de concessions nouvelles accordées en une année ; la colonisation européenne se développe également et 3o 000 Ha viennent d’être concédés pour la culture du caoutchouc; près de 2 millions d’arbres à caoutchouc sont déjà plantés et beaucoup sont en pleine production. L’administration continue de détruire les herbes flottantes, « luc-binh » (La Nature, n° 2066) qui menaçaient de rendre impraticables un grand nombre de cours d’eau ; des épis établis sur le cours des fleuves et des canaux ont permis d’arrêter 6657 m5 de luc-binh en janvier, 9i5i m3 en février, 12 295 m3 en mars. Au Tonkin, les exportations de riz et de maïs augmentent, la culture des plantes alimentaires et des arbres fruitiers se développe; on étudie en ce moment l’irrigation de tout le delta, tandis qu’on commence à enseigner aux indigènes les métiers tels que le tissage de la soie, le tressage des chapeaux, les meilleurs modes de culture et qu’on leur distribue des « graines » sélectionnées de vers à soie. Dans le haut pays, l’élevage du cheval a pris une grande extension, et à Hanoï, on continue avec succès l’élevage des moutons. En Annam, on cultive le tabac, la cannelle, le thé; la colonisation européenne occupe 3g 5oo Ha; les plantations de caoutchouc se multiplient et l’on acclimate le kapok. Au Cambodge, on a distribué en un an 121 85 i pontes de ver à soie et le poids des cocons indigènes est passé de 643 milligr. à 1200 milligr. Le riz, le poivre, le tabac, le maïs, le coton, sont les principales cultures et l'élevage devient une des grandes richesses du pays. Toutes ces possessions françaises font donc de rapides progrès.
- LE MONT MAC-K1NLEY
- Vue du Mont Mac-Kinley (Alaska, 6187 m. (D’après le Professional Paper, n" 70 de TU, S. Geol. Survey. Voy, Bibliographie.)
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- 3§ao
- j£> Télégraphie sans fil
- Un détecteur à cristal perfectionné pour télégraphie sans fil.tt-— Depui- que la Tour Eiffel émet régulièrement ses signaux horaires, les postes récepteurs se
- sont multipliés à l'oison. Le problè-me de l’heure exacte se trouve ainsi résolu, en effet, fort simplement et sans grands frais. Nos lecteurs savent que rétablissement d’un poste récepteur pour signaux horaires est à la portée de tous les amateurs, surtout lorsqu on utilise le détecteur à cristal, qui est l’instrument le plus idéalement simple que l’on puisse imaginer. Un cristal convenable serré entre 2 pointes métalliques, et tout est dit. Mais tous les cristaux ne conviennent pas; d’autre part, les cristaux qui, même par leur nature chimique, semblent devoir faire d’excellents détecteurs, sont soumis à de singuliers caprices.
- La pression, l’orientation paraissent influe r sur eux, et un réglage est toujours nécessaire.
- L’opération est parfois assez délicate avec les
- Le détecteur Omnium.
- Elévation de l’appareil, au-dessus la sphère fendue servant de rotule.
- instruments rudimentaires que l’amateur a pu construire lui-méme, ou même avec ceux, très simples, que l’on
- vend actuellement à bon compte chez tous les électriciens. On vient d'imaginer un appareil perfectionné, Y Omnium, qui facilite ce réglage, en le rendant à la fois sûr et rapide. Il permet d’explorer et de rechercher rapide m ent les points sensibles à la surface des cristaux, de varier à volonté la pression des pointes sur ces points sensibles, enfin de fixer rigidement les cristaux et les pointes lorsque la recherche des points sensibles est terminée et que la pression convenable est obtenue.
- Le détecteur Omnium est constitué par un socle en matière isolante sur lequel sont fixés parallèlement deux paliers 2 maintenus par des vis de serrage.
- Au centre de ces paliers est disposée une sphère
- L’appareil vu en plan.
- métallique 3 servant de rotule, percée d’un orifice axial fileté 4 et fendue en 5. Une tige filetée traverse cette sphère, elle porte à son extrémité extérieure une molette de réglage 7. L’autre extrémité se termine, pour lune des tiges, par un godet muni de vis moletées et destiné à recevoir le cristal détecteur; pour l’autre tige, par une pince à mandrin, destinée à tenir une pointe ou un balai.
- On voit que, grâce à cette disposition, chacune des tiges filetées peut se déplacer à volonté vers l’avant ou l’arrière par un mouvement de vis ordinaire; de plus, grâce à la rotule, elles peuvent se déplacer dans tous les angles, ce qui permet d’explorer toute la surface du cristal et d’en régler la pression.
- . Lorsqu’on a trouvé le point sensible et réglé la pression, les rotules sont bloquées à l’intérieur dé leur logement dans chaque palier au moyen d’une lame 11, pourvue également d’un logement pour la rotule et emportant une vis ou une manette de blocage 12, ser-rage qui se traduit par le resserrement de la sphère fendue 3, autour de la tige filetée, et par le coincement de cette sphère dans son logement.
- Un tube de verre disposé entre les 2 supports complète l’appareil et préserve le cristal des poussières, ou de toute autre cause extérieure de perturbation.
- Cet appareil est en vente chez Picard, i3i, boulevard Sébastopol, Paris.
- *-v Chimie
- Pour dessiner correctement les appareils de chimie. — Qu’un professeur veuille illustrer au tableau son cours de chimie,, ou qu’un étudiant désire représenter les appareils qu’il emploie dans une expérience,
- et que ni l’un ni l’autre ne sache dessiner, cela peut arriver. Ils seront tirés d’affaire grâce à un ingénieux procédé, le « Nivoc Stencil », que vient de mettre en vente la maison Becker. Le patron « Nivoc » consiste en une plaque transparente et flexible dans laquelle sont découpées des silhouettes de flacons, bouteilles, enton-
- STENCIl N° 2
- ,*\V.OCs
- PATENT S*l ENCIl F.E.BE.CKER &C9 HATTON WALL
- -LONDON
- noirs, cornues, becs de gaz, etc. Les angles du patron sont arrondis et l’un d’eux est incliné à 6o° par rapport aux autres, si bien qu’en suivant ces contours, on peut dessiner des tubulures variées et divers raccords. Il existe des « Nivoc Stencil », deux modèles, un petit pour le dessin sur papier, comprenant deux planches vendues chacune 6 pence, et un grand pour tableau noir, valant 12 shillings 6 pence. — En vente chez Beckers, Haston Wall, Londres, E. G.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Mécanique
- Nouveau fer à souder.— Ce nouveau fer destiné aux travaux d’amateurs aussi bien qu’aux professionnels, nous a paru extrêmement pratique.
- Leimanche en bois recouvre le réservoir qui renferme une mèche de coton sur laquelle on verse une certaine quantité d’alcool. Le réservoir se prolonge par un tube de cuivre percé de trous par lesquels pénètre l’air extérieur pour se mélanger aux vapeurs d’alcool et constituer le chalumeau qui chauffera le fer qui termine le tube.
- Sous ce dernier est placée une coupelle dans laquelle
- on verse de l’alcool. On enflamme le liquide qui échauffe le tube et le réservoir : l’alcool contenu dans ce dernier se gazéifie, sort par le tube en se mélangeant à l’air aspiré par les trous, s’enflamme et chauffe le fer. La charge d’alcool est suffisante pour maintenir le fer à une bonne température pendant i5 ou 20 minutes. Çet appareil très simple paraît supérieur à tout ce qui a été construit dans ce genre jusqu’ici. — Il est en vente au Comptoir de vulgarisation des Petites Inventions, 94, nie Saint-Antoine, à Paris.
- Éclairage
- Allumeur « Extra ».—• Cet allumeur appartient à un modèle que divers amateurs ont déjà construit eux-mêmes pour leur compte personnel, et qui est la preuve d’une extrême simplicité. Il se présente sous la forme d’une boîte rectangulaire assez plate, que l’on fixe au mur. A l’intérieur, se trouve une pile ordinaire de petite lampe de poche branchée sur le circuit d’une bobine constituée jiar un simple enroulement d’un fil assez gros. Les deux extrémités du fil de la bobine aboutissent : l’un, à la garniture métallique d’une ouverture ménagée dans la face avant de la boîte, le couvercle; l’autre, à une tige formant ressort et dont l’extrémité se présente à l’intérieur de cette même ouverture. Dès que, avec l’allumette métallique garnie d’amiante imbibée d’essence, on établit le circuit entre les deux extrémités des fils, une étincelle d’extra-courant jaillit au moment de
- A gauche :
- L’allumeur «Extra ».
- A droite :
- Pile et bobine de l'allumeur.
- la rupture et enflamme l’essence. Le geste est tout à fait semblable à celui que l’on exécute lorsque l’on veut allumer une allumette ordinàire sur un frottoir. — L’allumeur « Extra » est en vente chez M. Rousselle, Comptoir de vulgarisation des Petites Inventions, 94, vue Saint-Antoine. Prix: 10 francs.
- *> Objets utiles
- Le Smas. — Le Smas est un nouvel appareil à aiguiser les couteaux. Il en existe déjà un nombre respectable de modèles, depuis la pierre à aiguiser qui se présente sous tant de formes, jusqu’aux classiques fusils. Le Smas se différencie de tous par sa forme et son côté
- pratique. Il est constitué par une plaque métallique pourvue de deux trous permettant le passage de vis qui serviront à le fixer sur une planche ou au bord d’une table. Cette plaque porte deux rondelles métalliques solidement maintenues par deux vis et se croisant légè-
- 1. L’appareil à aiguiser « Smas ».
- 2. Manière de se servir du Smas.
- rement. Il suffit pour aiguiser un couteau de passer deux ou trois fois, de haut en bas, la lame entre les rondelles et sans appuyer. Lorsque l’on s’aperçoit que l’appareil 11e donne plus le tranchant voulu, on desserre les vis et on fait-tourner les rondelles de un millimètre. On obtient alors deux nouvelles surfaces actives.
- Si l’on désire aiguiser un gros couteau de cuisine, on dévisse les rondelles et on les rapproche jusqu’à ce que le décollage des vis arrête le mouvement; il ne reste plus qu’à serrer ces vis. Pour les faibles lames des canifs, on écarte les rondelles jusqu’à ce qu’elles se croisent de un demi-millimètre seulement; elles donneront alors rapidement un tranchant aussi durable que pourrait le faire la plus douce des meules. — Le Smas est en vente, au prix de 3 fr. y5, chez M. René Terrand, 56, boulevard Voltaire, à Paris. Port o fr. a5 en plus.
- Divers <«*
- Revolver « Electra ». — C’est l’arme des gens qui ne veulent faire que du bruit tout en ayant l’air de chercher à faire du mal. Le bruit, la flamme, la forme du browning, sont respectés dans cette nouvelle arme inoffensive. Dans la crosse est logée une petite pile de lampe de poche ordinaire; le circuit de cette pile s’établit avec une lampe à incandescence placée sous le canon et la gâchette de l’arme sert de commutateur. Dès qu’on l’actionne, la lampe éclaire; une flamme paraît jaillir si le contact est instantané. Dans le canon est placé un percuteur, avec ressort solide, que l’on arme en amenant le levier dans une encoche. Enfin, la balle est repré-
- sentée par un bouchon qui prend place à l’extrémité du canon. Le revolver est chargé.
- On le tient de la main droite comme le plus dangereux des brownings et, pendant que l’index appuie sur la gâchette commutatrice, on relève le levier du pei'cuteur avec le pouce. La pointe fait éclater l’amorce de fulminate avec un bruit aussi intense que le produirait un vrai revolver, pendant que la lampe électrique jette une flamme. L’illusion est complète et je vous assure que le plus averti des apaches n’attendra pas le second coup pour prendre le large.— Le revolver « Electra » est en vente chez M. Roussel, Comptoir de vulgarisation des Petites Inventions, 94, rue St-Antoine, à Paris. Prix : 5 fr.
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- VARIÉTÉS
- <
- Utilisation des fraises dans l’alimentation. — La
- culture des fraises est tellement développée aujourd’hui, ces fruits, aussi sains qu’agréables, nous arrivent en certaines années avec tant de profusion que, ne pouvant les consommer à l’état frais, nous en laissons perdre une assez grande quantité faute de savoir les employer. Il y a donc un réel intérêt à indiquer en temps opportun les divers procédés qui permettent de les bien utiliser dans notre alimentation.
- Bien que la majorité des variétés puissent y concourir, il est préférable, si l’on a le choix, d’y consacrer les sortes suivantes dont les bons résultats sont déjà bien connus : Vicomtesse-Héricart-de-Thury ou Ricard, Princesse-Royale, Paxlon, Marguerite, Dr-Morère, Fraise-des-4 saisons, et avant toutes, quand cela est possible, à cause de son parfum, la fraise des bois.
- Les divers produits dont, par leur utilisation rationnelle, nous pouvons charmer notre alimentation en la variant, se classent méthodiquement en deux catégories selon la nature qu’ils doivent à leur procédé de transformation. I. — Produits renfermant les fruits : a) intacts : conserve au sirop, confiture; b) en pulpe : marmelade, purée. IL — Produits contenant les principes des fruits obtenus au moyen : c) du pressurage : Jus; cl) de l’alcool : Alcoolalure, Alcoolat, Fraisette; e) du vin : Yin, Hypocras.
- Avant de relater la description succincte de ces divers procédés, il importe d’insister sur ce fait que la fraise est un fruit très « périssable » dont l’altération conduit rapidement, non seulement à la perte de son parfum extrêmement fugace, mais encore aux fermentations butyrique et putride, qui communiquent aux préparations une odeur repoussante et les rendent inutilisables par leur insalubrité, et qu’il faut, par suite, ne mettre en œuvre que des fraises mûres à point, récemment cueillies et surtout absolument saines, très propres et bien mondées.
- I. Conserve au sirop. — On blanchit légèrement les fraises en leur faisant dégager une partie de leur eau de végétation. On les place dans un récipient et l’on verse sur elles un sirop très chaud : 65o gr. de sirop par kilogramme de fruits; on laisse en contact 24 heures, on les égoutte sur un tamis, on les met en flacons que l’on remplit avec du sirop simple à 28° ou mieux avec du sirop de fraises, puis on stérilise au bain-marie.
- Confiture. — On prépare un sirop avec 5oo gr. de sucre et un verre d’eau (125 cm5) et, quand il fait la perle, on y projette les fraises et on les y laisse jusqu’au premier bouillon. On verse le tout sur un tamis, on remet le jus-sirop dans la bassine où on le laisse cuire i5 à 20 minutes en enlevant l’écume produite. On y fait alors tomber doucement les fraises et, dès que
- l’ébullition commence, ou met en pots. Il faut avoir soin de remuer le moins possible pour que les fruits restent entiers.
- Marmelade. -— On pèse poids égal de fraises et de sucre que l’on expose dans une bassine à un feu assez vif, on fait bouillir 20 minutes, sans cesser de remuer, et l’on écume au moment de mettre en pots.
- Purée. — On écrase les fruits dans un mortier, on les passe au tamis, on met la pulpe en bouteilles et l’on porte au bain-marie bouillant durant 5 minutes pour ne point altérer le parfum. Elle sert surtout à aromatiser les glaces.
- IL Jus. — On l’obtient à chaud et à froid, je préfère ce dernier. On superpose dans le corps de presse les fraises en couches minces séparées par des lits de paille lavée et séchée, ou bien dans un sac en toile claire. On serre progressivement de manière à ne point entraîner de pulpe. On décante le jus, on le passe au tamis, on le met en bouteilles bien bouchées et on le stérilise au bain-marie durant 5 minutes.
- Alcoolature. — On fait macérer i5 jours 1 kg de fraises dans un litre d’alcool à 85°, en agitant de temps en temps; on passe avec expression, on filtre et on conserve en petits flacons bien bouchés.
- Alcoolat ou Esprit. — On met macérer durant 24 heures 1 kg de fraises dans 2 litres 10 centilitres d’alcool à 85°, puis on distille 2 litres de liquide.
- Fraisette. — Yoici le procédé indiqué par Léon Arnou : fraises bien mûres, 20 kg; alcool à 8o°, 20 litres; infusion de merises, 2 litres; infusion de cerises, 12 litres; sucre, 12 kg; eau 5 litres. Faites un sirop avec l’eau et le sucre et mélangez-y les infusions (celle de fraises a dû macérer un mois). Laissez reposer quelques jours, soutirez et filtrez.
- Vin. — Il y a plusieurs procédés; le meilleur, quand on n’emploie que les fraises seules, est le suivant : on prend 10 kg de fraises bien mûres, on les écrase, on y mélange 1 kg 600 de sucre concassé, on met le tout dans une dame-jeanne munie d’un purificateur à air et on laisse fermenter entre i5 et 200. Après un délai de 20 jours environ, on soutire la partie limpide, on exprime le résidu, on réunit les deux liquides durant i5 jours, on filtre de nouveau et l’on conserve en flacons bien bouchés à l’abri de la lumière.
- Hypocras. — On pèse : fraises, 2 kg 5oo; sucre en poudre, 5oo gr. ; alcool à 8o°, 25 centilitres; vin rouge, 8 litres. On mélange dans une dame-jeanne les fraises écrasées et l’alcool, qu’on fait macérer 48 heures; on ajoute alors le vin et le sucre, on agite jusqu’à ce que ce dernier soit dissous et on maintient en contact io jours. On soutire, on exprime le résidu, on réunit les liquides, on filtre et l’on conserve comme le vin.
- A. Truelle.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour rendre visibles les inscriptions gravées sur le verre. — En raison de la transparence du verre, les traits qui y furent gravés en creux par attaque à l’acide fluorhydrique sont assez peu visibles. Quand on vient de les tracer, ils ressortent en blanc, en raison de la présence de fluorures restés dans les creux, mais dès que le verre a été lavé quelques fois, la visibilité faiblit beaucoup. Il est facile d’obvier à cet inconvénient, très gênant pour les burettes graduées des laboratoires de chimie, les éprouvettes à mesurer employées en photographie, et autres pièces analogues, en remplissant les creux gravés avec une matière opaque et colorée, absolument comme on le fait pour la gravure sur cuivre des plaques-réclames.
- Sur la surface du verre gravée, préalablement bien lavée et parfaitement séchée, on tartine avec le doigt ou un petit bout de caoutchouc (c’est plus prudent si on i’enouvelle souvent l’opération), de la céruse broyée
- à l’huile, jusqu’à ce que tous les creux soient bien remplis. Essuyer ensuite avec un tampon de chiffon bien serré, à surface lisse, pour que la pâte blanche, qui est entartinée sur la surface lisse du verre, soit seule enlevée, les creux restant enduits. On passe ensuite le doigt saupoudré de sulfate de baryte, de vermillon ou de noir de fumée (les pigments doivent être très finement pulvérisés) : la pâte grasse fixe la matière colorante et les traits se détachent nettement en blanc, en rouge ou en noir. 11 suffit finalement d’essuyer doucement avec un tampon de chiffon pour enlever l’excès de matière colorante. On doit laisser quelques jours avant de frotter et de laveries ustensiles apprêtés de la sorte, cela pour donner à la pâte de céruse le temps de se durcir. Mais si on est pressé, rien n’est plus facile que de hâter la prise en broyant la pâte de céruse avec 10 pour 100 de siccatif en poudre. Quand on grave des plaques, on peut obtenir les plus heureux effets en
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- mettant du noir et du blanc, du rouge et du noir, sur chacune des initiales d’un chiffre; on obtient aussi un très bel effet avec des traits blancs, en enduisant l’envers de la plaque avec du vernis noir.
- Laboratoire de La Nature.
- Marbrures noires sur l’aluminium. — Quand on patine le métal en noir par chauffage après graissage, le nuançage est parfois irrégulier, mais il n’y a jamais de marbrures bien tranchées en noir sur blanc. On peut obtenir une telle décoration en frottant la surface chauffée — d’ailleurs pas trop — avec un morceau de savon (savon d’empâtage tel, par exemple, que le savon de coco à froid vendu en briques blanches sous le nom prétentieux de savon à la guimauve!). Il faut frotter légèrement, en dessinant, si possible, des arabesques grossières, avec réserves laissant le métal nu. En chauffant ensuite, le savon se rassemble en petits globules au lieu de s’étendre comme le font les graisses : et la décomposition sous l’action du feu produit le patinage en beau noir d’une foule de petites taches d’inégale grosseur et réparties inégalement selon la manière dont fut promené le bout de savon. Après quelques essais, et avec un peu de goût, on saura manier ce dernier de façon à obtenir une originale décoration fort jolie.
- laboratoire de La Nature.
- Pour éviter l’usure du cuir embouti d’une presse hydraulique. — Le joint entre piston de presse hydraulique et réservoir où on injecte l’eau, est fait par un « cuir embouti », sorte de tore formé d’un disque de cuir dont les côtés furent repoussés de façon à ce que la section fasse un U. Bien que les surfaces en contact soient toujours parfaitement lubrifiées, le cuir, sur la face au contact de la paroi du piston, s’use assez vite : il se produit bientôt des fuites qui font perdre de la force et obligent à changer le cuir, d’où dépense appréciable, perte de temps et ennui d’une manipulation en général très incommode.
- Nous avons pu faire passer de quinze jours à six mois la durée moyenne d’une garniture de presse soumise à un travail continu (piston de machine à merceriser), par un truc extrêmement simple. Sitôt que le piston était arrivé à hauteur convenable, nous intercalions des
- taquets pour faire soutenir le plateau du piston par le bâti, nous cessions de pomper aussitôt. On ne dépensait plus de force, et on n’usait plus le cuir. Pour des presses d’huilerie, par exemple, il serait très facile d’avoir une série de cales permettant d’effectuer la montée du piston en plusieurs étapes séparées par des périodes de repos pendant lesquels la pression continue à s’exercer sans nulle dépense de force.
- Vernis pour métal, résistant à la chaleur. — La
- mixture donne un enduit brillant et bronzé convenant fort bien pour la peinture des radiateurs. On la prépare en faisant digérer 120 gr. de nitrocellulose et 65 gr. de gomme mastic dans un mélange de :
- Huile de fusel................... 2 litres
- Acétate d’amyle..................20 —
- Alcool méthylique................20 —
- Benzine..........................20 —
- On ajoute à la solution bien homogène 4^0 gr. d’aluminium en poudre fine et on malaxe. Naturellement, le vernis sera conservé au frais, en récipients hermétiquement clos. Pour l’emploi, ne pas oublier qu’il est formé de liquides très volatils et très inflammables.
- (Worden, Nitrocellulose Lndustry.)
- Masse épurante pour appareil à acétylène. — Ces
- produits, vendus toujours assez cher dans le commerce, sous divers noms de fantaisie et sans que naturellement soit indiquée leur composition, sont surtout destinés à fixer l’hydrogène phosphore. Leur agent actif est le chlorure ou l’oxychlorure ferrique qui agissent par leur transformation en composés ferreux, et qu’on régénère en les exposant à l’air. D’après M. Granjon, on obtiendrait une excellente masse épurante en mélangeant :
- Perchlorure de fer.................60 kg
- Kieselgnhr........................ 4o hg
- Sulfate de cuivre.................. 5 kg
- La caractéristique de cette formule consiste en l’emploi du composé cuprique dont le pouvoir catalyseur rend très rapide l’oxydation pendant la revivification à l’air. Il convient de l’ajouter sous forme de solution en l’ajoutant au perchlorure avant l’incorporation de la liqueur au support poreux.
- [Revue des produits chimiques.)
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Les constructeurs de la presse hydraulique sans-joints système Lister, décrits dans le 1 supplément de notre n° du 10 mai, nous font savoir que leur appareil convient parfaitement pour l’emploi des pressions très élevées. Dont acte.
- Renseignements. — M. Hubert, à Forest-Bruxelles. — Ne sachant comment furent produites ces taches sur coffret d’acajou, il nous est difficile de vous guider sûrement. Puisque le bois n’est pas détérioré, le mieux serait de laver toute la surface avec de l’essence, de passer au papier de verre très fin et de vernir au tampon (voir recette publiée dans La Nature du 17 avril 1913).
- M. Raide, rue Beaubourg. — Vos fourrures purent être débarrassées des particules y adhérant en plongeant dans l’eau acidulée par 2 pour 100 acide sulfurique, l’étuve à ioo°, brossant et frottant fortement. Mais, à la suite de ce traitement, le cuir est abîmé : il faudrait de nombreux essais en grand pour la mise au point pratique, en prenant divers- acides agissant à diverses concentrations.
- M. Faucheux, à Paris. «— Impossible de vous donner le moyen de détruire des « papillons » non autrement spécifiés. Le mieux serait d’envoyer de votre part un échantillon du genre de papillon à M. Guitel, Labora-
- toire d’entomologie de la Faculté des Sciences, à Rennes, en demandant le procédé de destruction convenant dans l’espèce.
- M. de Langeac, à Beauvais. — Pour préparer l’hydro-sulfite de soude, c’est bien de la poudre de zinc qu’on met dans le bisulfite, non de l’oxyde de zinc. Il ne faut pas faire exécuter la formule, mais opérer soi-même parce que l’hydrosulfite s’oxyde très vite en perdant ses propriétés. Le peroxyde sodique et tous autres produits chimiques au détail se trouvent chez Rieul frères, rue des Ecoles, ou Levieil, boul. Saint-Germain, Paris,
- M. Marcel Weber, à Middelkerke. — On peut colorer le celluloïd avec toutes sortes de couleurs d’aniline (rouge bleuâtre : fuchsine, rouge jaunâtre : éosine, par exemple). Mais ces couleurs doivent être dissoutes dans un liquide pénétrant le celluloïd, l’alcool fort par exemple donne d’excellents résultats.
- M. le Baron Vax, Roumanie. — Ce mot «lavona» figure dans certaines recettes qui ne sont que des réclames déguisées : il s’agit non d’un produit commercial usuel, mais d’un parfum composé, que fabrique le seul propriétaire de la marque.
- M. Labonjonmère, à Magnac-Laval. — Pour les mastics destinés à boucher les trous de parquet, voir les Recettes de la Maison (Masson éditeur, prix 3 fr.). Mais si les trous sont très grands, aucun mastic ne donne guère de bons résultats, mieux vaut une pièce en bois.
- M. Chabaneix, à la Paz (Bolivie). — Il existe bien quelques volumes sur la fabrication des cirages, mais aucun ne renseigne pour les crèmes modernes à cirer. Sur ce sujet, voir les recettes que nous avons publiées, et l’étude parue dans la Revue de chimie industrielle d’avril
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- BOITE AUX LETTRES
- igiâ (Tignol éditeur, quai des Grands-Augustins, prix 1 fr. 5o). Pour les matières premières, adressez-vous à Ch. Pelliot, 27, rue des Francs-Bourgeois, Paris. Pour les boîtes, écrivez à la Société des F'orges, à Hennebont (Bretagne) ; mais il serait probablement plus avantageux pour vous de les acheter aux Etats-Unis.
- M. H. Basanni. Colegie de Nostra Signora de la Antigue. — Le système Bethenod est exploité par la Société Française radioélectrique, 122, rue La Boétie, Paris.
- N° 1290-24. — i° Les Recettes de la Maison coûtent 3fr. reliées. 20 II faut toujours dans les crèmes à chaussures préférer l’ozokérite brune aux variétés blanchies (cérésines) parce que ces dernières contiennent fréquemment des paraffines. 3° Pour avoir une crème jaune avec une formule de crème noire, supprimer le noir d’os ou d’ivoire et remplacer la nigrosine pure par un jaune soluble dans les graisses.
- M. P. Ménager, à Versailles. — i° Nous publierons prochainement une recette sur la préparation d’un terrain de tennis : le sujet est trop complexe pour la boîte aux lettres. 20 Pour délustrer les vêtements, si le brillant est produit par la crasse, il suffit de les nettoyer à la benzine; si le flot est perdu par usure, il n’est guère ossible de le retrouver qu’en foulant le tissu dans un ain tiède-de savon mais cela le fait beaucoup rétrécir.
- M. P. Maës, à Montigny-sur-Resle. — De tous les nombreux procédés pour vulcaniser le caoutchouc, seules sont applicables les méthodes par le soufre et quelques-uns de ses composés
- M. Bock, Etablissements Chauchard, Paris. — Les appareils pour absorber les vapeurs d’éther, d’alcool, d’un atelier de vernissage, sont compliqués et d’installation coûteuse : en général, ils comprennent un ventilateur faisant circuler l’air dans un absorbeur où les vapeurs sont séparées par lavage ou réfrigération. La maison Ed. Bataille, 11, avenue de Malakoff, construit, croyons-nous, une de ces sortes d’appareils.
- M. Maillard, rue du Temple, Paris. — Pour coller le caoutchouc sur le bois, prendre de la dissolution qu’on peut faire avec du caoutchouc non vulcanisé et de la benzine, mais qu’il est plus pratique d’acheter toute préparée chez les marchands de fournitures pour cycles. Le bois doit être bien propre et parfaitement sec.
- M. M., à Paris. — Pour assouplir le crin végétal, il faudrait le décreuser sous l’action d’une lessive de soude caustique à 20 ou 3° B, contenant 5 pour 100 de silicate sodique et circulant dans un autoclave pendant quelques heures, le tout étant chauffé à la vapeur vers 2 atmosphères. Nous ne pouvons, au Laboratoire de La Nature, faire de tels essais, tout à fait industriels.
- M. Marcelin Laurine, à Blajan. — Pour faire analyser une terre au point de vue céramique, vous adresser au Laboratoire du Conservatoire des Arts et Métiers (rue Saint-Martin, Paris), tout à fait compétent en ces sortes d’essais.
- M. le marquis de Valady, à Toulouse. — Pour le dérouillage des tôles, voir les Recettes de l'Atelier, pages 196-197 (Masson, édit., 3 fr.).
- M, le Dr Motta Veiga Casai, à Ceia. — Faire soi-même du pain de gluten n’est guère pratique. Mais vous pouvez fort bien, au lieu de pain qui devient trop aisément rassis, utiliser des biscottes au gluten qui se conservent au sec indéfiniment. On en vend par exemple chez Félix Potin, boulevard Sébastopol, Paris.
- Abonné n° 1300-273. — Pour la réparation d’une vasque en marbre, voir les Recettes de la Maison (Masson, édit., 3 fr.), pages 182 et 290. Si, et c’est le cas, il s’agit d’une grande pièce très détérioriée, le mieux serait de consulter un marbrier. Les ciments à l’oxychlorure de zinc résistent aux intempéries.
- M. E. D., à Lutry (Suisse). — Les essais de culture du Soja hispida (pois oléagineux du Japon) en France n ont été, jusqu’ici, que très restreints. Ceux qui furent faits à Etampes, il y a de cela 35 à 4° ans, n’ont pas permis de conclure à la possibilité de généraliser cette culture sous nos climats, du moins sans avoir une variété bien acclimatée et pouvant mûrir ses graines. Nous n’avons pas eu connaissance des résultats satisfaisants dont vous parlez; en tout cas, ce n’est pas dans les essais faits à Etampes qu’ils ont pu être obtenus. Par contre, nous savons qu’en igo3, des essais culturaux du Soja ont eu lieu à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier, et en Bretagne, dans les champs d’expériences de la station agronomique de Rennes, ainsi que dans ceux de l’Ecole pratique d’agriculture des Trois-Croix, près de Rennes, en vue de la production fourragère, mais on n’a jamais obtenu les rendements qu’on obtient de cette plante en Chine et au Japon. On a pensé que l’insuffisance des résultats peut être attribuée à l’absence de bactéroïdes qui, ordinairement, se trouvent sur toutes les racines des légumineuses cultivées en France, et que les bactéroïdes spéciales au Soja ne se trouvant pas dans nos terres, ce serait là, indépendamment des conditions de climatologie, une cause d’insuccès cultural. Pour être fixé sur le point particulier qui vous intéresse, il conviendrait que vous vous adressiez directement à l’Ecole d’agriculture de Montpellier, à la Station agronomique de Rennes, à l’Ecole pratique d’agriculture des Trois-Croix, et à M. Schribaux, directeur de la Station d’essais de semences, Institut national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un nouvel appareil téléphonique pour les communications à grandes distances ; Henriquez-Phillipe. — Les pleurs de sang singulier moyen de défense des insectes : Henri Coupin.— Un chemin de 1er sur glacier dans l’Alaska : Lawrence Martin. — L’enregistrement des radiotélégrammes et son application en géodésie de précision : Albert Türpain. — Mines aériennes contre les dirigeables. — Nouvelles fontaines de Héron : André Breton. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Chronique. —- La floriculture « à la glace » : V. F.
- Supplément. — Nouvelle comète 1913 a. — L’absorption de l’acétylène par le noir de palladium, etc.
- Formulaire de Vélectricien et du mécanicien de E. Hospitalier, par Gaston Roux. 27e édition. 1 vol. 1337 p. Masson et C‘% éditeurs. Paris, igi3. Prix : 10 francs.
- L’utile recueil fondé par Hospitalier semble avoir trouvé le secret de l’éternelle jeunesse. Il le doit au soin avec lequel l’auteur suit l’évolution de l’industrie, pour le fournir des données les plus modernes et les plus utiles. Cette 27e édition a subi des remaniements profonds, exigés par les progrès de certaines branches de l’électricité. Signalons un nouveau chapitre, celui
- de la traction; d’importants développements ont été ajoutés aux chapitres de l’électrométallurgie, de l’électrochimie, de l’électrothermie. L’auteur a beaucoup insisté sur la fabrication électrique de l’acier et de la fonte, sur la fixation de l’azote de l’air. Les données relatives à l’exploitation des usines électriques s’enrichissent de chiffres nouveaux relatifs aux frais d’établissement des réseaux, des centrales, et aux recettes. Plusieurs chapitres ont été refaits entièrement, notamment celui de l’éclairage, celui de la production et de l’utilisation de l’énergie mécanique. Les tables usuelles ont été rendues plus pratiques. De nouvelles constantes utiles dans les applications ont été ajoutées. Bref, un gros effort a été fait afin de rapprocher encore de la perfection un livre déjà excellent.
- The Mount Mac-Kinley Région, Alaska, par Alfred H. Brooks et L. M. Prindle. United States Geological Survey. Professional Paper 70. Washington, 1911, In-40, 234 p-, 3o fig., 18 pl., 3 cartes.
- Cette importante monographie est surtout géologique. Elle adopte pour le Mont-Mac-Kinley une altitude de 6187 m. (20,300 pieds) et relate que la montagne aurait été gravie non pas par Cook en 1906, mais par M. Lloyd et sa caravane au printemps
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- BIBLIOGRAPHIE
- de 1910. (Yoy. figure, p. 202). Des renseignements ultérieurs ont établi que cette caravane même n’a pas réussi à atteindre l’extrême sommet du mont.
- The Belief in Immortality and the Worship of Dead. Vol. I, par J.-G. Frazer, in-8°, 4g5 p. Macmillan et O, éditeurs, Londres, igi3. Prix : cartonné, xo sh.
- Suite de conférences sur la croyance à l’immortalité chez les peuples primitifs. Le célèbre auteur du Rameau d or y passe en revue les conceptions de la mort chez les sauvages.
- The Individual in the Animal Kingdom, par J.-S. Huxley. In-18, 167 p., 16 fîg. Cambridge University Press, 1912. Prix : 1 sh.
- Il est bien difficile de définir l’individu dans le règne animal; où commence et où finit-il? l’existence des colonies animales, les phénomènes delà régénération, autant de difficultés pour une définition précise. Ce petit livre aidera grandement à résoudre ce problème en même temps qu’il fera penser à cet important problème biologique.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 mai 1913 . 10°,0 S. W. 2. Beau. 9,7 Rosée; brume; nuag. ; orage; pluie et grêle l’après-midi.
- Mardi 20 8°,5 S. 1. Couvert. 0,4 Rosée ; brume ; couv. ; un peu de pluie faprès-midi.
- Mercredi 21 11°, 8 Calme. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- Jeudi 22 13°,3 W. N. W. 3. tTrès nuageux. » Rosée; très nuag.; halo à 12 h.-13 h.
- Vendredi 23 ... . 15°, 6 S. 2. Couvert. 9 Rosée; brume; très nuageux.
- Samedi 24 .... . 13°,0 N. N. E. 1. Couvert. • » Rosée ; brume ; couv. jusq. 10 h. ; nuag. ensuite.
- Dimanche 25. . . . la0,9 N. E. 1. Beau. » Rosee ; beau.
- MAI 1913. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 MAI 1913.
- SS55SSSS5555555555S3S 955 5SS5555555!
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée. .
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 16 au 23 mai. — Le 16. Dépression sur le S.-W. de l’Europe et la Méditerranée occidentale (Toulouse : 751 mm). Autre dépression sur le N. du continent. Les fortes pressions se retirent vers le S.-E. et l’Atlantique. Pluies générales. En France : mont Mounier, 82 mm; Biarritz, 22; Toulouse et Nancy, 19; Paris, 10. Temp. du matin : Spitzberg, —70; Arkhangel, —J— r ; Brest, 10; Paris, i4; Besançon, 17; moyenne à Paris : i6°,9 (normale : i3°). —r Le 17. Situation atmosphérique troublée sur toute l’Europe. Centres de dépression sur l’Extrême-Nord (Haparànda : 745, près de l’Ecosse (747)» et sur le S -W. de la France (Bordeaux : 754). Pluies sur le W. du continent. En France : Gap, 62 min; Bordeaux, 12; Lyon, 5; Paris, 2. Temp. du matin : Boulogne, + xo0.; Lyon, ta ; Paris, i3; Marseille, 15 ; Nancy, 16; moyenne à Paris : i4°,3 (noimale : i3°,i). — Le 18. Dépression sur le N. et le Centre du continent (centre à“ Christiansund : 745). La prëssion se relève sur le W. de l’Europe et en Islande. Pluies sur le N.-W. et le Centre du continent. En France : Ballon de Servance, 16 mm ; Besançon, 8. Temp. du matin : Arkhangel, o°; Moscou, -j-1 ; Cherbourg, 11; Paris, 12; Marseille, 16; moyenne à Paris : n°,7 (normale : i3°,2). — Le 19. Zone de basse pression du N.-W. au S.-E. de l’Europe (Norvège : 743). La pression est voisine de 766 dans le W. Pluies sur le N.-W. et le
- du Bureau Central Météorologique.
- Centre du continent. En France : Paris, 10 mm; Char-leville, 4. Temp. du matin : Dunkerque, -f- 90 ; Paris, 10 ; Saint-Pétersbourg, 13 ; Alger, 17; moyenne à Paris : 90; (normale : i3°,3). — Le 20. Une aire de forte pression s’étend sur le W. de l’Europe et l’Atlantique (Bordeaux : 769). Dépression sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie. Pluies sur l’Europe Centrale. Temp. du matin : Haparanda et Charleville, 4-6°; Paris, 9; Marseille, 13 ; Moscou, 16; moyenne à Paris : io° (normale : i3°,4). — Le 21. Fortes pressions du S.-W. à l’E. de l’Europe (Prague : 770). Dépréssion sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie (Ecosse : y5i). Pluies dans quelques stations du N.-W. et du Centre du continent. Temp. du matin : Nancy, -j- io°; Paris, 12 ; Bordeaux, 14 ; Marseille, 17; moyenne à Paris : 14°,4(normale : i3°,5). — Le 22. La pression reste basse sur le N.-W. du continent (îles Feroé : 750 mm). Fortes pressions sur le S.-W. et l’E. (Bilbao : 772 ; Moscou : 769). Pluies sur le Centre et le N. de l’Europe. Temp. du matin : Vardoe, -f- i°; Prague, 8; Paris et Bordeaux, 14 ; Alger, 17; moyenne à Paris i i3°,4 (normale : i3°,6). —Le 23. Même situation barométrique que la veille. Pluies sur le Centre et le N. du continent. Temp, du matin : Vardoe o°; Belfort, g; Nantes, i3; Paris, 14; Alger, ig; moyenne à Paris : i4°7 (normale : i3°,8). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 20, à 7 h. 18 du matin.
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- LA NATURE
- QUARANTE ET UNIÈME ANNÉE — jc>i3
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES
- ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS
- I. - INFORMATIONS.
- Abatage hydraulique aux mines d’argent de Coball............ 81
- Académie des sciences : prix décernés....................... 2
- Accidents de chemin de fer (Contre les)..................... 50
- Acétate de cellulose succédané ininflammable du celluloïd. . 25
- Acide dioxystéarique : extraction des sols . ........ 57
- Acier électrique en France ................................ 90
- Aéronautique militaire allemande............................ 05
- Aéroplanes : d’Afriquë en Italie . ......................... 26
- — : canard Blériot 57
- — et la guerre. ...........................................169
- — ' militaires : convoi'............................... 130
- ' — : 1500 km sur un monoplan métallique. .................177
- — : Paris-Berlin...........................................162
- —’ : record d’altitude avec passager ..................... 65
- — : traversée des Alpes................................. . 65
- Agriculture en Indo-Chiné. . ...............................202
- Air atmosphérique : densité ......
- Algérie : entreprises d’irrigation ....
- — : irrigations. .................
- Allemagne : élevage . . . ..............
- Alpe homicide en 1912 . ................
- — - : traversée en aéroplane ....
- Amour : navigation...........; * . . .
- Animaux (Soyez bons pour les)...........
- Antarctique : expédition Mawson .... Ai lires enregistreurs météorologiques . . Archéologie nord-américaine. . ....
- — : trouvailles.............
- — : trouvaille en Charente-Inférieure
- Assainissement des marécages du Rcno . Attelage étrange . •. . -. -. . . . . . . Australie : radium.................... .
- Supplément au n" 2088 de La Nature du 51 mai 1915.
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- S»<
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Automobiles en France....................................... 50
- — la plus puissante <lu monde........................158
- — à sable................................................. 60
- Aviation : prix de 375 000 francs......................... 138
- Aviette (Concours).............................................202
- Azote : formation d’oxvdes par action de l'étincelle électrique
- dans l’air liquide........................................ 177
- Ballons-sondes : record....................................... 42
- Ballon sphérique : record de distance.......................150
- Ballon sphérique Zodiac : catastrophe..........................162
- Bambous : floraison..................... . . ... .. • • . .82
- Bananes : commerce.......................................... 178
- Bancs de poissons congelés . . . .................. . • • . .194
- Rarbes de blé : utilité imprévue............................... 26
- Bateau glisseur à hélice aérienne............................ 137
- Bàton-marchant.................................................122
- Bibliothèque nationale en Allemagne : création................. 58
- Billets de banque : lavage..................................... 18
- Blanchissage électrique........................................ 66
- Boulogne : pêche...............................................122
- Brevets anglais................................................122
- Buces sur les vitrages de magasin : pour les empêcher ... 81
- Câble sous-marin nouveau entre Marseille et Alger..............146
- Café : huile. .................................................162
- Californie : dragages d’or................................... 97
- Canal de Kiel : travaux........................................ 57
- Caoutchouc artificiel : nouvelles matières premières .... 25
- Caoutchouc extrait du gaz de houille...........................153
- — : plantation en Malaisie..............................122
- Carat métrique en Belgique.....................................129
- Carburant : prix de 50 000 francs.............................. 98
- Carottes monstrueuses.......................................... 98
- Carrière de fossiles......................................... 111
- Celluloïd : acétate de cellulose, succédané ininflammable . . 25
- Champignon destructeur de mouches ........... 105
- Chat en Australie..............................................106
- Chaudières à vapeur : passivité du fer.........................114
- Chemins de fer : contre les accidents. . . ................. 50
- — allemands : statistique............................ 42
- — français en 1911. ................................... 66
- — italiens : électrification . ....................... . 74
- — du Mittenwald......................................... 57
- — pan-américain....................................... 121
- — prussiens : électrification........................... 41
- Chine : (lotte aérienne....................................... 81
- Ciment armé au bois............................................ 10
- Cinéma grandeur nature.........................................194
- Circulation des cycles, motocycles et automobiles en France. 89
- Cités-jardins................................................. 58
- Combustion de l’oxyde de carbone................................ 1
- Comète de 1912 (quatrième)................................... 155
- — Gale 1912 (a) ........................................ 55
- — 1913 a................................................395
- — Schaumasse 1913 a.....................................201
- Commissaire-priseur électrique.................................157
- Congrès d’hygiène sociale......................................138
- — international du froid.............................. 106
- — préhistorique de France...............................146
- Cordonniers : mesures ..... .~.................................105
- Tornes : records. . . . . . . . . ... . *. . . . . • . 42
- Grocker Land Expédition .............................' . 178
- Crotte de chien : falsification .............................. 82
- Çuivre ; mines porphyriques. ........................• • • 82
- Dalep (G-).- , .......... ................................ • 1.7
- Dauphin, blanc,, ............................................. 10
- ..Débitants : mortalité ............* 66
- ^Dépopulation des., campagnes, ................................ 98
- Diamant de 1649 carats,. , 1
- iDïrigeables en Allemagne ,. ...............................; 1
- "Dragages d’o,r .en Californie .................-........... 97
- ; Dressage des. poules . . . , , ............................. ,18
- Eaux.résiduaires,des fabriques de pâte à papier : utilisation. .. 41
- Éclipse de Soleil : attitude des animaux.................... . 10
- École, d’enfants arriérés, .................................... 58
- Égypte : travaux, du service des antiquités. , . . . .. ... 54
- Électricité pour l’amélioration du rendement agricole .... 97
- Electrification des chemins de fer italiens................ 74
- — des chemins de fer prussiens....................... 41
- Électro-aimant : curieuse action..............................154
- Élevage en Allemagne..........................................146
- Émigration : bilan........................................... 106
- — : infiue-t-elle sur la forme du corps?.............146
- Émulsion : théorie............................................. 1
- Éruptions volcaniques dans le Pacifique....................... 57
- Escargots : pourquoi ne voient-ils pas?....................106
- États-Unis : désastreuses inondations....................... 138
- Étoiles filantes : vitesse apparente....................... 25
- Expédition Masvson dans l’Antarctique.........................113
- Exposition automobile à Alger................................. 50
- — de la falsification des denrées alimentaires à Gand . . 82
- — internationale urbaine de Lyon........................138
- Femmes : travail au Japon.................................. 82
- Fer électrolytique . . . , •............................... 9
- Feuilles des arbres : influence de l’éclairage au gaz .... 26
- Fièvre hématurique et aphloiée................................194
- Film cinématographique : invention............................ 50
- Flotte marchande de la France................................. 82
- Fontaine de Vaucluse.......................................... 89
- Fonte électrique.............................................. 41
- Force motrice par les rayons solaires.........................121
- Formose : Japonais..................................122, 146
- Foudre globulaire............................................. 73
- Fresques : découverte......................................... 34
- Frottement contre la glace : action de la pression......... 49
- Fumeurs de chanvre............................................ 34
- Géographie : nouveau terme....................................154
- Germination : action des acides ...........................145
- Glacière alpestre.............................................145
- Grenouille volante de Java...............•.................122
- Grottes ornées du Soudan...................................... 50
- Grotte du Pis-de-la-Vaclic, Lacave.............................U4
- Gulf-Strcam : pour le détourner.....................130, 153
- Héron (Pour et contre le).....................................106
- Hirondelles : migration.......................................114
- Hiver des bêtes.............................................. 170
- — en Norvège . . . . .' . . . . . •. . . . 162
- Huile de café.................................................162
- — de foie de morue .......................................173
- — : hydrogénation....................................... 74
- Hydroaéroplane : reconnaissance dans la guerre des Balkans ......................................................... 90
- Hydro-électrique en Espagne (Grande distribution).............130
- Hydrogène : modification chimiquement active..................114
- Icebergs : chasse.............................................170
- Ignifugation permanente des tissus de coton................... 10
- Inde : mortalité par morsure de serpents...................... 42
- Injections d’oxygène.............."........................ 1
- Inondations désastreuses aux États-Unis.......................138
- Insecte perçant des lames de zinc.................... 74
- Insectes et la marée.......................................... 42
- Institut J.-J. Rousseau de Genève...................... 34
- Irrigations en Algérie.................................26, 105
- Japon : industrie du menthol.................................. 58
- — : travail des femmes.................................. 82
- Japonais à Formose..................................122, 146
- Jardin pittoresque nouveau ................................. 158
- Jupiter : occultations d’étoiles .............. 89
- — : occultation de deux étoiles ........... 161
- Lait : peau .............................................. 49
- Lampe électrique à vapeur de mercure’. ......... 9
- Lapins : invasion dans les cimetières ........... 178
- Lavage des billcls de banque ...... . . ...... 18
- Laval (Gustaf Patrick de)................................... 89
- Linné nouveau............................................... 178
- Machines à vapeur en France................................. 105
- Madagascar : zébus......................................... 178
- Maïs : produits volatils qui se dégagent dans l’ensilage .. . . 150
- Malaisie : plantations de caoutchouc..........................122
- Malaria : nouvelle méthode pour la combattre............... 82
- Mammouth de la vallée de l'Aa............................ 73
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-
-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Marécages du Reno : assainissement...........................122
- Marée et insectes............................................... 42
- Maroc : exportation des œufs....................................105
- Marseille : port en 1911........................................ 66
- Melon du désert.................................................. 2
- Menthol : industrie au Japon................................. 58
- Mers polaires : salinité..................................... 26
- Mers : profondeurs les plus grandes.......................... 57
- Méridien : conséquence inattendue du changement.............. 9
- Mesures des cordonniers.........................................105
- Métal résistant aux acides......................................177
- Métallisation des tissus : nouveau procédé. . ...............154
- Météorites : chute à Aztcc. . . .............................161
- Météorologie de la France en 1911 . . . ..................... 55
- Migration des hirondelles . . . ... . . . . .................114
- Mines d’argent de Cobalt : abatage électrique................ 81
- — de cuivre porphyriques.................................. 82
- — les plus profondes du monde............................. 75
- — de soufre de Nouvelle-Zélande........................... 1
- Mittenwald : chemin de fer...................................... 57
- Mont-Alhos : monastères ........................................106
- Mont Mac-Kinley................................................ 202
- Mortalité des débitants ....................................... 66
- Moteurs d’automobile : évaluation de la puissance............ 74
- Mouches : champignon destructeur................................105
- — : puissance de multiplication........................... 50
- Moustiques : lutte..............................................162
- Navigation sur l’Amour........................................... 2
- Nébuleuses (Distance).......................................... 201
- Nécrologie : sir George Howard Darwin........................... 17
- — : W. Kress ............................................155
- — : Alfred Picard . . ...................................115
- — : G. Richard........................................... 55
- — : Victor Tatin.........................................169
- — : Sir William Wrhite...........T.....................129
- Nègre académicien au xvnie siècle . .........................154
- New-York : le plus grand sky-scrapcr. ....................... 66
- — : victimes des nouveaux travaux d’adduction d’eau . . 121
- Noël chez les Serbes . . .................................... 26
- Norvège : hiver................................................ 162
- Nouvelle-Zélande : mines de soufre............................... 1
- Obus à oyygène liquide du Dr Nodon. ......................... 18
- Océans : salinité............................................... 41
- Occultations d’étoiles par Jupiter............................. 89
- — de deux étoiles par Jupiter.............................161
- Œufs : exportation au Maroc.....................................105
- Oiseaux : pour empêcher leur destruction par les phares . . 58
- — : protection............................................ 34
- — : sacs aériens.......................................... 90
- Opium (Substance active de la)..................................193
- Osmose dans le sol..............................................177
- Oural : minerais de platine.................................... 169
- Oxyde de carbone : combustion .................................. 1
- Oxygène : industrie............................................ 41
- — : injections............................................. 1
- Pacifique : éruptions volcaniques............................. 57
- Papeterie : emploi des diastases.............................. 155
- Paquebot Aquitania...........................................170
- Parallaxes stellaires......................................... 137
- Parcs nationaux aux États-Unis.................................. 90
- Pavés : machines à essayer .....................................162
- Pêches maritimes de l’Angleterre. . ............................106
- Pêche du port de Boulogne . .................................122
- Peintures : durée ............................................ 65
- Pérou préhistorique ............................................137
- Pétrole répuisement. . . . . ................................ 17
- Phares : pour empêcher la destruction des oiseaux............ 58
- Philistins : origine...................... ............... . . 98
- Phosphates pauvres ; enrichissement 17
- Piedra-Movediza.................................................130
- Plan de Rome antique.................................. 18
- Planète 594 « Mireille »..................................... 81
- Plante : température des diverses parties.................... 58
- Platine : minerais de l’Oural................................169
- Port de Marseille en 1911.................................... 66
- Poules : dressage............................................ 18
- Radio-télégrammes : réception au moyen d’antennes au ras
- du sol........................................................ 9
- radiotélégraphie : enregistrement des signaux. ...... 49
- — transatlantique......................................... go
- Radium en Australie............................................ 26
- — : réactions chimiques des rayons pénétrants.............162
- Rayons X : tissu protecteur..................................178
- Reptiles fossiles : deux nouveaux squelettes.................... 10
- Rhin : profil en long.........................................146
- Rome antique : plan..................;....................... 18
- Sacs aériens des oiseaux........................................ go
- Saint-Paul de Londres : affaissement des fondations.......... 66
- Saint-Pétersbourg : usine d’ozonisation......................... 35
- Salinité des mers polaires..................................... 26
- — des Océans.............................................. 41
- Serpents : mortalité par morsures dans l’Inde................ 42
- — : ponte................................................ 170
- Sismographe de New-York.........................................129
- Sky-scrapers : recensement..................................... [62
- — (Maladie)...............................................202
- Société des Amis du Muséum .................................. 54
- Sol : osmose.............................. . . . ............177
- Soleil : force motrice par ses rayons .......................121
- Sondage : nouveau procédé ...................................... 97
- Soufre : mines de Nouvelle-Zélande. ............................. 1
- Sources du Frioul : toponymie...................................130
- Sources de gaz inflammables découvertes sur le territoire de
- Pise.........................................................'49
- Sources thermales de Hokuto : composants radio-actifs . . . 129
- Squelettes nouveaux de reptiles fossiles. . . ............... 10
- Statistique infantile.................................^ . 406
- Sucres He canne et de betterave................................. 54
- Tache bleue mongolique.......................................... 10
- Talégalle : étude d’un nid......................................138
- T. S. F. au Congo belge...................................... 49
- Température des diverses parties de la plante................ 58
- Timavo : origine................................................194
- Timbres anglais : résistance....................................122
- Tissus : nouveau procédé de métallisation....................154
- Tissu protecteur contre les rayons X............................178
- Titanic : pour éviter le retour du désastre..................121
- Trésor en Russie : découverte................................... 42
- Tripolitaine : vin de palme.................................... 58
- Tuberculose à Paris............................................ 140
- Tunisie : population............................................154
- Tunnel sous le Rhin........................................... 58
- — du Somport : percement................................. 34
- Turbines à vapeur de 50 000 chevaux.......................... 98
- Usine électrique utilisant uns chute d’eau de 1200 mètres. . 41
- Usine d’ozonisation de Saint-Pétersbourg........................ 33
- Vaisseau du désert............................................. 66
- Vaucluse : fontaine............................................. 89
- Végétaux : présence de quelques principes intéressants . . . 157
- Vénus visible le matin et le soir. ..........................145
- Ver luisant . ............................................... [30
- Vésuve : Nouvelle forme........................................ 65
- Vin de palme en Tripolitaine ................................ 58
- Vins : vieillissement en bouteilles ............................170
- Voies ferrées américaines,....................................... 1
- Voyage transatlantique en ballon. ... . . . . . . . . . 193
- Wagon de marchandises le plus grand du monde.................121
- Zébus de Madagascar . . ....................................... 178
- ^~2lT]^
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Automobilisme : Avertisseur de dégonflement des pneumatiques......................................................... 91
- — Boîtes de vitesse. ....................................171
- — Différentiel........................................... 83
- — Enregistreur R. Mathot pour l’étude des amortisseurs. 100-
- — Mise en marche automatique des moteurs à explosion. 139
- — Pare-boue Menu ........................................163
- — Transmissions, chaînes ou cardans...................... 33
- Aviation : Aviation au concours Lépine . ................. 27
- Bain-marie à niveau constant . ...............................164
- — pour laboratoire.......................................195
- Baromètre, calendrier, thermomètre et hygromètre l’Univcr-
- selle................................................165
- Bouche-serrure................................................ 12
- Bouchon de sûreté............................................. 76
- Briquet à 30 000 allumages................................... 180
- Brise-jet mixte...............................................152
- Brosse à monnaies............................................. 44
- Chaise à siège ajustai ....................................... 60
- Chauffage : Ëlectro-aéro-gaz. . ..............................131
- — Spirale radiatrice.....................................107
- — Chauffe-eau ......................................... . 195
- Chaussures : économisons-les ............................... 108
- Chaussures à semelles amovibles............................... 20
- Chimie appliquée : Détermination rapide de la proportion d’éléments charbonneux contenus dans les pous-
- sières des houillères................................131
- — Ultra-filtres de Malfitano.............................155
- — Pour dessiner les appareils............................203
- Cinéma électrique pour tous...................................164
- Cloche réfrigérante.......................................... 44
- Concours Lépine...............................................140
- Construction : Construction hardie en béton armé. ... 11
- Coupe-sandvviehes............................................. 68
- Couteaux : machine à laver....................................100
- Cuve à eau pour projection ................................. 132
- Détecteur à cristal perfectionné .............................203
- Dessous de plat en amiante comprimé.......................... 44
- Éclairage : Allumeur-Extra.................................. 205
- Bec veilleuse à incandescence Dragon........................ 131
- — Bloc-mèche pour lampe à pétrole. ...................... Il
- Électricité : Appareil portatif pour l’essai d’une bobine . . 179
- — Avertisseur de fin de chargement pour les accumula-
- teurs. .............................................. 43
- — Batik électrique . ....................................447
- — Charge des accumulateurs sur courant alternatif ... 99
- — Chauffage électrique ................................ 19
- — Chauffe-lit électrique. . . .................»... 52
- ' — Génératrice de courant continu pour l’industrie électro-
- chimique ... . ’. . . . , . . . , ... , , . 59
- — Indicateur d’appel lumineux à contrôle . . .... . 120
- — Minuterie P. Q. ..................................... 172
- — Pendule électrique. ............... 5
- — Pertes à la terre : recherche dans les canalisations. , 75
- — Réveil-malin électrique................................155
- — Sonneries trembleuses ordinaires : montage sur
- 110 volts; indicateurs lumineux ..................... 67
- — Transformateurs domestiques............................ 67
- Épingle à chapeaux « Stella ».................................. 20
- Exerciser électrique Victoria.................................196-
- Fausset l’Idéal................................................152
- Fer à souder................................................. 204
- Hygiène de l’habitation : Du choix des appareils sanitaire?......................................... 115, 123
- Jouets : Auto-charrette pour enfants . . ...................... 84
- — Damier-cartes.......................................... 11
- — Dèdaquet................................................ 12
- — Foot-Ball de Salon ..................................... 45
- — Joueur de billard.......................................'44
- — Nautilus......................................... 12
- — Pistolet lance-disque................................... 20
- — Sauterelle acrobate..................................... 19
- — Souris automotrice......................................196
- — Vrai sport.............................................. 28
- Lampe signal................................................. 195
- Lattis Lièvre..................................................156
- Machine à traire nouvelle. .................................. 148
- Maisonnette démontable. . . .................................. 165
- Mécanique : Anti-cambrioleur.................................. 51
- — Boulon indéréglable C. E. R........................ 51
- — Broyeur concasseur perfectionné . .......... 91
- — Courroies extensibles Lia.............................. 84
- — Enregistreur R. Mathot pour l’étude des amortisseurs
- d’automobile................................ 100
- — Machine automatique pour analyser les fumées de gé-
- nérateurs ........................................... 59
- — Marteau-trousse outil................................. 75
- — Pince-tout....................................... 19
- — Pompe à chaîne sans fin multicellaire. .... . . . 179
- — Presse hydraulique nouvelle. ...........................179
- — Pylônes pour transport de force .......... 107
- — Raccord rapide pour vapeur ou gaz. . . . . . . . . 107
- — Rail à table de roulement amovible...................... 5
- — Tasseau Lierre.......................................... 11
- Microscopie : Nouveau montage de préparations. . . . . 148
- Moule à cigarettes « Rapid ................ 132
- Peignes : nettoyeur........................................... 92
- Photographie : Agrandisseur universel Mackenstein . . . 147
- — Champ de netteté d’un objectif ou tolérance de mise
- au point mathématique................................ 76
- — Emploi de la lampe à arc en vase clos................. 92
- — Montage du double tirage sur un appareil à simple
- tirage.................................... ... ., 51
- — Pince Bottante..................... . , , . 180
- — Poudre-éclair....................... . . . . . , . , , 60
- — Virage au platine. ................. . . ..... .. .52
- — Virage par sulfuration. . . . 45
- Piège à rongeurs l'Oubliette.................. ; ..• . 44
- Pincette automatique . ................. ,. . . ,, . i .. . .... 4
- Porte-copie le Flexible............................ . . . . , 68
- Porte-manteau pliant................ . . . . . .. .. r 28
- Pupitre aï’liculé 1’ a Instantané »............................ 60
- Répertoire classeur Eldey...................................... 45
- Revolver lumineux..............................................180
- Revolver Eleclra...............................................204
- Sablier téléphonique........................................... 52
- Siphon pour alimenter un aquarium..............................156
- ^f2Ï2]^
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Siphon pour vidange automatique des aquariums..............148
- Le Smas................................................. , . 204
- T. S. F. : Nouveau détecteur indéréglable.................. 99
- —• réglable...............................205
- Timbre à rotule............................................... 28
- Tirant invisible pour portes ................................. 92
- Verrou pneumatique............................................156
- Verrou de poche Lutétia.......................................172
- III. - VARIÉTÉS.
- La pourriture grise des Heurs de chrysanthèmes (H. Blin). . 5
- L’industrie du tapioca (H. Blin)......................... 13
- Le temps de la jeunesse chez les animaux (René Merle). . . 21
- Une station thermale au Japon : Kousatsu.................... 37
- Influence de la lune sur les phénomènes météorologiques . . 53
- Fabrication des billes en pierre............................ 61
- Le sucre ajouté aux fruits pendant la cuisson diminue-t-il leur acidité? (A. Truelle).................................. 69
- IV. -
- La clinothérapie pour les aliénés (Dr A. C.).................. 5
- La tuberculose dans les colonies françaises.............. 13
- L’empoisonnement par l’arnica (Dr A. C.)...................... 21
- La cocaïnomanie à Paris (Dr A. C.). .......................... 29
- Pour les yeux, des automobilistes (Dr A. C.).................. 53
- L’intoxication par le tabac (René Merle)...................... 77
- La composition de l’air et la vitalité des microbes (Dr A.
- Cartaz).................................................... 85
- La carie dentaire et sa localisation (Dr A. C.)...............102
- Le langage sourd-muet des scieries américaines (E.-A. M.). . 77
- Sur la piste des ravageurs de la ferme (H. Rousset)......... 95
- La radiotélégraphie en 1911 (L. F.).........................109
- Une curiosité technico-grammaticale (L. Reverciion). .... 117 Les poids lourds dans l’armée anglaise (D. Renaud). .... 125
- Le printemps précoce (D. Claude)............................... 142
- Bureau central météorologique de France.....................149
- Utilisation des fraises dans l’alimentation (Truelle). .... 205
- ET SANTÉ.
- Pour arrêter les saignements de nez...........................109
- La teinture d’iode dans la fièvre typhoïde (Dr A. C.) . . . . 117
- Les gosselins (Dr A. C.)................................. 125
- Collyre contre la cataracte (Dr A. C.).................. 142
- Les tapis arsenicaux (D1 A. C.)...............................150
- Les microbes de Paris (R. M.)................................... 157
- Les parasites du martinet (Dr A. C.)..........................165
- Un procédé de gymnastique respiratoire (Dr A. Cartaz). . . 181
- Le sérum-rhum (Dr A. C.)...................................- 197
- V. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acétylène (masse épurante)......................................206
- Blanchiment des huiles : procédé............................. . 181
- Blé rouge.......................................................175
- Brûlure (Contre les)............................................102
- Caoutchouc : découpage. ........................................110
- Chaux : fabrication sans four spécial............................ 6
- Cidre acide : pour le convertir en vinaigre................. 94.
- Cirage-crème pour chaussures....................................173
- Cires artificielles............................................. 93
- Cire : laits................................................... 181
- Colles pour cuir................................................175
- Colle forte liquide.............................................181
- Crème ininflammable pour chaussures........................... 175
- Cuir embouti : éviter l’usure ..................................2Û6
- Cylindres enregistreurs pour phonographes...................... 126
- Débadigeonnage............................................... . 54
- Décoloration des graines, huiles, cidres . '....................154
- Désinfection des appariements par l’ammoniaque.............. 70
- Désinfection des rasoirs et tondeuses................... 70
- Destruction des mauvaises herbes et de la mousse sur les terrains de jeux, avenues et allées de jardins....................118
- Eau-de-vie de miel : procédé de fabrication................. 14
- Encaustique ininflammable......................................126
- Encre pour écrire sur papier noir............................ 110
- Émulsion cuprique de pétrole insecticide et anlicryploga-
- mique..................................................... 94
- Engrais en arboriculture :‘comment on doit les employer . . 69
- Étiquettes : pour les coller sur l’aluminium................157
- Étiquettes inaltérables pour jardin............................175
- Fer-blanc : pour y écrire avec de l’encre ordinaire......... 54
- Filtres : pour empêcher le grimpage............................153
- Filtres en papier pour grands entonnoirs.......................198
- Fruits : conservation.......................................... 86
- Grumeaux noirs sur le linge venant d’être blanchi........... 86
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Herbes : destruction sur les terrains de jeux, avenues et
- allées de jardins .......................................... . 118
- Huiles : procédé de blanchiment..................................181
- Inscriptions sur verre : les rendre visibles.................205
- Ivoire et os : procédé de conservation....................... 22
- Laits de cire. ..................................................181
- Laver un précipité............................................... 62
- Marbrures noires sur aluminium.................................206
- Moulage des empreintes laissées par des pas.................. 86
- Os et ivoire : procédé de conservation....................... 22
- Papier à la celloïdine : pour empêcher ses cassures.......... 93
- Patinage des monnaies ........................................... 86
- Pétrole : émulsion cuprique insecticide et anticryptoga-
- mique ....................................................... 94
- Pétroles pour le nettoyage des cheveux........................... 54
- Phonographes : cylindres enregistreurs...........................126
- Planchers : imperméabilisation................................... 69
- Renards : destruction............................................ 62
- Taches d’encre de Chine sur la toile : pour les enlever ... 78
- Vernis pour métaux.............................................. 102
- Vernis pour métal résistant à la chaleur.........................206
- Vernissage au tampon.............................................157
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique (Eu. Touche r)
- 45, 141 II Résumé météorologique............. 29, 61, 101, 135, 165. 198
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P. Masson.
- m-
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LA HURE 9, Rue de Fleuras, 9
- p.2x0 - vue 663/663
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